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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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'The search for truth even unto its innermost parts' 

The Gift of 
SADYE RUBIN MARANÏZ LEE 



The National Women's Committee 
of Brandeis University 



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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME CINQUIÈME 



TYPOGRAPHIE Dli II. l•rliWI^ DIDOT. — MIÎSML (liUKIî) 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



-^X«o 



DEUXIÈME ÉDITION 

KÎNTlicitliMKM HIFONnVE ET Alîf.MF.NTF.IC DE PLUS OE MOITIÉ 

PAR t J.^'TETIS 

uaIthe de chapelle du noi des belges 

DIRKCrKUR DU CONSEll VATOIUK ROYil. DE MUSIQUE DK DRUXELI.ES ET<.. 



TOME CINQUIEME 



PARIS 

LlliRAlRlE DE FIKMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C'^ 

IMPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, 56 

1867 

Tous droits réserves. 



Musîb 






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BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



K 



KECflLI^IA (Jean), le plus ancien lu- 
thier italien connu jusqu'à ce jour, travailla à 
Brescia, vers 1450. On connaissait de lui au- 
trerois quelques anciennes violes de diverses 
formes conservées dans les ca!)ine(s des cu- 
rieux; mais la plupart de ces vieux instru- 
ments ont disparu parce qu'on les a dépecés 
pour en faire des altos et des violons. 

KECK (Jean), moine bénédictin de Tah- 
baye de Te£i:ernsée, dans le quinzième siècle, 
était né à Giengen, dans le diocèse d'Augs- 
bourg, et fut professeur de théologie en cette 
ville. Il a été connu de quelques écrivains sous 
le nom de Fr. Joannes Jugustanus (voyez 
Biblioth. Jugust. , de Weilh , p. 93). Au 
nombre de ses ouvrages, on en trouve un qui 
était autrefois conservé en manuscrit à l'ab- 
baye de Tegernsée, et qui a pour litre : Intro- 
ductorium musicx. Cet écrit, qui est daté de 
1442, a été inséré par l'abbé Gerbert dans sa 
Collection des écrivains ecclésiastiques sur 
la musique, t. III, p. 519-029. Il concerne 
particulièrement les proportions géométriques 
des intervalles des sons. 

KEEBLE (Jean), né à Chichester, en 
17Ô7, fut d'abord élève de Kelway, frère du 
célèbre Relway de Saint-Martin ; puis il se 
rendit à Londres, où il reçut des leçons d'or- 
gue et de composition de Pepuscb {voyez ce 
nom). Devenu organiste distingué, il fut 
chargé de jouer l'orgue à l'ouverture du Jardin 
du Ranelagh, et Roseingrave (voyez ce nom) 
le choisit pour le remplacer comme organiste 
à la chapelle de Saint-Georges, dans ^anoi'er- 
Square. Plus tard, il lui succéda dans cette 
place, qu'il conserva jusqu'en 1794. On n'a pas 

SI<t)GR. UNlV. DES BUSICIESS. T. V. 



de renseignements sur l'époque de la mort de 
cet artiste. Il a publié cinq livres de i)ièces 
pour l'orgue qui ont été plusieurs fois réimpri- 
mées chez les divers éditeurs de musique de 
Londres, et en dernier lieu chezCIementi sous 
le titre de : Keeble's organ pièces. On trouve 
aussi dans le catalogue de Preston (Londres, 
1795) : Keeble's and Kirman's 40 interludes 
to be played betiveen the verses oftkePsalms, 
expresshj composed for the use of the 
Church (Quarante préludes de Keeble et de 
Kirkmann pour jouer entre les versets des 
psaumes, composés spécialement pour l'usage 
de l'église). Keeble avait adopté les opinions 
de son maître Pepusch concernant la musique 
des Grecs; il a exposé sa doctrine dans un 
livre intitulé : The Theory of harmonie, or 
an illustration of the Grecian Harmonica, 
in tvco parts (Théorie de l'harmonie, ou ex- 
plication de la musique harmonique des Grccs)^ 
Londres, 1784, gr. in-4''. De bonnes analyses 
du livre de Keeble se trouvent dans VEuro- 
pxun Magazine (ann. 1785, t. VI, mars, 
p. 186, mai (353), et juin (431), ainsi que 
dans la Monthly Revierx), vol. LXXIII. L'au- 
teur de la critique, <lans ce dernier journal, 
montre une grande sévérité dans son juge- 
ment. Le but que se propose Keeble estde faire, 
dans la première partie de son livre, l'exposé 
de la doctrine musicale des Grecs, d'après les 
traités attribués à Euclide, celui d'Aristoxène, 
et celui de Bacchius l'ancien. Dans la seconde 
partie, il entreprend de concilier la doctrine 
tonale des Grecs avec celle de la musique mo- 
derne : c'est là qu'il s'égare. Toutefois, le 
livre de Keeble n'est pas dépourvu de mérite. 

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KEEGAN - KEGEL 



KEEGAIX (Guillaume), professeur de 
langues et de calcul commercial à Londres, vi- 
vait au commencement de ce siècle. On a de 
lui un livre qui a pour litre : New dialogues 
itiFrencli and English ; containing exempli- 
fications of the parts of speech, and the 
auxiliary and actives verbs, with familiar 
conversations on the following subjects, His- 
tory, Arithmetic, Bolany, ^stronomy, the 
Cornet j the Opéra, Singing, Ilippodramatic 
performances^ ItalianpaiiUing, Music) etc., 
Londres, 1811, in-12. 

KEFERSTEIN (Gustave-Adolphe), 
connu sous le pseudonyme de Iv. STEIN, est 
né à Crœllwilz, près de Halle, en Saxe, le 13 dé- 
cembre 1799. Son père, Xabricant de papier, 
connu par i)lusieurs inventions de machines, 
alla, peu de temps après la naissance de son fils, 
lixer son séjour à Weida, dans le Voiglland, 
où Referslcin reçut i)lus tard des leçons de 
ciiant, de piano et de composition du cantor 
llaegel. A l'âge de quatorze ans, il fréquenta 
le Gymnase de Géra, et pendant son séjour en 
cette ville, il eut occasion de former son goût 
par l'audition des oeuvres de Mozart, de Beet- 
hoven et d'autres maîtres célèbres. Après 
quatre années d'études brillantes, il se rendit 
à l'Université de Halle, pour y faire un cours 
de théologie. Là, il fit la connaissance de 
Naue, musicien instruit qui lui fit faire des 
progrès dans les diverses parties de l'art. Ses 
liaisons avec quelques jeunes artistes et littéra- 
teurs de mérite commencèrent à tourner dés 
lors ses vues vers l'esthétique. Trois années de 
séjour à Halle lui firent atteindre le terme de 
ses éludes de théologie ; il accepta alors (en 
1820) une place de précepteur dans nne mai- 
son particulière à "Weimar, où il fut admis 
dans la maison de Hummel et chez Gœthe. Il 
n'a quitté celte place que pour celle d'aumô- 
nier et de diacre à Jéna. Dans un des voyages 
<|u'il faisait quelquefois à Dresde pour en- 
tendre de la musique, il s'est marié. Lié d'ami- 
tié avec Robert Schumann, il fut un de ses 
premiers collaborateurs dans la rédaction de 
la Nouvelle Gazette musicale de Leipsick. Les 
articles relatifs à la musique qu'il a donnés 
dans différents journaux ont été publiés sous 
le pseudonyme de A'... Stein. Ayant été 
nommé jiasleur à Wickerslsedt, en Thuringe, 
Referslein passa dans celte situation les vingt 
dernières années de sa vie. Il est mort le 
10 janvier 1861, à l'âge de soixante et un 
ans accomplis. Paimi ses écrits, on remarque 
VEssai sur la partie comique de la musi- 
que, publié dans l'ouvrage périodique intitulé 



Cxcilia (t. XV), qui a donné lieu à une polé- 
mique terminée par un autre article sur le 
même sujet," inséré dans la Gazette musicale 
de Leipsick (janvier 1835), et une allégorie 
musicale intitulée : Kœnig Mys von Fidibus 
(le Roi Mys de Fidibus), dans la Cxcilia 
(cah. 01-64). On a aussi du docteur Referslein 
un discours ou sermon <|u'il prononça dans 
l'église Saint-Michel à Jéna, en 1839, le dix- 
septième dimanche apiès la Ti'inilé, sur un 
lexte des actes des apôtres, etijui a été publié 
sous ce titre : Die Kunst von ihrer Schat- 
tenseite (l'Art sous ses divers aspects), Jéna, 
1839, seize pages in-S". Le 15 octobre 1841, il 
a prononcé à l'Académie d'Erfurt, dont il était 
membre correspondant, un discours sur la re- 
lation de la musique avec la pédagogique 
{Ueber das f'erhxUniss der Musik ziir Pœ- 
dagogik)., publié à Leipsick, chez Breitkopf et 
llœrlel, 1841, in-8" de seize pages. Enfin, le 
15 oclohre 1843, le docteur Referslein a fait, à 
l'occasion du jour de naissance du roi de 
Prusse, Frédéric-Guillaume IV, une leçon à 
l'Académie des sciences d'Eifurt, sur VOra- 
torio. Ce morceau a été publié dans la Ga- 
zette musicale de Leipsick (t. XLV, p. 873, 
897 et 921). 

KEGEL (Emmanuel), directeur de la cha- 
pelle du comte de Reuss, né à Géra, en 165o, 
fit ses études au Gymnase de Gotha, et fré- 
quenta ensuite l'Université de Jéna. D'abonJ 
cantor à Neustadt, il ne conserva cette posi- 
tion que six mois; puis il remplit les mêmes 
fonctions à Saalfeld et enfin à Géra, où le 
comte de Reuss le nomma directeur de sa cha- 
pelle. Il mourut subitement à Breslau , le 
23juin 1724. Son meilleur élève est le maître 
de chapelle Stœlzel. Ses compositions sont res- 
tées en manuscrit. 

REGEL (Louis-Henri), fils du précédent, 
né à Géra le 25 octobre 1705, alla terminer 
ses études à l'Université de Leipsick, après les 
avoir commencées dans le lieu de sa naissance. 
En 1726, il obtint la place d'organiste de 
l'église Saint-Salvador de Géra ; sept ans après, 
il alla par ordre du comte de Reuss, son pro- 
tecteur, apprendre la composition à Golha, 
chez Stœlzel, ancien élève de son père. De re- 
tour à Géra, il a rempli sa place d'organiste 
jusqu'en 1770, époque de sa mort. Ses compo- 
sitions n'ont pas été publiées. 

KEGEL (("iinÉTiEN-llEMii), descendant de 
cette famille, et organiste à Géra, s'est fait 
connaître par les ouvrages suivants : 1" Or- 
gelschule, zunxchst fiir Organisten in klei- 
ncn Stâ-'dten und auf dem Lande ( lîcole 



KEGEL — KEINSPECK 



(l'or^nie à l'usage des organistes des petites 
villes et des campagnes), Leipsick, Breitkopf 
et Hsertel. 

REGEL (CirAnLES-CiiRisTiAN) né, le 50 sep- 
tembre 1770, à Frankleben près de Merse- 
boiirg, fut élève de Killcl et se montra digne 
d'un tel maître par son talent sur l'orgue et 
par le mérite de ses compositions. Eu 1807, 
il obtint les places de canlor et d'instituteur 
de l'école communale à GunglossUmmen, près 
de Weissensée, dans la Thuringe. C'est dans 
cette position modeste et peu faite pour exciter 
l'imagination qu'il passa le reste de sa vie. 
Cependant à l'âge de cinciuante-six ans, il fil 
un voyage à Leipsick et y donna, en 1826, un 
concert d'orgue à l'église Pauline, dans lequel 
il fit admirer son habileté. Cet artiste distingué 
est mort le 28 janvier 1843, laissant en ma- 
nuscrit la plupart de ses ouvrages. On a pu- 
blié de lui dix préludes et finales pour l'orgue 
sous le titre : 10 f'or-und Nachspiele fiir die 
Orgel, Leipsick, Breitkopf et Ilsertel. Deux 
autres préludes de sa composition ont été pu- 
bliés dans la vingt-neuvième année de la 
Gazelle générale de musique de Leipsick, et 
Rœrner, d'Erfurt, a inséré une fugue de cet 
artiste dans son nouveau journal d'orgue 
{Neues Orgel-Jnurnal) .Toul le reste, consis- 
tant en un grand nombre de morceaux pour 
l'église, de pièces et fugues d'orgue, est resté 
en manuscrit. 

KEIIL ( Jean-Baltitazar), né à Cobourg 
dans la première partiedu dix-huitième siècle, 
fut d'abord organiste à Erlang, et ensuite 
ca«<oràBayreulh.En 1780, il devint aveugle. 
Il a fait imprimer à Nuremberg, en 1770, 
quatre suites de chorals variés pour l'orgue, et 
l)lus tard, quelques sonates pour le clavecin. 
La Bibliothèque royale de Berlin possède de 
cet artiste, en manuscrit, Andanlino, avec 
neuf variations pour le clavecin. Il a laissé en 
manuscrit : 1° Les Bergers à la crèche de 
Bethléem, oratorio. 2» les Pèlerins de Gol- 
gollta , idem, ô" Plusieurs morceaux de 
musique instrumentale. Kehl est mort vers 
1790. 

REIEFEU (Ciirïtien), chanoine prémon- 
Iré et organiste du monastère d'Auge, en 
Bavière, vécut au commencement du dix- sep- 
tième siècle, et mourut le 12 avril 1027. Il est 
auteur d'un recueil intéressant de canticiues à 
<iua!ie voix égales pour le temps de Noèl, pu- 
blié sous ce litre singulier : Odx soporiferœ 
ad infantuhtm Belhlehemiticum sopicndum, 
quatuor vocibus xqualibus factx; Augustae 
Vindclicorum; 1012, in-4''. On a aussi de lui 



un œuvre contenant une messe el des motels 
à six voix, intitulé : Flores musiciseu divinx 
taudis odores suavissimi, in quibus can- 
tiones cummissa, senisdecantandx vocibus, 
adjuncto bassoproorgano. Ingolsladt, 1018, 
in-4». 

KEIL (Jeam), virtuose sur le cor, né en 
Bohême, vécut à Prague pendant quelques 
années. Son instrument était le cor chroma- 
tique ou à pistons, dont il a disputé la priorité 
d'invention à Slœizel {voyez ce nom). Keil a eu 
une fille cantatrice qui chantait au théâtre de 
Weimar en 1842. Il voyagea avec elle pour 
donner des concerts. 

REILIÏOLZ (Ciihistine-Madeleise-Élisa- 
BETii), t;oj/ez IIasslocii. 

REI]\SPECR (Michel), musicien de la 
fin du quatorzième siècle, né à Nuremberg, est 
connu par un traité de plain-chant, intitulé: 
Ltlium Musice pZane; Basilese, p. Michaeleni 
Furter, 1496, in-4''. Un exemplaire de cette 
édition existait dans la bibliothèque du comte 
de Boutourlin (n» 504 de son catalogue); 
M. Brunet, qui le cite (Nouvelles recherches 
bibliographiques, t. II, pag. 259), ajoute que 
c'est un opuscule de douze feuillets, en beaux 
caractères gothiques, sign. a-6., avec musique. 
Maittaire, Panzer, Forkel et tous les biblio- 
graphes ont ignoré l'existence de cette édi- 
tion. En 1789, J.-F. Christmann a signalé, 
dans la Gazette musicale de Spire (pag. 554), 
l'existence d'une autre édition du même livre 
qu'il avait trouvée dans la bibliothèque de 
Stutigard ; elle a aussi pour titre : Ltlium 
Musice plane. A la fin du dernier feuillet, 
on lit : Explicit Ltlium Musice plane Mi- 
chaelis Keinspeck de Nurnberga musicf 
Alexandrini benemerili, una cum psalmo 
dia utriusque tam majoris quam minoris 
intonatione secundum omnes tonos et exer- 
citio solmisandi noviter adjunctis ; Impres- 
sum Ulmae per Joh. SchœtïJer, 1497, petit 
in^" de quinze feuillets. Un exemplaire de 
cette édition est à la bibliothèque royale de 
Berlin. Gerber a cru que celte édition était la 
première (voyez Neues hist. biogr. der Ton- 
hunstj 3 7'/j., col. 27) ; mais on vient de voir 
que c'est une erreur. Maittaire {/annales ty- 
pograp., t. IV, pag. 759), et Panzer (Annal, 
typog., t. III) indiquent une troisième édition 
donnée à Augsbourg, en 1498, in-4'', dont 
Forkel parait avoir vu un exemplaire dans la 
bibliothèque du monastère de Buxheim (AlUj. 
Littcr. der Music, p. 297). J'ignore si c'est 
d'après cette édition qu'il écrit le nom de 
l'auteur Keinsbeck. Le savant bibliographe 

i. 



KEINSPEIK — KEISER 



G.-W. Zapf fait connaître, dans son histoire 
des imprimeurs d'Au{i;sbourg(y^«g's6ar(7jÇwcA- 
drucker-Geschichle , I th., p. 155), une qua- 
trième édition du même livre, déjà indiquée 
par Gesncr dans sai Bibliothèque universelle ; 
l'article de Zapf est ainsi conçu : Michael 
lîeinspeck 3Iusicus Mexandrinus , Lilium 
Nusicx planœ. Vexplicit est comme dans les 
éditions précédcnics. A la fin, on lit : Impres- 
sum Juguste per Johannem Froschnuer, 
anno Domini MCCCCC, \viA°. Ainsi qu'on 
le voit, le nom de Keinspech est ici changé en 
celui de Reinspeck ; cette faute, qui a été faite 
aussi par ClH-istmann, dans son article de la 
Cazetlc musicale de Spire, provient sans 
doute de la forme incertaine du K allemand, 
el de sa ressemblance avec l'R. Un exemplaire 
de chacune des éditions de 141)7 et 1498 se 
trouve dans la Bibliothèque impériale de 
Vienne , suivant les renseignements que 
M. Mosel nous fournit dans sa description de 
cette bibliothèque {Geschichte der K.K. Hof- 
bibliothek su TFien, pag. 3GG). Les exem- 
plaires de ces quatre éditions du livre de Rein- 
speck sont de la plus grande rareté. Il en 
existe une cinquième sous le même litre : 
Lilium musice plane Joannes Knoblauch 
typis xreis excepit Argentins, 150G, seize 
feuillets petit in-4". J'ai vu un exemplaire 
de cette édition dans les collections de feu 
Landsberg, à Rome. Le nom de l'auteur y est 
orthographié Kunspeek {Michael). 

Forkel (loc. cit.) dit qu'on ne sait pas pour- 
quoi Keinspeck est appelé tnusicus Alexan- 
drintts au titre de son livre, et ajoute que son 
nom ne se trouve pas dans le catalogue des 
artistes et des savants de Nuremberg publié 
par Woll et Doppelmayer. Je pense que l'ex- 
l>rcssion Jtiusici Alexandrini indique que 
Keinspeck fut attaché, comme beaucoup de 
musiciens belges, français et espagnols de ce 
temps, à la chapelle pontificale, sous le pape 
Alexandre VI, qui fut élu le 11 août 1492, et 
gouverna l'Église jusqu'au 18 août 1503. Je 
n'ai pu vérifier le fait dans le catalogue de 
chapelains-chantres de cette chapelle donné 
par A. Adami de Rolsena, à la suite de ses 
Osservazioni per ben regblare il coro delta 
Capella Ponlificia, parce que, à l'exception 
de Josquin Deprès, il ne cite dans sa liste 
aucun musicien antérieur au pontifical de 
Paul III ; mais il me semble que c'est la seule 
explication qu'on puisse donner des mots dont 
il s'agit. 

KEISER (REiniiARD), un des plus illustres 
compositeurs de l'école allemande, naquit 



vers 1673, dans un village situé entre Weis- 
senfels et Leipsick. Son père, musicien distin- 
gué qui a laissé en manuscrit de bonnes 
compositions pour l'église, lui enseigna les 
éléments de la musique; puis il entra a l'école 
Saint-Thomas de Leipsick, où il fit ses études, 
qu'il termina à l'université de cette ville. Le 
génie de Reiser se manifesta de bonne heure : 
cet artiste avait à peine dix-neuf ans lorsque 
la cour de "Wollenbuitel le chargea (en 1692) 
d'écrire la musique d'une pastorale intitulée 
Ismène. Celte époque était l'aurore de l'opéra 
allemand qui, jusqu'alors, avait emprunté son 
style aux compositions italiennes etfrançaises. 
Dès ses premiers essais, Reiser fit entrevoir 
un génie original destiné à s'affranchir, au 
moins en beaucoup de choses essentielles, de 
toute imitation. Le succès de sa pastorale lui 
fit confier, l'année suivante, la composition de 
Basilius, opéra sérieux, qui ne fut pas moins 
bien accueilli. L'Opéra national de Hambourg 
était alors le plus florissant de toute l'Alle- 
magne : Reiser résolut d'aller essayer ses 
forces sur ce théâtre; il y arriva vers la fin 
de 1694, et fit représenter son Basilius. La 
musique de cet ouvrage était si différente de 
ce qu'on avait entendu jusqu'alors, et sa supé- 
riorité était si incontestable, que le public 
montra, dès ce moment, une prédilection pour 
les ouvrages de Reiser. Cependant, trois an- 
nées s'écoulèrent avant qu'il put faire jouer 
quelque autre ouvrage, parce que désengage- 
ments pris envers d'autres compositeurs, et 
peut-être aussi quelques intrigues d'artistes 
alarmés par la puissance de son talent, firent 
occuper la scène pendant tout ce temps. Enfin, 
il put donner Irène, en 1697, puis Janus, et 
la pastorale d'/smène, fraîche et gracieuse 
composition qu'on entendait encore avec 
plaisir longtemps après. Pendant quarante ans, 
Reiser fut le plus actif, le plus abondant et 
le plus aimé des compositeurs du théâtre 
de Hambourg. Mattheson compte cent seize 
opéras sortis de sa plume dans cette série 
d'années, non compris tous ceux qu'il fit en 
société avec d'autres musiciens, ou dans les- 
quels il introduisit des airs, quoiqu'il eut aussi 
écrit beaucoup d'oratorios et de morceaux de 
musique d'église. 

En 1700, Reiser institua des concerts d'hiver 
qui furent peut-être les plus brillants qu'il y 
ait jamais eu. Un choix de la meilleure mu- 
sique de ce temps, le meilleur orchestre qu'il 
fût possible de rassembler alors, te choix des 
meilleures cantatrices et des virtuoses les pies 
distingués, parmi lesquels on remarquait l'ex- 



KEISER 



!t 



cellenl violoniste Reinwaltl, n'étaient pas les 
seules causes de rempressemenl du public pour 
ces solennités. Le luxe qui brillait dans la salle 
de ces concerts, les mets délicats, les vins exquis 
qu'on y servait, composaient, de la distraction 
<|u'on y venait chercher, le plaisir le plus vif 
et le plus complet. Keiser y paraissait lui- 
même vêtu avec élégance et avec le ton d'un 
homme du monde. Matlheson, contemporain 
de ces concerts, et qui en dirigea plusieurs fois 
l'orchestre, déclare (Grundlage einer Ehren- 
P forte, p. 152) qu'il n'a point vu de cour où 
il y eût autant de magnificence et de bon goût. 
Au commencement de 1702, l'entreprise de 
ces concerts cessa ; mais, en 1703, Keiser s'as- 
socia avec un Anglais, nommé Drusike, pour 
prendre la direction de l'Opéra. L'entreprise 
sembla d'abord prospérer; mais après quel- 
ques années, les folles dépenses de cet Anglais, 
et peut-être aussi de Keiser, ruinèrent l'en- 
treprise. Poursuivi par ses créanciers, le com- 
positeur fut obligé de se cacher; mais bientôt 
rappelant son courage, il écrivit dans un court 
espace de temps huit opéras qui furent consi- 
dérés comme ses plus beaux, et qui lui pro- 
curèrent des sommes assez considérables pour 
satisfaire ses créanciers. Dans le même temps 
(1709), il épousa une demoiselle d'Oldenbourg, 
fille d'un riche musicien du conseil, et canta- 
trice distinguée dont le talent prêta «le nou- 
veaux charmes aux productions de l'artiste 
célèbre. Ainsi se trouvèrent réparées toutes 
les conséquences de son désastre. 

En 1716, Keiser organisa de nouveaux con- 
certs avec Mattheson; ils n'obtinrent pas la 
même vogue que les premiers. Six ans après, 
le comte de VVedel lui fit, de la part du roi de 
Danemark, des propositions qui furent accep- 
tées. Keiser se rendit à Copenhague et y fut 
mis en possession de la place de maître de 
chapelle de la cour. Quelques années plus fard, 
il retourna à Hambourg, où il obtint, en 1728, 
la direction de la musique de l'église Sainte- 
Catherine, avec le titre de chanoine. Alors 
l'activité de son génie se réveilla pour la pro- 
<luclion d'une grande quantité de musique 
d'église. En 1729, Keiser se rendit à Moscou 
avec sa fille, qui devint la femme du violoniste 
et compositeur Verocai. Keiser resta dans cette 
ville et à Saint-Pétersbourg jusqu'en 1730. 
L'impératrice l'avait chargé de la direction de 
son opéra. En cette qualité, il prit la résolution 
<le faire un voyage en Italie pour y engager 
des chanteurs et des instrumentistes; mais, 
arrivé à Hambourg, il ne put se décider à 
s'en éloigner de nouveau cl ne s'acquitta pas 



de sa mission. Pendant plusieurs années on 
ignora à Saint-Pétersbourg ce qu'il était de- 
venu. En 1734, il écrivit son opéra de Circé : 
ce fut son dernier ouvrage. Retiré depuis ce 
temps chez sa fille, dont il avait fait une can- 
tatrice excellente, il vécut dans le repos pen- 
dant quelques années, et mourut à l'âge de 
soixante-six ans, le 12 septembre 1739. 

Les artistes les plus célèbres, les musiciens 
les plus instruits, se sont accordés dans les 
éloges qu'ils donnent au génie cl aux ouvrages 
de Keiser. Mattheson et Scheibc, si avares de 
louanges, n'hésitent point à lui attribuer la 
première place parmi les compositeurs dra- 
matiques des temps antérieurs à leur époque. 
Ils assurent que Ilaendel et liasse ne se sont 
formés que d'après lui, cl qu'ils ont même 
emprunté à ses ouvrages dos traits originaux 
qu'ils ont ensuite développés. C'était aiîssi 
l'avis de Telemann ; celui-ci ajoutaitqueGraiin 
devait beaucoup à la lecture des œuvres de 
Keiser. Au surplus, llœndel et liasse n'ont 
jamais nié les obligations qu'ils avaient à cet 
homme de génie. Burney rapporte, dans le 
deuxième volume de son Voyage musical eu 
Allemagne, que liasse lui dit à ce sujet « qu'il 
o considérait Keiser comme le premier musi- 
« cien de l'univers (en son genre); que cet 
a homme célèbre avait écrit un plus grand 
« nombre d'ouvrages qu'Alexandre Scarlaiti, 
» (le plus fécond des compositeurs italiens de 
« ce temps), et que ses mélodies, malgré les 
« changements que cinquante ans avaient 
u apportés dans la musique, avaient tant de 
» grâce et d'élégance, qu'on pouvait les mêler 
« parcni d'autres modernes, sans que les con- 
« naisseurs mêmes pussent les reconnaître. « 
Le maître de chapelleReichardt s'exprime avec 
le même enthousiasme, dans son Magasin 
musical (p. 36), sur le mérite des compositions 
de Keiser. De tels éloges n'étonneront point 
ceux qui ont entendu le fragment des compo- 
sitions de ce grand artiste que j'ai fait exécuter 
dans mon premier concert historique du 
l'Opéra, et qui se souviennent de la profonde 
impression qu'il fit sur l'auditoire. 

Les qualités par où Keiser se distingue sot t 
la justesse et la profondeur de l'expression, 
unies à l'originalité des formes. Comme l;i 
plujiart des maîtres de son école, il a une har- 
monie forte et pénétrante, mais ses successions 
d'accords ont je ne sais quoi qui lui appartient 
en propre. Ainsi que J.-S. Bach, il instru- 
mentait d'instinct, et nullement d'après les 
conventions ordinaires. Il a placé jus(|u'à qua- 
rantc-ncufairs dans son opùra de Frcdcgondfj^ 



KEISËR 



et tous ont un effet particulier résultant de 
celte originalité de dispositions. Tantôt il n'a 
pour orchestre que la basse avec le clavecin et 
des instruments à cordes pincées; ou bien, 
c'est simplement le quatuor; d'autres fois, des 
hautbois seuls accompagnent la voix, ou c'est 
une flûte douce et des violes. Gerber cite un air 
{fuient a me, doke oggetto) qui n'a pour ac- 
compagnement qu'un violon concertant, et un 
autre, qu'un seul hautbois avec la basse. On ne 
peut s'empêcher d'admirer les ressources que 
le compositeur tirait de si faibles moyens. 

Tous les opéras de Keiser ne sont pas con- 
nus; ceux (ju'il a composés à Copenhague, 
ainsi que beaucoup d'airs détachés, ont péri 
dans l'incendie du palais de cette ville, en 
1794. Parmi les cent seize ouvrages drama- 
tiques composés i)ar Keiser seul, suivant Mat- 
Iheson, on ne connaît que les soixante-dix- 
sept dont les titres suivent : 1" Ismène, 1092, 
à WolfcnbUllel. 2» Busilius, 1093, ibid. et 
1094, à Hambourg. .'5» Mahomet , 1090, à 
Hambourg, ainsi que tous ceux qui suivent. 
A" Jdonis, 1097. 5" 7rè«e, 1097. (SoJanus, 
1698. 7" La Pomme d'or transportée des 
régions hyperboréennes dans la C'imbrie , 
1698. 8» Ismène y refaite. 9"> Iphigénie. 
10" Hercule. W" Le Retour de l'Jge d'or. 
12» Ballet pour la fête de l'empereur Léopold, 
13» La Forza délia virtù, 1701. 14» Endy- 
mion. 15» Dallet prussien. 16» Slxrlcbecker 
und Gœdje Michel. 17» Psyché, 1701. 
18"Circe, 1702. X^» Pénélope, 1702. 20» Po- 
m.one,\~Q'il.'i\° Orphée, première et deuxième 
partie, 1702. 22» Nouveau ballet prussien, 
1702. 23»C;/a«dj«s, 1703. ^i" Minerve, 1703. 
25» Salomon, 1703. 26» Nabuchodonosor, 
oratorio. 1704. 27» Oclavie, 1705. 28" Lu- 
crèce, 1705. 29» La Fedellà coronata, 1706. 
30» Mosaniello furioso , 1706. 31» Sueno, 
1700. 32» /; Gcnio di Holsazia, 1700. 53» Jl- 
mira, 1706. 54» Le Carnaval de f'enise, 
1707. 35» Hélène, 1709. 36» Helias et Olym- 
pie, 1709. 37» Desiderius, 1709. 38» Orphée 
dans la Thracc, 1709. 39» Jrsinoe. 1710. 
40» La Foire de Leipsick, 1710. 41»Z'^u- 
rore, 1710. 42» Jules-César, 1710. 43» Cré- 
sus, 1711. 44» Charles V, 1712. 45» Diane, 
1712, 46» Héraclius, 1712. 47» L'Inganno 
fedele, 1714. 48» La f'irtù coronata, 1714. 
49» Le Triomphe de la Paix, 1715. 50» Frc- 
degonde, 1715. 51» Caton, 1715. 52» Arté- 
tnise, 1715. 53» La Fête d'Avril à Rome, 
1716. 54» La Maison d'Autricho triom- 
phante, 1716. 55" Achille, 1716. Cet ouvrage 
qui, d'après une indication de la main de Kei- 



ser, est le soixante-sixième qu'il a écrit, fjit 
voir qu'il y a des lacunes dans la lisle précé- 
dente. 56» Julie, 1717. 57» Tomyris, 1717. 
58" Trajan, 1717. 59» Bellérophon , 1717. 
GO» Ariane, 1722.61° Ulysse, 1722.62»Z'^r- 
ment'en, Copenhague, 1722. 63» La Grande- 
Bretagne en allégresse, Hambourg, 1724. 
64» Claris. 65» Bretislaus , 1725. 66» La 
Foire annuelle de Hambourg , 1725. Gl" L'E- 
poque de la Bataille de Hambourg, 1725. 
Dans la préface de cet ouvrage, on voit (|u'il 
était le cent septième opéra tle Keiser : la 
lacune de 1717 à 1722, et le séjour de Copen- 
liague doivent avoir fourni beaucoup d'ou- 
vrages inconnus aujourd'hui. 68» L'Anniver- 
saire de la Naissance du prince de Galles, 
1726. 08" (bis) Ulysse, pour le théâtre de 
Hambourg, en 1727, différent de celui de 
1722. GO" Mislcvojus, \72G. 70" Jodclet, 1720. 
71» Le Prince muet ; Alys, intermède, 1728. 
72» Barbacola, intermède, 1728. 73» Nabu- 
chodonosor, refait, 1728. 74» Lucius f'erns, 
1729. Tù<> Parthénope, 1733. 70» Circé, 1734. 
Wallher adribne aussi un opéra de Sancio à 
Keiser; mais Matlheson dit que cet ouvrage est 
deTelemann. Les compositions de Keiser qui 
ont été publiées .sont : 1» Cantates pour une 
voix, avec <leux violons, basse et clavecin, 
sous ce litre : R. Keisers Gcmulhs-Ergœt- 
zung, bestehcnd in einigen Sing-Gedichten, 
mit ciner Stimmc t'.nd unterschiedlichen 
Instrumenten, llami)Oiirg, Nicolas Spieringl;, 
1098, iu-4» obl. 2" Erlesene Sxtze aus der 
opéra ringanno fedele (Collection choisie des 
nirs de Vlnganno fedele, avec violons, haut- 
bois, basse et clavecin) , Hambourg, 1714, 
in-fol. Quchpies-uns de ces morceaux sont tle 
la plus grande beauté. 3» Componimenti mu- 
sicali, oder deutsche und italienische Arien, 
nebst unterschiedlichen Recitativen aus Al- 
niira und Octavia (Compositions musicales, ou 
airs allemands et italiens entremêlés de récita- 
tifs des opéras Almira et Octavia), Hambourg, 
Zacharie llacrtcl, 1700, in-4» obl. 4" Diverti- 
nienti sercnissimi, consistant en difîérenlcs 
cantates, en duos cl airs avec clavecin, Ham- 
bourg, 1713, in-fol. 5» Soliloques choisis dans 
l'oratorio Jésus martyrisé, exécuté dans la 
semaine sainte des années 1712 et 1713, Ham- 
bourg, 1714, in-fol. G" iVusikalisch Landlust 
(Amusements musicaux de la cami»agne), can- 
tates avec basse continue pour le clavecin, 
Hambourg, 1714, in-4» o])l. 7» Kaiserliche 
Freidenpost (Messager impérial de la poste), 
composé de chants et duos avec instruments, 
llambourg, 1715, in-fol. 8» Pensées bien- 



KEISER - KKLLER 



heureuses de salut, airs, duos, chœurs cl r(';ci- 
tatifs tirés de l'oratorio Jésus martyrisé , 
Hambourg, 1715. Je crois que c'est une réim- 
pression, ou plutôt un changement de titre 
du recueil n° 5. 9» TPeinacItts-cantate fiir 
2 soprani, 2 violinen, viole iind Bass (Can- 
tate de Noël pour deux voix de soprano, deux 
violons, alto et basse, en partition), Hambourg 
(sans date), in-fol. 10» Airs de la Forza délia 
virtu (en allemand), Hambourg, 1701, in-fol. 
M. le docteur Lindner {voyez ce nom) a publié, 
comme deuxième volume de son livre I)ie 
erste Stehende deutscheOper{\es plus anciens 
Opéras allemands existants), neuf morceaux 
extraits des opéras de Keiser représentés de- 
puis 1700 jusqu'en 1734, en partition, avec 
des arrangements pour le piano, sous ce titre : 
9 Compositionen aus den Jahren 1700-1734, 
Ouverlure , 7 Opernarien und Duett von 
Reinhard Keiser, Berlin, Schlesinger, 1855. 
Le choix de ces morceaux est fait avec beau- 
coup de discernement: on y trouve l'ouverture 
de l'opéra de Jodelet, un air |)our conti-allo 
de la Forza délia virtu (die Macht der Tu- 
gend), un air de ténor et uu air de basse tirés 
de Pomone, un air pour soprano de VOr- 
pfietis , un ail' pour ténor de la Diana, et 
deux petits airs, également pour ténor, ex- 
traits de Circé, dernier opéra de ce grand 
artiste; enfin, un duo pour soprano et con- 
tralto tiré de la Diana. Tout cela offre le plus 
grand intérêt. On connaît aussi du même 
compositeur, en manuscrit : 1° Musique de 
clumbre, composée pour le roi de Danemark. 
2" Sérénade pour les noces du prince Othon- 
Louis (Reichardt en possédait la partition), 
ô" Jlottet pour soprano solo, deux violons, 
viole*et basse continue; Gerber en possédait la 
liarlition. 4» Sérénade sur le texte allemand 
Das um den Rang streitende Frieden- 
burg, etc., manuscrit daté de 172G. 

Il a été fait si i)eu de copies des opéras de 
Keiser, qu'ils sont devenus de la plus grande 
rare'é. Burney possédait les manuscrits ori- 
ginaux de ses opéras Iléraclius, Cloris, Ja- 
nus, Ariane et de l'oratorio Nabuchodonosor ; 
la valeur de ces piécieuses reliques était si peu 
connue en Angleterre, qu'à la vente de sa bi- 
bliothè(|ue, en 1814, la première parlition ne 
(ut vendue que 7 schcliings (8 fr. 75 c.) ; la 
deuxième, 2 sch. (2 fr. 50 c.); la troisième, le 
même i)rix; la quatrième, 7 sch., et l'oratorio, 
5 sch. 6 pence (0 fr. 77 c), tandis «ju'une col- 
lection de vieux madrigaux anglaisa été ])ayéc 
24 livres sierling (GOO francs). La Bibliothè(|uc 
royale de Berlin conscivc, hcureusemcnl, ks 



partitions des opéras : Adonis, Janus, la 
Forza délia virlu, Pomona, Orpheus, Oc- 
tavie, iMasaniello, Diana, Tomyris, Ulysse 
(de 1727), Jodelet et Claudius César. On 
trouve aussi dans 1^ même bibiiolliè<iue les 
partitions des ouvrages de Keiser dont voici 
les titres: 1" Oratorio de la Passion, composé 
en 1712 sur la poésie de B.-H. Brockes. 2" Un 
autre oratorio sur le même sujet, composé en 
1729, d'après le texte de saint Marc. ô« Le mo- 
tet Sanctus est Dominus (en sol majeur), 
pour quatre voix et instruments. A" Kyrie et 
Gloria (en /a mineur), à quatre voix et instru- 
ments. Je possède une ancienne copie de quel- 
ques airs et des chœurs de Basilius, d''Almira 
et de Lucrèce. 

RELLER (Henri-Michel), né à Nord- 
hausen, le 10 février 1038, eut pour maître 
d'orgue et de composition Bernard Meyer, or- 
ganisteà Zerbst. En 1G58, il obtint la place de 
chantre à Berga, quoi(iu'il ne fut âgé que de 
vingt ans. Quatre ans après, il fut nommé 
organiste à Frankenhausen, où il mourut, le 
20 mai 1710. Il a laissé en manuscrit des 
chorals variés pour l'orgue, que Wallher, bon 
juge en cette matière, estimait beaucoup. 

RELLEïl (Godepuoid), claveciniste dis- 
tingué, né en Allemagne, se fixa à Londres, 
vers le commencement du dix-huitième siècle. 
Il parait avoir joui en Angleterre d'une bril- 
lante renommée, car au titre d'un traité d'ac- 
co i,)dgnement publié après sa moi't, il est 
appelé The laie famous M. G. Keller. On 
connaît sous son nom : 1" 6 sonate a cinque, 
cioè 5 a 2 violini, tromba o oboe, viola e 
continuo, Londres, 1710, Amsterdam, Roger, 
in-fol. 2" 6 sonate a 2 flauti e basso continuo, 
Amsterdam, Roger. Cet ouvrage ne fut publié 
qu'après sa mort. 5° A complète Method of 
atlaining to a Iborougti-bass upon citlier 
organ, harpsichord, or Iheorbo-lule, by t/ie 
laie famous M. Godfrey Keller; with a va- 
riely of proper lessons and fugues, explain- 
ing tiie several rulcs IhroughoiU the wliotc 
work; and a scale for tuning the harpsi- 
chord or spinet ; ail tahen from his own co- 
pies, winch he did design to print (Méthode 
complète pour apprendre à accomiiagner la 
basse continue sur l'orgue, le clavecin, ou le 
liiéorbe-Iuth, par feu le <élèbre M. Godefroid 
Keller, etc.), Londres , John Cullen, 1707, 
in-4'' obi. Cette édition, remplie de fautes dans 
les exemples notés, est toute gravée. Il y en 
a une autre intitulée simi)lenicnt : Rules or 
a compleat Metliod for attaining to playing 
a thoroughbass, Londres (sans date), in-fol. 



KELLER 



pravée» Le travail de Kcllcr a él6 r(';imi>rimt' à 
la suite de la troisième édition du Traité des 
principes naturels de l'harmonie par Ilolder. 
Ce livre a pour titre : ^ Trealise ofthe natu- 
ral grounds and priuciplcs of harmony, by 
iniliam Holder. To which is added, by tcay 
of appendix, Rules for playing a thorovo- 
bass; with variety of proper lessons, fugues 
and examples to explain tkc said raies. Jlso 
directions for tuning an harpsichord or 
spinnet. By the late M. Godfrey Keller , 
London, by W. Pearson, 1731, in-8"de deux 
cent six pages. L'éditeur dit dans son avertis- 
sement que son intention en publiant les rè- 
gles de Keller a été de les purger des méprises 
et des erreurs occasionnées par l'ignorance de 
ceux qui avaient publié la première édition, et 
que ces fautes n'auraient point existé si l'au- 
teur eût vécu et eût corrigé lui-même les 
planches. Au reste, c'est une idée fort bizarre 
que de joindre deux ouvrages tels que celui de 
Holder et les règles de Keller, car l'objet des 
deux auteurs n'a point d'analogie. Les règles 
données par celui-ci sont suffisantes pour la 
pratique de l'accompagnement, mais les exem- 
ples sont écrits d'une manière incorrecte. 

KELLER (CiuntEs), flûtiste, musicien de 
la chambre du prince de Furstemberg, à Do- 
naucscbingen, est né à Dessau, le 16 octobre 
1784. Son père, Jean-Gotthilf Keller, y était 
musicien «le la chambre et organiste delà cour; 
mais il mourut trop tôt pour être l'instituteur 
de son fils. Celui-ci reçut son éducation dans la 
chapelle du prince. Parvenu à l'âge de puberté, 
il eut une belle voix de baryton qui lui sgggéra 
la pensée de s'engager au théâtre; mais l'aver- 
sion de la mère et de tousses parents pour la 
profession d'acteur, le fit renoncer à ce des- 
sein, et la nécessité lui fit choisir la flûte pour 
son instrument, quoiqu'il n'y eût pas d'artiste 
dans la musique du duc de Dessau qui pût lui 
servir de maître. Il était alors âgé de dix-huit 
ans; néanmoins, il fit de si rai)ides progrès 
par son zèle infatigable, qu'à l'âge de vingt 
ans il pouvait déjà être compté parmi les flû- 
tistes distingués. Il crut alors devoir voyager; 
sa première excursion fut à Leipsick et à 
Berlin. Ce fut dans cette dernière ville qu'il 
jeta les fondements de sa réputation. Reichardt 
ne larda point à discerner les qualités du 
jeune artiste; il le plaça dans la chapelle du 
roi de Prusse, et se lia avec lui d'une amitié 
qui fut durable. Après les événements de la 
guerre de Prusse, en 1806, Keller se rendit à 
Casscl où il fut placé comme flûtiste de la cha- 
l)elle, et employé comme maître de chant et de 



guitare à la cour deWestphalie. Il y passa sept 
années heureuses et y perfectionna son talent. 
Après la dissolution du royaume de Westpha- 
lie, il alla à Stutlgard et y obtint bientôt un 
emploi dans la chapelle; il n'y resta néan- 
moins que deux ans, ayant conçu le projet 
d'un voyage d'artiste qu'il exécuta dans les 
années 181 6 et 1817, en Allemagne, en Fiance, 
en Hollande et dans la Hongrie. C'est aussi de 
cette époque que «latent ses premières com- 
positions, et particulièrement ses chansons 
allemandes qui ont obtenu un succès d'en- 
thousiasme. Ses concertos pour la flûte ont 
été accueillis aussi avec l)€aucoup de faveur 
par les artistes. Keller venait de terminer son 
voyage à Vienne, lorsque Conradin Kreutzer 
lui proposa de le suivre comme flûtiste à la 
chapelle de Donaueschingen. Plus lard, il y a 
été chargé de la direction du théâtre, où il 
jouait lui-même quelquefois avec succès dans 
la comédie. Toutefois, il n'a point cessé de 
cultiver la musique comme artiste; le temps 
qui lui laissait l'exercice de ses fonctions, il 
l'employait à composer pour son instrument. 
En 1849, il obtint du prince sa pension et se 
retira à SchafThouse, où il est mort, le 19 juil- 
let 1855. Sa femme, née Guillelminc Meyer- 
haver, à Carisruhe, était attachée comme can- 
tatrice au théâtre de la cour de Donaues- 
chingen. Après avoir fait ses études musicales 
sous la diiection de Berger, de Lœhle et de 
madame Sossi, elle a brillé à Amsterdam, à La 
Haye et à Utrecht. On a publié de la com|)Osi- 
tion de Keller trois concertos pour flûte, Leip- 
sick, Peters ; Mayence, Scholt ; quatre grandes 
polonaises avec orchestre, op. 7, 13, 24, 54, 
Vienne, H.islinger ; Hambourg, Bœhnie ; 
Brunswick, Spehr; des divertissements ïrfe;/», 
op. 10 et 31; ibid.; des variations ideui, 
op. 3, 11, 14; OlTenbach, André; Hambourg, 
Bœhme; des pots-pourris, idem, op. 4 et 9; 
«6îd.; des solos pour flûte, op. 17; des duos 
pour deux flûtes, oeuvres 39, 40 et 48; une 
grande quantité de chansons à voix seule, avec 
accompagnement de piano, la plupart chez 
Peters, à Leipsick; enfin, six chants pour 
quatre voix d'hommes, op. 49. 

KELLEK (Max), organiste de mérite, na- 
quit en 1770, à Trostberg, bourgde la Bavière, 
où son père était garde forestier. Lorsqu'il eut 
atteint sa dixième année, il fut envoyé comme 
enfant de chœur à l'abbaye deSeeon, de l'ordre 
de Saint-Benoît. Il y continua ses études jus- 
qu'à l'âge de dix-huit ans, et reçut de son 
frère aîné, Joseph Keller, qui était organiste 
de ce monastère, des leçons d'orgue et d'har- 



KELLER — KELLNER 



9 



monie. Lorsque ce Trèrc quilla sa place pour 
une aulre position, elle fut donnée à Max Rel- 
ier, qui l'occupa pendant dix ans, faisant de 
temps en temps des voyai^es à Sal/bourg pour 
y perfectionner ses connaissances par les con- 
seils de Michel Haydn. De Seeon, il allaàBurg- 
liausen où il demeura trois ans, puis il futappelé 
à Altœttingen, comme organiste de la chapelle 
? du prince. Il y vivait encore en 1842, âgé de 
soixante-douze ans. Si cet artiste est encore vi- 
vant(18C0), il estâgé de quatre-vingt-dix ans. 
Il a publié un grand nombre d'oeuvres de mu- 
sique d'église, d'un usage général dans les prin- 
cipales localités de la Bavière. On y remarque: 
1" Des chants pour l'Avent à une ou deux voix 
avec orgue obligé, et deux violons, deux cors 
et contrebasse, ad libitum, en deux suites. 
Munich, Faller. 2» Sei>t litanies de la Vierge, 
à quatre voix et orgue, avec divers instru- 
ments ad libitum, op. 1, Augsbourg, Bœhme. 
3" Trois litanies allemandes à quatre voix et 
orgue, avec deux violons, deux cors, deux 
trompettes et contrebasse ad libitum. Munich, 
Sidler. ■*" Litanies à voix seule et orgue, avec 
deux violons, deux cors et contrebasse, ad li- 
bitum. Augsbourg, Bœhme. 5» Six messes 
allemandes à voix seule et orgue. Salzbourg, 
Dayle. 6" Messes allemandes pour une voix et 
orgue, avec une seconde et une troisième voix, 
deux violons, deux flûtes, deux clarinettes, 
deux cors, deux trompettes, timbales et basse 
ad libitum (en ut, en fa, en sol, en mi bémol, 
en la, et en ut), Munich, Faltep, et Passau, 
Pastel. 7° Trois messes latines pour les églises 
<ie la campagne, à trois voix et orgue, Munich, 
Falter. 8» Trois idem, à une voix et orgue, 
avec les autres voix et les instruments ad li- 
bitum, ibid. 1)° Recueil de chants pour toutes 
les fêtes de la Vierge, à deux voix et orgue 
(n"' 1 à 13), ibid. 10" Huit chants funèbres, 
pour une voix etorgue, Munich, Sidler. 11° Di- 
vers autres chants funèbres pour une, deux ou 
trois voix et orgue, avec instruments à vo- 
lonté, Salzbourg, Dayle, Munich, Sidler et 
Faller. 12" Préludes courts et faciles, cadences, 
versets et pièces diverses pour l'orgue, en dix 
suites, Munich, Faller. 13" Cent vingt cadences 
et préludes pour l'orgue, en deux volumes, 
Augsbourg, Bœhme. 

RELLEll (F.-A.-E.), ancien élève de l'éccle 
polytechnique et ingénieur hydrographe de la 
marine française, a inventé un pupitre méca- 
nique destiné à écrire les improvisations au 
piano, et auquel il a donné le nom de pupitre 
improvisateur. En 1835, il déposa au secré- 
tariat de rinslilul un paquet cacheté conte- 



nant les résullals de ses recherches à ce sujet : 
au mois de mai 183'J, il y déposa également 
l'instrument qu'il avait inventé pour atteindre 
le but qu'il se proposait. Ce pupitre, disposé 
pour être appliqué à tous les pianos, renfer- 
mait le mécanisme propre à noter les impro- 
visations. Un rapport favorable fut fait par la 
section de musique de l'Académie des beaux- 
arts, le 25 du même mois, tant sur l'instru- 
ment que sur une Méthode d improvisation 
musicale, théorique et pratique fondée sur 
les propriétés du pupitre improvisateur, par 
M. Keller. Paris, Schlesinger, 1839, un vol. 
in-8" de deux cent deux pages. A la suite de 
cet ouvrage se trouve le rapport de M. Halévy, 
membre de l'Académie, ainsi que la descrip- 
tion de l'instrument et de son application aux 
pianos de diverses formes. Cette invention n'a 
pas eu le succès que l'auteur s'en était promis. 
KELLEUMA]>IIV (C.-F.-A.), fadeur d'in- 
struments à clavier, à Nordhausen, a donné, 
dans la troisième année de la Gazette musi- 
cale de Leipsick (p. 757), une analyse d'un 
piano-viole ou à archet construit par lui. Il 
y critique la construction d'un instrument de 
ce genre fait par Rnellig {voyez ce nom). Des 
instruments de même esi)èce ont été construits 
par des procédés mécaniques plus ou moins 
analogues, plus ou moins ditrérents, depuis le 
commencement du dix-septième siècle. 

KELLISER (David), capitaine au service 
du roi de Suède, vécut dans la première partie 
du dix-huilième siècle. Jonas OEdman four- 
nit un renseignement sur ce musicien, dans sa 
dissertation historique De Musicd sacra gene- 
ratim,etEcclesixsueoqothicxspeciatim,Gic. 
(Lundini Gothorum, 1745, in-4", p. 3). J'y 
vois que David Rellner vivait encore à cette 
époque, qu'il était directeur de musique de 
l'église allemande à Stockholm, et qu'il a pu- 
blié son traité de la basse continue ainsi qu'un 
traité du droit public en langue suédoise et en 
allemand {De basso generali tam germanica 
quam sueogolhica lingua tractatum publici 
juris fecit prxfectus musicx ecclesiasticx ad 
templum teutonicum Stockholmense David 
Kellner, quod ab artis peritis in magno 
semper honore est habilum). Il s'est fait con- 
naître par un traité d'harmonie et d'accompa- 
gnement intitulé : Treulicher Unterricht im 
General-Bass, worinnen aile Weitlxuftig- 
keit vsrmieden, und dennoch gantz deutlich 
und umstxndlich vielerley neuerfundene 
Fortheile an die Hand gegeben werden, elc. 
( Instruction fidèle de la basse continue , 
dans laquelle toute sa vaslc étendue est 



10 



KELLNER 



explorée, etc.), Hambourg, 1732, in-4''. 
Une deuxième édition de cet ouvrage fut 
publiée en 1737; une troisième parut dans 
la même ville en 1743; on en renouvela 
le frontispice en 1745. Les autres éditions, 
qui ont été toutes publiées à Hambourg, 
sont de 1749, 1767, 1773, 1782, in-4», et 
1796, in-S». Ayant comparé les exemplaires 
des éditions de 1767 et 1773, je crois que ceux 
qui portent cette dernière date appartiennent 
à la cinquième édition (1767), et qu'on a sim- 
plement changé le frontispice. A la deuxième 
édition, Daniel Solander, professeur de droit à 
Upsal, a ajouté une préface qui a été repro- 
duite dans toutes les autres. Il est assez sin- 
gulier que David Kellner ayant écrit originai- 
rement son livre en suédois, un professeur de 
musique de Stockholm, nommé Miklins, ait 
fait une traduction suédoise du même ouvrage, 
d'après le texte allemand, et l'ait fait impri- 
mer dans cette ville, en 1782, avec une disser- 
tation sur le même sujet (voyez Svensktmu- 
sikaliskt Lexikon , de Charles Envallsson , 
p. 281). Il y a lieu de s'étonner qu'on ait tant 
multiplié les éditions du livre de Kellner, 
ouvrage médiocre et bien inférieur à d'autres 
du même genre, publiés en Allemagne, qui 
n'ont pas obtenu le même honneur. 

KELLIXER (Jean-Pierre), né le 24 sep- 
tembre 1705 à Grsefenrode, dans la Thuringe, 
apprit les éléments de la musique chez Nagel, 
alors cantor dans ce lieu. Le fils de ce maître 
lui donna ensuite des leçons de clavecin. 
Quand ce dernier fut appelé à Dielendorf pour 
y remplir les fonctions de cantor^ Kellner l'y 
suivit et prit encore de ses leçons pendant 
deux ans. Dans la suite, il se rendit à Zell 
chez l'organisle Schmidt, qui dirigea ses étu- 
des pendant une année; puis il alla à Suhia , 
où il étudia encore la composition chez Qnehl, 
excellent organiste de l'ancienne école. A l'âge 
<le dix-sept ans, il retourna chez son père, y 
demeura trois ans, puis fut nommé cantor à 
Frankenheim, et obtint enfin les places de 
cantor et d'organiste à Grœfenrode. Les bio- 
graphes allemands n'ont rien ajouté à la notice 
que cet habile artiste a donnée sur lui-même 
en 1754, dans le premier volume des Essais 
•le Marpurg (Histor. krit. Beytrxge ztir 
Jufnahme der Musik, t. I, p. 439-445); en 
sorte qu'on ignore l'époque de sa mort. Il a 
laissé un grand nombre de compositions 
parmi lesquelles on remarque : 1» Cerlamen 
musicum, consistant en préludes, fugues, al- 
lemandes, courantes, sara!)andes, gigues et 
menuets pour le clavecin, Arnsladt;, 1748-4'J, 



six suites in-fol. obi. â" Chorals variés pour 
l'orgue, à deux claviers et pédale. 3» Muni- 
pulus musices, suites de pièces pour le même 
instrument, Nuremberg, sans date, quatre ca- 
hiers. On a aussi de lui en manuscrit : 4» Le 
psaume Der Herr ist gut und fromen, à 
quatre voix, deux violons, alto, deux trom- 
pettes, un hautbois, un basson, timbales et 
orgue. 5» Une année complète de musique 
d'église à quatre voix, deux violons, alto et 
orgue. 6° Des cantates religieuses à quatre 
voix, instruments et orgue. 7" Un oratorio 
pour le vendredi saint, à quatre voix, deux 
violons, alto, un hautbois, un basson et orgue. 
Tous ces ouvrages se trouvaient au magasin 
de musique de Breitkopf, à Leipsick, en 1770. 
Kellner était un très-bon organiste qui avait 
étudié le style de Bach, et qui improvisait des 
fugues avec un rare talent. On rapporte 
qu'ayant vu entrer J. -S. Bach dans son église, 
il commença immédiatement une fugue sur le 
thème B, A, C, II, et la traita en maître. La 
Bibliothèque royale de Berlin possède en ma- 
nuscrit un recueil de chorals, trios à trois cla- 
viers et fugues pour l'orgue, de la composition 
de cet excellent artiste. 

RELLINER ( jEAN-CnnisTOPiiE) , fils du 
précédent, né à Grœfenrode le 16 août 1735, 
apprit de son père à jouer de l'orgue, et fit un 
cours de composition sous la direction de 
Georges Benda, à Gotha. Ses études terminées, 
il fut appelé à Cassel pour y remplir à la fois 
les fonctions d'organiste de la chapelle catho- 
lique de la cour, et de l'église luthérienne 
principale. Il est mort dans cette ville en 
1803. Comme organiste, comme compositeur 
et comme écrivain didactique, Kellner s'est 
fait une honorable réputation en Allemagne. 
On a de cet artiste : 1" Trois concertos pour le 
clavecin, op. 5, Offenbach, André, 2" Trois 
idem, op. 8, ibid. 3» Un grand idem, op. 11, 
ibid. 4° Trios pour clavecin, violon et violon- 
celle, op. 19, Leipsick. 5° Sonates pour clave- 
cin seul, op. 2 et 15, ibid. 6" Préludes de 
chorals pour orgue à deux claviers et pédale. 
Gotha. 7° Quatorze pièces d'orgue pour les 
commençants, op. 20, Brunswick, Spelir. 
8" Deux fugues à quatre mains pour l'orgue, 
Leipsick, Breitkopf et Ilsertel. 9" Deux finales 
pour l'orgue, Brunswick, Spehr. 10" Trente 
pièces d'orgue, contenant douze préludes 
courts, quatorze grands préludes pour des 
chorals, une fantaisie, une fugue, un quatuor 
pour deux personnes, avec pédale, et deux 
chorals en trios pour deux claviers et pédale, 
op. 17, première partie. Spire, Bossler, 1789, 



KELLNER 



it 



in fol. idem, deuxième partie, Darmstadt, 
179Ô. Kellner a aussi laissé en manuscrit plu- 
sieurs cantates et Passions pour Téglise, ainsi 
qu'une année complète <ie motets et de psau- 
mes à quatre voix, deux violons, alto, basse, 
<leux hautbois, deux bassons, deux cors, deux 
trompettes et orgue obligé. Ces morceaux 
étaient dans l'ancienne collection de Breit- 
kopf. Il a aussi écrit un opéra qui a été repré- 
senté à Cassel sous ce titre : Die Schnden- 
freude. Enfin, Kellner a publié un traité de 
musi(|uc intitulé : Grundriss des Général- 
basses, eine theoretisch-praktische Anleitunij 
fiir die ersten ylnfxnger entwurfen (Tableau 
de la basse continue, instiuction tliéoriciue et 
pratique pour les commençants), Cassel, 1785, 
in-4". Gerber dit que la septième édition de 
cet ouvrage, augmentée de quatorze mélodies 
de Ch.-Ph.-E. Bach, a paru chez Breilkopf et 
Ilaerlel, en 179G. 

RELLTS'ER (GEoncF.s-CHRisTOPiiE), littéra- 
teur et précepteur à Manheim,dans la dernière 
partie du dix-huitième siècle, mort au mois de 
septembre 1808, est auteur de plusieurs romans 
historiques, etdes ouvrages suivants, relatifs à 
la musique, publiés sous le voile de l'anonyme : 
1° Ueber die Characteristik der Tonarten 
(Sur la caractéristique des tons), Breslau, 1790. 
2" Neue Clavierschide fiir Jnfasnger (Nou- 
velle méthode de piano pour les commen- 
çants), Halle, sans date. 5» Amusements au 
piano avec chant; ce recueil a eu deux édi- 
tions. 4" Jdeen zu einer neuen Théorie der 
srha'ue Knnsten iiberliaupt nnd der Ton- 
liiinst insbesondere (Idées sur une nouvelle 
théorie des beaux-arts en général et de la 
musique en particulier), dans le Magasin alle- 
mand de Eggers, août 1800. Kellner était 
aussi organiste et a publié divers ouvrages 
pour l'orgue, parmi lescjucls on remarque un 
recueil contenant trois préludes ou conclu- 
sions, trois fugues et trois préludes de chorals 
intitulés : 3 For-oder IVuchspielc^ô Fugen, 
3 Choralvorspielen in Trio mit den Canto 
ferma, 14''0Euvre, Cassel; et trois fugues à 
<iuatre ninins pour l'orgue, Leipsick. 

KELLINEU (Jean-Sigismond), né dans un 
village de la Silésie, en 17G5, fut cantor et 
directeur de musi<iue h l'église Saint-Ber- 
nardin de Brcsiau. Il mourut dans celte posi- 
tion, le 13 novembre 1811. Plusieurs mor- 
ceaux de musique d'église de sa composition 
sont restés en manuscrit. 

liELLIMEil (Eiinest-Aucuste) , vraisem- 
blablement petit-fils de 7ean-67trts<op/)t', car 
son grand-père et son père étaient, dit on, de 



Graefenrode, village du duché de Saxe-Co- 
bourg-Gotha, naquit le 20 janvier 1792, à 
Windsor, où son père était violoniste de la 
musique particulière de la reine Charlotte- 
Sophie de Mecklembourg-Strelitz, femme de 
Georges III^ qui l'avait amené à sa suite en 
Angleterre. Il n'était âgé que de deux ans 
lorsqu'il commença l'étude du piano: à cinq, 
il joua un concerto deHaendel dans un concert 
donné au château de "Windsor, en présence de 
la famille royale. Le roi ayant remarqué le 
timbre de sa voix , le confia aux soins de Wil- 
liam Parson, maître de chant des princesses, 
pour qu'il lui enseignât les principes de la 
vocalisation, parce (ju'il avait le dessein de 
l'em|»loyer dans les concerts de musique clas- 
sique qui se donnaient alors, chaque soir, en 
présence du roi. A l'âge de huit ans, le petit 
Kellner fit son début vocal dans les concerts 
de la famille royale, et, dans la même séance, 
il étonna son auguste auditoire sur le piano. 
Lord Spencer, grand amateur de musique, le 
prit ensuite sous sa protection et le fit quel- 
quefois chanter avec mesdames Mara et Banti. 
En 1819, Kellner ayant atteint l'âge de 
vingt-trois ans, se rendit en Italie pour étudier 
l'art du chant sous d'habiles maîtres. Après 
un court séjour à Florence, il se rendit à Na- 
ples où il reçut des leçons de Nozzari, de Ca- 
sella et de Crescentini. Il voyagea ensuite dans 
la haute Italie et. y donna des concerts. 
Charmée de son talent, l'impératrice Marie- 
Louise, duchesse de Parme, lui accorda le 
titre de pianiste de sa musique particulière. 
Au mois de décembre 1820, Kellner retourna 
en Angleterre et y liladmiier son double talent 
de chanteur et de pianiste : sa voix de baryton 
avait acquis le plus beau timbre. Il fit à celte 
époque une tournée de concerts avec la célèbre 
cantatrice madame Calalani. Ajtpelé à Venise, 
en 1824, il débuta au théâtre de la Fenice^ 
pendant la saison du carnaval et y chanta, le 
l*'' janvier 1825, dans le Mosè, de Rossini, 
avec la Méric-Lalande et Davide. Il se rendit 
ensuite à Bologne et y fut nommé membre de 
TAcadémie des Philharmoniques. En 1828, il 
partit pour Saint-Pélersb^urg, où il obtint de 
Inillants succès comme pianiste et comme 
chanteur. L'impératrice le faisait souvent ap- 
peler pour lui entendre chanter des airs écos- 
sais. En 1833, il s'arrêta quelque temps à 
Paris, et, dans l'année suivante, il retourna à 
Londres où il fut nemmé organiste de la cha- 
pelle de Bavière, où se faisait le service reli- 
gieux pour tons les allemands catholiques qui 
se trouvaient à Londres. Une maladie aiguO 



19 



KELLNER - KELWAY 



l'enleva, le 18 juillet 1839, à l'âge de quarante- 
sept ans. Il laissait en manuscrit plusieurs 
compositions au nombre desquelles était un 
drame intitulé : Poland (la Pologne). On a pu- 
blié à Londres une notice nécrologique sur cet 
artiste, sous ce titre : Case of precocious 
musical Talent, being a notice of the late 
Ernest- August Kellner, maestro, Academico 
Filarmonico di Bologna, Pianist to her 
Majesty Maria-Louisa Arch-Duchess and 
Duchess of Parma etc., etc., late Maestro di 
Capella to the Bavarian Embassady, Lon- 
don, 1839, with some Phrenological Remarks 
on bis Head and Character, by Richard Cull, 
in-8». 

KELLI\ER (Gustate), pianiste et compo- 
sitejir, né, en 1809, à Weida, dans le grand- 
duché de Saxe-Weimar, fut pendant quelques 
années directeur de musique au théâtre de 
Potsdam. En 1838 , il s'établit à Weimar, 
comme professeur de piano. Il est mort dans 
sa ville natale, le 24 février 1849, avant 
d'avoir accompli sa quarantième année. Cet 
artiste a fait jouer à Potsdam deux petits 
opéras dont les titres ne sont plus connus. On 
a aussi de lui des sonates et fantaisies pour le 
piano, des Lieder, et des chants à quatre voix 
d'hommes. 

RELLY (Michel), né, en 1764, à Dublin, 
où son père était marchand de vin, montra fort 
jeune d'heureuses dispositions pour la mu- 
sique, et reçut une éducation toute conforme à 
ses goûts. Ayant à peine atteint sa onzième 
année, il jouait déjà sur le piano les sonates 
les plus ditTiciles de son temps. Rauzzini, qui 
était alors fixé à Dublin, lui donna quelques 
leçons de chant, et conseilla à son père de 
l'envoyer à Naples. Il partit en effet pour cette 
ville à l'âge de seize ans, avec des lettres de 
recommandation pour l'ambassadeur anglais, 
sir Hamilton, qui le fit entrer comme élève au 
Conservatoire de Loreto. Il y reçut des leçons 
de Fenaroli pouf le chant et l'accompagne- 
ment. Quelque temps après, il fit la connais- 
sance d'Aprile, alors le meilleur maître de 
chant dp Naples ; cet artiste célèbre, qui avait 
alors un engagement pour Palerme, offrit à 
Kelly de l'emmener avec lui, pour en faire 
gratuitement son élève. Une pareille proposi- 
tion ne pouvait qu'être acceptée avec recon- 
naissance. Pendant toute la durée de l'enga- 
gement d'Aprile à Palerme, Kelly reçut ses 
leçons, puis il alla débuter à Livourne et à 
Florence, comme premier ténor. Les succès 
qu'il y obtint le firent appeler à Venise et 
lans les villes les plus importantes de l'Italie. 



Il fut ensuite engagé à Vienne, où l'empe- 
reur Joseph II l'accueillit avec bienveillance. 
C'est pour lui que Mozart écrivit le rôle de 
Basilio dans les Noces de Figaro. Ayant 
obtenu un congé de l'empereur pour aller 
voir son père, il partit avec la cantatrice 
Storace, et arriva à Londres dans les pre- 
miers jours de 1787. Au mois d'avril de la 
même année, il débuta au théâtre de Drury- 
Lane dans l'opéra anglais Lionel and C'ia- 
rissa; depuis lors il fut attaché à ce théâtre, 
comme premier ténor, jusqu'au moment où il 
quitta la scène, à l'exception du temps où il 
chanta dans l'Opéra italien à Haymarket. 
Après avoir cessé de paraître sur la scène, il 
remplit, pendant quelques années, les fonc- 
tionn de directeur de musique, à Drury-Lane, 
puis dirigea l'Opéra italien jusqu'à sa mort, 
arrivée à Margate, le 9 octobre 1826 Pendant 
plusieurs années, il chanta dans les anciens 
concerts du roi, à Westminster. 

Kelly n'avait publié que des airs italiens, 
des duos et des chansons anglaises, lors- 
que en 1797, à l'âge de trente-trois ans, il 
écrivit son premier opéra, à la manière des 
compositeurs anglais, qui empruntent souvent 
une partie de leurs productions dramatiques 
à des partitions étrangères. Il montra dans 
cette nouvelle carrière une grande fécondité, 
car, dans l'espace de vingt-deux ans, il a écrit 
soixante ouvrages, dont on trouve les titres 
dans le livre qui a pour titre : Musical Bio- 
graphy, Londres, 1814, deux vol. in-8°, et 
dans le Dictionary of Musicians, Lon- 
dres, 1824, deux vol. in-8". A l'exception de 
quelques airs, rien de tout cela n'a été publié, 
et toute la musique de Kelly est maintenant 
plongée dans l'oubli en Angleterre, où seule- 
ment elle a été connue. Après la mort de cet 
artiste, on a trouvé dans ses papiers des mé- 
moires sur sa via, et surtout sur l'Opéra italien 
et l'Opéra anglais de Londies, qui ont été im- 
primés sous ce titre : Réminiscences of the 
King's Théâtre and Théâtre Royal Drury 
Lane, including a period of nearly half a 
century, with original anecdotes of many 
distinguished persans, political, literary 
and musical (Souvenirs du théâtres du Roi et 
de celui de Drury-Lane, renfermant une pé- 
riode de près d'un demi-siècle, avec des anec- 
dotes originales sur beaucoup de personnes 
distinguées dans la politique, la littérature et 
la musique), Londres, Colburn, 1826, deux 
volumes in-8". 

KELWAY (Joseph) , organiste à l'église 
Saint-3Iartin, de Londres, avait appris l'har- 



KELWAY — KEMBLE 



iS 



monie et la basse continue par les leçons de 
Geminiani. II vécut vers le milieu du dix- 
huitième siècle. Improvisateur assez original, 
il eut quelquefois l'honneur de voir Hœndel 
venir l'écouter dans son église; mais lorsqu'il 
écrivait, il était froid, sec et ne savait pas ar- 
ranger ses idées. Il n'aurait vraisemblable- 
ment rien publié , si Jean-Ch|étien Bach 
n'était allé en Angleterre avec le titre de 
maître de musique de la reine, et n'avait fait 
paraître, peu de temps après son arrivée, un 
œuvre de sonates; Relway, qui était maître de 
musique du roi, crut qu'il était de son hon- 
neur d'avoir aussi des sonates imprimées, et il 
en donna un oeuvre ; mais celle fantaisie de sa 
vanité lui fut plus préjudiciable qu'utile, car 
ses sonates ne valaient rien, et leur publica- 
tion nuisit à sa réputation de bon organiste. 
Comme claveciniste, Relway brillait par la 
netteté de son jeu et l'agilité de ses doigts 
dans les pièces les plus dilTiciles de Scarlatti, 
qu'il jouait ordinairement d'un mouvement 
fort rapide. 

KELZ (Mathieu), né à Baulzen, en Silésie, 
au commencement du dix-septième siècle, 
apprit la com|>osition en Italie, et alla en 
1G20 à Stargard, pour y occuper le poste de 
cantnr. Dans la suite, il fut |tlacé à Sorau en 
la même qualité, et y resta jusqu'à sa mort, 
dont l'époque est ignorée. Ce musicien est 
connu comme compositeur et comme théori- 
cien. Parmi ses écrits didactiques, Matheson 
cite un Isagoge musicx, mais sans indiquer 
le lieu ni la date de l'édition (Grundl. einer 
Elirenpforle, p. 273). Ce livre était déjà de- 
venu si rare du temps de Printz, qu'il n'avait 
pu se le procurer qu'en le copiant de sa main. 
Cet historien de la musique parle aussi d'un 
traité DeArte componenti {ffistor. Beschreib. 
der edlen Musik, p. 137) qu'il possédait alors, 
3t qui fut brûlé en 1684. J'ignore si cet ou- 
vrage est le même que celui qui est annoncé 
dans le catalogue de Francfort de 1008, sous ce 
titre : Ars Methodica et fnndamentalis prx- 
cepta et documenta tradens harmonica, 
certa, «xquisita , instrumenta musicalia , 
cum primis verso chelim ucutam, dextre , 
pcrfecte, ingeniose suaviterque , etc., in-4". 
Les (Puvres de musique pratique composés par 
Kelz sont : 1» Operetla nuova, oder evange- 
hscheSonntags-Spruche,vonAdvent bis Pal- 
marum, aufeine leichtc,doch reine Italixn- 
yUlanellische wie auch Dialogen- Manier 
von 3 Slimmen gesetzt ( Nouveaux i)etits 
ouvrages, ou chanls évangéliques pour tous 
les dimanches, depuis r.Vvent jns(ji!'au di- 



manche des Rameaux, etc., à trois voix), 
Leipsick, 1036. 2° Primitif Musicales, oder 
Concentus novi harmonici ^ ans Sonaten, 
Intraden, Mascaraden , Baletten , Alle- 
Tnanden , Gagliarden, Arien, f'ollen, Sere- 
naten, und Surabanden fiir'2 f'iolinen, Jjù;ss 
und Generalbass bestehend (Prémices musi- 
cales, ou nouveaux concerts harmoni<iues, con- 
sistanten sonates, entrées, mascarades, ballets, 
allemandes, galiardes, voiles, sérénades et 
sarabandes, pour deux violons, basse et basse 
continue), Ulm, 1058, in-4". 3" Exercitalio- 
num Musicarum a violino et viola da gamba 
semi-centuria, Augsbourg, 1669, in-folio. 

KELZ (Jean-Frédéric), né à Berlin, le 
1 1 avril 1780, s'est fait connaître, depuis 1815, 
I»ar un grand nombre de compositions faciles 
de tout genre. Dans sa jeunesse, il fut envoyé 
chez le musicien de ville Fuchs, pour ap- 
prendre à jouer de tous les instruments; mais 
le violoncelle fut celui qu'il cultiva de préfé- 
rence. En 1801, il se rendit àOEIs, en Silésie, et 
entra au service du duc Frédéric-Auguste de 
Brunswick-OEls, en qualité de violoncelliste. 
Après la mort de ce seigneur, il retourna dans 
sa ville natale, et fut admis, en 1811, dans la 
iTiusique de la chambre du roi. Les biographes 
allemands disent qu'il reçut alors des conseils 
de Duport; mais c'est une erreur; car à celte 
épo(|ue Duport n'était plus à Berlin. Relz a 
écrit des symphonies burlesques dans le genre 
de celle de Haydn, pour deux violons, basse, 
coucou, petite trompette et autres jouets d'en- 
fants, Berlin, Schlesinger; quintelle pour 
deux violons, deux violes et basse, op. 102, 
Berlin, Trautwein; introduction el fugue sur 
le nom de Fesca, pour deux violons, alto et 
basse, op. 108, ibid.; des solos, des caprices 
et des variations pour violon, violoncelle; un 
quintette pour flûte, deux violons, alto et 
basse, op. 79, ibid. ;des bagatelles pour divers 
autres instruments; des sonates pour piano; des 
psaumes, des chanls pour voix d'homme, etc. 
Tout cela est de peu de valeur. Un de ses 
meilleurs ouvrages consiste en fugues pour des 
instruments à cordes. Au reste, sa production 
était troi» rapide pour qu'il pût y mettre les 
soins nécessaires, car ses ouvrages sont au 
nombre d'environ trois cents. 

KEMBLE (Adélaïde), marquise deCAZA 
BARGUILLEU Y S AIlTORIO,cantatrice 
dramatique et de concert, est née a Londres, 
en 1814. Fille du célèbre comédien anglais 
Charles Remble, elle fut destinée au thé.itrc 
dès son enfance, et reçut de son père et d'un 
l)on niailic de chant une éducation analogue à 



a 



KEMBLE - KEMPIS 



celle carrière. En 1831, ayant à peine ac- 
compli sa seizième année, elle débuta, dans 
des arrangements d'opéras anglais, au théâtre 
de Covent-Garden, dont son père était direc- 
teur. Sa voix était belle, sa vocalisation facile 
et sa beauté rappelait son origine; car Charles 
Kemble était un des plus beaux hommes de 
l'Angleterre. Le succès de miss Kemble fut dé- 
cidé tout d'abord. Engagée ensuite au théâtre 
de Drury-Lane, elle y chanta pendant deux 
ans, puis donna des concerts dans les villes de 
province et partout se fit applaudir. En 18ôG, 
elle fit un voyage en Allemagne, brilla à 
Prague pendant deux saisons, et, deux après, 
chanta dans quelques concerts à Paris. Arrivée 
en Italie au commencement de 1839, elle 
chanta, dans la même année, au théâtre de la 
Scala de Milan, à la Fenice de Venise et à 
Trieste. En 1840, elle fut engagée au théâtre 
de Mantoue, puis elle se rendit à Naples, où 
elle chanta avec succès pendant le carnaval de 
1841. Rappelée en Angleterre pour y tenir 
l'emploi de prima dorina de l'opéra anglais, 
au commencement de 1842, elle partit ensuite 
I)our Dublin. Ce fut là qu'elle inspira un amour 
passionné à un gentilhomme espagnol de 
grande maison , qui jouissait d'une fortune 
très-considérable, et qu'elle devint marquise 
de Caza Barguiller y Sartorio. Le dernier 
concert où elle chanta fut donné à Dublin, le 
1 1 juillet 1842 : depuis lors, elle a disparu du 
inonde musical. 

REMMLEIN (GEORCES-MicnEL) , né en 
1785, à Dingsleben, entre Cobourg et Mei- 
iiingen, apprit les éléments de la musiqne, 
sous la direction de son père, instituteur de 
l'endroit et organiste habile. Dès l'âge de huit 
qns, il pouvait déjà remplacer celui-ci à l'or- 
gue de la paroisse. Dans sa treizième année, 
il alla faire ses études au Gymnase de Schleu- 
singen : Staep, cantor de cette ville, l'initia à 
l9 théorie de la musique. En 1806, Kemmiein 
alla étudier la théologie à l'Université de Jéna; 
il y continua ses exercices de musique, et de- 
vint un pianiste distingué. Après avoiiété pré- 
cepteur pendant trois ans chez un riche ama- 
teur de musique à Lodersieben, près de 
Querfurth, il est retourné à Jéna en 1812, en 
qualité de cantor et de professeur de l'École 
moyenne. Plusieurs sociétés de chant l'ont 
choisi depuis lors pour les diriger. Quoique 
Kemmlsin ait beaucoup écrit de musique, on 
n'a publié qu'un petit nombre de ses com- 
positions religieuses, telles que cantates, 
hymnes, etc. , dans les archives de Kalbilz 
(foi/ejce nom). 



KEMPE (EMMAîiDEt-BENJAiiiiN), autcup in- 
connu d'une dissertation intitulée : Commen- 
tatio de sacri Musicx prxfectis apud veteres 
Mebr^os, Dresde, 1737, in-4''. 

KEMPELEN (WoLFGANG DE), conseiller 
de la cour royale et impériale, et référendaire à 
la chancellerie de la cour royale de Hongrie, 
à Vienne, naquit à Presbourg, en 1729. On 
lui doit l'invention d'une machine parlante 
(Sprachmaschine) fort ingénieuse, dont il a 
donné la description dans un écrit intitulé : 
Mechanismus der menschlichen Sprache, 
nebst der Beschreibung einer spreclienden 
Maschine (Le mécanisme de la parole, suivi 
de la description d'une machine parlante), 
Vienne, 1791, grand in-S», avec vingt-sept 
planches. Chiadni assure que cette machine est 
fort simple et que chaque son y est exactement 
rendu sans supercherie. M. de Remjjelen est 
mort à Vienne, dans le mois d'avril 1804. 

KEMPIS (Thomas A), ainsi nommé parce 
qu'il était de Kempen, petite ville du duché 
de Clèves (aujourd'hui Prusse rhénane), avait 
pour nom de famille Hamerlein. Il naquit 
vers 1380, fut sous-prieur du monastère de 
Mont-Sainte-Agnès, au diocèse d'Utrecht, où 
il avait prononcé ses vœux, en 1407, et mourut, 
en 1471, à l'âge de plus de quatre-vingt dix 
ans. La plus grande partie de l'existence de ce 
pieux solitaire se passa, dans le calme du 
cloître, à copier des manuscrits, parce qu'il 
possédait un talent de calligraphie très-remar- 
quable. On lui a attribué la composition du 
livre célèbre de V Imitation de Jesus-Christ, 
que d'autres ont considéré comme l'ouvrage 
du savant Gerson. Les partisans d'A Kemi)is 
ont pour argument principal en sa faveur 
l'existence d'un manuscrit de sa main con- 
tenant Vlmilation, lequel est daté de 1441, 
et renferme beaycoui) de ratures qui pré- 
sentent des variétés de leçons. Ce manuscrit 
est aujourd'hui dans la Bibliothèque royale de 
Bruxelles. Ses adversaires lui opposent des 
manuscrits plus anciens, lesquels contiennent 
de meilleures leçons. Les uns reconnaissent de 
nombreux gallicismes dans le latin de l'ou- 
viage original, tandis que Mgr Malou, évéque 
de Bruges et auteur d'une dissertation sur ce 
sujet, voit des flandricismes dans le texte. Il 
n'appartient pas à notre sujet d'entrer dans 
celle discussion : Thomas à Kempis n'est cilé 
ici que pour des chants liturgiques que M.E.dc 
Coussemaker lui a attribués, et qu'il a publiés 
dans le Messager des sciences historiques de 
la Belgique (Gand, 185G). Le manuscrit de 
la maiu de Kempis d'où il les a tirés, et qui 



I 



KEMPIS ~ KENNIS 



renferme plusieurs ouvrages, appartient à la 
, Bibliothèque royale de Bruxelles, et s'y trouve 
sous les numéros 4585, 4586 et 4587. 11 est 
daté de l'année 1461. Bien qu'à la dernière 
page on lise : fînitus et scriptus per manus 
fratn's Thome Kempis, il ne paraît pas dé- 
montré qu'il soit l'auleur de ces chants. Occupé 
presque incessament des copies de manuscrits, 
« Thomas, dit M. De Gence, dans sa notice 
« sur ce moine laborieux, copia aussi plusieurs 
t> livres de chant (cantuales), qu'on a dési- 
« gnés comme des canti(|ues dans la liste de 
« ses ouvrages donnée d'après les chanoines 
« réguliers de Bobdorf. » Il se peut que les 
chan(s publiés par M. de Coussemaker ne soient 
aussi qu'une transcription. Quoi qu'il en soit, 
la i)ublication de ces fragments accompagnés 
d'une notice a pour titre : Chants liturgiques 
de Thomas à Kempis. Il en a été tiré quelques 
exemplaires à part (Gand, 1856, in-8" de vingt 
pages), avec les fac-similé des trois chants, 
d'après le manuscrit, en notation allemande 
gothique des quatorzième et quinzième siècles, 
et de leur traduction en notation de plain- 
chant ordinaire. 

KEMPTEK (Charles), compositeur de 
musique d'église, né en Bavière, était, en 1842, 
maître de chapelle d'une des églises d'Augs- 
bourg. Je n'ai pas d'autres renseignements sur 
cet artiste, que les biographes allemands les 
plus récents ne mentionnent pas. Ses ouvrages 
les i)lus connus sont ceux-ci : 1" Messe alle- 
mande pour soprano, contralto, ténor et basse; 
avec orgue ol)ligé, violoncelle et contrebasse, 
op. 8, Augsbourg, Schmidt. 2" Messe latine 
(en ré) à quatre voix, orchestre et orgue, 
op. 9, Augsbourg, Bœhm. 5° Messe solennelle 
(en si bémol), à quatre voix, orchestre et orgue 
op. 11, ibid. 4" Missa sancla pour soprano 
et contralto, deux violons, alto, contrebasse 
et orgue obligés, ténor, basse, flùte, deux 
clarinettes, deux cors, deux trompettes et tim- 
bales ad libitum, op. 13, ibid. 5° Seconde 
Messe solennelle (en fa) à quatre voix et or- 
chestre, op. 17, ibid. 6» Messe pastorale à 
quatre voix et orchestre, op 24, ibid. 7° Tan- 
tum Ergo, Salve Regina, Graduel et Offer- 
toire, à quatre voix, deux violons, alto, basse 
et orgue obligés, fliite, deux clarinettes et deux 
cors ad libitum., ibid. M. Rempter a publié 
aussi quelques pièces |iour le piano, à Offen- 
bach, chez André. 

Kîi]>DALL (Jeas), organiste de l'église 
Sainlé-Mary-le-Bone, à Londres, dans la se- 
conde moitié du dix huitième siècle, a publié, 
en 1780, un livre de pièces d'orgue. 



RENN (P.), professeur de cor, né en 
Allemagne, vers le milieu du dix-huitième 
siècle, se rendit à Paris, en 1782, et entra 
l'année suivante à l'Opéra, pour y jouer la 
partie de second cor. Lorsque la musique delà 
garde nationale de Paris futorganisée,en 1791, 
Renn y entra comme beaucoup d'autres artistes 
distingués, et à ce titre, il fut compris dans le 
nombre des professeurs du Conservatoire de 
Paris, à l'époque où cette école fut instituée; 
mais une réforme considérable de ces profes- 
seurs ayant été faite, en 1802, MM. Domnich 
et Frédéric Duvernoy furent seuls conservés 
pour l'enseignement du cor, et Renn reçut sa 
démission. Vers la fin de 1808, il se retira de 
l'orchestre de l'Opéra avec une pension, et il 
eut poursuccesseurson élèveM. Uauprat. Renn 
a été un des meilleurs cors-basses qu'il y ait eu 
en France. Il a publié : 1° Duos mêlés d'airs 
pour deux cors, op. 1, Paris, Sieber. 2» Recueil 
de petits airs pour deux cors, op. 2, Paris, 
fllichel Ozy. 3" Recueil d'airs arrangés pour 
trois cors, ibid. 4° Trente-six trios pour troia 
cors en mi bémol, ibid. 5" Douze duos pour 
clarinette et cor, op. 5, Paris, Sieber. 

KEl>i]>iIS(GuiLLAUME-GoiuMAiRF.), violoniste 
distingué, compositeur et maître de chapelle, 
naquit à Lierre (Belgique), vers 1720, ou même 
l)lus tôt, car il existe à l'église Notre-Dame, 
d'Anvers, un motet de sa composition pour 
le dimanche des Rameaux, à quatre voix et 
orgue, lequel est daté de 1743. On ignore le 
nom du maître qui l'a dirigé dans ses étude» 
musicales; il y a lieu de croire que ce futijucl- 
que musicien obscur du lieu de sa naissance, 
et que, prédestiné pour l'art, il ne dut qu'à 
lui-même le développement de ses talents;., 
car il ne parait pas s'être éloigné de cette ville,, 
y ayant occupé fort jeune la place de maître de 
chapelle de l'église de Saint-Gonimaire. Vers. 
1768, il abandonna cette position pour celle de- 
maître de chapelle et des enfants de chœur 
de la grande collégiale de Saint-Pierre, à 
Louvain. Il en remplit les fonctions avec zèle 
et talent jusqu'à ses derniers jouis, et mourut 
dans cette ville, le 10 mai 1789. Rennis était 
considéré ajuste titre comme le violoniste le 
plus habile de la Belgique, particulièrement 
dans les traits difficiles pour le doigter de la 
main gauche (1). L'impératrice Marie-Thérèse, 

(t) L'historien de la musique Burney>qui visita Lou- 
vain, en 1772, mais ne s'y arrêta que le temps nécessaire 
pour y prendre des noies i la liàte, dit cependant de 
Kennis : « M. Kennis est le plus cctébre violoniste non- 
<i seulement de Louvain, mais de tout le pays. Les soios- 
« qu'il écrit pour son instrument, ainsi que son exc- 
« talion, oITrcnl des traits si' dilTiciles, qu'aucun auire- 



i6 



KENNIS - KEPLER 



après l'avoir entendu, lui témoigna sa satis- 
faction par le don d'un des plus beaux violons 
connus de Steiner. Cet instrument avait été fait 
par le célèbre luthier pour la famille impé- 
riale. Il est vraisemblable que Kennis voyagea 
et visita Paris et Londres, car la plupart de ses 
ouvrages furent imprimés dans ces deux villes ; 
cependant, on ne trouve pas, soit dans les 
journaux, soit dans les almanachs de musique, 
l'indication de concerts spirituels où il se serait 
fait entendre. Ses productions connues sont 
celles-ci : 1" Six sonates pour violon seul et 
basse continue (pour le clavecin), Liège, gr. 
in-fol. (sans date). 2» Six trios, dont quatre 
pour violon, violoncelle et basse, et deux pour 
deux violoncelles et basse, Paris, Le Menu. 
3" Six duos pour violon et violoncelle, Paris, 
Cousineau. 4" Six sonates pour violon et basse 
continue, Louvain, Wyberechts. 6° Six qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, Lon- 
dres, Mondhare. G* Six duos pour deux vio- 
lons, Londres, BJand. 7° Douze symphonies 
pour l'orchestre. 8" Premier, deuxième et 
troisième concertos pour violon et orchestre, 
Paris, Bailleux. O"» Motet (//^c dies quam fecit 
Dominus), pour quatre voix et orchestre. 
10" Le motet indiqué ci-dessus. 

KENNIS (Guillaume-Jean-Jacqces), fils 
du précédent, né à Louvain, le 21 mai 1768, 
fat élève de son père et lui succéda en qualité 
de maître de chapelle de l'ancienne collégiale 
de Saint-Pierre. La clôture des églises, pen- 
dant les troubles révolutionnaires, détermina 
cet artiste à se fixer à Anvers et à s'y livrer à 
l'enseignement; mais après le retour au culte, 
par suite du concordat avec le gouvernement 
français, Kennis fut appelé, eu 1803, à la place 
de maître de chapelle de l'église Notre-Dame 
de cette ville, et fut chargé d'en réorganiser la 
musique. II s'acquitta de cette mission avec 
plus de zèle que de talent. Quoiqu'il n'ait rien 
composé, il travaillait sans cesse à des arran- 
gements (ou plutôt dérangements) des œuvres 
des grands maîtres, auxquels il ajoutait ou 
ôtait des instruments, selon les besoins de sa 

« violoniste belge ne pourrait les rendre. Cependant, 
n M. Sclieppers, carillonneur de la «ille, piqué de la 
« haute réputation de M. Kennis, a fait récemment la 
M gageure de jouer sur ses cloches un des solos les plut 
« difficiles de cet artiste, et de s'en acquitter à la satis- 
•> faction des juges qui seraient désignés pour en décider. 
« Non-seulement il gagna son pnri, mais son succès 
« augmenta beaucoup In réputation dont il jouissait 
« dans les l'ays-Bas. « (The présent slale of JUutie in 
Certnany, the Nelherlandi, etc., t. I, p. C2). Burney s'est 
irompë sur le nom du carillonneur qui fit ce tour de 
force : il se nommait AJatlliias Van tien (jheyH (voj'Cl 
(C nom). 



chapelle. Il passait à Anvers pour un savant 
compositeur; mais, au fond, c'était un musicien 
médiocre. Il est mort à Anvers, au mois 
d'avril 1845. Sa collection de masique d'église 
fut achetée, après son décès, par le conseil de 
fabrique de l'église Notre-Dame. 

KEÎNT (Jacques), né à Winchester , le 
13 mars 1700, fut admis comme enfant de 
chœur à l'église cathédrale, et y apprit les élé- 
ments de la musique, sous la direction de l'or- 
ganiste Vaughan-Richardson; puis il passa en 
la même qualité dans la chapelle royale. Là, il 
termina ses études par les leçons du docteur 
Croft. La première place qu'il occupa fut celle 
d'organiste de l'église de Findon, dans le 
Northamptonshire; nommé ensuite organiste 
de la chapelle du collège de la Trinité à Cam- 
bridge, il y resta jusqu'en 1737; à celte 
époque il obtint l'orgue de l'église cathédrale 
et de la chapelle du collège à Winchester. Il 
conserva cette position pendant quarante ans, 
et mourut vers la fin de 1776. Admirateur du 
talent et du style de son maître, le docteur 
Croft, il l'a souvent copié servilement dans sa 
musique d'église; mais il attachait si peu de 
prix à ses propres ouvrages, que ses amis 
n'obtinrent pas sans peine qu'il publiât, peu 
de temps avant sa mort, un livre de douze an- 
tiennes à quatre voix, en partition. Plus tard, 
Corfe, organiste à Salisbury, publia un second 
volume des œuvres de Kent, contenant des 
services du matin et du soir, avec huit an- 
tiennes à quatre voix. Quelques antiennes de 
sa composition ont été insérées dans la collec- 
tion de Boyce intitulée : Cathedral tnusic, et 
dans VHarmonia sacra de Page. 

KEPLER (Jean), illustre auteur de la 
découverte des lois mathématiques du mouve- 
ment des planètes qui a immortalisé son nom, 
naquit le 27 décembre 1571, à Weil, dans le 
duché de Wurtemberg, d'une famille noble 
tombée dans l'indigence. Admis dans un cou- 
vent pour y commencer ses études, il alla les 
terminer à Tubinge. En 1594, il fut appelé à 
Grsetz pour y remplir la place de professeur de 
mathématiques ; cette circonstance décida de 
sa vie, car dès lors toutes ses vues se tournè- 
rent vers l'astronomie qui allait en quelque 
sorte changer entre ses mains de direction et 
d'objet. Ce n'est point ici le lieu d'examiner la 
nature des travaux de ce grand homme, ni 
l'influence qu'ils ont exercée sur la science : 
il n'est question de lui dans ce dictionnaire 
que pour un ouvrage dont il sera parlé tout à 
l'heure. Kepler vécut dans l'indigence; pour 
lui, ce n'était point un mal. Riche de ses 



KEPLER - KERL 



n 



snblinres découvertes, il n'éprouvait de besoin 
que pour sa famille; mais les piivalions de 
sa femme et de ses enfants décliiraient son 
cœur. Ses écrits, lus seulement par un petit 
nombre de savants qui n'en comprenaient 
point alors la portée, ne produisaient rien 
pour son bien-être. Sa fin fut aussi triste que 
l'avait été sa vie. H était allé à Ralisbonne 
pour solliciter le payement d'une somme qui 
lui était due ;ol)ligé défaire la route à cbevàl, il 
arriva dans cette ville, malade, excédé de fa- 
tigue et rongé d'inquiétude; six jours api'ès 
(le 15 novembre KjôO), il expira dans un âge 
peu avancé, laissant dans une profonde misère 
sa femme et quatre enfants. 

Les idées des pythagoriciens sur les rapports 
des nombres et des proportions appliqués à la 
constilulion de l'univers paraissent avoir été 
le point de départ de cet homme célèbre : 
elles furent à la fois la source des vérités qu'il 
«iéconvril et des erreurs où il se laissa cntrai- 
iver. Ce furent ces mêmes idées qui lui inspi- 
i-èrent le plan d'un livre dont le sujet avait été 
déjà traité par Robert Fludd, mais avec toutes 
les extravagances qui pouvaient naitre dans le 
cerveau d'un tel illuminé. Le litre complet de ce 
livre célèbre est : Harmonices IHundi libri f^, 
quorum primus genmatricus, de figurarum. 
rcgulariiim , qua? proporCiones har7nonicas 
cvnstituunt, ortu et demonstrationibiis ; se- 
cundits architectonîcits , seu ex genmelria 
figurdla, de figurarum regularium congruen- 
lin in piano tel in solido; tertius proprie 
Narmonicus, de proportionum harnwnica- 
ru7n orlu ex figuris, deque natura et difl'eren- 
liis rerum ad cantum perlineulium, contra 
vcteres; quarlus melaphysicus ,psydtologicus 
ei aslrologicuSj dS Harmoniarum mentait 
essenliu earumque generibus in mundo; prs ■ 
sertim de harmonia radiorum,ex corporibus 
cœleslibus in terram descendentibus. ejusque 
cfftclu in natura seu anima sublunari et 
Inimana; quintus astronomicus et metuphy- 
siiiis de Harmoniis absolutissimus moluum 
ca'lesti^im orluque excentricitatum ex pro- 
porlionibus harmonicis, Linz, 1619, in-fol. 
C'est dans le troisième chapitre du cinquième 
livi-e de cet ouvrage célèbre que si; trouve la 
troisième loi fondamentale de l'astronomie 
moderne découverte par Kepler, la(|uelle, dé- 
montrée par Newton, lui a fourni la base de sa 
Ihéor'te de l'attraction qui régit le monde 
Bien que les lois du mouvement des planètes 
soient certainement sans analogie avec celles 
des relations des sons, c'est pourtant quelque 
chose de grand et de sublime que celte idée 

BIOKU. tXlV. UES MtSlCIK.NS. T. V. 



d'une harmonie universelle démontrée; et la 
singulière force de tête de Kepler me semble 
se manifester encore au milieu de toutes ses 
aberrations. Le troisième livre de son ouvraire 
est spécialement consacré à la musique ; comme 
chacun des autres livres, il forme à lui seul une 
pagination particulière depuis la page 1 jus- 
qu'à lOû. Il est divisé en un prolongue et seize 
chapitres qui conliennent des propositions 
curieuses et plus utiles qu'on ne pense à la 
formation d'une philosophie de la musique. Le 
cinquième livre, destiné à établir l'analogie 
des proportions harmoniques de la musique et 
de celles de l'astronomie, est le plus singulier 
de tout l'ouvrage, et renferme beaucoup de 
passages relatifs à la musique, considérée 
dans l'acception la plus étendue «pi'on puisse 
lui donner. L'analyse des idées de Kepler en- 
traînerait bois des bornes de l'article (jui lut 
est ici consacré : elle trouvera sa place dans 
mon Histoire de la philosophie de la musique, 
complément nécessaire de la |)hilosophie de 
cet art. Dans un appendice de son livre, Kep- 
ler attaque les traités de la musique univer- 
selle qui forment une partie du Macrocosme 
de Robert Fludd {voyez ce nom) : celui-ci 
ayant répondu par son livre intitulé : Mono- 
chordum Mundi Symphoniacum , Kepler 
réplicjua dans sa dissertation intitulée : Spor- 
tula genelhliacis missa, Sagan, 1619, in-fol. 
On s'étonne de voir de savants hommes s'é<>a- 
rer dans les rêves dont ces ouvrages sont rem- 
plis. 

KERL (Jean-Gaspard DE), grand orga- 
niste et compositeur distingué, naijuit dans la 
Haute-Saxe, vers 1625. Il était fort jeune lors- 
qu'il alla à Vienne., où il commença l'élude de 
la musique sous la direction du maître de cha- 
pelle <le la cour impériale Jean Valentini, et 
fut ensuite envoyé par l'empereur Ferdi- 
nand III à Rome, vers 1645, chez Carissiroi, 
l)our y perfectionner son talent. Les leçons de 
ce maitre célèbre et les occasions fréquentes 
qu'il eut d'entendre souvent des oeuvres de 
grande valeur formèrent son goût et dévelop- 
pèrent les heureuses facultés de son organisa- 
lion naturelle. De retour en Allemagne, il s'y lit 
bientôt remarquer comme un des organistes 
les plus habiles de cette époque, ou plutôt 
comme le seul rival qu'on put alors opposer à 
Froberger, qu'il avait dû connaitreà Rome; il 
y a même lieu de penser que, comme lui, il avait 
reçu des leçons de Frescobaldi. Quoi (ju'il en 
soit, ce fut au couronnement de l'empereur 
Léopold que de Kerl se fil connaître pour ce 
qu'il était. Il avait appris que ce couronnement 



i8 



KEÎiL 



<levait se faire à Francforl-sur-le-Mein, le 22 
juillet 1C38, et celte circonstance lui suggéra 
le dessein de s'y rendre en secret. Arrivé dans 
cette ville, il se lia d'amitié avec le vice-maître 
tie chapelle de rem[)ereur, Jean-Henri Schmel- 
zer, qui le présenta à son maître et parla de 
sion talent en termes remplis d'enthousiasme. 
^'on-seulemenl le monarque accueillit l'artiste 
;tvec bienveillance, mais il voulut lui donner 
pour le lendemain un thème qu'il lui demanda 
de traiter à quatre parties sur l'orgue. De Kerl 
accepta avec joie la i)roposilion de l'empereur; 
mais il le ()ria de ne lui donner le thème qu'au 
moment où il irait s'asseoir au clavier de 
l'orgue. Le lendemain, l'empereur, les élec- 
teurs et les autres princes qui assistaient au 
couronnement se rendirent à l'église; De Kerl 
commença luv une fantaisie magnifique, suivie 
du thème traité àdeu\ i)arlies seulement, mais 
avec tant de lessources d'harmonie et de mo- 
dulation, que l'auditoire l'ut saisi d'admira- 
tion. Ce n'était pourtant que le prélude de ce 
qu'il voulait faire entendre ; car, après un ada- 
gio d'invention, il rentra dans le thème donné 
et le traita à trois parties, puis à quatre, et 
enfin à cinq, au moyen de la pédale, introdui- 
sant sur le thème principal un contre-sujet 
traité en concrepoint double, et changeant 
plusieurs fois la mesure de deux à trois temps 
cl de (rois à deux. Après avoir épuisé ces mei- 
veillea de l'art. De Rerl fit exécuter une belle 
messe de sa composition. Charmé de ce (ju'il 
venait d'entendre, l'empereur accorda immé- 
diatement à l'artiste des lettres de noblesse; 
de leur côlé, les électeurs palatin et de Bavière 
lui offrirent la place de directeur de leur cha- 
pelle : De Kerl préféra Munich à Manheim, et 
;<lla y jirendre possession de ses fonctions. 

Les ouvrages qu'il écrivit pour la chapelle 
de l'électeur de Bavière furent considérés alors 
comme des productions achevées. La connais- 
sance qu'il avait, d'ailleurs, du style italien le 
rendait propre à écrire pour les concerts du 
I>rince, où brillaient des artistes distingués de 
l'Italie. Toutefois, l'antipathie que les chan- 
teurs ilaUens de cette époque avaient pour les 
compositeurs allemands se manifesta bientôt, 
et De Kerl fut en butte à mille tracasseries qui 
finiient par le fatiguer, et qui lui firent donner 
sa démission de maître de chapelle, en 1673, 
après plus de quinze ans de service. Mais avant 
d'abandonner ses fonctions, il se vengea d'une 
manière plaisante des mauvais tours des vir- 
tuoses ultramontains, en écrivant un morceau 
composé d'intonations si bizarres et si diffi- 
ciies, qu'ils chantèrent horriblement faux en 



l'exécutant et se couvrirent de ridicule. Le bon 
accueil qui lui fut fait à Vienne le consola de 
ses chagrins; en 1677, il obtint la place d'or- 
ganiste de Saint-Étienne. Recherché aussi 
comme maître de clavecin, il en donnait des 
leçons qui le mirent dans l'aisance. Mattheson 
dit {Grilndl. einer Ehrenpf., p. 137) (jne 
l'époque de la mort de cet artiste n'est point 
connue : d'après l'ancien Lexique des musi- 
ciens de Gerber, il aurait cessé de vivre à 
Vienne, vers 1690; mais dans son nouveau 
dictionnaire, ce biographe avoue son erreur, 
et nous apprend que le tombeau de De Kerl se 
trouve à Munich, dans l'église des Augustins. 
Il paraît que la pierre tumulaire qui a fait 
connaître ce fait à Gerber n'indique pas la 
date du décès de l'artiste, car il n'en dit rien, 
et se borne à rapi)orter une sorte de rébus mu- 
sical qui est gravé à droite et à gauche de la 
pierre, avec le mot seni qui semble indiquer 
que De Kerl est mort dans un âge avancé. 

Ce qui nous reste des compositions de ce 
musicien justifie sa renommée , au moins 
comme organiste. Ses pièces d'orgue, comme 
celles de Froberger et de Buxlehude, forment 
une époque de transition dans l'école alle- 
mande, entre Samuel Scheidt et Jean-Sébastien 
Bach. Son style a même plus d'analogie avec 
celui de ce dernier que ceux des deux autres ; 
il fait un plus fréquent usage des dissonances 
et les résout presque toujours d'une manière 
neuve, inattendue, et dans un système de mo- 
dulation qui était alors complètement nouveau. 
Les productions connues de ce grand musicien 
sont : 1» Un recueil de motets intitulé : Selec- 
tus sacrarum Caiitionum cum quatuor et 
quinque vocibus concert, el basso gênerait ad 
organum, Norimbergse, 1669, in-4". 2'^ Opus 
primtim Missarum 2, 3, 4, 5 vocum, Norim- 
bergse, 1669, in fol. 5» Modulatio organica 
super Magnificat , octo tonis organicis re- 
spondens, Monachi, 1686. Collection de j)ièces 
d'orgue pour les préludes, versets el conclu- 
sions du Magnificat, dans les huit tons, qui 
sont du plus grand mérite. 4'' Missœ scx 4, '6 
et G vocibus cum instriimentts eoncertantibus 
et vocibus in ripieno, adjuncta ttna pro de- 
functis cum seq. Dies irœ, consecratx Leo- 
poldo J, imperatorij Monachii, 1689, in-4^. 
Mattheson accorde de grands éloges à cet ou- 
vrage. 5° Missa nigra, appelée ainsi, parce 
qu'il ne s'y trouve pas une seule note blanche. 
C'est une de ces recherches puériles qui 
avaient pris naissance dès la fin du seizième 
siècle, et qui se multiplièrent dans le dix-sep- 
tième. Cette messe est restée en manuscril. 



KERL — KLRLE 



\9 



C" Kyrie h quatre voix el orgue ; en manuscrit 
chez Breilkoitl", en 1770. 7" Kyrie à quatre 
voix, deux violons, deux violes, deux haut- 
bois, deux bassons et orgue; en manuscrit, 
ibid. 8" Missa, Kyrie cum Gloria, à cinq 
voix; deux violons, deux violes el orgue, fdem, 
ibid. 9" Missa, Kyrie cum Gloria, à huit 
voix en deux chœurs, deux violons, quatre 
trombones et orgue, idem, ibid. 10» Messe à 
cinq voix et oigue, idem, ibid. 11" Motet à 
deux voix de sopiano el basse continue, sous le 
titre de Concert, et sur les paroles : O bone 
Jesu , en manuscrit. 12» Trio pour deux vio- 
lons et basse de viole, en manuscrit, lô" Des 
(occales cl suites pour le clavecin, en manu- 
scrit. Le catalogue deTraeg, de Vienne, indi(|ue 
un Irailé manuscrit du contrepoint, attribué à 
Ue Rerl, sous ce litre : Compendinse relalione 
von dem Conlrapunct, trois parties. 

KERLE (Jacques DE), né à Ypres, en 
Flandre, dans la première partie du seizième 
siècle, fui chanoine de Cambrai, el directeur 
du chœur de celle église, puis maître de cha- 
pelle de l'empereur Rodolphe II, ainsi que le 
prouve la souscription d'une messe sur tit, ré, 
mi, fa, sol, la, qui se trouve dans un volume 
manuscrit (coté 84) des archives de la chapelle 
iwntilicale, à Rome. Il paraît qu'il visita l'Ita- 
lie dans sa jeunesse, et qu'il y séjourna envi- 
ron dix ans, car ses premiei-s ouvrages ont élé 
imprimés à Venise, depuis 1562 jusqu'en 
1571. Peut-être avait-il été attaché à la suite 
de quelqu'un des prélats des Pays-Bas qui as- 
sistèrent aux dernières sessions du concile de 
Trente; il a du moins mis en musique des 
prières pour l'heureux succès de ce concile. 
Ses premières messes furent imprimée.sà Ve- 
nise, en 1502; près de trente ans ajirès, il 
écrivait encore, car il dédia sa messe sur la 
gamme au pape Grégoire XIV, qui ne fut élu 
que le 5 décembre 1500. Ces circonstances ont 
clé ignorées des biographes qui ont parlé de 
Jacques De Kerle. On connaît de ce musicien : 
1" Sex Missae suavissimis moduhitionibus 
rcfertx parlim quatuor partim quinque vo- 
cibiis concinend.r, Veneliis, 1562, in-fol. Ce 
titre est celui <iue porte réellement ce re- 
cueil ; je le transcris d'après mon exemplaire. 
Walther, Gerber, ni les autres ne l'ont pas 
connu, et le catalogue de la Bibliothèque mu- 
sicale de Burney l'a défiguré (p. 11). Burney 
ôH (General Hist. of Music, t. III, p. 512) 
que le style de cet ouvrage est sec el dépourvu 
d'intérêt, quoi(|ue l'harmonie soit bonne et 
<iue les réponses de fugues soient excellentes. 
Ce jugement est dépourvu de sens; car si 



l'harmonie des meStSoe de Kerle est bonne, et 
si les imitations sont excellentes (non les 
fugues, la fugue véritable ayant pour base le 
contrepoint double, qui n'était point encore 
en usage en 1502), le style ne saurait être sec 
et dépourvu d'intérêt, puisque l'intérêt du 
style de ces sortes de compositions reposait 
précisément sur ces conditions. Burney tombe 
d'ailleurs en celle phrase dans une de ses mé- 
prises ordinaires, lorsqu'il parle de la bonté 
des réponses de fugues faites par Jacques 
De Kerle; car ces réponses sont ce qu'elles 
devaient être absolument au temps où il écri- 
vait, c'est-à-dire réelles : les réponses tonales 
n'ont pris naissance qu'au commencement du 
dix-septième siècle, avec la tonalité moderne. 
Je ne m'étends sur ce sujet qu'afin de faire 
voii' le danger des jugements portés par des 
hommes dé|)Ourvus de connaissances techni- 
ques suffisantes : Gerber, le Dictionary of 
musicians, le Musical biography, et d'autres 
ont copié le passage de Burney. Au reste, j'ai 
acquis la preuve de la fausseté de l'opinion de 
l'historien anglais de la musique, car j'ai mis 
en partition les deux premières messes du 
recueil de De Kerle, el j'en ai trouvé le style 
excellent, eu égard au lemps où il écrivait. 
2" Preces spéciales pro salubri Concilii ge- 
neralis successu, Veneliis, 1569, in -4". Ce 
doit être une deuxième édition, car le concile 
de Trente fut clos par acclamation le 4 dé- 
cembre 1563. ô" Madriyali a quatlro voci, 
lib. I, in Venezia, 1570, in-4". C'e>t ce recueil 
qui est cité par Diaudius, el d'après lui par 
Wallheret Gerber, sous le titre latin : Car- 
minu italien 7nusicis modulis ornata. 4" Il 
primo libro capilolo del Triumpho d'amore 
(kl Petrarclia poslo ininusica a 5 voci, in 
Venezia, 1570, in-4". 5» // primo libro de 
Motetti a cinque e seivoci, ibid., 1571, in-4". 
Il y a une édition de cet ouvrage (jui a pour 
litre : Select^ quidam, cantiones sacrxmodis 
musicis quinque et sex vocum, recens compo- 
site per Jacobum de Kerle, Noriberj;ae in 
officina Theod. Gerlatzini , 1571, in-4''. Il 
est vraisemblable que celte édition est origi- 
nale, et que celle de Venise n'en a élé que la 
reproduction. 6» Moduli sacri quinque et sex 
voc. rum cantione contra Turcas, Monachii, 
1572, in-4". 7" Motetti a 2, 4 e 5 voci, et Te 
Deum Laudamus , a voci, ibid. 1573. S" Sex 
Missœ A et 5 voc, et Te Deum, ibid., 1576. 
9" Cantio in honorem generosi oc nobilis 
Dm. Melch. Lincken G voc, Norimbcrgœ, 
1574, in-4". 10" Mutetx 5 ef 6 roc, quibus 
adjuncti sunl ecclesiastici hymni, Monachii, 

2. 



30 



KERLE - KERPEN 



1575, in-4''. W" Sacrx cantiones,quas viilgo 
Motela vacant f quinque et sex vocurn^ quibus 
adjuncti sunt ecdesiastici Hymni de Resiir- 
rectione et Ascensione Domini, et de B. Maria 
Firgine. Monachii per Adamutn Berg, 1575, 
in-4" obi. Je crois que celte colleclion n'est 
qu'une nouvelle édition de celle de Nurem- 
berg, avec l'addition des hymnes des fêles 
de Pâques, de l'Ascension et de l'Assomption. 
12° Quatuor Missx suavissimis modulatio- 
nibus refertx, quarum una quatuor, reliqux 
vero quinque vocibus concinendx . jidjunclo 
in fine Te Deum Laudamus. Anluerpiee ex 
officina Christophori Planlini. 1583, in-fol. 
max. Les archives de la chapelle pontificale, à 
Rome, contiennent quelques messes manu- 
scrites du môme musicien, entre autres une sur 
la gamme, dédiée au pape Grégoire XÏV. 

KERLE (ViTUs), directeur du chœur à 
Ileisbach, bourg de la Bavière, près de Landau, 
vers le milieu du dix-huitième siècle, a mis en 
musique un drame spirituel intitulé : le Bon 
Ismaël, qui a été exécuté chez les Jésuites de 
Munich, en 1750. 

KERLIIMO (Jean), luthier du quinzième 
siècle (1), le seul connu de celte époque. Sui- 
vant La Borde, il y eut en Bretagne, vers 1450, 
un luthier nommé KerJin, dont il avait vu un 
violon construit en 1449. En 1804, c'est à- 
Hire environ vingl-cin(| ans après l'époque où 
La Borde écrivait, cet instrument s'est trouvé 
en la possion de Ruliker, luthier à Parisj c'est 
alors que l'auteur de celte notice l'a vu. Ce 
n'était pas un violon, mais une viole dont le 
manche avait été changé, el qui était montée 
de quatre cordes, comme un violon. L'instru- 
ment était plus bombé que ne le sont les violes 
«l'une époque postérieure, et ses voûtes étaient 
fort élevées. Ses extrémités inférieure cl supé- 
rieure n'étaient pas exactement arrondies, et 
les angles étaient tronqués et aplatis. Au lieu 
de la <|aeue ou cordier ordinaire, on y voyait 
une attache en ivoire percée de quatre trous 
pour fixei" les cordes, ce qui semble indiquer 
que cet instrument appartenait à l'espèce des 
Geige à quatre cordes <lont il est parlé dans le 
livre de Martin Agricola {voyez Acricola). La 
qualité des sons était douce et sourde. L'instru- 
ment portail intérieurement celle inscription ; 
Jo. Kerlino, ann. 1449. Ce nom, commen- 
çant |)ar la syllabe Ker, est probablement ce 
qui a fait croire à La Borde que le luthier 

(I) Cet article prend la place de Kerlin, de la première 
cdition de la Uiograpliie universelle des «nuii'dVni, qui 
avait et','- f lit d'apics de mautaii renseignements fournis 
pir l.a C«ide. 



était Breton, car on connaît en Bretagne une 
immense quantité de familles dont les noms 
commencent de la même manière; mais des 
renseignements certains, venus d'Italie, nous 
apprennent qu'il y eut à Brescia, vers 1450, 
un luthier nommé Jean Kerlino. Tout porte à 
croire que l'instrument possédé par Koliker, 
au commencement de ce siècle, avait été fait 
par cet artiste, et que celui-ci fut le fondateur 
de l'École de Brescia, l'une des plus anciennes 
de l'Italie et l'une des plus distinguées. Il est à 
remarquer que Kerlino, de même que tous les 
luthiers de la première époque dont les noms et 
les ouvrages sont connus, n'ont fabriqué que 
des rebecs, des violes de toutes dimensions, 
des lire d'arco el des lirones, à onze et doiize 
cordes. 

RERIV (JosEPn-SÉnAPni:*), compositeur de 
la chambre du prince évéque, à Passavv, est 
connu par un œuvre de messes intitulé : 
Jlauda ad sacrificium sacerdotale cantans, 
in seleclissimis III Missis quatuor voc. 
2 violinis et viola ad primam missam , 
2 clarinis et tympano cum organo continuo, 
stylo ecclesiastico ad régulas exquisHissimas 
deductis, op. 2, Burghusianee, 1747, in-fol. 

KERN (Augdste), professeur de piano à 
Hambourg, s'est fait connaître, depuis 1840, 
par des danses pour cet instrument et parjjli!- 
sieurs recueils de Lieder. Depuis 184-3, cet 
artiste s'est fixé à Hanovre. 

KERPEIS (Frédéric-Hugues, baron DE), 
capitulaire de l'église cathédrale de Wurz- 
bourg, et protecteur du concert des amateurs 
de celle ville, où il jouait lui-même du violon- 
celle, parait avoir quitté WUrzbourg [)oslérieu- 
rement à 1786, pour aller s'établir à Mayence, 
puis à Heilbronn, où il vivait encore en 1800. 
Il a composé la musique des opéras dont voici 
les litres : l°Ze Naufrage, à Wtirzbourg, en 
1786. 2" Z'^neyme, petit opéra en deux actes, 
Mayence, 1791. 3" Céphale et Procris , mélo- 
drame, ibid., 1792. A" Adèle de Ponthieu, 
opéra en trois actes, a6îd.,1798. Il a aussi pu- 
blié pour le piano : 5" Trois trios avec violon el 
violoncelle, op. 1, Manheim, 178ô. 0° L'Adieu, 
ode avec accompagnement de piano, Mayence, 
1783. 7" Sonate pour piano, publiée dans 
l'École du piano, de Vogler. 8" Sonate à quatre 
mains, op. 4, Mayence. 9° Six ariettes à trois 
voix, avec accompagnement de piano, ibid. 
10" Six chansons allemandes, ibid., 1797. 
11" Six chansons de Mathison, Heilbronn, 
1798. 12" Sept variations pour le piano sur 
l'air allemand : Ifir kammen von der Kiiste, 
Heilbronn. 15" Six grandes sonates poiirpiano, 



KERPEN -- KESSLER 



il 



avec violon, op. 8, ibid., 1799. 14» Concerto 
ponrjiiano, avec orclieslre, op. 9, ibid., 1800. 
Aucun renseignement postérieur n'a été pu- 
l)lié concernant cet amateur distingué. 

KERZEL (Michel), musicien né en Bo- 
hême, vivait à Vienne vers la fin du dix-hui- 
llème siècle. En 1787, il se trouvait à Moscou. 
On a gravé de sa composition : 1° Six quatuors 
j'our deux violons concertants, alto et basse. 
Vienne, 1783. 2» Six duos pour deux violons, 
ibid. Z" V Enchanteur de u»7Za(7e, petit opéra 
russe, partition réduite pour le piano, 1790. 
4" Six trios pour deux violons et basse, op. 1, 
Ueriin, Iliimmel. 

KESEINHEIMEU (Sophie), cantatrice al- 
lemande dont la carrière a commencé sous 
d'heureux auspices. Née le 14 mars 1836, à 
Friedrichshofeu, dans le royaume de Wurtem- 
berg, elle a reçu son éducation musicale de 
Lindpaintner, qui la destinait au Théâtre de 
Slutlgard. Plus tai'd, elle alla continuer ses 
études de chant chez Lenz, à 3Iunich et reçut 
des leçons de Madame Constance Uahn, pour 
la déclamation et l'action dramatique. Ses pre- 
miers essais eurent lieu en 1857 à Munich et à 
Steltin, comme prrma donna, dans les rôles de 
Valcntine (des /ftiguenots), de Royneo (de Bel- 
lini), et de Fidelio. Les avantages dont elle 
est douée sont, dit-on, une belle voix pleine et 
sonore de mezzo soprano, dont l'étendue est 
de deux octaves, une vocalisation facile, un beau 
trille, un sentiment dramatique plein de feu, 
une taille élégante, et une figure aussi belle 
qu'expressive. S'il n'y a pas d'exagération dans 
ces éloges, mademoiselle Kesenheimer est des- 
tinée à de beaux et grands succès. 

RESLEll (Wendelin), musicien allemand 
<lu seizième siècle, né à KannewurfT, dans la 
Thuringe, a i)ublié une collection de motets 
pour l'Avent, intitulée : Selectx aliquot et 
omnibus fere musicalium instrumentorum 
generibus accomodatissime cantiones super 
Evangelia quœ diebus Domitiicis et prwci- 
puis sanctorum Festis ab Jdventu adResnr- 
reclionem usque Christi soient tractarif mu- 
sices harmonicis exornatx atque vocibus 
q\iinque diversis jamprimum in lucem 
cditx, Wittebergae, per Zachariam Lehman, 
lo82. 

KESSEL (Jean-Chrétien-Bertram), can- 
tor à Eislehen, né à Lengelfeld vers 17G6, lit 
ses études à Leipsick et fut d'abord employé, 
en 1794, comme canior suppléant a Franken- 
' hausen ; puis il se rendit en 1799 à Eisleben, où 
on lui confia les places d'instituteur primaire 
et de direetcupdu chœur. Il est mort en ce lieu 



le 19 juin 1823. Ce musicien s'est fait con- 
naître par un livre qui a pour titre : Uuter- 
richt im Generalbasse zum Gebrauche fiir 
Lehrer und Lernende (Instruction sur la basse 
continue, à l'usage des maîtres et des élèves), 
Leipsick, 1790, in-8". Un. supplément fut pu- 
blié dans la même année et dans la même ville. 
Il a été refondu dans une deuxième édition 
qui a paru en 1791. On connaît aussi le 
soixante-cinquième psaume à plusieurs voix 
composé par Kessel. 

RESSELRirSG (Jeapi-Asure), cantor à 
Ringleben, en Thuringe, vécut vers le milieu 
du dix-huitième siècle. Il a écrit, pouf les 
Kirchenandachten de Neumeisler, une pré- 
face intitulée : Ob Gott die Kirchenmusik 
dnrch die Propheten befolden habe (Si Dieu 
a ordonné l'usage de la musique par ses pro- 
phètes)? Il se prononce pour ralTirmalive. Un 
anonyme, qui signait Z. R., ayant cherché à 
réfuter son opinion, Kesselring répondit par 
un pamphlet intitulé : Zwinglius Hedivivus, 
oder ungegriindele Censur eines der Gottes- 
gelahrtheit Beflissenen Uber die, die Hoheit 
und den wahren Gebrauchder Musik abhan- 
delnde Forrede, etc. (Zwingle Ressuscité, ou 
critique non fondée d'une doctrine théologique 
sur celte question. Si Dieu a ordonné l'usage 
delà musique par ses prophètes, etc.), Erfurt, 
1744, in-8'' de quarante pages. Par ce titre, 
Kesselring faisait allusion et aux initiales de 
l'anonyme, et aux opinions de Zwingle contre 
l'usage de la musique dans le service divin. 

KESSLEll (Jean), étudiant en théologie, 
puis cantor à Ziegenriick (petite ville de la 
Thuringe) pendant le dix-septième siècle, a 
publié un recueil de chants avec accompagne- 
ment et ritournelles pour deux violons et 
basse continue, sous le litre de Musikalischer 
7/^i7Aommen (Bienvenue musicale) Jéna, 1668, 
in-folio. 

KESSLER (Frédéric-Gottlob), médeciq 
à Altenbourg dans la première moitié du dix- 
huitième siècle, a soutenu, à l'université de 
Halle, une thèse concernant l'effet du son sur 
le corps humain ; elle a été imprimée sons ce 
titre : Dissertatio inauguralis medica : de 
tono partium corporis humant , quam in 
Âlma Fridericianasubprxsidiodr. Joannis 
Henrici Schulzii, pro gradu doctoris, pu- 
bliée submittit auctor, Halle, 1737, in-4'' de 
trente-huit pages. 

KESSLER (Jean-Guillaume), organiste el 
maître d'écriture à Heilbronn, vers la fin du 
dix-huilième siècle, vivait encore dans cette 
ville en 1810, cl y publia alors la dcux-tèm«. 



// 



t-2 



KESSLER 



Oïlilion d'urt traiU; de l'écriture qu'il y avait 
r.iit paraître en 1787. Après avoir pris part à 
la Correspondance musicale de Bossier, en 
1790, il se fit connaître comme compositeur 
par les ouvrages suivants : lFûrlen\ber(jische 
viersliinmiges Clioralbuch (Livre choral du 
Wurleniher'g à quatre voix), Stuttgard, 179-3, 
iu-4". 2" Divertissements sociaux, ou six 
anijidises pour le claveciUj avec leur choré- 
Urtipliic, liariuslndi, 179G. 

lilûSSLt^lV (FitAJiçois-AuGnsTr), né en 
178-3 à Bcrclitolsgaden, en Bavière, a l'ait ses 
«•tu. les n)usic,ilesà Municli, el a eu pour maîtie 
de fhile Guillaume Legiand, musicien de la 
cour. En 1802, il a été placé comme flûtiste 
dans 1,1 chapelle royale. Il a publié : 1" Six 
duos pour deux flûtes, Munich. 2" Douze pe- 
tites pièces pour deux flûtes, Munich, Falter. 
Kessier est mort cà Munich, en 1849. 

KESSLKU (FEHDir«AniD) , compositeur et 
professeur de piano, fils d'un contr'ohassilc de 
l'oichestre de Francfoit-sur-le-Mein , iiai|iiit 
<lans celte ville au moisde, janvier 179-3. Apr(\s 
avoir afipris les éléments de la musique et du 
pianochezun maîtreobscur, il reçut des leçons 
d'Aloys Schmitt(iioye; ce nom), qui n'était son 
aîné que de six ans. Au mois de mars 1812, 
Kessier joua [lour la première fois en public 
dans un concert donné parson pèrectSchmitt ; 
il y exécuta le huitième concerto de Mozart 
(en ré mineur). Vers le même temps, André, 
d'OfTenbach , lui enseigna l'harmonie et la 
composition. Fixé dans sa ville natale, Kessier 
s'y est lait la réputation d'un bon mailre de 
piano, et y a publié des comiiositions pour son 
ijistrument. Il a écrit un grand opéra en trois 
actes, intitulé : Cécile, qui n'a pu être repré- 
senté, à cause des défauts liop considérables 
du livret. Il a composé aussi des symphonies 
et des quatuors pour instruments à cordes qui 
sont restés en manuscrit. Son livre intitulé : 
System zitm Selbstunterrichtindcr Harmonie 
(Système pour s'instruire soi mémedans l'har- 
monie), était sous presse loisqu'il mourut à 
Francfort, le 28 octobre 1850. L'ouvrage parut 
dans la même année, un vol. in-S". Parmi les 
productions connues de cet artiste, on remar- 
<|ue : 1° Trois sonates pour piano seul , op. 9, 
Maycnce, Scholt. 2" Trois idem, op. 10, ibid. 
ô" Quatre rondeaux faciles et progressifs pour 
le même instrument, op. 11, Francfort, Dunst. 
4" Trois thèmes de l'opéra de Freischiitz, va- 
riés pour piano, Bonn, Simrock. Gassner a 
attribué à Ferdinand Kessier, dans le supplé- 
ment au Lexique de Schilling, ainsi <|ue dans 
son Universel Lcxilion dcr TonLunsl, l'écrit 



intitulé : Der musikalischa Gottesdienst , etc.; 
mais c'est une erreur (voxjez l'article suivant). 
KESSLER (FuiÎDÉRic), prédicateurà Wer- 
dolil , village des Étals prussiens , dans la 
Weslplialie, et surintendant du diocèse de Lll- 
•lenscbeid, nommé en 1819, a publié les ou- 
vrages suivants : 1" Per musikalische Gottes- 
dicnst. Ein tvort fiir yllle dienen die 
Befœrdernng des Cultus am Herzen liegl ; 
insonderheit fiir Organisten und Prcdiger. 
Nebst ciner f orrede von Dr. Cari Immanuel 
Nitzsch, Prof essor der Théologie zu Donn 
(la Liturgie musicale. LTn mot pour tous, etc.; 
parliculièrement pour les organistes et les 
prédicateurs. Avec une préface du docteur 
Cliailcs-Ernmanuel Nitzsch, etc), Iserlohn, 
1832, in -8" de deux cent huit pages. M. Charles- 
Ferdinand Becker dit ([ne cet ouvrage n'est 
«ju'une compilation, tirée en grande |)3rtie de 
son ouvrage intitulé : lîathgeber fiir Orga- 
nisten (Avis aux organistes). 2" Kurze und 
fassliclte Jndentungcn einiger Mxngel des 
Ki : chen-Cesanges , Ein Neujahrs Biichlein 
fiir Jung und Alt (Courtes et faciles indica- 
tions de <iuel(iues défauts du chant de l'église. 
Petit livie d'étrennes i)our jeunes et vieux), 
Iseiluhu, 1832, in-S" de trente-deux pages. 
Partisan de l'enseignement de la musique parla 
nolalion en chiffres que Natorp avait introduit 
dans les écoles primaires, Kessier fit de grands 
efforts pour le propager, et publia avec l'in- 
venieurde cette méthode un livre choial {Clio- 
ralbuch), noté en chiffres et arrangé à quatre 
voix par Rink, dont la i)remière édition parut 
en 1829, àEssen,chez Baedeker, et la deuxième 
en 183G. On a encore de Kessier un écrit inti- 
tulé : Der Gesungbuch von seinen musiliulis- 
chen Zeit belrachtet (le Livre de chant consi- 
<léié an point de vue musical), Elberfeld, 1838, 
in 8». 

KESSLEIl (Erasme), fils d'un musicien de 
l'orchestre du théâtre Sur-la- f'iennc, dans 
la capitale <le l'Autriche, naquit dans cette 
\ille en 1808. A l'âge de (jualorze ans, son 
éducation musicale était assez avancée pour 
(ju'il écrivît une ouverture qui fut exécutée 
aux représentations du mélodrame intitulé : 
der Goldene SchlUssel (\3i Clef d'or), en 1823. 
Deux ans après, une autre ouverture de sa 
coni|)Osition futjouée avec succès dans un con- 
cert à Vienne, et dans le même tcmi)sil éciivit 
loule la musi(|ue composée de chanis , de 
choL'urs et de danses, pour le drame Clolilde 
die Sprachlosc (Cloiilde la muette), dont il di- . 
rigea toutes les représentations comme chef 
(rorchcslrc. En 182G, il fit aussi représenter 



1 



KESSLER - KETTE 



Satcrina, drame musical pris dans un sujet de 
Bohémiens ou Zinganes, et, enfin , il donna au 
même théâtre, en 1828, der Stock im Eisen 
(le Bâton de fer), drame romantique, avec une 
ouverture et des chœurs. Ressier avait alors 
vingt ans ; depuis cette époque, son nom a 
disparu de l'activité musicale. 

KESSLKil(J.-C.), pianiste etcompositeur, 
est né vers 1800, à Leitmcritz, en Bohême, et 
non à Varsovie, comme il est dit dans la Ga- 
zette générale de musique de Leipsick (ôô*^ an- 
née, p. 597); mais il vécut quelque temps 
dans la capitale de la Pologne. En 1827, il 
était à Vienne, où il publia quelques com- 
|)ositions pour le piano, parmi lesquelles on 
remarque un recueil de vingt-quatre études 
dans tous les tons, œuvre 20«, dont le grand 
mérite lui assure une place honorable parmi 
les artistes les plus dintingués. M. Kessier, 
ayant pris la résolution de continuer ses 
voyages, s'éloigna de Vienne et s'arrêta à 
Breslau, en 1851. Il y donna des concerts 
dans lesquels il fit admirer son talent d'exé- 
cution et plusieurs de ses ouvrages. Dans l'an- 
née 1832, il y lut alleint du choléra; mais 
sa bonne constitution le fil écha[)per aux im- 
vages de celte terrible maladie. Au mois de 
janvier 18ô5, M. Resslcr fut appelé à Lem- 
berg; il s'y trouvait encore en 1840 et y jouis- 
sait de beaucoup d'estime comme virtuose, 
compositeur et professeur pour son instrument. 
Les ouvrages les |)lus connus de cet artiste 
sont : 1" Introduction et andante pour le 
piano, op. 0; Vienne, Arlaria. "i"! vo\s scherzi 
idem, op. 7; ibid. o" Marche de l'opéra Al- 
fred, variée, op. 10. 4° Éludes pour le piano, 
en quatre suites, op. 20, Vienne, llaslinger. 
Richault, de Paris, a donné une édition nou- 
velle de cet ouvrage, sous le titre de : f'ingt- 
(juatre études pour le piano dans tous les 
(ans. 5" Fantaisie pour piano seul, op. 25, 
Vienne, Diabelli. G" Impromii tus, idem, op. 24, 
ibid. 7" Six bagatelles idem, o\). 27, Breslau, 
Weinhold. 8" Trois nocturnes idem, op. 28, 
Hambourg, Cranz. 9» Trois bagatelles idem, 
op. 29, Breslau, Grusser. 10" Trois bagatelles 
»(/em,o[). ôO, ibid. 11° Vingt-quatre préludes, 
op. ôl, ibid. 12° Variations sur un thème des 
Puritani, op. 32, Vienne, llaslinger. lô"Trois 
pensées fugitives, op. 58, Leitmeritz, Pohtig. 
14" Romance et élude de concert, op. 59, ibid. 
Des valses et mazourkes. Plusieurs recueils de 
chants pour voix seule et piano, op. 22, 55, 
54, 41, ibid. Les recueils d'études de Kessier 
sont remarquables par l'originalité de la forme 
autant que par IVIégance de la pensée; elles 



ont d'ailleurs le mérite de justifier leur litre, 
car la plupart sont des études véritables, oii 
les diflicullés ne sont pas épargnées. Quelques 
journaux ont attribué à tort ces études à Fer- 
dinand Kessier de Francfort (voyez ce nom). 

KESSLEÏl ( JosEPii-IlENni-FEUDixAND ) , 
canlor de l'église Sainte-Elisabeth, à Breslau, 
est né le 4 décembre 1808, à Tost, en Silésie. 
Le directeur de musique Siegert lui enseigna 
les éléments de l'art et le chant, et il reçut des 
leçons de piano, d'orgue et de violon du pro- 
fesseur Juste Kessier. D'abord employé comme 
enfant de chœur, i)uis comme choriste à 
l'église Saint-Bernardin, il acheva ses études 
musicales sous la direction de l'organiste Freu- 
denberg, qui lui enseigna l'harmonie et la 
composition. En 1832, il fut nommé choriste 
de l'église Sainte-Elisabeth, et, en \d>iA^sig7ia- 
tor {?) de la même église. On connaît de Kess- 
ier : 1° Le lOO'"*" [isaume pour chœur et or- 
chestre. 2° Une cantate pour un chœui* 
d'hommes avec quatre coi's. 3" Trois cantates 
[tour chœur de voix différentes avec oichestre. 
4° Des chants pour quatre voix d'hommes. 
5° Des Lieder et des mélodies à voix seule avec 
accompagnement de jiiano. 

KETSCIIAU (Auguste), né dans la Thu- 
ringc, vers 18015, fut organiste et [)i'ofesscur de 
piano à Erl'urt, depuis 1829 jusque vers 1845. 
Après cette époque, son nom disparaît du 
monde musical actif. Cet artiste brillait parti- 
culièrement par le talent de bien diriger les 
orchestres et les grandes masses chorales. Ce 
fut lui qui dirigea toutes les grandes fêtes mu- 
sicales d'Erfurt, de Weimar, etd'auti-es villes 
environnantes, dejjuis 1855 jusqu'en 1842. En 
1841, il fit exécuter, dans une de ces solen- 
nités, un hymne de fête de sa composition pour 
voix seule, chœur et orchestre ; cet ouvrage 
fut fort applaudi. On n'a publié de lui que des 
Lieder et chants à voix seule avec accompa- 
gnement de piano, op. 1 et 2, Erfuri, AVilh. 
Meyer. 

RETTE (Albekt), organiste de la coui- et 
de la cathédrale de WUrzbourg, naquit dans 
les environs de Schwarzenberg, en 1720. Son 
père, qui était maître d'école et organiste du 
lieu, lui enseigna les éléments de la musique 
et du clavecin. Ses progrès furent si rapides, 
qu'ayant perdu son père à l'âge de onze ans, il 
put le remplacer à l'orgue. Plus tard, il alla à 
WUrzbourg pour y faire ses éludes : y ayant 
icnconlré Bayer, très-bon organiste, il allait 
l'entendre tous les jours, et même il recevait 
de ses leçons. A la mort de ce maître, en 
1749, il fut jugé capable de lui succéder. U 



Ï4 



KETTE — KETTENIJS 



moui'ut à Page de quarante et un ans, en 17G7. 
Cet artiste brillait principalement sur l'orgue 
dans l'improvisation etrexéculionde la fugue. 
Il a beaucoup écrit pour l'église et jiour son 
instrument, mais toute sa musique est resiée 
en manuscril. On cite particulièrement les mor- 
ceaux suivants qui se trouvaient autrel'ois chez 
Traeg, à Vienne : 1» Concerto pour l'orgue, 
avec accompagnement de deux violons, deux 
violoncelles, deux cors, deux trompettes et 
timbales. 2" Concerto pour clavecin, deux vio- 
lons, viole, basse, deux trompetles et timbales. 
3" Vingt-six cadences pour l'orgue. 4° Six pré- 
ludes pour l'orgue, dont trois grands et trois 
petits. 

KETTENUS (Alois), violoniste et compo- 
siteur belge, né à Verviers, le 22 février 182ô, 
commença dès ses premières années l'élude 
de la musique, ^our laquelle il avait d'heu- 
reuses dispositions. Un frère de son père lui 
donna les premières leçons de violon. Agé seu- 
lement de huit ans et demi, il joua l'air varié 
de Rode (en sol) dans un concert de la Société 
d'harmonie de sa ville natale. Peu de temps 
après, il fut admis au Conservatoire de Liège, 
où il devint élève d'un professeur nommé 
M. Wanson; mais sa santé délicate l'obligea 
de retourner chez ses parents après une année 
d'étude. Rentré au Conservatoire quelque temps 
après, il fut de nouveau obligé d'en sortir par 
la même cause à l'âge de douze ans et demi, 
et retiré dans sa famille, il n'eut plus d'autre 
guide que lui-même, saisissant toutes les occa- 
sions où il pouvait entendre les meilleurs ar- 
tistes, <[ui devenaient ses modèles. En 1841, 
M. Keltenus se rendit à Aix-la-Chapelle et y 
obtint la place de premier violon du théâtre, 
après une épreuve de son talent comme soliste 
et comme lecteur à première vue ; cependant 
il abandonna bientôt cette position, qui ne lui 
laissait pas assez de temps pour se livrer au 
travail et à l'enseignement. Ce fut dans la 
même ville qu'il apprit d'un ancien élève du 
Conservatoire de Prague les éléments de l'har- 
monie. Après s'être fait entendre avec succès 
dans des concerts donnés à Francfort, Mayence, 
Darmstadt et Carlsruhe, il reçut, à l'âge de 
vingt-deux ans, sa nomination à la place de 
maître de concert et de violon solo du théàtie 
et de la cour à Mannheim. Il l'occupa pendant 
plusieurs années, et pendant ce temiis il fit un 
tours complet de composition, sous la direction 
de V. L:ichner. Ce fut aussi à Mannheim que 
M. KeUenus écrivit ses premiers ouvrages, 
entre les<iuel5 on remarque un Rondo sicilien 
pour violon, dédié au prince régcul de Bade, 



et des Lieder, dont un recueil de six est dédié 
au grand -duc de Uesse-Darmstadt; à la même 
époque il écrivit aussi un concertino pour 
hautbois et une fantaisie pour clarinette. 

Cependant le besoin d'une existence pins 
active que la vie uniforme et monotone de 
Mannheim tourmentait le jeune artiste ; il con.- 
prenait qu'il ne pouvait trouver cette activité 
que dans un grand centre de population, tel 
que Londres ou Paris ; il se décida pour la pre- 
mière de ces villes, et sa résolution lui fit refu- 
ser la place de maître de concert à la cour du 
roi de Wurtemberg, laissée vacante par le dé- 
part de Moiique pour Londres, et, en 1855, il 
s'éloigna de Mannheim, chargé d'une lettre de 
recommandation de la grande-duchesse Sté- 
phanie de Bade pour la duchesse llamilton, 
sa nièce. Arrivé à Londres, au mois de no- 
vembre de cette année, M. Rettenus fut immé- 
diatement engagé pour jouer dans les concerts 
lie Julien les solos de violon, trois fois chaque 
semaine, alternativement avecErnst.Lesjour- 
naux de celte capitale, particulièrement la 
Presse de Londres, ont rendu le compte le 
plus avantageux de l'effet produit par lui sur 
le public nombreux de ces concerts populaires. 
Appelé dans l'hiver de 1836-1857 à Dublin, 
pour y diriger les représentations d'un opéra 
de Wallace (J}/aritana), données par la hante 
aristocratie au profit de l'école de musique 
<)e Uublin, M. Keltenus fit, dans cette occasion, 
preuve de talent dans l'art de diriger un or- 
chestre. Pendant la même saison, il joua avec 
succès, dans les concerts de la Société philhar- 
monique de Dublin el devant le vice-roi, deux 
fantaisies de s.i composition, avec orchestre. 
Deux ans après, il fut rappelé par la même 
société, pourexécutcr le concertodeBeelhoven. 
Pendant l'hiver de 1837 à 1838, il fut engagé 
au théâtre de la reine, à Londres, en «lualilc 
de premier violon d'attaque, pour une série de 
concerts donnée par Julien. A cette même 
époque, M. Rettenus a composé un grand con- 
certo de violon non encore publié, un concer- 
tino pour quatre violons et orchestre exécuté à 
Londres avec succès dans plusieurs concerts, 
notamment par l'auteur, Henri Wieniawsky, 
le violoniste hongrois Remengi et Ries. Plu- 
sieurs autres compositions ont été publiées de- 
puis lors par M. Rettenus, entre autres, un 
duo pour piano et violon, Londres; Adtlison; 
un duo pour soprano et ténor, ibid. ; deux mé- 
kxlies anglaises (Christmas eve et T/ic Luke). 
Londres, Wessels; le Meunier de Sans-sonci, 
romance française; Londres, Schott; Paris, 
Lcinoine, etc. Dans les dernières a!inée->, cet 



i 



KETTENUS — KIIALEDOUNE 



artiste (lislingiié s'est fait enleiiclre, el toujours 
avec succès, aux concerts de la Société phil- 
harmonique, du Palais de Cristal, el dans 
les salons de la marquise de Devonshire. Un 
grand opéra de sa composition (Stella) a été 
représenté au théâtre royal de Bruxelles, au 
mois de février 18C2. On y a remarqué de 
lionnes choses dans la musique; mais la nul- 
lité d'intérêt dans le livret a nui au succès de 
l'ouvrai^e. 

lŒYllî.EBEIl (Jean-Georges), profes- 
seur de philosophie et amateur de musique, 
né dans le Wurtemherg, vivait vers la fin du 
dix-septième siècle. Il avait un goût passionné 
pour les canons, et toute la musique lui sem- 
blait renfermée dans les pièces de ce genre; 
idée bizarre pour le temps où il vivait, mais 
qui avait eu longtemps ses partisans dans les 
quinzième et seizième siècles. Les pièces de sa 
composition, citées par les biographes alle- 
man<is, sont une preuve de sa passion pour 
cette espèce de musiijue ; elles ont pour litre : 
l" Aygralulaiio viusico-poelica, en six dis- 
tiques latins, avec un canon perpétuel de seize 
dessus et de seize violons à plusieurs sujets, 
pour l'anniversaire de naissance de l'empe- 
reur Joseph I'"', roi des Romains, le l'''" mars 
1G9I. D'après la description iju'on en donne, 
ce canon pouvait être exécuté à deux cent cin- 
quante-six voix et autant d'instruments, c'est- 
à-dire, à cinq cent douze parties. 2" Le chris- 
tianisme bien conçu et brièvement exprimé 
par les deux mots : Ora et labora, avec quel- 
(|ues images allégoriques, gravé sur cuivre en 
une planche in-folio. On y trouve un canon à 
deux altos (chantants), deux ténors- et (jualre 
basses de viole, susceptible de trois systèmes 
(le résolution. Ce canon est établi sur ces pa- 
roles : 

Da Adam hackt und Eva spann, 
Wer >var damais eiii Edelmann ? 

(Lorsque Adam coupait du bois, et qu'Eve fi- 
lait, qui était alors gentilhomme?) De plus, en 
<|ualre systèmes de résolution, une ariette à 
huit voix, dont quatre marchent par mouve- 
ment direct, et quatre par mouvement rétro- 
grade, sur ces paroles : 

Creif an das Werk und set/ nicht faul : 
Afin v'bratne Taub flerjt dir in.i Maul. 

(Mets Li main à l'œuvre et ne sois point pares- 
seux; les pigeons ne viennent pas rôtis dans 
Ia-l)ouche.) ' 

KEYSER (Reimiaud). Foycz Keiseu. 

