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"The search for truth even unto its innermost parts' 

Jflatl]elu Juibin 

The Gift of 
SADVE RUBIN MARANTZ LEE 



The National Wonien's Committee 
of Brandeis University 




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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME SIXIÈME 



TYl'OOIlAI'UrK (IK II. FIIIMIN lllIMn . — MKSML (F.L'RF,). 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



-»-o>*Coo- 



DEUXIEME EDITION 

r:vrir!!i-.>ir;NT hrfonoi f ri aigmkntkf. dk I'Lus hf, «onii: 



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PAR F. Jo-pTIS 

MAÎTRE DK CHAI'ELLI-; IUl KOI DHS BKLGBS 
[(MtECTEl'K m roNSEltVA rOlKE lîOYAI, HE TVIUSIQUF 1»K flltrXEI.LES, ETC. 



TOME SIXIÈME 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET G- 

IMPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, 5G 

1867 



Tous droits réservé?. 



Wuslo 
Référence 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



M 



MAUTINI (le P. Jean-Baptiste), religieux 
cordelier, a été le musicien le plus érudit du 
dix-hullième siècle, en Italie. Il naquit à Bo- 
logne, le 25 avril 1706. Son père, Antoine- 
Marie Marti ni, violoniste qui faisait partie d'une 
troupe de musiciens appelés / Fratelli, lui 
enseigna les éléments de la musique, et lui mit 
en main l'archet, lorsqu'il était encore dans 
sa première enfance. Ses progrès furent si ra- 
pides, que son maître n'eut bientôt plus rien 
à lui apprendre, et qu'on fut obligé de lui en 
chercher un plus savant et plus habile. Confié 
d'abord aux soins du P. Predieri (voyez ce 
nom), pour le chant et le clavecin, il prit en- 
suite des leçons de contrepoint chez Antoine 
Riccieri, sopraniste, né à Vicence, et savant 
compositeur. Martini fit ses études morales et 
religieuses sous la direction des Pères de 
l'oratoire de Saint-Philippe de Néri. Fort 
jeune encore, il prit la résolution d'entrer 
dans un cloître, et ce fut l'ordre des grands 
cordeliers qu'il choisit. Il prit l'habit de cet 
ordre dans le couvent de Bologne, en 1721, fut 
envoyé à Lago pour y faire son noviciat, et fit 
sa profession le 11 septembre de l'année 1722. 
De retour dans sa ville natale, il s'y livra avec 
ardeur à l'étude de la philosophie, et acquit 
des connaissances si étendues dans la musique 
théorique et pratique, que la place de maître 
de chapelle de l'église Saint-François lui fut 
confiée en 1723, quoiqu'il ne fût âgé que de 
dix-neuf ans. Ses liaisons d'amitié avec 
Jac(iues Perti, maître de chapelle de Saint - 
Pétrone, n'eurent pas une médiocie influence 
sur ses travaux ; les conseils de ce maître lui 
furent particulièrement utiles |iour ses com- 
B.'OGR. UMv::''èis35€SiciE.>s. T. VI. 

^-ex'ereû, 



positions religieuses. Dans le même temps, il 
étudiait aussi les mathématiques sous la di- 
rection de Zanotti, médecin et géomètre d'un 
grand mérite, et la leclure des traités anciens 
et modernes sur la musique remplissait une 
grande partie du temps qu'il n'employait pas 
à composer. Sa collection de livres, de ma- 
nuscrits précieux etde musique de tout genre, 
composait la bibliothèque la plus nombreuse 
qu'un musicien eût jamais rassemblée : plus 
de cinquante années de lecherches et de dé- 
penses considérables avaient été nécessaires 
l)our parvenir à ce résultat. Beaucoup de per- 
sonnes de distinction, qui avaient été ses 
élèves, avaient pris plaisir à enrichir sa col- 
lection de tout ce qu'elles avaient trouvé de 
rare et de curieux ; et plusieurs princes étran- 
gers avaient contribué par leurs dons à aug- 
menter toutes ces richesses. On assure même 
que le célèbre Farinelli lui fournit les moyens 
de faire d'importantes acquisitions qui n'étaient 
point à la portée de ses ressources person- 
nelles. On lit dans le Lexique des musiciens 
de Gerber que Bottrigari, ami du P. Martini, 
lui avait légué sa riche bibliothèque de mu- 
sique ; Choron etFayolle, \a Biographie uni- 
verselle et le Dictionnaire historique des 
musiciens, publié à Londres, en 1824, n'ont 
pas manqué de répéter ce fait, dont la fausseté 
est pourtant évidente; car le mailre de cha- 
pelle de Saint-François était né en 1706, el 
Bottrigari était mort en 1612. Au surplus, 
il paraît certain que, par des circonstances 
inconnues, les livres et les manusciits de ce 
dernier devinrent plus tard la propriété de 
Martini. 

1 



niM 



MARTINI 



Ce maKre avait ouvert à Bologne une école 
de composition, où se formèrent plusieurs 
musicien, devenus célèbres. Parmi ses meil- 
leurs élèves, on remarque le P. Paolucci, 
maître de chapelle à Venise, et auteur du livre 
intitulé : Jrte pratica di contrappunto; \e 
P. Sabbatini, de Padoue, qui, plus tard, étudia 
la doctrine de Valotti ; Ruttini, de Florence ; 
Zanotti, fils du médecin et maître de chapelle 
de Saint-Pétrone; Sarti ; l'abbé Ottani, qui 
mourut maître de chapelle à Turin, et l'abbé 
Stanislas Mattei qui ne quitta jamais son 
maître, et ((ui lui succéda dans la direction de 
ion école. Partisan déclaré des traditions de 
l'ancienne école romaine, admirateur sincère 
des grands musiciens qu'elle a produits, Mar- 
tini s'attacha particulièrement à propager 
les doctrines qui avaient formé de si habiles 
maîtres, et à donner à ses élèves la pureté du 
style et une manière élégante de faire chanter 
les parties. L'excellence de sa méthode pra- 
tique, et le mérite de ses élèves donnèrent à 
son école une renommée européenne. Les 
plus célèbres musiciens se faisaient Lonneur 
de recevoir des conseils du franciscain de Bo- 
logne, et presque toujours il dissipa leurs 
doutes sur les questions qu'ils lui soumet- 
taient. 

La renommée dont il jouisait le fit souvent 
prendre pour arbitre dans des discussions éle- 
vées sur différents points de l'art et de la 
science, et pour juge dans des concours. C'est 
ainsi qu'il fut prié de irononcer un jugement 
entre le P. Frilelli, maître de chapelle de 
l'église cathédrale de Sienne, qui enseignait le 
solfège d'après la méthode moderne, rejetant 
les muances, et le P. Provedi, autre savant 
musicien, <iui attaquait celte innovation, ad- 
mise alors en France, en Espagne et dans les 
lays-Bas. C'est ainsi également que Flavio 
Chigi, de Sienne, l'invita, en 1745, à donner 
son avis sur le nouveau système de solmisa- 
lion qu'il voulait mettre en usage. Appelé à 
juger le concours ouvert pour la i)lace de 
riiaîlre de chapelle à Sainte -Marie detla 
Scala, à Milan, il se prononça en faveur de 
Fioroni, et ramena à son avis les autres juges 
(|ui, déjà, avaient fait choix <le Palladino. 
Après la moit de Fioioni, ce fut encore le 
P. Martini qu'on chaigea de désigner son suc- 
cesseur. Grégoire Ballahene, après avoir écrit 
sa fameuse messe à qnarantc-huit voix réelles, 
la soumit à rai)probalion de ce maître, qui a 
écrit sur ce sujet une dissertation spéciale. 

