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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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The National Women's Committee 
of Brandeis University 





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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME TROISIEME 



TYPOGRAPHIE DE B. FIRMIN DIDOT. — MESML (EURE). 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



r>XKoo- 



DEUXIEME EDITION 

ENTIÈREMENT REFONDUE ET AUGMENTÉE DE PLUS DE MOITIÉ 



PAR F. J. EÉTIS 



MAITRE DE CHAPELLK DU nOI DES BELGBS 
DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE ROYAI. DE MUSIQl'B DE BRUXELLES, ETC. 



TOME TROISIEME 



~&JZ%T^&^2~~&^-- 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN D1DOT FRÈRES, FILS ET G 

IMPRIMEURS DE L'iNSTITUT, RUE JACOB, 56 

1866 



Tous droils réservés. 



Musio 
Eeferenoe 



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BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 

DES MUSICIENS 



D 



DÉSARGUS (Xavier), né à Amiens vers 
1768, fut d'abord attacbé à la catbédrale de 
cette ville en qualité de musicien de cbœur; 
il avait alors une fort belle voix de baute-contre. 
Les églises ayant été fermées par suite de la 
révolution de 1789, Désargus vint à Paris et 
entra dans les chœurs de l'Opéra ; mais, ne se 
sentant point de goût pour le théâtre, il quitta 
cette carrière et se livra à l'étude de la harpe. 
Il devint en peu de temps un habile professeur 
de cet instrument, et en donna des leçons jus- 
que vers 1832, époque où il a cessé d'enseigner. 
Parmi plusieurs bons élèves qu'il a formés on 
remarque son fils, qui, après avoir été attaché 
comme barpiste à l'Opéra-Comique, a été à 
Berlin au service du roi de Prusse, puis est re- 
venu à Parisen 1832, et s'est établi a Bruxelles 
vers la fin de la même année en qualité de 
barpiste du théâtre. Après seize années de sé- 
jour dans cette ville, Désargus fils a quitté la pro- 
fession de musicien et s'est retiré à Paris. 

Les compositions de Désargus (père), au 
nombre d'environ vingt-cinq œuvres, consistent 
en sonates pour la harpe, avec ou sans accom- 
pagnement; en pots-pourris, fantaisies et airs va- 
riés pour le même instrument; enfin en duos 
pour harpe et piano. En 1809 il publia une 
Méthode de harpe, à Paris, chez Naderman ; 
il a refondu entièrement cet ouvrage, et l'a fait 
paraître, en 1816, sous le titreile Cours complet 
de harpe, rédigé sur le plan de la méthode 
de piano du Conservatoire; enfin une nou- 
velle édition de. cet ouvrage, fort améliorée et 
considérablement augmentée, a été publiée à 
Paris en 1820, chez Lal'lillé. 

DESAUGES (Denis), prêtre du diocèse 
d'Évieux, né en 1598, a publié un livre intitulé : 
i'Esclàircissemèntdu plain-chant, oulevray 

KiOCK UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



thrcsor des ciioristes ; Paris , 1665 , 30 pages 
in-8°. 

DÉSAUGIERS (Marc-Antoine), né à 
Fréjus en 1742, apprit la musique sans maître. 
En 1774 il se rendit à Paris, où il se fit con- 
naître d'abord par la traduction des Réflexions 
sur l'art du chant figuré de J.-B. Mancini; 
Paris, 1776, in-8°. Cet ouvrage fut suivi du Petit 
Œdipe, pièce en un acte, dont il fit la musique, 
et qui fut représenté aux Italiens en 1779. L'an- 
née suivante il donna à l'Opéra Érixène, ou 
l'Amour enfant, paroles de Voisefton, et par 
la suite il fit représenter au Théâtre-Italien 
Florine, en deux actes ( 1780 ) , les Deux 
Sylphides ( 1781 ), toutes deux sur des paroles 
dTmbeVt , et les Jumeaux de Bergame , 
paroles de Florian (1782). Cette dernière pièce 
eut un grand succès; on y trouve quelques pe- 
tits airs qui firent longtemps les délices de Paris. 
Vers le même temps, Désaugiers donna au 
théâtre de Monsieur, alors à la foire Saint-Ger- 
main, l'Amant travesti, en un acte, imité du 
conte de La Fontaine intitulé le Muletier. En 
1791 il fit représenter au théâtre Feydeau le 
Médecin malgré lui, dans lequel il introduisit 
d'une manière assez plaisante l'air révolution- 
naire Ça ira. Outre ces ouvrages, il a composé 
la musique d'une multitude de petits opéras 
pour les théâtres . secondaires qui existaient de 
son temps, entre autres les Rendez-vous, en un 
acte, pour les Beaujolais. Le» chant de la musi- 
que de Désaugiers ne manque ni de naturel, ni 
de facilité; mais son harmonie, lâche et incor- 
recte, se sent de la faiblesse des études musica- 
les en France à l'époque où il avait appris la com- 
position. Ce musicien fut lié d'amitié avec Gluck 
et Saccbini, et composa à la mémoire de ce der- 
nier une messe de Requiem qui fut estimée 

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DÉSAUGIERS — DESBROSSES 



dans le temps de ai nouveauté. L'exaltation de i 

ses idées lui avait fait embrasser avec ardeur les 
principes de la Révolution; dans une pièce de 
musique, composée de chœurs et d'instruments, 
qu'il avait intitulée Hiérodrame , et qu'il fit 
exécuter à Notre-Dame, il célébra la prise de la 
Bastille. Il a laissé en manuscrit un grand opéra 
sur le sujet de Bèlisairc, dont les paroles sont 
de son fils aîné, lequel fut secrétaire de légation 
en Danemark. Désaugiers est mort à Paris 
le 10 septembre 179.1. 

DESAYVE. Voij. Sayve (De). 

DESBOULMIERS(Jean-Adcustin-Julibn), 
littérateur, né à Paris en 1731, entra fort jeune 
dans la carrière militaire, servit quelque temps 
en Allemagne, puis revint à Paris et renonça 
aux armes pour les lettres. Toutefois il y avait 
en lui plus de penchant pour la littérature que 
de talent véritable, et dans ses ouvrages il ne 
s'éleva poiut au-dessus du médiocre. Il mourut 
à Paris en 1771, à l'âge de quarante ans. Au 
nombre de ses productions on trouve quel- 
ques opéras-comiques , entre autres Toinon et 
Toinette, dont Gossec a composé la musique ; 
maissesouvrages les plus importants sont: 1° His- 
toire anecdotique et raisonnée du Théâtre- 
Italien, depuis son rétablissement (eniG97) 
jusqu'à l'année 1769; Paris, 17C9 , 7 vol. 
in-12. Ce livre renferme l'analyse des pièces 
jouées au Théâtre-Italien, et des notices sur les 
auteurs et les acteurs de ce théâtre jusqu'en 1709. 
On y trouve aussi, à la fin, un catalogue raisonné, 
par ordre alphabétique , des pièces et des ac- 
teurs dont il n'est point parlé dans l'ouvrage. — 
2° Histoire du théâtre de l'Opcra-Comiqne; 
Paris, 1709 , 2 vol. in-12. Desboulmiers 
donne dans ce livre l'analyse des pièces qui 
ont été représentées sur le théâtre de l'Opéra- 
Comique depuis 1712 jusqu'en 17f>t , c'est-à- 
dire jusqu'à la naissance de l'Opéra -Comique 
véritable. 

DESBOUT (Loujs), chirurgien français, 
attaché au service des troupes italiennes dans 
la première partie du dix-huilième siècle. Il est 
auteur d'une dissertation sur l'usage de la mu- 
sique dans les maladies nerveuses, qui a paru 
sous ce litre : llagionamento fisicochirurgico 
sopra Veffelto délia musica nette malatie 
nervose ; Livourne, 1740, in-8°. 

DESBROSSES ( Robert ) , né à Bonn -sur- 
Ie-Rhin, en 1719, entra comme acteur pension- 
naire à la Comédie-Italienne, en 1743, et se re- 
tira en 1764. H a composé la musique d'un di- 
vertissement représenté en 1751, sous le litre du 
Mai, et des Sœurs Rivales, opéra-comique, re- 
présenté en 1702, du Bon Seigneur, et des Deux 



Cousines, en 1763. Desbrosscs était mauvais 
acteur et compositeur médiocre. Il est mort à 
Paris, le 29 pluviôse, an vu ( 1799) , à l'âge de 
quatre-vingts ans. 

DESBROSSES (Marie), actrice del'Opéra- 
Coinique, fille du précédent, naquit à Paris en 
17r>3. Elle n'avait que treize ans lorsqu'elle dé- 
buta à la Comédie-Italienne ; elle y parut pour la 
première fois, le 29 avril 1770, dans le rôle de 
Justine, du Sorcier, opéra de Philidor, et dan9 
Coloinbine. de la Clochette, opérette de Duni. 
Accueillie favorablement par le public, séduit par 
un talent si précoce, elle fut engagée immédiate- 
ment après comme pensionnaire. La suite de sa 
carrièredramatiquene répondit point à ce brillant 
début. Trop de charmes étaient attachés au talent 
et à la personne deM me Dugazon, alors en posses- 
sion des premiers rôles, pour que M lle Desbrosses 
pût lutter avec elle. Toutefois, une maladie sé- 
rieuse de l'actrice célèbre s'étant déclarée après 
les premières représentations d'Alexis et Justine, 
opéra de Dezaide, M"e besbrosses consentit à 
la remplacer dansle rôle principal de cette pièce, 
le 4 juillet 1785. L'accueil que lui fit le public 
n'était point encourageant ; la douleur qu'elle 
en ressentit donna à sa physionomie un carac- 
tère si touchant que le public consentit enfin à 
l'entendre, et cette disposition contribua à don- 
ner à son chant et à son jeu une expression vive 
qui enleva tous les suffrages et la fit rappeler à 
la (in de la pièce aux applaudissements de toute 
l'assemblée. Plus tard M" e Desbrosses joua les 
rôles de la Comtesse d'Albert , de Camille, 
dans l'opéra de Dalayrac, et d'autres rôles du 
môme genre ; plus tard encore elle prit l'emploi 
des rôles qu'on appelait les duègnes dans l'an- 
cien opéra-comique fiançais, et remplaça l'ex- 
cellente actrice madame Gonlhier pendant une 
absente de celle-ci. Mécontente de se voir tou- 
jours repoussée par les préventions de ses ca- 
marades et de n'occuper qu'une position incer- 
taine après de longs services, M" e Desbrosses 
demanda sa retraite en 1796. Elle alla jouer quel- 
que temps en province, revint à Paris en 1798, 
elentra au théâtre Feydeau, où elle fut traitée 
plus favorablement qu'à la Comédie -Italienne. A 
la réunion des deux théâtres, en 1801 , elle reprit 
son rang d'ancienneté dans la nouvelle société 
des acteurs de l'Opéra-Comique. En 1812 la 
retraite de M me Gonthier la rendit chef de l'em- 
ploi des duègnes. Elle n'eut jamais le jeu fin et 
spirituel de celte actrice inimitable ; mais, ayant 
plus de voix et d'oreille, elle était moins anti- 
pathique à la musique. D'ailleurs elle ne man- 
quait pas d'une cettaine franchise de diction qui 
produisait de l'effet dans les rôles de son emploi. 



DESBROSSES — DESCOUTEA.UX 



Après cinquante-trois ans de service au théâtre, 
MUe Desbrosses s'est retirée au mois d'avril 1829. 
Elle est morte à Paris, le2G février 1856, à l'âge 
de quatre-vingt-douze ans révolus. 

DESBUISSONS (Michel-Chaules ) , chan- 
tre et compositeur du seizième siècle, naquit à 
Lille, dans l'ancienne province de la Flandre 
française, vers 1520, car il est appelé Flandrus 
insulanus au titre d'un de ses ouvrages. Il fut 
attaché en qualité de chantre à la chapelle de 
l'empereur Ferdinand I. Il avait cessé de vivre 
avant 1573, car Jean Faber, qui a recueilli et 
publié quelques-uns de ses motets à quatre , 
cinq et six voix dans cette même année , 
dit, au titre de cette collection, qu'il l'a rassem- 
blée après la mort de l'auteur. Ce recueil a 
pour titre : Cantioncs alignât musicx, qux 
vulgo motcla vocant, quatuor, quinque ci sex 
vocum,authoreM. Michaelis-Carol. Desbuis- 
sons, Flandro insulano, post obitum authoris 
collecta, et x.dita per Johannem Fabrum; 
Monachii, per Adamum Berg, 1573, in-4° obi. 
Pierre Joannclli a inséré bon nombre de motets 
de Desbuissons dans son ISovus Thésaurus mu- 
sicus ( Venise, Ant. Gardane, 1568, in-4°). On 
en trouve treize, à 5, 6 et 7 voix, dans le premier 
livre; cinq, à 5, 6 et 8 voix dans le deuxième; 
trois, à 5 et à 6 voix dans le troisième; un à 12 
voix, un à 5, et un à 6 dans le quatrième; 
enfin un à 6 voix dans le cinquième; en tout 
vingt-cinq. 

DESCARTES (René), philosophe célèbre 
et génie sublime, naquit à La Haye, en Touraine, 
le 31 mars 1596. L'histoire de ce grand homme 
se liant nécessairement à celle des travaux qui 
l'ont illustré, mais qui ne sont pas l'objet de ce 
livre, on se bornera ici à renvoyer aux diction- 
naires historiques, dans lesquels on trouvera sa 
biographie, l'analyse de ses découvertes en mathé- 
matiques, et celle de ses systèmes en physique et en 
métaphysique, fruits d'une imagination brillante 
qui, souvent, aima mieux chercher à deviner la 
nature que de l'étudier. Je ne parlerai donc de 
Descaries qu'à l'occasion d'un Compendhim 
Musicx qu'il écrivit en 1618, à l'âge de vingt- 
deux ans, à la prière de son ami Isaac Betkmann, 
alors recteur à Dordrecht. Malheureusement cet 
ouvrage est peu digne du nom de son auteur: 
il parut le sentir, car il ne voulut jamais permet- 
tre qu'il fût imprimé; aussi ne le fut-il qu'après 
sa mort, à Utrecht, en 1650, in-4°. Ce livre a 
clé réimprimé depuis lors dans les deux édi- 
tions de ses Œuvres complètes, Amsterdam, 
1690 a 1701, 9 vol. in-4°, et 1713, aussi en 
9 vol. in-4°. Lord Bronneker, président de la 
Société royale de~Londres , en publia une tra- 



duction anglaise, à Londres, en 1653, in-4°, et le 
P. Poisson, de l'Oratoire, en donna une en fran- 
çais, à la suite de sa Mécanique, et la fit paraître 
sous ce titre : Abrégé de la musique de 
M. Descartes , avec les éclaircissements néces- 
saires; Paris, 1068, in-4°. Cette traduction a été 
insérée dans la collection des œuvres de Descartes 
en français; Amsterdam, 1724-1729, 13 vol. 
in-12. M. Cousin a placé la traduction française 
du traité de musique de Descartes dans le cin- 
quième volume de son édition des œuvres com- 
plètes du célèbre philosophe (pages 445-503). 
En 1683 il a été publié une nouvelle édition de 
l'Abrégé de musique de Descaries, avec une tra- 
duction latine des éclaircissements du P. Poisson, 
sous ce titre •• Renati Des-Cartcs Musicx Corn- 
pendium ; accedunt N. Poisson elucidationes 
physicx inCarlesii musicam ; Amslelodami, ex 
typographia Blaviana, in-4°. 

Outre ce petit ouvrage, Descartes a aussi traité 
de divers objets relatifs à la musique dans ses 
épttres, imprimées à Amsterdam, in-4°, en 1682. 
On y trouve: Part, i, Epist. 61, De Musica et 
celeritaie motus; Part. 1,Ep. 23, DcMusica; 
Ep.îk, De NervorumSono; Ep.G\, De Vibra- 
tioneChordarum , Ep. 66, Varix animadver- 
siones ad Musicam spectantes; Ep. 68, De 
Musica, et responsio ad quasdam quxstiones 
musicas; Ep. 72, Cursonusfacilius feratur se- 
cundum longitudinem irabis percussx quam 
per aerem solum; de tremore xris; Ep. 73, De 
Reflexione soni ac luminis;de Consonnantiis ; 
de Refractione sonorum; Ep. 74, De Réso- 
nant ia Chordarum ; Ep. 76, Varix quxstio- 
nes; Ep. 77, De Motu Chordarum ; Ep. 103, 
De Motu Chordarum et de Musica; Ep. 104, 
De Sono; Ep. 105, De Motu Chordarum 
et de Musica ; de Sonis et intensione Chor- 
darum; Ep. 106, De Tonis musicis : de 
Tonis mixtis; Ep. 110, Ad quam distan- 
tiam sonus audiri possit; de Imagina- 
tione ad judicandum de tonis, de sonis, de 
sono fistularum; Ep. 112, De Tonis musica- 
libus. Les lettres de Descartes ont été traduites 
en fiançais, et réunies en G vol. in-12, Amster- 
dam, 1724-1725. Ce grand homme mourut en 
Suède le 11 février 1650. 

C'est Descartes qui , le premier, a placé le 
principe esthétique delà musique dans la simpli- 
cité des rapports des sons : erreur partagée par 
Euler (voy. ce nom) et par quelques autres 
géomètres. 

DESCOUTEAUX ( Philibeut), très-bon 
joueur de musette, vers le milieu du dix-sep- 
lième siècle , fut attaché à la musique du roi, an 
commencement du règne de Louis XIV. Il est 

1. 



DESCOUTEAUX — DESMARETS 



rite avec éloges dans le Traité de la musette,àe 
Borjon ( l rc partie, page 38 ). 

DESEIVT1S (Jean-Pierre), professeur de 
clavecin, à Paris, vers 1780, a publié en 1787 : 
1" Trois sonates pour le clavecin avec accom- 
pagnement de violon, op. 1.-2° Recueil d'airs 
connus, mis en variations pour le clavecin. 

DESESSARTS ( Nicolas - Toussaint 
MOYNE, dit), né à Coutances le l eT no- 
vembre 1744, fut avocat à Paris, puis libraire 
et chargé d'afl'airescontpntieuses, particulièrement 
près de la cour de cassation. Il mourut à Paris 
le 5 octobre 1810. Compilateur infatigable, il a 
publié un grand nombre d'ouvrages de tout genre, 
parmi lesquels on remarque celui-ci : Les trois 
théâtres de Paris, ou abrégé historique de 
l'établissement de la Comédie-Française , de 
la Comédie-Italienne et de l'Opéra; Paris, 
1777, in-8°. On trouve quelques renseignements 
relatifs à des écrivains sur la musique dans son 
livre intitulé : Siècles littéraires de la France, 
ou Nouveau Dictionnaire historique, critique 
et bibliographique de tous les écrivains fran- 
çais morts et vivants, jusqu'à la fin du dix- 
huitième s/ècfc,- Paris, 1800-1801, six vol. in-8°, 
et supplément, 1803, 1 vol. in-8°. 

DESESSARTZ (Jean-Charles) , médecin 
distingué, né à Bragehnne, près de Bar-sur-Seine, 
en 1730, fit ses premières études à Tonnerre, et les 
achevaàParis, au collégede Beauvais. Quand elles 
furent terminées, il se livra à l'étude de la mé- 
decine, et, pendant qu'il suivait les cours de cette 
science, il donna des leçons de mathématiques 
pour exister. Après avoir été reçu docteur à 
Reims, il alla exercer la médecine à Villers-Co- 
terets, puis à Noyon, et enfin à Paris, où il fut 
nommé, en 1770, professeur de chirurgie, et en- 
suite de pharmacie. A l'époque de la formation de 
l'Institut, Desessartz y fut admis dans la classe 
îles sciences physiques et mathématiques. Dans 
une séance publique de ce corps savant il lut, 
le 20 vendémiaire an xi (octobre 1803), des 
Réflexions sur la musique considérée comme 
moyen curatif. Elles ont été imprimées, sous ce 
titre, chez Baudouin, à Paris, au mois de no- 
vembre de la- même année , et forment une 
brochure de 20 pages in-8°. 

DESÉTANGS ( . . .), sous-chef du bu- 
reau des gravures au ministère de l'intérieur, à 
Paris, a publié, sous le voile de l'anonyme, un 
petit écrit intitulé : Lettre sur la musique mo- 
derne à messieurs les rédacteurs du journal 

d'annonces de Musique, par D gs ; Paris, 

Migneret, in-8°de S pages. 

DESFORGES ( Hus). Voy. Hus-Dksfor- 

GES. 



DESHAYES (Prospfr-Didier), compo- 
siteur des divertissements et ballets de la Comé- 
die-Française, depuis 1782, s'est fait connaître 
à Paris, en 1780, par son .oratorio dés Macha- 
bèes , qui fut exécuté au Concert spirituel. Il a 
donné ensuite divers opéras-comiques, tels que : 
1° Le Faux Serment , au théâtre des Beaujolais, 
en 1786. — 2° L'Auteur à la mode, 1786. — 
3° Le Paysan à prétention, i7S7. — 4° Berlhr 
et Pépin, 1787. — 5° Adèle et Didier, 1790. 
— 6° Zèlia, 1791. — 7° La Suie de Zèlia, 
1792. — 8° Le Petit Orphée, 1793. — 9° Le 
Mariage patriotique, 1793. — 10° Bella, en 
1795. — 11° Don Carlos, en un acte, en 1799. 
Deshayes fut un des compositeurs qui écrivirent 
la musique du Congrès des Rois, opéra en trois 
acles, qui fut joué en 1793, au théâtre Favart. 
Les autres auteurs de la musique de cette pièce 
révolutionnaire furent Grétry , Méhul, Dalayrac, 
Devienne, Solié, Trial fils, Blasius, Kreutzer, 
Berton , Chérubini et Jadin. On a aussi de Des- 
hayes des symphonies à grand orchestre en ma- 
nuscrit, et un livre de pièces d'harmonie à six 
parties, gravé au magasin de musique du Con- 
servatoire. On ignore l'époque de la mort de ce 
musicien. 

DESHAYES (A.-J.-J.), ancien premier 
danseur de l'Opéra de Paris , professeur au Con- 
servatoire de musique et auteur de plusieurs 
ballets, a publié un petit écrit qui a pour titre: 
Idées générales sur l'Académie royale de 
musique, et plus spécialement sur la danse; 
Paris, Mongie aîné, 1822, in-8°. 

DÉS1DÉRI (Jérôme), docteur en droil, 
naquit à Bologne vers 1635. Ses connaissances 
profondes dans la philosophie, les mathémati- 
ques, les lettres et la musique, lui avaient ou- 
vert les porles de plusieurs académies d'Italie ; 
il prit le nom (VIndifercnte dans celle des Gelai i 
de Bologne. On lui doit un petit traité des ins- 
truments de musique et de leurs inventeurs, inti- 
tulé Disorso délia musica, qui a été inséré 
dans les Prose dcgli Academici Gelati di Bo- 
logna{\>. 321-356), Bologne, 1671, in-4°. 

DESLOUGES, musicien français du sei- 
zième siècle, n'est connu que par quelques 
motets qui ont été insérés dans un recueil inti- 
tulé .- XII motetz à quatre et cinq voix, corn- 
j)Osés par les autheurs cy-dessoubz escripts, 
naguères imprimés à Paris par Pierre At- 
taignant, demourant à la rue de la Harpe 
près de l'église Sainct-Cosme , 1529, petit in- 
4° obi. 

DESMARETS (Henri) , l'un des plus ha- 
biles musiciens du règne de Louis XIV, naquit à 
Paris en 1662. Après avoir été page de la musi- 



DESMARETS — DESPÉRAMONS 



que du roi, il conoouvut, en 1683, poui ■ l'une 
des quatre places de maître de la chapelle du 
roi; mais Louis XIV le trouva trop jeune et lui 
donna une pension pour le dédommager. Des- 
marets , qui avait composé une grande quantité 
de motets , en lit paraître une partie sous son 
nom et quelques-uns sous celui de Goupillier, 
maître de la chapelle de Versailles. Le roi, en 
ayant été informé, dit àGoupillier : Avez-vous au 
moins paye Desmarets? — Oui, Sire, répondit 
le maître de chapelle. Louis XIV, indigné, lit 
défendre à Desmarets de paraître devant lui. 

Les opéras dont ce compositeur a fait la mu- 
sique sont : Didon, en 1693; Circé , en 1C94; 
Théagènect Chariclëe, en 1693; les Amours 
de Momus, dans la même année; Vévais et 
Adonis, en 1697; les Fêtes galantes, en 1698; 
Iphigénie en Tau ride , avec un prologue par 
Campra.en 1704; Renaud, en 1722. Il avait 
fuit, en 1682-, la musique d'une idylle sur la nais- 
sance du duc de Bourgogne. 

En 1700, Desmarets, ayant été passer quelque 
temps chez son ami Gervais, maître de la ca- 
thédrale de Senlis, lit la connaissance de la fdle 
du présidial de l'élection, nommé de Saint-Gobert, 
et l'épousa secrètement. Le père rendit plainte 
en séduction et rapt , et Desmarets fut condamné 
à- mort par arrêt du Châtelet. Il se sauva en 
Espagne , où il devint maître de la chapelle de 
Philippe V; mais, la chaleur du climat nuisant à 
la santé de sa femme , il quitta son poste et se 
rendit à Lunéville , où il fut nommé surintendant 
de la musique du duc de Lorraine. 

Quelque bonté que Louis XIV eut pour lui et 
quelque estime qu'il eût pour ses talents, on ne 
put obtenir de lui la grâce de Desmarets; ce ne 
fut qu'en 1722, pendant la régence, que son pro- 
cès fut revu : il le gagna , et son mariage fut 
déclaré valable. 11 obtint aussi du duc d'Orléans 
une augmentation de pension, et il passa le reste 
de sa vie dans l'aisance. Il mourut à Luné- 
ville, le 7 septembre 1741 , âgé de près de quatre- 
vingts ans. 

DESMASURES (Louis), né à Tournay, 
dans la première moitié du seizième siècle , a 
fait imprimer de sa composition : Vingt-six can- 
tiques chantés au Seigneur, à quatre parties ; 
Lyon, par Jean de Tournes, 1564 , in-4° obi. 
L'auteur de cet ouvrage est qualifié de Tour- 
ncsien (Tournaisien) au frontispice. 

DESORMERY ( Léopold-Bastien ), né en 
1740 à Bayon', en Lorraine, a fait ses études 
musicales à la Primatiale de Nancy. Venu à 
Paris vers 1765, il fit exécuter plusieurs motets 
au Concert spirituel. Son opéra A'Enihym et 
Lyris fut représenté à l'Académie royale, en 



1776, et eut vingt-deux représentations. Myrlit 
et Lycoris, qui fut joué à la cour en 1777, passa 
ensuite au théâtre de l'Opéra, où il obtint assez 
de succès pour avoir soixante-trois représenta- 
tions consécutives, ce qui était sans exemple 
jusqu'alors. Dcsormery avait composé la musi- 
que de plusieurs autres opéras , mais il ne put 
parvenir à les faire jouer, et, dégoûté par les obs- 
tacles qu'il rencontrait, il renonça à la carrière 
dramatique et se livra à l'enseignement. Cepen- 
dant , à l'âge de soixante-huit ans , il reprit cbu- 
rage, et composa la musique d'un ouvrage qui 
avait pour litre : les Montagnards. Celui-là 
ne fut pas plus heureux que les autres et resta 
dans son portefeuille. Desormery s'est retiré 
dans les environs de Beauvais. Il est mort 
en lsio. 

DESORMERY (Jean-Baptiste), fils du 
précédent, né à Nancy en 1772 , fut un pianiste 
habile. 11 était élève de son père pour la musique 
et de Hulmandel pour le piano. On a de lui : 
1° Sonates pour piano seul, œuvres 1,2,7, 14, 16. 

— 2° Sonates avec accompagnement, œuvres 5, 
6, 9 et 15. — 3° Sonate à quatre mains, op. 11. 

— 4° Airs variés et fantaisies. En 1S31 ilapublié 
son œuvre 19 e , consistant en 24 études pour le 
piano, dans les 24 tons. 

DESPÉRAMONS (François -Noël), né 
à Toulouse, le 26 novembre 1783, vint à Paris 
à l'âge de quatorze ans , et entra au Conserva- 
toire de musique, en qualité d'élève violoniste. Il 
quitta ensuite l'instrument qu'il avait adopte 
pour se livrera l'étude du chant, sous la direc- 
tion de Persuis. A l époque de la mue il fut 
obligé d'interrompre son travail; mais, ayant 
recouvré la voix , il continua ses études dans la 
classe de chant de Garât. En 1804 il débuta à 
l'Opéra, dans le rôle de Panurge, et renonça à 
ce théâtre après quelques représentations. Rentré 
au Conservatoire pour la troisième fois, il y 
remporta le premier prix de chant qui fut dé- 
cerné en 1805. L'année suivante il débuta à l'O- 
péra-Comique dans l'emploi de Martin ;mais nul 
ne pouvait alors soutenir la comparaison avec ce 
chanteur, dont la voix était dans toute sa beauté. 
Despéramons fut donc obligé de se borner à jouer 
dans les grandes villes de province. Il s'est fixé à 
Bordeaux comme professeur de chant. Il a chanté 
pendant plusieurs années dans les concerts pu-^ 
blics et y a obtenu beaucoup de succès. Sa 
voix était mauvaise , mais il était doué d'une 
chaleur entraînante. Jamais le beau duo de Don 
Juan, Fuggi, fuggi , crudel, n'a été aussi bien 
chanté que par lui et par madame Barbier-Val- 
bonne. Despéramons a publié plusieurs romances 
de sa composition , à Paris , chez les frères, 



r, 



DESPÉRAMONS — DESPREZ 



Gaveaux. Cet artiste s'est relire à Toulouse vers 
1830, et y a été nommé professeur de chant du 
conservatoire. 

DESPINEY (Félix), docteur en médecine de 
la faculté de Paris «4 professeur de l'École pra- 
tique, est né en t797,'lans le midi «le la France. 
On a de lui des Mélanges physiologiques ( Lyon, 
Manuel, 1822,in-8°), dans lesquels se trouve 
l'exposition d'un système particulier du méca- 
nisme de la voix humaine. H a aussi publié : 
Physiologie de la voix et du chant; Bourg, 
1841, in-8°. 

DESPLAIMES (Jean-Antoine PI ANI, dit), 
habile violoniste, né à Naples vers la fin du dix- 
septième siècle, vint en France en 1704 et s'alta- 
cha au comte de Toulouse. Iî fut le maître de Se- 
naillé. On a de lui un œuvre de sonates pour le 
violon, quia été gravé à Paris. J'ai lu quelque 
part que Desplanes, étant retourné en Italie et 
s'étant fixé à Venise, y fut accusé d'avoir fait 
de fausses signatures, et fut condamné à avoir le 
poing coupé. 

DESPOIXS (Antoine), luthier de Paris, vi- 
vait au temps de Henri IV et de Louis XIII. Ses 
violons, qui sont devenus fort rares, ont été es- 
timés et recherchés. 

DESPRÉAUX (Claudk-Jean-François), fils 
d'un hautboïste de l'Opéra, qui se relira en 1767, 
entra en qualité de violoniste au même spec- 
tacle en 1759, devint chef des premiers violons 
en 1771, et se retira en 1782. Ayant été juré du 
tribunal révolutionnaire, il se tua le 24 thermi- 
dor, après la révolution qui fit cesser le régime 
de la Teneur. Il a publié quelques œuvres de so- 
nates pour le violon et le clavecin. 

DESPRÉAUX (Louis-Félix), frère puîné 
de Claude- Jean-François, naquit à Paris le 
17 avril 1746. Il se livra de bonne beure à l'é- 
tude de la musique, t fut placé par son père, 
en 1767, en qualité de quinte ou alto, à l'orchestre 
de l'Opéra. L'année suivante il entra au Concert 
spirituel. Nommé accompagnateur de l'École 
royale «léchant, en 1771, il en remplit les fonctions 
jusqu'à la suppression de cette école. En 1775 
il avait quitté l'Opéra. À la formation du Con- 
servatoire de musique il fut un des professeurs 
de cette école; mais, à l'époque de la réforme qui 
fut faite en l'an x (1802) dans cet établissement, il 
perdit sa place comme beaucoup d'autres profes- 
seurs. Il est mort à Paris en 1813. Despréaux 
était claveciniste assez habile et surtout bon pro- 
fesseur, llapublié plusieurs œuvres pour lepiano, 
tels quedes sonates, des préludes et exercices, trois 
pots- pourris, un recueil intitulé : Les genres de 
musique des différents peuples, la Bataille 
de Fleurit s, des airs variés, et un Cour d'édu- 



cation pour le piano, en cinq parties : ce der- 
nier ouvrage a eu du succès. On a aussi de lui des 
Cartes musicales pour apprendre la musique 
aux enfants, Paris, Janet et Cotelle. 

Un frère cadet de Louis-Félix Despréaux, 
nommé Jean- Etienne, a publié, en isi7, un ta- 
bleau des mouvements de la musique, sous le 
nom de Chronomètre musical établi sur les 
bases du pendule astronomique. Il était né 
le 31 août 1748, et était entré à l'Opéra, comme 
danseur, en 1766. Retiré en 1781, il ne rentra à 
ce spectacle qu'en 1792, en qualité de Directeur 
de la scène ; mais , peu de temps après, les ad- 
ministrateurs Célérier et Francœur ayant été ac- 
cusés de malversation et arrêtés, Despréaux 
cessa ses fonctions. En 1807 il fut nommé ins- 
pecteur du même théâtre et de ceux de la court 
A la même époque il était professeur de danse 
et de maintien théâtral au Conservatoire de mu- 
sique. Il est mort le 26 mars 1820.- Despréaux, 
homme d'esprit et de manières distinguées, culti- 
vait la poésie et (it représenter beaucoup de pa- 
rodies et de vaudevilles de sa composition. II 
avait épousé la célèbre danseuse Guiinard, qui 
était née le 27 décembre 1743, et qui mourut 
en 1810. 

DESPRÉAUX (Guillaume ROSS), com- 
positeur de musique, né à Clcrmont (Puy-de- 
Dôme) en 1803, fut admis comme élève an Con- 
servatoire de Paris, et reçut des leçons décom- 
position de l'auteur de celle notice et de 
Berton. Ayant été reçu comme acteur, en 
1824, au Gymnase dramatique, il resta attaché à 
ce théâtre jusqu'en 1828. L'année précédente le 
second grand prix de «'omposilion musicale lui 
avait élé décerné au concours «le l'Institut. Le 
sujet du concours était la cantate d'Orphée. En 
1823 M. Despréaux obtint le premier prix, et sa 
cantate fut exéentée à la séance publique de l'Ins- 
titut. Peu de temps après il partit pour Rome, 
«Poii il envoya en 18:so un Requiem et un Dies 
irx. Dans la même année il écrivit de Naples 
une lettre spirituelle sur l'état de la musique dans 
cette ville, qui fut insérée dans le septième vo- 
lume de la Revue Musicale (p. 169 et suiv.), et 
qui produisit une assez vive sensation. De retour 
à Paris, Despréaux y a fait représenter à l'O- 
péra-Comique, le 23 janvier 1833, un petit opéra 
intitulé le Souper du Mari. Il a écrit depuis lors 
plusieurs ouvrages qui n'ont point été joués. 

DESPRÉS ou DESPREZ (Josquin). Voy. 
Depkès. 

DESPREZ (Jean-Baptiste), violoniste, né à 
Versailles en 1771, eut pour maître de musique 
Richer, son concitoyen. Il a publié : Six duo> 
dialogues pour deux violons, op. 1, Paris,179* 



DESPREZ — DESSAUER 



On a aussi de cet artiste des Principes élémen- 
taires de musique; Paris (sans date), in-8°. 

DESQUESNES (Jean), ou d'ESQUE- 
IVES (1), musicien belge, vécut vers la fin 
du seizième siècle. 11 naquit vraisemblablement 
à Mons ou à Saint-Ghilain, petite ville du Hai- 
naut , où plusieurs familles de ce nom existaient. 
Cet artiste n'est connu que par un recueil de 
compositions intitulé : Madrigali di Giov. Des- 
quesnes, il primo libroa chique voci ; Anversa, 
1591, in-4° obi. Le prénom italianise et le genre 
<le la musique semblent indiquer que le com- 
positeur a vécu en Italie. Cependant, si c'est 
de lui qu'il est question dans un compte de la 
maison de l'archiduc Ernest, gouverneur des 
Pays-Bas, en 1630, cité à l'article Dequesne 
( Voij. ce nom ), il était revenu dans sa patrie à 
cette époque et devait être d'un âge avancé, puis- 
qu'un de ses ouvrages avait été publié près de 
quarante ans auparavant. 

DESQUESNES (Nicolas), vraisemblable- 
ment parent du précédent et son contemporain, 
fut bachelier en théologie et pasteur de Sebourcq 
(dép. du Nord), près de Valenciennes, pendant 
quarante ans. Il y mourut en 1633. Un histo- 
rien contemporain (2) a dit de lui : « Ce dit 
« pasteur de Sebourcq a laissé grands volumes 
« musicales à ladite église, contenans diverses 
« messes, antiennes, hymnes et oraisons en mu- 
et sique, en ayant aussi laissé en plusieurs en- 
« droits de ces provinces. Entr'aulres lorsqu'on 
« se mouroit de la peste à Valentiennes, qui fut 
« l'an 1627, il présenta un hymne ou oraison en 
« cinq parties à Messieurs du Magistrat dudit 

« Valentiennes laquelle commençoit : 

« Hoc est prxclarum > ç.{c. » Le même écrivain 
dit que le roi d'Espagne, Philippe III, lui lit 
faire des propositions pour aller remplir la 
place de maître de chapelle à sa cour, mais que 
Desquesnes s'en excusa prudemment au con- 
sentement de Sa Majesté. On n'a rien retrouvé 
jusqu'à ce jour des ouvrages de ce prêtre. 

DESSALLE-RÉGIS (...), littérateur et 
critique , né à Montpellier, au commencement 
de ce siècle, a publié une brochure qui a pour 
litre : De lamusique danslemidi delaFrance; 
Montpellier, Castel, 1839, in-8°de 64 pages. On 
connaît aussi de lui : Feuilles de province. Lit- 



il) Suivant le catalogue de la librairie musicale de Bal- 
tliazar Bellere, cité par M. E. de Coussemaker (Notice 
sur les collections musicales de la bibliothèque de 
Cambrai, p. 1S2 ). 

!2! histoire de la terre et comté de Sebourcq, par 
Pierre Lebnucq [Valenciennes et Bruxelles, 1645, in-4°), 
ouvrage cité par M. E. de Coussemaker (Notice sur les 
collections musicales de la bibliothèque de Cambrai, 
aages 17 et 161). 



térature, mvsiquc;Parte, imprimerie de Gros, 
1840, in-8° de 128 pages. Ce dernier ouvrage 
esteomposé d'articles fournis par l'auteur à divers 
journaux. 

DESSANE (Louis), né à Paris vers 1802, 
a fait ses études élémentaires de musique an 
Conservatoire de cette ville. Son premier instru- 
ment fut le violon, mais plus tard il se livra à 
l'étude du mélophone , instrument à anches 
libres dans une forme assez analogue à celle 
de la guitare, avec un clavier mobile sur la 
touche. Le vent était fourni par un soufflet que 
la main droite faisait mouvoir, tandis que la 
gauche formait des chants, des harmonies et des 
arpèges sur le clavier du manche. Dessanne ac- 
quit en peu de temps une grande habileté sur 
cet instrument, et le fit entendre avec beaucoup 
de succès à l'exposition de l'industrie en 1838. La 
sensation qu'il y produisit fitimaginer d'employer 
le mélophone pour des effets particuliers dans l'or- 
chestre de l'Opéra. Dessane y fut attaché pendant 
deux ans; mais l'usage du mélophone y était 
trop borné ; il ne répondit pas à ce qu'on en atten- 
dait : l'administration du théâtre y renonça, et 
Dessane partit pour l'Allemagne, dans le dessein 
d'y donner des concerts pour son instrument. 
En 1844 il se lit entendre à Darmsladt, puis à 
Francfort, et dans la même année il établit à 
Nuremberg une fabrique de mélophones ; mais 
cette entreprise ne réussit pas, parce que l'ins- 
trument est imparfait, ses soupapes fonctionnant 
mal, et parce que son doigté est difficile. Les 
renseignements manquent sur la suite de la car- 
rière de Dessane. 

DESSAUER (Joseph), compositeur, né à 
Prague, le 28 mai 1794, de parents aisés qui lui 
firent donner une brillante éducation, fut destiné 
au commerce dès son enfance. Tomaschek en 
fit un pianiste habile, et Frédéric-Denis Weber, 
directeur du Conservatoire de Prague, lui donna 
des leçons d'harmonie. Quelques compositions 
estimables qu'il fit paraître dans sa jeunesse 
prouvèrent ses heureuses dispositions; mais, 
détourné de la pratique de la musique par les 
| affaires, il négligea cet art pendant plusieurs 
I années. Un voyage qu'il fit à Naples, en 1821, 
pour des spéculations de commerce, lui ayant 
fourni l'occasion de faire admirer ses talents de 
pianiste et de compositeur, lui fit comprendre 
qu'il n'avait pas suivi sa véritable vocation. De 
retour dans sa patrie, il prit la résolution de 
cultiver avec plus d'activité les heureux dons 
qu'il avait reçus de la nature pour la musique, 
et il écrivit beaucoup de chants à une ou plu- 
sieurs voix, des morceaux de piano, des qua- 
' tuors et des ouvertures pour, l'orcuestce. Dau* 



s 



DESSAUER — DESTOUCHES 



un autre voyage qu'il fit à Milan, dix ans plus 
tard, il écrivit plusieurs ouvrages de musique 
instrumentale et vocale, et commença un opéra 
qui est resté inachevé jusqu'à ce jour. Dans les 
années 1832 et 1833 il a visité l'Angleterre et 
la France. Pendant un séjour de dix-nuit mois 
à Paris, il y lit entendre souvent avec succès 
dans les salons ses chansons allemandes. Il avait 
le dessein d'écrire un opéra français; mais, après 
mille démarches inutiles pour obtenir un livret, 
il dut y renoncer, et, lorsqu'il s'éloigna de Paris, 
il était tombé dans le découragement. Il s'est 
ensuite fixé à Prague, y consacrant à la musi- 
que tous les moments qu'il pouvait dérober aux 
affaires. On a publié de M. Dessaiier : 1° Ri- 
membranze di Napoli, composiziane per il 
piano-forte sopra motivi originali napole- 
tani, op. 1 et 2; Vienne, Leidesdorf. — 2° Ca- 
priccio sopra alcuni motivi delV opéra 
ISorma; Milan, Ricordi. — 3° Six Canzoni ita- 
liennes et allemandes, avec accompagnement de 
piano; Vienne, Mechetti. — 4° Six Chansons alle- 
mandes avec piano, op. G ; Vienne, Arlaria. — 
5° Trois Lieder avec piano, op. 6 ; Vienne, Dia- 
belli; d'autres recueils de chants, œuvres 14, 45, 
46, 47, et un nombre considérable de Lieder 
détachés. C'est dans ces Lieder qu'est le génie de 
Dessaiier, génie original et aussi fin que pas- 
sionné. Le Wassermann (l'Homme de l'eau), 
le Flot et V Enfant, les Deux Cercueils, la 
Marguerite, V Asile, tous les chants des œuvres 
5, 6, 14, 45, la Rêverie de nuit, et tant 
d'autres qu'il faudrait citer, n'ont pas moins de 
poésie que les mélodies de Schubert. Dessaiier a 
tait aussi représenter à Dresde l'opéra comique 
Ein liesuck m Saint-Cyr (une Visite à Saint- 
Cyr), en 1838, et Lidwinna, à Prague, deux ans 
auparavant. 

DESSIRIER (Hippolyte), né à Besançon, 
professeur de musique, a fait ses études musi- 
cales sous la direction de Travisini , maître de 
chapelle dans cette ville. Il est auteur d'une Mé- 
thode élémentaire de musique. 

DESTOUCHES (André-Cardinal), com- 
positeur dramatique, né à Paris en 1672, fut 
d'abord mousquetaire et simple amateur de mu- 
sique. Dans sa jeunesse il fit le voyage de Siam 
avec le P. Tachard, jésuite, à qui il promit d'entrer 
dans la compagnie de Jésus; mais de retour en 
Europe il oublia sa promesse et préféra la car- 
rière des armes, que son humeur inconstante lui 
fit bientôt abandonner pour se livrer à l'élude 
de la musique. Lorsqu'il composa son premier 
opéra {Issé), son instruction dans cet art était 
si peu avancée qu'il fut obligé d'avoir recours 
à un autre musicien pour écrire sa partition. 



Cependant il avait des idées naturelles qui firent 
le succès de cet ouvrage, dont la première re- 
présentation eut lieu à Trianon , le 17 décembre 
1697. Plus tard Destouches comprit la né- 
cessité d'apprendre ce qu'on appelait alors la 
basse continue ,• mais, devenu plus habile , il fut 
moins heureux dans ses inspirations. Il fut su- 
rintendant de la musique du roi et inspecteur 
général de l'Opéra, depuis 1713 jusqu'en 1751. 
Son opéra d'I&sefut suivi d'Amadis de Grèce, en 
1G99; de Marthésia , dans la même année; 
d'Omphale , en 1701 ; du Carnaval et la Fo- 
lie, en 1704. En 1712 il donna Callirhoê , en 
1714 Télémaque , en 1718 Sémiramis , en 
1725 les Éléments, en société avec Lalande, et 
enfin, en 1726, les Stratagèmes de l'Amour. 
Louis XIV fut si satisfait d'/ssd qu'il fit donner 
à l'auteur une gratification de deux cents louis, 
et déclara que Destouches était le seul qui ne 
lui eut point fait regretter Lulli. Toutefois il 
parait que sa musique ne plut pas à tout le 
monde, car on fit contre son opéra de Callirhoê 
ce couplet satirique : 

Roy sifflé, 

Pour l'Être encore 

Fait éclore 

Sa Callirhoê ; 

Et Dcslouches 

Met sur ses vers 

Une couche 
D'insipides airs. 
Sa musique 
Quoiqu'étique 
Flatte et pique 
Le goût des badauds. 
Heureux travaux I 
L'ignorance 
Récompense 
Deux nigauds. 

Destouches est mort à Paris, en 1749, à l'âge 
de 77 ans. 

DESTOUCHES (François), compositeur, 
né à Munich le 14 octobre 1774 , prit des leçons 
de musique et d^iarmonie de Théodore Griïn- 
berger, moine augustin, et fit des progrès re- 
marquables dans ces sciences. Son père, qui était 
conseiller de la chambre fiscale de la cour de 
l'électeur, l'envoya à Vienne, en 1787, pour y 
étudier la composition sous la direction de Jo- 
seph Haydn. Il resta dans cette ville jusqu'en 
1791 et retourna ensuite dans sa patrie. Bientôt 
après il y mit en musique l'opéra-comique in- 
titulé Die Thomas Nachl (la Nuit de Thomas), 
qui fut représenté sur le théâtre national et sur 
celui de la cour en 1792. 11 partit ensuile pour la 
Suisse et l'Autriche, et donna des concerts dans 
plusieurs villes. Arrivé à Erlangen, il s'y arrêta et 
y exerça les fonctions de directeur de musique 
1 pendant deux ans. En 1799 il passa au service 



DESTOUCHKS — DEVIENNE 



du duc de Saxe-Weimar, revint à Munich en 
1810, et fut enlin placé comme professeur d'har- 
monie à l'université de Landshut, où il était en- 
core en 181G. Outre plusieurs messes de sa 
composition, qui sont connues avantageusement 
en Allemagne, il a mis en musique, à Weimar, 
l'opéra intitulé Missverstxndniss(\at Rupture), 
qui eut beaucoup de succès dans la nouveauté. 
Il a composé pour le même théâtre les chœurs 
du drame Die Hussiten von Naumburg (les 
Hussites de Naumbourg), ainsi que les ouvertures 
des pièces de Schiller, la Fiancée de Messine, 
la Pucelle d'Orléans, Guillaume Tell et 
Wallerstein. Il est aussi l'auteur des chœurs de 
Wanda, tragédie de Werner. On a gravé à Augs- 
bourg, chez Gombart, et à OITenbach, chez 
André, plusieurs de ses concertos pour divers 
instruments , des sonates de piano , des varia- 
tions et autres compositions instrumentales. 
Parmi ces productions on remarque : 1° Trois 
Sonates pour le piano , op. 1 ; Offenbach, 1792, 
— 2° Fantaisie pour le piano, op. 10; Augs- 
bourg, 1799. — 3° Marche avec 10 variations, 
op. 8. —4° Ariette avec 9 variations, n° 2; 
Heilbronn, 1798. —5° Ariette avec 9 variations, 
n° 3. — 6° Sonates pour piano, violon et vio- 
loncelle, op. il; Augsbourg. — 7° Concerto 
(en sol) pour piano et orchestre; Augsbourg, 
Gombart. Destouches est mort à Munich au mois 
de décembre 1844. 

DEURING (Benoit), moine allemand, né en 
Bavière, vivait vers le milieu du dix-huitième siè- 
cle. Il a publié douze motets de sa composition, sous 
letitredc Conceplusmusicij Augsbourg, 1730, 
in fol. 

DEUZIIXGER (J.-F.-P.). On a sous ce 
nom un traité d'accompagnement de l'orgue et 
du clavecin intitulé : Compendium musicum, 
oder Fundamenta partiturx, dass ist : Unter- 
richt fur die Orgel und das Klavier, en deux 
parties; Augsbourg, Lotler, 1788. 

DEUTSCIIMANN (Jacques), facteur d'or- 
gues distingué, à Vienne, a eu une part, consi- 
dérable dans les perfectionnements des orgues à 
anches libres, appelés Physarmanica en Alle- 
magne , et Harmonium en France. Dans une 
exposition publique d'instruments de musique 
qui fut faite dans la capitale de l'Autriche, en 
1839, il plaça un grand instrument de ce genre, 
compos de trois registres. Le rapport des mem- 
bres du Jury, MM. Bocklet, Antoine de Halm 
et Fischof, constata en particulier que le sys- 
tème du soufflet était nouveau , qu'il produisait 
sans secousse le son, et qu'il le prolongeait long- 
temps sans être renouvelé par le mouvement de 
la pédale. En 1845 une médaille d'or fut dé- 



cernée à Deutschmann pour de nouveaux per- 
fectionnements faits aux instruments de ce genre 
qu'il avait mis à l'exposition de celte année, à 
Vienne. Cet artiste esl mort dans la même ville, 
en 1853. 

DEVASINI (....), compositeur de l'époque 
actuelle, a fait ses études musicales au Conserva- 
toire de Milan , où il se trouvait encore en 1842. 
Il y fit représenter par ses condisciples, en 18il, 
Francesca rfiJRimmi, drame musical, etdans l'an- 
née suivante Un Giorno di nozze , opéra bouffe. 
Cet artiste a écrit aussi de la musique instru- 
mentale , parmi laquelle on remarque un Sestetto 
pour flûte, hautbois , 2 clarinettes, cor et basson 
concertants. 

DEVERGIE (L'abbé), ecclésiastique à 
Beauvais,est auteur d'une Méthode de Plain- 
Chant ; Beau vais, Bocquillon-Porquier, 1840, 
in-8°de 168 pages. 

DEVICQ (Éloy), d'une famille distinguée 
de l'ancien parlement de Flandres, naquit à 
Douai vers 1778. Dans les troubles révolution- 
naires de 1792, ses parents sortirent de France 
et cherchèrent un asile à Hambourg. Privés de 
leur fortune par l'émigration, ils trouvèrent 
heureusement une ressource dans le talent mu- 
sical de leur fils, qui, ayant étudié la musique 
et le violon avec ardeur, dès son enfance, put, 
à peine âgé de quinze ans, donner des leçons et 
entrer comme violoniste à l'orchestre du théâtre 
de Hambourg. Quelque temps après il partit pour 
la Russie, vécut plusieurs années à Saint-Péters- 
bourg et à Moscou, et perfectionna son talent 
par ses liaisons avec Rode, Baillot et le célèbre 
violoncelliste Lamare. De retour en France vers 
1809 , M. Éloy Devicq se maria à Abbeville et s'y 
établit, ne cultivant plus la musique que comme 
amateur, mais y puisant ses jouissances les plus 
vives. Sa manière grande et classique déjouer le 
violon, et le profond sentiment musical dont il 
était pénétré , ont fait longtemps le charme de 
ceux qui l'onl entendu. C'est à ce pur amour de 
l'art dont il était toujours animé qu'Abbeville 
doit l'institution d'une école publique de mu- 
sique qui a formé de bons élèves et propagé 
le goût de cet art. M. Éloy Devicq a publié : 
Air russe varié pour violon principal, avec 
violon, alto cl violoncelle ou piano; Paris, 
Pacini. Il est mort à Abbeville en 1.847. 

DEVIENNE (François), né à Join ville 
(Haute-Marne) en 1759, fut élevé par son frère, 
musicien au service du prince de Deux-Ponts. 
Dès son enfance il annonça les plus heureuses 
dispositions pour la musique; à peine âgé de dix 
ans il composa une messe avec accompagne- 
ment d'instruments à vent, qui fut exécutée par 



10 



DEVIENNE 



les musiciens du régiment où il élait déjà en- 
gagé comme flûte. Ses études musicales termi- 
nées, il s'attacha au cardinal de Rohan, et passa 
ensuite dans la musique des Gardes-Suisses, 
qu'il quitta pour entrer, en 1788, dans l'orches- 
tre du théâtre de Monsieur; en qualité de basso- 
niste. Également distingué par son talent sur la 
Hâte et sur le basson, Devienne avait une con- 
naissance générale de tous les autres instruments, 
et savait en tirer des effets inconnus en France 
avant lui. Né avec du talent pour la composi- 
tion, il créa un nouveau genre de musique pour 
les instruments à vent , encouragea les artistes 
à perfectionner leur exécution , et contribua 
par là à l'amélioration des orchestres français. 
Non moins recommandable comme compositeur 
dramatique, il a laissé quelques opéras qui pour- 
raient être encore entendus avec plaisir, et qui 
se. font remarquer par la fraîcheur des idées et 
l'élégance de l'instrumentation. L'un de ses ou- 
vrages, connu sous le titre les Visitandines, fut 
joué longtemps avec succès. 

Les productions de Devienne sont en si grand 
nombre qu'on ne comprendrait qu'à peine sa 
fécondité, si l'on ne savait que, nonobstant tous 
les devoirs que lui imposaient ses places et les 
leçons qu'il donnait, il travaillait ordinairement 
huit heures chaque jour. Cet excès de travail 
linit par altérer ses facultés; sa tête se dérangea, 
ut Ton fut obligé de l'enfermer à Charenton, où 
il mourut le 5 septembre 1803. Il avait été 
professeur au Conservatoire de musique, et fut 
compris dans la réforme générale de 1802. 
Voici la liste de ses productions : I. Opéras : 
1° Encore des Savoyards , opéra-comique en un 
acte, au théâtre de Monsieur, en 1789. — 2° Le 
Mariage clandestin, en un acte, au théâtre Mon- 
tansier, 1791. — 3° Les Quiproquos espagnols, 
au théâtre Feydeau, 1792. — 4° Les Visitandines, 
en deux actes, au théâtre Feydeau , 1792. Un 
troisième acte fut ajouté à cet opéra en 1793; puis 
la pièce fut remise en deux actes, en 1795. Re- 
fusée maladroitement au théâtre Favart, cette 
pièce fut jouée avec un succès d'enthousiasme au 
théâtre Feydeau, etcontinua dejouir de la faveur 
publique jusqu'à la Restauration. Plus tard elle 
fut arrangée sous le titre du Pensionnat de 
Jeunes Demoiselles pour être jouée à l'Opéra- 
Comique, et sous celui des Français au Sérail, 
au théâtre de l'Odéon. Depuis la révolution de 
juillet 1830 elle a repris son premier titre. — 
5° RoseetAurèle, en un acte, au théâtre Feydeau, 
1703. — 6° Agnès et Félix, ou les deux Es- 
piègles, en deux actes, 1794. — 7° Valecour, 
ou un tour de page, en un acte, 1797. — 
8° Les Comédiens Ambulants, en trois actes, 



1798. — 9° Le Valet des deux maîtres, en 
deux actes, 1799. Devienne a été collaborateur, 
pour la musique, du Congrès des Rois, opéra 
révolutionnaire joué au théâtre Favart en 1793. 

— II. Pièces détachées : 10° Romances 
d'Estelle, avec accompagnement de piano et 
flûte; Paris, Naderman. — 11° Romances de 
Gonzalve de Cordoue, avec accompagnement 
de piano et flûte ou violon ,op. 53, Paris, 1795. 

— 12° Romances patriotiques ; Paris, Ozy. — 
13° Chansons républicaines, à l'usage des 
fêtes nationales; ibid. — 14° Première li- 
vraison de six romances , paroles de Labiée, ■ 
avec accompagnement de piano et harpe. — 
III. Ouvertures et symphonies : 15° Symphonie 
concertante pour cor et basson, n° 1; Paris, 
1792. — 16° Symphonie concertante pour haut- 
bois ou clarinette et hasson, n° 2; ibid., 1793. 

— 17° Symphonie concertante pour flûte, clari- 
nette et basson; ibid. — 18° Symphonie concer- 
tante pour flûte, hautbois, cor et basson, avec or- 
chestre, n°4 ; ibid., 1794; production excellente en 
son genre, et qui a obtenu le plus grand succès. — 
19° Symphonie concertante pour deux clarinettes 
et orchestre , op. 25; ibid. — 20° La Bataille de 
Jemmapes, pour vingt instruments; ibid., 
1796. — 21° Ouvertures pour instruments à 
vent, à l'usage des fêtes nationales, n" s 1, 2, 3, 
4,5, 6 et 7; Paris, Ozy. — 22° Symphonie 
concertante pour deux (lûtes et orchestre; ibid. — 
23° Deuxième symphonie concertante pour flûte, 
hautbois, cor et basson ; Paris, 1800. — IV. Con- 
certos : 24° Concertino d'airs variés pour la 
flûte, n° 1 ; ibid. — 25° Concertos pour (îùle et 
orchestre, n os l, en ré; 2, en ré; 3, en sol; 4, 
en sol; 5, en sol; 0, en ré; 7, en mi mineur; 
8, ensol; 9, en mi mineur; 10, en ré; 11, en 
si mineur; 12, en la; Paris, Imhault et Sieber;. 

— n° 13, posthume, en. soZ; Orléans, Demar. ■ — 
26° Concertos pour basson et orchestre, n° l,en 
ut, Imhault ; n°2, Naderman ; n° 3, en fa; n° 4, 
en ut; Paris, Sieber. — V. Quatuors : 27° Qua- 
tuors pour flûte, violon, alto et basse, op. 1,3, 
Paris, Le Duc; op. 16, liv. 1 et 2 , Paris, Sie- 
ber; op. 62, Offenbach, André; op. 66, liv. 1 et 
2, Paris, Imbault; op. 67, ibid., formant en- 
semble trenie-six quatours. — 28° Trois quatuors 
pour clarinette, violon, alto et basse, op. 73;. 
Paris, Érard. — 29° Trois quatuors pour basson, 
violon , alto et basse, op. 75 ; ibid. — VI. Trios : 
30° Six trios pour flûte, alto et basse, liv. 1 et 
2; Paris, Sieber. — 31° Six trios pour flûte, 
violon et basse, op. 18; Paris, Imbault. — 32° 
Six idem, op. 66; Paris, Gaveaux. — 33° Six 
trios pour deux flûtes et basse, op. 19-; Paris, 
Sieber. — 34° Six trios pour deux flûtes et bas- 



DEVIENNE — DEVISME DU VALGAV 



11 



non , op. 77; ibiil. — 35° Six trios pour fliïte, 
clarinette et basson, op. 6t, liv. 1 et 2 ; Offen- 
bach, André. — 36° Six trios pour trois flûtes, 
liv. l et 2 ; Paris, Imbatilt. — 37° Six trios pour 
deux clarinettes et basson, op. 27; Paris, Sieber. 

— 38° Trois trios pour deux clarinettes et basson, 
op. 75; ibid. — 39° Trois idem, livre troisième; 
Paris , Sieber. — 40° Six trios pour basson , vio- 
lon et basse, op. 17; Paris, Imbault. — VII. 
Duos : 4t°Cent cinquante-huit duos pour divers 
instruments , œuvres 2, 5, 6, 7, 8, 15, 20, 21, 
53, 64, 05, 08, 09, 70, 78, 79, 81 , 84; Paris, 
Londres, Offenbacli, Berlin, 1788-1801. — VIII. 
Sonates : 42° Six sonates pour piano, flûte et 
basse, op. 22 et 23; Paris, Naderman. — 
43° Six sonates pour basson , avec accompagne- 
ment de basse, op. 24 ; Paris , Sieber. — 44° Six 
sonates pour clarinette, avec accompagnement 
de basse, op. 28 ; ibid. — 45° Six sonates pour 
Urtte, avec accompagnement de basse, op. 14; 
Orléans, Demar. — 46° Six idem , op. 58. — 
47° Six idem, op. 68; Paris, Sieber. —48° Six 
idem, liv. 4; Paris, Imbault. — 49° Six idem, 
cinquième livre; Paris, Pleyel. — 50° Six idem, 
liv. 0; Paris, Frey. — 51° Six idem, liv. 7; 
Paris, Sieber. — 52° Six idem, liv. 8; ibid. — 
53° Douze sonates pour bautbois, avec accom- 
pagnement de basse, op. 70 et 71; Paris, Le 
Duc. — IX. Harmonie : 54° Douze suites d'har- 
monies à huit et douze parties; Paris, 1798-1801. 

— X. 55° Méthode de flûte théorique et pra- 
tique , contenant tous tes principes , des pe- 
tits duos et sonates faciles; Paris, Imbault, 
1795. Cet ouvrage estimé a été reproduit dans 
plusieurs éditions. 

DEVISME DU VALGAY ( Anne-Pierre- 
Jacques), né à Paris en 1745, entra dans les 
fermes, où il parvint à l'emploi de sons-directeur. 
Dans sa jeunesse il se livra à l'étude delà mu- 
sique, et publia un Abrégé des règles de la com- 
position et de l'accompagnement , dédié à la 
reine; Paris , 17G7, in-4°. La protection du valet 
de chambre de la reine lui fit obtenir, en 1777, 
l'entreprise de l'Opéra de Paris. Le privilège lui 
lut accordé pour douze ans, moyennant un cau- 
tionnement de cinq cent mille francs, dont la 
ville devait lui payer l'intérêt, outre un subside 
de quatre- vingt mille francs qu'il devait recevoir. 
Deux règlements du 27 février et du 22 mars 
1778 établirent les droits de l'entrepreneur et de 
ses subordonnés; le premier avril suivant, De- 
visme prit possession de son entreprise. A celte 
époque les amateurs de l'Opéra étaient divisés 
en quatre partis, dont les goûts et les préventions 
étaient différents. Le premier de ces partis , com- 
posé des Lnllistes ou amateurs de l'ancienne mu- 



sique française, était le plus faible; le second , 
plus vigoureux, était formé par les défenseurs 
de Rameau; les troisième et quatrième, où 
étaient enrôlés les admirateurs enthousiastes de 
la musique nouvelle, dédaignaient de combattre 
les préjugés des partisans de Lulli ou l'entête- 
ment des Ramistcs, et, se plaçant les uns sous 
la bannière de Gluck, les autres sous celle de 
Piccinni, se faisaient une guerre aussi vive que 
s'il se fût agi des intérêts les plus graves. Ces 
circonstances étaient favorables au nouveau di- 
recteur : il sut en profiter et déploya une acti- 
vité prodigieuse. Voulant que le public pût juger 
des diverses transformations qui s'étaient opé- 
rées en France dans la musique théâtrale, iï 
donna dans une seule année Thésée, de Lulli; 
Castor et Pollux, Pygmalion, de Rameau; 
Ernelinde , de Philidor; Armide, Iphigénie , 
Orphée de Gluck; Roland, de Piccinni, et fit 
composer par Grétry une pièce intilulée les Trois 
Ages de l'Opéra. Outre cela il rappela les bouf- 
fons italiens, et leur fit jouer, alternativement 
avec l'Opéra français, les meilleurs ouvrages 
d'Anfossi, de Piccinni et de Paisiello. Mais tant 
de nouveautés avaient coûté des frais énormes , 
et, malgré l'al'llnence du public , la recette ne 
couvrait pas la dépense. Devisme recevait les 
félicitations de quelques amateurs zélés, mais il 
se ruinait. D'ailleurs ses réformes et sa ma- 
nière nouvelle d'administrer l'Opéra avaient 
froissé des intérêts particuliers et lui avaient 
fait des ennemis : ils l'accablaient de sarcasmes et 
de dégoûts. Nonobstant ses talents et sa fermeté, 
il ne put parvenir à déraciner les abus d'une ad- 
ministration vicieuse. Malgré la protection de la 
reine, Devisme ne put résister aux haines, aux ca- 
bales et aux tracasseries de tout genre auxquelles 
il était en butte; il offrit la résiliation de son 
bail, et elle fut acceptée le 1 er avril 1779; mais 
il conserva la direction jusqu'au mois de mars 
de l'année suivante, pour le compte delà ville. 
A la clôture de l'année théâtrale de 1780, Ber- 
ton prit la direction de l'Opéra pour le compte 
du roi, et Devisme reçut le brevet d'une pen- 
sion de neuf mille francs avec une indemnité de 
vingt-quatre mille francs, faible dédommagement 
des pertes qu'il avait essuyées. 

Le 20 fructidor an vu ( 12 septembre 1799 ) 
Devisme fut nommé administrateur de l'Opéra, 
conjointement avec Bonnet de Treiches , ex-lé- 
gislateur, par un arrêté du Directoire. Le 13 
mars 1800 le ministre de l'intérieur nomma 
Devisme directeur de ce spectacle, et Bonnet 
n'eut plus que le titre de conservateur du maté- 
riel ; mais bientôt des soupçons circulèrent sur la 
gestion du directeur ; ils parurent assez graves et 



î: 



DEVISME DU VALGAY — DEVRIENÏ 



assez fondés pour que l'autorité le privât de son 
emploi et le fit remplacer par Bonnet, qui eut le 
titre de commissaire du gouvernement, le 23 
décembre 1800. Un procès fâcheux fut intenté à 
Devisme sur la partie contentieuse de son ad- 
ministration; mais il s'en tira avec habileté. Il 
publia à cette occasion un petit écrit de deux 
feuilles in-8° d'impression, sous ce titre : Devis- 
me du Vulgay à ses concitoyens sur son ad- 
ministration du théâtre de la République et 
des Arts. Il a aussi fait imprimer quelques autres 
petites brochures sur le même sujet, mais je 
n'en sais pas les titres. 

Devisme résida encore quelque temps à Paris, 
et y fit représenter quelques ouvrages drama- 
tiques au théâtre Montansier et à l'Opéra-Co- 
mique, entre autres la Double Récompense , 
et Eugénie et Linval. En 1806 il publia à Paris, 
en un volume in-8° , un livre intitulé : Pasi- 
logie , ou de la musique considérée comme 
langue universelle. Retiré dans la Normandie en 
1810, Devisme est mort à Caudebec, vers le 
milieu du mois de mai 1819, à l'âge de soixante- 
quinze ans. Il avait annoncé des Mémoires sur 
sa vie , mais cet ouvrage n'a pas paru. 

DEVISME ( Jeanne -Hippolyte MOY- 
ROUD), femmedu précédent, née à Lyon en 1765, 
a composé la musique d'un opéra intitulé Praxi- 
tèle, représenté en 1802 sur le théâtre de l'Opéra. 
Cetiedame avait reçu des leçons de Steibelt pour 
le piano , et jouait fort bien de cet instrument. 

DEVOLDER (Pierre-Jean). Voyez Vol- 
der ( Pierre-Jean de). 

DE VOS ou plutôt DE VOS (Laurent), 
frère du célèbre peintre Martin Devos , naquit 
à Anvers, en 1533. Après avoir fait ses éludes 
musicales à l'église Notre-Dame de cette ville et 
avoir reçu les ordres de la prêtrise, il obtint la 
place de maître des enfants de chœur de la cathé- 
drale de Cambrai. M. Léon de Burbure n'a pas 
trouvé dans les archives de l'église Notre-Dame 
d'Anvers des traces de l'existence de ce musicien 
dans le chœur de cette collégiale; il est donc vrai- 
semblable que Laurent Devos. a occupé quelque 
autre position dans une des églises de la Belgique 
avant d'être appelé à Cambrai. Dans les troubles 
de cette ville, l'archevêque ayant été obligé 
d'en sortir, et d'Inchy, gouverneur, ayant ty- 
rannisé les habitants, Devos eut la hardiesse de 
composer un motet dont les paroles retraçaient 
ces malheurs , et de le faire chanter en présence 
de ce même gouverneur, ou prévôt. Cette im- 
prudence fut cause de sa fin tragique. L'affaire 
est rapportée en ces termes dans la Revue Cam- 
bréslenne (année 1838, p. 81), d'après la 
Chronique inédite de Jean Doudelet, clerc de 



Notre- Dame- de-la- Chaussée, à Vulenciennes : 
« Laurent Voscomposa un motet à grands chœurs 
« de plusieurs versets de différents psaumes, qui 
« étaient si artistement arrangés que toute l'his- 
« toire des troubles de ce temps y était décrite : 
« l'usurpation tyrannique de d'Inchy, la perfidie 
« du prévôt et de sa cabale, l'ingratiluue, la 
« révolte et la mort funeste de plusieurs bour- 
« geois , l'éloignement et les malheurs de l'ar- 
« chevêque , la vaine espérance des secours du 
« duc d'Alençon, et le peu de durée de la gloire 
« des méchants. Ce motet fut chanté après les 
« vêpres un jour de fête solennelle. D'Inchy 
« l'entendit : il entra dans une si terrible fureur 
« qu'il ordonna que l'on saisît incontinent le 
« maître de musique. On le conduisit en prison, 
« et, sans autre forme de procès, d'Inchy, de 
« son autorité privée, ordonna qu'on le pendît. 
« On lui représenta vainement que l'usage de- 
« mandait que l'on appelât le juge de l'Église, 
« qu'il fallait faire la cérémonie de la dégrada- 
« tion; rien ne put arrêter ni suspendre l'exé- 
« cution d'une sentence contraire à toutes les 
« règles (1). « Le chroniqueur ajoute que De- 
vos (homme de grand renom au noble art de 
musique) fut pendu, et étranglé sur le marché 
dudit Cambray. Le chroniqueur place cette 
catastrophe vers la fin de janvier 1580, époque où. 
l'on attendait, en effet, le secours du duc d'A- 
lençon, qui ne vint à la tête de ses troupes que 
dans l'année suivante. Lacroix du Maine(Biblioth. 
française) cite des motets et des chansons de De- 
vos qui auraient été publiés, mais sans indication 
précise de titre, de lieu et de date. Dans le nombre 
immense de recueils du seizième siècle que j'ai 
vus , je n'ai rien trouvé de ce musicien. 