RUAILL ou ÎÎAIL (Joseph), né à Gras- 
lilz, en Bohême, l'ut admis comme élève au 
Conservatoire de l'rague, on ISll, et y iccut 



<les leçons de Wenccslas Zaluschau pour le cor 
et de François Weiss pour la trompette. Il est 
connu dans son pays comme inventeur d'un 
cor chromalique à clefs; cet instrument est 
maintenant oublié, et il n'y a plus d'autre cor 
chromatique que le cor à pistons. 

KIIALEDOUN (IBX ou Ebn), ou, sui- 
vant l'orthographe du savant orientaliste Sil- 
vestre de Sacy [Chrestomathie arabe, etc., 
a™' édition, Taris, 18i>0 à 1827, t. l", n'ô), 
EIl3î' KIL\LDOCrV,naquilàTHnis, le l"de 
ramadlian 732 de l'hégire (1531 de l'ère chré- 
tienne). Ses noms véritables étaient j4ld- 
Jlruhman Hadltrami , fils de Mohammed, 
fils de Khaledoun ; mais il est connu sous celui 
de Ebn KI>aledoun, c'est-à-dire, descendant 
de Khaledoun. Il fit ses éludes à Tunis. Ayant 
pertiu son père et sa ipère par la peste, lors- 
qu'il eut atteint l'âge de dix-sept ans, il fut 
attaché au seivice du gouverneur de cette 
ville, pour écrire en gros caractères sur les 
diplômes la devise du sultan Abou-Ishac 
Ibrahim, cinquième roi de la dynastie des 
Abou-llafs. Il s'éloigna de Tunis en 784 
(108-3 de Jésus-Christ), el alla se fixer au 
Caire. Deux ans après, le sultan Barkouk le 
nomma Kahdi'lkodat de la secte des maléki- 
tes; mais sa fermeté à repousser les recom- 
mandations et sollicitations des grands le fit 
destituer après un an d'exercice de ses fonc- 
tions. Elles lui furent rendues en 801 (1398), 
mais après la mort de Barkouk, sa position 
lui fut enlevée de nouveau. Ayant suivi, en 
Syrie, le sultan Mélic-Alnaser Faradj, il devint 
prisonnier de Timoiir-Leng ( Tamcrlan ) à 
la jjrise de Damas, et ne recouvra la liberté 
qu'au moment où ce conquérant retourna dans 
la Mongolie. Revenu au Caire après deux ans 
de captivité, Ebn Khaledoun fut nommé une 
troisième fois Kahdi'lkodat ; api'ès avoir perdu 
el recouvré plusieurs fois ce litre, il mourut 
le mercredi 25 de ramadhan 808 (1405), à 
l'âge de soixante-seize ans et vingt -cinq 
jours. 

On a de ce savant un ouvrage considé- 
rable, composé de plusieurs parties sur divers 
sujets, et qui jouit d'une grande célébrité 
dans le Levant; Silvestre de Sacy en traduit 
ainsi le titre arabe : Le livre des exemples 
instructifs et le recueil du sujet et de l'attri- 
but, concernant l'histoire des arabes et des 
Berbers, ainsi que celle des souverains les 
plus puissants qui ont été contemporains de 
ces nations. Une des parties de cet ouvrage 
renferme un traité de la musique des Berbers 
01! Cabylcs. Ce fragment a été extrait d'un m.»- 



26 



KIIALEDOUNE — KHYM 



nuscrit de la Bibliothèque impériale de Paris 
par M. James-Gray Jackson (î;oj/ez Jackson), 
membre de la Société asiatique de Londres, 
qui en a publié une traduction anglaise dans 
le vingtième volume de VAsialic Journal 
(juillet à décembre 1825). Ebn Khaledoun 
donne, dans cette intéressante partie de son 
grand ouvrage, la théorie de la musique arabe 
basée sur la division de l'octave en dix-sept 
intervalles et du ton en trois parties égales ; 
il dit que, de toute antiquité, les instruments 
berbers et arabes ont été accordés selon ce 
système. 

Un autre fragment du même ouvrage a été 
l)ublié à Vienne dans les Mines de l'Orient 
(Fundgraben des Orients, t. II). Ebn Khale- 
doun y présente des assertions qui d'abord 
semblent contradictoires; car il dit dans un 
endroit qu'avantMahomet les Arabes brillaient 
«lans l'improvisation poétique par la variété 
des rhylhmes, la richesse des images et l'har- 
monie euphonique, ainsi que par les chants 
(|u'ils y appliquaient; etdans un autre passage, 
il avoue que la vie nomade de ces peuples ne 
leur avait pas peimis de faire plus de progrès 
dans la musique que dans les autres arts. Tou- 
tefois celle contradiction disparaît si l'on se 
souvient du génie éminemment poétique ma- 
nifesté dans tous les temps par les peui)les 
orienlaux, et du charme de certaines mélodies 
rêveuses des Arabes; mais, d'autre part, l'ab- 



sence absolue d'enseignement 



régulier de la 



musique, de méthode et d'éducation musicale ; 
l'ignorance où sont ces peuples des relations 
harmoniques des sons, et l'impeifectlon des 
instruments, démontrent que l'Idée d'art et de 
progrès n'a pas de signification pour eux. 
Lorsqu'ils chantent ou s'excitent à la danse 
par les rhylhmes de leurs instruments, ils sa- 
tisfont un besoin de leur organisation ; ils ont 
<les inspirations instinctives; mais la musique, 
au |)oint de vue d'art, telle que la conçoivent 
les populations civilisées de l'Europe, n'a ja- 
mais existé chez celles dont parle Khaledoun. 
RIIAYLL (JosnPH), né le 20 août 1781, à 
llerzmanmiestec, en Bohême, apprit à jouer 
de tous les instruments à vent chez un musicien 
de Vienne, nommé Neustadt, et fit particuliè- 
rement de rapides progrès .sur le hautbois. La 
variété de ses talents lui procura une place de 
chef de musi(iue d'un régiment, et pendant 
longtemps il la remplit avec honneur; mais 
l'afTaiblIsscment prématuré de ses forces l'obli- 
gea à demander sa retraite. Il entra alors à 
l'opéra de la cour comme hautboïste solo, et, 
en 181Ô, il fui attaché à la chapelle impériale. 



Une maladie de poitrine, dont il portait le 
germe, l'obligea bientôt à renoncer à l'instru- 
ment sur lequel il n'avait point, dit-on, de 
rival. Cependant l'intérêt qu'inspirait cet ar- 
tiste était S! grand, que le mailre de chapelle 
Eybler ne voulut pas qu'il connût le besoin à 
la fin de sa carrière, et qu'il lui donna une 
sorte de sinécure dans une place d'allo qu'il 
lui confia, en 1828; mais le mal empira rapi- 
dement, et le 24 janvier 1829, Khayll cessa 
d'exister, laissant un fils qui semblait des II né à 
se faire un nom comme pianiste et qui débuta 
brillamment dans les concerts de Vienne , 
enl829, 1830et18ôl, maisqui, bientôt après, 
suivit son père dans la tombe. On ne connaît 
aucune composition de Joseph Khayll pour le 
hautbois. 

RIIAYLL (A>toise), frère du précédent, 
né le 7 avril 1787, reçut la même éducation 
que son frère, mais le piano et la trompette 
furent les inslruments sur lesquels il se <lis- 
liugua. Sa nomination de trompette à l'Opéra 
de la cour et à la Chapelle impériale lui assura 
une exislence paisible. Il était encore plein de 
force lorsqu'une atteinte d'apoplexie l'enleva 
à sa famille, le 28 avril 1834. 

KHAYLL (Alois), troisième frère de ce 
nom, est né le 5 juin 1791 . Son talent de pre- 
mier ordre, comme flùllsle, l'a fait admettre à 
l'Opéra de la cour et à la Chapelle impériale, 
comme ses frères. On assure que l'ensemble 
résultant du talent de ces artistes donnait 
l'idée de la perfection ; cet ensemble se faisait 
surtout remarquer daiTs des morceaux con- 
cerlanls composés par Weiss pour eux, avec 
hautbois, flûte et trompette. M. Aloïs Khayll 
a composé quelques morceaux de concert 
agréables, entre autres des variations bril- 
lantes pour flûte et itlano, Vienne, Trent- 
sensky. Il a été pendant plusieurs années pro- 
fesseur de flûte au Conservatoire de cette ville; 
Il occuiiait encore cette position en 1848. 

RIIISEL (Jean-Jacques), musicien alle- 
mand du seizième siècle, parait avoir vécu en 
Italie, où il a fait imprimer : Libro primo de 
Madrifjali e Motetti a 4 e 6 voci, Venise, 
1591, ln-4°. 

KIIYM (CiiAHLEs), dont le nom est écrit 
quelquefois RYHM, hautboïste et compositeur 
de musique instrumentale, naquit en Bohême, 
vers 1770, et passa la plus grande partie de sa 
vie à Vienne. Ses talents ne se sont pas élevés 
au-dessus du médiocre. On connaît de lui : 
1" Trois duos pour deux clarinettes, op. 1, 
Augsbourg, 1798. 2» Trois îdem, op. 2. ibid. 
ô" Collections de danses pour piano, op. ô et 4, 



KHYM - KIENLEN 



27 



ibtd., 1799. 4° Marche de Bonaparte, avec 
douze variations pour le clavecin, op. 5, ibid. 
5» Trois duos concertants pour deux flûtes, 
op. 6, ibid. 6° Variations pour violon et alto, 
sur un air allemand, Vienne, 1800. 7" Séré- 
nade pour flûte et ailo, ibid. 8" Vini^t-quatre 
variations pour violon sur un air allemand, 
avec accompagnement de viole et l)asse, ibid. 

KIALMAUK (E.), né en 1781 à Lynn- 
Regis, dans le comté de Norfolrk, est fils tl'un 
officier suédois, et d'une mère anglaise, fille 
de M. Banks. Resté orphelin et sans appui, il 
se livra à l'étude de la musique pour laii-e sa 
profession de cet art. Son premier maître fut 
un Allemand qui avait moins de talent que de 
vanité; mais i)lus lard il devint élève de Bar- 
Ihélemon, de Cobham et de Spagnoletti pour 
le violon, et leurs leçons le mirent en état 
d'occuper une place dans les orchestres. 
En 1803, un mariage avantageux lui permit de 
rompre ses engagements comme symi)honisle 
et de se livrer à l'enseignement du piano. Vers 
le même temps, il a commencé à publier quel- 
ques morceaux de piano qui ont été recherchés 
en Angleterre. La nomenclature des airs va- 
riés et des petites pièces pour le i)iano qui 
portent son nom, est très-étendue; toutes ces 
légères productions ont été gravées à Londres; 
elles sont maintenant tombées dans l'oubli. 

lilCllLI'^U (Martin), professeur de piano 
à Vienne, vers I8ô0, est auteur de plusieurs 
morceaux pour cet instrument, et d'une mé- 
thode complète, théorique et i)ratique inli- 
tuléc : f'olIst,rndi(/es Iheoretisch-praldisckes 
Lehrbuch in Pianofortespiele^ op. 12, Vienne, 
Ilaslinger. 

RIliFH AIÎEU (Jean CiiAnLcs-SiECMrjiD ou 
Sicis.noND), assesseur royal de la commission 
des archives et archiviste-adjoint à Munich, 
fut longtemps professeur à Nuremberg, où il 
était né. Écrivain laborieux, il est auteur d'un 
grand nombre de dissertations historiques et 
archéologiques qui sont estimées. Il a publié, 
à l'occasion de l'anniversaire de la Réforma- 
tion : Sendschreiben Dr. Martin Luthers an 
Ludwig Seufel, herzogl. baierische Hofniu- 
sikus in Munchen. Zum Andcnken der Ge- 
dxchtnissfeier der von Luther vor ZOO jahren 
bewirkten Kirchenverbesseritng auss Neue in 
den Druck gegeben und mit einigen Zusxtzen 
versehen, in Beziehung auf Luthers L.iehc 
sur Musik und Singkunst (Lellres originales 
du dr. Martin Luther à Louis Senfel, musicien 
de la cour du duc de Bavière, etc.), Munich, 
1817, in 8». Ce recueil a de l'intérêt pour l'his- 
toire de la musique en Allemagne, au seizième 



siècle. On a aussi dé Kiefhnberune notice fort 
bien faite et riche de renseignements sur les 
célèbres luthistes et fabricants de luths, /^ans 
Gerle, de Nuremberg {voyez ce nom). Celle 
notice a été publiée dans la Gazette générale 
de musique de Leipsick (ann. 181G, p. 309 
et 525). 

KIEL (Auguste), fils d'un ancien ténor et 
professeur de musique à Brunswick, naijuit 
dans cette ville, vers ]S\^. Après avoir reçu 
(le son père les premières instructions concer- 
nant la musique, il choisit le hautbois pour 
instrument et cultiva la composition. Sou 
premier ouvrage jmblié est un recueil de six 
Lieder à voix seule avec accompagnement do 
piano, Hanovre, A. Nagel, 1839. Déjà, <le|iuis 
jilusieurs années, Kiel était entré comme haut- 
boïste dans la chapelle royale <le Hanovre. 
Depuis lors, il a conservé cette position. Plu- 
sieurs compositions pour le chant ont suivi 
son premier ouvrage. Son œuvre 14" est un 
Concertsliicke pour hautbois et orchestre (ré- 
citatif, adagio et polonaise), Hanovre, Nagel, 
et son œuvre 17<", une Elégie pour hautbois ou 
clarinette et piano, Hanovre, Bachmann. 

IvIEIM]>iGEU (Joseph-Melciuor), premier 
violon de la société philharmonique à Grœlz, 
dans la Slyrie, s'est fait connaître par un 
ouvrage intitulé : Theorelisrhe undpraktischc 
Jnleitung fiir angehende f'iolinspieler nach 
den hesten Metliodetieingerichtet {Inslrucl'wn 
théorique et pratique pour les violonistes com- 
mençants, rédigée d'après les meilleures mé- 
thodes), Graelz, J.-F. Kaiser, 1823, in-4». 

KIEIMLEIX (jEAN-CiiniSToriiE) , composi- 
teur, né en Pologne, dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle, était chef d'orchestre 
du Théâtre national àPresbourg, en 1808. On 
voit dans la Gazette générale de musique de 
Leipsick (an. 23", p. 864) qu'il vécut ensuite à 
Berlin sans emploi pendant environ deux ans, 
puis, qu'il fut maître de chant au théâtre royal, 
où il écrivit la musique (ouverture, entr'actes, 
mélodrame et danses) pour le drame en trois 
parties DonnaLuura^de Sophie de Knorriiig, 
sœur du célèbre poëte Tieck. Dans l'intervalle 
de ses séjours à Preshourg et à Berlin, il avait 
vécu à Paris pendant quel(|ues années, puis à 
Vienne, où il avait fait jouer, en 1815, son 
petit opéra dieKaiserrosc (la Rose impériale). 
Appelé à Posen, il fut attaché comme maître 
de chapelle à la maison des princes Radziwill; 
puis il eut la placede directeur de musi(iue du 
théâtre d'Augsboiirg , pour kMjuel il écrivit 
l'opéra Claudine de Fillabcllu, sur le poème 
de Gœthc, cl enfin il alla à Munich, on qualité 



28 



KIENLEN — KIESIlWETTER DE WEISENBRUNN 



de dirccleur de musique do la cour de Bavière. 
Parmi les ouvrages dramatiques de Rienlen, 
on remarque aussi son opéra Laiire et Pétrar- 
que, représenté à Carisruhe en 1820, la mu- 
sique pour la tragédie de Germanicus , exécu- 
tée à Berlin en 1818. Il vivait alors à Baden, 
près de Vienne, et y dirigeait un orchestre de 
danse. Enfin, en 1823, il écrivit la musique 
du drame romanli(iue, intitulé Innocenzia, 
pour le théâtre de Berlin. Il y a lieu da croire 
ijue Texislence de cet artiste fut fort agitée. Il 
est mort à Dessau, en 1830, dans une misère 
profonde. On a publié de sa composition : 
1" Symphonie à grand orchestre, Posen, Si- 
mon. 2° Polonaise avec trio pour piano à quatre 
mainS; Berlin, Traulwein. 5» Deux sonates 
pour piano seul, Paris, llentz-Jouve. 5° Chan- 
sons allemandes avec accompagnement de 
piano, en recueils et séparées, Leipsick , 
Munich, Vienne et Berlin. 

RICSKR (J.-J.), organiste à Erfurt ou 
dans les environs, vei's le milieu du dix-hui- 
tième siècle, a laissé en manuscrit une fan- 
taisie avec un trio pour l'orgue, sur le choral : 
Nun lobt meine Seel. 

RIESEAYETTESl (Jean-Frédéric) , ar- 
chiviste de la chambre des finances, et pre- 
mier violon de la chai)elle d'Anspach, naquit 
à Cobourg dans la première moitié du dix- 
huitième siècle. Élève de Técole de Benda, il 
fut considéré en Allemagne comme un des 
meilleurs violonistes de son temps. Vers 1754, 
il fut appelé à Anspach, et mis en possession 
des places qu'il a occupées jusqu'à sa mort, 
arrivée vers 1780. Ce musicien n'a rien publié. 

RIESEWETTER ( Christophe -Gode- 
froid), fils du précédent, naquit à Anspach 
le 24 septembre 1777, et fut élève de son père 
pour le violon, mais le surpassa dans l'exécu- 
tion des difiicultés. Fort jeune encore il voya- 
gea et fit admirer son talent; il lui eût été 
facile de trouver partout de bons engagements, 
mais son humeur peu sociable lui suscita 
beaucoup <le discussions fâcheuses qui le firent 
changer souvent de situation et nuisirent à sa 
fortune. La première ville où il s'arrêta fut 
Amsterdam; puis il alla à Pvastadt, où il eut 
(le brillants succès ; mais il n'y resta pas long- 
temps. Pendant environ dix-huit mois il vécut 
à Bentheim-Steinfurt, et de là il se rendit à 
ÎJeundorf, et enfin, vers la fin de 1801, à 
Ballenstedl, où il contracta un engagement 
moyennant une somme annuelle de COO écus 
(2,250 francs). Il en partit en 1803 pour aller 
à Oldenbourg, en qualité de maître de cha- 
pelle, avec 800 Ihalers (3,000 francs) de trai- 



tement. Cette position honorable est celle qu'il 
a gardée le plus longtemps. Il y fit preuve, 
non-seulement d'une grande habileté comme 
violoniste, mais d'un rare talent comme chef 
d'orchestre. En 1815, il alla se fixer à Ham- 
bourg, et y vécut environ six ans. Dans l'hiver 
de 1821, il arriva à Londres, yjoua un concert 
philharmonique et fit admirer la puissance de 
son exécution ; mais bientôt la médiocrité in- 
trigante, qui abonde partout, et surtout à 
Londres , usa de tous les moyens pour lui 
nuire, et quoiqu'il se fit entendre de temps en 
temps dans les concerts publics, particulière- 
ment dans les oratorios, il ne put parvenir a 
rien, et mourut dans un état voisin de la mi- 
sère, le 27 septembre 1827. Riesewetter avait 
en manuscrit plusieurs concertos de sa com- 
position, mais il ne voulut jamais les publier. 
Ils ont été dispersés après sa mort. 

RIESE\^ EÏTERDE\\ EISEN- 
RllUiMV (Raphaël-Georges), conseiller de la 
cour impériale, référendaire de la haute cour 
militaire, et directeur de la chancellerie, à 
Vienne, est né le 29 août 1773 à Holleschau, 
en Moravie, où son père était médecin. Dès sa 
jeunesse il ap{)rit la musique, le chant et plu- 
sieurs instruments, particulièrement la flûte, 
sur laquelle il aciiuit un talent distingué. Il 
possédait une belle voix de basse, qui le fit re- 
chercher dans plusieurs sociétés de musique 
vocale. A l'âge de vingt et un ans il fut employé 
dans l'armée impériale placée sous les ordres 
du prince Charles, et y resta depuis 1794 jus- 
qu'en 1801 . Les mouvements de cette armée le 
conduisirent en diverses contrées, particuliè- 
rement en Italie. Après que M. Riesewetter se 
fut établi à Vienne et y eut été attaché aux 
fonctions publiques qui l'ont successivement 
élevé aux postes honorables qu'il occupa, il 
commença l'étude de l'harmonie en 1803, sous 
la direction d'Abrechtsberger; quelques an- 
nées plus tard, Hartmann lui enseigna le con- 
trepoint. Depuis 1816, son goût pour la mu- 
sique ancienne le i)orta à recueillir les raretés 
de ce genre et à en former une collection qui, 
sans être nombreuse, offrait cependant beau- 
coup d'intérêt par le choix des objets qui la 
composaient. Son but, en recueillant ces ri- 
chesses d'art, était de s'entourer de documents 
])ropres à l'éclairer sur divers points de l'his- 
toire de la musique, qu'il se proposait de 
traiter. Ce sont ces travaux qui depuis lors 
l'ont fait connaître avantageusement. Sa.tar- 
dive éducation musicale, dans la partie scien- 
tifique, a retardé ré|)oque de ses premières 
' publications; il n'était déjà plus jeune quand 



KIESEWETTER DE VYEISENBRIJNN 



29 



il s'est décidé à livrer à Timpression les pre- 
miers résultats de ses recherches 5 mais depuis 
lors, Riesewetter montra beaucoup d'activité, 
et ses ouvrages se succédèrent avec ra{)idité. 
Il n'allait pas dans le monde, et tout le temps 
que lui laissaient ses fonctions administratives 
était employé au travail. Il y portait une opi- 
niâtreté invincible lorsqu'il rencontrait dans 
les objets de ses études des choses obscures ou 
(jui lui semblaient avoir été mal étudiées. Par 
Ha grande lecture, et par son esprit de re- 
cherche, il devint un des hommes de son temps 
les plus instruits dans la littérature de la mu- 
sique et dans son histoire. 

Malheureusement l'art de généraliser les 
résultats des faits observés manquait à ce sa- 
vant distingué ; il avait de l'érudition dans les 
détails de la théorie de l'art et dans ceux de 
son histoire, mais les lois |)hilosophiques aux- 
quelles cesdétaiissontsoumis ne furentjamais 
aperçues par lui. D'ailleurs, certains points 
importants et qui dominent toute la science, 
n'avaient pas fixé son attention d'une ma- 
nière suffisante : tel était, par exemple, le 
principe constitutif de la diversité des tona- 
lités. Prenant son sentiment personnel comme 
le critérium de la vérité en cette matière, il ne 
voulut jamais admettre qu'il y eût d'autre 
sentiment possible, ni qu'il y eût jamais eu 
d'autre tonalité que celle de la musique mo- 
derne. Pour lui , les modes du chant des 
Grecs, les tons du plain-chant, nos gammes et 
nos deux modes étaient la même chose. Celte 
erreur capitale l'a égaré dans ses ouvrages les 
plus importants, i)articulièrement dans sou 
Histoire de la musique moderne de V Europe 
occidentale^ et dans ses écrits sur la Musique 
des Grecs moderne, sur la Musique des 
Jrahes, et sur la Destinée et nature de la 
musique mondaine depuis le commencement 
du moyen âge, etc., quoiqu'il se trouve, dans 
ces livres, des pailies qui font grand hon- 
neur à leur auteur. 

Une autre cause a exercé une fâcheuse in- 
fluence sur les travaux de Riesewetter ; elle se 
trouvait dans un sentiment de vanité dont il 
ne pouvait se défendre, et dans une suscepti- 
bilité de caractère qui s'irritait à la moindre 
opposition à ses opinions. Les ouvrages qui 
viennent d'être cités, et plusieurs autres dont 
on trouvera la liste plus loin, ont été écrits à 
l'occasion des déplaisirs causés à ce savant par 
les idées et les vues émises i)ar l'auteur de 
celle notice dans la Revue musicale, dans le 
Itùsniné pliilnsnpliique de Vhistoire de la mu- 
sique^ et dans la Biofjrapltic uniivrselle des 



musiciens. Il est de toute évidence que ces 
productions furent le cauchemar des <|uinze 
ou seize dernières années de la vie de Riese- 
wetter, et que détruire l'eflet qu'elles pou- 
vaient produire sur l'opinion publique fut sa 
pensée fixe. 

Depuis 1816, la maison de Riesewetter était 
devenue un centre de réunion pour beaucoup 
d'artistes et d'amateurs qui formaient une sorte 
d'académie de musique ancienne, où, pendant 
trente ans, et plusieurs fois chaque année aux 
époques de l'avent, du carême, et particuliè- 
rement de la semaine sainte, on exécutait les 
plus beaux ouvrages de Paleslrina, d'Allegri, 
de Victoria, de Carissimi, de Léo, d'Alexandre 
Scarlatti, de Jomelli, de Durante, de Pergo- 
lèse, de Majo et de Lotti, ainsi que ceux de 
Fux, de Caldara, de J.-S. Bach, de Graun et 
d'autres maîtres célèbres. Ces concerts de 
musique classique offraient un vif intérêt aux 
amateurs qui s'y rendaient en foule. 

Justement estimé comme homme et comme 
savant, Riesewetter vit sa vieillesse honorée 
par des distinctions auxquelles il attachait \in 
grand prix. Mis à la retraite en 1845, après 
cinquante ans de service, il avait été anobli 
quelques années auparavant, en récompense 
de son mérite et de ses travaux. Depuis lors, 
il ajouta le titre de Jl'eisenhrunn à son nom 
de famille. Il fut membre de la première classe 
de l'Institut des sciences, de la littérature et 
des arts d'Amsterdam; membre honoraire de 
l'Académie royale des beaux-arts de Berlin; 
correspondant de l'Académie impériale des 
sciences de Vienne; correspondant du minis- 
tère de l'instruction publique de France, sec- 
tion des travaux historiques; associé hono- 
raire de l'Académie de Sainte-Cécile de Rome ; 
membre de mérite de la Société pour la propa- 
gation de la musique dans les Pays-Bas; 
membre honoraire et vice-président éméritc 
de la Société des amateurs de musique de 
l'empire d'Autriche, à Vienne; membre hono- 
raire des Sociétés musicales de Pesth, de Bude, 
de Prague, de Presbourg, de Graetz et de Rla- 
genfurth. Il est mort le 1" janvier 1850, à 
Baden, près de Vienne, où il vivait dans une 
retraite absolue depuis le mois d'avril 1848, à 
l'âge de soixante-dix-sept ans et aiuès une 
courte maladie. Le 3 du même mois, après les 
obsèques, son corps a été transporté à Vienne 
et inhuméau cimetière appelé Fonder JT'aek- 
renger-Linie, près de sa femme, i\m l'avait 
pri'cédé de quelques années dans la tombe. 

Par une disposition testamentaire, Riese- 
wetter a b'gué à la Bibliothèque impériale de 



30 



KIESEWETTER DE WEISENBRUNN 



Vienne sa collection d'ancienne musique, 
décrite dans le catalogue qu'il en avait publié 
avant sa mort, sous la condition qu'elle reste- 
rait dans son ensemble et serait exposée dans 
les salles de cette Biblioihè(iue, sous la déno- 
mination de Fonds de Kiesewetter. Quant à 
ses livres et manuscrits sur la musique, il 
les légua au chanleur de la Chaiiclle impériale 
Aloys Fuchs, son ami de))uis vingt-cinq ans, 
qui ne lui survécut que peu d'années. 

La liste des écrits de Kiesewetter se com- 
pose de la manière suivante : 

I. Histoire et théorie de la mcsique : 
1» Die ferdt'enste der Niederlander um die 
Tonkttnst, etc. (Les mérites des Néerlandais 
dans la musique, mémoire couronné, en ré- 
ponse à cette <|ueslion mise au concours par la 
quatrième classe de l'Instilut royal des Pays- 
Bas, en 1826 : Quels sont les mérites des Néer- 
landais dans la musique, particulièrement 
<iux quatorzième , quinzième et seizième siè- 
cles, elc), publié par le même Institut dans 
le volume intitulé : Ferhandelingen over de 
Fraag : Jf'elke f^erdiensten,etc.^ Amsterdam, 
J. Muller, 1829, in-4", avec des planches de 
musique lilh. 2" Geschichte des europsisch- 
abendlxndischen oder unsrer heutigen Mu- 
sik (Histoire de la musique moderne dans 
l'Europe occidentale, etc.), Leipsick, Breit- 
kopf et Hserlel , i)remière édition, 1854, 
in-4", de cent seize pages, avec vingt pages 
de musicjue; deuxième édition, 184G, in-4". 
Cette deuxième édition n'est que la première, 
dont on a changé le frontispice. Bottée «le 
Toulmon a fait une traduction française de cet 
ouvrage, laquelle est restée en manuscrit jus- 
qu'à ce jour (1862). ô" Ueher die Musik der 
neueren Griechen, nebst freien Gedanken iiber 
altegyptische und altgriechische Musik (Sur 
la musique des Grecs modernes, avec des pen- 
sées sur cet art chez les anciens Grecs et Égyp- 
tiens, en trois i)arties), Leipsick, Breitkopf et 
Haertel, 18ô8, in 4", avec des planches. Cet 
ouvrage est la première opposition faite par 
Kiesewetter au succès obtenu |)ar les idées 
nouvelles répandues dans le Résumé philoso- 
phique de l'histoire de la musique, qui forme 
la plus grande partie du premier volume de la 
première édition de la Biographie uiiiverselle 
des musiciens. 4" Guido von Arezzo, sein 
Lehen und JFirken (Guido d'Arezzo, sa vie 
et ses travaux, avec un supplément sur les 
traités de musi(iue attribués à saint Bernard), 
Leipsick, Breitkopf et llœrlel, 1840, in-4" de 
cin(|uante-cinq pages; ouvrage extrait en 
grande partie de la Biographie universelle 



des musiciens y ou paraphrasé. 5" Schicksale 
und Beschaffenheit der weltlichen Gesanges 
vom friihen Mittelalter bis zuder Erfindung 
der dramatischen Styles und den Anfxngen 
der Oper (Destinée et nature de la musique 
mondainedepuis le commencement du moyen 
âge jusqu'à l'invention du style dramatique et 
du commencement de l'opéra), Leip.iick, 
Breitkopf et Haertel, 1841, in-4", de soixante- 
six pages avec cent six pages de musique. 
Il y a de bonnes choses dans cet ouvrage ; mais 
il est trop sommaire pour rimi)orlance du 
sujet. 6" Die Musik der Araber nach Origi- 
nalquellen, etc. (La musique des Arabes, 
d'après les sources originales, avec un avant 
proi)os, par le baron de Ilammer-Purgstalt), 
Leipsick, Breitkopf et Hœrtel, 1842, in-4", de 
quatre-vingt-seize pages, avec vingt-qualre 
pages de musi(iue : seconde opposition de Kie- 
sewetter à la partie du Résumé philosophique 
de l'histoire de la musique qui concerne la 
musique des Arabes ; il y a com|)létement mé- 
connu le caractère de cet art dans l'Orient. 
Quelques fragments traduits d'ouvrages origi- 
naux par le célèbre oiientaliste llammer- 
Purgstalt forment la partie la plus intéres- 
sante de celte dissertation. 7" Ber neuen 
Aristoxener zerstreute Aufswlze (Mémoiies 
épars des Aristoxéniens modernes sur ce qu'il 
y a d'erroné dans l'Arithmétique musicale, et 
sui' ce qu'il y a de vain dans le calcul du tem- 
pérament, recueillis et accompagnés d'une 
introduction historique en forme de préface, 
avec une partie supplémentaire par B. G. Kie- 
sewetter, et publiés par lui), Leipsick, Breitkopf 
et Haertel, 1846, in-8". 8" Sur l'octave de 
Pythagore, su\i\)\émenl à l'ouvrage précédent. 
Vienne, 1848, aux frais de l'auteur, in 8". 
Kiesewetter publia ces deux mémoires dans le 
but de détruire par la base la théoiie de l'har- 
monie établie par l'auteur de la présente 
notice, sur les intervalles attractifs formés de 
demi-tons mineurs, en s'appuyant de l'autorité 
des auteurs modernes qui, à l'exemple d'Aris- 
toxène, ont soutenu que l'octave renferme six 
tons, et que tous les tons sont divisés par des 
demi-tons égaux; lui-même a essayé de dé- 
montrer contre l'évidence, par des calculs de 
sa façon, la solidité de cette fausse doctrine et 
s'est complètement égaré dans cette entreprise. 
Averti de ses erreuis i)ar un de ses amis, ma- 
thématicien distingué, peu de temps avant sa 
mort, Kiesewetter a chargé FischofT (voyez ce 
nom) de veiller à la suppression de ces deux 
écrits; mais son intention n'a été réalisée que 
pour le second. d"Calalogue de la collection de 



KIESEWETTER DE WEISENBRUNN - KIMMERLING 



31 



partitions de musique ancienne du conseiller 
aulique R.-G. Kiesewetter, publié par lui, 
Vienne, 1847, deux parties in-4'\ 

II. DlSSEUTATIONS INSÉRÉES DANS DIVERS 

ÉCRITS PÉRIODIQUES : lOoSup l'étenduc des voix 
chantâmes dans les ouvrages des anciens 
maîtres, et sur les changements qui ont eu lieu 
dans le diapason {Gazette musicale de Vienne, 
année 1826). Il" Sur la notation de saint Gré- 
goire le Grand (Gazette générale de musique 
de Leipsick, année 1828). 12» Sur Francon de 
Cologne et les anciens auteurs, concernant la 
musique mesurée (ibid). lô» Sur un manuscrit 
inconnu du seizième siècle {ibid., année 1850). 
14" Sur un passage du sixième quatuor de 
Mozart (/ecne par M. Fétis. (Plusieurs articles 
dans la même Gazette, sous le i)seudonyme de 
/e Duc, année 1831). Le passage dont il s'agit 
est rinlroduction du quatuor en ut de Mozait, 
qui produit chez tous les musiciens autant 
d'élonnement que de dé[Uaisir, et que Sarti et 
Cherubini appelaientî/ne 6ar6arîe. J'avais fait 
voir dans la Revue musicale (année 1830) que 
les duretés de ce passage proviennent de ce 
que l'imilation n'est pas régulière, et j'avais 
démonlréqu'en faisantentrerle premierviolon 
lin temps plus tard, Mozart, sans rien changer 
à sa pensée, aurait produit une bonne har- 
monie. C'est ce que Kiesewetter appelle décrier 
Mozart. J'ignorais que le pseudonyme Le Duc 
cachait le véritable auteur des articles de la 
Gazette (jénérale de musique ; je répondis 
dans la Revue musicale de 1831 ,• mais l'oubli 
des convenances alla si loin, dans le style de 
mon adversaii-e, (jue je dus cesser celle polé- 
ini(|ue. 15" Les tablatures des anciens instru- 
inenlistes, depuis l'introduction de la musique 
figurée et mesurée (en quatre articles, dans la 
même Gazette, année 1831.) ICSur l'origine 
dejosquiu desPrés {ibid . ,\%o6) . M" Compère; 
lin d'une polémique commencée par M. Fétis 
contre l'auteur du mémoire couronné par 
l'Institut des Pays-Bas (ttid., 1847). 18» Sur le 
chant populaire et mondain dans le moyen 
âge {ibid. 1830). 19» Sur la période deFrancon; 
réplique à M. Fétis {ibid.). 20» Sur la manière 
de mesurer les sons et sur le tempérament 
(dans l'écrit pério(ii(]ue intitulé : Cxcilia, 
année 1832). 21" Sur les instruments de mu- 
sique et sur la musique instrumentale jusqu'à 
ré|iO(iHe de la musique moderne de chambre 
et d'orchestre {ibid., année 1843). 22» Sur 
l'écriture musicale de saint Grégoire le Grand; 
ré|)onse à l'occasion des lettres de M. Fétis 
sur son voyage en Italie {Gazette musicale de 
Leipsick^ 1843). 23» Sur les difTérenlcs mé- 



thodes d'harmonie (Revue de Gassner, Carls- 
ruhe, 1843). 24» Sur la nouvelle historique 
musicale (Cxcilia, 1844). 2u» Gloses margi- 
nales sur l'article de M. Félis, concernant 
l'écriture musicale dont saint Grégoire s'est 
servi pour son Antiphonaire (Gazette musi- 
ccUe de Leipsick^ 1845). 20» Le soi-disant tem- 
pérament égal et parfait, sans logarithmes, 
exécuté par une méthode graphique, etc. 
(Cxcilia, 1847). 27" Supiilément à la biogra- 
phie d'Astorga {Gazette musicale de Leip- 
sick, 1859). 28» Correction à un critique du 
grand Palestrina (Gazette musicale de 
L ienne, 1843. 29» Les vrais principes de la 
musique grecque (ibid. 1841). 

■ III. Analyse et critique : 50" La musique 
grecque dans ses principes; anti-critique de 
Diieberg (ibid. 1841). 51" Notice sur les col- 
lections musicales de la Bibliothèque de Cam- 
brai, par E. de Coussemaker (Cxcilia, 1844). 
52" Mo(tes du plain-cliant romain, par Séb, 
Slehiin (ibid. 1842). 53» Ottaviano dei Pe- 
irucci da Fossombrone, premier inventeur 
de la typographie de la musique par les carac- 
tères mobiles, par M. Ant. Schniid (dans les 
Feuilles de Lienne pour la littérature et l'art, 
en 1840). 

IV. Ouvrages non publiés : 34" L'enseigne- 
ment des accords déveloi)i)é d'ajjrès le système 
de l'harmonie rondamcnlalc, avec une table 
de toutes les prolongations possibles. Mss. gr. 
in-l'ol., un volume de texte et deux d'exemples^ 
ouvi'age terminé à Vienne, en 181 1.35» Sys- 
tème de l'harmonie fondamentale, en extraits, 
Mss. gr. in-4» de deux cent huit pages. 
30» Préparations pour l'étude de l'harmonie, 
trois cahiers in-fol. écrits à Vienne, 1811. 
37» Pensées sur la construction et la dispo- 
sition d'un oichestre. 58» Notice sur I'^m/J- 
parnasso d'Orazie P'ecchi, comme préface à 
un exemplaire de cet ouvrage rarissime et de 
grande impoitance. 

Kiesewetter a été l'éditeur de l'ouvrage post- 
hume de Kandler sur la vie et les ouvrages de 
Palestrina (voyez Kandler), et y a ajouté une 
préface et des notes. 

KIESLIISG (Jean-Fbançois), organiste et 
compositeur, né en Bohême, dans le dix-hui- 
tième siècle, a laissé en manuscrit plusieurs 
ouvrages de musique d'église, parmi lesquels 
Foyia cite des litanies qui se trouvaient à 
l'église de Raudnitz , et qu'il considérait 
comme une de ses meilleures compositions. 

KIMJ>IEULI3iG (Robert), prêtre et direc- 
teur du chieur de l'abbaye de Melk, en Au- 
triche, naquit à Vienne, le 5 décembre 1737. 



M 



KIMMERLINO - KINDERVATEU 



Après avoir terminé ses humanités ainsi que 
ses éludes musicales, il entra dans les ordres, 
en 1759, fit ses études de théologie à l'Uni- 
versité de Vienne, et prononça ses vœux au 
monastère de Mclk, où il lut chargé de la di- 
rection de la musique. En 1761, il fut fait 
préfet des études des novices. Lorsque en 1770 
l'archiduchesse Marie-Antoinette, plus tard 
infortunée reine de France, visita l'abbaye de 
Melk avec son frère Joseph II , une sorte 
d'oratorio intitulé : Bebecca, fiancée d'Isuac, 
composé par le P. Rimmerling, fut exécuté 
devant ces pi-inces qui, bons connaisseurs, 
firent présent à l'auteur d'une belle médaille 
d'or, et Joseph II demanda une copie de la 
partition. Possédant une belle voix de ténor, 
habile dans l'art de jouer du clavecin et de 
l'orgue, et savant dans le contrepoint, Rim- 
merling était un musicien accompli. Il a laissé 
en manuscrit des quatuors, trios et duos pour 
des instruments à cordes, des vêpres, hymnes, 
offertoires, graduels, litanies, Salve Regina, 
Te Deum et plusieurs messes, dont une à huit 
voix (en ut), en deux chœurs, que Haydn con- 
sidérait comme un chef-d'œuvre. Le P. Rim- 
merling est mort à Melk, le 5 décembre 1799. 

KirNDERLirVG (Jea^ Frédéric- Auguste), 
né à Magdehoui-g, en 1743, fut d'abord pro- 
fesseur à Rloslerbergen , en 1768, et deux 
ans après recteur dans le même lieu. En 1771, 
on l'appela comme prédicateur à Schwartz, 
près de Colbe, et trois ans plus tard il fut 
diacre et magister dans cette dernière ville. 
En 1797, il fut appelé à Magdebourg, en qua- 
lité de prédicateur et recteur. Il est mort dans 
cette ville, le 23 août 1807. Parmi ses nom- 
breux écrits on remarque : Nœthige Berichti- 
(jung der kurzeti wehrhuften Geschichte der 
A'Uesten deutschen Kirchengesxnge des 
Herrn O. K. R. Tellcrs besonders von 
D. Martin Luther (Correction nécessaire 
de la courte et véritable histoire des chants 
d'église allemands les plus anciens, par 
M. 0. R. R. Teller, etc.), Dessau, 1782, in-4", 
sans nom d'auteur. Un manuscrit trouvé dans 
ses papiers a été publié sous ce titre : Kri- 
tisches Betrachtungen iiber die Ferzug- 
lichsten alten, neueren und die verbesserten 
Kirchenlieder (Considérations critiques sur 
les meilleurs chants d'église anciens, nou- 
veaux et perfectionnés), Berlin, 1813, in-S", 
de cent qiiatie-vingt-dix-sept pages. 

KlWDEUMAIViV (Jean-Érasme), né à Nu- 
remberg, le 29 mars 1616, fut un des plus cé- 
lèbres organistes de son temps , et remplit 
ses fonctions à l'église Saint-Égide, dans sa 



ville natale. Il mourut le 14 avril 1635. Ce sa- 
vant musicien a publié de sa comi)osition : 
1° Musica Catechica, oder Catechismus auf 
die 6 Hauptstiicke desselhen gerichtet (Mu- 
sique catéchétique, ou catéchisme (musical) 
composé sur les six articles principaux, avec 
deux chants avant et après le lepas, elc.,à cinq 
voix avec basse continue), Nuremberg, 1646, 
in-4"'. 2" Harmonia organica per tabula- 
turam germanicam composita (consistant en 
quatorze préludes, huit fugues pour l'orgue, 
deux prélu<ies et un Magnificat du huitième 
Ion), Nuremberg, 1645. 3" Neu-verslimnite 
f'iolen-lust mil 3 T'iolen nebst einen Gène- 
ralbass (Récréations de violes accordées d'une 
manière nouvelle, pour trois violes et basse 
coutinue) , Francfort, ]Çnii. 4" Dilberriis 
EvangelischerSchluss ReimenderPrediglen, 
1, 2 und ôten Theil mit drey Stiinmen , 
neml. 2 Discanlen und einem Bass, zxi einein 
Positiv, Régal, Spinet , Clavicytnbel oder 
Theorbe (Rimes finales des sermons évangéli- 
qucs de Dilberrn, jiremière, deuxième et troi- 
sième parties à trois voix, savoir deux dessus et 
basse, avec un positif, régal, épinette, clavecin 
ou théorbe), Nuremberg, 1652. 5" (Juatrc suites 
de sonates et decart;o?iei pour l'orgue ou le cla- 
vecin, ibid., 1655. Çy Musicalischcr Felder und 
TFxlderfreund ;initeiner singendcnStimme, 
neben dem Basso Generali filr einen Orga- 
nisten, Theorb-oder Lutenisten, accommo- 
dirtund componirt [Àmi musical des champ.s 
et dos bois, composé et arrangé pour une voix 
chantante et basse continue à l'usage d'un or- 
ganiste, d'un théorbiste ou d'un luthiste), 
Nuremberg, 1643. La Bibliothèque royale de 
Berlin possède de cet artiste un motet à huit 
voix avec instruments sur la mélodie choi'ale : 
I/err Gottdich lobenwird, en tablature alle- 
mande. J'ai examiné ce morceau, qui est fort 
bien fait. 

KII^DERMAI^iS (Auguste), chanteurdra- 
malique distingué, est né à Berlin, le 6 fé- 
vrier 1816. Engagé d'abord comme choriste 
et chanteur de petits rôles au théâtre royal 
(le cette ville, il alla au théâtre de Leipsick 
en 1839, et s'y fil remarquer à son début par 
la beauté de sa voix de baryton. Après huit ans 
de succès dans celle position, il accepta, en 
1847, la place de premier baryton au théâtre 
royal de Munich. 

RODERVATER(Jean-He>ri), assesseur 
du consistoire et pasteur île Saint-Biaise, à 
Nordhausen, né à Relbra, près de Franken- 
hauscn, le 4 avril 1675, alla, en 1696, à l'Uni- 
versité de Jéna, fut magister en 1700, diacre 



KINDERVATER - KING 



33 



àErfurlen 1703, trois ans après pasteur dans 
le même lieu, et enfin assesseur à Nordhausen, 
où il mourut le 2 octobre 1726. Dans un de 
ses ouvrages, intitulé: Gloria tempU Blasiani 
(Nordhausen, 1724, in-S"), il a donné une 
description de l'orgue de cette église (p. 99 et 
suiv.). Il a laissé aussi en manuscrit un traité 
de musique de neuf feuilles qui a pour litre : 
De mnsica Lilteraloribus necessaria. Cet 
ouvrage, qui avait appailenu à Rcicliardt, est 
devenu la propriété de Gerber, auteur des 
Dictionnaire des rnusiciens. Il se trouve 
aujourd'hui dans la Bibliothèque de la So- 
ciété impériale des amis de la musique, à 
Vienne. 

lilIMDI (El), auteur arabe de six traités de 
musique indiqués par le baron Ilamnier-Purg- 
stall {Jahrbiichern der Lileratur, t. XCI, 
troisième trimestre). Le premier de ces ou- 
vrages traite de la composition (des modes); 
le second, de l'ordonnance des tons; le troi- 
sième, des éléments de la musique: le qua- 
trième est un traité stir le rliylhine; le cin- 
quième, une description des instruments; le 
sixième est relatif à l'accompagnement mu- 
sical des poésies (la mélodie). El Rindi est le 
plus ancien écrivain arabe sur la musique ; 
il mourut l'an 248 de l'hégire (862 de l'ère 
chrétienne). 

KIINDSCIIER ( Jean-Louis-Gottfried ) , 
né à Dessau, le 14 octobre 1764, fit son édu- 
cation musicale sous le directeur de musique 
Rust, et fut professeur à l'École supérieure de 
cette ville, et organiste de l'église du château 
et de la ville. Il y est mort, le 20 octobre 1840. 
On a publié sous son nom les ouvrages sui- 
vants : 1° Vingt-quatre chansons allemandes 
à voix seule, avec accompagnement de cla- 
vecin, Dessau, 1792. 2° Chansons courtes avec 
accompagnement facile pour piano, Leipsick, 
1801 , in-4°. Z" Jnvoeisung zu Ausweichungen 
in aile Dur-und Molltonarten in Behand- 
lung der einzelnen Twne des verminderteu 
Septimen-yiccords durch /liilfe desSemilonii 
m,odi (Instruction sur les modulations dans 
tous les tons majeurs et mineurs, etc.), Des- 
sau, 1812. Nouvelle édition corrigée, ibid., 
1814, in-fol. 4» Anleitung zum Selbstunter- 
richtin Clavier-und Orgelspielen, in beson- 
derer Hinsicht auf richtige kenntniss und 
Behandlung bezifferter Chorale , aucU For- 
und Zwischenspiele zu desselben. Eine ior- 
bercitung zum Generalbass und Fortsetzung 
meines Semitonii modi oder Anvoeisung su 
Jusweichungen, etc. (Méthode i)our apprendre 
soi-même à jouer du piano et de l'orgue, etc.), 

FIOCR. UKIV. DES MUSICIENS. T. V. 



Leipsick, Ilofmeistcr, 1817, in-4"decinquante- 
deux pages avec deux planches. Une deuxième 
édition améliorée a été publiée en 1830, 
ibid. 

RIINDSCÏIER ( IIenri-Ciiaules-Louis) , 
fils dii précédent, né le 16 octobre 1800, à 
Dessau, reçut de son père les premières leçons 
de piano et d'harmonie, et alla à Leipsick, en 
1820, compléter son instruction musicale chez 
Schicht {voyez ce nom). De retour à Dessau, il 
succéda à son père, en 1824, dans la place de 
professeur de chant au Gymnase (collège). 
Quatre ans après, il entra dans la chapelle du- 
cale comme f!ûtisle,eten 185711 eut la place de 
son père, comme professeur de musique au 
Séminaire. Il continua de remplir ses deux 
I)laces au Gymnase et au Séminaire jusqu'en 
1854, où il fut appelé à Cœlhen, pour enseigner 
la musique dans le Collège qui y était nouvel- 
lement érigé. Kindscher a fait insérer dans 
la Gazette générale de musique de Leipsick 
(an. 1847, p. 596) une Esquisse sur la mu- 
sique et sur l'art en général. Dans le même 
journal (an. 1848, p. 530), il a fait une criti- 
que sévère du livre de L. Kraussold {voyez ce 
nom) sur l'ancien chant choral protestant, sa 
construction rhylhmique et sa restauration. 
Riaussold se servit du même recueil pour faire 
[laraitre une anticritique très-solide (ibid., 
1>. 744), et la polémique fut close par une 
longue ré[)lique de Kindscher, publiée dans le 
n" 49 de la même gazette, p. 785. On a de cet 
artiste : 1° Vingt Lieder à trois voix, Leipsick, 
Freise.2<>Douze Lieder pour un chœur à quatre 
voix, ibid. 

KIl^iG (Robert), bachelier en musique à 
Cambridge, en 1696, fut un des musiciens at- 
tachés' au roi Guillaume III. Il a coni|>osé 
plusieurs airs qui ont été insérés dans la col- 
lection intitulée : Tripla Concordia, et a mis 
en musique quelques chansons insérées dans 
le Théâtre of Music. 

lil^G (William), organiste et composi- 
teur du nouveau Collège d'Oxford, vers la fin 
du dix-septième siècle, a mis en musique le 
poëme de Cowley, intitulé : La Maîtresse 
(Mistress), et a publié cet ouvrage sous ce 
titre : Poems of M. Cowley and others, com- 
posed into sangs and ayres, voith a Tho- 
rough-basse for the Theorbo , Ifarpsicor 
{Harpsichord) or Base-violl (Poèmes de 
M. Cowley et autres, composés sous la forme 
dechansons et d'airs, avec basse continue pour 
le ihéorbe, le clavecin ou la basse de viole), 
Oxford, 1688, in-fol. Gerber, Choron cl 
Fayolle sonl tombés dans une plaisante mé- 



KliNG — KLNRI 



l)iise au sujel tic King el de son ouvrage : 
Irompés vraisemblablement par le titre du 
poëme de Cowley {Mistress), ils ont lu 3Iis- 
triss, et disent que King a rédigé sa composi- 
tion pour madame Cowley. Or, Anne Cowley, 
auteur dramatique, n'a vu le jour qu'en 1745, 
et a cessé de vivre seulement en 1809, c'est-à- 
dire cent vingt ans après la publication du 
recueil du musicien anglais. 

KIlNG (Charles), musicien anglais de peu 
de mérite, a cependant exercé une certaine in- 
fluence en son temps. Élevé parmi les enfants 
de chœur de Saint-Paul, sous la direction de 
Blow, il devint ensuite un des premieis chan- 
tres de cette cathédrale, et fut admis, en 1704, 
au grade de bachelier en musi(]ue à l'Univer- 
silé d'Oxford. Après la mort de Clark, il lut 
nommé aumônier et maître des enfants de 
chœur de Saint-Paul. En 1730, on l'éleva à 
la dignité de vicaire. Il lui fut permis de cu- 
muler avec ces i)laces celle d'organiste de 
l'église paroissiale de Saint-Bennet-Fink, à 
Londres. Il conserva tous ses emplois jusqu'à 
sa mort, arrivée au mois de mars 1745. Un 
grand nombre de services pour l'église sont 
connus sousson nom, ce qui a fait dire au doc- 
teur Greene, en plaisantant, que M. King 
était un homme très-serviable. Quatre an- 
tiennes de sa composition ont été insérées dans 
VHarmonia sacra, de Page, et deux autres 
dans la Sacred Music, de Slevens. 

KIING (M. -P.), pianiste et compositeur an- 
glais, vécut à Londres dans les vingt dernières 
années du dix-huitième siècle, et au commen- 
cement du dix-neuvième. Il a beaucoup écrit 
pour le théâtre anglais, el a publié des sonates 
et d'autres pièces pour le i)iano. On connaît 
sous son nom les 0[>éras suivants : False alarms 
(les Craintes supposées). 2» Invisible Girl 
(la Fille in visible). 3" iVa/riWiOHy (le Mariage). 
4" One o'Clock (Une heure). 5" Timour the 
Tartare (le Tartare Timour). Il a aussi publié 
deux livres de chansons et de cantates, un re- 
cueil de glees à trois voix et des duos. Parmi 
ses œuvres de musique instrumentale, on re- 
marque : l^Trois sonates pour le piano, op. 1 , 
Londres, Clementi. 2° Jro'isidem, op. 2, ibid. 
5" Plusieurs sonates séparées. 4° Trois idem, 
op. 5, ibid. 5" Trois rondeaux indiens, op. 13, 
ibid. 6» Quintette pour piano, flûte, violon, 
alto et basse, op. IG, ibid. 7" Trois rondeaux 
pour piano seul, op. 22, ibid. 8" Divertisse- 
ment idem, op. 24, ibid. King s'est fait con- 
naître comme écrivain didactique parplusieuis 
ouvrages élémentaires pour l'enseignement de 
l'iKumonie, de l'accompagnement et du chant, 



dont voici les litres : Thorovgh bass mode 
clear to every capacity (la Basse continue 
éclaircie pour toutes les intelligences), Lon- 
dres, 1796, grand in-4''. Cet ouvrage est un 
assez bon manuel pratique, qui renferme des 
instructions sur la manière de traduire sui* le 
piano une partition d'orchestre. 2" ^ gênerai 
treatise on Music , particularly in Harmonxj 
or thorough-bass, and ils application to 
composition, containing also many and 
essential and original subjecls, tending to 
explain and illustrate the whole (Traité gé- 
néral sur la musique, particulièrement sur 
l'harmonie ou la basse continue, et son appli- 
cation à la composition), Londres, 1800, in-fol. 
Il y a une deuxième édition de cet ouvrage, 
publiée en 1809. Dans la préface de la seconde 
partie se trouve une ciilique assez dure de 
l'ouvrage de Kollmann, intitulé : Practieal 
Guide to thorough-bass. S" Introduction to 
the theory and practice of Singing at first 
sight (Introduction à la théorie et à la pra- 
tique du chant à première vue), Londres, 
1800, in-4». 

RIIMi.1 ou KINSKI (Joseph), né à Olmutz, 
en Moravie, vers 1790, fit ses humanités sous 
la direction de son oncle Dominique Kinki, 
professeur et prêtre de l'ordre des Piarisles, el 
dans le même temps étudia la musique. Plus 
lard, il se rendit à Vienne et y fut employé 
comme alto au théâtre Sur-la- Vienne. 11 y fut 
chargé de la direction des répétitions el mon- 
tra tant d'intelligence dans cet emploi, que le 
chevalier de Seyfried, alors directeur de mu- 
sique de ce théâtre, se l'adjoignit comme se- 
cond chef d'orchestre. Quelques années après, 
il fut lui-même choisi pour directeur de mu- 
sique du théâtre de la Porte de Carinthie, où il 
écrivit la musique de plusieurs ballets d'Au- 
mer, et de quelques pantomimes. Lorsque 
Slœger se chargea de l'entreprise du théâtre 
de Grsetz, il choisit Kinki comme chef d'or- 
chestre; et lorsque cet entrepreneur alla 
prendre la direction du théâtre de Josephsladt, 
Kinki l'y suivit en la même qualité. Peu de 
temps après, il s'est retiré dans le lieu de sa 
naissance. Parmi ses ouvrages, ceux qui ont 
eu le plus de succès sont les ballets suivants : 
\'> La Fête champêtre au bosquet de Kisbier. 
2" Le Chevalier dupé. 5° La petite Foleuse. 
4" Les Blanchisseuses. 5" Le Jugement de 
Salomon. 6" La Fêle de l'Amour. 7° La Fêle 
des Grâces. S" La Fête du Soleil. 9» La Noce 
au Fillage. 10« Emma. W" Der Marktrich- 
ter (le Juge du marché). 12° Le Sacrifice de 
6'erës. Kinki a écrit aussi la musique des petits 



KINKI - KIRCHEU 



38 



opéras suivants: iZ" Le Prince et le Ramoneur . 
14" Lorenzo, chef de brigands. 15" Lundi, 
Mardi, Mercredi (en collaboration avec Gy- 
rowetz et le chevalier de Seyfiied). 1G" Le 
Quolibet. 17" Le Sultan IFampum. Les airs, 
ouvertures et entr'actes de ces ouvrages ont 
élé aiian}>és par difTérenls musiciens pour le 
violon, la fliite, la guitare, le piano, etc. 

KIIMNER DE SCIIEUI I Ei>STElI\ 
(maître Martin), savant, poëte et musicien, 
naquit à LeobscliUtz, en Siiésie, au commence- 
ment de l'année 15ô4, étudia à Wittenberg 
sous Mêlanchton, fut ensuite professeur de 
poésie dans la même ville, puis retourna dajis 
le lieu de sa naissance, où il cul le litre de 
secrétaire (archi-grammatus), et de musicien 
de la ville. Il mourut à l'âge de soixante-trois 
ans dans un voyage, à Baumgarlen, près de 
Frankenslein, le 24 mars 1597. l/épilaphe de 
ce savant se voit dans l'église de Leo!)schU(z. 
L'ancien livre choral de Breslau contient un 
grand nombre de pièces dont Kinncr a fait la 
poésie et la musique. 

RI1\CII(J.), musicien hongrois et compo- 
siteur de danses d'un caractère très original, 
est né dans un village près de Peslh, vers 
1820, et vit dans cette ville. Il écrit aussi pour 
le piano des compositions romantiques. Au 
nombre de ses ouvrages, on remarque Zene- 
yibrand (Peintures des sons), pour piano, 
op. 15, Pesth, Wagner, et f^lgadd nj magyar 
Tàncz (Dans magyare pour piano), op. 17, ibid. 

KIRCHRAUEH (Alphonse), bénédictin 
du couvent de Neresheim, en Souabe, et chan- 
celier de l'évéque de Coire, vivait vers le mi- 
lieu du dix-huitième siècle. Il s'est fait con- 
naître comme compositeur par un recueil de 
sept messes brèves à quatre voix, deux violons 
et basse continue intitulé : Jubilus curix 
cœlestis in terrestre cwrta^Augsbourg, 1731, 
gravé. Une deuxième édition corrigée a été 
publiée en 1740. 

KIRCHER (Athanase), un des plus sa- 
vants jésuites du dix-septième siècle, et i)eul- 
«lie le plus savant de tous, nacpiit le 2 mai 
1602, à Geysen, près de Fulde. Chargé par ses 
supérieurs d'enseigner la philosophie, |)uis les 
langues orientales, au Collège de Wllrzbourg, 
il fit preuve, dans l'exercice de ses fonctions, 
d'unprofondsavoir ([ui s'est ensuite développé 
avec éclat dans les grands ouvrages qui nous 
restent de lui. Ce savant homme offre dans ses 
écrits la réunion bizarre de connaissances éten- 
dues en malhémali(]ues, en physique, en his- 
toire naturelle, en philologie, et d'un esprit 
crédule, avide de merveilleux et dépourvu de 



jugement. Dans ses immenses travaux , le 
faux et le vrai sont entassés péle-méle; mais 
il s'y trouve de bonnes et curieuses choses en 
assez grande quantité pour qu'on se donne la 
peine de les y chercher. Il y a plus de pré- 
vention que de justice dans le dédain que cep- 
tains critiques modernes ont montré pour ses 
ouvrages. Troublé dans sa tran(iuillité par les 
événements de la guerre de Trente Ans, Kii-- 
cher fut obligé de s'éloigner de l'Allemagne. 
Il alla chercher du repos chez les jésuites 
d'Avignon, avec lesquels il passa deux années, 
s'occupant de l'étude de ranti(|uilé ; puis il se 
rendit à Rome, où le resic de sa vie fut em- 
ployé en travaux giganles(iues sur presque 
toutes les branches du savoir humain. Il mou- 
rut en cette ville, le 28 novembre 1080, à l'âge 
de soixante-dix-huit ans. 

Plusieurs ouvrages du P. Kircher traitent 
spécialement de la musique, ou reufermeul de 
curieux renseignements pour Thistoire de cet 
art. Le plus important a pour titre : Mtisur- 
giauniversalis, sive ars magna consoni et 
dissoni in X libros digesla. Qua utiiversa 
sonorum doclrina et pliilosophia, Music^a:- 
que tam théories quam practicx scientia, 
summa varietatv tradilur; admirandx con- 
soni et dissoni in mundo, adeoquc universa 
natura i;ire.v effectusque, uti tiova, ita pere- 
grina variorum speciminum exhihitione ad 
singulares usus, tum in omni pœne facul- 
tale, tum polissimum in Philologia, Mathe- 
matica , Fhysica , Mechanica , Medicina, 
Politica, Metaphysica, Theologia, uperian- 
iur et demonstrantur, Romœ, 1650, deux vo- 
lumes in-fol. Ce long titie fait connaître la 
nature de l'ouvrage, et explique la pensée en- 
cyclopédi(|ue qui a présidé à sa rédaction. 
Suivant Siilzer et Forkel, une troisième édition 
de cet ouvrage aurait paru en 1C54; mais c'est 
une erreur; il n'y a jamais eu qu'une édition 
de cet ouvrage datée de Rome, et c'est celle de 
1650 ; j'en ai vu plus de trente exemplaires, 
tous portaient cette date. Suizer et Forkel ont 
confondu avec la Musurgia unicersalis le 
livre De Arte magnetica, dont la Iroisièiîie 
édition a été, eneflel, publiée à Rome, en 1654. 
Je doute aussi de l'existence de l'édition 
d'Amsterdam, 1062, in fol., citée par le savant 
M. Weiss, dans l'excellent article ([u'il a fait 
sur Kircher pour la Biographie universelle 
des fières Michaud. Il existe dans la Bibliothè- 
que royale de Berlin un exemjjlaire daté de 
Rome, 1600, deux volumes in-fol. Je n'ai pas 
vu de mes yeux cet exemplaire, et ne sais si 
c'est une édition difrércnle, ou un simple 

3. 



36 



KIKCIIEK 



changement de frontispice. Le premier livre 
iriiile du son en général, de sa production, de 
sa propagation et de sa nature dans les voix et 
dans les instruments. Le deuxième livre ren- 
ferme beaucoup de choses curieuses, mais 
aussi beaucoup d'autres hasardées, ou complè- 
tement fausses, sur la musique et les instruc- 
ments des Hébreux et des Grecs. Le troisième, 
«|Ui aurait du être le second, est relatif aux 
proportions numériques des intervalles. Le 
quatrième traite de la division géomélriquedu 
monochorde. Le cinquième est un traité de 
composition extrait des meilleurs ouvrages 
sur cette matière qui existaient au temps où 
Kircher écrivait. Il y rapporte quelques mor- 
ceaux d'artistes célèbres de cette époque, 
qu^on ne trouve pointailleurs. Dans le sixième 
livre, l'auteur donne la desciiption de tous les 
instruments : ce livre est divisé en quatre 
parties. Le septième est consacré à un examen 
de la nature, des défauts et des qualités de la 
musique ancienne et de la moderne, et traite 
de quelques particularités qui n'avaient pu 
trouver place dans les livres précédents. Tel 
est le contenu du premier volume. Le huitième 
livre, où il est traité de la composition des 
chants, est rempli de beaucoup d'inutilités 
sur les combinaisons des notes, à peu près 
semblable à ce que Mersenne a publié sur le 
même sujet dans son Harmonie universelle; 
mais on pourrait encore tirer de bonneschoscs 
des deuxième et troisième parties de ce livre, 
relatives au rhythme poétique appliqué à la 
musique. Le neuvième livre traite des effets 
physiques et moraux sur l'homme en santé et 
dans l'état de maladie, particulièrement de la 
morsure de la tarentule, et de sa guérison parla 
musique. Kircher avait déjà traité ce sujet dans 
son livre sur le magnétisme. Ce livre renferme 
quelques faits intéressants mêlés à beaucoup 
de contes absurdes. Kircher traite aussi dans 
ce livre de l'écho, de ses causes, de la con- 
struction de quelques instruments mécani- 
ques, et de certains automates chantants ou 
jouant des instruments. C'est là qu'il parle 
d'une statue parfaitement isolée, dont les 
yeux, les lèvres et la langue auraient un mou- 
vement à volont*, qui prononcerait des sons 
articulés, et f|ui paraîtrait vivante. LeP. Schott 
dit, dans sa Magia universalis (t. II, liv. III), 
que Kircher a\ ait eu le projet de faire exécuter 
cette statue poui* l'amusement de la reine de 
Suède, Christine; mais qu'il en fut empêché 
jiar le défaut de temps, ou à cause de la dé- 
jicnse. C'est surtout dans le dixième livre de 
son ouvrage que Kircher s'est abandonné à 



toutes les bizarreries de son imagination, en 
traitant d'une sorte de musique mystérieuse 
et universelle répandue jusque dans les pieires, 
les plantes, les animaux, l'air et le ciel. Il 
y parle sérieusement et en détail de la mu- 
sique hiérarchiqur qu'on entend dans les cieux, 
et où les anges sont distribués en neuf chœurs. 
André Hirsch (voyez ce nom), prêtre luthé- 
rien du dix-huitième siècle, a publié un ex- 
trait du gros livre de Kircher, en un volume 
in-12. De tous les critiques du savant jésuite, 
Meibomius a été le plus dur. On reconnaît son 
âprelé ordinaire dans ces phrases de la pré- 
face qu'il a mise en tête de son édition des au- 
teurs grecs sur la musique : Mxisicam, grx- 
cam disciplinam , dit-il, quam hactenus 
Grœce doctissimorum virorum vix ullus 
attrectare ausus fuit^ sine ulla ferme grxca 
litteratura , nullo Grxcorum musicorum 
leclo, tradere adgressus est vir Cl. Athana- 
siua Kircherus, Fateor non tantum me mi- 
rattim ex celeberrimo orbis terrarum loco, 
Româ, tantum ineptiarum adferri poluisse ; 
sed etiam à tantx famx viro. Le quatrième 
chapitre du deuxième livre de la Musurgia 
universalis, qui traite de la musique des Hé- 
breux, a été inséré par Ugolini dans son 
Thesaur. antiq. Sacr. (t. XXXII, p. 554-416). 
Le second ouvrage du P. Kircher qui a pour 
objet spécial une branche de la musique, a 
pour titre : Phonurgia nova, sive conjugium 
mechanico-physicum artis et naturœ, Para- 
nympha Phonosophia concinnatum ; qux 
universa sonorum natura, proprietas , vires 
effectuumque prodigiosorum causa;, nova et 
multiplici experimentorum exhibitione enu- 
cleantur; instrumenlorum acusticorum, ma- 
chinarumque ad naturx prototypon adap- 
tandarxim, tum ad sonos ad remotissimu 
spatia propagandos, tum in abditis domo- 
rnm recessibusper occultioris ingenii machi- 
namenta clam palamve sermocinandi modus 
et ratio tradittir, tum denique in bellorum 
tumultibus singularis hujusmodi organo- 
rum usus, et praxis per novuin phonologum 
describitur , Campidonse (Kemplen), 1673, 
in-fol. de deux cent vingt-neuf pages. Cet ou- 
vrage est le développement de quelques parties 
des premier et sixième livres de la Musurgis 
universelle, avec quelques inventions d'instru- 
ments acoustiques dont l'exécution n'aurait 
peut-être pas répondu aux résultats que Kir- 
cher en attendait. Cependant ce livre n'est pas 
sans intérêt : il renferme un certain nombre 
de faits ((ui paraissaient merveilleux à l'époque 
où l'auteur écrivait, mais dont on a depuis lors 



KIRCHER - KIRCHHOF 



37 



vérifié la réalité, et dont on a trouvé les lois. 
Une traduction allemande de cet ouvrage, inti- 
tulée : Neue Hall-und Thon-Kunst, oder 
mechanische Geheim-Verbindung der Kunst 
und Nalur (N.ordlingue, 1084, in-fol.), a été 
publiée sous le nom d''Agatho Carione, qui 
n'est vraisemblablement qu'un pseudonyme. 

Dans son traité du magnétisme intitulé : 
Magnes sive de arte magnelicd opus tripar- 
titum (Rome, 1641, 10-4°; Cologne, 1643, 
in-4", et Rome, 1654, in-fol.), Rircher a traité 
au troisième livre : De Magnetismo musics. 
Il y disserte longuement sur des faits mal ob- 
servés et des suppositions gratuites. On y trouve 
les airs qui, de son temps, passaient pour 
guérir du tarentisme. Enfin, le savant jésuite 
a donné un chapitre rempli de rêveries sur la 
musique hiéroglyphique^ dans son célèbre 
livre intitulé : Œdipus wgyptiacus, hoc est 
universalis hieroglyphicie veterum doctrinx, 
temporum injuria aiolitx , instauratio , 
Rome, 1052-1G54, trois volumes in-fol. 

KIRCUG/ESSrSEU (Marianne), virtuose 
sur l'harmonica, naquit en 1770à Waghœusel, 
dans le duché de Bade. A peine âgée de quatre 
ans, elle perdit la vue : néanmoins, douée d'un 
sentiment musical très-actif et de beaucoup 
d'adresse, elle apprit en peu de temps, quoi- 
que sans maître, à jouer quelques petits mor- 
ceaux sur le piano; ses succès intéressèrent à 
son sort le baron de Beroldingen, capitulaire 
de la cathédrale de Spire, qui la confia aux 
soins du maître de chapelle Schmitlbauer, de 
Carisruhe, et qui lui fit présent d'un harmo- 
nica de cent ducats. Après avoir étudié avec 
persévérance les ressources de cet instrument, 
mademoiselle Rirchgaessner parvint à un de- 
gré d'habileté qu'aucun autre artiste n'avait 
atteint avant elle. Au mois de février 1791, 
elle entreprit son premier voyage en Alle- 
magne, accompagnée du conseiller Bossner, 
de Spire, et se rendit d'abord à Munich où 
elle se fit entendre dans quelques sonates , 
quatuors et quintettes, composés pour elle par 
Eichhorn. De Munich elle alla à Vienne, où 
elle donna un grand concert au Théâtre Na- 
tional. Son talent produisit une si vive impres- 
sion sur Mozart, que cet homme célèbre écrivit 
pour elle un délicieux quintette pour harmo- 
nica, deux violons, viole et basse. Ce morceau 
a été publié longtemps après. Le vieux Van- 
hall écrivit aussi pour cette virtuose quelques 
compositions qu'elle a exécutées dans plusieurs 
grandes villes. Elle ne s'éloigna de Vienne que 
pour se rendre à Dresde, où l'électeur lui fi( de 
beaux présents en témoignage de sa satisfac- 



tion. Le compositeur Naumaun, qui l'entendit 
aussi dans cette ville, déclara qu'elle était sans 
rivale sur l'harmonica. A Berlin, le roi, ému 
par son talent, voulut l'entendre quatre jours 
de suite, et lui fit donner cent frédérics d'or, 
à quoi la reine ajouta le cadeau d'une montre 
d'or. Vers la fin de 1792, elle quitta Berlin 
pour aller à Hambourg, où l'admiration pour 
son jeu alla jusqu'à l'enthousiasme. A Copen- 
hague, en Hollande, partout elle recueillit des 
témoignages du même intérêt. Arrivée à Lon- 
dres au commencement de l'année 1794, elle 
y donna son premier cohcert le 17 mars; son 
succès fut un véritable triomphe. Son séjour 
en Angleterre fut pour elle une source de féli- 
cité, car, outre les richesses considérables 
qu'elle y amassa, elle eut le bonheur de recou- 
vrer la vue, de manière à distinguer les objets 
et les couleurs. Un médecin de Londres fit 
cette cure sans ojjération, et par le seul usage 
de collyres. Ce fut aussi dans cette ville qu'elle 
fit l'acquisition de l'harmonica dont elle joua 
toujours dans la suite; Frœschel, mécanicien 
allemand, le construisit pour elle. 

En 1796, mademoiselle Rirschgaessner re- 
tourna en Allemagne. Au mois de novembre 
de celte année, elle se fit entendre de nouveau 
à Hambourg; puis elle partit pour la Rus-;ie. 
Au mois de mars 1798, elle était à Saint-Pé- 
tersbourg, où elle obtenait de brillants succès. 
De retour dans sa patrie, elle acheta une jolie 
maison de campagne à Gohiis, près de Leip- 
sick, où elle se proposait de passer le reste de 
ses jours dans le repos, avec ses fidèles com- 
pagnons de voyage, le conseiller Bossler et sa 
femme. Cependant elle entreprit un nouveau 
voyage en Suisse, en 1808; mais arrivée à 
Schaffouse, elle y fut atteinte d'une inflamma- 
tion de poitrine qui la mit au tombeau le 9 dé- 
cembre de la même année, à l'âge de trente- 
huit ans. Le 13 de ce mois, elle fut inhumée 
dans le cimetière du couvent Paradis, et un 
service solennel fut chanté à ses obsèques. 

RIRCUHOF (Godefroid), né à Muhlbeck, 
près de Bitterfeld, le 15 septembre 1685, étudia, 
dans sa jeunesse le clavecin et la composition 
près du célèbre organiste Zachau, à Halle, et f 
fut nommé, en 1709, maître de chapelle du 
duc de Holstein-GlUcksbourg, puis, en 1711, 
organiste de l'église des Bénédictins à Qued- 
linbourg. En 1714, il fut appelé à Halle pour 
y remplir les fonctions d'organiste et de direc- 
teur de musique à l'église Notre-Dame, et 
depuis lors, il refusa toutes les places de 
maître de chapelle qui lui furent ofTertes, ne 
voulant pas quitter cette position. Il la con- 



38 



KIRCHHOF — KIRCHNER 



serva jusqu'à sa morl, arrivée au mois de 
mars 174G. On a publié de cet artiste L'.^/? 6' 
musical, contenant des fugues et des pré- 
ludes dans tous les tons pour le clavecin, 
Amsterdam, Witbogel. Gerber possédai! aussi 
de Rirchhol'des chorals variés et des suites de 
pièces pour Torgne. 

RlUCmiOFF (...), harpiste allemand, né 
en Saxe, se fixa à Copenhague, et fut allaclié 
à la musi(|ue du roi de Daneniaïk. Il mourut 
au mois de février 1799, à l'âge de soixante- 
dix sept ans. Vers 1758, il avait lait un voyage 
en Russie, et s'était fait entendre avec beau- 
coupde succès à Saint-Pétersbourg. On connaît 
de sa compositftn quelques solos de harpe, et 
six quatuors pour Tiar|ie, deux violons et 
basse. Tous ces morceaux sont restés en ma- 
nuscrit. 

En 1838, un chef d'orchestre du Théâtre 
lie Breslau, nommé Kirchhoff ou Kirclihof 
(Wilhelm), y fit exécuter une ouverture de sa 
composition. On retrouve cet artiste à Ulm, 
en 1847, occupant une position semblable et 
faisant représenter au théâtre de cette ville, 
le 17 décembre, son opéra intitulé : André 
Jlofer^ en trois actes. Kirchhof était alors 
pensionné comme ancien chef d'orchestre à la 
cour de Sondershausen. On connaît aussi de 
cet artiste des mélodies à voix seule, avec 
accompagnement de piano, i>ubliées à Stutt- 
gard, chez Ebner, à Nuremberg, chez Eudter, 
et à Mannlieim, chez Heckcl. 

Un autre musicien , nommé Kirchhoff 
{F. F. G.) était, vers 1840, professeur de 
musique à Aix-laChapelle, et y a publié plu- 
sieurs recueils de Lieder et de mélodies avec 
accompagnement de piano. 

KlIlCIIMAlEll (Georges GASPAnn), sa- 
vant chimiste et littérateur allemand, né 
en 1655, à OITenheim, en Fraiiconie, fit ses 
études dans les universités principales de l'Al- 
lemagne. Il mourut le 28 septembre 1700. 
Joecher donne la liste de cent (|uarante-huit 
ouvrages composés par ce savant. Bans ce 
nombre est comprise une dissertation De Ta- 
rentula, où il paile de la morsure de cet 
insecte, de l'exallalion qu'elle pioduit, et de 
sa guérison par la musique. Ce morceau a été 
imprimé avec d'autres dissertations du même 
auteur, à Wittenberg, 1669, in-8''. 

KIUCUMAIEIl (TiitODORi;), professeur 
de philosophie et adjoint à la faculté des 
sciences de Wittenberg , dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle, a fait imprimer 
une dissertation intitulée : SchediasmaPhy- 
sicuin de viribus mirandis toni consoni, 



Wittenberg, 1672, in-4" de trois feuilles et 
demie. Il y traite : De viribus mirandis toni 
consoni 1" in movendis affectibus; 2» in 
concitandis ac rumpendis corporibus ; 3" in 
curandis morbis. 

KlllCllJ>'EIl ( ), cantor à Buchlohe, 

bourg de la iTavière, en 1770, est connu par 
une année complète de musique d'église avec 
orchestre, et [)ar quelques sym|)honies. Toutes 
ces compositions sont restées en manuscrit. 

RIIICIUXEU (Jean-Henri), fils du précé- 
ilent, né à Bucblohe, lit ses premières études 
dans quel'iues collèges du Mecklenbourg, et 
suivit un cours de théologie à l'Université de 
Jéna. Vers 1798, il se rendit à Rudolstadt, où 
il fut nommé canfor, i)uis, en 1801, troisième 
diacre. Il a publié un traité élémentaire de 
musique intitulé : Theoretisch-praktisches 
Jfandbuch zu einem fiir kiinslige Land- 
schullehrer nœlhigen musikalischen Unter- 
richt (Manuel théorique et pratique de l'in- 
struction musicale nécessaire à un instituteur 
delà campagne), Arnstadt, Langbein, 1801. 
On a aussi du même auteur : I" Douze airs en 
chœur, deux suites, Arnstadt, Hildebrandt. 
2" Le 149* psaume, en manuscrit. 

KIRCIIWER. Plusieurs musiciens de ce 
nom se sont fait connaître depuis 1830 : mais 
tous les biographes allemands gardent le 
silence sur eux. Le premier en date est un 
chanteur en voix de fausset, né à Hambourg, 
an commencement du dix-neuvième siècle. Il 
vécut quelque temps à Munich et s'y fit con- 
naître comme ténor et comme exécutant sui' 
le piano : puis il s'établit à Berlin et y resta 
pendant les années 1824 et 1825. En 1827, il 
se rendit à Vienne et y entra au théâtre de 
Léopoldstadt. Ce fut alors <|ue, remar<iuant 
l'étendue, la sonorité et la flexibilité de sa voix 
de fausset, il travailla cet organe factice et 
parvint à lui donner un caractèie de voix 
féminine qui produisait une illusion complèle. 
Il écrivit sous le titre de La Fausse prima 
donna un opéra en un acte qui fut'rcprésenlé 
avec succès, à Vienne, à Prague, à Slntlgai-d 
et à Kœnigsberg. Le compositeur y remplissait 
le rôle principal, et lui-même fut connu long- 
temps, en Allemagne, sous le nom de La 
fausse Catalani. Il chantait encore au théâtre 
Léopoldstadt, à Vienne, en 1858; mais apiès 
celte époque, on ne trouve plus aucun rensei- 
gnement sur lui. 

Un autre compositeur, du nom de Kirchner, 
était directeur de musique au théâtre de 
Strasbourg, en 1834, et y fit représenter un 
opéra intitulé ; Les deux Duègnes. Enfin, un 



KIRCHNER - KIRNBERGER 



39 



pianiste, fécond auteur d'une infinité de petites 
pièces, parliculièiement de polkas pour son 
instrument, s'est produit depuis 1840. Cet 
artiste, né à Neukirchen, bourg de la Bavière, 
se nomme Jf'enceslas Kirchner : il vivait à 
Lemberg(Gallicie),en 1842. 

RIUCIlllATlI (Remier), chantre de 
l'Église cathédrale de Cologne, vécut dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle. Il est 
auteur d'un livre qui a pour litre : Theatrum 
musicxchoralis, das ist : Aitrze und grilnd- 
lich gelehrte f erfassung der ^retintschen 
und Gregorianischen Singkunst^ zusam- 
mengetragfti und in den Druck gegeben 
von u. s. w. (Théâtre de musique chorale, 
c'est-à dire, constitution solide et savante de 
Fart du chant arétinien et grégorien, etc.), 
Cologne, Godschalk, 1782, iu-4'', de quatre- 
vingt-huit pages, non compris la préface. 

HIUK])lAI>i (Je4n), musicien hollandais, 
né vers le milieu du dix-huitième siècle, se 
fîxa à Londres, en 1782, et y l'ut organiste de 
la chapelle réformée du rit luthérien. Il 
mourut de consomption à Norwich, en 1799. 
On a de cet artiste : 1" Trois trios pour piano, 
violon et basse, op. 1, La Haye, 1781. 2« Trois 
sonates à ({uatre mains et une à deux mains 
pour le clavecin, Amsterdam, 1782. 3° Six 
leçons ou sonates pour le piano, op. ô, Lon- 
dres, 1783. 4" Versets pour les psaumes, com- 
posés pour l'orgue, en collaboration avec 
Keeble, ibid. 5° Deux sonates et un duo à 
quatre mains, op. 6, Londres, Preston.C"Trois 
sonates pour clavecin et violon, op. C, ibid. 
7" Sonate pour le piano, dédiée à Clementi, 
op. 8, Londres, Clementi. 8" Organ pièces, 
op. 9, ibid. 9" Huit ballades dédiées à la mar- 
(juise de Salisbury, op. 10. lO*" Quatre rondos 
pour piano seul, op. 14, ibid. 

KIÎIMAYEIV (Wolfgang), musicien de la 
chapelle de l'électeur de Bavière, mourut a 
Munich, en 1795. On connaît de sa composi- 
tion des sérénades et des nocturnes à plusieurs 
instruments. 

KIRMAYEU (Frédéric-Joseph), fils du 
précédent, a changé l'orthographe de son nom 
en celle de Kirmair. Il naquit à Munich, et 
fit ses études musicales sous la direction de 
son père. Destiné au barreau, il suivit d'abord 
des cours de droit, mais son goût pour la mu- 
si(iue lui fit abandonner celle carrière pour 
celle de pianiste et de compositeur. Après avoir 
longtemps voyagé en France, en Italie, en 
Suisse, en Hollande et en Allemagne, il arriva 
à Berlin en 1795, et y fit admirer son habileté 
dans l'exécaliou des Mails dilTicilcs, particu- 



lièrement des tierces et des octaves. Ses succès 
lui procurèrent en 1795 l'honneurd'ôtre choisi 
pour maître de piano de la princesse royale, 
depuis lors reine de Prusse. U fit ensuite des ' 
séjours de |)eu de durée dans les cours de 
quelques petits princes d'Allemagne, puis 
accepta un engagement à Cassel, oii la musique 
fit sous sa direction de notables progrès. Eu 
1803, il quitta celle iiosilion pour prendre 
celle de maître de concert du duc de Gotha. 
On a publié de sa composition : 1» Sonates 
pour piano avec violon et violoncelle, op. 9, 
13, 21, 22 et 23, Offenbach, André, et Ham- 
bourg, Bœhme. 2" Sonates yiour piano seul, 
op. 2, 5, 12, 17, 19, ibid. 5" Pièces détachées 
pour piano, op. 29, Hambourg, Bœhme. 
4° Thèmes variés pour piano, environ trente 
œuvres, chez la plupart des éditeurs d'Alle- 
magne. 5" Grande symphonie pour l'orchestre, 
Berlin, Hummel, 1800. Rirmayer est mort à 
Gotha, en 1814. 

RIUISBERGEU (Jean PiiiurPE) , né le 
24 avril 1721, à Saalfeld, dans la Thuringe, 
apprit dans cette ville les éléments de la mu- 
sique, du clavecin et du violon, puis alla con- 
tinuer ses études chez J.-B. Rellner, alors 
organiste à Graefenrode. En 1738, il se rendit 
à Sondershausen, où il reçut des leçons de 
violon de Meil, musicien de la chambre du 
prince, et chercha les occasions de former son 
goût, en fréquentant la chapelle. Il y fit aussi 
la connaissance de Gerber, élève de Bach, <]ui 
lui parlait souvent de ce grand homme, et qui 
lui suggéra l'idée de se rendre à Dresde pour 
l'entendre et profiter de ses leçons. Kiinberger 
réalisa en effet ce projet dans l'année 1739, et 
pendant deux ans, il eut le bonheur d'étudier 
sous la direction du plus grand musicien de 
l'Allemagne. En 1741, il partit pour la Pologne, 
où il demeura pendant dix ans au service de 
plusieurs princes, en qualité de claveciniste, 
puis comme diiectcur de musi(|ue d'un cou- 
vent de filles à Lemberg. En 1751, il retourna 
en Allemagne, et quoiqu'il eut alors plus de 
trente ans, il reprit l'élude du violon, dans le 
dessein d'entrer comme simjjle sym])honis(o 
dans la chapelle du roi de Prusse, Frédéric II. 
Arrivé à Berlin vers la fia de la même année, 
il y eut en effet une place, et y resta jusqu'en 
1754. A cette époque, il oblint l'aulorisaliou 
du roi pour passer au service du prince Henri ; 
mais il n'y resta pas longtemps, parce que l.t 
l)rincesse Amélie le piil pour son maître de 
composition, et le chargea de la dircclion de 
sa musique. Rirnberger remplit ces fonclioiis 
pendant les vingt dernières années de sa Vic. 



40 



KiruNDKRGEIl 



Ilmourulà Berlin, dans la luiil du 27 au 28 
juillet 1783, après une maladie longue et dou. 
loureuse. 

Comme organiste, Rirnberger fut imitateur 
du style de Bach. Ses l'ugues n'ont pas lecachet 
de création qu'on reniarciue daus celles de 
son maître; mais on y trouve du savoir et de 
l'habileté dans l'art de développer un sujet, et 
dans les mouvements des dillérenlcs parties. 
11 a écrit beaucoup de musiiiue instrumentale 
dont une partie a été publiée, et quelques mor- 
ceaux pour l'église, qui sont restés eu manu- 
scrit. Sa musique de clavecin est remplie de 
choses charmantes, d'un goût naturel et d'une 
naïveté élégante. Dans les vingt dernières 
années de sa vie, il s'occupa particulièrement 
de la didactique et de la théorie de Part. 

On a publié de sa composition : 1" Alle- 
gro pour clavecin seul, ou pour violon et vio- 
loncelle, 1730. 2" Fugue pour clavecin en 
contrepoint double à l'octave, 17G0. ô" Chan- 
sons avec mélodies, 1702. 4» Douze menuets 
pour deux violons, deux hautbois, deux flûtes, 
deux cors et basse continue, 1772. 5° Quatre 
recueils d'exercices pour le clavecin, dans la 
manière de Bach, 17G1-17G4. 4» Deux solos 
pour flûte, 1703. 7" Deux trios pour deux vio- 
lons et basse, 1763. 8" Deux solos pour flûte, 
1707. 9" Pièces de musique mêlée, 1709. 
10» Odes avec mélodies, Dantzick, 1773. 
1 1° Chansons à Doris, avec accompagnement 
de clavecin, Leipsick, 1774 (seconde édition). 
12» Huit l'ugues pour le clavecin ou l'orgue, 
Berlin, 1777. 13» Recueil d'airs de danses 
caractéristiques, consistant en vingt-quatre 
pièces pour le clavecin, ibid.., 1779. 14° Chant 
pour la paix, sur un texte de Claudius, ibid., 

1779. 15» Diverses pièces pour le clavecin, 

1780. Rirnberger a été aussi l'éditeur d'un 
choix de pièces de difTérents compositeurs, 
comme modèles d'harmonie pure, consistant 
particulièrement en duos, trios, quintettes, 
sextuors et chœurs de Graun, quatre volumes, 
Berlin et Rœnigsberg, 1773 et 1774; ainsi 
que des psaumes et chants chrétiens à quatre 
voix, de Jean-Léon Ilassler. Il a laissé en 
manuscrit plusieurs morceaux de musique in- 
strumentale, des messes latines, Ino, cantate 
de Ramier, à dix voix, la Chute du premier 
ho)nme, cantate, le 51* psaume à quatre voix, 
et le 137* idem, à quatre voix. On trouve de 
Rirnberger, à la Bibliothèque royale de Berlin, 
les ouvrages suivants en manuscrit : 1» Les 
motets : Gott ist unsre Zuversicht (en si 
bémol) ; JFcnde dich zu mir (en vl mineur) ; 
Erbarm dich unser Golt (en si mineur); tous 



ces morccnux sont à quatre voix et orgue ; les 
cantates spirituelles : der Fall der ersten 
Menschen , pour soprano (en ii mineur); 
Chrislus ist gesetzes Ende-, à quatre voix tl 
instruments (en ré majeur); des préludes et 
des fugues pour l'orgue, des sonates de clave- 
cin, etc. Quelques-unes de ces compositions 
sont en manuscrit original. 

Mais c'est surtout comme écrivain didac- 
tique et comme théoricien que Rirnberger 
s'est fait une honorable réputation. Ses idées 
sur la construction rationnelle du système de 
l'harmonie furent plus nettes et plus avancées 
que celles de Marpurg et des autres harmo- 
nistes de la seconde moitié du dix-huitième 
siècle. Le premier, il comprit bien le méca- 
nisme général de la prolongation des notes 
sur la succession des accords, et des modifica- 
tions qu'elles y introduisent; il en exposa les 
principes dans son livre intitulé : Die wahren 
Gnindsxtze zum Gebrauch der Harmonie 
(Les vrais principes concernant l'usage de 
l'harmonie, etc.). Il pourrait y avoir à la vérité 
plus d'ordre dans l'exposé des idées de son 
système qu'il n'en a mis dans cet ouvrage; 
mais le seul aperçu de sa théorie fut un ser- 
vice immense rendu à la science, et ce fut la 
seule chose réelle l'aile pour l'avancement de 
celte science depuis la classification des accords 
fondamentaux etdérivés de Rameau, jusiju'aux 
travaux de Catel. Yoici la liste des écrits de 
Rirnberger : \° Construction der gleichschwe- 
benden Temperatur (Construction du temjié- 
rament balancé), Berlin, 1700, une feuille 
avec une i)lanche. C'est ce même opuscule qui 
a été publié à Paris chez Beaucé, sous le titre 
de Nouvelle méthode d'accorder le piano- 
forte. Le tempérament de Rirnberger a l'in- 
convénient de manquer de simplicité : depuis 
longtemps les accordeurs de piano en ont 
abandonné l'usage. Le général de Tempelhof 
{voyez ce nom) a fait un analyse critique de ce 
lcmi)érament et en a fait voir les défauts con- 
sidérables. 2» Die Kunst des reinen Satzes tu 
der Miisik, aus sicheren Grundssclzen her- 
geleitet und mit deutlichen Beyspielen er- 
la^utert (L'art de la composition pure dans la 
musique, d'après des principes positifs exi)li- 
qués par des exemples). Berlin, II. -A. Rott- 
mann, sans date, un vol. in-4» de 252 pages. 
Une deuxième édition de cette première partie 
parut peu de temps ajuès, Berlin et Rœnigs- 
berg, G.-J. Decker et G.-L. Ilartung, 1774, 
in-4°. Deuxième partie, première section, 
ibid., 1770, in-4» de 155 pag. Jdem, deuxième 
section, ibid.^ 1777, in-4» de 232 payes. 



KIRNBERGER 



41 



Idem, troisième seclion, ibid., 1779, in-4"de 
188 pages. Rirnberger a reproduit, au com- 
mencement de la première partie de cet ou- 
vrage, son système de tempérament. Vient 
ensuite le traité des accords et de l'harmonie, 
cil l'auteur expose sa théorie sur les harmo- 
nies produites |)ar la prolongation. Rirnberger 
y traite aussi de la manière d'accompagner la 
mélodie en général, et les chorals en parlit 
lier. Les sections VII, VIII et IX de celle 
première partie sont relatives à la modulation 
et aux transitions; les deux dernières, au con- 
trepoint simple. La deuxième partie manque 
d'ordre; sa première division aurait du être 
l'appendice de l'ouvrage, afin de ne rien in- 
troduired'étrangerentre lecontrepoint simple 
qui termine la première partie, et les diffé- 
rentes espèces de contrepoints doubles qui 
remplissent Iq deuxième division. La troisième, 
où Rirnberger revient sur quelques cas parti- 
culiers de ces contrepoints, et où il traite des 
canons, est incomplète, en ce qu'il n'y donne 
ni les règles ni les exemples des divers sys- 
tèmes de fugues. Toutefois, tel qu'il est, cet 
ouvrage peut être considéré comme un des 
meilleurs traités de composition publiés en 
Allemagne, quoiqu'il y ait plus de méthode 
dans les livres de Marpurg et d'Albrechts- 
herger. o" Die wahren Grundsxtze zum 
Gebraiich der Harmonie, darinn deutlich 
(jezeigt wird, wie aile mœgliche Jccorde aus 
dem Dreyklang und dem wesentlichen Sep- 
timenaccord, und deren dissonirende Vo- 
chaellen, herzuleiten und zu erklxren sind, 
aïs ein Zusatz zu der Kunst des reinen 
Satzes in der Musik (Les vrais principes con- 
cernant l'usage de l'harmonie, etc.), Berlin 
et Rnenigsberg, 1773, in-4'' de 115 pages. 
Tous les écrivains qui ont parlé de ce livre 
disent que Rirnberger y a réduit l'harmonie 
aux deux accoids fondamentaux, parfait et 
de septième. Lui-même, dans ses préfaces, et 
surtout dans celle de ses Principes de basse 
continue, se félicite d'être arrivé à ce degré 
de simplicité. Nul doute qu'il eût atteint le 
dernier terme de la perfection du système 
normal de l'harmonie, si sa prétention était 
fondée en réalité : mais de même qu'il prend 
pour point de départ de l'harmonie conson- 
nanle l'accord (larfait avec tierce majeure, ou 
avec tierce mineure, ou avec quinte mineure 
(sur le septième degré), de même il considère 
comme accords primitifs les quatre accords de 
septième sol, si, ré, fa; la, ut, mi, sol; si, 
ré, fa, la; ut, mi, sol, si, qui ne lui parais- 
sent ditTércr que pai- la qualité de Icuis inter- 



valles. Il ne s'est pas aperçu que le premier seul 
est un accord primitif qui s'attaque sans pré- 
paration, comme lés accords consonnants, et 
que les autres, étant toujours préparés, sont 
néeessairement d'autre nature, et résultent de 
la prolongation réunie au mécanisme de la 
substitution, ou à d'autres circonstances qui, 
toutes, lui ont été inconnues. Ne supposons 
donc point ce qui n'est pas, et n'accordons à 
Rirnberger que ce qui lui appartient réelle- 
ment : la découverte du mécanisme de la pro- 
longation dans les accords qui ne sont point 
modifiés par d'autres circonstances. C'est cette 
découverte que Catel a introduite en France 
dans son traité d'harmonie Une deuxième 
édition de l'ouvrage dont il s'agit a été publiée 
à Vienne chez Haslinger, in-4". 4» Grund- 
sxtze des Generalbasses als erste Linien der 
Composition (Principes de la basse continue, 
comme premiers éléments de la composition), 
Berlin, Hummel, 1781, in-4"de88 pages avec 
23 planches de musique. Diverses autres édi- 
tions ont paru à Hambourg, chez Boehme, à 
Berlin, chez Lischke, à Offenbach, chez André, 
à Vienne, chez Haslinger. Cet ouvrage est le 
développement prati(iue de la théorie de l'au- 
teur sur la formation et la classification des 
accords. S» Gedanken iiber die verschiedenen 
Lehrarten in der Composition, als Forberei- 
tung zur Fugenkentniss (Idées sur les diffé- 
rentes méthodes de composition, comme in- 
troduction à la connaissance de la fugue), 
Berlin, 1782, 32 pages in-4''. Il est vraisem- 
blable que cet opuscule aurait été suivi d'un 
trailé spécial sur la fugue, comme complément 
de l'art de la composition pure, si la mort ne 
fût venue arrêter les travaux de Rirnberger. 
Dans ce petit ouvrage, il fait l'éloge des livres 
de Berardi, de Bononcini et de Fux sur la 
composition; mais il vante par dessus tout la 
méthode pratique de J.-S. Bach. Q" Anleitung 
sur Singkomposition, mit Oden in verschie- 
denen Sylbenmassenbegleitet (Instruction sur 
la composition du chant, etc.), Berlin, 1782, 
85 pages in-fol. Après une dissertation sur le 
chant, Rirnberger a placé quelques odes bien 
traitées dans les différents rhythmes, suivant 
la doctrine des anciens. 7° L'art de composer 
des menuets et des polonaises sur-le-champ, 
Berlin, 1757, in-4''. Une édition allemande a 
paru dans la même année sous ce titre : Der 
allzeitferlige Memtetten und Polonaisen- 
Componist, Berlin, 1757, 19 feuilles in-4". 
L'aitifice de cette espèce de secret consiste 
dans la combinaison d'un certain nombre de 
mesures de menuets ou de polonaises qu'il 



42 



KIRNBERGER — KIST 



sufTit (l'assembler de iliverser manières pour 
obtenir des morceaux différents. Kirnberger 
est aussi l'auteur de tous les articles sur la 
musique qui se trouvent dans la Théorie des 
beaux arts de Sulzer. 

RIllSCUrSEll (Jean-Écide), cantor à 
Schmalkalden , s'est beaucoup occupé des 
moyens de faciliter l'enseignement dans les 
écoles publiques. En ce qui concerne la mu- 
sique, il a publié : 1» Elementar Gesanyhil- 
dungslehre , oder die Aunst in mœglichst 
kurzer Zeit Kinder nach Stephani's Méthode 
singen zu lehren (Constitution d'un enseigne- 
ment élémentaire du chant, ou l'art d'ensei- 
gner aux enfants à chanter, dans le temps le 
plus court possible, par la méthode de Ste- 
I»hani), Ilmenau, Voigt, 1816, grand in-8". 
2" Clavier-instrumental- M aschine , nebst 
Anhang einer beweglichen Singmaschine 
und eingestreuten TVinken eines Elementar- 
stufengangs (Machine instrumentale à cla- 
vier, avec l'addition d'une machine chantante 
portative, etc.), Schmalkalden, 1819, in-4" 
obi. de IG pages et 2 planches. 

ItlRSCHIMGK (...), facteur d'instru- 
ments de musique, né en Bohême, était établi 
à Saint-Pétersbourg, en 1794. Cet artiste, sui- 
vant le /ourna/ de mî/stgue de Koch (p. 195), 
faisait déjà à celte époque des pianos orga- 
nisés dont les jeux de flûtes étaient expressifs 
au moyen d'une pédale. 

RIUSTEIV (Michel), organiste de la 
deuxième église de Breslau, naquit au mois 
d'octobre 1682, à Lossen, dans le comté de 
Brieg. Dès son enfance, il montrait un goùl 
passionné pour la musique, et avait appris 
seul à jouer des airs de danse sur un tympanon 
que son père lui avait procuré. Destiné à 
exercer la profession de celui-ci, c'est-à-dire, 
à être cordonnier, il ne put obtenir d'abord 
qu'on le mît en apprentissage chez quelque 
musicien de village; mais enfin ses sollicita- 
tions triomphèrent ; à l'âge de douze ans, il 
reçut des leçons d'un joueur de tympanon, et 
trois mois lui suffirent pour être en étal de 
jouer dans les fêles de village. Plus tard, une 
épinetle, qu'il trouva par hasard, lui fournit 
l'occasion d'apprendre à jouer sur le clavecin 
des chorals et d'aulres mélodies, sans con- 
naître d'autres principes que ceux de la rou- 
tine. Résolu enfin à se livrer sérieusement à la 
culture de la musique, il se rendit à Brieg, 
n'ayant que six thalers (environ vingt-trois 
francs) dans sa poche, pour y étudier sous la 
direction de l'organiste Gasjjard Schroeter. Ce- 
lui-ci lui fil si;;ncr un engagement pour deux 



ans, puis lui enseigna à lire les notes et lui 
donna quelques principes de doigter du cla- 
vecin. Une place d'organiste dans un village, 
appelé Grond-JcBugnitz , étant devenue va- 
cante, Schroeter y envoya Rirsten dans le 
cours de sa seconde année. Cette position lui 
fit utile, en ce qu'il y prit l'habitude d'accom- 
pagner les mélodies chorales. On construisait 
alors un nouvel orgue dans ce lieu : Kirsten 
profita de cette circonstance pour connaître le 
mécanisme des instruments de cette espèce. 
Ses éludes terminées, il obtint les places d'or- 
ganiste, de maître d'école, de carillonneur et 
de musicien de ville, à Lœwen. Il y passa qua- 
torze années, qui furent les |)lus heureuses de 
sa vie, et pendant lesquelles il augmenta beau- 
coup ses connaissances en musique. En 1720, 
on l'appela à Breslau pour y remplir la place 
d'organiste de l'église Sainle-Marie-Madeleine, 
qui lui fut donnée après un concours. Le reste 
de sa vie s'écoula dans ces paisibles fonctions, 
et il mourut avec la réputation d'un organiste 
habile, le 28 juin M'r2. Dins sa jeunesse, il 
avait montré du talent |,oui la composition de 
la musique instrumentale, mais ses ouvrages 
sont restés en manuscrit et se sont égarés. Ou 
n'a imprimé de lui qu'un TeDeum et un jVa- 
gnificiit en allemand. 

KIllSTEIV (FRKDÉnic) fut d'abord orga- 
niste de l'église réformée, puis de l'église du 
château, à Dresde. Il vécut vers la fin du dix- 
huitième siècle. En 1793, il se fit entendre à 
Berlin et y fut considéré comme un habile 
pianiste. On connaît de ^a composition : 
1° Trois solos pour piano, oj). 1, Offenbach, 
André. 2» Deux idem, op. 2, ibid. 3» Six trios 
pour piano, violon et violoncelle, Leipsick. 
4° Chansons à voix seule avec accompagne- 
ment de piano, Leipsick, Wienbrock. 5''Clian- 
sons pour des réunions joyeuses à huit voix, 
avec accompagnement de piano, Hambourg, 
Guniher, 1797. 

RIUSTEIV (Henhi), organiste de la ville 
dans les deux églises principales de Golha, oc- 
cupait celle position en 1840. On a de lui une 
discussion concernant la question posée dans 
un numéro de la Gazette générale de Leip- 
sick, à savoir, pourquoi il n'y a pas un jeu de 
seize pieds ouverts au moins, dans toutes les 
orgues. Ce morceau a été publié dans la même 
gazette (an. 1841, p. 583). 

RIST (le docteur FtonENT-ConNEiLLE), fils 
du célèbre pasteur et orateur Ewald Rist, est 
né à Arnheim, le 28 janvier 1796. Dès l'âge 
de huit ans, il reçut des leçons de piano ; qucl- 
•lues années après, il se livra à réludc de la 



KIST 



43 



flùlc cl du cor. Lorsiiii'il tiil icnninô ses hu- 
nianilés, il suivit, de 1813 à 1818, les cours 
de médecine de l'Universilé de Leyde el reçut 
le diplôme de docteur. La flûte était devenue 
.son instrument de prédilection; il en Jouait 
avec succès dans les concerts. Vers la même 
époque, il cultiva aussi l'art du chant sous la 
direction de quelques bons maîtres et se pro- 
duisit comme chanteur dans les concerts de La 
Haye, de Delft et de Dordrecht. Enfin, il étudia 
seul l'harmonie, et reçut des leçons de contre- 
point et de fugue du docteur Bekker et d'un 
élève de Frédéric Schneider. En 1818, M. Kist 
s'établit à La Haye et y exerça la médecine 
jusqu'en 1825. Dominé par son penchant, il 
abandonna sa profession pour se livrer ex- 
clusivement à la musique comme amateur. 
L'hiver, il habitait à La Haye et passait l'été 
dans une maison de campagne près de Delft. 
En 1821, il avait été un des fondateurs et ad- 
ministrateurs de la Société mus\cii\e Diligen- 
tia, de La Haye ; en 1829, il créa aussi à Delft 
une société de chant d'ensemble et une sec- 
lion de l'association pour les progrès de la 
musique, dont il fut président jusqu'en 1840. 
II fut aussi pendant plusieurs années admi- 
nistrateur de la Société Collegium musicum 
dans la même ville. Enfin, il établità La Haye, 
en 1852, la société de chant d'ensemble con- 
nue sous le nom de Cxcilia, eldeux ans après 
il devint administrateur du concert d'artistes 
Harmonief dans la même ville. C'est ainsi 
que s'écoulèrent les belles anuées de la vie de 
M. Rist dans une activité incessante pour les 
progrès de l'art. 

Fixé à Ulrecht en 1841, il y rédigea jus- 
qu'en 1844 ]e. Nederlandsch muzikaal Tijd- 
sckrift , écrit périodique qu'il abandonna 
pour créer et rédiger le journal hebdomadaire 
de musique Carilia, qui se publie encore et 
compte aujourd'hui (18C2) dix-neuf années 
d'existence. Non-seulement il fil le sacrifice 
de quelques milliers de florins pour assurer le 
succès de cette publication, mais il y consacra 
ses veilles et y fournit un grand nombre de 
dissertations et d'articles, particulièrement sur 
l'histoire de la musique à Ulrecht, depuis le 
<|uatorzième siècle jusqu'en 1851. De 1841 
à 1849, il fut vice-président du concert érigé 
à Utrecht par l'administration de la ville, sous 
le nom de Collegium musicum Ultrajectinum. 
En 1845, il visita l'Allemagne et y fit un sé- 
jour de six mois pour se livrer à l'examen de 
la situation de la musique; les résultats de ses 
observations ont été publiés dans la Cxcilia. 
Dans la même année, M. Kist devint corres- 



pondant du Zeitschrift fiir Dilcllanten de 
Gassner, à Carisruhe, du Signale de Leipsick, 
et de la Teutonia Zeitschrift fiir Mdnnergc- 
sang Fereinen de Dresde. En 1847, il créa à 
Ulrecht le concert d'amateurs connu sous le 
nom de Symphonie, et deux ans après il éta- 
blit dans sa maison la société de chant Dtice 
Apolline. Ses principaux litres honorifiques 
sont : 1° Membre d'honneur du Mozarteum el 
du Dom-Musik Ferein, à Salzbourg, en 1843 j 
2" de la société de chant Csrcilia, à La Haye, 
en 1844 ; ô" de la Société Historique d'Utrechi, 
en 1847 ; 4" de la société de chant C^cilia, de 
Nimègue, en 1848 ; 5» de la Société de littéra- 
ture nationale, de Leyde, dans la même an- 
née, et G" de la société de chant Euphonia, 
d'Ulrecht, en 1852. 

Les œuvres musicales de cet amateur, aussi 
zélé que distingué, sont : 1» Chant de fan 
Speyk , avec accompagnement de piano. 
2° Hommage à fan Speyk, cinq quatuors 
pour voix d'hommes, textes hollandais et 
allemand. 3° Neerlattde, pour baryton avec 
piano. 4" Notre patriotisme, idem. 5" Huit 
chants patriotiques avec piano. C" Thème 
varié pour la flûte. 7° Six chorals pour voix de 
contralto et de soprano, textes hollandais et 
allemand. 8" Six morceaux de chant à Iroi.s 
voix, texte hollandais. 9" Les Dernières Pa- 
roles de Nourrit, chant pour voix de basse 
avec piano. 10" Deux romances avec piano. 
11° Cavatine italienne, idem. 12" Gahrieltc , 
quatuor pour voix tl'hommes. 13" Vingt-cinq 
chants pour une et deux voix, à l'usage des 
écoles. 14" .<^ Anna, mélodie pour voix seule, 
avec piano et violoncelle. 15" Chant du gon- 
dolier, avec piano, texte hollandais. Toiilis 
ces productions ont été éditées par Weygjnd 
et Beuster, à Amsterdam, Dony et C^, à La 
Haye, et par Nalan, à Utrecht. 

M. Kist a en manuscrit : 1" Cantate pour 
voix d'hommes, avec solos de soprano et de 
basse et accompagnement d'orchestre. 2" Le 
Pèlerin, cantate pour voix d'enfants, chœurs 
et solos avec piano. 3" Air italien pour voix de 
basse, avec piano el violoncelle. 4" Beaucoup 
de chorals à quatre voix, canons et fugues. 
5" Grand duo pour voix de basse avec piano. 
G" Ernst und Freude, ouverture à grand or- 
chestre, exécutée avec succès, en 1842, dans un 
des concerts Diligenlia, à La Haye. 7" Plu- 
sieurs airs italiens jtour voix de basse el or- 
chestre. 8" Air italien pour conirallo et or- 
chestre. 9" Plusieuis mélodies allemandes avec 
piano. 10" Duo pour soprano et conirallo, id. 

Comme écrivain sur la musique, M. Kist a 



44 



KIST - KITTEL 



publié : 1" De Toesland van het protestant- 
sche Kerkgesang in Nederland, benevens mid- 
delen tôt deszelfs verbeteriny (la Situation du 
chant de l'église protestante en Hollande, etc.), 
un volume in-8" avec i)lanches de musique, 
Utrecht, L.-E. Bosch, 1840. "2" Levensgeschie- 
denis van Orlando de Lassus (Histoire de la 
vie de Roland de Lassus), un volume in-S" avec 
portrait et musique, La Haye, A.-D. Scliinkel, 
1841. 5» Grondtreicken va?i de geschiedenis 
der Musik door Brendel (Faits princi[>aux de 
l'histoire de la musique, par Brendel, traduit 
«le l'allemand, etc.), un volume in-8", Utrecht, 
Dannenfessel et Doorman, 1851. 4° Disserta- 
tions sur .la musique, dans le journal ^m- 
phion f de 1820, et dans le Musikaaltijd- 
schrift de 1836. 5" Une multitude d'articles, 
de dissertations et de notices biographiques 
dans le journal de musique Cxcilia, Utrecht, 
1844 à 1861, in-4''. 

RITCHirSER (William), docteur en mu- 
sique de l'Université de Cambridge, vivait à 
Londres, au commencement du dix-neuvième 
siècle, et s'y trouvait encore en 1831. Il a fait 
représenter, au théâtre de l'Opéra-Anglais , 
Love among the Roses (l'Amour parmi les 
roses), opérette dont la partition pour le piano 
a été publiée. On a aussi de lui un livre inti- 
tulé : Observations on Focal Music, Lon- 
dres, 1821, un volume in-12. Comme éditeur, 
il a publié plusieurs recueils d'anciennes chan- 
sons anglaises, d'après des manuscrits, ou d'an- 
ciennes éditions, sous les litres suivants : Sea 
songs of England (Chansons maritimes de 
l'Angleterre), un volume grand in-4''; et 
Loyal and NationalSongs of England, pour 
une, deux et trois voix, Londres, un volume 
gr. in-4''. 

KITTEL (Jean-Ciirétieh), savant orga- 
niste, né à Erfurt, le 18 février 1732, fut un 
des meilleurs élèves de Jean-Sébastien Bach. 
Sorti de l'école de ce grand homme, il ne quitta 
Leipsick que pour prendre possession de la 
place d'organiste à Langensalza. En 1756, il 
retourna à Erfurt et y fut nommé organiste de 
l'Église du magistrat. Artiste d'un rare talent, 
il ne paraît pas avoir connu lui-même sa 
portée, car sa vie tout entière s'écoula dans 
une place obscure dont les émoluments étaient 
si faibles, qu'il aurait connu les horreurs du 
besoin vers la fin de sa carrière, si le prince 
primat n'était venu à son secours, en lui ac- 
cordant une petite pension. Il y avait qua- 
rante-quatre ans qu'il était organiste à Erfurt, 
et déjà il était arrivé à sa soixante-huitième 
année, lorsque ses amis lui suggérèrent l'idée 



d'un voyage en Allemagne qui lui procura 
quelques ressources, et qui révéla l'existence 
de son beau talent aux artistes et aux ama- 
teurs de plusieurs grandes villes. Il partit au 
printemps de l'année 1800. A Goettingue, à 
Hanovre, à Hambourg et à Altona, il provoqua 
l'admiration de tous ceux «jui l'entendirent. Son 
séjour dans cette dernière ville se prolongea 
pendant près d'une année, et il employa la 
plus grande partie de ce temps à faire un livre 
de chant choral pour les églises du Holstein. 
De retour à Erfurt, il y retrouva la monotone 
existence qui, pendant un si grand nombre 
d'années, n'avait eu-qu'un seul jour de gloire 
(le 24 novembre 1798), lorsque le digne artiste 
joua de son orgue devant la reine de Prusse, 
le duc de Weimar et les princes de Hombourg 
et de Schwartzbourg-Riidolstadt. Ses derniers 
jours s'écoulèrent paisiblement, et, le 9 mai 
1800, il cessa de vivre. Gerber, que j'ai suivi 
dans la première édition de cette Biographie, 
dit que Kittel mourut dans la nuit du 17 au 18 
mai ; mais Rinck, le meilleur élève de ce grand 
organiste, qui devait bien savoir la date de la 
mort de son maître, la fixe au 9 mai, dans 
son autobiographie imprimée chez Aderholz, 
à Bieslau, en 1833. Killcl ne fut pas seulement 
un organiste et un compositeur de grand mé- 
rite ; il posséda aussi un beau talent sur l'har- 
monica. Parmi ses uombreux élèves, on 
distingue surtout Hfessler, Umbreit et Fischer. 
L'admiration que Kittel avait conservée pour 
son maître Bach, était empreinte d'une sorte 
de respect religieux. Il avait hérité d'une partie 
des œuvres d'orgue de ce célèbre artiste, et de 
son portrait peint en grand. La vue de ce por- 
trait était une récompense qu'il accordait à 
ses élèves. S'il était mécontent de leurs tra- 
vaux, le rideau qui couvrait le portrait ne se 
levait point; mais s'il était satisfait, les éco- 
liers pouvaient alors paraître devant l'image 
(lu plus célèbre de tous les organistes. Naïf 
hommage, bien différent de l'esprit de déni- 
grement qui accuse aujourd'hui l'ingratitude 
des élèves envers leurs maîtres ! 

Riltel n'a publié qu'une partie de ses com- 
positions : le reste est resté en manuscrit. 
Voici l'indication de ceux qui ont paru ; 1" Six 
sonates suivies d'une fantaisie pour le clave- 
cin, op. 1, Leipsick, Breitkopf, 1787. 2» Va- 
riations pour le clavecin sur le thème alle- 
mand : Nicht so traurig, Nicht sa sehr,etc.y 
ibid., 1797. 5" Grands préludes pour l'orgue, 
deux parties, Leipsick, Pelers. 4" Vingt-quatre 
préludes faciles pour <les chorals, œuvre post- 
hume, Offenbach, André et Bonn, Simrock.. 



KITTEL - KITTL 



*5 



5" Vingt-quatre chorals avec huit basses diffé- 
renles pour chaque mélodie, Offenbach, André, 
fi" Variations sur deux chorals (Struf midi 
nicht, et TVernur denlieben Go((),Leipsick, 
llofmeisler. 7" Der Angehende pralUische 
Organist, oder Aniveisung zum zwechmxs- 
sigen Gebrauch der Orgel bei Gottesvereh- 
rungen in Beispielen (L'organiste pratique 
commençant, ou instruction sur l'usage de 
l'orgue pendant l'ofTice divin, en exemples), 
Erfurt, Beyer, 1801-1808, première, deuxième 
et troisième parties, in-4'' obi. Le portrait de 
Kittel est gravé au titre de la deuxièmepartie. 
Une deuxième édition améliorée de la pre- 
mière partie a été publiée, en 1808, chez le 
même libraire, in-4", obi. Une troisième édi- 
tion de tout l'ouvrage a paru dans la même 
ville, chez Otto, en 18ôl. Cette méthode élé- 
mentaire d'orgue est une des meilleures qui 
existent [lour les organistes protestants; on y 
trouve d'excellents préludes. 8" Livre choral à 
quatre parties avec des préludes, à l'usage des 
organistes, Altona, Hammereich, 1803, in fol. 
Il y a deux cents mélodies dans ce recueil. 
Rinck possédait en manuscrit diverses com- 
positions de Kittel qu'il me fit voir, lorsque je 
le visitai à Darmstadt, en 1838. On y remar- 
quait une grande quantité de chorals, avec des 
versets, des introductions et des finales; un 
livre choral à quatre voix; beaucoup d'exer- 
cices pour l'accompagnement de la basse 
chiffrée, et des préludes d'orgue. 

KITTEL (Jean-Michel), vraisemblable- 
ment descendant du précédent, est musicien 
à Erfurt. Il s'est fait connaître par les produc- 
tions suivantes : 1° Musikalische Folkscliule 
(École musicale du peuple), Erfurt, 1828, 
in-S». 2° D. merkwUrdigste Lebensjuhr des 
musikalischen Famille Kittel, oder Kunst- 
Gesang-Reise im jahre 1830, diirch Frank- 
reichf Englund und die Niederlanden, etc. 
(L'année la plus mémorable de la famille mu- 
sicienne Kittel, ou voyage d'art et de chant 
dans l'année 1830, en France, en Angleterre 
et dans les Pays-Bas, etc.), Erfurt, 1832, in-8°, 
premier volume. 

KITTL (Jean-FAédekic), directeur du 
Conservatoire de Prague, et compositeur, est 
né» le 8 mai 1809, au château de Worlik, en 
Bohême, appartenant au prince de Schwar- 
zenberg, où son père occupait l'emploi de jus- 
ticier (bailli). Dès ses premières années, il 
reçut une éducation toute musicale et apprit à 
jouer du piano sous la direction du maitre de 
musique du château. A l'âge de neuf ans, il fut 
envoyé à Prague pour y fréquenter les écoles, 



et dans sa treizième année, il continua l'étude 
du piano à l'aide des conseils d'un amateur 
distingué, puis il reçut des leçons d'un musi- 
cien nommé Sawora. A l'âge de seize ans, il 
écrivit ses premières compositions, et, sans 
aucune connaissance de la théorie de l'har- 
monie et du contrepoint, il produisit une messe 
et l'opéra en un acte , Daphnis Grab (le 
Tombeau de Daphnis). Un peu plus tard, pen- 
dant qu'il suivait les cours de droit à l'Uni- 
versité de Prague, il étudia l'harmonie chez 
Tomaschek. Après qu'il eut terminé ses études 
de jurisprudence, et pendant qu'il faisait son 
stage d'aspirant aux emplois des finances de 
l'État auxquels il était destiné, il s'instruisit 
dans le contrepoint par les soins du même 
maître. Au mois de mai 1836, Kittl donna un 
concert, dans lecjuel il fit entendre plusieurs 
de ses compositions, parmi lesquelles on re- 
marquait un nonetto, un septuor et des Zieder. 
C'est vers ce moment que les journaux de 
musique le rangèrent parmi les compositeurs 
d'avenir. Dans les années suivantes, il pro- 
duisit trois symphonies, dont une symphonie 
de chasse qui a de la réputation en Allemagne 
et plusieurs ouvertures de concert. Il fit aussi, 
à la même époque, plusieurs voyages dans le 
but (le faire connaître ses compositions hors 
de son pays, particulièrement en 1842. La 
résolution qu'il avait prise de se livrer à l'art 
qu'il aimait avec passion, le détermina à se 
retirer entièrement de la carrière des emplois 
publics. Après la mort de Dionys Weber (dé- 
cembre 1842), Kittl lui succéda dans la place 
de directeur du Conservatoire de Prague : au 
moment où cette notice est écrite (1862), il 
occupe encore cette position. 

Kittl a écrit la musique de trois opéras, à 
savoir: 1° Biancae Giuseppe, ou les Français 
devant Nizzu, dont le texte est de Richard 
Wagner. 2" JP^aldblume (leï Fleurs de la 
forêt ). 3" Die Bildersturmer ( les Icono- 
clastes). Une marche du premier de ces ou- 
vrages est devenue populaire depuis 1848, où 
il a été représenté à Prague. Les symphonies 
de ce compositeur ont été exécutées dans les 
concerts à Berlin, Leipsick, Vienne, Prague et 
dans plusieurs autres villes de TAIlemagne. Sa 
première composition de ce genre (en ré mi- 
neur), a été publiée à Leipsick, chez Breitkopf 
et Haerlel, et la troisième (en ré majeur), à 
Mayence, chez Schott. La symphonie de chasse 
(en mi bémol) a paru chez Breitkopf et Haîrtel, 
à Leipsick, et la partition en a été gravée. Les 
autres ouvrages de ce compositeur qui ont été 
publiés sont : 1" Ouverture de concert (en ré), 



46 



KITTL - KLAUSS 



op 22, Leipsjck, Risincr. 2» Grand septuor 
(en mi bémol), pour piano, flùle, hautbois, 
clarinette, cor, basson et contrebasse, op. 25, 
ibid. Z" Grande sonate pour piano à quatre 
mains (en fa mineur), op. 27, Hamiiourg, 
Schuberlh. 4° Trois impromptus pour piano 
seul, op. 17, Berlin, Schlesinger. 5» Six idem, 
op. 18, Leipsick, Hofmeister. C" Six Idylles 
pour piano seul, op. 1, Prai,me, Berra. 7" Six 
idem, Vienne, llaslinger. 8" Trois scherzi pour 
piano, op. G, Leipsick, Breilkopf et llaerlel. 
9" Romance pour piano seul, op. 10, ibid. 
10" Beaucoup de Lieder et de mélodies à voix 
seule avec piano, op. 2, 3, 5, 20, 21, 25, elc 
Les ouvrages non publiés sont une messe so- 
lennelle pour voix seules, chœur et orchestre, 
exéculéeà Prague, en 1844; un nonello pour 
piano, flûte, hautbois, clarinette, deux cors à 
pistons, alto, violoncelle et contrebasse; un 
trio pour piano, violon et violoncelle; et di- 
verses autres compositions. 

KLAEKEL (Etienne), connu sous le nom 
de Patan , violoniste distingué, naquit, 
vers 1753, à Braun, en Bohême, et entra fort 
jeune à l'église des Dominicains de Prague, 
comme enfant de chœur. Il y étudia la mu- 
sique pendant cinq ans, et, dans le même 
temps, fit ses humanités chez les Jésuites. 
Son frère, Czeslaus Klaekel, direrleur de mu- 
sique à Krummau, devint ensuite son maître 
de violon et lui donna des leçons pendant 
deux ans; puis le jeune artiste se rendit à 
Linz pour y faire sa philosophie, et pour y 
continuer ses éludes de violon sous la direction 
de Wenzel Kral. Appelé plus tard à Vienne 
comme violoniste du Théâtre impérial, et 
comme maître des concerts du prince d'Auers- 
berg, il se fit bientôt remarquer par son ha- 
bileté extraordinaire. L'empereur Joseph II, 
l'ayant entendu exécuter quelques solos, fut 
si satisfait de son talent, qu'il lui dit de de- 
mander une grâce et qu'elle lui serait accor- 
dée; Klaekel exprima le désir d'obtenir un 
congé pour voyager, et l'empereur y consentit. 
L'artiste se rendit à Paris et y resta six mois; 
puis il retourna à Vienne par Ratisbonne, et 
y reprit son service. Quelques années après, 
il eut le titre de maître de concerts du prince 
de La Tour et Taxis, et retourna en Bohême, 
où il mourut, le 19 mars 1788, laissant en 
manuscrit plusieurs concertos, des sonates et 
d'autres morceaux pour le violon. 

KLAGE (Charles), guitariste, pianiste et 
compositeur, s'est fixé à Berlin, vers 1814. Il y 
a l)ublié des duos et solos pour guitare, des 
solos, des airs varies, et des danses pour le 



piano, au nombre d'environ vîîigt cinq œu- 
vres. Il a fait aussi beaucoup d'arrangements 
pour le piano, particulièrement de symphonies 
de Haydn. En 1838, il fit un voyage à Dresde 
et y publia des chants avec accompagnement 
de piano, op. 3G et 37. De retour à Berlin, 
Klage y est mort au mois d'octobre 1850. 
Ou a de cet artiste : Die J'onleitern der 
Dur tmd JUoU Tonarten mitihren Accorden 
und Schluss-Cadenzen, mit Fingersatz (les 
Gammes des tons majeurs et mineurs, avec 
leurs accords et leurs cadences finales et le 
doigter pour le piano, Berlin, Schlesinger. 
Cet ouvrage a eu deux éditions. 

KLAGE (Marie), fille du précédent, née à 
Berlin, en 1817, s'est fait connaître comme 
cantatrice à Berlin et à Leipsick, en 1838. 
Elle a publié de sa comi)Osition Quatre Lieder 
à voix seule avec accompagnement de piano, 
op. 1, Berlin, Schlesinger. 

KLAUSS (Joseph), organiste distingué, 
né à Seelendorf, près de Ziltau. le 27 mars 
1775, était filsd'un marchand de fer et de lin. 
Sa mère, fille d'un instituteur, lui enseigna la 
lecliire, l'écriture et les principes <le la mu- 
sique. Confié ensuite aux soins d'Antoine 
Rretschmer, instituteur à Grunau, près d'Os- 
treilz, il apprit sous sa direction l'orgue et la 
basse continue. Dans sa neuvième année, il 
accompagnait déjà des messes d'une certaine 
difficullé. A onze ans, il fréquenta le Gymnase 
de Kommotau, en Bohême, et depuis 1791 
jusqu'en 1794, il suivit avec distinction les 
cours de philosophie à l'Université de Prague. 
Il fut ensuite employé comme sous-bibliothé- 
caire de cette Université, mais la mort de son 
père, qui arriva le 28 octobre 1794, l'obligea 
à quitter cette position, pour prendre la pro- 
fession de celui-ci. Ses nouvelles occupations 
ne purent diminuer son goût pour les sciences 
et la musique; il continua ses éludes d'orgue 
et de théorie; ses connaissances dans toutes 
les parties de la musique s'étendirent chaque 
jour, et bientôt il fut l'oracle de tout le pays 
pour ce qui concernait cet art. Il devint aussi 
un des collaborateurs des gazettes musicales, 
particulièrement de celle de Leipsick, où il a 
fait insérer quelques bons articles, et un canon 
sur le Feni Sancte Spiritus (ann. XIX, 
p. 280). L'histoire et la théorie de la construc- 
tion des orgues lui étaient particulièrement 
familières; il connaissait les détails de dispo- 
sition d'environ trois cent soixante-dix de ces 
instruments ; il savait les noms des facteurs et 
le prix qu'avaient coûté 1130 des meilleures 
oignes de l'Allemagne et de l'étranger; il se 



KLAUSS — KLEIN 



47 



vantail aussi d'en avoir joué cent treize. Cet 
homme laborieux, dont les dernières années 
furent troublées par des souffrances physiques 
presques continuelles, est mort le l""" mars 
18Ô4. On n'a publié qu'un petit nombre de 
ses compositions, entre autres des duos et des 
trios pour cors, Leipsick, Breitkopf et llœrlel. 
Il a écrit pour l'église ; 1" Deux Regina Cœli. 
2" Quatre Salve Regina. 3° Un Jlma redemp- 
toris. A" Qualie Jve Maris Stella. 5» Un /'e/tt 
Sancle Spiritus. G» .S'j\r offertoires. 7" Deux 
messes solennelles. 8" Deux messes de morts 
(en mi bémol et en fa). 9" Un Requiem en 
si mineur. 10» Quatorze psaumes. 11» Deux 
Magnificat. 12» Quatre cantates pour la Fête- 
Dieu. 13» Quarante-deux chants funèbres, dont 
trente-trois avec instruments. 14» Cinq chants. 
15» Un motet pourenlerrement.l G" Sept chants 
j)our des bénédictions nii()liales. 17» Sanctus. 
18» Un Pange lingua à quatre voix. l'J» Des 
ré[)ons à six voix. Klanss a laissé en manuscrit 
pour les instruments : 20» Quelques préludes 
pour l'orgue. 21» Des variations pour piano. 
22» Des sonates idem. 23» Exercices de doigter 
idem. 24» Nocturne pour cor. 25» Concerto 
idem (en si bémol). 26» Trio pour instruments 
à cordes (en sol mineur). 27» Huit marches. 
28» Douze polonaises. Enfin, il a écrit pour 
la musique vocale : 29» Une cantate. 50» Deux 
canlatilles. 31» Une canzonelte avec chœur. 
32» Un petit opéra. 

RLAUSS (Victor), organiste et directeur 
de musi(iue à Bernbourg, né dans celte ville, 
le 24 novembre 1805, s'est fait remarquer par 
un talent de bonne école dans l'exécution des 
fugues de J. -S. Bach sur l'orgue et sur le piano, 
ainsi que par ses compositions pour ces deux ' 
instruments. On vantait particulièrement la 
grande correction de son jeu. Au mois de juin 
1837, il abandonna la position qu'il occupait 
à Bernebourg depuis huit ans imur celle de 
maître de concert et de directeur de la cha- 
pelle du duc de Ballensledt. En 1847, la 
jiosition de maître de chapelle de la cour 
d'Anhalt-Bernbourg lui ayant été offerte, il 
. l'accepta, et depuis lors il y est resté attaché 
en cette qualité. Plusieurs symphonies de la 
composition de cet artiste ont été exécutées 
;i Bernbourg et à Leipsick. Ses ouvrages pu- 
bliés sont ceux-ci : 1» Quatre chants spirituels 
à quatre voix, llalberstadt, C. Brtiggemann. 
2» Choral : O ffaupt voll Bluî tend JFanden, 
varié pour l'orgue avec une introduction, op. 2, 
ibid. ô" Deux thèmes variés pour piano, v\k 5, 
Prague, Berra. 4» Six pièces d'orgue pour 
rusa;;e des féics solennelles, oj). 7, Bonn, 



I Simrock. 5» Trois chants à quatre voix, op. G 
tbid. G» Chants et Lieder à voix seule avec 
piano, op. 8, Quedlinbourg, Basse. 7" Intro- 
duction et variations sur un air allemand pour 
le piano, oi>. 9, Leipsick, llolmeisler. 8» Huit 
chants à quatre voix i)our soprano, contralto 
ténor et basse, à l'usage des Instituts de chant 
op. 10, Magdebourg, C. Lehmann. 9» Six 
chants du printemps à voix seule, avec piano 
et violoncelle, op. 11, Leii)sick, Breitkopf et 
llaertel. 10» Fantaisie pour le piano sur un 
thème de l'opéra de Freischfltz, op. 12, ibid. 
Il y a de la distinction cl du savoir dans toute» 
les compositions de M. RIauss. 

KLEUEIl (LÉo:iAiiD), organiste allemand, 
vécut au commencement du seizième siècle. Il 
a laissé en manuscrit une collection de pièces 
d'oigue en tablature sur des compositions de 
Josqnin de Près, Isaak, Brumel, George» 
Schaps, Conrad de Spire, Henri Fink,Ollhmar 
Naclugall , Paul Iloriieimer, Adrien Pelit , 
Louis Senfl, elc. Cet intéressant ouvrage csl à 
la Bibliothèque royale de Berlin : il forme m» 
volume de cent soixante-dix feuillets in-folio, 
et offre le plus ancien monumentde la musique 
d'orgue connu jusqu'à ce jour. 

KLELBEUG ( CiinÉTiE>-TiiÉopniLE), nt- 
le 12 avril 1766, à Gautsch, près de Leipsick, 
où son père était aubergiste, étudia la théo- 
logie à l'Université de Leipsick, et termina 
aussi ses éludes musicales dans cette ville. 
Après avoir occupé quelques places d'orga- 
niste, entre autres à Altenbourg, il fui appelé 
à Géra en 1790, pour y remplir les mêmes 
fonctions. Il occupa cette place jusqu'à sa 
mort, qui eut lieu le 13 juin 1811. Kleeberg 
était un musicien instruit et un bon organiste. 
On a de lui : 1» Trois duos pour deux violons, 
op. 1, Offenbach, André. 2» Sonates pour cla- 
vecin, op. 2. 3" Canon à trois voix avec chœur 
et piano, Augsbourg, Gombart. 4» Chansons à 
voix seule, avec accompagnement de piano, 
Brunswick. 5» Danses allemandes et anglaises 
pour piano, op. G. 6» Concerto pour piano et 
harpe, op. 9, Augsbourg, Gombart. 

KLEIN ou KLEIIXE (André), savant or- 
ganiste, né vers 1650, à Cœlleda, dans la Tbu- 
ringe, fut recherché dans la seconde moitié dn 
dix-septième siècle à cause de son talent pro- 
digieux pour l'improvisation sur l'orgue. Il 
péril à Copenhague en 1689, ilans l'incendie 
de l'opéra. 

KLE1I\ (Jacqdes), musicien hollandais, 
appelé, dans le catalogue de Le Cène, Jac- 
ques ktein le Jeune, a fait graver à Amster- 
dam, vers 1750, trois livres de sonates pour 



48 



KLEIN 



}e violoncelle, et douze sonates pour hautbois 
et basse continue, op. 1 et 2. 

KJLEIIV (Jean-Joseph), organiste à Eise- 
nach, inscrit sur la matricule des avocats de 
Dresde, naquit le 24 août 1759, et mourut dans 
les premières années du dix-neuvième siècle. 
On ne connaît de sa composition que le chant 
du matin de Gellert, mis en musique pour voix 
seule, avec accompagnement de piano, Offen- 
bach, André. C'est surtout comme écrivain 
didactique que ce musicien s'est rendu recom- 
mandable ; on a de lui en ce genre : 1» f^er- 
such eines Lehrbuchs der praktischen Mttsik 
in systematischer Ordnung entwurfen (Essai 
d'une méthode de musique pratique conçue 
dans un ordre systématique), Gera,C.-Fr.Beck- 
mann, 1783, in -8" de deux cent soixante-quatre 
pages, non compris la préface. 2" Lehrbuch 
der theoretischen Musik in systematischer 
Ordnung entwurfen (Traité de musique théo- 
rique rédigé dans un ordre systématique), 
Leipsick, Herisius, 1801, de cent quatre-vingt- 
huit pages in-4'' avecdes planches ; bon ouvrage 
dont on trouve des exemplaires avec un titre 
gravé, au bas duquel est l'adresse de Jean André 
à Offenbach. 3» Neues FollstéEudiges Choral- 
buch %um Gebrauch bei dem Gottesdienste ; 
nebst einem kurzen f'orberichte von den 
Choralmusik (Nouveau livre choral complet 
pour l'usage du service divin, avec une intro- 
duction courte sur la musique chorale), Ru- 
dolstadt, 1785, in-4'' de cent soixante-quinze 
pages. Il a été fait une deuxième édition de ce 
livre à Rudolstadt, en 1802. Klein a aussi fait 
insérer quelques articles concernant la mu- 
sique, dans les journaux, particulièrement les 
suivants dans la Gazette générale de musique 
de Leipsick : 1° Sur les signes des sons, suivi 
de la proposition d'un petit changement à 
l'égard de la dénomination des tons (notes) 
(t. I, pag. 641). 2" Propositions tendant à 
améliorer les écoles ordinaires du chant en 
Allemagne (t. II, pag. 465). 

KLEIIV (Chrétien-Benjamin), né le 14 mai 
1754, à Sleinkunzendorf, près de Kupferberg, 
en Silésie, fut un bon organiste dans le genre 
simple et sévère, et un musicien instruit dans 
la théorie de son art. Après avoir fréquenté 
jusqu'à l'âge de huit ans l'école du lieu de sa 
naissance, il fut mis au collège de Rudolstadt 
où il apprit les éléments de la musique en 
même temps que ceux de la langue latine. 
En 17G5, on l'envoya à Landshut pour y con- 
tinuer ses études, particulièrement celle de la 
musique, sous la direction de Gebauer, cantor 
de l'endroit, qui lui fit connaître les ouvrages 



de Jean-Sébastien Bach et de son fils Charlcs- 
Philippe-Emmanuel. En 1771. il alla achever 
ses humanités au lycée de Jauer. Quatre ans 
après, il fut nommé second organiste à 
Schweidnilz; en 1778, on lui confia les fonc- 
tions de professeur à Schmiedeberg, quoiqu'il 
ne fût âgé que de vingt-quatre ans, et, en 1780, 
il eut dans le même lieu les places de cantor 
et d'organiste. Quoique sa vie tout entière se 
soit ensuite écoulée dans cette petite ville, il 
eut de la réputation en Allemagne, surtout 
comme organiste. Reichardt et d'autres qui 
l'ont entendu, en ont parlé avec beaucoup d'es- 
time. Klein s'est fait aussi remarquer comme 
professeur, et a formé de bons élèves, parmi 
lesquels on distingue Leuschner, Kloss et 
Charles Ilacke. Sévère à l'excès, brutal même 
avec ses élèves, il les conservait pourtant jus- 
qu'à la fin de leurs études, parce que sa mé- 
thode excellente leur faisait faire de rapides 
progrès. Vers la fin de sa vie, son humeur 
devint encore plus chagrine, à cause du mau- 
vais état de sa santé, et de la perte d'une partie 
de ce qu'il [)ossédait. Il est mort à Schmiede- 
berg, à l'âge de soixante et onze ans, le 14 sep- 
tembre 1825. La plupart de ses compositions 
sont pour l'église; elles sont, dit-on, écrites 
avec correction, mais dépourvues d'invention. 
A l'exception d'une cantate pour le vendredi 
saint et de deux chants funèbres pour quatre 
voix d'hommes, qui ont été publiés en par- 
tition à Leipsick, chez Hofmeister, tous ses 
ouvrages sont restés en manuscrit; on y re- 
marque plusieurs motels à quatre voix et 
orgue, une cantate de noces avec accompagne- 
ment de violons et d'instruments à vent, 
quelques airs et morceaux détachés pour di- 
verses circonstances, des psaumes, et un livre 
choral à l'usage des élèves organistes. Parmi 
les manuscrits de Klein, on a aussi trouvé : 
1" aiéthode de chant. 2° Méthode de basse con- 
tinue, d'après les principes de Kirnberger, 
avec beaucoup d'exemples. 3° Théorie de la 
fugue, contenant aussi des leçons sur les imi- 
tations et les canons. 

RLEirV (Henri), né en 1756 à Rudelsdorf, 
près de Schœnberg, en Moravie, étudia d'abord 
la musique sous la direction d'Aschermann, 
directeur du chœur à Zœpta, et fit de si rapides 
progrès, qu'à l'âge de huit ans, il fut en état 
de remplir les fonctions d'organiste; puis il 
fut pendant cinq ans élève de Harlenschneider, 
organiste de la cathédrale de Presbourg. 
A l'âge de dix-sept ans il obtint la place de 
directeur de musique du comte de llodicz ; ces 
fonctions ne l'empêchèrenl pas de continuer 



KLEÏN 



49 



ses études, particulièrement celle de la théorie 
de Kirnberger et du style de Jean-Sébastien 
Bach. Plus tard, il quitta le service du comte 
pour retourner à Presbourg, où il vécut en 
donnant des leçons jusqu'en 1796. Il succéda 
alors à Riegger dans la [)Iace de professeur à 
l'École nationale de musique de Presbourg. 
En 1805, l'Académie royale de musique de 
Stockholm l'a choisi pour un de ses membres 
correspondants. Pianiste et organiste distin- 
gué, compositeur instruit et bon professeur, 
Klein. joignait à ces divers mérites celui d'être 
habile mécanicien. On lui doit l'invention d'un 
harmonica à clavier, dont il a donné la des- 
cription dans la Gazette de Bude , en 1798, 
puis dans le premier volume de la Gazette 
générale de musique de Leipsick (K"^ année, 
p. C75-679, avec une planche). En 1807, il 
a aussi inventé un instrument du genre de 
l'orgue, qu'il a appelé Orchestrion. Le même 
journal contient une intéressante disserta- 
tion de Klein sur les danses nationales de la 
Hongrie. On a de cet artiste en manuscrit : 
1° Un Te Deum. 2" Messe à quatre voix et or- 
chestre, ô" Cantate pour le jour de naissance 
de l'archiduc Joscph-François-Léopold, exé- 
cutée le 9 avril 1779. 4" Cantate pour le jour 
de naissance de l'empereur et roi François P"", 
exécutée le 12 février 1807. 3" Collection de 
musique d'église pour une année entière. On a 
gravé de sa composition : 1° Fantaisie pour le 
l>iano. Vienne, Traeg, 1790. 2» Douze chan- 
sons allemandes, avec accompagnement de 
piano, ibid. Klein est mort à Presbourg, en 
1832. 

KLEIN (...). On a sons ce nom un traité de 
musique en langue danoise, intitulé : Grund- 
regler for Theorica af Musiken i Alminde- 
Ughed , og en praktist Jndivendeîse for 
Klaveret i Sordeleshed (Règles fondamentales 
de la théorie de la musique avec leur applica- 
tion pratique au clavecin), Copenhague, 1791, 
in-4''. 

KLEIN (JEAN-VALERins), professeur sup- 
|)léant de philosophie à l'Université de Giessen, 
est auteur d'une thèse intitulée : De arte mu- 
sica, imprimis de Cantu. Prolusio scholas- 
lica qua ad solemnia pxdagog. acad. exa- 
mina DD. XIX et XX Martii instituenda 
et ad audiendas orationes D. XXI Martii 
publica habendas omnes literarum faulores, 
cas qua decet observantia invitât Jo. l'ai. 
Klein, Philos. D. pxd. Collega. Gissœ, 1812. 
Vingt-huit pages in-4''. 

KLEIN (CuAnLES-AtcusTE, Baron RE), 
ni- près de Manheim, en 1794, reçut les jHin- 

BIOGR. UKIV. DES MUSICIENS. T. V. 



cipes de son éducation élémentaire, sous là 
direction de son père, conseiller privé du roi 
de Bavière, connu comme prosateur et comme 
poète. Avec une connaissance étendue des 
poëtes latins, français et allemands , Klein 
acquit aussi une solide instruction dans la 
musique, et dans les sciences physiques et 
mathématiques. Il n'était âgé que de sept ans 
lorsqu'il écrivit une petite sonate pour le piano, 
qui fut suivie de plusieurs morceaux du mémo 
genre, et de beaucoup de chansons dont son 
père lui fournissait les paroles. En 1809, il 
essaya ses forces dans un genre plus élevé, en 
écrivant la musique d'un méloilrame de son 
père, intitulé -. Jppel à la jouissance de la 
vie. Godefroid VVeber, qui se trouvait encore 
alors à Manheim, ayant entendu cet ouvrage, 
fut étonné de l'instinct musical qui s'y déce- 
lait, et offrit au jeune homme de l'instruire 
dans la composition; mais déjà Klein éprou- 
vait les premiers symptômes de l'épilepsie, 
maladie affreuse dont sa mère lui avait trans- 
mis le funeste héritage. En 1810, il perdit son 
père, et alla demeurer chez un oncle qu'il avait 
à Mayence. Là, il se livra à l'élude de la com- 
position, sous la direction de Zulehner. Par- 
venu à sa dix-huitième année, il éprouva plu- 
sieurs atteintes violentes du mal qui troublait 
son existence, et pendant trois ans les atta- 
ques se renouvelèrent souvent. 11 lui fallut 
suspendre ses travaux et se soumettre à un 
traitement qui finit par triompher de la vio- 
lence du mal ; mais la convalescence fut longue 
et douloureuse. Un régime sévère a rendu, 
depuis lors, les atteintes fort rares, et en a 
diminué sensiblement l'intensité. En 1817, 
M. de Klein a fait un voyage à Paris, et y a 
connu Méhul, bien près de sa fin alors, mais 
qui, malgré son état de souffrance habituelle, 
consentit à voir les compositions du jeune ar- 
tiste, et lui prédit qu'il se ferait un nom. Ces 
paroles encourageantes ranimèrent son zèle 
pour l'art; plus tard une lettre de félicitation, 
écrite par Beethoven sur les quatuors de violon 
de M. de Klein, est venue le consoler des cri- 
tiques sévères qu'on avait faites de ses ou- 
vrages dans quelquesjournaux de l'Allemagne. 
On a publié de cet artiste : 1° Sonate pour 
piano et violon (en fa), op. 27, Mayence, Schott. 
2» Sonate idem ( en mi bémol), ibid. ô" Trois 
sonates pour piano seul. 4° Sonate pour piano 
à quatre mains (en ré majeur). 5» Le prin- 
temps , fantaisie pour piano. 6" Trio pour 
piano, violon et violoncelle (en la majeur). 
7" Symphonie à grand orchestre (en ut majeur), 
exécutée à Mayence, en 1837. 7" {bis) Deuxième 

4 



80 



KÎ.EIN 



symphonie, exécutée en 1838. 8° Tdejn (en 
itii bémol). 9° Ouverture pour la tragédie 
d'Otello, exécutée à Berlin. On en a publié la 
réduction pour piano. 10" Sept quatuors pour 
deux violons, alto et basse. 11° Un trio pour 
violon, allô et violoncelle. 12» Ouverture de 
concert, à grand orchestre. 12» (bis) Sonate 
pour piano et violon , Mayence , Scliott. 
1 ô° Graduale quinque vocum pro festo sancti 
Stephani,o[-<. \U,ibid. 14" Quelques chan- 
sons avec accompagnement de piano. M. de 
Klein a fourni plusieurs articles de critique, 
relatifs à la musique, dans différents jour- 
naux de rAllemagne, mais sous le voile de 
l'anonyme. 

