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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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The National Women's Committee 
of Brandeis University 





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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME TROISIEME 



TYPOGRAPHIE DE B. FIRMIN DIDOT. — MESML (EURE). 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



r>XKoo- 



DEUXIEME EDITION 

ENTIÈREMENT REFONDUE ET AUGMENTÉE DE PLUS DE MOITIÉ 



PAR F. J. EÉTIS 



MAITRE DE CHAPELLK DU nOI DES BELGBS 
DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE ROYAI. DE MUSIQl'B DE BRUXELLES, ETC. 



TOME TROISIEME 



~&JZ%T^&^2~~&^-- 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN D1DOT FRÈRES, FILS ET G 

IMPRIMEURS DE L'iNSTITUT, RUE JACOB, 56 

1866 



Tous droils réservés. 



Musio 
Eeferenoe 



v3 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 

DES MUSICIENS 



D 



DÉSARGUS (Xavier), né à Amiens vers 
1768, fut d'abord attacbé à la catbédrale de 
cette ville en qualité de musicien de cbœur; 
il avait alors une fort belle voix de baute-contre. 
Les églises ayant été fermées par suite de la 
révolution de 1789, Désargus vint à Paris et 
entra dans les chœurs de l'Opéra ; mais, ne se 
sentant point de goût pour le théâtre, il quitta 
cette carrière et se livra à l'étude de la harpe. 
Il devint en peu de temps un habile professeur 
de cet instrument, et en donna des leçons jus- 
que vers 1832, époque où il a cessé d'enseigner. 
Parmi plusieurs bons élèves qu'il a formés on 
remarque son fils, qui, après avoir été attaché 
comme barpiste à l'Opéra-Comique, a été à 
Berlin au service du roi de Prusse, puis est re- 
venu à Parisen 1832, et s'est établi a Bruxelles 
vers la fin de la même année en qualité de 
barpiste du théâtre. Après seize années de sé- 
jour dans cette ville, Désargus fils a quitté la pro- 
fession de musicien et s'est retiré à Paris. 

Les compositions de Désargus (père), au 
nombre d'environ vingt-cinq œuvres, consistent 
en sonates pour la harpe, avec ou sans accom- 
pagnement; en pots-pourris, fantaisies et airs va- 
riés pour le même instrument; enfin en duos 
pour harpe et piano. En 1809 il publia une 
Méthode de harpe, à Paris, chez Naderman ; 
il a refondu entièrement cet ouvrage, et l'a fait 
paraître, en 1816, sous le titreile Cours complet 
de harpe, rédigé sur le plan de la méthode 
de piano du Conservatoire; enfin une nou- 
velle édition de. cet ouvrage, fort améliorée et 
considérablement augmentée, a été publiée à 
Paris en 1820, chez Lal'lillé. 

DESAUGES (Denis), prêtre du diocèse 
d'Évieux, né en 1598, a publié un livre intitulé : 
i'Esclàircissemèntdu plain-chant, oulevray 

KiOCK UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



thrcsor des ciioristes ; Paris , 1665 , 30 pages 
in-8°. 

DÉSAUGIERS (Marc-Antoine), né à 
Fréjus en 1742, apprit la musique sans maître. 
En 1774 il se rendit à Paris, où il se fit con- 
naître d'abord par la traduction des Réflexions 
sur l'art du chant figuré de J.-B. Mancini; 
Paris, 1776, in-8°. Cet ouvrage fut suivi du Petit 
Œdipe, pièce en un acte, dont il fit la musique, 
et qui fut représenté aux Italiens en 1779. L'an- 
née suivante il donna à l'Opéra Érixène, ou 
l'Amour enfant, paroles de Voisefton, et par 
la suite il fit représenter au Théâtre-Italien 
Florine, en deux actes ( 1780 ) , les Deux 
Sylphides ( 1781 ), toutes deux sur des paroles 
dTmbeVt , et les Jumeaux de Bergame , 
paroles de Florian (1782). Cette dernière pièce 
eut un grand succès; on y trouve quelques pe- 
tits airs qui firent longtemps les délices de Paris. 
Vers le même temps, Désaugiers donna au 
théâtre de Monsieur, alors à la foire Saint-Ger- 
main, l'Amant travesti, en un acte, imité du 
conte de La Fontaine intitulé le Muletier. En 
1791 il fit représenter au théâtre Feydeau le 
Médecin malgré lui, dans lequel il introduisit 
d'une manière assez plaisante l'air révolution- 
naire Ça ira. Outre ces ouvrages, il a composé 
la musique d'une multitude de petits opéras 
pour les théâtres . secondaires qui existaient de 
son temps, entre autres les Rendez-vous, en un 
acte, pour les Beaujolais. Le» chant de la musi- 
que de Désaugiers ne manque ni de naturel, ni 
de facilité; mais son harmonie, lâche et incor- 
recte, se sent de la faiblesse des études musica- 
les en France à l'époque où il avait appris la com- 
position. Ce musicien fut lié d'amitié avec Gluck 
et Saccbini, et composa à la mémoire de ce der- 
nier une messe de Requiem qui fut estimée 

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DÉSAUGIERS — DESBROSSES 



dans le temps de ai nouveauté. L'exaltation de i 

ses idées lui avait fait embrasser avec ardeur les 
principes de la Révolution; dans une pièce de 
musique, composée de chœurs et d'instruments, 
qu'il avait intitulée Hiérodrame , et qu'il fit 
exécuter à Notre-Dame, il célébra la prise de la 
Bastille. Il a laissé en manuscrit un grand opéra 
sur le sujet de Bèlisairc, dont les paroles sont 
de son fils aîné, lequel fut secrétaire de légation 
en Danemark. Désaugiers est mort à Paris 
le 10 septembre 179.1. 

DESAYVE. Voij. Sayve (De). 

DESBOULMIERS(Jean-Adcustin-Julibn), 
littérateur, né à Paris en 1731, entra fort jeune 
dans la carrière militaire, servit quelque temps 
en Allemagne, puis revint à Paris et renonça 
aux armes pour les lettres. Toutefois il y avait 
en lui plus de penchant pour la littérature que 
de talent véritable, et dans ses ouvrages il ne 
s'éleva poiut au-dessus du médiocre. Il mourut 
à Paris en 1771, à l'âge de quarante ans. Au 
nombre de ses productions on trouve quel- 
ques opéras-comiques , entre autres Toinon et 
Toinette, dont Gossec a composé la musique ; 
maissesouvrages les plus importants sont: 1° His- 
toire anecdotique et raisonnée du Théâtre- 
Italien, depuis son rétablissement (eniG97) 
jusqu'à l'année 1769; Paris, 17C9 , 7 vol. 
in-12. Ce livre renferme l'analyse des pièces 
jouées au Théâtre-Italien, et des notices sur les 
auteurs et les acteurs de ce théâtre jusqu'en 1709. 
On y trouve aussi, à la fin, un catalogue raisonné, 
par ordre alphabétique , des pièces et des ac- 
teurs dont il n'est point parlé dans l'ouvrage. — 
2° Histoire du théâtre de l'Opcra-Comiqne; 
Paris, 1709 , 2 vol. in-12. Desboulmiers 
donne dans ce livre l'analyse des pièces qui 
ont été représentées sur le théâtre de l'Opéra- 
Comique depuis 1712 jusqu'en 17f>t , c'est-à- 
dire jusqu'à la naissance de l'Opéra -Comique 
véritable. 

DESBOUT (Loujs), chirurgien français, 
attaché au service des troupes italiennes dans 
la première partie du dix-huilième siècle. Il est 
auteur d'une dissertation sur l'usage de la mu- 
sique dans les maladies nerveuses, qui a paru 
sous ce litre : llagionamento fisicochirurgico 
sopra Veffelto délia musica nette malatie 
nervose ; Livourne, 1740, in-8°. 

DESBROSSES ( Robert ) , né à Bonn -sur- 
Ie-Rhin, en 1719, entra comme acteur pension- 
naire à la Comédie-Italienne, en 1743, et se re- 
tira en 1764. H a composé la musique d'un di- 
vertissement représenté en 1751, sous le litre du 
Mai, et des Sœurs Rivales, opéra-comique, re- 
présenté en 1702, du Bon Seigneur, et des Deux 



Cousines, en 1763. Desbrosscs était mauvais 
acteur et compositeur médiocre. Il est mort à 
Paris, le 29 pluviôse, an vu ( 1799) , à l'âge de 
quatre-vingts ans. 

DESBROSSES (Marie), actrice del'Opéra- 
Coinique, fille du précédent, naquit à Paris en 
17r>3. Elle n'avait que treize ans lorsqu'elle dé- 
buta à la Comédie-Italienne ; elle y parut pour la 
première fois, le 29 avril 1770, dans le rôle de 
Justine, du Sorcier, opéra de Philidor, et dan9 
Coloinbine. de la Clochette, opérette de Duni. 
Accueillie favorablement par le public, séduit par 
un talent si précoce, elle fut engagée immédiate- 
ment après comme pensionnaire. La suite de sa 
carrièredramatiquene répondit point à ce brillant 
début. Trop de charmes étaient attachés au talent 
et à la personne deM me Dugazon, alors en posses- 
sion des premiers rôles, pour que M lle Desbrosses 
pût lutter avec elle. Toutefois, une maladie sé- 
rieuse de l'actrice célèbre s'étant déclarée après 
les premières représentations d'Alexis et Justine, 
opéra de Dezaide, M"e besbrosses consentit à 
la remplacer dansle rôle principal de cette pièce, 
le 4 juillet 1785. L'accueil que lui fit le public 
n'était point encourageant ; la douleur qu'elle 
en ressentit donna à sa physionomie un carac- 
tère si touchant que le public consentit enfin à 
l'entendre, et cette disposition contribua à don- 
ner à son chant et à son jeu une expression vive 
qui enleva tous les suffrages et la fit rappeler à 
la (in de la pièce aux applaudissements de toute 
l'assemblée. Plus tard M" e Desbrosses joua les 
rôles de la Comtesse d'Albert , de Camille, 
dans l'opéra de Dalayrac, et d'autres rôles du 
môme genre ; plus tard encore elle prit l'emploi 
des rôles qu'on appelait les duègnes dans l'an- 
cien opéra-comique fiançais, et remplaça l'ex- 
cellente actrice madame Gonlhier pendant une 
absente de celle-ci. Mécontente de se voir tou- 
jours repoussée par les préventions de ses ca- 
marades et de n'occuper qu'une position incer- 
taine après de longs services, M" e Desbrosses 
demanda sa retraite en 1796. Elle alla jouer quel- 
que temps en province, revint à Paris en 1798, 
elentra au théâtre Feydeau, où elle fut traitée 
plus favorablement qu'à la Comédie -Italienne. A 
la réunion des deux théâtres, en 1801 , elle reprit 
son rang d'ancienneté dans la nouvelle société 
des acteurs de l'Opéra-Comique. En 1812 la 
retraite de M me Gonthier la rendit chef de l'em- 
ploi des duègnes. Elle n'eut jamais le jeu fin et 
spirituel de celte actrice inimitable ; mais, ayant 
plus de voix et d'oreille, elle était moins anti- 
pathique à la musique. D'ailleurs elle ne man- 
quait pas d'une cettaine franchise de diction qui 
produisait de l'effet dans les rôles de son emploi. 



DESBROSSES — DESCOUTEA.UX 



Après cinquante-trois ans de service au théâtre, 
MUe Desbrosses s'est retirée au mois d'avril 1829. 
Elle est morte à Paris, le2G février 1856, à l'âge 
de quatre-vingt-douze ans révolus. 

DESBUISSONS (Michel-Chaules ) , chan- 
tre et compositeur du seizième siècle, naquit à 
Lille, dans l'ancienne province de la Flandre 
française, vers 1520, car il est appelé Flandrus 
insulanus au titre d'un de ses ouvrages. Il fut 
attaché en qualité de chantre à la chapelle de 
l'empereur Ferdinand I. Il avait cessé de vivre 
avant 1573, car Jean Faber, qui a recueilli et 
publié quelques-uns de ses motets à quatre , 
cinq et six voix dans cette même année , 
dit, au titre de cette collection, qu'il l'a rassem- 
blée après la mort de l'auteur. Ce recueil a 
pour titre : Cantioncs alignât musicx, qux 
vulgo motcla vocant, quatuor, quinque ci sex 
vocum,authoreM. Michaelis-Carol. Desbuis- 
sons, Flandro insulano, post obitum authoris 
collecta, et x.dita per Johannem Fabrum; 
Monachii, per Adamum Berg, 1573, in-4° obi. 
Pierre Joannclli a inséré bon nombre de motets 
de Desbuissons dans son ISovus Thésaurus mu- 
sicus ( Venise, Ant. Gardane, 1568, in-4°). On 
en trouve treize, à 5, 6 et 7 voix, dans le premier 
livre; cinq, à 5, 6 et 8 voix dans le deuxième; 
trois, à 5 et à 6 voix dans le troisième; un à 12 
voix, un à 5, et un à 6 dans le quatrième; 
enfin un à 6 voix dans le cinquième; en tout 
vingt-cinq. 

DESCARTES (René), philosophe célèbre 
et génie sublime, naquit à La Haye, en Touraine, 
le 31 mars 1596. L'histoire de ce grand homme 
se liant nécessairement à celle des travaux qui 
l'ont illustré, mais qui ne sont pas l'objet de ce 
livre, on se bornera ici à renvoyer aux diction- 
naires historiques, dans lesquels on trouvera sa 
biographie, l'analyse de ses découvertes en mathé- 
matiques, et celle de ses systèmes en physique et en 
métaphysique, fruits d'une imagination brillante 
qui, souvent, aima mieux chercher à deviner la 
nature que de l'étudier. Je ne parlerai donc de 
Descaries qu'à l'occasion d'un Compendhim 
Musicx qu'il écrivit en 1618, à l'âge de vingt- 
deux ans, à la prière de son ami Isaac Betkmann, 
alors recteur à Dordrecht. Malheureusement cet 
ouvrage est peu digne du nom de son auteur: 
il parut le sentir, car il ne voulut jamais permet- 
tre qu'il fût imprimé; aussi ne le fut-il qu'après 
sa mort, à Utrecht, en 1650, in-4°. Ce livre a 
clé réimprimé depuis lors dans les deux édi- 
tions de ses Œuvres complètes, Amsterdam, 
1690 a 1701, 9 vol. in-4°, et 1713, aussi en 
9 vol. in-4°. Lord Bronneker, président de la 
Société royale de~Londres , en publia une tra- 



duction anglaise, à Londres, en 1653, in-4°, et le 
P. Poisson, de l'Oratoire, en donna une en fran- 
çais, à la suite de sa Mécanique, et la fit paraître 
sous ce titre : Abrégé de la musique de 
M. Descartes , avec les éclaircissements néces- 
saires; Paris, 1068, in-4°. Cette traduction a été 
insérée dans la collection des œuvres de Descartes 
en français; Amsterdam, 1724-1729, 13 vol. 
in-12. M. Cousin a placé la traduction française 
du traité de musique de Descartes dans le cin- 
quième volume de son édition des œuvres com- 
plètes du célèbre philosophe (pages 445-503). 
En 1683 il a été publié une nouvelle édition de 
l'Abrégé de musique de Descaries, avec une tra- 
duction latine des éclaircissements du P. Poisson, 
sous ce titre •• Renati Des-Cartcs Musicx Corn- 
pendium ; accedunt N. Poisson elucidationes 
physicx inCarlesii musicam ; Amslelodami, ex 
typographia Blaviana, in-4°. 

Outre ce petit ouvrage, Descartes a aussi traité 
de divers objets relatifs à la musique dans ses 
épttres, imprimées à Amsterdam, in-4°, en 1682. 
On y trouve: Part, i, Epist. 61, De Musica et 
celeritaie motus; Part. 1,Ep. 23, DcMusica; 
Ep.îk, De NervorumSono; Ep.G\, De Vibra- 
tioneChordarum , Ep. 66, Varix animadver- 
siones ad Musicam spectantes; Ep. 68, De 
Musica, et responsio ad quasdam quxstiones 
musicas; Ep. 72, Cursonusfacilius feratur se- 
cundum longitudinem irabis percussx quam 
per aerem solum; de tremore xris; Ep. 73, De 
Reflexione soni ac luminis;de Consonnantiis ; 
de Refractione sonorum; Ep. 74, De Réso- 
nant ia Chordarum ; Ep. 76, Varix quxstio- 
nes; Ep. 77, De Motu Chordarum ; Ep. 103, 
De Motu Chordarum et de Musica; Ep. 104, 
De Sono; Ep. 105, De Motu Chordarum 
et de Musica ; de Sonis et intensione Chor- 
darum; Ep. 106, De Tonis musicis : de 
Tonis mixtis; Ep. 110, Ad quam distan- 
tiam sonus audiri possit; de Imagina- 
tione ad judicandum de tonis, de sonis, de 
sono fistularum; Ep. 112, De Tonis musica- 
libus. Les lettres de Descartes ont été traduites 
en fiançais, et réunies en G vol. in-12, Amster- 
dam, 1724-1725. Ce grand homme mourut en 
Suède le 11 février 1650. 

C'est Descartes qui , le premier, a placé le 
principe esthétique delà musique dans la simpli- 
cité des rapports des sons : erreur partagée par 
Euler (voy. ce nom) et par quelques autres 
géomètres. 

DESCOUTEAUX ( Philibeut), très-bon 
joueur de musette, vers le milieu du dix-sep- 
lième siècle , fut attaché à la musique du roi, an 
commencement du règne de Louis XIV. Il est 

1. 



DESCOUTEAUX — DESMARETS 



rite avec éloges dans le Traité de la musette,àe 
Borjon ( l rc partie, page 38 ). 

DESEIVT1S (Jean-Pierre), professeur de 
clavecin, à Paris, vers 1780, a publié en 1787 : 
1" Trois sonates pour le clavecin avec accom- 
pagnement de violon, op. 1.-2° Recueil d'airs 
connus, mis en variations pour le clavecin. 

DESESSARTS ( Nicolas - Toussaint 
MOYNE, dit), né à Coutances le l eT no- 
vembre 1744, fut avocat à Paris, puis libraire 
et chargé d'afl'airescontpntieuses, particulièrement 
près de la cour de cassation. Il mourut à Paris 
le 5 octobre 1810. Compilateur infatigable, il a 
publié un grand nombre d'ouvrages de tout genre, 
parmi lesquels on remarque celui-ci : Les trois 
théâtres de Paris, ou abrégé historique de 
l'établissement de la Comédie-Française , de 
la Comédie-Italienne et de l'Opéra; Paris, 
1777, in-8°. On trouve quelques renseignements 
relatifs à des écrivains sur la musique dans son 
livre intitulé : Siècles littéraires de la France, 
ou Nouveau Dictionnaire historique, critique 
et bibliographique de tous les écrivains fran- 
çais morts et vivants, jusqu'à la fin du dix- 
huitième s/ècfc,- Paris, 1800-1801, six vol. in-8°, 
et supplément, 1803, 1 vol. in-8°. 

DESESSARTZ (Jean-Charles) , médecin 
distingué, né à Bragehnne, près de Bar-sur-Seine, 
en 1730, fit ses premières études à Tonnerre, et les 
achevaàParis, au collégede Beauvais. Quand elles 
furent terminées, il se livra à l'étude de la mé- 
decine, et, pendant qu'il suivait les cours de cette 
science, il donna des leçons de mathématiques 
pour exister. Après avoir été reçu docteur à 
Reims, il alla exercer la médecine à Villers-Co- 
terets, puis à Noyon, et enfin à Paris, où il fut 
nommé, en 1770, professeur de chirurgie, et en- 
suite de pharmacie. A l'époque de la formation de 
l'Institut, Desessartz y fut admis dans la classe 
îles sciences physiques et mathématiques. Dans 
une séance publique de ce corps savant il lut, 
le 20 vendémiaire an xi (octobre 1803), des 
Réflexions sur la musique considérée comme 
moyen curatif. Elles ont été imprimées, sous ce 
titre, chez Baudouin, à Paris, au mois de no- 
vembre de la- même année , et forment une 
brochure de 20 pages in-8°. 

DESÉTANGS ( . . .), sous-chef du bu- 
reau des gravures au ministère de l'intérieur, à 
Paris, a publié, sous le voile de l'anonyme, un 
petit écrit intitulé : Lettre sur la musique mo- 
derne à messieurs les rédacteurs du journal 

d'annonces de Musique, par D gs ; Paris, 

Migneret, in-8°de S pages. 

DESFORGES ( Hus). Voy. Hus-Dksfor- 

GES. 



DESHAYES (Prospfr-Didier), compo- 
siteur des divertissements et ballets de la Comé- 
die-Française, depuis 1782, s'est fait connaître 
à Paris, en 1780, par son .oratorio dés Macha- 
bèes , qui fut exécuté au Concert spirituel. Il a 
donné ensuite divers opéras-comiques, tels que : 
1° Le Faux Serment , au théâtre des Beaujolais, 
en 1786. — 2° L'Auteur à la mode, 1786. — 
3° Le Paysan à prétention, i7S7. — 4° Berlhr 
et Pépin, 1787. — 5° Adèle et Didier, 1790. 
— 6° Zèlia, 1791. — 7° La Suie de Zèlia, 
1792. — 8° Le Petit Orphée, 1793. — 9° Le 
Mariage patriotique, 1793. — 10° Bella, en 
1795. — 11° Don Carlos, en un acte, en 1799. 
Deshayes fut un des compositeurs qui écrivirent 
la musique du Congrès des Rois, opéra en trois 
acles, qui fut joué en 1793, au théâtre Favart. 
Les autres auteurs de la musique de cette pièce 
révolutionnaire furent Grétry , Méhul, Dalayrac, 
Devienne, Solié, Trial fils, Blasius, Kreutzer, 
Berton , Chérubini et Jadin. On a aussi de Des- 
hayes des symphonies à grand orchestre en ma- 
nuscrit, et un livre de pièces d'harmonie à six 
parties, gravé au magasin de musique du Con- 
servatoire. On ignore l'époque de la mort de ce 
musicien. 

DESHAYES (A.-J.-J.), ancien premier 
danseur de l'Opéra de Paris , professeur au Con- 
servatoire de musique et auteur de plusieurs 
ballets, a publié un petit écrit qui a pour titre: 
Idées générales sur l'Académie royale de 
musique, et plus spécialement sur la danse; 
Paris, Mongie aîné, 1822, in-8°. 

DÉS1DÉRI (Jérôme), docteur en droil, 
naquit à Bologne vers 1635. Ses connaissances 
profondes dans la philosophie, les mathémati- 
ques, les lettres et la musique, lui avaient ou- 
vert les porles de plusieurs académies d'Italie ; 
il prit le nom (VIndifercnte dans celle des Gelai i 
de Bologne. On lui doit un petit traité des ins- 
truments de musique et de leurs inventeurs, inti- 
tulé Disorso délia musica, qui a été inséré 
dans les Prose dcgli Academici Gelati di Bo- 
logna{\>. 321-356), Bologne, 1671, in-4°. 

DESLOUGES, musicien français du sei- 
zième siècle, n'est connu que par quelques 
motets qui ont été insérés dans un recueil inti- 
tulé .- XII motetz à quatre et cinq voix, corn- 
j)Osés par les autheurs cy-dessoubz escripts, 
naguères imprimés à Paris par Pierre At- 
taignant, demourant à la rue de la Harpe 
près de l'église Sainct-Cosme , 1529, petit in- 
4° obi. 

DESMARETS (Henri) , l'un des plus ha- 
biles musiciens du règne de Louis XIV, naquit à 
Paris en 1662. Après avoir été page de la musi- 



DESMARETS — DESPÉRAMONS 



que du roi, il conoouvut, en 1683, poui ■ l'une 
des quatre places de maître de la chapelle du 
roi; mais Louis XIV le trouva trop jeune et lui 
donna une pension pour le dédommager. Des- 
marets , qui avait composé une grande quantité 
de motets , en lit paraître une partie sous son 
nom et quelques-uns sous celui de Goupillier, 
maître de la chapelle de Versailles. Le roi, en 
ayant été informé, dit àGoupillier : Avez-vous au 
moins paye Desmarets? — Oui, Sire, répondit 
le maître de chapelle. Louis XIV, indigné, lit 
défendre à Desmarets de paraître devant lui. 

Les opéras dont ce compositeur a fait la mu- 
sique sont : Didon, en 1693; Circé , en 1C94; 
Théagènect Chariclëe, en 1693; les Amours 
de Momus, dans la même année; Vévais et 
Adonis, en 1697; les Fêtes galantes, en 1698; 
Iphigénie en Tau ride , avec un prologue par 
Campra.en 1704; Renaud, en 1722. Il avait 
fuit, en 1682-, la musique d'une idylle sur la nais- 
sance du duc de Bourgogne. 

En 1700, Desmarets, ayant été passer quelque 
temps chez son ami Gervais, maître de la ca- 
thédrale de Senlis, lit la connaissance de la fdle 
du présidial de l'élection, nommé de Saint-Gobert, 
et l'épousa secrètement. Le père rendit plainte 
en séduction et rapt , et Desmarets fut condamné 
à- mort par arrêt du Châtelet. Il se sauva en 
Espagne , où il devint maître de la chapelle de 
Philippe V; mais, la chaleur du climat nuisant à 
la santé de sa femme , il quitta son poste et se 
rendit à Lunéville , où il fut nommé surintendant 
de la musique du duc de Lorraine. 

Quelque bonté que Louis XIV eut pour lui et 
quelque estime qu'il eût pour ses talents, on ne 
put obtenir de lui la grâce de Desmarets; ce ne 
fut qu'en 1722, pendant la régence, que son pro- 
cès fut revu : il le gagna , et son mariage fut 
déclaré valable. 11 obtint aussi du duc d'Orléans 
une augmentation de pension, et il passa le reste 
de sa vie dans l'aisance. Il mourut à Luné- 
ville, le 7 septembre 1741 , âgé de près de quatre- 
vingts ans. 

DESMASURES (Louis), né à Tournay, 
dans la première moitié du seizième siècle , a 
fait imprimer de sa composition : Vingt-six can- 
tiques chantés au Seigneur, à quatre parties ; 
Lyon, par Jean de Tournes, 1564 , in-4° obi. 
L'auteur de cet ouvrage est qualifié de Tour- 
ncsien (Tournaisien) au frontispice. 

DESORMERY ( Léopold-Bastien ), né en 
1740 à Bayon', en Lorraine, a fait ses études 
musicales à la Primatiale de Nancy. Venu à 
Paris vers 1765, il fit exécuter plusieurs motets 
au Concert spirituel. Son opéra A'Enihym et 
Lyris fut représenté à l'Académie royale, en 



1776, et eut vingt-deux représentations. Myrlit 
et Lycoris, qui fut joué à la cour en 1777, passa 
ensuite au théâtre de l'Opéra, où il obtint assez 
de succès pour avoir soixante-trois représenta- 
tions consécutives, ce qui était sans exemple 
jusqu'alors. Dcsormery avait composé la musi- 
que de plusieurs autres opéras , mais il ne put 
parvenir à les faire jouer, et, dégoûté par les obs- 
tacles qu'il rencontrait, il renonça à la carrière 
dramatique et se livra à l'enseignement. Cepen- 
dant , à l'âge de soixante-huit ans , il reprit cbu- 
rage, et composa la musique d'un ouvrage qui 
avait pour litre : les Montagnards. Celui-là 
ne fut pas plus heureux que les autres et resta 
dans son portefeuille. Desormery s'est retiré 
dans les environs de Beauvais. Il est mort 
en lsio. 

DESORMERY (Jean-Baptiste), fils du 
précédent, né à Nancy en 1772 , fut un pianiste 
habile. 11 était élève de son père pour la musique 
et de Hulmandel pour le piano. On a de lui : 
1° Sonates pour piano seul, œuvres 1,2,7, 14, 16. 

— 2° Sonates avec accompagnement, œuvres 5, 
6, 9 et 15. — 3° Sonate à quatre mains, op. 11. 

— 4° Airs variés et fantaisies. En 1S31 ilapublié 
son œuvre 19 e , consistant en 24 études pour le 
piano, dans les 24 tons. 

DESPÉRAMONS (François -Noël), né 
à Toulouse, le 26 novembre 1783, vint à Paris 
à l'âge de quatorze ans , et entra au Conserva- 
toire de musique, en qualité d'élève violoniste. Il 
quitta ensuite l'instrument qu'il avait adopte 
pour se livrera l'étude du chant, sous la direc- 
tion de Persuis. A l époque de la mue il fut 
obligé d'interrompre son travail; mais, ayant 
recouvré la voix , il continua ses études dans la 
classe de chant de Garât. En 1804 il débuta à 
l'Opéra, dans le rôle de Panurge, et renonça à 
ce théâtre après quelques représentations. Rentré 
au Conservatoire pour la troisième fois, il y 
remporta le premier prix de chant qui fut dé- 
cerné en 1805. L'année suivante il débuta à l'O- 
péra-Comique dans l'emploi de Martin ;mais nul 
ne pouvait alors soutenir la comparaison avec ce 
chanteur, dont la voix était dans toute sa beauté. 
Despéramons fut donc obligé de se borner à jouer 
dans les grandes villes de province. Il s'est fixé à 
Bordeaux comme professeur de chant. Il a chanté 
pendant plusieurs années dans les concerts pu-^ 
blics et y a obtenu beaucoup de succès. Sa 
voix était mauvaise , mais il était doué d'une 
chaleur entraînante. Jamais le beau duo de Don 
Juan, Fuggi, fuggi , crudel, n'a été aussi bien 
chanté que par lui et par madame Barbier-Val- 
bonne. Despéramons a publié plusieurs romances 
de sa composition , à Paris , chez les frères, 



r, 



DESPÉRAMONS — DESPREZ 



Gaveaux. Cet artiste s'est relire à Toulouse vers 
1830, et y a été nommé professeur de chant du 
conservatoire. 

DESPINEY (Félix), docteur en médecine de 
la faculté de Paris «4 professeur de l'École pra- 
tique, est né en t797,'lans le midi «le la France. 
On a de lui des Mélanges physiologiques ( Lyon, 
Manuel, 1822,in-8°), dans lesquels se trouve 
l'exposition d'un système particulier du méca- 
nisme de la voix humaine. H a aussi publié : 
Physiologie de la voix et du chant; Bourg, 
1841, in-8°. 

DESPLAIMES (Jean-Antoine PI ANI, dit), 
habile violoniste, né à Naples vers la fin du dix- 
septième siècle, vint en France en 1704 et s'alta- 
cha au comte de Toulouse. Iî fut le maître de Se- 
naillé. On a de lui un œuvre de sonates pour le 
violon, quia été gravé à Paris. J'ai lu quelque 
part que Desplanes, étant retourné en Italie et 
s'étant fixé à Venise, y fut accusé d'avoir fait 
de fausses signatures, et fut condamné à avoir le 
poing coupé. 

DESPOIXS (Antoine), luthier de Paris, vi- 
vait au temps de Henri IV et de Louis XIII. Ses 
violons, qui sont devenus fort rares, ont été es- 
timés et recherchés. 

DESPRÉAUX (Claudk-Jean-François), fils 
d'un hautboïste de l'Opéra, qui se relira en 1767, 
entra en qualité de violoniste au même spec- 
tacle en 1759, devint chef des premiers violons 
en 1771, et se retira en 1782. Ayant été juré du 
tribunal révolutionnaire, il se tua le 24 thermi- 
dor, après la révolution qui fit cesser le régime 
de la Teneur. Il a publié quelques œuvres de so- 
nates pour le violon et le clavecin. 

DESPRÉAUX (Louis-Félix), frère puîné 
de Claude- Jean-François, naquit à Paris le 
17 avril 1746. Il se livra de bonne beure à l'é- 
tude de la musique, t fut placé par son père, 
en 1767, en qualité de quinte ou alto, à l'orchestre 
de l'Opéra. L'année suivante il entra au Concert 
spirituel. Nommé accompagnateur de l'École 
royale «léchant, en 1771, il en remplit les fonctions 
jusqu'à la suppression de cette école. En 1775 
il avait quitté l'Opéra. À la formation du Con- 
servatoire de musique il fut un des professeurs 
de cette école; mais, à l'époque de la réforme qui 
fut faite en l'an x (1802) dans cet établissement, il 
perdit sa place comme beaucoup d'autres profes- 
seurs. Il est mort à Paris en 1813. Despréaux 
était claveciniste assez habile et surtout bon pro- 
fesseur, llapublié plusieurs œuvres pour lepiano, 
tels quedes sonates, des préludes et exercices, trois 
pots- pourris, un recueil intitulé : Les genres de 
musique des différents peuples, la Bataille 
de Fleurit s, des airs variés, et un Cour d'édu- 



cation pour le piano, en cinq parties : ce der- 
nier ouvrage a eu du succès. On a aussi de lui des 
Cartes musicales pour apprendre la musique 
aux enfants, Paris, Janet et Cotelle. 

Un frère cadet de Louis-Félix Despréaux, 
nommé Jean- Etienne, a publié, en isi7, un ta- 
bleau des mouvements de la musique, sous le 
nom de Chronomètre musical établi sur les 
bases du pendule astronomique. Il était né 
le 31 août 1748, et était entré à l'Opéra, comme 
danseur, en 1766. Retiré en 1781, il ne rentra à 
ce spectacle qu'en 1792, en qualité de Directeur 
de la scène ; mais , peu de temps après, les ad- 
ministrateurs Célérier et Francœur ayant été ac- 
cusés de malversation et arrêtés, Despréaux 
cessa ses fonctions. En 1807 il fut nommé ins- 
pecteur du même théâtre et de ceux de la court 
A la même époque il était professeur de danse 
et de maintien théâtral au Conservatoire de mu- 
sique. Il est mort le 26 mars 1820.- Despréaux, 
homme d'esprit et de manières distinguées, culti- 
vait la poésie et (it représenter beaucoup de pa- 
rodies et de vaudevilles de sa composition. II 
avait épousé la célèbre danseuse Guiinard, qui 
était née le 27 décembre 1743, et qui mourut 
en 1810. 

DESPRÉAUX (Guillaume ROSS), com- 
positeur de musique, né à Clcrmont (Puy-de- 
Dôme) en 1803, fut admis comme élève an Con- 
servatoire de Paris, et reçut des leçons décom- 
position de l'auteur de celle notice et de 
Berton. Ayant été reçu comme acteur, en 
1824, au Gymnase dramatique, il resta attaché à 
ce théâtre jusqu'en 1828. L'année précédente le 
second grand prix de «'omposilion musicale lui 
avait élé décerné au concours «le l'Institut. Le 
sujet du concours était la cantate d'Orphée. En 
1823 M. Despréaux obtint le premier prix, et sa 
cantate fut exéentée à la séance publique de l'Ins- 
titut. Peu de temps après il partit pour Rome, 
«Poii il envoya en 18:so un Requiem et un Dies 
irx. Dans la même année il écrivit de Naples 
une lettre spirituelle sur l'état de la musique dans 
cette ville, qui fut insérée dans le septième vo- 
lume de la Revue Musicale (p. 169 et suiv.), et 
qui produisit une assez vive sensation. De retour 
à Paris, Despréaux y a fait représenter à l'O- 
péra-Comique, le 23 janvier 1833, un petit opéra 
intitulé le Souper du Mari. Il a écrit depuis lors 
plusieurs ouvrages qui n'ont point été joués. 

DESPRÉS ou DESPREZ (Josquin). Voy. 
Depkès. 

DESPREZ (Jean-Baptiste), violoniste, né à 
Versailles en 1771, eut pour maître de musique 
Richer, son concitoyen. Il a publié : Six duo> 
dialogues pour deux violons, op. 1, Paris,179* 



DESPREZ — DESSAUER 



On a aussi de cet artiste des Principes élémen- 
taires de musique; Paris (sans date), in-8°. 

DESQUESNES (Jean), ou d'ESQUE- 
IVES (1), musicien belge, vécut vers la fin 
du seizième siècle. 11 naquit vraisemblablement 
à Mons ou à Saint-Ghilain, petite ville du Hai- 
naut , où plusieurs familles de ce nom existaient. 
Cet artiste n'est connu que par un recueil de 
compositions intitulé : Madrigali di Giov. Des- 
quesnes, il primo libroa chique voci ; Anversa, 
1591, in-4° obi. Le prénom italianise et le genre 
<le la musique semblent indiquer que le com- 
positeur a vécu en Italie. Cependant, si c'est 
de lui qu'il est question dans un compte de la 
maison de l'archiduc Ernest, gouverneur des 
Pays-Bas, en 1630, cité à l'article Dequesne 
( Voij. ce nom ), il était revenu dans sa patrie à 
cette époque et devait être d'un âge avancé, puis- 
qu'un de ses ouvrages avait été publié près de 
quarante ans auparavant. 

DESQUESNES (Nicolas), vraisemblable- 
ment parent du précédent et son contemporain, 
fut bachelier en théologie et pasteur de Sebourcq 
(dép. du Nord), près de Valenciennes, pendant 
quarante ans. Il y mourut en 1633. Un histo- 
rien contemporain (2) a dit de lui : « Ce dit 
« pasteur de Sebourcq a laissé grands volumes 
« musicales à ladite église, contenans diverses 
« messes, antiennes, hymnes et oraisons en mu- 
et sique, en ayant aussi laissé en plusieurs en- 
« droits de ces provinces. Entr'aulres lorsqu'on 
« se mouroit de la peste à Valentiennes, qui fut 
« l'an 1627, il présenta un hymne ou oraison en 
« cinq parties à Messieurs du Magistrat dudit 

« Valentiennes laquelle commençoit : 

« Hoc est prxclarum > ç.{c. » Le même écrivain 
dit que le roi d'Espagne, Philippe III, lui lit 
faire des propositions pour aller remplir la 
place de maître de chapelle à sa cour, mais que 
Desquesnes s'en excusa prudemment au con- 
sentement de Sa Majesté. On n'a rien retrouvé 
jusqu'à ce jour des ouvrages de ce prêtre. 

DESSALLE-RÉGIS (...), littérateur et 
critique , né à Montpellier, au commencement 
de ce siècle, a publié une brochure qui a pour 
litre : De lamusique danslemidi delaFrance; 
Montpellier, Castel, 1839, in-8°de 64 pages. On 
connaît aussi de lui : Feuilles de province. Lit- 



il) Suivant le catalogue de la librairie musicale de Bal- 
tliazar Bellere, cité par M. E. de Coussemaker (Notice 
sur les collections musicales de la bibliothèque de 
Cambrai, p. 1S2 ). 

!2! histoire de la terre et comté de Sebourcq, par 
Pierre Lebnucq [Valenciennes et Bruxelles, 1645, in-4°), 
ouvrage cité par M. E. de Coussemaker (Notice sur les 
collections musicales de la bibliothèque de Cambrai, 
aages 17 et 161). 



térature, mvsiquc;Parte, imprimerie de Gros, 
1840, in-8° de 128 pages. Ce dernier ouvrage 
esteomposé d'articles fournis par l'auteur à divers 
journaux. 

DESSANE (Louis), né à Paris vers 1802, 
a fait ses études élémentaires de musique an 
Conservatoire de cette ville. Son premier instru- 
ment fut le violon, mais plus tard il se livra à 
l'étude du mélophone , instrument à anches 
libres dans une forme assez analogue à celle 
de la guitare, avec un clavier mobile sur la 
touche. Le vent était fourni par un soufflet que 
la main droite faisait mouvoir, tandis que la 
gauche formait des chants, des harmonies et des 
arpèges sur le clavier du manche. Dessanne ac- 
quit en peu de temps une grande habileté sur 
cet instrument, et le fit entendre avec beaucoup 
de succès à l'exposition de l'industrie en 1838. La 
sensation qu'il y produisit fitimaginer d'employer 
le mélophone pour des effets particuliers dans l'or- 
chestre de l'Opéra. Dessane y fut attaché pendant 
deux ans; mais l'usage du mélophone y était 
trop borné ; il ne répondit pas à ce qu'on en atten- 
dait : l'administration du théâtre y renonça, et 
Dessane partit pour l'Allemagne, dans le dessein 
d'y donner des concerts pour son instrument. 
En 1844 il se lit entendre à Darmsladt, puis à 
Francfort, et dans la même année il établit à 
Nuremberg une fabrique de mélophones ; mais 
cette entreprise ne réussit pas, parce que l'ins- 
trument est imparfait, ses soupapes fonctionnant 
mal, et parce que son doigté est difficile. Les 
renseignements manquent sur la suite de la car- 
rière de Dessane. 

DESSAUER (Joseph), compositeur, né à 
Prague, le 28 mai 1794, de parents aisés qui lui 
firent donner une brillante éducation, fut destiné 
au commerce dès son enfance. Tomaschek en 
fit un pianiste habile, et Frédéric-Denis Weber, 
directeur du Conservatoire de Prague, lui donna 
des leçons d'harmonie. Quelques compositions 
estimables qu'il fit paraître dans sa jeunesse 
prouvèrent ses heureuses dispositions; mais, 
détourné de la pratique de la musique par les 
| affaires, il négligea cet art pendant plusieurs 
I années. Un voyage qu'il fit à Naples, en 1821, 
pour des spéculations de commerce, lui ayant 
fourni l'occasion de faire admirer ses talents de 
pianiste et de compositeur, lui fit comprendre 
qu'il n'avait pas suivi sa véritable vocation. De 
retour dans sa patrie, il prit la résolution de 
cultiver avec plus d'activité les heureux dons 
qu'il avait reçus de la nature pour la musique, 
et il écrivit beaucoup de chants à une ou plu- 
sieurs voix, des morceaux de piano, des qua- 
' tuors et des ouvertures pour, l'orcuestce. Dau* 



s 



DESSAUER — DESTOUCHES 



un autre voyage qu'il fit à Milan, dix ans plus 
tard, il écrivit plusieurs ouvrages de musique 
instrumentale et vocale, et commença un opéra 
qui est resté inachevé jusqu'à ce jour. Dans les 
années 1832 et 1833 il a visité l'Angleterre et 
la France. Pendant un séjour de dix-nuit mois 
à Paris, il y lit entendre souvent avec succès 
dans les salons ses chansons allemandes. Il avait 
le dessein d'écrire un opéra français; mais, après 
mille démarches inutiles pour obtenir un livret, 
il dut y renoncer, et, lorsqu'il s'éloigna de Paris, 
il était tombé dans le découragement. Il s'est 
ensuite fixé à Prague, y consacrant à la musi- 
que tous les moments qu'il pouvait dérober aux 
affaires. On a publié de M. Dessaiier : 1° Ri- 
membranze di Napoli, composiziane per il 
piano-forte sopra motivi originali napole- 
tani, op. 1 et 2; Vienne, Leidesdorf. — 2° Ca- 
priccio sopra alcuni motivi delV opéra 
ISorma; Milan, Ricordi. — 3° Six Canzoni ita- 
liennes et allemandes, avec accompagnement de 
piano; Vienne, Mechetti. — 4° Six Chansons alle- 
mandes avec piano, op. G ; Vienne, Arlaria. — 
5° Trois Lieder avec piano, op. 6 ; Vienne, Dia- 
belli; d'autres recueils de chants, œuvres 14, 45, 
46, 47, et un nombre considérable de Lieder 
détachés. C'est dans ces Lieder qu'est le génie de 
Dessaiier, génie original et aussi fin que pas- 
sionné. Le Wassermann (l'Homme de l'eau), 
le Flot et V Enfant, les Deux Cercueils, la 
Marguerite, V Asile, tous les chants des œuvres 
5, 6, 14, 45, la Rêverie de nuit, et tant 
d'autres qu'il faudrait citer, n'ont pas moins de 
poésie que les mélodies de Schubert. Dessaiier a 
tait aussi représenter à Dresde l'opéra comique 
Ein liesuck m Saint-Cyr (une Visite à Saint- 
Cyr), en 1838, et Lidwinna, à Prague, deux ans 
auparavant. 

DESSIRIER (Hippolyte), né à Besançon, 
professeur de musique, a fait ses études musi- 
cales sous la direction de Travisini , maître de 
chapelle dans cette ville. Il est auteur d'une Mé- 
thode élémentaire de musique. 

DESTOUCHES (André-Cardinal), com- 
positeur dramatique, né à Paris en 1672, fut 
d'abord mousquetaire et simple amateur de mu- 
sique. Dans sa jeunesse il fit le voyage de Siam 
avec le P. Tachard, jésuite, à qui il promit d'entrer 
dans la compagnie de Jésus; mais de retour en 
Europe il oublia sa promesse et préféra la car- 
rière des armes, que son humeur inconstante lui 
fit bientôt abandonner pour se livrer à l'élude 
de la musique. Lorsqu'il composa son premier 
opéra {Issé), son instruction dans cet art était 
si peu avancée qu'il fut obligé d'avoir recours 
à un autre musicien pour écrire sa partition. 



Cependant il avait des idées naturelles qui firent 
le succès de cet ouvrage, dont la première re- 
présentation eut lieu à Trianon , le 17 décembre 
1697. Plus tard Destouches comprit la né- 
cessité d'apprendre ce qu'on appelait alors la 
basse continue ,• mais, devenu plus habile , il fut 
moins heureux dans ses inspirations. Il fut su- 
rintendant de la musique du roi et inspecteur 
général de l'Opéra, depuis 1713 jusqu'en 1751. 
Son opéra d'I&sefut suivi d'Amadis de Grèce, en 
1G99; de Marthésia , dans la même année; 
d'Omphale , en 1701 ; du Carnaval et la Fo- 
lie, en 1704. En 1712 il donna Callirhoê , en 
1714 Télémaque , en 1718 Sémiramis , en 
1725 les Éléments, en société avec Lalande, et 
enfin, en 1726, les Stratagèmes de l'Amour. 
Louis XIV fut si satisfait d'/ssd qu'il fit donner 
à l'auteur une gratification de deux cents louis, 
et déclara que Destouches était le seul qui ne 
lui eut point fait regretter Lulli. Toutefois il 
parait que sa musique ne plut pas à tout le 
monde, car on fit contre son opéra de Callirhoê 
ce couplet satirique : 

Roy sifflé, 

Pour l'Être encore 

Fait éclore 

Sa Callirhoê ; 

Et Dcslouches 

Met sur ses vers 

Une couche 
D'insipides airs. 
Sa musique 
Quoiqu'étique 
Flatte et pique 
Le goût des badauds. 
Heureux travaux I 
L'ignorance 
Récompense 
Deux nigauds. 

Destouches est mort à Paris, en 1749, à l'âge 
de 77 ans. 

DESTOUCHES (François), compositeur, 
né à Munich le 14 octobre 1774 , prit des leçons 
de musique et d^iarmonie de Théodore Griïn- 
berger, moine augustin, et fit des progrès re- 
marquables dans ces sciences. Son père, qui était 
conseiller de la chambre fiscale de la cour de 
l'électeur, l'envoya à Vienne, en 1787, pour y 
étudier la composition sous la direction de Jo- 
seph Haydn. Il resta dans cette ville jusqu'en 
1791 et retourna ensuite dans sa patrie. Bientôt 
après il y mit en musique l'opéra-comique in- 
titulé Die Thomas Nachl (la Nuit de Thomas), 
qui fut représenté sur le théâtre national et sur 
celui de la cour en 1792. 11 partit ensuile pour la 
Suisse et l'Autriche, et donna des concerts dans 
plusieurs villes. Arrivé à Erlangen, il s'y arrêta et 
y exerça les fonctions de directeur de musique 
1 pendant deux ans. En 1799 il passa au service 



DESTOUCHKS — DEVIENNE 



du duc de Saxe-Weimar, revint à Munich en 
1810, et fut enlin placé comme professeur d'har- 
monie à l'université de Landshut, où il était en- 
core en 181G. Outre plusieurs messes de sa 
composition, qui sont connues avantageusement 
en Allemagne, il a mis en musique, à Weimar, 
l'opéra intitulé Missverstxndniss(\at Rupture), 
qui eut beaucoup de succès dans la nouveauté. 
Il a composé pour le même théâtre les chœurs 
du drame Die Hussiten von Naumburg (les 
Hussites de Naumbourg), ainsi que les ouvertures 
des pièces de Schiller, la Fiancée de Messine, 
la Pucelle d'Orléans, Guillaume Tell et 
Wallerstein. Il est aussi l'auteur des chœurs de 
Wanda, tragédie de Werner. On a gravé à Augs- 
bourg, chez Gombart, et à OITenbach, chez 
André, plusieurs de ses concertos pour divers 
instruments , des sonates de piano , des varia- 
tions et autres compositions instrumentales. 
Parmi ces productions on remarque : 1° Trois 
Sonates pour le piano , op. 1 ; Offenbach, 1792, 
— 2° Fantaisie pour le piano, op. 10; Augs- 
bourg, 1799. — 3° Marche avec 10 variations, 
op. 8. —4° Ariette avec 9 variations, n° 2; 
Heilbronn, 1798. —5° Ariette avec 9 variations, 
n° 3. — 6° Sonates pour piano, violon et vio- 
loncelle, op. il; Augsbourg. — 7° Concerto 
(en sol) pour piano et orchestre; Augsbourg, 
Gombart. Destouches est mort à Munich au mois 
de décembre 1844. 

DEURING (Benoit), moine allemand, né en 
Bavière, vivait vers le milieu du dix-huitième siè- 
cle. Il a publié douze motets de sa composition, sous 
letitredc Conceplusmusicij Augsbourg, 1730, 
in fol. 

DEUZIIXGER (J.-F.-P.). On a sous ce 
nom un traité d'accompagnement de l'orgue et 
du clavecin intitulé : Compendium musicum, 
oder Fundamenta partiturx, dass ist : Unter- 
richt fur die Orgel und das Klavier, en deux 
parties; Augsbourg, Lotler, 1788. 

DEUTSCIIMANN (Jacques), facteur d'or- 
gues distingué, à Vienne, a eu une part, consi- 
dérable dans les perfectionnements des orgues à 
anches libres, appelés Physarmanica en Alle- 
magne , et Harmonium en France. Dans une 
exposition publique d'instruments de musique 
qui fut faite dans la capitale de l'Autriche, en 
1839, il plaça un grand instrument de ce genre, 
composé de trois registres. Le rapport des mem- 
bres du Jury, MM. Bocklet, Antoine de Halm 
et Fischof, constata en particulier que le sys- 
tème du soufflet était nouveau , qu'il produisait 
sans secousse le son, et qu'il le prolongeait long- 
temps sans être renouvelé par le mouvement de 
la pédale. En 1845 une médaille d'or fut dé- 



cernée à Deutschmann pour de nouveaux per- 
fectionnements faits aux instruments de ce genre 
qu'il avait mis à l'exposition de celte année, à 
Vienne. Cet artiste esl mort dans la même ville, 
en 1853. 

DEVASINI (....), compositeur de l'époque 
actuelle, a fait ses études musicales au Conserva- 
toire de Milan , où il se trouvait encore en 1842. 
Il y fit représenter par ses condisciples, en 18il, 
Francesca rfiJRimmi, drame musical, etdans l'an- 
née suivante Un Giorno di nozze , opéra bouffe. 
Cet artiste a écrit aussi de la musique instru- 
mentale , parmi laquelle on remarque un Sestetto 
pour flûte, hautbois , 2 clarinettes, cor et basson 
concertants. 

DEVERGIE (L'abbé), ecclésiastique à 
Beauvais,est auteur d'une Méthode de Plain- 
Chant ; Beau vais, Bocquillon-Porquier, 1840, 
in-8°de 168 pages. 

DEVICQ (Éloy), d'une famille distinguée 
de l'ancien parlement de Flandres, naquit à 
Douai vers 1778. Dans les troubles révolution- 
naires de 1792, ses parents sortirent de France 
et cherchèrent un asile à Hambourg. Privés de 
leur fortune par l'émigration, ils trouvèrent 
heureusement une ressource dans le talent mu- 
sical de leur fils, qui, ayant étudié la musique 
et le violon avec ardeur, dès son enfance, put, 
à peine âgé de quinze ans, donner des leçons et 
entrer comme violoniste à l'orchestre du théâtre 
de Hambourg. Quelque temps après il partit pour 
la Russie, vécut plusieurs années à Saint-Péters- 
bourg et à Moscou, et perfectionna son talent 
par ses liaisons avec Rode, Baillot et le célèbre 
violoncelliste Lamare. De retour en France vers 
1809 , M. Éloy Devicq se maria à Abbeville et s'y 
établit, ne cultivant plus la musique que comme 
amateur, mais y puisant ses jouissances les plus 
vives. Sa manière grande et classique déjouer le 
violon, et le profond sentiment musical dont il 
était pénétré , ont fait longtemps le charme de 
ceux qui l'onl entendu. C'est à ce pur amour de 
l'art dont il était toujours animé qu'Abbeville 
doit l'institution d'une école publique de mu- 
sique qui a formé de bons élèves et propagé 
le goût de cet art. M. Éloy Devicq a publié : 
Air russe varié pour violon principal, avec 
violon, alto cl violoncelle ou piano; Paris, 
Pacini. Il est mort à Abbeville en 1.847. 

DEVIENNE (François), né à Join ville 
(Haute-Marne) en 1759, fut élevé par son frère, 
musicien au service du prince de Deux-Ponts. 
Dès son enfance il annonça les plus heureuses 
dispositions pour la musique; à peine âgé de dix 
ans il composa une messe avec accompagne- 
ment d'instruments à vent, qui fut exécutée par 



10 



DEVIENNE 



les musiciens du régiment où il élait déjà en- 
gagé comme flûte. Ses études musicales termi- 
nées, il s'attacha au cardinal de Rohan, et passa 
ensuite dans la musique des Gardes-Suisses, 
qu'il quitta pour entrer, en 1788, dans l'orches- 
tre du théâtre de Monsieur; en qualité de basso- 
niste. Également distingué par son talent sur la 
Hâte et sur le basson, Devienne avait une con- 
naissance générale de tous les autres instruments, 
et savait en tirer des effets inconnus en France 
avant lui. Né avec du talent pour la composi- 
tion, il créa un nouveau genre de musique pour 
les instruments à vent , encouragea les artistes 
à perfectionner leur exécution , et contribua 
par là à l'amélioration des orchestres français. 
Non moins recommandable comme compositeur 
dramatique, il a laissé quelques opéras qui pour- 
raient être encore entendus avec plaisir, et qui 
se. font remarquer par la fraîcheur des idées et 
l'élégance de l'instrumentation. L'un de ses ou- 
vrages, connu sous le titre les Visitandines, fut 
joué longtemps avec succès. 

Les productions de Devienne sont en si grand 
nombre qu'on ne comprendrait qu'à peine sa 
fécondité, si l'on ne savait que, nonobstant tous 
les devoirs que lui imposaient ses places et les 
leçons qu'il donnait, il travaillait ordinairement 
huit heures chaque jour. Cet excès de travail 
linit par altérer ses facultés; sa tête se dérangea, 
ut Ton fut obligé de l'enfermer à Charenton, où 
il mourut le 5 septembre 1803. Il avait été 
professeur au Conservatoire de musique, et fut 
compris dans la réforme générale de 1802. 
Voici la liste de ses productions : I. Opéras : 
1° Encore des Savoyards , opéra-comique en un 
acte, au théâtre de Monsieur, en 1789. — 2° Le 
Mariage clandestin, en un acte, au théâtre Mon- 
tansier, 1791. — 3° Les Quiproquos espagnols, 
au théâtre Feydeau, 1792. — 4° Les Visitandines, 
en deux actes, au théâtre Feydeau , 1792. Un 
troisième acte fut ajouté à cet opéra en 1793; puis 
la pièce fut remise en deux actes, en 1795. Re- 
fusée maladroitement au théâtre Favart, cette 
pièce fut jouée avec un succès d'enthousiasme au 
théâtre Feydeau, etcontinua dejouir de la faveur 
publique jusqu'à la Restauration. Plus tard elle 
fut arrangée sous le titre du Pensionnat de 
Jeunes Demoiselles pour être jouée à l'Opéra- 
Comique, et sous celui des Français au Sérail, 
au théâtre de l'Odéon. Depuis la révolution de 
juillet 1830 elle a repris son premier titre. — 
5° RoseetAurèle, en un acte, au théâtre Feydeau, 
1703. — 6° Agnès et Félix, ou les deux Es- 
piègles, en deux actes, 1794. — 7° Valecour, 
ou un tour de page, en un acte, 1797. — 
8° Les Comédiens Ambulants, en trois actes, 



1798. — 9° Le Valet des deux maîtres, en 
deux actes, 1799. Devienne a été collaborateur, 
pour la musique, du Congrès des Rois, opéra 
révolutionnaire joué au théâtre Favart en 1793. 

— II. Pièces détachées : 10° Romances 
d'Estelle, avec accompagnement de piano et 
flûte; Paris, Naderman. — 11° Romances de 
Gonzalve de Cordoue, avec accompagnement 
de piano et flûte ou violon ,op. 53, Paris, 1795. 

— 12° Romances patriotiques ; Paris, Ozy. — 
13° Chansons républicaines, à l'usage des 
fêtes nationales; ibid. — 14° Première li- 
vraison de six romances , paroles de Labiée, ■ 
avec accompagnement de piano et harpe. — 
III. Ouvertures et symphonies : 15° Symphonie 
concertante pour cor et basson, n° 1; Paris, 
1792. — 16° Symphonie concertante pour haut- 
bois ou clarinette et hasson, n° 2; ibid., 1793. 

— 17° Symphonie concertante pour flûte, clari- 
nette et basson; ibid. — 18° Symphonie concer- 
tante pour flûte, hautbois, cor et basson, avec or- 
chestre, n°4 ; ibid., 1794; production excellente en 
son genre, et qui a obtenu le plus grand succès. — 
19° Symphonie concertante pour deux clarinettes 
et orchestre , op. 25; ibid. — 20° La Bataille de 
Jemmapes, pour vingt instruments; ibid., 
1796. — 21° Ouvertures pour instruments à 
vent, à l'usage des fêtes nationales, n" s 1, 2, 3, 
4,5, 6 et 7; Paris, Ozy. — 22° Symphonie 
concertante pour deux (lûtes et orchestre; ibid. — 
23° Deuxième symphonie concertante pour flûte, 
hautbois, cor et basson ; Paris, 1800. — IV. Con- 
certos : 24° Concertino d'airs variés pour la 
flûte, n° 1 ; ibid. — 25° Concertos pour (îùle et 
orchestre, n os l, en ré; 2, en ré; 3, en sol; 4, 
en sol; 5, en sol; 0, en ré; 7, en mi mineur; 
8, ensol; 9, en mi mineur; 10, en ré; 11, en 
si mineur; 12, en la; Paris, Imhault et Sieber;. 

— n° 13, posthume, en. soZ; Orléans, Demar. ■ — 
26° Concertos pour basson et orchestre, n° l,en 
ut, Imhault ; n°2, Naderman ; n° 3, en fa; n° 4, 
en ut; Paris, Sieber. — V. Quatuors : 27° Qua- 
tuors pour flûte, violon, alto et basse, op. 1,3, 
Paris, Le Duc; op. 16, liv. 1 et 2 , Paris, Sie- 
ber; op. 62, Offenbach, André; op. 66, liv. 1 et 
2, Paris, Imbault; op. 67, ibid., formant en- 
semble trenie-six quatours. — 28° Trois quatuors 
pour clarinette, violon, alto et basse, op. 73;. 
Paris, Érard. — 29° Trois quatuors pour basson, 
violon , alto et basse, op. 75 ; ibid. — VI. Trios : 
30° Six trios pour flûte, alto et basse, liv. 1 et 
2; Paris, Sieber. — 31° Six trios pour flûte, 
violon et basse, op. 18; Paris, Imbault. — 32° 
Six idem, op. 66; Paris, Gaveaux. — 33° Six 
trios pour deux flûtes et basse, op. 19-; Paris, 
Sieber. — 34° Six trios pour deux flûtes et bas- 



DEVIENNE — DEVISME DU VALGAV 



11 



non , op. 77; ibiil. — 35° Six trios pour fliïte, 
clarinette et basson, op. 6t, liv. 1 et 2 ; Offen- 
bach, André. — 36° Six trios pour trois flûtes, 
liv. l et 2 ; Paris, Imbatilt. — 37° Six trios pour 
deux clarinettes et basson, op. 27; Paris, Sieber. 

— 38° Trois trios pour deux clarinettes et basson, 
op. 75; ibid. — 39° Trois idem, livre troisième; 
Paris , Sieber. — 40° Six trios pour basson , vio- 
lon et basse, op. 17; Paris, Imbault. — VII. 
Duos : 4t°Cent cinquante-huit duos pour divers 
instruments , œuvres 2, 5, 6, 7, 8, 15, 20, 21, 
53, 64, 05, 08, 09, 70, 78, 79, 81 , 84; Paris, 
Londres, Offenbacli, Berlin, 1788-1801. — VIII. 
Sonates : 42° Six sonates pour piano, flûte et 
basse, op. 22 et 23; Paris, Naderman. — 
43° Six sonates pour basson , avec accompagne- 
ment de basse, op. 24 ; Paris , Sieber. — 44° Six 
sonates pour clarinette, avec accompagnement 
de basse, op. 28 ; ibid. — 45° Six sonates pour 
Urtte, avec accompagnement de basse, op. 14; 
Orléans, Demar. — 46° Six idem , op. 58. — 
47° Six idem, op. 68; Paris, Sieber. —48° Six 
idem, liv. 4; Paris, Imbault. — 49° Six idem, 
cinquième livre; Paris, Pleyel. — 50° Six idem, 
liv. 0; Paris, Frey. — 51° Six idem, liv. 7; 
Paris, Sieber. — 52° Six idem, liv. 8; ibid. — 
53° Douze sonates pour bautbois, avec accom- 
pagnement de basse, op. 70 et 71; Paris, Le 
Duc. — IX. Harmonie : 54° Douze suites d'har- 
monies à huit et douze parties; Paris, 1798-1801. 

— X. 55° Méthode de flûte théorique et pra- 
tique , contenant tous tes principes , des pe- 
tits duos et sonates faciles; Paris, Imbault, 
1795. Cet ouvrage estimé a été reproduit dans 
plusieurs éditions. 

DEVISME DU VALGAY ( Anne-Pierre- 
Jacques), né à Paris en 1745, entra dans les 
fermes, où il parvint à l'emploi de sons-directeur. 
Dans sa jeunesse il se livra à l'étude delà mu- 
sique, et publia un Abrégé des règles de la com- 
position et de l'accompagnement , dédié à la 
reine; Paris , 17G7, in-4°. La protection du valet 
de chambre de la reine lui fit obtenir, en 1777, 
l'entreprise de l'Opéra de Paris. Le privilège lui 
lut accordé pour douze ans, moyennant un cau- 
tionnement de cinq cent mille francs, dont la 
ville devait lui payer l'intérêt, outre un subside 
de quatre- vingt mille francs qu'il devait recevoir. 
Deux règlements du 27 février et du 22 mars 
1778 établirent les droits de l'entrepreneur et de 
ses subordonnés; le premier avril suivant, De- 
visme prit possession de son entreprise. A celte 
époque les amateurs de l'Opéra étaient divisés 
en quatre partis, dont les goûts et les préventions 
étaient différents. Le premier de ces partis , com- 
posé des Lnllistes ou amateurs de l'ancienne mu- 



sique française, était le plus faible; le second , 
plus vigoureux, était formé par les défenseurs 
de Rameau; les troisième et quatrième, où 
étaient enrôlés les admirateurs enthousiastes de 
la musique nouvelle, dédaignaient de combattre 
les préjugés des partisans de Lulli ou l'entête- 
ment des Ramistcs, et, se plaçant les uns sous 
la bannière de Gluck, les autres sous celle de 
Piccinni, se faisaient une guerre aussi vive que 
s'il se fût agi des intérêts les plus graves. Ces 
circonstances étaient favorables au nouveau di- 
recteur : il sut en profiter et déploya une acti- 
vité prodigieuse. Voulant que le public pût juger 
des diverses transformations qui s'étaient opé- 
rées en France dans la musique théâtrale, iï 
donna dans une seule année Thésée, de Lulli; 
Castor et Pollux, Pygmalion, de Rameau; 
Ernelinde , de Philidor; Armide, Iphigénie , 
Orphée de Gluck; Roland, de Piccinni, et fit 
composer par Grétry une pièce intilulée les Trois 
Ages de l'Opéra. Outre cela il rappela les bouf- 
fons italiens, et leur fit jouer, alternativement 
avec l'Opéra français, les meilleurs ouvrages 
d'Anfossi, de Piccinni et de Paisiello. Mais tant 
de nouveautés avaient coûté des frais énormes , 
et, malgré l'al'llnence du public , la recette ne 
couvrait pas la dépense. Devisme recevait les 
félicitations de quelques amateurs zélés, mais il 
se ruinait. D'ailleurs ses réformes et sa ma- 
nière nouvelle d'administrer l'Opéra avaient 
froissé des intérêts particuliers et lui avaient 
fait des ennemis : ils l'accablaient de sarcasmes et 
de dégoûts. Nonobstant ses talents et sa fermeté, 
il ne put parvenir à déraciner les abus d'une ad- 
ministration vicieuse. Malgré la protection de la 
reine, Devisme ne put résister aux haines, aux ca- 
bales et aux tracasseries de tout genre auxquelles 
il était en butte; il offrit la résiliation de son 
bail, et elle fut acceptée le 1 er avril 1779; mais 
il conserva la direction jusqu'au mois de mars 
de l'année suivante, pour le compte delà ville. 
A la clôture de l'année théâtrale de 1780, Ber- 
ton prit la direction de l'Opéra pour le compte 
du roi, et Devisme reçut le brevet d'une pen- 
sion de neuf mille francs avec une indemnité de 
vingt-quatre mille francs, faible dédommagement 
des pertes qu'il avait essuyées. 

Le 20 fructidor an vu ( 12 septembre 1799 ) 
Devisme fut nommé administrateur de l'Opéra, 
conjointement avec Bonnet de Treiches , ex-lé- 
gislateur, par un arrêté du Directoire. Le 13 
mars 1800 le ministre de l'intérieur nomma 
Devisme directeur de ce spectacle, et Bonnet 
n'eut plus que le titre de conservateur du maté- 
riel ; mais bientôt des soupçons circulèrent sur la 
gestion du directeur ; ils parurent assez graves et 



î: 



DEVISME DU VALGAY — DEVRIENÏ 



assez fondés pour que l'autorité le privât de son 
emploi et le fit remplacer par Bonnet, qui eut le 
titre de commissaire du gouvernement, le 23 
décembre 1800. Un procès fâcheux fut intenté à 
Devisme sur la partie contentieuse de son ad- 
ministration; mais il s'en tira avec habileté. Il 
publia à cette occasion un petit écrit de deux 
feuilles in-8° d'impression, sous ce titre : Devis- 
me du Vulgay à ses concitoyens sur son ad- 
ministration du théâtre de la République et 
des Arts. Il a aussi fait imprimer quelques autres 
petites brochures sur le même sujet, mais je 
n'en sais pas les titres. 

Devisme résida encore quelque temps à Paris, 
et y fit représenter quelques ouvrages drama- 
tiques au théâtre Montansier et à l'Opéra-Co- 
mique, entre autres la Double Récompense , 
et Eugénie et Linval. En 1806 il publia à Paris, 
en un volume in-8° , un livre intitulé : Pasi- 
logie , ou de la musique considérée comme 
langue universelle. Retiré dans la Normandie en 
1810, Devisme est mort à Caudebec, vers le 
milieu du mois de mai 1819, à l'âge de soixante- 
quinze ans. Il avait annoncé des Mémoires sur 
sa vie , mais cet ouvrage n'a pas paru. 

DEVISME ( Jeanne -Hippolyte MOY- 
ROUD), femmedu précédent, née à Lyon en 1765, 
a composé la musique d'un opéra intitulé Praxi- 
tèle, représenté en 1802 sur le théâtre de l'Opéra. 
Cetiedame avait reçu des leçons de Steibelt pour 
le piano , et jouait fort bien de cet instrument. 

DEVOLDER (Pierre-Jean). Voyez Vol- 
der ( Pierre-Jean de). 

DE VOS ou plutôt DE VOS (Laurent), 
frère du célèbre peintre Martin Devos , naquit 
à Anvers, en 1533. Après avoir fait ses éludes 
musicales à l'église Notre-Dame de cette ville et 
avoir reçu les ordres de la prêtrise, il obtint la 
place de maître des enfants de chœur de la cathé- 
drale de Cambrai. M. Léon de Burbure n'a pas 
trouvé dans les archives de l'église Notre-Dame 
d'Anvers des traces de l'existence de ce musicien 
dans le chœur de cette collégiale; il est donc vrai- 
semblable que Laurent Devos. a occupé quelque 
autre position dans une des églises de la Belgique 
avant d'être appelé à Cambrai. Dans les troubles 
de cette ville, l'archevêque ayant été obligé 
d'en sortir, et d'Inchy, gouverneur, ayant ty- 
rannisé les habitants, Devos eut la hardiesse de 
composer un motet dont les paroles retraçaient 
ces malheurs , et de le faire chanter en présence 
de ce même gouverneur, ou prévôt. Cette im- 
prudence fut cause de sa fin tragique. L'affaire 
est rapportée en ces termes dans la Revue Cam- 
bréslenne (année 1838, p. 81), d'après la 
Chronique inédite de Jean Doudelet, clerc de 



Notre- Dame- de-la- Chaussée, à Vulenciennes : 
« Laurent Voscomposa un motet à grands chœurs 
« de plusieurs versets de différents psaumes, qui 
« étaient si artistement arrangés que toute l'his- 
« toire des troubles de ce temps y était décrite : 
« l'usurpation tyrannique de d'Inchy, la perfidie 
« du prévôt et de sa cabale, l'ingratiluue, la 
« révolte et la mort funeste de plusieurs bour- 
« geois , l'éloignement et les malheurs de l'ar- 
« chevêque , la vaine espérance des secours du 
« duc d'Alençon, et le peu de durée de la gloire 
« des méchants. Ce motet fut chanté après les 
« vêpres un jour de fête solennelle. D'Inchy 
« l'entendit : il entra dans une si terrible fureur 
« qu'il ordonna que l'on saisît incontinent le 
« maître de musique. On le conduisit en prison, 
« et, sans autre forme de procès, d'Inchy, de 
« son autorité privée, ordonna qu'on le pendît. 
« On lui représenta vainement que l'usage de- 
« mandait que l'on appelât le juge de l'Église, 
« qu'il fallait faire la cérémonie de la dégrada- 
« tion; rien ne put arrêter ni suspendre l'exé- 
« cution d'une sentence contraire à toutes les 
« règles (1). « Le chroniqueur ajoute que De- 
vos (homme de grand renom au noble art de 
musique) fut pendu, et étranglé sur le marché 
dudit Cambray. Le chroniqueur place cette 
catastrophe vers la fin de janvier 1580, époque où. 
l'on attendait, en effet, le secours du duc d'A- 
lençon, qui ne vint à la tête de ses troupes que 
dans l'année suivante. Lacroix du Maine(Biblioth. 
française) cite des motets et des chansons de De- 
vos qui auraient été publiés, mais sans indication 
précise de titre, de lieu et de date. Dans le nombre 
immense de recueils du seizième siècle que j'ai 
vus , je n'ai rien trouvé de ce musicien. 

DEVRÉ (Marc), ou DE VRÉ, musicien 
du seizième siècle, né à Dunkerque , fut nommé 
maître de chapelle à Audenarde en 1590, et en 
remplit les fonctions jusqu'à sa mort, en 1596. 
Dans le trajet de Dunkerque à Audenarde il fut 
fait prisonnier, avec sa femme et ses enfants, par 
des soldats espagnols de l'armée du duc de 
Parme. Les échevinsd'Audenarde furent obligés 
d'intervenir pour lui faire obtenir sa liberté. 
Devré a laissé en manuscrit une messe à quatre 
voix et plusieurs motets. • 

' DECRIENT (Edouard-Philippe), un des 
meilleurs chanteurs de l'Opéra allemand , est né 
à Berlin le il août 1801. Neveu du célèbre co- 
médien Louis Devrient, il a hérité de ses talents 
comme acteur. Après avoir eu dans son enfance 



(l) M. E. de Cousscmaker, qui rapporte ce récit dans, 
sa Notice sur les collections musicules de la bibliothèque, 
de Cambrai (p. 12), a donné aussi , dans les pièces jus- 
tificatives (p. 1S8), l'eitrait de la Chronique ongiRHie. 



DEVR1ENT — DEZÈDE 



13 



une jolie voix do soprano, il acquit dans sa dix- 
seplièrttë année un i>ary'ton grave dont le caractère 

avait de l'analogie avec la véritable basse , mais 
dont la qualité était médiocre. Vers cet âge il entra 
dans l'école de Zelter et y apprit l'art du chant. 
Pour la première fois il chanta en public dans 
nne exécution de la Passion de Graun, qui eut 
lieu à Berlin en 1819 ; pou de temps après il dé- 
buta au théâtre dans VAlceste de Gluck, et le 25 
avril de la même année il lit son second début 
dans Mctsetto, de Don Juan. Bien accueilli par 
le public , surtout à cause de son talent drama- 
tique, il joua avec succès les principaux rôles 
de basse des opéras allemands ou traduits de l'i- 
talien et du français. En 1822 il voyagea et se 
fit entendre à Dresde, à Leipsick, à Cassel et à 
Francfort. Peu de temps après il fut engagé à 
Vienne, et depuis lors il n'a plus quitté cette ville. 
On dit qu'il a joué aussi bien YOrcste de Gluck 
que le Barbier de Bossini; mais il ne faut pas 
avoir trop de confiance aux éloges de ce genre 
accordés en Allemagne, car on n'y a qu'une 
connaissance fort imparfaite de l'art du chant. En 
1 si * Devrient fut nommé régisseur du théâtre 
royal de Dresde, et depuis 1S52 il est directeur 
du théâtre royal de Carlsruhe (1860). 

DEVRIENT (WiLHELMiNE SCHROE- 
DER). Voyez ScHroeder. 

DEWAR (Daniel), professeur de morale et 
de philosophie an collège du Boi à l'université 
d'Aherdeen , au commencement du dix-neuvième 
siècle, a publié un livre qui a pour litre : Obser- 
vations on the Character, Custom , Supersti- 
tions, Music, Poctry and Language of the 
frish , etc. ( Observations sur le caractère, les 
mœurs, les supertitions, la musique, la poésie et 
le langage des Irlandais); Londres, 1812, in-8°. 

DEYCKS ( Ferdinand), docteur en philo- 
sophie et professeur de langues anciennes et 
d'histoire an collège royal de Coblence, est né 
en 1802 à Burg, au duché de Berg. Il a fait ses 
études au gymnase de Dusseldorfet aux univer- 
sités de Bonn et de Berlin. Après les avoir ter- 
minées, il a passe plusieurs années à Dusseldorf, 
ne s'occupant que des sciences et des arts; la 
musique surtout était l'objet de ses études, et il 
eut pour maîtres dans cet art Burgniùller, Bies, 
Salomon et Stegmann. Pour se distraire de ses 
recherches d'érudition et de ses travaux sur la 
littérature ancienne, il a écrit plusieurs articles 
de critique musicale qui ont paru dans le recueil 
Cxcilia. On y remarque particulièrement : t° Sur 
l'oratorio de Spohr.D/e letzten Dinge (t. 5). — 
2° Platon , sur la Musique (t. 8). — 3° Sur le 
Jephté de B. Klein ( t. 8 '). — 4° Sur les derniers 
œuvres de piano de Ries (t. 1 1 ). — 5" Sur l'é- 



dition de la partition du Requiem de Mozart 
publiée par André (t. 14). — 6° Gcethe, .Sur 
la musique (t. 11). — 7° Et en dernier lien ■ 
Sur le chant, de l'Église catholique (1835). 

DEYSI1XGER (Jean-François-Pierre), mu- 
sicien qui paraît avoir vécu en Bavière, vers le mi- 
lieu du dix-huitième siècle, n'est connu que par 
un ouvrage qui a pour titre : Compendium mu- 
sic uni, oder Fundamenlapartiturx, dassisf : 
ç/riïndlichcr Unlerricht die-Orgel und das 
Clavier trahi schlagen (Abrégé de musique 
nu Méthode fondamentale |>our apprendre à 
bien jouer de l'orgue et du piano); Augshourg, 
1763, in-4°, divisé en deux parties. 

DEZÈDE ou DEZA1DES (N.), compo- 
siteur dramatique, paraît être né vers 1740. On 
ignore quelle fut sa patrie. Parmi les biographes, 
les uns ont cru qu'il était allemand; d'autres, 
qu'il était né à Lyon. Lui-même ne connut ja- 
mais sa famille. Son éducation fut celle d'un 
homme bien né. Après quelques éludes on le 
retira du collège, et il fut mis sons la direction 
d'un abbé, qui, entre autres connaissances, lui 
donna celle de la musique et lui apprit à jouer 
de la harpe. Venu de bonne heure à Paris, il y 
perfectionna son instruction et apprit la compo- 
sition. Il jouissait alors d'une pension de vingt- 
cinq mille francs , qui fut doublée à sa majorité. 
Désirant connaître les auteurs de ses jours , il 
s'adressa à son notaire ; mais celui-ci le prévint 
que ses démarches seraient inutiles , et qu'en les 
continuant il s'exposerait à perdre son revenu. 
Il ne Tint compte de cet avis, continua ses re- 
cherches, ne découvrit rien, et fut privé de sa 
pension. Ce fut alors qu'il songea à tirer parti de 
ses talents pour assurer son existence. Il début:) 
aux Italiens, en 1772, par le petit opéra de 
Julie, et donna ensuite V Erreur d'un mo- 
ment; le Stratagème découvert (1773); les 
Trois Fermiers (1777); Zulime; le Por- 
teur de chaises (1778); A Trompeur trom- 
peur et demi; Cécile ( 1781 ) ; Biaise et Babel 
(1783); Alexis et Justine (1785); la Cin- 
quantaine; les Deux Pages, et Ferdinand, 
ou la suite des Deux Pages. Ses productions a 
l'Opéra sont Fatmé, ou le Langage des Fleurs 
(1777); Péronne sauvée (1783); et Alcindor 
(1787). 

Le caractère du talent de Dezède est le genre 
pastoral; son style n'est imité d'aucun autre, 
et personne n'a songea imiter le sien. Son opéra 
de Plaise et Babel a eu pendant deux ans un 
succès de vogue tel qu'on en voit fort peu au 
théâtre. On trouve aujourd'hui que les formes 
de la musique de Dezède ont vieilli, mais ses 
mélodies sont gracieuses et naïves. Son harmo 



M 



DEZÈDE — DIABELLI 



nie est d'ailleurs assez pure et son orchestre 
soigné , pour l'époque et le pays où il écrivait , 
ce qui pourrait faire croire qu'il a eu des leçons 
de Philidor, le seul maître qui sût alors en France 
écrire avec correction. 

Dezède avait la taille, la tournure et l'accou- 
trement du peintre Greuze. Il était presque tou- 
jours vêtu d'un habit richement brodé et chaussé 
avec des bottes. Son caractère était aussi original 
que sa mise : il affectait de prendre des manières 
brusques et un ton grondeur que démentait sa 
bonté naturelle. En 1785, le duc Maximilien de 
Deux-Ponts, qui fut ensuite électeur et depuis 
lors roi de Bavière, et qui aimait beaucoup la 
musique de Dezède, fit venir à sa cour ce com- 
positeur, lui donna un brevet de capitaine avec 
cent louis d'appointements, à la seule condition 
qu'il irait tous les ans passer un mois à Deux- 
Ponts. Cette faveur ne le rendit pas plus riche , 
car il était dissipateur et tranchait du grand sei- 
gneur. On dit que ses prodigalités ruinèrent sa 
maîtresse, M me Belcour, de la Comédie-Fran- 
çaise, qui, beaucoup plus âgée, s'était éprise de 
lui lorsqu'il n'était déjà plus jeune. Il est mort à 
Paris en 1792. 

DEZÈDE (Florine), fille du précédent, a 
donné à l'Opéra-Comique , en 1781 , Nanette 
et Lucas, ou la Paysanne curieuse. La mu- 
sique de cet ouvrage est une copie du style de 
Dezède. 

D'HAUDIMONT (L'abbé Etienne-Pierre 
MUN1ER), né en Bourgogne en 1730, fut 
élevé à Dijon , et quitta cette ville vers 1754 , 
pour aller occuper la place de maître de chapelle 
de Chalon-sur-Saône. Après en avoir rempli les 
fonctions pendant six ans , il vint à Paris et se 
livra à l'étude de la composition sous la direc- 
tion de Bameau . son compatriote et son ami. 
En 1764 il succéda à Bordier dans la place de 
maître de chapelle des Saints-Innocents. Ce fut 
iilors qu'il composa plusieurs motets que l'on 
entendit au Concert spirituel , chez le roi , et 
dans les fêtes publiques. Les plus connus sont 
le Mémento Domine David, le Deus noster, 
\eHeahisvir, le Quare fremucrunt, YExurgat 
Dcus , etc. 11 a écrit aussi une messe de Re- 
quiem et un De profundis, en 1772. Enfin il 
est auteur d'un grand nombre d'ariettes, qui ont 
été publiées sous le voile de l'anonyme. L'abbé 
d'IIaudimont a formé beaucoup d'élèves, parmi 
lesquels on remarque Perneet Chénié. 

D'HERBAIN (Le chevalier). Voyez IIER- 

BAijy. 

DIABELLI (Antoine), professeur et édi- 
teur de musique à Vienne, est né le 6 septembre 
1781 à Mattsée, dans le pays de Salzbourg, où 



son père était musicien et sacristain. Celui-ci en- 
seigna à son fils les éléments du chant, du piano 
et du violon. A l'âge de sept ans Antoine fut 
reçu comme enfant de chœur au couvent de Mi- 
chaelbayern , et deux ans après il entra dans la 
chapelle de Salzbourg. En 1796 il alla continuer 
ses études au collège de Munich , et perfectionner 
son savoir dans la théorie et dans la pratique de 
la musique. Lorsqu'il eut atteint sa dix-neuvième 
année, il étudia la théologie au monastère dcDai- 
tenbosslach et commença à essayer ses facultés 
en différents genres de composition. Il soumettait 
ses ouvrages à la censure de Michel Haydn, qui 
lui avait enseigné l'art d'écrire, et qui lui té- 
moigna toujours un intérêt paternel. Il se des- 
tinait à l'état monastique; mais la sécularisation 
des couvents en Bavière changea ses projets et 
le détermina à se rendre à Yienne. Là il se 
livra à l'exercice de son talent et se fit profes- 
seur de musique. En 1818 il s'associa avec l'é- 
diteur de musique Cappi, et en 1824 il prit pour 
son compte la maison de commerce dont il n'é- 
tait auparavant que l'associé. Comme composi- 
teur, Diabelli s'est fait remarquer par sa fécon- 
dité, si ce n'est par le mérite de ses ouvrages. 
Il a écrit dans tous les genres et presque pour 
tous les instruments, pour le chant, pour la 
chambre, le concert, l'église et le théâtre. On a 
de lui plusieurs recueils de danses et de valses 
pour l'orchestre on en quatuors, en trios, etc.; 
des duos pour violon et pour flûte, de la mu- 
sique de guitare en tout genre , des sonates 
pour piano avec et sans accompagnement; 
des rondeaux, menuets, valses, cadences, 
études, pots-pourris, etc., pour le même instru- 
ment; dix messes, douze graduels, douze of- 
fertoires, sept Tantum ergo pour plusieurs 
voix , orchestre et orgue ; des cantates , duos , 
chansons allemandes et romances avec accompa- 
gnement de piano; des opérettes ou vaudevilles, 
etc., etc. Enfin le nombre de ses productions 
de différents genres s'élève à cent quatre-vingts 
œuvres parmi lesquels on remarque plusieurs 
recueils de messes brèves avec orgue ou orches- 
tre, des messes solennelles, des graduels, 
offertoires, Tantum ergo, et d'autres pièces 
de musique religieuse. Comme éditeur Diabelli 
montra beaucoup d'activité; mais il était avare 
et dur envers les jeunes artistes dont il pu- 
bliait les ouvrages et qui contribuaient à sa 
fortune. C'est ainsi qu'il acquit à vil prix la plu- 
part des compositions de François Schubert, lui 
reprochant même de trop écrire et de lui ap- 
porter trop souvent des manuscrits, afin de di- 
minuer la somme qu'il lui payait. Diabelli est mort 
à Yienne, le 8 avril 1858. 



DIAMANT1 — DIBDIN 



ih 



DIAMA1XTI (Paolo), boude clianlant et 
compositeur, né dans la Romagne vers 1805, a 
('■té attaché an théâtre communal fie Bologne en 
l 838, et y a fait représenter deux opéras en un acte 
dans la môme année. Le premier avait pour titre : 
la Distrusione de' Masnadieri , et l'autre, la 
Turca fedclc. Deux ans après on le retrouve 
à l'île Maurice, comme hasse comique; mais 
depuis lors on n'en a plus entendu parler. 

DIBDIN (Chaules), comédien, composi- 
teur, poète et prosateur, était fils d'un orfèvre 
de Southampton. L'époque de sa naissance n'est 
pas exactement connue; mais, dans un de ses 
ouvrages , il dit qu'il était enfant de chœur en 
1747; il ne naquit donc pas en 1748, comme on 
le voit dans le supplément de la Biographie uni- 
verselle de Michaud. Quelque temps après il 
lut attaché au chœur de la cathédrale de Win- 
chester, et y reçut des leçons de musique et de 
chant choral de Fussel, organiste de cette église ; 
mais c'est , disait-il, à l'étude des ouvrages de 
Corelli et des écrits didactiques de Rameau qu'il 
devait ses connaissances en composition. Au 
commencement de sa carrière musicale il se 
présenta comme candidat pour la place d'orga- 
niste de Waltham, dans le Hamsphire; mais il 
l'ut écarté à cause de son extrême jeunesse, 
bientôt après il se rendit à Londres ; il y était 
depuis peu, et avait à peine seize ans, lorsqu'il 
lut engagé comme chanteur au théâtre de Covent- 
Garden. Les rôles qui lui furent confiés étaient 
peu importants et ne le firent point remarquer, 
jusqu'à ce que la manière dont il joua celui de 
Ralph dans The Maid of ihe Mill ( la Fille du 
moulin) fixa sur lui l'attention du public. Dans 
la saison de I7G2 à 1763 il fit représenter à 
Covent-Ganlen la pastorale intitulée The She- 
pherd's Artifice (la Ruse du Berger), dont il 
avait composé la musique, et qui fut accueillie 
favorablement. Environ cinq ans après il com- 
posa l'ouverture, le premier chœur, les finaliàw 
premier et du second acte, et trois airs de la farce 
intitulée Love in a Cily ( l'Amour dans une 
ville), qui fut suivie de Damon and Phillida 
(Damon et Phillis), opéra-comique, The Ephe- 
sian Mat ron (la Matrone d'Éphèse), et de 
Lionel and Clarissa ( Lionel et Clarisse), tous 
faits en collaboration avec d'autres musiciens. 

Engagé comme compositeur au théâtre de 
Diui y-Lane, sous la direction de Garrick, Dibdin 
donna une preuve de son talent musical dans 
l'intermède de Padlock, qui fut représenté pour 
la première fois en 1768, et où il joua le rôle de 
Mungo avec un grand succès. Il composa en- 
suite la musique île différentes pièces pour le 
même théâtre; mais les titres en sont presque 



entièrement oubliés. Celle du Jubilé est la plus 
connue, car elle fut représentée quatre-vingt- 
treize fois dans une saison, et elle a été reprise 
souvent. Les ouvrages que Dibdin fit ensuite 
furent écrits et composés par lui seul. Les 
plus célèbres furent The Waterman ( le Ba- 
telier), The Quaker (le Quaker), The Deser- 
tur ( le Déserteur), traduit du français, et Liber- 
ty-Hall (le Palais de la liberté). Plusieurs airs 
de ses opéras, principalement de Liberty- H ail, 
ont été populaires. Le terme de l'engagement de 
Dibdin à Drury-Lane étant expiré, et quelques 
différends s'étant élevés entre lui et Garrick, il 
résolut de se rendre indépendant des directeurs 
de spectacles, et se hasarda à établir à Exeter- 
Exchange une nouvelle espèce d'amusement, qui 
consistait en marionnettes musicales; il annonça 
ce spectacle sous le nom de The Comic Mir- 
ror ( le Miroir comique). Ces marionnettes re- 
présentaient des caractères connus, et quelque- 
lois faisaientallusionàdes personnages politique*. 
Il écrivit aussi pour le théâtre de Sadler's- Wells 
une grande quantité de bagatelles, et, à l'ouver- 
ture du théâtre appelé le Cirque royal, il eut 
un engagement comme directeur et comme com- 
positeur. Cela ne dura toutefois qu'une saison ; 
quelques difficultés étant survenues, la société fut 
dissoute, et Dibdin ne retira qu'une perte assez 
considérable «le ses efforts. 

Dans l'année 1788 il publia un livre intitulé 
A musical Tourthrough England (Voyage mu- 
sical en Angleterre) ; Sheffield, 1788, un vol. in-4* 
de 443 pages, avec quelques morceaux de mu- 
sique. Cetouvragecontient quelques faits curieux 
dans une suite de lettres. Les lettres 69 à 74 renfer- 
ment la liste des principaux ouvrages que Dibdin 
a écrits pour le théâtre. Le voyage musical de cet 
artiste avait été entrepris pour lui fournir les 
moyens de se rendre dans 1 Inde; il s'embarqua 
en effet, mais, un temps peu favorable ayant obligé 
le vaisseau de jeter l'ancre à Torbay, Dibdin 
changea de résolution et retourna à Londres. Il 
composa alors pour une réunion, dans King-Sf reet, 
l'intermède The Whim of the moment ( le 
Caprice du moment) , qu'il exécuta seul. Pour 
donner une idée du succès de cet intermède, il 
suffit de dire que, dans l'espace de quelques se- 
maines, il a été vendu dix-sept mille exemplaires 
d'un de ses airs, Poor Jack (Pauvres Jacques), 
qu'on a aussi chanté en France à cette époque. 
En 1790 Dibdin prit à bail le local appartenant 
à la Société polygraphique, et y éleva un théâtre 
où il fit représenter plusieurs pièces de sa com- 
position. Quelques années après il ouvrit un 
nouveau théâtre à Leycester-Place, qu'il nomma 
Sans-Souci, et où il donna dix opéras-comique*. 



16 



DIBD1N — DICKONS 



Directeur, compositeur de musique, auteur des 
canevas des pièces et seul acteur de ce petit 
théâtre, il y fit fortune par sa gaieté, par ses 
hymnes à l'honneur de la Grande-Bretagne, et 
surtout par ses sorties furibondes contre la France 
et la Révolution ; mais le changement de système 
politique de l'Angleterre, après la mort de Pitt, 
ruina l'entreprise de Dibdin, qui, forcé d'y re- 
noncer, se fit marchand de musique dans le 
Strand. Celte spéculation n'ayant pas été lieu- 
reuse, Dibdin serait tombé dans la misère si 
quelques personnes de la haute société ne s'é- 
taient intéressées à son sort, et ne lui avaient 
lait une rente viagère dont il jouit jusqu'en 1815, 
époque de sa mort. Après avoir travaillé quarante- 
deux ans pour les divers théâtres de Londres, il 
s'est retiré en 1804, et a publié dans cetle année 
un poëme didactique sur la musique, intitulé : 
The harmonie preceptor, a didactic poèm, in 
three parts; Londres, 1804, in-4° de 150 pages, 
avec quatorze planches. On a aussi de lui un 
traité élémentaire de musique intitulé : Music 
epitomised in which the whole Science of 
Music is cleojrly explained from thesimplest 
rudiments to the principles of thoroug bass 
and harmony (Abrégé de musique dans lequel 
toute la science musicale est expliquée avec clarté, 
depuis les premiers principes jusqu'à la basse 
continue et l'harmonie) ; Londres, sans date, 
1 vol. in-12. Cet ouvrage eut beaucoup de succès. 
La. neuvième édition a été publiée par J. Jousse 
avec des additions et des changements ; Londres, 
Goulding et Dalmaine (s. d. ), in-12. Le nombre 
de pièces mises en musique par Dibdin s'élève 
à plus de cent vingt, et l'on y compte plus de neuf 
cents airs et beaucoup de morceaux d'ensemble. 
J'en possède une grande collection formant 6 vo- 
lumes in-folio, et je n'ai pas tout. Dibdin a été 
lui-même l'éditeur de tous ces morceaux. Il a 
écrit aussi plusieurs œuvres de sonates pour le 
piano, et d'autre musique instrumentale. Comme 
prosateur il a publié plusieurs ouvrages, parmi 
lesquels on remarque une histoire de la scène 
anglaise (Londres, 1795), 5 volumes in-8°, et 
les Mémoires de sa vie ( Londres, 1802), 4 vo- 
lumes in-8°. 

DIBDIN ( Miss), née à Londres en 1787, a eu 
la réputation d'une harpiste habile. Elle com- 
mença à étudier la harpe en 1808, sous la di- 
rection de Cballoner, et se fit entendre en pu- 
blic pour la première fois, en 1815, dans un 
concert de Covent-Garden. Depuis lors elle a 
reçu des leçons de Bochsa. Elle a été professeur 
adjoint àl' Académie royale de musique à Londres. 

DICEARQUE , philosophe péripatélicien, 
naquit en Sicile, trois cent quarante -sept ans 



avant l'ère chrétienne. Il avait écrit un traité de 
musique qui s'est perdu. 

DICELIUS (Jean-Sébastien), cantor à 
Tondern, dans le duché de Schleswig, en Dane- 
mark, naquit à Schmalkalden, dans la Hesse, 
vers 1648. Il étudiait la mrdecine à l'université 
d'Iéna en 1669, et vivait encore en 1693. On a 
de lui une cantate intitulée : Nacht-Musik auf 
Schenckii Geburistag, a canto solo con ritor- 
nel/o a 2 violini e continuo ; Jéna, 1669, une 
feuille in-fol. 

DICKHUT (Chrétien), virtuose sur le cor, 
le violoncelle et la guitare, était attaché à la cour 
de Mannheim en 1812. Il s'est fait connaître par 
quelques compositions pour ces instruments. 
Parmi ces ouvrages on remarque : 1° Six pièces 
pour deux cors à clefs ou bugles, cornet de 
poste, cinq trompettes, quatre cors, trois trom- 
bones et deux trompettes basses; Mayence , 
Schott. — 2° Trois duos pour deux violoncelles, 
op. 2 ; ibid. — 3° Dix-huit trios pour trois cors ; 
ihid. — 4° Marches et fanfares pour sept trom- 
pettes, quatre cors, deux cors de signal, et trois 
trombones ; ibid. — 5° Trois sérénades et un trio 
pour guitare, flûte et cor, œuvres 1, 3, 4 et 6. — 
6° Concertante pour deux cors, exécutée à la cour de 
Manheimen 1815; Mayence et Manheim.Dickhut 
a contribué an perfectionnement du cor, en 1811, 
par l'invention de la coulisse d'accord, qui, lorsque 
l'instrument élève ses intonations, par l'effet de 
la chaleur, allonge le tube et sert de compensa- 
teur. 

DICKIIXSOIV (Edmond), médecin anglais, né 
en 1624 à Appleton, dans le comté de Berks, fit 
ses études à Oxford et mourut en 1707, âgé de 
quatre-vingt-trois ans. Au nombre de ses ou- 
vrages, remplis d'une érudition profonde, on en 
trouve un, publié après sa mort, sous le titre de 
Periodica exegesis, sive celeberrimorum Grœ- 
cix ludorum déclaration Londres, 1739, in-8°. 
Il y traite de la musique dans les jeux publics de 
l'ancienne Grèce. 

DICKONS (Madame), précédemment Miss 
Poolé, cantatrice, née à Londres vers 1780, 
cultiva la musique avec succès dès ses premières 
années. A l'âge de six ans elle jouait sur le piano 
les concertos et les fugues de Haendel avec beau- 
coup de précision. Quelques années plus tard, 
son père la confia aux soins de Rauzzini (voy. ce 
nom), alors fixé à Bath, pour la direction de ses 
études de chant. A treize ans elle chantait déjà 
dans les concerts du Vauxhall, et bientôt après 
elle eut un engagement pour le concert de la mu- 
sique ancienne, à Hannover Square. Engagée au 
théâtre de Covent-Garden, elle y débuta avec 
succès dam des traductions d'opéras français, 



DICKONS — D1DYR1K 



17 



entre autres dans la Nina de Dalayrac. Sa répu- 
tation, q»i commençait à s'étendre, la fit appeler 
en 1800 au théâtre du Roi, sous l'administration 
de Taylor. L'absence de M me Billington lui fut fa- 
vorable, et les applaudissements du public l'ac- 
cueillirent dans plusieurs rôles, particulièrement 
dans celui de la Comtesse du Mariage de Fi- 
garo; mais, au retour de la célèbre cantatrice an- 
glaise dans sa patrie, Miss Poole vit son étoile 
pâlir. Son engagement terminé", elle ne crut pas 
devoir soutenir une lutte inégale, et elle se retira 
du théâtre du Roi pour voyager en Ecosse, en 
Mande et dans quelques-uns des comtés d'An- 
gleterre. Cette tournée fut aussi fructueuse pour 
sa renommée que pour sa fortune. De retour à 
Londres, elle s'y maria et entra au théâtre de 
Drury-Lane, sous le nom de M me Dickons. Elle 
y resta jusqu'en 1816. M ïae Catalani, qui venait 
de se charger de la direction du Théâtre-Italien 
de Paris, l'y appela pour y remplir à côté d'elle 
les seconds rôles ; mais M me Dickons n'y a pas 
eu la faveur du public parisien ; elle se tendit en 
Italie à la fin de la saison, et y fut plus heureuse, 
particulièrement à Venise, où elle eut de beaux 
succès. Après cinq années de séjour dans ce pays, 
elle prit, en 182',!, la résolution de quitter la 
scène, quoique sa voix fût encore belle et facile. 
Une maladie cruelle (le cancer du sein) com- 
mençait à lui rendre le repos absolument néces- 
saire. Elle se retira dans sa patrie, où ses vertus 
et l'agrément de sa conversation lui firent de nom- 
breux amis. Une attaque de paralysie vint tout 
a coup aggraver ses maux, qu'elle supportait avec 
une pieuse résignation, et la conduisit au tom- 
beau, le 4 mai 1833. 

D1DAY (E.), médecin de la Faculté de Pa- 
ris, a donné, avec son confrère Pélrequin, 
une bonne théorie physiologique de la voix som- 
brée, dans la Gazette médicale (Paris, 1840, 
t. VIII, p. 301 et suiv.). Les auteurs de cette 
dissertation établissent que, dans l'emploi de celte 
voix, le larynx ne change pas de place, quelle 
que soit l'intonation-; que le cartilage thyroïde 
demeure immobile, dans une situation moyenne 
entre l'élévation et l'abaissement extrêmes ; enfin, 
que le chanteur, au lieu de renverser la télé 
pour allonger le cou, conserve son attitude ordi- 
naire. Les mêmes auteurs ont donné un article 
remarquable, dans la Gazette médicale (ann. 
1844, t. XII, p. 222 et suiv. ), sur le mécanisme 
de la voix de fausset (voir sur cet article une 
note de Jourdan, dans le Manuel de Physiologie 
de Muller, t. II, p. 192 ). 

DIDEROT (Denis), fils d'un coutelier de 
Langres, naquit dans celle ville en 1712. Pas- 
sionné pour les lettres, les sciences et les arts, 

BIOCK. UNIV. HES MUSICIENS. — T. III. 



il vint à Paris fort jeune, afin de suivre son pen- 
chant, se lia avec les hommes de lettres les plus 
célèbres, et, après avoir publié plusieurs ouvra- 
ges, conçut le projet de {'Encyclopédie, et 
l'exécuta avec d'Alembeit On trouve des détails 
sur la vie et les ouvrages de ce philosophe dans 
tous les Dictionnaires historiques; il n'est consi- 
déré ici que dans ce qu'il a fait relativement à la 
musique. 

En 1748 il fit paraître à La Haye un recueil 
intitulé : Mémoires sur différents sujets de 
mathématiques , in-S°. On y trouve : 1° Des 
Principes d'acoustique, oh la matière est traitée 
avec beaucoup de simplicité. — 2° Projet d'un 
nouvel orgue; il y propose une nouvelle cons- 
truction de l'orgue à cylindre, où l'on pourrait 
varier les airs à volonté et à l'infini , sans chan- 
ger de cylindre : c'était une idée inexécutable. 
— 3" Observations sur le chronomètre. Ces 
Mémoires se trouvent dans les diverses éditions 
îles oeuvres complètes de Diderot qui ont été 
publiées. Lichtenthal a cru que les Principes 
d'acoustique sont un ouvrage différent des Mé- 
moires de mathématiques : c'est une erreur. 
Tous les articles relatifs à la construction des 
instruments qui se trouvent dans l'Encyclopédie 
sont de Diderot. C'est lui aussi qui a rédigé les 
Leçons de clavecin de Remetzrieder ; l'originalité 
de son style a procuré une sorte de célébrité à 
ce livre, qui, d'ailleurs , n'en méritait aucune. 
Diderot est mort à Paris, le 30 juillet 1784. 

DIDIER LUPI SECOND. Voyez Luri 
( Didier ) . 

DIDYME , musicien grec et écrivain sur la 
musique, né à Alexandrie, était fils d'Héraclide, 
et, selon Suidas, vivait au temps de Néron. 
Porphyre dit, dans son commentaire sur Pto- 
lémée , que Didyme a écrit un livre en faveur 
des proportions musicales dePythagore contre le 
système égal d'Aristoxène , ce qui lui avait fait 
donner le nom de Pythagoricien. Cet ouvrage 
paraît être perdu, mais Porphyre nous a donné 
un abrégé delà doctrine qu'il renfermait (Com- 
ment, in Harnwn. Ptolem., p. 210, éd. 
Wallis.) Ptolémée a cité aussi Didyme en 
beaucoup d'endroits de son traité des harmoni- 
ques, mais il le critique avec amertume et 
souvent avec peu de justesse. En d'autres pas- 
sages il adopte ses idées et s'en empare sans le 
citer; c'est du moins ce qui lui a été reproché 
par Porphyre (voy. Comment, in Harmon. 
Ptolem., p. 190, cd. Wallis.) Le genre dia- 
tonique, ou plutôt unitonique, conforme à la 
tonalité du plain-chant , passe pour avoir été 
formulé d'une manière régulière par Didyme , 
souslen^m de diatonique synton , suivant la 

2 



18 



DIDYME - DIETERICH 



doctrine de Pythagore. Ce synton diatonique 
de Didyme est préférable à celui de Ptolémée, 
en ce qu'il offre l'octave divisée en deux tétra- 
cordes parfaitement réguliers, ce qui n'a lieu 
dans le synton de Plolémée qu'en altérant la 
tonalité. C'est ce qu'on peut voir dans les deux 
tableaux suivants, où l'on trouve pour chaque 
intervalle les nombres des proportions dePylha- 
gore. Le synton de Didyme est conforme au 
quatrième tondu plain-chant ; celui de Plolémée 
donne naissance au plagal du premier. 

Synton diatonique de Didyme. 
mi fa sol la. 

si ut ré mi. 

If, 9 10 

15 8 9 

Synton de Ptotémée. 



la 


si b 




ut 


ré. 


mi 


fa 




sol 


la. 




1G 


9 




10 




15 


8 




9 



On trouve des détails étendus sur la question 
de ces deux syntons dans le traité de musique 
«le Salinas (De Musica, lib. IV, cap. 25, 26), 
et dans un discours de Doni (adressé au P. 
Kircher), Del Sintono di Didimoe di Tolomeo 
( t. 1 délie Opère, p. 349-355). 

DiEPPO (Antoine-Guillaume), virtuose 
tromboniste, est né le 28 novembre 1808 à 
Amersfoort, dans ,1a province d'Utrceht, en 
Hollande. Dès sa jeunesse il entra dans la musi- 
que d'un régiment hollandais qu'il quitta plus 
tard pour se rendre à Paris; où il fit admirer son 
talent dans quelques concerts. En 1831 il fut 
attaché à l'orchestre de l'Opéra, et en 1830 une 
classe de trombone fut instituée pour lui au 
Conservatoire de Paris; il en est encore aujour- 
d'hui le professeur ( 1S60). M. Dieppo a publié, 
pour l'usage de ses élèves : Méthode complète 
de Trombone adoptée par le Conservatoire, 
avec tablature et positions ; Paris , Brandus, 
in-4°. 

DI ES (Albert C), bon peintre paysagiste 
de Vienne né à Hanovre en 1755, mort à 
Vienne! le 28 décembre 1822, a publié une no- 
tice biographique sur Haydn. Cette monographie 
a pour titre : Haydn's Biographie, nach mund- 
lichen Erzxhlungen , Vienne, Camesina (Heub- 
ner), 1810, in-8° de 220 pages. 

DIETERICH (Sixte) ou DÏETRICH, 
compositeur du seizième siècle, né à Augsbourg, 
vécut habituellement à Constance. Son nom la- 
tinisé, dans quelques anciens recueils de motels, 
est Tltcodoricus. Les circonstances de la vie de 



cet artiste sont ignorées jusqu'à ce jour; mais 
quelques-unes de ses compositions mises en 
partition m'ont démontré que son mérite est 
égal à celui des meilleurs musiciens de son temps. 
Deux ouvrages importants de sa composition 
ont été imprimés; malheureusement ils sont au- 
jourd'hui d'une rareté excessive. Le premier a 
pour titre : Magnificat octo lonorum, auctore 
Xisto Theodorico, Liber primus ; Argentorati, 
per Petrum Sclvœffer et Mathiam Apiarum , 
1535. Sexta die Mardi. On en trouve un exem- 
plaire à la bibliothèque royale de Munich, au- 
quel manque la partie de basse. Le savant M. An- 
toine Schmid croit à l'existence d'une deuxiè- 
me édition qui aurait été donnée par les mômes 
imprimeurs (I), dans la même ville, parce qu'il 
se trouve aussi une partie de ténor séparée du 
même ouvrage, qui, à la fin de l'épltre dédica- 
toire, porte la date de 1537, bien que celle de 
1535 se lise après les noms des typographes. Pour 
moi, j'avoue qu'une deuxième édition si rap- 
prochée de la première ne me paraît pas vrai- 
semblable , et je crois que la date de l'épître 
dédicatoire est le résultat d'une faute typogra- 
phique. Je possède les parties du dessus et de la 
basse de ces Magnificat, dans lesquelles on ne 
trouve ni le titre, ni le nom de l'auteur, et qui 
sont également dépourvues de nom d'imprimeur, 
de lieu et de date. Le dessus a seulement au 
milieu de la première page un grand D(Dis- 
cantus), et la basse un grand B (Bassus), au- 
dessous duquel on lit : Magnificat, Liber pri- 
mus. Le titre, le nom de l'auteur, celui de l'im- 
primeur, le lieu et la date ne se trouvent qu'à 
la partie de ténor , ainsi qu'on le voit dans 
l'exemplaire de Munich. L'autre ouvrage, non 
moins rare, de Sixte Dieterich , s'est trouvé 
complet chez M. Bulsch , libraire à Augsbourg, 
au mois de mars 1840, sous ce titre : Noimm 
ac insigne opus musicum 30 Antiphona- 
rum quatuor vocum ; Vilebergaj, apn'd G. Rau 
(sic), 1541, 4 vol. in-4° obi. (V. Catalog 
einer Sammlung seltener Notendrucke des 
XVI und XV II Jahrhunderts, etc. Zu haben 
in der Birelt'schen Antiquariats-Buchhand- 
lung F. Buisch , in Augsburg , 1840, p. 6 ). On 
trouve des psaumes de Dieterich , à 4 et 5 voix, 
dans la collection intitulée : Tomus primus 
Psalrnorum selectorum a prxstanlissimis 
musicis in Ilarmonias quatuor aut quinqua 
vocumredactorum ; Norimbergx, apudJohan. 
Petreium, 1 538, in-4°obl. Des pièces du même 
artiste se trouvent dans les Selcctissimxnec- 
non familiarissimx canlioncs ultra cenlum , 

|i) Ottaviuno dei Petrucci de Fossombrone, etc., 
p. 178. 



DIKTERICII — D1ETRICIISTEIN 



I!) 



publiées par Melchior Kricsstein , à Augsbourg, 
pu 1540, petit in-8° obi. On eu trouve aussi dans 
les collections suivantes : Cantiones septevi,sex 
et quinquevocum;Mà., 1545, petit in-4°obl.; 
Concentus octo , sex, quinque et quatuor vo- 
cum, etc.; Auguslx Vindelicorani ,'Philippus 
Vhlhardus excudebat, 1545, petit in-4°obl.; 
dans le recueil de 251 ebansons allemandes pu- 
blié en 2 parties, en 1539 et 1540, à Nuremberg, 
par J. Petrejus; dans les Neice geistliche Ge- 
sange C XXIII mit 4 und 5 Stimmen, etc.; 
Wittenbcrg , G. Rhaw , 1544; et enfin *lans la 
Bicinia Gallica,La(ina et Germanica, etquœ- 
dam fugx , tomi duo; ibid. 1545, petit in-4". 
Glaréan nous a conservé trois morceaux de ce 
compositeur, p. 276, 328 et 343 de son Dode- 
cachordon. J.-G. Schieleji attribue à Dieterich 
un Compendium musicale ; mais il ne dit pas 
si cet ouvrage est imprimé. 

DIETERICH (Conrad), né à Gemunda, 
dans la Hesse, le 9 janvier 1575 , fut surinten- 
dant d'Ulm et directeur du Gymnase de cette 
ville, où il est mort le 22 mars 1639. On a de 
lui une dissertation allemande intitulée : Ulmis- 
che Glockenpredigt , darinn von der Erfln- 
dung, Brauch und Missbrauch der Glocken 
in der Kirche Gottes gehandelt wird (Ser- 
mon sur les cloebes d'Ulm , dans lequel on 
traite de l'origine des cloebes, de leur usage et 
de leur abus dans l'Eglise); Ulm, 1625, in-4°. 
C'est un écrit savant et l'un des meilleurs qu'on 
puisse consulter sur cette matière. 

DIETERICH (Jean-Conrad), pbilologue 
et helléniste , né But/bacb, en Wétéravie, le 19 
janvier 1612, étudialesbelles-lettreset la théologie 
à Marboiirg. En 1639 il fut nommé professeur de 
grec à l'université de cette ville, et passa ensuite 
à Giessen pour y exercer les mêmes fonctions. 
Il est mort dans cette dernière ville, le 24 juin 
1669. Au nombre de ses ouvrages, on en trouve 
un intitulé Antiquitates biblicx, publié après sa 
mort par Pistorius ; Giessen, 1671, in-fol. Il 
traite au sixième chapitre , p. 349-353, de Mu- 
sica sacra. 

DIETERICH (Frédéric-Georges). Voyez 
Dieterick, ci-dessous. 

DIETERICH (Frédéric-Georges), né à 
Halle en 1686, eut pour premier maître J. Sa- 
muel Wetter, organiste de Saint-Michel de cette 
ville, et apprit la composition sous la direction 
de J.-G.-C. Slœrl, maître de chapelle à Stutt- 
gart! . Le roi de Danemark, devant qui il toucha 
du clavecin , eu 1708, fut si satisfait de son jeu 
qu'il lui lit présent d'une médaille d'or. En 1710 
il alla en Italie pour s'y perfectionner dans la 
composition et le jeu du clavecin, sous Vinao- 



cesi; puis, en 1711, il rovintà Malle occuper la 
place d'organiste de Sainte-Catherine, et en 1720 
il succéda h Wetter dans son emploi. Il mourut 
vers 1750. Plusieurs pièces d'orgue de sa com- 
position se trouvent en manuscrit dans divers ma- 
gasins de musique de l'Allemagne. 

DIETRICH (Georces) est le nom véri- 
table de l'auteur d'un petit ouvrage intitulé : 
Quxstiones musicx brevissimx, variis aucto- 
ribus excerptx , et illustratx variis exemplis, 
ad usum puerorum scholx Misniensis a 
Georgio Thedorico Miseno ; Gcertilz , Ambroise 
Fritsch, 1573, petit in-8° de 4 feuilles non pa- 
ginées. C'est ce même auteur qui est appelé 
ThédoricparLipénius (Biblioth. philos, p. 978), 
et par Drandius (Biblioth. classica, p. 1642); 
je les ai suivis dans l'article Thédoric de la pre- 
mière édition de cette Biographie des Musiciens. 
Gerber le cite sous le nom de Misenus, ayant 
pris l'indication de la patrie de ce musicien pour 
son nom propre. Lichtenthal et Becker ont 
changé, dans leurs Bibliographies musicales, 
Thédoric en Tbéodoric. Dietrich, né à Meissen 
dans la première moitié du seizième siècle, était 
Cantor dans cette ville. C'est le même auteur 
qui a publié à Nuremberg, en 1565, des Can- 
tiones funèbres plurium vocum , en latin et en 
allemand, in-4° obi. 

DIETRICH. Plusieurs musiciens de l'épo- 
que actuelle se sont fait connaître comme com- 
positeurs de' bagatelles sous ce nom. F. Dietrich 
a publié des polkas pour le piano, à Prague ; J. 
Dietrich, des polkas et des galops, à Leipsick; 
M. Dietrich , des polkas, des valses et des chants 
sans paroles, à Varsovie; G.-A. Dietrich, des 
chants des Alpes pour 4 et 5 voix d'hommes, à 
Stuttgard. 

DIETRICHSTEIN ( Maurice - Joseph , 
comte de), conseiller privé et chambellan de 
l'empereur d'Autriche, est né à Vienne, le 19 fé- 
vrier 1775, d'une des familles les plus anciennes de 
la monarchie autrichienne. Dès son enfance il lit 
voir d'heureuses dispositions pour les sciences , 
les arts, et particulièrement la musique; on lui 
donna des maîtres pour les développer. En 1791 
il entra dans la carrière militaire; il se rendit à 
l'armée en 1792 et s'y distingua dans le corps 
d'artillerie comme général -adjudant. Après la 
paix de 1800 il quitta le service, épousa la 
comtesse deGilleis, et se livra à la pratique des 
arts. Lié d'amitié avec le poète Collins et l'abbé 
Stadler, compositeur distingué, il les servit de 
tout son pouvoir, dans toutes les circonstances de 
leur vie. En 1815 l'empereur François II choisit 
le comte de Dieti ichslein pour diriger l'éducation 
du duc de Reichsstadt. Quatre nus après, l'intei:- 

2. 



20 



DIETRïCHSTEiN — DIETTER 



dance delà -chapelle île ia cour lui fut confiée, 
et les soins qu'il y donna en améliorèrent beau- 
coup la musique. En 1821 l'empereur ajouta à 
ses fonctions la direction supérieure des théâtres 
•le la cour ; et enfin, en 1S26, le monarque le 
nomma conservaleur en chef de la bibliothèque 
impériale, l'une des plus considérables et des 
plus précieuses de l'Europe. Le comte de Die- 
trichstein est mort à Vienne au mois de juillet 
1854, ,à l'âge de près de quatre-vingts ans. On 
a de sa composition : 1° Cinq recueils de 
douze danses chacun, pour piano àqiiatre mains; 
Vienne, Weigl, Haslinger, Mechetti et Diabelli. 
— 2° Douze valses de redoute avec trios pour 
piano à quatre mains; Vienne, Diabelli. — 
,i° Douze menuets avec trios pour piano seul ; 
Vienne, Mechetti. — 4° Douze danses allemandes 
pour piano seul; ibid. — 5° Huit recueils de 
chansons allemandes pour voix seule, avec ac- 
compagnement de piano ; Vienne, Arlaria et Has- 
linger. — ^Six romances françaises et alleman- 
des; Vienne, Diabelli. 

rMETSCH (Pisrrê-Louïs- Philippe), maître 
de chapelle de l'église de la Madeleine, à Paris, 
et chef d'orchestre à l'Opéra, est né à Dijon le 17 
mars 1808, suivant les registres du Conservatoire 
et des concours de composition à l'Institut de 
France, ou le 18 du même mois d'après la bro- 
chure de M. Poisot (les Musiciens bourgui- 
gnons , p. 49). D'abord enfant de chœur, il 
commença son éducation musicale dans la 
maîtrise de la cathédrale, dirigée par un musi- 
cien italien de mérite , nommé Travisini. En 
1822 ses parents l'envoyèrent à Paris, et Cho- 
ron l'admit au nombre de ses élèves, dans l'é- 
cole de musique classique et religieuse. Après 
deux ans d'études dans cette institution, il y 
remplit les fonctions de professeur d'une classe 
élémentaire. En 1830 (4 janvier) il fut admis au 
Conservatoire |>our y suivre le cours de contre- 
point de Reicha, et il étudia la contrebasse sous 
la direction de Clienié ; mais il quitta celte école 
au mois de lévrier 1831 , sans avoir achevé ses 
études. Il entra à la même époque à l'orchestre 
du Théâtre-Italien en qualité de contrebassiste , 
puis à celui de l'Opéra, où il fut ensuite un des 
chefs du chaul. Ayant obtenu en 1830 la place île 
maître de chapelle de l'église Saint-Euslache, il 
en dirigea le chœur pendant douze ans et y lit 
entendre ses premières compositions de musique 
religieuse. En 1834 il se présenta au concours 
de l'Institut pour le grand prix de composition ; 
mais, son essai n'ayant pas réussi , il ne lit plus 
de nouvelles tentatives. Le 9 novembre 1842 il a 
fait représenter à l'opéra de Paris le Vaisseau 
fantôme, ouvrage en deux actes de sa compo 



silion, sur le même sujet que te Hollandais 
volant, de Richard Wagner. Cet opéra ne 
réussit pas et n'indiqua point chez son auteur 
les qualités nécessaires pour le style dramati- 
que. M. Dietsch s'est particulièrement attaché a 
la musique d'église et a beaucoup écrit en ce 
genre. Ses messes, dont on n'a publié qu'une 
partie, sont au nombre de dix-sept, tant avec, 
orchestre qu'avec accompagnement d'orgue. Les 
trois premières ont paru à Paris chez M n,e Ca- 
naux. On a aussi de lui beaucoup de motets , 
hymnes, Magnificat et Te Deum; ibid. Cet ar- 
tiste a succédé à Girard (voy. ce nom) comme 
chef d'orchestre de l'Opéra de Paris, au mois de 
janvier 18G0. 

DIETTENHOFER (Joseph), professeur 
de musique à Londres, vers la fin du dix-hui- 
tième siècle, était né à Vienne en 1749. Il lit 
ses études musicales dans sa ville natale et vint 
à Paris en 1778. Deux ans après il partit pour 
Londres, où il vivait encore en 1799. Il y fil 
graver trois œuvres de trios pour le clavecin, 
avec violon, et y publia un ouvrage élémen- 
taire sur l'accompagnement et l'harmonie , 
sous ce litre : An Introduction to musical com- 
position, or a préparation for the sludij of 
counierpoint, through an original treatise on 
Thorough Bass,ichich is the firststep towards 
composition, etc., 1799, in-fol. 

DIETTER (Cukétien-Louis), né le 13 juin 
17ô7 à Ludwigsbourg, dans le Wurtemberg, 
entra en 1770 au collège Carolinien et s'y con- 
sacra d'abord à l'étude de la peinture. Ses loisirs 
étaient employés à la musique, et ses progrès 
furent si rapides que le duc de Wurtemberg lui 
conseilla de se livrer exclusivement à cette car- 
rière. L'instrument qu'il choisit fut le violon ; 
mais dans la suite il apprit aussi à jouer de plu- 
sieurs instruments à vent, et particulièrement du 
basson. Ses maîtres de musique lurent Seuber 
et Celestini. Il prit aussi quelques leçons de com- 
position de Raroni, maître de chapelle du prince; 
mais ce fut surtout à l'étude des partitions de Jo- 
melli et des grands maîtres italiens qu'il dut les 
connaissances qu'il acquit dans cet art. Dans les 
années 1776 et 1777 il obtint les médailles dé- 
cernées au concours, et en 1778 il reçut la même 
distinction pour la composition. Il était encore 
à l'Académie lorsqu'il publia, en 1781 , son pre- 
mier ouvrage, qui consistait en un concerto pour 
le cor, et dans la suite il fit paraître quatre 
concertos pour la fliïic, deux concertos pour 
le basson , une symphonie concertante pour deux 
finies, une idem pour deux bassons; soixante- 
trois duos pour deux flûtes, œuvres 9, 10, 21, 
22, 23, 24, 25 et 29 ; douze duos pour deux bas- 



DIETTEÏl — DIETZ 



i>» 



R«ns; six sonates pour le basson, livres 1 et 2, 
Leipsick, 1803; six danses allemandes avec 
«liant, pour le clavecin, Stultgard , 1794; 
Elisonda, opéra en un acte, 1794 ; plusieurs 
recueils d'airs variés pour la llûte, le basson et 
la clarinette. Dietter est mort en 1822. Sa musi- 
que a joui de quelque réputation en Allemagne. 
En 1781 il avait été nommé premier violon de la 
chapelle du duc de Wurtemberg , à Stuttgard ; 
il ne quitta cette place qu'en 1817, et il obtint une 
pension de retraite. Outre les ouvrages cités pré- 
cédemment, il a écrit pour la cour de Stuttgard 
beaucoup d'opéras-comiquesoù régne une verve 
assez remarquable. Parmi ces productions on 
cite : 1° Der Scholz im Dorfe (l'Écbevin au 
village). — 2° Der Irwisch (le Feu follet). — 
3° Der Rekruten auslwb (le Recrutement). — 
4,° Laura Rosetti. — 5° Belmontet Constance. 
-— 6° Glilcklich zusamvien Gelogen ( l'Heu- 
reux Mensonge mutuel). — 7° Die Dorfdepu- 
iirten ( les Députés du village). — 8° Der Luft- 
ballon (le. Ballon aérostatique). — S) Eli- 
sonda, etc. Il a laissé en manuscrit : trois 
concertos pour violon , six solos pour le même 
instrument, quatre concertos de cor, huit con- 
certos pour la flûte , quatre symphonies concer- 
tantes pour deux flûtes, sept concertos pour le 
basson, quatre concertos pour le hautbois, et une 
symphonie concertante pour deux hautbois. 

DIETZ (Jean-Sébastien), né dans la Fran- 
conie vers 1720 , fut maître du chœur de l'église 
paroissiale de Wasserburg sur l'Inn (cercle de 
l'Iser). 11 a publié : Alphabetarius Musicus , 
exhibens 1 missx solemnes in claves ordina- 
rias distribut as , et secundum stylum moder- 
num, at tamen ecclesiasticum, elaboratas , 
op. 1 ; Augsbourg, 1753, in fol. 

DIETZ (Joseph), né en Prusse vers 1735, a 
IHiblié à Nuremberg , en 1768 , une sonate pour 
le clavecin, avec violon. Il a fait paraître aussi 
dans la suite, à Amsterdam et à Paris, trois 
œuvres de six trios pour le clavecin, avec violon 
et basse. 

DIETZ ( Jean-Chrétien ), mécanicien dis- 
tingué, né en 1778 à Darmstadt, puis établi à 
Emmerich, sur le Rhin, s'est fait connaître par 
l'invention de plusieurs instruments de musique , 
notamment par le Mêlodion et le Claviharpe. 
Le premier de ces instruments, qui fut achevé 
en 1805, avait la forme d'un petit piano carré. 
Sa longueur était d'environ quatre pieds, sa 
hauteur et sa largeur de deux pieds. Les sons, 
assez semblables à ceux de l'harmonica, mais 
beaucoup plus forts, élaient produits par le frot- 
tement de tiges métalliques, et pouvaient être 
modifiés dans leur intensité par la pression plus 



ou moins forte des doigts sur les touches. Le 
Mêlodion fut entendu en 1806 dans les voyages 
<pie fit alors Dietz en Westphalie et en Hollande. 
Vers le môme temps cet artiste s'établit dans 
ce dernier pays- et y fonda une fabrique d'ins- 
truments et de divers objets de mécanique; mais 
après quelques années il se transporta avec sa 
famille à Paris, et y lit connaître un nouvel ins- 
trument qu'il avait inventé et auquel il donna 
le nom de Claviharpe. Cet instrument ingénieux 
était composé d'un corps assez semblable pour 
la courbe de la tèle à celui d'un grand piano 
tenversé verticalement, avec un clavier placé 
en saillie, comme aux pianos droits. Les tou- 
ches de ce clavier faisaient mouvoir de petits 
crochets garnis de peau, qui pinçaient des cordes 
de métal lilées de soie. Quatre pédales servaient 
à modifier de diverses manières les sons de 
l'instrument , qui , bien que moins prolongés que 
ceux de la harpe,, étaient néanmoins beaux et 
moelleux. La facilité du jeu du claviharpe au- 
rait dû lui procurer plus de succès qu'il n'en ob- 
tint; mais on a en lieu de remarquer que tout 
ce qui n'est pas d'un usage habituel et spécial 
dans la musique est accueilli avec indifférence, 
quel que soit d'ailleurs le mérite de l'invention. 
C'est ainsi qu'une multitude d'instruments ingé- 
nieux et d'un effet agréable ont été condamnés à 
l'oubli. Dietz avait obtenu un brevet d'invention 
pour son instrument le 1 8 février 1 8 1 4 ; mais le Cla- 
viharpe construit par son fils ne parut en public 
qu'à l'exposition des produits de l'industrie, au 
Louvre, en 1819. En 1812 M. Dielz acheva le 
Trochléon, instrument composé d'un archet 
circulaire agissant sur des tiges métalliques, 
qu'on entendit jusqu'en 1819. A cette époque 
Dietz avait quitté Paris pour fonder un éta- 
blissement de machines hydrauliques à Bruxelles. 
Cet habile mécanicien s'est , pendant quelques 
années, exclusivement occupé de la construction 
de remorqueurs à vapeur pour des voitures de 
tout genre sur les roules ordinaires. On a publié : 
Description du Claviharpe, inventé par 
M. Dietz père et exécuté par M. Dietz fils ; 
Paris, 1521 , 19 pages in-8°, avec une planche qui 
représente l'instrument sous ses différents as- 
pects. Dietz est mort en Hollande, vers 1845. 
DIETZ (CHRÉTtEN), fils du précédent, né à 
Emmerich vers 1801, s'est fait connaître comme 
inventeur de plusieurs instruments de musique 
et comme facteur de pianos distingué. Il n'avait 
que dix-huit ans lorsqu'il mit ses premiers 
instruments à l'exposition du Louvre, à Paris, 
en 1819. Quelques années après il produisit 
un grand piano dont il n'avait fixé la table que 
par les extrémités, laissant les côtés vibrer IL* 



22 



DIEÏZ — DILETZKY 



brement. Cet instrument excita l'étonnement et 
l'admiration par la puissance de ses sons. A 
l'exposition des produits de l'industrie de 1827 
on vit de lui un grand piano à quatre cordes , 
un piano de nouvelle forme, dont les dimensions, 
sans être beaucoup plus considérables que celles 
d'un piano carré , offraient dans leur ensemble 
une régularité de dispositions qui n'existe pas 
dans ce dernier. La médaille d'argent fut dé- 
cernée au jeune artiste. Peu de mois après il fit 
paraître un instrument à archet mécanique qui 
se jouait avec un clavier, et auquel il donna le 
nom de Polyplectron. On peut voir dans la 
Revue musicale (t. III, p. 593) une description 
de cet instrument, le meilleur de tous ceux du 
même genre qu'on a essayé de construire. On a 
aussi de M. Dietz un instrument à lames métal- 
liques mises en vibration par l'action de l'air, du 
même genre que le Physharmonica, mais su- 
périeur à celui-ci par la pureté, la douceur et 
l'égalité des sons. Comme facteur de pianos, ce 
jeune artiste s'est particulièrement distingué par 
ses petits pianos verticaux , auxquels il avait 
donné une plus grande puissance de son qu'au- 
cun autre facteur de France, avant que les 
derniers progrès eussent été faits dans la fabri- 
cation de ces instruments. 

D1EUPART (Charles), musicien fran- 
çais, également habile sur le violon et le cla- 
vecin , naquit vers la lin du dix-septième siècle. 
11 passa en Angleterre en 1707 , et tint le clavecin 
aux opéras tfArsinoè, Camilla, Pyrrhus , Dé- 
mëtrius, et au Rinaldo de Haendel. Il est mort 
à Londres, vers 1740, dans un état voisin de 
l'indigence. On a de ce musicien l'ouvrage sui- 
vant : Six suites de clavecin, divisées en ou- 
vertures, allemandes, courantes, sarabandes, 
etc., composées et mis~es en concert pour un 
violon et une flûte, avec basse de viole et 
un archiluth ; Londres, sans date. Walther cite 
aussi Six ouvertures pour clavecin, avec vio- 
lon et basse continue, de sa composition, gravées 
à Amsterdam , chez Roger. 

DIEZ (Frédéric-Chrétien), littérateur alle- 
mand, né le 15 mars 1794 à Giessen, dans 
le duché de Hesse-Darmstadt , a fait ses études 
dans cette ville et à l'université de Gôttingue , 
puis à Utrccht ; il a été nommé en 1822 lecteur 
pour les langues de l'Europe méridionale à l'u- 
niversité de Bonn, et professeur de littérature 
moderne à la même université, en 1830. Gram- 
mairien, philologue et écrivain distingué, il 
s'est fait une réputation honorable par ses ou- 
vrages sur les langues romanes, particulièrement 
sur les poésies chantées des troubadours pro- 
vençaux. Un de ses livres sur celte matière a été 



publié à Zwickau, en 1827, fous le tilre : Die 
Poésie der Troubadours, et traduit en français 
(Poésie des Troubadours) par Roisin; Paris, 
1845, in-8°. On y trouve des renseignements 
intéressants concernant la musique et les instru- 
ments en usage à l'époque de ces poètes chanteurs. 
On a aussi de M. Diez un livre intitulé : Lcben 
und Werken der Troubadours (Vie et œuvres 
des Troubadours); Zwickau, Schumann, 1829. 

DEEZEL1US (Valentin), musicien alle- 
iiiiiikI qui vivait à Nuremberg au commencement 
du dix-septième siècle , a publié dans celte ville, 
en 1000, une collection de madrigaux de divers 
maîtres italiens, sous ce titre: Erster Theil, 
icelcher Madricjalien, auss den berûhmtesten 
Musicis Jtalicjs colligit, mit 3, 4, 5, 6, 7 
und 8 Stimmen. 

DILETZKY (Nicolas), compositeur et 
écrivain sur la musique , naquit en Lithuanie 
vers 1630. 11 étudia la composition en Pologne, 
car il n'existait pas alors en Russie de maître ca- 
pable de l'enseigner, quoique les chantres de 
chapelle eussent l'habitude d'improviser une 
sorte de contrepoint sur les chants grecs de leur 
Église. Fixé à Moscou, lorsqu'il eut acquis un 
certain degré d'habileté dans son art , Diletzky 
entreprit d'instruire ses compatriotes dans la 
théorie et la pratique de la musique. Dans ce 
desspin il publia en langue russe un livre dont 
le tilre répond à celui de Grammaire du chant 
musical; Moscou, 1077, in-4°. Cet ouvrage fut 
suivi d'un autre intitulé -. Idée de la gram- 
maire musicale; Moscou, 1679, in-4°. Par une 
singularité remarquable, dans un pays dont les 
habitants sont naturellement sensibles à la mu- 
sique, Diletzky n'a pas trouvé d'imitateurs, et 
la littérature musicale de sa patrie a été long- 
temps renfermée tout entière dans ses ouvrages, 
dont la rareté est maintenant excessive. Quelques 
Allemands fixés en Russie, parmi lesquels on re- 
marque Fuchs et Mùller, ont écrit des ouvrages 
concernant la science de l'harmonie et d'antres 
parties de l'art, qu'ils ont fait traduire en langue 
russe etqu'ils ont publiés à Saint-Pétersbourg; de 
plus, M. Bélikoff, inspecteur de la chapelle impé- 
riale, a traduit en russe les livres de l'auteur de 
cette Biographie, la Musique mise à la portée 
de tout le monde, les Curiosités historiques 
de la musique, et le Résumé philosophique de 
l'histoire de la musique. Enfin, quelques livres 
élémentaires sur cet art, écrits en langue alle- 
mande ou française, ont aussi paru en Russie ; 
mais la plupart ont pour auteurs des artistes 
étrangers , à l'exception des ouvrages nouveaux 
de MM. Oulibischcffjde Lenz et du prince Yous- 
boupow (voy. ces noms). 



D1LETZKY — DILLSOUK 



23 



DiletzKy s'est cxcercé comme compositeur et 
a laissé daus les églises des psaumes et des an- 
tiennes à 5, 6 et 8 voix, qui, nonobstant cer- 
taines incorrections, ne sont pas sans intérAl 
historique, parce que ce sont les premiers essais 
réguliers de l'art d'écrire chez la nation mos- 
covite. Un de ces morceaux , dont les paroles : 
Mecle nocmz, etc., répondent au latin Tecanta- 
vius , Te Benedicimus , Domine, est écrit à 
8 voix , c'est-à-dire 2 sopranos, 2 contraltos, 
2 ténors et 2 basses. Quelques successions d'u- 
nissons, d'octaves, et un certain embarras dans 
le mouvement des parties , n'empêchent pas d'a- 
percevoir, surtout dans la seconde moitié de la 
composition, un instinct heureux de l'harmonie, 
et même une sorte d'art dans l'agencement des 
imitations entre les voix. 

DILLEN (Guillaume), compositeur belge, 
était maître de chapelle à l'église cathédrale de 
Parme, au commencement du dix-septième siècle. 
Il a fait imprimer à Venise, en 1622, une 
collection de messes à cinq, à six et à douze 
voix. 

DlLLENIUS(F.-L.-J.),co»toràTubingue, 
né dans le royaume de Wurtemberg, a publié 
un écrit dans lequel on trouve de bonnes obser- 
vations sur le chant en chœur. Cet ouvrage a 
pour titre : Ueberdie Schwierigkeitenbei einem 
methodischen Gesang-unterricht in den Schu- 
len, bel Errichtung von Singchœren und bel 
Aufuhrung eines mehrstimmigen Gesanges 
von ganzes Gemeindcn in den evangelischen 
Kirchen (Sur les difficultés d'un enseignement mé- 
thodique du chant dans les écoles, l'organisation 
d'un chœur de chant et l'exécution du chant 
à plusieurs voix par un chœur nombreux dans 
les églises évangéliques) ; Tubingue, 1826, in-8°. 

DILLHERR (Jean-Michel), fameux théolo- 
gien, né le 14 octobre 1604 à Thémar, dans la 
principauté de Henneberg, en Franconie,fut d'a- 
bord professeur à Jéna, ensuite pasteur à Saint- 
Sébald, inspecteur de l'école de Nuremberg et 
bibliothécaire de la même ville. Au nombre de 
ses ouvrages se trouve une dissertation intitulée : 
De ortu et progressu, usu et abusu inusicx ;. 
Nuremberg, 1643. Dillherr est mort le 8 avril 
1669. 

DILLIGER(Jean), magister et ensuite diacre 
à Cohourg, né en 1590 à Eissfeld, en Franoonie, 
étudia à Wittenberg, et fut d'abord cantor dans 
la giande église de cette ville. En 1623 on lui 
conlia l'emploi de magister, qu'il quitta en 1625 
pour la place de cantor à Cobourg. On voit par 
le titre d'un de ses ouvrages qu'il était pasteur 
«i Gellershausen en 1633. Dans la suite il devint 
diacre à lY-glise Morilz de Cobourg, et conserva 



ce poste jusqu'en 1647, année de sa mort. Voici la 
liste de ses ouvrages : l° Prodromi Triciniorum 
sacrorum newer geistlicher Liedleiri mit 3 
Stimmen g esetzt; Nuremberg, 1612.— 2° Me- 
dulla ex Psalmo 68 deprompta et hannonice 
6 vod composita; Magdebourg, 1614. — 
3° Exercitatio musica I, continens XIII 
selectissimos concentus musicos variorum au- 
iorum, cum basso generali, quibus accesse- 
runt 8 cantilense 3 voc, Wittenberg, 1624. — 
4° Trauerlied auf den Todcincs Kindes, mit 
4 Stimmcn (Chant funèbre sur la mort d'un 
enfant, à 4 voix); Cobourg, Berisch, 1626, in-4°. 
— 5° Disce mori, oder ein Gebetlein sur 
Betrachtung der Sterblkhkeit, mit 4 Stim- 
men ad Contrapunctum simplicem ; Cobourg, 
1628, in-4°. — 6° Gesprœch D. Lutheri und 
eines kranken Studiosi, vordessen zu Wit- 
tenberg gehalten, jetzo aber in feine Reime 
gebracht, und mit 4 Stimmen gesetz (Dialo- 
gue de Luther et d'un étudiant malade, etc., 
mis en musique à 4 voix) ; Cobourg, in-4°. — 
7° Musica votiva, Deo sacra, de Tempore, 
zum lieben neuen Jahreder ganzen werthen 
jetzo hoch-betruebten Christenheit, mit 2, 3, 4 
und 5 Stimmen, Theils Concerts, Theils Con- 
trapuncto-Weise verfertiget, 1629. — 8° Mu- 
sica Christiana Cordialis Domeslica, dass ist : 
Christliche Hauss-und H ert zens ^ Musica, 
aus 37 in Contrapuncfo simplici gesetzen 
2, 3 und 4 Stimmigen Arien bestehend; Co- 
bourg, 1630. — 9° Deux suppléments au même 



ouvrage, 1631. 



10° Musica Concertativa, 



oder Schalz-Kwmm erlein, ncuer geist lichen, 
auserlesenen Concerte, von 1, 2, 3, 4, 5., 6- 
12 Stimmen, etc. ; Cobourg, 1632, in-4°. — 
11° Musica Oratoria; Musica Thanatobuleu- 
tica; Musica Castrensis; Musica invitatoria 
ad Epulum Cœleste, m-48 Liedem fur 2, 3 
und 6 Stimmen; Cobourg, 1633. — 12° Jere- 
mias pœnitentiarius, m-52 teutschen Buss- 
Sprùchen, aus jedem Capitel des Prophetcn 
Jeremix genommen, fur 2 Singstimmen ; 
ire et 2e parties; Cobourg, 1640, in-4°. •— 13° 
Musica Christiana valedicioria , dass ist, 
geistliche valet-Musica, teutsch in Begrifft 
anmûthige und erbautliche Reim geletlein, etc. 
mit dreyen Stimmen (Musique chrétienne d'a- 
dieux, qui renferme des prières rimées,agréables 
et édifiantes, à trois voix, lesquelles conviennent 
aux temps malheureux et misérables actuels); 
Cobourg, 1642, in-4°. Ce recueil contient vingt- 
sept pièces. 

DILLSOUK, célèbre chanteur hindou, na- 
quit dans le royaume de Cachemire en 1751. La 
plus brillante époque de son talent fut de 1775 



24 



DILLSOUK — DIRUTA 



à 1790. Sa voix était un ténor élevé. Il clianlait 
avec une expression touchante les quatre genres 
d'airs connus dans l'Inde à cette époque sous lès 
noms de Rcktahs, Tiranas, Touppuhs et Ragi- 
nies. A la même époque vivait Chanem, canta- 
trice également célèbre, dont les accents mélan- 
coliques faisaient verser des larmes ou prenaient 
un caractère voluptueux. Une ardente rivalité 
existait entre Dillsouk et cette bayadère ; tous 
deux étaient recherchés dans les cours de l'Inde 
et comblés de riches présents. 

DIMMLER (Antoine), compositeur et con- 
trebassiste au service du roi de Bavière, naquit 
à Manheim le 14 octobre 1753. Le musicien de 
la cour Joseph Zwini lui enseigna la musique 
et le cor, et l'abbé G.-J. Vogler la composi- 
tion. A l'âge de onze ans il entra dans la musi- 
que de la cour en qualité de corniste. En 1778 
il se rendit à Munich, où il s'adonna à l'étude de 
la contrebasse, et devint très-fort sur cet instru- 
ment, pour lequel, à l'exception de Marconi et 
de Gaspard Bohrer, il ne se trouvait pas alors un 
homme détalent dans toute la Bavière. Dimmler 
a composé les petits opéras suivants : 1° Der 
Guck-Kasten (la Jalousie) , représenté à Mu- 
nich en 1794. — 2° Die SchatzCreber (les Cher- 
cheurs de trésors), représenté au château de 
Sufeld, près de Munich. — 3° Zebel- Juger (les 
Chasseurs de Zibeline). 11 a en outre composé la 
musique de cent quatre-vingt-cinq ballets, parmi 
lesquels on distingue : 1° Der Erste Tod (la Pre- 
mière Mort). — 2° Des erste Schae fer (le Premier 
Pâtre). — 3° Medea (Médée). — 4° Die Grazien 
(les Grâces). — 5° Ritter Amadis (le Chevalier 
Amadis), etc. On connaît aussi en manuscrit des 
symphonies, quatuors, concertos, etc., de sa com- 
position-, outre une grande quantité de musique de 
guitare, instrument dont il jouait très-bien. Il vi- 
vait encore à Munich en 18,15. La bibliothèque du 
Conservatoire de Paris possède les partitions ma- 
nuscrites de plusieurs concertos pour le hautbois, 
pour la flûte, le cor et le clavecin, de la compo- 
sition de Dimmler. 

Dimmler a eu un fils, nommé Antoine comme 
lui, né à Munich le 24 avril 1783, qui a reçu 
les premiers principes de musique de son père, 
et qui-est entré au service de la cour, en qualité 
de clarinettiste, le 16 juin 1796, n'étant âgé que 
de treize ans. 

DIOMÈDES (Caton), luthiste, né à Venise, 
vivait à la lin du seizième siècle et au commen- 
cement du dix-septième. Il passa fort jeune en 
Pologne, et entra au service de Stanislas Kostka, 
grand-trésorier de la Prusse polonaise. Son ta- 
lent sur le luth était remarquable, et il chantait 
fort bien. Il a fait imprimer à Cracovie, eu 1607, 



des mélodies qu'il avait composées en l'honneur 
de saint Stanislas, patron de la Pologne. C'est 
aussi ce musicien qui a composé la musique 
pour les poésies de Stanislas Grochowski, pu- 
bliées à Cracovie en 1606. On trouve quelques 
pièces de luth composées par Diomèdes dans le 
Thésaurus Harmonieux de Besardus. 

Un autre musicien du même nom vécut à la 
fin du quinzième siècle et naquit vraisembla- 
blement dans l'État de Venise. On trouve de lui 
le chant Sempro haro (sic) quel dolce foco, 
dans le neuvième livre des Frottole, imprimé è 
Venise, en 1508, par Petrucci de Fossombrone. 

DION, cythariste, naquit à l'île de Chio. 
Ménechme, cité par Athénée (liv. 54, c. 9), dit 
qu'il joua le premier, sur la cythare, les chants 
des libations qu'on faisait aux fêtes de Bacchus. 

DIONIGl (Mahc), docteur en droit, naquit 
à Poli, bourg de l'État Romain, au commence- 
ment du dix-septième siècle, et fut garde du 
chœur à la cathédrale de Parme. Il est auteur 
d'un traité de plain-chant intitulé : Primi 
Tuoni, Introdutlionenel canio fermo, Parme, 
1648. Il en a donné une deuxième édition en 
1667, avec des augmentations. 