DEVRÉ (Marc), ou DE VRÉ, musicien 
du seizième siècle, né à Dunkerque , fut nommé 
maître de chapelle à Audenarde en 1590, et en 
remplit les fonctions jusqu'à sa mort, en 1596. 
Dans le trajet de Dunkerque à Audenarde il fut 
fait prisonnier, avec sa femme et ses enfants, par 
des soldats espagnols de l'armée du duc de 
Parme. Les échevinsd'Audenarde furent obligés 
d'intervenir pour lui faire obtenir sa liberté. 
Devré a laissé en manuscrit une messe à quatre 
voix et plusieurs motets. • 

' DECRIENT (Edouard-Philippe), un des 
meilleurs chanteurs de l'Opéra allemand , est né 
à Berlin le il août 1801. Neveu du célèbre co- 
médien Louis Devrient, il a hérité de ses talents 
comme acteur. Après avoir eu dans son enfance 



(l) M. E. de Cousscmaker, qui rapporte ce récit dans, 
sa Notice sur les collections musicules de la bibliothèque, 
de Cambrai (p. 12), a donné aussi , dans les pièces jus- 
tificatives (p. 1S8), l'eitrait de la Chronique ongiRHie. 



DEVR1ENT — DEZÈDE 



13 



une jolie voix do soprano, il acquit dans sa dix- 
seplièrttë année un i>ary'ton grave dont le caractère 

avait de l'analogie avec la véritable basse , mais 
dont la qualité était médiocre. Vers cet âge il entra 
dans l'école de Zelter et y apprit l'art du chant. 
Pour la première fois il chanta en public dans 
nne exécution de la Passion de Graun, qui eut 
lieu à Berlin en 1819 ; pou de temps après il dé- 
buta au théâtre dans VAlceste de Gluck, et le 25 
avril de la même année il lit son second début 
dans Mctsetto, de Don Juan. Bien accueilli par 
le public , surtout à cause de son talent drama- 
tique, il joua avec succès les principaux rôles 
de basse des opéras allemands ou traduits de l'i- 
talien et du français. En 1822 il voyagea et se 
fit entendre à Dresde, à Leipsick, à Cassel et à 
Francfort. Peu de temps après il fut engagé à 
Vienne, et depuis lors il n'a plus quitté cette ville. 
On dit qu'il a joué aussi bien YOrcste de Gluck 
que le Barbier de Bossini; mais il ne faut pas 
avoir trop de confiance aux éloges de ce genre 
accordés en Allemagne, car on n'y a qu'une 
connaissance fort imparfaite de l'art du chant. En 
1 si * Devrient fut nommé régisseur du théâtre 
royal de Dresde, et depuis 1S52 il est directeur 
du théâtre royal de Carlsruhe (1860). 

DEVRIENT (WiLHELMiNE SCHROE- 
DER). Voyez ScHroeder. 

DEWAR (Daniel), professeur de morale et 
de philosophie an collège du Boi à l'université 
d'Aherdeen , au commencement du dix-neuvième 
siècle, a publié un livre qui a pour litre : Obser- 
vations on the Character, Custom , Supersti- 
tions, Music, Poctry and Language of the 
frish , etc. ( Observations sur le caractère, les 
mœurs, les supertitions, la musique, la poésie et 
le langage des Irlandais); Londres, 1812, in-8°. 

DEYCKS ( Ferdinand), docteur en philo- 
sophie et professeur de langues anciennes et 
d'histoire an collège royal de Coblence, est né 
en 1802 à Burg, au duché de Berg. Il a fait ses 
études au gymnase de Dusseldorfet aux univer- 
sités de Bonn et de Berlin. Après les avoir ter- 
minées, il a passe plusieurs années à Dusseldorf, 
ne s'occupant que des sciences et des arts; la 
musique surtout était l'objet de ses études, et il 
eut pour maîtres dans cet art Burgniùller, Bies, 
Salomon et Stegmann. Pour se distraire de ses 
recherches d'érudition et de ses travaux sur la 
littérature ancienne, il a écrit plusieurs articles 
de critique musicale qui ont paru dans le recueil 
Cxcilia. On y remarque particulièrement : t° Sur 
l'oratorio de Spohr.D/e letzten Dinge (t. 5). — 
2° Platon , sur la Musique (t. 8). — 3° Sur le 
Jephté de B. Klein ( t. 8 '). — 4° Sur les derniers 
œuvres de piano de Ries (t. 1 1 ). — 5" Sur l'é- 



dition de la partition du Requiem de Mozart 
publiée par André (t. 14). — 6° Gcethe, .Sur 
la musique (t. 11). — 7° Et en dernier lien ■ 
Sur le chant, de l'Église catholique (1835). 

DEYSI1XGER (Jean-François-Pierre), mu- 
sicien qui paraît avoir vécu en Bavière, vers le mi- 
lieu du dix-huitième siècle, n'est connu que par 
un ouvrage qui a pour titre : Compendium mu- 
sic uni, oder Fundamenlapartiturx, dassisf : 
ç/riïndlichcr Unlerricht die-Orgel und das 
Clavier trahi schlagen (Abrégé de musique 
nu Méthode fondamentale |>our apprendre à 
bien jouer de l'orgue et du piano); Augshourg, 
1763, in-4°, divisé en deux parties. 

DEZÈDE ou DEZA1DES (N.), compo- 
siteur dramatique, paraît être né vers 1740. On 
ignore quelle fut sa patrie. Parmi les biographes, 
les uns ont cru qu'il était allemand; d'autres, 
qu'il était né à Lyon. Lui-même ne connut ja- 
mais sa famille. Son éducation fut celle d'un 
homme bien né. Après quelques éludes on le 
retira du collège, et il fut mis sons la direction 
d'un abbé, qui, entre autres connaissances, lui 
donna celle de la musique et lui apprit à jouer 
de la harpe. Venu de bonne heure à Paris, il y 
perfectionna son instruction et apprit la compo- 
sition. Il jouissait alors d'une pension de vingt- 
cinq mille francs , qui fut doublée à sa majorité. 
Désirant connaître les auteurs de ses jours , il 
s'adressa à son notaire ; mais celui-ci le prévint 
que ses démarches seraient inutiles , et qu'en les 
continuant il s'exposerait à perdre son revenu. 
Il ne Tint compte de cet avis, continua ses re- 
cherches, ne découvrit rien, et fut privé de sa 
pension. Ce fut alors qu'il songea à tirer parti de 
ses talents pour assurer son existence. Il début:) 
aux Italiens, en 1772, par le petit opéra de 
Julie, et donna ensuite V Erreur d'un mo- 
ment; le Stratagème découvert (1773); les 
Trois Fermiers (1777); Zulime; le Por- 
teur de chaises (1778); A Trompeur trom- 
peur et demi; Cécile ( 1781 ) ; Biaise et Babel 
(1783); Alexis et Justine (1785); la Cin- 
quantaine; les Deux Pages, et Ferdinand, 
ou la suite des Deux Pages. Ses productions a 
l'Opéra sont Fatmé, ou le Langage des Fleurs 
(1777); Péronne sauvée (1783); et Alcindor 
(1787). 

Le caractère du talent de Dezède est le genre 
pastoral; son style n'est imité d'aucun autre, 
et personne n'a songea imiter le sien. Son opéra 
de Plaise et Babel a eu pendant deux ans un 
succès de vogue tel qu'on en voit fort peu au 
théâtre. On trouve aujourd'hui que les formes 
de la musique de Dezède ont vieilli, mais ses 
mélodies sont gracieuses et naïves. Son harmo 



M 



DEZÈDE — DIABELLI 



nie est d'ailleurs assez pure et son orchestre 
soigné , pour l'époque et le pays où il écrivait , 
ce qui pourrait faire croire qu'il a eu des leçons 
de Philidor, le seul maître qui sût alors en France 
écrire avec correction. 

Dezède avait la taille, la tournure et l'accou- 
trement du peintre Greuze. Il était presque tou- 
jours vêtu d'un habit richement brodé et chaussé 
avec des bottes. Son caractère était aussi original 
que sa mise : il affectait de prendre des manières 
brusques et un ton grondeur que démentait sa 
bonté naturelle. En 1785, le duc Maximilien de 
Deux-Ponts, qui fut ensuite électeur et depuis 
lors roi de Bavière, et qui aimait beaucoup la 
musique de Dezède, fit venir à sa cour ce com- 
positeur, lui donna un brevet de capitaine avec 
cent louis d'appointements, à la seule condition 
qu'il irait tous les ans passer un mois à Deux- 
Ponts. Cette faveur ne le rendit pas plus riche , 
car il était dissipateur et tranchait du grand sei- 
gneur. On dit que ses prodigalités ruinèrent sa 
maîtresse, M me Belcour, de la Comédie-Fran- 
çaise, qui, beaucoup plus âgée, s'était éprise de 
lui lorsqu'il n'était déjà plus jeune. Il est mort à 
Paris en 1792. 

DEZÈDE (Florine), fille du précédent, a 
donné à l'Opéra-Comique , en 1781 , Nanette 
et Lucas, ou la Paysanne curieuse. La mu- 
sique de cet ouvrage est une copie du style de 
Dezède. 

D'HAUDIMONT (L'abbé Etienne-Pierre 
MUN1ER), né en Bourgogne en 1730, fut 
élevé à Dijon , et quitta cette ville vers 1754 , 
pour aller occuper la place de maître de chapelle 
de Chalon-sur-Saône. Après en avoir rempli les 
fonctions pendant six ans , il vint à Paris et se 
livra à l'étude de la composition sous la direc- 
tion de Bameau . son compatriote et son ami. 
En 1764 il succéda à Bordier dans la place de 
maître de chapelle des Saints-Innocents. Ce fut 
iilors qu'il composa plusieurs motets que l'on 
entendit au Concert spirituel , chez le roi , et 
dans les fêtes publiques. Les plus connus sont 
le Mémento Domine David, le Deus noster, 
\eHeahisvir, le Quare fremucrunt, YExurgat 
Dcus , etc. 11 a écrit aussi une messe de Re- 
quiem et un De profundis, en 1772. Enfin il 
est auteur d'un grand nombre d'ariettes, qui ont 
été publiées sous le voile de l'anonyme. L'abbé 
d'IIaudimont a formé beaucoup d'élèves, parmi 
lesquels on remarque Perneet Chénié. 

D'HERBAIN (Le chevalier). Voyez IIER- 

BAijy. 

DIABELLI (Antoine), professeur et édi- 
teur de musique à Vienne, est né le 6 septembre 
1781 à Mattsée, dans le pays de Salzbourg, où 



son père était musicien et sacristain. Celui-ci en- 
seigna à son fils les éléments du chant, du piano 
et du violon. A l'âge de sept ans Antoine fut 
reçu comme enfant de chœur au couvent de Mi- 
chaelbayern , et deux ans après il entra dans la 
chapelle de Salzbourg. En 1796 il alla continuer 
ses études au collège de Munich , et perfectionner 
son savoir dans la théorie et dans la pratique de 
la musique. Lorsqu'il eut atteint sa dix-neuvième 
année, il étudia la théologie au monastère dcDai- 
tenbosslach et commença à essayer ses facultés 
en différents genres de composition. Il soumettait 
ses ouvrages à la censure de Michel Haydn, qui 
lui avait enseigné l'art d'écrire, et qui lui té- 
moigna toujours un intérêt paternel. Il se des- 
tinait à l'état monastique; mais la sécularisation 
des couvents en Bavière changea ses projets et 
le détermina à se rendre à Yienne. Là il se 
livra à l'exercice de son talent et se fit profes- 
seur de musique. En 1818 il s'associa avec l'é- 
diteur de musique Cappi, et en 1824 il prit pour 
son compte la maison de commerce dont il n'é- 
tait auparavant que l'associé. Comme composi- 
teur, Diabelli s'est fait remarquer par sa fécon- 
dité, si ce n'est par le mérite de ses ouvrages. 
Il a écrit dans tous les genres et presque pour 
tous les instruments, pour le chant, pour la 
chambre, le concert, l'église et le théâtre. On a 
de lui plusieurs recueils de danses et de valses 
pour l'orchestre on en quatuors, en trios, etc.; 
des duos pour violon et pour flûte, de la mu- 
sique de guitare en tout genre , des sonates 
pour piano avec et sans accompagnement; 
des rondeaux, menuets, valses, cadences, 
études, pots-pourris, etc., pour le même instru- 
ment; dix messes, douze graduels, douze of- 
fertoires, sept Tantum ergo pour plusieurs 
voix , orchestre et orgue ; des cantates , duos , 
chansons allemandes et romances avec accompa- 
gnement de piano; des opérettes ou vaudevilles, 
etc., etc. Enfin le nombre de ses productions 
de différents genres s'élève à cent quatre-vingts 
œuvres parmi lesquels on remarque plusieurs 
recueils de messes brèves avec orgue ou orches- 
tre, des messes solennelles, des graduels, 
offertoires, Tantum ergo, et d'autres pièces 
de musique religieuse. Comme éditeur Diabelli 
montra beaucoup d'activité; mais il était avare 
et dur envers les jeunes artistes dont il pu- 
bliait les ouvrages et qui contribuaient à sa 
fortune. C'est ainsi qu'il acquit à vil prix la plu- 
part des compositions de François Schubert, lui 
reprochant même de trop écrire et de lui ap- 
porter trop souvent des manuscrits, afin de di- 
minuer la somme qu'il lui payait. Diabelli est mort 
à Yienne, le 8 avril 1858. 



DIAMANT1 — DIBDIN 



ih 



DIAMA1XTI (Paolo), boude clianlant et 
compositeur, né dans la Romagne vers 1805, a 
('■té attaché an théâtre communal fie Bologne en 
l 838, et y a fait représenter deux opéras en un acte 
dans la môme année. Le premier avait pour titre : 
la Distrusione de' Masnadieri , et l'autre, la 
Turca fedclc. Deux ans après on le retrouve 
à l'île Maurice, comme hasse comique; mais 
depuis lors on n'en a plus entendu parler. 

DIBDIN (Chaules), comédien, composi- 
teur, poète et prosateur, était fils d'un orfèvre 
de Southampton. L'époque de sa naissance n'est 
pas exactement connue; mais, dans un de ses 
ouvrages , il dit qu'il était enfant de chœur en 
1747; il ne naquit donc pas en 1748, comme on 
le voit dans le supplément de la Biographie uni- 
verselle de Michaud. Quelque temps après il 
lut attaché au chœur de la cathédrale de Win- 
chester, et y reçut des leçons de musique et de 
chant choral de Fussel, organiste de cette église ; 
mais c'est , disait-il, à l'étude des ouvrages de 
Corelli et des écrits didactiques de Rameau qu'il 
devait ses connaissances en composition. Au 
commencement de sa carrière musicale il se 
présenta comme candidat pour la place d'orga- 
niste de Waltham, dans le Hamsphire; mais il 
l'ut écarté à cause de son extrême jeunesse, 
bientôt après il se rendit à Londres ; il y était 
depuis peu, et avait à peine seize ans, lorsqu'il 
lut engagé comme chanteur au théâtre de Covent- 
Garden. Les rôles qui lui furent confiés étaient 
peu importants et ne le firent point remarquer, 
jusqu'à ce que la manière dont il joua celui de 
Ralph dans The Maid of ihe Mill ( la Fille du 
moulin) fixa sur lui l'attention du public. Dans 
la saison de I7G2 à 1763 il fit représenter à 
Covent-Ganlen la pastorale intitulée The She- 
pherd's Artifice (la Ruse du Berger), dont il 
avait composé la musique, et qui fut accueillie 
favorablement. Environ cinq ans après il com- 
posa l'ouverture, le premier chœur, les finaliàw 
premier et du second acte, et trois airs de la farce 
intitulée Love in a Cily ( l'Amour dans une 
ville), qui fut suivie de Damon and Phillida 
(Damon et Phillis), opéra-comique, The Ephe- 
sian Mat ron (la Matrone d'Éphèse), et de 
Lionel and Clarissa ( Lionel et Clarisse), tous 
faits en collaboration avec d'autres musiciens. 

Engagé comme compositeur au théâtre de 
Diui y-Lane, sous la direction de Garrick, Dibdin 
donna une preuve de son talent musical dans 
l'intermède de Padlock, qui fut représenté pour 
la première fois en 1768, et où il joua le rôle de 
Mungo avec un grand succès. Il composa en- 
suite la musique île différentes pièces pour le 
même théâtre; mais les titres en sont presque 



entièrement oubliés. Celle du Jubilé est la plus 
connue, car elle fut représentée quatre-vingt- 
treize fois dans une saison, et elle a été reprise 
souvent. Les ouvrages que Dibdin fit ensuite 
furent écrits et composés par lui seul. Les 
plus célèbres furent The Waterman ( le Ba- 
telier), The Quaker (le Quaker), The Deser- 
tur ( le Déserteur), traduit du français, et Liber- 
ty-Hall (le Palais de la liberté). Plusieurs airs 
de ses opéras, principalement de Liberty- H ail, 
ont été populaires. Le terme de l'engagement de 
Dibdin à Drury-Lane étant expiré, et quelques 
différends s'étant élevés entre lui et Garrick, il 
résolut de se rendre indépendant des directeurs 
de spectacles, et se hasarda à établir à Exeter- 
Exchange une nouvelle espèce d'amusement, qui 
consistait en marionnettes musicales; il annonça 
ce spectacle sous le nom de The Comic Mir- 
ror ( le Miroir comique). Ces marionnettes re- 
présentaient des caractères connus, et quelque- 
lois faisaientallusionàdes personnages politique*. 
Il écrivit aussi pour le théâtre de Sadler's- Wells 
une grande quantité de bagatelles, et, à l'ouver- 
ture du théâtre appelé le Cirque royal, il eut 
un engagement comme directeur et comme com- 
positeur. Cela ne dura toutefois qu'une saison ; 
quelques difficultés étant survenues, la société fut 
dissoute, et Dibdin ne retira qu'une perte assez 
considérable «le ses efforts. 

Dans l'année 1788 il publia un livre intitulé 
A musical Tourthrough England (Voyage mu- 
sical en Angleterre) ; Sheffield, 1788, un vol. in-4* 
de 443 pages, avec quelques morceaux de mu- 
sique. Cetouvragecontient quelques faits curieux 
dans une suite de lettres. Les lettres 69 à 74 renfer- 
ment la liste des principaux ouvrages que Dibdin 
a écrits pour le théâtre. Le voyage musical de cet 
artiste avait été entrepris pour lui fournir les 
moyens de se rendre dans 1 Inde; il s'embarqua 
en effet, mais, un temps peu favorable ayant obligé 
le vaisseau de jeter l'ancre à Torbay, Dibdin 
changea de résolution et retourna à Londres. Il 
composa alors pour une réunion, dans King-Sf reet, 
l'intermède The Whim of the moment ( le 
Caprice du moment) , qu'il exécuta seul. Pour 
donner une idée du succès de cet intermède, il 
suffit de dire que, dans l'espace de quelques se- 
maines, il a été vendu dix-sept mille exemplaires 
d'un de ses airs, Poor Jack (Pauvres Jacques), 
qu'on a aussi chanté en France à cette époque. 
En 1790 Dibdin prit à bail le local appartenant 
à la Société polygraphique, et y éleva un théâtre 
où il fit représenter plusieurs pièces de sa com- 
position. Quelques années après il ouvrit un 
nouveau théâtre à Leycester-Place, qu'il nomma 
Sans-Souci, et où il donna dix opéras-comique*. 



16 



DIBD1N — DICKONS 



Directeur, compositeur de musique, auteur des 
canevas des pièces et seul acteur de ce petit 
théâtre, il y fit fortune par sa gaieté, par ses 
hymnes à l'honneur de la Grande-Bretagne, et 
surtout par ses sorties furibondes contre la France 
et la Révolution ; mais le changement de système 
politique de l'Angleterre, après la mort de Pitt, 
ruina l'entreprise de Dibdin, qui, forcé d'y re- 
noncer, se fit marchand de musique dans le 
Strand. Celte spéculation n'ayant pas été lieu- 
reuse, Dibdin serait tombé dans la misère si 
quelques personnes de la haute société ne s'é- 
taient intéressées à son sort, et ne lui avaient 
lait une rente viagère dont il jouit jusqu'en 1815, 
époque de sa mort. Après avoir travaillé quarante- 
deux ans pour les divers théâtres de Londres, il 
s'est retiré en 1804, et a publié dans cetle année 
un poëme didactique sur la musique, intitulé : 
The harmonie preceptor, a didactic poèm, in 
three parts; Londres, 1804, in-4° de 150 pages, 
avec quatorze planches. On a aussi de lui un 
traité élémentaire de musique intitulé : Music 
epitomised in which the whole Science of 
Music is cleojrly explained from thesimplest 
rudiments to the principles of thoroug bass 
and harmony (Abrégé de musique dans lequel 
toute la science musicale est expliquée avec clarté, 
depuis les premiers principes jusqu'à la basse 
continue et l'harmonie) ; Londres, sans date, 
1 vol. in-12. Cet ouvrage eut beaucoup de succès. 
La. neuvième édition a été publiée par J. Jousse 
avec des additions et des changements ; Londres, 
Goulding et Dalmaine (s. d. ), in-12. Le nombre 
de pièces mises en musique par Dibdin s'élève 
à plus de cent vingt, et l'on y compte plus de neuf 
cents airs et beaucoup de morceaux d'ensemble. 
J'en possède une grande collection formant 6 vo- 
lumes in-folio, et je n'ai pas tout. Dibdin a été 
lui-même l'éditeur de tous ces morceaux. Il a 
écrit aussi plusieurs œuvres de sonates pour le 
piano, et d'autre musique instrumentale. Comme 
prosateur il a publié plusieurs ouvrages, parmi 
lesquels on remarque une histoire de la scène 
anglaise (Londres, 1795), 5 volumes in-8°, et 
les Mémoires de sa vie ( Londres, 1802), 4 vo- 
lumes in-8°. 

DIBDIN ( Miss), née à Londres en 1787, a eu 
la réputation d'une harpiste habile. Elle com- 
mença à étudier la harpe en 1808, sous la di- 
rection de Cballoner, et se fit entendre en pu- 
blic pour la première fois, en 1815, dans un 
concert de Covent-Garden. Depuis lors elle a 
reçu des leçons de Bochsa. Elle a été professeur 
adjoint àl' Académie royale de musique à Londres. 

DICEARQUE , philosophe péripatélicien, 
naquit en Sicile, trois cent quarante -sept ans 



avant l'ère chrétienne. Il avait écrit un traité de 
musique qui s'est perdu. 

DICELIUS (Jean-Sébastien), cantor à 
Tondern, dans le duché de Schleswig, en Dane- 
mark, naquit à Schmalkalden, dans la Hesse, 
vers 1648. Il étudiait la mrdecine à l'université 
d'Iéna en 1669, et vivait encore en 1693. On a 
de lui une cantate intitulée : Nacht-Musik auf 
Schenckii Geburistag, a canto solo con ritor- 
nel/o a 2 violini e continuo ; Jéna, 1669, une 
feuille in-fol. 

DICKHUT (Chrétien), virtuose sur le cor, 
le violoncelle et la guitare, était attaché à la cour 
de Mannheim en 1812. Il s'est fait connaître par 
quelques compositions pour ces instruments. 
Parmi ces ouvrages on remarque : 1° Six pièces 
pour deux cors à clefs ou bugles, cornet de 
poste, cinq trompettes, quatre cors, trois trom- 
bones et deux trompettes basses; Mayence , 
Schott. — 2° Trois duos pour deux violoncelles, 
op. 2 ; ibid. — 3° Dix-huit trios pour trois cors ; 
ihid. — 4° Marches et fanfares pour sept trom- 
pettes, quatre cors, deux cors de signal, et trois 
trombones ; ibid. — 5° Trois sérénades et un trio 
pour guitare, flûte et cor, œuvres 1, 3, 4 et 6. — 
6° Concertante pour deux cors, exécutée à la cour de 
Manheimen 1815; Mayence et Manheim.Dickhut 
a contribué an perfectionnement du cor, en 1811, 
par l'invention de la coulisse d'accord, qui, lorsque 
l'instrument élève ses intonations, par l'effet de 
la chaleur, allonge le tube et sert de compensa- 
teur. 

DICKIIXSOIV (Edmond), médecin anglais, né 
en 1624 à Appleton, dans le comté de Berks, fit 
ses études à Oxford et mourut en 1707, âgé de 
quatre-vingt-trois ans. Au nombre de ses ou- 
vrages, remplis d'une érudition profonde, on en 
trouve un, publié après sa mort, sous le titre de 
Periodica exegesis, sive celeberrimorum Grœ- 
cix ludorum déclaration Londres, 1739, in-8°. 
Il y traite de la musique dans les jeux publics de 
l'ancienne Grèce. 

DICKONS (Madame), précédemment Miss 
Poolé, cantatrice, née à Londres vers 1780, 
cultiva la musique avec succès dès ses premières 
années. A l'âge de six ans elle jouait sur le piano 
les concertos et les fugues de Haendel avec beau- 
coup de précision. Quelques années plus tard, 
son père la confia aux soins de Rauzzini (voy. ce 
nom), alors fixé à Bath, pour la direction de ses 
études de chant. A treize ans elle chantait déjà 
dans les concerts du Vauxhall, et bientôt après 
elle eut un engagement pour le concert de la mu- 
sique ancienne, à Hannover Square. Engagée au 
théâtre de Covent-Garden, elle y débuta avec 
succès dam des traductions d'opéras français, 



DICKONS — D1DYR1K 



17 



entre autres dans la Nina de Dalayrac. Sa répu- 
tation, q»i commençait à s'étendre, la fit appeler 
en 1800 au théâtre du Roi, sous l'administration 
de Taylor. L'absence de M me Billington lui fut fa- 
vorable, et les applaudissements du public l'ac- 
cueillirent dans plusieurs rôles, particulièrement 
dans celui de la Comtesse du Mariage de Fi- 
garo; mais, au retour de la célèbre cantatrice an- 
glaise dans sa patrie, Miss Poole vit son étoile 
pâlir. Son engagement terminé", elle ne crut pas 
devoir soutenir une lutte inégale, et elle se retira 
du théâtre du Roi pour voyager en Ecosse, en 
Mande et dans quelques-uns des comtés d'An- 
gleterre. Cette tournée fut aussi fructueuse pour 
sa renommée que pour sa fortune. De retour à 
Londres, elle s'y maria et entra au théâtre de 
Drury-Lane, sous le nom de M me Dickons. Elle 
y resta jusqu'en 1816. M ïae Catalani, qui venait 
de se charger de la direction du Théâtre-Italien 
de Paris, l'y appela pour y remplir à côté d'elle 
les seconds rôles ; mais M me Dickons n'y a pas 
eu la faveur du public parisien ; elle se tendit en 
Italie à la fin de la saison, et y fut plus heureuse, 
particulièrement à Venise, où elle eut de beaux 
succès. Après cinq années de séjour dans ce pays, 
elle prit, en 182',!, la résolution de quitter la 
scène, quoique sa voix fût encore belle et facile. 
Une maladie cruelle (le cancer du sein) com- 
mençait à lui rendre le repos absolument néces- 
saire. Elle se retira dans sa patrie, où ses vertus 
et l'agrément de sa conversation lui firent de nom- 
breux amis. Une attaque de paralysie vint tout 
a coup aggraver ses maux, qu'elle supportait avec 
une pieuse résignation, et la conduisit au tom- 
beau, le 4 mai 1833. 

D1DAY (E.), médecin de la Faculté de Pa- 
ris, a donné, avec son confrère Pélrequin, 
une bonne théorie physiologique de la voix som- 
brée, dans la Gazette médicale (Paris, 1840, 
t. VIII, p. 301 et suiv.). Les auteurs de cette 
dissertation établissent que, dans l'emploi de celte 
voix, le larynx ne change pas de place, quelle 
que soit l'intonation-; que le cartilage thyroïde 
demeure immobile, dans une situation moyenne 
entre l'élévation et l'abaissement extrêmes ; enfin, 
que le chanteur, au lieu de renverser la télé 
pour allonger le cou, conserve son attitude ordi- 
naire. Les mêmes auteurs ont donné un article 
remarquable, dans la Gazette médicale (ann. 
1844, t. XII, p. 222 et suiv. ), sur le mécanisme 
de la voix de fausset (voir sur cet article une 
note de Jourdan, dans le Manuel de Physiologie 
de Muller, t. II, p. 192 ). 

DIDEROT (Denis), fils d'un coutelier de 
Langres, naquit dans celle ville en 1712. Pas- 
sionné pour les lettres, les sciences et les arts, 

BIOCK. UNIV. HES MUSICIENS. — T. III. 



il vint à Paris fort jeune, afin de suivre son pen- 
chant, se lia avec les hommes de lettres les plus 
célèbres, et, après avoir publié plusieurs ouvra- 
ges, conçut le projet de {'Encyclopédie, et 
l'exécuta avec d'Alembeit On trouve des détails 
sur la vie et les ouvrages de ce philosophe dans 
tous les Dictionnaires historiques; il n'est consi- 
déré ici que dans ce qu'il a fait relativement à la 
musique. 

En 1748 il fit paraître à La Haye un recueil 
intitulé : Mémoires sur différents sujets de 
mathématiques , in-S°. On y trouve : 1° Des 
Principes d'acoustique, oh la matière est traitée 
avec beaucoup de simplicité. — 2° Projet d'un 
nouvel orgue; il y propose une nouvelle cons- 
truction de l'orgue à cylindre, où l'on pourrait 
varier les airs à volonté et à l'infini , sans chan- 
ger de cylindre : c'était une idée inexécutable. 
— 3" Observations sur le chronomètre. Ces 
Mémoires se trouvent dans les diverses éditions 
îles oeuvres complètes de Diderot qui ont été 
publiées. Lichtenthal a cru que les Principes 
d'acoustique sont un ouvrage différent des Mé- 
moires de mathématiques : c'est une erreur. 
Tous les articles relatifs à la construction des 
instruments qui se trouvent dans l'Encyclopédie 
sont de Diderot. C'est lui aussi qui a rédigé les 
Leçons de clavecin de Remetzrieder ; l'originalité 
de son style a procuré une sorte de célébrité à 
ce livre, qui, d'ailleurs , n'en méritait aucune. 
Diderot est mort à Paris, le 30 juillet 1784. 

DIDIER LUPI SECOND. Voyez Luri 
( Didier ) . 

DIDYME , musicien grec et écrivain sur la 
musique, né à Alexandrie, était fils d'Héraclide, 
et, selon Suidas, vivait au temps de Néron. 
Porphyre dit, dans son commentaire sur Pto- 
lémée , que Didyme a écrit un livre en faveur 
des proportions musicales dePythagore contre le 
système égal d'Aristoxène , ce qui lui avait fait 
donner le nom de Pythagoricien. Cet ouvrage 
paraît être perdu, mais Porphyre nous a donné 
un abrégé delà doctrine qu'il renfermait (Com- 
ment, in Harnwn. Ptolem., p. 210, éd. 
Wallis.) Ptolémée a cité aussi Didyme en 
beaucoup d'endroits de son traité des harmoni- 
ques, mais il le critique avec amertume et 
souvent avec peu de justesse. En d'autres pas- 
sages il adopte ses idées et s'en empare sans le 
citer; c'est du moins ce qui lui a été reproché 
par Porphyre (voy. Comment, in Harmon. 
Ptolem., p. 190, cd. Wallis.) Le genre dia- 
tonique, ou plutôt unitonique, conforme à la 
tonalité du plain-chant , passe pour avoir été 
formulé d'une manière régulière par Didyme , 
souslen^m de diatonique synton , suivant la 

2 



18 



DIDYME - DIETERICH 



doctrine de Pythagore. Ce synton diatonique 
de Didyme est préférable à celui de Ptolémée, 
en ce qu'il offre l'octave divisée en deux tétra- 
cordes parfaitement réguliers, ce qui n'a lieu 
dans le synton de Plolémée qu'en altérant la 
tonalité. C'est ce qu'on peut voir dans les deux 
tableaux suivants, où l'on trouve pour chaque 
intervalle les nombres des proportions dePylha- 
gore. Le synton de Didyme est conforme au 
quatrième tondu plain-chant ; celui de Plolémée 
donne naissance au plagal du premier. 

Synton diatonique de Didyme. 
mi fa sol la. 

si ut ré mi. 

If, 9 10 

15 8 9 

Synton de Ptotémée. 



la 


si b 




ut 


ré. 


mi 


fa 




sol 


la. 




1G 


9 




10 




15 


8 




9 



On trouve des détails étendus sur la question 
de ces deux syntons dans le traité de musique 
«le Salinas (De Musica, lib. IV, cap. 25, 26), 
et dans un discours de Doni (adressé au P. 
Kircher), Del Sintono di Didimoe di Tolomeo 
( t. 1 délie Opère, p. 349-355). 

DiEPPO (Antoine-Guillaume), virtuose 
tromboniste, est né le 28 novembre 1808 à 
Amersfoort, dans ,1a province d'Utrceht, en 
Hollande. Dès sa jeunesse il entra dans la musi- 
que d'un régiment hollandais qu'il quitta plus 
tard pour se rendre à Paris; où il fit admirer son 
talent dans quelques concerts. En 1831 il fut 
attaché à l'orchestre de l'Opéra, et en 1830 une 
classe de trombone fut instituée pour lui au 
Conservatoire de Paris; il en est encore aujour- 
d'hui le professeur ( 1S60). M. Dieppo a publié, 
pour l'usage de ses élèves : Méthode complète 
de Trombone adoptée par le Conservatoire, 
avec tablature et positions ; Paris , Brandus, 
in-4°. 

DI ES (Albert C), bon peintre paysagiste 
de Vienne né à Hanovre en 1755, mort à 
Vienne! le 28 décembre 1822, a publié une no- 
tice biographique sur Haydn. Cette monographie 
a pour titre : Haydn's Biographie, nach mund- 
lichen Erzxhlungen , Vienne, Camesina (Heub- 
ner), 1810, in-8° de 220 pages. 

DIETERICH (Sixte) ou DÏETRICH, 
compositeur du seizième siècle, né à Augsbourg, 
vécut habituellement à Constance. Son nom la- 
tinisé, dans quelques anciens recueils de motels, 
est Tltcodoricus. Les circonstances de la vie de 



cet artiste sont ignorées jusqu'à ce jour; mais 
quelques-unes de ses compositions mises en 
partition m'ont démontré que son mérite est 
égal à celui des meilleurs musiciens de son temps. 
Deux ouvrages importants de sa composition 
ont été imprimés; malheureusement ils sont au- 
jourd'hui d'une rareté excessive. Le premier a 
pour titre : Magnificat octo lonorum, auctore 
Xisto Theodorico, Liber primus ; Argentorati, 
per Petrum Sclvœffer et Mathiam Apiarum , 
1535. Sexta die Mardi. On en trouve un exem- 
plaire à la bibliothèque royale de Munich, au- 
quel manque la partie de basse. Le savant M. An- 
toine Schmid croit à l'existence d'une deuxiè- 
me édition qui aurait été donnée par les mômes 
imprimeurs (I), dans la même ville, parce qu'il 
se trouve aussi une partie de ténor séparée du 
même ouvrage, qui, à la fin de l'épltre dédica- 
toire, porte la date de 1537, bien que celle de 
1535 se lise après les noms des typographes. Pour 
moi, j'avoue qu'une deuxième édition si rap- 
prochée de la première ne me paraît pas vrai- 
semblable , et je crois que la date de l'épître 
dédicatoire est le résultat d'une faute typogra- 
phique. Je possède les parties du dessus et de la 
basse de ces Magnificat, dans lesquelles on ne 
trouve ni le titre, ni le nom de l'auteur, et qui 
sont également dépourvues de nom d'imprimeur, 
de lieu et de date. Le dessus a seulement au 
milieu de la première page un grand D(Dis- 
cantus), et la basse un grand B (Bassus), au- 
dessous duquel on lit : Magnificat, Liber pri- 
mus. Le titre, le nom de l'auteur, celui de l'im- 
primeur, le lieu et la date ne se trouvent qu'à 
la partie de ténor , ainsi qu'on le voit dans 
l'exemplaire de Munich. L'autre ouvrage, non 
moins rare, de Sixte Dieterich , s'est trouvé 
complet chez M. Bulsch , libraire à Augsbourg, 
au mois de mars 1840, sous ce titre : Noimm 
ac insigne opus musicum 30 Antiphona- 
rum quatuor vocum ; Vilebergaj, apn'd G. Rau 
(sic), 1541, 4 vol. in-4° obi. (V. Catalog 
einer Sammlung seltener Notendrucke des 
XVI und XV II Jahrhunderts, etc. Zu haben 
in der Birelt'schen Antiquariats-Buchhand- 
lung F. Buisch , in Augsburg , 1840, p. 6 ). On 
trouve des psaumes de Dieterich , à 4 et 5 voix, 
dans la collection intitulée : Tomus primus 
Psalrnorum selectorum a prxstanlissimis 
musicis in Ilarmonias quatuor aut quinqua 
vocumredactorum ; Norimbergx, apudJohan. 
Petreium, 1 538, in-4°obl. Des pièces du même 
artiste se trouvent dans les Selcctissimxnec- 
non familiarissimx canlioncs ultra cenlum , 

|i) Ottaviuno dei Petrucci de Fossombrone, etc., 
p. 178. 



DIKTERICII — D1ETRICIISTEIN 



I!) 



publiées par Melchior Kricsstein , à Augsbourg, 
pu 1540, petit in-8° obi. On eu trouve aussi dans 
les collections suivantes : Cantiones septevi,sex 
et quinquevocum;Mà., 1545, petit in-4°obl.; 
Concentus octo , sex, quinque et quatuor vo- 
cum, etc.; Auguslx Vindelicorani ,'Philippus 
Vhlhardus excudebat, 1545, petit in-4°obl.; 
dans le recueil de 251 ebansons allemandes pu- 
blié en 2 parties, en 1539 et 1540, à Nuremberg, 
par J. Petrejus; dans les Neice geistliche Ge- 
sange C XXIII mit 4 und 5 Stimmen, etc.; 
Wittenbcrg , G. Rhaw , 1544; et enfin *lans la 
Bicinia Gallica,La(ina et Germanica, etquœ- 
dam fugx , tomi duo; ibid. 1545, petit in-4". 
Glaréan nous a conservé trois morceaux de ce 
compositeur, p. 276, 328 et 343 de son Dode- 
cachordon. J.-G. Schieleji attribue à Dieterich 
un Compendium musicale ; mais il ne dit pas 
si cet ouvrage est imprimé. 

DIETERICH (Conrad), né à Gemunda, 
dans la Hesse, le 9 janvier 1575 , fut surinten- 
dant d'Ulm et directeur du Gymnase de cette 
ville, où il est mort le 22 mars 1639. On a de 
lui une dissertation allemande intitulée : Ulmis- 
che Glockenpredigt , darinn von der Erfln- 
dung, Brauch und Missbrauch der Glocken 
in der Kirche Gottes gehandelt wird (Ser- 
mon sur les cloebes d'Ulm , dans lequel on 
traite de l'origine des cloebes, de leur usage et 
de leur abus dans l'Eglise); Ulm, 1625, in-4°. 
C'est un écrit savant et l'un des meilleurs qu'on 
puisse consulter sur cette matière. 

DIETERICH (Jean-Conrad), pbilologue 
et helléniste , né But/bacb, en Wétéravie, le 19 
janvier 1612, étudialesbelles-lettreset la théologie 
à Marboiirg. En 1639 il fut nommé professeur de 
grec à l'université de cette ville, et passa ensuite 
à Giessen pour y exercer les mêmes fonctions. 
Il est mort dans cette dernière ville, le 24 juin 
1669. Au nombre de ses ouvrages, on en trouve 
un intitulé Antiquitates biblicx, publié après sa 
mort par Pistorius ; Giessen, 1671, in-fol. Il 
traite au sixième chapitre , p. 349-353, de Mu- 
sica sacra. 

DIETERICH (Frédéric-Georges). Voyez 
Dieterick, ci-dessous. 

DIETERICH (Frédéric-Georges), né à 
Halle en 1686, eut pour premier maître J. Sa- 
muel Wetter, organiste de Saint-Michel de cette 
ville, et apprit la composition sous la direction 
de J.-G.-C. Slœrl, maître de chapelle à Stutt- 
gart! . Le roi de Danemark, devant qui il toucha 
du clavecin , eu 1708, fut si satisfait de son jeu 
qu'il lui lit présent d'une médaille d'or. En 1710 
il alla en Italie pour s'y perfectionner dans la 
composition et le jeu du clavecin, sous Vinao- 



cesi; puis, en 1711, il rovintà Malle occuper la 
place d'organiste de Sainte-Catherine, et en 1720 
il succéda h Wetter dans son emploi. Il mourut 
vers 1750. Plusieurs pièces d'orgue de sa com- 
position se trouvent en manuscrit dans divers ma- 
gasins de musique de l'Allemagne. 

DIETRICH (Georces) est le nom véri- 
table de l'auteur d'un petit ouvrage intitulé : 
Quxstiones musicx brevissimx, variis aucto- 
ribus excerptx , et illustratx variis exemplis, 
ad usum puerorum scholx Misniensis a 
Georgio Thedorico Miseno ; Gcertilz , Ambroise 
Fritsch, 1573, petit in-8° de 4 feuilles non pa- 
ginées. C'est ce même auteur qui est appelé 
ThédoricparLipénius (Biblioth. philos, p. 978), 
et par Drandius (Biblioth. classica, p. 1642); 
je les ai suivis dans l'article Thédoric de la pre- 
mière édition de cette Biographie des Musiciens. 
Gerber le cite sous le nom de Misenus, ayant 
pris l'indication de la patrie de ce musicien pour 
son nom propre. Lichtenthal et Becker ont 
changé, dans leurs Bibliographies musicales, 
Thédoric en Tbéodoric. Dietrich, né à Meissen 
dans la première moitié du seizième siècle, était 
Cantor dans cette ville. C'est le même auteur 
qui a publié à Nuremberg, en 1565, des Can- 
tiones funèbres plurium vocum , en latin et en 
allemand, in-4° obi. 

DIETRICH. Plusieurs musiciens de l'épo- 
que actuelle se sont fait connaître comme com- 
positeurs de' bagatelles sous ce nom. F. Dietrich 
a publié des polkas pour le piano, à Prague ; J. 
Dietrich, des polkas et des galops, à Leipsick; 
M. Dietrich , des polkas, des valses et des chants 
sans paroles, à Varsovie; G.-A. Dietrich, des 
chants des Alpes pour 4 et 5 voix d'hommes, à 
Stuttgard. 

DIETRICHSTEIN ( Maurice - Joseph , 
comte de), conseiller privé et chambellan de 
l'empereur d'Autriche, est né à Vienne, le 19 fé- 
vrier 1775, d'une des familles les plus anciennes de 
la monarchie autrichienne. Dès son enfance il lit 
voir d'heureuses dispositions pour les sciences , 
les arts, et particulièrement la musique; on lui 
donna des maîtres pour les développer. En 1791 
il entra dans la carrière militaire; il se rendit à 
l'armée en 1792 et s'y distingua dans le corps 
d'artillerie comme général -adjudant. Après la 
paix de 1800 il quitta le service, épousa la 
comtesse deGilleis, et se livra à la pratique des 
arts. Lié d'amitié avec le poète Collins et l'abbé 
Stadler, compositeur distingué, il les servit de 
tout son pouvoir, dans toutes les circonstances de 
leur vie. En 1815 l'empereur François II choisit 
le comte de Dieti ichslein pour diriger l'éducation 
du duc de Reichsstadt. Quatre nus après, l'intei:- 

2. 



20 



DIETRïCHSTEiN — DIETTER 



dance delà -chapelle île ia cour lui fut confiée, 
et les soins qu'il y donna en améliorèrent beau- 
coup la musique. En 1821 l'empereur ajouta à 
ses fonctions la direction supérieure des théâtres 
•le la cour ; et enfin, en 1S26, le monarque le 
nomma conservaleur en chef de la bibliothèque 
impériale, l'une des plus considérables et des 
plus précieuses de l'Europe. Le comte de Die- 
trichstein est mort à Vienne au mois de juillet 
1854, ,à l'âge de près de quatre-vingts ans. On 
a de sa composition : 1° Cinq recueils de 
douze danses chacun, pour piano àqiiatre mains; 
Vienne, Weigl, Haslinger, Mechetti et Diabelli. 
— 2° Douze valses de redoute avec trios pour 
piano à quatre mains; Vienne, Diabelli. — 
,i° Douze menuets avec trios pour piano seul ; 
Vienne, Mechetti. — 4° Douze danses allemandes 
pour piano seul; ibid. — 5° Huit recueils de 
chansons allemandes pour voix seule, avec ac- 
compagnement de piano ; Vienne, Arlaria et Has- 
linger. — ^Six romances françaises et alleman- 
des; Vienne, Diabelli. 

rMETSCH (Pisrrê-Louïs- Philippe), maître 
de chapelle de l'église de la Madeleine, à Paris, 
et chef d'orchestre à l'Opéra, est né à Dijon le 17 
mars 1808, suivant les registres du Conservatoire 
et des concours de composition à l'Institut de 
France, ou le 18 du même mois d'après la bro- 
chure de M. Poisot (les Musiciens bourgui- 
gnons , p. 49). D'abord enfant de chœur, il 
commença son éducation musicale dans la 
maîtrise de la cathédrale, dirigée par un musi- 
cien italien de mérite , nommé Travisini. En 
1822 ses parents l'envoyèrent à Paris, et Cho- 
ron l'admit au nombre de ses élèves, dans l'é- 
cole de musique classique et religieuse. Après 
deux ans d'études dans cette institution, il y 
remplit les fonctions de professeur d'une classe 
élémentaire. En 1830 (4 janvier) il fut admis au 
Conservatoire |>our y suivre le cours de contre- 
point de Reicha, et il étudia la contrebasse sous 
la direction de Clienié ; mais il quitta celte école 
au mois de lévrier 1831 , sans avoir achevé ses 
études. Il entra à la même époque à l'orchestre 
du Théâtre-Italien en qualité de contrebassiste , 
puis à celui de l'Opéra, où il fut ensuite un des 
chefs du chaul. Ayant obtenu en 1830 la place île 
maître de chapelle de l'église Saint-Euslache, il 
en dirigea le chœur pendant douze ans et y lit 
entendre ses premières compositions de musique 
religieuse. En 1834 il se présenta au concours 
de l'Institut pour le grand prix de composition ; 
mais, son essai n'ayant pas réussi , il ne lit plus 
de nouvelles tentatives. Le 9 novembre 1842 il a 
fait représenter à l'opéra de Paris le Vaisseau 
fantôme, ouvrage en deux actes de sa compo 



silion, sur le même sujet que te Hollandais 
volant, de Richard Wagner. Cet opéra ne 
réussit pas et n'indiqua point chez son auteur 
les qualités nécessaires pour le style dramati- 
que. M. Dietsch s'est particulièrement attaché a 
la musique d'église et a beaucoup écrit en ce 
genre. Ses messes, dont on n'a publié qu'une 
partie, sont au nombre de dix-sept, tant avec, 
orchestre qu'avec accompagnement d'orgue. Les 
trois premières ont paru à Paris chez M n,e Ca- 
naux. On a aussi de lui beaucoup de motets , 
hymnes, Magnificat et Te Deum; ibid. Cet ar- 
tiste a succédé à Girard (voy. ce nom) comme 
chef d'orchestre de l'Opéra de Paris, au mois de 
janvier 18G0. 

DIETTENHOFER (Joseph), professeur 
de musique à Londres, vers la fin du dix-hui- 
tième siècle, était né à Vienne en 1749. Il lit 
ses études musicales dans sa ville natale et vint 
à Paris en 1778. Deux ans après il partit pour 
Londres, où il vivait encore en 1799. Il y fil 
graver trois œuvres de trios pour le clavecin, 
avec violon, et y publia un ouvrage élémen- 
taire sur l'accompagnement et l'harmonie , 
sous ce litre : An Introduction to musical com- 
position, or a préparation for the sludij of 
counierpoint, through an original treatise on 
Thorough Bass,ichich is the firststep towards 
composition, etc., 1799, in-fol. 

DIETTER (Cukétien-Louis), né le 13 juin 
17ô7 à Ludwigsbourg, dans le Wurtemberg, 
entra en 1770 au collège Carolinien et s'y con- 
sacra d'abord à l'étude de la peinture. Ses loisirs 
étaient employés à la musique, et ses progrès 
furent si rapides que le duc de Wurtemberg lui 
conseilla de se livrer exclusivement à cette car- 
rière. L'instrument qu'il choisit fut le violon ; 
mais dans la suite il apprit aussi à jouer de plu- 
sieurs instruments à vent, et particulièrement du 
basson. Ses maîtres de musique lurent Seuber 
et Celestini. Il prit aussi quelques leçons de com- 
position de Raroni, maître de chapelle du prince; 
mais ce fut surtout à l'étude des partitions de Jo- 
melli et des grands maîtres italiens qu'il dut les 
connaissances qu'il acquit dans cet art. Dans les 
années 1776 et 1777 il obtint les médailles dé- 
cernées au concours, et en 1778 il reçut la même 
distinction pour la composition. Il était encore 
à l'Académie lorsqu'il publia, en 1781 , son pre- 
mier ouvrage, qui consistait en un concerto pour 
le cor, et dans la suite il fit paraître quatre 
concertos pour la fliïic, deux concertos pour 
le basson , une symphonie concertante pour deux 
finies, une idem pour deux bassons; soixante- 
trois duos pour deux flûtes, œuvres 9, 10, 21, 
22, 23, 24, 25 et 29 ; douze duos pour deux bas- 



DIETTEÏl — DIETZ 



i>» 



R«ns; six sonates pour le basson, livres 1 et 2, 
Leipsick, 1803; six danses allemandes avec 
«liant, pour le clavecin, Stultgard , 1794; 
Elisonda, opéra en un acte, 1794 ; plusieurs 
recueils d'airs variés pour la llûte, le basson et 
la clarinette. Dietter est mort en 1822. Sa musi- 
que a joui de quelque réputation en Allemagne. 
En 1781 il avait été nommé premier violon de la 
chapelle du duc de Wurtemberg , à Stuttgard ; 
il ne quitta cette place qu'en 1817, et il obtint une 
pension de retraite. Outre les ouvrages cités pré- 
cédemment, il a écrit pour la cour de Stuttgard 
beaucoup d'opéras-comiquesoù régne une verve 
assez remarquable. Parmi ces productions on 
cite : 1° Der Scholz im Dorfe (l'Écbevin au 
village). — 2° Der Irwisch (le Feu follet). — 
3° Der Rekruten auslwb (le Recrutement). — 
4,° Laura Rosetti. — 5° Belmontet Constance. 
-— 6° Glilcklich zusamvien Gelogen ( l'Heu- 
reux Mensonge mutuel). — 7° Die Dorfdepu- 
iirten ( les Députés du village). — 8° Der Luft- 
ballon (le. Ballon aérostatique). — S) Eli- 
sonda, etc. Il a laissé en manuscrit : trois 
concertos pour violon , six solos pour le même 
instrument, quatre concertos de cor, huit con- 
certos pour la flûte , quatre symphonies concer- 
tantes pour deux flûtes, sept concertos pour le 
basson, quatre concertos pour le hautbois, et une 
symphonie concertante pour deux hautbois. 

DIETZ (Jean-Sébastien), né dans la Fran- 
conie vers 1720 , fut maître du chœur de l'église 
paroissiale de Wasserburg sur l'Inn (cercle de 
l'Iser). 11 a publié : Alphabetarius Musicus , 
exhibens 1 missx solemnes in claves ordina- 
rias distribut as , et secundum stylum moder- 
num, at tamen ecclesiasticum, elaboratas , 
op. 1 ; Augsbourg, 1753, in fol. 

DIETZ (Joseph), né en Prusse vers 1735, a 
IHiblié à Nuremberg , en 1768 , une sonate pour 
le clavecin, avec violon. Il a fait paraître aussi 
dans la suite, à Amsterdam et à Paris, trois 
œuvres de six trios pour le clavecin, avec violon 
et basse. 

DIETZ ( Jean-Chrétien ), mécanicien dis- 
tingué, né en 1778 à Darmstadt, puis établi à 
Emmerich, sur le Rhin, s'est fait connaître par 
l'invention de plusieurs instruments de musique , 
notamment par le Mêlodion et le Claviharpe. 
Le premier de ces instruments, qui fut achevé 
en 1805, avait la forme d'un petit piano carré. 
Sa longueur était d'environ quatre pieds, sa 
hauteur et sa largeur de deux pieds. Les sons, 
assez semblables à ceux de l'harmonica, mais 
beaucoup plus forts, élaient produits par le frot- 
tement de tiges métalliques, et pouvaient être 
modifiés dans leur intensité par la pression plus 



ou moins forte des doigts sur les touches. Le 
Mêlodion fut entendu en 1806 dans les voyages 
<pie fit alors Dietz en Westphalie et en Hollande. 
Vers le môme temps cet artiste s'établit dans 
ce dernier pays- et y fonda une fabrique d'ins- 
truments et de divers objets de mécanique; mais 
après quelques années il se transporta avec sa 
famille à Paris, et y lit connaître un nouvel ins- 
trument qu'il avait inventé et auquel il donna 
le nom de Claviharpe. Cet instrument ingénieux 
était composé d'un corps assez semblable pour 
la courbe de la tèle à celui d'un grand piano 
tenversé verticalement, avec un clavier placé 
en saillie, comme aux pianos droits. Les tou- 
ches de ce clavier faisaient mouvoir de petits 
crochets garnis de peau, qui pinçaient des cordes 
de métal lilées de soie. Quatre pédales servaient 
à modifier de diverses manières les sons de 
l'instrument , qui , bien que moins prolongés que 
ceux de la harpe,, étaient néanmoins beaux et 
moelleux. La facilité du jeu du claviharpe au- 
rait dû lui procurer plus de succès qu'il n'en ob- 
tint; mais on a en lieu de remarquer que tout 
ce qui n'est pas d'un usage habituel et spécial 
dans la musique est accueilli avec indifférence, 
quel que soit d'ailleurs le mérite de l'invention. 
C'est ainsi qu'une multitude d'instruments ingé- 
nieux et d'un effet agréable ont été condamnés à 
l'oubli. Dietz avait obtenu un brevet d'invention 
pour son instrument le 1 8 février 1 8 1 4 ; mais le Cla- 
viharpe construit par son fils ne parut en public 
qu'à l'exposition des produits de l'industrie, au 
Louvre, en 1819. En 1812 M. Dielz acheva le 
Trochléon, instrument composé d'un archet 
circulaire agissant sur des tiges métalliques, 
qu'on entendit jusqu'en 1819. A cette époque 
Dietz avait quitté Paris pour fonder un éta- 
blissement de machines hydrauliques à Bruxelles. 
Cet habile mécanicien s'est , pendant quelques 
années, exclusivement occupé de la construction 
de remorqueurs à vapeur pour des voitures de 
tout genre sur les roules ordinaires. On a publié : 
Description du Claviharpe, inventé par 
M. Dietz père et exécuté par M. Dietz fils ; 
Paris, 1521 , 19 pages in-8°, avec une planche qui 
représente l'instrument sous ses différents as- 
pects. Dietz est mort en Hollande, vers 1845. 
DIETZ (CHRÉTtEN), fils du précédent, né à 
Emmerich vers 1801, s'est fait connaître comme 
inventeur de plusieurs instruments de musique 
et comme facteur de pianos distingué. Il n'avait 
que dix-huit ans lorsqu'il mit ses premiers 
instruments à l'exposition du Louvre, à Paris, 
en 1819. Quelques années après il produisit 
un grand piano dont il n'avait fixé la table que 
par les extrémités, laissant les côtés vibrer IL* 



22 



DIEÏZ — DILETZKY 



brement. Cet instrument excita l'étonnement et 
l'admiration par la puissance de ses sons. A 
l'exposition des produits de l'industrie de 1827 
on vit de lui un grand piano à quatre cordes , 
un piano de nouvelle forme, dont les dimensions, 
sans être beaucoup plus considérables que celles 
d'un piano carré , offraient dans leur ensemble 
une régularité de dispositions qui n'existe pas 
dans ce dernier. La médaille d'argent fut dé- 
cernée au jeune artiste. Peu de mois après il fit 
paraître un instrument à archet mécanique qui 
se jouait avec un clavier, et auquel il donna le 
nom de Polyplectron. On peut voir dans la 
Revue musicale (t. III, p. 593) une description 
de cet instrument, le meilleur de tous ceux du 
même genre qu'on a essayé de construire. On a 
aussi de M. Dietz un instrument à lames métal- 
liques mises en vibration par l'action de l'air, du 
même genre que le Physharmonica, mais su- 
périeur à celui-ci par la pureté, la douceur et 
l'égalité des sons. Comme facteur de pianos, ce 
jeune artiste s'est particulièrement distingué par 
ses petits pianos verticaux , auxquels il avait 
donné une plus grande puissance de son qu'au- 
cun autre facteur de France, avant que les 
derniers progrès eussent été faits dans la fabri- 
cation de ces instruments. 

D1EUPART (Charles), musicien fran- 
çais, également habile sur le violon et le cla- 
vecin , naquit vers la lin du dix-septième siècle. 
11 passa en Angleterre en 1707 , et tint le clavecin 
aux opéras tfArsinoè, Camilla, Pyrrhus , Dé- 
mëtrius, et au Rinaldo de Haendel. Il est mort 
à Londres, vers 1740, dans un état voisin de 
l'indigence. On a de ce musicien l'ouvrage sui- 
vant : Six suites de clavecin, divisées en ou- 
vertures, allemandes, courantes, sarabandes, 
etc., composées et mis~es en concert pour un 
violon et une flûte, avec basse de viole et 
un archiluth ; Londres, sans date. Walther cite 
aussi Six ouvertures pour clavecin, avec vio- 
lon et basse continue, de sa composition, gravées 
à Amsterdam , chez Roger. 

DIEZ (Frédéric-Chrétien), littérateur alle- 
mand, né le 15 mars 1794 à Giessen, dans 
le duché de Hesse-Darmstadt , a fait ses études 
dans cette ville et à l'université de Gôttingue , 
puis à Utrccht ; il a été nommé en 1822 lecteur 
pour les langues de l'Europe méridionale à l'u- 
niversité de Bonn, et professeur de littérature 
moderne à la même université, en 1830. Gram- 
mairien, philologue et écrivain distingué, il 
s'est fait une réputation honorable par ses ou- 
vrages sur les langues romanes, particulièrement 
sur les poésies chantées des troubadours pro- 
vençaux. Un de ses livres sur celte matière a été 



publié à Zwickau, en 1827, fous le tilre : Die 
Poésie der Troubadours, et traduit en français 
(Poésie des Troubadours) par Roisin; Paris, 
1845, in-8°. On y trouve des renseignements 
intéressants concernant la musique et les instru- 
ments en usage à l'époque de ces poètes chanteurs. 
On a aussi de M. Diez un livre intitulé : Lcben 
und Werken der Troubadours (Vie et œuvres 
des Troubadours); Zwickau, Schumann, 1829. 

DEEZEL1US (Valentin), musicien alle- 
iiiiiikI qui vivait à Nuremberg au commencement 
du dix-septième siècle , a publié dans celte ville, 
en 1000, une collection de madrigaux de divers 
maîtres italiens, sous ce titre: Erster Theil, 
icelcher Madricjalien, auss den berûhmtesten 
Musicis Jtalicjs colligit, mit 3, 4, 5, 6, 7 
und 8 Stimmen. 

DILETZKY (Nicolas), compositeur et 
écrivain sur la musique , naquit en Lithuanie 
vers 1630. 11 étudia la composition en Pologne, 
car il n'existait pas alors en Russie de maître ca- 
pable de l'enseigner, quoique les chantres de 
chapelle eussent l'habitude d'improviser une 
sorte de contrepoint sur les chants grecs de leur 
Église. Fixé à Moscou, lorsqu'il eut acquis un 
certain degré d'habileté dans son art , Diletzky 
entreprit d'instruire ses compatriotes dans la 
théorie et la pratique de la musique. Dans ce 
desspin il publia en langue russe un livre dont 
le tilre répond à celui de Grammaire du chant 
musical; Moscou, 1077, in-4°. Cet ouvrage fut 
suivi d'un autre intitulé -. Idée de la gram- 
maire musicale; Moscou, 1679, in-4°. Par une 
singularité remarquable, dans un pays dont les 
habitants sont naturellement sensibles à la mu- 
sique, Diletzky n'a pas trouvé d'imitateurs, et 
la littérature musicale de sa patrie a été long- 
temps renfermée tout entière dans ses ouvrages, 
dont la rareté est maintenant excessive. Quelques 
Allemands fixés en Russie, parmi lesquels on re- 
marque Fuchs et Mùller, ont écrit des ouvrages 
concernant la science de l'harmonie et d'antres 
parties de l'art, qu'ils ont fait traduire en langue 
russe etqu'ils ont publiés à Saint-Pétersbourg; de 
plus, M. Bélikoff, inspecteur de la chapelle impé- 
riale, a traduit en russe les livres de l'auteur de 
cette Biographie, la Musique mise à la portée 
de tout le monde, les Curiosités historiques 
de la musique, et le Résumé philosophique de 
l'histoire de la musique. Enfin, quelques livres 
élémentaires sur cet art, écrits en langue alle- 
mande ou française, ont aussi paru en Russie ; 
mais la plupart ont pour auteurs des artistes 
étrangers , à l'exception des ouvrages nouveaux 
de MM. Oulibischcffjde Lenz et du prince Yous- 
boupow (voy. ces noms). 



D1LETZKY — DILLSOUK 



23 



DiletzKy s'est cxcercé comme compositeur et 
a laissé daus les églises des psaumes et des an- 
tiennes à 5, 6 et 8 voix, qui, nonobstant cer- 
taines incorrections, ne sont pas sans intérAl 
historique, parce que ce sont les premiers essais 
réguliers de l'art d'écrire chez la nation mos- 
covite. Un de ces morceaux , dont les paroles : 
Mecle nocmz, etc., répondent au latin Tecanta- 
vius , Te Benedicimus , Domine, est écrit à 
8 voix , c'est-à-dire 2 sopranos, 2 contraltos, 
2 ténors et 2 basses. Quelques successions d'u- 
nissons, d'octaves, et un certain embarras dans 
le mouvement des parties , n'empêchent pas d'a- 
percevoir, surtout dans la seconde moitié de la 
composition, un instinct heureux de l'harmonie, 
et même une sorte d'art dans l'agencement des 
imitations entre les voix. 

DILLEN (Guillaume), compositeur belge, 
était maître de chapelle à l'église cathédrale de 
Parme, au commencement du dix-septième siècle. 
Il a fait imprimer à Venise, en 1622, une 
collection de messes à cinq, à six et à douze 
voix. 

DlLLENIUS(F.-L.-J.),co»toràTubingue, 
né dans le royaume de Wurtemberg, a publié 
un écrit dans lequel on trouve de bonnes obser- 
vations sur le chant en chœur. Cet ouvrage a 
pour titre : Ueberdie Schwierigkeitenbei einem 
methodischen Gesang-unterricht in den Schu- 
len, bel Errichtung von Singchœren und bel 
Aufuhrung eines mehrstimmigen Gesanges 
von ganzes Gemeindcn in den evangelischen 
Kirchen (Sur les difficultés d'un enseignement mé- 
thodique du chant dans les écoles, l'organisation 
d'un chœur de chant et l'exécution du chant 
à plusieurs voix par un chœur nombreux dans 
les églises évangéliques) ; Tubingue, 1826, in-8°. 

DILLHERR (Jean-Michel), fameux théolo- 
gien, né le 14 octobre 1604 à Thémar, dans la 
principauté de Henneberg, en Franconie,fut d'a- 
bord professeur à Jéna, ensuite pasteur à Saint- 
Sébald, inspecteur de l'école de Nuremberg et 
bibliothécaire de la même ville. Au nombre de 
ses ouvrages se trouve une dissertation intitulée : 
De ortu et progressu, usu et abusu inusicx ;. 
Nuremberg, 1643. Dillherr est mort le 8 avril 
1669. 

DILLIGER(Jean), magister et ensuite diacre 
à Cohourg, né en 1590 à Eissfeld, en Franoonie, 
étudia à Wittenberg, et fut d'abord cantor dans 
la giande église de cette ville. En 1623 on lui 
conlia l'emploi de magister, qu'il quitta en 1625 
pour la place de cantor à Cobourg. On voit par 
le titre d'un de ses ouvrages qu'il était pasteur 
«i Gellershausen en 1633. Dans la suite il devint 
diacre à lY-glise Morilz de Cobourg, et conserva 



ce poste jusqu'en 1647, année de sa mort. Voici la 
liste de ses ouvrages : l° Prodromi Triciniorum 
sacrorum newer geistlicher Liedleiri mit 3 
Stimmen g esetzt; Nuremberg, 1612.— 2° Me- 
dulla ex Psalmo 68 deprompta et hannonice 
6 vod composita; Magdebourg, 1614. — 
3° Exercitatio musica I, continens XIII 
selectissimos concentus musicos variorum au- 
iorum, cum basso generali, quibus accesse- 
runt 8 cantilense 3 voc, Wittenberg, 1624. — 
4° Trauerlied auf den Todcincs Kindes, mit 
4 Stimmcn (Chant funèbre sur la mort d'un 
enfant, à 4 voix); Cobourg, Berisch, 1626, in-4°. 
— 5° Disce mori, oder ein Gebetlein sur 
Betrachtung der Sterblkhkeit, mit 4 Stim- 
men ad Contrapunctum simplicem ; Cobourg, 
1628, in-4°. — 6° Gesprœch D. Lutheri und 
eines kranken Studiosi, vordessen zu Wit- 
tenberg gehalten, jetzo aber in feine Reime 
gebracht, und mit 4 Stimmen gesetz (Dialo- 
gue de Luther et d'un étudiant malade, etc., 
mis en musique à 4 voix) ; Cobourg, in-4°. — 
7° Musica votiva, Deo sacra, de Tempore, 
zum lieben neuen Jahreder ganzen werthen 
jetzo hoch-betruebten Christenheit, mit 2, 3, 4 
und 5 Stimmen, Theils Concerts, Theils Con- 
trapuncto-Weise verfertiget, 1629. — 8° Mu- 
sica Christiana Cordialis Domeslica, dass ist : 
Christliche Hauss-und H ert zens ^ Musica, 
aus 37 in Contrapuncfo simplici gesetzen 
2, 3 und 4 Stimmigen Arien bestehend; Co- 
bourg, 1630. — 9° Deux suppléments au même 



ouvrage, 1631. 



10° Musica Concertativa, 



oder Schalz-Kwmm erlein, ncuer geist lichen, 
auserlesenen Concerte, von 1, 2, 3, 4, 5., 6- 
12 Stimmen, etc. ; Cobourg, 1632, in-4°. — 
11° Musica Oratoria; Musica Thanatobuleu- 
tica; Musica Castrensis; Musica invitatoria 
ad Epulum Cœleste, m-48 Liedem fur 2, 3 
und 6 Stimmen; Cobourg, 1633. — 12° Jere- 
mias pœnitentiarius, m-52 teutschen Buss- 
Sprùchen, aus jedem Capitel des Prophetcn 
Jeremix genommen, fur 2 Singstimmen ; 
ire et 2e parties; Cobourg, 1640, in-4°. •— 13° 
Musica Christiana valedicioria , dass ist, 
geistliche valet-Musica, teutsch in Begrifft 
anmûthige und erbautliche Reim geletlein, etc. 
mit dreyen Stimmen (Musique chrétienne d'a- 
dieux, qui renferme des prières rimées,agréables 
et édifiantes, à trois voix, lesquelles conviennent 
aux temps malheureux et misérables actuels); 
Cobourg, 1642, in-4°. Ce recueil contient vingt- 
sept pièces. 

DILLSOUK, célèbre chanteur hindou, na- 
quit dans le royaume de Cachemire en 1751. La 
plus brillante époque de son talent fut de 1775 



24 



DILLSOUK — DIRUTA 



à 1790. Sa voix était un ténor élevé. Il clianlait 
avec une expression touchante les quatre genres 
d'airs connus dans l'Inde à cette époque sous lès 
noms de Rcktahs, Tiranas, Touppuhs et Ragi- 
nies. A la même époque vivait Chanem, canta- 
trice également célèbre, dont les accents mélan- 
coliques faisaient verser des larmes ou prenaient 
un caractère voluptueux. Une ardente rivalité 
existait entre Dillsouk et cette bayadère ; tous 
deux étaient recherchés dans les cours de l'Inde 
et comblés de riches présents. 

DIMMLER (Antoine), compositeur et con- 
trebassiste au service du roi de Bavière, naquit 
à Manheim le 14 octobre 1753. Le musicien de 
la cour Joseph Zwini lui enseigna la musique 
et le cor, et l'abbé G.-J. Vogler la composi- 
tion. A l'âge de onze ans il entra dans la musi- 
que de la cour en qualité de corniste. En 1778 
il se rendit à Munich, où il s'adonna à l'étude de 
la contrebasse, et devint très-fort sur cet instru- 
ment, pour lequel, à l'exception de Marconi et 
de Gaspard Bohrer, il ne se trouvait pas alors un 
homme détalent dans toute la Bavière. Dimmler 
a composé les petits opéras suivants : 1° Der 
Guck-Kasten (la Jalousie) , représenté à Mu- 
nich en 1794. — 2° Die SchatzCreber (les Cher- 
cheurs de trésors), représenté au château de 
Sufeld, près de Munich. — 3° Zebel- Juger (les 
Chasseurs de Zibeline). 11 a en outre composé la 
musique de cent quatre-vingt-cinq ballets, parmi 
lesquels on distingue : 1° Der Erste Tod (la Pre- 
mière Mort). — 2° Des erste Schae fer (le Premier 
Pâtre). — 3° Medea (Médée). — 4° Die Grazien 
(les Grâces). — 5° Ritter Amadis (le Chevalier 
Amadis), etc. On connaît aussi en manuscrit des 
symphonies, quatuors, concertos, etc., de sa com- 
position-, outre une grande quantité de musique de 
guitare, instrument dont il jouait très-bien. Il vi- 
vait encore à Munich en 18,15. La bibliothèque du 
Conservatoire de Paris possède les partitions ma- 
nuscrites de plusieurs concertos pour le hautbois, 
pour la flûte, le cor et le clavecin, de la compo- 
sition de Dimmler. 

Dimmler a eu un fils, nommé Antoine comme 
lui, né à Munich le 24 avril 1783, qui a reçu 
les premiers principes de musique de son père, 
et qui-est entré au service de la cour, en qualité 
de clarinettiste, le 16 juin 1796, n'étant âgé que 
de treize ans. 

DIOMÈDES (Caton), luthiste, né à Venise, 
vivait à la lin du seizième siècle et au commen- 
cement du dix-septième. Il passa fort jeune en 
Pologne, et entra au service de Stanislas Kostka, 
grand-trésorier de la Prusse polonaise. Son ta- 
lent sur le luth était remarquable, et il chantait 
fort bien. Il a fait imprimer à Cracovie, eu 1607, 



des mélodies qu'il avait composées en l'honneur 
de saint Stanislas, patron de la Pologne. C'est 
aussi ce musicien qui a composé la musique 
pour les poésies de Stanislas Grochowski, pu- 
bliées à Cracovie en 1606. On trouve quelques 
pièces de luth composées par Diomèdes dans le 
Thésaurus Harmonieux de Besardus. 

Un autre musicien du même nom vécut à la 
fin du quinzième siècle et naquit vraisembla- 
blement dans l'État de Venise. On trouve de lui 
le chant Sempro haro (sic) quel dolce foco, 
dans le neuvième livre des Frottole, imprimé è 
Venise, en 1508, par Petrucci de Fossombrone. 

DION, cythariste, naquit à l'île de Chio. 
Ménechme, cité par Athénée (liv. 54, c. 9), dit 
qu'il joua le premier, sur la cythare, les chants 
des libations qu'on faisait aux fêtes de Bacchus. 