KLEIIH (Berward), compositeur, né à Co- 
logne en 1794, est considéré, en Allemagne, 
comme un des artistes les plus estimables du 
dix-neuvième siècle. Fils d'un marchand de 
vin, il fut destiné par ses parents à l'état 
ecclésiastique, mais son penchant décidé pour 
la musique le fit renoncer à cette carrière. 
Malheureusement Cologne lui offrait peu de 
moyens d'instruction, et les leçons d'un prêtre 
quelque peu connaisseur .dans l'art, furent les 
seules ressources qu'il y trouva. Bientôt, 
oliligé de se livrer lui-même à l'enseignement, 
il éprouva tous les dégoûts inséparables de la 
vie d'un musicien mercenaire, sans que son 
enthousiasme d'artiste en fût diminué. Des 
circonstances favorables vinrent enfin recom- 
penser son zèle, car, en 1812, il fut libéré de 
la conscription par la protection du préfet 
Alexandre de Lameth, et dans la même année 
une occasion se présenta pour qu'il se rendit à 
Paris. Il y reçut des conseils de Cherubini, et 
y puisa des connaissances étendues dans les 
trésors qu'il trouva à la bibliothèque du Con- 
servatoire. De retour à Cologne, il y fut 
chargé de la direction de la musique de la 
cathédrale, et de l'école des enfants de chœur. 
Pendant qu'il remplissait ces fondions, il fit 
un voyage à Ileidelberg, où la belle colleclion 
de M. Thibaut lui fournit l'occasion de con- 
naître le style des anciens maîtres italiens. 
Après que l'exécution de sa première messe 
en 181G et de sa cantate sur les Paroles de la 
foi (Worte des Glaubens) deSchiller, en 1817, 
l'eut fait connaître avantageusement, il fut 
chargé d'aller à Berlin pour y jirendre con- 
naissance des institutions musicales de celle 
grande ville, parliculièrementderécole dirigée 
parZeltcr. Celui-ci ne vit d'abord dans Klein 
qu'un de ces élèves soumis, comme ceux qui 
depuis longtemps se trouvaient sous sa domi- 



talent du jeune artiste et le sentiment de sa 
force, lorsqu'il eut enfin acquis la conviction 
qu'au lieu d'un écolier, il avait près de lui un 
rival qui l'égalait en savoir et le surpassait en 
génie, ses sentiments changèrent à son égard, 
et la bienveillance dont il l'avait d'abord en- 
touré fit bientôt place à des critiques amères 
et à des sarcasmes sur son talent. Mais déjà 
Klein s'était fait, à Berlin, des amis qui le »ié- 
fendirent avec chaleur. L'école royale d'orgue 
venait d'être instituée : il demanda la place 
de professeur d'harmonie et de contrepoint 
qui y était vacante et l'obtint; il y joignit, peu 
de temps après, les fonctions de directeur de 
musique et de professeur de chant à l'Univer- 
sité. Son oratorio de Job, gravé en partition 
chez Breitkopf et Haerlel, en 1820, l'avait si- 
gnalé comme un des jeunes compositeurs dont 
l'avenir donnait les plus belles espérances; 
cet ouvrage fut suivi, en 1823, de Didon, 
grand opéra dans la manière de Gluck, qui ne 
réussit pas. Dans cette même année, il épousa 
la nièce du célèbre libraire Nicolaï, riche héri- 
tière dont la fortune le mit dans une position 
indépendante. Peu de temps après son ma- 
riage, il partit avec sa femme pour l'Italie. 
Quoique l'état actuel de la musique dans ce 
pays n'eût rien qui pût l'intéresser, son voyage 
ne fut pourtant pas sans fruit, car il trouva 
dans les bibliothèques, dans les archives, et 
surtout dans les conversations du directeur de 
la chapelle pontificale, une source inépuisable 
d'instruction. Après son retour à Berlin, il 
reprit ses travaux. En 1828, il fit exécuter à 
Cologne son oratorio de Jephté; deux ans 
après, il donna, à la fêle musicale de Halle, 
son David, considéré comme une de ses meil- 
leures productions. Les succès que ces ou- 
vrages obtenaient ne le satisfaisaient pourtant 
pas, car la carrière de compositeur .drama- 
tique était celle qu'il désirait surtout par- 
courir avec éclat; mais si cette carrière est 
partout ditTicile, en Allemagne elle est envi- 
ronnée d'obstacles presque insurmontables. 
D'ailleurs , malgré les éloges que Rellslab 
lui a donnés, il est douteux que Klein ait eu 
le sentiment delà scène. La nature sérieuse de 
ses idées n'était propre qu'au genre dans le- 
quel il s'est fait surtout un nom honorable. 
Enlevé i l'art et à ses amis dans la fleur de 
l'âge, il est mort à Berlin le 9 septembre 1852. 
Cet artiste laborieux a laissé les ouvrages 
suivants : 1" Didon, grand opéra, en manu- 
scril. 2" Deux actes d'un opéra intitulé Irène, 
en manuscrit. 3" Entr'actes de la tragédie do 



nation; mois lorsqu'il aperçut la portée du ' Raupach die Erdmnacht (la Nuit sur la 



KLEIN 



SI 



(erre), en manuscrit. 4" Joh, oratorio, gravé 
en partition; Leipsick, JJreilliopf et IlPertel. 
5" Jephté, oratorio, avec orchestre. 6" David, 
idem. 7" ^thalie, oratorio, non terminé, en 
manuscrit. 8" Hymne allemand (Ick danke 
dem Herrn), pour quatre voix d'hommes et 
orgue; op. 4, Hambourg, Chrisliani. 9° Mu- 
sique spirituelle, première livraison conte- 
nant : Jgnus Dei et Ave Maria, à quatre 
voix et orgue, op. 12; Berlin, Tr'autwein. 
10° Magnificat pour deux sopranos, alto, 
deux ténors et basse, avec accompagnement 
d'orgue, op. 13, ibid. W" Musique spirituelle, 
deuxième livraison, contenant six répons à 
quatre et six voix, en partition, op. 17, ibid. 
12° Musique spirituelle, troisième livraison, 
contenant le Paler noster, à deux chœurs, 
op. iS.y ibid. 13° Musique si)irituelle, qua- 
trième livraison, contenant Miserere mei , 
pour soprano, contralto et orgue, op. 21, ibid. 
14° Salve Regina, pour soprano solo, deux 
violons, alto et basse, ibid. 15° Musique spiri- 
tuelle, cinquièmelivraison, contenant : Stabat 
Mater, à quatre voix et orgue, ibid. ÎC" Six 
chants religieux pour des voix d'hommes et 
accompagnement de piano, op. 22, ibid. 
M" S'widem. op. 23, ibid. 18° Trois chants 
l)0urdeux sopranos, ténor et basse ; Leipsick, 
Breitkopfet Hœrtel. 19° Chants religieux pour 
voix d'hommes, 3% 4% 5«, 6% 7" et 8° livrai- 
sons; Berlin, Trautwein. 20° Messe à quatre 
voix et orchestre (en re), op. 28; Elberfeld, 
Arnold. 21° Magnificat, à voix seule, avec 
deux violons, alto, violoncelle et contrebasse. 
22» Sonate pour piano seul, op. 1; Hambourg, 
Christiani. '2.0° Idem, op, 5; Leipsick, Breit- 
kopfet Hœrtel. 24° /rfem, op. 7, rtid. 25° Fan- 
taisie pour piano, op. 8, ibid. 26" Variations 
pour piano, trois œuvres, ibid. 27° Chansons 
de table pour des voix d'hommes, op. 14; 
Berlin, Lane. 28° Rodrigue et Chimène, chant 
pour ténor et soprano; Hambourg, Christiani. 
29° Plusieurs ballades avec accompagnement 
de piano. 30° Deux messes à quatre voix et 
orchestre, en manuscrit. 31° Beaucoup de 
chansons et de romances à voix seule, avec 
accompagnement de piano; Hambourg, Leip- 
sick, Berlin et Bonn. 

KLCIiy (Joseph), frère du précédent, est 
né à Cologne en 1802. Après avoir commencé 
ses études musicales à Paris, il alla les termi- 
ner à Berlin en 1820, sous la direction de son 
IVèro; puis il fut ai)pelé à Memei , comme 
professeur de chant et de piano. Le séjour de 
celle ville ne convenant point à sa santé, il 
n'y resta pas longtemps et retourna à Cologne. 



C'est lui qui a été l'éditeur des ouvrages post- 
humes de son frère. Les œuvres connues de 
cet artiste consistent principalement en chants 
à voix seule avec accompagnement de piano 
sur les foésies de Gœthe, Heine, Chamisso, 
Simrock, Uhland, ou extraites des drames de 
Shakespeare, au nombre de douze recueils 
publiés à Cologne chez Eck ; à Bonn, chez 
Simrock; à Berlin, chez "WagenfUbr, Bote et 
Bock, Schlesinger; à Leipsick, chez Hofmeister; 
à Elberfeld, chez Arnold ; non compris beau- 
coup de Lieder séparés; quatre recueils de 
chants pour des chœurs de voix d'hommes, 
Berlin, WagenfUhr; Bonn, Simrock, et Elber- 
feld, Arnold; trois romances françaises, El- 
berfeld, Arnold. On a aussi du même artiste : 
un Salve Regina pour soprano solo, avec ac- 
compagnement de deux violons, alto et basse, 
op. 3, Berlin, Lane; une ouverture à grand 
orchestre, exécutée à Berlin, en 1832; Berlin, 
Schlesinger; l'ouverture de la Pucelle d'Or- 
léans, exécutée à Cologne, en 1844; Bonn, 
Simrock; sonate (en mi bémol) pour piano 
seul; Berlin. Wagenfubr; Adagio ei rondeau 
(en fa mineur) idem; Berlin, Schlesinger; 
douze variations sur un air lithuanien ; Berlin, 
Bote et Bock. 

KLEIj\ (Charles), organiste de la cathé- 
drale à Osnabruck (Hanovre), et directeur 
d'une Société de chant, s'est fait connaître, 
comme compositeur, par l'exécution d'une 
messe solennelle pour chœur et orchestre, à 
la fête musicale donnée en cette ville, en 
1844, sous sa direction. 

KLEIN (...). Plusieurs musiciens de ce 
nom se sont fait connaître par leurs ouvrages ; 
mais on n'a que peu ou point de renseigne- 
ments sur leur personne. Le premier, musi- 
cien et flûtiste du Concert spirituel, vers 1750, 
a fait imprimer alors trois divertissements 
pour deux violons. Le second, organiste de la 
grande église de La Haye, naquit à Hambourg, 
vers le milieu du dix-huitièmesiècle. Le 18 sep- 
tembre 1788, il fit exécuter dans son église 
une grande musique solennelle, en commémo- 
ration de la révolution qui a affranchi la Hol- 
lande du joug espagnol. 

KLEIIN (Frédéric-Wilhelm) , pianiste à 
Berlin, sur qui tous les biographes allemands 
gardent le silence, mérite cependant, plus 
que beaucoup d'autres, d'être mentionné, car 
sa sonate pour piano seul, en la mineur, 
œuvre 7% qui m'est tombée sous la main, à 
Berlin, en 1849, est une composition distin- 
guée. Le seul renseignement que j'ai trouvé 
sur cet artiste, c'est qu'il était né à Berlin, 

4. 



KLEIN - KLEINKNECHT 



qu'il était à Blême en 1854, depuis le mois de 
janvier jusqu'à la fin de mars, et qu'il y pro- 
duisait une vive sensation par son jeu et par 
ses compositions, dans le moment où les 
quatre frères Muiler y obtenaient de grands 
succès par leur exécution parfaite des quatuors 
de Beethoven. Klein a publié pour son instru- 
ment : : 1" Polonaise, op. 1, Berlin, Lischke. 
2° Variations sur divers thèmes d'opéras, op. 2, 
4, 6, 8, 9, 13, ibid. o" Divertissements, op. 3, 
ibid. 4° Rondo, op. 4, ibid. 5" Sonate (en la 
mineur) pour piano seul, op. 7, ibid. 6" Sonate 
en contrepoint, op. 14, ibid. 7» Grande 
marche, op. 10, ibid. 8" Chansons à voix 
seule, avec accompagnement de piano, op. Il, 
ibid. 

ÏÎLEnV (Théodore), clarinettiste, est au- 
teur des ouvrages suivants : 1" Air varié pour 
clarinette et orchestre, op. 1, Paris, Richault. 
2" Divertissement idem, op. 2, ibid. 

KLEIN (...), corniste à Paris, est connu 
par une Méthode {nouvelle) de premier et se- 
cond cor, suivie de quarante leçons et vingt- 
quatre duos, V suis, Vh. Petit. 

RLEIISE (O.-Fr.), professeur à l'Univer- 
sité de Jéna, vers 1820, passa ensuite à l'Uni- 
versité de Berlin. On a de lui : Dissertatio 
de Stesichori vitaetpoesi, Jéna, 1825, in-8". 
Celte dissertation a été réimprimée en tète des 
fragments parvenus jusqu'à nous des poésies 
de Stésichore, publiés par le même savant, 
sous ce titre : Stesichori Fragmenta collegit, 
dissertât, de vita et poesi auctoris prxmi- 
sit, etc., Berlin, Reimer. 1828, gr. in-8''. On 
trouve dans cet ouvrage quelques recherches 
sur les inventions de Stésichore, comme poète 
et comme musicien : elles sont empruntées à 
la note XVI de Burette, sur le dialogue dePlu- 
tarque concernant la musique. 

RLEINOEINZ ( Charles- François-Xa- 
vier), professeur de piano et compositeur, est 
né le 3 juillet 1772, à Mindelheim, en Souabe. 
Il reçut les premières leçons de musique au 
couvent de Memmingen, et perfectionna son 
talent de pianiste à Munich. Ayant obtenu une 
place de conseiller et de secrétaire intime de 
l'électeur de Bavière, il semblait destiné à ne 
cultiver la musique que comme amateur ; mais 
son penchant pour cet art lui fit quitter sa po- 
sition pour aller à Vienne étudier l'harmonie 
et le contrepoint chez Albrechtsberger. Vers 
1807, il accepta la place de maître de musique 
dans la maison du comte de Brunswick, ma- 
gnat de Hongrie, puis dirigea l'orchestre des 
théâtres de Brunn et de Pesth. Il est mort 
dans celte dernière ville, au mois d'octobre 



1831. On connaît sous le nom de cet artiste : 
1° Deux oratorios, en manuscrit. 2" Deux 
messes, ô» Harold, opéra représenté à Pesth. 
4" La Cage, idem. 3" Trois sonates pour piano 
et violon, op. 1 ; Offenbach, André. 6" Une 
idem,o[^. 14 ; Vienne, Mollo. 7° Fantaisie pour 
pour piano et violon, op. 19; Vienne, Weigl. 
8" Grande sonate pour deux pianos; Vienne, 
Mollo. 9» Douze sonates pour piano seul, op. 4, 
5, 7, 9, 11, 16; Vienne. 10» Deux trios pour 
piano, violon et violoncelle, ibid. 11" Grande 
toccate (en ut) ; Vienne, Mechelti. 12° Varia- 
tions pour le piano sur différents thèmes 
d'opéras; Leipsick,Breitkopf et Haertel. lô^Des 
chants à voix seule avec accompagnement de 
piano; Vienne, llaslinger et Mechelti. 14» Des 
ouvertures, marches, chœurs, entr'actes, etc., 
pour des drames, tragédies, etc., en manu- 
scrit. 13" Des concertos de piano, fantai- 
sies, elc, idem. 

RLEIIVRNECHT (Jean-Wolfgang), fils 
aine de Jean Kleinknecht, maître de concert 
à Ulm, naquit en cette ville, le 17 avril 1713. 
Élève de son père pour la musique, il fit 
aussi de bonnes études au Gymnase du lien 
de sa naissance. Dès l'âge de huit ans, il 
joua un concerto de violon devant le duc de 
Wurtemberg, et le frappa d'étonnement par 
son habileté précoce. Ce prince le confia aux 
soins de Brescianello, excellent violoniste de 
cette époque, et son maître de chapelle. Après 
la mort du duc, Kleinknecht visita plusieurs 
villes de l'Allemagne et se fil partout entendre 
avec succès. Arrivé à Eisenach, il s'y fixa et 
entra dans la chapelle en 1758; mais il n'y 
resta pas longtemps, car la margrave de Bay- 
reuth, l'ayant entendu, fut si satisfaite de son 
talent, qu'elle le demanda au prince pour qu'il 
assistât à la représentation d'un opéra qui de- 
vait être joué à Bayreuth pour l'anniversaire 
de la naissance du margrave. Charmé de sa 
nouvelle position, Kleinknecht oublia la petite 
cour d'Eisenach, et accepta la place de maître 
de concert à Bayreuth. C'est là qu'il entendit 
pour la première fois le célèbre violoniste 
François Benda, dont il adopta plus tard la 
manière. Cependant, lorsque l'enthousiasme 
de la nouveauté fut dissipé, l'artiste se ressou- 
vint du duc d'Eisenach qui l'avait comblé de 
bienfaits et se reprocha son ingratitude. Sous 
le prétexte du désir de voyager pour augmenter 
son talent, il demanda et obtint sa démission 
de la chapelle de Bayreuth, i)uis retourna à 
Eisenach, où son ancien maître l'accueillit avec 
bonté. Kleinknecht se livra dès lors à de nou- 
1 velles éludes pour étendre ses connaissances 



KLEINKNECHT — KLEMM 



dans son art. Après la mort du duc, des offres 
lui furent faites pour retourner à Bayrcuth, où 
il resta jusqu'à l'époque de la suppression de la 
chapelle, en 1769. Il passa alors, avec tous les 
musiciens de celte chapelle, à la cour d'Ans- 
pach, où il mourut, le 20 février 1786, à l'âge 
de soixante et onze ans. Aussi habile chef d'or- 
chestre que violoniste distingué, Kleinknecht 
avait acquis en Allemagne une haute réputa- 
tion. On a gravé à Paris, en 1763, six solos 
pour le violon, composés par cet artiste, et, en 
177Ô, il existait en manuscrit chez Breitkopf, 
à Leipsick, huit trios pour deux violons et vio- 
loncelle, et deux concertos de violon, de sa 
composition. 

KLEITVKNECHT ( JACQDES-FnÉDÉnic ) , 
frère du précédent, né à Uim, le 8 juin 1722, 
fut un des plus habiles flûtistes de l'Allemagne 
pendant le dix -huitième siècle. Attaché dès sa 
jeunesse à la chapelle d'Anspach. il y passa 
toute sa vie, et mourut dans cette ville, le 
14 août 1794, avecle titre de maître de chapelle 
honoraire du roi de Prusse. Un grand nombre 
de concertos de sa composition, pour la flûte et 
pour d'autres instruments à vent, se trouvait 
en manuscrit, chez Breitkopf, en 1787. On a 
gravé de ses ouvrages : 1» Six sonates pour la 
flûte, avec accompagnement de basse, Nurem- 
berg, 1748. 2° Trois trios pour deux flûtes et 
basse, ibid.^ 1749. ô" Six solos pour la flûte, 
Londres, 1782. 4» Six sonates idem. 5" Six 
trios pour deux flûtes et basse, Paris, 1767. 
6" Symphonie concertante pour deux flûtes, 
ibid., 1776. 

Un troisième fils de Jean Kleinknecht, 
wommé Jean-E tienne ^ naquit àUlm, le 17 sep- 
tembre 17,37, et cultiva ia flûte comme son 
frère Jacques-Frédéric, mais ne s'éleva pas 
au dessus du médiocre. Il fut attaché comme 
flûtiste à la chapelle de Bayreuth, puis à 
celle d'Anspach, où il se trouvait encore 
en 1786. 

liLEINW/ECHTER (Louis), docteur en 
philosophie et en droit, né à Prague en 1807, 
fut professeur de droit en cette ville, et ama- 
teur de musique distingué. Spohr dirigea ses 
études de composition. Doué d'un noble carac- 
tère, d'un esprit vif et élevé, et possédant une 
instruction solide dans les lettres et dans les 
sciences, Kleinwaechler n'estimait que les 
l)elles œuvres classiques où la richesse des 
idées s'allie à la perfection de la forme, et Mo- 
zart lui représentait le plus haut degré où peut 
arriver le génie de création de la musique. Il 
ne cultivait pas seulement la musique avec 
amour, mais avec talent. Une ouverture à 



grand orchestre desa composition fut exécutée 
dans les concerts de Prague, en 1837, 1840, 
1843 et 1844, à Cassel, en 1858, et à Leipsick, 
dans la même année. Cet ouvrage a été publié 
comme œuvre 1"", en 1839, à Leipsick, chez 
Breitkopf et Haertel. Deux sonates de piano, 
qui forment l'œuvre 2*^ de Rleinwœchter, ont 
élé publiées à Prague, chez Berra. Cinq Lieder 
avec accompagnement de piano, ont paru dans 
le même temps à Leiiisick, chef Breitkopf et 
Ilœrtel. L'œuvre 4 du même auteur est un mo- 
tet à quatre voix solos avec un chœur de quatre 
parties et accompagnement de deux violons, 
alto, violoncelle et contrebasse, publié chez les 
mômes éditeurs. Une courte maladie a enlevé 
Rleinwœchter, à l'âge de trente-trois ans, au 
mois de septembre 1840. Sa mort imprévue fit 
une douloureuse impression parmi ses nom- 
breux amis et parmi les artistes qui avaient 
une haute estime pour sa personne et pour 
son talent. On a publié de lui, comme œuvre 
posthume, un quatuor pour deux violons, alto 
et violoncelle, à Leipsick, chez Breitkopf et 
Ilaertcl. Cet ouvrage porte le numéro 8 : 
j'ignore quels sont les œuvres 5, 6 et 7. 

KLEMCZYIXSRI (.Julien), pianiste et 
compositeur polonais, s'établit à Meaux, après 
les événements qui portèrent la désolation 
dans sa patrie, en 1831, et s'y livra à l'ensei- 
gnement de son instrument. Fixé à Paris, 
quelques années plus tard, il y a publié un 
grand nombre de morceaux sur des thèmes 
d'opéras, particulièrement de duos pour piano 
et flûte sur les motifs des opéras d'Auber, dont 
quelques-uns en collaboration avec M. Deneux 
(voyez ce nom). Le nombre de ses ouvrages de 
ce genre et de ses fantaisies pour piano seul 
s'élève à environ soixante-quinze. Klemczynski 
est mort à Parisien 1831. 

KLEMM (Frédéric), attaché au conseil de 
la guerre, à Vienne, est né en cette ville, le 29 
mars 1793. Il y est considéré comme un des 
amateurs de musique les plus instruits. Jac- 
ques Schauer lui donna les premières leçons 
de musique, de violon et de violoncelle, et 
Hejdenreich, maître de chapelle du prince de 
Lobkowitz, lui enseigna le piano et la compo- 
sition. Rlemm a été un des fondateurs de la 
Société des amateurs de musique des États 
Autrichiens et du Conservatoire de Vienne. Il 
a écrit des messes, des chœurs, des ouvertures 
et des quatuors de violon considérés comme de 
bons ouvrages. Un psaume et une fugue, de sa 
composition, ont été exécutés, avec beaucoup 
de succès, aux concerts du Conservatoire de 
Vienne, cl l'uiie de ses messes a été entendue, 



Si 



KLEMM - KLENGEL 



avec plaisir, à Téglise des Minorilee, en 1840. 
On a publié de sa composition : Tantum ergo 
pour soprano, contralto, ténor et basse avec 
orgue, Vienne, Glœgel. 

KLEMME (Jean), organiste de la cour de 
Saxe, né à Dresde, vers 1595, fut admis comme 
sopranisle dans la Chapelle de l'électeur, 
en 1605, y resta six années, puis fut envoyé, 
aux frais du prince, à Augsbourg, en 1GI3, 
chez le célèbre Chrétien Erbach, pour ap- 
prendre l'orgue et la composition. Après trois 
années d'études, il fut appelé à Dresde et placé 
sous la direction de l'illustre maitre de cha- 
pelle Henri SchUlz. En 1625, la place d'orga- 
niste de la cour étant devenue vacante par la 
mort de Georges Rretzschmar, Klemme l'ob- 
tint et y passa le reste de ses jours. On a sous 
son nom une collection de madrigaux alle- 
mands à quatre, cinq et six voix, avec basse 
continue, publiée à Freyberg, en 1629, in-4", 
et trente-six fugues dans le style libre, pour 
l'orgue; Dresde, 1631. Rlemme a été aussi 
l'éditeur de la seconde partie des Symphonie 
sacrxde Schtitz. 

KLEMP (F.-A.), musicien à Vienne, est 
connu par les ouvrages suivants : 1" Trois 
trios faciles pour deux violons et basse; Vienne, 
Artaria. 2" Six duos faciles pour deux violons, 
liv. l'*" et 2«, ibid. ô" Trois duos pour deux 
violons, livre 3"; Vienne, ifasîinger. 4" Douze 
menuets de la redoute pour piano, liv. I, II, 
III; Vienne, Artaria. 

RLEIVG (GRÉGOinE), fadeur d'orgues alle- 
mand, vécut vers 1495. Ce fut lui qui restaura 
l'orgue de la cathédrale de Ilalberstadt , 
construit par Nicolas Faber, en 1361. Au- 
dessous des deux claviers de cet orgue, il s'en 
trouvait un troisième d'une seule octave pour 
la basse. Prœtorius, qui nous fournit ces ren- 
seignements, est incertains! on jouait ce cla- 
vier avec les genoux ou avec les doigts. 

KLEISGEL (Auguste-Alexandre), premier 
organiste de la cour de Dresde, naquit dans 
cette ville en 1784. Son père, paysagiste dis- 
tingué, et professeur de peinture, ne le desti- 
nait point à la profession de musicien ; mais le 
jeune Rlengcl montra de si heureuses dispo- 
sitions pour la musique, qu'il fallut céder à 
son penchant et lui donner un maitre. Michl- 
mayer lui donna les premières leçons de 
piano. Les progrès de l'élève furent si rapides, 
qu'à douze ans il excitait déjà l'étonnement 
par son habileté. Clementi, l'ayant entendu 
dans le voyage qu'il lit en Allemagne en 
1803, apprécia sa portée, et le prit pour élève. 
Pendant l'année 1804, il lui fit parcourir avec • 



lui les villes rhénanes, la Suisse, îa Prusse et 
la Bavière. Un peu plus tard, Clementi se ma- 
ria à Berlin, partit pour l'Italie et se sépara de 
Rlengel; mais l'illustre maître, ayant perdu 
sa femme pendant ce voyage, revint en Alle- 
magne, et engagea Rlengel à l'accompagner 
en Piussie : le maître et l'élève s'y rendirent 
en effet. Rlengel y resta depuis 1805 jus- 
qu'en 1811, et s'y livra à l'enseignement, sans 
négliger ses propres études. Son talent d'exé- 
cution, particulièrement dans la musique de 
Bach et des anciens maîtres, était dès loi-s 
arrivé au plus haut point de perfection. En 
1811, il se rendit à Paris et y passa deux 
années. Vers le milieu de 1813, inquiet sur 
les événements qui désolaient l'Allemagne et 
menaçaient la France, il partit pour l'Italie et 
y demeura un an. De retour à Dresde en 

1814, il se fit entendre à la cour, puis se ren- 
dit en Angleterre et y passa toute l'année 

1815. Cependant, malgré cette longue absence, 
le roi de Saxe avait conservé le souvenir du 
plaisir que lui avait fait le talent de Rlengel ; 
lorsque cet artiste retourna à Dresde en 1816, 
il le nomma premier organiste de la coui-. 
Depuis lors , il n'a cessé d'habiter sa ville 
natale, à l'exception d'un voyage de peu de 
durée qu'il a fait à Paris en 1828. Dans ce 
voyage, il a fait entendre à ses amis une suite 
de pièces dans un genre plutôt canonique que 
fugué, et d'un style gracieux et mélodique qui 
a été considéré par les connaisseurs comm-e 
une véritable création. Personne ne doutait 
alors que ce bel ouvrage n'ajoutât beaucoup à 
la réputation de Rlengel, qui semblait décidé 
à le mettre bientôt au jour. Cependant les 
années s'écoulèrent, et rien n'en fut publié 
pendant sa vie. à l'exception d'un recueil de 
pièces d'un genre moins sévère, auquel il avait 
donné pour titre : les Avant-coureurs , exer- 
cices pour le piano, etc., et qui parut à 
Dresde en 1841. Eu 1849, je le visitai dans 
cette ville, et dans l'intimité de notre ancienne 
amitié, il me joua les pit'ces qu'il avait ajou- 
tées à son lecueil depuis le voyage de Paris, et 
me fit remarquer les corrections qu'il avait 
faites aux anciens morceaux : toutes n'étaient 
pas heureuses. Au reste, il ne pouvait plus me 
jouer ces choses difficiles avec la correction et 
la délicatesse qu'il y mettait vingt ans aupa- 
ravant. Ses doigts avaient perdu leur souplesse 
et leur brillant. Il avait trop attendu pour la 
publication de cet important ouvrage : le 
temps de l'intérêt que faisait niître l'admi- 
rable exécution de l'auteur était passé. En 
1831, Rlengcl s'est rendu à Bruxelles et y a 



KLENGEL — KLIER 



passL' riiiver pour entendre les concerts du 
Conservatoire, qui lui faisaient éprouver un 
vif plaisir. Il venait causer avec moi de temps 
en temps; mais sa santé était mauvaise et 
son humeur chagrine. Il partit au printemps 
de 1832 pour retourner à Dresde et y mourut 
le 22 novembre de la même année, à l'âge de 
soixante-huit ans. 

Après sa mort, M. Ilauptmann [v. ce nom), 
son ami, a publié son grand ouvrage sous le 
litre de Carions et fugues (Canons und Fugen, 
opus poslhumum), à Leipsick, chez Breitkopf 
et Ilsertel ; mais, ainsi que je l'avais prévu, cet 
œuvre n'a pas eu le succès qu'il mérite, parce 
qu'il n'a pas été mis au jour à l'époque pour 
laquelle il a été fait. 

Les ouvrages connus de Klengel sont ceux 
dont les titres suivent : 1° Concerto pour le 
jiiano (ensî bémol), op. 4 ; Londres, Dalmaine; 
Paris, Pleyel ; Leipsick, Breitkopf et Haertel. 
2" Deuxième concerto (en mi mineur), op. 29 ; 
Leipsick, Peters. 3" Polonaise concertante 
pour piano, flûte, clarinette, alto, violoncelle 
et contrebasse, op. ô5. 4° Grand trio pour 
piano, violon et violoncelle, op. 56 ; Leipsick, 
Breitkopf et Haertel. 5" Fantaisie à quatre 
mains, op. ôl ; Leipsick, Peters. G" Sonates 
pour piano seul, op. 2 ; Leipsick, Breitkopf et 
llaertel. 7° Sonate idem, op. 9; Paris, Érard. 
8" Morceaux détachés tels que rondeaux, di- 
vertissements, nocturnes, etc., op. 5, 6, 7, 12, 
14, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 2o, 26, 27, 28, 30, 
33, 34; Paris, Vienne, Leipsick. 9" Variations 
sur un air suisse, op. 32; Leipsick, Peters. 
10" Les Jvant-coureurs. Exercices pour le 
piano, contenant XXIV canons dans tous 
les tons majeurs et mineurs, calculés pour 
servir d'étude préparatoire du grand re- 
cueil de canons et fugues, composés par 
Aug .-Alexandre Klengel, premier organiste 
de S. M. le roi de Saxe. Dresde, Guill. Paul. 
Klengel a laissé en manuscrit un concerto (en 
mi bémol), un autre (en ut), un quintette 
(en mi bémol), écrit i)0ur la Société philhar- 
moniipie de Londres, et la belle collection de 
toccates, de pièces fuguées et de canons indi- 
quée plus haut. 

KLENGEL (Auguste-Gottlieb ou Théo- 
phile), chanteur dramatique allemand, naquit 
à Dresde, le 7 avril 1787. Ayant été admis 
parmi les élèves de l'École de la Croix, il y 
reçut des leçons de musique et de chant. Sa 
belle voix de soprano le faisait rechercher pour 
chanter les solos dans les églises et dans les 
chœurs du Théàtre-Ilalien. Destiné à l'état 
ecclésiastique, il alla étudier la théologie à 



l'Université de Leipsick. En 1811, il venait de 
terminer ses cours et de prononcer un sermon 
lorsque tout à coup il changea la direction de 
sa vie et se fit entendre comme ténor dans les 
concerts du Gewandliaus; puis il acccepla un 
engagement pour le Théâtre de Breslau. Dans 
les années 1815 à 1820, il chanta à Manheim 
Munich et Leipsick. Appelé à Hambourg, en 
1820, il y resta jusqu'en 18515. Retiré depuis 
lors du théâtre, il a dirigé, pendant quelque 
temps, diverses sociétés de chant. La voix de 
cet artiste avait une belle et puissante sono- 
rité, son style était beau et large, et son action 
dramatique avait de la chaleur et de l'expres- 
sion. 

KLES (F.), violoniste, né vraisemblable- 
ment en Silésie, vivait à Breslau, vers la lin 
du dix-huitième siècle. Il a fait imprimer, en 
1786 : 1" Concerto pour violon principal, avec 
accompagnement. 2» Concerto pour alto et 
orchestre. 

liLETZINSRI ou RLECZïNSliï 
(Jean), violoniste et compositeur, né en Po- 
logne, dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle, vécut à Vienne après le partage de sa 
pairie. 11 a publié de sa composition : 1" Six 
trios pour violon, alto et violoncelle, op. 4, 
Vienne, Kozeluch. 2» Premier concerto pour 
violon (en re), op. 1; Lemberg. 3» Vingt varia- 
tions pour deux violons concertants sur un 
thème allemand, op. 5; Vienne, Kozeluch. 
4° Douze variations sur l'air : O mein lieber 
Augustin ; Vienne, Artaria. 5" Trois duos pour 
deux violons, op. 8; Vienne, Haslinger. 

îiLIEU (Augustin), né le 25 octobre 1744, 
dans la petite ville de Weiden, sur le Mein, fit 
ses éludes au Collège des jésuites à Amberg. 
En 1762, il entra au monastère de Speinshart, 
et y fit profession comme chanoine régulier 
de Saint-Norbert, le 8 décembre 1763. Là, il 
trouva dans la plupart des moines des musi- 
ciens instruits, et cette circonstance lui permit 
de développer ses heureuses facultés pour la 
musique. Voulant hâter ses progrès dans cet 
art, le supérieur du couvent l'envoya à Mu- 
nich, où il étudia le chant, la flûte et le vio- 
loncelle, sous la direction d'un bon maître. De 
retour dans son monastère, il y fut ordonné 
prêtre, le 10 novembre 1771, et bientôt après 
fut chargé de l'enseignement de la musique. Il 
possédait une belle voix de ténor, et chantait 
avec beaucoup d'expression et de goût. Après 
l'envahissement du haut Palatinat par les 
armées françaises, en 1796, son couvent fut 
supprimé, et il se retira à Munich, où il vivait 
encore en 1812, s'y occupant de musique et de 



m 



KUEIX - KLÏNGENSTEIN 



lillérature. Il avail en manuscrit neuf messes 
de sa composition, des litanies, des Magni- 
ficat , et d'autres morceaux de musique 
d'église. 

RLIER (André), frère du prcîcédent, na- 
quit, en 1746, à Sladt-Remnatli, dans la Ba- 
vière. Ayant été admis au séminaire d'Amberg, 
comme enfant de chœur, il y apprit la musique 
et la langue latine. En 1707, il entra chez les 
Franciscains de cette ville et y remplit les 
fonctions de directeur du chœur. Les messes, 
les litanies et autres compositions de musique 
d'église, qu'il y faisait exécuter, furent remar- 
quées à cause de leur mélodie simple et facile. 
En 1812, il vivait au couvent de Neukirchen. 
Depuis cette époque, on n'a plus eu de rensei- 
gnements sur sa personne. 

KLIER (Joseph), frère cadet des précé- 
dents, naquit à Stadt-Kemnalh, le 24 avril 1760, 
et étudia, cojnnie ses frères, au séminaire 
«l'Amberg. En 1777, il entra chez les béné- 
«lictins de Weissenhohe, y fit profession le 17 
novembre de l'année suivante, puis alla étu- 
dier la philosophie et la théologie à l'univer- 
sité d'Ingolstadt. De retour dans sou couvent, 
il y fut ordonné prêtre, le 24 juin 1783, et y 
remplit pendant plusieurs années les fonctions 
de directeur de musique. Après la suppres- 
sion de son monastère, il se fixa à Neumark ; 
mais au mois d'août 1810 il obtint le prieuré 
de Wondrech. Ce moine se distingua autant 
par la beauté de sa voix que par son habileté 
sur le violon, l'alto et la guitare. Il a fait im- 
primer de sa composition un trio pour flûte, 
violon et guitare, à Augsbourg, chez Bœhm. 

H.LI]\G (M.), musicien bavarois, a fait 
imprimer un livre qui a pour titre : Theore- 
tisch-prakiische Horn,Postlwrn und Trom- 
petenschule, oder die Kunst, in ganz kurzer 
Zeit mit Leichtigkeit dièse Instrumente auf 
eine bisher nacli unbekannte Art erlernen 
zu kœnnen (École théorico-pra tique du cor, 
du cornet de poste et de la trompette, etc.), 
Ratisbonne, Reitmayer, 1829, in-S». 

KLII>'GE]>iBEllG (Frédéric-Guillaume), 
cantor à l'église Saint-Pierre de Gœrlitz, est 
né, le 6 juin 1809, à Sulau (Silésie), où son 
père était catitor el organiste. Il reçut de lui 
les premières instructions dans la musique : à 
l'âge de onze ans, il fut envoyé à Breslau pour 
s'y préparer, par les études du gymnase, à celle 
de la théologie. Pendant les cinq années qu'il 
demeura dans celle ville, il reçut des leçons 
de théorie de l'organiste Neugebauer, apprit 
le violon chez Taschenberg, et le piano chez 
Réffcl. Le maitic de chapelle J. Schnabel lui 



enseigna la composition. Son père, ayant été 
nommé cantor et organiste de l'église Noln;- 
Dame (Frauenkirche) à Liegnilz, y appela le 
jeune Rlingenberg pour y suivre les cours du 
collège. Il y resta jusqu'en 1830, puis se rendit 
à l'Université de Breslau : dans l'année sui- 
vante, il f utchoisi commedirecteur de la société 
de chant. Sa bonne direction de cette Société 
et ses talents comme violoniste solo et comme 
compositeur l'ayant fait connaître avantageu- 
sement, il fut nommé cantor de l'église Saint- 
Pierre à Gœrlitz, en 1840. Là, son habileté 
dans les fonctions qui lui étaient confiées se 
montra sous un aspect si favorable, que le 
magistrat, avec l'autorisation du roi, le nomma, 
en 1844, directeur de musique. Cet artiste de 
mérite a publié plusieurs recueils de Lieder à 
vofx seule, avec accompagnement de piano, 
d'autres chants pour des chœurs d'hommes, à 
quatre parties, une cantate de fête, à quatre 
voix, avec orchestre, op. 16, quelques composi- 
tions pour le piano, dont une fantaisie-sonate, 
op. 11, et des pièces d'orgue. Un hymne de sa 
composition, pour chœur et orchestre, a été 
exécuté à Gœrlitz, en 1843. 

Le frère de Rlingenberg (Jules), né à Suîau, 
le 15 mars 1815, est élève de Rummes, de 
Dresde, pour le violoncelle. Depuis 1842, il vit 
à Saint-Pétersbourg. On a de lui des compo- 
sitions pour le violoncelle et pour le piano. 

IÎLI]>iGEr«iiBIlUr»iWER (Guillaume), cais- 
sier des États provinciaux, à Vienne, est né 
en cette ville, le 27 octobre 1782, et a appris 
la musique, la flûte, la clarinette, le cor de 
bassette et d'autres instruments sous la direc- 
tion de différents maîtres. Il a publié de sa 
composition : 1" Duos de flûte, op. 8, 14, 16, 

18, 48. 2" Variations pour deux flûtes, op. 9, 

19. 5° Environ trente œuvres de variations, 
fantaisies, caprices, préludes, etc., pour flûte 
seule. 4" Des pièces pour czakan et guitare. 
5° Environ dix œu.res de solos pour czakan. 
Toute cette musique a paru à Vienne, chez 
Haslinger et Artaria. On a aussi de Rlingen- 
brunner une méthode de flûte, Vienne, Has- 
linger, et une méthode de czakan, ibid. 

iiLirSGENSTEIN (Bernard), religieux 
de l'ordre de Saint-Benoît et directeur de mu- 
sique de l'église cathédrale d'Augsbourg, vécut 
au commencement du dix-septième siècle. 
Élève de la belle et savante école qui existait 
en Bavière dans le siècle précédent, il a fait 
preuve de beaucoup d'habileté dans les ouvrages 
dont voici les titres : 1" Trinodium sacrariim, 
motels à trois voix, première partie, Dillingen, 
1003. 2» Sijmphoniarum 2, 5, 4, 5, et 8 



KLINGENSTEIN - KLINGSOIIR 



57 



vocum, pars 1, Munich, 1607, in-4». ô" Ro- 
setum Marianum , contenant Irente-lrois 
hymnes et antiennes à la Vierge, à cinq voix, 
première édition, Dillingen, Adam Meilzer, 
ICOî, in-4''. La deuxième édition est de 
Mayence, 1609. Une troisième édition de cette 
«iernière collection a été publiée à Augsbourg, 
en 1684. 

KLI]\GnAMMEll (J.-C). Sous ce nom 
d'un auteur inconnu, a paru le premier cahier 
d'un ouvrag'é dont la publication devait être 
I)ériodique, et qui avait pour titre : Theore- 
tischpraktische Gedanhen iiber die Tonkunst 
(Idées théoriques et pratiques sur la musique), 
Salzwedel, 1777, in-S". La suite n'a point été 
publiée. 

KLIIVGOllR, nom d'une famille distin- 
guée dans la musique. Elle est originaire de 
la Bohême et s'est établie en Silésie vers le 
milieu du dix-huitième siècle. Le père, Joseph 
Klingohr, né en 1733, était instituteur et 
organiste à Tropplowitz, près de LeobschUtz. 
Il est mort à l'âge de quatre-vingt-quatorze 
ans, le 7 juin 1829, après avoir rempli ses 
fonctions d'une manière honorable, pendant 
un demi-siècle. Au nombre de ses élèves les 
l)lus remarquables sont ses trois fils. L'aîné 
{y^itguste Klingohr) , violoniste d'un rare 
mérite, est directeur d'orchestre de quelques 
sociétés musicales de Ureslau. Le plus jeune 
(François), né le 16 mars 1793, est professeur 
de musique et de piano à Posen. Mais le plus 
célèbre des trois frères Rlingohr est celui qui 
est l'objet de l'article suivant. 

KLIÎ^ GO II II ( .JosEPn - Guillaume ) , 
deuxième fils de Joseph, est né à Tropplowitz, 
le 11 septembre 1783. Doué des plus heureuses 
dispositions pour la musique, il reçut de son 
père les premières leçons de chant et de i)iano. 
Un œuvre de deux sonates de piano, avec ac- 
compagnement de violon et de violoncelle, 
qu'il publia en 1803, et douze landler pour 
piano seul, sont les premières productions ([ui 
l'ont fait connaître. Peu de temps après que 
ces ouvrages eurent paru, Klingohr se rendit 
à Breslau et s'y fit une honorable réputation 
comme pianiste et comme compositeur. Bien- 
lôt lié d'une étroite amitié avec Ch.-M. de 
Weber et Berner, il éprouva la favorable in- 
fluence de ces liaisons par le développement 
que prirent ses idées. Dans l'exécution des 
concertos de Mozart et de Beethoven, qu'il fai- 
sait quelquefois entendre, on admirait l'ex- 
pression de son jeu. Vers 1810, il accepta la 
place de maître de chapelle du prince d'An- 
halt-Plessl j mais il ne jouit pas longlemps des 



avantages de celle situation, car il mourut à 
l'âge de trente et un ans, le 16 janvier 1814. 
On a de sa composition : 1° Sonates pour piano 
violon et violoncelle, Breslau. 2" Variations 
faciles pour piano, violon, alto et violoncelle 
n" 1; Breslau, Fœrster. 3° Idem, n» 2, ibid. 
4° Variations sur un thème original à quatre 
mains, avec accompagnement de violon et vio- 
loncelle, ibid. 5° Marche pour piano à quatre 
mains, ibid. 6° Variations faciles pour ])iano 
seul, ibid. 7» Polonaise pour piano, ibid. 
8" Six valses et six allemandes ; Breslau, Grass. 
9° Chants du matin et du soir, pour trois so- 
pranos et contralto, à l'usage des écoles de 
chant; Breslau, Fœrster. 10" Chansons à 
voix seule, avec accompagnement de piano, 
ibid. Rlingohr a laissé en manuscrit beaucoup 
de chants à quatre voix, à l'usage du Gym- 
nase catholique de Breslau^ une messe à quatre 
voix, Stationes Theophoricx , qui se chantent 
à Breslau chaque année dans les stations de la 
Fête-Dieu, trois offertoires, trois litanies, 
un Requiem allemand , un p^eni Sancle 
Spiritus, des duos pour soprano et basse, des 
sonates de piano avec et sans accompagne- 
ment, etc. 

RLOGSOIIR, ou KLITVGSOnUE, cé- 
lèbre maître chanteur, ou plutôt minnesinger 
(chanteur d'amour), vécut vers la fin du dou- 
zième siècle et au commencement du treizième. 
Après avoir étudié à Cracqvie, à Paris et à 
Rome, il se rendit en Orient pendant les expé- 
ditions des croisades et parcourut l'Arabie. 
De retour en Europe, il se fixa dans la Tran- 
sylvanie, d'où il fut appelé par Ilermann de 
Thuringe, en 1207, pour disputer le prix du 
chant contre Wolfram d'Eschenbach {voyez 
ce nom), autre maître chanteur célèbre, dans 
le combat poétique et musical de la Wartbourg. 
Le résultat fut incertain parce qu'Eschenbach 
se montra plus habile dans le chant religieux, 
et Klingsohr dans les chansons d'amour. On 
ne sait rien concernant les dernières années 
de celui-ci. D'après le poëme anonyme sur 
cette lutte célèbre, dont un manuscrit esta la 
Bibliothèque de Jéna, Klingsohr n'y a pris 
part que comme juge. 

Suivant W^. Ç.r\mm{Meistergesang , p. 117), 
Koberstein (dans sa dissertation sur le combat 
poétique du combat de Wartbourg , p. 55 et 
suivantes), et Gœrres {Préface du Lohen- 
grin, p. xxxvi) , Klingsohr ne serait qu'un 
personnage allégorique dont le nom, formé de 
A'iingen, résonner, et ohr, oreille (sons qui 
fiappc l'oreille), serait l'emblème de la puis- 
sance de la poésie chantée sur le sentiment hu- 



{J8 



KLINGSOIIR — KLOEKENBRING 



main; mais des autorités contemporaines, no- 
tamment le biographe de sainte Elisabeth de 
Hongrie, Dietrich d'ApoIda, qui écrivait en 
1289, prouvent l'existence de ceminnesinger: 
Hic maqnUr, dit Dietrich, Chjnsornomine, 
ad dijudicandas prxdictorum virorum can- 
tiones in Thuringiam per voluntatem et be- 
neplacitum principiim est addiictus. 

Il existe quelques fragments d'un poëmede 
Klingsohr dans un manuscrit de Jéna et dans 
un autre du Muséum de Colmar ; mais on n'a 
rien retrouvé jusqu'à ce jour de la poésie ni 
des mélodies de ses chansons d'amour. 

RLIIMKOSCîI (Joseph-Thadée), conseiller 
impérial et docteur en médecine à l'Université 
de Prague, naquit dans cette ville, le 24 octo- 
bre 1734 et y mourut le 16 avril 1778. Doué 
d'un esprit inventif et d'idées originales, il fa- 
briqua des violons, des harpes et d'autres instru- 
ments de nouvelles formes, qui se sont perdus. 
Il s'occupa aussi longtemps d'une machine 
propre à imiter les sons articulés de la voix 
humaine ; mais la mort l'a empêché de publier 
les résultats de ses recherches. 

KLIP3TEIN (Jeatv), célèbre luthiste, né 
à Prague, dans le seizième siècle, passa toute 
sa vie dans cette ville, où il a laissé à sa mort 
beaucoup de pièces manuscrites pour son in- 
strument. On trouve dans lesSylvarum Juvn- 
niliutn, de Steinmetz (p. 63, 66), tme pièce de 
vers latins d'assez mauvais goût, ainsi conçue, | 
sur cet artiste : i 

Kllpsteînium in Pliilire tcstudine ludere Pliœbi j 

Suaviter aima Venus vidit, et ohstupuit. \ 

Exin risil, el ad natum : Testudine nostra I 

Klipsteinium poslhac ludere oporicl, ait. 
Annuit aies Amor, ccleriijue cilalor Kiiro 

Klipsleinii notum venlt ad liospilium. 
Monsiravitque siniul Veneris tesludincm cl liac Te 

Ivlipsleini. postlinc ludere oporlei, ait 
Klipsteinio placuii lestudo liacc, jamqiie per annum 

Dum didicit doclus pêne Magisler erit. 
Utere Klipstcini liac tesludine, ludc fréquenter 

Donec verliculo cliûrda miaula cadat. 
Idquc fac ad Veneris libitum, tum proemia si Te 

Déficient, vates carminé faisus cro. 

KLIPSTEIN (Giror.GEs-GoDEFnoiD) , 
caritor et instituteur à Oels, eu Silésie, naquit 
à lUiilhausen, dans la Thuringc, le 24 sep- 
tembre 1772, et mourut à Oels, le ïïî janvier 
18Ô0. Il s'est fait connaître par un manuel 
d'orgue intitulé : Rath- und Hulfsbuch fur 
Organisten und solche, die es xoerden wol- 
len (Livre d'avis et de secours pour les orga- 
nistes, et pour quiconijuc veut le devenir), 
Brcslau, Joseph Max cl C, 1820, in-fol. ol)l. 
Cet ouvrage conticql cent quatre-vingts clianls 



chorals choisis , particulièrement d'anciens 
compositeurs, avec dix mille petits versets ou 
préludés. Le texte, le titre et l'index de ce livre 
forment quatre feuilles d'impression, suivies de 
trois cent quinze pages de musique lithogra- 
phiée. Une deuxième édition de ce livre a été 
publiée à Breslau, chez le même éditeur, en 
1833, un volume in-fol. obi. de quatre-vingts 
feuilles. 

KLOEREIVBRIING (Frédéric- Arnold) , 
fils d'un prédicateur, naquit àSchnakenbourg, 
près de Lunebourg, le 31 juillet 1742. Après 
avoir commencé ses études sous la direction de 
son père, il alla les terminer, en 1761, au collège 
Carolinum de Brunswick. Il avait alors dix- 
neuf ans et n'avait jamais assisté à des repré- 
sentations d'opéra. Ce fut à Brunswick qu'il 
entendit le premier ouvrage de ce genre, et 
son extase fut telle, que la représentation 
étant finie, il resta assis à sa place, absorbé 
par le plaisir qu'il venait d'éprouver. Il fallut, 
pour le tirer de sa rêverie, que rinsi)ecteur de 
la salle vint lui demander si son intention était 
de passer la nuit au théâtre. Cette circonstance 
décida de sa vocation pour la musique. Il fit de 
rapides progrès dans cet art, et y acquit en 
peu de temps assez d'habileté pour que le 
maître de chapelle Schwanberger l'employât à 
instrumenter la partition d'un opéra qui lui 
était demandé et qui devait être terminé rapi- 
dement. Ce fut vers le môme temps qu'il mit 
en musique diverses poésies, entre autres l'ode 
intitulée Selmar à Selma, Le désir d'augmen- 
ter ses connaissances musicales lui avait fait 
prendre la résolution d'aller étudier cet art en 
Italie, mais le sort en décida autrement. Son 
père l'envoya en 1704 suivre un cours de phi- 
losophie à l'Université <ie Leipsick, et deux 
ans après, il étudia la jurisprudence à celle de 
Gœttingue. L'éiendue du savoir qu'il avait ac- 
quis lui fit confier en 1772 la place de bourg- 
mestre à Hamein, et en 1778 il obtint celle de 
secrétaire de la chancellerie, à Hanovre. Dans 
ses dernières années, sa raison se dérangea. Il 
mourut à Hanovre, le 12 juin 1793. Parmi les 
écrits de ce savant, on remarque : \'' Etwas 
liber die Musik in den neuerlich entdukten 
Siidta^ndern^ besondcrs iiber den Untersckied 
zwischen dem Jnlervallen- System dieser 
Fœlher und dem tmsrigcn (Quelque chose 
sur la musique des psys nouvellement décou- 
verlsdans la mer du Sud, et particulièrement 
sur la (lifTérence du système d'intervalles de 
ces peuples avec le notre). Cet écrit est inséré 
dans les Jufss'tzen verschicdenr»' JnhnUs, 
Hanovre. 1787, deux volumes. Dans le mémo 



KLOEKENBRING — KLOSS 



S9 



ouvrage, on douve aussi : 2" Ueber die Fehlcr 
des gewœlmlichen Unterrichts in der Musik 
(Sur les défauts de l'enseignement ordinaire 
dans la musique) Gerber cite aussi du môme 
écrivain, dans son ancien Lexique des musi- 
ciens, ces deux morceaux : 5" Lettre dhtn 
amateur de musique sur la question .• Si des 
jeunes personnes de bonne famille doivent 
apprendre la musique, et comment? 4° Ré- 
ponse d'une dame à l'auteur de lalettre pré- 
cédente. L'amateur de musique recommande 
l'étude de la théorie de l'art ; la dame, au con- 
traire, insiste sur la pratique. 

KLOEFFLEÎV (Jean-FrédÉric), directeur 
<le concert, et assesseur des finances du comte 
de Bentheim-Steinfurt à Burg-Steinfurt, près 
de MUnsler, est mort en ce lieu dans l'an- 
née 1792. Il a publié à Amsterdam, avant 
1784 : 1» Six sonates pour le clavecin. 2" Six 
concertos pour la flûte, ô» Six trios pour le 
même instrument. 4" Six symphonies à grand 
orchestre. 5" Six sonates pour clavecin, violon 
et violoncelle. On attribue au même musicien 
une Bataille à deux orchestres qui a été exé- 
cutée à Hambourg, Berlin et Copenhague, 

KLOSE (Georges), facteur d'orgues à 
Brieg, vers le milieu du dix-septième siècle, a 
construit, en 1668, l'orgue de l'église évangé- 
lique de Schweidnitz, de trente-cinq jeux, deux 
claviers et pédale, avec six soufflets. 

KLOSE (F.-J.), né à Londres, vers la fin 
du dix-huitième siècle, est fils d'un professeur 
de musique de cette ville, qui lui a enseigné 
les éléments de cet art. Ensuite il a étudié la 
composition avec différents maîtres, surtout 
avec François Tomisch. Devenu un des bons 
violonistes de Londres, Klose fut employé dans 
plusieurs orchestres, particulièrement à ceux 
du théâtre du roi et du concert de l'ancienne 
musique; mais il quitta toutes ses places 
pour se livrer à renseignement. Ses ballades, 
qui sont en général d'un genre tendre et sen- 
timental, ont eu du succès. On cite, comme 
la meilleure, celle qu'il a écrite sur les vers de 
lord Byron : My native land, good night. Il a 
écrit, pour le théâtre de Covent-Garden, la 
musique de plusieurs ballets et mélodrames, 
et a fait exécuter, avec succès, une ouverture 
à grand orchestre à King's théâtre. On a im- 
primé de sa composition : 1" Six sonatines 
pour le piano. 2" Grande sonate pour piano et 
flûte, û" Préludes pour i)iano. 4" Sept divertis- 
sements détachés pour le même instrument. 
5" Beaucoup de ballades et de chansons avec 
accompagnement de piano 6" Un livre de 
mélodies irlandaises choisies. 7"^ Un idem de 



mélodies écossaises. 8» Un idem de mélodies 
cambriennes. 9» Deux idem de mélodies fran- 
çaises. 10» Des déguisements amoureux, 
grand ballet représenté au théâtre du Roi, 
arrangé pour le piano. 11" Beaucoup d'airs et 
de rondos idem. 12" Des airs de danse idem. 
iô° Instruction Book for Piano -forte (deux 
éditions). \4° Practical hints for acquiring 
Thorough'Bass (Leçons pratiques pour ap- 
prendre la basse continue), Londres, 1822, 
gr. in-8''. Cet ouvrage est rempli des fautes 
les plus grossièi^es dans les exemples d'har- 
Dionie. 

RLOSE (He^ri-Auguste), cantor et insti- 
tuteur supérieur à LObau, dans la Prusse po- 
lonaise, né dans les premières années du dix- 
neuvième siècle, a publié un livre choral pour 
les écoles, contenant les chants et répons les 
plus en usage, arrangés pour deux, trois et 
quatre voix d'enfants, sous ce titre : Schul- 
choralbuch oder Sammlung der gebrduch- 
lichsten Chorale und Responsorien fur 2, 
5 und 4 Kinderstimmen ausgesetzt, Lobau, 
C.-G. Schuize, ISôO, in-S" de 48 et iv pages. 

KLOSE (IIyacinthe-Éléonoiie), professeur 
de clarinette au Conservatoire de Paris, est né 
le 11 octobre 1808 à Corfou (iles Ioniennes). 
Venu jeune en France et entré dans la musique 
d'un régiment comme clarinettiste, il perfec- 
tionna son talent par les leçons de Berv {voyez 
ce nom), et, après la mort de cet excellent 
artiste, il lui succéda comme j)rofesseur au 
Conservatoire , le l'"'" janvier 1839. M. KIosé 
possède un beau son et une belle manière 
de phraser, dans laquelle on retrouve le 
style de son maître. Il s'est fait entendre 
avec de brillants succès dans les concerts de 
la société du Conservatoire. Il a formé de 
bons élèves, au nombre desciuels on distingue, 
en première ligne, M. Le Roi. Il a aussi per- 
fectionné le doigter <le son instrument i)ar 
l'application du système des clefs à anneaux, 
vers 1845. On a gravé de la composition de cet 
artiste : 1» Premier air varié pour la clari- 
nette, avec orchestre on piano, Paris, Ri- 
chault. 2" Premier solo idem, avec orchestre 
ou i)iano, ibid. •>" Trois duos pour deux clari- 
nettes, premier livre, ibid. 4" Deuxième solo 
pour clarinette, en si bémol, avec accompa- 
gnement d'orchestre ou de piano, Paris, Wcis- 
sonnier. M. Klosé a arrangé pour la clarinette 
vingt études de Kreutzer et de Fiorillo, j6/'/. 

KLOSS (Charles), directeur de musique à 
Dresde, né à Mohrîlngcn (Prusse oricnlale), 
près d'Elbing, le 8 février 1792, est fils d'un 
cantor de cet endroit. Dès l'àgc do six an>, il 



60 



KLOSS - KLOTZ 



apprit les élt'mcnls de la musique, du piano et 
de l'orgue, sous la direction de son père. De- 
venu orphelin, à l'âge de onze ans, il alla con - 
linuer ses études de musique et de latinité au 
collège de Sangerhausen, qu'il fréquenta pen- 
dant quatre ans. L'organiste Rœdiger fut pen- 
dant ce temps son maître de piano et d'orgue. 
Plus tard, il commença à pourvoir à sa sub- 
sistance en donnant des leçons. Turk , qui 
le connut alors et qui remarqua ses heureuses 
dispositions, l'engagea à se rendre à Halle, et 
à entrer dans le chœur de musique dont il 
était directeur. Kloss, ayant accueilli ces pro- 
positions, étudia la théorie sous la direction de 
cet excellent maître. Après la mort de celui-ci 
(en 1813), Kloss fut obligé d'accepter une place 
de violoniste au théâtre deLeipsick.Enl816,le 
prince Jablonowski le choisit pour son maître 
de chapelle et pour directeur de ses concerts. 
Deux ans plus tard, il quitta cette position pour 
aller vivre à Kœnigsberg où il occupe une 
place de violoniste à l'orchestre du théâtre 5 
mais la vie calme d'une petite ville lui fit 
préférer, trois ans après, la place d'organiste 
à Elbing; mais son caractère inconstant lui 
fit encore abandonner cette ville pour une 
place de directeur de musique et de professeur 
de chant à Dantzick : il ne la garda pas 
longtemps, étant revenu une seconde fois à 
Leipsick, où il ne resta que quelques mois, 
parce qu'il avait obtenu la position d'organiste 
d'une des églises de Dresde, qu'il échangea 
ensuite contre celle de directeur de musique. 
Son séjour dans cette ville fut le plus long 
qu'il eût fait depuis longtemps dans le même 
lieu, car il y resta trois ans. Après cette époque 
de calme, Kloss rentra dans les habitudes 
d'agitation où il paraissait se plaire : ainsi on 
le voit, pendant un certain nombre d'années 
élever une école de musique à Berlin (18-33), 
l'abandonner pour une place d'organiste 
en 1857, devenir directeur de musique chez le 
prince Carolath, en Silésie (1838), puis se 
transporter en Magdebourg, pour s'y faire 
professeur de chant (1839) ; de là faire un saut 
jusqu'à Cronstadt, où il redevient organiste et 
directeur du chœur d'une des églises de celte 
ville (1840). En 1843, il est de retour à Berlin, 
où il donne des concerts historiques et reçoit 
une médaille d'or du roi de Prusse; deux ans 
après, il est à Francfort; puis on le tiouve à 
Eperies, en Hongrie, où il tient une école de 
musique pour les enfants, et enfin, il va mou- 
rir à Riga, le 26 avril 1853. 

Ses compositions annoncent peu de génie, 
m.iis elles sont bien écrites. Parmi ses ouvrages. 



on remarque : 1" Des sonates pour piano et 
violon, op. 16 et 25; Bonn, Simrock et Leip- 
sick, Breilkopf et Hferlel. 2» Des pièces déta- 
chées pour piano, tel les que polonaises, rondos, 
marches à quatre mains, etc., op. 3, 5, 14, 24, 

26, ibid. 5" Des sonates pour pianoseul, op. 23, 

27, 29, ibid. 4" Des rondos idem, ibid. 5° Des 
variations idem, ibid. 0° Des polonaises et des 
valses idem, ibid. 7° Des chœurs extraits de la 
liturgie de Prusse, trois suites, avec accompa- 
gnement d'orgue ; Berlin, Trautwein. 8» Plu- 
sieurs cahiers de chants à voix seule, avec ac- 
compagnement de piano ; Leipsick. 9" Plusieurs 
recueils de motets et de chants religieux à quatre 
voix et orgue; Berlin, Guttentag. 10» Le choral : 
O Haupt voll Blut und TFunden^ varié pour 
l'orgue, avec une introduction, op. 2; Leip- 
sick, Hofmeister. 11° Six pièces d'orgue, pour 
l'usage des fêtes solennelles, op. 7; Bonn, Sim- 
rock. 

KLOTZ ou CLOTZ (Mathias) (1), luthier 
tyrolien, naquit vers 1640. Ayant été admis 
dans l'atelier de Jacques Sleiner, il devint son 
meilleur élève. Après la mort de son maître, il 
établit une manufacture. d'instruments, dont 
les formes sont en général imitées de celles de 
Sleiner, mais dont la qualité de son est moins 
argentine. La plupart des violons de KIolz ont 
été fabriqués depuis 1673 jusqu'en 1G96. M 
existe cependant des instruments qui i»ortent 
le nom de Malhias Klotz, et une date posté- 
rieure, mais on croit qu'ils ont été fabriqués 
par les fils de cet artiste, et que ceux-ci n'ont 
mis leurs noms aux violons et violes sortis de 
leurs ateliers qu'après la mort de leur père. 
J'ignore sur quels fondements Otto a donné à 
Rlolz le père le prénom é''EgHia {Uber den 
Bander £ogeninstrumente,y). 81); tous les 
instruments de cet artiste que j'ai vus portent 
celui de Slathias. Égide fut le prénom d'un 
de ses fils. 

Georges, Sébastien et Égide Klotz, fils de ce 
luthier, ont fabriqué des violons qui ne sont 
pas dépourvus de mérite, mais qui sont moins 
recherchés que ceux de leur père. Ces artistes 
avaient pour habitude, lorsqu'un instrument 
de leur fabrique était meilleur que d'autres, 
et plus soigné dans les détails des formes, de 
leur mettre une étiquette indiquant le nom de 
Steiner ; c'est à cette fraude qu'il faut attri- 
buer les faux Steiner <|u'on trouve dans le 
commerce. Toute la famille Klotz a vécu dans 

(1) On trouve les deux orlliograpiies aux éti(|uetles 
plarécs dans les inslrumcnls de ce lulliier; mais un 
gland nombre de ces étiquettes étant fausses, il est à 
peu pris impossible de savoir quelle est l'ortliographa 
prirriili\c. 



Il 



KLOTZ - KNECHT 



61 



le Tyrol et y a formé de nombreux élèves , I 
fondateurs de toutes les fabriques d'instru- 
ments de ce pays. Il a existé un luthier du nom 
de Georges Clolz, en 1734, à Mittenwald sur 
riser, près de Landshut, en Bavière. J'ai vu 
un violon de lui qui était daté de ce lieu et de 
la même année. Rien n'indique s'il était petit- 
fils de Malhias. 

RLUGE (Gottlob), prédicateur à Neu- 
markt, mort en 1771, a fait imprimer un 
sermon sur le psaume 150, à l'occasion de 
réfection d'un nouvel orgue placé dans l'église 
de Neumarkt. Il y prend avec chaleur la dé- 
fense de la musique dans l'olTice divin, et 
fournit quelques renseignements sur les jeux 
et la disposition de l'orgue. Cet opuscule a 
pour titre : OrgeJpredigt,welche am 3* ^dv. 
1754, 6e» Einweihung der im Evangel- 
Jiethause zu Neumarkt erwunscht erbauten 
neuen Orgel gehalten worden iiber den 150 
Psalin. Breslau, 1756, in-4° de cinq feuilles. 
On a aussi du pasteur Kluge : Hymnopceogra- 
phia Silesiaca y oder hist. Zebensschreib . 
Schles. Liederdichter (Hymnopéographie si- 
lésienne, ou histoire de la vie des poètes de la 
Silésie, auteurs de cantiques), Breslau, trois 
livraisons in-S", 1751-1754. Il y fournit quel- 
ques renseignements sur les compositeurs de 
ces cantiques. 

ÏÏLUGEP» (Florun), compositeur né en 
Bohême , dans la seconde moitié de dix-hui- 
tième siècle, a publié à Prague, chez Schœdel : 
1" Quelques nocturnes à deux* voix, avec ac- 
compagnement de piano, 1807 et 1808. 2° Des 
variations pour piano sur un thème de Rosetti. 
3° Des trios pour piano, violon et violoncelle, 
1810. 4° Des landier et des menuets idem, 
1810. 

RLUGLIWG (...), organiste à l'église de 
Saint-Pierre et Saint-Paul, à Dantzick, vers la 
fin du dix-huitième siècle, était considéré 
comme un des plus habiles clavecinistes et 
organistes de ce temps. Il a composé plusieurs 
concertos pour le piano, dans la manière de 
Schobert. 

KrVAFEL (Josepii-Léopoid), pianiste et 
harpiste à Vienne, vers la fin du dix-huitième 
siècle, est connu par les compositions sui- 
vantes : 1° Sept variations pour piano sur le 
chœur des Papagenos : Ach schœn willkom- 
men, etc. Yienne, Eder, 1709. 2° Six varia- 
tions pour la harpe sur le trio : Pria ch' io 
Vimpegno, ibid., 1799. 3" Recueil d'airs pour 
la harpe à crochets, ibid., 1803. 

RIVAPTOIX (PiiiuppE), né à York en 
1788, a eu pour maître de musique le docteur 



Ilague, professeur à l'Université de Cambridge, 
et après avoir terminé ses études, il est re- 
tourné dans la ville natale. Il a publié de sa 
composition : 1" Trois sonates pour le piano; 
Londres, Chappell. 2» Plusieurs duos pour 
harpe et piano, ibid. 3° Des chansons anglaises 
avec accompagnement de piano. Il a laissé en 
manuscrit plusieurs ouvertures à grand or- 
chestre, et des concertos pour le piano. 

RNAUST (llEXRi-TnÉODonE), premier té- 
nor du théâtre de Weimar, est né à Bruns- 
wick, le 14 février 1803. La beauté et l'étendue 
de sa voix le firent remarquer par quelques 
personnes attachées au théâtre de Brunswick, 
qui le décidèrent à étudier le chant et à se 
vouer à la carrière dramatique. Riel, ténor 
du théâtre de Brunswick, se chargea de son 
éducation musicale, et Ilaake, acteur du même 
théâtre, lui fit faire un cours de déclamation. 
En 1822, Rnaust s'essaya en public pour la 
première fois dans un air qu'on avait écrit 
pour lui ; les espérances qu'il y donna pour 
son avenir le firent engager comme second 
ténor. Il se livra dès lors à ses études avec ar- 
deur, et, en 1827, il quitta le théâtre de Bruns- 
wick pour aller à Cassel, où il joua quelques 
rôles; mais n'y pouvant être engagé comme 
premier ténor, à causede laprésence deWild, 
il alla à Brème, oîi il joua avec de brillants 
succès. Des offres lui furent faites pour plu- 
sieurs villes, mais il les refusa, et continua de 
résider à Brème pendant sept années. Ayant 
été donner quelques représentations à Dresde, 
en 1833, il y produisit une si vive sensation, 
que le grand-duc de Weimar l'engagea immé- 
diatement pour son théâtre. Les qualités qui 
distinguaient cet artiste étaient la beauté de la 
voix, l'expression et la chaleur dramatique. 
Après une longue maladie, il a obtenu sa pen- 
sion du grand-duc de Weimar, en 1842. 

RNECHT (Justin-Henri), organiste, com- 
positeur et théoricien, naquit le 30 septembre 
1752, à Biberach, dans la Souabe. Son père, 
qui vivait alors en celte ville, lui donna 
les premières leçons de chant et de violon; 
plus tard, d'après les conseils de son compa- 
triote Wieland, on lui fit apprendre l'harmonie 
et l'accompagnement chez l'organiste Kramer. 
Pendant ce temps, il faisait ses études au col- 
lège, apprenait à jouer de la flùle,du hautbois, 
du cor, de la trompette, et Wieland lui ensei- 
gnait la prosodie italienne. En 17C8, il se ren- 
dit au collège du couventd'Esslingen, s'y livra 
a"vec succès à des études supérieures de philo- 
logie grecque et latine, sous la direction du 
célèbre professeur Bœckb, et y devint le subsli- 



62 



KNECHT 



tut de Schmidl à l'orgue principal. Ce dernier 
lu; fit connaître les œuvres de Graun, de Tele- 
mann, de J.-S. Bach, de Hœndel, et les livres 
de Marpur^. Parvenu à l'âge de dix-neuf ans, 
Knecht se disposait à aller dans une des uni- 
versités voisines pour y faire un cours de phi- 
losophie, lorsque le magistrat de Biberach le 
rappela pour remplacer le professeur de belles- 
lettres Dell, qui venait d'être mis à la retraite 
à cause de son grand âge. En 1792, il échan- 
gea cette position contre celle de directeur de 
musique, qui convenait mieux à ses goûts. 
Après en avoir rempli les fonctions pendant 
quinze ans, il accepta, en 1807, la place qui 
lui fut offerte de maître de chapelle de Stutt- 
gard pour la direction de l'orchestre du théâtre 
et de la musique particulière de la cour ; mais 
cette position exigeait plus de goût et de talent 
qu'il n'y en avait dans la tête de Knecht. Lui- 
même se sentit bientôt déplacé dans cette po- 
sition nouvelle. Il regrettait ses paisibles tra- 
vaux, et souffrait de trouver peu de sympathie 
pour lui chez les artistes qu'il était chargé de 
diriger. Après la deuxième année de séjour à 
Stuttgard. il donna sa démission, qui fut ac- 
ceptée, et il retourna dans sa modeste demeure 
de Biberach, où sa place de directeur de mu- 
sique de la ville lui fut rendue. Il mourut à la 
suite de plusieurs atteintes d'apoplexie, le 
11 décembre 1817. 

Knecht a longtemps joui, parmi ses compa- 
triotes, de la réputation d'un des grands musi- 
ciens de son temps. Comme organiste, il 
n'avait, dit-on, point d'autre rival que Vogler. 
Dans cet éloge, il ne s'agit sans doute que de 
l'habileté de l'exécutant, car la musique d'orgue 
qu'il a publiée est faible de conception, bien 
((u'agréable. Il manquait de génie et n'a été 
qu'imitateur. Comme écrivain, il a été aussi 
élevé beaucoup au-dessus de sa valeur. Il avait 
sans doute du savoir, mais sa doctrine est in- 
certaine, peu logique en plusieurs points, et 
ses idées n'ont pas cette portée qui imprime 
à la science un mouvement d'avancement. 
Knecht fut un homme laborieux, un ami sin- 
cère et dévoué de son art et de la vérité : ce 
sont là ses titres au souvenir de la postérité. 
Son école d'orgue est un manuel utile pour les 
organistes allemands des campagnes et des 
petites villes ; mais elle n'enseigne point l'art 
pris d'un point de vue élevé ; on peut d'ailleurs 
lui reprocher de manquer et d'ordre et de gra- 
dation dans la classification des objets. C'est 
donc bénévolement que Gerber a appelé Knecht 
un second Kirnberger , car entre ces deux 
écrivains didactiques la distance est considé- 



rable. D'abord Knecht se montra partisan de 
la doctrine de Kirnberger ; plus tard, il l'aban- 
donna pour celle de Vogler : cela seul dénote 
peu de jugement. 

Dans la liste des ouvrages de Knecht, on 
trouve : 1» Chant concertant de Mirjam et 
Beborah, sur le texte de Klopstock; Leipsick, 
1780. 2» Le 23^ psaume à quatre voix et or- 
chestre, ibid., 1783. 5° Tableau musical de 
la nature, grande symphonie à quinze par- 
lies, ibid., 1784. C'est ce même thème que 
Beethoven a traité plus tard dans sa Sym- 
phonie pastorale. A° Les quinzième, seizième, 
vingt-cinquième et vingt-sixième couplets de 
VOberon de Wieland, mis en musique pour 
piano, ibid., 1785. 5» Douze variations pour 
piano, ibid., 1783. 6» Le 6* psaume complet 
à plusieurs voix, sur la traduction de Men- 
delssohn; Spire, 1788. 7° Cantiques des meil- 
leurs poëtes religieux, à quatre voix, deux 
violons et orgue, ibid. 8" Les Charbonniers 
fidèles, petit opéra, en manuscrit. 9" La Cou- 
ronne de la moisson, idem. 10» L'Enlève- 
ment du sérail, idem. 11" Cantique de la 
Trinité, pour voix seule et orgue ; Spire, 1789. 
12* Trois duos très-faciles pour deux flûtes, 
ibid., 1791. lô° Le premier psauttie de David 
à voix seule et orgue (dans la Correspondance 
musicale de Spire, 1791, p. 77). 14" Magni- 
ficat \dem {ibid., 1792, p. 55). 15" Hymne à 
Dieu, cantate solennelle pour l'église ou pour 
le concert, à quatre voix, deux violons, alto et 
orgue; Hambourg, Bœhme, 1798, en partition. 
lG"Petite collection de morceaux pour l'orgue ; 
Spire, Bossler. 17" Nouvelle collection com- 
plète de toutes sortes de préludes, ritournelles, 
fantaisies, versets et fugues, huit cahiers j 
Spire, Darmsladt et Munich, 1791-1800. Une 
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée 
à Munich, chez Falter. 18" Sonate pour clave- 
cin, violon et violoncelle; Darmstadt, 1792. 
19" La Joie des Bergers interrompue par 
l'orage, tableau musical pour l'orgue; Darm- 
sladt, 1794. Beethoven, qui n'avait certaine- 
ment aucune connaissance de cette composi- 
tion , a fait du même sujet l'avant-dernière 
l)artie de sa symphonie pastorale. 20° Pièces 
d'orgue progressives, premier cahier; Leip- 
sick, Breitkopf et Hœrtcl, 1796. 21" Dixit 
Dominus, composition qui a obtenu en 1800 
un prix de trente ducats. 22" Grand Te Deum 
à deux chœurs et orchestre complet, composé 
en 1802, et dédié à l'empereur François II et 
au premier consul Bonaparle. 23" Autre Ta 
Deum h quatre voix et orchestre; Offenbach, 
André. 24" Six sonatines pour le piano, 1802. 



KNECllT 



63 



25" Ouarante-huit préludes de clavecin, dans 
tous les tons, 1802. 26» Collection complète de 
mélodies chorales, en partie corrigées et en 
partie nouvellement composées, à quatre voix 
et orgue, pour le Nouveau Livre de chant de 
la campagne dans le IFurtemberg , à l'usage 
des églises et des écoles (en société avec Christ- 
mann), Stuttgard, 1799, in-4'' de trois cent 
Irente-huit pages. 27» Cxcilia, œuvre pério- 
di(|ue des pièces d'orgue grandes et petites, 
trois cahiers; Fribourg, Ilerder. 

ÉcniTS THÉORIQÎJES ET DIDACTIQUES : 1» Er- 

hlxrunq einiger von einem dcr Rechts-Gel. 
A. in Erlangen angetxsleten, aber missver- 
standenen Grundswtze aus der Foglerschen 
TUcorie, etc. (Explications de quelques prin- 
cipes de la théorie de Vogler attaqués et mal 
comiiris par un jurisconsulte d'Erlangen); Ulm, 
178o, cinq feuilles in-4". Weissbek, profes- 
seur de droit, avait attaqué ces principes dans 
la Gazette musicale de Spire (année 1788, 
p. 98); c'est à son article que répond l'écrit 
de Knecht. 2" Lettres instructives sur l'harmo- 
nie (d^ns la Gazette musicale de Spire, an- 
nées 1791 et 1792). 3» GemeinniUzliches Ele- 
metitarwerlc der Harmonie und des Gencral- 
basseSf elc. (Traité élémentaire de l'harmonie 
et de la basse continue, c'est-à-dire véritable 
méthode pour enseigner et apprendre l'art 
d'accompagneravec une connaissance i)arfaite 
de toutes les harmonies, d'après les principes 
de Vogler, avec beaucoup de tables d'accords 
et d'exemples pratiques, etc.), première partie, 
neuf feuilles de texte et quatre feuilles 
d'exemples; Augsbourg, chez Ilamm, 1792; 
deuxième partie, Stuttgard, 1793; troisième 
partie, ibid., 1794; quatrième et dernière 
jjartie, ibid., 1798. 4» Ueber die Harmonie 
(sur l'harmonie), articles de la Gazelle musi- 
cale de Leipsick, t. T, p. 129, ICI, 521, 527, 
5C1 et 595. 3» Kleines alphabetisches JFœr- 
terbuch der vornekmsten und interessanten 
Artikel aus der musikalischen Théorie (Petit 
vocabulaire alphabétique des princi[)aux et 
des plus intéressants articles de la théorie mu- 
sicale) ; Ulm, 1795, huit feuilles in-8°. Ce vo- 
cabulaire avait été écrit par l'auteur iiour 
V Ahnanach des instituteurs, où il fut d'abord 
inséré ; puis on l'imprima séparément. G° /'o//- 
stxiidige Orgelschule fiir Jnfœnger und 
Geiiblere (Méthode complète de l'orgue pour les 
commençants et pour ceux qui sont plus avan- 
cés), première partie, contenant les principes 
de l'art de jouer de l'orgue; Leipsick, Breilkopf 
ctllaertel, 1795, quatre-vingt-six pages in-fol.; 
deuxième partie, renfermant l'explication des 



principaux jeux de l'orgue, ibid., 1796, cent 
quatre-vingt-seize pages in-fol.; celte partie 
contient beaucoup de morceaux d'orgue pour 
l'application et la combinaison des différents 
registres; troisième partie, contenant un traité 
théorico pratique du chant choral protestant 
et catholique, ibid., 1798, in-fol. Pour mettre 
de l'ordre dans son ouvrage, Knecht aurait du 
donner dans la première partie l'exposé de la 
construction de l'orgue, de ses différents jeux 
et de leur emploi, au lieu de le rejeter dans la 
seconde ; renvoyer dans celle-ci certaines 
choses qui sont dans la i)remière, par exemple 
l'emploi de la pédale et les exercices qui lui 
appartiennent, car l'emploi de la pédale, de- 
puis ses éléments jusqu'aux traits les plus dif- 
ficiles et les plus compliqués, constitue le se- 
cond degré de |a science de l'organiste; l'art 
d'accompagner le chant aurait dû suivre im- 
médiatement tout ce qui concerne le méca- 
nisme du jeu de l'orgue; enfin, ce qui est relatif 
à la forme des pièces aurait dû former une 
quatrième et dernière partie. Cette gradation 
résulte de la nature même des choses. J. -P. -E. 
Martini (voyez ce nom), surintendant de la 
musique de Louis XVIII, roi de France, s'est 
emparé du travail de Knecht, sans le nommer, 
et l'a publié sous le titre iVEcole d'orgue, di- 
visée en trois parties; il a bouleversé tout 
l'ouvrage de l'estimable musicien allemand, 
sans y mettre plus d'ordre. 7° Theoretisch- 
praktische Generalbass - Schule , welche in 
90 Notentafeln nebst allen Intervallen, aile 
mœgliche Bewegungsarlen der Tœne, Ue- 
bungen aller vorkommenden Accorde, die 
verschiedenen Uebergxnge und das Inei- 
nandenceben der Tœne durch aile gebrauch- 
lichen Dur- und Moll- Tonarten enthwlt 
(Méthode théorique et pratique de la basse con- 
tinue, etc.); Fribourg, Ilerder (sans <late), 
in-4o de soixante pages de texte et de quatre- 
vingt-douze pages d'exemples. 8° Kleine Cla- 
vierschiile fiir die ersten Anfxnger, worin 
die Anfangsgriinde sowohl der Musik iiber- 
haupt, als des Clavierspielens insbesondere 
auf eine fassliche TFeise gelehrt wird (Petite 
méthode de piano pour les commençants, etc.), 
première partie (théorique); Munich, Falter, 
1800, in-4''; deuxième partie (pratique), ibid., 
1802. Je crois que c'est le même ouvrage dont 
il a été donné une é<liiion sous ce titre : Be- 
icxhrten-Melhodenbuch beim ersten Clavier- 
unterricht mit 50 Notentafeln , etc.; Fri- 
bourg, Ilerder (sans date), trente-six pages 
in 4° de texte et cinquante-deux pages d'exem- 
ples. 9" Allgcmeines viusikalischer Katcchis- 



6+ 



KNFXHT — KNIGGE 



rmis oder kurzer Inhegriff der aïlyemeinen 
Musiklehre zum Behnfe der Musiklehrer 
und ihrer Zœglinge (Catéchisme général de 
musique, ou courte explication de la science 
de la musique, etc.); Biberach, chez les frères 
Rnecht, 1803, huit feuilles in-8». La cin- 
quième édition de ce petit livre a été publiée 
en 1824, à Fribourg, chez Herder, in-4''. Has- 
linger, de Vienne, en a donné une in-S" sans 
date. 10» Luther''s Verdienst in Musik und 
Poésie (Mérite de Luther pour la musique et 
la poésie), Ulm, 1817, in-S" de quatre feuilles- 
Cet écrit, publié à l'occasion de la fête sécu- 
laire de la Réformation, fut le dernier travail 
de Knecht. Il a aussi publié beaucoup d'ar- 
ticles relatifs à la musique dans divers jour- 
naux, entre autres : 11° Recherche des princi- 
pales causes pour lesquelles la, musique est en 
général peu estimée des gens du monde (dans 
la Correspondance musicale, 1792, p. 180). 
12° Si l'harmonie a ses bases dans la nature 
(dans la Gazette musicale de Leipsick, 1792, 
p. 129). 13° Si les anciens savaient quelque 
chose de l'harmonie (ibid., p. 161). 14° Ce 
«jui a contribué à la lenteur des progrès dans 
la connaissance de l'harmonie au moyen âge 
{ibid., p. o21). 15° Jusqu'où l'on est parvenu 
avec les découvertes les plus modernes dans 
l'harmonie {ibid., p. 527). 1G° Essai d'une 
nouvelle théorie des consonnances et des dis- 
sonances, dans lequel on indique en particu- 
lier, d'une manière sensible et intelligible, les 
causes physiques et les différents degrés de la 
consonnance et de la dissonance des inter- 
valles, avec une introduction sur la doctrine du 
son en général (ibid., deuxième année, p. 518, 
361, 385, 433, 449, 465). 17° Courte réponse 
à cette question : Qu'est-ce que la musique 
pratique peut espérer de l'application du 
système de Foglcr? (ibid., troisième année, 
p. 725,741). 18°Surrartd'accorder les instru- 
ments en général et l'orgue en particulier 
(ibid., cinquième année, p. 529). Enfin, une 
préface Sur la nature véritable de lamusique 
d'église , précédée du 23"^ psaume en partition. 
liPifEFERLE (IIE^RI), organiste à Eich- 
stsedt (Bavière), naquit dans cette ville vers le 
milieu du dix-huitième siècle. Les singulières 
dispositions qu'il montra dès son enfance pour 
la musique lui procurèrent la protection du 
prince évêque, qui lui fournit les moyens 
d'aller étudier cet art en Italie. Il y demeura 
huit ans et fixa principalement son séjour à 
Naples, où il eut des leçons des meilleurs 
maîtres. De retour dans sa patrie, il écrivit 
plusieurs petits opéras, des concertos pour le 



clavecin, le basson et la flûte, des trios pour 
le piano, des sonates pour le même instru- 
ment, et arrangea beaucoup de morceaux de 
la Flûte enchantée, de l'arbre de Diane, et 
de divers autres opéras, pour des instruments 
à vent. 

KIVIËSCHECK (Wenceslas), né à Prague 
en 1743, fut d'abord employé comme basso^ 
niste dans un orchestre en Pologne, puis alla 
se fixer à Ratisbonne, où le prince de la Tour 
et Taxis le fit entrer dans sa musique. Il mou- 
rut en cette ville dans l'année 1806. Plusieurs 
messes, vêpres, cantates et morceaux de piano 
de sa composition ont été publiés à Ratisbonne. 
KNIEVEL (IIermann-Ignace) , professeur 
de musique et organiste de l'église catholique 
à Lippstadt, dans la principauté de Detmold, 
est né dans cette ville vers 1802. Il est auteur 
d'un livre choral à quatre voix, avec des pré- 
ludes et des versets pour l'orgue, à l'usage du 
culte catholique dans l'ancienne partie du 
diocèse de Paderborn. Ce livre a paru sous le 
titre suivant : Choralbuch fur catholische 
hirchen, zunœchst fiir den altern Theil der 
Biœcese Paderborn vierstimmig und durch- 
gehends mit zwischenspielen bearbeitet; Pa- 
derborn, Jungfermann, 1840, in-4°. 

RNIEWELT (TiiÉODORE-FKÉDÉnic), doc- 
teur en philosophie, et professeur au gymnase 
de Dantzick, puis recteur et enfin prédicateur 
et archidiacre de l'église Sainte-Marie, a pu- 
blié une savante dissertation intitulée : Obser- 
vationum in vetutissima; Grxcorum Honie- 
rici atque Hesiodei œvi musicx ralioneni 
atque conditionem fasciculus T.; Gedani ap. 
Krause, 1819, in-4° de 24 pages. Amateur 
passionné de musique, le docteur Rniewelt a 
été le fondateur d'une académie de chant à 
Dantzick, sur le modèle de celle de Berlin. Déjà 
en 1832, cette institution était en prospérité, 
et les dames les plus haut placées de la ville 
prenaient part à ses exercices. Pendant plus de 
vingt ans, le docteur Kniewelt dirigea celte so- 
ciété chantante avec au tant de talent que de zèle. 
Cet amateur distingué vivait encore en 1845. 
HNTGGE ( Adolphe-François-Fkédéric- 
Louis, baron DE), né à Bredenbeck, dans le 
Hanovre, le 16 octobre 1752, fut d'abord page 
et assesseur de la guerre et du domaine à 
Cassel, vécut ensuite à llanau, à Francfort- 
sur-le-Mein, àlleidelberg et à Hanovre, et fut 
en dernier lieu nommé surintendant-inspec- 
teur des écoles de la ville de Brème et 
chambellan du duc de Saxe-Weimar. Il 
mourut à Brème le6mail79G. Amateur do 
musique distingué, il a publié à Francfort, en 



KNIGGE — KNOEFEL 



65 



1781, six solos pour le clavecin. Dans le sep- 
tième numéro de ses feuilles d^amatu^giques 
(Dramaturgische Blxtter), il a donné une 
très-bonne appréciation du talent du chanteur 
Farinelli. 

KINIGHT (J.-P.), musicien anglais et 
compositeur de chansons et de ballades à voix 
seule, avec accompagnement de piano, a 
commencé à se faire connaître vers 1818. Je 
n'ai point d'autre renseignement sur cet ar- 
tiste, à l'exception des titres de quelques-unes 
de ses chansons et ballades qui ont été les plus 
recherchées; on y remarque : Beaiitifull Ve- 
nice; EngJand, fnrewell! Ofwhat is the old 
man thinlcing^ dont il a été fait plusieurs 
éditions; Music, svoeet music; et la ballade 
^^e wore a wreath of roses. 

RIMGHT (Edouard), surnomme îe Jeune, 
né à Londres vers 1800, a débuté dans cette 
ville comme pianiste et compositeur en 1822. 
Sa première production consiste en variations 
pour le piano sur l'air anglais : Kitty clever, 
Londres, Goulding. Le recueil de ses composi- 
tions intitulé : Comte Songs and Recitations ; 
with Symphonies and Âccompaniments for 
the piano-forte a eu du succès. On y trouve 
le portrait de l'auteur. 

KlMTTELMAIIl (Lambert), fils d'un in- 
stituteur à Konzell, village de la Bavière, 
naquit le 13 mars 1769. Il commença ses 
études littéraires et musicales au couvent des 
Bénédictins d'Oberattaich , les continua à 
Straubing, et les termina à Salzbourg. En 1791 
il fit profession au monastère d'Oberattaich, 
«•t depuis 179G il fut chargé d'enseigner les. 
belles-lettres alternativement dans son cou- 
vent, à Straubing et à Munich. Il vivait encore 
en 1812, niiais on n'a plus de renseignements 
sur sa personne après cette époque. Sans avoir 
appris l'harmonie, et guidé seulement par son 
instinct et par l'étude des partitions, il a écrit 
plusieurs morceaux pour le piano, des messes, 
et d'autres compositions, qui ont été bien 
accueillies par le public, particulièrement à 
Ratisbonne. Parmi ses ouvrages, on remarque : 
1" Trois marches avec trios pour piano à 
«luatre mains ; Munich, Falter. 2» Douze alle- 
mandes, idem, ibid. Z° Variations sur la ro- 
mance de Joseph, idem, ibid. A" Variations 
sur la marche A'' Aline, idem, ibid. 5° Messe 
allemande à quatre voix , orgue et deux cors ; 
Straubing, Haigl. 6° Le Rossignol, de Matthi- 
son, à voix seule avec accompagnement de 
piano; Landshut, Krull. 

KNJZE (F. -M.), guitariste bohémien et 
compositeur, est fixé à Prague, oii il a publié, 

BlOCn. UMIV. DES MISICIEXS. T. V. 



chez Berra, beaucoup de pièces, deiliverlisse- 
ments, de variations et de danses nationales 
pour son instrument. On a aussi de lui deux 
ouvrages élémentaires sur l'art de jouer de la 
guitare, intitulés : 1° Fundament fur die Gui- 
tare nebst praktischen Beispielen; Prague, 
Kronberger et Weber. 2» f'ollstasndige Guit- 
tarschule, etc. (Méthode complète de gui- 
tare, etc.); Prague, Enders. 

RIVOBLOCII ou RNOBLAIJCH (Char- 
les), directeur du chœur au couvent de Grus- 
sau (ordre de Cîteaux), vers 1790, était à la 
fois compositeur estimable, bon organiste, bon 
directeur de musique et théoricien. Il a laissé 
en manuscrit des compositions qu'on chanle 
encore à Grussau. 

KIXOCR (Nicolas-Arnold), docteur en 
droit à Groningue, vers la fin du dix-huitième 
siècle, est auteur d'un livre qui a pour titre : 
Dispositien der merkwaardigste Kerk-Orgc- 
len welke in de zeven vereenigde Provintien, 
en wel byzonder in de Provintien Friesland, 
Groningen en elders aangetroffen werden. 
Kunnende dit IFerk verstrekken tôt een ver- 
volg van het JVerk van den Heer J. Hess. 
(Dispositions des orgues les plus remarqua- 
bles qui se trouvent dans les sept provinces 
unies, et en particulier dans les provinces de 
Frise^ de Groningue, etc.), Groningue, 1788, 
in-4''. 

RIVOEFEL (Jean), maître de chapelle de 
l'électeur palatin, dans la seconde moitié du 
seizième siècle, était né à Lauban, dans la 
Ilaule-Lusace. Le titre de son premier recueil 
de compositions fait connaître qu'il fut d'abord 
au service de Henri, duc de Silésie, en qualité 
de maître de chapelle. Ses ouvrages connus 
sont eeux-ci : 1° Dulcissimx quidam can- 
tiones numéro XXXII quinque, sex et sep- 
tem vocum factx, ut tum humanx voci, tum 
musicis instrumentis aptx esse possint, au- 
thore Johanni Knœfelio Zaubensi, illustris- 
simi principis ac Domini, Domini Henrici, 
ducis Silesix, Lignicen. Brigen. et Goltber- 
gens. musici chori magistro. Noribergae, in 
oiricinaTheod.Gerlatzeni,1571,in 4°.2°6'an- 
tus choralis numeris musicis quinque vocum 
inclusus , eo ordine quo per totum anni 
curriculum prxcipuis diebus festis in eccle- 
sia cantari solet; Noribergae, in oflicina Theo- 
dorici Gerlachi, 1575, in-4». 3" Cantiones pix 
5 et 6 voc. tam voci humanx, quam instru- 
mentis musicis accommodatx ; Nuremberg, 
1380, in-4". A° Teulsche Liedlein , welche den 
mehrern Theil den Brauch und Lau/f dieser 
U'elt bcschrtcben itnd anziegen (chansons 

S 



66 



KNOEFEL — KNORR 



allemandes dont la plupart décrivent et indi- 
quent les usages et la marche de ce monde, à 
cinq voix); Nuremberg, 1S81, in-4'' obi. La 
deuxième édition a été publiée à Francfort, en 
1610. 

KIXOEP (Lcder), organiste de l'église 
Sainl-Élienne, à Brème, vers le milieu du 
dix-septième siècle, a publié de sa composi- 
tion : 1° Paduanen, Gaillarden, Balktten, 
Mascaraden, Jrien, Allemanden, Couran- 
ten und Sarabanden von 3 Inslrumenlen 
(Pavanes, gaillardes, ballets, mascarades, 
airs, allemandes, courantes et sarabandes 
pour trois instruments), Brème, 1C52, in-4''. 
2» Idem, deuxième partie, à deux et trois in- 
struments, avec la basse continue, Brème, 
106O, in-4". 

RI\OLL (David-Tobie), né en 1736 à Nam- 
slau, en Silésie, était fils du meunier de cette 
petite ville. Il était encore enfant, lorsque sa 
mère adressa des plaintes à HolTmann, maître 
d'école et organiste du lieu, sur ce que son 
fils, an lien d'étudier, s'amusait à faire mou- 
voir avec les doigts une rangée de petits bâ- 
Jons qu'il plaçait sur une table. Le maître 
jugea sur cet indice que le petit Knoll avait de 
l'instinct pour la musique, et il lui donna des 
leçons de clavecin. Les progrès de l'élève fu- 
rent rapides. Il paraissait destiné à cultiver 
l'art avec succès, lorsque la mort prématurée 
de son père l'obligea de suspendre ses études 
et d'aller à Breslau chercher des ressources 
pour son existence dans une maison de com- 
merce. Charmé de son activité et de son inlel - 
ligence dans son emploi de commis, le négo- 
ciant chez lequel il était, ayant eu connais- 
sance de son penchant pour la musique, et du 
regret qu'il éprouvait d'être obligé de renoncer 
à la cultiver, lui fit présent d'un clavecin, 
pour qu'il en jouât dans ses heures de loisir, 
et engagea Holland, organiste de l'église 
Saint Christophe, à lui faire continuer ses 
éludes. Plus tard, 'Hoffmann , organiste de 
Sainle-Blarie-Madeleine, lui donna des leçons 
de composition, en 17G6. Cependant ayant 
établi lui-même une maison de commerce, il 
sembla renoncer pour toujours à la musique : 
ce ne fut que six années plus tard, et lorscju'il 
était déjà âgé de Irenle-six ans, qu'il écrivit 
un Domine ad adjuvandum, el un Fcni 
Sancte Spiritus qui furent suivis de plusieurs 
psaumes, d'un Kyrie, de quatre Magnificat , 
de deux Ecce quomodo moritur justus, de 
cantates d'église, de motets à quatre parties, et 
d'un livre de chorals à quatre voix. Il avait 
étudié spécialement les formes des anciennes 



compositions conventionnelles, telles que les 
contrepoints rétrogrades et à retourner le 
livre, et son habileté à résoudre les canons 
énigmaliques était fort remarquable. Knoll a 
écrit aussi plusieurs ouvrages de théorie et de 
didactique; mais rien de tout cela n'a été pu- 
blié. On peut voir la liste de ces écrits dans le 
Scklesischer Tonkunstler-Lexihon de Ross- 
maly et Carlo (première suite, p. 48 et suiv.). 
Il mourut à Breslau en 1818, à l'âge dequatre- 
vingt-deux ans. 

RIS'OLL (Catherine DE), cantatrice dn 
théâtre royal de Slultgard, est née en 1796 à 
Ravensbourg, dans le Wurtemberg, d'une fa- 
mille nommée Hug. Douée par la nature 
d'une voix pure et bien timbrée, elle ne rernt 
d'abord que l'éducation d'un choriste au 
théâtre de Slutlgard, où elle entra en 1814. 
Son intelligence et le désir ardent qu'elle avait 
de s'élever, lui fit choisir par instinct les 
meilleurs modèles. En 1825, elle se rendit à 
Milan, on elle reçut quelfiues leçons de Ban- 
derali. Toutefois, quels que fussent ses efforts, 
elle n'a jamais pu parvenir à se poser au 
théâtre avec avantage, parce que son extérieur 
ne lui était pas favorable; mais, suivant la no- 
tice que le docteur Schneider a faite sur cette 
dame (dans le Lexique général de musique 
publié par Schilling), la beauté de son chant, 
dans la musique d'église, est d'un ordre supé- 
rieur. Elle a fait admirer son grand style et sa 
belle manière de phraser en chantant les solos 
du Messie de Ilœndel, le 6 septembre 1837, 
dans la grande fête musicale de Ilechingen, 
dirigée par Lindpaintner. Ce fut elle encoirc 
qui , dans l'exécution du même ouvrage à 
Stuttgard, le 25 octobre 1838, eut une suiwî- 
riorité non contestée sur tous les autres chan- 
teurs. Son mari était un négociant de Stutt- 
gard, et sa position était indépendante. . 

Mademoiselle Berlhe de Knoll, sa fille, su 
fit remarquer aussi comme cantatrice distin- 
guée dans les concerts donnés à Stultgard, 
puis fut engagée au théâtre de Francfort, ou 
elle chanta depuis 1843 jusqu'à la fin de 1845. 
Elle a cessé de se faire entendre en public de- 
puis son mariage avec le littérateur musicien 
et professeur, M. Richl, en 1846. 

KNORR (Jules), professeur de musique et 
de piano, né à Leipsick, le 22 septembre 1807, 
fit SCS études au gymnase de cette ville et y 
j reçut les premières leçons de musique. Plus 
I tard, il suivit d'une manière sérieuse le cours. 
I de philologie du professeur Gotlfriedllernianii 
j et sembla se destiner à la carrière de la litté- 
j rature; mais, en 1827, il s'adonna exclusive- 



KNORR — KNYVETT 



67 



ment au piano, sous la direction de "Wilhelm 
Neubeck, pianisle de talent et bon prolesseur. 
Knorr se fit entendre avec succès dans un 
concert du Gewandhaus, le 27 octobre 18ôl. 
Lié d'amitié avec Robert Schumann et Louis 
Schunke, il prit part avec eux, en 18Ô4, à la 
l'ondation de la nouvelle Gazette musicale 
(Neue Zeitschrift fiir Mnsik); mais il n'y 
travailla que pendant la première année. 
Oiî a de cet artiste un ouvrage élémentaire 
pour le piano intitulé -. JVeue Piano-forte- 
Scliule, iu 184 Uebungen, oder Materialen 
fiir dem Unterricht und das Selbststudium 
am Piano-forte (Nouvelle méthode de piano 
€n cent quatre-vingt-quatre exercices, etc.), 
Leipsick, R. Friese, 1835, trente-deux pages 
in-fol. Une deuxième édition de cet ouvrage 
Fut publiée en 1841, avec ce nouveau titre : 
Die Piano-forte-Schule der neuesten Zeit. 
Ein Supplément zu den derartigen bisher 
erschienenen JFerken von Cramer, Czerny, 
//erz , Hummel , Hûnten , kalkbrenner , 
Moscheles , etc. (l'École de piano de l'époque 
actuelle. Supplément aux ouvrages classiques 
de Cramer, Czernj', Herz, llummel, Hiinten{J) 
Kalkbrenner, Mosclieies , clc), Leipsick, 
R. Friese. Il donna, en 1844, une sorte de 
supplément de cette méthode, sous ce titre : 
Materialien fur das meclianische Clavier- 
spiel (Matériaux pour le mécanisme du jeu de 
l)iano) ; Leipsick, Rrcilkopr et Ilaertel. Déjà, 
en 1850, Rnorr avait publié une nouvelle édi- 
tion de la méthode de piano de J.-G. Werner, 
ovec les additions; Leipsick, Hofmeister. On 
lui doit aussi une neuvième édition de la 
iirande Méthode de piano de A.-E. Muiler 
(voyez ce nom), avec des observations criti- 
ques et analyti(|ues; Leipsick, Peters, 1848. 
Knorr est mort à Leijisick, le 17 juin 1861. 

ïi-IVOX (Jea>), musicien écossais du sei- 
zième siècle, a composé la musique d'un livre 
de psaumes à quatre voix qui a été publié 
sous ce titre : The Common Tunes. Ces 
psaumes se chantent encore dans les églises 
d'Ecosse. 

RIMJPFER (SÉDASTiE«), directeur de mu- 
sique et cantor de l'école de Saint-Thomas, à 
Leipsick, naquit le 6 septembre lOôô, à As- 
chen, dans le Voigtland, où son père, Jean 
Kniipfer, était ca»i<or et organiste. Ce fut sous 
sa direction que le jeune KnllpPer lit ses 
études de musique et de cor.iposition, pendant 
qu'il suivait avec ardeur les cours de lani^ucs 
anciennesdansun collège situé à quatre milles 
de la maison paternelle. IMus lard, il se rendit 
à Lcipsickj où il cul la bonne fortune d'entrer 



dans la maison du savant jurisconsulte Jean 
riiilippi, qui devint son protecteur. KoUpler 
profita de cette position pour compléter son 
instruction philologique et musicale. En 1657, 
il obtint le cantorat de Saint-Thomas, et peu 
de temps après il fut mis en possession des 
fonctions de directeur de musique. Également 
savant dans les lettres et dans la musique, il 
s'est fait une solide réputation par ses comi)o- 
sitions. Ses ouvrages de musique d'église, ses 
madrigaux et ses chansons allemandes étaient, 
recherchés particulièrement dans la Saxe. Il 
mourut en 1676. On trouve de ce musicien, à 
la Bibliothèque royale de Berlin, le manusci'it 
autographe d'un motet à huit voix, composé en 
1660 sur le choral : Erforsche mich Gott. 
L'éloge de Knltpfer a été publié sous ce titre : 
Programma de lande musicx in honorem 
Seb. Knuepferi, philologi eximii, musicique 
celeberrimi chori, item mnsici directoris et 
cantoris ad £>. Thomx benemeritissimi , 
Lipsise, 1676, 10-4". 

KI\YVETT (Charles), fils d'un organiste 
de la chapelle du roi d''Angletere, naquit à 
Londres vers 1773. Son premier maître de 
musique fut le docteur en musique William 
Parsons {voyez ce nom), et Samuel Webbe lui 
enseigna à jouer de l'orgue. En 1802, il fut 
nommé organiste de la paroisse de Saint- 
Georges (Hannover-Squaré). Il fut un des di- 
recteurs des célèbres concerts de musique 
ancienne, conjointement avec son trève{voyez 
l'article suivant), Greatorex et Bartieman. 
Knyvett fut pendant près de vingt ans l'ac- 
compagnateur le plus renommé de Londres. 
On a publié de sa composition : Six airs 
harmonisés pour trois et quatre voix. Lon- 
dres, Goulding. 

RINYVETT (William), frère puîné du 
précédent, né à Londres vers 1778, fut un des 
plus célèbres chanteurs anglais pour le genre 
de l'oratorio et de la musique classique. La 
nature l'avait doué d'une voix de haute- 
contre aiguë susceptible de monter aux notes 
les plus élevées du contralto : le timbre en 
était de la plus grande beauté. Sa belle jtronon- 
cialion des paroles anglaises était admirée de 
ses compatriotes. Son début dans les concerts 
<le la musique ancienne se fit vers 1797; la 
beauté de son organe y fit éclater les applau- 
dissements les plus unanimes. J'ai entendu 
Knyvett à une époque où il avait dépassé l'âge 
de cinquante ans : sa voix était encore d'une 
grande beauté. Il était alors engagé pour tous 
les festivals de musique qui se donnaient dans 
les villes principales de l'Angleterre. Cet ar- 

5. 



€S 



KNYVETT — KOCII 



lisles'est faitconnaîlre avantageusementaussi 
comme compositeur de gf/ees (sorte de mélodies 
anglaises à plusieurs voix) : parmi les mor- 
ceaux de ce genre qu'il a publiés : Hark to 
Philomela singing ; Yes, Iwill go wilh thee, 
my love, pour soprano, contralto, ténor et 
basse, et The Shepherd and his dog Rover, 
pour contralto, ténor et basse, ont été parti- 
culièrement recherchés et chantés. Knyvett a 
aussi harmonisé un assez grand nombre de 
chansons écossaises à quatre voix. En 1839, il 
chantait encore à la chapelle royale^ et était 
âgé de soixante et un ans. 

KOBELIUS (JeaS-Augustin), receveurdn 
prince de Saxe-Weissenfels et directeur de sa 
chapelle, naquit à Wœhlitz, entre Halte et 
Mersebourg, le 21 février 1674. Son premier 
maitre de musique et de clavecin fut, en 1689, 
Nicolas Braun, alors organiste à Weissenfels ; 
après la mort de ce musicien, il passa sous la 
direction de Jean-Chrétien Schieferdecker, 
son successeur. Ensuite il étudia la composi- 
tion pendant trois ans chez le maître de cha- 
pelle Jean-Philippe Krieger. Pour perfection- 
ner son éducation musicale, il voyagea et visita 
Cobourg, Erlangen, Nuremberg, Anspach, 
Sluttgard, Augsbourg et Venise. A son retour 
il fut nommé musicien de la chambre à Weis- 
senfels ; puis, en 1712, il obtint la place d'or- 
ganiste de la petite ville de Sangerhausen, 
d'où on l'appela, en 1713, à la chapelle de la 
Sainle-Croix de Querfurt, en qualité de direc- 
teurde musique. Il obtint enfin, àWeissenfels, 
les emplois ci-dessus mentionnés en 1725, et 
il mourut en cette ville le 17 août 1731. Ce 
musicien a écrit, pour le théâtre allemand de 
la cour de Weissenfels, plusieurs opéras depuis 
1716 jusqu'en 1729; il a laissé aussi en manu- 
scrit beaucoup de cantates, de sérénades, de 
concertos, de sonates, et plusieurs chants 
d'église pour un ou deux chœurs. 

KOBERGER (A.), auteur inconnu d'un 
petit dictionnaire de musique [Kleines musi- 
kalischer JFœrlerbuch), dont la troisième édi- 
tion a été publiée à Quedlinbourg et à Leip- 
sick, chez G. Busse, en 1833. On ne trouve ni 
dans le livre, ni à aucune autre source, d'indi- 
cation des deux premières éditions. Les rensei- 
gnements manquent également sur l'afcteur, 
ainsi que sur la position qu'il a occupée. Le 
volume est divisé en deux parties : la première 
coniient le vocabulaire, en quarante-neuf 
pages; la seconde est un aperçu de l'histoire 
de la musique, en vingt-deux pages. 

KOBRICIIT (Jean-Antoine), prêlre et 
oj-ganisle à Landsberg, en Bavière, né vers '• 



1720 à Raudnilz, en Bohême, a écrit pour les 
églises de la campagne beaucoup de petites 
messes à trois ou quatre voix avec deux violons 
et orgue. Le style de ces compositions est peu 
élevé; pourtant elles ne manquent pas d'une 
certaine grâce facile. Parmi ses ouvrages, qui 
ont été tous imprimés à Augsbourg, chez 
Lœtter, on compte quatre œuvres de litanies 
(o]). 9, 16, 24, 36); trente-six messes en sept 
recueils (op. 25, 29, 30, 31, 33, 35, 36); douze 
Tantumergo, op. 10; neuf offertoires, op. 28; 
soixante-douze psaumes brefs, op. 32; de pe- 
tites vêpres, op. 12. On a du même artiste 
environ treize œuvres de sonates pour piano, 
et des préludes et fugues pour l'orgue. En 
1782, Kobricht a publié une méthode de piano 
qui a eu beaucoup de succès dans l'enseigne- 
ment élémentaire. Elle a pour titre : Griind- 
liche Klavierschule (Méthode ralionfielle <le 
clavecin). Il en a été fait une deuxième édition 
en 1788. Enfin on a du même auteur une mé- 
thode de violon intitulée : Geig-Fundament , 
das sich mehr in Zeichen und Noten, etc. 
(Fondement pratique du violon , consistant 
plus en signes et en noies qu'en explications), 
Augsbourg, 1787, in-4'' obi. de quatre-vingt- 
dix-sept pages. Dlabacz dit (^Ug. histor. 
Kunstler Lexikon fiir BcEhmen, t. II, col. 80) 
que Kobricht dirigeait encore le chœur de 
l'église de Raudnitz en 1788 ; mais après cette 
époque, on ne trouve plus de renseignements 
sur sa personne. 

KOCH (Jérémie), maître de chapelle du 
comte de Schwarlzbourg, et recteur adjoint 
du Gymnase dé Sondershausen, né au mois 
d'octobre 1637, en cette ville, y fut placé, en 
1662, comme chantre de la Cour, et comme 
troisième professeur du collège. Ce fut en 
1686 qu'il obtint sa nomination de maître de 
chapelle. Il mourut le 24 mars 1693. Ce musi- 
cien n'est connu comme compositeur que par 
un chant funèbre à cinq voix sur la mort <lu 
comte Antoine Guntherde Schwarlzbourg, qui 
a été imprimé en 1666, et qui a pour litre : 
Trawriges-Abschieds-Lied, Gespr^chsweise 
(Triste chant d'adieu, en forme de dialogue), 
neuf pages in-4». Les dix premiers couplets, à 
cinq voix, expriment les plaintes de la veuve 
du prince ; les réponses du défunt sont écrites 
pour trois voix d'homme graves. Les lamenta- 
tions du peuple, en chœur, à cinq parties, 
sont dans les onzième et douzième couplets. 
Toute cette composition est empreinte d'un 
caractère solennel et mélancolique. 

KOCII (Antoine-Albert), né en Silésie 
vers 1678, élail mailre de chapelle à Brcslau, 



KOCH 



69 



dans les premières années du dix-Iiuilième 
siècle, et y composa en 1710 une cantate inti- 
tulée : Die Freudens Bezetgung, [louv la dédi- 
cace du Gymnase. Il passa ensuite au service 
(lu comte de Bernstadt, en qualité de maître 
<Ie chapelle, écrivit une sérénade pour divers 
instruments, plusieurs opéras, et mourut à 
OEIs en 1745. Gerber lui attribue la composi- 
tion d'une collection de musique d'église pour 
le service d'une année entière {voyez l'article 
suivant). 

ROCH (JEAS-SÉBASTiEji), né à Ammern , 
près de Muhlhausen, dans la Thuringe, le 
16 juin 1039, fréquenta dans sa jeunesse le 
Collège de celte ville, puis acheva ses études 
dans un séjour de cinq années à Blankenberg. 
Ensuite il retourna à Muhlhausen et y remplit 
pendant deux ans les fonctions de directeurdu 
chœur de l'église ; mais au bout de ce temps, 
il alla étudier la théologie à l'Université de 
Jéna. En 1712, il fut appelé à Schlaitz, dans 
le Voigtland, comme professeur de musique et 
(le chanteur bassiste de la chapelte du comte de 
Reuss ; il échangea celte situation, en 1728, 
pour celle de directeur de cette chapelle, et 
mourut au mois de janvier 1757. Mattheson 
attribue à ce musicien {Grundl. einer Eh- 
renpf., p. 112) la composition d'une année 
complète de musique d'église que l'organiste 
Quiel possédait en 1714; mais Gerber ptnse 
que ces ouvrages appartenaient à Antoine-Al- 
bert Roch (vo]jez l'article précédent). Les au- 
tres compositions de Jean-Sébastien Koch ne 
sont pas connues. 

ROCH (Françoise-Romana), née GIRA.- 
WEOK, fut une cantatrice Irès-estimée du 
théâtre allemand; elle naquit à Dresde, en 
1748. Destinée d'abord à la profession de dan- 
seuse, elle débuta comme telle, en 1765, au 
théâtre de Leipsick, et devint dans l'année 
suivante la femme de Koch, maître de ballets, 
qui en fit une de ses danseuses les plus habiles 
et les plus aimées du public. En 17C7, elle prit 
des leçons de Gerber pour le clavecin; quatre 
ans après, Schweitzer, maître de chapelle à 
Weimar, lui 'enseigna l'art du chant, et par 
ses soins elle parvint à un degré d'habileté 
qui la fit admirer pendant dix ans sur les 
théâtres principaux de l'Allemagne. Retirée 
en 1787, elle ne s'occupa plus que de l'éduca- 
tion de ses enfants, qui ont été aussi des ar- 
tistes distingués. Elle mourut d'une maladie 
de poitrine, à Dresde, en 1796. 

KOCH (IIenri-Ciiristophe), né à Rudol- 

, sladt, le 10 octobre 1749, reçut de son père, 

musicien de la chapelle du prince, sa première 



instruction musicale. L'électeur lui fitensuit« 
donner des leçons de piano, de violon et d«; 
composition par le maître de chapelle Schien- 
pflug, et le prince Louis Gunther l'admit dans 
sa musique à l'âge de quinze ans, en qualité de 
second violon, et lui accorda une pension pour 
l'aider à continuer ses études littéraires. Par- 
venu dans les classes supérieures , Koch prit 
un goût décidé pour les mathématiques. Les 
progrès qu'il fit dans ces sciences lui furent 
ensuite fort utiles pour ses travaux sur la 
théorie de la musique. En 1708, le prince le 
nomma premier violon de sa chapelle, et 
l'admit, en 1777, dans la musique de sa 
chambre. Entièrement remplie par des études 
et des travaux, la vie paisible de ce savant mu- 
sicien s'est écoulée, exempte de soucis et d'évé- 
nements, dans l'exercice de ses devoirs. Un 
coup d'apoplexie l'a enlevé à l'art et à ses 
amis, le 12 mars 1816. Par une circonstance 
singulière, l'Académie royale de musique de 
Stockholm, qui n'avait point été instruite de 
sa mort, le nomma l'un de ses membres, et 
envoya le diplôme, à Rudolstadt, le 2 dé- 
cembre 1818. 

Koch est plus connu comme écrivain sur la 
musique que comme compositeur. Ses ouvrages 
occupent une place importante dans la littéra- 
ture musicale. Le premier qu'il fit paraître a 
pour titre : f'ersuch einer Jnleitung zur 
Composition (Essai d'une introduction à la 
composition), première partie, Rudolstadt, 
1782, un volume in-8° de trois cent soixante- 
quatorze pages; deuxième partie, Leipsick, 
1787, un volume in-8"de quatre cent soixante- 
quatre pages ; troisième partie, Leipsick, 1795, 
un volume in-8»dequatre cent soixante-quatre 
pages. Ce livre est un des meilleurs qui ont été 
publiés en AUemagnesurle sujet dont il s'agit, 
et Koch l'a traité d'après des vues originales. 
Dans la première partie, il examine d'une ma- 
nière savante, logique et neuve les rapports de 
la tonalité avec l'harmonie des accords; la 
constitution de ces accords, leur enchaîne- 
ment, et l'analyse des divers cas de résolution 
des dissonances, complètent cette partie du 
travail. La deuxième section de cette première 
partie est relative au contrepoint : c'est la plus 
faible de l'ouvrage; Koch n'a point compris 
le but de cette partie de la science. La première 
section de la deuxième i>artie renferme des 
considérations pleines de justesse sur la forme 
des pièces de musicpie et l'arrangement de 
leurs diverses parties. Sous le titre de Règles 
mécaniques de la mélodie, la seconde section 
de celle deuxième partie contient des aperçue 



70 



KO Cil 



absolument neufs et d'un haut intérêt concer- 
nant cette branche importante de l'art. On 
n'a rien fait de mieux jusqu'à ce jour, et l'on 
n'avait rien produit d'aussi satisfaisant arant 
Koeh. La troisième partie tout entière est le 
développement de la théorie de la forme mé- 
lodique. La période et ses diverses combinai- 
son» y sont traitées demain de maître. Toute- 
fois le mérite de cet excellent livre a été 
méconnu en Allemagne. L'existence obscure 
de l'auteur, l'absence de tout moyen de publi- 
cité à l'époque où l'ouvrage parut, et le savoir- 
faire de quelques théoriciens, bien inférieurs 
en mérite à l'auteur de VEssai d'une intro- 
duetion à la composition, mais plus actifs, 
ont fait en quelque sorte rester dans l'oubli 
ce livre conçu d'une manière vraiment philo- 
sophique. Aujourd'hui même, les musiciens 
allemands et les critiques de profession sem- 
blent ignorer la valeur de ce livre, et les bio- 
graphes se bornent presque tous à en indiquer 
le titre. En 1795, Koch entreprit la publica- 
tion d'un journal de musique qui parut à Er- 
furt, chez Rayser, sous ce titre : Journal der 
Tonkunst. Le plan était bien conçu, et les 
deux premiers numéros qui parurent (formant 
ensemble deux cent soixante et une pages 
in-S") annonçaient un recueil bien fait; mais 
ce furent les seuls qu'on publia. Koch n'était 
pas placé convenablement pour faire pros- 
pérer une telle entreprise. D'ailleurs, il était 
déjà occupé de recherches pour \e Grand Dic- 
tionnaire de musique qu'il publia quelques 
années après, et le temps employé pour ce 
nouvel ouvrage ne lui permettait pas de donner 
des soins à la rédaction d'un journal. Ce dic- 
tionnaire parut six ans après, sous ce titre : 
Musikalixcltes Lexikon, tvekites die theore- 
tische und praelische Tonkunst encydopœ- 
(lisch bearbeitet, aile alte und neue Kunst- 
tcœrter erldiert, und die alten und neuen 
Instrumente besehreiben enthxU (Lexique 
musical, contenant la musique théorique et 
l)ratique, en forme d'encyclopédie, l'explica- 
tion de tous les termes techniques anciens et 
modernes, la description des anciens instru- 
ments et des nouveaux, etc.), Franclbrt-sur- 
Te-Mein, llermann, 1802, gr. in-S" de plus de 
lieuf cents pages. Une deuxième édition a été 
publiée à lleidelberg, chez Mohr et Winter^ 
en 1817, un volume gr. in-S". Bien que ce 
livre ne soit pas à l'abri de tout reproche sous 
ïes rapports de l'érudition, de l'histoire et de 
ïa philosophie de l'art et de la science, on peut 
dire qu'il est le premier où les questions ont 
été traitées avec les développements néces- 



saires et le langage technique convenable. Les 
exemples de musique qui accompagnent les 
explications en donnent bien l'intelligence, et 
ces exemples, en général bien écrits, sont d'un 
musicien instruit qui unissait une parfaite con- 
naissance de la pratique à la théorie. Le dic- 
tionnaire de Roch pourrait être considéré 
comme suffisant pour l'usage de» artistes et des 
littérateurs musiciens, si, comme je viens de le 
dire, la partie historique de la musique y était 
traitée avec plus d'érudition, si l'esthétique 
y était moins négligée, et si le défaut de pro- 
portion ne s'y faisait remarquer en plusieurs 
endroits dans l'étendue des articles. Koch a 
donné un abrégé de ce grand dictionnaii-e, et 
l'a publié sons ce litre : R'urzgefasstes I/and- 
wœrterbuch der Musih fiir praktisches Ton- 
kiintsler und Dilettunten (Vocabulaire abrégé 
de musique pour les musiciens pratiques et 
les amateurs), Leipsick, Hartknoch, 1807, un 
volume in-8" de trois cent quatre-vingt-seize 
pages. Une deuxième édition a été faite àUlm, 
en 1828, un volume in-8". Cet abrégé est un 
bon manuel pour l'usage auquel il est destine . 
Les autres ouvrages de Koch sont : 1" Jland- 
buch bei dem studium der Harmonie (iVIanuel 
pour l*étude de l'harmonie), Leipsick, Hart- 
knoch, 1811, in-4"obl. de quatre cenicpjatre- 
vingt-trois pages. Dans ce livre, l'auteur a eu 
pour but de classer les accords suivant leur 
destination résolutive, avec les diverses modi- 
fications que l'art moderne y a introduites. IJ 
s'y est placé à un point de vue différent de ce- 
lui on il s'était mis en écrivant la première 
partie de son Essai d'une introduction à la 
composition. 2" f'ersuch ans derharten und 
weichen Tenartenjeder Stufe der diatonisch- 
cfiromatischen Tonleiter vermittelst des en- 
harmonischen Tonwechsels in die Dur und 
Molltœne der iibrigen Stufen auszuweichen 
(Essai sur le passage du mode majeur et mi- 
neur de tout degré de l'échelle diatonique et 
chromatique , au moyen de la modification 
enharmonique dans les modes majeur et mi- 
neur des autres notes), Rudolstadt, 1812, 
in-4'* de quatre feuilles. Koch à aussi fourni 
quelques articles à des journaux de musique^ 
entre autres à la Gazette musicale de Spire. 
Comme compositeur, il a écrit plusieurs can- 
tates et un drame pour la cour de Rudol- 
stadt. 

lïOCII (Frasçois-Paul) , musicien alle- 
mand, né en,1761, à Mittersill, dans les envi- 
rons de Salzboui'g, où son père était relieur, 
s'est fait connaître par son habileté singulière;, 
à jouer de la guimbarde. Il avait atteint Và'^f^ 



KOCII - KOCIIER 



7! 



<1e vingt et un ans lorsqu'il tomba entre les 
mains d'un recruteur prussien qui l'embaucha 
et le fit entrer dans un régiment qui était en 
garnison à Magdebourg. Son talent fut dccou- 
vert par un officier qui, dans une ronde de 
nuit, surprit Roch jouant de son instrument 
au poste où il était en faction. L'affaire était 
grave, elle fut portée jusqu'au roi Frédéric- 
Guillaume II, qui fit venir son grenadier, et 
après l'avoir entendu, lui accorda son congé 
«lu service militaire. Alors Koch voyagea pour 
tirer parti de son talent, et partout il excita 
l'admiration populaire. Il mourut en 1792, et 
VAlmanach de Schuinel de 179Ô lui consacra 
une notice (p. 322). Son talent fut aussi célé- 
bré dans une brochure intitulée : Biographie 
Franz-Paul Koch's des Mundharmonica 
spielcr's von G.-D. Geisskr (Biographie du 
joueur d'harmonica de bouche François-Paul 
Koch, par G.-D. Geissler), Augsbourg, 1793, 
in-8». 

ROCU (Étiex^e) , facteur d'instruments 
à vent, né le 12 avril 1772, à Besprin, en Hon- 
grie, se rendit à Vienne dans sa jeunesse, et 
y apprit la profession de tourneur; puis, il 
s'est adonné avec succès à la facture des in- 
struments à vent. Ses clarinettes, ses flûtes, 
ses bassons et ses hautbois étaient recherchés 
«•n Autriche, en Hongrie, en Bohème et en Ba- 
vière. Peu de facteurs sont parvenus aussi bien 
que lui à donner de la précision au mécanisme 
des clefs, et à rendre la qualité du son partout 
égale. Il est mort à Vienne, le 10 octobre 
1828, à l'âge de cinquante-six ans. Ayant fait 
quelques changements à la position des clefs 
et au percement des trous de la clarinette, il a 
publié la nouvelle gamme de son instrument, 
sous le litre de Neueste Tonleitcr fiir die Cla- 
rinette, Vienne, Ilaslinger. 

KOCH (Jkak Frédéric-Guiilaume), surin- 
fendant et prédicateur de l'église principalede 
Magdebourg, chevalier de l'ordre du Mérite de 
Prusse, s'est fait connaître avantageusement 
iwr des travaux sur diverses sciences depuis 
le commencement du dix-neuvième siècle jus- 
qu'en 1830. Au nombre de ses ouvrages, on 
remarque les suivants, relatifs à la musique : 
Gesanglehre. Ein Hulfsmittel fiir Elemen- 
tarschullehrer, diirch eine einfache Bezeich- 
niingsart und Lehrmethode und durch eine 
zinckma'ssige Sammlung von Singsliicken 
cinen reinen mehrstimniigen l'olks Gesang 
zii bilden (Science du chant. Moyen d'ensei- 
gnement à l'usage des instituteurs pri- 
maires, etc.), Magdebourg, 1814, in-4» de 
cent six pages. L'auteur de cet ouvrage est un 



des premiers qui ont proposé en Allemagne la 
notation des chiffres pour les chorals à l'usage 
du peuple. Une deuxième édition de son livre 
a été publiée à Magdebourg, en 1825, in-4''. 
2" JFarum soll der Gesang en unsern Folks- 
schulen nicht nach Noten, sondern nach 
Ziffern gelehrt werden ? (Vo\\vc\iioi léchant 
n'est-il pas enseigné dans nos écoles non pai* 
les notes, mais par les chiffres, etc.?) Magde- 
bourg, 1817, quarante-huit pages in-S". 
3" Einslimmiges Choralbuch fur Folks- 
schnlen (Livre choral à une voix pour les 
écoles populaires), Magde!)ourg, 181G, in-S»; 
deuxième édition, ibid.^ 1820; troisième é(\\- 
i\on^ ibid., 1821. 4° Dreistimmîges Choral- 
buch in Ziffern fur Folksschulen (Livre cho- 
ral à trois voix, en chiffres, pour les écoles 
populaires), Magdebourg, 1821, in-S". 5» Fter- 
stimmige Chorale und Jltargesxnge in Zif- 
feren fur Sxngerchvere (Chants chorals et 
d'église à quatre voix, en chiffres pour les 
choristes), Magdebourg, 1822, in-4''. 

ROCH (Charles), virtuose sur le basson et 
compositeur pour son instrument, né dans les 
environs de Coblence, en 1793, fit ses études 
musicales dans cette ville, et reçut des leçons 
d'Almenrîeder {voyez ce nom) pour son in- 
strument. En 1822, il fut attaché à la chapelle 
du prince de Saxe-Cobourg. Parmi les ou- 
vrages ([u'il a publiés, on remarque : 1" Grand 
cotTcerto pour basson, op. 11, Bonn, Sjmrock. 
2" Grand rondo brillant s!ir des airs et des 
danses suédoises, op. 13, Offenbach, André. 
3» Pot-pourri sur des thèmes de Preciosa , 
op. 18, Leipsick, Hofmeisler. 4" Fantaisie et 
variations sur desthèmes de la Dame blanche, 
op. 27, Mayence, Schott. 5" Boléro en forme 
de rondo, avec piano, op. 40, ibid. 

ROCH (FERDINA^D), instituteur et orga- 
niste à l'église principale de Havelberg, dans 
leBrandebourg, a fait insérer dans le neuvième 
volume de l'écrit périodique intitulé : Eutonia 
(I83o, p. 1-33), un article sur la science de la 
modulation. 

ROCHER (Cowrad), né le 16 décembre 
178G, au village de Dizingen, dans le Wur- 
temberg, se destina dès sa jeunesse à la car- 
rière de l'enseignement, et après avoir fini 
ses études, se rendit à Pétersbourg comme 
précepteur, à l'âge de dix-sept ans. Les œu- 
vres de Haydn et de Mozart qu'il entendit bien 
exécutées pour la première fois dans cette 
ville, firent une impression si vive sur lui, 
qu'il prit la résolution de se livrer exclusive- 
ment à la culture de la musique. L'amitié de 
* Clcmenti et de ses élèves Klcngel et Berger,, 



72 



ROCHER — KOCKEN 



qui se trouvaient alors à Pélersbourg, l'en- 
couragea dans cette résolution. Il reçut de 
ces derniers des leçons de piano, et J.-H. Mill- 
ier lui enseigna le contrepoint. De retour dans 
sa patrie, il y publia quelques sonates de 
piano, des quatuors, des chansons, etc. ; puis 
composa des opéras parmi lesquels on re- 
marque la Cage, et le Roi des Elfes, qui ont 
été représentés à Slutlgard. Son oratorio, la 
Mortd''Jbel, fut exécuté à Leipsick, en 1819, 
et àSluttgarddans l'année suivante. Ses succès 
attirèrent sur lui l'attention de quelques vrais 
amateurs, et particulièrement du libraire Cotta, 
qui lui fournit les moyens d'aller en Italie, et 
d'y prolonger son séjour. Rome excita sur- 
tout l'intérêt de Rocher, particulièrement par 
les œuvres de Palestrina que Baini lui fil con- 
naître et étudier avec fruit. Dès lors ses idées 
se modifièrent à l'égard de la musique d'église, 
et lui firent concevoir le plan d'une réforme 
dans la musique chorale de l'Allemagne. Il a 
exposé ses vues à cet égard dans l'ouvrage 
qu'il a publié sous ce titre : Die Tonkunst in 
der Kirche, oder Idcen zu einem AUgemeinen 
plerstimmigen Choral-und einem Figurai- 
gesang fur einen kleinenChor ,nehst Ansich- 
ten, iiber den Zweck der Kunst im AUge- 
meinen (la Musique dans l'église , ou idées 
sur un chant universel choral et figuré à 
quatre voix pour un petit chœur, avec des 
vues sur le but de l'art en général); Slutlgard, 
181Ô, in-8» de cent sept pages et quatre 
planches. En plus d'un endroit de cet opus- 
cule, on aperçoit la tendance de l'esprit de 
Kocher à rapprocher les mélodies du culte 
prolestant et la manière de les traiter en har- 
monie, de l'ancien style de l'école romaine. 
W.-C. Muller de Brème a donné dans le 
deuxième volume de la Cs^cilia (p. 141-155) 
une analyse de cet ouvrage plus étendue que 
substantielle. Kocher avait insisté dans son 
livre sur la nécessité d'introduire le chant 
choral dans les églises 5 il voulut ensuite 
joindre l'exemple au précepte, et fonda une 
société de chant religieux qui envahit en peu 
de temps tout le Wurtemberg, et qui parait 
devoir arriver au résultat de populariser le 
chant à quatre parties dans les églises. Les 
fonctions d'organiste de l'église du couvent, à 
Slutlgard, auxquelles Rocher a été appelé en 
1827, lui ont fourni les moyens de réaliser eu 
partie son plan. L'année suivante, il a publié 
son livre choral à quatre parties pour les or- 
ganistes, sous ce titre : Fierstimmiges Cho- 
ralbuch fiir Orgel- und Clavier-spieler oder 
JUelodien zu sxmmUischen Liedern des 



coffentlichen Gesangbuchs der evangelischen 
Kirche in TVurtemberg mit einem sowohl 
alphabetisch als nach Fermassen geordneten 
Register, etc.; Slutlgard, 1828, in-4'' de cent 
quarante et une pages. Kocher a eu pour colla- 
borateurs dans ce travail ses amis F. Silchcr 
el J.-G. Frech. Les autres compositions de 
Kocher sont : 1» Quatuor pour piano, violon, 
alto et violoncelle, Leipsick, Breitkopf et llser- 
lel. 2" Trois sonates pourpiano seul, Leipsick, 
Peters. 3° Sonate détachée, idem; ibid. 
A° Douze chants à quatre voix, pour un chœur 
d'hommes, Slutlgard, Zumsteeg. 5" Six Lieder 
à voix seule, avec accompagnement de i)iano, 
Leipsick, Breitkopf et Ilsertel. G" Cantates et 
motets pour soprano, contralto, ténor et 
basse, pour l'usage de l'église, de l'école et de 
la chambre, n"' 1 à G, en partition ; Stuttgard, 
Zumsteeg, 1842. En 1847, Kocher a publié, 
sous ce titre: ChristlicheJIausmusik {Mimique 
chrétienne pour la maison), un recueil de 
morceaux religieux pouruneet plusieurs voix, 
avec accompagnement de piano, lesquels sont • 
pris en grande partie dans les œuvres de Ilaen- 
del; Stuttgard, Millier. 

KOCULOW (GiiARLEs-FnAJMANN DE), 
compositeur el maître de chapelle à Pres- 
bourg, est né en Hongrie vers 1812. Il dirigea 
à l'église Saint-Martin de cette ville un chœur 
pour l'exécution de la musique religieuse et 
classique, dont la fondation remonte à l'année 
1500. Cette chapelle était encore en pleine 
prospérité en 1842, par les soins de l'abbé et 
doyen Kremlitzka, qui en avait été le restau- 
rateur, sous la protection del'évéque de Raab, 
Mgr. de Stankowitz, et M. de Kochlow y don- 
nait une impulsion d'artiste dévoué; mais ou 
dit que les événements politiques de 1841) ont 
été funestes pour cette institution, comme ils 
l'ont été pour toute la Hongrie. M. de Kochlow 
s'est livré particulièrement à la composition 
pour le chant. Je ne connais de lui que les 
œuvres dont voici les titres : 1" Fisciters 
NachtUed (Chant nocturne du pécheur), op. 5, 
Vienne, llaslinger. 2° Der Liebe Sehnsuclit 
(le Désir ardent de l'Amour), à voix seule pour 
piano, op. 4. Vienne, Mechetti. 3" IFandrers 
Jleimwech (Nostalgie du Voyageur) , idem... 
op. 5, ibid. 4" Le Danube, pour quatre voix 
d'hommes, op. G, Vienne, llaslinger. 5" Trois 
poèmes pour quatre voix d'hommes, op. 7, 
ibid. G" Trois idem, op. 8, ibid. 7» An dia 
Zj'efccnuicier/'ej'ne (A la bicn-aimée absente), 
à voix seule avec piano. Vienne, Diabelli. 

KOCKEIV (.jEA>-FnA>çois-BAnTiiELEJiv ). 
logez CoivKEN. 



KOEBER — KOEHLER 



73 



KOEBEU (...)) virtuose sur le hautbois, 
vivait vers la fin du dix-huitième siècle et fut 
élève de Le Brun. Dans l'année 1800, il se fit 
entendre à Hambourg avec succès. Il a laissé 
en manuscrit plusieurs concertos pour le haut- 
bois. 

KOECIIER (Paul), violoniste et violon- 
celliste distingué, naquit en 1719 à Domazlic, 
en Bohême, et entra en 1735 dans l'ordre des 
frères de la Charité à Prague, où il acheva ses 
études littéraires et musicales. L'année sui- 
vante, il fit profession. Après avoir été envoyé 
dans quelques couvents de son ordre, il fut 
nommé supérieur de celui de Vienne. Ensuite 
il remplit les fonctions de prieur à Graelz, à 
Neustadt, et à Feschen, en Silcsie. Vers la fin 
de sa vie, il se relira au monastère de Kukus, 
en Bohême, où il mourut le 21 février 1783. 
Outre les deux instruments dont il a été parlé 
précédemment, ce moine jouait fort bien de la 
viole d'amour, pour laquelle il a écrit plusieurs 
concertos. 

ROECKE (BAnTnÉLE.in DE), fondeur de 
cloches à Alost (Flandre), dans la seconde 
moitié du quinzième siècle, inventa les caril- 
lons, en 1481, suivant Ortelius, cité par Gra- 
maye [Anliq. Brabant., ch. III, p. 55). Il con- 
çut le premier le mécanisme du cylindre noté, 
pour mettre les cloches en vibration et former 
les mélodies. Ortelius dit que ce fut un homme 
de peu de sens [Arlificio apud Alostano re- 
perto anno 1481, et quidem per kominem 
parum sani cerebri); cependant l'invention 
d'une chose si compliquée indique une force 
de conception peu commune. Les paroles du 
célèbre géographe anversois peuvent s'expli- 
quer par la tradition populaire des habitants 
d' Alost, suivant laquelle De Roecke, homme 
de génie dans son art, aurait eu le défaut 
d'être ébranlé lorsqu'il rencontrait dans son 
travail des difficultés imprévues; mais sa 
femme, dont le prénom était Pharaïlde, exer- 
çait sur lui de l'ascendant, et le soutenait dans 
ses moments de découragement. Cet homme 
demeurait dans la rue du Sel : sa sœur utérine 
avait épousé Thierry Martens ou Mertens, de 
cette ville, le plus ancien imprimeur de la 
Belgique. Suivant la tradition belge, le caril- 
lon de De Roecke, placé au beffroi d'Alost, se 
fit entendre pour la première fois le jour de 
Noël (25 décembre 1487), cinq minutes avant 
que la cloche du beffroi sonnât midi. Toutefois 
cette date est contestée par quelques écrivains 
hollandais qui, bien qu'ils reconnaissent l'an- 
tériorité de l'invention, en 1481, dont parle 
Ortelius prétendent oue ce fut à Utrechl que 



le premier carillon résonna, précisément en 
1487 (1). Il est certain qu'un carillon fut con- 
struit dans cette ville vers la même date [lar 
un fondeur nommé f^an Hemona, et perfec- 
tionné par Nicolas Toorn, qui porta jusqu'à 
deux octaves celui qui fut placé dans la tour de 
la cathédrale. 

J.-P.-A. Fischer met en question le moyen 
employé par De Roecke pour faire résonner 
son carillon (2) ; ce moyen était mécanique : 
il étaiten communication avec le mouvement 
de l'horloge de la ville d'Alost. D'autre part, 
Abraham de Wesel dit (ô) que ce fut à Utrecht 
qu'un clavier fut appliqué au carillon pour le 
jouer. La contestation au sujet de la priorité 
d'invention de l'instrument résulte donc d'un 
malentendu. L'invention du carillon remonte 
à l'année 1481 ; elle appartient à De Roecke; 
mais son mécanisme ne fut achevé et ne put 
fonctionner que le25 décembre 1487. Pendant 
qu'il y travaillait, son idée s'étant répandue 
jusqu'à Utrecht, Van Hemona la réalisa. Per- 
fectionnée par Nicolas Toorn, celte invention 
se transforma en carillon à clavier. Le carillon 
mécanique appartient donc à Barthélémy De 
Roecke et à la ville d'Alost; le carillon à cla- 
vier fut l'œuvre de Nicolas Toorn, et a été pro- 
duit à Utrecht. 

ROEÏILER ( GoTTFRiED ) fut cantor à 
Leipsick, puis à W^urzen (Saxe), vers le milieu 
du dix-septième siècle. Il s'est fait connaître 
par une dissertation qui porte ce titre singu- 
lier : Mutata musica mutari res publicas et 
ccclesiast.; Leipsick, 1655, in-4''. On ne voit 

(1) Quelques archéologues ont essayé de faire rc- 
monler à lies temps plus reculés l'invention des caril- 
lons, qu'ils ont confondus avec les sonneries mécaniques 
de certaines horloges anciennes. Il est vrai que le chro- 
niqueur Froissart rapporte qu'en 1382, lorsque le roi 
de France, Charles VI, fit détruire par le feu la ville 
de Courtrai, le duc de Bourgogne, son oncle, « fil ôter 
des halles un oroloige qui sonnoit les heures, l'un des 
plus beaux que on seul deli ni deçà la mer, etc. » 
lîuchon, dans une note de son édition sur ce passage, 
dit que la plupart des grandes horloges à sonnerie 
datent du xi v siècle, mais que leur invention est beau- 
coup plus ancienne. II cite à ce sujet Ihorloge de Mag- 
debourg, qui fut longtemps célèbre, et qui avait été 
fabriquée à la fin du x' siècle, par Gerbert, moine de 
l'abbaye de Saint-Géraud d'Aurillac, qui fut pape sous 
le nom de Sylvestre II. (Les chroniques de sire Jean 
rroissarf, édition du l'anlhéon littéraire, lome II, liv. ii, 
page 257.) On n'a point remarqué que ces horloges à 
sonnerie n'ont pas de rapport avec les carillons, car 
leur système ne se compose que d'un échappement (|ui 
permet au marteau de frapper le timbre ou la cloche et 
d'un ressort qui le relève. Ce système n'entre pour rien 
dans la construction des carillons. 

(2) Yerliandeling van de Klokken en hel Klokke-Si>el, 

p. 7. 

(?) Commcnl. ad Novellas const. UUraj. art I», p. 249. 



74 



KOEHLER 



pas trop pourquoi, la musique, étant modi- 
fiée, ferait changer le gouvernement des États 
et des choses ecclésiastiques. C'est une idée 
fausse empruntée aux Grecs, particulièrement 
à Platon. 

KOEIILER (Jean-Chrétien), facteur d'or- 
gues à Francfort-sur-le-Mein, vers le milieu du 
dix-huitième siècle, a construit en 1759 et 
17C0 à Wurzbourg, au couvent d'Eborach, 
deux orgues de chœur, le premier, de vingl- 
ileux jeux, le second, de quinze jeux. En 1760 
il a fait aussi un orgue de vingt-six jeux, deux 
claviers et pédale, à Bamherg. 

KOEIILER (Jean -Louis), organiste à 
"Weissenbourg, vers le milieu du dix-huitième 
siècle, était né en Bohême. Il vivait encore en 
1789, car il fit imprimer dans cette année un 
ouvrage de sa composition à Nuremberg. On a 
de cet artiste : 1° Angenehmer Zeih)ortreib 
zwischen sweyen musikalischen Freunden, 
hestehend in leichten und nack dem neitesten 
Gusto gesetzten fl Sonalen, auf die Fiolin 
mit dem ace. eines ohligaten Cembali oder 
Klaviers componirt (Passe-temps agréable 
entre deux amis de la musique, consistant en 
six sonates faciles, composés dans le goût le 
plus nouveau pour le violon, avec accompa- 
gnement obligé de clavecin), Augsbourg, 1750. 
2" 24 leichte tmd angenehme Galanterie- 
stiicke auf die Harfe, welche eben sowolil auf 
dem Klavier kœnnen gespielet werden ( Vingt- 
quatre morceaux faciles et agréables de galan- 
teries pour la harpe, lesquels peuvent aussi se 
jouer sur le clavecin), première et deuxième 
suites. Nuremberg, 1760. 5° Quelques mélodies 
chorales arrangées pour l'orgue, Nuremberg, 
1789. 

KOEHLER (GoTTLiEB ou Théoph. -Henri), 
né à Dresde le 6 juillet 1765, apprit les élé- 
ments de la musique chez le musicien de villeà 
Baulzen, puis retourna dans sa ville natale, où 
il vécut en donnant des leçons de piano et de 
llùle. En 1794, il entra à l'orchestre du théâtre 
en qualité de première flûte; mais après quatre 
ans, un coup de sang, dont il ne guérit que 
lentement, le força de se retirer. Lorsqu'il put 
rentrer .î l'orchestre, sa place était occupée, 
et il dut prendre la partie de deuxième flûte. 
En 1817, on lui confia les timbales, dont il 
Jouait avec dextérité; enfin on lui donna la 
jiension de retraite en 1851. Il est mort à 
Dresde le 29 janvier 1833, dans la soixante- 
huitième année de son âge. Plus remarquable 
pai' son activité que par ses talents, ce musicien 
jouait de i)lusieurs instruments pour lesquels 
il a écrit environ cent soixante-dix œuvres de 



musique médiocre. Parmi ses nombreuses pro- 
ductions, on trouve des sonates de piano avec 
ou sans accompagnement, environ trente 
œuvres; une multitude de polonaises, pots- 
pourris, fantaisies, rondeaux et airs variés 
pour le même instrument; des duos pour 
violon; concertos, quatuors, duos et solos de 
flûte; plusieurs morceaux pour le même in- 
strument et la guitare; des cahiers de chan- 
sons à voix seule, avec accompagnement de 
I)iano et de guitare, etc. Toute celte musique a 
été publiée à Leipsick, Berlin, Bonn, Mayence, 
Hambourg, etc. Kœhler a laissé un fils (Gus- 
tave), né à Dresde dans les premières années 
de ce siècle, musicien comme son père, et qui 
a publié de petites pièces et des danses pour 
le piano. 