DIRUTA (Giuolamo) , frère mineur conven- 
tuel, né à Pérouse, non vers 1580, comme je 
l'ai dit dans la première édition de cette Bio- 
graphie, mais plus de vingt ans auparavant; car 
i'épîlre dédicatoire d'un livre important dont \\ 
est auteur est datée de Venise le 10 avril 1593. 
Il résulte d'un document authentique rapporté 
par Colleoni (1) que le P. Diruta était au cou- 
vent de Correggio en 1580 et qu'il y était l'ami 
du P. fJaptiste Capuani {Voy. Capuani). En 1593 
il était organiste de la cathédrale de Gubbio, 
dans l'État de l'Église. Il s'y trouvait encore en 
1609, lorsque fa deuxième partie du livre dont 
il vient d'être parlé fut publiée; mais peu de 
temps après il fut nommé organiste de la cathé- 
drale deChioggia, ville de l'État vénitien. L'épo- 
que de sa mort est ignorée. Diruta nous apprend, 
à la fin de l'ouvrage dont la description sera 
donnée tout à l'heure, qu'ayant reçu dans sa 
jeunesse de mauvais principes de doigter, et err 
ayant acquis la conviction, il se rendit à Venise, 
et, après avoir entendu André Gabrieli et Claude 
Mérnlo sur l'orgue de l'église de Saint-Marc, 
il s'attacha à ce dernier et en reçut des leçons. 
Mérulo dit aussi, dans l'avis au lecteur placé en 
tête du premier livre de ses Canzoni à la 
francese intavolaiura (publié en 1598), que 
Diruta a été son élève, et que, par son talent, il 
faisait honneur à son maître. Voici ses paroles ;. 

(t) Cli Sctitt. di Corregio, t> XII. 



DIRUTA — DITTERS DE DITTERSDORF 



25 



ed io infinUamente mi gloria, ch'egli (Diruta) 
sia stato mia creatura, perche in questa dot- 
trina ha fatto a lui, et a me insieme, quai 
singolare honore, che da persona di molto 
ingegno si deve aspeUare. L'ouvrage qui re- 
commande Diruta à la postérité a pour titre : 
Il Transilvano , o dialogo sopra il vero 
modo di sonar organi e stromenli da penna, 
Parte I ; Venise, 1593, in-fol. Cet ouvrage est 
dédié à Sigismond Bâton'» prince de Transyl- 
vanie, célèbre par ses talents militaires et sa vie 
aventureuse. C'est à cause de cette circonstance 
que l'ouvrage est intitulé II Tramiloano. Outre 
la partie didactique, qui concerne le doigter des 
instruments à clavier, on y trouve des toccates 
et des pièces d'orgue de Diruta, Claude Merulo, 
André Gabrieli, Luzzasco-Luzzaschi, Paul Qua- 
gliati, Joseph Guami, et d'autres compositeurs 
célèbres.. La seconde partie du Transilvano a 
clé publiée à Venise, en 1609, in-fol. Elle est 
divisée en quatre livres. Le premier est intitulé : 
Sopra il vcro modo di intavolare ciasche- 
dun canto. Le deuxième contient les règles du 
contrepoint , avec des exemples de Luzzasclii, 
de Gabriel Fattorini et d'Adrien Banehieri. On 
trouve dans le troisième l'exposition des tons de 
l'Église et les règles de la transposition. Le qua- 
trième contient les règles du mélange des re- 
gistres de l'orgue. Les deux parties ont paru 
chez Giacomo Vincenti. Une deuxième édition 
de la première partie a été publiée chez Je 
même Vincenti, en 1 G 1.2, in-fol., et la deuxième 
partie a été réimprimée chez le même éditeur 
en 1622. 

DIRUTA (Acostino), moine de l'ordre de 
Saint-Augustin, né à Pérouse vers la fin du 
seizième siècle, était vraisemblablement de la 
même famille que le précédent. Il fut d'abord 
maître de cliapelle à Asola, petite ville de la 
Lombardie, et s'y trouvait encore en 1622. Plus 
tard il se rendit à Rome au couvent de son or- 
dre, dont il devint le maître de cliapelle. En 
1.C4G il était retourné dans sa ville natale,, et 
remplissait dans le couvent de son ordre les 
fonctions de directeur du chœur. Oldoini dit que 
LMruta a publié environ vingt œuvres de ses 
compositions, dont la plus grande partie avait 
été imprimée à Rome, chez Grignani (Voy. Ol- 
doini : Athenxum Auguslinum, in quo Perusi- 
norum scripta publiée exponuntur, p. 33). 
Je ne connais de ces ouvrages que ceux dont 
voici les titres : l° Messe concertate a cinque 
voci; Venise, 1622. — 2° Litanie di Gloriosa 
Domina, a 4, 5 e 6 voci; Rome, 1631. — 
3" Messe concertate a 5 voci,lib. 1, op. 13; 
liomu, J.-B. Roblelti, 1631.-^.4° Modulatiohes 



respertini cum Litaniis B. V. M., 3 vocibus 
concin., op. 18; Roma,Gia. Fei, 166S. C'est 
une réimpression. — 5° Poésie heroiche, a \, 
2, 3,4c( 5 voci; Roma, Grignani, 1641. — 
6° Secondo libro de Salmi che si cantano 
ne' vespri in tutto l'anno, concertati a 4 voci, 
op. 21 ; Roma, Luigi Grignani, 1647. 

D1STLER (Jean-Geohges), maître des con- 
certs de la cour de Stuttgard, né dans un vil- 
lage du royaume de Wurtemberg, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, s'est fait une réputation 
en Allemagne comme violoniste et comme com- 
positeur. Pleyel, Neukomm et lui sont les 
seuls élèves que Haydn ait formés. En 1781 
Distler se rendit à Stuttgard ; il y obtint la place 
de premier violon à l'orchestre de la cour; neuf 
ans après il fut fait maître des concerts. Une ma- 
ladie mélancolique le conduisit à Vienne, en 1796, 
pour y. voir ses parents; il y mourut en 1798 des 
suites de cette hypocondrie. Les compositions 
de Distler ont été publiées de 1791 à 1804; 
elles consistent en : 1° Six quatuors pour le 
violon, op. 1; Augsbourg, 1791. La deuxième 
édition a paru dans la même ville en 1795. On 
a gravé aussi cet ouvrage à Amsterdam, 1791; 
à Bàle, 1791 ; à Londres, 1797; à Paris, 1797. — 
2° Six quatuors pour deux violons, alto et basse, 
op. 2. — 3° Concerto pour le violon ; Augs- 
bourg, 1795. — 4° Six quintetti pour deux vio- 
lons, deux altos et basse, en manuscrit; à Vienne, 
chezTraeg. — 5° Six quatuors pour deux violons, 
alto et basse, op. 4; Augsbourg, 1798. 

DITTERS DE DITTERSDORF (Chau- 
les), compositeur et violoniste allemand, dont 
le nom de famille était simplement Ditlers, na- 
quit à Vienne en 1739. Dès l'âge de sept ans il 
montra un goût décidé pour la musique; ses 
parents lui firent cultiver cet art et lui donnè- 
rent une éducation soignée. H forma son talent 
pour le violon à l'école des plus habiles violo- 
nistes de l'Allemagne, et lui-même ne tarda pas 
à être compté au nombre des virtuoses sur cet 
instrument. Un solo qu'il joua dans une' église 
excita l'admiration de tons les auditeurs et ré- 
véla son talent. Hnbaczek, fameux corniste, qui 
était présent, prit Ditlers en affection, et le re- 
commanda si fortement au prince deHildbur- 
ghansen, auquel il. était attaché, que le jeune 
artiste fut admis au nombre des pages de ce 
prince, quoiqu'il n'eût pas encore douze ans ac- 
complis. Après avoir achevé son éducation mu- 
sicale dans la petite cour de son bienfaiteur, il 
fut attaché à l'orchestre d'un théâtre de Vienne. 
se lia avec Métastase, et eut le bonheur de de- 
venir l'ami de Gluck,, qui l'emmena avec lui en 
Italie. Là, son jeu sur le violon fut admiré de 



26 



DITTERS DE DITTERSDORF 



Ions les artistes j lui-même rapporte qu'après 
avoir joué en public un concerto il reçut une 
lettre anonyme remplie d'éloges et accompagnée 
d'une montre fort riche. Il ne sut que longtemps 
après que ce présent lui venait du fameux Fa- 
rinelli. De retour à Vienne Ditters mit à profit 
la bienveillance de Joseph Haydn et augmenta 
ses connaissances dans la composition. Lors du 
couronnement de l'empereur Joseph II, en 1765, 
Ditters suivit la cour à Francfort et s'y (it en- 
tendre avec succès. De là il passa au service de 
l'évêque de Gross-Wardein, en Hongrie. Il y écri- 
vit quatre oratorios, Isaac, David, Job et 
Esther, qui furent exécutés à Vienne avec beau- 
coup de succès. Ce fut aussi vers le même temps 
qu'il commença à écrire pour le théâtre. En 
1769 il quitta Gross-Wardein pour se rendre 
en Silésie, où il entra au service du prince-évè- 
qué de Breslau en qualité de maître de cha- 
pelle. Ce prélat aimait passionnément la musi- 
que, et il goûta si bien celle de son maître de 
chapelle qu'il voulut faire sa fortune. En 1770 
il le fit nommer maître des forêts de la Silésie 
autrichienne, lui fit accorder des lettres de no- 
blesse et la permission d'ajouter à son nom celui 
de Diltersdorf, qu'il porta toujours depuis lors. 
Le sort de cet artiste semblait assuré de la ma- 
nière la plus heureuse; il était recherché à 
Vienne et surtout à Berlin, où on l'appelait 
souvent; mais le malheur qu'il eut de se brouiller 
avec l'évêque de Breslau, le succès de la musi- 
que de Mozart, qui changea la direction de 
l'art et fit paraître le style de Ditters vieux et 
mesquin , enfin les infirmités qui accablèrent 
celui-ci dans ses dernières années, tout cela, 
dis-je, empoisonna la fin de sa vie, et il aurait 
été réduit à la dernière misère sans les bien- 
faits du baron de Stillfried, qui le prit dans son 
château en Bohême et le mit ainsi que sa fa- 
mille à l'abri du besoin. Il y est mort le 1" 
octobre 1799, deux jours après avoir achevé de 
dicter à son fils Vhisloire de sa vie, ouvrage 
intéressant par le ton d'originalité naïve qui y 
règne, et dans lequel les jeunes musiciens peu • 
vent trouver des instructions utiles. Il renferme 
aussi des anecdotes curieuses et peu connues sur 
Lolli et d'autres grands maîtres. On a de Ditters 
les ouvrages suivants : 1° Brief uebcr die 
Grenzen des Komischcn und Heroischen in 
der Musik (Lettre sur les bornes du comique et 
de l'héroïque en musique), dans la Gazette mu- 
sicale de Leipsick, première année, p. 138. — 
2° Brief ueber die Behandlung italixnischer 
Texte beyder Composition und ueber andcre 
Gegenstxnde (Lettre sur l'expression des paroles 
italiennes dans la composition et sur d'autres 



objets relatifs à la musique); ibid., p. 201. — • 
3° Cari von Dittersdorfs Lebensbeschreibung 
(Histoire de la vie de Charles Ditlersdorl), pu- 
bliée par son fils, à Leipsick, 1801, 294 pages 
in-8°. — 4° Isacco , figura del Redentore, 
oratorio, composé à Gross-Wardein en 1767. — 
5° La libératrice del Popolo Giudaico nella 
Persia, o sia l'Eslher, oratorio. Cet ouvrage, 
qu'on exécuta deux fois à Vienne, en 1785, au 
profit des veuves d^s musiciens, fut accueilli 
avec beaucoup d'applaudissements. — 6° Job, 
oratorio; Vienne, 1786. — 7° Messe en ut, avec 
orchestre, en manuscrit, chez Breitkopf. — 8° 
Motets pour le jour de Saint-Népomncène, en 
Mss., chez Bellstab. — 9° Amore in musica, 
opéra-buffa, à Gross-Wardein, en 1767.' — 10° Lo 
Sposo burlato, opéra bulfa, à Johannisherg, en 
1775. — 11° Der Doktor und Apotheker (le 
Médecin et l'Apothicaire), opéra en un acte, à 
Vienne, en 1786. Cet ouvrage fut accueilli avec 
tant de faveur,que l'empereur Joseph II, assis- 
tant à une de ses représentations, ne dédaigna 
pas de témoigner par ses applaudissements sa 
satisfaction, au moment où Ditters entra dans 
l'orchestre. A Londres cette pièce eut trente- 
six représentations de suite. Elle a été gravée 
en partition pour le piano à Vienne, à Berlin 
et à Mayence ; on l'a aussi arrangée pour 
tous les instruments. — 12° Betrug durch 
Aberglauben (la Fourberie par superstition)^ 
opéra en un acte , à Vienne, en 1786. — 13° Die 
Liebe ivi ISarrenhauscn (l'Amour aux petites 
maisons), en un acte, à Vienne, en 1786. Cet 
ouvrage a été gravé à Mayence en 1790 et à 
Berlin en 1792. — 14° Il Dcmocrito corretto , 
opéra bouffe, à Vienne, en 1786. — 15° Hierony- 
mus Knicker (Jérôme Knicker), opérette, à 
Vienne, en 1787, gravé en partition pour le 
piano à Leipsick, en 1792. — 10° La Contadina 
fedele, opéra bouffe, à Johannisberg, en 1785. 
— 17° Orpheus derzweyte(\e Nouvel Orphée), 
en un acte, à Vienne, 1787. — 18° Das rote 
Kseppchen (le Chaperon rouge ), à Vienne, en 
1788, gravé à Leipsick en 1792. — 19° Der 
Schiffspatron, oder neue Gutsherr (le Patron 
de navire, ou le Nouveau Seigneur de village), à 
Vienne, en 1789; gravé en partition pour le 
piano, à Leipsick, en 1793. — 20° Hokus Pokus, 
en un acte, à Vienne, en 1790, et à Weimar, en 
1792, avec des changements. — 21° Das Ges- 
penst mit der Tromviel (le Tambour nocturne), 
à Oels, en 1794. — 22 1 Gott Mars, oder der ei- 
seme Mann (le Dieu Mars, ou l'homme insen- 
sible), en deux actes, à Oels, en 1795. — 23° Der 
gcfoppte Br&utigam, ibid., 1795. — 24° Don 
Quichotte, en italien, ibid., 1795. — 25° Die 



'DITTERS DE DITTERSDORF — DIVISS 



27 



Guclfcn (les Guelfes), prologue, ibid., 1795. 

— 2(i° Der Schah von Schiras (le Sullan 
de Schiras), ibid., 179j. — 27° Ugotino , en 
deux actes, ibid., 1796. — 28° Die Lustigen 
Wcibcr von Windsor (les Joyeuses Comères 
<lc Windsor), ibid., 1796. — 29° Der Schœne 
Herbstlag (le Beau Jour d'automne), ibid., 
1 796. — ^0° Der Temcngewinnst ( le Terne à la 
lolcrie), en un acte, ibid., 1797. — 31° Der 
Mxdchenmarcht (le Marché de filles), en un 
acte, ibid., 1797. — 32° Tcrno Secco, opéra 
bouffe en deux actes, à Dreslau, en 1797. — 
33° L'opéra bouffe de Brctzner, en Mss., 1798. 

— 34° Don Coribaldi, o sia l'usurpata Pre- 
potenza, en deux actes, 1798, en Mss. — 35° 11 
Mercato délie Ragazze, 1798, en Mss. Cet ou- 
vrage paraît être une traduction du n° 31. — 
36° Il Tribunale di Giove, en Mss. Ces quatre 
derniers ouvrages sont restés entre les mains 
de la famille de Ditters. — 37° Grande cantate 
latine, pour le jour de fête de Pévêque de Gross- 
Wardcin, en 1765. — 38° La Fille de Kola, chant 
ossianique, avec piano; Leipsick, 1795. — 39° 
Grand concerto pour onze instruments concer- 
tants, avec orchestre, 1765. — 40° Quinze sym- 
phonies à grand orchestre, intitulées les Méta- 
morphoses d'Ovide ; Vienne, 1785. — 4l°Trente- 
cinq symphonies, en manuscrit, chez Traeg, à 
Vienne. — 42° Six nouvelles symphonies en 
manuscrit , dans les mains des héritiers. — 
43° Concert ino a 2 ob. fag. e 2 cor. concert., 
1 viol., 2 ait. e b., en Mss., chez Traeg, à 
Vienne. — 44° Douze concertos pour violon, 
ibid. — 45° Deux nocturnes pour deux cors et 
violoncelle obligé, ibid. — 46° Six quatuors 
pour violon; Vienne, Artaria. — 47° Douze di- 
vertissements pour deux violons et violoncelle, 
en Mss., chez Traeg. — 48° Duos pour violon et 
basse, ibid. — 49° Douze sonates à quatre mains 
pour le piano, 1796-1797, en Mss.— 50° Soixante- 
douze préludes pour le piano, dans tous les 
tons. — 51° Douze chansons et romances variées 
pour le piano. On a appelé Ditters le Grêtry 
de l'Allemagne; cet éloge est exagéré. Si ses 
compositions sont plus pures d'harmonie que 
celles du musicien belge, elles leur sont bien in- 
térieures sous le rapport de l'invention. L'opéra 
te Docteur et l'A j.ot hic aire est son ouvrage le 
plus populaire. 

D1TTMER (Mantey, baron de), maître de 
chapelle du duc de Mecklembourg-Strelitz , est 
né en Bavière, a eu pour maître Winter, et s'est 
l'ait son imitateur. On a de lui un petit opéra , 
Die beide Galxrensclaven ( les Deux Galé- 
riens), qui n'a lien de remarquable. Son meilleur 
ouvrage en ce genre est son opéra intitulé Louis 



de Bavière; on a gravé l'ouverture pour piano. 
Sa musique religieuse se distingue par un style 
assez pur et par son caractère pieux ; elle est 
restée jusqu'à ce jour en manuscrit. Parmi ses 
œuvres de musique instrumentale on remarque : 
1° Fantaisie sérieuse pour le piano; Berlin. — 
2° Fantaisie en forme de variations sur l'air de 
Himmel : An Alexis; ibid. — 3° Adagio et al- 
legro agitato pour piano, violon et flûte ; ibid. — 
4° Six danses populaires de la Bavière pour piano, 
op. 2 ; ibid. — 5° Six valses de Rossini , op. 7 ; 
ibid. 

DIVISS ou DIWISCH (Procope), musi- 
cien, mécanicien et physicien, naquit le 1 er août 
1696 à Senftenberg, en Bohême. Après avoir fait 
ses études à Znaïm, il entra en 1719 dans l'ordre 
des Prémontrés, à Bruck. Il y enseigna la théo- 
logie et la philosophie avec éclat, jusqu'en 1733; 
à cette époque la cure de Prenditz, près de 
Znaïm , lui fut offerte , et il l'accepta. Ce fut dans 
cette retraite qu'il se livra avec ardeur à des re- 
cherches de physique et de mécanique, et qu'il 
imagina le paratonnerre, dont l'invention a été re- 
trouvée depuis lors par Franklin, et une sorte 
(TOrchestrion, grand instrument de musique , 
auquel il donna le nom de Denis d'or, par ana- 
logie avec le sien, qui signifie Denis, en bohémien. 
En 1741 Diwisch accepta l'emploi de supérieur 
de l'abbaye des Prémontrés de Bruck, et son ad- 
ministration fut si sage que, pendant la guerre 
de l'Autriche contre la Prusse, le monastère fut 
toujours respecté, même par les ennemi». Après 
que la tranquillité eut été rétablie dans la Moravie, 
il retourna dans sa cure et reprit ses travaux 
scientifiques. Il mit alors la dernière main à ses 
inventions du paratonnerre et du Denis d'or. En 
1754 il plaça un paratonnerre près de sa mai- 
son ; mais cette nouveauté lui fit courir quelque 
danger, car le peuple, ayant considéré cet appa- 
reil comme un instrument de sorcellerie et lui 
attribuant la sécheresse qui se fit sentir alors 
pendant deux ans, renversa cette machine, qui 
fut transportée à l'abbaye de Bruck. Les savants 
de l'Autriche ne se montrèrent pas beaucoup 
plus raisonnables que le peuple, car ils s'opposè- 
rent à l'établissement des paratonnerres sur les 
édifices publics, qui avait été proposé à l'empe- 
reur par Diwisch. A l'égard du Denis d'or, il 
paraît qu'il lui donna la dernière perfection en 
1762. Cet instrument se jouait, tomme l'orgue, 
avec les mains et les pieds; il imitait, dit-on, 
tous les instruments à cordes et à vent, et l'on 
assure qu'il pouvait produire cent trente variétés 
de qualités de sons. Le prince Henri de Prusse 
en offrit une somme considérable; mais, lorsqu'il 
l'entendit, Diwisch le croyait susceptible de plus 



23 



D1VISS — DIXON 



<lc perfection : il ne consentit pas à le céder. 
En 1790 Pévêque de Bruck, Georges Lambeck, 
possédait le dernier instrument de ce genre exé- 
cuté par L'inventeur, et entretenait un musicien 
chargé spécialement de le jouer. On ignore ce 
qu'il est devenu depuis ce temps. Diwisch est 
mort à Prenditz le 21 décembre 1765. On a de 
lui un ouvrage posthume en allemand, qui a pour 
titre : Théorie de l'électricité et application 
de ses principes à la Chimie- Tubingue , 1768, 
in-8°. Le portrait de ce savant a été gravé par 
Balzer, avec ce distique : 

Non laudate J.ovein, Rentes ! Quid vester Apollo? 
Isle inagis Deus est.fulminis atque soni. 

DIVITIS (Antoine), musicien français, na- 
quit dans la seconde moitié du quinzième siècle, 
car il était un des chantres de la chapelle de 
Louis XII, qui mourut en 1515. J'ai dit, dans 
la première édition delà Biographie universelle 
des musiciens (t. III, p. 316), qu'il est permis 
de croire que le nom réel de ce musicien est 
Le Riche; une découverte faite aux archives de 
l'État, à Paris, a justifié ma conjecture, car 
(sous la lettre K. n° 322) on trouve un compte 
de dépenses de la cour du roi de Fiance, où est 
cet article : « La somme de 310 livres 10 s. tour- 
« nois pour le payement de cent trois aulnes de 
« drap noir, livré aux chantres de la chapelle du 
« dict feu seigneur ( Louis XII) qui s'ensuivent, 
« savoir : Le maistre de la chapelle Gonrard , Mi- 
« chau, Allard, Albi , Guill. Cousin, Claudin , 
« Mouton, maistre Jehan Thierry, Le Vigoureux, 
« Porclii, Carimont, Perroton de Manconrt, 
« George T. Reverdi, Jacques Baudet, M au pin , 
« Noèl, Furhisseur, Noly , maistre Antoine Le 
" Riche, maistre Pierre Monton , maistre Jac- 
«■ ques Favieres et maistre Pierre de Fray, qui 
« sont 23 personnes. » Il ne peut y avoir de 
doute sur l'identité à' Antoine Divitis et d' An- 
toine Le Riche, car le premier nom est celui de 
Le Riche latinisé et le prénom est le même. 
Le Riche était d'ailleurs compositeur comme 
Divitis, car on trouve deux chansons françaises 
à 5 voix sous son nom dans un recueil publié par 
Nicolas Duchemin, en 1551, sous ce titre: le 
Premier livre des plus excellentes chansons 
de divers autheurs. On connaît sous le nom de 
Divitis les ouvrages suivants : 1° Le motet De- 
aolatorum Consolator, à 4 voix, dans le pre- 
mier livre des Motettide la Corona, imprimé 
en 1514 , par Petrucci de Fossombrone, in-4" 
obi. — 2° Gloria, laus, à 4 voix, dans le dixième 
livre de la collection d'anciens motets, impri- 
mée à Paris, par Pierre Attaingnant, 1530.— 
3° Plusieurs motets à trois voix dans le recueil 
intitulé : Trium Vocum Cantiones Ccntum 



D. Georgio Forstcro Selectore. Imprimcbat 
Joannes Petreius, Norimbergee , 1540, petit 
in-4° obi. — 4° Un Magnificat dans le sixième 
livre publié par Attaingnant, sous ce titre: Li- 
ber sextus. XIII Quinque ultimorum lono- 
rum Magnificat continens. Parhisiis , apud 
Pet. Attaingnant , 1534, petit in-4° obt. — 
5° Plusieurs motets à quatre voix dans le dixième 
livre de la collection qui a pour titre : Pas- 
sioncs Dominice (sic) in ramis Palmarum , 
Veneris sancle , nec non lectiones feriarum 
quinti, Sexti et Sabbati hebdomade Sancte, 
etc.; ibid. 1534, petit in-4 obi. —6° Credo à G 
voix, dans le mss. coté VI de la Bibliothèque 
royale de Munich. — 7° Gei ber dit qu'il y a plu- 
sieurs morceaux de la composition de Divitis 
dans un recueil de chansons, en diverses langues, 
imprimé depuis 1530 jusqu'en 1540, sous le titre 
de Satnmlung VonGesangen in verschiedenen 
Spraechen , dont il y a un exemplaire à la bi- 
bliothèque de Zwickau; mais il n'indique ni le 
lieu de l'impression, ni le nom de l'imprimeur. — 
8° On trouve un morceau bien fait, à cinq voix, 
de Divitis, sur le texte: Ista est speciosa in- 
ler/ilias Hierusalem, dans le recueil intitulé : 
Bicinia Gallica, Latina, Germauica, etc., pu- 
blié par Georges Rhaw , à Wittenberg, 1545. — 
9° Deux chansons françaises à 4 voix , de Le 
Riche, sont dans un recueil publié par Nicolas 
Duchemin , à Parisien 1551, sous ce titre : le 
Premier livre des plus excellentes chansons 
de divers autheurs. — 10° La messe à 4 voix. 
intitulée Gaude Barbara, par Divitis, se trouve 
dans un manuscrit de la bibliothèque de Cam- 
brai, colé n° 4. C'est la douzième du recueil , qui 
en contient quinze de divers auteurs. (Voy. No- 
tice sur les collections musicales de la biblio- 
thèque de Cambrai, par M. E. de Coussemaker, 
p. 31.) 

DIXON (William), compositeur et orga- 
niste anglais, vécut à Londres depuis 1770 
jusque vers 1800. Il a publié une collection de- 
musique sacrée , choisie dans les œuvres des 
meilleurs maîtres anglais, sous ce titre : Psalmo- 
dia Christ iana; or Collection of sacred Music, 
in four parts, designed for public worship , 
containing 200 plain psalm-tunes, 50 fugues, 
and a few pièces in the Hymn style , for the 
tree great festivals, Christmas-Day , Easter 
Day and Whitsunday, with the bass-figured 
for the organ or harpsichord, etc.; Londres, 
1790. Cette collection est précédée d'un traité 
élémentaire d" chant, intitulé : An Essay anâ- 
concise Introduction to singing, containing 
rules for singing at sight, formed by the 
author during many years sludy and pruc- 



D1X0N — DI'ZI 



2!) 



tice in teaching. On a aussi de Dixon un recueil 
de chansons anglaises, Londres, 1795, et un 
Pocket companion or New Psalm Tunes, 
for the use of Choirs and congregaiional 
Singing (sans date). 

DIZI (Fkançois-Joskph), Hé à Namur le 14 
'janvier 1780 , est (ils d'un professeur de musique 
qui , de Dinant-sur-la-Mense, alla s'établir dans 
«elle ville. Le jeune Dizi fit voir dès son enfance 
tes plus heureuses dispositions pour la musique, 
et la sévérité de son père développa ses facultés 
par des études laborieuses. La harpe était l'ins- 
trument pour lequel il avait le plus de penchant; 
malheureusement il n'y avait pas de maître à 
Namur qui pût lui enseigner à en jouer. Les le- 
vons de son père, qui était violoniste, furent les 
seules qu'il reçut, et ce fut en lui-même qu'il dut 
chercher les moyens d'acquérir du talent. Il avait 
à peine atteint sa seizième année lorsqu'il conçut 
le projet de se rendre en Anglete/re. Il voya- 
geait alors en Hollande pour s'y faire entendre : 
il s'y embarqua. Arrivé dans un port où le vais- 
seau fut obligé de relâcher, il se promenait sur 
le pontdu bâtiment; tout à coup il vit un matelot 
tomber à la mer, et, poussé par un mouvement 
^l'humanité, il s'y précipita lui-même pour le sau- 
ver, oubliant qu'il ne savait pas nager. Il perdit 
bientôt connaissance, et, lorsqu'il revint à lui, il 
se trouva dans une maison sur le port, où on lui 
donnait des soins. Dès que ses habits furent sè- 
ches, il voulut retourner au vaisseau; mais ce 
bâtiment, dont il ne savait pas même le nom, 
avait continué sa roule, parce qu'on ne s'était 
pas aperçu de l'accident de Dizi, qu'un ouvrier 
du port avait sauvé. La situation du jeune ar- 
tiste était des plus pénibles, car sa harpe, et les 
malles qui contenaient ses habits, son linge, ses 
lettres de recommandation et son argent, étaient 
sur le vaisseau qui s'éloignait de lui. Sa bourse 
ne renfermait que quelques écus à peine suffi- 
sants pour le conduire à Londres, et il ne savait 
pas un mot d'anglais. Il se décida pourtant à sa- 
crifier le peu qui lui restait pour arriver jusqu'à 
la capitale de l'Angleterre , dans l'espoir d'y re- 
trouver le navire qui contenait toutes ses ri- 
chesses et l'espoir de son avenir. 

Arrivé à Londres, il ne put jamais découvrir 
ce bâtiment, n'ayant aucun renseignement qui 
pût l'aider dans ses recherches au milieu de l'im- 
mense quantité de vaisseaux qui stationnaient sur 
la Tamise ; il se trouva donc dans cette grande 
ville sans ressources, et n'y connaissant personne. 
Après quelques semaines passées dans la situation 
la plus pénible, le hasard le conduisit près d'une 
maison où il entendit jouer de la harpe; il se 
décida à y entier, exposa sa situation à ceux qui 



l'habitaient, et demanda qu'on l'entendit sur son 
instrument. Cette maison était celle de Sébastien 
Érard , célèbre facteur de harpes et de pianos. 
Le chef de cette maison apprécia le talent du 
jeune Dizi, comprit qu'il avait de l'avenir, et 
l'aida à se poser convenablement dans le monde 
en lui procurant des élèves. Clementi lui lut aussi 
utile par l'estime qu'il témoigna pour ses talents. 
Bientôt Dizi deyint le harpiste le plus renommé 
de Londres, et pendant trente ans il jouit en 
Angleterre d'une brillante réputation comme vir- 
tuose et comme compositeur pour son instru- 
ment. 

La nature l'avait doué de dispositions natu- 
relles pour la mécanique et de beaucoup d'a- 
dresse Il voulut appliquer ces facultés au perfec- 
tionnement de son instrument, et inventa, avec 
l'assistance d'un Polonais , une harpe à double 
action qu'il appela Harpe perpendiculaire , 
parce que les cordes, placées au centre de la 
console, étaient dans une position exactement 
verticale avec le centre de la table. L'élévation 
de ces cordes, à un demi-ton ou à un ton pins 
haut que l'accord naturel , se faisait par des bas- 
cules placées à l'intérieur de la console. La diffi- 
culté du placement des cordes et les dérange- 
mens fréquents do mécanisme ont déterminé 
plus tard Dizi à renoncer à ce système de cons- 
truction pour se rapprocher de celui d'Érard, 
qu'il a seulement voulu simplifier en substituant 
aux mouvements particuliers de chaque note 
des mouvements généraux de communication 
d'octave en octave. Dizi est aussi le premier qui 
ail imaginé de doubler les tables d'harmonie des 
harpes, pour leur donner plus de résistance aux 
vibrations des cordes. Enfin il a disposé les pé- 
dales de l'instrument dans un ordre plus régulier 
que celui qui est généralement adopté; mais 
cette innovation a eu peu de succès, parce qu'elle 
contrariait les habitudes des harpistes. 

En 1830 Dizi a quitté Londres pour s'établir 
a Paris , où il a formé une association avec la 
maison Pleyel , pour l'établissement d'une fabri- 
que de harpes ; mais cette entreprise n'a point en 
de succès. Depuis son arrivée en France Dizi 
avait élé nommé professeur de harpe des prin- 
cesses de la famille royale. Il est mort à Paris. 

Les compositions de Dizi pour la harpe sont : 
1° Une grande sonate, publiée à Londres. — 
2° Air Saxon, de Cramer, varié; Paris, Janef. — 
3° Danse du Châle, variée; ibid. — 4° Trois 
thèmes originaux variés ; ibid. — 5° Douze exer- 
cices ou fantaisies pour la harpe à deux rangs de 
pédales, première et deuxième suite; Paris, 
Pleyel. — 0° Une grande quantité de romances 
françaises , d'airs anglaise! italiens variés pour la 



so 



DIZI — DOBnZYNSKI 



harpe; Londres, Paris, Erard, Plcyel et autres. 

DLABACZ (Joseph-Benoît), virtuose sur 
le trombone, naquit à Podécbradt le 2 juillet 
1703. Après avoir fini ses études à Prague il 
voyagea , puis se fixa à Coblence, où son talent 
remarquable le fit engager dans la chapelle de 
l'électeur. 11 mourut en cette ville vers 1769. On 
ignore s'il a écrit pour son instrument. 

DLABACZ ( Godefroi-Jean ) , né vers 1760 
à Bcfchmiscb-Brod , en Bobême , entra dans l'or- 
dre des Prémontrés à Prague, et devint direc- 
teur du chœur et bibliothécaire du chapitre de 
StraKow, dans la même ville. Il a donné l'Essai 
d'un catalogue des meilleurs musiciens de la 
Bohême , dans les septième et neuvième parties 
de la Statistique delà Bohême, qui a été pu- 
bliée en 1788. Le troisième volume de la So- 
ciété royale des Sciences de la Bohême (1798, 
in-4°, n° 2) renferme une dissertation sur l'état 
des arts dans ce pays, dont il est aussi l'auteur. 
On y trouve quelques détails curieux sur les 
orgues et sur plusieurs musiciens. L'ouvrage le 
plus important qu'il ait publié est le Dictionnaire 
historique des artistes de la Bobême, qui a paru 
sous ce ce titre: Allgemeine-hist. Kunstler- 
Lexikon fur Bœhmen, 3 vol. in-4°, Prague, 
1815-1818. On y trouve une multitude de notices 
intéressantes sur les musiciens de cette partie 
de l'Allemagne. Dlabacz est mort à Prague le 4 
janvier 1820. 

DLUGOBAI (Albert), compositeur et lu- 
thiste distingué, né en Pologne, vécut vers la 
fin du seizième siècle. On trouve quelques-unes 
de ses pièces de luth dans le Thésaurus Har- 
monicus de Besard. 

DOBBERT (Chrétien- Frédéric). Voyez 

DOEBBERT. 

DOBLER ( Joseph-Aloys), un des meilleurs 
chanteurs du dix-neuvième siècle en Allemagne, 
est né le 17 novembre 1796 à Gebratzhofen , dans 
le royaume de Wurtemberg, où son père était 
maître d'école. Celui-ci lui donna les premières 
leçons de musique, de chant et de piano. A l'âge 
de dix ans Dobler fut admis comme enfant de 
chœur à l'église cathédrale de Constance. Il y fit 
ses études jusqu'en 1813; alors, pour se sous- 
traire aux lois de la conscription, il se décida 
à aller faire un cours de théologie à l'université 
d'EUwangen. Là il eut occasion d'exercer sa 
belle voix de basse dans les concerts d'amateurs 
que le recteur Spn-gele avait institués. Encou- 
ragé par les succès qu'il obtint dans ces con- 
certs, il résolut de ne point entrer au séminaire, 
et se rendit secrètement à Vienne , où il trouva 
un protecteur dans l'ambassadeur de Wurtem- 
berg. Wcigl ayant entendu la belle voix de 



Dobler, l'encouragea à cultiver le chant, lui 
donna des conseils et lui procura un engagement 
au théâtre de la porte de Carinlhie, avec deux 
mille florins d'appointements. Le jeune chanteur, 
âgé seulement de dix-neuf ans, se fit remarquer, 
et bientôt il fut engagé pour le théâtre de Linz, 
comme première basse. Il y débuta par le rôle 
d'Alcindor dans Cendrillon , et son succès fut 
complet. En 1820 il prit l'emploi de première 
basse au théâtre de Francfort-sur-le-Mein, resta 
dans cette ville jusqu'en 1«25, et entreprit 
alors un grand voyage en Allemagne. Il chanta 
avec succès à Mayence , Stuttgard , Wiesbaden , 
Berlin, etc. Engagé pour l'Opéra-Allemand de 
Londres en 1833, il y chanta dans trente-deux 
représentations pendant la saison, et se lia d'a- 
mitié avec les célèbres chanteurs italiens Rubini, 
Tamburini et Madame Malibran , qui devinrent 
ses modèles. De retour à Franfort à la fin de cette 
année, Dobler y resta jusqu'au 15 septembre 
1834, époque où il entra au service de la cour 
de Wurtemberg, à Stuttgard. Cetartiste n'avait 
point étudié de méthode de chant proprement 
dite; ce qu'il savait dans cet art, il le devait à 
sa propre expérience, aux exemples qu'il avait 
recueillis des chanteurs habiles, et surtout à sa 
rare intelligence et au sentiment dramatique dont 
il était doué au plus haut degré. Sa voix était 
pure , égale, flexible , et d'une grande puissance. 
Dobler est mort à Stuttgard le 6 septembre 1841 . 

DOBLOF-D1ER (Le baron Charles), 
amateur de musique à Vienne et compositeur 
de musique d'église au commencement du dix- 
neuvième siècle , a beaucoup écrit ; mais ses ou- 
vrages, restés en manuscrit, sont devenus la 
propriété du conseiller Georges Kiesewetter , 
qui les a légués à la bibliothèque impériale de 
Vienne avec toute sa collection de musique. 
Voici la liste de ses compositions religieuses : 
1° Messe à 4 voix en contrepoint (ré mineur), 
écrite en 1820. — 2° Te Deumb. 4 voix. — 
3° Hymnes en allemand. — 4° Inni sacri, a 2 
3 e 4 voci. — 5° Invocavi Dom., h 4 voix. 
— 6° Timete .Dom., à 4 voix. — 7° Trois grands 
chœurs à 4 parties. — 8° Messe à voix seule, avec 
orgue. — 9° Messe en contrepoint à 4 voix. — 
10° Las GebcthdesHerrn, à 4 voix. — il Pa- 
ter nosier, à 4 voix, avec un Amen à 1 voix. — 
12° Ego sum resurreclio , à 4 voix. — 13° Hym- 
nodie chrétienne à voix seule, avec piano. — 
14° Hymne pour le temps de Pâques, à voix seule 
et piano. 

DOBBZYNSKI (Jean-Félix), pianiste et 
compositeur polonais, est né en 1807 à Roma- 
now, dans la Wolhynie, où son père, violo- 
niste distingue, dirigeait l'orchestre des concerts 



DO BR Z Y NSK I — DOCI I E 



:',i 



et <Ie l'Opéra chez le comte Ilinski. C'est sous sa 
direction que le jeune Dobrzynski étudia le piano 
et le violon. Ses progrès furent rapides dans tout 
ce qui concerne le mécanisme; mais ses facultés 
pour l'art ne se développèrent qu'après que sa 
famille se fut établie à Varsovie. Devenu alors 
élève d'Elsner pour l'harmonie et le contrepoint, 
il ne tarda point à faire reconnaître que la na- 
ture l'avait doué d'un heureux instinct pour la 
composition de la musique instrumentale. Vers 
1828, ses études musicales étant achevées, 
il commença à se livrer à l'enseignement du 
piano, se fit entendre dans les concerts et publia 
ses premières compositions. On a de lui beaucoup 
de mozourkes, de nocturnes et de morceaux de 
salon pour le piano, publiés à Varsovie, à Posen, 
à Berlin et à Leipsick , ainsi que de jolies mé- 
lodies pour voix seule et piano ; mais il s'est rendu 
recommandable par des œuvres instrumentales 
d'un ordre plus élevé, parmi lesquelles on remar- 
que : 1° Une symphonie en ut mineur, qui obtint 
en 1838 le deuxième prix dans le concours ouvert 
à Vienne pour ce genre de composition, et qui 
fut exécutée à Leipsick avec succès dans l'année 
suivante. — 2° Trois quatuors pour 2 violons, alto 
et basse. — 3° Deux quintettes pour 2 violons, 
alto et deux violoncelles, œuvres 38 et 40, pu- 
bliés à Leipsick, chez Hoffmeister. Ces compo- 
sitions sont d'un ordre très-distingué. — 4° Un 
sextuor (en mi majeur) pour 2 violons, alto, 2 
violoncelles et contrebasse, op. 39; ibid. — 
5° Trio pour piano, violon et violoncelle, dédié 
à Huinmel , op. 17 (en la mineur); Leipsick, 
Breitkopf et Hœrtel. — 6° Sonate pour piano et 
violon. — 7° Nocturne pour piano et violoncelle, 
intitulé les Larmes. Dobrzynski s'est aussi essayé 
dans la musique dramatique par un opéra qui 
a pour titre Monbar, dont l'ouverture et quelques 
morceaux détachés ont été exécutés à Leipsick 
et à Dresde en 1845 et 1846 ; mais on n'y a pas 
remarqué l'originalité d'idées qui règne dans ses 
compositions instrumentales. Dans les mêmes 
années il donna des concerts à Berlin, à Leipsick 
et dans quelques autres villes du nord de l'Al- 
lemagne, et y produisit une vive impression par 
le mérite de quelques-unes de ses œuvres. 

DOBYHALL(JosEPn),etnonDOBYHERLL, 
comme il est dit dans la première édition de 
celte Biographie, maître de musique du deuxième 
régiment d'artillerie en garnison à Vienne, est né 
le 13 juin 1779 à Krasowitz, en Bohême. Destiné 
à l'enseignement de la musique par son père, il 
étudia toutes les parties de cet art et apprit le 
chant, le piano , l'orgue, le violon et presque 
tous les instruments à vent, sous la direction de 
Nawralil, Doluzalek, Johanis, et surtout d'un 



organiste très-habile nommé Bubmik. Lorsqu'il 
eut atteint sa quinzième année, il fut envoyé à 
Enns, dans la Haute-Autriche, pour y appren-* 
dre, sous la direction du musicien de la ville. 
à jouer du cor, de la trompette et du trombone ; 
puis il alla à Vienne faire un cours d'études litté- 
raires. Admis dans cette ville au théâtre Léopold 
comme clarinettiste, il y resta pendant six ans. 
Pendant ce temps il apprit l'harmonie et la 
composition chez Heidenreich et Tayber. En 
1808. Dobyhall fut nommé chef de la musique 
du prince Kourakin, ambassadeur de Russie à la 
cour de Vienne. Deux ans plus tard il entra au 
théâtre Hofburger, et peu de temps après il eut 
la direction de la chapelle du prince de Lobko- 
witz. Depuis lors il a été admis à l'orchestre du 
théâtre de la Cour comme seconde clarinette, et 
a été nommé maître de musique du deuxième 
régiment d'artillerie. Le talent de cet artiste pour 
la direction d'un orchestre d'instruments à vent et 
pour l'arrangement de la musique en harmonie mi- 
litaire était très-remarquable. On a de lui plus 
de cent suites de morceaux extraits d'opéras ita- 
liens, allemands et français, arrangés avec beau- 
coup de goût et une rare intelligence. Dobyhall 
y a introduit une multitude de nouvelles combi- 
naisons d'instruments, du plus grand effet. Lors- 
que Rossini alla à Vienne , il éprouva tant de 
plaisir, à l'exécution de quelques-unes de ses pro- 
ductions ainsi arrangées, qu'il désira avoir les 
partitions de ces morceaux, pour étudier le sys- 
tème et le mécanisme des combinaisons d'instru- 
ments à vent. 

DOCHE (Joseph-Denis), né à Paris le 22 
août 176fi, entra comme enfant de chœur à la 
cathédrale de Meaux , à l'âge de huit ans, et y 
apprit la musique sous la direction de Guignet. 
Nommé maître de chapelle de la cathédrale de 
Constance, à dix-neuf ans, il y resta jusqu'à 
l'époque dé la Révolution. Il entra alors à l'orches- 
tre du théâtre du Vaudeville pour y jouer de 
l'alto, puis du violoncelle, et enfin de la contre- 
basse. Devenu chef d'orchestre du même théâtre, 
il composa, pour les pièces qu'on y représentait, 
une multitude d'airs qui se distinguent par un 
chant naturel et gracieux. Les plus connus sont 
ceux de Fanchon la Vielleuse, la romance de 
Santeuil, celle de Gentil Bernard, etc. Il en a 
publié le recueil, en 1822, sous le titre de la 
Musettedu Vaudeville, grand in-8° obi. Doche 
a fait aussi la musique d'un opéra-comique intitulé 
les Trois Dcrville, qui fut refusé au théâtre 
Feydeau en 1818, et de plusieurs opérettes joués 
aux théâtres des Boulevards, entre autres Point 
de bruit, qui fut joué avec succès au théâtre de 
la Porte-Saint-Martin, en 1801. Il a fait entendre 



S2 



DOCHE — DODWELL 



à Paris plusieurs messes à grand orchestre. La 
dernière a été exécutée à Saint-Eustache, le 22 
•novembre 1809, jour de Sainte-Cécile. Retiré du 
Vaudeville en 18"24 , Doclie est mort à Soissons 
au mois de juillet 1825. 

DOCHE (Alexandre-Pierre-Josepii), fils du 
.précédent, né à Paris en 1799, fit ses études 
musicales au Conservatoire de Paris, et succéda 
à son père dans la place de compositeur et de 
chef d'orchestre du Vaudeville. Plus tard il est 
entré au théâtre du Gymnase comme chef d'or- 
chestre. H a écrit pour les pièces de ce théâtre 
beaucoup de morceaux de musique, dont quel- 
ques-uns ont été publiés à Paris, cliez Petit, 
Savaresse et Lemoine. Au mois •de mai 1846 
Doche a fait représenter à l'Opéra-Comique un 
ouvrage en unacte, intitulé le Veuf du Malabar, 
dont la musique était assez médiocre, et au mois 
de mars de l'année suivante il a donné au même 
théâtre Alix, petit acte qui n'a inspiré également 
au musicien que des idées communes, écrites avec 
négligence. Doche est mort à Saint-Pétersbourg 
au mois d'août 1849. 

DODART (Denis), médecin, naquit à Paris 
en 1624. Après avoir été reçu docteur en 1660, il 
fut nommé, six ans après, professeur de pharma- 
cie, et ensuite conseiller-médecin de Louis XIV. 
En 1673 l'Académie des Sciences l'admit au nom- 
bre de ses membres. Il fut chargé par ses con- 
frères de rassembler les matériaux d'une his- 
toire de la musique ; mais il s'est borné à publier 
plusieurs Mémoires sur la formation de la voix 
et sur la détermination du son fixe. Ces Mémoi- 
res ont été insérés parmi ceux de l'Académie des 
Sciences. Dodart est mort à Paris le 5 novembre 
1707. Les Mémoires publiés par lui sur les objets 
relatifs à la musique sont les suivants : 1° Mé- 
moire sur les causes de la voix de l'homme 
et de ses différents ions (Mém. de l'Académie 
des Sciences, ann. 1700, p. 238-268). — 1°Aotes 
sur le Mémoire précédent (Idem, p. 268-287). 
— 3° Supplément au Mémoire sur la voix 
et sur les tons, première partie (ann. 1706, 
p. 136). — 4° De la différence des ions, de 
la parole et de la voix du chant, par rap- 
port au récitatif, et, par occasion, des expres- 
sions de la musique antique et de la musique 
moderne (Id., p 388).— 5° Supplément au 
Mémoire sur la voix et sur les tons, seconde 
partie (ann. 1707, p. 66). Dodart cherche à 
établir dans ces Mémoires la similitude de l'organe 
vocal avec un instrument à vent , système adopté 
jusqu'en 1743, où Ferrein en proposa un autre, 
qui partagea les savants. On a aussi du môme au- 
teur ■. Sur la détermination du son fixe (Mém., 
ann. 1700, p. 131-140). H y a quelques exemplai- 



res du Mémoire de Dodart sur les -causes de la 
voix de l'homme imprimés séparément avec les 
notes et les additions, lesquels portent la date 
de 1703, sans nom d'imprimeur. L'auteur les 
avait fait tirer pour ses amis; la Bibliothèque 
impériale, à Paris, en possède un qui vient du 
cabinet de Brossard. 

DODDHIDGE (Philippe), ecclésiastique 
anglais, naquit à Londres le 26 juin 1702. Il com- 
mença ses études à l'école de Saint-Alhain , et 
les acheva au collège des ministres non confor- 
mistes, à Kibworth, dans le comté de Leycesler. 
En 1722 il lut nommé prédicateur à Kibworth, 
ensuite à Market-Harborough, et enfin professeur 
au collège de Northampton en 1730. Sa santé, qui 
avait toujours été très-faible, s'étant entièrement 
dérangée, les médecins Jui conseillèrent de 
changer de climat ; il se rendit à Lisbonne; mais 
à peine y fut-il arrivé que son mal empira, et il 
mourut dans cette ville, le 26 octobre 1750. 

Doddridge a donné dans les Transactions phi- 
losophiques , t. 44, p. 596, Account ôf ones , 
who had no Ear to Music naturally , singing 
several tunes whenin a delirivm (Notice sur 
un individu qui, n'ayant pas l'oreille musicale, 
chante plusieurs airs avec justesse, dans une 
accès de délire). 

DODWELL (Henri), philologue célèbre, 
naquit en 1641. Ayant perdu ses parents de bonne 
heure, il tomba dans l'indigence jusqu'à ce qu'un 
de ses oncles le recueillit et lui fournit les moyens 
de faire ses études, d'abord à Dublin, ensuite à 
Oxford. Ayant été nommé professeur d'histoire 
dans cette université en 1688, l'année même de 
la révolution anglaise, il ne tarda pas à perdre 
cette place, parce qu'il se refusa à prêter le ser- 
ment à? allégeance. Après s'être engagé dar.s 
toutes les querelles religieuses de son temps et 
avoir écrit une immense quantité d'ouvrages de 
fout genre, il mourut le 7 juin 1711. Les travaux 
de ce savant homme sur les historiens et les 
géographes anciens, ainsi que sur les antiquités 
ecclésiastiques, n'étant point de l'objet de ce 
dictionnaire, je me contenterai de citer son 
livre intitulé Treatise concerning the laivful- 
ness of instrumental Music in holy offices, 
etc. (Traité concernant l'admission de la musique 
instrumentale dans l'office divin); Londres, 1700, 
in-8". C'est une seconde édition : j'ignore la date 
de la première. Ce traité est tout théologique. 
Dodvvell y établit que la musique des instru- 
ments, particulièrement celle de l'orgue, ayant 
pour objet d'affecter la sensibilité, ne peut être 
admise dans l'office divin, où l'homme ne doit 
porter qu'un esprit dégagé de toute émotion sen- 
suelle; cl il déclare que les exemples de l'usage 



DODWELL — DOEIILKK 



33 



des instruments dans le temple «le Dieu , lires 
de l'Ancien Testament, sont sans valeur, parce (pue 
les Juifs, comme les papistes, ne professent que de 
fausses religions. Une préfacé de 84 pages du mi- 
nistre anglican John Newte, où la même doc- 
trine est soutenue, précède l'ouvrage «le Dodvvell 
(Voy. Newte). 

DOEBBERT (Chrétien- Frédéric), lia- 
bile flûtiste, naquit à Berlin, où il prit des leçons 
de hautbois et de flûte. Ayant acquisbeaucoup de 
talent sur ces deux instruments, il passa au ser- 
vice du margrave Frédéric de Brandebourg Culm- 
bach, auquel il donnait des leçons de flûte. A 
la mort de ce prince, en 1763, les virtuoses ita- 
liens, chanteurs et cantatrices, ayant été congé- 
diés, Doebbert passa avec les niiisiciensallemands 
au service du margrave d'Anspach et de Bay- 
reuth; il y mourut en 1770. lia publié à Nurem- 
berg, en 1759, six solos pour la tlûte, avec accom* 
pagnementde basse. 

DOEDERL1N (Jean-Alexandre), né le 
Il lévrier 1675 à Biswang, dans le comté de 
Pappenheim, lut magister et recteur de l'école de 
Weissenfels en Nordgau, où il mourut le 23 oc- 
tobre 1745. On a de lui un écrit intitulé : Ars 
canendl veterum, et veterum cantores Weis- 
senburgenses, 2 feuilles infol. sans date. Cet 
ouvrage , qui parait devoir être intéressant par 
son titre, est de la plus giaruie rareté. 

DOEHLER (Théodore), pianiste et compo- 
siteur pour son instrument, naquit le 20 avril 
1814 a Naples, où son père était chef de musi- 
que d'un régiment. Il était âgé de sept ans lors- 
qu'il reçut les premières leçons de piano. Ses 
dispositions pour la musique et l'instrument 
étaient si heureuses qu'après six mois d'études 
il avait dépassé en habileté sa sœur aînée, qui 
jouait du piano depuis plusieurs années. Lorsque 
Benedict arriva à Naples, il accepta Dœbler 
comme élève. Celui-ci n'était âgé que de treize 
ans lorsque son maître le fit entendre au théâtre 
du Fondo, où il reçut des applaudissements. En 
1829 Dœbler suivit sa famille à Lucques, où le 
père était engagé au service du prince; mais il 
n'y resta que peu de temps, parce que sa famille 
alla bientôt après s'établir à Vienne, où le 
jeune pianiste fut mis sous la direction de Czerny, 
pendant qu'il faisait des études de composition 
chez Secbter. Parvenu à l'âge de dix-sept ans, 
Dœbler obtint la position de virtuose de la mu- 
sique particulière du duc de Lucques et eut 
l'honneur de l'accompagner dans quelques voya- 
ges. En 1836 il entreprit lui-même une grande 
tournée pour faire connaître son talent : il était 
alors âgé de vingt -deux ans. Il visita d'abord 
l'Allemag-ie, et les premières villes où il se lit 

BIOCR. IMV. DES MUSICIENS. — T. III. 



entendre furent Leipsick et Berlin ; il y obtint 
de brillants succès. Au commencement de 1837 
son service le rappela à la cour de Lucques, mais 
il fit dans la même année une excursion à 
Florence et à Bologne, où il donha des concerts. 
Vers la fin de 1838 il arriva à Paris. Tbalberg y 
causait alors une vive sensation par les effets 
nouveaux qu'il faisait produire au piano et par la 
sonorité puissante qu'il tirait de l'instrument. Le 
talent de Dœbler n'atteignait pas à cette hauteur; 
mais il se faisait remarquer par beaucoup de 
délicatesse dans le toucher, par l'élégance et la 
grâce. Il joua dans un des concerts de la société 
du Conservatoire et y obtint un brillant succès. 
C'est de celte époque que date sa réputation de 
virtuose. Au printemps de 1839 il se rendit à 
Londres, où ses manières gracieuses et polies 
préparèrent ses succès dans la haute société. 
Dans la même année il visita la Hollande, où 
l'enthousiasme pour son talent alla si loin que son 
buste fut inauguré solennellement à la Haye. 
De retour en Italie vers le mois d'août, il obtint 
de son prince un nouveau congé dans l'année 
suivante, pour retourner en Hollande, où il était 
appelé. Il donna alors des concerts à Amster- 
dam, à Botterdam, à Utrecbt; puis il se rendit 
en Belgique, et obtint à Bruxelles de brillants 
succès. Après un séjour d'environ deux ans h 
Lucques, Dœbler reparut en Allemagne, et donna 
des concerts à Francfort, Leipsick, Berlin et 
Hambourg; puis il se rendit à Copenhague, dans 
l'hiverde 1843, et enfin en Bussie, où il s'arrêla pen- 
dant près de deux ans. A Saint-Pétersbourg il avait 
trouvé une protection très-active dans la princesse 
Tschermeteff; bientôt l'intérêt que prenait à lui 
cette dame devint un sentiment plus tendre, et 
elle prit la résolution de lui donner sa main ; 
mais de grandes difficultés s'opposaient à celle 
union, La princesse mit à les surmonter l'éner- 
gie et la ténacité que donne la passion à une 
lemme. Après bien des négociations délicates et 
de grands sacrifices, elle atteignit enfin son but, 
et Dœbler devint son époux en 1846. Tous deux 
se fixèrent dès lors en Italie, et l'artiste se trans- 
forma en amateur. Une seule fois il se fit encore 
entendre dans un concert public à Florence ; mais 
ce fut pour une œuvre de bienfaisance. Tout 
semblait lui présager une existence heureuse; 
mais bientôt sa santé se dérangea. En vain il 
essaya de l'influence des changements de climat 
et des eaux les plus renommées; il ne fit plus 
que languir, et il mourut à Borne, le 21 février 
1856, à l'âge de quarante-deux ans. Dœbler a 
publié beaucoup de compositions pour le piano, 
dont plusieurs ont eu de la vogue et sont en- 
core dans le répertoire des pianistes ; on y re- 

3 



34 



DOEHLER — DOISY-LI NIANT 



marque un concerto, œuvre 7; douze fantaisies 
sur des thèmes de divers opéras de Rossini, 
Meyerbeer, Donizetti, Bellini, Hérold , Halé- 
vy, etc.; dix nocturnes détachés; beaucoup de 
thèmes variés, des études, des caprices, des ron- 
dos, des pièces détachées de tout genre, des valses 
et des polkas. Comme pianiste Dœhler manquait 
de puissance, et quelquefois de correction ; mais 
il y avait beaucoup de charme dans son jeu. 

DOELZSCH(Jean-Gottlieb), constructeur 
d'orgues, né à Dœbeln, en Saxe, vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. En 1729 
il finit l'orgue de Grueneberg, composé de douze 
jeux. Il répara celui de l'église de Sainte-Cuné- 
gonde, à Rochlilz, en 1732. 

DOEMEiXY (Alexandre de), pianiste et 
organiste à Pesth, est né en Hongrie vers 1801. Il 
s'est fait connaître par deux ouvrages, dont le pre- 
mier est une instruction, en hongrois et en alle- 
mand, pour apprendre à jouer du piano, avec des 
exercices tirés des œuvres de Ha?ndel , démenti, 
Cramer, Steibe't, Kalkbrenner, etc.; Pesth, Char- 
les Miiller, 1828 , in-fol. de 121 pages. L'autre 
a pour titre : Kerénekesksenya inehjet d'Helve- 
zini Vallaistêtett TartoJi Deoz hasznokra 
nézy Enakozora, etc. .'Livre choral à 4 parties 
pour l'orgue, à l'usage des congrégations de la 
confession helvétique, etc.); Pesth, 1830, in-4°. 
Fink a fait une analyse de ce livre choral dans la 
Gazette générale de musique de Leipsick (ann. 
1831, n°22, p. 349—354). 

DOERFFEL (Alfred), pianiste distingué, 
est né à Waldenbourg, en Saxe, le 24 janvier 
1821. Ses parents l'envoyèrent fort jeune à Leip- 
sick, où il reçut des leçons de piano de Gùnther. 
A l'âge de treize ans il débuta dans les concerts de 
la société (VEuterpe et y fit sensation par son 
talent précoce. Pendant les années 1837, 38 et 39, 
il joua souvent dans ces concerts et y fit remar- 
quer ses progrès. Postérieurement il s'est fixé dans 
celte ville comme professeur de piano. M. Dœrffel 
a été pendant plusieurs années un des rédacteurs 
de la Nouvelle Gazette de musique de Leipsick. 
J'ignore s'il a publié quelques compositions pour 
son instrument. 

DOERIiYG (Jean-Fréderic-Samuel), né le 
16 juillet 1766 à Gatterslaedt, près de Querfurt, 
où son père était maitre d'école. En 1776 il entra 
à l'école Saint-Thomas de Leipsick comme élève 
etcomme sopranistedans le chœur. Après y avoir 
fait ses études élémentaires, il suivit en 178S les 
cours de l'université de Leipsick, comme étudiant 
en théologie; puis il se rendità Dresde en 1791 et 
y remplit les fondions de précepteur dans une 
famille pendant deux ans. En 1793 il obtint une 
place de cantor à Luckn,dans la Lusace infé- 



rieure ; deux ans après il alla occuper une posi- 
tion semblable à Gôrlitz. Il y resta jusqu'en 1814, 
époque où il accepta le cantorat à Altenbourg. 
Il mourut dans cette ville le 27 août 1840, à l'âge 
de 74 ans. Doering fut également distingué 
comme basse chantante et comme professeur. 
Il jouait bien du violon , du piano et de l'orgue. 
Il s'est fait connaître dans le monde musical par 
les publications suivantes : Die 3 Rosen des L< • 
bens, Gcsellschaftsbildfur 4 Singstimmen, etc. 
(les Trois Roses de la vie, chansons de société 
à quatre voix); Gôrlitz, 1799. — 2° I ollstœn- 
diges Gôrlitzer Choral- M elodien-Buch in 
Buchstaben, Vierstimmig gesestzt ( Livre com- 
plet de mélodies chorales, pour la ville de Gôr 
lilz, arrangé à 4 voix ); Gôrlitz, 1802. — 3° An- 
u-eisung zum Singen. Erster Kursus ( Instruc- 
tion pour le chant : premier cours); ibïd., 1805, 
in-8° de 80 pages. — 4° Etuas zur Berichti- 
gung des Vrtheilsuber die musikalischen Sing- 
chore auf den gelehrten protest antischen 
Schulen Deutschlands (Observations pour l'a- 
mélioration des jugements sur les chœurs musi- 
caux des écoles supérieures protestantes de l'Al- 
lemagne); Gôrlitz, 1806, in-4° de 24 pages. — 
5° Onze chœurs à 4 voix : l re suite ; Altenbourg, 
1815. — 6° Livre choral complet, à l'usage de 
la ville d'Altenbourg ; Altenbourg, 1817, in-4°. 
— 7° Vingt-quatre mélodies chorales à 4 voix; 
ibid., 1830. 

DOER1NG (M.-L.-J.); on a sous ce nom 
une suite d'articles sur l'existence et la nature 
du rhythme, qui ont été insérés dans la vingt-sep- 
tième année de la Gazette musicale de Leipsick, 
p. 3-9, 17-26, 37-41. Ces morceaux ne sont point 
sans intérêt et se font remarquer par des vues 
neuves. 

DOERIIXG (Le docteur Henri) , littérateur 
allemand, né à Cassel, si je suis bien informé, 
s'est fait connaître avantageusement, dans ces 
derniers temps, par divers ouvrages, et par des 
morceaux détachés dans les revues littéraires, 
parmi lesquels on remarque un aperçu rapide de 
la vie de Mozart. Ce morceau a été traduit de 
l'allemand par M. C. Viel, sous le simple titre : 
W.-A. Mozart ; Paris, A. Bohné, 1860, in-12 
de 76 pages. 

DOERNER (Jean-Georges), organiste à 
Bitterfeld, en Prusse, vers le milieu du dix-hui- 
tième siècle, a fait imprimer une Épure au 
docteur Mitzler sur l'origine du son et des 
tons principaux ( en allemand ) ; Bitterfeld, Midi. 
Ileunigen, 1743 , 3 feuilles in-8°. 

DOISY-LINTANT (Charles), guitariste 
et marchand de musique à Paris , est mort dans 
cette ville en 1807. Il a publié un grand nombre 



DOISY-LINTANT — DO M ART 



:}.> 



rie morceaux pour son instrument. Les plus con- 
nus sont : 1° Un concerto , avec accompagne- 
ment de deux violons, alto et basse. — 2° Dix 
trios pour guitare, violon et alto, op. 1 et 3. — 
3° Trois trios pour trois guitares. — 4° Qua- 
rante-neuf duos pour deux guitares ou pour gui- 
tare et violon. — 5° Plusieurs sonates, rondos 
et solos. — 6° Principes généraux et raisonnes 
de la guitare ; Paris, Naderman, 1801. — 7° Pe- 
tite Méthode pour le même instrument, avec 
des airs; ibid. 

DOLÉ (L'abbé F.-C), né en Normandie 
vers 1810 , a fait ses études au petit séminaire de 
Rouen. Devenu directeur du pensionnat de Vire 
et aumônier de l'Hôtel-Dieu de cette ville, il 
occupait encore cette position en 1848. 11 est au- 
teur d'un livre très-estimable qui a pour titre : 
Essai théorique , pratique et historique sur 
le plain- chant ; Paris, Lecoffre, 1S47, 1 vol. 
in-8° de 264 pages. 

DOLES (Jean-Frédéric), né à Steinbach, 
en Franconie, en 1715, commença ses études 
au gymnase de Schleusingen, et apprit la musi- 
que à l'école de Saint-Thomas de Leipsick. Son 
maître de composition fut Jean-Sébastien Bach. 
En 1744 il obtint la place de chantre à Frey- 
berg , où il resta jusqu'en 1756, époque où il 
succéda à Harrerdans les fonctions de directeur 
de musique à l'église de Saint-Thomas de Leip- 
sick. Il unissait le talent de bien enseigner à 
celui de bien écrire , et jouissait d'une grande 
considération parmi les musiciens de son temps. 
Il est mort le 8 février 1797. On a de lui les 
ouvrages suivants : 1° Anfangsgrûnde zum Sin- 
gen (Introduction à l'art du chant), manuscrit 
in-8° de 158 pages. — 2° Neue Lieder von 
Fuchs( Nouvelles Chansons deFuchs); Leipsick, 
1750. — 3° Le quarante-sixième psaume mis 
en musique; ibid., 1758, in- fol. — 4° Mélo- 
dieux zu Gellerts geistlichen Oden, etc. (Mé- 
lodies pour les odes spirituelles de Gellert, à 
quatre voix , avec accompagnement de clavecin ) ; 
ibid., 1762, in-fol. min. — 5° Vierstimmiges 
Choralbuch , oder harmenische - Melodien 
Sammlung fur Kirchen ( Livre choral à quatre 
voix , ou recueil de mélodies harmoniques pour 
l'église); ibid., 1785, in-4°. — 6° Cantate sur le 
chant de Gellert : Ich Komme vor dein Ange- 
sicht, etc., pour quatre voix et orchestre; Leip- 
sick, 17'JO, petit in-fol. Cet ouvrage, dont une 
partie est dans le style fugué, fait voir que Doles 
était un digne élève de J.-S. Bach. On y trouve 
une préface excellente sur l'art de traiter la mu- 
sique d'église. — 7° Singbare und leichte 
Choralvorspiele fur Lehrer und Organisten, 
etc. (Préludes chantants el choisis pour des cho- 



rals à l'usage des professeurs et des organistes» 
etc.), première suite, Leipsick, 1795, in-fol.; 
deuxième suite, ibid., 1795; troisième idem, 
ibid., 1796; quatrième idem, ibid., 1797. Cette 
collection présente des pièces d'un fort bon style. 
Doles a laissé en manuscrit : 1° Passion, d'a- 
près Saint-Marc. — 2° idem, d'après Saint-Luc. 

— 3° La Passion, oratorio. — 4° Les Psaumes 
quatre-vingt-cinq et cent. — 5° Salvete vos. — 
6° Un cantique : Jésus meine Zuversicht. — 
7° Magnificat, en allemand. — 8° Deux Messes. 

— 9° Kyrie cum Gloria, en si mineur. — 10° 
Les 2 e , 16 e , 25 e , 33% 81° et llî e psaumes. 

DOLES (Jean-Frédéric) fils du précédent, 
naquit à Freyberg le 26 mai 1746. Son pre- 
mier maître fut. le recteur Funcke, de Freyberg. 
Jl apprit ensuite la musique et le chant sous la 
direction de son père. En 1764 il entra à l'u- 
niversité de Leipsick et ensuite à l'académie d'Er- 
langen pour se livrer à l'étude de la jurispru- 
dence. Il prit ses degrés de docteur en droit en 
1776 et fut nommé subsistut dans la Faculté de 
droit. Il est mort à Leipsick le 16 avril 1796. 
Doles est compté parmi les amateurs de musique 
les plus distingués. Il a publié en 1775 six solos 
pour le piano, à Leipsick, chez Breitkopf. On 
connaît aussi en manuscrit un concerto pour le 
t même instrument, qui a eu beaucoup rie succès 
en Allemagne. 

DOLEZALEK (Jean-Emmanuel), excellent 
pianiste, né àChotiebarz, en Bohême, vers 1785, 
vécut à Vienne en 1815 et dans les années sui- 
vantes. En 1814 il s'était fait admirer à Prague 
par son habileté comme exécutant et par l'origi- 
nalité de ses chansons bohémiennes , publiées en 
1812 sous le titre de Cziske Pjsnë wkudbu 
vvoedenê , etc. Parmi les autres compositions de 
Dolezalek on remarque : 1° Douze écossaises 
pour deux violons, deux clarinettes, deux cors, 
flûte, deux bassons et basse; Vienne, Artaria. 
— 2° Neuf variations sur un thème de Sargines, 
pour le piano; ibid. — 3° Variations sur un 
thème du ballet Der Fassbinder ; ibid. — 4° 
Plusieurs recueils d'allemandes, écossaises et 
valses pour le piano; Vienne, Mechetti et Ar- 
taria. — 5° Deux marches russes pour le piano ; 
Vienne, Artaria. 

DOMARTou DOMAR TO, musicien fran- 
çais, né vraisemblablement en Picardie , vécut 
dans la première moitié du quinzième siècle. Son 
nom ligure parmi ceux des contrapuntistes les 
plus célèbres de son temps. Tinctoris le cite en 
plusieurs endroits de ses ouvrages, notamment 
dans son Proportionale, où il critique quelques 
erreurs de proportions dans la messe Spirilus 
almus de Domart. Dans les archives de la cha- 

3. 



30 



DOMART — DON ATI 



pelle pontificale il y a un recueil de messes 
manuscriles, des maîtres les plus anciens (coté 
14, in-fol.), parmi lesquelles on en trouve de 
ce musicien. Une chanson française à trois voix 
de ce même compositeur a été recueillie par 
M. Stéplien Morelot dans les manuscrits de la 
bibliothèque du Vatican. 

DOMENJOUD (Jean-Baptiste), avocat 
au parlement de Paris, présenta à l'Académie 
royale des Sciences, en 1757, un violon dont les 
cordes étaient tendues par des vis au lieu de 
chevilles, et dont la tête mobile permettait d'é- 
lever ou d'abaisser à la fois les quatre cordes de 
l'instrument. L'Académie jugea que la mécanique 
employée par Domenjoud pour hausser et baisser 
le ton de l'instrument n'était pas susceptible d'une 
grande précision, par l'impossibilité de connaître 
exactement les proportions de grosseur des cor- 
des et les diverses circonstances qui exercent 
de l'influence sur leur tension réciproque; mais 
elle approuva la substitution des vis aux chevilles, 
par lesquelles il estdiflicille de bien régler l'ac- 
cord et d'empêcher le relâchement accidentel. 
Satisfait de ce rapport, Domenjoud fit imprimer 
la discription de son double mécanisme sous ce 
titre : De la préférence des vis aux chevilles 
pour les instruments de musique ; et un essai 
sur la manière de cht nger i A-mi-la , en, 
tendant ou détendant toutes les cordes à la 
fois, sans détruire l'harmonie ; ce qui donne 
lieu à des manches d'une forme nouvelle , 
beaucoup plus commodes que les anciens; 
Paris, 1757, in- 12 de 22 pages, avec une planche. 

DOMINGOS DE S. JOSÉ-VERELLA 
( Le Père), moine bénédictin portugais, an cou- 
vent de Porto, vivait au commencement du dix- 
neuvième siècle. ]l est auteur d'un ouvrage qui 
a pour titre : Compendio de Musica, theorica 
et pratica, que conlem brève instrucçao para 
lirer musica ; Lcçones de accompanhamcnlo 
em orgad, gravo (clavecin), guitarra, etc.; 
Porto, 1806, l vol. petit in-4°. 

DOMIJMCO (Jkan), musicien italien qui 
vivait vers le milieu du seizième siècle, a fait 
imprimer: Cantiones sacrx quinque rocum; 
Venise, 1566. 

DOMNICH (Hf.nki), fils d'un musicien de 
l'électeur de Bavière , naquit à Wùrzbourg vers 
1760. Dès son enfance il cultiva la musique et 
s'adonna particulièrement à l'étude du cor, sur 
lequel il fit de si rapides progrès, qu'à l'âge de 
douze ans il fut admis à la chapelle électorale. 
De là il passa à Mayence, au service du comle 
de Oelz, grand amateur de musique. Enfin il 
vint à Paris , où il fut assez heureux pour rece- 
\oii des leçons de Punlo. A la formation du 



Conservatoire de musique, Domnich fut com- 
pris au nombre des professeurs, et il se montra 
digne de cette distinction par les excellents élèves 
qu'il forma, et dont il a peuplé les orchestres de 
Paris et de la France. On lui doit la Méthode de 
premier et de second cor, à l'usage du Con- 
servatoire (Paris , 1805, in-fol. ) , qui fut long- 
temps la meilleure qu'on eût en France, et qui 
n'a été remplacée avantageusement que par celle 
de Daupral. Il a aussi publié : 1° Trois concertos 
pour le cor, avec accompagnement d'orchestre; 
Paris, Ozi. — 2° Symphonie concertante pour 
deux cors ; ibid. — 3° Deux recueils de romances, 
avec accompagnement de piano, op. 4 et 5. Quel- 
ques-unes de ces romances sont charmantes et 
ont eu un sucrés de vogue. Domnich a eu deux 
frères, Jacques et Arnold , tous deux virtuoses 
sur le cor. Le premier, qui était son aine, est 
passé en Amérique et vivait à Philadelphie en 
1806; le second, plus jeune que lui, était, en 
1805, au service du duc de Saxe-Meinin»en. 

DOMONATUS (Jean-Henri-Samuel), or- 
ganiste de l'église principale à Jéna, naquit en 
cette ville le 3 avril 1758. Fils d'un fabricant de 
soieries qui aimait beaucoup la musique, il reçut 
des leçons de clavecin et d'orgue dès ses pre- 
mières années. A l'âge de treize ans il fut en- 
voyé au gymnase (collège) de Weimar; le maître 
de chapelle Wolf, de cette ville, se chargea de 
le diriger dans la suite de ses études musicales. 
Plus tard il alla suivre les cours de l'université 
de Jéna et y fit des études de droit; mais, fidèle 
à la musique , il brilla dans les concerts comme 
claveciniste et se fit remarquer par son talent sur 
l'orgue. Ses études terminées, il entra comme 
secrétaire chez le comte de Solms, dont les pro- 
priétés étaient situées en Silésie. Après y être 
reste trois ans, il obtint du comte une pension 
de 50 écus pour le reste de ses jours, et retourna 
à Jéna, où il accepta la place de directeur de 
musique de l'Académie, en 1786. Neuf ans après 
il fut nommé premier organiste de l'église princi- 
pale; mais ses emplois étaient si mal payés, que 
le pauvre artiste passa la plus grande partie de 
sa vie dans un état voisin de la misère. Cepen- 
dant son mérite le plaçait au rang des musiciens 
les plus distingués de la Thuringe. Il avait com- 
posé des cantates d'église et des pièces d'orgue 
d'un très-bon style, lesquelles sont restées en 
manuscrit. Vers la fin de sa vie la goutte avait 
paralysé en partie ses doigts; cependant il jouait 
encore de l'orgue à l'âge de quatre-vingt-un ans, 
et l'on pouvait juger qu'il avait dû posséder au- 
trefois un talent remarquable. Ce pauvre homme 
a cessé de vivre en 1 84 1 . 

DOiXATI (Ignace), compositeur, né à Ca- 



D0NAT1 — DONE 



37 



saU; Maggiore, près de Crémone, vers la fin du 
seizième siècle, fut d'abord, en 1619, maître de 
chapelle de l'académie du Saint-Esprit à Ferrare. 
En 1624 il passa en la môme qualité dans le 
lieu de sa naissance, et enfin, en 1633, il fut ap- 
pelé à la cathédrale de Milan. Ceux de ses ou- 
vrages dont les titres sont connus sont : 1° Sacri 
Concenius a 1,2, 3, 4 e 5 vocum; Venise, 
Alexandre Vincenti, 1612, in-4°. — 2° Le Fan- 
f'alagc , madrigali a 3, 4 e 5 voci; ibid., 
1615, in-4°. — 3° Concerli ccclesiastici a 2, 3, 
4 c 5 voci, opéra 2; ibid, 1617, in-4°. Il y a 
une deuxième édition de cet œuvre publiée chez 
le même, en 1626. 4° Messe a 4, 5 e 6 voci 
piene e concertati; terza impressione ; ibid., 
1626, in-4°. Ces messes avaient été déjà réim- 
primées avec le deuxième livre des messes, sous 
ce litre : Libri I e II délie messe a 4 , 5 e 6 
voci; ibid., 161S, in-4°. — 5° Concerté cccle- 
siastici a 2, 3, 4 e 5 voci, op. 4; ibid., 1619, 
iii-4°. Il y a une deuxième édition de ces motets, 
imprimée chez le môme éditeur, en 1626, in-4°, 
et une troisième datée de Venise, chez le même, 
en 1630. — 6° Motetti a 5 voci concertati, 
con due Litanie délie B. V. enel fine alcuni 
canoni da cantarsi in 24 modi ; terza impres- 
sione; ibid, 1626. Je ne connais pas les dates 
îles deux premières éditions. — 7° Motetti con- 
certati a b e G voci , con Dialoghi , Salmi e 
Litanie delta B. V., op. 6; ibid., 1627, in-4°. 
— 8° Motetti a voce sola co'l basso per l'or- 
gano; ibid., 1628. — 9° Salmi Boscarecci a 
sei, op. 9; ibid., 1629. 

11 y a eu un autre musicien plus ancien, du 
nom de Donati (Giuseppe-Maria), qui a pu- 
blié à Venise, en 1585, des Madrigali a cin- 
que voci. 

DONATO (Balthasak), ou DONATI, maître 
de chapelle de Saint-Marc de Venise, vivait dans 
la seconde moitié du seizième siècle. Il fut d'a- 
bord simple chantre de cette chapelle célèbre : 
son habileté, sa grande expérience dans l'art du 
chant et son mérite comme compositeur lui 
procurèrent l'honneur d'être mis, en 1562, à la 
tête de la petite chapelle, qui venait d'être 
instituée par les procurateurs de Saint-Marc 
pour suppléer la grande chapelle , pendant les 
dernières années de la vieillesse d'Adrien Wil- 
laert, et pour former des chanteurs destinés à 
cette même grande chapelle. Willaert étant mort 
presque subitement, le 7 décembre 1662, la petite 
chapelle fut maintenue sous la direction de Do- 
nato pendant que Cyprien Rore, successeur de 
Willaert, fut le maître qui dirigea la grande; 
mais, le célèbre musicien belge ayant aban- 
donné celte position au mois de décembre 1564, 



Zarlino (Voy. ce nom) fut appelé à le remplacer, 
le 5 juillet 1565. Celui ci demanda la suppression 
de la petite chapelle, qui n'avait plus de raison 
d'être, et Donato fut obligé de rentrer dans la 
position de simple chantre. II paraît qu'il en eut 
un vif chagrin qui se traduisit un jour par des 
paroles insultantes contre Zarlino. Enfin, après 
une pénible attente de vingt-cinq années, Donato, 
grand artiste et homme de génie , fut appelé à 
succéder à Zarlino dans la place de premier 
maître de chapelle. Sa nomination est du 
9 mars 1590, suivant les registres de la cha- 
pelle. Il mourut au mois de juin 1603. On con- 
naît de lui les ouvrages dont les titres suivent : 
1° Il primo libro di canzonelte villanesche 
alla Napolelana, a quattro voci ; V enise, Gar- 
dane, 1555, in-4°. Il y a une autre édilion anté- 
rieure du même ouvrage, laquelle n'est pas la 
première, et qui a pour titre : Canzon villanes- 
che alla Napolelana, a quattro voci, insieme 
con alcuni madrigali novamente ristampati, 
aggiuntevi ancora alcune villote di Perizone 
a quattro, con la canzon delta Gallina; libro 
1°; Veneliis, apud Hieronymum Scottum , 
1551, in-4° obi. — 2° Madrigali a 4 voci, libro 
\°e 2°; Venise, Ant. Gardane, 1568, in-4°. C'est 
une réimpression. — 3° Madrigali a cinquevoci, 
libro quarto; ibid., 1567, in-4°. Je ne connais 
pas les dates des trois premiers livres. — 4° Ma- 
drigali a cinque e sei voci, con ire dialoghi 
a 7 ; libro 1°; ibid., 1560, in-4° obi. — 5° Ma- 
drigali a cinque, a sei, a sette e ollo voci , 
libro seconda; Venise, Jérôme Seolto, 1559, 
in-4° obi. — 6° Il primo libro de' Motetti, a 
5, 6 e 8 voci; Venise, 1599> in-4°. C'est une 
réimpression. On trouve quelques madri- 
gaux à 4 voix de Donato dans la collection in- 
\i[\i\ée:Eletta di tutta la Musica intitulata 
Corona di diversi, data in luce da Zuan Ja- 
como di Zorzi; libro 1°; Venezia, alla in- 
segna delCagniolo, 1569, in-fol. La plupart de 
ces ouvrages brillent par l'originalité; les villa- 
nelles sont particulièrement remarquables par 
les formes du rhythme. 

DONE (Josué), professeur de musique et ac- 
cordeur de pianos à Londres, est auteur d'un 
livre qui a pour titre : The Tunner companion, 
being a treatise of the construction of piano 
forte, with rules for régulât ing and tuning 
them (Manuel de l'accordeur, ou traité de la 
construction des pianos-fortés, avec des pré- 
ceptes pour les régler et les accorder) ; Londres, 
1827, in-4° de trente-trois pages. Cette édition 
est la deuxième; la première avait paru sans 
date (1816), à Londres. L'accord du piano n'oc- 
cupe que deux, pages dans l'ouvrage de Done; 



38 



DONE — DON! 



tout le reste concerne les diverses parties dont 
se composent les pianos de différentes formes, 
les dérangements qu'elles éprouvent, et les ré- 
parations qu'y doivent faire les accordeurs expé- 
rimentés. 

On a aussi sous le même nom un traité de 
la prononciation de l'italien, à l'usage des chan- 
teurs anglais, sous ce titre : Rules for Ilalian 
Pronunciation, particularhj useful to sin- 
gers and to musicians in gênerai; Londres 
un vol. in- 12. Je crois que l'auteur de cet ou- 
vrage était le frère aîné de celui qui est l'objet «le 
cet article. 

DONFRID (Jean), directeur de musique à 
l'église Saint-Martin de Rothenbourg sur le 
Necher, et recteur de l'école de la même ville, 
riaquit vers la fin du seizième siècle. On lui doit 
la publication de trois collections de motets et 
de messes de divers auteurs, des seizième et 
dix-septième siècles. Elles sont intitulées -. 
1° Promptuarium musicum; rvelches Con- 
centus ecclesiast. von verschiedenen Kompo ■ \ 
nisten, fur 2, 3 und 4 Stimmen enthalten, I 
première partie; Strasbourg, 1622; deuxième 
partie, ibid., 1623; troisième, idem, ihid., 
1627. Ces trois parties contiennent six cent 
quatre-vingt-treize motets. — 2° Viridarium 
Musico-Marianum, enthalten mehr als 200 
Goncentus ecclesiast. fur 3 und 4 Stimmen 
von verschiedenen Komponisten, op. 4 ; Stras- 
bourg,. 1627, in-4°. — 3° Corolla musiea, con- 
tenant trenle-sept messes à deux, trois, quatre 
et cinq voix, op. 5; Strasbourg, 1628. On a ■ 
aussi de Donfrid un recueil de pièces d'orgue 
sous ce titre : Der Tabulatur fur Orgel, pre- j 
mière et deuxième parties ; Hambourg, 1623. On 
y trouve des variations et des fugues sur le chant 
des psaumes et des cantiques; ces pièces sont 
d'un bon style. 

DONI (Antoine-François), prêtre et litté- 
rateur, naquit à Florence vers 1503. Il entra fort 
jeune dans l'ordre des Frères Servîtes; mais il 
fut sécularisé dans la suileet resta simple prêtre. 
Fort pauvre, et contraint souvent de vivre du 
seul produit de ses messes, il fut occupé sans cesse 
du soin d'améliorer sa fortune, mais ne put ja- 
mais y parvenir. Son humeur inconstante le 
portait à changer de lieu à chaque instant; 
c'est ainsi qu'il vit en peu de temps Gênes, 
Alexandrie, Pavie, Milan, Plaisance, Rome et 
Venise. Il eut pour amis les hommes les plus 
célèbres de son temps, tels que l'Arétin et le 
Dominichi ; mais il finit par se brouiller avec 
eux, et mourut ignoré au village de Monselice, 
près de Padoue, au mois de septembre 1574. 
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a publiés 



l'on remarque : Dialocjostres: unum de foriuna 
et infelicitate Cxsaris; alterum de Dclinca- 
tione (vulgo disegno) ; tertium de Musiea ; 
Florence, 1534,in-8°. Les sujets de ces dialogues, 
plus développés et traduits en italien, ont paru à 
Gênes en 1541. Le dialogue sur la musique, 
séparé des autres, a été publié sous ce titre • 
Dialogo délia Musiea, Venise, 1544. Dans sa 
Libraria, 1550, 1551 et 1560, in-12, Doni in- 
dique un assez grand nombre d'ouvrages relalifs 
à la musique qui sont devenus rares ; mais la 
Bibliothèque italienne de Fontanini, avec les 
notes d'Apostolo Zeno, a rendu le catalogue de 
Doni à peu près inutile. 

DOIVI (Jean-Baptiste), noble Florentin, 
naquit en 1593. Après avoir fait ses études à 
Bologne, il alla les terminer à Rome sous les 
Jésuites. Ses progrès dans la langue grecque, la 
rhétorique, la poétique et la philosophie furent 
très-rapides. Son père, qui le destinait au bar- 
reau , l'envoya à Bourges, en 1613, pour y 
étudier le droit dans l'école célèbre de Cujas : 
il y passa cinq ans. De retour en Italie en 1618, 
Doni reçut le bonnet de docteur dans l'université 
de Pise, et se livra ensuite à l'étude des langues 
orientales, des sciences naturelles et de toutes 
les parties de la philologie. Son père le pressai i 
d'embrasser l'état auquel il l'avait destiné, mais 
le cardinal Octave Corsini, qui venait d'être 
nommé légat en France, lui proposa de l'accom- 
pagner à Paris, ce qu'il accepta avec joie. 11 y 
passa plus d'un an, occupé sans cesse à étendre la 
sphère de ses connaissances par la fréquenta- 
tion des bibliothèques et des savants. Ce fut à 
celle époque qu r il se lia d'une étroite amitié avec 
le P. Mersenne. La mort d'un frère et des af- 
faires de famille l'ayant ramené à Florence en 
1622, il fut appelé l'année suivante à Rome par 
le cardinal Barberini, neveu du pape Urbain VIN. 
Ce cardinal avait un goût passionné pour la mu- 
sique ; Doni, qui avait fait une étude approfon- 
die de cet art, et surtout de ce qui concernait 
la musique des anciens, écrivit sur cette matière 
plusieurs dissertations, dans le dessein de se 
rendre agréable à son nouveau protecteur. Il en 
reçut la récompense par sa nomination à la 
place de secrétaire du sacré collège. Peu de 
temps après, le cardinal, étant venu en France 
avec le titre de légat, y amena plusieurs savants, 
parmi lesquels était Doni, qui revit avec plaisir 
les amis qu'il avait laissés dans ce pays. De là 
il suivit le cardinal en Espagne et revint enr 
suite à Rome. Ce fut alors qu'il imagina un ins- 
trument à cordes, qu'il appela Lyra Barberina 
àp.çixopS6ç, et qu'il dédia à Urbain Vm. Cet 
instrument était composé d'un corps sonore 



DONI 



30 



mobile, posé verticalement sur un socle, et sur 
lequel des cordes tendues dans divers systèmes 
permettaient de passera volonté, et subitement, 
de l'un des modes grecs dans un autre. Il écri- 
vit, à propos de celte invention, une dissertation 
intitulée Commentant de Lyra Barberina, où 
il examine tout ce qui concerne les divers ins- 
truments à cordes des anciens : c'est ce qu'on a 
de plus savant sur cette matière. Cette disser- 
tation ne fut imprimée que plus d'un siècle 
après sa mort. La perte de deux frères qui lui 
lestaient, et le besoin de soigner ses affaires do- 
mestiques, l'obligèrent à retourner à Florence 
en 1640; il s'y maria l'année suivante, et ac- 
cepta une chaire publique d'éloquence que lui 
offrait Ferdinand II de Médicis. Ses devoirs de 
professeur ne l'empêchèrent point de continuer 
ses recherches sur la musique des anciens, et 
particulièrement sur l'union de cet art avec la 
déclamation théâtrale. Ayant été nommé aca- 
démicien de Florence et de laCrusca, il ne jouit 
pas longtemps de ces honneurs, car il mourut 
en 1647, âgé de cinquante-trois ans. 

Les ouvrages de Doni, relatifs à la musique, 
qui ont été publiés de son vivant, sont les sui- 
vants : i° Compendio del trattalo del gencri 
e modi délia musica, con un discorso sopra 
la perfezzione de' concenti, e unsaggio a due 
voci di mutazione di génère e di tuono, in 
ire manière d'intavolatura; Rome, 1635, 
iu-4°. On voit, dans la dédicace au cardinal Bar- 
berini, que cet abrégé est celui d'un traité con- 
sidérable, en cinq livres, que l'auteur avait écrit, 
mais qu'il n'a pas publié. — 2° Annotazioni 
sopra il compendio dé" gencri de' modi délia 
musica, etc., con due trattali, l'uno sopra i 
tuoni e modi veri, Valtro sopra i tuoni o 
Armonie degli antichi : e sette discorsi sopra 
le materie più principal* délia musica, e 
concernenti alcuni stromenti nuovi praticati 
dall' autore; Rome, 1640, in-4°. — 3° De 
Prxstantia musicss veteris libri très, totidem 
dialogiis comprehensi, in quibus vêtus et re- 
cens musica cum singulis earum partibus 
accurate inter se conferuntur ; Florence, 1647, 
in-4°. Dans cet ouvrage, traité sous la forme 
du dialogue, Doni a répandu une érudition im- 
mense; mais ilse trompe souvent sur le fond des 
choses. Il s'y prononce en faveur de la musique 
des anciens contre la moderne, et oppose, comme 
preuve de son opinion, l'anathèrne lancé par le 
concile de Trente sur la musique du seizième 
siècle, aux éloges donnés par tous les écrivains 
de l'antiquité à celle de leur temps; mais cette 
question, de peu d'intérêt, demeurera à jamais 
insoluble par le dénuement où nous sommes de 



monuments de celte musique antique; et, les 
eussions-nous en notre pouvoir, nous n'en se- 
rions guère plus avancés, n'étant point placés 
dans des circonstances favorables pour en juger. 
— 4° Deux tr aides de musique : 1° Nouvelle 
introduction de musique, qui monstre la ré- 
formation du système ou eschelle musicale, 
selon la méthode ancienne et meilleure; la 
facilité d'apprendre toute sorte de chants 
par le retranchement de deux syllabes ut et 
la; une nouvelle manière, et plus aisée, de 
tablature harmonique; et un nouveau reigle- 
ment des avant-exercices de la musique; 2° 
Abrégé de la matière des tons, qui monstre 
en peu de mots tout ce que l'auteur a traicté 
plus amplement, en plusieurs discours ita- 
liens, touchant les tons et les harmonies des 
anciens, par lui heureusement renouvelées 
et remises en usage. Ces deux traités sont in- 
diqués par Gori, dans son catalogue des œuvres 
de Doni, comme étant imprimés; si cela est, ils 
ont dû l'être à Paris, vers 1639, car l'auteur dit, 
dans ses Annotazioni sopra il Compendio, etc., 
qu'il en avait envoyé les manuscrits à l'impres- 
sion dans cette ville. Toutefois, je présume 
qu'ils n'ont point vu le jour, car mes recherches, 
pour en découvrir des exemplaires dans les 
catalogues de bibliothèques et chez les bibliogra- 
phes, ont été infructueuses, et je suis confirmé 
dans ma conjecture par une lettre de L.-Giac. 
Bucciardi , datée de 1641, et rapportée par 
Bandini (deVita et Scriptis Donii, part. 11, 
p. 149, Epist. 94), où il dit : De' suoi trattati 
francesi non ho avuto fino adesso avviso ve- 
runo. Mattheson semble cependant les avoir eus 
en sa possession, car il donne une petite notice de 
leur contenu dans sa Critica musica, part. VI, 
p. 102; mais peut-être n'en avait-il que des co- 
pies manuscrites. Quoi qu'il en soit, ces ou- 
vrages paraissaient être perdus, lorsque le ha- 
sard m'en a fait découvrir les manuscrits auto- 
graphes parmi ceux de la Bibliothèque impériale 
(n° 1689, fonds de l'abbaye Saint-Germain des 
Prés), dans une liasse de vieux écrits relatifs à 
des matières théologiques. 

Ces manuscrits, qui forment un cahier de 
cent quarante-deux pages in-8°, sont d'une belle 
écriture italienne, et sont chargés de correc- 
tions de plusieurs mains ; celles-ci sont généra- 
lement relatives au style et à des expressions 
impropres qui ont. veilli. On trouve en tête du 
premier ouvrage deux lettres de Doni, datées du 
12 mai 1640; l'une est adressée à l'évêque de- 
Riez, qu'il nomme son parent, et à qui il rap- 
pelle qu'ils ont fait ensemble leurs études à 
Bourges : cette lettre est une dédicace; l'autre, 



40 



DONI 



qui est adressée à Messieurs les musiciens de 
France, contient l'éloge des écrivains et des 
compositeurs français qui se sont distingués dans 
la musique, et parmi eux il place Aurélien de 
Reims, Jean de Mûris (qu'il appelle de Mairis), 
Jacques Le Febvre(d'Étaples), Pierre Maillait, 
Josquin de Prés, Jean Mouton, Nicolas Gombert, 
qu'il appelle Crombert, Goudimel, Claude Le 
Jeune, Du Caurroy et Guesdron. Il y place son 
livre sous la protection des musiciens français, 
et leur adresse des observations sur la nécessité 
d'adopter la réformation des tons modernes qu'il 
propose. 

Le premier traité (Nouvelle introduction 
de musique, qui monstre la réformation du 
système ou eschelle musicale, etc.) est com- 
plet; il contient quatre-vingt-quinze pagRS. Doni 
y critique avec sévérité l'hexacorde de Gui 
d'Arezzo (ou du moins celui qui lui est attribué), 
le déclare très-inférieur à la constitution des 
modes grecs, et ne le trouve bon que relative- 
ment à la tonalité barbare du moyen âge. Villo- 
teau a émis une opinion à peu près semblable 
dans son ouvrage intitulé : Recherches sur l'a- 
nalogie de la musique avec les arts qui ont 
pour objet l'imitation du langage. Les dé- 
veloppements dans lesquels Doni entre sur cette 
matière me paraissent de peu d'utilité, comme 
tout ce qui a été écrit par lui et par ses con- 
temporains sur le rapprochement de la tonalité 
moderne et des modes grecs; mais on y remar- 
que un fait curieux et entièrement ignoré : c'est 
que Doni est le premier qui ait proposé de subs- 
tituer la syllable do à ut dans la solmisation. 
On ne trouve, en effet, cette syllable dans aucun 
ouvrage italien antérieur à l'époque où celui de 
Doni a été écrit. 

Le second traité contenu dans le manuscrit 
que j'examine est celui quia pour titre : Abrégé 
de la matière des tons, etc. Il est incomplet, 
mais il m'a paru qu'il ne doit y manquer que 
quelques pages de la fin. Ce n'est, en quelque 
sorte, qu'un corollaire du premier, maison y re- 
marque (p. 111) un renseignement intéressant pour 
l'histoire de la musique. Il s'agit d'un clavecin 
transpositeur, qui avait été fait par un con- 
temporain de Doni; sorte d'invention qu'on a 
renouvelée de nos jours, et dont l'existence an- 
térieure avait été longtemps ignorée. Voici le 
passage dont il est question : « Enfin la diversité 
« des tons d'aujourd'hui n'est autre que celle 
« qu'on entend au clavecin fabriqué par Jacques 
« Ramerin, Florentin, auquel, par le change- 
« ment des ressorts, le même clavier sert à 
« divers tons différents par degrés semi-toni- 
" ques. » Ce passage, et quelques détails sur 



j les ouvrages de Marenzio, de Cyprien Roze et 
du prince de Venouse, sont à peu près tout ce 
qu'il y a de remarquable dans ce traité. 

Outre la description de sa Lyre Barberine , 
et le traité des instruments à cordes qui y est 
joint, Doni avait laissé plusieurs ouvrages rem- 
plis de recherches curieuses, et presque tous re- 
latifs à la musique des anciens ; tous ces travaux 
restèrent ensevelis dans l'oubli jusqu'à ce que 
le savant antiquaire Gori , les ayant rassemblés, 
en prépara une belle édition; à laquelle il joignit 
le traité de Praestantia musicœ veleris ; mais il 
mourut avant qu'elle eût paru , et ce fut Passeri 
qui la publia à Florence en 1773, en deux vo- 
lumes in-fol. Le premier, inlitulé : Jo,h. Ba~ 
ptistse Don,i Patrici Florentini Lyra Barbe- 
rina àu.çî)ropSoç , accedunt cjusdem Opéra, 
pleraque nondum édita, ad veierem musicam 
illuslrandam pertinentia , contient : 1° Com- 
mentant de Lyra Barberina, orné de gravures 
représentant les instruments à cordes antiques. — 
2° Le traité de Prucstentia muskse veteris. — 
3° Progymnastica musicce pars veterum resti- 
tuta et ad hodiernam praximredacta, libri H. 

— 4° Dissertatio de musica sacra , recitata 
in academia Basiliana; Borna; , anno 1640. 

— 5° Due Trattati di Giov. Batista Doni, 
l'uno sopra il génère enarmonico , l'altro so,- 
pra gV instrumenti di tasti di diverse ar- 
monie, con cinque discorsi : il primo, dcl 
sintono di Didimo e di Tolomeo ; il secondo, 
del Diatonico equabile di Tolomeo ; il terzo, 
qualspezie del diatonico si usasse degli An- 
tichi , e quale oggi si pratichi ; il quarto, délia 
disposizione e facilita délie viole diarmoniche; 
il quinto, in quanti modi si possa practicare 
l'accordo perfetto nette viole diarmoniche. 

— Le second volume, intitulé : De' Trattati di 
Musica di Giov. Batista Doni, contient : 1° 
Trattato délia musica scenica, ouvrage rempli 
de recherches curieuses et fort important pour 
l'histoire de la musique théâtrale. — 2° Neuf 
discours sur le même objet. — 3° Discorso délia, 
rithmopeia de' versi latini e délia melodia 
de' cori tragichi. — 4° Degli oblighi ed osser- 
vazione de modi musicali. — 5° Discorso, 
sopra la musica antica e il caniar bene : ce 
discours est de Giov. Bardi. — (5° Délia musica 
dell' età nostra, che non è punto inferiore , 
anzi è migliore, di quella dell' età passata , 
par Pierre délia Valle. 

Doni avait aussi laissé beaucoup d'ouvrages 
commencés , et plus ou moins avancés dans leur 
rédaction ; Gori n'a pas cru devoir insérer ces 
fragments dans son édition ; mais il en a donn4 
une liste complète que je transcris ici : 



noNi 



DONIZETTl 



41 



1° Versio Latina Aristidis Quinldiani, Aris- 
loxeni Fragment! de Rh yth mica, aliommque 
similium , cum notis. Les fragments des Élé- 
ments rhythmiqucs d'Aiistoxène, dont il est ici 
question, lurent découverts par Doni dans un 
manuscrit de la bibliothèque du Vatican , comme 
il le rapporte dans son traité de Prœstantia mu- 
sicx veteris (lib. Il, p. 130); le savant biblio- 
thécaire Morelli les a publiés depuis , d'après un 
manuscrit de la bibliothèque de S. Marc de Ve- 
nise, avec un opuscule inédit de Michel Psellus 
le Jeune , intitulé : npo).au,ëavâ 1 u.ev<x et; ttjv pOO- 
(«x^v é7n<îTY][*rjv, Venise, 1785, in-8°. 2° De ra- 
tione modulandorum Carminum Latinorum 
lib . I. — 3° De Re musica libri duo. — 4° De 
JUnjthmopxia lib. 1. De Rhythmographia lib. 
I. — 5° De Generibus et speciebus musicse 
libri duo , etc. — 6° Pandectarum liber XI. 
Qui musices inscribitur, et vocabula, sive 
nomenclaturas rei Musicse Grxcas ac Latinas, 
etc. Enfin, beaucoup de dissertations ébauchées 
sur divers sujets , telles que : De Prœstantia 
studiorum musicorum. — De Scriptoribus 
musicx. — De Musicis interoallis. — De per- 
fecta Harmonia. — De Vi harmonice conju- 
gale . — De Efficacia musicœ. — De Phona- 
scia veterum. — De variis seinxographix 
speciebus, etc. 

DONIZETTI (Gaétan) , compositeur dra- 
matique, naquit à Bergame le 25 septembre 1798. 
Destiné à la profession d'avocat, il fit, pour s'y 
préparer, de bonnes études de collège ; mais son 
goût le portail vers les arts du dessin. Il désirait 
être architecte : pourquoi ne le fut-il pas? on 
l'ignore; lui-même n'a jamais expliqué cette cir- 
constance. Son père, simple employé, dont les 
ressources se bornaient à de faibles émoluments, 
obtint de le faire entrer au lycée musical de Ber- 
game, alors dirigé par Simon Mayr (voy. ce 
nom). Donizetti y reçut des leçons de chant de 
Salari, et Gonzalès lui donna des leçons de piano 
el d'accompagnement. En dépit de son penchant 
pour l'architecture, la nature l'avait fait musicien. 
Frappé de ses heureuses dispositions, Mayr lui 
enseigna les éléments de l'harmonie; mais, obligé 
de faire de fréquentes absences pour ses travaux 
de composition dramatique, et ne voulant pas 
abandonner son élève aux fantaisies de I instinct, 
il le recommanda à Mattei , chef de l'école de 
Bologne, pour qu'il le fit admettre au lycée mu- 
sical de cette ville. Donizetti, alors âgé de dix- 
sept ans et quelques mois, y arriva en 1815. Pi- 
lotti (voy. ce nom) et Maltei furent successive- 
ment ses maîtres de contrepoint etde composition. 
Tendant trois années le jeune musicien se livra 
à des études sérieuses sous leur direction. Dans le 



but d'acquérir la facilité pratique indispensable 
an compositeur, il écrivit dans cette période de sa 
vie des ouvertures pour l'orchestre, des qua- 
tuors de violon , des cantates et de la musique 
d'église. De retour à Bergame, après avoir ter- 
miné ses études , il avait pris la résolution de 
composer pour le théâtre ; son père, qui le des- 
tinait à l'enseignement, pour augmenter les res- 
sources de sa maison , ne goûta pas ce projet. Il 
en résulta des discussions orageuses qui déter- 
minèrent Donizetti à s'engager comme soldat. 
Peu de temps après, son régiment fut envoyé en 
garnison à Venise. Le jeune musicien , parvenu 
à l'âge d'environ vingt ans, y fit représenter, en 
18l8,au théâtre San-Lucas, son premier ouvrage, 
dont le titre était Enrico, conte di Borgogna. 
Le succès de ce premier essai lui procura un 
engagement pour écrire II Falegname di Li~ 
vonia , représenté dans la même ville en 1819, 
et qui commença sa réputation. Quelques bons 
morceaux de cette partition eurent un moment 
de vogue parmi les amateurs, et procurèrent à 
Donizetti des protecteurs qui obtinrent son congé 
du service militaire. Cette époque était celle de 
la domination de Rossini sur tous les théâtres de 
l'Italie. Son génie avait créé des formes nouvelles 
et des effets auparavant inconnus qui jouissaient 
d'une immense popularité, et que la plupart des 
compositeurs s'efforçaient d'imiter, afin d'obtenir 
de faciles succès. Donizetti ne résista point à cet 
entraînement. Doué d'instinct mélodique et d'une 
rare facilité d'improvisation , il écrivait avec une 
rapidité peu ordinaire, el ne se préoccupait ni 
de l'originalité de la pensée, ni du soin de perfec- 
tionner le premier jet de son travail. C'est ainsi 
que chaque année était marquée, presque sans 
exception, par la composition de quatre opéras, et 
qu'en 1830 il donna à Naples il Diluvio univer- 
sale, I Pazzi per progelto, Francesca di Foix, 
Isnelda di Lambertazzi , la Romanziera , 
et à Milan Anna Bolena. Cependant, au sein 
même de cette production trop hâtive, le talent 
du compositeur prenait çà et là un caractère plus 
sérieux , plus dramatique qu'on n'aurait pu l'es- 
pérer; ainsi Elisabeth à Kënihvorlh, représenté 
à Naples en 1828, VEsule di Roma , écrit dans 
la même ville, l'année suivante , et Anna Bo- 
lena renferment de véritables beautés. L'en- 
gagement que Donizetti avait souscrit avec 
l'entrepreneur Barbaja lui imposait l'obligation 
d'un travail sans relâche qui semblait devoir 
épuiser bientôt ses forces ; mais sa robuste cons- 
titution n'en paraissait pas ébranlée. 

11 était dans sa destinée d'avoir à lutter dans 
sa carrière contre des talents aimés du public 
qui le reléguaient toujours au second rang; car,. 



i'2 



DONIZETTI 



peu d'années après le départ de Rossini pour la 
France , les succès de Bellini à la scène préoc- 
cupèrent les dilettanti de l'Italie d'une manière 
presque exclusive. Donizetti était bien plus lia- 
bile que son rival dans l'art d'écrire et d'instru- 
menter ; mais Bellini avait sur lui l'avantage de 
l'originalité des idées. Son style était à lui, tan- 
dis que celui du compositeur bergamasque se 
ressentait souvent de l'imitation. Toutefois il 
n'est pas douteux que la rivalité nouvelle dans 
laquelle il se vit engagé ne lui ait été plus utile 
que nuisible, car elle l'obligea à mettre moins 
de précipitation dans la composition de ses ou- 
vrages. Son Anna Bolena, qui obtint à Milan 
un brillant succès en concurrence avec la Son- 
nanbula de Bellini, nous fournit une démons- 
tration de cette vérité. Cet ouvrage est en effet 
plus complet , mieux inspiré que les précédentes 
productions de son auteur ; il fut le commence- 
ment d'une époque de transformation du talent 
de Donizetti, transformation qui aurait été bien 
plus satisfaisante s'il n'eût emprunté des formes 
mélodiques à Bellini , comme il en avait pris 
autrefois dans les partitions de Rossini. 

En 1835 Donizetti se rendit à Paris ; il y re- 
trouva Bellini en possession de la faveur du public. 
Au succès des Puritani il voulut opposer Marina 
Faliero ,• mais la lutte n'eut pas cette fois l'heu- 
reux résultat qu'elle avait obtenu à Milan : son 
ouvrage ne réussit pas, bien qu'il s'y trouvât de 
belles choses. Il ne tarda point à retourner à Naples, 
où l'attendait une belle revanche dans l'éclatant 
succès de Lucia di Lammermoor, partition 
considérée à juste titre comme son œuvre capi- 
tale. Il dut à la vogue dont jouit cet ouvrage 
dans toute l'Italie sa nomination de professeur 
de contrepoint au collège royal de musique de Na- 
ples. La mort prématurée de Bellini laissa, dans le 
môme temps, Donizetti sans rival sur la scène 
italienne ; ce fut un malheur pour lui , car, n'étant 
plus stimulé par la lutte , il reprit ses habitudes 
de hâte et de négligence dans ses travaux, et 
écrivit pendant les années 1830, 1837 et 1838 
plusieurs ouvrages médiocres, tels que Belisario, 
il Campanello di -natte , Betly, l'Assedio di 
Calais, Pio di Tolomei, Roberto d'Evereux et 
Maria di Budenz. Ce fut à la même époque 
qu'il composa pour Adolphe Nourrit (voy. ce 
nom) la partition île Poliuto, ouvrage sérieux 
dont le chanteur français avait^ indiqué le sujet, 
d'après le Polyeucte de Corneille. La censure 
napolitaine n'ayant pas autorisé la représentation 
de cet opéra , auquel le compositeur attachait 
plus d'importance qu'il n'avait l'habitude d'en 
accordera ses productions, il en éprouva une 
Vive contrariété qui lui fit prendre la résolution 



de quitter Naples pour se rendre à Paris. Il y 
arriva dans les premiers jours de 1840. Des pro- 
positions lui avaient été faites par l'administration 
d'un nouveau théâtre d'opéra qui s'était établi 
dans la salle de la rue Ventadour, et auquel on 
avait donné le nom de théâtre de lu Renais- 
sance. Un livret d'opéra sérieux, intitulé l'Ange 
de ISisîHa, avait été envoyé à Donizetti par cette 
administration avant qu'il quittât Naples , et il 
avait écrit la plus grande partie de l'ouvrage 
lorsqu'il arriva à Paris. Il apportait aussi la par- 
tition de la Fille du régiment, que le directeur 
de l'Opéra-Comiquelui avait demandée. Enfin, à 
a sollicitation de Duprez, la direction de l'Opéra 
avait proposé à Donizetti d'arranger son Poliuto 
pour la scène française, et la transformation 
avait été faite rapidement , sous le titre : les 
Martyrs. Pendant qu'il y travaillait, la Fille 
du régiment fut représentée à l'Opéra-Comique ; 
médiocrement chantée par l'actrice chargée du 
rôle principal, l'ouvrage ne réussit pas : il fallut, 
pour le relever de celte quasi chute, qu'il fût 
traduit en italien , en allemand , et qu'il obtînt 
partout des applaudissements. Des cantatrices 
françaises détalent en firent de nouveau l'essai à 
Paris et sur les principaux théâtres des départe- 
ments ; alors l'indifférence du public fit place à 
l'engouement. Les Martyrs ne furent pas plus 
heureux à l'Opéra que la Fille du régiment ne 
l'avait été à l'Opéra-Comique. Représenté dans la 
même année ( 1840) , ce grand ouvrage n'occupa 
la scène que pendant un petit nombre de soirées. 
Le talent de Donizetti n'était pas en harmonie 
avec un sujet si sévère. La partition était bien 
écrite, mais l'inspiration avait manqué au com- 
positeur. La mauvaise fortune semblait le pour- 
suivre à Paris, car dans la même année le théâtre 
de la Renaissance, pour lequel l'Ange deNisida 
avait été composé, fut fermé ; toutefois l'événe- 
ment fut heureux pour Donizetti, car, en ajou- 
tant un quatrième acte à sa partition, il en lit la 
Favorite, l'une de ses meilleures productions : 
il en obtint la représentation à l'Opéra. Une pré- 
vention défavorable régnait alors parmi les ar- 
tistes et dans le public contre Donizetti : elle 
exerça son influence sur cet opéra, qui, d'abord, 
fut froidement accueilli. Telle était l'incertitude 
sur le succès, après la représentation, que le 
compositeur eut beaucoup de peine à trouver 
un éditeur qui consentît à lui donner 3,000 francs 
pour prix de sa partition , devenue ensuite une 
source de fortune pour cet éditeur; car bientôt 
la sympathie du public s'éveilla pour cette Fa- 
vorite si dédaignée à la première audition. Jouée 
partout avec un succès toujours croissant, elle- 
est restée en possession de la scène, et quelques.- 



DONIZETTI 



43 



uns de ses plus beaux airs et duos sont entrés 
pour longtemps dans le répertoire des salons 
et des concerts. Peu de jours après les premières 
représentations de la Favorite, Donizelti se 
rendit à Rome et y fit représenter Adelia, ossia 
la Figlia dell' arciero, faible composition qui ne 
put se soutenir à la scène. Il fut plus heureux 
à Milan, où Maria Padilla obtint du succès. 
Arrivé à Vienne en 1842 , il y écrivit Linda di 
Chamounix, partition remarquable par la cou- 
leur locale et le métite d'une instrumentation élé- 
gante. L'ouvrage obtint dans cette ville un succès 
d'enthousiasme qui décida l'empereur d'Autriche 
à honorer l'auteur du titre de compositeur de la 
cour et de maître de la chapelle impériale. 

De-retour à Paris au commencement de 1843, 
Donizetti écrivit en huit jours la partition de 
Don Pasquale, charmant ouvrage bouffe, d'une 
inspiration libre et franche, qui rapelle le style 
îles bons maîtres italiens de la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. Bien chanté et joué avec 
un talent inimitable par Lablache, cet opéra 
produisit une vive sensation et rehaussa la re- 
nommée du compositeur. Peu de temps après 
avoir obtenu ce succès, Donizelti retourna à 
Vienne pour y faire jouer sa Maria di Rohan, 
faible production qui se ressentait des premières 
atteintes du mal incurable qui conduisit au tom- 
beau l'artiste jeune encore. Le repos absolu au- 
rait été nécessaire; mais il semblait que, pres- 
sentant sa fin prochaine, Donizetti voulait se 
hâter de produire encore avant que son intelli- 
gence l'eût abandonné. Il revint à Paris pour y 
donner des soins aux répétitions de Don Sébas- 
tien de Portugal, ouvrage composé pour le 
théâtre de l'Opéra , et qui ne lui avait coûté que 
deux mois de travail, bien que la partition fût 
remplie de morceaux d'une étendue considérable. 
Déjà la robuste constitution du compositeur était 
ébranlée , et pour la première fois il avait éprouvé 
de la fatigue en écrivant cette composition. Pen- 
dant les répétitions on remarqua dans le troi- 
sième acte des défauts assez importants pour 
compromettre le succès de l'ouvrage, et l'auleur 
du livret dut le refaire en entier, ce qui exigea 
une musique nouvelle. Il en résulta un retard 
de près de deux mois pour la première représen- 
tation. Dans cet intervalle , Donizetti , tourmenté 
d'impatience, écrivit en huit jours un opéra 
comique dont la partition n'a été retrouvée que 
longtemps après son décès, et qui, jusqu'au mo- 
ment où cette notice est écrite , n'a point été re- 
présenté. Enfin arriva le moment de la représen- 
tation de Don Sébastien, qui fut une arnère dé- 
ception pour le compositeur,, car le résultat fut 
une chute complète. A la dernière répétition gé- 



nérale, Donizetti s'était trouvé mal et avait dit 
à un de ses amis : Don Sébastien me tue. A 
peine remis de cet échec et des émotions qu'il 
en avait ressenties, il partit pour Naples en 
1844 et écrivit Catarina Cornaro , qui fut son 
dernier opéra ; puis il fit un voyage à Vienne , 
où l'appelaient ses fonctions à la cour; mais des 
atteintes plus sensibles d'une affection des centres 
nerveux , qui le minait sourdement , le mirent 
hors d'état d'y satisfaire. De retour à Paris vers 
le milieu de l'année suivante , il n'était plus que 
l'ombre de lui-même; cependant il essayait en- 
core d'écrire et d'achever un opéra destiné au 
Théâtre-Italien, lorsqu'il eut une attaque de para- 
lysie, le 17 août de la même année. A la suite de 
cet accident son intelligence disparut, et, de cet 
artiste naguère si plein de vie et d'une constitu- 
tion si énergique, il ne festa plus qu'un corps 
débile, d'où avaient disparu toutes les facultés 
qui l'animaient autrefois. Transporté au mois de 
janvier 1846 dans une 'naison de santé située 
à Ivry, il n'y éprouva aucun soulagement du 
traitement auquel on le soumit. Il en fut de 
même des essais qui furent tentés dans la maison 
du docteur Blanche, à Paris. Ce fut alors que 
ses amis conçurent le dessein de le transporter 
en Italie et d'essayer l'influence de l'air natal 
comme dernière ressource. Il s'éloigna de Paris 
au mois d'octobre 1847. De nouvelles attaques 
frappèrent son cerveau pendant le voyage, et (a 
dernière, arrivée à Bergame le 1 er avril 1848, 
rendit la paralysie complète. Huit jours après, 
Donizetti expira, a l'âge d'environ cinquante 
ans. Telle fut la fin de cet artiste distingué , 
dont la vigoureuse constitution fut usée avant le 
temps par un travail sans repos et par l'excès 
des plaisirs sensuels. Ses funérailles furent célé- 
brées avec pompe dans la cathédrale, où la 
messe de Requiem composée par Simon Mayr 
fut exécutée : toute la ville de Bergame y as- 
sista et fit un cortège immense aux dépouilles 
mortelles du compositeur jusqu'au champ de 
repos. 

La carrière productive de Donizetti s'étend 
depuis 1818 jusqu'en 1844, et comprend consé- 
quemment un espace de vingt-six ans, dans le- 
quel il écrivit soixante-quatre opéras, plusieurs 
cantates, des messes et des psaumes, c'est-à-dire 
environ quatre grandes compositions chaque 
année. Pour apprécier le talent de l'artiste il 
est indispensable de prendre en considération 
cette rapidité excessive de travail. Engagé pen- 
dant plusieurs années aux gages de Barbaja , en- 
trepreneur des théâtres de Naples, Donizetti devait 
écrire chaque année deux opéras sérieux et deux 
opéras bouffes; le salaire qu'il recevait pour uu 



44 



D0JN1ZETTI 



si grand travail était à peine suffisant pour les 
premières nécessités de la vie. De là l'obligation 
de composer en même temps pour les autres 
théâtres principaux de l'Italie; de là de fréquents 
voyages qui absorbaient une partie du temps ; de 
là, enfin, la production sans relâche et sans mé- 
ditation. On a vu Donizetti instrumenter toute 
une partition d'opéra en trente heures, temps 
à peine suffisant pour le travail matériel, nonobs- 
tant les abréviations usitées en Italie. Si l'on a 
lieu de s'étonner, ce n'est pas que beaucoup 
d'ouvrages de peu de valeur ou médiocres aient 
été le résultat d'une telle hâte, mais bien que de 
véritables beautés en aient été le produit. D'un 
grand nombre de partitions improvisées par Do- 
nizetti il ne reste déjà plus, il est vrai, que les 
noms enregistrées dans les annales des théâtres ; 
mais l'auteur A' Anna Bolena , de Lucia di 
Lammermoor, de la Favorite, de Don Pas- 
quale, laissera un nom honoré dans l'histoire de 
l'art, et la postérité ne méconnaîtra pas les 
beautés réelles répandues dans l'Esule di Roma, 
Isnelda de' Lambert azzi , VElisire d'amore , 
Lucrezia Borgia, Marino Faliero et Linda 
de Chamounix. Riche d'inspirations mélodiques 
et de sentiment dramatique, l'auteur de ces ou- 
vrages n'a malheureusement pas au même degré 
le don de l'originalité. Artiste éclectique, il use 
avec habileté des moyens et des formes imaginées 
par d'autres compositeurs; mais il n'invente ni 
dans le rhythme, ni dans l'harmonie, ni dans 
l'instrumentation, ni dans la contexture scénique ; 
enfin son œuvre ne marque, à aucune époque 
de sa carrière, le point de départ d'une transfor- 
mation de l'art. Aux qualités qui lui ont été re- 
connues dans ce qui précède il est juste d'a- 
jouter que Donizetti et Mercadante ont été les 
derniers compositeurs dramatiques de l'école 
italienne qui ont écrit avec pureté. 

Donizetti , qui avait fait de bonnes études dans 
sa jeunesse, avait de l'instruction, parlait bien 
plusieurs langues et avait acquis dans la fréquen- 
tation des hommes distingués de la politesse et 
de l'urbanité. Doué de bienveillance, il encou- 
rageait les jeunes artistes de ses conseils, et, bien 
qu'il attachât beaucoup de prix au succès de ses 
ouvrages, surtout vers la fin de sa carrière, il ne 
s'attristait pas de ceux de ses rivaux, faiblesse 
trop commune chez les artistes. S'il ressentit 
quelque atteinte de jalousie à l'époque de son 
premier voyage à Paris, ce ne fut que contre 
Bellini, dont il croyait que la renommée avait 
été acquise à trop bon marché ; mais ce ne fut 
qu'un éclair. Plus tard il alfecta de ne ja- 
mais contredire les éloges qu'on lui prodi- 
guait. 



Voici la liste chronologique des opéras com- 
posés par Donizetti : 1818, Enrico diBorgogna,k 
Venise. — I819,«7 Falegname di Livonia, idem» 
— 1820, le Nozze in villa, à Mantoue. — 1822, 
Zoralde di Granata, à Rome; la Z ingara, 
à Naples; la Lcttera anonima, idem; Chiara 
eSerafina, à Milan. — 1823, il Fortunato in- 
ganno; Alfredo il Grande; una Follia , à 
Venise. — 1824, l'Ajo nell' imbarazzo, à Rome; 
Emilia di Liverpool, à Naples. — i82f>, Ala- 
hor in Granata, à Palerme; il Castello degli 
Invalidi; Elvida, à Naples. — 1827, il Gio- 
vedi grassot à Naples; Olivo e Pasquale, à 
Rome; il Borgomastro di Saardam, à Naples; 
le Convenienze tcatrali, idem. — 1828, Otto 
mese in due Ore,h Palerme ; l'Esule di Roma , 
à Naples; la Regina di Golconda, à Gênes;. 
Gianni di Calais, à Naples. — 1829 , il Paria,. 
idern; il Castello di Kenilworth, idem; il 
Diluvio universale, idem. — 1830, / Pazzi 
per progetio , idem ; Francesca di Foix, idem ; 
Isnelda de' Lambert azzi , idem ; la Roman- 
ziera, idem. — 1831, Anna Bolena, à Milan; 
Fausta, à Naples. — 1832, VElisire d'amore, 
à Naples; Ugo, conte di Parigi, à Milan; 
Sancia di Castilla, à Naples; il Nuovo Pour- 
ceaugnac, idem. — 1833, il Furioso nell' 
isola di San- Domingo, à Rome; Parisina,k 
Florence; Torquato Tasso , à Rome; Lucrezia 
Borgia, à Milan. — 1834, Rosamunda d'In- 
ghilterra, à Florence, donné ensuite à Naples, 
avec quelques morceaux nouveaux, sous le titre 
(YEleonora di Guienna; Maria Sluarda, à 
Naples, jouée ensuite à Rome, sous le titre de 
Buondelmonte ; Gemma di Vergi, à Milan. ^ 
1835, Marino Faliero, à Paris; Lucia di 
Lammermoor, à Naples. — 1836, Belisario , 
à Venise; il Campanello diNotte, à Naples; 
Betlg , idem; l'Assedio di Calais, idem. — 
1837, Pio di Tolomei , à Venise; Roberto 
d'Evereux, à Naples. — 1 838 , Maria di Rudenz, 
à Venise; Poliuto, à Naples, non représenté et 
refait à Paris, en 1840, pour l'Opéra, sous le 
titre les Martyrs. — 1839 , Gianni di Parigi, 
à Milan. — 1S40, Gabriella di Vergi .idem, non 
représenté et donné à Naples en 1844; la Fille 
du régiment, opéra-comique, à Paris; les 
Martyrs , grand opéra , à Paris ; la Favorite, 
idem. — 1841, Adelasia, ossia la Figlia dell' 
arciero, à Rome; Maria Padilla , à Milan. — 

1842, Linda di Chamounix, a Vienne 1843, 

Don Pasquale, à Paris ; Maria di Rohan, à 
Vienne; Don Sébastien, grand opéra, à Paris; 
un opéra-comique inédit. — 1844, Catarina 
Cor laro , à Naples. — Cantates dramatiques 
et autres -, 1823, VAristea. — 182.5, 1 VÔtU 



DONIZETTI — DOPPLER 



de' sudditl. — 1820, El vira. — 1830, il 
Fausto Ritorno. — 1832, Admete. — 1835, 
•/« Morte d'Ugolino.'Oa a aussi de Donizelti 
des recueils de chants et de duos publias à Paris 
*t à Milan, sous ces titres: 1° Nuits d'été à 
Pausilippe , album lyrique. — 2° Soirées d'Au 
tomne à ITnfrascata, recueil de six chants et 
duos. — 3° Rêveries napolitaines , six ballades 
à voix seule. — 4° Ispirazioni Viennesi, cinq 
ariettes et deux duos. — 5° Les Soirées de 
Paris, recueil de douze canzonnette et duos; 
des variations pour le piano sur le chant du 
Barde, dans Y Alfred de Mayr; Milan, Ricordi; 
sept messes , dont une de Requiem ; des vêpres 
complètes; plusieurs psaumes, dont un Miserere 
avec orchestre et divers motels ; des sonates de 
piano, douze quatuors pour instruments à 
cordes, et des ouvertures de concert. 

DONIZETTI (Joseph), frère du précédent, 
naquit à Bergame vers 1797. Après avoir fait 
des études au lycée musical de cette ville, 
sous la direction de Mayr, il devint chef de 
musique dans nn régiment d'infanterie ita- 
lienne au service de l'Autriche. En 1831 il se 
rendit à Constantinople avec des lettres de 
recommandation , et y organisa la musique 
militaire de la garde du sultan à la manière eu- 
ropéenne. Satisfait de son intelligence et de son 
activité, le grand-seigneur le décora de son ordre 
et Péleva au rang de général de brigade. Joseph 
Donizelti est mort à Constantinople , le 10 fé- 
vrier 1850, à l'âge d'environ soixante ans. 11 a 
écrit beaucoup de musique en harmonie mili- 
taire. On a publié de sa composition la Marche 
favorite du sultan Mahmoud, et des marches 
algériennes, à Milan, chez Ricordi. On connaît 
aussi de cet artiste des Canzoni et quelques petites 
pièces pour le piano, chez le même éditeur. 

D'ONSEMBRA Y. Voy. Onsembkvy (M. D'). 

DONT ( Jacques ), bon violoniste, est fils 
de Joseph-Valentin Dont, violoncelliste distin- 
gué de quatuor et d'orchestre, né en Bohême, 
et mort à Vienne, en 1833, d'une attaque d'a- 
poplexie. Jacques Dont est né dans cette ville, 
le 21 mars 1815. Après avoir étudié le violon 
sous la direction de Boehm et de Helmesberger, 
et s'être fait remarquer par la rapidité de ses 
progrès, il a été admis dans l'orchestre de Burg- 
Ihéâtre, en 1831, et est entré dans celui de la 
chapelle impériale trois ans plus lard. Dont a 
publié des compositions pour son instrument, 
au nombre d'environ 50 œuvres, parmi les- 
quelles on remarque des variations brillantes 
avec piano, op. 21 , et des études, op. 30. 

DONZELLI (Dominique), chanteur distin- 
gué, est né à Bergame vers 1790. Après avoir ter- 



miné ses éludes de chant dans sa ville natale» 
il débuta sur quelques théâtres des villes de se- 
cond ordre. En 1816 il était au théâtre Va lie , 
à Rome, et sa réputation commençait à s'éten- 
dre lorsque Rossini écrivit pour lui, dans celte 
ville, le rôle de Torvaldo, où il se fit remarquer. 
Au carnaval de l'année suivante, il chanta à la 
Scala, de Milan, avec madame Festa-Maffei , 
Caroline Bassi et Philippe Galli. Son succès fut 
si décidé qu'il fut engagé pour les deux saisons 
suivantes. De Milan il alla à Venise, puis à 
Naples , d'où il revint à Milan , où Mercadante 
écrivit pour lui Elisa e Claudio. A Vienne 
Donzetti produisit un grand effet en 1822, et le 
succès qu'il y obtint porta sa réputation à Paris, 
où il fut engagé en 1824. Il resta attaché au 
Théâtre-Italien de cette ville jusqu'au printemps 
*de 1831 ; il eut alors pour successeur Rubini. En 
1828 il chanta au théâtre du Roi, à Londres, et 
le succès qu'il y obtint le fit engager au même 
théâtre les années suivantes, après la saison de 
Paris. De retour en Italie en 1832, Donzelli 
a chanté pendant plusieurs années sur quelques 
grands théâtres. En 1841 il se fit encore entendre 
à Vérone et à Vienne , quoiqu'il fut alors âgé 
d'environ cinquante et un ans. Vers la fin de la 
même année il se retira à Bologne , pour y jouir 
dans ses dernières années de l'indépendance ac- 
quise par ses travaux. Le caractère du talent de 
ce chanteur consistait dans une grande énergie 
dont il abusait quelquefois, mais qui produisait 
de Peffet dans quelques rôles, tels que celui d'O- 
tello. Donzelli est membre associé de l'Acadé- 
mie des Philharmoniques de Bologne et de l'A- 
cadémie de Sainte-Cécile de Rome. On a de cet 
artiste un recueil d'exercices de chant intitulé 
Escrcizi giornalieri, basât i sulV esperienza 
di molti anni; Milan, Ricordi. 

DOPPERT (Jean), savant allemand, na- 
quit à Francfort-sur-le-Mein en 1671, devint 
en 1703 recteur du collège de Schneeberg , en 
Saxe, et mourut le 18 décembre 1735. Au nom- 
bre de ses dissertations sur divers sujets d'éru- 
dition on en trouve une intitulée : de Musiccs 
prxstantia et antiquitate; Schneeberg, 1708, 
et une autre : Musices cum litteris copula 
dcscripla; ibid., 1711. 

DOPPLER. Trois artistes de ce nom se 
sont fait connaître avantageusement depuis IS40. 
Le premier, violoniste, né à Kiew, en Russie, 
de parents originaires de Pologne, et élève de 
Lipinski, a donné des concerts à Saint-Pétersbourg 
avec succès. Deux ans après il était à Varsovie, 
où il paraît s'être fixé. On a publié de sa compo- 
sition quelques morceaux de concert el de salon 
pour son instrument. 



40 



DOPPLER — DORAT1US 



DOPPLER (Albert-François), flûtiste dis- 
tingué et compositeur dramatique, est né à 
Lemberg, eu Pologne, dans l'année 1822. Son 
père, premier hautbois du grand théâtre de 
Varsovie, lui donna des leçons de flûte, dans 
les années 1828 à 1831. Doué d'une heureuse 
organisation pour la musique, le jeune Doppler 
fit de rapides progrès sur son instrument. Lors- 
qu'il eut atteint un certain degré d'avancement, 
il se rendit à Vienne pour y compléter son édu- 
cation musicale ; il y fit aussi quelques études 
de composition. Il était âgé d'environ vingt et 
un ans lorsqu'il entreprit avec son frère, flûtiste 
comme lui , un voyage en Allemagne pour don- 
ner des concerts. Ils visitèrent la Galicie, la 
Russie méridionale , Kiew, Bucharest, et finirent 
par se fixer à Pesth en Hongrie, où François fut 
attaché comme première flûte au théâtre. Ce fut 
alors qu'il commença à s'occuper de la compo- 
sition d'ouvrages dramatiques. Son premier 
opéra, intitulé le Comte Benjowski, fut joué au 
théâtre de Pesth sur.un texte polonais, en 1847; il 
obtint un succès d'enthousiasme et eut vingt-cinq 
représentations consécutives. Cet ouvrage fut 
suivi tfllka, drame musical en trois actes, en 
langue hongroise, qui eut quarante représentations 
en 1849. Repris en 1854, pendant le séjour de 
Mme Lagrange à Pesth, cette grande canta- 
trice chanta deux fois le rôle à'ilka en hongrois 
«t y produisit une vive sensation. Les autres 
opéras de M. Albert-François Doppler, joués jus- 
qu'à ce jour sur le théâtre de la capitale de la 
Hongrie, sont Vanda, opéra en quatre actes, sur 
un sujet polonais écrit en hongrois, qui fut repré- 
senté en 1851, et les Deux Housards, opéra- 
comique en deux actes, joué en 1853. Les par- 
titions de tous ces ouvrages, réduites pour le 
piano, ont paru à Pesth chez Treichlinger et 
Wagner. En 1856 les frères Doppler ont visité 
Bruxelles et Londres. Après avoir donné dans la 
première de ces villes un concert où ils ont fait 
entendre plusieurs concertantes pour deux flûtes 
avec orchestre, ils ont exécuté les mêmes mor- 
ceaux dans un concert de l'association des Mu- 
siciens. Par la perfection d'ensemble de leur jeu 
dans les traits les plus rapides et les plus diffi- 
ciles, ainsi que par la délicatesse et le fini des 
nuances , ces artistes ont obtenu le plus brillant 
succès et ont laissé de beaux, souvenirs chez les 
artistes et les amateurs. Un compositeur distingué 
de Paris se plaignait tin jour des ennuis que lui 
causait un voisin flùtcur, et disait à Cherubini : 
Connaissez-vous rien de pire qu'une flûte ? — 
Oui.— Quoi donc? — Deux/lûtes! Si l'illustre 
maître eût entendu les frères Doppler, il n'eût pas 
dit ce mot plaisant. Outre ses opéras, M. Fran- 



çois Doppler a composé plusieurs ballets, plus 
de dix ouvertures à grand orchestre, et 
beaucoup d'autre musique instrumentale. Une 
de ses ouvertures a été exécutée au concert de 
l'association des Artistes, à Bruxelles , mais elle 
n'a produit que peu d'effet. M. François Doppler 
a été nommé chef d'orchestre du théâtre de la 
cour, à Vienne, le 1 er avril 1S58. 

DOPPLER (Charles), frère du précédent, 
virtuose sur la flûte, comme lui, et chef d'or- 
chestre du théâtre de Pesth , est né à Lemberg 
en 1826. Élève de son père et de son frère, il 
fit avec celui-ci un voyage dans l'Allemagne du 
nord, en Pologne, en Russie et en Moldavie, 
puis se fixa dans la capitale de la Hongrie , où 
les fonctions de chef d'orchestre du théâtre lui 
furent confiées. En 1852 il a fait jouer à ce 
théâtre son premier opéra, en un acte , intitulé 
le Camp des grenadiers, sur un texte hongrois. 
Le bon accueil fait à ce petit ouvrage a décidé 
l'auteur à écrire un grand opéra en quatre actes, 
qui a pour titre hongrois Wadou fia (le Fils du 
désert), joué en 1854, et dont le succès a eu 
beaucoup d'éclat. M. Charles Doppler a écrit 
aussi plusieurs ballets - et des concertantes 
pour deux flûtes, en société avec son frère. 

Un quatrième artiste du même nom, et peut- 
être de la même famille, Jean Doppler, s'est 
fait connaître par une grande quantité de petites 
pièces pour le piano, telles que variations, pe- 
tits rondeaux, danses, etc. Les renseignements 
manquent sur cet artiste ; on sait seulement 
qu'il était à Hambourg vers 1840, qu'il alla en- 
suite s'établir à Prague, et que postérieurement 
il s'est fixé à Vienne. Ce que j'ai vu de lui est 
de peu de valeur. 

DORAT (Claude-Joseph), poète français, 
né à Paris, le 31 décembre 1734, d'une famille 
ancienne dans la robe, s'attacha d'abord au bar- 
reau, puis se fit mousquetaire, et, enfin, quitta 
cette dernière carrière pour se livrer à son goût 
pour les lettres. I! est mort à Paris le 29 avril 
1780. Dorât a consacré à l'Opéra un chant de 
son poëme de la déclamation. On a aussi de lui 
un petit poëmc intitulé le Pouvoir de l'har- 
monie, imité de Dryden et dédié à M. le Ch. 
Gluck (voy. le Journ. encyclop., octobre 1779, 
p. 114). Dans ses œuvres diverses, publiées à 
Amsterdam et à Paris, on trouve des Recher- 
ches sur l'usage et l'abus de la musique dans 
l'éducation moderne, qui ont été traduites en 
anglais sons ce titre : Euterpe, or rcmarks 
on ihe use and abuse of Music, as a part of 
modem éducation; Londres, 1779, in-8°. 

DORATUÎS (Jérôme) , ou plutôt Dorait, 
compositeur, né à Lucques vers 1580, a fait im- 



D0RAT1US — DORN 



47 



primer : Psalmi vespertini quatuor vocum; 
Venise, 1609. 

DORATI (Nicolas), compositeur de l'école 
vénitienne dans le genre madrigalesque, vécut 
dans la seconde moitié du seizième siècle. Les 
ouvrages par lesquels il s'est fait connaître sont : 
1° Madrigali à cinque, sei e sette voci, lib. 
1° et 2°; Venezia, appresso Girolamo Scolto, 
1559, in-4°. — 2° Madrigali a cinque voci, lib. 
1,2,3,4; in Venezia, appr. Antonio Gardano, 
1567, in-4° obi. 

DORELLI (Antoine), habile ténor, élève 
d'Aprile, entra en 1788 au service de l'électeur 
de Bavière, et chanta pendant plusieurs années 
sur le théâtre de Munich. 

DORFSCHM1D (Georges), musicien alle- 
mand qui vivait dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, a publié des vêpres à quatre voix 
sous ce titre : Sacrificiurn vesperiinum quatuor 
vocum ; Augsbourg, 1597. 

DORION, célèbre joueur de flûte, fut con- 
temporain de Philippe de Macédoine; on croit 
qu'il était né en Egypte. Plularque {de Musica) 
dit qu'il fit, dans un mode de musique pour la 
flûte, des innovations qui prirent de son nom 
celui de mode Dorionien, et que ceux qui adop- 
tèrent ce mode formèrent une sorte de secte, 
opposée à une autre qui avait pour chef Anli- 
génide (voy. ce nom). Dorion était fertile en 
bons mots; Athénée en rapporte plusieurs (lib. 8, 
c. 4;, parmi lesquels on remarque celui-ci : 
étant un jour dans une ville où il n'avait pu 
trouver de logement, il se reposait dans un bois 
sacré, près d'un petit temple; il s'informa du 
nom delà divinité à qui il était consacré : A Ju- 
piter et à Neptune, répondit le sacrificateur. 
Comment, s'écria Dorion, pourrais- je trouver 
un gîte dans une ville où les dieux mêmes 
sont logés deux à deux? Il passait pour un 
de ces gourmands si communs dans l'antiquité, 
car le poète comique Mnésimaque faisait dire 
dans une de ses pièces : Dorion passe chez, 
nous la nuit à jouer, non de la flûte, mais 
de la casserole. 

DORIOT (L'abbé), né en Franche-Comté 
vers 1720, fut «l'abord maître de chapelle à Be- 
sançon, et fut appelé à Paris vers 1758, pour y 
être attaché à la Sainte-Chapelle en cette qualité. 
Il y occupait encore le même poste en 1780. 
L'abbé Doriot a composé plusieurs motets qu'on 
entendait le samedi saint à la Sainte-Chapelle, 
et qui jouissaient de son temps de quelque ré- 
putation. On connaît aussi de lui un Traité 
d'Harmonie selon les principes de Rameau, 
dont une copie se trouve clans la bibliothèque 
du Conservatoire de Musique, à Paris. 



DORLE, musicien français qui vécut au 
commencement du seizième siècle, n'est connu 
que par des motets imprimés dans les recueils 
d'Attaignant (voy. ce nom), particulièrement 
dans celui qui a pour titre : XII Motets à 
quatre et cinq voix composés par les autheurs 
cy-dessoubz escripts, naguères imprimés à 
Paris par Pierre Attaignant, demourant à 
la rue de la Harpe près de V église de Saint- 
Cosme, 1529, petit in-4° obi. 

DORN (Jean-Frédéric), professeur de mu- 
sique à Kœnigsberg, s'est fait connaître par 
plusieurs recueils pour trois ou quatre voix 
d'hommes, à l'usage des écoles de chant, les- 
quels ont été publiés à Kœnigsberg, Leipsick et 
Berlin. 

DORN (Henri-Louis-Edmond), compositeur, 
neveu du précédent, est né à Kœnigsberg le 
4 novembre 1804. Les éléments de la musique 
lui furent enseignés par Sœmann, pour le chant, 
par Muthreich, puis C. Kloss, pour le piano, et par 
le compositeur Jules Mùller, pour la théorie de 
l'art. Son oncle Jean-Frédéric Dorn lui donna 
ensuite des leçons, et exerça une active influence 
sur les commencements de sa carrière d'artiste. 
En 1823 Dorn suivit les cours de Kœnigsberg et 
s'y livra à l'élude du droit. Lorsqu'elle fut ter- 
minée, il entreprit un voyage à Leipsick, Dresde, 
Prague et Vienne ; puis il se rendit à Berlin, où 
il devint élève de Bernard Klein pour la compo- 
sition et de Louis Berger pour le piano. 11 reçut 
aussi des leçons de plusieurs autres maîtres. Ce 
fut dans cette ville qu'il fit paraître ses premiers 
ouvrages pour le piano, le violon et le violon 
celle. Il y composa aussi la musique d'un grand 
opéra en deux actes intitulé Rolande Knap- 
pen ( les Écuyers de Boland), dont il avait 
fait le livret, et qui fut représenté au théâtre 
Kœnigstxdt avec quelque succès. Il y donna aussi 
le Magicien (der Zauberer), mélodrame repré- 
senté en 1827. Rappelé à Kœnigsberg, à l'âge de 
vingt-quatre ans, pour y prendre possession de 
la place de directeur de musique, il fit repré- 
senter sur le théâtre de cette ville, en 1829 f 
la Mendiante (die Bettlerin) , opéra en deux 
actes. Vers la fin de la même année, la place de 
directeur de musique d'une des églises de Leip- 
sick lui fut offerte et il l'accepta; mais il l'a- 
bandonna l'année suivante pour la direction de 
la musique de la cathédrale de Saint-Pierre, à 
Riga. Il y organisa et dirigea la grande fête mu- ; 
sicale en 1836. Après douze années de séjour et 
d'activité artistique dans celte ville, Dorn donna 
sa démission de ses emplois pour aller à Colo- 
gne, où l'attendaient de plus grands avantages ; 
il y arriva en 1843; et enfin, après la mort de 



48 



DORN — DORUS 



ÎNicolaï, en 1849> il lui succéda dans la place de 
chef d'orchestre du théâtre de Berlin. Au moment 
où cette notice est écrite (1859), il occupe en- 
core cette position. Les opéras que Dorn a écrits 
après ceux qui ont été mentionnés précédem- 
ment, sont : Abu-Kara, représenté à Leipsick en 
1831; das Schwsermenmxdchen (les Filles 
volages), idem, 1832; les Échevins de Paris 
(der Schôffe von Paris), à Riga, en 1838; les 
Bannerets d'Angleterre , 1843; les Musiciens 
d'Aix-la-Chapelle, à Cologne, 1848; Artaxer- 
cès,k Berlin; die Niebelungen , grand opéra 
en cinq actes, joué à Weimar le 22 juin 185 '«. 
M. Dorn a composé des symphonies qui ont été 
exécutées à Cologne ; une grande ouverture pour 
la cinquième fête, séculaire de la cathédrale de 
cette ville, en 1848; un Te Deum;\zïV psaume; 
une messe de Requiem, et plusieurs autres com- 
positions religieuses; enfin, environ soixante-dix 
œuvres de musique instrumentale et vocale, 
particulièrement pour le piano, des recueils de 
chants pour voix d'hommes et un grand nombre 
de Lieder. 