DIONIGl (Mahc), docteur en droit, naquit 
à Poli, bourg de l'État Romain, au commence- 
ment du dix-septième siècle, et fut garde du 
chœur à la cathédrale de Parme. Il est auteur 
d'un traité de plain-chant intitulé : Primi 
Tuoni, Introdutlionenel canio fermo, Parme, 
1648. Il en a donné une deuxième édition en 
1667, avec des augmentations. 

DIRUTA (Giuolamo) , frère mineur conven- 
tuel, né à Pérouse, non vers 1580, comme je 
l'ai dit dans la première édition de cette Bio- 
graphie, mais plus de vingt ans auparavant; car 
i'épîlre dédicatoire d'un livre important dont \\ 
est auteur est datée de Venise le 10 avril 1593. 
Il résulte d'un document authentique rapporté 
par Colleoni (1) que le P. Diruta était au cou- 
vent de Correggio en 1580 et qu'il y était l'ami 
du P. fJaptiste Capuani {Voy. Capuani). En 1593 
il était organiste de la cathédrale de Gubbio, 
dans l'État de l'Église. Il s'y trouvait encore en 
1609, lorsque fa deuxième partie du livre dont 
il vient d'être parlé fut publiée; mais peu de 
temps après il fut nommé organiste de la cathé- 
drale deChioggia, ville de l'État vénitien. L'épo- 
que de sa mort est ignorée. Diruta nous apprend, 
à la fin de l'ouvrage dont la description sera 
donnée tout à l'heure, qu'ayant reçu dans sa 
jeunesse de mauvais principes de doigter, et err 
ayant acquis la conviction, il se rendit à Venise, 
et, après avoir entendu André Gabrieli et Claude 
Mérnlo sur l'orgue de l'église de Saint-Marc, 
il s'attacha à ce dernier et en reçut des leçons. 
Mérulo dit aussi, dans l'avis au lecteur placé en 
tête du premier livre de ses Canzoni à la 
francese intavolaiura (publié en 1598), que 
Diruta a été son élève, et que, par son talent, il 
faisait honneur à son maître. Voici ses paroles ;. 

(t) Cli Sctitt. di Corregio, t> XII. 



DIRUTA — DITTERS DE DITTERSDORF 



25 



ed io infinUamente mi gloria, ch'egli (Diruta) 
sia stato mia creatura, perche in questa dot- 
trina ha fatto a lui, et a me insieme, quai 
singolare honore, che da persona di molto 
ingegno si deve aspeUare. L'ouvrage qui re- 
commande Diruta à la postérité a pour titre : 
Il Transilvano , o dialogo sopra il vero 
modo di sonar organi e stromenli da penna, 
Parte I ; Venise, 1593, in-fol. Cet ouvrage est 
dédié à Sigismond Bâton'» prince de Transyl- 
vanie, célèbre par ses talents militaires et sa vie 
aventureuse. C'est à cause de cette circonstance 
que l'ouvrage est intitulé II Tramiloano. Outre 
la partie didactique, qui concerne le doigter des 
instruments à clavier, on y trouve des toccates 
et des pièces d'orgue de Diruta, Claude Merulo, 
André Gabrieli, Luzzasco-Luzzaschi, Paul Qua- 
gliati, Joseph Guami, et d'autres compositeurs 
célèbres.. La seconde partie du Transilvano a 
clé publiée à Venise, en 1609, in-fol. Elle est 
divisée en quatre livres. Le premier est intitulé : 
Sopra il vcro modo di intavolare ciasche- 
dun canto. Le deuxième contient les règles du 
contrepoint , avec des exemples de Luzzasclii, 
de Gabriel Fattorini et d'Adrien Banehieri. On 
trouve dans le troisième l'exposition des tons de 
l'Église et les règles de la transposition. Le qua- 
trième contient les règles du mélange des re- 
gistres de l'orgue. Les deux parties ont paru 
chez Giacomo Vincenti. Une deuxième édition 
de la première partie a été publiée chez Je 
même Vincenti, en 1 G 1.2, in-fol., et la deuxième 
partie a été réimprimée chez le même éditeur 
en 1622. 

DIRUTA (Acostino), moine de l'ordre de 
Saint-Augustin, né à Pérouse vers la fin du 
seizième siècle, était vraisemblablement de la 
même famille que le précédent. Il fut d'abord 
maître de cliapelle à Asola, petite ville de la 
Lombardie, et s'y trouvait encore en 1622. Plus 
tard il se rendit à Rome au couvent de son or- 
dre, dont il devint le maître de cliapelle. En 
1.C4G il était retourné dans sa ville natale,, et 
remplissait dans le couvent de son ordre les 
fonctions de directeur du chœur. Oldoini dit que 
LMruta a publié environ vingt œuvres de ses 
compositions, dont la plus grande partie avait 
été imprimée à Rome, chez Grignani (Voy. Ol- 
doini : Athenxum Auguslinum, in quo Perusi- 
norum scripta publiée exponuntur, p. 33). 
Je ne connais de ces ouvrages que ceux dont 
voici les titres : l° Messe concertate a cinque 
voci; Venise, 1622. — 2° Litanie di Gloriosa 
Domina, a 4, 5 e 6 voci; Rome, 1631. — 
3" Messe concertate a 5 voci,lib. 1, op. 13; 
liomu, J.-B. Roblelti, 1631.-^.4° Modulatiohes 



respertini cum Litaniis B. V. M., 3 vocibus 
concin., op. 18; Roma,Gia. Fei, 166S. C'est 
une réimpression. — 5° Poésie heroiche, a \, 
2, 3,4c( 5 voci; Roma, Grignani, 1641. — 
6° Secondo libro de Salmi che si cantano 
ne' vespri in tutto l'anno, concertati a 4 voci, 
op. 21 ; Roma, Luigi Grignani, 1647. 

D1STLER (Jean-Geohges), maître des con- 
certs de la cour de Stuttgard, né dans un vil- 
lage du royaume de Wurtemberg, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, s'est fait une réputation 
en Allemagne comme violoniste et comme com- 
positeur. Pleyel, Neukomm et lui sont les 
seuls élèves que Haydn ait formés. En 1781 
Distler se rendit à Stuttgard ; il y obtint la place 
de premier violon à l'orchestre de la cour; neuf 
ans après il fut fait maître des concerts. Une ma- 
ladie mélancolique le conduisit à Vienne, en 1796, 
pour y. voir ses parents; il y mourut en 1798 des 
suites de cette hypocondrie. Les compositions 
de Distler ont été publiées de 1791 à 1804; 
elles consistent en : 1° Six quatuors pour le 
violon, op. 1; Augsbourg, 1791. La deuxième 
édition a paru dans la même ville en 1795. On 
a gravé aussi cet ouvrage à Amsterdam, 1791; 
à Bàle, 1791 ; à Londres, 1797; à Paris, 1797. — 
2° Six quatuors pour deux violons, alto et basse, 
op. 2. — 3° Concerto pour le violon ; Augs- 
bourg, 1795. — 4° Six quintetti pour deux vio- 
lons, deux altos et basse, en manuscrit; à Vienne, 
chezTraeg. — 5° Six quatuors pour deux violons, 
alto et basse, op. 4; Augsbourg, 1798. 

DITTERS DE DITTERSDORF (Chau- 
les), compositeur et violoniste allemand, dont 
le nom de famille était simplement Ditlers, na- 
quit à Vienne en 1739. Dès l'âge de sept ans il 
montra un goût décidé pour la musique; ses 
parents lui firent cultiver cet art et lui donnè- 
rent une éducation soignée. H forma son talent 
pour le violon à l'école des plus habiles violo- 
nistes de l'Allemagne, et lui-même ne tarda pas 
à être compté au nombre des virtuoses sur cet 
instrument. Un solo qu'il joua dans une' église 
excita l'admiration de tons les auditeurs et ré- 
véla son talent. Hnbaczek, fameux corniste, qui 
était présent, prit Ditlers en affection, et le re- 
commanda si fortement au prince deHildbur- 
ghansen, auquel il. était attaché, que le jeune 
artiste fut admis au nombre des pages de ce 
prince, quoiqu'il n'eût pas encore douze ans ac- 
complis. Après avoir achevé son éducation mu- 
sicale dans la petite cour de son bienfaiteur, il 
fut attaché à l'orchestre d'un théâtre de Vienne. 
se lia avec Métastase, et eut le bonheur de de- 
venir l'ami de Gluck,, qui l'emmena avec lui en 
Italie. Là, son jeu sur le violon fut admiré de 



26 



DITTERS DE DITTERSDORF 



Ions les artistes j lui-même rapporte qu'après 
avoir joué en public un concerto il reçut une 
lettre anonyme remplie d'éloges et accompagnée 
d'une montre fort riche. Il ne sut que longtemps 
après que ce présent lui venait du fameux Fa- 
rinelli. De retour à Vienne Ditters mit à profit 
la bienveillance de Joseph Haydn et augmenta 
ses connaissances dans la composition. Lors du 
couronnement de l'empereur Joseph II, en 1765, 
Ditters suivit la cour à Francfort et s'y (it en- 
tendre avec succès. De là il passa au service de 
l'évêque de Gross-Wardein, en Hongrie. Il y écri- 
vit quatre oratorios, Isaac, David, Job et 
Esther, qui furent exécutés à Vienne avec beau- 
coup de succès. Ce fut aussi vers le même temps 
qu'il commença à écrire pour le théâtre. En 
1769 il quitta Gross-Wardein pour se rendre 
en Silésie, où il entra au service du prince-évè- 
qué de Breslau en qualité de maître de cha- 
pelle. Ce prélat aimait passionnément la musi- 
que, et il goûta si bien celle de son maître de 
chapelle qu'il voulut faire sa fortune. En 1770 
il le fit nommer maître des forêts de la Silésie 
autrichienne, lui fit accorder des lettres de no- 
blesse et la permission d'ajouter à son nom celui 
de Diltersdorf, qu'il porta toujours depuis lors. 
Le sort de cet artiste semblait assuré de la ma- 
nière la plus heureuse; il était recherché à 
Vienne et surtout à Berlin, où on l'appelait 
souvent; mais le malheur qu'il eut de se brouiller 
avec l'évêque de Breslau, le succès de la musi- 
que de Mozart, qui changea la direction de 
l'art et fit paraître le style de Ditters vieux et 
mesquin , enfin les infirmités qui accablèrent 
celui-ci dans ses dernières années, tout cela, 
dis-je, empoisonna la fin de sa vie, et il aurait 
été réduit à la dernière misère sans les bien- 
faits du baron de Stillfried, qui le prit dans son 
château en Bohême et le mit ainsi que sa fa- 
mille à l'abri du besoin. Il y est mort le 1" 
octobre 1799, deux jours après avoir achevé de 
dicter à son fils Vhisloire de sa vie, ouvrage 
intéressant par le ton d'originalité naïve qui y 
règne, et dans lequel les jeunes musiciens peu • 
vent trouver des instructions utiles. Il renferme 
aussi des anecdotes curieuses et peu connues sur 
Lolli et d'autres grands maîtres. On a de Ditters 
les ouvrages suivants : 1° Brief uebcr die 
Grenzen des Komischcn und Heroischen in 
der Musik (Lettre sur les bornes du comique et 
de l'héroïque en musique), dans la Gazette mu- 
sicale de Leipsick, première année, p. 138. — 
2° Brief ueber die Behandlung italixnischer 
Texte beyder Composition und ueber andcre 
Gegenstxnde (Lettre sur l'expression des paroles 
italiennes dans la composition et sur d'autres 



objets relatifs à la musique); ibid., p. 201. — • 
3° Cari von Dittersdorfs Lebensbeschreibung 
(Histoire de la vie de Charles Ditlersdorl), pu- 
bliée par son fils, à Leipsick, 1801, 294 pages 
in-8°. — 4° Isacco , figura del Redentore, 
oratorio, composé à Gross-Wardein en 1767. — 
5° La libératrice del Popolo Giudaico nella 
Persia, o sia l'Eslher, oratorio. Cet ouvrage, 
qu'on exécuta deux fois à Vienne, en 1785, au 
profit des veuves d^s musiciens, fut accueilli 
avec beaucoup d'applaudissements. — 6° Job, 
oratorio; Vienne, 1786. — 7° Messe en ut, avec 
orchestre, en manuscrit, chez Breitkopf. — 8° 
Motets pour le jour de Saint-Népomncène, en 
Mss., chez Bellstab. — 9° Amore in musica, 
opéra-buffa, à Gross-Wardein, en 1767.' — 10° Lo 
Sposo burlato, opéra bulfa, à Johannisherg, en 
1775. — 11° Der Doktor und Apotheker (le 
Médecin et l'Apothicaire), opéra en un acte, à 
Vienne, en 1786. Cet ouvrage fut accueilli avec 
tant de faveur,que l'empereur Joseph II, assis- 
tant à une de ses représentations, ne dédaigna 
pas de témoigner par ses applaudissements sa 
satisfaction, au moment où Ditters entra dans 
l'orchestre. A Londres cette pièce eut trente- 
six représentations de suite. Elle a été gravée 
en partition pour le piano à Vienne, à Berlin 
et à Mayence ; on l'a aussi arrangée pour 
tous les instruments. — 12° Betrug durch 
Aberglauben (la Fourberie par superstition)^ 
opéra en un acte , à Vienne, en 1786. — 13° Die 
Liebe ivi ISarrenhauscn (l'Amour aux petites 
maisons), en un acte, à Vienne, en 1786. Cet 
ouvrage a été gravé à Mayence en 1790 et à 
Berlin en 1792. — 14° Il Dcmocrito corretto , 
opéra bouffe, à Vienne, en 1786. — 15° Hierony- 
mus Knicker (Jérôme Knicker), opérette, à 
Vienne, en 1787, gravé en partition pour le 
piano à Leipsick, en 1792. — 10° La Contadina 
fedele, opéra bouffe, à Johannisberg, en 1785. 
— 17° Orpheus derzweyte(\e Nouvel Orphée), 
en un acte, à Vienne, 1787. — 18° Das rote 
Kseppchen (le Chaperon rouge ), à Vienne, en 
1788, gravé à Leipsick en 1792. — 19° Der 
Schiffspatron, oder neue Gutsherr (le Patron 
de navire, ou le Nouveau Seigneur de village), à 
Vienne, en 1789; gravé en partition pour le 
piano, à Leipsick, en 1793. — 20° Hokus Pokus, 
en un acte, à Vienne, en 1790, et à Weimar, en 
1792, avec des changements. — 21° Das Ges- 
penst mit der Tromviel (le Tambour nocturne), 
à Oels, en 1794. — 22 1 Gott Mars, oder der ei- 
seme Mann (le Dieu Mars, ou l'homme insen- 
sible), en deux actes, à Oels, en 1795. — 23° Der 
gcfoppte Br&utigam, ibid., 1795. — 24° Don 
Quichotte, en italien, ibid., 1795. — 25° Die 



'DITTERS DE DITTERSDORF — DIVISS 



27 



Guclfcn (les Guelfes), prologue, ibid., 1795. 

— 2(i° Der Schah von Schiras (le Sullan 
de Schiras), ibid., 179j. — 27° Ugotino , en 
deux actes, ibid., 1796. — 28° Die Lustigen 
Wcibcr von Windsor (les Joyeuses Comères 
<lc Windsor), ibid., 1796. — 29° Der Schœne 
Herbstlag (le Beau Jour d'automne), ibid., 
1 796. — ^0° Der Temcngewinnst ( le Terne à la 
lolcrie), en un acte, ibid., 1797. — 31° Der 
Mxdchenmarcht (le Marché de filles), en un 
acte, ibid., 1797. — 32° Tcrno Secco, opéra 
bouffe en deux actes, à Dreslau, en 1797. — 
33° L'opéra bouffe de Brctzner, en Mss., 1798. 

— 34° Don Coribaldi, o sia l'usurpata Pre- 
potenza, en deux actes, 1798, en Mss. — 35° 11 
Mercato délie Ragazze, 1798, en Mss. Cet ou- 
vrage paraît être une traduction du n° 31. — 
36° Il Tribunale di Giove, en Mss. Ces quatre 
derniers ouvrages sont restés entre les mains 
de la famille de Ditters. — 37° Grande cantate 
latine, pour le jour de fête de Pévêque de Gross- 
Wardcin, en 1765. — 38° La Fille de Kola, chant 
ossianique, avec piano; Leipsick, 1795. — 39° 
Grand concerto pour onze instruments concer- 
tants, avec orchestre, 1765. — 40° Quinze sym- 
phonies à grand orchestre, intitulées les Méta- 
morphoses d'Ovide ; Vienne, 1785. — 4l°Trente- 
cinq symphonies, en manuscrit, chez Traeg, à 
Vienne. — 42° Six nouvelles symphonies en 
manuscrit , dans les mains des héritiers. — 
43° Concert ino a 2 ob. fag. e 2 cor. concert., 
1 viol., 2 ait. e b., en Mss., chez Traeg, à 
Vienne. — 44° Douze concertos pour violon, 
ibid. — 45° Deux nocturnes pour deux cors et 
violoncelle obligé, ibid. — 46° Six quatuors 
pour violon; Vienne, Artaria. — 47° Douze di- 
vertissements pour deux violons et violoncelle, 
en Mss., chez Traeg. — 48° Duos pour violon et 
basse, ibid. — 49° Douze sonates à quatre mains 
pour le piano, 1796-1797, en Mss.— 50° Soixante- 
douze préludes pour le piano, dans tous les 
tons. — 51° Douze chansons et romances variées 
pour le piano. On a appelé Ditters le Grêtry 
de l'Allemagne; cet éloge est exagéré. Si ses 
compositions sont plus pures d'harmonie que 
celles du musicien belge, elles leur sont bien in- 
térieures sous le rapport de l'invention. L'opéra 
te Docteur et l'A j.ot hic aire est son ouvrage le 
plus populaire. 

D1TTMER (Mantey, baron de), maître de 
chapelle du duc de Mecklembourg-Strelitz , est 
né en Bavière, a eu pour maître Winter, et s'est 
l'ait son imitateur. On a de lui un petit opéra , 
Die beide Galxrensclaven ( les Deux Galé- 
riens), qui n'a lien de remarquable. Son meilleur 
ouvrage en ce genre est son opéra intitulé Louis 



de Bavière; on a gravé l'ouverture pour piano. 
Sa musique religieuse se distingue par un style 
assez pur et par son caractère pieux ; elle est 
restée jusqu'à ce jour en manuscrit. Parmi ses 
œuvres de musique instrumentale on remarque : 
1° Fantaisie sérieuse pour le piano; Berlin. — 
2° Fantaisie en forme de variations sur l'air de 
Himmel : An Alexis; ibid. — 3° Adagio et al- 
legro agitato pour piano, violon et flûte ; ibid. — 
4° Six danses populaires de la Bavière pour piano, 
op. 2 ; ibid. — 5° Six valses de Rossini , op. 7 ; 
ibid. 

DIVISS ou DIWISCH (Procope), musi- 
cien, mécanicien et physicien, naquit le 1 er août 
1696 à Senftenberg, en Bohême. Après avoir fait 
ses études à Znaïm, il entra en 1719 dans l'ordre 
des Prémontrés, à Bruck. Il y enseigna la théo- 
logie et la philosophie avec éclat, jusqu'en 1733; 
à cette époque la cure de Prenditz, près de 
Znaïm , lui fut offerte , et il l'accepta. Ce fut dans 
cette retraite qu'il se livra avec ardeur à des re- 
cherches de physique et de mécanique, et qu'il 
imagina le paratonnerre, dont l'invention a été re- 
trouvée depuis lors par Franklin, et une sorte 
(TOrchestrion, grand instrument de musique , 
auquel il donna le nom de Denis d'or, par ana- 
logie avec le sien, qui signifie Denis, en bohémien. 
En 1741 Diwisch accepta l'emploi de supérieur 
de l'abbaye des Prémontrés de Bruck, et son ad- 
ministration fut si sage que, pendant la guerre 
de l'Autriche contre la Prusse, le monastère fut 
toujours respecté, même par les ennemi». Après 
que la tranquillité eut été rétablie dans la Moravie, 
il retourna dans sa cure et reprit ses travaux 
scientifiques. Il mit alors la dernière main à ses 
inventions du paratonnerre et du Denis d'or. En 
1754 il plaça un paratonnerre près de sa mai- 
son ; mais cette nouveauté lui fit courir quelque 
danger, car le peuple, ayant considéré cet appa- 
reil comme un instrument de sorcellerie et lui 
attribuant la sécheresse qui se fit sentir alors 
pendant deux ans, renversa cette machine, qui 
fut transportée à l'abbaye de Bruck. Les savants 
de l'Autriche ne se montrèrent pas beaucoup 
plus raisonnables que le peuple, car ils s'opposè- 
rent à l'établissement des paratonnerres sur les 
édifices publics, qui avait été proposé à l'empe- 
reur par Diwisch. A l'égard du Denis d'or, il 
paraît qu'il lui donna la dernière perfection en 
1762. Cet instrument se jouait, tomme l'orgue, 
avec les mains et les pieds; il imitait, dit-on, 
tous les instruments à cordes et à vent, et l'on 
assure qu'il pouvait produire cent trente variétés 
de qualités de sons. Le prince Henri de Prusse 
en offrit une somme considérable; mais, lorsqu'il 
l'entendit, Diwisch le croyait susceptible de plus 



23 



D1VISS — DIXON 



<lc perfection : il ne consentit pas à le céder. 
En 1790 Pévêque de Bruck, Georges Lambeck, 
possédait le dernier instrument de ce genre exé- 
cuté par L'inventeur, et entretenait un musicien 
chargé spécialement de le jouer. On ignore ce 
qu'il est devenu depuis ce temps. Diwisch est 
mort à Prenditz le 21 décembre 1765. On a de 
lui un ouvrage posthume en allemand, qui a pour 
titre : Théorie de l'électricité et application 
de ses principes à la Chimie- Tubingue , 1768, 
in-8°. Le portrait de ce savant a été gravé par 
Balzer, avec ce distique : 

Non laudate J.ovein, Rentes ! Quid vester Apollo? 
Isle inagis Deus est.fulminis atque soni. 

DIVITIS (Antoine), musicien français, na- 
quit dans la seconde moitié du quinzième siècle, 
car il était un des chantres de la chapelle de 
Louis XII, qui mourut en 1515. J'ai dit, dans 
la première édition delà Biographie universelle 
des musiciens (t. III, p. 316), qu'il est permis 
de croire que le nom réel de ce musicien est 
Le Riche; une découverte faite aux archives de 
l'État, à Paris, a justifié ma conjecture, car 
(sous la lettre K. n° 322) on trouve un compte 
de dépenses de la cour du roi de Fiance, où est 
cet article : « La somme de 310 livres 10 s. tour- 
« nois pour le payement de cent trois aulnes de 
« drap noir, livré aux chantres de la chapelle du 
« dict feu seigneur ( Louis XII) qui s'ensuivent, 
« savoir : Le maistre de la chapelle Gonrard , Mi- 
« chau, Allard, Albi , Guill. Cousin, Claudin , 
« Mouton, maistre Jehan Thierry, Le Vigoureux, 
« Porclii, Carimont, Perroton de Manconrt, 
« George T. Reverdi, Jacques Baudet, M au pin , 
« Noèl, Furhisseur, Noly , maistre Antoine Le 
" Riche, maistre Pierre Monton , maistre Jac- 
«■ ques Favieres et maistre Pierre de Fray, qui 
« sont 23 personnes. » Il ne peut y avoir de 
doute sur l'identité à' Antoine Divitis et d' An- 
toine Le Riche, car le premier nom est celui de 
Le Riche latinisé et le prénom est le même. 
Le Riche était d'ailleurs compositeur comme 
Divitis, car on trouve deux chansons françaises 
à 5 voix sous son nom dans un recueil publié par 
Nicolas Duchemin, en 1551, sous ce titre: le 
Premier livre des plus excellentes chansons 
de divers autheurs. On connaît sous le nom de 
Divitis les ouvrages suivants : 1° Le motet De- 
aolatorum Consolator, à 4 voix, dans le pre- 
mier livre des Motettide la Corona, imprimé 
en 1514 , par Petrucci de Fossombrone, in-4" 
obi. — 2° Gloria, laus, à 4 voix, dans le dixième 
livre de la collection d'anciens motets, impri- 
mée à Paris, par Pierre Attaingnant, 1530.— 
3° Plusieurs motets à trois voix dans le recueil 
intitulé : Trium Vocum Cantiones Ccntum 



D. Georgio Forstcro Selectore. Imprimcbat 
Joannes Petreius, Norimbergee , 1540, petit 
in-4° obi. — 4° Un Magnificat dans le sixième 
livre publié par Attaingnant, sous ce titre: Li- 
ber sextus. XIII Quinque ultimorum lono- 
rum Magnificat continens. Parhisiis , apud 
Pet. Attaingnant , 1534, petit in-4° obt. — 
5° Plusieurs motets à quatre voix dans le dixième 
livre de la collection qui a pour titre : Pas- 
sioncs Dominice (sic) in ramis Palmarum , 
Veneris sancle , nec non lectiones feriarum 
quinti, Sexti et Sabbati hebdomade Sancte, 
etc.; ibid. 1534, petit in-4 obi. —6° Credo à G 
voix, dans le mss. coté VI de la Bibliothèque 
royale de Munich. — 7° Gei ber dit qu'il y a plu- 
sieurs morceaux de la composition de Divitis 
dans un recueil de chansons, en diverses langues, 
imprimé depuis 1530 jusqu'en 1540, sous le titre 
de Satnmlung VonGesangen in verschiedenen 
Spraechen , dont il y a un exemplaire à la bi- 
bliothèque de Zwickau; mais il n'indique ni le 
lieu de l'impression, ni le nom de l'imprimeur. — 
8° On trouve un morceau bien fait, à cinq voix, 
de Divitis, sur le texte: Ista est speciosa in- 
ler/ilias Hierusalem, dans le recueil intitulé : 
Bicinia Gallica, Latina, Germauica, etc., pu- 
blié par Georges Rhaw , à Wittenberg, 1545. — 
9° Deux chansons françaises à 4 voix , de Le 
Riche, sont dans un recueil publié par Nicolas 
Duchemin , à Parisien 1551, sous ce titre : le 
Premier livre des plus excellentes chansons 
de divers autheurs. — 10° La messe à 4 voix. 
intitulée Gaude Barbara, par Divitis, se trouve 
dans un manuscrit de la bibliothèque de Cam- 
brai, colé n° 4. C'est la douzième du recueil , qui 
en contient quinze de divers auteurs. (Voy. No- 
tice sur les collections musicales de la biblio- 
thèque de Cambrai, par M. E. de Coussemaker, 
p. 31.) 

DIXON (William), compositeur et orga- 
niste anglais, vécut à Londres depuis 1770 
jusque vers 1800. Il a publié une collection de- 
musique sacrée , choisie dans les œuvres des 
meilleurs maîtres anglais, sous ce titre : Psalmo- 
dia Christ iana; or Collection of sacred Music, 
in four parts, designed for public worship , 
containing 200 plain psalm-tunes, 50 fugues, 
and a few pièces in the Hymn style , for the 
tree great festivals, Christmas-Day , Easter 
Day and Whitsunday, with the bass-figured 
for the organ or harpsichord, etc.; Londres, 
1790. Cette collection est précédée d'un traité 
élémentaire d" chant, intitulé : An Essay anâ- 
concise Introduction to singing, containing 
rules for singing at sight, formed by the 
author during many years sludy and pruc- 



D1X0N — DI'ZI 



2!) 



tice in teaching. On a aussi de Dixon un recueil 
de chansons anglaises, Londres, 1795, et un 
Pocket companion or New Psalm Tunes, 
for the use of Choirs and congregaiional 
Singing (sans date). 

DIZI (Fkançois-Joskph), Hé à Namur le 14 
'janvier 1780 , est (ils d'un professeur de musique 
qui , de Dinant-sur-la-Mense, alla s'établir dans 
«elle ville. Le jeune Dizi fit voir dès son enfance 
tes plus heureuses dispositions pour la musique, 
et la sévérité de son père développa ses facultés 
par des études laborieuses. La harpe était l'ins- 
trument pour lequel il avait le plus de penchant; 
malheureusement il n'y avait pas de maître à 
Namur qui pût lui enseigner à en jouer. Les le- 
vons de son père, qui était violoniste, furent les 
seules qu'il reçut, et ce fut en lui-même qu'il dut 
chercher les moyens d'acquérir du talent. Il avait 
à peine atteint sa seizième année lorsqu'il conçut 
le projet de se rendre en Anglete/re. Il voya- 
geait alors en Hollande pour s'y faire entendre : 
il s'y embarqua. Arrivé dans un port où le vais- 
seau fut obligé de relâcher, il se promenait sur 
le pontdu bâtiment; tout à coup il vit un matelot 
tomber à la mer, et, poussé par un mouvement 
^l'humanité, il s'y précipita lui-même pour le sau- 
ver, oubliant qu'il ne savait pas nager. Il perdit 
bientôt connaissance, et, lorsqu'il revint à lui, il 
se trouva dans une maison sur le port, où on lui 
donnait des soins. Dès que ses habits furent sè- 
ches, il voulut retourner au vaisseau; mais ce 
bâtiment, dont il ne savait pas même le nom, 
avait continué sa roule, parce qu'on ne s'était 
pas aperçu de l'accident de Dizi, qu'un ouvrier 
du port avait sauvé. La situation du jeune ar- 
tiste était des plus pénibles, car sa harpe, et les 
malles qui contenaient ses habits, son linge, ses 
lettres de recommandation et son argent, étaient 
sur le vaisseau qui s'éloignait de lui. Sa bourse 
ne renfermait que quelques écus à peine suffi- 
sants pour le conduire à Londres, et il ne savait 
pas un mot d'anglais. Il se décida pourtant à sa- 
crifier le peu qui lui restait pour arriver jusqu'à 
la capitale de l'Angleterre , dans l'espoir d'y re- 
trouver le navire qui contenait toutes ses ri- 
chesses et l'espoir de son avenir. 

Arrivé à Londres, il ne put jamais découvrir 
ce bâtiment, n'ayant aucun renseignement qui 
pût l'aider dans ses recherches au milieu de l'im- 
mense quantité de vaisseaux qui stationnaient sur 
la Tamise ; il se trouva donc dans cette grande 
ville sans ressources, et n'y connaissant personne. 
Après quelques semaines passées dans la situation 
la plus pénible, le hasard le conduisit près d'une 
maison où il entendit jouer de la harpe; il se 
décida à y entier, exposa sa situation à ceux qui 



l'habitaient, et demanda qu'on l'entendit sur son 
instrument. Cette maison était celle de Sébastien 
Érard , célèbre facteur de harpes et de pianos. 
Le chef de cette maison apprécia le talent du 
jeune Dizi, comprit qu'il avait de l'avenir, et 
l'aida à se poser convenablement dans le monde 
en lui procurant des élèves. Clementi lui lut aussi 
utile par l'estime qu'il témoigna pour ses talents. 
Bientôt Dizi deyint le harpiste le plus renommé 
de Londres, et pendant trente ans il jouit en 
Angleterre d'une brillante réputation comme vir- 
tuose et comme compositeur pour son instru- 
ment. 

La nature l'avait doué de dispositions natu- 
relles pour la mécanique et de beaucoup d'a- 
dresse Il voulut appliquer ces facultés au perfec- 
tionnement de son instrument, et inventa, avec 
l'assistance d'un Polonais , une harpe à double 
action qu'il appela Harpe perpendiculaire , 
parce que les cordes, placées au centre de la 
console, étaient dans une position exactement 
verticale avec le centre de la table. L'élévation 
de ces cordes, à un demi-ton ou à un ton pins 
haut que l'accord naturel , se faisait par des bas- 
cules placées à l'intérieur de la console. La diffi- 
culté du placement des cordes et les dérange- 
mens fréquents do mécanisme ont déterminé 
plus tard Dizi à renoncer à ce système de cons- 
truction pour se rapprocher de celui d'Érard, 
qu'il a seulement voulu simplifier en substituant 
aux mouvements particuliers de chaque note 
des mouvements généraux de communication 
d'octave en octave. Dizi est aussi le premier qui 
ail imaginé de doubler les tables d'harmonie des 
harpes, pour leur donner plus de résistance aux 
vibrations des cordes. Enfin il a disposé les pé- 
dales de l'instrument dans un ordre plus régulier 
que celui qui est généralement adopté; mais 
cette innovation a eu peu de succès, parce qu'elle 
contrariait les habitudes des harpistes. 

En 1830 Dizi a quitté Londres pour s'établir 
a Paris , où il a formé une association avec la 
maison Pleyel , pour l'établissement d'une fabri- 
que de harpes ; mais cette entreprise n'a point en 
de succès. Depuis son arrivée en France Dizi 
avait élé nommé professeur de harpe des prin- 
cesses de la famille royale. Il est mort à Paris. 

Les compositions de Dizi pour la harpe sont : 
1° Une grande sonate, publiée à Londres. — 
2° Air Saxon, de Cramer, varié; Paris, Janef. — 
3° Danse du Châle, variée; ibid. — 4° Trois 
thèmes originaux variés ; ibid. — 5° Douze exer- 
cices ou fantaisies pour la harpe à deux rangs de 
pédales, première et deuxième suite; Paris, 
Pleyel. — 0° Une grande quantité de romances 
françaises , d'airs anglaise! italiens variés pour la 



so 



DIZI — DOBnZYNSKI 



harpe; Londres, Paris, Erard, Plcyel et autres. 

DLABACZ (Joseph-Benoît), virtuose sur 
le trombone, naquit à Podécbradt le 2 juillet 
1703. Après avoir fini ses études à Prague il 
voyagea , puis se fixa à Coblence, où son talent 
remarquable le fit engager dans la chapelle de 
l'électeur. 11 mourut en cette ville vers 1769. On 
ignore s'il a écrit pour son instrument. 

DLABACZ ( Godefroi-Jean ) , né vers 1760 
à Bcfchmiscb-Brod , en Bobême , entra dans l'or- 
dre des Prémontrés à Prague, et devint direc- 
teur du chœur et bibliothécaire du chapitre de 
StraKow, dans la même ville. Il a donné l'Essai 
d'un catalogue des meilleurs musiciens de la 
Bohême , dans les septième et neuvième parties 
de la Statistique delà Bohême, qui a été pu- 
bliée en 1788. Le troisième volume de la So- 
ciété royale des Sciences de la Bohême (1798, 
in-4°, n° 2) renferme une dissertation sur l'état 
des arts dans ce pays, dont il est aussi l'auteur. 
On y trouve quelques détails curieux sur les 
orgues et sur plusieurs musiciens. L'ouvrage le 
plus important qu'il ait publié est le Dictionnaire 
historique des artistes de la Bobême, qui a paru 
sous ce ce titre: Allgemeine-hist. Kunstler- 
Lexikon fur Bœhmen, 3 vol. in-4°, Prague, 
1815-1818. On y trouve une multitude de notices 
intéressantes sur les musiciens de cette partie 
de l'Allemagne. Dlabacz est mort à Prague le 4 
janvier 1820. 

DLUGOBAI (Albert), compositeur et lu- 
thiste distingué, né en Pologne, vécut vers la 
fin du seizième siècle. On trouve quelques-unes 
de ses pièces de luth dans le Thésaurus Har- 
monicus de Besard. 

DOBBERT (Chrétien- Frédéric). Voyez 

DOEBBERT. 

DOBLER ( Joseph-Aloys), un des meilleurs 
chanteurs du dix-neuvième siècle en Allemagne, 
est né le 17 novembre 1796 à Gebratzhofen , dans 
le royaume de Wurtemberg, où son père était 
maître d'école. Celui-ci lui donna les premières 
leçons de musique, de chant et de piano. A l'âge 
de dix ans Dobler fut admis comme enfant de 
chœur à l'église cathédrale de Constance. Il y fit 
ses études jusqu'en 1813; alors, pour se sous- 
traire aux lois de la conscription, il se décida 
à aller faire un cours de théologie à l'université 
d'EUwangen. Là il eut occasion d'exercer sa 
belle voix de basse dans les concerts d'amateurs 
que le recteur Spn-gele avait institués. Encou- 
ragé par les succès qu'il obtint dans ces con- 
certs, il résolut de ne point entrer au séminaire, 
et se rendit secrètement à Vienne , où il trouva 
un protecteur dans l'ambassadeur de Wurtem- 
berg. Wcigl ayant entendu la belle voix de 



Dobler, l'encouragea à cultiver le chant, lui 
donna des conseils et lui procura un engagement 
au théâtre de la porte de Carinlhie, avec deux 
mille florins d'appointements. Le jeune chanteur, 
âgé seulement de dix-neuf ans, se fit remarquer, 
et bientôt il fut engagé pour le théâtre de Linz, 
comme première basse. Il y débuta par le rôle 
d'Alcindor dans Cendrillon , et son succès fut 
complet. En 1820 il prit l'emploi de première 
basse au théâtre de Francfort-sur-le-Mein, resta 
dans cette ville jusqu'en 1«25, et entreprit 
alors un grand voyage en Allemagne. Il chanta 
avec succès à Mayence , Stuttgard , Wiesbaden , 
Berlin, etc. Engagé pour l'Opéra-Allemand de 
Londres en 1833, il y chanta dans trente-deux 
représentations pendant la saison, et se lia d'a- 
mitié avec les célèbres chanteurs italiens Rubini, 
Tamburini et Madame Malibran , qui devinrent 
ses modèles. De retour à Franfort à la fin de cette 
année, Dobler y resta jusqu'au 15 septembre 
1834, époque où il entra au service de la cour 
de Wurtemberg, à Stuttgard. Cetartiste n'avait 
point étudié de méthode de chant proprement 
dite; ce qu'il savait dans cet art, il le devait à 
sa propre expérience, aux exemples qu'il avait 
recueillis des chanteurs habiles, et surtout à sa 
rare intelligence et au sentiment dramatique dont 
il était doué au plus haut degré. Sa voix était 
pure , égale, flexible , et d'une grande puissance. 
Dobler est mort à Stuttgard le 6 septembre 1841 . 

DOBLOF-D1ER (Le baron Charles), 
amateur de musique à Vienne et compositeur 
de musique d'église au commencement du dix- 
neuvième siècle , a beaucoup écrit ; mais ses ou- 
vrages, restés en manuscrit, sont devenus la 
propriété du conseiller Georges Kiesewetter , 
qui les a légués à la bibliothèque impériale de 
Vienne avec toute sa collection de musique. 
Voici la liste de ses compositions religieuses : 
1° Messe à 4 voix en contrepoint (ré mineur), 
écrite en 1820. — 2° Te Deumb. 4 voix. — 
3° Hymnes en allemand. — 4° Inni sacri, a 2 
3 e 4 voci. — 5° Invocavi Dom., h 4 voix. 
— 6° Timete .Dom., à 4 voix. — 7° Trois grands 
chœurs à 4 parties. — 8° Messe à voix seule, avec 
orgue. — 9° Messe en contrepoint à 4 voix. — 
10° Las GebcthdesHerrn, à 4 voix. — il Pa- 
ter nosier, à 4 voix, avec un Amen à 1 voix. — 
12° Ego sum resurreclio , à 4 voix. — 13° Hym- 
nodie chrétienne à voix seule, avec piano. — 
14° Hymne pour le temps de Pâques, à voix seule 
et piano. 

DOBBZYNSKI (Jean-Félix), pianiste et 
compositeur polonais, est né en 1807 à Roma- 
now, dans la Wolhynie, où son père, violo- 
niste distingue, dirigeait l'orchestre des concerts 



DO BR Z Y NSK I — DOCI I E 



:',i 



et <Ie l'Opéra chez le comte Ilinski. C'est sous sa 
direction que le jeune Dobrzynski étudia le piano 
et le violon. Ses progrès furent rapides dans tout 
ce qui concerne le mécanisme; mais ses facultés 
pour l'art ne se développèrent qu'après que sa 
famille se fut établie à Varsovie. Devenu alors 
élève d'Elsner pour l'harmonie et le contrepoint, 
il ne tarda point à faire reconnaître que la na- 
ture l'avait doué d'un heureux instinct pour la 
composition de la musique instrumentale. Vers 
1828, ses études musicales étant achevées, 
il commença à se livrer à l'enseignement du 
piano, se fit entendre dans les concerts et publia 
ses premières compositions. On a de lui beaucoup 
de mozourkes, de nocturnes et de morceaux de 
salon pour le piano, publiés à Varsovie, à Posen, 
à Berlin et à Leipsick , ainsi que de jolies mé- 
lodies pour voix seule et piano ; mais il s'est rendu 
recommandable par des œuvres instrumentales 
d'un ordre plus élevé, parmi lesquelles on remar- 
que : 1° Une symphonie en ut mineur, qui obtint 
en 1838 le deuxième prix dans le concours ouvert 
à Vienne pour ce genre de composition, et qui 
fut exécutée à Leipsick avec succès dans l'année 
suivante. — 2° Trois quatuors pour 2 violons, alto 
et basse. — 3° Deux quintettes pour 2 violons, 
alto et deux violoncelles, œuvres 38 et 40, pu- 
bliés à Leipsick, chez Hoffmeister. Ces compo- 
sitions sont d'un ordre très-distingué. — 4° Un 
sextuor (en mi majeur) pour 2 violons, alto, 2 
violoncelles et contrebasse, op. 39; ibid. — 
5° Trio pour piano, violon et violoncelle, dédié 
à Huinmel , op. 17 (en la mineur); Leipsick, 
Breitkopf et Hœrtel. — 6° Sonate pour piano et 
violon. — 7° Nocturne pour piano et violoncelle, 
intitulé les Larmes. Dobrzynski s'est aussi essayé 
dans la musique dramatique par un opéra qui 
a pour titre Monbar, dont l'ouverture et quelques 
morceaux détachés ont été exécutés à Leipsick 
et à Dresde en 1845 et 1846 ; mais on n'y a pas 
remarqué l'originalité d'idées qui règne dans ses 
compositions instrumentales. Dans les mêmes 
années il donna des concerts à Berlin, à Leipsick 
et dans quelques autres villes du nord de l'Al- 
lemagne, et y produisit une vive impression par 
le mérite de quelques-unes de ses œuvres. 

DOBYHALL(JosEPn),etnonDOBYHERLL, 
comme il est dit dans la première édition de 
celte Biographie, maître de musique du deuxième 
régiment d'artillerie en garnison à Vienne, est né 
le 13 juin 1779 à Krasowitz, en Bohême. Destiné 
à l'enseignement de la musique par son père, il 
étudia toutes les parties de cet art et apprit le 
chant, le piano , l'orgue, le violon et presque 
tous les instruments à vent, sous la direction de 
Nawralil, Doluzalek, Johanis, et surtout d'un 



organiste très-habile nommé Bubmik. Lorsqu'il 
eut atteint sa quinzième année, il fut envoyé à 
Enns, dans la Haute-Autriche, pour y appren-* 
dre, sous la direction du musicien de la ville. 
à jouer du cor, de la trompette et du trombone ; 
puis il alla à Vienne faire un cours d'études litté- 
raires. Admis dans cette ville au théâtre Léopold 
comme clarinettiste, il y resta pendant six ans. 
Pendant ce temps il apprit l'harmonie et la 
composition chez Heidenreich et Tayber. En 
1808. Dobyhall fut nommé chef de la musique 
du prince Kourakin, ambassadeur de Russie à la 
cour de Vienne. Deux ans plus tard il entra au 
théâtre Hofburger, et peu de temps après il eut 
la direction de la chapelle du prince de Lobko- 
witz. Depuis lors il a été admis à l'orchestre du 
théâtre de la Cour comme seconde clarinette, et 
a été nommé maître de musique du deuxième 
régiment d'artillerie. Le talent de cet artiste pour 
la direction d'un orchestre d'instruments à vent et 
pour l'arrangement de la musique en harmonie mi- 
litaire était très-remarquable. On a de lui plus 
de cent suites de morceaux extraits d'opéras ita- 
liens, allemands et français, arrangés avec beau- 
coup de goût et une rare intelligence. Dobyhall 
y a introduit une multitude de nouvelles combi- 
naisons d'instruments, du plus grand effet. Lors- 
que Rossini alla à Vienne , il éprouva tant de 
plaisir, à l'exécution de quelques-unes de ses pro- 
ductions ainsi arrangées, qu'il désira avoir les 
partitions de ces morceaux, pour étudier le sys- 
tème et le mécanisme des combinaisons d'instru- 
ments à vent. 

DOCHE (Joseph-Denis), né à Paris le 22 
août 176fi, entra comme enfant de chœur à la 
cathédrale de Meaux , à l'âge de huit ans, et y 
apprit la musique sous la direction de Guignet. 
Nommé maître de chapelle de la cathédrale de 
Constance, à dix-neuf ans, il y resta jusqu'à 
l'époque dé la Révolution. Il entra alors à l'orches- 
tre du théâtre du Vaudeville pour y jouer de 
l'alto, puis du violoncelle, et enfin de la contre- 
basse. Devenu chef d'orchestre du même théâtre, 
il composa, pour les pièces qu'on y représentait, 
une multitude d'airs qui se distinguent par un 
chant naturel et gracieux. Les plus connus sont 
ceux de Fanchon la Vielleuse, la romance de 
Santeuil, celle de Gentil Bernard, etc. Il en a 
publié le recueil, en 1822, sous le titre de la 
Musettedu Vaudeville, grand in-8° obi. Doche 
a fait aussi la musique d'un opéra-comique intitulé 
les Trois Dcrville, qui fut refusé au théâtre 
Feydeau en 1818, et de plusieurs opérettes joués 
aux théâtres des Boulevards, entre autres Point 
de bruit, qui fut joué avec succès au théâtre de 
la Porte-Saint-Martin, en 1801. Il a fait entendre 



S2 



DOCHE — DODWELL 



à Paris plusieurs messes à grand orchestre. La 
dernière a été exécutée à Saint-Eustache, le 22 
•novembre 1809, jour de Sainte-Cécile. Retiré du 
Vaudeville en 18"24 , Doclie est mort à Soissons 
au mois de juillet 1825. 

DOCHE (Alexandre-Pierre-Josepii), fils du 
.précédent, né à Paris en 1799, fit ses études 
musicales au Conservatoire de Paris, et succéda 
à son père dans la place de compositeur et de 
chef d'orchestre du Vaudeville. Plus tard il est 
entré au théâtre du Gymnase comme chef d'or- 
chestre. H a écrit pour les pièces de ce théâtre 
beaucoup de morceaux de musique, dont quel- 
ques-uns ont été publiés à Paris, cliez Petit, 
Savaresse et Lemoine. Au mois •de mai 1846 
Doche a fait représenter à l'Opéra-Comique un 
ouvrage en unacte, intitulé le Veuf du Malabar, 
dont la musique était assez médiocre, et au mois 
de mars de l'année suivante il a donné au même 
théâtre Alix, petit acte qui n'a inspiré également 
au musicien que des idées communes, écrites avec 
négligence. Doche est mort à Saint-Pétersbourg 
au mois d'août 1849. 

DODART (Denis), médecin, naquit à Paris 
en 1624. Après avoir été reçu docteur en 1660, il 
fut nommé, six ans après, professeur de pharma- 
cie, et ensuite conseiller-médecin de Louis XIV. 
En 1673 l'Académie des Sciences l'admit au nom- 
bre de ses membres. Il fut chargé par ses con- 
frères de rassembler les matériaux d'une his- 
toire de la musique ; mais il s'est borné à publier 
plusieurs Mémoires sur la formation de la voix 
et sur la détermination du son fixe. Ces Mémoi- 
res ont été insérés parmi ceux de l'Académie des 
Sciences. Dodart est mort à Paris le 5 novembre 
1707. Les Mémoires publiés par lui sur les objets 
relatifs à la musique sont les suivants : 1° Mé- 
moire sur les causes de la voix de l'homme 
et de ses différents ions (Mém. de l'Académie 
des Sciences, ann. 1700, p. 238-268). — 1°Aotes 
sur le Mémoire précédent (Idem, p. 268-287). 
— 3° Supplément au Mémoire sur la voix 
et sur les tons, première partie (ann. 1706, 
p. 136). — 4° De la différence des ions, de 
la parole et de la voix du chant, par rap- 
port au récitatif, et, par occasion, des expres- 
sions de la musique antique et de la musique 
moderne (Id., p 388).— 5° Supplément au 
Mémoire sur la voix et sur les tons, seconde 
partie (ann. 1707, p. 66). Dodart cherche à 
établir dans ces Mémoires la similitude de l'organe 
vocal avec un instrument à vent , système adopté 
jusqu'en 1743, où Ferrein en proposa un autre, 
qui partagea les savants. On a aussi du môme au- 
teur ■. Sur la détermination du son fixe (Mém., 
ann. 1700, p. 131-140). H y a quelques exemplai- 



res du Mémoire de Dodart sur les -causes de la 
voix de l'homme imprimés séparément avec les 
notes et les additions, lesquels portent la date 
de 1703, sans nom d'imprimeur. L'auteur les 
avait fait tirer pour ses amis; la Bibliothèque 
impériale, à Paris, en possède un qui vient du 
cabinet de Brossard. 

DODDHIDGE (Philippe), ecclésiastique 
anglais, naquit à Londres le 26 juin 1702. Il com- 
mença ses études à l'école de Saint-Alhain , et 
les acheva au collège des ministres non confor- 
mistes, à Kibworth, dans le comté de Leycesler. 
En 1722 il lut nommé prédicateur à Kibworth, 
ensuite à Market-Harborough, et enfin professeur 
au collège de Northampton en 1730. Sa santé, qui 
avait toujours été très-faible, s'étant entièrement 
dérangée, les médecins Jui conseillèrent de 
changer de climat ; il se rendit à Lisbonne; mais 
à peine y fut-il arrivé que son mal empira, et il 
mourut dans cette ville, le 26 octobre 1750. 

Doddridge a donné dans les Transactions phi- 
losophiques , t. 44, p. 596, Account ôf ones , 
who had no Ear to Music naturally , singing 
several tunes whenin a delirivm (Notice sur 
un individu qui, n'ayant pas l'oreille musicale, 
chante plusieurs airs avec justesse, dans une 
accès de délire). 

DODWELL (Henri), philologue célèbre, 
naquit en 1641. Ayant perdu ses parents de bonne 
heure, il tomba dans l'indigence jusqu'à ce qu'un 
de ses oncles le recueillit et lui fournit les moyens 
de faire ses études, d'abord à Dublin, ensuite à 
Oxford. Ayant été nommé professeur d'histoire 
dans cette université en 1688, l'année même de 
la révolution anglaise, il ne tarda pas à perdre 
cette place, parce qu'il se refusa à prêter le ser- 
ment à? allégeance. Après s'être engagé dar.s 
toutes les querelles religieuses de son temps et 
avoir écrit une immense quantité d'ouvrages de 
fout genre, il mourut le 7 juin 1711. Les travaux 
de ce savant homme sur les historiens et les 
géographes anciens, ainsi que sur les antiquités 
ecclésiastiques, n'étant point de l'objet de ce 
dictionnaire, je me contenterai de citer son 
livre intitulé Treatise concerning the laivful- 
ness of instrumental Music in holy offices, 
etc. (Traité concernant l'admission de la musique 
instrumentale dans l'office divin); Londres, 1700, 
in-8". C'est une seconde édition : j'ignore la date 
de la première. Ce traité est tout théologique. 
Dodvvell y établit que la musique des instru- 
ments, particulièrement celle de l'orgue, ayant 
pour objet d'affecter la sensibilité, ne peut être 
admise dans l'office divin, où l'homme ne doit 
porter qu'un esprit dégagé de toute émotion sen- 
suelle; cl il déclare que les exemples de l'usage 



DODWELL — DOEIILKK 



33 



des instruments dans le temple «le Dieu , lires 
de l'Ancien Testament, sont sans valeur, parce (pue 
les Juifs, comme les papistes, ne professent que de 
fausses religions. Une préfacé de 84 pages du mi- 
nistre anglican John Newte, où la même doc- 
trine est soutenue, précède l'ouvrage «le Dodvvell 
(Voy. Newte). 

DOEBBERT (Chrétien- Frédéric), lia- 
bile flûtiste, naquit à Berlin, où il prit des leçons 
de hautbois et de flûte. Ayant acquisbeaucoup de 
talent sur ces deux instruments, il passa au ser- 
vice du margrave Frédéric de Brandebourg Culm- 
bach, auquel il donnait des leçons de flûte. A 
la mort de ce prince, en 1763, les virtuoses ita- 
liens, chanteurs et cantatrices, ayant été congé- 
diés, Doebbert passa avec les niiisiciensallemands 
au service du margrave d'Anspach et de Bay- 
reuth; il y mourut en 1770. lia publié à Nurem- 
berg, en 1759, six solos pour la tlûte, avec accom* 
pagnementde basse. 

DOEDERL1N (Jean-Alexandre), né le 
Il lévrier 1675 à Biswang, dans le comté de 
Pappenheim, lut magister et recteur de l'école de 
Weissenfels en Nordgau, où il mourut le 23 oc- 
tobre 1745. On a de lui un écrit intitulé : Ars 
canendl veterum, et veterum cantores Weis- 
senburgenses, 2 feuilles infol. sans date. Cet 
ouvrage , qui parait devoir être intéressant par 
son titre, est de la plus giaruie rareté. 

DOEHLER (Théodore), pianiste et compo- 
siteur pour son instrument, naquit le 20 avril 
1814 a Naples, où son père était chef de musi- 
que d'un régiment. Il était âgé de sept ans lors- 
qu'il reçut les premières leçons de piano. Ses 
dispositions pour la musique et l'instrument 
étaient si heureuses qu'après six mois d'études 
il avait dépassé en habileté sa sœur aînée, qui 
jouait du piano depuis plusieurs années. Lorsque 
Benedict arriva à Naples, il accepta Dœbler 
comme élève. Celui-ci n'était âgé que de treize 
ans lorsque son maître le fit entendre au théâtre 
du Fondo, où il reçut des applaudissements. En 
1829 Dœbler suivit sa famille à Lucques, où le 
père était engagé au service du prince; mais il 
n'y resta que peu de temps, parce que sa famille 
alla bientôt après s'établir à Vienne, où le 
jeune pianiste fut mis sous la direction de Czerny, 
pendant qu'il faisait des études de composition 
chez Secbter. Parvenu à l'âge de dix-sept ans, 
Dœbler obtint la position de virtuose de la mu- 
sique particulière du duc de Lucques et eut 
l'honneur de l'accompagner dans quelques voya- 
ges. En 1836 il entreprit lui-même une grande 
tournée pour faire connaître son talent : il était 
alors âgé de vingt -deux ans. Il visita d'abord 
l'Allemag-ie, et les premières villes où il se lit 

BIOCR. IMV. DES MUSICIENS. — T. III. 



entendre furent Leipsick et Berlin ; il y obtint 
de brillants succès. Au commencement de 1837 
son service le rappela à la cour de Lucques, mais 
il fit dans la même année une excursion à 
Florence et à Bologne, où il donha des concerts. 
Vers la fin de 1838 il arriva à Paris. Tbalberg y 
causait alors une vive sensation par les effets 
nouveaux qu'il faisait produire au piano et par la 
sonorité puissante qu'il tirait de l'instrument. Le 
talent de Dœbler n'atteignait pas à cette hauteur; 
mais il se faisait remarquer par beaucoup de 
délicatesse dans le toucher, par l'élégance et la 
grâce. Il joua dans un des concerts de la société 
du Conservatoire et y obtint un brillant succès. 
C'est de celte époque que date sa réputation de 
virtuose. Au printemps de 1839 il se rendit à 
Londres, où ses manières gracieuses et polies 
préparèrent ses succès dans la haute société. 
Dans la même année il visita la Hollande, où 
l'enthousiasme pour son talent alla si loin que son 
buste fut inauguré solennellement à la Haye. 
De retour en Italie vers le mois d'août, il obtint 
de son prince un nouveau congé dans l'année 
suivante, pour retourner en Hollande, où il était 
appelé. Il donna alors des concerts à Amster- 
dam, à Botterdam, à Utrecbt; puis il se rendit 
en Belgique, et obtint à Bruxelles de brillants 
succès. Après un séjour d'environ deux ans h 
Lucques, Dœbler reparut en Allemagne, et donna 
des concerts à Francfort, Leipsick, Berlin et 
Hambourg; puis il se rendit à Copenhague, dans 
l'hiverde 1843, et enfin en Bussie, où il s'arrêla pen- 
dant près de deux ans. A Saint-Pétersbourg il avait 
trouvé une protection très-active dans la princesse 
Tschermeteff; bientôt l'intérêt que prenait à lui 
cette dame devint un sentiment plus tendre, et 
elle prit la résolution de lui donner sa main ; 
mais de grandes difficultés s'opposaient à celle 
union, La princesse mit à les surmonter l'éner- 
gie et la ténacité que donne la passion à une 
lemme. Après bien des négociations délicates et 
de grands sacrifices, elle atteignit enfin son but, 
et Dœbler devint son époux en 1846. Tous deux 
se fixèrent dès lors en Italie, et l'artiste se trans- 
forma en amateur. Une seule fois il se fit encore 
entendre dans un concert public à Florence ; mais 
ce fut pour une œuvre de bienfaisance. Tout 
semblait lui présager une existence heureuse; 
mais bientôt sa santé se dérangea. En vain il 
essaya de l'influence des changements de climat 
et des eaux les plus renommées; il ne fit plus 
que languir, et il mourut à Borne, le 21 février 
1856, à l'âge de quarante-deux ans. Dœbler a 
publié beaucoup de compositions pour le piano, 
dont plusieurs ont eu de la vogue et sont en- 
core dans le répertoire des pianistes ; on y re- 

3 



34 



DOEHLER — DOISY-LI NIANT 



marque un concerto, œuvre 7; douze fantaisies 
sur des thèmes de divers opéras de Rossini, 
Meyerbeer, Donizetti, Bellini, Hérold , Halé- 
vy, etc.; dix nocturnes détachés; beaucoup de 
thèmes variés, des études, des caprices, des ron- 
dos, des pièces détachées de tout genre, des valses 
et des polkas. Comme pianiste Dœhler manquait 
de puissance, et quelquefois de correction ; mais 
il y avait beaucoup de charme dans son jeu. 

DOELZSCH(Jean-Gottlieb), constructeur 
d'orgues, né à Dœbeln, en Saxe, vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. En 1729 
il finit l'orgue de Grueneberg, composé de douze 
jeux. Il répara celui de l'église de Sainte-Cuné- 
gonde, à Rochlilz, en 1732. 

DOEMEiXY (Alexandre de), pianiste et 
organiste à Pesth, est né en Hongrie vers 1801. Il 
s'est fait connaître par deux ouvrages, dont le pre- 
mier est une instruction, en hongrois et en alle- 
mand, pour apprendre à jouer du piano, avec des 
exercices tirés des œuvres de Ha?ndel , démenti, 
Cramer, Steibe't, Kalkbrenner, etc.; Pesth, Char- 
les Miiller, 1828 , in-fol. de 121 pages. L'autre 
a pour titre : Kerénekesksenya inehjet d'Helve- 
zini Vallaistêtett TartoJi Deoz hasznokra 
nézy Enakozora, etc. .'Livre choral à 4 parties 
pour l'orgue, à l'usage des congrégations de la 
confession helvétique, etc.); Pesth, 1830, in-4°. 
Fink a fait une analyse de ce livre choral dans la 
Gazette générale de musique de Leipsick (ann. 
1831, n°22, p. 349—354). 

DOERFFEL (Alfred), pianiste distingué, 
est né à Waldenbourg, en Saxe, le 24 janvier 
1821. Ses parents l'envoyèrent fort jeune à Leip- 
sick, où il reçut des leçons de piano de Gùnther. 
A l'âge de treize ans il débuta dans les concerts de 
la société (VEuterpe et y fit sensation par son 
talent précoce. Pendant les années 1837, 38 et 39, 
il joua souvent dans ces concerts et y fit remar- 
quer ses progrès. Postérieurement il s'est fixé dans 
celte ville comme professeur de piano. M. Dœrffel 
a été pendant plusieurs années un des rédacteurs 
de la Nouvelle Gazette de musique de Leipsick. 
J'ignore s'il a publié quelques compositions pour 
son instrument. 

DOERIiYG (Jean-Fréderic-Samuel), né le 
16 juillet 1766 à Gatterslaedt, près de Querfurt, 
où son père était maitre d'école. En 1776 il entra 
à l'école Saint-Thomas de Leipsick comme élève 
etcomme sopranistedans le chœur. Après y avoir 
fait ses études élémentaires, il suivit en 178S les 
cours de l'université de Leipsick, comme étudiant 
en théologie; puis il se rendità Dresde en 1791 et 
y remplit les fondions de précepteur dans une 
famille pendant deux ans. En 1793 il obtint une 
place de cantor à Luckn,dans la Lusace infé- 



rieure ; deux ans après il alla occuper une posi- 
tion semblable à Gôrlitz. Il y resta jusqu'en 1814, 
époque où il accepta le cantorat à Altenbourg. 
Il mourut dans cette ville le 27 août 1840, à l'âge 
de 74 ans. Doering fut également distingué 
comme basse chantante et comme professeur. 
Il jouait bien du violon , du piano et de l'orgue. 
Il s'est fait connaître dans le monde musical par 
les publications suivantes : Die 3 Rosen des L< • 
bens, Gcsellschaftsbildfur 4 Singstimmen, etc. 
(les Trois Roses de la vie, chansons de société 
à quatre voix); Gôrlitz, 1799. — 2° I ollstœn- 
diges Gôrlitzer Choral- M elodien-Buch in 
Buchstaben, Vierstimmig gesestzt ( Livre com- 
plet de mélodies chorales, pour la ville de Gôr 
lilz, arrangé à 4 voix ); Gôrlitz, 1802. — 3° An- 
u-eisung zum Singen. Erster Kursus ( Instruc- 
tion pour le chant : premier cours); ibïd., 1805, 
in-8° de 80 pages. — 4° Etuas zur Berichti- 
gung des Vrtheilsuber die musikalischen Sing- 
chore auf den gelehrten protest antischen 
Schulen Deutschlands (Observations pour l'a- 
mélioration des jugements sur les chœurs musi- 
caux des écoles supérieures protestantes de l'Al- 
lemagne); Gôrlitz, 1806, in-4° de 24 pages. — 
5° Onze chœurs à 4 voix : l re suite ; Altenbourg, 
1815. — 6° Livre choral complet, à l'usage de 
la ville d'Altenbourg ; Altenbourg, 1817, in-4°. 
— 7° Vingt-quatre mélodies chorales à 4 voix; 
ibid., 1830. 

DOER1NG (M.-L.-J.); on a sous ce nom 
une suite d'articles sur l'existence et la nature 
du rhythme, qui ont été insérés dans la vingt-sep- 
tième année de la Gazette musicale de Leipsick, 
p. 3-9, 17-26, 37-41. Ces morceaux ne sont point 
sans intérêt et se font remarquer par des vues 
neuves. 

DOERIIXG (Le docteur Henri) , littérateur 
allemand, né à Cassel, si je suis bien informé, 
s'est fait connaître avantageusement, dans ces 
derniers temps, par divers ouvrages, et par des 
morceaux détachés dans les revues littéraires, 
parmi lesquels on remarque un aperçu rapide de 
la vie de Mozart. Ce morceau a été traduit de 
l'allemand par M. C. Viel, sous le simple titre : 
W.-A. Mozart ; Paris, A. Bohné, 1860, in-12 
de 76 pages. 

DOERNER (Jean-Georges), organiste à 
Bitterfeld, en Prusse, vers le milieu du dix-hui- 
tième siècle, a fait imprimer une Épure au 
docteur Mitzler sur l'origine du son et des 
tons principaux ( en allemand ) ; Bitterfeld, Midi. 
Ileunigen, 1743 , 3 feuilles in-8°. 

DOISY-LINTANT (Charles), guitariste 
et marchand de musique à Paris , est mort dans 
cette ville en 1807. Il a publié un grand nombre 



DOISY-LINTANT — DO M ART 



:}.> 



rie morceaux pour son instrument. Les plus con- 
nus sont : 1° Un concerto , avec accompagne- 
ment de deux violons, alto et basse. — 2° Dix 
trios pour guitare, violon et alto, op. 1 et 3. — 
3° Trois trios pour trois guitares. — 4° Qua- 
rante-neuf duos pour deux guitares ou pour gui- 
tare et violon. — 5° Plusieurs sonates, rondos 
et solos. — 6° Principes généraux et raisonnes 
de la guitare ; Paris, Naderman, 1801. — 7° Pe- 
tite Méthode pour le même instrument, avec 
des airs; ibid. 

DOLÉ (L'abbé F.-C), né en Normandie 
vers 1810 , a fait ses études au petit séminaire de 
Rouen. Devenu directeur du pensionnat de Vire 
et aumônier de l'Hôtel-Dieu de cette ville, il 
occupait encore cette position en 1848. 11 est au- 
teur d'un livre très-estimable qui a pour titre : 
Essai théorique , pratique et historique sur 
le plain- chant ; Paris, Lecoffre, 1S47, 1 vol. 
in-8° de 264 pages. 

DOLES (Jean-Frédéric), né à Steinbach, 
en Franconie, en 1715, commença ses études 
au gymnase de Schleusingen, et apprit la musi- 
que à l'école de Saint-Thomas de Leipsick. Son 
maître de composition fut Jean-Sébastien Bach. 
En 1744 il obtint la place de chantre à Frey- 
berg , où il resta jusqu'en 1756, époque où il 
succéda à Harrerdans les fonctions de directeur 
de musique à l'église de Saint-Thomas de Leip- 
sick. Il unissait le talent de bien enseigner à 
celui de bien écrire , et jouissait d'une grande 
considération parmi les musiciens de son temps. 
Il est mort le 8 février 1797. On a de lui les 
ouvrages suivants : 1° Anfangsgrûnde zum Sin- 
gen (Introduction à l'art du chant), manuscrit 
in-8° de 158 pages. — 2° Neue Lieder von 
Fuchs( Nouvelles Chansons deFuchs); Leipsick, 
1750. — 3° Le quarante-sixième psaume mis 
en musique; ibid., 1758, in- fol. — 4° Mélo- 
dieux zu Gellerts geistlichen Oden, etc. (Mé- 
lodies pour les odes spirituelles de Gellert, à 
quatre voix , avec accompagnement de clavecin ) ; 
ibid., 1762, in-fol. min. — 5° Vierstimmiges 
Choralbuch , oder harmenische - Melodien 
Sammlung fur Kirchen ( Livre choral à quatre 
voix , ou recueil de mélodies harmoniques pour 
l'église); ibid., 1785, in-4°. — 6° Cantate sur le 
chant de Gellert : Ich Komme vor dein Ange- 
sicht, etc., pour quatre voix et orchestre; Leip- 
sick, 17'JO, petit in-fol. Cet ouvrage, dont une 
partie est dans le style fugué, fait voir que Doles 
était un digne élève de J.-S. Bach. On y trouve 
une préface excellente sur l'art de traiter la mu- 
sique d'église. — 7° Singbare und leichte 
Choralvorspiele fur Lehrer und Organisten, 
etc. (Préludes chantants el choisis pour des cho- 



rals à l'usage des professeurs et des organistes» 
etc.), première suite, Leipsick, 1795, in-fol.; 
deuxième suite, ibid., 1795; troisième idem, 
ibid., 1796; quatrième idem, ibid., 1797. Cette 
collection présente des pièces d'un fort bon style. 
Doles a laissé en manuscrit : 1° Passion, d'a- 
près Saint-Marc. — 2° idem, d'après Saint-Luc. 

— 3° La Passion, oratorio. — 4° Les Psaumes 
quatre-vingt-cinq et cent. — 5° Salvete vos. — 
6° Un cantique : Jésus meine Zuversicht. — 
7° Magnificat, en allemand. — 8° Deux Messes. 

— 9° Kyrie cum Gloria, en si mineur. — 10° 
Les 2 e , 16 e , 25 e , 33% 81° et llî e psaumes. 

DOLES (Jean-Frédéric) fils du précédent, 
naquit à Freyberg le 26 mai 1746. Son pre- 
mier maître fut. le recteur Funcke, de Freyberg. 
Jl apprit ensuite la musique et le chant sous la 
direction de son père. En 1764 il entra à l'u- 
niversité de Leipsick et ensuite à l'académie d'Er- 
langen pour se livrer à l'étude de la jurispru- 
dence. Il prit ses degrés de docteur en droit en 
1776 et fut nommé subsistut dans la Faculté de 
droit. Il est mort à Leipsick le 16 avril 1796. 
Doles est compté parmi les amateurs de musique 
les plus distingués. Il a publié en 1775 six solos 
pour le piano, à Leipsick, chez Breitkopf. On 
connaît aussi en manuscrit un concerto pour le 
t même instrument, qui a eu beaucoup rie succès 
en Allemagne. 

DOLEZALEK (Jean-Emmanuel), excellent 
pianiste, né àChotiebarz, en Bohême, vers 1785, 
vécut à Vienne en 1815 et dans les années sui- 
vantes. En 1814 il s'était fait admirer à Prague 
par son habileté comme exécutant et par l'origi- 
nalité de ses chansons bohémiennes , publiées en 
1812 sous le titre de Cziske Pjsnë wkudbu 
vvoedenê , etc. Parmi les autres compositions de 
Dolezalek on remarque : 1° Douze écossaises 
pour deux violons, deux clarinettes, deux cors, 
flûte, deux bassons et basse; Vienne, Artaria. 
— 2° Neuf variations sur un thème de Sargines, 
pour le piano; ibid. — 3° Variations sur un 
thème du ballet Der Fassbinder ; ibid. — 4° 
Plusieurs recueils d'allemandes, écossaises et 
valses pour le piano; Vienne, Mechetti et Ar- 
taria. — 5° Deux marches russes pour le piano ; 
Vienne, Artaria. 

DOMARTou DOMAR TO, musicien fran- 
çais, né vraisemblablement en Picardie , vécut 
dans la première moitié du quinzième siècle. Son 
nom ligure parmi ceux des contrapuntistes les 
plus célèbres de son temps. Tinctoris le cite en 
plusieurs endroits de ses ouvrages, notamment 
dans son Proportionale, où il critique quelques 
erreurs de proportions dans la messe Spirilus 
almus de Domart. Dans les archives de la cha- 

3. 



30 



DOMART — DON ATI 



pelle pontificale il y a un recueil de messes 
manuscriles, des maîtres les plus anciens (coté 
14, in-fol.), parmi lesquelles on en trouve de 
ce musicien. Une chanson française à trois voix 
de ce même compositeur a été recueillie par 
M. Stéplien Morelot dans les manuscrits de la 
bibliothèque du Vatican. 

DOMENJOUD (Jean-Baptiste), avocat 
au parlement de Paris, présenta à l'Académie 
royale des Sciences, en 1757, un violon dont les 
cordes étaient tendues par des vis au lieu de 
chevilles, et dont la tête mobile permettait d'é- 
lever ou d'abaisser à la fois les quatre cordes de 
l'instrument. L'Académie jugea que la mécanique 
employée par Domenjoud pour hausser et baisser 
le ton de l'instrument n'était pas susceptible d'une 
grande précision, par l'impossibilité de connaître 
exactement les proportions de grosseur des cor- 
des et les diverses circonstances qui exercent 
de l'influence sur leur tension réciproque; mais 
elle approuva la substitution des vis aux chevilles, 
par lesquelles il estdiflicille de bien régler l'ac- 
cord et d'empêcher le relâchement accidentel. 
Satisfait de ce rapport, Domenjoud fit imprimer 
la discription de son double mécanisme sous ce 
titre : De la préférence des vis aux chevilles 
pour les instruments de musique ; et un essai 
sur la manière de cht nger i A-mi-la , en, 
tendant ou détendant toutes les cordes à la 
fois, sans détruire l'harmonie ; ce qui donne 
lieu à des manches d'une forme nouvelle , 
beaucoup plus commodes que les anciens; 
Paris, 1757, in- 12 de 22 pages, avec une planche. 