KOEIILER (Bemjamin- Frédéric), né le 
l"""" octobre 1777, à Steinau près de Liegnitz 
(Silésie), fréquenta le gymnase de Sainte-Ma- 
rie-Madeleine, à Breslau, et obtint, en 1798, 
sa nomination d'instituteur et d'organiste 
dans la petite ville de Guhrau. En 1817, il a été 
fait cantor dans le même lieu. On a de ce 
musicien : 1° Jeu de dez de valses à composer 
l»our le piano. Breslau, Leuckart, 1803. 2" Jeu 
de dez d'écossaises à composer pour deux 
clarinettes, deux cors, une trompette et un 
basson, ibid. 5" Six Lieder, à voix seule, avec 
accompagnement de piano, i6/d. 1808. 4° Amu- 
sements pour les pianistes, ibid. 1834. 5" Plu- 
sieurs cantates d'église, en manuscrit. Kœhler 
a fait insérer de bons articles dans VAntho- 
logie musicale de la Silésie. 

KOEHLER (Ernest), premier organiste de 
Sainte-ÉIisabeth à Breslau, est né le 28 mai 
1799 à Langenbielau, près de Reichenbach, en 
Silésie. Après avoir appris les éléments de la 
musique, du violon et du piano chez son beau- 
frère llauptmann, cantor de cet endroit, il 
alla continuer ses études à Peterwaldau chez 
F. -A. Rœhler, qui lui enseigna les principes 
de l'harmonie et du contrepoint; puis il se 
rendit à Breslau, où il reçut des leçons de 
Fœrster pour le violon, et de Berner pour le 
piano. En 1817 , il a été appelé à remplir les 
fonctions de second organiste à l'église Sainle- 
Élisabelh, et après la mort de Berner, en 
1827, il lui succéda comme i)remier organiste. 
A différentes reprises, Kœhler visita les villes 
principales de l'Allemagne, Dresde, Berlin, 
Vienne^ Francfort, Cassel^ "VVeimar, et y con- 
nut les artistes les plus célèbres. Ces excur- 
sions furent utiles à son talentparlesoccasions 
fréquentes qu'il eut d'entendre de belles œuvres 
bien exécutées. En 1845, je le vis à Bonn où 



KOEHLER - KOENIG 



il s'élail rendu à l'occasion des fêles pour 
l'inauguration de la statue de Beethoven j c'était 
un homme bon, simple, et point envieux du 
mérite d'autrui. Depuis 1820, cet artiste a pu- 
blié environ cinquante œuvres pour l'orgue et 
le piano; parmi ces ouvrages on remarque: 
1" Essai d'une introduction à l'oratorio de 
Graun, la Mort de Jésus, consistant en deux 
grands préludes pour l'orgue, op. 15 ; Breslau. 
Fœrster. 2» Fantaisie pour l'orgue, sur V Allé- 
luia du Messie, de Hfendei, op. 22 ; Hambourg, 
Crantz. ô» Six chorals à quatre parties avec 
des conclusions pourl'orgue, suivis de préludes 
fugues, op. 29, deux suites ; ihid. 4" Des varia- 
lions pour l'orgue sur différents thèmes, 
go Variations et rondeaux pour piano à quatre 
mains, plusieurs œuvres; Leipsick, Breitkopf 
et llaertel ; Breslau, Fœrster. G» Des polonaises, 
rondos et fantaisies sur des thèmes d'opéras, 
pour piano seul, op. 6, 16, 18,30, ôl, 57, etc.; 
Hambourg, Crantz; Breslau, Fœrster. 7» Quel- 
ques thèmes variés pour piano seul, ibid. On 
a aussi du même artiste des cantates d'église 
avec orchestre, œuvres GO, G2, 63 et 72 ; Bres- 
lau, C. Crantz; un motet pour quatre voix 
d'hommes, op. 74 ; ibid.; des chants de fêtes 
cl autres. Kœhler a fait exécuter à Breslau des 
ouvertures de concert en 1839 et 1840, et des 
symphonies pour l'orchestre, en 1832, 1853 
et 1841. Il est mort dans cette ville au mois 
de juin 1847. On trouve la liste complète des 
œuvres publiées et inédites de Kœhler dans le 
Schlesisches Tonkilnstler-Lexikon, de Kosz- 
maly et Carlo (deuxième suite, p. 128-134). 

KOEHLER" (Louis), pianiste et composi- 
teur, né à Brunswick, le 5 septembre 1820, 
reçut dès son enfance, de plusieurs maîtres, 
des leçons de musique, de piano, d'harmonie 
et de composition. Après s'être rendu à Vienne, 
il reçut encore des conseils de Sechter, de 
Seyfricd et de Baklet, depuis 1839 jusqu'en 
1843. Il a écrit dans cette ville l'opéra-comi- 
que et romantique intitulé : Prinz und Maler 
(Prince et peintre), une symphonie-cantate; 
des Lieder, des chœurs et des pièces pour le 
piano. Sa musique pour Vifélène, d'Euripide, 
et son ouverture pour le Phormion, de Té- 
rence, ont été exécutées au Théâtre- sxir-la- 
Vienne. De retour à Brunswick, il y écrivit 
son deuxième opéra yl/arîaZ>o?ores, qui obtint 
plusieurs représentations en 1845. Dans son 
troisième ouvrage dramatique, Gil Blas de 
Santillane, il changea sa manière et entra 
dans Je système de Richard Wagner; mais cet 
opéra n'eut pas de succès. Le dégoût qu'il en 
ressentit lui fit accepter lour à tour diverses 



places de directeur de musique de théâtres, 
particulièrement à Dantzick; mais en dernier 
lieu il s'est fixé à Kœnigsberg comme profes- 
seur de piano, comme compositeur et comme 
écrivain didactique. Kœhler a publié : l"Com- 
positions de salon caractéristiques et dans le 
style moderne, n"' 1 à G, op. 1. Leipsick, 
Brauns. 2° Six chants pour soprano ou ténor 
avec piano, en deux suites, op. 2, Brunswick, 
Meyer. 3» Six poèmes pour soprano ou ténor, 
avec piano et cor ou violoncelle, op. 3, ibid. 
4° Six Lieder pour soprano ou ténor, avec 
piano, op. 4, Leipsick, Brauns. 5" Cinq chants 
idem, op. o. Berlin, Schlesinger. Dans l'espace 
de quinze ans environ, le nombre de ses pro- 
ductions, tant pour le piano que pour le chant, 
s'élève aujourd'hui (1862) à plus de quatre- 
vingts. L'œuvre 76 est composé de six ron- 
deaux pour le piano. En 1857, Kœhler a publié 
le premier volume d'une Méthode instructive 
et systématique de [nano {Systematische Lekr- 
méthode fiir Klavierspiel und Musik), Leip- 
sick, Breitkopf et Hœrtel. J'ignore si la suite 
de l'ouvrage a paru. On peut considérercomme 
le complément de cette méthode le catalogue 
systématique de la musique de piano que 
Kœhler a publié sous ce titre : Fiihrer durch 
den Clavierunterricht ; ein repertorium der 
Clavierliteratur {Guide dans l'étude du piano; 
répertoire de la littérature de cet instrument); 
Hambourg et Leipsick, Schuberth, petit in-8», 
de 126 pages. Le mot littérature est employé 
par Kœhler dans le sens de Connaissance des 
œuvres de piano. Il a été fait deux éditions de 
ce petit ouvrage, toutes deux sans date. 

KOELLINER. (Beiinaiid-Guillaume), né à 
Wohlau en Silésie, étudia au Lycée de Sainte- 
Elisabeth à Breslau, puis à Wittenberg, et 
succéda, en 1770, à son père qui était pasteur 
à Wohlau. Il est mort en 1829, à l'âge d'en- 
viron quatre-vingt-quatre ans. Une disser- 
tation académique de cet ecclésiastique a été 
publiée sous ce titre : Be principiis Harmo- 
nie Musicx. Londini Gothorum, 1777, in-4''. 

ROEIVIG (JEAJi-MATiiiAs) , commis à la 
chancellerie royale d'Ellrich, eu Prusse, dans 
la seconde moitié du dix-huitième siècle, a 
composé, en 1783, la musique d'un opéra in- 
tiiulé:Z27Za ou la Jardinière, et, en 1782, 
l'Exécution. En 1782, ii a publié deux re- 
cueils de chansons à voix seule avec accompa- 
gnement de piano, et, en 1784, six sonatines 
pour cet instrument. 

ROEINIG (Jean-Baltiiazar), directeur de 
musique à Francfort-sur-le-Mein, dans la iire- 
mièrc moitié du dix -huitième siècle, y a fail 



76 



KOENIG — KOENICSPERGER 



imiu-imer, en 1738, un livre choral avec basse 
continue, à l'usage des églises réformées, sous 
ce litre : Harmonischer Liederschatz, oder 
allgemeine Clwralbuch, welches die Melo- 
dien dener sotvohl alten und neuen bisker 
eingefiihrten Gesxnge unsere Deutschlands 
in sick hxlt, so dass sie durchaus mit der 
Orgel oder Klavier accompagnirt werden 
kœnnen. 

KOEIXIG (Jean-Ulrich DE), né à Esslin- 
gen, en Souabe, le 8 octobre 1688, fit ses 
études à Stutlgard et aux Universités de Tu- 
bingen et delleidelberg, puis demeura pendant 
dix ans à Hambourg, où il publia ses pre- 
mières poésies. Plus tard, il se rendit à 
Dresde, où le roi de Pologne lui donna des 
titres de noblesse, et le fit conseiller de cour et 
maître des cérémonies. Il mourut à Dresde, le 
14 mars 1744. On trouve une dissertation de 
ce littérateur Sur la composition du rhythme 
de la poésie et de celui de la musique, dans 
l'appendice des œuvres de Jean de Besser, 
publiés à Leipsick, en 1715, deux volumes 
in-8°. 

KOEIVIG (GASPAnn), né à Ingolstadt, en 
1723, apprit, dans cette ville, les principes de 
la construction des orgues, voyagea pour aug- 
menter ses connaissances, puis retourna dans 
sa ville natale, où il s'établit comme facteur 
d'orgues et se maria le 7 février 1763. Dans la 
suite, il eut le titre de conseiller de la ville. Il 
mourut le 3 novembre 1791, avec la réputa- 
tion d'un des meilleurs facteurs de son temps 
en Allemagne. Parmi les bons instruments 
sortis de ses mains, on cite celui de l'ancien 
couventd'Asbach, composé de vingt-cinq jeux, 
et celui du couvent de Drissen, composé de 
vingt et un jeux. 

ROEI\IG (S.), littérateur et musicien, né 
à Berne vers 1810, est connu des voyageurs 
par une description de la ville de Berne. Il 
est auteur d'une petite méthode de piano et 
d'harmonie, pour apprendre sans maître, dont 
il a été fait deux éditions sans date, sous ce 
titre : Kleine Musiklehre oder Clavier-und 
Generalbasschule, sowohl fur Anfxnger im 
Clavierspielen als fur diejenigen, welche sich 
eine grundliche Kenntniss der Musik durch 
Selbstunterricht verscha/Jen wollen; Berne et 
Saint-Gall, Huber, in-4'' de quarante pages. 

KOEINIG (Frédéric), violoniste à Magde- 
bourg, né à Brunswick, vers 1812, y joua, en 
1857, d'une manière brillante la première 
partie de la symphonie concertante de Maurer 
pour quatre violons, aux concerts d'abonne- 
ment. On connaît de cet artiste: 1" Trois trios 



concertants pour deux violons, livre 1'''', 
Brunswick, Leibrock. 2" Trois «cfem; livre 2'', 
ibid. ô° Deux duos concertants et caractéris- 
tiques pour violon et alto, op. 7, Wolfenbuttel, 
Holle. 4» Des thèmes variés pour violon et 
I)iano. 5» Des Lieder. 

KOEIMGSLOEV^'' (Jean-Guillaume), or- 
ganiste de l'église Sainte-Marie et receveur de 
la ville de Lubeck, naquit à Hambourg, le 
16 mars 1745. Fils d'un professeur de musique 
de celte ville, il apprit ('e lui les premiers 
principes de cetart, puis il termina ses études 
sous la direction d' Adolphe-Charles Kunzen, 
organiste de Lubeck, dont il fut ensuite l'ad- 
joint. Par ses dispositions, son travail elles 
leçons de ce maître, il acquit en peu d'années 
une rare habileté sur l'orgue. Il jouait aussi 
du violoncelle et composa pour cet instrument 
des solos etdesconcertos. Versle même temps, 
il écrivit aussi beaucoup de morceaux pour le 
clavecin. En 1773, Kunzen fut frappé d'apo- 
plexie, et dès lors il ne put vaquer à ses fonc- 
tions; son élève lui donna une preuve d'atta- 
chement en le remplaçant gratuitement jus- 
qu'à sa mort, arrivée en 1781 . Kœnigslœw lui 
succéda dans ses places, et les remplit pendant 
un demi-siècle. En 1823, il fit son jubilé de 
cinquante ans comme organiste, et il mourut 
en 1827, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. 
Chladni, qui avait entendu cet artiste à Lu- 
beck, le considérait comme un organiste de 
rare mérite. Il a écrit plusieurs grands et pe- 
tits oratorios, ainsi que des pièces d'orgue et 
de piano ; mais toutes ses productions sont res- 
tées en manuscrit. 

Un violoniste du même nom a brillé à Ham- 
bourg, Leipsick et Copenhague, depuis 1843 
jusqu*en 1846. Il descendait vraisemblable- 
ment du précédent. 

KOEIVIGSPERGER (le père F.-Maria- 
Nus) naquit le 4 décembre 1708, à Rœding, 
dans le Haut-Palatinat , et fut envoyé fort 
jeune par ses parents à l'abbaye des Bénédic- 
tins de PrUfling, où il fui admis à l'école de 
chant. Les rares dispositions qu'il avait reçues 
de la nature pour la musique le détournèrent 
des études littéraires et scientifiques, où il ne 
fit que peu de progrès, et bientôt il acquit sur 
l'orgue et dans la composition une habileté 
très-remarquable. En 1734, il fit profession 
dans l'ordre de Saint-Benoît. On le fit orga- 
niste et maître de chapelle de son couvent, et 
peu d'années s'écoulèrent avant qu'il fut con- 
sidéré comme le plus habile organiste et le 
meilleur compositeur de musique d'église de 
tous les couvents de la Bavière. Sei œuvres,. 



KOENIGSPERGER — KOERNER 



77 



qui furent toutes publiées à Augsbourpr, eurent 
un succès de vogue, et leur éditeur, Lotler, a 
souvent avoué qu'il devait sa fortune à l'im- 
pression de ces ouvrages. Le P. Kœnigsperger 
en retirait lui-même un produit considérable, 
mais il employait tout l'argent qu'il recevait 
à l'acquisition de livres pour son monastère, 
ou à aider des savantsà publierleurs ouvrages. 
Ce musicien distingué mourut dans son cou- 
vent de PrUfling, le 9 octobre 17C9. Sa mu- 
sique d'église est dans le style concerté. Il 
avait pour but d'en rendre l'exécution facile 
afin de propager le goût de la musique jusque 
dans les villages; mais dans la simplicité de 
ses messes, on découvre à chaque instant des 
traits d'une mélodie douce et facile, écrits avec 
une pureté d'harmonie satisfaisante. Le mépris 
affecté par beaucoup d'artistes de nos jours 
pour cette musique légère et facile n'est pas 
fondé, comme ils le croient. Les principaux 
ouvrages de Kœnigsperger sont : Sex missa- 
rum solemnit. 4 voc. cum 2 violinis et or- 
gaîio, op. 1 ; Augsbourg, Lotler. 2" Missx 
brèves pro domin. ac festiv. simpl. A voc. 
2 viol, et org. ; ibid. 3» Missa pastoritia de 
Nativitate Jesu Christi 5 voc. cum 2 oblig. 
viol, et organo ; 2 clarinis et tymp. ad libi- 
tum; ibid. 4° Eucharisticon complectens Of- 
ferloria et Hymnos 4 voc. cum 2 viol, et 
organo oblig., op. 12; ibid. 5» Offertorinm 
duplicis textus 4 voc. cum 2 x)iol. et organo., 
ibid. 6° 0/fertorium (Laudetur Jésus Chris- 
tus) 4 voc. 2 obi. viol, et organo; ibid. 7" Te 
DeumAvoc. cum 2 viol. org. "2 clav.ettymp.; 
ibid. 8» 6 Litanie B. M. V. 4 voc. 2 viol, 
obi. et organo ; Und.^)" Der wohlunterwiesene 
Klavierschuler, welchen nicht nur die wahre 
xind sichere Fundamenla zum Klavier, etc. 
(l'Élève claveciniste bien instruit, auquel on 
met ici devant les yeux non-seulement les 
fondements véritables et certains du clavecin, 
mais aussi huit préludes, vingt-quatre versets 
et huit airs dans tous les tons), Augsbourg, 
1755, in-fol. 10» Huit préludes et fugues dans 
tous les tons, ibid., 1756, in-4°, huit suites. 
11° Fingerstreit oder Klavierubung durch 
ein Prxambulum und Fugen (Lutte des doigts, 
ou exercices de clavecin consistant en un pré- 
lude et des fugues dans tous les tons majeurs 
et mineurs), Augsbourg, 1700, in-fol. 

KOERBÉIV (Georges), musicien, né à Nu- 
remberg, vers le milieu du seizième siècle, fut 
d'abord sous-professeur au Collège de Saint- 
Laurent, dans sa ville natale, puis, en ICOI, 
magisler à Alldorf. II a publié de sa composi- 
tion ; 1» Tyrocinium musiciim (Moteu à trois 



voix), Nuremberg, 1589, in-8». 2» Disticha 
moralia duabus vocibus, ibid., 1599. ô" Be- 
nedictiones Gratiarumactionesvocum, ibid., 
in-4''. 

Il y eut un musicien de ville de ce nom à 
Berlin {Jean-Chrislophe), qui mourut le 13 fé- 
vrier 1713. André Schmidt a célébré le mérite 
de cet artiste dans un écrit intitulé: Die Lobes- 
erbesungen der Instrumentalmusik in einen 
Trauer-und Standrede vorgestellt, als Herr 
Joh. Cristoph Kœrber, Stadmusikus in Ber- 
lin, begraben wurde (Les louanges de la mu- 
sique instrumentale réunies dans un discours 
funéraire prononcé aux obsèques de Jean- 
Christophe Kœrber, musicien de ville à Ber- 
lin); Berlin, 1713, in-fol. 

KŒRBER (Ichace), corniste de la mu- 
sique du duc de Saxe-Gotha, né à Mayence, 
vers 1744, est considéré comme un des vir- 
tuoses les plus remarquables qu'ait produits 
l'Allemagne pour son instrument. Arrivé à 
Paris, vers 1780, après de longs voyages, il y 
rivalisa avec Punto {voyez ce nom). Cet artiste 
a laissé en manuscrit plusieurs symphonies 
concertantes pour deux cors. En 1785, il éta- 
blit un magasin de musique à Gotha. Il parait 
qu'il cessa de jouer du cor en 1787, et qu'il 
adopta le basson, sur lequel il acquit aussi une 
rare habileté. On manque de renseignements 
sur les denières années de sa vie. Le Lexique 
universel de musique publié par Schilling fixe 
l'époque de sa mort aux premières années du 
dix-neuvième siècle. 

KOERISER (Ciirétien-Godefboid), doc- 
teur en droit et en philosophie, naquit à Leip- 
sick, en 1756, et fit toutes ses études à l'Uni- 
versité de cette ville. En 1784, il fut appelé à 
Dresde en qualité de conseiller supérieur du 
consistoire, et huit ans après il y obtint la 
place de conseiller de la courd'appel. Après en 
avoir rempli les fonctions pendant quinze ans, 
il alla, en 1813, prendre possession de la place 
de conseiller d'État, et quelques années après 
il y joignit le titre de membre du conseil privé 
ou supérieur du gouvernement. Il est mort à 
Berlin, le 13 mai 1831, et a été enterré au pied 
du chêne de Kœrner, dans le Mecklembourg, 
près de son fils, Charles-Théodore Kœrner, 
poëte célèbre, tué à l'âge de vingt-deux ans, 
dans la campagne de 1813. Chrétien-Godefroid 
Kœrner, amateur passionné de musique, s'est 
beaucoup occupé de l'esthétique de cet art, et 
a publié à ce sujet, dans l'écrit périodique in- 
titulé: Horen (les Heures), un morceau Sur 
le caractère des sons, et sur rexpose du ca- 
ractèrc en musique {n" 7, ann. 1795, p. 97- 



78 



KOERNER — KOHAUT 



121). Plus tard, il a repris ses travaux esthéti- 
ques, mais il n'en a rien publié. 

KOEUrSEll (J.-GUILLADJIE-FUÉDÉRIC), flÙ- 

tiste, pianiste et graveur des monnaies de la 
cour, à Cassel, vers la fin du dix-huitième 
siècle, a publié, en 1798, les ouvrages suivants 
de sa composition : 1" Treize variations pour 
flûte avec accompagnement de basse, sur 
l'air allemand : Der Fogehxnger bin ichja, 
op. 1 ; OfTenbach, André. 2» XI variations 
idem, sur le thème : Nel cor più non mi 
sente, op. 2; ihid. 3" Quinze variations pour 
flûle et basse; Manheim, Heckel. 4° Neuf va- 
riations pour flûte seule sur l'air allemand : 
Bei Msnnern, tcelche Lie.be fuhlen, op. ô; 
Leipsick, Joacliim. 5" Divertissement en forme 
de polonaise pour piano, flûte, violon et basse, 
op. 20 ; Hambourg, Cranz. G» La Chasse, po- 
lonaise pour piano à quatre mains, op. 17; 
Brunswick; Spehr. 7" Sonates pour piano seul, 
op. 6,7,8,9, 10; Hambourg, Cranz. 8" Grande 
polonaise idem, op. 19; ibid. 9° Rondeau 
agréable idem, Hanovre, Bachmann, etc., etc. 

Un artiste du même nom {G.-J. Kœrner) 
vivait à Pélersbourg, en 1830. Il a publié à 
cette époque : 1" Deux sonates à quatre mains 
pour piano ; Pétersbourg, Richter. 2» Quatuor 
pour deux violons, alto et basse, op. 3; Leip- 
sick, Brcilkopf et Ilaerlel. 3" Quintetto pour 
deux violons, deux altos et violoncelle, op. 4; 
Pétersbourg, Richter. 

ROERriER (Gotthiif-Wiliielm), éditeur 
de musique à Erfurt, a publié, sous son nom et 
avec difTérentes titres, des recueils de pièces 
d'orgue de dilTérenls genres qui ne sont que 
des compilations d'œuvres des organistes les 
plus renommés : Tels sont VOrganiste com- 
mençant {Der angehenâe Organisl); le Par- 
fait organiste (Der vollkommcne Organisl) ; 
le Livre des préludes (Prœkulienbuch) ; te 
Livre des finales (Postludienbuch), etc. Au 
reste, M. Kœrner a placé en léte de chaque 
pièce le nomde son auteur. Cet éditeur publie 
aussi depuis 1844 un journal musical men- 
suel particulièrement relatif à l'orgue, sous le 
lilre : Vrania. 

KOESTEU (Heumann), docteur en philo- 
sophie et professeur de littérature ancienne, à 
Berlin, dans la première moitié du dix-neu- 
yième siècle, est auteur d'une savante disser- 
tation intitulée : De Cantilenis poptdaribus 
veterum Gr^corum,'Bero\im, 1831, in-8° de 
quatre-vingt-quatre pages. 

ROIIAULT ou ROUAUT (FnABcois- 
Aîsnnt), excellent organiste, naquit en Bo- 
hême, dans la seconde moitié du dix-septième ' 



siècle, et fut directeur du chœur de l'église 
Sainte-Marie à Saatz, où il se trouvait encore 
en 1722. Il y fit exécuter, le IG mai de cetle 
année, une cantate de sa composition pour la 
fête de saint Jean-Népomucène. 

ROHAULT ou plutôt ROÏIAUT (Jo- 
seph), né en Bohême, en 173G, entra d'abord 
comme trompette dans un régiment de cava- 
lerie; mais ayant acquis un talent remar- 
quable sur le luth, il déserta et vint en France, 
où il fut attaché à la musique du prince de 
Conti. Il a écrit la musique de quelques opé- 
ras-comiques : le Serrurier, en 1774 ; lu Ber- 
gère des Alpes, le 18 février 17G5 ; Sophie ou 
le Mariage caché, le 21 mai 17C8 ; et la Clo- 
sière. Tous ces ouvrages ont été représentés à 
la Comédie-Italienne; les deux premiers ont 
obtenu de brillants succès, bien qu'ils soient 
en général de fai])!es conceptions. Kohaut est 
mort à Paris, en 1793. On ignore si ce musi- 
cien était fils d'un excellent luthiste du même 
nom qui était attaché à la musique de la cour 
de Berlin, et qui, s'élant fixé à Breslau en 
1710, fut le maître de Baron. 

ROHAULT ou ROUAUT (CnAnLEs),de 
la même famille que le précédent, était même 
son frère, si Grimm a été bien informé lors- 
qu'il a dit, en parlant de l'auteur du Serru- 
rier : u Ce M. Kohaut a un frère aine qui est 
« venu en France avec M. le comte deKaunitz, 
« et qui est un homme sublime quand il 
« touche le luth. Celui qui nous est resté joue 
« aussi de cet instrument, mais froidement 
« et sans enthousiasme : l'homme de génie 
« est à Vienne {Correspondance littéraire, 
« t. IV, p. 150, édition de Paris, 1829). « Quoi 
qu'il en soit, celui-ci vécut à Vienne, vers le 
milieu du dix-huitième siècle, et y fut secré- 
taire de la chancellerie de la cour. De tous les 
liilhistes de son temps, il fut le plus habile, et 
la musique qu'il composa pour son instru- 
ment fut aussi considérée comme ce qu'on 
avait de mieux en ce genre. En 1761, Kohaut 
a publié à Leipsick : Divertissement pour luth 
obligé, denx violons et basse. Je possède en 
manuscrit de cet artiste : 1° Concerto (en sol 
mineur) pour luth, deux violons, alto et basse. 
2" Trio (en re)""pour luth obligé, alto et violon- 
celle. 5" Cinq trios pour luth, violon et violon- 
celle (en si bémol, mi bémol, la majeur et 
deux en fa). Gerber cite douze trios sem- 
blables, et douze solos pour luth, de Ko- 
haut. 

ROIIAUT (François), virtuose sur le cop 
de bassette et la trompette, est né à Vienne, et 
vraiscmbicment il est un descendant du célèbre 



KOHAUT — KOLBERER 



luthiste Charles Kohaut. En 1817, il s'est rendu 
en Russie. Deux ans après, ilétait au service 
d'un noble russe, propriétaire d'une terre située 
aux environs de Moscou. En 1824, il habitait 
encore cette ville où il s'étaitfait entendre avec 
succès. On connaît de sa composition : Ron- 
deau pour cor de bassette avec orchestre, op. 4, 
Offenbach, André. 

HOIIL (Jean), luthier à Munich, dans la 
seconde moitié du seizième siècle, y eut, en 
1599, le titre de luthier de la cour avec un 
traitement annuel. On voit dans d'anciens 
comptes que la cour lui payait un lulh deux 
florins. 

ROHL (Wenceslas), né en 1753 à Qua- 
lierub, en Bohème, apprit à Prague la musique 
comme enfant de chœur, puis se livra à l'étude 
du cor et acquit beaucoup d'habileté dans 
l'exécution. En 1784, il se rendit à Paris où il 
fit graver: 1" Six quatuors pour cor, violon, 
alto et basse, op. 1, Paris, Sieber. 2" Six 
idem, op. 2, ibid. Z" Six idem, op. 3, Paris, 
Imbault. 

HOLB (le P. CARLOMAn) , bénédictin au 
monastère d'Aschbach, en Bavière, vivait au 
milieu du dix-huitième siècle. Il paraît avoir 
été un organiste distingué, si l'on en juge par 
un recueil de préludes, de versets et de finales 
pour l'orgue, qu'il a publié sous ce litre : 
Preambulantm, vers, et cadentiarum durch 
die Kirchentœne stechen lassen, Augsbourg. 
1750, in-fol. 

ROLIÎ (Jean-Baptiste), né à Neudettelsau, 
village de la Franconie, le 51 août 1743, vécut 
à Furth, près de Nuremberg, comme musicien. 
Il passait pour élève de Haydn; mais cela pa- 
rait peu vraisemblable. Dans un voyage qu'il 
fit à Paris, vers 1782, il y fit graver six qua- 
tuors pour deux violons, alto et violoncelle, de 
sa composition. Ses autres ouvrages se trou- 
vaient plus tard en manuscrit dans le magasin 
de Westphall à Hambourg : ils consistaient en 
cantates et ariettes avec instruments , con- 
certos pour clavecin, deux violons et basse, 
pièces détachées pour clavecin et divers in- 
struments, quintettes et trios pour hautbois, 
clarinette et basson. 

KOLB (F.). Sous ce nom d'un musicien 
inconnu, on a publié : 1» Messe allemande 
pour soprano et orgue (ou pour trois voix , 
deux violons, flûte, deux cors et contrebasse 
ad libitum)^ op. 9, Munich, Falter. 2» Messe 
allemande à une ou deux voix et orgue, op. 1 1 , 
ibid. 3» Œlbergsmusik (Musique du mont des 
Oliviers) pour soprano et oi"gue (ou à trois voix 
cl contrebasse ad libitum), ibid. 



Un musicien de la chapelle royale de Mu- 
nich, nommé KOLB (K..)) a fait représenter 
dans cette ville, en 1843, un opéra intitulé; 
les Souliotes{die Sulioten), de sa composition. 
C'est vraisemblablement le même artiste qui a 
fait imprimer un pot-pourri pour le Zilher, à 
Munich, chez Falter, 

KOLBE (...), cantor à Potsdam, vers le 
milieu du dix-huitième siècle, a laissé en ma- 
nuscrit des cantates spirituelles à quatre voix 
avec instruments, sur les chorals : Danket 
dem Ilerrn et Zuvi Erntfest erwekte Her- 
zen. Ces ouvrages se trouvent à la Bibliothèque 
royale de Berlin. 

KOLBE (Cajetan); nom défiguré par 
Gerber et ses copistes, qui en ont fait uu 
double emploi avec Kolberer {iwyez ce nom). 

KOLBE (Astoine), violoniste distingué, né 
à Seestœdtel, près de BrUx, en Bohême, vers 
1740, vécut à Prague, et y fut employé à l'or- 
chestre de l'Opéra ainsi qu'aux églises Saint- 
Égide et Saint-Jacques, depuis 1775. Son style 
grandiose, dans les solos et concertos qu'il 
exécutait en public, excitait une vive admira- 
tion. Il passa les dernières années de sa vie 
malade et dans un état voisin de la misère, 
tantôt chez les frères minorités, tantôt à l'hô- 
pital Saint-Jacques, et mourut le 30 août 1804. 
C'était un homme pieux et bienveillant qui, 
nonobstant son indigence, donnait volontiers 
des leçons gratuites aux jeunes gens pauvres 
qui ne pouvaient payer un maître. Il a écril 
plusieurs concertos, solos, sérénades, etc., qui 
sont restés entre les mains de ses amis et de 
ses élèves. Le maître de concerts Rlockel, qui 
avait reçu de ses leçons pour le violon, en pos- 
sédait plusieurs. 

KOLBE ( CHAnLES-CllRÊTIEB-GuiLLAUME ) , 

candidat des sciences, ingénieur des mines et 
membre de la Société littéraire de Halbersladt, 
vécut en cette ville, vers la fin du dix-huitième 
siècle et au commencement du dix-neuvième. 
En 1830, il publiait encore de nouvelles édi- 
tions de ses ouvrages. Dans le premier volume 
d'un de ses écrits intitulé : Fersmischte Ab- 
handlungen besonders bergmànnischen und 
vhysikalischen Inhalts (Différents traités, 
principalement relatifs aux sciences des mine» 
et de physique, Quedlinbourg, 1794-1796, 
in-S"), on trouve an article concernant la 
construction des instruments à cordes, et spé- 
cialement de la table d'harmonie. 

KOLBERER (Cajetan), moine bénédictin 
de l'ancienne abbaye d'Andech, dans la haute 
Bavière, vécut au commencement du dix-hui- 
tième siècle. Ou a sous son nom ; 1" Partus 



80 



KOLBERER - KOLLESCHOWSKY 



primus seu 6 Dixit Dominus et 6 Magnificat 
pro quatuor vocibus concertantibus , cum 
quatuor vocibus a capella, Augsbourg, 1701, 
in-fol. 2" Partus secundus, Introïtus brèves 
et faciles secutidum claves ordinarias in 
très partes divisus, per totum annum, Augs- 
bourg, 1703, in-fol. On ignore quel est le troi- 
sième œuvre de musique d'église de ce moine. 
3" Partus quartus, continens XXJi Offer- 
tnria festiva ab Adventu usque ad Pente- 
costen; cum 4 voc. duobus violinis concert. 
1 fagotto concordante ad libitum et aliis 
4 vocibus a capella seu ripienis, Augsbourg, 
1710, in-fol. A'répoqueoùleP. Rolbererpublia 
cet ouvrage, il desservait la cure de Paring, 
appartenant au monastère d'Andech. 4» Par- 
tus quintus in lucem profercns alia XXX 
Offertoria festiva pro 4 vocibus, 2 violinis 
concert, et 1 fagotto concordante ad libitum, 
et aliis A voc. ripienis, Augsbourg, 1719, 
in-fol. Le P. Kolberer avait mis aussi en mu- 
sique un opéra allemand pour la maison d'édu- 
cation des demoiselles anglaises de Munich. 
Cet opéra, intitulé : Jeux de la divine Provi 
dence, fut représenté, en 1714, par les élèves 
de ce pensionnat, pour le retour du prince élec- 
toral Maximilien-Emmanuel. 

KOLBERG (Oscar), pianiste et composi- 
teur fixé à Varsovie, est né en 1814, dans une 
petite ville du gouvernement de Radom. Dès 
son enfance il commença l'étude de la musique 
et y fit de rapides progrès. Après avoir suivi 
les cours du Lycée de Varsovie, il se rendit à 
Berlin et y reçut, pendant deux ans, des leçons 
d'harmonie et de composition de Rungen- 
hagen et de Girschner {i^oyez ces noms). De 
retour à Varsovie, il s'est occupé avec beau- 
coup d'activité à recueillir les airs populaires 
de son pays et en a réuni un nombre considé- 
rable avec le but d'en publier la collection. 
La première livraison de ce recueil intéres- 
sant a paru à Lemberg, en 1842, sous le titre 
de Piesni ludu : la cinquième fut publiée en 
1845. Parmi les compositions <le M. Kolberg, 
ou remarque ; 1" cinq livres de Kuïawiaks, 
sorte de danse caractéristique de la Pologne, 
pour piano, œuvres 2, 5, G, 12 cl 19. 2» Deux 
livres de Mazourcs, idem, œuvres 8 et 22. 
o" Deux livres iVEttides, dédiées à Chopin, 
œuvre 20. 4° Cracovicnne, œuvre 10. 5" Fan- 
taisie sur l'air national de la Pologne, 
fi" Grande Valse. 7" Beaucoup de pièces fugi- 
tives et de chant avec accompagnement de 
piano. En 1854, !e même artiste a fait repré- 
senter au théâtre des Variétés, à Varsovie, un 
opérette intitulé : Le retour de Jean. 



KOLBORIV (Ehnest), dominicain à 
Mayence, y a publié, en 1736, un ouvrage 
élémentaire pour le clavecin, intitulé : Mu- 
sikalisches A B C ., in jedem Buchstaben 
brauchbar in drey Stuck. 

liOLDITZ (Jacques), facteur d'instru- 
ments à Ruhmbourg, en Bohême, y mourut au 
mois de novembre 1796, dans un âge très- 
avancé. Ses violons et altos sont estimés en 
Allemagne. 

KOLDITZ (...), musicien vraisemblable- 
ment né en Bohême, a laissé trois concertos 
pour flûte, et deux concertos pour la harpe, 
qui se trouvaient en manuscrit en 1782 et 
1783 au magasin de musique de Westphall, à 
Hambourg. 

KOLEU (Jacques), facteur d'orgues alle- 
mand, vécut vers la fin du quinzième siècle. 
En 1497, il fut chargé de la restauration du 
vieil orgue de Sainte-Marie à Rœnigsberg. Cet 
orgue avait onze jeux au clavier et quatre à 
la pédale, parmi lesquels on remarquait un 
cor de chamois, jeu qui parait avoir été in- 
venté à peu près au temps de Koler, et 
peut-être par lui. 

KOLLER (Le P. Boniface), bénédictin ba- 
varois, naquit en 1752 à Fœlz, et fit ses études 
à Munich. Il écrivit dans sa jeunesse la mu- 
sique de quelques opéras pour le théâtre de la 
cour, entre autres, les Lois de la chevalerie. 
Le mérite de ces ouvrages valut à leur auteur 
les bonnes grâces de l'électeur Clément de 
Bavière qui voulut lui donner un emploi à sa 
cour; mais Roller préféra la solitude, et entra 
dans l'ordre de Saint-Benoît, à l'abbaye de 
Bénédict-Bayern. Il en dirigea le séminaire 
pendant plusieurs années ; puis il fut directeur 
du séminaire du prince électoral, à Munich, 
où il mourut en 1799. 

KOLLESCHOWSKY (Sigmond) , violo- 
niste et compositeur, né à Prague, vers 1809, 
fut admis comme élève au Conservatoire do 
cette ville, en 1828, et y fit ses études de 
violon sous la direction du professeur Pixis; 
Dionys Weber fut son maître d'harmonie et 
de composition. Sorti de cette institution^ il 
s'est fait connaître avantageusement comme 
compositeur pour l'église et a été nommé ré- 
gent du chœur de l'église de Saint-Étienne de 
sa ville natale. Il est aussi directeur de la 
Sophienacademie. Je ne connais de sa com- 
position que les ouvrages dont les titres sui- 
vent : 1» Feni sancte Spiritus , à quatre voix, 
orchestre et orgue, à Prague, chez Hoffmann. 
2" Adagio religioso, pour deux clarinettes et 
deux bassons, ibid. 



KOLLMANN 



81 



KOLLMAIVN (Aucuste-Fhédkric-Char- 
lEs), organiste de la chapelle allemande du 
roi d'Angleterre, à Saint-James, naquit en 
1756 à Engelbastel, près de Hanovre, où son 
père était organiste et maître d'école. Après 
avoir fait ses premières éludes avec le fils du 
pasteur de son village, il alla les continuer, à 
l'âge de quatorze ans, au collège de Hanovre, 
où il resta pendant deux années. Ensuite il 
étudia la théorie de la musique, le clavecin et 
l'orgue sous la direction de J.-C. Bœttner, 
bon organiste, et employa cinq ans à acquérir 
loutes les connaissances qui constituent le 
musicien instruit. En 1779, il fut admis 
comme élève dans l'école normale de l'électo- 
rat de Hanovre. Les leçons qu'il y reçut lui 
furent u nies, dans la suite, pour ses écrits et 
]>onr l'enseignement. Pendant ce temps, il 
rnlendait souvent Bœttner, ou le'remplaçait à 
l'orgue, et cette circonstance lui fit acquérir 
du talent dans la pratique. Vers la fin de 
1781, il futappelé à Lline, près de Lunebourg, 
comme organiste d'un chapitre protestant de 
dames nobles; mais il y resta peu de temps, 
parce que le roi d'Angleterre demanda au 
gouvernement de Hanovre un organiste pour 
sa chapelle allemande. On jeta les yeux sur 
Kollmann, qui accepta et se rendit à Lon- 
dres dans l'automne de 1782. La place d'or- 
ganiste de la chapelle l'obligeait à s'occuper 
<ie l'éducation des enfants de choeur, et à leur 
donner quatre leçons chaque semaine ; cepen- 
dant, il trouva assez de temps pour écrire 
plusieurs ouvrages considérables concernant 
riiarmonie et la composition. Plus tard, par 
des motifs qui ne sont point connus, il perdit 
celle place ; mais il continua d'enseigner dans 
beaucoup de nobles familles. Il est mort à 
Londres au mois de novembre 1824, à l'âge 
de soixanle-huit ans. 

Les productions de Kollmann se divisent en 
trois classes, savoir : I. Ecrits théoriques^ 
II. Ouvrages didaclico-pratiques. lll. Com- 
positions. En vpici la liste : 1" ^n Essay on 
Musical Harmomj, accordinq to tlie nature 
of that science and the principles of the 
ffreatest musical authors (Essai sur l'harmo- 
nie musicale, suivant la nature de cette 
science et les principes des auteurs les plus 
célèbres), Londres, 1796, in-fol., 140 pages de 
texte et quarante d'exemples. Une deuxième 
édition de ce livre a été publiée avec des addi- 
tions considérables et publiée à Londres, en 
1812, grand in-4''. Dans cet ouvrage, qui est 
divisé en dix-huit chapitres, Kollmann suit 
les |>rincipes de Kirnberger, et souvent se 

BIOGR. U.MV. DES MUSICIEXS. T. V. 



borne à le traduire. Mais Kirnberger ayant 
laissé incertains beaucoup d'accords dont il 
n'avait pas saisi le mécanisme de la substitu- 
tion réuni à celui de la prolongation, Koll- 
mann a pris pour guide, dans cette partie de 
son ouvrage, la théorie de Marpurg, imitation 
de celle de Rameau. De cet amalgame de deux 
théories opposées, résulte un défaut choquant 
d'unité de doctrine que tous les efforts de 
Kollmann n'ont pu dissimuler. 2» ^ JVew 
Theory of Musical Narmony, according to 
a complète and natural System of that 
Science (Nouvelle théorie de l'harmonie mu- 
sicale, suivant un système complet et naturel 
de cette science), Londres, 1800, 92 pages de 
texte et ôO planches d'exemples, in-fol. Koll- 
mann avait aperçu l'anomalie des deux sys- 
tèmes d'harmonie qu'il avait essayé de réunir 
dans son premier ouvrage publié dix ans au- 
paravant; il cherchait une base plus uniforme, 
et il crut l'avoir trouvée dans le système de 
Ballière, développé par l'abbé Jamard {voyez 
ces noms). C'est ce même système, inconnu 
jusqu'alors en Angleterre, et qui repose sur 
une fausse progression arithmétique, dérivée 
de l'échelle du cor, que Kollmann a voulu 
faire adopter comme la seule théorie naturelle 
de l'harmonie. Il paraît que ce système trouva 
des lecteurs et des partisans, car, en 1812, il 
donna une nouvelle édition de son ouvrage, 
avec quelques corrections, o" jin Essay on 
practical musical Composition, according to 
the nature ofthat science, and the principles 
of the greatest musical authors (Essai sur la 
composition pratique de la musique, suivant 
la nature de cet art, etc.), Londres, 1799, in- 
fol. Dédié au roi d'Angleterre. Cet ouvrage, 
formant la suite du premier, fait avec lui un 
corps de doctrine et d'exemples pratiques pour 
la composition. On y trouve des règles pour la 
forme des différentes pièces de musique, pour 
les fugues, les canons, l'instrumentation, etc., 
avec des exemples pris dans les œuvres de 
Jean-Sébastien Bach et de ses fils, de Graun, 
llœndel, Kirnberger, Fasch et Marpurg. Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée à 
Londres en 1812. 4» ^ Practical Guide to 
Thorough-Bass (Guide pratique de la basse 
continue), Londres, 1801, in-fol. Cet ouvrage, 
où l'on ne trouve que des instructions som- 
maires concernant la forme et la succession 
des accords, renferme particulièrement des 
exercices d'accompagnement. Une suite de 
cette méthode a paru sous le titre : Second 
practical Guide of Thorough-Bass, Londres, 
1807, in fol. On trouve souvent les deux par- 

G 



82 



KOLLMANN — KONING 



lies réunies en un seul volume. Le professeur 
«le piano et d'harmonie P. King attaqua un 
passage de ce livre dans l'avertissement de 
la deuxième partie de son Traité général de 
musique (voyez King); Rollmann fit paraître, 
en réponse à cette attaque, un pamphlet inti- 
tulé : 5° ^ ^indication of a passage in the 
Practical Guide to Thorougk-Bass, against 
an advertisement of JW M. - P. King 
(Défense d'un passage du Guide pratique 
de l'harmonie, contre un avertissement de 
M. M. -P. King), Londres, 1802. 6» .4 second 
Practical Guide to Thorough-Bass, Londres, 
1807, in-fol. C'est une suite au premier guide 
pratique. 7° The Quarterly musical register. 
Écrit périodique sur la musique, dont le pre- 
mier et le second numéros seulement ont paru 
en 1812, et qui n'a point été continué. Le 
premier contient : 1" Une liste chronologique 
des publications du même genre qui avaient 
précédé le Quaterhj musical register-, 2" Une 
revue de la musique en Angleterre depuis 
1789 jusqu'en 1812; 3° Une notice sur 
J.-S. Bach et ses ouvrages ; 4° Une analyse des 
ouvrages théoriques de Koilmann; 5" Une 
analyse de la Grammaire musicale de Callcolt; 
6» Des remarques sur le tempérament artifi- 
ciel, d'après les trois systèmes des musiciens 
anglais llawkes, Loehsman et Liston. Dans le 
second numéro, on trouve : 1" Une revue de 
la musique en Allemagne ; 2" Une notice sur 
la vie et les ouvrages de Mozart ; 5" La fin de 
J'analyse des œuvres théoriques de Koilmann. 
Dans la seconde classe des productions de 
ce musicien, on remarque : 8" Twelve analy- 
sed Fugues for two performcrs, with double 
eounterpoints in ail intervais, and intro- 
ductory explanations (Douze fugues à quatre 
mains analysées, avec des contrepoints dou- 
bles à tous les intervalles, et des explications 
préliminaires). Il a élé fait deux éditions de 
cet ouvrage : la seconde a été publiée en 1823. 
9" The Melody of the hundredth Psalm with 
examples and directions for a hundred dif- 
férent harmonies in four parts (la Mélodie 
du centième psaume avec des exemples et des 
instructions i)our cent harmonies différentes 
à quatre parties), op. 9, Londres, 1809. 
10" jtn introduction to the Art of Prelu- 
ding and Extemporizing (Introduction à 
l'art de préluder et d'improviser), op. 3, Lon- 
dres, 1791. 11° The first beginning on the 
piano forte, according to an improved me- 
thod of teaching beginners (le Premier Elé- 
ment du piano forte, d'après une méthode 
perfectionnée pour enseigner aux commen- 



çants), Londres, 1796. 12» ^n introduction 
to the modulation (Introduction à l'art de 
moduler), op. il, Londres, 1820. 13° An 
Jnalysed Symphony for the piano forte, 
violin and bass, Londres, 1799. 14° A rondo 
on the chord of the diminished SeventU. 
(Rondo sur l'accord de septième diminuée), 
une feuille gravée, in-fol., Londres, 1810. 
Des observations de Koilmann sur le système 
d'enseignement de Logier ont été insérées 
dans \3iGazette musicale de Leipsick (t. XXIII 
p. 768, 783, 801, et t. XXIV, Intelligenz- 
blatt, p. 9). Elles ont été ensuite recueillies 
et réunies avec celles de C.-F. Millier, profes- 
seur de musique à Berlin, en une brochure 
intitulée : Ueber Logier's Musikunterrichts 
System, Munich, Falter, in-8° de 59 pages. 
Ces observations sont extraites d'un long arti- 
cle sur le même sujet, qui a été publié dans 
le Quarterly musical Magazine and Review 
(t. I, p. 111-139). La liste des compositions de 
Koilmann renferme : 13° Six cantiques avec 
de nouvelles mélodies chorales et basse conti- 
nue, Leipsick, Breitkopf. 16° Six sonates pour 
le clavecin, op. 2, Londres. 17° Six petites 
sonates, idem, op. 4, ibid. 18° Divertissement 
pour trois exécutants sur un seul piano, Lon- 
dres, 1800. 19" Concerto pour piano et or- 
chestre, exécuté en public par l'auteur en 
1804, op. 8, ibid. 20° Plusieurs chansons an- 
glaises, ibid. 

Le fils de Koilmann (Georges-Auguste), né à 
Londres en 1780, fut organiste de la chapelle 
allemande, et mourut dans cette ville, le 19 mars 
1843. On a de cet artiste trois grandes sonates 
pour le piano, avec violon obligé pour la 
seconde sonate, op. 1 ; Londres, Goulding. 

KOMOROWSKA (la comtesse Stépha- 
nie), dame russe, née à Mittau, a reçu des 
leçons de piano des artistes les plus renommés 
à Pétersbourg et à Paris. Elle possède un ta- 
lent distingué sur son instrument et a com- 
posé des choses agréables dont voici les 
titres : 1° Fantaisie sur un motif de Preciosa 
pour piano; Mittau, Reyher. ^'' Mes Adieux, 
andante pour piano; ibid. 3° Pensée fugitive j 
idem, ihld. * 

ROrHIIVG (Loris DE), facteur d'orgues à 
Cologne, fut appelé en Hollaiîde pour terminer 
le grand orgue de l'église Saint-Étienne, à 
Njmèguc, que le facteur Chrétien Muller, 
devenu malade en 1770, n'avait pu exécuter. 
De Koning employa trois années à faire cet 
ouvrage, composé de cinquante-sept jeux, 
dont quelques-uns de seize pieds, trois cla- 
viers, pédale et huit soulîlels. 



KONING - KONTSKl 



83 



KOIVITXG (David), pianiste et compositeur 
hollandais, est né à Rotterdam, en 1820. Fils 
d'un négociant, il était destiné au commerce; 
mais son père, amateur passionné de musique, 
voulut qu'il cultivât cet art pour lequel il lais- 
sait apercevoir les dispositions les plus heu- 
reuses. Dès l'âge de douze ans, il jouait avec 
facilité de plusieurs instruments, particuliè- 
rement du piano; ce qui ne l'empêchait pas 
de travailler aux affaires commerciales de la 
maison paternelle. En 1834, son père le con- 
duisit à Francfort-sur-le-Mein, dans une 
maison de commerce, afin qu'il y prît l'habi- 
tude de parler la langue allemande; mais ne 
voulant pas qu'il négligeât la musique, il lui 
donna pour maître de piano et de composition 
l'excellent professeur Aloys Schmilt. Pendant 
quatre ans, le jeune Koning reçut des leçons 
de cet artiste qui, ayant reconnu la belle or- 
ganisation de son élève pour Part, lui donna 
le conseil de s'y consacrer exclusivement, et de 
renoncer à la carrière de commerçant. Koning 
écrivit plusieurs compositions sous la direction 
de son maître, particulièrement trois grandes 
ouvertures d'orchestre. Quand il retourna à 
Rotterdam, en 1838, son instruction pratique de 
compositeur était complète, quoiqu'il ne fiU 
âgé que de dix-huit ans. Devenu libre de se 
livrer sans réserve à son penchant d'artiste, il 
n'eut plus d'autre occupation que la musique, 
étudia les œuvres des maîtres célèbres et les 
prit pour modèles dans ses travaux. Des qua- 
tuors d'instruments à cordes et des sonates de 
piano furent ses premières productions après 
son refour dans sa ville natale. En 1859, il 
écrivit une quatrième ouverture pour le con- 
cours ouvert par la Société néerlandaise, insti- 
tuée pour Tencouragement de la musique, et 
nonobstant la jeunesse de l'auteur, cet ou- 
vrage obtint le prix, et la partition de l'ouver- 
lure de Koning fut publiée aux frais de cette 
institution. Dans la même année, il publia à 
Bonn, chez Simrock, un Domine Salviim fac 
regem^ avec orchestre, op. 1, composé pour le 
roi des Pays-Bas. Cette composition, d'un 
grand développement, a été analysée par 
G.-W. Fink, dans la Gazette générale de mu- 
sique de Leipsick (année 41'', p. 944). L'ou- 
verture couronnée, œuvre 7", parut en 1840, à 
Rotterdam, chez II. Paling. Des fantaisies et 
variations pour le piano, des études, une sym- 
phonie à grand orchestre, ont succédé aux 
premières œuvres. Postérieurement, Koning a 
résidé à Paris, à Londres, à Vienne; mais les 
rcnseig'nements manquent sur ses travaux. 

KOINIINK (Sebvaas DE), maître de mu- 



sique à Amsterdam, au commencement du dix- 
huitième siècle, a fait imprimer quelques ou- 
vrages de musique instrumentale, de sa 
composition, parmi lesquels on remarque : 
1° Douze sonates à flûte seule, violon ou 
hautbois et basse contenue, Amsterdam, Ro- 
ger, in-4'' oblong. 2" Trios pour flûtes, violon 
ou hautbois, ibid. 3» IloUandsche minne en 
drinh liederen, in-S*», ibid. 

KO]>iTSRÏ (DE), famille de musiciens po- 
lonais qui, dans la réunion de ses membres, 
bien jeunes encore, a excité l'étonnement de 
l'Europe entière. Le père, Grégoire de Kontski, 
descend de l'ancienne famille polonaise Rroch- 
witsch ; mais il n'était que simple employé du 
tribunal civil de Cracovie, en 1810. La mère, 
née de Rozika, appartient aussi à la noble 
maison deTrojanow. Le fils aîné, Charles, est 
né le G septembre 1815; sa sœur, Eugénie, le 
28 novembre 1816; Antoine, deuxième fils, 
le 27 octobre 1817; Stanislas, le 8 octobre 
1820. Tous ont vu le jour à Cracovie. Apolli- 
naire, dernier enfant de cette famille, est né 
à Varsovie, le 25 octobre 1825. Les disposi- 
tions merveilleuses de Charles pour la mu- 
sique frappèrent son père, assez bon musicien 
et qui jouaitde plusieurs instruments. Il avait 
à peine atteint l'âge de cinq ans lorsqu'on lui 
mit entre les mains un violon, dont il joua 
bientôt de manière à exciter l'étonnement de 
ceux qui l'entendirent. Dans le mémo temps, 
son père lui enseigna les règles de la versifi- 
cation, qu'il apprit sans peine et qu'il n'a ja- 
mais oubliées. Antoine et Eugénie, qui avaient 
choisi le piano pour leur instrument, y firent 
aussi de rapides progrès. Dans les premiers 
temps, Kontski ne songeait point à tirer parti 
de leurs talents; il ne leur enseignait la mu- 
sique que comme un délassement, et cet art 
ne les occupait que dans les intervalles du 
temps où ils ne fréquentaient pas les écoles. 
Cependant les progrès remarquables de ces en- 
fants fixèrent enfin son attention ; il leur ac- 
corda tous ses soins, et le 3 février 1822, il 
donna son premier concert avec eux. L'éton- 
nement des habitants fut au comble quand ils 
entendirent ces virtuoses en herbe, dont l'alné 
avait sept ans. Un second concert n'eut pas 
moins de succès que le premier. Kontski prit 
alors la résolution de ne rien négliger pour 
compléter l'éducation de ses enfants. Il donna 
sa démission de son emploi, et obéit à un 
ordre du gouvernement qui l'appelait à Var- 
sovie pour faire entrer les jeunes gens au Con- 
servatoire de cette ville. La protection de la 
comtesse Zamaïska contribua à leur faire rece- 

li. 



8t 



KONTSKI 



voir une instruction solide dans l'art ; elle eut 
aussi part à la nomination de Rontski,le père, 
à la place d'inspecteur du Lycée de Varsovie. 
En 1825, Charles fit ses premiers essais de 
composition en écrivant des polonaises, des 
mazurkes et d'autres petits morceaux qui fu- 
rent alors publiés. L'empereur Alexandre, qui 
se trouvait à Varsovie, au mois de mai 1823, 
accepta la dédicace d'une de ces bagatelles, et 
promit sa protection aux enfants de Rontski ; 
mais il ne revit plus Fétersbourg, et sa mort 
laissa la famille des jeunes artistes dans son 
ancienne situation. Charles et Antoine ayant 
achevé leurs éludes au Conservatoire, et tous 
deux ayant acquis un talent extraordinaire 
pour leur âge, le premier devint le modèle 
de son frère Apollinaire, qui déjà jouait du 
violon, et le second fut celui de Stanislas 
sur le piano. En 1827, toute la famille entre- 
prit son premier voyage et prit sa route par 
Lemberg, Wilna et Mittau, pour se rendre 
à Fétersbourg. Partout elle donnait des con- 
certs , et partout elle excitait l'admiration. 
Stanislas commençait à se faire entendre sur 
le piano, et déjà le petit Apollinaire, âgé de 
qtiatre ans et demi, jouait du violon devant 
de nombreuses assemblées. Arrivés à Féters- 
bourg, au mois de janvier 1829, les Konlski y 
demeurèrent six mois, pendant lesquels ils 
donnèrent plusieurs concerts, et jouèrent de- 
vant la famille impériale avec un succès d'en- 
thousiasme. Charles y prit aussi des leçons de 
composition chez Blanchi. A Moscou, Antoine 
reçut des conseils de Field pour ses composi- 
tions de piano, et le jeune artiste dédia à ce 
maître son concerto en fa, morceau d'une 
prodigieuse difliculté. La famille partit de 
Moscou au mois de jeuillet 18-30, voyageant 
avec lenteur, à cause du choléra, et s'arrêta 
longtemps dans la Gallicie, où elle rencontra 
Lipinski : elle n'arriva à Cracovie qu'au mois 
d'octobre 1831. L'année suivante, elle recom- 
mença ses voyages en se dirigeant sur Vienne, 
et depuis lors elle a visité la Hongrie, la plus 
grande partie de l'Allemagne, la Suisse, l'An- 
gleterre et une partie de la France, (/^oyea les 
notices suivantes de chacun des membres de 
la famille Rontski devenus artistes.) 

ROINTSRI (CiunLEs), l'aîné des quatre 
frères de ce nom, n'a pas réalisé d'une ma- 
nière complète les espérances qu'il donnait 
dans son enfance comme violoniste. Il s'est 
fixé à Paris et s'y livre à l'enseignement de 
son instrument. On a vu, dans l'article précé- 
dent, qu'il a commencé l'étude de la composi- 
tion à Pétcrsbourgj et qu'il reçut des leçons de 



Bianclii concernant l'art d'écrire en musique. 
Arrivé à Paris, il continua cette étude sous fa 
direction de Reicha. lia écrit quatre quatuors 
pour deux violons, alto et basse; deux quin- 
tettes, dont le dernier est son œuvre 27'-', et 
un sextuor pour deux violons, deux altos, vio- 
loncelle et contrebasse, lequel obtint un succès 
d'estime dans une séancepubliqueoiiilfutexé- 
cuté par lui et plusieurs des meilleurs artistes 
de Paris^ Les autres productions de M. Charles 
Rontski sont : 1" Duo pour piano et violon, 
op. 1. 2" Grand duo pour piano et violon sur 
des thèmes de Schubert, op. 2. 3» Trois mélo- 
dies originales pour piano, op. 3. 4° Fantaisie 
pour violon, op. 4. 5" Variations sur un thème 
original. 

KOI\TSRI (Antoine), pianiste distingué, 
a vécu quelques années à Paris, puis a par- 
couru l'Espagne, le Portugal, et a joué avec 
succès à Madrid, à Séville et à Lisbonne. Après 
un court séjour à Londres, il revint à Paris et 
s'y livra à l'enseignement du piano. Plus 
tard, il visita Berlin, Posen, Varsovie où son 
talent produisit une profonde impression. Il 
donna ensuite des concerts dans les villes 
principales de la Lithuanie, de la Podolie et 
de l'Ukraine. Arrivé à Fétersbourg, il s'y est 
fixé comme professeur de piano. En 1857, il y 
a organisé des séances pour l'exécution de la 
musique classique. Les compositions ou ar- 
rangements de cet artiste s'élèvent au nombre 
d'environ cent cinquante œuvres de fantaisies, 
variations, études, méditations et pièces de 
salon et de concert. 

RO?«iTSRI (Stanislas) , troisième frère 
des précédents, est fixé à Paris depuis l'arrivée 
de sa famille en cette ville. Élève en partie de 
son frère Antoine pour le piano, il ne s'est pas 
élevé au même degré d'habileté; mais il est 
considéré comme un des bons professeurs de 
son instrument. Il a publié environ vingt 
œuvres de pièces légères, telles que valses, 
marches, nocturnes, caprices, etc. 

ROI>iTSRI (Apollinaire), le plus jeune 
des quatre frères, et violoniste imitateur de 
Paganini, a obtenu de brillants succès dans 
toutes les contrées européennes qu'il a par- 
courues. La Pologne et la Russie ont retenti/ 
des applaudissements qui lui ont été prodi- 
gués. La partie la plus remarquable de son 
talent consiste principalement dans la dexté- 
rité de la main gauche. Son premier concert à 
Fétersbourg fut donné au théâtre Michel, le 
28 mars 1851. Dans l'année suivante, il visita 
Moscou, puis il parcourut les diverses pro- 
vinces de l'empire de Russie. De retour àPé- 



KONTSKI — KOPRZIWA 



lersboiirg, il y reçut le diplôme de premier 
violon solo (le l'empereur de toutes les Russies. 
On a de cet artiste quarante-cinq œuvres pour 
son instrument et pour le piano, soit publiées, 
soit inédites. Il donne à quelques-uns de ses 
morceaux avec accompagnement d'orchestre 
ou de piano, le titre de poëmes musicaux. Sa 
fantaisie sur les motifs de Lucie de Lammer- 
moor, jouée par lui, a toujours eu beaucoup 
d'applaudissements. On a publié sur M. Kont- 
ski : Notice sur Apollinaire de Kontski, sa 
naissance, sa vie, ses œuvres, ses études 
et ses succès jusqti'à ce jour, par Justin Du- 
puy, Bordeaux, 1847, in-S". 

KOIX'WALlTMvA (Paul), compositeur, 
naquit à Sagolza, en Hongrie, dans la pre- 
mière moitié du dix-seplième siècle. Après 
avoir demeuré quelque temps à Prague, puis 
à Vienne, il voyagea et arriva jusqu'.à Jéna, 
oii ses ouvrages lui firent la réputation d'un 
nnisieien habile. En 1G72, il y fit imprimer 
un chant pour basse solo avec accompagne- 
ment de viole da braccio, sur les paroles : 
Christe, tibi vivo,moriar; tibi, Christc^re- 
surgam, etc. 

ROPCZYNSKI (Janus), pianiste et com- 
positeur amateur, est né en 1851, à lloladki, 
propriété de sa famille, en Ukraine. Les pre- 
mières leçons de piano lui furent données par 
Ignace Platon Kozlowski(iioj/e3 ce nom). Arrivé 
à Paris, il s'est livré à l'étude sérieuse de cet 
instrument sous la direction de Charles-Valen- 
tin Alkan. M. Ropczynski a écrit six éludes 
pour le piano, dans le style brillant, trois ro- 
mances sans paroles et plusieurs Mazoures. 

KOPP (Georges) , organiste à Passau,.vers 
le milieu du dix-septième siècle, naquit en 
Bohème et vécut longtemps à Prague. En 
1059, il a fait imprimer à Passau, chez Geor- 
ges Ilœller, huit antiennes de la Vierge, de 
sa composition. Wallher cite aussi, dans son 
Lexique de musique (p. 344), un œuvre de 
messes à cinq et six voix , de cet artiste, 
comme ayant été publié ; mais il n'indique ni 
la date ni le lieu de l'impression. 

KOPP (Le p. André), religieux augustin, 
né en Bavière, dans les premières années du 
dix-huitième siècle, a fait imprimer un re- 
cueil de musique d'église de sa composition, 
intitulée : Promptuarium musico sacrum, 
consistant en deux messes à quatre voix, vio- 
lons etorgue, deux offertoires, deux litanies de 
la Vierge, un Te Deum, un Miserere, deux 
Magnificat, deux SaKe Begina, un Mma, 
un Ave Regina, et un Regina Cœli, Augs- 
Lourg, 1736, in-fol. 



ROPPRASCII (Wenceslas), bassoniste 
attaché à la chapelle de Dessau, vers la fin du 
dix-huitième siècle, était vraisemblablement 
né en Bohême. Il a écrit pour le théâtre de 
Dessau un opéra intitulé : Einer jagt den 
Andern (L'un chasse Taulre). On connaît 
aussi de sa composition : 1° Air avec varia- 
tions pour basson avec orchestre, op. 1. 
2» Concerto pour le basson avec orchestre, 
op. 2. 5" Symphonie concertante pour deux 
bassons, idem, op. 3. 4» Six valses pour le 
piano, ibid. 

ROPPRASCII (G.), fils du précédent, né à 
Dessau, fut attaché d'abord à la musique d'un 
régiment prussien, puis entra à l'orchestre 
du théâtre royal de Berlin, où il se trouvait en 
1824. On a de sa composition : 1" Six quatuors 
couils et faciles pour quatre cors, Leipsick, 
Rollmann. 2" Douze petits duos pour deux 
cors, ibid. 3» Trois grands duos, idem, ibid. 
4° Six sonates pour deux cors, deux trom- 
pettes et trois trombones. Leipsick , Peters. 
5° Soixante études pour cor alto (premier cor), 
op. 5, ibid. G" Soixante études pour cor basse 
(second cor), ibid. Kopprasch adopta ces dé- 
nominations de cor alto et cor basse d'après 
la méthode de cor de Dauprat. 

ROPPiZIWA (Wenceslas), surnommé 
Urtica, naquit à Brdloch , en Bohème, le 

8 février 1708. Après avoir terminé ses études 
à Prague, il fut nommé organiste et recteur 
du collège à Czytolib; il en remplit les fonc- 
tions pendant cinquante-sept ans. Il vivait 
encore près de son fils à Czytolib, en 1787. 
Koprziwa a composé beaucoup de musique 
d'église qui est connue en Bohême sous le 
nom d'[7rfîca, et qui est restée en ma- 
nuscrit. 

ROPRZIWA (Charles), fils du précé- 
dent, fut un des meilleurs élèves du célèbre 
organiste Segert. Il naquit à Czytolib, le 

9 février 1736, et alla étudier la musique à 
Prague. En sortant de l'école de Segert, il re- 
tourna chez son vieux père, qui ne jouit pas 
longtemps du plaisir d'admirer son talent, 
car Charles mourut à l'âge de vingt-neuf ans, 
le 16 mai 1783. Quoiqu'il ait si peu vécu, il a 
écrit beaucoup de musique d'église, d'orgue 
et de concert, où l'on remarque un génie 
élevé. Parmi ses ouvrages, qui tous sont restés 
en manuscrit, on peut citer : 1° Sept messes 
solennelles. 2» Trois offertoires, ô» Trois 
motets. 4° Douze symphonies. 5° Huit concer- 
tos d'orgue, et un grand nombre de fugues et 
de préludes. Il a formé plusieurs élèves dis- 
tingués, au nombre desquels était son frère 



86 



KOPRZIWA - KOSSMÂLY 



cadet, Jean-Baptisle Koprziwa, qui lui suc- 
céda comme organiste à Czytolib. 

KORB (Jean-Frédéric), né en Bavière, fut 
organiste à Diessenhoven (Suisse), vers le mi- 
lieu du dix-huitième siècle. Il a fait imprimer 
à Nuremberg, en 1756, une suite de pièces 
pour le clavecin, intitulée : Musikalische Ge- 
muthsergœtzung , bestehend in 6 Klavier- 
parthien, première et deuxième parties, in-4'>. 

RORINACIIER (L.), d'abord étudiant en 
droit, devint ensuite élève de l'abbé Vogler, 
et fit avec lui un voyage à Paris, en 1784. On 
connaît sous son nom : 1" Chansons de l'école 
de chant de Manheim, publiées à Mayence. 
2" Premier concerto de clavecin, sans accom- 
pagnement; ibid.; deuxième idem, Paris, 
o" Sonates pour le clavecin, op. 1, 2 et 3; 
ibid. 

iiOSOD (BioRCE-PossonoLAw), docteur en 
théologie, chapelain et prédicateur du châ- 
teau, à Copenhague, nacjuit à Mariagor, dans 
le Jutland, le 24 janvier 1752. Il est auteur 
d'une dissertation historique et philosophique 
intitulée ; Musikens infleydelse paa Men- 
nesket (Influence de la musique sur l'espèce 
humaine), Copenhague, Niels Christensens, 
1804, in-8" de 104 pages. L'auteur de cet 
opuscule s'y livre à l'examen des effets moraux 
de la musique chez les anciens et chez les 
modernes. 

K O S P O T H (OTnoK-Cir arles-Erdm ANN, 
baron DE), né à Muhltroff, en Saxe, vers le 
milieu du dix-huitième siècle, voyagea dans 
sa jeunesse en Italie, puis eut le titre de cham- 
bellan du roi de Prusse, et fut chanoine sécu- 
lier à Blagdebourg. Il mourut à Berlin, le 
23 juin 1817. Depuis 1782, il s'est fait con- 
naître avantageusement comme compositeur 
par les ouvrages suivants : 1" Der Freund 
deutscherSillen (l'Ami des mœurs allemandes), 
j)etit opéra. 2» Der Ifrwisch (le Feu follet). 
3" Adraste et Isidore. Des airs de ces deux 
derniers ouvrages, arrangés pour Je piano, 
ont été publiés à Berlin, par Rellstab. 4° Bella 
et Fernando ou le Satyre. 5" Der Msdchen- 
markt zu Ninive (le Marché de filles à Ni- 
nive), 1795. 6" Le Pouvoir de l'harmonie, 
cantate exécutée à Berlin, à l'ouverture du 
Concert d'amateurs. 7» Un oratorio écrit à 
\enise et exécuté avec succès en 1787. 8" Chan- 
sons à voix seule avec accompagnement de 
piano; Brunswick, 1795.9° Sym|)honie à grand 
orchestre (en sol), op. 22; Brunswick, Spehr. 
10''/(/em(en?a),op. '20, ibid. 11° Mem {en ré), 
op. 24, ibid. 12" Six quatuors pour deux vio- 
lons, alto cl basse, op. 8; Offenbach, André. 



13" Six trios pour violon, alto et basse, op. 1, 
ibid. 14" Six quatuors pour flûte, violon, alto 
et basse, op.5,i6id. 15" Sérénade pour piano, 
hautbois, deux cors de bassette et basson, 
op. 19; ibid. 16" Six quatuors pour deux vio- 
lons, alto et basse, op. 10; Spire, Bossler, 
17" Grande sérénade pour deux violons, deu-; 
altos, deux cors, violoncelle et contrebasse, 
op. 11 ; ibid. 18" Composizioni sopra il Pa- 
ter noster, consistente en 7 sonate caratte- 
ristiche con un introduzione per 2 violint, 
2 oboe, 2 corni, fagotto, viola et basso, op. 2 ; 
Darmstadt, 1794. 19" Concerto pour hautbois 
et orchestre, ibid. Quelques ouvertures de ses 
opéras ont été aussi publiées. Kospoth a laissé 
en manuscrit un Miserere à quatre voix et or- 
chestre, qui est à la Bibliothèque de Berlin. 

KOSSAR (CnARLES-ERîiEST), critique de la 
nouvelle école qui commença à se produire, 
tant en France qu'en Allemagne, avec le ro- 
mantisme. Il naquit à Berlin, vers 1818. Une 
brochure qu'il publia sous ce titre : Aphoris- 
men Uber Rellstab^s Kunstkritik (Aphorismes 
sur la critique d'art de Rellstab), Berlin, 
C,-W. Essiinger, 1846, fit quelque sensation 
en Allemagne par sa hardiesse, et par son ton 
tranchant et dogmatique. Il y professait des 
doclrines musicales assez semblables à celles 
de Richard Wagner. Quelques rédactions de 
journaux recherchèrent alors la collaboration 
de l'auteur de cet écrit; mais son feu s'était 
épuisé dès le premier jet, et rien de lui depuis 
lors n'a fixé l'attention. 

KOSSMALY (Charles), compositeur et 
écrivain sur la musique, est né en Silésie et a 
fait vraisemblablement ses études musicales à 
Breslau.En 1842, il était directeur d'orchestre 
de la chapelle de Detmold, et il occupa celte 
position pendant plusieurs années. A la même 
époque, il fournit à la Gazette générale de 
musique de Ze/pst'cft quelques bons articles de 
critique. En 1845, il était de retour à Breslair, 
avec le litre de directeur de musique, et il fai- 
sait exécuter quelques-unes de ses composi- 
tions pour l'orchestre. Postérieurement on le 
trouve à Stettin où, toutefois, il ne parait pas 
être resté. Les biographes allemands gardent 
un silence absolu sur cet artiste. On a de lui 
une sorte de supplément de la Biographie des 
musicien» silésiens , \mhUée par C.-J. -Adolphe 
Hoffmann, en 1830 {voyez C.-J. -Ad. Hoff- 
mann). M. Rossmaly a eu pour collaborateur 
M. Carlo, nom inconnu dans la littérature de 
la musique. Aucun ordre systématique n'est 
suivi dans la nomenclature des artistes dont il 
est parlé dans cet ouvrage. Il parut en quatre 



KOSSMALY - KOZELUCH 



87 



suites Jans chacune desquelles la succession 
alphabétique recommence. M. Kossmaly a 
donné à son livre le titre de : Schksisches 
Tonhunstîer Lexihon, enthaltend die Bio- 
r/raphien aller Schlesischen TonkUnstkr, 
Componisten, Cantoren, Organisten, Ton- 
fjelehrten, Texidichter, Orgelbauer, Instru- 
mentetimacher, etc. IVebst genauer Angabe 
aller Schlesischen musikalischen Instiiute, 
yereine, Musihschulen , Liedertafeln , etc. 
(Dictionnaire des musiciens de la Silésie, ren- 
fermant les biographies de tous les musiciens 
silésiens, compositeurs, cantors, organistes, 
théoriciens , poêles lyriques, constructeurs 
d'orgues, fabricants d'instruments, avec des 
renseignements exacts sur toutes les institu- 
tions musicales de la Silésic, académies, écoles 
de musique, sociétés de chant, etc.), Breslau, 
Ed. Trevent, 1840-1847, quatre suites in-S", 
foimant un volume de trois cent trente-deux 
pages. Le litre de Dictionnaire ne convenait 
pas à cet ouvrage où l'ordre alphabétique est 
quatre fois interverti; mais les notices, parti- 
culièrement celles qui sont signées du nom de 
Kossmaly, sont faites avec soin et fournissent 
des renseignements exacts. Comme composi- 
teur, cet artiste a mis au jour plusieurs re- 
cueils de chants à qtiatre voix (soprano, con- 
tralto, ténor et basse), en partition ; Breslau, 
Leuckart. Des romances allemandes, avec ac- 
compagnement de piano; Berlin, Rosmar, 
1850; trois Licder à voix seule, avec piano et 
cor obligé; Leipsick, Wunder; d'autres Lie- 
der avec piano et clarinette obligée; Cassel, 
Appel ; des chants pour quatre voix d'hommes, 
op. 10, etc. 

KOSTHA BE]\ LOUKA (Kostha , fils 
de Lucas), philosophe chrétien, arabe de nais- 
sance, vécut dans la seconde moitié du neu- 
vième siècle. Parmi ses ouvrages se trouve 
tin traité de musique, dont le manuscrit, indi- 
qué par Casiri (Biblioth. urabico-hispana , 
t. I, n» 420), existe à la Bibliothèque de l'Es- 
curial. 

KOTZWARA (François), né à Prague, a 
voyagé quelque temps en Allemagne et en 
Hollande, puis s'est fixé à Londres en 1793, 
et y est mort dans les dernières années du 
dix -huitième siècle. On a i>nblié de sa compo- 
sition : 1" La Bataille de Prague pour itiano, 
violon et violoncelle, Berlin, Lischke ; llam- 
Iioiirg, Bœhme. Ce morceau a été célèbre vers 
la fin du dix-luiilième siècle. 2" Trois sonates 
jiOiir \)inno et violon, op. ô4, Offenbach, An- 
dré, ô ' Tiois sonates pour piano seul, op. ôG, 
ôlahlicim, Ucck'.l. 4" Sonate pour clavecin à 



quatre mains, Amsterdam, 1783. 5" Sérénades 
pour violon, alto, violoncelle et deux cors, 
ibid. 6" Trois solos pour alto, Londres. Je me 
souviens que ce bon Kotzwara passa à Mons, 
au printemps de 1792, et qu'il vintvisiler mon 
père. Il m'entendit jouer sur le piano des 
sonates de Mozart. L'après-midi, il revint, ap- 
portant sa Bataille de Prague, qu'il venait 
d'achever, et qui obtint une grande célébrité 
vers la fin du dix-huitième siècle; je la lui 
jouai immédiatement, accompagné par mon 
père sur le violon et par lui sur le violoncelle. 
Ravi de ce qu'à l'âge de huit ans, j'avais pu 
jouer ce morceau à première vue, ce digne 
homme me prit entre ses bras et me prédit, 
d'un air inspiré, plus de bonheur qu'il ne 
m'en est avenu. Il jouait bien du piano, du 
violon, du violoncelle, du hautbois, de la flùle, 
du basson et du cistre. Pourtant, il ne parais- 
sait pas être dans l'aisance. Il était en voyage 
pour jouer à Londres la contrebasse au théâtre 
du Roi etau concert de l'ancienne musique. Son 
habileté à imiter le style des compositeurs les 
plus en vogue de cette époque .e fit employer 
par les marchands de musique anglais à écrire 
des |)ièces qu'ils publiaient sous les noms de 
Pleyel, de Haydn et de Mozart (1). Kotzwara 
aurait pu vivre dans l'aisance, mais ses pas- 
sions pour le vin et pour les amours faciles le 
mettaient souvent dans de grands embarras. 
Vers la fin de 1793, on le trouva pendu dans 
une maison suspecte de Chandos street (Co- 
vent Garden). Une instruction criminelle fut 
commencée contre les habitants de cette mai- 
son, mais ils prouvèrent que la mort de Kotz- 
wara était le résultat d'un suicide (2). 

KOZELUCH (Jea>-.\ntoine), maître de 
chapelle à l'église métropolitaine de Prague, 
et l'un des meilleurs compositeurs de la Bo- 
hême, naquit à Welwan, le 13 octobre 1758, 
Dès son enfance, il trouva un protecteur dans 
le comte de Kolowrat, qui l'emmena dans ses 
propriétés de Brzeznicz, et le plaça au collège 
des jésuites en qualité de sopraniste. Il s'y 
distingua par ses progrès dans la musique. 
Après plusieurs années passées en ce lieu, il 
alla continuer ses études à Prague et y apprit 
les éléments de la composition. Cependant, la 
nécessité de pourvoir à son existence l'obligea 
à s'éloigner de cette ville, oii il trouvait toutes 
les ressources nécessaires à son instruction, et 
à accepter une place de directeur de musiiiuc 
à l'église de Rakonitz; mais il n'y resta pas 

(1) W. T. Parts, .Vu«co/.Veij)OiM. T. I , p. 181. 

(2) IbU. 



88 



KOZELUCH 



longtemps, ayant été bientôt après nommé di- 
recteur du chœur dans sa ville natale. Le désir 
d'augmenter ses connaissances dans la mu- 
sique lui fit quitter cette i)osition, au bout de 
quelque temps, pour retourner à Prague, où 
il vécut d'abord comme sim|)le basse chantante 
à Saint-Vith et dans d'autres églises. Ce fut 
alors qu'il fil de grands progrès dans l'art 
d'écrire, ayant eu le bonheur d'être accueilli 
par le célèbre organiste Segert, qui lui donna 
des leçons de contrepoint. Parvenu à la lin de 
ses études techniques, il comprit la nécessité 
de recevoir les conseils de quelque grand 
maître pour les autres parties de l'art, et son 
instinct lui persuada qu'il ne pouvait trouver 
ce maitre qu'à Vienne. Les petites économies 
qu'il avait faites l'aidèrent à s'y rendre. Il y 
trouva dans ses compatriotes Gluck et Gas- 
mann tout ce qu'il pouvait désirer sous les 
rapports de l'expérience et du beau sentiment 
de l'art : tous deux lui firent le meilleur ac- 
cueil et lui jirodiguèrent les enseignements 
qu'il venait chercher près d'eux. Plus tard, il 
apprit de liasse le mécanisme de la coupe des 
morceaux de musique d'apiès la méthode ita- 
lienne. De retour à Prague, Kozeluch y vécut 
en donnant des leçons de chant et de clavecin 
jusqu'à ce qu'il fut nommé directeur du chœur 
de l'école de musique à l'église des religieux 
de la Croix. Il y forma un grand nombre 
d'élèves, parmi lesquels il s'est trouvé quelques 
artistes distingués. Considéré comme le plus 
grand musicien qui fût à Prague, Kozeluch ob- 
tint, le 15 mars 1784, la place de maître de 
chapelle de l'église métropolitaine, et il en 
remplit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée 
le ô février 1814. Ses compositions lui ont fait 
dans sa patrie la réputation d'un grand musi- 
cien, et les artistes qui ont entendu ses ou- 
vrages avouent que leur mérite n'est point 
au-dessous de l'estime qu'on leur accorde à 
Prague; mais telle était la modestie de Koze- 
luch, tel était son pur amour de la musique, qu'il 
n'a travaillé que pour l'art lui-même, qu'il ne 
s'est jamais occupé de sa renommée, et que ses 
productions sont inconnues à toute l'Europe. 
Parvenu à l'âge de soixante-dix ans, il eut 
pourtant, en 1801, la pensée de publier quel- 
ques-unes de ses plus belles compositions pour 
l'église 5 mais dans un pays si pauvre que la 
Bohême, il ne put trouver un nombre de sous- 
cripteurs sutTisant pour couvrir les frais de 
l'impression, et ce projet fut abandonné. 
Parmi l'immense quantité d'ouvrages sortis 
de la iiliime de. Kozeluch, on remarque: 
1» Jlexandrc aux Indes j grand opéra, re- 



présenté à Prague, en 1774. 2» Démophon , 
idem. 3" La Mort d'Abel, oratorio. 4" Gioas 
Re di Giuda, oratorio, exécuté à Prague, le 
vendredi saint de l'année 1777. 5" Des messes 
à quatre voix et orchestre pour tous les di- 
manches et jours de fête de l'année, avec les 
graduels et offertoires. G*" Quelques messes 
solennelles et grandes vêpres pour les solen- 
nités de l'église. 7° Cinq messes de Requiem. 
8» Cent seize graduels et offertoires. *J° Cent 
quarante-sept motets pour toute l'année. 
10» Des litanies de la Vierge et des saints. 
]\" Antiennes de la Vierge, Salve Regina et 
Regina Cœli, etc. La Bibliothèque royale de 
Berlin possède de cet artiste les partitions ma- 
nuscrits de deux messes solennelles, la pre- 
mière (en mi bémol) pour quatre voix et orgue 
obligé; l'autre (en re majeur), pour quatre 
voix et orchestre; de plus, l'offertoire .ffonum 
est confilcri , à quatre voix et orchestre (en mi 
mineur), et les motels Omni die Marix me 
laudes anima, et Jla'c persona nobis dona, 
également à quatre voix et orchestre. 

Kozeluch a laissé un fils (Vincent), né à 
Piague, bon maître de chant et de piano, 
dont on a quelques bagatelles, entre autres 
des Menuets pour le bal du Bretfeld, publiés 
en 1797, et des danses allemandes, Prague, 
Pollé, 1803. 

KOZELUCH (Léopold), né en 1754, à 
Welwarn, en Bohême, fut un artiste d'instinct 
qui aurait pu s'élever au plus haut degré de 
l'art sij moins entraîné par sa facilité à pro- 
duire, et moins occupé comme maître de 
piano, il avait pu méditer avant d'écrire, et 
développer, par des études sérieuses, la ri- 
chesse d'idées qu'il tenait de la nature. Dès 
rage de neuf ans, il apprit les élémenls du 
chant et du clavecin sous la direction de son 
cousin Jean-Anloine, déjà très-habile musi- 
cien à cette époque. Dans sa onzième année il 
alla faire ses humanités à Prague, et pendant 
ce temps il continua de s'instruire dans la 
musique. Déjà il composait de petits mor- 
ceaux pour le clavecin, oii l'on remarquait de 
la grâce et de la facilité. Après avoir achevé 
ses cours de philosophie, de mathématiques 
et de droit, il écrivit, pour le théâtre national 
de Prague, la musique d'un ballet qui fut re- 
présenté en 1771. Le succès qu'obtint cet 
ouvrage l'encouragea et lui fil composer, dans 
l'espace de six ans, vingt-quatre autres bal- 
lets, trois pantomimes, et plusieurs airs et 
chœurs introduits dans différentes pièces. En 
1778, il se rendit à Vienne, où il se fit bientôt 
connaître avantageusement par un très-grand 



KOZELUCH — KOZLOWSKI 



80 



nombre de composilions de tout genre. L'em- 
pereur Joseph II le choisit pour maître de 
piano de l'archiduchesse Elisabeth, première 
femme de l'empereur François II. Cette cir- 
constance fut la cause de sa fortune d'artiste, 
carsa position à la cour lui fournit les moyens 
d'obtenir, après la mort de Mozart (en 1792), 
sa nomination de compositeur de la chambre 
impériale; sinécure à laquelle était attaché 
un traitement de quinze cents florins, et qui, 
de plus, donnait de la considération à celui 
qui la possédait. Le frère de Rozeluch avait 
établi un magasin de musique à Vienne : il 
fut le principal éditeur <les œuvres du compo- 
siteur. Celui-ci, pianiste distingué par le 
goût et l'expression, avait une mullilnde 
d'élèves dans les maisons les plus considé- 
rables de Vienne : bientôt cette haute société 
mil en vogue la musique de Rozeluch de pré- 
férence à toute autre. Cette musique ne se 
fait pas remarquer par un grand mérite de 
facture; on y trouve même bon nombre d'in- 
correclions; mais la mélodie gracieuse, élé- 
gante et facile y abonde. De là vient qu'elle 
était recherchée par tous les amateurs. En 
France, le prodigieux succès des œuvres de 
Pleyel lui fut nuisible, et sa vogue y cutmoins 
de durée qu'en Allemagne. Aujourd'hui, cette 
musique est complètement oubliée. Rozeluch 
est mort à Vienne le 8 février 1814, cinq jours 
après Jean-Antoine, son parent et son maître. 
Le nombre des compositions de cet artiste 
~'est immense. On y compte, parmi les opéras 
et les oraloirios : \° Mazet, petit opéra fran- 
çais. 2° Didone abbandonata, opéra sérieux 
italien, ô" Mosè in Egitlu, oratorio écrit en 
1787, et exécuté quatre fois à Vienne, au bé- 
néfice des veuves d'artistes, par cent quatre- 
vingts musiciens. A" Judith, opéra sérieux, 
écrit par ordre de l'empereur Léopold. 3" Ot- 
tone, grand ballet héroïque, publié en parti- 
tion pour le piano. 6" Les aventures de 
Tclémaque daiis Vile de Calypso, tableau 
caractéristique de musique, composé en 171)8. 
7" Debora et Sisara, opéra sérieux. 8" Beau- 
coupde cantates, dontune grande, à l'occasion 
du couronnement de l'empereur Léopold II, 
exécutée au théâtre national de Prague, le 
fi septembre 1791 ; Complainte de Denis à la 
mort de Marie-Thérèse; Joseph; la Béné- 
diction de l'humanité; l'Orage; la cantate 
de PfelTel sur Thérèse paradies, etc. 9» Beau- 
coup d'airs détachés et de chœurs pour diffé- 
rentes circonstances. Dans sa musique in- 
strumentale, on cite : 10» Environ trente 
symphonies à grand orchestre. 11 en a été 



publié deux à Paris, chez Sieber. 11» Deux 
suites de pièces d'harmonie pour deux haut- 
bois, deux clarinettes, deux cors, deux bas- 
sons et contrebasse, Bonn, Simrock. 12" Qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, op. 52 
et ôô, Paris, Naderman. lô» Concertos pour 
piano et orchestre, n^M à 11, Paris, Nader- 
man; OlTenbach, André. Il en avait écrit, 
dit-on, plus de soixante, dont trois à quatre 
mains. 14° Sonates et trios pour piano, violon 
et violoncelle, au nombre de cinquante-sept, 
op. 3, 6, 12, 21, 25, 28, 32, 33, 34,36, 37, 
40, 41, 42, 44, 4G, 47, 48, 49, 50, 52. Man- 
heim, Offenbach, Vienne et Paris. 13" Sonates 
pour piano à quatre mains, op. 4, 10, 11, 13, 
19, 29, ibid. 10» Sonates pour piano seul, 
op. 1, 2, 5, 7, 8, 9, 22, 30, 35, 38, 51, 53, 
ibid. 17" Pièces faciles, caprices, etc , op. 43, 
45, ibid. 18" Sept recueils de menuets, de dan- 
ses allemandes pour piano, ibid. 19" Plusieurs 
recueils de chansons allemandes et italiennes, 
avec accompagnement de piano, ibid. 20" Six 
concertos pour violoncelle. Deux seulement 
ont été gravés. 21" Deux idem pour clarinette. 
22" Deux idem, pour cor de bassette. 23" Trois 
symjihonies concertantes pour violon, alto et 
violoncelle. 24" Symphonie concertante pour 
deux pianos et orchestre. 25" Concerto pour 
piano à quatre mains et orchestre. 2G" Vingt- 
quatre ballets et trois pantomimes, pour le 
théâtre de Prague. La bibliothèque royale 
de Berlin possède la partition manuscrite de 
l'Oratorio de Léopold Rozeluch jVosè in 
Egitto, en deux parties, composé en 1792. 
KOZLOWSKI (Joseph) (1), né à Varsovie 
en 1737, apprit dès son enfance la musique 
dans la chapelle de l'église cathédrale de 
Saint-Jean, dans cette ville, et montra de 
bonne heure les plus heureuses dispositions 
pour cet art. A l'âge de dix-huit ans, il entra 
comme maître de musique dans la maison du 
comte André Oginski, depuis lors palatin de 
Traki, et ce fut lui qui donna les premières 
leçons au jeune comte Michel Cléophas Oginski, 
dont le nom est devenu plus tard si célèbre 
dans les annales de la musique polonaise. 
Dans un voyage qu'il fit en Russie, il y entra 
au service militaire, et s'attacha au prince 

(I) El non A'oss/otwiAj/iCommeGerbcrécrit ce nom,el 
comme on le trouve dans le Lexique universel de mu- 
sique, publié par Scliilling; encore moins Koto/J'slt;/, 
objet d'un autre article du même Lexique, el qui n'est 
qu'un double emploi. Il faut remarquer au surplus que les 
noms polonais ont la terminaison en t, et non en y : c'est 
ce qui Us dislingue des noms russes et de ceux de l.t 
liolume. I.a plupart des biographes allemands et fran- 
çais font une faute à cet égard. 



so 



KOZLOWSKI 



Dolgorouky, en qualité d'aide de camp, dans 
la guerre contre les Turcs. Le prince Po- 
temiiin , favori de l'impératrice de Russie 
Catherine II, ayant eu occasion de voir Roz- 
lowski, fut frappé de sa figure prévenante, du 
son agréable de sa voix et de son talent. Il 
l'attacha à son service, le conduisit à Péters- 
bourg, et c'est depuis ce temps que le musicien 
|)olonais s'est rendu célèbre comme directeur 
de musique et comme compositeur. Ce fut lui 
qui dirigea un orchestre de quatre cents musi- 
ciens à la fête somptueuse que Potemkin 
donna à l'impératrice dans le palais de la 
Tauride, à Pélersbourg. La fameuse polo- 
naise qu'il composa à celte occasion, trans- 
porta d'admiration la brillante assemblée qui 
assistait à cette fête. Bientôt répandue dans 
tout l'empire et dans la Pologne, elle y eut le 
même succès ; aujourd'hui même les Polonais 
ne peuvent l'entendre sans émotion. 

Après la mort de Potemkin, Roziowski fut 
appelé au service de la cour comme directeur 
de musique des théâtres impériaux. Il en rem- 
plit les fonctions sous Catherine II, et sous 
les empereurs Paul P'' et Alexandre, jusqu'en 
1821, pendant trente ans. Une atteinte d'apo- 
plexie dont il fut frappé à cette époque, atTai- 
l)lit ses facultés, et l'obligea à demander sa 
retraite ; elle lui fut accordée avec une pension 
considérable, et il conserva le titre de conseil- 
ler d'Etat qu'il avait reçu en récompense de 
ses services et en considération de son talent. 
Dans l'espoir qu'un climat plus doux pourrait 
lui rendre la sanlé^ sa famille lui fit faire un 
voyage en Pologne pendant les années 1822 
et 1823; il en éprouva quelque soulagement; 
mais le désir de retrouver de longues habi- 
tudes le fit retourner à Pétersbourg en 1824. 
Il y passa ses dernières années dans le repos 
près de sa fille, harpiste d'un mérite distin- 
gué, et mourut à l'âge de soixante-quatorze 
ans, le 17 mars 1831. 

La multiplicité des occupations de Kos- 
lowski pour le service de la cour de Russie, 
et le grand nombre de morceaux qu'il était 
obligé d'écrire pour les fêtes de tout genre, ne 
lui permirent pas de travailler pour l'art, 
comme il aurait pu le faire, s'il eut joui de 
plus de liberté. Le nombre de chœurs, de can- 
tates et de polonaises à grand orchestre qu'il 
a écrit pour des occasions solennelles est im- 
mense : on compte plus de'six cents de celles-ci. 
Les premières qu'il composa sont les meil- 
leures; dans la suite on lui en demanda sur 
«les thèmes d'opéras français et italiens qui 
plaisaient aux gens du monde, mais qui 



n'avaient plus le cachet d'originalité natio- 
nale, si remarquable, de ses premières pro- 
ductions. Il a écrit aussi beaucoup de chan- 
sons sur les vers de Derschawin, poëte russe 
renommé pour ce genre. L'empereur Alexan- 
dre aimait beaucoup les airs de Roziowski, et 
les faisait arranger pour les corps de musique 
de sa garde. Parmi les ouvertures et chœurs 
que ce musicien écrivit pour des drames, on 
cite particulièrement les morceaux qu'il in- 
troduisit dans la tragédie de Fingal. Mais le 
meilleur ouvrage de Roziowski est, de l'aveu 
de tous les artistes, la messe de Requiem à 
quatre voix et orchestre qu'il écrivit en 1798 
pour le service funèbre du dernier roi de 
Pologne Stanislas Auguste Poniatowski, et 
qui fut exécuté à Pétersbourg par un grand 
nombre d'artistes distingués. Cette messe a 
servi depuis lors (le 29 novembre 1804) pour 
les obsèques de Jarnowick. La partition de 
cet ouvrage a été imprimée chez Breitkopf et 
Ilœrlel à Leipsick. On a publié à Berlin, chez 
Lischke, huit polonaises de Roziowski, arran- 
gées pour le piano. On a aussi gravé de sa 
composition à Prague, en 1797 : Six polonaises 
à grand orchestre, et un recueil de polonaises 
pour le piano. 

ROZLOWSRI (Icnace-Plato?,), né en 
1780, à Winniça, petite ville de la Podolie, 
est un des bons professeurs de piano et com- 
positeurs polonais pour cet instrument. Dans 
sa jeunesse, il se rendit à Pétersbourg et y re- 
çut des leçons de Field. Ses éludes terminées, 
il s'établit d'abord comme professeur dans sa 
ville natale, puis en Ukraine, et visita Varso- 
vie, où il écrivit un opéra, intilulé : Marylla, 
qui ne fut pas représenté. De retour en Russie, 
il se livra pendant plusieurs années à l'enseigne- 
menl, à Pélersbourg et à Moscou. Devenu 
riche par le produit de ses leçons, il forma le 
projet d'établir un Conservatoire de musique à 
Winniça, et déjà l'on voyait s'élever les murs 
de cette école, lorsque des obstacles imprévus 
en arrêtèrent la construclion. Contrarié dans 
ses vues, Roziowski s'éloigna du lieu de sa 
naissance et se rendit à Odessa, où il séjourna 
quelque temps. Il quitta ensuite cette ville, et 
depuis lors les renseignements précis man- 
quent sur sa personne. Cet artiste a publié de 
sa composition : un recueil de mélodies sur des 
paroles polonaises, avec accompagnement de 
piano, qui a rendu son nom populaire dans sa 
patrie; une rêverie intitulée : DumaoKosins- 
kim; plusieurs polonaises pour le piano, et 
l'ouverture de son opéra, arrangée pour cet 
inslrumenl, et gravée à Odessa; mais i'ou- 



K^lOWSKI — KR^IlMEn 



91 



vrage le plus important de Kozlowski est une 
méthode de piano {Sykola na Forlepian) qui 
renferme de bons aperçus concernant l'en- 
seignement pratique et l'art de nuancer le jeu 
de cet instrument. 

KOZMANECZRY, en latin RÔZ- 
MAJXCZÏÎJS (Wenceslas), naquit à Czaslau, 
en 1008. Il apprit dans sa jeunesse le latin et 
la musique à Bœmisch-Brod. Plus tard, il em- 
brassa le catholicisme, et alla étudier la phi- 
losophie et la théologie chez les jésuites à 
Prague. Ses connaissances musicales et litté- 
raires le firent bientôldistinguer. Il iut nommé 
directeur de musique de l'église de Saint-Henri, 
puis de celle de Saint-Étienne à Prague, où il 
resta depuis 1644 jusqu'en 1653. L'année de 
sa mort est inconnue. Plusieurs morceaux de 
sa composition sont conservés au couvent de 
Slrahow. 

RUACIÎEU (Jean-Mathieu), né à Mattig- 
horen, en Autriche, le 30 janvier 1752, entra 
comme enfant de chœur au couvent de Fllrsten- 
zell, près de Passau. Il y remplit ensuite les 
fonctions de chantre. En 1772, il fut nommé 
organiste au couvent de Seekirchen, près de 
Salzbourg, et il y demeura plus de quarante 
ans. On ignore l'époque de sa mort. A défaut 
de maître de composition, il avait appris l'art 
d'écrire dansdes.partilions qui lui étaient prê- 
tées par Michel Haydn. Gerber indique les 
productions suivantes de cet artiste comme 
existant déjà en manuscrit dès l'année 1803 : 
1» Vingt-deux messes de différents genres pour 
plusieurs voix et instruments. 2» Quatre Re- 
quiem, ô" Vingt-quatre graduels. 4» Six offer- 
toires. 5» Quatre litanies de la Vierge. 6» Deux 
Te Deum. 7". Six leçons des ténèbres. 8» Vé- 
lires de la Vierge, 9" Vingt Hymnes des vêpres 
et autres motels. 

RRyEGElX (CHAni.Es), professeur de piano 
et compositeur, naquit à Lemberg, en 1797, 
se fixa à Dresde vers 1820 et se livra à l'en- 
seignement de son instrument. En 1824, il 
établit dans cette ville des cours de piano 
d'après la méthode de Logier : il a écrit i>our 
ces cours des morceaux de piano à quatre 
mains. Rrœgen vivait encore en 1840; mais il 
est mort peu de temps après. Ses ouvrages les 
plus connus sont ceux-ci : 1" Grande polonaise 
brillante pour le piano, op. 1; Posen, Ste- 
fanski. 2" Pièces pour physharmonica et piano 
à quatre mains ; Leipsick, Hofmeister. 3" Trois 
polonaises pour piano à quatre mains, op. 9; 
Leipsick , Whistling. 4° Rondeau polonais 
pour piano à quatre mains, op. 12; Leipsick, 
lireilkopr et Hœrtcl. 5° Polonaise biillante 



idem, sur des thèmes de l'opéra d'Auber, la 
Muette de Portici, op. 13 ; ibid. G» Trois po- 
lonaises pour piano à quatre mains, op. 15; 
Leipsick, Whistling. 

KRyEHMEi; (Caholine), née SOIILEI- 
ClîER, a vu le jour, le 17 décembre 1794, à 
Stokach , sur le lac de Constance, et à cinq 
lieues de cette ville. Son père, bon musicien et 
bassoniste habile, était chef de musique d'un 
régiment; plus tard, il entra dans la chapelle 
du duc de W^urlemberg et sa famille le suivit 
à Stuttgard. Caroline et sa sœur aînée appri- 
rent à jouer du vjolon chez Baumiller, musi- 
cien de la cour. Lorsque la première «ut 
atteint l'âge de neuf ans, son père lui enseigna 
la clarinette; choix bizarre d'instrument pour 
une personne de son sexe. Les deux sœurs 
ayant atteint le degré d'habileté que leur père 
désirait leur voir posséder, celui-ci donna sa dé- 
mission de sa place, afin de voyager avec elles 
dans le Tyrol et en Italie; mais la guerre mit 
obstacle à ce dessein, et obligea cette famille 
d'artistes à borner ses courses au Tyrol et à la 
Suisse. Pendant j)lusieurs années ils restèrent 
à Zurich, où la société de musique les avait 
engagés pour les concerts permanents. Plus 
tard, ils se fixèrent dans la petite ville de Bade 
pour le service de la musique d'église et de 
théâtre. Caroline continuait de jouer du violon 
et de la clarinette : quelquefois elle dirigeait 
l'orchestre. De nouveaux voyages ayant été 
entrepris par sa famille, elle se trouvait à 
Augsbourg lorsqu'elle eut occasion d'entendre 
Rode, dont lé talent fit sur elleune impression 
qui exerça beaucoup d'influence sur ses pro- 
grès. Le mauvais étal de la santé du père de 
celte jeune virtuose l'ayant obligé d'accepter 
une place fixe de musicien à Pforzheim, sa 
fille l'y suivit. Elle ne quitta cette ville qu'en 
1819 pour se rendre à Carlsruhe, où elle prit 
des leçons de piano, tandis qu'elle perfection- 
nait son talent sous la direction de Fesca, et 
qu'elle apprenait l'harmonie chez le maître de 
chapelle Danzi. Après deux années de séjour 
dans cette ville, elle recommença ses voyages, 
visita beaucoup de villes où elle se fit entendre 
avec succès, et arriva à Vienne, au mois de 
février 1822. Des applaudissements unanimes 
y furent accordés à son double talent de violo- 
niste et de clarinettiste dans les concerts 
qu'elle donna aux théâtres An der JFien et 
de la Porte de Carinthie. Ce fut dans cette 
ville qu'elle épousa Kraehmer, artiste de la 
chapelle impériale {voyez l'article suivant). 
Depuis lors, elle a fait plusieurs voyages avec 
son mari, et partout elle a été applaudie avec 



9i 



RR.^HMER - KR.4^MER 



enlhousiasme. On a gravé de sa composition : 
Sonatine pour piano et clarinette, Vienne, 
Leidesdorf. Après la mort de son mari, ma- 
dame Rraehmer ne s'est plus fait entendre 
que dans un concert donné à Vienne, au mois 
de février 1839 : elle y joua avec ses deux fils 
untriodesa composition pourclarinette, piano 
et violoncelle. 

KR.^HMER {J. -Ernest), premier haut- 
boïste du théâtre de la cour de Vienne, et mu- 
sicien de la chambre impériale, est né à 
Dresde, le 50 mars 1795. Dans son enfance, il 
apprit presque seul à jouer de plusieurs in- 
struments. A l'âge de onze ans, il entra dans 
rinstitut militaire d'Annaburg et s'y livra 
avec ardeur à l'étude de la musique. Deux ans 
après, il joua dans un examen public un con- 
certo sur la flûte et un autre sur la clarinette, 
et l'année suivante il en joua un sur le basson 
et un autre sur le hautbois. De retour chez ses 
parents à l'âge de quinze ans, il fut placé chez 
Krebs, musicien de la ville, qui, voulant es- 
sayer ses forces, lui fit jouer un concerto sur 
chacun des quatre instruments qui viennent 
d'être nommés, Kummer et Jackel, artistes de 
beaucoup de mérite, et musiciens de la 
chambre du roi de Saxe, lui donnèrent ensuite 
des leçons de hautbois pendant trois ans, et 
développèrent son talent qui, depuis lors, est 
devenu remarquable. Les événements de la 
guerre, au commencement de 1814, l'obligè- 
rent à prendre les armes comme volontaire; 
mais une inflammation de poumons, occa- 
sionnée par des marches forcés, le fit mettre 
à l'hôpital, et bienlôtaprès, il obtint son congé 
comme invalide. Invité alors à prendre pos- 
session d'une jilace de hautboïste au théâtre 
de la cour de Vienne, il se rendit dans cette 
ville et y arriva au mois de février 1815. Au 
mois de septembre 1822, il a reçu sa nomina- 
tion de musicien de la chambre. C'est dans la 
même année qu'il est devenu l'époux de la cé- 
lèbre clarinettiste mademoiselle Schleicher, 
avec qui il a fait depuis lois des voyages en 
Russie, en Hongrie, en Bohême et dans tliverses 
parties de l'Allemagne, où son talent a obtenu 
de brillants succès. .Rrœhmer n'est pas seule- 
ment un hautboïste de première force; il se 
distingue aussi sur le Czakan, instrument à 
vent d'origine hongroise, dont il joue avec une 
habileté extraordinaire, et pour lequel il a 
écrit une méthode, suivie d'exercices et d'une 
table des cadences dans tous les tons, intitu- 
lée : lYeueste theorciische und praktisclie 
Czakanschule, iiebst ôO fortschrcilenden Ue- 
btinysliicken , de. , Vienne, Dia!)clli Une 



deuxième édition a été publiée en 1800-180', 
trois parties in-fol., chez le même éditeur. 
Cet ouvrage est l'œuvre 31^ de Rraehmer. 

Krœhmer était compositeur ; il avait écrit la 
plupart des morceaux qu'il exécutait darts les 
concerts : toute cette musique est restée en 
manuscrit. Cet artiste est mort à Vienne, le 
16 janvier 1837. Il eut deux Vûs^ Charles ^pia- 
niste, et Ernest, violoncelliste, qui ne se sont 
pas élevés au dessus du médiocre. 

RR.IÎMER (GEoncES-LoDis), né à Tlofen- 
Neuhaus, dans le Wurtemberg, en 1731, était 
un habile facteur d'orgues, qui vivait à Bam- 
berg, en 1783. Il a perfectionné quelques dé- 
tails de son art. 

KUtEMEU (Jean-Pai!l), facteur de clave- 
cins et de pianos, naquit en 1743 à JUchsen, 
village du duché de Saxe-Meinungen. Après 
avoir fait son apprentissage dans la fabrica- 
tion des instruments à Gross-Breitenbach, en 
Thuringe, il alla s'établir à Gnettingue, et 
l'excellence de ses clavecins lui fit bientôt 
une brillante réputation dans toute la Saxe et 
le Hanovre. Ses instruments étaient recher- 
chés comme ceux de Stradivari ou de Guar- 
neri le sont parles violonistes. Sans être mu- 
sicien, il avait un sentiment délicat de ce qui 
constitue la beauté du son et l'accord le plus 
pur. En 1786, aidé de son fils aine, il fit ses 
premiers grands pianos, précisément à l'épo- 
(pie où Siein se livrait aussi à Augsbourg à la 
fabrication de ce genre d'instruments; l)ien- 
tôt Kraemer vit ses pianos recherchés comme 
l'avaient été autrefois ses clavecins. En 1806, 
ses fils se séparèrent de lui et fondèrent une 
fabrique en leur nom. Seul, il continua encore 
de produire quelques instruments, mais avec 
moins d'activité. Il cessa de vivre le 9 mars 
1819. 

KR.'EMEll (Jean-Chrétien-Frédéiiic), né 
à JUchsen, le 10 février 1770, et KIl/EMER 
(Georges-Adam), né à Gœttingue le 26 décem- 
bre 1775, tous deux fils du précédent, ont 
fondé' en 1806 une fabrique de pianos sous la 
raison sociale les frères Krxmcr. D'après 
l'opinion de l'auleur d'un article qui les 
concerne, dans le Lexique universel de mu- 
sique publié par Schilling, leurs instruments 
égalent ou surpassent même ceux des meil- 
leures fabi'iques de Paris et de Londres. 
J'ignore ce qu'il peut y avoir d'exact dans 
cette assertion; toutefois, il est permis d'en 
apprécier la valeur, lorsque cet auteur ajoute 
que Sireicher, Graff et Schiedmann sont pour 
l'Allemagne méridionale, ce que les frères- 
Krîrmcr ont été longtemps ponr le nord de co 



KR^EMER - KRAFFT 



93 



pays. Georges-Adam ayant cessé de vivre le 
20 mars 1826, son frère est resté seul chargé 
de la direction de la fabrique. Ce dernier, 
élève du célèbre historien de la musique 
Forkel , passe à bon droit pour musicien 
instruit. 

KR.lîMERnOF (Jean-Guillaume), fac- 
teur d'orgues à Dusseldorf, depuis 1801, s'est 
fait connaître avantageusement par le grand 
orgue de l'église Saint-Lambert, à Oldenbourg, 
qu'il a achevé dans cette même année. Cet in- 
strument est composé de quarante-six jeux, 
quatre claviers et pédale. 

KR^UÏEU (Philippe-David), cantor et 
directeur de musique de l'église Sainte-Anne, 
à Augsbourg, est né en celte ville, le 14 août 
1690. En 1712, il institua un concert d'ama- 
teurs qui eut pour effet d'étendre le goût de la 
musique à Augsbourg, où il était alors peu 
répandu. Ce concert n'a cessé d'exister qu'en 
1779. Rrseuler était mort en 1741 , laissant en 
manuscrit des messes, graduels, offertoires, 
vêpres et motets pour tous les dimanches et 
fêtes de l'année. 

RUAFF (Michel), compositeur du dix- 
septième siècle, né dans un village de la 
Franconie, suivant l'avertissement de son re- 
cueil de messes à douze voix, et, selon toute 
probabilité, vers 1380, n'est connu que par les 
ouvrages suivants : 1" Die neun Mttsen, mit 
8 Stimmen und Generalbass (les Neuf Muses, 
à huit voix et basse continue), Dillingen, 
1616. On trouve à la bibliothèque royale de 
Munich un exemplaire du même ouvrage avec 
ce titre latin : Musx novx octonis vocihus, 
cum duplici basso ad organum. Saiiclx 
MisScT sacrificio, horis vespertinis et cœlibits 
festive honorandis accomomodatcV jBiWingen^ 
apud Greg. Haculinum, 1616, in-4''. 2" Missx 
12 t'OCM/n, op. 6, 1624. ô" Sacri concentus 2, 
3, 4, 7 vocMm, Ravensbourg, 1624. 

KRAFFT (Jean-Frédéric), né à Dona- 
wert (Bavière), en 1698, fit ses études littéraires 
et musicales au couvent de Benedictbeucrn. 
Dans la première édition de celte Biographie 
des musiciens , je l'ai confondu à tort avec les 
Krafft de la Belgicpie. Feu mon excellent ami 
Joseph Stunz, maître de la chapelle royale de 
Slunich, qui a bien voulu m'aider dans mes 
recherches sur les musiciens bavarois, m'a 
fourni sur cet artiste les renseignements qu'on 
trouve ci-dessus, et y a ajouté que Jean-Fré- 
déric Rrafft fut directeur de musique de 
l'église des Jésuites d'Augsbourg, et que dans 
ses dernières années il se retira chez sa fille, 
mariée à Aschaffenbourg, où il mourut le 



29 juillet 1753. Il a publié de sa composition : 
Sex Missx brèves pro quatuor vocibus cum 
organo obligato, op. 1, Augsbourg, Lotler. II 
a laissé en manuscrit des messes allemandes 
avec deux violons et orgue, des psaumes, des 
hymnes et des litanies avec petit orchestre. 

KRAFFT. Trois musiciens de ce nom, et 
qui ont pour prénom François, sont nés à 
Bruxelles à la même époque. Il est difficile de 
les distinguer dans les positions qu'ils ont oc- 
cupées ainsi que dans leurs œuvres. M. Xavier 
Van Elewyck [voyez ce nom), amateur distin- 
gué de musique, à Louvain, qui s'est livré, 
comme moi, à des recherches patientes sur ces 
artistes, a trouvé pour résultat les faits sui- 
vants : 

KRAFFT (François-Joseph), né à Bruxel- 
les, le 22 juillet 1721, était fils de Jean-Lau- 
rent Krafft et de Marie Aubersin. Il fut enfant 
de chœur à Gand dans le même temps que 
Terby, de Louvain, chef et aïeul de la famille 
d'artistes de ce nom. M. Thys dit (1) que 
KrafTt a étudié en Italie, et qu'il y obtint un 
prix dans un concours pour la composition 
d'un motet {In convertendo Dominus); mais 
cela ne peut être exact, car, pendant le dix- 
huitième siècle, il n'y eut en Italie de concours 
que pour des places de maitre de chapelle. 
M. Van Elewyck pense que François-Joseph 
Krafft succéda à son père dans la place de 
maître de chapelle de l'église Notre-Dame du 
Sablon ; Gerber dit, dans son Premier Lexique 
des musiciens (t. I, p. 731), qu'il occupait 
cette place en 1760 ; ]e Dictionnaire des musi- 
ciens de Choron et Fayolle le copie en cela; 
cependant Krafft, dont le nom se trouve parmi 
ceux des compositeurs de musique et des orga- 
nistes et professeurs de clavecin dans l'espèce 
d'almanach qui a pour titre : le Guide fidèle 
contenant la description de la ville de 
Bruxelles, etc. (Bruxelles, J. Moris, 1761 , 
in-12), n'y figure pas dans la liste des maîtres 
de chapelle ou directeurs de musique (p. 79), 
composée des noms de Croes, Van llelmont, 
Godecharle, Moris cadet et Delhaye. A celle 
époque, Croes était maitre de la chapelle 
royale; Van llelmont, de Sainte-Gudule; Jac- 
ques-Antoine Godecharle, de Saint-Nicolas; 
Delhaye, de Notre-Dame du Sablon, et Moris, 
de l'église du Finistère. \J'Almanach nouveau 
pour l'année 1766, ou le Guide fidèle , etc. 
(p. 78-79) reproduit encore le nom de Krafft 
parmi les compositeurs, organistes et profes- 
seurs du clavecinj mais on ne le trouve pas dans 

(I) les Sociétés chorales en Belgique, 2« cdit.> p. 20i. 



94 



KRAFFT 



la lisle des directeurs de musique et maîtres de 
chapelle, composée de cette manière : Croes, 
Fan Hclmont , Delpier , Godecharle , Del- 
fiaye, Brenqué, Moris cadet, Stncq et Pau- 
wels. Ce dernier, père du compositeur de ce 
nom, était chanteur de la chapelle royale et 
dirigeait la musique à l'église des Riches- 
Claires; Delpier était à l'église du Béguinage. 
Or, Krafft quitta Bruxelles deux ans après 
cette date de 1766; il ne fut donc maître de 
chapelle ni de Notre-Dame du Sablon, ni d'au- 
cune autre église de cette ville. On voit dans 
les registres de l'état civil qu'il épousa, à 
Bruxelles, Jeanne-Catherine JFillems , le 
9 janvier 1768; il était alors âgé de près de 
quarante-sept ans. Après cette époque on ne 
trouve plus de traces de son existence à 
Bruxelles, ni de celle de sa femme dans les re- 
gistres de l'état civil, parce qu'il alla prendre 
alors possession de la place de maître de cha- 
pelle de l'église Saint-Bavon, à Gand. Il est 
certain qu'il occupait cette place en 1772, car 
M. Van Elewyck a trouvé à Maiines une pièce 
authentique dans laquelle on voit que le ma- 
gistrat de cette ville lui paya les frais de son 
voyage de Gand à Maiines, où il était venu 
comme membre du jury d'un concours de ca- 
rillon et d'orgue. Il mourut dans cette position, 
le lôjanvier 1795, suivant un registre de la 
paroissede Saint-Bavon, où on lit : \^januarii 
i79^ sepultum est cadaver Francisci Krafft 
mariti Joannx Catharinx JFillems, hujus 
cathedralis Ecclesias Phonasci qui obierat 
13 hxijusdem, mcdio octavx vespertinae,xta- 
tis sux anno 67™". Il y a erreur ici dans l'in- 
dication de l'âge de cet artiste au moment de 
son décès, car Krafft avait alors soixante-qua- 
torze ans moins quelques mois. Il ne peut y 
avoir de doute sur l'identité de François-Jo- 
seph Krafft avec le maître de chapelle de 
Saint-Bavon, bien qu'il ne soit nommé que 
François dans la mention authentique de 
ses funérailles, car il s'agit de l'époux de 
Jeanne-Calherine Willems. La lisle de ses 
composilions pour l'église, tirée des archives 
de Saint-Bavon, se compose de la manière sui- 
vante : 1° Te Deum à huit voix et orgue (en 
ut majeur), daté de 17G9. 2" Messe à cinq voix 
et orgue, 1771 . 5" £cce panis, duo pour alto et 
«énore (en ré majeur), à grand orchestre, daté 
«le Bruxelles, 1774. Il est vraisemblable que ce 
moi-ccau appartient à un autre musicien du 
même nom, dont il sera parlé tout à l'heure. 
4" Te Deum à huit voix et orgue (en ré ma- 
jeur), Gand, 1774. 5" Te Deum à huit voix et 
orgue (en la mineur), 1774. 6» Confitcbor tibi. 



chœur avec orchestre (en ré majeur), 1770. 
7» Messe à cinq voix et orgue (en la mineur), 
1776. 8» Beatus vir, chœur avec orchestre 
(en re majeur), 1777. Q" Dixit, à petit orchestre 
(en fa majeur), 1782. 10" Laudate pueri à 
petit orchestre (en mi bémol), 1782. 11° Quis 
sicut Dominus à cinq voix et orgue (en sol 
majeur), 1786. 12" y/ve Regina Cœlorum à 
petit orchestre (en ré majeur), 1787. 13" Lx- 
tatus sum, chœur et grand orchestre (en sol 
majeur), 1789. 14" Dixit à six voix et grand 
orchestre (en ut majeur), 1789. 15» Laudate 
pueri, chœur et grand orchestre (en ré ma- 
jeur), 1790. 16" Idem, idem (môme ton), 1791 . 
17" Messe à quatre voix et orgue (en ré mi- 
neur), 1791. 18" O Sacrum Convivium pour 
ténor et basse, à grand orchestre (en fa ma- 
jeur), 1792. 19° Idem à huit voix et grand or- 
chestre (en ré majeur), 1792. 20" y/ue verum, 
chœur et orchestre (en fa majeur), 1792. 
21" O Salutçiris à cinq voix et orchestre (en 
fa majeur), 179^ 22» Messe à petit orchestre 
(en sol majeur), sans date. 25" Messe à huit 
voix et orgue (en ré mineur), idem. On con- 
naît, en outre, de François-Joseph Krafft le 
motet Super flumina Babylonis, charmante 
composition à cinq voix, chœur et orchestre 
dans le style dePergolèse: suivant la tradition, 
cet ouvrage lui aurait fait obtenir la place de 
maître de chapelle à l'église du Sablon de 
Bruxelles, et serait au nombre de ses pre- 
mières productions; In convertendo Dominus, 
motet qu'on croit avoir été écrit eu Italie dans 
un concours; les Sept psaumes de la péni- 
tence, pour chœuretorchestre (à la cathédrale 
de Gand) ; In exitu Israël, dernier ouvrage 
de l'artiste et qui, suivant M. Thys (loc. cit.), 
ne fut achevé que quatre jours avant sa mort 
(1795). M. VanElewyck considère aussi comme 
appartenant à François-Joseph Krafft six 
messes et trois motels qui sont à la paroisse 
de Notre-Dame à Saint-Nicolas (Flandre orien- 
tale) et proviennentde la vente de la collection 
de musique de Terby (père), de Louvain. Elles 
portent le nom de François Krafft, mais sans 
indication de lieu et de date. Ces compositions 
ont pour titres: Cum invocarem, motet avec 
orchestre divisé en huit morceaux; Stat in 
cœlo (en ré), idem; Foces Ixtx (en ré), idem ; 
Missa solemnis, à quatre voix et orchestre ; 
Missa soletyinis (sans indication de ton), 
idem; Messe de requiem (en fa), idem ; Missa 
solemtiis (en ré), idem ; Missa solemnis 
(en sol), idem; Messe (en la), idem. Rien 
ne prouve toutefois que jdusieurs de ces 
ouvrages n'ont pas clé composés par un des 



KRAFFT 



9S 



autres musiciens dont les notices suivent celle- 
ci. Quoi qu'il en soit, il est hors de doute que 
François-Joseph Rrafft fut un artiste de grand 
mérite, et qu'il eut une brillante réputation 
dans les Pays-Bas. Une question reste incer- 
taine à son égard, à savoir si son père, Jean- 
Laurent, était musicien et fut un ancien 
maître de chapelle de l'église du Sablon de 
Bruxelles qui portait le nom de Krafft. Un de 
mes plus anciens souvenirs est que je fis mon 
■ début comme organiste à l'âge de huit ans, en 
1792, à l'église du chapitre de Sainte-Waudru, 
à Mons, et que j'accompagnai un motet de 
Krafft sur une partie de basse chiffrée dont le 
papier jauni par le temps et l'ancienne nota- 
tion sont encore présents à ma mémoire, et 
indiquaient certainement une époque alors 
plus reculée de soixante-dix ou quatre-vingts 
ans. Le motet était écrit pour quatre parties 
vocales, basse instrumentale exécutée par un 
violoncelle et une contrebasse, etpartied'orgue 
pour l'accompagnement. L'auteur de ce mor- 
ceau, sans aucun doute pour moi, avait pré- 
cédé François-Joseph. Ma conviction intime 
est que les artistes de ce nom étaient Alle- 
mands d'origine. M. Dupuis, employé de l'état 
civil à l'hôtel de ville de Bruxelles, qui a bien 
voulu faire des recherches pour moi à ce su- 
jet, m'a affirmé qu'avant 1721 , il n'a pas trouvé 
trace d'une famille Krafft dans celte ville. 

RRAFFT (Jean-François), fils de Tho- 
mas-Jean et d'Elisabeth Vanllelmont, naquit 
à Bruxelles, paroisse de Sainte-Gudule, le 
7 juillet 1732, et mourut dans la même ville, 
le 16 décembre 1806.- 

KRAFFT (François), deuxième fils de 
Thomas-Jean et d'Elisabeth Van Helmont, et 
frère du précédent, naquit le 3 octobre 17ôô : 
on n'a pas trouvé la date de sa mort dans les 
livres de l'état civil de Bruxelles. Celui-ci me 
paraît avoir été compositeur et maître de 
chapelle à Bruxelles postérieurement au départ 
de François-Joseph et à son établissement à 
Gand comme maître de chapelle de Saint- 
Bavon. Je lire celte induction de plusieurs faits , 
qui semblent hors de contestation. Malheureu- 
sement les volumes du Guide fidèle publiés 
après celui de 1707 ne renferment pas les ren- 
seignements qu'on trouve dans les précédents 
sur les compositeurs et maîtres de chapelle de 
Bruxelles, et la disparition des archives de 
l'ancienne fabrique de l'église Notre-Dame du 
Sablon rend toute vérification impossible en ce 
qui concerne la maîtrise de cette chapelle. 
Une seule induction se lire des Fermischte 
I\'achrichlen die schœnen KUnste betreffend 



des Unterhaltiingen de IIambourg(ann. 17CC, 
n» ô) : on y voit que François Krafft, de 
Bruxelles a publié récemment trois sonates 
pour le clavecin , à Francfort-sur-Ie-Mein. 
D'autre part, Gerber indique sous le même 
nom six quatuors pour deux violons, alto et 
basse publiés à Nuremberg en 17G1, sous le 
titre de symphonies f SIX duos pour deux flûtes, 
imprimés dans la même ville, ainsi qu'une 
ariette italienne avec deux violons et basse. 
Or, on a vu dans l'article précédent qu'en 
1761 jusques et y compris 1767, François 
RrafTt est à Bruxelles comme organiste, pro- 
fesseur de clavecin et compositeur : il n'est 
donc pas en Allemagne et n'y publie pas de 
musique de sa composition. Je dois à l'obli- 
geance de M. Xavier Van Elewyck la connais- 
sance du litre exact de l'œuvre de six divertis- 
sements pour clavecin et violon de François 
Krafft indiqué sommairement par Gerber; le 
voici : Sei Divertimenti per il cembalo da 
sonarsi con un violino solo o pure senza, 
dedicati ail' eccellenza del Sig^^ Barone di 
ed in Dalberg etc. Composti da Francesco 
Krafft di Bruxelles^ maestro di cappella, e 
compositore di musica. Op. quinta. Si ven- 
dono in Brusseles, appresso l'autore; — da 
J.-J. Boucherie, Stampatore e Libraio, nella 
strada del Imperadore. A Liegi, da Bene- 
detto Andrez intagliatore , etc. Il y a sur ce 
titre quelques observations qui tendent à prou- 
ver que l'ouvrage n'appartient pas à François- 
Joseph Krafft, mais bien à un autre artiste dont 
le prénom était simplement François. Remar- 
quons d'abord que cet œuvre est dédié au 
baron de Dalberg, et que la dédicace se fail 
chez ce seigneur : AU' eccellenza del 
Sig''" Barona di ed in Dalberg. Or ce baron 
de Dalberg, grand amateur de musique, et 
frère aîné d'un écrivain sur cet art et compo- 
siteur, n'est autre que celui qui devint plus 
tard prince Primat de la confédération du 
Ilhin : sa seigneurie était située près de 
Worms. C'est là que fut faite la dédicace. If 
est plus que vraisemblable que l'auteur de 
l'ouvrage est le même qui avait vécu en Alle- 
magne pendant plusieurs années et y avait 
publié ses compositions. De plus, cet auteur 
prend le litre de maître de chapelle, et son 
ouvrage se vend chez lui, à Bruxelles ; mais on 
a vu, dans Tarticle précédent, que François- 
Joseph n'eut ce titre qu'après avoir obtenu la 
maîtrise de Saint-Bavon, à Gand. Ou la publi- 
cation de l'œuvre des six divertissements de 
clavecin a précédé l'année 1769, ou elle est 
postérieure à celte date ; dans le premier cas, 



96 



KRAFFT 



François-Joseph n'était pas maître de cha- 
pelle ; dans le second, il ne demeurait plus à 
Bruxelles. 

Dans un recueil qui a pour titre : L'Echo, 
journal de musique française , italienne, 
contenant des airs, chansons, brunettes, 
duos tendres et bachiques, etc. (Liège, chez 
B. André, 1760), M. Van Elewyck a trouvé un 
morceau intitulé : ^ir de l'Opéra l'Enfant 
GÂTÉ, par François Krafft-, maître de musique 
à Bruxelles. Où cetopéra a-t-il été représenté ? 
Ce n'est pas à Bruxelles, car j'ai sous les yeux 
l'almanach qui a pour litre : Spectacle de 
Bruxelles j ou Calendrier historique et chro- 
nologique, etc., première partie, 1767: ^^idem, 
1708,2 vol. in-18 (Bruxelles, J.-J. Boucherie). 
On y trouve le catalogue des opéras-comiques 
et bouffons représentés sur cette scène depuis 
1753; l'Enfant gâté n'y est pas ; la liste des 
compositeurs dont on .a joué les ouvrages sur 
le même théâtre n'offre que deux noms belges, 
Fan Maldère et JVitzthumb. Si donc cet ou- 
vrage fut représenté, ce fut à Liège. Son auteur 
s'appelait François Krafft, non François- 
Joseph. 

Enfin, parmi les ouvrages de musique 
d'église qui se trouvent^ l'église Saint-Bavon 
de Gand, sous le nom de Krafft, il en est un 
qui est daté de Bruxelles 1774. Or, à cette 
époque, François-Joseph était parti de cette 
ville depuis cinq ou six ans. Il me paraît que 
de tout cela l'on peut conclure qu'il y a eu 
deux compositeurs du nom de Krafft, nés à 
Bruxelles, à savoir François-Joseph, maître 
de chapelle de Saint-Bavon, à Gand, et Frati- 
eoîs, qui, plus tard, devint maître de chapelle 
dans sa ville natale. Il est vrai que le nom de 
ce dernier ne se trouve pas dans les registres 
de décès de cette ville; mais il se peut que, 
plus jeune de douze ans que le maître de cha- 
pelle, et connaissant l'Allemagne où il avait! 
vécu plusieurs années, il y ail émigré au mo- 
ment de l'invasion de la Belgique par les 
armées françaises, et qu'il y soit décédé. 

KRAFT (GuiLL\uME-FiîKDtRrc),doct£uren. 
théologie et doyen des prédicateurs à Danl- 
zick, naquit à Krautheim, dans le duché de 
Wcimar, le 9 aoiU 1712. Après avoir fait ses 
éludes aux universités de Jena et de Leipsick, 
il fut nommé pasteur à Frankcndorf ; quelques 
années après il fut appelé à Gœttingue, et en 
1730, il se rendit à Dantzick, où il paraît avoir 
fini ses jours. Parmi ses sermons pour des oc- 
casions particulières, publiés à Jena en 1740, 
in-8", il y en a un sur le bon usage de la mu- 
sique dans le service divin. 



KRAFT ou KRAFFT (Antoine), violon- 
celliste distingué, naquit à Rokyzan, en Bo- 
hême, dans l'année 1751. Après avoir achevé 
des cours de philosophie et de droit à l'univer- 
sité de Prague, il prit des leçons d'un maître 
nommé Trerner^ pour le violoncelle. Plusieurs 
années d'études lui firent acquérir beaucoup 
d'habileté sur cet instrument. Haydn, qui lui 
avait donné des conseils pour la composition, 
le fit entrer comme premier violoncelle dans 
la chapelle du prince Esterhazy. Kraft y de- 
meura treize ans et n'en sortit qu'après la 
mort du prince. Pendant ce temps, il entre- 
prit, avec son fils, âgé de huit ans, un voyage 
à Berlin où il se fil entendre avec succès, en 
présence du roi et de la reine de Prusse. 
A Dresde et à Miltau il fut applaudi avec en- 
Ihousiasrae. Ce voyage terminé, il entra dans 
la chapelle du prince de Grasalkowitz, en 
Hongrie, et y demeura trois ans ; puis il passa 
au service du prince de Lobkowitz, qui le mena 
avec lui plusieurs fois en Bohême. Dans un de 
ces voyages, il donna, le 7 novembre 1802, un 
grand concert à Prague; et quoiqu'il ne fût 
déjà plus jeune, il y fut applaudi avec trans- 
port. Cette occasion fut la dernière où il se fit 
entendre en public. Cet artiste estimable a 
cessé de vivre le 28 août 1820, dans la soixante- 
dixième année de son âge. On a gravé de sa 
composition : 1» Trois sonates pour violon- 
celle et basse, op. 1 ; Berlin et Amsterdam. 
Hummel. 2" Trois idem, op. 2, Offenbach, 
André. 3° Trois duos concertants pour violon 
et violoncelle, op. 3; Leipsick, Breilkopf et 
Ilœrtel. 4» Concerto pour violoncelle et or- 
chestre (en M(), op. 4, ibid. 5" Gratid duo pour 
deux violoncelles, op. 5; Vienne, Haslinger. 
0» Idem, op. 6, ibid. 7° Divertissement i»our 
violoncelle et basse; Leipsick, Pelers. On 
trouve aussi sous son nom, en manuscrit, un 
nocturne pour deux violoncelles, deux violes, 
deux flûtes, deux cors et basse, dans le cata- 
logue de Traeg, de Vienne. 

KRAFT (Nicolas), fils du précédent, est 
■né à Esterhazy, en Hongrie, le 14 décembre 
IMfe. Il n'était âgé que de quatre ans quand 
s&Fpève essaya de lui donner les premières 
leçons de violoncelle sur une grande viole ; 
deux ans après, il put exécuter, en présence 
du prince Esterhazy, un concerto que son 
père avait composé pour lui. A l'âge de huit 
ans, il accompagna celui-ci dans plusieurs 
voyages à Vienne, Presbourg, Dresde et Berlin, 
et partout son talent précoce fut admiré. 
Lorsqu'il eut atteint sa treizième année, ses 
études musicales furent interrompues par des 



KRAFT - KKANZ 



97 



éludes littéraires, et pendant cinq ans il ne 
cultiva le violoncelle que comme un délasse- 
ment. Cependant son habileté toujours crois- 
sante faisait regretler à plusieurs amateurs de 
haut rang, particulièrement au prince de Lob- 
kt)wilz, que ses belles facultés ne fussent [las 
uniquement employées au développement de 
son talent. Ce prince l'engagea dans sa cha- 
pelle avec Ri'ari ie père en 179G; cinq ans 
après, il l'envoya à Berlin chez Louis Duport 
pour qu'il y perfectionnât la qualité de son 
(ju'il lirait de rinstrument. Ses progrès sous 
un tel maître furent rapides. Il en recueillit 
les fruits dans un concei'l d'adicn qu'il donna 
à Bei'lin au mois de déceml)i'e 1801 ; des trans- 
ports d'admiration éclatèrent dans l'assemblée. 
Il fit alors un voyage en Hollande; mais le 
prince de Lobkowitz , qui craignait de le 
perdre, lui fit donner l'ordre de retourner im- 
médiatement à Vienne. Il obéit; mais dans le 
retour il excita l'enthousiasme du public à 
Leipsick,à Dresde et à Prague. En 1809, il fut 
placé comme violoncelliste solo à l'Opéra 
impérial de Vienne, sans perdie toutefois sa 
pension de virtuose de la chambre du |)rince 
de Lobkowitz. Ce prince lui fit, peu de temps 
après, une pension viagère, sous la condition 
qu'il ne se ferait point entendre, sans sa pei- 
mission, ailleurs que dans son palais. En 1814, 
lorsque les souverains alliés se trouvèrent réu- 
nis à Vienne, il joua devant eux avec Mayse- 
der, et le plaisir qu'il fit à ces princes fut si 
vif, que le roi de Wuitemberg et le grand duc 
de Toscane lui firent offrir immédiatement de 
glands avantages pour le reste de sa vie; il se 
rendit de préférence aux offres du roi, et se 
fixa à Stuttgard, en qualité de musicien de la 
chambre. En 1818, il fit avec Hummel un 
voyage sur les bords du Rhin, et se rendit, a^. 
Hambourg. Romberg, qui s'y trouvait alors, 
lui témoigna beaucoup d'estime pour son Él- 
lent; et lorsque ce célèbre artiste visiftpMr- 
méme Stullgard, en 1820, il invita Kraft à 
jouer avec lui une symphonie concA-tanle 
dans un concert public. L'année sui^nte / 
Rraf: entreprit un second voyage avec ^Kfils 
(Frédéric^ né à Vienne, le 12 février ^07, 
son élève pour le violoncelle, et musicien de la 
chapelle royale de Stuttgard). Ils visitèrent 
une partie de l'Allemagne et retournèrent à 
leur poste vers la fin de l'année. En 1824, 
Kraft se blessa l'index de la main droite en 
accordant son instrument; le mal augmenta 
progressivement pendant dix ans; enfin il dut 
renoncer à jouer du violoncelle, et au mois de 
décembre 1854, il fut mis à la retraite avec 
mocn. UMV. des ui)sici£»s. t. y. 



une pension. Cet artiste a publié de sa compo- 
tion : 1" Concertos pour le violoncelle, n"* 1, 
2, 3, 4 ; Leipsick, Breitkopf et Ha;riel, Pelers. 
2° Polonaise pour violoncelle et orchestre 
op. 2; Offenbach, André. 5» Boléro idem, 
op. G; Leipsick, Pelers. 4" Scène pastorale 
idem, op. 9, ibid. ^" Rondo à la chasse idem, 
op. 11, ibid. 6" Pot-pouiri sui- des thèmes 
du Freijschhtz , idem, oi). 12; Offen!)acb, 
André. 7" Fantaisie avec accompagnement 
de quatuor, op. 1, ibid. 8° Trois diverlisse- 
menls jirogressifs pour deux violoncelles, 
op. 14, ibid. 9° Trois duos faciles idem, 
op. 15, ibid. 10» Trois grands duos idem, 
op. 17, ibid. 

KUAFT (Nicolas, baron Dl'2), ne doit i)as 
•"■Ire confondu avec le pi'écédent. Il na(|uità 
Vienne, vers 1780. On connaît sous son nom : 
1" Chansons tirées des contes de La Fontaine 
(en allemand), avec accom(>agnemen t de piano ; 
Vienne, Eder, 1800. 2» Variations |)our piano 
sur le thème d'Axur : O ttnmi possenli, ibid. 
3» Sonate pour piano seul, op. 4; Vienne, 
1804. 4" Chants pour quatre voix d'hommes, 
ibid. 3° Variations sur un air polonais, ibid. 
6" Marche pour le piano à quatre mains, op. 5; 
Vienne, 1803. 

KRAKAMP (E.), flùliste et compositeur, 
né en Allemagne, vers 181 3, a vécu longtem|ts 
en Italie, particulièrement à Naples et à Mi- 
lan. Je l'ai connu dans celle dernière ville, en 
1830. Il a publié, chez Ricordi, de grandes 
fantaisies de concert sur des thèmes d'opéras 
modernes, des duos pour flûte et piano, des 
caprices, etc. Le nombre de ses productions 
s'élève environ à cent. 

KI\A]>iZ (Jean-Frkdéric), violoniste, né à 
Weimar en 1734, a eu pour maître Gœpfert, 
maître de concert en cette ville. A l'âge de 
vingt-qualre ans, il exécuta à la cour un con- 
certo de viole qui lui valut la faveur du duc 
régnant. Ce prince le fit entrer dans sa cha- 
pelle; puis, en 1781, il l'envoya en Italie pour 
qu'il y peifectionuàt son lalent. De retour en 
Allemagne dans l'année 1787, Kranz s'arrêta 
quelque temps à Munich; ensuite il retoui-na 
à Weimar, où il fut placé comme second chef 
d'orchestre. Apres la mort de Zumsteeg, en 
1803, le duc de Wurtemberg l'appela à Stull- 
gard et lui donna la place de maître de con- 
cert, avec un traitement de quinze cents flo- 
rins. Il est mort dans cette position, au com- 
mencement de l'année 1807. Kranz a publié : 
1» Concerto de viole, Darmsladl, 1778. 2" Ro- 
mance (an denscliœnslen Friihlingsmorgen), 
1799. 11 a écrit des airs et des chœurs pour 



m 



KRANZ - KRAUS 



-ygiielqucs pièces repr(jscnl(;cs aux théâtres de 
Weimar et de Slullgard. 

KRASINSKI, pseudonyme. Foycz Mul- 
lER (Ernest-Louis), dit Miller. 

RRASKE (Tobie), né dans la Lusace, au 
dix-septième siècle, fut magisler et prédica- 
,teur à Francfort-sur-rOder en 1C90 et dans 
les années suivantes. On a de lui deux opus- 
cules intitulés : 1" Kurze Beschreibung der 
neuerbauten Orgel bey der Unterkirclte zu 
Franefurt (Courte description de l'orgue nou- 
vellement construit dans l'église inférieure 
<le Francfort), Francfort-sur-l'Oder, 1690. 
2° Kurze Beschreibung der neuen Orgel bei 
der Oberkirehe zu Franefurt (Courte descrip- 
tion du nouvel orgue de l'église supérieure 
â Francfort), Francfort-sur-l'Oder, 1095. 

IiIlATZErNSTEIl>(CiiiiÉTiF.>-TiiÉopinLE), 
docteur en philosophie, en médecine, et pro- 
fesseur de la faculté médicale a l'Université de 
Copenhague, est né à Wernigerode en 1723. Il 
passe pour être l'inventeur d'une machine in- 
génieuse propre à articuler musicalement les 
cinq voyelles. L'Académie de sciences de Pé- 
lersbourg a décerné un prix à l'auteur de 
celle machine. Kratzenslein a publié dans les 
Observations de physique de Rozier (1782, 
supplément, p. 358) un essai sur la formation 
des voyelles, qui renferme quelques observa- 
tions curieuses. 

KUAUS (Antoipie), excellent organiste, 
naquit à Winlerberg, en Bohême, vers 1745. 
Il y obtint la place de directeur de musique, 
et il y vivait encore en 1795. Cet artiste jouait 
aussi fort bien du violon et du violoncelle. Le 
chœur de l'église de Raudnilz était, en 1780, 
en possession d'un Requiem et de litanies de 
sa composition. 

RRAUS (Bei^oSt) , directeur de musique à 
Weimar, en 1785, né aux environs de Salz- 
bourg, dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle, fut d'abord engagé comme maitre 
de chapelle chez le duc de Bavière, puis eut la 
direction de l'orchestre du Théâtre de la Cour 
à Weimar. Il est vraisemblable qu'il perdit 
cette dernière place quelques années avant sa 
mort, car il tomba dans l'indigence. Il a fait 
représenter à Weimar un opéra allemand in- 
titulé : les Accidents de ramour. On connaît 
aussi de sa composition : l" Une symphonie 
pour orchestre. 2" La Création, grande can- 
tate sur la poésie de llofbaum, composée en 
1789. 5» Les Pèlerins de Golgotha, Leipsick, 
Breitkopf. 4° Chant de Zacharie, à grand 
orchestre. 

IIIIAUS (Joscpu-MAnxi^) , compositeur, 



naquit à Manheim en 175G. Après avoir fré- 
quenté plusieurs universités d'Allemagne, où 
il fit de brillantes études, il devint élève de 
l'abbé Vogler. Destiné à ne cultiver la mu- 
sique qu'en amateur, il fut contraintdedevenir 
artiste par une circonstance inattendue. Il 
avait prêté une somme d'argent assez forte à 
un jeune Suédois, son condisciple ; au moment 
où il dut quitter l'Université, cet étranger ne 
put acquitter sa dette et engagea Kraus à le 
suivre à Hambourg, où, disait-il, il devait 
recevoir beaucoup d'argent. Arrivé dans cette 
ville, le Suédois fut trompé dans son espoir. 
A Copenhague, où ils allèrent ensuite, même 
déception; il fallut aller jusqu'à Stockholm. 
Kraus y arriva en 1778. Là, l'opéra produisit 
sur lui une impression si profonde, qu'il réso- 
lut de se livrer entièrement à la musique. Le 
roi de Suède, ayant a[)précié la portée de son 
talent, lui fournit les secours nécessaires pour 
voyager en Italie. Il y était déjà depuis plu- 
sieurs années, et avait employé ce temps à 
l'étude des œuvres des maîtres anciens et mo- 
dernes, lorsque, en 1786, le roi se rendit lui- 
même en Italie et l'attacha à sa personne pen- 
dant ses voyages à Rome et â Vienne. Après 
avoir demeuré quelque temps dans cette der- 
nière ville, Kraus obtint du roi la permission de 
visiter Paris. Ce fut là qu'il écrivit son premier 
opéra suédois, qui fut représenté à Stockholm 
en 1790. Le niéiite de cet ouvrage présageait 
une brillante carrière à son auteur; mais le 
chagrin qu'il eut de la catastrophe où Gus- 
tave III perdit la vie, altéra sa santé et le 
conduisit au tombeau le 15 décembre 1792. 
Les ouvrages connus de ce compositeur sont : 
1'' Didon et E née, grand opéra suédois, re- 
présenté à Stockholm en 1792. 2" Musique 
funèbre pour les funérailles de Gustave III, 
exécutée dans l'église cathédrale de Stockholm, 
le iô avril 1792. Cette composition a été pu- 
blll^à Stockholm, dans la même année. 
3» Steïïa cœ/t, motet à quatre voix, orchestre 
et org^e, en manuscrit. 4" Symphonie en 
partition, airs avec orchestre et piano, ca- 
non^™c., publiés sous le titre d'Œuvres iné- 
dite^ae J. Kraus, Stockholm, G. -A. Silver- 
stolpe, deux cahiers in-fol. 5» Intermèdei 
pour la comédie A''Amphitrxjon, Stockholm, 
imprimerie de musique privilégiée, 1792. 
O'Grande symphonie (en m< mineur), Leipsick, 
Breitkopf et lleeitel. 7" Quintelto pour flûte, 
deux violons, alto et basse, Paris, Pleyel, 
1798. 8» Six quatuors [lour deux violons, alto 
et violoncelle, Berlin, llunimel. Kraus a laissé 
aussi en manuscrit : 9» Une symphonie (en ré). 