DORN (Alexandre-Jules-Paul), fils du 
précédent, est né à Riga le 9 juin 1833. Élève 
de son père, il l'a suivi à Berlin, en 1849, et y a 
publié un recueil de 4 Lieder, chez Bote et 
Bock, deux duos pour soprano et ténor, et un 
chant de Nymphes, pour 3 voix de femmes. En 
1855 il s'est fixé au Caire, en Egypte, et y a fait 
exécuter une messe de sa composition, le 15 
août 1858. 

DORIX (Jacques), virtuose sur le cor et 
membre de la chapelle du grand-duc de Bade, est 
né à Licbtenau le 7 janvier 1809. Élève de 
Schunke pour son instrument, il entra, en 1825, 
dans la musique militaire d'un régiment badois. 
En 1832 il fit un voyage en Angleterre et s'y fit 
remarquer par son talent. De retour à Karls- 
:uhe, il y a été attaché à la musique de la cour. 
Dorn est aussi très-habile guitariste et a publié 
plusieurs compositions pour le cor et pour la 
guitare. 

DORIVAUS (Philippe), virtuose sur le cor 
et musicien de la chambre de l'électeur de 
Trêves, naquit vers 1769. On dit qu'il jouait 
déjà les concertos de Punto à l'âge de huit ans. 
A quatorze, il se mit à voyager avec son frère, 
et vint à Paris en 1783. Les connaisseurs admi- 
rèrent l'habileté de ces deux enfants, qui retour- 
nèrent ensuite en Allemagne. En 1769 ils en- 
trèrent tous deux au service du comte de Ben- 
theim-Steinfurlh, d'où ils passèrent ensuite à la 
chapelle électorale de Coblence. Philippe Dornaus 
a publié à Offenbach, en 1802, un concerto 
pour deux cors, avec accompagnement d'or- 



chestre arrangé par André. Il a fait aussi insérer 
«lans la tioisième année de la (Jazelte musicale 
de Leipsick (p. 308) des remarques sur l'usage 
utile qu'on peut tirer du cor. 

DORIVAUS (Lucas), frère cadet du précé- 
dent, a toujours accompagné son frère, et se 
trouvait avec lui, en 1800, à la chapelle électo- 
rale de Coblence. Il a publié : 1° Six petites 
pièces pour flûte et deux cors, op. 1; Offen- 
bach. — 2° Six petites pièces pour deux cla- 
rinettes, deux cors et basson, op. 2; ibid. 

DORNEL (Antoine), né en 1696, fut d'a- 
bord organiste de la Madeleine en la Cité, et en- 
suite de l'église de Sainte-Geneviève. Il est mort 
à Paris en 1765. C'était un organiste médiocre 
et un mauvais compositeur, mais il passait pour 
être bon maître d'accompagnement. Il a publié, 
en 1727, des cantates intitulées : les Caractères 
de la musique, et le Tombeau de Clorinde. 
Il a fait imprimer aussi trois livres de trios pour 
le violon. 

DORRIAGTOiV (Théophile), né à Witt- 
nesham,dansle duché de Kent , fut recteur dans 
ce lieu depuis 1686 jusqu'en 1712. On a de lui : 
Discourse on singing in the ivorship of God ; 
Londres, 1714, in-8°. 

DORSTIN (Jean de), de l'ordre des Er- 
mites de Saint-Augustin, né à Recklinghauser 
(Westpbalie) , vécut au couvent d'Erfurt vers 
1475, au temps de l'empereur Frédéric III et du 
pape Sixte IV. Au nombre de ses ouvrages, qui 
n'ont pas été imprimés, on remarque : 1° De 
Monocordo liber unus. — 2° De modo bene 
cantandi liber unus. (Voy. Hartzheim, Bi- 
blioth. Colon., fol. 167.) 

DORUS (Vincent-Joseph Van STEENKISTE, 
dit) , virtuose sur la flûte, est né à Valenciennes 
le l* r mars 1812. Admis comme élève au Con- 
servatoire de Paris le 31 janvier 1812, il reçut 
des leçons de Guillou (voy. ce nom) pour la 
flûte. En 1826 il obtint le second prix de cet ins- 
trument an concours, et le premier lui fut dé- 
cerné en 1828. Jusqu'en 1833 son instrument 
fut l'ancienne flûte ; mais, convaincu alors de la 
supériorité de la flûte réformée par Boehm, dans 
les sons graves, dans la justesse, pour la facilité 
de jouer dans tous les tons, et par la possibilité 
d'exécuter beaucoup de trilles auparavant à peu 
près impossibles, M. Dorus n'hésita pas à se re- 
mettre à l'étude, et sa persévérance le conduisit 
à la possession d'un des plus beaux talents de 
flûlistes qu'on puisse entendre. Dans les années 
1828, 1829 et 1830, il était attaché à l'orchestre 
du théâtre des Variétés ; pn 1834 il est entré à 
celui de l'Opéra, où il est encore (1861), en 
qualité de première flûte solo. M. Dorus est aussi 



DORUS — DOTZAUER 



4î> 



membre de la société des Concerts du Conserva- 
toire et de la musique de l'empereur. En 1858 
il a succédé à Tulou comme professeur de flùle 
au Conservatoire de Paris. On a de cet artiste : 
l° Échos des Lagunes, solos pour flûte. — 
2° 1C airs variés, idem. — 3° Fantaisies et Mé- 
langes sur des méjodies de Donizetti ; Mayence, 
Scliott. — 4° Variations sur une tyrolienne de 
Weber. — 5° Crelly, grande valse suisse ; 3 mar- 
ches des chasseurs de Lulsow, en collaboration 
avecHerz, et d'autres productions pour son ins- 
trument. 

DORUS-GRAS (M me Julie-Aimée). Voy. 
Gras (Mme Dorus). 

DORVAL ( P. ) , professeur de chant à Ver- 
sailles, s'est fait connaître par un petit ouvrage 
estimable qui a pour titre : l'Art de la pronon- 
ciation appliquée au chant , et manière fa- 
cile d'augmenter les ressources delà voix par 
le secours de l'articulation* Versailles, l'au- 
teur, 1850, gr. in-8° de 30 pages. 

DOTIiEL (Nicolas), flûtiste , né en Alle- 
magne vers le commencement du dix-huitième 
siècle, était fils d'un artiste habile sur le même 
instrument. Vers 1750 il était attaché à la cha- 
pelle du grand-duc de Toscane. Le jeu de Do- 
tliel, différent de celui de Quantz, éiait lié et 
dépourvu de coups de langue. Les composilions 
de ce virtuose étaient estimées de son temps en 
Allemagne. Il a fait graver à Amsterdam, en 
1763 , six duos pour la llùle, et ensuite , à Paris, 
Studi per il flaulo, in tutti i tuoni e modi, 
avec la basse. Outre cela, on connaît encore en 
manuscrit neuf concertos pour flûte et sept 
quatuors de sa composition. 

DOTZAUER ( Juste-Jean-Frédéric ) , cé- 
lèbre violoncelliste, né à Htesseli ietli , près de 
Ilildburghausen, le 20 janvier 1783, se livra 
de bonne heure à l'étude de la musique. Son 
père, pasteur du lieu de sa naissance, lui pro- 
cura une éducation soignée, et lui lit apprendre 
à jouer du piano, du violon, du violoncelle, et 
les éléments de la composition. Le goût pas- 
sionné qu'il montrait particulièrement pour le 
violoncelle, et les progrès remarquables qu'il fai- 
sait sur cet instrument, déterminèrent son père 
à le mènera Meiningen, en 1799, pour le confier 
aux soins de Kriegek , maître des concerts. Deux 
ans après, Dotzauer obtint une place de musicien 
de la chambre à Cobourg, ou, suivant d'autres 
versions, à la chapelle du duc de Saxe-Meiningen. 
Il la conserva jusqu'en 1805, époque où il entra 
, à l'orchestre de Leipsick. Un voyage qu'il lit à 
Berlin, en 180G, lui procura l'occasion d'entendre 
Bernard Romberg, et de perfectionner son talent 
sous la direction de cet habile artiste. En 1811 il 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



a quitté Leipsick pour entrer à la chapelle royale 
de Dresde. Voici la liste de ses compositions : 
1° Deux quatuors pour violon, op. 12. — 2° 
Trois idem, op. 19. _ 3° Un idem, op. 29. — 
4° Trois idem, op. 30. — 5° Trois duos fa- 
ciles pour violon et basse, op. 4. — 6° Trois 
idem, op. 8. — 7° Trois idem, pour deux vio- 
lons, op. 14. — 8° Trois idem, op. 16, liv. 1 
et 2. — 9° Six idem, op. 25. — 10° Variations 
pour violoncelle, avec deux violons , alto et 
basse, op. 7. — 1 1° Concertos pour violoncelle 
et orchestre : 1 er , op. 27, Mayence, Scholt; 2 e 
en ut, op. 06, Offenbacli, André; 3 e en mi, op. 

72, Bonn, Simrock ; 4 e en ré, op. 81, ibid; 5 e 
en mi bémol, op. 82, ibid ; 6 e en mi mineur, op. 
84, ibid; 7 e en fa, op. 93, ibid.; 8 e en ré mi- 
neur, op. 100, ibid; 9 e en fa, op. loi, ibid. Con- 
cerlinos : 1 er en la mineur, op. 67, Olfenbach, 
André; T en la, op. S9, Bonn, Simrock; 3 e en 
la, op. 150, Berlin, Challier et Cie. — 12° Pot- 
pourri pour violoncelle , avec deux violons, 
alto et basse, op. 33. — 13° Quatuor pour vio- 
loncelle, deux violons et alto, op. 13. — 14°S/x 
duos faciles pour deux violoncelles, op. 9. — 
15° Trois idem, pour deux bassons ou deux vio- 
loncelles, op. 10. — 16" Trois idem, op. 15. — 
17° Huit variations pour violoncelle, avec ac- 
compagnement de basse, op. 1. — 18° Deux 
sonates pour violoncelle, avec basse , op. 2. — 
19° Dix variations pour violoncelle , avec 
basse, op. 11. — 20° Plusieurs divertissements 
pour violoncelle et piano, ou avec orchestre, op. 

73, 105, 125, 143. — 2i° Dix-huit valses à 
quatre mains pour le piano, op. 5, 17 et 20. — 
22° Exercices pour le violoncelle , op. 47. — 
23° Douze idem, op. 54. — 24° Beaucoup de pièces 
détachées, de pots-pourris, etc., pour le violon- 
celle. — 25° Symphonie à grand orchestre, op. 
40; idem, op. 85. — 26° Plusieurs ouvertures, 
idem. — 27° Messe en fa, exécutée à Dresde, eu 
1837. On a aussi représenté dans la même ville, 
en 1841 , l'opéra de cet artiste intitulé Graziosa. 

DOTZAUER ( Juste-Bernard-Frédéric ), 
fils du précédent, estnéà Leipsick le 12 mai 1808. 
Il s'est fait connaître comme pianiste et a publié 
quelques morceaux pour son instrument, entre 
lesquels on remarque des variations pour piano 
et violoncelle sur l'air allemand an Alexis. 

DOTZAUER (Charles-Louis), deuxième 
fils de Juste- Jean-Frédéric, est né à Dresde le 7 
décembre 1 S 1 1 . Élève de son père pour le vio- 
loncelle , il a fait avec lui et son frère aine quel- 
ques voyages et s'est l'ait applaudir à Berlin. De- 
puis 1830 il est attaché à la musique du prince 
de Hesse-Cassel. Il a écrit quelques morceaux 
pour son instrument. 



50 



DOUAI — BOURLEN 



DOUAI on DOUAY (Emile), composi- 
teur, est né à Paris vers 1802. On ignore quelle 
fut la première direction de ses études musicales, 
car il ne fut point élève du Conservatoire ; mais 
on sait que ficicha lui enseigna l'harmonie et le 
contrepoint. Le théâtre du Gymnase drama- 
tique ayant été ouvert en 1822, M. Douay y eut 
une place de premier violon dans l'orchestre; il 
en fut nommé deuxième chef en 1823, et dans la 
même année il y lit représenter le petit opéra une 
Aventure de Faublas, qui fit une lourde chute 
et ne fut pas achevé. En 1827 il donna sa dé- 
mission de sa place de second chef d'orchestre 
et prit celle de violon solo au même théâtre ; 
mais il ne la garda que jusqu'en 1831 , époque 
de sa retraite. Alors il disparut de la vie active 
des artistes, se bornant à former quelques 
élèves, cachant son existence, vivant de peu, et 
méditant en silence sur certaines innovations 
qu'il entrevoyait dans son art. Esprit sérieux , 
homme d'étude, et possédant une instruction 
solide qu'il est rare de rencontrer chez les ar- 
tistes, il préparait de grandes compositions dont 
il ne parlait à personne. Enfin il était com- 
plètement oublié lorsqu'en 1843, douze ans 
après sa retraite, et parvenu à l'âge de près de 
quarante-deux ans , il annonça un concert à la 
salle de la rue Neuve-Vivienne, où l'on devait 
exécpter deux grandes œuvres de sa composi- 
tion. De ses économies il avait fait la dépense 
d'un orchestre complet, et, Décomptant pas sur 
une recette productive, il avait invité les ar- 
tistes à venir l'entendre et le juger. Ses œuvres 
avaient pour titres Geneviève des Bois, ou- 
verture, et la Création, la Vie et la Destruc- 
tion, symphonie poétique. Dès les premières 
mesures l'auditoire reconnut un musicien habile 
dans l'art d'écrire, ainsi qu'un esprit indépendant 
qui cherche des voies nouvelles. Il y avait là 
de la hardiesse, de la grandeur, des effets in- 
connus, mais du charme, point. L'auditoire, ap- 
préciant le mérite de ces ouvrages, applaudit 
avec chaleur ce qu'il venait d'entendre, mais il 
sortit plus étonné que séduit. Toutefois, les jour- 
naux ayant appelé l'attention publique sur les 
œuvres de M. Douay, les amateurs se portèrent 
en foule à deux autres concerts où les mêmes 
compositions furent exécutées. Après cet essai de 
son talent, lecompositeur partit pour l'Allemagne, 
la parcourut sans dire son nom, sans se faire 
connaître comme artiste, écoutant, comparant 
et méditant. 

Rentré à Paris, il se remit à l'œuvre, et , après 
trois années de silence , il reparut de nouveau 
dans des concerts donnés à la salle Ventadour, 
où il fil entendre deux grandes compositions d'or- 



chestre, avec chœurs clsolos, lesquelles avaient 
pour litres Crisiophe Colomb, et la Mer, ou 
une voix dans l'orage. L'impression produite 
par ces œuvres fut moins favorable que celle des 
premiers ouvrages. Enfin, dans l'aimée suivante, 
il donna de nouveaux concerts au Théâtre-Italien, 
dans lesquels on entendit deux œuvres nou- 
velles, intitulées Jeanne (d'Arc), trilogie mu- 
sicale à grand orchestre, avec chœurs et voix 
principale , et la Chasse royale (vision de 
Henri IV) , légende de la foret de Fontaine- 
bleau, en 2 parties, pour orchestre, chœur 
et voix principale. 

L'effet de ces compositions ne répondit pas à 
l'attente de l'auteur : la trilogie de Jeanne parut 
d'une longueur excessive, et les fanfares de la 
Chasse royale, pour quatre cors à sons bouchés, 
furent fort mal exécutées , et ne firent entendre 
que des sons étranges et faux. 

Ainsi qu'on le voit, M. Douay est un de ces 
musiciens qui veulent faire de la musique des- 
criptive, imilative, et transportent dans la genre 
instrumental le sujet du drame. Son entreprise 
en ce genre n'a pas élé plus heureuse que celle 
(ie ses prédécesseurs, et de ceux qui , en dépit 
de tant d'essais peu satisfaisants, se sont obstinés 
à suivre les mêmes voies. Ainsi que nous l'avons 
écrit souvent, nous répétons ici que ces innor 
valions, loin d'être un progrès de l'art, en mar- 
quent la décadence, parce qu'on veut lui donner 
une mission qui n'est pas dans sa nature. 

Après que M. Douay fut revenu de son voyage 
en Allemagne, il entra à l'orchestre du Théâtre 
Italien comme violoniste et y fut attaché pendant 
plusieurs années; mais, jaloux de son indépen- 
dance, il s'est retiré de nouveau, et n'a reparu 
dans le monde musical que pour faire entendre 
aux concerts des Jeunes Artistes du Conservatoire, 
dirigés par M. Pasdeloup, une ouverture et une 
symphonie qui, après avoir été applaudies avec 
enthousiasme par l'orchestre aux répétitions , 
n'ont pas eu de succès près du public. On con- 
naît aussi de M. Douay une héroïde musicale pour 
voix seule et orchestre, intitulée Homère. 

DOUET ( Alexaxdre), prêtre et maître de 
chapelle de l'église Saint-Hilaire de Poitiers, 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle, 
a publié : Missa sex vocum ad imitalionem 
moduli Consolamini; Paris, Cristophe Ballard, 
1G70, in-l'ol. 

DOURLEN (Yictok), né à Dunlterque en 
1779, entra au Conservatoire, dans la classe de 
piano de Mozin, en 1797, reçut des leçons d'har- 
monie de Catel, et apprit ensuite le contrepoint 
sous la direction de Gossec. En 1806 il concou- 
rut pour le grand prix de composition musicale, 



DOURI.EN — DOWLAND 



ôt 



qui lui fut décerné par la classe des beaux-arts 
de l'Institut. Ce prix lui procurait l'avantage 
daller en Italie, aux frais du gouvernement, 
étudier l'art de chauler avec facilité dans la com- 
position ; mais avant son départ il lit représenter 
au théâtre Feydeau Philoclès, opéra en deux 
acîes, dont il avait fait la musique. Pendant son 
séjour à l'école des Beaux-Arts, à Rome, Dourlen 
envoya à PInslitut un Dies irx dont il était 
l'auteur, et sur lequel le Breton, secrétaire de la 
quatrième classe de cette compagnie, lit un rap- 
port favorable, au mois d'octobre 1808. De retour 
à Paris, Dourlen a donné au théâtre Feydeau les 
opéras suivants : 1° Linnée , an trois actes, 

1808. — 2° La Dupe de son art, en un acte, 

1809. — 3° Cagliostro, en trois aptes, en société 
avec Reicha, 1811. — 4° Plus heureux que 
sage, en un acte, 1S1G. — 5° Le Frère Phi- 
lippe, en un acte, 1818. — G Marini, en trois 
actes, 1819. — 7° Le petit Souper, en un acte, 
1822. Oulre ces ouvrages, M. Dourlen a publié 
plusieurs compositions instrumentales, parmi 
lesquelles on remarque : 1° Sonates pour le 
piano, op. 1. — 2° Fantaisie sur la romance de 
Bélisaire. — 3° Premier concerto pour le piano, 
op. 3. — 4° Trio pour piano, violon et basse, 
op. 4. — 5° Trois sonates avec accompagnement 
de violon , op. 5. — 6° Fantaisie en trio , avec 
F. Kreubé. — 7° Pot-pourri sur les airs de Jean 
de Paris. — 8° Sonates faciles pour le piano, 
op. 6. — 9° Sonate avec accompagnement de 
flûte, op. 9. — 10° Sonate à quatre mains, op. 
10. Dourlen a élé professeur d'harmonie et d'ac- 
compagnement au Conservatoire de Musique de 
Paris, depuis 1816 jusqu'en 1846, époque où 
il a pris sa retraite. Il a publié, pour l'usage de 
ses élèves, un Tableau synoptique des Accords ; 
Paris, Pacini, et un Traité d'Harmonie, conte- 
nant un cours complet, tel qu'il est enseigné 
au Conservatoire de Paris; Paris, Prilipp,l834, 
1 vol. gr. in-4°. Cet ouvrage, dédié à Cherubini, 
a été approuvé par la classe des beaux-arts de 
l'Institut de France sur le rapport de Berton. La 
doctrine quien est la base est celle de Catel, et ses 
développements y sont enrichis d'un grand 
nombre d'exemples bien écrits, à quatre parties. 

DOUTH (Philippe), écrivain anglais du 
dix-septième siècle, a publié un poème sur la 
musique sous ce litre : Musica incantans, seu 
Poema exprimens vires musices, juvenem in 
ins.aniam adigentis , et mùsici inde pericu- 
lum; Londres, 1674, in-4°. Cet ouvrage est fort 
rare. 

DOUWES (Nicolas, en hollandais Klaas), 
organiste et maître d'école à Tzum, dans la Frise, 
naquit à Leuwarden en 1668. Il fit imprimer 



à Franeker, en 1099, in-12 de cent trente-deux 
pages, un traité de la musique et des instru- 
ments, dont il avait préparé une deuxième éd - 
tion améliorée, qui ne parut qu'après sa mort, 
en 1722, et qui fut reproduit plusieurs fois sous 
le titre suivant : Grondig ondersoek van de 
Toonen der Muzijh; veaarin van de wijd(e of 
groolheit van Oclaven, Quinten , Quarten en 
Tertien,ghecleen halve Toone onvolmakteen 
valsche spetien gcoorloofde V zamenvoeging 
van Oclaven, etc. (P«echerches fondamentales 
sur lestons de la musique, etc.). La dernière édi- 
tion a paru à Amsterdam, en 1773, in-4°. Dans la 
deuxième partie on trouve la description de 
l'orgue, du clavicorde, du clavecin, du flageolet, 
des flûtes (à bec), du chalumeau, du hautbois, 
des cornets, des trompettes, de la trompette 
marine, des violes, et des instruments à cordes 
[rincées, avec les systèmes de leur accord. 

DOWLAND (Jean), célèbre joueur de luih 
anglais, né dans la cité de Westminster, en 1562, 
fut admis à l'âge de vingt-six ans à prendre le 
grade de bachelier en musique, à l'université 
d'Oxford. Dans un sonnet attribué à Shak- 
speare on trouve ce passage relatif à Dowland : 

If musicke and swect poetry agrée. 
As they must needs ( 1 tic sister and the brother ) 
Then must the love be great twtxt tliee and me, 
Because lliou lov'st the oneaml I Ihe olher. 
Dowland to thee is deer, whose heaveuly touch 
TJpon the lutc doth ravisch human sensé; 
Spencer to me, etc., etc. (i). 

j En 1584 Dowland voyagea en France, et de 
là passa en Allemagne, où il fut reçu de la ma- 
nière la plus flatteuse par le duc de Brunswick 
et par le prince Maurice, landgrave de Hesse- 
Cassel. Après avoir passé quelques mois à la 
cour de ces princes, il traversa les Alpes, et visita 
Venise, Padoue, Gênes, Ferrare et Florence. 
A Venise il se lia d'amilié avec le célèbre com- 
positeur Jean Croce. De retour en Angleterre il 
y publia ses premières compositions en 1595, 
sous ce titre : The first Booke of songs or 
agrès of foure parts, with tablature for the 
lutc (Premier livre de chansonsou d'airs à quatre 
parties, avec tablature de luth). Peu de temps 
après il partit pour le Danemark et devint 
premier luthiste du roi de ce pays. Le deuxième 
livre de ses chansons {the second Book of 
song or airs for the lute or Orpharion, with 
the viol de Gamba) est datée de Helsingôrs 



(1) Si la musique et la douce poésie se plaisent comme 
le doivent une sœur et un frère, l'amourentre vous et moi 
doit être grand, car vous aimez l'une et moi l'autre ■ 
Dowland vous est cher par sa touche divine sur le 
luth, qui ravit les sens: Spencer me plait, etc. 

4. 



52 



DOWLAND — DOYAGUE 



en Danemark, le 1er juin 1600. En 1603 il «'tait 
de retour à Londres, et y publia : The third 
Jïook of songs or airs to sing to the lute, 
Orpharion, or violls. Cet ouvrage fut suivi de 
celui qui a pour titre : Lachrimse, or seaven 
teares figured in seaven passionate pavans, 
tolth divers others pavans, gagliards and 
almands, set forth for the lute, viols, or vio- 
lins, in five parts (les Larmes, figurées par sept 
pavanes passionnées , avec d'autres pavanes, 
gaillardes et allemandes, arrangées pour le luth, 
les violes ou violons, à cinq parties). Cet ouvrage 
paraît avoir joui d'une assez grande célébrité, 
car il en est fait mention dans une comédie de 
Midleton intitulée : No witlike a Woman's (Nul 
esprit n'est semblable à celui d'une femme), 
dans laquelle une servante annonce une fâcheuse 
nouvelle à sa maîtresse, et en reçoit la réponse 
suivante : 

No, Thouplayest Dowland's Lachrimse to thy master. 

Dans la dédicace de cette œuvre à la reine 
Anne, qui était sœur de Christian IV, roi de 
Danemark, Dowland dit que, voulant retourner 
près de ce prince, son maître, il s'était embar- 
qué, mais que les vents contraires l'ont obligé 
à passer l'hiver en Angleterre. 

En 1609 Dowland publia à Londres sa traduc- 
tion anglaise du traité de musique d'Ornitopar- 
cus. Cette traduction est plus rare que l'ouvrage 
original, parce qu'il n'en a été fait qu'une édi- 
tion. Dans la préface il dit que, étant résolu de 
rester désormais chez lui, il publiera d'autres 
ouvrages, particulièrement ses observations et 
instructions concernant l'art de jouer du luth 
( My observations and directions concerning 
the art of Lute playing). Ces instructions et 
observations parurent en effet dans l'année sui- 
vante, en tète d'une collection de leçons pour le 
luth, éditée par le frère de Dowland, sous ce titre : 
Varietie of Lessons : vlz. Fantasles, Pavins, 
Gaillards , Almaines, Coranloes and Volts. 
Selected out of the best approved aulhors 
as well betjond the seas as of our owne coun- 
try ,• by Robert Dowland. Where unto is an- 
nexed certaine observations belonging to Lutc- 
playing, by John-Baptisto Besardo ofViscon- 
ti; Also a short treatise ihereunto appertay- 
ning by John Dowland, batchelor ofmusicke; 
London, printed for Thomas Adams, 1610. 
Un exemplaire de ce recueil, considéré comme 
unique par M. Chappell, existe à la bibliothèque 
bodléienne. En 1612, Dowland fit paraître une 
collection de pièces sous ce titre : A Pilgrini's 
sotace, wherein iscontained musical harmony 
ofthree, four andfive parts, to be sung and 



plaid with lute and viols ( la Consolation d'un 
pèlerin, où est contenue une harmonie musicale 
à trois, quatre et cinq parties, pour être chantée 
ou jouée sur le luth ou les violes). Quelques 
madrigaux de Dowland ont été insérés dans la 
Musica antiqua de Smith et dans la collection 
du docteur Crotch. Ces spécimens de sa musique 
ne donnent pas une idée favorable de son génie 
ni de son savoir. Nonobstant la médiocrité de 
leur mérite au point de vue de l'art, les li- 
vres de chansons ou madrigaux de Dowland 
sont si rares aujourd'hui qu'un exemplaire des 
trois livres réunis (1595-1603) a été vendu en 
1846, chez MM, Kalkin et Budd, à Londres, 
la somme énorme de 12 livres 15 schellings 
(318 fr. 75 c). M. W. Chappell a publié le pre- 
mier livre des Airs de Dowland, en partition, 
dans la collection de la Société des Antiquaires 
de musique, à Londres, in-fol. Il y a lieu de 
croire que Dowland était meilleur instrumentiste 
que compositeur. Hawkins indique l'année 1615 
comme la date de la mort de ce musicien ( Hist. 
of the Science and practice of Music, t. III, 
p. 326); mais deux documents authentiques 
découverts par M. le docteur Rimbault, et publiés 
par M. Chappell, prouvent que Dowland était 
encore attaché à la musique de la cour, à Londres, 
en 1625, et qu'il était alors âgé de soixante-trois 
ans ; enfin , qu'il était décédé au mois d'avril 
1626 (1). 

DOWLAND (Robert), frère du précédent, 
a publié un recueil de chansons à plusieurs voix, 
de sa composition, sous le titre de A musical 
Banquet; Londres 1610, in-fol. 

DOYAGUE (D. Manuel-José), compositeur 
espagnol, naquit à Salamanque, le 17 lévrier 
1755. Fils d'un artisan de cette ville, il semblait 
destiné à la modeste condition de son père ; mais 
ses heureuses facultés en décidèrent autrement. 
Trop pauvres pour lui faire suivre le cours d'é- 
tudes de l'université, ses parents eurent la bonne 
pensée de le faire admettre parmi les enfants de 
chœur de la cathédrale , et le jeune Doyagiie apprit 
au collège de la maîtrise la musique théorique et 
pratique, ainsi que les lettres latines. Il était âgé 
de vingt-six ans lorsque son maître de musique 
et de composition, D. Juan Martin, maître de 
chapelle de la cathédrale, se retira en 1781 ; 
Doyagiie fut désigné pour lui succéder, A dans 
le même temps on lui confia la chaire de mu- 
sique de l'université. Il était ecclésiastique et 
chanoine de la cathédrale; mais, d'un caractère 
peu sociable, il ne voyait personne, et sa longue 

(1) Voyez l'introduction placée par M. Chappril dans 
The flrst set of songs in four parts composed by John 
Dowland, etc., p. 4. ) 



DOYAGUE — DRAGHI 



53 



vie s'écoula dans une retraite absolue. Passionné 
pour l'art, il était incessamment occupé de la 
composition de ses ouvrages; mais, sans ambi- 
tion de renommée, il ne cherchait point à les 
répandre, se contentant de les faire exécuter 
dans son église. De là vient qu'il était à peine 
connu de ses compatriotes, lorsqu'en 1813 il 
consentit à se rendre à Madrid pour diriger l'exé- 
cution d'un Te Deum de la plus grande beauté 
qu'il avait composé à l'occasion de l'heureux 
accouchement de la reine. En 1830 on chanta 
dans la même chapelle une messe de Doyague, 
à 8 voix réelles avec orchestre, dont la beauté 
excila l'enthousiasme des artistes. L'effet de 
cette composition fit décerner à .son auteur le 
titre de maître honoraire du Conservatoire de 
Madrid, en 1831. Le chef-d'œuvre de cet ar- 
tiste remarquable est, dit-on, un Magnificat 
à 8 voix, avec orchestre et orgue obligé. En 
1829 un de ses Miserere fut envoyé à Ros- 
sini, qui, frappé de l'originalité des idées et de 
l'élévation du style, écrivit à Doyague une lettre 
flatteuse de remercîments et d'éloges. Ce 
maître, décédé le 18 décembre 1842, à l'âge de 
87 ans, a été enterré avec pompe au cimetière 
de Salamanque; un tombeau en marbre lui a 
été élevé, et l'on y a déposé, à côté de ses restes 
mortels, l'original de son célèbre Magnificat, 
dans une cassette recouverte en plomb. Parmi 
les productions de Doyague on remarque : 1° Le 
grand Magnificat dont il vient d'être parlé. — 
2° Un autre Magnificat à 4 voix et orchestre. 
— 3° Un troisième idem à 8 voix avec instru- 
ments, en ré. — 4° Des Lamentations pour la 
semaine sainte. — 5° Trois Miserere, en mi 
bémol, parmi lesquels se trouve celui qui fut 
envoyé à Rossini. — 6° D'antres Miserere en 
style plus léger, à 4 voix, en fa. — 7° Une 
messe solennelle à 8 voix, orchestre et orgue 
obligé, en sol. — 8° Messe à 4 voix , en fa. — 
9° Deux autres idem, en la. — 10° Une autre 
idem , en si bémol. — 11° Les psaumes des vê- 
pres pour toutes les fêtes. — 12° Office des 
Morts à 4 voix, chœur et orchestre. — 13° Mo- 
tet funèbre à 4 voix, avec accompagnement de 
deux violons, alto et basse, en fa. — 14° Plu- 
sieurs Genitori. — 15° Un grand Te Deum à 
8 voix et orchestre. — 16° Un nombre immense 
de psaumes, motets, villancicos, airs, duos et 
quatuors d'église , en toute sorte de combinai- 
sons de voix et d'instrumentation. Le style de 
Doyague est une alliance des formes sévères 
avec les tendances harmoniques de la musique 
moderne. 

DOZON ( M 1Ie ). Voyez Cuéron (M™ ). 

DRAGHETTI (André), jésuite italien, 



professeur de métaphysique à l'université de 
Bréra, dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle , a publié un petit traité de Psychologie 
sous le titre de Psychologix spécimen; Milan, 
1771 , in-8°. Il y traite ( p. 45-53) des lois des 
séries arithmétiques et géométriques appliquées 
à l'échelle musicale. Le P. Sacclii ( voy. ce nom 
attaqua les idées du P. Draghetti, relatives à ce 
sujet, dans un petit écrit qui a pour titre : Ri- 
posta al P. Andréa Draghetti, dalla compa- 
gnie di Giesù, sulle legge di continuité nella 
scala musicale, Milan, 1771, et ce morceau 
donna lieu à une autre publication du P. Dra- 
ghetti, intitulée -.Délia legge di continuité nella 
scala musicale, replica alla riposta del Padre 
D. Giovenale Sacchi; Milan, 1772, 97 pages 
in-8°, avec une planche. Il a été rendu compte de 
la discussion de ces deux savants dans la Gazette 
littéraire de Milan (1772, n° 26), et dans le 
Journal des Savants (1773, janvier, p. 131, fé- 
vrier, p. 375.) 

DRAGHI (Baltuasar), compositeur italien 
qui vivait vers la fin du seizième siècle, a publié 
des Canzonnette e villanelle alla Napole- 
tana ; Venise, 1581. 

DRAGHI (Antoine), compositeur dramati- 
que, né à Ferrare en 1642 , commença à écrire 
fort jeune, et, après avoir fait des messes et des 
motets à l'âge de vingt et un ans, composa son 
premier opéra en 1663. Peu de musiciens ont 
eu une fécondité égale à la sienne. Après avoir 
passé plus de vingt-cinq ans au service de la 
cour de Vienne, il retourna vers la fin de sa vie 
à Ferrare, et y mourut en 1707. On peut juger 
de sa facilité par la liste suivante de ses opé- 
ras : 1° Aronisba, en 1663. — 2° Alcindo. — 3° 
Cloriclea, 1665. — 4° Muzio Scevola, 1666. — 
5° Ercole acquisitator délia immortalité , 
1667.— 6° Aialante, 1669. — 7° Leonida in 
Tegea, i670. — 8°Ifide, 1670. — 9° Peneloppe, 
1670. — 10° La Prospérité d'Elio Sejano , 
1670. — 11° Cidippe, 1671. — 12° Avidité di 
Midé, 1671. — 13° Gara de Genni , 1671.— 
14° Gundelberga, 1672. — lb°LaSulpizia, 1672. 
— 16° Atomi d'Epicure, 1672. — 17° Provare 
per non recitare (divertissement), 1673. — 18° 
La Tessalonica , 1673. — 19° La Lanterna 
di Diogene, 1674. — 20° Il Ratio délie Sabine, 
1674. — 21° Il Fuoco eterno custodiio dalle 
vestali, 1674.-22° Pirro, 1675.-23° I Pazzi 
Abderiti, 1675.-24° Lucrezia, 1676. — 25°Se- 
leuco, 1676. — 26° Il Silenzio d'Arpocrate, 
1677 . — 27° Adriano surmonte Casio, 1677.— 

2&°Chelonida, 1677 29° Rodogone, 1677 — 

30° LaConquisté del vélo d'Oro, 1678.— 31° 
Creso, 1678.-32° Eneain Italia, 1678. — 33? 



54 



DRAGHI — DRAGONETTI 



Leucippe , 1078. — 34° La Monarchia latina 
irionfante, 1678 — 35° 11 Tempio di Diana in 
Taurica, 167s. — 36° Il Vincitor magnanime 
in Tito Quinio, 1 C78.— 37° Flaminio, 1679—38° 
Baldracca, 1679. — 39° La Pazienza di Socrate 
con due moglie, 1680. —40° Il Temistocle, en 

1681 . — 4 1° Achille in Tessalia, 1 68 1 . — 32° La 
Forza dell amieizia, 1681. — 43° GliSlrata- 
gemi di Bionte, 1082. — 44° La Chimera , 

1682. — 45° La Lira d'Orfeo, 1683. — 46° Il 
Palladio in Borna, 1083. — 47° La più gène- 
rosa Spartana, 1685.-48° Lenere Azioni di 
Tempe, 1685. — 49° Il Bisorcimento délia 
mot a dellaFortuna, 1685 — 50° Le Scioccagini 
degli Psilli, 1080.— 51° Lo Studio d'amore, 
1080.— 52° La Vendetta dell' onestà, 1687.— 
53° La Vittoria délia fortezza, 1687. — 54° 
Il Marito ama più, la moglie ama me- 
glio, 1688. — 55° Tanasio, 1688. —56° 1 
Pianeii benigni , 16S9. — 57° Pimmalione in 
Cipro, 1689.— 58° Bcsaura, 1689. —59° La 
Beginade Volsci, 1690. — G0° Il Bingiovenito, 
1091.— &\° IlTribulo de' Suri, 1091. —02° La 
Varietà di fortuna in Lucio Giunio Bruio , 
1691. — 63° Il Merilo uniforma i Geni, 1091 . — 
04° Fedeltà e Generosità, en 1092. — 05° 

Amore in Sogno, 1093 00° Le Fiante délia 

viriù e délia fortuna, 1093. —67° Le più ric- 
che Gemme , 1693. — 68° Pelopida Tebano 
in Tessaglia, 1694. — 09° L'Ossequio delta poe- 
sia e délia storia, 169$. — 70° Le Sere dell' 
Aventino, 1094 — 71° La Chioma di Bérénice, 
1695. — 72° La Finta creità d'Antioco Grande, 
1695. — 73° Industrie amorose de' ragazze 
di Traciu, 1695. — 74° Magnianimità di Fa- 
brizio, 1696. — 75° La Tirannide abbatuta 
délie virtù, 1097. — 70° Adalberto, ovvero la 
forza dell' astuzie feminile, 1697. — 77° Amor 
pervirtù, 1097. — 78° Le Piramide d'Egitlo, 
1097. — 79° Arbace, fondatore dell' impero 

■ de Parti, 1098 80° Delizioso Bitiro di Luc- 

fvlïo, 1698. — 81° Idea del felice governo , 
1698. — 82° Le Finezze dell' amieizia e dell' 
onore, 1699.— 83° L'Alceste, 1799. On connaît 
aussi quelques oratorios d'Antoine Draghi, 
parmi lesquels on remarque le Cinque Piaghe 
di Crisfo, écrit en 1677. 

DRAGSI! (Ji:\n -Baptiste), claveciniste et 
compositeur né en Italie, accompagna en An- 
gleterre Marie d'Esté, princesse de Modène et 
épouse du roi Jacques II. Pendant toute la du- 
rée de ce règne il tut le musicien favori de 
la cour. On croit aussi qu'il donna des leçons 
de musique à la reine Anne. L'année de sa 
mort est ignorée. Les ouvrages qu'il publia en 
Angleterre consistent en suite des pièces de 



clavecin. Il fit aussi la musique de deux opéras : 
l'un, intitulé Psyché, en société avec Lock ; 
l'autre , sous le titre de the Wonders in the 
Sun, or the kingdom of birds (les Merveilles 
dans le soleil , ou le royaume des oiseaux ), 
repésenté au théâtre de la Reine, dans Ilaymarket, 
en 1706. On croit que plusieurs antiennes insé- 
rées dans les collections de la lin du dix-sep- 
lième siècle, et indiquées sous le nom de Bap- 
tiste , sont de Draghi. 

DRAGONETTI (Dominique), virtuose sur 
la contre-basse, est né à Venise le 7 avril 1763. 
Son père , simple ménétrier , jouait aussi de cet 
instrument. Dragonelti n'eut point d'autre maître 
que lui-même; un pauvre cordonnier, nommé 
Schiamadori, lui enseigna les premiers principes 
de la musique. Seul il apprit à jouer de la con- 
tre-basse, et ses progrès furent si rapides qu'à 
l'âge de onze ans il était capable de faire sa 
partie dans un orchestre. Un musicien, nommé 
Dorètti , ayant eu occasion de l'entendre, fut 
si étonné de ses rares dispositions qu'il, pria 
son père de lui donner un maître. Celui-ci confia 
son tils aux soins de Cerini, contre-bassiste de 
l'église de Saint-Marc et le meilleur maître de 
Venise. Après avoir donné onze leçons au jeune 
Dragonetli , ce vieux musicien n'eut irlus r:cn 
à lui apprendre, car son élève était arrive a un 
degré de talent supérieur au sien. A l'âge de 
treize ans Dragonetli occupait la place de pre- 
mier contre-bassiste à l'Opéra-Bouf e ; à qua- 
torze on lui confia la même place à l'Opéra- 
Sérieux de San-Benedetto; enfin, à dix-neuf, il 
succéda à son maître Cerini au chœur de l'église 
de Saint-Mare. Son talent extraordinaire le 
faisait souvent choisir pour jouer sur la contre- 
basse la partie de violoncelle dans les quatuors 
de violon. Les concertos les plus difficiles de 
basson ou de violoncelle n'étaient qu'un jeu 
pour lui. il avait composé pour son usage des 
concertos, des solos , des sonates, dans les- 
quels il avait introduit des passages d'une 
si grande dilficulté,que lui seul pouvait les jouer. 
Dans un voyage qu'il fit à Vicence,il eut le 
bonheur d'acquérir une contre-basse excellente 
qui avait été construite par Gaspard de Salô, 
maître d'André Amaii : c'est cette même 
contre-basse dont il s'est toujours servi de- 
puis lors. De retour à Venise il reçut l'invi- 
tation de se rendre à Londres ; Bertoni , 
maître de chapelle de Saint-Marc, et le célèbre 
chanteur Pacchieroiti , qui arrivait d'Angle- 
terre, rengagèrent à accepter cette invitation. 
11 avait alors trente-huit ans et était dans la 
force de son talent. Il arriva à Londres en 179t 
et y excita le plus grand étonuement. Non-seu,' 



DRAGONETTI — DRECHSLER 



. r >ô 



lemcnt il exécutait avec une admirable précision 
les passages les plus difficiles en sons harmoni- 
ques; mais à l'orcheslre, où il était placé près 
dupiauo, lorsque les musiciens hésitaient dans là 
mesure, Dragonelli les raffermissait aussitôt en 
attaquant avec énergie les notes essentielles. 
On rapporte que Viotti, ayant un jour engagé cet 
artiste à jouer la seconde partie d'un de ses 
duos de violon les plus difficiles, et remarquant 
sa facilité à remplir cette tâche, lui proposa de 
jouer le premier violon; Dragonetti mit tant 
d'habileté dans cetourde force que Viotti s'écria 
qu'il n'avait point d'égal. Bien qu'âgé de soixante- 
cinq ans , Dragonetti tenait encore, au théâtre du 
Roi et aux concerts de la Société philharmoni- 
que, la place de premièrecontre-basse, et, quoiqu'il 
eût perdu quelque chose de son agilité , il rem- 
plissait ses fonctions de manière à exciter l'é- 
tonneraent de ceux qui l'entendaient. Pendant 
son long séjour à Londres, il avait rassemblé une 
collection nombreuse d'objets de curiosité et 
d'antiquité de tout genre, parmi lesquels on 
remarquait beaucoup d'instruments de musique. 
Dragonetti est mort à Londres, au mois de mai 
1 846. De ses deux contre-basses, l'une de Gaspard 
de Salô, comme il a été dit ci-dessus, l'autre de 
Stradivari, il légua la première à la ville de Venise, 
sa patrie. M. François Caffi a publié : Biografia 
di D. Dragonetti, Veneziano; Venezia, 184G. 
DRAGON! (Jean-André), maîtrede chapelle 
à Saint-Jean-de-Latran, dans la seconde moitié 
du seizième siècle, naquit à Meldola, bourg des 
États de l'Église, vers 1540, et fut élèvede Jean 
Pierluigi de Palestrina. Ayant été nommé maître 
de chapelle de Saint-Jean-de-Latran au mois de 
juin 1576, il conserva cette place jusqu'à sa 
mort, arrivée en 1598. On connaît de lui : 
l° Madrigali a cinque loci , lib. l°, Venise, 
Girolamo Scotto, 1575, in-4°; 2™ édition, Ve- 
nise, 1594; libro 2°, Venise, Scotto, 1575; libro 
3°, ibid., 1579; libro 4°, Vicenti, 1 594. — 2°M a- 
drigali «6 voci, libro 1°; Venise, Scotto, 1583. 
— 3° Villanetle a 5 voci ; ibid., 1588. — 4° Mo- 
tetti per tutti i santi deW anno, a 5 voci; 
Venise, 1578. — 5° Molelti a tre voci, Venise, 
1580. Après la mort de Dragoni , le chapitre de 
Saint-Jean-de-Latran a fait imprimer de ce com- 
positeur un livre de madrigaux à six voix et un 
livre de motets à cinq, en trois parties; Rome, 
Mutio, 1600. Le catalogue de la collection de 
M. l'abbé Santini, de Rome, indique aussi, sous le 
nom de cet auteur, trois Benedictus à huit voix, 
une messe à quatre en canon, et un Dixit à 
huit. On trouve un madrigal de Dragoni dans la 
collection publiée par Simon Verovio, sous ce 
titre : Canzonette à quattrovoci composte da 



, diversi ecc™ musici, con Vintavolaturadcl 
cimbalo et del Uuto; in Roma, 1591, petit 
in-fol. 

DRAUD ou DRAUDIUS (Georges), pas- 
teur à Gross-Carben, dans le duché de Ilesse- 
Darmstadt, ensuite à Ortenberg, et enfin à Da- 
verheim , naquit dans ce dernier lieu le 9 
janvier 1573, et mourut à Butzbacli en 1635. Tout 
le inonde connaît ses Bibliothèques classique et 
exotique, Francfort , 1611 et 1025, in-4°. On y 
trouve les titres d'environ douze cents ouvrages 
de musique théorique et pratique, publiés dans 
les seizième et dix-septième siècles; mais la plu- 
part des titres et des noms sont changés par une 
traduction latine. 

DREBENSTADIUS (Pàulus), magister 
à llelmstaedt, vers la fin du seizième siècle, a 
publié un épithalame à six voix sous ce titre -. 
Ilochzeitlicher Gcsang von G Stimmen, An- 
drew Hartmann Parst. Braunschio. Ami- 
Schreiber des Hanses Ert zen, als Brxuligham, 
v. Jungfrau Hcdwlgen Margareih, Antonii 
Amerbachs, fu7st. Braunschw. gewesenen 
Organisions (seel.) nachg et assener Tochter 
zu Ehren, Helmsfœdt , 1591, in-4". 

DRECHSLER (Jean-Gabriel), bachelier 
en théologie et professeur au collège de Halle, 
naquit à Wolkenstein en 1634, et mourut à 
Halle le 22 octobre 1677. Il est auteur d'une 
dissertation de Cythara Davidica, qui a paru 
à Leipsick, en 1670, in-4°. Il en a été lait une 
deuxième édition remaniée, à Leipsick , en 1712, 
in-4° de 33 pages. Georges Serpilius l'a insérée 
dans ses Vitis Scriptorum sacrorum germa- 
nice editis, part. 9, p. 34, et Ugolini, dans son 
Trésor des Antiquités sacrées , t. 32, p. 171. 

DRECHSLER (JosEi'ii), professeur d'har- 
monie à l'école Sainte-Anne de Vienne, est né le 
26 mars 1782 à Wœlliscliburcheiij en Bohême. 
Son père lui donna les premières leçons de mu- 
sique, puis il fut envoyé au couvent des fran- 
ciscains de Pnssau, pour y être enfant de chœur; 
de là il alla à Jorenbach faire un cours d'études 
littéraires; il y apprit aussi le contrepoint sous la 
direction d'un moine. Destiné par son père à 
l'état ecclésiastique, il alla étudier la théologie à 
Prague; mais, ayant terminé son cours de celte 
science avant d'avoir atteint l'âge requis pour 
recevoir les Ordres, il se rendit à Vienne pour y 
apprendre la jurisprudence, changea encore de 
résolution et accepta, en 1810, une place de co- 
répétiteur au théâtre de l'Opéra de la cour. Plus 
tard il fut nommé vice-maître de chapelle, et en 
1815 il obtint la place d'organiste chez les PP. 
Servîtes. Quatre ans après , l'orgue de Sainte- 
Anne lui fut confié; en 1821 il reçut sa nomi- 



5G 



DRECHSLER — DRESCHKE 



nation fie maître de chapelle de l'église de l'U- 
niversité et de la paroisse de la cour, et presque 
dans le même temps il fut chargé déformer des 
élèves candidats pour la théorie musicale et pour 
l'orgue. Depuis lors il a été nommé directeur de 
musique au théâtre de Josephstadt, et en 1824 
les mêmes fonctions lui ont été confiées au théâ- 
tre de Léopoldstadt. Appelé à celles de maître 
de chapelle de l'église Saint-Étienne , il les a 
remplies jusqu'à sa mort , arrivée au mois de 
mars 1852. Il était âgé de soixante-dix ans. 
Les compositions de Dreclisler sont en grand 
nombre; on y remarque : 1° Dix messes so- 
lennelles. — 2° Un Requiem. — 3° Un Veni, 
Sancte Spiriius, à quatre voix et orchestre. — 
4° Plusieurs offertoires et graduels. — 5° V En- 
fant prodigue, mélodrame. — C° Six opéras, 
dont Claudine de Villa-Bclla , le Panier 
enchanté, Pauline, etc. — 7° Dix-huit vaude- 
villes ou opérettes , notamment : Ydor, le Dia- 
mant du roi des Esprits, la Fille du monde 
des Fées, l'Esprit des Montagnes , Capric- 
ciosa , la Girafe, le Petit Homme vert, 
Oscar et Tina, la Reine des Serpents, la Syl- 
phide, les Viennois à Bagdad, etc. — 8° beau- 
coup de pantomimes.— 9° Trois grandes cantates, 
dont une pour l'inauguration de la nouvelle 
synagogue. — 10° Des quatuors pour violon. 

— 1 1° Des sonates pour piano , avec et sans ac- 
compagnement. — 12° Des airs variés, rondos, 
marches et danses, pour le même instrument. 

— 13° Des fugues pour l'orgue. — 14° Des 
chansons à voix seule, avec accompagnement 
de piano. — 15° Une petite méthode d'or- 
gue; Vienne, Haslinger. — 16° La méthode de 
piano de Pleyel, traduite et modifiée; ibid. — 
17° Un traité d'harmonie et d'accompagnement, 
avec une introduction au contrepoint, sous ce 
titre : Harmonie und Generalbasslehre , nebst 
cinem Anhange vom Contrapuncte, édition 
améliorée, grand in-8°, 1828; Vienne, Has- 
linger. La première édition avait été publiée à 
Vienne, chez Steiner, sans date. La méthode di- 
dactique de cet ouvrage est de peu de valeur, 
mais les exemples sont écrits avec assez de pu- 
reté. — 18° Une collection d'exercices pour l'ac- 
compagnement de la basse chiffrée, avec une in- 
troduction sur l'art de préluder, sous ce titre : 
Generalbass Vebungen mit Ziffer-Bezcich- 
nang, nebst einer Anleitung mit Beispielcn 
sum praeludiren; Vienne, 1 824, à l'Institut litho- 
graphique. — 19° Une suite de formules pour 
apprendre à préluder et improviser sans avoir 
la connaissance des règles du contrepoint ; cet 
ouvrage est intitulé : Theorelish-praktischer 
Leitfaclen, ohne Kenntniss des Contrapunctes 



] pliant asiren oder prœludiren sa Koennen, 
Vienne, Tendler ( 1834 ), in-8° de 76 pages. 

DRECHSLER (François), compositeur, 
né en Bohême, et peut-être parent du précédent, 
vit à Prague. Il s'est fait connaître, vers 1838, par 
plusieurs œuvres de musique d'église, particu- 
lièrement par une messe solennelle en ut pour 
un chœur à 4 parties, 2 violons, violoncelle et 
orgue obligés, avec les instruments à vent ad 
libitum; Prague, Berra. 

DREI (François), violoniste et compositeur, 
né à Sienne en 1737, fut élève de Nardini, qui lui 
apprit à jouer l'adagio supérieurement. Ses com- 
positions, consistant en sonates pour violon, 
quatuors, et quelques morceaux de musique 
vocale, ont été imprimées de 1760 à 1785. 
Il est mort dans sa patrie , le 1 er janvier 
1801. 

DREIST (K.-A.), né à Reigenwald, en Po- 
méranie, étudia les nouvelles méthodes d'ensei- 
gnement à Yverdun, vers 1810, quitta la Suisse 
au mois de septembre 1812, et se rendit à Bunz- 
lau, où il fut chargé, en 1816, conjointement 
avec le pasteur Hoffman et M. Hennig, de faire 
le plan d'une école publique, pour la basse Si- 
lésie , d'après la méthode de Pestalozzi. Dreist 
a publié des observations concernant une mé- 
thode de chant basée sur celles de Pestalozzi et de 
JVarjgeli , sous ce titre : Aufsatz ueber die Ce- 
sangbildungs- Lehre nach Pestalozzischen und 
SSxgehschen Grundsxtzen , etc.; Zurich, 1812, 
in-8°. 

DRESCHRE (Georces-Aucuste), profes- 
seur de piano à l'Institut royal de musique d'é- 
glise de Berlin, est néen 1798. En 1839 il s'est 
fixé à Magdebourg. Le premier ouvrage qui l'a 
fait connaître est un traité des huit tons du chant 
des églises protestantes, intitulé : System der 
acht Kirchen Tonarten nach P. Mortimer; 
Berlin, 1834 in-8°. Ainsi que l'indique le titre, 
ce n'est qu'un extrait du Traité des Tons de 
Mortimer. En 1835 cet artiste donna comme sa 
propre invention un clavier de piano où les tou- 
ches de l'échelle chromatique sont sur le même 
plan et se suivent alternativement; mais cette 
invention prétendue n'était que celle du facteur 
de pianos Lemme (voy. ce nom), qui n'était elle- 
même que le renouvellement de l'idée de Rohle- 
der {voy. ce nom). Comme Lemme, Dreschke 
prétendait que par ce clavier les difficultés du 
doigter étaient réduites à un douzième (l). Pour 
donner la preuve de son assertion à cet égard , il 
exécuta dans un concert le premier morceau d'une 
sonate de Hummel, en fa dièse mineur, et les 

(1) Voyez l'analyse de ce système dans le 6" volume 
de ma Revue musicale, pages 49 et suivantes. 



DRESCUKE — DRESLER 



57 



variations de H. Herz sur les thèmes de Guil- 
laume Tell. Il lit applaudir son talent de pianiste 
dans ces deux épreuves, mais il ne persuada per- 
sonne à l'égard de la nécessité prétendue de chan- 
ger la disposition des notes du clavier. Dans le 
même concert Dreschke s'est produit comme 
compositeur par une ouverture à grand or- 
chestre. 

DRESE (Adam), compositeur allemand, né 
sujet du duc de Weimar, Guillaume IV, fut en- 
voyé à Varsovie par ce prince, pour y apprendre 
la science de la composition sous la direction de 
MarcScacchi. Ses études finies, il revint à Wei- 
mar, où il ohtint la place de maître de chapelle. 
Après la mort du prince qui avait été son pro- 
tecteur, il se rendit à Jéna, et y lut nommé 
maître de chapelle et secrétaire de la chambre 
du duc de Saxe-Weimar, en 1672. Ce prince 
étant mort aussi, Drese perdit ses emplois et 
tomba dans l'indigence. L'ennui et le chagrin le 
portèrent alors (vers 1G80) à lire les ouvrages du 
visionnaire Spener, qui firent une impression si 
forte sur son esprit qu'il brûla tous les opéras 
qu'il avait composés jusqu'alors et qu'il se lit 
piétiste. Il vécut encore à Jéna jusqu'à ce que 
le prince de Schwarzbourg l'appelât àArnstadt, 
en qualité de maître de chapelle, place qu'il oc- 
cupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1718. On lui at- 
tribue la gloire d'avoir perfectionné le récitatif 
des opéras allemands. Outre une grande quantité 
de musique d'église, il a écrit aussi beaucoup de 
musique instrumentale et un nombre considéra- 
ble d'opéras dont les litres sont inconnus main- 
tenant. Mattheson cite aussi un traité de compo- 
sition manuscrit, dont il était l'auteur [voy. Eh- 
renpforte, p. 108). On n'a imprimé de sa com- 
position qu'un œuvre de musique instrumentale 
qui a pour titre : Erster Theil etlicher Alle- 
manden, Courant en, Sarabanden, Balletten, 
Intraden und Arien; Jéna, 1672, in-fol. 

DRESE (Jean-Samuel), parent du précé- 
dent, prit de lui des leçons décomposition, fut 
ensuite organiste de la cour à Jéna, et quitta 
cette place pour celle de maître de chapelle à 
Weimar, qu'il ohtint en 1683. Il est mort dans 
celte ville le 1 er décembre 1716, à l'âge de 
soixante-douze ans. Il a laissé en manuscrit des 
sonates pour le clavecin, des motets et quelques 
opéras. 

DRESEL (H.-E. ), professeur de chant au 
séminaire de Detmold , et inspecteur des écoles 
de chant de la principauté de la Lippe, depuis 
181S jusqu'en 1845, fit ses études musicales sous 
la direction de Frédéric Schneider. Il a publié 
divers ouvrages parmi lesquels on remarque : 
1° Un livre choral pour le service évangélique 



des temples de la principauté de la Lippe ; Ha- 
novre, Ad. Nagel, in-4°. — 2° Un recueil de chants 
pour les écoles des petites villes et de la cam- 
pagne ; ibid. 

Un autre musicien du nom de Dbesel (Otto), 
sur qui je n'ai pas trouvé de renseignements, est 
auteur de trois recueils de Lieder à voix seule 
avec accompagnement de piano, dont le troi- 
sième a paru en 1848. Ces Lieder ont de la dis- 
tinction et du charme. Les trois recueils ont été 
publiés à Leipsick, chez Breitkopf et Hsertel. 

DRESIG (Sigismond-Frédéric), né le 1 er 
octobre 1700 à Volberg, village de la basse 
Lusace, devint corecteur à l'école de Saint- 
Thomas, à Leipsick. Dans un accès de mélancolie 
il s'étrangla, le 11 janvier 1742. Il a publié une 
dissertation sur les chantres de l'antiquité appelés 
rapsodes, sous le litre de Commentatio critica 
de Rhapsodis, quorum vera origo, aniiquitas 
ac ratio ex auctoribus et scholasticis Grxcis 
traditur; Leipsick, 1734, in-4°. On y trouve des 
recherches sur la manière de chanter la poésie 
des anciens. 

DRESLER ( Gallos), né à Nebra , dans la 
Thuringe, au commencement du seizième siècle, 
fut d'abord cantor à Magdebourg, et devint, 
en 1566, diacre à l'église de Saint-Nicolas, à 
Zerbst. Il a publié les ouvrages suivants : 1° 
XVII Cantiones sacres quatuor et quinque 
vocum; Magdebourg, 1569, in-4°. — 2° XIX 
Cantiones sacrée quatuor et quinque vocum, 

il. III alix; Wittemberg, en 1568, in-4° 3° 

XC Cantiones sacrx quatuor et plur. voc; 
Magdebourg, 1570. — 4° Elemenla Musicx 
practicx in usum scholx Magdeburgensis ; 
Magdebourg, 1571, huit feuilles in-8°. Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée en 
1584, in-8°. — 5° Ausserlesene teutsche Lieder 
mit 4 und 5 Stimmen; Magdebourg, 1575, in-4°, 
et Nuremberg, 1580, in-4° obi. — 6° Cantiones 
quatuor et plur. roc; Magdebourg, 1577, in- 
4°.— l a Sacrx Cantiones quatuor , quinque et 
plurimum vocum in gratiam musicorum 
compositx ; Noribergx, Theod. Gerlachius , 
1574, in-4°. 

DRESLER ( Ernest-Christophe), chanteur 
allemand qui a joui d'une grande réputation. Il 
naquit en 1734 àGreussen, petite ville de la 
principauté de Schwarzbourg-Sondershausen, et 
y apprit les premiers éléments de la musique. 
Dans la suite il visita les universités de Halle, 
de Jéna et de Leipsick ; ce fut dans ce dernier 
lieu qu'il apprit à jouer du violon et qu'il se 
forma dans l'art du chant. Il y demeura depuis 
1753 jusqu'en 1756. Quelque temps après il alla 
à Bayreuth, et, après y avoir pris des leçons de 



58 



DRESLER — DREYER 



la célèbre cantatrice Tnrcolti , il entra dans la 
chapelle du margrave , et fut nommé peu après 
secrétaire des finances. Lors de !a mort du 
margrave, en 1763, le duc de Gotha engagea 
Dresler à son service en qualité de secrétaire 
et de musicien de sa chambre. Il n'y resta que 
peu de temps et donna sa démission en 1706. 
L'année suivante le prince de Furstemberg lui 
conlia les fonctions de secrétaire et de directeur 
de sa chapelle à Welzlar; mais, ce prince étant 
retourné en Bohême en 1771, Dresler ne voulut 
pas l'y suivie et demanda sa retraite. En 1773 
il fut admis à chanter devant l'empereur à 
Vienne, puis se rendit à Cassel. Il s'y engagea 
comme chanteur à l'Opéra, et y resta jusqu'à sa 
mort, arrivée le 5 avril 1779. Dresler s'est fait 
connaître par ses écrits sur la musique : en voici 
les titres : 1° Fragmente einiger Gedankeu 
des musikalischen Zuschauers , die bessere 
Aufnahme der Musik in Deutschland betref- 
fend ( Fragments d'idées d'un amateur sur les 
progrès de la musique en Allemagne) ; Gotha , 
1767, six feuilles in-4°. — 2° Gedanken ûber 
die Yorslellung der Alcest (Réflexions sur la re- 
présentation (VAIcesle); Francfort et Leipsick , 
1774, deux feuilles in-8°. — 3° Theaterschule 
fur die Deutschen das ernsthafle Sing- 
schauspiel betref fend ( École du théâtre pour 
les Allemands, concernant l'Opéra sérieux); 
Hanovre et Cassel , 1777, quatorze feuilles in-8°. 
Dresler a aussi publié des chansons détachées et 
en recueils. 

DRESSLER (Jean-Fuédéiuc), littérateur 
à Magdebonrg, est né à Halle, en Saxe, vers 
1760. Il a publié un opuscule intitulé : Beytrxge 
zu Fischefs Versucheninder Tonund Dicht- 
kunst (Additions aux Essais de Fischer sur la 
musique et la poésie) ; Magdebonrg, 1791, in-8°. 

DRESSLER (Raphaël), flûtiste et compo- 
siteur pour son instrument, naquit à Gratz, en 
Styrie, vers 1784. En 1809 il se fit connaître 
en Allemagne par un concert qu'il donna avec 
succès à Leipsick, le 19 janvier. Dans la môme 
année il s'établit à Vienne, et y fut attaché comme 
première flûte au théâtre de la porte de Carin- 
Ihie. En 1817 il accepta une place dans la cha- 
pelle de la cour de Hanovre; puis il vécut en 
Angleterre pendant environ quatorze ans. De re- 
iour sur le continent, il mourut à Mayence le 12 
février 1835. Ou a de cet artiste environ cent 
œuvres de différents genres pour la flûte, parmi 
lesquels, on remarque trois concertos, œuvres 
4, 27 et 40 ; des quatuors pour flûte, violon , 
alto et basse, œuvres 10, 30 et 37 ; des trios pour 
Hlûte, violon et violoncelle, op. 39, et pour trois 
Mites, op. G4; dix œuvres de duos pour deux 



flûtes; des études, caprices, et un grand nombre 
de thèmes variés. 

DRETZEL ( Yalentin ) , organiste à l'église 
Saint-Laurent de Nuremberg, vers le commen- 
cement du dix-septième siècle, a publié une col- 
lection de molets à trois voix, sous le litre de 
Sertulum musicale exsacris flosculis conten- 
tion ,■ Nuremberg, 1621. Son lils, Wolfgung 
Drelzel, habile luthiste, naquit à Nuremberg en 
1G:îo, et mourut dans la même ville en 1660. 

DRETZEL (Corneille-Heniu ) , organiste 
habile, né à Nuremberg, au commencement du 
dix-huitième siècle, fut d'abord attaché a l'église 
de Saint-Égide, puis à celle de Saint-Laurent , 
et enfin à celle de Saint-Sébald. I! joua l'orgue 
de cette dernière jusqu'en 1773, époque de sa 
mort. On a de lui les ouvrages suivants : 1° Livre 
de musique chorale à quatre parties ; Nuremberg, 
1731, in-fol. de 880 pages. — 2° Divertissement 
harmonique, consistant en un concerto pour le 
clavecin. 

DREUILÏÎ (Jean-Jacques), violoniste at- 
taché au théâtre de Brest en 1812, se noya dans 
la même année, en se baignant dans la mer. On 
a gravé de sa composition : Trois trios pour deux 
violons et basse, I er livre ; Paris, Aug. Le Duc. 

DREUX (Jacques- Philippe) , joueur de 
flûte traversière à Paris, dans la première moitié 
du dix-huitième siècle, a fait imprimer, vers 1730, 
Trois livres de Fanfares pour deux chalu- 
meaux ou deux trompettes, et des Airs pour 
' chalumeau. 

Le fils de ce musicien, professeur de piano à 
Paris, a publié quatre pots-pourris pour cet instru- 
ment ; la Bataille deMarengo, pièce caractéris- 
tique; Paris, Imbault; et une petite méthode de 
piano; Paris, Frère. Il est mort en 1805. 

DREWIS (F.-G.), amateur de musique, né 
en Saxe, et vivant encore en 1812, a publié des 
lettres sur la théorie de la musique et de la 
composition sous ce titre : Briefe ueber die 
Théorie der Tonkunst und Composition ; Halle, 
1796, six feuilles in-8°. Cet ouvrage ne contient 
rien de remarquable; il est divisé en huit lettres. 

DREYER (Jean-Melchior), organiste et 
directeur de musique à Ellwangen, petite ville 
du royaume de Wurtemberg, est né vers 1765. 
Il a beaucoup écrit pour l'église, principalement 
dans le style bref. Voici la liste de ses ouvrages 
imprimés •. 1° Missx brèves et rurales ad mo- 
dernum genium, 4 voc, 2 viol., org. oblig., 
2 clar., 2 c. et violonc. ad libit.; Augsbourg, 
1790, op. 1.-2° idem, op. 2 ; ibid., 1790.— 3° VI 
Solcmnes Miserere 4 voc. ord., 1 viol., viola, 
organ. oblig., Ifl., 2 c. et violonc, op. 3; 
ibid., 179t. — 4° XXVIII Psalmi vespsrtini 



DREYER — DREYSIG 



6«J 



pro Dominica de Ticala, Aposlolis, Confessori 
et rcsiduis,4 voc.,1 viol., organ. oblig., viola, 
:> c, tympanis et violonc ad libit ., op . 4 ; 1791. 

— 5° XXIV Hgmni brevissimi ad Yesperas, 
op. 5; ibid, 1791. — G° VI Missx , quarum 
prima solcmnis, reliqux vcro brèves et ru- 
rales sunt, 4 voc, 2 viol., viola., 2 cor., organ. 
et violonc. pattim obligal is, partim ad libit., 
op. 0; ibid., 1792. — 7° VIII Tant uni ergo, 
4 voc. ord., 2 viol., organ. obi., 2 c. et vio- 
lonc, op. 7; ibid., 1792. — 8° VIII Sehrkurie 
und leichtc Landmcssen, irovon die 2 letzten 
fur die abgestorbenen, sammt s kurzen of- 
fertorïts fur 1 Singstimme und Orgel, mit 
willkirehlichcn 3 andern Singstimmen iind 
einer violino, op. S; ibid., 1793. — 9° VI 
kurzc und leichte Orgel-sonaten, 1 und 1 
Theile, op. 9; ibid., 1793. — 10° 17 idem, 
dritter und vierier Theile, op. 10; ibid., 1793. 

— 11° V Vcsperce cum IVpsalmis't voc, cum 
organ. obi., 2 viol., viola, 2 c. et violonc, 
op. 2; ibid. — 12° Deutsche Messe, oder der 
heilige Gesang zum Gotlcsdicnslc in der ro- 
misch-katolischen lu relie vnter der heiligen 
Messen zum Gebrauch der Schulcn und Land- 
Chorregenten, mil neuen Mclodien Verschen, 
in-4°; ibid. — 13" XII Offer/oria brevissima 
de Beata, 4 voc, org. et symph., op. 14; ibid. 

— 14° Te Dcum Laudamus, 4 voc, org. et 
symph., op. 1G; ibid. — 15° VI Missx brèves 
rurales, 4 voc, org. et symph., op. 17; 
ibid. — 10° XII Tanlwn ergo, 4 voc, org. 
et symph., op. 18; ibid. — 17° Vf hurze und 
leichte Land-Messen, etc., savant G kurzen 
Offeriorien fur 1 oder 4 Sin/istimmcn mil 
Orgel und 1 oder iViolinen ad libit., op. 19; 
ibid. — 18° VI brèves ac rurales Missx pro de- 
functis, cum 3 Libéra, 4 voc, org. et symph., 
op. 20; ibid. — 19° VI Symphonix cum violin., 
viol, et b. obligal., clarin., fl.., c. velclar. et 
tymp. ad libitum, op. 21; Augsbouig, in-fol. 
Dreyer est mort à Elwangen au commencement, 
du dix-neuvième siècle. 

DREYSCHOCÏÏ (Alexandre), pianiste 
distingué, est né le 15 octobre 1818 à Zack, en 
Bohème. Dès son enfance il montra d'beureuses 
dispositions pour la musique, dont il apprit les 
premiers éléments chez le maître d'école du lieu 
de sa naissance. A l'âge de treize ans il fut en- 
voyé à Prague et placé sous la direction du 
maitre de chapelle Tomascbeck. Après avoir 
reçu des leçons de ce maître pendant quatre 
ans, pour le piano et la composition, il se livra 
seul à l'étude des plus grandes difficultés de 
l'instrument et acquit une grande habileté de la 
main gauche, parliculièrement dans l'exécu- 



tion rapide des tierces, des sixtes et des octaves, 
qui forme le caractère distinctif de son talent. 
En 1836 il fit son premier voyage d'artiste en 
Allemagne, et visita Leipsick, Dessau, puis 
Breslau, Schvverin et Weimar. En 1840 il se lit 
entendre à Berlin et ne quitta cette capitale que 
pour se rendre à Saint-Pétersbourg, d'où il revint 
l'année suivante par Breslau, pour aller à Vienne 
et parcourir la Hongrie Arrivé à Paris au prin- 
temps de 1843, il y obtint de brillants succès 
par l'énergie de son exécution et par ses varia- 
tions pour la main gauche seule. Quelques mois 
après il se rendit à Londres; puis il donna des 
concerts à Bruxelles et dans plusieurs autres 
villes de la Belgique. En Hollande il visita Ams- 
terdam, Rotterdam et La Haye. Charmé de 
son talent, le roi des Pays-Bas le décora de l'ordre 
de la Couronne de chêne. Dreyscbock retourna 
en Allemagne par Cologne, Francfort et Darm- 
stadt, donnant partout des concerts et se fai- 
sant applaudir. En 1845 on le trouve à Dan- 
tzick, l'année suivante à Dresde, et en 1847 de 
nouveau à Berlin. Postérieurement il a continué 
ses pérégrinations en Danemark, en Suède et 
en Norwége. Les compositions de cet artiste pour 
le piano sont au nombre d'environ cent œuvres, 
jusqu'à ce jour (I8G0); on y trouve des rondeaux 
militaires avec orchestre, des sonates, éludes, 
fantaisies, nocturnes, romances sans paroles, 
thèmes variés et pièces de tout genre, sous des 
titres très-divers. Il a publié aussi une ouverture 
de concert à grand orchestre (en ré); Prague, 
Hoffmann. Au moment où celte notice est écrite, 
Dreyscbock vit à Prague, où il se livre à l'ensei- 
gnement du piano. 

DREYSC8ÎOCIÎ (Raimond), frère du pré- 
cédent, est né le 20 août 1824 à Zark, près de 
Prague. Après avoir obtenu son admission an 
Conservatoire de celte ville, il y reçut des leçons 
de M. Mildner pour le violon. Ses éludes 
musicales terminées, il a fait avec son frère 
plusieurs voyages et s'est fait remarquer par 
sou talent de violoniste. En 1850 il s'est lixé à 
Leipsick, en qualité de second maître des con- 
certs du Gevandhaus et comme professeur au 
Conservatoire. Il a publié plusieurs compositions 
pour son instrument. 

DREYS5G (Antome), organiste du roi de 
Saxe, naquit en 1775 à Oberleiitensdorf, en 
Bohême. Il n'avait que dix ans quand son prie 
l'envoya à Dresde pour y faire ses éludes : son 
premier maitre de musique fut François Hurka ; 
puis il prit des leçons de chant de Mariotlini , 
chanteur de la cour. Après avoir achevé ces 
éludes préparatoires, il devint élève de Arnest 
pour l'orgue, et fut nommé son adjoint, pour 



60 



DREYSIG — DRIEBERG 



muer les messes du matin; puis il succéda à son 
maître comme organiste de la cour. On a de 
Dreysig des préludes pour l'orgue qui sont restés 
en manuscrit. 

DRIEBERG (Frédéric De), chambellan du 
roi de Prusse, né àCharlottenbourg le 10 décem- 
bre 1780, s'est livré fortjeune à l'étude de la mu- 
sique, et s'est particulièrement attaché à l'examen 
de la musique des Grecs, sur laquelle il a publié 
des opinions fort singulières. Ce fut vers 181(5 
que M. de Drieberg commença à s'occuper de 
cet objet, et que, sur quelques aperçus saisis à 
la légère, il se donna la mission de réformer les 
connaissances qu'on croyait avoir sur la musi- 
que des anciens. Ses vues se portèrent d'abord 
sur la construction de l'échelle musicale des 
Grecs et sur la nature des intervalles de cette 
échelle. L'ouvrage spécial dans lequel il avait 
exposé ses idées sur cet objet fut annoncédansla 
Gazette musicale deLeipsick(ann. 1817, n° 51), 
et parut sous ce titre : Die mathematische In- 
tervallenlehre der Griechen ( la Doctrine ma- 
thématique des intervalles musicaux des Grecs) ; 
Leipsick, 1818, in-4°. M. de Drieberg établit 
dans ce livre que le système musical des Grecs 
ressemblait parfaitement au nôtre, que le tem- 
pérament est une invention misérable et fausse, 
que les proportions de la tierce majeure ou mi- 
neure sont purement arbitraires, et que le comma 
est une quantité illusoire, n'y ayant d'autre 
moyen de mesurer les intervalles des sons, pour 
notre oreille et pour notre intelligence, que le 
demi-ton. Il n'y avait rien de nouveau dans ces 
propositions, car depuis Arisloxène le système 
de la division de l'échelle en parties égales a eu 
beaucoup de partisans, et M. de Momigny s'est 
efforcé de le faire prévaloir pendant plusdetrenle 
ans. En 1825 M. de Drieberg a développé les 
conséquences de ce système dans deux arlicles 
qu'il avait écrits pour le Dictionnaire de Musi- 
que annoncé par Godfried Weber, et qui fu- 
rent insérés dans le deuxième volume de l'écrit 
périodique intitulé Cœcilia. Le premier de ces 
articles concerne l'accord des instruments de 
musique grecs, l'autre, le monochorde. M. de 
Drieberg y soutient la nécessité d'accorder par 
quintes et par quartes justes, et l'inutilité des 
résultats de la division du monochorde. Chladni 
saisit cette occasion pour mettre en évidence une 
multitude d'erreurs de M. de Drieberg, et l'atta- 
qua avee vivacité dans des observations sur la 
musique ancienne et moderne, insérées au cin- 
quième volume de Cœcilia (p. 279 et suiv.). 
L'autorité du nom de Chladni dissipa les illu- 
sions que beaucoup de personnes s'étaient faites 
sur la valeur des prétendues découvertes de 



M. de Drieberg, et depuis lors les opinions de 
celui-ci ont perdu beaucoup de leur valeur en 
Allemagne. 

En 1819 M. de Drieberg fit paraître des Éclair- 
cissements sur la musique des Grecs (Auf- 
chslûsse ueber die Musik der Griechen; 
Leipsick, 1819, in-4°), dans lesquels il exposa 
l'ensemble de son système; il acheva de le 
développer dans deux ouvrages qui ont pour 
titres : Die musikalischen Wissenschaften 
der Griechen (les Connaissances musicales des 
Grecs), Berlin, T. Trautwein, 1821, in-4°, et 
Die praktische Musik der Griechen (la Mu- 
sique pratique des Grecs); Berlin, T. Trautwein, 
1821, in-4°. C'est dans ces ouvrages que les 
idées les plus bizarres et les plus fausses furent 
émises par l'auteur de ce système sur la musi- 
que des anciens. Il y reproduisit comme base 
de sa théorie l'assertion de Pcpusch, depuis 
longtemps oubliée (et sans citer cet ancien mu- 
sicien), que le système lonal des Grecs se prenait 
en descendant, en sorte que toutes les cordes de 
l'échelle étaient placées au rebours de la disposi- 
tion que les autres auteurs leur avaient donnée; 
absurdité qui nesontient pas un examen sérieux 
et qui aurait mis au néant l'utilité qu'on aurait pu 
retirer des ouvrages de M. de Drieberg, lors même 
qu'il ne se serait pas trompé sur les autres points 
de la musique des Grecs. La manière dogmatique 
et absolue de cet écrivain lorsqu'il présente ses 
idées, et l'absence de toute citation, si ce n'est 
celle de quelques auteurs de l'antiquité et de ses 
propres ouvrages, ne permettent pas de savoir ce 
qui l'a déterminé à adopter son singulier sys- 
tème; il ne discute jamais, et avance les faits 
qu'il imagine comme s'ils élaient incontestables. 
Au reste, il ne paraît pas avoir eu des opinions 
bien arrêtées ni formulées en un tout homo- 
gène dont on ne peut rien changer sans qu'il s'é- 
croule; car, vraisemblablement, ébranlé par les 
objections qui lui ont été faites et parles travaux 
consciencieux de Perne, publiés dans la Revue 
musicale, il a renversé de nouveau l'échelle 
musicale des Grecs dans le Dictionnaire de la 
Musique grecque, son dernier ouvrage, et s'est 
conformé au système réel de cette musique, en 
replaçant la proslambanomène , ou corde 
ajoutée, au grave, et les autres cordes dans 
leur ordre naturel, en partant de ce point, nu 
lieu de les mettre à l'aigu, comme il l'avait fait 
d'abord. 

En 1822 M. de Drieberg a publié un traité des 
inventions pneumatiques des Grecs sous ce titre : 
Die pneumatischcnErfindungen der Griechen; 
Berlin, in-4° avec planches. Il y traite de l'orgue 
hydraulique et de l'orgue pneumatique, mais ai- 



DRŒBERG — DIlOBISCil 



r,f 



rangeant les documents qui lui étaient fournis 
par Vitruve et Héron d'Alexandrie suivant ses 
idées particulières, de telle sorte qu'on ne peut 
pas plus se former une idée de ce qu'étaient ces 
instruments chez les anciens, d'après l'ouvrage 
de M. de Drieberg, qu'on ne le peut dans ce que 
Perrault en a écrit. 

11 me reste à parler du dernier ouvrage de 
M. de Drieberg, c'est-à-dire du Dictionnaire 
de la Musique des Grecs ( Wœrterbuch der Grie- 
chischen Musik, etc. ; Berlin, Schlesinger, 1835, 
in-4° de deux cent dix-neuf pages, avec sept 
planches). Les assertions les plus bizarres, les 
suppositions les plus gratuites, particulièrement 
en ce qui concerne les instruments de musique 
des anciens, abondent dans cet ouvrage, et l'on 
y trouve encore une preuve du défaut de (ixité 
des idées de l'auteur; car, après avoir nié autre- 
fois la réalité des proportions musicales, il en 
expose le système dans plusieurs articles, d'a- 
près Euclide et Ptolémée. Au résumé, il est 
permis de dire que M. de Drieberg n'a point fait 
l'histoire, mais bien le roman de la musique 
grecque, et qu'aucune utilité ne peut être tirée 
de ses ouvrages sur ce sujet. Piqué des critiques 
dont ses livres avaient été l'objet, M. de Drie- 
beTg a cru devoir y faire une réponse dans 
laquelle son amour-propre blessé n'est pas tou- 
jours resté dans les limites de la politesse; elle 
a pour titre : Die griechische Musikauf ihre 
Grundgeselze zuriickgefiihrt. Eine Antikri- 
tique, etc. (la Musique grecque ramenée à ses 
lois fondamentales. Anticritique); Berlin, Traut- 
wein, 1841, in-4° de 195 pages. 

Ce n'est pas seulement comme écrivain sur la 
musique que M. de Drieberg s'est fait connaître; 
élève de plusieurs musiciens distingués , par- 
ticulièrement de Spontini , il a écrit deux, 
opéras ( Don Cocagno , et le Chanteur et le 
Tailleur) qui ont été joués avec quelque succès 
à Berlin et dans d'autres villes; l'ouverture et 
quelques morceaux du premier de ces ouvrages 
ont été publiés à Mayence, chez Schott. D'autres 
opéras de M. de Drieberg sont restés en manus- 
crit; en voici les titres : 1° L'Intrigo délia 
lettera, farce en un acte. — 2° La Fata, opéra 
comique en deux actes. — 3° Der Hechelkrœmer 
(le Marchand de peignes à carder), opéra co- 
mique en trois actes. — 4° Âlfonso de Castille, 
opéra romantique en deux actes. M. de Drieberg 
habitait ordinairement en Poméranie; il est mort 
à Charlottenhourg le 21 mai 1856. 

DRIEBERG (M me Louise De), femme du 
précédent, s'est fait connaître comme compositeur 
par plusieurs recueils de Lieder à voix seule 
avec accompagnement de piano. 



DROBISCH (Charles-Louis), né à Leipsick 
le 24 décembre 1803, montra peu de goût pour 
la musique dans son enfance, et rien ne faisait 
présumer qu'il aurait un jour quelque talent; 
ce ne fut qu'au collège de Grimma, où il lit 
ses études, qu'un penchant chaque jour plus 
prononcé se manifesta pour cet art, et qu'il 
s'en occupa dans tous ses moments de loisir. 
Sans autres moyens d'instruction que ses pro- 
pres études , il parvint à composer quelques 
bagatelles, des cantates et un petit opéra. A 
Leipsick, où il fut envoyé pour faire ses huma- 
nités, Drœbs, organiste de Saint-Pierre, lui 
donna des leçons d'harmonie et de contrepoint. 
Dans le même temps il écrivit plusieurs mo- 
tets et des cantates qui furent exécutés dans les 
églises de Leipsick , et en 1826 il fit entendre, 
dans un grand concert, son premier oratorio , 
intitulé Boniface. Cette production eut peu de 
succès; les critiques signalèrent alors la séche- 
resse des mélodies, la divagation des idées et la 
longueur excessive des fugues. Ces critiques sé- 
vères furent un utile avertissement pour Dro- 
bisch, qui, depuis lors, donna plus d'attention aux 
leçons d'esthétique du professeur Weinlig : cette 
époque fut celle d'une réaction dans ses vues et 
dans ses études. Après avoir visité Dresde, 
Prague, Vienne et l'Italie supérieure, pour aug- 
menter ses connaissances musicales, il s'établit 
à Munich. En 1837 Drobisch entreprit de 
nouveaux voyages, visita la Hongrie, et dé- 
finitivement accepta la place de directeur de 
musique à l'église évangélique d'Augsbourg. Il 
est mort dans cette ville le 20 août 1854. Dro- 
bisch s'est spécialement occupé de compositions 
pour l'église et s'est distingué dans ce genre. 
Sa fécondité était telle, que, dans l'espace de dix 
ans, il a écrit cent ouvrages, grands et petits, pour 
l'église, dont on a publié chez Faller, à Munich, 
une messe solennelle en mi majeur, six messes 
plus petites pour les campagnes, trois litanies, 
six offertoires et six graduels; et plus tard un 
Te Deum à quatre voix et orchestre, des psau- 
mes pour toutes les fêtes de l'année, et des chants 
pour les chœurs de voix d'hommes, publiés à 
Augsbourg; Moïse au Sinaï, oratorio exécuté 
à Augsbourg en 1839; Messe en mi pour 4 voix 
et orgue; op. 17 ; idem en ré mineur, ibid. ; idem 
en mi bémol, ibid., op. 40; idem en ré, ibid., 
op. 31; idem en mi, op. 37; deux messes alle- 
mandes à 4 voix et orgue; des litanies à 4 voix 
et orchestre; six offertoires à 4 voix et orches- 
tre; une symphonie en sol mineur, exécutée à 
Leipsick en 1843 Drobisch a laissé en manuscrit 
une messe solennelle en ré majeur, six autres 
messes, deux Requiem, plusieurs litanies, un Te 



G2 



DROEISCH — DROUET 



Dcvm, et plus de quarante graduels, offertoires 
et psaumes. 

DRQBISCH(Tuéodore), littérateur allemand 
sur qui l'on n'a pas de renseignements, a publié 
chaque année, depuis 1853, un almanach intitulé : 
Humoristicher Musikund Theater-Kalender 
(Calendrier humoristique de musique et de 
théâtre); Leipsick, Wegeler. Cet annuaire, mêlé 
de prose et devers, est une fantaisie spirituelle 
illustrée de figures grotesques. 

BROBïSCIf ( Maurice -Guillatjme), pro- 
fesseur de mathématiques et de philosophie , 
membre île la Société royale des Sciences de 
Saxe, est né à Leipsick, le 16 août 1802. Après 
avoir commencé ses études au gymnase Nicolay, 
dans sa ville natale, il alla les continuer au 
collège des Prince, à Grimma. De retour à 
Leipisck il suivit les cours de l'université en 
1S20. D'abord attaché à la faculté de philoso- 
phie comme professeur particulier, en 1 8 2 ï , il 
fut agrégé deux ans après et devint professeur 
titulaire de mathématiques en 1842. Élève 
d'Herbart (voy. ce nom), il a suivi la doctrine 
de ce philosophe dans ses divers écrits concer- 
nant les sciences philosophiques. Comme ma- 
thématicien il est cité ici pour une dissertation , 
dans le tome quatrième des Mémoires de la 
Société royale des Sciences de Saxe, sous ce ti- 
tre : ZJcber musikalischc Tonbcslimmung und 
Temperatur (sur l'Accord des sons et le tem- 
pérament musical). Entièrement analytique, 
sa méthode, basée sur une courbe décrite sur 
un cylindre, le conduit à un tempérament pro- 
portionnel , au lieu du tempérament égal. 
C'est un système faux, inapplicable à la vraie 
théorie de l'accord des instruments à sons lixes. 

DROECS (Jean-André) , organiste de l'é- 
glise de Saint-Pierre à Leipsick, est né en 1784 
à Erfurt, où son père était organiste et profes- 
seur de piano. Après avoir fini ses cours au 
gymnase de cette ville, il se livra presque seul 
à des études de composition et d'orgue. En 1S08 
il se rendit à Leipsick, y vécut d'abord comme 
professeur de musique, puis fut nommé or- 
ganiste de Saint -Pierre en 1810. Il est mort 
dans cette ville le 4 mai 1825. C'était un 
homme de peu de génie, mais un musicien 
instruit, dont les compositions pour l'église ne 
manquent pas d'un certain mérite de facture. 
On a de Drœbs plusieurs œuvres de sonates pour 
le piano, publiés à Leipsick chez Breitkopf et 
chez Hofmeister, des thèmes variés pour le 
même instrument, des préludes, des petites 
pièces et des fugues pour l'orgue, œuvres 4, 
!0, 12, 14, etc.; Leipsick, Breitkopf, et Bonn, 
Simrock. 



DROLLING (Jean-Michel), pianiste et 
compositeur, est né à Turckeim (Haut.-Rhin) en 
1796. Ayant été admis comme élève au Con- 
servatoire de Musique de Paris, il a reçu des 
leçons d'Adam pour le piano et de Méhul pour 
la composition. Il a publié un grand nombre 
d'ouvrages pour le piano, parmi lesquels on 
remarque : 1° Des thèmes variés; op. 1 et 2, 
Paris, P. Petit; op. 10, Paris, Meissonnier ;op. 10, 

Paris, Richault; op. 18, Hanry 2° Di tant i pal- 

piti, varié pour piano et violon , op. 3 ; Pans, 
P. Petit. — 3° Des caprices pour piano seid, 
op. 4 et 14; Paris, P. Petit et Meissonnier. 
— 4" Des fantaisies idem, op. 15 et 20; Pa- 
ris, P. Petite! Meissonnier, — 5° Un rondeau 
pastoral, op. 19; Paris, Hanry. — 0° Des duos 
pour piano à quatre mains, op. 5 et 17; 
Paris, Janet et Richault. — 1° Des duos pour 
piano et violon, op. lt, 12 et 22; Paris, Petit 
et Schœnenberg. Drolling a laissé en manus- 
crit un Traité élémentaire d'Harmonie et de 
Composition. Il est mort à Paris en 1839. 

DROMAL (Jean), chantre de l'église de 
Sainte-Croix, à Liège, vivait dans le dix-septième 
siècle. On connaît l'ouvrage suivant de sa com- 
position : Convivium musicum, in quo binis, 
ternis, quaternis, quinis et senis vocibus, nec- 
non et instrumentis recolilur, cum basso 
conlinuo ; Anvers, 1641, in-4°, opus 2. 

DROPA (Matthias), bon constructeur d'or- 
gues, vivait au commencement du dix-huitième 
siècle à Lunebourg. On vante l'orgue qu'il a cons- 
truit dans l'église deSaint-Jean de cette ville, ou- 
vrage de quarante-sept jeux, trois claviers et 
pédale, qu'il a fini en 1705. Celui de l'église de 
Saint-Michel, composé de quarante-trois jeux, 
trois claviers , pédale et dix soufflets, est son 
meilleur ouvrage. 

DROSTE-HULSIIOFF (Maximilien, che- 
valier De). Voy. HuLsnoFF. 

DROUAUX (Henri-Blaise), maître de mu- 
sique, à Paris , dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle, a publié un livre intitulé : 
Nouvelle Méthode pour apprendre le plain- 
chant et la musique, divisée en quatre par- 
ties; Paris, Gilles Blaisot, 1074, in-8°. La troi- 
sième édition de ce livre, divisée en deux parties, 
est datée de Paris, Christophe Ballard, 1687, 
in-8". Il y en a une édition de 1690. 

DROUET (Louis), flûtiste distingué et com- 
positeur pour son instrument, né à Amsterdam 
en 1792, est (ils d'un barbier français établi en 
cette ville. Un musicien, qui allait se faire ra- 
ser chez son père, lui ayant donné une petite 
flûte, lorsqu'il n'était âgé que de quatre ans, 
s'aperçut, à la manière dont il en jouait, qu'il 



DROUET — DUBOIS 



63 



était doué des plus heureuses dispositions pour 
cet instrument; il le prit en affection et se char- 
gea de son éducation musicale. Drouet avait déjà 
acquis quelque habileté quand il fut conduit 
a Paris par ses parents; il entra comme élève 
au Conservatoire de Musique et y fit de ra- 
pides progrès sur son instrument. Sa répu- 
tation commença à s'étendre en 1813, lorsqu'il 
!-e fit entendre dans les concerts; ses succès 
lurent brillants. Il fut attaché à cette époque 
à la musique de Louis XVIII, en qualité de 
première Mute. En 1815 il se rendit à Londres, 
où il fut fort applaudi. La confiance dont il ne 
tarda point à jouir en ce pays le détermina 
à y établir une fabrique de flûtes de nouveau 
modèle; mais cette entreprise ne réussit point, 
et M. Drouet fut forcé de quitter l'Angleterre 
en 1819. Depuis lors il a parcouru toute l'Europe, 
a visité la Russie , foutes les parties de l'Alle- 
magne, la Suisse, l'Italie, est retourné à Paris 
en 1828, et a fait un court séjour à Londres en 
182'J; [mis il est retourné en Allemagne par la 
Belgique et la Hollanlc, est revenu une troi- 
sième fois à Paris en 1832, y' est resté plusieurs 
mois, s'est marié, et a vécu quelque temps en 
Suisse. En 1 840 il est entré comme maître de 
chapelle à la cour de Saxe Cobourg, où il est 
resté environ quinze ans. ]1 était à Francfort 
en 1SG0, M. Drouet excellait dans les diffi- 
cultés et dans les traits rapides; son double 
coup de langue était d'une admirable volubilité; 
mais son intonation manquait de justesse, et son 
sU le était dépourvu d'expression et de grandiose. 
Partout où cet artiste s'est fait entendre, il a 
obtenu des succès. Il a lait graver un très-grand 
nombre d'oeuvres de sa composition pour la 
flûte, parmi lesquels on remarque, dix-concertos 
publiés à Paris et en Allemagne , des fantaisies 
et thèmes variés avec orchestre, quatuor ou 
piano, des trios pour trois flûtes, dix œuvres 
de duos pour le même instrument, et un très- 
grand nombre de morceaux détachés de tout 
genre. 

DROUET DE MAUPERTUY (Jean. 
Baptiste), né à Paris en 1C50, se livra, dans 
sa jeunesse, à l'étude de la jurisprudence, et 
l'abandonna ensuite pour cultiver les lettres. 
Un oncle, fermier général, lui procura un em- 
ploi considérable dans ia Provence; mais Drouet, 
en laissant tout le travail à ses commis, vit le 
désordre se mettre dans ses affaires et dissipa 
son riciie patrimoine. Revenu à Paris à l'âge 
de quarante ans, il se dégoûta du inonde, prit 
l'habit ecclésiastique en 1692, fit un séminaire 
de cinq ans, puis se retira dans l'abbaye de 
Srpt-Fonts. En 1702 il obtint un canonicat à 



Bourges, le quitta, voyagea, revint à Paris, 
et se fixa enfin à Saint-Germain en Laye où il 
est mort en 1730, âgé de quatre-vingts ans. 
Les Mémoires de l'Académie royale des Sciences 
(ann. 1724, p. 215-226) contiennent l'analyse 
d'un Mémoire sur la forme des instruments 
de musique, qu'il avait adressé à celte so- 
ciété savante. Ce morceau est de peu de va- 
leur et renferme beaucoup d'inexactitudes dans 
les faits. 

DRUELE, en latin DRUEL^US (Curé- 
tien), pasteur à. Kellinghausen, dans le Holstein, 
vers le milieu du dix-septième siècle, fut aussi 
compositeur de musique religieuse. 11 a fait 
imprimer un recueil de vingt-neuf concerts à 
plusieurs voix sur les dix premiers psaumes de 
David, sous ce litre : Psalmodia Davidica, 
Hambourg, 1C50. 

DRUCKENMULLER (Chr.-Wouganc), 
musicien allemand, compositeur et vraisembla- 
blement violoniste , paraît avoir vécu dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle à Hall-dc- 
Souabe (Schwad)isch-Ilall ), aujourd'hui ville du 
royaume de Wurtemberg. Il s'est fait connaître 
par un recueil de pièces instrumentales publié 
sous le litre bizarre : Miïsikalischcs Tafel- 
confect, etc. (Confitures musicales detable, les- 
quelles consistent en sept parties, etc.) ; Hall-de- 
Souabe, IC08, in-8° oblong. Celte musique est 
écrite pour des violons, violes et basse de viole. 

DRUZECHY ou DRUSCHETZIÎY 
(Georges), musicien hongrois, né vers le 
milieu du dix-huitième siècle, était, en 1787, 
attaché au service du comte de Grassalkovicz. 
Il a composé beaucoup de pièces d'harmonie 
pour deux clarinettes, deux hautbois, deux cors, 
deux bassons et trompette, ainsi que des con- 
certos pour le hautbois et d'autres instruments 
h vent. Enfin on a de lui l'opéra de Versée et 
Andromède , le ballet de Inkle et Yariko, et 
une symphonie de bataille pour Adèle de Pon- 
ihieu. Druschetzky fut d'abord timbalier des 
états de la haute Autriche, à Lintz, et y publia, 
en 1783, six solospour le violon. 

DUBOIS (Amédée), violoniste et directeur 
de l'école communale de musique, à Tournay, 
est né dans cette ville le 17 juillet 1818. Après 
avoir appris les éléments de la musique et du 
violon par les soins d'un musicien nommé Mo- 
reau , il fut admis comme élève au Conserva- 
toire de Bruxelles, en 1836, où M. Wéry fut 
son professeur. En 1838 le second prix de cet 
instrument lui fut décerné au concours, et il 
obtint le premier l'année suivante. Peu de temps 
après il partit pour Paris, s'y fit entendre avec 
succès dans quelques concerts , et fut engagé 



Gl 



DUBOIS — DUBREUIL 



pour l'orchestre du Casino Paganini. Recherché 
dans les salons de cette capitale pour son talent 
gracieux, il ne s'éloignait de temps en temps de 
Paris que pour donner des concerts dans les dé- 
partements, particulièrement dans le nord de la 
France. En 1851 il visita la Hollande, s'y lit 
entendre avec succès dans plusieurs villes , et 
fut décoré par le roi de l'ordre de la Couronne 
de chêne. Dans la même année il reparut à Pa- 
ris et y donna un concert brillant. Rappelé dans 
sa ville natale pour y prendre la direction de 
l'école communale de musique, -il s'y est marié, 
et s'y est livré avec ardeur aux soins que récla- 
mait l'établissement qui lui était confié. Quelques 
morceaux pour le violon, de la composition de 
cet artiste, ont été publiés à Paris. 

DUBOIS (Charles-Victor), organiste et 
professeur d'harmonium au Conservatoire de 
Bruxelles, est né àLessines (Hainaut) le 11 dé- 
cembre 1832. Uneopbthalmiemal traitée dans son 
enfance le priva de la vue. Entré à l'institution 
des sourds-muets et aveugles de Bruxelles le 
16 mai 1842, il y reçut son éducation musicale 
de l'organiste de cette maison religieuse , nommé 
Frère Julien. Après huit années d'études, M. Du- 
bois sortit de l'institution, le 23 décembre 1850. 
Doué d'une rare intelligence et d'un sentiment 
musical distingué, il se fit bientôt remarquer par 
son talent sur l'harmonium, et fut attaché à la 
grande fabrique d'orgues et d'harmoniums de 
MM. Merkliu et Schiitz, à Bruxelles. Ses progrès 
étaient remarquables chaque année dans l'art de 
jouer de ces instruments. Son talent consiste par- 
ticulièrement dans l'art d'en varier les effets de 
la manière la plus heureuse, et d'improviser des 
pièces très-développées, où toutes les richesses 
des sonorités sont employées avec beaucoup de 
tact. Un cours d'harmonium à été établi comme 
essai au Conservatoire de Bruxelles, et M. Du- 
bois en a été nommé professeur. Ce. jeune ar- 
tiste, digne de beaucoup d'intérêt, s'est fait en- 
tendre avec succès dans les villes les plus impor- 
tantes de la Belgique, à Paris , et dans plusieurs 
grandes villes de France. On a imprimé jusqu'à 
ce jour (18G0) de sa composition : 1° Trois mé- 
lodies pour harmonium; Bruxelles, Katto, 1857. 
— 2° Pastorale idem, ibid., 1858. — 3° Caprice 
idem, ibid., 1858. — 4° Méthode pour harmo- 
nium, ihid., 1859. 

DUBOS ( Jean-Baptiste ), né à Beauvais en 
1670, se livra d'abord à l'étude de la théologie, 
mais y renonça bientôt pour celle du droit pu- 
blic. Successivement employé par M. de ïorcy, 
ministre des affaires étrangères , par le régent et 
par le cardinal Dubois, dans plusieurs négocia- 
tions secrètes, il réussit et reçut en récompense 



des pensions et des bénéfices. Il quitta les af- 
faires publiques pour se livrer à la culture des 
lettres, et ses ouvrages lui valurent l'entrée de 
l'Académie, en 1720. Il est mort à Paris le 23 mars 
1742, âgé de soixante-douze ans. Parmi les ou- 
vrages qu'il a publiés on remarque ses Réflexions 
critiques sur la Poésie et sur la Peinture, qui 
parurent en 1719 pour la première fois, 2 vol. 
in-12, et qui ont été souvent réimprimées en 3 vol. 
On trouve au premier vol. Sect. 45 : Delà mu- 
sique proprement dite. Sect. 46 : Quelques ré- 
flexions sur la musique des Italiens; que les 
Italiens n'ont cultivé cet art qu'après les Fran- 
çais et les Flamands. Sect. 47 : Quels vers sont 
les plus propres à e'tre mis en musique. L'abbé 
Dubos manquait des connaissance* nécessaires 
pour traiter de tout cela d'une manière utile. 

DUBOURG (Matthieu), l'un des meilleurs 
violonistes que l'Angleterre ait produits, naquit, 
en 1703, d'un maître de danse nommé Isaac. 
Lorsqu'il eut atteint sa onzième année, il fut 
placé sous la direction de Geminiani, qui lui 
communiqua son excellente méthode. En 1728 
il fut appelé à Dublin pour y remplir la place 
de premier violon et de compositeur des concerts 
de cette ville. Après un séjour de quelques an- 
nées en Irlande, il passa au service du prince 
de Galles, et à la mort de Festing, en 1752, il 
devint directeur de la troupe du roi , place qu'il 
occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1767. Burney 
rapporte sur lui l'anecdote suivante : Accompa- 
gnant un jour, au théâtre, un air avec violon 
obligé, il s'égara si bien dans un point d'orgue 
que Hsendel, qui conduisait l'orchestre, lui cria, 
lorsqu'il revint dans le ton : Grâces au ciel, mon- 
sieur Dubourg, vous voilà enfin rentré chez 
vous! exclamation qui valut au violoniste les 
applaudissements de toute la salle. Dubourg est 
connu comme compositeur par quelques morceaux 
de musique vocale qu'il écrivit en Irlande, et par 
un grand nombre de solos et de concertos de 
violon; aucun de ces ouvrages n'a été publié. 

DUBOURG (Georges). Sous ce nom, qui 
n'est peut-être qu'un pseudonyme, on a publié 
en Angleterre un livre qui a pour titre: ihe Yio- 
lin and its professons, from ihe earliesl period 
to Ihe présent time ) uithoriginah Manoirs and 
Anecdotes of Paganini' s, etc.; Londres, 1836, 
in-8°. La troisième édition a paru en 1850 à 
Londres, chez M. Rob. Cocks, lvol. in-12. Ce 
volume renferme des choses curieuses et de 
bons renseignements sur quelques violonistes. 

DUBREUIL (Jean), maître de clavecin, né 
à Paris vers 1710, est mort dans la même ville 
en 1775.11 adonné un Manuel harmonique, 
ou Tableau des accords pratiques; Paris, 1767. 



DUBREUIL — DUCCI 



61 



in-8°, qui n'est qu'une rapsodie dénuée de tout 
mérite, et un recueil d'airs, sous le nom de 
Dictionnaire lyrique; Paris, 1769, 2 vol. 
in-8°, avec un supplément eu deux volumes, pu- 
blié en 1771. 

DUBUGRARRE (....), organiste de Saint- 
Sauveur de Paris, fut au nombre des professeurs 
de musique qui plaidèrent contre Guignon , roi 
des violons , vers le milieu du dix-huitième siècle, 
comme on le voit par l'arrêt du parlement du 
30 mai 1750. Dubugrarre a publié, en 1754, un 
ouvrage élémentaire qui a pour titre : Méthode 
plus courte et plus facile que Vanciennepour 
F accompagnement du clavecin ; Paris, in-fol. 
obi. En 1760 ce musicien a donné aussi des 
principes élémentaires de musique en un petit 
volume in-24 , sous le titre d'Étrennes à la 
jeunesse, où Von détaille les principes de la 
musique. 

DUC (Philippe De), compositeur belge, vi- 
vait dans la seconde moitié du seizième siècle 
et paraît s'être fixé en Italie. On connaît sous 
son non: 1° Madrigali a qualtro voci, con 
nna serenata e un dialogo a otto; Venise, 
G. Scotto, 1570. — 2° Madrigali a cinque et 
sei voci; Venise, Giac. Vince7iti e Ricciardo 
Amadino , in-4° obi., 1586. — 3° Il primo li- 
bro de Madrigali a 4, 5 e 6 voci; Venise, 1591, 
in-4°. — 4° Le Virgine, a sei voci, con un 
dialogo a otto nelfme, novamente composti, 
libro primo. In Venezia,app. lifigliuoli d'An- 
tonio Gardano, 1574, in-4° obi. 

DUC A (Jean), professeur de chant, né en 
Italie, s'est fixé à Paris vers 1848, et y a pu- 
blié un livre intitulé : Conseils sur l'étude du 
chant , traduits de l'italien par M. J. Boyer ; 
Paris, Bonoldi frères , 1851 , 1 vol. in-8° de 
214 pages. Cet ouvrage, bien écrit, renferme 
une exposition simple et claire des éléments 
de l'art du chant. 

DUCANCEL (Charles- Pierre), fils d'un 
chirurgien de Beauvais, naquit dans celte ville 
et exerça, pendant la révolution française, la pro- 
fession de défenseur officieux, à Paris, puis 
celle d'avoué, jusqu'en 1810. Il avait em- 
brassé les principes de la Révolution avec ardeur; 
mais, après l'arrestation de Louis XVI à Varen- 
nes et les événements du 10 août, il revint 
avec enthousiasme aux sentiments monarchiques 
et écrivit des brochures hardies contre les ter- 
roristes. Plus tard il fit représenter quelques co- 
médies au théâtre Louvois et au théâtre Mon- 
tansier. Estimé pour sa probité, mais homme 
passionné, d'une instruction médiocre, et esprit 
de peu déportée, il écrivait fort mal, et pas un 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. T. 1U. 



bon ouvrage n'est sorti de sa plume. Il s'est 
retiré dans une propriété qu'il avait à Clermont, 
département de l'Oise. En 1815 il fut nommé 
sous-préfet de ce lieu; mais le ministère, mé- 
content des élections de son arrondissement en 
1816, le priva de son emploi, et depuis lors il 
vécut dans la retraite. Il est mort à Clermont en 
1835. Ducancel a publié une brochure de plus de 
200 pages ayant pour titre : Mémoire pour J.- 
F. Lesueur, un des inspecteurs de l'enseigne- 
ment au Conservatoire de Musique, en ré- 
ponse à la partie d'un prétendu recueil de 
pièces imprimé, soi-disant, au Conserva- 
toire, et aux calomnies dirigées contre le cit. 
Lesueur par le cit. Sarrette, directeur de 
cet établissement ; contenant en outre quel- 
ques vues d'amélioration et d'affermissement 
dont le Conservatoire paraît susceptible; 
Paris, 1802, in- 8°. On a aussi de Ducancel : 
Mémoire au roi, pour : 1° Colombe Rigiery, 
dite Colombe aînée ; 2° Marie-Madeleine Ri- 
giery cadette, dite Adeline; 3° Pierre-Jo- 
seph Narbonne; 4° Joseph Dorsonville ; 
5° Charlotte - Rosalie Pitrot; 6° Jeanne- 
Louise-Elisabeth Verleuil; 7° Paul-Marie 
Langlois, dit, Courcelles ; 8° Pierre-Phili- 
bert Granger ; 9° Jean-Pierre Valroy; tous 
anciens comédiens italiens ordinaires du roi 
et pensionnaires de Sa Majesté, contre les 
comédiens ordinaires du roi, sociétaires ac- 
tuels de l 'Opéra-Comique; Paris, Le Normant, 
1815, in-4°de44 pag. L'objet de ce Mémoire 
était de faire admettre comme pensionnaires de 
l'Opéra-Comique les anciens acteurs du théàtrequi 
avaient été réunis aux acteurs du théâtre Feydeau. 
DUCANGE (Charles DUFRESJNE). Voy. 
Canoë (du). 

DUCAURROY (François-Eustache). Voy. 
Caurroï (du). 

DUCCI (Les frères Antoine et Michel-Ange), 
facteurs d'orgues à Florence, ont placé à l'expo- 
sition universelle de l'industrie, à Londres, en 
1851, un orgue ingénieusement conçu. Cet ins- 
trument renferme un principal ou montre de 8 
pieds, divisé en deux demi-registres; une flûte 
de 4, également divisée par moitié, une doii- 
bletle, un flageolet, un larigot, et une trompetto 
de 8 divisée en deux demi-registres, le tout 
contenu dans une caisse étroite dont la hauteur 
n'est que de 1 mètre 46 centimètres, la largeur 
96 centimètres, et la profondeur 52. Tout le 
mécanisme et le placement des tuyaux dans un 
espace si restreint indiquent une grande intelli- 
gence dans les dispositions. Mais la partie essen- 
tiellement remarquable de ce singulier instrument 
consiste dans le jeu de la pédale, dont le clavier, 

5 



60 



DUCCI — DUCHAMBGE 



(Vut h-ut, a l'étendue d'une octave divisée en 
douze demi-tons. Cette pédale est un bourdon 
de 16 pieds dans la note la plus grave. Les 
douze demi-tons sont produits par le même tuyau 
en bois de 4 pieds, placé dans la caisse qui sert 
de siège à l'organiste. Ce tuyau, étant bouché, 
ne pourrait produire que l'intonation d'un tuyau 
ouvert de 8 pieds pour la note la plus grave, ré- 
pondant à Vut de la quatrième corde du violon- 
celle; mais, par les circuits que l'air est contraint 
de faire dans la capacité du tuyau , le son est 
baissé d'une octave et sonne le 16 pieds. Des 
ouvertures pratiquées dans la paroi supérieure 
du tuyau, et fermées par des espèces de soupapes 
à ressort, servent à produire les douze demi-tons 
chromatiques, qui répondent aux marches du 
clavier de pédales et fonctionnent avec beaucoup 
de régularité. De cette combinaison résulte une 
puissance de sonorité qui paraît incompatible 
avec les proportions d'un si petit instrument. 
Le jury de l'exposition a décerné une médaille 
de prix aux inventeurs de cet orgue ingénieux. 

Les mômes industriels ont voulu appliquer leur 
principe à un instrument, basse d'orchestre, au- 
quel ils ont donné le nom de baristate; mais 
les résultats qu'ils ont obtenus n'étaient pas sa- 
tisfaisants. 

DUCERCEAU (Jean- Antoine), né à Paris 
fe 12 novembre 1670, entra chez les jésuites le 
12 janvier 1688. Ayant été nommé précepteur 
du prince de Conti, il l'accompagna à Yéret, 
château du duc d'Aiguillon, près de Tours. Le 
jeune prince, en maniant un fusil qui avait été 
chargé à balle, sans qu'il le sût, eut le malheur 
de tuer son précepteur, le 4 juillet 1730. P.Dn- 
«erceau fut l'un des rédacteurs du Journal de 
Trévoux , où il a inséré : Dissertation adressée 
au père Sanadon, où l'on examine la traduc- 
tion et les remarques de M. Dacier sur un en- 
droit d'Horace, et où l'on explique par occa- 
sion ce qui regarde le tétracorde des Grecs; 
Mém. de Trévoux, t. LU, pag. 100-141 et 284- 
310. Le passage d'Horace qui donna lieu à celte 
dissertation est celui-ci (Ode 9 e du 5 e livre) : 
Souante mistum tibiis carmen lyra, 
Hac liuriiui), illis barbarurn. 

S'appuyant sur l'autorité de l'ancien scolraste 
d'Horace, le P. Ducercean voulait que le mode 
appelé barbare par ce poète fût, non le lydien, 
mais le phrygien , dans lequel les flûtes auraient 
accompagné la lyre, qui jouait dans le mode do- 
rien. Pour faire coïncider ces modes, il imagi- 
nait, d'après les notes de Wallis sur Ptolémée, 
de transporter le mode dorien dans notre ton de 
la mineur et le mode phrygien dans celui de la 
majeur, prétendant que la lyre, et les flûtes 



jouaient, non pas ensemble, mais alternativement 
dans ces deux modes. Dans une analyse de la 
traduction d'Horace par le P. Sanadon, qui fut 
insérée an Journal des Savants du mois de 
mai 1728, se trouve une critique de ces idées du 
P. Ducerceau, dont on fait voir le faux et l'arbi- 
traire. Une réponse fort longue et peu polie fut 
faite à cette critique par Ducerceau ; elle parut 
dans les Mémoires de Trévoux (novembre et 
décembre 1728, janvier et février 1729). Une 
réplique modérée et fort bien faite, quoiqu'elle 
avance peu l'état de la question, fut publiée dans 
le Journal des Savants du mois de mai 1729. 
Elle porte particulièrement sur l'impossibilité 
d'entendre les vers d'Horace dans le sens que 
lui donne le P. Ducerceau , c'est-à-dire par la 
supposition que la lyre et les flûtes ne se fai- 
saient entendre qu'alternativement. On y discute 
aussi la question de la transposition des modes, 
et l'on fait voir que les opinions du jésuite sont 
complètement erronées sur ce sujet. Cette répli- 
que termina la dispute. Le passage qui y donna 
lieu avait déjà été examiné dans un Mémoire 
des Transactions philosophiques de 1702 (voyez 
Molineux), et a été reproduit depuis dans les 
Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome 
35, pages 360-363. {Voy. Chabanon. ) 

DUCHAMBGE (M™ Pauline), ou DU 
CHAMBGE, née à la Martinique, en 1778, 
d'une famille noble et riche , fut amenée très- 
jeune à Paris, et reçut sa première éducation 
dans un couvent , où elle eut Desormery pour 
premier maître de piano. Après les événements 
du mois d'août 1792 elle fut tirée de cette retraite 
et rentra chez ses parents. A vingt ans elle per- 
dit son père, sa mère et sa fortune. Ce fut vers 
cette époque qu'elle épousa le baron Duchambge, 
qui ne la rendit point heureuse; un divorce s'en 
suivit, et une modique pension fut la seule ressource 
qui lui resta pour vivre. La simplicité de ses goûts, 
l'ordre et l'économie la rendirent suffisante. C'est 
vers cette époque (1800) que M me Duchambge 
se livra avec ardeur à son penchant pour les arts, 
particulièrement pour la musique, et qu'elle y fit 
des progrès remarquables. Liée avec plusieurs 
artistes de grand mérite, parmi lesquels on re- 
marquait Dussek, dont les leçons perfectionnèrent 
son talent de pianiste, Cherubini, qui écrivit pour 
elle quelques compositions restées inédites, 
Auber, pour qui elle eut un sentiment plus ten- 
dre que l'amitié, Rode, Lamare, Girodet, Le- 
gouvé, elle puisait dans leur conversation des 
notions du beau qui répondaient à son propre 
sentiment. Son entretien, où régnait toujours 
une certaine mélancolie, était plein de douceur 
et de charme. Son double talent de pianiste eJ 



DUCHAMBGE — DUCHKMhN 



67 



de cantatrice se ressentait de cette disposition de 
son âme. En 1814, M" ,e Duchambge, victime des 
événements politiques, perdit la pension qui 
jusqu'alors avait suffi à ses besoins ; elle dut 
chercher dans ses talents d'autres ressources. 
Quelques morceaux de piano, et plusieurs ro- 
mances où l'on trouvait de la distinction, l'avaient 
fait connaître des amateurs ; elle eut bientôt des 
élèves et se consacra à l'enseignement autant 
que le lui permettait sa constitution délicate. 
C'est dans cette carrière pénible et dans la com- 
position d'une multitude de romances charmantes 
qu'elle parvint à la vieillesse. Lorsque les forces 
lui manquèrent, elle se confina chez elle, ne con- 
servant de relations qu'avec un très-petit nom- 
bre d'amis intimes. Elle finit par être oubliée. 
M me Duchambge s'est éteinte à l'âge de quatre- 
vingts ans, le 23 avril 1858. On a gravé de sa 
composition : 1° Trois études et un caprice pour 
le piano; Paris, Pleyel. — 2° Deux thèmes va- 
riés pour le piano; Paris, Le Duc. Mais c'est 
surtout par le charme de ses romances que 
j\irae Duchambge a conquis une place parmi les 
artistes distingués ; elle en a composé plus de 
trois cents. Quelques-unes sont comptées parmi 
les meilleures productions de ce genre; pour 
n'en citer que les plus célèbres, je mentionnerai 
VAnge gardien, la Brigantine, la Séparation, 
le Bouquet de bal, le Matelot, le Re've du 
Mousse, le Couvre Feu, Angèle, etc. Les mé- 
lodies deM me Duchambge se font remarquer par 
une sensibilité douce et l'élégance de la forme. 

DUCHA.MP (Marie-Catherine-Césarine), 
née à Paris le 14 mai 1789, entra d'abord 
dans la classe de chant de Plantade, au Con- 
servatoire de Musique, le 15 pluviôse an x:n 
(31 janvier 1805), et devint ensuite élève de 
Garât, le 9 mars 1807. Mademoiselle Duchamp 
possédait une très-belle voix de contralto et 
avait acquis par les leçons de Garât un fort beau 
talent qu'elle fil admirer dans les concerts de- 
puis 1813 jusqu'en 1817; mais une surdité dont 
elle fut atteinte, et qui augmenta progressive- 
ment, ne lui permit plus de se faire entendre; ce- 
pendant elle a continué d'enseigner le chant pen- 
dant plusieurs années. Elle a publié à Paris quel- 
ques romances avec accompagnement de piano. 

DUCHARGER (...), professeur de mu- 
sique, suivant ce qu'il nous apprend dans un de 
ses écrits, était né à Dijon dans la première 
moitié du dix-huitième siècle. Il est très-vrai- 
semblable qu'il y a identité entre cet artiste et 
un musicien nommé Charger dans la première 
édition de cette Biographie, qui fut attaché au 
service du prince de Conti entre 1745 et 1749, 
ainsi qu'avec un académicien de Dijon indiqué ' 



sous le nom de Chargey (De), dans la France 
littéraire de M. Quérard, et simplement Char- 
ger) dans notre première édition. Par une lettre 
que Ducharger écrivit à Rameau en 1753, on 
voit qu'il était alors à Saint-Malo. En 1761, 
époque où il publia un de ses ouvrages, il demeu- 
rait à Rennes ; et, enfin, si, comme je le crois , il 
est le même que De Chargey, cité par Quérard 
comme l'auteur d'un autre opuscule concernant 
la musique, il retourna ensuite à Dijon, où il 
était en 1773. Quoiqu'il en soit, il parut sous le 
nom de Charger ou Ducharger, à Paris , en 
1745, une cantatille intitulée : le Pouvoir de 
V amour, et quatre ans plus tard, dans la même 
ville, un livre de sonates en trios pour le violon. 
Sous le nom de Ducharger, de Dijon, fut pu- 
blié ensuite un écrit qui a pour titre : Réflexions 
sur divers oxwrages de M. Rameau; Rennes, 
1761, in-12de47 pages. L'auteur établit très- 
bien dans cet écrit que le système de la basse 
fondamentale repose sur une base fausse, Ra- 
meau n'ayant pu trouver dans le principe du 
corps sonore l'accord de la sous-dominante, in- 
dispensable à ce système, si ce n'est par la 
supposition gratuite d'une résonnance appelée 
sous-multiple par Rameau ; supposition suivant 
laquelle la corde mise en vibration ferait entendre 
un accord parfait dont le son de la corde serait 
la quinte. Il ne faut pas confondre cette prétendue 
résonnance avec le phénomène du troisième 
son, sur lequel Tartini (voy. ce nom) a bâti son 
système. Le dernier écrit qui paraît appartenir 
à Ducharger, et non à De Chargey , est inli- 
tulé : Entretiens d'un musicien français avec 
un gentilhomme russe sur les effets de la mu- 
sique moderne, ou tableau des concerts de 
province, avec des lettres à l'Académie de 
Dijon, à d'Alembert, Marmontel et J.-J. Rous- 
seau; Dijon, 1773, in-8°. 

DUCHEMIN (Nicolas), graveur, fondeurde 
caractères typographiques et imprimeur de mu- 
sique à Paris, naquit à Provins versl510.Un très- 
grand nombre d 'œuvres de musique est sorti de 
ses presses, depuis 1 550 jusqu'en J 571 - Ses éditions 
sont nettes, ses caractères élégants et d'une bonne 
dimension. Duchemin a aussi fait usage des ca- 
ractères gravés par Nicolas Devilliers et Philippe 
Danfrie. Peignot dit (Dictionn. raisonné de 
Bibliologic, t. III, p. Il 1 ) que Duchemin a Im- 
primé depuis 1541 jusqu'en 1544; il Be s'est pas 
souvenu qu'il avait cité dans le premier volume 
du même ouvrage ( page 470) le recueil de messes 
de divers auteurs, avec un titre général qui porte 
la date de 1568, in-fol. max. C'est pour ces mes- 
ses, publiées séparément depuis 1556, que Duche- 
min fit graver, en 1555, les grands caractères de 



68 



DUGHEM1N — DUC1S 



Devilliers e { de Danfrie. Les exemplaires de re- 
cueils de compositions publiés par Duchemin sont 
aujourd'hui d'une grande rareté. Il a imprimé 
aussi quelques traités de musique dont le moins 
connu, sans nom d'auteur, est intitulé : L'Art, 
science et pratique de Plaine Musique, et 
de Vinstitution musicale, très-utile, profitable 
et familière; Paris, Nie. Duchemin, 1556, in-12. 
Après la mort de Duchemin , ses poinçons et 
matrices ont passé chez Guillaume Le Bé. 

DUCIS (Benoît), compositeur du seizième 
siècle , naquit vraisemblablement à Bruges vers 
1480, suivant quelques indications qu'on trouvera 
plus loin. Ce musicien est désigné souvent sous 
le nom de Benedictus par les auteurs anciens 
qui en ont parlé, ainsi que dans les recueils où 
l'on trouve quelqu'une de ses compositions. 
Celles-ci portent tantôt le nom de Benedictus 
simplement, tantôt celui de Benedictus Ducis , 
et même quelquefois celui de Ducis seul. C'est 
le même musicien que Gesner ( Bibliotk. uni- 
vers.), et, d'après lui, Walther et Gerber ont 
appelé Dux, quoique, suivant l'usage parmi les 
auteurs anciens des Pays-Bas, les noms latinisés 
soient en général placés au génitif; il est vrai 
que le nom de Dux se trouve sur un recueil 
d'Odes d'Horace mises en musique à trois et à 
quatre voix, lequel a été publié à Ulm en 1539, 
ainsi que sur quelques mélodies placées par 
Hans Walter dans son Cantionale. Ce nom 
latin a fait croire à Kiesewetter que le nom 
véritable de Ducis est Herzog, et qu'il était 
Allemand de naissance (voy. le supplément du 
Mémoire de Kiesewetter sur les musiciens néer- 
landais, art. 3, p. 86 , et Geschichle der euro- 
pxisch- Abendlxndischen oder unsrer heu- 
tigen Musik, page 61). D'autres en ont fait un 
Suisse, en le confondant avec Benoît d'Appenzell 
(•iioy. ce nom). J'ai démontré dans la notice sur 
celui-ci, par un monument authentique, qu'il n'y 
a pas d'identité entre ces deux artistes, et que 
Ducis est plus ancien que Benoît d'Appenzell. 
Dans la première édition de cette Biographie 
j'ai émis l'opinion que Ducis était Belge de nais- 
sance, et que son nom tîamand était Hertoghs 
(Duc), latinisé dans celui de Ducis ; des documents 
récemment découverts, dans les archives d'An- 
vers, par M. Léon de Barbare (voy. ce nom ), dé- 
montrent que j'étais dans le vrai. On voit, dans 
les registres de la confrérie de Saint-Luc d'Anvers, 
que Ducis ou Hertoghs fut prince de la Gilde, 
c'est-à-dire chef de cette confrérie, ce qui 
était alors la plus haute dignité qu'un artiste 
pût obtenir dans les Pays-Bas. On voit aussi, dans 
les registres de l'église Notre-Dame de cetle ville, 
qu'il était, dans le même temps, organiste spécial 



de la chapelle de la Vierge , dans celte collé- 
giale. Des offres avantageuses lui ayant été faites 
pour qu'il s'établît en Angleterre, il les accepta 
et partit d'Anvers en 1515. Après cette date on 
n'a plus de renseignements sur lui. Henri "VIII 
régnait alors, et, sans doute, amateur passionné 
de musique et compositeur, ce fut lui qui attira 
à sa cour le musicien belge, le plus célèbre alors 
de ceux qui habitaient les Pays-Bas. J'ai fait de 
vaines recherches chez les historiens anglais du 
même temps pour découvrir quelque indication 
relative à Ducis. Cependant il est hors de doute 
qu'il vivait encore en 1531, et même après, car il 
a composé une Monodie sur la mort de Josquin 
Deprès, qui avait été son maître de composition, 
et qui, comme je l'ai fait voir dans la notice de 
cet illustre musicien, ne mourut que dans celte 
même année. De tout ce qui précède il résulte 
que la carrière d'artiste de Ducis appartient à la 
première moitié du seizième siècle, ou, plus 
exactement, aux quarante premières années. 

Benoît Ducis est à juste titre placé au rang des 
maîtres les plus distingués de son temps. Son 
style a de la clarté, de l'élégance dans les mou- 
vements des voix; son harmonie a de la pléni- 
tude et de la pureté ; ses thèmes d'imitation sont 
ingénieux et riches de développements ; enfin il 
a toutes les qualités qu'on recherchait à une 
époque où le sentiment esthétique n'avait pas 
encore placé l'art dans le domaine de l'imagina- 
tion libre. La Monodie à quatre voix qu'il a 
écrite à l'occasion de la mort de Josquin Deprès 
est jusqu'à ce jour le seul morceau de Ducis qui 
ait été publié en partition. Burney (1) et Forkel (2> 
l'ont insérée dans leurs Histoires de la Musique; 
mai» il existe dans plusieurs recueils manuscrits 
et imprimés au seizième siècle un grand nombre 
de motets et de chansons de cet artiste. La Bi- 
bliothèqne royale de Munich en possède quelques 
morceaux ; un précieux manuscrit daté de 1542, 
lequel a appartenu à Zéghère de Maie et se trouve 
aujourd'hui dans la bibliothèque publique de Cam- 
brai (n° 124, 4 vol. in-4° obi.), ce manuscrit, 
dis-je, dont M. de Coussemaker a donné la des- 
cription (3), renferme douze chansons françaises 
à 4 parties, le motet Da pacem, Domine, le 
chant funèbre sur la mort de Josquin Deprès, et 
une pavane pour quatre instruments, tous de 
Ducis. Les Odes d'Horace, mises en musique à 
quatre voix par le même, ont été publiées sous 
ce titre : Harmonien uber aile Oden des 
horaz,fur3 und 4 Stimmen, der UlmcrJu- 

(1) A General History of Music, t. II, p. 513. 

(2) Allgem. Ceschiçhte der Musiic, t. Il, p. 601. 

(3) Notice des collections musicales de la BibUotliàqxtt 
de Cambrai, p. 65-91. 



DUCIS 



.69 



gend zuGefallen in Druck gegeben, etc. (Har- 
monies sur toutes les Odes d'Horace pour 3 et 
4 voix, etc.) ; Ulm, 1539. Quoique le,tilre de ce 
recueil soit en allemand, la musique est écrite 
sur le texte du poëte latin. Ce titre a fait croire 
à Gerber (1) que Ducis était professeur de mu- 
sique à Ulm à l'époque de cette publication, 
parce que l'ouvrage était destiné à la jeunesse de 
celte ville ; le fait en lui-même n'a rien d'invrai- 
semblable, car, Henri VIII ayant séparé son 
royaume delà communion romaine' en 1534, 
Benoît Ducis, calbolique fervent, comme on l'était 
alors en Belgique , n'aura pas voulu rester au 
service d'un prince scbismatique, ni écrire de la 
musique pour le nouveau culte. Il est donc 
moins étonnant qu'il ait accepté une position 
dans une ville impériale qu'il ne le serait qu'il 
eût destiné un de ses ouvrages à la jeunesse d'une 
ville éloignée, où il n'aurait pas été lui-même. 
Une messe à quatre parties se trouve dans deux 
manuscrits de la bibliothèque de Cambrai, cotés 
n°* 4 et 24 ; dans le premier elle porte le titre 
d'une chanson damande Myn Hert ( Mon Cœur) ; 
dans l'autre l'inscription est Myn Hertequin 
heeft altyd verlangen (Mon petit cœur désire 
toujours). J'ai dit, dans la première édition de 
cette Biographie, que cette messe est de Ducis, 
et je crois être certain que mon opinion 
à cet égard est fondée; mais je n'ai point 
conservé le souvenir de la source où j'ai 
trouvé ce renseignement. Depuis 1822 je n'ai 
point revu les manuscrits de Cambrai , dont la 
valeur est très-considérable, et dont j'ai signalé 
l'existence avant tout autre; depuis lors M. de 
Coussemaker s'est livré à l'examen de ces ma- 
nuscrits et en a publié la description : il n'a pas 
trouvé , dit-il , d'indication de l'auteur de la 
messe Myn Hert; ce n'est donc pas là que j'ai 
pris mes renseignements, mais j'en ai eu certai- 
nement d'autre part. 

Les recueils qui contiennent des compositions 
religieuses ou des chansons françaises à trois et 
quatre parties, sous le nom de Benedictus, et 
sans antre indication, sont en assez grand nombre; 
il est difficile de décider quelles sont celles qui 
appartiennent à Benoît Ducis ou à Benoît d'Ap- 
penzell; cependant il est vraisemblable que 
c'est dans les recueils dont les dates sont les plus 
anciennes , et dans ceux qui ont été imprimés à 
Augsbourget à Nuremberg, que se trouvent les ou- 
vrages de Ducis (s'il est vrai toutefois qu'il s'était 
retiré à Ulm), et que les autres, publiés à Anvers 
et à Louvain, depuis 1544 jusqu'en 1560, con- 
tiennent les productions de Benoît d'Appenzell. 

(1) Neues Lexikon der Tonkûnstler, tome 1, col. 972 



Quoi qu'il en soit, voici les titres de ces collec- 
tions : 1° ISovum et insigne opus musicum, 
sex, quinque et quatuor vocum , cujus in Ger- 
mania hactenus nihil simile usquam est edi- 
tum; Noribergae, arte Hieronymi Graphœi, 1573, 
petit in-4° obi. Les pièces de Benedictus se 
trouvent dans le deuxième volume de cette col- 
lection. — 2° Psalmorum selectorum qua- 
tuor et quinque vocum a prxstantissimis 
musicis in harmonias redactorum ; Norim- 
bergx, apud Jo. Petreium, 1539, petit in-4° 
obi. Les psaumes de Benedictus sont dans les 
deuxième et troisième volumes. — 3° Selectsc 
Harmonix quatuor vocum de Passione Do- 
mini; Vittebergx, apud Georg. Bhau, 1538, 
petit in-4° obi. — 4° Tertius liber Moite- 
torum ad quinque et sex voces. Opéra et 
solertia Jacobi Moderni, alias dicti Grand 
Jacques; Lugduni, 153S, in-4°. — 5° Collection 
de petiles chansons allemandes pour divers ins- 
truments, publiée par Fœrster sous ce titre -Ein 
Auszug gute aller uud newer Teutschen- 
Liedlein, einer rechten tcutsche-Art , auff 
allerleg Instrumente zu gebrauchen, aus- 
serlesen; Nuremberg, J. Pétréjus, l re et 2 e par- 
ties, 1539-1540. — 6° Selectissimx nec non 
familiarissimx Cantiones ultra centum , 
variis idiomatx vocum, etc., a sex usque ad 
duas voces; Augvstx Vindelicorum, Melchior 
Kriesstein excudebat, 1540, petit in-4° obi. 
— 7° Trium vocum Cantiones centum ; No- 
rimbergx , J. P être jus , 1541, in-4°. — 8° 
Quintus liber Motletorum quinque et. sex 
vocum, etc.; Lugduni, Jac. Moderni, 1543, in-4°. 
— 9° Le quatrième livre des Chansons à quatre 
parties, auquel sont contenues 34 chansons 
nouvelles, etc.; imprimées à Anvers, chez 
Tylman Susato, 1544, in-4° obi. On trouve 
aussi trois chansons à 4 et 5 voix de Benedictus 
dans le 5 e livre, ibid. , 1544; à 4, 5 et 6 
voix dans le 6 e livre, ibid., 1545, et enfin, 
c'est dans le septième qu'a été publiée la Mo- 
nodie de Ducis sur la mort de Josquin De- 
près, ibid., 1545. — 10° Cantiones octo, sex, 
quinque et quatuor vocum, omnium ju- 
cundissimi nuspiam antea (sic) xditi. Au- 
gustx Vindelicorum, Philippus Vhlardus 
excudebat, 1545, petit in-4° obi. — 11° Can- 
tiones sex et quinque vocum longe gravis- 
simx,juxtaac amenissimx , in Germania 
maxime hactenus typis non excusx ;Augustœ 
Vindelicorum, Melchior Kriestein, 1545, petit 
in-4° obi. Salblinger(voy. ce nom ) fut l'éditeur 
de ces recueils. — 12° Cantiones sacrx, quas 
vulgo Motteta vocant, ex optimis quibusque 
hujus xtatis musicis selectx libri quatuor ; 



70 



DUCIS — DUFAY 



Antverpix, apud Tylmanum Susato , 1546- 
1547, in-4° obi. — 13° Caniionum sacrarum, 
quas vulgo Molelta vocanl, 5 et 6 vocum, ex 
opiimis quibusque musicis selectarum , Libri 
I'VIII ; Lovanii, apud Petrum Phalesium, 
1554-1558, in 4° obi. Je crois que les pièces con- 
tenues dans ces derniers recuei appartiennent 
à Benoit d'Appenzell. 

DUCLOS (Charles PINEAU), né à Di- 
nan, en Bretagne, en 1704, fut envoyé fort 
jeune à Paris pour y laire ses études. En 1739 
il fut reçu à l'Académie des Inscriptions et Bel- 
les-Lettres, et en 1747 à l'Académie Française, 
dont il devint le secrétaire perpétuel en 1755. 
Il e6t mort à Paris le 26 mars 1772, dans sa 
soixante-neuvième année. Parmi ses ouvrages 
on remarque : Mémoire sur l'art de partager 
l'action théâtrale , et sur celui de noter la 
déclamation qu'on prétend avoir été en 
usage chez les Romains , dans les Mémoires 
de l'Académie des Inscriptions, t. XXI,' p. 191- 
208. Il est aussi l'auteur de l'article Déclama- 
tion, dans l'Encyclopédie méthodique, où il est 
question de la musique théâtrale. On trouve 
ces deux morceaux dans la collection de ses 
Œuvres donnée par Desessarls, en dix volumes 
in-8°; Paris, 1800. 

DUCLOS ( . . ■), horloger de Paris, in- 
venta, en 1782, une machine destinée à in- 
diquer la division des temps de la mesure en 
musique. Il appela cette machine rhythmo- 
mètre. Elle fut approuvée par les professeurs 
de l'École royale de Chant, et Gossec, l'un d'eux, 
fit sur cet instrument un rapport favorable 
qui a été imprimé dans la môme année, en un 
quart de feuille in-8°. 

DUCRAY-DUMINIL (François -Guil- 
laume), lié à Paris en 1761 , succéda en 1790 
à l'abbé Aubert dans la rédaction des Petites- 
Affiches de Paris. Il est mort à Ville-d'Avray 
le 29 octobre 1819, à l'âge de cinquante-huit 
ans. Auteur de beaucoup de romans mal écrits, 
mais où l'on trouve de l'intérêt. Ducray-Duminil 
a fait aussi des pièces de théâtre, des vaude- 
villes dont il a composé les airs pour les théâ- 
tres des boulevards de Paris, et s'est fait 
connaître, comme musicien, par Six Romances 
tirées du roman de Lolotte et Fanfan, avec 
accompagnement de harpe ou de clavecin; 
Paris, Boyer, 1788. — 2° Six Romances tirées 
d'Alexis, ou la Maisonnette dans les bois; 
ibid., 1789. — 3° Six Romances tirées des let- 
tres à Emilie, ibid. 

DUCREUX (Emmanuel ), fils d'un peintre 
de portraits au pastel, naquit à Paris en 1765. 
Destiné par son père à la peinture, il fit d'abord 



des études pour se livrer à l'exercice de cet art; 
mais son goût pour la musique le lui fit aban- 
donner. Il apprit à jouer de plusieurs instruments 
à vent, particulièrement de la flûte et du basson, 
et entra à l'orchestre du Théâtre-Français, en 
1789, pour ce dernier instrument. 11 est mort 
à Paris vers 1812. On a de sa composition : 
1° Symphonie concertante pour deux flûtes prin- 
cipales ; Paris, 1795, Sieber. — 2° Symphonie 
idem, n°2; ibid. — 3° Six Duos non difficiles 
pour deux flûtes , œuvre 3 ; ibid. — 4° Duos 
pour flûtes et basson, extraits des œuvres de J. 
Haydn et Mozart, liv. 1,2; ibid. — 5° Des 
airs variés pour flûte seule; Paris, Corbaux. — 
6° Les Folies d'Espagne , variées pour basson ; 
ibid. Ducreux a eu un fils qui, après avoir été 
quelque temps musicien dans un régiment, a 
été souffleur de musique à l'Opéra- Comique , 
en 1818. 11 a arrangé des airs d'opéras pour deux 
violons. 

DUERNER (J.), violoniste et composi- 
teur, est né en Bavière vers 1812. Il fut d'abord 
employé à la cour de Dessau comme violo- 
niste, et reçut du maître de chapelle Frédéric 
Schneider des leçons de composition. Eu 1838 
il était directeur de musique à Anspach et s'y 
distingua par la composition de plusieurs re- 
cueils de chants pour des chœurs de voix 
d'hommes. En 1844 il obtint la place de pro- 
fesseur de musique à l'Université. Une sympho- 
nie à grand orchestre composée par cet artiste 
a été exécutée à Dessau en 1838 et à Leip- 
sick en 1844. Il a publié à Leipsick , chez Pe- 
ters, une bonne sonate pour piano et violon, 
œuvre 15. Duerner est connu particulière- 
ment en Allemagne par un grand nombre de 
recueils de Lieder à une voix seule avec ac- 
compagnement de piano, œuvres 5, 6, 8, 9, 10, 
11, 12, 13, 14, etc. 

DUFAUR (Pierre), ou DUFAUR DE 
SAINT-JORY , fut un des plus savants 
hommes du seizième siècle. Après avoir été 
conseiller au grand conseil , puis maître des 
requêtes, il fut élevé à la dignité de premier pré- 
sident du parlement de Toulouse, le 8 juillet 
1597, et mourut d'apoplexie , le 18 mai 1C00, 
en prononçant un arrêt. Parmi ses ouvrages 
on en remarque un qui a pour titre : Agonisti- 
con, sive de re athletica, ludisque veterum 
gymnicis, musicis atque circensibus, spicile- 
giorum iractatus, tribus libris comprehensi, 
opus tessellatum, etc. ; Toulouse, 1595, in-4°. 
Cet ouvrage a eu plusieurs éditions. 

DUFAY ou DU FAY (Guillaume), célè- 
bre compositeur de la fin du quatorzième siècle, 
partage avec Égide Binchois et Jean Dunstaple 



DUFAY 



:i 



la gloire d'avoir épuré l'harmonie , de l'avoir 
affranchie des formes grossières et des suc- 
cessions de quintes , d'octaves et d'unissons 
qui entachent les productions des plus habiles 
musiciens du milieu du quatorzième siècle, tels 
que François Landino de Florence, Jacques 
de Bologne , Guillaume de Machault et autres ; 
enfin , de lui avoir imprimé un caractère de 
suavité qui a été se perfectionnant jusqu'à la fin 
du seizième siècle, dans la tonalité du plain- 
chant. Tinctor ou Tinctoris a fait de Dufay un 
Français; il se pourrait toutefois qu'il eût été 
mal informé, car j'ai trouvé, dans un traité ma- 
nuscrit de musique du commencement du sei- 
zième siècle, cette phrase : Secundum doc- 
frinam Wilhelmi Ditfais, Cimacensis Hann. 
( selon la doctrine de Guillaume Dufay, de 
Chimay en Hainaut) (1). Mon savant ami et 
parent Henri Delmotte, trop tôt enlevé aux let- 
tres et à l'histoire des arts, m'a objecté contre 
ce fait qu'il y avait peu de noms propres au 
quatorzième siècle qui ne fussent des indica- 
tions de lieux de naissance, de profession ou de 
sobriquets; qu'il était vraisemblable que le nom 
de Dufay était Guillaume, et que Dufay in- 
diquait qu'il était né dans un lieu appelé le 
Fay. S'il en était ainsi, Guillaume Dufay serait 
encore né dans le Hainaut, car on trouvait dans 
l'ancienne province de ce nom, intendance de 
Maubeuge, gouvernement de Landrecies, les 
communes de Fay-la-Ville et Fay-le-Château. 
Mais, jusqu'à preuve du contraire, je m'en tiens 
à l'indication du manuscrit. 

Il y a beaucoup d'incertitude à l'égard de 
l'école où ce musicien célèbre a pu s'instruire 
dans son art. Le conseiller Kiesewetter pense 
que ce dut être en Belgique , et fonde son opi- 
nion sur ce que les compositions de Dufay in- 
diquent un état de l'art beaucoup plus avancé, 
sous le rapport de l'harmonie, qu'on ne le trouve 
dans les ouvrages des musiciens florentins du 
quatorzième siècle et de Guillaume de Machault, 
auteur d'une messe à quatre voix écrite en 
1367 ; ce qui lui fait croire qu'il existait en 
Belgique une connaissance plus étendue de 
l'ait d'écrire en musique qu'ailleurs, et que Du- 
fay y a puisé son instruction. D'autre part, 
Kiesewetter remarque qu'antérieurement à ce 
musicien toute la notation était noire et dans 
le système exposé par Francon , tandis que 
la notation blanche apparaît pour la première 
fois dans les compositions de Dufay, de Binchois 

(1) Voyez à ce sujet mon Mémoire sur cette question ; 
Quels ont été les mérites des Néerlandais dans la mu- 
sique, etc., pages 12 et 13; Amsterdam, 1829, in-4°. 



et de Dunslaple, particulièrement du premier. 
(Voy. l'ouvrage de Kieseweller intitulé : Ges- 
chichte der europxisch-abenlsendischen oder 
unsrer heutigen Musik. Darstcllung ihres 
Ursprungcs, etc., p. 42-49.) M. de Cousse- 
maker suppose que la maîtrise de la cathé- 
drale de Cambrai est l'école où l'éducation mu- 
sicale de Dufay s'est faite ; il est conduit à 
cette conjecture parce qu'un manuscrit du 
commencement du quinzième siècle renferme 
une messe qui porte le nom de cet homme 
célèbre (1). Le fait n'est pas impossible; mais il 
faut avouer que la raison sur laquelle se fonde la 
conjecture est assez faible. Si l'artiste que celle 
notice concerne était né à l'une des deux com- 
munes du Fay , dont il vient d'être parlé, la 
conjecture de M. de Coussemaker ferait vrai- 
semblable, car toutes deux appartenaient au 
diocèse de Cambrai. L'influence de Dufay sur les 
perfectionnements de l'art ne peut être mise 
en doute, car Tinctoris, Adam de Fulde, Spa- 
taro, Gafori, ont signalé précisément ce maître 
comme ayant eu la plus grande part aux per- 
fectionnements de la musique de son temps. 
Adam de Fulde (voy. ce nom) , auteur d'un 
trailé de musique écrit en 1490, dit que Guil- 
laume Dufay fut l'auteur d'une multitude d'in- 
novations dans !a notation et dans l'emploi des 
dissonances par prolongation (2). D'ailleurs, 
Martin Le Franc , poëte français qui écrivait <le 
1436 à 1439 et que j'ai cité à l'article Binchois, 
ne nous laisse pas de doute sur l'opinion ré- 
pandue parmi les contemporains de Dufay 
concernant les perfectionnements introduits par 
lui dans la musique. Je rapporterai de nouveau 
ici les vers de ce poëte, à cause de leur im- 
portance pour le sujet dont il s'agit : 

Tapissier, Carmen, Cesarls 
N'a pas long-temps si bien chantèrent 
Qu'ils esbahirent tout l'aris 
Et tous ceux qui les fréquentèrent : 
Mais oneques jour ne deschantèrent 
En mélodie de tels chois 
(Ce m'ont dit ceuli qui les hantèrent), 
Que Guillaume Dufay et Binchois. 
Car ils ont nouvelle pratique 
De faire f risque concordance 
En haute et en basse musique, 
En feinte, en paxisc et en imuince. 
Etc., etc. 