DOMINGOS DE S. JOSÉ-VERELLA 
( Le Père), moine bénédictin portugais, an cou- 
vent de Porto, vivait au commencement du dix- 
neuvième siècle. ]l est auteur d'un ouvrage qui 
a pour titre : Compendio de Musica, theorica 
et pratica, que conlem brève instrucçao para 
lirer musica ; Lcçones de accompanhamcnlo 
em orgad, gravo (clavecin), guitarra, etc.; 
Porto, 1806, l vol. petit in-4°. 

DOMIJMCO (Jkan), musicien italien qui 
vivait vers le milieu du seizième siècle, a fait 
imprimer: Cantiones sacrx quinque rocum; 
Venise, 1566. 

DOMNICH (Hf.nki), fils d'un musicien de 
l'électeur de Bavière , naquit à Wùrzbourg vers 
1760. Dès son enfance il cultiva la musique et 
s'adonna particulièrement à l'étude du cor, sur 
lequel il fit de si rapides progrès, qu'à l'âge de 
douze ans il fut admis à la chapelle électorale. 
De là il passa à Mayence, au service du comle 
de Oelz, grand amateur de musique. Enfin il 
vint à Paris , où il fut assez heureux pour rece- 
\oii des leçons de Punlo. A la formation du 



Conservatoire de musique, Domnich fut com- 
pris au nombre des professeurs, et il se montra 
digne de cette distinction par les excellents élèves 
qu'il forma, et dont il a peuplé les orchestres de 
Paris et de la France. On lui doit la Méthode de 
premier et de second cor, à l'usage du Con- 
servatoire (Paris , 1805, in-fol. ) , qui fut long- 
temps la meilleure qu'on eût en France, et qui 
n'a été remplacée avantageusement que par celle 
de Daupral. Il a aussi publié : 1° Trois concertos 
pour le cor, avec accompagnement d'orchestre; 
Paris, Ozi. — 2° Symphonie concertante pour 
deux cors ; ibid. — 3° Deux recueils de romances, 
avec accompagnement de piano, op. 4 et 5. Quel- 
ques-unes de ces romances sont charmantes et 
ont eu un sucrés de vogue. Domnich a eu deux 
frères, Jacques et Arnold , tous deux virtuoses 
sur le cor. Le premier, qui était son aine, est 
passé en Amérique et vivait à Philadelphie en 
1806; le second, plus jeune que lui, était, en 
1805, au service du duc de Saxe-Meinin»en. 

DOMONATUS (Jean-Henri-Samuel), or- 
ganiste de l'église principale à Jéna, naquit en 
cette ville le 3 avril 1758. Fils d'un fabricant de 
soieries qui aimait beaucoup la musique, il reçut 
des leçons de clavecin et d'orgue dès ses pre- 
mières années. A l'âge de treize ans il fut en- 
voyé au gymnase (collège) de Weimar; le maître 
de chapelle Wolf, de cette ville, se chargea de 
le diriger dans la suite de ses études musicales. 
Plus tard il alla suivre les cours de l'université 
de Jéna et y fit des études de droit; mais, fidèle 
à la musique , il brilla dans les concerts comme 
claveciniste et se fit remarquer par son talent sur 
l'orgue. Ses études terminées, il entra comme 
secrétaire chez le comte de Solms, dont les pro- 
priétés étaient situées en Silésie. Après y être 
reste trois ans, il obtint du comte une pension 
de 50 écus pour le reste de ses jours, et retourna 
à Jéna, où il accepta la place de directeur de 
musique de l'Académie, en 1786. Neuf ans après 
il fut nommé premier organiste de l'église princi- 
pale; mais ses emplois étaient si mal payés, que 
le pauvre artiste passa la plus grande partie de 
sa vie dans un état voisin de la misère. Cepen- 
dant son mérite le plaçait au rang des musiciens 
les plus distingués de la Thuringe. Il avait com- 
posé des cantates d'église et des pièces d'orgue 
d'un très-bon style, lesquelles sont restées en 
manuscrit. Vers la fin de sa vie la goutte avait 
paralysé en partie ses doigts; cependant il jouait 
encore de l'orgue à l'âge de quatre-vingt-un ans, 
et l'on pouvait juger qu'il avait dû posséder au- 
trefois un talent remarquable. Ce pauvre homme 
a cessé de vivre en 1 84 1 . 

DOiXATI (Ignace), compositeur, né à Ca- 



D0NAT1 — DONE 



37 



saU; Maggiore, près de Crémone, vers la fin du 
seizième siècle, fut d'abord, en 1619, maître de 
chapelle de l'académie du Saint-Esprit à Ferrare. 
En 1624 il passa en la môme qualité dans le 
lieu de sa naissance, et enfin, en 1633, il fut ap- 
pelé à la cathédrale de Milan. Ceux de ses ou- 
vrages dont les titres sont connus sont : 1° Sacri 
Concenius a 1,2, 3, 4 e 5 vocum; Venise, 
Alexandre Vincenti, 1612, in-4°. — 2° Le Fan- 
f'alagc , madrigali a 3, 4 e 5 voci; ibid., 
1615, in-4°. — 3° Concerli ccclesiastici a 2, 3, 
4 c 5 voci, opéra 2; ibid, 1617, in-4°. Il y a 
une deuxième édition de cet œuvre publiée chez 
le même, en 1626. 4° Messe a 4, 5 e 6 voci 
piene e concertati; terza impressione ; ibid., 
1626, in-4°. Ces messes avaient été déjà réim- 
primées avec le deuxième livre des messes, sous 
ce litre : Libri I e II délie messe a 4 , 5 e 6 
voci; ibid., 161S, in-4°. — 5° Concerté cccle- 
siastici a 2, 3, 4 e 5 voci, op. 4; ibid., 1619, 
iii-4°. Il y a une deuxième édition de ces motets, 
imprimée chez le môme éditeur, en 1626, in-4°, 
et une troisième datée de Venise, chez le même, 
en 1630. — 6° Motetti a 5 voci concertati, 
con due Litanie délie B. V. enel fine alcuni 
canoni da cantarsi in 24 modi ; terza impres- 
sione; ibid, 1626. Je ne connais pas les dates 
îles deux premières éditions. — 7° Motetti con- 
certati a b e G voci , con Dialoghi , Salmi e 
Litanie delta B. V., op. 6; ibid., 1627, in-4°. 
— 8° Motetti a voce sola co'l basso per l'or- 
gano; ibid., 1628. — 9° Salmi Boscarecci a 
sei, op. 9; ibid., 1629. 

11 y a eu un autre musicien plus ancien, du 
nom de Donati (Giuseppe-Maria), qui a pu- 
blié à Venise, en 1585, des Madrigali a cin- 
que voci. 

DONATO (Balthasak), ou DONATI, maître 
de chapelle de Saint-Marc de Venise, vivait dans 
la seconde moitié du seizième siècle. Il fut d'a- 
bord simple chantre de cette chapelle célèbre : 
son habileté, sa grande expérience dans l'art du 
chant et son mérite comme compositeur lui 
procurèrent l'honneur d'être mis, en 1562, à la 
tête de la petite chapelle, qui venait d'être 
instituée par les procurateurs de Saint-Marc 
pour suppléer la grande chapelle , pendant les 
dernières années de la vieillesse d'Adrien Wil- 
laert, et pour former des chanteurs destinés à 
cette même grande chapelle. Willaert étant mort 
presque subitement, le 7 décembre 1662, la petite 
chapelle fut maintenue sous la direction de Do- 
nato pendant que Cyprien Rore, successeur de 
Willaert, fut le maître qui dirigea la grande; 
mais, le célèbre musicien belge ayant aban- 
donné celte position au mois de décembre 1564, 



Zarlino (Voy. ce nom) fut appelé à le remplacer, 
le 5 juillet 1565. Celui ci demanda la suppression 
de la petite chapelle, qui n'avait plus de raison 
d'être, et Donato fut obligé de rentrer dans la 
position de simple chantre. II paraît qu'il en eut 
un vif chagrin qui se traduisit un jour par des 
paroles insultantes contre Zarlino. Enfin, après 
une pénible attente de vingt-cinq années, Donato, 
grand artiste et homme de génie , fut appelé à 
succéder à Zarlino dans la place de premier 
maître de chapelle. Sa nomination est du 
9 mars 1590, suivant les registres de la cha- 
pelle. Il mourut au mois de juin 1603. On con- 
naît de lui les ouvrages dont les titres suivent : 
1° Il primo libro di canzonelte villanesche 
alla Napolelana, a quattro voci ; V enise, Gar- 
dane, 1555, in-4°. Il y a une autre édilion anté- 
rieure du même ouvrage, laquelle n'est pas la 
première, et qui a pour titre : Canzon villanes- 
che alla Napolelana, a quattro voci, insieme 
con alcuni madrigali novamente ristampati, 
aggiuntevi ancora alcune villote di Perizone 
a quattro, con la canzon delta Gallina; libro 
1°; Veneliis, apud Hieronymum Scottum , 
1551, in-4° obi. — 2° Madrigali a 4 voci, libro 
\°e 2°; Venise, Ant. Gardane, 1568, in-4°. C'est 
une réimpression. — 3° Madrigali a cinquevoci, 
libro quarto; ibid., 1567, in-4°. Je ne connais 
pas les dates des trois premiers livres. — 4° Ma- 
drigali a cinque e sei voci, con ire dialoghi 
a 7 ; libro 1°; ibid., 1560, in-4° obi. — 5° Ma- 
drigali a cinque, a sei, a sette e ollo voci , 
libro seconda; Venise, Jérôme Seolto, 1559, 
in-4° obi. — 6° Il primo libro de' Motetti, a 
5, 6 e 8 voci; Venise, 1599> in-4°. C'est une 
réimpression. On trouve quelques madri- 
gaux à 4 voix de Donato dans la collection in- 
\i[\i\ée:Eletta di tutta la Musica intitulata 
Corona di diversi, data in luce da Zuan Ja- 
como di Zorzi; libro 1°; Venezia, alla in- 
segna delCagniolo, 1569, in-fol. La plupart de 
ces ouvrages brillent par l'originalité; les villa- 
nelles sont particulièrement remarquables par 
les formes du rhythme. 

DONE (Josué), professeur de musique et ac- 
cordeur de pianos à Londres, est auteur d'un 
livre qui a pour titre : The Tunner companion, 
being a treatise of the construction of piano 
forte, with rules for régulât ing and tuning 
them (Manuel de l'accordeur, ou traité de la 
construction des pianos-fortés, avec des pré- 
ceptes pour les régler et les accorder) ; Londres, 
1827, in-4° de trente-trois pages. Cette édition 
est la deuxième; la première avait paru sans 
date (1816), à Londres. L'accord du piano n'oc- 
cupe que deux, pages dans l'ouvrage de Done; 



38 



DONE — DON! 



tout le reste concerne les diverses parties dont 
se composent les pianos de différentes formes, 
les dérangements qu'elles éprouvent, et les ré- 
parations qu'y doivent faire les accordeurs expé- 
rimentés. 

On a aussi sous le même nom un traité de 
la prononciation de l'italien, à l'usage des chan- 
teurs anglais, sous ce titre : Rules for Ilalian 
Pronunciation, particularhj useful to sin- 
gers and to musicians in gênerai; Londres 
un vol. in- 12. Je crois que l'auteur de cet ou- 
vrage était le frère aîné de celui qui est l'objet «le 
cet article. 

DONFRID (Jean), directeur de musique à 
l'église Saint-Martin de Rothenbourg sur le 
Necher, et recteur de l'école de la même ville, 
riaquit vers la fin du seizième siècle. On lui doit 
la publication de trois collections de motets et 
de messes de divers auteurs, des seizième et 
dix-septième siècles. Elles sont intitulées -. 
1° Promptuarium musicum; rvelches Con- 
centus ecclesiast. von verschiedenen Kompo ■ \ 
nisten, fur 2, 3 und 4 Stimmen enthalten, I 
première partie; Strasbourg, 1622; deuxième 
partie, ibid., 1623; troisième, idem, ihid., 
1627. Ces trois parties contiennent six cent 
quatre-vingt-treize motets. — 2° Viridarium 
Musico-Marianum, enthalten mehr als 200 
Goncentus ecclesiast. fur 3 und 4 Stimmen 
von verschiedenen Komponisten, op. 4 ; Stras- 
bourg,. 1627, in-4°. — 3° Corolla musiea, con- 
tenant trenle-sept messes à deux, trois, quatre 
et cinq voix, op. 5; Strasbourg, 1628. On a ■ 
aussi de Donfrid un recueil de pièces d'orgue 
sous ce titre : Der Tabulatur fur Orgel, pre- j 
mière et deuxième parties ; Hambourg, 1623. On 
y trouve des variations et des fugues sur le chant 
des psaumes et des cantiques; ces pièces sont 
d'un bon style. 

DONI (Antoine-François), prêtre et litté- 
rateur, naquit à Florence vers 1503. Il entra fort 
jeune dans l'ordre des Frères Servîtes; mais il 
fut sécularisé dans la suileet resta simple prêtre. 
Fort pauvre, et contraint souvent de vivre du 
seul produit de ses messes, il fut occupé sans cesse 
du soin d'améliorer sa fortune, mais ne put ja- 
mais y parvenir. Son humeur inconstante le 
portait à changer de lieu à chaque instant; 
c'est ainsi qu'il vit en peu de temps Gênes, 
Alexandrie, Pavie, Milan, Plaisance, Rome et 
Venise. Il eut pour amis les hommes les plus 
célèbres de son temps, tels que l'Arétin et le 
Dominichi ; mais il finit par se brouiller avec 
eux, et mourut ignoré au village de Monselice, 
près de Padoue, au mois de septembre 1574. 
Parmi les nombreux ouvrages qu'il a publiés 



l'on remarque : Dialocjostres: unum de foriuna 
et infelicitate Cxsaris; alterum de Dclinca- 
tione (vulgo disegno) ; tertium de Musiea ; 
Florence, 1534,in-8°. Les sujets de ces dialogues, 
plus développés et traduits en italien, ont paru à 
Gênes en 1541. Le dialogue sur la musique, 
séparé des autres, a été publié sous ce titre • 
Dialogo délia Musiea, Venise, 1544. Dans sa 
Libraria, 1550, 1551 et 1560, in-12, Doni in- 
dique un assez grand nombre d'ouvrages relalifs 
à la musique qui sont devenus rares ; mais la 
Bibliothèque italienne de Fontanini, avec les 
notes d'Apostolo Zeno, a rendu le catalogue de 
Doni à peu près inutile. 

DOIVI (Jean-Baptiste), noble Florentin, 
naquit en 1593. Après avoir fait ses études à 
Bologne, il alla les terminer à Rome sous les 
Jésuites. Ses progrès dans la langue grecque, la 
rhétorique, la poétique et la philosophie furent 
très-rapides. Son père, qui le destinait au bar- 
reau , l'envoya à Bourges, en 1613, pour y 
étudier le droit dans l'école célèbre de Cujas : 
il y passa cinq ans. De retour en Italie en 1618, 
Doni reçut le bonnet de docteur dans l'université 
de Pise, et se livra ensuite à l'étude des langues 
orientales, des sciences naturelles et de toutes 
les parties de la philologie. Son père le pressai i 
d'embrasser l'état auquel il l'avait destiné, mais 
le cardinal Octave Corsini, qui venait d'être 
nommé légat en France, lui proposa de l'accom- 
pagner à Paris, ce qu'il accepta avec joie. 11 y 
passa plus d'un an, occupé sans cesse à étendre la 
sphère de ses connaissances par la fréquenta- 
tion des bibliothèques et des savants. Ce fut à 
celle époque qu r il se lia d'une étroite amitié avec 
le P. Mersenne. La mort d'un frère et des af- 
faires de famille l'ayant ramené à Florence en 
1622, il fut appelé l'année suivante à Rome par 
le cardinal Barberini, neveu du pape Urbain VIN. 
Ce cardinal avait un goût passionné pour la mu- 
sique ; Doni, qui avait fait une étude approfon- 
die de cet art, et surtout de ce qui concernait 
la musique des anciens, écrivit sur cette matière 
plusieurs dissertations, dans le dessein de se 
rendre agréable à son nouveau protecteur. Il en 
reçut la récompense par sa nomination à la 
place de secrétaire du sacré collège. Peu de 
temps après, le cardinal, étant venu en France 
avec le titre de légat, y amena plusieurs savants, 
parmi lesquels était Doni, qui revit avec plaisir 
les amis qu'il avait laissés dans ce pays. De là 
il suivit le cardinal en Espagne et revint enr 
suite à Rome. Ce fut alors qu'il imagina un ins- 
trument à cordes, qu'il appela Lyra Barberina 
àp.çixopS6ç, et qu'il dédia à Urbain Vm. Cet 
instrument était composé d'un corps sonore 



DONI 



30 



mobile, posé verticalement sur un socle, et sur 
lequel des cordes tendues dans divers systèmes 
permettaient de passera volonté, et subitement, 
de l'un des modes grecs dans un autre. Il écri- 
vit, à propos de celte invention, une dissertation 
intitulée Commentant de Lyra Barberina, où 
il examine tout ce qui concerne les divers ins- 
truments à cordes des anciens : c'est ce qu'on a 
de plus savant sur cette matière. Cette disser- 
tation ne fut imprimée que plus d'un siècle 
après sa mort. La perte de deux frères qui lui 
lestaient, et le besoin de soigner ses affaires do- 
mestiques, l'obligèrent à retourner à Florence 
en 1640; il s'y maria l'année suivante, et ac- 
cepta une chaire publique d'éloquence que lui 
offrait Ferdinand II de Médicis. Ses devoirs de 
professeur ne l'empêchèrent point de continuer 
ses recherches sur la musique des anciens, et 
particulièrement sur l'union de cet art avec la 
déclamation théâtrale. Ayant été nommé aca- 
démicien de Florence et de laCrusca, il ne jouit 
pas longtemps de ces honneurs, car il mourut 
en 1647, âgé de cinquante-trois ans. 

Les ouvrages de Doni, relatifs à la musique, 
qui ont été publiés de son vivant, sont les sui- 
vants : i° Compendio del trattalo del gencri 
e modi délia musica, con un discorso sopra 
la perfezzione de' concenti, e unsaggio a due 
voci di mutazione di génère e di tuono, in 
ire manière d'intavolatura; Rome, 1635, 
iu-4°. On voit, dans la dédicace au cardinal Bar- 
berini, que cet abrégé est celui d'un traité con- 
sidérable, en cinq livres, que l'auteur avait écrit, 
mais qu'il n'a pas publié. — 2° Annotazioni 
sopra il compendio dé" gencri de' modi délia 
musica, etc., con due trattali, l'uno sopra i 
tuoni e modi veri, Valtro sopra i tuoni o 
Armonie degli antichi : e sette discorsi sopra 
le materie più principal* délia musica, e 
concernenti alcuni stromenti nuovi praticati 
dall' autore; Rome, 1640, in-4°. — 3° De 
Prxstantia musicss veteris libri très, totidem 
dialogiis comprehensi, in quibus vêtus et re- 
cens musica cum singulis earum partibus 
accurate inter se conferuntur ; Florence, 1647, 
in-4°. Dans cet ouvrage, traité sous la forme 
du dialogue, Doni a répandu une érudition im- 
mense; mais ilse trompe souvent sur le fond des 
choses. Il s'y prononce en faveur de la musique 
des anciens contre la moderne, et oppose, comme 
preuve de son opinion, l'anathèrne lancé par le 
concile de Trente sur la musique du seizième 
siècle, aux éloges donnés par tous les écrivains 
de l'antiquité à celle de leur temps; mais cette 
question, de peu d'intérêt, demeurera à jamais 
insoluble par le dénuement où nous sommes de 



monuments de celte musique antique; et, les 
eussions-nous en notre pouvoir, nous n'en se- 
rions guère plus avancés, n'étant point placés 
dans des circonstances favorables pour en juger. 
— 4° Deux tr aides de musique : 1° Nouvelle 
introduction de musique, qui monstre la ré- 
formation du système ou eschelle musicale, 
selon la méthode ancienne et meilleure; la 
facilité d'apprendre toute sorte de chants 
par le retranchement de deux syllabes ut et 
la; une nouvelle manière, et plus aisée, de 
tablature harmonique; et un nouveau reigle- 
ment des avant-exercices de la musique; 2° 
Abrégé de la matière des tons, qui monstre 
en peu de mots tout ce que l'auteur a traicté 
plus amplement, en plusieurs discours ita- 
liens, touchant les tons et les harmonies des 
anciens, par lui heureusement renouvelées 
et remises en usage. Ces deux traités sont in- 
diqués par Gori, dans son catalogue des œuvres 
de Doni, comme étant imprimés; si cela est, ils 
ont dû l'être à Paris, vers 1639, car l'auteur dit, 
dans ses Annotazioni sopra il Compendio, etc., 
qu'il en avait envoyé les manuscrits à l'impres- 
sion dans cette ville. Toutefois, je présume 
qu'ils n'ont point vu le jour, car mes recherches, 
pour en découvrir des exemplaires dans les 
catalogues de bibliothèques et chez les bibliogra- 
phes, ont été infructueuses, et je suis confirmé 
dans ma conjecture par une lettre de L.-Giac. 
Bucciardi , datée de 1641, et rapportée par 
Bandini (deVita et Scriptis Donii, part. 11, 
p. 149, Epist. 94), où il dit : De' suoi trattati 
francesi non ho avuto fino adesso avviso ve- 
runo. Mattheson semble cependant les avoir eus 
en sa possession, car il donne une petite notice de 
leur contenu dans sa Critica musica, part. VI, 
p. 102; mais peut-être n'en avait-il que des co- 
pies manuscrites. Quoi qu'il en soit, ces ou- 
vrages paraissaient être perdus, lorsque le ha- 
sard m'en a fait découvrir les manuscrits auto- 
graphes parmi ceux de la Bibliothèque impériale 
(n° 1689, fonds de l'abbaye Saint-Germain des 
Prés), dans une liasse de vieux écrits relatifs à 
des matières théologiques. 

Ces manuscrits, qui forment un cahier de 
cent quarante-deux pages in-8°, sont d'une belle 
écriture italienne, et sont chargés de correc- 
tions de plusieurs mains ; celles-ci sont généra- 
lement relatives au style et à des expressions 
impropres qui ont. veilli. On trouve en tête du 
premier ouvrage deux lettres de Doni, datées du 
12 mai 1640; l'une est adressée à l'évêque de- 
Riez, qu'il nomme son parent, et à qui il rap- 
pelle qu'ils ont fait ensemble leurs études à 
Bourges : cette lettre est une dédicace; l'autre, 



40 



DONI 



qui est adressée à Messieurs les musiciens de 
France, contient l'éloge des écrivains et des 
compositeurs français qui se sont distingués dans 
la musique, et parmi eux il place Aurélien de 
Reims, Jean de Mûris (qu'il appelle de Mairis), 
Jacques Le Febvre(d'Étaples), Pierre Maillait, 
Josquin de Prés, Jean Mouton, Nicolas Gombert, 
qu'il appelle Crombert, Goudimel, Claude Le 
Jeune, Du Caurroy et Guesdron. Il y place son 
livre sous la protection des musiciens français, 
et leur adresse des observations sur la nécessité 
d'adopter la réformation des tons modernes qu'il 
propose. 

Le premier traité (Nouvelle introduction 
de musique, qui monstre la réformation du 
système ou eschelle musicale, etc.) est com- 
plet; il contient quatre-vingt-quinze pagRS. Doni 
y critique avec sévérité l'hexacorde de Gui 
d'Arezzo (ou du moins celui qui lui est attribué), 
le déclare très-inférieur à la constitution des 
modes grecs, et ne le trouve bon que relative- 
ment à la tonalité barbare du moyen âge. Villo- 
teau a émis une opinion à peu près semblable 
dans son ouvrage intitulé : Recherches sur l'a- 
nalogie de la musique avec les arts qui ont 
pour objet l'imitation du langage. Les dé- 
veloppements dans lesquels Doni entre sur cette 
matière me paraissent de peu d'utilité, comme 
tout ce qui a été écrit par lui et par ses con- 
temporains sur le rapprochement de la tonalité 
moderne et des modes grecs; mais on y remar- 
que un fait curieux et entièrement ignoré : c'est 
que Doni est le premier qui ait proposé de subs- 
tituer la syllable do à ut dans la solmisation. 
On ne trouve, en effet, cette syllable dans aucun 
ouvrage italien antérieur à l'époque où celui de 
Doni a été écrit. 

Le second traité contenu dans le manuscrit 
que j'examine est celui quia pour titre : Abrégé 
de la matière des tons, etc. Il est incomplet, 
mais il m'a paru qu'il ne doit y manquer que 
quelques pages de la fin. Ce n'est, en quelque 
sorte, qu'un corollaire du premier, maison y re- 
marque (p. 111) un renseignement intéressant pour 
l'histoire de la musique. Il s'agit d'un clavecin 
transpositeur, qui avait été fait par un con- 
temporain de Doni; sorte d'invention qu'on a 
renouvelée de nos jours, et dont l'existence an- 
térieure avait été longtemps ignorée. Voici le 
passage dont il est question : « Enfin la diversité 
« des tons d'aujourd'hui n'est autre que celle 
« qu'on entend au clavecin fabriqué par Jacques 
« Ramerin, Florentin, auquel, par le change- 
« ment des ressorts, le même clavier sert à 
« divers tons différents par degrés semi-toni- 
" ques. » Ce passage, et quelques détails sur 



j les ouvrages de Marenzio, de Cyprien Roze et 
du prince de Venouse, sont à peu près tout ce 
qu'il y a de remarquable dans ce traité. 

Outre la description de sa Lyre Barberine , 
et le traité des instruments à cordes qui y est 
joint, Doni avait laissé plusieurs ouvrages rem- 
plis de recherches curieuses, et presque tous re- 
latifs à la musique des anciens ; tous ces travaux 
restèrent ensevelis dans l'oubli jusqu'à ce que 
le savant antiquaire Gori , les ayant rassemblés, 
en prépara une belle édition; à laquelle il joignit 
le traité de Praestantia musicœ veleris ; mais il 
mourut avant qu'elle eût paru , et ce fut Passeri 
qui la publia à Florence en 1773, en deux vo- 
lumes in-fol. Le premier, inlitulé : Jo,h. Ba~ 
ptistse Don,i Patrici Florentini Lyra Barbe- 
rina àu.çî)ropSoç , accedunt cjusdem Opéra, 
pleraque nondum édita, ad veierem musicam 
illuslrandam pertinentia , contient : 1° Com- 
mentant de Lyra Barberina, orné de gravures 
représentant les instruments à cordes antiques. — 
2° Le traité de Prucstentia muskse veteris. — 
3° Progymnastica musicce pars veterum resti- 
tuta et ad hodiernam praximredacta, libri H. 

— 4° Dissertatio de musica sacra , recitata 
in academia Basiliana; Borna; , anno 1640. 

— 5° Due Trattati di Giov. Batista Doni, 
l'uno sopra il génère enarmonico , l'altro so,- 
pra gV instrumenti di tasti di diverse ar- 
monie, con cinque discorsi : il primo, dcl 
sintono di Didimo e di Tolomeo ; il secondo, 
del Diatonico equabile di Tolomeo ; il terzo, 
qualspezie del diatonico si usasse degli An- 
tichi , e quale oggi si pratichi ; il quarto, délia 
disposizione e facilita délie viole diarmoniche; 
il quinto, in quanti modi si possa practicare 
l'accordo perfetto nette viole diarmoniche. 

— Le second volume, intitulé : De' Trattati di 
Musica di Giov. Batista Doni, contient : 1° 
Trattato délia musica scenica, ouvrage rempli 
de recherches curieuses et fort important pour 
l'histoire de la musique théâtrale. — 2° Neuf 
discours sur le même objet. — 3° Discorso délia, 
rithmopeia de' versi latini e délia melodia 
de' cori tragichi. — 4° Degli oblighi ed osser- 
vazione de modi musicali. — 5° Discorso, 
sopra la musica antica e il caniar bene : ce 
discours est de Giov. Bardi. — (5° Délia musica 
dell' età nostra, che non è punto inferiore , 
anzi è migliore, di quella dell' età passata , 
par Pierre délia Valle. 

Doni avait aussi laissé beaucoup d'ouvrages 
commencés , et plus ou moins avancés dans leur 
rédaction ; Gori n'a pas cru devoir insérer ces 
fragments dans son édition ; mais il en a donn4 
une liste complète que je transcris ici : 



noNi 



DONIZETTl 



41 



1° Versio Latina Aristidis Quinldiani, Aris- 
loxeni Fragment! de Rh yth mica, aliommque 
similium , cum notis. Les fragments des Élé- 
ments rhythmiqucs d'Aiistoxène, dont il est ici 
question, lurent découverts par Doni dans un 
manuscrit de la bibliothèque du Vatican , comme 
il le rapporte dans son traité de Prœstantia mu- 
sicx veteris (lib. Il, p. 130); le savant biblio- 
thécaire Morelli les a publiés depuis , d'après un 
manuscrit de la bibliothèque de S. Marc de Ve- 
nise, avec un opuscule inédit de Michel Psellus 
le Jeune , intitulé : npo).au,ëavâ 1 u.ev<x et; ttjv pOO- 
(«x^v é7n<îTY][*rjv, Venise, 1785, in-8°. 2° De ra- 
tione modulandorum Carminum Latinorum 
lib . I. — 3° De Re musica libri duo. — 4° De 
JUnjthmopxia lib. 1. De Rhythmographia lib. 
I. — 5° De Generibus et speciebus musicse 
libri duo , etc. — 6° Pandectarum liber XI. 
Qui musices inscribitur, et vocabula, sive 
nomenclaturas rei Musicse Grxcas ac Latinas, 
etc. Enfin, beaucoup de dissertations ébauchées 
sur divers sujets , telles que : De Prœstantia 
studiorum musicorum. — De Scriptoribus 
musicx. — De Musicis interoallis. — De per- 
fecta Harmonia. — De Vi harmonice conju- 
gale . — De Efficacia musicœ. — De Phona- 
scia veterum. — De variis seinxographix 
speciebus, etc. 

DONIZETTI (Gaétan) , compositeur dra- 
matique, naquit à Bergame le 25 septembre 1798. 
Destiné à la profession d'avocat, il fit, pour s'y 
préparer, de bonnes études de collège ; mais son 
goût le portail vers les arts du dessin. Il désirait 
être architecte : pourquoi ne le fut-il pas? on 
l'ignore; lui-même n'a jamais expliqué cette cir- 
constance. Son père, simple employé, dont les 
ressources se bornaient à de faibles émoluments, 
obtint de le faire entrer au lycée musical de Ber- 
game, alors dirigé par Simon Mayr (voy. ce 
nom). Donizetti y reçut des leçons de chant de 
Salari, et Gonzalès lui donna des leçons de piano 
el d'accompagnement. En dépit de son penchant 
pour l'architecture, la nature l'avait fait musicien. 
Frappé de ses heureuses dispositions, Mayr lui 
enseigna les éléments de l'harmonie; mais, obligé 
de faire de fréquentes absences pour ses travaux 
de composition dramatique, et ne voulant pas 
abandonner son élève aux fantaisies de I instinct, 
il le recommanda à Mattei , chef de l'école de 
Bologne, pour qu'il le fit admettre au lycée mu- 
sical de cette ville. Donizetti, alors âgé de dix- 
sept ans et quelques mois, y arriva en 1815. Pi- 
lotti (voy. ce nom) et Maltei furent successive- 
ment ses maîtres de contrepoint etde composition. 
Tendant trois années le jeune musicien se livra 
à des études sérieuses sous leur direction. Dans le 



but d'acquérir la facilité pratique indispensable 
an compositeur, il écrivit dans cette période de sa 
vie des ouvertures pour l'orchestre, des qua- 
tuors de violon , des cantates et de la musique 
d'église. De retour à Bergame, après avoir ter- 
miné ses études , il avait pris la résolution de 
composer pour le théâtre ; son père, qui le des- 
tinait à l'enseignement, pour augmenter les res- 
sources de sa maison , ne goûta pas ce projet. Il 
en résulta des discussions orageuses qui déter- 
minèrent Donizetti à s'engager comme soldat. 
Peu de temps après, son régiment fut envoyé en 
garnison à Venise. Le jeune musicien , parvenu 
à l'âge d'environ vingt ans, y fit représenter, en 
18l8,au théâtre San-Lucas, son premier ouvrage, 
dont le titre était Enrico, conte di Borgogna. 
Le succès de ce premier essai lui procura un 
engagement pour écrire II Falegname di Li~ 
vonia , représenté dans la même ville en 1819, 
et qui commença sa réputation. Quelques bons 
morceaux de cette partition eurent un moment 
de vogue parmi les amateurs, et procurèrent à 
Donizetti des protecteurs qui obtinrent son congé 
du service militaire. Cette époque était celle de 
la domination de Rossini sur tous les théâtres de 
l'Italie. Son génie avait créé des formes nouvelles 
et des effets auparavant inconnus qui jouissaient 
d'une immense popularité, et que la plupart des 
compositeurs s'efforçaient d'imiter, afin d'obtenir 
de faciles succès. Donizetti ne résista point à cet 
entraînement. Doué d'instinct mélodique et d'une 
rare facilité d'improvisation , il écrivait avec une 
rapidité peu ordinaire, el ne se préoccupait ni 
de l'originalité de la pensée, ni du soin de perfec- 
tionner le premier jet de son travail. C'est ainsi 
que chaque année était marquée, presque sans 
exception, par la composition de quatre opéras, et 
qu'en 1830 il donna à Naples il Diluvio univer- 
sale, I Pazzi per progelto, Francesca di Foix, 
Isnelda di Lambertazzi , la Romanziera , 
et à Milan Anna Bolena. Cependant, au sein 
même de cette production trop hâtive, le talent 
du compositeur prenait çà et là un caractère plus 
sérieux , plus dramatique qu'on n'aurait pu l'es- 
pérer; ainsi Elisabeth à Kënihvorlh, représenté 
à Naples en 1828, VEsule di Roma , écrit dans 
la même ville, l'année suivante , et Anna Bo- 
lena renferment de véritables beautés. L'en- 
gagement que Donizetti avait souscrit avec 
l'entrepreneur Barbaja lui imposait l'obligation 
d'un travail sans relâche qui semblait devoir 
épuiser bientôt ses forces ; mais sa robuste cons- 
titution n'en paraissait pas ébranlée. 

11 était dans sa destinée d'avoir à lutter dans 
sa carrière contre des talents aimés du public 
qui le reléguaient toujours au second rang; car,. 



i'2 



DONIZETTI 



peu d'années après le départ de Rossini pour la 
France , les succès de Bellini à la scène préoc- 
cupèrent les dilettanti de l'Italie d'une manière 
presque exclusive. Donizetti était bien plus lia- 
bile que son rival dans l'art d'écrire et d'instru- 
menter ; mais Bellini avait sur lui l'avantage de 
l'originalité des idées. Son style était à lui, tan- 
dis que celui du compositeur bergamasque se 
ressentait souvent de l'imitation. Toutefois il 
n'est pas douteux que la rivalité nouvelle dans 
laquelle il se vit engagé ne lui ait été plus utile 
que nuisible, car elle l'obligea à mettre moins 
de précipitation dans la composition de ses ou- 
vrages. Son Anna Bolena, qui obtint à Milan 
un brillant succès en concurrence avec la Son- 
nanbula de Bellini, nous fournit une démons- 
tration de cette vérité. Cet ouvrage est en effet 
plus complet , mieux inspiré que les précédentes 
productions de son auteur ; il fut le commence- 
ment d'une époque de transformation du talent 
de Donizetti, transformation qui aurait été bien 
plus satisfaisante s'il n'eût emprunté des formes 
mélodiques à Bellini , comme il en avait pris 
autrefois dans les partitions de Rossini. 

En 1835 Donizetti se rendit à Paris ; il y re- 
trouva Bellini en possession de la faveur du public. 
Au succès des Puritani il voulut opposer Marina 
Faliero ,• mais la lutte n'eut pas cette fois l'heu- 
reux résultat qu'elle avait obtenu à Milan : son 
ouvrage ne réussit pas, bien qu'il s'y trouvât de 
belles choses. Il ne tarda point à retourner à Naples, 
où l'attendait une belle revanche dans l'éclatant 
succès de Lucia di Lammermoor, partition 
considérée à juste titre comme son œuvre capi- 
tale. Il dut à la vogue dont jouit cet ouvrage 
dans toute l'Italie sa nomination de professeur 
de contrepoint au collège royal de musique de Na- 
ples. La mort prématurée de Bellini laissa, dans le 
môme temps, Donizetti sans rival sur la scène 
italienne ; ce fut un malheur pour lui , car, n'étant 
plus stimulé par la lutte , il reprit ses habitudes 
de hâte et de négligence dans ses travaux, et 
écrivit pendant les années 1830, 1837 et 1838 
plusieurs ouvrages médiocres, tels que Belisario, 
il Campanello di -natte , Betly, l'Assedio di 
Calais, Pio di Tolomei, Roberto d'Evereux et 
Maria di Budenz. Ce fut à la même époque 
qu'il composa pour Adolphe Nourrit (voy. ce 
nom) la partition île Poliuto, ouvrage sérieux 
dont le chanteur français avait^ indiqué le sujet, 
d'après le Polyeucte de Corneille. La censure 
napolitaine n'ayant pas autorisé la représentation 
de cet opéra , auquel le compositeur attachait 
plus d'importance qu'il n'avait l'habitude d'en 
accordera ses productions, il en éprouva une 
Vive contrariété qui lui fit prendre la résolution 



de quitter Naples pour se rendre à Paris. Il y 
arriva dans les premiers jours de 1840. Des pro- 
positions lui avaient été faites par l'administration 
d'un nouveau théâtre d'opéra qui s'était établi 
dans la salle de la rue Ventadour, et auquel on 
avait donné le nom de théâtre de lu Renais- 
sance. Un livret d'opéra sérieux, intitulé l'Ange 
de ISisîHa, avait été envoyé à Donizetti par cette 
administration avant qu'il quittât Naples , et il 
avait écrit la plus grande partie de l'ouvrage 
lorsqu'il arriva à Paris. Il apportait aussi la par- 
tition de la Fille du régiment, que le directeur 
de l'Opéra-Comiquelui avait demandée. Enfin, à 
a sollicitation de Duprez, la direction de l'Opéra 
avait proposé à Donizetti d'arranger son Poliuto 
pour la scène française, et la transformation 
avait été faite rapidement , sous le titre : les 
Martyrs. Pendant qu'il y travaillait, la Fille 
du régiment fut représentée à l'Opéra-Comique ; 
médiocrement chantée par l'actrice chargée du 
rôle principal, l'ouvrage ne réussit pas : il fallut, 
pour le relever de celte quasi chute, qu'il fût 
traduit en italien , en allemand , et qu'il obtînt 
partout des applaudissements. Des cantatrices 
françaises détalent en firent de nouveau l'essai à 
Paris et sur les principaux théâtres des départe- 
ments ; alors l'indifférence du public fit place à 
l'engouement. Les Martyrs ne furent pas plus 
heureux à l'Opéra que la Fille du régiment ne 
l'avait été à l'Opéra-Comique. Représenté dans la 
même année ( 1840) , ce grand ouvrage n'occupa 
la scène que pendant un petit nombre de soirées. 
Le talent de Donizetti n'était pas en harmonie 
avec un sujet si sévère. La partition était bien 
écrite, mais l'inspiration avait manqué au com- 
positeur. La mauvaise fortune semblait le pour- 
suivre à Paris, car dans la même année le théâtre 
de la Renaissance, pour lequel l'Ange deNisida 
avait été composé, fut fermé ; toutefois l'événe- 
ment fut heureux pour Donizetti, car, en ajou- 
tant un quatrième acte à sa partition, il en lit la 
Favorite, l'une de ses meilleures productions : 
il en obtint la représentation à l'Opéra. Une pré- 
vention défavorable régnait alors parmi les ar- 
tistes et dans le public contre Donizetti : elle 
exerça son influence sur cet opéra, qui, d'abord, 
fut froidement accueilli. Telle était l'incertitude 
sur le succès, après la représentation, que le 
compositeur eut beaucoup de peine à trouver 
un éditeur qui consentît à lui donner 3,000 francs 
pour prix de sa partition , devenue ensuite une 
source de fortune pour cet éditeur; car bientôt 
la sympathie du public s'éveilla pour cette Fa- 
vorite si dédaignée à la première audition. Jouée 
partout avec un succès toujours croissant, elle- 
est restée en possession de la scène, et quelques.- 



DONIZETTI 



43 



uns de ses plus beaux airs et duos sont entrés 
pour longtemps dans le répertoire des salons 
et des concerts. Peu de jours après les premières 
représentations de la Favorite, Donizelti se 
rendit à Rome et y fit représenter Adelia, ossia 
la Figlia dell' arciero, faible composition qui ne 
put se soutenir à la scène. Il fut plus heureux 
à Milan, où Maria Padilla obtint du succès. 
Arrivé à Vienne en 1842 , il y écrivit Linda di 
Chamounix, partition remarquable par la cou- 
leur locale et le métite d'une instrumentation élé- 
gante. L'ouvrage obtint dans cette ville un succès 
d'enthousiasme qui décida l'empereur d'Autriche 
à honorer l'auteur du titre de compositeur de la 
cour et de maître de la chapelle impériale. 

De-retour à Paris au commencement de 1843, 
Donizetti écrivit en huit jours la partition de 
Don Pasquale, charmant ouvrage bouffe, d'une 
inspiration libre et franche, qui rapelle le style 
îles bons maîtres italiens de la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. Bien chanté et joué avec 
un talent inimitable par Lablache, cet opéra 
produisit une vive sensation et rehaussa la re- 
nommée du compositeur. Peu de temps après 
avoir obtenu ce succès, Donizelti retourna à 
Vienne pour y faire jouer sa Maria di Rohan, 
faible production qui se ressentait des premières 
atteintes du mal incurable qui conduisit au tom- 
beau l'artiste jeune encore. Le repos absolu au- 
rait été nécessaire; mais il semblait que, pres- 
sentant sa fin prochaine, Donizetti voulait se 
hâter de produire encore avant que son intelli- 
gence l'eût abandonné. Il revint à Paris pour y 
donner des soins aux répétitions de Don Sébas- 
tien de Portugal, ouvrage composé pour le 
théâtre de l'Opéra , et qui ne lui avait coûté que 
deux mois de travail, bien que la partition fût 
remplie de morceaux d'une étendue considérable. 
Déjà la robuste constitution du compositeur était 
ébranlée , et pour la première fois il avait éprouvé 
de la fatigue en écrivant cette composition. Pen- 
dant les répétitions on remarqua dans le troi- 
sième acte des défauts assez importants pour 
compromettre le succès de l'ouvrage, et l'auleur 
du livret dut le refaire en entier, ce qui exigea 
une musique nouvelle. Il en résulta un retard 
de près de deux mois pour la première représen- 
tation. Dans cet intervalle , Donizetti , tourmenté 
d'impatience, écrivit en huit jours un opéra 
comique dont la partition n'a été retrouvée que 
longtemps après son décès, et qui, jusqu'au mo- 
ment où cette notice est écrite , n'a point été re- 
présenté. Enfin arriva le moment de la représen- 
tation de Don Sébastien, qui fut une arnère dé- 
ception pour le compositeur,, car le résultat fut 
une chute complète. A la dernière répétition gé- 



nérale, Donizetti s'était trouvé mal et avait dit 
à un de ses amis : Don Sébastien me tue. A 
peine remis de cet échec et des émotions qu'il 
en avait ressenties, il partit pour Naples en 
1844 et écrivit Catarina Cornaro , qui fut son 
dernier opéra ; puis il fit un voyage à Vienne , 
où l'appelaient ses fonctions à la cour; mais des 
atteintes plus sensibles d'une affection des centres 
nerveux , qui le minait sourdement , le mirent 
hors d'état d'y satisfaire. De retour à Paris vers 
le milieu de l'année suivante , il n'était plus que 
l'ombre de lui-même; cependant il essayait en- 
core d'écrire et d'achever un opéra destiné au 
Théâtre-Italien, lorsqu'il eut une attaque de para- 
lysie, le 17 août de la même année. A la suite de 
cet accident son intelligence disparut, et, de cet 
artiste naguère si plein de vie et d'une constitu- 
tion si énergique, il ne festa plus qu'un corps 
débile, d'où avaient disparu toutes les facultés 
qui l'animaient autrefois. Transporté au mois de 
janvier 1846 dans une 'naison de santé située 
à Ivry, il n'y éprouva aucun soulagement du 
traitement auquel on le soumit. Il en fut de 
même des essais qui furent tentés dans la maison 
du docteur Blanche, à Paris. Ce fut alors que 
ses amis conçurent le dessein de le transporter 
en Italie et d'essayer l'influence de l'air natal 
comme dernière ressource. Il s'éloigna de Paris 
au mois d'octobre 1847. De nouvelles attaques 
frappèrent son cerveau pendant le voyage, et (a 
dernière, arrivée à Bergame le 1 er avril 1848, 
rendit la paralysie complète. Huit jours après, 
Donizetti expira, a l'âge d'environ cinquante 
ans. Telle fut la fin de cet artiste distingué , 
dont la vigoureuse constitution fut usée avant le 
temps par un travail sans repos et par l'excès 
des plaisirs sensuels. Ses funérailles furent célé- 
brées avec pompe dans la cathédrale, où la 
messe de Requiem composée par Simon Mayr 
fut exécutée : toute la ville de Bergame y as- 
sista et fit un cortège immense aux dépouilles 
mortelles du compositeur jusqu'au champ de 
repos. 

La carrière productive de Donizetti s'étend 
depuis 1818 jusqu'en 1844, et comprend consé- 
quemment un espace de vingt-six ans, dans le- 
quel il écrivit soixante-quatre opéras, plusieurs 
cantates, des messes et des psaumes, c'est-à-dire 
environ quatre grandes compositions chaque 
année. Pour apprécier le talent de l'artiste il 
est indispensable de prendre en considération 
cette rapidité excessive de travail. Engagé pen- 
dant plusieurs années aux gages de Barbaja , en- 
trepreneur des théâtres de Naples, Donizetti devait 
écrire chaque année deux opéras sérieux et deux 
opéras bouffes; le salaire qu'il recevait pour uu 



44 



D0JN1ZETTI 



si grand travail était à peine suffisant pour les 
premières nécessités de la vie. De là l'obligation 
de composer en même temps pour les autres 
théâtres principaux de l'Italie; de là de fréquents 
voyages qui absorbaient une partie du temps ; de 
là, enfin, la production sans relâche et sans mé- 
ditation. On a vu Donizetti instrumenter toute 
une partition d'opéra en trente heures, temps 
à peine suffisant pour le travail matériel, nonobs- 
tant les abréviations usitées en Italie. Si l'on a 
lieu de s'étonner, ce n'est pas que beaucoup 
d'ouvrages de peu de valeur ou médiocres aient 
été le résultat d'une telle hâte, mais bien que de 
véritables beautés en aient été le produit. D'un 
grand nombre de partitions improvisées par Do- 
nizetti il ne reste déjà plus, il est vrai, que les 
noms enregistrées dans les annales des théâtres ; 
mais l'auteur A' Anna Bolena , de Lucia di 
Lammermoor, de la Favorite, de Don Pas- 
quale, laissera un nom honoré dans l'histoire de 
l'art, et la postérité ne méconnaîtra pas les 
beautés réelles répandues dans l'Esule di Roma, 
Isnelda de' Lambert azzi , VElisire d'amore , 
Lucrezia Borgia, Marino Faliero et Linda 
de Chamounix. Riche d'inspirations mélodiques 
et de sentiment dramatique, l'auteur de ces ou- 
vrages n'a malheureusement pas au même degré 
le don de l'originalité. Artiste éclectique, il use 
avec habileté des moyens et des formes imaginées 
par d'autres compositeurs; mais il n'invente ni 
dans le rhythme, ni dans l'harmonie, ni dans 
l'instrumentation, ni dans la contexture scénique ; 
enfin son œuvre ne marque, à aucune époque 
de sa carrière, le point de départ d'une transfor- 
mation de l'art. Aux qualités qui lui ont été re- 
connues dans ce qui précède il est juste d'a- 
jouter que Donizetti et Mercadante ont été les 
derniers compositeurs dramatiques de l'école 
italienne qui ont écrit avec pureté. 

Donizetti , qui avait fait de bonnes études dans 
sa jeunesse, avait de l'instruction, parlait bien 
plusieurs langues et avait acquis dans la fréquen- 
tation des hommes distingués de la politesse et 
de l'urbanité. Doué de bienveillance, il encou- 
rageait les jeunes artistes de ses conseils, et, bien 
qu'il attachât beaucoup de prix au succès de ses 
ouvrages, surtout vers la fin de sa carrière, il ne 
s'attristait pas de ceux de ses rivaux, faiblesse 
trop commune chez les artistes. S'il ressentit 
quelque atteinte de jalousie à l'époque de son 
premier voyage à Paris, ce ne fut que contre 
Bellini, dont il croyait que la renommée avait 
été acquise à trop bon marché ; mais ce ne fut 
qu'un éclair. Plus tard il alfecta de ne ja- 
mais contredire les éloges qu'on lui prodi- 
guait. 



Voici la liste chronologique des opéras com- 
posés par Donizetti : 1818, Enrico diBorgogna,k 
Venise. — I819,«7 Falegname di Livonia, idem» 
— 1820, le Nozze in villa, à Mantoue. — 1822, 
Zoralde di Granata, à Rome; la Z ingara, 
à Naples; la Lcttera anonima, idem; Chiara 
eSerafina, à Milan. — 1823, il Fortunato in- 
ganno; Alfredo il Grande; una Follia , à 
Venise. — 1824, l'Ajo nell' imbarazzo, à Rome; 
Emilia di Liverpool, à Naples. — i82f>, Ala- 
hor in Granata, à Palerme; il Castello degli 
Invalidi; Elvida, à Naples. — 1827, il Gio- 
vedi grassot à Naples; Olivo e Pasquale, à 
Rome; il Borgomastro di Saardam, à Naples; 
le Convenienze tcatrali, idem. — 1828, Otto 
mese in due Ore,h Palerme ; l'Esule di Roma , 
à Naples; la Regina di Golconda, à Gênes;. 
Gianni di Calais, à Naples. — 1829 , il Paria,. 
idern; il Castello di Kenilworth, idem; il 
Diluvio universale, idem. — 1830, / Pazzi 
per progetio , idem ; Francesca di Foix, idem ; 
Isnelda de' Lambert azzi , idem ; la Roman- 
ziera, idem. — 1831, Anna Bolena, à Milan; 
Fausta, à Naples. — 1832, VElisire d'amore, 
à Naples; Ugo, conte di Parigi, à Milan; 
Sancia di Castilla, à Naples; il Nuovo Pour- 
ceaugnac, idem. — 1833, il Furioso nell' 
isola di San- Domingo, à Rome; Parisina,k 
Florence; Torquato Tasso , à Rome; Lucrezia 
Borgia, à Milan. — 1834, Rosamunda d'In- 
ghilterra, à Florence, donné ensuite à Naples, 
avec quelques morceaux nouveaux, sous le titre 
(YEleonora di Guienna; Maria Sluarda, à 
Naples, jouée ensuite à Rome, sous le titre de 
Buondelmonte ; Gemma di Vergi, à Milan. ^ 
1835, Marino Faliero, à Paris; Lucia di 
Lammermoor, à Naples. — 1836, Belisario , 
à Venise; il Campanello diNotte, à Naples; 
Betlg , idem; l'Assedio di Calais, idem. — 
1837, Pio di Tolomei , à Venise; Roberto 
d'Evereux, à Naples. — 1 838 , Maria di Rudenz, 
à Venise; Poliuto, à Naples, non représenté et 
refait à Paris, en 1840, pour l'Opéra, sous le 
titre les Martyrs. — 1839 , Gianni di Parigi, 
à Milan. — 1S40, Gabriella di Vergi .idem, non 
représenté et donné à Naples en 1844; la Fille 
du régiment, opéra-comique, à Paris; les 
Martyrs , grand opéra , à Paris ; la Favorite, 
idem. — 1841, Adelasia, ossia la Figlia dell' 
arciero, à Rome; Maria Padilla , à Milan. — 

1842, Linda di Chamounix, a Vienne 1843, 

Don Pasquale, à Paris ; Maria di Rohan, à 
Vienne; Don Sébastien, grand opéra, à Paris; 
un opéra-comique inédit. — 1844, Catarina 
Cor laro , à Naples. — Cantates dramatiques 
et autres -, 1823, VAristea. — 182.5, 1 VÔtU 



DONIZETTI — DOPPLER 



de' sudditl. — 1820, El vira. — 1830, il 
Fausto Ritorno. — 1832, Admete. — 1835, 
•/« Morte d'Ugolino.'Oa a aussi de Donizelti 
des recueils de chants et de duos publias à Paris 
*t à Milan, sous ces titres: 1° Nuits d'été à 
Pausilippe , album lyrique. — 2° Soirées d'Au 
tomne à ITnfrascata, recueil de six chants et 
duos. — 3° Rêveries napolitaines , six ballades 
à voix seule. — 4° Ispirazioni Viennesi, cinq 
ariettes et deux duos. — 5° Les Soirées de 
Paris, recueil de douze canzonnette et duos; 
des variations pour le piano sur le chant du 
Barde, dans Y Alfred de Mayr; Milan, Ricordi; 
sept messes , dont une de Requiem ; des vêpres 
complètes; plusieurs psaumes, dont un Miserere 
avec orchestre et divers motels ; des sonates de 
piano, douze quatuors pour instruments à 
cordes, et des ouvertures de concert. 

DONIZETTI (Joseph), frère du précédent, 
naquit à Bergame vers 1797. Après avoir fait 
des études au lycée musical de cette ville, 
sous la direction de Mayr, il devint chef de 
musique dans nn régiment d'infanterie ita- 
lienne au service de l'Autriche. En 1831 il se 
rendit à Constantinople avec des lettres de 
recommandation , et y organisa la musique 
militaire de la garde du sultan à la manière eu- 
ropéenne. Satisfait de son intelligence et de son 
activité, le grand-seigneur le décora de son ordre 
et Péleva au rang de général de brigade. Joseph 
Donizelti est mort à Constantinople , le 10 fé- 
vrier 1850, à l'âge d'environ soixante ans. 11 a 
écrit beaucoup de musique en harmonie mili- 
taire. On a publié de sa composition la Marche 
favorite du sultan Mahmoud, et des marches 
algériennes, à Milan, chez Ricordi. On connaît 
aussi de cet artiste des Canzoni et quelques petites 
pièces pour le piano, chez le même éditeur. 

D'ONSEMBRA Y. Voy. Onsembkvy (M. D'). 

DONT ( Jacques ), bon violoniste, est fils 
de Joseph-Valentin Dont, violoncelliste distin- 
gué de quatuor et d'orchestre, né en Bohême, 
et mort à Vienne, en 1833, d'une attaque d'a- 
poplexie. Jacques Dont est né dans cette ville, 
le 21 mars 1815. Après avoir étudié le violon 
sous la direction de Boehm et de Helmesberger, 
et s'être fait remarquer par la rapidité de ses 
progrès, il a été admis dans l'orchestre de Burg- 
Ihéâtre, en 1831, et est entré dans celui de la 
chapelle impériale trois ans plus lard. Dont a 
publié des compositions pour son instrument, 
au nombre d'environ 50 œuvres, parmi les- 
quelles on remarque des variations brillantes 
avec piano, op. 21 , et des études, op. 30. 

DONZELLI (Dominique), chanteur distin- 
gué, est né à Bergame vers 1790. Après avoir ter- 



miné ses éludes de chant dans sa ville natale» 
il débuta sur quelques théâtres des villes de se- 
cond ordre. En 1816 il était au théâtre Va lie , 
à Rome, et sa réputation commençait à s'éten- 
dre lorsque Rossini écrivit pour lui, dans celte 
ville, le rôle de Torvaldo, où il se fit remarquer. 
Au carnaval de l'année suivante, il chanta à la 
Scala, de Milan, avec madame Festa-Maffei , 
Caroline Bassi et Philippe Galli. Son succès fut 
si décidé qu'il fut engagé pour les deux saisons 
suivantes. De Milan il alla à Venise, puis à 
Naples , d'où il revint à Milan , où Mercadante 
écrivit pour lui Elisa e Claudio. A Vienne 
Donzetti produisit un grand effet en 1822, et le 
succès qu'il y obtint porta sa réputation à Paris, 
où il fut engagé en 1824. Il resta attaché au 
Théâtre-Italien de cette ville jusqu'au printemps 
*de 1831 ; il eut alors pour successeur Rubini. En 
1828 il chanta au théâtre du Roi, à Londres, et 
le succès qu'il y obtint le fit engager au même 
théâtre les années suivantes, après la saison de 
Paris. De retour en Italie en 1832, Donzelli 
a chanté pendant plusieurs années sur quelques 
grands théâtres. En 1841 il se fit encore entendre 
à Vérone et à Vienne , quoiqu'il fut alors âgé 
d'environ cinquante et un ans. Vers la fin de la 
même année il se retira à Bologne , pour y jouir 
dans ses dernières années de l'indépendance ac- 
quise par ses travaux. Le caractère du talent de 
ce chanteur consistait dans une grande énergie 
dont il abusait quelquefois, mais qui produisait 
de Peffet dans quelques rôles, tels que celui d'O- 
tello. Donzelli est membre associé de l'Acadé- 
mie des Philharmoniques de Bologne et de l'A- 
cadémie de Sainte-Cécile de Rome. On a de cet 
artiste un recueil d'exercices de chant intitulé 
Escrcizi giornalieri, basât i sulV esperienza 
di molti anni; Milan, Ricordi. 

DOPPERT (Jean), savant allemand, na- 
quit à Francfort-sur-le-Mein en 1671, devint 
en 1703 recteur du collège de Schneeberg , en 
Saxe, et mourut le 18 décembre 1735. Au nom- 
bre de ses dissertations sur divers sujets d'éru- 
dition on en trouve une intitulée : de Musiccs 
prxstantia et antiquitate; Schneeberg, 1708, 
et une autre : Musices cum litteris copula 
dcscripla; ibid., 1711. 

DOPPLER. Trois artistes de ce nom se 
sont fait connaître avantageusement depuis IS40. 
Le premier, violoniste, né à Kiew, en Russie, 
de parents originaires de Pologne, et élève de 
Lipinski, a donné des concerts à Saint-Pétersbourg 
avec succès. Deux ans après il était à Varsovie, 
où il paraît s'être fixé. On a publié de sa compo- 
sition quelques morceaux de concert el de salon 
pour son instrument. 



40 



DOPPLER — DORAT1US 



DOPPLER (Albert-François), flûtiste dis- 
tingué et compositeur dramatique, est né à 
Lemberg, eu Pologne, dans l'année 1822. Son 
père, premier hautbois du grand théâtre de 
Varsovie, lui donna des leçons de flûte, dans 
les années 1828 à 1831. Doué d'une heureuse 
organisation pour la musique, le jeune Doppler 
fit de rapides progrès sur son instrument. Lors- 
qu'il eut atteint un certain degré d'avancement, 
il se rendit à Vienne pour y compléter son édu- 
cation musicale ; il y fit aussi quelques études 
de composition. Il était âgé d'environ vingt et 
un ans lorsqu'il entreprit avec son frère, flûtiste 
comme lui , un voyage en Allemagne pour don- 
ner des concerts. Ils visitèrent la Galicie, la 
Russie méridionale , Kiew, Bucharest, et finirent 
par se fixer à Pesth en Hongrie, où François fut 
attaché comme première flûte au théâtre. Ce fut 
alors qu'il commença à s'occuper de la compo- 
sition d'ouvrages dramatiques. Son premier 
opéra, intitulé le Comte Benjowski, fut joué au 
théâtre de Pesth sur.un texte polonais, en 1847; il 
obtint un succès d'enthousiasme et eut vingt-cinq 
représentations consécutives. Cet ouvrage fut 
suivi tfllka, drame musical en trois actes, en 
langue hongroise, qui eut quarante représentations 
en 1849. Repris en 1854, pendant le séjour de 
Mme Lagrange à Pesth, cette grande canta- 
trice chanta deux fois le rôle à'ilka en hongrois 
«t y produisit une vive sensation. Les autres 
opéras de M. Albert-François Doppler, joués jus- 
qu'à ce jour sur le théâtre de la capitale de la 
Hongrie, sont Vanda, opéra en quatre actes, sur 
un sujet polonais écrit en hongrois, qui fut repré- 
senté en 1851, et les Deux Housards, opéra- 
comique en deux actes, joué en 1853. Les par- 
titions de tous ces ouvrages, réduites pour le 
piano, ont paru à Pesth chez Treichlinger et 
Wagner. En 1856 les frères Doppler ont visité 
Bruxelles et Londres. Après avoir donné dans la 
première de ces villes un concert où ils ont fait 
entendre plusieurs concertantes pour deux flûtes 
avec orchestre, ils ont exécuté les mêmes mor- 
ceaux dans un concert de l'association des Mu- 
siciens. Par la perfection d'ensemble de leur jeu 
dans les traits les plus rapides et les plus diffi- 
ciles, ainsi que par la délicatesse et le fini des 
nuances , ces artistes ont obtenu le plus brillant 
succès et ont laissé de beaux, souvenirs chez les 
artistes et les amateurs. Un compositeur distingué 
de Paris se plaignait tin jour des ennuis que lui 
causait un voisin flùtcur, et disait à Cherubini : 
Connaissez-vous rien de pire qu'une flûte ? — 
Oui.— Quoi donc? — Deux/lûtes! Si l'illustre 
maître eût entendu les frères Doppler, il n'eût pas 
dit ce mot plaisant. Outre ses opéras, M. Fran- 



çois Doppler a composé plusieurs ballets, plus 
de dix ouvertures à grand orchestre, et 
beaucoup d'autre musique instrumentale. Une 
de ses ouvertures a été exécutée au concert de 
l'association des Artistes, à Bruxelles , mais elle 
n'a produit que peu d'effet. M. François Doppler 
a été nommé chef d'orchestre du théâtre de la 
cour, à Vienne, le 1 er avril 1S58. 

DOPPLER (Charles), frère du précédent, 
virtuose sur la flûte, comme lui, et chef d'or- 
chestre du théâtre de Pesth , est né à Lemberg 
en 1826. Élève de son père et de son frère, il 
fit avec celui-ci un voyage dans l'Allemagne du 
nord, en Pologne, en Russie et en Moldavie, 
puis se fixa dans la capitale de la Hongrie , où 
les fonctions de chef d'orchestre du théâtre lui 
furent confiées. En 1852 il a fait jouer à ce 
théâtre son premier opéra, en un acte , intitulé 
le Camp des grenadiers, sur un texte hongrois. 
Le bon accueil fait à ce petit ouvrage a décidé 
l'auteur à écrire un grand opéra en quatre actes, 
qui a pour titre hongrois Wadou fia (le Fils du 
désert), joué en 1854, et dont le succès a eu 
beaucoup d'éclat. M. Charles Doppler a écrit 
aussi plusieurs ballets - et des concertantes 
pour deux flûtes, en société avec son frère. 

Un quatrième artiste du même nom, et peut- 
être de la même famille, Jean Doppler, s'est 
fait connaître par une grande quantité de petites 
pièces pour le piano, telles que variations, pe- 
tits rondeaux, danses, etc. Les renseignements 
manquent sur cet artiste ; on sait seulement 
qu'il était à Hambourg vers 1840, qu'il alla en- 
suite s'établir à Prague, et que postérieurement 
il s'est fixé à Vienne. Ce que j'ai vu de lui est 
de peu de valeur. 

DORAT (Claude-Joseph), poète français, 
né à Paris, le 31 décembre 1734, d'une famille 
ancienne dans la robe, s'attacha d'abord au bar- 
reau, puis se fit mousquetaire, et, enfin, quitta 
cette dernière carrière pour se livrer à son goût 
pour les lettres. I! est mort à Paris le 29 avril 
1780. Dorât a consacré à l'Opéra un chant de 
son poëme de la déclamation. On a aussi de lui 
un petit poëmc intitulé le Pouvoir de l'har- 
monie, imité de Dryden et dédié à M. le Ch. 
Gluck (voy. le Journ. encyclop., octobre 1779, 
p. 114). Dans ses œuvres diverses, publiées à 
Amsterdam et à Paris, on trouve des Recher- 
ches sur l'usage et l'abus de la musique dans 
l'éducation moderne, qui ont été traduites en 
anglais sons ce titre : Euterpe, or rcmarks 
on ihe use and abuse of Music, as a part of 
modem éducation; Londres, 1779, in-8°. 

DORATUÎS (Jérôme) , ou plutôt Dorait, 
compositeur, né à Lucques vers 1580, a fait im- 



D0RAT1US — DORN 



47 



primer : Psalmi vespertini quatuor vocum; 
Venise, 1609. 

DORATI (Nicolas), compositeur de l'école 
vénitienne dans le genre madrigalesque, vécut 
dans la seconde moitié du seizième siècle. Les 
ouvrages par lesquels il s'est fait connaître sont : 
1° Madrigali à cinque, sei e sette voci, lib. 
1° et 2°; Venezia, appresso Girolamo Scolto, 
1559, in-4°. — 2° Madrigali a cinque voci, lib. 
1,2,3,4; in Venezia, appr. Antonio Gardano, 
1567, in-4° obi. 

DORELLI (Antoine), habile ténor, élève 
d'Aprile, entra en 1788 au service de l'électeur 
de Bavière, et chanta pendant plusieurs années 
sur le théâtre de Munich. 

DORFSCHM1D (Georges), musicien alle- 
mand qui vivait dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle, a publié des vêpres à quatre voix 
sous ce titre : Sacrificiurn vesperiinum quatuor 
vocum ; Augsbourg, 1597. 

DORION, célèbre joueur de flûte, fut con- 
temporain de Philippe de Macédoine; on croit 
qu'il était né en Egypte. Plularque {de Musica) 
dit qu'il fit, dans un mode de musique pour la 
flûte, des innovations qui prirent de son nom 
celui de mode Dorionien, et que ceux qui adop- 
tèrent ce mode formèrent une sorte de secte, 
opposée à une autre qui avait pour chef Anli- 
génide (voy. ce nom). Dorion était fertile en 
bons mots; Athénée en rapporte plusieurs (lib. 8, 
c. 4;, parmi lesquels on remarque celui-ci : 
étant un jour dans une ville où il n'avait pu 
trouver de logement, il se reposait dans un bois 
sacré, près d'un petit temple; il s'informa du 
nom delà divinité à qui il était consacré : A Ju- 
piter et à Neptune, répondit le sacrificateur. 
Comment, s'écria Dorion, pourrais- je trouver 
un gîte dans une ville où les dieux mêmes 
sont logés deux à deux? Il passait pour un 
de ces gourmands si communs dans l'antiquité, 
car le poète comique Mnésimaque faisait dire 
dans une de ses pièces : Dorion passe chez, 
nous la nuit à jouer, non de la flûte, mais 
de la casserole. 

DORIOT (L'abbé), né en Franche-Comté 
vers 1720, fut «l'abord maître de chapelle à Be- 
sançon, et fut appelé à Paris vers 1758, pour y 
être attaché à la Sainte-Chapelle en cette qualité. 
Il y occupait encore le même poste en 1780. 
L'abbé Doriot a composé plusieurs motets qu'on 
entendait le samedi saint à la Sainte-Chapelle, 
et qui jouissaient de son temps de quelque ré- 
putation. On connaît aussi de lui un Traité 
d'Harmonie selon les principes de Rameau, 
dont une copie se trouve clans la bibliothèque 
du Conservatoire de Musique, à Paris. 



DORLE, musicien français qui vécut au 
commencement du seizième siècle, n'est connu 
que par des motets imprimés dans les recueils 
d'Attaignant (voy. ce nom), particulièrement 
dans celui qui a pour titre : XII Motets à 
quatre et cinq voix composés par les autheurs 
cy-dessoubz escripts, naguères imprimés à 
Paris par Pierre Attaignant, demourant à 
la rue de la Harpe près de V église de Saint- 
Cosme, 1529, petit in-4° obi. 

DORN (Jean-Frédéric), professeur de mu- 
sique à Kœnigsberg, s'est fait connaître par 
plusieurs recueils pour trois ou quatre voix 
d'hommes, à l'usage des écoles de chant, les- 
quels ont été publiés à Kœnigsberg, Leipsick et 
Berlin. 

DORN (Henri-Louis-Edmond), compositeur, 
neveu du précédent, est né à Kœnigsberg le 
4 novembre 1804. Les éléments de la musique 
lui furent enseignés par Sœmann, pour le chant, 
par Muthreich, puis C. Kloss, pour le piano, et par 
le compositeur Jules Mùller, pour la théorie de 
l'art. Son oncle Jean-Frédéric Dorn lui donna 
ensuite des leçons, et exerça une active influence 
sur les commencements de sa carrière d'artiste. 
En 1823 Dorn suivit les cours de Kœnigsberg et 
s'y livra à l'élude du droit. Lorsqu'elle fut ter- 
minée, il entreprit un voyage à Leipsick, Dresde, 
Prague et Vienne ; puis il se rendit à Berlin, où 
il devint élève de Bernard Klein pour la compo- 
sition et de Louis Berger pour le piano. 11 reçut 
aussi des leçons de plusieurs autres maîtres. Ce 
fut dans cette ville qu'il fit paraître ses premiers 
ouvrages pour le piano, le violon et le violon 
celle. Il y composa aussi la musique d'un grand 
opéra en deux actes intitulé Rolande Knap- 
pen ( les Écuyers de Boland), dont il avait 
fait le livret, et qui fut représenté au théâtre 
Kœnigstxdt avec quelque succès. Il y donna aussi 
le Magicien (der Zauberer), mélodrame repré- 
senté en 1827. Rappelé à Kœnigsberg, à l'âge de 
vingt-quatre ans, pour y prendre possession de 
la place de directeur de musique, il fit repré- 
senter sur le théâtre de cette ville, en 1829 f 
la Mendiante (die Bettlerin) , opéra en deux 
actes. Vers la fin de la même année, la place de 
directeur de musique d'une des églises de Leip- 
sick lui fut offerte et il l'accepta; mais il l'a- 
bandonna l'année suivante pour la direction de 
la musique de la cathédrale de Saint-Pierre, à 
Riga. Il y organisa et dirigea la grande fête mu- ; 
sicale en 1836. Après douze années de séjour et 
d'activité artistique dans celte ville, Dorn donna 
sa démission de ses emplois pour aller à Colo- 
gne, où l'attendaient de plus grands avantages ; 
il y arriva en 1843; et enfin, après la mort de 



48 



DORN — DORUS 



ÎNicolaï, en 1849> il lui succéda dans la place de 
chef d'orchestre du théâtre de Berlin. Au moment 
où cette notice est écrite (1859), il occupe en- 
core cette position. Les opéras que Dorn a écrits 
après ceux qui ont été mentionnés précédem- 
ment, sont : Abu-Kara, représenté à Leipsick en 
1831; das Schwsermenmxdchen (les Filles 
volages), idem, 1832; les Échevins de Paris 
(der Schôffe von Paris), à Riga, en 1838; les 
Bannerets d'Angleterre , 1843; les Musiciens 
d'Aix-la-Chapelle, à Cologne, 1848; Artaxer- 
cès,k Berlin; die Niebelungen , grand opéra 
en cinq actes, joué à Weimar le 22 juin 185 '«. 
M. Dorn a composé des symphonies qui ont été 
exécutées à Cologne ; une grande ouverture pour 
la cinquième fête, séculaire de la cathédrale de 
cette ville, en 1848; un Te Deum;\zïV psaume; 
une messe de Requiem, et plusieurs autres com- 
positions religieuses; enfin, environ soixante-dix 
œuvres de musique instrumentale et vocale, 
particulièrement pour le piano, des recueils de 
chants pour voix d'hommes et un grand nombre 
de Lieder. 