KRAUSE 



93 



10" Concerto pour violon principal et or- 
chestre. 11° Sonate pour violon seul et basse. 
12" Deux sonates pourpianoet violon. 13»^n- 
dante, pour deux violons, deux flùles, deux 
cors, alto et violoncelle. 14" Rondo pour piano 
seul. 15° Contredanses à grand orchestre. 
Suivant une note de Pœlchau, qui m'a élé 
communiquée par Dehn, Kraus serait Pauteur 
«Pun écrit intitulé : JFahnheiten die Musik 
betreffend (Vérités concernant la musique), 
Franclort-sur-le-Mein, 1779, in-S», de cent 
quaranle-deux pages. C'est un recueil de pen- 
sées et de maximes sur divers objets de la mu- 
sique. Il j)araît que Kraus, se rendant en 
Italie eu 1779, fit un voyage à Manlicini pour 
y voir son maître Vogler; il a donc pu, en 
effet, se trouver alors à Francfort, et y faire 
imprimer son ouvrage, quoiqu'il fut déjà au 
service (lu roi de Suède. Une notice sur la vie 
et les ouvrages de cet artiste a élé publiée en 
suédois, sous ce litre : liiof/rciphie ofter 
J.-M. Kraus; Stockholm, 183.3, in-8°. 

liUAUS (V.), musicien de la cour à Bern- 
bourg, vers la fin du dix-huitième siècle, s'est 
fait coiinaitre comme compositeur pour la 
guitare par les ouvrages suivants : 1° Sonate 
pour guitare et violon, op. 1; Leipsick,Peters. 
2" Sonate pour guitare seule, op. 2, ibid. 
ô° An die Mxdchen, polonaise avec accompa- 
gnement de guitare, ibid. 

Il existait à Vienne, en 1840, un pianiste 
nommé Kraus (A.), qui y publiait une fan- 
taisie pour piano et violoncelle, œuvre 14, 
chez llaslinger, et ses œuvres 15 et 10, chez 
Glœggl. On retrouve le même artiste à Lon- 
fîres, en 1848, où il donnait un concert. N'y 
nurait-il point identité entre lui et Antoine 
Krause, dont les éditeurs Breilkopf et Ilaertel 
publiaient, en 1838, une polonaise à quatre 
mains pour le piano, op. 1 ?. 

RIIAUSE (Jean-IIenri), organiste Uès- 
habile, naquiten l<}82àRanlh, danslallJite- 
Silésie. A Tàge de neuf ans, il reçut les pre- 
mières leçons de musique : deux ans après, il 
^tait déjà organiste du couvent des Minorités, 
à Schweidnitz. En 1694, il devint JKve de 
François-Tiburce Vinckler, organiste de la 
cathédrale «le Breslau, dont, pendant cin(| ans, 
il reçut des leçons. Lorsqu'il eut atteint l'âge 
<le dix-huit ans, on lui confia la place d'orga- 
niste en second à réglise cathédrale : en 1700, 
il succéda à son maître comme premier orga- 
niste. Il mourut eu 1754, avec la réputation 
«l'un des organistes les plus habiles de son 
temps pour les fugues et les préludes. 

IvUAUSE (CiiKtTiE.N Godefuoih), né à 



Winzig, en Silésie, en 1710, était fils d'un 
musicien de cette ville. Son |)ère lui enseigna le 
violon et le clavecin. En 1747, il entra chez le 
lieutenant général, comte de Rolhenbourg, à 
Berlin, en qualité de secrétaire, et il y resta 
Jusqu'en 1753, époque où il fut admis comme 
avocat au Sénat et aux tribunaux français, à 
Berlin. Il mourut le 21 juillet 1770. Krause fut 
à la fois compositeur et écrivain sur la musique. 
Il a laissé en manuscrit plusieurs symphonies, 
une cantate à grand orchestre sur le texte du 
psaume 104; /no, cantate; Pijgmalion, id. 
Ses écrits relatifs à la musique sont : }" Lettre 
à monsieur le marquis de B. sur la différence 
entre la musique italienne et française; Ber- 
lin, 1748, in-S". Marpurg a inséré une traduc- 
tion allemande de cet opuscule daus ses Essais 
historiques et critiques, t. II, pag. 1-23, avec 
des remarques contenues pag. 23-40. 2" fort 
der musikalische Poésie (De la poésie lyrique); 
Berlin, Voss, in-S" de 484 pages ; ouvrage 
estimé. 3» Pensées diverses sur la musique 
(en allemand), insérées dans les Essais de 
Marpurg, t. II, p. 181, et t. III, p. 18 et 523. 
RUAUSE (CiiAniES-JosEPii), chef de mu- 
sique du premier régiment de la garde du roi 
de Prusse, est né le 15 juillet 1773, à Forsta, 
dans la Basse-Lusace. Son père, musicien de la 
chapelle du baron de Ilohberg, à Plogwitz, lui 
donna les |)remières leçons de musique, et il 
appi it à jouer de la clarinette sous la ilirection 
de David et de Springer, artistes d*un rare 
mérite, attachés à la même chapelle. Parvenu 
à Page de douze ans, il fut admis chez M. Hart- 
mann, à Grœlz, près de Glogau, et y fut traité 
comme le fils de la maison. Non-seulement il 
y continua avec succès ses études musicales, 
mais il y reçut aussi une instruction conve- 
nable dans les sciences et dans les lettres. En 
1789, lors(iue le père de Krause entra dans la 
musi(|ue du comte Rœder, à Ilolstein, près de 
Lowenberg, il y fut aussi engagé comme clari- 
nettiste ; mais la chapelle de ce seigneur ayant 
cessé d'exister en 1794, il se rendit à Breslau 
avec son frère; tous deux entrèrent dans la 
musi(|uc du comte de lloym, et obtinrent en 
même temps un emploi dans l'administration 
civile. En 1813, sur la proposition du général 
Perscb, Krause fut engagé parle roi de Prusse, 
eu qualité de chef de musique de sa garde : 
comme tel, il a fait la campagne de France en 
1814. Il a arrangé beaucoup de musique pour 
l'hnrmonie militaire et a publié (|uclques mor- 
ceaux pour la clarinette, la flûte et le cor, 
entre autres : Adagio et polonaise sur un 
' thème du froyschUtz, op. 12; Berlin, Schlc- 

7. 



mo 



KRAUSE 



singer. Krause vivait encore à Potsdam en 
1830. 

KRAUSE (Jean-Théophile), frère du pré- 
cédent, est né à Giiben, dans la Basse-Lusace, 
le 31 juillet 1777. Il apprit d'abord à jouer du 
cor et du violon; puis il reçut à Plogwilz des 
leçons de Springer et de David pour la clari- 
nette et le cor de hassetle. Plus tard, il alla à 
Hohistein où son habilelé sur la clarinette 
reçut les derniers déve!opi)ements. Il y apprit 
aussi le hautbois sous la direction de Blaha. En 
1794, il se rendit à Breslau avec son frère et y 
apprit encore le basson, sur lequel il acquit un 
talent distingué, sans négliger pourtant la 
clarinette, son instrument favori. En 1805, il 
^ntra dans l'administration civile et fut con- 
trôleur des contributions de première classe à 
OEIs. On a de Rrause deux œuvres de duos 
pour deux flûtes, Leipsick, Breitkopf et Ilœrlel, 
et Berlin, Schlesinger; ainsi que trois duos 
pour deux clarinettes, Berlin et Paris, Dufaut 
et Dubois. 

KllAUSE (CnAULES-CHnÉTiEN-EnÉDÉRic), 
docteur en philosophie, est né le C mai 1781, à 
Eisenberg, dans le duché de Saxe- Gotha. Il 
était fort jeune lorsqu'il fut envoyé à l'univer- 
sité de Jéna; il y suivit les cours de philosophie 
de Ficble et de Schelling. Tour à tour il se 
passionna pour la doctrine de ces hommes de 
génie; celle de Schelling eut surtout de l'at- 
trait pour son esprit, et il en devint un des 
plus zélés partisans. Depuis 1802 jusqu'en 
1804 il vécut en donnant des leçons particu- 
lières de philosophie, de mathématiques et de 
droit naturel; puis il alla à Rudoistadt, et de 
là à Dresde, où il se livra à des recherches sur 
l'histoire des beaux-arts. En 1813, la guerre 
l'obligea à s'éloigner de Dresde : il se rendit à 
Berlin et y ouvrit des cours gratuits et publics. 
Cependant la difficulté d'y pourvoir à l'exis- 
tence d'une famille nombreuse, et le peu 
d'espoir d'y obtenir un emploi , lui firent 
abandonner celte ville et retourner à Dresde. 
En 1817, il voyagea avec un de ses amis en 
Allemagne, en France et en Italie. A son 
retour, il obtint une chaire à l'université de 
Gœttingue, dont il a été un des professeurs les 
plus distingués. Dans ses dernières années, il 
fut api)elé à Munich par le roi Louis, pour y 
enseigner son système de philosophie trans- 
cendentale. Il est mort en cette ville le 
27 septembre 1852. La musique a occupé une 
partie de la vie de ce savant. Dès 180811 avait 
déjà publié une méthode du doigter du piano 
sous ce tilie : f'ollst.Tudig.e Anweisiing allen 
fingcvn beider J/xnde zum Clavier und 



ForlepianospieUn in Icurzer Zeit gkiche 
Stœrke und Getvardlkeit zu verschnffen, etc., 
Dresde, Arnold, in-fol. A l'époque où Rrause 
fit paraître cet ouvrage, il vivait en donnant 
des leçons de piano. On trouve, dans sa mé- 
thode, des lablus de combinaisons de doigter 
les plus embarrassantes. Deux ans après, il 
donna dans le 12'-' volume de la Gazette musi- 
cale de Leipsick (pag. 649 et 1043) deux 
articles sur un perfectionnement essentiel du 
clavier des instruments à louches. Dans les 
volumes 13" (p. 497) et 14" (pag. 117 et 135) 
de la même gazette, il a aussi donné des 
articles sur une notation améliorée de la mu- 
sique. Mais l'ouvrage le plus im|tortant con- 
cernant cet art , publié pendant la vie de 
Rrause, est celui qui a pour litre : Darstel- 
lungen aus der Geschichte der Musik nebst 
vorbereitenden Lehren aus der Théorie der 
Musik (Exposition de l'histoire de la musique, 
précédée d'instructions préliminaires sur la 
théorie de cet art), Gœttingue, Dielrichs, 
1827, in-S". Ce livre est divisé en trois parties : 
la première renferme une recherche des prin- 
cipes philosophiques de l'art; la seconde est 
un exposé succinct des principales divisions 
de son histoire ; la troisième contient quelques 
détails sur la vie des plus célèbres artistes, 
avec une appréciatioji esthétique de leurs ou- 
vrages. Il faut l'avouer, l'exécution du plan 
que s'était proposé Rrause ne répond pas au 
mérite d'un savant si distingué, et l'on a peine 
à comprendre, en lisant la première partie, 
qui devait être la plus intéressante, qu'elle 
appartienne à un homme habitué aux rigou- 
reuses méthodes de Schelling et de Fichte ; car 
on y chercherait en vain soit le principe de la 
construction rationnelle des tonalités, soit la 
discussion des phénomènes que l'art développe 
dans la conception humaine. Tout le travail 
de Mrause, dans celte partie, se borne à quel- 
ques vagues aperçus concernant des faits par- 
ticuliers qui ne constituent pas la science en 
elle-même. Quant à la partie historique, elle 
ne coniUteguère qu'en certaines classifications 
d'épo^res assez arbitraires. A l'égard de la 
dernière partie, on y trouve quelques bonnes 
vues esthétiques concernant la valeur de quel- 
ques grands maîtres; mais ce travail est ti-op 
succinct. A|)rès la mort de Rrause, ses amis et 
élèves ont trouvé dans ses papiers des ouvrages 
entièrement achevés sur différentes parties de 
la philosophie et les ont publiés à Gœttingue, 
en plusieurs séries, sous le titre général : 
Karl-Christian-Friedrich Krause's hand- 
scliriftlicher Naclilass (Écrits posthumes de 



KRAUSE - KREBS 



46 1 



Charles-Chrélien-Fréduric Rrause), et dont 
chaque ouvrage porte un litre particulier. Dans 
la série de la philosophie de l'art se trouve un 
volume spécial concernant la musique, lequel 
a pour titre : Anfangsgriinde der allge- 
meinen Théorie der Musik , nach Grund- 
sxtzen der IFesenlehre (Éléments de la 
théorie générale de la musi(|ue, d'après les 
principes fondamentaux de l'Ontologie). Gnet- 
lingue, Dietrichs, 1838, in-S». M. Lindmann, 
de Munich, a publié une notice qui a pour 
titre : Uebersichlliche Darstellung des Lebens 
und der JVissenschaftslehre Krause's (Ta- 
bleau complet de la vie et de l'enseignement 
de Krause). Munich, 1839, in-S". 

KRAUSIIAAR (Otto), professeur et com- 
positeur, n'est pas mentionné par les biogra- 
phes allemands. Le premier ouvrage par 
lequel il s'est fait connaître a pour titre : 
Construction der gleichschwebenden Tempe- 
ratur ohne Scheibler'sche Stimmgabeln àuf 
musikalische Instruments. Mit Ruchsicht 
auf die Scheibler'sche Erfindunij (Construc- 
tion d'un tempérament égal pour les instru- 
ments de musique, sans l'appareil de diapasons 
de Scheibler, avec un examen de l'invention 
de celui-ci), Cassel, Rrieger, 1838, in-8» de 
22 pages. En 1845, M. Kraushaar a fait exé- 
cuter dans un concert, à Cassel, une ouverture 
de sa composition. Ses ouvrages de musique 
pratique publiés sont ceux-ci : 1" Six Lieder 
à voix seule avec accompagnement de piano, 
op. 1, Cassel, Luckhardt; 2» Six idem., op. 2, 
ibid. ; ô" Six idem., op. 3, ibid. ; 4" Six Lieder 
sans paroles pour piano, 1*^* et 2^ suite, 
op. 4, ibid, 

KRAUSSKOPF (Wilhelm), professeur de 
musique à Zurich, n'est connu que par un ou- 
vrage qui a pour titre : ffandbuch beim Un- 
terricht im Gesang fUr Lehrer und Lernende 
(Manuel de l'enseignement du chant, à l*sage 
des professeurs et des élèves). Zurich, 1843, 
in-8». 

HREBS (Frédéric), facteur d'orgues du 
quinzième siècle, est cité par PraelorWj (Syn- 
tagm. mus., t. II, pag. III) comme ayant tra- 
vaillé avec distinction vers les années 1475 à 
1480. 11 faisait déjà à celte époque des claviers 
de pédales fort étendus. 

KUEIiS (.Iean-Tobie), naquit à Heichal- 
lieimb, dans le duché de Wcimar, le 7 juillet 
1G90. Il fiéquenla d'abord le collège de Wei- 
mar, dans rinlenlion d'aller ensuite à l'uni- 
versité; mais ayant obtenu en 1710 sa nomi- 
nation d'organisie à Buitelstaedl, il prit pos- 
&csâiOQ de cette i>lace. Ce fut alors seulement 



qu'il commença régulièrement l'étude de la 
composition chez Jean-Godefroid Walther, et 
il continua cette étude jusqu'eo 1717, malgré 
la route pénible qu'il devait faire de Butlel- 
staedt jusqu'à Weimar, pour y aller prendre ses 
leçons. En 1721, son zèle fut récompensé par 
sa nomination d'organiste à Buttstedt, petite 
ville du duché de Weimar. Il vivait encore eti 
1758, mais il commençait à perdre la vue. Se* 
premières compositions consistent en mor- 
ceaux de musique d'église ; plus tard, il a écrit 
des chorals variés pour l'orgue, d'un très-bon 
slyle. Toutes ces productions sont restées en 
manuscrit. On trouve à la bibliothèque royale 
de Berlin un prélude suivi d'une fugue en ut 
majeur, et une fugue en sol mineur, composées 
par Jean-Tobie Rrebs : ces morceaux remar- 
quables sont copiés de la main du célèbre orga- 
niste Fischer, d'Erfurt. 

KREBS (Jean-Louis), fils du précédent» 
naquit à Builelstœdt le 10 octobre 1713. Après 
avoir appris de son père les éléments de la 
musique et de l'art de jouer du clavecin, il 
entra en 1726 à l'école Saint-Thomas de Leip- 
sick, dirigée alors par l'illustre Jean-Sébaslieri 
Bach. Il y reçut l'instruction commune pen- 
dant neuf ans, puis il entra dans l'école parti- 
culière de ce grand maître, qui en fit un élève 
de prédilection. Ses études musicales termi- 
nées, il suivit à l'université un cours de philo- 
sophie pendant deux ans, puis il accepta en 
1737 la place d'organiste à Zwickau, d'où il 
passa à celle d'organiste du château de Zeitz, 
et ensuite, le 13 octobre 1756, à une position 
semblable à la cour d'Altenbourg. Il mourut 
en cette ville au commencement de 1780, à 
l'âge de 07 ans. Krebs et Friedmann Bach 
furent les meilleurs élèves de Jean-Sébastien, 
et ceux qui approchèrent le plus de leur 
modèle. Le maître lui-même estimait beaucoup 
le talent de son écolier, et disait, par allusion 
à son nom et à celui de Krebs, qu'il n'avait 
jamais pris qu'une écrevisse dans son ruis- 
seau (1). Krebs a publié de sa composition : 
1» Quatre suites d'exercices pour le clavecin,, 
consistant en mélodies chorales variées, fugues, 
peti tes pièces et sonatines, Nuremberg, 1743-4'J.. 
2" Musikulischer und angenehmer Zeitver- 
treib in 2 Klaviersonaten mit einer Flato 
(Amusements agréables de musique, en deux 
sonates de clavecin avec flûte), ibid., 1700. 
3" Deux sonates détachées avec flûte, ibid. 
4" Six trios pour flûte, ibid., 1738. 5° Quatre 
suites de pièces, consistant en six préludes, 

(1) Krebs, en allemand, signifie une écrevisseyCt 
liach. un ruisseau. 



102 



KUEDS 



jictiles pièces, une oiiverlnrc et un concerto 
pour le clavecin, ibid., 1740 à 1743. G" Six 
sonates pour clavecin et flûte, Leipsick, 1762. 
On connaît aussi de cet artiste, en manuscrit : 
1° Magnificat , en allemand, pour quatre 
voix et or^ue, dont la partition est à la biblio- 
thèque royale de Berlin, ainsi que le motet à 
cinq voix sur le choral : Erfœrsche mich 
Coït. 2» Deux Sanctits , avec orchestre. 
3" Des pièces d'orgue. Je possède de sa com- 
position en manuscrit dix chorals variés à deux 
claviers et pédale, et quatre fugues. 

HREBS (Ehrenfried-Ciirétien-Traugott), 
fils du jirécédent, a succédé à son père, en 
1780, dans la place d'organiste de la cour de 
Saxe-Altenbourg. En 1787, il a publié à Leip- 
sick quelques-uns des principaux cantifiues 
variés pour l'orgue. 

KREBS (Jea:^-Baptiste), ténor allemand 
qui a eu de la réputation, est né à Ueberauchen, 
près de Billingcn, dans le pays de Bade, le 
12 avril 1774. Dans son enfance, il apprit le 
chant choral à Billingen et à Constance. Plus 
lard, il reçut (juclques leçons de clavecin et 
d'orgue et fit des études de philosophie à Do- 
naueschingen. Après avoir étudié le chant 
sous la direction de Weiss, élève de RafT, il 
dévelopjia par de bons exercices la puissance 
de sa voix de ténor, qui était belle. Cependant, 
il ne paraissait pas destiné à devenir chanteur 
de théatie, car il étudiait la théologie à Do- 
naueschingen et à l'université de Fribourg. 
Enfin, il se décida pour cette carrière, débuta 
en 1795, et fut bientôt attaché au théâtre de la 
cour de Sluttgard, comme premier ténor. Il a 
brillé longtemps dans les plus beaux rôles des 
0|)éras allemands et français. Après vingt-huit 
ans de service, l'affaiblissement de son organe 
l'a obligé de ([uitter la scène, et il a chanté 
pour la dernière fois le rôle iVAchille, le 
17 septembre 182ô. Depuis lors il a rempli les 
fonctions de régisseur au théâtre de Stuttgard. 
Krebs a composé des chansons, des duos et 
des trios, avec accompagnement de piano. On 
lui doit aussi des livrets de plusieurs opéras 
français et italiens traduits en allemand, ainsi 
que plusieurs articles de criliciue littéraire et 
musicale insérés dans les journaux. Il est le 
même artiste que Gerber appelle François- 
Xavier. 

KREIîS (Ji;A?i-GoDEiRoiD), chanteur de la 
cour à Allenbourg, mort en 180-3, a publié dans 
cette ville, en 1777, des chansons avec mélo- 
«lies et accompagnement de clavecin. La 
seconde parlie «le ces chansons a paru en 
1783. On tiouvc aussi une sonate facile 



pour le clavecin, de sa composition, dans le 
recueil de pièces publié par lliller. j^nfin il a 
fait imprimer 6 divertissements pour le même 
instrument, à AUenbourg, en 1796. La biblio- 
thèque royale de Berlin possède de sa compo- 
sition la cantate pour la nouvelle année Zo6cf 
den Herrrij à quatre voix et instruments, en ré 
majeur. 

KREBS (Charles- Auguste), né le 16 jan- 
vier 1804 à Nuremberg, est fils d'acteurs nom- 
més Miedke; mais il fut adopté par la femme 
du chanteur Krebs, qui le recueillit lorsqu'il 
perdit sa mère, et il prit le nom de sa bien- 
faitrice. Doué de rares dispositions pour la 
musique, il apprit presque en jouant les 
éléments de l'art; puis il fitde rapides progrès 
sur le piano, sous la direction de M.Schelhle, 
et reçut des leçons de Jean-Baptiste Krebs 
pour la composition. Il n'était âgé que de sept 
ans lorsqu'il mit en musique le petit opéra 
de Fedora, de Kolzehue. Trois ans aiuès, il 
écrivit des quatuors de violon et beaucoup de 
sonates de piano. Mais bientôt il lui fallut in- 
terromiire ses travaux de musicien pour étu- 
dier la langue latine dans les collèges, paice 
qu'il se destinait à l'état ecclésiastique. Par- 
venu à sa treizième année, il sentit se réveiller 
son goût pour la musique et se livra de nou- 
veau à la culture de cet art. A l'âge de quinze 
ans, il commença à donner des leçons, et 
malgré son extrême jeunesse, il forma quel- 
ques bons élèves. Cependant, ayant des vues 
plus élevées, il quitta la carrière de l'enseigne- 
ment en 1824, et se rendit à Vienne pour 
étendre ses connaissances musicales. Il y 
devint élève de M. de SeyI'ricd pour la compo- 
sition de la musique instrumentale, cl ai)rès 
s'être fait connaître avantageusement par la 
composition d'une symphonie à grand or- 
chestre, et de plusieurs morceaux jioiir le 
piawo, il y obtint la place de chef d'orchestre 
de l'Opéra de la cour. La manière <lont il s'ac- 
quitta de ses fonctions lui a fait offrir en 1827 
la direction de la musique au nouveau tliéalrc 
de Ilaldbourg ; il l'a acceptée, et ses soins ont 
réalisé toutes les espérances que les fondateurs 
de ce théâtre avaient en lui. Il y a fait re- 
présenter deux opéras {Sylva, on le Pouvoir 
du chant, et Agnès Bernauerin). Le premier 
a été froidement accueilli, mais le second a 
complètement réussi. En 1833, il a fait im- 
[uimerà Hambourg plusieurs cahiers de chan- 
sons allemandes, et a fondé une école de chant 
d'ensemble dans la(|ue!lc il a obtenu des 
sticcès. Krebs dirigeait encore la musi(|ue du 
théâtre de Hambourg en 1830. Après cette 



KREBS — KREMBÉRG 



103 



époque, il esl passé à Dresde comme directeur 
de musique. 

KREIIL (Théophile-Adolphe), surinten- 
dant à Pyrna, mort en ce lieu, le 10 mars 
1823, est auteur d'un sermon prononcé à l'oc- 
casion de l'érection du nouvel orgue de 
Pyrna : ce discours a été publié dans le Ma- 
gasin pour les prédicateurs, d'Ammon (t. IV, 
p. 1), sous ce titre : Ueber der f'erhxltniss 
des Orgeispiels ztir kirchlichen Andacht 
(Sur les rapports du jeu de l'orgue avec le re- 
cueillement religieux). 

RREIBE (Jea>-Conrad), né à Gotha en 
1722, reçut les premières leçons de musi(iue 
par l'assistance d'un certain baron de Slein, 
puis acheva son éducation par l'étude des 
compositions de Georges Benda. Il séjourna 
pendant plusieurs années à Berlin , puis à 
Dresde, et obtint, en 17G5, la place de maître 
de chapelle du i)rince de Bernbourg, à Ballen- 
slaedt. Il mourut le 23 octobre 1780. Kreibe a 
écrit beaucoup de musique d'église, destajM- 
phonies, des quintettes, des quatuors et des tms 
pour divers instruments. Tous ces ouvrages 
sont restés en manuscrit. 

KIIEIBE (BENJAMiN-FÉLix-FnÉDÉnic), fils 
du précédent, né à Ballenstfedt,le ô avril 1772, 
a étudié la musique sous la direction de Agthe, 
le hautbois chez Rast, et le violon chez Fré- 
déric Albrecht. Après avoir suivi des cours de 
philosophie et de droit, il est entré comme 
simple musicien dans la musique du prince de 
Bernbourg; mais il en a été nommé plus tard 
maître de chapelle. On a de sa composition : 
1° Concerto pour clarinette et orchestre, op. 2, 
Brunswick-, Spehr. 2° Concerto pour cor, op. 1 , 
Offenbach, André. 5" Concerto pour basson, 
op. 0, ibid., et quelques morceaux pour le 
violon. 

RUEIBICH (François), né en 172|, à 
Zwickau, près de Kamnitz en Bohême, se 
rendit à Vienne vers 1750 et y excita l'étonne- 
ment par son habileté sur le violon, quoiqu'il 
fût bien jeune encore. En 1770, l'empjyeurle 
choisit pour diriger la musique de sa chambre : 
il se montra digne de celte faveur par un rare 
talent pour la direction d'un orchestre. Il était 
aussi renommé pour ses préludes sur le 
violon. Jusque dans sa vieillesse, il conserva 
le feu de l'âge viril dans l'exécution de la mu- 
sique des glands maîtres. Il mourut à Vienne, 
Je 3 septembre 1797, à l'âge de soixante-neuf 
ans. On ne connaît de sa composition qu'une 
sonate à violon seul, avec accompagnement de 
basse, en manuscrit. 

KUtlI>EK (Catherine), née à Isen (Ba- 



vière), enl754, reçut des leçons dechanlrteson 
parent, le maître de chapelle Camerloher, à 
Frising. Lorsque son éducation musicale fut 
terminée, elle se rendit à Munich, où elle fut 
placée au théâtre de la cour, en qualité de pre- 
mière cantatrice, au mois d'avril 1782. Dans 
la même année, elle épousa Camerloher, se- 
crétaire du cabinet de l'électeur. Mademoiselle 
Kreiner brilla particulièrement en 1787 dans 
le Castor et Pollux de l'abbé Vogler. Elle 
mourut à Munich en 1790, à l'âge de trente- 
six ans. 

KREITII (Charles), flûtiste, compositeur 
médiocre, mais fécond, et écrivain didacti<iue 
sur la musique, vécut à Vienne, dans la se- 
conde moitié du dix-huitième siècle. Selon Rass- 
mann (Panthéon der Tonkiinstler p. 137), il 
est mort en cette ville dans le courant de 
l'année 1807. On connaît sousson nom environ 
cent vingt œuvres de concertos, duos, solos et 
airs variés pour la flûte ; des i)ièces d'harmonie 
et des quatuors pour divers instruments à 
vent, etc. Il a aussi publié divers ouvrages pour 
l'enseignement de la flûte, sous ces titres : 
1° Anweisiing, wie aile Tœne aufder Flœte 
traversièrè richtig zu nehmen sind nebst 
ihren gehœrigen Benennungen (InstruclioQ 
sur la manière de produire sur la flûte toutes les 
notes avec justesse, avec leurs dénominations 
respectives). Vienne, Artaria, 1799. 2" Schule 
fiir die Flœte, jedem Spieler dièses Instru- 
ments sehr nutzlich, soicohl fiir Finger, als 
auch Zunge in 115 Lectionen (Méthode de 
flûte, très-utile à ceux qui jouent de cet in- 
strument, tant pour le doigter que pour le 
coup de langue, etc.). Vienne, Bermann. 
3" Kurzgefasste Anweisung die Flœte zu 
spielen (Instruction abrégée pour jouer de la 
flûte). Vienne, Cappi, et Brunswick, Spehr. 

KREMBEÏIG (Jacques), chanteur, com- 
positeur et poëte, né à Varsovie, vers le milieu 
du dix-septième siècle, vécut d'abord à Mag- 
debourg, puis fut attaché à la chapelle du roi 
de Suède, et se rendit en 1688 à Dresde, où il 
fut employé dans la musique de l'électeur. 
Vers 1704, il alla à Londres et y fit représenter 
deux ans ai)rès une sorte d'opéra intitulé En- 
gland's Glory (Gloire de l'Angleterre), à 
l'occasion de l'anniversaire de naissance de la 
reine Anne. Il vivait encore en 1718, et était 
attaché à la musique de la cour. En 1C89, il 
fit imi)rimer à Dresde un ouvrage qui a pour 
titre : Musikalische gemutlisergœtzung a 
vuce sola e contin. oder auch mit der I.aute. 
Jngelica, Fiola di gamba und Cithara 
(Uivcrlissemcnt musical à voix seule et basse 



<0* 



KREMBERG — KRETSCHMAR 



continue, ou pour le luth, l'angélique, la 
basse de viole ou la guitare). 

KUEI\GI;L (Grégoire), luthiste du sei- 
zième siècle, né à Frankenslein, en Silésie, 
est connu par un recueil de compositions qui 
a pour litre : Lauternstuche verschiedener 
Jrt, jedes aiifdoppelte TFeise gesetzt (Pièces 
de luth de différents genres, etc.), Francfort 
sur rOder, 1584, in-fol. Gerber possédait le 
portrait de cet artiste, gravé à Breslau en 
1592, avec cette inscription : In vivam 
D. Gregorii Krengel, Musici excellentiss . , 
iconem. 

KREISN (François), pianiste et composi- 
teur, né en 1822, vivait à Vienne dans les 
années 1844 à 1848. Si mes renseignements 
sont exacts, il est Bavarois de naissance et a 
fait ses études à Munich, sous la direction de 
Stunz. Il a mis au jour plusieurs œuvres de 
morceaux faciles pour Iç piano, particulière- 
ment les œuvres 7, 10, 12 et 16. M. Krenn 
écrit de préférence la musique d'église. Oii 
connaît de lui : 1» Offertoire {,0 Deus ego 
amaré)i pour soprano ou ténor et basse avecry 
deux violons, alto, contrebasse et orgue (deux 
clarinettes et deux cors ad libitum), op. 2ô, 
Vienne, Haslinger. 2" Graduel (Dominus in 
Sion)j à quatre voix, deux violons, alto, deux 
hautbois, deux trompettes, contrebasse, orgue 
et timbales, op. 15, Vienne, Diabelli. ô" Re- 
quiem (en ré mineur), a quatre voix, orgue 
obligé, deux violons et deux cors ad libitum, 
op. 17, Munich, Faller. En 1847, une cantate 
avec orchestre de cet artiste, intitulée. Die 
vier letzten Dinge, a été exécutée à Vienne 
avec succès. 

Ii.UEIN'Z (Henri), facteur d'orgues alle- 
mand, vivait vers la fin du quinzième siècle. 
Eu 1499, il a construit l'orgue de l'église de 
Sjint-Basile, à Brunswick. 

KllESS ou KUESSE (Jean- Albert) , 
second maître de chapelle à Stultgard, vers la 
lin du dix-septième siècle, s'est fait connaître 
par un traité d'harmonie intitulé -.Jlanuductio 
novo-melhodica ad Bassum generalem , 
Sluttgard, 1701, in-fol. On a aussi de lui des 
concerts spirituels à quatre voix et instru- 
ments, ibid., 1081, in-4", et un cantique alle- 
mand intitulé : Der fusse Name Jésus, oder 
teutscher Jubilus Bernardi , à trois voix, 
ibid., 1683, in- 4». 

KllESS (Jacques), maître de concert du 
landgrave de Ilesse-Uarmsladt, mourut vers 
17Ô6. lia fait imprimer de sa composition, à 
Nuremberg, six concertos de violo.i à cinq 
parties, op. 1. i 



lïRESS (Georges-Frédéric), peut-être fils 
du précédent, violoniste à Darmstadt, fut 
attaché à la chapelle du duc de Mecklembourg 
en 1756. En 1763, il se rendit à Gœttingueet 
y fut maître de concerts de l'Académie. Il 
mourut dans cette position vers 1783. Le 
caractère de son talent d'exécution consistait 
dans l'agilité j mais il manquait d'expression 
et de goût. On a imprimé de sa composition à 
Nuremberg, en 1764, une sonate pour le 
violon; il a laissé en manuscrit six solos pour 
violon, et un concerto pour le même instru- 
ment. 

KRETSCHMAR (Jean), musicien alle- 
mand, vécut dans les premières années du 
dix-septième siècle. La position qu'il occupait 
n'est pas connue. On a publié sous son nom 
un traité de musique élémentaire intitulé : 
jVusica laiino-germanica cujus adminiculo 
pueri puellxque facile brevissimo temporis 
spalio integram recte et bene canendi scien- 
Uanu assequi possunt, LipsiBe, 1005, in-8". 
^ ÏHIE TSC UM AR (Gaspard), chambellan 
àbiJreslau, né à Neisse, en 1602, mourut à 
lyeslau en 1657. On a de lui un livre inti- 
tulé : Ursprung und Fortgang der edelen 
Singeliunst (Origine et progrès du noble art 
du chant), Breslau, 1650, iu-4". 

KRETSCHMAR (Jean-André), organiste 
de l'église des négociants à Erfurt, en 1699, 
était auparavant à Weimar. Il y fut le second 
maître de Wallher (auteur du Lexique de mu- 
sique) pour le clavecin et la composition. 
Prinz et Wallher disent que ce musicien a 
écrit un traité intitulé Melopoeia, ou l'art de 
la composition (en allemand), qui n'a pas été 
im|)rimé, mais dont il a été répandu des 
copies. C'est sans doute le même ouvrage qui 
est cité par Mallheson {Grundl. einer musil;. 
Ehrenpforte, p. 106). La plupart des biblio- 
gr*)hes de la musique ont confondu le traité 
dont il est question avec celui de Jean 
Rretschmar {F. ci-dessus), quoiqu'il y ait 
entre les deux auteurs environ quatre-vingts 
ans d^distance. 

KRETSCH3IAR (Godefroid), magisler 
et pasteur primaire à Gorlilz, au commence- 
ment du dix-huitième siècle, a prononcé dans 
celle ville un sermon qui a été publié sous ce 
titre : Einweihungspredigt auf die neue 
Orgel in der Gœrlitzer Pétri und Pauli 
Kirche (Sermon sur l'inslallalion du nouvel 
orgue dans l'église de Saint-Pierre et Saint- 
Paul de Gorlilz), Gorlilz, 1704, in-4'' de 40 p. 
Gel ouvrage conlient des détails curieux sur 
l'histoire générale de l'orgue. 



KRETSCIIMAR — KREUSER 



4 os 



KRETSCIIMAR (Jean), facteur d'orgues ; 
h Schweidnitz, vivait dans la première moitié j 
du dix-huit -huitième siècle. Ha construit les 
instruments dont voici la liste : 1" A Neisse, 
l'orgue de Saint-Jacques, composé de cin- 
quante-quatre jeux. 2" A Schweidnitz, en 1711, 
celui des Dominicains, composé de trente jeux. 
3» A Meelschulz,en 1735, un orgue de trente- 
cinq jeux. 

RR1:ïSCIIMER(François-Jean-Charles- 
André), conseiller intime de guerre du roi de 
Prusse, dans la Poméranie, né en 1775 (le lieu 
n'est pas connu), est mort à Anclam, le 5 mars 
1839. Il s'est occupé depuis sa jeunesse de re- 
cherches sur l'histoire et la théorie de la 
musique, et a publié un livre qui a pour titre : 
Jdeen zu einer Théorie der Musik (Idées 
d'une théorie de la musique), Stralsund , 
Lœlîler, 1833, in^». Cet ouvrage, qui renferme 
des idées neuves sur la constitution des tona- 
lités, n'est en quelque sorte composé que de 
fragments d'un livre écrit par l'auteur sur une 
théorie générale de la musique. On trouvera 
dans mon Histoire de la philosophie de la mu- 
sique, faisant suite au système de cette philo- 
sophie, une analyse des principes qui servent 
de base à la théorie de Kretschmer. Ce savant 
a commencé en 1838 la publication d'une col- 
lection de chansons populaires allemandes qui 
fut interrompue par sa mort; elle a été con- 
tinuée et achevée par les soins du docteur 
Massmann, de Munich, de M. de Zuccalmaglio, 
de Varsovie, et de plusieurs autres collabora- 
teurs. Elle forme deux volumes, grand in- 
octavo et a pour titre : Deutsche f'olkslieder 
mit ihren Original- JFeisen (Chansons popu- 
laires allemandes avec leurs formes origi- 
nales), Berlin, 1840. Ce travail n'est pas à 
l'abri de tout reproche, sous le rapport de l'au- 
thenticité traditionnelle des mélodies. 

KREUBÉ (Charles -FRiioÉRic) né à Lujjê- 
ville, le 5 novembre 1777, apprit la musique 
et le violon dans cette ville, puis fut attaché à 
l'oixhestre du théâtre de Metz, en qualité de 
chef d'oichcstre. Arrivé à Paris en 1800, il y 
reçut des leçons de Rodolphe Kreutzer pour le 
violon. Dans l'année suivante, il entra à l'or- 
chestre de l'Opéra-Comique. Devenu sous-chef 
(l'orchestre du même théâtre en 1805, il suc- 
céda à Blasius, comme premier chef, en 1816, 
et conserva cette place jusqu'au mois de no- 
vembre 1828. Retiré alors avec la pension, il 
vécut depuis ce temps à la campagne, près de 
Saint-Denis. Admis au nombre des musiciens de 
la chapelle du roi en 1814, Kreubé perdit cette 
position en 1850, lorsque cette chapelle fut sup- 



primée. Il est mort dans sa maison de cam- 
pagne, au printemps de 1840. Il s'était d'abord 
fait connaître comme compositeur de musique 
instrumentale et avait publié : l" Deux pots- 
pourris en quatuor pour deux violons, alto et 
basse; Paris, Gaveaux. 2"» Trios pour deux 
violons et basse, op. 6, 21; Paris, Hanry. 
5" Duos pour deux violons, op. 11, 24, 25, 26, 
30 ; Paris, Hanry, Gaveaux. 4° Thèmes variés 
pour violon; Paris, Hanry, Gaveaux. 5» Trois 
nocturnes pour deux violons, alto et basse, 
op. 23; Paris, madame Duhan. 6° Trois qua- 
tuors pour deux violons, alto et violoncelle, 
op. 31, ibid. Plus tard, Kreubé s'est livré 
à la composition d'ouvrages dramatiques pour 
l'Opéra-Comique. Quelques-uns de ses opéras 
ont réussi; mais ils ont maintenant tous dis- 
paru (le la scène. En voici la liste chronolo- 
gique : 1" Ze Forgeron de Bassora, en deux 
actes, 1813. 2° Le Portrait de famille, en un 
acte. 1814. 3" La Perruque et la Redingote, 
en trois actes, en collaboration avec Kreutzer, 

1815. Â" La jeune Belle-mère, en deux actes, 

1816. 5° Une nuit d'intrigue, en un acte, 
18I6.6"Z'^eri7iére,enunacte, 1817. 7».£'d- 
mondet Caroline, en un acte, 1819. S" La 
jeune Tante, en un acte, 1 820.9° Le Philosophe 
en voyage, en trois actes, en collaboration 
avec Pradher, 1821. 10" Le Coq de village, 
en un acte, 1822. 11° Le Paradis de Ma- 
homet, en trois actes, avec Kreutzer, 1822. 
12» Jenny la bouquetière, en deux actes, 
avec Pradher, 1823. 13» L'Officier et le 
Paysan, en un acte, 1824. 14" Les Enfants de 
Maître Pierre, en trois actes, 1825. 15» La 
Lettre posthume, en un acte, 1827. 16" Le 
Mariage à l'anglaise, en un acte, 1828. 
Les partitions du Forgeron de Bassora , 
d'Edmond et Caroline, du Coq de village, 
des Enfants de Maître Pierre et de VOfflcier 
et le Paysan ont été gravées à Paris. 

KREUSER ou KREES8ER (Geokces- 
Antoine), né en 1743 à Heidingsfeld, petite 
ville de la Bavière , près de Wurzbourg , 
voyagea en Italie, dans sa jeunesse, pour per- 
fectionner son talent sur le violon et dans la 
composition; puis il parcourut la France et la 
Hollande, et s'établit dans ce dernier pays 
pendant plusieurs années. Il fut directeur 
d'orchestre et compositeur à Amsterdam, en 
1770; plus tard, il eut la place de maître de 
chapelle de l'électeur de Mayence. Il est mort 
en celte ville dans les premières années du 
dix-neuvième siècle. Les principaux ouvrages 
de cet artiste sont : 1" La Mort de Jésus, 
oratorio, sur le texte de Ramier, exécuté à 



406 



KREUSER — KREUTZER 



Mayence, en 1790; gravé en partition à 
Mayence, chez Schott. 2» Trois symphonies 
pour l'orchestre, liv. 1 ; Offenbach, André. 
3» Trois idem, liv. 2, ibid. On assure que 
Kreuser en avait composé trente. Il est vrai- 
semblable que le plus grand nombre est resté 
en manuscrit, ou a été publié en Hollande. 
4" Dix-huit quatuors pour deux violons, alto 
et violoncelle. 5" Douze trios pour deux violons 
et basse. 6" Six quatuors faciles pour flûte, 
violon, alto et basse, liv. 1 et 2; Bonn, Sim- 
rock. 7" Trois sonates pour piano et violon, 
op. 1; Mayence, Schott. 8" Trois sonates faciles 
pour piano seul, op. 30; Paris, Carli. 9° Chan- 
sons allemandes avec accompagnement de 
piano; Mayence, Schott. 

Le frère aîné de Georges-Antoine, Adam 
Kreuser, était beaucoup plus âgé que lui, car 
il naquit à Heidingsfeid, le 22 juin 1727. Il 
était un des meilleurs cornistes de son temps 
et jouait bien du violon. En 1752, il visita la 
France, puis se fixa à Amsterdam où il mourut, 
le 19 avril 1791, dans la position de chef d'or- 
chestre. On ne connaît pas d'ouvrages de sa 
composition. 

KREUTZER (Rodolphe), violoniste cé- 
lèbre et compositeur, né à Versailles le 16 no- 
vembre 1766, était fils d'un musicien de la 
chapelle du roi, qui lui enseigna les éléments 
de la musique. Dès l'âge de cinq ans, il montra 
les plus heureuses dispositions pour cet art; 
particulièrement pour le violon, qui lui fut 
enseigné par Antoine Slamitz, violoniste alle- 
mand d'une certaine réputation, et qui a fondé 
une école. Les progrès du jeune Kreutzer 
tinrent du prodige : il avait à peine atteint 
sa douzième année, que déjà il faisait pres- 
sentir ce jeu brillant et plein de verve par 
lequel il excita depuis lors l'enthousiasme du 
public dans tous les concerts ou il se fit en- 
tendre. Personne ne lui avait enseigné les 
principes de l'harmonie, mais son heureuse 
organisation suppléait au savoir qui lui man- 
quait, et avant d'avoir acquis des notions sur 
l'art d'écrire la musique, il composait des 
concertos. A l'âge de treize ans, il fit entendre 
au concert spirituel son premier ouvrage en 
ce genre : le compositeur et le virtuose furent 
applaudis avec transport. 

Souvent appelé à Trianon, pour les petits 
concerts de la reine, il y chantait avec goût 
et se faisait ensuite admirer comme violoniste. 
A l'âge de seize ans, il perdit en deux jours 
son père, sa mère, et se trouva chargé de l'en- 
tretien de quatre enfants dont il était l'aîné. 
La reine Marie-Antoinette vint heureusement 



à son secours et lui remit, quelques jours après, 
le brevet de la place de premier violon de la 
chapelle royale, que son père avait occupée. 
Plein de courage et de confiance dans ses 
forces, Kreutzer travailla avec ardeur pour 
développer son talent par les occasions fré- 
quentes qu'il avait eu d'entendre Mestrino et 
Viotti. A peine âgé de vingt ans, il pouvait 
être déjà classé parmi les violonistes les plus 
habiles. 

Ses ouvrages se succédaient avec rapidité, et 
son talent d'exécution se perfectionnait de plus 
en plus. Mais ce n'était pas seulement à la 
musique instrumentale qu'il voulait se livrer 
exclusivement; le besoin de travailler pour la 
scène ne lui laissait point de repos. N'ayant 
pu se procurer un poëme pour l'Opéra-Comi- 
que, il se mit à refaire la musique de deux an- 
ciennes pièces, et cette musique fut répétée à 
la petite salle du château de Versailles, devant 
la cour, grâce aux bontés de la reine, qui avait 
pris le jeune artiste sous sa protection. Une 
occasion se présenta bientôt de mettre à exé- 
cution son projet favori, et de se procurer le 
poëme d'opéra, objet de ses désirs. En 1790, 
il était entré au Théâtre Italien, comme pre- 
mier violon; celle place lui fit faire la con- 
naissance de Desforges, qui lui confia le drame 
historique de Jeanne d'Arc, en trois actes, 
dont la musique fut écrite en quelques jours 
par Kreutzer. Cette pièce fut représentée au 
Théâtre Italien, en 1790, et eut assez de succès 
pour donner de la confiance à d'autres poêles. 
Le 15 janvier 1791, Kreutzer donna au même 
théâtre Paul et p'irginie, composition pleine 
de chaleur, d'élégance, de naïveté, et qui se 
fait remarquer par une couleur locale ravis- 
sante d'efl"et. Le succès fut complet. Au mois 
d'août de la même année, Lodoïska fut ac- 
cueillie avec enthousiasme par les habitués de 
l'Qpéra-Comlque. C'est aussi par un coloris 
analogue au sujet que cet opéra mérite d'être 
placé au rang des bonnes compositions dra- 
matiques; toutefois, il faut avouer qu'il est 
inférieur à Paul et Firginie, bien qu'il soit 
resté au répertoire, et que son ouverture soit 
-devenue populaire. 

Jusque-là, Kreutzer n'avait suivi que son 
heureux instinct dans la composition de ses 
ouvrages; car toute notion d'harmonie lui 
était éliangère. Sa manière de concevoir toutes 
les parties de sa partition consistait à marcher 
à grands pas dans sa chambre, chantant ses 
mélodies et les accompagnant sur son violon. 
Ce fut de la même manière qu'il écrivit, en 
1792, Charlotte et JF'arther, en un acte, pour 



KREUTZER 



107 



le Thi^llrc Italien; Zj Franc Breton, pour le 
même tliéâlre; et en i/t)ô, le Déserteur de la 
montagne de Hnmm, au Théâtre Italien; le 
Congrès des RoiSj auquel il travailla en col- 
laboration avec Grétry, Méhul, Dalayrac, Des- 
hayes, Solié, Devienne, Berton, Jadin, Trial 
(ils, Cherubini et Blasius; le Siège de Lille, 
en un acte, au théâtre Feydeau ; la Journée 
de Marathon, en quatre actes, au théâtre Na- 
tional ; On respire, petit opéra improvisé 
après le 9 thermidor, et quelques autres ou- 
vrages de peu d'importance. Ce fut long- 
temps après que Kreutzer, devenu membre 
du Conservatoire, crut que ses fonctions de 
professeur lui imposaient l'obligation d'être 
savant, et qu'il se mit à faire des études tar- 
dives, dont le résultat fut d'arrêter l'élan de 
son imagination. 

Après la mémorable campagne de 1790 et 
ie traité de Campo-Formioqui en fut la suite, 
Kreutzer partit pour l'Italie. Il y donna de 
brillants concerts à Milan, Florence et Ve- 
nise (1). Il se rendit ensuite en Allemagne oii 
il obtint aussi de beaux succès comme violo- 
niste et comme compositeur, et revint à Paris 
par la Hollande, en passant par Hambourg. 

Le Conservatoire de musique venait d'être 
organisé, Kreutzer y fut appelé comme pro- 
fesseur de violon : Il s'y fit bientôt distinguer 
par les excellents élèves qu'il forma» Sa mé- 
thode d'enseignement se distinguait surtout 
jiar une (lualité précieuse, à savoir l'enthou- 
siasme et la confiance qu'il savait inspirer à 
ses élèves. Dans le même temps, il se faisait 
entendre avec le plus grand succès dans les 
concerts de l'Opéra et du théâtre Feydeau ; ce 
fut pour un de ces concerts qu'il composa la 
symphonie concertante en /"a, qui fut exécutée 
par Rode et par lui. Après le départ de Rode 
pour la Russie, Kreutzer lui succéda comme 
violon solo de l'Opéra en 1801 ; conserva cette 
place jusqu'en 1810, où il fut nommé second 

(I) I/aiilour (le la noiico Hc Kreutzer, qui se Irome 
dniis le supplément de lo liiotjra'phie universelle de Mi- 
cliaud, dit que Bonaparte chargea cet artiste de recueil- 
lir dans les bibliolliéques les œuvres non puliliés des 
maitres de la scène italienne : cette assertion n'est point 
exacte; car je tiens de l'illustre géomètre Monge, alors 
cliarjîé d'une mission générale relative aux sciences et 
aux arts, que ce fut lui qui, ayant rencontré Kreutzer 
à Milan, lui confia ce soin, et qui, l'ayant retrouvé plus 
tard à Venise, lui fit la remise de caisses où étaient con- 
tenues les copies des œuvres des pics anciens maitres 
de l'église de Sainl-Mare. Occupé de ses concerts et de 
ses relations avec les artistes, Kreutzer ajourna l'envoi 
qu'il devait faire à Caris de ces caisses. Dans l'inter- 
valle, la guerre recommença ; l'armée française fut obli- 
gée de battre en retraite, et les trésors recueillis par 
Mongc furent perdus. 



chef d'orchestre, et devint directeur du même 
orchestre l'année suivante. Entré en 1802 dans 
la chapelle du premier consul Bonaparte, 
comme un des premiers violons, il fut fait 
violon solo de la musique particulière de l'em- 
pereur Napoléon en 1806, et maitre de la 
chapelle du roi en 1815, en survivance de 
Plantade. 

Malgré tant de travaux et d'emplois, Kreutzer 
n'avait point renoncé à sa passion pour le 
théâtre; il écrivit, en 1801, sa partition 
iVAstianax pour l'Opéra, et commença à 
montrer dans cet ouvrage sa nouvelle direction 
par une facture plus soignée que dans ses 
[tremières compositions. Ce penchant se dé- 
velopjia dans les ouvrages qu'il écrivit par la 
suite; mais son originalité primitive parut 
s'affaiblir. Une multitude de compositions de 
tout genre furent écrites par lui dans l'inter- 
valle de vingt années qui suivirent la repré- 
sentation de son opéra à.''Astianûx. Le der- 
nier opéra qu'il fit représenter fut Ipsiboé, en 
182Ô, à l'Académie royale de musique : on y 
trouvait encore de belles choses. 

En 1824, Kreutzer fut fait chevalier de la 
Légion d'honneur; dans la même année, il 
quitta la direction de l'orchestre de l'Opéra pour 
celle de toute la musique de ce spectacle ; mais 
il ne garda cette dernière position que peu de 
temps : en 1826, il fut admis à la retraite. 
Alors il voulut faire un dernier adieu au 
public par l'opéra de 3Iatilde qu'il avait écrit 
avec soin ; mais l'artiste célèbre, qui avait eu 
tant de succès en tous genres, sollicita vaine- 
ment du directeur placé à la tête de l'Opéra 
en 1827, la faveur d'être admis à faire repré- 
senter son ouvrage : il fut repoussé bru- 
talement par l'esprit de monopole qui s'était 
emparé de ce directeur. Kreutzer fut vi- 
vement blessé du refus qu'il éprouvait; un 
profond chagrin s'empara de son âme, et 
plusieurs atteintes d'apoplexie portèrent le 
dérangement dans ses facultés. Pendant plu- 
sieurs années, il fut languissant; enfin on crut 
que l'air de la Suisse et les soins d'un mé- 
decin célèbre de Genève pourraient lui rendre 
la santé; on le conduisit dans cette ville; 
mais les ressorts de la vie étaient usés; il y 
expira le 6 Juin 1831. On lit dans la I>io- 
graphie des hommes remarquables du dé- 
partement de Seine-et-Oise, par MM. Daniel 
(p. 250), qu'un curé de cette ville refusa la sé- 
pulture à cet artiste célèbre, parce (|u'il avait 
travaillé |)(»ur ie théâtre. Depuis plus de dix 
ans, Kieiilzei" avait cessé de jouer du violon, 
jiar suite d'une chute oii il avait eu le bras 



108 



KREUTZER 



cassé, dans un voyage quMl fît au midi de la 
France. 

Comme violoniste, Kreutzer avait pris une 
position élevée dans l'école française, où bril- 
laient alors Rode et Baillot; non quMl eût 
l'élégance, le charme et la pureté du premier 
de ces artistes, ni l'admirable variété de mé- 
canisme et le sentiment profond du second; 
car, dans son talent d'instrumentiste, comme 
dans sa musique, Kreutzer dut tout à son 
instinct et rien à l'école. Cet instinct, riche et 
plein de verve, donnait à son exécution une 
originalité de sentiment et de manière qui 
portait toujours l'émotion dans l'auditoire, et 
que personne n'a surpassée. Il avait le son 
puissant, l'intonation juste, et sa manière de 
phraser avait une chaleur entraînante. Le seul 
reproche qu'on lui a fait avec justesse était de 
manquer de variété dans l'accentuation de l'ar- 
chet, et de couler presque tous les traits, au 
lieu d'y introduire le détaché. 

Voici la liste des principaux ouvrages de ce 
musicien distingué. A l'Opéra : 1» Za Journée 
de JUarathon, enquatreactes, \7dZA°{bts)FIa- 
minius à Corinthe, en un acte, 1800, avec 
Nicolo Isouard. 2» Jstianax, opéra en trois 
actes, 1801 . 3» Aristippe, en deux actes, 1808. 
A" La Mort d'Jbel, en trois actes, 1810. 
5» Antoine et Cléopâtre, ballet en trois actes, 
1809. 5" {hîs) La Fêle de Mars, en un acte, 

1814. 6° L'Oriflamme , en deux actes, en 
collaboration avec Méhul, Breton, etc., 1814. 
7° La Princesse de Babylone, en trois actes, 

1815. 8° Les Dieux rivaux, en deux actes, 
avec Spontini, Persuis et Berton, 1816. 9° Le 
Carnaval de Fenise, ballet en deux actes, 
avec Persuis, 1816. 10» La Servante justifiée, 
ballet en un acte, 1818. 11» Clari, ballet en 
trois actes, 1820. 12» /pstftoe, opéra en trois 
actes, 1823. 13» 7>/an7(Ze, opéra en trois actes, 
inédit. Au théâtre Favart: 14» Jeanne d'Arc 
à Orléans, en trois actes, 1790. 13» Paul et 
Firginie, en trois actes, 1791. 16° Lodotska, 
en trois actes, 1791. 17» Charlotte et Wer- 
ther, en un acte, 1792. 18» Le Franc Breton, 
1792. 19» Le Déserteur de la Montagne de 
Jfamm, en un acte, 1793. 19» {his) On res- 
pire, en un acte, 1794. 20» Le Brigand, en 
un acte, 1793. 21» Imogène, ou la Gageure 
indiscrète, en trois actes, 1796. 22» Ze Congrès 
des Bois, en collaboration avec plusieurs mu- 
siciens, 1793. Au Théâtre Feydeau : 23» Ze 
Siège de Lille, en un acte, 1793. 24" Le Len- 
demain de la bataille de Fleurus, en un acte, 
1795. 23° Le Petit Page, en un acte, 1793. 
23" (bis) Les Surprises, ou l'Étourdi en 



voyage, en deux actes, 1806. 26° Jadis et 
aujourd'hui, en un acte, 1808. 27» Fran- 
çois J", en trois actes, 1808. 28» Le Triomphe 
du 7nois de mars, en deux actes, 1811, 
29» L'Lfomme sans façon, en trois actes, 
1812. 30» Le Camp de Sobieskî, en deux actes, 
1813. 31» Constance et Théodore, en deux 
actes, 1813. 32» Les Béarnais, en un acte, 
avec Boieldieu, 1814. 33» La Perruque et la 
Redingote, en trois actes, avec Rreubé. 34» Le 
Maître et le Falet , en trois actes, 1816. 
33» Le Négociant de Lfambotirg , en trois 
actes. 1821. Il a aussi arrangé la musique du 
ballet de Paul et Virginie, dont son opéra 
lui a fourni les principaux matériaux. Musique 
INSTRUMENTALE : 1» Deux symphoules concer- 
tantes pour deux violons, l'une en fa, l'autre 
en mi; Paris, Pleyel et Frey. 2» Symphonie 
concernante pour deux violons et violoncelle, 
Paris, Troupenas. 5» Premier concerto pour 
violon (en sol); Paris, Sieber. 4» Deuxième 
idem (en la),ibid. 5»Troisième idem {enmi) ; 
Paris, Leduc. 6»0uatrième idem (en ut),ibid. 
7» Cinquième idem (en la); Paris, Troupenas. 
8» Sixième idem (en mi mineur) ; Paris, Janet 
et Cotelle. 9° Septième idem (en la), ibid. 
10» Huitième idem (en ré mineur); Paris, 
P. Petit. 11» Neuvième idem (en mt mineur); 
Paris, Janet et Cotelle. 12» Dixième îdern (en 
ré mineur); Paris, Pleyel. 15» Onzième idem 
(en ut), ibid. 14» Douzième idem (en la); Paris, 
Érard. 13» N* 13, lettre A (en ré); Paris , Frey, 
16» N» 14, lettre B (en mi), ibid. 17» N° 15, 
lettrée (en la) ibid. 18» N° 16, lettre D (enmi 
mineur), ibid. 19» N» 17, lettre E (en sol), 
ibid. 20» N» 18, lettre F, (en mi mineur), ibid. 
21» N» 19, lettre G (en ré mineur), ibid. 
22» Air provençal varié pour violon et or- 
chestre, ibid. 23» Romance de Joseph, idem, 
ibid. 24» Quinze quatuors pour deux violons, 
alto et basse, op. 1, 2, 3; Paris, Janet, Pleyel, 
Frey. 23» Quinze trios pour deux violons et 
violoncelle, op. 5, 15, 16, lettre A et lettre B ; 
Paris, Michel Ozy, Pleyel, Frey. 26» Sept 
(puvres de duos pour deux violons ; Paris, Le- 
duc, Pleyel, Troupenas, Frey. 27» Cinq œuvres 
de sonates pour violon et basse ; Paris, Leduc, 
Frey. 28» Huit œuvres d'études et de caprices 
pour violon seul, ouvrages devenus classiques 
pour IVtude de l'instrument; Paris, Leduc, 
Frey, Troupenas. 29» Plusieurs airs variés 
pour deux violons, en trios, en quatuors, Paris. 
Kreutzer a pris part à la rédaction de la 
Méthode de violon publiée parle Conservatoire 
de P;i!is. 

liîiKLTZEïl (Jean -Nicolas- Auguste)-,, 



KREUTZER 



109 



frère du pr(5c<5dent, naquit à Versailles en 
1781 (1), et reçut des leçons de Rodolphe poul- 
ie violon. Lorsque le Conservatoire de Paris 
fut organisé, il entra dans la classe du même 
professeur, et obtint le second prix de violon 
au concours de l'an VIII (1800), puis le pre- 
mier prix l'année suivante. Sans avoir jamais 
eu l'éclat du jeu de Rodolphe, il appartint 
cependant à son école par une certaine élé- 
gance tonte française, très-différente de la 
manière de Baillot et de celle de Rode. En 
1798, Kreutzer entra à l'orchestre de l'Opéra- 
Comiquedu théâtre Favart. En 1802, il passa 
de cet orchestre à celui de l'Opéra, et il y 
resta jusqu'au commencement de 1823, époque 
où il se retira avec la pension^ après vingt ans 
de service. Pendant plusieurs années, il avait 
été professeur suiipléant au Conservatoire : 
en 1825, il succéda à son frère dans la place 
de |»rofesseur de première classe. Une maladie 
de poitrine l'a conduit au tombeau dans l'été 
de 1832. Kreutzer, qui avait été attaché à la 
chapelle de Napoléon, est entré dans celle du 
roi en 1814, et a conservé sa place parmi les 
premiers violons jusqu'à la dissolution de cette 
chaj)elle en 1830. Cet artiste a publié : 1» 1" 
et 2* concerto pour violon, Paris, Boieldieu. 
2» Duos pour deux violons, op. 2 et 5, Paris, 
Janet, Naderman. 5" Trois sonates pour 
violon et basse, op. 1, Paris, Janet. 4" Plu- 
sieurs airs variés et solos pour violon. 

KREUTZER (Léon-Chahles-Frai^çois), 
(ils du précédent et neveu de Rodolphe, est né 
à Paris, le 23 septembre 1817. Après avoir 
apj)ris, dans ses premières années, les élé- 
ments du solfège, il commença, à treize ans, 
Pétude du piano sous la direction de M. Flè- 
che, ancien élève lauréat du Conservatoire. 
Deux ans après, il reçut des leçons de compo- 
sition de M. Benoisf, professeur au Conserva- 
toire. A vrai dire, la plus solide instruction 
musicale de Léon Kreutzer fut puisée dans ses 
lectures de partitions et de livres relatifs à 
l'art, dans la comparaison des productions 
d'époques différentes et du style des maîtres. 
Ces études, faites dans l'isolement, ont donné 
pour résultats à l'artiste des théories esthé- 
tiques et des vues sur l'art toutes personnelles, 
indépendantes et peut-être un peu trop exclu- 
sives. Épris d'un amour passionné pourl'arf 
pur, il n'a point transigé avec le fait des 

(I) La Biographie universelle des contemporains place 
)a naissance île cet artiste en 1778, et M. Gabct, dans son 
nictionnuire ùes artistes de l'érole française, la fixe en 
178S La date (|iic je donne est consignée dans les anciens 
registres du Conservatoire de Paris. 



succès de vogue et des entraînements de la 
mode. Poussant même à l'excès son penchant 
pour le sérieux et sa haine du frivole en mu- 
sique, il n'a pu éviter, comme critique, une 
certaine roideur d'opinions qui, parfois, a 
faussé ses jugements. Les travaux de M. Kreut- 
zer dans la critique musicale ont paru dans les 
journaux dont voici les titres : 1" L'Union, 
depuis 1840 jusqu'au moment où celte notice 
est écrite (18C2); M. Kreutzer y fait l'analyse 
des opéras représentés sur les théâtres de 
Paris. 2" Revue et gazette 7nusicale de Paris : 
sous le titre de l'Opéra en Europe, le critique 
y a donné depuis 1841 un travail étendu avec 
des exemples de musique pour servir d'éclair- 
cissement au texte. Il y a publié aussi des 
analyses du Faust de Berlioz, de VElie de 
Mendelsohn , et une suite d'articles sur la 
Sociélédes concerts du Conservatoire de Paris. 
3" Rev'.ie contemporaine, depuis 1834 : divers 
articles sur les théâtres et une biographie Irès- 
développée de Meyerbeer. 4° DOpinion pu- 
blique. 5» Le Théâtre. Divers travaux dans 
ces deux journaux. 

Compositeur d'un talent solide et dont les 
tendances ont de l'originalité, M. Kreutzer au- 
rait pu prétendre à des succès qui eussent eu 
plus d'éclat, si, se tenant moins à l'écart et 
plus soigneux de sa renommée, il se fût donné 
quelque peine pour faire connaître son œuvre, 
très-varié d'ailleurs, et s'il eilt attaché plus 
de prix à l'opinion publique, sans laquelle on 
n'arrive à rien, quoi qu'on fasse. C'est un mau- 
vais refuge que celui du dédain pour celte 
opinion : on n'y porlejamais qu'un esprit mé- 
content. Voici la liste des productions de 
M. Kreutzer, publiées et inédites : I. ntsiQUE 
DE PIANO : 1° Sonate dans l'ancien style, Paris, 
Richault. 2" Sonate en si bémol, ibid. 3" So- 
nate en fa mineur, ibid. 4" Six études, ibid. 
5° Dix valses et deux écossaises, ibid. 6° Deux 
quadrilles, ibid. 7° Prélude, Paris, Heugel. 
8» Romance sans paroles, Piris, Bernard 
Latte. 9" La Gymnastique du piano, Paris, 
Gérard. 10» Minuelto, Paris, Richault. II. mu- 
sique DE CHAMBKE : 11» Trio pour piano, violon 
et violoncelle, ibid. 12° Quatuors pour deux 
violons, alto et violoncelle, n"' 1, 2, 3, 4, 
ibid. III. MDSiQUE DE CHAMT : 13° Vingt-six 
mélodies avec accompagnement de piano 
U^ suite, ibid. 14» Vingt mélodies idem 
2"^ suite, ibid. 13» Les Cloches de Sdid, idem 
ibid. IG» L'Enfant pauvre, idem, Paris 
Gérard. 17» La Fiancée du Marin, idem 
ibid. IV. MusiguE de violon : 18» Romance en 
sol mineur, Paris, Richault. V. musique D'on- 



110 



KRf'LUTZER 



CHESTRE. 19° Introduction à la Tempête de 
Shakespeare,,Paris, Parent. VI. pour l'ensei- 
gnement : 20» Petit cours d'harmonie , au 
point de vue de la modulation.^ 

M. Kreutzer a en manuscrit : 21" Quatuors 
pour deux, violons, alto et violoncelle, n"' 5, 6, 
7, 8. 22» Troisième suite de mélodies. Plu- 
sieurs mélodies tirées des trois suites publiées 
et inédile ont été arrangées avec accompa- 
gnement d'orchestre par l'auteur. Il en est un 
certain nombre qui ont été traduites en alle- 
mand par M. Richard Lindau. 23" Symphonie 
en si bémol pour orchestre. 24» Idem en fa 
raineur.23''Fantaisie burlesque, tdem.26»/dem 
militaire. 27° Concerto symphonique en quatre 
parties pour piano et orchestre, musique dra- 
matique : 28» Serafina, opéra-comique en un 
acte. 29» Les Filles d'azur, opéra féerie, mn- 
sfQUB religieuse : 30» Stabat Mater, à deux 
choeurs, avec orgue non obligé. 31° Petit traité 
decontrepoint.il y a beaucoup de distinction 
et de fantaisie dans les ouvrages de M. Kreut- 
zer dont l'auteur de cette notice a eu connais- 
sance. 

KREUTZER (Conradin). Un meunier 
dont !e moulin était situé à une demi-lieue de 
Mœsskirch, aujourd'hui sous la domination du 
grand-duc de Bade, avait huit enfants. L'un 
d'eux, Conradin Kreutzer, né le 22 novembre 
1782, jour de Sainte-Cécile, montra dès son 
enfance beaucoup de penchant pour la mu- 
sique. A rage de sept ans, ses parents l'en- 
voyèrent chez Rieger, directeur du chœur et 
organiste, qui lui enseigna les premiers prin- 
cipes de la musique appliqués au piano, au 
violon et au chant. Ce fut précisément le jour 
de Sainte-Cécile qu'il arriva chez son maître. 
Ce jour est devenu remarquable parles événe- 
ments qui signalèrent ses progrès et les cir- 
constances principales de sa vie. 

Rieger était un homme de grande sévérité 
pour ses élèves; mais tels étaient le zèle et 
l'aptitude de Conradin, que le maître se laissa 
loucher et qu'il montra toujours une préfé- 
rence marciuée pour cet élève. Après une 
année d'éludé, le jeune Kreutzer se trouva en 
élat de chanter, de manière à satisfaire le 
professeur et le public, un grand solo à l'ofTer- 
loire de la messe de Sainte-Cécile, Il resta 
encore une année sous la direction de son 
maître, après quoi il pass'a en qualité d'enfant 
de chœur au monastère de Zwyirallen. Il était 
alors âgé de neuf ans, et, par une circonstance 
assez singulière, ce fut encore le jour de 
Sainte-Cécile <ni'il entra dans le couvent. 

Le monastère de Zwyffallen est situé près de 



Riedlingen,en Ajlriche. C'est là que Conradin 
Kreutzer continua ses éludes et qu'il reçut 
(l'un moine, nommé Ernest Weinrauch, di- 
recteur de la musique du couvent, des leçons 
qui exercèrent la plus heureuse influence sur 
sa carrière. Cet Ernest Weinrauch, qui était 
entré à Zwyffallen comme enfant de chœur et 
qui n'en sortit plus, était un musicien de 
génie, mais un homme si ignorant des choses 
du monde, qu'il n'avait jamais pu comprendre 
l'usage de la monnaie. Conradin Kreutzer 
assure que ses composilions étaient Irès- 
remarquables. Il possédait aussi un rare 
talent comme organiste; talent (|u'il commu- 
niqua à son jeune élève Les leçons de contre- 
point et d'harmonie données par un maître 
tel que Weinrauch à un élève aussi plein de 
zèle que Kreutzer ne pouvaient manquer de 
produire d'heureux résultats. Le professeur se 
voyait avec joie revivre dans son élève, et 
celui-ci n'avait d'aulre i)ensée, d'autre pas- 
sion que la musique. Telle était l'ardeur de 
Kreutzer pour le travail, qu'il étudiait souvent 
au clair de la lune, et (|u'on était obligé <le le 
surveillera cause de la faiblesse de sa santé. 

Dans le monastère de Zwyfîallen, comme 
dans beaucoup d'autres, on avait l'hahitude 
d'exécuter de symphonies pendant la messe : 
Kreutzer se sentit pressé du désir d'en com- 
poser une. Mais il n'était encore qu'aux pre- 
miers éléments de l'harmonie, et il ignorait la 
manière de «lisitoser les différentes parties 
dans une partition. Pour exécuter sou projet, 
il se borna donc à faire un brouillon <le la 
partie principale, après quoi il arrangea sépa- 
rément chacune des autres. Son professeur le 
surprit un jour au travail, lorsque sa table cl 
le plancher de sa cellule étaient jonchés des 
parties de tous les instruments. Le professeur, 
tout ému de joie, enseigna à son élève les pro- 
cédés de la formation de la partition. 

Après trois années de leçons données à Con- 
radin, le digne Weinrauch cessa de vivi-e. Uu 
jeune moine, venu d'un autre couvent, lui 
succéda; mais il ne possédait ni l'afTabilité de 
caractère, ni les hautes connaissances de sou 
prédécesseur. Conradin sentit qu'il avait tout 
perdu, et il se décida à quitter le couvent de 
Zwyffallen pourse rendre à celui de Schussen- 
ried, ce qu'il fit en 17'JG. Les moines de celui- 
ci appartenaient à l'ordre des Prémonlrés, et 
jouissaient d'une grande liberté. Kreutzer 
chanta encore pendant un an comme enfant 
de chœur, mais au bout de ce temps, sa voix 
passa du soprano au ténor. Il se borna alors à 
remplir les fondions d'organiste, et le reste de 



KREUTZER 



iti 



son temps fut employé à terminer ses études. 
On le jugea bientôt assez habile pour devenir 
professeur, et l'éducation musicale de qua- 
rante élèves du couvent lui fut confiée. 

Les parents de Kreutzer voyaient avec in- 
quiétude sa passion pour la musique, parce 
cjuMls le destinaient au barreau. On finit même 
j)ar lui interdire absolument l'étude de cet 
art, ce qui lui causa beaucoup de chagrin. 
Devenu orphelin en 1797, il reprit le cours de 
SCS travaux favoris; mais un oncle pharma- 
cien, qui était son tuteur et qui voulait lui 
faire embrasser sa profession , l'obligea à 
(|uilterSchus3enriéd, et à se rendre à l'univer- 
sité de Fribourg en Brisgau, pour y étudier la 
médecine. Il arriva dans celle ville, en 1799, 
et suivit d'abord le cours de philosophie. 

Cependant il ne cessait d'importuner son 
oncle pour reprendre ses éludes lie prédilec- 
tion; enfin sa persévérance triom[)ha des 
obstacles, et il obtint la permission d'aller à 
Vienne pour y reprendre ses travaux de mu- 
sique. La durée de son voyage fut plus longue 
(|u'il ne l'avait imaginé. Les connaissances 
«ju'il avait faites dans plusieurs familles no- 
tables de la Suisse furent cause qu'il resta 
jusqu'en 1804 dans la ville de Constance. Au 
commencement de 1 802, il avait pris part à la 
première exécution de l'Oratorio la Création 
du monde : il y jouait le premier hautbois. 
L'orgue et la clarinelleétaient aussi des instru- 
ments sur lesquels il possédait un talent dis- 
tingué. Le dernier lui procura une certaine 
célébrité à Vienne. 

Lorsqu'il partit pour celte ville, il ne possé- 
dait que quatre-vingt-dix florins et n'avait 
pas une lettre de recommandation : sa seule 
espérance était d'y rencontrer un cousin, avec 
qui il était en relation d'amilié. Gai, dispos et 
léger comme les artistes de son âge, sans ré- 
fléchir aux suites de son entreprise, et sans 
douter du succès de ses projets, il se mit en 
voyage. A quelques lieues de Vienne, dans un 
petit endroit nommé Nusdorf, il lui restait 
quelques florins ; il prit une voiture et se fit 
conduire chez son cousin. Quelle fut sa sur- 
prise! il apprit que son parent avait quitté sa 
demeure sans indiquer le lieu de sa nouvelle 
habitation. Cruellement désappointé, il erra à 
l'aventure, et ne fut tiré de sa rêverie et de 
son abattement qu'à la vue des affiches de 
spectacle. Celle de l'Opéra lui apprit que le 
même soir on jouait l'opéra d'^xwr de Salieri. 
11 se rendit à l'inslant au théâtre, et cessa de 
songer à sa mésaventure, Axur était le pre- 
mier opéra que Kreutzer voyait représenter : 



il produisit sur lui une impression profonde, 
et fixa son attention de telle sorte, qu'il sem- 
blait que toutes ses facultés fussent absorbées. 
Malheureusement le spectacle devait finir; 
l'enchantement se dissipa, et ce fut avec un 
sentiment profond de mélancolie que Kreutzer 
sortit avec les autres spectateurs. Il cherchait 
à ressaisir encore ses illusions, lors(jue au mi- 
lieu de la foule qui s'écoulait, il reconnut avec 
un vif plaisir mêlé de surprise ce cousin qui 
lui avait causé tant d'anxiété, et qui lui était 
si nécessaire! Celui-ci, charmé de le voir, 
l'emmena chez lui et l'installa dans son loge- 
ment. Le hasard fit bientôt faire à Conradin 
Kreutzer la connaissance du célèbre violoniste 
Schuppanzigh, qui le recommanda à Albrechls- 
berger. L'habile professeur prit le jeune ar- 
tiste en amitié, et se chargea de rectifier ses 
études et de les terminer. Pendant deux ans, 
Kreutzer reçut les leçons de ce grand harmo- 
niste. Schuppanzigh reconnut bientôt le talent 
distingué de son protégé; il s'intéressa vive- 
ment à ce jeune homme, et, pour l'aider à se 
faire connaître, il lui donna le conseil de com- 
poser un concerto de piano. Kreutzer se mit à 
l'ouvrage, et le concerto fut écrit en huit jours, 
Conradin l'exécuta sans répétition dans un 
concert i)ublic, et fil naître l'admiration par 
le mérite de la composition et par celui de 
l'exéculion. Schuppanzigh redoubla alors 
d'efforts .lour faire connaître le jeune musi- 
cien, et le recommanda particulièrement au 
comte Xavier de Fuchs et à son épouse, née 
comtesse de Gallenberg, une des plus belles 
femmes de Vienne. Bientôt Kreutzer fut admis 
dans les meilleures maisons de cette ville; il 
fit beaucoup de connaissances, entre autres 
celle de Haydn. Ce grand compositeur s'in- 
téressa en faveur du jeune homme, et corrigea 
même de sa main trois sonates pour piano qu'il 
avait composées. 

Après plusieurs années de séjour à Vienne, 
Kreutzer, qui avait composé des messes, des 
quatuors et quelques pièces de moindre im- 
portance, voulut écrire un opéra. Il choisit 
celui de Conradin de Souabe. L'ouvrage étant 
achevé devait être représenté, mais la censure 
s'opposa à la mise en scène. Cette circonstance 
fâcheuse ne rebuta point Kreutzer, qui se mit 
immédiatement à écrire un autre opéra inti- 
tilué Der Raiicher (le Plongeur). Cet opéra 
était destiné par le prince Esterhazy à être 
joué sur le théâtre de Vienne : la distribution 
en était faite et plusieurs réi>étitions avaient 
eu lieu ; mais l'armée française entra à Vienne 
et fit éprouver à cet opéra le sort de Conradin 



H2 



KREUTZER 



de Souahe. Les désastres politiques occupaient 
alors tous les habitants de la capitale de l'Au- 
triche, et Conradin Kreutzer lui-même ne 
pensait plus à cet opéra. Lorsque l'empereur 
rentra à Vienne, on songea à faire reparaître 
la pièce; mais un homme chargé d'arranger 
la musiciue pour divers instruments avait égaré 
la partition; on crut l'ouvrage perdu ; heureu- 
sement les parties de chant furent trouvées 
chez les acteurs ; c'est au moyen de ces parties 
que l'auteur put refaire ensuite son ouvrage, 
qui fut représenté avec beaucoup de succès à 
Vienne, en 1814, et depuis lors sur quelques 
autres théâtres de l'Allemagne. Après la dis- 
parition de la partition du Plongeur de 
Kreutzer, il composa un autre opéra pour le 
théâtre de la cour que dirigeait W^eigl. Celui- 
ci, d'un caractère envieux et jaloux, s'opposait 
presque toujours à ce que les jeunes artistes 
se fissent connaître du public. Les tracasseries 
qu'il suscita à Kreutzer firent perdre à celui- 
ci l'espoir de faire représenter sa nouvelle 
composition intitulée : Jery et Balely. Cepen- 
dant Weigl, persuadé que la pièce n'aurait 
pas de succès, finit par consentir à la repré- 
sentation; mais son attente fut trompée, et le 
nombre des partisans du talent de Kreutzer 
augmenta beaucoup après qu'on eut entendu 
cet ouvrage. 

Par suite de ses relations désagréables avec 
Weigl, Kreutzer résolut de quitter Vienne : 
il entreprit un voyage avec son ami Leppig, 
mécanicien habile qui venait d'inventer l'in- 
strument appelé panmelodicon. Kreutzer 
jouait cet inslrtiment avec beaucoup de délica- 
tesse et de goût ; dans toutes les villes où il se 
fit entendre, il recueillit des applaudissements. 
Arrivé à Slullgard, il donna plusieurs concerts 
et se fit entendre différentes fois à la cour. 
Frédéric, roi de Wurtemberg, voulut que 
Conradin de Souahe fût représenté sur le 
théâtre de l'Opéra; le succès du compositeur 
fut complet. Ce succès l'encouragea à com- 
poser un nouvel ouvrage dramatique {Féo- 
dora, de Kotzebue). La représentation de cet 
opéra fut un nouveau triomphe pour lui. Le 
roi le nomma ensuite directeur du Conserva- 
toire, en remplacement de Danzi. Il accepta, 
et se mit en route pour retourner à Vienne, 
où il devait attendre sa nomination défini- 
tive; mais à peine arrivé à Munich, il la 
rerut par estafette. Il retourna alors à Sîult- 
gai'd où il resta jusqu'à la mort du roi, en 
ISlfi. 

Les promesses du prince de Furstemberg, 
et plus encore les diflércnds qui s'élevèrent 



après la mort du roi entre l'intendant de la 
ville et Kreutzer, décidèrent ce dernier à 
donner sa démission, après quoi il partit pour 
la Suisse, où il resta pendant une année. Il 
résolut de nouveau de se mettre en route pour 
Nuremberg, Gotha, MeinUngen , Leipsick, 
Berlin, Dresde, Prague et Vienne. A Berlin, 
il donna un concert un théâtre royal de 
l'Opéra. A Prague , il fui déterminé à 
composer une tragédie lyrique [Oreste) dont 
les vers sont de Reinbeck. Cette pièce fut re- 
présentée et applaudie. Plus tard, lorsqu'il fut 
arrivé à Vienne, ses amis l'engagèrent à en- 
voyer ce dernier ouvrage à la direction de 
l'Opéra. Il s'en défendit d'abord, parce qu'il 
pressentait son sort; enfin, déterminé par ses 
amis, il l'envoya; mais ses pressentiments ne 
l'avaient point trompé : l'opéra étantacheté fut, 
sans être représenté, déposé dans les archives 
du théâtre. Pendant son séjour à Vienne, Kreut- 
zer obtint duducCharles-Égon deFurstemberg 
la place de directeur de sa musique à Donaues- 
chingen. Il resta trois ans dans cette position, 
insulTisanle pour le développement de ses ta- 
lents. Il leur chercha un théâtre plus élevé, et 
le trouva. En 1821, la comtesse Fuchs, sœur 
du comte de Gallenberg, lui appiit qu'à Vienne 
le théâtre était mieux dirigé, et qu'il pouvait 
espérer d'y trouver un emploi convenable. 
A cette nouvelle, Keutzer demanda sa démis- 
sion ; ce ne fut que sur ses instances réitérées 
qu'elle lui fut accordée. En novembre, il partit 
pour Vienne et y fit monter son opéra .inti- 
tulé : Libussa, dont le poëme est de Bernard. 
La représentation eut lieu dans Je courant de 
l'automne de 1822, et réussit complètement. 
Après ce succès, Barbaja, entrepreneur du 
théâtre impérial {ffo/ftheater), autorisé par 
l'empereur, lui confia la direction de sa mu- 
sique, avec des appointements de2,000 florins. 
Après l'expiration, en 1827, du bail de Bar- 
baja, qui ne fut point renouvelé, on ne trouva 
pas de remplaçant à cet entrepreneur. Alors 
Kreutzer partit pour Paris, où il composa un 
opéra-comique (l'Eau de Jouvence) qui n'eut 
point de succès. L'année suivante, le Théâtre- 
Royal de Vienne fut ouvert de nouveau ; Kreut- 
zer s'y rendit et rentra dans son poste. Un 
an après, le directeur Cerf arriva à Vienne, 
et ayant afipris (|ue Kreutzer travaillait à 
un nouvel opéra, entra en relation avec lui 
dans le but de l'emmener à Berlin, pour 
y faire étudier et représenter cet opéra inti- 
tulé : Mélusine^ dont le succès lui parais- 
sait assuré, et qui pourtant n'a pas réussi. 
Eu 18Ô3, Kreutzer fut chargé de la direction 



KREUTZER 



113 



de rorclieslrc du théâ(re Josephslsedt : il 
garda celte po-ilion jusqu'en 1840 ; mais alors 
il donna sa démission pour voyager en Alle- 
magne avec sa fille, Cécile, cantatrice, sur qui 
il fondait de grandes espérance» qui ne se 
sont pas réalisées. Dans la même année, il 
reçut un engagement, comme directeur de 
musique à Cologne. En 184G, la place de di- 
recteur de la musique du théâtre royal de 
Berlin lui fut offerte, après la mort de Ni- 
colaï; mais il préféra la position de maître de 
chapelle à Riga, à laquelle il fut a[)pelé dans 
le même temps. Il est mort dans cette ville, le 
14 décembre 1849. 

Kreutzer jouit en Allemagne delà réputa- 
tion d'un compositeur distingué ; toutefois ses 
ouvrages sont plus remarquables par des qua- 
lités de facture et d'expérience, que par le 
don de l'invention. Sa partition la plus origi- 
nale me parait être son monodrame de Cor- 
delia. Il a d'ailleurs été rarement heureux à 
la scène. On connaît de lui les opéras sui- 
vants : 1° L'Enrôlement ridicule {W\e\^che.T- 
liche Werbung), opéra-comique en deux actes, 
composé à Fribourg en Brisgau, en 1801. 
Dans cette pièce, Kreutzer chanta lui-môme 
avec succès la partie de premier ténor. 2'' Con- 
radin de Souahe , drame lyrique en trois 
actes, composé à Vienne, en 1805, et repré- 
senté à Stuttgard pour la première fois, en 
1812. 5° Les deux Mots ou Une Nuit dans la 
forêt, composé à Vienne, en 1803. (Dalayrac a 
composé la musique d'un opéra sur le même 
sujet.) A°Jery et Bately, composé à Vienne, en 
1803. 5»£sopeenf/iri/g'îe, à Vienne, en 1808. 
6» Der Taucher (le Plongeur) , grand opéra 
romantique, en deux actes, composé à Vienne 
en 1809. 7» Panthea, grand opéra en trois 
actes, composé à Vienne, en 1810 (la repré- 
sentation de cette pièce a été défendue par 
l'autorité). 8» Féodora, opéra-comique en un 
acte, paroles de Kotzebue, composé et repré- 
senté à Stuttgard, en 1811. 9° Les Insulaires, 
opéra en deux actes, composé et représenté à 
Stuttgard, en 1812. 10» Mimon et Zayde, 
opéra en trois actes, composé et représenté à 
Stuttgard, en 1815. 11" Oreste, tragédie lyri- 
que en trois actes, composée en 1815 et repré- 
sentée pourla première fois àPrague,en 1818. 
12» La Chaumière des Alpes (Alpen Hûtter), 
opéra en un acte, paroles de Kotzebue, com- 
posé et représenté en 181G. 13» Cordelia, 
drame lyrique en un acte, paroles de P. Wolff, 
composé et représenté pour la première fois, 
en 1819, à Donaueschingen, et en 1823, à 
Vienne. Celte pièce a été dédiée à M"" Milder. 

DIOCn. l'NIV. BES MUSICIENS. T. V. 



M» Lihussa, grand opéra en trois actes, com- 
posé et représenté à Vienne, en 1822. 15» Le 
Plongeur {Der Taucher), corrigé et repré- 
senté à Vienne, en 1823. 1G° ^«.ijHna, drame 
lyrique, composé et représenté à Vienne, en 
1824. 17» La Laitière de Iflontfcrmeil, opéra 
en cinq actes, composé cl représenté à Vienne 
en 1827. 18» L'Eau de Jouvence, opéra- 
comique en deux actes, rei)résenté au théâtre 
de l'Odéon à Paris. 19» Le Portefaix des 
bords de la Tamise, opéra en trois actes, 
composé et représenté pour la première fois à 
Prague en 1828. 20» La jeune Demoiselle 
[Die Jungfrau), opéra en trois actes, repré- 
senté pour la première fois à Prague en 1830. 
21» Le Duron Luft, opéra comique en un 
acte, représenté pour la première fois à Vienne 
en 1830. 22» La Montagnarde , opéra en 
un acte, composé en 1831. Il n'est pas encore 
représenté. 23» Mélusine, opéra romantique 
en irois actes, représenté pour la première fois 
sur le théâtre de Rœnigstadt, le 27 février 1835, 
24» Das Nachtlayer (la Mauvaise Nuit), à 
Vienne en 1834. Dans la période de 1828 à 
1840, Kreutzer a encore écrit les opéras . 
La Grotte de TVaverlcy, Fridolin, les deux 
Figaro, la musifiue pour les drames intitulés 
Raymond et le Dissipateur, enfin, les opé- 
rettes Tom Rick et le Nouveau marié dans 
l'embarras. Dans les neuf dernières années 
de sa vie, l'activité productrice de Kreutzer ne 
. s'arrêta pas, car il écrivit les deux opéras 
l'Ecuyer, et la Montagnarde du Caucase. 
On trouva dans ses papiers, après son décès, la 
partition â' Aurélia, opéra en deux actes, qui 
a été représenté avec succès. De tous ses opéras 
Libussa, Cordelia, la Mauvaise Nuit de 
Grenade, la Montagnarde et le Dissipateur, 
sonl ceux qui ont reçu le meilleur accueil dans 
lesvillesprincipalesdel'AUemagne. Ils ont été 
joués et repris plusieurs fois à Berlin, Vienne, 
Prague, Hambourg, Francfort, Cassel et W^ei- 
mar. Les autres n'ont eu que de courtes exis- 
tences dans une seule ville. En musique reli- 
gieuse, Kreutzer a composé un oratorio en deux 
parties intitulé Moïse, qui a été exécuté en 
1814 à Slutlgard, et en 1819 à Zurich ; la can- 
tate Friedensfeier {la Célébration de la 
paix), exécutée d'abord à Stuttgard en 1815, 
ensuite à Winterlhur (Suisse) en 1817. Il a 
écrit aussi trois grandes messes et six petites, 
ainsi que plusieurs offertoires, graduels cl un 
Te Deum. 

Parmi les autres compositions de Kreutzer, 
on remarque: 1» Grand septuor pour violon, 
alto, violoncelle, clarinette, cor et basson, 

8 



114 



KREUTZER - RRIEGER 



op. G2. 2" Quintette pour deux violons, deux 
altos et violoncelle, Vienne, Pennauer. 3° Va- 
riations pour clarinette et orchestre, op. 35, 
Augsbourg, Gombart. 4° Polonaise pour piano 
et guitare, op. 10, Vienne, Weigl. 5» 1" con- 
certo pour piano et orchestre, op. 42 (en si 
bémol), Leipsiçk, Peters. 6" 2" idem (en ut), 
op. 50, Bonn, Simrock. 7° 3« idem (en mi 
bémol), op. 65, Leipsiçk, Ilofmeister. 8» Di- 
vertissement pour piano, flûte, cor, basson et 
contrebasse, op. 37, Augsbourg, Gombart. 
0" Fantaisie pour piano sur une valse favorite 
de la reine de Prusse, avec quatuor, op. 76, 
Leipsiçk, Peters. 10" Fantaisie sur un thème 
suisse pour piano, clarinette, alto et violon- 
celle, op. 55, Vienne, Pennauer. 11° Quatuor 
pour piano, violon, alto et basse. Vienne, Ilas- 
linger. 12» Grandes sonates pour piano, flûte 
€l violoncelle, op. 23, Bonn, Simrock. 13° Trio 
pour piano, clarinette et basson, op 43, Leip- 
siçk, Peters. 14" Fantaisie mélancolique pour 
piano et violoncelle, op. 77, ibid. 15" Plusieurs 
oeuvres de sonates faciles, marches et rondeaux 
pour piano à quatre mains. 16» Plusieurs di- 
vertissements, fantaisies et pot-pourris pour 
piano seul. 17" Plus de vingt-cinq cahiers de 
chants à plusieurs voix sans accompagnement, 
particulièrement pour des chœurs d'hommes, 
ouà voixseule, avec accompagnement de piano. 

KREYSIG (Frédéric-Louis), né à Eilen- 
bourg, près de Leipsiçk, le 8 juillet 1770, fit 
ses premières études à Leipsiçk et alla les con- 
tinuer à Pavie, en 1792. Il fut professeur de 
médecine à l'Université de Wittenberg, puis 
il eut le titre de conseiller et de médecin du 
roi de Saxe. Il est mort à Dresde, le 4 juin 
1839. On a de lui une dissertation intéressante 
intitulée :^ris(ofeZi* de soniet vocis humant 
naturd atqtte ortu theoria, cum recentiorum 
decretis comparata, Lipsise, 1793, in-8" de 
vingt-huit pages. 

KltEZ (Gaspard). On a sous ce nom une 
dissertation historique et liturgique intitulée : 
DeUtaniis ecclesix romanx, Tubinge, 1742, 
in-4" de vingt-cinq pages. 

KRIEDEL (Jeau-Christophe) , organiste 
à Rornberg, en Bohême, au commencement du 
dix-huitième siècle, a fait imprimer de sa 
composition : Nexierœffneles Blumen-Gxrt- 
lein bestehend in sechs Konzerte a voce sola, 
con 2 violini e org. (Petit parterre nouvelle- 
ment ouvert, consistant en six concerts à voix 
seule, avec deux violons et orgue), Baulzen, 
1706, vingt feuilles in-4». 

KRIEGCK (J.-J.), violoncelliste etmailre 
de concert du duc de Saxe-MeinUngen, naquit 



à Bibra, près de Mersebourg, le 25 juin 1750. 
A l'âge de six ans il perdit son père, et peu de 
temps après il suivit sa mère à Meinungen, où 
il fréquenta l'école publique et apprit les élé- 
ments de la musique. Admis d'abord comme 
enfant de chœur dans la musique de la cour, 
il y servit ensuite en qualité de violoniste jus- 
qu'à l'âge de dix-neuf ans; puis il entra au 
service du landgrave de Ilesse-Philippsladt, 
qu'il suivit deux fois en Hollande. Ayant ob- 
tenu un congé, il se rendit à Amsterdam et y 
entra dans l'orchestre de l'Opéra hollandais, 
comme [fremier violon. Après une année de 
séjour dans celte ville, il s'attacha au marquis 
de Taillefer qui le conduisit à Paris. Là, il fit 
la connaissance de Duport et prit de lui des 
leçons de violoncelle. Ses progrès sur cet in- 
strument lui firent abandonner le violon. Un 
an après, il entra comme violoncelliste chez le 
prince de Laval-Montmorency ety resta quatre 
années, perfectionnant pendant ce temps son 
talent d'exécution, et augmentant ses con- 
naissances. De retour à MeinUngen, il entra 
dans la musique du prince : il y vivait encore 
vers 1810. On connaît de la composition de cet 
artiste : 1° Quatre sonates pour violoncelle et 
basse, op. 1, Offenbach, 1795. 2" Trois con- 
certos pour violoncelle et orchestre, op. 2, 3, 4, 
ibid., 1795 à 1798. 

HRIEGER (Adam), musicien de chambre 
de l'électeur de Saxe, et poète, né en 1628, 
mourut à Dresde en 1666. On a de sa compo- 
sition : 1" Air à deux voix de dessus avec 
ritournelles pour deux violes, Leipsiçk, 1656, 
une feuille in-fol. Lorsque ce petit ouvrage fut 
publié, Krieger n'était pas encore au service 
de l'électeur de Saxe. 2" XVI airs pour une, 
deux ou trois voix, avec des ritournelles pour 
deux violons, deux violes, violçncelle et basse 
continue, Dresde, 1667, in-fol. Ce dernier 
ouvrage ne parut qu'après la mort de l'au- 
teur. 

RRIEGER (Jean-Philippe), maître de 
chapelle du duc de Weissembourg, naquit à 
Nuremberg, le 26 février 1649. Il était âgé de 
huit ans lorsqu'il reçut de Druckser les pre- 
mières leçons de clavecin, et dans le même 
temps il apprit à jouer de plusieurs autres in- 
struments, sous la direction de Gabriel Schutz. 
A l'âge de seize ans, il se rendit à Copen- 
hague chez Jean Schrœder, organiste de la 
cour et de l'église allemande de Saint-Pierre. 
Le jeune Krieger remplit pendant cinq ans les 
fonctions d'adjoint de ce maître; pendant ce 
temps, il recevait des leçons de composition de 
Georges Ftlrslcr, maître de chapelle du roi de 



KRIEGEU 



11: 



Danemark. Le roi Frédéric TIT, ayant eu oc- 
casion de l'enlendre, fut si satisfait de son 
talent, qu'il lui offrit un emploi danr sa mu- 
sique ; mais les parents de Krieger s'opposèrent 
à ce qu'il se fixât dans le nord, et il fut obligé 
de retourner dans sa ville natale, prenant sa 
roule par la Hollande et les provinces du Rhin. 
Arrivé à Nuremberg, il s'y fit entendre avec 
tant de succès, que la première place vacante 
lui fut promise, et que le magistrat de la ville 
lui offrit une pension; mais il préféra la place 
d'organisle de la cour de Bayreulli qui lui fut 
ofTerte à la même époque, et qu'il échangea, 
après la mort de Coier, contre celle de ce 
maître de chapelle. Quelque temps après qu'il 
eut pris possession de celle-ci, il accompagna 
son maître à Anspach efà Stutigard, où se 
trouvaient quelques artistes distingués avec 
lesquels il se lia. En 1672, la guerre ayant 
éclaté entre l'empire d'Allemagne et la France, 
le margrave de Bayreuth se rendit à l'armée, 
et cette circonstance laissa Rriegerdansl'inac- 
tion. Il conçut alors le projet d'un voyage en 
Italie, et demanda sa démission : elle lui fut 
refusée; mais on lui accorda un congé avec la 
jouissance de son traitement. Il partit aussi- 
tôt, se dirigeant par Nuremberg, Augsbourg 
et le Tyrol pour aller à Venise, où il fit la con- 
naissance de quelques artistes célèbres, tels que 
RosenmUlIer, Cavalli, Ziani et Legrenzi. Ca- 
valli et RosenmUlIer lui donnèrent des leçons 
de composition pour le slyledramalique. Après 
huit mois d'études, Krieger alla à Padoue, puis 
à Bologne où il rencontra Jean-Marie Bonon- 
cini, Charles Donati, et d'autres musiciens re- 
nommés. Enfin, il visita Ferare, Florence et 
Home, s'inslruisant toujours par la conversa- 
tion ou les leçons des maîtres. Dans cette der- 
nière ville, il trouva encore d'utiles enseigne- 
ments près de Garissimi, d'Abbalini, et du 
célèbre organiste Bernard Pasquini. Abbatini 
lui fit connaître l'art d'écrire suivant les tra- 
ditions de l'excellente école romaine, et Pas- 
quini lui donna des leçons de clavecin. Rome 
renfermait alors beaucoup d'artistes, de théo- 
riciens et d'écrivains distingués, parmi lesquels 
on remarquait le vieux François Foggia, Gian- 
setti , Kircher et d'autres ; Krieger se lia 
d'amitié avec la plupart de ces hommes célè- 
bres. Après avoir fait un voyage de peu de 
durée à Naples, il retourna à Venise pour y 
attendre la fin de son congé, et profita de son 
nouveau séjour en cette ville pour prendre 
quelques leçons d'orgue de Jean Rovello, or- 
ganiste de Saint-Marc. Rappelé enfin par son 
maître, il retourna à Bayreuth par la Caria- 



thie, la Slyrie et Vienne. Admis à l'honnenr «le 
jouer du clavecin devant l'empereur Léopold, 
il charma ce prince et sa cour par la beauté de 
son talent, et reçut en récompense une chaîne 
d'or avec le i)orlraitde l'empereur, vingt cinq 
ducats et des lettres de noblesse. De retour 
à Bayreuth, il fut chagriné dans son emploi ; 
fatigué des tracasseries qu'on lui suscitait, il 
demanda sa retraite, l'obtint, et partit pour 
Cassel, où l'attendait la place de maître de 
chapelle. Il ne resta pas longtemps dans celle 
nouvelle position; celle de vice-maître «le 
chapelle lui ayant été offerte à Halle, il l'ac- 
cepta et l'occupa conjointement avec celle 
d'organiste de la cour. Dans un voyage qu'il 
fit à Dresde, il joua devant l'électeur Jean- 
Georges II. Charmé par son talent, le duc de 
Weissenfels, qui l'entendit dans celte circon- 
stance, lui offrit la place de maître de sa cha- 
pelle; Krieger l'accepta et y joignit bientôt la 
direction des chapelles des cours d'Eisenbeig 
et de Brunswick. Plus tard, l'électeur de Saxe 
Jean-Georges III voulut l'avoir à son service, 
mais les avantages dont l'arliste jouissait à la 
cour de Weissenfels lui firent refuser les pro- 
positions qui lui furent faites à ce sujet. Après 
quarante années passées au service du prince 
et de son successeur, il mourut le 6 février 1723, 
à l'âge de soixante-seize ans. 

On ne connaît pas les titres des opéras qui 
furent écrits par Krieger pour les cours de 
Weissenfels et de Brunswick; il y a lieu de 
croire cependant que ceux qui ont pour titre : 
flore, Cécrops et Procris ont été du nombre, 
car on en a publié des airs choisis, sous le nom 
de ce musicien, à Nuremberg, 1690, in-fol. 
obi. Les autres ouvrages dramatiques de sa 
composition, représentés à Hambourg, en 
1694, sont : 1° Le Combat de la Fidélité. 
2» Hercule, première partie. 3" Hercule, 
deuxième pai lie. On connaît aussi sous le nom 
de Krieger : 4" Douze sonates pour deux violons 
et basse continue, op. 1, Nuremberg, 1687. 
5" Douze sonates pour deux violons et basse 
de viole, op. 2, ibid., 1693. 6" Lustige Feld- 
Musik aufvier blasende oder andere Instru- 
mente gerichtet, etc. (Musique gaie des champs 
pour quatre iustruments à vent ou autres, 
consistant en six ouvertures avec les suites), 
îiuremhei'^.7''I}IusikalischerSeelenfriede,etc. 
(Paix musicale de l'âme, consistant en vingt 
morceaux à voix seule avec accom|)agnemenl 
d'un ou de deux violons et basse continue, sur 
des textes de psaumes latins et allemand-»), 
première édition, Nuremberg, 1697. Deiixième 
édition, corrigée, Leipsick, 1717, in-fol. 

8. 



116 



KRIEGER - KRIESSTEIN 



RRIEGEU (Jean) , frère puîné du précé- 
dent, naquit à Nuremberg le l*""" janvier 1652. 
Dès ses premières années, il montra les plus 
heureuses dispositions pour la musique, quoi- 
que la profession de son père (il était tapissier) 
lui fournît peu d'occasions d'exciter en lui le 
goiit de cet art. Admis comme enfant de chœur 
dans l'église de Saint-Sébald, il apprit les élé- 
ments du chant sous la direction de Henri 
Schvvemmer; puis il reçut des leçons de Gas- 
pard Wecker pour le clavicorde et continua 
ses études jusqu'à l'âge de seize ans. En 1668, 
il se rendit près de son frère, qui se trouvait 
alors à Zeilz, pour apprendre les règles de la 
composition. Jean-Philippe ayant été nommé 
organiste de la cour de Bayreulh l'année sui- 
vante, Jean l'y suivit, et lorsque son frère eut 
t>l)tenu le litre de maître de chapelle, il lui 
succéda comme organiste. Plus tard, des dis- 
cussions s'étant élevées entre les artistes ita- 
liens de la chapelle et les Allemands, ceux-ci 
donnèrent leur démission, et Krieger suivit 
leur exemple. Il retourna alors près de ses pa- 
rents, et dans ses moments de loisir il prépara 
des ricercari à plusieurs sujets sur des thèmes 
de chorals, se proposant de livrer cet ouvrage 
à l'impression ; mais son manuscrit lui fut en- 
levé, et depuis lors il ne le revit plus. Après 
avoir demeuré à Halle pendant quelque temps 
il alla, en 1078, prendre possession à Graelz 
de la place de maître de chapelle du comte de 
Reuss, et l'occupa i)endant trois ans; mais 
après la mort de ce seigneur, il dirigea pen- 
dant un an la musique de la petite cour d'Ei- 
senberg; puis il obtint la place d'organiste de 
l'église Saint-Jean à Zittau, et en remplit les 
fonctions pendant cinquante-qualre ans. L'es- 
lime qu'on accordait à ses talents dans cette 
ville, lui fit aussi confier l'orgue de l'église 
Saint-Pierre et Saint-Paul après vingt ans de 
séjour. Dans ce long espace de temps, il écrivit 
un grand nombre de morceaux pour l'église, 
des divertissements et des chorals : on n'a pu- 
blié qu'une très-petite partie de ces ouvrages. 
Gel estimable artisteétait âgé de quatre-vingt- 
quatre ans lorsqu'il rencontra (le 17 juillet 
17315) un ami qui, remarquant en lui les signes 
d'une extrême faiblesse, l'engagea à retourner 
chez lui ; mais il ne put l'empêcher d'aller à 
l'église, où il accompagna un cantique. Quand 
il eut achevé ce morceau, il pria son ami 
d'achever l'olTice en lui disant : Je sens que je 
n'entrerai plus ici. Le lendemain il fut frappé 
d'un coup d'apoplexie dont il mourut immé- 
diatement. Krieger a publié de sa composi- 
tion : 1" Diverlissemcnl musical consistant en 



airs à cinq, six, sept, huit et neuf voix, Franc- 
fort et Leipsick, 1684, in-fol. 2» Divertisse- 
ment musical consistant en allemandes, cou- 
rantes, sarabandes, variations et gigues avec 
des bourrées, menuets et gavottes pour les 
amateurs et à jouer sur l'épinelte ou le clavi- 
corde, Nuremberg, Euter, 1697. ô" Exercices 
agréables pour clavecin, consistant en ricer- 
cari^ préludes, fugues, chacones, et une toc- 
cate pour l'orgue avec pédale, ibid., 1699, 
in-fol. Matlheson compte Jean Krieger parmi 
les meilleurs contrepointisles de l'Allemagne, 
dans son Parfait maître de chapelle (p. 442). 
La Bibliothèque royale de Berlin possède de 
cet artiste, en partitions manuscrites, des mo- 
tets allemands , à quatre voix, avec instru- 
ments ; deux Sanctus, ibid., et des Magni- 
ficat. 

RIIIEGEÎI (jEAN-GoTTuriF), fils de Jean- 
Philippe, naquit à Weissenfels, le lô septem- 
bre 1687. Après avoir terminé ses études mu- 
sicales et littéraires au gymnase de cette ville, 
il se rendit à Halle en 1706 pour y suivre un 
cours de droit. Pendant les quatre années 
qu'il passa à l'Université, il apprit les règles 
du contrepoint et de l'art déjouer de l'orgue 
et du clavecin chez le célèbre organiste Zachau. 
Il ne quitta l'Université de Halle que pour 
fréquenter pendant six mois celle de Leipsick ; 
j)uis il retourna à Weissenfels, où le duc ré- 
gnant le nomma avocat du Consistoire; mais 
son penchant pour la musique le décida à faire 
un cours de composition sous la direction de 
son père, nonobstant les occupations de sa 
place. Enfin, en 1712, il abandonna celle-ci 
pour devenir organiste de la cour, el en 1725, 
il succéda à son père en qualité de maître de 
chapelle. Il occupait encore cette position en 
1740. On trouve à la Bibliothèque royale de 
Berlin un motet allemand à quatre voix avec 
instruments {Ich verlasse mich aiif Gôttes 
(jute). Ce motet, composé à Weissenfels, au 
mois d'avril 1725, est attribué à Jean-Philippe 
Krieger dans le catalogue : c'est une erreur, 
car cet artiste était mort depuis deux mois à 
celte époque, à l'âge de soixante-seize ans. 

KRIESSTEirV ou KRIEGSSTEIIX 
(Melchior), Irès-bon imprimeur de musique 
à Augsbourg, dans la première moitié du sei- 
zième siècle, commença à publier les œuvres 
des maîtres célèbres de celle époque vers 
1528. Les produits les plus importants de ses 
presses sont deux collections dont Sigismond 
ou Sigmond Salblinger a été l'éditeur. La pre- 
mière a pour titre : Selectissimx nec non fa- 
miliarissimx cantiones ultra ccnfum, vario 



KRIESSTEIN - KROLLMANN 



in 



idiomate vocum, tam multiplicium quam 
etiam paucarum , etc. Aiigustae Vindelicorum 
Melchior Rriesstein excudebat, anno 1540, 
petit in-S» obi. Ce recueil contient cent chan- 
sons à deux, trois, quatre, cinq et six voix, en 
différentes langues. Les principaux composi- 
teurs sont Ghislain Dankerts, Jean Mouton, 
L. Senfl, A. Willaert, Sixte Dietricht, Arka- 
delt, Benedictus, Noël Baulduin, Richafort, 
Josquin Després, Jean Géro (ou Maistre Jean), 
Verbonnet, Antoine Feuin , Verdelot, Jean 
Lebrun, Lupi, N. Benoist, Jules Regiensis, 
JoriusVender, Huldrich,Brœttel, JeanFrosch, 
Jœrg BlankenmUller, Henri Isaac, Grégoire 
Pœschin, Consilium, André de Sylva, Janne- 
quin, Antoine Gardane, Pelletier, Jean Ileugel, 
Pierre de la Rue, et Tileman {sic) Susato. La 
seconde collection a pour titre : Cantiones 
septem, sex et quinque vocum longe gravis- 
simx, juxla ac amœnissimx, in Germania 
maxime hactenus typis nonexcus^, Augustae 
Vindelicorum^ Melchior Kriesstein excudebat, 
anno 1545, petit in-4" obi. 

KRIFFT (William DE), amateur de mu- 
sique, né en Angleterre vers 1765, reçut des 
leçons de Clementi, et se fit remarquer vers 

1790 comme pianiste et comme compositeur. 
En 1789, il publia son premier œuvre qui con- 
siste en trois solos pour le piano. Peu de temps 
après, il voyagea en Allemagne, et se fit en- 
tendre avec un brillant succès le 17 février 

1791 dans un concert donné à Coblence, en 
présence de la cour. Il y exécuta un concerto 
de piano de sa composition avec orchestre, 
et le concert commença par une symphonie 
dont il était l'auteur. On connaît aussi de lui 
un Stabat Mater avec orchestre. Parmi ses 
autres ouvrages, on remarque : 1" Siège de 
Québec, sonate pour piano, violon, violoncelle 
et timbale ad libitum, Londres, Bland, 1792, 
in-fol. 2" Trois sonates pour piano, violon et 
violoncelle, op. 9, ibid. 

KRIMMEÏISHOFF (Jean-Guillaume), 
facteur d'orgues, né à Dusseldorf, dans la se- 
conde moitié du dix-huitième siècle, a été 
breveté du duc d'Oldenbourg en 1801. Le 
principal ouvrage sorti de ses mains est l'orgue 
de l'église Saint-Lambert, à Oldenbourg, com- 
posé de quarante-sept jeux, quatre claviers et 
pédale. Les différents claviers de cet orgue 
peuvent être combinés de plusieurii manières, 
soit deux à deux, ou trois à trois. 

RROENER, voyez Croener. 

KROGULSKI (Michel), musicien polo- 
nais, mort à Varsovie en 1842, fui attaché au 
chœur de l'église des Fiaristes, et a écrit de la 



musique pour le culte catholique, particuliè- 
rement des messes en langue polonaise qui 
ont été chantées à l'église dans laquelle il di- 
rigeait le chœur. On a aussi de lui des motets, 
deux psaumes pour plusieurs voix, une prière 
à quatre voix, qui a été publiée à Varsovie, 
un Benedictus, un Offertoire, un Graduel et 
un Ave Maria. 

KROGULSKI (Joseph), fils du précédent, 
né à Varsovie en 1815, fut élève d'Eisner 
pour la composition, et fut maître de chapelle 
de l'église des Piaristes. Ses premières produc- 
tions annonçaient un homme de talent ; mais 
il mourut en 1842, à l'âge de vingt-sept ans, 
regretté des artistes et de ses compatriotes. 
Pendant sa courte, mais laborieuse carrière, 
il avait écrit dix messes à quatre voix et or- 
chestre, toutes sur le texte polonais, et un 
grand nombre de morceaux de musique reli- 
gieuse, tels que motets, psaumes et prières. Sa 
première messe, la seule qui soit à deux voix 
et orgue seulement, a été publiée dans un re- 
cueil de musique d'église intitulé : Zbior 
spiewowkoscielnyck. Krogulski cultivait aussi 
la musique instrumentale : des variations de 
sa composition pour le piano, intitulées : la 
bella Cracoviana, et un quatuor pour piano, 
violon, alto et violoncelle, op. 2, ont été pu- 
bliés à Leipsick, chez Hofraeister. Il a fait 
paraître aussi à Varsovie, chez Sennewahl, 
une cantilène pour voix seule avec piano. 
Après la mort de cet artiste, on a trouvé dans 
ses papiers une sonate pour le piano, dédiée à 
Rurpinski, et un second quatuor poui* piano, 
violon, alto et violoncelle, œuvre 8. 

KROHIV (Gaspard-Daniel), organiste des 
églises Sainte-Catherine, Saint-Pierre et Saint- 
Jean à Hambourg, vivait en cette ville vers la 
fin du dix-huitième siècle. Il a publié de sa 
composition : 1" Six sonates pour le clavecin, 
dédiées aux mânes de Ch.-Ph.-Em. Bach, 
Hambourg. 2" Six petites sonates idem, ibid., 
1787, in-4" obi. 3" Divertissement avec douze 
variations, sur un thème allemand, ibid. 

KROLLMAIVIX (Antoine), né le 3 juin 
1798 à Seulingen, village situé près de Gœt- 
tingue, eut pour premier maître de musique 
son père, musicien du bailliage. Celui-ci, 
ayant été placé ensuite à Celle, en qualité de 
choriste, fil faire à son fils des études pour ap- 
prendre à jouer de la flûte, et le confia aux 
soins d'un maître nommé Hœntlke, pour ap- 
prendre l'harmonie. Ayant acquis un certain 
degré d'habileté sur son instrument, le jeune 
Krollmann a fait des voyages à Celle, Ila- 
iiovre, Oldenbourg, et dans les provinces. 



118 



KROLLMANN — KROMMER 



rhénanes. Il jouail aussi du piano et a publié 
pour cel instrument beaucoup de morceaux 
d'une force moyenne qui ont obtenu un suc- 
cès populaire. En 1829, cet artiste devint chef 
de musique du régiment de la garde du roi de 
Hanovre : il occupait encore cette position en 
1838. Parmi ses compositions, on remarque : 
1» Introduction et rondeau pour flûte et or- 
chestre, op. G, Hanovre, Bachmann. 2» Trois 
grands trios pour trois Jlùtes, op. 13, ibid. 
Z" Trois thèmes variés pour flûte seule, ibid. 
4" Divertissement pour piauo et flûte, op. 10, 
ibid. 5» Idem. op. 19, ibid. G" Sonates faciles 
pour piano à quatre mains, op. 24, 25, 30, 
Leipsick, Ilofmeister, Peters. 7" Pièces faciles 
idem, op. 26, Leipsick, Breitkopf etllœrtel. 
8» Rondeau brillant et facile pour piano seul, 
op. 27, ibid. 

KROMMER (François), compositeur, na- 
quit en 1759 à Kamenitz, en Moravie. Son 
oncle (Antoine Krommer), directeur du chœur 
à Turas, lui donna les premières leçons de 
musique, de clavecin et de contrepoint; mais 
ce fut surtout à ses propres efl^orts qu'il dut 
son instruction musicale la plus solide. A peine 
eut-il atteint sa dix-septième année qu'il fut 
employé comme organiste, et pendant huit 
ans, il en remplit les fonctions sous la direc- 
tion de son oncle. Déjà à cette époque, il écri- 
vait beaucoup pour l'église, cherchant à former 
son style d'après les meilleurs modèles : dans 
le même temps, il s'occupait de l'élude du 
violon. Le comte Ayfum lui ayant offert un 
engagement comme premier violon de sa mu- 
sique, il se rendit à Simonthurn, en Hongrie, 
pour l'occuper. Deux ans après, il fut nommé 
directeur de la chapelle de ce seigneur : il 
acheva de compléter son instruction et de 
perfectionner son goût pendant les quatre an- 
nées qu'il occupa ce poste, par la lecture des 
partitions des plus grands maîtres. Ses pre- 
mières compositions pour des corps de musi- 
que d'harmonie datent de celte époque. Vers 
la fin de 1790, la direction du choeur de 
l'église principale de Funfkirchen lui fut con- 
fiée. Pendant qu'il la remplissait, il écrivit des 
messes et d'autres morceaux de musique 
d'église, ainsi que des symphonies et des qua- 
tuors qui furent accueillis avec faveur par les 
artistes et les amateurs. Trois ans après, le 
comte Raroli le choisit pour chef de musique 
de son régiment; mais il ne garda pas long- 
temps celte position. Après la mort du comte, 
Krommer se rendit à Vienne, où le prince 
Krasalkowilz le mit à la tête de sa musique. 
Le décès de son nouveau iia'.ron le laissa sans 



emploi au bout de quelques années ; mais après 
cet événement, il ne chercha plus à se pla- 
cer, et il vécut dans l'aisance, en donnant des 
leçons et en composant. Plus tard, son revenu 
fut augmenté par sa nomination à la place 
d'huissier des appartements impériaux; espèce 
<le sinécure qui ne l'emiiécha pas de se livrer 
à ses travaux de composition, et qui lui pro- 
cura de puissantes protections. Lorsque la 
l)lace de directeur de musique de la chambre 
impériale devint vacante en 1814, par la mort 
de Kozeluch, Krommer l'obtint, et en celle 
qualité, il accompagna l'empereur son maître 
dans ses voyages en France et en Italie. 
A Paris, les professeurs du conservatoire l'ac- 
cueillirent avec distinclion et lui firent obtenir 
le titre de membre honoraire de celte école. 
De relourà Vienne, Krommer reprit ses paisi- 
bles travaux et montra jusqu'à ses derniers 
jours une infatigable activité. Parvenu à l'âge 
de soixante-onze ans, il composait encore 
et écrivait une pastorale qu'il n'eut pas le 
temps de finir. Il mourut à Vienne le 8 janvier 
1831, après une courte maladie. 

Homme simple et bon, d'une humeur gaie 
et d'une bienveillance sans bornes, Krommer 
s'est peint dans sa musique, qui se fait remar- 
quer par un style facile et clair, d'excellentes 
dispositions d'harmonie, et des mélodies élé- 
gantes et naturelles. Ses pièces d'harmonie 
pour divers instruments à vent lui ont fait 
particulièrement une honorable réputation. 
On connaît aussi de lui des quatuors et des 
quintettes d'une bonne facture. Le seul genre 
dans letiuel il ne s'est pas essayé est celui du 
style dramatique. Il a beaucoup écrit pour 
l'église, mais on n'a publié qu'une seule messe 
de sa composition, à quatre voix, orchestre et 
orgue (en uf), oeuvre 108, Offenbach, André. 
Se» autres ouvrages sont classés de la manière 
suivante : 1» Symphonies à grand orchestre, 
]'", œuvre 12 (en fa); Offenbach, André; 
2% op. 40 (en ré), ibid.; 3« op. G2, (en re), 
ibid.; 4" op. 102 (en ut mineur), ibid.; 
5» op. 105 (en mi bémol), ibid. 2» Harmonie 
à neuf ou dix parties, op. 57, G7, 73, 7G, 77, 
78, 79, 83; Vienne, Hasiinger. ô" Marches et 
pas redoublés, op. 31, GO, 97, 98, 99, 100, 
ibid. i" Concertos pour violon, \" (en la); 
Vienne, Artaria; 2", op. 44 (en ré); Vienne, 
llasllnger; 3<", op. 61 (en ré mineur); Olfen- 
bnch , André; A" op. 64 (en re), ibid.; 
5" op. 81 (en mi mineur) ; Vienne, Hasiinger, 
5" Quintettes pour deux violons, deux altos 
et violoncelle, 01). S, 11, 25, 70, 88, 106, 107, 
au nombre de dix-huit j Olfcnbach, André j 



KROMMER — KRUFFT 



*iî) 



Paris, Sieber. 6» Quatuors pour deux violons, 
allô et basse, op. 1,3, 4, 5, 6, 7, 10, IC, 19, 
23, 24, 26, 34, 40, 53, 54, 56, 72, 85, 90, 92, 
103, au nombre de soixante-neuf; Vienne, 
chez Arlaria, Haslinger et Cappi ; Offenbach, 
André; Paris, Sieber et Pleyel. 7° Grand trio 
pour violon, alto et basse, op. 96, Vienne, 
Haslinger. 8" Duos pour deux violons, 
op. 22, 33, 35, 51, 94, ibid. 9» Concertos pour 
flûte, op. 30 (en sol); Offenbach, André; 
op. 86 (en mi mineur); Vienne, Haslinger. 
10» Quintettes pour flûte, op. 49, 55, 63, 66, 
101, 104, 109; Vienne. Haslinger. 11» Qua- 
tuors pour fixité, op. 13, 17, 75, 89, 93, 97, 
ibid. ; Offenbach, André. 12» Concertos pour 
clarinette, op, 56, 52; Offenbach, André. 
15» Quatuors pour clarinette, op. 21, 82, 
ibid. 14» Symphonies concertantes pour 
divers instruments; concertino pour flûte, 
hautbois, deux altos, deux cors, violoncelle et 
contrebasse, op. 18; ibid.; Concertante pour 
deux clarinettes, op. 55, ibid.; idem pour 
flûte, hautbois, violon obligé, deux altos, deux 
cors, violoncelle et contrebasse, op. 38 et 39, 
ibid.; idem pour flûte, clarinette et violon 
obligé, op. 70; Vienne, Haslinger; idem, 
op. 80, ibid. 

RIIOUIMER (AccrsTE), fils du précédent, 
né à Vienne en 1807, était pianiste, violoniste 
habile et compositeur. Admis à la chapelle 
impériale, il y fit exécuter plusieurs morceaux 
de musique religieuse. En 1841, une ouver- 
ture de sa composition fut exécutée à Prague 
avec beaucoup de succès, et l'on entendit, 
l'hiver suivant, dans la même ville, une autre 
ouverture de concert du même artiste, où l'on 
remarqua de l'originalité dans la pensée et 
dans la forme. Rrommer est mort à la fleur 
de l'âge, le 27 mars 1842, à Dornbach, près 
devienne. 

KROPACZ (GEonr.ps), musicien de la 
Bohême, vivait vers le milieu du seizième 
siècle. On connaît sous son nom un recueil de 
messes intitulé : Missarum quinque vocum 
juxta decachordi modos, dorii scilicet, hypo- 
dorii et lidii accuratè compositus, recensque 
in lucem edilus, Venetiis, 1578, in-4». 

KUOPFFGANS (Jeaw), virtuose sur le 
luth, naquit à Neusladt, en Autriche, le 
12 septembre 1663. A l'âge de neuf ans, son 
père commença à lui enseigner le luth. Trois 
ans après on le mil en apprentissage chez un 
négociant de Leipsick, mais ensuite il reprit 
son instrument et prit des leçons chez Scha- 
chart, et chez Meley, nouvellement revenu de 
Paais, En 1720, un accident le blessa à la main 



et il cessa de jouer du luth ; mais il s'occupti 
dès lors de la théoriedela musiijue. En 1732, ili 
vivait encore à Breslau, où il était négociant. 
KROPFFGAIMS (Jean), fils du précédent, 
naquit à Breslau, le 14 octobre 1708. Son père 
lui donna les premières leçons de luth; plus 
tard il devint élève du célèbre luthiste Weiss. 
Devenu musicien de la chambre du comte de 
BrUhl, après la mort de ce seigneur, il vécut à 
Leipsick. Il s'y faisait encore entendre dans 
les concerts en 1769, quoiqu'il fût alors âgé 
de soixante et un ans. Kropffgans fut un des. 
luthistes les plus distingués du dix-huitième 
siècle, et surtout un compositeur remarquable 
pour son instrument. On n'a imprimé de ses 
ouvrages que trois solos pour le luth, à Nu- 
remberg, mais il a laissé en manuscrit trente- 
six autres solos pour le même instrument; six 
duos, trente-deux trios pour luth, violon et 
violoncelle ; un quatuor pour luth, flûte, violon 
et violoncelle, et un concerto pour luth, deux 
violons, alto el basse. J'ai acquis plusieurs de 
ces ouvrages manuscrits à la vente du cabinet 
d'assortiment delà maison de BreitkopfetHaer- 
tel, au mois de juin 1836. 

KRUFFT (Nicolas, baron DE), conseiller 
ordinaire de la chancellerie impériale de 
Vienne, naquit en cette ville, le 1" février 
1779. Dès l'âge le plus tendre, il reçut de sa 
mère les premières leçons de piano, et ses i)ro- 
grès tinrent du prodige. Sa mémoire était si 
heureuse, qu'il pouvait exécuter sur le piano 
de longs passages de symphonies de Haydn, 
qu'il n'avait entendus qu'une fois. Plus tard, 
Albrechlsberger lui fit faire un cours complet 
d'harmonie et de composition. Son goût pour 
la musique était si vif, que pour ne |n)inl man- 
quer aux devoirs de ses emplois, il jouait du 
piano et composait pendant une partie des. 
nuits. En vain, sa famille lui représentait-elle 
que sa faible constitution ne pourrait résister 
à ce travail forcé; son ardeur de travail ne se 
ralentit que lorsque ses forces furent épuisées 
et que sa santé eut été perdue: Une fièvre ner- 
veuse, résultat d'un travail immodéré, le con- 
duisit au tombeau, le 16 avril 1818, à l'âge de 
trente-neuf ans. Cet amateur distingué a pu- 
blié beaucoup de compositions qui attestent 
ses connaissances dans l'art et sa facilité de 
production. On y remarque : 1° Trois quatuors, 
pour deux violons, alto et basse; Vienne, Me- 
chetti. 2» Grande sonate pour piano et basson 
ou violoncelle, op. 54; Leipsick, Breilkopf et 
Hœrtel. 3» Idem avec violon obligé, ibid. 
4» Idem avec cor ou violoncelle, ibid. 5° Grande 
sonate pour piano à quatre mains; Vienmi,^ 



120 



KRUI FT - KRUG 



Mechelli. 6» Grande sonate pour piano seul 
(en u<); Berlin, Schlesiuger. 7° Vingt-qualre 
préludes et fugues pour le piano; Vienne, Me- 
chetli; PariSjPleyel.S" Douze grands caprices 
en quatre cahiers; Vienne, Mechelli. 9" Thème 
allemand varié pour piano et violon; Vienne, 
Haslinger. 10" Beaucoup d'autres variations 
pour piano seul. 11" Environ cinquante chants 
allemands à quatre voix. 12" Plus de quatre- 
vingts chansons à voix seule. 13" Quatre 
hymnes pour l'église. 

KRUG (...), fadeur d'orgues à Halle, est 
connu par la restauration de l'orgue de la 
cathédrale de Mersehourg , qu'il a faite en 
1781 , et par la construction de celui de l'église 
Saint-Maurice, à Halle, qu'il a terminé en 
178Ô. Ce dernier instrument est à trois cla- 
viers, et contient quarante-trois jeux. 

KRUG (Guillaume-Thaugott), savant dis- 
tingué, professeur de philosophie à l'Univer- 
sité de Leipsick, naquit à Radis, près de Wit- 
tenberg, le 22 juin 1770. Après avoir fait ses 
premières études au Collège de Pforte, il fré- 
quenta les Universités de Wittenberg, de Jéna 
et de Gœltingue, et cultiva particulièrement la 
philologie et les mathématiques. En 1794, il 
obtint le titre d'adjoint à la faculté de philoso- 
phie de Wittenberg, et pendant sept ans, il en- 
seigna en cette qualité, sans aucun traitement, 
et n'ayant pour vivre que ses travaux parlicu- 
liers. Un écrit qu'il avait publié lorsqu'il 
n'était encore qu'étudiant à Gœtlingue, sous le 
litre de : Lettres sur laperfectibililé de la re- 
ligion révélée, lui atlira de violentes attaques, 
dans une multitude de pamphlets; l'autorité in- 
tervint dans celte affaire; Krug fut obligé de 
s'avouer l'auteur de l'écrit, et il lui fut défendu 
d'enseigner la théologie. D'abord partisan de 
la philosophie critique de Kant, dont il modi- 
fia ensuite la théorie par ses idées particulières, 
il s'était déjà fait connaître avantageusement 
par plusieurs ouvrages, lorsqu'il fut appelé 
en 1801 à remplir la chaire de philosophie à 
Francfort-sur l'Oder. Après la mort de Kant, 
ce fut lui qu'on choisit pour son successeur à 
l'Université de Kœnigsberg, où il se rendit 
vers la fin de 1803. Le désir de revoir son pays 
natal, et d'autres motifs qui ne sont point con- 
nus, lui ayant fait quitter sa chaire en 1809, il 
accepta la place de professeur ordinaire de 
philosophie à l'Université de Leipsick, et la 
conserva jusqu'à sa mort. 

Les livres philosophiques de Krug sont 
nombreux et intéressants pour la science; il 
ne doit être ici question «lue de ceux qui ont du 
rapport avec la musique. Le plus ia)i>orlant 



est son Esthétique, ou Théorie du goût, qui 
forme la troisième partie de son Système de 
philosophie Théorétique (System der Iheore- 
tischen Philosophie), dont la troisième édi- 
tion a été publiée à Kœnigsberg, 1823-1830, 
trois volumes in-8". Il y traite du beau esthé- 
tique dans la musique (t. III, p. 331 etsuiv.). 
Adversaire déclaré de la philosophie de Schel- 
ling, Krug avait nié, dans son Nouvel Orga- 
non de la philosophie, l'unité identique du 
réel et de l'idéal, du subjectif et de l'objectif; 
à cette identité essentielle, il avait voulu sub- 
stituer une unité synthétique, passagèrement 
établie au sein de la conscience, en raison de 
notre activité intellectuelle. Ce sont ces prin- 
ci[)es qui l'ont guidé dans son Esthétique, 
comme dans toutes les autres parties de la 
philosophie. Il y établit : que le beau de Part 
des sons, considéré dans le sens le plus géné- 
ral, se produit sous deux aspects : le premier, 
matériel, consistant dans les rapportsdes sons, 
dans l'intonation, dans l'intensité, dans le 
timbre et dans la durée; enfin, dans la suc- 
cession, d'où la mélodie, et dans la simulta- 
néité, d'où l'harmonie; le second, intellectuel 
et sentimental, résultant de la forme. Suivant 
lui, le premier genre de beauté constitue 
Vagréuble; c'est celui qui flatte le sens de 
l'ouïe; le second est le beau en soi, le beau 
esthétique, le beau absolu. Sa conclusion est 
que la plupart des hommes sont plus disposés 
à recevoir les impressions de l'agréable et de 
la beauté matérielle qu'à concevoir le beau 
esthétique pur. Pour eux, le grand est dans la 
puissance du son et dans la cadence du 
rhylhme; c'est pour cela, dit-il, que la musi- 
que militaire plaît tant au peuple, tandis que 
la beauté formate de compositions d'un ordre 
plus élevé lui échappe. 

Le point de départ de Krug était excellent. 
Il avait généralisé la pensée de Pythagore à 
l'égard des rapports des sons, et avait aperçu 
les limites de la philosophie naturelle du beau 
matériel et du beau esthétique pur ; mais il n'a 
rien fait pour le développement d'une doctrine 
d'après ces données, et cette question si dilfi- 
cile de la beauté formale, il l'a seulement in- 
diquée. Il n'a d'ailleurs rien ajouté dans son 
traité du beau, sur ce qui concerne l'action de 
lu sensibilité dans les perceptions de l'art, aux 
principes qu'il avait posés dans son livre inti- 
tulé : Principes pour une nouvelle théorie du 
sentiment et de la sensibilité (Grundsœlze zu 
einer neuen Théorie d. Geftlhle und des soge- 
nannten Geftihlsvermœgen), Gœtlingue, 1803, 
, Kœnigsberg, 1824. Krug a traité de beaucoup 



KRUG - KRÙGER 



121 



d'objets relatifs à la musique dans son Dic- 
tionnaire général des sciences philosophi- 
ques (Allgemeine Ilandwœrterbuch d. phllo- 
soph. Wissenschal'len ) , dont la première 
édition a paru à Leipsick, en 1827-1829, et la 
deuxième avec un supplément, en 1832-1838. 

Krug a publié dans la troisième année de la 
Gasette musicale de Leipsick (p. 57 et suiv.) 
un article intitulé : Remarques sur le langage 
et le chant. 

KIIUG (FnÉDÉnic^, chanteur en voix de 
baryton, est né à Cassel en 1810, ou, suivant 
d'autres renseignements, à Magdebourg. Les 
théâtres de Leipsick, de Magdebourg, de Cas- 
sel et de Carlsruhe, sont ceux où il s'est fait 
entendre avec succès. Il est aussi compositeur 
et a fait jouer quelques opéras intitulés : La 
Marquise, en un acte, à Cassel, en 1843; 
Meisler Martin der Kiiffner und seine Ge- 
sellen (Maître Martin le ventru et ses compa- 
gnons), en 1843, à Carlsruhe; Der Nacht- 
VDXchter (le Veilleur de nuit), représenté à 
Manlieim, en 184G, et à Wiesbaden dans 
l'année suivante. Krug a i)ris la direction du 
théâtre de Carlsruhe en 1849. On a publié de 
sa composition environ vingt œuvres de Lieder 
et de chants à voix seule et piano, ou de duos 
pour soprano et ténor, depuis 1836 jusqu'en 
1843, à Manheim, Carlsruhe et Mayence. 

RRUG (Gustave), né à Naumbourg, en 
Prusse, en 1821, a vécu quelque temps à Ber- 
lin, et s'est fixé à Hambourg, en 1844. Les 
biographes allemands gardent le silence sur 
cet artiste, compositeur sérieux etde mérite, et 
les renseignements manquent sur les maîtres 
qui ont dirigé ses études. Les ouvrages publiés 
par M. Ilrugetdonlj'ai connaissance sontccux- 
ci : 1° Trois quatuors pour deux violons, alto et 
violoncelle, op. 1; Berlin, Traulvvein. 2° Trois 
idem, op. 8, ibid. 3" Grand duo pour piano et 
violon, op. 3; Hambourg, Schuberth. 4" Adagio 
et rondo pour piano et alto, op. 4, ibid. 5° Trio 
(en sol mineur) pour piano, violon et violon- 
celle, op. 5, ibid. 6° Introduction et fugue 
(en mi mineur) pour piano, violon, alto et 
violoncelle, op. 6, ibid. 7° Six Lieder pour 
piano et violoncelle, op. 7; Berlin, Trautwein. 
8" Peintures musicales et caractéristiques 
consistant en trois grandes sonates à quatre 
mains pour i)iano, chacune composée de quatre 
morceaux très-développés, op. 10; Hambouig, 
Schuberth. 9" Deuxième quatuor (introduction 
et fugue en ut mineur) pour piano, violon, 
alto et violoncelle, op. 11, ibid. 

RRUG (1).), pianiste et compositeur, éta- 
bli à Alloua vers 1843, n'est mentionné par 



aucun biographe allemand. On a de lui : 
1° Caprice en forme de tarentelle pour piano, 
op. 2; Hambourg, Schuberth, 2"Mazurke pûUr 
piano, op. 3, ibid. 3" Fantaisie sur des chants 
de Pjschek, op. 15, ibid. 4" Le Carnaval de 
New-York, variations burlesques sur l'air 
américain : Yankee doddle, op. 16, ibid. 
5" Quatre Lieder à deux voix avec piano, 
op. 18. 6» Deux rondeaux pour le piano sur 
des thèmes d'Jlessandro Strudella, op. 20; 
Hambourg, Bœhme. 7» Grandes fantaisies 
romantiques sur des thèmes à.'' Alessandro 
Slradella, op. 21, ibid. 8" La Rose, romance 
transcrite et variée pour piano; Hambourg, 
Schuberth. 9° Chants du Schleswig-Holstein 
pour quatre voix d'hommes; Altona, Wiebe. 

KUtiGEU (le docteur Edouard), recteur 
du collégeà Emdenetrédacleurde \aGazetlede 
/^anoure, est né à Lunebourg, et a fait ses études 
à l'université de Gœttingue. Dès sa plus tendre 
jeunesse, il a cultivé la musique avec succès. 
Son premier ouvrage fut une thèse académique 
pour le doctorat en philosophie, publiée sous ce 
titre : Dissertatio inauguralis philosophica 
de Musicis Grxcorum organis circa Pindari 
tempora florentibus, Gœttingue, 1830, in-4", 
de 30 pages. Les points principaux établis 
dans cette thèse sont ceux-ci : 1» La lyre était 
rarement employée comme instrument de mu- 
sique : son usage habituel était de servir de 
guide dans la déclamation ou récitation de la 
poésie. 2» La cithare était particulièrement en 
usage dans la musique instrumentale. ô° La 
musique avait pour objet chez les Grecs, d'une 
part l'Ethique, c'est-à-dire la morale et le 
perfectionnement des mœurs; d'autre part /e 
Pathétique, ou l'expression des passions. 
4» Les instruments à cordes étaient considérés 
comme propres à atteindre le premier de ces 
buts; la flûte, comme plus analogue au second. 
Le même savant a publié un autre ouvrage 
plein d'intérêt intitulé : Beitrxge fiir Leben 
und JFissenschaft der Tonkunst (Essais pour 
le progrès (1) et la science de la musique), 
Leipsick, Breitkopf et llaertel, 1847, un volume 
in-8° en trois parties. G. Nauenburg a donné 
une analyse de ce livre dans la Gazette gé- 
nérale de musique (49'^ année, pp. 753, 770 et 
786). Les objets traités dans ce volume par le 
D"" Krtlger sont : 1° Le dilettantisme et la vir- 
tuosité. 2" Les académies de musique et les 
sociétés de chant. 3» Les représentations théâ- 
trales et les concerts. 4» Les fêtes musicales. 
3" Réminiscences pratiques et créations. G" De 

(1) Liuéralement : Estais pour la vie et la science dt 
la musique. 



423 



KRUGER - KRUMPHOLZ 



la critique de l'art en général. 7» Tentatives 
systématiques. 8° De la musique religieuse. 
9° De la musique mondaine. 10» Habitudes 
pratiques et science de l'art. 11» Connaissance 
du chant. 12» Écoles supérieures de musique. 
13» Doctrine scientifique de l'art. 14» Moralité 
de l'art. M. KrUger a présenté de hautes con- 
sidérations sur la musique dans quelques ar- 
ticles qu'a publiés la Gazette générale de mu- 
sique (années 48", pp. 569, 50«, p. 481 et 817). 
Comme musicien pratique, il s'est fait con- 
naître par la direction de la fête musicale 
donnée à Emden, en 1846. On a publié de sa 
composition : Prélude en sol mineur pour 
l'orgue; Erfurt, Kœrner ; prélude et fugue en 
mi majeur, idem, ibid. 

RRLGER (Wilhelm), compositeur et 
pianiste, fils d'un musicien de la chapelle du 
roi de Wurtemberg, est né à Stuttgard, en 
1820. Après avoir voyagé en Allemagne, il a 
vécu à Paris plusieurs années. Il a publié des 
fantaisies et des caprices sur des thèmes 
d'opéras de Donizetli et autres compositeurs. 
Dans quelques-uns de ses morceaux, il a cher- 
ché des formes nouvelles et romantiques. La 
plupart de ses ouvrages ont été publiés à 
Mayence, chez Schott. 

Le frère de cet artiste, Gottlieb Kruger, 
né à Stuttgard en 1824, est un harpiste de 
talent, attaché à la musique du roi de Wur- 
temberg, lia publié diverses choses pour son 
instrument. 

KUUMBIIORiy (Gaspard), organiste de 
l'église Saint-Pierre et Saint-Paul à Liegnilz, 
en Silésie, naquit en cette ville le 28 octobre 
1542. A l'âge de trois ans, il perdit la vue par 
la petite vérole, et peu de temps après son père 
mourut. Sa mère ayant épousé en secondes 
noces un homme dont le nom était Stiinmler, 
on ne connut pendant longtemps Krumbhorn 
que sous le nom de Vaveugle Stimmler. Ayant 
montré, dans un âge plus avancé, un vif désir 
d'apprendre la musique, il fut confié par son 
frère, pasteur à Waldau, aux soins de Rnœbel, 
musicien habile et compositeur à Goidberg, 
(|ui lui enseigna d'abord la flûte, puis le 
violon, le clavecin et la composition. Les pro- 
grès de Krumbhorn furent rapides, et bientôt 
il fut cité comme un excellent organiste et un 
compositeur distingué. Sur sa réputation, 
l'électeur de Saxe le fit venir, et après l'avoir 
entendu, lui offrit du service à sa cour; mais 
Krumbhorn préféra retourner dans son pays. 
A son arrivée à Liegnilz, il y fut nommé orga- 
niste <le l'église principale (il avait alors 
vingt-trois ans), cl il occupa cette place pendant 



cinquante-six ans.Danscelong espace de temps, 
il forma plusieurs bons élèves, et il écrivit un 
grand nombre de morceaux pour l'église et 
pour l'orgue, qui sont restés en manuscrit. Il 
mourut le 11 juin 1621, à l'âge de 79 ans. Son 
épitaphe, placée dans l'église Saint-Pierre et 
Saint-Paul de Liegnitz, fournit ces renseigne- 
ments. 

KRUMBHORiy (Tobie), vraisemblable- 
ment fils du précédent, eut la réjjutation d'un 
excellent organiste, et fut employé comme tel 
à la cour de Georges Rodolphe, duc de Liegnitz. 
Après avoir fait des voyages en Bohème, en 
Moravie, en Hongrie, en Allemagne et dans les 
Pays-Bas, il retourna à Liegnitz, où il mourut 
le 14 avril 1617. Son épitaphe se trouve dans 
l'église principale de sa ville natale. 

KRUMLOWSRY (Jean), né en Bohême 
au commencement du dix-huitième siècle, fut 
un virtuose de premier ordre sur la viole 
d'amour. Il vécut d'abord à Prague, puis fut 
attaché au servicede la courde Dresde, et enfin 
retourna dans sa patrie, où il mourut en 1768. 
Il a laissé en manuscrit plusieurs concertos, 
des trios, et des solos pour le violon et la viole 
d'amour. 

KRUMPHOLZ (Jean-Baptiste), excellent 
harpiste et compositeur distingué, naquit à 
Zlowicz, en Bohême, vers 1745. Admis dans 
la musique du prince Esterhazy en 1766, il 
reçut des conseils de Haydn pour la composi- 
tion. Encouragé par le succès que ses ouvrages 
obtenaient en Allemagne, il forma le dessein 
de voyager, obtint un congé, et i)rit sa route 
vers la France par Dresde, Leipsick, Franc- 
fort et Coblence. Arrivé à Metz, il y fit la con- 
naissance de mademoiselle Meyer qui, bien 
qu'encore enfant, montrait les plus heureuses 
dispositions pour la musique, particulièrement 
pour la harpe. Krumpholz se chargea de son 
éducation musicale, développa son talent, et 
l'épousa lorsqu'elle eut atteint l'âge de seize 
ans. Après son arrivée à Paris, Krumpholz s'y 
fit connaître par ses compositions et par son 
habileté pour l'enseignement. Bientôt il fut le 
seul maître de harpe en vogue. Incessamment 
occupé du soin de perfectionner la harpe, il 
communiqua d'abord ses idées à Naderman, 
qui les exécuta, et le 21 novembre 1787, il fit 
entendre à l'Académie des sciences de Paris 
une harpe construite parce facteur, où il avait 
fait adapter deux pédales dont la première 
augmentait ou diminuait la force des sons, en 
ouvrantune soupape, et dont la seconde plaçait 
une sourdine sur les cordes. La première de 
ces pédales a clé conservée dans la harpe mo- 



KRUMPHOLZ - KUCIIARZ 



123 



derne. Krumpholz a rendu compte de son in- 
vention dans les préfaces de ses œuvres 14« et 
15< pour la harpe. Cependant, convaincu qu'il 
restait beaucoup à faire pour faire disparaître 
les défauts de la harpe à crochets dont il se 
servait, et plein de confiance dans le génie de 
Sébastien Érard, il le sollicita vivement pour 
qu'il s'occupât de la recherche d'un meilleur 
mécanisme. Le célèbre facteur y songea, et 
trouva la solution du problème de la manière la 
plus simple et la plus rationnelle (ucyezÉnAnn). 
Déjà le nouvel instrument était prêt et allait 
paraître, quand Krumpholz lui-même, qui 
dans l'intervalle s'était lié d'intérêts à Nader- 
nian, vint prier Érard de ne point mettre au 
jour son instrument, dont la supériorité devait 
faire abandonner la harpe à crochets : et par 
condescendance, l'inventeur consentit à re- 
tarder la publication de sa découverte. Peu de 
temps après, madame Krumpholz, dont le talent 
d'exécution, bien supérieur à celui de son mari, 
excitait la plus vive admiration, partit pour 
l'Angleterre avec un jeune homme qui l'avait 
séduite, et abandonna l'artiste à qui elle devait 
tant de reconnaissance. Cet événement inat- 
tendu , et le mauvais état des affaires de 
Krumpholz poussèrent cet artiste à un acte de 
désespoir : il alla se précipiter dans la Seine, et 
se noya près du Pont-Neuf, le 19 février 1790. 

Un génie original, un profond sentiment 
d'harmonie, et des modulations inattendues, 
se font remarquer dans la musique de Krump- 
holz, et malgré le temps qui s'est écoulé depuis 
qu'elle a paru, les variations de goût et les 
perfectionnements que la harpe a reçus, elle 
serait encore considérée comme excellente, si 
elle ne s'était dispersée depuis un demi-siècle, 
et si elle n'était devenue fort rare. On connaît 
de cet artiste : 1" Concertos pour harpe et 
orchestre, n<" 1,2, 3, 4, 5, 6, Paris, Cousi- 
neau (Lemoine aine). 2" Quatuor pour harpe, 
violon, alto et basse, op. o, ibid. 3» Duo 
pour deux harpes, op. 5, ibid. 4" Sonates 
pour la harpe, op. 1, 8, 12, 13, 14, 15, IG, 
17, 18, au nombre de 52, Paris, Lemoine, 
Janet, Naderman. 5° Sonates pathétiques , 
dont une inlilulée l'Jmante abandonnée. 
C" Thèmes variés, ihid. 7" Préludes, ibid. 
8» Symphonie pour harpe, deux xnolons , 
flûte, deux cors it basse, op. 11, ibid. On 
a publié sous le nom de Krumpholz des Prin- 
cipes pour la harpe, qui ne sont pas de lui : 
ce n'est qu'une fraude mercantile. 