Le P. Martini fut quehjuefois engagé dans 
des discussions de doctrine ou d'application 



pratique de ses principes : il y porta toujours 
autant de politesse que de savoir. Il n'était 
âgé que de vingt-six ans lorsque la première 
polémique de cette espèce fut soulevée, à l'oc- 
casion d'un canon énigmatique à trois par- 
ties, de Jean Animuccia, qui se trouvait à la 
maîtrise de la cathédrale de Lorelte. Les deux 
premières parties de ce canon sont régulières, 
mais la tioisième, où le maître n'avait point 
mis de clef, a une étendue de deux octaves, 
et ne pouvait être résolue qu'au moyen des 
deux clefs d'ut (troisième ligne) et de fa (qua- 
trième ligne). Le P. Martini envoya sa réso- 
lution au vieux Redi, maître de chapelle de 
l'église cathédrale de Lorette, qui, n'ayant 
jamais vu de partie vocale écrite avec deux 
clefs, déclara la résolution mauvaise, et en fit 
une autre, qui était fausse. Martini envoya les 
deux résolutions du problème à Pitoni , 
maître de Saint-Pierre du Vatican, et à Pac- 
chioni, de Modène, et ces savants musiciens 
approuvèrent le travail de Martini et rejetè- 
rent celui de Redi. Le vieux maître, qui ne 
voulait pas être vaincu par un jeune homme, 
fit une amère critique de la décision des juges ; 
mais le P. Martini termina la discussion par 
une savante dissertation , datée du 24 octobre 
1733, où il prouvait, par des exemples pris 
dans les œuvres de Soriano, de Festa , de 
J.-M. Nanini, et d'autres maîtres du seizième 
siècle, qu'on a quelquefois écrit des parties 
vocales sur deux clefs difTérentes. On trouve 
une relation de cette discussion dans un ma- 
nuscrit de la bibliothè(iuc de la maison Cor- 
sini, à Rome, intitulé : Conlroversia fra il 
P. M. F. Gio. BaUista Martini, ed ilSig. 
D. Tummaso Redi, da Siena, maestro di 
capp. di Loreto. 

Eximcno avait attaqué la science des com- 
I)inaisonsharmoniques et du contrepointdans 
son livre Dell' origine délia miisica; Martini 
défendit la scienot qu'il enseignait dans son 
Essai fondamental pratique de contrepoint 
fugué, et cette réponse provoqua une répli(iuc 
du jésuite espagnol {voyez Evime^o). Saveiio 
Mattei, Manfredini {voyez ces noms), et quel- 
(|ues autres attaquèrent aussi le savant pro- 
fesseur de Bologne, considérant sa science 
comme surannée, et ses compositions comme 
dépourvues de génie : mais il ne leur répondit 
pas, et son prudent silence fit tomber les hos- 
tilités dans l'oubli. 

La simplicité, la douceur et la modestie 
composaient le caractère «lu P. Martini. Son 
obligeance et son empressement à satisfaire à 
toutes les questions qui lui étaient adressées 



MARTINI 



concernant la théorie ou l'histoire de l'art; Je 
soin qu'il mettait à éviter ce qui pouvait 
blesser l'amour-propre des autres musiciens, 
et le bienveillant accueil qu'il faisait à ceux 
qui le visitaient, l'avaient rendu l'objet de la 
vénération et de l'estime universelle. Il entre- 
tenait une correspondance avec beaucoup de 
savants, de princes et de personnages de dis- 
tinction qui lui témoignaient de l'attachement 
et de la déférence. Le roi de Prusse, Frédé- 
ric II, à qui il avait envoyé son Histoire de la 
musique, lui écrivit une lettre de remerct- 
ments, et lui fit présent d'une tabatière ornée 
«le son portrait et enrichie de brillants. 
L'électeur palatin, la princesse de Saxe Marie- 
Antoinette, Frédéric-Guillaume, prince héré- 
ditaire de Prusse, elle pape Clément XIV, lui 
écrivaient aussi et lui faisaient de riches pré- 
sents. Peu d'étrangers visitaient Bologne sans 
l'aller voir, et sans admirer son profond sa- 
voir et les richesses scientifiques qu'il avait 
rassemblées autour de lui. Un grand désordre 
régnait dans sa cellule, et dans les chambres 
qu'il avait remplies de musique et de livres. 
On trouvait ces objets empilés sur son clave- 
cin, sur sa table, les chaises et le parquet, et 
ce n'était pas sans peine qu'il parvenait à 
offrir un siège à ceux qui allaient le voir. Cette 
immense collection d'objets d'art et de science 
inspirait à tous les étrangers autant d'étonne- 
ment que d'inlérél. « Dans mes voyages, dit 
« Burney [The présent state of Music in 
« France and Italy, p. 205), j'avais souvent 
>< étonné des libraires du continent avec la 
« liste de mes livres sur la musique; mais à 
« mon tour j'éprouvai la plus grande surprise 
« en voyant la collection du P. Martini. Il a 
« une chambre pleine de traités manuscrits; 
« deux autres sont rem|)lies de livres impri- 
« mes, et une quatrième est encombrée de 
i> musique pratique, tant imprimée que ma- 
« nuscrite. Le nombre de ses livres s'élève à 
« dix-sept mille volumes (1), et il en reçoit 
« encore de toutes les parties du monde. » 

Dans les dernières années de sa vie, le 
P. Martini fut tourmenté par un asthme, par 
une maladie de la vessie, et par une plaie 
<louloureuse à la jambe. Sa sérénité n'en fut 
jamais altérée, ses travaux ne se ralentirent 

(1) II faut entendre ici par les paroles de Burney non- 
seulement les traités de musique manuscrits et impri- 
mes, mais toute Ja musique pratique; car il n'existe 
pas même aujourd'hui un nombre assez considérable 
de traités de musique pour en former une collection 
de dix-sept mille voluines. La collection de musique 
ancienne du I'. Martini élail immense. 



point, et jusqu'au dernier moment il s'occupa 
de recherches pour la publication du qua- 
trième volume de son Histoire de la musique. 
Son élève, le P. Stanislas Mattei, lui donna des 
soins jusqu'à ses derniers moments, et reçut 
son dernier soupir le 3 octobre 1784 (1). Mar- 
tini était parvenu à l'âge soixante-dix-huit 
ans. De magnifiques funérailles lui furent 
faites, et l'on y exécuta une messe de Requiem 
composée par Zanotti. Le 2 décembre suivant, 
les membres de l'Académie philharmonique, 
réunis aux élèves de l'illustre maître, firent 
faire un service funèbre dans l'église des 
chanoines de Lateran de Saint-Jean in monte, 
où l'on y chanta une messe composée <jiar 
treize maîtres de chapelle, membres de l'aca- 
démie. Après la messe, Léonard Volpi, acadé- 
micien philharmonique, prononça l'éloge de 
Martini en langue latine ; on distribua ensuite 
aux assislants plusieurs compositions poéti- 
ques dont le célèbre historien de la musique 
était l'objet, et deux épitaphes en style lapi- 
daire par le P. Louis Tomini, moine francis- 
cain. Le 14 décembre de la même année, 
roiiverture des écoles publiques des PP. Bar- 
nabites de Sainte- Lucie fut faite par le P. Pe- 
drazzini, professeur d'humanités, avec un dis- 
cours dont l'éloge du P. Martini était le sujet, 
et le 1" janvier 1785, un autre éloge de ce 
maître fut prononcé dans une séance des aca- 
démiciens Fervidi. Le P. Pacciaudi avait fait 
insérer dans le n" XX de son Antologia, 
publié à Rome, en 1784, une longue épitaphe 
du même, et le P. Guillaume Délia Valle avait 
récité, le 24 novembre de la même année, une 
élégante oraison funèbre dans le service so- 
lennel qui avait été fait à l'église des SS. Apô- 
tres, à Rome : ce morceau fut inséré dans le 
Giornale de' Letlerati di Pisa (ann. 1785, 
t. 57, p. 279 et suiv.). Le même P. Délia Valle 
publia aussi dans V Antologia (Rome, 1784 et 
1785) une analyse de VHistoire de la musique 
du P. Martini. Enfin il fitparaitredans l'année 
suivante des Mémoires historiques de Martini, 
où il réunit son analyse de VHisloire de la 
musique, et beaucoup de lettres de ce savant 
musicien ou relatives à lui. Son portrait fut 
gravé plusieurs fois, et Tadolini fra|)pa une 