DORN (Alexandre-Jules-Paul), fils du 
précédent, est né à Riga le 9 juin 1833. Élève 
de son père, il l'a suivi à Berlin, en 1849, et y a 
publié un recueil de 4 Lieder, chez Bote et 
Bock, deux duos pour soprano et ténor, et un 
chant de Nymphes, pour 3 voix de femmes. En 
1855 il s'est fixé au Caire, en Egypte, et y a fait 
exécuter une messe de sa composition, le 15 
août 1858. 

DORIX (Jacques), virtuose sur le cor et 
membre de la chapelle du grand-duc de Bade, est 
né à Licbtenau le 7 janvier 1809. Élève de 
Schunke pour son instrument, il entra, en 1825, 
dans la musique militaire d'un régiment badois. 
En 1832 il fit un voyage en Angleterre et s'y fit 
remarquer par son talent. De retour à Karls- 
:uhe, il y a été attaché à la musique de la cour. 
Dorn est aussi très-habile guitariste et a publié 
plusieurs compositions pour le cor et pour la 
guitare. 

DORIVAUS (Philippe), virtuose sur le cor 
et musicien de la chambre de l'électeur de 
Trêves, naquit vers 1769. On dit qu'il jouait 
déjà les concertos de Punto à l'âge de huit ans. 
A quatorze, il se mit à voyager avec son frère, 
et vint à Paris en 1783. Les connaisseurs admi- 
rèrent l'habileté de ces deux enfants, qui retour- 
nèrent ensuite en Allemagne. En 1769 ils en- 
trèrent tous deux au service du comte de Ben- 
theim-Steinfurlh, d'où ils passèrent ensuite à la 
chapelle électorale de Coblence. Philippe Dornaus 
a publié à Offenbach, en 1802, un concerto 
pour deux cors, avec accompagnement d'or- 



chestre arrangé par André. Il a fait aussi insérer 
«lans la tioisième année de la (Jazelte musicale 
de Leipsick (p. 308) des remarques sur l'usage 
utile qu'on peut tirer du cor. 

DORIVAUS (Lucas), frère cadet du précé- 
dent, a toujours accompagné son frère, et se 
trouvait avec lui, en 1800, à la chapelle électo- 
rale de Coblence. Il a publié : 1° Six petites 
pièces pour flûte et deux cors, op. 1; Offen- 
bach. — 2° Six petites pièces pour deux cla- 
rinettes, deux cors et basson, op. 2; ibid. 

DORNEL (Antoine), né en 1696, fut d'a- 
bord organiste de la Madeleine en la Cité, et en- 
suite de l'église de Sainte-Geneviève. Il est mort 
à Paris en 1765. C'était un organiste médiocre 
et un mauvais compositeur, mais il passait pour 
être bon maître d'accompagnement. Il a publié, 
en 1727, des cantates intitulées : les Caractères 
de la musique, et le Tombeau de Clorinde. 
Il a fait imprimer aussi trois livres de trios pour 
le violon. 

DORRIAGTOiV (Théophile), né à Witt- 
nesham,dansle duché de Kent , fut recteur dans 
ce lieu depuis 1686 jusqu'en 1712. On a de lui : 
Discourse on singing in the ivorship of God ; 
Londres, 1714, in-8°. 

DORSTIN (Jean de), de l'ordre des Er- 
mites de Saint-Augustin, né à Recklinghauser 
(Westpbalie) , vécut au couvent d'Erfurt vers 
1475, au temps de l'empereur Frédéric III et du 
pape Sixte IV. Au nombre de ses ouvrages, qui 
n'ont pas été imprimés, on remarque : 1° De 
Monocordo liber unus. — 2° De modo bene 
cantandi liber unus. (Voy. Hartzheim, Bi- 
blioth. Colon., fol. 167.) 

DORUS (Vincent-Joseph Van STEENKISTE, 
dit) , virtuose sur la flûte, est né à Valenciennes 
le l* r mars 1812. Admis comme élève au Con- 
servatoire de Paris le 31 janvier 1812, il reçut 
des leçons de Guillou (voy. ce nom) pour la 
flûte. En 1826 il obtint le second prix de cet ins- 
trument an concours, et le premier lui fut dé- 
cerné en 1828. Jusqu'en 1833 son instrument 
fut l'ancienne flûte ; mais, convaincu alors de la 
supériorité de la flûte réformée par Boehm, dans 
les sons graves, dans la justesse, pour la facilité 
de jouer dans tous les tons, et par la possibilité 
d'exécuter beaucoup de trilles auparavant à peu 
près impossibles, M. Dorus n'hésita pas à se re- 
mettre à l'étude, et sa persévérance le conduisit 
à la possession d'un des plus beaux talents de 
flûlistes qu'on puisse entendre. Dans les années 
1828, 1829 et 1830, il était attaché à l'orchestre 
du théâtre des Variétés ; pn 1834 il est entré à 
celui de l'Opéra, où il est encore (1861), en 
qualité de première flûte solo. M. Dorus est aussi 



DORUS — DOTZAUER 



4î> 



membre de la société des Concerts du Conserva- 
toire et de la musique de l'empereur. En 1858 
il a succédé à Tulou comme professeur de flùle 
au Conservatoire de Paris. On a de cet artiste : 
l° Échos des Lagunes, solos pour flûte. — 
2° 1C airs variés, idem. — 3° Fantaisies et Mé- 
langes sur des méjodies de Donizetti ; Mayence, 
Scliott. — 4° Variations sur une tyrolienne de 
Weber. — 5° Crelly, grande valse suisse ; 3 mar- 
ches des chasseurs de Lulsow, en collaboration 
avecHerz, et d'autres productions pour son ins- 
trument. 

DORUS-GRAS (M me Julie-Aimée). Voy. 
Gras (Mme Dorus). 

DORVAL ( P. ) , professeur de chant à Ver- 
sailles, s'est fait connaître par un petit ouvrage 
estimable qui a pour titre : l'Art de la pronon- 
ciation appliquée au chant , et manière fa- 
cile d'augmenter les ressources delà voix par 
le secours de l'articulation* Versailles, l'au- 
teur, 1850, gr. in-8° de 30 pages. 

DOTIiEL (Nicolas), flûtiste , né en Alle- 
magne vers le commencement du dix-huitième 
siècle, était fils d'un artiste habile sur le même 
instrument. Vers 1750 il était attaché à la cha- 
pelle du grand-duc de Toscane. Le jeu de Do- 
tliel, différent de celui de Quantz, éiait lié et 
dépourvu de coups de langue. Les composilions 
de ce virtuose étaient estimées de son temps en 
Allemagne. Il a fait graver à Amsterdam, en 
1763 , six duos pour la llùle, et ensuite , à Paris, 
Studi per il flaulo, in tutti i tuoni e modi, 
avec la basse. Outre cela, on connaît encore en 
manuscrit neuf concertos pour flûte et sept 
quatuors de sa composition. 

DOTZAUER ( Juste-Jean-Frédéric ) , cé- 
lèbre violoncelliste, né à Htesseli ietli , près de 
Ilildburghausen, le 20 janvier 1783, se livra 
de bonne heure à l'étude de la musique. Son 
père, pasteur du lieu de sa naissance, lui pro- 
cura une éducation soignée, et lui lit apprendre 
à jouer du piano, du violon, du violoncelle, et 
les éléments de la composition. Le goût pas- 
sionné qu'il montrait particulièrement pour le 
violoncelle, et les progrès remarquables qu'il fai- 
sait sur cet instrument, déterminèrent son père 
à le mènera Meiningen, en 1799, pour le confier 
aux soins de Kriegek , maître des concerts. Deux 
ans après, Dotzauer obtint une place de musicien 
de la chambre à Cobourg, ou, suivant d'autres 
versions, à la chapelle du duc de Saxe-Meiningen. 
Il la conserva jusqu'en 1805, époque où il entra 
, à l'orchestre de Leipsick. Un voyage qu'il lit à 
Berlin, en 180G, lui procura l'occasion d'entendre 
Bernard Romberg, et de perfectionner son talent 
sous la direction de cet habile artiste. En 1811 il 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. III. 



a quitté Leipsick pour entrer à la chapelle royale 
de Dresde. Voici la liste de ses compositions : 
1° Deux quatuors pour violon, op. 12. — 2° 
Trois idem, op. 19. _ 3° Un idem, op. 29. — 
4° Trois idem, op. 30. — 5° Trois duos fa- 
ciles pour violon et basse, op. 4. — 6° Trois 
idem, op. 8. — 7° Trois idem, pour deux vio- 
lons, op. 14. — 8° Trois idem, op. 16, liv. 1 
et 2. — 9° Six idem, op. 25. — 10° Variations 
pour violoncelle, avec deux violons , alto et 
basse, op. 7. — 1 1° Concertos pour violoncelle 
et orchestre : 1 er , op. 27, Mayence, Scholt; 2 e 
en ut, op. 06, Offenbacli, André; 3 e en mi, op. 

72, Bonn, Simrock ; 4 e en ré, op. 81, ibid; 5 e 
en mi bémol, op. 82, ibid ; 6 e en mi mineur, op. 
84, ibid; 7 e en fa, op. 93, ibid.; 8 e en ré mi- 
neur, op. 100, ibid; 9 e en fa, op. loi, ibid. Con- 
cerlinos : 1 er en la mineur, op. 67, Olfenbach, 
André; T en la, op. S9, Bonn, Simrock; 3 e en 
la, op. 150, Berlin, Challier et Cie. — 12° Pot- 
pourri pour violoncelle , avec deux violons, 
alto et basse, op. 33. — 13° Quatuor pour vio- 
loncelle, deux violons et alto, op. 13. — 14°S/x 
duos faciles pour deux violoncelles, op. 9. — 
15° Trois idem, pour deux bassons ou deux vio- 
loncelles, op. 10. — 16" Trois idem, op. 15. — 
17° Huit variations pour violoncelle, avec ac- 
compagnement de basse, op. 1. — 18° Deux 
sonates pour violoncelle, avec basse , op. 2. — 
19° Dix variations pour violoncelle , avec 
basse, op. 11. — 20° Plusieurs divertissements 
pour violoncelle et piano, ou avec orchestre, op. 

73, 105, 125, 143. — 2i° Dix-huit valses à 
quatre mains pour le piano, op. 5, 17 et 20. — 
22° Exercices pour le violoncelle , op. 47. — 
23° Douze idem, op. 54. — 24° Beaucoup de pièces 
détachées, de pots-pourris, etc., pour le violon- 
celle. — 25° Symphonie à grand orchestre, op. 
40; idem, op. 85. — 26° Plusieurs ouvertures, 
idem. — 27° Messe en fa, exécutée à Dresde, eu 
1837. On a aussi représenté dans la même ville, 
en 1841 , l'opéra de cet artiste intitulé Graziosa. 

DOTZAUER ( Juste-Bernard-Frédéric ), 
fils du précédent, estnéà Leipsick le 12 mai 1808. 
Il s'est fait connaître comme pianiste et a publié 
quelques morceaux pour son instrument, entre 
lesquels on remarque des variations pour piano 
et violoncelle sur l'air allemand an Alexis. 

DOTZAUER (Charles-Louis), deuxième 
fils de Juste- Jean-Frédéric, est né à Dresde le 7 
décembre 1 S 1 1 . Élève de son père pour le vio- 
loncelle , il a fait avec lui et son frère aine quel- 
ques voyages et s'est l'ait applaudir à Berlin. De- 
puis 1830 il est attaché à la musique du prince 
de Hesse-Cassel. Il a écrit quelques morceaux 
pour son instrument. 



50 



DOUAI — BOURLEN 



DOUAI on DOUAY (Emile), composi- 
teur, est né à Paris vers 1802. On ignore quelle 
fut la première direction de ses études musicales, 
car il ne fut point élève du Conservatoire ; mais 
on sait que ficicha lui enseigna l'harmonie et le 
contrepoint. Le théâtre du Gymnase drama- 
tique ayant été ouvert en 1822, M. Douay y eut 
une place de premier violon dans l'orchestre; il 
en fut nommé deuxième chef en 1823, et dans la 
même année il y lit représenter le petit opéra une 
Aventure de Faublas, qui fit une lourde chute 
et ne fut pas achevé. En 1827 il donna sa dé- 
mission de sa place de second chef d'orchestre 
et prit celle de violon solo au même théâtre ; 
mais il ne la garda que jusqu'en 1831 , époque 
de sa retraite. Alors il disparut de la vie active 
des artistes, se bornant à former quelques 
élèves, cachant son existence, vivant de peu, et 
méditant en silence sur certaines innovations 
qu'il entrevoyait dans son art. Esprit sérieux , 
homme d'étude, et possédant une instruction 
solide qu'il est rare de rencontrer chez les ar- 
tistes, il préparait de grandes compositions dont 
il ne parlait à personne. Enfin il était com- 
plètement oublié lorsqu'en 1843, douze ans 
après sa retraite, et parvenu à l'âge de près de 
quarante-deux ans , il annonça un concert à la 
salle de la rue Neuve-Vivienne, où l'on devait 
exécpter deux grandes œuvres de sa composi- 
tion. De ses économies il avait fait la dépense 
d'un orchestre complet, et, Décomptant pas sur 
une recette productive, il avait invité les ar- 
tistes à venir l'entendre et le juger. Ses œuvres 
avaient pour titres Geneviève des Bois, ou- 
verture, et la Création, la Vie et la Destruc- 
tion, symphonie poétique. Dès les premières 
mesures l'auditoire reconnut un musicien habile 
dans l'art d'écrire, ainsi qu'un esprit indépendant 
qui cherche des voies nouvelles. Il y avait là 
de la hardiesse, de la grandeur, des effets in- 
connus, mais du charme, point. L'auditoire, ap- 
préciant le mérite de ces ouvrages, applaudit 
avec chaleur ce qu'il venait d'entendre, mais il 
sortit plus étonné que séduit. Toutefois, les jour- 
naux ayant appelé l'attention publique sur les 
œuvres de M. Douay, les amateurs se portèrent 
en foule à deux autres concerts où les mêmes 
compositions furent exécutées. Après cet essai de 
son talent, lecompositeur partit pour l'Allemagne, 
la parcourut sans dire son nom, sans se faire 
connaître comme artiste, écoutant, comparant 
et méditant. 

Rentré à Paris, il se remit à l'œuvre, et , après 
trois années de silence , il reparut de nouveau 
dans des concerts donnés à la salle Ventadour, 
où il fil entendre deux grandes compositions d'or- 



chestre, avec chœurs clsolos, lesquelles avaient 
pour litres Crisiophe Colomb, et la Mer, ou 
une voix dans l'orage. L'impression produite 
par ces œuvres fut moins favorable que celle des 
premiers ouvrages. Enfin, dans l'aimée suivante, 
il donna de nouveaux concerts au Théâtre-Italien, 
dans lesquels on entendit deux œuvres nou- 
velles, intitulées Jeanne (d'Arc), trilogie mu- 
sicale à grand orchestre, avec chœurs et voix 
principale , et la Chasse royale (vision de 
Henri IV) , légende de la foret de Fontaine- 
bleau, en 2 parties, pour orchestre, chœur 
et voix principale. 

L'effet de ces compositions ne répondit pas à 
l'attente de l'auteur : la trilogie de Jeanne parut 
d'une longueur excessive, et les fanfares de la 
Chasse royale, pour quatre cors à sons bouchés, 
furent fort mal exécutées , et ne firent entendre 
que des sons étranges et faux. 

Ainsi qu'on le voit, M. Douay est un de ces 
musiciens qui veulent faire de la musique des- 
criptive, imilative, et transportent dans la genre 
instrumental le sujet du drame. Son entreprise 
en ce genre n'a pas élé plus heureuse que celle 
(ie ses prédécesseurs, et de ceux qui , en dépit 
de tant d'essais peu satisfaisants, se sont obstinés 
à suivre les mêmes voies. Ainsi que nous l'avons 
écrit souvent, nous répétons ici que ces innor 
valions, loin d'être un progrès de l'art, en mar- 
quent la décadence, parce qu'on veut lui donner 
une mission qui n'est pas dans sa nature. 

Après que M. Douay fut revenu de son voyage 
en Allemagne, il entra à l'orchestre du Théâtre 
Italien comme violoniste et y fut attaché pendant 
plusieurs années; mais, jaloux de son indépen- 
dance, il s'est retiré de nouveau, et n'a reparu 
dans le monde musical que pour faire entendre 
aux concerts des Jeunes Artistes du Conservatoire, 
dirigés par M. Pasdeloup, une ouverture et une 
symphonie qui, après avoir été applaudies avec 
enthousiasme par l'orchestre aux répétitions , 
n'ont pas eu de succès près du public. On con- 
naît aussi de M. Douay une héroïde musicale pour 
voix seule et orchestre, intitulée Homère. 

DOUET ( Alexaxdre), prêtre et maître de 
chapelle de l'église Saint-Hilaire de Poitiers, 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle, 
a publié : Missa sex vocum ad imitalionem 
moduli Consolamini; Paris, Cristophe Ballard, 
1G70, in-l'ol. 

DOURLEN (Yictok), né à Dunlterque en 
1779, entra au Conservatoire, dans la classe de 
piano de Mozin, en 1797, reçut des leçons d'har- 
monie de Catel, et apprit ensuite le contrepoint 
sous la direction de Gossec. En 1806 il concou- 
rut pour le grand prix de composition musicale, 



DOURI.EN — DOWLAND 



ôt 



qui lui fut décerné par la classe des beaux-arts 
de l'Institut. Ce prix lui procurait l'avantage 
daller en Italie, aux frais du gouvernement, 
étudier l'art de chauler avec facilité dans la com- 
position ; mais avant son départ il lit représenter 
au théâtre Feydeau Philoclès, opéra en deux 
acîes, dont il avait fait la musique. Pendant son 
séjour à l'école des Beaux-Arts, à Rome, Dourlen 
envoya à PInslitut un Dies irx dont il était 
l'auteur, et sur lequel le Breton, secrétaire de la 
quatrième classe de cette compagnie, lit un rap- 
port favorable, au mois d'octobre 1808. De retour 
à Paris, Dourlen a donné au théâtre Feydeau les 
opéras suivants : 1° Linnée , an trois actes, 

1808. — 2° La Dupe de son art, en un acte, 

1809. — 3° Cagliostro, en trois aptes, en société 
avec Reicha, 1811. — 4° Plus heureux que 
sage, en un acte, 1S1G. — 5° Le Frère Phi- 
lippe, en un acte, 1818. — G Marini, en trois 
actes, 1819. — 7° Le petit Souper, en un acte, 
1822. Oulre ces ouvrages, M. Dourlen a publié 
plusieurs compositions instrumentales, parmi 
lesquelles on remarque : 1° Sonates pour le 
piano, op. 1. — 2° Fantaisie sur la romance de 
Bélisaire. — 3° Premier concerto pour le piano, 
op. 3. — 4° Trio pour piano, violon et basse, 
op. 4. — 5° Trois sonates avec accompagnement 
de violon , op. 5. — 6° Fantaisie en trio , avec 
F. Kreubé. — 7° Pot-pourri sur les airs de Jean 
de Paris. — 8° Sonates faciles pour le piano, 
op. 6. — 9° Sonate avec accompagnement de 
flûte, op. 9. — 10° Sonate à quatre mains, op. 
10. Dourlen a élé professeur d'harmonie et d'ac- 
compagnement au Conservatoire de Musique de 
Paris, depuis 1816 jusqu'en 1846, époque où 
il a pris sa retraite. Il a publié, pour l'usage de 
ses élèves, un Tableau synoptique des Accords ; 
Paris, Pacini, et un Traité d'Harmonie, conte- 
nant un cours complet, tel qu'il est enseigné 
au Conservatoire de Paris; Paris, Prilipp,l834, 
1 vol. gr. in-4°. Cet ouvrage, dédié à Cherubini, 
a été approuvé par la classe des beaux-arts de 
l'Institut de France sur le rapport de Berton. La 
doctrine quien est la base est celle de Catel, et ses 
développements y sont enrichis d'un grand 
nombre d'exemples bien écrits, à quatre parties. 

DOUTH (Philippe), écrivain anglais du 
dix-septième siècle, a publié un poème sur la 
musique sous ce litre : Musica incantans, seu 
Poema exprimens vires musices, juvenem in 
ins.aniam adigentis , et mùsici inde pericu- 
lum; Londres, 1674, in-4°. Cet ouvrage est fort 
rare. 

DOUWES (Nicolas, en hollandais Klaas), 
organiste et maître d'école à Tzum, dans la Frise, 
naquit à Leuwarden en 1668. Il fit imprimer 



à Franeker, en 1099, in-12 de cent trente-deux 
pages, un traité de la musique et des instru- 
ments, dont il avait préparé une deuxième éd - 
tion améliorée, qui ne parut qu'après sa mort, 
en 1722, et qui fut reproduit plusieurs fois sous 
le titre suivant : Grondig ondersoek van de 
Toonen der Muzijh; veaarin van de wijd(e of 
groolheit van Oclaven, Quinten , Quarten en 
Tertien,ghecleen halve Toone onvolmakteen 
valsche spetien gcoorloofde V zamenvoeging 
van Oclaven, etc. (P«echerches fondamentales 
sur lestons de la musique, etc.). La dernière édi- 
tion a paru à Amsterdam, en 1773, in-4°. Dans la 
deuxième partie on trouve la description de 
l'orgue, du clavicorde, du clavecin, du flageolet, 
des flûtes (à bec), du chalumeau, du hautbois, 
des cornets, des trompettes, de la trompette 
marine, des violes, et des instruments à cordes 
[rincées, avec les systèmes de leur accord. 

DOWLAND (Jean), célèbre joueur de luih 
anglais, né dans la cité de Westminster, en 1562, 
fut admis à l'âge de vingt-six ans à prendre le 
grade de bachelier en musique, à l'université 
d'Oxford. Dans un sonnet attribué à Shak- 
speare on trouve ce passage relatif à Dowland : 

If musicke and swect poetry agrée. 
As they must needs ( 1 tic sister and the brother ) 
Then must the love be great twtxt tliee and me, 
Because lliou lov'st the oneaml I Ihe olher. 
Dowland to thee is deer, whose heaveuly touch 
TJpon the lutc doth ravisch human sensé; 
Spencer to me, etc., etc. (i). 

j En 1584 Dowland voyagea en France, et de 
là passa en Allemagne, où il fut reçu de la ma- 
nière la plus flatteuse par le duc de Brunswick 
et par le prince Maurice, landgrave de Hesse- 
Cassel. Après avoir passé quelques mois à la 
cour de ces princes, il traversa les Alpes, et visita 
Venise, Padoue, Gênes, Ferrare et Florence. 
A Venise il se lia d'amilié avec le célèbre com- 
positeur Jean Croce. De retour en Angleterre il 
y publia ses premières compositions en 1595, 
sous ce titre : The first Booke of songs or 
agrès of foure parts, with tablature for the 
lutc (Premier livre de chansonsou d'airs à quatre 
parties, avec tablature de luth). Peu de temps 
après il partit pour le Danemark et devint 
premier luthiste du roi de ce pays. Le deuxième 
livre de ses chansons {the second Book of 
song or airs for the lute or Orpharion, with 
the viol de Gamba) est datée de Helsingôrs 



(1) Si la musique et la douce poésie se plaisent comme 
le doivent une sœur et un frère, l'amourentre vous et moi 
doit être grand, car vous aimez l'une et moi l'autre ■ 
Dowland vous est cher par sa touche divine sur le 
luth, qui ravit les sens: Spencer me plait, etc. 

4. 



52 



DOWLAND — DOYAGUE 



en Danemark, le 1er juin 1600. En 1603 il «'tait 
de retour à Londres, et y publia : The third 
Jïook of songs or airs to sing to the lute, 
Orpharion, or violls. Cet ouvrage fut suivi de 
celui qui a pour titre : Lachrimse, or seaven 
teares figured in seaven passionate pavans, 
tolth divers others pavans, gagliards and 
almands, set forth for the lute, viols, or vio- 
lins, in five parts (les Larmes, figurées par sept 
pavanes passionnées , avec d'autres pavanes, 
gaillardes et allemandes, arrangées pour le luth, 
les violes ou violons, à cinq parties). Cet ouvrage 
paraît avoir joui d'une assez grande célébrité, 
car il en est fait mention dans une comédie de 
Midleton intitulée : No witlike a Woman's (Nul 
esprit n'est semblable à celui d'une femme), 
dans laquelle une servante annonce une fâcheuse 
nouvelle à sa maîtresse, et en reçoit la réponse 
suivante : 

No, Thouplayest Dowland's Lachrimse to thy master. 

Dans la dédicace de cette œuvre à la reine 
Anne, qui était sœur de Christian IV, roi de 
Danemark, Dowland dit que, voulant retourner 
près de ce prince, son maître, il s'était embar- 
qué, mais que les vents contraires l'ont obligé 
à passer l'hiver en Angleterre. 

En 1609 Dowland publia à Londres sa traduc- 
tion anglaise du traité de musique d'Ornitopar- 
cus. Cette traduction est plus rare que l'ouvrage 
original, parce qu'il n'en a été fait qu'une édi- 
tion. Dans la préface il dit que, étant résolu de 
rester désormais chez lui, il publiera d'autres 
ouvrages, particulièrement ses observations et 
instructions concernant l'art de jouer du luth 
( My observations and directions concerning 
the art of Lute playing). Ces instructions et 
observations parurent en effet dans l'année sui- 
vante, en tète d'une collection de leçons pour le 
luth, éditée par le frère de Dowland, sous ce titre : 
Varietie of Lessons : vlz. Fantasles, Pavins, 
Gaillards , Almaines, Coranloes and Volts. 
Selected out of the best approved aulhors 
as well betjond the seas as of our owne coun- 
try ,• by Robert Dowland. Where unto is an- 
nexed certaine observations belonging to Lutc- 
playing, by John-Baptisto Besardo ofViscon- 
ti; Also a short treatise ihereunto appertay- 
ning by John Dowland, batchelor ofmusicke; 
London, printed for Thomas Adams, 1610. 
Un exemplaire de ce recueil, considéré comme 
unique par M. Chappell, existe à la bibliothèque 
bodléienne. En 1612, Dowland fit paraître une 
collection de pièces sous ce titre : A Pilgrini's 
sotace, wherein iscontained musical harmony 
ofthree, four andfive parts, to be sung and 



plaid with lute and viols ( la Consolation d'un 
pèlerin, où est contenue une harmonie musicale 
à trois, quatre et cinq parties, pour être chantée 
ou jouée sur le luth ou les violes). Quelques 
madrigaux de Dowland ont été insérés dans la 
Musica antiqua de Smith et dans la collection 
du docteur Crotch. Ces spécimens de sa musique 
ne donnent pas une idée favorable de son génie 
ni de son savoir. Nonobstant la médiocrité de 
leur mérite au point de vue de l'art, les li- 
vres de chansons ou madrigaux de Dowland 
sont si rares aujourd'hui qu'un exemplaire des 
trois livres réunis (1595-1603) a été vendu en 
1846, chez MM, Kalkin et Budd, à Londres, 
la somme énorme de 12 livres 15 schellings 
(318 fr. 75 c). M. W. Chappell a publié le pre- 
mier livre des Airs de Dowland, en partition, 
dans la collection de la Société des Antiquaires 
de musique, à Londres, in-fol. Il y a lieu de 
croire que Dowland était meilleur instrumentiste 
que compositeur. Hawkins indique l'année 1615 
comme la date de la mort de ce musicien ( Hist. 
of the Science and practice of Music, t. III, 
p. 326); mais deux documents authentiques 
découverts par M. le docteur Rimbault, et publiés 
par M. Chappell, prouvent que Dowland était 
encore attaché à la musique de la cour, à Londres, 
en 1625, et qu'il était alors âgé de soixante-trois 
ans ; enfin , qu'il était décédé au mois d'avril 
1626 (1). 

DOWLAND (Robert), frère du précédent, 
a publié un recueil de chansons à plusieurs voix, 
de sa composition, sous le titre de A musical 
Banquet; Londres 1610, in-fol. 

DOYAGUE (D. Manuel-José), compositeur 
espagnol, naquit à Salamanque, le 17 lévrier 
1755. Fils d'un artisan de cette ville, il semblait 
destiné à la modeste condition de son père ; mais 
ses heureuses facultés en décidèrent autrement. 
Trop pauvres pour lui faire suivre le cours d'é- 
tudes de l'université, ses parents eurent la bonne 
pensée de le faire admettre parmi les enfants de 
chœur de la cathédrale , et le jeune Doyagiie apprit 
au collège de la maîtrise la musique théorique et 
pratique, ainsi que les lettres latines. Il était âgé 
de vingt-six ans lorsque son maître de musique 
et de composition, D. Juan Martin, maître de 
chapelle de la cathédrale, se retira en 1781 ; 
Doyagiie fut désigné pour lui succéder, A dans 
le même temps on lui confia la chaire de mu- 
sique de l'université. Il était ecclésiastique et 
chanoine de la cathédrale; mais, d'un caractère 
peu sociable, il ne voyait personne, et sa longue 

(1) Voyez l'introduction placée par M. Chappril dans 
The flrst set of songs in four parts composed by John 
Dowland, etc., p. 4. ) 



DOYAGUE — DRAGHI 



53 



vie s'écoula dans une retraite absolue. Passionné 
pour l'art, il était incessamment occupé de la 
composition de ses ouvrages; mais, sans ambi- 
tion de renommée, il ne cherchait point à les 
répandre, se contentant de les faire exécuter 
dans son église. De là vient qu'il était à peine 
connu de ses compatriotes, lorsqu'en 1813 il 
consentit à se rendre à Madrid pour diriger l'exé- 
cution d'un Te Deum de la plus grande beauté 
qu'il avait composé à l'occasion de l'heureux 
accouchement de la reine. En 1830 on chanta 
dans la même chapelle une messe de Doyague, 
à 8 voix réelles avec orchestre, dont la beauté 
excila l'enthousiasme des artistes. L'effet de 
cette composition fit décerner à .son auteur le 
titre de maître honoraire du Conservatoire de 
Madrid, en 1831. Le chef-d'œuvre de cet ar- 
tiste remarquable est, dit-on, un Magnificat 
à 8 voix, avec orchestre et orgue obligé. En 
1829 un de ses Miserere fut envoyé à Ros- 
sini, qui, frappé de l'originalité des idées et de 
l'élévation du style, écrivit à Doyague une lettre 
flatteuse de remercîments et d'éloges. Ce 
maître, décédé le 18 décembre 1842, à l'âge de 
87 ans, a été enterré avec pompe au cimetière 
de Salamanque; un tombeau en marbre lui a 
été élevé, et l'on y a déposé, à côté de ses restes 
mortels, l'original de son célèbre Magnificat, 
dans une cassette recouverte en plomb. Parmi 
les productions de Doyague on remarque : 1° Le 
grand Magnificat dont il vient d'être parlé. — 
2° Un autre Magnificat à 4 voix et orchestre. 
— 3° Un troisième idem à 8 voix avec instru- 
ments, en ré. — 4° Des Lamentations pour la 
semaine sainte. — 5° Trois Miserere, en mi 
bémol, parmi lesquels se trouve celui qui fut 
envoyé à Rossini. — 6° D'antres Miserere en 
style plus léger, à 4 voix, en fa. — 7° Une 
messe solennelle à 8 voix, orchestre et orgue 
obligé, en sol. — 8° Messe à 4 voix , en fa. — 
9° Deux autres idem, en la. — 10° Une autre 
idem , en si bémol. — 11° Les psaumes des vê- 
pres pour toutes les fêtes. — 12° Office des 
Morts à 4 voix, chœur et orchestre. — 13° Mo- 
tet funèbre à 4 voix, avec accompagnement de 
deux violons, alto et basse, en fa. — 14° Plu- 
sieurs Genitori. — 15° Un grand Te Deum à 
8 voix et orchestre. — 16° Un nombre immense 
de psaumes, motets, villancicos, airs, duos et 
quatuors d'église , en toute sorte de combinai- 
sons de voix et d'instrumentation. Le style de 
Doyague est une alliance des formes sévères 
avec les tendances harmoniques de la musique 
moderne. 

DOZON ( M 1Ie ). Voyez Cuéron (M™ ). 

DRAGHETTI (André), jésuite italien, 



professeur de métaphysique à l'université de 
Bréra, dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle , a publié un petit traité de Psychologie 
sous le titre de Psychologix spécimen; Milan, 
1771 , in-8°. Il y traite ( p. 45-53) des lois des 
séries arithmétiques et géométriques appliquées 
à l'échelle musicale. Le P. Sacclii ( voy. ce nom 
attaqua les idées du P. Draghetti, relatives à ce 
sujet, dans un petit écrit qui a pour titre : Ri- 
posta al P. Andréa Draghetti, dalla compa- 
gnie di Giesù, sulle legge di continuité nella 
scala musicale, Milan, 1771, et ce morceau 
donna lieu à une autre publication du P. Dra- 
ghetti, intitulée -.Délia legge di continuité nella 
scala musicale, replica alla riposta del Padre 
D. Giovenale Sacchi; Milan, 1772, 97 pages 
in-8°, avec une planche. Il a été rendu compte de 
la discussion de ces deux savants dans la Gazette 
littéraire de Milan (1772, n° 26), et dans le 
Journal des Savants (1773, janvier, p. 131, fé- 
vrier, p. 375.) 

DRAGHI (Baltuasar), compositeur italien 
qui vivait vers la fin du seizième siècle, a publié 
des Canzonnette e villanelle alla Napole- 
tana ; Venise, 1581. 

DRAGHI (Antoine), compositeur dramati- 
que, né à Ferrare en 1642 , commença à écrire 
fort jeune, et, après avoir fait des messes et des 
motets à l'âge de vingt et un ans, composa son 
premier opéra en 1663. Peu de musiciens ont 
eu une fécondité égale à la sienne. Après avoir 
passé plus de vingt-cinq ans au service de la 
cour de Vienne, il retourna vers la fin de sa vie 
à Ferrare, et y mourut en 1707. On peut juger 
de sa facilité par la liste suivante de ses opé- 
ras : 1° Aronisba, en 1663. — 2° Alcindo. — 3° 
Cloriclea, 1665. — 4° Muzio Scevola, 1666. — 
5° Ercole acquisitator délia immortalité , 
1667.— 6° Aialante, 1669. — 7° Leonida in 
Tegea, i670. — 8°Ifide, 1670. — 9° Peneloppe, 
1670. — 10° La Prospérité d'Elio Sejano , 
1670. — 11° Cidippe, 1671. — 12° Avidité di 
Midé, 1671. — 13° Gara de Genni , 1671.— 
14° Gundelberga, 1672. — lb°LaSulpizia, 1672. 
— 16° Atomi d'Epicure, 1672. — 17° Provare 
per non recitare (divertissement), 1673. — 18° 
La Tessalonica , 1673. — 19° La Lanterna 
di Diogene, 1674. — 20° Il Ratio délie Sabine, 
1674. — 21° Il Fuoco eterno custodiio dalle 
vestali, 1674.-22° Pirro, 1675.-23° I Pazzi 
Abderiti, 1675.-24° Lucrezia, 1676. — 25°Se- 
leuco, 1676. — 26° Il Silenzio d'Arpocrate, 
1677 . — 27° Adriano surmonte Casio, 1677.— 

2&°Chelonida, 1677 29° Rodogone, 1677 — 

30° LaConquisté del vélo d'Oro, 1678.— 31° 
Creso, 1678.-32° Eneain Italia, 1678. — 33? 



54 



DRAGHI — DRAGONETTI 



Leucippe , 1078. — 34° La Monarchia latina 
irionfante, 1678 — 35° 11 Tempio di Diana in 
Taurica, 167s. — 36° Il Vincitor magnanime 
in Tito Quinio, 1 C78.— 37° Flaminio, 1679—38° 
Baldracca, 1679. — 39° La Pazienza di Socrate 
con due moglie, 1680. —40° Il Temistocle, en 

1681 . — 4 1° Achille in Tessalia, 1 68 1 . — 32° La 
Forza dell amieizia, 1681. — 43° GliSlrata- 
gemi di Bionte, 1082. — 44° La Chimera , 

1682. — 45° La Lira d'Orfeo, 1683. — 46° Il 
Palladio in Borna, 1083. — 47° La più gène- 
rosa Spartana, 1685.-48° Lenere Azioni di 
Tempe, 1685. — 49° Il Bisorcimento délia 
mot a dellaFortuna, 1685 — 50° Le Scioccagini 
degli Psilli, 1080.— 51° Lo Studio d'amore, 
1080.— 52° La Vendetta dell' onestà, 1687.— 
53° La Vittoria délia fortezza, 1687. — 54° 
Il Marito ama più, la moglie ama me- 
glio, 1688. — 55° Tanasio, 1688. —56° 1 
Pianeii benigni , 16S9. — 57° Pimmalione in 
Cipro, 1689.— 58° Bcsaura, 1689. —59° La 
Beginade Volsci, 1690. — G0° Il Bingiovenito, 
1091.— &\° IlTribulo de' Suri, 1091. —02° La 
Varietà di fortuna in Lucio Giunio Bruio , 
1691. — 63° Il Merilo uniforma i Geni, 1091 . — 
04° Fedeltà e Generosità, en 1092. — 05° 

Amore in Sogno, 1093 00° Le Fiante délia 

viriù e délia fortuna, 1093. —67° Le più ric- 
che Gemme , 1693. — 68° Pelopida Tebano 
in Tessaglia, 1694. — 09° L'Ossequio delta poe- 
sia e délia storia, 169$. — 70° Le Sere dell' 
Aventino, 1094 — 71° La Chioma di Bérénice, 
1695. — 72° La Finta creità d'Antioco Grande, 
1695. — 73° Industrie amorose de' ragazze 
di Traciu, 1695. — 74° Magnianimità di Fa- 
brizio, 1696. — 75° La Tirannide abbatuta 
délie virtù, 1097. — 70° Adalberto, ovvero la 
forza dell' astuzie feminile, 1697. — 77° Amor 
pervirtù, 1097. — 78° Le Piramide d'Egitlo, 
1097. — 79° Arbace, fondatore dell' impero 

■ de Parti, 1098 80° Delizioso Bitiro di Luc- 

fvlïo, 1698. — 81° Idea del felice governo , 
1698. — 82° Le Finezze dell' amieizia e dell' 
onore, 1699.— 83° L'Alceste, 1799. On connaît 
aussi quelques oratorios d'Antoine Draghi, 
parmi lesquels on remarque le Cinque Piaghe 
di Crisfo, écrit en 1677. 

DRAGSI! (Ji:\n -Baptiste), claveciniste et 
compositeur né en Italie, accompagna en An- 
gleterre Marie d'Esté, princesse de Modène et 
épouse du roi Jacques II. Pendant toute la du- 
rée de ce règne il tut le musicien favori de 
la cour. On croit aussi qu'il donna des leçons 
de musique à la reine Anne. L'année de sa 
mort est ignorée. Les ouvrages qu'il publia en 
Angleterre consistent en suite des pièces de 



clavecin. Il fit aussi la musique de deux opéras : 
l'un, intitulé Psyché, en société avec Lock ; 
l'autre , sous le titre de the Wonders in the 
Sun, or the kingdom of birds (les Merveilles 
dans le soleil , ou le royaume des oiseaux ), 
repésenté au théâtre de la Reine, dans Ilaymarket, 
en 1706. On croit que plusieurs antiennes insé- 
rées dans les collections de la lin du dix-sep- 
lième siècle, et indiquées sous le nom de Bap- 
tiste , sont de Draghi. 

DRAGONETTI (Dominique), virtuose sur 
la contre-basse, est né à Venise le 7 avril 1763. 
Son père , simple ménétrier , jouait aussi de cet 
instrument. Dragonelti n'eut point d'autre maître 
que lui-même; un pauvre cordonnier, nommé 
Schiamadori, lui enseigna les premiers principes 
de la musique. Seul il apprit à jouer de la con- 
tre-basse, et ses progrès furent si rapides qu'à 
l'âge de onze ans il était capable de faire sa 
partie dans un orchestre. Un musicien, nommé 
Dorètti , ayant eu occasion de l'entendre, fut 
si étonné de ses rares dispositions qu'il, pria 
son père de lui donner un maître. Celui-ci confia 
son tils aux soins de Cerini, contre-bassiste de 
l'église de Saint-Marc et le meilleur maître de 
Venise. Après avoir donné onze leçons au jeune 
Dragonetli , ce vieux musicien n'eut irlus r:cn 
à lui apprendre, car son élève était arrive a un 
degré de talent supérieur au sien. A l'âge de 
treize ans Dragonetli occupait la place de pre- 
mier contre-bassiste à l'Opéra-Bouf e ; à qua- 
torze on lui confia la même place à l'Opéra- 
Sérieux de San-Benedetto; enfin, à dix-neuf, il 
succéda à son maître Cerini au chœur de l'église 
de Saint-Mare. Son talent extraordinaire le 
faisait souvent choisir pour jouer sur la contre- 
basse la partie de violoncelle dans les quatuors 
de violon. Les concertos les plus difficiles de 
basson ou de violoncelle n'étaient qu'un jeu 
pour lui. il avait composé pour son usage des 
concertos, des solos , des sonates, dans les- 
quels il avait introduit des passages d'une 
si grande dilficulté,que lui seul pouvait les jouer. 
Dans un voyage qu'il fit à Vicence,il eut le 
bonheur d'acquérir une contre-basse excellente 
qui avait été construite par Gaspard de Salô, 
maître d'André Amaii : c'est cette même 
contre-basse dont il s'est toujours servi de- 
puis lors. De retour à Venise il reçut l'invi- 
tation de se rendre à Londres ; Bertoni , 
maître de chapelle de Saint-Marc, et le célèbre 
chanteur Pacchieroiti , qui arrivait d'Angle- 
terre, rengagèrent à accepter cette invitation. 
11 avait alors trente-huit ans et était dans la 
force de son talent. Il arriva à Londres en 179t 
et y excita le plus grand étonuement. Non-seu,' 



DRAGONETTI — DRECHSLER 



. r >ô 



lemcnt il exécutait avec une admirable précision 
les passages les plus difficiles en sons harmoni- 
ques; mais à l'orcheslre, où il était placé près 
dupiauo, lorsque les musiciens hésitaient dans là 
mesure, Dragonelli les raffermissait aussitôt en 
attaquant avec énergie les notes essentielles. 
On rapporte que Viotti, ayant un jour engagé cet 
artiste à jouer la seconde partie d'un de ses 
duos de violon les plus difficiles, et remarquant 
sa facilité à remplir cette tâche, lui proposa de 
jouer le premier violon; Dragonetti mit tant 
d'habileté dans cetourde force que Viotti s'écria 
qu'il n'avait point d'égal. Bien qu'âgé de soixante- 
cinq ans , Dragonetti tenait encore, au théâtre du 
Roi et aux concerts de la Société philharmoni- 
que, la place de premièrecontre-basse, et, quoiqu'il 
eût perdu quelque chose de son agilité , il rem- 
plissait ses fonctions de manière à exciter l'é- 
tonneraent de ceux qui l'entendaient. Pendant 
son long séjour à Londres, il avait rassemblé une 
collection nombreuse d'objets de curiosité et 
d'antiquité de tout genre, parmi lesquels on 
remarquait beaucoup d'instruments de musique. 
Dragonetti est mort à Londres, au mois de mai 
1 846. De ses deux contre-basses, l'une de Gaspard 
de Salô, comme il a été dit ci-dessus, l'autre de 
Stradivari, il légua la première à la ville de Venise, 
sa patrie. M. François Caffi a publié : Biografia 
di D. Dragonetti, Veneziano; Venezia, 184G. 
DRAGON! (Jean-André), maîtrede chapelle 
à Saint-Jean-de-Latran, dans la seconde moitié 
du seizième siècle, naquit à Meldola, bourg des 
États de l'Église, vers 1540, et fut élèvede Jean 
Pierluigi de Palestrina. Ayant été nommé maître 
de chapelle de Saint-Jean-de-Latran au mois de 
juin 1576, il conserva cette place jusqu'à sa 
mort, arrivée en 1598. On connaît de lui : 
l° Madrigali a cinque loci , lib. l°, Venise, 
Girolamo Scotto, 1575, in-4°; 2™ édition, Ve- 
nise, 1594; libro 2°, Venise, Scotto, 1575; libro 
3°, ibid., 1579; libro 4°, Vicenti, 1 594. — 2°M a- 
drigali «6 voci, libro 1°; Venise, Scotto, 1583. 
— 3° Villanetle a 5 voci ; ibid., 1588. — 4° Mo- 
tetti per tutti i santi deW anno, a 5 voci; 
Venise, 1578. — 5° Molelti a tre voci, Venise, 
1580. Après la mort de Dragoni , le chapitre de 
Saint-Jean-de-Latran a fait imprimer de ce com- 
positeur un livre de madrigaux à six voix et un 
livre de motets à cinq, en trois parties; Rome, 
Mutio, 1600. Le catalogue de la collection de 
M. l'abbé Santini, de Rome, indique aussi, sous le 
nom de cet auteur, trois Benedictus à huit voix, 
une messe à quatre en canon, et un Dixit à 
huit. On trouve un madrigal de Dragoni dans la 
collection publiée par Simon Verovio, sous ce 
titre : Canzonette à quattrovoci composte da 



, diversi ecc™ musici, con Vintavolaturadcl 
cimbalo et del Uuto; in Roma, 1591, petit 
in-fol. 

DRAUD ou DRAUDIUS (Georges), pas- 
teur à Gross-Carben, dans le duché de Ilesse- 
Darmstadt, ensuite à Ortenberg, et enfin à Da- 
verheim , naquit dans ce dernier lieu le 9 
janvier 1573, et mourut à Butzbacli en 1635. Tout 
le inonde connaît ses Bibliothèques classique et 
exotique, Francfort , 1611 et 1025, in-4°. On y 
trouve les titres d'environ douze cents ouvrages 
de musique théorique et pratique, publiés dans 
les seizième et dix-septième siècles; mais la plu- 
part des titres et des noms sont changés par une 
traduction latine. 

DREBENSTADIUS (Pàulus), magister 
à llelmstaedt, vers la fin du seizième siècle, a 
publié un épithalame à six voix sous ce titre -. 
Ilochzeitlicher Gcsang von G Stimmen, An- 
drew Hartmann Parst. Braunschio. Ami- 
Schreiber des Hanses Ert zen, als Brxuligham, 
v. Jungfrau Hcdwlgen Margareih, Antonii 
Amerbachs, fu7st. Braunschw. gewesenen 
Organisions (seel.) nachg et assener Tochter 
zu Ehren, Helmsfœdt , 1591, in-4". 

DRECHSLER (Jean-Gabriel), bachelier 
en théologie et professeur au collège de Halle, 
naquit à Wolkenstein en 1634, et mourut à 
Halle le 22 octobre 1677. Il est auteur d'une 
dissertation de Cythara Davidica, qui a paru 
à Leipsick, en 1670, in-4°. Il en a été lait une 
deuxième édition remaniée, à Leipsick , en 1712, 
in-4° de 33 pages. Georges Serpilius l'a insérée 
dans ses Vitis Scriptorum sacrorum germa- 
nice editis, part. 9, p. 34, et Ugolini, dans son 
Trésor des Antiquités sacrées , t. 32, p. 171. 

DRECHSLER (JosEi'ii), professeur d'har- 
monie à l'école Sainte-Anne de Vienne, est né le 
26 mars 1782 à Wœlliscliburcheiij en Bohême. 
Son père lui donna les premières leçons de mu- 
sique, puis il fut envoyé au couvent des fran- 
ciscains de Pnssau, pour y être enfant de chœur; 
de là il alla à Jorenbach faire un cours d'études 
littéraires; il y apprit aussi le contrepoint sous la 
direction d'un moine. Destiné par son père à 
l'état ecclésiastique, il alla étudier la théologie à 
Prague; mais, ayant terminé son cours de celte 
science avant d'avoir atteint l'âge requis pour 
recevoir les Ordres, il se rendit à Vienne pour y 
apprendre la jurisprudence, changea encore de 
résolution et accepta, en 1810, une place de co- 
répétiteur au théâtre de l'Opéra de la cour. Plus 
tard il fut nommé vice-maître de chapelle, et en 
1815 il obtint la place d'organiste chez les PP. 
Servîtes. Quatre ans après , l'orgue de Sainte- 
Anne lui fut confié; en 1821 il reçut sa nomi- 



5G 



DRECHSLER — DRESCHKE 



nation fie maître de chapelle de l'église de l'U- 
niversité et de la paroisse de la cour, et presque 
dans le même temps il fut chargé déformer des 
élèves candidats pour la théorie musicale et pour 
l'orgue. Depuis lors il a été nommé directeur de 
musique au théâtre de Josephstadt, et en 1824 
les mêmes fonctions lui ont été confiées au théâ- 
tre de Léopoldstadt. Appelé à celles de maître 
de chapelle de l'église Saint-Étienne , il les a 
remplies jusqu'à sa mort , arrivée au mois de 
mars 1852. Il était âgé de soixante-dix ans. 
Les compositions de Dreclisler sont en grand 
nombre; on y remarque : 1° Dix messes so- 
lennelles. — 2° Un Requiem. — 3° Un Veni, 
Sancte Spiriius, à quatre voix et orchestre. — 
4° Plusieurs offertoires et graduels. — 5° V En- 
fant prodigue, mélodrame. — C° Six opéras, 
dont Claudine de Villa-Bclla , le Panier 
enchanté, Pauline, etc. — 7° Dix-huit vaude- 
villes ou opérettes , notamment : Ydor, le Dia- 
mant du roi des Esprits, la Fille du monde 
des Fées, l'Esprit des Montagnes , Capric- 
ciosa , la Girafe, le Petit Homme vert, 
Oscar et Tina, la Reine des Serpents, la Syl- 
phide, les Viennois à Bagdad, etc. — 8° beau- 
coup de pantomimes.— 9° Trois grandes cantates, 
dont une pour l'inauguration de la nouvelle 
synagogue. — 10° Des quatuors pour violon. 

— 1 1° Des sonates pour piano , avec et sans ac- 
compagnement. — 12° Des airs variés, rondos, 
marches et danses, pour le même instrument. 

— 13° Des fugues pour l'orgue. — 14° Des 
chansons à voix seule, avec accompagnement 
de piano. — 15° Une petite méthode d'or- 
gue; Vienne, Haslinger. — 16° La méthode de 
piano de Pleyel, traduite et modifiée; ibid. — 
17° Un traité d'harmonie et d'accompagnement, 
avec une introduction au contrepoint, sous ce 
titre : Harmonie und Generalbasslehre , nebst 
cinem Anhange vom Contrapuncte, édition 
améliorée, grand in-8°, 1828; Vienne, Has- 
linger. La première édition avait été publiée à 
Vienne, chez Steiner, sans date. La méthode di- 
dactique de cet ouvrage est de peu de valeur, 
mais les exemples sont écrits avec assez de pu- 
reté. — 18° Une collection d'exercices pour l'ac- 
compagnement de la basse chiffrée, avec une in- 
troduction sur l'art de préluder, sous ce titre : 
Generalbass Vebungen mit Ziffer-Bezcich- 
nang, nebst einer Anleitung mit Beispielcn 
sum praeludiren; Vienne, 1 824, à l'Institut litho- 
graphique. — 19° Une suite de formules pour 
apprendre à préluder et improviser sans avoir 
la connaissance des règles du contrepoint ; cet 
ouvrage est intitulé : Theorelish-praktischer 
Leitfaclen, ohne Kenntniss des Contrapunctes 



] pliant asiren oder prœludiren sa Koennen, 
Vienne, Tendler ( 1834 ), in-8° de 76 pages. 

DRECHSLER (François), compositeur, 
né en Bohême, et peut-être parent du précédent, 
vit à Prague. Il s'est fait connaître, vers 1838, par 
plusieurs œuvres de musique d'église, particu- 
lièrement par une messe solennelle en ut pour 
un chœur à 4 parties, 2 violons, violoncelle et 
orgue obligés, avec les instruments à vent ad 
libitum; Prague, Berra. 

DREI (François), violoniste et compositeur, 
né à Sienne en 1737, fut élève de Nardini, qui lui 
apprit à jouer l'adagio supérieurement. Ses com- 
positions, consistant en sonates pour violon, 
quatuors, et quelques morceaux de musique 
vocale, ont été imprimées de 1760 à 1785. 
Il est mort dans sa patrie , le 1 er janvier 
1801. 

DREIST (K.-A.), né à Reigenwald, en Po- 
méranie, étudia les nouvelles méthodes d'ensei- 
gnement à Yverdun, vers 1810, quitta la Suisse 
au mois de septembre 1812, et se rendit à Bunz- 
lau, où il fut chargé, en 1816, conjointement 
avec le pasteur Hoffman et M. Hennig, de faire 
le plan d'une école publique, pour la basse Si- 
lésie , d'après la méthode de Pestalozzi. Dreist 
a publié des observations concernant une mé- 
thode de chant basée sur celles de Pestalozzi et de 
JVarjgeli , sous ce titre : Aufsatz ueber die Ce- 
sangbildungs- Lehre nach Pestalozzischen und 
SSxgehschen Grundsxtzen , etc.; Zurich, 1812, 
in-8°. 

DRESCHRE (Georces-Aucuste), profes- 
seur de piano à l'Institut royal de musique d'é- 
glise de Berlin, est néen 1798. En 1839 il s'est 
fixé à Magdebourg. Le premier ouvrage qui l'a 
fait connaître est un traité des huit tons du chant 
des églises protestantes, intitulé : System der 
acht Kirchen Tonarten nach P. Mortimer; 
Berlin, 1834 in-8°. Ainsi que l'indique le titre, 
ce n'est qu'un extrait du Traité des Tons de 
Mortimer. En 1835 cet artiste donna comme sa 
propre invention un clavier de piano où les tou- 
ches de l'échelle chromatique sont sur le même 
plan et se suivent alternativement; mais cette 
invention prétendue n'était que celle du facteur 
de pianos Lemme (voy. ce nom), qui n'était elle- 
même que le renouvellement de l'idée de Rohle- 
der {voy. ce nom). Comme Lemme, Dreschke 
prétendait que par ce clavier les difficultés du 
doigter étaient réduites à un douzième (l). Pour 
donner la preuve de son assertion à cet égard , il 
exécuta dans un concert le premier morceau d'une 
sonate de Hummel, en fa dièse mineur, et les 

(1) Voyez l'analyse de ce système dans le 6" volume 
de ma Revue musicale, pages 49 et suivantes. 



DRESCUKE — DRESLER 



57 



variations de H. Herz sur les thèmes de Guil- 
laume Tell. Il lit applaudir son talent de pianiste 
dans ces deux épreuves, mais il ne persuada per- 
sonne à l'égard de la nécessité prétendue de chan- 
ger la disposition des notes du clavier. Dans le 
même concert Dreschke s'est produit comme 
compositeur par une ouverture à grand or- 
chestre. 

DRESE (Adam), compositeur allemand, né 
sujet du duc de Weimar, Guillaume IV, fut en- 
voyé à Varsovie par ce prince, pour y apprendre 
la science de la composition sous la direction de 
MarcScacchi. Ses études finies, il revint à Wei- 
mar, où il ohtint la place de maître de chapelle. 
Après la mort du prince qui avait été son pro- 
tecteur, il se rendit à Jéna, et y lut nommé 
maître de chapelle et secrétaire de la chambre 
du duc de Saxe-Weimar, en 1672. Ce prince 
étant mort aussi, Drese perdit ses emplois et 
tomba dans l'indigence. L'ennui et le chagrin le 
portèrent alors (vers 1G80) à lire les ouvrages du 
visionnaire Spener, qui firent une impression si 
forte sur son esprit qu'il brûla tous les opéras 
qu'il avait composés jusqu'alors et qu'il se lit 
piétiste. Il vécut encore à Jéna jusqu'à ce que 
le prince de Schwarzbourg l'appelât àArnstadt, 
en qualité de maître de chapelle, place qu'il oc- 
cupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1718. On lui at- 
tribue la gloire d'avoir perfectionné le récitatif 
des opéras allemands. Outre une grande quantité 
de musique d'église, il a écrit aussi beaucoup de 
musique instrumentale et un nombre considéra- 
ble d'opéras dont les litres sont inconnus main- 
tenant. Mattheson cite aussi un traité de compo- 
sition manuscrit, dont il était l'auteur [voy. Eh- 
renpforte, p. 108). On n'a imprimé de sa com- 
position qu'un œuvre de musique instrumentale 
qui a pour titre : Erster Theil etlicher Alle- 
manden, Courant en, Sarabanden, Balletten, 
Intraden und Arien; Jéna, 1672, in-fol. 

DRESE (Jean-Samuel), parent du précé- 
dent, prit de lui des leçons décomposition, fut 
ensuite organiste de la cour à Jéna, et quitta 
cette place pour celle de maître de chapelle à 
Weimar, qu'il ohtint en 1683. Il est mort dans 
celte ville le 1 er décembre 1716, à l'âge de 
soixante-douze ans. Il a laissé en manuscrit des 
sonates pour le clavecin, des motets et quelques 
opéras. 

DRESEL (H.-E. ), professeur de chant au 
séminaire de Detmold , et inspecteur des écoles 
de chant de la principauté de la Lippe, depuis 
181S jusqu'en 1845, fit ses études musicales sous 
la direction de Frédéric Schneider. Il a publié 
divers ouvrages parmi lesquels on remarque : 
1° Un livre choral pour le service évangélique 



des temples de la principauté de la Lippe ; Ha- 
novre, Ad. Nagel, in-4°. — 2° Un recueil de chants 
pour les écoles des petites villes et de la cam- 
pagne ; ibid. 

Un autre musicien du nom de Dbesel (Otto), 
sur qui je n'ai pas trouvé de renseignements, est 
auteur de trois recueils de Lieder à voix seule 
avec accompagnement de piano, dont le troi- 
sième a paru en 1848. Ces Lieder ont de la dis- 
tinction et du charme. Les trois recueils ont été 
publiés à Leipsick, chez Breitkopf et Hsertel. 

DRESIG (Sigismond-Frédéric), né le 1 er 
octobre 1700 à Volberg, village de la basse 
Lusace, devint corecteur à l'école de Saint- 
Thomas, à Leipsick. Dans un accès de mélancolie 
il s'étrangla, le 11 janvier 1742. Il a publié une 
dissertation sur les chantres de l'antiquité appelés 
rapsodes, sous le litre de Commentatio critica 
de Rhapsodis, quorum vera origo, aniiquitas 
ac ratio ex auctoribus et scholasticis Grxcis 
traditur; Leipsick, 1734, in-4°. On y trouve des 
recherches sur la manière de chanter la poésie 
des anciens. 

DRESLER ( Gallos), né à Nebra , dans la 
Thuringe, au commencement du seizième siècle, 
fut d'abord cantor à Magdebourg, et devint, 
en 1566, diacre à l'église de Saint-Nicolas, à 
Zerbst. Il a publié les ouvrages suivants : 1° 
XVII Cantiones sacres quatuor et quinque 
vocum; Magdebourg, 1569, in-4°. — 2° XIX 
Cantiones sacrée quatuor et quinque vocum, 

il. III alix; Wittemberg, en 1568, in-4° 3° 

XC Cantiones sacrx quatuor et plur. voc; 
Magdebourg, 1570. — 4° Elemenla Musicx 
practicx in usum scholx Magdeburgensis ; 
Magdebourg, 1571, huit feuilles in-8°. Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée en 
1584, in-8°. — 5° Ausserlesene teutsche Lieder 
mit 4 und 5 Stimmen; Magdebourg, 1575, in-4°, 
et Nuremberg, 1580, in-4° obi. — 6° Cantiones 
quatuor et plur. roc; Magdebourg, 1577, in- 
4°.— l a Sacrx Cantiones quatuor , quinque et 
plurimum vocum in gratiam musicorum 
compositx ; Noribergx, Theod. Gerlachius , 
1574, in-4°. 

DRESLER ( Ernest-Christophe), chanteur 
allemand qui a joui d'une grande réputation. Il 
naquit en 1734 àGreussen, petite ville de la 
principauté de Schwarzbourg-Sondershausen, et 
y apprit les premiers éléments de la musique. 
Dans la suite il visita les universités de Halle, 
de Jéna et de Leipsick ; ce fut dans ce dernier 
lieu qu'il apprit à jouer du violon et qu'il se 
forma dans l'art du chant. Il y demeura depuis 
1753 jusqu'en 1756. Quelque temps après il alla 
à Bayreuth, et, après y avoir pris des leçons de 



58 



DRESLER — DREYER 



la célèbre cantatrice Tnrcolti , il entra dans la 
chapelle du margrave , et fut nommé peu après 
secrétaire des finances. Lors de !a mort du 
margrave, en 1763, le duc de Gotha engagea 
Dresler à son service en qualité de secrétaire 
et de musicien de sa chambre. Il n'y resta que 
peu de temps et donna sa démission en 1706. 
L'année suivante le prince de Furstemberg lui 
conlia les fonctions de secrétaire et de directeur 
de sa chapelle à Welzlar; mais, ce prince étant 
retourné en Bohême en 1771, Dresler ne voulut 
pas l'y suivie et demanda sa retraite. En 1773 
il fut admis à chanter devant l'empereur à 
Vienne, puis se rendit à Cassel. Il s'y engagea 
comme chanteur à l'Opéra, et y resta jusqu'à sa 
mort, arrivée le 5 avril 1779. Dresler s'est fait 
connaître par ses écrits sur la musique : en voici 
les titres : 1° Fragmente einiger Gedankeu 
des musikalischen Zuschauers , die bessere 
Aufnahme der Musik in Deutschland betref- 
fend ( Fragments d'idées d'un amateur sur les 
progrès de la musique en Allemagne) ; Gotha , 
1767, six feuilles in-4°. — 2° Gedanken ûber 
die Yorslellung der Alcest (Réflexions sur la re- 
présentation (VAIcesle); Francfort et Leipsick , 
1774, deux feuilles in-8°. — 3° Theaterschule 
fur die Deutschen das ernsthafle Sing- 
schauspiel betref fend ( École du théâtre pour 
les Allemands, concernant l'Opéra sérieux); 
Hanovre et Cassel , 1777, quatorze feuilles in-8°. 
Dresler a aussi publié des chansons détachées et 
en recueils. 

DRESSLER (Jean-Fuédéiuc), littérateur 
à Magdebonrg, est né à Halle, en Saxe, vers 
1760. Il a publié un opuscule intitulé : Beytrxge 
zu Fischefs Versucheninder Tonund Dicht- 
kunst (Additions aux Essais de Fischer sur la 
musique et la poésie) ; Magdebonrg, 1791, in-8°. 

DRESSLER (Raphaël), flûtiste et compo- 
siteur pour son instrument, naquit à Gratz, en 
Styrie, vers 1784. En 1809 il se fit connaître 
en Allemagne par un concert qu'il donna avec 
succès à Leipsick, le 19 janvier. Dans la môme 
année il s'établit à Vienne, et y fut attaché comme 
première flûte au théâtre de la porte de Carin- 
Ihie. En 1817 il accepta une place dans la cha- 
pelle de la cour de Hanovre; puis il vécut en 
Angleterre pendant environ quatorze ans. De re- 
iour sur le continent, il mourut à Mayence le 12 
février 1835. Ou a de cet artiste environ cent 
œuvres de différents genres pour la flûte, parmi 
lesquels, on remarque trois concertos, œuvres 
4, 27 et 40 ; des quatuors pour flûte, violon , 
alto et basse, œuvres 10, 30 et 37 ; des trios pour 
Hlûte, violon et violoncelle, op. 39, et pour trois 
Mites, op. G4; dix œuvres de duos pour deux 



flûtes; des études, caprices, et un grand nombre 
de thèmes variés. 

DRETZEL ( Yalentin ) , organiste à l'église 
Saint-Laurent de Nuremberg, vers le commen- 
cement du dix-septième siècle, a publié une col- 
lection de molets à trois voix, sous le litre de 
Sertulum musicale exsacris flosculis conten- 
tion ,■ Nuremberg, 1621. Son lils, Wolfgung 
Drelzel, habile luthiste, naquit à Nuremberg en 
1G:îo, et mourut dans la même ville en 1660. 

DRETZEL (Corneille-Heniu ) , organiste 
habile, né à Nuremberg, au commencement du 
dix-huitième siècle, fut d'abord attaché a l'église 
de Saint-Égide, puis à celle de Saint-Laurent , 
et enfin à celle de Saint-Sébald. I! joua l'orgue 
de cette dernière jusqu'en 1773, époque de sa 
mort. On a de lui les ouvrages suivants : 1° Livre 
de musique chorale à quatre parties ; Nuremberg, 
1731, in-fol. de 880 pages. — 2° Divertissement 
harmonique, consistant en un concerto pour le 
clavecin. 

DREUILÏÎ (Jean-Jacques), violoniste at- 
taché au théâtre de Brest en 1812, se noya dans 
la même année, en se baignant dans la mer. On 
a gravé de sa composition : Trois trios pour deux 
violons et basse, I er livre ; Paris, Aug. Le Duc. 

DREUX (Jacques- Philippe) , joueur de 
flûte traversière à Paris, dans la première moitié 
du dix-huitième siècle, a fait imprimer, vers 1730, 
Trois livres de Fanfares pour deux chalu- 
meaux ou deux trompettes, et des Airs pour 
' chalumeau. 

Le fils de ce musicien, professeur de piano à 
Paris, a publié quatre pots-pourris pour cet instru- 
ment ; la Bataille deMarengo, pièce caractéris- 
tique; Paris, Imbault; et une petite méthode de 
piano; Paris, Frère. Il est mort en 1805. 

DREWIS (F.-G.), amateur de musique, né 
en Saxe, et vivant encore en 1812, a publié des 
lettres sur la théorie de la musique et de la 
composition sous ce titre : Briefe ueber die 
Théorie der Tonkunst und Composition ; Halle, 
1796, six feuilles in-8°. Cet ouvrage ne contient 
rien de remarquable; il est divisé en huit lettres. 

DREYER (Jean-Melchior), organiste et 
directeur de musique à Ellwangen, petite ville 
du royaume de Wurtemberg, est né vers 1765. 
Il a beaucoup écrit pour l'église, principalement 
dans le style bref. Voici la liste de ses ouvrages 
imprimés •. 1° Missx brèves et rurales ad mo- 
dernum genium, 4 voc, 2 viol., org. oblig., 
2 clar., 2 c. et violonc. ad libit.; Augsbourg, 
1790, op. 1.-2° idem, op. 2 ; ibid., 1790.— 3° VI 
Solcmnes Miserere 4 voc. ord., 1 viol., viola, 
organ. oblig., Ifl., 2 c. et violonc, op. 3; 
ibid., 179t. — 4° XXVIII Psalmi vespsrtini 



DREYER — DREYSIG 



6«J 



pro Dominica de Ticala, Aposlolis, Confessori 
et rcsiduis,4 voc.,1 viol., organ. oblig., viola, 
:> c, tympanis et violonc ad libit ., op . 4 ; 1791. 

— 5° XXIV Hgmni brevissimi ad Yesperas, 
op. 5; ibid, 1791. — G° VI Missx , quarum 
prima solcmnis, reliqux vcro brèves et ru- 
rales sunt, 4 voc, 2 viol., viola., 2 cor., organ. 
et violonc. pattim obligal is, partim ad libit., 
op. 0; ibid., 1792. — 7° VIII Tant uni ergo, 
4 voc. ord., 2 viol., organ. obi., 2 c. et vio- 
lonc, op. 7; ibid., 1792. — 8° VIII Sehrkurie 
und leichtc Landmcssen, irovon die 2 letzten 
fur die abgestorbenen, sammt s kurzen of- 
fertorïts fur 1 Singstimme und Orgel, mit 
willkirehlichcn 3 andern Singstimmen iind 
einer violino, op. S; ibid., 1793. — 9° VI 
kurzc und leichte Orgel-sonaten, 1 und 1 
Theile, op. 9; ibid., 1793. — 10° 17 idem, 
dritter und vierier Theile, op. 10; ibid., 1793. 

— 11° V Vcsperce cum IVpsalmis't voc, cum 
organ. obi., 2 viol., viola, 2 c. et violonc, 
op. 2; ibid. — 12° Deutsche Messe, oder der 
heilige Gesang zum Gotlcsdicnslc in der ro- 
misch-katolischen lu relie vnter der heiligen 
Messen zum Gebrauch der Schulcn und Land- 
Chorregenten, mil neuen Mclodien Verschen, 
in-4°; ibid. — 13" XII Offer/oria brevissima 
de Beata, 4 voc, org. et symph., op. 14; ibid. 

— 14° Te Dcum Laudamus, 4 voc, org. et 
symph., op. 1G; ibid. — 15° VI Missx brèves 
rurales, 4 voc, org. et symph., op. 17; 
ibid. — 10° XII Tanlwn ergo, 4 voc, org. 
et symph., op. 18; ibid. — 17° Vf hurze und 
leichte Land-Messen, etc., savant G kurzen 
Offeriorien fur 1 oder 4 Sin/istimmcn mil 
Orgel und 1 oder iViolinen ad libit., op. 19; 
ibid. — 18° VI brèves ac rurales Missx pro de- 
functis, cum 3 Libéra, 4 voc, org. et symph., 
op. 20; ibid. — 19° VI Symphonix cum violin., 
viol, et b. obligal., clarin., fl.., c. velclar. et 
tymp. ad libitum, op. 21; Augsbouig, in-fol. 
Dreyer est mort à Elwangen au commencement, 
du dix-neuvième siècle. 

DREYSCHOCÏÏ (Alexandre), pianiste 
distingué, est né le 15 octobre 1818 à Zack, en 
Bohème. Dès son enfance il montra d'beureuses 
dispositions pour la musique, dont il apprit les 
premiers éléments chez le maître d'école du lieu 
de sa naissance. A l'âge de treize ans il fut en- 
voyé à Prague et placé sous la direction du 
maitre de chapelle Tomascbeck. Après avoir 
reçu des leçons de ce maître pendant quatre 
ans, pour le piano et la composition, il se livra 
seul à l'étude des plus grandes difficultés de 
l'instrument et acquit une grande habileté de la 
main gauche, parliculièrement dans l'exécu- 



tion rapide des tierces, des sixtes et des octaves, 
qui forme le caractère distinctif de son talent. 
En 1836 il fit son premier voyage d'artiste en 
Allemagne, et visita Leipsick, Dessau, puis 
Breslau, Schvverin et Weimar. En 1840 il se lit 
entendre à Berlin et ne quitta cette capitale que 
pour se rendre à Saint-Pétersbourg, d'où il revint 
l'année suivante par Breslau, pour aller à Vienne 
et parcourir la Hongrie Arrivé à Paris au prin- 
temps de 1843, il y obtint de brillants succès 
par l'énergie de son exécution et par ses varia- 
tions pour la main gauche seule. Quelques mois 
après il se rendit à Londres; puis il donna des 
concerts à Bruxelles et dans plusieurs autres 
villes de la Belgique. En Hollande il visita Ams- 
terdam, Rotterdam et La Haye. Charmé de 
son talent, le roi des Pays-Bas le décora de l'ordre 
de la Couronne de chêne. Dreyscbock retourna 
en Allemagne par Cologne, Francfort et Darm- 
stadt, donnant partout des concerts et se fai- 
sant applaudir. En 1845 on le trouve à Dan- 
tzick, l'année suivante à Dresde, et en 1847 de 
nouveau à Berlin. Postérieurement il a continué 
ses pérégrinations en Danemark, en Suède et 
en Norwége. Les compositions de cet artiste pour 
le piano sont au nombre d'environ cent œuvres, 
jusqu'à ce jour (I8G0); on y trouve des rondeaux 
militaires avec orchestre, des sonates, éludes, 
fantaisies, nocturnes, romances sans paroles, 
thèmes variés et pièces de tout genre, sous des 
titres très-divers. Il a publié aussi une ouverture 
de concert à grand orchestre (en ré); Prague, 
Hoffmann. Au moment où celte notice est écrite, 
Dreyscbock vit à Prague, où il se livre à l'ensei- 
gnement du piano. 