Voilà bien les inventions, la nouvelle pra- 



(1) Notices sur les collections musicalesde la bibliothè- 
que de Cambrai, p. 4o. 

(2) Cujus rei venerabilem Guilhelmum. Duffaij inven- 
torem extitisse credo, quem et ?noderniores musici om- 
nes imitantur , etc. (Vide Scrip. ecclesiast. de Musica, 
coll. M.Gcrbcrto, t. 111, p. 350.) 



72 



DUFAY — DU FORT 



tique de Dufay et de Binchois constatée dans 
l'harmonie (la (risque concordance et la feinte, 
ou retard de consonnance) et dans la notation 
(la pause). Cependant Part existait déjà avant 
eux en France, bien que moins avancé, puisque 
trois musiciens, Tapissier, Carmen et Cêsaris, 
pouvaient esbahir tout Paris. 

A l'égard de l'argument tiré par Kiesewelter 
du peu de vraisemblance qu'on ait passé subite- 
ment de la notation noire à la notation blanche 
de Dufay, et de la probabilité que cette dernière 
notation était en usage dans les Pays-Bas lors- 
qu'elle était encore inconnue en France et en Ita- 
lie, je ferai voir, dans mou Histoire générale de 
la Musique, que la notation blanche était déjà 
connue en France avant Guillaume Dufay, ou du 
moins dans sa jeunesse, bien que d'un usage 
peu répandu et bien qu'elle fut peu perfectionnée. 
Je ferai voir aussi, par la publication de mor- 
ceaux de musique composés dans la première 
moitié du quinzième siècle, que l'usage de la no- 
tation blanche ne s'était pas tellement répandu 
qu'on ne se servît encore de la noire à cette épo- 
que; enfin je démontrerai, par deux chansons à 
trois voix composées aussi au temps de Dufay 
dans les Pays-Bas, et tirées d'un manuscrit des 
archives de Gand, que la notation noire était en- 
core celle dont on se servait alors dans ce pays, 
et que l'art d'écrire en harmonie y était inférieur 
à celui dont ce musicien a fait preuve dans ses 
ouvrages. D'où il suit qu'on ne peut contester 
à Dufay l'importance de ses travaux par des 
suppositions gratuites d'un avancement antérieur 
de l'art dans les Pays-Bas, et que sa gloire reste 
entière. (Voy. le Résumé philos, de l'hist. de la 
musique, p. cxcix. ) Que Dufay ait commencé 
l'étude de la musique dans la Belgique , cela est 
vraisemblable puisqu'il y était né ; mais il a pu 
la continuer en France, et y prendre les premières 
notions de la notation blanche, dont il a ensuite 
propagé l'usage et perfectionné le système. 

L'abbé Baini a trouvé dans les archives de la 
chapelle pontificale de Rome la preuve que Du- 
fay était attaché à cette chapelle, en qualité de 
ténor, dans l'année t380. Il ne devait pas être 
alors âgé de moins de vingt-cinq ans, en sorte 
qu'il a dû naître vers 1350 ou 1355 au plus tard. 
Il demeura attaché à cette chapelle tout le reste 
de sa vie et mourut en 1432, dans un âge 
avancé ; circonstance qui prouve que l'époque 
He sa naissance doit être placée vers 1350. 
Pendant le temps où il fut au service de la cha- 
pelle pontificale, il paraît qu'il visita la France 
et les Pays-Bas, car quelques vers de Martin Le 
Franc semblent indiquer que ce poète l'a vu à 
la cour des ducs de Bourgogne. 



Les archives de la chapelle pontificale ren- 
ferment quelques messes composées par Guil- 
laume Dufay, et dont les titres sont : Ecce 
ancilla Domini; Omme (Homme), l'Omme 
armé; Se la face ay pale; Tant me déduis. 
Tinctoris cite aussi la messe de ce compositeur 
intitulée de Saint Antoine. Kiesewetter a pu- 
blié le Kyrie (à quatre voix) de la inesse Se la 
face ay pale, le Benediclus de la messe Ecce 
ancilla Domini (à deux voix), le Kyrie (à 
quatre voix) de la messe de l'Homme armé. 
La précieuse section des manuscrits de la Bi- 
bliothèque royale de Belgique renferme un volume 
qui provient de la chapelle des ducs de Bourgo- 
gne, et qui contient beaucoup de messes et de 
motets des musiciens belges les plus célèbres 
au quinzième siècle. On y trouve trois messes à 
trois voix et trois autres à quatre voix de Du- 
fay. Le volume est coté 1555, in-fol. Un volume 
manuscrit du quinzième siècle, qui est à la bi- 
bliothèque de Cambrai sous len° 6, in-fol. , con- 
tient des Kyrie, Gloria et Credo de différentes 
messes, à trois et à quatre parties, au nombre 
desquels est un Gloria à 4 parties qui porte le 
nom de Dufay. Les autres pièces du volume 
sont sans nom d'auteur, d'oùM.deCoussemaker 
croit pouvoir conjecturer qu'elles appartiennent 
toutes au même auteur. Un manuscrit intéres- 
sant qui appartenait à Guilbert de Pixérécourt 
contient des motets et des chansons françaises 
de Dufay, entre autres la chanson à trois voix, 
Cent mille escus quant je voeldroie, mor- 
ceau très-remarquable par les imitations bien 
faites qu'il contient et par la pureté de son har- 
monie. 

Plusieurs auteurs ont dit que Dufay a ajouté 
deux octaves au système complet de Gui d'A- 
rezzo; cette assertion ne se soutient pas à l'exa- 
men des monuments historiques de l'art, comme 
je le prouverai dans mon Histoire de la Musique. 
Il est plus raisonnable de s'en tenir à cet égard 
au texte à" 1 Adam de Fulde, qui dit que Dufay 
ajouta quelques notes au-dessous du gamma-ut 
grave du système de Gui, et quelques autres 
notes au-dessus de cc-fa. 

DUFORT (Charles De), compositeur et 
maître de chapelle à Paris, est né à Sens le 21 
novembre 1803. Après avoir fait ses premières 
études de musique dans sa ville natale, il 
devint élève du célèbre hautboïste Brod, pour 
la composition. En 1831 il s'est présenté au con- 
cours de l'Institut ; mais, n'ayant pas réussi, 
il n'a plus tenté de nouvel essai. Il a publié beau- 
coup de musique d'église de laquelle nous con- 
naissons : 1° Messe semi-solennelle pour solos 
et chœurs, avec orgue; Paris, V Canaux. — 



DUFORT — DUGAZON 



73 



2° Psaume Lextcra Domini pour soprano et 
basse, chœur et orgue; ibid. — 3° Motets, Vent, 

Creator, à voix seule et orgue ; ibid i"A ve ve- 

rum, pour ténor solo, chœur et orgue; ibid. — 
5° salut aris Hostia, à 3 voix et orgue; 
ibid. — 6" Adorcmus, à 2 voix de soprano, 
chœur et orgue; ibid. — 7° Ave, maris Stella, 
à 3 voix et org.ie; ibid. — 8° Sub tuum prx- 
sidium, chœur à 2 voix de femme et orgue ; 
ibid, — 9° Hymne Veni, Sancle Spiritus , pour 
voix solo et chœur; ibid. — 10° Sombre nuit, 
aveugles ténèbres, quatuor religieux pour so- 
prano , contralto, ténor et basse, avec accomp. de 
piano : ibid. On a aussi de M. de Dnfort des ro- 
mances et des morceaux détachés de différents 
genres. 

DUFOUR ( Le P. J. ), jésuite de la maison 
de Vaugirard-lez-Paris, adonné des soins à 
l'impression du Graduale Romanum de son 
confrère le R. P. Lambillotte (voy. ce nom ) , 
après la mort de celui-ci, et a été l'éditeur de 
son livre intitulé : Esthétique, théorie et pra- 
tique du Chant grégorien. Une dissertation 
du R. P. Schubiger, moine bénédictin et maî- 
tre de chapelle au couvent d'Einsiedeln ( Suisse, 
canton de Schwitz ), ayant été insérée dans le 
numéro de décembre 1856 de la Revue de Mu- 
sique ancienne et moderne publiée par M . Th. 
Nisard, on y lut une appréciation sérieuse des Ira- 
vaux du P. Lambillotte sur le chant grégorien, 
dans laquelle ses erreurs fondamentales étaient 
démontrées (voy. Schubiger ). Le P. Dufourcrut 
devoir publier à cette occasion, dans le journal 
intitulé PAmi de la Religion ( 12 mars 1857), 
une Réponse à quelques attaques dirigées 
contre l'œuvre du P. Lambillotte. Elle fut ré- 
futée dans un écrit de M. Nisard qui a pour 
titre : le P. Lambillotte et dont Anselme Schu- 
biger; notes pour servir à l'histoire de la ques- 
tion du chant liturgique au commencement de 
l'année 1857 ; Paris, 1857, in-8° de 46 pages. Cet 
écrit fut suivi d'une Réponse de Loin Anselme 
Schubiger au P. Dufour, précédée de quel- 
ques réflexions faisant suite aux notes pour 
servir à l'histoire de la question du chant 
liturgique au commencement de l'année 
1857, .par Théodore Nisard; Paris, 1857,in-8° 
de 30 pages. D'autre part M. l'abbé Cloet ( voy. 
ce nom ) avait publié des Remarques critiques 
sur le Graduale Romanum du P. Lambillotte; 
le P. Dufour y répondit par un Mémoire sur 
les chants liturgiques restaurés par le P. 
Lambillotte, de la Compagnie de Jésus, et 
publiépar le P. L... de la même Compagnie. 
Examen des principales difficultés propo- 
sées par divers auteurs, et en particulier par 



l'abbé Cloet dans les Remarques critiques sur 
le Graduale Romanum, etc.; Paris, Adrien Lc- 
Clerc el C><\ in-4° de VI et 64 pages (voy. Cloet 
au sujet de ce Mémoire ). 

DUFRESNE ( Ferdinand ), (ils d'un violo- 
niste de l'orchestre de fa Comédie-Française, 
naquit à Paris en 1783. Élève de son père, il 
fut admis au Conservatoire en 1797, et reçut des 
leçons de Gaviniès pour le violon. Sorti de 
cette institution en 1800, il fut attaché à l'or- 
chestre de POpéra-Comique jusqu'en 1806, puis 
fut chef d'orchestre du théâtre de Nante>s 
pendant deux ou trois ans. De retour à Paris 
vers 1809 , il se livra à l'enseignement dans 
les collèges et dans les pensionnats. If vivait 
encore à Paris en 1825. Dufresne a publié en- 
viron vingt-cinq œuvres de duos, trios, airs 
variés, pots-pourris, et quatre concertos pour le 
violon. Son œuvre 20 est un quatuor brillant 
pour deux violons, alto et basse; Paris, Boiel- 
dieu. 

Le père de Dufresne, qui était attaché à l'or- 
chestre de la Comédie-Française dès 1752, a fait 
graver à Paris, en 1780, six solos pour flûte 
avec variations, œuvre 1. 

DUGAZON (Lodise-Rosalie LEFÈVRE), 
femme d'un acteur renommé de la Comédie-Fran- 
çaise, naquit à Berlin en 1753, et vint à Paris 
à l'âge de huit ans. En 1767 on la fit débuter 
comme danseuse au théâtre d'opéra -comique 
qu'on appelait alors la Comédie -Italienne. Sa 
grâce, sa gentillesse, l'intelligence dont elle fai- 
sait preuve, et le succès qu'elle obtint dans 
quelques petits airs qu'on lui fit chanter, déter- 
minèrent sa vocation pour le genre des comé- 
dies à ariettes. Le premier rôle qu'on lui confia 
fut celui de Pauline, dans le Sylvain de Grétry. 
Elle y fut applaudie avec tranports dès son dé- 
but, qui eut lieu le 30 juillet 1774. Sans posséder 
une belle voix , et sans instruction dans l'art 
du chant, elle savait exciter l'enthousiasme des 
habitués de la Comédie-Italienne par les accents 
d'un organe plein de charme. D'ailleurs, actrice 
douée d'instinct, de finesse et de sensibilité, 
elle savait émouvoir, faisait verser des larmes 
ou provoquait à son gré la gaieté. Les personnes 
qui l'ont entendue dans sa jeunesse parlent en- 
core avec admiration de son jeu et même de son 
chant dans les rôles de Babet (de Biaise et 
Babel )', de Justine (dans Alexis et Justine), 
et surtout de Nina. Lorsque l'âge ne lui permit 
plus de jouer ces rôles, elle prit ceux de mères ; 
mais , quoiqu'elle y fût encore bonne actrice , 
elle n'y produisit plus autant d'effet que dans 
ceux de sa jeunesse. En 1792 cette excellente 
actrice se relira de la scène ; elle y reparut en 



74 



DUGAZON — DUIFFOPRUGCAR 



1795', et sembla au public n'avoir rien perdu de 
son talent. Dans le Prisonnier, dans le Calife 
de Bagdad, et dans beaucoup d'autres pièces, 
elle mit à ses rôles un cacbèt particulier de gaieté 
et de linesse que n'ont pu retrouver toutes les 
actrices qui lui ont succédé. Madame Dugazon 
a donné son nom aux rôles de sa jeunesse et de 
son âge mûr ; on les distingue encore au théâtre 
en Jeunes Dugazon et Mères Dugazon. 
Retirée du théâtre en 1806, cette actrice est 
morte le 22 septembre 1821, à l'âge de soixante- 
huit ans. 

DUGAZON (Gustave), fils de la précé- 
dente, naquit à Paris en 1782. Admis au Con- 
servatoire de Musique de cette ville, il y devint 
élève de Berton pour l'harmonie, et, après avoir 
interrompu plusieurs fois ses études, passa sous 
la direction de Gossec pour la composition. En 
1806 il concourut à l'Institut de France et obtint 
le deuxième grand prix; puis il se livra à l'en- 
seignement du piano et publia plusieurs morceaux 
détachés pour cet instrument. Son premier ou- 
vrage pour la scène fut un ballet intitulé Noémi; 
il l'écrivit pour le théâtre de la Porte-Saint- 
Martin. En 1812 il fit représenter au théâtre 
Fcydeau Marguerite de Waldemar, opéra en 
trois actes, qui fut suivi de la Noce écossaise , 
en un acte (1814), et du Chevalier d'industrie, 
en un acte (1818), composé en société avec 
Pradher. Aucun de ces ouvrages ne réussit. 
Pour l'Opéra Dugazon à écrit : 1° les Fiancés 
de Caserte , ballet en un acte (1817); Alfred 
le Grand, ballet en trois actes , arrangé avec la 
musique du comte de Gallenberg (1822); Aline, 
ballet en trois actes , en société avec Berton 
(1823). Parmi les compositions instrumentales 
de Dugazon on remarque cinq mélanges d'airs 
variés en trios, pour piano, violon et violoncelle, 
Paris, Dufaut et Dubois, et Janet et Cotelle; 
cinq mélanges d'airs et nocturnes pour piano et 
cor, Paris, Gaveaux, Petit, Janet, Pacini ; fantai- 
sies , mélanges d'airs, préludes et toccates pour 
piano seul, Paris, Dufaut et Dubois, Le Duc, 
Petit, Janet, Schlesinger; airs variés pour 
piano seul, Paris, Petit, Janet, Dufaut et Du- 
bois; quadrilles de contredanses pour piano; 
duos pour harpe et piano, Paris, Le Duc. On a 
aussi de ce musicien plusieurs recueils de 
romances et de nocturnes à deux voix. Du- 
gazon est mort à Paris vers la fin de l'année 
1826. 

DUGUET (L'abbé), maître de musique à 
l'église Saint -Germain l'Auxerrois en 1767, 
passa en la même qualité à Notre-Dame en 
1780. Il a composé beaucoup de messes et de 
motets qu'on conserve en manuscrit dans la 



bibliothèque de la cathédrale de Paris. En 1767 
il fit exécuter avec succès un motet de sa com- 
position au Concert spirituel. 

DUHAMEL (J. -M.), ancien élève de l'É- 
cole polytechnique, puis directeur des études, 
dans cet établissement et membre de l'Académie 
des Sciences de l'Institut de France, est connu 
par divers ouvrages de hautes mathématiques , 
au nombre desquels on remarque celui qui a pour 
titre : Mémoire sur faction de Varchet sur 
les cordes (dans les Mémoires présentés par 
divers savants à l'Académie des Sciences 
tome VIII). 

DU HEM ( Hippolvte-Jean) , professeur de 
trompette au Conservatoire royal de Bruxelles, 
est né à Paris, le 1 er décembre 1828, d'un père 
belge. Admis au Conservatoire de Bruxelles 
comme élève au mois d'avril 1845, il y reçut 
des leçons de M. Zeiss, pour la trompette, et ses 
progrès furent si rapides,que le premier prix de 
cet instrument lui fut décerné au concours dans 
l'année suivante. Il entra bientôt après dans la 
musique des Guides et au Théâtre royal, en qua- 
lité de trompette solo. Pendant les trois années 
qu'il occupa ces positions, il perfectionna son ta- 
lent par des études constantes. Engagé ensuite 
pour les concerts et festivals de l'Angleterre, il 
y obtint de brillants succès; puis il parcourut 
l'Ecosse, l'Irlande, l'Amérique du Nord etduSud, 
la Hollande et l'Allemagne, recueillant partout 
des applaudissements par son talent remarquable. 
De retour à Bruxelles dans les premiers jours 
de 1860, M. Duhem a été nommé professeur 
de son instrument au Conservatoire. On a de 
lui plusieurs compositions pour la trompette 
et le cornet à pistons, qui ont été publiées à 
Londres. 

DUIFFOPRUGCAR (Gaspard), célèbre 
luthier, né dans le Tyrol italien vers la fin du 
quinzième siècle, voyagea d'abord en Allemagne, 
et s'établit ensuite à Bologne, vers 1510. Fran- 
çois I er , roi de France, étant allé dans cette ville en 
1515 pour y établir un concordat avec Léon X, 
entendit parler des talents de Duiffoprugcar, et 
lui fit faire des offres si avantageuses qu'il le 
détermina à venir à Paris. Il paraît que, le climat 
nébuleux de la capitale ne convenant point à la 
santé de cet artiste, il obtint la permission de 
se retirer à Lyon. Plusieurs instruments sortis 
de ses mains sont datés de cette ville. On a gravé 
son portrait en médaillon, où il est représenté 
entouré d'instruments, tenant un compas d'une 
main et un manche de l'autre ; ce portrait est 
daté de 1562 , ce qui pourrait faire croire qu'il 
vivait encore alors. M- Cartier a possédé une 
belle basse de viole et un ténor de viole de cet artiste 



DUIFFOPRUGCAR — DULON 



75 



célèbre, el M. Raoul, amateur distingué comme vio- 
loncelliste, a eu aussi une basse de viole deDuiflo- 
prugcar, qui est devenue ensuite la propriété de 
l'excellent luthier M. Vuillaume. Cet instrument, 
dont le dos représente l'ancien plan de Paris en 
marquetterie , est remarquable par sa beauté 
et la belle qualité de ses sons. L'instrument le 
plus intéressant peut-être qui existe aujourd'hui 
de ce luthier célèbre est un violon grand pa- 
tron, le seul connu jusqu'à ce jour, et qui porte 
son nom, avec la date de t539. La qualité des 
sons de cet instrument est puissante , péné- 
trante, et porte au loin dans une grande salle. 
La tète représente une figure de fou de roi, 
avec une fraise plissée. Ce violon a appartenu 
à M. Merts, professeur au Conservatoire de 
Bruxelles. 

DUJARDIX (Dominique), prêtre etcomposi-* 
teur, fut nommé maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Rouen en 1636. 11 quitta cette posi- 
tion en 1648 et y fut rappelé en 1659. Il la con- 
serva jusqu'à sa mort, arrivée en 1665. Dans la 
collection de Messes publiée par RaHard , avec 
les quatres parties en regard, il en existe une de 
Dujardin, ad imitationem moduli Tu es Petrus; 
Paris, 1643, in-fol. max. 

DUJARDIN, ou DE HORTO. Voij. ce 
nom. 

DULCÏNO (Jean -Baptiste) , compositeur 
italien , vivait au commencement du dix-sep- 
Uème siècle. Il a publié un recueil de motets 
de sa composition sous ce titre : Cantiones sa' 
crx octo vocibus, una cum Litaniis B. M. 
Virgins et Magnificat cumB. C; Venise , 1609, 
in-4°. 

DULICH (Philippe), né àChemnitz en /563, 
fut professeur de musique à l'ancienne école 
normale de Stettin, et mourut dans cette ville 
en 1631 , à l'âge de soixante-huit ans. On a im- 
primé de sa composition : 1° Harmonise aliquot 
septenis vocibus compositx ; Stettin, 1593. — 2° 
Centuriœ 6 octonum et septennumvocum har- 
monias sacras laudibus Sanctse triados con- 
secratas continentis ; Stettin, 1607, in-4°. La se- 
conde partie de cet ovvrage a paru en 1610 , 

et la troisième en 1612 3° Novum opus viusi- 

cum duarum partium , continents dicta in- 
signiora ex evangeliis dierum domin. et festo- 
rum totius anni desumpta et quinarum vo- 
cum concentu exornata, etc.; Leipsick , 1609, 
in-4\ 

DULlNG (Antoine), né à Magdebourg vers 
la lin du seizième siècle , fut cantor à Cobourg. 
Il a publié : Cythara melica, oder XXXII la' 
teinische Motetten fur 8 bis 12 Stimmen, auf 
die Fest-Tage gerichtet (Trente-deux Motets 



latins, depuis huit voix jusqu'à douze, etc.), 
Magdebourg, 1620. 

DULKEIV (Jean-Louis), né à Amsterdam 
le 5 août 1761 , apprit dans sa ville natale, et 
ensuite à Paris, sous la direction de son père, 
l'art de confectionner des clavecins, forté-pianos 
et autres instruments. En 1781 l'électeur de Ba- 
vière le fit venir à Munich, où il épousa la cé- 
lèbre pianistn Sophie Lebrun, et où il se trouvait 
encore en 1812. Les pianos qu'il y a fabriqués 
élaient si estimés pour la qualité du son et le 
fini du mécanisme, qu'ils se sont répandus non- 
seulement dans toute l'Allemagne, mais même 
en Suisse et en Italie, et qu'ils y ont été fort re- 
cherchés. 

DULKEIV (Louise), dont le nom de famille 
était David, naquit à Hambourg le 20 mars 1811. 
Élève du directeur de musique C.-F.-G. Schwen- 
cke, elle prit ensuite des leçons de Wilhelm 
Grund et devint une pianiste distinguée. Dès l'âge 
de onze ans elle se fit entendre avec succès dans 
les concerts , et brilla dans les villes principales 
de l'Allemagne. En 1828 elle se rendit à Londres 
et s'y fixa. Son talent la fit rechercher par la 
haute société comme professeur de son instru- 
ment, et elle se fit une très-bonne position dans 
la capitale de l'Angleterre. M m e Dulken est morte 
à Londres le 12 avril 1850. 

DULOX (Lotis) (1), llùtiste distingué, naquità 
Orianenhourg sur le Havel, en Prusse, le 14 
août 1769, d'une famille originaire de France, 
exilée par suite de la révocation de l'Édit de 
Nantes. Une ophlhalmie dont il fut atteint à 
l'âge de huit ans, et qui fut mal traitée par un ocu- 
liste ignorant, le priva pour toujours de l'usage 
de la vue. Son père, qui était inspecteur de l'ac- 
cise, jouait fort bien de la flûte et était élève de 
Quantz. Il lui enseigna à jouer de cet instrument, 
et Angerstein, organiste ■de la ville, lui donna 
des leçons d'orgue. Ses progrès sur ces deux 
instruments furent rapides. A l'âge de treize 
ans il fit un voyage dans les principales viiles 
de l'Europe, accompagné de sa sœur, et par- 
tout il excita l'admiration générale par la ma- 
nière brillante dont il jouait les pièces les plus 
difficiles. Il composait aussi et dictait ses ou- 
vrages avec facilité. En 1796 il alla à Saint-Pé- 
tersbourg, où il obtint le litre de musicien de 
l'empereur de Russie. Deux ans après il revint 
dans son pays et s'y fixa. La cour de Russie 
lui avait fait une pension qui lui a été payé*; 
régulièrement. De retour en Allemagne vers 1800, 

(1) Dans la notice de la première édition j'avais suivi les 
indications du nouveau Lexique d'Ernest L. Gerber ; mai», 
ayant acquis postérieurement l'autobiographie de Dulon 
c'est elle qui m'a servi de guide pour celle-ci. 



re 



DULON — DUMAS 



il se îlxa à Stendal, dans la régence de Marien- 
bourg. Ce fut là qu'il écrivit sa propre bio- 
graphie, à l'aide d'un alphabet en relief et mo- 
bile que M. Wolke, directeur d'une école pri- 
maire à Dresde, avait inventé pour lui, en 1796. 
C.-M. Wieland a publié cet ouvrage sous ce ti- 
tre : la Vie et les Opinions de Dulon, joueur 
de flûte aveugle , dictées par lui-même (Du- 
lons des blindai Flœtenspielers Leben xind 
Meynungen, von ihm selbst bearbeitet) ; Zu- 
rich, 1807-1808, deux vol. in-8°. En 1823, Du- 
lon s'établit à Wùrzbourg, où il est mort le 7 
juillet 1826. On a de ce musicien les composi- 
tions dont les titres suivent : 1° Trois Duos pour 
flûte et violon , op. 1 ; Leipsicli, 1800-. — 2" 
Douze Variations pour flûte et violon, op. 
2; ibid., 1800. — 3° Trois Duos pour flûte et 
violon, op. 3; ibid., 1801. — 4° Caprices pour 
une et deux flûtes, op. 4 ; ibid. — 5° Trois 
Duos pour deux flûtes, op. 5; ibid. — 6° 
Trois Duos pour flûte et violon, op. 6 ; ibid. 
-*- 7° Premier Concerto pour la flûte, en sol, 
op. 8; ibid. 

DUMANOIR (Guillaume), fds d'un méné- 
trier de Paris , succéda en 1659 à Constantin 
dans la charge grotesque de roi des violons et 
maître des ménétriers, de la confrérie de Saint- 
Julien ; charge qui avaitétéétablie à Paris en 1331, 
et que Charles VI avait confirmée par une ordon- 
nance datée du 24 avril 1407. Les prétentions du 
roi des violons, qui voulait asservir tous les mu- 
siVens, et même les organistes, à se faire recevoir 
maîtres de danse, occasionnèrent souvent des 
procès qui furent toujours jugés en faveur des 
musiciens. Dumanoir fut'le premier qui établit 
cette prétention dans une brochure de cent 
vingt pages in- 12, écrite d'un style bas et gros- 
sier , et intitulée : le Mariage de la musique 
avec la danse, Paris, 1664. Une ordonnance de 
police rendue contre Dumanoir en faveur des 
joueurs de hautbois, le 29 avril 1 689, nous apprend 
qu'il exerçait encore sa charge à cette épo- 
que. Son fils , nommé Guillaume comme lui, et 
qu'on appelait Dumanoir second, lui succéda 
en 1690 ; mais il se démit de son emploi , par 
acte passé devant notaire, le 1 er décembre 
1695. 

DUMAS (Louis), fils naturel de Montcalm, 
seigneur de Saint-Véran et de Candiac, naquit à 
Nîmes en 1676. Il étudia la jurisprudence , la 
philosophie, et se lia avec le P. Malebranche, 
qui le fortitia dans son goût pour la dernière de 
ces sciences. Il finit par se livrer à la culture des 
lettres et des arts : la musique devint particu- 
lièrement l'objet de ses études. Il passa les der- 
nières années de sa vie au château de Vauxjours, 



à quelques lieues de Paris, et y mourut le 19 jan- 
vier 1744. On a de cet amateur des arts : l'Art 
de composer toutes sortes de musique sans 
être obligé de connaître le ton ni le mode ; 
Paris, 1711, in-4°. 

DUMAS (Antoine-Joseph), né à Bélhune 
en 1705, fit ses études à Arias, et se rendit à 
Paris, après les avoir terminées, pour y faire 
connaître une méthode d'enseignement pour les 
enfants qu'il avait inventée, et qu'il appelait la 
Méthode du bureau typographique. Ce bu- 
reau élait une imitation des procédés de compo- 
sition de l'imprimerie, et par son moyen les en- 
fants apprenaient à assembler les lettres dont les 
mots sont formés, et à décomposer ceux-ci, pour 
parvenir à lire avec promptitude. Dumas appli- 
qua ses procédés à la musique, et publia sur ce 
sujet un livre intitulé : l'Art de la Musique 
enseigné et pratiqué par la méthode du bu- 
reau typographique, établi sur une seule clef, 
sur un seul ton, sur un seul temps et sur un 
seul signe de mesure; Paris, sans date (1753), 
in-4° obi. 'd'environ 450 pages, tout gravé. Un 
abrégé de cet ouvrage a paru sous ce titre : 
l'Art de la Musique enseigné et pratiqué 
sans transposer , joint à une introduction 
à la connaissance des clefs pour la démons- 
tration des voix relatives; Paris, sans date 
(1758), in-4°, gravé. La méthode de Dumas, en 
ce qui concerne l'unité de clef, a beaucoup d'a- 
nalogie avec les principes qui servent de base à la 
méthode pliismodernedu méloplaste. L'auteur de 
l'article Dumas (Louis) de la Biographie uni- 
verselle deMichaud confond cet auteur avec Du- 
mas (Antoine-Joseph), et lui attribue les deux 
ouvrages de celui-ci ; il oublie que Louis Dumas 
était mort en 1744, et que ces deux ouvrages 
n'ont paru qu'en 1753 et 1758. 

DUMAS (Le P. D.Henri-Bonaventure), cor- 
delier du couvent de Lyon , naquit en cette ville 
le 31 décembre 1698. Après avoir fait ses études 
au collège des jésuites, il entra au couvent des 
cordeliers et y prononça ses vœux en 1715. 
Une bibliothèque ayant été fondée en 1735 par 
les religieux de son ordre, le P. Dumas en fut 
nommé directeur et ne négligea rien pour son 
accroissement. Le catalogue de cette bibliothèque, 
telle qu'elle existait encore en 1790, se trouve 
parmi les manuscrits delà bibliothèque publique 
de Lyon. Le P. Dumas mourut en 1773 ou 1774. 
Il avait étudié la musique dans sa jeunesse; 
plus tard il s'occupa de sa théorie avec beaucoup 
de soin. Les ouvrages qu'il a laissés sur cette 
matière se trouvent en manuscrit dans la biblio- 
thèque publique de Lyon , sous le n° 964. Ils se 
composent de divers Mémoires, dont voici les 



DUMAS — DUMOJNCHAU 



77 



titres: \° Du tempérament de l'orgue et du 
clavecin, daté de 1755. — 2° Principes de 
l'Harmonie , 1756. Ce morceau est divisé en 
trois parties, dont la première renferme la théo- 
rie; dans les deux autres sont les applications 
à la pratique. — 3° Éclaircissements sur 
l'harmonie tempérée. — 4° Observations sur 
le jeu de des harmoniques. Le petit ouvrage 
intitulé Ludus melotheticus, publié en 1758, 
a été l'occasion du Mémoire du P. Dumas; il 
s'y proposa la solution du secret de ce jeu assez 
futile. — 5° Traité de l'Harmonie théori- 
que et pratique, 1759. La première partie de 
cet écrit concerne la pratique de l'art; la se- 
conde, la théorie. Delandine, dans son catalogue 
des manuscrits de la bibliothèque de Lyon, 
attribue ces ouvrages à un P. Dumas, jésuite 
de la maison de Lyon; je crois que c'est une 
erreur.. 

DUMAS (...), facteur d'instruments, à 
Paris, né à Sommières, inventa en 1810 une 
basse guerrière, instrument du genre de la 
clarinette, qu'il destinait à jouer les parties de 
basse dans la musique militaire. Cet instrument 
fut soumis à l'examen d'une commission qui 
l'éprouva , et il fut décidé qu'il serait employé 
dans la musique de la garde impériale; toute- 
fois cette clarinette basse ne fut pas alors intro- 
duite dans la musique d'instruments à vent ; ce 
n'est qu'environ vingt ans plus tard qu'on a re- 
connu l'utilité de ce genre d'instrument, et que 
l'usage a commencé à s'en établir. Dumas est 
mort à Versailles en 1828. 

DUMENIL ou DUMEN1, acteur de l'O- 
péra, du temps de Lulli, avait une haute-contre 
de la plus belle qualité; il chanta longtemps les 
premiers rôles avec le plus grand succès. Son 
début eut lieu, en 1677, dans l'opéra A'Isis; il 
mourut en 171 5, fort âgé. Il avait été cuisinier 
de M. de Foucault, intendant de Montauban , ce 
qui fit qu'un plaisant du parterre s'écria, un jour 
qu'il jouait le rôle de Phaélon : 

« Ah! Phaéton! est-il possible 

« Que vous ayez fait du bouillon ? » 

Ce fut lui qui joua le premier le rôle de Re- 
naud, dans Armide. Mattheson, qui l'avait en- 
tendu, dit. qu'il chantait comme un cuistre. C'é- 
tait un homme abject, vivantaux dépens des filles 
de l'Opéra, se laissant battre par elles, et ne pa- 
raissant sur la scène que dans un état d'ivresse 
habituelle. {Voyez M\upin.) La Viéville de Fie- 
lleuse, son contemporain, dit de lui : « Il est in- 
« digne qu'un maraud ose paraître sur le théâtre 
■< ne pouvant se soutenir, en changeant la di- 
« gnité du spectacle en farce ou bouffonnerie, par 
« des postures, un badinage ridicules, comme l'ai- 



n sait tous les jours Duménil (Comparaison de 
« la musique italienne et de la musique fran- 
« çoise, 2 e partie). » 

DU MOLIN, ou DUMOLIN (Jean-Remi), 
musicien belge, né dans les dernières années du 
quinzième siècle, fut organiste de l'église Saint- 
Jean, à Matines. Il occupait encore cette place 
en 1528, suivant la note d'un payement qui lui 
fut fait en cette année, lequel est mentionné au 
registre 1804 de la chambre des comptes (Ar- 
chives du royaume de Belgique). Le nom de cet 
artiste est écrit du Moulin (J.) dans plusieurs 
recueils de compositions des musiciens du sei- 
zième siècle , mais il est bien orthographié dans 
les Motelti delFiore aquattro voci, libri 1, 2, 
3, 4, publié à Lyon par Jacques Moderne de Pin- 
guento, en 1532-1539, in-4°. Le troisième livre 
de cette collection renferme le motet à 4 voix 
In Domino confido de Du Molin, page 25. 
Une autre collection intitulée : Motettorum a Ja- 
cobo Moderno, alias Grand-Jacques , in unum 
coactorum et ab eodem impressorum liber 
primus cum quinque vocibus; liber secundus 
cum quinque vocibus; liber tertius cum quin- 
que et sex voc; liber quartus ad quinque et 
sex voces; liber quintus ad quinque, sex et 
septem voces; Lugduni per Jacobum Moder- 
num, 1532-1542, in-4° obi., renferme les mo- 
tels à 5 voix de Du Molin : Adonay Domine: 
et Pater, peccavi. Le deuxième livre des Mis- 
sarum dominicalium quatuor vocum, publié 
par Pierre Attaingnant, en 1534, contient deux 
messes de cet artiste. 

DUMOiXCHAU (Charles-François), naquit 
à Strasbourg le 11 avril 1775, et non le 15 février 
1778, comme on le dit dans le Dictionnaire 
historique des Musiciens de Choron et Fayolle. 
Son père lui enseigna les principes de la musi- 
sique et lui donna des leçons de violoncelle; 
Berg lui donna ensuite des leçons d'harmonie, 
et Baumayr lui enseigna à jouer du piano. Cet 
instrument lui fit négliger l'étude du violon- 
celle ; il y fit de rapides progrès et acquit une 
habileté peu commune, particulièrement dans 
l'exécution de la musique fuguée. La guerre 
vint interrompre ses études. Il fut employé dans 
l'administration des vivres de l'armée, et les évé- 
nements militaires le conduisirent à Paris, où 
il se lia d'amitié avec Kreutzer, à qui il dédia son 
premier oeuvre^ qui consistait en sonates de 
piano. Admis au Conservatoire de Musique, 
il y reprit ses éludes de piano et de composition ; 
mais quelque temps après il sortit de cette école 
pour prendre des leçons de Wœffl. En 1805 il 
donna au théâtre de la Porte-Saint-Martin un 
opéra-comique intitulé l'Officier cosaque; cet 



78 



DUMQNCHAU 



DUM 



ouvrage eut quelque succès; les morceaux déta- 
chés ont «Hé gravés, avec accompagnement de 
piano, chez Le Duc. Peu de temps après, Du- 
nionchau retourna à Strasbourg, y vécut comme 
professeur de piano, et alla s'établir à Lyon en 
1809. Il mourut dans cette ville le 21 décembre 
189.0. Comme compositeur, Dumonchau se dis- 
tingue par un style élégant et pur ; mais il man- 
quait d'invention : de là vient que sa musique 
est déjà oubliée depuis longtemps. Il a fait graver 
à Paris •. 1° Trente-trois sonates pour piano 
seul , œuvres 1 , 3, 5, 1 9, 2 1 , 26, 28 , 30 et 32. 

— 2° Vingt-quatre sonates pour piano, avec vio- 
lon ou flûte, œuvres 4, 13, 15, 20, 23 et 24. 

— 3° Deux trios pour piano, violon et basse, 
op. 29 et 34. — 4° Deux concertos de piano, 
œuvres 12 et 33. — 5° Des bagatelles, des 
airs variés, des mélanges et des pots-pourris. 
II a laissé en manuscrit quelques composi- 
tions, entre antres une symphonie concertante 
pour flûte , hautbois et basson, et un concerto 
pour cor. 

DUMOINT (Henri) , né près de Liège en 
1610, apprit dans cette ville la musique et à 
jouer de l'orgue. Étonnés de la rapidité de ses 
progrès , ses parents l'envoyèrent à Paris, pour 
qu'il y perfectionnât ses talents. En 1639 il obtint 
l'orgue de Saint-Paul, et peu de temps après le roi, 
ayant entendu quelques morceaux de sa compo- 
sition , en fut si satisfait qu'il nomma Dumont 
l'un des maîtres de sa musique, où il remplaça 
SpiilietGobert.il remplit les fonctions de cette 
place pendant trente ans, conjointement avec son 
confrère l'abbé Robert. La reine, qui aimait la 
musique de Dumont, donna à ce musicien le 
même emploi dans sa maison et le fit nommer à 
l'abbaye de Silly. La musique qui se chantait à 
la chapelle du roi avait été, jusque vers 1670, 
composée seulement pour les voix, selon l'ancien 
système, avec une partie de basse instrumentale, 
qu'on appelait basse continue. Louis XIV, 
porté vers tout ce qui avait un air de grandeur, 
désira qu'à l'exemple de Carissimi et de ses imi- 
tateurs les maîtres de sa musique joignissent à 
leurs motets des accompagnements d'orchestre ; 
il en parla à Dumont, qui, religieux ohserva- 
ieur des décisions du concile de Trente, répondit 
au roi qu'il ne pouvait se prêter à ce qui lui était 
demandé. Louis XIV, curieux d'examiner d'où 
pouvait naître ce scrupule, consulta l'archevêque 
de Paris (de Harlay ), qui affirma que le concile 
avait proscrit les abus de la symphonie, mais 
non la symphonie elle-même. Dumont ne se 
rendit qu'avec peine à cette décision. Il se pour- 
rait que le concile eût été d'un grand secours au 
roat':rede chapelle, pour cacher son inhabileté à se 



servir d'un orchestre. Quoi qu'il en soit, peu de 
temps après (en 1674 ) il demanda et obtint sa 
retraite de vétérance. Il mourut en 1684 et fut 
inhumé dans l'église de Saint-Paul , dont il avait 
été organiste pendant quarante cinq ans. 

On a de Dumont cinq messes en plain-chant, 
connues sous le nom de messes royales , qu'on 
chante aux fêtes solennelles dans plusieurs églises 
de Fiance : ce sont ses meilleurs ouvrages; leur 
caractère est noble et solennel. Ses autres ou- 
vrages sont : 1° Mélanges à 2, 3, 4 et 5 parties 
avec la basse continue, contenant plusieurs 
chaivions, motets, Magnificat , préludes et 
allemandes pour l'orgue et pour les violes, 
UvreV; Paris, Robert Rallard, 1649, in-4°. — 
2° Mélanges à 2, 3 , 4 et 5 parties , et c, II e 
Livre; ibid., 1757, in-4°. — 3° Cantica sacra, 
2, 3,4 voc. et inst ruinent ismodulata, adjeclx 
itidem litanix 2 vocibus,ad libitum 3 et 4, 
cum basso continuo, liber primus ; Paris, R. 
Ballard, 1662, in-4°. — 4° Motets à deux voix 
avec le basse continue ; ibid., 1668, in-4°. — 5° 
Motets à 1, 3 et 4 parties pour voix et ins- 
truments, avec la basse continue; Paris, Chris- 
tophe Ballard , 16S1 , in-4°. 11 est vraisemblable 
que ceux qui ont été publiés chez le même im- 
primeur , en 1686 , sous le titre de Motels pour 
la chapelle du Roi, mis en musique par 
M. Dumont, etc. , sont la seconde édition de 
ceux-ci. J 

DUN, famille de musiciens qui fut attachée à 
l'Opéra de Paris et à la musique du roi, de géné- 
ration en génération, pendant plus d'un siècle. 
Dans la Pastorale comique, ballet de Molière , 
chanté et dansé, on trouve un chanteur de ce 
nom. Jean, son fils, remplissait le rôle d'Hidraot 
dans VArmide deLulli, en 1688, et remplaça 
Beaumavielle dans les barytons. Deux filles et 
un fils de celui-ci, nommé Jean comme lui, fu- 
rent attachés à l'Opéra jusqu'en 1742, en qualité 
de chanteurs. Ce dernier Jean Dun vivait encore 
en 1772 et recevait une pension de mille li- 
vres; mais il disparaît de la liste, des pension- 
naires de l'Académie royale de Musique dans le 
Calendrier des Théâtres de 1773, ce qui indique 
qu'il a cessé de vivre dans cette même année 
1772. 

DUIYI (Écide-Romuald), compositeur drama- 
tique, naquit à Matera, dans le royaume de Na- 
ples, le 9 février 1709, d'un maître de chapelle, 
dont il était le dixième enfant. Lorsqu'il eut at- 
teint l'âge de neuf ans, on l'envoya au Conserva- 
toire dei Poveri di Gesù Cristo, à Naples, 
dirigé alors par Durante. Ses études étant ter- 
minées, il se rendit à Rome , où il fut chargé 
d'écrire l'opéra de Nerone, en concurrence avec 



DUNI — DUINKELFEIND 



Pergolèso, qui travaillait alors à son Olimpiade , 
et, ce qu'on aurait peine à comprendre en com- 
parant les deux partitions, l'ouvrage de Pergo- 
lèse tomba, et celui de Duni eut le plus grand 
succès. On doit rendre justice à celui-ci; il ne 
s'enorgueillit point de son triomphe, et proclama 
hautement la supériorité de son rival. Chargé 
d'une mission secrète pour Vienne, par la cour 
de Rome, il profila de cette occasion pour faire 
entendre sa musique dans la capitale de l'Au- 
triche. 11 revint ensuite dans sa patrie, où il fut 
nommé maîtrede chapelle de Saint-Nicolas de Bari. 
Quelques années après il écrivit pour le théâtre 
Saint-Charles, de Naples, l'opéra tfArtaxercès, 
qui eut du succès ; après quoi il se rendit à Ve- 
nise, et de là à Paris et à Londres, où il composa 
la musique de plusieurs ouvrages. Une maladie 
chronique, dont il ressentait les effets , l'inquié- 
tait beaucoup ; les médecins anglais lui conseil- 
lèrent de passer en Hollande, pour y consulter 
Boërhaave, qui le guérit en effet ; mais, comme 
il revenait dans sa patrie, il fut attaqué par des 
voleurs, près de Milan, et le trouble que lui 
causa cet événement détruisit sa santé pour tou- 
jours. Après avoir visité Gênes, il fut chargé 
d'enseigner la musique à la fille de l'infant de 
Parme. La cour de ce prince étant presque toute 
française, Duni se hasarda à écrire quelques pe- 
tits opéras dans celte langue. Son coup d'essai 
fut la ISinette à la cour de Favart; le succès 
fut si grand qu'on lui envoya la Chercheuse 
d'esprits le Peintre amoureux de son modèle. 
En 1757 il revint à Paris, où il se fixa, et, après 
y avoir fait la musique de dix-huit opéras, dans 
l'espace de treize ans, il y mourut le 11 juin 
1775. Presque tous les opéras français de Duni 
ont eu du succès. Pour juger du mérite de sa mu- 
sique il ne faut point y chercher des formes dé- 
veloppées auxquelles on est maintenant accou- 
tumé, mais qui étaient inconnues de son temps ; son 
instrumentation est nulle, et même, sous ce rap- 
port, il est-très inférieur à Pergolèse et à tous les 
compositeurs sortis comme lui de la première école 
de Durante; son expression dramatique manque 
souvent de force, mais ses mélodies sont natu- 
relles et gracieuses; il a de la gaieté, et même 
quelquefois de la verve comique. Ses opéras 
italiens sont Nerone, Artaserce, Bajazet, Ciro, 
Ipermnestre, Demofoonte, Alessandro,Adria- 
7io, C atone , Didone, Demetrio, l'Olimpiade. 
Voici la liste de ses opéras français : ISinette. à 
la cour (1755) ; le Peintre amoureux de son 
modèle (1757); le Docteur Sangrado ; la 
Veuve indécise (1758); la Fille mal gardée 
(1759) ; Nina et Lindor; l'Ile des Fous; Mazct 
1761); la Bonne Fille; le Retour au village 



(t 7G2) ; la Plaideuse et le Procès ; le Mili- 
cien ; les Chasseurs et la Laitière; le Ren- 
dez vous (17 63) ; l'École de là jeunesse ; la 
Fée Urgèle (1765); la Clochette (1766),- les 
Moissonneurs; les Sabots (176S); Thémire 
(1770). 

Duni avait un frère aîné , nommé Antoine, 
lequel, après avoir étudié la musique sous la di- 
rection de son père, s'éloigna de sa patrie pour 
aller chercher fortune ailleurs. Arrivé à la cour 
de l'électeur de Trêves, il y écrivit plusieurs 
ouvrages pour la chapelle de ce prince, qui, 
charmé de son talent, le récompensa magnifi- 
quement. Toutefois Antoine Duni, ayant formé 
le projet de se rendre en Espagne, ne s'arrêta 
pas à Trêves. Son compatriote Farinelli, qu'il 
trouva à Madrid, lui fit obtenir la place de maître 
de la chapelle royale , et le fit choisir pour maître 
de musique du fils du duc d'Ossuna. Mais l'in- 
constance de son caractère le poussa à quitter 
encore celte position avantageuse et à se rendre 
en Russie, où il se maria et eut plusieurs fils. 
Devenu maître de la chapelle impériale, il écri- 
vit , pour le service de l'impératrice Catherine, 
plusieurs morceaux de musique religieuse qui 
furent estimés à cette époque. 

DUNKEL (François), né à Dresde en 1769, 
commença l'étude de la musique à l'âge de six 
ans, sous la direction de son père, musicien de 
la chapelle de l'électeur de Saxe, et apprit 
ensuite le contrepoint par les leçons de Weinling. 
En 1788 il entra comme violoniste dans la cha- 
pelle de son souverain. Il a composé : 1° les 
Anges près de la Croix, oratorio. — 2° Trois 
cantates. — 3° Recueil de Chansons avec ace. 
de piano; Dresde, 1790.-4° Duos pour flûte 
et violon; ibid., 1792. — 5° L'ouverture et 
les chœurs d'un drame intitulé : Kein Faust- 
rcchl mehr, qui fut représenté à Weimar en 
1797. Dunkel a laissé aussi en manuscrit des 
symphonies, des concertos pour le violon et le 
violoncelle, des quintettes, des quatuors, des trios 
et des duos. 

DUIXKELFEIIVD (Gaspard), pseudonyme 
sous lequel a été publiée une critique du traité 
de Nichelmann (voij. ce nom) sur la mélodie. 
Cette critique a pour titre : Gedanken eines 
Liebhabers der Tonkùnst uber Herrn Nichel- 
mann's Tractât von der Mélodie (Idées d'un 
amateur de musique sur le traité de la Mélodie 
de M. Nichelmann); Nordhausen, 1755, in-4° de 
deux feuilles. Nichelmann répondit à cette critique 
par le petit écrit intitulé : Die Vortreflichkeit 
des Gedanken des Herrn Gaspar Dunliel- 
feindes ûber die Abhandlung von der Mé- 
lodie, etc. (l'Excellence des idées de M. Gaspard 



80 



DUNRELFEIND — DUPAR 



Dunkelfeind sur la dissertation concernant la 
mélodie, etc. ) , in-4° de 16 pages , sans date et 
sans nom de lieu. 
DUNSTABLE (Jean), ouDUNSTAPLE, 

né vers 1400 dans un bourg d'Ecosse dont il prit le 
nom, est cité par les écrivains sur la musique des 
quinzième et seizième siècles, avec Dufay et Bin- 
chois, comme auteur de plusieurs perfectionne 
ments importants dans l'harmonie et dans la nota- 
tion, ïinctor ouTinctoris (voy. ce nom), qui écri- 
vait en 1476, dit à propos de la transformation de 
Part d'écrire appelé contrepoint : « La source et 
« l'origine de cet art nouveau, s'il est permis de 
« s'exprimer ainsi , paraît avoir été chez les An- 
« glais, dont le chef fut Dunstaple. Ses contem- 
« porains en France ont été Dufay et Binchois, sui- 
« vis immédiatement par les modernes Okeghem, 
« Busnois, Régis et Caron, tous excellents dans 
« la composition, suivant ce que j'ai appris (1). » 
Burney, appuyant son opinion de ce passage, 
n'hésite pas à attribuer à ses compatriotes les 
perfectionnements de l'harmonie figurée et en 
fait particulièrement honneur à Dunstable, ajou- 
tant qu'il a fait de vaines recherches dans les 
Pays-Bas pour y trouver la confirmation de ce 
qu'ont avancé Guichardin et l'abbé Dubos con- 
cernant l'invention du contrepoint par les Fla- 
mands. Mais il ne s'agit pas ici de cette inven- 
tion : Burney le reconnaît lui-même, puisqu'il 
avoue qu'il existait des traités de contrepoint 
avant que Dunstable fût né (2). Au reste , sans 
entrer au fond du sujet, et sans avoir besoin de 
démontrer par des documents certains qu'il y 
avait en Belgique une école de musique d'où sont 
sortis les perfectionnements de l'art au quinzième 
siècle, et qui existait deux cents ans avant Duns- 
table, il suffit d'une simple observation pour dé- 
montrer l'erreur de Tinctoris, à savoir que Dufay 
était lénordelachapelle pontificale en 1380, comme 
e prouvent les registres de cette chapelle cités 
t ,ar Baini (3) ; d'où il suit que sa naissance a 
précédé celle de Dunstable de plus de quarante 
ans, et que, parvenu à cette époque de sa vie, il 
avait déjà trouvé les perfectionnements qui don- 
nent à ses ouvrages une supériorité incontes- 
table sur ceux de ses prédécesseurs. Dunstable 
partage avec ce même Dufay et Binchois la 

(t) Cujus, ut ita dicam, novœ artis fons et origo apud 
Anglicos, quorum caputDunstaplc extitit, fuisse exhibetur, 
et huic contemporanei fuerunt lu Gallia Dufai et Binchois, 
quibus immédiate successerunt modernl Okeghem, Bus- 
nois, Régis et Caron, omnium quos audiverim in com- 
posltione prxstantlssimi. » Voy. Proportionale , Prohe- 
mhtm. 

(2) A General H istory of Muslc, tome II. p. 400. 

(3) Memorle storico-critiche délia vita e délie overe di 
Glov. Picrl. da Palestrina, t. I, n. 65S. 



gloire d'avoir fait disparaître de l'harmonie les 
successions grossières de quintes , d'octaves et 
d'unissons, qui abondent dans les productions 
musicales des treizième et quatorzième siècles ; 
d'avoir diminué la fréquence des croisements de 
voix, et d'avoir rendu les mouvements de celles- 
ci plus simples et plus naturels; d'avoir donné 
plus deplénitude aux accords ; enfin d'avoir donné 
à l'harmonie plus de variété par l'artifice des 
prolongations ou retards. C'est par là qu'il est à 
citer dans ce que Tinctoris appelle Y art nou- 
veau, et c'est ce qui lui assure une place hono- 
rable dans l'histoire des transformations de la 
musique. Dunstable mourut en 1458 et fut 
inhumé dans l'église de Saint-Étienne, à Wal- 
brooek. Dans son épitaphe il est qualifié de ma- 
thématicien, maître d'astronomie et musicien. 
( Voy. Weaver, Funeral Monuments, p. 577. ) 

Gafori (1), Morley (2), Ravenscroft (3) , et 
d'après eux Burney (4) et Hawkins (5), attri- 
buent à Dunstable un traité de la musique me- 
surée ( de Mensurabili Musica), qu'on n'a pas 
retrouvé jusqu'à ce jour. Cependant un manus- 
crit du Muséum britannique , petit in-4°, coté 
10,336, renferme un traité sur la même matière, 
au bas duquel on lit Qd. Dunstable. Ce traité, 
dit le rédacteur du catalogue des manuscrits de 
musique qui se trouvent au Muséum, commence 
au feuillet 6 et finit au feuillet 18 du volume, 
lequel contient divers autres ouvrages de musique 
transcrits dans l'année 1500 par Jean Tucke, ba- 
chelier es arts du collège de Sainte-Marie à Ox- 
ford. L'auteur du catalogue pense que ce petit ou- 
vrageest celui de Dunstable, qu'on croyait perdu, 
et il en cite le commencement que voici : Quili- 
bet in arte practica mensurabili canins ; 
mais il ne s'est pas souvenu que ce commence- 
ment est celui du traité du chant mesuré de Jean 
de Mûris. 

Gafori a rapporté un Veni, Sancte Spiritus, 
à trois voix écrit par Dunstable. Ce morceau, le 
seul de ce maître qui ait été connu jusqu'à ce 
jour, est de peu d'importance; mais M. Danjou 
{voy. ce nom) a trouvé, au mois de juin 1847, 
à la bibliothèque du Vatican, un volume manus- 
crit qui renferme un grand nombre de chansons 
françaises à trois voix , de Dunstable, Dufay et 
Binchois. 

DUPAR (Elisabeth), cantatrice française, 
chanta pendant longtemps en Italie, où elle était 
connue sous le nom de la Francesina. lin 

(1) Pract. iVt/s.,1.. s, c. 7. 

(2) Introd., p. 178. 

(3) Briffe Disc., p. 1 et suiv. 

(4) Loe. cit. p. 399. 

(S| A Général llisl. of ihe science and praet. of Music, 

t. II, p. 298. 



DUPAll — DUPONT 



81 



1736, elle se rendit à Londres, où elle chanta 
deux ans après dans l'opéra de Pharamond de 
Ha'iidel. En 1745 elle remplit l'emploi de prima 
donna dans les oratorios du môme compositeur. 
Son portrait a été gravé. 

DUPHLY (. . .), bon claveciniste et pro- 
fesseur distingué, est né à Dieppe, en 1716. Il 
avait eu pour maître de clavecin Dagincourt, 
organiste à Rouen. Vers 1750, il vint s'établir à 
Paris, où son talent le lit recliercber avec empres- 
sement. Il y publia quatre livres de pièces de 
clavecin. Il est mort en 1788. 

DUPIERGE (Félix-Tiburge-Auguste), né 
àCourbevoye, près de Paris, le 11 avril 1784, est 
élève de son père pour le violon et pour la com- 
position. Il est entré comme violoniste à l'or- 
chestre de l'Opéra-Comique. On a gravé à Paris 
les ouvrages suivants de sa composition : 1° Duos 
pour deux violons, œuvres 1, 5, 6 et 7 ; — 
— 2° Deux concertos pour le violon, œuvres 2 et 4 ; 
3° Grandes sonates pour le piano avec accomp. 
de violon, liv. 1,2 et 3; — 4° Méthode de 
violon; Paris, Frère. La musique de violon de 
cet artiste a eu du succès et est estimée. Vers 
1815, M. Dupierge a quitté l'orchestre de l'Opéra- 
Comique pour se fixer à Rouen. 

DUPIN (Philippe-Simon), connu sons le 
nom de Dupin jeune, avocat à la cour royale 
de Paris, né à Varzy (Nièvre), le 7 octobre 1795, 
est mort à Nice, le 14 février 1846. Au nombre 
des écrits qu'il a publiés, on remarque celui qui a 
pour titre : Mémoire pour MM. les sociétaires 
de l'Opéra-Comique contre M. le directeur de 
l'administration ; Paris, 1827, in-8°. 

DUPLESSiS (Le Jeune), violon de l'Opéra, 
entra à l'orchestre de ce théâtre, aux appointe- 
ments de 450 livres, fut nommé maître de mu- 
sique de l'école de magasin de V Opéra en 1748, 
et mis à la retraite au mois de décembre 1749. 
Il a écrit la musique d'un opéra-ballet joué en 
1734, sous ce titre : Les Fêtes nouvelles. 

Le frère de cet artiste, connu sous le nom de 
Duplessis l'aîné, était entré comme violoniste 
à l'Opéra en 1704, et se retira après quarante- 
quatre ans de service en 1748. On a de lui deux 
livres de sonates de violon, gravés à Paris. 

DUPLESSIS (Le Chevalier LE1VOIR), 
né à Paris, en 1754, a donné, sur le petit théâtre 
des élèves de l'Opéra de Paris, V Amour enchaîné 
par Diane (en 1779), opéra en. un acte, com- 
posé en société avec Edelmann , et Don Carlos, 
ou la Belle invisible (1780). Celte dernière 
pièce est un pastiche arrangé avec de la musique 
de plusieurs auteurs italiens. 

DUPONCHEL (Le P. Jacques), né à Douai, 
dans la première moitié du dix-septième siècle , 

BlOCIi. UNIV. DES MUSICIENS. — ,T. 111. 



fut moine de l'ordre des Cordeliers, et organiste 
attaché au cardinal liiclii, a Rome. Il s'est fait, 
connaître comme compositeur par les ouvrages 
suivants : 1° Psalmi vespertini cum Utaniis 
B. M. V. 3 vocum; Rome, 1G65. — 2° Sacne 
cantiones 1, 3 et 4 vocibus cum Utaniis 
B. M. F. op. 2; Bologne, Jacques Monti, 1671. 
— 3° Messe a 3,4, 5 voci concertait con vio- 
lini ë ripieni a bene placito, op. 3; Rome, 
J.-A. Mnzio, 1676. 

DUP01XT (Henri-Bon aventure) , musicien 
à Paris, an commencement du dix-huitième 
siècle, a publié dans celte ville des Principes 
de musique, par demandes et par réponses; 
Paris, 1713, in-4°. La deuxième édition a paru 
dans la même ville, en 1718, in-4°. C'est à tort 
qu'on a attribué cet ouvrage à Jean-Baptiste Du- 
pont, qui se rapporte à l'article suivant , dans le 
Dictionnaire des Musiciens (Paris, 1810). 

DUPONT (Jean-Baptiste), violoniste à 
l'orchestre de l'Opéra de Paris, depuis 1750, 
retiré avec la pension en 1773, a fait graver deux 
concertos pour le violon , arrangés sur les airs 
de Lucile et du Déserteur. 

DUPONT (Pierre) littérateur, vivant à Pa- 
ris vers 1800, est l'auteur d'un écrit publié soiw 
le voile de l'anonyme, et qui est intitulé Ré- 
flexions sur la décadence du théâtre de l'O- 
péra, ou Aperçu des moyens capables de le 
relever; Paris, 1799,in-l2. 

DUPONT (. . . .), facteur d'orgues à Nancy, 
naquit dans les premières années du dix-hui- 
tième siècle, et mourut en 1757. Il apprit les 
éléments de son ait dans les ateliers de Nicolay, 
facteur de la même ville, devint un habile ou- 
vrier, et lit les plus grands travaux de la facture 
d'orgues dans la Lorraine. Ses principaux ou- 
vrages sont : 1° Le grand orgue de 16 pieds à 
l'église cathédrale de Toul, qui a coûté plus 
de 45,000 francs; 2° l'orgue de Verdun ; 3° ce- 
lui de Saint-Jacques à Lnnéville , en 1749; 
4° celui de Saint-Michel, dans la même ville, en 
1753; 5° l'orgue des Carmélites, à Ormes; 
6° l'orgue de l'abbaye de Moyenmoutier ; 7° Le 
grand orgue de la cathédrale de Nancy, 175/. 
Dupont mourut pendant la construction de cet 
instrument, qui fut terminé par son élève Vau- 
trin, en 1758. 

DUPONT (Auguste), pianiste, compositeur 
et professeur au Conservatoire royal de musique 
de Bruxelles, est né à Ensival (province de 
Liège), le 9 février 1828. Son père, musicien de 
mérite, qui a laissé en manuscrit beaucoup île 
compositions pour l'église , fut son premier 
maître de musique et de piano. En 1840, M. Du- 
pont est entré comme élève au Conservatoire de 

6 



82 



DUPONT — DUPORT 



Liège, et y a étudié le piano pendant quatre ans, 
sous la direction de M. Jalheau, élève de Jac- 
ques Herz et de Kalkbrenner. Des revers de 
fortune ayant causé la mort de son père, en 
1844 , Dupont sortit du Conservatoire et se re- 
tira à Ensival, où pendant six ans il s'est livré 
à un travail assidu, donnant des leçons dans 
les châteaux voisins pendant le jour, et consa- 
crant toutes les soirées à l'étude du mécanisme 
du piano et de la musique classique. C'est ainsi 
qu'il parvint à placer dans sa mémoire les 48 
préludes et fugues que renferme le clavecin 
bien tempéré de J.-S. Bach. Ses premiers essais 
de composition appartiennent aussi à cette 
époque : ses ouvrages furent publiés à Liège, 
pendant les années 1846,47 et 48. En 1850, M. Du- 
pont prit la résolution de voyager pour se faire 
entendre et former son style : dans ce but , il 
écrivit un concerto pour piano et orchestre, une 
sérénade, un duo pour piano et violon, une 
sonate pour piano seul, et divers autres mor- 
ceaux de différents caractères. Sa première 
«xcursion fut à Bruxelles, en 1851 : il se fit 
entendre au cercle artistique, puis au théâtre de 
La Monnaye. Peu de mois après il accepta les ' 
propositions qui lui étaient faites par un Anglais, 
«ntrepreneur de concerts, et partit avec lui pour 
Londres, où il joua ainsi que dans plusieurs 
grandes villes de l'Angleterre. De retour sur le 
continent , il partit pour l'Allemagne, et arriva à 
Berlin au commencement de l'année 1852. 11 y 
donna quatre concerts avec succès, et la protec- 
tion de la princesse de Prusse et de Meyerbeer 
lui procura l'honneur de jouer deux fois à la 
cour, devant la famille royale. Après avoir ob- 
tenu des succès dans plusieurs villes importantes 
de la Prusse et de la Saxe, M. Dupont revint 
en Belgique, et dans la même année une place 
de professeur de piano étant devenue vacante au 
Conservatoire de Bruxelles, il fut appelé à la rem- 
plir. Placé dans celte situation nouvelle, M. Du- 
pont n'a pas tardé à éprouver les effets de Pin- 
lluence d'une écol*», foyer ardent d'amour et de 
dévouement pour l'art. Becherchant les conseils 
du directeur de cette institution , il réforma son 
style d'exécution, le rendit plus pur et plus clas- 
sique , perfectionna son mécanisme , fit des 
études plus sévères dans l'art d'écrire , et par ces 
modifications de son talent, en fit une transfor- 
mation complète. Dans un voyage qu'il a fait 
en Hollande, pendant l'année 1856, il a recueilli 
les fruits de ses études consciencieuses, et a 
obtenu les succès les plus brillants et les plus 
honorables. Ses compositions ont acquis aussi 
plus de vigueur de pensée, un meilleur ordre 
logique et plus d'expérience de la gradation des 



effets. Dans un second voyage en Allemagne, 
que l'artiste a fait en 1859, il a donné des con- 
certs avec de brillants succès à Brunswick et à 
Leipsick, ville dans laquelle ses dernières com- 
positions ont été publiées chez Breitkopf et 
Hœrtel, et chez Holfmeister. Au nombre de 
celles-ci, on remarque : Grand trio (en sol mi- 
neur) pour piano, violon et violoncelle, op. 34 ; — 
2 me concerto pour piano et orchestre, op. 31 : — 
Fugue et bourrée (en si mineur), pour piano seul, 
op. 32. — Variations de concert, dans le style 
sévère, op. 36. — Quatuor ( en mi bémol ) pour 

2 violons, allô et basse, op. 37 Trois impromptus 

de concert pour piano et violon, op. 3s. — Deux 
valses (en si bémol et ré bémol), op. 39. — Trois 
morceaux impromptus pour piano et vioion, op. 
40; Mayence, Schott. Les ouvrages publiés par 
M. Dupont jusqu'au moment où cette notice est 
écrite (1860) sont : 1° Variations sur un air popu- 
laire liégeois; Liège, Goret, 1846. — 2° Étude (la 
Pluie demai); Liège, Binck, 1847. — 3° Étude 
de trilles; Liège, Muraille, 1848.-4° La Pensée, 
morceau détaché ; ibid. — 5° La Sérénade; 
Mayence, Schott. — 6° Concerto en fa mineur 
pour piano et orchestre; ibid., 1850. — 7° Six 
contes du foyer, en morceaux séparés pour 
piano ; ibid., 1852. — 8° Trois cahiers de rémi- 
niscences pastorales; ibid., 1853. — 9° Barca- 
role; ibid. — 10° Nouvelles réminiscences pas- 
torales; ibid. — 1 1° Rêverie; ibid. — 12° Chan- 
son de jeunes filles; ibid. — 13° Étude fan- 
tastique à 5 temps; ibid., 1854. — 14°Toc- 
cate, ibid. — 15° Chanson hongroise, ibid. — 
16° Sonate pour piano et violon ; Leipsick, 
Breitkopf et Hsertel. — 17° Lamenfo, poésie 
élégiaque pour piano: ibid. — 18° Mazurka et 
Ballade; ibid. — 19° Plusieurs airs de danse; 
Londres, Distin. — 20° Le trémolo staccato; 
Bonn, Simrock. — 21° Grand Galop fantas- 
tique, dédié à Meyerbeer ; ibid. — 22° Fantaisie 
pour piano et orchestre, op. 21; Paris, Ri- 
chault. — 23° Sonate pour piano seul en sol 
mineur, op. 22 ; ibid. — 24° Variations classi- 
ques en fa mineur, op. 23, ibid. — 25° Le Mou- 
vement perpétuel , op. 24 ; ibid. — 26° Grand 
trio pour piano, violon et violoncelle, op. 29; 
ibid. — 27° Marche et scène druidique, op. 3o; 
ibid. M. Dupont a écrit un grand Concerto- 
symphonie pour piano et orchestre qui a été 
exécuté dans un concert donné par lui au prin- 
temps de 1857 , et au concert du conservatoire 
dans l'année suivante. 

DUPORT (Jean-Pierre), connu sous le nom 
de Duport Vaine, habile violoncelliste, est né 
à Paris, le 27 novembre 1741. Il reçut des le- 
çons de Bertliaul, et devint bientôt le meilleur 



DU PORT 



83 



élève de ce virtuose. En 1701, il se fit entendre 
au Concert spirituel pour la première fois, et 
réunit tous les suffrages. Le prince de Conli 
se l'attacha , et le garda dans sa musique jus- 
qu'en 1769, époque où Duport fit un voyage en 
Angleterre. Deux ans après il alla en Espagne, 
et enfin, en 1773, il se rendit à l'invitation de 
Frédéric II, roi de Puisse, et alla à Berlin occu- 
per la place de premier violoncelliste de la chapelle 
de ce prince, qui lui donna pour élève le prince 
royal son neveu (depuis Frédéric-Guillaume II). 
Depuis 1787 jusqu'en 1806 il remplit les fonctions 
de surintendant des concerts de la cour ; mais 
l'état déplorable oii la Prusse se trouva réduite 
après la perte de la bataille de Jéna obligea le 
roi à réformer sa musique. Duport continua ce- 
pendant à demeurer en Prusse jusqu'à sa mort, 
qui eut lieu à Berlin, le 31 décembre 1818. Cet 
artiste tirait un beau son du violoncelle et jouait 
sans peine les passages les plus difficiles ; mais 
il n'avait pas le style large et expressif de son 
frère, objet de l'article suivant. Il a écrit et fait 
graver : 1° Trois duos pour deux violoncelles, 
œuvre 1 er ; Paris, Sieber. — 2° Six sonates 
pour violoncelle et basse; Amsterdam et Berlin, 
1788. E.-L. Gerber lui atlribue aussi plusieurs 
autres œuvres de sonates et des concertos; mais 
ces ouvrages appartiennent à son frère. 

DUPORT (Jean-Louis), célèbre violoncel- 
liste, frère du précédent, naquit, à Paris, le 4 
octobre 1749. Fils d'un maître de danse, il était 
destiné, comme Duport l'aîné, à suivre la profes- 
sion de son père; mais, comme lui, il préféra 
se livrer à l'étude de la musique L'instrument 
qu'il choisit d'abord était le violon; mais sé- 
duit par les succès de son frère, il quitta cet 
instrument pour le violoncelle, et devint l'élève 
de Duport l'aîné. Doué des plus beureuses dispo- 
sitions, il fit de rapides progrès, et surpassa bientôt 
son maître en habileté. 11 n'avait pas encore 
atteint sa vingtième année, et déjà il avait de la 
célébrité. Le Concert spirituel , celui des ama- 
teurs, connu depuis sous le nom de Société Olym- 
pique, et les réunions musicales du baron de 
Bagge, offraient alors aux artistes les moyens de 
se faire connaître. Ce fut là que Duport jeta les 
fondements de sa réputation, augmentant cbaque 
jour son talent par les conseils et les encourage- 
ments qu'il recevait de ses amis. L'arrivée de 
Viotti à Paris fut l'événement le plus heureux 
pour Duport, qui comprit qu'en appliquant au 
violoncelle la manière large et brillante de ce 
grand artiste il obtiendrait des effets inconnus 
auparavant. Il travailla donc à se former un 
style nouveau, et le succès couronna ses efforts. 
Lié d'amitié avec le violoncelliste anglais Cros- 



dill, il le suivit à Londres, et y fut accueilli avec 
entliousiasme; mais il ne resta que six mois dans 
la capitale du royaume britannique. 

Les premiers troubles de la révolution fran- 
çaise ayant éclaté en 1789, Duport se rendit en 
Prusse, près de son frère, et fut placé dans la 
musique de la cour. Il y jouit de la réputation 
de premier violoncelliste de son temps, et fut 
recherché avec empressement, non - seulement 
par les artistes, mais par les étrangers qui visi- 
taient Berlin. Après un séjour de dix-sept ans 
dans celte ville , Duport , ruiné par la guerre, 
de Prusse, revint en France en 1806. Le long 
intervalle écoulé depuis son départ de Paris y 
avait affaibli le souvenir de son talent; il fal- 
lait refaire sa réputation, et il avait cinquante- 
huit ans. Le sentiment de sa force le soutint 
dans cette entreprise difficile. Il se fit enten- 
dre, en 1807, dans un concert qu'il donna à la 
salle de la rue Chantereine, conjointement avec 
mademoiselle Colbran (plus tard madame Ros- 
sini), et y excita le plus vif enthousiasme. On 
admira la pureté du son qu'il tirait du violon- 
celle, son style jeune encore, suave et large à 
la fois, et, ce qui était plus étonnant à son âge, 
la vigueur de son coup d'archet. Toutefois, soit 
indifférence de la part de l'autorité qui était alors 
chargée de l'administration des arts, soit par 
l'effet d'intrigues sourdes, Duport se vit délaissé. 
Le Conservatoire, l'Opéra, la chapelle du prince, 
tout se fermait à son approche; il n'y avait de 
place nulle part, et l'intéressant artiste, ruiné par 
les événements politiques et par des faillites par- 
ticulières, allait être forcé de quitter de nouveau 
sa patrie pour chercher ailleurs du pain, lorsque 
le roi d'Espagne (Charle IV), dont le séjour était 
fixé à Marseille, l'attacha à son service. En 
1812, ce prince obtint du gouvernement fran- 
çais l'autorisation de se transporter à Rome, et 
Duport fut encore obligé de revenir à Paris. 
Dans l'hiver de 1812 à 1813, il parut trois fois 
aux concerts de l'Odéon, et, quoique âgé de 
soixante-cinq ans, il étonna par la jeunesse de 
son talent. Ce fut alors qu'une justice tardive 
lui fut enfin rendue. Admis d'abord dans la 
musique de l'impératrice Marie-Louise, il entra 
ensuite à la chapelle de l'Empereur comme vio- 
loncelliste solo, et enfin au Conservatoire comme 
professeur. 

Dégagé des soucis qui l'avaient accablé pen- 
dant plusieurs années, Duport sembla tout-à-coup 
rajeunir. Point de concert où il ne brillât, point 
de soirée musicale dont il ne fût; à peine pou- 
vait-il suffire à l'empressement des amateurs. 
Dans les courts intervalles que lui laissaient ses 
engagements de société, il composait des duos, 

6. 



8-1 



DUPORT — DUPREZ 



des trios et des nocturnes, dans lesquels il ma- 
riait les accents de son violoncelle aux sons de 
la harpe de Bochsa, du cor de Duvernoy, ou du 
violon de Lafont. Tout le monde connaît les jo- 
lis nocturnes qu'il a écrits en société avec Bochsa. 
En 1815, le Conservatoire fut supprimé; Duport, 
qui n'avait point été compris dans la nouvelle 
organisation de l'école royale de musique en 
1816, resta attaché à la musique du roi. Enfin, 
à soixante-dix ans, il fut altaqué d'une maladie 
bilieuse, considérée d'abord comme peu dange- 
reuse, mais qui, s'étant jetée sur le foie, ne 
tarda point à prendre un caractère plus sérieux, 
et finit par le conduire au tombeau, le 7 septem- 
bre 1819. Il laissa en mourant trois enfants : 
deux fdles et un fils; celui-ci, après avoir été quel- 
que temps attaché au théâtre de Lyon comme vio- 
loncelliste, a établi à Paris une fabrique de pianos. 
Il possédait la basse de son père, admirable ins- 
trument de Stradivari, dont l'excellent violon- 
celliste Franchomme a fait l'acquisition, au prix 
•énorme de vingt-cinq mille francs. Duport a 
•composé pour son instrument : 1° Six concer- 
tos, gravés à Paris, chez Janet et Cotelle. — 
2° Quatre œuvres de sonates, avec accompagne- 
ment de basse; Paris , Janet , Sieber. — 3° Trois 
duos pour deux violoncelles ; Paris, Sieber. — 
A Huit airs variés, avec orchestre ou quatuor; 
Paris, Pleyel. — 5° Deux airs variés pour violon 
et violoncelle , en société avec Jarnowick ; Paris, 
Sieber. — 0° Romance avec accompagnement 
de piano; Paris, Janet et Cotelle. — 7° Neuf 
uocturnes pour harpe et violoncelle, en société 
avec Bochsa; Paris, Pacini, Dufaut et Dubois. 
— s Fantaisie pour violoncelle et piano, en so- 
ciété avec Rigel ; Paris , Janet ; 9° Essai sur 
le doigter du violoncelle et la conduite de l'ar- i 
chef, avec une suite d'exercices; Paris, Pleyel ; 
ouvrage fondamental pour l'étude de l'instru- 
ment 

ÛUPOTY (Denis-Simon), professeur de 
chant et compositeur de romances, né à Ver- 
sailles, le 8 novembre 1787, était fils d'un menui- 
sier et exerça d'abord la profession de son père; 
mais son goût pour la musique le lui fit aban- 
donner. 11 se livra à l'étude du chant et de l'har- 
monie, sous la direction de Matthieu , maître de 
chapelle de la cathédrale. En 1815, il servit 
comme volontaire pendant les cent jours, et 
après la bataille de Waterloo il s'arrêta à Douai 
pendant quelques mois pour continuer ses études 
de composition chez l'auteur de cette notice. De 
retour à Paris, il s'y livra à l'enseignement du 
chant et publia quelques romances ainsi que des 
chansons de Déranger, parmi lesquelles on a re- 
marqué celles qui oui pour titres : le Chant pa- 



triotique , le Cinq mat, le Vieil Invalide, le. 
Temps, ï 'Ombre d'Anacréon, et le Vieux Dra- 
peau. Une fièvre cérébrale a conduit au tombeau 
Dupoty, jeune encore, le 3 juillet 1824. Il avait 
remis en musique le Faux Lord, opéra comique 
traité autrefois par Piccinni; mais cet ouvrage 
n'a point été représenté. 

DUPRATO (Jules-Laui\ent), compositeur 
dramatique, est né à Nîmes, le 20 août 1827. 
Arrivé à Paris à l'âge de dix-sept ans, il entra 
au Conservatoire et suivit le cours de composition 
de M. Leborne. En 1848, il obtint, auconcoursde 
l'Institut de France , le premier grand prix de 
composition pour la cantate intitulée Damoclès. 
Devenu pensionnaire du gouvernement, il alla 
passer deux ans à Rome, puis visita les autres 
villes importantes de l'Italie, et voyagea en Alle- 
magne. De retour à Paris, il a fait jouer au 
théâtre de l'Opéra-Comique, le 28 juin 1854, les 
Trovatelles, joli ouvrage en un acte, où se font 
remarquer des idées fraîches, élégantes, une 
bonne harmonie et une instrumentation intelli- 
gente. Le 2 juin 1856, il a donné au môme 
théâtre Pâquerette , en un acte, où le composi- 
teur a été moins bien inspiré. Dans l'hiver de 1856 
à 1857, M. Duprato a fait jouer au théâtre des 
Bouffes Parisiens un. petit ouvrage en un acte 
intitulé Mosieu Landry, qui a eu du succès. 

DUPRE (Eneas), musicien du seizième siècle 
sur qui l'on n'a pas de renseignements. Son nom 
indique qu'il était d'origine française; mais d 
vécut vraisemblablement à Venise, ou du moins 
dans l'État vénitien, car on a de lui des Frottole, 
sorte de chants populaires qui n'ont été en usage 
que dans cette partie de la haute Italie. Les 
Frottoles de Dupré se trouvent dans les 7 me et 
9 me livres de la grande collection publiée par 
Petrucci de Fossombrone, en 1507 et 1508. 

DUPREZ ( Gilbert-Louis ), chanteur et 
grand musicien, qui jouit à juste titre en Italie 
et en France d'une brillante réputation, est né 
à Paris, le 6 décembre 1806. Son père avait 
eu dix-huit enfants, et il en était le dou- 
zième fils. Dès son enfance il commença l'é- 
tude de la musique, et y fit de rapides progrès. 
Séduit par sa précieuse organisation musicale, 
Choron, qui eut occasion d'entendre chanter cet 
enfant, le fit entrer à l'école de musique qu'il di- 
rigeait, et donna à son éducation les soins les 
plus assidus. Une connaissance solide et étendue 
de toutes les parties de la musique fut donnée au 
jeune Duprez, qui justifia les espérances qu'il 
avait inspirées. Le premier essai qu'il fit en 
public de .son talent eut lieu dans des représen- 
tations de VAtkalie de Racine (en 1820), au 
Théâtre-Français, où l'on avait introduit des 



DUPREZ — DUPUIS 



83 



chœurs et des solos. Duprez y chanta une partie 
de soprano dans un trio composé pour lui et deux 
autres élèves de Choron par l'auteur de cette 
notice, et l'accent expressif qu'il mit dans l'exé- 
cution de ce morceau fit éclater les applaudis- 
sements dans toutes les parties de la salle. 
Bientôt après vint la mue de sa voix, qui l'o- 
bligea de suspendre les études de chant. 
Pendant cette crise de l'organe vocal , il apprit 
l'harmonie et le contrepoint , et ses essais en 
composition prouvèrent qu'il pouvait obtenir des 
succès en ce genre. Cependant une voix de ténor 
avait succédé à sa voix enfantine; d'abord faible 
et sourde de timbre , elle ne laissa que peu d'es- 
poir pour l'avenir; mais le sentiment musical 
de Duprez était si beau, si actif, si puissant, 
qu'il triomphait des défauts de son organe. Au 
mois de décembre 1825 il débuta au théâtre de 
l'Odéon.dans le rôle d'Almaviva, de la traduc- 
tion française du Barbier de Séville de Rossini. 
Il lui manquait l'assurance en lui-même, et 
l'expérience dans l'art du chant scénique ; tou- 
tefois on put comprendre dès lors que, malgré 
la faiblesse de sa voix , Duprez serait un chan- 
teur distingué. Il resta au théâtre de l'Odéon 
jusqu'en 1828, époque où l'opéra cessa d'être 
joué à ce théâtre. Il partit alors pour l'Italie, et y 
obtint des engagements qui ne le firent pas re- 
marquer d'abord, mais qui furent utiles à son 
talent et au développement de sa voix , dont le 
timbre acquit plus de puissance. De retour à 
Paris en 1830, il joua quelques représentations 
à l'Opéra-Comique, notamment dans La Darne 
Blanche, où les connaisseurs l'applaudirent et 
remarquèrent ses progrès ; mais n'ayant pu con- 
tracter d'engagement à ce théâtre, il retourna en 
Italie. C'est alors que Duprez prit la résolution 
de donner a son organe l'intensité qui lui man- 
quait par le travail de la voix sombrée. Il y 
réussit au delà de ses espérances. Ses succès 
datent de cette époque. Bientôt sa réputation s'é- 
tendit : il chanta dans toutes les grandes villes, 
et en dernier lieu à Naples, où il fut en possession 
delà faveur du public pendant plusieurs années. 
Cependant, quels que fussent. les avantages qu'il 
trouvait en Italie» il désirait ardemment se re- 
trouver à Paris, et entrer à l'Opéra. Ses vœux se 
réalisèrent en 1836; son engagement comme 
premier ténor y fut signé par la direction de ce 
théâtre •• il y succéda à Adolphe Nourrit, et dé- 
buta avec un succès d'enthousiasme dans Guil- 
laume Tell. L'élévation de son style dans l'art 
de phraser, la puissance de son organe dans tout 
ce qui exigeait de l'énergie, et sa manière admi- 
rable de dire le récitatif , firent naître des trans- 
ports frénétiques dans toute la salle. Pendant 



plusieurs années Duprez conserva route la puis- 
sance de se3 facultés chantantes; mais il est dans 
la nature de l'organe factice appelé voix som- 
brée de se fatiguer rapidement : ce fut ce qui 
se produisit dans la voix de Duprez. Par des 
efforts inouïs d'art et de volonté il prolongea sa 
carrière dramatique; mais ces mêmes efforts 
rendaient souvent le chant pénible et se faisaient 
apercevoir. L'artiste, comprenant enfin qu'il 
compromettait son beau talent, demanda sa re- 
traite et l'obtint. II prit alors la résolution de se 
livrer exclusivement à l'enseignement du chant , 
et fonda une école où se sont formés plusieurs 
chanteurs distingués, et qui est encore ( 1860) en 
activité. Il fut aussi professeur de déclamation lyri- 
que au Conservatoire de Paris pendant plusieurs 
années ; mais il donna sa démission de cette posi- 
tion lorsqu'il eut conçu le projet de son école de 
chant. Duprez a publié, une méthode dans la- 
quelle il a exposé les principes de son école, 
sous le titre de V Art du chant ; Paris, 184C, r.\ 
in-4°. Il s'est fait connaître comme compositeur 
dramatique par un opéra en trois actes, intitulé 
Joanita, qui fut représenté au théâtre royal de 
Bruxelles en 1851, et dont la partition pour le 
piano a été publiée à Paris , chez Meissoimier. 
Le 28 avril 1853 il a fait jouer au théâtre de 
l'Opéra-Comique de Paris La Lettre au bon 
Dieu, ouvrage en deux actes, qui eut peu de 
succès. 

Au nombre des meilleurs élèves formés par 
Dupiez, on distingue sa fille, Caroline, de- 
venue la femme de Vanden Heuvel, bon pia- 
niste accompagnateur et compositeur. Elle a 
brillé au premier rang sur les scènes de l'Opéra- 
Comique et du théâtre Lyrique par un talent (in, 
élégant, et par une rare intelligence. Sa vocali- 
sation est brillante et correcte. 

DUPUIS (Thomas SAUNDERS ), docteur en 
musique, naquit en Angleterre, de parents 
français, en 1733. Son père occupait quelque 
emploi à la cour de Georges II , et ce fut pro- 
bablement par cette raison que le jeune Dupuis 
fut placé à la chapelle royale. Il reçut les pre- 
mières leçons de musique de Gates, et devint 
ensuite élève de Travers, qui était dans ce 
temps organiste de la chapelle du roi. A la mort 
du docteur Boyce, en 1779, Dupuis fut nommé 
organiste et compositeur de la chapelle. Lors de 
l'exécution de la grande musique funèbre en 
l'honneur de Haendel, en 1784, il fut l'un des aides 
directeurs. Comme compositeur, il est connu par 
plusieurs œuvres de sonates pour le piano, et 
deux concertos pour le même instrument, qui 
ont été gravés. On a aussi de lui des pièces 
d'orgue, deux recueils d'hymnes à l'usage de la 



DUPUIS — DURAN 



chapelle royale, et quelques antiennes. Il avait 
reçu le grade de docteur en musique , à l'uni- 
versité d'Oxford, en 1790. Du puis est mort le 17 
juin 1796, et a été remplacé, comme organiste 
de la chapelle royale par le docteur Arnold , et 
comme compositeur du roi par Atwood, or- 
ganiste de Saint-Paul. Après sa mort, on a 
publié de sa composition quatre services complets 
pour l'Église anglicane et quatorze antiennes-, en 
2 volumes in-fol. 

DUPUY (Henri). Voy. Putte (van de). 

DUPUY (ALBERT-Cn4Ri.Es), maître de 
chapelle du chapitre abbatial de Saint-Saturnin , 
à Toulouse, naquit dans cetle ville. Dans sa 
jeunesse, il avait fait un voyage en Italie, et en 
avait rapporté le goût de la musique d'église 
qu'il avait entendue à Milan, à Venise, à Bologne 
et à Rome. De retour dans sa ville natale, il 
essaya d'y opérer une réforme dans la maîtrise, 
où il fut admis, et y fit entendre quelques bons 
ouvrages de l'école italienne. Lui même essaya 
de former son style sur ce modèle. Une messe, 
quelques motels et un oratorio de sa composition 
ont été entendus avec plaisir à l'église de Saint- 
Saturnin, et y sont encore exécutés de temps en 
temps. On connaît aussi une Ode sur la nais- 
sance de Jésus-Christ, composée par le bénédictin 
d'Olive, et mise en musique par Dupuy. Ce mu- 
sicien est mort en 1789, âgé d'environ cinquante 
ans. 

DUPUY (Jean-Baptiste-Édouard-Louis-Ca- 
mjîxe), né en 1775, au village deCorselles, près 
de Neufchàtel, fut envoyé à l'âge de quatre ans 
chez un oncle qu'il avait à Genève, pour y faire 
non éducation. Il y resta jusqu'à sa treizième 
année, et se rendit ensuite à Paris, où Chabran 
lui donna des leçons de violon , et Dussek lui 
enseigna à jouer du piano. Ses progrès furent 
m rapides, qu'à l'âge de seize ans il put remplir 
les fonctions de maître de concerts du prince 
Henri de Prusse, à Rheinsberg. Il resta au ser- 
vice de ce prince pendant quatre ans, et le suivit 
a Berlin , où il étudia l'harmonie sous la direc- 
tion de Fasch. Il fit ensuite plusieurs voyages, 
parcourut l'Allemagne et une partie de la Po- 
logne , donnant des concerts dans, toutes les 
grandes villes. Vers la fin de 1793 il arriva à 
Stockholm, et y fut engagé comme chanteur au 
théâtre de l'Opéra, et comme second maître des 
concerts de la cour. En 1799 il s'éloigna de la 
capitale de la Suède pour aller à Copenhague, 
où on lui avait offert un engagement comme 
maître des concerts et comme chanteur de l'O- 
péra. A l'époque de l'expédition des Anglais, 
sous le commandement de Nelson, contre Co- 
penhague, Dupuy entra en 1801 dans le corps l 



de volontaires organisé pour la défense de la 
ville; iiy étaitencoreen 1807, lorsque cette ville 
fut bombardée , et s'y distingua si bien par son 
courage, qu'il fut élevé au grade de lieutenant ; 
néanmoins ses travaux militaires ne l'empêchè- 
rent pas de cultiver la musique avec succès. 
ËD 1809 il s'éloigna de Copenhague, et se rendit 
à Paris, où il resta jusqu'à l'automne de 1810. 
A celle époque il retourna en Suède, et vécut 
d'abord à Schœnen, puis à Stockholm. En 1812 il 
fut nommé chanteur, professeur et maître do 
chapelle de la cour. Une apoplexie foudroyante 
l'enleva à sa famille et à ses amis, le 3 avril 1822, 
et ne lui permit pas de voir la première repré- 
sentation de son opéra suédois BjornJamsida. 

Comme compositeur, Dupuy s'est fait applaudir 
dans les opéras intitulés : Une Folie, Félicie, 
et Bjom Jarnsida. Son style est vif et animé 
dans les deux premiers , sentimental dans le 
dernier. Ses musiques funèbres pour le service 
du roi Charles XHI et de la reine sont aussi 
estimées. Parmi ses compositions instrumentales 
on distingue : l°Des duos pour deux violons 
concertants, gravés à Copenhague, chez Lose. 
— 2° Un concerto pour flûte (en ré mineur); 
Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. — 3° Une polo- 
naise pour violon priucipal,un second violon, 
guitare et basse; Prague, Kronberger. — 4° Des 
quadrilles de contre-danses, valses et écossaises 
pour piano ; Stockholm, Graef. — 5° Des marches 
en harmonie militaire, Copenhague. On a aussi 
de lui pour le chant une romance à trois voix 
intitulée l'Amour, Copenhague, Lose, et six 
quatuors pour deux ténors et deux basses ; ibid. 

DUPUY (N. ), littérateur français, réfugié en 
Hollande vers le milieu du dix-huitième siècle, 
est auteur d'un livre intitulé : Amuseme'nts du 
cœur et de l'esprit (La Haye, 1741, in-12), où 
l'on trouve des lettres sur l'origine et les pro- 
grès de V opéra en France. 

DURAN (Dominique-Marc), né à Alconela, 
dans l'Estramadure , vers le milieu du seizième 
siècle, est auteur 'de deux traités sur le plain- 
chant, intitulés : 1° Luxbella de canto llano; 
Toledo, 1590, in-4°. — 2° Comento sobre la 
Lux bella; ibid. , in-4°. Blankenberg ( Nouvelle 
édition delà Théorie des beaux-arts de Sulzer) 
assure qu'il y a une deuxième édition de ces li- 
vres, sous la date de Salamanque, 1598. 

DURA1V (Juan), maître de chapelle de la 
cathédrale de Santiago (en français Saint-Jac- 
ques de Compostelle) , occupait cette place en 
1525. Il a laissé en manuscrit de bonnes compo- 
sitions religieuses qui se trouvent dans les archives 
de cette église , et dans plusieurs autres en Es- 
pagne. 



DURAND — DURANDE 



8? 



DURAND ou DURANOWSKY (Au- 
guste-Frédéric;, virtuose sur le violon, qui n'a 
point joui de la réputation qu'il méritait par son 
talent, est né vers 1770 à Varsovie, où son père 
était musicien au service du dernier roi de Po- 
logne. Il apprit de lui les principes de la mu- 
sique, et reçut les premières leçons de violon. 
Conduit à Paris, en 1787, par un seigneur polonais 
qui s'intéressait à son sort, il fut dirigé dans 
l'étude de son instrument par Viotti, qui trou- 
vait en lui le génie de l'art et une admirable 
facilité à jouer les choses les plus difficiles. Du- 
rand vécut quelque temps à Paris, puis voyagea 
en Allemagne et en Italie, pendant les années 
1794 et 1795. Partout il fit admirer sa prodi- 
gieuse habileté; mais tout à coup il sembla re- 
noncer à l'usage de son talent, entra dans l'armée 
française, et devint aide de camp d'un général. 
Une fâcheuse affaire, dans laquelle il fut com- 
promis, le fit mettre en prison à Milan ; la pro- 
tection du général Menou le sauva des suites de 
cette affaire, et le rendit à la liberté ; mais il fut 
obligé de donner sa démission d'officier, et de se 
rendre en Allemagne, où sa vie fut agitée. Dans 
l'intervalle de 1810 à 1814 il séjourna plus ou 
moins longtemps à Leipsick, Prague, Dresde, 
Cassel, Varsovie, Francfort-sur-le-Mein,Mayence, 
et quelques autres villes. Vers la fin de 1811 il 
joua deux fois avec le plus grand succès à la cour 
de Cassel, et l'année suivante il se .fit entendre 
chez le grand-duc de Darmstadt et à Aschaffen- 
bourg. Enfin, le besoin du repos lui fit accepter 
en 1814 les places de premier violon du concert 
et du théâtre qui lui étaient offertes à Stras- 
bourg, et depuis ce temps jusqu'à l'époque ac- 
tuelle, il ne s'est éloigné de cette ville que pour 
faire de petits voyages en France et en Allemagne. 
Il y était encore à la finde 1834. Dans ses Lettres 
sur la musique, adressées à un de ses amis de 
Florence, en 1828, le comte Michel Oginski parle 
en ces fermes de l'artiste dont il s'agit : « Le 
« nom de Durand ne doit pas vous être inconnu. 
« Originaire d'une famille française, mais natif 
« de Pologne, il avait pris le nom de Dura- 
« nowski, qu'on lui donnait généralement par- 
« tout. On m'a assuré que c'était un des artistes 
« les plus distingués pour le violon; mais 
« comme sa conduite ne répondait pas à son 
« talent, il se trouvait très-souvent dépourvu 
« de tout moyen de subsistance , et pour ainsi 
« dire dans la misère. Il n'avait pas même de 
« violon à lui; et comme l'usage decetinstru- 
« ment était la seule ressource qui lui restait 
« pour vivre , il s'arrêtait dans toutes les villes 
« un peu marquantes qu'il rencontrait en route, 
« y annonçait un concert, et, se servant du 



" premier mauvais violon qu'il trouvait dans 
« l'auberge, il en jouait de manière à enchanter 
<> le public et à subvenir à ses besoins. Je ne 
« l'ai jamais entendu ; mais son talent, tout aussi 
« bien que - ses aventures, ont fait beaucoup 
■< parler de lui dans toutes les capitales où je me 
<« suis trouvé. » 

Si Durand eût pu se défendre de l'agitation de 
sa vie et se lût livré sans réserve au dévelop- 
pement de ses facultés, il eût été le plus éton- 
nant des violonistes. Sa manière était originale 
et toute de création. Son adresse dans l'exécu- 
tion des difficultés était prodigieuse, et il avait 
inventé une multitude de traits inexécutables 
pour tout autre que lui. Il tirait un grand son 
de l'instrument, avait une puissance irrésistible 
d'archet, et mettait dans son jeu une inépuisable 
variété d'effets. Paganini, qui avait entendu Du- 
rand dans sa jeunesse, m'a dit que ce virtuose 
lui avait révélé le secret de tout ce qu'on pou- 
vait faire sur le violon, et que c'est aux lumières 
qui lui ont été fournies par cet artiste qu'il dut 
son talent. 

Comme compositeur pour son instrument, 
Durand ne s'est pas élevé au-dessus du mé- 
diocre ; autant il y avait de génie dans son jeu, 
autant cette qualité est négative dans sa mu- 
sique. Il a publié : 1° Concerto pour violon et 
orchestre, œuvre 8, en la; Leipsick, Peters. — 
2° Pot-pourri, idem, œuvre 10, en ré; ibid. — 
3° Idem , op. 1 1 ; Offenbach , André - . — 4° Deux 
airs variés pour violon et orchestre; Bonn, Sirn- 
rock. — 5° Fantaisie suivie de deux airs variés 
pour violon et quatuor; Leipsick, Hofmeister. — 
6° Duos pour deux violons, œuvres 1, 2, 3, 4 
et 6; Leipsick, Breilkopf et Haertel, et Paris, 
Sieber. — 7° Des airs variés pour le violon seul ; 
Vienne, Cappi, et Leipsick , Br. et H. — 8° Six 
caprices ou études, op. 15; Mayence, Scholt. — 
9" Six chansons allemandes pour voix seule , 
Offenbach, André. 

DURAND (F.-L. ), professeur de musique à 
Paris , ancien élève du Conservatoire de cette 
ville, est connu par un ouvrage qui a pour titre -. 
Petite grammaire musicale, ou Principes 
élémentaires de la musique exposés par de- 
mandes et par réponses, à l'usage des élèves 
du collège Bollin; Paris, Meissonnier, 1837, 
in-8°. La troisième édition de ce petit ouvrage à 
paru chez le même éditeur, en 1845. 

DURANTE (Ancelo), né à Bologne, vers 
le milieu du seizième siècle, a publié •• \°Messe 
a cinquevoci; Venise , 1578. — 2° Madrigali 
a cinque; Venise, 1585. 

DURANTE (Octave), compositeur et 
maître de chapelle à Viterbe, au commence- 



88 



DURANTE 



nient <!ii dix-septième siècle, naquit à Home. Il 
y \ivait encore en 1614, suivant ce que rapporte 
Mamlosio, dans sa Bibliotheca Romana, tome 2, 
septième centurie, n° 83. H a fait imprimer un 
ouvrage de sa composition sous ce titre : Arie 
dévoie, le quali conlengono in se la maniera 
di cantar con grazia l'imilazione délie pu- 
rôle, e il modo di scriver passagi ed allri 
affetli, no camente composte; Roma, appresso 
Simone Verovio, 1608, in-l'oL II y a une 
deuxième édition gravée sui cuivre, publiée sous 
le même titre, à Rome, 1624, in-fol. Les mots 
novamenle composte, placés au frontispice 
de cette édition pourraient faire douter de l'exis- 
tence de l'édition de 1608, citée par Walther 
( Musikal. Lexicon , p. 220 ) ; mais j'ai vu cette 
même édition dans la bibliothèque de l'abbé 
Santini, à Rome. 

DURANTE (Silvestre), maître de cha- 
pelle à Sainle-Marie in Transtevere , vers le 
milieu du dix-septième siècle, a l'ait imprimer 
de sa composition : 1° Messe a à e 9 ad libi- 
tum; Rome, 105 1. — 2° Moletti atre;Md., 
1664. 

DURANTE (François) (1), chef d'une 
école fameuse qui a produit quelques-uns des 
compositeurs les plus renommés du dix-huitième 
siècle, est né le 15 mars 1684, à Frattamaggiore, 
au diocèse d'A versa, dans le royaume de Naples. 
Ses parents, peu fortunés, ayant obtenu son 
admission au Conservatoire Dei poveri di Giesà 
Cristo , il devint élève de Gaetano Greco, alors 
premier maître de ce Conservatoire. Durante 
acquit sous sa direction de l'habileté dans le jeu 
du clavecin, dans l'accompagnement des parll- 
menti, et dans l'art de jouer de l'orgue. Le 
Conservatoire ayant été supprimé, et les élèves 
ayant été répartis dans les autres écoles du 
même genre, Durante et son condisciple Cotu- 
macci furent envoyés au Conservatoire de 
S. Onofrio,où ils trouvèrent Alexandre Scarlatti, 
dont les leçons perfectionnèrent leur goût et 
leurs connaissances musicales (2). M. Le mar- 
quis de "Villarosa, auteur de Mémoires sur les 
musiciens napolitains , révoque en doute le 
voyage qu'aurait fait à Rome Durante dans sa 
jeunesse, suivant certaine tradition répandue en 
Italie, dans le but de se perfectionner dans l'art 

(0 La notice de ce musicien célèbre qui a paru dans la 
première édition de cette Biographie est refaite d'après le 
livre de M. de Vlllarosa sur les musiciens napolitains. 

(2) Suivant Burney, le Conservatoire n'aurait été dé- 
truit par le cardinal Spinellr, archevêque de Naples, qu'en 
1740, et Durante aurait été premier maître de cette école; 
mais le marquis de Villarosa, que j'ai pris pour guide, 
paraît mieux instruit de l'histoire de3 Conservatoires de 
cette ville. 



du chant, par les leçons de Piloni , et dans le 
contrepoint par celles de Bernard Pasquini. Il 
dit que Durante vécut dans une situation si peu 
fortunée, qu'il ne posséda jamais de ressources 
suflisantes pour aller à Rome et pour y demeurer. 
Il demande aussi quel besoin pouvait avoir Du- 
rante des leçons des maîtres romains, ayant eié 
instruit par Gaetano Greco et par Scarlatti? La 
réponse à celte question est facile. L'école na- 
politaine se distinguait dès le seizième siècle 
par un sentiment de mélodie supérieur à celui 
des autres écoles de l'Italie, et par une certaine 
clarté d'harmonie d'où les recherches scolas- 
tiques étaient bannies. Scarlatti, le plus grand 
des maîtres de celte école; Scarlatti, homme de 
génie, et de plus doué d'une organisation forte, 
qui le rendait capable d'entrer dans la conception 
des combinaisons harmoniques de l'école ro- 
maine, avait introduit ces combinaisons dans 
quelques-uns de ses ouvrages pour l'église ; mais, 
dominé par son penchant pour l'expression dra- 
matique, il modifiait les formes d'école en ce 
qu'elles avaient de trop régulier et de trop raide , 
pour laisser toujours aux idées originales et 
mélodiques, ainsi qu'à l'expression variée des 
sentiments passionnés, leur prééminence dans 
l'ait. L'organisation de Durante était très-difle- 
rente de celle de son maître; peu riche d'idées, 
froid par tempérament; timide par caractère 
et par position sociale; enfin, complètement 
étranger aux hardiesses du géniedramatique, Du- 
rante portait dans la musique la dévotion de ses 
sentiments religieux, la lucidité de conception, 
le goût pur et le respect des traditions d'école 
qui caractérisent son talent. S'il n'alla pas à 
Rome , il lit évidemment une étude sérieuse des 
maîtres de l'école romaine, et ses travaux curent 
pour objet d'introduire dans l'école napolitaine 
des formes plus sévères. C'est là son rôle dans 
la direction que l'art prit à Naples au dix-hui- 
tième siècle. On voit donc qu'il n'avait pas tout 
appris de Gaetano Greco et de Scarlatti : la lec- 
ture de ses partitions démontre qu'il s'était mo- 
difié sous l'influence du génie de Rome. Ce 
maître est considéré comme le plus habile pro- 
fesseur qu'ait eu l'école Napolitaine; toutefois, 
on serait dans l'erreur si l'on croyait que son 
habileté consistait dans une doctrine lumineuse, 
où tous les faits auraient été ramenés à des prin 
cipes généraux tirés de la nature des choses. 11 
n'y a jamais eu rien de pareil dans les écoles 
d'Italie. La méthode d'enseignement n'y avait 
d'autre base qu'une tradition d'école émanée d'un 
sentiment très-délicat; elle procédait de ce senti- 
ment bien plus que du raisonnement. Sous ce 
rapport, Durante paraît avoir eu plus qu'aucun 



DURANTE 



89 



antre le talent de communiquer celle tradition, 
et le sentiment le plus perfectionné de la tona- 
lité. Le grand nombre d'élèves excellents qu'il a 
lormés en est une preuve irrécusable. On dis- 
tingue deux époques dans son professorat. La 
première a produit Traetta, Vinci, Terradeglias 
et Jomelli; la seconde, qui commencée lamorl 
de Léo et qui linit à la sienne, a faitéclore des 
talents de premier ordre, tels que ceux de Pic- 
c.inni, Saccbini, Guglielmi et Paisiello. 

Dans le mois de janvier de l'année 1742, Du- 
rante fut nommé maître du Conservatoire de 
Loreto, après le départ de Porpora pour l'Alle- 
magne. Son traitement fut fixé à 10 ducats (40 
francs) par mois ; car c'est ainsi qu'étaient alors 
rétribués ces grands arlisles dont les ouvrages 
excitaient l'admiration de toute l'Europe. C'est 
dans ce môme Conservatoire qu'il a formé quel- 
ques-uns de ses meilleurs élèves. Durante avait 
été mai'ié trois fois; mais aucune de ses femmes 
ne put en faire un homme aimable et poli. Dans 
la conversation, il était souvent bourru; quel- 
quefois cependant il s'efforçait de se corriger de 
ce défaut et de paraître agréable, ce qu'il faisait 
du reste d'une manière assez gauche. Il s'ha- 
billait avec une simplicité qui tenait de la né- 
gligence, n'ayant aucun penchant non-seulement, 
pour l'élégance, mais môme pour la propreté. 11 
mourut le 13 août 1755, à l'âge de soixante et 
onze ans. F5ien qu'il eût tiré peu de profit de ses 
ouvrages, il avait vécu avec tant d'économie, 
qu'il put faire construire dans l'église de Saint- 
Antoine, à Frattamagiore, une chapelle dédiée à 
l'archange Gabriel, avec la statue du saint dans 
une niche et sur un autel de marbre : on y lit 
cctle inscription : Franciscus Durante cap- 
pella magister musicx fecit. 

Durante est compté parmi les compositeurs les 
plus célèbres de l'Italie. 11 s'est livré surtout à 
la culture de la musique d'église, et n'a rien pro- 
duit pour le théâtre. Il a peu d'invention dans 
les idées; ses motifs sont même souvent com- 
muns ou surannés ; mais nul n'a connu mieux 
que lui l'art de les développer et de les enrichir 
d'une harmonie vigoureuse et piquante. Son 
style est religieux, solennel, et généralement 
brillant, quoique dépouillé de ces effets d'orchestre 
qui font le charme de la musique de nos jours, 
mais qui étaient inconnus de son temps. Il a 
aussi le grand mérite de donner à toutes les 
parties vocales des formes chantantes et faciles; 
sous ce rapport, ses compositions ont servi de 
modèles, tant qu'il y a eu des écoles en Italie. 
La bibliothèque du Conservatoire de musique 
de Paris possède une collection complète des 
œuvres de Durante, qui a été apportée en France 



par Selvaggi, Napolitain et musicien distin- 
gué. En voici le catalogue. Messes : 1° Missa 
alla Palestrina, en ré mineur : ouvrage médio- 
cre et fort inférieur au modèle que Durante 
voulait imiter. — 2° Missa a 9 voci, en la ma- 
jeur. — 3° Messe des morts à quatre voix, eu 
sol mineur. — 4° Messe des morts à huit voix, 
en ut mineur. ■ — 5° Missa a 4, Kyrie, gloriu , 
en si b. — 6° Idem, en la majeur. — 7" Idem , 
à cinq voix, en ut mineur. — 8° Idem, à cinq 
voix, en ut majeur. — 9° Idem, à cinq voix, en 
sol majeur. — 10° Idem, à quatre voix, en ré 
majeur. — 11° Autre, à quatre voix, en rê ma- 
jeur. — 12° Credo à quatre voix, en sol ma- 
jeur. — 13° Credo à cinq voix, en soi majeur. 

— Psaumes : 14° Dixita 8 voci con slromenti, 
en ré majeur. — 15° Idem, à huit voix, en ré 
majeur. — 16° Idem, à cinq voix , en ré majeur 
(brillant). — 17° Idem, style trêve. — 18° Idem, 
à quatre voix, ré majeur. — 19° Con/itebor a 
vocesola,en ré majeur. — 20° Idem, style bref. 

— 21° Laudate,pueri, a voce sola, en la mi- 
neur 22° Idem, à quatre voix, en sol majeur. 

— 23° Idem, à huit voix, en sol majeur. — 
24" Beatus vir à quatre voix, en fa majeur. — 
25° Idem, style bref. — 26° Lxtatus sum, à 
quatre voix, en la majeur. — 27° Misericor- 
dias Domini, a 8 senza stromenti. — 28° Ma- 
gnificat à quatre voix en si b. — 29° Idem, a 8 
voci, en la mineur. — Antiennes : 30° Aima, 
a voce sola. — 31° Idem, a voce sola di basso. 

— 32° Salve, Regina, a voce sola. — 33° Idem, 
a 2 voci. — 34° Veni, Sponsa, a 5 voci. — 
35° Idem, ak voci. — Hymnes-. 36° Iste con- 
f essor, a 4 voci — 37° Pange lingua, a 3 voci. 

— 38° Vexilla régis, à quatre voix. — Motets : 
39° O gloriosa Domina, a 5 voci. — 40° O 
divi amoris victima. — ^1° Si quecris mira- 
cula, a voce sola — 42° Surge, a 5 voci, ré 
majeur. — 43° Jam si redit, a 8 voci. — 
44° Cito Pastores, a voce sola, en la majeur. 

— 45° Adprxsepe,a 4 voci, en sol majeur — 
46° Toccate, sonate, a 4 voci, en sol majeur. 

— 47° Ave, Virgo, a voce sola, en ré majeur — 
48° Surge, aurora, à trois voix, en soi majeur. 
49° Inter choros, à cinq voix, en sol majeur. 

— 50° Cessent corda (chœur). — 51° Videtur, 
à quatre voix, en ré majeur. — 52° Te Deum, 
a 5 voci, ut majeur. — 53° Litanies de la 
Vierge,h quatre voix, en mi mineur. — 54° Idem, 
à quatre voix, en sol mineur. — 55° Idem, à 
quatre voix, en fa mineur. — 56° Idem, à deux 
voix, mi mineur. — 57° încipit oralio,'a quatre 
voix.— Musique de chambke : 58° Cantate : Dopo 
sentira, a voce dicontr'alto — 59° XII madri- 
gali col basso continuo estratti dalle cantato 



90 



DURANTE — DURUTTE 



delScarlalti. — 61° A7 solfeggi a 2 voci, col. b. 
c. — 61° Partimentipercembalo. — 62° 6 sonate. 

DURELL (Jean), né à Jersey, en 1625, 
mourut le 8 juin 1683. Le vingt-septième cha- 
pitre de son Historia rituum (p. 314 à 323) 
contient une défense de l'orgue contre les Pres- 
bytériens. 

DURET (Anne-Cécile DORLISE), fille 
de madame Saint- Aubin, actrice de l'Opéra-Co- 
mique, est née à Paris, en 1785. Admise au Con- 
servatoire comme élève de Garât, le 15 germinal 
an xi, elle en sortit l'année suivante, et débuta 
à l'Opéra-Comique au mois de juin 1805, dans 
le Concert interrompu. Sa voix était belle , 
mais son éducation musicale n'était pas terminée 
et elle manquait absolument d'habitude de la 
scène. Peu de mois après, elle rentra au Con- 
servatoire, y reprit ses études de chant, déve- 
loppa son talent par les leçons de Garât, et fut 
en état de reparaître avec éclat à l'Opéra-Co- 
mique le 2 avril 1808, dans le rôle de son premier 
début. Une voix de la plus belle qualité, une 
excellente vocalisation et une manière large de 
phraser lui assurèrent dès lors la réputation d'ha- 
bile cantatrice, et la plaça au premier rang à 
l'Opéra-Comique, bien qu'elle n'ait jamais été 
qu'actrice médiocre. Nicolo lsouard écrivit pour 
elle des rôles importants qui firent briller son 
talent, et qui furent longtemps difficiles à chanter 
pour les actrices qui lui succédèrent. Tels fu- 
rent ceux qu'elle joua dans Jeannot et Colin, 
et surtout dans le Billet de Loterie. Jeune en- 
core, Madame Duret fut obligée de quitter le 
théâtre, parce que sa respiration était devenue 
laborieuse, d'où résultait pour elle l'obligation 
de couper les phrases de son chant : elle se re- 
tira au renouvellement de l'année théâtrale, en 
1820. 

DUREY DE NOINVILLE (Jacques- 
Bernard), né à Dijon, le 3 décembre 1683, fut 
conseiller au parlement de Met? en 1726, et pré- 
sident au grand conseil en 1731. Il est mort le 
20 juillet 1768. On a de lui : Histoire du théâ- 
tre de l'Académie royale de musique en 
France, depuis son établissement jusqu'à 
présent; Paris, 1758, in-8°. La seconde édition, 
augmentée, a été publiée à Paris en 1757, deux 
parties in-8°. Dans quelques exemplaires on 
trouve à la fin du volume un Catalogue de 
quelques ouvrages qui traitent de l'Opéra, 
etc., et qui ont rapport à l'histoire de ce 
théâtre. Le président de Noinville tenait de Tra- 
venol, violoniste de l'Opéra (voij. ce nom) une 
partie des renseignement qu'il donne. Son livre 
est au reste, fort mal fait et rempli d'inexac- 
titudes. • 



DURIEU (. . .), professeur de musique à 
Paris, vers la lin du dix-huitième siècle, a pu- 
blié : i° Nouvelle méthode de musique vo- 
cale , Paris, 1793, in-fol. — 2° Méthode de 
violon; ibid., 1796. 

DURINGER (Philippe-Jean), auteur d'une 
notice intéressante et bien écrite , sur la vie et 
les ouvrages du compositeur Albert Lortzing, 
dont il était l'ami : il vivait à Mannheim en 1851. 
C'est le seul renseignement que j'aie sur sa per- 
sonne. Sa notice a pour titre : Albert Lortzing, 
sein Lebenund Wirken (Albert Lorlzîng, sa 
vie et ses travaux). Leipsick, O. Wigand, 1851, 
in- 12 de 126 pages, avec le portrait de Lortzing. 
L'ouvrage est précédé d'une appréciation du ta- 
lent de Lortzing par le maître de chapelle Vincent 
Lachner. 

DURON (Don Sébastien), maître de cha- 
pelle du roi d'Espagne, eut une brillante répu- 
tation dans sa patrie; néanmoins on ne sait 
presque rien des circonstances de sa vie, et le 
seul renseignement positif qu'on ait sur lui se 
tire du livre des /testas de acompanar, publié 
par José Torres, en 1702, où l'on voit, dans l'ap- 
probation donnée par Duron, qu'il était alors maî- 
tre de la chapelle royale. La plupart des composi- 
tions de ce maître ont été détruites par l'incendie 
de la chapelle, en 1734. Ce qui en a été sauvé 
consiste en une messe de requiem, à 8 voix, un 
motet ( Txdet ) à 10, un autre motet (Périme 
Consumptis) à 8, et des Litanies des saints à 8. 
M. Eslava a publié un motet à 4 voix de Du- 
ron (O vos omnes) dans sa collection intitulée : 
Lira sacro-hispana. Duron fui le premier qui 
introduisit en Espagne l'usage des violons dans 
la musique d'église. 

DURUTTE ( Le comte François-Camjlle- 
Aktoine), né à Ypres (Flandre occidentale), le 
22 vendémiaire en xu (15 octobre 1803), cul- 
tiva dès sa jeunesse la musique et les mathéma- 
tiques. Admis à l'École polytechnique, il y ter- 
mina ses études, fut nommé officier et envoyé à 
l'École d'application à Metz; mais , dominé par 
son penchant pour la musique, il donna sa dé- 
mission, se maria et s'établit dans celle ville. 
M. Barbereau a été son maître de composition. 
Les amis de M. Durutle , qui ont entendu ses 
ouvrages , en parlent avec beaucoup d'estime. 
M. Durulte s'est aussi livré à de longues études 
et à de grands travaux concernant la théorie c!e 
la musique et de l'harmonie ; mais comme la 
plupart des mathématiciens qui ont appliqué les 
chiffres et les formules à cette théorie, il s'est 
égaré en cherchant son principe ailleurs que 
dans ce qui constitue l'art immédiatement, à sa- 
voir le sentiment intime des rapports des sons 



DURUTTE 



î)i 



et de la tonalité. L'erreur des géomètres a tou- 
jours été et sera toujours de se persuader que 
l'art peut s'assimiler à la science et avoir d'au- 
tres lois que celles de la nature humaine : ils 
ne comprennent pas que hors de l'homme il n'y a 
punit d'art possible. Au reste, cette erreur est an- 
cienne comme le monde, et les hypothèses pour 
la formation d'une science abstraite de la rnusi- 
()ue ont revêtu toutes les formes. M. Durutte a fait 
l'exposé de sa doctriue dans un gros livre inti- 
tulé : Esthétique musicale. Tcchnie ou lois 
générales du système harmonique; Paris, 
Mallet-Bachelier, 1855, 1 vol. in-4° de xxxiv 
et 556 pages. A la lecture de ce titre, une con- 
tradiction manifeste se présente tout d'abord; 
car l'esthélique est la doctrine de la science qui 
a pour objet le beau ; et la technie est la doc- 
trine de la science qui a pour objet le vrai : or 
le beau est le but de l'art, comme le vrai est ce- 
lui de la science; la technie est le domaine de la 
connaissance; l'esthétique est celui de la créa- 
tion de l'idée. Les voies que l'une et l'autre sui- 
vent sont aussi différentes que leur objet. Ici donc 
l'absence de justesse dans les aperçus est la pre- 
mière impression qui nous saisit à l'aspect du 
livre de M. Durutte. Pour apprécier la justesse 
de la critique de la doctrine qu'il renferme, il 
est nécessaire de se rappeler certaines proposi- 
tions dont nous avons fait la base de la musi- 
que et de la théorie de l'harmonie ; les voici -. 

« La nature ne fournit pour éléments de la 
« musique qu'une multitude de sons qui diffè- 
<• rent entre eux d'intonation, de durée et d'in- 
• tensité, par des nuances ou plus grandes ou 
« plus petites, » 

« Parmi ces sons, ceux dont les différences 
« sont assez sensibles pour affecter l'organe de 
« l'ouïe d'une manière déterminée deviennent 
" l'objet de notre attention ; l'idée de rapports 
« existant entre eux s'éveille dans l'intelligence 
« et sous l'action de la sensibilité d'une part, 
« et de la volonté de l'autre ; l'esprit les coor- 
« donne en séries différentes, dont chacune cor- 
« respond à un ordre particulier d'émotions, de 
« sentiments et d'idées. 

a Ces séries deviennent donc des types de to- 
rt nalité et de rhythmes qui ont des conséquences 
« nécessaires, sous l'influence desquelles l'ima- 
« gination entre en exercice pour la création du 
« beau (1). C'est ainsi que par l'élimination des 
sons irrationnels l'esprit arrive progressivement 
à la formation de l'échelle chromatique, et en 
définitive à la gamme diatonique; ces opérations, 

|l) Traité complet de la théorie et de la pratique de 
l'harmonie, Préface ;dc la 3 e édition, pasn s.u. 



résultats de la synthèse du sentiment et cm l'in- 
telligence, peuvent être démontrées avec facilité 
par les principes de la psychologie, et sont d'ac- 
cord avec l'enseignement de l'histoire de l'art. 
Les transformations de la tonaliiéde la musique 
chez les Grecs, depuis le temps où vécut Olympe 
jusqu'à l'époque de Pylhagore, nous en offrent 
des exemples frappants. 

Mais toutes les intonations des sons étant re- 
présentées par des longueurs de cordes tendues, 
lesquelles deviennent plus courtes en raison de 
l'élévation des intonations, les rapports de ces 
longueurs s'expriment par des nombres, consi- 
dérés comme identiques aux rapports des in- 
tervalles des sons. De là l'opinion émise dès la 
plus haute antiquité que la loi suprême de la 
musique consiste dans certaines relations de 
nombres; delàentin l'idée de l'harmonie univer- 
selle, dont les lois analogues à celles des rap- 
ports des sons régiraient les mouvements des 
astres, qui dans leurs révolutions produiraient 
un concert sublime. Il est évident qu'une telle 
doctrine anéantit l'action de l'humanité dans la 
créalion de la musique, et que les conditions es- 
sentielles de cet art lui sont imposées fatalement. 

Abandonnée dans les temps modernes, la théo- 
rie de l'harmonie universelle a laissé subsister 
l'opinion que la loi de la tonalité harmonique ré- 
side dans des rapports de nombres ; mais ce 
principe supposé a donné lieu à des systèmes di- 
vers. Au nombre de ces systèmes , il en est un 
qui consiste à former une série de quintes la- 
quelle a été déduite par l'abbé Roussier ( voy. 
ce nom ) d'une très-ancienne formule de quatre 
sons connue dans l'antiquité sous le nom de 
lyre de Mercure, et que Boèce nous a conser- 
vée (1). Commençant arbitrairement sa progres- 
sion par le son si, el la poussant à douze termes 
pour en former l'échelle chromatique, Roussier 
en trouve l'expression numérique dans la pro- 
gression triple 1, 3, 9, 27, 81, 243, etc., parce 
que la quinte est représentée par le tiers de la 
corde, et qu'elle continue dans cette proportion 
jusqu'au dernier terme : mais il renverse la série en 
la prenantendescendantde cette manière : si, mi, 
la, ré, sol, ut, fa, si \>, mi \>, la \>, ré \>,sol \>. Pour 
compléter la série , il faudrait . un treizième 
terme ; mais il donnerait pour douzième quinte 
sol \, , ut \> ; or ut ' p n'est point identique avec 
si : la différence d'intonation de ces deux sons est 
représentée par la proportion numérique 80 : 81, 
et cette différence est la cause du tempérament 
dont on fait usage dans l'accord des instrumenta 

(!) De Musica, lib. I, c. S0. 



92 



DURUÏTE 



à claviers. Le système de l'abbé Roussicr fut pu- 
blié en 1770. 

Repris environ quatre-vingts ans plus tard 
par M. Barbereau, dont M. Durutte est élève, 
ce système s'est modifié entre ses mains par le 
changement de la note initiale de la série des 
quintes, dans le but de parvenir à la formation de 
la gamme diatonique, de cette manière : fa, ut, 
sol, ré, la, mi, si (1) ; mais, ainsi qu'il a élé dé- 
montré dans l'analyse du travail de M. Barbe- 
reau (2) , cette constitution est illusoire, d'une 
part par le choix arbitraire du son inilial de la 
série; de l'autre, parce que la gamme est incom- 
plète, attendu qu'il y manque le deuxième demi- 
Ion , lequel ne peut se trouver sans l'octave du 
son primitif. Or cette octave ne peut être donnée 
par la série des quintes, puisque le huitième 
terme donnerait fa dièse, quinte de si, lequel 
n'appartient pas à la gamme qu'on a voulu former. 
C'est ici que commence la théorie de M. Du- 
rutle. La gamme de M. Barbereau et l'échelle 
chromatique de l'abbé Roussier ne lui suffisent 
pas ; car il ne se propose pas moins que d'arri- 
ver à la loi génératrice de tous les accords, con- 
sonnants, dissonants et altérés , ainsi qu'à la loi 
de leur enchaînement, et, enfin, à la loi tonale ; 
ce qui, par parenthèse, est un non sens ; car il 
est évident que la loi de l'enchaînement des ac- 
cords ne peut être autre chose que la loi tonale. 
Or, pour parvenir à ces immenses résultats, il 
ne faut à M. Durutte que la progression des 
quintes ; mais il la lui faut poussée jusqu'au trente 
et unième terme , afin qu'elle contienne tous les 
éléments diatoniques, chromatiques, enharmoni- 
ques. 

Quelle est donc cette loi de laquelle doivent 
sortir toutes les merveilles promises par M. Du- 
rutte? C'est une gamme, ou plutôt une échelle 
chromatique fausse que lui a fournie son maître 
Hoène Wronski ( voij. Wronski ) ; échelle qui 
n'a aucun rapport avec la gamme de Ptolémée, 
de la plupart des géomètres , du plain-chant, 
et qui n'est que le résultat d'un mauvais tempé- 
rament inégal ; échelle, enfin, qui n'est pas 
moins étrangère h la gamme harmonique et at- 
tractive qui constitue la musique moderne. Voici 
ce critérium prétendu de l'art absolu, dont le 
genre humain n'aura vraisemblablement jamais 
connaissance : 

ut » ut g 1 1 ré \,\\ré » ri « f | mi \, «■§ mi \ 
fa * fa g \\ sol], U sol | sol # $£ la L \\ 

(\) Études sur l'origine du système musical. Premier 
mémoire; Metz, 1832, ln-s°. 

(2| iievue et Cazctte musicale de Paris ( n. 4, 23 Janvier 
1153, pages 2B et suivantes ). 



la à? fa # ïjj si b ™ si \] ut 2 (1). On voit 
que la formule de Wronski a pour objet de ren- 
dre identiques les intonations de ri # et mi \>, 
fa # et sol \>, sol # et la ],, etc. 

M. Delezenne ( voy. ce nom ) a fait de cette 
formule l'analyse suivante, dont l'évidence n'a 
pas besoin de commentaire : « Cette gamine est 
« fort irrégulière. On y remarque trois tons ma- 
« jeurs ^, de 9 c (commas), 4811, savoir ut ré, 
<< fasol, sol la. Il y a un quatrième ton majeur, 
« la si de 9 c, 0755, dont le rapport synchronique 
« ?,''~ est fort compliqué. 

« H n'y a qu'un seul ton mineur : c'est celui 
« ' 9 ° de ré à mi. Le demi-ton majeur |{? du 
« mi au fa n'est pas égal à celui V^ de si à ut 1 ; 
« ils diffèrent de C ,5941; par suite, les trois 
« tierces majeures sont inégales. Il en est de 
« même des tierces mineures, des quartes, des 
« quintes, etc. Cette gamme est tempérée puis- 
ci qu'entre les notes qui diffèrent d'un ton le 
« dièse se confond avec le bémol ». Voy. Ta- 
ble des Logarithmes acoustiques, etc , dans 
les Mémoires de la Société impériale des 
sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, 
1857). 

Les mêmes causes qui rendent illusoire la for- 
mation complète de la gamme et de l'échelle 
chromatique par la série de quintes appelée pro- 
gression triple existent dans le système, beaucoup 
plus étendu, de M. Durutte ; car elles sont insé- 
parables de ce mode de génération. Ce n'est pas 
ici le lieu d'en donner une démonstration, qui 
entraînerait trop loin; mais ces causes de dé- 
fectuosité n'existassent-elles pas, la théorie qui 
en est le produit ne serait pas plus admissible 
comme loi de la tonalité et de l'harmonie. La 
loi d'une chose est ce qui lui donne l'être, ce 
qui en est le principe et en maintient l'existence. 
Or, comment des combinaisons mécaniques et 
des relations de nombres, dont on n'a point con- 
science en musique, seraient-elles le principe 
et la loi de cet art? M. Durutte partage à cet 
égard l'erreur de beaucoup de théoriciens au- 
teurs de systèmes divers. Toutes les écoles de 
philosophie admettent l'origine psychologique 
que nous avons donnée à la formation des to- 
nalités, c'est-à-dire la musique dans son principe : 
cette origine a pour elle l'évidence, parce qu'il 
s'agit d'un art qui repose sur la sensibilité; art 
idéal , qui ne prend pour base dans le monde 
réel que le phénomène du son. Les sons, comme 



(l) Cette forme est la traduction saisissante par tous le» 
musiciens de la Formule donnée dans la lettre de Wronski 
à M. Durutte. EsttiClique musicale. Foy. pag. :;2. 



DURUTTE 



93 



(es 'nombres, ont la propriété de se grouper di- 
versement deux par deux, trois par trois, quatre 
par quatre, et on en forme des séries de tierces, 
de quintes; enfin, on les coordonne en raison 
du système qu'on adopte, et chacun de ces sys- 
tèmes correspond à des formules de nombres. De 
même, certains phénomènes de résonnance font 
entendre d'une manière plus ou moins distincte 
des harmoniques du son principal môles à 
beaucoup d'autres sons moins perceptibles - ; ces 
harmoniques sont exprimés par des nombres de 
vibrations dont on peut également former des 
séries. Mais est ce par des choses de cette na- 
ture que la musique se forme et devient un art? 
Non, certes. C'est par sentiment que toutes les 
tonalités se sont constituées; c'est par sentiment 
que toute la musique est restée pendant deux 
siècles dans le domaine de l'harmonie conson- 
nante représentée par l'accord de trois sons ; 
c'est par sentiment qu'elle est entrée immédia- 
tement dans l'harmonie dissonante naturelle, 
par la découverte fortuite de l'accord dissonant 
de quatre sons ; c'est, enfin, par sentiment que, 
tour à tour, les modifications des deux accords 
consonnant et dissonant, par le renversement 
des intervalles, par les prolongations, par les 
altérations ascendantes et descendantes , par la 
substitution du sixième degré de la gamme, et 
par les combinaisons de ces modifications , c'est 
dis-je, par sentiment que toutes ces choses ont 
été trouvées. On en déduit une théorie conforme 
aux impressions que produit la musique, con- 
forme à l'art d'écrire ainsi qu'à l'histoire de 
cet art; théorie simple comme tout ce qui est vrai, 
et qui saisit l'esprit par son évidence. Elle peut 
se formuler par les nombres ; mais elle ne se 
orée point par eux. 

Que par la propriété qu'ont les sons de se 
grouper systématiquement , dont il vient d'être 
parlé, et par les rapports de ces groupes avec les 
nombres, on puisse représenter tous les faits 
harmoniques, comme le fait M. Durutte, en choi- 
sissant dans la série des quintes le terme dont 
il a besoin pour former chaque accord pris iso- 
lément, cela se peut sans doute ; mais qu'en ré- 
sulte-t-il? Une effroyable multiplicité de faits par- 
ticuliers,, sans connexion au point de vue de l'art; 
un dédale abrutissant, fait pour inspirer le dé- 
goût de l'étude de cet art , et sans utilité dans la 
pratique. Au lieu des deux harmonies conson- 
nante et dissonante, origine et base de toute mu- 
sique, M. Durutte présente des milliers d'accords 
constituésgéométriquement : c'estentre ces choses 
qu'il faut choisir ; mais le choix ne sera jamais 
douteux pour qui aura le sentiment de la mu- 
sique. Que le système présenté d «ns la Technie 



de l'ancien élève de l'École polytechnique, en 
le supposant aussi juste qu'il est faux, puisse 
être considéré comme un produit curieux de 
la propriété qu'ont les sons de se grouper par 
séries, soit; mais qu'on ose dire que cette pro- 
priété est la loi de la musique et de toute l'har- 
monie, cela est simplement ridicule. De même 
on peut s'amuser, comme l'a fait M. Durutte, au 
passetemps innocent de la classification mathé- 
matique des accords ; mais cette fadaise est par- 
faitement inutile; car la notation musicale est 
pour cette chose infiniment plus simple que la 
notation algébrique. 

Confondant la science de l'acoustique avec la 
musique, M. Durutte accorde aux chiffres et aux 
propriétés des séries un avantage immense sur 
les phénomènes de l'ouïe et sur le sentiment de 
l'art. Pour voir à quelles extravagances ses idées 
le conduisent à cet égard, il faut lire ce curieux 
passage de son livre : « Afin de préciser, nous 
« dirons que les accords dont l'étendue sur l'é- 
« chelle des quintes ne s'étend pas au delà de 
« 1 1 termes = 10 quintes (par exemple du ré |> 
« au si), ce qui forme l'intervalle de sixte 
« augmentée ou de tierce diminuée, appar- 
« tiennent à ^harmonie immanente, c'esl-à- 
« dire à l'harmonie que l'oreille perçoit immé- 
« diatement, conformément aux lois de Vorga- 
« nisation de l'homme; et nous ajouterons qu'au 
« delà du 11 e terme commence le domaine de 
« V harmonie transcendante, c'est-à-dire le do- 
« maine de l'harmonie qui dépasse les condilions 
« de l'existence terrestre; harmonie qui ne peut 
« être saisie que par l'esprit de l'homme, et nul- 

« lement perçue par le sens auditif. L'expé- 

« rience, du reste, prouve la vérité decette asser- 
« tion, et c'est là, c'est dans l'intervention de 
« Vesprit (Geist), que réside la grande différence 
« qui existe entre les modulations ordinaires et 
« celles dites enharmoniques. Peu importe, 
« d'ailleurs, l'instrument dont on se sert, car uu 
« piano accordé selon' le tempérament égal 
« nous donne, aussi bien que les instruments non 
« tempérés, l'idée d'une modulation enharmo- 
« nique; parce qu'il y a -quelque chose de plus 
« que la sensation, quelque chose de plus que 
« le sentiment, savoir : intervention de Vesprit, 
« pressentiment d'un ordre plus élevé, auquel 
« l'organisation ne peut atteindre, ce qui est la 
« vraie source du sublime. » 

Certes il y a intervention de l'esprit dans la 
conception du beau musical; mais elle se fait 
dans l'ordre des idées de création de l'œuvre' 
et non dans l'ordre de faits harmoniques qui 
seraient hors du domaine de l'organisation sen- 
timentale. Où le sentiment est inerte, il n'y a 



94 



DURUTTE — DUSSEK 



plus d'art. Remarquons que M. Durutte est en 
opposition avec son principe lorsqu'il parle de 
l'usage d'un piano accordé par le tempérament 
égal, puisque sa loi de tonalité de la musique, 
qui ne peut être saisie que par l'esprit, est le 
plus inégal et le plus irrégulier de tous les tem- 
péraments. 

Je ne nie suis autant étendu sur le faux sys- 
tème dont il vient d'être parlé, que parce qu'il 
a eu du retentissement en France à la suite de 
séances publiques où l'auteur l'a exposé à Paris 
en 1855, sans être compris de son auditoire : 
il suffit de l'expliquer pour le réduire au néant. 
Pour l'origine de toutes les aberrations où 
M. Durutte s'est laissé entraîner dans son livre, 
voyez l'article Wronski de ce dictionnaire. Quant 
au langage ambitieux dont se sert habituellement 
M. Durutte, on y reconnaît aussi l'école dont il 
sort : c'est celui de l'auteur de la Réforme des 
«ia//ieHiaft<7iies,copiéjusqu'à l'affectation la plus 
puérile. 

DURYER (Amand-Cuarles) ou plutôt Du- 
rier, suivant son acte de naissance, né à Paris, 
le 3 mai 18O8, fut admis au Conservatoire de cette 
ville à l'âge de dix-neuf ans, le 1 er mars 1827, 
et y devint élève de Clienié pour la contrebasse. 
Il y reçut aussi des leçons de contrepoint de 
Seuriot et de Jelensperger, répétiteurs du cours 
de Reicha. Sorti du Conservatoire, il entra à 
l'orchestre de l'Opéra-Comique en 1829, et passa 
à celui de l'Opéra en 1S31, en qualité de contre- 
bassiste. Dans le même temps il était attaché 
au choeur de l'église Saint-Roch. On a de cet 
artiste : Méthode complète de contrebasse; 
Paris, 1836, in-fol. M. Duryer a été considéré 
à juste titre comme un des meilleurs contrebas- 
sistes de Paris. 

DUSCIIECK ou DUSSEK (François),. 
né à Chotiborck, en Bohême, le 8 décembre 173G, 
trouva dans le comte de Spork un protecteur 
qui lui fit faire d'abord ses études chez les jé- 
suites de Kœnigratz , et qui l'envoya à Vienne, 
pour y apprendre à jouer du piano et les rè- 
gles de la composition , sous la direction de 
Wagenseil. De retour à Prague, il s'y fit remar- 
quer comme virtuose sur le piano, comme pro- 
fesseur, et forma plusieurs élèves distingués, 
parmi lesquels on remarque Vincent Mascheck 
et Jean Wittasseck. Duscheck est mort dans 
celte ville le 12 février 1799. On a de lui : 
1° Vingt-cinq chansons de Spielmann pour les 
enfants; Prague, 1792, in-4°. — 2° Sonate à 
quatre mains; n° 1 ; Vienne, 1792. — 3° Deux 
sonates à quatre mains; Leipsick, 1797. — 
4° Sonate pour le piano; ibid. — 5° Le combat 
naval et la défaite complète de la grande 



flotte hollandaise, par l'amiral Duncan, le 
2 octobre 1797, sonate caractéristique pour 
le piano ; Vienne, 1799. — 6° Andante avec 
variations pour le piano; Leipsick, Kùhnel. 
Duscheck a laissé en manuscrit beaucoup de 
concertos, de symphonies, de quatuors et de trios. 

DUSCHECK (Joséphine), femme du précé- 
dent, naquit à Prague vers 1756. Élève de son mari 
pour le piano et pour le chant, elle brillait à Prague, 
en 1790, comme cantatrice et comme virtuose sur 
le piano. Elle joignait à son talent sur cet ins 
trument une grande habileté sur la harpe. En 
1794, elle se fit entendre avec succès dans les 
concerts de Vienne. Après la mort de son mari, 
elle partit pour Londres, où elle s'est fixée vers 
1800. Elle y est morte en 1823. 

DUSSAULX, ou DU SAULE (Gérard), 
en lalin Gerardus a Salice, prêtre et compo- 
siteur belge, a vécu au commencement du sei- 
zième siècle. Il n'est connu que par ce qu'en dit 
Glaréan (Dodecach., fol. 280), ainsi que par le 
motet Os justi meditabitur sapientiam, et par 
le psaume Laudate Dominnm, omnes gentes, 
tous deux à quatre voix, rapportés par cet au- 
teur (fol. 284-287). Ces morceaux, bien écrits, 
sont du onzième mode, appelé hypolydien par 
Glaréan, bien qu'il ne soit pas l'hypolydiendes 
didactiques grecs, et qu'il corresponde aoias- 
tien d'Aristoxène et au ionien d'Alypius. 

DUSSEK (Jean-Joseph), excellent organiste 
et directeur du chœur de l'église collégiale de 
Czaslau, naquit en 1739, à Wlazowicz, en Bo- 
hême, où son père était charron. Lorsqu'il eut 
atteint l'âge de dix ans, sa mère le mit à l'école 
de son beau-frère Jean Wlachs, instituteur et 
bon maître de musique à Wlazowicz. Après quel- 
ques années d'étude, Dussek fut en état d'ensei- 
gner lui-même dans l'école de son oncle. A l'âge 
de seize ans il se rendit à Langenau, comme ins- 
tituteur primaire agrégé; il demeura en ce lieu 
pendant trois ans, et employa une partie de ce 
temps à l'étude de l'harmonie. Appelé ensuite à 
Chumecz pour y enseigner la musique dans l'é- 
cole publique, il alla prendre possession de l'em- 
ploi qui lui était offert, et ne tarda point à se 
faire remarquer par son talent sur l'orgue. Sa 
réputation fut bientôt si bien établie que le ma- 
gistrat de Czaslau lui offrit la place d'organiste 
et de premier instituteur de la ville; avec un trai- 
tement considérable. Il accepta cette position 
et entra en fonctions en 1759, n'étant âgé que de 
vingt ans. L'année suivante il épousa Véronique 
Stebeta, fille d'un jugedela ville, et de celte union 
. naquirent trois enfants, dont il sera parlé dans les 
articles suivants, et qui furent tous des artistes 
distingués. L'étude des œuvres des grands orga- 



DUSSEK 



95 



nistes et compositeurs occupa la plus grande 
partie de la vie de J.-J. Dussek ; et les plus ha- 
biles furent ceux qu'il se proposa pour modèles. 
Depuis longtemps ses enfants étaient séparés 
de lui, lorsqu'en 1802 il eut le bonheur d'em- 
brasser son fils, pianiste célèbre, dont le nom 
était devenu européen, et sa fille, Madame Cian- 
chetlini. Le plaisir d'entendre des artistes sem- 
blables fut pour sa vieillesse une source de pures 
jouissances. J.-J. Dussek cessa de vivre en 1811. 
Trois années auparavant, il remplissait encore 
ses doubles fonctions d'organisie et d'instituteur 
primaire. Parmi les meilleurs ouvrages de J.-J. 
Dussek , qui sont tous restés en manuscrit, on 
distingue : 1° Une messe pastorale à quatre voix 
et orchestre. — 2° Deux litanies. — 3° 1 Salve, 
Regina. — 4° Des sonates pour le piano. — 
5° Des fugues et des toccates pour l'orgue. 