()) M. Farrenc remarque, dans la notice surle P. Mar- 
tini, qu'il a placée dans le troisième volume de son Trè^- 
SOT des pianistes, (]ue celte date est donnée par Moreschi 
{Orazione in lotie del Padre maestro Martini; Bologn*, 
1786), Gaetano Gandini (Elogio di Gio. Sattisla Mar- 
tini; Bologne, 1815), et par délia Valle (Meviorie sloriehe 
del P. M. Giamballisla Martini ; Naples, 178S); Fantuiil 
seul fixe la date de la mort de ce grand musicien au 
4 août. 

I. . 



MARTINI 



médaille qui offre d'un côlé son effigie, et de 
l'auti-e des instruments de musique, avec ces 
mots pour exergue : Fama super xthera no- 
tas MDCCLXXXIIII. C'est par ces hon- 
neurs mullipliés que l'Italie témoigna ses re- 
grets (le la perte d'un si célèbre musicien. 
Martini avait été agrégé à l'Académie de l'In- 
stitut de Bologne et à celle des Phi (harmoniques 
en 1758. En 1776, il fut élu membre des 
Arcades de Rome, sous le nom académique 
iVAristosseno Anfioneo. 

Le P. Martini a composé, pour l'église, des 
messes et des motets, non dans l'ancien style 
osservato de l'école lomaine, comme je l'ai dit 
dans la première édition de ce dictionnaire, 
mais dans le style concerté, en usage à l'époque 
où il vécut. Ce renseignement résulte d'une 
lettre écrite par M. Gaspari {voyez ce nom) de 
Bologne à M. Farrenc. La plupart de ces ou- 
vrages sont restés en manuscrit, et se trouvent 
en grande partie au lycée musical de Bologne. 
M. Gaspari croit que les messes du maître 
existent au couvent des Mineurs conventuels 
de cette ville. On a imprimé les compositions 
suivantes : 1» Litanix atque antiphonx 
finales B. Virginis Marix 4 vocibus cum 
organo et instrum. ad libitum. Bononix 
upud Lelium a Folpc, 1734, in-4", op. 1. 
2» Sonate (12) d'intavolntura per l'organo 
e cembalo, opéra 2", chez Le Cène, à Amster- 
dam, 1742, in-folio, ô" Sonate (0) pcr l'or- 
gano ed il cembalo di F. Gio. Batlista Mar- 
tini, minor conventuale ; Bologna, per Lelio 
délia Volpe, 1747, op. 3\ J'ai dit, dans la 
première édition de lu Biographie universelle 
des musiciens, que les sonates de Martini 
sont d'un style original, qu'elles offrent de 
grandes difficultés, et qu'elles sont estimées 
comme des productions d'un ordre fort dis- 
tingué. Ceci n'est applicable qu'à l'œuvre de 
douze sonates publiées à Amsterdam ; quant 
aux six sonates imprimées à Bologne, M. Far- 
renc les considère comme peu dignes d'un si 
grand maître. 4» Duetti da Caméra a di- 
versi voct; Bologna, per Lelio délia Volpe, 
17G3, op. 4". La bibliothèque <lu lycée com- 
munal de Bologne possède en manuscrit les 
compositions suivantes du P. Martini : 1» San 
Pietro, oratorio. 2» Le même avec une autie 
musi(iue. 3" L' Assumions di Salomonc al 
Irono d'Israello, oratorio. 4° La Dirindina, 
farsctla. 5" L' Imprésario délie Canarie, in- 
termezzo. G» // Don Chisciollo, intermezzo. 
7" // Maestro di musica, intermezzo. 

Quoique les compositions de Martini soient 
dignes d'un uiailrc de si grand mérite, c'est 



surtout comme musicien érudil et comme 
écrivain sur la musique qu'il s'est fait la répu- 
tation européenne qui est encore attachée à 
son nom. Son ouvrage le plus considérable a 
pour titre : \l°Storia délia musica. Tomo J" ; 
Bologna, 1757, per Lelio délia Volpe. Tom.II; 
ibid., 1779. Tom. III; 1781, in-4». Il a été 
tiré quelques exemplaires de cei ouvrage en 
formai in-folio, encadré de vignettes en bois ; 
ces exemplaires sont très-rares. Une vaste 
érudition, une lecture immense, se font re- 
marquer dans ce livre, fruit du travail le plus 
laborieux ; mais on ne peut nier que l'esprit de 
critique et la philosophie de la science y man- 
quent absolument, et que le plan est défec- 
tueux. Quoique Martini avoue dans sa préface 
(p. 3) que l'on manque de monuments et de 
descriptions suffisantes pour la musique des 
premiers âges du monde, il ne s'attache pas 
moins à traiter, en dix chapitres du premier 
volume de son Histoire : 1" De la musique de- 
puis la création d'Adam jusqu'au déluge; 
2° Depuis le déluge jusqu'à Moïse ; 3" Depuis 
la naissance de ce législateur des Hébreux 
Jusqu'à sa mort; 4° Depuis la mort de Moïse 
jus<iu'au règne de David; 5° Depuis ce règne 
jusqu'à celui de Salomon ; G" De|)uis la fonda- 
lion du temple jusqu'à sa destruction; 7" De 
la musique des Hébreux dans les repas, les 
funéiailles et les vendanges; 8° De la musique 
des Chaldéens et des autres peuples orientaux ; 
9° De la musique des Égyptiens. Trois disser- 
tations viennent ensuite remplir le reste du 
volume, et n'occupent pas moins de trois cent 
soixante pages, où Martini examine quel est le 
chant naturel aux hommes, de quel chant les 
anciens firent usage, et quels furent le chant 
et les instruments dont les Hébreux se ser- 
vaient dans le temple. Une multitude de 
choses curieuses, de citations pleines d'intérêt 
et de rapprochements utiles sont confondus, 
dans ces bizaires recherches, au milieu de 
divagations interminables qui rendent la lec- 
ture du livre de Martini fatigante, ou plutôt 
impossible; car je ne crois pas (|u'il y ait de 
courage humain capable d'affionter la lecture 
d'un tel ouvi'age; mais le musicien studieux 
le consultera toujours avec fruit. Les deuxième 
et troisième volumes, traités de la même ma- 
nière, sont entièiement remplis par des re- 
cherches sur la niusiiiue des Grecs, ou par des 
objets (pii s'y rapportent d'une manière plus 
ou moins indirecte. Au commencement et à la 
fin (les chapitres de tout l'ouvrage, le P. Mar- 
tini a fait graver des canons (Miigmatiques, 
parmi lesquels on en trouve de fort difficiles. 