KUUMPIIOLZ (M""), harpiste célèbre, 
femme du précédent, est née à Melz, et 
non à Liège, comme le dit Gerbcr. Son nom 



de famille était Meyer. Devenue l'élève de 
Krumpholz pour la harpe, elle acquit, après 
quelques années d'études, une habileté supé- 
rieure à celle de son maître. Son expression 
était entraînante, et la nature, qui lui avait 
donné le génie de l'instrument, lui révéla 
le secret d'une multitude d'effets inconnus 
aux autres harpistes, et qui donnaient à son 
jeu un caractère inimitable. Son début à 
Paris avait été brillant, et Krumpholz sem- 
blait être arrivé au moment de recueillir le 
fruit de ses soins, lorsque sa femme se laissa 
enlever par un amant, et conduire à Londres 
au commencement de 1790. Depuis cette épo- 
que jusqu'en 1802, elle fit admirer son talent 
dans les concerts donnés dans cette ville, et 
jouit (le fous les avantages attachés à la supé- 
riorité; mais plus tard elle semble avoir dis- 
paru du monde musical, et les biographes 
anglais gardent sur ce qui la concerne le plus 
profond silence. Il paraît toutefois certain 
qu'elle vivait encore en Angleterre en 1824; 
mais depuis lors, on n'a plus de renseigne- 
ments sur elle. 

KHIJMPKE (...), facteur d'orgues à Bres- 
lau, construisit en 1701 l'orgue de l'église 
Saint-Catherine de cette ville à quatorze jeux, 
deux claviers et pédale. 

KUBLEU (G. -F.), professeur de musique 
de la maison royale des Orphelins, à Stuttgard, 
est auteur d'un livre qui a pour titre : Anlei- 
tung zum Gesangunterrichte in Schulen. 
Nebst einem Anhange con 53 zweiunddreis- 
timmigen Ges^njen (Instruction pour l'ensei- 
gnement du chant dans les écoles. Suivie d'un 
appendice de cinquante-cinq chants à deux et 
trois voix). La deuxième édition de cet ouvrage 
a été publiée à Stultgard, Metzler, 1826, in-S» 
de cent quarante-quatre pages. 

KUBUSCH (...), violoniste'allemand, était 
né dans la llaute-Lusace, et y mourut en 1780, 
dans la position la plus misérable. Il a laissé 
en manuscrit deux concertos pour le violon. 

RUCHARZ (Jean-Baptiste), célèbre orga- 
niste, naquit le 5 mars 1751 à Chotecz, près do 
Mlazowicz, en Bohême, où son père était au- 
bergiste et cultivateur. Après avoir reçu la 
première instruction chez son parent, pasteur 
à Mlazowicz, il entra au gymnase des jésuites 
. à Koniggraetz, et y fit de brillantes éludes lit- 
téraires et musicales. L'orgue devint particu- 
lièrement l'objet de ses études assidues. Plus 
tard, il fut reçu au Séminaire des jésuites de 
Gitczin en qualité d'organiste, et y continua 
ses humanités. Dès lors il commença à écrire 
quelques petites compositions cl à se faire 



124 



KUCHÂRZ — KOCKEN 



entendre sur l'orgue dans des concertos de 
différents maStres. Ses succès lui persuadèrent 
qu'il pouvait se présenter partout comme un 
des organistes les plus habiles de son temps ; 
mais son illusion ne tarda pas à se dissiper 
lorsqu'il se rendit à Prague, pour y étudier la 
philosophie ; car il eut alors occasion d'enten- 
dre Segert, qui était le plus grand organiste de 
la Bohême, et le beau talent de cet artiste lui 
fitcomprendrequ'il devait encore étudier long- 
temps avant de pouvoir se mesurer avec un tel 
maitre. Bientôt il devint l'élève de ce même 
Segert, dont les leçons le conduisirent, après 
quelques années, au rang des organistes les 
plus distingués de l'Allemagne. Attaché en 
cette qualité à l'église Saint-Henri, de Prague, 
Rucharz devint en peu de temps un des maî- 
tres de musique de cette ville dont on recher- 
chait les leçons avec empressement. L'étude 
des partitions des plus grands maîtres avait 
achevé de former son goût. Après la mort de 
l'habile organiste Jean Wolf, il obtint sa place 
au couvent de Slrahow, dont l'orgue passe 
pour le meilleur de la Bohême. Sa nomination 
h cette place est datée du l'''" septembre 1790. 
L'année suivante, il y ajouta celle de chef 
d'orchestre de l'Opéra italien de Prague. Dans 
plusieurs circonstances importantes, particu- 
lièrement aux couronnements de Léopold II, 
en 1791, et de François II, l'année suivante, 
il se montra également grand artiste dans ses 
doubles fonctions de directeur d'orchestre et 
d'organiste. Les musiciens les plus instruits 
ont donné des éloges au jeu de Rucharz sur 
l'orgue ; le maître de chapelle Naumann assu- 
rait, après l'avoir entendu dans le couvent de 
Strahow, qu'il ne croyait pas qu'il y eût en 
Allemagne trois organistes de son mérite. Cet 
artiste, âgé de soixante-quatre ans, vivait en- 
core en 1815, et s'occupait à terminer un 
grand ouvrage à l'usage des organistes et des 
compositeurs de la Bohême, auquel il avait 
travaillé pendant plus de vingt ans. Il ne pa- 
raît pas que ce livre ait été publié. Kucharz 
possédait aussi un talent remarquable sur 
l'harmonica et sur la mandoline. Il a laissé 
en manuscrit : 1° Deux concertos pour l'orgue. 
2» Des préludes, fantaisies, toccates et pièces 
finales pour le même instrument. 3" O Salu- 
taris avec orgue concertant, composé pour le 
couvent de Strahow. 4° Diverses cantates de 
circonstance. 5" Divers morceaux pour l'har- 
monica et la mandoline. Il a aussi arrangé 
pour le piano la plupart des grands opéras de 
Mozart. • 

KUCIILER (Jea>), bassoniste renommé 



pour son habileté, dans la seconde moitié di: 
dix-huitième siècle, était attaché au service 
de l'élecleurde Cologne, à Bonn, en 1780. Dix 
ans plus tard, il était membre delà chapelle à 
Mayence. Dans l'intervalle de ces deux épo- 
ques, il fit un voyage à Paris, et joua avec suc- 
cès au Concert spirituel. On a gravé de sa 
composition, en cette ville, dix-huit quatuors 
pour divers instruments; deux symphonies 
avec basson obligé, un concerto et six duos 
pour violon. Le Calendrier des théâtres de 
Gotha, de 1792, indique aussi sous son nom 
un opéra intitulé : Azakia. 

KtJCKElN (FRÉDÉRic-GnitLAUME), compo- 
siteur, né à Bleckede, bourg du royaume de 
Hanovre, le 16 novembre 1810. Son beau-frère 
Luhrs, directeur de musique et organiste du 
château, à Schwerin, lui enseigna la musique 
et le piano. Il était fort jeune encore lorsqu'il 
écrivit des marches militaires qui eurent du 
succès. Elles attirèrent sur lui l'attention du 
grand-duc de Mecklembourg-Schwerin, qui le 
choisit pour maître de piano de ses enfants (le 
grand-duc actuel Frédéric-François II et la 
princesse Louise). En 1831, Kucken alla con- 
tinuer ses études à Berlin et y prit des leçons 
de contrepoint chez Birnbach. Ce fut alors 
qu'il fit paraître ses premiers Lieder qui eu- 
rent un succès populaire. Son premier opéra, 
Die Flocht nach der Schweiz (la Fuite vers la 
Suisse) , fut représenté à Berlin, en 1839, 
Un amour inspiré par une dame noble et 
riche, partagé par celle qui en était l'objet, 
mais traversé par sa famille, obligea RUcken 
à s'éloigner de Berlin, en 1841 ; il alla d'abord 
à Paris et y resta six mois; puis il fut appelé 
en Suisse pour diriger les fêtes musicales d'Ap- 
penzell et de Saint-Gall. De là il se rendit à 
Paris, où il reçut un accueil cordial d'IIalévy 
et de plusieurs compatriotes au nombre des- 
quels était Heine, dont il avait mis en musique 
plusieurs poésies. Il y composa pour le théâtre 
de Stutlgard un opéra en trois actes intitulé : 
Der Prétendent (le Prétendant), qui fut re- 
présenté dans cette ville en 1847, puis à Ham- 
bourg et à Berlin, avec un grand succès, et 
dont la partition pour le piano a été publiée. 
Le 1 1 octobre 1858, Rucken a été nommé pre- 
mier maître de chapelle de la couràStuttgard, 
en remplacement de Lindpainlner : depuis 
1851, il occupait à la même cour la place de 
second maître de chapelle. Il a publié à Ham- 
bourg, chez Schuberth, des duos pour piano et 
violoncelle en forme de sonates, et quelques 
petites pièces pour ces deux instruments ; mais 
il a rendu surtout son nom populaire par ses 



KUCKEN - KUFFERATII 



<25 



Lieder et ses morceaux de chant pour diverses 
voix. Le nombre de ses œuvres en ce genre 
s'élève à plus de soixante; leurs mélodies sont 
f^racieuses, naturelles et faciles à retenir; c'est 
particulièrement à ces qualités qu'elles ont dû 
kur succès. On y remarque un grand nombre 
de pièces pour divers genres de voix seules 
avec accompagnement de piano, des chants à 
deux voix, des quatuors pour soprano, con- 
tralto, ténor et basse, des chants pour des 
chœurs d'hommes, etc. 

KUCZERA (Georges), directeur de l'école 
Saint-Adalbert, à Podskal, en Bohême, et bon 
musicien, mort le 21 mai 1757, a laissé en 
manuscrit plusieurs antiennes de la Vierge à 
plusieurs voix, entre autres un Salve Regiiia 
estimé. 

lïUFF (J.-D.), professeur de musique à 
Ulm, actuellement (1862) vivant, a publié une 
méthode abrégée d'harmonie et d'accompagne- 
ment intitulée : Kxirzer, fassUcher,doch voll 
sta'ndiger Unterricht im Generalbasse, Ulm, 
1817. 

KUFFEUATH (Jeau-Herman), fils aîné 
d'une nombreuse famille dont six frères se 
sont livrés à la culture de la musique avec des 
succès divers. Jean-Hcman est né le 12 mai 
1797, à Mulheim, sur la Ruhr. Dès son en- 
fance, il fit voir d'heureuses dispositions pour 
la musique; à l'âge de huit ans, il exécuta un 
concerto de violon dans un concert public, 
n'ayant eu jusqu'alors d'autres leçons que 
celles deson père, simple amateurde musique. 
Plus tard, l'habile violoniste Alexander, de 
Duisbourg, développa par ses leçons les fa- 
cultés musicales du jeune RutTeralh, qui, sans 
avoir les premières notions de l'harmonie, 
s'occupa aussi de la composition; enfin, il 
parvint à une connaissance assez avancée de 
plusieurs instruments pour en jouer des solos. 
II n'était âgé que de quinze ans lorsqu'il fut 
choisi pour diriger la musique d'un régiment, 
de la Landwehr, et dès ce moment, il s'exerça 
dans l'art d'écrire et d'arranger de la musique 
pour les instruments à vent. Ayant été en 
garnison à Dortmund, il y reçut des leçons de 
Scheffer, un des meilleurs élèves de Spohr. La 
guerre ayant été déclarée entre la Prusse et 
la France, Rufferath dut servir pendant trois 
ans comme simple musicien dans un régiment 
(le ligne. Pendant quelque temps, il résida à 
Cologne, et lorsqu'il eut obtenu son congé du 
service militaire, il retourna à Mlilheim, où il 
dirigea les concerts, ainsi qu'à Duisbourg et à 
Kleinberg. 

Depuis longtemps, Kurfcralh désirait rece- 



voir des leçons de Spohr ; il jouit de cet avan- 
tage pendant les années 1822 et 1823 où il 
demeura à Cassel. Ce fut aussi à cette époque 
qu'il étudia la composition sous la direction 
de Hauptmann, devenu plus tard directeur de 
l'École Saint-Thomas, à Leipsick. En 1823, 
KufTerath fut appelé à Bielefeld, en qualité de 
directeur de musique : il y resta jusqu'en 
1830. On lui offrit alors les places de maître de 
concert à Cologne et de maître de chapelle à 
Paderborn ; mais la régence de la ville d'U- 
trechl lui ayant fait offrir dans la même année 
la place de directeur de musique de la ville, il 
accepta cette dernière position , à laquelle 
étaient attachées les directions des concerts 
d'hiver et de l'école du chant de la ville, ainsi 
que de la société de chant. Depuis lors, Ruffe- 
rath a puissamment contribué aux progrès de 
la musique dans la ville d'Ulrecht par son 
zèle, son activité et son talent. Il y a dirigé 
l'exécution des grands ouvrages de Haydn, de 
Mozart, de Beethoven , de Mendelssohn, de 
Spohr, de Haendel et de Schumann. Comme 
compositeur, il a écrit diverses œuvres de mu- 
sique instrumentale et vocale parmi lesquelles 
on remarqueunecantate jubilairequ'il a écrite 
en 1833, qui fut exécutée dans cette même 
année, puis en 1836 et 1837, et qui a été 
publiée à Leipsick, chez Breitkopf et Hsertel. 
RUFFERATH (IIuBERT-FEnDl^AND), pro- 
fesseur de piano et compositeur, est né le 
10 juin 1818, à Mulheim sur la Ruhr, dans la 
province de Clèves-Berg. Dès son enfance, il 
se voua exclusivement à l'étudede la musique; 
à l'âge de dix ans, il jouait du piano, du violon 
et de la flûte d'une manière assez remarquable 
pour se faire entendre sur ces instruments 
dans les concerts. A seize ans, il se rendit à 
Utrecht près de son frère aîné, qui voulut en 
faire un virtuose violoniste et lui donna des 
leçons pendant trois ans, puis l'envoya à Co- 
logne, chez Hartmann (voyez ce nom), pour 
perfectionner son talent sous sa direction. 
S'étant rendu au festival de Dusseldorf, en 
1839, il eut occasion d'être entendu sur le 
piano par Mendelssohn, qui l'accueillit avec 
beaucoup de bienveillance, et qui, après avoir 
examiné quelques-unes de ses compositions, 
l'engagea à le suivre à Leipsick. M. Rufferath 
avait alors vingt et un ans; c'est à cette époque 
de sa vie qu'il se livra d'une manière sérieuse 
à l'étude du piano; cependant, par déférence 
pour le désir de son frère, il jirit encore des 
leçons de David pour le violon. Pendant deux 
ans et demi il resta sous la direction de Men- 
delssohn pour la composition et eut pour con- 



426 



KUFFERATH — KUFFNER 



disciples chez ce maître, Verhuist, Eckert et 
llorsley. En 1841, il retourna à Cologne et y 
dirigea pendant six mois la société de chant 
Gesang Verein, en remplacement de Conra- 
din Kreutzer, qui venait de s'éloigner de cette 
ville. En 1844, après deux années de voyages, 
M. KufTerath s'établit à Bruxelles en qualité 
de professeur de piano et de composition ; de- 
puis lors, il n'a pas quitté cette ville. Les com- 
positions gravées de cet artiste sont celles-ci : 
1° Symphonie à grand orchestre, Bonn; Sim- 
lock. 2" Le même ouvrage arrangé pour piano 
à quatre mains, ihid. ù° Ouverture arrangée 
pour piano à quatre mains; Mayence, Schott. 
4" Concerto pour piano et orchestre, ibid. 
îî» Quatuor pour piano, violon, alto et violon- 
celle, ibid. 6° Trio pour piano, violon et vio- 
loncelle, ibid. 7" Six éludes de concert pour 
piano; Bonn, Simrock. 8« Six idem; Leipsick, 
llofmeister. 9" Capriccio pour piano avec or- 
chestre ; Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 10» An- 
dante, pour violon avec accompagnement de 
piano, Mayence, Schott. 11» Six morceaux ca- 
ractéristiques pour piano, ibid. ; le même 
œuvre transcrit pour violon et piano, par Léo- 
nard, ibid.; idem transcrit pour violoncelle 
et piano par Servais, ibid. 12° Trois pensées 
fugitives pour piano, ibid. 13" Trois morceaux 
pour piano (rêverie, Scherzo, romance), ibid. 
14» Berceuses pour piano, ibid. 15" Romance 
sans paroles pour piano, ibid. 16» Étude de 
salon, idem, ibid. 17» Six divertissements fa- 
ciles tdem, ibid. 18" Marche à quatre mains 
idem, ibid. 19» Impromptu à quatre mains 
idem, ibid. 20" .allegro pour piano seul, ibid. 
21» Scherzo idem, il)id. 22» Deux romances 
sans paroles idem, ibid. 23" Quatre cahiers de 
Lieder pour soprano ou ténor. 24» Six Lieder 
idem, Leipsick, Breitkopi et Haertel. 

KUFFIXER (Jeak-Jacques-Paul), né à Nu- 
remberg, en 1713, fut d'abord organiste en 
cette ville, puis entra au service du prince de 
laTour et Taxis, à Ratisbonne,en 1750, comme 
claveciniste et compositeur. I! occupa cette 
l)lace pendant trente-six ans, et mourut à l'âge 
de soixante-treize ans, le 12 juillet 178G. Son 
jeu se faisait remarquer par la netteté et l'ex- 
pression, et ses compositions étaient remplies 
de feu et d'idées neuves. On a gravé sous son 
nom à Nuremberg, à Francfort et à Paris, trois 
oeuvres de sonates pour clavecin et violon, six 
quatuors pour deux violons, alto et basse, et 
un recueil de petites pièces pour le clavecin. 
La deuxième édition de son premier œuvre de 
sonales a paru en 1762. On trouve aussi dans 
le CalaloQue de Tracg, de Vienne, une sonate 



à quatre mains attribuée à Jean-Jacques-Paul 
RufTner. 

RIJFFIVER (GriiLAUME-JosEPii), fils du 
précédent, est né à Kalmunz, près de Ratis- 
bonne, en 1738, et n'a eu pour maître de mu- 
sique et de piano que son père. Vers 1785, sa 
réputation d'habile pianiste et de compositeur 
commença à s'éteindre. Vers cette époque, il 
fit un voyage à Vienne; le prince de Palme l'y 
entendit et l'engagea pour sa musique. Ayant 
parcouru la Bavière dans sa jeunesse, il s'ar- 
rêta à WUrzbourg où le retint son amour pour 
Catherine Wassmuth, fille du maître de cha- 
pelle aulique du prince-évéque de ce diocèse. 
Après la mort de Wassmulh, il lui succéda 
dans sa position à la cathédrale. Quelques an- 
nées après, il se rendit à Paris, puis à Lon- 
dres, où il publia quelques sonales pour le 
piano. Il perdit sa femme en 1787, et lui-même 
mourut en 1798, laissant peu de fortune à 
partager entre cinq enfants. 

KUFFNER (Joseph), fils du précédent, 
naquit à WUrzbourg, le 31 mars 1770. Il était 
à peine âgé de onze ans, lorsqu'il perdit sa 
mère. Destiné par son père à la carrière des 
sciences et des lettres, il fut envoyé au collège 
où il fil ses éludes «l'une manière honorable, 
puis il suivit les cours de l'université. En 1793, 
il acheva ses éludes de philosophie. Pendant 
qu'il fréquentait les écoles, son père lui avait 
enseigné les principes de la musique, et KufT- 
ner s'était épris de passion pour le violon. Le 
maitre de concert, Laurence Schmitl, lui donna 
des leçons de cet instrument, et les progrès de 
Ruffner furent si rapides, qu'il put exécuter 
dans les concerts d'hiver, en 1794 et 1795, des 
concertos de Mestrino et de Viotti. Ayant fini 
son cours de droit, il entra chez un avo- 
cat pour y faire son stage; mais, en 1797, 
l'évêque le fitattacher à la musique de sa cha- 
pelle comme surnuméraire, avec promesse de 
la première place vacante et d'un emploi dans 
l'administration. La mort de son père changea 
sa position et l'obligea à donner des leçons de 
violon, de clavecin, et même de langue latine, 
afin de pourvoir à son existence. Le peu de 
temps qui lui restait, il l'employait à perfec- 
tionner son instruction dans l'art. Le désir de 
composer l'occupa dès lors ; mais il n'avait au- 
cune notion d'harmonie. Un ami lui prêta le 
livre de Knecht sur celte matière ; il le lut avi- 
dement et se mit à faire quelques essais de 
compositions légères en quatuor pour des in- 
struments à cordes. Les encouragements de 
ses amis l'ayant déterminé à continuer ses 
éludes de composition, il prit des leçons do 



KUFFNER - KUFNER 



-127 



Frœhlich, et bientôt après il commença à se 
faire connaUre par de petits ouvrages pour le 
clavecin, la flûte et la guitare. Ses sérénades 
pour guitare, flûte et alto, faites à l'imitation 
de celles de Léonard de Call, obtinrent un bril- 
lant succès. 

En 1802, Wllrzbourgetson territoire ayant 
passé sous la domination de la Bavière, tout 
espoir d'obtenir des emplois lucratifs dans la 
chapelle et dans l'administration fut perdu 
pourKutTner; il accepta une place de chef de 
musique dans un régiment bavarois, et son ac- 
tivité productrice se tourna particulièrement 
vers la composition des pièces d'harmonie mi- 
litaire. Pendant plusieurs années, il n'eut pas 
d'autre occupation que son service militaire et 
la composition de ce genre de musique; mais 
WUrzbourg étant échu à l'archiduc Ferdinand, 
comme grand-duché j ce prince, grand amateur 
de musique, nomma Ruffner musicien de la 
chambre et de la cour avec un traitement 
d'environ quatre cents florins, et y ajouta la 
place de chef de la musique militaire, avec un 
autre traitementde trois cents florins. Alors la 
position de l'artiste devint satisfaisante. Il 
s'était marié en 1801 et trouvait dans son 
ménage les joies de la famille : tout lui sourit 
dès ce moment. Ses ouvrages étaient recher- 
chés par les éditeurs, et sa réputation s'éten- 
dait de jour en jour. En 1811, André, d'Offen- 
bach, avait commencé la publication de ses 
suites pour musique militaire; elles devinrent 
bientôt le répertoire de toutes les sociétés 
d'harmonie. Des offres brillantes furent faites 
à Rtlffner pour le fixera l'étranger, mais il ne 
les accepta pas et préféra conserversa vie calme 
et ses douces habitudes. 

En 1814, le grand-duché de WUrzbourg fut 
réuni de nouveau à la Bavière, et Kuffner fut 
mis à la pension, ainsi que tous les autres 
musiciens de la chapelle; mais cet événement 
qui, autrefois, aurait pu porter le trouble dans 
son existence, n'eut pas alors les mêmes in- 
convénients. Ses ouvrages étaient recherchés 
partons les éditeurs et lui assuraient une ai- 
sance dont le charme s'augmenta par l'indé- 
pendance qu'il avait acquise. En 1837, il écri- 
vit ses deux premières symphonies qui furent 
publiées à la maison Schott, de Mayence ; bien- 
tôt en parut une troisième, chez André. Ce 
temps est celui où la fécondité productrice de 
l'artiste prit le plus grand essor. Il arrangea 
presque tous les opéras modernes en harmo- 
nie, et fit paraître dans le même temps une 
multitude de productions de différents genres. 
Le nombre de ses ouvr;igcs publiés s'élève à 



plus de trois cents, et plus de soixante inédit» 
se sont trouvés après sa mort. A l'époque où 
des sociétés d'harmonie se trouvaient partout, 
particulièrement en Belgique et en Allemagne, 
Kuffner était la providence qui les alimentait. 
Chez elles, la réputation de ce musicien effa- 
çait toutes les autres. Sa musique ne se distin- 
guait cependant ni par la nouveauté des idées, 
ni par les qualités du style; mais elle était 
brillante pour le temps et d'une exécution fa- 
cile. Lorsqu'il visita la Belgique, en 1829, 
quelques-unes de ces sociétés le fêtèrent à 
l'envi, et toutes lui envoyèrent un diplôme de 
membre honoraire. Au mois d'août 1830, il 
présida à Bruxelles le jury d'un grand con- 
cours où vingt-neuf sociétés se disputèrent le 
prix; il y fut l'objet d'une véritable ovation. 
En 1835, la société d'harmonie lui offrit son 
portrait peint par Gustave Wappers. Kuffner 
est mort à WUrzbourg, le 9 septembre 1856, à 
l'âge de quatre-vingts ans et quelques mois. 
Aujourd'hui, toute sa musique est tombée dans 
l'oubli. 

Les œuvres les plus importantes de cet ar- 
tiste sont celles-ci : 1° Sept symphonies à grand 
orchestre, publiées à Mayence, chez Schott, et 
à Offenbach, chez André. 2» Dix ouvertures 
idem, œuvres 74, 130, 172, 175, 174, 175, 
176, 177, 183, 184. 3° Des pièces d'harmonie 
de tout genre à six, huit, dix et douze parties, 
au nombre de plus de vingt cahiers. 4" Des 
pièces de musique militaire, marches, pas 
redoublés , ouvertures, pots-pourris, fantai- 
sies, thèmes variés, etc., au nombre de |)lu9 
de soixante cahiers. 5» Des quatuors pour deux 
violons, alto et basse, œuvres 41,42,48, 52, 
89 et 90; Mayence, Schott; Offenbach, André. 
6" Concerto pour alto, op. 139; Mayence, 
Schott. 7° Quintettes pour flûte, deux violons, 
alto et basse, op. 32, 33 et 66; Paris, Richanlt. 
8° Trios pour trois flûtes et duos pour deux 
flûtes, cinq œuvres, ibid. 9° Plusieurs œuvres 
de duos pour deux clarinettes, ibid. 10» Une 
multitude de morceaux de guitare seule ou ac- 
compagnée. 11» Sonates, duos et pots-pourris 
pour piano et violon, quinze œuvres; Mayence, 
Schott; Offenbach, André, etc. : l'œuvre 310 
est une fantaisie avec variations pour violon 
principal et orchestre. Kuffner a composé 
aussi l'opéra comique en un acte, intitulé : le 
Cornet f dont la partition pour piano a été pu- 
bliée en 1842. 

KUFINER (le P. Liber*ti), né en 1731, 
dans le Haut Palatinat, étudia dès son enfance 
l'orgue et le contrepoint chez un organiste 
nommé Uueder, et fit ses éludes littéraire» à 



128 



KUFNER - KUHLÂU 



Amberg, En 1750, il entra dans Tordre des 
Franciscains, et quelques années après, il fut 
choisi comme organiste du couvent de Regel- 
holzgaden. Il improvisait avec un rare talent 
à quatre ou cinq parties sur des thèmes donnés, 
et a laissé en manuscrit des pièces d'orgue 
qui donnent une haute idée de son mérite. 
Beaucoup de bons élèves ont été formés par lui. 
Il est mort dans son couvent en 1799. 

KUGELlïIAIS (Jean), musicien de la pre- 
mière moitié du seizième siècle, vécut à Kne- 
nigsberg, vers 1525, puis fut tromboniste à 
Nuremberg. Il a publié un recueil qui a pour 
litre : Concentus novi trium vocum, eccle- 
siarum usui in Prussia prxcipue accomo- 
datus. Joanne Kugelmano, tuhicins sxjm- 
phoniarum mithore. Item etliche Stuclc, mit 
acht, sechs, fiinf und vier Slymmen hin- 
zugethan. Augustx Findelicorum per 3Iel- 
chiorem Kriesstein^ 1540, in-S'obl. Outre les 
compositions de Kugelman, on trouve dans ce 
recueil des morceaux de BlankmUller, de 
Georges Frœhlich, de Jean Ileugel, de Valen- 
tin Schaellinger et de Thomas Stolzer. 

KUIIE (Guillaume), pianiste et composi- 
teur de musique de salon, est né à Stuttgard, 
en 1822. Il s'est fixé à Londres comme pro- 
fesseur de son instrument, en 1848. On a pu- 
blié de cet artiste un grand nombre d'oeuvres 
légères pour le piano parmi lesquelles on re- 
marque des Lieder sans paroles, à l'imitation 
de Mendelssohn,op.l2; Stutlgard, Hallberger; 
Chanson d'Amour, romance sans paroles, 
op. 17, ibid.; le Carillon (das Glockenspiel), 
op. 13, ibid. ; Réminiscences de Lucrèce Bor- 
</ta, grande fantaisie, op. 16, ibid. 

KUilLAU (FrédïSric) , compositeur, na- 
quit en 1786, à Ueizen, dans le pays de Lune- 
bourg, près des frontières du Holstein. Avant 
• d'avoir atteint l'âge de sept ans, il fut envoyé 
par sa mère, dans une soirée obscure d'hiver, 
pour puiser de l'eau à une fontaine; chemin 
faisant il tomba, se blessa et perdit un œil. 
Déjà à cette époque, il faisait apercevoir les 
plus heureuses dispositions; ses parents, bien 
que peu fortunés, se décidèrent à les cultiver. 
Ils lui firent donner d'abord quelques leçons 
de clavecin, puis l'envoyèrent à Brunswick, 
pour qu'il y fréquentât l'école de chant. Il ap- 
prit aussi dans cette ville à jouer de plusieurs 
instruments, entre autres, de la flûte. Il ne 
s'éloigna de Brunswick que pour se rendre à 
Hambourg, où Schwenke, directeur de mu- 
sique, compléta son éducation musicale en lui 
enseignant l'harmonie et les éléments de la 
composition. Pendant son séjour à Hambourg, 



Kuhlau commença à publier ses premières 
compositions, la plupart pour le piano et la 
flûte. Pour échapper à la conscription établie 
sous la domination française, il fut obligé de 
se réfugiera Copenhague en 1810; dès ce mo- 
ment son talent prit un élan qui, jusque-là, 
avait été comprimé par des circonstances peu 
favorables. Kuhlau fut d'abord placé comme 
première flûte à la chapelle de la cour, avec le 
titre de musicien de la chambre. L'Opéra-Na- 
tional était alors dans une situation peu flo- 
rissante en Danemark; Kuhlau conçut le 
projet de travailler à sa restauration, et pour 
l'exécution de ce dessein il écrivit la musique 
d'un drame intitulé : Rœverbergen (la Mon- 
tagne des brigands). Le succès de cet ouvrage 
fut éclatant et produisit une vive sensation 
dans le pays. On oubliait que le musicien était 
Allemand de naissance, et tout le monde l'ap- 
pelait le grand compositeur danois. Il est 
vrai que Kuhlau, empruntant sa couleur 
locale aux chants nationaux du Danemark, 
avait réussi à donner à son opéra le caractère 
particulier de la musique du Nord. Elisa, son 
second ouvrage dramatique, suivit de près le 
premier : il ne fut pas moins bien accueilli, 
quoiqu'il n'eût pas au même degré le mérite 
de l'originalité. Après la première représenta- 
tion, Kuhlau reçut du roi de Danemark le 
titre de compositeur de la conr, avec une dis- 
pense d'assister à l'orchestre comme exécu- 
tant. L'artiste prit alors la résolution de se 
fixer en Danemark, acheta une maison à 
Lyngbye, petite ville peu éloignée de Copen- 
hague, et s'y établit avec ses parents qu'il 
avait fait venir d'Allemagne. Dans son nou- 
veau séjour, il écrivit la plus grande partie 
de cette multitude de compositions instrumen- 
tales connues sous son nom, et ses opéras da- 
nois intitulés : ZwZm, la Harpe enchantée, 
Hugo og Adelheid, et FAverhoe (la Montagne 
des Elfes). Ce dernier outrage, qui fut repré- 
senté en 1828, est plutôt une sorte de vaude- 
ville composé d'airs anciens du Danemark, 
qu'un opéra; mais ces chants ont tant d'at- 
trait pour les habitants du pays, que l'ouvrage 
obtint un succès d'enthousiasme. Il est vrai 
qu'il y avait beaucoup d'art dans l'usage que 
Kuhlau avait su faire de *€S mélodies natio- 
nales. Au surplus, la brillante réputation de 
cet artiste en Allemagne et en France est due 
plutôt à SCS compositions instrumentales pour 
la flûte et le piano qu'à sa musique dramati- 
que. Un incendie, qui réduisit en cendres, en 
18Ô0, la plus grande partie de son habitation, 
détruisit les manuscrits de plusieurs ouvrages 



1 



KUHLAU — KUIIMSTEDT 



129 



considérables : le chagrin que lui causa cet 
événement, joint à celui qu'il ressentit à la 
mort de son père, ébranla sa sanlé, qui .jus- 
que-là avait été bonne; après une année pas- 
sée dans une situation languissante, une ma- 
ladie sérieuse se déclara et le conduisit au 
tombeaudansThiverde 1832. Ases lunérailles, 
qui furent faites avec pompe, on exécuta une 
marche funèbre de sa composition , et le 
théâtre, ainsi que plusieurs sociétés particu- 
lières honorèrent sa mémoire par diverses 
solennités. 

On a gravé quelques-unes des ouvertures 
des opéras de Kuhiau pour l'orchestre, Leip- 
sick, Breilkopf et Hœrtel. Parmi ses autres 
compositions, on remarque : 1° Trois quin- 
tettes pour la flûte, op. 51; Bonn, Sinirock. 
2» Trios concertants pour trois flûtes, op. 15; 
Leipsick, Breitkopf et Ilaerlel, Paris, Farrenc; 
op. 86, Hambourg, Bœhme. ô" Duos pour deux 
flûtes, op. 10, 39, 80, 102 ; Leipsick, Breitkopf 
et Hœrtel ; Paris, Farrenc. 4" Solos, fantaisies, 
divertissements, etc., pour flûte seule, op. 37, 
08, 73, etc.; Leipsick, Hambourg, Paris. 
5« Concertos pour piano, op. 7, 93; Leipsick, 
Breitkopf et Heertel. 6» Quatuors pour piano, 
op. 32, 50, ibid.; Bonn, Simrock. 7° Sonates 
pour piano et violon, op. G, 33, 64, 69,71,79, 
85, 85; Leipsick, Bonn, Copenhague, Ham- 
bourg, Mayence, Paris. 8° Sonates pour piano 
à quatre mains, op. 8, 17, 44, 66; Hambourg, . 
Copenhague. 9" Rondos et variations idem, 
op. 58, 70, 72, 75, 76, ibid. 10" Sonates pour 
piano seul, op. 5, 20, 26, 30, 54, AG, 52, 55, 
59, 60, 88, ibid. 11" Beaucoup de rondeaux et 
de divertissements idem, ibid. 12" Beaucoup 
de thèmes variés idem, ibid. 13" Plusieurs 
cahiers de danses, de valses, etc., idem, ibid. 
14" Plusieurs cahiers de chants pour quatre 
voix d'hommes, ibid. 15" Onze cahiers de 
chants à voix seule, avec accompagnement de 
piano, î6td. 

KLIIIMSTEDT (Frédéhic), compositeur, 
directeur et professeur de musique à Eisenach, 
est né à Oldisleben, dans le grand-duché de 
Saxe-Weimar, le 20 décembre 1809. Organisé 
pour la musique, il tit dès sa première enfance 
de rapides progrès dans les éléments de cet 
art, sous la dir^tion de Zoelner, cantor du 
lieu de sa naissance. A l'Age de dix ans, son 
penchant pour la musique était devenu une 
passion; mais ses parents, le destinant à l'étude 
de la théologie, multiplièrent les obstacles 
pour l'empêcher d'acquérir des connaissances 
dans un art qui avait pour lui tant d'attraits. 
A l'âge de douze ans, il fut envoyé au collège 

BIOGR. UNIV. DES MDSICIE.NS. T. V. 



de Frankenhausen, petite ville de la princi- 
pauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, où se trou- 
vent des eaux thermales qui attirent les 
étrangers. Le lieu était mal choisi pour guérir 
KUlimstedt de sa mélomanie, car il y vint une 
troupe de comédiens ambulants qui représen- 
tèrent le FreyschUtz deWeber, et le .jeune 
étudiant y chanta dans les choeOrs. Un monde 
nouveau de musique s'ouvrit dès ce moment 
pour lui : il en eut des vertiges; mais toutes 
ses sollicitations furent vaines : il ne put 
changer les résolutions de ses parents. A seize 
ans, on le plaça au collège de Weimar avec le 
dessein de lui faire suivre plus tard les cours 
de l'université de Jéna. Là, les concerts, 
l'opéra et la musique d'église donnèrent de 
nouveaux aliments à la passion de Ruhmstedl. 
Pendant trois ans, il fut dans un état de souf- 
l'rance de ne pouvoir se livrer en liberté à la 
culture de l'art pour lequel il était né. Enfin, 
parvenu à l'âge de dix-neuf ans, il prit une 
résolution énergique, et seul, à pied, presque 
sans argent, il franchit l'énorme distance qui 
le séparait de Darmstadt, pour aller demander 
au célèbre organiste Rink une instruction 
théorique et pratique dont il éprouvait l'im- 
périeux besoin. Trois années d'études sous cet 
excellent maître suffirent pour faire de KUhm- 
sfedt un musicien instruit, un bon organiste 
et un pianiste habile. De retour dans sa fa- 
mille, il se réconcilia avec elle et parvint à lui 
donner des idées plus justes sur la musique et 
sur ceux qui la cultivent. Ce fut alors qu'il 
écrivit un- opéra intitulé Bie Schlangen 
Kœnigin (la Reine des serpents), et plusieurs 
autres ouvrages qui furent terminés dans sa 
vingt-troisième année. Il formait le projet d'un 
voyage d'artiste dans les villes principales de 
l'Allemagne, pour se faire connaître comme 
pianiste, organiste et compositeur, lorsqu'un 
accident funeste, inattendu, vint tout à coup 
dissiper ses rêves de bonheur, et le priver en 
quelque sorte de tout moyen d'existence. Une 
paralysie de la main droite se déclara subite- 
ment, sans cause apparente, et le mit dans 
l'impossibilité de jouer d'un instrument et de 
faire entendre ses ouvrages. L'espoir de trouver 
quelque remède pour son mal, et le désir de 
faire mettre en scène son opéra, le conduisi- 
rent d'abord à Weimar, puis à Leipsick, et 
enfin à Berlin, mais inutilement pour un but 
comme pour l'autre. Il retourna à Weimar 
pauvre, maladif, et y vécut misérablement, en 
donnant quelques leçons de piano mal payées. - 
Quelques années se passèrent ainsi : enfin, la 
place de directeur de musique à Eisenach de- 

9 



130 



KUHMSTËDT - KUHN 



vint vacante, et le pauvre artiste roblint avec 
le modique traitement de moios de deux cents 
écus de Prusse (à peine sept cent cinquante 
francs). C'était une ajnélioralion à sa situa- 
tion ; mais il n'en avait pas fini avec l'infor- 
tune; car il se maria, et le jour de ses noces, 
sa femme fut frappée de mort subite, en sor- 
tant du temple. Accablé par ce nouveau mal- 
heur, Kuhmstedt resta quelque temps dans 
l'inaction; mais après avoir épuisé cette dou- 
leur, l'amour de l'art lui revint, et il se remit 
au travail. Il avait pris l'habitude d'écrire sa 
musique de la main gauche et maniait sa 
plume avec autant de dextérité qu'il aurait pu 
le fairede sa droite. Ce futalors que commença 
sa grande activité productrice et qu'il écrivit 
son oratorio de la Résurrection du Christ 
(Die Juferstehung Jesu); deux grandes 
symphonies, exécutées à Cassai, en 1843 et 
1844; un autre oratorio intitulé Der Sieg des 
Gœttlichen (le Triomphe des choses divines); 
une messe solennelle à quatre voix et or- 
chestre ; deux grandes ballades avec chœur et 
orchestre ; plusieurs ballades et Lieder avec 
accompagnement de piano; des hymnes, des 
motets et d'autres pièces pour l'église, avec 
et sans accompagnement ; des concertos et des 
sonates pour piano; des rondos, caprices et 
fantaisies pour le même instrument, op. 15, 
16, publiés à Leipsick, chez Hofmeister; une 
grande fugue de concert à quatre parties, sur 
un thème donné par Liszt, op. 24, Erfurt, 
Kœrner; une bonne introduction à l'étude 
des œuvres de J.-S. Bach, pour les organistes 
et les pianistes, sous ce litre : Gradus ad 
Parnassum, oder Forschule zu Seb. Bach 
Klavier und Orgel compositionen, op. 4; 
Mayence, Schott. Cet ouvrage, composé de six 
suites, renferme des préludes et fugues, dans 
tous les tons majeurs et mineurs, pour l'orgue 
et le clavecin. On a aussi de Kuhmstedt : 
Vingt-cinq préludes faciles et mélodieux pour 
l'orgue, à l'usage du service divin, op. 5, 
in-4''; Erfurt, Kœrner; vingt-cinq idem, 
op. 12; Mayence, Schott; huit pièces d'orgue 
de différents genres pour l'élude et pour le 
service divin, op. 17; Erfurt, Kœrner; quatre 
fugues pour servir de conclusions, op. 18, 
t6td. ; grande double fugue pour servir de 
pièce de concert d'orgue, op. 28, ibid. ; Fan- 
tasia eroica pour orgue, op. 29, ibid. ; re- 
cueil de fugues et de grands préludes idem, 
op. 19; Mayence, Schott; l'Art de préluder 
sur l'orgue (die Kunst des Vorspiels filr 
Orgel), op. 6, ibid. Kahmsledt est aussi auteur 
d'un traité d'harmonie pour ceux qui veulent 



apprendre cette science sans le secours d'un 
maitre {Theoretisch-praktische Harmonien- 
und Ausweichungslehre fur aile dieienigen, 
welche , ohne den mundlichen Unterricht 
eines Meisters geniessen zukœnnen, sich die 
nœthige praktische Ferligkeit im reinen 
Satz-und harmonische Gewandtheite in 
kuTzer Zeit aneignen tvollen , Eisenach , 
Bœrnker, 18-38, in-4° de XX et de cent trente 
pages. La réputation méritée qu'avaient faite 
à Kuhmstedt ses compositions et ses ouvrages 
didactiques le firent rechercher comme pro- 
, fesseur ; il eut beaucoup d'élèves, et sa position 
fut heureuse dans ses dernières années. Cet 
artiste estimable est mort à Eisenach, le 
8 Janvier 1838, à l'âge de quarante- huit 
ans. 

KCHN (Adaib-Frédékic), magister et rec- 
teur au gymnase de Sorau, mort le 18 octobre 
1795, a publié, au nombre de plusieurs savants 
écrits : 1" Ueber Lieder filr die Jugend (Sur 
les chansons pour la jeunesse), Sorau, 1787, 
in-4'> de 16 pages. 2» Beytrxg zu einer 
Allgem. Schulgesangbuche fiir die gebilde- 
tere Jugend (Essai d'une méthode générale de 
chant pour la jeunesse bien élevée), ibid., 
1795, in-8». 

KUIIIX (Antoine L.), professeur de piano, 
à Manheim, vers la fin du dix-huitième siècle, 
y a publié : 1" Trois sonates pour clavecin et 
violon, op. 1, 1783. 2" Trois idem, op. 2, 
ibid. 3° Trois idem, op. ô, ibid., 1786. 
4° Trois îcZem, op. 3, ibid. 5" Petites pièces 
pour clavecin, op. 7, ibid., op. 8, Baie. 

RUIIIX (Joseph), professeur de musique 
élémentaire à Amerbach ( Cercle du Mein 
inférieur, en Bavière), est auteur d'un livre 
qui a pour titre : Harmonielehre nebst An- 
leitutig zum Generalbass-spielen, mit No- 
tenbeispielen (Science de l'harmonie suivie 
d'une instruction pour jouer la bassecontinue, 
avec des exemples notés), Wurzbourg, Struker, 
1823, in-8». 

KUUN (Joseph-Charles) , professeur de 
musique et compositeur à Liegnitz, est né à 
Elbing, le 30 avril 1803. Après avoir appris 
pendant six ans les éléments de la musii|ue 
et de l'art de jouer du piano, sous la direction 
de M. Urban, conseiller de la ville et directeur 
de musique, il a fait, en 1823, un grand 
voyage en Allemagne, dans lequel il s'est fait 
connaître avantageusement comme virtuose. 
Il s'est ensuite établi à Breslau, pour enseigner 
l'harmonie et la composition, et a écrit pour 
ses élèves dans cette dernière partie de la 
science un manuel spécial intitulé : la Doctrine 



KUHN - KÙIINAU 



131 



des fugues mise en ordre et appliquée par 
des exemples. Après un séjour de trois ans en 
cette ville, M. Kuhn a recommencé ses voyages 
et a visité l'Autriche et la Bohême ; puis il est 
retourné dans la Silésie, d'abord à Neisse, où 
il a fait un séjour de onze mois, ensuite à 
Liegnitz. Depuis ce temps il a écrit un très- 
grand nombre de compositions de tout genre, 
mais il n'en a été publié qu'une petite partie, 
dans laquelle on remarque une fantaisie pour 
clarinette et orchestre, un Miserere à deux 
voix, et quelques chansons avec accompagne- 
ment de piano. 11 a composé trois opéras 
{Fédor et Marie , les Ouvriers mineurs, Ca- 
lypso), qui n'ont point été représentés et qui 
sont encore en manuscrit, ainsi que plusieurs 
messes, un Te JDeiim à quatre voix et or- 
chestre, deux symphonies, plusieurs ouver- 
tures, concertos et caprices pour hautbois, 
fantaisies pour l'orchestre, concertos et autres 
morceaux pour basson, quatuors, sonates et 
rondeaux pour piano, chansons à plusieurs 
voix, etc. On a aussi de RUhn un petit ou- 
vrage intitulé : 48 Uehergsnge von C dur 
und C moll nach aller Dur-und Molltonar- 
ten (Quarante-huit transitions des tons d'wf 
majeur et d'j<i mineur dans tous les tons 
majeurs et mineurs), op. 10, Vienne, Has- 
Iinger(1829), petit jn-lol. obl.de treize pages. 
Cet artiste montre dans quelques-uns de ses 
ouvrages des qualités estimables et une cer- 
taine élévation de style. 

KUIIÎN (Georges), né à Montbéliard(Doubs), 
le 2G novembre 1789, fit ses premières éludes 
musicales dans cette ville. A l'âge de dix-huit 
ans, il se rendit à Paris et fut admis au Con- 
servatoire comme élève de Catel pour l'har- 
monie. Plus tard, il étudia le contrei)oint 
sous la direction de Cherubini et devint 
habile dans l'art d'écrire. Le 15 avril 1822, 
il fut nommé professeur de solfège au Con- 
servatoire. Livré à l'enseignement, Kuhn pu- 
blia divers ouvrages élémentaires, au nombre 
(lesquels on remarque un Solfège des écoles, 
Paris, 1824; un Tableau de la génération 
des accords; un Recueil de contrepoints 
doubles et de fugues scolastiques, et un Sol- 
fège des chanteurs avec accompagnement de 
piano, ou m,éthode analytique de musique, 
Paris, Benoit et Meissonnier, 1851, gr. in-4''. 
Lors(iue les Concerts du conservatoire furent 
rétablis, en 1829, par une association de ses 
anciens élèves qui prit le titre de Société des 
concerts, Cherubini lui confia, en qualité de 
professeur, une classe de chant d'ensemble 
destinée à cet objet. Kuhn enseignait au-isi la 



théorie de la musique et le solfège aux élèves 
du pensionnat du Conservatoire. 

Né dans la religion réformée, il dirigeait la 
musique au temi)le protestant de la rue des 
Billetles. En 1832, il publia un recueil de 
chants à voix seule et à plusieurs voix, à 
l'usage de ce culte. Ayant amassé, par ses 
économies, le capital d'un revenu modeste, il 
prit sa retraite de professeur au Conservatoire, 
le 1" février 1848, e( obtint la pension en 
récomi)ense de ses longs et honorables sel-vices. 
En 1849, il retourna à Monlbéliard et y passa 
ses dernières années dans le repos et l'étude 
des œuvres classiques. Il y est mort, le 20 sep- 
tembre 1858, à l'âge de soixante-neuf ans. 

KUHNAU (Jean), savant musicien, naquit 
au mois d'avril 1G67, à Geysing, en Saxe, sur 
les frontières de la Bohême, où ses ancêtres 
s'étaient retirés à l'époque des troubles reli- 
gieux. Lorsqu'il eut atteint l'âge de neuf ans, 
ses parents l'envoyèrent à l'école de Sainte- 
Croix, à Dresde. Alexandre Heriag, organiste 
de cette paroisse, lui donna les premières le- 
çons de musique. Il fit sous ce maître de ra- 
pides progrès; à peine avait-il atteint l'âge de 
douze ans, que déjà il écrivait de petites com- 
positions. Ces premiers essais intéressèrent 
en sa faveur le maître de chapelle Vincent 
Albricci, qui lui permitd'étudier les partitions 
de ses ouvrages, et d'assister aux répétitions 
et aux exercices de la chapelle. Admis dans la 
famille de ce maître, il y recueillit, entre au- 
tres avantages, celui d'apprendre de bonne 
heure la langue italienne, la seule qu'on y 
parlât. Dans le même temps, il prenait des 
leçons de français. Une maladie épidémique, 
assez semblable à la peste, se manifesta tout à 
coup à Dresde, en 1680, et fut cause que les 
parents de Kuhnau le rappelèrent près d'eux, 
avant qu'il eût eu le temps de se préparer à 
finir ses études à l'Université. A peine de re- 
tour à Geysing, il reçut de Titius, cantor à Zil- 
tau, l'invitation de se rendre au Gymnase de 
cette ville, pour y continuer ses éludes sous 
la direction de Weiss, alors recteur de cette 
école. Il s'y rendit en effet et sut bientôt ac- 
quérir l'amitié de son maître par ses progrès 
dans les sciences et par son mérite comme mu- 
sicien. L'époque approchaitoù l'on devait élire 
à Zillau les magistrats de la ville, et l'usage 
exigeait qu'on célébrât cet événement par un 
discours suivi d'une musique solennelle. La 
protection de Weiss valut à KUhnau l'hon- 
neur d'être choisi pour composer le motet qui 
devait être chanté en cette circonstance. Il 
choisit pour sujet le texte du psaume 20 j el 

y. 



13-2 



KUHNAU 



il termina son ouvrage par plusieurs cantiques 
allemands. Ce psaume fut chanté par un 
double chœur que Kuhnau dirigeait lui- 
même. 

En 1C82, il alla à l'Université de Leipsick. 
Le titre d'élève d'Albricci le fit accueillir avec 
empressement dans les meilleures malsons de 
la ville. Une circonstance favorable se présenta 
bientôt pour le faire connaître avec avantage. 
L'électeur de Saxe Jean-Georges venait de 
rentrer dans ses États, après avoir vaincu les 
Turcs. Il visita Leipsick à l'époque de la foire, 
et les étudiants de l'Université chantèrent à 
cette occasion un grand morceau composé par 
Kuhnau, et qu'il dirigea lui-même. Cette com- 
position produisit un bel effet. Elle fixa l'at- 
lention générale sur son auteur qui, à la mort 
de Kuhnel, organiste de l'église Saint-Tho- 
mas, fut élu pour son remplaçant, en 1684, 
quoiqu'il ne fut âgé que de dix-sept ans. Cette 
place lui ayant fourni les moyens de continuer 
ses études, il commença celle de la jurispru- 
dence, fréquenta les leçons des meilleurs pro- 
fesseurs, soutint plusieurs thèses surdifférents 
sujets, entre autres une en langue grecque, et 
obtint enfin le titre d'avocat. Le savoir, la pru- 
dence et la droiture dont il fit preuve dans les 
procès qui lui furent confiés, lui concilièrent 
l'estime générale. Dans le même temps, il cul- 
tivait les mathématiques, ainsi que la philolo- 
gie grecque et hébraïque. Il traduisit aussi 
plusieurs ouvrages du français et de l'italien, 
écrivit des compositions musicales de diffé- 
rents genres, et des traités relatifs à l'histoire 
ou à la théorie de la musique. En 1700, on le 
choisit pour remplir la place de directeur de 
musique de l'Université de Leipsick; dans 
Tannée suivante, après la mort de Schelle, 
il joignit à ces fonctions celles de cantor ou de 
maître des enfants de l'école Saint-Thomas, 
et de plus il fut organiste des deux églises 
principales de la ville. Il mourut à l'âge de 
cinquante-cinq ans, le 25 juin 1722. 

Les ouvrages de Kuhnau relatifs à la mu- 
sique sont : 1° Une thèse académique qu'il 
soutint à l'Université de Leipsick pour ses 
licences d'avocat, et qui est citée parWalther, 
Maltheson, Forkel, Gerber et tous leurs co- 
pistes, sous ce titre : Dissertatio de Juribus 
circa musicos ecclesiasticos, ma's dont le 
litre véritable, bien prolixe à la vérité, est 
celui-ci : Divini Numinis assistentia illus- 
Crisqiie Juriconsultorum in (îorentissima 
Academia Lipsiensi Ordinis indultu Jura 
circa Musicos ecclesiasticos , sub modera- 
mine Dn. Jndrex Mylii, J. U. D. Jnst. 



Jmp. P. P. et Facultatis Juridics Assesso- 
ris, Domini Patroni, PrxceptoTisque sut, 
omni honoris et observantix cultu œtatem 
suspiciendi ad diem 21 decembris 1688, loco 
horisque consuetis publics Eruditorum dis- 
quisitioni submittit Johannes Kuhnau, au- 
tor, Lipsiœ, Literis Christian! Blankmanni, 
1688, in-4'' de quarante-quatre pages. 2° Dtr 
Musikalische Quack-Salber , nicht allein de- 
nen verstxndigen Liebhabern der Mustk, 
sondern auch allen andern, tvelche in diesir 
Kunst keine sonderbare Wissenschafl ha- 
ben, etc. (le Charlatan musicien, etc.), 
Dresde, Jean-Christophe Mielh, 1700, in-12 
de cinq cent trente-quatre pages. Ce livre est 
une sorte de roman satirique dirigé contre la 
musique italienne, alors en vogue à la cour de 
Saxe, et contre les musiciens italiens qui y 
étaient en faveur. Rempli de plaisanteries 
lourdes et de mauvais goût, de pédanlisme, et 
d'interminables divagations, cet ouvrage, dont 
le héros est un certain Cara/a, maître de cha- 
pelle ignorant et charlatan, n'est plus lisible 
aujourd'hui. Les autres ouvrages théoriques de 
Kuhnau sont restés en manuscrit : ils ont pour 
titre : 3» Tractatus de Tetracordo seu mu- 
sica antiqua ac hodierna. 4" Introductio ad 
compositionem musicalem, 1696. 5° Dispu- 
talio de Triade harmonica. Wallher a indi- 
qué le contenu de ces trois ouvrages, dans son 
Lexique de musique. Le même auteur donne 
les titres suivants des compositions de Kuhnau : 
1 " Zwei Theile der Clavier- Ubung ans 1 4 Par- 
tien zusammen bestehend (Exercices de cla- 
vecin, deux cahiers, en quatorze suites), 
Leipsick, 1689. 2° Die Clavier-Friichten aus 
7 Sonaten (les Fruits du clavecin, en sept so- 
nates), 1696; ouvrage d'un excellent style qui 
a servi de modèle à plusieurs compositeurs 
plus modernes. 3" Biblische Historien von 
6 Sonaten (Histoires tirées de la Bible, avec 
les explications, en six sonates), 1700. 

M. Ch. Ferd. Becker, de Leipsick, a publié 
dans cette ville douze pièces choisies dans les 
œuvres des clavecinistes des dix-septième et 
dix-huitième siècles et y a inséré deux mor- 
ceaux de Kuhnau tirés, l'un de la deuxième 
partie des Exercices (Claoier Ûbung), l'autre 
du recueil intitulé : Clavier-Friichten (Fruits 
du clavecin); il donne au premier de ces re- 
cueils la date de Leipsick, 1695, et à l'autre, 
celle de 1710. M. Farrenc, qui a inséré les sept 
sonates de Kuhnau dans la deuxième partie de 
sa magnifique collection intitulée Trésor des 
pianistes, y a joint une bonne notice dans 
laquelle il a rétabli les véritables litres, d'après 



KUHNAU 



133 



un exemplaire qui m'appartient, en les ac- 
compagnant de quelques observations. Voici 
ces titres : « Johann Ktihnauens Neiier Cla- 
vier Ûbung andern Thcil das ist stebcn 
Partien aus dem Re, mi, fa, oder Tertia 
minore eines jedweden Toni, benebensteiner 
Sonata arts dem B. denen Liebhabern dièses 
Instruments besondern Fergnugen auffge- 
setzet. Leipsick , in rerlegung des Autors. 
Il n'y a pas de date sur le titre ; mais à la fin 
de l'avis au lecteur, gravé, qui suit, on lit : 
Leipsig, anno 170ô; mais il est facile de voir 
que la planche a été retouchée, caries carac- 
tères de cette date ne sont pas ceux de l'avis 
au lecteur. 

Le titre de l'autre recueil, dans mon exem- 
plaire, est : Johann Kiihnauens , Frische Cla- 
vier-Friichte oder sieben Suonaten von guter 
Invention und- Manier auff dem Clavier zu 
spielen. Dresden und Leipsick in Ferlegung 
Joh. Christoph Zimmermans , ,1700. Suit 
l'épître dédicatoire au comte Jean Antoine 
Losy, à la fin de laquelle on lit : Leipsick, 
4 may 1696. Vient enfin un long avis au 
lecteur. Le titre, gravé sur cuivre comme tout 
l'ouvrage, est renfermé dans une guirlande où 
sont représentées toutes sortes de fruits. 

Les contradictions de dates qu'on remarque 
dans ces ouvrages ne se peuvent expliquer que 
par des tirages faits à des époques ditTérenles 
sur les planches de cuivre, et dont a on voulu 
rafraîchir la publication en changeant l'indi- 
cation des années. Il y a, du reste, beaucoup 
d'obscurité sur tout cela. 

Les pièces de Kuhnau, particulièrement les 
sonates, sont d'un beau style, où se fait recon- 
naître la tradition de la grande école des or- 
ganistes allemands du dix-septième siècle. Le 
caractère en est plus religieux que passionné. 
Il n'y faut chercher ni les formes, ni le carac- 
tère de la sonate moderne, dont le modèle pri- 
mitif n'existe que dans les œuvres de Charles- 
Philippe-Emmanuel Bach. Les sonates de 
Kuhnau sont l'ancienne pièce sérieuse qu'on 
opposait autrefois à ce qu'on appelait les 
suites, c'est-à-dire les recueils de morceaux 
courts composés dans les mouvements des 
divers caractères de danses. 

Herzog, juge à Mersebourg,a publié l'éloge de 
Kuhnau sous ce titre : Memoria beati defuncti 
Directoris Chori Musici Lipsiensis Dn. Jo- 
hannis Kuhnau, Polyhistoris musici, et re- 
Uqua summopere incliti , etc., Lipsiœ, 1722, 
10-4». 

RUIINAU (Jean-Ciiristophe), directeur 
de musique et cantor à l'église de la Trinité, 



à Berlin, naquît le 10 février 1735, à Volk- 
stadt, village près d'Eisleben. Après avoir ap- 
pris à jouer de plusieurs instruments chez le 
musicien de ville de Magdebourg, il se voua à 
l'enseignement, et fut nommé professeur à 
l'École normale de Berlin, en 1763. Il y éta- 
blit dans la même année un chœur de chant 
qui, jusqu'à la mort de son fondateur, fut con- 
sidéré comme undes meilleursdel'Allemagne. 
En 1775, le nouvel orgue de l'église de la Tri- 
nité ayant été inauguré, Ktlhnau écrivit à 
cette occasion une cantate solennelle qui fut 
exécutée avec succès. Sa nomination de cantor 
à cette église, en 1788, le décida à donner sa 
démission de sa place de professeur à l'École 
normale; il conserva seulement la direction 
du chœur qu'il y avait fondé. Jusqu'à l'âge de 
soixante -dix ans, il remplit ces fonctions, et 
mourut le 5 octobre 1805. Kuhnau avait trente 
ans lorsqu'il apprit à jouer du clavecin ; il était 
plus âgé encore lorsque Rirnberger lui ensei- 
gna l'harmonie et la composition ; néanmoins, 
il a composé quelques cantates qui ne sont pas 
sans mérite. Son Jugement dernier a été pu- 
blié, en 1784, en partition réduite pour le 
piano. En 1790, il fit paraître aussi à Berlin 
des préludes de chorals pour l'orgue, dont une 
partie a été composée par lui, et le reste par 
Kirnberger, Schale, Vierling, C.-P.-E. Bach, 
Harsow. J.-Léon Hassler, Gulterman et Oley. 
3Iais le titre principal de KUhnau au souvenir 
de la postérité est le livre de mélodies chorales 
à quatre voix, qu'il publia sous ce titre: Fier- 
stimmige alte und neue Choralgesxnge, mit 
Provinzial-Abweichungen (Anciens et nou- 
veaux chants chorals à quatre voix, avec les va- 
riantes de différentes provinces), Berlin, 1786, 
in^" de deux cent trente pages obi. Idem,, 
deuxième partie, Berlin, 1790, in-4'' de deux 
cent soixante-quatorze pages. Gerber dit que 
ce recueil est un des plus complets qui exis- 
tent, et qu'il a le mérite d'indiquer, outre les 
variantes provinciales, les noms des auteurs, 
ou du moins l'époque à laquelle les mélodies 
appartiennent. Quatre autres éditions de ce 
même recueil ont été publiés par le fils de 
l'auteur en 1817, 1818, 1823 et 1825. 

RLIINAU (Jean-Frédéuic-Guillaume) , 
fils du précédent, est né à Berlin, le 29 juin 
1780. Élève de son père, il s'est formé prin- 
cipalement dans l'art de jouer de l'orgue par 
ses propres efforts. En 1814, il a été nommé 
organiste de l'église de la Trinité. Plusieurs 
fois il a donné des preuves de son habileté 
dans des concerts d'orgue, en exécutant de» 
l pièces de J.-S. Bach. Dans les diverses éditioni, 



134 



KÙllNAU — KÙHNEL 



du livre c'noral de son père, il a introduit 
beaucoup de corrections et d'améliorations. 
On dit que longtemps il s'occupa de grands 
travaux relatifs à l'histoire et à la théorie de 
la musique. Dans son système de construction 
de l'orgue, l'abbé Vogler avait attaqué l'exis- 
tence des jeux de mutation de cet instrument, 
tels que les cymbales et fournitures. Ce système 
a trouvé beaucoup de partisans en Allemagne; 
Kiihnau prit avec juste raison la défense de 
ces jeux singuliers, et démontra très-bien 
qu'ils sont essentiels et caractérisques dans 
l'orgue. Ses observations sur cet objet eut été 
publiées dans la Gazette musicale de Leipsick 
(t. 33, p. 227 etsuiv., et t. 34, p. 65 et suiv.). 
Cet artiste est mort à Berlin le 1" janvier 
1848. 

KÙHIXAU (K.-J.), étudiant en médecine 
à l'université de Gœttingue , a soutenu dans 
cette université une thèse sur les fonctions des 
organes de l'ouie , qui a été imprimée sous ce 
titre : Dissertatio de organis auditui inser- 
vientibus, Gœttingae, 1799, iu^". 

KÛHIVAU ( Jean-Curistophe-Guillaume) , 
littérateur allemand , mort à Berlin, le 27 août 
1813, est auteur d'une Biographie des célèbres 
musiciens aveugles. Cet ouvrage a pour titre : 
Die Blinden Tonkunstler; Berlin, 1810, chez 
C. Salfeld, petit in-8" de 347 pages, avec 
quelques planches de musique. La préface (de 
xxxx pages) est datée de Carlshoff, près de 
Brietzen sur l'Oder, dans Je Brandebourg. 
Lichtenthal et F. Becker se sont trompés en 
attribuant l'ouvrage dont il s'agit, le premier, 
à Jean-Christophe Kùlmau, mort cinq ans avant 
l'impression du livre, le second, à Jean-Frédéric- 
Guillaume. 

KÛIIIVE (Jean-Guillaume-Henri), suivant 
les indications de Kœrner, ou , d'après les 
Lexiques universels de musique de Gassner 
et de M. Bernsdorf, Jérérnie-Nicolas,] est 
né à Erfurt, le 1" mai 1807. Il n'était âgé que 
de huit ans, lorsque son père lui enseigna à 
jouer de la flûte. A douze ans , il apprit à jouer 
du violon. Deux ans après, il entra au Collège 
du lieu de sa naissance et y reçut des leçons 
de piano et d'harmonie de Gebhardi {voyez ce 
nom). Lorsqu'il eut atteint sa seizième année, 
on l'envoya au Séminaire des instituteurs de 
la même ville, et il se livra à l'élude de l'or- 
gue , s«î3 ia direction de l'excellent organislii 
M. G. Fischer. A peine était-il âgé de dix-neuf 
ans lorsqu'il fut nommé organiste de l'église 
Saint-André, et dans l'année suivante il ob- 
tint la place de professeur à l'École des pré- 
dicateurs. Après avoir occupé ces places pen- 



dant deux ans , il fut désigné pour la position 
de cantor et d'organiste au village de Gebesen , 
près d'Erfurt. Plus tard, il fut appelé à Cor- 
bach , dans la principauté de Wakleck, en 
qualité de directeur de musique. Ou a de cet 
artiste plusieurs petites pièces pour le piano , 
quelques œuvres pour le violon , des Lieder et 
chants à plusieurs voix; des pièces de conclu- 
sion pour l'orgue (Eifurt, Kœrner), et une 
cantate à quatre voix avec orgue obligé , inti- 
tulée : Lohgesang , op. 31, ibid. Kœrner a 
inséré des morceaux de la composition de 
Kiihne dans le recueil qui a pour titre : Orgel- 
freund (l'Ami de l'orgue) ; Erfurt, ibid. 

KUHNEL (Auguste), virtuose sur ia basse 
de viole, né à Delmenhorst, le 3 août 1645, 
eut pour maître de composition le célèbre 
abbé Steffani. Vers la fin du dix-septième 
siècle et au commencement du dix-huitième, 
il vécut à Cassel , dans le grand-duché de 
Hesse. Il y a fait imprimer : Sonates ou Par- 
thien (divertissements) pour une ou deux basses 
de viole, avec accompagnement de basse con- 
tinue; 1098, in-fol. 

KÛHIXEL (Jean -Michel), luthiste et 
joueur de basse de viole , né dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle, fut d'abord atta- 
ché au service de la cour de Berlin, puis, en 
1717, à celui du duc de Weimar, où il eut 
le litre de secrétaire du prince , et enfin passa 
chez le feld-maréchal Flemming , à Dresde. 
Dans les derniers temps de sa vie il était à 
Hambourg. Vers 1730 on a gravé de sa com- 
position, à Amsterdam, chez E. Roger : So- 
nates pour une ou deux basses de viole , avec 
basse continue. 

KÛHIVEL (Ambroise), né en 1770, était, 
en 1800, organiste de la cour de l'électeur de 
Saxe, à Leipsick, lorsqu'il s'associa avec Hoff- 
meister ( voijez ce nom ) pour l'établissement 
d'un commerce de musique. Après le départ 
de Hoffmeister pour Vienne, Kùnhel continua 
seul jusqu'à sa mort, arrivée le 19 août 1813, 
la publication d'un grand nombre d'œuvres 
intéressantes. Il a eu pour successeur Charles 
Peters. C'est à Kùhnel qu'on doit la publica- 
tion de quelques belles compositions de Jean- 
Sébastien Bach , pour l'orgue et le clavecin , 
qui étaient restées en manuscrit jusqu'alors. 

KÛHI\EL (Jean-Wîlhelm), né à Stult- 
gardt, le 17 novembre 1812, perdit son père à 
l'âge de sept ans, et fit son éducation musi- 
cale sons la direction de son oncle Bnk, chef 
de musique d'un régiment. Il apprit à jouer de 
phisiciiis instruments à vent, et lorsqu'il eut 
atteint l'âge de quatorze ans, il entra comme 



I 



KiJHNEL - KULLAK 



flûtiste dans la brigade où servait son oncle. En 
18Ô3, il obtint un congé illimité et ei> prolita 
pour faire des études sérieuses de l'art sous 
la direction de Lindpaintner; puis il se rendit 
à Vienne et y reçut des leçons de composition 
de Seyfried. En 1837, il reprit sa place de mu- 
sicien de brigade, et peu de temps après il ob- 
tint la place de chef de musique de la première 
brigade d'infanterie. Cet artiste a écrit beau- 
coup de musique militaire, le ballet intitulé : 
Majah, qui a été représenté à Stuttgàrdt, plu- 
sieurs symphonies et ouvertures, une immense 
quantité de danses pour l'orchestre telles que 
valses, polkas, galops, masurkas, publiées à 
Stuttgàrdt, à Manheim , chez Ileckel, et à 
Maycnce, chez Schotl; des solos pour divers 
instruments, enfin, des Lieder et ballades à 
vtix seule avec piano. 

KUUlMIAUSEll (G.), cantor à Zelle, ou 
Celle (Hanovre), en 1719, a composé un ora- 
torio intitulé : Passio Chrisii secundum 
Malthxnm, donl la partition manuscrite esta 
la Bibliothèque royale de Berlin. 

K€Hi\SIUS (B.), cantor et organiste de 
Berlin, est cité par Maltheson [Mithridale, 
p. Ô21) comme auteur d'une thèse intitulée : 
De admirandis musices ejfcctibus, qu'il a 
soutenue sous la présidence de L.-J. Schechl, 
et qu'il a fait imprimer, conjoinlemeut avec 
un autre cantor nommé W.-G. llackius, au 
commencement du dix-huitième siècle. 

RtlirSTFELD (Frédéric), canlor et pro- 
fesseur de musique à Eisenach, vers 1830, s'est 
fait connaître par un livre qui a pour titre : 
Theoretischeund praktische Harmonien und 
Ausrichtungslehre (Science théorique et pra- 
tique de l'harmonie et de ces cas d'exception), 
Eisenach, 1833, in-4''. 

KULEP^RAMP (Georges-Charles), pia- 
niste et compositeur, est né le 19 mai 1799, à 
"Witzenhausen, petite ville de la Hesse- Électo- 
rale, où son père était conseiller du bailliage et 
fermier du domaine. En 1805, celui-ci alla se 
fixer dans les environs de Fulde, et profita du 
voisinage de cette ville pour faire donnera son 
fils des leçons de musique, de piano et de vio- 
lon par un maître nommé Gerlach . Malheureu- 
sement pour le jeune Kulenkamp, cet habile 
musicien fut appelé à une meilleure position 
au bout d'un an, et l'enfant demeura livré à 
lui-même. Lorsqu'il eut atteint l'âge de douze 
ans, on l'envoya au collège, où il reçut ([uel- 
ques leçons de piano d'un organiste; mais le 
talent médiocre de cet homme et la situation 
maladive de son élève furent cause que ce- 
lui-ci fit alors peu de progrès. De retour à la 



maison paternelle en 1815, il dut s'occuper âa 
l'économie rurale, sans néanmoins négliger la 
musique; mais ayant perdu son père l'année 
suivante, il se rendit à Cassel chez Grosheim, 
qui lui donna le conseil de se livrer exclusive- 
ment à la culture de la musique. Cet avis^ 
d'accord avec le i)enchant du jeune homme, le 
détermina à rester deux ans sous la direction 
de Grosheim. En 1818, il alla à l'Université 
deGœttingue pour y achever ses études, et il 
y passa cinq années; mais ce qu'il possédait 
ne sulTisant pas à ses besoins, il fut obligé 
d'employer une partie de son temps à donner 
des leçons de musique. Celte circonstance lui 
procura la connaissance de plusieurs familles 
distinguées, et lui fit prendre la résolution de 
rester à Gœttingue et de s'y livrer à l'ensei- 
gnement. Devenu habile pianiste, il a fait 
avec succès plusieurs voyages dans (juelques 
grandes villes de l'Allemagne en 1824, 1827, 
1829, 1832 et 1834. De retour à Gœttingue, il 
y a été nommé directeur de musique de la so- 
ciété de Sainte-Cécile, en 1838. On donne 
beaucoup d'éloges au brillant, à l'élégance et 
à l'expression de son jeu. Ses compositions lui 
ont fait aussi une réputation honorable. On a 
gravé jusqu'à ce jour environ soixante œuvres 
qui portent son nom, et parmi lesquels on re- 
marque des ouvertures, concertos, rondeaux, 
grandes variations avec orchestre, quintettes, 
quatuors, trios, duos, sonates, nocturnes, ainsi 
que quelques ballades et chansons. 

KULLAK (Théodore), pianiste et pro- 
fesseur de son instrument à Berlin, est né 
dans cette ville, en 1820. Il se livra d'abord 
à l'étude du droit; mais il l'abandonna pour 
cultiver en liberté la musique qui lui inspirait 
un penchant irrésistible. En peu d'années, il 
acquit un talent brillant d'exécution et obtint 
des succès à la cour et dans les salons. Re- 
cherché comme professeur de piano, il s'est 
voué à l'enseignement et a obtenu le litre de 
pianiste de la cour. On a de cet artiste des 
fantaisies, nocturnes, caprices pour le piano, 
beaucoup de pièces de salon et de ces sorles 
d'arrangements que, dans le langage du jour, 
on appelle Transcriptions et paraphrases. 

Un frère de l'artiste dont il s'agit, M. yi- 
dolphe Kullak, docteur en philosophie et pro- 
fesseur de musique, à Berlin, écrit, dans les 
journaux de musique de l'Allemagne, des 
articles de critique musicale. On a de lui un 
bon livre intitulé Aesthetikdes Clavierspiels 
(Esthétique du jeu du piano, c'est-à-dire : 
Théorie de l'art de jouer du piano), Berlin, 
J. Gutlenlag, 1801, 1 vol, in-S" de 370 pages.. 



136 



KUMLIK — KUMMER 



KUMLIK (Joseph), maître de chapelle et 
j)roresseur à l'école royale de musique de 
PresbOiIrg, est né à Vienne, le 10 août 1801. 
Les premières leçons lui furent données par 
son père, maître de musique en cette ville; 
plus tard, son éducation artistique fut con- 
tinuée par Jacques Kunnert, directeur du 
chœur à la cathédrale de Preshourg. Dans les 
années 1813 et 1814, il était employé au 
théâtre du baron de Czink, €n qualité de cho- 
riste, pour la partie de soprano, et il reçut 
alors quelques leçons de chant; ensuite il 
entra comme élève à l'école de Presboui'g, où 
il acquit beaucoup d'habileté sur le piano et 
le violon. Henri Klein était alors professeur 
de composition et de théorie musicale dans 
cette institution; Rumlik reçut de ses leçons 
et fit de si rapides progrès, qu'en peu de temps 
il fut en état de tenir quelquefois la place de 
son maître pour l'enseignement. En 1828, des 
affaires de famille l'ayant appelé à Vienne, il 
y passa plusieurs mois et employa ce temps à 
étudier l'art du chant et le contrepoint, sous 
la direction de Sechter. A son retour à Près- 
bourg, on l'adjoignit à Klein pour la direction 
supérieure de l'école de musique, et lorsque 
celui-ci mourut, en 1832, Kumiik reçut sa 
nomination définitive de directeur et de pro- 
fesseur. L'année suivante, la Société de mu- 
sique religieuse de Presbourg le choisit pour 
son maître de chapelle, et depuis lors son 
existence presque tout entière se partage entre 
ces deux institutions. Quoi(iu'il lui reste peu 
de temps disponible, il compose néanmoins et 
a déjà écrit une messe solennelle (en ré), plu- 
sieurs chorals pour le culte évangélique,. un 
Feni Sancle Spirilus à cinq voix, des lita- 
nies, un inalve Regitia, un Te Deum, plusieurs 
Tantum ergo à huit voix, différents morceaux 
de musique progressive pour le chant et le 
piano, et des chants à quatre voix d'hommes. 
On assure que ces ouvrages sont d'un ordre 
très -distingué. 

KLIMMEL (Jean-Vaientin), compositeur 
de musique instrumentale, paraît avoir vécu à 
Hambourg au commencement du dix-huitième 
siècle. Ou voit par le titre d'un de ses ou- 
vrages, publié en 1714, qu'il était mort à cette 
époque. Cet ouvrage a pour titre : Neuermu- 
sikalischer Porrath in Suiten fiir Hohoen 
und JJœrner (Nouvelle provision musicale 
consistant en suites pour hautbois et cors), 
Hambourg, 1714. 

KUMMEL (Bernahd-Chbistophe), né dans 
la seconde moitié du dix-huitième siècle, fut 
candidat en théologie, àMulhausen, depuis 1786 



jusqu'en 1706, puis recteur à Hedemtlnden, et, 
en 1801, prédicateur à Besenrode. Vers 1796, 
il se présenta au concours pour la place de 
cantor à Goettingue. L'exercice consistait en 
un morceau de musique d'église avec un cho- 
ral à quatre voix. Le directeur de musique 
Weimar fut chargé de prononcer «ntre les 
candidats; mais quoique son rapport eût été 
favorable à KUmmel, des considérations par- 
ticulières empêchèrent celui-ci d'obtenir la 
place. Ses compositions connues sont : 1» Poé- 
sies d'Isaac Maus, mises en musique avec ac- 
compagnement de piano, Leipsick (sans date), 
2" Six sonates progressives pour le clavecin. 
ibid., 1788. 3" Recueil pour le chant et l'in- 
strument, consistant en chansons et une ro- 
mance avec sept variations pour le piano, 
Cassel, 1799. 4» Heures de récréation musi- 
cale, 1" et 2<= cahiers, 1802. 

KUMMER (Gottkilf-Henri), né à Dresde 
le 25 janvier 1777, fut d'abord attaché à l'or- 
chestre de Leipsick en qualité de bassoniste, 
et, en 1801, entra dans la musique de la 
chambre de l'électeur , à Dresde. Homme 
habile sur son instrument, il a voyagé en 
Allemagne et a donné dans plusieurs grandes 
villes des concerts où il a fait applaudir son 
talent. Cet artiste jouait aussi du violon ef 
possédait un talent agréable sur cet instru- 
ment. Parmi ses compositions publiées, on 
remarque : 1° Concertos pour basson et or- 
chestre, n" 1 , op. 7 ; n» 2, op. 10 ; n» 3, op. 1 1 
(facile); n» 4, op. 16; n» 5, op. 24; n" 6, 
o]). 2o; n" 7 (concertino), op. 27; tous gravés 
à Leipsick, chez Breilkopf et Hsertel. 2° Airs 
variés pour basson et orchestre, op. 6, 8, 14, 
15, ibid. 3" Trios pour trois bassons, op. 12, 
1Ô; Leipsick, Peters, Breitkopf et Hœrtel. 
4" Concerto facile pour violon, avec orchestre 
ou quatuor, op. 20; Leipsick, Hoffmeister. 
5° Duos pour deux bassons, op. 1,2, 5, Leip- 
sick et Dresde. Kummer est mort à Dresde, 
dans les premiers jours d'avril 1860, à l'âge 
de quatre-vingt-trois ans. 

RUMMER (Frédéric-Auccste), violon- 
celliste, né à Meinlingen, le 5 août 1797, n'est 
|)as le frère du précédent, comme l'a cru 
l'auteur de l'article inséré dans le Lexique 
universel de musique publié par Schilling, 
et n'a même aucun lien de parenté avec lui. 
Son père, nommé comme lui Frédéric-Au- 
guste, fut d'abord hautboïste à Meinungen, 
puis entra au service de la cour de Dresde, et 
mourut dans cette ville. Après avoir appris 
les éléments de la musique dans sa ville natale 
et avoir commencé l'élude du violoncelle sous 



KLIMMER - KUNG 



137 



un maître obscur, il a reçu quelques leçons de 
Romberg qui est devenu son modèle, et qu'il 
s'est efforcé d'imiter dans le travail constant 
qu'il a fait ensuite seul. Admis dans la cha- 
pelle du roi de Saxe en 1822, il en fut, pendant 
trente ans, le premier violoncelliste. Il tirait 
un beau son de l'instrument, et sa manière de 
phraser avait de la largeur; mais son archet 
manquait de souplesse et de variété. Son 
talent se distinguait particulièrement par la 
dextérité de la main gauche et par une con- 
naissance approfondie de toutes les positions 
sur le manche. Rummer fit quelques voyages 
en Allemagne et en Danemark. Dans les 
années 1850, 1832, 1834 et 1857, il joua aux 
concerts de Leipsick. En 1834, il était à Co- 
penhague; dans l'année suivante, il visita 
Rudolstadt et Vienne, et joua à la cour de 
AVeimar, en 1836. En 1849, je le vis à l'or- 
chestre de la ehapelle de Dresde. Les compo- 
sitions connues de cet artiste sont : 1" Con- 
certo pour violoncelle (en fa), op. 18; Leip- 
sick, Breitkopf et Ilsertel. 20 Concertino idem, 
avec orchestre et quatuor, op. 16, ibid. 5° Di- 
vertissement pour violoncelle et orchestre, 
op. 2, ibid. 4" Pot-pourri idem, op. 3, ibid. 
5" Adagio et variations brillantes, avec or- 
chestre ou piano (en la)\ Hanovre, Nagel. 
6" Divertissement sur des thèmes de la Muette 
de Portici, avec quatuor ou piano, op. 9, 
ibid. 7° Airs russes variés pour violoncelle et 
piano, op. 7; Leipsick, Breitkopf et Ilaertel. 
8» Amusements pour violoncelle et piano, 
op. 14; Ofîenbach, André. 

Charles Kummer, frère aîné de Frédéric- 
Auguste, fut un hautboïste distingué, et suc- 
céda à son père en cette qualité, dans la cha- 
pelle royale de Dresde. Il était né à MeinUngen 
en 1795. 

KUMMER (Gaspard), flûtiste allemand et 
compositeur laborieux, né le 10 décembre 
1795, à Erlau, près de Schleusingen, apprit à 
jouer de son instrument chez Neumeister, 
musicien de cette ville, et reçut des leçons de 
composition d'un cantor nommé Stàps. En 
1835, il entra comme flûtiste dans la chapelle 
de Cobourg; quelques années après, il y a 
obtenu la position de directeur de musique. 
Parmi ses compositions, lesquelles sont au 
nombre de cent trente oeuvres, on remarque : 
1" Polonaise facile pour deux flûtes principales 
et orchestre, op. 17; Offenbach, André. 2" In- 
troduction et allegro pour flûte et orchestre, 
op. 61 ; Bonn, Simrock. o" Introduction et 
rondeau idem, op. 73; Leipsick, Breitkopf et 
llsertel. 4" Concertos pour flùle, op. 2 (en mi 



mineur), 7 (en re), 35 (en ré) ; Bonn, Simrock; 
Offenbach, André. 5» Quintette pour flttle, 
violon, deux altos et basse, op. 66; Leipsick, 
Breitkopf et Heertel. 6» Introduction et varia- 
tions avec quatuor, op. 4,6, 48; Mayence, 
Offenbach, Leipsick. 7» Quatuors brillants 
pour flûte, violon, alto et basse; op. 10, 57, 
54 ; Leipsick, Peters ; Bonn, Simrock. 8" Trios 
pour trois flûtes, op. 24, 30, 52, 53, 58, 65, 
72, 77; Offenbach, Bonn, Leipsick. 9° Trio 
pour flûte, violon et basse, Offenbach, André. 
10» Duos pour deux flûtes, op. 3, 9, 14, 20, 
25, 50,69; Augsbourg, Mayence, Leipsick, 
Offenbach, Bonn, Brunswick. 11° Beaucoup 
de divertissements, de pots-pourris, de varia- 
tions, etc., sur des motifs d'opéras nouveaux, 
pour flûte seule, ou deux flûtes, ou flûte el 
piano, ou flûte et guitare. 

KUMPF (François-Antoine), musicien de 
la cour de Bavière, dans la première moitié du 
dix-huitième siècle, fut nommé maître de cha- 
pelle à Alternœtting, en 1754. En 1727, il 
avait composé, pour le Collège des jésuites de 
Munich, un drame religieux intitulé : y^loïs 
Gonzaga. Cet ouvrage fut représenté dans la 
même année et applaudi. 

KIJIXC (Alois-Martin) est né le l" jan- 
vier 1832 à Cintegabelle, chef-lieu de canton 
du déi)artement de la Haute-Garonne. Son 
père, ayant remarqué ses heureuses disposi- 
tions pour la musique, le plaça comme enfant 
de chœur, dès l'âge de huit ans, à la métropole 
Saint-Étienne de Toulouse. Il y commença ses 
études littéraires et musicales, dans lesquelles 
il fit de rapides progrès. M. Hazard, maître de 
chapelle de cette cathédrale, lui donna les 
premières leçcns de piano, et M. Leybach, 
organiste de la même église, lui fit continuer 
l'élude de cet instrument. A quatorze ans, il 
sortit de la maîtrise, déjà bon musicien, et 
entra au séminaire de l'Esquile pour y ter- 
miner ses humanités, mais sans négliger !a 
musique. L'orgue et la composition furent 
particulièrement les objets de ses études 
sous la direction de M. llommey, alors orga- 
niste de ce séminaire, et l'un des professeurs 
les plus distingués du Conservatoire de Tou- 
louse. Au mois d'avril 1849, M. Runc, ayant 
été reçu bachelier es lettres, fut nommé pro- 
fesseur dans ce même séminaire où il venait 
de terminer ses études. Déjà à celte époque, 
quelques-unes de ses compositions avaient reçu 
un accueil favorable des meilleurs artistes du 
pays. En 1850, le jour de Pâques, un Ave 
verum, pour voix de basse et orgue, dont il 
est auteur, fut exécuté à la calhédralc du 



138 



KUNC — KUNKEL 



Toulouse, et dans la même année, il fit 
entendre dans la même église sa première 
messe à trois parties vocales et orgue, pour 
laquelle il reçut les félicitations des connais- 
seurs. 

Au mois de novembre 1852, M. Kunc quitta 
le petit séminaire de l'Esquile pour aller 
remplir les fonctions d'organiste à Notre-Dame 
de Lombez, ancien évéché, maintenant en- 
clavé dans le diocèse d'Auch. Là, pendant 
cinq ans, il se livra avec ardeur à des études 
spéciales sur le plain-chant et la musique 
religieuse. Son premier œuvre gravé, consis- 
tant en un recueil de quinze motets, parut en 
1854. Il en a été fait depuis lors une deuxième 
édition. Au milieu de ses succès d'artiste, un 
malheur vint le frapper : le 25 octobre 1855, 
il s'était allié à l'une des familles les plus 
honorables de Lombez; deux mois après, une 
fièvre typhoïde lui enleva sa jeune épouse. Au 
mois de juillet 1857, M. Kunc fut appelé à 
Auch comme maître de chapelle de la cathé- 
drale, et fut chargé de l'enseignement du 
chant religieux, tant dans la métropole que 
dans les deux séminaires. Dès ce moment, il 
se consacra tout entier à l'œuvre qui lui était 
confiée; ses travaux didactiques, relatifs au 
plain-chant, ne tardèrent pas à le faire con- 
naître et lui assurèrent une honorable réputa- 
tion. Des témoignages d'estime lui furent 
donnés à ce sujet lorsqu'il se rendit à Paris 
au mois de novembre 1860, pour assister au 
congrès organisé par M. d'Ortigue pour par- 
venir à la restauration du plain-chant et de la 
musique religieuse, ainsi que dans un autre 
voyage qu'il a fait à Rome au mois de juillet 
1861. Pendant son séjour dans la capilale du 
monde chrétien, M. Kunc reçut sa nomina- 
tion de membre des académies de Salnle- 
Cécile et des Quiriles. Les principales œuvres 
imprimées de cet artiste sont celles-ci : 1° Le 
Plain-Chant liturgique dans l'archidiocèse 
d'Juch, Auch, 1858, in-S". 2» Mémoire sur 
le nouveau chant liturgique de Toulouse^ 
ibid., octobre 1860, in»8''. Z" Essai sur le 
rhythme qui convient auplain-ckant, ibid., 
novembre 1860, in-8". Ce morceau a été lu 
au congrès de Paris. 4» Le Plain-Chant 
romain et le nouveau chant liturgique de 
Toulouse, ibid., 1861, in-8'\ 5" Quinze motets 
pour les fêtes de N. S. et de la sainte Fierge, 
2« édition. 6» Ttente-deux nouveaux canti- 
ques à la sainte Fierge, deux éditions en 
1859 et 1861. 7" Messe à trois voix et orgue 
dédiée à N. A. P. le pape, ibid., 1861. Beau- 
coup de morceaux d'orgue dans VJlbum, et le 



Journal d'un organiste catholique publiés 
par M. Grosjean, organiste de Saint-Dié 
(Vosges). M. Kunc s'occupe en ce moment 
(1862) d'un ouvrage considérable dont l'objet 
est V accompagnement d'orgue des livres de 
chant romain de la commission ecclésiasti- 
que de Digne (Basses-Alpes). La musique de 
pinno du même artiste a été publiée à Paris, 
chez Brandus etDufour; elle consiste en fan- 
laisies, chants sans paroles, etc., sous les 
titres suivants : op. 1, Heureux échange; 
op. 4, Soyez heureux-^ op. 6, Procession au 
village; op. 7, Isolement ; op. 8, C'était un 
rdre;op. 9, Mystère; op. 10, la Chasse aux 
flambeaux; op. 12, Fantaisie sur le Pardon 
de Ploermel; op. 15, Rêve perdu, élégie j etc. 
Quelques mélodies pour le chant. 

liiJINDIIVGEU (Guillaume), cantor et di- 
recteur de musique à l'église du Saint-Esprit 
de Nuremberg, est né, en 1800, à Rœnigs- 
hofen, près d'Anspach. Son père, cantor et 
organiste de ce bourg, qui se fixa plus tard 
à Nuremberg, lui enseigna les principes de la 
musique. Rtlndinger passa ensuite sous la di- 
rection du musicien de ville Zœsinger pour 
la continuation de ses études musicales. En 
1819, le consistoire d'Anspach le nomma can- 
tor et directeur de musique à Windheim. 11 
profita de la proximité de ce lieu à WUrzbourg 
pour achever son instruction dans la composi- 
tion chez Frœhlich (voyez ce nom). En 1831, 
la place de directeur de musique de l'église 
principale de Nordlingue lui fut donnée. C'est 
dans cette position qu'il a écrit des cantates 
religieuses pour toutes les fêtes de l'année, et 
qu'il s'est occupé de l'amélioration du chant 
choral dans les écoles et dans les églises de ce 
district. Rappelé à Nuremberg, en 1837, peur 
occuper une position semblable à l'église du 
Saint-Esprit, ii y était encore douzeansaprès, 
lorsque j'ai visité celte ville. La plus grande 
partie des compositions de cet artiste est restée 
en manuscrit. Il a publié quelques œuvres pour 
le piano, des chants pour des chceurs 
d'homme, et une cantate pour le vendredi 
saint {Charfreytags-cantate) à quatre voix 
et orchestre, op. ôO, en partition, à Nurem- 
berg, chez Endter. 

KUIMi-EL (Fraisçois-Josei*ii) , directeur 
de musique à Bensheim, dans le grand-duché 
de Hesse-Darmstadt, est né le 20 août 1804, à 
Diebourg, petite ville de la même principauté, 
où son père, amateur passionné de musique, 
était boulanger. Dès son enfance, Kunkel re- 
çut une éducation musicale et apprit à jouer de 
la flùlc, du violon, du piano et de l'orgue. 



KUNKEL - KUNTZ 



439 



A l'âge de dix-huit ans, Il entra an Séminaire 
de Bensheim dont il suivit les cours pendant 
deux ans, et aux instruments qu'il^ouait avant 
d'y entrer, il ajouta le hautbois, le violoncelle, 
la clarinette et le cor. C'est dans cette même 
école qu'il fit ses premiers essais de composi- 
tion. A l'âge de vingt ans, il obtint une place 
d'instituteur à Heppenheim, dans le Berg- 
slrass. Il resta quatre ans dans ce lieu, et 
pendant ce temps, il fit quelques voyages à 
Uarmstadt pour recevoir les conseils de Rink 
{voyez ce nom), sur ses compositions. En 
1828, le rectorat de l'école bourgeoise de Bens- 
heim lui fut donné, et il reçut, en 1834, sa 
nomination de professeur de chant au Gym- 
nase (Collège), à laquelle il ajouta plus tard le 
titre de directeur de musique. Après trente 
années de service dans l'enseignement , 
Kunkel demanda sa retraite; il l'obtint en 
1854 avec la pension, et depuis lors il s'est 
fixé à Francfort -sur-le-Mein, cultivant encore 
l'art et fournissant des articles de critique aux 
journaux de musique et de littérature. Parmi 
les compositions de cet artiste, on remarque : 
1" Der Tod Jesu (la Mort de Jésus), cantate à 
quatre voix et orgue, en partition, op. 4; 
Manheim, Ileckel. 2» Le psaume loO, à 
quatre voix et orgue, en partition, op. 5; 
Spire, Lang. o" Le motet Gott seiuns gnstdig 
(Dieu nous soit favorable), pour quatre voix 
d'hommes avec accoinpagnement d'orgue ad 
libitum, op. 9 ; Mayence, Schott. 4» Messe al- 
lemande pour quatre voix d'hommes, op. 17; 
Giessen, Ferber. 5" Trois cantiques à trois 
voix d'enfants pour la première communion, 
011. 19, ibid. C" Katholisches Choralbuch fiir 
die Mainzer Diocesevierstimmig , mit ziveck- 
mxssigen Eingangs-, Zwischen- undNach- 
spielen, etc. (Livre choral catholique pour le 
diocèse de Mayence à quatre voix, avec de 
courts préludes, versets et conclusions pour 
l'orgue), Mayence, Schott. 7" Huit poëmes mis 
en musique pour quatre voix d'hommes, op. 6; 
Darmstadt, Pabst. 8» Lieder avec accompa- 
gnement de piano. 9» Neuf pièces d'orgue 
pour les fêtes solennelles, op. ô; Manheim, 
Heckel. 10" Douze préludes de chorals pour 
l'orgue, op. 7; Mayence, Schott. 11° Six pièces 
de conclusions fuguées, idem, op. 8; Spire, 
Lang. 12" Douze petites fugues à l'usage du 
service divin, op. 12; Mayence, Schott. On a 
aussi de Kunkel un petit traité élémentaire de 
musique intitulé : Kleine Musiklehre, Darm- 
stadt, Jonghaus,in-8", et une brochure dirigée 
contre Schindler, à l'occasion de son dénigre- 
ment du Conservatoire de musique de Paris, 



dans l'écrit intitulé : Die Ferurthcilung dcr 
Conservatorien (la Condamnation du Conser- 
vatoire). 

KUI\LII\ (François), maître de chapelle 
de l'Association suisse pour le chant, a pu- 
blié un opuscule iniiluU : Miisikalische u^nec- 
doten, fUr Liebhàher und Tonkiinstler ge- 
sammelt (Anecdotes musicales recueillies 
pour les amateurs et les artistes), Saint-Gall. 
Weglin et Rœtzer, 1825, in-8" de cent dix- 
huit pages. 

KUIXSTMANN (Jean-Gotifried), négo- 
ciant à Chemnitz, au commencement du dix- 
neuvième siècle, était un pianiste distingué. 
Il a fait exécuter à Leipsick une symphonie à 
grand orchestre qui a été applaudie. On a 
gravé de sa composition : Six quadrilles pour 
deux violons, flûte, petite flûte, clarinette, 
deux cors, basson, trombone et basse; Leip- 
sick, Breitkopf et Haertel, el des chants pour 
un choeur d'hommes avec des solos, et un ac- 
compagnement de piano ad libitum, Leipsick, 
Klemm, en deux suites. La dernière produc- 
tion de M. Kunstmann, laquelle consiste en 
Chants nocturnes à quatre voix d'hommes, a 
été publiée chez les mêmes éditeurs, en 1844. 

KUINTE (F.-S.), excellent violoniste, né en 
Bohême, fut au service du comte Buquois, à 
Prague, depuis 1750 jusqu'en 1770. Après 
celle époque, il se fit instituteur. Il a composé 
pour le violon plusieurs concertos qui ont été 
estimés en Bohême, mais qui sont restés en 
manuscrit. 

KUI\TZ (Thomas-Antoine), pianiste et 
compositeur, né à Prague en 1759, s'est fait 
connaître avantageusement par un opéra de 
Pygmalion, qu'il a composé à l'âge de vingt 
et un ans, et dont la partition, réduite pour le 
piano, a été publiée à Prague, en 1781, chez 
Walther. On a aussi gravé de sa composition ; 
1" Vingt-quatre chansons allemandes avec ac- 
compagnement de piano; Leipsick, 1799, 
Breitkopf et Haertel. 2" Chansons idem; 
Prague, 1807, Ernest Schadl, in-fol. Mais c'est 
surtout pour l'invention d'une sorte de piano 
organisé, appelé Orchestrion, que cet artiste 
a fixé sur lui l'attention publique. Cet instru- 
ment, qui avait la forme d'un piano organisé, 
mais dont la caisse était beaucoup plus 
élevée, renfermait un orchestre complet. On 
y trouvait deux claviers à la main et un cla- 
vier de pédales. Le premier clavier était des- 
tiné à jouer le mécanisme d'un piano ordinaire 
et qui attaquait des cordes de métal ; mais ce 
même clavier pouvait également faire vibrer 
des cordes de boyau , par un archet mécani- 



140 



KUNTZ - KUNZEN 



que mis en mouvement au moyen d'une ma- 
nivelle. L'auteur appelait ce jeu particulier du 
premier c\a\ier Lautenzug . Le second clavier, 
ainsi que celui de la pédale, étaient destinés à 
l'orgue, qui renfermait quinze registres de 
huit pieds bouchés sonnant le seize pieds, de 
huit pieds ouverts, de quatre et de deux pieds, 
lesquels faisaient entendre des jeux de flùle, 
de clarinette, de hautbois, de basson et de cor. 
Les différents jeux des deux claviers pouvaient 
être réunis par un accouplement. De plus, ces 
jeux avaient le crescendo et le diminuendo, 
Kunz a inventé cetinstrumentenl791,elen a 
donné la description dans la Gazette musicale 
de Leipsick (tom. 1, p. 88 et suiv.). Après 
avoir vendu son premier Orchestrion, il en a 
fait un deuxième beaucoup plus parfait, qu'il 
a commencé en 1 796 et achevé deux ans après. 
II jouait de cet instrument difficile avec beau- 
coup de succès. Il a fait aussi un piano-viole, 
d'après un système particulier, dont Meusel a 
donné une courte description dans son Dic- 
tionnaire des artistes (t. 1, p. 583). Kunz 
vivait encore à Prague en 1830j aucun autre 
renseignement n'a été fourni postérieurement 
sur sa personne par les biographes alle- 
mands. 

RUISTZEL (Ladreîst), luthier à Breslau, 
est né à Ilofen (Bavière), en 1790. D'abord 
ouvrier menuisier, il travailla dans plusieurs 
ateliers des diverses parties de l'Allemagne, 
puis il abandonna cette profession pour 
s'exercer dans la facture des instruments à 
cordes. Obligé de servir dans les chasseurs 
bavarois en 1813, il fit les campagnes d'Alle- 
magne et de France. Après la conclusion de 
la paix, en 1815, il obtint son congé, et s'éta- 
blit à Breslau. Il travailla d'abord chez le 
facteur d'instruments Fichtel, et après plu- 
sieurs années d'études et de pratique, il se 
livra exclusivement à la fabrication des instru- 
ments à cordes. On a de lui de bonnes imita- 
tions des violons et basses de Crémone que 
Paganini, Ole-Bull et Ernst ont approuvées 
dans des lettres flatteuses adressées à cet ar- 
tiste. Kuntzel travaillait encore à Breslau, en 
1850. 

KUIXZ (Conrad-Maximilien) , né en Ba- 
vière, vers 1817, a fait ses études musicales à 
Augsbourg, puis s'est fixé à Munich comme 
professeur de piano. Devenu directeur d'une 
société de chant, il a dirigé la fête vocale de 
Ralisbonne en 1847. On a de cet artiste : 
1» Méthode pratique de piano {Praktische 
Pianoforte-Schule), op. 2, dont il a été fait 
neuf éditions j Munich, Finsterlin. 2» Licdcr 



à voix seule avec accompagnement de piano, 
op. 5 ; Munich, Aibl. 3° Trois chants à quatre 
voix d'hommes, op. 4, ibid. 4» Six idem^ 
op. 5j Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 5" Mé- 
lodie chorale de Schickt, pour les services 
funèbres, à quatre voix d'hommes, avec ac- 
compagnement de quatre trombones ; Munich, 
Aibl. 6" Hymne (an Herthà) pour un choeur 
d'hommes, op. 7, ibid. 7» Trois chants pour 
quatre voix d'hommes, op. 8; Leipsick, Breit- 
kopf et Hœrtel, 1847. 

/. Kunz, directeur de la société de chant 
(Liedertafel) à Freisingen, en 1844, a publié 
aussi des chants pour voix d'hommes, qu'il ne 
faut pas confondre avec ceux de Conrad- 
Maximilien. 

KUIN'ZE (Charles-Henri), professeur de 
musique et compositeur, vivait à Heilbronn 
vers la fin du dix-huitième siècle et au com- 
mencement du dix-neuvième. On connaît sous 
son nom : 1» Concerto pour la flûte, op. 5; 
Augsbourg, Gombart. 2" Six variations sur un 
air allemand idem, avec accompagnement de 
quatuor, ibid. 3» Trois quatuors pour flûte, 
violon, alto et basse, op. 4, ibid. 4» Trois 
quatuors pour cor, op. 1 ; Offenbach, André. 
5" Trios pour trois cors, 1" et 2« livres ; Heil- 
bronn. 6* Chansons allemandes avec accom- 
pagnement de guitare. 

KUINZEN (Jean-Paul), architecte et or- 
ganiste à Lubeck, naquit à Leisnig, en Saxe, 
le 30 août 1696. Après avoir appris les élé- 
ments de la musique en ce lieu, il alla conti- 
nuer ses études à Torgau, à l'âge de neuf ans, 
puis à Freyberg. En 1716, il se rendit à Leip- 
sick pour y trouver de l'emploi comme musi- 
cien, et ne possédant qu'un seul florin dans 
sa poche : son mérite l'eut bientôt tiré d'em- 
barras, car il ne tarda pas être admis dans 
l'orchestre de l'Opéra, comme premier violon. 
En 1719, il établit à Wittenberg un concert 
public qui fut fréquenté par tous les amateurs 
de cette ville. Ce fut aussi dans cette ville 
qu'il se maria. Quelques années après, il alla 
à Dresde, où il se lia d'amitié avec Schmidt, 
Heinichenet Volumier, et il perfectionna son 
goût et ses connaissances sous la direction de 
ces artistes et de Ruhnau. Ils lui procurèrent 
l'occasion de faire entendre ses compositions 
pour l'église, et le succès de ces ouvrages lui 
fit offrir une place de maître de chapelle de 
rélectrice; mais il préféra se rendre à Ham- 
bourg en 1723. Il y eut l'emploi de composi- 
teur au théâtre, y ajouta des récitatifs â plu- 
sieurs opéras de Keiser et de Hœndel, puis 
il composa C'admus et un divertissement inli- 



KUNZEN 



141 



tulé : Critique du théâtre de Hambourg. Il 
parait qu'il avait peu de talent pour la musi- 
que <lramatique. En 17Ô2, il fut appelé à Lu- 
beck, en qualité d'organiste, et il continua de 
résider en cette ville jusqu'à sa mort, arrivée 
en 1770. Il avait été nommé membre de la 
Société musicale de Mizler en 1747. Toute la 
musique de Runzen est maintenant oubliée, et 
l'on ne cite plus que son oratorio de la Pas- 
sion. Mattheson, qui a publié une notice sur 
ce musicien, le considérait comme un des 
meilleurs organistes de son temps. Je possùde 
le manuscrit autographe d'un traité de l'har- 
monie dont ce musicien est auteur : il a pour 
titre .• Jnfangsgriinde des Generalbasses 
(Principes élémentaires de la basse continue). 
Douze feuilles in-4°. 

RU]>'ZEI\ (Charles-Adolphe), fils du pré- 
cédent, naquit à Wilieuberg, le 22 septem- 
bre 1720. Dès l'âge de huit ans, il jouait du 
clavecin de manière à exciter l'étonnement 
de ceux qui l'entendaient. Il fit alors un 
voyage en Hollande et en Angleterre avec son 
père, et partout il produisit une vive sensa- 
tion. Le docteur Pepusch, qui l'entendit à 
Londres, le considérait comme un prodige. 
Après l'année 1730, qui suivit son retour à 
Hambourg, on le perd de vue jusqu'en 1750, 
époque où il obtint la place de maître de cha- 
pelle à Schwerin. Sept ans après, il se rendit à 
Lubeck pour remplacer son père, qui avait dû 
cesser ses fonctions, à cause de sa mauvaise 
santé. Après une atteinte d'apoplexie qui le 
frappa en 1772, une de ses mains demeura 
paralysée, et l'on fut obligé de lui adjoindre 
son élève Roenigslow. II mourut en 1781, lais- 
sant la réputation d'un savant musicien et 
d'un habile organiste. On n'a gravé de sa 
composition que douze sonates de clavecin, 
qui ont paru à Londres. Tous ses autres ou- 
vrages sont restés en manuscrit; ils consis- 
tent en plusieurs symphonies, vingt et un con- 
certos pour violon, huit concertos pour flûte, 
six idem pour hautbois, beaucoup de duos 
j)our deux violons et douze sonates pour le 
clavecin. Parmi diverses grandes compositions 
de musique vocale, on remarque un oratorio 
de la Passion, un autre intitulé Die Gœtlliche 
Berufung des Glaubens Abrahams (l'Appel 
de Dieu à la foi d'.\braham), des cantates et 
des sérénades pour des occasions particulières. 
La bibliothèque du conservatoire royal de 
Bruxelles possède aujourd'hui les manuscrits 
originaux de la plupart de ces ouvrages. 

KUIXZEN (Frti)tr.ic-Louis- Emile), fils de 
Charles- Adolphe, né à Lubeck, en 17G1, a été 



considéré comme un musicien distingué par 
ses contemporains. Après avoir fait sous la 
direction de son père ses études musicales, il 
vécut d'abord à Hambourg comme professeur 
de musique, y reçut des leçons d'harmonie et 
de composition de Naumann, et y publia ses 
premières productions ; puis, en 1784, il alla 
continuer ses études littéraires à l'université 
de Kiel. Là il se lia d'amitié avec Cramer, ré- 
dacteur de l'écrit périodique intitulé Magasin 
de musique, dont les idées originales n'ont 
peut-être pas été sans influence sur la direc- 
tion de ses travaux. Quoiqu'il fùtun très-habile 
pianiste et un grand lecteur de musique, il ne 
put d'abord obtenir une place de simple ac- 
compagnateur de la chapelle royale de Copen- 
hague, où il s'était rendu après avoir quitté 
l'université de Kiel; mais au lieu d'être dé- 
couragé par sa mauvaise fortune, il profita 
de ses loisirs pour étendre ses connaissances 
théoriques et pratiques. Son premier essai de 
musique dramatique fut l'opéra intitulé Hol- 
ger le Danois. Cet ouvrage fut représenté à 
Copenhague en 1790, sous la direction de 
Schulz, et il obtint un brillant succès. On y 
remarquait déjà ce sentiment juste de l'elTel 
scénique qui est un don de la nature, et qu*au- 
cune autre qualité ne peut remplacer. Cepen- 
dant, fatigué de la situation précaire où il se 
trouvait dans la capitale du Danemark, et n'y 
apercevant point de chances favorables pour 
son avenir, il résolut d'aller chercher fortune 
ailleurs. D'après le conseil de SchUlz, il se 
rendit à Berlin, où Reichardt l'accueillit avec 
bienveillance, et n'épargna rien pour lui 
rendre profitable le séjour de cette ville. 
Kunzeu y écrivit la musique d'une petite pièce 
qui ne réussit pas; mais il fut bientôt consolé 
de cet échec par sa nomination de directeur de 
musique au théâtre de Francfort. Cette place 
lui fournit l'occasion de se familiariser avec 
les œuvres de Mozart, et d'en étudier l'esprit 
et la facture. Les opéras de cet homme célèbre 
devinrent dès lors ses modèles. A Francfort, 
il avait épousé une cantatrice du théâtre, 
nommée Zuccherini. Cette femme ayant ob- 
tenu un engagement à Prague, Kunzen la 
suivit dans cette ville et y prit aussi la direc- 
tion de la musique. Ce fut là qu'il fit repré- 
senter son Winzerfest (la Fête des vendan- 
geurs), dont la réussite fut complète. Vers le 
même temps, Schulz ayant demandé sa re- 
traite de la direction de la musique du théâtre 
de Copenhague, le roi lui laissa le soin de dé- 
signer son successeur, et il indiqua Kunzen, 
qui fut mis en effet en possession de la place, 



14-2 



KUNZEN - KUPSCH 



€t qui justifia, par le talent qu'il y déploya, 
la confiance qu'on avait eue en lui. Il entra 
en fonctions dans l'été de 1793, et conserva 
la même situation pendant les vingt-deux der- 
nières années de sa vie. Satisfait de ses ser- 
vices, le roi le décora de l'ordre de Danebrog. 
Kunzen mourut à Copenhague le 28 janvier 
18iy, à rage de cinquante-six ans. 

Cet artiste a écrit pour le théâtre : 1° IIol- 
ger Danske (Holger le Danois) ou Ohéron, 
opéra danois en trois actes, en 1790 ; partition 
réduite pour le piano, avec une traduction 
allemande par C.-F. Cramer, Copenhague, 
Sœnnischsen,1790, in-4''obl. 2»Zes Vendan- 
geurs, opéra en trois actes, à Prague, 1793, 
gravé pour piano en 1798. 3» Hemmeligheden 
(le Secret), à Copenhague, 1796. 4» Drage- 
duckken, opéra danois, 1797. 5» Joheyen, 
idem, 1797. C Fric Ejegad, grand opéra 
danois, 1798. 7« Naturens Rœst, (la Voix de 
la nature), opéra danois, 1799. S" La Harpe 
d'Ossî'an, opéra allemand en trois actes, 1799. 
9" Le Retour dans les foyers, opéra danois, à 
Copenhague, en 1802. 10» Le Conquérant et 
le Prince ami de la paix, cantate théâtrale, 
en 1802. 

Les autres ouvrages de musique vocale com- 
posés par Kunzen sont : 1 1° Chœurs et chants 
l)our Hermann et les princes, de Klopstock. 
12" La Résurrection, oratorio danois, de 
Thomas Thaarup. 13° Autre oratorio danois 
dont le titre est inconnu. 14" Jlkluia de la 
Création de Baggesen^ en danois, imprimé 
en partition à Copenhague et à Hambourg. 
15° Hymne à Dieu, poésie de Schmidt de 
Phiseldeck, publiée pour le piano à Zurich, 
chez Naegeli. 16» Cantate funèbre sur la mort 
(i.u maître de chapelle Schtllz, exécutée en 1800 
à Copenhague, au concert pour les veuves de 
musiciens. 17" Cantate pour la solennité du 
nouveau siècle, exécutée à l'église de la cour, 
en 1801. 18" Chansons religieuses, tirées des 
poésies de Cramer, avec accompagnement de 
piano, publiées en 1785 par Cramer, comme 
4* partie de sa Pohjmnie, à Leipsick, chez 
Breitkopf et Hœrtel. Cramera donné l'analyse 
de ces mélodies dans la .deuxième année de 
son Magasin musical (pag. 503-534). Parmi 
les compositions instrumentales du même 
artiste, on remarque : 19" Ouverture à grand 
orchestre (en ut), n° 1, Zurich, llug. 20" Idem 
(en ré), n» 2 ibid. 21° /de»isurle thème de 
l'ouverture de la Flûte enchantée, de Mozart, 
n° 3, Leipsick, Peters. 22» Six sonates pour 
piano, Berlin, 1792. 23» Fantaisie et varia- 
lions sur l'air allemand : Ohne Lieb und ohnc 



TFein (Sans amour et sans vin), exécutée par 
l'auteur avec un brillant succès dans un con- 
cert donné à Berlin en 1791 . 

KUPPLEU (Jean-Georges), facteur d'in- 
struments, neveu et élève du célèbre S tein, s'est 
établi à Nurembergen 1789, aprèsavoirachevé 
son apprentissage à Augsbourg. Quoiqu'il ne 
soit pas considéré comme un des meilleurs fac- 
teursde son temps en Allemagne, il s'est néan- 
moins fait remarquer par l'invention de pianos 
à deux tables d'harmonie. Il construisait aussi 
de bons harmonicas. Les pianos à deux tables 
d'harmonie ont été reproduits à l'exposition 
universelle de Paris, en 1833, par le facteur 
Lichtenthal, de Pétersbourg, comme une in- 
vention nouvelle. 

KUPSCH (Charles-Gustave), né le 24 fé- 
vrier 1807, à Berlin, où son père était direc- 
teur d'une école, fut destiné dans sa jeunesse à 
l'élude de la théologie et à la prédication ; 
mais un penchant irrésistible pour la culture 
de la musique le détourna de celte carrière. 
Louis Berger fut son maître de piano ; Benelli 
lui enseigna le chant ; Edouard Bietz, le violon ; 
il reçut des leçons d'orgue de Guillaume Bach 
et il apprit la composition chez Zelter et chez 
Bernard Klein. A l'âge de dix-huit ans, il ob- 
tint les places de cantor et d'organiste de 
l'église de la Sprée à Berlin et se livra à l'en- 
seignement d'après le système de Logier. Ses 
premières compositions fuient écrites pour 
l'église. En 1828, il écrivit la musique d'un 
ballet. En 1831, il abandonna ses places de 
cantor et d'organiste pour aller à Leipsick: il 
y dirigea les concerts de la Société d'harmonie, 
et écrivit la musique d'une pantomime inti- 
tulée ; der Zauberkessel (le Chaudron magi- 
que). Peu de temps après, il accepta la place de 
premier chef d'orcheslie du théâtre de Lubeek. 
En 1838, il quitta encore cette position et se 
rendit à Rotterdam, où il fut nommé profes- 
seur et directeur de l'Académie royale de 
chant, et chef d'orchestre de la société Eru- 
dilio-Musica. Il y obtint aussi le titre de 
membre honoraire de la Société néerlandaise 
pour l'encouragament de la musique, en 
1839. On ignore les motifs qui lui firent quit- 
ter une situation si honorable, mais on le 
trouve, en 1844, à Fribourg, où il remplissait 
les fonctions de directeur de musique. Deux 
ans apiès, il enseignait le chant à Berlin, et, 
dans la même année 1846, il avait déjà 
changé de position et dirigeait une société de 
chœur d'hommes à Nuremberg. On le perd de 
vue après celte époque. Environ vingt œuvres 
de Lieder, de danses et de chants pour des 



KUPSCII - KURPINSKI 



143 



voix d'hommes ont été publiées sous le nom 
de ce musicien. 

RURPIIXSKI (Chaiiles), compositeur po- 
lonais, jouit de beaucoup de célébrité parmi 
ses compatriotes. Fils de Martin Kurpinski, 
organiste à l'église de Wloszakowice, village 
du grand-duché de Posen, il naquit dans ce 
lieu en 1785. Son père le destinait à lui suc- 
céder et lui faisait étudier l'orgue et le plain- 
chant; mais l'arrivée de deux frères de sa 
mère, nommés Roch et Jean Wanski, tous 
deux musiciens de profession, attachés au ser- 
vice du staroste Félix Polanowski, fit changer 
les résolutions de la famille Kurpinski et tira 
de son village le futur compositeur. Il jouait 
quelque peu de violon ; c'en fut assez pour que 
l'oncle Roch Wanski l'emmenât en Galicie et 
le fit entrer dans la chapelle de son seigneur. 
Devenu membre d'un bon orchestre, Kurpinski 
eut souvent occasion d'exécuter et d'entendre 
la musique des maîtres, forma son goût, prit 
l'habitude de l'ensemble, et apprit la compo- 
sition dans les partitions de la Création et de 
Bon Juan. Après la mort de son oncle, il 
s'éloigna de la Galicie et se rendit dans la 
capitale de la Pologne. Il avait compris que 
Varsovie était la seule ville de sa patrie qui 
pût lui offrir les moyens d'atteindre le but où 
tendaient ses désirs. Comme acheminement à 
ce but, il obtint bientôt la place de second chef 
d'orchestre auThéàlrc-Nalional ; Elsner occu- 
pait celle de premier chef. Kurpinski fut son 
successeur en 1825. Depuis 1811, il a fait re- 
présenter sur ce théâtre plusieurs ouvrages dra- 
matiques dont la plupart ont été accueillis avec 
cnlhousiasme par les compatriotesde l'artiste. 
En 1819, une médaille d'or à son effigie lui fut 
offerte après le succès d'un de ses ouvrages. 
A la fin de la même année, l'empereur Alexan- 
dre le nomma maitre de chapelle de la cour de 
Varsovie, et au commencement de 1823, il le 
décora de l'ordre de Saint-Stanislas. Danscette 
même année, il fit un voyage en Allemagne, en 
France et en Italie, pour connaître la situation 
de la musique dans ces pays où elle est cul- 
tivée avec succès j il ne retourna à Varsovie 
qu'en 1824. 

Kurpinski était doué de toutes les qualités 
des artistes d'élite, à savoir: le sentiment de 
l'art, l'énergie, l'activité et la facilité de pro- 
duction. Il cultivait tous les genres de musi- 
que, composait pour la scène, pour l'église, 
pour une multitude de circonstances particu- 
lières et pour les salons, étudiait la théorie de 
son art, en cultivait la littérature, écrivait des 
livres pour l'instruction des artistes cl des 



amateurs, fondait un journal de musique afin 
de stimuler le goût de ses compatriotes pour cet 
art, dirigeait la musique du théâtre et remplis- 
sait les fonctions de directeur du chant à 
l'École royale de musique. Il s'était marié. Sa 
femme, née Sophie Brzowska, débuta à l'Opéra 
de Varsovie dans le Freyschiitz, de Weber. 
Actrice aimée du public, elle ne se retira qu'en 
1842 avec la pension. La dernière composi- 
tion de Kurpinski fut une cantate pour la fête 
de l'empereur de Russie, en 1837. Retiré en 
1841, après trente ans de service, il reçut de 
tous les artistes du théâtre les témoignages 
d'une sincère affection. En 1857, il vivait en- 
core et se plaisait dans une solitude absolue. 

C'est à Kurpinski et à Elsner que la Pologne 
est redevable des progrès qu'elle a faits dans 
la musique depuis le commencement du dix- 
neuvième siècle. Leurs travaux ont doté leur 
patrie d'un véritable opéra national, lequel a 
pris la place des traductions de l'allemand, du 
français et de l'italien qui, précédemment, oc- 
cupaient la scène polonaise. Kamienski avait 
commencé cette ère nouvelle de la musique 
polonaise dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle. Kurpinski a donné un grand 
nombre d'opéras qui ne sont pas tous connu* 
des biographes allemands. 

En voici la liste la plus complète parvenue à 
notre connaissance : 1" DwieChatki (les Deux 
Chaumières), 1811. 2» Palai Lucyfera (le Pa- 
lais de Lucifer), 1811. ô" Marlinowa wSeraju 
(la Femme Martin au sérail), mélodrame co- 
mique en deux actes, 1812. A" Ruyni Babi- 
lonu (les Ruines de Babylonè), en trois actes. 
5» Szarlatan (le Charlatan), jopéra bouffe en 
deux actes, 1814. 6» Laska Imperatora (la 
Faveur de l'empereur), en trois actes, 1814. 
7" Jadwiya (Edwige), opéra qui obtint un 
grand succès, 1814.8" Jgartia paszczy (Agar 
dans le désert), scène lyrique, 1814. 
9'' Jlexander i appelles (Alexandre chez 
Apelles), en un acte, 1815). 10° Obleszenia 
Gdanska (le Siège de Danlzick), 1815. 
11" Nadgrada (la Récompense), 1815. 
12" Mala Szkula Ojcôw (le Mauvais Exemple 
du père), en un acte, 1816. 13" IVowe Krako- 
wiaki (les Cracoviens), en deux actes. 1816. 
14" Dziadek, en un acte, 1816. 15» £ro i 
Leander (lléro et Leandre) , scène lyrique, 
181G. 10" Jan Kochanowski (Jean Kocha- 
novvski), en deux actes, 1817. 17" Batcrya o 
iednym 'zolniezu (Batterie servie par un seul 
soldat), 1817. 18" Czaromysl, en trois actes, 
1818. 19" Zamek na Czorstynie (le Château 
de Czorstyn), 1819. 20"Ze forestier^ en deux 



144 



KURPINSKI - KURZINGER 



actes, 1819. 21° Kalmora , en deux actes, 
1820. 22» Casimir le Grand, pièce à grand 
spectacle. 23» Nasze przebiegi (Nos Trans- 
fuges), opéra comique. M'^Cécile de Piascezno, 
grand opéra dont la partition a été publiée à 
Varsovie. Rurpinski a écrit aussi l'ouverture 
et les chœurs de ZbignieWj tragédie, en 1819, 
et des ballets : le Bourgeois gentilhomme, 
Terpsichore sur la Fistule, Mars et Flore, etc. 
Les autres compositions de musique vocale de 
cet artiste sont : 1° Messe à quatre voix sur le 
texte polonais. 2» Hymne polonaise (Oycze- 
nacsz), à trois voix. 3» Messe à quatre voix, 
chantée à l'église de Saint-Alexandre par les 
élèves du district du Nouveau-Monde (colo- 
nie militaire). 4» Messe latine à quatre voix, 
exécutée dans l'église des Franciscainsde Var- 
sovie. S^Messe sur le texte polonais publiée dans 
le Spiewenik de Vahhé Mioduszewski. 6» Messe 
villageoise sur un texte de Felinski. 7" Messe à 
trois voix (contralto, ténor et basse), avec ac- 
compagnement d'orgue, trompettes, trombones 
et timbales, composée pour la confrérie litté- 
raire. 8° Recueil de chants religieux, publiée 
à Varsovie, chez Rlubowski. 9» Un grand 
nombre de cantates et pièces pour les fêtes of- 
ficielles et anniversaires. 10" Elégie sur la 
mort de Kosciusko . 11» Cantate pour l'inaugu- 
tion de la statue de Kopernick, exécutée à Var- 
sovie, le 11 mai 1830, à quatre voix et orches- 
tre. 12» Te Deum pour le sacre de l'empereur 
Nicolas, à quatre voix, chœur et orchestre, 
exécuté en 1829, dans la cathédrale de Varso- 
vie, sous la direction de l'auteur. 15° Cantate 
pour la fête de l'empereur, en 1857. La mu- 
sique instrumentale de Kurpinski n'est pas 
toute connue ; on en a publié à Leipsick, chez 
Breitkopf et Haertel : Symphonie à grand or- 
chestre, op. 15; fantaisie pour piano, op. 8; 
fantaisie idem, op. 10 5 fugue pour piano avec 
hilroduction ; collection de quatorze polonaises 
pour piano, op. 11; trois polonaises idem, 
op. 4. On a publié à Varsovie, chez Brzczina : 
Polonaise à grand orchestre; Nocturne pour 
cor, alto et basson, op. \6 ; Paijsage musical, 
pot-pourri pour cor, basson et quatuor d'in- 
struments à cordes, op. 18; thème varié pour 
piano. Les ouvertures de Kalmora, de la 
Femme Martin, de la Reine Hedwige et des 
Ruines de Babylone ontéfé publiées à Leip- 
sick, chez Breitkopf et Haertel. 

Les œuvres de littérature musicale pro- 
duites par l'activité infatigable de Kurpinski 
sont celles-ci: JFyUlad systematyczny zasad 
Musyki na Klawikord (Exposé systématique 
de la musique pour le piano), Varsovie, Rlu- 



bowski, 1819; Zasady ffarmonii {Vr'mc'ipes 
d'harmonie), ibid.,\S2\; Tygodnikmusyczny 
(Journal hebdomadaire de musique), ibid., 
1820-1821, trois volumes; Coup d'ceil sur 
l'opéra en Pologne, inséré dans les Annales 
de la Société des Jmis des sciences (dont 
Kurpinski était membre), 21™« volume. 

KUllZ (Jean), organiste et directeur de 
musique à Calw, dans le Wurtemberg, vers la 
fin du dix septième siècle et au commencement 
du dix-huitième, est auteur d'un écrit qui a 
pour titre : Neue erfundene Harfe , so 
durch ein Klavier, gleich einem Spinet zu 
schlagen (Harpe d'une invention nouvelle, 
qui se joue au moyen d'un clavier, à la ma- 
nière d'une épinette), Tubingen, 1681. C'est 
l'idée d'un instrument que Dietz (voyez ce 
nom) a réalisé environ cent trente ans plus 
tard. Mattheson parle aussi, dans son Parfait 
maître de chapelle, d'un autre ouvrage de 
Kurz intitulé : Classis prima musices. Il ne 
paraît pas que ce livre ait été imprimé. 

KURZIIVGEIl (Ignace-François-Xavier), 
musicien au service de la petite cour de Mer- 
gentheim ou Marienthal, dans le Wurtemberg, 
vécut vers le milieu du dix-huitième siècle. Il 
a publiée Augsbourg, en 1758, une collection 
de symphonies intitulée : David et ^pollo, 
iste profanus Parnassi, ille sacer Cœli uter- 
que rex et jubilaris archiphonascus chori, 
sive FlIIsymphonis solemnioresseu brèves, 
tam pro ecclesia quam aula compositx , 
op. 1. On a aussi du même artiste une in- 
struction pour le chant figuré et le violon, 
imprimée à Augsbourg, chez Lotter, en 1763, 
95 pages in-4''. 

KU11ZI]\GER (Pacl), fils du précédent, 
né à Wttrzbourg vers 1760, fut destiné par 
son père à la jurisprudence et suivit des 
cours dans les universités de la Bavière. Mais 
pendant qu'il était occupé de ses études, il 
reçut aussi une éducation musicale d'artiste; 
bientôt le goût de l'art devint en lui si pro- 
noncé, qu'il prit la résolution de renoncer au 
barreau. Il se rendit à Munich et entra dans 
la chapelle de l'électeur. En peu de temps, ses 
progrès le conduisirent à écrire un petit opéra 
{la Comtesse) qui obtint du succès sur le 
Théâtre électoral. Il voulut ensuite retourner 
à WUrzbourg; mais il n'y trouva pas de posi- 
tion convenable, et dut quitter cette ville pour 
aller à Ratisbonne, où il obtint une situation 
honorable dans la chapelle du prince de la 
Tour et Taxis. Le prince, satisfait de ses 
talents, lui confia la composition delà musique 
qui devait être exécutée aux fêtes prenarécs 



KURZINGER - KUTZING 



145 



pour l'arrivée de l'empereur Joseph II à Ra- 
t<sbonne. Ce qu'il écrivit à celte occasion jus- 
tifia complètement le choix qu'on avait fait de 
lui; l'empereur lui-même fut si satisfait de 
cette musique, qu'il engagea l'auteur à se 
rendre à Vienue, lui promettant une place 
•lans sa chapelle. Kurringer se rendit à cette 
invitation, et fut bien accueilli à la cour. Il 
vivait encore à Vienne en 1807, et y était di- 
recteur de musique dans une maison d'éduca- 
tion. On connaît de lui plusieurs bons mor- 
ceaux de musique d'église : La Comtesse, 
opéra-comique représenté à Munich en 177ô; 
l'Illumination, idem, à Vienne, en 1792; 
Robert et Calixte, dans la même ville, en 
1794. Il a fait aussi imprimer : Six chansons 
allemandes avec accompagnement de piano,. 
Vienne, Rurzbeck, 1789, et douze chansons 
allemandes pour le piano, Vienne et Darm- 
sladt, \7'J-2. 

KUItZWEIL (....), compositeur de mu- 
sique instrumentale, parait avoir vécu à Vienne 
veis la tin du dix-huitième siècle. On connaît 
sous son nom, en manuscrit : 1° Symphonie à 
grand orchestre. 2" Symphonie concertante 
l)onr violon et clarinette, avec orchestre, 
ô" Concerto pour violon. 4" Concerto pour 
allô. 5° Concerto pour violoncelle. G» Trio 
pour clarinette, alto et basson. Rurzweii vivait 
encore en 180G. 

KIJSÏER (Hermanîi), directeur de musi- 
que et organiste du Dom à Berlin (1861), a fait 
ses éludes de composition dans la section de 
musique de l'Académie royale (fes beaux-arts 
(le celte ville, sous la direction de Rungen- 
liagen. Ses premières productions furent pu- 
bliées en 1840 et 1841 ; elles consistent parti- 
culièrement en chants pour qualre voix 
d'hommes. En 1845, il fit exécuter à l'Acadé- 
mie de chant l'ouverture et la première scène 
d'un pelil opéra de sa composition intitulé : 
la Double Noce (die Doppelhochzeil), et, dans 
la même année, il publia quarante-huit fugues 
pour l'orgue, op. 4, à l'usage des organistes 
de petites villes et de la campagne, Berlin, 
C. Paez. Appelé à Saarbruck, deux ans après, 
en qualité de directeur d'une société de chant, 
il y resta environ deux ans et s'y occupa spé- 
cialement de la composition. Au mois de no- 
vembre 1844, il fit exécuter à l'Académie de 
chant de Berlin, sous sa direction, un oratorio 
dramatique intitulé : Die Erscheinung des 
Kreuzes (l'Apparition de la croix) ; cet ouvrage 
itroduisit une vive impression sur l'assemblée. 
M. KtLslcr a été appelé à remplir la place va- 



cante d'organiste du Dom de Berlin, en 1852. 
Postérieurement, il a fait entendre divers ou- 
vrages importants de sa composition, parmi 
lesquels on distingue l'oratorio intitulé : Die 
ewige Heimath (la Patrie éternelle), dont la 
partition réduite pour le piano a été publiée à 
Neu-Ruppin, chez Rodolphe Petrenz. La Ga- 
zette de Spener, du 14 juillet 1861, a rendu 
un compte avantageux de cet ouvrage. On 
connaît aussi du mêmecompositeurdes Lieder 
distingués pour contralto, op. 8, Mayence, 
Schott, et les psaumes 40, 07, 100 et 149, 
pour un chœur d'hommes à quatre voix; Neu- 
Ruppin, Rodolphe Petrenz. 

KUTSCHER (G.-F.), professeur de musi- 
que et pianiste à Ralisbonne, actuellement 
vivant (1862), a publié une méthode élémen- 
taire de piano, avec des exercices faciles, sous 
ce titre : Der Anfxngerim Clavierspiel, Ra- 
tisbourg, Reitmayer. 

KUTTj\OHOI\SKY(Jean-Népomucène), 
directeur du chœur au château de Prague et 
dans l'église de Saint-Benoît, est né en cette 
ville vers 17-30. Sen père, bon musicien de 
l'église métropolitaine, lui enseigna la musi- 
que. Kuttnohorsky entra d'abord en qualité de 
ténor à l'église cathédrale et à celle de Sainte- 
Marie-des-Victoires, puis il obtint la place de 
directeurci-dessus indiquée. Parmi ses compo- 
sitions, qui sont restées en manuscrit, on cite 
deux messes et huit symphonies qui sont 
estimées en Bohême. Kuttnohorsky est mort à 
Prague en 1781. 

KLÏZIISG (Charles), d'abord facteur 
d'instruments à Coire (Suisse), s'est établi à 
Berne en 1840, et y a transporté ses ateliers. 
Il est auteur d'un manuel théorique et prati- 
que de la construction des pianos, avec une 
indication de toutes les innovations introduites 
dans ce genre d'instruments. Cet ouvrage a 
liour titre : Theoretisch-praktisches Iland- 
buch der Fortepiano-Baukiinst mit Beriich- 
sichtigung der neuesten Ferbesserungen, 
Bonn et Coire, J.-F.-J. Dalp, 1833, in-8» de 
94 pages avec six planches. Klllzing a donné 
comme supplément à ce traité un livre qui a 
pour titre : Beitrxge zur praktischcnAkustik 
(Essais pour l'acoustique pratique), Berne eJ 
Coire, Dalp, 1858, in-8'> de 51 pages, avec 
deux planches. On a aussi du même facteur 
d'instruments un manuel théorique et pratique 
de la construction des orgues, sous ce titre : 
Theoretisch-praktisches Handbuch der Or- 
gelbaukunst , Berne et Coire, Dalp, ]84ô, 
in-S" de 137 pages, avec 8 planches. 



BJ06H DMIV. DES MUSICIE.NS. T. V. 



10 



I. 



LAAG (Henri)» organiste et facteur de ela- 
vccins à Osnabrùck, né à Herford (Westplialie), 
le 18 février 1713, remplissait ses fonctions à 
l'éijiise de Sainte-Catiierine d'Osnabriick. On a 
de lui un livre intitulé : Anfangsgrûnde zum 
Clavicrspiden und Generalbass (Éléments 
du clavecin et de la basse continue); Osnabrùck, 
1774, in^" de 74 pages, lia aussi publié cin- 
quante chansons avec accompagnement de cla- 
vecin, sous ce titre : lunfzig Lieder mit Meio- 
dienfûr Clavier ; Csiss,el, Mil. Cet artiste a 
écrit sa propre biographie, qui a été publiée après 
sa mort, par un de ses amis, sous ce titre : Le- 
bcns-Geschichle Heinrich Laag's, Organisten 
an der Katharinen Kirche in Osnabrùck, 
von ihm selbst beschreiben und mit eincm 
Nachtrage herausgegebcn von eincm seincr 
Freunde ( Biographie de Henri Laag , organiste 
de l'église Sainte-Catherine à Osnabrùck, écrite 
par lui-même, et publiée, avec un appendice, par 
un de ses amis); Herford, 1798, in-8° de 248 pa- 
ges. L'éditeur de cette autobiographie nous ap- 
/)rend que Laag mourut le 30 octobre 1797. 

LABADEA'S (....), violoniste à Paris, vers 
le milieu du dix-huitième siècle, a publié : Nou- 
velle méthode pour le violon ; Paris, Narlerman. 
En 1707, Labadens était altaclié à l'orchestre de 
l'Opéra; mais il ne faisait plus partie du person- 
nel (le cet orchestre en 1802. 

LABARRAQUE (Antoine - Germai ), 
pharmacien à Paris, est né à Oléron ( Basses- 
Pyrénées), le 29 mai 1777. Après avoir servi 
quelque temps dans la compagnie de grenadiers 
de Latour d'Aovergne , il entra au service des 
hôpitaux en qualité de pharmacien , fut charge 
en Espagne de la direction de l'hôpital de 
Biira, et suivit ensuite des cours à l'école de 

1 



n>édecine de Montpellier. En 1799, il se rendit à 
Paris, où il acheva ses études. Au mois de juîre 
1805, il reçut son diplôme de pharmacien, puis 
il se livra à divers travaux, qui le conduisirent 
à des découvertes utiles ; entre autres celle des 
chlorures d'oxyde de chaux et d'oxyde de sonde, 
dont on a fait d'importantes applications dans 
certaines maladies épidémiques et endémiques, 
M. Labarraque est cité ici pour son livre in- 
titulé VArtdu boyaudier; Paris, 1822, in-8". 
Cet ouvrage se rattache à la musique par la 
fabrication des cordes d'instruments. 

LABARRE ( Michel DE ) , flûtiste et 
compositeur, né à Paris, en 1675, mourut en 
celte ville, vers la fin de 1743. On a représenté 
à l'Opéra, en 1700, \m ouvrage de sa composi- 
tion, intitufé : Le Triomphe des ylr/s, paroles 
de Lamotte; la partition de cet ouvrage fut im- 
primée dans la même année, à Paris, chez Bal- 
hud. Labarre donna aussi, en 1703, un intermède 
intitulé -.La Vénitienne. On a du même artiste 
quelques œuvres de duos et de trios pour la flûte. 
LABARRE (Trille), guitariste , vécut à 
Paris vers la fin du dix- huitième siècle. On con- 
naît soas son nom : 1* Étrennes de guitare, ou 
recueil des plus jolies romances qui ont paru 
dans l'année 1787, suivies d'une sonate pour 
guitare, avec accompagnement de violon obligé, 
op. 2; Paris, Bailleux, 178S. — 2" Nouvelle 
méthode pour la guitare à Vusage des per- 
sonnes qui veulent V apprendre sans viaitre, 
op. 7; Paris, 1793. — 3° Reeueil pour la gui- 
tare, oxi, leçons graduelles et faciles, Paris, 
1794. 

LABARRE (Louis-Julien CASTELS DE)^ 
né à Paris, le 24 mars 1771, est issu d'une fa- 
mille noble de Picardie. Après avoir reçu, dan» 
4U 



LÂBARRE 



147 



«a jeunesse, qirelqnes conseils de Violti pour le 
•violon, il lit, en 1790, un voyage en Italie. Admis 
nu Conservatoire de La Piclà, à Naples, comme 
'ôlève, il y apprit le contrepoint sous la direction 
■<ie Sala, puis il rentra en France, dans l'armée 
1793, et y acheva ses études de composition près 
«le Méliul. Après avoir rempli pendant deux ans 
les fonctions de premier violon an Tht'dlre de 
Molière, il entra à l'Opéra en Pan VII ; mais 
aprèsquelques années il quitta cette position pour 
im emploi dans la famille de Pempereur Napo- 
léon. Dans Tan YI de la république (1798) il a 
fait représenter au Théâtre de Molière Les Époux 
de seize ons, opéra en un acte, qui n'obtint point 
(le succès et ne fut joué que trois fois. Il a pu- 
Mié deux recueils de romances avec accompagne- 
ment de piano, ime scène d€s Adieux du Cid à 
'Chimène , tFois tBuvres de duos de violon , des 
"Caprices et des airs variés pour cet instrument. 
LABABRE (Tukobor'f.}, compositeur-et iiar- 
.piste célèbre, est né à Paris, le 5 mars 1805. Dès 
t^on enfance on lui lit étudier la musique «001*06 
im délassement 4 car il n'était pas destiné à l'aire 
fia profession de c«t art. La harpe fut l'instru- 
jnent qu'on Ini mit entre les mains; il notait à^é 
<juedesept ans lorsque Coiisineau lui en donna les 
•premières leçons, il continua de s'y exercer &ous 
la direction de ce maîtrejusqu'en l^U. A cette 
<ipoque il devint élève de Bochsa, qui, trouvant 
«n lui les plus rares dispositions, lui lit faire de 
rapides progrès. Après le départ inopiné de cet 
artiste pour l'Angleterre, en 1816, Laiiarre con- 
tinua ses études de harpe auprès de Naderman 
jusqu'en IStO; mais il n'^en reçut que de rares le- 
■^lons. En 1S17, ses parents prirent la résolution 
<le faire servir ses talents à sa fortune, et pour 
achever son éducation d'artiste, ils le firent en- 
trer comm« élève au Conservatoire , où il apprit 
auprès deM. Dourlen les éléments de l'harmonie; 
puis il devint élève d'iiler, pour le «onlrepoint. 
Après la mort de œ maître, il continua ses étu- 
■des sous la direction d« l'auteur de cette notice 
({en 1821), et ^dans te même temps Boieldieu lui 
«nseigna le mécanisme des formes d« la«ompo- 
silion idéale. Bien •qu'il ne ftU^gé que de dix- 
Iniit ans, Labarre se présenta au concours de 
l'Instilut, en 1823, pour le grand prix de compo- 
sition musicale. Le sujet du concours était la 
cantate de /'yr^Hîe ci Thisbé, composée de plu- 
sieurs récitatifs, aifs et duos. Des mélodies d'im 
goût élégant, un bon sentiment dramatique, une 
liarmonie piquante, distinguaient r<euvre de La- 
barre : le second prix lui hit décerné. Nul doute 
■qu'il eût obtenu le premier l'année suivante, si 
4es succès qu'il trouvait déjà dans son talent sur 
ia haipe et dans ses compositions pour cet ins- 



trument ne lui avaient fait prendre une autre di- 
rectitm. 

En 1824, il se rendit en Angleterre, où son 
habileté le fit bientôt remarquer. Des couceits 
donnés chaque année à Londres; d'autres, dans 
des lieux de plaisance, tels que Ratli et lîrigli- 
ton ; enlin des voyages en li lande et en l^xosse 
étendirent sa réputation, et le placèrent à la tête 
des harpistes de la Grande-Bretagne. Dans les 
intervalles des saisons, il rev-enait en France 
chaque année, et après avoir donné des concerts 
à Boulogne ou dans d'aatres viltes, il allait pas- 
ser quelques mois à l*aris. Dans un de ses voya- 
ges, il visita la Suisse; dansun autre, il se rendit 
à Naples, où il «xcila autant de surprise que 
d"'admiration , au théâtre de Saint-Charles. La 
harpe entre ses mains avait acquis une impor- 
tance plus grande, nn caractère phis élevé, une 
variété d'effets, enlin ime énergie qu'elle n'avait 
point auparavant. Sa musique pour cet instru- 
ment avait paru d'abord trop difficile : peu d'a- 
mateurs et même d'artistes étaient assez habiles 
pour la jower; ce défaut relatif nuisit à son suc- 
cès dans les premiers temps. Quelques jeunes 
gens formés -à son école, tels que MM. Léon Ga- 
tayes et Godefrey, la popularisèrent enfin; il est 
peu de harpistes aujourd'hui qui ne la recher- 
chent. 

Des romances •charmantes, qui ont obtenu des 
succès ■de vogire, avaient commencé la réputation 
de Labarre pour la musique vocale ; ses amis ne 
doutaient pas <]ue s'il essayait son talent à la 
scène, il n'y réussît à merveille ; i«ais il était 
difficile de trouver un poème f-avorable à son 
talent. Malheureusement il crut l'avoir rencontré 
dans Zes deux Familles, drame en trois actes 
dont il composa la musique, et qui fut représenté 
le It janvier 1831 au théâtre Ventadour. Cette 
pièce ne réussit pas, et la musique, qui subit 
toujours en France le sort du livret, fut entraî- 
née dans sa chute. Considéré sous le rapport de 
l'art, cet ouvrage n'avait pas réalisé les espéran- 
ces des amis de Labarre, On y trouvait de jo- 
lies mélodies, des détails pleins de goût, mais 
non la liardiesse de pensée qu'on attendait du 
jeune compositeur. Je ne puis rien diie de L'As- 
pirant de marine, opéra-comique en deux ac- 
tes, joué au théâtre de la Bourse (mai 1834), 
n'ayant point entendu cet ouvrage. La Bévolle 
au Sèraii^ ballet en trois actes, joué à l'Opéra 
dans le mois <le décembre 18^3, fut écrit avec 
beaucoup de rapidité; néanmoins on y trouve des 
morceaux d'un très-bon effet. 

Après un séjour de quelques années à Paris, 
Labarre retourna à Londres. Il s'y livra avec suc- 
cès à l'enseignaient. En 1837, il devint J'e- 

10, 



143 



LA BARRE — LABAT 



poux de M'ie Lambert, jeune et jolie cantatrice 
qui possédait un talent plein de grâce et d'ex- 
pression. Il vécut alors pendant quelque temps 
à Paris. Après que Girard eut quitté la direction 
de l'orchestre de l'Opéra-Comique pour passer 
à l'Opéra, Labarre lui succéda dans cette position, 
en 1847. Le 9 août 1845, il avait fait pour ce 
théâtre Le Ménétrier, ou les deux Duchesses, 
opéra en trois actes, dont la musique, bien écrite 
et bien instrumentée, renfermait des mor- 
ceaux pleins de mélodie et de distinction ; mais 
la faiblesse du livret en empêcha le succès. En 
1849, Labarre quitta la direction de l'orchestre 
de rOpéra-Comique. En 1851 il était à Londres; 
niais après le coup d'État du mois de décembre 
de la même année qui fit succéder l'empire à la 
république en France, il revint à Paris et obtint 
la direction de la musique particulière de l'em- 
pereur Napoléon IIL Au mois de novembre 1853, 
il a fait jouer à l'Opéra Jovita ou les Bouca- 
niers, ballet en trois tableaux, et au mois de 
janvier 1855 il a donné au même théâtre La 
Fond, ballet en six tableaux. Cet artiste a pu- 
blié environ cent œuvres de musique de harpe, 
parmi lesquels on remarque : 1° Trios pour 
harpe, cor et basson, op. 6; Paris, Pacini. — 
2" Duos pour harpe et piano, œuvres, 3, 5, 9, 
ibid.; œuvres 43,47,48, 49, 59, 54, Paris, Trou- 
penas. — 3" Duos pour harpe et violon (avec 
de Bériot), sur divers motifs des opéras d'Aii- 
ber, de Rossini et d'autres compositeurs ; ibid. — 
— 4° Duos pour harpe et cor, n^^ 1,2, 3; Paris, 
Naderman; — 5*^ Nocturnes id., nos \^ 2, 3; Paris, 
Pacini. — 6° Duo pour harpe et hautbois (Sou- 
venirs de la Dame blanche), Paris , Janet. — 
1° Solos, fantaisies, rondeaux, etc , pour la 
harpe, op. 8, 10, 11, 12; Paris, Pacini; op. 25, 
26, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 39, 40, 44, 46, 
50, 51, 56, 60, 63, 66, 70, 72, 73, 75, 77, 82, 
Paris, Troupenas; op, 90, 91, 92, 93; Paris, De 
Laliante. Parmi les plus jolies romances de La- 
barre, on cite : Le Contrebandier, la jeune Fille 
aux yeux noirs , La pauvre Négresse, La 
jeune Fille d'Olaïii, Méphistophélès, La Tar- 
tane, Cora ou la Vierge du Soleil. lien a pu- 
blié plusieurs recueils en albums. Enfin, on a 
de lui une Méthode complète pour la harpe, 
ouvrage excellent en son genre, et aussi remar- 
quable par le plan que par l'exécution. 