DUSSEK (Jean-Louis ou Ladislas), fils du 
précédent, artiste illustre comme virtuose sur 
le piano et comme compositeur, est né à Czaslau, 
en Bohême, le 9 février 1761. A l'âge de cinq ans 
il jouait déjà du piano, et, suivant le témoignage 
de son père, il accompagnait sur l'orgue dans 
sa neuvième année. Il fut ensuite envoyé comme 
sopraniste au couvent d'Iglau, où il continua d'é- 
tudier la musique sous la direction du P. La- 
dislas Spenar, maître du chœur de l'église des 
Minorités. Dussek étudia les langues anciennes 
au collège des Jésuites, et alla achever ses études 
à Kuttenberg, où il avait été appelé comme orga- 
niste. Après avoir passé deux années et demie 
en ce lieu, il alla suivre un cours de philosophie 
à Prague , et ses progrès furent tels, qu'il put 
soutenir avec honneur sa thèse de bachelier en 
cette science. Ce fut alors que le comte deMœn- 
ner, capitaine impérial d'artillerie, et protec- 
teur de Dussek, l'emmena avec lui en Belgique 
et le fit entrer comme organiste à l'église Saint- 
Rombaut de Malines. Après avoir passé quelque 
temps dans cette situation, Dussek alla à Berg- 
op-Zoom, où il remplit aussi les fonctions d'or- 
ganiste, et se rendit ensuite à Amsterdam. Arrivé 
dans cette ville, il y fit admirer son habileté sur 
le piano. Sa renommée le fit bientôt appeler à 
La Haye par le Stathouder, et il passa près d'un 
an dans cette résidence, pour y donner des leçons 
Je piano aux enfants du prince. Ce fut là qu'il 
publia ses trois premiers ouvrages, qui consistaient 
en trois concerts pour le piano, deux violons, 
alto et basse, œuvres 1 er ; six sonates pour piano 
et violon, œuvre 2: et six autres sonates du même 
genre, œuv. 3. Ces productions sont comptées 
parmi ses meilleures. En 1783 Dussek avait at- 
teint sa vingt-deuxième année , et déjà son ta- 
lent excitait la plus vive admiration; cependant 



il était encore en doute sur lui-même, et ce doute 
lui fit prendre la résolution de se rendre à Ham- 
bourg pour consulter Charles-Philippe-Emmanuel 
Bach. Il en reçut d'utiles conseils et des éloges. 
L'année suivante, le jeune virtuose était à Berlin, 
où des applaudissements lui étaient prodigués 
pour son habileté sur le piano et sur l'harmonica 
à clavier, instrument nouvellement inventé par 
Hessel. De Berlin, Dussek alla à Pétersbourg, où 
il avait le dessein de résider quelque tempsjrnais 
le prince Charles de Radziwill lui proposa un 
engagement si avantageux, qu'il crut devoir l'ac- 
cepter, et il demeura deux ans avec ce seigneur 
dans le fond de la Lithuanie. Vers la fin de 1786, 
il vint à Paris, y joua devant la reine ( Marie- 
Antoinette), et reçut de la part de cette princesse 
des offres avantageuses, qui ne purent le dé- 
cider à se fixer en France, parce qu'il avait le dé- 
sir de visiter son frère en Italie. Arrivé à Milan, 
il y donna des concerts, où il se fit entendre sur 
le piano et sur l'harmonica, et son talent pro- 
duisit une vive sensation, bien que les Italiens 
fussent peu sensibles aux beautés de la musique 
instrumentale, surtout à cette époque. De retour 
à Paris, en 1788, il y resta peu de temps; les 
premiers troubles de la révolution française le 
décidèrent à passer en Angleterre ; il s'y maria en 
1792, et se fixa à Londres, où il établit un com- 
merce de musique. Dussek, enthousiaste de son 
art et aimant le plaisir, était peu propre à diriger 
des spéculations commerciales : de là vint que 
son établissement ne prospéra point. Poursuivi 
par ses créanciers, ce grand artiste fut obligé de 
quitter l'Angleterre et de se réfugier à Hambourg, 
en 1800. Là, une princesse du Nord se passionna 
pour lui , Venleva et vécut avec lui dans une 
retraite située vers la frontière de Danemark. 
Cette liaison dura près de deux ans. En 1802, 
Dussek fit un voyage en Bohême pour y revoir 
son père, dont il était séparé depuis vingt-cinq 
ans. A son retour, il passa par Magdebonrg, fut 
présenté à l'infqrtuné prince Louis-Ferdinand de 
Prusse, et s'attacha à sa personne. Ce prince 
ayant perdu la vie au combat de Saalfeld, en 1806, 
Dussek passa d'abord au service du prince d'Y- 
senbourg, puis, en 180S, il se rendit à Paris et 
prit un engagement avec le prince de Talley- 
rand, dont il devint le maître de concerts. Fa- 
tigué de la vie agitée qu'il avait eue jusqu'alors, 
il ne songea plus qu'à jouir en paix du repos qui 
lui était offert. 

Doué du caractère le plus aimable , de bonté 
et d'obligeance pour les artistes, d'un esprit na- 
turel orné d'une instruction variée, de beaucoup 
de gaieté, et de manières nobles qu'il avait puisées 
dans la haute société où il avait vécu, Dussek 



96 



DUSSEK 



avait pour amis fous ceux qui le connaissaient. 
On ne lui reprochait qu'un défaut, qui nuisait 
plus à lui-même qu'aux autres : c'était une in- 
souciance incurahle, qui lui faisait négliger le 
soin de ses affaires, et qui le mit souvent dans 
de grands embarras. Dans les dernières années 
de sa vie, son embonpoint était devenu excessif, 
ce qui ne lui avait rien ôté de son agilité sur le 
piano ; mais la difficulté de se mouvoir, qui 
en était la suite, lui avait fait contracter l'ha- 
bitude de passer au lit la plus grande partie du 
jour. Pour sortir de l'espèce d'apathie qui ré- 
sultait de ce genre de vie, il était obligé de faire 
un usage immodéré de vin et de liqueurs fermen- 
tées, comme de stimulants, qui Unirent par al- 
térer sa constitution, et par lui donner la mort. 
Il cessa de vivre, à Paris, le 20 mars 1812. 

Également célèbre comme exécutant et comme 
compositeur pour son instrument, Dussek a mé- 
rité sa double réputation par de rares talents. On 
se souvient encore de l'effet prodigieux qu'il fit 
en 1808, aux concerts qui furent donnés à l'O- 
déon par Rode , Baillot et Lamare. Jusque-là , 
le piano n'avait paru qu'avec désavantage dans 
les concerts ; mais sous les mains de Dussek 
il éclipsa tout ce qui l'entourait. Le style large 
et sage de cet artiste , sa manière de chanter 
sur un instrument privé de sons soutenus, enfin 
la netteté et la délicatesse de son jeu, lui procuré - 
rent un triomphe dont il n'y avait point en d'exem- 
ple auparavant. Ses compositions se distinguent 
par des formes qui lui sont propres , par des 
motifs brillants, par des mélodies heureuses, 
et par une harmonie riche, bien que parfois in- 
correcte. 

Dussek a publié soixante-seize œuvres pour le 
piano, qui consistent en douze concertos, une 
symphonie concertante pour deux pianos , un 
quintette pour piano, violon, alto, violoncelle 
et contrebasse, un quatuor pour les mêmes ins- 
truments sans contrebasse, dix œuvres de trios 
ou sonates accompagnées ; quatre-vingts sonates 
avec accompagnement de violon, neuf sonates 
à quatre mains, trois fugues idem, cinquante- 
trois sonates- pouf piano seul , et un grand 
nombre de rondeaux, fantaisies, airs variés, et 
valses pour piano seul. Une collection com- 
plète de ses œuvres à été publiée à Leipsick, 
chez Breitkopf et Haertel. Parmi ses ouvrages, 
ceux que Dussek estimait le plus sont les œu- 
vres 9, 10, 14, 35, la sonate intitulée les Adieux 
à démenti, et celle qui a pour titre le Re- 
tour à Paris. Il avait publié à Londres une mé- 
thode pour le piano, en anglais, qu'il a traduite 
en allemand, pour la faire paraître à Leipsick, 
et dont une traduction française a été publiée 



à Paris, chez Érard. Il a donné aussi à Londres 
deux opéras anglais, qui ont eu peu de succès ; 
enfin, on connaît de lui en Allemagne une messe 
solennelle qu'il a composée à l'âge de treize ans, 
plusieurs oratorios allemands, entre autres celui 
delà Résurrection, sur la poésie de Klopstock. 
Il y a aussi beaucoup d'autre musique d'église 
de sa composition qui est conservée à l'église 
de Sainte-Barbe, à Kuttenberg, ainsi que dans 
l'église collégiale de Czaslau. 

Un beau portrait de Dussek a été peint à 
Londres par Cosway, et gravé en 1800 par P. 
Condé. 

DUSSEK ( François-Benoit ) , second fils 
de Jean-Joseph, naquit à Czaslau, le 13 mars 
1766. Après avoir fait ses premières études de 
musique sous la direction de son père, il fut en- 
voyé à Prague en qualité d'organiste du cou- 
vent d'Emaus, où il apprit l'harmonie et le con- 
trepoint par les leçons d'un bon organiste et com- 
positeur nommé le P. Augustin Ssenkyrz. Ce fut 
aussi dans ce couvent qu'il apprit à jouer du 
violoncelle et du violon , instruments sur les- 
quels il parvint à une grande habileté. Lorsque 
ses études furent entièrement terminées, il entra 
comme maître de chapelle au service de la com- 
tesse de Liitzow , ancienne élève de son père et 
protectrice de sa famille. Cette dame ayant ré- 
solu de faire un voyage en Italie, prit avec elle 
son maître de chapelle, qui s'arrêta d'abord » 
Mortai a, dans le Piémont, en qualité d'organiste 
et de mattre de musique, et qui fut ensuite ac- 
compagnateur au théâtre S. Benedetto , à Ve- 
nise, puis au théâtre de la Scala, à Milan. Pen- 
dant qu'il était employé à ces théâtres, il écrivit 
les opéras intitulés : 1° La Caffetiera di Spirito. 
— 2° Il fortunato successo. — 3° La Feuda- 
taria. — 4° L'Itnpostore. — 5° Voglia di dote 
e non di moglie. — 6° Malrimonio e divorzio 
inun sol giorno. — 7° L'Incantesïmo. — 8° La 
Ferita mortale. Tous ces ouvrages furent ac- 
cueillis favorablement ; cependant ils ont le dé- 
faut de manquer d'originalité dans les mélo- 
dies , quoiqu'ils soient assez riches d'harmonie. 
Vers 1790, Dussek s'établit à Laybach, comme 
organiste de la cathédrale et professeur de violon. 
Il y vivait encore en 1800; on ignore ce qu'il est 
devenu depuis ce temps. On connaît de cet ar- 
tiste de jolis canzoni pour le chant, avec ac- 
compagnement de piano, un trio ou nocturne 
pour trois flûtes, n° 1, Leipsick, Peters, et une 
sonate pour piano et violon, ibid. Il a laissé en 
manuscrit des concertos pour piano et pour violon, 
des sonates, solos, trios, etc. 

DUSSEK (Véronique-Rosalie). Voij. Cian- 

CI1ETTINI (M ,ne ). 



DUSSEK — DUTENHOFER 



ï)7 



DUSSEK (M n,e ), femme de Louis Dussek, 
plus tard Madame Moralt, née filfe de Domi- 
nique Corri, vit le jour à Edimbourg, en 1775. 
Ses grandes dispositions pour là musique se ma- 
nifestèrent dès sa plus tendre enfance. Elle joua 
môme du piano en public à l'âge de quatre ans. 
Lu 1788 sa famille quitta l'Ecosse, et alla s'éta- 
blir à Londres. Miss Corri, âeée alors de quatorze 
ans, cbanta avec succès aux concerts du roi et 
aux soirées publiques. Son premier maître de 
chant avait été son père, mais elle profita beau- 
coup ensuite des conseils de Marcbesi, de Viga- 
noni et de Cimador. En 1792, elle épousa J.-L. 
Dussek, et, par ses leçons, devint bientôt aussi 
célèbre comme pianiste et comme virtuose sur 
la harpe que comme cantatrice, en jouant à tous 
les oratorios et aux concerts de Salomon avec son 
mari. Elle chanta à Cambridge, à Oxford, à 
Liverpool, à Manchester, Dublin et Edimbourg 
avec un égal succès. Elle fut ensuite engagée à 
l'Opéra, pendant une saison; mais dégoûtée des 
tracasseries et des intrigues de théâtre, elle quitta 
la scène, et se livra à l'enseignement. Devenue 
veuve en 1812 , Madame Dussek épousa en se- 
condes noces M. Moralt. Depuis lors elle a tou- 
jours résidé à Paddington, où elle a établi une 
académie de musique. Elle a publié les ouvrages 
suivants, de sa composition: 1° Trois sonates 
pour le piano, op. 1 ; Londres. — 2° Trois idem 

pour la harpe, op. 2 ; ibid 3° Trois idem, 

op. 3; ihid. — 4° Trois idem pour le piano, 
n° 1, 2,3; ibid. — 5° Walse de la duchesse 
d'York pour le piano. — 6° Walse allemande 
pour la harpe. — 7° Rondo pour le même ins- 
trument. — 8° Rondo du Déserteur pour le 
piano. 

DUSSEK (Olivia), fille des précédents, est 
née à Londres, en 1799. Héritière des talents de 
ses parents, elle excellait sur le piano et sur la 
harpe. Sa mère, qui fut son institutrice, la mit 
en état de se faire entendre sur le piano à l'âge 
de huit ans, à la salle d'Argyle. Elle demeurait 
avec sa mère à Paildington et exerçait la même 
profession. Elle a composé quelques jolies bal- 
lades et un duo pour harpe et piano qui a été 
gravé à Londres. 

DUTARTRE (Jean-Baptiste), professeur 
de musique et de chant, mort à Paris, en 1749, 
a donné à la Comédie-Italienne l'Amour mu- 
tuel, comédie à ariettes, en 1729 , et le Diver- 
tissement de la paix. On trouve dans un re-. 
cueil d'airs sérieux et à boire, publié par Bal- 
lard, en 1710, in-4° obi., un air pour voix de 
dessus, avec accompagnement de flûte et de 
basse continue par Dutarlre. 

DUÏILLIEU (Pierre), né à Lyon, vers 

B10GR. UMV. DES MUSICIENS. — T. III. 



1765, voyagea d'abord en Italie, où il écrivit la 
musique de plusieurs ballets, et fut ensuite at- 
taché comme compositeur à la cour impériale (!« 
Vienne, vers 1791. Ses compositions les plus 
connues sont : l° Antigona ed Enone , à 
Naples, 1788. — 2° I Curlandesi, ballet, ibd., 
1791. — 3° Maggia contra Maggia, ballet, ibid., 
1791. — 4° Il Trionfo d'amore, opéra buffa, 
à Vienne, en 1791. — 5° Nannerina e Pandol- 
fino, o sia glisposi in cimento, opéra buffa , 
ibid., 1792. — 0° Die Freywilligen , ballet, à 
Vienne, 1793. — 7° Gli Accidenti delta Villa, 
opéra buffa, ibid., 1794. — 8° La Superba 
corretla, opéra buffa, ibid., 1795. — 9° Der 
Jarhmarkt, ballet, ibid. — 10° Arminio, ballet, 
ibid. — 11° Die Macht des schœnen Gech- 
lechts (la Puissance du beau sexe), ballet. 
— 12° Six duos pour deux violons, op. l; 
Vienne, Artaria , 1800. — 13° Concerto pour 
le violon, en manuscrit, chez Trae^, à Vienne. 

DUTROCHET (René-Henri-Joaciiim), né 
en 1776, au château de Néon , département de 
l'Indre, était destiné par sa naissance à jouir 
d'une fortune considérable ; mais il en fut privé 
par la révolution de 1789. Son père ayant émigré, 
ses biens furent confisqués et vendus. Ces cir- 
constances obligèrent Dutrochet à faire choix 
d'un élat; il se livra à l'étude de la médecine. 
Le 26 juin 1806 il soutint une thèse remarquable, 
qui a paru la même année chez Firmin Didot 
(in-4°), sons ce titre : Mémoire sur une nou- 
velle théorie de la voix, avec l'exposé de di- 
vers systèmes qui ont paru jusqu'à ce jour 
sur cet objet. C'est un fort bon ouvrage et qui 
contient des vues neuves. Nommé dans le même 
temps médecin des armées, Dutrochet fit en cette 
qualité les campagnes d'Espagne pendant îes 
années 1808 et 1809. Depuis lors, relire dans 
les environs de Châleau-Regnault , il s'est livré 
exclusivement à l'étude de la nature. Outre ses 
ouvrages spéciaux sur la physiologie, l'histoire 
naturelleet la médecine, on a de ce savant : Mé- 
moire sur une nouvelle théorie de l'harmonie, 
dans lequel on démontre l'existence de (rois 
modes nouveaux qui faisaient partie du, sys- 
tème musical desGrecs; Paris, Allut, 1810, in-s° 
de 90 pages. 11 a aussi traité de la théorie de la 
voix dans ses Mémoires pour servir à l'histoire 
anatomique et physique des animaux et des vé- 
gétaux; Paris, 1837 (t. II. p. 519 et suiv.) Du- 
trochet fut d'abord correspondant, puis membre 
titulaire de l'Académie des sciences, de l'Institut 
de France. Il est moitié 4 février 1847. 

DUTTENHOFER (F.-M.), docteur en 
médecine et en chirurgie à Slnttgard, précédem- 
ment professeur à l'école vétérinaire de cette 

7 



î)8 



DUTTENHOFER — DUVAL 



>ille, est auteur d'un opuscule intitulé : Hâter- . 
suchungen uber die menschlich Stimme in i 
hinsicht auf Physiologie , Physik und Musik 
(Recherches sur la voix humaine dans ses rap- I 
ports avec la physiologie, la physique et la mu- 
sique); Stuttgard, 1839, in-8° de 47 pages. L'au- 
teur s'y prononce contre la théorie de la voix 
de fausset exposée par Jean Mùller (voy. ce 
nom). Il examine aussi la nature des sons de 
gorge des Tyroliens, appelés johdlen; mais ce 
qu'il en dit manque de développements et de 
clarlé. 

DUVAL (François), violoniste de la chapelle 
du roi depuis 1704, est mort à Paris, en 1738. j 
C'est le premier Français qui ail composé des ! 
sonates de violon, à l'imitation des Italiens. On 
a de lui sept livres de sonates qui ont été pu- 
bliées à Paris. 

DUVAL (Mademoiselle), actrice de l'Opéra 
de Paris, y jouissait d'une grande réputation en 
1720. Elle a composé la musique du ballet les 
Génies, qui a été représenté en 1730, et a pu- 
blié aussi un ouvrage élémentaire qui a pour 
tilre •• Méthode agréable et utile pour ap- 
prendre facilement à chanter juste et avec 
goût , etc. ; Paris , 1741 , in-fol. obi. M"e Duval 
est moi te à Paris en 1769. 

DUVAL (L'abbé) , musicien de la Sainte- 
chapelle du palais, vers le milieu du dix huitième 
siècle, est mort à Paris , en 1781. On a de lui : 
Principes de la musique pratique, par de- 
mandes et par réponses ; Paris, 1764, in-8°. 

DUVAL (Charles), avocat, né en 1753, 
fut membre de la convention nationale. Il est 
mort à Paris, au mois d'avril 1825. On a de lui 
un pamphlet sous ce titre : Instruction du 
procès entre les premiers sujets de l'Académie 
royale de musique et de danse, et le sieur De 
Vismes, entrepreneur, jadis public, aujour- 
d'hui clandestin, et directeur de ce spectacle . 
Sans date ni nom de lieu ( Paris, 1779), in-8°. 

DUVAL ( Edmond ), né à Engliien ( Hainaut ), 
le 22 août 1809, apprit en Belgique la musique 
vocale et les éléments du violoncelle. En 1828 
il se rendit à Paris, et le 31 janvier de celte 
année iï obtint son admission au Conservatoire, 
comme élève de violoncelle, dans le cours 
de M. Vaslin. Le premier avril suivant il entra 
dans le cours préparatoire de contrepoint et 
fugue tenu par Iîoilly, puis par M. Millault, tous 
deux élèves de l'auleur de cette notice. Dans lo 
même temps M. Duval fut compris dans la com- 
position de l'orchestre du théâtre de l'Odéon en 
qualité de violoncelliste. N'ayant pas mis d'exac- 
titude à suivre les leçons de ses professeurs du 
Conservatoire, il fit peu de progrès sur l'instru- 



ment qu'il avait adopté, et ne se trouva pas en 
état de prendre part au concours de 1831 ; ce 
qui lui fit prendre la résolution de se retirer du 
cours de M. Vaslin. Cependant il continua ses 
études de composition, et obtint, le 17 décembre 
de la même année, son admission parmi les 
élèves de M. Fétis; mais la même inexactitude 
s'étant fait remarquer dans sa présence aux 
leçons, M. Duval fut rayé des contrôles de 
l'école, par décision du comité d'enseignement, 
en date du 15 juin 1832. Il quitta Paris peu de 
temps après pour retourner dans sa ville natale, 
où il vécut sans occupation déterminée pendant 
quelques années. 

Pendant ce temps de repos, l'attention de M. Du- 
val fut fixée d'une manière fortuite sur le plain- 
chant, dont il ne s'était jamais occupé aupara- 
vant. M. l'abbé Janssen, alors professeur de 
chant au séminaire de Malines, devint son guide 
dans cette étude, nouvelle pour lui, et malheu- 
reusement les prétendus Vrais principes du 
chant grégorien, enseignés par le professeur, 
égarèrent M. Duval , comme ils ont égaré tous 
ceux qui les ont adoptés ; car ils sont fort er- 
ronés et contraires aux bonnes traditions des 
anciennes écoles. Le zèle que montrait M. Duval 
dans sa nouvelle étude lui lit obtenir la protec- 
tion de Mgr le cardinal archevêque de Malines. 
Après l'adoption' des principes de M. Janssen 
dans le diocèse , une réforme des livres de 
chant devenait nécessaire pour les mettre en 
harmonie avec ces mêmes principes : les yeux 
se fixèrent sur M. Duval, pour en faire le pro- 
moteur de celte réforme, et il reçut la mission 
d'aller à Rome à la découverte d'un guide pour 
le travail qui devait lui être confié : rien ne fut 
négligé dans les précautions prises pour lui 
aplanir les difficultés. Il ne s'agissait pas 
pour M. Duval d'aller faire un long travail de 
comparaison des leçons de manuscrits de di- 
verses époques pour choisir les meilleures : on 
voulait un travail plus expéditif, et l'on se borna 
à chercher une édition publiée à Rome, avec 
l'approbation du souverain pontife, qui pût de- 
venir la base < u travail, sauf à lui faire subir 
les altérations qui seraient rendues nécessaires 
par l'application des Vrais principes de M. Jans- 
sen. La grande difficulté, pour tout éditeur de 
livres de chant, est dans le graduel, car l'ori- 
gine des répons, graduels, des traits et leurs 
versets, des offertoires et des communions, est 
orientale; ces chants sont surchargés de notes 
dont la valeur primitive n'était que celle de 
simples ornements du chant. C'est là que la 
fantaisie des réformateurs s'est donné libre 
carrière; c'est là que les altérations les plus 



DUVAL 



99 



f.tntasqucs ont été accumulées par les réforma- 
teurs. Les manuscrits qui auraient dû les guider, 
s'ils en avaient eu l'intelligence, furent négligés; 
chacun suivit son système et y mit du sien. De 
là vient que les éditions du Graduel sont toutes 
dissemblables, et toutes sans autre valeur que 
celle d'un usage plus ou moins long dans les 
divers pays et diocèses. Le graduel imprimé par 
ordre du pape Paul V dans l'imprimerie Médicis , 
en deux grands volumes in-folio (1614 et 1615), 
le premier pour le propre du temps , l'autre 
pour les saints, n'est ni meilleur ni plus mauvais 
que les autres ; mais c'est un livre magnifique 
•l'exécution typographique. Ce fut celui-là que 
choisit M Duval. Quant au Vespéral, où les 
altérations sont moins multipliées, parce que les 
antiennes, dont le chant est beaucoup plus 
simple que celui des pièces du Graduel , n'ont pas 
fourni l'occasion d'autant de variantes capri- 
cieuses, il est dit dans la préface de l'édition 
donnée par M. Duval, que l'antiphonaire im- 
primé par Pierre Licbtenstein, à Venise ( 1579- 
1580), celui de l'imprimerie des Juntes (Venise, 
1615), celui qui est sorti des presses de Paul 
Ballioni (Venise, 1701), et enfin l'antiphonaire 
imprimé par Plantin, à Anvers, en 1572, ont 
été mis à contribution pour la formation de celui 
de Malines, qui conséquemment est une sorte 
de travail centonien. M. Duval n'était pas assez 
lettré pour les parties de l'œuvre qui concernent 
les textes et la liturgie : M. l'abbé De Voght, 
professeur au séminaire de Malines, lui fut ad- 
joint, pour l'aider de ses conseils et de sa plume; 
enfin, en 1848 parurent les deux volumes in- 
titulés : 1° Graduale romanum juxta ritum 
sacrosanctx romance Ecclesix, cum cantu 
Pauli V. Pont. Max. jussu reformato. Edi- 
lio emendata; Mechlinix, P.-J. Hanicq, 1848, 
in-8°. — 2°Vesperale romanum, cum Psalterio 
ex antiphonali romano fideliter extractum, 
cum cantu emendato; ibid., in-8°. l'édition 
corrigée du Graduel de Paul V et le chant cor- 
rigé du Vespéral, extrait des antiplionaires cités 
précédemment, étaient un aveu forcé de ce qu'on 
avait fait dans ces livres pour les mettre en 
harmonie avec le système de M. Janssen, c'est- 
à-dire des altérations de formes et des corrup- 
tions de tous genres qui s'y étaient glissées. A 
leur apparition, ils firent éclater une multitude 
de réclamations, qui toutes n'osèrent pas se pro- 
duire au grand jour, particulièrement dans le 
diocèse; mais dans d'autres diocèses on fut 
moins retenu. Un ecclésiastique de Liège , dont 
je tairai le nom, puisqu'il n'a pas cru devoir le 
révéler, mais homme de grand savoir en ces 
matières, signala quelques-unes des altérations 



des nouveaux livres dans le Journal histo- 
rique de Liège, et lit remarquer qu'il les prenait 
au hasard, parce qu'il s'en trouvait à chaque page 
et qu'on ne pouvait tout discuter. Une Bé- 
ponse aux observations du Journal histori- 
que de Liège , sur le Graduel et le Vespéral, 
édition de Malines, 1848, parut sous les noms 
de MM. Edmond Duval et P. -F. De Voght, à 
Malines, chez Hanicq, avril, 1849, 70 pages in- 12. 
Celte réponse ne touchait point au fond des 
choses : elle épiloguait sur les mots ; mais l'em- 
barras était évident. 

Les choses en étaient là quand une note de 
l'auteur de cette notice tomba entre les mains 
de M. l'abbé De Voght, et fit jaillir la lumière 
à ses yeux sur l'œuvre d'égarement à laquelle il 
avait pris part. Sa conscience en fut si troublée, 
qu'il en fit une maladie sérieuse. De retour à la 
santé , il ne voulut plus continuer le travail né- 
cessaire pour compléter les livres de chant du 
diocèse dans le môme système (voy. J\nssen), 
et il sortit du séminaire. D'autres collaborateurs 
furent donnés à M. Duval, et successivement pa- 
rurent •. 3° Monnaie chori ad decuntandas 
parvas lioras; Mechlinix , 1650, in-8". — 
4° Processionale ritibus romanx Ecclesix ac- 
comodatum, etc; cum cantu emendato ; ibid.; 
1851 , in-8°. — 5° Rituale romanum Pauli F, 
Pontificis Maxim i, etc., cum cantu emendato , 
ibid., 1854, in-16. — 6° Pastorale Mechliniense 
Rituali rom. accom. etc., cum cantu emen- 
dato; ibid., 1852, in-8°. De nouvelles éditions du 
Graduel et du Vespéral ont été publiées chez le 
même , dans les formats in-folio et in-octavo , 
en 1854. — On a publié aussi , sous le noiu 
de M. Duval , et avec la coopération de M. Bo 
gaerts, prêtre et professeur au grand séminaire 
de Malines, les écrits polémiques dont les titres 
suivent : 1° Éludes sur le Graduale Boma- 
num, publié à Paris, chez M. Lecoffre ; Ma- 
lines, 1851. — 2° Nouvelles études sur le Gra- 
duale Bomanum, publié à Paris, etc.; Ré- 
ponse à M. Céleste Alix; Malines , Hanicq , 
1852 , in-8°. — 3° Études sur les livres cho- 
raux qui ont servi de base dans la publi- 
cation des livres de chant grégorien édités 
à Malines, etc.; Malines, 1855, in-8°; — ^Quel- 
ques remarques à propos des Études sur la 
restauration du chant grégorien par M. Th. 
Nisard, et du Précis historique sur la res- 
tauration des livres de chant grégorien par 
Mgr Alfieri; Malines, 1S5G, in-8°. M. Duval 
adonné aussi : Traité d'accompagnement du 
plain-chant par l'orgue, d'après les règles 
des théoriciens du treizième et du qua- 
torzième siècle. Ce titre manque d'exactitude; 



100 



DUVAL — DUVERNOY 



jusqu'à la fin du douzième siècle l'accompagne- 
ment du plain-chant par l'orgue ne fut que la 
diaphonie, et rien n'indique qu'il n'en fut pas 
de même dans le treizième ; c'est pour cela que 
les jeux de mixture étaient le fondement de 
toutes les anciennes orgues, qui n'avaient pas, 
comme les modernes, de puissants jeux de fonds 
graves pour en absorber les quartes et lesquintes ; 
enfin, il n'existe pas dans les traités de musique 
des treizième et quatorzième siècles, de règles pour 
l'accompagnement du plain- chant par l'orgue, 
et ce serait une grave erreur de croire que les 
règles de la res facta lui fussent applicables ; 
car ces règles ne concernaient que la musique 
écrite (chose faite). Quand l'accompagnement 
du plain-chant cessa d'être la diaphonie, il ne 
fut pendant longtemps qu'à deux parties , et les 
successions de quintes s'y firent encore entendre 
fréquemment. 

DUVE (Jord\n), écrivain cité par Walthcr, 
comme auteur d'une dissertation intitulée Pro- 
gramma quo nimiam artis affeclaiionem in 
musica sacra theologis magni nominis im- 
/irobari ostendit; Neu-Rnppin, 1729. 

DUVERGER (Eugène), imprimeur à Paris, 
né à Lille, au commencement du dix-neuvième 
siècle, commença ses études au lycée de cette 
ville, puis vint les achever au collège Sainte- 
Uarbe, à Paris. Après avoir appris tout ce qui 
concerne la typographie chez Firmin Didot, il 
établit une imprimerie à Paris. Après la révolu- 
tion de 1830, il fut chargé par intérim de la di- 
rection de l'Imprimerie royale. On lui est rede- 
vable de l'invention d'un système de typographie 
de la musique qui a donné les plus beaux résul- 
tats jusqu'à ce jour. Il consiste en une série 
complète de types sans portée. La composition 
de la forme ou du fragment étant faite, on la 
cliché avec du plâtre fin, el avec une sorte de 
rabot on trace dans le cliché les portées sur les 
types des notes. Après cette opération, on coure 
dans le cliché en creux un cliché métallique qui, 
après qu'ir a été réparé , sert à l'impression. Il 
a publié un Spécimen des caractères de mu- 
sique gravés, fondas, composés et stéréotypés 
par les procédés de E. Duverger, précédé 
d'une notice sur la typographie musicale, 
par M. Fétis ; Paris, de l'imprimerie de E. Du- 
verger, 1834 , gr. in-4°, avec des tableaux en 
grands et petits caractères de musique, d'une 
exécution parfaite. Duverger a imprimé par ses 
procédés un grand nombre de traités élémentaires 
de musique, de manuels, de tableaux pour les 
écoles, de recueils de cantiques.de chansons, 
de solfèges, etc. 

DUVERNOY ( Frédéric ), ou plutôt 



DUVERNOIS, né à Montbéliard (Haut-fihin), 
le 15 octobre 1771, suivant le Dictionnaire his- 
torique de Choron et Fayolle, mais suivant les 
registres de l'Opéra, le 16 octobre 1765, ce qui 
est plus vraisemblable, car Duvernoy exécuta 
un concertode cor au Concert spirituel , le 6 août 
1788. Il se livra sans maître à l'étude du cor et 
à celle de la composition. En 1788 il entra à 
l'orchestre de la Comédie-Italienne. Neuf ans 
après, il fut admis à l'orchestre de l'Opéra , et 
en 1801, on le choisit pour jouer les solos. En 
1816, il en sortit avec la pension de. retraite. 
Nommé professeur au Conservatoire de musi- 
que, lors de sa formation, il en remplit les fonc- 
tions jusqu'à la suppression de cette école en 
1815. Duvernoy fut aussi attaché à la chapelle 
et à la musique particulière de l'empereur Na- 
poléon Bonaparte, qui aimait son talent. Ce 
talent était d'une nature particulière. Satisfait 
d'acquérir un beau son et une exécution par- 
faite, Duvernoy borna l'étendue de son ins- 
trument à un petit nombre de notes qui partici- 
paient du premier et du second cor, appelés par 
Dauprat cor alto et cor basse. Il résulta de 
ce mélange a que Duvernoy appela cor mixte; 
c'est cette classification particulière qu'il ensei- 
gnait au Conservatoire. Quelle que fût la perfec- 
tion de son jeu, il résultait du peu de notes 
qu'il employait une sorte de monotonie qui 
nuisit beaucoup à l'effet qu'il voulait produire. 
Quant à ses compositions, le chant en est com- 
mun, les traits peu élégants et les accompagne- 
ments mal écrits : elles sont déjà tombées dans 
un profond oubli. Ces compositions consistent 
en douze concertos, trois quintetli pour cor, 
deux violons, alto et basse, des trios pour cor, 
violon et violoncelle, trois œuvres de duos pour 
deux cors, plusieurs livres de sonales et d'é- 
tudes, des solos, des duos pour piano et cor, 
enfin une Méthode de cor mixte. Tons ces 
ouvrages ont été gravés à Paris et en Allemagne. 
Duvernoy est mort à Paris, le 19 juillet 1838. 

DUVERNOY ( Charles ), frère puîné du 
précédent, est né Montbéliard ( Haut-Rhin ) 
en 1766. Le maître de musique d'un régiment 
en garnison à Strasbourg lui donna des leçons 
de clarinette, et les progrès du jeune artiste 
furent rapides. Après avoir été attaché pendant 
quelque temps à un corps de musique militaire, 
Duvernoy se rendit à Paris, en 1790, entra dans 
la même année au théâtre de Monsieur, comme 
première clarinette, et passa ensuite de la foiré 
Saint-Germain au théâtre Feydeau. Pendant 
vingt-cinq ans il a rempli ses fonctions avec ta- 
lenl, et s'est retiré en 1824, avec la pension de 
vétérance. Admis comme professeur, lors de l'or- 



DUVERNOY — DUTTSCHOT 



101 



gartisalion du Conservatoire, il fut compris dans 
les reformes qui furent faites en 1802. Un beau 
son et beaucoup de netteté daris l'exécution des 
traits rapides composaient le caractère particulier 
du talent de cet artiste; mais son style laissait 
souvent désirer plus d'élégance. Duvernoy a pu- 
blié deux œuvres de sonates pour la clarinette , 
avec accompagnement de basse, et des airs va- 
riés en duos pour deux clarinettes. Il est mort à 
Paris, le 28 février 1845. 

DUVERNOY ( Henri -Louis- Charles ) , 
pianiste et compositeur, fils du précédent, est né 
à Paris, le 16 novembre 1820. Admis comme 
élève au Conservatoire de cette ville, le 22 dé- 
cembre 1829, à l'âge de neuf ans, il reçut toute 
son éducation musicale dans cette école, dont 
il suivit les cours pendant près de seize ans. 
Toutes les distinctions des diverses brandies de 
l'ait lui furent tour à tour décernées. Après 
avoir obtenu le deuxième prix de solfège en 
1831, il eut le premier en 1833. Devenu élève 
de Zimmerman pour le piano, il conquit le 
deuxième prix de cet instrument en 1837, et le 
premier au concours de l'année suivante. Le pre- 
mier prix d'harmonie et d'accompagnement pra- 
tique lui fut décerné en 1839, et il obtint celui de 
contrepoint et île fugue, comme élève d'Halevy, 
en 1841. Le second piix d'orgue lui avait été dé- 
cerné eli 1840; il obtint le premier en 1842. 
Enfin, ayant pris part au grand concours de 
composition musicale de l'Instilut de France, 
en 1848, il obtint le second prix. Dès 1839 il 
avait été appelé aux fonctions de professeur 
adjoint de solfège : il en fut nommé professeur 
titulaire le 1 er octobre 1848. Dans celte posi- 
tion, il a eu pour élèves un grand nombre d'ar- 
tistes qui depuis lors se sont distingués comme 
chanteurs et comme instrumentistes. Après avoir 
rempli pendant quelques années les fonctions 
d'organiste aux temples protestants de la rue des 
Rillettes et de la Rédemption , il a été nommé 
organiste titulaire du temple de Panthemont 
(culte réformé), à la suite d'un concours qui 
eut lien en 1858. Artiste instruit et laborieux, 
M. Duvernoy a produit quelques ouvrages sérieux, 
qui lui font honneur. En 1846 il fut chargé, 
conjointement avec son oncle Georges Kuhn 
( voij. ce nom ), par le consistoire de Montbel- 
liard (Doubs), de la réforme du chant des 
psaumes et cantiques, pont l'usage des temples 
du culte évangélique de France. Ce travail a 
été publié sous ce titre : Nouveau choix de 
■psaumes et de cantiques harmonisés à quatre 
voix, et composés en partie par MM. Kuhn 
et Henri Duvernoy. Paris, 1848, 2 vol. in- 12. 
Un des volumes de cette collection apparlient à 



M. Duvernoy. Une suilc de ce travail a été de- 
mandée par les pasteurs des églises reformées de 
France, et exécutée, en 1859, par le même artiste, 
en collaboration de M. Dnprato ( voij. ce nom ). 
M. Duvernoy a pris part aussi à la rédaction 
de l'ouvrage de Georges Kuhn, intitulé Solfège 
des chanteurs; Paris, 1855. Enfin, il est auteur 
du Solfège à changements de clefs ( Paris, 
1857), ouvrage adopté pour l'instruction par 
le Conservatoire de Paris et par ses succursales 
de Toulouse, Marseille, Metz et Lille, ainsi que 
par les conservatoires de Bruxelles et de Liège. 
Enfin, on a de cet estimable artiste un Solfège 
artistique, divisé en deux parties et dédié a 
l'auteur de cette notice; Paris, 1860, gr. in-4°. 
Comme pianiste et compositeur pour son ins- 
trument, M. Duvernoy a publié environ cent 
œuvres de musique légère qui ont paru chez l.i 
plupart des éditeurs de Paris. 

Deux autres fils de Charles Duvernoy se sont 
fait connaître comme artistes musiciens. L'aîné 
(Charles), ténor de l'Opéra-Comique pendant 
plusieurs années, a été professeur de déclaui- 
tion lyrique au Conservatoire de Paris, et a sm - 
cédé à Moreau-Sainti, comme chef du pensionnat, 
dans la même institution; le second, élève de 
Daiiprat pour le cor, est entré à l'orchestre du 
l'Opéra, en 1830. 

DUVERNOY ( Jean-Baptiste ), professeur 
de piano à Paris, et compositeur fécond de fan- 
taisies et de bagatelles faciles pour le piano. 
Depuis 1825, environ, il a produit quelques ceu- 
taines d'œuvres de cette espèce, la plupart sur 
des thèmes d'opéras. On ne trouve pas de ren- 
seignements sur cet artiste dans les registres du 
Conservatoire de Paris, d'où il résulte qu'il n'y 
a pas reçu son éducation musicale. Il n'appartient 
pas à la famille des précédents. 

DUYSCHOT (Jean ), constructeur d'or- 
gues hollandais, vivait au commencement du dix- 
huitième siècle. Ses principaux ouvrages sont : 
1° Un orgue de huit pieds, composé de dix-huit 
jeux, deux claviers et pédale, dans l'église fran- 
çaise de Délit, en 1696. — 2° Un idem, de seize 
pieds, à trente-cinq jeux, trois claviers et pédale , 
dans l'église neuve de La Haye, en 1702. — 
3° Dans l'église française du même lieu, un posi- 
tif de onze jeux, en 1711. — 4° Un ouvrage de 
treize jeux, deux claviers et pédale, en 1712, à 
Zaandam. 

DUYTSCHOT (R.-B), autre construc- 
teur d'orgues, et peut-être le père du précédent, 
s'est fait connaître par les ouvrages suivants ; 
1° Des améliorations au grand orgue de l'église 
neuve d'Amsterdam, avec addition de treize 
jeux et d'un clavier, en 1666. — 2° Un ergue 



102 



DUITSCIIOT — DZONDY 



de trente-huit jeux, trois claviers, pédale et huit 
soufflets, commencé en 16S3, et fini en 1686, 
dans l'église de l'Ouest, à Amsterdam. 

DYGON (Jean), bachelier en musique, né 
en Angleterre, vers le milieu du quinzième siècle, 
fut élu prieur du couvent de Saint-Augustin, à 
Cantorbery, en 1497. Il est mort dans le même 
lieu, en 1509. Hawkins a inséré un motet à trois 
voix de sa composition, dans son histoire de la 
musique ( t. II, p. 519). 

DZONDY (Charles-Henri), docteur et 
professeur de médecine à l'université de Halle, 
dont le nom véritable était Schundemius, na- 
quit à Oberwinkel, en Saxe, le 25 septembre 
1770. Il fit ses études à Altenbourg, et les ter- 
mina à l'université de Wittenberg; puis il s'é- 
tablit à Halle, où il exerça la médecine; il y est 



mort , le 1 er juin 1835 , des suites d'une at- 
teinte d'apoplexie. Il a publié un grand nombre 
d'ouvrages relatifs à la médecine, mais qui n'ont 
point de rapports avec l'objet de cette Biogra- 
phie. Il n'est cité ici que pour ses discussions 
avec Nauenburg sur l'organisation de l'appareil 
vocal, dont on peut voir les détails dans la 
Gazette musicale de Leipsick (ann. 1831 et 1832). 
Ces discussions déterminèrent Dzondy à publier 
un ouvrage spécial sur les fonctions du voile du 
palais dans la respiration, la parole, le chant, etc.; 
cet ouvrage a paru sous le titre suivant : Die 
Functionem des weichen Gaumens beim 
Athmen, Sprechen, Singen, Schlingen, Er- 
brechen, etc. (Halle, Schwetschke, 1831, in-4 u 
de 74 pages et onze planches ). 



E 



EA.GER (Jean), né à Norwich, en 1782, 
eut pour père un ancien militaire qui avait em- 
brassé la profession de luthier et de constructeur 
d'orgues. L'éducation d'Eager fut fort négligée : 
quelques notions de musique furent tout ce que 
son père lui enseigna. Lorsqu'il eut atteint l'âge 
de douze ans, le duc de Dorset le prit sous sa 
protection et l'emmena dans sa maison à Kent. 
Il y jouissait d'un sort agréable, lorsqu'il eut 
le malheur de perdre subitement son protecteur, 
qu'une maladie aiguë enleva en peu de jours. Il 
sentit bientôt la nécessité, d'user de ses talents 
pour assurer son existence. A dix-huit ans il 
épousa une jeune personne de Yarmouth, qui 
lui appora en dot une somme considérable, qu'il 
dissipa en peu d'années. Vers 1820 il a ouvert 
une école de musique basée sur la méthode de 
Logier. Cet artiste a composé et publié un con- 
certo pour le piano et une collection de chan- 
sons. Il jouait de presque tous les instruments 
et en donnait des leçons. 

EASTCOTT (Richard), ecclésiastique et 
littérateur anglais, né à Exeter, vers 1740, a vécu 
quelque temps à Londres, où il fut lié avec les 
principaux artistes et amateurs de musique; puis 
il retourna à Exeter pour y remplir les fonctions 
de doyen. On a de lui un livre qui a pour titre : 
Sketches ofthe origin, progress and effecis 
of music, with an account of the ancient 
Lards and minstrels ( Esquisse de l'origine , 
des progrès et des effets de la musique, avec 
une notice sur les anciens bardes ot ménestrels); 
Bath, 1793, in-8°. Cet ouvrage n'est qu'une com- 
pilation des histoires de la musique de Burney, 
de Hawkins, et du livre de Walker sur les 
bardes et les ménestrels de l'Irlande ; mais cette 
compilation est faite avec goût, et renferme des 
faits intéressants. Le livre est divisé en treize 
chapitres suivis de quatre chapitres de supplé- 
ment. Eastcolt a publié aussi un recueil de 
morceaux choisis sous le titre de The Harmomj 
of the Muses, six sonates pour le piano, dont il 
a été fait deux éditions qui ont paru à Lon- 
dres , et des Essais poétiques, en deux feuilles 
in-8°. 

EBDON (Thomas), professeur de musique 
à Durham, vers la (in du siècle dernier, a publié, 
en 1780, un œuvre de deux sonates pour le 



1 



clavecin, un recueil de Glees, et, en 1790, une 
collection de musique sacrée intitulée Sacred 
Music, containing complète services for ca- 
thedrals. 

EllELIXG (Jean-Georges), directeur de 
musique à Berlin vers le mileu du dix-septième 
siècle, a mis en musique les cantiques allemands 
de Paul Gérard pour 4 voix, 2 violons et basse 
continue. Cet ouvrage est intitulé : Geistliche 
Andachlen in 120 Liedern, mit 4 Singstimmen, 
1 violïnen und den Generalbassen; Berlin , 
1666, in-fol. Postérieurement Ebeling est devenu 
professeur de musique du collège Carolinum 
à Nuremberg : il occupait encore cette position 
en 1683. Les cantiques de Paul Gérard , pour 
tous les dimanches de l'année, ont été réimprimés 
avec le chant et la basse seulement de la mu- 
sique d'Ebeling, en format portatif. La troi- 
sième édition de ce recueil a été publiée, avec 
une préface de Conrard Feuerlein, prédicateur 
de l'église ISotre-Dame, à Nuremberg, sous ce 
titre •. Pauli Gerhardi Geistliche Andachlen 
bestchend in 120 Liedern^ Aufalle Sonntage, 
und gewisse Zeiten ira Jahr gerichtet. Vor 
diesem mit sechs Stimmen in-folio gedrucket, 
und mit zwei Stimmen , von J. G. Ebeling, 
des Gymn. Carolini profess. Music^ Nurem- 
berg, Chrisloff Riegel, 1682, 1 vol. in 8° d& 
723 pages. 

EBELING (Jean-Georges), né à Lune- 
bourg, fut d'abord, en 1662, directeur de mu- 
sique à l'église principale de Berlin et au collège 
de Saint-Nicolas de la même ville. En 1668 il 
passa à Stetlin en qualité de professeur de mu- 
sique du - collège Saint-Charles, et il mourut 
dans ce poste, en 1676. On a de lui un livre in- 
titulé Archxologix orphicx sive antiquitates 
musicx; Stettin, 1657, in-4°. Il n'a poussé ses 
recherches sur cette matière que jusqu'à l'an du 
monde 3920. Cet ouvrage, d'ailleurs , selon Fa- 
bricius (Bibl. Grœc. lib. 3, c. 10), ne contient 
que des choses insignifiantes. Les autres pro- 
ductions d'Ebeling sont : 1° Un concert pour 
plusieurs instruments ; Berlin, 1662, in-fol. — 
2" Cantiques spirituels à quatre voix, deux 
violons et basse continue; Berlin, 1666, et la 
suiteen 1667, in-fol. Euelingadonnéaussileméme 
ouvrage arrangé pour une voix avec accompa- 
03 



104 



EBELING — EBELL 



gnementde clavecin: Stettin, 16G9, in-8°. Pierre 
Stamm a fait imprimer un éloge d'Ebeling, sous 
ce titre : Programma funèbre in obitum J. 
G. Ebelingii; Stettin, 1676, in-4°. 

EBELUMG (Christomie-Daniei,) , savant 
littérateur et musicien instruit, naquit au vil- 
lage de Garmissen , près de Hildesheim, en 1741, 
et devint en 1784 professeur d'histoire et de 
langue grecque au collège de Saint-Jean, à Ham- 
bourg. Le docteur Burney, qui le vit dans celte 
ville en 1772, vante son amabilité et son obli- 
geance. Il était alors l'un des directeurs de l'a- 
cadémie de commerce établie à Hambourg. Sa 
bibliothèque musicale étaif nombreuse et renfer- 
mait les meilleurs ouvrages sur la pratique, la 
théorie et l'histoire de cet art. On a de lui les 
ouvrages suivants : 1° Versuch einer auserle- 
senen musikalischen Biblioihek (Essai d'une 
bibliothèque musicale choisie); Hambourg, 1770. 
— 2° Une traduction allemande du voyage mu- 
sical de Burney en France et en Italie, sous le 
titre de Tagebuch einer musikalischen Reise 
durch Frankreich und Italien, etc.; Hambourg, 
1772, in-8°. Les voyages en Allemagne et dans 
•es Pays-Bas ont été traduits par Bode (voij. ce 
nom). — 3° Ueber die Oper (Sur l'Opéra), 
dans le journal intitulé Magasin de Hanovre, 
de 1767. — 4° Geschichle der Oper ( Histoire 
de l'Opéra), ibid. — 5° Une traduction âe'l'Es- 
sai sur l'union de la poésie et de la musique 
par le chevalier de Chastellux, dans les Entretiens 
de Hambourg, tome VIII. Hitler a rendu compte 
de cette traduction dans ses Notices musicales, 
(Musik. Nachriclilen, tome IV. 

EBELL (Henri-Charles), amateur de mu- 
sique, compositeur, et conseiller du gouverne- 
ment prussien, a Oppeln,esf né* âNeu-Buppin, 
le 30 décembre 1775. Ayant été placé dès son 
enfance au gymnase de cette ville, il y apprit la 
musique en même temps que les éléments de la 
littérature. Ses heureuses dispositions pour cet 
art lui firent faire de rapides progrès; il s'essaya 
»le bonne heure dans la composition, et écrivit 
avant d'avoir atteint sa dix-neuvième année une 
symphonie remarquable par la pureté de son 
style. En 1795 il quitta le gymnase de INeu Bup- 
pin, et se rendit à l'université de Halle. Tiirk, 
(pli habitait celte ville, prit le jeune Ebell sons 
sa direction, et lui fit achever ses études de com- 
position et d'harmonie dans les partitions de 
Jean-Sébastien Bach, de Hœndel et de Mozart. 
Il lui faisait lire en môme temps les traités di- 
dactiques de Kirnberger et de Marpurg. 

En 1797, Ebell partit pour Berlin, où il passa 
son examen de référendaire. Là, il se lia avec 
le maître de chapelle Bticliardf, et prit quelque 



chose de son style, dont il est rjsté des traces 
dans tout ce qu'il a écrit depuis lors. Dans l'an- 
née suivante il écrivit son premier opéra, intitulé 
L'Ange gardien(ï)er Schiitzgeist). Cet ouvrage 
fut suivi de Selico et Berisa,opéra en quatre actes, 
poëme de Kinderling, du Déserteur, opéra en 
deux actes.de Melida, opéra, de V Immortalité , 
oratorio dédié à la reine de Prusse. Ebell écrivit 
aussi dans le même temps une symphonie en mi 
bémol, deux concertos pour cor, dédiés à l'em- 
pereur de Bussie, des Consolations musicales, 
pour le piano, des suites de pièces pour des ins- 
trumens à vent, en 14 cahiers, des chansons avec 
accompagnement de piano, une symphonie en 
ut, et le monologue de Thekla, pour voix seule 
et piano, tiré de La mort de Wallenslein, de 
Schiller. Les succès obtenus par ces premiers ou- 
vrages décidèrent Ebell à suivre la carrière d'ar- 
tiste. Tuscheck, premier directeur de musique 
du théâtre de Breslau, ayant quitté cette place 
en 1801, Ebell l'obtint, à la recommandation de 
Beichardt. Avant de s'éloigner de Berlin, il avait 
envoyé à Breslau la partition d'un nouvel opéra 
intitulé .Der Brxutigamspiegel (le Miroir du 
fiancé). Son engagement, moyennant 400 écus 
de Prusse, fut signé au mois de juin 1801, et il 
prit possession de sa place le 28 septembre de la 
même année, par la première représentation de 
son opéra. Depuis 1801 jusqu'en 1803 Ehell 
composa plusieurs mélanges tirés d'un poème 
de Kinderling, les cantates funèbres de Heide- 
mann, In Fête de l'amour (Das Feslder Liebe), 
opéra , la musique de la tragédie de Lanassa 
(en mai 1802), une cantate pour un jour de 
naissance, un chœur, trois quatuors pour des 
instruments à Vent, une musique pour les funé- 
railles de la cantatrice Distel, les Dons du génie, 
(Die Gaben des Genius), opéra dont le livret, 
trop faible, causa la chute, le Retour, cantate] 
îles romances et des chansons avec accompagne- 
ment de piano ; enfin une cantate exécutée au 
bénéfice de son auteur, le 20 octobre 1802. 

Streit ayant quitté la direction du théâtre en 
1802, Ebell donna sa démission, et demanda à 
entrer au service du gouvernement ; au printemps 
de 1804 il fut nommé secrétaire au département 
de la guerre et des domaines. Quoiqu'il eût 
quitté la profession d'artiste, il conserva un vif 
amour pour l'art. Dans la même année, il conçut 
le plan d'une société pour les progrès de la mu- 
sique; elle fut installée le 30 août 1804, sous |« 
nom de société philomatique. Parmi ses mem- 
bres on comptait Ebell, le maître de chapelle 
Scbnabel, l'organiste Berner, et le directeur de 
musique Foersler. Ebell écrivit pour celte société 
des dissertations intitulées : 1° Remarques sur 



EBELL — EBERHARD 



105 



la terminologie adoptée par l'abbé Vogler 
dans son traité d'harmonie et de basse géné- 
rale, d'après les principes de V école de Mann- 
heim ; 2° Que peut faire le gouvernement en 
faveur des progrès de la musique, et quels 
seraient les moyens les plus efficaces pour 
atteindre à ce but? 3° Remarques sur l'O- 
péra de Breslau. La Société philomatique, 
<lont l'existence était due à Ebell, ne se soutint 
pas, et fut dissoute en 1806, après les événements 
de la guerre de Prusse. 

Depuis que Ebell avait quitté 1e théâtre, sa 
position était pénible, car il n'avait aucun re- 
venu et il ne recevait pas d'appointements du 
gouvernement. Enlin, il fut attaché au commis- 
sariat de l'armée de la haute Silésie. Son zèle fut 
remarqué par le ministre comte de Hoym, qui le 
lit son secrétaire particulier, au mois d'avril 
1806, et qui lui lit obtenir, en 1807, la place de 
secrélaire de la régence de Breslau, avec un trai- 
tement de 300 thalers. Il est mort dans cette 
ville, le 12 mars 1824. 

Les ouvrages qu'Ebell a publiés depuis 1807 
lui assurent une place distinguée parmi les com- 
positeurs allemands du dix-neuvième siècle. En 
1807 il a fait représenter à Breslau la Fête 
d'Eichtale, opéra en trois actes, qui fut joué en- 
suite avec succès à Dresde, en 1812. Le Garde 
de nuit ( Der Nachwaechter ) est un petit ou- 
vrage plein de verve comique, qui fut aussi 
bien accueilli à Cassel et à Leipsick. Un de ses 
meilleurs ouvrages est son Anacréon en Ionie, 
opéra en trois actes, qui fut joué à Breslau, en 1810. 
On a aussi de lui cinq symphonies ( en ré mi- 
neur, la majeur, mi \>,si majeur, et ré mineur) ; 
trois quatuors pour violons, alto et basse, op. 2, 
Leipsick , Breitkopf et Ha?rtel; un idem, ibid.; 
des variations pour le piano sur un thème de 
Himmel ; des cantates ; une polonaise pour vio- 
lon, avec accompagnement d'orchestre ; des chan- 
sons à plusieurs voix, etc. Dans l'hiver ds 18i2, 
Ebell fut attaché à la rédaction de la Gazette 
musicale de Leipsick; il publia plusieurs ana- 
lyses de compositions dans ce journal. On a aussi 
plusieurs morceaux de critique musicale qu'il a 
fait insérer dans divers journaux, particulière- 
ment dans ceux de la Silésie. 

Un compositeur du même nom, directeur de 
musique à Magdebourg, y a fait représenter, en 
1847, un opéra dont le sujet était les Flibustiers. 

EBERHARD, surnommé de Frisange 
( Eberhardus Frisengensis) , parce qu'il était 
moine dans une abbaye de bénédictins située au 
bourg de Frisange, dans le comté <le Luxem- 
bourg, a écrit dans le onzième siècle deux 
petits traités lelatifs à la musique, dont l'un a 



pour titre : De Mensura ftslularum, et l'au- 
tre : Régulée ad fundendas nolas ,id est orga- 
nica tintinnabula. L'abbé Gerbert les a in- 
sérés dans sa collection des écrivains ecclésias- 
tiques sur la musique (t. 2, p. 279). 

EBERHARD ( ), hautboïste au 

deuxième bataillon de Hesse-Hanau, i Hanau, a 
composé la musique d'un opéra allemand inti- 
tulé La loi tartare, en 1780. Cet ouvrage a ob- 
tenu quelque succès. 

EBERHARD (Jean-Auguste ), professeur 
ordinaire de philosophie à l'université de Halle, 
depuis 1778,estnéà Halherstadt, le 3laoûl 1738. 
Il a fait insérer dans la feuille hebdomadaire mu- 
sicale de Berlin ( Berl. mus. Wochenblalt ), pu- 
bliée par Reichardt (1805, p. 97 ), quelques idées 
en réponse à une question sur les instruments 
à vent (Fragmente einiger Gedanken zur 
Beantwortung einer Frage ùber die Blas- 
instrumente ). H est aussi l'auteur d'une 
théorie des beaux-arts et des sciences ( Théo- 
rie des schœnen Kunste und Wissenschaf- 
ten), où l'on trouve une dissertation sur le mé- 
lodrame. La troisième édition de ce livre a 
paru à Halle, en 1790. Son ouvrage le plus im- 
portant est son Manuel d'Esthétique ( Hand- 
bucli der .Fsthetik ) ; Halle, 1803-1805, 4 parties 
in-8°. La deuxième édition a été publiée dans 
la même ville, en 1807, et la troisième, en 1814. 
Kant avait réduit les impressions produites par 
la musique à un jeu de pures sensations : 
Eberhard fut un de ses adversaires à ce sujet. Le 
premier entre les philosophes modernes, il traita 
de la musique avec un développement scientifique 
dans l'ouvrage qui vient d'être cité : le troisième 
volume renferme un morceau étendu sur la théo- 
rie du beau dans cet art (pages 66 à 123). 
Son principe fondamental est que l'homme a 
conscience d'une combinaison complète des élé- 
ments de la musique dont il détermine les rap- 
ports bons ou mauvais par un sentiment que 
l'expérience développe. Suivant sa classification , 
ces éléments sont rangés dans cet ordre : 
rhythme , mouvement, ton (qualité du son ), 
mélodie et harmonie. Cette classification suffit 
pour faire voir qu'Eberhard a plus appliqué ses 
recherches à la manière dont les diverses par- 
ties de l'art agissent sur les hommes dépourvus 
de connaissances, qu'à la découverte du principe 
absolu de l'art en lui-même, et à la conception 
idéale que nous pouvons avoir de son unité. 
Eberhard a vu, en effet, que les parties de la 
musique qui agissent avec force sur les hommes 
les moins initiés à cet art sont le rhythme et le 
mouvement, puis la sonorité, puis enfin la mé- 
lodie, et en dernier lieu l'harmonie ; mais ces 



1CG 



EBERIIARD — EBERL 



considérations, bien que fondées en réalité, ne 
peuvent conduire à une doctrine fondamentale 
du beau, et n'ont de valeur dans la science que 
comme des renseignements d'expérience , quel- 
que soin qii'ait pris leur auteur de les rattacher 
au sentiment général que nous avons de la beauté. 
Une des meilleures idées d'Eberhard est d'avoir con- 
sidéré l'histoire de la musique comme insépara- 
ble de sa théorie esthétique. Ce professeur distin- 
gué est mort à Halle, le 6 janvier 1809. Frédéric 
Nicolaï a publié une notice étendue sur Eberhard 
avec son portrait, sous ce titre : Gedachtniss- 
schrift auf Joh. Aug. Eberard; Berlin et 
Stettin, 1810, in-8°. 

EBERHARD ( Viluelmine ) née Kœhler, 
femme d'un procureur à Marbourg, a publié 
dans le magasin des dames ( Frauen Zimmer 
Mag. ), de 1783, une dissertation sur la mu- 
sique. 

EBERHARDT ( François- Joseph ) , cons- 
tructeur d'orgues estimé, établi à Breslau, naquit 
à Sprottau. Outre les réparations faites par lui 
aux orgues de Breslau, il a construit : 1° L'orgue 
du temple de Sprottau, en 1750, composé de 40 
jeux, 3 claviers et pédale, avec quatre soufflets. 
— 2° Celui des Franciscains de Breslau, en 1752, 
composé de 15 jeux, 2 claviers et pédale. — 
3° Celui des Franciscains à Neys, en 1754, de 18 
jeux, 2 claviers, pédale, et 3 soufflets. 

EBERHARDT (. . . ), organiste du châ- 
teau à Schleitz, a donné en 1824 une bonne édi- 
tion du livre choral d'Altembourg ; Altembourg, 
in-4°. 

EBERL ( Antoine ), habile pianiste et com- 
positeur, naquit à Vienne en Autriche, le 13 juin 
1765. Dès sa plus tendre enfance il annonça des 
dispositions si heureuses pour la musique, qu'à 
l'âge de huit ans il jouait des concertos de piano, 
avec le plus grand succès. Cependant son père, 
l'un des premiers officiers de la cour de l'empe- 
reur, le destinait au barreau, et lui donna une 
éducation soignée. Le jeune Eberl fit de rapides 
progrès dans ses études, sans négliger néanmoins 
celles qui avaient la musique pour objet. A l'âge de 
seize ans, il composa la musique de deux opéras 
comiques intitulés : les Bohémiens, et la Mar- 
chande de modes, quoiqu'il n'eût point encore 
appris les règles de l'harmonie. Gluck, ayant as- 
sisté à la représentation d'un de ces ouvrages, 
reconnut dans l'auteur" du génie, et engagea 
sa famille à lui faire faire des études sérieuses, 
afin de développer son talent naturel. Ce fut en 
vain •. on le contraignit à suivre ses travaux 
dans la jurisprudence et à se préparer à un exa- 
men pour le doctorat. Vers ce temps il se lia d'a- 
mitié avec Mozart, et cette circonstance fortifia '■ 



en lui le goût de la musique. Il se mit à étud ; er 
avec assiduité le contrepoint et la théorie de l'art. 
Sa première composition régulière fut le mélo- 
drame de Pyrame et Thisbé , qu'on repré- 
senta au théâtre impérial de Vienne, en 1796. 
Dans la même année il accompagna la veuve de 
Mozart et madame Lange dans un voyage où 
elles visitèrent les principales villes de l'Alle- 
magne, telles que Berlin, Hambourg, Leipsick, 
et il donna des concerts où il fit entendre ses 
compositions instrumentales. De retour à Vienne, 
il y reçut un engagement comme maître de cha- 
pelle à Pétersbourg, et partit bientôt après pour 
cette ville. Il écrivit un opéra allégorique pour 
le théâtre allemand, une cantate, des symphonies 
pour les concerts de la cour, et beaucoup de 
pièces détachées pour le piano. En 1801, il re- 
vint à Vienne et y fit représenter un grand opéra 
intitulé : Die Kœnigin der Sckwarzen Insein 
( la Beine des îles noires). L'année suivante il 
fit un deuxième voyage en Bussie, mais qui fut 
de courte durée. Depuis lors il n'a cessé de 
résider à Vienne, où il est mort le 11 mars 1807, 
à l'âge de quarante et un ans. Voici la liste de 
ses compositions : 1° Une sonate en ut mineur, 
qui a été gravée à Vienne, et à Offenbach, sous le 
nom de Mozart, op. 47, et que Pleyel a publiée 
avec le titre de Dernière grande sonate de 
Mozart. Artaria en a donné une édition , à 
Vienne, en 1798, sous le nom de l'auteur véri- 
table. — 2° Petite sonate pour le piano, à Vu- 
sage des commençants, op. 2; Vienne. — 
3° XII Variations sur le duo : bey Mxnnern , 
welche liebe fuehlen, gravées sous le nom de 
Mozart à Vienne, en 1792. — 4° Six chansons 
allemandes avec clavecin, première partie, 
op. 4 ; Hambourg, 1796. — 5° XII Variations 
pour le piano sur l'air : Zu Steffen sprach 
im Traume, gravées sous le nom de Mozart, 
à Hambourg, et rétablies depuis sous celui d'E- 
berl, op. 5. — 6° Variations pour le piano sur 
le thème : Freundin sanfter herzenstriebet, 
op. 6 ; Vienne. — 7° Variations pour le piano, 
op. 7; ibid. — 8° Deux Sonates à quatre 
mains pour le piano; Pétersbourg, 1798. — 
9° Trois Trios pour piano, violon et violon- 
celle, op. 8; Pétersbourg. — 10° Variations sur 
Vair : Escouto, Janelte, op. 9; ibid. — 11° Deux 
grandes Sonates pour le piano, op. 10; ibid., 
1800: — 12° La gloria d'Imeneo, cantate à 
grand orchestre; Vienne, Artaria, op. 11. — 
13° Grande Sonate caractéristique pour le 
piano, dédiée à Haydn, op. 12; Leipsick. — 
14° Trois Quatuors pour deux violons, alto et 
basse, op. 13, 1801. — 15° Grande Sonate pour 
le piano avec violon obligé, op. 14 ; Leipsick- 



EBERL — EBERLLN 



107 



— 16° Fantaisie el rondo pour te piano, 
op. 1S ; Vienne. — 17° Grande Sonate pour le 
piano, op. 16; ibid. — 18° Variations sur un 
thème russe avec violoncelle obligé, op. 17 ; 
ibid. — 19° Grand Quatuor pour piano, violon, 
alto et basse, op. 18; ibid. — 20° Polonaise à 
quatre mains pour le piano, op. 19 ; ibid. — 
21° Grande Sonate avec violon obligé, op. 20, 
ibid ; 1803. — 22° Grand Concerto pour piano 
avec orchestre , op. 32. -» 23° Symphonie à 
grand orchestre, op. 35. — 24° Grand Trio 
pour piano, clarinette et violoncelle, op. 36. 

— 26° Sérénade pour deux ténors et, deux 
basses , avec clarinette, alto et violoncelle, 
op. 37. — 27° Grand Concerto pour piano, op. 
40. Ceux de ses ouvrages qui sont restés en ma- 
nuscrit sont : 1° Les Bohémiens, opéra. — 
2° La Marchande de modes; idem. — 3° La 
Sorcière, id. — 4° Baudouin, comte de Flan- 
dres , idem. — 5° La Reine des iles noires, 
idem. — 6° Six concertos pour piano. — 7° 
Trois symplionies à grand orchestre. — 8° Deux 
sérénades. — 9° Un sextuor. — 10° Un quintetto. 

— 11° Un quatuor. — 12° Concertos pour deux 
pianos, œuvre 45. 

EBERLE (Jean- Joseph) , virtuosesur la viole 
d'amour et compositeur, naquit en Bohême, vers 
1735. Il eut pour maître de musique Ganswind , 
artiste dont le talent sur la viole d'amour était 
célèbre à cette époque. Eberle cultiva aussi la 
poésie avec succès. Il mourut à Prague, au mois 
d'août 1772. On ne connaît des compositions de 
cet artiste qu'un recueil d'odes et de chansons 
allemandes pour voix seule, avec accompagne- 
ment de piano, publié à Leipsick , en 1765, chez 
Breilkopf. 

EBERLE (Jean-Ulric), excellent luthier de 
la Bohême, demeurait à Prague en 1749, ainsi 
que le prouve une viole d'amour que Dlabacz 
vit en 1800, et qui porte intérieurement ces 
mots : Joannes Ulricus Eberle me reparavit 
Pragx anno 1749. Les violons de cet artiste 
ne le cèdent pas aux meilleurs instruments de 
Crémone; ils ont ordinairement pour inscri- 
ption : Joannes Ulricus me fecit Pragx, sans 
date. 

EBERLIN (Daniel), excellent musicien, 
naquit à Nuremberg, vers 1630. Doué de rares 
facultés et de vastes connaissances, mais d'un 
caractère inconstant, il changea souvent de pro- 
fession, et sa vie fut celle d'un aventurier. Dans 
sa jeunesse , il était capitaine dans les troupes 
du Pape qui combattaient les Turcs en Morée. 
De retour dans sa patrie, il y fut nommé biblio- 
thécaire; mais il ne garda pas longtemps ce poste. 
En 1673, il obtint la place de maître de chapelle 



^ à Cassel, et la quitta ensuite pour aller à Eise- 
nach occuper successivement celle de gouverneur 
des pages, de maître de chapelle, de secrétaire 
intime du Prince, d'inspecteur des monnaies et 
de régent du Weterwald. De là il se rendit à 
Hambourg, où il exerça pendant quelque temps 
la profession de banquier, jusqu'à ce qu'il re- 
tourna à Cassel, en 1678, où il mourut en 1685, 
avec le grade de capitaine de la milice. Il fut 
le beau-père de Telemann, qui le cite comme un 
savant compositeur et un fort bon violoniste. Il 
a publié des Trios de violon sous ce titre : Trium 
variantiumfidium concordia, hoc est Moduli 
musici, quos sonatas vocant, ternis partibus 
conflati; Nuremberg, 1675, in-fol. Eberlin a cal- 
culé qu'il y a deux mille manières de désaccorder 
le violon. 

EBERLIN (Jean), célèbre organiste et com- 
positeur, naquit à Jettenbach, en Souabe, dans 
la première partie du dix-huitième siècle , et 
vraisemblablement dans les premières années. 
La date de 1757 indiquée par Lipowsky, dans 
son dictionnaire des musiciens bavarois, et par 
Silwein, dans son lexique des artistes Salzbour- 
geois (Salzbourg, 1821, in-8°, p. 36), date que 
j'ai reproduite dans la première édition de celte 
Biographie universelle des musiciens, est er- 
ronée, car il exsite dans la bibliothèque impériale 
devienne des ouvrages d'Eberlin écrits en 1730 
et 1731. Il est bien extraordinaire que ce qui 
concerne la vie d'un si grand musicien soit en- 
tièrement ignoré. Walther et Mattheson, ses 
contemporains , ne le mentionnent pas ; Gerber 
nous apprend, dans son premier lexique, qu'il 
naquit à Jettenbach et qu'il était porte-plat et 
maître de chapelle de l'archevêque de Salzbourg, 
vers 1757 : il n'ajoute rien à ces renseignements 
dans le second lexique. Suivant le Dictionnaire 
universel de musique de Schilling, Eberlin serait né 
en 1716, et serait mort en 1776; s'il en est ainsi , 
ce compositeur n'était âgé que de quatorze ans 
quand il écrivit ses premières compositions qui ont 
été conservées. Au surplus, l'auteur de l'article 
en quelques lignes qui se trouve dans l'ouvrage 
de Schilling n'indique pas les sources où il a 
puisé ces dates. Eberlin prend simplement le 
titre d'organiste de la cour de l'archevêque de 
Salzbourg au titre de son recueil de IXToccate e 
fughe per l'organo, publié à Augsbourg, en 1747, 
in-fol. obi. ( voy. Verzeichniss musical. Bûcher, 
etc.de J.-G.-J. Breitkopf, Leipsick, 1761, p. 71.) 
Parmi les compositions de ce maître, on remar- 
que une suite de drames latins écrits pour être 
représentés par les étudiants du couvent de 
bénédictins à Salzbourg. On n'a pas retrouvé les 
partitions de ces ouvrages; mais on en connaît 



108 



EBERLIN 



les titres par les livrets, ainsi que les dates des 
représentations. En voici la liste : 1° Ophele- 
rima Faust o Polilissx connubio recreata, etc. ; 
à l'occasion de l'installation du nouveau prince 
archevêque, I er décembre 1745. — 2° Numitor 
Albx regnator a nepotibus contra Amulii ly- 
rannidem defensus, et avito solio restitutus ; 
exécuté le 5 septembre 1746. — 3° Componi- 
mento Sagro a 4 voci da cantare in corte nel 
giorno delV Elezione del Arcivescovo Gia- 
cobbe Erneslo de' conti di Lichtenstein; 1747. 
Une autre exécution de cet ouvrage fut faite en 
1754, pour la fête du jour de naissance de l'ar- 
chevêque Sigismond Christophe, comte de Schrat- 
tenbach — 4° Octavus Augustus in Perdu- 
elles mitis, sui Victor gloriosus; représenté 
par les étudiants, en 1747. — 5° Jugurtha a 
Mario triomphatus; idem, le 6 septembre 174s. 

— 6° Catilina ambitionis victima ; idem, le 
3 septembre 1749. — 7° Richardus impius , 
Anglix rex, ab Henrico Richmondix comité 
vita simul, et regno excitus; idem, 4 sep- 
tembre 1750. — 8° Randrusia Justix U'bs 
insignis eximia virlutepii Herois Nicolai Eb- 
bonix liberata ( ce titre renferme un chrono- 
grame); idem, 3 septembre 1751. — 9° Lucas 
Notarascum Jîliis perfidi Mahometi victima; 
idem, 3 septembre 1753. — 10° Abdalasius 
Maurorum in Hispania rex ; idem, 2 et 4 sep- 
tembre 1754.— 11° Demetrius Moscovix solio 
restitutus ; idem , 3 et 5 septembre 1755. — 
12° La Passion de N. S. Jésus-Christ (en al- 
lemand), d'après Métastase; dans l'année 1755. 

— 13° Augustinus Tzucamidonus fidei in 
Christum et principem victima ; idem, 1er et 

3 septembre 1756. — 14° Crispus, Constan- 
tini Magni filius; idem, 31 août et 2 septembre 
1757. — 15° Sethos, Mgypti rex; idem, 30 août 
et 1er septembre 1758. — 16° Ozama, inlndiis 
rex; le 29 et le 31 août. — 17° Sedecias, roi 
de Judée , etc. ; représenté en 1755. — 18° Le 
Crucifiement de Jésus (pour l'Église). — 19° La 
Résurrection de Jésus (idem, en allemand). — 
20° Nachmetkirgus, Chersonesi Tauricx rex, 
cum filiis prodilus. Ces trois derniers ouvrages 
ne portent point de date. La bibliothèque impé- 
riale de Vienne possède en manuscrit : 1° In- 
troiius pro Missa votiva B. M. V. in adventu 
(Rorate cœlï), à 5 voix et orgue ; 1769. — 2° Of- 
fertorium pro tempore adventus (Canite in 
Sion), à 4 voix et orgue; 1770. — 3° Impro- 
peria, seu Responsoria ad adorationem 
S. Crucis in die Parasceves cantari solita, à 

4 voix et orgue ; 1771.-4° Sequentia pro festo 
Pentecostes (Veni, Sancte Spiritus) , pour 2 
chœurs et orgue; 173t. —5° Quatuor Respon- 



soria pro festo SS. Corporis Christi, a 4 voix 
et orgue; 1773. — 6° Sequentia in festum 
S. Benedicli (Lxta quies magni ducis), pour 
deux chœurs et orgue; 1730. — 7° IX Res- 
ponsoria pro feria V. in Cœna Domini, in I, 
II et III nocturno , à 4 voix et orgue. — 
8° IX Responsoria pro feria VI (Parasceve), 
in I , II et III noct., à 4 voix et orgue. — 
9° IX Responsoria in Sabbato sancto, in I, 
II et III noct., à 4 voix et orgue. — 10° Gra- 
duale (Christus factus est), à 4 voix et orgue. 

— 11° Offertorium (Dextera Domini), à 4 
voix et orgue. — 12° Domine, ad adjuvan- 
dum me festina, à 5 voix. — 13° Sabbato in 
quadragesima ad completorium (Hymnes et 
motets à 4 et 5 voix avec orgue). — 14° Sab- 
bato sancto ad completorium (Nunc dimittis 
servum tuum), à 4 voix et orgue. — 15° Hym- 
nus (Vexilla régis prodeunt),k 4 voix. — 
16° Pro Dominica II Adventus (Deus, tucon- 
vertens), à 4 voix avec instruments. — 17° Pro 
Dominica Quinquagesima ( Benedictus es, 
Domine), idem. — 18° Pro Dominica III Ad- 
ventus (Benedixisti, Domine), idem. — 19° Pro 
Dominica XI post Pentec. (Exaltabo te, Do- 
mine), idem. La Société des amis de la musique 
de l'empire d'Autriche possède : — 20° Messe 
à 4 voix , 1 violons, alto, basse, 2 trompettes 
etorgue; partition manuscrite (en ut). — 21° Cum 
Sancto Spiritu (en u(), fugue pour 2 chœurs et 
2 orchestres, chacun de 4 voix, 2 violons, alto, 
basse pour l'orgue, 2 trompettes et timbales. — 
22° Dans la collection d'Aloys Fuchs, à Vienne, 
se trouvait le manuscrit original de Litanies 
(en re')à 4 voix et instruments, du même maître. 
La bibliothèque royale de Berlin possède du 
même : — 23° Offertoire (Misericordias) à 4 
voix et orchestre. — 24° Miserere, idem. Un 
catalogue manuscrit d'œuvres de divers maîtres, 
qui s'est trouvé dans les papiers de Mozart et 
qui a appartenu à Tobie Haslinger, de Vienne, 
indique sous le nom d'Eberlin : — 25° Messe cano- 
nique à 4 voix et oi gue , n° 1 . — 26° Idem , n° 2. 

— 27° Idem, n° 3. — 28° Hymne (Pater noster) ; 
à 4 voix. — 29° Antienne (Tenebrx factx sunl), 
à 4 voix et orgue. — 30° Graduel pour le di- 
manche des Rameaux (Tenuisti) , à 4 voix sans 
orgue. — 31° Offertoire (Improperiam), idem. 

— 32° Communion (Pater, si potes), idem. — 
33° Les motets : (in nomine Domini, Christus 
factus est , et Domine Jesu, idem. — 34° Fu- 
gue (Kyrie), idem. — 35° Fugue ( cum Sancto 
Spiritu), idem. — 36° Fugue (cum Sancto 
Spiritu, n° 2), idem. — 37° Miserere sur le 
plain-chant, à 4 voix et instruments. Enfin 
Ios frères Schott, de Mayence, ont publié dans 



EBERLIN — EBERS 



109 



la 5"" livraison de leur collection de musique 
religieuse avec orchestre : — 38° Motet (qui 
confidunl in Domino) , à 3 voix et instruments. 
— 39° idem (Sicut Mater consolât ur ) , 
idem. — 40° idem (Jérusalem qux edifi- 
catur) , idem, démenti a inséré les neuf toc- 
cates et fugues pour l'orgue d'Eberlin dans sa 
collection de musique d'orgue et de clavecin ; 
Naegeli en a donné une autre édition à Zurich, et 
elles ont été aussi reproduites avec des préludes 
du même pour orgue dans le deuxième volume 
du Muséum fur Orgelspieler, Prague (sans 
date), in-4° obi. Le style de ces morceaux est à 
la fois noble, grandiose et riche en effets et mo- 
dulations imprévues. 

EBERS (Charles-Frédéric), compositeur de 
la chambre du prince de Meklembourg-Schwe- 
rin, naquit à Cassel, dans la Hesse, le 25 mars 
1 770. Son père, qui était professeur de langue 
anglaise, et non inspecteur des mines, comme 
il a été dit dans la prem : cre édition de cette 
biographie, d'après Gerber, le conduisit à Beilin 
dans sa jeunesse, et le fit entrer dans l'artillerie ; 
mais, passionné pour la musique, Ebers aban- 
donna l'étude des mathématiques pour se vouer 
à cet art. 11 s'engagea d'abord comme maître de 
musique dans une troupe de comédiens ambu- 
lants, et en remplit les fonctions pendant plu- 
sieurs années, étudiant son art dans les parti- 
tions des grands maîtres, dont il faisait exécuter 
les ouvrages. Enfin, en 1797, il prit possession 
de la place mentionnée ci-dessus; il se maria à 
Schwerin, puis divorça, perdit son emploi, et 
reprit sa vie nomade avec les compagnies de 
comédiens. Tour à tour directeur de musique 
aux théâtres de Pesth et de Dude, il se brouilla 
avec les directions de ces théâtres, quitta ses 
places, et s'attacha en 1814 au service de Joseph, 
qu'il seconda pour la direction de l'orchestre de 
sa troupe d'opéra. Après que cette société eut été 
dissoute , Ebers se rendit à Magdebourg pour y 
remplir des fonctions semblables; mais les mau- 
vaises affaires de la direction ayant fait fermer 
le théâtre, il alla à Leipsick, où il eut une exis- 
tence misérable. En 1822 il s'éloigna de cette 
ville pour aller à Berlin, où sa position ne fut 
pas meilleure et où il mourut, le 7 septembre 
1836. Depuis 179G il a écrit les ouvrages dont 
les titres suivent : 1° Bella et Fernando, 
opéra, 1796. — 2° U H ermite de Formentera, 
idem. — 3° Die Blumeninsel (l'Ile Fleurie), 
idem, gravé en partition pour le piano; Bruns- 
wick, 1797. — 4° Der Liebescompass (la Bous- 
sole de l'amour) ; idem. — 5° XII Chansons avec 
accompagnement de piano; Hambourg, 1796.— 
6° Deux trios pour piano et flûte, op. 4; Berlin, 



Hummel. — 7° Six rondeaux pour le piano, 
op. 5; Brunswick, 1796. — 8° Douze petites 
pièces à quatre mains, op. 6; ibid., 1796. — 
9° Six thèmes variés pour le piano. — 10° Va- 
riations sur la chanson populaire : Heil dir in 
Siegerkranz pour le piano; ibid. — 11° Trois 
sonates pour le piano; Neu-Strelitz, 1798. — 
12° Douze chansons allemandes avec accompa- 
gnement de piano ; Berlin, 1799. — 13° Sym- 
phonie à grand orchestre, liv. 1 ; ibid., 1799. — 
14° Douze écossaises et douze walses pour le 
piano; Leipsick. — 15° Six marches pour deux 
clarinettes, deux hautbois, deux cors et deux 
bassons, op. 18 ; ibid. — 16° Douze écossaises, 
six walses, etc., pour le piano , op , 19 ; ibid. — 
17° Douze écossaises et douze walses à grand 
orchestre, op. 17; Leipsick. — 18° Douze pe- 
tites pièces pour deux cors de bassette, deux 
cors et deux bassons; Amsterdam, Hummel. — 
19° Variations pour le violon sur l'air de la 
pipe de tabac ; ibid. — 20° Neuf variations pour 
le piano avec deux clarinettes, deux cors, et 
deux bassons obligés; Offenbach , André. — 
21° Ouverture pour piano; Leipsick. — 22° Des 
solos, des duos et des airs variés pour la flûte. 
— 23° Trois grandes sonates pour le piano, avec 
flûte, op. 30. — 24° idem, op. 31. — 25° Une 
très-grande quantité de danses, de polonaises, et 
de walses pour le piano. 

EBERS (Jean), libraire à Londres et ancien 
directeur del'Opéra-Italien de cette ville, est né 
en Angleterre, de parents allemands, vers 1785. 
L'Opéra-Italien (King's Théâtre) ayant été fermé 
en 1820, par suite du dérangement des affaires 
de l'entrepreneur, M. Ebers fut engagé à en 
prendre la direction par quelques lords avec qui 
il était en relation, quoiqu'il n'entendît rien à 
la musique. 11 se laissa séduire parles promesses 
de protection qui lui furent données, et il se 
chargea de cette lourde entreprise en 1821. Il 
confia la direction de la musique à M. Ayrton, 
et pendant sept années ce fut lui qui administra 
la partie matérielle et contentieuse, à ses ris- 
queset périls. Garcia, M me Camporesi, M me Pasta, 
Rossini, Galli, furent appelés à Londres par lui, 
et les dépenses furent si considérables, pour 
donner de l'éclat à son entreprise, qu'après la 
septième année, sa fortune fut complètement 
anéantie. Il a publié une histoire de l'Opéra-Ita- 
lien pendant sa direction , sous ce titre : Seven 
years of the King's Théâtre ( Sept années du 
Théâtre royal), Londres , Harrison-Ainsworlh , 
1828, 1 vol. in-8° de trois cent quatre-vingt- 
quinze pages , orné des portraits de Mesdames 
Pasta, Camporesi, Ronzi de Begnis, Caradori- 
Allan, et Brambilla. Cet ouvrage, imprimé avec 



110 



EBERS — EBERWEIN 



lu\e, renferme des notices intéressantes sur l'o- 
péra italien de Londres. 

EBERS (Jean-Jacques-Henri), né à Breslau, 
dans les premières années du dix -neuvième 
siècle, fut un des fondateurs de la société de 
cliant d'église de cette ville. Il s'est fait connaître 
par une brochure intitulée : Spohr und Halevy 
und die neueste Kirchen und Opernmusik 
(Spohr etHalévy, ou la nouvelle musique d'église 
et d'opéra). Breslau, Jos, Max et Cie, 1837, 
petit in-8° de xn et quatre-vingt-six pages. 
L'auteur de cet écrit analysera Passionde Spohr 
et la Juive d'Halévy ; il tire de ses observations 
des conclusions qui ne sont pas favorables à la 
musique moderne. 

EBERT (Jean), compositeur et ténor à la 
cour d'Eisenach, naquit à Naundorff, dans la Mis- 
nie, le 27 septembre 1693, fut élevé à l'école de 
la Croix à Dresde , où il resta douze ans , finit 
ses études en 1 7 1 8, à l'université de Leipsick, pas- 
sa en t720 à Weissenfels en qualité de chantre , 
et se fixa enfin, en 1726, à Eisenach. Il n'a fait 
imprimer de sa composition que Six sonates 
pour la flûte avec clavecin , 1729. 

EBERWEIN (Traucott-Maximilien), na- 
quit le 27 octobre 1775, à Weimar, où son père 
était musicien de la ville. Ses progrès dans l'étude 
de la musique furent si rapides, qu'à l'âge de 
sept ans il était déjà employé comme violoniste 
dans la chapelle du prince. Son père, qui fut son 
instituteur, lui enseigna à jouer de tons les ins- 
truments alors en usage. Eberwein fit aussi , fort 
jeune, quelques essais de composition dans des 
airs de danse et de ballet. En 1791 , il obtint de 
son père la permission d'aller à Francfort pour 
étudier la théorie de la musique sous la direction 
de Kunze, et quelque temps après Schick, de 
Mayence , lui donna des leçons de violon. S'étant 
fait entendre avec succès à Hambourg, en 1796, 
il lut engagé par le prince de Schwartzbourg- 
Rudolsladt comme mucisien de sa chapelle. Quel- 
ques désagréments qu'il ava't essuyés à Weimar, 
par la jalousie des autres artistes , le détermi- 
nèrent à accepter cette place en 1797. Ayant ob- 
tenu un congé du prince en 1803, Eberwein 
commença son premier voyage, et , prenant 
sa route par la Franconie, la Bavière et le 
Tyrol, il se rendit en Italie. A Rome il écrivit 
ses premiers quatuors de violon. Arrivé à Na- 
ples, il recommença ses études d'harmonie, sons 
la direction de Fenaroli. De retour à Rudolstadt 
dans l'automne de 1804, il reprit ses fonctions à 
la cour. En 1809 on le chargea de la direction 
de la chapelle de cette ville; mais il n'eut sa no- 
mination définitive de mucisien de la chambre 
qu'en 1810, et celle de maître de chapelle du 



prince ne lui fut accordée qu'au mois de sep- 
tembre 1817. Dans l'intervalle, il avait fait quel- 
ques petits voyages en Allemagne, particulière- 
ment à Berlin , où il se lia avec Himmel et Zel- 
ter. En 1817 il retourna à Vienne, où il avait 
connu précédemment Beethoven etSalieri; de là 
il alla en Hongrie, en Bohême, etc.; et enfin il 
retourna à Rudolstadt, où il passa le reste de sa 
vie. Il est mort en cette ville, le 2 décembre 
1831. 

Eberwein était plein d'enthousiasme pour son 
art, et l'activité de son esprit le portait incessam- 
ment à faire des efforts pour en développer les 
progrès et pour améliorer la condition des artis- 
tes. C'est ainsi qu'on le vit prendre une part con- 
sidérable dans l'institution des fêtes musicales 
de l'Allemagne, et qu'il fonda à Rudolstadt une 
caisse pour les veuves et les orphelins des mem- 
bres de la chapelle. Ses vues étaient élevées, phi- 
losophiques; il s'occupait de plusieurs sciences; 
de politique, de médecine, et la bienveillance de 
son caractère lui faisait rechercher avec avidité 
tout ce qui pouvait contribuer à l'amélioration 
de l'humanité. 

Comme compositeur, il s'est fait plus remar- 
quer par sa fécondité que par l'originalité de ses 
productions. La liste de ses ouvrages est fort 
étendue. On y remarque : 1° Cantate de la Pen- 
tecôte (1821). — 2° Hymne pour la Trinité, op. 
81 (1823). — 3° Te Deum en ut majeur, op. 
86(1824). — 4° idem, en ré majeur. — 5° Messe 
solennelle en la bémol majeur, op. 87. Cet ou- 
vrage était considéré par Eberwein comme une 
de ses meilleures productions. — 6° Cantate 
pour la fôte de la moisson , op. 89. — 7° Cantate 
pour la fête de la réformalion, op. 90. — 8° Les 
psaumes 1 er , 67 e , 9 e et 100 H , sur le texte alle- 
mand de Wette. — 9° Pedro et Elvira , opéra 
(en 1805). — 10° Claudine de Villabella, idem 
(1815). — 11° La Foire annuelle de Plauders- 
weiler, id. (1818). — 12" Jérusalem délivrée, 
id. (1819). — 13° Ferdusi , id. (1821). - 14° Le 
Réseau d'or, id. (1827). — 15» Le Tournoi 
(Schlachtturnier); vaudeville (Singspiele), 1809. 
— 16° La Prêteuse, id., op. 95 (1826)— 17°. La 
Lune, idem. — ts° Le Nid de Cigognes, id. 
(1827).— 19° Le Chêne creux, id. (1829). — 
20° Grande ouverture caractéristique de Mac- 
beth, op. 105(1828). — 21° Une très-grande quan- 
tité d'entr'acles pourdes drames, comédies ou tra- 
gédies. — 22° Symphonie concertante pour haut- 
bois , cor et basson , op. 47 ; Leipsick , Breitkopf 
et Hœrlel. — 23° Trois Quatuors pour 2 violons, 
alto et basse, op. 1 ; ibid. — 24° Variations en 
sol, pour la flûte, op. 2 ; ibid. —25° 1 er Con- 
certo pour la flûte, op 5'i; ibid. 2<>° Quatuors 



EBERWEIN — EBI1ARDT 



III 



pour la flûte, œuvres 71, 74 et 79 ; Leipsick , 
Hofmeister. — 27° Concerto pour la clarinette, 
op. 56; Leipsick, Breitkopf et Haertel. — 
28° Concertino idem, op. 61; Bonn, Simrock. 

— 29° Airs variés, polonaises et fantaisies pour le 
même instrument, op. 63, 64, 65; Leipsick, 
Mayenceet Bonn. — 30° Canons et chants à plu- 
sieurs voix (plusieurs recueils); Leipsick , Breit- 
kopf et Haertel. — 31° Chansons à voix seule, 
avec accompagnement de piano, op. 13, 18,53, 
91, 94. 

Eberwein a eu deux fils ; le plus jeune ( Louis 
Eberwein) est musicien de la cour à Budol- 
sladt. 

EBERWEIN (Charles), deuxième frère 
de Traugott Maximilien, a été directeur de mu- 
sique à Weimar, où il est né, en 1784. Comme 
son frère, il apprit la musique sous la direction 
de son père , el il fit ses études littéraires et 
soientiliques au gymnase de sa ville natale. Plus 
lard il reçut des leçons d'harmonie et de com- 
position de son frère aîné. La nature lui avait 
donné plus d'originalité dans les idées que celui- 
ci n'en avait reçu ; Charles Eberwein développa 
ces dons heureux par les méditations de son es- 
prit sérieux. Toutefois, malgré celte qualité na- 
turelle d'invenlion qu'on remarquait en lui dans 
ses premiers ouvrages, son admiration pour les 
œuvres de Mozart lui a fait imiter le style de ce 
grand maître dans quelques-unes de ses produc- 
tions. On connaît de Charles Eberwein : 1° Die 
Heerschau ( l'Inspection de l'armée ) , opéra. 

— 2° Grafvon Glcichen (Le comte de Glei- 
chen), idem. — 3° Léonorede Holtée, idem. — 
4° Le Fils du riche, ouïe Manteau rouge, idem , 
représenté à Weimar, en 1845. — 5° Le mar- 
chand d'Orviétan, idem. — 6° Ouverture et 
musique mélodramatique pour le Faust de 
Gœthe. Ces ouvrages ont été joués avec succès 
à Weimar. — 7° Des entr'actes pour plusieurs 
drames, et l'ouverture pour le monodrame de 
Gœthe, Proserpine. — 8° Cantique du diman- 
che à 4 voix, avec accompagnement d'instruments 
à vent et d'orgue, sur des paroles de Niemeyer. — 
9° L'adoration, cantate de Keehler, pour 4 voix, 
solos, chœur et orchestre, Bonn, Simrock. — 10° 
Cantate pour le Jubilé de cinquante ans des prince 
et princesse de Weimar et d'Eisenach, à 4 voix 
et orchestre; Weimar, Wentzel. — 11° Le Jour 
de mort du Sauveur, cantate à 4 voix, avec 
accompagnement d'instruments à vent et orgue, 
op. 17; Leipsick, Hofmeister. — 12° Élévation 
vers Dieu, à 4 voix et orgue, op. 20 ; ibid. — 
1 3° Le Jeune Homme à Naïn, oratorio, exécuté 
à F.rfurt, en 1835. — 14° Concert d'amateurs pour 
violon et orchestre, op. 15; ibid.— 15° Quatuor 



brillant pour violon, op. 4 ; Leipsick, Brci'kopf 
et Haertel. — lo° Trois œuvres de duos pour 
deux violons; Leipsick, Breitkopf, Hofmeister. — 
17° Concerto pour la flûte (en mi bémol), ibid. 
— Quelques recueils de chants pour une et plu- 
sieurs voix; Leipsick, Hambourg et Berlin. 

M">e Eberwein, cantatrice qui a eu longtemps 
de la réputation au théâtre pour les premiers 
rôles, tels que ceux de Donna Anna dans Don 
Juan, et de Léonore dans Fidelio, fut attachée 
à l'Opéra de Weimar jusqu'en 1837. 

EBERWEIN ( Maximilien-Charles ), de 
la famille des précédents, est né à Weimar. Il 
s'est fait connaître comme pianiste, dès 1831, 
à Weimar, puis à Leipsick, Dresde, Berlin et 
Paris. On a de lui quelques compositions légères 
pour son instrument. 

EBHARDT ( Gottuilf-Frédéric ), orga- 
niste et maître d'école à Greitz, est né à Hohen- 
stein, en 1771 , dans la principauté de Scheen- 
bourg. Son premier instituteur pour le chant, 
l'orgue et la composition, fut un musicien habile 
nommé Tag; mais il se perfectionna dans la 
suite par la lecture des ouvrages de Kirnberger, 
de Wolf et de Marpurg. Il était âgé de vingt- 
deux ans lorsqu'il fut appelé à Greitz, pour y 
remplir les places dont il a été parlé ci-dessus. 
11 a beaucoup écrit; mais on n'a imprimé de ses 
compositions qu'une suite de Préludes pour 
l'orgue; Leipsick, Ureitkopf. Ses autres ouvrages 
sont : 1° Trois Chorals variés pour V orgue. — 
2° Cantate funèbre avec orchestre. — 3° 
Messe à 4 voix. — 4° Chant funèbre à 2 voir 
sur la mort du prince Henri XL de Schœn- 
bourg. — 5° Deux Cantates. — 6° Musique 
pour la fête de V Ascension. — 7° Cantates 
de louanges et d'actions de grâces à 4 et. 8 
voix. — 8° Motet à 4 voix avec accompagne- 
ment d'instruments à vent. — 9° Concerto 
d'orgue pour un jeu de flûte, et plusieurs 
suites de préludes. Vers 1807, Ebhardt a été 
nommé organiste de ville et de cour à Schleitz, 
petite ville de la principauté de Beuss-Sclilutz. 
Son ouvrage le plus considérable est un traité 
général de musique en forme de dialogue entre 
un maître et un élève, qui a été publié sous ce titre : 
Schule der Tonsetzkunst in systematischen 
Form mit deutlichen Definilionen , und den 
Hauptartikeln beigefûgten katechetischen 
Unterredungen zwischen Lehrerund Schiller ; 
Leipsick, Cnoblocb, 1824, in-8°, avec 50 plan- 
ches. H a aussi publié un traité de théorie trans- 
cendante de la musique sous ce titre : Die hoe- 
hern Lerhzweige der Tonkunst ( les haute, 
branches de la science de la musique ) ; Leipsick, 
1830, in-8°, avec un livre d'exemples notés, in-fol. 



112 



EBRHARDT — ECOLES 



obi. Cet ouvrage est la suile du précédent. On 
connaît enfin de lui : Grilndlicher Anleitung 
zur Erfindung harmonisch-melodischer Cho- 
ralzwischen spiele ( Introduction fondamentale 
à l'art d'improviser des versets harmonieux et 
mélodieux pour les chorals, etc. ); Neustadt-sur- 
l'Oder, Wayner, 1828, in 8°. Il a fait insérer 
dans le n° 16 (année 1833 ) de la Gazette gé- 
nérale de musique de Leipsick une réponse à des 
questions proposées dans le n° 46 ( ann. 1832 ) 
du même journal, sur l'emploi des accords de 
sixte et de seconde dans l'harmonie. 

Ebhardt a un fils qui s'est fait connaître par 
des danses pour le piano lesquelles ont paru à 
Leipsick. 

EBIO ( Matthieu ), chantre et maître d'é- 
cole à Husum , dans le duché de Holstein , na- 
quit dans le même endroit, en 1591. Après avoir 
terminé ses études à l'université de Jéua, il 
obtint la place dont il vient d'être parlé. Il est 
mort à Husum, à l'âge de quatre-vingt-six ans, 
le 20 décembre 1676. Ce musicien est auteur d'un 
livre élémentaire intitulé : Isagoge musœa, das 
ist : Kurzer, jedoch grûndlicher Unterricht, 
voie ein Knabe in kurzer Zeil, mit geringer 
Mùhe musicam lernen kœnne (Instruction 
courte, mais complète, avec laquelle un jeune 
élève peut apprendre la musique sans peine et en 
peu de temps, etc.) ; Hambourg, 1651, 8 feuil- 
les in-8°. Ebio se montre dans cet ouvrage 
grand partisan de la méthode de l'hexacorde, at- 
tribuéeàGui d'Arezzo, et antagoniste de la ré- 
lorme de l'échelle musicale. On a aussi de lui 
une collection de motets sous ce titre : Prodro- 
mus cantionum ecclesiasticarum, mit 2 Stim- 
\nen concertsweise und dem Basso-conlinuo; 
Hambourg, 1651, in-4°. 

EBNER ( Wolfgang ), organiste de l'em- 
pereur Ferdinand III, vers 1655, était né à 
Augsbourg. Il écrivit une instruction latine sur la 
basse continue, qui ne fut point imprimée, et 
que Jean André Herbst a traduite en allemand. 
La traduction est resiée aussi en manuscrit. ( Voy. 
Herbst, Arie pratica etpoetica, p. 43. ) 

ËCCARD ( Jean ), né à Mulhausen en Thu- 
ringe, vers 1545, eut pour maître de composition 
le fameux Roland de Lassus. En 1583 il fut 
nommé vice-maître de chapelle de Georges-Fré- 
déric, margrave de Brandebourg et duc de Prusse, 
à Kœnigsberg, et fut adjoint à Théodore Riccius, 
maître de chapelle titulaire, auquel il succéda 
en 1599. En 1608 il suivit la cour à Berlin. Sou 
portrait a été gravé avec une inscription à sa 
louange, en six vers latins de Georges Frœlich, 
professeur de musique. Il s'est fait connaître par. 
Li publication des ouvrages suivants : 1° XX 



Cantiones sacrx Helmoldi quinque et plur. 
vocum; Mulhausen, 1574. — 2° A'euwe ieutS'J-he 
Lieder mit 4 und 5 Stimmen gantz licblick 
su singea, und auff allerleij musikalischen 
Instrumentai zu gebrauchen ( Nouvelles Chan- 
sons allemandes à 4 et 5 voix, etc. ) ; Mulhausen, 
1578, in-4°. — 3° Crepundia sacra Helmoldi , 
Mulhausen, 1596, in-4 J . La deuxième édition de 
celle collection a paru à Erfurt, en 1608, in-8°. 
— 4° Zwey- Theile 5 Slimmige geislliche Lieder 
avf den Choral gerkhiet ( Deux livres de 
chants religieux à 5 voix sur des chorals, etc. ) ; 
Kœnigsberg, 1597, 5 volumes in-4°. On chante 
encore à Mulhausen les cantiques d'E< card, au 
commencement et à la fin du service. 

ECCLES ( Salomon), violoniste et compo- 
siteur anglais, vécut vers la tin du dix-septième 
siècle. Il était estimé pour son talent; mais sé- 
duit par la doctrine des quakers, il entra dans 
cette secte, brûla tous ses instruments, et publia, 
en 1C97, un Dialogue sur la vanité de la mu- 
sique, devenu d'une rareté excessive. 11 est au- 
teur de principes de l'ait déjouer du violon, qui 
ont été insérés dans l'ouvrage intitulé : The di- 
vision violin, imprimé à Londres, en 1693. 
Eccles se mit à faire publiquement des prédi- 
cations , et se fit enfermer plusieurs fois. Il 
s'enfuit, dit-on, en Irlande, d'où il paraît qu'il 
tut déporté dans la Nouvelle-Angleterre. 11 finit 
par se faire athée. On ignore l'époque de sa mort. 

ECCLES (Jean), fils de Salomon, naquit à 
Londres. Son père lui enseigna la musique. 
Eccles a composé plusieurs airs détachés, qui 
ont été insérés dans les collections de son temps, 
des airs de danse et des entr'acles pour plusieurs 
tragédies ou drames. Parmi ses compositions, on 
cite particulièrement Rinaldo e Armida, et le 
Jugement de Paris. Ce fut aussi lui qui le pre- 
mier mit en musiqne l'Ode de Congrève pour le 
jour de Sainte-Cécile. Outre les airs d'Eccles pu- 
bliés dans diverses collections, et notamment dans 
celle qui a pour titre : The pitls to purge me- 
lancoly ( Pilules pour chasser la mélancolie ) , 
on a aussi imprimé à Londres : New Musick 
for opening of the théâtre, elc, etc. ( Nou- 
velle musique pour l'ouverture du théâtre) . Vers 
1698, Eccles fut nommé maître de l'orchestre 
de la reine, place devenue vacante par la mort 
de Slaggins. Il passa la dernière partie de sa vie 
à Kingston, dans Surry. 

ECCLES (Henry), frère du précédent, fut 
un violoniste d'une force peu ordinaire pour son 
temps. Mécontent de ce que son talent n'était 
pas récompensé dans sa patrie, comme il devait 
l'être, il se rendit à Paris, et y fut admis dans la 
musique du roi. Eccles a composé douze solos 



ECCLKS — ECKELT 



113 



jiour le violon, qui ont été publiés à Paris, en 
1720. Cet ouvrage a paru en deux livres. Eccles 
imite dans sa composition le style de Corelli. 

ÉCHIO.Y, musicien grec, qui vivait à Rome 
du temps de Juvénal, était un fameux joueur de 
cithare. Il paraît qu'il partageait avec les joueurs 
de flûte Glapliire et Ambrosius les faveurs de 
beaucoup de dames romaines, car Juvénal en 
parle en ces vers : 

Accipis uxoreni, de qua ritharxdus Ecliion, 
Aul Glaplîyrus ûat pater, Ambrosltisque clinraules. 

(Sat. VI, v. 76. ) 

« Tu te maries; les pères de tes enfants se- 
« ront ou le citliarède Ecliion, ou les joueurs de 
« flûte Glapliyre et Ambrosius. » 

Laborde a fait sur ces vers une singulière mé- 
prise : il a cru que choraules signifie employés 
dans les chœurs, tandis que le sens est joueurs 
de flûte. 

ECK ( Jean-Frédéric ), né à Mannbeim, en 
17ii6, passe pour avoir été un des violonistes les 
plus distingués de l'Allemagne. Son père, né en 
Bohème, et qui était premier cor au service de 
l'électeur Palatin, mit le jeune Eck sous la di- 
rection de Chrétien Danner, pour apprendre à 
jouer du violon. Il acquit sous cet habile maître 
un beau son, une intonation juste et beaucoup 
de légèreté. En 1778 il suivit l'orchestre de la 
cour à Munich ; le maître de chapelle Winter lui 
donna des leçons de composition. Nommé direc- 
teur des concerts de la cour, en 1788 , il ne tarda 
pas à prendre aussi la direction du théâtre na- 
tional. En 1801 il se maria pour la seconde fois, 
demanda sa retraite, et l'obtint. Ce fut vers cette 
époque qu'il fit un voyage en France et qu'il 
visita Paris. Il a publié six concertos de violon 
qui ont été gravés à Offenbach et à Paris, et 
une symphonie concertante pour deux violons, 
publiée à Leipsick , chez Breitkopf. 

ECK (François), frère du précédent, et 
comme lui violoniste fort habile, naquit à Man- 
heim, en 1774, et reçut des leçons de son frère. 
Admis dans la chapelle de l'électeur de Bavière, 
il paraissait devoir finir ses jours à Munich; 
mais une aventure galante qu'il eut avec une 
dame de haute naissance, et qui eut de l'éclat, 
l'obligea' à quitter cette ville, en 1S01. Sa situa- 
tion était d'autant plus fâcheuse en cette cir- 
constance, qu'un vol venait de le priver de 
tout ce qu'il possédait. Il se rendit d'abord à 
Riga, puis à Pétersbourg, où il se livra à un 
travail constant et bien dirigé pour augmenter 
son talent. L'empereur Alexandre , l'ayant en- 
tendu, fut si satisfait de son jeu, qu'il le nomma 
directeur et violon solo des concerls de la cour ; 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



mais bientôt Eck tomba dans un bigotisme exces- 
sif, et les remords dont il fut tourmenté, au sou- 
venir des erreurs de sa jeunesse, troublèrent sa 
raison. L'empereur de Russie le renvoya à son 
frère, sous escorte, et celui-ci le plaça dans une 
maison de santé à Strasbourg. Il y mourut, en 
1804. Je possède en manuscrit un concerto de 
violon de cet artiste. 

ECKARD ( Jean-Godefroi ) naquit à Augs- 
bourg, en t734. Issu de parents pauvres, il ne 
put se procurer de maître pour apprendre la 
musique, quoiqu'il se sentît un goût passionne 
pour cet art. Il se mit donc à étudier seul 
sur un mauvais clavecin qu'il s'était procuré, el 
par une persévérance sans bornes et l'étude du 
Clavecin tempéré de Bach, il parvint à un 
haut degré de force sur le piano. Son ami, 
Georges-André Stein , célèbre facteur d'orgues, 
l'engagea à l'accompagner à Paris, en 1758; les 
succès qu'il y obtint le décidèrent à s'y fixer. 
Vers le même temps, il se livra à l'étude de la 
miniature, et il acquit assez d'habileté en ce 
genre pour assurer son existence. Ayant le dé- 
sir de perfectionner son talent pour le clavecin, 
il peignait le jour pour vivre, et étudiait la mu- 
sique la nuit. C'est par ce moyen qu'il a obtenu 
la réputation d'un des plus habiles clavecinistes 
de son temps. Il est mort à Paris, vers la fin 
du mois d'août 1809, âgé de soixante-quinze ans. 
On a gravé de lui : 1° 6 sonates pour le piano ; 
Paris, 1765. Elles ont été publiées aussi à Londres 
et à Leipsick, avec un titre italien. — 2° Deux 
sonates de clavecin , œuvre 2 e . — 3" Le Menuet 
d'Exaudet , varié pour le clavecin ; Paiis, chez 
l'auteur. 

ECKEL (Mathias), compositeur allemand, 
vécut dans la première moitié du seizième siècle. 
11 a mis en musique un recueil de chansons en 
diverses langues, qui a paru en plusieurs suites, 
depuis 1530 jusqu'en 1540, in-8°obl. On trouve 
ce recueil dans la bibliothèque publique deZvvic- 
kau. Il y a des ouvrages de ce musicien dans 
les recueils très-rares dont voici les titres : 1° A'o- 
vum et insigne Opus musicum scx, quinque et 
quatuor vocum , cujus inGermania hactenus 
nihil simileunquam est editum, etc. Noriber- 
gee, Hier. Graphxi, 1537, pelit in-4° obi. — 
2° Selectx Harmonise quatuor vocum de Pas- 
sione Domini ; Viiiebergx , apud Georg. 
Rhauum , 1538. — 3° Sacrorum Hymnorum 
liber primus centum et triginta Hymnos con- 
tinens, etc.; Vittebergx , apud Georg. Iihau., 
1542, petit in-4.° obi. — 4° Jlicinia gallica, la- 
tina et germanica, et quxdam fugx, lomi duo ; 
ibid., 1545, petit in-4° obi. 

ECKELT (Jean-Valentin), ne" à Wnnings- 

8 



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ECKELT — ECKERT 



liausen, près d'Erfurt, vers 1G90, fit ses études 
h l'école de Gotha, et y apprit la musique. Lors- 
qu'il crut avoir acquis assez de connaisanccs dans 
son ait , il entreprit de voyager pour se faire con- 
naître. Il ne tarda pas à être nommé organiste 
à Wernigerode, en Prusse. La manière distin- 
guée dont il remplit ses fonctions lui procura l'a- 
vantage d'être appelé en qualité d'organiste à 
l'église de la Trinité à Sondershausen , place qu'il 
occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1734. Ce mu- 
sicien a laissé en manuscrit plusieurs recueils 
de pièces et de préludes pour l'orgue, une Pas- 
sion à grand orchestre, et une collection de can- 
tiques. Mais c'est surtout comme écrivain didac- 
tique qu'il s'est rendu recommandable, par la 
composition des ouvrages suivants : 1° Expéri- 
menta musicx geometrica ; Erfurt, 1715. r— 
2° Instruction pour former une fugue , 1722, 
— 3° Abrégé de ce qu'il est nécessaire à un 
musicien de savoir, in-4°. — 4° Enfin un ou- 
vrage dont il s'est occupé dans les dernières an- 
nées de sa vie, et dont il y avait déjà beaucoup 
de cahiers achevés en 1724, mais qui s'est égaré 
depuis la mort de l'auteur. C'était plutôt un com- 
mentaire mathémalico-musico- mystique sur la 
lîible entière qu'un trailé de musique. La biblio- 
thèque musicale d'Eckelt, qui pouvait passer pour 
complète de son temps , contenait tous les ou- 
v rages de Werkmeister, de Prinz , de Matlheson 
et d'autres , publiés jusqu'alors. Les noies qu'il 
avait ajoutées à la plupart de ses livres prouvaient 
l'étendue de son instruction. 

ECKERSBERG (Jean-Guillaume), organiste 
et habile violoniste , naquit à Dresde , le 20 août 
1762. Nommé organiste de l'église Sainte-Sophie 
de celte ville, en 1 783, à l'âge de vingt et un ans, 
il le fut ensuite de l'église de la garnison. Plus 
tard il fut appelé comme organiste à l'église de 
N'eustadt; il est mort dans ce lieu, le 21 août 
1821. Eckersberg s'est fait connaître comme com- 
positeur par la cantate de Schiller intitulée la 
cloche , qu'il a écrite à grand orchestre, en 1804. 
On a aussi de lui un air varié pour le piano, 
Dresde, Hilscher ; des polonaises, des danses 
pour le piano, et des chansons allemandes avec 
accompagnement. 

ECKERSBERG (Edouard), fils du précé- 
dent et son élève, est né à Neustadt-Dresde, en 
1797. Il a succédé à son père comme organiste. 
Cet artiste n'a publié jusqu'à ce jour que des 
danses pour le piano. 

■ ECKERT (Charles-Antoine-Florian), vio- 
loniste, pianiste et compositeur, est né à Pots- 
ilam, le 7 décembre 1820. Son père, Polonais de 
naissance , servit sous le prince Poniatowski , 
dans les guerres de l'empire français , et entra 



au service de la Prusse après la bataille de Leip- 
sick. Il était en garnison à Potsdam, résidence 
du roi de Prusse, lorsque Charles Eckert naquit. 
Peu de temps après il fut envoyé à Berlin et im- 
pliqué dans un procès politique, à la suite duquel 
il fut placé dans un poste de douaniers, avec le 
titre de brigadier, à la frontière du royaume. Il 
fut tué dans une rencontre avec des contreban- 
diers. Dénuée de toute ressource après la mort 
de son mari, la mère de Charles Eckert se vit 
obligée de retourner en Pologne, et d'abandon- 
ner, dans sa détresse , son enfant, à peine âgé de 
deux ans. Touchés de compassion, les anciens 
camarades du père recueillirent son enfant or- 
phelin, qui vécut ainsi dans une caserne pendant 
sa première enfance. 11 n'avait pas encore ac- 
compli sa troisième année quand M me de Fœrs- 
ter, femme d'un littérateur distingué, et connue 
par son talent pour la musique, l'adopta, et , 
remarquant ses heureuses dispositions pour cet 
art, lui fit donner une éducation toute musicale. 
Ses premiers maîtres furent Grenlach et Reclien- 
berg. Plus tard il trouva une protectrice non 
i moins dévouée dans la célèbre cantatrice Hen- 
! riette Sontag (M m e de Rossi). Devenu élève de 
I Zelteren 1830, et plus tard deRungenhagen, il fit 
I de rapides progrès sous ces maîtres, particuliè- 
rement dans la science de l'harmonie, et composa 
des psaumes et d'autres morceaux de musique 
d'église. Encouragé par le suffrage de Sponlini , il 
s'essaya aussi dans le style dramatique, et donna 
à l'âge de dix-sept ans Catherine de Nurem- 
berg, et en 1840 le Charlatan, tous deux au 
théâtre de Kœnigstadt. Lorsque Mendelssohn re- 
tourna à Berlin, avec le projet de s'y fixer, Eckerl 
devint son élève , et écrivit son oratorio de Ju- 
dith, qui fut exécuté à l'Académie royale de 
chant, en 1841. Dans l'année suivante il obtint 
une pension du roi de Prusse pour voyager en Ita- 
lie, et séjourna à Milan, Venise, Florence, Rome 
et Naples. De retour dans sa patrie, après deux 
ans d'absence, il écrivit la partition de son 
opéra Guillaume d'Orange, dont la représen- 
tation eut lieu le 12 novembre 1840, avec un 
brillant succès. Les événements politiques qui 
agitèrent l'Allemagne en 1848 décidèrent Eckert 
à voyager en Hollande et dans la Belgique. Ar- 
rivé à La Haye, il y fit représenter Guillaume 
d'Orange, traduit en français, et l'ouvrage y 
fut chaleureusement applaudi. A cette occasion 
le roi lui accorda la décoration de la couronne de 
Chêne. Eckert donna à la môme époque plusieurs 
concerts en Hollande et en Belgique, puis il se 
rendit à Paris. L'espoir qu'il avait conçu d'é- 
crire pour les théâtres de cette capitale, et de se 
créer une renommée, ne se réalisa pas plus pour 



ECKERT — EDGECUMBE 



115 



lui que pour beaucoup déjeunes artistes. Fatigué 
d'une vaine attente, et poussé par la nécessité , 
il se vit contraint d'accepter, en 1851, une place 
d'accompagnateur au Théâtre-Italien : l'année 
suivante il y fut chargé de la direction de l'or- 
chestre. En 1853, ayant perdu l'espoir de se faire 
une réputation de compositeur à Paris, il s'éloi- 
gna de cette ville, et se rendit à Vienne, cù la 
place de chef d'orchestre du Théâtre-Italien lui 
fut conliée. Il a conservé cette position jusqu'en 

1800. Mais alors une opposition qui s'était formée 
contre lui l'a obligé de s'éloigner de la capitale 
de l'Autriche. Outre les ouvrages de sa composi- 
tion cités précédemment, on connaît aussi de lui 
une symphonie à grand orchestre, exécutée à 
Berlin, en 1836, une ouverturede fête, écrite pour 
Munich en 1841 , un trio pour piano, violon et 
violoncelle, op. 18; Leipsick, Breitkopf et User- 
tel, des recueils de Lieder, op. 12, 13, 15, et 
quelques autres compositions légères. 

ECKHARD (Charles-Frédéric), chance- 
lier delà régencedeDonaueschingen, dans le grand- 
duché de Bade, s'est fait connaître , vers la fin 
du siècle dernier, par les ouvrages suivants : 
1° Trois Sonates pour le piano, op. 1 ; Offen- 
bach , 1798. — 2° Variations pour le piano sur 
l'air : Freut euch des Lebens , op. 2; ibid. — 
3° Mélanges pour le piano et le chant ; ibid., 

1801. — 4° Six Sonates faciles ; Dresde. 
EDEL (Georges), musicien de la cour de 

Vienne en ISOO, a publié : 1° Huit Variations 
sur un thème allemand; Vienne, 1798. — 
2° Huit Airs allemands pour le clavecin, op. 5. — 
3° Trois Duos pour deux violons, op. 6. — 4° Sé- 
rénade pour violon, violoncelle et guitare, op. 7 ; 
Vienne. — 5° Idem pour violon, alto et guitare; 
Hambourg 

EDELE (...), violoniste et compositeur, né 
à Stuttgard, dans les premièresannées du dix-neu- 
vième siècle, s'est fixé à Zurich, en 1833, et y a 
été pendant plusieurs années l'Ame du monde 
musical. En 1838 il y a fait représenter Rùbe- 
zahl , opéra de sa composition. 

EDELMANN (Jean-Frédéric), né à Stras- 
bourg, le 6 mai 1749, fut un pianiste distingué. 
En 1782 il donna à l'Opéra l'acte du feu, 
dans le ballet des Éléments , et Ariane dans 
l'île de Naxos, qui obtinrent du succès. A l'au- 
rore de la révolution, Edelmann en embrassa 
les principes avec fureur, et après avoir envoyé 
à l'échafaud un grand nombre de victimes, et 
notamment le baron de Dietricb, son bienfaiteur, 
il y périt lui-même, avec son frère, en 1794. Ses 
compositions, qui sont toutes pour le piano, 
consistent en Trois Concertos, neuf œuvres de 
sonates avec violon obligé, et des caprices, gra- 



, vésàOffenbach, Worms, Mannheimet Paris. On 
j connaît aussi de ce musicien des quatuors pour 
1 clavçcin, op. 15, Amsterdam; et une scène ly- 
rique intitulée la Bergère des Alpes, pour so- 
prano et basse, gravée à Paris en partition. Il 
; y a du talent dans tous ces ouvrages, et l'on ne 
| peut douter qu'Edelmann ne se fût fait une bril- 
I lante réputation si la révolution ne l'eût détourné 
de sa carrière. 

EDER (Philippe), pianiste à Vienne, au 
commencement de ce siècle, a publié pour son 
instrument les ouvrages suivants : 1° Variations 
ires- faciles pour le clavecin, op. 1 ; Vienne, 
1803. — 2° Idem, op. 2. — 3° Sonates très- 
faciles pour le clavecin avec violon, op. 3. — 
4° Rondo très-facile pour le clavecin, op. 4. 
— 5° Valses pour le clavecin, op. 5. — 6° Al- 
lemandes pour le clavecin, op. 6. Ce musi- 
cien disparut du monde musical actif vers 1807. 
Sa fille, pianiste distinguée, née à Vienne, a reçu 
des leçons de Charles Czerny , et s'est fait connaître 
par sondaient dès 1829. Après avoir donné pen- 
. dant plusieurs années des concerts dans les villes 
| principales de l'Allemagne, elle s'est fixée àCassei, 
en 1843. 

EDER (Charles-Gaspard), violoncelliste, 
né en Bavière, en 1751, apprit la composition 
sous la direction de Lang et de Kœlher, et fut 
appelé, jeune encore, à la cour de l'électeur de 
Trêves, où il obtint la place de premier violon- 
celliste de la musique particulière. Il a parcouru 
depuis ce temps les principales villes de l'Alle- 
magne, et s'est fait entendre partout avec succès. 
Il a composé pour le violoncelle vingt solos, trois 
duos, deux trios et quatorze concertos; mais il 
n'a fait graver que deux symphonies à grand 
orchestre, et deux quintettes. 
EDLEN DE MOSEL (J.F.). Voyez 

MOSEL. 

EDGECUMBE (Le Comte MOUNT-), 
amateur de musique, d'une haute naissance, né 
à Londres, vers 1752, mort en 1828, a publié 
un livre intitulé : Musical réminiscence of an. 
old amateur, chiefly respecting the italian 
Opéra in England, for fifty years,from 1773 
to 1823 (Réminiscences musicales d'un vieil 
amateur, principalement en ce qui concerne l'O- 
péra- Italien en Angleterre, pendant cinquante 
ans, depuis 1773 jusqu'en 1823, seconde édition, 
continuée jusqu'à ce jour); Londres, W. Clarke, 
1827, in-8°. Dans ce résumé de ses souvenirs, 
le comte Mount-Edgecumbe laisse partout percer 
ses regrets sur la décadence de la musique et 
particulièrement de l'art du chant. Ses héros en 
ce genre sont Pacchierotti, Marchesi et la Banti , 
qu'il considère comme fort supérieurs à tous les 



116 



EDGECUMBE — EFFTERDINGEN 



chanteurs de l'époque actuelle. Son livre est rem- 
pli de curieuses anecdotes sur ces artistes et sur 
Mme» Billmgton, Grassini et Catalani. Bien que 
le titre de l'ouvrage du comte Edgecumbe indi- 
que une deuxième édition, il n'y en a point eu 
d'autre que celle-là; mais l'ouvrage était im- 
primé depuis plusieurs années avant qu'il parût, 
et quelques exemplaires seulement avaient été 
donnés par l'auteur à ses amis. On y a fait 
ensuite quelques additions, et dans cet état 
le livre a été mis en vente, avec un nouveau 
frontispice. Il y a des exemplaires qui ont la date 
de 1S28, et qui sont indiqués comme une troi- 
sième édition. 

EDLIXG (Jean), virtuose sur la clarinette, 
né à Falker, près d'Eisenach, entra fort jeune 
dans la musique du duc de Saxe-Weimar. Son 
jeu était d'une perfeclion peu commune, et il 
promettait à l'Allemagne un artiste du premier 
ordre, lorsqu'il mourut, en 1786, à l'âge de vingt- 
deux ans. Il a laissé en manuscrit beaucoup de 
concertos pour son instrument, et quelques sym- 
phonies pour l'orchestre. Il a aussi composé la 
musique d'un mélodrame intitulé Eljride : elle 
a été gravée pour le piano, à Berlin, en 1790. 

EDLIXG ER (Thomas), célèbre luthier, né 
en Bohême, vivait à Prague en 1715. Baron, 
dans ses Recherches sur le luth, lui accorde beau- 
coup d'éloges pour la bonté de ses instruments. 
Les luths de Thomas Edlinger soutiennent en 
effet la comparaison avec les anciens instruments 
vie Gaspard deSalo, qui furent longtemps consi- 
dérés comme les meilleurs. 

EDLIXGER (Joseph-Joachim) , fds du pré- 
cédent, fut aussi excellent fabricant de luths. 
Après avoir fait son apprentissage chez son père, 
il fit un voyage en Italie pour se perfectionner 
dans son art. Il y vécut quelques années, et vi- 
sita Crémone, Rome, Naples, Bologne, Ferrare 
et Venise, puis retourna dans sa patrie. Il est 
mort à Prague, le 30 mai 1748. Ses instiuments 
sont recherchés. 

EEKMAXS (LiviMjs), constructeur d'or- 
gues hollandais, vivait dans la première moitié 
du dix-septième siècle, et paraît être mort en 
IG45. 11 est auteur du grand orgue d'Alkmar, 
achevé en 1639. Cet orgue est composé de 
cinquante-six jeux : l'harmonie en est excel- 
lente. 

EFFREM (Mutio ou Muzio), maître de 
chapelle du duc de Mantoue en 1622, avait élé 
précédemment, pendant vingt-deux ans, au ser- 
vice de Gesualdo, prince de Venouse, connu par 
ses madrigaux, ainsi qu'il nous l'apprend par 
une lettre placée au commencement d'un ou- 
vrage dont il sera parlé tont-à-1'heure. Il était né 



à Bari, dans le royaume de Naples, vers le milieu 
du seizième siècle ; car on trouve une villanelle 
à trois voix de sa composition (Perche non m'a- 
mi, dvita?) dans le recueil publié par De Antique 
sous ce titre : Villanelle alla napolitana a 
tre voci da diversi autori di Bari, libri I, II 
( in Venezia, app. li figli d'Ant. Gardano, 
1574, in-8° ). Un ouvrage de ce musicien, dont 
la rareté est excessive et qui a été inconnu à 
tous les bibliographes, fournit les renseignements 
qu'on vient de lire sur la position de Muzio Ef- 
frem. Cet ouvrage est intitulé : Censure di 
Mutio Effrem sopra il sesto libro de Madri- 
gali di M. Marco da Gagliano , maestro di 
cappella delta cattedrale di Fiorenza, sans 
date et sans nom de lieu ni d'imprimeur; mais au 
verso du dernier feuillet on lit : 1622, ihjanua- 
rii,pro impressione, Augustinus Dulcius se- 
cratarius, 58 pages in-fol. non chiffrées. Au pre- 
mier feuillet l'on trouve une épître de Marco de 
Gagliano au lecteur de son sixième livre de ma- 
drigaux, dans laquelle il se plaint des attaques 
sourdes d'Effrem contre ses ouvrages, disant que 
son critique n'ose rendre publiques ses censures. 
Cette épître est suivie d'une réponse assez dure, 
dans laquelle Effrem annonce au maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Florence qu'il va le sa- 
tisfaire et démontrer son ignorance au public. 
Après cette lettre il réimprime en partition tous 
les madrigaux du sixième livre de Marco de Ga- 
gliano, et les accompagne de notes sévères dans 
lesquelles il analyse toutes les fautes de tonalité, 
de rhythme et d'harmonie qui s'y trouvent. Il 
s'y montre musicien beaucoup plus habile que 
son adversaire. Effrem publie aussi dans ce vo- 
lume un de ses madrigaux à cinq voix, très-su- 
périeur à ceux de Marco. Il dit, dans sa lettre, qu'un 
grand nombre de ses ouvrages, consistant en mo- 
tets et messes, se trouvent chez le grand-dur. de 
Toscane, en manuscrit. 

EFFREM (Alexandre), de la même fa- 
mille, né à Bari, dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle , fut aussi compositeur de madri- 
gaux et de chansons à la napolitaine. Quel- 
ques villanelles à trois voix se trouvent sous son 
nom dans la collection d'Anliquis. 

EFFTERDIXGEN ou AFTERDIX- 
GEX ( Henri d' ), maître chanteur (trouvère al- 
lemand ), vécut au commencement du treizième 
siècle. Il fut d'abord attaché à la cour de Léopold 
d'Autriche, qu'il quitta pour se rendre à celle 
du landgrave Herrmann de Thuringe. Plus tard 
il obtint le titre de bourgeois d'Eisenach Eff- 
lerdingen est le compilateur de VHeldenbuch 
(le Livre des héros), où les plus anciennes chan- 
sons allemandes sont recueillies. 



EGARD — ÉGIDE 



11? 



EGARD ( I'aul ), prédicateur à Norttorp , 
dans le Holstein, naquit à Kellingliausen, dans 
la même province, vers 1598. Il a publié une 
dissertation sur le cornet d'or qui fut trouvé en 
Danemark dans le seizième siècle, sous ce titre : 
Schriftmxssige Gedanken ûber das Golden- 
horn ; Lnnebourg, 1644. 

EGENDACKER ( Jean-Chkistophe ), fac- 
teur d'orgues , né dans le Palatinat, vers la fin 
du dix-septième siècle, a construit, en 1706, l'or- 
gue de la cathédrale de Salzbonrg , à trois cla- 
viers et quarante-quatre registres. Son (ils,Roch 
Egenilacker, l'a augmenté de plusieurs registres 
en 1782. 

EGENDACKER (Roch), fils du précé- 
dent, facteur d'orgues, né à Passau, a construit 
en 1735 le petit orgue, à douze registres, du cou- 
vent de San-Salvador en Bavière , et en 1754 
celui du couvent de Benedict Eaiern, à trente- 
cinq registres, 

EGENOLF ( Chrétien ), imprimeur-libraire 
à Francfort-sur-le-Mein, naquit vers 1485, à Ha- 
damar, petite ville du duché de Nassau. Ce fut 
lui qui introduisit l'imprimerie à Francfort, en 
1513. Par une singularité bien remarquable, 
cette ville, si voisine de Mayence , n'a pas connu 
l'art typographique avant cette date. Egenolf nous 
apprend, dans l'épître dédii atoire d'un ouvrage 
dont il sera parlé tout à ITeure, qu'il passa sa 
jeunesse à Strasbourg. Ce fut sans doute dans 
cette ville, où se trouvaient les imprimeries de 
Scliœffer et de Prys, qu'il eut connaissance de 
l'art, encore nouveau, d'imprimer les livres. Il 
se distingua dans sa profession, et eut la gloire 
d'avoir fait graver en bois les premières figures 
pour des ouvrages d'bistoire naturelle. Egenolf 
était musicien. On lui doit la publication d'un re- 
cueil d'odes d'Horace et d'autres poésies d'Ovide 
mises en musique, à quatre voix ; ce recueil a 
pour titre : Melodix in Odas Horatii et qux- 
dam alia carminum gênera. Earumdem ar- 
gumenta , genus, ac ratio, etc. Ce titre ne se 
trouve qu'au frontispice de la partie de ténor; 
à ceux du discantus et du bassus, il y a sim- 
plement : Odanim Horatii concentus, et à 
Valtus on lit: Carminum Horatii. Au bas du 
dernier feuillet on trouve : Franco for dise, apud 
Christianum Egenolphum. Mense januario 
1532 ; petit in-8°, dont les feuillets ne sont pas 
chiffrés. Au frontispice de la partie de ténor 
on voit la figure gravée en bois d'un homme 
qui joue de la basse de viole. La publication 
d'Egenolf a précédé de sept années celle des 
Harmonise poeticv de Hofhaimer, et de vingt- 
trois ans les odes d'Horace mises en musique par 
Goudimel (voyez ce nom et Hofhaimer). Ce re- 



cueil est si rare, que je ne l'ai trouvé dan» au- 
cune grande bibliothèque de l'Europe, qu'aucun 
catalogue ne le mentionne, et qu'il a été inconnu 
à tous les bibliographes. Mon exemplaire a appar- 
tenu à l'abbé Mercier de Saint-Léger, qui y a joint 
une note ; puis il est passé en la possession de 
Roquefort. La musique du recueil d'Egenolf 
n'est qu'un simple contrepoint de note contre 
note; mais elle a de l'intérêt, parce que tous les 
chants de la partie de ténor sont, de tonte évi- 
dence, des airs populaires de l'époque, et parce 
que l'auteur de ce contrepoint a rhylhmé toutes 
les voix d'après le mètre de la poésie latine. 

EGGERS ( Nicolas), né à Lunebourg, étudia 
à Jena vers 1684, et fut ensuite pasteur à Brème 
et prédicateur du ministre de Suède résidant 
dans cette ville. Il vivait encore en 1713. On a 
de lui deux dissertations curieuses sur les clo- 
ches ; elles sont intitulées : 1° Dissertatio philo- 
logico-historica Campanarum nom en et ori- 
ginem complectens : Jena ; 1084, 7 feuilles in-4°. 
— 2° Dissertatio de Campanarum maleria et 
forma; ibid., 1685, in-4°. 

ÉGIDE (Jean), en latin Mgidius Zamo- 
rensis , fut moine de l'ordre des Frères mineurs 
de Saint-François, au treizième siècle, et naquit 
à Zarnora, dans l'ancien royaume de Léon, en 
Espagne. Il était docteur et lecteur de théologie 
dans le couvent de cette ville. On a de lui un 
petit traité de musique intitulé Ars musica, 
publié par l'abbé Gerbert, dans sa Collection des 
écrivains ecclésiastiques sur la musique ( t. II, 
fol. 369-393 ), d'après un manuscrit de la biblio- 
thèque du Vatican. Cet ouvrage , en partie his- 
torique et en partie technique, est divisé en 
quinze chapitres : il offre peu d'intérêt. Après 
avoir traité de l'invention, de l'utilité et de la 
division de la musique d'après des auteurs pkis 
anciens, Égide emploie plusieurs chapitres à l'ex- 
plication du nom des notes et de la représenta- 
tion de celles-ci par les lettres romaines: de la 
solmisation par la méthode des muances, et de 
la constitution des tons du plain-chant. Le der- 
nier chapitre renferme une description insuffi- ■ 
santé et peu exacte d'un certain nombre d'ins- 
truments de musique. Une de ses explications 
les plus singulières est celle qu'il donne de l'ins- 
trument appelé symphonie dans le moyen âge. 
On sait que les figures de cet instrument, que 
nous offrent quelques manuscrits, sont semblables 
à la vielle de nos jours ; mais l'instrument, dont 
parle Égide de Zarnora est très-différent : c'est, 
dit-il, un instrument fait d'un bois concave, avec 
une peau tendue sur chacun de ses côtés, dont 
les Musiciens jouent avec de petites baguettes et 
dont le mélange des sons graves et aigus produit 



118 



EGIDE — EHLERS 



des citants agréables (i). Cette description semble 
être celle du tympanon ou canon arabe, dont 
les tables n'auraient pas été faites de sapin, mais 
de peaux parcbeminées , comme cela se voit 
dans plusieurs instruments de l'Orient. 

EGIDE (jEgidius), de Murino, auteur d'un 
traité de la musique mesurée, dont ou trouve une 
copie manuscrite, du quinzième siècle, dans la 
bibliothèque du Vatican ( n° 5321 ), sous ce titre : 
Tractatus cantus mensurabilis secundum 
magistrupi sEgidium de Murino. La biblio- 
thèque du Muséum britannique en possède une 
copie moderne, faite pour Pepusch, d'après un 
manuscrit de la bibliothèque Cottonienne , qui a 
«té détruit par l'incendie. Cette copie a pour 
intitulé : Incipit tractatus diversarum figu- 
rarumperquas dulces modi discantantur, et 
ideosequendo ordinum ienoris, scilicet alle- 
rius temporis, secundum jEgidium de Mu- 
rino. (Xay.Catal. ofthemanuscript Mitsic in 
British Muséum , p. 50, n° 141. ) Cet Égide de 
Murino vécut dans le quinzième siècle : il ne 
doit pas être confondu avec Jean de Mûris, 
comme l'a fait le rédacteur des manuscrits de 
musique du Muséum britannique. Son ouvrage 
renferme des choses curieuses et pleines d'in- 
térêt , particulièrement sur les modifications de 
la valeur des notes pai* les ligatures. Spataro 
avait lu ce traité, et le cite dans son Tractatode 
musica , nel quale si tracta de la perfection 
( sic) de la scsquialtera producta in la mu- 
sica mensurala. Il qualifie l'auteur de claro 
musico. On ne sait rien sur la personne d'Égide 
de Murino, ni sur le lieu où il a vu le jour. Il est 
vraisemblable que De Murino équivaut à Mu- 
rinensis, ce qui indique qu'Égide était né ou à 
Mûri, dans le canton suisse de l'Argovie, ou 
dans quelqu'une des communes du midi île la 
France appelées La Mure et Mure. La qualifi- 
cation de magisler, qui lui est donnée fait con- 
naître qu'il était ecclésiastique et maître es arts ; 
car à l'époque où il vécut les laïques ne pou- 
vaient être que clercs. 

EGLI (Jean-Henri), né à Seegreben , dans 
le canton de Zurich, le 4 mars 1742, est considéré 
comme un des meilleurs compositeurs nés en 
Suisse, particulièrement pour les cantiques reli- 
gieux. H était déjà âgé de quinze ans quand il 
commença à s'occuper de musique ; le pasteur 
Schmiedli , de Welzikon, fut son maître, et lui 
lit faire de si rapides progrès, qu'après trois 

(i) Symphonia est instrumcnlnm musicum, quod lit ex 
lifltio concavo, pelle e\lenta in utraque parte sua , quam 
musici liino inde virgulis feriunt, litque in ea ex concor- 
dia gravis et acuti suavissimus cantus. (Ap. Gerb., II. 
p. 3M. ) 



années d'études il put être employé comme musi- 
cien dans les églises. Il y passa toute sa vie, livré 
à la composition d'une multitude de chants reli- 
gieux qui devinrent populaires dans toute la 
Suisse, et à l'amélioration de l'art dans sa patrie. 
Il mourut à Zurich, vers 1807 , laissant comme 
monuments de son activité artistique environ 
trente œuvres , parmi lesquels on remarque : 
1° Cantiques avec des mélodies chorales sur des 
textes de Lavater; Zurich, 1775. La 2 me édition 
de ce recueil a paru en 1786. Vingt mélodies «le 
ces cantiques ont été composées par Egli; le* 
autres sont de Walder. — 2° Chants religieux 
de KlopstocU, Cramer, Lavater, et autres poêles 
célèbres, mis en musique pour une, deux, trois et 
quatre voix ; Zurick, 1775 : la 2 mc édition est 
de 1788. Vingt-cinq morceaux de ce recueil ont 
été composés par Walder. — 3° Collection de 
Chansons morales, avec accompagnement de cla- 
vecin ; ibid., 1776. Il y a aussi des morceaux com- 
posés par Walder dans ce recueil. — 4° Cantiques 
spirituels à 4 voix avec la basse chiffrée; ibid., 
1777; 2e édition, 1793. — 5° Ode de Cramer : 
Bald schuingt mein Geist sich auf vom 
Staube ; ibid., 1778. La même ode a été réim- 
primée avec deux autres en 1786. — 6° Douze 
Cantates de nouvel an, mises en musique. — 
7° Soixante cantiques avec mélodies; Zurich, 
1779 ; 2 me édition, améliorée, 1791.— 8" Suite des 
Cantiques spirituels de Klopstock, etc.; ibid., 
1780. — 9° Suite des Chansons morales, e!c. ; 
ibid., 1780. — 10° Six chants religieux à 1 , 2, 3, 
et 4 voix; ibid., 1781. — 11° Compositions vo- 
cales, en 2 parties; Zurich, 1785. Ce recueil con- 
tient 51 morceaux, grands et petits. — 12° Chan 
sons suisses avec mélodies; Zurich, 1787 ; 2 e édi- 
tion, 1798. — 13° Livre de Chant choral ; ibid., 
1787. La septième édition de ce livVe a été pu- 
bliée en 1807. — 14° Chansons populaires de la 
Suisse avec mélodies; ibid. — 15° Les Odes 
sacrées de Gellert, avec les mélodies chorales ; 
ibid., 1789; 2 e édition, en 1801.— 16° Les Odes 
sacrées et les Chansons de Gelleri, ayee des mé- 
lodies faciles, suivies de six autres, entremêlées 
de solos et de duos; ibid., 1791. — 17° Marche 
des troupes suisses et allemandes, arrangées 
pour le clavecin ; ibid., 1796. 

EGRESSY (l>), pianiste et compositeur 
hongrois de l'époque actuelle, vit à Pesth. Il y a 
publié, chez Wagner, environ cinquante de ses 
compositions légères pour le piano et le chant, 
en partie sur des chants populaires magyares. 

EHLERS (Vkançois), en latin Elerus,né à 
Uelzen, dans le duché de Lunebourg, vers 1650, 
fut directeur de musique à Hambourg. Il a public 
une collection de motets de sa composition, sons 



EHLItRS — EHRENSTEIN 



119 



le titre <le Cantica sacra, etc.; Hambourg, 
1688. David Cliytrœe y a ajouté une préface 
inusico-historique. 

EHLERS (Martin ), professeur de philoso- 
phie à Kiel depuis 1770, et précédemment rec- 
teur à Segeberg, naquit en 1732, au territoire 
de Wilster, dans le Holstein. II est auteur d'un 
livre qui a pour titre Betrachlungcn ûber die 
Sittlichkeit der Vergnûgungcn (Considérations 
morales sur les divertissements); Flensbourg,1779, 
2 parties in-8°. Une deuxième édilion de ce livre 
a été publiée à Flensbourg etLeipsick, en 1790, 
in-8°. H y traite de l'effet de la musique et de la 
danse sur la morale. 

EHLERS (Guillaume), professeur de chant 
et de déclamation , co-directeur des théâtres de 
Mayence etdeWiesbaden, avec Clément de Re- 
mie.est né à Weimar, en 1774. Après avoir fait de 
bonnes études littéraires et musicales, il débuta 
sur le théâtre de sa ville natale, et se fit bientôt 
la réputation d'un des chanteurs d'opéra les plus 
habiles de l'Allemagne. En 1809 il brillait sur 
les théâtres de Vienne; cinq ans après il était 
premier ténor au théâtre de Breslau. Il fut en- 
suite attaché aux scènes principales de l'Alle- 
magnejusqu'en 1824, époque où l'affaiblissement 
de sa voix l'obligea à prendre sa retraite. En 
1829 il se fixa à Francfort et y établit une école ] 
de musique; deux ans après il devint régisseur 
de l'Opéra de cette ville, puis il s'associa à la di- 
rection du théâtre de Mayence, et prit la régie de 
l'Opéra. Ehlers est mort à Mayence, au mois de 
décembre 1845. Comme compositeur, il a publié : 
1° Chants à voix seule avec accompagnement de 
piano ; Hambourg, Bœhme. — 2° Quatre chansons 
idem ; Leipsick, Hoffmeistes. — 3° Chansons avec 
accompagnement de guitare; Stuttgard, Cotta. 

EHLERS (Joachim), facteur d'intruments 
à Vienne (Autriche), a pris, en 1825, un brevet 
d'invention pour un Capotasto, ou sillet mobile 
en mêlai appliqué aux pianos pour les mettre 
immédiatement au ton d'orchestre, et même pour 
en suivre les variations, lorsque la chaleur élève 
("intonation des instruments à vent. Cette inven- 
tion , comme beaucoup d'autres par lesquelles 
on a voulu modifier la facture ordinaire des 
pianos, est tombée dans l'oubli. 

EHLERT (Louis), pianiste et compositeur 
de l'école romantique nouvelle, estné à Kœnigs- 
berg, en 1825, et vit à Berlin. On a gravé de sa 
composition : 1° Sonate pour piano, op. 1 ; Ber- 
lin, Guttentag. — 2° Caprice pour piano, op. 3 ; 
Leipsick, Peters. — 3° Sonate romantique, idem., 
op. 5 ; ibid. — 4° Allegro concertant pour piano, 
violon et violoncelle, op. 7 ; ibid. — 5° Des re- 
cueils deLieder, avec accompagnement de piano, 



op. 2, 4, et G ; ibid. Il a tait entendre à Berlin 
et à Leipsick des ouvertures et des symphonies 
qui ont trouvé des partisans chaleureux. Les 
premières compositions de cet artiste ont paru 
en 1847. Ehlert s'est fait connaître aussi comme 
écrivain par un petit volume qui a pour titre : 
Briefe ûber 3Iusik an eine Freundin ( Lettres 
sur la musique à une amie); Berlin, Gultentag, 
1859, petit in-8° de 166 pages. Ces lettres ren- 
ferment des appréciations critiques du talent de 
quelques-uns des compositeurs les plus renom- 
més de l'époque actuelle. Les dernières œuvres 
de Beethoven sont le point de départ de l'auteur, 
et tour à tour Mendelssohn, Schumann, Richard 
Wagner, Weber, François Schubert, Chopin , 
Berlioz et Meyerbeer sont analysés par lui. Chose 
remarquable : Liszt est le seul dont il ne parle 
pas. On comprend à quels points de vues sont 
formulés les jugements d'Ehlert. 

EHMAiXIX (Conrad), cantor à Reutlingen, 
dans le royaume de Wurtemberg, s'est fait con- 
naître par un petit ouvrage qui a pour titre : Die 
Rcform des allgemeinen Kirchengcsang in 
Wurtemberg (La réforme générale du chant d'é- 
glise dans le Wurtemberg); Reutlingen, Macken, 
1837, in-8°. 