MAKTINr 



Cherubini les a tous résolus, cl en a formé un 
recueil fort curieux. Le quatrième volume de- 
vait renfermer des recherches sur la musique 
du moyen âgejusqu'au onzième siècle. On voit 
dans un fragment d'une lettre qu'il écrivait au 
P. Sabbatini, le 12 mars 1783 (Memor. stor. 
del. S. G. B. Martini, p. 129) qu'il se propo- 
sait d'y examiner surtout le mérite des tra- 
vaux de Guido d'Arezzo. Il y parle de la né- 
cessité de rechercher toutes les copies qu'il 
pourra se procurer des ouvrages de ce moine 
célèbre, quoique, suivant le témoignage de 
Buincy {Tfœ présent state of music in 
France and Ilaly, p. 202), il eût déjà, en 
1 771, dix copies du iWicroZo^rue dans sa biblio- 
thèque. 

Suivant une tradition répandue à Bologne, 
le manuscrit de ce quatrième volume existe- 
rait chez les Mineurs conventuels de cette 
ville. Désireux que j'étais de l'examiner pen- 
dant le séjour (|ue je fis dans cette ville, en 
1841, je priai Rossini de m'en fournir l'occa- 
sion ; il eut l'obligeance de me présenter au 
bibliothécaire du couvent de Saint-François, 
et j'obtins l'autorisation de voir le manuscrit 
et de le parcourir; j'acquis bientôt la convic- 
tion qu'il ne contient pas une rédaction défi- 
nitive du quatrième volume de VHistoire de 
la musique de Martini, et qu'il ne peut être 
considéré que comme un recueil de maléiiaux 
<lans lequel le R. P. franciscain, fidèle à ses 
habitudes, fait de longues excursions dans des 
questions qui ne se rattachent au sujet que 
d'une manière indirecte. L'époque de Charle- 
magne y est traitée d'une manière très-pro- 
lixe, mais sans ordre et avec des lacunes sur 
des choses importantes, telles que la notation 
et les premiers essais de l'harmonie, bien que 
l'auteur y touche au onzième siècle et y com- 
mence l'examen de la doctrine de Guido 
d'Arezzo. Avec beaucoup de patience, on 
pourrait tirer quelques bonnes choses de ce 
manuscrit; mais tel qu'il est, on ne peut 
songer à le publier, ni même à le mettre en 
ordre et le compléter. Ce n'est qu'un monu- 
ment curieux du désordre des idées de Martini, 
et de sa méthode laborieuse de travail. 

Après VHistoire de la musique, l'ouvrage 
le plus considérable du P. Martini est celui 
(jui a pour titre : Esemplare o sia saggio 
fondamentale pratico di contrappunto ; ia 
Rologna, 1774-1775, per Lelio délia Volpe, 
deux volumes in-4''. Le premier volume est 
relatif au contrepoint sur le plain-chant; le 
second, au contrepoint fugué. De courts élé- 
ments de contrepoint précèdent dans ia pre- 



mière partie les exemples tirés des œuvres 
des maîtres célèbres de l'ancienne école, tels 
que Palestrina, C. Porta, Morales, J. Ani- 
muccia et autres qui, suivant le titre (Esem- 
plare), remplissent cet ouvage. Après avoir 
expliqué la nature et la constitution de chacun 
des tons du plain-chant, le P. Martini montre 
par des morceaux extraits des œuvres de ces 
maîtres la manière dont ils doivent être traités 
dans le contrepoint; et il accompagne ces 
exemples de notes non-seulement remar- 
quables par l'érudition, mais où brille le mé- 
rite d'une parfaite connaissance pratique de 
l'art d'écrire. Ce mérite ne me semble pas 
avoir été apprécié à sa juste valeur par quel- 
ques critiques français. Ces critiques ont fait 
preuve de beaucoup de légèreté lorsqu'ils ont 
reproché à Martini d'avoir basé son ouvrage 
sur une tonalité qui n'est plus en usage : il 
suffisait, pour mettre le savant maître à l'abri 
de ce reproche, de lire le titre du premier vo- 
lume de son livre; ce titre dit clairement l'ob- 
jet que l'auteur s'est proposé : Essai fonda- 
mental pratique de contrepoint sur le 
plain-chant. Le but qu'il s'est proposé est 
d'autant mieux atteint, que les exemples 
choisis par Martini sont tous excellents, et 
qu'il ne pouvait offrir aux jeunes musiciens 
de meilleurs modèles pour le style dont il 
s'agit. On a dit aussi que les pièces fuguées du 
second volume sont plutôt des ricercari que 
de véritables fugues, et que la plupart de ces 
pièces, étant écrites également dans la tona- 
lité du plain-chant, sont aussi peu utiles que 
celles du premier volume. Ces reproches ne 
me semblent pas mieux fondés que les autres; 
car Martini n'annonce point dans le titre de 
cette partie de son ouvrage qu'il se propose de 
faire un traité de la fugue suivant les formes 
modernes, mais une analyse scientifique d'un 
certain nombre de pièces en contrepoint fugué 
de l'ancien style. L'erreur fondamentale des 
critiques consiste à avoir voulu transformer le 
livre du P. Martini en un traité de composi- 
tion auquel il n'avait iwint pensé. 

Il est certain aussi que ceux qui nient l'uti- 
lité de l'élude de l'ancien contrepoint de l'école 
italienne, objet du livre du P. Martini, n'ont 
aucune connaissance de cette partiede l'art, et 
sont incapables d'en apprécier le mérite. On 
ne voit pas trop, dans les monstruosités har- 
moniques des compositeurs de notre épo(iue, ce 
qu'on a gagné à l'abandon de cette élude. 

Les autres productions imprimées de ce sa- 
vant maître sont: 1" Ragioni di F. G. B. 
Martini sopra lo risoluzione del canone di 



MARTINI 



Giovanni Animuccia contro le opposizioni 
fattegli dal signor D. Tommaso Redi, etc., 
in-4°, daté du i24 oclol)re I73ô, mais sans nom 
de lieu. 1" Attestait in difesa del sig. D. Ja- 
copo Antonio Arriglii, maestro di capella 
délia caltedrale di Cremona; in Bologna, 
perLelio della Volpe, 1746, in-4" de six feuil- 
lets. 3" Giudizio di un nuovo sistema di sol- 
feggio dal signor Flavio Chigi Sanese, 1746, 
in-4'', sans nom de lieu. 4° Giudizio di 
(4pollo contro D. Andréa Menini da Udine, 
ch' ebbe V ardire di manomettere il famoso 
Adoramus te del célèbre Giacomo Perli ; Na- 
zies, Cesari,1761, in-4". 5" Lettera del padre 
maestro Gio. Battisla Martini aW abate 
Gio. Battisla Passeri da Pesaro, etc., im- 
primée dans le deuxième volume des œuvres 
de J.-B. Doni. 6» Onomasticum seu synopsis 
musicarum grxcarum alque obscuriorum 
vocum^cum earum interpretationeexoperi- 
hus Joan. Baptista; Doni. Dans le même vo- 
lume, p. 268-276. 7» Dissertatio de usu pro- 
gressionis geometricx in mnsica, auctore 
Jeanne Baptista Martini ordinis minorum 
eonventualium , in -fol. de vingt-cinq pages, 
sans date, nom de lieu et d'imprimeur, mais 
publié à Bologne par Lelio della Volpe , en 
1766. Celte dissertation, d'après les rensei- 
gnements fournis à M. Farrenc par M. Gas- 
pari, fut écrite en italien par Martini, en 
1764, avec l'aide de son ami le docteur Ball)i 
qui, vraisemblablement, la traduisit en langue 
latine pour la faire insérer dans les Mémoires 
de l'Institut des sciences de Bologne, t. V, 
•leuxième partie, p. 372-ÔD4, édition de Bo- 
logne, par Lelio della Volpe, 1767, in-4». Des 
exemplaires ont été tirés séparément, et on 
trouve à la suite l'ouvrage suivant : 8" Corn- 
pendio della Teoria de' numeri per tiso del 
musico da Gio. Battisla Martini min. con- 
vent., 1769, sans nom de lieu ni d'imprimeur, 
mais imprimé par Lelio della Volpe. iu-4''de 
quinze pages. 9" Regole per gli organisli 
per accornpagnarc il canto fermo] Bologna, 
per Lelio della Volpe, sans date, une feuille, 
in-fol., gravée. Par une lettre (pii se trouve 
au Lycée musical de Bologne parmi la corres- 
pondance de Martini, et qui est datée de Ve- 
nise, le 15 janvier 1757, le P. Paolucci deman- 
dait à son mailre deux exemplaires de ces 
Regole, dont la publication a conséquemment 
précédé cette date. 10" Descrizione, e appro- 
vazione dei Chirie e Gloria tn excelsis del 
Signor Gregorio Ballabene, composti a 4H 
xwci in dodici cori. Cette desciiption et appro- 
bation se trouve dans une Lettera di Giuseppc 