LABAT (Jean-Baptiste), organiste de la 
cathédrale de Montauban, est né le 17 juin 
1802, à Verdun ( Tarn-et-Garonne ), où son père 
était marchand de grains. Il reçut d'abord des le- 
çons de plainchant, et fut employé dès l'âge de 
huit ans comme enfant de chœur. A neuf ans il 
commença l'étude du solfège pendant qu'il fré- 



quentait l'école d'im bon instituteur pour les lan- 
gues française et latine. Ses progrès dans la mu- 
sique furent rapides. En 1817, son père l'envoya 
à Toulouse pour y continuer l'étude de cet art; 
il y r(>çut les leçons de Jacques Causse, habile 
organiste de la cathédrale, qui lui enseigna pen- 
dant quatre ans l'orgue et l'harmonie. En 1821 
M. Labat accepta la place d'organiste de l'église 
de Verdun , devenue vacante. Pendant les six 
années qu'il conserva cette position il perfec- 
tionna et compléta ses connaissances dans la lit- 
térature et dans les sciences. En 1827, il se ren- 
dit à Paris, et fut admis au Conservatoire, comme 
élève de M. Benoist pour l'orgue, et de l'auteur 
de cette notice pour la composition ; mais appelé à 
Montauban, au mois de septembre de l'année 
suivante, pour y occuper les places d'organiste 
et de maître de chapelle, il dut quitter cette école. 
La maîtrise de la cathédrale ayant été supprimée 
en 1833, M. Labat ne conserva que la place 
d'organiste. Ne vo\dant pas toutefois voir cesser 
le progrès à Montauban , dans la culture de la 
musique, il fonda et dirigea une société philhar- 
monique pour l'exécution des œuvres classiques, 
et ouvrit un cours d'harmonie, dans lequel il a 
formé de bons élèves. On a de cet artiste un 
livre qui a pour titre : Études philosophi- 
ques et morales sur l'histoire de la mu- 
sique , ou recherches analytiques sur les 
éléments constitutifs de cet art à toutes 
les époques, sur la signification de ses trans- 
formations, avec la biographie des auteurs 
qui ont concouru à ses progrès ; Paris , Tecli- 
ner, et Montauban, Forestier, 1852, 2 vol. 
in-8''. Cet ouvrage est bien écrit, mais on y 
trouve beaucoup d'emprunts faits aux écrivains 
modernes sur la musique , particulièrement à 
l'auteur de la Biographie universelle des mu- 
siciens. 

Les autres productions littéraires de M. Labat 
en ce qui concerne la musique, et dont plusieurs 
ont paru dans les Mémoires des Académies de 
Bordeaux et de Toulouse, sont des études sur La 
mue de la voix; sur le Stabat de Bossini ; sur 
les Noéls; sur sainte Cécile; sur l'histoire de 
l'orgue; sur les Concerts; sur les chants de 
la chapelle Sixtine; sur le faux-bourdon; 
sur les nombres appliqués à la science musi- 
cale; sur les notations musicales du moijen 
âge, travail couronné par l'académie de Tou- 
louse ; sur Vesthétiquedcs huit modes du plain- 
chant; Biographie de J.-R. Reij (dans le BiO' 
graphe de Tarnet-Garonne); Biographie de 
Donizetti (dans la Bévue de Toulouse). Les 
principales compositions de M. Labat, dont plu- 
sieurs ont été publiées, sont : T Une Messe so- 



LABAT — LABLACHE 



149 



lennelle, avec orchestre, — 2" Deux messes brèves 
avec orgue. — 3° Oralorio de Noël, avec orcliestre. 

— '1° Le Siège de Montauban, owvcrlurea ^rand 
orchestre. — 5" Grand Magnificat. — G" Grand 
opéra en deuxactes (inédit). — 1° La Sibylle, ora- 
torio. — 8" Recueil de fugues pour l'orgue. — 9" Re- 
cueil de motels à la sainte Vierge. — 10° Recueil de 
motels et d'adorations au saint Sacrement. — 
1 1° Recueil de cantiques à voix égales. — 12° Re- 
cueil de cantates pour des distributions de prix. — 
13" Deux antiennes à la Palestrina, à six voix. 

— 14° Leçons d'iiarmonie d'après le système de 
M. Fétis. — 15° Leçons de contrepoint d'après 
le môme auteur. — 16° Plusieurs composi- 
tions pour le piano. — 17° Plusieurs romances 
et morceaux de chant avec piano. M. Labat est 
membre de l'Académie impériale des sciences de 
Toulouse , de l'Académie impériale des sciences 
de Bordeaux , et de la société des sciences de 
Tarn-et-Garonne, auxquelles il fournit régulière- 
ment des mémoires. 

LABBÉ( Robert), musicien français, vécut 
à la lin du quatorzième siècle et dans le com- 
mencemfnt,du quinzième. Suivant les registres 
de l'église métropolitaine de Rouen , il fut 
nommé organiste de cette cathédrale en 1386, et 
fiitconséquemment contemporain de Tagiapeitra 
( ou plutôt, vraisemblablement, Tagliapietra) , 
sixième organiste de la chapelle ducale de Saint- 
Marc, à Venise. Labbé occupa cette place jus- 
qu'en 1419, et la quitta alors pour celle de maître 
de chapelle de la même église. Au mois de mai 
1423, il cessa temporairement ses fonctions, 
sans doute pour cause de santé , car il les re- 
prit au mois d'octobre de la même année; puis 
on le voit remplacé de nouveau par deux sous- 
maîtres nommés Nicolas Decan et Jean Des- 
quesnes, en 1425. Labbé rentra pour la troi- 
sième fois, en 1431, avec Jean Desquesnes 
pour second maître; mais sans doute il mourut 
en 1433, car il disparaît alors des états, et c'est 
un ancien enfant de chœur de Rouen, nommé 
Jean d' Eudemare , devenu chanoine et maître 
es arts, qui est alors son successeur. Quoiqu'on ne 
connaisse rien jusqu'à ce jour des productions de 
Labbé, son nom, comme ceux de tous les artistes 
«les premiers temps de l'art régulier, a de l'in- 
térêt pour l'histoire. 

LABBÉ. Voyez ABBÉ ( Joseph-Barnabé 
SAlNT-SÉVINdit L'). 

LABITZKI ( Joseph ) , ou LABITZKY, 
«ompositeur de musique de danse qui a eu beau- 
coup de vogue en Allemagne, est né le 4 juillet 
1802 à Schœnfeld , petite ville située dans les 
montagnes de la Bohême, près d'Eger. Un an 
après sa naissance, ses parents allèrent s'établir 



à Petsehau. Son père, grand amateur de mu- 
sique, le confia aux soins de Charles Veil, 
maître d'école et directeur du chœur, qui lui en- 
seigna léchant , le piano et le violon. Un peu plu.'! 
tard , Labitzki apprit à jouer de la flûte et s'ins- 
truisit dans les éléments de Tliarmonie. A l'Age 
de douze ans il perdit ses parents, et fut obligé 
de pourvoir à son existence. C'est à cet âge qu'il 
essaya ses forces dans de petites compositions. 
En 1820, il fut engagé comme violoniste pour 
la saison d'été à l'orchestre de Marienbad. Dans 
l'hiver de 1822-1823 il fil son premier voyage 
comme artiste, et visita Ratisbonne, Nuremberg, 
Augsbourg et Munich. Ce fut dans celte der- 
nière ville qu'il fit exécuter ses premiers ouvrages 
de musique de danse, en 1824 et 1825. Il y re- 
tourna dans les années 1827 et 1828, et y olUint 
de brillants succès. Dans les intervalles, il alla 
plusieurs fois à Vienne jusqu'en 1835 : sa musique 
y partagea la vogue de celle de Strauss et de- 
Lanner. Il faisait aussi de temps en temps des 
excursions en Allemagne et à l'étranger : c'est 
ainsi qu'il visita Stuttgard et Varsovie. Il .se 
trouvait dans cette dernière ville en 1830 lorsque 
la révolution y éclata. En 1835, Labitzki 
prit la direction de l'orchestre des fêtes et bals 
de Carlshad, et s'établit en ce lieu avec sa fa- 
mille. Depuis lors il a fait quelques voyages avec 
son orchestre, et partout il a obtenu de brillants 
succès. En 1839 il était à Pétersbourg, et 
en 1850 à Londres. De ses onze enfants, trois 
se sont livrés à l'étude de la musique : les deux 
premiers, Wilhelm et Auguste, ont fait leur 
éducation musicale comme violonistes au Con- 
servatoire de Prague , puis à Leipsick. Depuis 
lors Wilhelm s'est fixé à Toronto , dans la partie 
anglaise du Canada, et Auguste est un des vio- 
lonistes de l'orchestre de son père , à Carlsbad. 
M"e Tony Labitzki a étudié l'art du chant 
chez Mnie Marchesi-Graumann , à Vienne. Elle 
a été engagée comme cantatrice au théâtre de 
Francfort, en 1858. Le nombre de quadrilles, 
de contredanses, de valses, de galops , de po- 
lonaises et de mazourkps pour orchestre et pour 
piano publiés par Labitzki, à Leipsick, chez 
Hofmeister, à Munich , chez Aibl, et surtout à 
Prague, chez Berra, est immense. Cette musique 
a , en général , les caractères de l'originalité et 
de la verve. Labitzki est un bon artiste, qui 
cultive aussi l'art sérieux : il a écrit des qua- 
tuors de violon restés en manuscrit, et a coni- 
l)osé aussi des concertos , des divertissements et 
des thèmes variés pour le violon, la flûte, la 
clarinette et le cor. 

LABLACHE (Louis), acteur et chanteur 
célèbre du théâtre italien, est né à Naples, le 



Î50 



LABLACHE 



6 décembre I79'4. Son père, Nicolas Lablaclie, 
avait été négociant à Marseille , et s'était fixé à 
Napies en 1791 ; il fut une des victimes des per- 
sécutions exeicces contre les Français en 1799. 
Plus tard, Joseph Napoléon prit des mesures 
pour améliorer la situation de ceux qiiii avaient 
été maltraités dans ces circonstances, et le 
jeune Lablaclie Cul placé comme élève au Con- 
servatoire de La PicHi de' yM/r/inii^ à Naples. 
Il était âgé de douze ans lorsqu'il y l'ut admis. 
Gentilli lui enseigna les éléments de la musique 
et Valesi lui donna des leçons de chant. On lui 
lit aussi commencer l'étude du violon et du vio- 
loncelle; mais il paraissait avoir peu de goût 
et de disposition pour la musique; il était négli- 
gent dans son travail , et n'était pas cité parmi 
ses condisciples pour la régularité de sa con- 
duite. Un incident bizarre vint tout à coup 
Caire connaître son aptitude , qui ne s'était pas 
uévélée jusque-là. Un de ses can>arades devait 
jouer, dans une certaine occasion , une partie 
sur la contrebasse ; ce jeime homme tomba ma- 
lade trois jours avant le concert. Lablaclie 
n'avait jamais touché de contrebasse; néan- 
moins il offrit de remptacer son condisciple, et 
trois jours lui suffirent pour se mettre en état 
de bien exéculer sa partie. Son succès n'aug- 
menta pas son penchant pour les instruments : 
il ne se sentait de vocation que pour la scène. 
Sa voix juvénile était un beau contralto i il en 
hâta la ruine , au moment où la mue allait se 
déclarer, en chantant les solos du Requiem de 
Mozart à l'occasion de la mort de Haydn, 
en 1809. Il était alors âgé de quinze ans i ses 
efforts pour soutenir sa partie jusqu'à la fin de 
l'exécution de l'ouvrage eurent pour effet de 
le mettre dans l'impossibilité de faire entendre 
un son après la fugue finale. Ses maîtres crai- 
gnaient la perte totale de son organe vocal; 
mais peu de mois après, cet organe se trans- 
forma en une voix de basse magnifique de deux 
octaves d'étendue {mi bémol grave à mi bémol 
aigu), dont la puissance augmenta d'année en 
année jusqu'à l'âge de vingt ans. Supportant 
avec impatience le régime sévère des études 
et de la discipline du Conservatoire , Lablaclie 
aspirait à s'en affranchir. Cinq fois il s'enfuit du 
Conservatoire pour prendre un engagement dans 
les petits théâtres de la etpitale. C'est à la suite 
•le ces escapades qu'une ordoimance royale dé- 
fendit aux directeurs de spectacle d'engager un 
élève du Conservatoire sans autorisation S|ié- 
eiale, sous peine d'une amende de deux mille 
ducats, et de la clôture du théâtre pendant 
quinze jours. 

Devenu libre enfin , après avoir achevé péni- 



blement ses études,.LabIaclie fut engagé en 1812 
au théâtre San-Carlino , à Naples, comme 
, buffo napoletano, quoiqu'il ne fût âgé que de 
dix-huit ans. Peu de mois après, il devint l'é- 
poux de !a fille du célèbre acteur Pinotti. Cette 
union eut d'heureux résultats pour l'artiste,, 
car sa femme sut exciter soii émulation , et luf 
faire recommencer avec soin ses études vocales, 
lille le fit aussi renoncer au patois napolitain , 
seule langue qu'il eût parlé jusqu'alors, et con- 
tracter Hiabitude de s'exprimer dans le pur 
idiome italien. L'ouvrage dans lequel il avait dé- 
buté au théâtre San-Carlino était fM MoUnara 
de Fioravanti. L'année suivante il se rendit à 
Messine pour y remplir le même emploi ; mais 
il ne tarda point s le quitter pour celui de pre- 
mière basse chantante qu'il alla tenir au théâtre 
de Palerme. Il y débata dans l'opéra de Pavesi , 
Sey Marc-ArdoiMO , et le succès qu'il y obtint 
le décida à rester en cette ville pendant près de 
cinq ans. Bien qu'éloigné d» centre de l'Italie ,. 
ri n'y était point inconnu. Insensiblement sa ré- 
putation s'étendit r et l'administration du théâtre 
de La Scala, de Milan, l'engagea en 1817. Il 
chanta le rôle de Dandini dans la Generenlola 
de Rossini, et y fut applaudi avec transport. 
Son jeu et son chant obtenaient les éloges de 
tous les diletianti; mais sa mauvaise prononcia- 
tion était l'objet de beaucoup de critiques. Ce 
ne fat pas sans peine qu'il parvint à eu corriger 
les défauts; mais sa ferme volonté parvint à 
surmonter tous les obstacles, et plus tard il 
se fit admirer par la pureté , par l'élégance de 
son articulation. Mercadante écrivit ensuite 
pour lui Elisa e Ciaudio. Dès ce moment 
son nom se répandit dans toute l'Europe. De 
Milan, il alla à Turin où il joua Uberto, 
dans l'Agnese de Paer, avec im succès d'en- 
thousiasme. Après avoir paru sur quelques 
théâtres, il revint à Milan en 1822 , puis alla k 
Venise, et enfin à Vienne en 1824. Là il éclipsa 
tous les artistes qui l'entouraient par la beauté de 
sa voix , son intelligence profonde et la vérité de 
son jeu. Dans leur admiration pour un artiste si 
remarquable, les habitants de Vienne firent 
frapper en son honneur ime médaille avec cette 
inscription : Actione Koscio , Joppe canlu ,. 
comparandus uirique, lauro conserta , am- 
bobus major j Viennx, 1825. 

Après le congrès de Laybach, Lablaclie obtint 
à Vienne une audience du roi de Naples , Ferdi- 
nand P'', qui l'accueillit avec bonté, le nomma 
chanteur de sa chapelle, et lui lit donner un en- 
gagement pour le grand théâtre de Saint-Charles. 
Après une absence de près de douze aimées, 
l'iirtiste retourna à Naples, grandi par ses études^ 



LABLACIIE — LABORDE 



l.')t 



et SCS succès. Admirable dans le rôle d^Assur, 
de la Scmiramide de Rossini , il y produisit la 
plus vive sensatioii. Deux ans plus tard il joua 
à Parme, dans la Zaira de Bol 11 ni , dont le 
talent était à son aurore. Arrivé à Paris dans la 
saison de 1830, il y débuta le 4 novembre, et s'y 
fit admirer comme acteur par le talent llexible 
qu'il déployait dani le style bouffe et dans le 
sérieux , et comme clianteur par la puissance 
incomparable de son organe, par la verve de 
son exécution , et par la perfection de son intel- 
ligence musicale. Véritablement grand comédien 
dans le Gcronimo du Mairimonio segrcto , 
et dans le Podesta de la Gazza Ladra , excel- 
lente caricature dans La Prova d'un opéra 
séria, dans le Dandini et dans le baron de 
Moiitefiascone de Cencrenfola, il faisait preuve 
d'une rare énergie dramatique et d'une infelli- 
çence parfaite dans Henri VIII tVAtma Bolcna, 
dans i\orma , endn dans tous les rôles du 
genre sérieux. Sa belle et noble lêle, sa baute 
stature, qui affaiblissait les inconv<^nients de 
son embonpoint, les qualités de son esprit, 
son instruction variée , ses connaissances éten- 
dues dans la musique, enfin ses babitudes d'un 
monde distingué, composaient dans sa (ler- 
soime et dans son talent l'ensemble le plus sa- 
tisfaisant qu'on puisse rencontrer dans l'emploi 
qu'il remplissait à la scène. D'ailleurs , bomme 
«stimable et d'une exacte probité dans ses rela- 
tions sociales , il n'était pas moins considéré 
dans la vie privée qu'admiré sur la scène. Après 
avoir brillé à Paris pendant les années 1830, 
1831, 1832 et 1833, il retourna à Naples à 
l'aulomne de 1833, et y joua avec un prodigieux 
succès VElisire d'amore et Don Pasquale , 
de Donizelti. De retour à Paris, vers la lin 
de 1834 , il y brilla depuis ce temps cbaque 
biver, allant ensuite en Angleterre, au mois 
d'avril, et s'y faisant entendre au théâtre italien 
de Londres, ainsi que dans les festivals musi- 
caux des grandes villes de province. Cbarmée 
des qualités précieuses du talent de cet excel- 
lent artiste, la reine Victoria le faisait souvent 
jqipeler pour des soirées intimes de musique ; 
elle voulut qu'il lui dormât des leçons de cbant. 
Au commencement de 1852, Lablacbe reçut un 
engagement pour le tbéàtre impérial de Saint- 
Pétersbourg : ses succès dans cette grande ville 
ue furent pas moins brillants qu'à Paris, à Lon- 
dres, à Vienne et à Naples. Il avait acquis une 
agréable maison de campagne à Maisons-Laffitte, 
et y^ goûtait avec délices les rares moments de 
repos que lui laissaient les travaux du théâtre. 
Kn 1856, sa santé commença à s'altérer, et au 
printemps de l'année suivante il fut obligé d'aller 



chercher du soulagement aux eaux de Kin- 
singen, en Bavière. L'empereur de Russie, 
Alexandre II, qui s'y trouvait, nomma Lablache 
chanteur de sa chambre et lui fit remettre une 
belle médaille d'or à l'efligie de ce prince, avec 
le cordon de l'ordre de Saint-André. Lorsfjue 
l'artiste, frappé de l'idée de sa fin prochaine, 
reçut ces présents , il dit avec l'accent de la tris- 
tesse : Cela servira à décorer mon cercueil. 
De retour dans sa propriété de Maisons, il y 
passa quelques jours du mois d'août , et en partit 
le 18 pour aller essayer de l'influence de l'air nat.d 
dans sa villa du Pausilippe; mais au lieu d'y 
trouver l'amélioration qu'il avait espérée pour 
sa santé, l'air trop vif de la mer l'obligea à s'en 
éloigner pour rentrer à Naples. Le mal faisait 
chaque jour de nouveaux progrès : Lablache com- 
prit que tout était fini pour lui, et demanda les 
secours de la religion. Ils lui furent administrés 
par un de ses anciens camarades de théâtre, 
qui était entré dans l'ordre des Dominicains. 
L'artiste célèbre expira le 23 janvier 1858. Son 
corps fut rapporté à Paris et inhumé à Mai- 
sons-Laffitte. Lablache avait deux sœurs : L';iîn('e 
devint marquise de Braida , l'autre fut abbesse 
de Sessa. De ses nombreux enfants , l'aîné des 
fils suivit la carrière du théâtre, et fut cbanleur 
et acteur médiocre : le plus jeune, ancien élève 
de l'École polytechnique, est devenu officier dans 
l'arnjée française. Une des filles du grand chan- 
teur est femme du célèbre pianiste Thalberg. On 
a de h&hVàcheuna Méthode de chant publiée à 
Paris, chez M'oe V^ Canaux. Cet ouvrage ne ré- 
pond pas à ce qu'on pouvait attendre de l'habi- 
leté et de l'expérience de l'auteur. 

LABORDE (Jean-Baptiste), Voy. BORDE 
(LA). 

LABORDE (Jean-Benjamin DE). Voy. BOR- 
DE (DE LA). 

LABORDE (Le comte Alexandre-Louis-Jo- 
SEPH DE), né à Paris, le 15 septembre 1774, a 
été successivement auditeur au conseil d'Élat 
(en 1808), maître des requêtes (en 1810), admi- 
nistrateur des ponts et chaussées du département 
de la Seine (en 1811), adjudant-major de la 
garde nationale (en 1814), maître des requêtes 
en service ordinaire (en 1816), puis (1838) mem- 
bre de la Chambre des députés, aide de camp du 
roi , de l'Institut de France (Académie des ins- 
criptions et belles-lettres), et de plusieurs autres 
sociétés savantes. Après avoir fait ses études au 
collège de Juilly, il suivit ses parents dans l'émi- 
gration , et servit en Allemagne dans les dragons 
de Kinsky. Rentré en France après le traité de 
Campo-Formio, il se livra à la culture des lettres 
et des arts, fit des voyages en Italie et en Espa 



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L ABORDE — LACÉPÈDE 



gne, et publia le résullat de ses recherches dans 
lies ouvrages de hixe, dont l'examen n'est pas 
l'objet de cette biographie. Il n'est cité ici que 
pour une Lettre à madame de Genlis, sur les 
sons harmoniques de la harpe; Paris, 1806, 
in-12. L'auteur de celte brochure prétend que 
les sons harmoniques tirés de la har[>e par M. Ca- 
simir Becker, élève de madame de Genlis, sont 
un effet renouvelé de la musique des Grecs, et 
que ceux-ci suppléaient par ce moyen à l'insuf- 
lisance du nombre des cordes de ia lyre. Cette 
thèse ne peut soutenir un examen sérieux. 

LACASSAGAE ( L'abbé Joseph DE). Voy. 
CASSAGNE (DE LA). 

LACEI\Y (OuDART DE), poète et musicien 
du treizième siècle, vivait eii 1260. Les manus- 
crits de la Bibliothèque impériale nous ont con- 
servé trois chansons notées de sa composition. 

LACÉPÈDE (Le comte Beknard-Germain- 
Etienne LAVILLE OE), né d'une famille noble, 
à Agen, le 26 décembre I7J6, lit ses premières 
éludes dans celte ville. Les livres de Billion, 
qu'on lui mit entre les mains dès son enfance , 
lui inspirèrent un goût passionné pour l'histoire 
naturelle. Il partagea son temps entre l'élude de 
cette science et celle de la musique , qui avait 
aussi pour lui beaucoup d'attrait. Quelques 
années d'un travail assidu lui tirent acquérir de 
l'habileté sur plusieurs instruments ; puis il se 
livra à l'étude de la composition. Avant l'âge de 
vingt ans, il était occupé à écrire une musique 
nouvelle pour l'opéra A''Armide; mais ayant 
appris que Gluck refaisait cet ouvrage, il aban- 
donna son travail. Quelques expériences sur l'é- 
lectricité l'avaient mis en relation avecBnffon; 
il en reçut des encouragement, qui le décidèrent 
à se rendre à Paris. Accueilli avec bienveillance 
par l'éloquent auteur de Y Histoire naturelle, 
il ne fut pas moins bien traité par Gluck, dont il 
était admirateur enthousiaste. Les éloges qu'il 
en reçut lui persuadèrent qu'il lui serait donné 
de marcher sur les traces de l'un et de l'autre, 
et lui firent prendre la résolution de se parta- 
ger désormais entre l'étude de la musique et 
celle de la nature. Ce fut alors qu'il prit des 
leçons de Gossec pour le contrepoint et qu'il 
suivit les cours de Daubenlon , au Jardin des 
Plantes. Le premier fruit de ses travaux dans 
la composition fut un opéra d'Omphale. Lacé- 
pède attendit deux ans après la mise en scène de 
cet ouvrage; enfin le jour de la répétition géné- 
rale arriva (en 1771). Tout semblait présager un 
beau succès, dit lui-même Lacépède, mais le ca- 
price d'une actrice (vraisemblablement M™« Saint- 
Huberty) fit suspendre indéfiniment la représen- 
tation. 11 n'explique pas ce qui fit naître ce 



caprice; mais il assure que cet événement le 
dégoûta du théâtre, et qu'il prit la résolution de 
ne plus écrire que de la musique instrumentale. 
Il parait qu'avant cet événement il avait composé 
plusieurs opéras qu'il destinait à succéder à Om- 
phale, car dans l'Avanl-Propos de sa Poétique 
de la musique ( imprimée en 1785), il dit : « J'i- 
« gnore quelle sera la destinée des tragédies lyri- 
« ques que j'ai mises en musique , etc. » Il ne 
paraît pas que sa résolution ait été inébranlable, 
car en 1786 il fit recevoir deux autres opéras 
(Scarkderbrg et Alcine) qui n'ont pas été re- 
présentés. Beffara, dans ses recherches sur l'Aca- 
démie royale de musique, assure que M. de La- 
cépède composa aussi les paroles et la musique 
d'un grand opéra dont le sujet était pris dans 
l'histoire de la Perse, et qu'il en écrivit plusieurs 
autres, parmi lesquels il s'en trouvait trois dont 
les paroles étaient de Paganel. Tout cela est 
resté inédit, et sans doute il n'en est résulté au- 
cun dommage pour la gloire de l'auteur, car les 
amis du comte de Lacépède ont toujours consi- 
déré ses prétentions à la composition comme un 
travers. Cependant on assure qu'il y a des beau- 
lés dans une messe de Requiem qu'il a laissée 
en manuscrit, et l'on dit qu'après avoir entendu 
une autre production musicale de sa façon, Gré- 
try le félicita en l'embrassant. Quoi qu'il en soit, 
il est certain que s'il ne se distingua point par 
ie talent, il eut du moins une singulière fécon- 
dité, car, outre les ouvrages qui viennent d'être 
cités , il a écrit cinq œuvres de sonates , dont 
deux ont été publiés à Paris chez Boyer, plu- 
sieurs symphonies à grand orchestre , trois sym- 
phonies concertantes pour des instruments à 
vent, qui ontété exécutées aux séances publiques 
de l'Académie des beaux -arts et de la Société 
philotechnique, cinquante-quatre sextuors pour 
deux violons, deux violes et deux violoncelles; 
enfin, une suite de tableaux en musique instru- 
mentale descriptive, où il avait voulu exprimer 
toutes les situations du roman de Télémaque, 
afin de réaliser les théories de sa Poétique de la 
musique. Ce dernier ouvrage a été publié à Paris, 
en 1785 (2 vol. in-S"). 

Admirateur de la musique de Gluck, le comte 
de Lacépède s'était pénétré des idées de ce grand 
artiste concernant l'expression dramatique. Il en 
expose la théorie dans le deuxième livre de son 
ouvrage. Le reste est consacré à ses vues particu- 
lières sur l'imitation, qu'il considère comme l'objet 
principal de la musique en général. Dans les com- 
positions de musique religieuse et instrumentale, 
il demande avant tout des tableaux : c'est le sys- 
tème de la musique descriptive, reproduit plus 
tard dans les Essais de Grétry; système essen- 



LACÉPÈDE — LACHNER 



153 



tiellement faux, qui a (oujoiirs eu des prosélytes 
chez les Français. 

Après avoir été jusqu'à l'époque de la révolu- 
tion française garde des cabinets du Jardin du 
Roi à Paris, le comte de Lacépède débuta dans la 
carrière politique par l'emploi d'administrateur 
du département de Paris, et fut nommé par cette 
ville député à l'Assemblée législative. En 1796 
il entra à l'Institut de France, dans l'Académie 
des sciences. Appelé par l'empereur Napoléon au 
sénat conservateur, il en devint le président en 
1801. L'ordre de le Légion d'honneur ayant été 
institué en 1803, il en fut fait grand chancelier, 
et il obtint en t804 la sénatorerie de Paris. La 
restauration lui laissa une partie de ses honneurs 
et de ses emplois : une ordonnance royale l'ap- 
pela à la pairie le 4 juin i814; mais après les 
événements de 1815 il rentra dans la vie privée, 
et reprit ses travaux scientifiques. Il est mort de 
la petite vérole, à Épinay, près de Saint-Denis, le 
6 octobre 1825. Ce savant a acquis beaucoup de 
célébrité par ses travaux sur l'histoire naturelle, 
particulièrement parses Histoires des quadrupèdes 
ovipares, des reptiles et des poissons, dont on a 
lait plusieurs éditions, et qui ont été traduites en 
diverses langues. 

• LACHAi\TERIE (MUe Elisabeth), élève 
de Couperin , eut un talent distingué sur l'orgue 
et le clavecin. Elle était en 1770 organiste de 
l'église Saint-Jacques de la Boucherie. On a gravé 
à cette époque deux concertos pour clavecin 
de sa composition, avec accompagnement d'or- 
chestre. 

LA CHAPELLE (A. DE); sous ce nom 
d'im musicien inconnu, on a un ouvrage intîtulé : 
Les vrais principes de la musique exposés par 
gradation de leçoiui; Paris, veuve Boivin, 1736 
et années suivantes, 3 parties in-4''. 

LACHER (Joseph), maître de chapelle à 
Kempten, et virtuose sur le hautbois, la clari- 
nette et le cor anglais, naquit à Haustetten, près 
d'Augsbourg, le 5 novembre 1739. Fils d'un 
pauvre ménétrier de village, qui jouait bien du 
hautbois et de la clarinette, quoiqu'il ne sût pas 
lire la musique, il en reçut des leçons de violon 
à l'âge de sept ans. Plus tard, il apprit aussi à 
jouer du hautbois, et peu de temps lui suffit pour 
le mettre en état d'aider son père dans ses occu- 
pations. Dans le désir de s'élever au-dessus de sa 
condition , il acheta la Méthode de violon de Léo- 
pold Mozart, dont il apprit les exercices; puis il 
se procura un basson du musicien de la ville 
d'Augsbourg , et par une étude constante il ac- 
quit beaucoup d'habileté sur cet instrument. 
Admis eu qualité de bassoniste dans la musique 
du régiment impérial de Migazzi, il fut envoyé en 



garnison à Manheim. Un médecin de cette ville, 
amateur de musique distingué , qui avait étudié 
la composition chez le maître de chapelle Cam- 
merloher, devint ami de Lâcher et lui enseigna 
les éléments de l'harmonie et dn contrepoint. 
.\près trois ans de séjour à Manheim , celui-ci 
abandonna son régiment et retourna à Augsbourg, 
où Giulini lui procura un emploi dans la musique 
de la cathédrale. Deux ans après, Lâcher entre- 
prit un voyage en Suisse et sur les bords du Rhin : 
il se fit entendre avec succès dans quelques con- 
certs sur le hautbois et le cor anglais, puis entra au 
service de quelques grands seigneurs, et fut enfin 
placé, en 1779, en qualité de maître de chapelle 
au couvent de Kempten. Après avoir rempli 
ces fonctions pendant plus de vingt-cinq ans , il 
mourut dans les premières années du dix-neu- 
vième siècle. Cet artiste a beaucoup écrit pour 
divers instruments, entre autres des concertos 
pour basson, hautbois, cor anglais , clarinette et 
violon , ainsi que des quatuors, quintettes et oc- 
tuors pour divers instruments ; mais aucun de 
ces ouvrages n'a été publié. 

LACHMAIMM (Charles), célèbre philolo- 
gue, naquit à Brunswick, le 4 mars 1793. Après 
avoir fréquenté l'université de Leipsick, il alla 
terminer ses études à Gœttingue, où i! suivit les 
cours du savant helléniste Herrmann. Il était âgé 
de vingt ans lorsqu'il s'engagea dans les chasseurs 
prussiens, en 1813, à l'époque du soulèvement 
général de l'Allemagne contre la France. Après 
la paix de 1814, il rentra dans la vie civile et re- 
prit ses travaux d'érudition. En 1827, la chaire 
de littérature grecque à l'université de Berlin lui 
fut donnée, et l'Académie royale de cette ville 
l'admit au nombre de ses membres en 1830. Ce 
savant est mort à Berlin, le 13 mars 1851. Au 
nombre de ses ouvrages, on remarque un très- 
bon livre intitulé : De Choreis systematis tra- 
gicorum grxcoruvi libri IV ; Berolini, 1819, 
un vol. in-8". 

LACHIVER (François), maître de chapelle 
du roi de Bavière, est né le 2 avril 1804, à Rain, 
petite ville de ce royaume, où son père était or- 
ganiste. Dès ses premières années, on lui enseigna 
la musique, et ses progrès furent si rapides, 
qu'il fallut bientôt songer à lui donner des maîtres 
plus habiles. Ou l'envoya d'abord à Neubourg, où 
il fréquenta le gymnase (collège), et reçut des 
leçons d'harmonie, d'orgue et de piano; puis il se 
rendit à Munich, où il vécut quelque temps en 
donnnant des leçons. Déjà son instruction était 
étendue en théorie et dans la pratique de l'art; 
toutefois, il crut qu'il lui restait beaucoup à ap- 
prendre, et il partit en 1823 pour Vienne, où il 
espérait rencontrer des occasions favorables au 



154 



LACHNER 



développement de son talent : son attente ne fut 
pas trompée, car il se lia d'amitié avec les artistes 
les plus distingués de la capitale des États autri- 
c.liiens, particulièrement avec l'aobé Stadier et 
Simon Secliter, dont les conseils iui furent utiles. 
Ce fut alors qu'il lut avec avidité tout ce qu'on 
avait écrit de meilleur sur la tliéorie, la pratique 
et l'est liétique de l'art; son goût et son jugement 
se formèrent sur les meilleurs modèles; enfin, au 
talent d'habile exécutant sur l'orgue , !e piano et 
le violon, à celui de compositeur distingué, il 
joii^uit bientôt le mérite d'iuie érudition musicale 
étendue. Dans un concours pour la place d'orga- 
niste de l'église évangélique de Vienne, il l'em- 
porta sur trente compétiteurs; mais il ne garda 
pas longtemps cette position, car il la quitta 
l'année suivante pour celle de directeur de mu- 
sique au théâtre de la Porte de Cariiitliie. En 
18:54 il donna sa démission de ce dernier emploi 
pour celui de maître de chapelle de la cour du- 
cale à Manheim. Le plus brillant accueil lui fut 
fait dans cette ville , où il célébra son arrivée 
par l'exécution de sa troisième grande symphonie. 
En 1833, un concours ayant été ouvert à Vienne 
pour la meilleure symphonie, Lachner en a écrit 
une qui a pour titre : Shifonia j)assiona(a, et 
l'a envoyée au jury chargé de prononcer sur le 
mérite des concurrents. 'Le premier prix lui a 
été décerné ; M. Strauss, maître de chapelle à 
Carlsruhe , a obtenu le second. Les deux 
ouvrages couronnés ont été publiés. Lachner 
n'avait pas encore terminé sa symphonie, lors- 
qu'il reçut sa nomination de maître de chapelle 
du roi de Bavière , et il partit pour Munich, lais- 
sant à son frère son emploi de directeur de mu- 
sique à la cour de Manheim. Sous sa direction, 
'.'orchestre du théâtre royal de Munich est devenu 
l'un des meilleurs de rAllcmagnc. En 1852, le 
roi de Bavière l'a élevé au rang de directeur gé- 
néral de sa chapelle et de la musique de chambre. 
Avant que Lachner eut été installé à Munich, 
la plupart de ses grandes compositions n'avaient 
été entendues qu'il Vienne , où elles jouissaient 
de beaucoup d'estime. Parmi les principaux ou- 
vrages de cet artiste, on cite : 1° Les Quatre Ages 
de l'homme, oratorio. — 2° Moïse, idem. — 
3° Première symphonie à grand orchestre, en mi 
bémol. — 4° Deuxième idem (en fa). — 5" Troi- 
sième idem (en rc mineur); — G° Quatrième 
idem, Sinfonia passionuta (en mi. majeur) : 
couronnée à Vienne. — 7" Cinquième symphonie 
(en ut mineur ). — 8° Sixième idem (en ré). Ces 
«uvrages ont été publics à Vienne, chez DiabeiJiet 
Hasiinger ; ils ont été exécutés avec succès et 
«ntreçii l'approbation des altistes à Vienne, Man- 
Iheim , Traucfort, Leipsick, IJerlin et Municii. 



Les autres compositions de Lachner sont . 
1" Des ouvertures de concert exécutées à Vienne 
et dans plusieurs autres villes de l'Allemagne. — 
2° Un quintette pour des instruments à cordes. 

— 3° Trois quatuors idem, op. 75, 76 et 77. — 
4° Deux quintettes pour des instruments à vent. 

— 5° Une sérénade pour quatre violoncelles. — 
6" Une élégie pour cinq violoncelles, sur la mort 
de Beethoven. — 7" Deux andanie pour 4 cors, 
2 trompettes et 3 trombones. — 8° Deux concertos 
de harpe, exécutés dans les concerts de Vienne; 

— O^Concerlino pour basson. — 10" Trois trios 
pour piano, violon et violoncelle. — 11° Sonate 
pour violon et violoncelle, op. 14; Vienne, Me- 
ciietti. — 12" Grande sonate pour piano à quatre 
mains, op. 20 ; Vienne, Leidesdorf. — 13" Deux 
grandes sonates pour piano seul, op. 25 et 27 ; 
Vienne, Pennauer et Mechetti. — 14° Deux noc- 
turnes à 4 mains pour le même instrument, op. 12 
et 22; Vienne, Pennauer. — 15" Des rondeaux 
brillants idem, op. 8 et 17. — 16° Des caprices 
et des marches ii 4 mains. — 17° Introduction et 
variations brillantes sur un thème original , 
op. 1 .5. — 18° Trois grandes sonates et deux lùgues 
pour l'orgue. — 19° Des préludes, fugues et ca- 
nons idem. — 20° Un nonelto pour des instru- 
ments à vent. — 21° Plusieurs cantates de cir- 
constance avec orchestre. — 22" Trois messes 
solennelles avec orchestre. — 23° Des offertoi- 
res, hymnes, psaumes et graduels, idem. — 
24° Des chants allemands avec piano, op. 33, 48, 
49, 56, 62 et 63. — 25° Des chants pour 4 voix 
d'homme. Lachner a écrit pour le théâtre : 
Alidia, grand opéra en trois actes, représenté avec 
im brillant succès à Munich, le 12 avril 1839; 
Die Burgschaft (La Caution), grand opéra en 
troisactes, joué dans la même ville en 1834 ; Ca- 
therine Cornaro ( sujet de la Reine de Chy- 
pre), grand opéra joué à Munich, Vienne, Berlin, 
Francfort, Manheim, Bruxelles, et partout ap- 
plaudi ; l'ouverture et les entr'actes du drame 
iiditulé Lanassa, représenté à Vienne, en 1832. 
Le dernier ouvrage dramatique de ce composi- 
teur, Bevenuto Cellini, a été représenté à Mu- 
nich avec succès. 

Lachner est, à juste titre, considéré en Alle- 
magne comme un des artistes les plus recom- 
mandables de l'époque actuelle, soit comme com- 
positeur, soit comme directeur de musique. Son 
talent est sérieux, solide, et appartient aux meil- 
leures traditions de l'ancienne école, qui malheu- 
reusement s'effacent de jour en jourdans sa patrie, 

LACHiVER (Ignace), frère du précédent, di- 
recteurde musique delà cour à Stutigard, est né 
à Rain,le 11 septembre 1807. Destiné d'abord à la 
carrière de l'enseignement, il fit ses humanités au 



LACHNER ~ LACHNITH 



gymnase de Neuboiirg; mais il cultiva aussi la 
musique et apprit à jouer du piano, de rorf^ue^ et 
surtout du violon, sur lequel il acquit beaucoup 
d'habileté. Parvenu à l'âge de quatorze ans, il prit 
la résolution de se vouer spécialement à la culture 
de l'art, et se rendit à Munich pour y acquérir 
une éducation musicale sous les meilleurs maîtres. 
Il était âgé de quinze ans lorsqu'il entra comme 
violoniste à l'orchestre du Théàtre-Royal. Après 
avoir occupé cette position pendant quatre ans, 
il se rendit à Vienne, où l'appelait son frère Fran- 
çois, qui devint son maître d'harmonie et de con- 
trepoint. Dès ce moment, toutes les études 
d'Ignace Lachner se tournèrent vers la compo- 
sition. Un an après son arrivée à Vienne, il obtint 
la place d'organiste de l'église réformée, et fut 
attaché comme violoniste à l'orchestre du théàtie 
impérial de l'Opéia, dont il devint ensuite se- 
cond chef et enfin premier. En 1831, il accepta 
la place de directeur de musique dans la chapelle 
du roi de Wurtemberg. Il a fait représenter au 
théâtre royal de Stuttgard, en 1847, l'opéra in- 
titulé Der Geisterthurm (La Tour des reve- 
nants ) , et deux ans après Die Rerjenbnider 
(Les Frères de la pluie) : ces ouvrages ne réus- 
sirent pas ; mais on attribue leur chute en Alle- 
magne à la stupidité des livrets. Lachner a écrit 
aussi des ouvertures et des entr'actes poirr plu- 
sieurs drames, quelques ballets, une symphonie, 
des quatuors pour instruments à cordes, des so- 
nates de piano, des pièces de concert pour plu- 
sieurs instruments, et une grande quantité de 
chansons allemandes avec piano. Son chant sur 
les paroles Ucberall Du! (Toi partout! ),avec 
cor obligé, a eu un succès de vogue. On connaît 
aussi de cet artiste une Messe à 4 voix, orgueet 
instruments à vent; Stuttgard, Haydn. 

LACHiXER (Vincent), autre frèr-e de Fran- 
çois, est né à Rain, en 1811. Destiné, comme 
son frère Ignace , à l'enseignement, il fut envoyé 
à Augsbourgà l'âge de quatorzeans, pour y suivre 
les cours du gymnase. Déjà il avait de riiahileté 
sur le piano et sur leviolon ; mais il ne cultivait la 
musique que comme le complément d'une bonne 
éducation. Jl était âgé de dix-sept ans lorsqu'il 
fut engagé comme précepteur dans une famille 
noble de Pologne qui résidait à Coscewitz. Obligé 
d'y faire usage de ses connaissances en musique 
pour ses élèves , il sentit alors se développer son 
penchant pour cet art, et l'étudiaavec plus de zèle 
qu'il ne l'avait fait jusqu'alors. La lecture des 
traités d'harmonie et de contrepoint, et surtout 
l'étude des partitions des meilleurs maîtres lurent 
les sources ou il puisa son instruction dans l'art 
décomposer. Lorsque son frère Ignace fut appelé 
de Vienne à Stirtlgard, il alla le remplacer dans 



les emplois d'organiste de l'église réformée et dt; 
violoniste au théâtre de l'Opéra impérial. En 1838 
il fut appelé à Manheim pour y diriger la mu- 
sique de la chapelle et du théâtre. C'est dans 
cette ville qir'il a écrit la plupart de ses compo- 
sitions. On a de lui plusierrrs grandes sympho- 
nies, un quintette pour instrrrmenta à cordes, 
considéré comme rme production fort remarqua- 
ble, un quatuor pour piano, violon, alto et basse, 
op. 10; des pièces porrr le piano, beaucoup de 
Lieder, elàes chants pour qiratre voix d'homme. 
M. Lachner est l'âme de la musique à Manheim. 

L'aîné des frères Lachner (Théodore), né à 
Rain, en 1798, est bon organiste, professeur de 
musique recherché, et occrrpe au théâtre de Mu- 
nich la place de répétiteur. On ne connaît aucun 
orrvrage de sa composition, il a arrangé pour le 
piano la partition de Macbeth, opéra de Che- 
lard, publiée à Munich chez Falter. 

Deux sœrrrs de ces artistes, Theklo, née à 
Rain, en 1803, et Christine, qui vit le jour dans 
la même ville, en 1805, ont cultivé aussi la mrr- 
sique avec succès. L'aînée était en 1841 orga- 
niste de l'église Saint-Georges, à Augsbourg; et 
l'arrtre enseignait le piano et était organiste de 
l'église de sa ville natale. 

LACHNITH (Louis-Wenceslas), fils de 
François Lachnith, bon musicien attaché à l'é- 
glise des Jésuites de Prague, naquit en cette ville, 
le 7 juillet 1746, et non en 175G, comme il est dit 
dans le Dictionnaire historique des musiciens de 
Choron et Fayolle, et dans la Biographie uni- 
verselle des contemporains. Après avoir appris 
de son père les éléments de la musique, il prit 
chez différents maîtres des leçons de violon , de 
clavecin et de cor; ce dernier instrument fut celui 
sur lequel il acquit le talent le plus distingué. 
D'abord employé dans la musique du duc de 
Deux-Ponts, non en qrralité de maître de cha- 
pelle, comme on le dit dans les ouvrages cités 
précédemment, mais comme simple musicien, il 
se rendit à Paris en 1773, y perfectionna son jeu 
sur le cor, sous la direction de Rodolphe, el se 
fit entendre plusieurs fois avec succès au concert 
spirituel. Sa mauvaise santé l'obligea ensuite à 
cesser de jouer de cet instrument. Philidor de- 
vint son maître décomposition en 1776. Vers le 
môme temps il commença à se faire connaître 
comme professeur de clavecin, et forma de bons 
élèves. Ses premières productions pour le théâtre 
furent : 1" L'henreux Divorce, ou la Réconci- 
liation, opéra-comique en un acte, représenté le 
25 juin 1785. — 2'' L'Antiquaire, parodié sur la 
musique d'Anfossi, au théâtre de Monsieur, en 
1789. — ^"Eugénie et Linval, ou le mauvais 
fils, en deux actes, au théâtre Montansiei-, 17'J8, 



156 



LACHINITH — LACOMBE 



Plus lard Lachnith écrivit pour l'Opéra un grand 
ouvrage en trois actes intitulé : Les fêtes lacé- 
démoniennes; mais il ne put jamais en obtenir 
la représentation. Ses autres travaux dramati- 
ques n"ont consisté qu'en pasticiies et traduc- 
tions. C'est ainsi qu'il a dénaturé La Flûte en- 
chantée, de Mozart, dans une monstrueuse com- 
pilation intitulée : Les Mystères d'Isis. Saùl et 
la Prise de Jéricho, pastiches du même genre, 
ont été arrangés par lui , en collaboration avec 
Kalkbrenner (père), sur des morceaux puisés 
dans les œuvres des maîtres les plus célèbres. 
Lachnith a écrit pour la musique instrumentale : 
1° Six symphonies à grand orchestre pour les 
concerts de la Loge olympique; elles sont restées 
en manuscrit. — 2° Six symplionies à 10 parties, 
op. 1 ; Paris, Sieber. — 3° Trois ulem, op. 4 ; 
ibid. — 4" Trois idem, op. ll;ibid. — 5° Six qua- 
tuors pour 2 violons, alto et basse, op. 7; ibid. 

— 6" Six idem pour deux violons , alto et basse, 
non publiés. — 7" Six trios pour deux violons et 
basse; ibid. — S" Trois concertos pour cor et 
orchestre, inédits. — 9" Trois trios pour cla- 
vecin, violon et violoncelle, op. 2; Paris, Boyer. 

— 10" Six sonates pour clavecin et violon, op. 3 ; 
Paris, Sieber. — 11° Six idem, op. 14; ibid. 

— 12° Six idem, op. 15 ; ibid. — 13° Trois idem, 
op. 16; ibid. — 14° Trois idem, op. 20; ibid. — 
15° Plusieurs pièces détachées pour le piano et 
pour la harpe. — 16° Méthode ou principe gé- 
néral du doigter pour le forte-piano (avec 
Adam); Paris, Sieber. Il a aussi arrangé huit 
œuvres de quatuors de Pleyel pour piano, violon 
et violoncelle. Lachnith est mort à Paris, le .3 oc- 
tobre 1820, à ''âge de soixante-quatorze ans. 

LACUIMTH (Antoine), frère du précédent, 
a été confondu avec lui par l'auteur de l'article 
inséré dans le Lexique universel de musique pu- 
blié par le docteur Scliiliing. Celui-ci fut d a- 
bord musicien de chambre à Deux-Ponts, 
comme son frère, puis retourna à Prague en 
1799, et fut employé dans la musique de la ca- 
thédrale de cette ville, en qualité de trompet- 
tiste. 11 jouait biendu clavecin, et il a laissé en ma- 
nuscrit quelques œuvres de trios et de sonates 
pour cet instrument. Il est mort à Prague,vers 1796. 

LACKMAIXIV (Adam-Henri), savant |)hiio- 
togue, né en 1694, à Weningen, dans le duché 
deLauenbourg, fut professeur d'histoire à l'univer- 
.sité de Kiel, et premier assesseur du consistoire, 
dans le duché de Holsteiu. Il mourut à Kiel, le 
17 août 1753. Parmi ses nombreux et savants ou- 
vrages, on en trouve un qui a pour titre : Ge- 
danken ueber das bey Tondern gefimdene 
golden Ilorn (Pensées sur le cor d'or trouvé 
près de Tondern); Hambourg, 1735, in 4°. 



LACODRE (M.-S.). Voy. BLIN. 

LACOMBE (Jacques), né à Paris, en 1724, 
fut dabord avocat, puis se fit libraire en 1766, 
et fut chargé pendant plusieurs années de la pu- 
blication du Journal des savants et du Mer- 
cure. Des entreprises trop considérables aux- 
quelles il se livra dérangèrent sa fortune, et le 
conduisirent, en 1778, à une faillite de 500,000 
francs. Il mourut à Paris, à l'âge de quatre-vingt- 
sept ans, le 16 juillet 18 11. Choron et Fayolle ont 
dit dans leur Dictionnaire historique des mu- 
siciens que Lacombe était le beau-père de Gré- 
try; ils ont été trompés par de faux renseigne- 
ments, car il était le beau-frère de ce composi- 
teur. Lacombe a publié un grand nombre d'ou- 
vrages, dont la plupart sont des compilations. 
On trouve des observations sur la musique dans 
ceux dont les litres suivent : Dictionnaire por- 
tatif des beaux-arts, Paris, 1752 ; réimprimé 
en 1753 et en 1759; traduit en ilalien, Venise, 
1758, in-8°. — 2° Le Spectacle des beaux-arts, 
Paris, 1758, 1 vol. in-12 ; réimprimé en 17G2. 

LACOMBE (Louis BROUILLOIV-), pia- 
niste distingué et compositeur, est né à Bourges 
(Cher), le 26 novembre 1818. Ureçutdc sa mère 
les premières leçons de musique. A peine âgé de 
sept ans, il joua du piano dans un concert donné 
au théâtre pour les incendiés de Salins, En 1828, 
son père alla s'établir à Paris, afin que son lils 
pût y développer son talent naissant. Admis au 
Conservatoire de Paris, le 10 avril 1829, le jeune 
Lacombe y fut élève deZimmerman pour le piano, 
et obtint le premier prix au concours de 1831 , 
avant d'avoir accompli sa treizième année. Il sor- 
tit de cette école le premier octobre 1832, et bien- 
tôt après il entreprit avec son père, sa mère, et sa 
sueur (Félicie Lacombe), devenue son élève, vn 
voyage en France, en Allemagne, recueillant par- 
tout des applaudissements accordés à son talent 
précoce. Arrivé à Vienne, Lacombe développa 
ce talent sous le rapport du mécanisme par le.s 
leçons de Charles Czerny, et apprit, sous la di- 
rection de Fischoff, à interpréter les œuvres 
classiques de Haydn, de Mozart, de Hœndel, de 
Bach et de Beelhoven. L'instruction du jeune ar- 
tiste se compléta dans l'harmonie et le contre- 
point, dont il fit un cours chez Simon Sechter ; 
le maître de chapelle Seyfried lui enseigna la 
facture de la fugue et l'instrumentation. Ce fut 
à Vienne que le jeune Lacombe écrivit ses pre- 
mières compositions, lesquelles consistaient en 
quelques morceaux pour le piano, et deux ouver- 
tures pour l'orchestre. Après plusieurs annéesde 
séjour dans cette ville, il reprit le cours de ses 
pérégrinations avec sa mère et sa sœur, en 1840,. 
visita Dresde, la Saxe, les villes du Rhin, et rcn- 



LACOMBE — LACROIX 



tii? 



tra à Paris à la fin de celte même année. Depuis ' 
cette époque jusqu'en 1842, il publia quelques 
œuvres brillants et gracieux pour le piano qui 
furent bien accueillis, nij quintette en fa dièse 
mineur, un trio en ré mineur pour piano, violon 
et violoncelle, et des études. Jugeant toutefois que 
ses études de composition n'avaient pas été com- 
plètes, il prit des leçons de M. Barbereau pour 
l'harmonie, lut et médita les traités de contrepoint 
de Clierubini et de l'auteur de cette notice, et 
acheva avec couragecette nouvelle excursion dans 
le domaine de la science. 

Marié à vingt quatie ans à une femme qui pos- 
sédait une modeste aisance, Lacombe putse livrer 
avec plus de liberté à la composition : c'est alors 
que parurent Les Harmonies de la nature, pour 
piano, la grande étude en octaves, le second trio 
pour piano, violonet violoncelle (en la mineur), 
supérieur au premier sous le rapport du dévelop- 
pement des motifs et de la facture, ainsi que 
quelques pièces de moindre importance. Le 21 
mars 1847 il donna dans la salle du Conservatoire 
un concert où l'on exécuta une ouverture de 
sa composition, plusieurs morceaux de chant, 
dont un {Jj'Ondineetle PecAewr) a obtenu un 
succès de vogue, et une symphonie dramatique 
intitulée Manfred, qui appartient au genre des- 
criptif et scénique par lequel Berlioz, Félicien Da- 
vid, M. Douay et quelques autres compositeurs 
ont entrepris de donner une direction nouvelle 
à l'art. Déjà M. Lacombe avait fait entrevoir son 
penchant pour ce genre dans une ouverture qui 
avait pour titre Mitternacht (Minuit), et qui fut 
exécutée à Dresde en 1840, dans un concert qu'il 
y donna. Le 26 mars 1859, une autre symphonie 
dramatique de Lacombe , intitulée Arva, ou les 
Hongrois, fut exécutée dans un second concert 
donné par lui. La marche des Racoleurs, tirée 
de cet ouvrage, et arrangée pour piano, à deux 
et à quatre mains , a été publiée chez Heugel à 
Paris. A l'excepUon de quelques fragments 
à'une Épopée lyrique, qui ont été exécutés aux 
concerts de la Société de Sainte - Cécile , 
sous la direction de M. Seghers, et de la Société 
des jeunes artistes , dirigée par M. Pasdelonp, 
aucun grand ouvrage du genre de Manfred et 
à'' Arva, composé par Louis Lacombe, n'a été 
entendu après ceux-ci, quoiqu'il ait beaucoup 
écrit. Ce n'est qu'au prix de grands sacrifices 
qu'un compositeur peut se donner la satisfac- 
tion d'entendre ses productions lorsqu'elles ont 
des proportions gigantesques d'orchestre et de 
chœurs ; carelles occasionnent des dépenses con- 
sidérables pour les répétitions et l'exécution. 
L'exagéré est la maladie des artistesde l'époque 
actuelle : ils ne peuvent se décider à rester dans ' 



des limites plus modestes, parce qu'ils se persua- 
dent que Vef.fort est \e génie. M. Louis Lacombe 
a fait représenter auThéûtrc-Lyrique, le 16 jan- 
vier 18G1, un opéra-comique en un acte, intitulé 
La Madone, où les proportions de la musique 
étaient en désaccord avec la simplicité du sujet, 
bien qu'il yeûtdu mérite dans la manière dont 
la partition était écrite. On y remarquait l'er- 
reur qui vient d'être signalée : la haine du 
simple! Parmi le grand nombre de morceaux 
de piano publiés par cet artiste estimable, on a 
distingué particulièrement les œuvres qui ont 
pour titre Veux nocturnes (op. bO); Marche 
turque; Simples mélodies ; Larmes et souri- 
res ; douze Lieder pour voix seule, avec accom- 
pagnement de piano. 

LACOSTE (....). compositeur, entra à l'O- 
péra (le Paris, comme choriste, en 1693, et se 
retira avec la pension en 1708. Il vivait encore 
en 1757, suivant VHistoire du théâtre de l'A- 
cadémie royale de musique, publiée par Durey 
de Noinville, d'après les notes de Travenol 
(S^c partie, page 20). Lacoste a composé la mu- 
sique de plusieurs opéras représentés à Paris et 
à Versailles. En voici la liste avec les dates .• 
i°Aricie, opéra balleten 5 actes, 1697. — 2" jV/u- 
lomèle, tiagédie lyrique, représentée en l7or», 
et reprise en 1709, 1723 et 1734. — i" Brada- 
mante , tragédie lyrique en 5 actes, 1707. — 
4° Creuse, en 5 actes, 1712. — 5'^ Télégonc, 
en 5 actes, 1725. — 6° Orion, en 5 actes, 1728. 
— 7° Biblis, en 1732. — 8" Pomone, pastorale 
en 3 actes. Lacoste a publié à Paris un livre de 
cantates à voix seule avec basse continue. Les 
partitions de Philomèle, Bradamanie, Té- 
légone, Orion et Biblis ont clé imprimées à 
Paris, chez Ballard, dans les années de leur re- 
présentation. 

LACROIX (Antoine), violoniste distingué, 
naquit en 175(i, à Remberville, près de Nancy, 
Quelques biographes ont fixé par erreur la date 
de sa naissance en 17()5. Antoine Lorenziti, 
maitre de chapelle de la cathédrale de Nancy, 
lui enseigna le violon et la composition. Arrivé 
à Paris en 1780, il s'y fit entendre avec succès, 
et bientôt il jouit de la réputation d'un artiste de 
grand mérite. En 1784 il publia son premier œu- 
vre, consistant en six sonates pour le clavecin, 
avec accompagnement de violon obligé. Les évé- 
nements de la révolution française le décidèrent 
à s'éloigner de la France, vers la fin de 1/92 il 
alla se fixer à Brème, où s'étaient retirés plu- 
sieurs émigrés français, qui l'accueillirent avec 
faveur. En 1793, Lacroix entrepiitun voyage 
en Allemagne et en Danemai-k , et partout il 
donna des concerts qui le firent connaître avanta- 



tâ8 



LACROIX — LADURINER 



g€iisement . Après avoir passé quelques années à 
Leipsick, Hambourg el Gotha, il ohlinl, en 1800, 
sa nomination de directeur de musique a Lubeck, 
oii il passa le reste de ses jours. Il est mort en 
cette ville, vers la fin de 1812. Neuf ans aupara- 
vant, il avait fondé une maison pour le com- 
merce de musique. Homme d'esprit et de bon ton, 
Lacroix s'était fait autant estimer par son ca- 
ractère qu'admirer par son talent. Sa musique 
n'a point eu à Paris le succès que son originalité 
aurait dû lui procurer; elle est plus connue des 
Allemands que des Français. On a de sa compo- 
sition : 1° Duos pour 2 violons, op. 12, 14 , 15, 
1C, 18, 20 et 21 ; Paris, Pleyel ; Leipsick, Breit- 
kopfet Hœrlel ; Brunswick, Spebr. —2'' Quatuors 
pour deux violons, alto et l)asse, op. 5, 13, 17; 
Hambourg, et Brunswick. — 3° Sonates pour vio- 
lon, avec accompagnement de basse, op. 3; Ham- 
bourg, Bœlime. — 4" Thèmes variés pour violon, 
op. 6, 19; Hambourg, Bœhme ; Vienne, Cappi. 
— 5" Sonates pour piano et violon, op. 1, Paris, 
Boyer. — G" Thème varié pour piano seul. — 
7° Plusieurs recueils de danses allemandes, 

LACY (RoPH(No), violoniste, né à Biibao, en 
Espagne, le 19 juillet 176j, d'une famille anglaise, 
est fils d'un négociant établi dans ce pays. Dès 
l'âge de cinq ans on lui enseigna àjouer du vio- 
lon; un an plus tard il exécuta un concerto de 
Jarnowick au concert d'un violoniste italien , 
nommé Andreossi. Devenu un de ces prodiges 
de précocité qui souvent ne deviennent que des 
artistes médiocies, il se fit admirer à la cour de 
Madrid à un âge où d'autres ignorent encore les 
éléments de la musique. Au commencement 
de 1802, on l'envoya commencer ses études au col- 
lège de Bordeaux ;il alla ensuite les achever dans 
un lycée de Paris. Elles furent brillantes, et des 
prix lui furent décernés chaque année dans les 
concours. Devenu élève de Kreutzer, il fit, sous 
la direction de ce maître habile, de rapides progrès. 
Au mois de janvier 1805, peu de temps après le 
couronnement de Napoléon, il jouaaux Tuileries 
un solo de violon, où il excita Pétonnement. On 
*ne le connaissait alors que sous le nom du 
petit Espagnol. Des spéculations malheureuses 
ayant ruiné son père, celui-ci conduisit son 
fils en Angleterie pour -,lui faire embrasser la 
profession de musicien , et le confia aux soins 
de Viotti. Le jeune artiste était alors âgé de dix 
ans; il parlait avec une égale facilité l'anglais, 
le français, l'italieu , l'espagnol, et connaissait 
les éléments de la langue latine. Le patronage 
des ducs de Galles et de Sussex fut le signal de 
la protection que lui accorda toute la noblesse 
de l'Angleterre, et ses concerts^, qui furent donnés 
dans la salle d'Hannover square, eurent le 



plus brillant succès. A Dublin, il se fit entendre 
dans le premier concert que IM""^ Catalan! y 
donna ; à Edimbourg, il joua dans ceux de Corri. 
Peu de lemps après, son père lui fit abandonner 
la musique pour le théâtre, et le fit engager pour 
ies rôles comiques à Edimbourg, puis àGlascow, 
et enfin à Dublin. Versle milieu de l'année 1818, 
on lui proposa de succéder à Yanevicz, comme 
directeur des concerts de Liverpool ; il accepta, et 
reprit son violon. De retour à Londres à la fin 
de 1820, il y eut l'emploi de compositeur de bal- 
lets au Théâtre italien pour la saison de 1821 ; 
mais des discussions avec le directeur lui firent 
abandonner celte place trois ans après, et re- 
prendre son emploi de chef d'orchestre à Liver- 
pool. On a publié de la composition de cet ar- 
tiste plusieurs fantaisies pour le piano, sur des 
thèmes d'opéras italiens, trois rondeaux brillants, 
un quintette pour deux violons, alto et violon- 
celle, avec accompagnement de piano, et des 
chansons anglaises. 

LADURIVER (IGNACF,-ANTOI^E-FRA^çoIS- 
Xaviiîr), fils d'un organiste-instituteur, naquit à 
Aldein, dans le Tyrol, le l*"'août 1766, et entra 
à l'âge de dix ans au monastère de Benedict- 
Bayern, pour y faire ses éludes. Après la mort 
de son père, en 1782, il dut remplir les fonctions 
de ses deux places, quoiqu'il ne fût âgé que de 
seize ans. Devenu libre en 1784, ayant été rem- 
placé par son frère, il se rendit à Munich pour y 
faire sa rhétorique et continuer ses études musi- 
cales. Peu de temps après il suivit une comtesse 
de Heirnbauen à Longueville, près de Bar-le-Duc, 
où elle possédait une propriété. Cette dame, 
pianiste distinguée, avait engagé Ladurner pour 
faire de la musique avec elle. Après deux ans de 
séjour cliez elle, l'artiste se rendit à Paris, où il 
se fit bientôt connaître avantageusement comme 
professeur de piano et comme compositeur. Il 
arriva dans celte ville au mois de juillet 1788, 
et déjà son portrait était gravé en 1790, comme 
celui d'un artisie célèbre. Fink, à qui l'on 
doit un article sur la famille Ladurner, inséré 
dans le Lexique universel de musique publié 
par Schilling, dit que depuis le départ de ce- 
lui qui est l'objet de cette notice, il semble 
avoir oublié les siens et son pays, n'ayant jamais 
écrit à sa famille pour l'informer de sa situa- 
tion. Ceux qui ont connu T,a(lurner ne seront 
point étonnés de ce silence, car peu d'artistes 
ont eu une existence aussi active que lui. Le 
nombre de ses élèves était si grand, pendant 
quarante ans, qu'il employait à ses leçons près 
de quinze heures chaque jour. Parmi ses élèves, 
on compte M. Auber et Boely, pianiste et com- 
positeur distingué ( voy. ce nom). Frappé de pa 



LADURNER — LAEGEL 



U',0 



ralysie en 183G, il se relira dans sa maison, de 
campagne, à Viliain, commune de Massy (Seine- 
el-Oise), où il mourut, le 4 mars 1839. 11 avait 
épousé M"^ Mnssier de Gondrevilie, qui s'était 
Tait connaître comme violoniste distinguée, sous 
le nom de 3/"e de la Jonchère. Cette dame, 
élève de Mestrino , brilla longtemps dans les 
concerts de Paris. Plus tard, elle fut nommée 
directrice de la maison royale de Saint-Denis, 
et mourut le 25 octobre 1823. Fink dit que les 
œuvres de Ladurner sont au nombre d'environ 
quatre-vingts : son erreur est manifeste. Voici la 
liste des ouvrages de cet artiste : 1° Trois sonates 
pour piano seul, op. 1 ; Paris, Naderman. — • 
2°Trois idem., op. 2 ; Paris, Leduc aîné. — 3° Mé- 
lange harmonique pour le piano, op. 3 ; Paris, 
Carli. — 4° Trois sonates pour piano seul, op. 4 ; 
Paris, Naderman. — 5° Trois sonates pour piano 
et violon, op. 5; Paris, Carli. — 6" Sonate pour 
piano à quatre mains, op. 6 ; ibid . — 7° Trois so- 
nates pourpianoetviolon,op.7 ;ibid. — 8° Trois 
caprices pour piano seul, op. 8 ; Paris, Leduc. 

— 9° Trois sonates pour piano et violon, op. 9; 
Paris, Carli. — 10" Deuxième mélangeharmonique 
pour piano seul, op. 10; ibid. — 11° Trois sonates 
pourpianoseul, suivies d'un caprice, op. 11 ;ibid. 

— 12° Fantaisie pour piano seul, op. 12; Paris, 
Michel Ozi. — 13° Trois divertissements, op. 13; 
ibid. — 14° Trois thèmes variés pour piano seul, 
op. 14; Paris. Carli. — 15° Six airs variés, liv. 1 
et 2, op. 16; ibid. — 16" Airs irlandais variés, 
op. 17: ibid. — 17° Air des Trembleurs varié, 
op. 18; ibiil. Ladurner a fait représenter au 
théâtre de l'Opéra-Comique : 1" Wenzel, ou le 
Magistrat du peuple, en un acte ; 1793. — 
2° Les vieux Fous, en un acte; 1796. 

LADURiVER (Joseph-Aloïs), frère du pré- 
cédent, né le 7 mars 1769, à Allgund, dans le 
Tyrol, où son père s'était fixé deux ans aupara- 
vant, a fait ses études sous la direction de son 
oncle, professeuret prédicateurà Benedicl-Bayern. 
Dès l'âge de quatorze ans il était assez avancé 
dans son instruction pour être en état de rem- 
plir les fonctions d'organiste et de maître d'école, 
devenues vacantes par la mort de son père. 11 
occupa ces places pendant neuf ans. Pendant ce 
temps il perfectionna son talent |sur le piano, en 
jouant beaucoup les œuvres de Clementi, et il 
acheva ses études dans la langue latine. En 1792 
il se rendit à Munich, où il fut admis au lycée 
du Prince électeur : il y resta sept années, pen- 
dant lesquelles il suivit avec distinction les cours 
de philosophie et de théologie. Pendant la der- 
nière année, Joseph Gratz lui donna des leçons de 
contrepoint. Appelé à Rrixen en 1798, il y fut 
d'abord collaborateur el secrétaire du consistoire 



et chapelain de la cour. Il éfail encore plein 
d'activité en 1835, et travaillait avec succès 
comme compositeur de musique instrumentale tl 
religieuse. On a publié de sa composition : 
1° £cce sacerdos magnus, à 4 voix sans accom- 
pagnement; Munich, Falter. — 2° Graduel, idem ; 
ibid. — 3° Offertoire, idem; ibid.— 4° Seize va- 
riations sur un thème pastoral, avec introduc- 
tion et fugue pour le piano; ibid. — 5° Seize 
variations sur une valse de Vienne ; ibid. — 
6° Trente-deux cadences, avec modulations variées 
sur une suite d'accords dans les 24 modes ; ibid. 
— 7° F^antaisie (en ut) pour les commençants; 
ibid. — 8° Fantaisie (en ré bémol majeur); 
Mayence, Schott — 9° Rondo à V anglaise pour 
le piano; Munich, Falter. — 10° Fantaisie, fu- 
gue et sonate sur le thème d'une fugue de Haen- 
del (en fa dièse mineur), ibid. Fink possédait en 
manuscrit les ouvrages suivants du même ar- 
tiste. — 1 1° Ave Maria à quatre voix sans ac- 
compagnement. — 12° Salut aris, idem. — 
13° Le 94® psaume : Venile exultemus, à 4 
voix avec accompagnement d'orgue. 

LAEGEL (Jean-Théopbile) , né le 13 dé- 
cembre 1777, à Flœssberg, près de Borna , dans 
le royaume de Saxe, apprit de son père, pau- 
vre musicien de village et maître d'école de l'en- 
droit, les principes de la musique, du violon et 
du piano. Un professeur, nommé Telzel, qui 
vivait dans le voisinage, le prit ensuite sous sa 
direction et avança son instruction de telle sorte, 
qu'il put entrer en troisième au collège d'Alten- 
bourg à l'âge de seize ans. Il y continua ses 
études de musique dans le chœur dirigé par 
Krebs, fils du célèbre organiste. Une troupe dra- 
matique ambulante vint s'établii- à Altenbourg , 
et y donna des représentations des opéras de 
Mozart, qui commencèrent à former le goût de 
Laegel et augmentèrent son penchant pour la 
musique. Vers le même temps il prit des leçons 
de l'organiste Krebs, et fut choisi comme sup- 
pléant du canlor au chœur de l'église principale. 
En 1800, il était prêt à se rendre à l'université 
de Leipsick, pour y faire des études de théologie, 
lorsque la place de ca?i/or à Weyda, dans le 
Voiglland, lui fut offerte; il l'accepta , et entra 
en fonctions après avoir passé un examen au 
consistoire de Leipsick. Tous ses efforts se diri- 
gèrent dès lors vers le développement de ses fa- 
cultés musicales. Il établit des concerts dont il 
fut le directeur , fonda une école de chant, et se 
livra à l'enseignement ainsi qu'aux autres tra- 
vaux de musicien avec une prodigieuse activité. 
L'art musical lui dut de grands progrès dans, le 
petit cercle où il était placé. Après douze ans de 
séjour à Weyda, il accepta le cantorat d'Eisenberg 



IGO 



LAEGEL — LAFAGE 



qui lui fut offert ; mais il ne le garda que trois 
au?, parce que la position plus avantageuse de 
cantor et de directeur de musique à Géra devint 
vacante en 1815 et lui fut accordée. Il y est mort, 
le 5 juin 1843. Les œuvres de Laegel sont au 
nombre d'environ cinquante ; on y remarque : 
1° Trois sonates pour le piano, à quatre mains. 
— 2" Cantate de Noël. — 3° Six cliants à quatre 
voix pour les sociétés de chant. — 4° Cantate 
pour la fêle de Pâques, publiée dans les arcliives 
de Kalbitz. — 5° Cantate pour la fête de l'Ascen- 
sion. — 6° Cantate pour la Pentecôte. Ces deux 
dernières forment les premiers numéros d'une 
collection d'environ dix morceaux pour l'église; 
les critiques allemands en ont porté un jugement 
favorable. — 7" Plusieurs oratorios. 

LAELIUS (D.-Daniel), luthiste allemand, 
vécut au conimencemeut du dix-septième siècle. 
Il a fait imprimer un recueil intitulé : Testudo 
spiritualis; Francfort, 1616, in-4''. Cet ouvrage 
contient les psaumes de Lobwasser, arrangés 
pour le luth sur des motets français à quatre 
parties. 

LAEMMENHIRT (G.), pianiste et com- 
positeur, vivait vers la lin du dix-huitième siècle, 
en qualité de précepteur, dans la terre du comte 
d'Erbach. Il a publié de sa composition : 1° Grande 
sonate pour piano et violon, op. 1 ; Offenbach, 

André, 1797 2° Deux sonates faciles à 4 niains 

pour le clavecin, op. 2 ; ibid.,1198. 

LAET (Jean), imprimeur de musique à An- 
vers, naquit en cette ville, dans les dernières 
années du quinzième siècle. Un des ouvrages les 
plus rares sortis de ses presses est un recueil de 
psaumes de David, en^angue llamande, avec le 
chant, publié sous ce litre : Souier Liede/iens 
fjhemaechtter eeren Gods, opalle die Psalmen 
van David, lot slichiinghe en eengheestelijcke 
vennakinghe van. allen christen menschen. 
Gheprent Thantwerpcn, in de Haye by Jan de 
Laet ; 1540, petit in-S". Laet s'associa avec Hu- 
bert Waelranf, vers 1545, et publia pendant celle 
association un nombre assez considérable d'ou- 
vrages des compositeurs de cette époque, particu- 
lièrement de musiciens belges. 

LAET ( Jacqces de), en latin Laetius, savant 
belge, né à Louvain, vers la fin du seizième siècle, 
a écrit un éloge de la musique (Encomium mu. 
sices) imprimé à Maestricht. Lipenius ( Bibl., 
pag. 976), Swertius (^^Aen. Bclg.), Valère 
André {Bibl. Belg.) et Foppens ( Bibl. Belg. ), 
qui ont cité cet ouvrage, ne font pas connaître 
la date de l'impression. 

LAFAGE (Pierre de), musicien français, 
né dans la seconde moitié du quinzième siècle, 
et dont le nom est souvent écrit dans les anciens ' 



recueils La Faghe, La Fague, et La Farge, ne 
doit pas être confondu avec Faugues, Fauques, 
ou Fagus, ou La Fage ( Vincent), autre musi- 
cien, qui vécut dans la première moitié du même 
siècle {voy. Faugues). On ne sait rien de la vie de 
cet artiste, maison trouve sous son nom, dans le 
deuxième livre des Motets de la Couronne, 
imprimé à Fossombrone par Octave Petrucci, en 
1519, le motet à quatre voix qui commence par 
ces mots : Elisabeth Zacharix. Pierre Attai- 
gnant a inséré deux motets du même auteur ( ^45- 
pice. Domine, et Vide, Domine, afflictionem ) 
dans le onzième livre de sa collection de motets 
à quatre et cinq voix intitulé : Liber undecimtis 
XXVI musicales habet modulas quatuor et 
quinque vocibus éditas. Parrhisiis, in vico 
Citharx prape sanctorum Cosmi et Damiani 
templum. In adibus Pétri Attaignant, mu- 
sice calcographi; 1534, in-4'', goth. On trouve 
aussi des compositions de cet artiste dans le re- 
cueil intitulé : Tamus secundus psahnorum 
selectarum quatuor et quinque vacum; ISoriin- 
bergx, apudJo. Petreium, anno 1539; dans le 
Liber tertius ,• tiginii musicales quinque, sex, 
vel octo vocum motetos habet, etc. ; Paris, At- 
taingnant, 1534, petit in-4° obi.; dans le Liber 
quartus; XXIX musicales quatuor vel quin- 
que parium vocum modulas habet, etc. ; ibid. 
1534; dans le quatrième livre des Motet ti dcl 
Fiore à 4 voix, imprimé à Lyon chez Jacques Mo- 
derne, en 1539; dans le Secundus liber cum 
quinque vocibus de la même collection ; ibid., 
1533; enfin, dans le Quintus liber Matetlarum 
quinque et sex vocum, etc. ; ibid., 1542. 

LAFAGE (Juste-Adrien LKNOIR DE), né 
à Paris, le 27 mars 1805, lut enfant de chœur de 
l'église Saint-Philippe-du-Roule dès l'âge de six 
ans. Ses parents, qui le destinaient à l'état ecclé- 
siastique, le placèrent au séminaire : il y com- 
mença ses études ; mais, ne se sentant aucune vo- 
cation pour entrer dans les ordres, il les inter- 
rompit brusquement. On voulut alors le faire 
entrer dans la carrière des armes; mais son goût 
décidé pour la musique le fit résister au désir 
de ses parents, qui, pour le détourner de son 
penchant, lui firent reprendre ses études littérai- 
res. Il s'y livra avec ardeur. A peine furent-elles 
terminées qu'il commença, sous la direction de 
Perne ( voy. ce nom ), à étudier le plain-chant, 
l'harmonie et le contrepoint. Ce savant musicien 
l'engagea ensuite à se livrer à des recherches 
sur la musique de l'antiquité et du moyen âge. Il 
lui lit faire la connaissance de Choron, et celui-ci 
le prit aussitôt pour élève. Devenu lui-même pro- 
fesseur de solfège et de chant, Lafage se livra 
avec ardeur à l'enseignement; mais en 1828, 



I 



LA.FAGE 



ICI 



ayant obtenu un subside de la caisse de la liste 
civile pour faire un voyage en Italie , il s'éloigna 
de Paris. Pendant, son séjour au delà des Alpes, 
il demeura surtout à Rome, où l'abbé Baini lui 
donna d'utiles conseils pour l'étude de l'ancien 
style fugué. Lafage séjourna aussi plusieurs mois 
en Toscane, et fit représentera Florence une farce 
intitulée / Creditori. De retour à Paris vers la 
fin de 1829, il y fut nommé maître de chapelle de 
Saint-Iïtienne-du-Mont, et reprit ses travaux 
relatifs à l'enseignement. En 1833 il retourna en 
Ilaliej et pendant trois ans il s'y occupa de re- 
cherches sur la musique. Fixé de nouveau h Pa- 
ris après cette excursion, il s'y est occupé de 
i'achèvement d'ini Manuel de musique, com- 
mencé par Choron et laissé imparfait par ce sa- 
vant. Le premier volume de cet ouvrage fut pu- 
blié vers le milieu de 1836; les autres ont paru 
en 1837 et 1838. On a aussi de cet artiste une 
Sétnéiologie musicale, ou Exposé des xtrinci- 
j)es élémentaires delà musique; Paris, 1837. 
Plusieurs articles de sa composition, relatifs au 
même art, ont été publiés dans la Revue musi- 
cale, les Tablettes^ universelles, \3l Revue 
encyclopédique, les Lunes parisiennes, le Pa- 
norama des nouveautés, le Journal des ar- 
tistes; la Gazette musicale de Paris, et en der- 
nier lieu, dans la Revue universelle. En 1848 
M. de la Fage a fait uu troisième voyage en Italie 
et a séjourné à Rome, à Naples et à Florence, 
se livrant à de nouvelles recherches concernant 
Phisloirede ia musique. Dans ce voyage il a fourni 
divers articles à la Gazetta musicale di Milano. 
La liste des ouvrages de M. de Lafage se com- 
pose de la manière suivante : l. Mcsiqi^e instru- 
mentale. 1° Air varié en trio pour 2 flûtes et 
violon. — 2° Six duos faciles pour 2 flûtes. 

— 3° Air varié jwur 2 flûtes et piano. — 4° Duo 
pour flûte et harpe. — 5" Fantaisie pour flûte et 
piano sur des airs de Rossini. — 6" Fantaisie 
sur un air de La Dame blanche, pour flûte et 
piano. Ces opuscules ont été publiés avant 1827 
chez David , Hentz-Jouve , et Janet , à Paris. 
II. Musique vocale. — 7° Plusieurs romances 
françaises et italiennes. — 8" Choix de solfèges et 
morceaux divers à plusieurs voix, d'une exécution 
facile; Paris, 1825. — 9° Cantiques religieux et 
moraux à plusieurs voix; Paris, 1826-1828, 6 li- 
vraisons. — 10° Cent chansons morales à 2 voix ; 
Paris, 1829. — ii° Missa cuititulus: Omnes 
Sancti; Paris, 1831. Cette messe est pour deux 
voix de dessus et basse, sans accompagnement. 

— 12° Cinq messes très-faciles à deux, trois ou 
quatre voix, à volonté; Paris, 1832. La dernière 
messe seulement de ce recueil est de M. de Lafage. 

— J3'' Adriani de Lafage mot etonnn liber pri- 

nio&n. iMV. Di:s musiciens. — t. v. 



mus; Paris, 1832-1835. Cet ouvrage contient 
soixante-douze morceaux à une, deux, trois, qua- 
tre et cinq voix ; il a été publié en huit livrai- 
sons. — 14° Ordinaire de VOfjice divinarrungé 
en' harmonie sur le plain-chant; Paris, 1832- 

1835. Deux parties; la première pour le malin, 
l'autre pour le soir. — 15° Domine, Salvum fac 
regem, prière pour le roi à une, deux ou trois 
parties, à l'usage des écoles primaires, suivie d'un 
O 5aMcm; Charleville,Lhuyer; Paris, Masson, 

1836, in-8° obi. — 16° Recueil de moiets en 
plain-chant à une ou plusieurs voix, tirés des 
meilleurs auteurs (Rose, Lasceux, Imbert, etc.), 
revus et mis en ordre; Chaileville, Lhuyer; 
Paris, Masson, 1836, in-8° obi. — 17° De Pro- 
fundish huit voix, dédié à la mémoire de F.-L. 
Peine; Paris, 1836. — 18° Adriani de Lafage 
motetorum liber secwnrfus; Paris, Nitou, i837. 
— 19° Psalmi vespertini quaternis vocibus cum 
organo ; ibid., 1837. III. Écrits didactiques. — 
20° Manuel complet de musique vocale et ins- 
trumentale, ou Encyclopédie musicale, par 
A.-E. Choron et Adrien de Lafage; première 
partie, Paris, Roret, 1836, 1 vol. in-18 ; deuxième 
partie, ibid., 1837, 3 volumes in-18; troisième 
partie, ibid., 1838, 2 vol. in-18. Cet ouvrage, 
dont Choron avait fait le plan, n'est, à vrai dire, 
qu'une compilation ; malheureusement ce plan, 
fait d'après ses idées habituelles sur la fusion 
de écoles ( F. Choron ), est très-défectueux, et 
le choix des ouvrages où il a puisé est fort mal 
fait. Les quatre premiers livres avaient été prépa- 
rés par lui. Le premier traite de la théorie des 
éléments de la musique traduits de la Scuola di 
musica de Gervasoni ( voy. ce nom ) ; le second, 
de la mélodie, d'après le Manuel décomposition 
de Koch ( voy. ce nom ) ; le troisième, de l'harmo- 
nie et du contrepoint , d'après Marpurg, Fena- 
roli et Azopardi ; enfin, le quatrième, consacré 
aux contrepoints simples et doubles, est tiré de 
Fux et de Marpurg. Les huit autres livres, ré- 
digés d'après les plans de Choron, par M. de la 
Fage, traitent des canons et de la fugue, suivant 
plusieurs maîtres allemands et italiens; des ins- 
truments, par Francœur, de l'union mécanique 
et intellectuelle de la musique et du discours, 
d'après les idées de Framery et de Chabanon. 
Le huitième hvre, qui a pour objet les styles, 
est un développement de ce que Choron a écrit 
sur ce sujet dans ses Principes de composition 
des écoles d'Italie; le neuvième renferme le 
petit traité d'acoustique qu'il a inséré dans le 
même ouvrage; le dixième est relatif aux insti- 
tutions musicales. On comprend que dans cet 
étrange amalgame il ne peut y avoir tiace de 
doctrine ni de véritable méthode. La plus grande 

11 



102 



LAFAGE 



partie des matériaux avait déjà été employée dans 
les Principes de composition des écoles d'Italie. 
Ce Manuel, qui ne justifie pas son titre, est en 
somme un mauvais ouvrage, — 21" Séviéiologie 
musicale, ou Exposé succinct et raisonné des 
principes élémentaires de musique, etc.; Paris, 
Nicou, 1837, in-4''. Cet ouvrage sert d'introduc- 
tion aux métliode'^ concertantes de Clioron. — 
•n" Principes élémentaires de musique; Paris, 
1837. Ce petit extrait de la Séméiologie est placé 
en tète de quelques petites raétliodes d'instru- 
ments pi'blites par le libraire Roret. — 23" No- 
tice sur la vie et les ouvrages de Stanislas Mat- 
iei; Paris, 1839, in-l2 de 32 pages, extraite de 
la Gazette musicale de Paris. Elle a été traduite 
en italien par l'auteur, sous ce titre : Memorie 
intorno la vita e le opère di Stanislao Maitco, 
da J. A. de la Fage, Parigino, etc.; Bologne, 
1840,in-8°. — 2i° Notice surZingarelU; Paris, 
imprimerie de Bourgogne, in-8". — 26" De 
la Chanson considérée sous le rapport mu- 
sical; Paris, 1840, iu-S". — 26" Éloge de Cho- 
ron, lu à l'Académie de Caen, dans la séance 
du 7 février 1836; Paris, imprimerie du Duces- 
sois, 1844, in-8° de 48 pages. — 27" Notice 
sur Bocquillon-Wilhem, écrite en mai 1S42; 
ibid., 1844, in-8°. — 28° Histoire générale de la 
musique et de la danse; Paris 1844, 2 vol. 
in-8°, et deux livraisons de planches. Ces volu- 
mes contiennent seulement la partie de l'histoire 
qui concerne la musique de l'Orient dans l'antiquité. 
La suite n'a pas été publiée. — 29" Notice sur 
Joseph Baini, écrivain musical et compositeur; 
Paris, 1844, in-8° de 20 pages. — 30° Miscel- 
lanécs musicales ;T^av\s, 1844, 1 vol. in-8''. L'au- 
teur reproduit dans ce volume ses notices sur 
Zingarelli, Mattei et Baini ; on y trouve aussi 
d'antres notices sur Haydn, Martin, Lays, Tritto, 
Belliui, Pilotti, Pierliiigi de Palestrina, etc. — 
31" Orgue de l'église royale de Saint-Denis, 
construit par MM. Cavaillé-Coll père et fils. 
Rapport fait à la Société libre des beaux-arts; 
Paris, 1845, in-8" de 100 pages, avec une planche; 
2^^ édition, Paris, 1846, in-8"de96 pages, avec une 
planche. — 32" Orgue de Saint- Eustache , etc. 
Lettre adressée à M. Eugène Sue ; Paris, 1845, 
in-8' de 16 pages. — 33" De la reproduction 
des livres de plain-chant romain; Paris, 
1853, in-8". — 34" Lettre écrite à l'occasion 
d'un mémoire pour servir à la restauration 
du chant romain en France, par l'abbé Cé- 
leste Alix; Paris, 1853, in-8". — 35" Cours 
complet de plam-chant, ou Nouveau traité 
méthodique ei raisonné de chant liturgique de 
V Église latine, à l'usage de tous les diocèses; 
Paris, 1855-1856,2 vol. in-8". — 36" Quinze vi- 



LAFFILLE 

sites musicales à l'exposition universelle de 
1855; Paris, 1855, in-8". Ce travail est extrait de 
ia Gazette musicale àe Paris. — 37" Prise à 
partie de M. l'abbé Tesson dans la question 
des nouveaux livres de plain-chant romain; 
in-8". — 38" Extraits du catalogue critique et 
raisonné d'une petite bibliothèque musicale; 
in-8". — 39" Nicolai Capuani, presbiteri, com- 
pendium musicale; in-8°. — 40" Routine pour 
acco)npag7ier le plain-chant,ou moyen prompt 
et facile d'harmoniser à première vue le 
plain-chant pris pour basse, sans avoir étu- 
dié Vharmonie ; Paris, in-8". Lafage est mort à 
Cliarenton, le 8 mars 1862. 

LAFFtLLARD (Michel). Fo?/. AFFIL- 
LARD {L'). 

LAFFILLE (Charles), amateur de mu- 
sique , est né à Amiens, vers 1772. Jeune encore, 
il entra dans l'administration; en 1798 , il obtint 
l'emploi de receveur des domaines à Bruxelles, et 
il occupa ce poste jusqu'en 1810. Fixé depuis 
lors à Paris , il s'y lia d'amitié avec beaucoup 
d'artistes, qui réveillèrent eu lui le goût de la mu- 
sique; il composa quelques romances, des can- 
tates de circonstance , et se fit éditeur de mu- 
sique. En 1824, sa maison de commerce fut ac- 
quise par A. Petit, et Laffillé, resté sans emploi , 
fonda une agence spéciale des beaux-arts-, dont 
il fut le directeur. En 1831, il prit la direction du 
Grand-Théâtre de Bruxelles; mais les agitations 
de la Belgique à cette époque ne furent pas favo- 
rables au succès de son entreprise; il y perdit 
beaucoup d'argent, l'abandonna au mois d'oc- 
tobre de la même année, et retourna à Paris. 
Il y est mort, au mois de novembre 1843. On 
a de cet amateur quelques recueils de poésies, 
publiés à Paris. Comme musicien, il a donné : 
1" Marches et pas redoublés en harmonie, n"s i à 
24; Paris, A. Petit. L'auteur lésa composés pour 
l'usage de la garde nationale de Paris, dont il 
était un des capitaines de musique. — 2" Les Veil- 
lées parisiennes , contredanses pour deux vio- 
lons et basse, livres 1 à 3; ibid. — 3° Valses et 
marches pour 2 clarinettes; ibid. — i° Les con- 
certs de Bellone, arrangés pour piano pa. L. Ja- 
din, liv. 1, 2; ibid. — 5" Douze romances avec 
accompagnement de piano ; ibid. — 6" Le retour 
des Lys, cantate à grand orchestre , exécutée à 
i'Opéra de Paris, au mois d'avril 1814. Laffdlé a 
été l'éditeur d'un joli recueil intitulé : Souvenir 
des Ménestrels , contenant une collection de 
romances inédites, composées par les poètes 
et les musiciens les plus célèbres; Paris, 1813 
à 1828, 16 volumes in-ls. Plusieurs romances , 
dont Laffillé a composé les vers ou la musique , 
se trouvent dans ce recueil. 



LAFLECHE — LAFONT 



IG3 



LAFLECHE ( J.-A. -M. ). Professeur de 
guitare , d'Iiarmonie et de cliant, à Lyon , a fondé 
en cette ville une école publique de musique qui 
était déjà en activité en 1819. Il a publié un 
livre élémentaire qui a pour titre : Méthode de 
guitare, contenant une théorie de viusique, 
d'harmonie et d'accompagnement ; Lyon, 1818, 
in-4''. 

LAFONT { Charles-Philippe), violoniste 
célèbre, est né à Paris, le r"^ décembre 17S1. Sa 
mère , sœur de Bertbeaume (voy. ce nom), jouait 
du violon ; elle lui donna les premières leçons de 
musique et de cet instrument ; plus tard, Ber- 
tbeaume lui-même le prit pour son élève , et le 
fit voyager avec lui en Allemagne. Encore enfant, 
Lafont exécutait des solos dans des concerts pu- 
blics en 1792 à Hambourg et à Lubeck, et faisait 
déjà remarquer la [parfaite justesse de ses in- 
tonations et sa dextérité. De retour à Paris, il re- 
çut pendant deux ans des leçons de Kreutzer : 
Navoigilie aîné , puis Berton , lui enseignèrent 
riiarmonie. Doué de tact et dégoût, il apprit 
seul à chanter, n'ayant pour le guider que ce qu'il 
entendait de Garât. Cette époque était celle des 
concerts du théâtre Feydeau, qu'on établit après 
la réaction politique qui suivit le 9 thermidor. 
Lafont y chanta des airs français et des roman- 
ces qu'on applaudit à cause de l'expression qu'il 
y mettait. Devenu ensuite élève de Rode, il s'ef- 
força d'imiter le fini et la perfection du jeu de 
cet artiste ;dès lors son talent de violoniste com- 
mença à prendre le caractère qu'il conserva 
depuis , et qu'un long travail perfectionna de 
plus en plus. Une justesse irréprochable , un son 
pur et moelleux auquel on aurait désiré quelque- 
fois plus d'énergie, beaucoup de sûreté dans 
l'exécution des traits, enfin un charme irré- 
sistible dans la manière de chanter sur son ins- 
trument, telles étaient les qualités par les-- 
quelles Lafont se fit remarquer à son entrée dans 
la carrière, et qu'il a perfectionnées dans la 
suite par des études constantes. En 1801, il com- 
mença «es voyages en parcourant la Belgique 
pour y donner des concerts avec Gabriel Lemoinc, 
faible pianiste, qui ne lui servait guère que d'ac- 
compagnateur. Apiès cette première tournée, qui 
dura quelques années , Lafont revint à Paris , et 
jeta les fondements de sa réputation dans les con- 
certs qui furent donnés à l'Opéra et au théâtre 
Olympique en 1805 et 1806. Il fit ensuite de- 
longs et nombreux voyages en Allemagne, en Hol- 
lande, dans les Pays-Bas, en Italie, en Angle- 
terre et dans le nord de l'Europe. Après le retour 
de Rode en France, en 1808, Lafont lui succéda 
à Pétersbourg dans la place de violon solo de l'em- 
pereur de Russie. Son séjour dans cette ville se 



prolongea pendant six ans. En 1812, il lutta 
à Milan avec Paganini. Lorsqu'il revint à Paris , 
en 1815,1e roi Louis XVIII le nomma premier 
violon de la musique de sa chambre; plus tard 
Lafont joignit à cette place le titre de premier ac- 
compagnateur de la duchesse de Bcrry. Apres 
cette époque, il.se fit entendre souvent dans de 
grands concerts à l'Opéra et ailleurs; partout le 
public l'accueillit avec des applaudissements 
justifiés par son beau talent. En 1831 , il fit 
avec le célèbre pianiste Henri Herz un nouveau 
voyage en Allemagne; deux ans après il visita 
la Hollande, et dans l'été de (838 11 parcourut 
une partie de la France. En 1839 il fit une ncou- 
velle excursion avec le même artiste; mais ce 
voyage eut une fin malheureuse , car Lafont y 
trouva la mort, le 14 août (1), par la chule de la 
diligence dans laquelle il .se trouvait, sur la route 
de Bagnères de Bigorre à Tarbes. La secousse 
fut si violente, qu'il avait cessé de vivre quand on 
le releva. 

On connaît de cet artiste : 1° 1*"" concerto pour 
violon et orcliesfre;'Paris,Lemoin€. — 2° Deuxième 
idem (en «^mineur) ; Paris,|Leduc. — 3' Troisième 
idem (en mi mineur); Paris, Janet. — 4° Quatrième 
idem (en ré) ; ibid. — 5° Cinquième idem (en ut) ; 
ibid. — 6" Sixième idem (en fa) ; Paris, Érard. 

— 7° Septième ,idem, ibid. — 8" Fantaisie sur 
les airs de La Vestale, avec orchestre; ibid. — 
9° f'' et 2* air russes variés pour violon et or- 
chestre; Paris, Leduc. — 10° Souvenirs du 
Simplon, airs suisses variés pour violon et or- 
chestre. — 11° Grande fantaisie et variations 
sur la romance d'O/e/io , avec orchestre; Paris, 
A. Petit. — 12" Grande fantaisie et variations 
sur des thèmes de La Gaz::,a ladra et de Cene- 
rentola , avec orchestre, ibid. — 13° Ronde 
d'Emma variée, avec orchestre; ibid. — 
14° Grande fantaisie sur des airs de Léocadie, 
avec orchestre; Paris, Pleyel. — 15''' Andante el 
boléros pour violon principal, 2 violons, alto, 
violoncelle et contrebasse; Vienne, Leidersdorf. 

— 16° Rondeau brillant (en ki) , avec accom- 
pagnement de quatuor, ibid. — 17° Tioisième 
et quatrième airs variés pour violon principal , 
avec accompagnement ie violon, alto et vio- 
loncelle; Paris, Érard. — 18» Les Chevaliers 
de la Fidélité, variations pour piano , violon 
et cor; Paris, Janet. — 19° Environ vingt duos, 
fantaisies et airs variés pour piano et violon , 
en société avec différents pianistes, tels que 
Kalkbrenuer, H^rz, Mt^e Hérault, etc.— 20° Duo 
pour harpe et violon ; Paris, Janet. — 21° Envi- 

(1) Quelques biographes placent ce triste événement an 
23 août ; mais Henri Herz, compagnon de voyage de La- 
font, m'a donné la date du 14. 



11. 



164 



1.AF0NT — LAGRANGE 



ion deux cents romances, dont plusieurs ont eu 
lin succès de vogue ; Paris, cliez tous les éditeurs 
de musique. — 22" Plusieurs morceaux inédits, 
dont un pour violon et orgue. Lafont a composé 
deux opéras; le premier, en un acte, intitulé 
Zélie et Terville, a été représenté au théâtre 
Feydeau, en 1803, et n'a point réussi ; le second 
a été écrit à Pélersbourg, pour le théâtre particu- 
lier de l'empereur, à l'Ermitage, puis a été re- 
présenté au Théâtre-Français de cette ville. La- 
font était chevalier de la Légion d'honneur. 

Mme Lafont a eu de la réputation comme can- 
tatrice. 

LAGARDE (N. [DE), musicien ordinaire 
de la chambre du roi, fut choisi en 17)7 pour 
maître de musique des enfants de France. Il pos» 
sédait une voix de basse fort belle,, fort étendue 
surtout, et passait pour un chanteur habile. La 
Borde dit que rien n'était plus parfait que des duos 
cliantés par Lagarde et par Jéliotte; ces deux 
artistes faisaient, dit-il, le charme des soupers de 
leur temps. En 1751, Lagarde écrivit l'acte d'i'- 
glé dans l'opéra intitulé Les nouveaux Frag- 
ments : cet ouvrage lut accueilli avec faveur; le 
public applaudissait surtout un chœur et les airs 
de danse. On a aussi de ce musicien trois livres 
de duos de table, quinze livres d'airs à chanter. 
Nouveaux airs à une et plusieurs voix en 
quatre reciLeils; plusieurs cantates, parmi les- 
quelles on citait particulièrement celle à'Énée et 
J)idon, et La Musette, cantatille. Ces petites piè- 
ces ne manquent pas d'une certaine mélodie na- 
turelle : elles ont eu un succès prodigieux dans 
leur nouveauté, et Lagarde passait pour n'avoir 
point de rival dans ce genre de composition. Ce 
musicien vivait encore en 1780. 

LAGARIN ( François), violoniste, né à Ge- 
nève, le 10 juin 1814, commença l'étude de la 
musique dans cette ville, et y (it de rapides i)ro- 
grès. Le 15 octobre 1824, il fut admis comme 
élève au Conservatoire de Paris, et y reçut des 
leçons d'Auguste Kreutzer pour le violon. 11 ob- 
tint le second prix au concours de 1830, et le 
premier lai fut décerné dans l'année suivante. 
Ses études furent terminées en 1832, et bientôt 
après il entra à l'orchestre de l'Opéra, d'abord 
comme un des seconds violons, puis comme 
premier. M. Lagarin est aussi membre de la So- 
ciété des concerts du Conservatoire. On a de cet 
artiste quelques compositions pour son instru- 
ment. 

LAGETTO (....), luthier italien, fixé à 
Paris sous le règne de Louis XIV , a fait des 
violons qui ont été recherchés dans le dix-hui- 
tième siècle. Ils sont fabriqués sur le modèle de 
ceux d'André Amati, et sont vernis à l'esprit-de-vin. 



LAGKiXER (Daniel), organiste à Losdorp , 
au commencement du dix-septième siècle, naquit 
à 'Marchpurg, dans la Styrie. Il vécut pendant 
quelques années à Nuremberg , comme maître 
de chapelle de Saint-Sébald, et fut en dernier lieu 
compositeur du comte de Lobenstein. On ignore 
l'époque de sa mort. Ses ouvrages imprimés sont : 
1° Melodia funebris 6 vocum; Vienne, 1601 , 
in-fol. — 2° Soboles musica, id est cantiones 
sacrx 4-8 vocum; Nuremberg, 1002. — 
3° Florum Jessxorum semina veicibus qua- 
tuor per musicos numéros disseminaia, etc.; 
Nuremberg, 1607, in-4''. — 4° Neuwe teutsche 
Lieder mit 4 Stimmen (Nouvelles chansons 
allemandes à 4 voix); Nuremberg, 1C06, in-4''. 

LAGO (Jean DEL ), moine et contrepointisie, 
né à Venise, au commencement du seizième siècle 
a publié un livre élémentaire intitulé : IJreve in- 
troduttione alla musica misurata; Ex prxlo 
Brandini et Octaviani Scoti frairumhabentur 
excussx Venetiis, 1540, petit in-4'', volume fort 
rare. Giovanni del Lago est le même auteur 
que Possevin appelle Joannes de Lacu {Bi- 
blioth. Select a. lib. XV, tom. II, p. 223). 

LAGOANÈRE (Le chevalier DE), violo- 
niste et compositeur pour son instrument, né 
dans le midi de la France, vers 1785 , servit d'a- 
bord comme soldat , se distingua dans la guerre 
d'Espagne, sous l'empire, fut fait officier et obtint 
la décoration de la Légion d'honneur. Rentré en 
France après la paix, il reprit le violon qu'il avait 
cultivé dès son enfance, et se fit remarquer à 
Paris dans les concerts, en 1817 et dans les an- 
nées suivantes. Après avoir été violon solo de la 
Société des amateurs duWauxhall, il voyagea et 
s'arrêta quelque temps à Strasbourg, oùilse trou- 
vait en 1 824. Plus tard , il se fixa à Lausanne, en 
qualité de premier violon et directeur de musique. 
11 est mort au Vigan (département du Gard ), 
dans le mois de janvier 1841. On a publié de .^a 
composition : 1" Six duos faciles et progressifs 
pour 2 violons, hvres l^'' et 2*^; Leipsick, Breit» 
kopf et Hœrtel. 

LAG RANGE (Joseph-Louis), illustre géo- 
mètre, naquit à Turin, le 25 janvier 1736, de pa- 
rents français d'origine. Il ne parut pas d'a- 
bord avoir de penchant pour les mathématiques; 
mais à l'âge de seize ans il commença à étudier 
les ouvrages des anciens géomètres ; un an après, 
la lecture d'un mémoire de Halley développa tout 
à coup son goût pour l'analyse moderne. Deux 
années d'études lui suffirent pour être au courant 
de la science. Dès 1754 il fit paraître un pre- 
mier écrit sur une série de son invention pour 
les différentielles et les intégrales d'un ordre quel- 
conque. Depuis lors, de beaux mémoires et des 



I 



lAGRANGE 



ir.à 



onvrages importants sur les principaux objets de 
la science se succédèrent avec rapidité. Ce n'est 
point ici le lieu d'en examiner la valeur. Je ne 
dois citer que ceux de ses travaux qui ont du rap- 
port avec la musique. Eu première ligne se pré- 
sente sa dissertation sur la propagation du son, 
insérée dans le premier volume des Mémoires de 
rAcadéraie de Turin (1759), et dont Montucla a 
donné une analyse dans le Journal étranger 
(mai 1760). On trouve dans cette analyse le ré- 
sumé suivant du travail du grand géomètre : 

« M. de Lagrange s'attache d'abord à montrer 
l'insuffisance de la théorie de Newton, et à l'aide 
de la méthode des variations, il résout la ques- 
tion par les principes directs et lumineux de la 
dynamique. Toutes les propriétés de la transmis- 
sion du son sont renfermées dans la formule gé- 
nérale de M. de Lagrange. Voici les conséquen- 
ces principales qu'il en tire : 1° que la vitesse 
du son ne dépend aucunement de la vitesse ou 
de la force de l'ébranlement imprimé à l'air; 
2° que le son se propage également de tous les 
côtés du corps qui le produit; 3° que la vitesse 
est la même dans toute l'étendue de la fiDre élas- 
tique; 4° que cette vitesse ne dépend point 
de la longueur de cette fibre, c'est-à-dire, que 
le son se transmet avec la même vitesse dans 
un air libre et dans celui qui est renfermé. La 
plupart de ces conséquences étaient, il est vrai, 
déjà connues par l'observation ; mais nous pen- 
sons qu'il n'y a aucun physicien qui méconnaisse 
le mérite d'avoir déduit ces faits d'une solide 
théorie. » 

Dans le même mémoire, Lagrange fournit une 
nouvelle théorie de la formation des échos; il la 
tire du développement de quelques cas de sa 
formule. On trouve dans le dernier chapitre la 
solution du problème du troisième son, qui a 
servi de base à la Théorie musicale de Tartini. 
Taylor avait déterminé dans son livre : Me- 
thodus incrementorum directa et inversa 
(Lond., 171.'j), la courbe que forme une corde 
vibrante, tendue par un poids donné, en suppo- 
sant : 1" que la corde dans ses plus grandes 
excursions s'éloigne peu de la direction rectili- 
gne de l'axe ; 2° que tous ses points arrivent 
en même temps à l'axe. 11 trouva que cette courbe 
est une trochoïde très-allongée; ensuite il assi- 
gna la longueur du pendule simple qui fait ses 
oscillations dans le même temps que la corde vi- 
brante fait les siennes (1). D'Alembert, Euler 
et Daniel Bernoulli, qui s'étaient ensuite occu- 
pés de la solution de ce problème, en avaient rec- 
tifié la seconde partie, présentée en effet d'une 

(1) Bossiit, Histoire des MatMmatiques , teine II, 
p. »32 et suiv. 



manière trop arbitraire par Taylor; mais leurs 
solutions, sans conduire à des résultats absolu- 
ment satisfaisants, avaient donné lieu à des dis- 
cu.ssions animées, dans les mémoires de l'Aca- 
démie de Berlin (années 1747, 1748, 1753, 1760). 
Lagrange se livra à une savante discussion de 
cette question dans le même volume de l'Acadé- 
mie de Turin qui a été cité précédemment; puis 
il y revint dans le volume de 1762, et présenta 
sur ce sujet une analyse aussi nouvelle que pro- 
fonde. Depuis lors il a perfectionné sa théorie dans 
les diverses éditions de sa Mécanique analy- 
tique. Lagrange s'était beaucoup occupé de re- 
cherches sur la musique des anciens ; on assure 
que parmi ses papiers, recueillis après sa mort 
par l'Institut de France, il y a quelque chose sur 
ce sujet. 

Les premiers travaux d* Lagrange fixèrent 
sur lui les regards de toute l'Europe savante. En 
1759 il fut nommé membre de l'Académie de 
Berlin. Frédéric II l'appela ensuite pour la pré- 
sider, après la retraite d'EuIer. En 1787, le roi 
de France lui accorda une pension de 6,000 li- 
vres, un logement au Louvre, et divers autres 
avantages pour qu'il allât se fixer à Paris : il 
s'y rendit immédiatement. Après la révolution, 
il fut successivement professeur à l'École normale 
et à l'École polytechnique, membre de l'Institut, 
sénateur, comte de l'empire, et grand officier de 
la Légion d'Iionneur. Il mourut à Paris, le 10 
avril 1813,3 l'âge de soixante-dix-sept ans. 

LAGRANGE (Anna-Caroline DE), can- 
tatrice célèbre, née à Paris, le 24 juillet 1825, 
montra dès ses premières années une organisa- 
tion musicale tout exceptionnelle. Élève de Sta-ai- 
maty {voyez ce nom) pour le piano, elle fit en 
peu de temps des progrès qui tenaient du pro- 
dige , et déjà le professeur, qui lui transmettait 
le mécanisme de l'école de Kalkbrenuer, prédi- 
sait à la mère de cette jeune fille les succès de 
pianiste les plus brillants, lorsque Bordogni 
{voyez ce nom), ayant un jour essayé sa voix, 
dit à son tour : Jetez ce piano par la fenêtre, 
et ne vous occupez que du chant; il vous con- 
duira à la plus belle renommée ainsi qu'à la 
fortune. On ne jeta pas le piano; mais son 
étude ne fut plus qu'accessoire, et Ml'e de La- 
grange devint élève de Bordogni. Douée de la 
plus rare facilité de vocalisation, elle eut bientôt 
dépasséles espérances du professeur. Le premier 
essai de son talent fut fait au théâtre d'amateurs 
que le comte de Castellane avait fait construire 
dans son hôtel du faubourg Saint-Honoré. On y 
devait représenter La duchesse de Guise, opéra 
de M. de Flottow, alors à l'aurore de sa carrière 
de compositeur. Des amateurs distingués,^ appar» 



IGG 



LAGRANGE — LAGIIERRE 



tenant à l'élite de la société, devaient chanter 
<ians cot ouvrage; mais il lallait pour le rôle prin- 
cipal fie femme un véritable talent d'artiste : on 
eut recours à M"* de Lagrange, qui frappa l'au- 
(liloire (i'étonnement et d'admiration par la ma- 
nière dont elle chanta ce rôle. Les avis furent 
unanimes sur le; succès qu'elle obtiendrait au 
théâtre si elle se rendait en Italie. Dès ce mo- 
ment la résolution de M™'^ de Lagrange fut 
prise : elle partit avec sa fille pour Milan. Arrivée 
dans cette ville, M'ie de Lagrange prit des leçons 
de Mandanici (voyez ce nom), pour se préparer 
aux traditions de la scène italienne; mais ce maî- 
tre ne tarda point à lui dire : Mademoiselle, je 
ne sais plus ce que je pourrais vous apprendre. 
Cependant, elle ne se faisait point illusion, et elle 
comprenait très-bien qu'il lui restait beaucoup à 
faire, parce que la vocalisation, si brillante qu'elle 
soit, n'est qu'une des qualités de l'art du chant. 
Après Mandanici, elle se confia aux soins de 
Lamperti, à cette époque le maître le plus re- 
nommé de rjtalie, et ce fut sous sa direction 
qu'elle acheva ses études au point de vue de l'art 
dramatique. Cependant, nonobstant l'opinion fa- 
vorable des artistes italiens sur le talent de 
M"e de Lagrange , il existait alors en Italie un 
préjugé contraire aux cantatrices françaises qui 
faisait hésiter les entrepreneurs à l'engager pour 
leurs théâtres : enfin, grâce à la protection de la 
famille Medici , elle fut engagée pour chanter à 
Vare.se, au mois d'octobre 1842, la Chiara di 
Bosenberg , de Louis Ricci. Le succès qu'elle y 
obtint eut un éclat extraordinaire; car elle dut 
répéter sa cavatine, et elle fut rappelée douze fois 
pendant le cours de la représentation. A Novare, 
OH elle se rendit ensnite, son triomphe fut égal. 
Dans l'année suivante, elle chanta à Plaisance, 
puis à Pavie, et toujours elle rencontra la même 
faveur dans le public. En 1844 elle fut engagée à 
Modène pour chanter le Corrado d'Altamura 
de Frédéric Ricci, mauvais ouvrage qu'elle sou- 
tint pendant quelques représentations par le seul 
mérite de son chant. Dans la même année elle 
chanta les Lombardi de Verdi, et y produisit une 
vive impression. Après celte saison, elle fit un 
voyage en Hollande et en Belgique, puis elle alla 
chanter à Venise la Marescialla d'Ancre de 
Nini, qui tomba à plat, mais dans lequel tous les 
morceaux qu'elle chanta furent applaudis avec 
enthousiasme. De là elle alla à Bologne, où elle 
était engagée pour la Linda de Chamounix de 
.Donizetti, elle y eut un brillant succès. Ce fut 
dans cette ville qu^elle chanta pour la première 
fois le Slabat Mater de Rossini, dans le palais 
de la princesse Ercolani , pour le jour de nais- 
sance de l'illustre maître (28 février). Les autres 



chanteurs de solos étaient le ténor Ivïanoff e£ 
Zucchini, la meilleure basse italienne de ce 
temps. Rossini tenait le piano. Dès ce moment il 
prit un vif intérêt à cette jeune cantatrice, et lu! 
donna des conseils sur les principaux rôles de ses 
ouvrages. Dans la même année (1845) elle fut 
eng^g(-e à Turin, puis (184G) elle chanta à Rovigo 
et à Trieste. Dans celte dernière ville elle eut des 
succès d'enthousiasme par la manière dont elle 
chanta VErnani de Verdi, la Sonnanbula de 
Bellini, et le Barbiere di Seviglia de Rossini. 
Ce fut à la suite de ce succès que Mi'e de Lagrange 
fut appelée à la Scala de Milan, et qu'elle y 
produisit une profonde sensation dans la Normo. 

En 1848, M"«de Lagrange se trouvait à Vienne 
avec sa mère, qui ne l'avait jamais quittée et lui 
avait prodigué ses soins dans les commencements 
difliciles de sa carrière. Elle était engagée pour 
le théâtre italien de cette ville, et venait d'épou- 
ser M. Stankcwich, gentilhomme russe, lorsque 
la révolution éclata en Autriche. Bientôt les évé- 
nements devinrent si graves, que les théâtres de 
la capitale furent fermés. M™e de Lagrange re- 
vint alors à Paris avec son mari et sa mère. 
L'administration de l'Opéra lui proposa un enga- 
gement à cette époque; elle ne l'accepta que 
condilionneliement, voulant d'abord s'essayer 
dans le genre de musique de ce théâtre, dont 
elle n'avait pas l'habitude et qui a peu d'analogie 
avec le caractère de son talent. Elle y débuta 
dans la traduction iVOtello, le 1" décembre I8485 
n'y réussit que médiocrement, et prit le parti de 
décliner l'engagement qui lui était offert. Depuis 
lors elle a obtenu de grands succès à Vienne, à 
Berlin, à Pélersbourg, dans les États-Unis d'A- 
mérique, dans l'Amérique du Sud et au Brésil, où 
elle a passé plusieurs années avec des avantages 
énormes. Au moment où cette notice est écrite 
(1862), M'"^ de Lagrange chante à l'Opéra de 
Madrid avec ses succès habituels. 

LAGUERRE(ÉLisABETn-CLAtiDE JACQUET 
Dl"^), née à Paris, en 16fi9, se fit remarquer dès 
ses premières années par ses heureuses disposi- 
tions pour la musique. A peine âgée de quinze 
ans, elle parut à la cour et charma Louis XIV 
par son talent sur le clavecin; cette circonstance 
engagea M"*^ de Montespan à la garder trois ou 
quatre ans chez elle. Elle épousa ensuite Marin 
De Laguerre , organiste de Saint-Séverin et de 
Saint-Gervais, dont elle eut un fils, qui à l'âge de 
huit ans étonnait ceux qui l'entendaient jouer du 
clavecin, mais qui mourut dans sa dixième année, 
jjme £jg Laguerre possédait un talent remarqua- 
ble, pour son temps, dans l'art de préluder et 
d'improviser sur l'orgue et le clavecin. En 1694, 
elle lit représenter à l'Académie royale de mu- 



LAGUERRE — LAHARPE 



sique Cèphale et Procns,^xaxià. opéra de sa com- 
position. Elle a publié trois livres de cantates à 
voix seule, un livre de pièces de clavecin, et un 
recueil de sonates pour le même instrument. En 
1721 elle lit exécuter, dans la chapelle du Lou- 
vre, un Te Deum, pour la convalescence du 
roi. Elle mourut à Paris, le 27 juin 1729, à l'âge 
de soixante-neul ans, et fut inhumée à Sainl- 
Euslaclie. 

L.IGUERRE (Marie-Joséphine), cantatrice 
à l'Académie royale de musique, naquit à Paris , 
en 1755. Admise d'abord dans les chœurs, en 
1774, elle débuta en 1776 par le rôle d'Adèle 
de Ponthieu, musique de La Borde , et joua 
avec succès, au mois de juin de la môme année, 
celui A'Alceste, qui venait d'être créé par sa ri- 
vale, Rosalie Levasseiir. Douée d'une voix pure 
et touchante, plus jeune et plus jolie que M''eLe- 
vasseur, avec qui elle partagea le premier em- 
ploi eu 1788, a la retraite de M^e Arnould, elle 
aurait .icquis une grande réputation si son in- 
conduite n'eût avili ses talents et arrêté leurs 
progrès. Piccinni lui avait enseigné son rôle d'/- 
phigénie en Tauride, qu'elle chanta fort bien à 
la première représentation; mais à la seconde 
elle était ivre en entrant en scène; elie chan- 
celait et balbutiait au point d'exciter le rire et 
les buées du public. M^'e Arnould dit plaisam- 
ment à cette occasion que c'était Iphigénie 
en Champagne. Elle mourut à Paris, le 14 février 
1783, à l'âge de vingl-buit ans. Oit trouva dans 
son portefeuille sept à huit cent mille francs 
en billets de la caisse d'escompte; et elle laissa 
en outre 40 mille livres de rente, deux maisons 
et beaucoup de bijoux. 

LAHALLE (Pierre), est né à Rouen, le 9 
novembre 1785, d'une bonne famille du pays de 
Caux. Il était encore enfant lorsqu'il perdit son 
pèri", négociant aisé, dont la fortune fut ensuite 
dilapidée. Jeune encore, il se rendit à Paris et s'y 
livra à l'étude des mathématiques. Peu fortuné, 
il chercha des ressources pour son existence dans 
l'enseignement de cette science. 11 a publié aussi 
divers ouvrages originaux ou traduits de l'an- 
glais, et a coo[)éré à la rédaction de plusieurs 
journaux, entre autres au Mercure du dix-neu- 
vième siècle , auquel il a fourni plusieurs arti- 
cles relatifs à la musique, ainsi qu'au supplément 
de la Biographie universelle des contempo- 
rains, publiée par Rabbe et M. de Boisjolin; 
mais aucun de ces travaux n'a pu le tirer de sa 
posHion précaire ni lui créer une position dans 
le monde littéraire. Après la révolution de juillet 
1830, un des anciens amis de M. Lahalle, ayant 
été nommé préfet d'un département, l'emmena 
avec lui pour s'aider de ses conseils et de son 



expérience, et celui-ci quitta Paris; malheureu- 
sement une sanlé délabrée et la perte totale de 
la vue ne laissait d'autre espoir à ce littérateur 
que de voir bientôt arriver la fin d'une vie agitée 
et malheureuse. M. Lahalle a publié un livre inti- 
tulé : Essai sur la musique, ses fonctions dans 
les mœurs, et sa véritable expression ; suivi 
d'une bibliographiemusicale^V&m, Rousselon, 
1825, 1 vol. in-18 de 196 pages. Cet ouvrage, 
dont le style est agréable, ne renferme que ries 
vues d'une esthétique vague, dont les applica- 
tions ne présentent point d'utilité pour l'art. Les 
réflexions de l'auteur contre l'imitation en mu- 
sique, insérées dans le chapitre intitulé Bornes 
de l'art (p. 74 et suiv.), sont ce qu'il y a de 
plus utile dans le livre. 

LAHARPE (JEAN-Fi;\Neois DE), critique 
célèbre et poète, naquit à Paris, le 20 novembre 
1739. De brillantes études faites au collège d'Har- 
court lui préparèrent des succès ; mais son dé- 
but ne fut point heureux. Quelques vers sa,li- 
riques contre le directeur de ce collège lui furent 
attribués, et le firent enfermer d'abord à Bicêtre, 
ensuite au For-Lévêque. A l'âge de vingt ans il 
publia ses premières productions, qui consistaient 
en plusieurs héroïdes, genre de poésie alors à la 
mode. Quelques tragédies, parmi lesquelles on 
remarque ^Va>'wi(■k, Philoctcte et Virginie, 
des discours, des éloges et des poèmes couron- 
nés par l'Académie française et par quelques 
autres sociétés littéraires, les traductions de Sué- 
tone et de la Lusiade de Camoëns, enfin la ré- 
daction du j1/ercure rfe France, etVAbrégéde 
l'histoire générale des voyages de l'abbé Pré- 
vost, remplirent sa vie jusqu'en 1786. A cette 
époque il commença au lycée le cours de littéra- 
ture française, qu'il continua pendant quatre ans, 
dont il a publié ensuite la rédaction, et qui est 
un de ses plus beaux titres au souvenir de la pos- 
térité. Après avoir adoplé avec enthousiasme 
les principes de la révolution française, et même 
après avoir porté jusqu'au fanatisme l'ardeur 
des réformes démagogiques, il chanta la palino- 
die, attaqua ce qu'il avait encensé, se fit exiler 
de Paris, y resinl, reprit son cours, et mourut 
le 11 février 1803, dans sa soixante-quatrième 
année. En 1777 Labarpe était chargé delà ré- 
daction du Journal de politique et de littéra- 
ture; il y fit insérer, le 5 mars, à propos d'une 
reprise à'Iphigénie en Aulide, une critique de 
la musique de Gluck, qui lui attira une piquante 
réponse de Suard, dans le Journal de Paris, 
sous lepseudonymede V Anonyme de Vaugirard. 
Labarpe publia, le 25 du même mois, dans son 
Journal une assez longue réplique, qui fut suivie 
de plusieurs autres lettres de l'anonyme. Le 



1(,S 



LAHARPE — LAHOUSSAYE 



5 octobre de la même année Laliarpe rentra 
dans cette polémique, et publia un long article 
critique à propos de l'annonce d''Armide. Ce fut 
le signal d'une nouvelle lutte, plus ardente que 
la première : des réponses de tous genres furent 
adressées au critique. Toutes ces pièces ont été 
réunies dans !e voliuiie intitulé Mémoires pour 
servir à l'histoire de la révolution opérée 
dans la musique par M. le chevalier Gluck. 
Longtemps après, Laliarpe a reproduit ses idées 
sur ce sujet dans son Cours de Littérature 
(Ille partie, liv. !«', cliap. 6, iv' section), mais 
avec beaucoup plus de développement. 

LA. HIRE (Philippe de), géomètre, pro- 
fesseur de mathématiques et d'architecture au 
Collège de France, et membre de l'Académie 
royale des sciences, né à Paris, en 1640, y 
mourut, le 21 avril 1719. Parmi les nombreux 
mémoires qu'il a fournis à la collection de l'A- 
cadémie royale des sciences , on remarque celui 
qui a pour titre : Explication des différences 
des sons de la corde tendue sur la trompette 
marine (Tom. IX, pages &00-529). Ce mé- 
moire a été reproduit dans les Œuvres meslées 
de M. De La Hire, Amsterdam, 1759, in-4'' 
(pages 330-350). La plupart des faits indiqués 
dans ce mémoire sont empruntés à la 16'^ propo- 
sition du traité de musique du P. Dechailes 
( Cursus sew mundus mathematicus, tom. ÏV, 
pag. 23), particulièrement l'explication du phé- 
nomène des battements du pied du chevalet sur 
la table d'harmonie, lorsque l'archet met en vi- 
bration énergique la corde de la trompette ma- 
rine. SavArl (voyez ce nom) a fait de nouvelles 
expériences sur ce phénomène. On a aussi de La 
Hire des Expériences sur le so7i, dans le volume 
des Mémoires de l'Académie royale des sciences 
de 1716 (p. ?62-268 ). 

LAHMEYER ( J.-F. ), maître de musique 
du séminaire et organiste de l'église Saint- 
Égide, à Hanovre, est auteur d'un ouvrage qui 
a pour titre : Handbuch der Harmonielehre, 
oder Anweisung z.ur Théorie der Musik. Zu- 
nxchsi zum Sclbstunterricht fUr Seminaristen, 
nncl angehende Orgelspieler bestimmt ( Ma- 
nuel de la science de l'harmonie, ou instruction 
sur la théorie de la musique, etc. ), Hanovre, 
1823, in-fol. Cet ouvrage a pour base la théorie 
de Gottfried Weber {voy. ce nom ). 

LAIIOU ( Jean-François-Joseph ) , né à 
Lille, le 10 avril 1798 , a été admis comme élève 
au Conservatoire de Paris, eu 1815. Après y 
avoir fini ses études , il entra au théâtre de l'O- 
déon comme première flûte, pendant les années 
1818 et 1819; puis il fut appelé en Hollande, où 
il eut pendant deux ans les fonctions de chef de 



musique du 9^ régiment. Devenu, en 1822, pre- 
mière flûte du Théâtre Royal de Bruxelles , il 
conserva cette place pendant quinze ans , et y 
joignit le titre de première flûte solo du roi des 
Pays-Bas. A l'époque de l'organisation du Con- 
servatoire de Bruxelles , il y fut nommé pro • 
fesseur. On lui doit des élèves distingués, parmi 
lesquels on remarque MM.Aerts, Derudder, Léo- 
nard et Demeurs. N'ayant pas voulu adopter 
la flûte de Boehm, que le directeur du Conser- 
vatoire voulait introduire dans l'école, Lahou 
donna sa démission et fut remplacé par son élève 
Demeurs. Il établit un hôtel pour les voyageurs; 
mais cette affaire n'ayant pas réussi , sa têle se 
dérangea, et il mourut aliéné le 12 janvier 1847. 
On a de cet arliste : 1" Concerto pour flûte ; 
Anvers, Schott. : — 2" Fantaisies et airs varies 
pour flûte principale. — 3" Trois duos pour 
2 flûtes. 

LAHOUSSAYE (Pierre ), violoniste dis- 
tingué , naquit à Paris, le 12 avril 1735. Doué 
des plus heureuses dispositions , il apprit seul la 
musique à l'âge de sept ans, et parvint, sans 
avoir eu de maître, à jouer agréablement du 
violon. Piffet, musicien de l'Opéra, sur- 
nommé le grand nez , lui donna ensuite des 
leçons et le mit en état de jouer au concert spi- 
rituel, avant d'avoir atteint sa dixième année. 
Quelque temps après, Lahoussaye fut intro- 
duit ciiez le comte de Senneterre, où il eut 
le bonheur d'entendre les plus célèbres violo- 
nistes de l'époque, entre autres Pagin, Gaviniès, 
Pugnani , Giardini , Van Maldere, et Dorai- 
nique Ferrari. Rassemblés un jour dans cette 
maison, plusieurs de ces artistes jouèrent cha- 
cun une sonate : remarquant l'enthousiasme du 
jeune homme, Ferrari lui présenta son violon, 
et Lahoussaye , après avoir préludé d'une ma- 
nière brillante , exécuta de mémoire plusieurs 
traits de la sonate de Tartini qu'il venait d'en- 
tendre. Des félicitations lui furent adressées 
par ces maîtres habiles , et Pagin le prit pour 
son élève; puis le fit entrer chez le comte de 
Clermont, en qualité de violoniste de ses con- 
certs. Cependant un vif désir de voir et d'en- 
tendre Tartini tourmentait Lahoussaye , malgré 
l'heureuse position où il se trouvait. Une occa- 
sion favorable se présenta pour réaliser ses 
vœux à cet égard. Le prince de Monaco le prit 
à son service et l'emmena en Italie. Arrivé à 
Padoue, son premier soin fut de se rendre à l'é- 
glise où Tartini devait jouer uii concerto. Rien, 
disait-il longtemps après, ne saurait exprimer 
la surprise et l'admiration que me causèrent 
la justesse, la pureté du son, le charme de 
l'expression , la magie de l'archet, enfin 



LAHOUSSAYE — LAINEZ 



ir.a 



toutes les perfections dont le jeu de Tarlini 
venait de m'offrir le modèle. Ce grand artiste 
l'accueillit avec bonté , et, retrouvant eu lui les 
principes de son école, que le jeune violoniste 
avait puisés chez Pagin, il lui donna des le- 
çons. 

Rappelé par le prince de Monaco , Lahous- 
saye dut s'éloigner à regret de Padoue; mais 
arrivé à Parme, il y trouva un engagement 
avantageux à la cour de l'inlant don Piiilippe et 
l'accepta. Traetta était alors maître de chapelle 
du prince ; il enseigna au jeune violoniste les 
éléments de la composition, et lui fil écrire, 
pour l'exercer, beaucoup d'airs de ballets dans 
ses opéras. Comblé de témoignages de bonté 
par le prince, mais désireux de revoir encore 
celui qu'il appelait le maure des maîtres, La- 
houssaye retourna à Padoue près de Tarlini , 
dont il reçut encore des leçons jusqu'en 1769. 
Devenu ensuite chef d'orchestre dans plusieurs 
grandes villes de l'Italie, il déploya un rare 
talent dans l'exercice de cet emploi. Après 
quinze ans de séjour dans ce pays, il suivit Ga- 
glielmi à Londres en 1772, pour y diriger l'or- 
chestre de l'Opéra italien. De retour à Paris 
en 1775 , il y eut en 1779 la direction de l'or- 
chestre du concert spirituel , et en 1781 celle de 
l'orchestre de la Comédie italienne, fn 1790 il 
partagea ave« Puppo les fonctions de chef d'or- 
chestre du théâtre de Monsieur, qui prit ensuite 
le nom de théâtre Feydeau. Il occupait encore 
ce poste en 1800 , et je l'y ai connu , dirigeant 
l'orchestre de cette époque avec un rare talent. 
C'était un beau vieillard, dont la figure calme , 
les traits réguliers , et les cheveux blancs ilot- 
tant sur ses épaules, inspiraient le respect. A 
la réunion des deux théâtres Favart el Feydeau, 
il perdit son emploi, et ce digne artiste, qui 
avait rendu tant de services à l'art et en parli- 
culier au théâtre , fut mis à la retraite sans 
obtenir de pension. A l'origine de la forma- 
tion du Conservatoire , il avait été nommé un 
des professeurs de violon de cette école : com- 
pris au nombre des maîtres dont la réforme fut 
décidée en 1802, il perdit encore celte place. On 
dit que le chagrin qu'il eut des malheurs qui le 
frappaient dans sa vieillesse le porta à des 
excès d'intempérance dans ses dernières an- 
nées, et qu'il tomba dans une profonde misère. 
Le besoin l'avait obligé d'accepter une place de 
second violon à l'Opéra; mais en 1813 la di- 
minution de ses forces et une atteinte de surdité 
ne lui permirent plus de faire son service, et 
il fut réformé. Il est mort à Paris , vers la fin 
de 1818, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Peu 
de violonistes ont eu une manière plus grande 



et plus belle que Lahoussaye : la justesse de 
son intonation était parfaite, et le son qu'il ti- 
rait de l'instrument était pur et vigoureux. Je 
me souviens de lui avoir entendu jouer la so- 
nate du, Diable, de Tarlini, de manière à 
exciter autant d'étonnement que de plaisir, 
quoiqu'il ne fût déjà plus jeune. 11 a publié à 
Paris un œuvre de sonates pour le violon , et 
a laissé en manuscrit douze concertos d'église 
pour le même instrument , sept œuvres de so- 
nates , et trois œuvres de duos. On ignore qui 
a recueilli ses manuscrits après sa mort. 

LAINEZ ou LAINE (Etienne), acteur de 
l'Opéra, était fils d'un jardinier et naquit à Vau- 
girard , près de Paris, le 23 mai 1753. On dit 
que Berton (père), directeur de l'Opéra, l'ayant 
entendu chanter dans une rue où il vendait de la 
laitue , et lui trouvant une assez bonne voix et de 
la justesse , le demanda à ses parents , et lui 
fit apprendre la musique. Lainez parut en pu- 
blic pour la première fois en 1770 , à l'époque du 
mariage de Louis XVI, dans un acte de ce qu'on 
appelait alors des Fragments. 11 fut ensuite ad- 
mis à l'école de chant et de déclamation de l'O- 
péra (en 1771 ), et débuta en 1773 , dans des rô- 
les de peu d'importance. Ses succès le firent 
choisir pour doubler Lcgros dans Alceste, en 
1777, et dans Armide, l'année suivante. Après 
que Legros eut pris sa retraite , il devint chef de 
l'emploi de premier ténor, appelé alors haute- 
contre, el pendant quarante-deux ans que dura 
sa carrière théâtrale , il créa beaucoup de rôles 
qui lui firent plus d'honneur comme acteur que 
comme chanteur, parliculièrement ceux d'Énée 
dans Didon,de Dardanus, de Rodrigue dans Chi- 
mène , de Polynicc dans Œdipe à Colorie, de 
LiciniusdansZff P'eitoZe,deTrajan,deCortez,etc. 
Une physionomie expressive, une démarche 
noble et aisée , une action dramatique pleine de 
chaleur, étaient les qualités qui distinguaient cet 
acteur ellui procuraient de brillants succès, quoi- 
qu'il portât souvent l'énergie jusqu'à l'exagéra- 
tion. A l'égard de son chant, on ne peut rien 
imaginer de plus ridicule. Une voix criarde et 
chevrotante , l'absence de toute éducation vocale, 
si ce n'est d'une articulation fort nette du réci- 
tatif; des sons gutturaux ou nasards mêlés à des 
cris; voilà ce qu'on remarquait dans le chant du 
premier ténor de l'Académie royale de musique, 
et ce qui inspirait autant d'étonnement que de 
dégoût aux étrangers qui l'entendaient. Dès le 
commencement de la révolution de 1789 , Lainez 
montra son attachement à la cause de la royauté. 
Applaudi et couronné par le parti royaliste à la 
fin de 1791, pour avoir chanté avec enthousiasme 
dans Iphigénie en Aulide ; Chantons, celé- 



170 



LAINEZ — LALANDE 



Iroiis notre reine, il fut siffié à outrance quel- 
ques jours après par le parti contraire , qni le 
contraignit à s'excuser, à protester de son ci- 
visme, et à fouler aux pieds la couronne qui lui 
avait été décernée. 11 se vengea de cette humilia- 
tion, après le 9 thermidor, par sa véhémence 
lorsqu'il chantait le Réveil du peuple, au com- 
mencement de chaque soirée. Laintz se retira de 
l'Opéra le 1" janvier 1812; puis il alla donner 
quelques représentations à Marseille et à Lyon. 
Dans la même année il se chargea de la direc- 
tion du théâtre de celte dnrnière ville; mais 
cette entreprise ne fut point heureuse; elle le 
mina, et il fut obligé de l'abandonner, vers' la 
(inde 1816. Il revint alors à Paris, essaya de 
repjiraître à l'Opéra, dans Arvire et Evelina, 
mais il ne parut plus supportable, et ne se soutint 
jusqu'à la fin de la représentation qu'à la faveur 
du souvenir de ses anciens services. Il retourna 
à Marseille, y resta quchpies mois, puis revint 
encore à Paris , où il obtint, en 1817 , une place 
de professeur de déclamation lyrique au Con- 
servatoire de musique. Les chagrins et les in- 
firmités empoisonnèrent ses dernières années. Il 
mourut le 15 septembre 1822, des suites de l'o- 
pération de la taille , dans la soixante-dixième 
année de son âge. 

LAIOLLE. Vouez LAYOLLE. 

LALANDE (Michel-Richard DE), surin- 
tendant de la musique de Louis XIV et de 
Louis XV, naquit à Paris, le 15 décembre 16-57, 
de parents pauvres. Son père était tailleur. La- 
lande fut le quinzième enfant de ce pauvre homme. 
Placé comme enfant de chœur dans l'église 
Saint-Germain-l'Auxerrois, il y apprit la musique 
sous la direction de Chaperon , qui l'affection- 
nait à cause de sa jolie voix. La nature l'avait 
doué d'un esprit sérieux qui le portait au travail, 
et telle était son ardeur à l'étude, qu'il y passait 
souvent les nuits. Il apprit presque seul à jouer 
du violon, du clavecin, de la basse de viole et 
de plusieurs autres instruments. A quinze ans i! 
perdit sa voix par la mue, et sortit de la maî- 
trise où il avait été élevé. Un de ses beaux-frères 
le reçut généreusement chez lui, et donna chaque 
semaine des concerts pour qu'il eût occasion de 
se faire connaître. Le violon était l'instrument 
dont il jouait alors mieux que d'aucun autre; Il 
paraît toutefois qu'il n'y était pas des plus ha- 
biles, même pour son temps , car s'étant présenté 
à Lulli pour être admis dans son orchestre, il 
ne fut point agréé. Le mauvais succès de sa 
démarche lui causa tant de chagrin,que de dépit 
il brisa son violon, et qu'il renonça pour toujours 
à cet instrument. Il se remit alors à l'étude de 
l'orgue, et y fit de si grands progrès, qu'on le 



choisit pour desservir à la fois quatre orgues des 
églises de Paris, savoir, celles de Saint-Gervais , 
de Saint- Jean, des Jésuites et du petit Saint-An- 
toine. Le P. Fleuriau lui confia la composition 
des symphonies et des chœurs de plusieurs tragé- 
dies destinées au collège des Jésuites : on fut sa- 
tisfait de son travail. Plus tard il se présenta au 
concours pour la place d'organiste du roi : 
Louis XIV l'entendit à Saint-Germain, et Lulli, 
juge de ce concours, déclara que si la place de- 
vait être donnée au plus habile, elle lui appar- 
tenait ; mais on le trouva trop jeune. Ce fut la 
seule fois que Lulli rendit justice à Lalande; on 
a fait la remarque qu'il ne savait pas le nom du 
concurrent lorsqu'il prononça en sa faveur. 

Le maréchal de Noailles avait choisi Lalande 
pour enseigner la musique à ses filles; sur sa 
recommandation, le roi confia au jeune artiste 
l'éducation musicale des princesses qui furent en- 
suite duchesse d'Orléans et Madame la Duchesse. 
Reconnaissant des bontés du monarque, l'artiste 
mit tant de zèle dans l'exercice de ses fonc- 
tions , qu'il ne sortit du château de Versailles 
pendant trois ans que pour aller passer les 
nuits à Clagny , où Louis XIV lui avait donné 
un logement. Ce prince, qui aimait la personne 
et les talents de Lalande, le combla de faveurs. 
D'abord il lui donna la charge de maître de la 
musique de sa chambre; puis, en 1683, après la 
retraite des surintendants de la chapelle Dumont 
et Robert, lorsqu'il fut décidé qu'il y en aurait 
quatre qui serviraient par quartier, il lui accorda 
une de ces places. On rapporte à ce sujet que Ro- 
bert, qui se relirait, ayant présenté Goupillet, 
l'archevêque de Reims Minoret, et Lulli son 
élève Colasse, chacun exaltant le mérite de son 
protégé et discutant le choix du quatrième surin- 
tendant, le roi leur dit : « Messieurs, j'ai accepté 
« ceux que vous m'avez présentés; il est juste 
« que je choisisse à mon tour un sujet de mon 
«goût, et c'est Lalande que je prends pour 
« rem[)lir le quartier de janvier. » Le choix de 
Louis XIV était le meilleur, car Lalande fut le 
plus habile compositeur français de son temps 
pour la musique d'église. En 1684 , le roi lui fit 
épouser Anne Rebel , qui passait pour la meil- 
leure cantatrice de sa chambre , fit les frais de 
la noce et dota la jeune femme. Lalande eut 
deux filles de ce mariage. Elles étaient douées 
de belles voix ; leur père ne négligea rien pour en 
faire des musiciennes distinguées. En 1704, il les 
fit entendre à Louis XIV, qui , charmé de leur 
talent, les admit dans sa chapelle, et donna à 
chacune mille livres de pension. La satisfaction 
que donnaient à Lalande des filles dun tel 
mérite, dit un historien de la musique, ne fut 



LALANDE 



171 



pas de longue durée : la petite vérole les lui 
enleva on douze jours, à la même époque où 
la mort dx, dauphin mit toute la France en 
deuil. Ces jeunes cantatrices moururent en l7il. 
Quelques jours après ce funeste événement, La- 
lande parut à la cour; il n'osait approcher du roi , 
mais ce prince l'appela et lui dit : « Vous avez 
« perdu deu\ filles qui avaient bien du mérite; 
« moi j'ai perdu Monseigneur. » Puis il ajouta , 
en lui montrant le ciel : « Lalande, il faut sesou- 
« mettre. » A toutes ses largesses précédentes en fa- 
veur du surintendant de sa chapelle, le roi ajouta 
successivement le don de plusieurs pensions, dont 
t;ne de six mille livres sur l'Opéra, qui fut ensuite 
supprimée par arrêt du conseil , celui du cordon 
de l'ordre de Saint-Michel; enfin, il réunit dans 
sa personne les quatre places de maître de sa 
chapelle, avec tous leurs émoluments et avan- 
tages . 

En 1722, Lalande perdit sa femme : le cha- 
grin qu'il en eut lui fit désirer la solitude et le 
repos; il supplia le roi de permettre qu'après 
quarante-deux ans de service il remît, gratuite- 
ment et sans aucune réserve , trois quartiers de 
l'emploi de maître de musique de la chapelle. Il 
présenta pour le remplacer Campra, Bernier et 
Gervais. Le roi (ou plutôt le régent, car Louis XV 
n'était âgé que de douze ans) récompensa le 
désintéressement de Lalande par une pension de 
trois mille livres. Cet artiste remarquable s'était 
remariéen 1723 à M'ie de Cur}- , fille d'un chirur- 
gien de la princesse de Conti; il mourut le 18 
juin 1720 , à l'âge de soixante-sept ans, après en 
avoir employé quarante-cinq au service de la 
cour. 

Lalande a composé soixante motets avec 
chœurs et orchestre pour le service de la cha- 
pelle de Versailles; ils ont été publiés avec beau- 
coup de luxe aux frais du roi , et divisés en vingt 
livres qui se relient ordinairement en dix volu- 
mes. Ces compositions , qui étaient d'un style 
nouveau en France à l'époque où elles parurent, 
démontrent que Lalande était doué d'imagination, 
et qu'il possédait surtout l'art de bien exprimer 
les paroles. .Cependant les éloges qu'on en a faits 
sont exagérés; rien n'est plus ridicule que de voir 
dans La Corde que c'est depuis Lalande que les 
étrangers accordent aux Français la pri- 
mauté dans la musique d'église sur toutes les 
nations de l'Europe (Essai sur la musique, 
1. III , p. 440). En supposant qu'il ne soit ques- 
tion que de la musique d'église du style concerté, 
et du temps où Lalande écrivait, comment se 
fait-il que La Borde ait ignoré que toutes les for- 
mes de ce style se trouvent dans les ouvrages de 
Carissimi , et que Lalande l'a seulement appro- 



prié au goût français? Ce compositeur eut in- 
contestablement plus de génie que les Goupillet, 
les Minoret, et les autres faiseurs de musique 
d'église qu'on trouvait en France à la fin du dix- 
septième siècle et au commencement du dix-hui- 
tième; mais ses productions paraîtraient bien 
pâles à côté de celles de Haendel et de Bach , qui 
furent presque ses contemporains. Lalande a écrit 
aussi la musique de Mélicerte, comédie de Mo- 
lière, mêlée de chants, et le ballet des Élé- 
ments, dont le poète Roi avait fait les paroles. 
L'acte du Feu a été joué longtemps avec succès : 
il formait à lui seul une pièce entière. Ces ou- 
vrages sont restés en manuscrit. Titon duTillet 
assure que Lalande a travaillé à plusieurs opé- 
ras , mais qu'il n'a jamais permis qu'on en jouât 
rien sous son nom. 

LALANDE (Joseph-Jérôme LEFRANÇAIS 
DE), célèbre astronome, né à Bourg (Ain), le 11 
juillet 1732, fit SCS études chez les jésuites, se 
fit recevoir avocat au barreau de Paris, et com- 
mença la pratique chez un procureur. Plus tard 
il abandonna la carrière du droit pour l'astrono- 
mie, qu'il étudia sousMessier, puis sous Lemon- 
nier. Infatigable au travail, il fit beaucoup d'ob- 
servations, et publia un grand nombre de livres ; 
mais il avait l'esprit étroit, et jamais il ne com- 
prit la science dont il s'occupa pendant plus de 
cinquante ans, que dans le mécanisme de ses dé- 
tails. Il mourut à Paris, le 4 avril 1807. Pendant 
les années 1765 et 1766, il avait fait un voyage 
en Italie, dont la relation, beaucoup trop prolixe, 
a été publiée sous le titre de Voyage d'un Fran- 
çais en Italie ; Paris , 1769, 8 vol. in-8% et 1786, 
9 vol. in-12. On y trouve beaucoup de rensei- 
gnements sur la musique et les musiciens de l'I- 
talie à cette époque. 