DREYSC8ÎOCIÎ (Raimond), frère du pré- 
cédent, est né le 20 août 1824 à Zark, près de 
Prague. Après avoir obtenu son admission an 
Conservatoire de celte ville, il y reçut des leçons 
de M. Mildner pour le violon. Ses éludes 
musicales terminées, il a fait avec son frère 
plusieurs voyages et s'est fait remarquer par 
sou talent de violoniste. En 1850 il s'est lixé à 
Leipsick, en qualité de second maître des con- 
certs du Gevandhaus et comme professeur au 
Conservatoire. Il a publié plusieurs compositions 
pour son instrument. 

DREYS5G (Antome), organiste du roi de 
Saxe, naquit en 1775 à Oberleiitensdorf, en 
Bohême. Il n'avait que dix ans quand son prie 
l'envoya à Dresde pour y faire ses éludes : son 
premier maitre de musique fut François Hurka ; 
puis il prit des leçons de chant de Mariotlini , 
chanteur de la cour. Après avoir achevé ces 
éludes préparatoires, il devint élève de Arnest 
pour l'orgue, et fut nommé son adjoint, pour 



60 



DREYSIG — DRIEBERG 



muer les messes du matin; puis il succéda à son 
maître comme organiste de la cour. On a de 
Dreysig des préludes pour l'orgue qui sont restés 
en manuscrit. 

DRIEBERG (Frédéric De), chambellan du 
roi de Prusse, né àCharlottenbourg le 10 décem- 
bre 1780, s'est livré fortjeune à l'étude de la mu- 
sique, et s'est particulièrement attaché à l'examen 
de la musique des Grecs, sur laquelle il a publié 
des opinions fort singulières. Ce fut vers 181(5 
que M. de Drieberg commença à s'occuper de 
cet objet, et que, sur quelques aperçus saisis à 
la légère, il se donna la mission de réformer les 
connaissances qu'on croyait avoir sur la musi- 
que des anciens. Ses vues se portèrent d'abord 
sur la construction de l'échelle musicale des 
Grecs et sur la nature des intervalles de cette 
échelle. L'ouvrage spécial dans lequel il avait 
exposé ses idées sur cet objet fut annoncédansla 
Gazette musicale deLeipsick(ann. 1817, n° 51), 
et parut sous ce titre : Die mathematische In- 
tervallenlehre der Griechen ( la Doctrine ma- 
thématique des intervalles musicaux des Grecs) ; 
Leipsick, 1818, in-4°. M. de Drieberg établit 
dans ce livre que le système musical des Grecs 
ressemblait parfaitement au nôtre, que le tem- 
pérament est une invention misérable et fausse, 
que les proportions de la tierce majeure ou mi- 
neure sont purement arbitraires, et que le comma 
est une quantité illusoire, n'y ayant d'autre 
moyen de mesurer les intervalles des sons, pour 
notre oreille et pour notre intelligence, que le 
demi-ton. Il n'y avait rien de nouveau dans ces 
propositions, car depuis Arisloxène le système 
de la division de l'échelle en parties égales a eu 
beaucoup de partisans, et M. de Momigny s'est 
efforcé de le faire prévaloir pendant plusdetrenle 
ans. En 1825 M. de Drieberg a développé les 
conséquences de ce système dans deux arlicles 
qu'il avait écrits pour le Dictionnaire de Musi- 
que annoncé par Godfried Weber, et qui fu- 
rent insérés dans le deuxième volume de l'écrit 
périodique intitulé Cœcilia. Le premier de ces 
articles concerne l'accord des instruments de 
musique grecs, l'autre, le monochorde. M. de 
Drieberg y soutient la nécessité d'accorder par 
quintes et par quartes justes, et l'inutilité des 
résultats de la division du monochorde. Chladni 
saisit cette occasion pour mettre en évidence une 
multitude d'erreurs de M. de Drieberg, et l'atta- 
qua avee vivacité dans des observations sur la 
musique ancienne et moderne, insérées au cin- 
quième volume de Cœcilia (p. 279 et suiv.). 
L'autorité du nom de Chladni dissipa les illu- 
sions que beaucoup de personnes s'étaient faites 
sur la valeur des prétendues découvertes de 



M. de Drieberg, et depuis lors les opinions de 
celui-ci ont perdu beaucoup de leur valeur en 
Allemagne. 

En 1819 M. de Drieberg fit paraître des Éclair- 
cissements sur la musique des Grecs (Auf- 
chslûsse ueber die Musik der Griechen; 
Leipsick, 1819, in-4°), dans lesquels il exposa 
l'ensemble de son système; il acheva de le 
développer dans deux ouvrages qui ont pour 
titres : Die musikalischen Wissenschaften 
der Griechen (les Connaissances musicales des 
Grecs), Berlin, T. Trautwein, 1821, in-4°, et 
Die praktische Musik der Griechen (la Mu- 
sique pratique des Grecs); Berlin, T. Trautwein, 
1821, in-4°. C'est dans ces ouvrages que les 
idées les plus bizarres et les plus fausses furent 
émises par l'auteur de ce système sur la musi- 
que des anciens. Il y reproduisit comme base 
de sa théorie l'assertion de Pcpusch, depuis 
longtemps oubliée (et sans citer cet ancien mu- 
sicien), que le système lonal des Grecs se prenait 
en descendant, en sorte que toutes les cordes de 
l'échelle étaient placées au rebours de la disposi- 
tion que les autres auteurs leur avaient donnée; 
absurdité qui nesontient pas un examen sérieux 
et qui aurait mis au néant l'utilité qu'on aurait pu 
retirer des ouvrages de M. de Drieberg, lors même 
qu'il ne se serait pas trompé sur les autres points 
de la musique des Grecs. La manière dogmatique 
et absolue de cet écrivain lorsqu'il présente ses 
idées, et l'absence de toute citation, si ce n'est 
celle de quelques auteurs de l'antiquité et de ses 
propres ouvrages, ne permettent pas de savoir ce 
qui l'a déterminé à adopter son singulier sys- 
tème; il ne discute jamais, et avance les faits 
qu'il imagine comme s'ils élaient incontestables. 
Au reste, il ne paraît pas avoir eu des opinions 
bien arrêtées ni formulées en un tout homo- 
gène dont on ne peut rien changer sans qu'il s'é- 
croule; car, vraisemblablement, ébranlé par les 
objections qui lui ont été faites et parles travaux 
consciencieux de Perne, publiés dans la Revue 
musicale, il a renversé de nouveau l'échelle 
musicale des Grecs dans le Dictionnaire de la 
Musique grecque, son dernier ouvrage, et s'est 
conformé au système réel de cette musique, en 
replaçant la proslambanomène , ou corde 
ajoutée, au grave, et les autres cordes dans 
leur ordre naturel, en partant de ce point, nu 
lieu de les mettre à l'aigu, comme il l'avait fait 
d'abord. 

En 1822 M. de Drieberg a publié un traité des 
inventions pneumatiques des Grecs sous ce titre : 
Die pneumatischcnErfindungen der Griechen; 
Berlin, in-4° avec planches. Il y traite de l'orgue 
hydraulique et de l'orgue pneumatique, mais ai- 



DRŒBERG — DIlOBISCil 



r,f 



rangeant les documents qui lui étaient fournis 
par Vitruve et Héron d'Alexandrie suivant ses 
idées particulières, de telle sorte qu'on ne peut 
pas plus se former une idée de ce qu'étaient ces 
instruments chez les anciens, d'après l'ouvrage 
de M. de Drieberg, qu'on ne le peut dans ce que 
Perrault en a écrit. 

11 me reste à parler du dernier ouvrage de 
M. de Drieberg, c'est-à-dire du Dictionnaire 
de la Musique des Grecs ( Wœrterbuch der Grie- 
chischen Musik, etc. ; Berlin, Schlesinger, 1835, 
in-4° de deux cent dix-neuf pages, avec sept 
planches). Les assertions les plus bizarres, les 
suppositions les plus gratuites, particulièrement 
en ce qui concerne les instruments de musique 
des anciens, abondent dans cet ouvrage, et l'on 
y trouve encore une preuve du défaut de (ixité 
des idées de l'auteur; car, après avoir nié autre- 
fois la réalité des proportions musicales, il en 
expose le système dans plusieurs articles, d'a- 
près Euclide et Ptolémée. Au résumé, il est 
permis de dire que M. de Drieberg n'a point fait 
l'histoire, mais bien le roman de la musique 
grecque, et qu'aucune utilité ne peut être tirée 
de ses ouvrages sur ce sujet. Piqué des critiques 
dont ses livres avaient été l'objet, M. de Drie- 
beTg a cru devoir y faire une réponse dans 
laquelle son amour-propre blessé n'est pas tou- 
jours resté dans les limites de la politesse; elle 
a pour titre : Die griechische Musikauf ihre 
Grundgeselze zuriickgefiihrt. Eine Antikri- 
tique, etc. (la Musique grecque ramenée à ses 
lois fondamentales. Anticritique); Berlin, Traut- 
wein, 1841, in-4° de 195 pages. 

Ce n'est pas seulement comme écrivain sur la 
musique que M. de Drieberg s'est fait connaître; 
élève de plusieurs musiciens distingués , par- 
ticulièrement de Spontini , il a écrit deux, 
opéras ( Don Cocagno , et le Chanteur et le 
Tailleur) qui ont été joués avec quelque succès 
à Berlin et dans d'autres villes; l'ouverture et 
quelques morceaux du premier de ces ouvrages 
ont été publiés à Mayence, chez Schott. D'autres 
opéras de M. de Drieberg sont restés en manus- 
crit; en voici les titres : 1° L'Intrigo délia 
lettera, farce en un acte. — 2° La Fata, opéra 
comique en deux actes. — 3° Der Hechelkrœmer 
(le Marchand de peignes à carder), opéra co- 
mique en trois actes. — 4° Âlfonso de Castille, 
opéra romantique en deux actes. M. de Drieberg 
habitait ordinairement en Poméranie; il est mort 
à Charlottenhourg le 21 mai 1856. 

DRIEBERG (M me Louise De), femme du 
précédent, s'est fait connaître comme compositeur 
par plusieurs recueils de Lieder à voix seule 
avec accompagnement de piano. 



DROBISCH (Charles-Louis), né à Leipsick 
le 24 décembre 1803, montra peu de goût pour 
la musique dans son enfance, et rien ne faisait 
présumer qu'il aurait un jour quelque talent; 
ce ne fut qu'au collège de Grimma, où il lit 
ses études, qu'un penchant chaque jour plus 
prononcé se manifesta pour cet art, et qu'il 
s'en occupa dans tous ses moments de loisir. 
Sans autres moyens d'instruction que ses pro- 
pres études , il parvint à composer quelques 
bagatelles, des cantates et un petit opéra. A 
Leipsick, où il fut envoyé pour faire ses huma- 
nités, Drœbs, organiste de Saint-Pierre, lui 
donna des leçons d'harmonie et de contrepoint. 
Dans le même temps il écrivit plusieurs mo- 
tets et des cantates qui furent exécutés dans les 
églises de Leipsick , et en 1826 il fit entendre, 
dans un grand concert, son premier oratorio , 
intitulé Boniface. Cette production eut peu de 
succès; les critiques signalèrent alors la séche- 
resse des mélodies, la divagation des idées et la 
longueur excessive des fugues. Ces critiques sé- 
vères furent un utile avertissement pour Dro- 
bisch, qui, depuis lors, donna plus d'attention aux 
leçons d'esthétique du professeur Weinlig : cette 
époque fut celle d'une réaction dans ses vues et 
dans ses études. Après avoir visité Dresde, 
Prague, Vienne et l'Italie supérieure, pour aug- 
menter ses connaissances musicales, il s'établit 
à Munich. En 1837 Drobisch entreprit de 
nouveaux voyages, visita la Hongrie, et dé- 
finitivement accepta la place de directeur de 
musique à l'église évangélique d'Augsbourg. Il 
est mort dans cette ville le 20 août 1854. Dro- 
bisch s'est spécialement occupé de compositions 
pour l'église et s'est distingué dans ce genre. 
Sa fécondité était telle, que, dans l'espace de dix 
ans, il a écrit cent ouvrages, grands et petits, pour 
l'église, dont on a publié chez Faller, à Munich, 
une messe solennelle en mi majeur, six messes 
plus petites pour les campagnes, trois litanies, 
six offertoires et six graduels; et plus tard un 
Te Deum à quatre voix et orchestre, des psau- 
mes pour toutes les fêtes de l'année, et des chants 
pour les chœurs de voix d'hommes, publiés à 
Augsbourg; Moïse au Sinaï, oratorio exécuté 
à Augsbourg en 1839; Messe en mi pour 4 voix 
et orgue; op. 17 ; idem en ré mineur, ibid. ; idem 
en mi bémol, ibid., op. 40; idem en ré, ibid., 
op. 31; idem en mi, op. 37; deux messes alle- 
mandes à 4 voix et orgue; des litanies à 4 voix 
et orchestre; six offertoires à 4 voix et orches- 
tre; une symphonie en sol mineur, exécutée à 
Leipsick en 1843 Drobisch a laissé en manuscrit 
une messe solennelle en ré majeur, six autres 
messes, deux Requiem, plusieurs litanies, un Te 



G2 



DROEISCH — DROUET 



Dcvm, et plus de quarante graduels, offertoires 
et psaumes. 

DRQBISCH(Tuéodore), littérateur allemand 
sur qui l'on n'a pas de renseignements, a publié 
chaque année, depuis 1853, un almanach intitulé : 
Humoristicher Musikund Theater-Kalender 
(Calendrier humoristique de musique et de 
théâtre); Leipsick, Wegeler. Cet annuaire, mêlé 
de prose et devers, est une fantaisie spirituelle 
illustrée de figures grotesques. 

BROBïSCIf ( Maurice -Guillatjme), pro- 
fesseur de mathématiques et de philosophie , 
membre île la Société royale des Sciences de 
Saxe, est né à Leipsick, le 16 août 1802. Après 
avoir commencé ses études au gymnase Nicolay, 
dans sa ville natale, il alla les continuer au 
collège des Prince, à Grimma. De retour à 
Leipisck il suivit les cours de l'université en 
1S20. D'abord attaché à la faculté de philoso- 
phie comme professeur particulier, en 1 8 2 ï , il 
fut agrégé deux ans après et devint professeur 
titulaire de mathématiques en 1842. Élève 
d'Herbart (voy. ce nom), il a suivi la doctrine 
de ce philosophe dans ses divers écrits concer- 
nant les sciences philosophiques. Comme ma- 
thématicien il est cité ici pour une dissertation , 
dans le tome quatrième des Mémoires de la 
Société royale des Sciences de Saxe, sous ce ti- 
tre : ZJcber musikalischc Tonbcslimmung und 
Temperatur (sur l'Accord des sons et le tem- 
pérament musical). Entièrement analytique, 
sa méthode, basée sur une courbe décrite sur 
un cylindre, le conduit à un tempérament pro- 
portionnel , au lieu du tempérament égal. 
C'est un système faux, inapplicable à la vraie 
théorie de l'accord des instruments à sons lixes. 

DROECS (Jean-André) , organiste de l'é- 
glise de Saint-Pierre à Leipsick, est né en 1784 
à Erfurt, où son père était organiste et profes- 
seur de piano. Après avoir fini ses cours au 
gymnase de cette ville, il se livra presque seul 
à des études de composition et d'orgue. En 1S08 
il se rendit à Leipsick, y vécut d'abord comme 
professeur de musique, puis fut nommé or- 
ganiste de Saint -Pierre en 1810. Il est mort 
dans cette ville le 4 mai 1825. C'était un 
homme de peu de génie, mais un musicien 
instruit, dont les compositions pour l'église ne 
manquent pas d'un certain mérite de facture. 
On a de Drœbs plusieurs œuvres de sonates pour 
le piano, publiés à Leipsick chez Breitkopf et 
chez Hofmeister, des thèmes variés pour le 
même instrument, des préludes, des petites 
pièces et des fugues pour l'orgue, œuvres 4, 
!0, 12, 14, etc.; Leipsick, Breitkopf, et Bonn, 
Simrock. 



DROLLING (Jean-Michel), pianiste et 
compositeur, est né à Turckeim (Haut.-Rhin) en 
1796. Ayant été admis comme élève au Con- 
servatoire de Musique de Paris, il a reçu des 
leçons d'Adam pour le piano et de Méhul pour 
la composition. Il a publié un grand nombre 
d'ouvrages pour le piano, parmi lesquels on 
remarque : 1° Des thèmes variés; op. 1 et 2, 
Paris, P. Petit; op. 10, Paris, Meissonnier ;op. 10, 

Paris, Richault; op. 18, Hanry 2° Di tant i pal- 

piti, varié pour piano et violon , op. 3 ; Pans, 
P. Petit. — 3° Des caprices pour piano seid, 
op. 4 et 14; Paris, P. Petit et Meissonnier. 
— 4" Des fantaisies idem, op. 15 et 20; Pa- 
ris, P. Petite! Meissonnier, — 5° Un rondeau 
pastoral, op. 19; Paris, Hanry. — 0° Des duos 
pour piano à quatre mains, op. 5 et 17; 
Paris, Janet et Richault. — 1° Des duos pour 
piano et violon, op. lt, 12 et 22; Paris, Petit 
et Schœnenberg. Drolling a laissé en manus- 
crit un Traité élémentaire d'Harmonie et de 
Composition. Il est mort à Paris en 1839. 

DROMAL (Jean), chantre de l'église de 
Sainte-Croix, à Liège, vivait dans le dix-septième 
siècle. On connaît l'ouvrage suivant de sa com- 
position : Convivium musicum, in quo binis, 
ternis, quaternis, quinis et senis vocibus, nec- 
non et instrumentis recolilur, cum basso 
conlinuo ; Anvers, 1641, in-4°, opus 2. 

DROPA (Matthias), bon constructeur d'or- 
gues, vivait au commencement du dix-huitième 
siècle à Lunebourg. On vante l'orgue qu'il a cons- 
truit dans l'église deSaint-Jean de cette ville, ou- 
vrage de quarante-sept jeux, trois claviers et 
pédale, qu'il a fini en 1705. Celui de l'église de 
Saint-Michel, composé de quarante-trois jeux, 
trois claviers , pédale et dix soufflets, est son 
meilleur ouvrage. 

DROSTE-HULSIIOFF (Maximilien, che- 
valier De). Voy. HuLsnoFF. 

DROUAUX (Henri-Blaise), maître de mu- 
sique, à Paris , dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle, a publié un livre intitulé : 
Nouvelle Méthode pour apprendre le plain- 
chant et la musique, divisée en quatre par- 
ties; Paris, Gilles Blaisot, 1074, in-8°. La troi- 
sième édition de ce livre, divisée en deux parties, 
est datée de Paris, Christophe Ballard, 1687, 
in-8". Il y en a une édition de 1690. 

DROUET (Louis), flûtiste distingué et com- 
positeur pour son instrument, né à Amsterdam 
en 1792, est (ils d'un barbier français établi en 
cette ville. Un musicien, qui allait se faire ra- 
ser chez son père, lui ayant donné une petite 
flûte, lorsqu'il n'était âgé que de quatre ans, 
s'aperçut, à la manière dont il en jouait, qu'il 



DROUET — DUBOIS 



63 



était doué des plus heureuses dispositions pour 
cet instrument; il le prit en affection et se char- 
gea de son éducation musicale. Drouet avait déjà 
acquis quelque habileté quand il fut conduit 
a Paris par ses parents; il entra comme élève 
au Conservatoire de Musique et y fit de ra- 
pides progrès sur son instrument. Sa répu- 
tation commença à s'étendre en 1813, lorsqu'il 
!-e fit entendre dans les concerts; ses succès 
lurent brillants. Il fut attaché à cette époque 
à la musique de Louis XVIII, en qualité de 
première Mute. En 1815 il se rendit à Londres, 
où il fut fort applaudi. La confiance dont il ne 
tarda point à jouir en ce pays le détermina 
à y établir une fabrique de flûtes de nouveau 
modèle; mais cette entreprise ne réussit point, 
et M. Drouet fut forcé de quitter l'Angleterre 
en 1819. Depuis lors il a parcouru toute l'Europe, 
a visité la Russie , foutes les parties de l'Alle- 
magne, la Suisse, l'Italie, est retourné à Paris 
en 1828, et a fait un court séjour à Londres en 
182'J; [mis il est retourné en Allemagne par la 
Belgique et la Hollanlc, est revenu une troi- 
sième fois à Paris en 1832, y' est resté plusieurs 
mois, s'est marié, et a vécu quelque temps en 
Suisse. En 1 840 il est entré comme maître de 
chapelle à la cour de Saxe Cobourg, où il est 
resté environ quinze ans. ]1 était à Francfort 
en 1SG0, M. Drouet excellait dans les diffi- 
cultés et dans les traits rapides; son double 
coup de langue était d'une admirable volubilité; 
mais son intonation manquait de justesse, et son 
sU le était dépourvu d'expression et de grandiose. 
Partout où cet artiste s'est fait entendre, il a 
obtenu des succès. Il a lait graver un très-grand 
nombre d'oeuvres de sa composition pour la 
flûte, parmi lesquels on remarque, dix-concertos 
publiés à Paris et en Allemagne , des fantaisies 
et thèmes variés avec orchestre, quatuor ou 
piano, des trios pour trois flûtes, dix œuvres 
de duos pour le même instrument, et un très- 
grand nombre de morceaux détachés de tout 
genre. 

DROUET DE MAUPERTUY (Jean. 
Baptiste), né à Paris en 1C50, se livra, dans 
sa jeunesse, à l'étude de la jurisprudence, et 
l'abandonna ensuite pour cultiver les lettres. 
Un oncle, fermier général, lui procura un em- 
ploi considérable dans ia Provence; mais Drouet, 
en laissant tout le travail à ses commis, vit le 
désordre se mettre dans ses affaires et dissipa 
son riciie patrimoine. Revenu à Paris à l'âge 
de quarante ans, il se dégoûta du inonde, prit 
l'habit ecclésiastique en 1692, fit un séminaire 
de cinq ans, puis se retira dans l'abbaye de 
Srpt-Fonts. En 1702 il obtint un canonicat à 



Bourges, le quitta, voyagea, revint à Paris, 
et se fixa enfin à Saint-Germain en Laye où il 
est mort en 1730, âgé de quatre-vingts ans. 
Les Mémoires de l'Académie royale des Sciences 
(ann. 1724, p. 215-226) contiennent l'analyse 
d'un Mémoire sur la forme des instruments 
de musique, qu'il avait adressé à celte so- 
ciété savante. Ce morceau est de peu de va- 
leur et renferme beaucoup d'inexactitudes dans 
les faits. 

DRUELE, en latin DRUEL^US (Curé- 
tien), pasteur à. Kellinghausen, dans le Holstein, 
vers le milieu du dix-septième siècle, fut aussi 
compositeur de musique religieuse. 11 a fait 
imprimer un recueil de vingt-neuf concerts à 
plusieurs voix sur les dix premiers psaumes de 
David, sous ce litre : Psalmodia Davidica, 
Hambourg, 1C50. 

DRUCKENMULLER (Chr.-Wouganc), 
musicien allemand, compositeur et vraisembla- 
blement violoniste , paraît avoir vécu dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle à Hall-dc- 
Souabe (Schwad)isch-Ilall ), aujourd'hui ville du 
royaume de Wurtemberg. Il s'est fait connaître 
par un recueil de pièces instrumentales publié 
sous le litre bizarre : Miïsikalischcs Tafel- 
confect, etc. (Confitures musicales detable, les- 
quelles consistent en sept parties, etc.) ; Hall-de- 
Souabe, IC08, in-8° oblong. Celte musique est 
écrite pour des violons, violes et basse de viole. 

DRUZECHY ou DRUSCHETZIÎY 
(Georges), musicien hongrois, né vers le 
milieu du dix-huitième siècle, était, en 1787, 
attaché au service du comte de Grassalkovicz. 
Il a composé beaucoup de pièces d'harmonie 
pour deux clarinettes, deux hautbois, deux cors, 
deux bassons et trompette, ainsi que des con- 
certos pour le hautbois et d'autres instruments 
h vent. Enfin on a de lui l'opéra de Versée et 
Andromède , le ballet de Inkle et Yariko, et 
une symphonie de bataille pour Adèle de Pon- 
ihieu. Druschetzky fut d'abord timbalier des 
états de la haute Autriche, à Lintz, et y publia, 
en 1783, six solospour le violon. 

DUBOIS (Amédée), violoniste et directeur 
de l'école communale de musique, à Tournay, 
est né dans cette ville le 17 juillet 1818. Après 
avoir appris les éléments de la musique et du 
violon par les soins d'un musicien nommé Mo- 
reau , il fut admis comme élève au Conserva- 
toire de Bruxelles, en 1836, où M. Wéry fut 
son professeur. En 1838 le second prix de cet 
instrument lui fut décerné au concours, et il 
obtint le premier l'année suivante. Peu de temps 
après il partit pour Paris, s'y fit entendre avec 
succès dans quelques concerts , et fut engagé 



Gl 



DUBOIS — DUBREUIL 



pour l'orchestre du Casino Paganini. Recherché 
dans les salons de cette capitale pour son talent 
gracieux, il ne s'éloignait de temps en temps de 
Paris que pour donner des concerts dans les dé- 
partements, particulièrement dans le nord de la 
France. En 1851 il visita la Hollande, s'y lit 
entendre avec succès dans plusieurs villes , et 
fut décoré par le roi de l'ordre de la Couronne 
de chêne. Dans la même année il reparut à Pa- 
ris et y donna un concert brillant. Rappelé dans 
sa ville natale pour y prendre la direction de 
l'école communale de musique, -il s'y est marié, 
et s'y est livré avec ardeur aux soins que récla- 
mait l'établissement qui lui était confié. Quelques 
morceaux pour le violon, de la composition de 
cet artiste, ont été publiés à Paris. 

DUBOIS (Charles-Victor), organiste et 
professeur d'harmonium au Conservatoire de 
Bruxelles, est né àLessines (Hainaut) le 11 dé- 
cembre 1832. Uneopbthalmiemal traitée dans son 
enfance le priva de la vue. Entré à l'institution 
des sourds-muets et aveugles de Bruxelles le 
16 mai 1842, il y reçut son éducation musicale 
de l'organiste de cette maison religieuse , nommé 
Frère Julien. Après huit années d'études, M. Du- 
bois sortit de l'institution, le 23 décembre 1850. 
Doué d'une rare intelligence et d'un sentiment 
musical distingué, il se fit bientôt remarquer par 
son talent sur l'harmonium, et fut attaché à la 
grande fabrique d'orgues et d'harmoniums de 
MM. Merkliu et Schiitz, à Bruxelles. Ses progrès 
étaient remarquables chaque année dans l'art de 
jouer de ces instruments. Son talent consiste par- 
ticulièrement dans l'art d'en varier les effets de 
la manière la plus heureuse, et d'improviser des 
pièces très-développées, où toutes les richesses 
des sonorités sont employées avec beaucoup de 
tact. Un cours d'harmonium à été établi comme 
essai au Conservatoire de Bruxelles, et M. Du- 
bois en a été nommé professeur. Ce. jeune ar- 
tiste, digne de beaucoup d'intérêt, s'est fait en- 
tendre avec succès dans les villes les plus impor- 
tantes de la Belgique, à Paris , et dans plusieurs 
grandes villes de France. On a imprimé jusqu'à 
ce jour (18G0) de sa composition : 1° Trois mé- 
lodies pour harmonium; Bruxelles, Katto, 1857. 
— 2° Pastorale idem, ibid., 1858. — 3° Caprice 
idem, ibid., 1858. — 4° Méthode pour harmo- 
nium, ihid., 1859. 

DUBOS ( Jean-Baptiste ), né à Beauvais en 
1670, se livra d'abord à l'étude de la théologie, 
mais y renonça bientôt pour celle du droit pu- 
blic. Successivement employé par M. de ïorcy, 
ministre des affaires étrangères , par le régent et 
par le cardinal Dubois, dans plusieurs négocia- 
tions secrètes, il réussit et reçut en récompense 



des pensions et des bénéfices. Il quitta les af- 
faires publiques pour se livrer à la culture des 
lettres, et ses ouvrages lui valurent l'entrée de 
l'Académie, en 1720. Il est mort à Paris le 23 mars 
1742, âgé de soixante-douze ans. Parmi les ou- 
vrages qu'il a publiés on remarque ses Réflexions 
critiques sur la Poésie et sur la Peinture, qui 
parurent en 1719 pour la première fois, 2 vol. 
in-12, et qui ont été souvent réimprimées en 3 vol. 
On trouve au premier vol. Sect. 45 : Delà mu- 
sique proprement dite. Sect. 46 : Quelques ré- 
flexions sur la musique des Italiens; que les 
Italiens n'ont cultivé cet art qu'après les Fran- 
çais et les Flamands. Sect. 47 : Quels vers sont 
les plus propres à e'tre mis en musique. L'abbé 
Dubos manquait des connaissance* nécessaires 
pour traiter de tout cela d'une manière utile. 

DUBOURG (Matthieu), l'un des meilleurs 
violonistes que l'Angleterre ait produits, naquit, 
en 1703, d'un maître de danse nommé Isaac. 
Lorsqu'il eut atteint sa onzième année, il fut 
placé sous la direction de Geminiani, qui lui 
communiqua son excellente méthode. En 1728 
il fut appelé à Dublin pour y remplir la place 
de premier violon et de compositeur des concerts 
de cette ville. Après un séjour de quelques an- 
nées en Irlande, il passa au service du prince 
de Galles, et à la mort de Festing, en 1752, il 
devint directeur de la troupe du roi , place qu'il 
occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1767. Burney 
rapporte sur lui l'anecdote suivante : Accompa- 
gnant un jour, au théâtre, un air avec violon 
obligé, il s'égara si bien dans un point d'orgue 
que Hsendel, qui conduisait l'orchestre, lui cria, 
lorsqu'il revint dans le ton : Grâces au ciel, mon- 
sieur Dubourg, vous voilà enfin rentré chez 
vous! exclamation qui valut au violoniste les 
applaudissements de toute la salle. Dubourg est 
connu comme compositeur par quelques morceaux 
de musique vocale qu'il écrivit en Irlande, et par 
un grand nombre de solos et de concertos de 
violon; aucun de ces ouvrages n'a été publié. 

DUBOURG (Georges). Sous ce nom, qui 
n'est peut-être qu'un pseudonyme, on a publié 
en Angleterre un livre qui a pour titre: ihe Yio- 
lin and its professons, from ihe earliesl period 
to Ihe présent time ) uithoriginah Manoirs and 
Anecdotes of Paganini' s, etc.; Londres, 1836, 
in-8°. La troisième édition a paru en 1850 à 
Londres, chez M. Rob. Cocks, lvol. in-12. Ce 
volume renferme des choses curieuses et de 
bons renseignements sur quelques violonistes. 

DUBREUIL (Jean), maître de clavecin, né 
à Paris vers 1710, est mort dans la même ville 
en 1775.11 adonné un Manuel harmonique, 
ou Tableau des accords pratiques; Paris, 1767. 



DUBREUIL — DUCCI 



61 



in-8°, qui n'est qu'une rapsodie dénuée de tout 
mérite, et un recueil d'airs, sous le nom de 
Dictionnaire lyrique; Paris, 1769, 2 vol. 
in-8°, avec un supplément eu deux volumes, pu- 
blié en 1771. 

DUBUGRARRE (....), organiste de Saint- 
Sauveur de Paris, fut au nombre des professeurs 
de musique qui plaidèrent contre Guignon , roi 
des violons , vers le milieu du dix-huitième siècle, 
comme on le voit par l'arrêt du parlement du 
30 mai 1750. Dubugrarre a publié, en 1754, un 
ouvrage élémentaire qui a pour titre : Méthode 
plus courte et plus facile que Vanciennepour 
F accompagnement du clavecin ; Paris, in-fol. 
obi. En 1760 ce musicien a donné aussi des 
principes élémentaires de musique en un petit 
volume in-24 , sous le titre d'Étrennes à la 
jeunesse, où Von détaille les principes de la 
musique. 

DUC (Philippe De), compositeur belge, vi- 
vait dans la seconde moitié du seizième siècle 
et paraît s'être fixé en Italie. On connaît sous 
son non: 1° Madrigali a qualtro voci, con 
nna serenata e un dialogo a otto; Venise, 
G. Scotto, 1570. — 2° Madrigali a cinque et 
sei voci; Venise, Giac. Vince7iti e Ricciardo 
Amadino , in-4° obi., 1586. — 3° Il primo li- 
bro de Madrigali a 4, 5 e 6 voci; Venise, 1591, 
in-4°. — 4° Le Virgine, a sei voci, con un 
dialogo a otto nelfme, novamente composti, 
libro primo. In Venezia,app. lifigliuoli d'An- 
tonio Gardano, 1574, in-4° obi. 

DUC A (Jean), professeur de chant, né en 
Italie, s'est fixé à Paris vers 1848, et y a pu- 
blié un livre intitulé : Conseils sur l'étude du 
chant , traduits de l'italien par M. J. Boyer ; 
Paris, Bonoldi frères , 1851 , 1 vol. in-8° de 
214 pages. Cet ouvrage, bien écrit, renferme 
une exposition simple et claire des éléments 
de l'art du chant. 

DUCANCEL (Charles- Pierre), fils d'un 
chirurgien de Beauvais, naquit dans celte ville 
et exerça, pendant la révolution française, la pro- 
fession de défenseur officieux, à Paris, puis 
celle d'avoué, jusqu'en 1810. Il avait em- 
brassé les principes de la Révolution avec ardeur; 
mais, après l'arrestation de Louis XVI à Varen- 
nes et les événements du 10 août, il revint 
avec enthousiasme aux sentiments monarchiques 
et écrivit des brochures hardies contre les ter- 
roristes. Plus tard il fit représenter quelques co- 
médies au théâtre Louvois et au théâtre Mon- 
tansier. Estimé pour sa probité, mais homme 
passionné, d'une instruction médiocre, et esprit 
de peu déportée, il écrivait fort mal, et pas un 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. T. 1U. 



bon ouvrage n'est sorti de sa plume. Il s'est 
retiré dans une propriété qu'il avait à Clermont, 
département de l'Oise. En 1815 il fut nommé 
sous-préfet de ce lieu; mais le ministère, mé- 
content des élections de son arrondissement en 
1816, le priva de son emploi, et depuis lors il 
vécut dans la retraite. Il est mort à Clermont en 
1835. Ducancel a publié une brochure de plus de 
200 pages ayant pour titre : Mémoire pour J.- 
F. Lesueur, un des inspecteurs de l'enseigne- 
ment au Conservatoire de Musique, en ré- 
ponse à la partie d'un prétendu recueil de 
pièces imprimé, soi-disant, au Conserva- 
toire, et aux calomnies dirigées contre le cit. 
Lesueur par le cit. Sarrette, directeur de 
cet établissement ; contenant en outre quel- 
ques vues d'amélioration et d'affermissement 
dont le Conservatoire paraît susceptible; 
Paris, 1802, in- 8°. On a aussi de Ducancel : 
Mémoire au roi, pour : 1° Colombe Rigiery, 
dite Colombe aînée ; 2° Marie-Madeleine Ri- 
giery cadette, dite Adeline; 3° Pierre-Jo- 
seph Narbonne; 4° Joseph Dorsonville ; 
5° Charlotte - Rosalie Pitrot; 6° Jeanne- 
Louise-Elisabeth Verleuil; 7° Paul-Marie 
Langlois, dit, Courcelles ; 8° Pierre-Phili- 
bert Granger ; 9° Jean-Pierre Valroy; tous 
anciens comédiens italiens ordinaires du roi 
et pensionnaires de Sa Majesté, contre les 
comédiens ordinaires du roi, sociétaires ac- 
tuels de l 'Opéra-Comique; Paris, Le Normant, 
1815, in-4°de44 pag. L'objet de ce Mémoire 
était de faire admettre comme pensionnaires de 
l'Opéra-Comique les anciens acteurs du théàtrequi 
avaient été réunis aux acteurs du théâtre Feydeau. 
DUCANGE (Charles DUFRESJNE). Voy. 
Canoë (du). 

DUCAURROY (François-Eustache). Voy. 
Caurroï (du). 

DUCCI (Les frères Antoine et Michel-Ange), 
facteurs d'orgues à Florence, ont placé à l'expo- 
sition universelle de l'industrie, à Londres, en 
1851, un orgue ingénieusement conçu. Cet ins- 
trument renferme un principal ou montre de 8 
pieds, divisé en deux demi-registres; une flûte 
de 4, également divisée par moitié, une doii- 
bletle, un flageolet, un larigot, et une trompetto 
de 8 divisée en deux demi-registres, le tout 
contenu dans une caisse étroite dont la hauteur 
n'est que de 1 mètre 46 centimètres, la largeur 
96 centimètres, et la profondeur 52. Tout le 
mécanisme et le placement des tuyaux dans un 
espace si restreint indiquent une grande intelli- 
gence dans les dispositions. Mais la partie essen- 
tiellement remarquable de ce singulier instrument 
consiste dans le jeu de la pédale, dont le clavier, 

5 



60 



DUCCI — DUCHAMBGE 



(Vut h-ut, a l'étendue d'une octave divisée en 
douze demi-tons. Cette pédale est un bourdon 
de 16 pieds dans la note la plus grave. Les 
douze demi-tons sont produits par le même tuyau 
en bois de 4 pieds, placé dans la caisse qui sert 
de siège à l'organiste. Ce tuyau, étant bouché, 
ne pourrait produire que l'intonation d'un tuyau 
ouvert de 8 pieds pour la note la plus grave, ré- 
pondant à Vut de la quatrième corde du violon- 
celle; mais, par les circuits que l'air est contraint 
de faire dans la capacité du tuyau , le son est 
baissé d'une octave et sonne le 16 pieds. Des 
ouvertures pratiquées dans la paroi supérieure 
du tuyau, et fermées par des espèces de soupapes 
à ressort, servent à produire les douze demi-tons 
chromatiques, qui répondent aux marches du 
clavier de pédales et fonctionnent avec beaucoup 
de régularité. De cette combinaison résulte une 
puissance de sonorité qui paraît incompatible 
avec les proportions d'un si petit instrument. 
Le jury de l'exposition a décerné une médaille 
de prix aux inventeurs de cet orgue ingénieux. 

Les mômes industriels ont voulu appliquer leur 
principe à un instrument, basse d'orchestre, au- 
quel ils ont donné le nom de baristate; mais 
les résultats qu'ils ont obtenus n'étaient pas sa- 
tisfaisants. 

DUCERCEAU (Jean- Antoine), né à Paris 
fe 12 novembre 1670, entra chez les jésuites le 
12 janvier 1688. Ayant été nommé précepteur 
du prince de Conti, il l'accompagna à Yéret, 
château du duc d'Aiguillon, près de Tours. Le 
jeune prince, en maniant un fusil qui avait été 
chargé à balle, sans qu'il le sût, eut le malheur 
de tuer son précepteur, le 4 juillet 1730. P.Dn- 
«erceau fut l'un des rédacteurs du Journal de 
Trévoux , où il a inséré : Dissertation adressée 
au père Sanadon, où l'on examine la traduc- 
tion et les remarques de M. Dacier sur un en- 
droit d'Horace, et où l'on explique par occa- 
sion ce qui regarde le tétracorde des Grecs; 
Mém. de Trévoux, t. LU, pag. 100-141 et 284- 
310. Le passage d'Horace qui donna lieu à celte 
dissertation est celui-ci (Ode 9 e du 5 e livre) : 
Souante mistum tibiis carmen lyra, 
Hac liuriiui), illis barbarurn. 

S'appuyant sur l'autorité de l'ancien scolraste 
d'Horace, le P. Ducercean voulait que le mode 
appelé barbare par ce poète fût, non le lydien, 
mais le phrygien , dans lequel les flûtes auraient 
accompagné la lyre, qui jouait dans le mode do- 
rien. Pour faire coïncider ces modes, il imagi- 
nait, d'après les notes de Wallis sur Ptolémée, 
de transporter le mode dorien dans notre ton de 
la mineur et le mode phrygien dans celui de la 
majeur, prétendant que la lyre, et les flûtes 



jouaient, non pas ensemble, mais alternativement 
dans ces deux modes. Dans une analyse de la 
traduction d'Horace par le P. Sanadon, qui fut 
insérée an Journal des Savants du mois de 
mai 1728, se trouve une critique de ces idées du 
P. Ducerceau, dont on fait voir le faux et l'arbi- 
traire. Une réponse fort longue et peu polie fut 
faite à cette critique par Ducerceau ; elle parut 
dans les Mémoires de Trévoux (novembre et 
décembre 1728, janvier et février 1729). Une 
réplique modérée et fort bien faite, quoiqu'elle 
avance peu l'état de la question, fut publiée dans 
le Journal des Savants du mois de mai 1729. 
Elle porte particulièrement sur l'impossibilité 
d'entendre les vers d'Horace dans le sens que 
lui donne le P. Ducerceau , c'est-à-dire par la 
supposition que la lyre et les flûtes ne se fai- 
saient entendre qu'alternativement. On y discute 
aussi la question de la transposition des modes, 
et l'on fait voir que les opinions du jésuite sont 
complètement erronées sur ce sujet. Cette répli- 
que termina la dispute. Le passage qui y donna 
lieu avait déjà été examiné dans un Mémoire 
des Transactions philosophiques de 1702 (voyez 
Molineux), et a été reproduit depuis dans les 
Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome 
35, pages 360-363. {Voy. Chabanon. ) 

DUCHAMBGE (M™ Pauline), ou DU 
CHAMBGE, née à la Martinique, en 1778, 
d'une famille noble et riche , fut amenée très- 
jeune à Paris, et reçut sa première éducation 
dans un couvent , où elle eut Desormery pour 
premier maître de piano. Après les événements 
du mois d'août 1792 elle fut tirée de cette retraite 
et rentra chez ses parents. A vingt ans elle per- 
dit son père, sa mère et sa fortune. Ce fut vers 
cette époque qu'elle épousa le baron Duchambge, 
qui ne la rendit point heureuse; un divorce s'en 
suivit, et une modique pension fut la seule ressource 
qui lui resta pour vivre. La simplicité de ses goûts, 
l'ordre et l'économie la rendirent suffisante. C'est 
vers cette époque (1800) que M me Duchambge 
se livra avec ardeur à son penchant pour les arts, 
particulièrement pour la musique, et qu'elle y fit 
des progrès remarquables. Liée avec plusieurs 
artistes de grand mérite, parmi lesquels on re- 
marquait Dussek, dont les leçons perfectionnèrent 
son talent de pianiste, Cherubini, qui écrivit pour 
elle quelques compositions restées inédites, 
Auber, pour qui elle eut un sentiment plus ten- 
dre que l'amitié, Rode, Lamare, Girodet, Le- 
gouvé, elle puisait dans leur conversation des 
notions du beau qui répondaient à son propre 
sentiment. Son entretien, où régnait toujours 
une certaine mélancolie, était plein de douceur 
et de charme. Son double talent de pianiste eJ 



DUCHAMBGE — DUCHKMhN 



67 



de cantatrice se ressentait de cette disposition de 
son âme. En 1814, M" ,e Duchambge, victime des 
événements politiques, perdit la pension qui 
jusqu'alors avait suffi à ses besoins ; elle dut 
chercher dans ses talents d'autres ressources. 
Quelques morceaux de piano, et plusieurs ro- 
mances où l'on trouvait de la distinction, l'avaient 
fait connaître des amateurs ; elle eut bientôt des 
élèves et se consacra à l'enseignement autant 
que le lui permettait sa constitution délicate. 
C'est dans cette carrière pénible et dans la com- 
position d'une multitude de romances charmantes 
qu'elle parvint à la vieillesse. Lorsque les forces 
lui manquèrent, elle se confina chez elle, ne con- 
servant de relations qu'avec un très-petit nom- 
bre d'amis intimes. Elle finit par être oubliée. 
M me Duchambge s'est éteinte à l'âge de quatre- 
vingts ans, le 23 avril 1858. On a gravé de sa 
composition : 1° Trois études et un caprice pour 
le piano; Paris, Pleyel. — 2° Deux thèmes va- 
riés pour le piano; Paris, Le Duc. Mais c'est 
surtout par le charme de ses romances que 
j\irae Duchambge a conquis une place parmi les 
artistes distingués ; elle en a composé plus de 
trois cents. Quelques-unes sont comptées parmi 
les meilleures productions de ce genre; pour 
n'en citer que les plus célèbres, je mentionnerai 
VAnge gardien, la Brigantine, la Séparation, 
le Bouquet de bal, le Matelot, le Re've du 
Mousse, le Couvre Feu, Angèle, etc. Les mé- 
lodies deM me Duchambge se font remarquer par 
une sensibilité douce et l'élégance de la forme. 

DUCHA.MP (Marie-Catherine-Césarine), 
née à Paris le 14 mai 1789, entra d'abord 
dans la classe de chant de Plantade, au Con- 
servatoire de Musique, le 15 pluviôse an x:n 
(31 janvier 1805), et devint ensuite élève de 
Garât, le 9 mars 1807. Mademoiselle Duchamp 
possédait une très-belle voix de contralto et 
avait acquis par les leçons de Garât un fort beau 
talent qu'elle fil admirer dans les concerts de- 
puis 1813 jusqu'en 1817; mais une surdité dont 
elle fut atteinte, et qui augmenta progressive- 
ment, ne lui permit plus de se faire entendre; ce- 
pendant elle a continué d'enseigner le chant pen- 
dant plusieurs années. Elle a publié à Paris quel- 
ques romances avec accompagnement de piano. 

DUCHARGER (...), professeur de mu- 
sique, suivant ce qu'il nous apprend dans un de 
ses écrits, était né à Dijon dans la première 
moitié du dix-huitième siècle. Il est très-vrai- 
semblable qu'il y a identité entre cet artiste et 
un musicien nommé Charger dans la première 
édition de cette Biographie, qui fut attaché au 
service du prince de Conti entre 1745 et 1749, 
ainsi qu'avec un académicien de Dijon indiqué ' 



sous le nom de Chargey (De), dans la France 
littéraire de M. Quérard, et simplement Char- 
ger) dans notre première édition. Par une lettre 
que Ducharger écrivit à Rameau en 1753, on 
voit qu'il était alors à Saint-Malo. En 1761, 
époque où il publia un de ses ouvrages, il demeu- 
rait à Rennes ; et, enfin, si, comme je le crois , il 
est le même que De Chargey, cité par Quérard 
comme l'auteur d'un autre opuscule concernant 
la musique, il retourna ensuite à Dijon, où il 
était en 1773. Quoiqu'il en soit, il parut sous le 
nom de Charger ou Ducharger, à Paris , en 
1745, une cantatille intitulée : le Pouvoir de 
V amour, et quatre ans plus tard, dans la même 
ville, un livre de sonates en trios pour le violon. 
Sous le nom de Ducharger, de Dijon, fut pu- 
blié ensuite un écrit qui a pour titre : Réflexions 
sur divers oxwrages de M. Rameau; Rennes, 
1761, in-12de47 pages. L'auteur établit très- 
bien dans cet écrit que le système de la basse 
fondamentale repose sur une base fausse, Ra- 
meau n'ayant pu trouver dans le principe du 
corps sonore l'accord de la sous-dominante, in- 
dispensable à ce système, si ce n'est par la 
supposition gratuite d'une résonnance appelée 
sous-multiple par Rameau ; supposition suivant 
laquelle la corde mise en vibration ferait entendre 
un accord parfait dont le son de la corde serait 
la quinte. Il ne faut pas confondre cette prétendue 
résonnance avec le phénomène du troisième 
son, sur lequel Tartini (voy. ce nom) a bâti son 
système. Le dernier écrit qui paraît appartenir 
à Ducharger, et non à De Chargey , est inli- 
tulé : Entretiens d'un musicien français avec 
un gentilhomme russe sur les effets de la mu- 
sique moderne, ou tableau des concerts de 
province, avec des lettres à l'Académie de 
Dijon, à d'Alembert, Marmontel et J.-J. Rous- 
seau; Dijon, 1773, in-8°. 

DUCHEMIN (Nicolas), graveur, fondeurde 
caractères typographiques et imprimeur de mu- 
sique à Paris, naquit à Provins versl510.Un très- 
grand nombre d 'œuvres de musique est sorti de 
ses presses, depuis 1 550 jusqu'en J 571 - Ses éditions 
sont nettes, ses caractères élégants et d'une bonne 
dimension. Duchemin a aussi fait usage des ca- 
ractères gravés par Nicolas Devilliers et Philippe 
Danfrie. Peignot dit (Dictionn. raisonné de 
Bibliologic, t. III, p. Il 1 ) que Duchemin a Im- 
primé depuis 1541 jusqu'en 1544; il Be s'est pas 
souvenu qu'il avait cité dans le premier volume 
du même ouvrage ( page 470) le recueil de messes 
de divers auteurs, avec un titre général qui porte 
la date de 1568, in-fol. max. C'est pour ces mes- 
ses, publiées séparément depuis 1556, que Duche- 
min fit graver, en 1555, les grands caractères de 



68 



DUGHEM1N — DUC1S 



Devilliers e { de Danfrie. Les exemplaires de re- 
cueils de compositions publiés par Duchemin sont 
aujourd'hui d'une grande rareté. Il a imprimé 
aussi quelques traités de musique dont le moins 
connu, sans nom d'auteur, est intitulé : L'Art, 
science et pratique de Plaine Musique, et 
de Vinstitution musicale, très-utile, profitable 
et familière; Paris, Nie. Duchemin, 1556, in-12. 
Après la mort de Duchemin , ses poinçons et 
matrices ont passé chez Guillaume Le Bé. 

DUCIS (Benoît), compositeur du seizième 
siècle , naquit vraisemblablement à Bruges vers 
1480, suivant quelques indications qu'on trouvera 
plus loin. Ce musicien est désigné souvent sous 
le nom de Benedictus par les auteurs anciens 
qui en ont parlé, ainsi que dans les recueils où 
l'on trouve quelqu'une de ses compositions. 
Celles-ci portent tantôt le nom de Benedictus 
simplement, tantôt celui de Benedictus Ducis , 
et même quelquefois celui de Ducis seul. C'est 
le même musicien que Gesner ( Bibliotk. uni- 
vers.), et, d'après lui, Walther et Gerber ont 
appelé Dux, quoique, suivant l'usage parmi les 
auteurs anciens des Pays-Bas, les noms latinisés 
soient en général placés au génitif; il est vrai 
que le nom de Dux se trouve sur un recueil 
d'Odes d'Horace mises en musique à trois et à 
quatre voix, lequel a été publié à Ulm en 1539, 
ainsi que sur quelques mélodies placées par 
Hans Walter dans son Cantionale. Ce nom 
latin a fait croire à Kiesewetter que le nom 
véritable de Ducis est Herzog, et qu'il était 
Allemand de naissance (voy. le supplément du 
Mémoire de Kiesewetter sur les musiciens néer- 
landais, art. 3, p. 86 , et Geschichle der euro- 
pxisch- Abendlxndischen oder unsrer heu- 
tigen Musik, page 61). D'autres en ont fait un 
Suisse, en le confondant avec Benoît d'Appenzell 
(•iioy. ce nom). J'ai démontré dans la notice sur 
celui-ci, par un monument authentique, qu'il n'y 
a pas d'identité entre ces deux artistes, et que 
Ducis est plus ancien que Benoît d'Appenzell. 
Dans la première édition de cette Biographie 
j'ai émis l'opinion que Ducis était Belge de nais- 
sance, et que son nom tîamand était Hertoghs 
(Duc), latinisé dans celui de Ducis ; des documents 
récemment découverts, dans les archives d'An- 
vers, par M. Léon de Barbare (voy. ce nom ), dé- 
montrent que j'étais dans le vrai. On voit, dans 
les registres de la confrérie de Saint-Luc d'Anvers, 
que Ducis ou Hertoghs fut prince de la Gilde, 
c'est-à-dire chef de cette confrérie, ce qui 
était alors la plus haute dignité qu'un artiste 
pût obtenir dans les Pays-Bas. On voit aussi, dans 
les registres de l'église Notre-Dame de cetle ville, 
qu'il était, dans le même temps, organiste spécial 



de la chapelle de la Vierge , dans celte collé- 
giale. Des offres avantageuses lui ayant été faites 
pour qu'il s'établît en Angleterre, il les accepta 
et partit d'Anvers en 1515. Après cette date on 
n'a plus de renseignements sur lui. Henri "VIII 
régnait alors, et, sans doute, amateur passionné 
de musique et compositeur, ce fut lui qui attira 
à sa cour le musicien belge, le plus célèbre alors 
de ceux qui habitaient les Pays-Bas. J'ai fait de 
vaines recherches chez les historiens anglais du 
même temps pour découvrir quelque indication 
relative à Ducis. Cependant il est hors de doute 
qu'il vivait encore en 1531, et même après, car il 
a composé une Monodie sur la mort de Josquin 
Deprès, qui avait été son maître de composition, 
et qui, comme je l'ai fait voir dans la notice de 
cet illustre musicien, ne mourut que dans celte 
même année. De tout ce qui précède il résulte 
que la carrière d'artiste de Ducis appartient à la 
première moitié du seizième siècle, ou, plus 
exactement, aux quarante premières années. 

Benoît Ducis est à juste titre placé au rang des 
maîtres les plus distingués de son temps. Son 
style a de la clarté, de l'élégance dans les mou- 
vements des voix; son harmonie a de la pléni- 
tude et de la pureté ; ses thèmes d'imitation sont 
ingénieux et riches de développements ; enfin il 
a toutes les qualités qu'on recherchait à une 
époque où le sentiment esthétique n'avait pas 
encore placé l'art dans le domaine de l'imagina- 
tion libre. La Monodie à quatre voix qu'il a 
écrite à l'occasion de la mort de Josquin Deprès 
est jusqu'à ce jour le seul morceau de Ducis qui 
ait été publié en partition. Burney (1) et Forkel (2> 
l'ont insérée dans leurs Histoires de la Musique; 
mai» il existe dans plusieurs recueils manuscrits 
et imprimés au seizième siècle un grand nombre 
de motets et de chansons de cet artiste. La Bi- 
bliothèqne royale de Munich en possède quelques 
morceaux ; un précieux manuscrit daté de 1542, 
lequel a appartenu à Zéghère de Maie et se trouve 
aujourd'hui dans la bibliothèque publique de Cam- 
brai (n° 124, 4 vol. in-4° obi.), ce manuscrit, 
dis-je, dont M. de Coussemaker a donné la des- 
cription (3), renferme douze chansons françaises 
à 4 parties, le motet Da pacem, Domine, le 
chant funèbre sur la mort de Josquin Deprès, et 
une pavane pour quatre instruments, tous de 
Ducis. Les Odes d'Horace, mises en musique à 
quatre voix par le même, ont été publiées sous 
ce titre : Harmonien uber aile Oden des 
horaz,fur3 und 4 Stimmen, der UlmcrJu- 

(1) A General History of Music, t. II, p. 513. 

(2) Allgem. Ceschiçhte der Musiic, t. Il, p. 601. 

(3) Notice des collections musicales de la BibUotliàqxtt 
de Cambrai, p. 65-91. 



DUCIS 



.69 



gend zuGefallen in Druck gegeben, etc. (Har- 
monies sur toutes les Odes d'Horace pour 3 et 
4 voix, etc.) ; Ulm, 1539. Quoique le,tilre de ce 
recueil soit en allemand, la musique est écrite 
sur le texte du poëte latin. Ce titre a fait croire 
à Gerber (1) que Ducis était professeur de mu- 
sique à Ulm à l'époque de cette publication, 
parce que l'ouvrage était destiné à la jeunesse de 
celte ville ; le fait en lui-même n'a rien d'invrai- 
semblable, car, Henri VIII ayant séparé son 
royaume delà communion romaine' en 1534, 
Benoît Ducis, calbolique fervent, comme on l'était 
alors en Belgique , n'aura pas voulu rester au 
service d'un prince scbismatique, ni écrire de la 
musique pour le nouveau culte. Il est donc 
moins étonnant qu'il ait accepté une position 
dans une ville impériale qu'il ne le serait qu'il 
eût destiné un de ses ouvrages à la jeunesse d'une 
ville éloignée, où il n'aurait pas été lui-même. 
Une messe à quatre parties se trouve dans deux 
manuscrits de la bibliothèque de Cambrai, cotés 
n°* 4 et 24 ; dans le premier elle porte le titre 
d'une chanson damande Myn Hert ( Mon Cœur) ; 
dans l'autre l'inscription est Myn Hertequin 
heeft altyd verlangen (Mon petit cœur désire 
toujours). J'ai dit, dans la première édition de 
cette Biographie, que cette messe est de Ducis, 
et je crois être certain que mon opinion 
à cet égard est fondée; mais je n'ai point 
conservé le souvenir de la source où j'ai 
trouvé ce renseignement. Depuis 1822 je n'ai 
point revu les manuscrits de Cambrai , dont la 
valeur est très-considérable, et dont j'ai signalé 
l'existence avant tout autre; depuis lors M. de 
Coussemaker s'est livré à l'examen de ces ma- 
nuscrits et en a publié la description : il n'a pas 
trouvé , dit-il , d'indication de l'auteur de la 
messe Myn Hert; ce n'est donc pas là que j'ai 
pris mes renseignements, mais j'en ai eu certai- 
nement d'autre part. 

Les recueils qui contiennent des compositions 
religieuses ou des chansons françaises à trois et 
quatre parties, sous le nom de Benedictus, et 
sans antre indication, sont en assez grand nombre; 
il est difficile de décider quelles sont celles qui 
appartiennent à Benoît Ducis ou à Benoît d'Ap- 
penzell; cependant il est vraisemblable que 
c'est dans les recueils dont les dates sont les plus 
anciennes , et dans ceux qui ont été imprimés à 
Augsbourget à Nuremberg, que se trouvent les ou- 
vrages de Ducis (s'il est vrai toutefois qu'il s'était 
retiré à Ulm), et que les autres, publiés à Anvers 
et à Louvain, depuis 1544 jusqu'en 1560, con- 
tiennent les productions de Benoît d'Appenzell. 

(1) Neues Lexikon der Tonkûnstler, tome 1, col. 972 



Quoi qu'il en soit, voici les titres de ces collec- 
tions : 1° ISovum et insigne opus musicum, 
sex, quinque et quatuor vocum , cujus in Ger- 
mania hactenus nihil simile usquam est edi- 
tum; Noribergae, arte Hieronymi Graphœi, 1573, 
petit in-4° obi. Les pièces de Benedictus se 
trouvent dans le deuxième volume de cette col- 
lection. — 2° Psalmorum selectorum qua- 
tuor et quinque vocum a prxstantissimis 
musicis in harmonias redactorum ; Norim- 
bergx, apud Jo. Petreium, 1539, petit in-4° 
obi. Les psaumes de Benedictus sont dans les 
deuxième et troisième volumes. — 3° Selectsc 
Harmonix quatuor vocum de Passione Do- 
mini; Vittebergx, apud Georg. Bhau, 1538, 
petit in-4° obi. — 4° Tertius liber Moite- 
torum ad quinque et sex voces. Opéra et 
solertia Jacobi Moderni, alias dicti Grand 
Jacques; Lugduni, 153S, in-4°. — 5° Collection 
de petiles chansons allemandes pour divers ins- 
truments, publiée par Fœrster sous ce titre -Ein 
Auszug gute aller uud newer Teutschen- 
Liedlein, einer rechten tcutsche-Art , auff 
allerleg Instrumente zu gebrauchen, aus- 
serlesen; Nuremberg, J. Pétréjus, l re et 2 e par- 
ties, 1539-1540. — 6° Selectissimx nec non 
familiarissimx Cantiones ultra centum , 
variis idiomatx vocum, etc., a sex usque ad 
duas voces; Augvstx Vindelicorum, Melchior 
Kriesstein excudebat, 1540, petit in-4° obi. 
— 7° Trium vocum Cantiones centum ; No- 
rimbergx , J. P être jus , 1541, in-4°. — 8° 
Quintus liber Motletorum quinque et. sex 
vocum, etc.; Lugduni, Jac. Moderni, 1543, in-4°. 
— 9° Le quatrième livre des Chansons à quatre 
parties, auquel sont contenues 34 chansons 
nouvelles, etc.; imprimées à Anvers, chez 
Tylman Susato, 1544, in-4° obi. On trouve 
aussi trois chansons à 4 et 5 voix de Benedictus 
dans le 5 e livre, ibid. , 1544; à 4, 5 et 6 
voix dans le 6 e livre, ibid., 1545, et enfin, 
c'est dans le septième qu'a été publiée la Mo- 
nodie de Ducis sur la mort de Josquin De- 
près, ibid., 1545. — 10° Cantiones octo, sex, 
quinque et quatuor vocum, omnium ju- 
cundissimi nuspiam antea (sic) xditi. Au- 
gustx Vindelicorum, Philippus Vhlardus 
excudebat, 1545, petit in-4° obi. — 11° Can- 
tiones sex et quinque vocum longe gravis- 
simx,juxtaac amenissimx , in Germania 
maxime hactenus typis non excusx ;Augustœ 
Vindelicorum, Melchior Kriestein, 1545, petit 
in-4° obi. Salblinger(voy. ce nom ) fut l'éditeur 
de ces recueils. — 12° Cantiones sacrx, quas 
vulgo Motteta vocant, ex optimis quibusque 
hujus xtatis musicis selectx libri quatuor ; 



70 



DUCIS — DUFAY 



Antverpix, apud Tylmanum Susato , 1546- 
1547, in-4° obi. — 13° Caniionum sacrarum, 
quas vulgo Molelta vocanl, 5 et 6 vocum, ex 
opiimis quibusque musicis selectarum , Libri 
I'VIII ; Lovanii, apud Petrum Phalesium, 
1554-1558, in 4° obi. Je crois que les pièces con- 
tenues dans ces derniers recuei appartiennent 
à Benoit d'Appenzell. 

DUCLOS (Charles PINEAU), né à Di- 
nan, en Bretagne, en 1704, fut envoyé fort 
jeune à Paris pour y laire ses études. En 1739 
il fut reçu à l'Académie des Inscriptions et Bel- 
les-Lettres, et en 1747 à l'Académie Française, 
dont il devint le secrétaire perpétuel en 1755. 
Il e6t mort à Paris le 26 mars 1772, dans sa 
soixante-neuvième année. Parmi ses ouvrages 
on remarque : Mémoire sur l'art de partager 
l'action théâtrale , et sur celui de noter la 
déclamation qu'on prétend avoir été en 
usage chez les Romains , dans les Mémoires 
de l'Académie des Inscriptions, t. XXI,' p. 191- 
208. Il est aussi l'auteur de l'article Déclama- 
tion, dans l'Encyclopédie méthodique, où il est 
question de la musique théâtrale. On trouve 
ces deux morceaux dans la collection de ses 
Œuvres donnée par Desessarls, en dix volumes 
in-8°; Paris, 1800. 

DUCLOS ( . . ■), horloger de Paris, in- 
venta, en 1782, une machine destinée à in- 
diquer la division des temps de la mesure en 
musique. Il appela cette machine rhythmo- 
mètre. Elle fut approuvée par les professeurs 
de l'École royale de Chant, et Gossec, l'un d'eux, 
fit sur cet instrument un rapport favorable 
qui a été imprimé dans la môme année, en un 
quart de feuille in-8°. 

DUCRAY-DUMINIL (François -Guil- 
laume), lié à Paris en 1761 , succéda en 1790 
à l'abbé Aubert dans la rédaction des Petites- 
Affiches de Paris. Il est mort à Ville-d'Avray 
le 29 octobre 1819, à l'âge de cinquante-huit 
ans. Auteur de beaucoup de romans mal écrits, 
mais où l'on trouve de l'intérêt. Ducray-Duminil 
a fait aussi des pièces de théâtre, des vaude- 
villes dont il a composé les airs pour les théâ- 
tres des boulevards de Paris, et s'est fait 
connaître, comme musicien, par Six Romances 
tirées du roman de Lolotte et Fanfan, avec 
accompagnement de harpe ou de clavecin; 
Paris, Boyer, 1788. — 2° Six Romances tirées 
d'Alexis, ou la Maisonnette dans les bois; 
ibid., 1789. — 3° Six Romances tirées des let- 
tres à Emilie, ibid. 

DUCREUX (Emmanuel ), fils d'un peintre 
de portraits au pastel, naquit à Paris en 1765. 
Destiné par son père à la peinture, il fit d'abord 



des études pour se livrer à l'exercice de cet art; 
mais son goût pour la musique le lui fit aban- 
donner. Il apprit à jouer de plusieurs instruments 
à vent, particulièrement de la flûte et du basson, 
et entra à l'orchestre du Théâtre-Français, en 
1789, pour ce dernier instrument. 11 est mort 
à Paris vers 1812. On a de sa composition : 
1° Symphonie concertante pour deux flûtes prin- 
cipales ; Paris, 1795, Sieber. — 2° Symphonie 
idem, n°2; ibid. — 3° Six Duos non difficiles 
pour deux flûtes , œuvre 3 ; ibid. — 4° Duos 
pour flûtes et basson, extraits des œuvres de J. 
Haydn et Mozart, liv. 1,2; ibid. — 5° Des 
airs variés pour flûte seule; Paris, Corbaux. — 
6° Les Folies d'Espagne , variées pour basson ; 
ibid. Ducreux a eu un fils qui, après avoir été 
quelque temps musicien dans un régiment, a 
été souffleur de musique à l'Opéra- Comique , 
en 1818. 11 a arrangé des airs d'opéras pour deux 
violons. 

DUERNER (J.), violoniste et composi- 
teur, est né en Bavière vers 1812. Il fut d'abord 
employé à la cour de Dessau comme violo- 
niste, et reçut du maître de chapelle Frédéric 
Schneider des leçons de composition. Eu 1838 
il était directeur de musique à Anspach et s'y 
distingua par la composition de plusieurs re- 
cueils de chants pour des chœurs de voix 
d'hommes. En 1844 il obtint la place de pro- 
fesseur de musique à l'Université. Une sympho- 
nie à grand orchestre composée par cet artiste 
a été exécutée à Dessau en 1838 et à Leip- 
sick en 1844. Il a publié à Leipsick , chez Pe- 
ters, une bonne sonate pour piano et violon, 
œuvre 15. Duerner est connu particulière- 
ment en Allemagne par un grand nombre de 
recueils de Lieder à une voix seule avec ac- 
compagnement de piano, œuvres 5, 6, 8, 9, 10, 
11, 12, 13, 14, etc. 

DUFAUR (Pierre), ou DUFAUR DE 
SAINT-JORY , fut un des plus savants 
hommes du seizième siècle. Après avoir été 
conseiller au grand conseil , puis maître des 
requêtes, il fut élevé à la dignité de premier pré- 
sident du parlement de Toulouse, le 8 juillet 
1597, et mourut d'apoplexie , le 18 mai 1C00, 
en prononçant un arrêt. Parmi ses ouvrages 
on en remarque un qui a pour titre : Agonisti- 
con, sive de re athletica, ludisque veterum 
gymnicis, musicis atque circensibus, spicile- 
giorum iractatus, tribus libris comprehensi, 
opus tessellatum, etc. ; Toulouse, 1595, in-4°. 
Cet ouvrage a eu plusieurs éditions. 

DUFAY ou DU FAY (Guillaume), célè- 
bre compositeur de la fin du quatorzième siècle, 
partage avec Égide Binchois et Jean Dunstaple 



DUFAY 



:i 



la gloire d'avoir épuré l'harmonie , de l'avoir 
affranchie des formes grossières et des suc- 
cessions de quintes , d'octaves et d'unissons 
qui entachent les productions des plus habiles 
musiciens du milieu du quatorzième siècle, tels 
que François Landino de Florence, Jacques 
de Bologne , Guillaume de Machault et autres ; 
enfin , de lui avoir imprimé un caractère de 
suavité qui a été se perfectionnant jusqu'à la fin 
du seizième siècle, dans la tonalité du plain- 
chant. Tinctor ou Tinctoris a fait de Dufay un 
Français; il se pourrait toutefois qu'il eût été 
mal informé, car j'ai trouvé, dans un traité ma- 
nuscrit de musique du commencement du sei- 
zième siècle, cette phrase : Secundum doc- 
frinam Wilhelmi Ditfais, Cimacensis Hann. 
( selon la doctrine de Guillaume Dufay, de 
Chimay en Hainaut) (1). Mon savant ami et 
parent Henri Delmotte, trop tôt enlevé aux let- 
tres et à l'histoire des arts, m'a objecté contre 
ce fait qu'il y avait peu de noms propres au 
quatorzième siècle qui ne fussent des indica- 
tions de lieux de naissance, de profession ou de 
sobriquets; qu'il était vraisemblable que le nom 
de Dufay était Guillaume, et que Dufay in- 
diquait qu'il était né dans un lieu appelé le 
Fay. S'il en était ainsi, Guillaume Dufay serait 
encore né dans le Hainaut, car on trouvait dans 
l'ancienne province de ce nom, intendance de 
Maubeuge, gouvernement de Landrecies, les 
communes de Fay-la-Ville et Fay-le-Château. 
Mais, jusqu'à preuve du contraire, je m'en tiens 
à l'indication du manuscrit. 