EIIREMBERG (. . .), musicien allemand, 
mort fort jeune, en 1790, à Dessau, où il était 
employé à la musique de la cour, a publié plu- 
sieurs recueils de chansons avec accompagnement 
de piano. Rellstab, marchand demusiqueà Berlin, 
a acquis ses manuscrits , dans lesquels se trou- 
vent les ouvrages suivants : 1° Geistliche Oden, 
5 parties. — 2° Psalmcn und geistliche Licder. 

— 3° La troisième partie de ses chansons. — 
4° Cantique sur le Messie, avec ace. de piano. 

— 5° Le Soir, chanson de Matthison. — 6" 
Azakia , op. de Schwan. — 7° Élégie pour vok 
de soprano. — 8° Hymne au mois de mai, 
duo pour soprano et ténor. — 9° Idylle , duo 
pour les mêmes voix. — 10° Chœur avec ace. 
de deux clarinettes, deux cors et harpe. 

EHRENHACS (Chrétien), né en Thuringe, 
fut nommé diacre à Pulnitz, dans la Lusace su- 
périeure, en 1659, et pasteur au même lieu, en 
1670. Il est mort en 1703, à l'âge de soixante- 
quinze ans. On a de lui un sermon sur l'usage de 
l'orgue, en forme de commentaire sur le Psaume 
150 : Il est intitulé : Organographia , das ist 
Orgelpredigt ûber den 150 Psalm; Erfurt, 
1669,6 feuilles in-fol. Cet ouvrage est fort rare. 

EHRENSTEIN (Wolf de), compositeur 
distingué de Licder, aveugle de naissance, vit 
à Dresde. Ses chants avec accompagnement de 
piano ont de la popularité dans toute la Saxe. 

EHRLICH (C.-F. ), pianiste et compositeur, 



120 



IIHUIICH — EICHHORN 



élève de Hiimmel, hé à Magdebourg, en 1812, est 
fixé dans cette ville, comme professeur de son 
instrument, depuis 1830. Il y dirige la société de 
chant. On a publié de sa composition quelques 
œuvres légères pour le piano, et environ trente 
recueils de chants à voix seule avec accompa- 
gnement de piano, de duos pour soprano et con- 
tralto, de quatuors pour soprano, alto, ténor et 
basse, et pour quatre voix d'homme. 

EHRNSTEIN (Jean-Jacques Stupan de ) , 
compositeur allemand qui florissait au commen- 
cement du siècle dernier, a publié des trios pour 
deux violons et basse, sous le titre de Bosetum 
musicum,oder VIParthienfur 2 Violinen und 
Generalbass , 1702, et douze symphonies pour 
violon seul et basse. 

EICHBERG (Jules), violoniste et composi- 
teur, est né à Dusseldorf, vers 1820. Fils d'un 
professeur de musique de cette ville , il y fit ses 
premières études de violon; puis il se rendit à 
Bruxelles, et y devint élève de M. Meerts pour 
cet instrument. De retour à Francfort en 1844, 
il y fut attaché au théâtre, en qualité de violon 
solo ; puis il fut appelé à Genève pour y remplir 
les fonctions de professeur de violon au Conser- 
vatoire. Après plusieurs années de séjour en cette 
ville, il est parti pour l'Amérique en 1857. Ses 
principaux ouvrages sont : 1° Études contenant 
lis principaux coups d'archet et autres difficul- 
tés, d'après la méthode du Conservatoire royal 
de Bruxelles, etc., op. 7; Leipsick, Stoll. — 
2° Trois duos concertants pour 2 violons, op. il; 
Leipsick , Peters. — 3° Trois idem, op. 12 ; ibid. 
— 4° Huit Études renfermant des difficultés de 
doigts et d'archet, avec un second violon non 
obligé, op. 16 ; ibid. — 5° Duo brillant et facile 
pour violon et piano sur des motifs deStradella, 
op. 6 ; Francfort, Hedler. — 6° Quatre mélodies 
caractéristiques pour violon et piano , op. 8 ; 
ibid. — 7° Grand duo brillant pour violon et vio- 
loncelle sur les chants nationaux de la Russie 
et du Wurtemberg, en collaboration avec 
M. Boekmiïhl ; Leipsick, Seigel. 

EICHBERGEH (Joseph), ténor drama- 
tique allemand, qui a eu de la réputation pour 
la beauté de sa voix et son talent scénique, a 
brillé longtemps sur les théâtres de Vienne et 
de Leipsick, eta chanté avec succès à Cassel, à 
Berlin, à Mayence et à Londres. Il commença 
sa carrière en 1823, et s'est retiré de la scène 
en 1848, pour prendre possession- de la place 
de régisseur du théâtre de Kœnigsberg. 

EICHHORN (Adelure), musicien alle- 
mand, vivait au commencement du dix-septième 
siècle. Il a publié des pièces instrumentales à 
quatre parties", sous ce titre : Schœne ausserle- 



sene gantze newe Inlraden, Gagliarden und 
Couranten, ohne Text, mit 4 Stimmen; Nu- 
remberg, 1616, in-4°. 

EICHHORIV (Jean), violoniste et composi- 
teur allemand, né vers 1766, vécut d'abord à 
Berlin, s'établit ensuite à Bruchsal, dans le 
grand-duché de Bade, et enfin s'engagea , en 
1807, à l'orchestre de Mannheim, où il se trou- 
vait encore en 1815. Il a fait graver à Berlin, 
en 1791, plusieurs solos et un concerto pour le 
violon. On connaît aussi de lui trois quatuors 
pour deux violons, alto et basse, Darmstadf, 
1794; trois duos pour deux violons, op. 9, 
Leipsick, Kùhnel, et un grand quintetto pour 
2 violons, deux altos et basse, op. Il ; ibid. 

EICHHORN (Jean-Paul), et ses (ils 
( Je an-Godefroi- Ernest, et Jean- Charlf.s- 
Éhouard), connus sous le nom des frères 
Eichhorn. J'emprunte à VUniversal Lcxikon 
der Tonkunst, publié par M. G. Schilling, celte 
notice où le père des jeunes virtuoses est traité 
avec beaucoup de sévérité. Je crois devoir faire 
cette déclaration, parce qu'il m'a semblé que je 
ne pouvais rapporter des faits tels que ceux qu'on 
va lire, sans indiquer la source où je les ai 
puisés. J'ai souvent regretté que d'aussi belles 
facultés que celles de ces denx enfants, et sur- 
tout de l'aîné, fussent exploitées au détriment 
de leur avenir d'artiste ; j'ignorais qu'il y eût 
des reproches plus graves à adresser à leur père. 
J'abrège seulement les détails donnés par VUni- 
versal Lexikon. 

Eichhorn (Jean-Paul) est né le 22 février 
1787, au village de Neuses, près de Cobourg, et 
y a reçu une éducation de paysan. Ayant appris 
le métier de tisserand, il l'exerça jusqu'à l'âge de 
vingt ans. Son goût pour la musique s'était ma- 
nifesté de bonne heure ; il fréquentait avec assi- 
duité les leçons de chant de l'école du village, 
si mauvaises qu'elles fussent, et retenait avec 
facilité les mélodies qu'jl entendait. Il apprit d'o- 
reille à jouer du violon, et se fit recevoir parmi 
les musiciens du village qui jouaient le dimanche 
des danses dans les cabarets. A l'âge de vingt 
ans il fut appelé au service militaire, et dut par- 
tir, malgré sa répugnance pour la vie de soldat. 
Son séjour à la ville'lui fournit l'occasion de pren- 
dre des leçons de musique ; le cor, le trombone 
et le cor de bassette furent les instruments qu'il 
apprit à jouer : plus tard il exécuta des solos sur 
ce dernier instrument, dans les concerts de ses 
fils. De retour à Cobourg, il fut admis dans la mu- 
sique de cette petite cour; sa position s'étant 
améliorée, il put se marier en 1821, et sa femme 
(Margueiite-Éiisabeth-Maun) donna le jour â Er- 
nest Eichhorn, le 30 avril 1822. Huit jours après 



EICHHORN — EICHMANN 



lîl 



la jeune mère mourut, des suites de l'enfante- 
ment. Les soins que réclamait l'enfant obligè- 
rent Jean-Paul à se remarier bientôt après , et sa 
nouvelle épouse lui donna un second (ils (Edouard 
Eicliliorn), le 17 octobre 1823. 

Dès l'âge le plus tendre, les deux enfants, et 
surtout l'aîné, firent voir les plus heureuses dis- 
positions pour la musique. Une circonstance sin- 
gulière fixa l'attention du père sur ces artistes 
nés. On leur avait donné de petits violons ache- 
tés à la foire, et sur lesquels ils s'amusaient. 
Jean-Paul Eichliorn rentrant chez lui fut étonné 
d'entendre jouer par ses enfants la marche de la 
retraite, à deux violons, avec une justesse re- 
marquable; mais sa surprise devint plus grande 
lorsqu'il eut examiné les instruments. Chacun de 
ces petits violons était accordé par quintes jus- 
tes, mais ils n'étaient point d'accord ensemble ; 
en sorte que les enfants avaient dû éviter de faire 
usage des cordes à vide et avaient corrigé d'ins- 
tinct, par le doigter, les différences d'accord de 
!enrs instruments. Dès ce moment le père donna 
tous ses soins à l'éducation musicale de son fils 
aîné , et pendant un certain temps celle du plus 
!eune fut négligée; mais la mère d'Edouard fit 
iant d'instances auprès de son mari, que celui- 
ci consentit enfin à donner des leçons à ses deux 
enfants. Leurs progrès tinrent du prodige. Ernest 
n'avait point encore six ans quand il joua à la 
cour un concerto le Kreutzer, au mois de mars 
1828. Edouard, qui l'accompagnait, fit aussi 
preuve d'une habileté étonnante pour son âge. 
Deux mois après, un concert fut organisé chez 
Je prince, et les deux enfants y produisirent une 
vive impression. Us reçurent du duc de Cobourg 
quelques pièces d'or. La vue de ce métal et la 
faveur du prince firent comprendre à Jean-Paul 
Eichliorn le parti qu'il pouvait tirer de ses enfants 
pour sa fortune. Dès ce moment ils furent con- 
traints de se livrer à l'étude de leur instrument 
nuit et jour; toute instruction littéraire, morale 
et religieuse leur fut refusée ; ils avaient' en eux 
des sources de richesses que leur père voulait 
exploiter à tout prix. Le 15 mai, un premier 
voyage fut entrepris , et la famille Eichliorn visita 
Bamberg, Nuremberg, Anspach, Munich, Tegern- 
sée et Augsbourg. Partout les enfants excitèrent 
l'admiration; partout ils firent une riche moisson 
de l'or dont leur père était avide. De retour à 
Cobourg, celui-ci voulut préparer ses fils à des 
voyages plus étendus dans les grandes villes de 
l'Europe , et ne leur laissa plus mêmes quelques 
moments de repos ou de délassement. Si la fatigue 
les accablait , si l'archet échappait à leurs mains 
débiles, il n'y avait point d'excès auxquels leur 
père ne se livrât contre eux ; jusque-là qu'on le 



vit, malgré les cris (]e désespoir de la mère, les 
traîner par les cheveux en les accablant de coups. 
C'est ainsi que fut formé ce talent précoce de 
deux infortunés que Paris, Londres, Vienne, 
Berlin ont admirée En vain des richesses ines- 
pérées, et cent fois au-dessus de ce qu'il pou- 
vait attendre de ses propres travaux , ont-elles 
été recueillies par Jean-Paul Eichliorn; sa soif 
de l'or était insatiable. Dans l'été de 1835, ces 
intéressants artistes visitaient les cours du Nord. 
Ernest était parvenu à un degré d'habileté qui 
pouvait soutenir la comparaison avec le talent 
des plus grands violonistes pour les difficultés. 
Son frère et lui ont été plus tard attachés à la 
chapelle du prince de Cobourg; mais, épuisé sans 
doute par la fatigue et par les mauvais traite- 
ments, Ernest est mort à Cobourg, le 16 juin 
1844, à l'âge de vingt-deux ans. 

EICHHORST (C.) clarinettiste distingué, 
est né à Berlin, en 1808. Élève de Tausc.h, il a 
comme lui un beau son et beaucoup de netteté 
dans l'exécution des traits. On a gravé de sa 
composition, à Berlin, un thème original varié 
pour la clarinette avec orchestre. 

EICHLER (Henri), habile mécanicien, na- 
quit à Liebstadt, près de Pima, en 1637, et 
exerça son art à Augsbourg, où il est mort, en 
17 î 9. On lui doit plusieurs perfectionnements 
importants dans le mécanisme de l'orgue , et 
l'on cite avec éloge plusieurs de ses ouvrages 
en ce genre, et particulièrement des orgues de 
chambre remarquables par la beauté des jeux 
de flûte. 

EICHLER (Ernest), musicien allevnand, 
vint à Paris, vers 1776, et y enseigna la musique 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1794. Il a publié de 
1783 à 1790 deux œuvres de quatuors pour 
deux violons, alto et basse, chez Sieber, à 
Paris. 

EICHLER (Frédéric-Guillaume), premier 
violon du théâtre de Kœnigsberg, est né à Leip- 
sick, en 1809. Élève de Spohr, il a acquis par 
les leçons de cet habile maître un talent remar- 
quable par la justesse , la beauté du son, le ma- 
niement de l'archet dans les plus grandes diffi- 
cultés, et le goût dans les détails. En 1832 il a 
été appelé à Kœnigsberg pour y prendre la po- 
sition de premier violon solo du théâtre. Ou 
connaît de lui des variations sur un thème suisse, 
avec accompagnement d'orchestre ou de piano 
(œuvre 2 e ; Leipsick, Breitkopf et Hsertel), qui 
ont -obtenu en Allemagne beaucoup de succès ; 
son œuvre 4 e est composé de romances sans pa- 
roles pour violon seul. 

EICHMANN (Pierre), cantor et maître 
d'école à Stargard, dans la Poméranie, naquit en 



122 



EICHMAKN — EINERT 



1561, et mourut en 1623, avec le titre de pro- 
fesseur émérite. Il a fait imprimer un opuscule 
qui a pour titre : Oratio de divina atque uti- 
litaie multiplia prxstantissimx ac nobilis- 
simx artis musicx, habita pro more anti- 
quitus recepto in Schola Stargardiensi; SteL- 
tin, 1600, in-4°. 

EICHMANN (Bernard), compositeur, né 
en Prusse, vers 1755, a publié à Berlin, en 1784, 
trois symphonies à neuf parties, op. 1. 

E1CHNER ( Ernest), virtuose de premier 
ordre sur le basson, naquit à Mannhein, le 9 fé- 
vrier 1740. A une habileté rare sur son instru- 
ment, il joignait le talent du compositeur, el se 
fit autant remarquer par la fécondité de sa plume 
que par l'élégance de ses compositions. Nommé 
maître de concerts au service du prince de Deux- 
Ponts, à l'âge de vingt-six ans, il écrivit pour 
cette cour un grand nombre de symphonies à 
grand orchestre , dont il publia le premier œu- 
vre en 1770.. Ayant demandé sa démission plu- 
sieurs fois sans pouvoir l'obtenir , il s'éloigna 
clandestinement. On courut après lui , mais il 
eut le bonheur de n'être pas rencontré, et se 
rendit en Angleterre, où il excita l'admiration. 
Après deux ans de séjour dans ce pays, il entra 
au service du prince royal de Prusse, à Potsdam, 
et y passa le reste de ses jours, se livrant à la 
composition et à l'instruction de ses élèves. 
Parmi ceux-ci, les plus remarquables ont été Kno- 
blauch et Masl. Eichner est mort à Potsdam, au 
commencement de 1777, à l'âge de trente-sept 
ans. Ses principaux ouvrages sont : 1° six Sym- 
phonies à grand orchestre, op. 1 . — 2° Deux 
concertos pour le basson, op. 5 et 6. — 3° Trois 
Symphonies, op. 4. — 4° Trois idem, op. 5. — 
5° Trois. idem, op. 6. — 6° Trais idem, op. 7. 
— 7° Trois idem, op. 8. — 8° Deux concer- 
tos pour le basson, op. 9 et 10. — 9° Six con- 
certos, idem , op. 1 1. Il a publié en outre quel- 
ques œuvres de quatuors et de trios pour violon. 

EICHNER (Adélaïde), fille du précédent, 
née à Mannheim, en 1762, fut cantatrice excellente 
et pianiste habile. Sa voix s'étendait depuis Vut 
grave du soprano jusqu'au fa aigu des pianos 
à cinq octaves. Elle joignait à ce don fort rare ce- 
lui d'une grande légèreté et beaucoupd'expression 
dans l'adagio. En 1775, elle entra au service du 
prince de Prusse ; de là elle passa, en 1784 , à la 
chapelle royale, puis au grand théâtre de Ber- 
lin. Elle est morte dans cette ville, en 1787. 

EICHNER (Ernest), claveciniste allemand, 
s'est fait connaître par huit œuvres do sonates 
pour le piano, qui. ont été gravés à Amsterdam 
et à Paris. On n'a point de renseignements sur 
\a vie de cet artiste, 



EIDENBENZ (Chrétien-Théophile), mu- 
sicien de la chambre du duc de Wurtemberg, 
et altiste dans la chapelle de Sîuttgard, est mort 
dans cette ville, le 20 août 1799, à l'âge de trente- 
sept ans. Il a composé pour le théâtre de la cour 
la musique du ballet intitulé : Der Schxferlauf. 
On a aussi sous son nom : 1° XXIV Divertisse- 
ments pour le piano; Stuttgard, 1793, in-4". 
— 2° Trois duos pour deux flûtes, op. 6; Heil- 
bronn, 1794. — 3° Pièces choisies pour lepiano, 
Leipsick , 1796. — 4° Douze chansons alle- 
mandes avec ace de piano ;\1 98. 

EIDOUS (Marc-Antoine) , né à Marseille, 
vers 1724, servit quelque temps en Espagne 
comme ingénieur, et se livra à des travaux lit- 
téraires après qu'il fut rentré en France. C'est 
surtout par de nombreuses traductions qu'il 
s'est fait connaître; ces traductions sont en gé- 
néral peu exactes et peu élégantes. 11 changeait 
même souvent en partie la forme des ouvrages 
qu'il traduisait, ou les abrégeait sans goût et 
sans discernement. C'est ainsi qu'il a défiguré 
le livre de John Brown (A dissertation on the 
risc, union, and power, the progressions, sé- 
parations and corruptions of poetry and mu- 
sic) dans la traduction qu'il a publiée sous ce 
titre : De l'origine et des progrès de la poésie, 
dans les différents genres, traduit de l'Anglais 
par M. E., et augmenté de notes historiques 
et critiques; Paris, 1768, in-8°. 

EIGENDORFER (Georges -Joseph), né 
en Bavière, en 1745 , se livra dans sa jeunesse 
à l'étude des sciences et de la musique, et em- 
brassa ensuite l'état ecclésiastique. Son jeu par- 
fait sur l'orgue le fit placer d'abord comme or- 
ganiste à la cathédrale de Saint-Martin, à Lands- 
liut. Ayant obtenu depuis lors un bénéfice à Se- 
ligenlhal, près de cette ville, il s'y retira et y 
vivait encore en 1812 ; on a de lui plusieurs con- 
certos et des sonates de piano. 

E1LSCHOW (Matthieu), écrivain danois 
qui vivait dans la première partie du siècle der- 
nier, a publié une petite dissertation intitulée 
De choro antiquo, a Davide instituto ut tem- 
plo inserviret ; Copenhague, 1 732, in-4° d'une 
feuille. Il promettait dans la préface de donner 
une suite dans laquelle il aurait traité des ins- 
truments, de la manière de chanter, et de plu- 
sieurs autres objets relatifs à la musique du Tem- 
ple; mais il ne paraît pas. qu'il ait tenu sa pro- 
messe. 

E1NERT ( Charles-Frédéric), organiste à 
Varsovie; est né à Lommatsch, en Saxe. Lors- 
qu'il eut atteint sa douzième année, il entra à l'é- 
cole Saint-Thomas de Leipsick, et y devint élève 
de Schicht. Après avoir passé plusieurs années 



EISERT — KISENMOLER 



IJ3 



dans cette école, il alla apprendre l'art de jouer 
de l'orgue chez Frédéric Schneider. Il avait reçu 
aussi des leçons de contrebasse chez Wacli, 
contrebassiste de l'orchestre de Leipsick. En 
1820 il fut attaché à une famille princière en 
Pologne, en qualité de professeur de musique; 
mais il y resta peu de temps, étant allé, en 1821, 
à Varsovie, où Kurpinski lui procura une place 
de contrebassiste au théâtre. Il obtint aussi la 
position d'organiste au temple protestant. Einert 
est mort dans cette ville, le 25 décembre 1836. On 
a gravé de sa composition à Varsovie un recueil 
de préludes pour l'orgue fort bien écrits. 

EIXllîE (Georces-Frédéric), fils d'un 
cantor et organiste de Hochstedt, en Thuringe, 
naquit le lfi avril 1710, et reçut de son père les 
premières inslructions sur les sciences et sur la 
musique. 11 fréquenta ensuite pendant sept ans 
les écoles de Closterdondorf et de Sangei hausen, 
et se rendit, en 1732, à l'université de Leipsick, 
où il étudia la composilion sous la direction de 
Bach et de Scheibe! , qui y étaient maîtres de 
chapelle. En 1740 il succéda à son père dans ses 
places à Hochstedt, passa ensuite à Franken- 
liausen, en qualité de chantre et de directeur de 
musique; enfin, en 1750, il fut appelé aux mêmes 
fonctions à Nordhausen, où il mourut, le 20 fé- 
vrier 1770. On a de sa composition plusieurs 
années complètes de musique d'église, beaucoup 
de pièces et de cantates de circonstance, des 
concertos, des symphonies, etc.; mais tous ces 
ouvrages sont restés en manuscrit. 

EISEL (Jean -Philippe), jurisconsulte et 
compositeur à Frfurt, né dans cette ville, en 1098, 
est auteur d'un livre curieux , où l'on trouve la 
description de la plupart des instruments en 
usage dans la première moitié du dix-huitième 
siècle, précédée de quelques principes de musi- 
que. Ce livre a pour titre : Musicus aùroSéSa- 
xto;, oder der sich selbst informirende Mu- 
sicus, bestehcnd sowohl in vocal-als iiblicher 
instrumcntal-Musick, welche ùber 24 Sort en 
sowohl mit Saiten bezegener als blasender 
und schalgendcr Instrumente beschreibct, etc. 
(Le Musicien instruit par lui-même , tant dans 
la musique vocale qu'instrumentale, où sont dé- 
crites vingt-quatre espèces d'instruments, tant à 
cordes qu'à vent et de percussion, etc.); Erfurt, 
Joh.-Mich.Funck,1738, 1 vol. in-4° de cent neuf 
pages, avec treize planches gravées en bois. Eisel 
n'a pas mis son nom à ce livre, mais seulement la 
souscription Von einem der in praxi erfahren 
(Par quelqu'un instruit par la pratique). Il y a 
une deuxième édition de cet ouvrage, avec quel- 
ques changements; elle a pour titre :Der sieh 
selbst informirende Musions, oder grundli- 



che Anweisung zu der vocal-und instmmcn- 
tal-Musick, ivelcher ûbcr 24 sorten , sowohl 
mit saiten bezugener, als blasend-und schla- 
gender Instrument en; Augsbourg, 1762, 1 vol. 
in-4°. 

EISELT (Jean-Henri), violoniste à la cha- 
pelle de Dresde, depuis 1756, étudia le contre- 
point pendant trois ans, sous la direction de 
Tartini. II s'est fait connaître en Allemagne, par 
plusieurs compositions pour son instrument ; mais 
elles sont restées en manuscrit. 

EISEMMENGER (Michel), ingénieur et 
musicien, né d'une famille originaire du Palatinat, 
a présenté à l'Académie des sciences de l'Ins- 
titut de France, le 8 avril 1838, un projet de no- 
talion de la musique par un système de signes 
sténographiques de son invention , et par le 
moyen d'un appareil mécanique composé d'un 
clavier semblable à celui du piano on de l'orgue, et 
de deux cylindres, l'un de presse, pour la for- 
mation des signes, l'autre servant de rapporteur 
pour la traduction, et tous deux agissant par 
un mécanisme d'engrenage sous l'impulsion d'une 
manivelle et d'une vis sans fin. L'auteur avait 
pris brevet d'invention en Fiance et patenle en 
Angleterre : il espérait un rapport de l'Académie 
des sciences; mais, ne l'ayant pas obtenu, il fit 
imprimer une longue dissertation suivie d'une 
description de son système et de son mécanisme 
mélographe. Cet ouvrage a paru sous ce titre : 
Traité de l'art graphique et de la mécanique 
appliques à la musique; Paris, Gosselin, 
1838, 1 vol. in-8°de 182 pages avec 4 planches. 
Cette invention , comme toutes celles qui ont eu 
pour objet de noter la musique par la mécani- 
que, n'a point eu de succès : l'ouvrage d'Eisen- 
menger n'a même pas trouvé de lecteurs. Sous 
le nom de piano incliné M. Eisenmênger a 
construit une variété du piano vertical, dont la 
hauteur n'est à peu près que la moitié du piano 
droit ordinaire. La table d'harmonie, au lieu 
d'être horizontale , comme dans le piano à 
queue et le piano carré, ou verticale , comme 
dans le piano droit, est inclinée. Le clavier est 
placé au sommet de l'instrument, et le méca- 
nisme a une disposition telle, que le marteau 
n'a que le tiers de la longueur de celui du 
piano et fonctionne sous la main de l'exécutant. 
Sa répétition est vive et nette. M. Eisenmênger 
a établi à Paris une manufacture de cet instru- 
ment, en 1855. 

EISENMOEER (François-Xavier), connu 
particulièrement comme compositeur de Lieder, 
est né le 28 novembre 1783, à llmùnster, dans 
la Haute-Bavière. Après avoir suivi les cours de 
l'école primaire du lieu de sa naissance, et (ait 



m 



EISENMORLER — EKHART 



les premières éludes de musique et de violon, il 
entra, à l'âge de onze ans, au séminaire de l'abbaye 
des bénédictins, à Scheiern, où il apprit les élément* 
de l'harmonie et de la composition par les leçons 
d'un moine nommé le P. Marianus. Plus tard il 
étudia au séminaire de Neubourg sur le Danube, 
et ensuite à celui de Munich. Ses relations avec 
Winter, Danzi, Cannabich, Maurer, et plus tard 
avec Michel Haydn, augmentèrent, ses connais- 
sances musicales. Après avoir terminé ses études 
universitaires et avoir reçu le brevet de candi- 
dat (bachelier) en sciences, il fut employé comme 
professeur à l'institut royal de Landshut, en 1810, 
puis au gymnase (collège) de Passau, en 1817, 
puis encore au gymnase de Neubourg, et enfin 
comme directeur des éludes et professeur à Wiirz- 
bouig, en 1823. On a de lui un grand nombre 
de pièces de circonstance et autres, dont il a aussi 
écrit la poésie; mais il doit principalement sa ré- 
putation à ses chants pour trois et quatre voix 
d'homme, qui sont devenus populaires en Alle- 
magnes et dont il a publié plusieurs recueils. Ses 
ouvrages les plus connus sont ceux-ci : 1° La 
Fête du roi, ode sapbique en latin et en alle- 
mand, pour chœur et orchestre; Munich, Falter. 
— 2° Huit recueils de chants pour quatre voix 
d'homme; ibid. — 3° Un recueil de chansons 
pour trois voix, op. 6; ibid. — 4° Six chants 
pour voix de soprano et de ténor, avec ace. de 
piano, op. 8; ibid. — 5° Trois recueils dédiants 
à voix seule, avec ace. de piano, op. 5, 9, 13; 
ibid. — 6° Bavière, o ma pairie! Trois chants 
avec ace. de piano; ibid. 

EISEIMJTH (Thomas), chanoine régulier 
du couvent de Saint-Georges , à Augsbourg, na- 
quit en 13av ère , vers le milieu du dix-septième 
siècle, et fut d'abord organiste et maître de cha- 
pelle du prince abbé de Kempten. On a de lui : 
Harmonia sacra, per 30 Concentus musicos, 
2, 3, 4, 5,6,7 vocibus distributa; Augsbourg, 

1675, in-4° 2° Antiphonarium Marianum, 

continens quatuor Antiphonas B . V. Marias, 
Aima Redemptoris , Ave, Regina cœlorum, 
Regina cœli, Salve, Regina 1, 2, 3, 4 voc. et 2 
vel 3 violin. adlibil; Kempten, t676, in-4°. — 
3° Offertoria de Festis, Tempore , et Coin- 
muni, novis textibus, Ariis, Fugis et stylo ré- 
citât ivo animata 5 voc. concert. 5 inslrum. 
et 4 ripien. Augsbourg, 1694, in-4° — 4° Musi- 
kalischcs Fundament (Fondement musical) , 
2 parties; Kempten, 1702, in-4°. Cette édition est 
la deuxième; on ignore la date de la première. 
Ce dernier ouvrage est un traité de musique, di- 
dactique et pratique. La première partie traite 
des principes de la musique et du plain-cbant; 
la seconde renferme les exemples. 



EISER (Antoine), professeur d« flftte au 
conservatoire de Prague , est né dans cette ville, 
en 1800. Admis comme élève dans ce même con- 
servatoire où il enseigna lui-même plus tard, il 
y étudia pendant six ans, et en sortit bon mu- 
sicien et flûtiste habile. FI obtint son premier 
engagement <n 1832, a l'orchestre de Greetz eu 
Styrie, comme première flûte. Peu de temps après 
il abandonna cette position [tour revenir dans sa 
ville natale, et entra au théâtre national ainsi 
qu'au conservatoire. Il a plublié quelques com- 
positions pour son instrument. 

EISERT ( Jean) , musicien de la chambre et 
violoniste à Dresde, est né à Georgenthal, près 
de Rumburg, le 4 février 1775. Sans être placé 
parmi les virtuoses de l'Allemagne, il possédait 
un talent estimable. J'ignore si l'on a de lui quel- 
que composition. 

EISERT (Jean), fils du précédent, est un 
organiste distingué. 11 est né à Dresde, en lslo, 
et s'est fixé à Vienne, où il a publié des pièces 
d'orgue, notamment de bonnes fugues. 

Un frère de celui-ci, connu sous le nom de 
Eisert jeune, s'est fixé à Dresde, et s'y est fait 
remarquer comme organiste et pianiste dis- 
tingué. 

EISNER (Charles), un des virtuoses les 
plus remarquables du milieu du dix-neuvième 
siècle sur le cor, est né en Saxe, dans l'année 1796. 
Après avoir été attaché pendant dix ans à la cha- 
pelle impériale de Saint-Pétersbourg, il a obtenu 
une pension de cette cour, et, de retour en Alle- 
magne, est entré dans la musique de la chapelle 
royale à Dresde, en 1836. Postérieurement il a 
fait un voyage et s'est fait entendre avec succès 
à Berlin, Vienne, Prague, et à Paris en 1840. 
On a gravé quelques compositions de cet artiste 
pourson instrument, parmi lesquelles on remar- 
que : 1° Introduction et polonaise pour cor et 
orchestre, op. 9; Leipsick, Breitkopf et Haertel. 
— 2° Scène et air pour cor chromatique, op. 10; 
Leipsick, Kistner. 

EISRICH ( Chaules-Traugott), directeur 
de musique à Riga, est né à Baireuth, vers 1776. 
H possédait un talent assez distingué comme pia- 
niste et comme violoniste; mais c'est surtout 
comme compositeur de chansons qu'il s'est fait 
de la réputation en Allemagne. Son mérite en ce 
genre consiste surtout dans l'expression spiri- 
tuelle des paroles. On a de lui des chansonnettes 
pour soprano et ténor, avec acc.de piano, Leip- 
sick, Hofmeister, et sept recueils de chansons à 
voix seule, avec ace. de piano, Leipsick, Hof- 
meister, Fleischer, etc. 

EKHART(Franço;s- Joseph), né à Tœplitz. 
en Bohème, vers 1735, était déjà assez habile 



EKI1ART — ÉL1E DE SU.OMON 



12; 



sur le piano à l'âge de six ans. Élève de son 
père pour l'orgue, il fut admiré pour son talent 
sur cet instrument, et passa pour un organiste 
distingué, même dans la Bohême, où les bons 
organistes ne sont point rares. Il voyagea beau- 
coup, particulièrement en Italie, et vécut à Rome 
pendant plusieurs années. Le pape ( Clément 
XIV), qui était connaisseur dans les arts, ad- 
mira son talent sur l'orgue et sur la harpe. 
Nommé organiste • de la basilique de Saint- 
Pierre, par ce pontife, il charma souvent sa re- 
traite par les accents de sa harpe. En 1780, Ek- 
hart jouissait en Italie de beaucoup de célébrité 
comme organiste et comme compositeur. La 
plupart de ses ouvrages ont été dédiés à son 
père, qui vécut.fort vieux, et se trouvent encore 
en Bohême, dans quelques bibliothèques d'ama- 
teurs. 

ELER (André), né en Alsace, vers 1764, 
vint fort jeune à Paris , et s'y fit connaître par 
quelques bonnes compositions pour les instru- 
ments à vent. Plus occupé du soin de s'instruire 
que du désir de se faire valoir dans le monde, 
il ne jouit pas de la réputation qu'il méritait : il 
resta presque toujours dans un état voisin de la 
misère. Lors de la réorganisation de l'école 
royale de musique en 1816, il fut nommé pro- 
fesseur de contrepoint; mais il ne profita pas 
longtemps de cette amélioration dans sa fortune, 
car il mourut le 21 avril 1S21. Le gouvernement 
a voulu réparer l'injustice du sort envers lui, 
en accordant une pension à sa veuve. Eler a 
composé la musique (YApelle et Campaspe, qui 
fut joué à l'Opéra en 1798, et celle de l'Habit 
du chevalier de Grammont, qu'on a repré- 
senté au théâtre de l'Opéra-Comique, en 1800, 
et qui est resté au répertoire. Plus de vingt ans 
avant sa mort il avait écrit un opéra intitulé : 
la Forêt de Brama, dont le poème était reçu 
depuis longtemps ; et, comme beaucoup d'autres 
victimes de l'incurie de l'administration de l'A- 
cadémie royale de musique, il a attendu vaine- 
ment qu'on représentât son ouvrage. Les élèves 
d'Eler trouvèrent un jour leur maître occupé à 
fendre du bois dans la cour de la maison où iî 
demeurait ; ils voulurent l'aider à porter ce bois 
jusqu'à son cinquième étage : Laissez, mes- 
sieurs, leur dit-il ; je suis fait à cette besogne, 
et je m'uccoutume à tout, excepte" à la mu- 
sique de Catel. Eler n'avait jamais pardonné à 
ce maître d'avoir fait préférer autrefois Berton à 
lui pour une des places de professeur d'har- 
monie au Conservatoire. Les compositions 
instrumentales d'Eler sont : 1° Ouverture en 
harmonie; Paris, O/.i. — 2° Six Walses et une 
Anglaise pour 2 clarinettes , 2 cors et 2 



, bassons. — 3° Symphonie concertante pour 
flûte , cor et basson; ibid. — 4° Trois quatuors 
pour deux violons, alto et basse, op. 1 ; ibid. 
— 5° Trois trios pour deux violons et basse ; 
Paris, Pleyel. — 6° Trois quatuors pour flûte, 
clarinette, cor et basson, op. 6; ibid. — 
7° Trois quatuors pour flûte, violon, alto 

! et basse, op. 7 8° Six sonates pour piano, 

violon et v lle , op. 8 ; 1801. — 9° Concerto pour 
cor en fa, avec orchestre; ibid. — 10° Trois 
trios pour flûte, clarinette et basson, op. 9 ; 
ibid. — 11° Trois quatuors pour deux cla- 
rinettes, cor et basson, op. 10 ; ibid. — 
12° Trois quatuors pour flûte, clarinette , 
cor et basson, op. Il ; ibid. Dans les dernières 
années de sa vie , Eler fut presque constamment 
occupé à mettre en parlition ou à extraire d'an- 
ciens recueils les compositions des maîtres les 
plus célèbres du seizième siècle. Il en avait formé 
une collection d'environ sept volumes in-fol. 
d'une écriture serrée. Ce précieux recueil a été 
acquis après sa mort par le gouvernement fran- 
çais , pour la bibliothèque du Conservatoire : il y 
est connu sous le nom de Collection Eler. 

ELEUTHERE, musicien grec, dont parle 
Athénée, inventa l'espèce de chanson qu'on ap- 
pelait œnope. Il gagna un prix aux jeux Pythi- 
ques par la beauté de sa voix , quoiqu'il n'eût pas 
composé l'hymne qu'il chantait. 

ELFOUT (Bichard), musicien anglais, fut 
d'abord attaché au chœur de l'église de Lincoln, 
et ensuite à celui de Durham. La beauté de sa 
voix de ténor le détermina plus tard à débuter 
sur le théâtre de Londres, mais sa petite taille 
son embonpoint, et son peu de talent comme, ac- 
teur, le firent bientôt renoncer à cette carrière. 
En 1706, il entra à la chapelle du roi, avec 
cent livres sterling d'appointements. On a de lui 
Six antiennes à voix seule, que Weldon a in- 
sérées dans sa collection intitulée Divine Har- 
mony, avec une préface d'Elfort. 

ELIE DE SALOMON, en latin ELIAS 
SALOiVIONIS, clerc de Sainte-Aslère , dans 
le Périgord, vivait dans la seconde moitié du 
treizième siècle, et a écrit, en 1274, un traité de 
musique qu'il a dédié au pape Grégoire X, et qui 
a pour titre : Scientia artis musicas. L'abbé 
Gerbert a publié cet ouvrage dans le troisième 
volume de sa collection des écrivains ecclésias- 
tiques sur la musique (p. 16 — 64), d'après un- 
manuscrit de la bibliothèque ambrosienne" de 
Milan. L'ouvrage d'Ëlie de Salomon renferme un 
traité du plain-chant où l'on trouve de bonnes, 
observations, qui ne sont point ailleurs; mais ce 
qui lui donne une importance assez grande pour 
l'art, c'est qu'on trouve au trentième chapitre 



126 



EUE DE SALOMON — ELLER 



les règles les plus anciennes qui soient parve- 
nues jusqu'à nous pour faire le contrepoint impro- 
visé appelé en France Chant sur le livre, et en 
Italie Conlrapunto da mente (l). Ce chapitre 
a pour titre : Rubrica de notifia cantandi in 
quatuor voces, et de quibusdam notabilibus 
debitis ethonestis. 

ELKAMP ( Henri ), compositeur et pianiste, 
né à Itzehoe, dans le Holstein, en 1812, fit son 
éducation musicale à Hambourg, sous la direction 
<le Clasing. Ses premières compositions furent 
une sonate de piano , et de bons quatuors de 
violon (œuvres 2 et 3), qui furent publiés en 
1834. Fixéà Hambourg, il y fit exécuter, en 1835, 
un oratorio de Paulus, qui obtint beaucoup de 
succès, et que l'Académie de chant de Berlin a 
fait entendre en 183S. La partition de cet ouvrage, 
réduite pour le piano,a été publiée à Leipsick, chez 
Breitkopf et Hsertel. On sait que Mendelssohn 
a traité le même sujet après ElUamp : il y a plus 
d'art dans son ouvrage, mais moins d'originalité 
dans les idées. Au mois de novembre 1838, El- 
kamp fit exécuter dans l'église Saint-Pierre, à 
Hambourg, un autre oratorio, intitulé Die Ileilige 
Zeit (le Saint-Temps) qui renfermait des beau- 
tés signalées parles journaux du temps; mais 
immédiatement après cette production l'auteur 
disparaît du monde musical, et aucun ouvrage 
depuis lors n'a fait connaître son existence, lin 
1 836 il avait publié un recueil de chants spirituels 
et une fantaisie avec variations pour le piano, qui 
était son œuvre 15<\ 

ELLA (John), fondateur de la société de 
musique instrumentale établie à Londres, sous 
le nom de the Musical Union, est né dans le nord 
de l'Angleterre, vers 1798. Destiné à la profession 
d'avocat dès l'âge de dix-sept ans, par ses pa- 
in On trouve, il est vrai, dans les écrits d'Hucbaud ou 
d'Hucbald de Saint-Amand et de ses successeurs des in- 
dications précises d'un genre de chant organisé et im- 
provisé appelé diaphonie; mais c'est d'une sorte de con- 
trepoint régulier qu'il est question dans le livre d'Elie de 
Jjalomon, et non de cette barbare invention. 

H est vrai encore que dans le manuscrit 812 du fonds 
de Saint-Victor, de la bibliothèque impériale de Paris, le- 
quel contient un traité de musique du commencement 
<lu treizième siècle, on trouve des règles de déchant ou 
contrepoint improvisé qui commencent par ces mots : 
Quiquis vnilt deschanter, il doit premiers sauoir quest 
(juins ci doubles; ejus est li quinte et doubles est la 
toitiesme; et doit regarder se li chans monte oit auale : 
se il monte nous devons prendre la double note ,■ se il 
auale, nous devons prendre la quinte note, etc.; mais 
ces règles ne s'appliquent qu'au contrepoint.à deux par- 
tins, tandis que celles qui sont données par Elle de Sa- 
lomon ont pour objet le contrepoint a quatre. 

Vers le temps où vivait Elle de Salomon , Marchetto de 
Padouc écrivait aussi des règlesde contrepoint improvisé; 
mais ses ouvrages n'ont été rendus publics qu'an commen- 
cement du quatorzième siècle. 



renls, il trompa leur attente en se vouant à la 
musique par amour pour cet art. Jemy, miiM- 
cien peu connu, fut son maître de violon, cl il 
reçut des leçons d'harmonie de Atwood. Dans un 
voyage qu'il lit à Paris, en 1826, il fit aussi quel- 
ques études de contrepoint sous ma direction. 
Pendant vingt-cinq ans environ, Ella fut mem- 
bre de l'orchestre de l'Opéra et de celui de la So- 
ciété philharmonique en qualité de violoniste ; 
mais ayant conçu le plan d'organisation d'une so- 
ciété pour l'exécution de la musique instrumen- 
tale de chambre, qu'il réalisa en 1845, il se retira 
de ces emplois, afin de donner à la nouvelle 
institution tous les soins qu'elle réclamait. Bien 
accueilli par la haute aristocratie anglaise, il 
parvint à l'intéressera son entreprise, obtint son 
patronage, et, grâce à ce puissant appui , le 
maintint dans une prospérité croissante. C'est 
ainsi qu'il a exercé une salutaire influence sur 
le goût de la nation anglaise pour la musique 
classique. Chaque année, pendant la saison, les ar- 
tistes les plus célèbres et les plus distingués dans 
l'exécution de cette musique, Vieuxtemps, Sivori, 
Joachim, Molique, Piatti, Halle, font entendre dans 
des matinées périodiques, en présence d'un audi- 
toire d'élite, des compositions instrumentales, 
telles que quatuors, quintettes, sextuors, etc., 
de Haydn, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, avec 
une perfection d'ensemble qu'on entend rare- 
ment ailleurs. Ella publie également chaque 
année un bulletin analytique, avec les thèmes 
notés, des compositions exécutées dans chaque 
séance de la saison. Ce bulletin a pour titre : 
The annual Record of the Musical Union. 
Les bulletins réunis de chaque année forment 
un cahier d'environ 45 pages in-8°, imprimés 
avec luxe. La collection forme jusqu'à ce jour 
( 18C0 ) seize années. 

ELLER ( Louis ), violoniste remarquable 
et compositeur pour son instrument, est né à 
Graetz (Styrie), en 1819, et y a reçu sa première 
instruction musicale du maître de chapelle Hysel. 
Ses progrès sur le violon furent si rapides, qu'à 
l'âge de neuf ans il put se taire entendre avec 
succès, dans un concert donné par la société mu- 
sicale de la Slyrie. Il donna ensuite plus de so- 
lidité à son éducation de musicien, enchantant 
comme enfant de chœur dans les églises. Après 
avoir étudié le chant pendant plusieurs années, 
il se rendit à Vienne, à l'âge de dix-sept ans, et 
s'y fit entendre, pour la première fois, en 1836, 
dans un concert donné par Dœhler. La justesse 
de son intonation et l'habileté de son mécanisme 
d'archet y furent déjà remarquées. Eller ne resta 
pas longtemps à Vienne, parce que l'éclat de son 
succès dans cette ville le fit bientôt après appeler 



EELER — ELLERTON 



127 



à Salzbourg, en qualité de maître de concerts et 
de professeur de son instrument. Ce lut de cette 
ville qu'il partit pour l'aire son premier voyage 
d'artiste en Hongrie et en Croatie, à la suite du- 
quel il retourna, pour la première fois, à Grretz, 
en 1842. Il parcourut ensuite la Suisse, la France 
méridionale, et visita Paris en 1844. La Gazelle 
musicale en parla alors (t. XI, p. 86 ) comme 
d'un talent de premier ordre. Dans l'année sui- 
vante, l'artiste retourna à Grœtz, et y donna 
quelques concerts, ainsi qu'àTricste; puis il visita 
le nord de l'Italie, et retourna dans le midi de la 
France, s'arrôtant quelques mois à Toulouse, 
dont le climat était favorable à sa santé. Son état 
habituel de souffrance l'a décidé à se lixer dans 
cette région, plus douce et d'une température 
plus égale que celle des autres pays qu'il avait 
visités : c'est à Pau, dans le département des 
Basses-Pyrénées, qu'il a pris son séjour habituel. 
Après avoir parcouru l'Espagne et le Portugal 
et avoir joué dans les cours de Madrid et de Lis- 
bonne avec son ami Gottschalk, M. Eller donna 
son premier concert à Paris en 1850, puis il y 
donna des séances de quatuors avec Franchomme, 
MM. Sauzay et Segbers. Il y conquit l'estime des 
artistes par les grandes qualités de son mécanisme 
et par l'élévation de son style dans la musique 
classique. Postérieurement, il a fait plusieurs 
voyages en Allemagne, et a eu des succès d'en- 
thousiasme à Dresde, à Dahtzick, à Stettin, en 
1854, à Francfort et à Wiesbade, en 1855, de 
nouveau à Dresde, à Dantzick et Hanovre, en 
1858. En 1855 il était retourné à Paris, et y avait 
donné un concert le 11 juin, dans lequel il 
joua le concerto de Mendelssohn , une Corrente 
de sa composition, la Chacone de Bach, une 
Valse diabolique écrite par lui et des airs sty- 
riens variés. Les journaux de cette capitale le 
placèrent, après celte audition, au rang des 
virtuoses les plus remarquables de l'époque. Le 
17 juillet de la même année, il joua à Londres, 
dans un concert de bienfaisance donné par la 
princesse Czartoryska, et le Times, le Morning- 
Herald et plusieurs autres journaux donnèrent 
les plus grands éloges au talent du violoniste. 
M. Eller a fondé à Pau des séances de musique 
classique qui excitent l'enthousiasme des ama- 
teurs. Ln beau f^on, une grande justesse, beau- 
coup d'habileté de la main gauche, particulière- 
ment dans la double corde, composent les qua- 
lités principales de cet artiste; mais on lui 
reproche de manquer de charme. Parmi ses com- 
positions, on dislingue : 1° Corrente pour violon 
et piano, op. 1 ; Paris, Richault. — 2° Valse 
diabolique, idem, op. 10; ibid. — 3° Menuet 
sentimental, idem. op. 12; ibid. — 4° Deux 



études de concert pour violon seul, op. 2; ibid. 

— 5° Improvisation sur un chant d'église de 
Haydn; ibid. — 6° Rhapsodie hongroise pour 
violon et piano, op. <); ibid. — 7° Adagio et 
rondo pour violon, avec piano, op. 17; Leip- 
sick, Scbuberth. — 8° Capricci, idem, op. 20 ; 
ibid. — 9° deux impromptus, idem, op. 21 ;ibid. 

— 10° Fantaisie originale, idem, op. 24 ; ibid. — 
11° Menuets, contredanses et sérénades de Don 
Juan, de Mozart, arrangés pour violon seul, op. 
22; ibid. — 12° Fantaisie sur des thèmes espagnols 
pour violon et piano, op. 22 ; Mayence, Scholt. 

ELLERTON (John Lodge), compositeur, est 
né le il janvier 1807, dans le comlé de Chester, 
en Angleterre. Ses parents descendent d'une an- 
cienne famille irlandaise, originaire de la Nor- 
mandie. Dès son enfance on reconnut en lui un 
goût passionné pour la musique; à l'âge de sept 
ans il s'essayait déjà dans de petites compositions 
qui indiquaient un heureux instinct; mais son 
père ne cessa de combattre ce penchant et lui 
refusa toujours un maître de musique. M. El- 
lerlon fut obligé de se livrer seul à l'étude du 
piano. Ayant été envoyé à l'université d'Oxford 
pour y faire ses études, il y obtint, en 1828, le 
grade de A. M. ( maître es sciences ). Il n'avait 
pas cessé de cultiver la musique pendant son sé- 
jour dans cette ville, continuant toujours de se 
livrer à la composition, sans autre guide que des 
traités d'harmonie. Il y avait même écrit un 
opérette en langue anglaise et un opéra sur un 
texte italien. Sorti de l'université, il se rendit à 
Rome, et y fit des études sérieuses de contrepoint 
pendant deux ans, sous la direction d'un maître 
de chapelle nommé Terriani. Ce fut à Rome 
qu'il écrivit la plupart de ses opéras. M. Ellerton 
s'est exercé également dans la musique instru- 
mentale, particulièrement dans le genre des qua- 
tuors pour les instruments à cordes, et dans ce- 
lui de la symphonie. L'ardeur qu'il mettait dans 
son travail a souvent altéré sa santé, et l'a obligé 
de se rendre à Aix-la-Chapelle pendant plusieurs- 
saisons, pour y retrouver, par l'usage des bains , 
ses forces épuisées. Le climat de l'Angleterre lui 
est défavorable, tandis que celui de l'Allemagne 
lui est salutaire. C'est aussi dans les provinces 
rhénanes, dans le duché de Bade et en Prusse 
que ses ouvrages ont obtenu le succès le plus 
décidé. M. Ellerton a épousé, en 1837, la fille du 
comte de Scarborougb, pair d'Angleterre. Le ca- 
talogue des ouvrages de cet amateur distingué 
est composé de la manière suivante : 1° Issipile, 
opéraen trois actes. — 2° Bérénice in Armenia , 
idem. — 3° Annibalein Capua, idem. — 4° Il 
Sacrifizio d'Epito, idem. — ■ 5° Andromacca, 
idem. - 6° Il Carnovale di Venezia, en deux 



128 



KLLERTON — ELLEVIOU 



actes. — 7° Il Marito a vista, idem. — 8°Carlo 
Roua, opéra allemand, en trois actes. — 9° Lu- 
cinda, opéra anglais, en trois actes. — 10° Do- 
m'enica, idem, en deux actes. — 11° The Bridai 
of Greermain ( les Noces de Greermain), idem, 
en cinq actes. — 12° Paradise lost ( le Paradis 
perdu ), oratorio en quatre parties. — 13° Six 
messes. — 14° six antiennes*. — 1 5° Dix-sept mo- 
tets. — 16° Soixante et un glees à 4, 5 et 6 voix. 

— 17° Quatre-vingt-trois duos à différentes voix. 

— 18° Cinq symphonies à grand orchestre. — 
19° Quatre ouvertures de concert. — 20° Trois 
quintettes pour 2 violons, alto et 2 violoncelles. 

— 21° Quarante-quatre quatuors pour 2 violons, 
alto et violoncelle. — 22° Trois trios pour violon, 
alto et violoncelle. — 23° Huit trios pour piano, 
violon et violoncelle. — 24° Deux sonates pour 
piano et violon. — 25° Une idem pour piano et 
alto. — 26° Une idem pour piano et violoncelle. 

— 27° Neuf idem pour piano et flûte. 
ELLEVIOU (Jean), acteur célèhre de l'O- 
péra-Comique, naquit à Rennes, le 14 juin 1769. 
Son père, chirurgien en chef de l'hôpital de cette 
ville, le destinait à suivre sa profession, et ses 
études furent dirigées vers ce but ; mais la répu- 
gnance que la dissection des cadavres inspirait 
au jeune Eileviou était invincible. Un goût pas- 
sionné pour la comédie lui faisait chercher les 
occasions de la jouer en société, bientôt il ne lui 
suffit plus d'en faire un délassement à ses tra- 
vaux, et le désir de se faire comédien lui fit 
abandonner clandestinement la maison pater- 
nelle. Arrivé à Paris, il y fut engagé par le di- 
recteur du théâtre de la Rochelle, qui l'emmena 
et qui se disposait à le faire paraître en public, 
quand l'intendant de la province fit arrêter le 
débutant, qui ne recouvra sa liberté qu'à l'arri- 
vée de son père. Après de vives altercations, 
Eileviou promit de renoncer à la comédie, et 
consentit à retourner à Rennes. Il y reprit le 
cours de ses éludes , et quelque temps après it 
fut envoyé à Paris pour y terminer ses cours. 
Mais à peine y fut-il arrivé , qu'il prit la résolu- 
tion de secouer le joug paternel et de s'aban- 
donner à sa vocation pour le théâtre. Le 1 er avril 
1790 il débuta à la Comédie italienne par le rôle 
du Déserteur. Sa voix alors était une basse- 
taille dont le timbre était sourd et dont l'étendue 
n'était pas développée. Ses succès ne répondi- 
rent point d'abord aux espérances que son 
goût pour la scène avait fait naître; cependant 
il fut reçu dans la même année comme acteur 
aux appointements. Le premier rôle nouveau qui 
lui fut confié est celui du nègre, dans Paul et Vir- 
ginie , de Kreutzer; bientôt après, le travail 
qu'il fit pour développer les sons élevés de sa 



voix en changèrent le caractère; il perdit suc- 
cessivement plusieurs notes graves, et de basse 
qu'elle était d'abord, sa voix se transforma en 
ténor, qui s'étendit chaque jour vers le haut par 
l'étude qu'il fit des sons de tôle. La métamor- 
phose était déjà opérée eu 1792, car Eileviou put 
chanter alors le rôle de Philippe, dans l'opéra 
de Dalayrac intitulé Philippe et Georgette. 
Ce rôle commença sa réputation. Chanteuragréa- 
ble, et doué de tous les avantages de la taille 
et delà figure, il plaisait aux femmes, mais les 
hommes le jugeaient plus sévèrement, et le pla- 
çaient fort au-dessous de Michu, comme acteur. 
Enlevé par la loi sur la réquisition à ses étu- 
des dramatiques, Eileviou dut se rendre à 
l'armée; mais il y resta peu de lemps; une 
i commission fictive qu'il se fit donner le ramena 
à Paris, où il prit parti dans les sociétés de jeunes 
gens appelés Sociétés de muscadins, qui en- 
treprirent d'opérer une réaction complète après 
le 9 thermidor. Poursuivi par la police, Eileviou 
se réfugia à Strasbourg, en 1795 , et ce fut là 
qu'il commença à prendre cette aisance de la 
scène, cette diction élégante, et ce jeu fin et 
spirituel qui l'ont ensuite rendu célèbre. Rappelé 
à la Comédie-Italienne de Paris, il y joua d'ori- 
gine et avec de brillants succès les principaux 
rôles dans Gulnare , Zoraime et Zulnarc , 
Trente et quarante, le Prisonnier, Adolphe 
et Clara, Maison' à vendre, le Calife de 
Bagdad. Sa voix était devenue plus belle, plus 
sonore, plus flexible, et, bien qu'il fût inférieur 
à Martin comme musicien, il se soutenait à côté 
de lui comme chanteur. Il y avait d'ailleurs plus 
d'expression naturelle el plus de charme dans 
son organe et dans ses accents. Les rôles de pe- 
tits maîtres et de jeunes militaires étaient ceux 
où il brillait alors, quoiqu'il pût jouer avec succès 
les caricatures, ainsi qu'il le fit voir dans le 
Cabriolet jaune, l'Irato et Picaros et Diego. 
Piqué du reproche que lui adressaient quelques 
journaux de n'être bon acteur que sous le cos- 
tume de houzard, et peut-être persuadé que dix 
aimées de vogue avaient usé les succès de ce 
genre, Eileviou songea à s'essayer dans des rôles 
qui exigeaient plus de sensibilité, un talent plus 
flexible. A la réunion des acteurs des théâtres 
Favart et Feydeau , qui s'était opérée en 1801, 
il était devenu un des cinq administrateurs de la 
nouvelle société; il profita des avantages de 
sa position pour faire remettre à la scène les 
anciens opéras qui lui offraient des chances de 
succès dans la nouvelle direction qu'il voulait 
prendre. C'est ainsi qu'on vit reparaître tour à 
tour VAmi de la maison, Zémire et Azor, 
Richard, Coeur de Lion, le Roi et le Fermier, 



ELLEVIOU — ELLMKJNREICII 



12» 



Félix, etc. Dans tous ces ouvrages, Ellevioufit 
f)reuve de sensibilité, de goût et d'intelligence; 
il leur rendit toute la fraîcheur de la nouveauté, 
et leur procura des succès plus brillants que 
ceux qu'ils avaient eus dans leur origine. Tout 
Paris voulut le voir et l'entendre dans les rôles 
de Blondel, û'Azor et de Félix ; il y était à la 
fois chanteur plein de goût et d'expression, ac- 
teur remarquable par la noblesse et la sensibi- 
lité. Des rôles nouveaux écrits pour lui prouvè- 
rent qu'il n'avait pas besoin de la tradition 
pour se diriger dans la carrière nouvelle où il 
s'était engagé Celui de Joseph lui lit particu- 
lièrement beaucoup d'honneur. Dans Jean de 
Paris il retrouva toute sou ancienne légèreté, mais 
avec plus d'aplomb et de fini dans les détails. 

Cet acteur, adoré du public, jouissait d'avan- 
tages très-considérables au théâtre, car dans les 
dernières années, ses appointements s'élevaient 
à 84,000 francs de traitement annuel ou de gra- 
tifications. Ses prétentions grandirent avec ses 
succès, et ses exigences allèrent en 1812 jusqu'à 
demander cent vingt mille francs par an. L'em- 
pereur Napoléon s'opposa à cette concession de 
ta part des sociétaires de l'Opéra-Comique, et 
voulut même que le traitement de 84,000 liants 
fût diminué. Elleviou, qui ne cherchait peut être 
qu'un prétexle pour se retirer pendant qu'il 
jouissaitencore de toute la faveur du public, sai- 
sit cette circonstance, et quitta la scène au mois 
de mars 1S13. Le 10 de ce mois il donna sa re- 
présentation de retraite, et joua dans Adolphe et 
Clara et dans Félix pour la dernière (ois. 
Malgré la gravité des événements politiques, à 
cetleépoqup, le public se porta en foule an théâ- 
tre , et donna , pendant tout le cours de la re- 
présentation, des témoignages d'intérêt et de re- 
gret a l'acteur de sa prédilection. Depuis ce 
temps, Elleviou a vécu dans la retraite à sa 
terre de Roncières, près de Tarare, dans le dé- 
partement du Rhône. Ses économies et un ma- 
riage avantageux lui avaient fourni les moyens 
de faire l'acquisition de celte propriété considé- 
rable. Là, il se livrait à son goût pour l'agricul- 
ture , et les bonnes études de sa jeunesse lui 
faisaient trouver dans la littérature et dans les 
arts d'agréables délassements de ses travaux. On 
a de lui les livrets de trois opéras: le Vaisseau 
amiral, Délia et Werdikan, et l'Auberge de 
Bagnères, qui ont été joués au théâtre Fey- 
deau. Elleviou est mort subitement à Paris , 
d'une apoplexie foudroyante, le 5 mai 1842, à 
l'âge de soixante-treize ans. 

ELLIOTT (...), facteur d'orgues distingué, 
né à Londres en 1782, a contribué aux perfec- 
tionnements de la partie mécanique des instru- 

BIOCR. 0NIV. HES MUSICIENS. — T. III. 



ments de cette espèce. Ses orgues se font aussi 
remarquer par la bonne qualité des jeux <le 
fonds. Dans ses derniers travaux, les plus consi- 
dérables, il a eu le bon esprit de s'asocier Hill. 
homme degénie, fécond en expédients pour vain- 
cre les difficultés que présente quelquefois l'em- 
placement des orgues. Elliott avait été élève de 
Hill , père de celui qui vient d'être nommé. Un 
de ses premiers ouvrages fut la reconstruc- 
tion, en 1814, de l'orgue de la chapelle royale de 
Whitehall, construit originairement sous le règne 
de Charles IF, vers 1680, par le vieux Schmidt, 
facteur allemand. Ses instruments les plus con- 
sidérables sont : 1° le grand orgue de la cathé- 
drale d'York, en société avec Hill, composé de 
trois claviers à la main, clavier de pédale, et qui 
contient environ 8,000 tuyaux , dont 3 jeux de 
32 pieds ouverts, un bourdon et une bombarde de 
32 pieds. Cet instrument a coulé 125,000 francs, 
non compris la dépense du buflet, qui a été de 
mille livres sterling. — 2° L'orgue à trois claviers 
manuels et ciavierde pédales, dansChrist-Church, 
Newgate Street, à Londres. — 3° l'orgue à trois 
claviers manuels et clavier de pédale, à l'église 
de Creyditon. Elliott a cessé de travailler vers 1840. 

ELLYS (Richard), littérateur anglais, et sé- 
nateur du tribunal suprême, au commencement du 
dix-huitième siècle, est auteur d'un livre cité par 
quelques biographies sous ce titre : Observatio- 
nés philolog . ad locaNov. Testant., Rolterdam 
1 727, in-8° ; mais le titre véritable est Fortuita sa- 
cra. On y trouve une dissertation sur les cymbales 
antiques, intitulée Comment arius de cymbalis. 
Très-su périeureà l'ouvrage de Lampe (woy.ee nom) 
sur le même sujet, la dissertation d'Ellys com- 
mence à la page 263 du volume, et finit page 378. 
Elle est divisée en 32 chapitres, où il est traita 
de l'origine des cymbales ; de l'analogie de leur 
forme avec la plante du genre cotylédone ; des 
coquillages qui servirent de cymbales ou de cro- 
tales dans les premiers temps ; de l'usage dos 
cymbales dans les fêtes de Bacchus, de Cybèle, 
de Cérès et d'Isis; de l'union constante, chez les 
anciens, des cymbales et des timbales et tambours; 
de la matière des cymbales ; de la qualité des 
sons qu'elles produisaient; de la variété de leurs 
formes; de l'usage des cymbales en particulier 
chez les Hébreux, etc. Le livre de Richard Ellys 
est malheureusement assez rare. 

ELLMEXREICH (Je\n-Baptiste), acteur 
et chanteur allemand, né à Neubrisach en 1770, 
parut sur le théâtre de Francfort pour la première 
fois au mois de mars 1792 , et joua pendant plu- 
sieurs années sur celui de Hambourg. Sa voix 
était un« basse très-grave et d'un beau volume 
de son. En 1803, on essaya d'établir à Paris, au 

9 



130 



ELLMENREICH — ELSBETII 



Ihéâtre de la porte Saint-Martin, un Opéra alle- 
mand, auquel on donna le nom de Théâtre Mo- 
zart. Ellmenreich y chanta dans V Enlèvement 
du sérail et dans plusieurs autres ouvrages; 
mais cette entreprise n'ayant point eu de succès, 
Iti* acteurs furent congédiés , et ce chanteur se 
borna à se faire entendre dans quelques con- 
certs. En 1804, il entreprit de voyager avec le 
pianiste Woelll, pour donner des concerts, et l'an- 
née suivante il se fixa à Londres. On a sous son 
nom quelques pièces pour léchant, parmi lesquel- 
les on remarque : 1° Der Rechenmeister Amor 
(l'Amour arithméticien) pour piano et chant, 
avec accomp. de deux violons, alto et basse; 
Hambourg, 1798. — 2° Air favori : Schœne 
Mœdchen (Belle Fille). — 3° Das Leben ist ein 
Wuerfelspiel (la Vie est un coup de dé), ariette; 
l.eipsick, Kiihnel. — k° Amusements dessoirées, 
trios pour soprano , ténor et hasse , avec ace. 
de guitare et piano, Paris, 1803. 

Un compositeur du même nom , attaché à la 
petite cour de Schwerin , a donné dans celte 
ville, en 1848, un opéra intitulé Ber beide Kai- 
ser (les Deux Empereurs). 

ELMENHORST (Henri), né à Parcbim, 
dans le Mecklembourg, le 19 octobre 1632, fit 
ses études à Leipsick, où il fut nommé magisler 
en 1653. De là il alla à Wittenberg et ensuite à 
Hambourg, où il fut fait diacre de l'église 
Sainte Catherine, en 1660, et enfin pasteur de 
l'hôpital de Saint-Job, en 1697. H est mort dans 
celte ville, le 21 mai 1704. On a de lui un livre 
de cantiques sous le titre de Geistliches Gesxng- 
buch mit Franckens musikalischer Composi- 
tion, et un traité historique sur l'opéra, intitulé 
Dramatologia antiquo-hodierna, das ist Be- 
richt von den Opernspielen , etc. Hambourg , 
16SS , in-4° de 186 pages. Cet ouvrage contient 
de savantes recherches sur ce sujet. 

ELOtfIS (Joseph), professeur de harpe, né à 
Genève en 1752, vécut à Londres pendant plusieurs 
années, etse fixa ensuite à Pans, en 1787. Il a pu- 
blié plusieurs ouvrages pour son instrument; les 
plusconnus sont : \° Air du paysdeGolles, varié. 
— 2° Romances d'Estelle, suivies d'un air varié 
pour harpe et piano. — 3° Sélection of favo- 
rite Scotts songs, with accompaniment for ihe 
piano-forte ; 2 vol. in-fol. 

ELOY, musicien savant, vécut au quinzième 
siècle, antérieurement à Tinctoris, qui le cite avec 
•Moge dans le cinquième chapitre du troisième 
livre de son Proportionna ire de musique. Il fut 
tu peu postérieur à Dufay, Dunstablc et Bin- 
ctioi», car les contemporains de ceux-ci ne ci- 
tent pas son nom conjointement à ceux de ces 
hommes célèbres ; mais il vécut dans la première 



partie et vers le milieu du quinzième siècle, dan* 
le même temps que Barbireau, Fauques, Domarl, 
Brassart, Le Bouge, et Puylois. On n'a rien 
trouvé jusqu'à ce jour (1860) pour établir les 
cléments d'une biographie d'Eloy, car on ignore 
également quelle fut sa patrie, le nom du 
maître qui dirigea ses études, et la position 
qu'il occupa. Plusieurs familles anciennes du 
nom d'Eloy existent dans la Flandre française 
et dans le Hainaut ; peut-être est-il permis de 
croire que le musicien dont il s'agit a vu le jour 
dans une de ces provinces. Il avait cessé de 
vivre longtemps avant l'époque où Petrucci de 
Fossombrone inventa la typographie de la mu- 
sique , et ses ouvrages étaient sans doute ou- 
bliés dès lors, car on n'en trouve aucun fragment 
parmi ceux que ce typographe a publiés, ni dans 
aucune autre collection postérieure. Tinctoris 
( loc. cit. ) dit, en parlant de la manière d'indi- 
quer le mode mineur dans la notation propor- 
tionne : C'est ainsi qu'a écrit Eloy, très- 
savant en ce qui concerne les modes, dans 
sa messe intitulée .-Dixerunt discipuli (l). Ga- 
fori accorde des éloges semblables à ce maître 
à propos des mêmes choses , et cite la même 
messe (2). Cette messe se trouve en manuscrit 
à Borne , dans les archives de la chapelle pon- 
tificale. L'abbé Baini en avait fourni au con- 
seiller Kiesewetter le Kyriacl VAgnus : celui- 
ci les a publiés en partition dans son histoire 
de la musique européenne occidentale (3) ; ce 
sont des morceaux de grand mérite pour le 
temps où ils ont été écrits. 

ELOY ou ELOl ( Casimir ), né à Amiens, 
le 18 février 1778, entra comme élève dans les 
classes de chant du Conservatoire, au mois de 
floréal an vu (1799), et débuta à l'Opéra en 
1804, dans les rôles de ténors. Cet acteur s'est 
retiré à la fin de 1823, après vingt ans de ser- 
vice. 

ELSBETH ( Thomas ), compositeur, né à 
Neustadt en Franconie, s'établit à Francfort-sur- 
l'Oder, vers 1600, puis se fixa vraisemblablement 
à Jauer, petite ville de la Silésie , d'où l'épître 
dédicatoire d'un de ses ouvrages, imprimé en 
1624 , est datée. Il est d'ailleurs remarquable 
que la plupart de ses compositions ont été im- 
primées àLicgnitz, autre ville de la Silésie, 



(1( Sicut Eloy qiiem in modis doctUsimum accepl in 
missa Dixerunt discipuli fecit. 

12) Eloy igitur in modis doctissimus in missa sua Dixe- 
runt discipuli duabus ipsis longarum perfectarum pausta 
raodum majorera perfectum declaravit atque iifcupef 
trium temporuen pausa minoris modi perfcctt'onem os- 
tcndlt. ( Musicx utriusque canins practica, lib. Il, c. 7.) 

{■H)Ceschicl>tederFurop. Abendlwnd. ftfttsik,pl. X1V-XV. 



ELSBETH — ELSSER 



131 



et se trouvent dans la bibliothèque du Gymnase 
de cette ville, où M. Dehn , conservateur de la 
lîibliothèque royale de Berlin, pour la partie mu- 
sicale, les a découvertes. On a de lui Vingt-quatre 
motets à six voix, Francfort-sur-l'Oder, 1600. 
Quatre de ces motets sont sur des paroles alle- 
mandes, et les autres sur des textes latins. Le titre 
de cet ouvrage est : Seleetissimx et novx 
canlionessacrx, vulgo motecta appellatx, nec 
unquam antehac inlucem emissx, sex vocum, 
cum ad vivam vocem, ium ad omnis gene- 
ris instrumenta accommodatx ; in-4° obi. Les 
titres des autres productions de ce musicien sont: 
1* Seleetissimx et novx cantiones sacrx 
vulgo motecta appellatœ, nec unquam ante- 
hac in lucem emissx , quinque vocum, in 
publicum ccclesiarum et scholarum pia- 
rum usum typis divulgatx per Thomam 
Elsbelhum neapolitan. Franc. Lignicii typis 
ISicolai Sartorii, 1590, in-4° obi. avec un in- 
dex de xu n os . — 2° Neue ausserlesene wel- 
iliche Lieder zuvor niemals in Druck aus- 
gangen, mit 5 Stimmen (Nouvelles chansons 
mondaines choisies à cinq parties) ; Francfort- 
sur-l'Oder, 1599, in-4° obi. Ce recueil contient 
36 morceaux. — 3° Seleetissimx et novx can- 
tionessacrx vulgo motecta appellatx nec un- 
quam antehac in lucem emissx, quatuor 
vocum; Lignicii, excudebat Sartorius, 1606, 
in-4° obi. Ce recueil contient 20 morceaux, 
dont onze en latin et huit en allemand. — 
4° Neue ausserlesene Lieder, zu Goites Lob 
gerichtet dann auch von der edlen und 
lieblichen Musica, mit 5 Stimmen ( Nouvelles 
chansons choisies à la louange de Dieu et aussi 
de la noble et aimable musique, à 5 voix ) ; 
Liegnitz, Nie. Schneider, 1607, in-4° obi. Ce re- 
cueil contient 20 morceaux. — 5° Erster Theil 
Sontaglicher Evangelien, etc., mit 3 Stimmen 
(Première partie des évangiles pour les dimanches, 
à 3 voix ) ; Liegnitz, Nie Sartorius, sans date, avec 
une dédicace datée du 1 er mars 1616. Ander Theil, 
etc. ( secoude partie du même ouvrage), sans 
date, avec une dédicace du 12 mai 1621, in-4°. La 
première partie contient 30 morceaux, la deuxième 
24 n os . — 6° Melpomene sacra, festis fide- 
lium nuncupata, das ist ausserlesene geist- 
liche Gesxnge auffalle vomehme Fest durchs 
ganze Jakr, mit 6 Stimmen ( Cantiques 
choisis pour toutes les grandes l'êtes de l'année, 
à 6 parties) ; Breslau ( sans date ), avec une dé- 
dicace datée de Jauer, 1624, in 4°. 

ELSMER (Joseph), compositeur, né à Grot- 
tkau, tille des États prussiens, le 1 er juin 1769, 
était fils d'un menuisier qui, doué d'un esprit in- 
génieux et de connaissances musicales, construi- 



sait des clavecins, des harpes et d'autres instru- 
ments de musique. En 1781, Llsner fut envoyé a 
Breslau, pour y faire ses études au collège , et 
entra, comme enfant de chœur, à l'église des Domi- 
nicains. Plus tard, il futeinployé au théâtre comme 
violoniste et comme chanteur; là, les occasions 
fréquentes qu'il eut d'entendre de bonne musique 
développèrent en lui le goût de la composition 
dramatique. Destiné par son père à l'élude de la 
médecine, il ne se rendit point à ses vœux , et sa 
résolution fut prise de se livrer à l'élude de l'art 
sous la direction de bons maîtres. Fœrster, ih- 
recteur de musique à Breslau, lui donna des le- 
çons d'harmonie. Ses premières productions fu- 
rent des romances, parce queTe genre exige peu 
de connaissances dans l'art de la composition. 
Quoique peu avancé dans cet art, il essaya pour- 
tant ses forces dans des airs de danse, des duos, 
trios, et même dans un concerto de violon avec 
accompagnement d'orchestre. L'habilclé venant 
avec l'expérience, il écrivit des morceaux de 
musique religieuse , un oratorio, un morceau de 
musique pour des instruments à vent, destiné à la 
procession de la Fête-Dieu, une symphonie ( en 
ré ) et quelques autres morceaux de différents 
genres. Arrivé à Vienne, pour y continuer ses 
études, il abandonna complètement celle de la 
médecine, et ne s'occupa plus que de la musique. 
Lié avec les artistes les plus recommandables, il 
puisait dans leur entretien et dans la lecture 
des meilleures partitions l'instruction qui lui était 
nécessaire pour parcourir la carrière d'artiste 
avec honneur. En 1791, il s'établit à Briinn, où 
la place de premier violon du théâtre lui fut 
confiée. Il y écrivit, jusqu'à Pâques de 1792, 
quatre quatuors pour des instruments à cordes, 
un concerto pour la flûte, et une cantate dont 
le mérite fit obtenir à Llsner la place de direc- 
teur de musique à Lemberg. Depuis 1792 jus- 
qu'en 1799, époque de son séjour en cette ville, il 
écrivit des entr'actes pour la tragédie de Marie- 
Stuart de Schiller, toutes les danses de la saison 
du carnaval pendant plusieurs années , quatre 
symphonies, huitqualuors pour des instruments 
à cordes ( publiés à Vienne , Offenbach et Var- 
sovie ), un concerto facile pour le violon, trois so- 
nates pour violon et violoncelle, des sonates pour 
piano, violon et violoncelle, plusieui-6 grandes et 
petites cantates, des chœurs et des entr'actes 
pour le drame intitulé Lanassa, une messe de 
requiem brève, et les opéras dont les titres sui- 
vent : 1° Die seltenen Briider oder die vler 
Zauberkugeln ( les Frères bizarres ou les qua- 
tre balles enchantées ), imitation de la Flûte 
enchantée de Mozart. — 2° Der verkleldete 
Sultan ( le Sultan travesti ). — i" Iskahai, 



!32 



ELSNER 



pièce polonaise avec citant. — 4" Sydney e 
Tumma, mélodrame polonais — 5° Les Amazo- 
nes ( opéra polonais en deux actes ). 

En 1799 Elsner fut appelé comme directeur de 
musique au théâtre de Varsovie. Arrivé en cette 
ville, il y fit représenter les pièces qui viennent 
d'être citées; l'année suivante il y écrivit le 
Sultan Wampon , opéra , et dans l'espace de 
vingt années il composa vingt-deux ouvrages 
dramatiques , tous en langue polonaise. Dans 
cet intervalle, il avait fait un voyage à Paris, 
et y avait fait entendre quelques-unes de ses 
compositions dans des concerts donnés à Saint- 
Cloud et aux Tuileries. Après l'institution du 
grand-duché de Varsovie , Elsner , de con- 
cert avec la comtesse Zamoïska, fonda en 1815 
une société pour les progrès de la musique en 
Pologne qui fut le commencement du Conserva- 
toire de Varsovie, établi en 1821, après que Elsner 
eut quitté la direction de la musique du théâtre. 
Elsner fut nommé directeur de ce Conservatoire 
et professeur de composition. Par ses soins, l'é- 
tablissement était déjà parvenu à un état satis- 
faisant de prospérité; mais les événements po- 
litiques qui ont suivi la révolution de 1830 en ont 
fait fermer les portes. Cette école a été rétablie 
postérieurement , mais avec une organisation 
moins importante. En 1834, Charles Soliva, com- 
positeur italien, en avait la direction. Retiré dès 
lors dans sa maison du faubourg de Praga, Elsner 
continua d'écrire un grand nombre de composi- 
tions religieuses, particulièrement plusieurs belles 
messes , son oratorio la Passion de Notre- Sei- 
gneur Jésus-Christ, qui fut exécuté solennelle- 
ment en 1844, dans l'église évangélique de Var- 
sovie, par trois cents musiciens, sous la direction 
de T. Niducki et de Billing, et ewMn son Stabat 
Mater, composé en 1844, et que l'auteur écrivit 
de la main gauche, parce que la droite avait été 
frappée de paralysie. Cet excellent artiste est 
mort dans Pété de 1854, entouré de l'estime de 
toute la Pologne, et en particulier de ses élèves. Sa 
femme l'avait précédé de deux ans dans la tombe. 
Son cabinet de travail et sa bibliothèque ont été 
laissés intacts par sa famille : on y voit encore 
sur sa table de travailles plumes avec lesquelles 
il écrivit ses derniers ouvrages. Les connais- 
sances solides que Elsner avait déployées dans 
la direction et dans l'enseignement du Conser- 
vatoire de Varsovie lui firent obtenir en 1825 
le titre de chevalier de Saint-Stanislas. 

En 1818, cet artiste recommandable visita la 
Silésie , son pays natal, et passa une saison aux j 
eaux de Rçinerz , pour y rétablir sa santé : il s'y j 
lia d'une étroite amitié avec Ébell. La loge ma- ' 
çonnique de Varsovie, qu'il avait présidée pen- ' 



dant plusieurs années , a fait lilhographier son 
portrait, et Bufuskawskin a publié sa biographie 
détaillée, en langue polonaise. Ce compositeur 
laborieux a produit, outre les ouvrages qui ont 
été cités précédemment : I. Pour ie thévtre : 
1° Mieszkancy Kamzalka (les Habitants du 
Kamschatka), opéra en un acte. — 2° Siedcm razy 
ieden (Sept fois le même), en un acte. . — 
3° Stary trzpiat (le Vieux Petit-Maître), en deux 
actes, 1805. — 4° Nurzahad, mélodrame, avec 

danses et chants, en trois actes, 1805 b"Wies- 

zczka Urzella (la Vieille Ursule), opéra en trois 
actes, 1806. — 6° Sond Salomona (le Jugement 
de Salomon), tragédie avec danses et chants, en 
trois actes, 1 806. — 7° Andromède, opéra sérieux 
en un acte, 1807. — 8° Trybunal niewid- 
zialny (le Tribunal secret), en quatre actes, 1807. 

— 9° Mieczyslaw Slepy (Mieczyslas l'aveugle), 
opéra en trois actes, 1807.-10° Karol Wietki 
i Witykind (Charlemagne et Witikind), drame 
lyrique en deux actes, 1807. — 11° Szewc i 
Kraucowtia (le Cordonnier et laTailleuse), duo- 
drame en un acte, 1808. — 12° Uroienie i 
Rzeczywistosi (Chimère et réalité), opéra en un 
acte, 1808. — 13° Écho, drame en un acte, 
1808. — 14° Sniadanie Trzpiotow (le Déjeû- 
ner des petits-maîtres), en deux actes, 1808. — 
1 5° Zonapo drodze (la Femme en voyage), en trois 
actes, 1309. — 16° Rzymos wobodzony ( Rome 
délivrée), drame avec chœurs, trois actes, 1809. 

— 17° Benefis (le Bénéfice), duodrame en un 
acte, 1810. — 18° Sierra-Morena (la Sierra Mo- 
rena), opéra en trois actes, 1811. — 19° Kabalisla 
(le Devin) en deux actes, 1813. — 20° Ktol Lo- 
kietek (le roi Lokietek), opéiaendetix actes, 1818. 

— 21° Jagiello Wielki (Jagellou leGrasd), en 
trois actes, 1820. — 22° Le Sacrifice d'Abraham, 
en quatre acles ; 1827. — 23° Cantate pour le jour de 
naissance de l'empereur de Russie, Alexandre I er . 

— 24° Deux scènes pour l'opéra d' Achille, de 
Pacr. — 25° Trois scènes pour Ida, de Gyro- 
wetz. — 26° Trois scènes pour Elisa, de Mayer. 

— 27° Les deux statues, ballet. — 28° Chi- 
mère et réalité, opéra français. — 29° La ri- 
trosià disarmata, duodrame italien, de Mé- 
tastase. — II. Pour l'église : 30° Trois messes 
à quatre voix et petit orchestre; Posen, Simon. 

— 31° Missa quatuor vocibus comptante or- 
chestra; n os 1, 2; ibid. — 32° Messe en fa, à 
quatre voix et orchestre; ibid. — 33° Messe en 
ut, pour le couronnement de l'empereur de 
Russie; Varsovie , 1829. — 34° Messe pour qua- 
tre voix seules; Varsovie, Btzezina. — 35° Messe 
pour trois voix d'hommes et orgue; ibid. — 
36° Messe pour quatre voix d'hommes sans ac- 
compagnement ; ibid. — 37° Requiem dedi- 



ELSNER — ELST 



ISS 



catum manibus Alexandri I, quatuor voc. 
cum instrum.; ibid. — 38° Graduels pour quatre 
voix seules, ibid. — 39° Graduels pour trois 
voix d'homme et orgue, ibid. — 40° Hymnus 
Ambrosianus pro vocibus quatuor cum ins- 
trum. ; Leipsick, Breitkopf et Hœitel. — 41° Messe 
à quatre voix et orchestre ; Varsovie, Plachelzki. 

— 42° Messe en sol à 2 et 4 voix, sur lé texte 
polonais; ibid. — 43° Motet (Gloria et honore) 
pour deux chœurs; œuvre 28 de musique d'é- 
glise; Leipsick, Hofmeister. — 44° Vêpres à 
4 voix et orchestre; Posen, Simon. — 45° In te 
Domine speravï, motet à 4 voix. — 46° Veni 
Sancte Spiritus, hymne de Saint-Joseph et 
li y mue pour la fête de Noël, avec ace. de 2 vio- 
lons, alto, flûte obligée et orgue. — 47° Hymne 
de Sainte-Cécile, en ut. — 48° De profundis 
pour trois voix d'homme, et quelques instru- 
ments à vent; Varsovie, Brzezina. — 49° Offer- 
toires pour quatre voix seules; ibid. — 50° idem, 
pour 3 voix d'hommes et orgue; ibid. — 51° Deux 
offertoires pour 4 voix, 3 violons, alto, cor et 
basson solo ; Posen, Simon. — 52° Veni Creator à 
8 voix ibid. — 53° Veni Creator à 4 voix ; ibid. — 
54° TeDeum pour 4 voix, trompette et timbales. 

— 55° Ave Maria à 4 voix et orchestre. — 
56° Messe de Sainte-Cécile, en ré mineur, œu- 
vre 87. — 57° Messe solennelle en la, op. 88. 

— 58° Stabat Mater pour 4 voix solo, un et 
deux chœurs, altos, violoncelles, contrebasse 
et instruments à vent, op. 93. — 59° La Passion 
de Notre-Seigneur Jésus-Christ, oratorio. — 
60° Le Triomphe de la foi, oratorio exécuté à 
Pétersbourg, en 1840. — 6t° Le Cantique de 
Siméon, à 3 voix. — 62° Messe pour 4 voix 
d'hommes avec orchestre. — 63° Deuxième Messe 
idem. — 64° Messe à 4 voix d'hommes, solos 
avec chœur. — III. Musique instrumentale : 
65° Symphonie à grand orchestre en ré. — 
66° Idem,* en ut, œuvre lie; Offenbach, André. 

— 67° Idem, en si bémol, op. 17; Leipsick, 
Breitkopf et Hœrtel. — 68° Deux Polonaises 
pour l'orchestre; Offenbach, André. — 69° Thème 
avec variations; idem. — 70° Variations ; idem , 
avec écho nocturne. — 71° 27 Suites de contre- 
danses; idem — 72° Six quatuors pour d«ux vio- 
lons, alto et basse. — 73° Quatuor en fa pour 
piano ; violon, alto et basse. — 74° Grand qua- 
tuor en mi bémol; idem, œuvre 14; Paris, 
Hentz-Jouve. -75° Sonate à quatre mains pour 
piano, Paris, Érard. — 76° Trois Polonaises pour 
le piano ; Leipsick, Péters. — 77° Trois rondeaux 
à la mazureck pour piano; ibid. — 78° Marche 
militaire pour piano, arrangée par Riem; Leip- 
sick, Hofmeister. — 79° Polonaise pour piano 
et orchestre; Varsovie, Klukowski. — 80° Des 



concertos pour divers instruments, en maaito- 
crit. — IV. Musique de chant : 81° Morceaux de 
chant et chansons à voix seule, avec ace. de 
piano, 24 cahiers. — 82° Six airs italiens et un 
duo; Varsovie. — 83" Plusieurs morceaux pour les 
francs-maçons. — 84° Morceaux pour 4, 5, 6, 
7, 8, 9 et 10 voix avec texte polonais, à l'usage 
du Conservatoire de Varsovie. — 85° Canons à 3, 
4 et 5 voix. 

Les productions d'Elsner sont dans le style de 
la musique de Paër et de Mayer. Dans sa mu- 
sique d'église il y a un peu trop de formes mo- 
dernes et dramatiques; on y trouve de la facilité, 
une manière naturelle de faire chanter les voix, 
mais peu d'originalité et de variété dans les idées. 
Elsner écrit avec assez de pureté, bien qu'il laisse 
voir dans ses fugues que ses études n'ont pas été 
fortes. 

Elsner est aussi l'auteur d'un petit mémoire 
intéressant qui a pour titre : In wie Weit ist 
diepolnische Sprache zur Musik geeir/nct 
(Jusqu'à quel point la langue polonaise est fa- 
vorable à la musique). Cet écrit a été publié 
dans le journal de Kotzbue intitulé Freymû- 
thigen, ann. 1803, n° 122, et 487. Il fut com- 
posé originairement en langue polonaise. On 
connaît aussi un autre ouvrage de lui, pour l'u- 
sage des élèves du Conservatoire de Varsovie, 
intitulé O Ritmicznosci i metryeznosci ienzyka 
Polsiego ( Du rhythme et de la prosodie de la 
langue polonaise). 

M me Elsner a été longtemps cantatrice à l'o- 
péra de Varsovie. 

ELSPERUER ( Jean-Christophe -Zacha- 
rie) ou Ehberger, né à Ratisbonne, en 1736, 
fut d'abord chantre et magister à l'école latine 
de Sulzbach, dans le haut Palatinat, et ensuite 
premier secrétaire particulier de la comtesse 
Palatine; il est mortà Sulzbach, le l" février 1790. 
Il a composé plusieurs morceaux pour l'église, 
et beaucoup de symphonies et de sonates de 
clavecin. En 1783, il composa l'opéra du Barbier 
de Séville, qui fut représenté pour célébrer 
la cinquantième année du règne de Charles-Théo- 
dore, duc de Sulzbach. Il écrivit aussi pour la 
même circonstance une cantate intitulée das 
Glûckliche Sulzbach (l'Heureuse Sulzbach ). 

ELST (Jean Van Der), moine auguslin du 
couvent de Gand, issu d'une famille noble, na- 
quit au château de Meulenakers, dans le Brabant, 
au commencement du dix-septième siècle. Dans 
sa jeunesse, il visita la France, et reçut des leçons 
d'orgue et de composition de Titelouse, orga- 
niste de la chapelle du roi. De retour dans sa 
patrie, il cultiva la théorie de la musique, et in- 
venta un nouveau système de notation dans le- 



m 



ELST — ELVVART 



quel il avait supprimé les queues et les liaisons 
des notes, et teitr avait substitué les- ligatures de 
l'ancienne notation noire du quatorzième siècle. 
Il adopta aussi une nouvelle nomenclature de 
solmisation dans laquelle il n'avait conservé les 
anciens noms ut, ré, mi, fa, sol, la, que pour 
les notes appelées vulgairement naturelles, et 
où il nammoit it, ri, fi,sil, li, les notes diésées, 
et ira, ma, sal, le, sa, les notes bémolisées. Les 
principes de sa nouvelle méthode lurent dé- 
veloppés dans l'ouvrage qu'il publia sous ce titre: 
Xotie augustinianx sive musices figurx seu 
iiotx novx concinnendis modulis faciliores, 
tabulatis organicis cxhibendis aptiorcs ; Gan- 
i.lavi, typis Maximiliani Groet , 1657, 3 feuilles 
in-4°, avec 10 planches d'exemples. Une par- 
tie de cet opu>cule est en langue française; la 
seconde partie est en latin. On a aussi de Van 
der List un traite de musique, d'accompagnement 
et de composition, écrit en langue flamande et 
intitulé : Den ouden en de nieuwen Grondt 
van de Musickc; Gand, Max. Groet, 1062, in- 
4 U . de 76 pages et 10 planches. L' auteur y a re- 
produit son système de notation. 

ELSTER (Le D'. Daniel), compositeur de 
chants, particulièrement pour des voix d'hommes, 
né dans la Thuringe, vivait en 1835 à Schleu- 
singen, et s'est établi postérieurement à Bàle dans 
l'Argovie, canton suisse, comme professeur de 
musique et de chant, et comme directeur d'une 
société chorale. Son premier ouvrage est un re- 
cueil de mélodies avec accompagnement de 
piano sur des poésies de Hoffmann de Fal- 
lersleben; puis il fut l'éditeur d'une Biblio- 
thèque «le chants à plusieurs voix d'nommes par 
divers auteurs et par lui-même, publiée à Schleu- 
singen, en 2 volumes (1835-1838). Parmi ses 
dernières productions, on remarque le I00"' e 
psaume pour 4 voix d'hommes, une collection 
de 93 chants à 2, 3 et 4 voix, et une méthode 
élémentaire de musique, à l'usage des écoles du 
peuple, sous ce titre : Vollstxndige Volksge- 
sangschule, en 3 parties; Baden, Zehnder. 
Elster est mort à Willingen, près de Bade, le 19 
décembre 1857. 

ELTERLEIiX' (Ernest d'), amateur de 
musique allemand demeurant à Waldheim , en 
Saxe, n'est connu jusqu'à ce jour que par deux 
petits écrits, dont le premier a pour titre : Bee- 
thoven's Symphonien nach ihren idéale Ge- 
hafte (les Symphonies de Beethoven consi- 
dérées dans leurs combinaisons idéales, etc), 
L'autre : Becthoveris Clavier-Sonalen. Fur 
Freunde der Tonkunst (les Sonates de piano 
de Beethoven. Pour les amis de la musique); 
Inusick, Henri Malthes, 1856, petit-in-S". Une 



deuxième édition de ces opuscules a paru à 
Dresde, en 1858. M. d'Llterlein appartient au 
parti qui considère la musique comme en pro- 
grès, et montre un penchant sincère pour les 
compositions de Beethoven qui caractérisent sa 
troisième manière; car ainsi que M. de Lenz 
et Oulibichetï, il adopte celte division des trois 
styles dont nous avons signalé la réalité dans 
la notice de l'illustre compositeur que nous avons 
donnée dans la première édition de la Biogra- 
phie universelle des Musiciens. Toutefois M. 
d'Elterlen est raisonnable dans ses appréciations • 
il reconnaît que l'époque des productions de 
Haydn et de Mozart fut grande, belle, et que 
ses monuments sont impérissables. Élève du 
professeur de philosophie de Zurich, M. le doc ■ 
teur frédéric-Théodore Viscber, il a puisé dans 
ses leçons le penchant à un idéalisme vague et 
rêveur, dont le très-remarquable traité d'Es- 
thétique de ce penseur distingué porte l'em- 
preinte; mais il se trompe parfois dans les appli- 
cations qu'il en fait. Ainsi, lorsqu'il dit que Bee- 
thoven est l'expression la plus élevée (dans ses 
symphonies) de l'idéal de la musique pure, 
il oublie évidemment que cet homme illustre s'est 
donné, pour quelques-unes de ses plus grandes 
compositions, un programme qui les met en 
dehors du domaine de la musique pure, c'est- 
à dire, de la musique en elle-même; car il a 
fait la Symphonie héroïque, la Symphonie pas- 
torale, et la Symphonie avec chœurs. Jl parle 
aussi un peu au hasard lorsqu'il dit qu'avec Gade 
un nouvel élément est venu faire son apparition 
dans la symphonie (Mit Gade kommt ein 
neucs Elément in der Symphonie zur Ers- 
cheinung, p. 109). Quel est cet élément, peut- 
on demander à M. d'ElterleinPil répond : C'est le 
caractère de la nationalité du Nord (Es istdies 
des Character specifischer nordischer Na- 
tionalitàt). Mais d'abord il serait assez difficile 
d'expliquer comment le caractère spécifique de 
la nationalité septentrionale pourrait se mani- 
fester dans la symphonie, à moins que celle-ci 
n'eût pour thèmes des mélodies de la Suède, de 
la Norvège ou du Danemark; or, rien de sem- 
blable ne se trouve dans les symphonies de 
Gade. 

ELWART (Antoine-Elie) , compositeur et 
littérateur musicien, né à Paris, le 18 novem- 
bre 1808 , entra à la maîtrise de l'église Saint- 
Eustacbe , comme enfant de chœur, à l'âge de 
dix ans, et y fit ses premières études musicales. 
Lorsqu'il eut atteint l'âge de treize ans, son 
père le plaça comme apprenti chez un layetier 
emballeur ; mais sa répugnance invincible pour cet 
état le détermina à soi tu de chez-son maltie, eu 



ELWART 



13.» 



dépit de la volonté de ses parents. Obligé de pour- 
voir dès lors à son existence, il entra dans l'or- 
chestre d'un petit théâtre des boulevards en 
qualité de second violon. Il était alors dans sa 
seizième année. Admis vers le même temps au 
nombre des élèves du Conservatoire, il y reçut 
des leçons d'harmonie d'un élève de Reicha, 
puis il suivit le Cours de composition de l'auteur 
de cette Biographie. Devenu élève de Lesueur, 
en 1828, il fonda dans la même année, avec le 
concours de plusieurs autres élèves, les Concerts 
d'Émulation, qui, pendant six ans, furent don- 
nés dans la petite salle du Conservatoire, et de- 
vinrent l'école pratique des jeunes compositeurs 
et des solistes.. En 1831 Elwart obtint au con- 
cours de l'Institut de France le deuxième prix de 
composition; le premier grand prix lui fut dé- 
cerné en 1834. Déjà depuis deux ans il remplis- 
sait les fonctions de professeur adjoint du Cours 
de composition de Reicha. Devenu pensionnaire 
du gouvernement comme lauréat de l'Institut, il 
partit pour l'Italie, et pendant son séjour il écri- 
vit une Messe solennelle, la plus grande partie 
d'un opéra italien , et une scène funèbre intitulée 
Omaggio alla memoria di Vincenzo Bellini, 
qui fut exécutée au théâtre Valle, au mois de 
novembre 1835. De retour à Paris dans l'année 
suivante, il y reprit possession de sa place de 
professeur adjoint du Cours de Reicha. Pendant 
quelque temps il a dirigé les concerts de la rue 
Vivienne, puis ceux de la Société de Sainte-Cé- 
cile. Il est aujourd'hui (1860) professeur titulaire 
d'harmonie au Conservatoire. Artiste laborieux 
et instruit, M. Elwart s'est livré à des travaux 
de tout genre : composition vocale et instrumen- 
tale, méthodes d'enseignement, critique, et 
même poésie , tout a été de son ressort. Ses 
principaux ouvrases sont ceux-ci : 1° Cinq Messes 
dont une à quatre voix et orgue , et une à cinq 
voix, chœur et orchestre, en action de grâces, à 
l'occasion de la naissance du comte de Paris; 
Paris, Catelin, 1840, gr. in-4°. — 2° Plusieurs 
messes à 2 et à 3 voix avec orgue et deux messes 
à 4 voix sans accompagnement. — 3° Noé, ou 
le Déluge universel, oratorio-symphonie en 
quatre parties, exécuté à Paris, le vendredi- 
saint de l'année 1845. — 4° La Naissance d'Eve, 
oratorio exécuté au Conservatoire en 1846. — 
5° Les ftoces de Cana , mystère avec solos de 
chant, chœur et orchestre. — 6° Miserere à 8 
voix seules. — 7° Ruth et Booz, symphonie 
vocale. — 8° Un grand nombre de motets, dont 
plusieurs Salutaris et Ave Maria, publiés à 
Paris, chez la Veuve Canaux.— 9° Les Catalans, 
opéra représenté avec succès au théâtre des Arts, 
à Rouen. — 10° Chœurs et musique instrumen- 



tale pour l'^ces/e d'Euripide, traduite pat M. Hip- 
polyte Lucas, et représentée à l'Odéon. — 11° La 
Reine de Saba, opéra non représenté. — 12° Les 
Chercheurs d'or , opéra en trois actes. — 1 3° Plu - 
sieurs cantates de circonstance. — 14° Te Deum 
exécuté dans les fêtes nationales de 1848 et 1849. 
— 15° Des symphonies inédites , ouvertures, 
quintettes, quatuors et trios pour des instru- 
ments à cordes. Comme littérateur musicien , 
M. Elwart s'est fait connaître par les productions 
dont voici les titres :— 16° Petit Manuel d'har- 
monie , d'accompagnement de la basse chif- 
frée, de réduction de la partition au piano, et 
de transposition musicale; Paris, 1839, in-S°. 
D'autres éditions de ce petit ouvrage ont été pu- 
bliées en 1841 et 1844, et il a été traduit en es- 
pagnol par M. Valdemosa, pour le Conservatoire 
de Madrid. — 17° Duprez (chanteur de l'Opéra 
de Paris), sa vie artistique, avec xme Bio- 
graphie authentique de son maître Alexandre 
Choron; Paris, 1838, un vol. in- 8°, avec le por- 
trait de Duprez. — 18° Théorie musicale. Sol- 
fège progressif rédigé d'après un plan qui réu - 
nit l'exposé des règles à leur application im- 
médiate, etc.; Paris, Colombier , 1830, in-S°. — 
i9° Feuille harmonique, contenant la théorie 
et la pratique de tous les accords du système 
moderne; 'Paris, 1841. — 20° Le Chanteur ac- 
compagnateur, ou Traité du clavier, de la 
basse chiffrée, de l'harmonie simple et com- 
posée; suivi de la manière de faire les notes 
d'agrément , points d'orgue, .etc., toujours 
soumis aux règles de la plus pure harmonie 
et de l'expression la plus caractéristique , 
suivant le genre de chaque voix; Paris, 1844, 
in-8° de 96 pages. — 21° Traité du contre- 
point et de la fugue; Paris (sans date). — 
2ï° Essai sur la transposition ; ibid. — 23° l'Har- 
monie musicale, poème en quatre chants; 
Paris, 1853, in-8°. M. Elwart a complété l'ou- 
vrage publié sous les noms de MM. Burnett et 
Damour {voij. ces noms) , avec le titre suivant : 
Études élémentaires de musique , depuis les 
premières règles jusqu'à celles de la compo- 
sition. Douze livraisons seulement de cet ouvrage 
avaient paru quand M. Elwart fut chargé de le 
terminer : il en publia les 37 dernières ; Paris , 
1845, in 8°. — 24" L'Art de chanter en chœur, 
suivi des Heures de l'enfance ; Paris, chez Ca- 
naux. — 25° L'Art de jouer impromptu de 
l'alto-viola ; Paris, Colombier.il a fourni aussi 
de nombreux articles de musique à YEncyclo- 
pédie du dix-neuvième siècle , à la Revue et 
Gazette musicale de Paris , et à d'autres jour- 
naux. M. Elwart est membre de plusieurs aca- 
démies, et décoré des ordres de Charles III j 



Î3G 



ELWARÏ — EMPSER 



d'Espagne , et de l'Aigle rouge de Prusse. 
EMBACH (Chaules), facteur d'instruments 
de cuivre, né en Allemagne, où il avait travaillé 
longtemps comme ouvrier, s'établit à Amsterdam 
vers 1815, et obtint du toi des Pays-Bas, en 
1824, un brevet d'invention pour la fabrication 
des cors et des trompettes chromatiques; mais 
il n'aurait dû demander qu'un brevet d'impor- 
tation; car son système n'était que celui des pis- 
tons, récemment découvert dans sa patrie. Le 
lits de cet industriel (L. A. Embacli), composi- 
teur de musique, s'est fait connaître en 1840 par 
une Ouverture à grand orchestre, qui a été publiée 
à Leipsick. Aucune autre production n'a signalé 
son existence depuis cette date. 

EMERSON (Guillaume), mathématicien 
anglais , né en 1701 à Hartworth , dans le comté 
de Durham , reçut de son père, qui était maître 
d'école, et du pasteur de son village, toute l'ins- 
truction qu'il ne dut pas à lui seul. Il vécut 
d'abord en enseignant les mathématiques; mais 
un petit héritage qui lui échut le mit en état de 
vivre dans l'indépendance , et de se livrer à son 
goût pour l'étude. Il mourut de la pierre , le 20 
mai 1782, âgé de quatre-vingt-un ans. On a 
d'Emerson beaucoup d'ouvrages sur diverses 
parties des mathématiques ; dans celui qui a 
pour titre Cyclomathésis, ou Introduction aux 
diversesbranchesdesmalhématiques (Londres, 
1770, 10 vol. in-8°) on trouve un travail étendu 
sur l'acoustique et la théorie mathématique de 
la musique. Emerson avait un goût passionné 
pour cet art, dont il avait étudié la théorie avec 
persévérance; on peut dire que celte passion 
était malheureuse , car il avait si peu d'oreille 
qu'il lui était impossible d'accorder son violon, 
instrument auquel il avait fait subir quelques 
changements de forme, d'après ses idées sur 
l'acoustique. 

EMERSON (S.), ministre anglican à Port- 
land, ville des États-Unis d'Amérique, vécut 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle 
et au commencement du dix-neuvième. Il a fait 
imprimer de sa composition un discours à la 
louange de la musique, sous ce titre: Oration 
on Music. Portland, 1800, in-8°. 

EMERY ou MÉDERIC (...), facteur de 
clavecins et d'épinettes , travailla à Paris, vers 
la fin du seizième siècle, et se distingua par l'ex- 
cellence de ses instruments. Le P. Mersenne dit 
de lui et d'Antoine Patin , son compatriote et 
contemporain, qu'on les recognoist avoir esté 
les meilleurs facteurs de France (voy. Harmo- 
nie universelle ; Traité des instruments à 
cordes, liv. III, p. 159). 

EMMEKIG (Joseph), né à Kemnalh, en 



Bavière, en 1772, reçut des leçons de musique 
théorique et pratique de P. Sébastien Pirner, 
préfet de Saint-Émeran , de Ratisbonne. Lorsque 
ses études furent terminées , on le nomma préfet 
du séminaire et régent du chœur de cette pré- 
bende. Il remplissait encore ces fonctions en 
18il. Emmerig a beaucoup écrit pour l'église; 
parmi ses compositions les plus remarquables , 
on distingue trois messes, quatre vêpres, dont 
une à deux chœurs , et un Stabat. Il a publié a 
Rati3bonne et à Augsbonrg Vesperx solemnes 
à quatre voix, avec orgue et orchestre. 

EMMERT (Joseph) , né le 27 novembre 
1732, à Kitzingen, en Franconie, fit ses études à 
Schillingsfurst, en Bavière, et y apprit la musique 
et la composition. En 1773 il fut appelé à Wiiitz- 
bourg, en qualité de recteur de l'école latine de 
Saint- Burkard, et de directeur du chœur de 
l'université. Il est mort dans cette ville, le 20 fé- 
vrier 1809. On a de sa composition les ouvrages 
suivants : 1° Choralbuch zu dem 1800 erschie- 
dencn neucn Wûrzburgischen Gesangbuche 
(Livre de musique simple, etc); Wùrtzbourg, 
in 4° de 112 pages. — 2° Psalmodia oesper- 
lina mcthodo figurato-chorali cum 4 anlipho- 
nis; Augsbourg, 1766. — 3° Te Deum; Salz- 
bonrg, 1797. Il a laissé en manuscrit les orato- 
rios iVEsther et de Judith; les opéras de Sé- 
miramis, Tamyris, et Eberhardt ; des messes 
latines et allemandes, des vêpres, Miserere, Te 
Deum, et plusieurs cantates et pièces d'église. 

EMMERT (Adam-Joseph), fils du précédent, 
né à Wûrzbourg, ie 24 décembre 1765, fut d'a- 
bord conseiller des archives à Salzbourg , et en- 
suite premier officiai du dépôt des archives à 
Vienne. 11 s'est fait connaître avantageusement 
comme compositeur de musique dramatique, ins- 
trumentale et sacrée. Ses principaux ouvrages 
sont : 1° Te Deum pour les églises allemandes, 
avec orchestre; Salzbourg, 1797, in-fol. — 
2° Seize danses allemandes pour clavecin; 
ibid., 1798, in-4°. — 3 U Cantate pour l'installa- 
lion de l'archevêque de Salzbourg, à 4 voir 
et orchestre, exécutée à Salzbourg en 1799. — 
4° Harmonie pour deux coj's et basson , 1 er 
recueil ; Salzbourg, 1 799. — 5° Harmonie pour 
deux clarinettes, deux cors et deux bassons, 
1" recueil; ibid. 1799. — 6° Don Silvio de Jîo- 
salba, opéra représenté à Anspach.en 1801. — 7° 
Der Siurm ( l'Orage) , opéra, joué à Salzbourg 
en 1806. 

EMPSER (Jérôme), théologien catholique 
allemand, né à Ulm, en 1477, mort le 8 novem- 
bre 1527, fut un des antagonistes les plus ardents 
de Luther. S. Fontaine (Hist. catholique de 
nostre temps touchant l'estat de la religion 



EMPSER — EINDTER 



137 



enrestienne; Anvers, Steelsius, 1558, p. 105), 
«lit, à l'occasion du mariage de Luther avec Ca- 
therine de Ruren , religieuse du couvent de 
r.rimma : « En dérision de quoi Gérome Empser 
« feit une belle rithme latine qu'il meit en quatre 
« parties de musique , et la feit publiquement 
« chanter. » 

EM Y-DE - LYLETTE (Antoine - Ferdi- 
nand), amateur de musique à Paris, au commen- 
cement de ce siècle, a fait graver un ouvrage de 
sa composition, sous ce titre : Théorie musi- 
cale, contenant la démonstration méthodique 
de la musique, à partir des premiers élé- 
ments de cet art jusques et compris la science 
de l'harmonie ; Paris, 1810, in-fol. Ce livre ne 
mérite aucune estime, soit sons le rapport de la 
rédaction, soit sons celui des exemples, qui sont 
écrits d'une manière fort incorrecte. 

EIVCIÎE (Henri), pianiste et compositeur, 
naquit à Neustadt (Bavière), en 1811, et vécut 
quelque temps à Jéna; il s'y faisait entendre dans 
des concerts en 1836. Plus tard, il se fixa à Leip- 
sick et s'y livra à l'enseignement du piano, li est 
mort dans celte ville, le 31 décembre 1859. Son 
premier ouvrage est une grande valse de fe'te 
pour piano, publiée à Leipsick, chez Hofmeister. 
Ses autres productions consistent particulière- 
ment en petites pièces pour le même instrument. 

ENCKHAUSEN (Hinri-Frédéric), orga- 
niste de la cour, à Hanovre, né à Celle, le 28 avril 
1799, reçut les premières leçons de musique de 
son père, instrumentiste de quelque mérite. 
Le petit nombre de musiciens qui se trouvait 
alors à Celle laissait souvent des vides dans les 
concerts. Cette circonstance fut cause que le 
jeune Enckhausen apprit à jouer de plusieurs ins- 
truments, tels que le violon, la flûte, la clarinette, 
le violoncelle, etc., afin de suppléer aux parties 
qui n'étaient point remplies. Ces connaissances 
pratiques lui furent ensuite fort utiles dans ses 
compositions. En 1810 il entra dans le corps de 
musique des cuirassiers de la garde, en garnison 
à Celle. C'est aussi vers cette époque qu'il essaya 
d'écrire des danses, des marches, des ouvertures 
et des solos pour divers instruments. Tout cela 
était assez faible et n'eut que peu de succès. 
Enckhausen comprit alors la nécessité de faire 
des études sérieuses dans l'art d'écrire. En 1826 , 
il se rendit à Berlin dans le but d'y perfectionner 
son talent sur le piano, sous la direction d'Aloîs 
Schmitt, et d'y étendre ses connaissances dans 
l'harmonie et dans la composition. Schmitt ayant 
été nommé organiste de la cour à Hanovre, En- 
ckhausen le suivit dans cette ville. Ses études de 
composition et de piano, et quelques leçons qu'il 
donnait en ville étaient les seules occupations aux- 



quelles il consacrait son temps. Après que Schmitt 
eut quitté Hanovre, son élève lui succéda dans lu 
place d'organiste de la cour et dans celle dfr di- 
recteur de l'école de chant fondée par le maître. 
Enckhausen eut aussi le titre de pianiste du duc 
de Cambridge, vice-roi du Hanovre. Les compo- 
sitions de cet artiste sont au nombre d'environ 
soixante-dix œuvres; elles consistent en suites 
d'harmonie militaire (Hanovre, Bachmann) , so- 
los et duos pour (Iule, et beaucoup de morceaux 
de différents genres pour le piano, parmi lesquels 
on cite des sonates pour piano seul ou piano à 
quatre mains (œuvres 11, 13, 32, 35, 59, 71, 76), 
un grand rondo avec orchestre, œuvre 10 e , les 
variations sur l'air allemand an Alexis, op. 21, 
et beaucoup d'autres. Enckhausen a écrit aussi 
130 chants pour quatre voix d'hommes, ainsi que 
beaucoup de chansons allemandes et le psaume 
100 à plusieurs voix. Quelquefois ce compositeur 
abuse de l'usage des modulations, défaut assez gé- 
néral dans l'école allemande de l'époque actuelle. 
Il a fait représenter à Hanovre, en 1832, l'opéra 
intitulé le Savoyard. Enfin , on a de lui un livre 
de mélodies chorales, pour les églises du royaume 
de Hanovre. 

ENDERLE (Guillaume-Godefroi), l'un des 
plus habiles violonistes de l'Allemagne, dans le 
siècle dernier, né à Bayreutb, le 21 mai 1722, 
apprit la musique à Nuremberg jusqu'à l'âge de 
quatorze ans, et passa ensuite un an à Berlin, 
pour y perfectionner son talent. En 1748 il en- 
tra au service de l'évêque de Wiirzbourg, et en 
1753 il fut appelé à Darmstadt comme maître 
des concerts de la cour. Il est mort dans cette 
ville, en 1793. Quoiqu'il ait beaucoup écrit pour 
son instrument et pour le clavecin, il n'a rien fait 
imprimer de ses ouvrages. Ses solos de. violon 
sont la seule production qui soit connue aujour- 
d'hui. 

EiXDIG( Charles), organiste à Leipsick, en 
1834, n'est connu que par six fugues pour l'orgue, 
publiées dans celte ville, en 1831. 

EIV'DRES ( S. J. ) , professeur de piano à 
Mayence, dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle , s'est fait connaître par la publication des 
ouvrages suivants : 1° Quarante variations ca- 
ractéristiques pour le clavecin. — 2° Yingt-quatie 
variations pour le clavecin, sur un menuet de 
Dietz. 

ENDTER (Chrétien-Frédéric), né en 1728, 
apprit les règles de la musique et l'art de tou- 
cher de l'orgue à Hambourg , sous la direction 
d'un savant organiste de l'église Saint- Pierre, 
nommé Pfeiffer, et forma son talent en partie d'a- 
près les conseils de cet habile artiste , et en parti* 
d'après ceu* de Charles-Adolphe Kunzen. Lors* 



138 



ENDTER — ENGELBERT 



qu'il eut atteint l'âge de dix-huit ans (en 1746), 
il obtint la place d'organiste à Buxtehude, dans 
le Hanovre, et, dix ans après, il alla en la même 
qualité à l'église luthérienne d'Altona. Après y 
avoir passé plus de trente ans, constamment li- 
vrée l'étude des meilleurs théoriciens sur son art, 
il est mort, le 20 mai 17*93. 11 a fait imprimera 
Hambourg, en 1757, un recueil de chansonssous 
ce titre : Lieder zum Scherz undZeitvertrieb 
(Chansons pour rire et passer le temps). Il a 
composé aussi une cantate sur des paroles latines, 
qui fut exécutée à Altona, à l'occasion du cou- 
ronnement du roi de Danemark, en 1767. 

ENDTER (J. N. ), compositeur, pianiste et 
organiste à Cassel, a commencé à se faire con- 
naître par ses ouvrages en 1837. En 1848, il a été 
appelé à la direction de la société de chant d'en- 
semble ou Leidertafel de cette ville. On a de lui 
quelques morceaux de piano publiés à Cassel, des 
motets pour des voix d'hommes, et l'oratorio 
intitulé : Der verlorene Solm (le Fils perdu ). 

EXGEL ( Je\n-Jacques ) né le 11 sep- 
tembre 1741, à Parchim, petite ville du duché de 
Meklembourg-Schwerin, où son père était pas- 
teur, fit ses études à l'université de Roslock, et 
se rendit à Leipsick , vers 1765, pour suivre les 
cours de philosophie. Les ouvrages qu'il publia 
l'ayant fait connaître avantageusement du public, 
on lui offrit une chaire à l'université de Gœt- 
tingue et ladirection de labibliothèquedeGolha; 
mais le désir de se rapprocher de sa mère lui fit 
préférer l'emploi de professeur de morale et de 
belles-lettres dans un gymnase de Berlin. Dans 
les dernières années du règne de Frédéric-le- 
Grand, il fut choisi pour enseigner les belles-lettres 
aux enfants du prince royal de Prusse, et, à l'a- 
vénement de ce prince au trône, on le chargea 
de la direction du théâtre de Berlin ; mais, bien- 
tôt dégoûté des tracasseries du théâtre, il se relira 
à Schwerin. Il est mort à Parchim, le 22 juin 1 802. 
Parmi ses ouvrages, on remarque celui-ci : Veber 
die musikalische Mahlerey , an den kœnigl. 
Kapellmeister Herrn Rcichardt ( Sur la pein- 
ture en musique, adressé au maître de chapelle 
Reichardt ) ; Berlin, 1780, in-8° de 48 pages. On 
trouve aussi des observations sur la musique 
dans sa Théorie du beau; Berlin, 1785, 2 vol. 
i:i-8°. Jansen a donné une traduction française 
tort médiocre d'une première dissertation de 
Engel sur ce sujet, sous le titre de : Idées sur 
le geste, dans son Recueil de pièces intéres- 
santes concernant les beaux-arts, les belles- 
lettres et la philosophie ; traduites de diffé- 
rentes langues ; Paris, 1781, 5 vol. in-8°. 

ENGEL ( Charles-Emmanuel ), né à Tech- 
nitz près de Dœbcln , en Saxe, fut d'abord or- 



ganiste de la chapelle de l'électeur de Saxe à Leip- 
sick, et ensuite directeur de musique de l'Opéra 
dirigé par Guardassoni. Il est mort dans le lieu 
de sa naissance, le 7 septembre 1795. On croit 
que ce musicien est le même que celui qui fut 
maître de chapelle de Varsovie vers 1772, et qui 
a publié six symphonies à huit parties. Engel a 
donné aussi au public : 1° Douze chansons avec 
ace. de clavecin ; Leipsick, 1790, in-4°. — 2° Trois 
petites sonates pour le clavecin; ibid. 11 a laissé 
en manuscrit plusieurs morceaux de musique 
d'église, et des pièces d'orgue. 

ENGEL ( David-Hermann ), directeur de 
musique et organiste de l'église principale de 
Mersebourg , en Prusse , est né a JN'eu-Ruppin, 
le 22 janvier 1816. Il reçut son éducation mu- 
sicale à Berlin, et fut d'abord professeur de 
piano dans cette ville. Le roi de Prusse lui a 
décerné une médaille d'or pour son livre choral 
et de pièces d'orgue à l'usage des dimanches et 
fêtes. On a de lui quelques petites pièces pour 
le piano, un recueil de pièces d'orgue, op. 2, des 
chants à voix seule avec ace. de piano, œuvres 
7, 8 et 11, le 81 e psaume à 4 voix et piano, etc. 
Son œuvre treizième, contenant huit pièces d'or- 
gue pour l'usage des fêtes solennelles, a été publié 
à Erlùrt, chez Kœrner. 

EIXGEL (Charles), compositeur de lieder 
à Berlin, dans les années 1842 à 1850 , n'est 
connu que par des recueils de chants à voix 
seule avec ace. de piano. 

ENGELBERT, abbé d'Aimont , ordre de 
Saint-Benoît, dans la haute Styrie, mourut en 
1331, après avoir administré son monastère pen- 
dant trente-quatre ans. Il a laissé un grand 
nombre d'ouvrages parmi lesquels se trouve un 
traité De Musica, publié par l'abbé Gerbert, 
dans sa collection des écrivains ecclésiastiques sur 
la musique, tom. 2, pag. 287-369, d'après un 
manuscrit de l'abbaye d'Aimont. L'ouvrage d'En- 
gelbert est divisé en quatre petits traités ; le pre- 
mier concerne la gamme et les signes de la musi- 
que, le second les intervalles et les proportions; 
le troisième et le quatrième, le chant et les tons 
de l'église. L'auteur se borne à développer la 
doctrine de Gui d'Arrezzo. 

ENGELBERT ( Charles-Marie ) savant 
hollandais qui vivait dans la seconde, moitié du 
siècle dernier, est cité par Forkel comme auteur 
d'un livre intitulé : Verdediging van de eer der 
hollandsche Natie en xrel ten aanzïcn zxin de 
Musijk, en tonecl Poezy, etc. 1777. ( Défense de 
la gloire de la nation hollandaise, en ce qui con- 
cerne la musique et la poésie lyrique, etc. ). 
Forkel n'indique ni le lieu de l'impression, ni le 
format du volume. Cet ouvrage a donné lieu à, 



ENGELBERT — ENGLER 



»3D 



un petit écrit qui a pour titre : Anmerkingen op 
Ç. M. Engelberts vcrdediging van de eer der 
hollandscheNatic, etc. ( Remarques sur la dé- 
fense de la gloire de la nation hollandaise, etc., 
par C. M. Engelbert) , grand in-8° de 40 pages. 
Voyez le journal hollandais intitulé Nederland 
Bibl., t. K, n° 3. 

ENGELBERTH( . . . ). On a sous ce nom 
quelques morceaux de musique instrumentale, 
dont voici les titres : 1° Polonaise pour violon 
principal et orchestre, op. 3; Leipsick, Creitkopf et 
Hœrtel. — 2° Variations pour violon; ibid. — 
3° Variations pour le basson, avec ace. de qua- 
tuor, op. 4; ibid. — 4° Variations pour le basson 
avec ace. de deux violons et basse, ibid. Aucun 
renseignement n'est fourni sur cet artiste dans 
les journaux de musique de l'Allemagne, ni dans 
les encyclopédies musicales. 

ENGELBREGHT ( Charles-Frédéric), or- 
ganiste de l'église principale de Havelberg , est né 
le premier septembre 1817, à Kyrits, dans le 
Brandebourg. On ne connaît de lui que quelques 
bonnes fugues pour l'orgue , publiées à Erfurt, 
chez Kœrner. 

ENGELBRONNER ( D' ). Yoy. Auih- 

GNY ( D' ). 

ENGELHARD ( Salomon ) chantre et pro- 
fesseur au collège deEisleben.au commencement 
du dix-septième siècle, a publié un recueil de 
morceaux à six voix des meilleurs compositeurs 
de son temps , sous ce titre : Musikalisches 
Streit-Krxntzlcin, hiebevor von den besten 
Componisten in ivelscher Sprach pro certa- 
mine, mit& Slimtnen componirl, nun mehr 
verteutscht ; Nuremberg, Kauffman, 1613, in-4°. 

ENGELMANN (Georges ),musicien alle- 
mand, né à Mansfeld, en Saxe, dans la deuxième 
moitié du seizième siècle, obtint le droit de 
bourgeoisie à Leipsick vers 1620, et eut le titre 
de musicien de l'université de cette ville. Ces 
circonstances sont indiquées par un de ses ou- 
vrages qui a pour litre : Fasciculus site Mis- 
sus secundus quinque vocum cujusmodi Pa- 
duanas et Galliardasvulgo vocant, in lucem 
editus per Georgium Engelmanum Mansfcl- 
densem Lipsiensis Academix civem ac mu- 
sicum. Lipsix, imp.per Laurent. Cober, sump- 
iibus hxredum Thomx Schuri, 1621, in-4°. 
Ce recueil contient 22 numéros; c'est le second 
livre de l'ouvrage indiqué ci-après au n° 2. En- 
gelmann a laissé en manuscrit des discours sur 
la musique ancienne et moderne. Outre cela, on 
a de lui : 1° Quod libitum latinum, à 6 voix , 
Leipsick, 1620. — 2° Paduanen undGagliar- 
den, à 5 voix, trois volumes , dont le dernier a 
paru à Leipsick en 1622. 



ENGELMANiV (...); on a sous ce nom 
un article sur la musique considérée comme 
moyen d'éducation ( Musik ah Erziehungs Mit- 
tel), dans la septième année de la Gazettt mu- 
sicale de Leipsick, pag. 633. 

EIVGLER ( Michel ),chef d'une famille de 
facteurs d'orgues distingués, -naquit à Brieg en 
Silésie, le 6 septembre 1688, et s'établit à Bres- 
lau, en 1722. Il mourut, en cette dernière ville, 
le 15 janvier 1760. C'était un homme fort ha- 
bile, à qui la facture de l'orgue est redevable de 
plusieurs perfectionnements considérables. Ses 
meilleurs instruments se trouvent àOlmiitz, à 
Saint-Nicolas de Brieg, dans les églises du cou- 
vent de Grùssau. On trouve aussi des orgues de 
sa construction à Oels, Trebnitz , Schwanewetz, 
Posen et Kosten. Le nombre de celles qu'il a 
faites s'élève à vingt-cinq grandes et petites ; il 
commença la construction de l'orgue de Brieg 
au mois de juin 1724, et ne la termina que le 31 
décembre 1730. 

EiXGLER (Théophile-Benjamin), fils du 
précédent , et comme lui facteur d'orgues et de 
clavecins , naquit à Breslau vers 1725. Quoiqu'il 
eût moins de génie que son père, il est compté 
parmi les bons artistes de l'Allemagne , et l'on a 
de lui de beaux instruments de grande dimen- 
sion, parmi lesquels on remarque les orgues de 
Glogau, de Wohlau , de Fribourg et de Weigels- 
dorf. Il a fait aussi des réparations importantes à 
plusieurs grandes orgues, et c'est lui qui a ter- 
miné le bel orgue de Sainte-Elisabeth de Bres- 
lau, qui était resté inachevé à la mort de son 
père. Engler a cessé de vivre le 4 février 1793. 

EIXGLER ( Jean -Théophile - Benjamin ) , 
petit-fils de Michel et fils du précédent, est né à 
Breslau, le 28 septembre 1775. Il n'était âgé que 
de dix-sept ans quand il perdit son père , et 
malheureusement son instruction dans la fac- 
ture de l'orgue était alors peu avancée. Il man- 
quait d'ailleurs de connaissances dans les mathé- 
matiques, le dessin et la musique, connaissances 
indispensables à l'homme qui veut inventer ou 
perfectionner dans la fabrication des instruments ; 
mais il était doué d'une patience à toute épreuve, 
et avait pour la perfection des détails un goût 
si décidé, que tout ce qui est sorti de ses mains 
porte le cachet d'un fini supérieur aux ouvrages 
de son père et même de son aïeul, bien qu'il 
n'eût pas le génie inventif de celui-ci. La souf- 
flerie de l'orgue, l'harmonie des jeux, lui doivent 
beaucoup d'améliorations en pratique. Presque 
toutes les orgues qu'il a restaurées se sont trou- 
vées meilleures et plus finies, quand il les eut 
réparées, que dans leur origine. Cependant il était 
si lent dans son travail, si minutieux, et en mémo 



140 



ENGLER — ENGRAMELLE 



temps si entêté à travailler seul et sans aide, 
qu'if ne livrait presque jamais ses ouvrages aux 
époques déterminées par ses engagements . 
Celte lenteur dans ses travaux lui attira quel- 
quefois d'assez grands désagréments , et l'empê- 
cha de sortir de l'état d'indigence où il a passé 
toute sa vie. Il est mort à Breslau, le 15 avril 
1829. Ses principaux ouvrages sont : 1° Un beau 
positif de huit jeux, fait en 1795 pour le salon 
de musique de M. Krieger de Breslau. — 2° Un 
orgue de neuf jeux pour l'église de Schweitsch 
( en 1797 ). — 3° Un orgue de onze jeux pour 
l'église de Schwartzau, près de Loben (1797 ). 
— 4° L'orgue de l'église de Herrenprotsch, à dix 
registres ( 1799. ) — 5° L'orgue de vingt jeux 
et deux claviers de l'église de Peterwitz près 
de Schweidnitz ( 1800). Depuis cette époque 
jusqu'en 1811, il lit presque toujours des répara- 
tions d'orgues anciennes. — 6 ° Un orgue à 
douze |eu\ et deux claviers dans l'église du fau- 
bourg INicoluï de Breslau. — 7° En 1813 il en- 
treprit la restauration du grand orgue de Sainte- 
Mai ie-Madeleine à Breslau. Cet orgue avait été 
achevé par Michel Boeder en 1724 : Engler y 
emplova neuf années de travail, et fit monter la 
dépense à 9 mille lhalers ( environ 37,500 
francs ). Bien des réclamations s'élevèrent contre 
lui i> cette occasion ; mais, quand il eut livré l'ou- 
vrage en 1822, on avoua qu'il y avait mis une 
rare perfection. Beaucoup d'autres réparations 
importantes furent faites par lui. Au moment où 
il est mort, il était en marché avec le magistrat 
de Francfort pour la construction d'un grand 
orgue de cinquante jeux. 

EiXGLER ( Philippe ), recteur de l'école ca- 
tholique de Bunzlau, et professeur d'harmonie 
au séminaire évangélique, est né le 14 avril 
1786 à Seflendorf. Bon harmoniste et organiste 
de quelque mérite, il a publié : 1° Douze mor- 
ceaux pour l'orgue, op. 1 ; Berlin, 1822. — 2° 
Quatorze pièces d'orgue de diflérents caractères, 
2 e recueil ; ibid. — 3° Morceaux faciles pour 



l'orgue, 3 e recueil ; ibid. 



4° Handbuch 



der Harmonie , oder iheoretisch-prahtische 
Prxludir-Schule fur aile, die sich oder an- 
ders in der Tonsetzkunst unterrichlen oder 
zu Organisten bilden wollen ( Manuel d'har- 
monie ou École théorique et pratique de l'art de 
préluder, etc. ); Berlin, 1825 , Trautwein, in-4°, 
en deux parties. Engler a laissé en manuscrit 
une petite méthode d'accompagnement, des re- 
cueils de pièces d'orgue, quelques morceaux de 
piano, des airs, des pièces de chant à l'usage des 
écoles et des cantates. 

ENGLERT (Antoine ), né le 4 novembre 
107 i à Schweinlùrt, où son père était musicien 



de la xille, se rendit, en 1693, à l'université de 
Leipsick, pour y étudier les sciences, particu- 
lièrement la théologie. Il y apprit aussi la musique 
et la composition sous la direction de Strunck, de 
Schadeetde Kuhnau. En 1697, il retourna dans 
sa ville natale pour y occuper la place de cantor. 
Vingt ans après il fut nommé co-recteur, et, en 
1729, recteur et organiste. 11 a écrit plusieurs 
années complètes de musique d'église qui annon- 
cent du savoir. 

ENGRAMELLE ( Marie-Dominique-Jo- 
seph ) moine de l'ordre de Saint-Augustin, au 
monastère de la reine Marguerite, à Paris, na- 
quit à Nédonehal, en Artois, le 24 mars 1727. Il 
se livra de bonne heure à l'étude des sciences, et 
surtout de la mécanique. Le résultat de ses re- 
cherches fut un ouvrage qu'il publia sous le ti- 
tre de : La Tonoteclmie, ou l'art de noter les 
cylindres, et tout ce qui est susceptible de no- 
tage dans les instruments de concerts méca- 
niques; Paris, 1775, in-8°. La matière était 
neuve, car ce livre est le premier où l'on ait ré- 
vélé les secrets d'un art dont les luthiers faisaient 
un mystère (\). C'est aussi au P. Engramelle 
qu'appartient tout ce qui a rapport au notage 
dans l'Art du facteur d'orgues , de D. Bédos. 
La Borde rapporte (Essai sur la musique, t. 2, 
pag. 622), l'anecdote suivante sur cet habile 
mécanicien. « Un virtuose italien se trouvait en 
« Lorraine, à la cour du roi Stanistlas; il avait 
« exécuté des pièces de clavecin fort admirées, 
« mais qu'il n'avait voulu donner à personne. 
« Baptiste, musicien du roi de Pologne, en parla 
« au père Engramelle, qui crut entrevoir le moyen 
« d'avoir ces pièces et qui engagea Baptiste à lui 
« amener son claveciniste quelques jours après. 

« Pendant cetintervalle, le P. Engramelle plaça 
« sous son clavecin un grand cylindre couvert 
« de papier blanc, et recouvert de papier noirci à 
« l'huile. Il fit un clavier de rapport, dont les 
« touches répondaient à celle du clavecin , en 
« sorte que tout ce qu'on exécutait sur le cla- 
« vecin, se trouvait marqué sur le cylindre à 
« l'aide du papier noirci, Ce cylindre était mis 
« en mouvement par une manivelle placée à la 
« pointe du clavecin, et porté sur des bois à vis , 
« en sorte qu'il avançait un peu de côté à chaque 
« tour, afin que les différentes marques ne pus- 
ce sent se .confondre. Sa révolution totale était 
« de quinze tours, et durait environ trois quarts 
« d'heure. Tout ce mécanisme fut masqué de la 
« manière la plus adroite. Le claveciniste se 
« rendit chez le père Engramelle au jour con- 

(1) Ce que Saloraon de Caus et d'autres av.iient donné 
auparavant sur ce sujet était de peu d'Importance. 



ENGRAMELLE 

« venu, et il exécuta ses pièces. Dès qu'il fut 
•■ sorti , le père Engramelle découvrit son 
« cylindre, où il ne manquait pas une note. L'I- 
« talien étant revenu quelques jours après, on 
« lui fit entendre une serinette qui répétait ses 
« pièces et imitait jusqu'aux agréments de son 
« jeu. Sa surprise ne saurait se peindre, et il ne 
« put s'empêcher d'applaudir lui-même à un lar- 
« cin fait d'une façon si ingénieuse. » 

Toute cette histoire est peu vraisemblable. Le 
clavier ajouté aurait rendu celui du clavecin si 
lourd, qu'on n'aurait pu le jouer que difficilement 
et toute cette mécanique aurait fait assez de bruit 
pour avertir l'artiste de ce qui se passait : mais 
une difficulté bien plus grande est celle de la 
mesure, car la valeur des notes ne pouvait être 
représentée que par la dislance verticale qui 
se trouvait entré les points, et cette distance 
était le résultat de la rotation du cylindre ; or 
comment supposer que la main qui imprimait le 
mouvement à la manivelle ait agi assez régulière- 
ment et dans un rapport assez exact avec la me- 
sure des pièces exécutées , pour que ces valeurs 
aient été lidèlement représentées ? Au reste, le père 
Engramelle n'est pas le seul qui ait essayé de no- 
ter par une mécanique les improvisations faites au 
clavecin; de pareils essais ont été faits en Alle- 
magne et en Angleterre ( Yoy. Frecxe et Vu- 
cer ) ; mais le résultat a toujours été nul. Dans 
une assemblée sur les beaux-arts, tenue chez 
M. de la Blancherie, le 21 avril 1779 , le père 
Engramelle a lu un mémoire sur un instrument 
de son invention, propre à donner, selon lui, la 
division géométrique des sons, d'où résulterait 
l'accord le plus parfail des instruments à clavier. 
C'était une idée fausse, sans application possible: 
l'auteur est mort en 1781. 

ENGSTFELD ( Pierre-Frédéric), profes- 
seur de musique au gymnase deDuisbourg,est né 
le 6 juin 1793 à Heiligenhaus (dans l'arrondis- 
sement de Dusseldorf ). En 1820, il a été appelé 
à Ouisbourg, pour y remplir les fonctions de 
•professeur. Tous les travaux de cet artiste ont 
eu pour objet l'enseignement dans les écoles. 
Les ouvrages qu'il a publiés dans ce but sont : 
1° Description abrégée du système tonal re- 
présenté par des chiffres (Kurze Beschreibung 
des Tonziffern-System),avec une défense de ce 
système : ouvrage rédigé pour favoriser l'ensei- 
gnement du chant dans les campagnes ; Essen , 
Bfedecker, 1825, in-8°. —2° Kleine practische 
Gesangschule (Petite école pratique du chant, 
à l'usage des commençants) ;ibid., 1828, in-8°. — 
3° Plusieurs morceaux de musique chorale 
notée en chiffres, d'après la méthode de Natorp. 
— 4° Petit Guide du chant pour les écoles élé- 



ENNELIN 



141 



mentaires ( Gesangfibel fur Elementarschule), 
ou trois cents petites phrases musicales métho- 
diquement disposées, selon le système de la mu- 
sique chiffrée; ibid., 1831, in-8°. — 5° Prin- 
cipes de la basse continue, suivis de questions 
pour les commençants dans l'art de jouer les 
chorals (Grundzùge des Generalbasses , nebst 
Angabe fur angehende Choralspieler) ; ibid., 
1828, in-4° de 77 pages. 

ENICCEL1US (Tobie), compositeur, né 
à Leskow en Bohême, cantor à Flensbourg, 
vers 1655, passa dix ans aptes à Tonningen, 
pour y remplir les mêmes fonctions. Il a fait 
imprimer : Die Fricdensf rende , bey anges- 
telltem œffentlichen Dankfeste , in einer mu- 
sikalischen Harmonie, alsfûnf Yocalstimmcn, 
zwey Clarinen und zwey Violinen zu musici- 
ren; Hambourg , 16G0. Outre cela, il a mis aussi 
en musique les épUres d'Opilz, pour les diman- 
ches et les jours de fêtes. 

ENNELIN (Sébastien), né vers 1650 ou 
1655, fut d'abord enfant de chœur de la maîtrise 
de Saint-Quentin , et, après le décès d'Antoine 
Gras, maître de chant du chœur de la chapelle 
Saint- Louis, il lui succéda dans cette charge, le 3 
juillet 1680. Il vivait encore en 17 19, car une 
de ses compositions porte celte date. Ennelin l'ut 
un laborieux compositeur pour l'église. La bi- 
bliothèque de la collégiale de Saint Quentin pos- 
sède encore aujourd'hui trois gros recueils ma- 
nuscrits des œuvres de ce musicien, parmi les- 
quelles on remarque sept messes, les antiennes 
delà Vierge traitées de diverses manières, quinze 
Salutaris, les hymnes du Carême, des motets , 
etc. Ces volumes, grand in-folio, offrent toutes 
les parties de chaque composition en regard, 
pour être lues au lutrin. Le premier volume, 
relié en parchemin, est le plus ancien des trois : 
il est daté de 1709; tous les morceaux qu'il ren- 
ferme sont dédiés à la Vierge. On y trouve 8 
Suive Regina, à 4 et à 6 voix , 4 Aima Re- 
dempioris, 4 Ave Regina, 2 Inviolata et 3 
Regina Cœli, le tout à quatre parties, un Pie 
Jesu, une Messe à quatre voix en fa majeur, 
laquelle a pour titre : Maria mater gralix, et 
enfin le motet à quatre, sur le texte : Domine, 
quinque talenta. Le second volume, également 
in-folio, porte à la première page une dédicace fl 
messieurs les chanoines du chapitre de Saint- 
Quentin. Le premier ouvrage qu'il contient est 
une messe des morts qui a été célèbre dans le 
pays, et pour laquelle on voit qu'Ennelin a reçu , 
en 17 14, soixante livres de gratification. Cette 
messe, à cinq parties , renferme l'introït Re- 
quiem seternam, le graduel Si ambulabam, sui- 
vant l'usage de Paris, et un autre graduel sur 



U2 



KJNNELIN — EPP 



le chant romain Requiem, etc., la prose Dies 
irx, l'offertoire Domine Jesu Christe, le Sanc- 
tus et ï'Agnus. La première strophe du Dies 
irx est établie sur le plain-chant autrefois en 
usage dans l'église de Noyon. Cette messe est 
suivie des hymnes du Carême: Audi bénigne; 
— Christe qui lux es et dies; — Vexilla ré- 
gis; — et Da pacem. Le troisième volume, 
manuscrit in-fol. relié en veau, avec des fer- 
moirs, porte la date de 1718 : il contient 15 Sa 
lularis, en différents tons, et tous à cinq par- 
ties, et cinq messes. La première (Exaltabo te 
Domine ) est en ut majeur : la seconde ( Gallo 
canente), est en ré mineur; la troisième (Hacc 
est vera fralernitas), en la mineur. Ces trois 
messes sont écrites à quatre voix (soprano, 
alto, ténor et basse). La quatrième messe, écrite 
en 1719, est à trois voix d'enfants de chœur, à 
savoir deux soprani et contralto ; elle a pour 
titre : Ore infantium. La cinquième messe, inti- 
tulée : Sencs cum junioribus, en fa, est écrite 
pour deux soprani, ténor et basse (1). 

EiXiXO (Sébastien), compositeur italien , qui 
vivait vers le milieu du dix-septième siècle, a pu- 
blié un ouvrage de sa composition intitulé -.Arioso 
e cantate, libro primo e secondo; Venise, 
1C55, in-8° obi. 

EIXSCHEDÉ (Jean), habile imprimeur 
hollandais, avait établi sa typographie à Harlem , 
vers le milieu du dix-huitième siècle. Il se dis- 
tingua par la netteté et la correction de ses édi- 
tions. Un graveur de caractères allemand, 
nommé Eleischmann , qui avait eu connaissance 
des procédés de Breitkopf, pour l'impression de 
la musique par les caractères mobiles, proposa 
à Enschedé une association pour l'exploitation de 
ce genre d'industrie : sa proposition fut accep- 
tée. Les caractères de musique d'Enscliedé sont 
beaux, bien proportionnés et d'une lecture plus 
facile que ceux de Breitkopf. 

EiXSLIIV (Philippe), maître de chapelle à 
Welzlar, vers la fin du siècle dernier, a fait 
graver les ouvrages suivants : 1° Trois quatuors 
pour clavecin avec deux violons et basse; 
Francfort, 1786. — 2" Le Franc-maçon, chan- 
son; ibid. — 3° Andante avec variations pour 
clavecin, deux violons, deux flûtes, deux cors 
et basse; Offenbach, 1787. Il a publié aussi 
quelques pièces détachées dans les journaux de 
musique du temps. 

E1VT (Georges), médecin anglais, né en 1603 
à Sandwich, fit ses études à Cambridge, et alla 
prendre ses degrés de docteur en médecine à Pâ- 
li) Les renseignements pour cette notice m'ont été four- 
nis par M. Charles Gomart (voy. ce nom ). 



doue. De retour à Londres, il fut un des premieis 
membres de la Société royale de médecine. 
Charles II le créa chevalier à l'issue d'une de 
ses leçons publiques, à laquelle ce prince avait 
assisté. Il estmort le 13 octobre 1688, âgé de quatre- 
vingt-six ans. Enta publié, dans le 22 n,e volume des 
Transactions philosophiques ( pag. 1010) , une 
dissertation intitulée : An essay tending to 
make a probable conjecture of lemper, by 
the modulation of the voice in ordinary dis- 
course. 

EKVALSOIV (Charles), notaire public à 
Stockholm , et membre de l'Académie royale de 
musique de la même \ille, au commencement 
de ce siècle, fut attaché pendant plus de vingt 
ans au théâtre de l'Opéra de cette capitale. Il est 
le premier auteur de sa nation qui ait publié un 
dictionnaire de musique. Ce livre a pour titre : 
Svenskt musikaliskt Lcxikon, efter Grekiska , 
Latinska , Italiensila och Franska sprxken 
(Dictionnaire suédois de musique, d'après la no- 
menclature des langues grecque, latine, italienne 
et française) ; Stockholm, J802, 346 p. in 8°, 
avec 14 planches. Les Dictionnaires de Brossard 
et de Bousseau, ainsi que la Théorie des beaux- 
arts de Sulzer, ont été les sources principales où 
a puisé l'auteur de cet ouvrage. 

EPIGONE, citharède, originaired'Ambrarie, 
fut fait citoyen de Sicyone , où il passa la [dus 
grande partie de sa vie. Il inventa un instrument 
monté de quarante cordes, qui fut appelé Épigo- 
nion ou Épigone, de son nom. Athénée ( lib. 4, 
c. 24) dit que cet instrument changea de forme 
par la suite, mais qu'il conserva toujours le nom 
de son inventeur. Il y a vraisemblablement quel- 
que erreur dans le nombre des cordes de VÉpi- 
gonion, à moins que les éléments des trois 
genres, pour tous les modes, n'y eussent leurs 
cordes spéciales; car le système général des 
Grecs, y compris toutes les-cordes des genres 
chromatique et enharmonique, ne renferme que 
trente-neuf sons. 

EP1SCOPUS (Melchior), nom latin d'un» 
musicien appelé -B/sc/io//", qui, au commencement 
du dix-septième siècle, fut pasteur à Cobourg et 
surintendant de la province. On a de lui une 
Passion à six voix quia pour titre : Christi ago- 
nizantis precatio ardent issima, numeris mu- 
sicis VIvocum ornata ; Cobourg, Justus Hauck, 
160S,in-4°. 

EPP ( Frédéric ) , naquit à Neuenheim, près 
de Heidelberg. Son père, qui était instituteur dans 
cette ville, lui donna des leçons de musique. 
Vers 1770, il entra dans l'artillerie de l'électeur 
Palatin. Sa belle voix ayant été remarquée à Man • 
heim, où il chantait souvent dans la musique du 



EPP — ÉRARD 



in 



chœur, à l'église de la garnison, le chanteur de 
la cour Hartig entreprit de lui donner des leçons 
de chant, et, au bout de trois ans, Epp, devenu 
un chanteur habile, fut placé (en 1779) au théâ- 
tre de la cour comme premier ténor. Son 
chant et son jeu lui procurèrent des succès sur 
les théâtres de Munich et de Stultgurd, où il dé- 
buta ; mais une mélancolie noire s'étant empa- 
rée de lui, il fut perdu pour la musique, le 
théâtre et ses amis. Il mourut à Manheim en 
1802. 