Heibcrger romane academico filarmonico 
che serve dipreludio alla Descrizione ed ap- 
provazione fattasi daW Academia de' Fi- 
larmenici di Bologna ad una composizione 
musicale a 48 voci, del Signor Gregorio 
Ballabene, maestro di cappella romano, in 
Roma, 1774, nella stamperia del Casaletli a 
S. Eustachio, in-S» de quinze pages. 11" Cin- 
quanta due canonia due, tri e quattro voci; 
Venise, sans date, format in-8". M. Gaspari 
pense que ces canons ont été publiés peu de 
temps avant ou après la mort de Martini. Mar- 
tini est aussi l'auteuranonymedu cataloguedes 
membres de l'Académie des Philharmoniques 
(le Bologne, intitulé : Série cronologica de' 
Principi delV Academia de Filarmonici di 
Bologna, e degli Uomini in essa fioriti per 
nobiltà, dignità , e per le opère date aile 
slampe; in-24, sans date et sans nom de lieu 
(Bologne, 1777). Le père Martini a laissé en 
manuscrit, outre les matériaux pour la conti- 
nuation de son Histoire de la musique : 
11" (bis) Giudizio ragionato sopra il con- 
corso di vari maestri alla cappella impériale 
de S. Maria della Scala in Milano. 12" Giu- 
dizio nel concorso della cappella del Duomo 
di Milano. 13" Sentimento sopra una Salve 
Regina del sig. G.-Andrea Fioroni. 14" Ra- 
gioni esposte in confirmazione degli atles- 
tati prodotti ail' academia Filarmonica di 
Bologna in difesa del sig. D.-./acopo Ar- 
righi , maestro di cappella di Cremona. 
15° Correspondance littéraire avec plusieurs 
savants, conccrnantdiverses questions relatives 
à la musique. On conserve aussi dans la 
bibliothèque du Lycée musical de Bologne les 
opuscules inédits de Martini dont voici les 
titres : \Q° Ragioni diF. Gio.-Batta Martini 
sopra larisoluzione del Canonedi Giovanni 
Animuccia esistente nella canturia di 
S. Casa in Loreto, in difesa délie opposi- 
zioni fatle del sig. D. Tomaso Redi, maestro 
di cappella de dette santuario , manuscrit 
in-4", de l'année 1753. 17" Controversia frà 
il padre G.-B Martini ed il sig Gio. -.An- 
tonio Riccieri, per un soggetto di fuga da 
queslo al padre suddetto, con varie opposi- 
zioni faite dalle slesso Riccieri e risposle 
dal P. Martini, manuscrit in-8", de l'année 
1740. 18° Délie proporzioni o ragioni, ma- 
nuscrit in-fol. 19" Regole per accompagnare 
sul cembalo ed organe, manuscrit auto- 
graphe. 20" Duetti bu/jî per camcra col 
basse continue, manuscrit in-fol. obi. 

On peut consulter, sur la personne du 
p. Martini cl sur ses travaux ; 1" Netizie degli 



MARTINI 



Scrittori Bolognesi, par Fanluzzi, t. V, 
pp. 342-353. 2" Elogio del Padre Giambat- 
tista Martini, minore conventuale, par le 
P. Délia Valle 5 Bologne, 1784, in-S»; on 
trouve aussi cet éloge dans VAntologia Ro- 
mana, lom. XI; dans le Giornale de' Lette- 
rati di Pisa, 1785, tom. LVII, pages 279-305, 
et il y en a une traduction allemande insérée 
<lans la Correspondance musicale de Spire, 
1791, pag. 217 et suiv. 3° Memorie storiche 
del P. M. Giov. Baltista Martini, etc., par 
le même; Naples, 1785, Simoni, in-8». A'>Ora- 
zione in Iode del P. M. Giambattista 3Tar- 
tini, recitata nella solenne academia de' 
Fervidi l'iiUimo giorno deW anno 1784, 
l)ar Moreschi; Bologne, 1786, in-S". 5» Elogio 
diGio. Battista 3Iartini htto nella grande 
ailla del Liceo armonico, nella solenne dis- 
tribuzione de' premi musicali l'atmo 1809, 
par Gandollb, docteur en médecine; Bologne, 
chez les frères Masi, 1813, in-S" de vingt- 
trois pages. 6° Elogio del R. P. Giamb. Mar- 
tini, par le P. Pacciaudi, dans le journal 
littéraire du P. Contini. 7» Voir aussi les Me- 
morie per le belle arti, où l'abbé Gherardo de 
Rossi a fait insérer une notice sur ce savant 
musicien. 

MAIITIIM (Jean-Pacl-Égide), dont le 
nom véritable était lyc/iicarf^e/iûfo/-/", naquit le 
1^"" septembre 1741, à Freistadt, dans le Ilaut- 
Palatinat. Il apprit de bonne heure le hilin et 
la musique; ses progrès dans cet art furent 
assez rapides pour qu'il fût employé comme 
organiste, à l'âge de dix ans, au séminaire des 
jésuites de Neubourg sur le Danube, où il 
était allé faire ses études. En 1758, il se rendit 
à-1'universilé de Fribourg en Brisgaw, pour y 
l'aire un cours de philosophie. Pendant son 
séjour en cette ville, il remplit les fonctions 
d'organiste au couvent des Franciscains. Ses 
études terminées, il retourna à Freistadt; 
mais des désagréments qu'il éprouva dans la 
maison de son père, nouvellement remarié, le 
firent retourner à Fribourg, décidé à voyager 
et à chercher des ressources dans ses connais- 
sances en musique. Incertain de la route 
qu'il devait suivre, il monta sur un clocher et 
jeta dans l'air une plume dont il examina la 
direction ; le vent l'ayant poussée vers la 
iwrte de France, ce fut par là qu'il sortit, et, 
sans argent, il s'achemina vers Nancy, s'arrê- 
tant le soir dans des couvents où son costume 
d'étudiant lui faisait trouver un gîte conve- 
nable. Arrivé dans la capitale de la Lorraine, 
en 1760, sans savoir un mot de français, et 
dénué de toute ressource, il éprouva d'abord 