LALANDE (Henriette-Clémentine MÉRIC), 
et non Marie, connue elle est appelée dans la 
Biographie portative des contemporains, n'est 
point fille d'un comédien, mais d'un directeur 
de musique d'une troupe de province, nommé 
Lamiraux- Lalande. Elle naquit à Dunkerque, 
eu 179S. Son père lui e4iseigua les éléments de 
la musique. Sa voix avait de la fraîcheur et du 
timbre, et son intelligence ainsi que sa mémoire 
étaient parfaites. On ne lui donna d'abord d'autre 
éducation vocale que les rôles qu'on lui fit ap- 
prendre. En 1814, elle parut pour la première 
fois au théâtre de Nantes, et son début fut heu- 
reux. Je l'entendis à Douai, en 18.15; elle était 
alors une des plus agréables actrices d'opéra-co- 
mique qu'on pût entendre sur les théâtres «le 
province. Jusqu'en 1822, elle continua de jouer 
dans les villes les plus importantes de France, 
et partout avec succès. Le bruit de son talent 



Ï72 



LALANDE — LAMANIÈRR 



d'instinct était parvenu à Paris, et l'administra- 
tion du Gymnase dramatique, qui avait obtenu 
l'autorisation de faire jouer l'opéra-comique sur 
son tliéâlre, lui offrit un engagement qu'elle ac- 
cepta. F.Ile était alors âgée de vingt-quatre ans. 
Mais à peine fut-elle arrivée à Paris, qu'elle com- 
prit, en écoutant les bons chanteurs du théâtre 
italien, que les premières notions de l'art lui man- 
quaient absolument. Sa voix s'était développée, 
avait acquisdii timbre et de la souplesse ; mais elle 
ignorait les principes de l'émission du son et 
de la vocalisation. Garcia lui enseigna de cet art 
ce qui était indispensable pour chanter le rôle 
iV Angélique, dans Les Folia amoureuses, pas- 
tiche arrangé par Castil-Blaze sur des mor- 
ceaux tirés des opéras de Piossini, de Cimarosa, 
de Paer et de Generali. Elle parut pour la pre- 
mière fois à Paris dans ce rôle le 3 avril 1823, 
et le succès qu'elle y obtint fit naître les plus 
belles espérances pour son avenir. Ce fut à cette 
époque qu'elle devint la femme de Méric, alors 
corniste au théâtre de l'Opéra-Comique. Un en- 
gagement avait été offert à M'"* Lalande par 
l'administration de ce dernier théâtre; mais elle 
suivit ie conseil qui lui fut donné par Garcia 
d'aller en Italie. Arrivée à Milan en 1824, elle y 
prit des leçons de Bontichi, puis de Banderali. Au 
mois de novembre de la môme année, elle se 
rendit à Venise, où elle débuta dans la saison du 
carnaval. Ignorée dans cette ville aussi bien que 
dans tout le reste de l'Italie, elle ne fut point 
annoncée avec éclat; mais à peine eut-elle été 
entendue, que sa réputation s'étendit avec rapi- 
dité. Elte chanta pendant cette saison, avec un 
succès toujours croissant, dans VEgilda de Pa- 
vesi, dans Vllda d^Avenel, de Morlacchi, et 
dans le Crociaio de Meyerbeer. Morlacchi, qui 
l'avait enlendue et qui avait reconnu en elle les 
qualités d'un beau talent, la (it engager immé- 
diatement pour le théâtre de Munich, où elle 
joua au printemps suivant dans VÉlisaheth, !a 
Semiramide et le Mosè de Rossini, Don Juan 
de Mozart et Egilda de Pavesi. Rappelée ensuite 
en Italie, elle chanta à la foire de Brescia dans 
La Donna del Lago et dans Eosa bianca e 
Rosa. rossa de Mayer; puis elle alla à Crémone 
pour l'ouverture du nouveau théâtre, et enfin elle 
retourna à Venise, où la rappelait le désir de 
tous les amateurs. Elle y chanta avec de nou- 
veaux succès VAlcibiade de Cordella, le Mosè, 
la Zclmire de Rossini, et VOrdeno ed Artulla 
de Pavesi. Depuis lors jusqu'à la fin de 1829 
elle se fit entendre sur les principaux théâtres de 
l'Italie, et partout elle excita l'enthousiasme. Il 
paraît toutefois que vers les derniers temps une 
altérstion conunença à se faire sentir dans son 



organe, car lorsqu'elle parut au théâtre Favart, 
à Paris, le 2 octobre 1830, (Siàn^.VVltimo giorno 
di Poi7ipeia de Pacini, on ne lui trouva pas le 
charme qui lui avait procuré ses succès en Italie. 
Après un assez long séjour à Paris, où sa voix 
ne parut pas recevoir d'amélioration sensible, 
elle s'est, dit-on, rendue en Espagne en 1833. 
Aucun renseignement ne m'est parvenu depuis 
lors sur cette cantatrice. 

Une notice biographique sur M™* Méric-La- 
îande a été publiée avec son portrait dans l'al- 
manach musical intitulé : Teatro délia Fenice , 
Venise, 1826, in- 18. 

LALLEMA1\D ( Jean-Baptiste- Joseph ), 
médecin de Stanislas, roi de Pologne, né à Lan- 
gres, le 28 août 1705, vivait encore en 1762. Il 
était à cette époque directeur de la Faculté de 
médecine de Paris. Au nombre de ses ouvrages, 
il y en a un qui a pour titre : Essai sur le mé- 
canisme des passions en général; Paris, 1751, 
in-12. Il y traite des effets de la musique, et 
analyse la manière dont le chant et la musique 
instrumentale agissent sur les passions. 

LALOUETTE ( Jean-François), ou LAL- 
LOUETTE, né h Paris, en 1651, apprit la mu- 
sique à la maîtrise de Saint-Eustaclie et eut des 
leçons de violon de Guy-Leclerc, violon de la 
grande bande du roi. Lulli, qui lui enseigna la 
composition, le prit pour un des violons de son 
orchestre, lorsqu'il eut l'entreprise de l'Opéra. 
Lalouette , qui passait pour un des meilleurs 
violonistes de son temps, fut ensuite chef d'or- 
chestre du même spectacle et battit la mesure 
pendant neuf ans. Il était quelquefois employé 
par Lulli pour écrire les récitatifs de ses opéras 
et remplir les parties des instruments; car Lulli 
n'écrivait souvent que les parties vocales et la 
basse ; mais on dit que ce compositeur jaloux 
l'obligea de céder sa place de chef d'orchestre à 
Cotasse, parce qu'il s'était vanté d'avoir composé 
quelques-ims des plus beaux airs des opéras 
de son maître. Cet événement arriva en 1084. 
Neuf ans après, Lalouette obtint la place de 
maître de chapelle de l'église métropolitaine de 
Rouen; mais il ne la garda que deux ans, s'étant 
retiré au mois de mars 1695 pour accepter l'em- 
ploi de maître de chapelle à l'église Notre Dame 
de Versailles. Il mourut dans cette ville, le I" sep- 
tembre 1728, à l'âge de soixante-dix-sept ans. 
Cet artiste composa la musique de plusieurs bal- 
lets et intermèdes pour l'Opéra; ces ouvrages 
sont restés en manuscrit. On a gravé de sa com- 
position : 1° Motets à plusieurs voix, 1er livre, 
Paris, in-fol., sans date. — 2° Miserere, 2« livre 
de motets, ibid. 
LA MANIÈRE (Exvpîjre DE), harpiste et 



LAMANIÊRE — LAMARE 



professeur de son instrument, né à Laon, s'éta- 
blit à Paris en 1784 : il y vivait encore en 1302. 
Ce musicien a eu un moment de vogue parmi ies 
amateurs de harpe, par les recueils d'airs variés 
qu'il a publiés pour cet instrument, chez Boyer 
et chez Imbault. Le huitième de ces recueils a 
paru en 1789, chez Sieber. On connaît aussi de 
Lamanière des préludes pour la harpe , œu- 
vre 11, et des romances avec accompagnement 
de cet instrument, dont il avait composé les pa- 
roles et la musique. 

LAMARCHE ( François DE ), docteur en 
théologie, chanoine, conseiller et directeur de la 
chapelle de l'évêque d'Eichstadt, en Bavière, 
vécut vers le milieu du dix -septième siècle. Il a 
publié un traité élémentaire de musique en forme 
de dialogue, à l'usage des élèves des écoles, sous 
ce litre : Synopsis musica,oder Kleiner inhalt 
wie die Jugend und andere ku?-zlicli und 
mit geringer Mûhe in der Musica auch Ins- 
trumenten ahzureichten ; Munich, 165C, in-8°. 

LAMARCHE (Jean-Baptiste), médecin de 
la faculté de Paris, né en 1779, est auteur d'un 
mémoire intitulé : Essai sur la musique, con- 
sidérée dans ses rapports avec la médecine ; 
Paris, 1815, in-4''. 

LAMARCK ( Jean-Baptiste-Antoine DE 
MONNET, chevalier de), naturaliste distingué, 
né le 1er avril 1744, à Bazantin, entre Bapaume 
et Albert, mort à Paris, le 18 décembre 1829, 
fut d'abord oflicier au régiment de Beaujolais, 
et plus tard directeur des herbiers du Cabinet 
d'histoire naturelle, professeur de zoologie, mem- 
bre de l'Académie des sciences et de plusieurs 
autres sociétés savantes. On a de ce savant beau- 
coup d'ouvrages sur les sciences naturelles, jiar- 
ticulièrement une Histoire naturelle des ani- 
maux sans vertèbres, qui jouit de beaucoup 
d'estime. Il n'est cité ici que pour un mémoire 
qui a été publié dans le Journal de physique 
(ann. 1800), et qui a paru séparément sous ce 
titre : Mémoire sur la matière du son; Paris, 
Belin, in-4° de 16 pages. Dans ce morceau cu- 
rieux, Lamarck attribue les phénomènes du son 
non à la vibration de l'air et des corps sonores, 
mais à l'existence d'un fluide éthéré, très-sub- 
til, et d'une grande rareté. C'est à ce même 
fluide qu'il attribue les phénomènes de la chaleur. 
Cette opinion, absolument contraire à toutes les 
théories, ne soutient pas le plus léger examen. 
Lamarck ne s'est point aperçu qu'il détruisait 
lui-même son système par l'excessive rareté de 
son fluide, car il est évident qu'il ne pourrait suf- 
lire à des émissions de masses sonores telles que 
de certains grands orchestres et des chœurs 
nombreux de chanteurs. 



17.3 

LAMARE ( Jacques-Michel HURELDE), 
célèbre violoncelliste, naquit à Paris, le 1" mai 
1772, de parents peu fortunés dont il était le sep- 
tième enfant, mais le fils unique. A l'ûge de sept 
ans il entra chez les pages de la musique du roi, 
où son caractère aimant et généreux lui fit des 
amis de tous ses camarades, des professeurs 
et du gouverneur. Il y reçut une bonne éduca- 
tion musicale et littéraire. Lorsqu'il eut atteint 
l'âge de quinze ans, Duport lui donna les pre- 
mières leçons de violoncelle. Il semblait être né 
pour cet instrument; ses succès tinrent du pro- 
dige. Rentré dans sa famille avant d'atteindre sa 
dix-septième année, il vit bientôt après éclater 
les orages de la Révolution. La nécessité de pour- 
voir à son existence et à celle de ses parents bii 
fit chtrcher une ressource dans son talent, qu'un 
travail obstiné développait avec rapidité. En 1794 
il entra à l'orchestre du théâtre Feydeau, et il y 
resta jusqu'en 1800. Les concerts de ce théâtre, 
si célèbres dans ce temps, lui fournirent l'occa- 
sion de se faire connaître et de se placer au pre- 
mier rang parmi les violoncellistes français. Déjà 
il avait été admis au Conservatoire, en qualité 
de professeur de violoncelle; mais il ne garda 
pas longtemps cet emploi, car il partit au com- 
mencement de 1801 pour un voyage en Allema- 
gne et en Russie. Arrivé à Berlin, il y fut pré- 
senté au prince Louis-Ferdinand de Prusse (roj/. 
ce nom), qui l'accueillit avec le plus vif intérêt, 
s'enthousiasma pour son talent, et fit souvent de 
la musique avec lui. La dernière fois que La- 
mare vit ce prince, avant son départ pour la 
Russie, il en reçut une bague avec la demande 
de l'échanger contre une autre qui appartenait à 
l'artiste. Touché de tant de bonté, Lamare a 
conservé toute sa vie le souvenir de ce malheu- 
reux prince, si digne d'une meilleure destinée. 

Arrivé en Russie, de Lamare y vécut alterna- 
tivement à Pétersbourg et à Moscou, fut atta- 
ché au service de l'empereur, et donna des con- 
certs où son talent excita toujours le plus vif en- 
thousiasme. Son séjour en Russie se prolongea 
jusqu'à la fin de 1808. Il reprit alors la route de 
France par la Pologne et l'Autriche, et arriva à 
Paris au mois d'avril 1809. Au mois de mai sui- 
vant, il donna à l'Odéon un concert où son talent 
ne produisit pas l'effet que ses amis espéraient j 
une longue absence de cette ville lui avait laissé 
de l'incertitude sur le goût du public: il n'eut pas 
dans cette séance l'assurance qu'on attendait de 
lui. Depuis lors il ne parut plus en public à Pa- 
ris ; mais on l'entendit dans les cercles particu- 
liers, et loin qu'on trouvât son talent diminué, 
on reconnut qu'il avait acquis plus de fini. Il 
était d'une habileté prodigieuse dans les diffieul- 



174 



LAMARE - LAMBERT 



tés ; mais il était surtout admirable lorsqu'il exé- 
cutait des quatuors ou qu'il accompagnait: aucun 
violoncelliste, à mon avis, n'entrait aussi bien 
que lui dans l'esprit de la musique, et n'en l'ai- 
tait aussi bien ressortir les beautés. 

Dans un voyage qu'il lit en Normandie, il con- 
nut une dame qui, charmée de son beau talent 
et touchée parles excellentes qualités qu'elle re- 
marquait en lui, devint sa femme, le 15 mai 1815. 
Dès lors il renonça à la carrière d'artiste, quoi- 
qu'il continuât de l'être par son amour pour l'art. 
11 vécut heureux pendant quelques années; mais 
la perte de deux enfants lui causa un chagiiu 
profond, qui paraît avoir été l'origine d'une 
phthisie du larynx à laquelle il succomba, le 27 
mars 1823, à l'âge de près de cinquante-deux 
ans. Il cessa de vivre à Caen ; mais il fut in- 
humé àSaint-Contest, près de cette ville, où il 
possédait une maison de campagne. 

Il me reste à signaler un fait singulier, peu 
commun dans l'histoire des arts, et entièrement 
inconnu dans les pays étrangers, mais qui n'est 
<m mystère pour aucun artiste français, et que 
la vérité m'oblige à publier. li existe sous le 
nom de Lamare des concertos et des airs variés 
pour le violoncelle qui ont obtenu de brillants 
succès, et dont on a remarqué les formes origi- 
nales autant que la piquante harmonie : tous 
ces ouvrages ont été composés par Àuber 
pour son ami de Lamare. Telle était l'impossi- 
bilité où se trouvait celui-ci d'écrire lui -môme de 
la musique analogue au caractère de son talent 
d'exécution, qu'il n'a jamais pu fournir à Au- 
ber le moindre trait qu'on put intercaler dans 
un morceau. Ce ne fut pas sans peine que sa pro- 
bité se résolut au subterfuge qui trompa le pu- 
blic sur le nom du véritable auteur de ces com- 
positions; mais il ne pouvait faire connaître son 
talent d'exécution que dans de la musique com- 
posée spécialement pour lui; et pour écrire cette 
musique, Auber, qui ne se destinait point alors 
à la profession de compositeur, n'avait mis qu'à 
cette condition sa plume au service de son ami. 
Lorsqu'il se présenta des occasions de décla- 
rer la vérité à ce sujet, de Lamare les saisit tou- 
jours avec empressement. Les compositions con- 
nues sous le nom de cet artiste sont : i° Qua- 
tre concertos pour violoncelle et orchestre (en 
la mineur, )t, si bémol et la majeur); Paris, 
Pleyel. — 2° Air varié idem, op. 4, ihiii. — 
.3° Duos pour 2 violoncelles, op. 5; Paris, Ja- 
net. 

LAMARIOUSE (... DE), amateur de mu- 
sique, né à Poitiers, dans les premières années du 
dix-neuvième siècle, s'est fait connaître par un 
opuscule qui a pour titre : Considérations sur 



la mvsique; Poitiers, imprimerie de Saurin, 
1841, in-8° de 12 pages. 

LAMBARDI (Jérôme), né à Venise, fut 
chanoine régulier du monastère de lo Spirito 
Santo, près de cette ville, et vécut au commen- 
cement du dix-septième siècle. Il s'est fait con- 
naître comme compositeur de musique d'église 
parles ouvrages intitulés -. 1° Psalmodia vesper- 
tina omnium solemnit. cum cantico liealag 
Virginis Marise octo vocum, cum basso ad 
organum, liber secundus. In Cœnobio Sancti 
Spiritus,propeVenetia, 1 605, in-4°. J'ignore quelle 
est la date de la publication du premier livre des 
psaumesàhuit voixdu P. Lambardi. Ces psaumes 
sont divisés en deux chœurs, chacun pour so- 
prano, alto, ténor et basse, avec une double par- 
tie de basse pour l'orgue, laquelle a pour litre : 
Armonia (sic) ex basibus desiimptaorganistis 
dcscrviens libri secundi psalmorum vesper- 
tinorum octonis vocibus, etc. Cette double basse 
s'exécutait vraisemblablement l'une sur le cla- 
vier du grand orgue, l'autre par le clavier de 
pédale. Les notes de ces basses ne sont pas 
chiffrées, ce qui indique que la nouvelle inven- 
tion de ces chiffres n'était pas encore générale- 
ment répandue : or, la partie de double basse 
n'étant ni chiffrée ni en partition avec les par- 
ties de chant, il est évident que l'organiste n'exé- 
cutait pas l'harmonie avec la main droite. — 
2" Salmi vesperiini m ogni solennità delV 
anno acinque voci: Venise, 1613, chez les hé 
ritiers d'Angelo Gardano. — 3" Vespertina 
omn. solemn. psalmodia sex vocibus j ibid., 
1013, in-4". 

LAMBARDI (Camille), maître de chapelle 
(le VAnnunziata, à Naples, vécut dans cette ville 
vers la fui du dix-septième siècle. On connaît 
sons son nom l'ouvrage qui a pour litre : lies- 
ponsori délia Settimana sanla, con il Beiie- 
dictus,eChristusfactus est, a due cori ; Naples, 
1692, in-4°. 

LAMBERT , moine de l'abbaye de Saint- 
Hubert, ordre de Saint-Benoît, cité dans le Can- 
iatorium, \\\ait en 1055. Les bénédictins Mar- 
tenne et Durand , premiers éditeurs de cette 
jmportante chronique du onzième siècle, ont 
fait observer que la mention d'orgues qui s'y 
trouve est un fait très-remarquable à une épo- 
que où ellesétaient d'une rareté excessive dans les 
monastères. D'après cette chronique, Lambert 
était organiste de l'abbaye de Saint-Huhert : 
c'est le plus ancien nom connu d'un artiste de 
ce eenre. 

LAMBERT ( Pierre ), musicien français, 
né à Noyon, en 1493, fut attaché à la chapelle 
pontificale, ainsi qu'on le voit par son épitaphe, 



LAMBERT 



175 



qui est dans l'église Sain, -Augustin à Rome. 
Celte mOme épitaphe fait voir qu'il mourut à 
Rome, le 1"" des calendes de septembre 1563 , à 
lage de soixante-dix ans, et que Nicolas Polie- 
îius, son élève, fut son exécuteur testamentaire. 
Enfin, le même document nous apprend que, 
Lambert était né à Noyon. Voici cette épitaphe : 

Petro l.amberlo Bel», ncrvio 

Noviodunensl 
Summor. l'ontif. Symphoniaco 

Gravi viro Inocciitia 
El erga inopes adniir.ibili mia 

Nicolaus Polletins 

Cllcns et testamenti exccutor 

Municipi et palrono lie se benemerenti 

P. 

Vixit annos LXX 

Obitt 1 kal. sept. ann. Sal. MDLXIII. 

Il est vraisemblable que c'est le même artiste 
qui est désigné par plusieurs écrivains italiens du 
seizième siècle sous les noms de Lamberto il 
caldarino (Lambert le petit chaudron) et de 
Lamberto il caldarajo ( Lambert le chaudron- 
nier), peut-être parce qu'il avait exercé d'a- 
bord cette profession. Quelques madrigaux de 
Lambert ont été imprimés avec ceux d'An- 
toine Barré, dans la collection qui a pour titre : 
Primo libro délie Muse a qualtro voci , Ma- 
drigali ariosi di Antonio Barré , et allri di- 
versi autori; Rome, Ant. Barré, 1555, 'm-A°. 

LAMBERT ( Michel), musicien et maître 
de chant à Paris, dans le dix-septième siècle, eut 
dans le monde élégant et à la cour la ré|iutation 
d'un des meilleurs artistes de son temps. 11 na- 
quit en 1610, à Vivonne, dans le Poitou, fut en- 
fant de chœur à la sainte chapelle de Champigny, 
et vint fort jeune à Paris, où Moulinier [voyez 
ce nom ), charmé de son intelligence et de sa jolie 
voix , le fit entrer dans les pages de la musique 
de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII. Après 
plusieurs années passées dans cette situation , il en 
sortit, et se livra à l'étude de plusieurs instruments 
et de la composition. Plus tard , il reçut des le- 
çons de chant de De Niel , ou De Niert , valet de 
chambre du roi et chanteur de sa musique. Ce 
De Niel avait suivi le maréchal de Créqui dans 
son ambassade à Rome. Il prit des leçons de 
<;hant dans cette ville, et communiqua la mé- 
thode italienne à Lambert lorsqu'il fut de retour 
à Paris. Lambert, qui avait mis à profit ses 
conseils, chantait d'une manière agréable; de 
plus , il jouait bien du théorbe , du luth et du 
clavecin. Le cardinal de Richelieu, dont la fa- 
mille était du Poitou, l'admit près de sa per- 
sonne, et lui promit de prendre soin de sa for- 
tune ; cependant il ne paraît pas que l'artiste en 



ait reçu d'autre faveur que celle de chanter dans 
ses assemblées (1). 

Il ne paraît pas facile de décider quand a 
commencé la réputation de Lambert comme 
maître de chant et comme compositeur d'airs à 
la mode. Mersenne , dont le livre de Y Harmonie 
universelle ia\. \m[>v\n\é en 1636, ne cite pas 
son nom parmi ceux des musiciens connus de 
son temps ; cependant Lambert était alors âgé de 
'vingt-six ans. Ce qui paraît certain , c'est qu'il 
était alors plus homme de plaisir qu'artiste soi- 
gneux de sa renommée. Suivant les habitudes 
des jeunes gens de ce temps, il hantait les ca- 
barets et s'y enivrait parfois. Dans l'une de ces 
maisons, appelée le cabaret du Bel-Air, et qui 
était tenue par un certain Le Puis, il vit la 
fille de l'hôte, lui trouva de la beauté, de l'es- 
prit, une voix charmante, en devint amoureux, 
et l'épousa. Tallemant des Réaux rapporte, 
dans ses Historiettes, une autre anecdote, qui 
fait voir jusqu'où il se laissait aller quelquefois, 
même apiès son mariage. « Un jour, dit-il , que 
« notre Orphée s'était lai.ssé entraîner dans une 
« de ces caves de vin muscat, à la Croix du ti- 
« voir ( autrement dit du trahoir) , il en sortit 
« la tête en compote, et en s'en retournant il 
« trouva Le Puis, son beau-père, qui lui dit 
« qu'il le cherchait, que le cardinal le demandait, 
« et qu'il y avait un carrosse au logis qui atten- 
« dait il y avait longtemps. Il fallut aller; par 
« bonheur pour lui, il y avait ce jour-là deux 
« comédies ciiez le cardinal, l'une françoise, 
« l'autre italienne, durant lesquelles il dormit 
<( fort bien. On soiipa : il n'avait pas besoin de 
« souper, il employa encore ce temps à dormir; 
« il était dix heures quand on le lit chanter : il 
« n'eut jamais tant de voix. « Le même Talle- 
mant dit aussi que le mariage de Lambert ne 
fut pas des plus heureux , et que sa femme 
mourut de chagrin, au bout de trois ou quatre 
ans, laissant une fille, Madeleine Lambert, qui 
fut élevée avec beaucoup de soin par sa jeune 
tante, M'ie Hilaire Le Puis. Tout cela appar- 
tient à la jeunesse de Lambert et du vivant du 
cardinal -de Richelieu , qui mourut en 1642 : 
l'artiste' n'était alors âgé que de trente-deux 
ans. 

Ce fut vers cette époque que commença la 
vogue de Lambert comme maître de chant; elle 
devint telle en peu de temps, qu'il ne put sa- 

(1) J'ai dit dans la première édition de cette Biogra- 
phie, d'après le Parnasse français de Titon du Tillet. 
que le cardinal de Richelieu fit avoir à Lambert la charge 
de maitre de musique de la chnrabre du roi; mais ce 
fait parait inexact. Lambert n'obtint cette charge que 
sous le règne de Louis XIY. 



Î/O 



LAMBERT 



tbfaire aux demandes de toutes les personnes 
de condition qui voulaient prendre de ses leçons. 
Quel que fût son talent, ce n'était pas le seul 
avantage qui lui procurait la faveur de la ville et 
de la cour ; car il était homme d'esprit , bon 
convive , et fort plaisant dans sa manière de 
conter. Quelques vers de la troisième satire de 
Boileau font voir qu'on recherchait avec em- 
pressement les occasions de se trouver avec 
mi. Tout le monde les connaît : 

Molière av*c Tartufe y doit jouer son rôle; 
Et Lambert , qui plus est , m'a donné sa parole. 
C'est tout dire en un mot , et vous le connolssez. — 
Quoi! Lambert?... - Oui, Lambert : à demain. — C'est 

assez, 

Il paraît que ce musicien était obsédé par les 
invitations des oisifs, qui s'amusaient de son chant 
et de ses bons mots; il promettait souvent de 
s'y rendre, pour se soustraire aux importunités; 
mais rarement il était fidèle à sa parole : il 
préférait aux plaisirs du monde le repos qu'il 
goûtait dans sa maison de campagne, près de 
Puteaux. 

En dépit de son talent et de la faveur des 
grands, l'existence de Lambert était peu fortunée, 
et son revenu ne reposait que sur des bases assez 
peu solides. Il aurait pu s'enrichir par ses le- 
çons ; mais il n'y mettait pas beaucoup d'exac- 
titude. Comme la plupart des artistes d'imagi- 
nation, il en éprouvait souvent des dégoûts. Il 
n'y avait point alors de concerts pour le public, 
car ce qu'on appelle aujourd'hui le public 
n'existait pas. Le roi , la cour et les plaisirs des 
grands étaient la seule ressource des artistes : 
la bourgeoisie et le peuple n'avaient d'autre des- 
tination que de travailler et de payer les im- 
pôts. Ajoutons que les musiciens en renom ne 
faisaient pas leurs conditions, comme ils le font 
aujourd'hui, pour aller jouer des instruments, 
et chanter dans les salons de la noblesse : ils 
recevaient des cadeaux éventuels, et parfois 
on ne se souvenait d'eux qu'après de longs in- 
tervalles. Lambert en éprouvait souvent d'assez 
grands embarras. Le travail qu'il faisait pour 
les ballets du roi (était aussi rétribué d'une 
manière irrégulière. Enfin les airs charmants 
qu'il composait, et qui faisaient les délices de la 
cour et de la ville, ne lui rapportaient rien, car 
personne alors n'imaginait que les idées d'un 
compositeur eussent une valeur représentée par 
de l'argent. La famille des Ballard , imprimeurs 
de musique à Paris , avait seule la propriété de 
toute la musique qui s'écrivait en France, sans 
être tenue de l'acheter, parce qu'elle avait pour 
cela privilège de roi. Lambert finit par se fati- 
guer iTune existence si peu convenable pour un 



homme de son mérite. Il se trouva si gueux, 
dit Tallemant , quHl en eut honte. Toutefois il 
fit peu de démarches lui-même pour sortir de 
cette position -. il fallut que ses amis s'entre- 
missent pour lui. M. de Lamoignon , évêque de 
Lisieux, qui aimait avec passion le chant de 
Lambert, fut un des premiers à s'intéressera 
son sort : il lui donna une pension de mille 
francs sur ses bénéfices. A quelque temps de là 
il en eut une autre, de huit cents livres, de l'é- 
vêque de Langrcs. Vers 1650 , il en obtint une de 
400 écus sur la cassette du roi ; enfin, Louis XIV 
lui accorda une des places de maître de la 
musique de sa chambre. Celte époque fut la 
plus brillante de sa carrère, et dès lors il goûta 
les douceurs d'une vie exempte de soucis. 

Vers 1655, il quitta la maison de Le Puis, 
avec sa fille et sa belle-sœur Hilaire : tous trois 
allèrent demeurer près des Petits-Pères , chez 
un ami nommé Hervault, qui prit soin de leurs 
affaires, et Lambert ne s'occupa plus que de 
son art. Insensiblement il cessa de sortir de 
chez lui pour donner des leçons, et sauf quel- 
ques grandes dames pour lesquelles il consentait 
à se déranger, ceux qui désiraient l'entendre et 
recevoir ses conseils devaient aller chez lui. Sa 
réputation croissait de jour en jour, son talent 
passait pour incomparable. La Fontaine , vou- 
lant donner l'idée de la perfection du chant , dit 
dans une de ses fables : vous surpassez Lam- 
bert (1), et Le Gallois, bon juge des artistes de 
son temps , cite les plus habiles en ces termes : 
u II est certain que quelques-uns d'entre eux 
« ont eu une approbation universelle, qui semble 
« les mettre dans une juste possession de la 
« couronne, comme un Gautier pour le lut, 
a un Chambonière pour le clavessin , un Lam- 
V n bert pour le chant , un Francisque Corbette 
« pour la guitare, etc. (2). » Il y a de charmantes 
mélodies parmi les chansons et les petites can- 
tates de Lambert : on y trouve plus d'élégance 
et de variété que dans les airs de LuUi ; mais 
la musique de théâtre, liée à l'intérêt drama- 
tique, aura toujours des succès populaires qui ne 
pourront être balancés par la musique de cham- 
bre. Lambert surchargeait la sienne d'une foule 
d'ornements , tels que le trille , les groupes , 
le coulé, le flatté, le port de voix, etc. 
Ce sont vraisemblablement ces broderies, et 
les doubles ou variations du thème, qui va- 
lurent à Lambert sa réputation de grand chan- 
teur. 

(1) Livre XI. fable S». 

(2) Lettre de M. Le Gallois à Mademoiselle Regnault 
de Solier touchant la musique; Paris, listiennc Michallet, 
11)80, in- 12; p. 66 et 66. 



LAMBERT 



177 



Lulli épousa la fille de Lambert, le 24 juillet 
1662, et reçut de son beau-père une dot de 
20,000 livres. On a remarqué que celui-ci fut le 
seul musicien dont le Florentin ne fut pas ja- 
loux , et pour qui il eut toujours un respect 
qu'on n'aurait pas attendu de son caractère 
brutal. Lambert lui survécut, car il ne mourut 
qu'en 1696, à l'âge de quatre-vingt-six ans. Il 
fut inliumé près de son gendre, dans l'église des 
Petits-Pères. On a de cet artiste un recueil 
d'airs et de brunettes, publié en 1666, chez 
Ballard, petit in-4° oblong. Il en a été fait une 
deuxième édition , augmentée de quelques mor- 
ceaux, chez Christophe Ballard, 1689, in-fol. 
Après la mort de l'artiste , on recueillit un grand 
nombre de ses morceaux de chant épars, et ils 
furent publiés sous ce titre : Airs et dialogues 
à une , deux, trois, quatre et cinq voix , com- 
posez (sic) par feu M. Lambert, maître de 
la musique de la chambre du Roi ; Paris , 
Ballard , 1698, in-4''. Dans la même année , il 
parut une autre édition de ce recueil, à Ams- 
terdam, chez Etienne Roger. Il y a des airs de 
Lambert répandus dans plusieurs recueils de 
divers auteurs publiés par les Ballard , notam- 
ment dans celui qui a pour titre : Recueil des 
plus beaux vers mis en chant. Il existe aussi 
des recueils manuscrits qui renferment des 
morceaux de la composition de cet artiste, les- 
quels n'ont pas été publiés. Un de ces recueils 
est à la Bibliothèque impériale de Paris : on y 
trouve quarante-trois airs de Lambert avec d'au- 
tres de Boesset, de Camus, etc. La bibliothèque de 
l'Arsenal en possède un autre, sous le titre d'Airs 
de M. Lambert non imprimés ( copié chez 
Foucault , rue Saint-Honoré , à la Règle d'or ). 
Enfîn, la Bibliothèque du Conservatoire de Paris 
est en possession de Leçons des Ténèbres pour 
la semaine sainte el d'un motet de Lambert qui 
n'ont point été mis au jour. 

M. J. Ed. Bertrand a publié dans la Revue 
et Gazette musicale de Paris (I) une mono- 
graphie , ou , comme on dit aujourd'hui , une 
Étude sur Michel Lambert, oii il y a de l'intérêt, 
bien qu'un peu diffuse ; ce travail nous a été 
utile. Gerber a confondu Lambert avec Saint- 
Lambert , autre professeur de musique et au- 
teur d'un Traité d'accompagnement. 

LAMBERT (N. DE SAINT-). Toj/e3 SAINT- 
LAMBERT. 

LAMBERT (....), luthier lorrain, sur- 
nommé le charpentier de la lutherie, s'est 
moins fait remaïquer par le mérite de ses ius- 



(I) Voyez net'ue et Caiette musicale de Paris , *«• an- 
née ( 1859 ) , p. 9, 3s, «9, 143, 15;. 

uioGi; L.MV. niis musiciens. — t. v. 



truments que par leur nombre. La quantité d« 
violons qui sont sortis de ses ateliers est im- 
mense. Il a formé quelques bons élèves , parmi 
lesquels on distingue Saunier. Il parait qu'il 
vivait encore à Nancy vers 1750, car on connaît 
des instruments qui portent son nom et qui eut 
été faits vers le milieu du dix-huitième siècle. 

LAMBERT (Jean-Henri ) , savant mathé- 
maticien et philosophe distingué , na()uit le 29 
août 1728, à Mùlhausen, dans la Haute-Al- 
sace. Il fut un des membres les plus actifs de l'A- 
cadémie de Berlin , et mourut dans celte ville, 
le 25 septembre 1777. Parmi ses nombreux écrits 
on remarque les mémoires suivants, sur des su- 
jets relatifs à la musique : 1° Sur quelques ins' 
truments acoustiques (Mém. de l'Académie des 
sciences de Berlin, 1763, p. 87 et suiv.). Il y a 
une traduction allemande de ce morceau, avec 
des notes du professeur Huth, publiée non à 
Berlin, comme le dit Lichtenlhal, mais à Franc- 
fort-sur-l'Oder, en 1796. — 2°5ur la vitesse du 
so?r (Mém. de l'Académie de Berlin, ann. 1798, 
p. 70 et suiv.). Lichtenthal s'est trompé en in- 
diquant pour ces deux ouvrages les Mémoires da 
l'Académie des sciences de Paris. — 3° Remar- 
ques sur le tempérament en musique (Idem, 
ann. 1774). Marpurg a inséré une traduction al- 
lemande de ce morceau dans ses essais historiques 
et critiques sur la musique (Hisfor. krit. Bey- 
trxge, etc., t. V, pages 417-450). — 4° Obser- 
vations sur les tons des flûtes (Mém. de l'Aca- 
démie de Berlin, 1775) ; mémoire intéressant et 
plein de recherches savantes. 

LAMBERT (Georges-Joseph-Laurent), pro- 
fesseur de chant et compositeur, est né à Arras, 
en 1779. Les premières leçons de musique lui 
furent données par son père ; puis il eut pour maî- 
tre Schorn, maître de chapelle à l'église Saint- 
Pierre. Il n'était âgé que deseizeans lorsqu'il fut 
attaché en qualité de chef d'orchestre à une troupe 
de comédiens qui jouaient alternativement dans 
les villes du département du Nord, et pendant 
près de dix ans (1795 à 1804) il en remplit les 
fonctions. En 1805, il se trouvait à Amiens, où 
il écrivit plusieurs morceaux de musique pour 
rinstailation de l'évêque. Dans la môme année il 
se fixa à Paris, où il se fit bientôt connaître comme 
professeur de chant et comme compositeur de 
romances agréables et de rondeaux qui eurent 
alors de la vogue. Parmi ses romances, celles 
qui ont obtenu beaucoup de succès sont : Qu'il 
est doux ce premier désir; De la pudeur à 
son aurore; Respectez l'aimable candeur; 
Les adieux d'une fille à sa mère; Cécile, ou 
l'amour; Les bords de la Loire, etc. Elles ont 
été toutes publiées à Paris. Une des meilleures 

12 



I7S 



LAMBERT — LAMBILLOTE 



productions de cet artiste consiste en (rois qua- 
iiioi's pour deux violons, alto et basse ; Paris , 
chez l'auteur. Ces quatuors, dont les mélodies 
«nt du charme, et dont la facture est fort honne, 
méritaient plus de succès qu'ils n'en ont obtenu ; 
mais Lambert n'était pas connu pour ce genre 
de musique, et l'on n'a voulu voir en lui que le 
compositeur de romances. On a aussi de cet ar- 
tiste quelques morceaux de musique d'église, 
dont un Dotnine salvvm fac regem à 2 voix 
et orgue ; Paris, Baucé ; \m Salutaris à 3 voix 
et orgue, ibid. ; un Magnificat à 4 voix et orgue, 
ïbid. ; et un Chœur de vierges ( Jesu corona 
virginum) à 3 voix et orgue, ibid. ; enfin, un autre 
Magnificat à 4 voix, chœur et orcliCïtie, qui 
a été exécuté après sa mort, à Paris, au mois de 
juillet 1852. Lambert avait acquis de l'aisance, 
on pourrait presque dire de la fortune, par un 
travail constant et par l'économie. 11 n'était pas 
marié. Libre de tons soins, il aimait à voyager, 
et dans les dix dernières années de sa vie, il vi- 
sita toutes les parties de l'Europe, pariant de 
Paris vers le mois de juillet, et n'y rentrant qu'en 
. novembre. Ses excursions avaient particulière- 
ment la musique pour objet. Il est mort a Dijon, 
dans les derniers jours de juin 1852, à Page de 
soixante-treize ans. 

LAMBERT (Charles)", professeur de 
piano, né a Paris, en 1793, a reçu des leçons de 
MM. Adam etZimmerman. Il a publié : 1° Sonate 
élémentaire doigtée pour piano; Paris, Janet et 
Cotelle. — 2° Recueil de contredanses pour piano ; 
Paris, Omonl. — 3° Méthode de piano, con- 
tenant le tableau du clavier, les principes du 
doigter, etc. ; Paris, Boieldieu. — 4" Petite mé- 
thode extraite de la précédente ; ibid. La fille de 
ce professeur époBsa le harpiste et compositeur 
Labarre. 

LAMBERT (G.-L.)', né à Beverley, dans 
le duché d'York, en 1705, a étudié les principes 
de la musique sous la direction de son père, 
organiste à l'église principale de cette ville. A 
J'âge de seize ans , on l'envoya à Londres pour 
achever son éducation musicale sous la direction 
de Lyon, puis sous le docteur Crotch. En 1818, 
H perdit son père, et le remplaça comme orga- 
niste à Beverley, après avoir obtenu sa place 
au concours. Il a publié : 1° Sonate pour piano 
seul ; Londres, Latour. — 2° Duo pour piano à 
quatre mains ; ibid. — 3" Trois trios pour piano, 
violon et violoncelle ; Londres, Birschall. — 4° Sep- 
tuor pour piano, violon, alto, violoncelle, deux 
cors et contrebasse ; ibid. 

LAMBERTl (Loi's) , compositeur, né à 
Savone, le 22 octobre 1769; fit ses études musi- 
cales sous la direction de L. Mariani, maître de 



chapelle de la cathédrale de sa ville natale, el devirjt 
un musicien fort habile. Après la mort de son 
maître, il lui succéda dans ses fonctions de maî- 
tre de chapelle; mais cinq ans après il les aban- 
donna, par caprice, et depuis lors il eut une vie 
agitée et précaire. En 1806 il vint à Paris, y 
vécut sans emploi , et y publia diverses com- 
positions pour le piano, dont il dédia plusieurs 
morceaux à la princesse Pauline, sneur de Napo- 
léon. On connaît sous son nom en Italie trois 
opéras : 1° L'Amante schernito, farce. — 
2" Orfeo, opéra séria. — 3" / due FratelU ori- 
ginali. Il a aussi écrit plusieurs messes concer- 
tantes , des vêpres pour toute l'année, des leçons 
des ténèbres, un Miserere, deux Tanfiim ergo , 
plusieurs motets, hymnes et beaucoup de sympho- 
nies, dont plusieurs caractéristiques, telles queZa 
Mort de Louis XVI (ti Publius Claudlus; des 
quintettes, quatuors et trios pour violon, alto 
et violoncelle; des duos pour violon', clarinette» 
llûte, beaucoup de pièces en harmonie pour des 
instruments à vent; des concertos pour divers 
instruments ; des sérénades, des sonates de piano 
avec accompagnement de violon ; d'autres à qua- 
tre mains, et des pièces de différents caractères. 
On a publié de sa composition à' Paris : Sonate 
pour piano avec violon ou flûte, op. 37 ; Paris, 
Sieber. Lainberti vivait encore à Paris en 1812; 
j'ignore ce qu'il est devenu depuis ce temps. 

LAMBERTINI (Jean-Thomas), musicien 
italien du seizième siècle, vécut à Venise, où il 
était, suivant le fronli>pice de ses Madrigali , 
vice-maître de chapelle à l'église San-Lorenzo , 
en 1560, et oii il publia : Salmi penitenfiali a 
quattro voci , 1569, in-4''. On a aussi de lui : 
Madrigali a quattro, novamentc composti so- 
pra quindici stanze di 3[. Bernardo Tasso, 
con alcuni o.ltri madrigali del medesimo au- 
tore. Libro primo; in Venezia, apj)rcsso d'Anto- 
nio Gardano, 1560, in-4° obi. 

LAMBILLOTE (Le P. Louis), jésuite, né à 
Charleroi (Hainaut), le 27 mars 1797, montra 
dès son enfance du goût pour la musique. A l'âge 
de sept ans il eut la bonne fortune d'être ren- 
contré par un abbé italien qui demeurait dans 
un château des environs, et qui, remarquantses 
dispositions mélomanes, lui enseigna les éléments 
du solfège, du clavecin et de l'harmonie. Plus 
tard, il reçut des leçons d'orgue d'un religieux 
de l'ordre de Saint-Augustin, qui le mit en état de 
remplir les fonctions d'organiste à l'église de 
Charleroi, puis à celle de Dinant sur la Meuse. 
Il était parvenu à l'âge de vingt-cinq ans lors- 
qu'un de ses amis le détermina à l'accompagner 
jusqu'à la maison des jésuites de §ainl-Acheul. 
Il s'y présenta comme candidat pour la place 



LAMBILLOTE 



179 



vacante de maître de chapelle, et l'obtint. Ce fut 
alors qu'il conçut le dessein d'entrer dans la 
Compagnie de Jésus ; mais il n'avait pas fait d'é- 
tudes littéraires dans sa jeunesse : il dut se rési- 
gner à les commencer à un âge où il est rare 
qu'on y réussisse. Toutefois son courage et sa per- 
sévérance le firent triompiier des didicultés et 
acquérir une certaine connaissance de la lan- 
gue latine. Admis au noviciat, le 15 août 1825, 
il acheva le temps d'épreuves et fut ordonné 
prêtre. Le reste de sa vie s'écoula dans diverses 
maisons de son ordre, à savoir Saint-Acheul, 
Fribourg, Aix (en Savoie), Briegg, Brugelette 
(Belgique), et enfin, Vaugirard. Il est mort dans 
celle-ci, le 27 février 1855, à l'âge de près de 
cinquante-huit ans. Jusqu'à l'âge d'environ qua- 
rante-trois ans, le P. Lambillote composa une 
4;rande quantité de musique d'église d'un style 
vulgaire, plus convenable pour les guinguettes 
que pour le service divin, et de plus fort mal 
«crile. Elle eut cependant du succès dans les 
^)rovinces de France, où le goût est en général 
•assez mauvais. 

Le P. Lambillotle s'était fort peu occupé du 
plain-chant jusqu'en 1842, époque où l'auteur de 
celle biographie, ayant appelé l'attention des 
ecclésiastiques sur les altérations qu'a subies le 
chant grégorien dans un grand nombre de ma- 
nuscrits, ainsi que dans la plupart des éditions, 
et ayant fait connaître ses idées sur la nécessité 
d'en faire une restauration uniforme, celte ou- 
verture fit naître une grande agitation en France 
-et en Belgique. Une foule d'écrits de tous genres 
parut à celle occasion, et dans une question qu'il 
aurait fallu étudier avec calme, on vit se pro- 
duire une ardente polémique, où les'intérêts 
d'amour-propre devinrent bientôt l'objet prin- 
cipal (1). Au lieu de principes certains, qui ne 
peuvent se déduire que d'une étude historique 
des monuments, laquelle, il est vrai, est envi- 
ronnée de grandes difficultés, chacun apporta 
«es opinions et ses vues particulières. Celui qui 
avait été la cause de tout ce bruit s'était pro- 
posé l'unité dans le chant de toute l'église catlio- 
lique : au lieu de cela , l'anarchie la plus com- 
plète régna pendant plus dequinze ans, et l'on eut 
pour résultats les livres de chant de Malines, de 
Dijon, de Reims et de Cambrai, de Rennes et de 
Digne, tous dissemblables, tous s'éloignant d'une 

(1) l'arml le grand nombre d'auteurs qui ont pris part 
à ce débat, on peut consulter, pour lesouvrages qu'ils ont 
publics, les articles JIfleri, Alix, Bonhomme, Cloet, Fra- 
selle et Germain, Ad. de La Fuije, bogaerts, Duval , De 
f'ooht, Miiinurd. A'isard, Patu de Saint- Vincent, d'Or- 
tiyue, Schubiger, ot l'fsscn. Il en rst beaucoup d'antres, 
qui n'ont écrit sur ce sujet que dans Icsjouinauxecclésias- 
li^ufset autres. 



manière plus ou moins arbitraire du véinlable 
but. Le P. Lambillotte s'était jeté dans la rnélée : 
lui aussi se persuada qu'il était appelé à opérer 
l'œuvre de la réforme du chant, et sans posséder 
les connaissances nécessaires, il alla explorer des 
manuscrits en diverses bibliothèques de l'Europe. 
Il s'attacha particulièrement à celui de Saint-Gall, 
que des traditions mal fondées présentaient comme 
une copie authentique de l'Antiphonaire de saint 
Grégoire; il en fit faire une copie en fac-simile , 
et la publia sous ce titre : Antiphonaire de saint 
Grégoire, fac-simile du manuscrit de Saint- 
Gall ( viii" siècle ) accompagné : 1' d'une no- 
iice historique ; 2" d'une dissertation don- 
nant la clef du chant grégorien ; 3" de di- 
vers monuments, tableaux neumatiques iné- 
dits, etc. ; Paris, 1851, gr. in-4''. La notice sur 
le manuscrit supposé être une copie authentique 
derantiphonairedesaintGrégoireenvoyceàChar- 
leiuagne, en 790, par le pape Adrien V, est 
tirée d'une chronique du moine Ekkard ou Ek- 
keard, du monastère de Saint-Gall, lequel écri- 
vait au douzième siècle ; mais le savant P. Schu- 
biger, bénédictin de l'abbaye d'EinsiedeIn, a 
prouvé que l'écriture de ce manuscrit est du 
dixième siècle; qu'on y trouve des pièces, entre 
autres la messe de La Trinité, qui n'existaient 
pas au huitième; enfin, que ce manuscrit, coté 
350, n'est pas mentionné dans le catalogue de la 
bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall, dressé dans 
le neuvième siècle, et qui se trouve dans la même 
bibliothèque sous le numéro 728 (voy. Schubi- 
CER ). Déjà l'auteur de cette biographie avait 
établi, dans une discussion avec le conseiller de 
Kiesewetter (Revue et Gazette musicale de Pa- 
ris, 1844, n°* 24, 25, 26) , que le manuscrit de 
Saint-Gall n'est pas un antiphonaire , et sur- 
tout n'est pas celui de saint Grégoire, n'étant pas 
conforme à celui qui a été publié par les béné- 
dictins Denis de Sainte-Marthe et Guillaume Bes- 
sin, dans les œuvres de ce saint pontife ( t. 3, 
p. 737-778), d'après un manuscrit authentique 
du neuvième siècle qui avait appartenu à l'église 
de Compiègne. Le P. Schubiger reprend cette ob- 
jection, et la fait valoir par de nouveaux argu- 
ments. Au résumé, le manuscrit de Saint-Gall, 
bien qu'intéressant comme ceux de son époque, 
n'a pas l'authenticité que Kiesewetter et le P. Lam- 
billotte ont voulu lui attribuer. A l'égard du tra- 
vail dont le P. Lambillotte l'a accompagné, sous 
le titre de Clef des mélodies grégoriennes dans 
les antiques systèmes de notations , et de l'u- 
nité dans les chants liturgiques, il se compose 
de deux parties, la première, de monuments his- 
toriques qui ont de l'intérêt; l'autre, de raisonne- 
ments du R. P. jésuite, où souvent il fait preuve 



«so 



LAMBILLOTE — LAMIA 



<le peu d'intelligence de la matière. Les autres ira- 
vaux, de ee religieux relatifs au chant de l'église 
n'ont vu le jour qu'après sa mort, par les soins 
du P Dufoui, du même instiiut Le premier en 
date est un rcrit intitulé : Quelques mois sur la 
restauration du chant liturgique; état de la 
question; solution des difficultés; Paris 1855, 
in-S" de 46 pages, avec un spécimen du systèmede 
restauration imaginé par le P. Lambillotte, lequel 
consiste dans la messe de Pâques, en notation de 
plaint-chant et en notation moderne. M. l'abbé 
Konhommea fait une analy se accablantedu système 
et de l'écrit du R. P. jésuite dans une brochure 
intitulée : Simple réponse à la brocJiure du P. 
Lambillotte intitulée : Quelques mots ; etc., Pa- 
ris, J. Lecoffre, 1855, in-8°de48 pages. M, l'abbé 
Jules Bonhomme, très-fort lorsqu'il met en évi- 
dence les inconséquences du P. Lambillotte, ne 
l'est plus autant lorsqu'il veut faire considérer 
comme excellentfs les leçons des éditions rémo' 
cambraisiennes du graduel et de l'antiplionaire, 
dont il avait mission de faire l'apologie. Après 
les Quelques mots, le P. Dufour a publié l'ou- 
vrage du P. Lambillotte intitulé : Esthétique, 
Théorie et Pratique du chant grégorien res- 
tauré d'après la doctrine des anciens et les 
sources primitives ; Paris, Ad. Leclerc, 1855, 
1 vol.gr. in-S", de 418 pages. On peut voir dans 
la préface de cette biographie ( p. xxvi, xxvii ) 
les exemples que ^'ai donnés de l'absence de 
toute critique et de logique dans cet ouvrage du 
P. jésuite. La dernière publication posthume 
des travaux de ce religieux est le Graduel et le 
Vespéral en double notation moderne et de plain- 
chant; Paris, Ad. Leclerc, 1856. Il est dit dans la 
Biographie générale de MM. Didot, que Vœu- 
rre capitale du P. Lambillotte est sans contre- 
dit la restauration du chant grégorien (t. 29, 
col. 166) : je suis oblige de dire que cette res- 
tauration consiste à l'avoir altéré partout. Le 
P. Lambillotte, qui ne cesse de répéter qu'il faut 
recourir aux manuscrits, ne les consulte que pour 
changer ce qu'il y trouve. On a aussi de lui ; 
1° Choix des plus beaux airs de cantiques ar- 
rangés à deux parties. — 2° Musée des orga- 
nistes; collection des meilleures fugues com- 
posées pour l'orgue et choisies dans toutes les 
écoles; Paris, 1842-1844, 2 vol. in-4° obi. — 
3" Choix de cantiques sur des airs nouveaux 
pour toutes les fêtes de l'année, à 3 et 4 voix, 
avec accompagnement d'orgue ou de piano ; Paris, 
1843. — 4° Petits saluts pour les fêtes de 
deuxième classe; Paris, Canaux , 1844-45. — 
b° Première collection de deux saluts pour les 
grandes fêtes de Vannée, avec orgue et or- 
chestre, en 12 livraisons; Paris, 1845. — e^Quel- 



, ques motets détachés publiés de 1843 à 184G. — 
7° Seconde collection de douze saluts pour 
toutes les fêtes de Vannée, avec accompagne- 
ment d'orgue ou à'' harmonium; Paris, 1854. 
8° Chants à Marie, recueils de cantiques à la 
sainte Vierge, publiés en trois parties de 1844 
à 1854; Paris, 3 vol. in-t2 et in-8". — 9° Trois 
Messes solennelles avec orgue etorcliestre; Paris, 
V* Canaux. — 10° Messe solennelle en stylegré- 
goriendu cinquième mode; Paris, 1855. 

LAMl (Michel), ouLAMY, prêtre, fut d'abord 
maîtredechapelle de l'église des Saints-Innocents, 
à Paris, puis obtint la maîtrise de la cathédrale 
de Rouen, en 1697. Il en remplissait les fonctions 
depuis trente et un ans lorsqu'il crut devoir don- 
ner sa démission (en 1728), parce que les cha- 
noines de la métropole avaient décidé que les 
musiciens et chanteurs de l'Opéra seraient admis 
à chanter et jouer des instruments dans la chapelle. 
Les scrupules austères de Lami ne lui permirent 
pas d'admettre cette alliance de l'église et du 
théâtre, il a laissé en manuscrit quelques messes 
qu'on a longtemps exécutées à la cathédrale de 
Rouen, et a fait imprimer un recueil d'ouvrages 
de sa composition, sous ce titre: Cantates, pe- 
tits motels à une, deux et trois voix, et un 
cantique nouveau à deux chœurs et sympho- 
nie ajoutée, propre particulièrement pour la 
fête de Pâques, à Vusage des cathédrales; 
Paris, 1721, in-fol. Il examine, dans la préface 
de cet ouvrage, la manière de composer la mu- 
sique d'église, et promet de faire paraître un gi-und 
nombre de morceaux de ce genre, ainsi qu'un 
traité sur le même sujet, où il se proposait de 
prouver que l'organisation de la musique d'église 
en France était de son temps la meilleure et de- 
vait être préférée à celle de l'Italie. 

LAMIA, célèbre joueuse de tlùte de l'anti- 
quité, était née en Egypte; mais elle vécut long- 
temps à Athènes, où ses talents n'excitaient pas 
moins d'admiration que sa beauté. Elle eut beau- 
coup d'amants, dont les profusions lui procurè- 
rent d'immenses richesses. Elle se retira à Alexan- 
drie, et elle était devenue la maîtresse de Pto- 
lémée Soter, lorsque la défaite de la flotte de ce 
prince par Démétrius ht tomber Lamia entre les 
mains de celui-ci, avec les femmes et les esclaves 
du vaincu. Elle n'était déjà plus dans la pre- 
mière jeunesse ; cependant elle inspira la plus 
vive passion à Démétrius, moins âgé qu'elle et 
le plus bel homme de son temps. Elle n'usa de 
son crédit dans cette circonstance qu'en faveur 
des Athéniens, à qui Démétrius accorda d'assez 
grands avantages. La reconnaissance des habi- 
tants d'Athènes les engagea à lui dédier un temple 
sous le nom de Venus Lamia. Il existe au ca* 



LAiMIA — LAMPADARIUS 



binet de la Bibliotlièqne impériale de Paris une 
ani( tliyste gravée, d'un travail exquis, qui offre 
les traits de cette joueuse de flûte, avec son 
nom : cette tête est de la plus grande beauté, et 
justifie les éloges accordés à Laniia par Plutarque 
et par Athénée. 

LAM01\ll\ARY (Jean), premier violon du 
concert de Valenciennes, né dans cette ville, au 
commencement du dix-huitième siècle, a publié 
de sa composition deux livres de sonates en trios 
pour le violon ; Paris, sans date. 

LAMORETTI (Piekre), né à Plaisance, 
vers la fin du seizième siècle, fut organiste de l'é- 
glise Saint-Augustin de cette ville, ainsi que de 
la chapelle des chevaliers de Latran. Il s'est fait 
connaître par un recueil de madrigaux et de 
chants intitulé : Madrigali concertati a 2, 3, e 
4 voci, con due madrigali pieni, a 5 voci edun 
balletto a cinque. In Venezia, app. Aless. 
Vincent i, 1621, in-4''. 

LAMOTTE (François), premier violon de 
la chapelle impériale, à Vienne, naquit dans cette 
ville, en 1751, ou, selon quelques écrivains, dans 
les Pays-Bas. A l'âge de douze ans, il joua de- 
vant l'empereur et sa cour un concerto de sa 
composition. En 1767, l'empereur le fit voyager. 
Il avait atteint sa seizième année, et déjà il an- 
nonçait nn talent de premier ordre. Arrivé à 
Prague, il se fit connaître comme un très-habile 
lecteur capable de jouer à vue toute espèce de 
musique. Boblizeck, secrétaire du prince de Fiirs- 
temberg, voulut essayer si son talent répondait 
à ses prétentions ; il composa pour le jeune vir- 
tuose un concerto fort difficile en fa dièse ma- 
jeur, et ne mit les parties sur les pupitres qu'au 
moment de commencer l'exécution. Pendant le 
tutti de l'orchestre, Lamotte avait examiné ce 
qu'il avait à jouer; il monta rapidement .son vio- 
lon un demi-ton plus haut, et joua conséquem- 
ment le morceau en fa majeur, avec beaucoup 
de facilité. Après que Boblizeck eut éprouvé cette 
mystification , personne ne fut tenté de soumettre 
Lamolte à de nouveaux essais. 

Vers la fin de 1769, ce jeune artiste arriva à 
Paris; il y excita l'étonnement. Jarnowick était 
alors dans cette ville. Jaloux, comme il l'était, 
de tout violoniste de mérite, il voulut essayer 
de compromettre Lamotle, et lui proposa de 
jouer avec lui une symphonie concertante à son 
choix. Quel est le virtuose, lui répondit La- 
motte, qui pourrait se distinguer par là ? Je 
vous offre autre chose, moi : apportez un 
concerto de votre composition, j'en ap- 
porterai un de la mienne : vous jouerez te 
mien, je jouerai le votre, et Von verra. 
€omme il arrivait presque toujours dans les oc- 



ISI 
battit en retraite. 



casions difficiles, Jarnowick 

Après avoir passsé un an à Paris, Lamotle se 
rendit à Londres. Il y pouvait acquérir des ri- 
chesses; mais le goût de la dissipation, et des 
amis dangereux l'entraînèrent à faire beaucoup 
de dettes, et ses créanciers le privèrent de sa li- 
berté. Il languissait dans sa prison depuis plu- 
sieurs années, quand il en fut tiré ainsi que beau- 
coup d'autres, pendant une émeute excitée par 
lord Gordon. Il s'enfuit en Hollande, et y mourut 
en 1781, à l'âge de trente ans, n'ayant pas réalisé 
les espérances de ses admirateurs. Un prodigieux 
mécanisme de la main gauche , qui lui permet- 
tait déjouer de longs passages sur une seule corde, 
et le staccato le plus brillant qu'on eût entendu 
jusqu'à lui, étaient les qualités qui distinguaient 
particulièrement cet artiste. Il a publiée Paris, 
chez Bailleux, en 1770, trois concertos de violon 
et des airs variés; à Londres, il n'a fait paraître 
que six sonates avec accompagnement de basse. 

LAMPADARIUS ou LAMPADAIRE 
(Jean), chantre grec , vécut à Constantinople au 
commencement du quatorzième siècle. Son nom 
lui fut donné du mot grec Xaijniâç (flambeau'), 
parce qu'étant second chantre à Sainte-Sophie, 
il remplissait ses fonctions ayant un flambeau 
à la main , suivant l'usage des églises grec- 
ques d'Orient. La Bibliothèque impériale de 
Vienne possède un traité du chant ecclésiastique 
grec intitulé Tex^'o^oy»* "^^Q (xovTty-vïç tex^'vï; 
(Traité de la science de la musique), dont il est 
auteur. Le P. Martini en possédait une copie. 
Quelques chants d'un Troparion de ma biblio- 
thèque portent le nom de Jean Lampadarius. 
Biirney a trouvé aussi, dans la Bibliothèque de 
Turin, d'autres chants du même auteur, contenus 
dans un hymnaire grec coté 353, 6. L 24. 

LAMPADARIUS ou LAMPADAIRE 
(Pierre), surnommé le Péléponnésien, parce 
qu'il naquit à Tripolitza, dans la Morée ( l'an- 
cien Péloponnèse), vers 1730, fut prêtre et chan- 
tre de l'église grecque de Constantinople. Ayant 
conçu le dessein de réduire les divers livres de 
chant du rit grec, trop nombreux et trop volu- 
mineux pour l'usage habituel , à ce qui était 
nécessaire pour le service ordinaire dans la plu- 
part des églises, aux dimanches et fêtes, en écar- 
tant le chant des offices de nuit, qui ne se font 
que dans les monastères, Pierre Lampadaire fit 
un choix intelligent des meilleurs chants anciens 
du Triodion, et en composa un assez grand 
nombre pour compléter son œuvre de réforme. 

Plus lard, Grégoire Lampadaire, de la même 
famille que Pierre et comme lui chantre et pro- 
fesseur de musique religieuse à Constantinople, 
ima^jina, vers 1815, de concert avec Chrysantlie 



i82 



LAMPADARIUS - LAMPE 



de Madyte ( voyez ce nom ) et un atifie pro- 
fesseur de cliant, un système de simplification 
de la notation excessivement compliquée du 
ciiant de l'église grecque. Lorsque ce système 
eut été définitivement arrêté et complété, Gré- 
goire Lampadaire nota par celte nouvelle mér 
thode tout le Triodion de Pierre, et Chrysantlie 
de Madyte composa une instruction théorique 
et pratique sur le système de notation qui y était 
employé. Les trois professeurs résolurent alors 
d'envoyer à Paris leur élève Anastase Tharayris, 
pour faire graver les caractères nécessaires et 
surveiller l'impression de ces ouvrages. Pour les 
dépenses de eelie entreprise, qui devaient être 
eonsidérables, ils eurent recours à de riches 
familles grecques, qui s'empressèrent de mettre 
à leur disposition tout l'argent nécessaire. Ar- 
rivé à Paris, Thamyris trouva dans son com- 
patriote Nicolo-Poulo ( voyez ce nom ), Grec de 
Smyrne, bon musicien,^ l'appui dont il avait 
besoin pour établir ses relations. L'imprimerie 
de Rignoux fut choisie pour la confection des 
Hvres, et M. Léger, artiste habile, grava tous les 
caractères du chant grec, dans l'espace de cinq 
mois. Enfin, l'ouvrage de Clirysanihe de Madyte 
et le premier volume du chant de Pierre Lam- 
padarius parurent, par les soins du jeune ciiantre 
de Constanlinople. Le premer volume d'un 
Triodion, précédé d'une préface grecque^ ou 
plutôt d'une lettre de Thamyris aux trois pro- 
fesseurs, a pour titre : AoEowttxà toO ÈvtauToû 
Tcôv Sea^TOTixcûv xat 6eo[jLïiTopix(ôv éopTÔJv, -/.al 
Tôiv '£opTaÇo[A£vâ)v àyiûv. MeXîaÔEvxa Ttapà IléTpoù 
AafjLnaôapto'j toù neXÔTtovvYiotoù. £|r)Yr,9riCTav Se 
xaxâ trjv vecxv [xéôoôov, Tiapâ Tpriyôpioy Aa^Ttaoa- 
pîoy. T6[jLo; kowto; ( Invocations pour les fêtes 
annuelles du Seigneur et de la mère de Dieu, 
ainsi que pour les fêtes des saint?, mises en chant 
par Pierre Lampadaire le Péloponnésien. Notées 
selon la nouvelle méthode par Grégoire Lampa- 
daire. Tome premier). A Paris, de l'imprimerie 
de Rignoux, et à Constanlinople, faubourg de 
Galata, chez Castrou, 1821. 1 vol. in-S"* de 
3C7 pagi's. Le premier volume seul a paru, 
parce que le soulèvement de la population grec- 
que], qui arriva dans le même temps, la guerre 
et les horribles calamités qui en furent la suite, 
obligèrent à suspendre l'impression du second 
volume. Les Turcs et les Egyptiens ne forent 
chassés définitivement de la Grèce qu'en 1828, et 
Anastase Thamyris mourut précisément dans la 
même année ; en sorte que la suite de l'entreprise 
fut abandonnée. Le premier volume contient le 
chant des offices depuis le mois de septembre 
jusqu'au 1er dimanche du carême> avec le chant 
noté ; son exécution typographique est fort belle. 



LAMPARELLI (Antoine), professeur de 
chant, naquit à Turin, en 1761, et y fit ses étude» 
musicales sous la direction de l'abbé Amboni, 
chantre de la cathédrale, et musicien instruit. 
Après que l'armée française, commandée par le 
général Bonaparte, se fut emparée de Turin, 
celte ville perdit de son éclat par l'éloignemeut 
de la cour : cette circonstance et les sollicitalions 
de quelques jeunes officiers français engagèrent 
Lamparelli à aller se fixer à Paris. Ses romances 
et ses chansonnettes italiennes, dont il publia 
plusieurs recueils, le mirent à la mode , et il eut 
du succès comme professeur de chant. Cepen- 
dant il quitta tout à coup Paris, sans que le mo- 
tif de ce brusque dépari fût connu, voyagea quel- 
que temps dans lès départements, et finit par 
s'établir à Lille, où il était encore en 1816. Vers 
ce temps, il disparut encore de cette ville, sans 
qu'on sût ce qu'il était devenu. Le hasard me 
l'a fait découvrir à Troyes (Aube) en 1820. 11 
est mort en 1832, à Vitry-le-Français, où il rem- 
plissait les fonctions d'organiste. Lamparelli a 
publié à Paris onze recueils de romances avec 
accompagnement de piano, chez Naderman. On 
connaît aussi de lui deux chansonnettes : i° Le 
diable emporte V amour ;Mà. — 1° Lechien de 
la Seine; ibid., 1799. 

LAMPADIUS (....), chantre et maître 
d'école à Lunebourg dans la première moitié du 
seizième siècle, était né dans cette ville. Il a fait 
imprimer un livre intitulé : Compendium Mu- 
sices, tainfigurati quam plani cantus, ad 
formam dialogi, in usum ingénus^ pubis ex 
eruditissimis miisicorum scriptis accurate 
congestum ; quale aiitehac nunquam visum, 
etjam recens publieatinn. Adjectis etiain rc- 
gulis concordaniiarum et componendi can- 
tus artificio ; summatitn omnia musices pree- 
cepta pulcherrimis exemplis illustra succincte 
et simpliciter complectens; Berne, 1537, in-S"; 
Berne, 1539, petit iu-8°; Berne, 1546, in-8°. Je 
possède ces trois éditions. Lipenius en indique 
une autre de la même ville, 1554 in-8° ( £i- 
blioth., p. 997). Le livre de Lampadius est un 
Irès-hon manuel des éléments de la musique : 
la première partie traite du plain-chant; la se- 
conde, de la musique mesurée. On y trouve des 
exemples bien écrits. Tout l'onvrage est eu dia- 
logues. 

LAMPE ( Frédéric- Adolphe ) , théologien 
protestant, naquit le 19 février 1683, 5 Detmold, 
dans la principauté de Lippe-Detmold. Après 
avoir fait de bonnes études à Hanovre, il des- 
servit plusieurs églises en qualité de pasteur; 
puis il fut appelé à Utrecht, pour y enseigner la 
théologie et l'histoire ecclésiastique. Dans les 



LAMPE — LAMPROCLE 



183 



dernières années de sa vie, il occupa la place de , 
{)astcur à l'égli.^e Sainl-Élienne de Brème. Il 
mourut en celle ville, d'une hémorragie, le 3 dé- 
cembre 1729, à l'âge de quarante-six ans. Homme 
savant, mais rempli de cette érudition minu- 
tieuse et futile qui était le défaut principal de 
beaucoup de littérateurs de son temps, Lampe a 
publié plusieurs ouvrages sur les antiquités, où à 
côté de choses bonnes et utiles on trouve beau- 
coup de niaiseries et d'inutilités. Parmi ses écrits, 
on remarque : De Cymhalis veterum libri très, 
in qulbus quwcunque ad eorum nomina, dif- 
ferentiam, originem, historlam, ministros, 
1-ilus pertinent, elucidantur; Utrecht, 1703, 
in-i2, (ig. Le premier livre de cet ouvrage traite 
des noms et des espèces de cymbales; dans le 
second, Lampe s'est livré à des recherches sur la 
forme de cet instrument de percussion; le troi- 
sième est consacré à l'examen des usages aux- 
<]uels il servait. Malgré ses défauts, ce livre est 
précieux pour l'histoire de la musique des anciens, 
parce que l'auteur y a rassemblé tous les passa- 
des des écrivains et des monuments de l'antiquité 
qui concernentcesujet.il paraît, d'après le ca- 
Jalogue des livres de la bibliothèqne de Fabricius 
(part. Iir, pag. 25, n° 429), que Lampe avait 
fait paraître le plan de son ouvrage trois ans avant 
sa publication, sous ce titre : Delineatio tract, 
de Cy)nbalis veterum; Brème, 1700, une feuille, 
in-4°. La description d'une agate du cabinet de 
Th. Hase, son ami, lui fournit l'occasion de don- 
ner de nouvelles conjectures sur la forme de la 
cymbale antique, dans son livre intitulé : Excr- 
citationum sacrarum dodecas, quibus psal- 
mus XL V perpétua commentario explanatur ; 
Brème, 1715, 1 vol. in-4°. 

LAMPE (Jean-Frédéric), compositeur et 
écrivain sur la musique, naquit en Allemagne, 
dans les premières années du dix-huitième siècle, 
lit ses études à Helmstsedt, en Saxe, et se rendit 
à Londres en 1725. Son compatriote Hœndel le 
lit entrer alors à l'orchestre de l'Opéra : on 
croit que ce fut pour y jouer du basson, parce 
que Heendel fit faire pour lui un contrebasson en 
1727. Cet instrument resta depuis lors dans le 
magasin d'instruments du théâtre, et ne fut joué 
que par Ashiey, en 1784, à l'occasion de la 
grande fêtemu'iicale en commémoration de Hœn- 
del. En 1730, Rich, directeur du théâtre de Co- 
vent-Garden, engagea Lampe pour écrire la mu- 
sique des pantomimes et des intermèdes qu'il 
fais-ail représenter. Son premier ouvrage de 
quelque importance fut l'opéra burlesque de Ca- 
rey intitulé : Le Dragon de Wantley. W obtint 
un succès de vogue. Cet opéra et Margery, qui 
en est la suite, ont été publiés. Dans ce dernier 



ouvrage. Lampe avait fait une parodie asseï 
plaisante de la musique italienne et des chan- 
teurs italiens de son temps. Le meilleur opéra 
composé par lui fut représenté en 1732, sous te 
titre i'Amo.Ua.. En 1739, il donna aussi Roger 
et Jean, qui réussit. Il a composé la musique 
de la cantate burlesque de Swift qui commence 
par ces mots -.In harmony would you excell. 
Lampe n'est plus connu aujourd'hui que par un 
traité d'harmonie et d'accompagnement qu'il a 
publié sous ce tilre : A plaiii and compendious 
viethod of teaching thorough bass, after the 
most rational manner, wilh proper rules 
for practice; Londres, 1737, 1 vol. in 4". Ce li- 
vre est basé sur le système de la basse fonda- 
mentale de Rameau. La partie théorique est 
fort succincte; mais on y trouve 93 planches de 
leçons pratiques sur la succession des accords. 
Ces exemples sont assez mal écrits, et remplis de 
redoublements d'intervalles qui donnent lieu à 
des successions d'octaves. Un traité élémentaire 
de musique a été publié aussi par Lampe, sous 
ce titre : The art of Music; Londres, 1740, 
10-4°. C'est, je crois, le même ouvrage sous un 
autre titre. On a aussi de lui un recueil, devenu 
fort rare, qui a pour titre : Cantata and four 
engl/sh sangs; Londres, in-4° (sans date). 
Lampe avait épousé Isabelle Young , fille de 
Charles Young, et sœur de M*"® Ame. Il mou- 
rut en 1756. 

L.\1MPE (Georges-Frédéric), ténor distin- 
gué du théâtre allemand, naquit à Wolfenbùttel, 
en 1744. En 1779 il brillait sur la scène de 
Hambourg, et se faisait remarquer dans le même 
temps par son habileté sur le piano et sur le 
violon. En 1788 il était attaché au théâtre delà 
cour à Schwedt. Lorsqu'il quitta cette position, 
il se rendit àDusseldorf, où il vécut depuis lors 
en donnant des leçons de chant et de piano. Cet 
artiste a composé la musique de deux petits opé- 
ras intitulés : La Fille dans le bois de chênes, 
et Die Licbe (l'Amour), ainsi que de la cantate 
funèbre de Galora. On connaît aussi de lui plu- 
sieurs symphonies et divers autres morceaux de 
musique instrumentale, qui sont restés en manus- 
crit. 

LAMPERT (Ernf.st-Lodis), maître de con- 
cerl à Gotha, naquit dans cette ville, où son père 
étaitéditeurdemusique. Il va fait représenter, en 
1841, un opéra intitulé Nanon, Ninon, Mainte- 
non, et y adonné en 1845 Didon, opéra sérieux. 
Il occupait encore sa position à la cour de Gotha 
en 1847. On ne trouve pas d'autre renseigne- 
ment sur cet artiste. 

LAMPROCLE, musicien grec, naquit à 
Athènes, et fut le fils ou le disciple de Midon. U 



184 



LAMPROCLE — LAMY 



pa<«»a pour I« rérormateur du mode luixolydien. 
Cette réforme consistait dans une disposition dif- 
férente des tétracordes de Vendëcacorde ou 
triple tétracorde (voy, la note 114 de Burette 
sur le dialogue de Plutarque ). 

LAMPRL'S. Plusieurs musiciens de l'anti- 
quité ont porté ce nom. Le plus ancien est celui 
dont parle Platon dans son Ménexène. Suivant 
le dire de ce philosophe, Lamprus n'aurait pas 
eu beaucoup de jugement , car il prétend qu'il 
fut interdit. Quant à son mérite en musique, il 
le rabaisse au-dessous de celui de Konnos, qui 
fut le maitre de musique de Socrate. A propos 
de ce passage, Athénée, qui se montre rarement 
favorable à Platon, dit dans le onzième livre de 
son Banquet des savants : « Je n'aurais pas 
« assez de la journée si je voulais rappeler ici 
« tous ceux dont ce philosophe a mal parlé. » 
Dans ses Varise Lectiones (lib. 9, cap. 5), Muret 
cite en faveur de Lamprus un passage de la Po- 
litique d'Aristole (lib. 7, c. 13), où ce grand 
homme, pour faire comprendre l'erreur de ceux 
qui font consister le bonheur non dans la vertu, 
mais dans la richesse, ajoute : Ils raisonnent 
avec aussi peu de sens que le ferait celui qui, 
entendant Lamprus bien jouer de la ci- 
thare, attribuerait cet effet non à l'artiste , 
mais à Vinstrvment. Ces paroles donnent une 
opinion plus favorable du talent de Lamprus que 
celles de Platon. Il parait que ce même Lam- 
prus, qui enseigna la musique et la danse à So- 
phocle, était d'une maigreur extrême, car Athé- 
née (lib. t, cap. 6) dit, en parlant de lui : Lam- 
prus, ce grand buveur d'eau, cet excellent 
auteur de chants plaintifs, ce squelette des 
Muses', qui donnait le frisson aux rossi- 
gnols, ce chantre de Pluton est mort. 

Un autre Lamprus, plus moderne, fut aussi 
un musicien distingué. Il naquit à Erythrée, et 
fut un des maîtres d'Aristoxène. Suidas, qui 
nous l'a fait connaître, dit qu'il avait écrit un 
très-grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels il 
cite les suivants, relatifs à la musique : 1° Traité 
des joueurs de flûtes, des flûtes et des autres ins- 
truments. — 2° De la manière de forer et de fa- 
briquer la flûte. — 3° De la musique en général. 
— 4° De la danse tragique. 

LAMPUGKAJVI (Jean-Baptiste), né à Mi- 
lan , en 1706, écrivit pour le théâtre, pour l'é- 
glise, et enseigna avec talent le chant, le piano 
et la composition. En 1743, il fut engagé pour 
succéder à Galuppi dans la direction de l'Opéra 
italien de Londres. Le premier opéra qu'il y fit 
représenter fut if oarcna, le 15 novembre de cette 
année. Le 3 janvier 1744, il donna un nouvel ou- 
vrage intitulé Alfonso. Burney ne dit pas quelle 



fut l'époque où Lampugnani retourna en Italie. 
Gervasoni, qui a donné une courte notice sur ce 
musicien , nous apprend qu'il mourut peu après 
1772. Imitateur du style de Hasse dans les airs 
et dans les chœurs, il a eu le mérite de mettre 
beaucoup d'expression dans les récitatifs , et 
d'instrumenter avec goût, pour son temps. De 
tous les opéras qu'il a écrits, on ne connaît au- 
jourd'hui que ceux dont les titres suivent. 1" £zio, 
au théâtre Sani'Angiolo, de Yen\&e, en 1737. 
— 2° Angelica e Medoro, au théâtre Saint-Sa- 
muel de Venise, 1738. — 3" Demofoonle, à Plai- 
sance, en 1738.— 4° Candace, an théâtre Saint- 
Chrysostome de Venise, 1740. — 5" Roxana; 
Londres, 1743. —6° /l//bn*o ; ibid., 1744. — 
1° Alceste, ibid., 1745. — 8" Tigrane ; ibk]., 
17^7.-9" Alessdndro inPersia, 1748. —iCSi- 
roe. Milan, 1755. — 11° Artaserse, 1757. — 
12° Amor contadino; à Lodi, 1766. Lampu- 
gnani a laissé en manuscrit beaucoup de mu- 
sique d'église. 

LAMY (Bernard), prêtre de l'oratoire, né au 
Mans, dans le mois de juin 1645, fit ses huma- 
nités au collège de cette ville, et sa rhétorique 
sous le célèbre orateur Mascaron. A l'âge de dix- 
huit ans, il entra dans la congrégation de l'Ora- 
toire, où il perfectionna ses études. Il fut en- 
suite chargé d'enseigner les belles lettres aux 
collèges de Vendôme et de Juiily, puis la phi- 
losophie à Saumur et à Angers. Partisan enthou- 
siaste de la philosophie de Descartes, il se com- 
promit par ses leçons, dans lesquelles il en dé- 
veloppa les principes, et fut exilé à plusieurs 
reprises. Il mourut de langueur le 29 janvier 
1715, àl'âgede plus de soixante-neuf ans. For- 
kel et d'après lui Lichtenthat ont cité nne 
di.ssertation du P. Lamy, qui a été insérée par 
Ugolinidans son Thésaurus ant. sacrar. (t. 32, 
p. 571-642), et qui a pour titre : De Levitis 
cantoribus, eorum divisione,classibiis, de He- 
hrxorum canticis, musîca,inst7'umentis, etc. ; 
ils disent que cet ouvrage est extrait d'un li- 
vre du P. Lamy intitulé : Apparatus ad intel- 
ligenda sacra bibtia , etc., dont il y a eu plu- 
sieurs éditions à Grenoble , 1687, in-fol., à 
Lyon, 1698, 1724, etc. Cependant on ne trouve 
pas un mot de la dissertation dont il s'agit dans 
cet ouvrage ; mais elle est tout entière dans un 
autre livre du même écrivain qui a pour ti- 
tre : De Tabernaculo fœderis , de saacta 
civitate Jérusalem, et de templo ejus, etc.; 
Paris, 1720, in-fol. Ce qu'il y a de plus singu 
lier dans l'erreur de ces écrivains, c'est que Ugo- 
lini a pris soin d'indiquer lui-même d'où il • 
tiré la dissertation; car il dit : Desumta exlibro 
de Tabernaculo fœderis; or, Forkel et Liclr 



LAMY - 

tenllial ont aussi copié cette phrase ; elle aurait 
dû les éclairer. Le morceau historique du P. 
Lamy sur les lévites chantres, sur les cantiques 
des Hébreux, sur la musique et sur les instru- 
ments de ce peuple, est un des meilleurs qui 
existent sur ce sujet : l'auteur y a fait preuve 
de beaucoup d'érudition. Dans les Éléments de 
mathématiques du même savant (Paris, 1704, 
in-12), il y a un petit Traité de la proportion 
harmonique, dans lequel il a établit que la mu- 
sique est une partie des mathématiques. 

LANA-TERZI ( Le P. François ) , né à 
Brescia, le 13 décembre 1631, fut conduit à Rome 
dans sa jeunesse, et entra chez les Jésuites à 
l'âge de seize ans. Après une vie active et tou- 
jours occupée de recherches relatives aux scien- 
ces et aux arts, l'état déplorable de sa santé le 
ramena dans sa famille, à Brescia, où il fonda 
l'académie des Filosotici. Il mourut en cette 
ville, à l'âge de cinquante-deux ans, le 26 fé- 
vrier 1687. Ce jésuite a traité de la musique dans 
son livre intitulé : Magisterium naturee et ar- 
tis, opus physico-mathematicum ; Brescia, 
1684, 1686, et Parme, 1692, 3 vol. in-fol. 

LA-NAUZE (Loujs JOUARD DE), savant lit- 
térateur, membre de l'Académie des inscriptions 
et belles-lettres, naquit à Villeneuve d'Agen, le 
27 mars 1696, et mourut à Paris, le 2 mai 1777. 
Dans sa jeunesse, il était entré dans la Compa- 
gnie de Jésus, mais il en sortit pour se livrer en 
liberté aux travaux littéraires. Au nombre deses 
écrits on trouve deux Mémoires sur les chansons 
de l'ancienne Grèce, dans les Mémoires de l'A- 
demie des inscriptions, t. IX. 

LAIVCE (Le chevalier DE LA), officier au 
régiment des gardes françaises , né à Verdun, 
sortit de France pendant les troubles de la révo- 
lution, et demeura quelque temps à Fiancfort- 
sur-le-Mein, où il donnait des leçons de piano pour 
vivre. Il se rendit ensuite en Silésie, pour y faire 
l'éducation musicale de la fille d'un gentil- 
homme. Il s'y trouvait en 1797. Après le 18 bru- 
maire , il obtint la permission de rentrer en 
France, et se retira dans sa ville natale. Composi- 
teur agréable, il a publié : 1° Romance de Zilla; 
Paris. — 2° Trois sonates pour clavecin avec 
violon, op. 2; ibid. — 3° Six airs variés pour le 
piano, op. 3; ibid. — 4° Sonate brillante pour 
clavecin, op. 5; ibid. — 5" Trois sonates pour 
clavecin et violon, op. 6 ; ibid. — 6" Trois sonates 
pour clavecin , avec violon et basse , op. 8 ; Of- 
fenbach, 1793. — 7° Grand concerto pour le cla- 
vecin, op. 9; Francfort, 1794. — 8'' Trois trios 
pour clavecin, violon et basse, op. 10; Offenbach, 
1795. — 9° Plaintes de Vénus sur la mort 
d'Adonis, cantate avec accompagnement de 



LANCTIN 



18.5 



piano ,'2 violons, alto et basse; Mayence, 1795, 
— 10° Recueil d'allemandes, anglaises, etc., pour 
le clavecin; Vienne, 1798. — li° Thème avec 12 
variations pourleclavecin; 1801.— •12°Airrusse, 
avec sept variations pour le piano. — 13° Qua- 
tuor pour clavecin, deux violons et violoncelle, 
op. 13. — 14* Deux grands trios pour clavecin, 
violon et violoncelle obligés, op. 14 ; Augsbourg, 
1802. 

LAIXCELOT (Claude), grammairien de 
Port-Royal, naquit à Paris, en 1615. Après avoir 
été élevé dans la communauté de Saint-INicolas du 
Chardonneret , il se mit sousla direciion de l'abbé 
de Saint-Cyran, qui le fit entrer chez les solitai- 
res de Port-Royal, en 1638. Lancelot organisa 
les écoles de cette maison célèbre d'après les 
plans de cet abbé : il en fut le premier régent. 
Après la destruction de ces écoles, il fit l'éducation 
du duc de Chevreuse et des deux fils du prince 
de Conti. A l'âge de plus de soixante ans, il fut 
exilé à Quimperlé, où il mourut, le 15 avril 
1695. Parmi les savants ouvrages qu'il a publiés, 
on remarque celui qui a pour titre : Nouvelle 
méthode de plain-chant , plus facile et plus 
commode que l'ancienne; Paris, 1668, in-4°. 
Une deuxième édition a poui titre : L'art de 
chanter, ou méthode facile pour apprendre 
les principes du plain-chant et de la musique ; 
Paris, 1685, in-4'' oblong. Les deux éditions de 
ce petit ouvrage sont fort rares. 

LAIVCTIN (Charles-François-Honop.é), dit 
DUQUESNOY, naquit en 1759, à Beuzet (Bel- 
gique). Après avoir fait des études musicales et 
littéraires comme enfant de chœur, la beauté de 
sa voix de ténor élevé (liaute-contre) lui fit pren- 
dre la résolution de suivre la carrière de chan- 
teur dramatique. Ce fut alors que pour satis- 
faire sa famille il changea de nom et prit celui 
de Duquesnoy , sous lequel il a été connu au 
théâtre. Jamais organe plus admirable ne fut en- 
tendu dans l'opéra français ; par le charme de 
cette voix exceptionnelle , Duquesnoy fit long- 
temps la fortune du théâtre de Bruxelles. En 
1799 il y avait à Hambourg un Opéra français 
pour le grand nombre d'émigrés qui s'y trou- 
vaient; Duquesnoy y chantait, et le correspon- 
dant de la Gazette générale de musique . 
de Leipsick, écrivait au mois de juin de celte an- 
née : « Si la beauté de l'organe suffisait pour 
« faire un chanteur excellent, je dirais que Du- 
« quesnoy, dont la voix est de la plus grande beauté, 
« est en vérité et incontestablement le chanteur 
« le plus parfait que j'aie entendu (1). » De retour 

(1) .... Haette Duquesnoy dicse (schœnsten SUmine), so 
ware er unstrcitlg der Vollkommenste Saenger dan icii 
kennc. (Allgem. musikal. Zeitung, I' Juhrg, p. 730.) 



\Rn 



L-ANCTIN — LA.NDINO 



en Be'gique, après la suppression de l'Opéra 
français de Hambourg (1802), Lanctin, que je 
continuerai d'appeler Duquesnoy, s'établit à A lost, 
et y remplit, pendant plusieurs années, les fonc- 
tions de maître de cliapeile; car il était excellent 
musicien et compositeur de mérite pour l'église. 
En 1814, Van Helmont s'étant retiré de la direc- 
tion de la musique de la collégiale des Saints-Mi- 
chel-et-Gudule, à Bruxelles, ce fut Duquesnoy 
qui fut appelé à lui succéder. Pendant le temps 
qu'il occupa cette position , il donna une impul- 
sion de progrès à l'exécution de la musique reli- 
gieuse en Belgique, et composa un grand nombre 
de motets , d'hymnes et de psaumes, qui furent 
chantés dans la plupart des grandes églises du 
pays. On cite particulièrement au nombre des 
meilleurs ouvrages de cet artiste : Beati om- 
nes, Victimsc paschali , Audite reges, Exspec- 
tans exspectavi , Lauda Sion, Mémento Da- 
vid, Deus re(jnavit,Ave salus. Pie Jesu, Homo 
quidam. In exitu Israël, tous les motets du 
Saint-Sacrement, ceux de la Vierge , etc. La plu- 
part de ces compositions sont écrites pour or- 
clieslre complet. Lanclin , ou Duquesnoy, mourut 
à Bruxelles le 9 mai 1822. Van Helmont, dont il 
avait été le successeur, rentra, après sa mort, 
dans la place de maître de chapelle de l'église 
des Saints-Micbel-et-Gudule. 

LAi\DGRAFF (Jean-Frédéric), né le 21 
mai 1683, à Schloss-VVippacli , village du grand 
duché de Saxe-Weimar, apprit la musique et les 
éléments du clavecin chez Gulgesell, organiste de 
l'église des Marchands, à Erfurt. En 1705 il suc- 
céda à son maître dans cette place et fut aussi 
nommé collaborateur d'une école à Erfurt. Il est 
mort d-ans cette ville le 4 avril 1744 , laissant en 
manuscrit une grande quantité de musique de sa 
composition, particulièrement pour l'église. 

LA.j\Dl (Etienne) , compositeur, né à Rome, 
vers la fin du seizième siècle, fut maître de cha- 
pelle de l'église du Saint à Padoue (ainsi qu'on 
le voit par le titre du premier livre de ses madri- 
gaux , imprimé à Venise en 1619), et maître de 
chapelle à l'église de Sainte-Marie m Tf/onic; puis 
il retourna à Rome, oii il obtint le titre de clerc 
bénéficié de Saint-Pierre du Vatican. Le 29 no- 
vembre 1629 11 fut agrégé au collège des chape- 
lains chantres de la chapelle pontificale. On voit 
dans le catalogue de ces chantres, placé à la suite 
des Osservazioni per ben regolare il coro 
delta Cappella Pontificia, d'Adami de Bolsena 
(p. 197), qu'il chantait la partie de contralto; ce 
qui indique qu'il était un de ces prêtres châtrés 
que la nécessité avait fait tolérer dans le service 
divin d'une chapelle où il n'y avait pas d'enfants 
de chœur. Quoi qu'il en soit, Landi fut un mu- 



sicien d'un rare mérite : savant dans le chant ec- 
clésiastique et dans la musique du style ancien, 
il joignait à des connaissances étendues un génie 
original, et le don de l'invention dans les fornu s 
de la mélodie , dans le rhylbme et dans la modu- 
lation. Son drame religieux II Santo Alcssio 
renferme une multitude de choses neuves et de 
bon goût. On connaît de sa composition : i° Il 
primo libro di madrigali a quattro t'oci,- Ve- 
nise, 1619, in^". — 2° Madrigali a 5 voci ; 
Rome, Robletti , 1625. — 3° Poésie diverse in 
musica; ibid., 1628. — 4" Missa in benedic- 
tione nuptiarum, sex vocum, auctore Ste- 
phano Lando in basilica Principis Apostolo- 
riim clerico beneficiato, nec non in ecclesia 
S. Marix ad montes musicx prxfecto , etc.; 
Rome, Robletti, 1628.— 5" Ane ad una e due 
voci, huit livres publiés à Rome, chez Robletti, 
depuis 1627 jusqu'en 1639.— 6° Saimi intieri 
a 4 voci; ibid., 1629. — 7" Il Santo Alessio , 
dramma musicale dall' E>no. e Rmo, sig. 
card. Barberino fatto rapprcsentare al Ser. 
principe Alessandro Carlo di Polonia; Rome, 
Masotli, 1634, in-fol. — 8" // libro primo délie 
jnisse a Capella a 4 e 5 voci; Rome, Grignani, 
1639. — 'J° La Morte d'Or feo, pastorale ;ihid., 
16,39. 

LAJXD1I\0 (François), célèbre organiste et 
compositeur italien du quatorzième siècle, fut 
souvent appelé Francesco Cieco, parce que la 
petite vérole l'avait rendu aveugle dans son en- 
fance, et Francesco degli Orgnni , à cause de 
son talent sur l'orgue. Il naquit à Florence vers 
l'année 1325; son père était un peintre qui jouis- 
sait de quelque réputation, et qui descendait de 
l'illustre famille des Landini. Les biographes 
nous apprennent que le jeune Landino, cher- 
chant des consolations contre le malheur de la 
cécité qui venait de le frapper, chantait des mé- 
lodies populaires. Plus tard, le goût qu'il avait 
pris II ces mélodies le conduisit à l'étude de la 
musique , dans laquelle il fit de rapides progrès. 
En peu de temps il fut en état d'accompagner sa 
voix avec l'orgue ou un instrumenta cordes. Telle 
était sa facilité, dans l'âge mûr, qu'il savait jouer 
de presque tous les instruments, quoiqu'il n'eût 
jamais eu de maître. 11 cultiva aussi la poésie 
avec succès. Quelques-unes de ses pièces de 
vers ont été imprimées dans divers recueils. Lan- 
dino était à Venise vers l'an 1364 , sous la do- 
mination du doge Laurent Celsi, lorsque de su- 
perbes fôtes y furent données au roi de Chypre, 
qui s'y trouvait en même temps que Pétrarque. 
Charmé par le talent de l'organiste aveugle , ce 
prince le couronna de lauriers. M. de Winterfeld 
a révoqué ce fait en doute (dans son livre sur 



LANDINO — LANFRAINCO 



187 



Jean Gabrieli , pari. 1'% cli. 2), et a pensé que 
la couronne a été accordée à François Landino 
comme poëte plutôt que comme musicien; se 
fondant sur ce que le nom de cet artiste ne se 
trouve pas dans le catalogue des organistes de 
Saint-Marc au quatorzième siècle; mais il me 
semble que Landino , voyageur, étranger à Ve- 
nise, a pu s'y faire entendre sur l'orgue de Saint- 
Marc, sans y être attaché comme organiste, et la 
conjecture de M. de Winterfeld ne me paraît pas 
assez bien appuyée pour infirmer le témoignage 
de Philippe Villani, contemporain et compatriote 
àe Franccsco degli Orgaai, qui a rapporté le 
fait dans ses Vite d'illustri FiorenUni.Laiadiao 
mourut à Florence en 1390. 

Chaque siècle, chaque pays a eu quelque 
homme supérieur dans les arts, les sciences et 
les lettres. Rarement les contemporains se trom- 
pent à l'égard de ces supériorités; celle de Lan- 
dino est constatée parles écrivains de son temps ; 
mais, n'ayant aucun moyen de vérifier la justesse 
de leurs éloges, nous, étions forcés de les ac- 
cepter sans examen. On ne connaissait aucune 
composition de cet artiste , et l'on ne pensait pas 
qu'il restât rien de lui , lorsque j'ai découvert à 
la Bibliothèque impériale de Paris, dans un 
manuscrit (in-4'', n" 535 du supplément) dont 
aucun écrivain n'avait parlé, et qui est du com- 
mencement du quinzième siècle, cent quatre- 
vingt-dix-neuf chansons italiennes à deux et 
à trois voix, parmi lesquelles il y en a cinq de 
Francesco degli Organi. J'en ai publié une en 
partition et en notation moderne, avec une notice 
du manuscrit, dans le premier volume delà Revue 
»iî(s«caZe(ann.l827,p. 111 etsuiv.). Le manuscrit 
est malheureusement rempli d'une multitude de 
fautes de copie. J'en ai dû corriger plusieurs dans 
la première partie de la chanson , la seule que 
j'ai publiée , parce que la seconde est si défigurée 
qu'elle n'a aucun sens harmonique en rapport 
avec l'état de l'art au quatorzième siècle. Celte 
chanson et les autres compositions de Landino 
contenues dans le manuscrit justifient les éloges 
qui ont été accordés à leur auteur. On y trouve 
plus de douceur, un sentiment d'harmonie plus 
délicat que dans les pièces des compositeurs de 
la même époque. Jacopo de Bologne est le seul 
qui soutienne la comparaison sans désavantage. 
Un autre manuscrit qui a appartenu au célèbre 
organiste Antoine Squarcialupi, etquiestaujour- 
dliui dans la Bibliothèque ducale de Florence , 
semble être un double de celui de la Bibliothèque 
impériale , car il contient les chants des mêmes 
auteurs, particulièrement de Landino. On peut 
consulter sur ce manuscrit l'excellente notice que 
M. Casamorata, de Florence, a publiée sur Squar- 



cialupi, dans la Gazzetta musicale di Milano 
(ann. 1847 n" 48). 

LANDOLFI (Charles-Ferdinand), luthier 
de Milan , vécut dans cette ville au milieu du 
dix-huitième siècle. Ses violons sont assez esti- 
més et se vendent de trois à quatre cents francs. 
J'en connais deux, dont un porte la date de 1752 
et l'autre celle de 1753. 

LA\DRlAIVO ( Charles-Antoink), sopra- 
niste célèbre, organiste et compositeur, né à Mi- 
lan, vers 1626, brilla par son talent aux fêtes 
qui furent données dans sa ville natale, lorsque 
le duc de Parme, Edouard Farnèse , la visita. Il 
obtint à cette occasion la place d'organiste à l'é- 
glise Saint-Raphaël , quoiqu'il fût déjà chantre 
de la cathédrale. 11 mourut à l'âge de trente-trois 
ans , peu après 1657. On a imprimé de sa com- 
position : Moitetia voce sola; Milan, 1655. 

LAIVDSBEKG (Louis), professeur de mu- 
sique, naquit à Breslau dans les premières années 
du dix-neuvième siècle. Il commença sa carrière 
comme ténor choriste du théâtre royal de Berlin ; 
puis il se rendit à Rome, où il vécut pendant 
vingt-quatre ans, se livrant à l'enseignement du 
piano. Il y avait établi des concerts d'amateurs 
qui eurent beaucoup de succès. Il est mort dans 
cette ville, le 6 mai 1858. Landsberg se livra à 
l'étude des œuvres des anciens maîtres et de la 
littérature musicale : il avait des connaissances 
étendues dans ces matières et avait rassemblé 
une rare et précieuse collection de musique et de 
livres, pour laquelle il explorait incessamment 
l'Italie et l'Allemagne. Après sa mort, sa collec- 
tion fut transportée en partie à Breslau et en 
partie à Berlin par ses héritiers : on en a fait 
imprimer des catalogues pour en proposer l'ac- 
quisition aux amateurs; mais, bien qu'ils indi- 
quent encore des choses fort intéressantes, les 
ouvrages les plus importants en ont disparu. 
L'auteur de cette biographie a pu s'en convaincre 
en comparant ces catalogues avec celui que 
Landsberg lui avait envoyé en manuscrit. 

LANFRANCO ( Jean-Marik), né sur le 
territoire de Parme, vraisemblablement' dans les 
dernières années du quinzième siècle , ou dans 
les premières du suivant , fut maître de chapelle 
à la cathédrale de Brescia. Il n'est connu que par 
un petit traité de musique , divisé en quatre 
parties , dont la rareté est excessive. Ce livre a 
pour titre .' Scintille o sia regole di musica, 
che mostrano a leggere il canto fermo e figu- 
rnto , gli accidenti délie note mensurate, le 
proportioni e tuoni, il contrapunto e la di- 
visione d'il monocordo ,• con la accordatura 
di varii instrumenti, délia quale nasce un 
modo, unde ciascxm per se stesso imparare 



188 



LANFRANCO — LANG 



poirà le voci di la, sol, fa, mi, ré, ut. In 
Brescia, per Ludovico Britannico, 1533, 142 pa- 
ges i)etit in-4°. L'opinion de Perne était que 
Lanfranco fournit les explications les plus claires 
et les plus satisfaisantes concernant les prola- 
tions. Un exemplaire de ce petit ouvrage, prove- 
nant de la bibliothèque de M. Gaspari, de Bolo- 
gne, a été vendu à Paris, le 29 janvier 1862, 80 
francs ; un autre exemplaire avait été vendu en 
1805, dans la même salle de la maison Silveslre, 
1 franc 85 centimes ! Avant que l'auteur de cette 
notice eût fixé l'attention de l'Europe sur la va- 
leur des anciennes œuvres musicales, au point 
de vue de l'histoire, elles ne trouvaient pas d'a- 
cheteur ; aujourd'hui fin fait mille folies pour les 
acquérir à tout prix. 

LA]XG (Gaspard), musicien allemand du 
dix-septième siècle, est connu par un recueil de 
motets intitulé : Musœ 1,2 und 3 siimmige Can- 
tiones sacrx tempori et festis accommodatx 
cum violinis; Constance, 1660, in-4''. 

LAI\G (Jean-Georges), né en Bohême en 
1724, y apprit la musique et l'art de jouer de 
l'orgue. En 1749, il.fit un voyage en Italie, étudia 
le contrepoint à Naples, puis retourna en Alle- 
magne, où il entra en 1760 au service du prince- 
évêque d'Augsbourg. Lorsque cet évêque ( Clé- 
ment- Wenceslas , prince royal de Pologne) fut 
fait archevêque de Trêves, il appela Lang à Co- 
blence en qualité de maître de chapelle. Cet artiste 
a publié de sa composition : 1° Six symphonies 
pour l'orchestre; Augsbourg, Lotter, 1760. — 
2" Six quatuors pour piano , flûte, violon et vio- 
loncelle; Offenbach, 1775. — 3" Deux concertos 
pour piano ; ibid., 1776. — 4° Divers autres mor- 
ceaux pour cet instrument; Nuremberg. — 
b° Deux cahiers de pièces d'orgue; ibid. — 6° Six 
trios pour clavecin, violon et violoncelle ; Augs- 
bourg, Lotter. — 7° Une fugue pour l'orgne à 
trois parties ; ibid. Il a laissé en manuscrit di- 
verses compositions, parmi lesquelles on remar- 
que deux concertos pour piano à quatre mains. 

LANG (Ernest-Jean-BenoIt ), peintre et mu- 
sicien distingué, naquit au mois de février 1749 
à Ilmenau, alors dans le comté de Henneberg. 
Son père, peintre et bon musicien , lui enseigna 
les principes des deux arts qu'il cultivait : la 
liarpe fut l'instrument qu'il choisit; il y fit des 
progrès si rapides, qu'à l'âge de six ans il put 
en jouer devant le duc de Saxe-Hildburghausen. 
Lorsque son père alla se fixer à Nuremberg, il 
l'y accompagna, et apprit à jouer du clavecin 
et du violon, sous la direction du maître de cha- 
pelle Gruber, qui lui enseigna aussi les éléments 
de la composition. Déjà marié, en 1782, i! réso- 
lut de voyager et de tirer parti de ses talents pour 



sortir de la pénible situation où il se trouvait. Il 
prit sa route par la Souabe, visita une partie de 
la Suisse , s'arrêta quelque temps à Strasbourg , 
puis se rendit à Bruxelles, où il entra au service 
du duc d'Arenberg, en qualité de musicien de 
la chambre. Après un an de séjour près de ce 
prince , il fut obligé de retourner à Nuremberg 
pour des affaires de famille, et dans sa route il 
donna des concerts à Trêves , Mayence et Franc- 
fort. Obligé de donner des leçons pour vivre, il 
augmenta les vertiges qu'il ressentait depuis plu- 
sieurs années, et il mourut d'une maladie céré- 
brale , à Nuremberg, le 6 mai 1785, à l'âge de 
trente-six ans. Cet artiste a composé plusieurs 
concertos, quatuors, trios et solos pour la harpe; 
on n'a gravé de ses ouvrages que les suivants ^ 
r Sonata per Varpa, accompagnala con il 
violino, composta daEnr. Giov. Bened.Laag, 
virtuoso dell'arpa, in Norimt}erga ; Nurem- 
berg, J.-G. Birckmann. — 2° Quelques poésies 
de Biirger, mises en musique par E.-J;-B. Lang; 
Nuremberg, J.-M. Schmidt, in-fol. obi. 

LANG, famille de musiciens, originaire du 
Palatinat, qui s'est distinguée dans la Bavière. 
Lang (François), né à Manheim, le 30 novem- 
bre 1751, eut pour maître de cor le musicien de 
la cour Zwini. A l'âge de huit ans il joua sur 
cet instrument un concerto , le jour de la fête 
du prince électoral , et fit naître l'étonnement 
par son habileté. En 1763 il était déjà musicien 
de la cour, et en 1770 il épousa la fille du direc- 
teur de musique Stamitz, excellente cantatrice du 
théâtre de Manheim, puis de Munich. Plus tard, 
Lang fit de longs voyages avec son frère ( Martin 
Lang), et partout ils excitèrent l'étonnement par 
leur talent. En 1801, François Lang était encore 
attaché à la musique de la cour de Munich. 

LANG (Martin), frère du précédent, naquit' 
à Manheim, le 21 juin 1755, et reçut aussi des 
leçons de cor de Zwini. En 1778 il fut attaché à 
la chapelle de la cour à Munich. En 1784 il fit 
un voyage à Vienne, où il donua des concerts 
avec succès, puis il visita l'Italie avec son frère. 
Le talent de ces deux artistes consistait en une 
belle qualité de son et une grande sûreté dans 
l'attaque des traits difficiles. 

LANG (Catherine), fille de François Lang,. 
naquit à Manheim au mois de novembre 1774(1),, 
et suivit son père à Munich à l'âge de quatre ans- 
Plus tard elle reçut de Streicher des leçons de 
piano, et devint élève de Dorothée Wendling 
pour le chant. En 1789 elle se rendit en Italie, et 

(0 Gerber et les biographes qui l'ont copié ont fait 
sur celte cantatrice une accumulation d'erreurs ; ils ^on^ 
confondue avec sa mère, et ont cbangé son nom en celHl» 
de Lange, 



LANG — LANGBECRER 



189 



reçut, à Padoue,(les leçons de PacchiaroKi. 
Deux ans après elle débuta au grand théâtre 
de Mantoue avec un brillant succès. A Venise, 
elle chanta avec Crescentini au théâtre de la 
Fenice ; à Bergame et à Vicence, avpc Marcliesi ; 
à Vérone, avec Matteucci. Son talent se soutint à 
côté de ces grands chanteurs; mais, après plu- 
sieurs années , une maladie de l'organe vocal l'o- 
bligea à quitter la scène. Elle retourna à Munich 
et y épousa le chanteur Zuccarini en 1796. Cette 
actrice avait un chant d'expression qui remuait 
le cœur. Elle était excellente pianiste et possédait 
des connaissances étendues dans la musique. Elle 
mourut des suites d'une maladie de larynx, le 
4 mai 1803. 

LANG (Théobald), fils de Martin Lang, na- 
quit à Munich, en 1783. Après avoir terminé ses 
études de violon, il prit des leçons de composi- 
tioa cites le maitre de chapelle François Danzi , 
et entra, en 1798, à l'orchestre de la cour, quoi- 
qu'il ne fût âgé que de quinze ans. En 1802, il reçut 
un engagement pour l'orchestre de Stultgard. 
Deux ans après il retourna à Munich, où il 
épousa, en 1808, la cantatrice Régine Hitzel- 
berger. Lang a été un violoniste distingué, pour 
son temps. 

LANG (François-Xavier), deuxième fils de 
Martin Lang, né à Munich en 1785, a été un 
bassoniste de mérite. Son maître pour cet ins- 
trument a été Philippe Ruppert, membre de la 
cJiapelle du roi de Bavière. Lang a écrit quel- 
ques ballets dont la musique n'est pas sans 
mérite. 

LANG (Marguerite), fille de Martin Lang, 
est née à Munich le 20 septembre 1788. Mine Diil- 
ken lui a donné des leçons de piano, et sa mère 
a fait son éducation vocale. Le 4 avril 1805, 
elle a paru pour la première fois sur le théâtre 
royal de Munich dans le Sacrifice interrompu 
de Winter, et y a été applaudie avec transport. 
Elle a brillé ensuite (en 1807 et 1810) aux théâ- 
tres de Stuttgard et de Francfort. 

LANG (Joséphine), sœur de la précédente, 
est née à Munich en 1791. Après avoir reçu des 
leçons de chant et de piano du maître de chapelle 
Danzi , et avoir appris les éléments de l'art dra- 
matique de sa mère, elle a débuté en 1807 au 
théâtre royal de sa ville natale. Elle jouissait en 
1812 de la faveur publique. 

LANG (Antoine), fils de Théobald Lang, est 
né à Munich en 1804. 11 s'est livré à l'étude du 
piano et de la composition. On a publié de ses 
premiers essais : 1° Gedichte ans Willielm 
Meister, de Gœthe, pour voix seule et accom- 
pagnement de piano; Ralisbonne, Reitmayr. — 
2° Sechs Gedichte von J. Paul Richter, Schil- 



ler, etc., pour voix seule et piano. Muni :h, Sid- 
1er. — 3° Variations pour piano, avec quatuor 
d'accompagnement ; ibid. 

LANG (•...), excellent clarinettiste, né en 
Bohême vers 1760, fut maître de musique du 
premier régiment d'artillerie impériale à Prague. 
Un grand concert qu'il donna au théâtre national 
de cette ville, en 1786, lui fit la réputation d'un 
artiste distingué sur son instrument. En 1802, il 
renonça à sa place de maître de musique, et ser- 
vit dans le même régiment comme caporal. On 
n'a jamais connu les motifs de ce changement. 
Enfin il eut son congé en 1808, et entra au ser- 
vice du comte Metrowsky, en qualité de maître 
de musique de son régiment, qui se trouvait en 
Moravie, mais avec exemption de service mili- 
taire et avec des appointements considérables. 
Cet artiste vivait encore dans cette position en 
1816. Lang a écrit beaucoup de concertos et de 
sonates pour la clarinette, ainsi que des suites 
d'harmonie pour la musique militaire : toutes ces 
compositions existent en manuscrit. 

LANG (Alexandre), docteur en droit et 
professeur à l'université d'Erlangen (Bavière) na- 
quit le 6 mars 1806 à Ratisbonne, où son père 
était conseiller dé justice des domaines du prince 
de la Tour et Taxis. Dès son enfance il commença 
l'étude de la musique, et ses parents, qui ai- 
maient cet art, cultivèrent ses heureuses disposi- 
tions. Après avoir achevé ses études de collège, 
il fréquenta les universités d'Erlangen et de Hei- 
delberg, sans interrompre ses études musicales. 
En 1834, il reçut sa nomination de professeur de 
droit à l'université d'Erlangen; mais il ne jouit pas 
longtemps des avantages de sa position , car it 
mourut le 18 février 1837, à l'âge de 31 ans. On 
a publié de cet amateur : 1° Variations pour 
piano à 4 mains. — 2'^ Polonaise idem. — 3° Grande 
sonate pour piano seul. — 4° Rondeau brillant 
pour piano à 4 mains. — 5" Variations pour piano, 
avec accompagnement de petit orchestre. — 
6° Variations pour piano avec 2 violons, alto et 
violoncelle; à Munich, chez Sidler. — 7" Intro- 
duction et polonaise de concert, avec orchestre. 
— 8" Quatuor pour 2 violons, alto et violon- 
celle. — 9° Adagio pour guitare et piano. — 
10° Lieder, avec accompagnement de piano. 

LANGBECKER ( Emmanuel - Chrétien - 
Théophile ), né à Berlin, le 31 août 1792 , fit ses 
études littéraires au gymnase (collège) de cette 
ville, puis alla suivre les cours de médecine des 
plus célèbres professeurs ; mais l'invasion de la 
Prusse par les armées françaises interrompit 
ses études, et dès lors il s'occupa des affaires 
industrielles de son père, qui possédait une 
manufacture d'étoffes de laine. Dans ses rao- 



190 



LANGBECRER — LANGE 



ments de loisir, Langbecker s'occupa spéciale- 
ment d'ouvrages relatifs à l'ancienne musique 
d'église, pour laquelle il eut toujours un goût 
passionné. Ses travaux en ce genre le firent con- 
naître avantageusement à la princesse Wilhel- 
mine de Prusse, qui le prit sous sa protection 
et le plaça, en qualité de secrétaire, près de son 
fils, le prince Waldemar. Il occupa cette po- 
sition jusqu'à sa mort, arrivée le 21 octobre 
1843. Les principaux ouvrages de Langbecker 
relatifs à la musique sont : 1" Das Deutsch- 
cvangelische Kirchenlied, eine historisch œs- 
thetische Abhandlung zur dritten Jubelfeier 
des Augsburgischeii Confession verfasst ( Le 
chant allemand de l'Église évangélique, disser- 
tation historique et esthétique, à l'occasion du 
troisième jubilé séculaire de la Confession 
d'Augsbourg ) ; Berlin, 1830. — 2° Johann 
Cruger's, -von 1622-1662 Musikdirector an 
der St-Nicolai Kirche zu Berlin choral Me- 
lodien,eic. (Mélodies chorales de Jean Cruger, 
directeur de musique de l'église Saint-Nicolas à 
Berlin, depuis 1622 jusqu'en 1662, tirées des 
meilleures sources originales, et accompagnées 
d'un abrégé de sa vie, etc. ) ; Berlin, 1835, in-4°. 

— 3** Gesangblaite aus dem i&ten Jahrhun- 
dert mit einer kurzen Nachricht vom ersten 
Anfange von evangelischen Kirchenliedes 
und den Enislehen der Gesangblatter, etc. 
( Feuilles de chant du seizième siècle avec une 
courte notice historique de l'origine du chant de 
l'Église évangélique, et de la naissance des feuilles 
de chant); Berlin 1838. Ces ouvrages sont faits 
avec soin et renferment de bons renseignements 
puisés à des sources authentiques. 

LANGDON (Richard), musicien anglais, 
fut organiste à Londres, dans la seconde partie 
du dix-huitième siècle. Il a publié : 1° Deux 
livres de Chansons anglaises; Londres, Preslon. 

— 1° Divine hartnony, livre l*''; Londres, 
Bland. Ce recueil contient environ soixante 
psaumes en partition. — 3° Divine harmony , 
deuxième livre, ibid. Ce second livre renferme 
des antiennes. — 4° Douze glees; Londres, 
Bland. — 5° Canzonets, lib. 7 ; Londres, Pres- 
ton. 

LANGE ou LANGIUS (Jérôme-Grégoire), 
né à Havelberg, dans le Brandebourg, vers 
ia première moitié du seizième siècle, fut canior 
à Francfort-sur-l'Oder, et l'un des musiciens les 
plus instruits de sou temps. Frappé de paralysie 
aux pieds et aux mains, il fut obligé de se dé- 
mettre de sa place, et mourut le 1*"^ mai 1587. 
1! a fait imprimer de sa composition : 1° Çan- 



tiones aliquot sacrx , 
cum tum vives voci. 



quinque et sex vo- 
tum omnis generis 



insirumentis canlaiu commodissime jam 
pr imum hi luccin editx. Francofordix Mar- 
chionum per Andream Eichorn, 1580, in-4''. 
— 2'* Cantiones sacrx, 4, b, G et 8 vocum, 
pars I; Nuremberg, 1580. — 3° idem, pars II, 
ibid., 1584. Les deux parties de cet ouvrage 
sont dédiées au conseil de Breslau. Dans la pré- 
face. Lange rapporte l'accident qui l'a privé de 
sa place. — 4" Neuerteutschen lieder mi. 
drey Stimmen xcelche nicht allein Lieôlich 
zu singen, sondern auch allcrlcy Instrumen- 
ten zu gebrauchen,erster Theil (Nouvelles 
chansons allemandes a trois voix, non-seule- 
ment pour chanter agréablement, mais aussi 
pour l'usage de toute espèce d'instruments , 
r^ partie); Breslau, chez Joh. Schaffenberg, 
1584, in-4° obi. On voit dans la préface de cet 
ouvrage que le magistrat de Breslau avait ac- 
cordé un asile avec une pension à Langius, en 
considération de l'accident qui l'avait privé de 
moyens d'existence. La deuxième partie de ce 
recueil a paru chez le même éditeur, en 1586. 
Après la mort de Langius, il a été l'ait une 
deuxième édition des deux parties, publiée 
chez Georges Baumann, à Breslau, en 1597- 
1598, in-4''. 

LANGE (Joachim), né à Eylau (Prusse), 
dans la seconde moitié du seizième siècle, fut, 
suivant l'avertissement placé en tête de l'ou- 
vrage cité ci-dessous, organiste au service du 
comte Havata, à Clilum et Koschenberg, en 
Bohême. Il s'est fait connaître par la compo- 
sition d'un recueil de chansons allemandes à 
trois voix, intitulé : Das erste Buch schœner 
newer iveltlicher Liedlein mit drey Stimmen, 
componirt durch Joachimum Langium Eu- 
lauiensem Borussum. Pragx, typis Nigri- 
nianis, 1606, in-4°. On y trouve 24 mor- 
ceaux. 

LANGE (Jean-Gasfard), cantor à Hildes- 
heim, dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle, est auteur d'uîi opuscule qui a pour 
titre : Meihodus nova et perspicua in artem 
vnisicam, das ist : Becht grûndliche Anwei- 
sung wie die edlen Musik mit allen zu gehœ- 
rigen StUcken auf aller leichteste und geuis- 
seste nach heutigen neuesten Art, etc. ( Mé- 
thode nouvelle et claire concernant la musique, 
ou instruction solide, etc. ) ; Hildesheim , 1688, 
64 pages in-S". Ce petit ouvrage est en dialogue. 

LANGE (Joseph), acteur allemand, na- 
quit à Wiirzbourg, le 1" avril 1751. Son père y 
était secrétaire de légation. Après avoir fait des 
études dans la peinture et dans la musique, il so 
rendit à Vienne pour y perfectionner son habileté 
<!ans ces arts, et y trouva un frère qui y était 



LAKGE — LANGER 



J9f 



placé comme seeiélaire. Tous deux aimaient l'art 
dramatique avec passion ; ils s'associèrent avec 
d'autres jeunes gens et fondèrent un tliéâtre d'a- 
mateurs. C'est là que les vit le conseiller de la 
cour de Sonnenfels, qui, convaincu de la réalité 
de leur talent, les engagea à se vouer à la scène, 
Ceci se passait en 1770. L'aîné des deux frères 
mourut bientôt après; le plus jeune fut en peu 
de temps l'acteur favori des habitants de Vienne. 
Comme musicien , il s'était fait connaître avan- 
tageusement : il jouait bien du piano et compo- 
sait avec goût. Déjà il avait publié quelques 
morceaux de musique inslrumenlale et des 
chansons, lorsqu'il fit représenter, en 1796, un 
petit opéra intitulé : Adèle de Ponthieu, qui 
fut bien accueilli du public. Après qu'il se fut 
retiré du théâtre, il continua de cultiver la com- 
position et la peinture. Il a aussi obtenu des 
succès dans cet art, et l'onîconnaît de lui de 
grands tableaux d'église qui sont estimés. 
Lange est mort à Vienne, le 18 septembre 1831. 

L AIXGE ( Louise-Marie-Antoinette ) , née 
DE WEBER, femme du précédent, vit le jour 
à Manheim. En 1779, elle débuta au théâtre de 
celte ville, dans l'opéra ; ensuite elle se rendit à 
Vienne. Là, elle devint élève de Mozart , dont 
elle était la belle-sœur, et ses progrès furent 
rapides sous un tel maître. Elle contracta un 
engagement à l'Opéra de Vienne. Ce contrat ex- 
piré, elle voyagea, se fit entendre avec succès sur 
plusieurs théâtres de l'Allemagne, puis elle re- 
tourna dans la capitale de l'Autriche, où elle fut 
engagée de nouveau, aux appointements de 400 
ducats. Des discussions qu'elle eut avec les en- 
trepreneurs la firent se retirer en 1735. Elle se 
rendit à Hambourg, et y chanta jusqu'en 1798; 
puis elle fut engagée à l'Opéra allemand d'Ams- 
terdam, et y eut 800 ducats de traitement. Cette 
cantatrice a passé pour une des meilleures de 
son temps; on l'a même comparée à M'"^ Mara, 
quoiqu'elle lui fût inférieure. Lorsqu'elle quitta 
la scène , elle se retira à Francfort, oîi elle est 
morte en 1830, regrettée de tous ceux qui l'a- 
vaient connue. 

LA3JGE (Joseph-Henri), compositeur et or- 
ganiste à Brème, fils d'un instituteur, est né dans 
cette ville en 1784. Il était fort jeune lorsque 
son père l'envoya à Munich pour y étudier la 
musique, sous la direction deWinler. De retour 
à Drême, il y obtint la place d'organiste de 
l'église principale. M a publié : 1° Vierslhnmige 
ausgesciztes Choralbuch zii, dem neuen Bre- 
mischen Gesangbuchei Livre de chorals arrangés 
à quatre voix pour le nouveau livre de chant de 
Brème ); Brème , Kai.ser. — 2" Melodien zum 
piewen Bremcr Gesawjbiiche, fur Schulen und 



zum Privatgebrauche (Mélodies du nouveau 
livre de chant de Brème, à l'usage des écoles, etc.) ; 
ibid. — 3° Melodien far eine und mchrere 
Singslhnmcn zmii Brcmlschen IJederbuclie 
fur Schulen (Mélodies à une et à plusieurs voix 
chantantes, pour le livre de cantiques de Brème, à 
l'usage des écoles) ; ibid. On a publié de cet ar- 
tiste, dans la même ville, en 1833, la Chanson 
de Mignon pour quatre voix d'hommes. 

LANGE (le docteur OTTO), né à Berlin, 
dans les premières années du dix-neuvième 
siècle, a fait ses études dans cette ville, et s'est 
attaché à la philosophie de Hegel, dont il s'est 
montré ardent admirateur. En 1S47, il est de- 
venu rédacteur de laNouvelie Gazette musicale de 
Berlin ( Neue Musikzeitung fur Berlin ), pour 
la partie technique, sous la direction de M. Gus- 
tave Bote. On a de M. Lange un écrit intitulé : 
Die Musik als Unterrichlsgegensfand in 
Schuten neben den ivissenschaft lichen Lehr- 
ziceigen ( La musique, telle qu'elle est enseignée 
dans les écoles, confrontée avec son but comme 
accessoire scientifique); Berlin, 1841, in-8". 
Fink a donné une longue analyse de cet ouvrage 
tians la Gazette générale demusique deLeipsick 
(n° 45, 10 novembre 1841). 

LAJ\GER(Dominique), violoniste du théâtre 
de Breslau, est né en Bohème. On n'a que peu 
de renseignements sur cet artiste, même dans 
la Biographie des musiciens de la Silésie, par 
Hoffmann. On sait seulement qu'il jouait égale- 
ment bien du violon, de la clarinette et du cor 
de bassette, et qu'il dirigeait avec talent la mu- 
sique dans un jardin de plaisance, à Breslau. Il a 
été publié de sa composition : 1° Rondo pour 
piano et violon; Vienne, Mechetti. — 2" Valses 
idem; Milan, Ricordi. — 3" Polonaises pour le 
piano ; Breslau, Leuckart. — 4° Danses favorites 
de Breslau ; Breslau, For.ster. — 5" Le Temps 
ancien et le moderne, quolibet musical lire 
d'airs connus et de danses, avac piano; Breslau, 
Leuckart. Langer avait en manuscrit une grande 
symphonie dédiée au maître de chapelle Schnei- 
der. 

LANGER (Matthieu), virtuose distingué 
sur le cor, bien que simple amateur, employé pré» 
du gouvernement à Oppein, a fait ses études an 
gymnase de Neisse et à l'université de Breslau. 
Il a pris part, dans cette ville, aux concerts de 
l'Académie, en 1822. Il était déjà cité alors pour 
son talent, mais il l'a beaucoup augmenté par soiî 
travail depuis lors : vers 1840 il avait peu de 
rivaux. 

LANGER (Hermann), organiste à Leip-^'ck, 
eslné le 6 octobre 1819, à Hœckendorf, village 
du royaume de Saxe, dans l'Erzgebirgejsonédu. 



192 



LATNGER — LANGLE 



cation musicale fut faite dans la maison pater- 
nelle, puisa Oscliatz, où il apprit à jouer du cla- 
Tecin, du violou, et le chant. Un artiste de !a 
chambre royale de Dresde cultiva ensuite la voix 
de ténor de Langer, qui contracta un engagement 
comme chanteur de l'Opéra. En 1840 il se ren- 
dit à Leipsick , où il étudia la philosophie, la 
pédagogique et prit des leçons d'orgue de M. C. 
F. Becker. Dans le même temps il étudiait aussi, 
la théologie ; mais, après qu'il eut complété son 
instruction scientifique, il s'adonna particulière- 
ment à la musique. En 1843 il fut nommé orga- 
niste de l'église de l'Université, et fut aussi clioisi 
comme directeur de la société de chant dite 
Paulinienne. En 1845, la place de professeur 
de chant liturgique à l'Université lui fut conOée ; 
dix ans après, il y ajouta la position de directeur 
de musique de la deuxième société de concerts de 
Leipsick, appelée Euterpe , et en 1856, il fut 
chargé de diriger la société de chant Orpheus. 
Langer s'est particulièrement distingué en 1857 
par le cours qu'il a fait à l'Université sur l'his- 
toire du chant liturgique et sur l'histoire des an- 
tiquités musicales. 

LAIVGHAMS ( Cbarles-Gotthard), archi- 
tecte, fut d'abord conseiller intime du roi de 
Prusse, dans l'administration de la guerre, puis di- 
recteur du conseil supérieur des bâtiments publics 
à Berlin. Il naquit à Landshut (Silésie) en 1733, 
et mourut à Berlin le 1er octobre 1808. Il s'est 
rendu célèbre parmi ses compatriotes par les mo- 
numents dus à ses talents, et parmi lesquels on cite 
particulièrement l'église des Onze mille Vierges, 
la Bourse, et le palais Uatzfeld, à Breslau; à 
Ber\'m,lelSouveauthèâtre d'Opéra,etl3iPoiie de 
Brandebourg, considérée comme son œuvre ca- 
pitale. Langhans a publié, à l'occasion du théâtre 
construit par lui, un écrit intitulé : Vergleichung 
des neiien Schauspielhauses zu Berlin mit 
verschiedenen altern und neuen Schaus- 
pielhxusern in Rucksicht aûf akustische und 
optische Grundsœtze ( Comparaison du nouveau 
théâtre de Beriin avec divers théâtres anciens 
et modernes, au point de vue des principes 
d'acoustique et d'optique ). Berlin, 1800, 15 pages 
in-4°, avec deux planches. 

L ANGLE (Honoré-Fkançois-Marie), com- 
positeur et théoricien de musique , d'une famille 
originaire de Picardie, mais établie en Italie de- 
puis le dix-septième siècle, naquit à Monaco en 
1741. A l'âge de seize ans on l'envoya à Naples 
pour y étudier la composition ; il y entra au Con- 
servatoire de la Pietà dei Turchini, et fit ses 
études d'harmonie, d'accompagnement et de 
contrepoint, sous la direction de Cafaro. Après 
avoir été huit ans dans cette école, où il eut le 



titre de maure, c'est-à-dire, répétiteur, il se 
rendit à Gênes et y demeura plusieurs années, 
en qualité de directeur de musique du théâtre 
et du concert des nobles. Arrivé à Paris en 1768, 
il se fit une existence honorable en donnant des 
leçons de clavecin , de chant et de composition. 
Il connaissait bien l'art du chant, en ayant étudié 
les principes dans l'école de Naples, la meilleure 
de cette époque. Tourmenté du désir de se faire 
connaître à Paris par ses compositions, il fit exé- 
cuter au concert spirituel et à celui des amateurs 
des cantates et des motets, entre autres les mono- 
logues d'Afcirfe, de Sapho, àeCircé, etc. Lors- 
que le baron de Breteuil eut institué l'École royale 
de chant et de déclamation, en 1784, Langlé fut 
chargé d'y enseigner le chant, et il conserva cet 
emploi jusqu'à la suppression de l'école en 1791. 
A l'époque de l'organisation du Conservatoire 
de Paris, on le désigna pour remplir les fonctions 
de bibliothécaire, qu'il réunit à celle de profes- 
fesseur d'harmonie ; mais il ne garda pas celle-ci 
longtemps, et la place de bibliothécaire fut la 
seule qu'il conserva en 1802. Il était aussi mem- 
bre du Lycée des arts. Dans les dernières années 
de sa vie, Langlé prenait plaisir à la culture d'un 
jardin qu'il possédait avec une maison de campa- 
gne, à Villiers-le-Bel, près de Paris : il mourut 
dans ce lieu le 20 septembre 1807, à l'âge de 
soixante-six ans. 

Les compositions de Langlé indiquent peu de 
génie : elles manquent de chaleur et do vie, 
quoiqu'on y trouve des mélodies assez faciles. 
J'ai examiné à la bibliothèque du Conservatoire 
tous ses manuscrits , et je n'y ai rien trouvé qui 
eût pu assurer des succès à leur auteur, s'ils 
avaient obtenu les honneurs de la représentation. 
Le seul opéra de Langlé joué à l'Académie royale 
de musiqne est Corisandre, en trois actes : il fut 
représenté en 1791; on le reprit l'année sui- 
vante, mais il n'excita jamais d'intérêt. Ses au- 
tres ouvrages dramatiques, tous inédits, à l'ex- 
ception à'Antiochus et Stratonice, joué sans 
succès à Versailles, en 1786, sont -. 1" Oreste et 
Tyndare, présenté au jury de l'Opéra en 1783 
et en 1780. — 2° Soliman et Éronime,o\i Maho- 
met II, en 1792. — 3" La Mort de Lavoisier, 
1794. — k" Le Choix d'Alcide, 1801. — 5° Mé- 
dée.—6° L'Auberge des volontaires. — 7° Tan- 
crède. — 8° Les Vengeances. Langlé a fourni un 
certain nombre de leçons, assez mal écrites, à 
la première édition des solfèges du Conservatoire 
de Paris. Ses ouvrages didactiques sur l'harmo- 
nie et la composition sont ceux qui ont particu» 
lièrement contribué à le faire connaître e. 
France. Le premier a pour titre : Traité d'har- 
monie et de modulation; Paris, Naderman, 



LANGLÊ - LANGLOIS 



19?, 



1797, in-fol.de96 pages. Aux premiers mots de 
l'avertissement de ce traité, on serait tenté de 
croire que Langlé avait saisi jes vrais principes : 
de la science de l'l)armonie, qui ne sont autres 
que ceux de la tonalité; car il s'élève contre 
les traités de cette science, précédemment pu- 
bliés, où les accords sont considérés d'une ma- 
nière isolée, sans égard aux lois de successions 
qui les régissent; mais, immédiatement après, on 
le voit avec étonnement avancer cette singulière 
proposition : Qu'il n'y a qu'un seul accord, ce- 
lui de tierce, dont les combinaisons produi- 
sent tous les autres. Et pour la démonstration 
de ce principe, il présente l'exemple de cette 
suite de tierces : fa, la, m<, mi, sol, si, ré, fa. 
Il en tire l'accord parfait du quatrième degré fa, 
la, ut ; l'accord parfait mineur, la, ut, mi; l'ac- 
cord de la Ionique ut, mi, sol; l'accord relatif 
mineur de la dominante, mi, sol, si; l'accord de 
la dominante, sol, si, rc ; les accords de septième 
majeure, fa, la, ut, mi, et ut, mi, sol, si; enfin, 
l'accord de septième mineure avec tierce mineure, 
la, ut, mi, sol, et l'accord de septième dominante, 
sol, si, ré, fa. C'est à peu près par un procédé 
semblable que Catel a fondé son système d'har- 
monie sur une division arbitraire du monocorde; 
mais celui-ci a du moins racheté son erreur à 
cet égard par sa division des accords en natu- 
rels et artificiels; tandis que Langlé confond 
tout en faisant, au moyen de ses générations de 
tierce, des classes d'accords de septièmes, par 
exemple, de toutes les espèces, comme si ces 
rapports existaient par eux-mêmes et abstrac- 
tion faite de toute considération de modilicalion 
par l'altération, la prolongation et la substitution. 
D'ailleurs, les exemples pratiques qu'il donne de 
l'emploi des accords sont mal écrits, et fourmil- 
lent de mauvaises successions d'octaves et de 
quintes. 

Le second ouvrage de Langlé est le Traité de 
la basse sous le chant, précédé de toutes les 
règles de la composition; Paris, Naderman, 

1798, in-fol. de 304 pages. Ce que Langlé appelle 
toutes les règles de la composition sont celles 
des contrepoints simple et double, qui enseignent 
en effet l'art d'écrire à plusieurs parties. Mais 
comment un ouvrage destiné à faire connaître 
la manière de mettre une basse sous un chant 
peut-il être précédé de toutes les règles de la 
composition? Un amûdtiï qui sait toutes ces 
règles n'est donc pas capable de faire une basse? 
Quelle absurdité ! Et qu'est-ce, je vous prie, que 
ce qui vient après les règles du contrepoint 
dans le livre de Langlé? Une énorme quantité 
de progressions appelées communément mar- 
ches d'harmonie, la plupart mal écrites, et dont 

BlOCn. UNlV. DES MUSICIENS.— T. V. 



on ne trouve presque jamais l'application dans 
la musique mélodique. Cet énorme fatras n'est 
bon à rien : il n'a jamais eu de véritable sucrés, 
et depuis longtemps il est tombé dans l'oubli, 
comme une multitude de fausses doctrines qui 
ont pris naissance depuis un siècle, en France et 
en Allemagne. 

Le Traité de la fugue ( Paris, 1805, in-folio 
de 100 pages ) est le troisième ouvrage didactique 
de Langlé. II y débute par une proposition bien 
bizarre : La fugue, dit-il, est le premier mor- 
ceau de musique régulier que l'on ait fait. S'i\ 
avait eu quelques notions des plus ancieiuu'S 
compositions, il y aurait vu qu'il ne s'y trouve 
pas l'apparence de ce qu'on appelle fugiie, 
même dans l'acception la plus générale. Quoique 
l'ordre dans la classilication des objets manque 
dans ce livre comme dans tous les autres ouvra- 
ges de Langlé, le début renferme des notions 
assez précises des parties principales de la fugue; 
c'est ce qu'il a fait de mieux. C'est en quelque 
sorte une traduction de ce que le P. Martini a 
placé en tête de son Saggio fondamentale pra- 
tico di contrappunto. La suite est beaucoup 
moins bonne; on y trouve beaucoup de fausses 
réponses à des sujets donnés, et de fugues mal 
faites. Ses fugues à la seconde et à la septième 
sont contraires à tout principe de tonalité. 

On a aussi de Langlé une Nouvelle méthode 
pour chiffrer les cccorrf^; Paris, 1801, in-8°. 
Ce livre renferme l'exposé d'un système particu- 
lier que l'auteur avait déjà fait connaître en par- 
tie dans ses traités de l'harmonie et de la basse 
sous le chant. Il s'y sert de plusieurs signes qui 
n'ont jamais été employés par les harmonistes ; 
signes dont l'utilité n'est pas sensible, et qui 
auraient l'inconvénient de manquer de simpli- 
cité. Langlé, comme tous les auteurs de systèmes 
de basse chiffrée, a oublié qu'un ouvrage de ce 
genre, au lieu de présenter de nouveaux signes, 
devrait être seulement l'exposé des systèmes des 
diverses écoles, afin de rendre plus facile l'ac- 
compagnement de toute espèce de musique, par 
une bonne synonymie des signes. 

LANGLOiS (M.), avocat à Gisors, dans la 
dernière partie du dix-huitième siècle, a publié 
un petit écrit qui a pour titre : Éloge funèbre 
de P. Buisson, organiste de Gisors , prononcé 
dans cette ville, decant une société d'aman 
ieurs,\e 2 seD'fmbre 1775; Rouen, 1775, in-8". 

LAA'GLOl'S (l'abbé), maître de chapelle 
de la métropole de Rouen, et membre de l'Aca- 
démie des sciences, belles-lettres et arts de cette 
ville, est auteur d'un discours prononcé dans 
une séance de cette société, le 28 juin 1850, le- 
quel a pour objet la Revue des maures de cha- 

Vi 



194 



LANGLOIS — LANIÈRE 



pelle et musiàens de la cathédrale de Rouen, 
et se trouve dans le Précis analytique des Tra- 
vaux de l'Académie de Rouen, 1850, 1 vol. 
in-S". Ce morceau historique fournit de bons 
renseignements puisés dans les archives de cette 
église métropolitaine. 

LANGSHAW (....), organiste et mécani- 
cien de grand mérite, né en Angleterre vers 1718, 
s'est fait connaître par des cylindres mécaniques 
qu'il a adaptés à un orgue superbe, lequel ap- 
partenait au comte de Batb. Ce seigneur ayant 
demandé à Haendel quelques pièces pour cet 
instrument, le grand musicien les écrivit et 
chargea Langshaw de les noter sur de très-grands 
cylindres qui faisaient leurs révolutions dans di- 
vers systèmes de mouvement, et dont les com- 
binaisons produisaient des effets majestueux. 
Langshaw fut employé par le comte à perfec- 
tionner son ouvrage pendant près de douze ans. 
En 1772 il obtint la place d'orgaftiste à Lancas- 
tre. Il l'occupa pendant plus de vingt-cinq ans, 
et mourut dans cette ville en 1798. 

LANGSHAW (Jean), fils du précédent, né 
à Londres en 1763 , fut élevé à Lancaslre, et ne 
commença à étudier la musique qu'à l'âge de 
treize ans. Lorsqu'ileut atteint sa seizième année, 
il se rendit à Londres, et continua ses études mu- 
sicales sous la direction de Charles Wesley et de 
son fière Samuel. De retour à Lancastre, il s'y 
livra à l'enseignement de la musique : en 1798 il 
succéda à son père dans la place d'organiste de 
cette ville. On a de ce musicien quelques ballades, 
des chœurs de Haendel et de Haydn arrangés, et 
un thème avec variations pour le piano. 

LAIMÈRE (Nicolas) ou LANIER, musicien, 
peintre et graveur, fut chef de la bande de musi- 
ciens du roi d'Angleterre Charles T'. Hawkins, 
qui ne cite aucune autorité contemporaine, dit 
qu'il naquit en Italie dans l'année 1563 (1). Bur- 
ney se borne à dire que Lanière fut un musi- 
cien italien qui se rendit en Angleterre, dans le 
commencement du dix-septième siècle. Il lit, dit- 
il, sa profession de la musique, de la peinture 
et de la gravure ; mais il excella surtout dans 
le premier de ces arts (2). Il est de toHte évidence 
que Lanière n'est pas un 'nom italien : si l'ar- 
tiste dont il s'agit naquit en effet en Italie, ce dut 
être de parents français ou belges. Un magnifique 
portrait de lui, ouvrage du célèbre graveur Lu- 
cas Vosterman, son contemporain, ne nous ap- 
prend rien à cet égard , si ce n'est qu'il était ama- 
teur passionné de tous les arts libéraux , particu- 
lièrement des antiquités de l'Italie, ce qui indique 

(1) /< General Historyofthe science and practice of Mu- 
sic, t. m, p. 380. 
(ï) ^ General llistory of Music, t. U\, p. 346. noie n. 



au moins qu'il y était allé et y avait vécu. Voici 
cette inscription : Nicolas Lanier. In aula Se- 
renissimi Caroli Magnse Britanniœ Régis Mii- 
sicse artis directori, admodmn insigni pictori, 
caelerarumque Arlium liberalium maxime 
Antiquitatum Italise admiratori et amatori 
summo, Mœcenati suo unicè colendo. Quoi 
qu'en disent Hawkius et Biirney, il paraît plus 
que douteux que Nicolas Lanier se soit rend» d'J. 
talie en Angleterre ; car dans un procès relatif aux 
privilèges accordés par Charles F"^ aux musiciens 
de sa chapelle, on voit paraître en cause avec cet 
artiste et avec beaucoup d'autres musiciens, Jérôme 
Lanier, Clément Lanier, André Lanier, Jean La- 
nier et Guillaume Lanier, qui sont évidemment de 
sa famille, et dont les prénoms accusent une origine 
française en belge. Quoi qu'il en soit, il paraît cer- 
tain que Nicolas Lanière ou Lanier et Cooper, dont 
le nom italianisé était Coperario [voyez, renom), 
furent les premiers qui introduisirent en Angleterre 
le style récitatif , depuis peu mis en vogue par 
Jacques Péri et Jules Caccini , puis perfectionné 
par Monteverde (voyez ces noms). Un des pre- 
miers ouvrages cités de Nicolas Lanière est un 
matgue (divertissement dramatique) composé 
en 1C17 pour lord Hay, sur un poème de Ben 
Johnson. En 1614 il prit part, avec Coperario et 
quelques autres musiciens, à la composition du 
maske of Flowers, pour les noces du comte de 
Sommerset avec lady Frances Howard , femme 
divorcée du comte d'Essex. Ce divertissement 
fut exécuté dans la salle du banquet, à Wliite- 
hall, pendant la nuit de Saint-Étienne. Les per- 
sonnages qui y figurèrent furent le duc de Len- 
nox, les comtes de Perabroke, Dorset, Saiisbury, 
Montgomery , les lords Walden , Scrope, NorUi 
et Hayes, sir Thomas, sir Henri, et sir Charles 
Howard. Plusieurs recueils publiés sous le règne 
de Charles \" contiennent des aiis de Lanière. 
On en trouve neuf dans un volume manuscrit du 
Muséum britannique (in-fol. n" 11,608 des addi- 
tions de Mss). Le dernier (Colin, say uhy sit'st 
ihou «eeP) est accompagné d'un choeur. Hawkins 
dit que, sous le règne de Jacques 1", les musi- 
ciens qui avaient vécu sous le patronage de la 
reine Elisabeth ne furent point en faveur, et 
qu'aucun ne fut employé à la cour , à l'exception 
de Lanière et de Coperario. La position du pre- 
mier de ces artistes sous le règne de Charles F* 
dut le faire vivre dans l'aisance, car son traite- 
ment était de deux cents livres sterling, somme 
considérable pour ce temps (1). Outre le portrait 
dont il est parié ci-dessus, il en existe un autre 
fort beau, peint par Lanière lui-même, et qui 

(1) Cette somme annuelle lui est assurée par une orden- 
nance (a grant] de Cliarles l"'"', du 11 juillet 1625, laquelle 



LANIERE — LANNOY 



in:, 



se trouve à l'école de musique à Oxford ; Hawkins 
l'a fait graver pour son Histoire de la musique 
(t. III, p. 380). Enlin, on en connaît un troisième 
en Angleterre, ouvrage admirable de Van Dyck, 
qui fut la première cause de la fortune de ce 
grand peintre à la cour de Charles V. 

La musique des masques composés par La- 
nière seul, ou en collaboration d'autres musiciens, 
serait aujourd'hui introuvable; mais plusieurs 
morceaux tirés de son œuvre intitulé Musica 
narrativa ont été imprimés par Playford dans les 
collections de son temps , particulièrement dans 
le recueil intitulé Ayres and dialogues (Londres, 
1653), et dans la seconde partie du Musical 
Companion (Londres, 1667). Dans ces recueils, 
la musique de Lanière est d'une grande supé- 
riorité sur tout le reste : on y trouve du senti- 
ment, de la mélodie et du rhytlime. Burneydit 
que la cantate Béro et Léandre, de ce composi- 
teur, fut célèbre vers le milieu du dix-septième 
siècle et que le récitatif de cet ouvrage fut consi- 
déré alors comme un modèle de déclamation musi- 
cale, dans le genre italien. Smitli a inséré dans sa 
Musica aniica un air de Lanière tiré de la masca- 
rade, intitulée : iwmi/tGiw, or the Festival of 
Lighl , qui fut exécutée dans la nuit du mardi 
gras de l'année 1637 , et dans laquelle la reine 
et les dames du palais prirent des rôles. 

LAI\I\ER (JosEPH-FaANÇois-CH ARLES), cé- 
lèbre compositeur de musique de danse, naquit le 
II juillet 1802, à Vienne, où son père était fabri- 
cant de gants. Dès son enfance, il montra d'heu- 
reuses dispositions pour la musique , et acquit 
une grande habileté sur le violon , quoiqu'il n'eût 
eu que des maîtres médiocres. Il apprit de même 
la composition par la lecture des livres de tbéo- 
lie et sans maître. Ses premiers travaux consis- 
tèrent en arrangements de morceaux d'opéras, 
d'ouvertures et de marches en quatuors ou quin- 
tettes d'instniments à cordes ; mais bientôt ses 
compositions pour la danse le rendirent populaire 
et le firent rechercher pour les redoutes et les 
bals de société. Ses ouvrages en ce genre dépas- 
sent le nombre de deux cents. Lanner avait au plus 
haut degré le génie de ce genre de musique. Il 
innova dans les formes , dans le rhythme, l'har- 
monie et l'instrumentation. Ses valses particu- 
lièrement ont un caractère d'originalité très- 
remarquable. Il a écrit aussi des marches , des 
pots-pourris à grand orchestre, une ouverture, 
et la musique de plusieurs mélodrames et panto- 
mimes. Cet artiste distingué est mort dans sa 
quarante et unième année, le 14 avril 1843, à 

est rapportée te^ttuclleœenl dans les Fœdera de Rymer, 
t. XVIII, p. 788. 



Oberdœbling, près de Vienne Plus de vingt mille 
personnes assistèrent à ses funérailles. 

LAIVKOY (Philippe DE), musicien et fac- 
teur d'orgues , vécut à Anvers dans l