EPPIIXGER (Henri) , amateur de musique, 
demeurant à Vienne en 1796, était à cette époque 
un des plus habiles violonistes de la capitale de 
l'Autriche, il était élève de Zissler, virtuose hon- 
grois. Parmi ses compositions, on remarque celles 
dont les titres suivent : 1° Danse russe variée 
pour deux violons et basse ; Vienne, Artaria. 
— 2° Six variations sur : Nel cor più non mi 
senlo, avec violoncelle; ibid. — 3° Six variations 
sur l'air : A Reindetl anda Schisserl, op. 3; 
ibid. — 4° Douze variations pour violon; Pa- 
ris, Pleyel, 1799. 

ERARD (Sébastien) , un des plus célèbres 
facteurs d'instruments de musique, et celui dont 
les découvertes ont été les plus utiles aux pro- 
grès de son art, naquit à Strasbourg, le 5 avril 
1752, et fut le quatrième enfant de Louis-Antoine 
Érard, fabricant de meubles, qui ne s'était marié 
qu'à l'âge de soixante-quatre ans. 11 tenait de son 
père une constitution robuste qui n'a pas peu con- 
tribué à ses succès ; car elle lui a permis de se livrer 
à ses travaux avec une assiduité qui aurait altéré 
la santé d'un homme moins heureusement orga- 
nisé. A cet avantage, il joignait un esprit hardi, 
entreprenant, et, ce qui est plus rare, une persé- 
vérance sans bornes dans ses projets ou dans 
les inventions qu'il voulait exécuter. Son carac- 
tère décidé se manifesta dès son enfance. A l'âge 
de treize ans, il monta au plus haut point du clo- 
cher de la cathédrale de Strasbourg, et s'assit 
en dehors sur le sommet de la croix : trait de 
courage et d'adresse qui ne s'est peut-être pas 
répété depuis. 

Vers l'âge de huit ans, Sébastien Érard fut en- 
voyé dans les écoles de Strasbourg pour y étudier 
l'architecture, la perspective et le dessin linéaire, 
genre de connaissance indispensable à qui veut se 
livrera l'art des constructions et aux arts méca- 
niques. Il y joignit un cours de géométrie pra- 
tique; mais son esprit inventif ne tarda. pas à 
lui suggérer des méthodes particulières pour la 
résolution des problèmes qu'il se proposait à lui- 
même. Celte première éducation , qui répondait 
aux besoins de son imagination , lui fut dans la 
«nite d'un grand secours pour tous ses travaux. 



Continuellement occupé d'inventions nouvelles, 
son esprit était sans cesse en méditation , et 
son crayon lui fournissait les moyens de résoudre 
toutes les difficultés avant qu'il se livrât à la 
construction. Dans la dernière moitié île sa vie, 
il dormait peu. Son lit était couvert de papiers 
sur lesquels il traçait des plans d'amélioration 
d'instruments ou d'inventions nouvelles. Ses li- 
vres même , à défaut de papier, étaient couverts 
de tracés de pièces mécaniques. Cette facilité 
d'exprimer ses idées par le dessin lui a épargné 
bien des essais superflus et bien des dépenses 
inutiles. Au moyen de ses connaissances posi- 
tives en mécanique, Érard voyait avec nettelé 
les objets dont il s'occupait et évitait les tâtonne- 
ments, qui font le désespoir des hommes d'in- 
vention dont l'éducation élémentaire a été négli- 
gée. Lui-même avouaitdanssa vieillesse les avan- 
tages qu'il avait retirés de cette éducation, et di- 
sait souvent qu'il devait ses succès au dessin, à 
la géométrie et à la mécanique. Les moyens 
d'exécution ne lui manquaient jamais : dès qu'il 
tenait le principe de ce qu'il voulait faire, il im- 
provisait quelquefois trois ou quatre modèles 
fonctionnant dans des systèmes différents, et choi- 
sissait ensuite celui qui remplissait le mieux son 
but, abandonnant les autres, et mettant au rebut 
des choses que d'autres ont cru trouver ensuite 
comme des perfectionnements de ce qu'il avait 
fait. De cette facilité d'invention et d'exécu- 
tion résulte cette multitude de modèles de 
tout genre qui se trouvent aujourd'hui dans 
les ateliers et dans les magasins de Londres et 
de Paris. 

Ses heureuses dispositions et son aptitude au 
travail lui avaient assuré de bonne heure une 
grande supériorité sur ses condisciples; aussi 
était-il toujours décoré de la croix de mérite que 
l'on accordait au plus habile dans les écoles de 
Strasbourg. Travaillant dans les ateliers de son 
père, il avait acquis de bonne heure ce qu'on 
nomme la main, c'est-à-dire l'habileté dans le 
maniement des outils, genre de mérite indis- 
pensable à qui est destiné à diriger des ouvriers 
et à les former. Un professeur de l'école du gé- 
nie de Strasbourg, qui connaissait l'aptitude du 
jeune Érard pour l'exécution, s'adressait à lui 
pour faire construire les modèles dont il se ser- 
vait pour les démonstrations de son cours, et 
lui disait souvent, admirant la perfection de son 
travail et ses idées ingénieuses : Jeune homme, 
vous devriez entrer dans le génie , votre place 
y est marquée. 

Il était encore enfant lorsqu'il perdit son père, 
dont la mort laissait sans fortune une veuve et 
plusieurs enfants. Sébastien prit la résolution de 



141 



ÉRA1U) 



se rendre à Paris pour y chercher de l'emploi, 
et partit de Strasbourg à l'âge de seize ans, ayant à 
peine l'argent nécessaire pour le voyage. Son par- 
rain, homme riche, auquel il alla faire ses adieux, 
ne lui donna que sa bénédiction, et la seule chose 
dont il ne se montra point avare fut l'eau bénite 
qu'il lui jeta sur la tête. Ce fut vers 1768 que le 
jeune Érard arriva à Paris; il s'y plaça chez un 
facteur de clavecins dont il devint bientôt le 
premier ouvrier, et dont il excita la jalousie par 
sa supériorité. Ce facteur, importuné des ques- 
tions que lui faisait Érard sur les principes qui 
le dirigeaient dans ses constructions, et ne sa- 
chant comment y répondre, finit par le congédier 
en lui reprochant de vouloir tout savoir. Un 
autre facteur renommé du même instrument, en- 
core en vogue à cette époque, ayant été invité à 
construire un instrument qui exigeait d'autres 
connaissances que celles qu'il avait acquises par 
ses habitudes routinières , se trouvait fort em- 
barrassé pour satisfaire à cette demande : sur 
la réputation naissante du jeune Érard, il alla le 
trouver et lui proposa d'exécuter l'instrument 
moyennant un prix convenu, mais sous lu condi- 
tion que le facteur y mettrait son nom. Érard y 
consentit; mais, lorsque l'instrument fui livré à 
la personne qui l'avait commandé, et qui sans 
doute avait peu de confiance dans l'habileté du 
fadeur, celte personne, étonnée de la perfection 
du travail, demanda au maître facteur s'il en était 
réellement l'auteur; celui-ci, pris au dépourvu, 
avoua que l'instrument avait été construit pour 
lui par un jeune homme nommé Érard. Celte 
aventure se répandit dans le monde musical et 
commença à fixer l'attention sur le jeune artiste : 
celui-ci acheva de se faire connaître avantageuse- 
ment par son clavecin mécanique, chef-d'œu- 
vre d'invention et de facture qui causa la plus 
vive sensation parmi les artistes et les amateurs 
de Paris. Ce morceau remarquable avait été 
construit pour le cabinet de curiosités de M. de 
la Blancherie (1). L'abbé Roussier en fit une 

(i) Ce clavecin était remarquable par plusieurs inven- 
tions dont on n'avait pas l'idée auparavant. On y trouvait 
trois registres de plume et un de buffle ; une pédale y fai- 
sait jouer un chevalet mobile qui, s'interposant sous les cor- 
des à la moitié de leur longueur, les faisait monter tout a 
coup d'une octave; invention qu'un facteur de Paris, 
nommé Schmidt, a renouvelée dans le piano a l'exposition 
des produits de l'industrie de 1806, c'est-à-dire trente ans 
après qu'Krard l'eut trouvée. En appuyant par degrés le 
pied sur une pédale attachée au pied gauche du clavecin, 
on relirait le registre de l'octave aigué, celui du pelit cla- 
vier, celui du grand clavier, et l'on faisait avancer le re- 
gistre de buffle. En diminuant la pression du pied sur la 
pédale, on avançait le registre de l'octave aigué, celui du 
petit clavier, celui du grand clavier, et l'on retirait le Jeu l 
<le buffle. Enfin, lorsqu'on voulait faire parler a la fois tous ' 



desctipliou détaillée qui fut insérée dans iV 
Journal de Paris, et qui fut ensuite reproduile 
dans YAlmanach musical de Luneau -de-Bois- 
Germain, en 1780. 

Sébastien Érard n'avait pas vingt-cinq ans, et 
déjà sa réputation était si bien établie que c'é- 
tait toujours à lui qu'on s'adressait pour toutes 
les choses nouvelles qu'on voulait faire exécuter. 
Il était recherché par les hommes les plus distin- 
gués : l'un d'eux l'introduisit chez la duchesse 
de Villeroy, qui aimait les arts , protégeait les 
artistes, et qui avait surtout un goitt passionné 
pour la musique. Elle voulait qu'Érard demeurât 
chez elle, et lui offrait un engagement avantageux ; 
mais le désir de conserver son indépendance lui 
fit refuser ces propositions. D'ailleurs, il avait 
déjà conçu le projet d'un voyage en Angleterre, 
et brûlait du désir de le réaliser. Il fut seulement 
convenu qu'il resterait chez la duchesse le temps 
nécessaire pour exécuter plusieurs idées de celle 
dame, qu'il aurait dans l'hôtel de Villeroy un ap- 
partement convenable à ses travaux, et qu'il joui- 
rait de la liberté la plus entière. Dans sa vieil- 
lesse , Érard se plaisait encore à rendre hommage 
à la bonté de M me de Villeroy, et à parler de la 
reconnaissance qu'elle lui avait inspirée. 

Ce fut dans l'hôtel de Villeroy qu'il construisit 
son premier piano. Cet instrument, <onnu en 
Allemagne et en Angleterre depuis plusieurs an- 
nées, élail peu répandu en France, et le pelit 
nombre de pianos qui se trouvait à Paris 
y avait été importé de Ratisbonne, d'Augsbourg 
ou de Londres. Il était de bon ton dans quel- 
ques grandes maisons d'avoir de ces instruments 
étrangers. M™e de Villeroy demanda un jour à 
Érard s'il ferait bien un piano; sa réponse fut af- 
firmative et prompte comme sa pensée : déjà 
le piano était dans sa tête. Il se mit aussitôt 
au travail. Comme tous ses ouvrages , ce premier 
piano sorti de ses mains portait le cachet de 
Phomme d'invention et de goût : il fut entendu 
dans le salon de M me de Villeroy par tout ce que 
Paris renfermait alors d'amateurs et d'artistes 
distingués, et produisit la plus vive impression. 
Beaucoup de grands seigneurs s'empressèrent de 
lui demander des instruments du même genre; 
mais ils ne furent pas si prompts à s'acquiller de 
ce qu'ils lui devaient: la plupart ne le payèrent 
point. 

Ce fut vers cette époque que son frère, Jean- 
Baptiste Érard, vint le joindre. Travailleur infa- 
tigable, homme intègre et loyal, Jean-Baptiste a 

les jeux, on se servait d'une pé.lale attachée au pied droit 
du clavecin, sans être obligé d'attirer le petit clavier au- 
dessusdugrand .etconséqiiemmentsans interrompre l'exé- 
cution, comme cela s« faisait aux autres clavecins. 



ERARD 



14* 



partagé depuis lors les travaux , les succès et 
les revers de Sébastien. L'accueil favorable que 
le public faisait aux instruments sortis de leur 
fabrique les obligea bientôt à" quitter l'hôtel de 
Villeroy pour un établissement plus vaste qu'ils 
fondèrent dans la rue de Bourbon ( faubourg 
Saint-Germain ) : insensiblement et par les ef- 
forts des deux frères, cet établissement finit par 
devenir le plus beau de l'Europe. 

Les succès toujours croissants de Sébastien 
Érard excitant la jalousie des luthiers de Paris 
qui faisaient le commerce des pianos étrangers, 
l'un d'eux, dont il est inutile de tirer le nom de 
l'oubli où il est tombé, fit pratiquer une saisie 
chez Érard, sous prétexte que cet artiste ne s'é- 
tait pas rangé sous les lois de la communauté 
des éventaillistes , dont l'état de luthier fai- 
sait partie. Érard trouva facilement parmi ses 
protecteurs des personnes en crédit à la cour, et, 
sur le rapport favorable qui fut fait au roi de son 
mérite et de ses mœurs, il obtint de Louis XVI 
un brevet flatteur qui constatait les services qu'il 
avait rendus à l'industrie française. Par l'effet de 
cette protection , l'établissement des deux frères 
prit chaque jour de nouveaux développements, 
et le débit de leurs pianos à deux cordes et à 
cinq octaves, tels qu'on les faisait alors, devint im- 
mense. 

Continuellement occupé d'inventions et de 
perfectionnements , le génie de Sébastien Érard 
s'exerçait sur une multitude d'objets. Ce fut ainsi 
qu'il imagina le piano organiséavec deux claviers, 
l'un pour le piano, l'autre pour l'orgue. Le suc- 
cès de cet instrument fut prodigieux dans la 
haute société. Il lui en fut commandé un pour 
la reine Marie-Antoinette, et ce fut pour ce piano 
qu'il inventa plusieurs choses d'un haut intérêt, 
surtout à l'époque où elles furent faites. La voix 
de la reine avait peu d'étendue, et tous les mor- 
ceaux lui semblaient écrits trop haut. Érard ima- 
gina de rendre mobile le clavier de son instru- 
ment, au moyen d'une clef qui le faisait monter 
ou descendre à volonté d'un demi-ton , d'un ton 
ou d'un ton et demi ; et de cette manière la trans- 
position s'opérait sans travail de la part de l'ac- 
compagnateur. Ce fut aussi dans le même instru- 
ment qu'il fit le premier essai de l'orgue expres- 
sif par la seule pression du doigt, essai qu'il a 
exécuté depuis lors en grand dans l'orgue qu'il a 
construit pour la chapelle du roi. Grétry, dans 
ses Essais sur la musique, qui furent imprimés 
en 1797, a signalé cette invention à l'admiration 
•les musiciens et à l'attention du gouvernement. 

Un autre instrument, la harpe, commençait 
à se répandre en France. Krumpholtz, par la 
beauté de ses compositions et par son style plein 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



. de goût , l'avait mis à la mode. Les harpes dont 
Krumpholtz se servait alors", et qu'on désignait 
sous le nom de harpes à crochets, étaient fort 
imparfaites sous le rapport du mécanisme , bien 
qu'on eût fait beaucoup d'efforts pour les rendre 
aussi bonnes que le permettait le mauvais prin- 
cipe sur lequel elles étaient établies. Les défauts 
de cette construction inspiraient souvent à Krum- 
pholtz du dégoût pour son instrument. Lié d'ami- 
tié avec Érard, et témoin de la facilité avec la- 
quelle il perfectionnait tous les objets dont il 
s'occupait , il le pria d'abord de lui faire une con- 
trebasse à clavier, pour la mettre sous la harpe 
comme un tremplin, et pour s'accompagner 
avec ses pieds; Érard satisfit à cette demande (1). 
Alors Krumpholtz pria Érard de s'occuper de la 
harpe elle-même , et de chercher des moyens 
efficaces pour corriger ses défauts. Érard y pensa ; 
des idées nouvelles lui vinrent, et il s'occupa de 
les mettre sur le papier et de tracer le plan d'une 
harpe conçue sur un principe absolument nou- 
veau. Pendant qu'il était occupé de ce travail, 
Beaumarchais vint le voir. Cet homme célèbre 
jouait de la harpe et connaissait la mécanique , 
étant fils d'un horloger et ayant lui-même exercé 
cet état. 11 voulut persuader à Érard de re- 
noncer à son projet, et lui dit qu'il n'y avait 
rien à faire à la harpe, qu'il s'en était occupé 
et n'avait pu rien trouver de mieux que ce qui 
existait. Heureusement Érard ne se laissa point 
persuader; il était sûr de ce qu'il faisait, et bien- 
tôt il fut en état de montrer à Krumpholtz le 
résultat de ses travaux , qui répondait parfaite- 
ment à ses vues 

Les plus graves inconvénients de la harpe à 
crochets consistaient dans le peu de solidité de 
son mécanisme, le faux principe de son mou- 
vement, qui ne s'opérait qu'en forçant vers un 
point la flexion d'une branche conductrice des 
crochets, et dans le mouvement même de ces 
crochets, lesquels tiraient les cordes hors de la 
verticale pour les élever d'un demi-ton. Les re- 
cherches de Sébastien Érard le conduisirent à la 
découverte d'un mécanisme dont le principe, 
nouveau et rationnel, faisait disparaître tous ces 
défauts. Ce mécanisme, quia été adopté par 
tous les facteurs de harpes , après l'expiration du 
brevet pris par Érard, est celui auquel on a 
donné le nom de fourchette. Au lieu de tirer 
les cordes hors de la verticale, il fonctionne au 
moyen d'un disque armé de deux boutons qui , 
par un mouvement de rotation, saisit la corde 
dans sa position naturelle, et la raccourcit de la 

(1) Cette contrebasse existe encore dans les magasins de 
la maison Érard. 

10 



146 



ÉRARD 



quantité nécessaire pour l'élever d'un demi-ton , 
et cela avec une solidité , une fermeté à toute 
épreuve. Ceci se passait vers* 1786. Mais dans 
l'intervalle des recherches d'Érard , Krumpholtz 
s'était Hé d'intérêt avec le facteur qui était alors 
en réputation pour la harpe à crochets. Celui-ci 
fit comprendre à l'artiste que ce genre de harpes 
serait bientôt oublié si Érard réussissait, et que 
la ruine de leur établissement en serait la suite. 
Krumpholtz, le même Krumpholtz qui avait 
entraîné Érard dans des travaux immenses et 
dans des dépenses considérables, vint le trouver 
et le pria de renoncer à son nouvel instrument. 
La situation fâcheuse des affaires de cet artiste, 
la crainte de mettre le comble à son infortune, 
et la conviction que la nouvelle harpe ne réus- 
sirait qu'avec peine ayant Krumpholtz pour ad- 
versaire, déterminèrent Sébastien Érard à re- 
noncera la faire connaître en France dans ce mo- 
ment. Près de quatre-vingts corps d'instruments 
qui étaient déjà construits, ainsi que leurs méca- 
niques, fuient mis à l'écart, et le travail des 
harpes fut abandonné. 

Vers cette époque, les troubles de la révolution 
éclatèrent en France et portèrent un notable 
dommage à l'industrie. Sébastien Érard prit le 
parti de passer en Angleterre, non pour aban- 
donner la France, mais pour y ouvrir de nou- 
veaux écoulements aux produits de sa fabrica- 
tion. Il y resta plusieurs années ; mais, lorsqu'il 
voulut revenir, le régime de la terreur était éta- 
bli en France. Déjà Érard était à Bruxelles , 
lorsqu'il reçut de son frère une lettre dans la- 
quelle celui-ci lui peignait les dangers qui l'at- 
tendaient à Paris. II prit le parti de retourner à 
Londres et d'y fonder un établissement du même 
genre que celui de Paris. 

A Londres, comme dans cette ville, il remplit 
ses magasins d'instruments et de produits qui 
étaient tous de son invention. En 1794 , il prit 
son premier brevet pour le perfectionnement des 
pianos et de la harpe, et sa fabrique de ces ins- 
truments ne tarda pas à obtenir la vogue. Ce- 
pendant il n'oublia pas son pays, et le désir de 
revoir la France l'occupait sans cesse; il profita 
du changement qui s'était opéré dans le gouver- 
nement après le 9 thermidor, et arriva à Paris 
en 1796. Ce fut alors qu'il lit fabriquer les pre- 
miers grands pianos en forme de clavecins , 
dans le système anglais, dont il avait perfec- 
tionné le mécanisme , et qu'il fit paraître les har- 
pes à simple mouvement, de son invention. 
Ces pianos sont les premiers instruments à échap- 
pement qu'on ait fabriqués à Paris. Ils avaient 
dans le clavier le défaut de tous les instruments 
de ce genre, c'est-à-dire la lenteur dans l'action 



des leviers et du marteau. Les artistes et ama 
teurs de Paris, accoutumés au jeu facile des pe- 
tits pianos sans échappement, éprouvaient delà 
gêne sur ceux-ci. Ce fut par ce motif qu'après 
de nombreux essais et des recherches de tout 
genre, Sébastien Érard fit connaître, en 1808, 
un nouveau genre de piano à queue, dont le 
mécanisme répondait avec plus de promptitude 
et dont les dimensions, plus petites, étaient plus 
en rapport avec la grandeur des salons de Paris. 
Dussek joua sur un de ces pianos avec un succès 
éclatant, dans les concerts qui furent donnés a 
l'Odéon par Rode , Baillot et Lamarre , à leur re- 
tour de Russie. Les amateurs et les artistes don- 
nèrent beaucoup d'éloges à ces pianos et s'en 
montrèrent satisfaits : Érard ne l'était pas. Il 
savait qu'il restait encore à perfectionner, les cla- 
viers étant faciles, mais le coup de marteau 
manquant de précision. Nous le verrons plus 
tard, de retour d'Angleterre , exposer le modèle 
d'un uouveau grand piano qui réunit tout ce 
qu'on peut désirer de perfection dans le méca- 
nisme de cet instrument. 

Vers 1808, il était retourné à Londres; il al- 
lait y mettre le sceau à sa réputation de facteur 
d'instruments, et plus encore à celle de grand 
mécanicien , par l'invention de la harpe à dou- 
ble mouvement, dont il avait déjà jeté autre- 
fois le plan , et qui suffirait pour immortaliser 
son nom. Quelle que fût l'importance des amé- 
liorations qu'il avait introduites dans la cons- 
truction de la harpe , il savait que tout n'était 
pas fait, et que cet instrument était resté fort 
inférieur au piano sous le rapport des ressour- 
ces harmoniques. Des difficultés insurmontables 
se rencontraient lorsqu'on voulait moduler dans 
certains tons, et le seul expédient qu'on connût 
était de s'interdire l'usage de ces tons. Ceci 
demande une explication. 

On sait que la harpe s'accordait en mi bémol, 
en sorte qu'on obtenait le si, le mi et le la par 
les pédales qui élevaient d'un demi-ton les mêmes 
notes affectées d'un bémol. Mais le ré bémol ne 
pouvait se faire qu'en élevant Yut à l'état d'ut 
dièse, le sol bémol, que par le fa dièse, et 
ainsi des autres notes ; il en résultait que dans le 
ton de la bémol, par exemple, on ne pouvait 
faire une gamine, parce que la même corde de- 
vait servir pour ut et pour ré bémol. Cepen- 
dant on sait que les deux systèmes de modula- 
tion les plus usités et les meilleurs sont ceux 
par lesquels on passe à la dominante et au qua- 
trième degré d'un ton quelconque. Dans le ton 
de mi bémol , par exemple , il faut pouvoir pas- 
ser en si bémol ou en la bémol , sans compter 
le mode mineur dut. On voit par là que la 



ÉRARD 



14'/ 



harpe était privée de l'une des modulations na- 
turelles du ton qui lui était le plus favorable. 
La musique qu'on écrivait pour cet instrument 
était donc bornée, et, en quelque sorte, hors 
du domaine de l'art. 

Plusieurs facteurs, frappés de ces considéra- 
tions, avaient essayé de porter remède aux dé- 
fauts de la harpe, mais n'avaient pu y réussir. 
Sébastien Érard , que la nature semblait avoir 
destiné à perfectionner tous les instruments à 
mécanisme , lit encore pour celui-ci ce que les 
autres n'avaient pu faire. Il imagina de faire rem- 
plir à chaque pédale une double fonction qui put 
élever à volonté chaque corde d'un demi-ton 
ou d'un ton. La combinaison d'un semblable mé- 
canisme offrait des difficultés considérables, à 
cause de la courbe de la console et de plusieurs 
autres problèmes non moins embarrassants qu'il 
fallait résoudre; Érard fut obligé d'y employer 
plusieurs années d'un travail constant, et des 
sommes considérables en essais. Enfin la réus- 
site la plus complète couronna ses travaux , et sa 
harpe à double mouvement vit le jour. 

Le succès de cette harpe fut immense ; elle 
parut à Londres en 1811, au moment où la 
circulation du papier - monnaie était abon- 
dante. Érard vendit pour 25,000 liv. sterl. (en- 
viron 025,000 fr. ) de son nouvel instrument 
dans le cours de la première année. Le travail 
que cette invention avait coûté à Érard est à 
peine croyable; on le vit pendant trois mois ne 
pas se déshabiller et ne dormir que quelques 
heures sur un sopha. Il fit plusieurs modèles 
avant d'arriver à la perfection qu'il désirait, et 
les difficultés à vaincre étaient telles qu'il était 
presque décidé à renoncer à l'entreprise, lorsque 
l'idée du mécanisme qu'il a définitivement adopté 
vint le tirer d'embarras. Pendant un court sé- 
jour qu'il avait fait à Londres en 1800, il avait 
déjà construit une harpe à double mouvement 
sur un principe curieux de mécanisme, mais qui 
offrait des inconvénients sous plusieurs rapports. 
Le 10 juin 1801, il avait pris un brevet pour cette 
nouvelle invention. Le principe du mécanisme 
une fois adopté et les modèles construits, il res- 
tait un travail immense à faire pour en établir 
la fabrication. C'est dans l'invention desoulilsde 
tout genre et dans l'ordonnance et la distribution 
du travail que le génie d'Érard se fait aperce- 
voir. Sa manufacture de Londres, que j'ai visitée, 
ne le cède à aucune autre, de quelque genre que 
ce soit, pour les moyens ingénieux de fabrication, 
la précision des outils et des machines, enfin 
pour la perfection du travail. De retour en 
France, Érard établit le même genre de fabrica- 
tion dans ses ateliers de Paris, et eut à former 



de nouveaux ouvriers et à construire de nou 
velles machines et de nouveaux outils. 

Les fréquents voyages qu'il faisailen France lui 
avaient fait négliger la fabrication des pianos à 
Londres, et la harpe seule se contruisait dans ses 
ateliers. Cependant, dans tous les brevets qu'É ■ 
rard prit en Angleterre, et qui sont au nombre 
de quinze ou vingt, de nouvelles idées pour le 
perfectionnement du piano aussi bien que de la 
harpe y sont exposées. Il se proposait de les 
exécuter en France. A chaque exposition des 
produits de l'industrie, ses ouvrages ont été 
couronnés. Trois fois il reçut la médaille d'or, 
et la croix de la Légion d'honneur lui fut décer- 
née à l'une des dernières expositions ; enfin, au- 
cun des témoignages honorables qui peuvent être 
donnés à un manufacturier du premier ordre ne 
lui a manqué. Le modèle de son grand piano à 
double échappement fut exposé en 1823. Ce mé- 
canisme, chef-d'œuvre de combinaison, est la 
solution d'un problème qu'aucun facteur n'avait 
pu résoudre. Il s'agissait de réunir dans un même 
clavier toutes les nuances du toucher qu'offre le 
mécanisme simple sans échappement et la préci- 
sion du coup de marteau du mécanisme à 
échappement. Il est facile de comprendre quelles 
étaient les difficultés immenses de ce problème : 
Érard les a résolues de la manière la plus heu- 
reuse. Ces nouveaux instruments ont été établis 
depuis lors dans la fabrique de Londres par 
Pierre Érard, neveu de Sébastien. Le roi d'An- 
gleterre, Georges IV, grand amateur et connais- 
seur en musique, fut frappé de la beauté de ces 
instruments et en acquit un pour son château de 
Windsor ; la reine actuelle, non moins satis- 
faite de leur supériorité, a donné à Pierre Érard 
le titre de son facteur de pianos. Quoiqu'il fût 
constitué de la manière la plus robuste, Sébas- 
tien Érard pouvait difficilement résister à tant de 
travaux. Les contrariétés inséparables d'une vie 
si active sur le vaste théâtre de deux capitales 
telles que Paris et Londres, devaient aussi exer- 
cer leur influence sur sa santé. Depuis dix ans 
environ, des maladies douloureuses venaient 
souvent interrompre le cours de ses travaux. 
Vers la fin de 1824, la pierre se déclara; 
heureusement Érard fut opéré avec le plus 
grand succès, au moyen du procédé de la li- 
thotritie, par le docteur Civiale. A peine ré- 
tabli, il s'occupa du perfectionnement de l'orgue, 
et parvint à finir le grand instrument expressif 
où tous les genres d'effets sont réunis, et qu'il a 
construit pour la chapelle des Tuileries. Déjà, à 
l'exposition de 1827, Érard avait livré à l'admi- 
ration des connaisseurs un grand orgue dont la 
construction pouvait passer pour un chet d'œu- 

10. 



148 



ÉRARD — ERBA 



vrede précision et de fini. Toutefois il n'y avait 
point encore fait entrer le développement de sa 
belle invention de l'expression par le toucher 
plus ou moins léger, plus ou moins appuyé du 
clavier. Cet orgue était expressif, mais autant 
que le peut être le grand jeu de cet instrument. 
Son expression était obtenue par le moyen de 
pédales qui faisaient ouvrir ou fermer des ja- 
lousies pour laisser le son se propager au de- 
hors, ou pour le renfermer dans le corps de 
l'instrument, et par celui de l'élargissement ou 
rétrécissement progressif des conduits du vent 
sur les jeux d'anches. Ces moyens étaient connus 
depuis plusieurs années; Érard n'en réclamait pas 
l'invention ; mais une multitude de perfection- 
nements se faisaient apercevoir dans son instru- 
ment, où les registres étaient ouverts ou fermés 
par des pédales qui permettaient de ne point le- 
ver les mains du clavier pour modifier à l'infini 
les effets de l'orgue. Depuis lors, Érard a ajouté 
à cet instrument un clavier de récit expressif par 
le toucher, tel qu'il l'a exécuté dans le bel orgue 
construit pour la chapelle des Tuileries; dans 
cet état, cet instrument offre un modèle de per- 
fection, sous le rapport de l'invention et de la 
facture. 

Érard était occupé à faire poser l'orgue de la 
chapelle du roi, lorsque les événements de juillet 
1830 arrivèrent, et causèrent la perte d'une par- 
tie des tuyaux ; heureusement le mécanisme du 
grand orgue et le jeu expressif par la main ont 
été sauvés. Sébastien Érard, à cette époque, était 
déjà atteint de la maladie à laquelle il a suc- 
combé. Le mal calculaire dont il avait été déjà 
opéré avait reparu, et il s'y était joint une in- 
flammation des reins. Ni la science, ni les soins 
assidus du docteur Fouquier, son médecin, ne 
purent le soustraire à la gravité de ces acci- 
dents; ils triomphèrent de l'excellente constitu- 
tion qui lui promettait de prolonger son exis- 
tence dix ou quinze années de plu?, et il cessa de 
vivre, le 5 août 183t, àson château de la Muette, 
où il avait fixé sa résidence depuis plusieurs 
années. 

ERARD (Pierre), neveu du précédent, est 
né à Paris vers 1796. Ses éludes furent dirigées 
dès son enfance dans le but de lui faire conti- 
nuer la fabrication des instruments inventés ou 
perfectionnés par ses parents; on lui fil apprendre 
la musique, les mathématiques et le dessin li- 
néaire. Envoyé jeune à Londres pour y diriger 
la fabrique de harpes que Sébastien Érard y avait 
fondée, il a passé la plus grande partie de sa vie 
en Angleterre. En 1821, il publia une description 
de la harpe à double mouvemeut Inventée par 
son oncle, et des progrès de la construction de 



cet instrument, sous ce titre : The Harp in Us 
présent improved state comparée ioith the 
original pedal Harp, in-fol. , orné de 10 plan- 
ches lithographiées et gravées , d'après les des- 
sins de l'auteur. Cet ouvrage, imprimé avec luxe, 
n'a point été mis dans le commerce , et a été 
donné en cadeau par P. Érard. Après la mort 
de Sébastien, Pierre Érard, institué son héritier, 
s'établit à Paris, pour donner une activilé nou- 
velle à la fabrique de pianos, et, en 1834, il mit 
à l'exposition des produits de l'industrie plu- 
sieurs instruments nouveaux, pour lesquels la 
décoration de la Légion d'honneur lui fut accor- 
dée. Il publia à cette époque une description 
historique de tous les pianos qui avaient été in- 
ventés ou perfectionnés et fabriqués par son 
oncle et par son père. Cet ouvrage a paru sous 
ce titre : Perfectionnements apportés dans le 
mécanisme du piano par les Érard, depuis 
l'origine de cet instrument jusqu'à l'exposi- 
tion de 1834; Paris, 1834, in-fol. avec huit plan- 
ches lithographiées. Pierre Érard habitait alter- 
nativement à Londres et à Paris, dirigeant à la 
fois les deux grands établissements dont il avait 
hérité. Dans les derniers temps de sa vie, sa 
raison se dérangea. Il mourut au château de la 
Muette, le 18 août 1855. Il était olficier de la 
Légion d'honneur. 

ERATOSTHÉIVE, célèbre géographe grec , 
naquit à Cyrène; la première année delà 120 
olympiade (194 ans avant l'ère chrétienne). Il 
eut pour maîtres Ariston, philosophe de Chio, 
le grammairien Lysanias et Callimaque le poète. 
Plolémée Évergète lui confia la direction de la 
bibliothèque d'Alexandrie; il mourut en cette 
ville, dans la première année de la 146 e olym- 
piade (114 ans avant J.-C. ), à l'âge de quatre- 
vingts ans. Ptolémée et Porphyre parlent d'un 
livre qu'il avait écrit sur les proportions musi- 
cales, et dans lequel il divisait les quatre cordes 
du tétracorde dans les trois genres diatonique, 
chromatique et enharmonique, selon une 
doctrine qui lui était particulière. Cet ouvrage 
est perdu. ( Vid. Fabr. Bibl. grœc, lib. III, 
c. 18). Le genre diatonique d'Ératosthène est 
conforme à celui de Pylhagore : il fait les tons 
égaux à l et les demi-tons mineurs ou limma 



256 



dans le rapport de ~. Il constitue le genre 

, .. * os 9 4 7 80 3 80 16 • 

chromatique par 1, ^ 5> ïï) 5t Tu g, - 8 f, -5-; 
genre- enharmonique a pour expression : 
etc. 



I, 



M 9 20 
39, 8, 19, 3, 

ERBA (Georges), violoniste milanais, qui 
demeurait à Rome , vers 1730, a fait graver 
10 Sonate da caméra a violino solo e basso, 
op. 1 ; Amsterdam 1736. 



ERBACH — EREM1TA 



119 



ERBACH (Chrétien), l'un des plus grands 
musiciens de l'Allemagne, dans le seizième siècle, 
naquit vers 15G0, à Algesheim, dans le Palatinat. 
Vers 1600, il était organiste de la ville et de l'il- 
lustre famille des Fugger, à Augsbourg : il de- 
vint membre du grand conseil de cette ville en 
1628. Il a publié: 1° Cantvs musicus adcccle- 
six catholicx usum, à 4 et 8 voix; Augsbourg, 
1600. — 2° Cantionum sacrarum 4, 5, 6, 7, 
8 vocum, liber secundus; Augsbourg, 1603. — 
3° Mêle sive cantiones sacrx ad modum can- 
zonette ut vocant, quaternis vocibus factx. 
Auguslse Vindelicorum, Joli. Praetorius, 1603, 
in-4°. — 4° Modorum sacrorum sive cantio- 
num 4-8 et plurimis compositarum, lib. 2 ; 
Augsbourg, 1604, in-4°. — 5° Sacrarum can- 
tionum 4 et 5 vocibus, liber 3; Augsbourg, 
lfill, in-4°. — 6° Acht geistl. deutsche Lieder, 
mitbStimmen; Augsbourg, Schuftes (sans dale), 
in-4°. On conserve encore toutes ses composi- 
tions à la cathédrale d' Augsbourg. Dans le Flo- 
rilegium Porteuse, d'Ehrard Bodenschatz, et 
dans les Promptuarii musici d'Abraham Schad, 
on trouve plusieurs motets à 4, 6 et 8 voix, de 
la composition de Chrétien Erbach. La biblio- 
thèque royale de Berlin possède en partition 
manuscrite tous les motets du premier livre pu- 
blié, à Augsbourg, en 1600. Je les ai examinés 
et j'y ai vu que ce compositeur peut être consi- 
déré, ainsi que Adam Gumpeltzhaimer, comme 
un des fondateurs de cette harmonie allemande 
dont le caractère particulier s'est conservé jusqu'à 
nos jours. Le style est pur comme -celui des com- 
positeurs italiens de la même époque, mais la 
modulation est toute différente : le caractère de 
la tonalité moderne y domine. 

ERCOLEO (D. Marzio), ou ERCULEI, 
musicien de la chapelle du duc de Modène, dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle, naquit 
en 1623 à Otricoli, bourg des États de l'Église. 
Il commença son éducation musicale à Rome; 
puis il se rendit à Modène dans sa première 
jeunesse, et entra dans la chapelle du duc Fran- 
çois I er , en qualité de soprano. Par un document 
des archives ducales cité par Tiraboschi (Bibliot. 
Modenese, t. VI. p. 584), on voit qu'Ercoleo 
avait présenté requête au duc François II, en 
1672, pour obtenir une place vacante parmi les 
mansionnaires (bénéficiés) de la cathédrale; ce 
qui prouve qu'à cette époque il était ecclésias- 
tique. N'ayant pas obtenu l'objet de ses désirs, 
il se retira à Cherici, dans la maison des prêtres 
de la congrégation de Saint-Charles , et y ouvrit 
uneécoledeplain-chant. Il y mourut le 5 août 1706, 
à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Ercoleo a fait im- 
primer un traité de plain-chant sous le litre de II 



Musico ecclesiastico, Modène, 1086, in-fol. ; un 
traité intitulé -.PrimiElementi dimusica,\bh\., 
1689; et un livre d'olfices pour la semaine sainle, 
intitulé Cantus omnes ecclesiastiv. Hebdom. 
major. Modène, 1688. Ercolea s'est aussi l'ail 
connaître comme compositeur par l'oratorio qui 
a pour titre : Il Baltesïmo di S. Valeriano, 
dont le poème a été publié à Modène, chez Cas- 
ciani, en 1682, in-4°. 

ERDMANN (Pr.), nom sous lequel a été 
publié un livre concernant la méthode de Logier, 
sous ce titre : Die hohe Wichtigkeit von J. D. 
Logier's erfundenen Musihwnterrichl Systems 
( La haute importance du système d'enseignement 
de la musique inventé par Jean-Baptiste Logier); 
Hambourg, 1830, in-8° de 221 pages. Le véri- 
table auteur de cet écrit est Élie Ilseseler, fils 
d'un professeur de musique à Moscou. 

ERED1 (François), maître de chapelle à 
Ravenne , dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle, s'est fait connaître par un recueil 
de compositions pour l'église intitulé : Salmi e 
vespri a 5 voci ; Venise, 1632, in-4°. 

EREM1TA (Jules), compositeur du sei- 
zième siècle, dont le nom véritable était Giulio 
Giusberti (t), naquit à Ferrare vers 1550. Le 
nom de i'Eremita lui fut donné parce qu'il était 
moine de l'ordre des Ermites camaldules. Il n'est 
connu que sous cette dénomination. Cet artiste fut 
organiste à Ferrare, ou il s'était fait une grande 
réputation par son talent d'exécution, et par la pu- 
blication de trois livres de madrigaux. H mourut a 
l'âge de cinquante ans, mais on ignore en quelle 
année. Gn connaît de lui : 1° II primo libro de 
madrigali a 6 voci, à Ferrare, par Vittorio 
Baldini , 1584, in-4° ; réimprimé à Anvers, en 
1600, in-4° obi. — 2° Madrigali a cinque voci, 
lib. 1 ; Venise, 1597. — 3° Il secondo libro de 
madrigali a cinque; ibid. , 1599. Les com- 
positions d'Eremita ont élé souvent mises à con- 
tribution par les faiseurs de recueils de madri- 
gaux italiens et flamands. On trouve de ses pièces 
dans le recueil publié par Pierre Phillips à An- 
vers (en 1594), sous le titre de Melodia olym- 
pien di diversi eccellent{ssimi musici a 4, 5, o 
et 8 vocij dans les éditions de Venise (1596) et 
d'Anvers (1596, 1601 et 1614) du recueil intitulé : 
Il Trionfo di Dort descritto da diversi e posto 
in musica da altreltanti musici ; dans II Pa- 
radiso musicale di madrigali e canzoni a 
cinque voci di diversi eccellentissimi autori 
( Venise, Gardane, 1595; et Anvers, Pierre Pha- 
lèse, 1596); enfin, dans les Madrigali a ottbvoci 

(i) Voy. ttaii , Memorie per la storia di l'errara , 

t. iv, p. tu. 



150 



EREMITA — ERK 



di diversi eccettenti e famosi autori, con al- 
cuni dialoghi ed écho, per cantare e sonar a 
due chori; Anvers, Phalèse, 1595, in-4° obi. 
Il y a aussi plusieurs morceaux d'Eremita dans 
les collections de Schad , de Bodenschatz et de 
Donfrid. 

ERFURT ( Charles ) , professeur de piano 
à Magdebourg, est né en 1807. Placé sous la di- 
rection de Mùhling, il a acquis par ses leçons des 
connaissances étendues dans la pratique et la 
théorie de la musique. Cet art est devenu d'un 
intérêt plus général dans la ville de Magdebourg 
depuis que le jeune artiste a communiqué son 
enthousiasme à ses compatriotes. Ses composi- 
tions, qui consistent jusqu'à ce moment en cin- 
quante œuvres de sonates, variations, rondeaux, 
et chansons allemandes, avec ace. de piano, an- 
noncent du goût et de l'élégance dans les idées. 

ERHARD (D.-J.-B. ), fabricant de cordes 
de clavecin et de piano à Nuremberg, vers la 
fin du siècle dernier, a fait imprimer un opus- 
cule sous ce titre : Kurze Anweisung zum Ge- 
branche eines zweckmxssigen Bezugs fur 
Klavierinstrumentc ( Courte instruction sur 
l'usage d'un nouveau calibre pour les instru- 
ments à clavier); Nuremberg, 1795. Il y décrit 
la nouvelle proportion établie par son père, Jac- 
ques Reinhard Erhard , qui avait substitué, à 
l'anciennesérie de cordes declavecinn 000 à 10, 
celle qui a élé connue depuis lors en Allemagne 
sous les n° 1-24. On a rendu compte de cet ou- 
vrage dans Y Allgemeine Litter . Zeitungde 1795, 
juin , n° 59. 

ERHARD (Laurent), né à Hanau en Al- 
sace, le 5 avril 1598, fut d'abord magistère 
Sarbriïck, vers 1618, passa ensuite à Strasbourg 
et à Hanau, pour y remplir les mêmes fonctions, 
et finit par se rendre à Francfort-sur-le-Mein , 
comme cantor au gymnase. Ce fut vers 1G40 
qu'il prit possession de cette dernière place, qu'il 
a occupée jusqu'à sa mort. Il a fait imprimer 
les ouvrages suivants : 1° Compendium mu- 
sices latino-germanicum, cui recens nunc 
accedunt : 1° Tricinia, 2° Fugx, 3° Diseur- 
sus musicalis, 4° Index terminorum musica- 
Uum, 5° Rudimenta arilhmelica, 6° Appen- 
dix nova ad arithmetica perlinens ; Francfort- 
sur-le-Mein, 1660, in-8°. La première édition 
de cet ouvrage est de 1640. — 2° Harmo- 
nisches Choral und' figurai Gesangbuch, 
Francfort, 1659, in-8°. — 3° Compendium mu- 
sices auctius editum, das ist kurzer, jedoch 
recht Bericht von der Sing-hunst, der Musik 
liebhabcnden Jungend zum bestenin dieser 
zwegten Edition vermehrter vorgestellet ; 
Francfort, 1609, in-8". J'ignore si ce livre, qui 



est annoncé dans le catalogue de Francfort de 
1669, est la seconde édition de l'ouvrage précé- 
dent , ou s'il est différent. 

ER1CH ( Daniel ) , organiste à Custrow , 
vers 1730, fut élève de Bextehude. Il a composé 
plusieurs suites de pièces de clavecin , qui n'ont 
point été imprimées. 

ERICHIUS (Nicolas), chantre à Jéna, 
au commencement du dix-septième siècle , y a 
composé le premier psaume à six voix , et l'a 
publié dans cette ville, en 1622. 

ERIERS ( Thomas ) f poète et musicien du 
treizième siècle, dont on a douze chansons no- 
tées. Les manuscrits de la bibliothèque royale 
de Paris en contiennent cinq. 

ERK ( Adam-Wilhelm ), né à Herff, dans 
la principauté de Saxe-Meiningen, le 10 mars 
1779, mort le 31 janvier 1820 à Dreisichenhain, 
près de Darmstadt, fut d'abord, depuis 1804 jus- 
qu'en 1811, instituteur et organiste de l'église de 
Wetzlar; ensuite il occupa les mêmes positions 
à Worms pendant les années 1812 et 1813, et en 
dernier lieu fut organiste, instituteur et secré- 
taire de la commune à Dreisichenhain. On a de 
sa composition huit pièces d'orgue faciles, publiées 
à Worms, en 1812. Le fils de Erk a public une 
deuxième édition de ce recueil, à Mùhlheim , 
en 1832, in-4°. 

ERK ( Louis-Chrisian ) , fils du précédent, 
est né à Wetzlar, le 6 janvier 1807. J.-B. Spiess, 
mort en 1841, dans la position de pasteur évan- 
gélique et de doyen à Sprendlingen , près de 
Darmstadt, dirigea ses études littéraires. Antoine 
André, d'Oflenbach, a été son maître d'harmo- 
nie et de composition, et son éducation musicale 
s'est complétée chez le célèbre organiste Rinck, 
à Darmstadt. Depuis le mois de mai 1826 jus- 
qu'en octobre 1835, Erk fut troisième profes- 
seur pour les études musicales du séminaire 
royal des instituteurs, à Meurs, dans la province 
du Rhin inférieur, puis professeur de musique 
au séminaire royal des instituteurs pour les 
écoles de la ville de Berlin , où il est encore 
(1860 ). Déterminé par un goût particulier à se 
livrer à l'élude du chant choral et des mélodies 
populaires, M. Erk s'y adonna dès sa jeunesse 
avec une présévérance et avec un esprit d'ob- 
servation qui, seuls, peuventeonduire au butdans 
des recherches de ce genre. Ses goûts simples 
et modestes, et la sérénité de son âme, s'accor- 
daient d'ailleurs avec sa vocation. S'entourant 
de tous les recueils et de tous les monuments 
qu'il put rencontrer de chant choral et d'airs 
nationaux et populaires, il en compara toutes les 
versions , remonta aux- sources , distingua les 
bonnes leçons de celles qui étaient altérées, e% 



ERK — ERLANGER 



151 



couvrit tous ses li vres d'annotations dans lesquelles 
il établissait les formes primitives, les origines 
d'altérations , et déterminait l'âge et la source 
de chaque mélodie. Le nombre de ses publica- 
tions en ce genre est très-considérable. Tous ses 
recueils ont eu des succès popidaires si prodi- 
gieux, qu'on a fait jusqu'à vingt-cinq éditions de 
quelques-uns , tirés à grand nombre , et qu'on 
en a vendu plusieurs centaines de milliers 
d'exemplaires. La première publication de M. Erk 
fut un recueil de chants pour une, deux, trois et 
quatre voix à l'usage des écoles, par divers com- 
positeurs. Les trois livraisons de cette collection 
ont paru à Essen, en 1828 et 1829. En 1836 et 
1837 on en avait déjà publié la troisième édition. 
Depuis cette époque jusqu'à ce jour ( 1860 ), 
l'activité de M. Erk ne s'est pas ralentie. Parmi 
ses nombreux travaux on remarque : 1° Drei- 
und vierstimmigc Gesanga fur Schule und 
Haus (Chants à 3 et 4 voix pour les écoles et la 

maison ) ; Bonn, 1830, in-4° 2° Methodischer 

Leitfadenfiir denGesang Unterricht in Volks- 
schulen (Guide méthodique pour l'enseigne- 
inentdu chantdansles écoles du peuple); Creleld, 
1834, in-8°. Une deuxième édition améliorée a 
paru en 1849. — 3° Recueil de chants à plusieurs 
parties pour desvoixd'hommes, par divers compo- 
siteurs, à l'usage des séminaires, gymnases et pe- 
tites sociétés de chant; Essen, 1833. La quatrième 
édition aparuen 1847. — 4° Livre choral pour les 
écoles et la maison, suivi d'un supplément con- 
tenant la liturgie pour un chœur à 4 voix ; Ber- 
lin, 1836, in-8°. — 5° Liederkranz, etc. (Cou- 
ronne de chants, etc.), en collaboration avec 
M. Greef (voij. ce nom) ; Essen, 1839. La dixième 
édition a paru en 1849.— 6° Singvogelein (Chant 
dupetitoiseau), recueil de chansons à une, deux, 
trois et quatre voix pour les écoles, la maison et 
la vie; 4 livraisons; Essen, 1842-1848. La quin- 
zième édition a été publiée en 1849. — 7°Kinr 
dcrgarlchen (le Petit Jardin des enfants), re- 
cueil de chants à 2 voix, en collaboration avec 
M.Greef; Essen, 1843. — 8° Die deutschen Volks- 
lieder, etc. (Les Chansons populaires alleman- 
des, etc.), en collaboration avec M. W. Irmer. Le 
premier volume, composé de six livraisons, a été 
publiéàCrefeld,del838à 1841, in-12. Le deuxiè- 
me et le troisième volumes, publiés par M. Erk 
seul, ont paru à Berlin, en plusieurs livraisons, 
1841-1850, sous le titre de Neue Sammlung 
deutscher Volksliedcr. — 9° Chansons populai- 
res, anciennes et nouvelles, arrangées pour quatre 
voix d'homme; Essen, 1845-1847 in-4°. — 
K»° Deutscher Liedergarten (Jardin de chansons 
allemandes) pour une, deux, trois et quatre voix, 
pour les écoles de jeunes tilles; en collaboration 



avec Auguste Jacob; Essen, 1846-1847.— 11° Re- 
cueil dechorals des maîtres les plus célèbres des 
seizième et dix-septième siècles , en collabora- 
tion avec le docteur Fielitz. 

M. Erk a fondé en 1841, en collaboration avec 
M. Hentschel (voy. ce nom) et quelques au- 
tres professeurs zélés, un journal de littérature 
musieale, dont il paraît un numéro chaque mois, 
à l'usage des instituteurs des écoles populaires, 
sous le titre : Euterpe : Ein musikal. Monats- 
Malt, etc.; Erfart, 1841-1858. Cet écrit est 
parvenu à sa dix-huitième année. M. Erk a 
fourni aussi des articles à divers journaux de 
musique de l'Allemagne , particulièrement au 
recueil publié à Mayence sous le titre de Cx- 
cilia. 

ERKEL ou ERKL (François), maître de 
chapelle à Pesth, s'est fait connaître comme com- 
positeur par un opéra en langue hongroise re- 
présenté en 1844 sous le titre de Stanislas 
Hunijadg. Il a publié des mélodies hongroises à 
Pesth et à Vienne, chez Mùller. 

ERLAGH ( Frédéric d' ), lils d'un capitaine 
de la garde suisse du roi de Prusse Frédéric I er , 
naquit à Berlin, le 2 août 1708. Atteint de cécité 
dès son enfance, il ne trouva de consolation que 
dans la musique. 11 apprit à jouer du violon, du 
clavecin et de la flûte à bec, instrument négligé, 
dont il sut tirer des effets inconnus avant lui. Il 
avait fait faire un instrument de cette espèce 
composé de deux tuyaux accordés à la tierce, et, 
par un artifice qui lui était propre, il jouait al- 
ternativement l'un ou l'autre, puis les réunissait 
à volonté. Il était parvenu aussi à donner beau- 
coup d'intensité aux sons de cette flûte, sans en 
altérer la qualité, et à former d'heureuses opposi- 
tions avec leur douceur ordinaire. Wallher, qui 
parle de cet amateur distingué dans son Lexique 
de musique, dit qu'il imitait à merveille les sons 
du cor et de la trompette avec la bouche ; mais 
Nicolai, qui a fourni quelques détails sur d'Er- 
Iach, dans le Berlinisch Monatschrift (ann. 
1807, cahier de février, p. 98-102 ), ne parle pas 
de cette circonstance. En 1732 d'Erlach vivait 
à Eisenach; plus tard il se rendit à Berlin et s'y 
fixa. Nicolai, le connut en cette ville vers 1 755. 
Il se faisait alors 'entendre avec succès dans les 
concerts qui se donnaient chaque semaine chez 
l'organiste Sack; il avait, dit-on, fort bien chanté 
dans sa jeunesse, mais alors, parvenu à sa qua- 
rante-septième année, il ne faisait plus entendre 
sa voix. D'Erlach est mort à Berlin en 1757. 

ERLANGER (Max ou Maximilien ), vio- 
loniste qui a eu quelque réputation, né à Franc- 
fort-sur-le-Mein, vers 1810, fit ses études mu- 
sicales dans cette ville et reçut des leçons de 



152 



ERLANGER - ERNEMANN 



Gulir pour son instrument. H fut d'abord attaché 
comme violoniste au théâtre de Francfort, puis 
fut directeur de musique d'une institution vo- 
cale : plus tard il voyagea avec sa. femme, pia- 
niste qui brillait avec lui dans les concerts. 
En 1838 ils étaient à Berlin; deux ans après ils 
se firent entendre à Prague, puis à Vienne. 
En 1842, Erlanger accepta une place de direc- 
teur de musique à Halle ; mais il n'occupa pas 
longtemps cette position. En 1844 il était de re- 
tour à Francfort. On a publié quelques bagatelles 
de sa composition. 

ËRLEBACH (PmxippE-HENRi ), né à Essen, 
le 25 juillet 1657 , vint à Paris dans sa jeunesse, 
et y demeura pendant plusieurs années. En 1083 
il entra au service du prince de Schvvartzbourg 
Rudolstadl, en qualité de maître de chapelle, 
et y resta jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 17 
avril 1714. On a de sa composition : 1° Ouvertu- 
res à 5 parties ; Nuremberg, 1693, in-fol. — 2° 
VI Sonate a violino, viola da gamba e comti- 
nuo ; ibid., 1694. — 3° Gotl-geheiligle-sing- 
dunde, in XHkurz gefassten Arien mit einer 
oder 2 obligaten Singslimmen, mit Beglei- 
tung zivcycr Violinen, nebst Schluss Capella 
zujeder Arie a 4 voci und 2 Violinen; Ru- 
dolstadt, 1704, in-4°. — 4° Erster Theil harmo- 
nischer Freude musikalischer Freunde in 50 
moralisench und politischen deutschen Arien 
von 1 Singst imme und 2 Violinen nebsteinem 
Gencral-bass ; Nuremberg, 1697, pet. in-fol. 
— 5° Streit der Fama und verschwiegenheit 
iiber die Liebe, etc., Rudolstadt, 1G96, 3 feuilles 
in-fol. — 6°Cantate: Bas istmeine Freude, pour 
saprano, viole et orgue, en manuscrit. Erlebacli a 
aussi composé quelques pièces pour l'orgue, qui 
ont été insérées par EckoM dans son Tabula- 
turbuch, en 1692. 

ERMEL ( Louis-Constant ), pianiste et com- 
positeur, né à Gand, le 27 décembre 1798, apprit 
dans celte ville les premiers principes de la mu- 
sique et Part de jouer du piano. Ses progrès furent 
rapides, et bientôt il se fit assez remarquer pour 
qu'on songeât à l'envoyer à Paris, afin qu'il y 
complétât son instruction par les leçons de bons 
maîtres. Admis au Conservatoire comme élève, 
il entra dans la classe de Zimmerman pour le 
piano , et dans eerle d'Eler pour le contrepoint ; 
puis il devint élève de Lesueur pour la compo- 
sition. En 1823, il concourut, à PAecadémie des 
Beaux-Arts de l'Institut de France, pour le grand 
prix : le sujet du concours était la cantate de 
Thisbê, avec orchestre. M. Ermel obtint le pre- 
mier prix, qui lui donnait le titre et les avan- 
tages de pensionnaire du gouvernement , et il 
voyagea plusieurs années en Italie et en Alle- 



magne. Une ouverture de sa composition fut exé- 
cutée à Vienne, dans un concert, en 1826. De. 
retour à Paris, il espéra pouvoir justifier son pre- 
mier succès par ceux qu'il obtiendrait au théâ- 
tre; mais, ainsi que beaucoup d'élèves couronnés 
par l'Institut, il a fait de vains efforts pour ob- 
tenir des livrets d'opéras, ou pour faire recevoir 
par les administrateurs de spectacles ceux qu'on 
lui confiait. Jusqu'à ce jour, aucun ouvrage dra- 
matique de sa composition n'a été entendu. 
En 1834, le gouvernement belge ayant mis au 
concours la composition d'une cantate intitulée .- 
Le Drapeau belge, pour l'anniversaire de la 
révolution de 1830, M. Ermel s'est mis au nom- 
bre des candidats; et le second prix lui a été 
décerné. Cet artiste est depuis plusieurs années 
professeur de piano à Paris. 

ERMENGARD ou ERMENGAUD, écri- 
vain du douzième ou du treizième siècle, sur le- 
quel on ne sait rien , si ce n'est qu'il écrivit 
contre les Vaudois. Son ouvrage, intitulé : Contra 
hxreticos qui credunt mundum istum a dia- 
bolo et non a Deo esse factum , a été publié 
à Ingolstadt,en 1614, in-4°, par J. Greiser; en- 
suite dans la Bibliothèque des Pères, édition de 
1644 ( Paris), tom. IV, et, en dernier lieu, dans 
la grande Bibliothèque des Pères, tom. 24, p. 1607. 
Le chapitre 10 e traite de cantu ecclesiûslico. 

ERNEMANN (Maurice), virtuose sur le 
piano et compositeur pour cet instrument , né à 
Eisleben, en 1810, fut envoyé par ses parents à 
Berliu, pour y suivie la carrière du commerce; 
mais son penchant décidé pour la musique donna 
une autre direction à son existence. Devenu élève 
de Louis Berger pour le piano, il fit de rapides 
progrès et devint habile sur cet instrument. En 
1820, il suivit le prince Radziwill en Pologne et 
vécut pendant quelques années chez le prince Za- 
moiski, à Varsovie; puis il fut attaché comme 
professeur au Conservatoire de cette ville. La 
révolution de 1830 lui fit perdre cette position, 
et l'obligea à se retirer en Silésie. Après avoir passé 
plusieurs années à Breslau, il est retourné à Var- 
sovie, et y a donné un concert en 1836, dans le- 
quel son talent fit sensation. Il vivait en- 
core dans cette ville en 1845. Il a publié : 
l°Dix variations pour le piano (en mi bémol), 
op. 1 ; Hambourg, Christiani. — 2° Dix varia- 
tions sur le thème Là ci darem la mano, op. 
2 ; ibid. — 3° Thème original varié, op. 3; ibid. 
— 4° Les Charmes deVarsovie, divertissement ; 
Varsovie, Brzezina. — 5° Cotillon pour le piano; 
ibid. — 6° Marche triomphale; idem. — 7° Di- 
vertissement pour le piano, op. 6; Leipr.ick, Breil- 
kopf et Haertel. — 8° Introduction, variations et 
finale sur le thème Schœnc Minka, op. 7 ; Leip- 



ERINEMANN — ERNST 



153 



sicli , Hofmeisler. — 9° Huit chansons allemandes 
à voix seule avec ace. de piano, op. 4 ; Hambourg, 
Christiani. Pendant son séjour à Breslau, Erne- 
mann se livra à la composition de chants à voix 
seule et à 4 voix pour les sociétés et les écoles. 
Parmi ses œuvres de ce genre on remarque ; 6 Lie- 
der pour 4 voix d'hommes, op. 17 ; Breslau, Leu- 
ckart. — Des Lieder pour soprano, alto , ténor et 
basse à l'usage des écoles, op. 18 ; ibid. — Un re- 
cueil de chansons faciles à une et 2 voix, pour les 
enfants, op. 19; ibid. — 3 Lieder à voix seule 
avec piano, op. 22. — 6 Lieder pour un chœur 
d'hommes, op. 26. 

ERNEST II ( Auguste-Ciiarles-Jean-Léo- 
pold-Alexandre-Éoouard), duc de Saxe-Cobourg- 
Gotha, né le 21 juin 1818, a succédé à son père, 
comme duc régnant, le 29 janvier 1 844 . Cultivant 
la musique dès son enfance, ce prince s'est livré 
a l'étude de la composition, et a écrit plusieurs 
opéras qui ont été représentés avec succès, non- 
seulement à Gotha, mais dans plusieurs villes de 
l'Allemagne. Traduit en français, Casilda, un 
de ses ouvrages, a été représenté au théâtre royal 
de Bruxelles, en 1855, et y a été bien accueilli. 
Un autre opéra, intitulé Sainte-Claire, a été joué 
au grand opéra de Paris, le 27 septembre 1855. 
Les journaux de Paris ont donné des éloges à 
cet ouvrage, et en ont vanté les mélodies. Au 
nombre des productions de S. A. R. le prince de 
Saxe-Cobourg , on remarque Zaïre, son premier 
opéra, et Toni, son quatrième ouvrage dramati- 
que. On cite aussi la cantate pour soprano et ba- 
ryton avec chœur et orchestre, intitulée Immer 
Liebe, poésie de Amdt, dont ce prince a écrit 
la musique. 

ERNST (François-Antoine) , violoniste dis- 
tingué, naquit le 3 décembre 1745, à Georgen- 
thal , petite ville de la Bohême. Les premières 
leçons de violon lui furent données par son grand- 
père. Après la mort de celui-ci, il alla à Kreibitz, 
où il fit de bonnes études littéraires et musicales ; 
puis il se rendit à Warndorf, où il prit des leçons 
d'orgue chez l'organiste de la ville. Vers ce temps, 
ayant été visiter un de ses parents au couvent 
de NeuzeU , il y fut engagé comme chantre du 
chœur. Il y resta pendant six mois ; ensuite il 
entra chez les jésuites de Sagan, pour y terminer 
ses études, et, pendant les quatre années qu'il 
passa chez eux, il fut employé comme violoniste 
dans toutes les solennités musicales. Arrivé à 
Prague en 1763 , il y fit un cours de philosophie 
et se livra à l'étude du droit, puis il retourna dans 
sa ville natale, et y fut nommé syndic; mais il 
n'y resta pas longtemps , car le comte de Sàlm , 
l'ayant entendu jouer du violon , fut si charmé 
de son talent, qu'il l'engagea à son service comme 



secrétaire. Ce seigneur résidait la plus grande 
partie de l'année à Prague, en sorte que Ernst 
eut l'occasion d'y entendre le fameux violonisle 
Lolli, lors de son passage dans cette ville, et d'y 
prendre de ses leçons. 11 profita si bien sous cet 
habile maître , qu'en peu de temps il put jouer 
avec facilité les traits les plus difficiles de ses 
études et de ses concertos. Il se mit ensuite à 
voyager et passa par Strasbourg, où il apprit d'un 
bon violoniste, nommé Stadn, à jouer l'adagio avec 
expression. En 1778 , il fut appelé à Gotha, comme 
violon-solo de la cour. H y mourut à l'âge de 
soixante ans, le 16 janvier 1805. Ernst a com- 
posé plusieurs concertos et des solos pour le vio- 
lon, mais il n'a fait graver qu'un concerto en mi 
majeur. Il y proposa une souscription , en 1798, 
pour la publication d'un traité sur le violon , qui 
aurait été divisé en deux parties, dont l'une au- 
rait traité de la construction du violon, et la se- 
conde de l'art de jouer de cet instrument. Il ne 
paraît pas que cet ouvrage ait été imprimé. On 
doit encore à Ernst un petit mémoire sur la cons- 
truction du violon, inséré dans la Gazette musi- 
cale de Leipsick (7 e année, n° 4). Ses connais- 
sances dans les principes de la construction des 
instruments à archet étaient étendues; il a fait 
plusieurs violons qui , dit-on, ne sont point in- 
férieurs à ceux des meilleurs maîtres. 

ERNST (....), musicien qui joua l'alto à 
l'Opéra depuis 1786 jusqu'en 1800, a fait graver 
à Paris, en 1792 , une collection de pièces pour 
deux clarinettes , deux cors et deux bassons, 
dont plusieurs sont de sa composition , et les 
autres tirées de divers opéras ou de symphonies. 

ERNST (Chrétien-Gottlob), organiste de 
l'Église évangélique d'Ohlau , est né le 2 février 
1778 à Silberberg , en Silésie , où son père était 
huissier. La pauvreté de celui-ci ne lui permit 
pas de donner à son fils d'autre instruction que 
celle de l'école publique de sa petite ville ; bien- 
tôt même l'enfant fut privé de ce secours, et dut 
aller chercher son existence dans les campagnes 
comme musicien ambulant. Lorsqu'il eut enfin at- 
teint l'âge de dix-huit ans, il entra à l'école di- 
rigée par le cantor Bûrgel, à Landshut. Là il 
commença à étudier la théorie de l'harmonie, et 
plus tard, lorsqu'il eut été admis au séminaire 
de Breslau, il acheva de s'instruire par les leçons 
de Neugebauer et de Berner. En 1798, Ernst 
fut nommé organiste à Ohlau , et professeur de 
l'école de musique de la ville. Son zèle y déve- 
loppa le goût de l'art ; Il y établit une société d'ar- 
tistes à laquelle vinrent se joindre ensuite plu- 
sieurs amateurs ; son école s'agrandit progressi- 
vement, et depuis que la direction lui en a été 
confiée, elle a fourni des artistes à toule la Silé- 



154 



ERNST — ERSCII 



sic Comme compositeur, Ernst s'est fait con- 
naître par deux œuvres de sonates qui ont été 
publiés à Breslau, chez Gross et Barth. Il a écrit 
aussi la musique des psaumes 96 et 100. 

ERNST (F.-A.). On a sous ce nom des va- 
riations pour le piano sur le thème allemand 
Gesternabend uar Wetter Michel da , Ham- 
bourg, Christiani ; des thèmes de "Weber variés 
pour la flûte, liv. 1 et 2 , Mayence, Schott; et des 
airs d'opéras modernes variés pour flûte et guitare, 
ibid. 

ERNST (Henri-Viuielm), violoniste distin- 
gué, est né en 1814 à Brûnn, en Moravie. Admis 
au Conservatoire de Vienne comme élève, il y re- 
çut des leçons de Bœhm , et le maître de cha- 
pelle Seyfried lui enseigna l'harmonie ; puis il 
reçut des conseils de Mayseder , qui lui lit ac- 
quérir de la justesse et du brillant dans les traits. 
Ernst n'était âgé que de seize ans, lorsqu'il fit un 
premier voyage à Munich, Stuttgard et Franc- 
fort, où il inspira de l'intérêt par son talent pré- 
coce. Arrivé à Paris, à la fin de 1832, il s'y fit en- 
tendre d'abord dans des représentations duThéâ- 
Ire-Italien. 11 fit un assez long séjour dans cette 
ville, et y étudia la manière des violonistes fran- 
çais, et surtout celle du célèbre de Bériot, qui était 
alors le héros du violon de concert. En 1838, il 
parcourut la Hollande , et y eut des succès d'éclat 
partout où il se fit entendre. De retour à Paris, 
au commencement de 1839, il y donna plusieurs 
concerts, puis il visita l'Allemagne méridionale et 
se fit applaudir à Vienne, en 1S40. Poursuivant le 
cours de ses voyages, il visita toutes les villes princi- 
pales de l'Allemagne à diverses époques , la Silésie, 
laPologne, la Russie, la Suède, le Danemark, se fit 
entendre à plusieurs reprises à Berlin, Leipsick et 
Dresde, et eut partout des succès. Depuis 1844 
il a passé aussi plusieurs saisons à Londres, où 
son talent trouvait de la sympathie. Le caractère 
de ce talcntétait particulièrement le brillant dans 
des traits que Ernst s'était rendus familiers, mais 
qui n'offraient pas les difficultés que l'école plus 
moderne, et surtout la musique de Vieuxtemps, 
ont mis en vogue. Ernst avait aussi dans sa ma- 
nière de chanter sur le violon une certaine poésie 
qui avait du charme, bien qu'un peu maniérée. 
Dans ces dernières années, sa mauvaise santé et 
des affections nerveuses ont porté atteinte à la 
justesse de ses intonations, et ont rendu son jeu 
inégal. Parmi ses compositions pour son instru- 
ment on remarque celles-ci : 1° Deux nocturnes 
pour violon et orchestre, œuvre 8, dont le n° 2 
est un andanie cantabile qui a eu beaucoup de 
succès; Paris et Berlin, Schlesinger. — 2° Elégie 
pour violon et piano, œuvre 10 ; morceau charmant 
qui a élé joué partout et dont on a fait une mul- 



titude d'éditions en France, en Allemagne, en 
Danemark et en Russie. Spohr y a ajouté une 
introduction avec laquelle l'œuvre de Ernst a été 

gravée à Hambourg 3° Fantaisie brillante sur 

la marche et la romance (TOtello, avec orchestre 
ou quatuor, op. 11 ; Mayence, Schott. — 4°Concer- 
tino avec orchestre ou quatuor, op. 12; Biuns- 
wick , Meyer. — 5° Polonaise de concert avec 
orchestre, op. 17; à Vienne chez Mechetti. — 
6° Variations de bravoure sur un air national hol- 
landais, op. 18 ; ibid. — 1°, Introduction , caprice 
et finale sur un thème de l'opéra il Pirata, op. 
19;HaDovre, Bachmann. — 8° Rondo Papageno, 
sur un thème de la Flûte enchantée, op. 20 ; 
Vienne, Mùller. — 9° Concerto ( allegro pathéti- 
que), op. 23; Leipsick, Breitkopf et Hœrlel. On 
a publié aussi une imitation que Ernst a faite du 
Carnaval de Venise de Paganini, et qu'il a jouée 
partout. 

ERRARS (Jean), poëte et musicien, paraît 
avoir été le père de Jean Errars, sieur de Valéry, 
chambrier de Philippe le Hardi, qui mourut en 
1372 , et qui comme lui composa les paroles et 
la musique de plusieurs chansons. Il nous en 
reste trente, sous le nom de Jean Errars ; les 
manuscrits de la Bibliothèque impériale de Paris 
en contiennent vingt-quatre. 

ERSGll ( Jean-Samuel), laborieux bibliogra- 
phe, naquit le 23 juin 1766, à Gross-Glogau ( basse 
Silésie ), et mourut à Jéna, le 16 janvier 1828. 
Après avoir reçu sa première instruction au gym- 
nase de sa ville natale, il alla étudier la théolo- 
gie à l'université de Halle. Ce fut dans cette 
ville qu'il commença ses premiers travaux litté- 
raires : puis il alla vivre quelque temps à Ham- 
bourg et enfin se fixa à Jéna, où il oblint la place 
de bibliothécaire de l'université. La plupart des ou- 
vrages de cet infatigable écrivain étant étrangers 
à l'objet de ce dictionnaire, on n'en parlera pas, 
et l'on se contentera de renvoyer aux biographies 
générales. Nous nous bornerons ici à citer son 
manuel de la littérature allemande ( Handbuch 
der deutschen literatur); Amsterdam et Leip- 
sick, 1812-1814, 2 vol. in-8°. On trouve dans cet 
ouvrage une liste d'ouvrages de littérature mu- 
sicale, tome I er , section 3, p. 1023, section 4, 
p. 1437, et tome H, sect. 7, page 2493. Ersch 
et J. G. Gruber furent les fondateurs de la grande 
Encyclopédie allemande des sciences et des arts 
(Allgemeine Encyclopédie der Wissenschaften 
und Kiïnste in alphabet ischer Folge, etc. ) ; 
Leipsick, Gleditch et Brockhaus. On trouve dans 
ce volumineux ouvrage une série de longs ar~ 
ticles relatifs à la musique, qui ont été rédigés 
par Rochlit/., Gottfried, Weber, Fr. W. Finit et 
plusieurs autres savants et artistes. 



ERTELIUS — 

ERTELIUS (Sébastien), moine bénédictin 
à l'abbaye de Weichenstephan, dans le dix-sep- 
tième siècle, a fait imprimer les ouvrages sui- 
vants de sa composition : i° Symphonix sacrx 
6 et S vocibus ; Munich, 1611.-2° Magnificat 
S vocibus; Munich, 1615. 

ERYTHREE US (Gottuard), né à Stras- 
bourg, vers 1550, se rendit à Altdorfen 1587, 
pour y exercer les fonctions de magister. En 1595 
il fut nommé cantor et chargé d'enseigner la 
musique au gymnase de la même ville; enfin en 
1609 il devint recteur de ce gymnase, et conserva 
cette place jusqu'à sa mort, qui eut lieu vers 
1617. On a de lui : 1° Psatmi et Cantica va- 
ria, ad notas scutonum musicum adstricta; 
Nuremberg, 1608,in-4°.— T D.M. Lutheri und 
anderer Gottsfuerchtiger Mariner Psalmen, 
und geistliche Lieder in 4 Stimmen gebracht 
durch, etc. (Psaumes de Luther, etc., à quatre 
voix ) ; Nuremberg, 1608, in-4°. 

Il est vraisemblable que le nom de ce musicien 
indique une origine grecque, et qu'un de ses an- 
cêtres était d'Erythrée, aujourd'hui Gesmc, dans 
l'Asie Mineure, car il n'y a point de nom alle- 
mand qui corresponde au latin Erythrxus. 

ESCHBORN (. . .), maître de concert à 
Mannheim, en 1830, fut appelé à Cologne , en 
1842, comme directeur de musique. En 1845, il 
prit la direction du théâtre d'Aix-la-Chapelle, 
et dans l'année suivante il alla donner des re- 
présentations à Amsterdam avec sa troupe d'o- 
péra. Il a fait représenter à Aix-la-Chapelle, en 
1847, l'opéra de sa composition intitulé Bas- 
tards oder das Stiergefccht (le Bâtard, ou le 
combat de Taureaux ). La femme d'Eschhorn est 
cantatrice et a chanté à Mannheim en 1830 et 31, 
à Amsterdam en 1836, à Cologne, en 1838 et à 
Strasbourg dans l'année suivante. 

ESCHELBACH ou ESCHENBACH 
(Wolfram de), célèbre maître-chanteur (trouvère) 
néenSuisse, brilla vers la lin du douzième siècle et 
au commencementilutreizieme.il eut pour maître 
un autre trouvère allemand, nomméFriedebrandt. 
Après avoir longtemps parcouru les différentes 
provinces de la Germanie, il se fixa, vers l'an 1200, 
au château de Wartbourg, près d'Eisenach, où 
il fut reçu au service du landgraf Hermann de 
Thuringe, grand protecteur des arts et des ar- 
tistes. C'est là qu'eut lieu une lutte célèbre entre 
Eschelbach et le maître chanteur Klingsohr, 
pour le prix du chant institué par Hermann. Es- 
chelbach se montra plus habile dans le chant re- 
ligieux, mais Klingsohr eut l'avantage dans les 
autres genres. Eschelbach n'est pas seulement un 
des poëtes-musiciens les plus féconds de son 
époque, mais, par la richesse de son imagination, 



ESCIIENBURG 1 55 

l'élévation de ses idées, l'expression et l'élégance 
de son style, il est considéré comme un véritable 
poète épique. Cet artiste ayant été fait chevalier 
à Henneberg, passa plusieurs années en voyages 
chevaleresques. Dans les dernières années de sa 
vie, il se retira dans la demeure de ses ancêtres. 
Son tombeau fut placé dans l'église Notre-Dame, 
à Eschenbach. 

ESCHENBACH ( Jean-Tobie), garde de la 
tour de l'église Saint-Michel, à Hambourg, in- 
venta en 1800 un instrument à clavier et à an- 
ches libres mises en vibration par l'action d'un 
souflet simple, auquel il donna le nom d'jElo- 
dion. J'ignore s'il y a identité de personne en- 
tre lui et Eschenbach (...), receveur des finan- 
ces à Kcenigshoven, dans le duché de Clèves, qui, 
en 1814, imagina un instrument du même genre, 
lequel fut connu sous le nom d'Organovioline. 
Celui-ci, modifié parSchlimbach, facteur d'orgues 
à Ohrdrulf, fut appelé JEoline, et Sturm (F.), 
organiste à Subi, dans la Thuringe, donna en 
1832, de l'extension à ce genre d'instrument dans 
WElodicon, dont le clavier avait une étendue de 
six octaves, tandis que Hàkel, de Vienne, le ré- 
duirait dans le petit instrument appelé Physhar- 
monica; mais le point de départ de toutes ces 
combinaisons de l'anche-libre fut évidemment 
le Chcng, des Chinois, et les premières applica- 
tions qui en fuient faites aux instruments à cla- 
viers appartiennent à Jean-Tobie Eschenbach et 
à Grénié, auteur de l'orgue expressif. (Voy. mon 
Eapjrort sur la fabrication des instruments 
de musique danê l'exposition universelle de 
Paris, en 1855, Tome II, p. 181 de la grande 
édition officielle, et p. 27 et suivantes du tiré- 
à-part). 

ESCHENBURG ( Jean-Joaciiim), conseil- 
ler de cour et professeur de belles-lettres au 
collège de Saint-Charles à Brunswick, naquit à 
Hambourg, le 1 er décembre 1743. Il fit ses étu- 
des à l'université de Leipsick , et ensuite à celle 
de Gœttingue. Jeune encore, il fut nommé gou- 
verneur des élèves du collège de Saint-Charles, à 
Brunswick, au mois de septembre 1767. Après 
six années d'exercice, il occupa la chaire de phi- 
losophie et de belles-lettres dans le même collège. 
Il mourut âgé de soixante-quinze ans, le 29 fé- 
vrier 1820. Eschenburg fut un amateur de mu- 
sique fort zélé, et qui contribua à ses progrès en 
Allemagne par les ouvrages qu'il publia sur cet 
art, et par des traductions de bons ouvrages 
étrangers. En voici la liste : 1° Une tra- 
duction allemande de la dissertation de Jean 
Brown sur l'origine et les progrès de la musique 
et de la poésie, sous ce titre : Dr Brown's Be- 
trachtungen iiber die Poésie und Musik nach 



/56 



ESCHENBURG — ESCOBEDO 



Virent Ursprmge, etc.; Leipsick, 1769, in-8° 
de 495 pages. — 2° Une traduction des réflexions 
de Webb sur l'affinité de la poésie et de la mu- 
sique, intitulée Betrachtungert ûber die Ver- 
uandschaft der Poésie und Musik, etc.; Leip- 
sick, 1771, in-8° de 169 pages. 11 y a joint des 
notes intéressantes. — 3° Une autre traduction de 
la dissertation sur la musique des anciens que 
Burney a mise au commencement de son bistoire 
«le la musique, sous le titre de Abhandlung ùber 
die Musik der Alten ; Leipsick, 1781, in-4°, 
216 pag. — 4° Une notice sur la vie deHaendel et 
sur la pompe de son anniversaire à Londres, 
traduite de l'anglais de Burney sous ce titre : 
Nachricht von Georg. Friedrich Hxndel's Le- 
bens umstxnden und der ihm zu Londort int 
Mai und Jun. 1784 angestellien Gedachtniss- 
feyer; Berlin, 1785, gr. in-4°. — 5° Enfin quelques 
autres ouvrages moins importants, tels qu'une 
dissertation sur sainte Cécile, dans le Magasin 
d'Hanovre de 1786, pag. 94-96, une lettre sut- 
la pompe funèbre de Jomelli, traduite de l'ita- 
lien, et insérée dans le journal intitulé Musée al- 
lemand, tom. 1, pag. 464 et une dissertation in- 
titulée Ueber die kùrzere Dauer des wohlge- 
l'allens an dent Spiel der Blasinstrumente 
(Sur la courte durée du plaisir causé par le jeu 
«les instruments à vent), dans le même journal, 
pages 155 et 102. Eschenburg est aussi auteur 
d'une théorie esthétique et générale de la litté- 
rature, intitulée : Entwurf einer Théorie und lit- 
teralur der schônen Redekùnsle, dont il a paru 
cinq éditions à Berlin eu 1783, 1789, 1805, 1817 
et 1836; 1 vol. in-8°. Il y traite de l'Opéra, mais 
seulement sous le rapport littéraire. 

ESCHERNY (François-Louis comten), an- 
cien chambellan du roi de Wurtemberg, né le 
23 novembre 1733, à Neufcbàtel (Suisse), est mort 
à Paris, le 15 juillet 1815. Parmi divers ouvrages 
qu'il a publiés, on remarque des Mélanges de 
littérature, d'histoire, de philosophie, Paris, 
1S09, 3 vol. in-12. dont plusieurs exemplaires 
portent le titre de 2 e édition, avec la date de 
1815. Il y traite plusieurs points relalifs à la 
musique, qui en ont été extraits et imprimés 
séparément sous le titre de Fragments sur la 
musique; Paris, 1809, 1 vol. in-12. Les vues du 
comte d'Escherny sont superficielles et de peu 
d'utilité pour le musicien. Il était bon musicien, 
chantait d'une manière agréable et jouait de l'alto 
dans les parties de quatuors et de quintettes. 

ESCHSTRUTH (Jean-Adolphe baron d'), 
conseiller de régence à Cassel, naquit à Ham- 
bourg, dans la Hesse, le 28 janvier 1756. Il fut 
d'abord conseiller de justice à Marbourg, où il 
étudia la composition , sous la direction de Hap- 



feld, maître de concert. Dans la suite, il se lia 
avec Vierling, organiste à Marbourg et élève de 
Kirnberger, qui lui communiqua l'excellente tra- 
dition de l'école de Bach. Il s'est rendu également 
recommandable comme compositeur et comme 
écrivain didactique. Outre les articles qu'il a 
fournis aux divers journaux d'Erfurl et de Ham- 
bourg, il a écrit : l° Musikalische Bibliothek 
fur Kùnstler und Liebhaber (Bibliothèque 
musicale pour le musicien et l'amateur), premier 
cahier; Marbourg, 1784, in-8° de 152 pages, 
deuxième cahier, 1785; troisième idem, 1789. 
— 2° Instruction pour écrire la musique, par Jean- 
Jacques Rousseau, traduite du français avec 
beaucoup d'augmentations, préparée pour l'im- 
pression en 1786. — 3° Principes de la musique 
transcendante, où l'on traite principalement de 
la littérature de la musique, également achevés de- 
puis 1786. — 4° Biographie de Ch.-Pb . -Em. Bach, 
achevée depuis 1789. Ces trois derniers ouvrages 
n'ont point été publiés. Les compositions du ba- 
ron d'Eschstruth consistent en un Essai de com- 
position pour le chant, avec accompagnement 
de clavecin; Cassel. 1781. — Un Chant pour so- 
prano et ténor, avec accompagnement de 
deux violons, alto et basse, op. 2; Marbourg, 
1781. — Chansons, odes et chœur pour le cla- 
vecin, première partie, op. 3 ; ibid., 1783. — 
Soixante-dix chansons mises en musique, 
ai ec une préface : Cassel, 1788. — Douze mar- 
ches avec la théorie, l'histoire et la littéra- 
ture de ce genre de musique. — Six sonatines 
pour le clavecin. — Recueil de cantiques reli- 
gieux. Eschstrulh est mort le 30 avril 1792, à 
l'âge de trente-sept ans. Sa biographie a été 
insérée dans le Nécrologe de la même année. 
Charles Justi a aussi publié un petit écrit qui 
a pour titre : Den Andenken Hans Ad. 
Freiherrn von Eschstruth gewidmet; Mar- 
bourg, 1792 in-8°. 

ESCOBEDO ou ESCOVEDO (Barthé- 
lémy), né en Espagne vers 1510, étudia à Sala- 
manque, et fut d'abord chantre de la cathédrale 
de cette ville. Il se rendit ensuite à Rome, où il 
entra dans la chapelle pontificale, en qualité de 
chantre, le 23 août 1536. Il obtint ensuite un 
bénéfice à Ségovie, et partit de Rome le 25 oc- 
tobre 1554, pour aller en prendre possession. 
On ignore la date de sa mort. Escobedo fut, en 
1551, l'un des juges dans la dispute musicale de 
Vicentino et de Vincenzio Lusitano. ( Voy. ces 
noms). Salinasdit qu'il était instruit dans toutes 
les parties de la musique : Cum Bartholomxo 
Escobedo viro in utraque musices parte exer- 
citatissimo (De musica, lib. 4, c. 32, p. 228). 
Il ne paraît pas qu'on ait conservé beaucoup de 



ESCOBEDO — ESCUDIER 



157 



ses ouvrages. CepenJant Nebra, cité par 
M. Mariano Soriano Fuertes (Historia de la 
musica espanola, t. II, p. 120), dit qu'on 
conservait dans la chapelle royale de Madrid 
deux Miserere et un Magnificat remarquables 
de ce musicien. M. Eslava a publié trois de ses 
motels à quatre voix, dans la collection intitulée 
Lira sacro-hispana (T. I er des Maîtres du 
seizième siècle» p. 143-156). 

ESCOVAR ( André de), musicien espagnol, 
vivait dans le dix-septième siècle. Dans sa jeu- 
nesse il fit un voyage aux Indes, et se fixa en- 
suite en Portugal, où il fut musicien de la ca- 
thédrale de Coïmbre. Il a écrit un traité de mu- 
sique intitulé Arte musica para tanger o 
instrumente) da charamelinha, qui est resté 
en manuscrit. L'instrument dont il s'agit dans 
cet ouvrage était la flûte à bec. 

ESCOVAR (Jean de), musicien et poëte 
portugais, vivait au commencement du dix-sep- 
tième siècle. Il a publié une collection de motets 
à Lisbonne en 1620, in-4°. Le catalogue delà 
bibliothèque musioale du roi de Portugal indique 
aussi sous son nom un traité de musique intitulé 
Arte de musica theorica y pradea; mais il ne 
fait pas connaître s'il est imprimé ou manuscrit. 

ESCUDIER (Marie et Léon). Si ces noms 
ne sont point ici séparés, c'est qu'ils sont insé- 
parables en réalité; car il serait à peu près im- 
possible de distinguer la part de chacun dans les 
actes et les travaux faits en association perma- 
nente par ces deux frères. Si nos renseignements 
sont exacts, et nous avons lieu de nous croire 
bien informé, l'aîné, Marie Escudier, est né le 
29 juin 1819; le second, Léon, le 17 septembre 
1821. Tous deux ont vu le jour à Castelnaudary 
(Aude). Leurs études classiques furent faites 
au collège de Toulouse. Par un rare exemple 
de précocité, l'aîné fut reçu avocat à l'âge de dix- 
huit ans. Devenus orphelins peu de temps après 
avoir quitté les bancs de l'école, et sans for- 
tune, les deux frères cherchèrent des moyens 
d'existence dans la presse. Ils fondèrent, à Tou- 
louse, un recueil littéraire intitulé Le Gascon, 
et La Patrie, journal politique qui eut du reten- 
tissement dans le midi de la France. Possesseurs 
d'une imprimerie typographique, ils écrivaient, 
composaient et imprimaient eux-mêmes ces 
journaux. Après deux ou trois années de travaux 
incessants qui n'avaient point augmenté leur 
bien-être, MM. Marie et Léon Escudier prirent 
la résolution d'aller, comme tant d'autres, sans 
protection, sans appui, chercher fortune à Paris. 
Arrivé dans cette ville, Léon put compléter son 
instruction classique dans les cours publics de 
la Sorbonne, et commença en mente temps l'é- 



tudede la musique sous la direction de M. F. Dazin, 
alors élève de composition au Conservatoire, 
aujourd'hui professeur d'harmonie dans la môme 
école. Son frère avait appris les éléments de cet 
art dès l'enfance et jouait du violon à l'âge de 
huit ans. Plus tard, il reçut des conseils, pour 
cet instrument, de M. Michel, élève de Bailiot, 
qui s'est fixé à Toulouse. 

A l'époque où MM. Escudier arrivèrent à 
Paris, la presse offrait des ressources faciles à 
qui savait écrire : ce fut à elle qu'ils eurent 
d'abord recours pour assurer leur existence : ils 
prirent part à la rédaction du Bon Sens , de la 
Revue du dix~neuvième siècle, de la Revue 
du Nord, qu'ils dirigèrent, et du Monde, journal 
politique quotidien fondé par l'abbé de Lamennais 
et par Mme George Sand. Longtemps après 
(1850 à 1858) ils ont été chargés de la rédac- 
tion du feuilleton musical du Pays, journal 
de l'Empire. Mais c'est surtout à cause des 
publications qui vont être énumérées, que 
MM. Escudier doivent trouver place dans ce 
dictionnaire. La première en date est la France 
musicale, journal hebdomadaire qu'ils fondèrent 
en 1838, et par lequel ils se sont fait leur spé- 
cialité. Nonobstant les perturbations politiques 
de tout genre et de pénibles vicissitudes, ils 
ont pu maintenir l'existence de cette publication 
parvenue aujourd'hui (1860) à sa vingt-deuxième 
année. Peu de temps après la fondation de la 
France musicale, les deux frères établirent 
une maison de commerce de musique, dont les 
œuvres de Verdi ont fait la prospérité. Dans le 
courant de la même année, les deux frères Es- 
cudier, s'étant mariés , ont séparé leurs intérêts : 
le magasin de musique est échu en partage à 
Léon, et Marie a eu pour sa part la France 
musicale, dont il continue la rédaction. 

Les titres des ouvrages de littérature musicale 
écrits et publiés par MM. Escudier sont : 
1° Études biographiques sur les chanteurs 
contemporains, précédées d'une Esquisse sur 
l'art du chant; Paris, Juste Tessier, 1840, 1 vol. 
in-is. — 2° Dictionnaire -de musique d'après 
les théoriciens, historiens et critiques les plus 
célèbres, 1 vol. in-18. Paris, au bureau central 
de musique, 1844. — 3° Dictionnaire de mu- 
sique théorique et historique, avec une préface 
de M. F. Ilalévy ; Paris, Michel Lévy frères, 
1854, 2 vol. in-18. Dans ce deuxième diction- 
naire, le premier a été refondu, développé et 
complété. — 4° Rossini, sa vie et ses œuvres, 
avec une introduction par Méry ; Paris , Dentu, 
1854, 1 vol. in-18. — 5° Vie et aventures des 
cantatrices célèbres, précédées des music'ens 
de l'Empire, et suivies de la vie anecdotique 



1S8 



ESCUD1ER — ESLAVA 



de Paganmi, Paris, Dentu, 1856, 1 vol. in-18. 
M. Marie Escudiei' est chevalier de la Légion 
d'honneur. 

ESCIUBANO (Jean), musicien espagnol, 
fit ses études musicales à l'université de Sala- 
manque, puis se rendit à Rome, et fut admis 
dans la chapelle pontificale, en qualité de cha- 
pelain-chantre, à la fin du quinzième siècle. Quel- 
ques-unes de ses compositions pour l'église sont 
conservées dans les archives de la chapelle 
Sixtine. 

ESENSA ( Salvador ), né à Modène, dans la 
première moitié du seizième siècle, a publié de sa 
composition : lî primo libro de' Madrigali à 4 
voci; Venezia, pelGardano, 1566, in-4°. 

ESLAVA (Don Mjchel-Hilarion), maître 
(le chapelle de la reine d'Espagne Isabelle II, 
est né le 21 octobre 1807, à Benlada, petit village 
près de Pampelune, dans la Navarre. En 1816, 
il entra comme enfant de clmeur à la cathédrale 
de cette ville, et y reçut son instruction dans le 
solfège et le chant; puis il se livra à l'étude du 
piano et de l'orgue, sous la direction de D. Ju- 
lien Prieto. Pendant ce temps il étudiait la lan- 
gue latine et faisait son cours d'humanités au sé- 
minaire de cette ville. A la même époque il ap- 
prit aussi à jouer du violon, et en 1824 il fut 
employé à la cathédrale de Pampelune en qua- 
lité de violoniste. Dans les années suivantes il 
compléta ses connaissances dans l'art de la com- 
position, par les leçons d'un bon maître nommé 
D. Francisco Secanilla. En 1S?8, M. Eslava ob- 
tint, par un concours public, la place de maître 
de chapelle de la cathédrale d'Ossuna. 11 suivit 
dans celte ville les cours de littérature et de 
philosophie de l'université, entra dans les ordres 
et fut fait diacre. La place importante de maître 
de chapelle de l'église métropolitaine de Séville 
étant devenue vacante en 1832, M. Eslava l'ob- 
tint au concours. Ce fut dans cette église qu'il 
reçut la prêtrise. Quelques années plus tard, les 
événements de la révolution espagnole l'obligè- 
rent à chercher des ressources dans la compo- 
sition dramatique. En 1841 il fit représenter au 
théâtre de Cadix l'opéra italien il Solitario, et 
dans les années suivantes les opéras la Tregua 
di Ptolemmde, et Pietro el Crudele. Ces ouvrages 
furent accueillis avec beaucoup d'applaudisse- 
ments, et dans plusieurs villes de l'Espagne ils 
eurent le même sort qu'au théâtre de la cour. En 
1844, M. Eslava reçut sa nomination de maître 
de la chapelle royale de Madrid : quatre ans 
après, la reine l'a décoré de l'ordre de Charles III. 

Le nombre des compositions religieuses pro- 
duites par M. Eslava, jusqu'en 1853, s'élève à 
cent quarante-trois, parmi lesquelles se trouvent 



des messes, psaumes , hymnes, lamentations, 
motets, villancicos, elc. Quelques-unes de ces 
œuvres ont été publiées dans une collection inté- 
ressante de musique d'église composée par les 
meilleurs artistes espagnols depuis le seizième 
siècle jusqu'au dix-neuvième ; collection formée 
par M. Eslava même et qui a pour titre : Lira 
sacro-hispana : gran coleccion de obras de 
musica religiosa,compuesla por los mas acre- 
ditados maestros espanoles, tanto antiguos 
como modemos : publication que se hace 
bajo la protection de S. M. la Reina Doua 
Isabcl II, y dirigida par D. Hilar ion Eslava, 
maestro de su Real Capilla (Lyre sacrée de 
l'Espagne ; grande collection d'œuvres de musi- 
que religieuse, composée par les plus célèbres maî- 
tres espagnols, tant anciens que modernes, etc. ) ; 
Madrid, Martin Salazar. De courtes notices bio- 
graphiques sur les auteurs dont les ouvrages 
sont dans la collection se trouvent au commen- 
cement de chaque volume. Sept volumes in-folio 
de cette collection ont paru jusqu'à ce jour. Le 
style de M. Eslava est dans le caractère de la 
tonalité moderne et de son harmonie appliquée 
à la musique d'église; mais il a beaucoup d'in- 
térêt. On y trouve du nerf dans le rhythme, de 
l'effet dans l'instrumentation, et une certaine al- 
liance heureuse des formes anciennes avec celles 
de son temps. Qu'on examine, par exemple, son 
Te Deum, placé au commencement de la section 
du dix-neuvième siècle, dans la collection qui 
vient d'être citée; on y reconnaîtra ces qualités 
et l'on aura la conviction que cette composition 
estdigne d'une haute estime. M. Eslava a com- 
mencé aussi la publication d'une collection 
d'œuvres des meilleurs organistes espagnols, sous 
le titre de Museo organico espanol, avec des 
notices biographiques ; Madrid, Martin Salazar, 
in-fol. On y trouve aussi des pièces d'orgue de 
la composition de l'éditeur. J'ignore si cette en- 
treprise a été continuée. En I84G, M. Eslava a 
fait paraître un solfège méthodique ( Mctodo de 
solfeo) qui a obtenu un très-grand succès et a 
été adopté dans toute l'Espagne. II prépare de- 
puis plusieurs années pour l'impression un traité 
d'harmonie, de contrepoint et de composition, 
d'après les traditions de l'ancienne école des 
maîtres espagnols. 

Plein de zèle pour la restauration de l'art dans 
sa patrie, ce musicien, aussi distingué comme 
savant et critique que comme compositeur, a 
entrepris la publication d'un journal intitulé Ga- 
cela musical de Madrid, dont il a paru deux 
années ( 1855 et 1 856 ; 2 vol. in-4° ). Il s'y trouve 
de fort bonnes choses, dues en grande partie à 
la plume de M. Eslava ; mais, découragé par l'in- 



ESLAVA — EST 



159 



différence de ses compatriotes, il a dû renoncer 
à continuer cette publication. 

ESP1NAIS (Gactier d'), que Fauchet ap- 
pelle ÏÏEspinois, fut poète et musicien vers 1260. 
On a neuf chansons notées de sa composition. 
Les manuscrits de la Bibliothèque impériale, cotés 
66 (fonds de Cangé) et 7222 (ancien fonds), en 
contiennent huit. 

ESPINOSA ( Jean de), né à Tolède vers la 
tin du quinzième siècle, est indiqué par le cata- 
logue de la bibliothèque du roi de Portugal , 
comme auteur de deux ouvrages, dont l'un est 
intitulé : Tractado de principios de musica 
pralica y theorica, et l'autre : Betractationes 
de los crrores, y falsedades, que escrivô Gon- 
çalo Martine-, de Biscargui en el arte de 
tanto llano. Ce dernier n'a pas dû être écrit avant 
1512, car le traité de solmisation de Biscargui, 
ou "Viseargui, n'a été imprimé qu'en 1511, à 
Burgos. 

ESSENGA (Salvator), frère servite du 
couvent de Modène, dans la seconde moitié du 
seizième siècle, naquit dans cette ville . Il oc- 
cupa d'abord la position de maître de chapelle 
de la cathédrale de Modène, puis fut appelé à 
Sienne en la même qualité, suivant les renseigne- 
ments fournis par le P. Giani, dans les Annales 
des frères servîtes (1). Essenga fut le maître de 
chant et de contrepoint du P. Archangelo Ghe- 
rardini, frère servite de Sienne, et d'Horace Vec- 
chi ( Voy. ces noms). On connaît sous le nom du 
P. Essenga un œuvre qui a pour titre : Di Sal- 
vator Essenga II primo libro di Madrigali a 
quatre voci. Novamente da lui composli e 
per Antonio Gardano stampati in Venelia, 
1566, in-4°. 

ESSER (Charles-Michel, Chevalier d'), 
violoniste et compositeur, naquit à Aix-la-Cha- 
pelle, vers le milieu du siècle dernier. B fut d'a- 
bord attaché à la chapelle de l'électeur de Hesse- 
Cassel, et voyagea ensuite en Allemagne, en 
France et en Italie. Le pape le fit chevalier de 
l'Éperon d'or. Vers 1786, il se rendit en Espagne 
et y fut bien accueilli. En 1791, il a écrit pour 
le théâtre de Gotha un opéra en trois actes inti- 
tulé : Die drey Pachter (les Trois Fermiers). 
Il a composé en outre six symphonies, six qua- 
tuors, des trios et solos pour le violon, qui se 
trouvent dans les archives de la chapelle à 
Cassel. 

ESSER (Henri), compositeur, est né à 
Mannheim, le 15 juillet 1818, et y a fait ses 
études musicales. Ayant acquis du talent sur le 
violon, il fut nommé maître de concert de la 

(i) T. H, page »s». 



cour, à l'âge de vingt ans. Lu 1842 il remplit les 
fonctions de maître de chapelle par intérim, el 
comme tel dirigea la fête musicale de Mayence 
dans la même année. La manière dont il s'ac- 
quitta de cette mission lui fit obtenir la place de 
directeur de musique dans cette ville. En 1847, il 
fut appelé à Vienne en qualité de chef d'orches- 
tre du théâtre Kàrnthnerthor. Son premier ou- 
vrage de quelque importance fut une grande 
cantate qu'on exécuta à Mannheim en 1837. Deux 
ans après, il donna au théâtre de cette ville un 
opéra intitulé Silas, qui eut quelque succès. En 
1843 il fit représentera Aix-la-Chapelle Biquiqui, 
opéra comique que le public a accueilli avec fa- 
veur, et qui fut joué dans la même année au théâ- 
tre de Francfort. La partition de cet ouvrage a 
été gravée pour le piano ; mais la réputation d'Es- 
ser s'est faite surtout en Allemagne par l'opéra 
intitulé les deux Princes, qu'il écrivit, en 1844, 
pour le théâtre royal de Munich, et dont le suc- 
cès eut assez d'éclat pour que l'ouvrage fût joué 
à Berlin, à Francfort et à Cassel. La partition, 
réduite pour le piano, a été gravée en 1846, à 
Mayence, chez Schott. Les autres compositions 
d'Esser consistent en un psaume (le 23 e ) à 4 
voix, un quatuor pour des instruments à cordes 
œuvre 5, un trio pour piano, violon et violon- 
celle, op. 6, une symphonie (en mi bémol), exé- 
cutée à Francfort, en 1844,- et un grand nombre 
de Lieder très-jolis , qui ont eu beaucoup de 
vogue. 

ESSEX (le docteur), né à Coventry, dans 
le comté de Warwick, en 1779, prit ses degrés 
de bachelier en musique en 1806, à l'université 
d'Oxford, et ceux de docteur six ans après. 11 
s'est fixé ensuite à Londres. Il a fait graver dans 
cette ville : 1° Becueil de six duos pour deux 
flûtes. — 2° Becueil de marches pour le piano. 
— 3° Duos pour le piano avec accompagnement 
de deux flûtes. — 4° Bondo militaire en duo 
pour piano et harpe. — 5° The Britannia, 
rondo pour le piano, avec accompagnement 
de violon, dans le style anglais. — 6° The Hi- 
bernia, rondo dans le style irlandais, pour 
piano et violon. — 7° The Caledonian, rondo 
dans le style écossais pour piano et violon. — 
8° The Guaracha, rondo pour piano et flûte. 
— 9° Introduction et fugue pour l'orgue. 

ESSIGER (. . . .), directeur de musique à 
Luebben, vers la fin du siècle dernier, a composé 
en 1797 un opéra en trois actes intitulé Sultan 
Wampum oder die Wuensche; l'année sui- 
vante, Der Barbier und Schornsteinfcyer (le 
Barbier et le Ramoneur), en un acte. 

EST ou ESTE ( Michel ) , bachelier en 
musique, et maître des enfants de chœur de la 



ICO 



EST — ETIENNE 



cathédrale de Liehtfield, vécut dans la seconde 
moitié du seizième siècle. Il a publié plusieurs 
collections de madrigaux et de psaumes à plu- 
sieurs voix. La plus connue de ses compositions 
est intitulée : The sixt set ofBookes, wherein are 
■anthemes for verses, and six parts ; apt fort 
Tiolts andvoices (Sixième suite de livres con- 
tenant des antiennes à cinq et six parties, etc). 
On trouve aussi plusieurs pièces de Est dans la 
célèbre collection publiée par Thomas Morley 
sous le titre de The triumphs of Oriana, to 
five and six voices ( le Triomphe d'Oriane, à 
cinq et six voix); Londres, 1601. On croit que 
Michel Est fut le fils de Thomas Est, musicien 
et marchand de musique à Londres, qui a publié 
une collection de psaumes de divers auteurs, sous 
ce titre : The whole Book ofpsalmes, wanted 
lunes as they are song in Churches, composed 
into foure parts by nine sundry authors, etc.; 
Londres, 1594. Les auteurs dont on trouve les 
ouvrages dans cette collection, sont : Jean Dovv- 
land, E. Blancks, E. Hooper, J. Farmer, R. Al- 
lison, G. Kirby, W. Cobbold, E. Johnson et G. 
Farnaby. Thomas Est fut le successeur de Byrd 
etdeTallys pour le privilège d'imprimer la mu- 
sique, et publia quelques-uns de leurs ouvrages 
( Voyez Byrd), 

EST (L.-B.) , musicien bavarois de l'époque 
actuelle , est maître de chapelle d'une des églises 
d'Augshourg. H s'est fait connaître par de petites 
compositions pour l'église dont on a publié : 
1° Litanies courtes et faciles pour soprano, con- 
tralto, et basse, avec accompagnement d'orgue ; 
Augsbourg, Bôhm. — 2° Quatre messes courtes 
et faites pour une ou deux voix avec orgue; ibid. 
— 3° Messes courtes et faciles pour soprano, con- 
tralto et basse avec orgue, n os 1 à 6; ibid. 
— 4°Six Offertoires facilesà 3 voix et orgue pour les 
six messes précédentes ; ibid. — 5° Messe pastorale 
courte et facile à 3 voix et orgue ; ibid. — 6° Messes 
de Requiem courtes et faciles à 2 ou 3 voix avec 
orgue. n os 1 à 4, 

ESTEVE (Pierre), membre de l'Académie 
de Montpellier, naquit dans cette ville au con> 
inenrement du dix-huitième siècle. Ses écrits, 
sur plusieurs questions de sciences, d'arts ou 
de littérature, sont empreints d'une telle médio- 
crité, qu'ils sont tombés dans l'oubli, et que lui- 
même a eu le chagrin de leur survivre. Ce qu'il 
a publié sur les arts en général, et sur la mu- 
sique en particulier, est ce qu'il a fait de meilleur. 
En 1750, il fit paraître un opuscule intitulé 
Problème, si l'expression que donne l'harmo- 
nie est préférable à celle que fournil la mélo- 
die. Il se prononce en faveur de l'harmonie, 
parce que, Ail-i], le plaisir qui résulte de l'ac- 



cord des sons est dans la nature, au lieu que 
celui qui nous vient de la mélodie n'est que 
le fruit d'une convention humaine. Voilà une 
plaisante raison pour donner à l'une la préfé- 
rence sur l'autre! Au reste, ces questions oi- 
seuses ne peuvent être élevées que par ceux qui 
sont à peu près étrangers à la musique : la mé- 
lodie et l'harmonie, séparées l'une de l'autre, ne 
se peuvent concevoir dans la musique moderne 
de l'Europe. Estève reproduisit la même doctrine 
dans sa Nouvelle découverte du principe de 
l'harmonie , avec un examen de ce que M. 
Rameau a publié sous le titre de démonstra- 
tion de ce principe. Paris, 1751, in-8°, 54 pages. 
On a aussi de cet écrivain l'Esprit des beaux- 
arts; Paris, 1753, 2 vol. in-12. La seconde par- 
lie contient onze chapitres sur les effets attribués 
à la musique des Grecs, et sur la comparaison de 
cette musique avec celle des modernes. Estève 
vivait encore en 1780. 
ESTOCART (Pascal de l'). Voy. Lesto- 

CART. 

ESTRÉE (Jean d'), musicien du seizième 
siècle , auquel Duverdier donne la qualité de 
joueur de hautbois du Roi. Il a publié quatre 
livres de danscries , contenant le chant des 
bransles communs, gays, de Champagne , de 
Bourgogne, de Poiclou, de Malte, des sabots, 
de la guerre et autres ; gaillardes, pavanes, 
ballets, voltes , basses-danses , hauberrois et 
allemandes ; Paris, Nicolas du Chemin, 1564, 
in-4°. 

ESTWICK (Samuel), écrivain anglais, vi- 
vait vers la fin du dix-septième siècle, et avait 
le titre de docteur en droit canonique. Il a pu- 
blié un discours pour l'anniversaire de l'institu- 
tion de la Société des amateurs de musique de 
Londres, sous ce titre : A Sermon upon occa- 
sion ofthe anniversary meeting ofthe lovers 
ofMusic; Londres, 1696,in-4°. 

ETIENNE (Denis-Germain), né à Paris en 
1781, élève du Conservatoire de musique de Pa- 
ris, reçut d'abord des leçons de piano de Gobert, 
puis de Boieldieu, et apprit l'harmonie sous la 
direction de Catel. Le premier prix d'harmonie 
et d'accompagnement lui fut décerné en l'an vm 
de la république ( 1800). Après avoir enseigné, 
le piano à Paris pendant plusieurs années, il par- 
tit pour l'Amérique en 1814, et se fixa à New- 
York, où il est mort en 1859. II a publié: 1° Pot- 
pourri pour le piano, œuvre 1 er ; Paris, Le Duc. 
— 2° Thème varié, op. 2°; Paris, Frey. — 3° Trois 
romances avec ace. de piano; Paris, Le Duc. 
Etienne tut pendant longtemps accompagnateur 
au piano du théâtre italien de Ncw-Yorl» , et 
voyagea en Amérique avec Garcia et avec M™* 



ETIENNE — EUCLÏDE 



1 01 



Malibran, dans les premières années de sa car- 
rière. 

ETT (Gaspard), organiste de l'église Saint-Mi- 
chel à Munich , également distingué comme vir- 
tuose sur son instrument, comme compositeur et 
comme érudit en musique, est né le 5 janvier 
1788 à Eresing, arrondissement de Handsberg, 
en Bavière. Dès son enfance il montra un goût 
prononcé pour les études sérieuses et pour la mu- 
sique ; il avait à peine atteint sa neuvième an- 
née quand il entra comme enfant de chœur à 
l'abbaye des bénédictins d'Andecb. Il y reçut une 
instruction préparatoire pour entrer ensuite au 
gymnase, et apprit les éléments du chant, du 
piano et de l'harmonie. A l'âge de douze ans il 
entra au séminaire de l'électeur, à Munich, alors 
une des meilleures écoles de musique de la Ba- 
vière, si riche d'ailleurs en institutions de ce 
genre. Ett y apprit à jouer de l'orgue, sous la 
direction de l'excellent professeur Schlet , et 
Joseph Grûtz lui enseigna le contrepoint. Après 
avoir achevé ses études littéraires au gymnase 
et au lycée, il se livra sans réserve à ses travaux 
sur la musique, et, en 1816, il obtint la place 
d'organiste, qu'il a occupée pendant trente et un 
ans. Il est mort à Munich, le 16 mai 1847. Comme 
professeur de chant choral, il a formé de très-bons 
élèves et a porté l'exécution à un point de perfec- 
tion très-satisfaisant, dans le chœur de l'église de 
Saint-Michel. Comme compositeur, il a produit : 
1° Huit messes avec ou sans accompagnement 
d'orchestre à 4 et à 8 voix ; ses trois messes à 8 
voix ont été composées en 1821, 1822 et 1847. — 
2° Doux Requiem. — 3° Deux Miserere qui pas- 
sent pour excellents. — 4° Un Stabat Mater. — 
5° Un Te Deam. — 6° Plusieurs litanies. — 7° Des 
Vêpres. — 8° Des Graduels. — 9° Des Offertoires. 
Toute cette musique jouit en Allemagne de beau- 
coup d'estime. Ett a écrit aussi des chœurs et des 
chansons à plusieurs voix. Il s'est livré pendant 
longtemps à des recherches sur l'ancienne mu- 
sique d'église des quinzième et seizième siè- 
cles, pour laquelle la riche bibliothèque de Munich 
lui a fourni de précieux documents. 

ETTMULLER (Michel -Ernest), docteur 
et professeur de médecine à Leipsick, naquit dans 
cette ville , le 26 août 1673. Après avoir fait de 
bonnes humanités à Zittau et à Altenbourg, il se 
rendit, en 1692, à l'université de Wittemberg 
pour y faire son cours de philosophie. De retour 
à Leipsick, en 1694, il se consacra entièrement 
à la médecine jusqu'à sa mort, arrivée le 25 sep- 
tembre 1732. Il a publié une dissertation intitulée : 
De Effectibus musiese inhominem; Leipsick, 
17l4,in-4°. 
ETTORI (Guillaume), célèbre ténor, né en 

DIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — 1. III. 



Italie vers 1740, fut d'abord au service de l'élec- 
teur Palatin. En 1770, il chanta à Padoue avec, 
un succès prodigieux. L'année suivante, il se 
rendit à Stuttgard pour y entier au service du duc 
de Wurtemberg , mais il mourut dans la même 
année. 

EUCHERO, de l'Académie des pasteurs «r- 
endiens. On a publié sous ce nom, à Venise, en 
1746, un opuscule qui a pour titre : Rifflessioni 
sopra la maggior facilita che trovasi ncll'ap- 
prendere il canto con Vuso di un solfeggio dt 
dodici monosilabi, atteso il fréquente uso de- 
gli accidenti: in Venezia, de Pecora, 1746, in-8". 
L'abbé Gianelli prétend, au mot sistema de la 
deuxième édition de son Dizionario délia mu- 
sica, que le véritable auteur de cet opuscule fut 
le marquis Fabio Chigi, de la noble famille de 
Sienne. On trouve dans cet écrit l'exposé d'un 
système de solmisation au moyen d'une syllabe 
pour chacun des douze degrés de l'échelle chro- 
matique, dans le but d'éviter la dénomination 
des notes accidentées et l'usage des muances, 
encore en vigueur à celte époque en Italie. 

EUCLIDE, célèbre auteur des plus anciens 
éléments de géométrie connus, a été confondu 
souvent avec Euclide de Mégare , chef d'une 
secte de philosophes dialecticiens. On ignore le 
lieu de sa naissance : on sait seulement qu'il 
vécut sous le règne de Ptolémée , fils de Lagus, 
plus de trois cents ans avant l'ère chrétienne, 
et qu'il ouvrit une école de mathématiques à 
Alexandrie. Pappus vante sa douceur et sa bien- 
veillance pour tous ceux qui travaillaient aux 
progrès de la géométrie. Outre les Éléments etles 
Données, qui sont les ouvrages les plus impor- 
tants d'Euclide, Proclus Diadochus, l'un de ses 
commentateurs, et Pappus d'Alexandrie, indi- 
quent ceux dont les titres suivent : Introduction 
harmonique (EîuaYwy^ âpjj.ovtxvj), et Section du 
canon musical. Un assez grand nombre de ma- 
nuscrits, contenant ces deux ouvrages, les attri- 
buent, en effet, à cet auteur; mais il en est d'au- 
tres où ils sont indiqués sous le nom de Cléo- 
nides; tels sont ceux dont s'est servi Georges 
Valla pour sa version latine , celui de la biblio- 
thèque de S. Salvador à Bologne, et deux autres 
manuscrits de la Bibliothèque impériale, à Paris. 
Les savants ont été partagés d'opinion sur celui 
de ces deux auteurs auquel ces ouvrages appar- 
tiennent : outre Georges Valla, H. Grotius (m 
Annot. ad Mart. Capellœ , p. 316), Gesner 
(Biblioth. in Epi t. red., p. 158), et Glaréan 
(Dodecach.) se sont prononcés pour Cléonides; 
mais Meybom, Mersenne, D. Gregorius et Fa- 
bricius ont rejeté cette opinion. 
Wallis est le premier qui a remarqué (dans la 

11 



IG2 



EUCLIDE — EUGEN1US 



préface de sa version latine des Harmoniques de 
Ptolémée) que l'Introduction harmonique et la 
section du Canon ne peuvent être du même au- 
teur, puisque le premier de ces ouvrages est con- 
forme à la. doctrine d'Aristoxène , et le second à 
celle de Ptolémée. En effet, l'Introduction har- 
monique n'admet que trois modes, divise le ton 
en deux demi-tons diatoniques, fait du dièse 
chromatique le tiers de l'intervalle du ton ma- 
jeur, et du dièse enharmonique le quart, tandis 
que l'auteur du Canon établit le ton dans la pro- 
portion de î) : 8, et le limma dans celle de 256 : 
243. Plusieurs éditeurs et commentateurs d'Eu- 
clide ont douté que ces opuscules fussent «le lui. 
M. Pcyrard , qui a donné une belle édition des 
œuvres de ce géomètre, d'après un manuscrit 
du neuvième siècle (appartenant à la Bibliothèque 
Saint-Marc de Venise), les rejette même positi- 
vement, et dit, dans sa préface, p. xm : « Étant 
« dépositaire de ce précieux manuscrit, je me dé- 
« terminai, sans balancer, à donner une édition 
« grecque , latine et française des Éléments et 
« des Données d'Euclide, qui sont certainement 
« les seuls ouvrages qui nous restent de ce 
« géomètre à jamais célèbre. » 

Quoi qu'il en soit, voici Pindication des édi- 
tions diverses qui ont été données de ces opus- 
cules : 1° Cleonidx harmonicum introducto- 
rium, interprète Georgio Valla Placentino. 
impressum Venetiisper Simoncm Papiensem, 
anno 1497. Une deuxième édition de cette ver- 
sion fut publiée l'année suivante à Venise , avec 
quelques autres ouvrages de Valla; enfin la Biblio- 
thèque impériale, à Paris , en possède un exem- 
plaire, in-f°,qui portela date de Venise, 1504. — 
2° Une autre traduction latine, donnée par Jean 
Pena, professeur de mathématiques à Paris, sous 
le titre : Euclidis Rudimenta musices, ejusdem 
Sectio régulée harmonicas e regia Bibliotheca 
desumpta, ac nunc grxce et latine excussa ; 
Paris, 1557, in-4°. Meibomius (in Prœfat. ad 
Eucl.) a reconnu beaucoup d'erreurs dans cette 
traduction de Pena ; elles ont été reproduites dans 
l'édition complète, grecque et latine, des œuvres 
d'Euclide, donnée par Conrard Dasipodius, à 
Strasbourg, en 1571 , in-8°, dans celle du jé- 
suite Possevin (Rome, 1593, et Venise, 1603), 
et enfin dans le Cours de mathématiques de 
Herigoni (Paris, 1644, in-8°). — 3° Meibomius 
ayant mis Euclide au nombre des auteurs grecs 
sur la musique dont il a donné une édition sous 
le titre : Antiqux musiese auctores sep(e?n i 
Amsterdam , 1652 , in-4°, y a joint une version 
nouvelle très-correcte , que Gregorius a insérée 
dans son édition complète intitulée: Euclidis qux 
supersunt omnia , grxce et latine ; Oxford , 



1703, in-fol. — 4° Une traduction française, par 
Pierre Forcadel , professeur de mathématiques 
à Paris, a été publiée sous le titre de la Musique 
d'Euclide ; Paris , 1565, in-8°. Le P. Mersenne 
en a donné une autre, dans son premier Traité 
de l'harmonie universelle (Paris, 1627, in-8°), 
pag. 107-141. — 5° C. Davy a inséré une traduc- 
tion anglaise des traités de musique d'Euclide , 
dans ses Letters upon subjects of literature; 
including a translation of Euclid's section of 
the canon, and his treatise on harmonie 
uith an exploitation of the greeh musical 
modes. Londres, 1787, 2 vol. in-8°. 

EUGÈNE (Charles -Paul -Louis), duc de 
"Wurtemberg, né à Oels le 8 janvier 1788, était 
cousin du roi de Wurtemberg, et fut général d'in- 
fanterie au service de la Russie. Retiré dans sa 
terre de Carlsruhe, en Silésie, il cultiva la mu- 
sique avec amour, et se distingua autant par 
son goût éclairé pour les arts, que par sa gé- 
nérosité envers les artistes. Il n'était âgé que 
de dix-sept ans lorsqu'il se livra à la composi- 
tion, non pour y chercher des jouissances de 
vanité, mais à cause du plaisir pur qu'il y trou- 
vait ; car ce prince était âgé de cinquante ans 
lorsqu'il fit imprimer ses ouvrages. Ses premières 
productions furent des Lieder avec accompa- 
gnement de piano , composés depuis 1800 jus- 
qu'en 1820 : ces chants furent publiés à Breslau , 
en 1837. L'opéra Die Geislerbraut ( la Fiancée 
des Esprits), que le prince avait terminé en 1811, 
fut représenté plusieurs fois avec succès au théâ- 
tre de Breslau, et la partition, réduite pour le 
piano, par le directeur de musique Muscker, fut 
publiée dans la même ville, en 1838. Fini; a 
rendu compte de cet ouvrage dans la 40 me an- 
née de la Gazette générale de Leipsick, p. 4 17 
et suivantes. Un autre opéra intitulé la Foret 
de l'Elbe supérieur, fut terminé par le duc 
de Wurtemberg en 1815; mais il n'a pas été pu- 
blié. On connaît aussi de ce prince quelques sym- 
phonies et ouvertures, qui ont été souvent exé- 
cutées par les musiciens de sa chapelle, au châ- 
teau de Carlsruhe. Le duc de Wurtemberg est 
mort dans cette résidence, le 16 septembre 1857, 
à l'âge de soixante-neuf ans. 

EUGENIUS (Traugott), cantork Thoin, 
vers 1490, est l'un des plus anciens contrepointistes 
allemands dont les noms sont parvenus jusqu'à 
nous. Gerber dit, d'après un journal littéraire , 
qu'on trouve quelques-unes de ses compositions 
dans un recueil de cinquante chansons qui a été 
publié par Cothenius, surnommé le Botteleur, 
en 1502; mai9 il n'indique pas le lieu de l'im- 
pression. Il y a sans doute une erreur dans 
cette indication, car il n'existait pas d'imprimé- 



EUGENIUS — EULER 



163 



rit! de musique en Allemagne dans l'année 1502. 

EULE(C.-D.), né à Hambourg, en 1776, était 
fils d'un acteur qui était directeur du théâtre de 
cette ville. Son père le destinait à suivre la même 
carrière que lui , mais il ne se sentait point de 
goût pour cette profession , et la musique fut l'u- 
nique objet de ses études. En 1736, il commença 
à se faire connaître comme compositeur, par la 
publication de quelques morceaux de piano; 
l'année suivante, il donna au théâtre de Ham- 
bourg l'opérette intitulée Die verliebten Wer- 
ber (Les Recruteurs amoureux), qui reçut 
un accueil favorable. Plus tard il donna avec 
succès les opéras : Der Unsichtbare (l'Invisible), 
Giaffar et Zaïde, et Dos Amt und Wirths- 
haus (le Bailliage et l'Auberge). Beaucoup de 
compositions instrumentales et autres suivirent 
ces premiers essais. Ayant été nommé directeur 
de musique au théâtre de Hambourg , il conserva 
cette place toute sa vie, et il en remplissait en- 
cordes fonctions, lorsqu'il mourut en 1827. Parmi 
les compositions de Eule , on remarque : 1° Con- 
certino pour le piano mêlé de thèmes favoris, op. 
7 ; Hambourg , Cranz. — 2° Quatuor pour pia- 
no , violon , alto et basse ; Hambourg , Bœhme. 
— 3° Sonate pour piano et violon , op. 10 ; Ham- 
bourg, Cranz. — 4° Trois sonates pour piano 
seul; Hambourg, Bœhme. —5° Grande polo- 
naise pour le piano , op. 4 ; ibid. — 6° Deuxième 
idem, op. 9; Hambourg , Cranz. — 7° Intro- 
duction avec thème varié , op. 5 ; Hambourg , 
Bœhme. — 8° Variations brillantes sur le thème : 
Guter Mond, op. 8; Hambourg, Cranz. — 
9° Huit variations sur le thème : Je suis encor 
dans mon printemps ; Hambourg, Bœhme. — 
10° Dix Variations sur le thème : Enfants de la 
Provence; ibid. — 11° Variations sur le thème : 
Robert disait à Claire; Hambourg, Cranz. — 
12° 6 Lieder à 3 et 4 voix, avec accompagnement 
de piano; Hambourg, Bœhme. — 13° Chants à 
voix seule,- ibid. 

EULENSTEIN (Antoine-Henri SIGORA 
DE), né à Vienne en 1772, mourut dans la même 
ville, le 14 novembre 1821. Appelé par sa nais- 
sance à servir l'État, il donnai la musique tous 
les moments de loisir dont il pouvait disposer. 
Ayant reçu quelques leçons de piano et de com- 
position de Mozart , il a écrit des sonates , des 
quatuor.';, des chansons avec accompagnement 
de piano , et a composé pour les théâtres des 
faubourgs de Vienne la musique de- quelques pe- 
tits opéras comiques, qui ont été joués sous les 
titres de Die Wanderschaft (la Promenade); 
Vetter Damien (le Cousin Damien); DerPe- 
ruckenmacher (le Perruquier); Der gebesserte 
Lor'en fc (Laurent corrigé), etc., etc. M. de Ku- 



lenstein dirigeait bien un orchestre et était fort 
recherché pour cet emploi dans les sociétés d'a- 
mateurs. 

EULER (Léonard), illustre géomètre, naquit 
à Bàle, le 15 avril 1707. Son père, Paul Euler, 
qui avait étudié les mathématiques sous Jacques 
Bernouilli, fut son premier instituteur dans cette 
science ; Euler termina ses études à l'université 
de Bâle, où il reçut des leçons de Jean Bernouilli 
et se lia d'amitié avec ses deux fils, Daniel et Nico- 
las. Ceux-ci , ayant été appelés à Saint-Pétersbourg 
par Catherine I re , pour faire partie de l'Académie 
des sciences établie par Pierre le Grand , s'ern- 
pressèrent de procurer à leur jeune ami une 
place d'adjoint dans la même académie. Bientôt, 
resté seul par la mort de Nicolas et la retraite 
de Daniel, il multiplia ses travaux au point de 
remplir, à lui seul , la tâche de toute une aca- 
démie. Cette fécondité prodigieuse n'est pas une 
des moindres qualités d'Euler. On peut dire sans 
exagération qu'il a composé plus de la moitié des 
mémoires de mathématiques contenus dans les 
quarante-six volumes publiés par l'Académie de 
Pétersbourg, depuis 1727 jusqu'en 1783; il a 
laissé en outre plus de cent mémoires inédits , 
que l'Académie insère dans ses volumes à me- 
sure qu'ils paraissent; de plus il enrichit beau- 
coup le recueil de l'Académie de Berlin, pendant 
les vingt-cinq ans qu'il passa dans cette ville ; 
envoya des mémoires à l'Académie des sciences 
de Paris, dont il obtint ou partagea dix prix , et 
publia une multitude d'ouvrages séparés fort 
importants. Toutes les sociétés savantes de l'Eu- 
rope s'étaient empressées de se l'attacher. Euler 
est mort le 7 septembre 1783. Ce grand géomè- 
tre s'est beaucoup occupé de la théorie mathé- 
matique de la musique, et a consigné le résultat 
de ses recherches dans les ouvrages suivants : 
1° Dissertalio de sono ; Bâle , in-4°. — 2° Ten- 
tamen novae theorix musicx ex certissimis 
harmonix principiis dilucide cxpositx; Pé- 
tersbourg, 1729, in-4°. Forkel cite deux autres 
éditions de ce livre (Allgcm. Litter. der Musik. 
p. 247), l'unede 1734, in-4°, l'autre de 1739, 
également in-4°; Mitzler en a donné une analyse 
très-étendue dans le troisième volume de sa Bi- 
bliothèque (p. 61-136). — 3° Conjectura phy- 
sica circa propagationem soni ac luminis; 
Berlin , 1750, in-4°. — 4° Mémoire sur les vi- 
brations des cordes , dans les Mémoires de l'A- 
cadémie de Berlin, 1748 et 1753. — 5° De la 
propagation du son; ibid., 1759. — 6° Conjec- 
tures sur la raison de quelques dissonances 
généralement reçues dans la musique; ibid. 
— 7° Du véritable caractère de la musique 
moderne , ibid. 17*4. — 8° Sur le mouvement 

11. 



1 G 1 



EULER — EUSTACHE DR SA1NT-HUBALDE 



d'une corde qui , au commencement , n'a été 
ébranlée que dans une partie ; ibid. , 1765. — 
y" Éclaircissements plus détaillés sur la gé- 
nération et la propagation du son, et sur la 
formation de l'écho; ibid., 1765, p. 335. — 
10° De minimis oscillât ionibus corporum tam 
rigidorum quam flexibilium , dans les Mémoi- 
res de l'Académie de Pétersbourg, tom. 7. — 
11° De motu oscillatorio corporum flexibi- 
lium, ibid., t. 13. - 12° De motu vibratorio 
fili flexibilis corporibus quotcunque onusti , 
dans les Nouveaux Mémoires de la même aca- 
démie , 1. 1. — 13° De motu chordarum inae- 
qualiler crassarum ; ibid, t. 9. — 14° De sono 
tympanorum ; ibid. — 15° De sono campa- 
narum; ibid., tom. 10. — 16° De motu aeris 
in tubis ; 'ibid., tom. 16. Ce dernier mémoire est 
fort intéressant. — 17° Quatre dissertations sur 
les vibrations des cordes, et une autre sur les 
mouvements vibratoires des verges flexibles, 
ibid., tom. 17. — 18° De harmonise veris 
principiis per spéculum musicum repreesen- 
tatis; ibid., t. 18- — 19° De motu turbinato- 
rio chordarum musicarum ; ibid., t. 19. — 
20° Jnvcstigatio motuum , quibus laminx et 
virgse elasticx contremiscunt , ibid. 1779. — 
21° Determinatio omnium motuum, quos 
chorda tensa et uniformiter crassa recipere 
potest; ibid., 1779, partie 2. — 22° Delucida- 
tiones de motu chordarum insequaliter cras- 
sarum; ibid., 1780, t. II. — 23° Deperturba- 
tione motus chordarum ab eorum pondère 
oriunda ; ibid., 1781 , t. I. — 24° Deux disser- 
tations sur les vibrations des cordes dans les 
Mémoires de l'Académie de Turin. — 25° Enfin, 
dans ses Lettres à une princesse d'Allemagne 
sur divers sujets de phijsique et de philoso- 
phie (Pétersbourg, 1768-1774, 3 vol. in-8°), Eu- 
ler traite de la physique musicale dans les let- 
tres 134, 135 et 136. Ce savant homme a prouvé 
dans son Tentamen novae théorise musicae 
qu'un profond savoir en mathématiques n'em- 
pêche pas d'errer, quand la donnée qui sert de 
base aux calculs manque de solidité. Partant de 
ce principe adoplé par les géomètres, depuis 
Pythagore, que lasuavité des rapports des sons est 
eu raison de la simplicité des accords des nom- 
bres qui les représentent, il a voulu fonder une 
théorie de l'harmonie sur cette considération , et 
a, d'après cela, établi une échelle de suavité sur 
laquelle il a placé tous les accords ; or, les résul- 
tats de ses calculs l'ont conduit à placer l'ac- 
cord parfait majeur au neuvième degré de sua- 
vité, tandis qu'il place la dissonance de seconde 
/dissonance fort dure, comme on sait) au hui- 
tième degié, et cela parce qoe les rapports com- 



binés de la tierce et de la quinte sont moins 
simples que ceux de la seconde I Ainsi , d'après 
cette théorie, l'intervalle de seconde doit plaire 
à l'oreille plus que l'accord qu'on a nommé 
parfait pour indiquer les qualités de son har- 
monie. Bien d'autres erreurs singulières sont 
répandues dans cet essai d'une nouvelle théorie 
de la musique , tiré de principes très-certaine 
de l'harmonie; et pourtant Euler était un savant 
homme qui avait le génie des mathématiques ! 

EUJXICKE (Frédéric), premier ténor au 
théâtre national de Berlin, néàSachshausen, près 
d'Orianenbourg, en 1764, débuta au théâtre en 
1788,. et se fit ensuite remarquer à Manheim. En 
1794, il chantait au théâtre allemand d'Amster- 
dam ; l'année d'après il passa à celui de Franc- 
foi t-sur-le-Mein, et enfin, en 1797, il alla à Berlin. 
Il a publié quelques petites pièces pour le chant. 
C'est aussi lui qui a arrangé pour le piano la 
Flûte enchantée, de Mozart, pour l'édition qui 
a été publiée à Darmstadt chez Bossler, en 
1792. 

EUMCKE (Thérèse), née à Mayence de 
parents nommés Schuachhœfer, épousa Frédéric 
Eunicke,el brilla longtemps comme cantatrice au 
théâtre de Berlin. Elle est morte dans cette ville, en 
1844. Elle a eu deux filles; l'aînée (Jeanne), née 
à Berlin vers 1800, était une cantatrice fort ha- 
bile; mais elle perdit la voix fort jeune, quitta le 
théâtre, et devint la femme du pianiste Kriiger; 
la plus jeune (Catherine) a épousé le violoniste 
Mullenbrauch. 

EUPHRANOR, joueur de flûte et phi- 
losophe pythagoricien, fut contemporain de 
Platon. Athénée (lib. 4, c. 24.) dit qu'il avait 
composé un traité sur les flûtes : cet ouvrage 
est perdu. 

EUSEBII S1PONTINI. Sous ce nom, on 
trouve dans la bibliothèque du Vatican un traité 
manuscrit De octo Tonis, coté 378 du fonds de 
la reine Christine de Suède. Eusèbe est le pré- 
nom de l'auteur de cet ouvrage; Sipontinus 
nous apprend qu'il était né à Manfredonia, ville 
du royaume de Naples, dans la Pouille, bâtie 
sur l'emplacement de la Siponte des Romains, 
et dont le nom latin est Sipontum. L'ouvrage 
d'Eusèbe ne contient rien de remarquable. 

EUSTACHE-LE-PEINTRE, poète et 
musicien, est quelquefois désigné dans les ma- 
nuscrits sous le nom à'Eustache de Reims, 
parce qu'il était né dans cetle ville. Il mourut 
vers 1240. On a de lui sept chansons notées : les 
manuscrits de la Bibliothèque impériale n'en con- 
tiennent que deux. 

EUSTACHE DE SAINT-IIUBALDE 
est cité par Cyprianus (in Dissert, de propag. 



EUSTACHE DE SAINT-HUBALDE — EVERS 



trt.ï 



hccr. pcr cant.p. 19) comme auleur d'un livre 
intitulé : Disquisilio de cantu a D. Ambrosio 
in Mediolanensem ecclesiam introducto ; Mi- 
lan, 1695. 

EUTITIUS (Augustin), frère mineur, était, 
en 1643, chanteur et compositeur du roi de Po- 
lo,<«e Ladislas IV. Marc Scacchi a rapporté un 
canon singulier d'Eutitius dans son Cribrum 
musictim, p. 209. 

EVANS (James), néà New-York, vers 1770, 
fut chantre de l'église épiscopale de la secte des 
méthodistes de cette ville. Il employa plusieurs 
années à réunir les chants en usage dans cette 
religion en Amérique, les coordonna et les ar- 
rangea à deux, trois et quatre voix, avec une 
basse chiffrée pour l'accompagnement de l'orgue. 
Ce travail a été publié sous ce titre : David's 
Companion, orthe Methodist Standard; being 
a Choice Sélection of lunes adapied to the 
tcordsand measuresin the large Hymn Book, 
and designed for the use to the Melhodisls 
throuhg ont the United States (Le Compagnon 
de David, ou le Drapeau méthodiste, contenant 
une collection choisie de mélodies adaptées aux 
paroles et aux rhythmes du grand livre d'hymnes, 
et adopté pour l'usage «les méthodistes dans tous 
les États-Unis); New-York, 1808, 1 vol. petit 
in-4° obi. de 162 pages, entièrement gravé. 

EVAIVS (Robert-Harding), écrivain anglais, 
a publié une dissertation sur la musique et la 
notation musicale des Hébreux sous ce titre : 
Essay on y Hebrew Music, Londres, i.816, in-8° 
de 24 pages. Le fond de cette dissertation est em- 
prunté au travail de Villoteau publié dans la 
Description de l'Egypte. 

EVE ( Alphonse D'), né près deCourtrai, 
vers le milieu du dix-septième siècle, fit ses 
études musicales dans cette ville, puis entra au 
séminaire, et fut ordonné prêtre. Après avoir di- 
rigé longtemps le chœur de l'église Saint-Martin 
à Courtrai, il obtint au concours la place de maî- 
tre de chapelle de l'église Notre-Dame d'Anvers, 
le 5 novembre 1718. Dans l'année suivante il 
écrivit une messe solennelle à 9 voix en deux 
chœurs, 2 violons, viole-alto , viole-lénor, basse 
de viole, violoncelle obligé, 2 hautbois , basson 
et basse continue pour l'orgue. D'Eve dédia cette 
messe au chapitre de 1 église ; on la trouve en 
manuscrit dans les archives de l'église Notre- 
Dame; l'épltre dédicatoire est en latin. En 1725, 
d'Eve fut invité par le chapitre à prendre sa re- 
traite, à cause de son grand âge : Guillaume de 
Fesch lui succéda dans la place de maître de cha- 
pelle ( vqij. Fesch ) . Les archives musicales de 
l'église Sainte-Walburge, à Audenarde, contien- 
nent les compositions de d'Eve dont voici les 



titres : 1° Trois motets à voix seule, 2 violons, 
basse de viole et orgue. — 2° Motets à 2 voix et 
orgue. — 3° Un motet à 4 voix , 2 violons , 
viole et orgue. — 4° Motets à 5 voix, 2 violons, 
viole-alto, viole ténor, basse de viole et orgue. 
— 5° Dies irx à 4 voix,, sans instruments — 
6° Motet pour voix de contralto, avec 5 instru- 
ments. Tous ces ouvrages sont en manuscrit. 

ÉVEILLON (Jacques), né à Angers, en 
1672, fut choisi au sortir de ses études pour en- 
seigner la rhétorique à Nantes, quoiqu'il fût en- 
core fort jeune. Il remplit ensuite successivement 
les fonctions decurédeSoulerre,deco-recteurde 
la Trinité d'Angers, et de curé de Saint-Michel- 
du-Tertre. En 1620, Guillaume Fouquet , évêque 
d'Angers, le nomma chanoine de la cathédrale 
et son grand vicaire. Il est mort au mois de dé- 
cembre 1621, âgé de soixante-dix-neuf ans. Au 
nombre de ses écrits se trouve un bon ouvrage 
intitulé De recta psallendi ration* >; La Flèche, 
1646, in-4°. 

EVERS (Charles), pianiste et compositeur, 
est né à Hambourg, le 8 avril 1819. Fils d'un 
mécanicien habile, qui jouissait d'une certaine ai- 
sance, il reçut une bonne éducation. A l'âge de 
six ans il commença l'étude du piano. Jacques 
Schmilt (frère d'Aloys) fut son instituteur et lui 
fit faire de rapides progrès. Il n'était âgé que de 
douze ans lorsqu'il se fit entendre pour la pre- 
mière fois dans un concei I à Hambourg : son 
talent précoce y produisit une vive impression. 
Peu de temps après, il fit son premier voyage 
comme artiste, visita les duchés de Holstein et 
de Schleswig, Copenhague, Stockholm, et partout 
eutde brillants succès. Dans les années 1834 et 1835 
il parcourut de nouveau le Danemark, la Suède, 
et se fit entendre à Saint-Pétersbourg. De retour à 
Hambourg.il s'en éloigna une troisième fois, en 
1837, pour se rendre à Hanovre, où Marschner, 
l'accueillit avec bienveillance et lui donna le con- 
seil de se livrer à l'étude de l'harmonie sous 
l'organiste Zieger; plus tard il prit des leçons de 
composition du maître de chapelle Charles 
Krebs. Ce fut dans cette école qu'il puisa le goût 
des formes pures et classiques qu'il a développées 
dans ses ouvrages. Arrivé à Leipsick vers la fin 
de 1838, il y perfectionna son talent par les 
conseils de Mendelsohn, avec qui il se lia d'a- 
mitié. Ses rapports avec un artiste de si grande 
distinction exercèrent aussi une puissante in- 
fluence sur la direction de ses idées et de son 
sentiment de l'art. En 1839, Evers fit un voyage 
à Paris, où Chopin et Auber lui firent un accueil 
sympathique. Ce fut dans cette ville qu'il ter- 
mina ses premières compositions. En 1841, il se 
rendit à Vienne, et s'y fit connaître avantageuse- 



166 



EVERS — EXIMENO 



ment, comme virtuose et comme compositeur. Ce 
fut à cette époque que des propositions lui furent 
faites pour qu'il se fixât à Graetz en Styrie: il ne s'est 
éloigné de cette ville que pour revoir Hambourg, 
en passant par Prague et Francfort. Comme com- 
positeur, Evers se distingue par le sentiment du 
beau , des choses sérieuses, et par la pureté du 
style, bien qu'il ait employé les formes modernes 
en plusieurs de ses ouvrages. La plupart de ses 
productions sont pour le piano et pour le chant. 
Sa sonate en mi mineur, œuvre 1 2, et ses grandes 
sonates en mi bémol, œuvre 20, et en ré mi- 
neur , 22 , sont très-estimées des connaisseurs 
en Allemagne. 11 y a aussi de lui une œuvre 
charmante composée de douzes pièces qui ont 
pour titre général : Chansons d'amour pour 
piano, op. 13, et dont les titres particuliers sont : 
l° Provence. — 2° Allemagne. — 3° Italie. 

— 4° Arabie. — 5° Suède. — 6° Russie. — 
7° Mauresque. — 8°Écosse. — 9° Languedoc. 

— 10° Espagne. — 11° Styrie. — 12° Hongrie. 
Evers a écrit aussi des fugues dans les styles de 
Bach et de Scarlatti. Parmi ses autres ouvrages , 
les plus importants sont la 4 me grande sonate, 
op. 27, la Fantaisie héroïque, op. 28, Jours se- 
reins et jours d 'orages , inspirations fantasti- 
ques au nombre de sept pièces, op. 24 ; chant de 
chasseurs pour chœur d'hommes et 4 cors , 
op. 26; 6 chants pour soprano avec piano, op. 
25 ; duos pour soprano et contralto, avec piano, 
op. 30; romances et ballades pour contralto, 
op. 36; chants pour 4 voix d'hommes, op. 38; 
Melopoëmes pour voix seule et piano , op. 39; 
6 poèmes pour contralto et piano, op. 41, etc. 
Les ouvrages d'Evers sont publiés à Vienne, 
chez Haslinger, et à Mayence, chez Schott. 

EVERS ( Catinka ), cantatrice, sœur du pré- 
cédent, est née à Hambourg, le 1 er juillet 1822. 
Ses dispositions pour le chant s'étant développées 
lorsque sa voix n'était pas encore formée, on 
lui donna un maître pour la diriger dans cet art. 
A l'âge de quinze ans elle se rendit à Hanovre 
chez le compositeur Marschner, qui la guida 
dans ses études du chant dramatique. Ses pro- 
grès furent si rapides, que dès 1838 elle reçut un 
engagement pour le théâtre de Leipsick. Deux 
ans après elle accepta une position semblable 
au théâtre de Wiesbaden, avec le titre de pre- 
mière cantatrice de la cour. Pendant la durée 
de cet engagement, elle chanta avec de bril- 
lants succès à Mayence et à Francfort. L'effet 
qu'elle produisit à Stuttgard dans les rôles 
de Norma et de Bornéo , lui fit obtenir un bel 
engagement pour le théâtre de la cour, le 2 oc- 
tobre 1846. Elle y joua tous les rôles de son em- 
ploi , tant dans le répertoire allemand , que dans 



les opéras traduits de l'italien et du français. 
Pendant la durée de ses congés elle fit plusieurs 
voyages et chanta dans quelques-unes des grandes 
villes de l'Allemagne, avec de beaux succès. 
En 1847 , elle chanta au théâtre italien de 
Bruxelles, et y produisit une vive impression dans 
quelques ouvrages de Bellini et de Donizetti, 
particulièrement dans Lucrèce Borgia, Bomeo, 
et Ernani de Verdi. Dans la même année, elle 
chanta à Hambourg , puis alla en Italie. Je la 
rencontrai à Milan en 1850,- sa voix était déjà 
fatiguée par le répertoire de Verdi ; bientôt après, 
elle dut renoncer à la scène. 