d'assez grands embarras; mais quelques con- 
naissances élémentaires qu'il possédait sur la 
facture des orgues le firent accueillir chez le 
facteur Dupont, qui le logea et lui procura les 
moyens de se faire connaître. Son premier 
soin fut de se livrer à l'étude de la langue 
française, et par le conseil de son protecteur, 
il changea son nom de famille, dont la pro- 
nonciation paraissait dilTicile en France, 
contre celui de Martini. Longtemps il ne fut 
connu des musiciens que sous le nom de 
Martini il Tedesco (Martini l'Allemand), et 
ses premières compositions furent gravées 
sous ce nom. Son instruction dans l'harmonie 
et le contrepoint avait été négligée; il profila 
du loisir dont il jouissait dans le commence- 
ment de son séjour à Nancy pour se livrer à • 
la lecture de quelques traités de ces sciences 
et de plusieurs partitions de grands maîtres, 
où il puisa tout son savoir. Quelques compo- 
sitions légères le firent connaître à la courdi; 
Stanislas et le mirent en crédit. Ce prince, 
qui goûtait sa musique, lui donna un emploi 
dans sa maison. Martini profita de sa nouvelle 
liosition pour se marier; mais, en 1764, le 
prince mourut, et le jeune musicien s'éloigna 
de Nancy pour aller se fixer à Paris. Il arriva 
dans cette ville au moment où un concours 
venait d'être ouvert pour la composition d'une 
marche à l'usage du régiment des gardes 
suisses. Aussitôt il se mit à l'ouvrage; sa 
marche fut exécutée à la parade dans la cour 
du château de Versailles, et le prix lui fut ad- 
jugé par le duc de Choiseul, qui le prit sous sa 
protection. Un des premiers efTets de la faveur 
de ce ministre fut de faire nommer Martini 
olîicier à la suite du régiment des hussards de 
Chamboran, ce qui lui assurait les honneurs 
et les avantages du service militaire, sans 
l'obliger à aucune fonction, et lui laissait la 
liberté de se livrer à ses travaux de composi- 
teur. Il en profita pour écrire une très-grande 
quantité de morceaux de musique militaire, oii 
il introduisit le goût allemand, jusqu'alors 
inconnu en France. Il publia aussi, à cette 
époque, des symphonies, desquatuorsde violon 
et de piano, des trios, et d'auli'es morceaux de 
musique instrumentale. En 1771, son premier 
opéra, intitulé : VJmourenx de quinze ans, 
fut représenté au théâtre italien, et y obtint 
un succès d'enthousiasme. Martini se relira 
alors du service militaire, et entra chez le 
prince de Condé, en qualité de directeur de sa 
musique. Quelques années ai)rès, il eut le 
même titre chez le comte d'Artois, et peu de 
temps avant la révolution, il acheta la survL- 



8 



MARTINI 



vance de la charge de surintendant de la mu- 
sique du roi, pour le piix de seize mille francs. 
A l'époque où le théâtre Feydeau fut ouvert 
sous le nom de Théâtre de Monsieur, pour la 
réunion de l'opéia boufTe italien eldcTopéra- 
comique français, Martini fut chargé de la 
direction de la musique ; mais après les événe- 
ments du 10 août 1792, il perdit cet emploi 
avec ses autres charges et les pensions qu'il 
tenait de la cour. Persuadé que son attache- 
ment à la famille royale l'exposerait à des 
persécutions, il sortit secrètement de Paris 
et se rendit à Lyon, où il i)ublia dans la même 
année sa Mélopée, dont il avait emprunté la 
plus grande partie au Traité du chant de 
Ililier. Cependant, convaincu bientôt qu'on ne 
songeait point à l'inquiéter, il revint à Paris, 
écrivit la .mnsique de quelques chants pa- 
triotiques, et acheva son opéra de Sapho, qui 
fut représenté en 1794. Quatre ans après, il 
reçut sa nomination de membre du comité 
d'instruction du Conservatoire de musique et 
d'inspecteur de celte école. Compris ensuite 
dans la réforme de l'an X, il conserva pendant 
le reste de sa vie un sentiment de haine et de 
colère contre ceux qu'il considérait comme 
auteurs de sa disgrâce , particulièrement 
contre MéhuI et Catel. 

Après la restauration, Martini fit valoir les 
droits que Ini donnait à la place de surinten- 
dant de la musique du roi l'acquisition qu'il 
avait faite, avant la révolutun, de la survi- 
vance de cette place, et elle lui fut accordée 
le 10 mai 1814. Le 21 janvier 181G, il fit 
exécuter à Saint-Denis une messe de Requiem 
qu'il avait composée pour l'anniversaire de la 
mort de Louis XVI; (|uelques jours après, le 
roi lui accorda, en récompense de cet ouvrage, 
le grand cordon de l'ordre de Saint-Michel; 
mais il ne profita pas longtemps de cet hon- 
neur, car il mourut le 10 février suivant, à 
l'âge de soixante-quinze ans et quehiues mois. 
. Martini était né avec du talent : V Amoureux 
de quinze ans, le Droit du Seigneur, et la 
/lataille d'Jvry, renferment des morceaux 
•l'une naïveté charmante. Ses mélodies étaient 
expressives et dramati(iues ; ses romances, qui 
ont précédé celles de Garât et de Boieldieu, 
peuvent être considérées comme des modèles en 
leur genre, et l'on citera loujoui-s colle fju'il a 
écrite sur les paroles : Plaisir d'amour ne 
dure qu'un moment, comme un chef-d'œuvre 
de grâce et de douce mélancolie. La musique 
d'église de Martini a eu beaucoup de renom- 
mée; mais elle a été trop vantée : son caractère 
est plus brillant que religieux ; d'ailleurs, elle ' 



manque de simplicité et de netteté dans l'har- 
monie. Martini avait lu beaucoup de traités de 
composition publiés en Allemagne; mais sa 
première éducation musicale avaitélé négligée, 
et les anciens maîtres italiens, modèles admi- 
rables pour la pureté de style, lui étaient à 
peu près inconnus. Je me souviens que lors- 
que j'étudiais l'harmonie au Conservatoire de 
Paris, sous la direction de Rey, Martini vint 
inspecter la classe de notre maître, et qu'il cor- 
rigea une leçon que je lui présentai. Je lui fis 
remarquer que dans un endroit sa correction 
n'était pas bonne, parce qu'elle donnait lieu à 
une succession de quintes directes entre l'alto 
elHe second violon. » Dans le cas dont il s'agit, 
« on peut faire des quintes consécutives, me dit- 
« il. — Pourquoi sont-elles permises? — Je 
« vous dis quedans ce cas on peut les faire. — 
« Je vous crois, monsieur; mais je désire sa- 
« voir le motif de cette exception.— Vous êtes 
« bien curieux !» A ce mot, dont le ridicule 
n'a pas besoin d'être commenté, tous les élèves 
partirent d'un éclat de rire, et la grave figure 
de notre professeur même se dérida. Depuis 
ce temps, chaciue fois que je rencontrais iMar- 
tini, il me lançait des regards pleins de cour- 
roux. Au surplus, il aurait été ditTicile de de- 
viner, à la brusquerie, à la dureté de ses 
manières et au despotisme qu'il affectait avec 
ses subordonnés, l'auteur d'une multitude de 
mélodies empreintes de la plus douce sensi- 
bilité. 