Il y a beaucoup d'incertitude à l'égard de 
l'école où ce musicien célèbre a pu s'instruire 
dans son art. Le conseiller Kiesewetter pense 
que ce dut être en Belgique , et fonde son opi- 
nion sur ce que les compositions de Dufay in- 
diquent un état de l'art beaucoup plus avancé, 
sous le rapport de l'harmonie, qu'on ne le trouve 
dans les ouvrages des musiciens florentins du 
quatorzième siècle et de Guillaume de Machault, 
auteur d'une messe à quatre voix écrite en 
1367 ; ce qui lui fait croire qu'il existait en 
Belgique une connaissance plus étendue de 
l'ait d'écrire en musique qu'ailleurs, et que Du- 
fay y a puisé son instruction. D'autre part, 
Kiesewetter remarque qu'antérieurement à ce 
musicien toute la notation était noire et dans 
le système exposé par Francon , tandis que 
la notation blanche apparaît pour la première 
fois dans les compositions de Dufay, de Binchois 

(1) Voyez à ce sujet mon Mémoire sur cette question ; 
Quels ont été les mérites des Néerlandais dans la mu- 
sique, etc., pages 12 et 13; Amsterdam, 1829, in-4°. 



et de Dunslaple, particulièrement du premier. 
(Voy. l'ouvrage de Kieseweller intitulé : Ges- 
chichte der europxisch-abenlsendischen oder 
unsrer heutigen Musik. Darstcllung ihres 
Ursprungcs, etc., p. 42-49.) M. de Cousse- 
maker suppose que la maîtrise de la cathé- 
drale de Cambrai est l'école où l'éducation mu- 
sicale de Dufay s'est faite ; il est conduit à 
cette conjecture parce qu'un manuscrit du 
commencement du quinzième siècle renferme 
une messe qui porte le nom de cet homme 
célèbre (1). Le fait n'est pas impossible; mais il 
faut avouer que la raison sur laquelle se fonde la 
conjecture est assez faible. Si l'artiste que celle 
notice concerne était né à l'une des deux com- 
munes du Fay , dont il vient d'être parlé, la 
conjecture de M. de Coussemaker ferait vrai- 
semblable, car toutes deux appartenaient au 
diocèse de Cambrai. L'influence de Dufay sur les 
perfectionnements de l'art ne peut être mise 
en doute, car Tinctoris, Adam de Fulde, Spa- 
taro, Gafori, ont signalé précisément ce maître 
comme ayant eu la plus grande part aux per- 
fectionnements de la musique de son temps. 
Adam de Fulde (voy. ce nom) , auteur d'un 
trailé de musique écrit en 1490, dit que Guil- 
laume Dufay fut l'auteur d'une multitude d'in- 
novations dans !a notation et dans l'emploi des 
dissonances par prolongation (2). D'ailleurs, 
Martin Le Franc , poëte français qui écrivait <le 
1436 à 1439 et que j'ai cité à l'article Binchois, 
ne nous laisse pas de doute sur l'opinion ré- 
pandue parmi les contemporains de Dufay 
concernant les perfectionnements introduits par 
lui dans la musique. Je rapporterai de nouveau 
ici les vers de ce poëte, à cause de leur im- 
portance pour le sujet dont il s'agit : 

Tapissier, Carmen, Cesarls 
N'a pas long-temps si bien chantèrent 
Qu'ils esbahirent tout l'aris 
Et tous ceux qui les fréquentèrent : 
Mais oneques jour ne deschantèrent 
En mélodie de tels chois 
(Ce m'ont dit ceuli qui les hantèrent), 
Que Guillaume Dufay et Binchois. 
Car ils ont nouvelle pratique 
De faire f risque concordance 
En haute et en basse musique, 
En feinte, en paxisc et en imuince. 
Etc., etc. 

Voilà bien les inventions, la nouvelle pra- 



(1) Notices sur les collections musicalesde la bibliothè- 
que de Cambrai, p. 4o. 

(2) Cujus rei venerabilem Guilhelmum. Duffaij inven- 
torem extitisse credo, quem et ?noderniores musici om- 
nes imitantur , etc. (Vide Scrip. ecclesiast. de Musica, 
coll. M.Gcrbcrto, t. 111, p. 350.) 



72 



DUFAY — DU FORT 



tique de Dufay et de Binchois constatée dans 
l'harmonie (la (risque concordance et la feinte, 
ou retard de consonnance) et dans la notation 
(la pause). Cependant Part existait déjà avant 
eux en France, bien que moins avancé, puisque 
trois musiciens, Tapissier, Carmen et Cêsaris, 
pouvaient esbahir tout Paris. 

A l'égard de l'argument tiré par Kiesewelter 
du peu de vraisemblance qu'on ait passé subite- 
ment de la notation noire à la notation blanche 
de Dufay, et de la probabilité que cette dernière 
notation était en usage dans les Pays-Bas lors- 
qu'elle était encore inconnue en France et en Ita- 
lie, je ferai voir, dans mou Histoire générale de 
la Musique, que la notation blanche était déjà 
connue en France avant Guillaume Dufay, ou du 
moins dans sa jeunesse, bien que d'un usage 
peu répandu et bien qu'elle fut peu perfectionnée. 
Je ferai voir aussi, par la publication de mor- 
ceaux de musique composés dans la première 
moitié du quinzième siècle, que l'usage de la no- 
tation blanche ne s'était pas tellement répandu 
qu'on ne se servît encore de la noire à cette épo- 
que; enfin je démontrerai, par deux chansons à 
trois voix composées aussi au temps de Dufay 
dans les Pays-Bas, et tirées d'un manuscrit des 
archives de Gand, que la notation noire était en- 
core celle dont on se servait alors dans ce pays, 
et que l'art d'écrire en harmonie y était inférieur 
à celui dont ce musicien a fait preuve dans ses 
ouvrages. D'où il suit qu'on ne peut contester 
à Dufay l'importance de ses travaux par des 
suppositions gratuites d'un avancement antérieur 
de l'art dans les Pays-Bas, et que sa gloire reste 
entière. (Voy. le Résumé philos, de l'hist. de la 
musique, p. cxcix. ) Que Dufay ait commencé 
l'étude de la musique dans la Belgique , cela est 
vraisemblable puisqu'il y était né ; mais il a pu 
la continuer en France, et y prendre les premières 
notions de la notation blanche, dont il a ensuite 
propagé l'usage et perfectionné le système. 

L'abbé Baini a trouvé dans les archives de la 
chapelle pontificale de Rome la preuve que Du- 
fay était attaché à cette chapelle, en qualité de 
ténor, dans l'année t380. Il ne devait pas être 
alors âgé de moins de vingt-cinq ans, en sorte 
qu'il a dû naître vers 1350 ou 1355 au plus tard. 
Il demeura attaché à cette chapelle tout le reste 
de sa vie et mourut en 1432, dans un âge 
avancé ; circonstance qui prouve que l'époque 
He sa naissance doit être placée vers 1350. 
Pendant le temps où il fut au service de la cha- 
pelle pontificale, il paraît qu'il visita la France 
et les Pays-Bas, car quelques vers de Martin Le 
Franc semblent indiquer que ce poète l'a vu à 
la cour des ducs de Bourgogne. 



Les archives de la chapelle pontificale ren- 
ferment quelques messes composées par Guil- 
laume Dufay, et dont les titres sont : Ecce 
ancilla Domini; Omme (Homme), l'Omme 
armé; Se la face ay pale; Tant me déduis. 
Tinctoris cite aussi la messe de ce compositeur 
intitulée de Saint Antoine. Kiesewetter a pu- 
blié le Kyrie (à quatre voix) de la inesse Se la 
face ay pale, le Benediclus de la messe Ecce 
ancilla Domini (à deux voix), le Kyrie (à 
quatre voix) de la messe de l'Homme armé. 
La précieuse section des manuscrits de la Bi- 
bliothèque royale de Belgique renferme un volume 
qui provient de la chapelle des ducs de Bourgo- 
gne, et qui contient beaucoup de messes et de 
motets des musiciens belges les plus célèbres 
au quinzième siècle. On y trouve trois messes à 
trois voix et trois autres à quatre voix de Du- 
fay. Le volume est coté 1555, in-fol. Un volume 
manuscrit du quinzième siècle, qui est à la bi- 
bliothèque de Cambrai sous len° 6, in-fol. , con- 
tient des Kyrie, Gloria et Credo de différentes 
messes, à trois et à quatre parties, au nombre 
desquels est un Gloria à 4 parties qui porte le 
nom de Dufay. Les autres pièces du volume 
sont sans nom d'auteur, d'oùM.deCoussemaker 
croit pouvoir conjecturer qu'elles appartiennent 
toutes au même auteur. Un manuscrit intéres- 
sant qui appartenait à Guilbert de Pixérécourt 
contient des motets et des chansons françaises 
de Dufay, entre autres la chanson à trois voix, 
Cent mille escus quant je voeldroie, mor- 
ceau très-remarquable par les imitations bien 
faites qu'il contient et par la pureté de son har- 
monie. 

Plusieurs auteurs ont dit que Dufay a ajouté 
deux octaves au système complet de Gui d'A- 
rezzo; cette assertion ne se soutient pas à l'exa- 
men des monuments historiques de l'art, comme 
je le prouverai dans mon Histoire de la Musique. 
Il est plus raisonnable de s'en tenir à cet égard 
au texte à" 1 Adam de Fulde, qui dit que Dufay 
ajouta quelques notes au-dessous du gamma-ut 
grave du système de Gui, et quelques autres 
notes au-dessus de cc-fa. 

DUFORT (Charles De), compositeur et 
maître de chapelle à Paris, est né à Sens le 21 
novembre 1803. Après avoir fait ses premières 
études de musique dans sa ville natale, il 
devint élève du célèbre hautboïste Brod, pour 
la composition. En 1831 il s'est présenté au con- 
cours de l'Institut ; mais, n'ayant pas réussi, 
il n'a plus tenté de nouvel essai. Il a publié beau- 
coup de musique d'église de laquelle nous con- 
naissons : 1° Messe semi-solennelle pour solos 
et chœurs, avec orgue; Paris, V Canaux. — 



DUFORT — DUGAZON 



73 



2° Psaume Lextcra Domini pour soprano et 
basse, chœur et orgue; ibid. — 3° Motets, Vent, 

Creator, à voix seule et orgue ; ibid i"A ve ve- 

rum, pour ténor solo, chœur et orgue; ibid. — 
5° salut aris Hostia, à 3 voix et orgue; 
ibid. — 6" Adorcmus, à 2 voix de soprano, 
chœur et orgue; ibid. — 7° Ave, maris Stella, 
à 3 voix et org.ie; ibid. — 8° Sub tuum prx- 
sidium, chœur à 2 voix de femme et orgue ; 
ibid, — 9° Hymne Veni, Sancle Spiritus , pour 
voix solo et chœur; ibid. — 10° Sombre nuit, 
aveugles ténèbres, quatuor religieux pour so- 
prano , contralto, ténor et basse, avec accomp. de 
piano : ibid. On a aussi de M. de Dnfort des ro- 
mances et des morceaux détachés de différents 
genres. 

DUFOUR ( Le P. J. ), jésuite de la maison 
de Vaugirard-lez-Paris, adonné des soins à 
l'impression du Graduale Romanum de son 
confrère le R. P. Lambillotte (voy. ce nom ) , 
après la mort de celui-ci, et a été l'éditeur de 
son livre intitulé : Esthétique, théorie et pra- 
tique du Chant grégorien. Une dissertation 
du R. P. Schubiger, moine bénédictin et maî- 
tre de chapelle au couvent d'Einsiedeln ( Suisse, 
canton de Schwitz ), ayant été insérée dans le 
numéro de décembre 1856 de la Revue de Mu- 
sique ancienne et moderne publiée par M . Th. 
Nisard, on y lut une appréciation sérieuse des Ira- 
vaux du P. Lambillotte sur le chant grégorien, 
dans laquelle ses erreurs fondamentales étaient 
démontrées (voy. Schubiger ). Le P. Dufourcrut 
devoir publier à cette occasion, dans le journal 
intitulé PAmi de la Religion ( 12 mars 1857), 
une Réponse à quelques attaques dirigées 
contre l'œuvre du P. Lambillotte. Elle fut ré- 
futée dans un écrit de M. Nisard qui a pour 
titre : le P. Lambillotte et dont Anselme Schu- 
biger; notes pour servir à l'histoire de la ques- 
tion du chant liturgique au commencement de 
l'année 1857 ; Paris, 1857, in-8° de 46 pages. Cet 
écrit fut suivi d'une Réponse de Loin Anselme 
Schubiger au P. Dufour, précédée de quel- 
ques réflexions faisant suite aux notes pour 
servir à l'histoire de la question du chant 
liturgique au commencement de l'année 
1857, .par Théodore Nisard; Paris, 1857,in-8° 
de 30 pages. D'autre part M. l'abbé Cloet ( voy. 
ce nom ) avait publié des Remarques critiques 
sur le Graduale Romanum du P. Lambillotte; 
le P. Dufour y répondit par un Mémoire sur 
les chants liturgiques restaurés par le P. 
Lambillotte, de la Compagnie de Jésus, et 
publiépar le P. L... de la même Compagnie. 
Examen des principales difficultés propo- 
sées par divers auteurs, et en particulier par 



l'abbé Cloet dans les Remarques critiques sur 
le Graduale Romanum, etc.; Paris, Adrien Lc- 
Clerc el C><\ in-4° de VI et 64 pages (voy. Cloet 
au sujet de ce Mémoire ). 

DUFRESNE ( Ferdinand ), (ils d'un violo- 
niste de l'orchestre de fa Comédie-Française, 
naquit à Paris en 1783. Élève de son père, il 
fut admis au Conservatoire en 1797, et reçut des 
leçons de Gaviniès pour le violon. Sorti de 
cette institution en 1800, il fut attaché à l'or- 
chestre de POpéra-Comique jusqu'en 1806, puis 
fut chef d'orchestre du théâtre de Nante>s 
pendant deux ou trois ans. De retour à Paris 
vers 1809 , il se livra à l'enseignement dans 
les collèges et dans les pensionnats. If vivait 
encore à Paris en 1825. Dufresne a publié en- 
viron vingt-cinq œuvres de duos, trios, airs 
variés, pots-pourris, et quatre concertos pour le 
violon. Son œuvre 20 est un quatuor brillant 
pour deux violons, alto et basse; Paris, Boiel- 
dieu. 

Le père de Dufresne, qui était attaché à l'or- 
chestre de la Comédie-Française dès 1752, a fait 
graver à Paris, en 1780, six solos pour flûte 
avec variations, œuvre 1. 

DUGAZON (Lodise-Rosalie LEFÈVRE), 
femme d'un acteur renommé de la Comédie-Fran- 
çaise, naquit à Berlin en 1753, et vint à Paris 
à l'âge de huit ans. En 1767 on la fit débuter 
comme danseuse au théâtre d'opéra -comique 
qu'on appelait alors la Comédie -Italienne. Sa 
grâce, sa gentillesse, l'intelligence dont elle fai- 
sait preuve, et le succès qu'elle obtint dans 
quelques petits airs qu'on lui fit chanter, déter- 
minèrent sa vocation pour le genre des comé- 
dies à ariettes. Le premier rôle qu'on lui confia 
fut celui de Pauline, dans le Sylvain de Grétry. 
Elle y fut applaudie avec tranports dès son dé- 
but, qui eut lieu le 30 juillet 1774. Sans posséder 
une belle voix , et sans instruction dans l'art 
du chant, elle savait exciter l'enthousiasme des 
habitués de la Comédie-Italienne par les accents 
d'un organe plein de charme. D'ailleurs, actrice 
douée d'instinct, de finesse et de sensibilité, 
elle savait émouvoir, faisait verser des larmes 
ou provoquait à son gré la gaieté. Les personnes 
qui l'ont entendue dans sa jeunesse parlent en- 
core avec admiration de son jeu et même de son 
chant dans les rôles de Babet (de Biaise et 
Babel )', de Justine (dans Alexis et Justine), 
et surtout de Nina. Lorsque l'âge ne lui permit 
plus de jouer ces rôles, elle prit ceux de mères ; 
mais , quoiqu'elle y fût encore bonne actrice , 
elle n'y produisit plus autant d'effet que dans 
ceux de sa jeunesse. En 1792 cette excellente 
actrice se relira de la scène ; elle y reparut en 



74 



DUGAZON — DUIFFOPRUGCAR 



1795', et sembla au public n'avoir rien perdu de 
son talent. Dans le Prisonnier, dans le Calife 
de Bagdad, et dans beaucoup d'autres pièces, 
elle mit à ses rôles un cacbèt particulier de gaieté 
et de linesse que n'ont pu retrouver toutes les 
actrices qui lui ont succédé. Madame Dugazon 
a donné son nom aux rôles de sa jeunesse et de 
son âge mûr ; on les distingue encore au théâtre 
en Jeunes Dugazon et Mères Dugazon. 
Retirée du théâtre en 1806, cette actrice est 
morte le 22 septembre 1821, à l'âge de soixante- 
huit ans. 

DUGAZON (Gustave), fils de la précé- 
dente, naquit à Paris en 1782. Admis au Con- 
servatoire de Musique de cette ville, il y devint 
élève de Berton pour l'harmonie, et, après avoir 
interrompu plusieurs fois ses études, passa sous 
la direction de Gossec pour la composition. En 
1806 il concourut à l'Institut de France et obtint 
le deuxième grand prix; puis il se livra à l'en- 
seignement du piano et publia plusieurs morceaux 
détachés pour cet instrument. Son premier ou- 
vrage pour la scène fut un ballet intitulé Noémi; 
il l'écrivit pour le théâtre de la Porte-Saint- 
Martin. En 1812 il fit représenter au théâtre 
Fcydeau Marguerite de Waldemar, opéra en 
trois actes, qui fut suivi de la Noce écossaise , 
en un acte (1814), et du Chevalier d'industrie, 
en un acte (1818), composé en société avec 
Pradher. Aucun de ces ouvrages ne réussit. 
Pour l'Opéra Dugazon à écrit : 1° les Fiancés 
de Caserte , ballet en un acte (1817); Alfred 
le Grand, ballet en trois actes , arrangé avec la 
musique du comte de Gallenberg (1822); Aline, 
ballet en trois actes , en société avec Berton 
(1823). Parmi les compositions instrumentales 
de Dugazon on remarque cinq mélanges d'airs 
variés en trios, pour piano, violon et violoncelle, 
Paris, Dufaut et Dubois, et Janet et Cotelle; 
cinq mélanges d'airs et nocturnes pour piano et 
cor, Paris, Gaveaux, Petit, Janet, Pacini ; fantai- 
sies , mélanges d'airs, préludes et toccates pour 
piano seul, Paris, Dufaut et Dubois, Le Duc, 
Petit, Janet, Schlesinger; airs variés pour 
piano seul, Paris, Petit, Janet, Dufaut et Du- 
bois; quadrilles de contredanses pour piano; 
duos pour harpe et piano, Paris, Le Duc. On a 
aussi de ce musicien plusieurs recueils de 
romances et de nocturnes à deux voix. Du- 
gazon est mort à Paris vers la fin de l'année 
1826. 

DUGUET (L'abbé), maître de musique à 
l'église Saint -Germain l'Auxerrois en 1767, 
passa en la même qualité à Notre-Dame en 
1780. Il a composé beaucoup de messes et de 
motets qu'on conserve en manuscrit dans la 



bibliothèque de la cathédrale de Paris. En 1767 
il fit exécuter avec succès un motet de sa com- 
position au Concert spirituel. 

DUHAMEL (J. -M.), ancien élève de l'É- 
cole polytechnique, puis directeur des études, 
dans cet établissement et membre de l'Académie 
des Sciences de l'Institut de France, est connu 
par divers ouvrages de hautes mathématiques , 
au nombre desquels on remarque celui qui a pour 
titre : Mémoire sur faction de Varchet sur 
les cordes (dans les Mémoires présentés par 
divers savants à l'Académie des Sciences 
tome VIII). 

DU HEM ( Hippolvte-Jean) , professeur de 
trompette au Conservatoire royal de Bruxelles, 
est né à Paris, le 1 er décembre 1828, d'un père 
belge. Admis au Conservatoire de Bruxelles 
comme élève au mois d'avril 1845, il y reçut 
des leçons de M. Zeiss, pour la trompette, et ses 
progrès furent si rapides,que le premier prix de 
cet instrument lui fut décerné au concours dans 
l'année suivante. Il entra bientôt après dans la 
musique des Guides et au Théâtre royal, en qua- 
lité de trompette solo. Pendant les trois années 
qu'il occupa ces positions, il perfectionna son ta- 
lent par des études constantes. Engagé ensuite 
pour les concerts et festivals de l'Angleterre, il 
y obtint de brillants succès; puis il parcourut 
l'Ecosse, l'Irlande, l'Amérique du Nord etduSud, 
la Hollande et l'Allemagne, recueillant partout 
des applaudissements par son talent remarquable. 
De retour à Bruxelles dans les premiers jours 
de 1860, M. Duhem a été nommé professeur 
de son instrument au Conservatoire. On a de 
lui plusieurs compositions pour la trompette 
et le cornet à pistons, qui ont été publiées à 
Londres. 

DUIFFOPRUGCAR (Gaspard), célèbre 
luthier, né dans le Tyrol italien vers la fin du 
quinzième siècle, voyagea d'abord en Allemagne, 
et s'établit ensuite à Bologne, vers 1510. Fran- 
çois I er , roi de France, étant allé dans cette ville en 
1515 pour y établir un concordat avec Léon X, 
entendit parler des talents de Duiffoprugcar, et 
lui fit faire des offres si avantageuses qu'il le 
détermina à venir à Paris. Il paraît que, le climat 
nébuleux de la capitale ne convenant point à la 
santé de cet artiste, il obtint la permission de 
se retirer à Lyon. Plusieurs instruments sortis 
de ses mains sont datés de cette ville. On a gravé 
son portrait en médaillon, où il est représenté 
entouré d'instruments, tenant un compas d'une 
main et un manche de l'autre ; ce portrait est 
daté de 1562 , ce qui pourrait faire croire qu'il 
vivait encore alors. M- Cartier a possédé une 
belle basse de viole et un ténor de viole de cet artiste 



DUIFFOPRUGCAR — DULON 



75 



célèbre, el M. Raoul, amateur distingué comme vio- 
loncelliste, a eu aussi une basse de viole deDuiflo- 
prugcar, qui est devenue ensuite la propriété de 
l'excellent luthier M. Vuillaume. Cet instrument, 
dont le dos représente l'ancien plan de Paris en 
marquetterie , est remarquable par sa beauté 
et la belle qualité de ses sons. L'instrument le 
plus intéressant peut-être qui existe aujourd'hui 
de ce luthier célèbre est un violon grand pa- 
tron, le seul connu jusqu'à ce jour, et qui porte 
son nom, avec la date de t539. La qualité des 
sons de cet instrument est puissante , péné- 
trante, et porte au loin dans une grande salle. 
La tète représente une figure de fou de roi, 
avec une fraise plissée. Ce violon a appartenu 
à M. Merts, professeur au Conservatoire de 
Bruxelles. 

DUJARDIX (Dominique), prêtre etcomposi-* 
teur, fut nommé maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Rouen en 1636. 11 quitta cette posi- 
tion en 1648 et y fut rappelé en 1659. Il la con- 
serva jusqu'à sa mort, arrivée en 1665. Dans la 
collection de Messes publiée par RaHard , avec 
les quatres parties en regard, il en existe une de 
Dujardin, ad imitationem moduli Tu es Petrus; 
Paris, 1643, in-fol. max. 

DUJARDIN, ou DE HORTO. Voij. ce 
nom. 

DULCÏNO (Jean -Baptiste) , compositeur 
italien , vivait au commencement du dix-sep- 
Uème siècle. Il a publié un recueil de motets 
de sa composition sous ce titre : Cantiones sa' 
crx octo vocibus, una cum Litaniis B. M. 
Virgins et Magnificat cumB. C; Venise , 1609, 
in-4°. 

DULICH (Philippe), né àChemnitz en /563, 
fut professeur de musique à l'ancienne école 
normale de Stettin, et mourut dans cette ville 
en 1631 , à l'âge de soixante-huit ans. On a im- 
primé de sa composition : 1° Harmonise aliquot 
septenis vocibus compositx ; Stettin, 1593. — 2° 
Centuriœ 6 octonum et septennumvocum har- 
monias sacras laudibus Sanctse triados con- 
secratas continentis ; Stettin, 1607, in-4°. La se- 
conde partie de cet ovvrage a paru en 1610 , 

et la troisième en 1612 3° Novum opus viusi- 

cum duarum partium , continents dicta in- 
signiora ex evangeliis dierum domin. et festo- 
rum totius anni desumpta et quinarum vo- 
cum concentu exornata, etc.; Leipsick , 1609, 
in-4\ 

DULlNG (Antoine), né à Magdebourg vers 
la lin du seizième siècle , fut cantor à Cobourg. 
Il a publié : Cythara melica, oder XXXII la' 
teinische Motetten fur 8 bis 12 Stimmen, auf 
die Fest-Tage gerichtet (Trente-deux Motets 



latins, depuis huit voix jusqu'à douze, etc.), 
Magdebourg, 1620. 

DULKEIV (Jean-Louis), né à Amsterdam 
le 5 août 1761 , apprit dans sa ville natale, et 
ensuite à Paris, sous la direction de son père, 
l'art de confectionner des clavecins, forté-pianos 
et autres instruments. En 1781 l'électeur de Ba- 
vière le fit venir à Munich, où il épousa la cé- 
lèbre pianistn Sophie Lebrun, et où il se trouvait 
encore en 1812. Les pianos qu'il y a fabriqués 
élaient si estimés pour la qualité du son et le 
fini du mécanisme, qu'ils se sont répandus non- 
seulement dans toute l'Allemagne, mais même 
en Suisse et en Italie, et qu'ils y ont été fort re- 
cherchés. 

DULKEIV (Louise), dont le nom de famille 
était David, naquit à Hambourg le 20 mars 1811. 
Élève du directeur de musique C.-F.-G. Schwen- 
cke, elle prit ensuite des leçons de Wilhelm 
Grund et devint une pianiste distinguée. Dès l'âge 
de onze ans elle se fit entendre avec succès dans 
les concerts , et brilla dans les villes principales 
de l'Allemagne. En 1828 elle se rendit à Londres 
et s'y fixa. Son talent la fit rechercher par la 
haute société comme professeur de son instru- 
ment, et elle se fit une très-bonne position dans 
la capitale de l'Angleterre. M m e Dulken est morte 
à Londres le 12 avril 1850. 

DULOX (Lotis) (1), llùtiste distingué, naquità 
Orianenhourg sur le Havel, en Prusse, le 14 
août 1769, d'une famille originaire de France, 
exilée par suite de la révocation de l'Édit de 
Nantes. Une ophlhalmie dont il fut atteint à 
l'âge de huit ans, et qui fut mal traitée par un ocu- 
liste ignorant, le priva pour toujours de l'usage 
de la vue. Son père, qui était inspecteur de l'ac- 
cise, jouait fort bien de la flûte et était élève de 
Quantz. Il lui enseigna à jouer de cet instrument, 
et Angerstein, organiste ■de la ville, lui donna 
des leçons d'orgue. Ses progrès sur ces deux 
instruments furent rapides. A l'âge de treize 
ans il fit un voyage dans les principales viiles 
de l'Europe, accompagné de sa sœur, et par- 
tout il excita l'admiration générale par la ma- 
nière brillante dont il jouait les pièces les plus 
difficiles. Il composait aussi et dictait ses ou- 
vrages avec facilité. En 1796 il alla à Saint-Pé- 
tersbourg, où il obtint le litre de musicien de 
l'empereur de Russie. Deux ans après il revint 
dans son pays et s'y fixa. La cour de Russie 
lui avait fait une pension qui lui a été payé*; 
régulièrement. De retour en Allemagne vers 1800, 

(1) Dans la notice de la première édition j'avais suivi les 
indications du nouveau Lexique d'Ernest L. Gerber ; mai», 
ayant acquis postérieurement l'autobiographie de Dulon 
c'est elle qui m'a servi de guide pour celle-ci. 



re 



DULON — DUMAS 



il se îlxa à Stendal, dans la régence de Marien- 
bourg. Ce fut là qu'il écrivit sa propre bio- 
graphie, à l'aide d'un alphabet en relief et mo- 
bile que M. Wolke, directeur d'une école pri- 
maire à Dresde, avait inventé pour lui, en 1796. 
C.-M. Wieland a publié cet ouvrage sous ce ti- 
tre : la Vie et les Opinions de Dulon, joueur 
de flûte aveugle , dictées par lui-même (Du- 
lons des blindai Flœtenspielers Leben xind 
Meynungen, von ihm selbst bearbeitet) ; Zu- 
rich, 1807-1808, deux vol. in-8°. En 1823, Du- 
lon s'établit à Wùrzbourg, où il est mort le 7 
juillet 1826. On a de ce musicien les composi- 
tions dont les titres suivent : 1° Trois Duos pour 
flûte et violon , op. 1 ; Leipsicli, 1800-. — 2" 
Douze Variations pour flûte et violon, op. 
2; ibid., 1800. — 3° Trois Duos pour flûte et 
violon, op. 3; ibid., 1801. — 4° Caprices pour 
une et deux flûtes, op. 4 ; ibid. — 5° Trois 
Duos pour deux flûtes, op. 5; ibid. — 6° 
Trois Duos pour flûte et violon, op. 6 ; ibid. 
-*- 7° Premier Concerto pour la flûte, en sol, 
op. 8; ibid. 

DUMANOIR (Guillaume), fds d'un méné- 
trier de Paris , succéda en 1659 à Constantin 
dans la charge grotesque de roi des violons et 
maître des ménétriers, de la confrérie de Saint- 
Julien ; charge qui avaitétéétablie à Paris en 1331, 
et que Charles VI avait confirmée par une ordon- 
nance datée du 24 avril 1407. Les prétentions du 
roi des violons, qui voulait asservir tous les mu- 
siVens, et même les organistes, à se faire recevoir 
maîtres de danse, occasionnèrent souvent des 
procès qui furent toujours jugés en faveur des 
musiciens. Dumanoir fut'le premier qui établit 
cette prétention dans une brochure de cent 
vingt pages in- 12, écrite d'un style bas et gros- 
sier , et intitulée : le Mariage de la musique 
avec la danse, Paris, 1664. Une ordonnance de 
police rendue contre Dumanoir en faveur des 
joueurs de hautbois, le 29 avril 1 689, nous apprend 
qu'il exerçait encore sa charge à cette épo- 
que. Son fils , nommé Guillaume comme lui, et 
qu'on appelait Dumanoir second, lui succéda 
en 1690 ; mais il se démit de son emploi , par 
acte passé devant notaire, le 1 er décembre 
1695. 

DUMAS (Louis), fils naturel de Montcalm, 
seigneur de Saint-Véran et de Candiac, naquit à 
Nîmes en 1676. Il étudia la jurisprudence , la 
philosophie, et se lia avec le P. Malebranche, 
qui le fortitia dans son goût pour la dernière de 
ces sciences. Il finit par se livrer à la culture des 
lettres et des arts : la musique devint particu- 
lièrement l'objet de ses études. Il passa les der- 
nières années de sa vie au château de Vauxjours, 



à quelques lieues de Paris, et y mourut le 19 jan- 
vier 1744. On a de cet amateur des arts : l'Art 
de composer toutes sortes de musique sans 
être obligé de connaître le ton ni le mode ; 
Paris, 1711, in-4°. 

DUMAS (Antoine-Joseph), né à Bélhune 
en 1705, fit ses études à Arias, et se rendit à 
Paris, après les avoir terminées, pour y faire 
connaître une méthode d'enseignement pour les 
enfants qu'il avait inventée, et qu'il appelait la 
Méthode du bureau typographique. Ce bu- 
reau élait une imitation des procédés de compo- 
sition de l'imprimerie, et par son moyen les en- 
fants apprenaient à assembler les lettres dont les 
mots sont formés, et à décomposer ceux-ci, pour 
parvenir à lire avec promptitude. Dumas appli- 
qua ses procédés à la musique, et publia sur ce 
sujet un livre intitulé : l'Art de la Musique 
enseigné et pratiqué par la méthode du bu- 
reau typographique, établi sur une seule clef, 
sur un seul ton, sur un seul temps et sur un 
seul signe de mesure; Paris, sans date (1753), 
in-4° obi. 'd'environ 450 pages, tout gravé. Un 
abrégé de cet ouvrage a paru sous ce titre : 
l'Art de la Musique enseigné et pratiqué 
sans transposer , joint à une introduction 
à la connaissance des clefs pour la démons- 
tration des voix relatives; Paris, sans date 
(1758), in-4°, gravé. La méthode de Dumas, en 
ce qui concerne l'unité de clef, a beaucoup d'a- 
nalogie avec les principes qui servent de base à la 
méthode pliismodernedu méloplaste. L'auteur de 
l'article Dumas (Louis) de la Biographie uni- 
verselle deMichaud confond cet auteur avec Du- 
mas (Antoine-Joseph), et lui attribue les deux 
ouvrages de celui-ci ; il oublie que Louis Dumas 
était mort en 1744, et que ces deux ouvrages 
n'ont paru qu'en 1753 et 1758. 

DUMAS (Le P. D.Henri-Bonaventure), cor- 
delier du couvent de Lyon , naquit en cette ville 
le 31 décembre 1698. Après avoir fait ses études 
au collège des jésuites, il entra au couvent des 
cordeliers et y prononça ses vœux en 1715. 
Une bibliothèque ayant été fonde en 1735 par 
les religieux de son ordre, le P. Dumas en fut 
nommé directeur et ne négligea rien pour son 
accroissement. Le catalogue de cette bibliothèque, 
telle qu'elle existait encore en 1790, se trouve 
parmi les manuscrits delà bibliothèque publique 
de Lyon. Le P. Dumas mourut en 1773 ou 1774. 
Il avait étudié la musique dans sa jeunesse; 
plus tard il s'occupa de sa théorie avec beaucoup 
de soin. Les ouvrages qu'il a laissés sur cette 
matière se trouvent en manuscrit dans la biblio- 
thèque publique de Lyon , sous le n° 964. Ils se 
composent de divers Mémoires, dont voici les 



DUMAS — DUMOJNCHAU 



77 



titres: \° Du tempérament de l'orgue et du 
clavecin, daté de 1755. — 2° Principes de 
l'Harmonie , 1756. Ce morceau est divisé en 
trois parties, dont la première renferme la théo- 
rie; dans les deux autres sont les applications 
à la pratique. — 3° Éclaircissements sur 
l'harmonie tempérée. — 4° Observations sur 
le jeu de des harmoniques. Le petit ouvrage 
intitulé Ludus melotheticus, publié en 1758, 
a été l'occasion du Mémoire du P. Dumas; il 
s'y proposa la solution du secret de ce jeu assez 
futile. — 5° Traité de l'Harmonie théori- 
que et pratique, 1759. La première partie de 
cet écrit concerne la pratique de l'art; la se- 
conde, la théorie. Delandine, dans son catalogue 
des manuscrits de la bibliothèque de Lyon, 
attribue ces ouvrages à un P. Dumas, jésuite 
de la maison de Lyon; je crois que c'est une 
erreur.. 

DUMAS (...), facteur d'instruments, à 
Paris, né à Sommières, inventa en 1810 une 
basse guerrière, instrument du genre de la 
clarinette, qu'il destinait à jouer les parties de 
basse dans la musique militaire. Cet instrument 
fut soumis à l'examen d'une commission qui 
l'éprouva , et il fut décidé qu'il serait employé 
dans la musique de la garde impériale; toute- 
fois cette clarinette basse ne fut pas alors intro- 
duite dans la musique d'instruments à vent ; ce 
n'est qu'environ vingt ans plus tard qu'on a re- 
connu l'utilité de ce genre d'instrument, et que 
l'usage a commencé à s'en établir. Dumas est 
mort à Versailles en 1828. 

DUMENIL ou DUMEN1, acteur de l'O- 
péra, du temps de Lulli, avait une haute-contre 
de la plus belle qualité; il chanta longtemps les 
premiers rôles avec le plus grand succès. Son 
début eut lieu, en 1677, dans l'opéra A'Isis; il 
mourut en 171 5, fort âgé. Il avait été cuisinier 
de M. de Foucault, intendant de Montauban , ce 
qui fit qu'un plaisant du parterre s'écria, un jour 
qu'il jouait le rôle de Phaélon : 

« Ah! Phaéton! est-il possible 

« Que vous ayez fait du bouillon ? » 

Ce fut lui qui joua le premier le rôle de Re- 
naud, dans Armide. Mattheson, qui l'avait en- 
tendu, dit. qu'il chantait comme un cuistre. C'é- 
tait un homme abject, vivantaux dépens des filles 
de l'Opéra, se laissant battre par elles, et ne pa- 
raissant sur la scène que dans un état d'ivresse 
habituelle. {Voyez M\upin.) La Viéville de Fie- 
lleuse, son contemporain, dit de lui : « Il est in- 
« digne qu'un maraud ose paraître sur le théâtre 
■< ne pouvant se soutenir, en changeant la di- 
« gnité du spectacle en farce ou bouffonnerie, par 
« des postures, un badinage ridicules, comme l'ai- 



n sait tous les jours Duménil (Comparaison de 
« la musique italienne et de la musique fran- 
« çoise, 2 e partie). » 

DU MOLIN, ou DUMOLIN (Jean-Remi), 
musicien belge, né dans les dernières années du 
quinzième siècle, fut organiste de l'église Saint- 
Jean, à Matines. Il occupait encore cette place 
en 1528, suivant la note d'un payement qui lui 
fut fait en cette année, lequel est mentionné au 
registre 1804 de la chambre des comptes (Ar- 
chives du royaume de Belgique). Le nom de cet 
artiste est écrit du Moulin (J.) dans plusieurs 
recueils de compositions des musiciens du sei- 
zième siècle , mais il est bien orthographié dans 
les Motelti delFiore aquattro voci, libri 1, 2, 
3, 4, publié à Lyon par Jacques Moderne de Pin- 
guento, en 1532-1539, in-4°. Le troisième livre 
de cette collection renferme le motet à 4 voix 
In Domino confido de Du Molin, page 25. 
Une autre collection intitulée : Motettorum a Ja- 
cobo Moderno, alias Grand-Jacques , in unum 
coactorum et ab eodem impressorum liber 
primus cum quinque vocibus; liber secundus 
cum quinque vocibus; liber tertius cum quin- 
que et sex voc; liber quartus ad quinque et 
sex voces; liber quintus ad quinque, sex et 
septem voces; Lugduni per Jacobum Moder- 
num, 1532-1542, in-4° obi., renferme les mo- 
tels à 5 voix de Du Molin : Adonay Domine: 
et Pater, peccavi. Le deuxième livre des Mis- 
sarum dominicalium quatuor vocum, publié 
par Pierre Attaingnant, en 1534, contient deux 
messes de cet artiste. 

DUMOiXCHAU (Charles-François), naquit 
à Strasbourg le 11 avril 1775, et non le 15 février 
1778, comme on le dit dans le Dictionnaire 
historique des Musiciens de Choron et Fayolle. 
Son père lui enseigna les principes de la musi- 
sique et lui donna des leçons de violoncelle; 
Berg lui donna ensuite des leçons d'harmonie, 
et Baumayr lui enseigna à jouer du piano. Cet 
instrument lui fit négliger l'étude du violon- 
celle ; il y fit de rapides progrès et acquit une 
habileté peu commune, particulièrement dans 
l'exécution de la musique fuguée. La guerre 
vint interrompre ses études. Il fut employé dans 
l'administration des vivres de l'armée, et les évé- 
nements militaires le conduisirent à Paris, où 
il se lia d'amitié avec Kreutzer, à qui il dédia son 
premier oeuvre^ qui consistait en sonates de 
piano. Admis au Conservatoire de Musique, 
il y reprit ses éludes de piano et de composition ; 
mais quelque temps après il sortit de cette école 
pour prendre des leçons de Wœffl. En 1805 il 
donna au théâtre de la Porte-Saint-Martin un 
opéra-comique intitulé l'Officier cosaque; cet 



78 



DUMQNCHAU 



DUM 



ouvrage eut quelque succès; les morceaux déta- 
chés ont «Hé gravés, avec accompagnement de 
piano, chez Le Duc. Peu de temps après, Du- 
nionchau retourna à Strasbourg, y vécut comme 
professeur de piano, et alla s'établir à Lyon en 
1809. Il mourut dans cette ville le 21 décembre 
189.0. Comme compositeur, Dumonchau se dis- 
tingue par un style élégant et pur ; mais il man- 
quait d'invention : de là vient que sa musique 
est déjà oubliée depuis longtemps. Il a fait graver 
à Paris •. 1° Trente-trois sonates pour piano 
seul , œuvres 1 , 3, 5, 1 9, 2 1 , 26, 28 , 30 et 32. 

— 2° Vingt-quatre sonates pour piano, avec vio- 
lon ou flûte, œuvres 4, 13, 15, 20, 23 et 24. 

— 3° Deux trios pour piano, violon et basse, 
op. 29 et 34. — 4° Deux concertos de piano, 
œuvres 12 et 33. — 5° Des bagatelles, des 
airs variés, des mélanges et des pots-pourris. 
II a laissé en manuscrit quelques composi- 
tions, entre antres une symphonie concertante 
pour flûte , hautbois et basson, et un concerto 
pour cor. 

DUMOINT (Henri) , né près de Liège en 
1610, apprit dans cette ville la musique et à 
jouer de l'orgue. Étonnés de la rapidité de ses 
progrès , ses parents l'envoyèrent à Paris, pour 
qu'il y perfectionnât ses talents. En 1639 il obtint 
l'orgue de Saint-Paul, et peu de temps après le roi, 
ayant entendu quelques morceaux de sa compo- 
sition , en fut si satisfait qu'il nomma Dumont 
l'un des maîtres de sa musique, où il remplaça 
SpiilietGobert.il remplit les fonctions de cette 
place pendant trente ans, conjointement avec son 
confrère l'abbé Robert. La reine, qui aimait la 
musique de Dumont, donna à ce musicien le 
même emploi dans sa maison et le fit nommer à 
l'abbaye de Silly. La musique qui se chantait à 
la chapelle du roi avait été, jusque vers 1670, 
composée seulement pour les voix, selon l'ancien 
système, avec une partie de basse instrumentale, 
qu'on appelait basse continue. Louis XIV, 
porté vers tout ce qui avait un air de grandeur, 
désira qu'à l'exemple de Carissimi et de ses imi- 
tateurs les maîtres de sa musique joignissent à 
leurs motets des accompagnements d'orchestre ; 
il en parla à Dumont, qui, religieux ohserva- 
ieur des décisions du concile de Trente, répondit 
au roi qu'il ne pouvait se prêter à ce qui lui était 
demandé. Louis XIV, curieux d'examiner d'où 
pouvait naître ce scrupule, consulta l'archevêque 
de Paris (de Harlay ), qui affirma que le concile 
avait proscrit les abus de la symphonie, mais 
non la symphonie elle-même. Dumont ne se 
rendit qu'avec peine à cette décision. Il se pour- 
rait que le concile eût été d'un grand secours au 
roat':rede chapelle, pour cacher son inhabileté à se 



servir d'un orchestre. Quoi qu'il en soit, peu de 
temps après (en 1674 ) il demanda et obtint sa 
retraite de vétérance. Il mourut en 1684 et fut 
inhumé dans l'église de Saint-Paul , dont il avait 
été organiste pendant quarante cinq ans. 

On a de Dumont cinq messes en plain-chant, 
connues sous le nom de messes royales , qu'on 
chante aux fêtes solennelles dans plusieurs églises 
de Fiance : ce sont ses meilleurs ouvrages; leur 
caractère est noble et solennel. Ses autres ou- 
vrages sont : 1° Mélanges à 2, 3, 4 et 5 parties 
avec la basse continue, contenant plusieurs 
chaivions, motets, Magnificat , préludes et 
allemandes pour l'orgue et pour les violes, 
UvreV; Paris, Robert Rallard, 1649, in-4°. — 
2° Mélanges à 2, 3 , 4 et 5 parties , et c, II e 
Livre; ibid., 1757, in-4°. — 3° Cantica sacra, 
2, 3,4 voc. et inst ruinent ismodulata, adjeclx 
itidem litanix 2 vocibus,ad libitum 3 et 4, 
cum basso continuo, liber primus ; Paris, R. 
Ballard, 1662, in-4°. — 4° Motets à deux voix 
avec le basse continue ; ibid., 1668, in-4°. — 5° 
Motets à 1, 3 et 4 parties pour voix et ins- 
truments, avec la basse continue; Paris, Chris- 
tophe Ballard , 16S1 , in-4°. 11 est vraisemblable 
que ceux qui ont été publiés chez le même im- 
primeur , en 1686 , sous le titre de Motels pour 
la chapelle du Roi, mis en musique par 
M. Dumont, etc. , sont la seconde édition de 
ceux-ci. J 

DUN, famille de musiciens qui fut attachée à 
l'Opéra de Paris et à la musique du roi, de géné- 
ration en génération, pendant plus d'un siècle. 
Dans la Pastorale comique, ballet de Molière , 
chanté et dansé, on trouve un chanteur de ce 
nom. Jean, son fils, remplissait le rôle d'Hidraot 
dans VArmide deLulli, en 1688, et remplaça 
Beaumavielle dans les barytons. Deux filles et 
un fils de celui-ci, nommé Jean comme lui, fu- 
rent attachés à l'Opéra jusqu'en 1742, en qualité 
de chanteurs. Ce dernier Jean Dun vivait encore 
en 1772 et recevait une pension de mille li- 
vres; mais il disparaît de la liste, des pension- 
naires de l'Académie royale de Musique dans le 
Calendrier des Théâtres de 1773, ce qui indique 
qu'il a cessé de vivre dans cette même année 
1772. 

DUIYI (Écide-Romuald), compositeur drama- 
tique, naquit à Matera, dans le royaume de Na- 
ples, le 9 février 1709, d'un maître de chapelle, 
dont il était le dixième enfant. Lorsqu'il eut at- 
teint l'âge de neuf ans, on l'envoya au Conserva- 
toire dei Poveri di Gesù Cristo, à Naples, 
dirigé alors par Durante. Ses études étant ter- 
minées, il se rendit à Rome , où il fut chargé 
d'écrire l'opéra de Nerone, en concurrence avec 



DUNI — DUINKELFEIND 



Pergolèso, qui travaillait alors à son Olimpiade , 
et, ce qu'on aurait peine à comprendre en com- 
parant les deux partitions, l'ouvrage de Pergo- 
lèse tomba, et celui de Duni eut le plus grand 
succès. On doit rendre justice à celui-ci; il ne 
s'enorgueillit point de son triomphe, et proclama 
hautement la supériorité de son rival. Chargé 
d'une mission secrète pour Vienne, par la cour 
de Rome, il profila de cette occasion pour faire 
entendre sa musique dans la capitale de l'Au- 
triche. 11 revint ensuite dans sa patrie, où il fut 
nommé maîtrede chapelle de Saint-Nicolas de Bari. 
Quelques années après il écrivit pour le théâtre 
Saint-Charles, de Naples, l'opéra tfArtaxercès, 
qui eut du succès ; après quoi il se rendit à Ve- 
nise, et de là à Paris et à Londres, où il composa 
la musique de plusieurs ouvrages. Une maladie 
chronique, dont il ressentait les effets , l'inquié- 
tait beaucoup ; les médecins anglais lui conseil- 
lèrent de passer en Hollande, pour y consulter 
Boërhaave, qui le guérit en effet ; mais, comme 
il revenait dans sa patrie, il fut attaqué par des 
voleurs, près de Milan, et le trouble que lui 
causa cet événement détruisit sa santé pour tou- 
jours. Après avoir visité Gênes, il fut chargé 
d'enseigner la musique à la fille de l'infant de 
Parme. La cour de ce prince étant presque toute 
française, Duni se hasarda à écrire quelques pe- 
tits opéras dans celte langue. Son coup d'essai 
fut la ISinette à la cour de Favart; le succès 
fut si grand qu'on lui envoya la Chercheuse 
d'esprits le Peintre amoureux de son modèle. 
En 1757 il revint à Paris, où il se fixa, et, après 
y avoir fait la musique de dix-huit opéras, dans 
l'espace de treize ans, il y mourut le 11 juin 
1775. Presque tous les opéras français de Duni 
ont eu du succès. Pour juger du mérite de sa mu- 
sique il ne faut point y chercher des formes dé- 
veloppées auxquelles on est maintenant accou- 
tumé, mais qui étaient inconnues de son temps ; son 
instrumentation est nulle, et même, sous ce rap- 
port, il est-très inférieur à Pergolèse et à tous les 
compositeurs sortis comme lui de la première école 
de Durante; son expression dramatique manque 
souvent de force, mais ses mélodies sont natu- 
relles et gracieuses; il a de la gaieté, et même 
quelquefois de la verve comique. Ses opéras 
italiens sont Nerone, Artaserce, Bajazet, Ciro, 
Ipermnestre, Demofoonte, Alessandro,Adria- 
7io, C atone , Didone, Demetrio, l'Olimpiade. 
Voici la liste de ses opéras français : ISinette. à 
la cour (1755) ; le Peintre amoureux de son 
modèle (1757); le Docteur Sangrado ; la 
Veuve indécise (1758); la Fille mal gardée 
(1759) ; Nina et Lindor; l'Ile des Fous; Mazct 
1761); la Bonne Fille; le Retour au village 



(t 7G2) ; la Plaideuse et le Procès ; le Mili- 
cien ; les Chasseurs et la Laitière; le Ren- 
dez vous (17 63) ; l'École de là jeunesse ; la 
Fée Urgèle (1765); la Clochette (1766),- les 
Moissonneurs; les Sabots (176S); Thémire 
(1770). 

Duni avait un frère aîné , nommé Antoine, 
lequel, après avoir étudié la musique sous la di- 
rection de son père, s'éloigna de sa patrie pour 
aller chercher fortune ailleurs. Arrivé à la cour 
de l'électeur de Trêves, il y écrivit plusieurs 
ouvrages pour la chapelle de ce prince, qui, 
charmé de son talent, le récompensa magnifi- 
quement. Toutefois Antoine Duni, ayant formé 
le projet de se rendre en Espagne, ne s'arrêta 
pas à Trêves. Son compatriote Farinelli, qu'il 
trouva à Madrid, lui fit obtenir la place de maître 
de la chapelle royale , et le fit choisir pour maître 
de musique du fils du duc d'Ossuna. Mais l'in- 
constance de son caractère le poussa à quitter 
encore celte position avantageuse et à se rendre 
en Russie, où il se maria et eut plusieurs fils. 
Devenu maître de la chapelle impériale, il écri- 
vit , pour le service de l'impératrice Catherine, 
plusieurs morceaux de musique religieuse qui 
furent estimés à cette époque. 

DUNKEL (François), né à Dresde en 1769, 
commença l'étude de la musique à l'âge de six 
ans, sous la direction de son père, musicien de 
la chapelle de l'électeur de Saxe, et apprit 
ensuite le contrepoint par les leçons de Weinling. 
En 1788 il entra comme violoniste dans la cha- 
pelle de son souverain. Il a composé : 1° les 
Anges près de la Croix, oratorio. — 2° Trois 
cantates. — 3° Recueil de Chansons avec ace. 
de piano; Dresde, 1790.-4° Duos pour flûte 
et violon; ibid., 1792. — 5° L'ouverture et 
les chœurs d'un drame intitulé : Kein Faust- 
rcchl mehr, qui fut représenté à Weimar en 
1797. Dunkel a laissé aussi en manuscrit des 
symphonies, des concertos pour le violon et le 
violoncelle, des quintettes, des quatuors, des trios 
et des duos. 

DUIXKELFEIIVD (Gaspard), pseudonyme 
sous lequel a été publiée une critique du traité 
de Nichelmann (voij. ce nom) sur la mélodie. 
Cette critique a pour titre : Gedanken eines 
Liebhabers der Tonkùnst uber Herrn Nichel- 
mann's Tractât von der Mélodie (Idées d'un 
amateur de musique sur le traité de la Mélodie 
de M. Nichelmann); Nordhausen, 1755, in-4° de 
deux feuilles. Nichelmann répondit à cette critique 
par le petit écrit intitulé : Die Vortreflichkeit 
des Gedanken des Herrn Gaspar Dunliel- 
feindes ûber die Abhandlung von der Mé- 
lodie, etc. (l'Excellence des idées de M. Gaspard 



80 



DUNRELFEIND — DUPAR 



Dunkelfeind sur la dissertation concernant la 
mélodie, etc. ) , in-4° de 16 pages , sans date et 
sans nom de lieu. 
DUNSTABLE (Jean), ouDUNSTAPLE, 

né vers 1400 dans un bourg d'Ecosse dont il prit le 
nom, est cité par les écrivains sur la musique des 
quinzième et seizième siècles, avec Dufay et Bin- 
chois, comme auteur de plusieurs perfectionne 
ments importants dans l'harmonie et dans la nota- 
tion, ïinctor ouTinctoris (voy. ce nom), qui écri- 
vait en 1476, dit à propos de la transformation de 
Part d'écrire appelé contrepoint : « La source et 
« l'origine de cet art nouveau, s'il est permis de 
« s'exprimer ainsi , paraît avoir été chez les An- 
« glais, dont le chef fut Dunstaple. Ses contem- 
« porains en France ont été Dufay et Binchois, sui- 
« vis immédiatement par les modernes Okeghem, 
« Busnois, Régis et Caron, tous excellents dans 
« la composition, suivant ce que j'ai appris (1). » 
Burney, appuyant son opinion de ce passage, 
n'hésite pas à attribuer à ses compatriotes les 
perfectionnements de l'harmonie figurée et en 
fait particulièrement honneur à Dunstable, ajou- 
tant qu'il a fait de vaines recherches dans les 
Pays-Bas pour y trouver la confirmation de ce 
qu'ont avancé Guichardin et l'abbé Dubos con- 
cernant l'invention du contrepoint par les Fla- 
mands. Mais il ne s'agit pas ici de cette inven- 
tion : Burney le reconnaît lui-même, puisqu'il 
avoue qu'il existait des traités de contrepoint 
avant que Dunstable fût né (2). Au reste , sans 
entrer au fond du sujet, et sans avoir besoin de 
démontrer par des documents certains qu'il y 
avait en Belgique une école de musique d'où sont 
sortis les perfectionnements de l'art au quinzième 
siècle, et qui existait deux cents ans avant Duns- 
table, il suffit d'une simple observation pour dé- 
montrer l'erreur de Tinctoris, à savoir que Dufay 
était lénordelachapelle pontificale en 1380, comme 
e prouvent les registres de cette chapelle cités 
t ,ar Baini (3) ; d'où il suit que sa naissance a 
précédé celle de Dunstable de plus de quarante 
ans, et que, parvenu à cette époque de sa vie, il 
avait déjà trouvé les perfectionnements qui don- 
nent à ses ouvrages une supériorité incontes- 
table sur ceux de ses prédécesseurs. Dunstable 
partage avec ce même Dufay et Binchois la 

(t) Cujus, ut ita dicam, novœ artis fons et origo apud 
Anglicos, quorum caputDunstaplc extitit, fuisse exhibetur, 
et huic contemporanei fuerunt lu Gallia Dufai et Binchois, 
quibus immédiate successerunt modernl Okeghem, Bus- 
nois, Régis et Caron, omnium quos audiverim in com- 
posltione prxstantlssimi. » Voy. Proportionale , Prohe- 
mhtm. 

(2) A General H istory of Muslc, tome II. p. 400. 

(3) Memorle storico-critiche délia vita e délie overe di 
Glov. Picrl. da Palestrina, t. I, n. 65S. 



gloire d'avoir fait disparaître de l'harmonie les 
successions grossières de quintes , d'octaves et 
d'unissons, qui abondent dans les productions 
musicales des treizième et quatorzième siècles ; 
d'avoir diminué la fréquence des croisements de 
voix, et d'avoir rendu les mouvements de celles- 
ci plus simples et plus naturels; d'avoir donné 
plus deplénitude aux accords ; enfin d'avoir donné 
à l'harmonie plus de variété par l'artifice des 
prolongations ou retards. C'est par là qu'il est à 
citer dans ce que Tinctoris appelle Y art nou- 
veau, et c'est ce qui lui assure une place hono- 
rable dans l'histoire des transformations de la 
musique. Dunstable mourut en 1458 et fut 
inhumé dans l'église de Saint-Étienne, à Wal- 
brooek. Dans son épitaphe il est qualifié de ma- 
thématicien, maître d'astronomie et musicien. 
( Voy. Weaver, Funeral Monuments, p. 577. ) 

Gafori (1), Morley (2), Ravenscroft (3) , et 
d'après eux Burney (4) et Hawkins (5), attri- 
buent à Dunstable un traité de la musique me- 
surée ( de Mensurabili Musica), qu'on n'a pas 
retrouvé jusqu'à ce jour. Cependant un manus- 
crit du Muséum britannique , petit in-4°, coté 
10,336, renferme un traité sur la même matière, 
au bas duquel on lit Qd. Dunstable. Ce traité, 
dit le rédacteur du catalogue des manuscrits de 
musique qui se trouvent au Muséum, commence 
au feuillet 6 et finit au feuillet 18 du volume, 
lequel contient divers autres ouvrages de musique 
transcrits dans l'année 1500 par Jean Tucke, ba- 
chelier es arts du collège de Sainte-Marie à Ox- 
ford. L'auteur du catalogue pense que ce petit ou- 
vrageest celui de Dunstable, qu'on croyait perdu, 
et il en cite le commencement que voici : Quili- 
bet in arte practica mensurabili canins ; 
mais il ne s'est pas souvenu que ce commence- 
ment est celui du traité du chant mesuré de Jean 
de Mûris. 

Gafori a rapporté un Veni, Sancte Spiritus, 
à trois voix écrit par Dunstable. Ce morceau, le 
seul de ce maître qui ait été connu jusqu'à ce 
jour, est de peu d'importance; mais M. Danjou 
{voy. ce nom) a trouvé, au mois de juin 1847, 
à la bibliothèque du Vatican, un volume manus- 
crit qui renferme un grand nombre de chansons 
françaises à trois voix , de Dunstable, Dufay et 
Binchois. 

DUPAR (Elisabeth), cantatrice française, 
chanta pendant longtemps en Italie, où elle était 
connue sous le nom de la Francesina. lin 

(1) Pract. iVt/s.,1.. s, c. 7. 

(2) Introd., p. 178. 

(3) Briffe Disc., p. 1 et suiv. 

(4) Loe. cit. p. 399. 

(S| A Général llisl. of ihe science and praet. of Music, 

t. II, p. 298. 



DUPAll — DUPONT 



81 



1736, elle se rendit à Londres, où elle chanta 
deux ans après dans l'opéra de Pharamond de 
Ha'iidel. En 1745 elle remplit l'emploi de prima 
donna dans les oratorios du môme compositeur. 
Son portrait a été gravé. 

DUPHLY (. . .), bon claveciniste et pro- 
fesseur distingué, est né à Dieppe, en 1716. Il 
avait eu pour maître de clavecin Dagincourt, 
organiste à Rouen. Vers 1750, il vint s'établir à 
Paris, où son talent le lit recliercber avec empres- 
sement. Il y publia quatre livres de pièces de 
clavecin. Il est mort en 1788. 

DUPIERGE (Félix-Tiburge-Auguste), né 
àCourbevoye, près de Paris, le 11 avril 1784, est 
élève de son père pour le violon et pour la com- 
position. Il est entré comme violoniste à l'or- 
chestre de l'Opéra-Comique. On a gravé à Paris 
les ouvrages suivants de sa composition : 1° Duos 
pour deux violons, œuvres 1, 5, 6 et 7 ; — 
— 2° Deux concertos pour le violon, œuvres 2 et 4 ; 
3° Grandes sonates pour le piano avec accomp. 
de violon, liv. 1,2 et 3; — 4° Méthode de 
violon; Paris, Frère. La musique de violon de 
cet artiste a eu du succès et est estimée. Vers 
1815, M. Dupierge a quitté l'orchestre de l'Opéra- 
Comique pour se fixer à Rouen. 

DUPIN (Philippe-Simon), connu sons le 
nom de Dupin jeune, avocat à la cour royale 
de Paris, né à Varzy (Nièvre), le 7 octobre 1795, 
est mort à Nice, le 14 février 1846. Au nombre 
des écrits qu'il a publiés, on remarque celui qui a 
pour titre : Mémoire pour MM. les sociétaires 
de l'Opéra-Comique contre M. le directeur de 
l'administration ; Paris, 1827, in-8°. 

DUPLESSiS (Le Jeune), violon de l'Opéra, 
entra à l'orchestre de ce théâtre, aux appointe- 
ments de 450 livres, fut nommé maître de mu- 
sique de l'école de magasin de V Opéra en 1748, 
et mis à la retraite au mois de décembre 1749. 
Il a écrit la musique d'un opéra-ballet joué en 
1734, sous ce titre : Les Fêtes nouvelles. 

Le frère de cet artiste, connu sous le nom de 
Duplessis l'aîné, était entré comme violoniste 
à l'Opéra en 1704, et se retira après quarante- 
quatre ans de service en 1748. On a de lui deux 
livres de sonates de violon, gravés à Paris. 

DUPLESSIS (Le Chevalier LE1VOIR), 
né à Paris, en 1754, a donné, sur le petit théâtre 
des élèves de l'Opéra de Paris, V Amour enchaîné 
par Diane (en 1779), opéra en. un acte, com- 
posé en société avec Edelmann , et Don Carlos, 
ou la Belle invisible (1780). Celte dernière 
pièce est un pastiche arrangé avec de la musique 
de plusieurs auteurs italiens. 

DUPONCHEL (Le P. Jacques), né à Douai, 
dans la première moitié du dix-septième siècle , 

BlOCIi. UNIV. DES MUSICIENS. — ,T. 111. 



fut moine de l'ordre des Cordeliers, et organiste 
attaché au cardinal liiclii, a Rome. Il s'est fait, 
connaître comme compositeur par les ouvrages 
suivants : 1° Psalmi vespertini cum Utaniis 
B. M. V. 3 vocum; Rome, 1G65. — 2° Sacne 
cantiones 1, 3 et 4 vocibus cum Utaniis 
B. M. F. op. 2; Bologne, Jacques Monti, 1671. 
— 3° Messe a 3,4, 5 voci concertait con vio- 
lini ë ripieni a bene placito, op. 3; Rome, 
J.-A. Mnzio, 1676. 

DUP01XT (Henri-Bon aventure) , musicien 
à Paris, an commencement du dix-huitième 
siècle, a publié dans celte ville des Principes 
de musique, par demandes et par réponses; 
Paris, 1713, in-4°. La deuxième édition a paru 
dans la même ville, en 1718, in-4°. C'est à tort 
qu'on a attribué cet ouvrage à Jean-Baptiste Du- 
pont, qui se rapporte à l'article suivant , dans le 
Dictionnaire des Musiciens (Paris, 1810). 

DUPONT (Jean-Baptiste), violoniste à 
l'orchestre de l'Opéra de Paris, depuis 1750, 
retiré avec la pension en 1773, a fait graver deux 
concertos pour le violon , arrangés sur les airs 
de Lucile et du Déserteur. 

DUPONT (Pierre) littérateur, vivant à Pa- 
ris vers 1800, est l'auteur d'un écrit publié soiw 
le voile de l'anonyme, et qui est intitulé Ré- 
flexions sur la décadence du théâtre de l'O- 
péra, ou Aperçu des moyens capables de le 
relever; Paris, 1799,in-l2. 

DUPONT (. . . .), facteur d'orgues à Nancy, 
naquit dans les premières années du dix-hui- 
tième siècle, et mourut en 1757. Il apprit les 
éléments de son ait dans les ateliers de Nicolay, 
facteur de la même ville, devint un habile ou- 
vrier, et lit les plus grands travaux de la facture 
d'orgues dans la Lorraine. Ses principaux ou- 
vrages sont : 1° Le grand orgue de 16 pieds à 
l'église cathédrale de Toul, qui a coûté plus 
de 45,000 francs; 2° l'orgue de Verdun ; 3° ce- 
lui de Saint-Jacques à Lnnéville , en 1749; 
4° celui de Saint-Michel, dans la même ville, en 
1753; 5° l'orgue des Carmélites, à Ormes; 
6° l'orgue de l'abbaye de Moyenmoutier ; 7° Le 
grand orgue de la cathédrale de Nancy, 175/. 
Dupont mourut pendant la construction de cet 
instrument, qui fut terminé par son élève Vau- 
trin, en 1758. 

DUPONT (Auguste), pianiste, compositeur 
et professeur au Conservatoire royal de musique 
de Bruxelles, est né à Ensival (province de 
Liège), le 9 février 1828. Son père, musicien de 
mérite, qui a laissé en manuscrit beaucoup île 
compositions pour l'église , fut son premier 
maître de musique et de piano. En 1840, M. Du- 
pont est entré comme élève au Conservatoire de 

6 



82 



DUPONT — DUPORT 



Liège, et y a étudié le piano pendant quatre ans, 
sous la direction de M. Jalheau, élève de Jac- 
ques Herz et de Kalkbrenner. Des revers de 
fortune ayant causé la mort de son père, en 
1844 , Dupont sortit du Conservatoire et se re- 
tira à Ensival, où pendant six ans il s'est livré 
à un travail assidu, donnant des leçons dans 
les châteaux voisins pendant le jour, et consa- 
crant toutes les soirées à l'étude du mécanisme 
du piano et de la musique classique. C'est ainsi 
qu'il parvint à placer dans sa mémoire les 48 
préludes et fugues que renferme le clavecin 
bien tempéré de J.-S. Bach. Ses premiers essais 
de composition appartiennent aussi à cette 
époque : ses ouvrages furent publiés à Liège, 
pendant les années 1846,47 et 48. En 1850, M. Du- 
pont prit la résolution de voyager pour se faire 
entendre et former son style : dans ce but , il 
écrivit un concerto pour piano et orchestre, une 
sérénade, un duo pour piano et violon, une 
sonate pour piano seul, et divers autres mor- 
ceaux de différents caractères. Sa première 
«xcursion fut à Bruxelles, en 1851 : il se fit 
entendre au cercle artistique, puis au théâtre de 
La Monnaye. Peu de mois après il accepta les ' 
propositions qui lui étaient faites par un Anglais, 
«ntrepreneur de concerts, et partit avec lui pour 
Londres, où il joua ainsi que dans plusieurs 
grandes villes de l'Angleterre. De retour sur le 
continent , il partit pour l'Allemagne, et arriva à 
Berlin au commencement de l'année 1852. 11 y 
donna quatre concerts avec succès, et la protec- 
tion de la princesse de Prusse et de Meyerbeer 
lui procura l'honneur de jouer deux fois à la 
cour, devant la famille royale. Après avoir ob- 
tenu des succès dans plusieurs villes importantes 
de la Prusse et de la Saxe, M. Dupont revint 
en Belgique, et dans la même année une place 
de professeur de piano étant devenue vacante au 
Conservatoire de Bruxelles, il fut appelé à la rem- 
plir. Placé dans celte situation nouvelle, M. Du- 
pont n'a pas tardé à éprouver les effets de Pin- 
lluence d'une écol*», foyer ardent d'amour et de 
dévouement pour l'art. Becherchant les conseils 
du directeur de cette institution , il réforma son 
style d'exécution, le rendit plus pur et plus clas- 
sique , perfectionna son mécanisme , fit des 
études plus sévères dans l'art d'écrire , et par ces 
modifications de son talent, en fit une transfor- 
mation complète. Dans un voyage qu'il a fait 
en Hollande, pendant l'année 1856, il a recueilli 
les fruits de ses études consciencieuses, et a 
obtenu les succès les plus brillants et les plus 
honorables. Ses compositions ont acquis aussi 
plus de vigueur de pensée, un meilleur ordre 
logique et plus d'expérience de la gradation des 



effets. Dans un second voyage en Allemagne, 
que l'artiste a fait en 1859, il a donné des con- 
certs avec de brillants succès à Brunswick et à 
Leipsick, ville dans laquelle ses dernières com- 
positions ont été publiées chez Breitkopf et 
Hœrtel, et chez Holfmeister. Au nombre de 
celles-ci, on remarque : Grand trio (en sol mi- 
neur) pour piano, violon et violoncelle, op. 34 ; — 
2 me concerto pour piano et orchestre, op. 31 : — 
Fugue et bourrée (en si mineur), pour piano seul, 
op. 32. — Variations de concert, dans le style 
sévère, op. 36. — Quatuor ( en mi bémol ) pour 

2 violons, allô et basse, op. 37 Trois impromptus 

de concert pour piano et violon, op. 3s. — Deux 
valses (en si bémol et ré bémol), op. 39. — Trois 
morceaux impromptus pour piano et vioion, op. 
40; Mayence, Schott. Les ouvrages publiés par 
M. Dupont jusqu'au moment où cette notice est 
écrite (1860) sont : 1° Variations sur un air popu- 
laire liégeois; Liège, Goret, 1846. — 2° Étude (la 
Pluie demai); Liège, Binck, 1847. — 3° Étude 
de trilles; Liège, Muraille, 1848.-4° La Pensée, 
morceau détaché ; ibid. — 5° La Sérénade; 
Mayence, Schott. — 6° Concerto en fa mineur 
pour piano et orchestre; ibid., 1850. — 7° Six 
contes du foyer, en morceaux séparés pour 
piano ; ibid., 1852. — 8° Trois cahiers de rémi- 
niscences pastorales; ibid., 1853. — 9° Barca- 
role; ibid. — 10° Nouvelles réminiscences pas- 
torales; ibid. — 1 1° Rêverie; ibid. — 12° Chan- 
son de jeunes filles; ibid. — 13° Étude fan- 
tastique à 5 temps; ibid., 1854. — 14°Toc- 
cate, ibid. — 15° Chanson hongroise, ibid. — 
16° Sonate pour piano et violon ; Leipsick, 
Breitkopf et Hsertel. — 17° Lamenfo, poésie 
élégiaque pour piano: ibid. — 18° Mazurka et 
Ballade; ibid. — 19° Plusieurs airs de danse; 
Londres, Distin. — 20° Le trémolo staccato; 
Bonn, Simrock. — 21° Grand Galop fantas- 
tique, dédié à Meyerbeer ; ibid. — 22° Fantaisie 
pour piano et orchestre, op. 21; Paris, Ri- 
chault. — 23° Sonate pour piano seul en sol 
mineur, op. 22 ; ibid. — 24° Variations classi- 
ques en fa mineur, op. 23, ibid. — 25° Le Mou- 
vement perpétuel , op. 24 ; ibid. — 26° Grand 
trio pour piano, violon et violoncelle, op. 29; 
ibid. — 27° Marche et scène druidique, op. 3o; 
ibid. M. Dupont a écrit un grand Concerto- 
symphonie pour piano et orchestre qui a été 
exécuté dans un concert donné par lui au prin- 
temps de 1857 , et au concert du conservatoire 
dans l'année suivante. 

DUPORT (Jean-Pierre), connu sous le nom 
de Duport Vaine, habile violoncelliste, est né 
à Paris, le 27 novembre 1741. Il reçut des le- 
çons de Bertliaul, et devint bientôt le meilleur 



DU PORT 



83 



élève de ce virtuose. En 1701, il se fit entendre 
au Concert spirituel pour la première fois, et 
réunit tous les suffrages. Le prince de Conli 
se l'attacha , et le garda dans sa musique jus- 
qu'en 1769, époque où Duport fit un voyage en 
Angleterre. Deux ans après il alla en Espagne, 
et enfin, en 1773, il se rendit à l'invitation de 
Frédéric II, roi de Puisse, et alla à Berlin occu- 
per la place de premier violoncelliste de la chapelle 
de ce prince, qui lui donna pour élève le prince 
royal son neveu (depuis Frédéric-Guillaume II). 
Depuis 1787 jusqu'en 1806 il remplit les fonctions 
de surintendant des concerts de la cour ; mais 
l'état déplorable oii la Prusse se trouva réduite 
après la perte de la bataille de Jéna obligea le 
roi à réformer sa musique. Duport continua ce- 
pendant à demeurer en Prusse jusqu'à sa mort, 
qui eut lieu à Berlin, le 31 décembre 1818. Cet 
artiste tirait un beau son du violoncelle et jouait 
sans peine les passages les plus difficiles ; mais 
il n'avait pas le style large et expressif de son 
frère, objet de l'article suivant. Il a écrit et fait 
graver : 1° Trois duos pour deux violoncelles, 
œuvre 1 er ; Paris, Sieber. — 2° Six sonates 
pour violoncelle et basse; Amsterdam et Berlin, 
1788. E.-L. Gerber lui atlribue aussi plusieurs 
autres œuvres de sonates et des concertos; mais 
ces ouvrages appartiennent à son frère. 