EWALD (Schack Hermann ), né à Gotha 
le 11 février 1754 fut d'abord avocat dans sa 
ville natale, et ensuite ( en 1784 ) secrétaire do 
la surintendance de la cour. Il a fait insérer 
une dissertation sur la musique dans le journal 
allemand intitulé : Olla podrida, année 1779. 

EXAUDÉ ou EX AUDET (Joseph), né 
à Rouen, vers 1710, fut d'abord premier violon 
du concert de cette ville, et vint ensuite à Pari.% 
où il entra à l'Opéra comme violoniste, en 1749. 
Il est mort en 1763. Dans un temps où il fallait 
peu de chose pour acquérir de la célébrité en 
Fiance, il s'est fait une réputation de composi- 
teur par le menuet qui porte son nom. 

EXIME1VO (D. Aistoine), jésuite espagnol, 
et mathématicien, naquit en 1732 à Balbastro, 
dans l'Aragon. Les études qu'il fit à Salamanque, 
chez les jésuites, furent si brillantes, que ses maî- 
tres ne négligèrent rien pour le fixer dans leur 
société. Il y fut chargé d'enseigner les mathé- 
matiques. Lors de l'établissement de l'école mi- 
litaire de Ségovie, le P. Eximeno en fut nommé 
professeur. Il remplit ses fonctions jusqu'à l'é- 
poque de la suppression des jésuites : alors il 
passa en Italie, et s'établit à Rome. La variété 
de ses connaissances ne tarda point à le lier avec 
tous les savants italiens, et plusieurs sociétés lit- 
téraires de l'Italie s'empressèrent de l'admettre 
dans leur sein. Il était connu dans celle des Ar- 
cadiens sous le nom d'Aristodemo Megareo. Il 
est mortàRome, en 1798, à l'âge de soixante-six 
ans. Les ouvrages relatifs à la musique qu'il a pu- 
bliés sont : i° Dell'origine délia musica, colla 
storia del suo progressa , decadenza,e rinova- 
zione. Rome, 1774, in-4°. Il y attaque, avec 
raison, Rameau et tous ceux qui cherchent dans 
de prétendus calculs mathématiques les bases 
d'un art dont le but est d'émouvoir. Jus- 
que-là, tout est bien; mais il pousse son sys- 
tème jusqu'à proscrire la science des combi- 
naisons harmoniques, du contrepoint, et veut 
y substituer la prosodie exacte dans le chant,, 
comme un moyen d'effet plus certain et plus uni- 



EXIMENO — EYBLER 



167 



verscl : erreur commune à presque tous les gens 
de lettres. Les Italiens ont dit du livre d'Eximeno : 
Bizzarro romanzo di musica, con cui vuol 
disiruggeresenza poter poi rifabbricare(\oy. 
Elogi italiani, t. VIII). ,— 2° Dubbio di D. 
Antonio Eximeno sopra il Saggio fondamen- 
tale pratico di contrappunto del. R. Padre 
Martini. Rome, 1775, in-4°. Le P. Martini avait 
attaqué le système d'Eximenodans son Essai sur 
le contrepoint fugué; mais en prenant pour base 
de son ouvrage la tonalité du plain-chant, dont 
l'analogie avec la musique moderne n'est pas facile 
à saisir, pour quiconque n'est point initié dans 
l'art, ce savant musicien prêtait des armes à son 
adversaire, qui sut s'en servir habilement. Le 
doute qu'il se proprose de résoudre (dit-il, dans 
sa préface) est de savoir si le P. Martini a publié 
son ouvrage comme un contre-poison du sien, 
ou comme un témoignage en sa faveur. C'est 
sous cette forme piquante qu'il combat en faveur 
de son opinion. On peut voir une analyse sé- 
vère de cet ouvrage dans les Efemeridi di 
Roma,\o\. IV. p. 321. Le même journal avait 
rendu compte du premier livre de D. Eximeno, 
et lui avait été peu favorable, dans ses numéros 
des 19 et 26 mars, 2 et 9 avril 1774; Eximeno 
publia, en réponse à ces articles, quatre opuscules 
qui forment 42 pages in-4°. sans nom de lieu ni 
d'imprimeur, et qui ont pour titres : Risposte 
al giudizio délie Efemeridi letterarie di 
Roma sopra l'opéra di D. Antonio Eximeno 
circa l'origine e le regole délia musica. Ces 
pièces sont devenues fort rares. Les contempo- 
rains d'Eximeno n'ont pas rendu justice au mé- 
rite de cet écrivain; s'il est vrai que ses con- 
naissances dans la théorie et dans l'histoire de la 
musique manquent de profondeur, il n'est pas 
moins certain qu'il se montre partout homme 
de sens , et que ses aperçus sont souvent lumi- 
neux. François-Antoine Gutierez, chapelain du 
roi d'Espagne Charles IV, et maître de chapelle 
des religieuses de l'Incarnation à Madrid, a tra- 
duit en espagnol les traités de musique d'Exi- 
meno, sous les titres suivants : 1° Delorigeny 
reglas de la musica, con la historia de su pro- 
gressa, decadencia y restauracion, Madrid, 
1796,3 vol. in-8°.— 2° Buda de D.Antonio Exi- 
meno sobre el ensayo fundamental practico 
del M. R. P. M. Fr. Juan-Bautista Martini, 
ibid., 1797, in-8°. 

EXNER (Gcstave-Hermann), né le 28 oc- 
tobre 1815, à Berbisdorf, près de Hirschherg, en 
Silésie, commença ses études musicales sous la 
direction de son. père, qui était cantor dans 
ce lieu. Ses progrès furent si rapides, qu'à l'âge 
<\>i sept ans il accompagnait déjà sur l'orgue les 



chants du livre choral dont l'usage était habituel 
dans le service. Plus tard il apprit le chant, 
l'orgue, le piano et l'harmonie à Jauer, Hirsch- 
herg et Bunzlau. En 1841, il fut nommé organiste 
de l'église paroissiale de Goldberg : il occupa cette 
position jusqu'en 1845. Dans cet intervalle, il eut 
la direction de l'Union musicale et de l'Union 
chorale de cette ville, qui donnèrent neuf concerts 
publics dansun butde bienfaisance. En 1845, Ex- 
ner quitta sa place de Goldberg pour celle d'or- 
ganiste de l'église évangélique de la Trinité à 
Sagan, à laquelle fut réunie celle de professeur 
de l'école de la ville et de la principauté, en 1846. 
A la même époque il y fonda la société phil- 
harmonique de chant, dont il eut la direction. 
Il fut aussi chargé de diriger l'Union chorale 
de la même ville. Exner a fait connaître son 
talent d'organiste au grand festival de Liegnitz 
en 1840, par l'exécution d'un prélude et d'une 
fugue de Bach. Exner a composé beaucoup de 
chants pour un chœur d'hommes à quatre voix, 
avec et sans accompagnement d'orchestre , de 
différents genres, des motets, et des chœurs 
faciles pour l'église avec un petit orchestre, à 
l'usage des fêles principales de l'année. On a 
aussi de lui un livre choral pour la ville et la 
principauté de Sagan. 

EYBLER (Joseph d'), maître de chapelle 
de l'empereur d'Autriche, est né le 8 février 1764, 
dans le petit bourg de Schwochut, à quelques 
lieues de Vienne. Son père, instituteur et régent 
du chœur, lui donna les premières leçons de 
musique. Un amateur instruit, nommé Seilzer, 
ayant eu l'occasion d'entendre Eybler exécuter 
un concerto de piano à l'âge de dix ans, de- 
vina l'avenir de cet enfant et le prit sous sa pro- 
tection. Il le fit entrer d'abord au séminaire 
de musique, à Vienne, où il fit un cours d'é- 
tudes littéraires et reçut des leçons de chant, 
de violon et d'harmonie; puis il le plaça sous 
la direction d'Albrechtsberger, pour apprendre 
la composition. Eybler reçut les leçons de ce 
maître pendant trois ans (1777 à 1779), et fit 
de grands progrès dans l'art d'écrire. Le sémi- 
naire de musique ayant été supprimé en 1782, 
Eybler se trouva, ainsi que ses condisciples, 
abondonné à lui-même, et obligé de pourvoir à 
ses besoins. D'abord il reçut de son père quel- 
ques secours pour suivre les cours de droit; 
mais un incendie ayant anéanti les ressources 
de sa famille, il dut renoncer à l'espoir de con- 
tinuer ses études pour obtenir un emploi civil, 
et n'eut plus de ressource que la musique. Il 
se mit à donner des leçons pour vivre, et com- 
mença ses premiers essais de composition , 
heureux de recevoir les conseils de Joseph Haydn, 



168 



EYBLER 



qui tifait lié d'une ancienne amitié avec son père. 
Ce fut aussi vers ce temps qu'il fit la connais- 
sance de Mozart, qui était alors occupé des ré- 
pétitions de son opéra de Cosi fan tutte. Ce 
grand artiste se servit d'Eybler pour diriger 
au piano ses répétitions pendant qu'il achevait 
d'écrire sa partition. L'amitié qui les unit dès lors 
ne se démentit jamais, et Eybler reçut les der- 
niers soupirs de l'illustre compositeur. 

En 1792, Eybler concourut pour la place de 
directeur du chœur à l'église des Carmélites et 
l'obtint; l'année suivante il eut aussi celle du 
couvent écossais. Ses messes ne tardèrent pas 
à fixer sur lui l'attention publique; elles lui 
procurèrent la protection de l'impératrice, qui, 
frappée du mérite de leur auteur, l'attacha à 
la famille impériale, et l'employa dans les 
concerts et dans les représentations dramatiques 
qui étaient donnés aux châteaux de Laxenbourg 
et de Hezzendorf. Ce fut à la demande de cette 
princesse qu'il écrivit sa messe de Requiem , 
considérée en Allemagne comme un œuvre de 
premier ordre. En 1801, Eybler fut choisi comme 
professeur de musique des archiducs et archidu- 
chesses. En 1804, on lui confia la piace de vice- 
mattrede chapelle de la cour. Sur l'invitation 
de l'empereur, il écrivit le grand oratorio « Die 
vier letzten Dinge, » qui fut exécuté en 1810, 
dans une fête de la cour, et qui valut à son au- 
teur les félicitations du monarque, devant toute 
la noblesse invitée à cette solennité. Après la 
mort de Salieri, Eybler lui succéda dans la place 
de maître de la chapelle impériale, et depuis 
cette époque jusqu'en 1833, il en remplit les fonc- 
tions ; mais le 23 février de cette année il fut 
frappé d'une atteinte d'apoplexie en dirigeant 
l'exécution du Requiem de Mozart. Cet accident 
n'eut pas de suites fâcheuses ; cependant l'em- 
pereur l'a dispensé depuis ce temps de son 
service à la cour, et son médecin lui a interdit 
le travail de cabinet. L'empereur régnant Lui 
a donné une résidence d'été au château de 
Schoenbiun, cl, par son testament, l'empereur 
François lui a accordé des lettres de noblesse 
héréditaire. Eybler a cessé de vivre le 24 juil- 
et 1846, à l'âge de quatre-vingt-un ans et cinq 
mois. 

Parmi les compositions d'Eybler, on compte 
trente-deux messes, presque toutes solennelles, 
avec orchestre : la première a été écrite en 1781, la 
seconde, seize ans plus tard ; la dernière, en 1837. 
De ces messes, on a publié celles dont voici les ti- 
tres : l°Messen°l,enwJ bémol, pourle couronne- 
ment de l'impératrice Caroline , comme reine de 
Hongrie, àquatrevoix, orchestre etorgue; Vienne, 
Hashnger. — 2° Messe n° 2 (en ut ), de Sancto 



Maurilio, à 4 voix, orchestre et orgue, ibid. 

— 3° Messe n° 3 (en ré), de Sancto Leopoldo, 
à 4 voix, orchestre et orgue ; ibid. — 4° Messe 
n° 4 (en ut), de Sancto Ludovico, idem ; ibid. 

— 5° Messe n° 5 (en fa), de Sancto Rudolpho, 
idem ; ibid. — 6° Messe n° 6 ( en fa ), de Sancto 
Rainero, à 4 voix et orchestre; ibid. — 7° Messe 
n° 7 (en ut), pour le couronnement de l'empe- 
reur Ferdinand comme roi de Hongrie ; ibid. — 
8° Messe de Requiem (en ut mineur ), à 4 voix, 
orchestre et orgue ; ibid. — 9° Sept Te Deum avec 
orchestre ; j'ignore s'il en a été publié quelques- 
uns. Trois de ces Te Deum sont écrits à 8 voix 
en deux chœurs. — 10° Trente offertoires; on a 
publié les suivants : Domine, si observaveris, 
pour soprano solo, chœur, orchestre et orgue ; 
ibid. — 11° Si consistant adversum me, à 4 
voix et orchestre; ibid. — 12° Reges Tharsis, à 
quatre voix, orchestre et orgue, n° 3; ibid. — 
13° Tui sunt cœli et tua est terra, à 4 voix 
et orchestre, n° 4 ; ihid. — 14° Jubilate Deo, à 
4 voix et orchestre n° 5, ibid. — 15° Timebunt 
gentes (en ut), idem; n° fi, ibid. — 16° Magna 
et mirabilia, idem ; n° 7 ibid. Trente-quatre 
graduels pour chœur de quatre voix, orcheslre 
et orgue; on n'en a publié que ceux-ci. -~ 
17° Tua est potentia, n° t ; Vienne, Haslinger. 

— 18° Sperate in Deo, n° 2; ihid. — 19° Om- 
nes de Saba veniunt, n° 3; ihid. — 20° Dies. 
sanctificatus illusitnobis,n° 4; ibid. — 21° Be- 
nedicam Dominum, n° 5 ; ibid. — 22° Non in 
multitudine, n° G ; ibid. — 23° Domine Deus, 
n° 7 ; ibid. Les autres compositions d'Eybler 
pour l'église sont : — 24° Un Tantum ergo à 
quatre voix et orcheslre. — 25° Une messe à 
8 voix en deux chœurs, avec graduel et offer- 
toire. — . 26° Une Litanie à quatre voix et orgue. 

— 27° Un Dies irx à 8 voix. — 28° Un Libéra 
à 4 voix et orgue. — 29° Deux Vent Sancte Spi~ 
ritus. — 30° Trois hymnes de vêpres à 4 voix 
et orchestre. — 31° Deux Salve Regina. — 32° Un 
Aima Redemptoris. -— 33° Un Ave regina cœ- 
lorum. — 34° Les quatre fins de l'homme, 
grand oratorio. — 35° Les Bergers à la crèche 
de l'Enfant Jésus, idem (composé en 1794). 
Parmi les autres compositions vocales du même 
artiste on remarque : — 36° Un opéra ( l'Épce 
enchantée) représenté au théâtre de Leopold- 
stadt. — 37° La Mère des Gracques, panto- 
mime sérieuse. — 38° Deux cantates avec or- 
chestre. — 39° Quatre scènes italiennes. — 
40° Plusieurs recueils de chansons à voix seule 
avec ace. de piano; Augsbourg, Gombart, et 
Leipsïck. — 41° Beaucoup d'autres chants et 
canons à plusieurs voix. Les ouvrages de mu 
eique instrumentale d'Eybler se composent de 



KYBLER — EYMAR 



lfifl 



deux symphonies pour l'orchestre; six quatuors 
pour «Jeux violons, alto et violoncelle; trois duos 
pour violon et violoncelle, op. 4 e (Vienne, 
Diabelli) ; deux concertos; sept sonates pour 
piano; et beaucoup de danses de tout genre. 

EYKEN (Jean-Albert Van), né le 29 avril 
1823 à Amersfoorl, en Hollande, reçut les pre- 
mières instructions dans la musique de son père 
Gérard Van Eyken, organiste dans cette ville. 
Dans les années 1845 et 1846 il alla continuer 
ses études au Conservatoire de Lcipsick; puis, 
d'après le conseil de Mendelsohn, il alla complé- 
ter son éducation d'organiste chez Jean Schnei- 
der, à Dresde. De retour dans c.a patrie, il donna, 
en 1847, des concerts d'orgue dans les villes les 
plus importantes. En 1848 il oblint la place d'or- 
ganiste de l'église des Remontrants, à Amster- 
dam, et en 1853 il accepta la place de professeur 
d'orgue à l'école de musique de Rotterdam. Il 
n'occupa celle position que pendant une année, 
car il se rendit à Elberfeld, en 1854, en qua- 
lité d'organiste de l'église réformée. Il vit en ce 
moment ( 1860) dans cette ville. Van Eyken s'est 
lait connaître comme compositeur par des so- 
nates pour l'orgue, des préludes de chorals, des 
chorals variés pour l'orgue, les 150 psaumes de 
la congrégation réformée pour chœur et orgue, 
avec des préludes, des versets et des finals, des 
Lieder avec piano, des pièces pour cet instru- 
ment, des hymnes pour un chœur d'hommes 
avec des instruments de cuivre, etc. Il a écrit 
aussi, pour la société néerlandaise instituée pour 
l'encouragement de la musique, un quatuor pour 
piano, violon, alto et violoncelle, deux belles so- 
nates d'orgue, la musique du drame hollandais 
intitulé Lucifer, des chants pour quatre voix 
d'hommes, et une sonate pour piano et violon, 
auxquels des prix ont été décernés. 

EYKEN (Gérard-Isaac Van ), frère du pré- 
cédent, est né à Amersfoort, le 5 mai 1832. Il a 
reçu de son père les premières leçons de mu- 
sique, puis est allé continuer ses études au Con- 
servatoire de Leipsick, pendant les années 1851 
à 1853, et a reçu, comme son frère, des leçons 
d'orgue de Schneider, à Dresde. Il est mainte- 
nant ( 1860) fixé à Utrecht, comme professeur 
de piano. On a publié de. sa composition des 
chants hollandais pour voix seule et piano, deux 
sonatines pour cet instrument, et une sonate pour 
piano et violon. 

EYKENS ( Jean-Simon), compositeur et pro- 
fesseur de musique à Anvers, est né dans cette 
ville, le 13oclohre 1812. Ravets , organiste de l'é- 
lise des Augustins, fut son premier maître de 
musique et de piano. Après la mort de ce pro- 
fesseur, Eykens se rendit à Liège et entra comme 



élève au Conservatoire, où il recul des leçons de 
piano de M". Jalheau et suivit le cours d'harmo- 
nie de M. Daussoigne-Méhul. Il n'était âgé que 
de dix-sept ans. lorsqu'il fit son premier essai de 
musique dramatique dans une opéretts en un acte, 
intitulée le Départ de Grétry, qui fut représentée 
sur le théâtre de Liège, en 1829. De retour à 
Anvers, en 1831, il s'y livra à l'enseignement 
du solfège et du piano. Quelques romances, el 
de légères compositions pour le piano, le firent 
bientôt connaître. En 1836, il fit représenter au 
théâtre de cette ville le Bandit, opéra en deux 
acle9, qui obtint du succès, et dans l'année sui- 
vante il y donna la Clé du jardin, en un acte. 
Une cantate, avec orchestre, qu'il écrivit sur un 
poème de Bogaerts, pour l'inauguration de la 
statue de Rubens, fut exécutée au festival 
donné à cette occasion, le 16 août 1840. En 
1843, il devint directeur de la Réunion lyrique 
anversoise, et cinq ans plus tard il fut nommé 
président de la réunion des sociétés lyriques et 
en fut un des chefs-d'orchestre. Il est aussi 
membre de la Société royale des sciences d'An- 
vers, et de la Société d'émulation de Liège. 
M. Eykens est auteur de plusieurs messes et 
d'autres compositions de musique religieuse qui 
ont été exécutées dans les églises d'Anvers et 
sont restées en manuscrit. On lui doit aussi un 
grand nombre de chants en chœur, pour des 
voix d'hommes, avec ou sans orchestre , parmi 
lesquels on remarque Flandre-au-Lion, le Val- 
Ion, le Départ du pécheur, les Napolitains, 
le Retour de mai, et la. Madone des champs 
( ces deux derniers morceaux ont été publiés à 
Anvers, chez Possoz frères). Quelques livraisons 
d'un Répertoire de musique religieuse ont été 
publiés par le même artiste, à Bruxelles, chez 
Schott, en 1S48. On a aussi de lui pour le piano 
des fantaisies sur Robert-leDiable, Lucia di 
Lammermoor, les Martyrs , la romance de 
Guido e Ginevra , V Ambassadrice , etc : de» 
thèmes variés pour le même instrument; des 
albums de romances et des romances détachées, 
etc. : tous ces ouvrages ont éfé publiés à Paris, 
à Bruxelles chez Schott, et à Anvers. 

EYMAR (Ange-Marie, comte d'), né en 
1740 à Forcalquier (Basses-Alpes), fut député de 
la noblesse aux états-généraux pour le bailliage 
de cette ville, en 1789, adopta les principes de 
la première révolution française , fut nommé 
ambassadeur en Piémont, puis préfet du dépar- 
tement du Léman , et mourut dans ce poste, le 
11 janvier 1803. Il était associé honoraire de l'A- 
thénée de Lyon, et de la Société des sciences et 
arts de Grenoble. Enthousiaste amateur des 
sciences et des arts, il s'était lié d'une vive ami- 



170 



EYMAR — EYTELWEIN 



lié avec Viotti, et avait recueilli sur le talent, les 
opinions et la vie de ce grand artiste , des anec- 
dotes qu'il publia en l'an vi(1798) dans la Décade 
philosophique. Ces mômes anecdotes , augmen- 
tées de quelques aperçus assez superficiels d'Ey- 
mar, furent réimprimées sous ce titre : Anecdotes 
sur Viotti, précédées de quelques réflexions 
sur l'expression de la musique; Milan, sans 
date (1801), in-B°, et non in-12, comme on ledit 



dans la plupart des recueils biographiques et bi- 
bliographiques. 

EYTELWEIN (Henri), compositeur alle- 
mand, vécut au commencement du seizième 
siècle. On trouve quelques pièces de sa compo- 
sition dans un recueil de chansons mondaines à 
4 voix imprimé en 1548, sans nom de lieu, et 
dont un exemplaire existe dans la bibliothèque 
de Zwickan. 



F 



FAA (Horace), gentilhomme né à Casait 
di Monferrato, dans la première moitié du 
seizième siècle, est connu par les ouvrages de 
sa composition intitulés : 1° Salmi di David 
profeta, con tre Magnificat ed altri componi- 
menti a 5, 6 e 8 voci, dal signor, etc. ; dati 
in luce da M. Gio. Andréa Boita, canonico 
e Maestro di Capella di detta città. Venise, 
chez les fils de Gardano, 1573, in-4° ; 2° Salmi 
di David profeta con 3 Jlagnificat a 5 voci. 
Brescia, Tom. Bozzola, 1587, in-4°. 

FABER (Nicolou Nicolas), le plus ancien 
facteur d'orgues allemand dont le nom est 
connu aujourd'hui, était prêtre. En 1359, il 
construisit un grand orgue dans la cathédrale 
d'Halberstadt, et le termina en 1361. Praeto- 
rius en a donné la description dans la troi- 
sième partie du tome second de son Syntagma 
musicum, et a rapporté l'inscription qui s'y 
trouvait encore de son temps; en voici la tra- 
duction : « L'an du Seigneur 1361, la veille de 
«< Saint-Mathieu, cet ouvrage a été achevé par 
« les mains de Nicolas Faber, prêtre. L'an 
« 1495, il a été restauré par les mains de Gré- 
« goire Kleng. » Cet orgue avait deux cla- 
viers à la main, de l'étendue de trois octaves et 
demie, appelés claviers de discant (déchant), 
un clavier destiné à être joué avec les genoux, 
et un clavier de pédales. Il était alimenté par 
vingt soufflets. L'effet de sa sonorité était exces- 
sivement dur, parce que les mixtures (appelées 
en français fourniture et cymbale) y domi- 
naient, pour faire entendre la diaphonie, c'est- 
à-dire les harmonies complètes et redoublées 
de quintes et d'octaves sur chaque note, sui- 
vant le système barbare encore en usage vers le 
milieu du quatorzième siècle, dans les églises, 
et parce que l'étrange harmonie de ces jeux 
n'était pas adoucie et en quelque sorte absor- 
bée par un nombre suffisant de prestanls, de 
flûtes, de bourdons et de principal ou montre. 
Toutefois, l'orgue d'Halberstadt est un monu- 
ment historique de grand intérêt, parce qu'il 
nous fournit des renseignements certains sur 
le système de construction des grands instru- 
ments de cette espèce, tel qu'il était cinq cents 
ans avant l'époque actuelle. 

FABER (Jacques), surnommé STAPU- 
LEINSIS. I oy. Febvre (Jacques LE)d'Étaples. 



FABER (Pierre), dont le nom français 
doit être Dufour, naquit au bourg de Sanjore 
vers 1540. Il fut conseiller du roi, puis prési- 
dent du parlement de Toulouse, et mourut le 
20 mai 1600. On a de lui un ouvrage intitulé : 
Agonosticon, sive de re athletica, ludisque 
veterum gymnicis, musicis, atque circensi- 
bus, Lyon, 1592, in-4". Gronovius a inséré ce 
traité dans son Trésor des Antiquités, t. VIII, 
n° m. 

FABER (Nicolas), né vers la fin du quin- 
zième siècle à Botzen, d'où lui est venu le nom 
de Bolzanus, a écrit un petit traité de musique 
à l'usage des écoles publiques, sous le litre de 
Rudimenta Musicx, Augsbourg, 1516, in-8°. 

FABER (Grégoire), né à Lutzen, fut pro- 
fesseur ordinaire de musique à l'Académie de 
Tubinge, vers le milieu du seizième siècle. Il 
a fait imprimer un traité élémentaire de musi- 
que, sous ce titre : Institutiones musicx, sive 
musices praclicx Erotematum Lib. II, Bàle, 
1552 et 1553, in-8°, 230 pages. Ce qui rend 
cet ouvrage intéressant, ce sont quelques mor- 
ceaux composés par Josquin Deprès, Antoine 
Brumel et Okeghem, que Faber donne pour 
exemples. Je connais plusieurs exemplaires 
de l'ouvrage de Grégoire Faber; ils sont tous 
de l'édition de 1553, et le titre n'indique point 
une réimpression; cependant l'épitre dédica- 
toire est datée du mois de juillet 1552; il se 
peut donc que l'édition de 1552, indiquée par 
Forkel, Gerber et Lichtenthal, soit réelle. 

FABER (Henri), né à Lichtenfels, dans le 
Voigtland, fut, à ce qu'il parait, maître d'école 
à Naumbourg, vers le milieu du seizième 
siècle; il occupait cette place lorsqu'il publia 
l'ouvrage suivant : Ad Musicam praticam 
introductio, non modo prxcepta, sed exem- 
pta quoque ad usum puerorum accommo- 
data, quam brevissime continens, Nurem- 
berg, 1550, Jean Montanus et Ulrich Neuber, 
in-4°. Le volume contient 95 feuillets chiffrés 
d'un seul côté. L'épitre dédicatoire, au magis- 
trat de Naumbourg, est datée de l'année 1549. 
Il y a des éditions de cet ouvrage datées de 
Leipsick, 1558, et de Tubinge, 1571, in-4». Il y 
a aussi une édition de Mulhausen, 1571, in-4", 
dont un exemplaire est à la bibliothèque royale 
de Berlin. La dernière porte la date de Mul- 



171 



172 



FABER 



hausen, 1C08, in-4". Gesner (In Epilom. Bi- 
blioth., p. 327) cite une édition du même ou- 
vrage, avec l'indication de Mulhausen, 1508; 
mais c'est évidemment une faute typogra- 
phique. Il ne faut pas confondre cet auteur 
avec le suivant. 

FABER (Henri) fut d'abord magister et 
recteur à Brunswick vers 1548. En 1551, on le 
trouve à Witlemberg, exerçant la profession 
de maître de musique ; enfin il passa à Qued- 
linbourg, en qualité de recteur du collège, et 
mourut de la peste dans cette ville, le 27 août 
1598. Wallher (Musik. Lex.), Forkel (Allgem. 
Litter. der 3Iusik), et Gerber (Neues Biogr. 
Lex. der Tonkunst.) disent que Faber n'était 
âgé que de 55 ans lorsqu'il mourut ; mais cela 
ne se peut, car il n'aurait eu que cinq ans à 
l'époque de la publication de son Compendio- 
lum, dont voici le titre : Compendiolum Mu- 
sical pro incipientibus, conscription ac nunc 
denuo, cum additione alterius compendioli , 
recognitum, Brunswick, 1548, in-8°. Dans 
une note intéressante, fournie par M. Antoine 
Schmid (voy. Schmid) à M. Charles-Ferdinand 
Becker, pour le supplément de son Tableau 
systématique et chronologique de la littérature 
musicale (Systematisch-chronologische Dar- 
stellung, etc.), p. 68, ce savant a entrepris de 
démontrer l'identité des deux Henri Faber aux- 
quels se rapportent l'article précédent etcelui-ci, 
contre l'opinion de tous les biographes. D'une 
part, il trouve, dans la description du monastère 
des Bénédictins de Saint-Georges, près de Naum- 
bourg sur la Saale, par Schamelius, et dans le 
Numburgum literatum du même, qu'un Henri 
Faber existait dans cette ville en 1558 ; puis, et 
c'est là son argument principal, M. Schmid dit 
que la souscription de la première édition du 
Compendiolum, imprimée à Brunswick, est 
ainsi conçue : Henricus Faber, magister et 
maître d'école, auparavant attaché au cha- 
pitre de Naumbourg. Le savant bibliothécaire 
pense que le monastère de Saint-Georges ayant 
élé dévasté parles Espagnols, après la bataille 
de Mulhausen, en 1547, Faber s'est retiré pen- 
dant un temps assez court à Brunswick, et 
qu'il y a publié le Compendiolum en 1548; 
puis que, de retour à Naumbourg, en 1549, il 
y a composé l'autre ouvrage, objet de l'article 
précédent. Quelque vraisemblance qu'il y ait 
dans ces conjectures, on ne peut expliquer ce 
qui aurait porté Henri Faber à faire, à une an- 
née de distance, deux ouvrages élémentaires, 
différents de forme, sur les principes de la mu- 
sique. Quoi qu'il en soit, les éditions du Com- 
pendiolum se sont multipliées et ont été pu- 



bliées à Leipsick, 1552, in-8°; Leipsick, 1556, 
in-8°; Nuremberg, 1561, in-8°; Nuremberg, 
1564, in-8°; Francfort-sur-1'Oder, 1585, in-8°; 
Nuremberg, 1604, in-8°; Francfort, 1617, 
in-8°. Il y a deux traductions allemandes de 
l'ouvrage de Faber; la première par Christo- 
phe Rid (voyez ce nom), dont la première 
édition a paru sous le titre de Musica, kurtzer 
inhalt der Singkunst, auss M. Henri Fabri 
laleinischen Compendio Musices von Worl 
zu Worl fur angehende Lehrjungen, in ge- 
ring verstœndig Teutsch gebracht , Nurem- 
berg, 1572, in-4°. Les éditions suivantes de 
cette traduction sont de Nuremberg, 1591, 
in-8°; Magdebourg, 1593; Nuremberg, 1594; 
et Strasbourg, 1596. La seconde traduction, 
qui est de Jean Golhart, a été publiée sous ce 
titre : Musica, kurtze Anleilung der Sing- 
kunst M. Heinrici Fabri, durch Johann Got- 
hart verteuscht, und erchrrt, Leipsick, 1605, 
in-8"; ibid., 1608, in-8°; Erfurt, 1609, in-8°. 
Melchior Vulpius , canlor à Weimar (voyez 
P^ulpius), a donné à Jena, en 1610, une édi- 
tion du même ouvrage en latin et en allemand, 
à laquelle il a ajouté un petit traité des modes, 
le tout sous le titre de Musiez compendium 
latino germanicum M. Heinrici Fabri : pro 
tyronibus hujus artis ad majorem discen- 
tium commoditatem aliquantulum variatum 
ac disposition, cum facili brevique de modis 
tractatu. Septimx huic editioni correctiorî 
accessit doctrina 1° de intervallis ; 2° de ter- 
minis italicis. apud musicos recentiores usi- 
tatissimis, ex syntagmate Musico Michaele 
Prsetorii excerptis. Il y en a aussi des édi- 
tions de Leipsick, 1614, in-8°; de Halle, 1620; 
de Leipsick, 1624, in-8°; de Jena, 1636, in-8°, 
et d'Erfurt, 1665, in-8». Enfin, Adam Gum- 
peltzhaimer a publié à Augsbourg, en 1618, 
une édition de la traduction de Rid, enrichie 
d'exemples et de préceptes, sous ce titre : Com- 
pendium Henr. Fabri in vernaculum sermo- 
nem conversum à M. Christ. Rhid, et prx- 
ceptis ac exemplis auctum, studio Adami 
Gumpeltzhaimer. On a copié cette édition dans 
une autre datée de Jena, 1653, in-8°. L'ou- 
vrage de Faber, si souvent réimprimé, n'a 
d'autre mérite que celui de la brièveté et de 
la clarté. 

FABER (Benoît), compositeur, né à Hild- 
burghausen vers la fin du seizième siècle, fut 
attaché au service du prince de Saxe-Cobourg. 
II a publié les ouvrages suivants : 1° Der 148 
Psalm, lateinisch, fur 8 Stimmen (Le 14X C 
Psaume à 8 voix); Cobourg, 1602, in-folio; 
2° Sucrœ cantiones 4, 5, 0, 7 et 8 voc/bus 



FABER - FADRI 



173 



voitcinendx, Cobourg, Henri Birnstill, 1005, 
iu-4°; 5° Gralulalio musica ex primo capile 
cant. canticorum quints vocibus composila, 
ibid., 1607, 4°; 4° Canticum sex vocibus in 
festivitattm nuptiarum, ibid., 1607, in-4°; 
5° Der SI Psalm : Miserere met Deus, 8 voc, 
Cobourg, 1608, in-folio; 6° Adhortatio prima 
Christiad genus humanum direct a, musicis 
numeris quintarum vocum condecorata, Co- 
bourg, 1609, in-4°; 7° Cantio nuptialis ex 
psalmo Davidis 52 desumpta, sex vocum, 
ibid., 1609, in-4°; 8° Cantiones sacrae, 4-8 
voc, Cobourg, 1610; 9° Triumphus Musica- 
lis in victoriam resurrectionis Christi, 7 vo- 
cibus compositus, Cobourg, 1611, in-4"; 

10 Zwei newe Hochzeit Gesdnge mit 5 stim- 
men (Deux nouveaux chants de noces à 5 voix), 
Cobourg, Hauck (s. d.), in-4°; 11° Gratula- 
torium musicale 6 vocum, Cobourg, 16-31, 
in-4°. 

FABER (Jean-Adam-Joseph), musicien de 
l'église Notre-Dame d'Anvers, était fort jeune 
quand il composa, en 1720, une messe à huit 
voix, deux violons, un hautbois, un violon- 
celle et deux basses continues, la première 
pour orgue, l'autre pour contrebasse. Il dit, 
dans la dédicace de son œuvre aux chanoines 
de la collégiale, qu'il n'avait pas de barbe 
quand il la composa. Plus tard, Faber fut or- 
donné prêtre et fait chanoine de la même 
église. Il y chantait encore au chœur en 1759. 

11 est aussi l'auteur d'une messe à cinq voix 
avec deux violons, alto, deux violoncelles, un 
hautbois, deux flûtes, une clarinette, contre- 
basse, clavecin et orgue, pour l'Assomption : 
elle est datée du mois de juillet 1726. Ces deux 
ouvrages sont en manuscrit dans les archives 
de l'église Notre-Dame d'Anvers. 

FABRE (André), né à Riez, petite ville du 
département des Basses-Alpes, vers 1765, fut 
nn bon professeur de piano et d'accompagne- 
ment, à Paris. Il a fait graver dans celte ville 
deux recueils de romances avec accompagne- 
ment de piano ou harpe; c'est aussi lui qui 
est l'auteur de l'air si connu : Ce mouchoir, 
belle Raimonde. On ignore l'époque de sa 
mort. 

FABRE-D'OLrVET(ANTOiNE),littéraleur 
et amateur de musique, naquit le 8 décembre 
1768, à Ganges, petite ville du département de 
l'Hérault. A l'âge de douze ans, il vint à Paris 
l»our s'y instruire dans le commercede soieries ; 
mais, entraîné par son goût pour les lettres et 
les arts, il quitta cette carrière. Il fut long- 
temps employé au ministère de la guerre, puis 
à celui de l'intérieur, et donna sa démission 



de cette dernière place pour ne pas être obligé 
de rédiger une pièce contraire à ses opinions. 
Comme musicien, Fabre-d'Olivel s'est fait con- 
naître par beaucoup de romances et un œuvre 
de quatuors pour deux flûtes, alto et basse, 
gravé à Paris, en 1800. Précédemment, il avait 
composé : 1° Toulon soumis, fait historique, 
opéra en un acte et en vers, joué à Paris en 1794 ; 
2° Le Sage deV Indoslan, drame philosophique 
en un acte et en vers, avec des chœurs en mu- 
sique, représenté à Paris, en 1796. Il a essayé 
de reproduire, en 1804, sous le nom de Mode 
hellénique, le prétendu Mode mixte de Blain- 
ville. Il fit exécuter, à l'occasion du sacre de 
Napoléon Bonaparte, un oratorio entièrement 
écrit dans ce mode ; les journaux de cette 
époque en ont rendu un compte avantageux, 
mais sans savoir de quoi il s'agissait. Fabre- 
d'Olivet est mort à Paris au mois d'avril 1825. 
Ce littérateur-musicien s'est particulièrement 
occupé de la langue hébraïque. Pour ses tra- 
vaux littéraires, on doit consulter les biogra- 
phies générales. 

FABRI (Etienne), surnommé L'ANCIEN, 
devint maître de chapelle du Vatican le 26 avril 
1599, et occupa celte place jusqu'à la fin de 
septembre 1601. Il paraît qu'il se rendit en 
Allemagne vers ce temps et qu'il ne retourna 
à Rome que vers la fin de 1602. L'année sui- 
vante, il obtint la place de maître de chapelle 
de Saint-Jean de Latran, et la conserva jus- 
qu'en 1607, où il eut pour successeur Curzio 
Mancini. On ignore s'il se retira, ou s'il mourut 
à cette époque. Les compositions connues de 
cet artiste ont pour titre : 1° Buodecim modi 
musicales, tricinis sub duplici texte lat. ger- 
man. concinne expressi, Nuremberg, 1602, 
in-4° ; 2° Tricinia sacra justa duodecim mo- 
dorum serietn concinnata, Nuremberg, 1607, 
in-4°. 

F ABRI (Etienne), surnommé LE JEUNE, 
maître de l'école romaine, né à Rome en 
1606, fut élève de Bernard Nanini. Kircher, 
son contemporain, nous apprend (Musurg. 
Lib. 7, p. 614) qu'il était maître de chapelle 
à l'église Saint-Louis-des- Français, à Rome, 
en 1648. Le 25 février 1657, il obtint la place 
de maître de chapelle de Sainte-Marie-Majeure; 
mais il ne la conserva pas longtemps, car il 
mourut le 27 août 1658, à l'âge de cinquante- 
deux ans. On a de ce compositeur des motels 
à 2, 3, 4 et 5 voix, publiés à Rome chez Fei, en 
1650. Après la mort de Fabri, son beau-frère, 
Jean-Bapliste Sani , fit imprimer un œuvre 
posthume de ce maître, sous le titre de : Salin» 
concertati a cinque voci, Roma, Fei, 1660. 



171 



FABRI - FABRICIUS 



Une messe à 8 voix, composée pour la chapelle 
<le Sainle-Marie-Majeure, et qui n'a point été 
publiée, se trouve en manuscrit dans la collec- 
tion de l'abbé Santini, à Rome. 

FABRI (Honoré), jésuite, né vers 1607, 
dans le Bugey, au diocèse de Bellay, professa 
la philosophie à Lyon, dans le collège de la 
Trinité, et fut ensuite appelé à Rome, pour y 
remplir les fonctions de grand pénitentier. Il 
mourut dans cette ville le 9 mars 1688. Dans 
le cinquième volume de sa Physica, seu rerum 
corporearum scientia (Paris et Lyon, 6 vol.), 
on trouve un chapitre où il est traité Devibra- 
tione Chordarum. 

FABRI (Annibal-Pio), surnommé BA- 
LirSO, naquit à Bologne en 1697. Il fut élève 
de Pistocchi, et l'un des meilleurs ténors de 
son temps. Plusieurs princes d'Italie et d'Al- 
lemagne lui firent des offres avantageuses pour 
l'attacher à leur service. L'empereur Charles VI, 
grand connaisseur en musique, avait beaucoup 
d'estime pour son talent. Appelé à Lisbonne 
pour y être attaché à la chapelle royale, il y 
mourut le 12 août 1760. Il était aussi compo- 
siteur, et fut reçu en cette qualité à l'Académie 
philharmonique de Bologne, en 1719. Il fut 
président ou prince de cette société en 1725, 
1729, 1745, 1747 et 1750. 

FABRIANO (Sébastien), moine camal- 
dule, né en Italie vers le milieu du seizième 
siècle, a publié Librum missarum quinis et 
senis vocibus, Venise, 1595. 

FABRICE ou FABRIZIO (Jérôme), cé- 
lèbre anatomiste, est surnommé D'AQUA- 
PENDENTE, parce qu'il naquit dans cette 
ville d'Italie, en 1537. Après avoir fait de bril- 
lantes études à Padoue, sous la direction de 
l'illustre Fallope, il succéda à son maître 
comme professeur d'anntomie, après la mort 
«le celui-ci, en 1565. En récompense de ses 
profondes connaissances et des services qu'il 
rendait à la science, le sénat de Venise lui 
accorda un traitement considérable, des digni- 
tés et des privilèges, la préséance sur les pro- 
fesseurs de philosophie, le nomma citoyen de 
Padoue, lui érigea une statue, le décora du 
litre de chevalier de Saint-Marc, et, enfin, lui 
accorda le droit de désigner son successeur. 
Tant d'honneurs et de biens semblaient devoir 
assurer à Fabrice une heureuse vieillesse, 
mais l'envie lui suscita d'amers chagrins dans 
ses derniers jours, et Ton croit qu'il périt 
par le poison. Il mourut au milieu de violents 
vomissements, le 21 mai 1619, à l'âge de 
quatre vingt-deux ans, laissant à sa nièce une 
ïorUuie de deux cent mille ducats. Parmi les 



savants écrits de Fabrice, on remarque celui 
qui a pour litre : De visione, voce, audituque, 
dont la première édition parut à Venise, in-fol., 
avec figures, en 1600. On en fit ensuite des 
éditions à Padoue, 1605, et à Francfort, en 
1605 et 1613. Cet ouvrage a été réimprimé 
dans les Opéra omnia anatomica et physio- 
logica de Fabrice, imprimés à Leipsick, in- 
fol., avec figures, 1687, et dont il y a une fort 
belle et bonne édition publiée à Leyde, en 
17-38, in-fol. Ce livre est le premier où il a été 
traité ex professa de l'appareil vocal et de son 
mécanisme : bien qu'il ait été fait postérieure- 
ment d'intéressantes découvertes concernant 
cet appareil, le travail du célèbre anatomiste 
jouit encore de l'estime de tous les physiolo- 
gis tes. 

FABRICI (Pierre), prêtre florentin du 
seizième siècle, est auteur d'un traité du 
plàin-chant intitulé Regole generali di canto 
fermo, Rome, 1678, in-4°. C'est la troisième 
édition. Je n'ai pu découvrir les dates des 
deux autres. 

FABRICI (Gaétan), maître de chapelle du 
duc de Guise, né en Italie vers 1530, obtint au 
concours du Puy de musique, à Évreux, en 1577, 
le prix du cornet d'argent, pour la chanson 
française à plusieurs voix : C'est mourir 
mille fois le jour. 

FABRICIUS (Georges), né à Chemnitz, 
le 24 avril 1516, commença ses études dans sa 
ville natale, et les termina à Freyberg et à 
Leipsick. Après avoir fait un voyage en Italie, 
il revint en Allemagne, où il fut nommé direc- 
teur du collège de Meissen. Il mourut dans 
cette ville, le 13 juillet 1571. On a de lui un 
Commentaire sur les anciennes poésies chré- 
tiennes, imprimé à Bâle, en 1564, in-4°, dans 
lequel il donne l'explication de quelques termes 
de musique. Gesner (Biblioth. in Epit. red.) 
indique un ouvrage de sa composition intitulé : 
Disticha de quibusdam musicis, et septem sa- 
pientibus 1 Strasbourg, 1546. 

FABBICIUS (Albin), né en Styrie, dans 
le seizième siècle, a composé des motets qu'il a 
publiés sous le titre de Cantiones sacra; sex 
vocum, Grœlz, 1595. 

FABRICIUS (Bernard), organiste à Stras- 
bourg, dans la seconde moitié du seizièmesiècle, 
a fait imprimer un recueil d'excellentes com- 
positions pour l'orgue et autres instruments, 
sous ce titre : Tubulaturx organis et instru- 
mentis inservientes, Strasbourg, 1577. Ce re- 
cueil est devenu fort rare. Le style de Fabricius 
est très-orné et a beaucoup d'analogie avec ce- 
lui de Claude îMerulo. 



FABRICIUS 



175 



FABRICIUS (Wehneii), habile organiste 
et directeur de musique à l'église Saint-Paul 
de Leipsick, naquit à Itzehoe, dans le Holstein, 
le 10 avril 1653. Son père, bon organiste à It- 
zehoe, et ensuite, à Flensbourg, lui enseigna 
les éléments de la musique, et il acheva ses 
études dans cette science sous la direction du 
cantor Paul Mohtz. Ayant été envoyé au 
gymnase de Hambourg pour y faire des études 
littéraires, il profita de son séjour en cette ville 
pour prendre des leçons de composition de 
Thomas Sellius, directeur du chœur de l'église 
Sainte-Catherine, et pour perfectionner son 
talent dans l'art de jouer de l'orgue, sous la 
direction du célèbre organiste Ilenri Scheid- 
raann. En 1650, il partit de Hambourg pour 
se rendre à Leipsick, où il termina ses éludes en 
philosophie, théologie et jurisprudence. Son 
grand talent, comme compositeur et comme 
exécutant, le fit choisir, en 1656, pour remplir 
la place d^organiste à l'église de Saint-Thomas. 
Outre ses fonctions de musicien, il exerçait 
aussi celles de notaire. On a de lui les ouvrages 
suivants : 1° Delicïx harmonicx, consistant 
en soixante-cinq pavanes , allemandes , cou- 
rantes, etc., à cinq parties. Leipsick, 1657,in-4°; 
2° Geïstliche Arien, Dialogen und Concerten, 
so zu heiïigung hoher Fest-Tage mit 4-8 vo- 
valstïmmen, nebst allerhand Instrumenten 
(Airs spirituels, dialogues et concerts, pour les 
fêles solennelles , à quatre et huit voix, avec 
divers instruments) ; 5° Unterricht, wie men 
ein neu Orgelwerk , obs gut und bestwndig 
sey, nach allen Stiicken in- und auswendig 
examiniren, und so viel mxglich, probiren 
soll (Instruction sur la manière d'examiner un 
nouvel orgue, etc.), Francfort et Leipsick, 1756, 
in-8° de 87 pages. Walther cile aussi de cet 
auteur un Manuductio zum general-bass (Ma- 
nuel de basse continue), consistant en exemples 
bien écrits, publié en 1675. Fabricius est mort 
à Leipsick, le 9 janvier 1679. Jean Thilo a fait 
imprimer dans la même année l'éloge de ce 
savant musicien, sous ce titre : Musica Bavi- 
dica, Leichenredeauf Wern. Fabricius, chori 
musici Birector, nebst dessen Lebenslauff, 
Leipsick, 1679, in-4°. 

FABRICIUS (Jeai*- Albert), fils du pré- 
cédent, un des bibliographes les plus savants 
et les plus féconds, naquit à Leipsick, le 11 no- 
vembre 1668. Après avoir commencé ses études 
sous son père, il les continua sous Wenceslas 
Buhl, sous J.-S. Herrichten, à Quedlimbourg, 
et enfin, à l'université de Leipsick. En 1686, il 
fut reçu bachelier en philosophie, et le 25 jan- 
vier 1688, maître en la même faculté. Il se 



rendit à Hambourg en 1693, où il devint bi- 
bliothécaire de J.-F. Mayer, avec qui il alla en 
Suède en 1696. De retour à Hambourg, il suc- 
céda en 1699 à Vincent Placcius, dans la chaire 
d'éloquence et de philosophre, et prit ensuite à 
Riel le bonnet de docteur en théologie. Il mou- 
rut à Hambourg, le 30 avril 1736. Les ouvrages 
dans lesquels il a traité d'objets relatifs à la 
musique sont : 1° Pietas hamburgensis in 
celebratione solemni jubilai bis secularis Au- 
gustanx confessionis publicité stata , Ham- 
bourg, 1730, in-4°. On y trouve, sous le n° 5 : 
Hamburgisches Benkmal der Poésie zur Mu- 
sik u. s. xiû. aufgefuhrt von G.-P. Telemann 
(Monument hambourgeois de la poésie et de la 
musique, etc., etc.); écrit relatif à la musique 
que Telemann avait composée pour ce jubilé, 
et dans lequel Fabricius cite les noms de plus 
de cent musiciens de son temps ; 2° Thésaurus 
antiquitatum Hebraicarum , Hambourg , 
1713, 7 vol. in-4°. On y trouve (tome VI, 
n° 50) la dissertation de Salomon van Till De 
musica ffebrœorum, traduite du hollandais en 
latin ; le n° 51 contient la dissertation de Zoega 
de Buccina ffebrœorum; 3° Bibliotheca la- 
tina medix et infimx œtatis , Hambourg, 
1734-1744, 6 vol. in-8°, dont on a donné une 
seconde édition, à Padoue, 1754, 6 vol. in-4", 
avec les suppléments de Christ. Schoettgenius . 
On y remarque (lib. 11, p. 644) Elenchus bre- 
vis scriptorum medii œvi latinorum de mu- 
sica, cantuque ecclesiastico. Cette table con- 
tient les noms et l'indication des ouvrages de 
beaucoup d'auteurs du moyen âge, qui ont écrit 
sur la musique : il en est plusieurs dont les 
manuscrits existent dans les principales biblio- 
thèques de l'Europe, qui n'ont point été insérés 
dans la collection de l'abbé Gerbert, et qui au- 
raient dû l'être; 4° Bibliotheca grœca sive 
notitia scriptorum veterum grœcorum, etc., 
Hambourg, 1705-1728, 14 vol. in-4". Harlèsen 
a donné une nouvelle édition, avec des correc- 
tions etdes additions considérables (Hambourg, 
1790-1812, 12 vol. in-4°); mais ce travail n'a 
point été achevé. On y trouve (t. III, c XII, 
p. 652) une indication analytique des auteurs 
qui ont écrit sur la musique des Grecs, suivie 
du catalogue des auteurs grecs sur cet art, avec 
la notice des manuscrits de ces auteurs existants 
dans les principales bibliothèques,etdeséditions 

ou traductions qui en ont été publiées. Bien 
qu'incomplet et souvent inexact, ce travail est 
utile. 

FABRICIUS (M.-C.-F.), avocat, a fait in- 
sérer dans le n» 9 de la Gazette générale de 
musique de leipsick (ann. 1832), comme sup* 



176 



FABRICIUS - FACIUS 



plément, un écrit qui a pour titre : Ueber die 
Tone und Tonarten unserer Musik (Sur les 
tons et la tonalité de notre musique). Son prin- 
cipe de la formation de la gamme est la succes- 
sion de quintes qui avait servi de base au sys- 
tème de l'abbé Roussier, et, postérieurement, à 
ceux de MM. Barbereau et comte Duruttc. 
(royez ces noms.) 

FABBIZI (Vincent), compositeur drama- 
tique, né à Naples vers 1765, a donné, sur di- 
vers théâtres de l'Italie, un assez grand nombre 
d'opéras, parmi lesquels on remarque : 1° I Due. 
Castellani burlati, en 1785, à Bologne ; 2° La 
Sposa invisibile, en 1786, à Rome; 5° La 
Nécessita non ha legge, en 1786, à Dresde; 
4" La Confessa di nova luna, en 1786, à 
Bologne; 5° / Puntigli di gelosia, en 1786, 
à Florence; 6° Chi la fà l'aspelta, 1787, à 
Bologne; 7° La Nobiltà villana , 1787; 8° Gli 
Amanti trappolieri, 1787, à Naples; 9° Ll 
caffè di Barcelonna, 1788, pour Barcelonne; 
10° Il don Giovanni ossia il Convitato di 
pictra, 1788, àFano; 11° L'incontro per ac- 
cidente, 1788, à Naples; 12° La Tempesta, 
ossia Da un disordine ne nasce un ordine, 
1788, à Rome; 13° Il Colombo, 1789; 14» La 
Mogliecappriciosa, Milan, 1797. 

FABRIZZI ou FABRIZIO (Paul), de 
Nola, né vers 1812, fut élève du Conservatoire 
de Naples (collège musical de Saint-Sébastien), 
et en particulier de Zingarelli pour la compo- 
sition. En 1851, il fit jouer son premier opéra 
au théâtre Nuovo, sous le titre de II Giorno 
degli equivoci. Deux ans après, il donna, au 
petit théâtre de la Fenice, l'opéra-bouffe la 
Vedova d'un vivo, dont la musique élégante 
fct légère fut remarquée. Ses autres ouvrages 
joués à Naples sont : la Caravana del Cairo, 
en 1835; Il Conte di Saverna, en 1857, plu- 
sieurs morceaux de cet opéra ont été publiés 
chez Ricordi, à Milan, avec accompagnement 
«le piano; on y remarque un bon duo (Quale 
ardir) pour soprano et basse; Il Portatore 
d'acqua, en 1841. M. Fabrizzi a fait aussi re- 
présenter à Spolette, en 1844, Lara o il Ca- 
valière verde. 

FABROIVI (Ange), célèbre biographe, na- 
quit le 7 septembre 1752, à Marradi, dans 
la partie de la Romagne qui appartenait à la 
Toscane. Au nombre de ses ouvrages est une 
collection d'éloges intitulée : Vilœ Italorum 
doctrina excellentium qui sœculis XVII et 
XV III floruerunt, Pise 1778-1805, 20 vol. 
in-8". Dans le neuvième volume de cette édi- 
tion (p. 272 à 578), se trouve la vie de Bene- 
delto Marcello. Celte vie a été traduite en 



italien et publiée sous le titre de Vita di Be- 
nedetto Marcello, patrizio, con l'aggiunta 
délie risposte aile censure del sig. Saverio 
Mattei, con l'indice délie opère stampate e 
manoscritte, e alquante testimonianze in- 
torno ail' insigne suo merito nella facoltd 
musicale. Venise, 1788, in-8°. On a placé la 
traduction en tête de l'édition des psaumes de 
ce célèbre compositeur, publiée à Venise, en 
1805, sous le titre de Estro poetico-armonico, 
parafrasi sopra i 50 primi salmi, poesia di 
Girolamo Ascanio Giustiniani, musica di 
B. Marcello, etc. Quoique cette biographie 
porte le nom de Fontana, elle n'est que la tra- 
duction de celle de Fabroni; ce dernier est 
mort le 22 septembre 1805. 

FABRY (Michel), chantre de la chapelle 
particulière de Catherine de Médicis, né en 
Provence vers l'an 1540, fut compositeur et 
obtint au concours du Puy de musique, à 
Évreux, en 1577, le premier prix de l'orgue 
d'argent pour le motet Aspice, Domine, et au 
même concours, en 1581, le prix de la lyre 
d'argent pour la chanson française à plusieurs 
voix : O beau Laurier. 

FACCHO (le P. Augustin), moine de 
l'ordre des Mineurs conventuels, et organiste 
de l'église délie Grazie, à Bologne, dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle, est 
auteur de Motetti a due e tre voci. Bologne, 
J. Monti, 1674, in-4\ 

FACCFXI (Jean-Baptiste), compositeur 
italien qui vivait vers le milieu du dix-septième 
siècle, a fait imprimer un ouvrage intitulé : 
Salmi concertati a 3 e 4 voeï, cum basso con- 
tinuo, Venise, Bart. Magni, 1654, in-4°. 

FACCUM (Jean-Baptiste). Voyez Faz- 

ZINI. 

FACCO (Jacques), compositeur de musique 
instrumentale, vivait en 1720. Il a publié à 
Amsterdam Douze concertos pour trois vio- 
lons, alto, violoncelle et basse. On n'a aucun 
renseignement sur la vie de ce musicien. 

FACIO (Anselme) , ou plutôt FASIO, en 
latin Fatius, moine augustin, né à Enna, en 
Sicile, était compositeur, et vécut dans la se- 
conde moitié du seizième siècle et au commen- 
cement du dix-septième. On connaît de lui : 
1° Motetti a cinquevoci. Messine, 1589, in-4"- 
2° Madrigali a cinque voci, ibid., 1589, in-4". 

FACIUS (J.-II.) , violoncelliste fixé à 
Vienne, vers 1810, s'est fait connaître par la 
publication des ouvrages dont les titres sui- 
* vent : 1° Trois duos pour deux violoncelles, 
œuvre 1 er , Vienne, Arlaria, et Paris, Pleyel ; 
2° Trois sonates pour violoncelle, avec accom- 



FACIUS - FAIGNIENT 



17; 



pagnementde basse, op. 2, livres Ietll, Vienne, 
Cappi; 5° Concerto pour violoncelle et orchestre 
(en ré mineur), op. 5 ibid. 

FADOI (André), compositeur de musique 
instrumentale, vivait en 1710. Il est connu par 
l'ouvrage suivant : XII Sonate a due violini, 
violoncello ed organo, Amsterdam. 

FAGIVANI (François-Marie), né à Milan, 
vers le milieu du dix-septième siècle, fut cé- 
lèbre, comme chanteur, en Italie, depuis 16G0 
jusqu'en 1680. 

FAGO (Nicolas), compositeur, surnommé 
IL TARENTINO, parce qu'il était né à Ta- 
rente, entra, en 1691, au Conservatoire de la 
Pieta de' Turchini, où il fit ses études musi- 
cales sous la direction de Provenzale. Ses pro- 
grès furent rapides, car son instruction dans 
l'art d'écrire était complète en 1697. Déjà 
il s'apprêtait à sortir de l'école dont il avait 
suivi les cours, lorsque son maître (Provenzale) 
le pria de rester au Conservatoire pour lui ve- 
nir en aide; car il était fort âgé. Fago y con- 
sentit et partagea, avec son condisciple Orsini, 
les fonctions de second maître; mais Orsini 
s'étant retiré peu de temps après, Fago succéda 
à Provenzale en qualité de premier maître. Ce 
musicien distingué s'est fait connaître par la 
composition de plusieurs opéras, parmi lesquels 
on remarque surtout l'Eustachio. Sa musique 
d'église est d'un bon style. La bibliothèque du 
Conservatoire de musique de Paris possède de 
cet auteur, les manuscrits autographes d'une 
messe à cinq voix obligées et cinq voix ripieni, 
deux violons et orgue, le motet Credidi à neuf 
voix obligées, deux violons, alto et basse, et .un 
Benedictus à huit avec orchestre, et, en outre, 
une messe à cinq con ripieni e stromenti, une 
messe de morts idem, un Credo idem, deux 
autres Credo à cinq voix, deux violons, alto et 
basse, un Credo à quatre, deux Magnificat à 
cinq voix réelles, cinq voix de ripieno et or- 
chestre, et enfin des litanies à cinq voix avec 
accompagnement de deux violons, deux cors et 
orgue. On trouve aussi sous le nom de Fago, dans 
quelques bibliothèques d'Italie, un Magnificat 
à dix voix, un Stabat Mater à quatre voix, un 
Te Deum à dix voix, deux violons et basse, !e 
psaume Lactatussum à quatre voix, des Répons 
pour la semaine sainte, deux Dixit à cinq voix, 
Tu es sacerdos à quatre avec instruments, Te- 
cum principium idem, le psaume Confitebor 
pour soprano solo, deux violons, viole et basse, 
autre Confitebor pour soprano et chœur, autre 
idem pour contralto et chœur, Beatus vir à 
quatre voix, et des cantates à voix seule avec ac- 
compagnement de clavecin. Le style de Fago 

BI0GR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



est élégant et pur, mais ses idées manquent 
d'originalité. 

FAGO (Laurent), compositeur italien du 
dix-septième siècle, a écrit beaucoup de mu- 
sique d'église qui est restée en manuscrit. Le 
catalogue de la collection de l'abbé Santini in- 
dique un Kyrie cum gloria à quatre voix et 
orchestre, et un Credo à cinq voix, de ce com- 
positeur. Les circonstances de sa vie sont igno- 
rées. 

FAIIRBACH (Joseph), flûtiste et compo- 
siteur pour son instrument, est né à Vienne, 
le 25 août 1804. Dans sa jeunesse, il apprit seul* 
à jouer de plusieurs instruments, à l'aide des- 
quels il secourait sa pauvre famille; mais il 
parvint sur la flûte à une remarquable habi- 
leté et se fit applaudir dans plusieurs con- 
certs. Il fut attaché pendant plusieurs années 
au théâtre de la cour impériale comme pre- 
mière flûte. Au nombre des ouvrages qu'il a 
publiés, on remarque : Trente préludes pour la 
flûte dans tous les tons, op. 6, Vienne, Dia- 
bellf; Exercices pour le même instrument, op. 9, 
ibid.; Modulations pour le même instrument, 
op. 11, ibid.; Trente leçons pour les commen- 
çants, op. 15, ibid.; des Fantaisies sur des mo- 
tifs d'opéra, ibid. 

FAIIRBACH (PniuppE), filsdu précédent, 
né à Vienne, s'est fait connaître comme com- 
positeur de danses, au nombre de plus de cent 
œuvres, qui ont eu du succès et qui ont été pu- 
bliés, à Vienne, chez Haslinger. Cet artiste, sur 
qui je n'ai pu obtenir de renseignements, a fait 
représenter, à Vienne, en 1845, un opéra inti- 
tulé : Bas Schwert der Kœnige. 

FAIDIT. Voyez Faydit. 

FAIGNIENT (Noé), compositeur belge, 
vécut à Anvers vers 1570. Imitateur du style de 
Roland de Lassus, il a presque égalé ce maître 
pour la douceur de son harmonie. On connaît 
de lui les ouvrages suivants : 1° Airs, motets et 
madrigales à trois parties, Paris, 1567 ; 2° Mo- 
tetti e Madrigali a 4, 5 e 6 voci, Anvers, 
1569; 3° Madrigali a 5-8 voci, ibid., 1595; 
4° Chansons, madrigales et motets à quatre, 
cinq et six parties, Anvers, chez la veuve de 
Jean Laet, 1568, in-4°. Il y a des morceaux de 
Faignient dans la collection intitulée : Musica 
divina di XIX autori illustri a 4, 5, 6 et 
8 voci, Anvers, P. Phalèse, 1595, in-4°obI., 
dans le recueil publié par André Pevernage, 
sous le titre de : Harmonia céleste di diversi 
eccellentissimi musici a 4, 5, 6, 7, 8 voci, An- 
vers, P. Phalèse, 1593, in-4° obi., et dans la 
Melodia Olimpica, collection de madrigaux 
recueillis par Pierre Phillips, compositeur an- 

12 



I7S 



FAIGNIENT - FALCKENHAGEN 



glais et organiste de l'archiduc Albert, gou- 
verneur des Pays-Bas, Anvers, P. Phalèse, 1594, 
in-4° obi. 

FAIUFAX (Robert) ou FAYRFAX, or- 
ganiste ou chantre de l'église de l'abbaye de 
Saint-Alban, naquit dans la seconde moitié du 
quinzième siècle à Bayford, dans le comté de 
Hertford, en Angleterre. Il obtint le grade de 
docteur en musique à l'université de Cambridge 
et fut confirmé dans celte dignité à l'université 
d'Oxford en 1511. Il mourut à Saint-Alban et 
fut enterré dans l'église de ce lieu. Fairfax a 
écrit des chansons anglaises à deux et trois par- 
ties, qui se trouvent dans quelques manuscrits 
du Muséum britannique (n os 62, 174, 203, 223 
et 226 du catalogue de la musique manuscrite), 
notamment dans une collection de chants à 
plusieurs voix des musiciens anglais qui vi- 
vaient au commencement du seizième siècle et 
qui a été formée par Fairfax lui-même. Après 
avoir été sa propriété, le manuscrit a passé en 
diverses mains : il appartenait à un certain 
M. Thoresby, à l'époque où Hawkins et Burney 
écrivaient leurs Histoires de la musique. Après 
lui, le manuscrit a été acquis par la biblio- 
thèque du Muséum britannique. Burney en a 
tiré une chanson à deux voix, de Fairfax, et 
Hawkins un motet à trois. Burney présume (a 
Gus-History of Musée, t. n, p. 547), d'après 
les paroles de cette chanson, qu'elle a été 
adressée à Henri VII, en 1485, après la bataille 
de Bosworth. Si l'on juge du talent de ce musi- 
cien d'après ces échantillons, il était très-infé- 
rieur aux musiciens belges et français de la 
même époque : rien de plus lourd et de plus 
gauche que le styleharmonique de ces morceaux. 

FALAISE (l'abbé), organiste à Coutances 
(Manche), est auteur d'un livre intitulé : Mé- 
thode de plain-chant romain comparé avec le 
plain-chant moderne, suivie des principes de 
la musique, Coutances, Salettes, 1857, petit 
in-4° de vi et 106 pages. 

FALANDR.Y (Alexis-Germain), composi- 
teur de musique d'église et de chambre, né le 
28 avril 1798, à Lavalette (départ, de l'Aude), 
fut admis, le 6 février 1824, au Conservatoire 
de musique de Paris, comme élève de l'auteur de 
cette notice pour la composition, et remplit pen- 
dant quelque temps les fonctions de répétiteur 
du cours de son maître. Sorti du Conservatoire 
en 1827, il alla occuper une place de maître de 
chapelle dans une ville de la France méridio- 
nale. Il a cessé de vivre en 1853. Falandry 
a publié de sa composition : 1° Messe à trois 
voix avec deux violons, alto et basse; 2° Do- 
mine non seeundum, motet à trois voix et 



orgue; 3° O sacrum convivium, à trois voix 
et orgue ; 4° Ave verum, à deux voix égales et 
orgue ; 5° Ecce panis Angelorum, à trois voix 
et orgue ; 6° Memorare, motet à quatre voix 
et orgue ; 7° Attende Domine, à trois voix et 
orgue; 8° Hymne à saint Vincent de Paule, à 
deux voix; 9° L' Angélus, chant religieux en 
l'honneur de la Sainte-Vierge, à voix seule 
avec piano; 10" Marie, ton nom seul est un 
chant, à voix seule et piano; 11° Des pièces 
d'orgue; 12° Beaucoup de romances. Tous ces 
ouvrages ont été édités à Paris, chez Canaux. 

FALB (F. -Rémi), moine de l'ordre de Ci- 
teaux à Furstenfeldbruck, cercle de l'Isère, est 
auteur d'un ouvrage intitulé : Sutor non ultra 
crepidam, seu Symphonie sex, pour deux 
violons et basse, Augsbourg, 1747, in-fol. 

FALCK (Georges), surnommé L'AINE, 
fut premier chantre et organiste de l'église 
Saint-Jacques, à Rolenbourg, sur la Tauber. 
Il a publié un ouvrage intitulé : Idea boni 
cantoris, das ist Getreu und griindliche 
Anleitung , wieein Musikscholar, sowohl im 
Singen, als auch auf andem Instrumentas 
musicalibus in kurtzer Zeit so weit gebracht 
werden fcann, etc. (Idée du bon musicien, conte- 
nant une instruction sûre et fidèle, où l'écolier 
en musique acquerra en peu de temps l'usage 
du chant et des instruments), Nuremberg, 
1688, in-4° obi. La préface a été écrite par le 
surintendant Sébastien Rirchmayr; il y est dit 
que l'auteur avait aussi le dessein de publier 
un livre intitulé : Idea boni organœdi, ou 
l'art d'accompagner la basse continue, et 
l'Idea boni melothetœ, ou la science du com- 
positeur : il ne paraît pas que ces ouvrages 
aient été imprimés. 

FALCKENHAGEN (Adam), joueur de 
luth, et secrétaire de la chambre du margrave 
de Brandebourg-Culmbach, naquit le 17 avril 
1697 à Gross - Daltzig , village situé entre 
Leipsick et Pigau. Son père, qui était maître 
d'école, lui enseigna les premiers principes de la 
musique. Lorsqu'il eutatleintsadixièmeannée, 
il fut envoyé chez un prêtre à Rnauthayn, près 
de Leipsick. Il y employa huit années à l'étude 
des lettres et de la musique, notamment à celle 
du clavecin et du luth. De là il alla à Merse- 
bourg, à Leipsick, à AVcissenfels, à Dresde, à 
Jena, et enfin, au mois de mai 1729, il entra 
au service du margrave de Brandebourg. Falc- 
kenhagen est mort en 1761. Il a publié à Nu- 
remberg, en 1758, Douze cantiques édifiants, 
avec variations pour le luth. Cet ouvrage fut 
suivi de quatre autres, contenant douze solos, 
et autant de concertos pour le même inslru- 



FALCKENHAGEN - FALCONE 



I 79 



ment. Enfin ou a de lui : Jl Sonatine da ca- 
méra a liuto solo, op. 5. Nuremberg, in-fol. 

FALCO (François), violoniste italien, né 
vers le milieu du siècle dernier, vint en France 
en 1773, et fut attaché à la chapelle du Roi. Il 
a fait graver à Paris : 1" Solfegyi di Scuola 
italiana con i principi délia musica vocale, 
Paris, sans date, in-fol. ; 2° G Soli da violino, 
op. 2. Ces ouvrages ont été réimprimés à Lon- 
dres en 177G. Le frère de cet artiste, Charles 
Falco, professeur de clavecin à Londres, a pu- 
blié dans cette ville, en 1765, Six sonates for 
the harpsichord. La bibliothèque du Conserva- 
toire de Paris possède un Oratorio di Santo 
Antonio d'un autre musicien nommé Michèle 
Falco; le style de cet ouvrage indique une 
composition d'un contemporain d'Alexandre 
Scarlatti. 

FALCON (Marie-Cornélie), cantatrice 
dramatique, née à Paris, le 28 janvier 1812, 
fut admise, comme élève, au Conservatoire de 
cette ville, le 6 février 1827. Elle y reçut 
d'abord des leçons de Henri pour la vocalisa- 
tion, puis devint élève de Pellegrini et de Bor- 
dosrni pour le chant. Le premier prix de vocali- 
sation lui fut décerné en 1830, et elle obtint le 
premier prix de chant au concours de l'année 
suivante. Après avoir reçu des leçons d'Adolphe 
Nourrit, pour le chant dramatique, elle eut aussi 
le premier prix de déclamation lyrique, d'une 
manière brillante, en 18ôl. Le 20 juillet 1832, 
elle débuta à l'Opéra par le rôle délice, dans 
Robert le Diable, et y produisit une vive im- 
pression sur le public. Bouée richement par la 
nature, belle, possédant une voix magnifique, 
une grande intelligence et un profond sentiment 
dramatique, elle marqua chaque année par des 
progrès et par le développement de son talent. 
En 1833, Gustave III, d'Auber, la Juive, dans 
l'année suivante, le rôle de Valentine dans 
les Huguenots, en 1836, Stradella, en 1837, 
furent autant de créations de ce beau talent; 
dans les Huguenots, particulièrement, M lle Fal- 
con s'élevait jusqu'au plus haut degré de l'art 
par son chant et par son jeu. Un dérangement 
grave de sa santé interrompit cette série de 
succès qui ne fut en quelque sorte qu'une ap- 
parition, à l'Opéra, et borna la carrière drama- 
tique de la jeune cantatrice à une durée de 
cinq ans. Dès les derniers mois de 1837, son 
organe vocal subit une altération si intense, 
que M' lc Falcon fut obligée d'interrompre son 
service à l'Opéra, et d'aller en Italie essayer 
l'influence d'un climat plus doux ; mais l'espoir 
qu'elle conserva, pendant quelque temps, de 
retrouver la beauté de sa voix, ne se réalisa pas. 



Après une absence de plus de dix huit mois, 
elle essaya de se faire entendre de nouveau dans 
une représentation à son bénéfice, donnée au 
mois de mars 1840; mais il fut constaté dans 
cette circonstance que l'organe était perdu sans 
ressource, et M llc Falcon dut se résigner à 
prendre sa retraite définitive. Aucun autre ta- 
lent de la même portée ne lui a succédé depuis 
lors à l'Opéra de Paris. 

FALCOISE (Achille), maître de chapelle à 
Calatagirone, avec quatre cents écus d'appoin- 
tements annuels, et membre de l'Académie de 
Cosenza, dans le royaume de Naples , eut une 
vive discussion musicale avec Sébastien Raval 
(voyez ce nom), maître de chapelle du duc de 
Maquedo, vice-roi de Sicile, et compositeur es- 
pagnol rempli d'orgueil, qui avait affiché la 
prétention d'être le plus habile musicien de son 
temps. D'un commun accord, les champions 
s'en étaient rapportés au jugement du P. Nic- 
colô, dominicain toscan , et savant musicien, 
qui prononça en faveur de Falcone. Indigné de 
celte sentence, Raval fit publier dans toutes les 
rues de Palerme un cartel où il défiait Falcone 
de composer à l'improvistc sur un sujet donné 
en présence du vice-roi. Falcone accepta le 
défi, et devant ses parrains et ceux de Raval, 
il écrivit le morceau qui lui était demandé; 
mais quoiqu'il y eût fait preuve de beaucoup 
d'habileté, le crédit de Raval et les préventions 
du vice-roi firent rendre un jugement défavo- 
rable à sa composition , et ce jugement fut dé- 
claré sans appel dans tout le royaume de Sicile. 
Profondément affligé de cette injustice, Falcone 
se résolut à porter la cause à Rome, prenant 
pour juges Jean-Marie Nanini et Soriano, et il 
envoya son défi à Raval par Antoine Verso, 
compositeur sicilien, élève de Pierre Vinci; 
mais à peine les lettres d'appel furent-elles 
parvenues à Rome, que Falcone mourut à 
Cosenza, le 9 novembre 1600, à la fleur de la 
jeunesse. L'abbé Eaini, qui rapporte cette 
histoire d'après les notices manuscrites de 
Pitoni sur les contrapuntistes italiens, accorde 
des éloges au talent de Falcone. Après la mort 
prématurée de ce compositeur, son père (An- 
toine Falcone) publia un livre de ses madri- 
gaux à cinq voix sous ce titre : Con alcune 
opère faite ail' improviso, a competenza con 
Sebast. Ravalle, capellano di Malta, e maes- 
tro délia cappella reale di Palermo , con 
una narrazione corne veramente il fatto se- 
guisse, Madrigali a cinque voci, da Achille 
Falcone, etc., in Venezia, appresso Giacomo 
Vinccnli, 1603, in-4°. On trouve dans la pré- 
face de ce recueil les détails de Ja dispute de 

12. 



180 



FALCONJE — FALLOUARD 



Falconc et de Raval : ces détails sont aussi 
dans le Libro de Moltetti a 5, 4, 5, G, 8 voci 
di Sebastiano Raval , maestro délia regia 
cappella di Palermo. Palermo, Franceschi, 
1601. 

FAXCONI (Giacomo), graveur et fondeur 
de caractères à Venise, vers le milieu du dix- 
huitième siècle, a gravé et fondu un caractère 
pour l'impression de la musique par les pro- 
cédés typographiques qui a servi à l'impression 
de YArte pratica di contrapunto du P. Pao- 
lucci (voyez ce nom). Falconi en a publié la 
description avec des spécimens, sous ce titre : 
Manifestod'unanuova impresa di stampare 
laMusica in caratteri gettati nel modo stesso 
corne si scrive. Venise, 17G7, in-4°. 

FALCONIERI (. . . .), compositeur na- 
politain qui vivait au commencement du dix- 
septième siècle, a fait imprimer deux livres de 
Villanelle à une, deux et trois voix, Naples, 
1G1G, in-4°. 

FALCOIV'IUS (Placide), ou plutôt FAL- 
COI^ilO, moine bénédictin, né à Asola, entra 
au couvent de son ordre à Brescia, en 1549, 
et mourut dans les premières années du dix- 
septième siècle. Il s'est fait connaître par les 
ouvrages suivants : 1° Missx introitus per to- 
lumannum, Venise, 1575, in-folio; 2° Pas- 
sio, S. Voces hebdomadx sanctx, ibid., 1580, 
in-4°; 5° Responsoria hebdomadx sanctx tam 
pleni quam xquali voc. prout cuique visum 
fuerit 4 vocibus decantunda, Brescia, V. Sabio, 
1580, in-4°; 4° Turbarum vocis cumpalm., 
Benedictus et Miserere, ibid., 1580, in-4"; 
5° Magnificat octotonorum, ibid., 1588, in-4". 

FALKINER (Rodolphe), professeur de 
musique, né en Allemagne, se fixa à Londres 
vers le mileu du siècle dernier. Il y fit impri- 
mer, en 1762, un traité élémentaire sur l'art 
de loucher le clavecin, sur l'accompagnement 
de la basse continue, etc., sous ce titre : In- 
structions for playing the Harpsichord, 
Thorough Bass, fully explained, and exact 
rules for tuning the Harpsichord, in-4°. Il en 
a été fait une deuxième édition qui a pour titre: 
Instruction for playing the Harpsichord, 
wherein is fully explained the Mystery of 
Thorough Bass; with many other Matc- 
i rial Thing very rarely given to Scholars, by 
the Teachers of Music. Londres, 1774, in- 
folio. 

FALLATVI (Domimoue), compositeur na- 
politain, fut maître de chapelle à Pouzzoles 
(Pozzuoli), dans ia seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle. Il a écrit des messes, vêpres et 
psaumes à trois cl à quatre voix avec deux vio- 



lons, viole et basse, et mérite particulièrement 
d'être mentionné pour un ouvrage plein d'ex- 
pression intitulé : Orazione di Geremia a 
canto solo con slromenti (deux violons, viole 
et orgue). Cette production, dont le style tient 
de Pergolèse et de Léo, est très-distinguée et 
n'est pas assez connue. 

FALLEÏl (Charlotte), dont le nom de 
famille était Thielc, naquit à Habertsbourg, 
en Saxe, le 14 octobre 1758. Elle se distingua 
comme cantatrice, et parut avec succès sur la 
scène à Sondershausen. Les rôles qui lui firent 
le plus d'honneur furent ceux de Louise, dans 
le Déserteur, et de Franciska, dans l'opéra 
intitulé : Minna de Barnheim, etc. En 1782, 
elle se rendit à Anspach, où elle se maria : 
depuis lors, elle a quitté le théâtre. 

FALLOUAUD (Pierre- Jean -Michel ) , 
organiste de l'église de Sainte-Catherine et de 
la chapelle de l'hospice civil, à Honfleur, est 
né dans cette ville, le 1 1 juillet 1805. Dès l'âge 
de dix ans il commença l'étude de la musique ; 
en 1821, il devint élève de Delaporte, organiste 
de Sainte-Catherine, qui lui enseigna le méca- 
nisme de l'orgue et l'harmonie. Après la mort 
de ce professeur, M. Fallouard lui succéda 
en 1825. Il reçut aussi des leçons de Godefroi 
père, organiste de la cathédrale de Rouen, et 
compléta son instruction musicale par l'élude 
des œuvres de Haydu, de Mozart et de Beethoven . 
Comme professeur, il a formé beaucoup d'élè- 
ves, au nombre desquels se trouve M. l'abbé 
Capard, maître de chapelle de la cathédrale de 
Bayeux. M. Fallouard a publié de sa composi- 
tion : 1° Six suites de marches, pas-redoublés 
et valses pour musique militaire; 2° Six grandes 
valses brillantes pour le piano ; ô° Deux qua- 
drilles à 4 mains, sur des thèmes originaux; 
4° Variations pour clarinette (en si) avec ac- 
compagnement de quatuor ou de piano, Paris, 
Marescot; 5° Trois duos concertants pour deux 
clarinettes, Paris, Aulagnier; G Pièces pour 
l'orgue ou harmonium, Paris, Lebeau aîné; 
7° Romances avec accompagnement de piano, 
dont les Hirondelles, Paris, Petit ; 8° Beaucoup 
d'arrangements pour divers instruments, Paris, 
Aulagnier. Le même artiste a en manuscrit des 
compositions pour l'orgue, le piano et le chant. 
M. Fallouard s'est aussi fait connaître dans la 
littérature de la musique, par les ouvrages 
dont voici les titres : 1° Notices, biographies 
et variétés musicales, Honfleur, 1855, 1 vol. 
in-18, format anglais ; 2° Les Musiciens Nor- 
mands ; esquisse biographique comprenant 
les noms des musiciens les plus célèbres, nés 
en Normandie, du onzième au dix-neuvième 



FALLOUARD — F ANTON 



isi 



Siècle. Ronfleur, 1859, in-18, format anglais. 
11 est un des rédacteurs de VEcho l/onjleurois, 
auquel il a fourni des articles de critique sur la 
musique, le théâtre, etc. 

FAINART (L.-S.), né à Reims, vers 1810, a 
été d'abord organiste de la cathédrale de cette 
ville, puis a été nommé maître de chapelle de 
la même église et directeur du conservatoire de 
Reims. Il a été membre de l'ancienne com- 
mission des arts et monuments religieux au 
ministère de l'instruction publique, et secré- 
taire du congrès scientifique de France. M. Fa- 
nart est membre de l'académie impériale de 
Reims et du comité d'archéologie de la même 
ville. On a de cet artiste-littérateur : 1° Dis- 
cours sur la nécessité d'étudier la musique 
dans son histoire. Reims, imprimerie de Ma- 
chet, 1844, in-8° de 20 pages. Cet opuscule a 
eu deux éditions : celle-ci est la deuxième ; 
2° Ecole pratique du doigter de l'orgue et de 
l'harmonium, ou recueil de morceaux pro- 
pres au service divin et soigneusement 
doigtés, sans emploi de la pédale, avec l'in- 
dication exacte des mouvements et des mé- 
langes de jeux à employer. Ouvrage divisé en 
deux parties, op. 3, Paris, Régnier-Canaux, 
Reims, chez l'auteur; 3° Livre choral d'une 
exécution facile et adapté aux moyens les 
plus restreints comme aux chœurs les mieux 
organisés, contenant les parties les plus 
usuelles de l'office divin mises en faux-bour- 
don ou contrepoint simple de note contre 
note, etc., ibid. 

FAÏVÏVA (Antoine), compositeur et pia- 
niste, né à Venise en 1793, fit de bonnes 
éludes musicales dans sa jeunesse, et se livra 
à l'enseignement dans sa ville natale, où il 
jouissait de la réputation d'un professeur dis- 
tingué. Il est mort à Venise, le 15 mars 1845, à 
l'âge de quarante et un ans et quelques mois. 
On a de cet artiste un grand nombre de mor- 
ceaux pour le piano, variations sur des thèmes 
d'opéras, fantaisies, rondos, etc., op. 8, 9, 10, 
1 1, 13, 16, 17, 18, 19, 21, 23, 24, 31, 3G, 38, 
43, etc., Milan, Ricordi; une grande sonate à 
quatre mains, op. 14, ibid.; des caprices, di- 
vertissements et variations à quatre mains, ib.; 
un grand duo pour deux pianos sur une mélo- 
die italienne, op. 35, ibid.; deux trios pour 
deux harpes et un piano sur un air tyrolien, 
op. 25, ibid. ; beaucoup de romances et de 
canzonette, ibid. Pasquale Negri a publié sur 
cet artiste : Cenni Eiografici sopra Antonio 
Fanna, nato in Venezia, Venise, 1845, in-8°. 

FAj>TE (Antonio DEL),mailre de la chapelle 
«le Sainle-Maric-Ilajctire, à Rome, fut appelé à 



remplir ces fonctions le 2 janvier 1817, et 
mourut dans ce poste, au mois de mars 1822. 
Randler dit, dans sa Notice sur l'état de la 
musique à Rome (voyez la Revue Musicale 
t. III, p. 77), que Del Fante avait de profondes 
connaissances en musique, mais qu'il était 
malheureusement trop homme du monde. Le 
désir d'obtenir la faveur publique lui fit in- 
troduire dans sa musique d'église des choses 
d'un goût peu sévère, surtout vers la fin de sa 
vie. II disait souvent qu'au dix-neuvième siècle 
il faut unir au style rigoureux de l'ancienne 
école l'élégance de la musique moderne; al- 
liance fort difficile, et dont les résultats ne 
seraient vraisemblablement pas ceux que Del 
Fante se promettait. Il a laissé en manuscrit 
une très-grande quantité de musique d'église 
et de chambre. 

FAINTIIM (Jérôme), né à Spolette, dans 
les dernières années du seizième siècle, ou 
dans les premières anm'es du dix-septième, fut 
trompette-major au service du grand-duc de 
Toscane Ferdinand II, qui gouverna ses États 
depuis 1621 jusqu'en 1670. Il est vraisem- 
blable que Fantini visita l'Allemagne et s'ar- 
rêta quelque temps à Francfort, où un ouvrage 
de sa composition fut imprimé en 1638. Le 
P. Mersenne, d'après une lettre du médecin 
Rourdelot, écrite de Rome (antérieurement à 
l'année 1636), dit que Fantini était le premier 
trompette de guerre de toute l'Italie, et que 
son habileté était si grande, que ce médecin 
l'entendit un jour donner en sons purs sur son 
instrument toutes les notes chromatiques que 
le célèbre organiste Frescobaldi exécutait sur 
un orgue appartenant au cardinal Rorghèse, 
tandis que les trompettes attachés au duc de 
Créqui, ambassadeur de Louis XIII à Rome, 
voulant l'imiter, ne faisaient entendre que 
des sons rauques et confus (Harmonicorum , 
Lib. 2. De instrumentis, p. 109). Fantini a 
publié sur son instrument un ouvrage de haul 
intérêt historique, qui a pour titre : Modo 
per imparare a sonare di tromba di guerra 
musicalmente in organo con tromba sordina, 
col cimbalo , e ogn' altro istrumento. Ag- 
giuntovi moite sonate corne balleti, Brandi, 
Capricci, Sarabande, Correnti, passagi, et 
sonate con la tromba et organo insieme, 
Francfort, 1638, in-fol. de 86 p. On trouve dans 
cet ouvrage, orné du portrait de l'auteur, cent 
pièces qui portent pour titres les noms de cent 
familles illustres de l'Italie et de l'Allemagne. 

FAIYrOX (Nicolas), maitre de musique d<: 
la Sainte-Chapelle, mort en 1757, fut d'aboi 1 
mailrc de musique à la cathédrale de Blois. 1. 



ISÏ 



FANTON — FARABI 



a écrit beaucoup de motets, qui n'ont point été 
imprimés, mais qu'on a exécutés avec succès 
au concert spirituel, depuis 1754. Ses meil- 
leures compositions sont le Cantate Domino 
canticum; Deus venerunt ; Dominus regna- 
vit; Exultate justi;et Jubilate Deo omnis 
terra. Le chant de ces ouvrages est dans le 
style de Lalande, mais l'instrumentation est 
d'un meilleur goût. 

FAFiTOZZI (Ange), né en Italie vers 1760, 
fut un bon chanteur (tenore) du siècle dernier. 
Il chanta d'abord à Venise en 1785. En 1789, 
il était à Gênes ; l'année suivante, à Brescia,et, 
en 1791, à Milan. Il passa à Berlin en 1792 
pour y être attaché au grand théâtre de l'O- 
péra, et s'y fit entendre dans YEnea de Bi- 
ghini. Le rôle d'Admète, dans VAlceste de 
Gluck, lui fit beaucoup d'honneur, en 1795 et 
1796. Enfin il se distingua dans le rôle d' As- 
sur, de la Semiramis de Himmel. 

FATSTOZZI (Marie), née Marchetti , 
femme du précédent, vit le jour en Italie, dans 
l'année 1767. Vers 1788, elle brillait sur les 
théâtres de Milan, de Brescia et de Padoue. 
En 1792, elle accompagna son mari à Berlin 
et chanta avec succès dans VEnea de Bighini, 
dans VAlceste de Gluck, dans la Semiramis de 
Himmel, et dans YAtalantc de Bighini. Elle 
était encore dans cette ville en 1802, et rem- 
plissait les rôles de prima donna. Sa voix 
était pure, d'un beau volume de son et fort 
étendue. 

FANTUZZI (le comte Jea:\). d'une noble 
et illustre famille de Bologne, naquit en cette 
ville vers 1740, et consacra sa vie entière à 
des recherches sur l'histoire littéraire et artis- 
tique de sa patrie. Le résultat de ses travaux a 
été consigné dans le livre qu'il a publié sous 
ce titre : Notizie degli Scrittori Bolognesi, 
Bologne, 1781-1794, 9 vol. petit in-fol. Cet 
ouvrage contient d'utiles renseignements pour 
l'histoire de la musique : on y trouve des 
notices biographiques et littéraires sur Jean- 
Marie Artusi (t. I, p. 297), sur Adrien Ban- 
chieri (t. I, pp. 538-34 i), sur Hercule Boltrigari 
(t. II, pp. 520-529), sur le P. Martini (t. V, 
pp. 542-555), sur Lauren?Penna (t. VI, p. 545), 
sur Jean Spataro (t. VIII, p. 29 et 50), et sur 
beaucoup d'autres artistes distingués de Bo 
logne. Le neuvième volume, qui renferme des 
additions et des corrections, contient (pp. 2-9) 
un article historique sur l'Académie philhar- 
monique de Bologne. 

FAINZAGO (l'abbé François), recteur du 
collège de Padoue, né en cette ville vers 1750, 
y a fait imprimer, en 1770, un éloge de Tar- 



tini, intitulé : Orazione délie Lodi di Giu- 
seppe Tartini , recitata nella Chiesa de 
RR. PP. Servitiin Padova, li 51 di marzo 
Vanno 1770; in Padova, 1770, nella stam- 
peria Conzatti, pet. in-4° de 48 pages. On a 
aussi de lui : Orazione ne' funerali del 
R. P. Erancesco Antonio Valotti, recitata 
nella chiesa delSanto in Padova, 1780, in-4". 
Enfin l'abbé Fanzago a publié les éloges réunis 
de Tartini et de Valotti, dans une brochure 
qui a pour titre : Elogi di Giuseppe Tartini 
pi imo violinista nella cappella del Santo di 
Padova, e del P. Erancesco Valotti, maestro 
délia medesima. In Padova, 1795, in-8°. 

FARABI (Abou-Nasser-Mohamed-Ben-Mo- 
hamed AL), célèbre philosophe arabe, naquit 
à Fàràb, aujourd'hui Othrâr, ville de la Trans- 
oxiane. Le désir de s'instruire le porta à s'é- 
loigner de sa patrie pour aller à Bagdad étu- 
dier la philosophie, sous un docteur nommé 
Abou Bekker Mattey, qui expliquait Arislote. 
Il alla ensuite à Harran, où il apprit la logique 
d'un médecin chrétien nommé Jean; de là, il 
alla à Hamas, puis en Egypte; enfin il revint 
à Hamas, où les bienfaits de Séif-ed-Baulah le 
fixèrent. Il mourut dans cette ville l'an 539 de 
l'hégire (950 de Jésus-Christ). Au nombre des 
ouvrages d'Al-Farabi, on en trouve deux qui 
sont relatifs à la musique : l'un est un traité 
célèbre dans tout l'Orient, dont le manuscrit 
existe à la bibliothèque de l'Escurial, cod. 91 1 , 
et que Casiri (Bibl. Arabico-Hisp. Escurial., 
t. I, p. 547) indique sous ce titre : Musices 
Elcmenta, adjectis notis et instrnmenlorum 
figuris plus triginta. L'auteur y explique les 
divers systèmes de musique imaginés jusqu'à 
son temps, en discute les avantages ou les dé- 
fauts, et donne des règles pour la forme et la 
construction des instruments. L'ouvrage est 
divisé en deux livres : le premier livre est sub- 
divisé en deux parties, dont la première ren- 
ferme une préface (prologue) où les prélimi- 
naires de la musique sont expliqués, et la 
seconde les principes mêmes de la musique. La 
seconde partie contient trois divisions, dont la 
première traite des modes, la seconde de quel- 
ques instruments des Arabes, et la troisième 
de la composition des genres, en huit chapi- 
tres. Bans le deuxième livre, le Farabi résume 
les opinions des auteurs les plus célèbres sur 
les diverses parties de la musique, les explique 
et corrige leurs erreurs. Malheureusement ioi"> 
les feuillets dont se compose le manuscrit ont 
été mêlés et reliés dans un grand désordre qui 
rend souvent l'ouvrage inintelligible. Le cé- 
lèbre orientaliste don Joseph-Antoine Coude 



FARADI - FARINA 



1S3 



m a fait une traduction en langue espagnole, 
(|ui est restée longtemps inédite. Le peu de 
connaissance qu'il avait de la matière du livre, 
jointe au désordre dont il vient d'être parlé, 
ont rendu cette traduction souvent obscure ou 
erronée. Dans ces derniers temps, elle est tom- 
bée entre les mains de M. Mariano-Soriano 
Tueries (voyez Soriaivo), de Barcelone, qui en a 
publié le prologue, l'explication des intervalles 
et de la solmisation, ainsi que des extraits in- 
téressants des autres parties de l'ouvrage, 
dans son livre intitulé : Musica arabo-espa- 
v.ola, Barcelone, 185ô. L'autre ouvrage de 
Farabi est une espèce d'encyclopédie (Ihsd-el- 
c'ioàm), où il donne une définition précise et 
une notice de toutes les sciences, de tous les 
arts, et particulièrement de la musique. Cet 
ouvrage se trouve aussi à la bibliothèque de 
l'Escurial. Le catalogue des manuscrits orien- 
taux de la bibliothèque de l'université de Leyde 
indique (sous le n° 1080, p. 454) un traité de 
musique de Farabi, sous ce titre de : De pro- 
portione harmonica Musicx. J'ignore si cet 
ouvrage est le même que celui de la biblio- 
thèque de l'Escurial dont Casiri a donné la 
notice; mais il est vraisemblable que ce n'en 
est qu'une partie. 

FARADAY (Michel), chimiste anglais 
qui, jeune encore, s'est rendu célèbre. Il est 
né vers 1790. Sa carrière scientifique com- 
mença dans le laboratoire de sir Humphrey 
Davy, dont il était le préparateur. Ses recher- 
ches sur la liquéfaction des gaz commencèrent 
sa répulalion qu'il a étendue par beaucoup de 
mémoires presque tous remplis d'intérêt. Ce 
n'est point ici le lieu d'analyser les travaux 
scientifiques de M. Faraday; il n'est cité dans 
celte biographie que pour deux mémoires; le 
premier, Sur les sons produits par la flamme 
dans les tubes, a paru dans le deuxième 
volume du Journal of Sciences; il a été 
traduit dans les Annales de Chimie pu- 
bliées par Arago; le second mémoire, sur le 
même sujet, a été inséré dans les Transac- 
tions philosophiques de la Société royale de 
Londres. M. Faraday est membre de cette so- 
ciété et. correspondant de l'Académie royale 
des Sciences, de l'Instilul. 

FARCIFIV. Par une ordonnance de l'hôtel 
de Charles VI, roi de France, datée du mois de 
septembre 1418, on voit que parmi les ménes- 
Irels de ce roi il y avait deux frères dont l'un 
s'appelait Farcien l'aîné, et l'autre, Farcien 
le jeune. En 1422, la France, partagée entre 
Charles VI et le roi d'Angleterre, le parti île la 
•reine, celui du dauphin (Charles VII), Cl cvux 



des Armagnacs et des Bourguignons, celle 
pauvre France, dis-je, était plongée dans la 
misère, et le roi , retiré à Senlis, avait été 
obligé de diminuer de plus de moitié les dé- 
penses de sa maison. C'est ainsi que le nombre 
des ménestrels ou ménétriers fut fixé à cinq 
par une ordonnance du 1 er juillet 1422, au lieu 
de onze qu'il y avait auparavant. Parmi ces 
musiciens, on retrouve Farcien Taîné et Far- 
cien le jeune. Leurs avantages avaient été di- 
minués ; ils ne mangeaient plus à la cour, n'a- 
vaient qu'un cheval, cinq sous par jour, et en 
hiver un quart de molle de bûches. Le rôle des 
pauvres officiers et serviteurs du feu roi 
Charles VI, faict le 21 octobre 1422, fait voir 
qu'à celte époque Farcien l'aîné était devenu 
roi des ménétriers, ce qui prouve qu'il jouait 
de la vielle ou viole, car ceux qui jouaient de 
cet instrument pouvaient seuls acquérir celte 
dignité ; c'est à cause de cela qu'on leur a donné 
plus tard le nom de roi des violons. 

Un extrait des comples de François de Nerly, 
receveur et trésorier de la maison du dauphin 
de France, fait voir qu'en 1415 il y avait parmi 
les musiciens de ce prince un nommé Simon 
Balin, dit Fassien. Les noms sont écrits avec 
si peu d'exactitude dans les manuscrits de cette 
époque, qu'il serait possible que ce Fassien ne 
fût autre que Farcien, qui serait ensuite passé 
dans la maison du roi, et dont le nom véritable 
serait Simon Balin. 

Les comptes et ordonnances qui fournis- 
sent des renseignements sur ces musiciens se 
trouvent dans une collection de documents 
contenus en trois volumes manuscrits de la bi- 
bliothèque royale de Paris, cotes F. 540 du 
supplément. 

F ARIA (Hesrique pe), né à Lisbonne dans 
le dix-septième siècle, fut élève d'un musicien 
portugais fort habile, nommé Duarte Lobo. 
Ayant été nommé maître de chapelle à Eralo, 
il composa pour l'exercice de ses fonctions 
plusieurs services complets qu'on conserve 
en manuscrit dans divers couvents du Portu- 
gal. 

FARINA (Charles), violoniste, né à Man- 
toue dans le seizième siècle, passa en 1G20 au 
service de l'électeur de Saxe, et publia àPresdc, 
en 1028, un recueil de sonates et de pavanes 
pour son instrument. 

FARINA (le docteur Joseph la), médecin 
sicilien et amaleur de musique, a publié un 
éloge du compositeur Bellini qu'il avait pronon- 
cé dans V Académie Pa.Urmita.nu, à Messine. 
Cet écrit a pour titre : Elogio del cavalière 
Vincenzo Bellini, leltoall' Academia paler- 



184 



FARINA - FARMER 



mitana, etc., dal socio, etc. Messina, presso 
Fiumara, 1836, in -8° de 16 pages. 

FARINELLI (Carlo EROSCIII). Voyez 
Broschi. 

FARINELLI (Joseph), compositeur dra- 
matique, maitre de chapelle à Turin, né à 
Este, dans le Padouan, le 7 mai 1769, com- 
mença ses études musicales sous la direction 
d'un maitre nommé Lionelli, puis les continua 
à Venise chez Marlinelli. Admis à l'âge de 
seize ans au Conservatoire de la Pietà de' Tur- 
chini, à Naples, il y eut pour maitre, Bar- 
hiella, qui lui enseigna le chant, reçut des le- 
çons de Fago pour l'accompagnement, et de 
Sala, puis de Tritto pour la composition. Sorti 
jeune de cette école, il se livra à la carrière 
théâtrale, et, bien qu'il se bornât à imiter le 
style de Cimarosa, il obtint des succès dans 
presque toutes les villes d'Italie où il écrivit. 
Les opéras de sa composition qui ont réussi, 
sont : / RM d'Efeso; II Trionfo d'Emilio; 
la Locandiera; l'Arnor sincero; Bandiera 
d'ognivento; Jlfinto Sordo; La Pamela ma- 
ritata; Oro senza oro; la Giulietta; La 
finta Sposa; Tcresa e Claudio; L'Amlco dell' 
uomo; Un effetto naturale; Odoardo e Car- 
lotta; Tl Colpevole salvato délia colpa; l'An- 
netta , ossia Virtù trionfa ; L'Indolente; 
L'Incognita; La terza Lettera, ed II terzo 
Martinello ; Il Duello per compïimento ; Ido- 
meneo; Attila; Il Cid délie Spagne; La 
Ginevra degli Almieri; Lauso e Lidia; Il 
Matrimonio per concorso; La Climene; La 
Caritea, opéra séria en deux actes; Il Dotto- 
rato di Pulcinella, farce ; La Contadina di 
spirito; Il nuovo Savio délia Grecia; Rag- 
giri a sorpresa , opéra bouffe; L'Inganno 
non dura (Naples, 1806); Adriano in Siria 
(Milan, 1815); Scipio in Cartago (Turin, 
1815); Zoraide (Venise, 1816); La Chiarina 
(Milan, 1816) ; Il Testamento a set cento mille 
franchi (Turin, 1816) ; La Donna di Bessara- 
bia (Venise, 1819). En 1808, Farinelli a donné 
à Venise une cantate intitulée : Il Nuovo 
Destino. Il avait adopté Turin pour son 
séjour habituel vers 1810; il y resta jusqu'en 
1817. Il vécut ensuite, pendant quelque temps, 
à Venise. Après 1819, il cessa d'écrire pour le 
théâtre, et vers le même temps il fut nommé 
maître de chapelle à Trieste, où il mourut, le 
12 décembre 18-36. Comme Nicolini, Nazzolini 
et la plupart des compositeurs qui ont succédé 
à Paisiello, à Cimarosa et à Gugglielmi, Fari- 
nelli manque d'originalité; ses succès sont dus 
principalement à la bonne disposition des airs 
et des morceaux d'ensemble, et à celte canli- 



lène naturelle qui, pendant longtemps, a été le 
goût dominant des Italiens. Presque toujours 
il est imitateur; mais il faut avouer que son 
imitation est quelquefois très-heureuse : je ci- 
terai pour exemple le duo qu'on a placé dans 
Il Matrimonio segreto, et qui a passé pour 
être de Cimarosa. Farinelli a écrit aussi pour 
l'église : on trouve de lui, en nanuscrils, la 
plupart originaux, dans la bibliothèque du Con- 
servatoire de Naples, les ouvrages suivants de 
ce genre: 1° Messe en ré, à quatre voix; 
2° Idem, à cinq voix; 5° Messe à deux et trois 
voix ; 4° Messe pastorale, à quatre voix ; 5° Messe 
idem, en sol, à deux voix ; 6" Dixit en ut, à 
cinq voix; 7° Idem en ré, à quatre voix; 
8° Autre idem en ré, à quatre voix ; 9° Te 
Deum en la, à quatre voix ; 10° Autre en ré, à 
deux voix; 11° Responsor i di S. Antonio, 
à quatre voix; 12° Laudate pueri, à quatre 
voix; 15° Credo, à deux voix; 14° Miserere, 
à quatre voix; 15° Improperia pour le ven- 
dredi saint, à quatre voix; 16° Stabat Mater, 
à deux voix. Tous ces ouvrages sont écrits avec 
accompagnement d'orchestre. 

FARENI (Monsignor Peliegrino), abbé ca- 
merlingue du pape, attaché à la nonciature de 
Bologne, est auteur d'une Lettera sopra la 
musica, dont la deuxième édition a été pu- 
bliée à Bologne, chez Sasi, en 1844, in-8°. 

F ARMER (Jean), compositeur de musique 
anglais, vécut sous le règne d'Elisabeth. On 
a de lui une suite de madrigaux, sous le 
titre de The flrst set of english Madrigals lo 
fourvoices, Londres, 1599. Il assure, dans la 
préface, qu'il s'est attaché à exprimer le sens 
des paroles, ce qui, dit-il, est fort rare parmi 
les Italiens. Celte assertion est fort éloignée 
de la vérité, car on trouve, dit le docteur Bur- 
ney, dans la musique de Farmer plus de contre- 
sens que dans celle de ses contemporains. Mor- 
ley a cependant inséré quelques pièces de la 
composition de Farmer dans sa collection du 
Triomphe d'Oriane. Farmer est aussi auteur 
d'un petit livre, intitulé : Divers and saundrie 
ivaies oftwo parts in one, to the number of 
fourth, upon one playn song (Diverses ma- 
nières de faire les canons à deux parties sur 
le plain-chant), Londres. 1691. 

FARMER (Thomas), hautboïste à Londres, 
fut admis au degré de bachelier en musi- 
que, à l'université de Cambridge, en 1684. 
Il a composé des chansons à plusieurs voix, qui 
ont été imprimées dans les collections de son 
temps, notamment dans le Thcater of ' Mustek t 
et dans le Trcasury of Musick. Il a aussi pu- 
blié deux collcclions d'airs à quatre parties, 



FARMER — FARRENC 



ÏSÔ 



dont Tune est intitulée : A Consort of Musick 
in four parts , containing Ihirty-three tes- 
sons, beginning with an Overture, Londres, 
1686, et l'autre : A second Consort of Musick 
in four parts , containing eleven tessons, be- 
ginning with a ground, ibid., 1690. On a 
une élégie sur la mort de Farmer, écrite par 
Taie, et mise en musique par Purcell , de la- 
quelle on doit conclure qu'il est mort jeune. 

FARNABY (Giles), né à Trury, en Cor- 
nouailles, fut reçu bachelier en musique, à 
l'université d'Oxford, en 1592. On a de sa 
composition des Canzonets to four voices , 
with a song of eight parts (Chansonnettes à 
quatre voix, avec un air à huit parties), Lon- 
dres, 1598, in-4". Ravenscroft a aussi inséré 
quelques mélodies de psaumes, de la composi- 
tion de Farnaby, dans sa collection intitulée : 
Harmonia perfecta : a comptent collection of 
Psalm-tunes in four parts, etc., dont la pre- 
mière édition a paru à Londres, en 1621, petit 
in-8°. Farnaby était habile dans l'art de jouer 
de l'épinette ou virginale et autres instruments 
à clavierde son temps, et il composait bien pour 
ces instruments. Le Virginal-Book de la reine 
Elisabeth contient vingt pièces de la composi- 
tion deFarnaby. Les écrivains anglais Hawkins 
et Burney ne nous apprennent rien concernant 
la vie de cet artiste, et gardent le silence sur 
l'époque de sa mort. 

FARRANT (Richard), compositeur de 
musique sacrée, né en Angleterre, en 1530, 
était l'un des musiciens de la chapelle royale, 
sous le règne d'Edouard VI, de la reine Marie 
et de la reine Elisabeth. En 1564, il fut nommé 
maître des enfants de chœur et organiste de la 
chapelle de Saint-Georges à Windsor. Il rési- 
gna alors sa place de la chapelle royale ; mais, 
y ayant été rappelé, il continua à en exercer 
les fonctions jusqu'en 1580. Il mourut à l'âge 
de cinquante et un ans, le 30 novembre 1581 . 
On croit qu'il a eu un fils, nommé Daniel, dont 
Tudway a publié, dans le quatrième volume de 
sa Collection of Church Music, une antienne 
à quatre voix sur le texte : O Lord Almighly ; 
mais 31. "VVarren, éditeur de la belle etdernière 
édition de la Cathedral Music de Boyce, im- 
primée chez MM. Robert Cocks et C !c , à Lon- 
dres, pense que ce morceau est de Richard 
Farrant. Les écrivains anglais disent que ses 
compositions sont d'un style noble et sévère : 
cr. en trouve plusieurs dans la collection de mu- 
sique sacrée de Barnard, et dans le Cathedral 
music du docteur Boyce. Son antienne « Lord, 
« for thy tender mercics' sake » est encore 
chantée de nos jours, et le docteur Crotch, qui 



l'a insérée dans son Traité de composition, fait 
observer qu'elle est remarquable par ses effets, 
qui sont aussi beaux que le permet un contre- 
point rigoureux. Burney dit {History of Music , 
vol. III, p. 74) qu'il y a en manuscrit, dans la 
collection de l'église du Christ, à Oxford, plu- 
sieurs antiennes en partition de Richard Far- 
rant. 

FARREN (Georges), auteur inconnu d'un 
livre qui a pour titre : The Mortalities of cele- 
brated musicians , Londres, 1834, in-8°. On 
y trouve des essais sur la vie de Lully, Ra- 
meau, Grétry, Ilsendel , Cimarosa, et quelques 
autres musiciens célèbres , avec l'histoire de 
leurs ouvrages. C'est une compilation de peu 
de valeur. 

FARRENO (Jacques-IIippolyte- Aristide), 
né à Marseille, le 9 avril 1794, commença l'é- 
lude de la musique à l'âge de treize ans. Un 
de ses jeunes amis lui donna quelques leçon* 
de solfège ; il apprit en même temps à jouer 
de la flûte, et se livra avec passion et presque 
sans maître à l'étude de cet instrument. Ses- 
parents le destinaient au commerce, et la mu- 
sique n'était pour lui qu'un délassement, après 
les heures de travail. Tourmenté cependant 
par le désir de se rendre à Paris, et d'y en- 
tendre les artistes les plus renommés, princi- 
cipalement Tulou, alors dans toute la puissance 
de son talent, il se décida à faire ce voyage, 
et arriva dans la grande ville au mois d'oc- 
tobre 1815. A la fin de la même année, la 
place de seconde flûte de l'orchestre du Théâtre- 
Italien (alors sous la direction de M mc Catalani) 
lui fut offerte ; il l'accepta et la conserva pen- 
dant deux années. Ce fut là qu'il forma son 
goût, par les occasions fréquentes qu'il eut 
d'entendre le Matrimonio segreto, de Cima- 
rosa ; la Nina, de Paisiello ; les Noces de Fi- 
garo, Don Juan , la Clemenza di Tito et 
Cosi fan tutte, de Mozart. Le Conservatoire de 
Paris , qui avait été fermé après la seconde 
restauration des Bourbons en France, ayant 
été réorganisé en 1816, M. Farrenc y entra 
comme élève de Guillou, pour la flûte, et de 
Vogt, pour le hautbois. Bientôt il se livra au 
professorat de l'art, et publia diverses compo- 
sitions pour la flûte, parmi lesquelles on re- 
marque un Concerto avec orchestre, œuvre 12, 
Paris, Frey; des thèmes variés avec violon, 
alto et violoncelle d'accompagnement; beau- 
coup d'airs variés pour deux flûtes; des sonates 
pour flûte et basse, op. 5, et des morceaux 
pour flûte seule. Vers le même temps, il fit 
aussi graver quelques œuvres de musique de 
divers auteurs qui, par degrés, fornuienl un 



isr, 



FARRENC 



fond d'éditeur aussi remarquable par le choix 
des ouvrages, que par la beauté et la correction 
des éditions. Vers 1841, M. Farrenc se retira 
du commerce de musique. L'audition des con- 
certs historiques donnés à Paris par l'auteur 
de cette notice, et la lecture de la Revue mu- 
sicale et de la Biographie tmiverselle des mu- 
siciens, rirent naître en lui l'amour des études 
relatives à l'histoire et à la littérature de la 
musique; il s'y livra avec toute son ardeur 
méridionale, ainsi qu'à la littérature italienne; 
et par sa persévérance dans ses recherches il 
parvint, en quelques années, à recueillir un 
très-grand nombre d'observations et de notes 
<:u'il se proposait de publier comme additions 
et rectifications à toutes les biographies parues 
jusqu'à ce jour (18G0); mais ayant appris que 
l'auteur de la Biographie universelle des mu- 
siciens, après avoir employé vingt ans à com- 
pléter et améliorer son livre, allait en publier 
une deuxième édition, M. Farrenc, plein d'obli- 
geance et de dévouement aux intérêts de la 
science historique, a bien voulu se charger de 
revoir les épreuves de ce grand ouvrage, et de 
mettre à sa disposition des notes intéressantes 
sur des faits ignorés ou mal connus. Passionné 
pour les œuvres classiques des grands maîtres 
en tout genre, M. Farrenc s'est attaché à re- 
cueillir les plus beaux monuments de l'art, 
particulièrement dans la musique de clavecin 
et de piano ; il y a fait un choix des plus belles 
choses et en a formé un recueil du plus haut in- 
térêt, dont la publication commencera enl8Gl, 
sous ce titre : Le Trésor des pianistes: col- 
lection desœuvres choisiesdes maîtres de tous 
les pays et de toutes les époques, depuis le 
seizième siècle jusqu'à la moitié du dix-neu- 
vième: accompagnées de notices biographi- 
ques, de renseignements bibliographiques et 
historiques, d'observations sur le caractère 
d'exécution qui convient à chaque auteur, 
des règles de l'appogiature, d'explications et 
d'exemples propres à faciliter l'intelligence 
des divers signes d'agrément, etc., etc. ; re- 
cueillies et transcrites en notation moderne. 
Tout artiste, tout amateur de bonne musique, 
doit comprendre l'intérêt qui s'attache à une 
publication semblable. Depuis 1854, M. Farrenc 
n figuré au nombre des collaborateurs du journal 
intitulé la France musicale; il y a donné un 
assez grand nombre d'articles de littérature, 
biographie et critique musicale. On lui doit 
aussi une série d'articles publiés dans la Revue 
de musique ancienne et moderne. Rennes, 
Valar, 18.''>S, soms le litre : les Livres rares et 
teur destinée. 



FARREIXC {M™ Jeaxse-Louise), femme 
du précédent, pianiste et compositeur, profes- 
seur au Conservatoire impérial de musique à 
Paris, est née dans cette ville, le 51 mai 1804, 
de Jacques-Edme Dumont, staluaire, ancien 
pensionnaire de l'Académie de France à Rome. 
Elle descend, par les femmes, de la famille Coy- 
pel, et son frère, M. Auguste Dumont, membre 
de l'Institut et professeur à l'École des beaux- 
arts, est un des premiers statuaires de l'époque 
actuelle. A l'âge de six ans, M lle Durnont com- 
mença l'étude du solfège et du piano sous la di- 
rection d'un bon maître; plus tard elle reçut 
des conseils de Moschelès et de Hummel. Le la- 
lent de ce dernier artiste lui était surtout sym- 
pathique, par la belle simplicité du style et par 
la délicatesse du toucher; il devint son modèle 
de prédilection. Après avoir reçu, à l'âge de 
quinze ans, des leçons d'harmonie de Reicha, 
elle épousa, en 1821, M. Aristide Farrenc et 
fil avec lui plusieurs voyages dans le nord et 
dans le midi de la France. De retour à Paris, 
M me Farrenc doubla son cours d'harmonie avec 
son maître Antoine Reicha, et apprit de lui le 
contrepoint, la fugue et l'instrumentation. Sur- 
la présentation de M. Halévy, elle eut l'hon- 
neur, en 1841, d'être agréée pour donner des 
leçons de piano àS. A.R. M mc la duchesse d'Or- 
léans. Nommée professeur de cet instrument 
par arrêté ministériel du 10 septembre 1842, 
elle entra en fonctions au mois de novembre de 
la même année. Depuis celte époque, M""-' Far- 
renc a formé un grand nombre de très-bonnes 
élèves, parmi lesquelles on remarque sa fille 
Viclorine (voyez la notice suivante), M lks Ma- 
rie Mongin, Herm. et Car. Lévy, Colin, Saba- 
tier-Rlot , M' nc Béguin Salomon et plusieurs 
autres. Naturellement modeste et peu portée à. 
se mettre en évidence, M me Farrenc aurait 
peut-être borné sa carrière à celle d'un bon 
professeur de piano, si son mari, ardent et 
convaincu du mérite de ses productions, n'eût 
employé tome son influence pour exciter sa 
verve productrice et pour vaincre sa répugnance 
à faire entendre ses ouvrages. Et vraiment il 
eût été grand dommage que son talent pour la 
composition fût demeuré inconnu; car il ne 
faut pas croire que ce talent soil resté dans les 
limites de celui de quelques femmes distinguées: 
chez ]\I mc Farrenc, l'inspiration et l'art d'écrire 
ont des proportions masculines. Sa tête a la 
force de conception d'un maîlre consomma. 
Les meilleurs artistes qui ont exécuté ou en- 
tendu ses ouvrages lui ont tous rendu celte 
justice; malheureusement le genre de musique 
pour lequel l'organisilion cl l'élude l'ont des- 



FARRENC 



181 



tinée, c'est-à-dire celui de la grande musique 
instrumentale, exige des moyens d'exécution 
que le compositeur ne se procure qu'avec 
d'énormes difficultés ; d'autre part, le public, 
en général peu connaisseur, n'a d'autre règle 
pour juger du mérite d'une composition, sé- 
rieusequele nom de l'auteur; pour l'inconnu il 
n'a que de l'indifférence; enfin, l'éditeur, par- 
ticulièrement en France, se bouche les oreilles 
dès qu'on lui propose de publier une œuvre de 
valeur; il ne croit au succès que pour les 
babioles. Tels ont été les obstacles et les causes 
do découragement rencontrés par M me Farrenc 
en sa route : telles sont les circonstances qui 
ont fait rester dans l'oubli des productions qui 
auraient pu faire autrefois la réputation de 
plusieurs artistes. Voici la liste des ouvrages 
de celte femme si remarquable : 1° Grandes va- 
riations pour le piano avecorchestre ou quatuor, 
sur l'air : le Premier Pas, op. 4. Paris, l'au- 
teur ; 2°Variations pour le piano sur une cava- 
tine de Cenerentola , op. 5, idem, ibid.; 
3" Variations idem sur l'air : O ma tendre 
musette, op. C, idem, ibid.; 4° Air suisse 
varié pour le piano, op. 7, idem, ibid.; 5° Trois 
rondeaux originaux, op. 8, idem, ibid.;Cy u Ron- 
deau sur un chant de 77 Pirata, op. 9, idem, 
ibid.; 7° Variations idem sur une ronde du 
Colporteur, d'Onslovv, op. 10, idem, ibid.; 
8° Rondeau idem sur des thèmes tfEuryanlhe, 
de Weber, op. 11, idem, ibid.; 9° Variations 
idem sur une Galopade hongroise, op. 12, idem, 
ibid.; 10° Rondeau idem sur un thème de Zel- 
mira, de Carafa, op. 13, idem, ibid.; 1 1° Les 
Italiennes, trois cavatines variées pour le 
piano, op. 14, idem, ibid.; 12° Variations sur 
une cavatine A'Jnna Bolena, op. 15, idem, 
ibid.; 13° Les allemandes, deux mélodies 
allemandes variées, op. 1G. idem, ibid. ;\ A Air 
russe varié pour le piano, op. 17, idem, ibid.; 
15° La Sylphide, rondo-valse sur un motif de 
Masini, op. 18, idem, ibid.; 16° Souvenir des 
Huguenots, fantaisie sur le choral de cet opéra, 
op. 19, idem, ibid.; 17° Le même pour piano 
à quatre mains ; 18° Variations pour piano et 
violon sur un air suisse, op. 20, idem, ibid.; 
19° Les Jours heureux, quatre petits rondeaux 
idem, op. 21, idem, ibid.; 20° Six fugues 
idem (inédites) ; 21° Première ouverture pour 
l'orchestre (en mi mineur), (inédite) ; 22° Deu- 
xièmeouverlure pour l'orchestre (en mi bémol) 
exécutée plusieurs fois à Paris, notamment au 
concert du 5 avril 1840, par la Société des 
Concerts du Conservatoire; 23° Grande fantaisie 
et variations pour piano et orchestre ou quin- 
tette, sur un théine du comte Galienbcrg, op. 25, 



Paris, l'auteur; 24° Trente grandes éludes pour 
le piano, dans tous les tons, op. 2G, idem, 
ibid.; 25° Hymne russe varié pour le piano, 
op. 27, idem, ibid.; 2G° Variations sur 
un thème allemand, op. 28, idem, ibid. : 
27° Air martial des Capuleti, varié pour piano 
à quatre mains, op. 29, idem, ibid.; Le même 
en duo pour deux pianos (inédit) ; Le même -en 
trio pour trois pianos (inédit) ; 28° Premier 
quintette pour piano, violon, alto, violoncelle 
et contrebasse (en la mineur), op. 30, Paris, 
l'auteur; 29°Deuxième quintette idem (en mi), 
op. 31, idem, ibid.; 30° Première symphonie 
à grand orchestre (en ut mineur), op. 52 (non 
publiée). Cet ouvrage a été exécuté avec beau- 
coup de succès, à Bruxelles, dans un concert 
du Conservatoire, le dimanche 23 février 184?» 
(voyez la Revue et Gazette musicale de Paris 
du 1G mars 1845, n° 11). La même symphonie 
a été exécutée à Paris, le 17 avril 1845, dans un 
concert donné par M mc Farrenc, au bénéfice de 
l'Association des artistes musiciens, dans Kl 
sslle du Conservatoire; 31° Premier trio pour 
piano, violon et vioioncelle (en mi bémol), 
op. 33, Paris, l'auteur ; 32° Deuxième trio idem 
(en ré mineur), op. 34, idem, ibid.; ôô° Deu- 
xième symphonie (en ré), (non publiée). Elle 
a été exécutée dans un concert donné par 
iïï mc Farrenc. dans la salle du Conservatoire, le 
dimanche3mai 184G; 34° Troisième symphonie 
(en sormineur;, op. 50 (non publiée). Elle a été 
exécutée par la Société des Concerts, à Paris, 
le dimanche 22 avril 1849; 55° Première sonate 
pour piano et violon (en ut mineur), op. 57, 
Paris, l'auteur; 56° Dionetto pour violon, alto, 
violoncelle, contrebasse, flûte, hautbois, cla- 
rinette, cor et basson (en mi bémol), op. 58, 
(non publié). Ce bel ouvrage, écrit par M mc Far- 
renc en 1849, fut exécuté, le 19 mars 1850, 
dans les salons Erard, devant un auditoire de 
plus de 400 personnes, par le célèbre violoniste 
Joachim,MM. Blanc, Lebouc,Gouffé, Dorus,Ver- 
roust aîné, Leroy, Rousselot et Verroust jeune. 
L'exécution fui parfaite et l'effet fut très-grand ; 
57° Deuxième sonate pour piano et violon (en 
la), op. 59, Paris, l'auteur; 58° Sextuor pour- 
piano, flûte, hautbois, clarinette, cor et basson 
(en ut mineur), op. 40 (non publié) ; 59° Douze 
études brillantes pour le piano, op. 41, Paris, 
l'auteur; 40° Vingt éludes de moyenne diffi- 
culté pour le piano, op. 42, idem, ibid. ;41°Mé- 
lodie pour piano, op. 43, idem, ibid.; 42° Trio 
pour piano, clarinette et violoncelle (en mi 
bémol), op. 44 (inédit); 43° Trio pour piano, 
(lûle et violoncelle (en mi mineur), op. 45 
(inédit); bel ouvrage où le charme et le 



188 



FARIIENC — FASCH 



mérite de la facture sont réunis; 44° Sonate 
pour piano et violoncelle (en si bémol), op. 40, 
Paris, l'auteur; 45° Scherzo pour le piano, 
op. 47, idem, ibid.; 46° Valse brillante, idem, 
op. 48, idem, ibid.; 47° Premier nocturne 
idem, op. 49, idem, ibid. ■ — OEovres sans 
numéros : 48° La Grand' Mère , premier 
rondolelto pour le piano, Paris, l'auteur; 
49° Naples, deuxième rondolelto, idem, ibid.; 
50° Feriez dans la prairie, troisième rondo- 
letto avec accompagnement de flûte et violon 
ad lib., Paris, Heu; 51° Trois rondinos : Pas- 
toral, Savoyard et Valse, Paris, Gérard; 
52° Trois airs variés sur des thèmes de Bru- 
guière et de Panseron, idem, ibid.; ^"Baga- 
telle, rondino (en ut), Paris, l'auteur. M mc Far- 
renc a écrit quelques morceaux de musique 
vocale encore inédits. Ses quintettes, trios et 
sonates ont souvent été exécutés à Paris par 
l'auteur ou par ses meilleures élèves avec le 
concours d'artistes célèbres tels que Joachim, 
Sivori,Alard,Francliomme ; Dorus et Leroy, les- 
quels ont toujours donné à l'auteur des éloges 
et des témoignages d'intérêt. 

FAïUlENC (Victorine-Louise), fille des 
précédents, naquit à Paris, le 25 février 1826. 
Elle commença l'élude de la musique à l'âge 
de cinq ans et demi, sous la direction de sa 
mère, et montra de bonne heure un heureux 
instinct musical. A quinze ans, elle exécutait 
déjà d'une manière remarquable les quarante- 
huit fugues et préludes de J.-S. Bach. Au 
commencement de 1843, elle entra comme 
élève au Conservatoire, dans la classe de sa 
mère, où, six mois après, elle obtint un accessit. 
Dans l'année suivante, le premier prix lui fut 
décerné. Après ce triomphe, elle se remit avec 
plus d'ardeur à l'élude des fugues de Bach et 
des œuvres de Beethoven, pour lesquelles elle 
avait un amour passionné. En 1845, M' lc Far- 
renc exécuta, à un concert du Conservatoire 
de Bruxelles, le cinquième concerto de Beet- 
hoven (en mi bémol) et produisit une vive 
impression sur les artistes de l'orchestre et sur 
le public. Elle n'eut pas moins de succès 
quelques mois après, lorsqu'elle joua le même 
ouvrage, à la salle du Conservatoire, dans un 
concert donné par sa mère. Becherchée pourson 
rare talent, elle joua dans plusieurs concerts, 
en 1846, et s'y fil remarquer par l'excellent 
sentiment qu'elle portail dans diverses compo- 
sitions de grands maîtres, notamment dans le 
Concerto de Mozart en re mineur. Élève de sa 
mère pour la composi lion, comme pour le piano, 
rllc montrait, dans quelques essais, une heu- 
reuse organisation qui promettait de bons 



ouvrages pour l'avenir. Quelques études et 
mélodies pour le piano, environ dix romances 
et des chœurs sur des textes sacrés, furent ses 
premières productions ; on n'en a publié que 
six romances et six pièces de différents carac- 
tères. Tout semblait présager à cette jeune fille 
une riante carrière; mais une maladie dont 
elle fut atteinte vers l'âge de vingt ans, et dont 
on n'aperçut pas d'abord toute la gravité, la 
pi'iva tout à coup du plaisir de faire ou d'en- 
tendre de la musique. Soumise à divers genres 
de traitements, cette affection persista et ne 
laissa à la malade que quelques rares instants 
d'amélioration ; enfin, Victonne Farrenc suc- 
comba le û janvier 1859 2 après douze années 
de souffrance. 

FASCI1 (Jean-Frédéric), maître de chapelle 
du prince d'Anhalt-Zerbst, naquitàBullelsladl, 
près de Weimar, le 15 avril 1688. Son père 
ayant été appelé à Suhla, en 1G93, pour y rem- 
plir les fonctions de recteur, il le suivit en ce 
lieu, et y commença ses études littéraires et 
musicales. Devenu orphelin, il fut recueilli par 
son oncle maternel, chapelain à Teuchern. 
Scheele, ténor de la chapelle du duc de Weis- 
senfels, l'ayant entendu chanter quelques airs, 
fut charmé de la beauté de sa voix, et le fit en- 
trer comme enfant de chœur dans la même 
chapelle. Peu de temps après, il suivit à Leip- 
sick le chantre Kuhnau, qui le fit entrer à l'école 
de Saint-Thomas; là, il se livra à l'étude du 
clavecin et de l'orgue et apprit l'harmonie, 
prenant pour modèles les compositions de Te- 
lemann, dont il imita toujours le style. Ses 
premières productions furent la musique des 
cantates de Hunold, et quelques ouvertures. 
En 1707, il entra à l'université de Leipsick pour 
y étudier la théologie ; mais cette science ne 
lui fil pas négliger la musique ; il profita même 
des relations que son entrée à l'université lui 
avait procurées pour fonder parmi les étudiants 
une société musicale pour l'exécution des meil- 
leurs ouvrages de ce temps. Appelé à Naum- 
bourg, en 1710, pour y écrire l'opéra de la foire 
de Saint-Pierre et Saint-Paul, il mérila des ap- 
plaudissements par le talent dont il fit preuve 
dans cet ouvrage, et fut ensuite chargé de la 
composition d'un autre opéra pour l'anniver- 
saire de la naissance de la duchesse. Ses succès 
dans ces travaux lui méritèrent la faveur de 
cette princesse qui lui accorda une pension, 
pour qu'il allât en Italie perfectionner son ha- 
bileté. Ce ne fut cependant qu'au retour de ce 
voyage qu'il fit un cours régulier d'harmonie 
et de contrepoint à Darmsladt, sous la direction 
des mailres de chapelle Graupner et Grtine- 



FASCH 



(80 



wald. Après six mois de séjour dans cetle ville, 
Fasch entreprit un nouveau voyage dans l'Al- 
lemagne méridionale : ce fut dans cette tournée 
qu'il se lia d'amitié avec le maître de chapelle 
Bumler, à Anspach. En 1715 il fut placé comme 
secrétaire et greffier de la chambre à Géra, et 
en 1720 il réunit les places d'organiste et de 
greffier à Zeilz. L'année suivante, il entra 
comme compositeur au service du comte Mor- 
tzin en Bohême; mais il ne resta pas longtemps 
<lans cette situation, ayant accepté, en 1722, la 
place de maitre de chapelle à Zerbst, où il se 
fixa jusqu'à sa mort. C'est dans cette ville qu'il 
a écrit la plus grande partie de ses ouvrages 
qui consistent principalement en plusieurs Pas- 
sions, en messes, motets, oratorios, plusieurs 
concertos pour divers instruments, particuliè- 
rementpour le hautbois et pour la flûte, l'opéra 
de Bérénice , et quarante-deux ouvertures et 
symphonies pour l'orchestre. Après sa mort, 
qui arriva en 1759, ou en 1758, suivant Zelter, 
le vieux Breitkopf fit l'acquisition de la plupart 
de ses partitions en manuscrit, dont il n'a été 
rien publié. Une de ses meilleures productions 
est une messe, Kyrie cum gloria, Credo, 
Arjn-us et Sanctus à quatre voix, deux violons, 
alto, violoncelle, orgue, trois hautbois,- flûte, 
deux cors et basson. La bibliothèque royale de 
Berlin possède les manuscrits originaux de 
deux cantates d'église de ce maître, à quatre 
voix et instruments. 

FASCH (Charles-Fjiédéiuc-Chrétieiv), fils 
du précédent, naquit à Zerbst, le 18 novembre 
1736. Sa constitution faible et maladive obligea 
ses parents à lui épargner toute espèce de tra- 
vail manuel ou intellectuel, et à le laisser jouir 
de la plus entière liberté ; mais disposé par la 
nature pour la musique et constamment excité 
par les travaux de son père, il composa d'in- 
stinct quelques petits morceaux qu'il exécutait 
au clavecin lorsqu'il était seul. Cette manifes- 
tation des heureuses facultés du jeune Fasch 
lui fil accorder les leçons de clavecin qu'il de- 
mandait; le séjour de la campagne ayant d'ail- 
leurs amélioré sa santé, il lui fut permis de 
prendre part à la musique qu'on faisait à la 
cour et à la chapelle du prince. La solennité de 
l'office divin avait fait une vive impression sur 
son cœur, elle le disposa particulièrement à 
écrire pour l'église, et cette disposition se dé- 
veloppa quelques années après, lorsqu'il eut 
occasion d'entendre avec son père, à Dresde, 
un ouvrage de musique religieuse composé 
par Zelenka. L'impression que cet œuvre fit 
sur lui fut si vive-, que son père, craignant 
qu'il ne se convertît à la foi catholique, lui 



interdit la fréquentation des églises. Les pro- 
grès du jeune Fasch sur le clavecin , sur 
l'orgue, et dans la composition furent rapides ; 
il avait déjà composé plusieurs ouvrages de 
musique religieuse et instrumentale, lorsque 
François Benda, charmé de son habileté comme 
accompagnateur, le fit appeler à Berlin, en 
1756, en qualité de musicien de la- chambre et 
de claveciniste du roi Frédéric II. Ses fonctions 
consistaient principalement à accompagner au 
clavecin, chaque jour, les solos et concertos de 
flûte exécutés par le roi, alternant de mois en 
mois avec Charles-Philippe-Emmanuel Bach. 
Ce début avantageux dans la carrière du jeune 
artiste semblait lui promettre un bel avenir; 
mais l'âme de Fasch, plongée dans une dispo- 
sition calme et dénuée d'activité, ne lui fil 
point faire les efforts nécessaires pour arriver 
à la réalisation de ce qu'il pouvait être. La 
guerre de Sept Ans, dont les vicissitudes mirent 
la Prusse à deux doigts de sa perte, obligèrent 
Frédéric a faire des diminutions dans les trai- 
tements de tous les employés de sa maison, et 
celui de Fasch, quoique peu considérable (il 
n'était que de 1,125 francs environ), fut réduit 
comme les autres. Obligé de chercher dans les 
leçons particulières des ressources pour son 
existence, sa frêle constitution fut un obstacle 
à ses succès dans l'enseignement ; d'autre part, 
il avait si peu de confiance en lui-même, qu'il 
anéantissait ses compositions presque à l'in- 
stant où elles étaient terminées. C'est ainsi que 
s'écoulèrent les plus belles années de sa jeu- 
nesse, et qu'il finit par tomber dans le décou- 
ragement. Pendant un assez long période de 
sa vie, son esprit sembla même se détacher de 
l'amour de l'art pour se porter sur des objets 
puérils : c'est'ainsi qu'on le vit passer plusieurs 
années à imaginer des stratagèmes qu'il croyait 
devoir être de grande ressource dans la guerre 
et dans la marine, et à construire artistement 
des maisons de cartes. Devenu superstitieux, il 
se proposait chaque malin de résoudre quelque 
problème d'arilhmétique pour connaître la por- 
tée actuelle de ses facultés; s'il réussissait au 
premier coup, il se croyait en verve pour com- 
poser; mais si la preuve lui révélait quelque 
erreur de calcul, il demeurait convaincu de son 
incapacité à faire quelque chose dans le cours 
de la journée ; il était inquiet, et les heures s'é- 
coulaient pour lui dans l'oisivelé et dans la mé- 
lancolie, ou bien il s'occupait à des énigmes 
musicales telles qu'en faisaient les maîtres des 
seizième et dix-septième siècles. On connaît de 
lui en ce genre un canon à cinq sujets et à vingl- 
cinq voix disposé d'une manière fort ingénieuse. 



19 



FASCH — FASOLO 



Une sorte de mécontentement de soi-même j 
est inséparable de l'homme qui n'accomplit pas 
sa destinée d'artiste, et cette situation de l'âme 
conduit à la misanthropie ou au mysticisme. 
C'est à celle dernière situation que Fasch ar- 
riva dans la solitude où sa vie s'écoulait. Il fut 
cependant tiré de son inactive rêverie, lors- 
qu'en 1774 on le chargea de la direction de 
l'opéra au clavecin; pendant deux années il 
conserva cet emploi, et il ne cessa d'en remplir 
les fonctions qu'après le retour de Reichardt à 
Berlin. Personne moins que lui n'était propre 
à écrire pour le théâtre ; cependant, à l'âge de 
cinquante-six ans il céda aux instances de 
quelques amis imprudents , et composa un 
f'asco de Gama (en 1792) qui n'était qu'une 
espèce de pasticcio, car tous les chanteurs y 
introduisirent les airs qu'ils voulurent : cette 
faible production n'cul pas de succès. Fasch 
aurait mieux réussi dans le style religieux, s'il 
eût voulu se livrer sérieusement à ce genre de 
composition; mais, ainsi qu'il a été dit précé- 
demment, trop défiant de ses forces, il ne laissa 
subsister qu'un petit nombre de ses produc- 
tions. Le plus considérable de ses ouvrages 
écrils pour l'église est une messe à seize voix, 
faite à l'imitation d'une autre, de Benevoli, que 
Reichardt avait rapportée d'Italie. Cet ouvrage 
fut entrepris en 1783, et fini en peu de temps. 
Le système de Fasch est différent de celui du 
maître qu'il imitait, car il avait voulu éviter les 
licences qu'on trouve dans les productions de 
celui-ci, et qui sont admissibles, parce que la 
multiplicité des mouvements de toutes les par- 
ties en absorbe l'effet. Fasch avait voulu d'ail- 
leurs éviter la monotonie du style de Benevoli, 
au moyen de modulations appartenant à la to- 
nalité moderne; mais ces modulations, incom- 
patibles avec des combinaisons si compliquées, 
jetèrent de l'obscurité dans l'ouvrage, et lors- 
qu'on voulut l'exécuter, il ne produisit d'autre 
effet que celui de la confusion. En vain , les 
chanteurs firent-ils preuve de patience dans 
les répétitions, il fallut renoncer à un résultat 
satisfaisant. 

Quoique la messe de Fasch n'ait pas alteint 
le but qu'il se proposait, elle le conduisit cepen- 
dant à établir sa renommée sur des bases plus 
solides que tout ce qu'il avait fait auparavant, 
car voulant parvenir à la faire exécuter aussi 
bien qu'il élait possible, il fonda une société de 
chant dont il prit la direction, et pour laquelle 
il écrivit des morceaux à quatre, cinq et six 
voix. Cette société, qui devint progressivement 
plus nombreuse, est aujourd'hui célèbre dans 
toute l'Europe, sous Je nom iYAcadémie do 



chant de Berlin. Zelter, élève de Fasch, a 
complété l'ouvrage de son maître par des tra- 
vaux constants pendant trente ans, et l'Acadé- 
mie de chant de Berlin est devenue, par ses 
soins, la société de ce genre la mieux organi- 
sée, et celle qui entre le mieux dans l'esprit 
des compositions qu'elle exécute. C'est à l'or- 
ganisation de cette institution musicale que 
Fasch doit la réputation dont il jouit encore, et 
sa gloire la plus solide. Il mourut à Berlin, le 
5 août 1800. L'année suivante, Zelter publia 
une notice sur sa vie et sur ses travaux, ornée 
de son portrait, sous ce litre : Karl Friedridi 
Christian Fasch Leben, Berlin, 1801, in-4 n , 
de 62 pages. La bibliothèque royale de Berlin 
possède en manuscrit des cantates spirituelles 
de Fasch, à quatre voix et instruments pour les 
5 e , 6 e , 9 e , 10 e et ll c 'dimanches après la Trinité, 
ainsi que des pièces de clavecin. Par recon- 
naissance pour la mémoire de son fondateur, 
l'Académie de chant de Berlin a publié ses 
œuvres complètes en partition. Cequi a paru de 
la collection forme sept livraisons. Bans la pre- 
mière se trouvent douze chorals à quatre, cinq 
et six voix; sous le titre de Mendelsohniana ;la 
deuxième livraison contient le psaume 50, tra- 
duit par Moses Mendelsohn pour chœur et voix 
solos, divisé en six morceaux ; la troisième li- 
vraison contient le psaume Inclina Domine, 
pour soprano, deux contraltos, deux ténors et 
basse, "un Requiem ci une cantate funèbre; la 
quatrième livraison, sous le titre de : Davi- 
diana, renferme deux psaumes en chœur sur 
les traductions de Luther ; dans la cinquième, on 
trouve le psaume 119 {Ileil dem Manne, etc.); 
la sixième renferme le psaume 51 {Miserere), 
à deux chœurs ; la septième contient la messe à 
seize voix, suivie d'un canon- à quinze. Cette 
collection est éditée à Berlin, chez Trautwein. 

l\!SCIOTTI(G-iovA?iNi-FRANCEsco),sopra- 
niste, naquit à Bergamc, vers le milieu du dix- 
huitième siècle. Il fut employé pendant quel- 
ques années à la chapelle de Pise, et se livra 
ensuite à la carrière théâtrale. Après avoir 
chanté sur les petits théâtres de la Romagne, il 
fut appelé à Naples, à Turin, à Gênes et à Mi- 
lan. Il obtint partout du succès par l'expres- 
sion, \n flexibilité et la justesse de sa voix. 

FASELT (Chrétien) , magister à Wilten- 
herg, né en 1657, a écrit en 1GC8 ses Dispula- 
tiones ex physicis, dont la première traite De 
auditu. Faselt est mort le 26 avril 1694, à l'âge 
de cinquante-six ans. 

FASOLO (le P. Jean Baptiste), religieux 
de l'ordre de Saint-François, naquit à Asli, 
dans la première moitié du dix-septième siècle, 



FASOLO - FAUBEL 



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et prononça ses vœux au couvent de Palerme. 
Je ne connais de sa composition que les ou- 
vrages dont voici les titres : 1° Animale orga- 
nistico che conliene tutlo quel che deve far 
un organista per rispondere al coro tutto 
l'anno, op. 8; in Venezia, app. Giac. Vincenti, 
1645, in-fol.; 2° Aria spirituali a voce sola 
co'l basso continua } Palermo, app. Bisagni, 
1659. 

FASSMAÏVN ( François ) , constructeur 
d'orgues à Elnbogen, en Bohême, s'est fait 
avantageusement connaître par le bel instru- 
ment de cette espèce qu'il a établi dans le mo- 
nastère de StrahowàPrague,en 1746. Cet orgue 
est composé de trente-trois jeux, trois claviers, 
pédale et six soufflets. 

FA3TOLFIIE (Richard), Anglais, né à 
York dans le douzième siècle, fut moine de 
Citeaux dans l'abbaye de Clairvaux, au temps 
de saint Bernard, dont il fut l'ami. Après avoir 
exercé pendant quelques années, dans cette ab- 
baye, les fonctions de précenteur et de chantre, 
il fut envoyé dans le monastère de Fontaine, 
nouvellement érigé en Angleterre, dont il de- 
vint abbé, lorsque Henri Mordach fut élevé à 
l'archevêché d'York. Leland et Pitsaeus lui at- 
tribuent un traité De Musica vel Harmonia. 
Voyez. Car. de Fisch. Biblioth. ord. cisterc, 
p. 287. 

FATTG!1I(Massiminiano), compositeur sur 
qui l'en ne sait rien, si ce n'est qu'il était né à 
Urbino, et qu'il vécut dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle, a fait imprimer de sa 
composition un recueil intitulé : Motteti a due 
c Ire voci, Bologna, app. Giov. Monli, 1074, 
in-4°. 

FATTORITNI (Gabriel), compositeur, né 
à Faenza dans l'État romain, vivait au com- 
mencement du dix-septième siècle. On connaît 
de lui : Sacri Concerli a 2 voci cornmodi da 
cantare col' organo, Venise, Ricc. Amadino, 
1000, in-4°. C'est vraisemblablement la même 
édition qui a reparu en 1602 avec un nouveau 
frontispice portant le même titre. Enfin, on 
trouve aussi, dans la bibliothèque du Lycée 
communal de musique à Bologne, un ouvrage 
de Gabriel Fattorini, intitulé: I Sacri Concerli 
a ^voti, co'lbasso générale , ibid., 1608, in-4°, 
qui parait être encore la même édition avec un 
titre nouveau. L'ouvrage de fattorini est un des 
premiers de ce gen