Parmi les premières productions de cet ar- 
tiste, devenues fort rares aujourd'hui, on re- 
marque : 1" Six <iualuors pour tlùte, violon, 
alto et basse, op. 1; Paris, Heina, 1703. 
2" Six trios pour deux violons et violoncelle, 
op. 2; ibid. 3° Quatre divertissements pour 
clavecin, deux violons et basse, op. ô; ibid. 
4" Six nocturnes pour les mêmes instruments, 
0|). 4; ibid. 5" Six quatuors pour deux vio- 
lons, alto et basse, op. 5; ibid. G" Six trios 
pour deux violons et basse, op. 6; ibid. 1769. 
Mengal a arrangé en harmonie i)our neuf 
instruments à vent un choix des anciennes 
pièces composées par Martini pour l'usage des 
régiments français; ces pièces ont été piihliées 
à Paiis, chez Naderman Les œiivies de mu- 
sique d'église que Martini a publiés, ou qui 
ont paru après sa mort, sont : 1" Messe solen- 
nelle à quatre voix et orchestre; Paris, Le 
Duc. 2" Deuxième messe solennelle à quatre 
voix et orchestre; Paris, chez l'auteur, ô" Six 
psaumes à deux voix et orgue; Paris, Le Duc. 
4" Messe de Requiem à quatre voix et or- 
chestre; j6jd.!5' Deuxième messe de Requiam, 



MARTINI - ttlARTlNlUS 



exécutée à Saint-Denis, le 21 janvier 1816; 
Paris, Porro. 6" Te Deum à quatre voix et or- 
chestre; Paris, Le Duc. 7° Domine satvum 
fac regem, à quatre voix et orgue; Paris, 
Érard. 8" O salutaris hostia, à cinq voix et 
orgue ; ibid. Martini a donné au théâtre : 
1° V Amoureux de quinzeans, en trois actes, 
à la comédie italienne, 1771.2" Le Fermier 
cru sorird, en trois actes, 1772 (joué sans 
succès). 5° Le Rendez-vous nocturne, en un 
acte, écrit pour Versailles, en 177â, puis re- 
présenté au théâtre lyrique et comique. 
4» LIenri IF, ou la Bataille d'/vry, en trois 
actes, à la comédie italienne, en 1774. L'ou- 
verture de cet opéra a eu longtemps de la cé- 
lébrité. 5" Le Droit du Seigneur, à la comé- 
die italienne, en 1785. Cet opéra, considéré 
ajuste titre comme une des meilleures pro- 
ductions de Martini, a eu un succès de vogue, 
qui s'est soutenu pendant plusieurs années. 
6» L'Amant sylphe, en trois actes, représenté 
à Versailles, en 1785. 7» Sapho , drame 
lyrique en deux actes, représenté au théâtre 
Louvois, en 1794. 8" Annette et Lubin, en un 
acte, à la comédie italienne, en 1800. Quoique 
Martini eût mis beaucoup de grâce et de naï- 
veté dans cette nouvelle musique d'un ancien 
opéra , son ouvrage obtint peu de succès. 
9» Ziméo, grand opéra en trois actes, réduit 
en opéra dialogué et représenté au théâtre 
Feydeau, en 1800. Opéras non nEPRÉSENTÉs : 
10" Sophie, ou le Tremblement de terre de 
.Messine, en trois actes. W" Le Poète sup- 
posé, en trois actes. Cet ouvrage avait été 
écrit en 1782; mais le même sujet ayant été 
traité par Laujon et Champein, et leur pièce 
ayant été représentée le 25 avril de la même 
année, Martini fut obligé de garder la sienne 
dans son portefeuille. 12° La Partie de cam- 
pagne , en trois actes. Les partitions de 
l'Amoureux de quinze ans, de la Bataille 
d'Ivry, du Droit du Seigneur, de Sapho et 
de Ziméo, ont été gravées à Paris, et le Droit 
du Seigneur, traduit en allemand, a été pu- 
blié à Leipsick, en i)artition pour le piano. On 
connaît aussi, sous le nom de Martini, une 
cantate intitulée : Arcabonne, avec accompa- 
gnement d'orchestre ou de piano; Paris, 
Érard; et six recueils d'airs, romances, chan- 
sons, avec accompagnement de piano"; Paris, 
Naderman. Enfin, il a écrit, en 1810, une 
grande cantate à quatre voix et orchestre pour 
le mariage de Napoléon et de Marie-Louise. 
Cet artiste est le premier qui a publié, en 
Trance, des romances et des airs détachés 
avec un accompagnement de piano; avant 



lui, tous les morceaux de ce genre étaient 
gravés avec une basse simple ou chiffrée. 

Comme écrivain didactique, Martini a pu- 
blié : 1» Mélopée moderne, ou l'Art du chant 
réduit en principes; Lyon, 1792, in-4», et 
Paris, Naderman. Les principaux matériaux 
de cet ouvrage ont été puisés dans le Traité du 
chant de Hiller. 2» Partition pour accorder le 
piano et l'orgue; Paris, -1794. 3" Ecole 
d'orgue, divisée en trois parties; résumée 
d'après les ouvrages des plus célèbres orga- 
nistes de Z'./^//eniajrne; Paris, Imbault, In-fol. 
Ce titre n'est point exact, car on ne trouve 
dans l'ouvrage de Martini qu'une traduction 
de VOrgelschule de Rnecht {voyez ce nom), 
où le livre allemand est bouleversé sans que le 
traducteur y ait mis plus d'ordre. Martini a 
aussi coopéré à la rédaction des solfèges du 
Conservatoire de Paris. Il a laissé en manu- 
scrit un Traité élémentaire d^harmonie et de 
composition, ainsi qu'une volumineuse col- 
lection d'extraits et de traductions d'ouvrages 
allemands sur les mêmes sujets. 

MARTINI (André), célèbre sopraniste, 
surnommé IL SENESIIXO, naquit à Sienne, 
le 30 novembre 1761. Élève de Paul Salulini 
pour le chant, il débuta avec succès au théâtre 
de Lucques, en 1782. Un extérieur agréable, 
une voix pure et métallique, une excellente 
méthode de chant et beaucoup d'expression 
le firent rechercher par les entrepreneurs des 
principaux théâtres de l'Italie. Après avoir 
brillé à Rome, Parme, Venise et Milan, il 
chanta à Londres, à Madrid et à Lisbonne, et 
partout le public l'accueillit avec beaucoup de 
laveur. De retour en Italie, il chanta à Milan 
pendant le carnaval des années 1793 et 1795, 
puis à Gênes, Turin, Venise et Naples. En 
1799, il se retira à Florence où le grand-duc 
de Toscane l'attacha à sa chapelle. Il y vivait 
encore en 1812. Ami de Canova et du célèbre 
graveur Morghen, il partageait ses loisirs 
entre une bibliothèque choisie, une précieuse 
collection d'estampes, etsa belle villa de Scan- 
dicci. 

MARTIIVI (Joseph et Jean - Baptiste 
SAN). Foyez SAMMARTINI, ou SAN 
MARTINI. 

MARTINIUS (Mathias), né à Freyen- 
hagen, en 1572, fut d'abord professeur au col- 
lège de Herborn, puis pasteur à Embden, et 
enfin professeur de théologie et recteur au 
Gymnase de Brème, où il mourut en 1G30, 
dans sa cinquante-huitième année. Il est au- 
teur d'un Lexicon philologicum, in quo la- 
tinx et a Inlinis aucloribus usurpatx tuin 



10 



MARTINIUS — MARTIUS 



purs tum harharx voces ex originibus de- 
clarantur, etc.; Brème, 1623, in-fol. Il y a 
une édition plus estimée de cet ouvrage ; Am- 
sterdam, 1701, deux volumes in-fol., et une 
autre d'Utrecht, 1697, deux volumes in-fol. 
Marlinius y explique les termes de musique 
employés par les écrivains grecs. 