DUPORT (Jean-Louis), célèbre violoncel- 
liste, frère du précédent, naquit, à Paris, le 4 
octobre 1749. Fils d'un maître de danse, il était 
destiné, comme Duport l'aîné, à suivre la profes- 
sion de son père; mais, comme lui, il préféra 
se livrer à l'étude de la musique L'instrument 
qu'il choisit d'abord était le violon; mais sé- 
duit par les succès de son frère, il quitta cet 
instrument pour le violoncelle, et devint l'élève 
de Duport l'aîné. Doué des plus beureuses dispo- 
sitions, il fit de rapides progrès, et surpassa bientôt 
son maître en habileté. 11 n'avait pas encore 
atteint sa vingtième année, et déjà il avait de la 
célébrité. Le Concert spirituel , celui des ama- 
teurs, connu depuis sous le nom de Société Olym- 
pique, et les réunions musicales du baron de 
Bagge, offraient alors aux artistes les moyens de 
se faire connaître. Ce fut là que Duport jeta les 
fondements de sa réputation, augmentant cbaque 
jour son talent par les conseils et les encourage- 
ments qu'il recevait de ses amis. L'arrivée de 
Viotti à Paris fut l'événement le plus heureux 
pour Duport, qui comprit qu'en appliquant au 
violoncelle la manière large et brillante de ce 
grand artiste il obtiendrait des effets inconnus 
auparavant. Il travailla donc à se former un 
style nouveau, et le succès couronna ses efforts. 
Lié d'amitié avec le violoncelliste anglais Cros- 



dill, il le suivit à Londres, et y fut accueilli avec 
entliousiasme; mais il ne resta que six mois dans 
la capitale du royaume britannique. 

Les premiers troubles de la révolution fran- 
çaise ayant éclaté en 1789, Duport se rendit en 
Prusse, près de son frère, et fut placé dans la 
musique de la cour. Il y jouit de la réputation 
de premier violoncelliste de son temps, et fut 
recherché avec empressement, non - seulement 
par les artistes, mais par les étrangers qui visi- 
taient Berlin. Après un séjour de dix-sept ans 
dans celte ville , Duport , ruiné par la guerre, 
de Prusse, revint en France en 1806. Le long 
intervalle écoulé depuis son départ de Paris y 
avait affaibli le souvenir de son talent; il fal- 
lait refaire sa réputation, et il avait cinquante- 
huit ans. Le sentiment de sa force le soutint 
dans cette entreprise difficile. Il se fit enten- 
dre, en 1807, dans un concert qu'il donna à la 
salle de la rue Chantereine, conjointement avec 
mademoiselle Colbran (plus tard madame Ros- 
sini), et y excita le plus vif enthousiasme. On 
admira la pureté du son qu'il tirait du violon- 
celle, son style jeune encore, suave et large à 
la fois, et, ce qui était plus étonnant à son âge, 
la vigueur de son coup d'archet. Toutefois, soit 
indifférence de la part de l'autorité qui était alors 
chargée de l'administration des arts, soit par 
l'effet d'intrigues sourdes, Duport se vit délaissé. 
Le Conservatoire, l'Opéra, la chapelle du prince, 
tout se fermait à son approche; il n'y avait de 
place nulle part, et l'intéressant artiste, ruiné par 
les événements politiques et par des faillites par- 
ticulières, allait être forcé de quitter de nouveau 
sa patrie pour chercher ailleurs du pain, lorsque 
le roi d'Espagne (Charle IV), dont le séjour était 
fixé à Marseille, l'attacha à son service. En 
1812, ce prince obtint du gouvernement fran- 
çais l'autorisation de se transporter à Rome, et 
Duport fut encore obligé de revenir à Paris. 
Dans l'hiver de 1812 à 1813, il parut trois fois 
aux concerts de l'Odéon, et, quoique âgé de 
soixante-cinq ans, il étonna par la jeunesse de 
son talent. Ce fut alors qu'une justice tardive 
lui fut enfin rendue. Admis d'abord dans la 
musique de l'impératrice Marie-Louise, il entra 
ensuite à la chapelle de l'Empereur comme vio- 
loncelliste solo, et enfin au Conservatoire comme 
professeur. 

Dégagé des soucis qui l'avaient accablé pen- 
dant plusieurs années, Duport sembla tout-à-coup 
rajeunir. Point de concert où il ne brillât, point 
de soirée musicale dont il ne fût; à peine pou- 
vait-il suffire à l'empressement des amateurs. 
Dans les courts intervalles que lui laissaient ses 
engagements de société, il composait des duos, 

6. 



8-1 



DUPORT — DUPREZ 



des trios et des nocturnes, dans lesquels il ma- 
riait les accents de son violoncelle aux sons de 
la harpe de Bochsa, du cor de Duvernoy, ou du 
violon de Lafont. Tout le monde connaît les jo- 
lis nocturnes qu'il a écrits en société avec Bochsa. 
En 1815, le Conservatoire fut supprimé; Duport, 
qui n'avait point été compris dans la nouvelle 
organisation de l'école royale de musique en 
1816, resta attaché à la musique du roi. Enfin, 
à soixante-dix ans, il fut altaqué d'une maladie 
bilieuse, considérée d'abord comme peu dange- 
reuse, mais qui, s'étant jetée sur le foie, ne 
tarda point à prendre un caractère plus sérieux, 
et finit par le conduire au tombeau, le 7 septem- 
bre 1819. Il laissa en mourant trois enfants : 
deux fdles et un fils; celui-ci, après avoir été quel- 
que temps attaché au théâtre de Lyon comme vio- 
loncelliste, a établi à Paris une fabrique de pianos. 
Il possédait la basse de son père, admirable ins- 
trument de Stradivari, dont l'excellent violon- 
celliste Franchomme a fait l'acquisition, au prix 
•énorme de vingt-cinq mille francs. Duport a 
•composé pour son instrument : 1° Six concer- 
tos, gravés à Paris, chez Janet et Cotelle. — 
2° Quatre œuvres de sonates, avec accompagne- 
ment de basse; Paris , Janet , Sieber. — 3° Trois 
duos pour deux violoncelles ; Paris, Sieber. — 
A Huit airs variés, avec orchestre ou quatuor; 
Paris, Pleyel. — 5° Deux airs variés pour violon 
et violoncelle , en société avec Jarnowick ; Paris, 
Sieber. — 0° Romance avec accompagnement 
de piano; Paris, Janet et Cotelle. — 7° Neuf 
uocturnes pour harpe et violoncelle, en société 
avec Bochsa; Paris, Pacini, Dufaut et Dubois. 
— s Fantaisie pour violoncelle et piano, en so- 
ciété avec Rigel ; Paris , Janet ; 9° Essai sur 
le doigter du violoncelle et la conduite de l'ar- i 
chef, avec une suite d'exercices; Paris, Pleyel ; 
ouvrage fondamental pour l'étude de l'instru- 
ment 

ÛUPOTY (Denis-Simon), professeur de 
chant et compositeur de romances, né à Ver- 
sailles, le 8 novembre 1787, était fils d'un menui- 
sier et exerça d'abord la profession de son père; 
mais son goût pour la musique le lui fit aban- 
donner. 11 se livra à l'étude du chant et de l'har- 
monie, sous la direction de Matthieu , maître de 
chapelle de la cathédrale. En 1815, il servit 
comme volontaire pendant les cent jours, et 
après la bataille de Waterloo il s'arrêta à Douai 
pendant quelques mois pour continuer ses études 
de composition chez l'auteur de cette notice. De 
retour à Paris, il s'y livra à l'enseignement du 
chant et publia quelques romances ainsi que des 
chansons de Déranger, parmi lesquelles on a re- 
marqué celles qui oui pour titres : le Chant pa- 



triotique , le Cinq mat, le Vieil Invalide, le. 
Temps, ï 'Ombre d'Anacréon, et le Vieux Dra- 
peau. Une fièvre cérébrale a conduit au tombeau 
Dupoty, jeune encore, le 3 juillet 1824. Il avait 
remis en musique le Faux Lord, opéra comique 
traité autrefois par Piccinni; mais cet ouvrage 
n'a point été représenté. 

DUPRATO (Jules-Laui\ent), compositeur 
dramatique, est né à Nîmes, le 20 août 1827. 
Arrivé à Paris à l'âge de dix-sept ans, il entra 
au Conservatoire et suivit le cours de composition 
de M. Leborne. En 1848, il obtint, auconcoursde 
l'Institut de France , le premier grand prix de 
composition pour la cantate intitulée Damoclès. 
Devenu pensionnaire du gouvernement, il alla 
passer deux ans à Rome, puis visita les autres 
villes importantes de l'Italie, et voyagea en Alle- 
magne. De retour à Paris, il a fait jouer au 
théâtre de l'Opéra-Comique, le 28 juin 1854, les 
Trovatelles, joli ouvrage en un acte, où se font 
remarquer des idées fraîches, élégantes, une 
bonne harmonie et une instrumentation intelli- 
gente. Le 2 juin 1856, il a donné au môme 
théâtre Pâquerette , en un acte, où le composi- 
teur a été moins bien inspiré. Dans l'hiver de 1856 
à 1857, M. Duprato a fait jouer au théâtre des 
Bouffes Parisiens un. petit ouvrage en un acte 
intitulé Mosieu Landry, qui a eu du succès. 

DUPRE (Eneas), musicien du seizième siècle 
sur qui l'on n'a pas de renseignements. Son nom 
indique qu'il était d'origine française; mais d 
vécut vraisemblablement à Venise, ou du moins 
dans l'État vénitien, car on a de lui des Frottole, 
sorte de chants populaires qui n'ont été en usage 
que dans cette partie de la haute Italie. Les 
Frottoles de Dupré se trouvent dans les 7 me et 
9 me livres de la grande collection publiée par 
Petrucci de Fossombrone, en 1507 et 1508. 

DUPREZ ( Gilbert-Louis ), chanteur et 
grand musicien, qui jouit à juste titre en Italie 
et en France d'une brillante réputation, est né 
à Paris, le 6 décembre 1806. Son père avait 
eu dix-huit enfants, et il en était le dou- 
zième fils. Dès son enfance il commença l'é- 
tude de la musique, et y fit de rapides progrès. 
Séduit par sa précieuse organisation musicale, 
Choron, qui eut occasion d'entendre chanter cet 
enfant, le fit entrer à l'école de musique qu'il di- 
rigeait, et donna à son éducation les soins les 
plus assidus. Une connaissance solide et étendue 
de toutes les parties de la musique fut donnée au 
jeune Duprez, qui justifia les espérances qu'il 
avait inspirées. Le premier essai qu'il fit en 
public de .son talent eut lieu dans des représen- 
tations de VAtkalie de Racine (en 1820), au 
Théâtre-Français, où l'on avait introduit des 



DUPREZ — DUPUIS 



83 



chœurs et des solos. Duprez y chanta une partie 
de soprano dans un trio composé pour lui et deux 
autres élèves de Choron par l'auteur de cette 
notice, et l'accent expressif qu'il mit dans l'exé- 
cution de ce morceau fit éclater les applaudis- 
sements dans toutes les parties de la salle. 
Bientôt après vint la mue de sa voix, qui l'o- 
bligea de suspendre les études de chant. 
Pendant cette crise de l'organe vocal , il apprit 
l'harmonie et le contrepoint , et ses essais en 
composition prouvèrent qu'il pouvait obtenir des 
succès en ce genre. Cependant une voix de ténor 
avait succédé à sa voix enfantine; d'abord faible 
et sourde de timbre , elle ne laissa que peu d'es- 
poir pour l'avenir; mais le sentiment musical 
de Duprez était si beau, si actif, si puissant, 
qu'il triomphait des défauts de son organe. Au 
mois de décembre 1825 il débuta au théâtre de 
l'Odéon.dans le rôle d'Almaviva, de la traduc- 
tion française du Barbier de Séville de Rossini. 
Il lui manquait l'assurance en lui-même, et 
l'expérience dans l'art du chant scénique ; tou- 
tefois on put comprendre dès lors que, malgré 
la faiblesse de sa voix , Duprez serait un chan- 
teur distingué. Il resta au théâtre de l'Odéon 
jusqu'en 1828, époque où l'opéra cessa d'être 
joué à ce théâtre. Il partit alors pour l'Italie, et y 
obtint des engagements qui ne le firent pas re- 
marquer d'abord, mais qui furent utiles à son 
talent et au développement de sa voix , dont le 
timbre acquit plus de puissance. De retour à 
Paris en 1830, il joua quelques représentations 
à l'Opéra-Comique, notamment dans La Darne 
Blanche, où les connaisseurs l'applaudirent et 
remarquèrent ses progrès ; mais n'ayant pu con- 
tracter d'engagement à ce théâtre, il retourna en 
Italie. C'est alors que Duprez prit la résolution 
de donner a son organe l'intensité qui lui man- 
quait par le travail de la voix sombrée. Il y 
réussit au delà de ses espérances. Ses succès 
datent de cette époque. Bientôt sa réputation s'é- 
tendit : il chanta dans toutes les grandes villes, 
et en dernier lieu à Naples, où il fut en possession 
delà faveur du public pendant plusieurs années. 
Cependant, quels que fussent. les avantages qu'il 
trouvait en Italie» il désirait ardemment se re- 
trouver à Paris, et entrer à l'Opéra. Ses vœux se 
réalisèrent en 1836; son engagement comme 
premier ténor y fut signé par la direction de ce 
théâtre •• il y succéda à Adolphe Nourrit, et dé- 
buta avec un succès d'enthousiasme dans Guil- 
laume Tell. L'élévation de son style dans l'art 
de phraser, la puissance de son organe dans tout 
ce qui exigeait de l'énergie, et sa manière admi- 
rable de dire le récitatif , firent naître des trans- 
ports frénétiques dans toute la salle. Pendant 



plusieurs années Duprez conserva route la puis- 
sance de se3 facultés chantantes; mais il est dans 
la nature de l'organe factice appelé voix som- 
brée de se fatiguer rapidement : ce fut ce qui 
se produisit dans la voix de Duprez. Par des 
efforts inouïs d'art et de volonté il prolongea sa 
carrière dramatique; mais ces mêmes efforts 
rendaient souvent le chant pénible et se faisaient 
apercevoir. L'artiste, comprenant enfin qu'il 
compromettait son beau talent, demanda sa re- 
traite et l'obtint. II prit alors la résolution de se 
livrer exclusivement à l'enseignement du chant , 
et fonda une école où se sont formés plusieurs 
chanteurs distingués, et qui est encore ( 1860) en 
activité. Il fut aussi professeur de déclamation lyri- 
que au Conservatoire de Paris pendant plusieurs 
années ; mais il donna sa démission de cette posi- 
tion lorsqu'il eut conçu le projet de son école de 
chant. Duprez a publié, une méthode dans la- 
quelle il a exposé les principes de son école, 
sous le titre de V Art du chant ; Paris, 184C, r.\ 
in-4°. Il s'est fait connaître comme compositeur 
dramatique par un opéra en trois actes, intitulé 
Joanita, qui fut représenté au théâtre royal de 
Bruxelles en 1851, et dont la partition pour le 
piano a été publiée à Paris , chez Meissoimier. 
Le 28 avril 1853 il a fait jouer au théâtre de 
l'Opéra-Comique de Paris La Lettre au bon 
Dieu, ouvrage en deux actes, qui eut peu de 
succès. 

Au nombre des meilleurs élèves formés par 
Dupiez, on distingue sa fille, Caroline, de- 
venue la femme de Vanden Heuvel, bon pia- 
niste accompagnateur et compositeur. Elle a 
brillé au premier rang sur les scènes de l'Opéra- 
Comique et du théâtre Lyrique par un talent (in, 
élégant, et par une rare intelligence. Sa vocali- 
sation est brillante et correcte. 

DUPUIS (Thomas SAUNDERS ), docteur en 
musique, naquit en Angleterre, de parents 
français, en 1733. Son père occupait quelque 
emploi à la cour de Georges II , et ce fut pro- 
bablement par cette raison que le jeune Dupuis 
fut placé à la chapelle royale. Il reçut les pre- 
mières leçons de musique de Gates, et devint 
ensuite élève de Travers, qui était dans ce 
temps organiste de la chapelle du roi. A la mort 
du docteur Boyce, en 1779, Dupuis fut nommé 
organiste et compositeur de la chapelle. Lors de 
l'exécution de la grande musique funèbre en 
l'honneur de Haendel, en 1784, il fut l'un des aides 
directeurs. Comme compositeur, il est connu par 
plusieurs œuvres de sonates pour le piano, et 
deux concertos pour le même instrument, qui 
ont été gravés. On a aussi de lui des pièces 
d'orgue, deux recueils d'hymnes à l'usage de la 



DUPUIS — DURAN 



chapelle royale, et quelques antiennes. Il avait 
reçu le grade de docteur en musique , à l'uni- 
versité d'Oxford, en 1790. Du puis est mort le 17 
juin 1796, et a été remplacé, comme organiste 
de la chapelle royale par le docteur Arnold , et 
comme compositeur du roi par Atwood, or- 
ganiste de Saint-Paul. Après sa mort, on a 
publié de sa composition quatre services complets 
pour l'Église anglicane et quatorze antiennes-, en 
2 volumes in-fol. 

DUPUY (Henri). Voy. Putte (van de). 

DUPUY (ALBERT-Cn4Ri.Es), maître de 
chapelle du chapitre abbatial de Saint-Saturnin , 
à Toulouse, naquit dans cetle ville. Dans sa 
jeunesse, il avait fait un voyage en Italie, et en 
avait rapporté le goût de la musique d'église 
qu'il avait entendue à Milan, à Venise, à Bologne 
et à Rome. De retour dans sa ville natale, il 
essaya d'y opérer une réforme dans la maîtrise, 
où il fut admis, et y fit entendre quelques bons 
ouvrages de l'école italienne. Lui même essaya 
de former son style sur ce modèle. Une messe, 
quelques motels et un oratorio de sa composition 
ont été entendus avec plaisir à l'église de Saint- 
Saturnin, et y sont encore exécutés de temps en 
temps. On connaît aussi une Ode sur la nais- 
sance de Jésus-Christ, composée par le bénédictin 
d'Olive, et mise en musique par Dupuy. Ce mu- 
sicien est mort en 1789, âgé d'environ cinquante 
ans. 

DUPUY (Jean-Baptiste-Édouard-Louis-Ca- 
mjîxe), né en 1775, au village deCorselles, près 
de Neufchàtel, fut envoyé à l'âge de quatre ans 
chez un oncle qu'il avait à Genève, pour y faire 
non éducation. Il y resta jusqu'à sa treizième 
année, et se rendit ensuite à Paris, où Chabran 
lui donna des leçons de violon , et Dussek lui 
enseigna à jouer du piano. Ses progrès furent 
m rapides, qu'à l'âge de seize ans il put remplir 
les fonctions de maître de concerts du prince 
Henri de Prusse, à Rheinsberg. Il resta au ser- 
vice de ce prince pendant quatre ans, et le suivit 
a Berlin , où il étudia l'harmonie sous la direc- 
tion de Fasch. Il fit ensuite plusieurs voyages, 
parcourut l'Allemagne et une partie de la Po- 
logne , donnant des concerts dans, toutes les 
grandes villes. Vers la fin de 1793 il arriva à 
Stockholm, et y fut engagé comme chanteur au 
théâtre de l'Opéra, et comme second maître des 
concerts de la cour. En 1799 il s'éloigna de la 
capitale de la Suède pour aller à Copenhague, 
où on lui avait offert un engagement comme 
maître des concerts et comme chanteur de l'O- 
péra. A l'époque de l'expédition des Anglais, 
sous le commandement de Nelson, contre Co- 
penhague, Dupuy entra en 1801 dans le corps l 



de volontaires organisé pour la défense de la 
ville; iiy étaitencoreen 1807, lorsque cette ville 
fut bombardée , et s'y distingua si bien par son 
courage, qu'il fut élevé au grade de lieutenant ; 
néanmoins ses travaux militaires ne l'empêchè- 
rent pas de cultiver la musique avec succès. 
ËD 1809 il s'éloigna de Copenhague, et se rendit 
à Paris, où il resta jusqu'à l'automne de 1810. 
A celle époque il retourna en Suède, et vécut 
d'abord à Schœnen, puis à Stockholm. En 1812 il 
fut nommé chanteur, professeur et maître do 
chapelle de la cour. Une apoplexie foudroyante 
l'enleva à sa famille et à ses amis, le 3 avril 1822, 
et ne lui permit pas de voir la première repré- 
sentation de son opéra suédois BjornJamsida. 

Comme compositeur, Dupuy s'est fait applaudir 
dans les opéras intitulés : Une Folie, Félicie, 
et Bjom Jarnsida. Son style est vif et animé 
dans les deux premiers , sentimental dans le 
dernier. Ses musiques funèbres pour le service 
du roi Charles XHI et de la reine sont aussi 
estimées. Parmi ses compositions instrumentales 
on distingue : l°Des duos pour deux violons 
concertants, gravés à Copenhague, chez Lose. 
— 2° Un concerto pour flûte (en ré mineur); 
Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. — 3° Une polo- 
naise pour violon priucipal,un second violon, 
guitare et basse; Prague, Kronberger. — 4° Des 
quadrilles de contre-danses, valses et écossaises 
pour piano ; Stockholm, Graef. — 5° Des marches 
en harmonie militaire, Copenhague. On a aussi 
de lui pour le chant une romance à trois voix 
intitulée l'Amour, Copenhague, Lose, et six 
quatuors pour deux ténors et deux basses ; ibid. 

DUPUY (N. ), littérateur français, réfugié en 
Hollande vers le milieu du dix-huitième siècle, 
est auteur d'un livre intitulé : Amuseme'nts du 
cœur et de l'esprit (La Haye, 1741, in-12), où 
l'on trouve des lettres sur l'origine et les pro- 
grès de V opéra en France. 

DURAN (Dominique-Marc), né à Alconela, 
dans l'Estramadure , vers le milieu du seizième 
siècle, est auteur 'de deux traités sur le plain- 
chant, intitulés : 1° Luxbella de canto llano; 
Toledo, 1590, in-4°. — 2° Comento sobre la 
Lux bella; ibid. , in-4°. Blankenberg ( Nouvelle 
édition delà Théorie des beaux-arts de Sulzer) 
assure qu'il y a une deuxième édition de ces li- 
vres, sous la date de Salamanque, 1598. 

DURA1V (Juan), maître de chapelle de la 
cathédrale de Santiago (en français Saint-Jac- 
ques de Compostelle) , occupait cette place en 
1525. Il a laissé en manuscrit de bonnes compo- 
sitions religieuses qui se trouvent dans les archives 
de cette église , et dans plusieurs autres en Es- 
pagne. 



DURAND — DURANDE 



8? 



DURAND ou DURANOWSKY (Au- 
guste-Frédéric;, virtuose sur le violon, qui n'a 
point joui de la réputation qu'il méritait par son 
talent, est né vers 1770 à Varsovie, où son père 
était musicien au service du dernier roi de Po- 
logne. Il apprit de lui les principes de la mu- 
sique, et reçut les premières leçons de violon. 
Conduit à Paris, en 1787, par un seigneur polonais 
qui s'intéressait à son sort, il fut dirigé dans 
l'étude de son instrument par Viotti, qui trou- 
vait en lui le génie de l'art et une admirable 
facilité à jouer les choses les plus difficiles. Du- 
rand vécut quelque temps à Paris, puis voyagea 
en Allemagne et en Italie, pendant les années 
1794 et 1795. Partout il fit admirer sa prodi- 
gieuse habileté; mais tout à coup il sembla re- 
noncer à l'usage de son talent, entra dans l'armée 
française, et devint aide de camp d'un général. 
Une fâcheuse affaire, dans laquelle il fut com- 
promis, le fit mettre en prison à Milan ; la pro- 
tection du général Menou le sauva des suites de 
cette affaire, et le rendit à la liberté ; mais il fut 
obligé de donner sa démission d'officier, et de se 
rendre en Allemagne, où sa vie fut agitée. Dans 
l'intervalle de 1810 à 1814 il séjourna plus ou 
moins longtemps à Leipsick, Prague, Dresde, 
Cassel, Varsovie, Francfort-sur-le-Mein,Mayence, 
et quelques autres villes. Vers la fin de 1811 il 
joua deux fois avec le plus grand succès à la cour 
de Cassel, et l'année suivante il se .fit entendre 
chez le grand-duc de Darmstadt et à Aschaffen- 
bourg. Enfin, le besoin du repos lui fit accepter 
en 1814 les places de premier violon du concert 
et du théâtre qui lui étaient offertes à Stras- 
bourg, et depuis ce temps jusqu'à l'époque ac- 
tuelle, il ne s'est éloigné de cette ville que pour 
faire de petits voyages en France et en Allemagne. 
Il y était encore à la finde 1834. Dans ses Lettres 
sur la musique, adressées à un de ses amis de 
Florence, en 1828, le comte Michel Oginski parle 
en ces fermes de l'artiste dont il s'agit : « Le 
« nom de Durand ne doit pas vous être inconnu. 
« Originaire d'une famille française, mais natif 
« de Pologne, il avait pris le nom de Dura- 
« nowski, qu'on lui donnait généralement par- 
« tout. On m'a assuré que c'était un des artistes 
« les plus distingués pour le violon; mais 
« comme sa conduite ne répondait pas à son 
« talent, il se trouvait très-souvent dépourvu 
« de tout moyen de subsistance , et pour ainsi 
« dire dans la misère. Il n'avait pas même de 
« violon à lui; et comme l'usage decetinstru- 
« ment était la seule ressource qui lui restait 
« pour vivre , il s'arrêtait dans toutes les villes 
« un peu marquantes qu'il rencontrait en route, 
« y annonçait un concert, et, se servant du 



" premier mauvais violon qu'il trouvait dans 
« l'auberge, il en jouait de manière à enchanter 
<> le public et à subvenir à ses besoins. Je ne 
« l'ai jamais entendu ; mais son talent, tout aussi 
« bien que - ses aventures, ont fait beaucoup 
■< parler de lui dans toutes les capitales où je me 
<« suis trouvé. » 

Si Durand eût pu se défendre de l'agitation de 
sa vie et se lût livré sans réserve au dévelop- 
pement de ses facultés, il eût été le plus éton- 
nant des violonistes. Sa manière était originale 
et toute de création. Son adresse dans l'exécu- 
tion des difficultés était prodigieuse, et il avait 
inventé une multitude de traits inexécutables 
pour tout autre que lui. Il tirait un grand son 
de l'instrument, avait une puissance irrésistible 
d'archet, et mettait dans son jeu une inépuisable 
variété d'effets. Paganini, qui avait entendu Du- 
rand dans sa jeunesse, m'a dit que ce virtuose 
lui avait révélé le secret de tout ce qu'on pou- 
vait faire sur le violon, et que c'est aux lumières 
qui lui ont été fournies par cet artiste qu'il dut 
son talent. 

Comme compositeur pour son instrument, 
Durand ne s'est pas élevé au-dessus du mé- 
diocre ; autant il y avait de génie dans son jeu, 
autant cette qualité est négative dans sa mu- 
sique. Il a publié : 1° Concerto pour violon et 
orchestre, œuvre 8, en la; Leipsick, Peters. — 
2° Pot-pourri, idem, œuvre 10, en ré; ibid. — 
3° Idem , op. 1 1 ; Offenbach , André - . — 4° Deux 
airs variés pour violon et orchestre; Bonn, Sirn- 
rock. — 5° Fantaisie suivie de deux airs variés 
pour violon et quatuor; Leipsick, Hofmeister. — 
6° Duos pour deux violons, œuvres 1, 2, 3, 4 
et 6; Leipsick, Breilkopf et Haertel, et Paris, 
Sieber. — 7° Des airs variés pour le violon seul ; 
Vienne, Cappi, et Leipsick , Br. et H. — 8° Six 
caprices ou études, op. 15; Mayence, Scholt. — 
9" Six chansons allemandes pour voix seule , 
Offenbach, André. 

DURAND (F.-L. ), professeur de musique à 
Paris , ancien élève du Conservatoire de cette 
ville, est connu par un ouvrage qui a pour titre -. 
Petite grammaire musicale, ou Principes 
élémentaires de la musique exposés par de- 
mandes et par réponses, à l'usage des élèves 
du collège Bollin; Paris, Meissonnier, 1837, 
in-8°. La troisième édition de ce petit ouvrage à 
paru chez le même éditeur, en 1845. 

DURANTE (Ancelo), né à Bologne, vers 
le milieu du seizième siècle, a publié •• \°Messe 
a cinquevoci; Venise , 1578. — 2° Madrigali 
a cinque; Venise, 1585. 

DURANTE (Octave), compositeur et 
maître de chapelle à Viterbe, au commence- 



88 



DURANTE 



nient <!ii dix-septième siècle, naquit à Home. Il 
y \ivait encore en 1614, suivant ce que rapporte 
Mamlosio, dans sa Bibliotheca Romana, tome 2, 
septième centurie, n° 83. H a fait imprimer un 
ouvrage de sa composition sous ce titre : Arie 
dévoie, le quali conlengono in se la maniera 
di cantar con grazia l'imilazione délie pu- 
rôle, e il modo di scriver passagi ed allri 
affetli, no camente composte; Roma, appresso 
Simone Verovio, 1608, in-l'oL II y a une 
deuxième édition gravée sui cuivre, publiée sous 
le même titre, à Rome, 1624, in-fol. Les mots 
novamenle composte, placés au frontispice 
de cette édition pourraient faire douter de l'exis- 
tence de l'édition de 1608, citée par Walther 
( Musikal. Lexicon , p. 220 ) ; mais j'ai vu cette 
même édition dans la bibliothèque de l'abbé 
Santini, à Rome. 

DURANTE (Silvestre), maître de cha- 
pelle à Sainle-Marie in Transtevere , vers le 
milieu du dix-septième siècle, a l'ait imprimer 
de sa composition : 1° Messe a à e 9 ad libi- 
tum; Rome, 105 1. — 2° Moletti atre;Md., 
1664. 

DURANTE (François) (1), chef d'une 
école fameuse qui a produit quelques-uns des 
compositeurs les plus renommés du dix-huitième 
siècle, est né le 15 mars 1684, à Frattamaggiore, 
au diocèse d'A versa, dans le royaume de Naples. 
Ses parents, peu fortunés, ayant obtenu son 
admission au Conservatoire Dei poveri di Giesà 
Cristo , il devint élève de Gaetano Greco, alors 
premier maître de ce Conservatoire. Durante 
acquit sous sa direction de l'habileté dans le jeu 
du clavecin, dans l'accompagnement des parll- 
menti, et dans l'art de jouer de l'orgue. Le 
Conservatoire ayant été supprimé, et les élèves 
ayant été répartis dans les autres écoles du 
même genre, Durante et son condisciple Cotu- 
macci furent envoyés au Conservatoire de 
S. Onofrio,où ils trouvèrent Alexandre Scarlatti, 
dont les leçons perfectionnèrent leur goût et 
leurs connaissances musicales (2). M. Le mar- 
quis de "Villarosa, auteur de Mémoires sur les 
musiciens napolitains , révoque en doute le 
voyage qu'aurait fait à Rome Durante dans sa 
jeunesse, suivant certaine tradition répandue en 
Italie, dans le but de se perfectionner dans l'art 

(0 La notice de ce musicien célèbre qui a paru dans la 
première édition de cette Biographie est refaite d'après le 
livre de M. de Vlllarosa sur les musiciens napolitains. 

(2) Suivant Burney, le Conservatoire n'aurait été dé- 
truit par le cardinal Spinellr, archevêque de Naples, qu'en 
1740, et Durante aurait été premier maître de cette école; 
mais le marquis de Villarosa, que j'ai pris pour guide, 
paraît mieux instruit de l'histoire de3 Conservatoires de 
cette ville. 



du chant, par les leçons de Piloni , et dans le 
contrepoint par celles de Bernard Pasquini. Il 
dit que Durante vécut dans une situation si peu 
fortunée, qu'il ne posséda jamais de ressources 
suflisantes pour aller à Rome et pour y demeurer. 
Il demande aussi quel besoin pouvait avoir Du- 
rante des leçons des maîtres romains, ayant eié 
instruit par Gaetano Greco et par Scarlatti? La 
réponse à celte question est facile. L'école na- 
politaine se distinguait dès le seizième siècle 
par un sentiment de mélodie supérieur à celui 
des autres écoles de l'Italie, et par une certaine 
clarté d'harmonie d'où les recherches scolas- 
tiques étaient bannies. Scarlatti, le plus grand 
des maîtres de celte école; Scarlatti, homme de 
génie, et de plus doué d'une organisation forte, 
qui le rendait capable d'entrer dans la conception 
des combinaisons harmoniques de l'école ro- 
maine, avait introduit ces combinaisons dans 
quelques-uns de ses ouvrages pour l'église ; mais, 
dominé par son penchant pour l'expression dra- 
matique, il modifiait les formes d'école en ce 
qu'elles avaient de trop régulier et de trop raide , 
pour laisser toujours aux idées originales et 
mélodiques, ainsi qu'à l'expression variée des 
sentiments passionnés, leur prééminence dans 
l'ait. L'organisation de Durante était très-difle- 
rente de celle de son maître; peu riche d'idées, 
froid par tempérament; timide par caractère 
et par position sociale; enfin, complètement 
étranger aux hardiesses du géniedramatique, Du- 
rante portait dans la musique la dévotion de ses 
sentiments religieux, la lucidité de conception, 
le goût pur et le respect des traditions d'école 
qui caractérisent son talent. S'il n'alla pas à 
Rome , il lit évidemment une étude sérieuse des 
maîtres de l'école romaine, et ses travaux curent 
pour objet d'introduire dans l'école napolitaine 
des formes plus sévères. C'est là son rôle dans 
la direction que l'art prit à Naples au dix-hui- 
tième siècle. On voit donc qu'il n'avait pas tout 
appris de Gaetano Greco et de Scarlatti : la lec- 
ture de ses partitions démontre qu'il s'était mo- 
difié sous l'influence du génie de Rome. Ce 
maître est considéré comme le plus habile pro- 
fesseur qu'ait eu l'école Napolitaine; toutefois, 
on serait dans l'erreur si l'on croyait que son 
habileté consistait dans une doctrine lumineuse, 
où tous les faits auraient été ramenés à des prin 
cipes généraux tirés de la nature des choses. 11 
n'y a jamais eu rien de pareil dans les écoles 
d'Italie. La méthode d'enseignement n'y avait 
d'autre base qu'une tradition d'école émanée d'un 
sentiment très-délicat; elle procédait de ce senti- 
ment bien plus que du raisonnement. Sous ce 
rapport, Durante paraît avoir eu plus qu'aucun 



DURANTE 



89 



antre le talent de communiquer celle tradition, 
et le sentiment le plus perfectionné de la tona- 
lité. Le grand nombre d'élèves excellents qu'il a 
lormés en est une preuve irrécusable. On dis- 
tingue deux époques dans son professorat. La 
première a produit Traetta, Vinci, Terradeglias 
et Jomelli; la seconde, qui commencée lamorl 
de Léo et qui linit à la sienne, a faitéclore des 
talents de premier ordre, tels que ceux de Pic- 
c.inni, Saccbini, Guglielmi et Paisiello. 

Dans le mois de janvier de l'année 1742, Du- 
rante fut nommé maître du Conservatoire de 
Loreto, après le départ de Porpora pour l'Alle- 
magne. Son traitement fut fixé à 10 ducats (40 
francs) par mois ; car c'est ainsi qu'étaient alors 
rétribués ces grands arlisles dont les ouvrages 
excitaient l'admiration de toute l'Europe. C'est 
dans ce môme Conservatoire qu'il a formé quel- 
ques-uns de ses meilleurs élèves. Durante avait 
été mai'ié trois fois; mais aucune de ses femmes 
ne put en faire un homme aimable et poli. Dans 
la conversation, il était souvent bourru; quel- 
quefois cependant il s'efforçait de se corriger de 
ce défaut et de paraître agréable, ce qu'il faisait 
du reste d'une manière assez gauche. Il s'ha- 
billait avec une simplicité qui tenait de la né- 
gligence, n'ayant aucun penchant non-seulement, 
pour l'élégance, mais môme pour la propreté. 11 
mourut le 13 août 1755, à l'âge de soixante et 
onze ans. F5ien qu'il eût tiré peu de profit de ses 
ouvrages, il avait vécu avec tant d'économie, 
qu'il put faire construire dans l'église de Saint- 
Antoine, à Frattamagiore, une chapelle dédiée à 
l'archange Gabriel, avec la statue du saint dans 
une niche et sur un autel de marbre : on y lit 
cctle inscription : Franciscus Durante cap- 
pella magister musicx fecit. 

Durante est compté parmi les compositeurs les 
plus célèbres de l'Italie. 11 s'est livré surtout à 
la culture de la musique d'église, et n'a rien pro- 
duit pour le théâtre. Il a peu d'invention dans 
les idées; ses motifs sont même souvent com- 
muns ou surannés ; mais nul n'a connu mieux 
que lui l'art de les développer et de les enrichir 
d'une harmonie vigoureuse et piquante. Son 
style est religieux, solennel, et généralement 
brillant, quoique dépouillé de ces effets d'orchestre 
qui font le charme de la musique de nos jours, 
mais qui étaient inconnus de son temps. Il a 
aussi le grand mérite de donner à toutes les 
parties vocales des formes chantantes et faciles; 
sous ce rapport, ses compositions ont servi de 
modèles, tant qu'il y a eu des écoles en Italie. 
La bibliothèque du Conservatoire de musique 
de Paris possède une collection complète des 
œuvres de Durante, qui a été apportée en France 



par Selvaggi, Napolitain et musicien distin- 
gué. En voici le catalogue. Messes : 1° Missa 
alla Palestrina, en ré mineur : ouvrage médio- 
cre et fort inférieur au modèle que Durante 
voulait imiter. — 2° Missa a 9 voci, en la ma- 
jeur. — 3° Messe des morts à quatre voix, eu 
sol mineur. — 4° Messe des morts à huit voix, 
en ut mineur. ■ — 5° Missa a 4, Kyrie, gloriu , 
en si b. — 6° Idem, en la majeur. — 7" Idem , 
à cinq voix, en ut mineur. — 8° Idem, à cinq 
voix, en ut majeur. — 9° Idem, à cinq voix, en 
sol majeur. — 10° Idem, à quatre voix, en ré 
majeur. — 11° Autre, à quatre voix, en rê ma- 
jeur. — 12° Credo à quatre voix, en sol ma- 
jeur. — 13° Credo à cinq voix, en soi majeur. 

— Psaumes : 14° Dixita 8 voci con slromenti, 
en ré majeur. — 15° Idem, à huit voix, en ré 
majeur. — 16° Idem, à cinq voix , en ré majeur 
(brillant). — 17° Idem, style trêve. — 18° Idem, 
à quatre voix, ré majeur. — 19° Con/itebor a 
vocesola,en ré majeur. — 20° Idem, style bref. 

— 21° Laudate,pueri, a voce sola, en la mi- 
neur 22° Idem, à quatre voix, en sol majeur. 

— 23° Idem, à huit voix, en sol majeur. — 
24" Beatus vir à quatre voix, en fa majeur. — 
25° Idem, style bref. — 26° Lxtatus sum, à 
quatre voix, en la majeur. — 27° Misericor- 
dias Domini, a 8 senza stromenti. — 28° Ma- 
gnificat à quatre voix en si b. — 29° Idem, a 8 
voci, en la mineur. — Antiennes : 30° Aima, 
a voce sola. — 31° Idem, a voce sola di basso. 

— 32° Salve, Regina, a voce sola. — 33° Idem, 
a 2 voci. — 34° Veni, Sponsa, a 5 voci. — 
35° Idem, ak voci. — Hymnes-. 36° Iste con- 
f essor, a 4 voci — 37° Pange lingua, a 3 voci. 

— 38° Vexilla régis, à quatre voix. — Motets : 
39° O gloriosa Domina, a 5 voci. — 40° O 
divi amoris victima. — ^1° Si quecris mira- 
cula, a voce sola — 42° Surge, a 5 voci, ré 
majeur. — 43° Jam si redit, a 8 voci. — 
44° Cito Pastores, a voce sola, en la majeur. 

— 45° Adprxsepe,a 4 voci, en sol majeur — 
46° Toccate, sonate, a 4 voci, en sol majeur. 

— 47° Ave, Virgo, a voce sola, en ré majeur — 
48° Surge, aurora, à trois voix, en soi majeur. 
49° Inter choros, à cinq voix, en sol majeur. 

— 50° Cessent corda (chœur). — 51° Videtur, 
à quatre voix, en ré majeur. — 52° Te Deum, 
a 5 voci, ut majeur. — 53° Litanies de la 
Vierge,h quatre voix, en mi mineur. — 54° Idem, 
à quatre voix, en sol mineur. — 55° Idem, à 
quatre voix, en fa mineur. — 56° Idem, à deux 
voix, mi mineur. — 57° încipit oralio,'a quatre 
voix.— Musique de chambke : 58° Cantate : Dopo 
sentira, a voce dicontr'alto — 59° XII madri- 
gali col basso continuo estratti dalle cantato 



90 



DURANTE — DURUTTE 



delScarlalti. — 61° A7 solfeggi a 2 voci, col. b. 
c. — 61° Partimentipercembalo. — 62° 6 sonate. 

DURELL (Jean), né à Jersey, en 1625, 
mourut le 8 juin 1683. Le vingt-septième cha- 
pitre de son Historia rituum (p. 314 à 323) 
contient une défense de l'orgue contre les Pres- 
bytériens. 

DURET (Anne-Cécile DORLISE), fille 
de madame Saint- Aubin, actrice de l'Opéra-Co- 
mique, est née à Paris, en 1785. Admise au Con- 
servatoire comme élève de Garât, le 15 germinal 
an xi, elle en sortit l'année suivante, et débuta 
à l'Opéra-Comique au mois de juin 1805, dans 
le Concert interrompu. Sa voix était belle , 
mais son éducation musicale n'était pas terminée 
et elle manquait absolument d'habitude de la 
scène. Peu de mois après, elle rentra au Con- 
servatoire, y reprit ses études de chant, déve- 
loppa son talent par les leçons de Garât, et fut 
en état de reparaître avec éclat à l'Opéra-Co- 
mique le 2 avril 1808, dans le rôle de son premier 
début. Une voix de la plus belle qualité, une 
excellente vocalisation et une manière large de 
phraser lui assurèrent dès lors la réputation d'ha- 
bile cantatrice, et la plaça au premier rang à 
l'Opéra-Comique, bien qu'elle n'ait jamais été 
qu'actrice médiocre. Nicolo lsouard écrivit pour 
elle des rôles importants qui firent briller son 
talent, et qui furent longtemps difficiles à chanter 
pour les actrices qui lui succédèrent. Tels fu- 
rent ceux qu'elle joua dans Jeannot et Colin, 
et surtout dans le Billet de Loterie. Jeune en- 
core, Madame Duret fut obligée de quitter le 
théâtre, parce que sa respiration était devenue 
laborieuse, d'où résultait pour elle l'obligation 
de couper les phrases de son chant : elle se re- 
tira au renouvellement de l'année théâtrale, en 
1820. 

DUREY DE NOINVILLE (Jacques- 
Bernard), né à Dijon, le 3 décembre 1683, fut 
conseiller au parlement de Met? en 1726, et pré- 
sident au grand conseil en 1731. Il est mort le 
20 juillet 1768. On a de lui : Histoire du théâ- 
tre de l'Académie royale de musique en 
France, depuis son établissement jusqu'à 
présent; Paris, 1758, in-8°. La seconde édition, 
augmentée, a été publiée à Paris en 1757, deux 
parties in-8°. Dans quelques exemplaires on 
trouve à la fin du volume un Catalogue de 
quelques ouvrages qui traitent de l'Opéra, 
etc., et qui ont rapport à l'histoire de ce 
théâtre. Le président de Noinville tenait de Tra- 
venol, violoniste de l'Opéra (voij. ce nom) une 
partie des renseignement qu'il donne. Son livre 
est au reste, fort mal fait et rempli d'inexac- 
titudes. • 



DURIEU (. . .), professeur de musique à 
Paris, vers la lin du dix-huitième siècle, a pu- 
blié : i° Nouvelle méthode de musique vo- 
cale , Paris, 1793, in-fol. — 2° Méthode de 
violon; ibid., 1796. 

DURINGER (Philippe-Jean), auteur d'une 
notice intéressante et bien écrite , sur la vie et 
les ouvrages du compositeur Albert Lortzing, 
dont il était l'ami : il vivait à Mannheim en 1851. 
C'est le seul renseignement que j'aie sur sa per- 
sonne. Sa notice a pour titre : Albert Lortzing, 
sein Lebenund Wirken (Albert Lorlzîng, sa 
vie et ses travaux). Leipsick, O. Wigand, 1851, 
in- 12 de 126 pages, avec le portrait de Lortzing. 
L'ouvrage est précédé d'une appréciation du ta- 
lent de Lortzing par le maître de chapelle Vincent 
Lachner. 

DURON (Don Sébastien), maître de cha- 
pelle du roi d'Espagne, eut une brillante répu- 
tation dans sa patrie; néanmoins on ne sait 
presque rien des circonstances de sa vie, et le 
seul renseignement positif qu'on ait sur lui se 
tire du livre des /testas de acompanar, publié 
par José Torres, en 1702, où l'on voit, dans l'ap- 
probation donnée par Duron, qu'il était alors maî- 
tre de la chapelle royale. La plupart des composi- 
tions de ce maître ont été détruites par l'incendie 
de la chapelle, en 1734. Ce qui en a été sauvé 
consiste en une messe de requiem, à 8 voix, un 
motet ( Txdet ) à 10, un autre motet (Périme 
Consumptis) à 8, et des Litanies des saints à 8. 
M. Eslava a publié un motet à 4 voix de Du- 
ron (O vos omnes) dans sa collection intitulée : 
Lira sacro-hispana. Duron fui le premier qui 
introduisit en Espagne l'usage des violons dans 
la musique d'église. 

DURUTTE ( Le comte François-Camjlle- 
Aktoine), né à Ypres (Flandre occidentale), le 
22 vendémiaire en xu (15 octobre 1803), cul- 
tiva dès sa jeunesse la musique et les mathéma- 
tiques. Admis à l'École polytechnique, il y ter- 
mina ses études, fut nommé officier et envoyé à 
l'École d'application à Metz; mais , dominé par 
son penchant pour la musique, il donna sa dé- 
mission, se maria et s'établit dans celle ville. 
M. Barbereau a été son maître de composition. 
Les amis de M. Durutle , qui ont entendu ses 
ouvrages , en parlent avec beaucoup d'estime. 
M. Durulte s'est aussi livré à de longues études 
et à de grands travaux concernant la théorie c!e 
la musique et de l'harmonie ; mais comme la 
plupart des mathématiciens qui ont appliqué les 
chiffres et les formules à cette théorie, il s'est 
égaré en cherchant son principe ailleurs que 
dans ce qui constitue l'art immédiatement, à sa- 
voir le sentiment intime des rapports des sons 



DURUTTE 



î)i 



et de la tonalité. L'erreur des géomètres a tou- 
jours été et sera toujours de se persuader que 
l'art peut s'assimiler à la science et avoir d'au- 
tres lois que celles de la nature humaine : ils 
ne comprennent pas que hors de l'homme il n'y a 
punit d'art possible. Au reste, cette erreur est an- 
cienne comme le monde, et les hypothèses pour 
la formation d'une science abstraite de la rnusi- 
()ue ont revêtu toutes les formes. M. Durutte a fait 
l'exposé de sa doctriue dans un gros livre inti- 
tulé : Esthétique musicale. Tcchnie ou lois 
générales du système harmonique; Paris, 
Mallet-Bachelier, 1855, 1 vol. in-4° de xxxiv 
et 556 pages. A la lecture de ce titre, une con- 
tradiction manifeste se présente tout d'abord; 
car l'esthélique est la doctrine de la science qui 
a pour objet le beau ; et la technie est la doc- 
trine de la science qui a pour objet le vrai : or 
le beau est le but de l'art, comme le vrai est ce- 
lui de la science; la technie est le domaine de la 
connaissance; l'esthétique est celui de la créa- 
tion de l'idée. Les voies que l'une et l'autre sui- 
vent sont aussi différentes que leur objet. Ici donc 
l'absence de justesse dans les aperçus est la pre- 
mière impression qui nous saisit à l'aspect du 
livre de M. Durutte. Pour apprécier la justesse 
de la critique de la doctrine qu'il renferme, il 
est nécessaire de se rappeler certaines proposi- 
tions dont nous avons fait la base de la musi- 
que et de la théorie de l'harmonie ; les voici -. 

« La nature ne fournit pour éléments de la 
« musique qu'une multitude de sons qui diffè- 
<• rent entre eux d'intonation, de durée et d'in- 
• tensité, par des nuances ou plus grandes ou 
« plus petites, » 

« Parmi ces sons, ceux dont les différences 
« sont assez sensibles pour affecter l'organe de 
« l'ouïe d'une manière déterminée deviennent 
" l'objet de notre attention ; l'idée de rapports 
« existant entre eux s'éveille dans l'intelligence 
« et sous l'action de la sensibilité d'une part, 
« et de la volonté de l'autre ; l'esprit les coor- 
« donne en séries différentes, dont chacune cor- 
« respond à un ordre particulier d'émotions, de 
« sentiments et d'idées. 

a Ces séries deviennent donc des types de to- 
rt nalité et de rhythmes qui ont des conséquences 
« nécessaires, sous l'influence desquelles l'ima- 
« gination entre en exercice pour la création du 
« beau (1). C'est ainsi que par l'élimination des 
sons irrationnels l'esprit arrive progressivement 
à la formation de l'échelle chromatique, et en 
définitive à la gamme diatonique; ces opérations, 

|l) Traité complet de la théorie et de la pratique de 
l'harmonie, Préface ;dc la 3 e édition, pasn s.u. 



résultats de la synthèse du sentiment et cm l'in- 
telligence, peuvent être démontrées avec facilité 
par les principes de la psychologie, et sont d'ac- 
cord avec l'enseignement de l'histoire de l'art. 
Les transformations de la tonaliiéde la musique 
chez les Grecs, depuis le temps où vécut Olympe 
jusqu'à l'époque de Pylhagore, nous en offrent 
des exemples frappants. 

Mais toutes les intonations des sons étant re- 
présentées par des longueurs de cordes tendues, 
lesquelles deviennent plus courtes en raison de 
l'élévation des intonations, les rapports de ces 
longueurs s'expriment par des nombres, consi- 
dérés comme identiques aux rapports des in- 
tervalles des sons. De là l'opinion émise dès la 
plus haute antiquité que la loi suprême de la 
musique consiste dans certaines relations de 
nombres; delàentin l'idée de l'harmonie univer- 
selle, dont les lois analogues à celles des rap- 
ports des sons régiraient les mouvements des 
astres, qui dans leurs révolutions produiraient 
un concert sublime. Il est évident qu'une telle 
doctrine anéantit l'action de l'humanité dans la 
créalion de la musique, et que les conditions es- 
sentielles de cet art lui sont imposées fatalement. 

Abandonnée dans les temps modernes, la théo- 
rie de l'harmonie universelle a laissé subsister 
l'opinion que la loi de la tonalité harmonique ré- 
side dans des rapports de nombres ; mais ce 
principe supposé a donné lieu à des systèmes di- 
vers. Au nombre de ces systèmes , il en est un 
qui consiste à former une série de quintes la- 
quelle a été déduite par l'abbé Roussier ( voy. 
ce nom ) d'une très-ancienne formule de quatre 
sons connue dans l'antiquité sous le nom de 
lyre de Mercure, et que Boèce nous a conser- 
vée (1). Commençant arbitrairement sa progres- 
sion par le son si, el la poussant à douze termes 
pour en former l'échelle chromatique, Roussier 
en trouve l'expression numérique dans la pro- 
gression triple 1, 3, 9, 27, 81, 243, etc., parce 
que la quinte est représentée par le tiers de la 
corde, et qu'elle continue dans cette proportion 
jusqu'au dernier terme : mais il renverse la série en 
la prenantendescendantde cette manière : si, mi, 
la, ré, sol, ut, fa, si \>, mi \>, la \>, ré \>,sol \>. Pour 
compléter la série , il faudrait . un treizième 
terme ; mais il donnerait pour douzième quinte 
sol \, , ut \> ; or ut ' p n'est point identique avec 
si : la différence d'intonation de ces deux sons est 
représentée par la proportion numérique 80 : 81, 
et cette différence est la cause du tempérament 
dont on fait usage dans l'accord des instrumenta 

(!) De Musica, lib. I, c. S0. 



92 



DURUÏTE 



à claviers. Le système de l'abbé Roussicr fut pu- 
blié en 1770. 

Repris environ quatre-vingts ans plus tard 
par M. Barbereau, dont M. Durutte est élève, 
ce système s'est modifié entre ses mains par le 
changement de la note initiale de la série des 
quintes, dans le but de parvenir à la formation de 
la gamme diatonique, de cette manière : fa, ut, 
sol, ré, la, mi, si (1) ; mais, ainsi qu'il a élé dé- 
montré dans l'analyse du travail de M. Barbe- 
reau (2) , cette constitution est illusoire, d'une 
part par le choix arbitraire du son inilial de la 
série; de l'autre, parce que la gamme est incom- 
plète, attendu qu'il y manque le deuxième demi- 
Ion , lequel ne peut se trouver sans l'octave du 
son primitif. Or cette octave ne peut être donnée 
par la série des quintes, puisque le huitième 
terme donnerait fa dièse, quinte de si, lequel 
n'appartient pas à la gamme qu'on a voulu former. 
C'est ici que commence la théorie de M. Du- 
rutle. La gamme de M. Barbereau et l'échelle 
chromatique de l'abbé Roussier ne lui suffisent 
pas ; car il ne se propose pas moins que d'arri- 
ver à la loi génératrice de tous les accords, con- 
sonnants, dissonants et altérés , ainsi qu'à la loi 
de leur enchaînement, et, enfin, à la loi tonale ; 
ce qui, par parenthèse, est un non sens ; car il 
est évident que la loi de l'enchaînement des ac- 
cords ne peut être autre chose que la loi tonale. 
Or, pour parvenir à ces immenses résultats, il 
ne faut à M. Durutte que la progression des 
quintes ; mais il la lui faut poussée jusqu'au trente 
et unième terme , afin qu'elle contienne tous les 
éléments diatoniques, chromatiques, enharmoni- 
ques. 

Quelle est donc cette loi de laquelle doivent 
sortir toutes les merveilles promises par M. Du- 
rutte? C'est une gamme, ou plutôt une échelle 
chromatique fausse que lui a fournie son maître 
Hoène Wronski ( voij. Wronski ) ; échelle qui 
n'a aucun rapport avec la gamme de Ptolémée, 
de la plupart des géomètres , du plain-chant, 
et qui n'est que le résultat d'un mauvais tempé- 
rament inégal ; échelle, enfin, qui n'est pas 
moins étrangère h la gamme harmonique et at- 
tractive qui constitue la musique moderne. Voici 
ce critérium prétendu de l'art absolu, dont le 
genre humain n'aura vraisemblablement jamais 
connaissance : 

ut » ut g 1 1 ré \,\\ré » ri « f | mi \, «■§ mi \ 
fa * fa g \\ sol], U sol | sol # $£ la L \\ 

(\) Études sur l'origine du système musical. Premier 
mémoire; Metz, 1832, ln-s°. 

(2| iievue et Cazctte musicale de Paris ( n. 4, 23 Janvier 
1153, pages 2B et suivantes ). 



la à? fa # ïjj si b ™ si \] ut 2 (1). On voit 
que la formule de Wronski a pour objet de ren- 
dre identiques les intonations de ri # et mi \>, 
fa # et sol \>, sol # et la ],, etc. 

M. Delezenne ( voy. ce nom ) a fait de cette 
formule l'analyse suivante, dont l'évidence n'a 
pas besoin de commentaire : « Cette gamine est 
« fort irrégulière. On y remarque trois tons ma- 
« jeurs ^, de 9 c (commas), 4811, savoir ut ré, 
<< fasol, sol la. Il y a un quatrième ton majeur, 
« la si de 9 c, 0755, dont le rapport synchronique 
« ?,''~ est fort compliqué. 

« H n'y a qu'un seul ton mineur : c'est celui 
« ' 9 ° de ré à mi. Le demi-ton majeur |{? du 
« mi au fa n'est pas égal à celui V^ de si à ut 1 ; 
« ils diffèrent de C ,5941; par suite, les trois 
« tierces majeures sont inégales. Il en est de 
« même des tierces mineures, des quartes, des 
« quintes, etc. Cette gamme est tempérée puis- 
ci qu'entre les notes qui diffèrent d'un ton le 
« dièse se confond avec le bémol ». Voy. Ta- 
ble des Logarithmes acoustiques, etc , dans 
les Mémoires de la Société impériale des 
sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, 
1857). 

Les mêmes causes qui rendent illusoire la for- 
mation complète de la gamme et de l'échelle 
chromatique par la série de quintes appelée pro- 
gression triple existent dans le système, beaucoup 
plus étendu, de M. Durutte ; car elles sont insé- 
parables de ce mode de génération. Ce n'est pas 
ici le lieu d'en donner une démonstration, qui 
entraînerait trop loin; mais ces causes de dé- 
fectuosité n'existassent-elles pas, la théorie qui 
en est le produit ne serait pas plus admissible 
comme loi de la tonalité et de l'harmonie. La 
loi d'une chose est ce qui lui donne l'être, ce 
qui en est le principe et en maintient l'existence. 
Or, comment des combinaisons mécaniques et 
des relations de nombres, dont on n'a point con- 
science en musique, seraient-elles le principe 
et la loi de cet art? M. Durutte partage à cet 
égard l'erreur de beaucoup de théoriciens au- 
teurs de systèmes divers. Toutes les écoles de 
philosophie admettent l'origine psychologique 
que nous avons donnée à la formation des to- 
nalités, c'est-à-dire la musique dans son principe : 
cette origine a pour elle l'évidence, parce qu'il 
s'agit d'un art qui repose sur la sensibilité; art 
idéal , qui ne prend pour base dans le monde 
réel que le phénomène du son. Les sons, comme 



(l) Cette forme est la traduction saisissante par tous le» 
musiciens de la Formule donnée dans la lettre de Wronski 
à M. Durutte. EsttiClique musicale. Foy. pag. :;2. 



DURUTTE 



93 



(es 'nombres, ont la propriété de se grouper di- 
versement deux par deux, trois par trois, quatre 
par quatre, et on en forme des séries de tierces, 
de quintes; enfin, on les coordonne en raison 
du système qu'on adopte, et chacun de ces sys- 
tèmes correspond à des formules de nombres. De 
même, certains phénomènes de résonnance font 
entendre d'une manière plus ou moins distincte 
des harmoniques du son principal môles à 
beaucoup d'autres sons moins perceptibles - ; ces 
harmoniques sont exprimés par des nombres de 
vibrations dont on peut également former des 
séries. Mais est ce par des choses de cette na- 
ture que la musique se forme et devient un art? 
Non, certes. C'est par sentiment que toutes les 
tonalités se sont constituées; c'est par sentiment 
que toute la musique est restée pendant deux 
siècles dans le domaine de l'harmonie conson- 
nante représentée par l'accord de trois sons ; 
c'est par sentiment qu'elle est entrée immédia- 
tement dans l'harmonie dissonante naturelle, 
par la découverte fortuite de l'accord dissonant 
de quatre sons ; c'est, enfin, par sentiment que, 
tour à tour, les modifications des deux accords 
consonnant et dissonant, par le renversement 
des intervalles, par les prolongations, par les 
altérations ascendantes et descendantes , par la 
substitution du sixième degré de la gamme, et 
par les combinaisons de ces modifications , c'est 
dis-je, par sentiment que toutes ces choses ont 
été trouvées. On en déduit une théorie conforme 
aux impressions que produit la musique, con- 
forme à l'art d'écrire ainsi qu'à l'histoire de 
cet art; théorie simple comme tout ce qui est vrai, 
et qui saisit l'esprit par son évidence. Elle peut 
se formuler par les nombres ; mais elle ne se 
orée point par eux. 

Que par la propriété qu'ont les sons de se 
grouper systématiquement , dont il vient d'être 
parlé, et par les rapports de ces groupes avec les 
nombres, on puisse représenter tous les faits 
harmoniques, comme le fait M. Durutte, en choi- 
sissant dans la série des quintes le terme dont 
il a besoin pour former chaque accord pris iso- 
lément, cela se peut sans doute ; mais qu'en ré- 
sulte-t-il? Une effroyable multiplicité de faits par- 
ticuliers,, sans connexion au point de vue de l'art; 
un dédale abrutissant, fait pour inspirer le dé- 
goût de l'étude de cet art , et sans utilité dans la 
pratique. Au lieu des deux harmonies conson- 
nante et dissonante, origine et base de toute mu- 
sique, M. Durutte présente des milliers d'accords 
constituésgéométriquement : c'estentre ces choses 
qu'il faut choisir ; mais le choix ne sera jamais 
douteux pour qui aura le sentiment de la mu- 
sique. Que le système présenté d «ns la Technie 



de l'ancien élève de l'École polytechnique, en 
le supposant aussi juste qu'il est faux, puisse 
être considéré comme un produit curieux de 
la propriété qu'ont les sons de se grouper par 
séries, soit; mais qu'on ose dire que cette pro- 
priété est la loi de la musique et de toute l'har- 
monie, cela est simplement ridicule. De même 
on peut s'amuser, comme l'a fait M. Durutte, au 
passetemps innocent de la classification mathé- 
matique des accords ; mais cette fadaise est par- 
faitement inutile; car la notation musicale est 
pour cette chose infiniment plus simple que la 
notation algébrique. 

Confondant la science de l'acoustique avec la 
musique, M. Durutte accorde aux chiffres et aux 
propriétés des séries un avantage immense sur 
les phénomènes de l'ouïe et sur le sentiment de 
l'art. Pour voir à quelles extravagances ses idées 
le conduisent à cet égard, il faut lire ce curieux 
passage de son livre : « Afin de préciser, nous 
« dirons que les accords dont l'étendue sur l'é- 
« chelle des quintes ne s'étend pas au delà de 
« 1 1 termes = 10 quintes (par exemple du ré |> 
« au si), ce qui forme l'intervalle de sixte 
« augmentée ou de tierce diminuée, appar- 
« tiennent à ^harmonie immanente, c'esl-à- 
« dire à l'harmonie que l'oreille perçoit immé- 
« diatement, conformément aux lois de Vorga- 
« nisation de l'homme; et nous ajouterons qu'au 
« delà du 11 e terme commence le domaine de 
« V harmonie transcendante, c'est-à-dire le do- 
« maine de l'harmonie qui dépasse les condilions 
« de l'existence terrestre; harmonie qui ne peut 
« être saisie que par l'esprit de l'homme, et nul- 

« lement perçue par le sens auditif. L'expé- 

« rience, du reste, prouve la vérité decette asser- 
« tion, et c'est là, c'est dans l'intervention de 
« Vesprit (Geist), que réside la grande différence 
« qui existe entre les modulations ordinaires et 
« celles dites enharmoniques. Peu importe, 
« d'ailleurs, l'instrument dont on se sert, car uu 
« piano accordé selon' le tempérament égal 
« nous donne, aussi bien que les instruments non 
« tempérés, l'idée d'une modulation enharmo- 
« nique; parce qu'il y a -quelque chose de plus 
« que la sensation, quelque chose de plus que 
« le sentiment, savoir : intervention de Vesprit, 
« pressentiment d'un ordre plus élevé, auquel 
« l'organisation ne peut atteindre, ce qui est la 
« vraie source du sublime. » 

Certes il y a intervention de l'esprit dans la 
conception du beau musical; mais elle se fait 
dans l'ordre des idées de création de l'œuvre' 
et non dans l'ordre de faits harmoniques qui 
seraient hors du domaine de l'organisation sen- 
timentale. Où le sentiment est inerte, il n'y a 



94 



DURUTTE — DUSSEK 



plus d'art. Remarquons que M. Durutte est en 
opposition avec son principe lorsqu'il parle de 
l'usage d'un piano accordé par le tempérament 
égal, puisque sa loi de tonalité de la musique, 
qui ne peut être saisie que par l'esprit, est le 
plus inégal et le plus irrégulier de tous les tem- 
péraments. 

Je ne nie suis autant étendu sur le faux sys- 
tème dont il vient d'être parlé, que parce qu'il 
a eu du retentissement en France à la suite de 
séances publiques où l'auteur l'a exposé à Paris 
en 1855, sans être compris de son auditoire : 
il suffit de l'expliquer pour le réduire au néant. 
Pour l'origine de toutes les aberrations où 
M. Durutte s'est laissé entraîner dans son livre, 
voyez l'article Wronski de ce dictionnaire. Quant 
au langage ambitieux dont se sert habituellement 
M. Durutte, on y reconnaît aussi l'école dont il 
sort : c'est celui de l'auteur de la Réforme des 
«ia//ieHiaft<7iies,copiéjusqu'à l'affectation la plus 
puérile. 

DURYER (Amand-Cuarles) ou plutôt Du- 
rier, suivant son acte de naissance, né à Paris, 
le 3 mai 18O8, fut admis au Conservatoire de cette 
ville à l'âge de dix-neuf ans, le 1 er mars 1827, 
et y devint élève de Clienié pour la contrebasse. 
Il y reçut aussi des leçons de contrepoint de 
Seuriot et de Jelensperger, répétiteurs du cours 
de Reicha. Sorti du Conservatoire, il entra à 
l'orchestre de l'Opéra-Comique en 1829, et passa 
à celui de l'Opéra en 1S31, en qualité de contre- 
bassiste. Dans le même temps il était attaché 
au choeur de l'église Saint-Roch. On a de cet 
artiste : Méthode complète de contrebasse; 
Paris, 1836, in-fol. M. Duryer a été considéré 
à juste titre comme un des meilleurs contrebas- 
sistes de Paris. 

DUSCIIECK ou DUSSEK (François),. 
né à Chotiborck, en Bohême, le 8 décembre 173G, 
trouva dans le comte de Spork un protecteur 
qui lui fit faire d'abord ses études chez les jé- 
suites de Kœnigratz , et qui l'envoya à Vienne, 
pour y apprendre à jouer du piano et les rè- 
gles de la composition , sous la direction de 
Wagenseil. De retour à Prague, il s'y fit remar- 
quer comme virtuose sur le piano, comme pro- 
fesseur, et forma plusieurs élèves distingués, 
parmi lesquels on remarque Vincent Mascheck 
et Jean Wittasseck. Duscheck est mort dans 
celte ville le 12 février 1799. On a de lui : 
1° Vingt-cinq chansons de Spielmann pour les 
enfants; Prague, 1792, in-4°. — 2° Sonate à 
quatre mains; n° 1 ; Vienne, 1792. — 3° Deux 
sonates à quatre mains; Leipsick, 1797. — 
4° Sonate pour le piano; ibid. — 5° Le combat 
naval et la défaite complète de la grande 



flotte hollandaise, par l'amiral Duncan, le 
2 octobre 1797, sonate caractéristique pour 
le piano ; Vienne, 1799. — 6° Andante avec 
variations pour le piano; Leipsick, Kùhnel. 
Duscheck a laissé en manuscrit beaucoup de 
concertos, de symphonies, de quatuors et de trios. 

DUSCHECK (Joséphine), femme du précé- 
dent, naquit à Prague vers 1756. Élève de son mari 
pour le piano et pour le chant, elle brillait à Prague, 
en 1790, comme cantatrice et comme virtuose sur 
le piano. Elle joignait à son talent sur cet ins 
trument une grande habileté sur la harpe. En 
1794, elle se fit entendre avec succès dans les 
concerts de Vienne. Après la mort de son mari, 
elle partit pour Londres, où elle s'est fixée vers 
1800. Elle y est morte en 1823. 

DUSSAULX, ou DU SAULE (Gérard), 
en lalin Gerardus a Salice, prêtre et compo- 
siteur belge, a vécu au commencement du sei- 
zième siècle. Il n'est connu que par ce qu'en dit 
Glaréan (Dodecach., fol. 280), ainsi que par le 
motet Os justi meditabitur sapientiam, et par 
le psaume Laudate Dominnm, omnes gentes, 
tous deux à quatre voix, rapportés par cet au- 
teur (fol. 284-287). Ces morceaux, bien écrits, 
sont du onzième mode, appelé hypolydien par 
Glaréan, bien qu'il ne soit pas l'hypolydiendes 
didactiques grecs, et qu'il corresponde aoias- 
tien d'Aristoxène et au ionien d'Alypius. 

DUSSEK (Jean-Joseph), excellent organiste 
et directeur du chœur de l'église collégiale de 
Czaslau, naquit en 1739, à Wlazowicz, en Bo- 
hême, où son père était charron. Lorsqu'il eut 
atteint l'âge de dix ans, sa mère le mit à l'école 
de son beau-frère Jean Wlachs, instituteur et 
bon maître de musique à Wlazowicz. Après quel- 
ques années d'étude, Dussek fut en état d'ensei- 
gner lui-même dans l'école de son oncle. A l'âge 
de seize ans il se rendit à Langenau, comme ins- 
tituteur primaire agrégé; il demeura en ce lieu 
pendant trois ans, et employa une partie de ce 
temps à l'étude de l'harmonie. Appelé ensuite à 
Chumecz pour y enseigner la musique dans l'é- 
cole publique, il alla prendre possession de l'em- 
ploi qui lui était offert, et ne tarda point à se 
faire remarquer par son talent sur l'orgue. Sa 
réputation fut bientôt si bien établie que le ma- 
gistrat de Czaslau lui offrit la place d'organiste 
et de premier instituteur de la ville; avec un trai- 
tement considérable. Il accepta cette position 
et entra en fonctions en 1759, n'étant âgé que de 
vingt ans. L'année suivante il épousa Véronique 
Stebeta, fille d'un jugedela ville, et de celte union 
. naquirent trois enfants, dont il sera parlé dans les 
articles suivants, et qui furent tous des artistes 
distingués. L'étude des œuvres des grands orga- 



DUSSEK 



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nistes et compositeurs occupa la plus grande 
partie de la vie de J.-J. Dussek ; et les plus ha- 
biles furent ceux qu'il se proposa pour modèles. 
Depuis longtemps ses enfants étaient séparés 
de lui, lorsqu'en 1802 il eut le bonheur d'em- 
brasser son fils, pianiste célèbre, dont le nom 
était devenu européen, et sa fille, Madame Cian- 
chetlini. Le plaisir d'entendre des artistes sem- 
blables fut pour sa vieillesse une source de pures 
jouissances. J.-J. Dussek cessa de vivre en 1811. 
Trois années auparavant, il remplissait encore 
ses doubles fonctions d'organisie et d'instituteur 
primaire. Parmi les meilleurs ouvrages de J.-J. 
Dussek , qui sont tous restés en manuscrit, on 
distingue : 1° Une messe pastorale à quatre voix 
et orchestre. — 2° Deux litanies. — 3° 1 Salve, 
Regina. — 4° Des sonates pour le piano. — 
5° Des fugues et des toccates pour l'orgue. 

DUSSEK (Jean-Louis ou Ladislas), fils du 
précédent, artiste illustre comme virtuose sur 
le piano et comme compositeur, est né à Czaslau, 
en Bohême, le 9 février 1761. A l'âge de cinq ans 
il jouait déjà du piano, et, suivant le témoignage 
de son père, il accompagnait sur l'orgue dans 
sa neuvième année. Il fut ensuite envoyé comme 
sopraniste au couvent d'Iglau, où il continua d'é- 
tudier la musique sous la direction du P. La- 
dislas Spenar, maître du chœur de l'église des 
Minorités. Dussek étudia les langues anciennes 
au collège des Jésuites, et alla achever ses études 
à Kuttenberg, où il avait été appelé comme orga- 
niste. Après avoir passé deux années et demie 
en ce lieu, il alla suivre un cours de philosophie 
à Prague , et ses progrès furent tels, qu'il put 
soutenir avec honneur sa thèse de bachelier en 
cette science. Ce fut alors que le comte deMœn- 
ner, capitaine impérial d'artillerie, et protec- 
teur de Dussek, l'emmena avec lui en Belgique 
et le fit