MARTON (Jacçces-Joseph-Balthazar), 
dont le nom véritable était MARTIN, était 
fils d'un musicien de la Bohême, maître de 
musique du régiment du prince de Ligne. 11 
naquit à Anvers, le l*^"" mai 1775, et apprit la 
musique, comme enfant de chœur, à l'église 
collégiale de Saint-Jacques, en cette ville. 
A l'âge de dix ans, il commençait déjà à 
écrire pour l'église : il fit entendre, en 1793, 
une messe solennelle de sa composition. Peu 
de temps après, il se rendit à Paris, où il entra 
à l'orchestre du théâtre du Vaudeville, puis à 
celui de l'Opéra italien. Après l'organisation 
des lycées impériaux, il fut choisi comme pro- 
fesseur de violon pour celui de Charlemagne, 
à Paris. Cet artiste estimable est mort dans la 
même ville, le 10 octobre 1836. Il s'est fait 
connaître comme compositeur de musique in- 
strumentale par les ouvrages suivants : 1" Pre- 
mière symphonie concertante pour deux 
flûtes et basson; Paris, Frey. 2° Deuxième 
symphonie concertante pour flûte, hautbois, 
cor et basson; Paris, chez l'auteur. 3" Trois 
quatuors pour deux violons, alto et basse, 
op. 1 ; Paris, Pleyel. 4" Trois idem, op. 5; 
Bonn, Simrock. 5» Un idem; Paris, Jauet. 
6» Duos pour deux violons, op. 2, 6, 7, 8, 13, 
14,13, 16, 17, 18, 19,21, 22,25,24,29,30, 
31, 47, 48; Paris, chez tous les éditeurs de 
musique. 7° Sonates faciles pour violon, 
op. 20; Paris, Frey. 8» Trios pour flûte, 
violon et violoncelle, op. 25 ; Paiis, Le Duc. 
9" Duos pour flûte et violon, op. 35 ; Paris, Du- 
faut et Dubois. 10" Méthode élémentaire de 
violon; Paris, Frey. 11» Grande méthode de 
violon ; Paris, Hentz-Jouve. 12" Méthode élé- 
mentaire pour alto ; Paris, Frey. 

MARTI]>S (François), maître de chapelle 
à Elvas, en Portugal, naquit à Evora, au com- 
mencement du dix-septième siècle, et entra au 
séminaire de musique de cette ville, en 1029. 
Ses études terminées, il fit un voyage en Es- 
pagne, puis il obtint la place de maître de 
chapelle de l'église cathédrale d'Elvas. Il a 
laissé en manuscrit des messes, psaumes, 
hymnes et motets qui étaient estimés de son 
temps. 

MARTINS (.Iean). Foyez MARTINEZ. 

WARTILS (CiintTiEsi-EnNEST), cantur à 



Weyda, dans le duché de Saxe-Weimar, vers 
le milieu du dix-huitième siècle, est auteur 
d'un livre qui a pour titre : Beiveis, dass eine 
wohleingerichlete Kirchenmusik Gotl wohl- 
gefxUig, angenehm und niitzlich sei (Dé- 
monstration qu'une musique d'église bien 
faite est agréable à Dieu, etc.); Plauen, 1762, 
in-8». 

MARTIUS ou MARZIUS (Jacques- 
Frédéric), cantor à Erlangen, naquit dans 
cette ville en 1760. Destiné à l'étal ecclésiasti- 
que, il suivit d'abord les cours du Gymnase, puis 
étudia la théologie à l'université. Dès son en- 
fance, il avait appris le chant et le clavecin. 
Son goût le portait vers la musique; mais ne 
voulant pas contrarier le vœu de ses parents, 
il acheva ses éludes académiques, et ce ne fut 
qu'après avoir pris ses degrés à l'université 
qu'il se livra en liberté à la culture de l'art, 
objet de sa prédilection. En 1782, il se fit con- 
naître comme compositeur, par une collection 
de pièces de piano. Son habileté sur cet in- 
strument et sur l'orgue lui (il obtenir la place 
d'organiste de l'église principale d'Erlangen ; 
mais il la quitta, en 1812, pour l'emploi plus 
lucratif de cantor et de maîlie d'école de la 
ville. On lui doit un almanach musical inti- 
tulé : Taschenbuch fur Freunde und Freun- 
dinnen der Musilc (Almanach pour les ama- 
teurs de musique); Nuremberg, 1786, in-8". 
Ce petit ouvrage, qui fut continué pendant 
quatre ans, contenait de petites pièces pour le 
piano, des dissertations sur la musique, et des 
notices sur quelques artistes. On y trouve les 
biographies de Uœndel et de Graun. On a 
aussi de ce musicien : 1° Recueil de chants re- 
ligieux, chœurs .et duos, avec un texte pour l'u- 
sage de l'église; Erlangen, 1792, in-8». 2» Mé- 
lodies à l'usage des enfants; ibid. , 1806. 
3" Liederbuch fiir Schttlcn (Livre de chant 
pour les écoles) ; Nuremberg, deux petits vo- 
lumes in-8». A" Mélodies pour des chansons de 
fêtes, à l'usage des écoles et des églises; Nu- 
remberg, 1824, in-S». Martius a été un des 
collaborateurs de la petite méthode de chant 
parchilTres, à l'usage des écoles, publiée par 
Stephani, à Erlangen, en 1815, grand in-S». 
On lui doit aussi un article inséré dans la Ga- 
zette musicale de Leipsiclc, en 1815, où il 
soutient que l'air anglais God save the king, 
n'est pas ancien, mais qu'il a été comi)Osé par 
l'abbé Vogler, erreur aujourd'hui démontrée 
(voyez Bull, John), et un autre (|iii a paru 
dans l'écrit périodi<|uc intitulé Cxcilia (an- 
née 1829), où il prétend que la jolie chanson 
allemande f'ergias mein niclit (ne m'oubliez 



MARTIUS - MARX 



it 



pas), alliibuée à Mozart, est du maître de 
chapelle Frédéric Schneider, qui l'a écrite 
en 1792. 

MARTORELLI (Jules-César), marchand 
de musique à Rome, a publié, en 1809, le 
commencement d'un journal relatif à la mu- 
sique dramatique de ritalie, qui n'a pas été 
continué. Ce journal a pour titre : foylio pe- 
riodico, e ragguaglio de' spettacoli musi- 
cali; Rome, in-12. On a aussi, <lu même, un 
aimanach de spectacles intitulé : Indice, ossia 
catalogo de' teatrali spettacoli italiani di 
tutta l'Europe in cominciando dalla quare- 
sima 1819 a tutto il carnevale 1820; Rome, 
1820. Cet aimanach a été continué jus(iu'en 
1823. On y trouve le catalogue de tous les 
chanteurs, compositeurs, poëtes, etc., avec les 
titres des pièces représentées sur les divers 
théâtres d'opéra italien. 

MAUTOllETTA (Gian-Domenico), com- 
positeur italien, vécut vers le milieu du sei- 
zième siècle. Il- a publié plusieurs livres de 
madrigaux, dont je ne connais que celui-ci : 
Libre terzo di Bladriguli a quatlro voci, con 
cinque Madrigali del primo libro da lui no- 
vamente corretti et dati in luce, co'ltitolo 
di coloro percui H ha composti; f^enezia , 
appresso d'Antonio Gardane (sans date), 
in-4" oblong. 

MARX (Joseph-Matteiin), pianiste et vio- 
loncelliste, naquit à Wurzbourg, en 1792, et 
y fit ses éludes musicales. Il commença sa 
carrière d'artiste dans l'orchestre du théâtre 
de Francfort; mais il y resta peu de temps, 
ayant pris la résolution de voyager pour se 
faire connaître comme virtuose sur le violon- 
celle. Vienne fut la première grande ville 
qu'il visita : il s'y fit entendre avec succès dans 
les concerts, après avoir reçu des leçons de 
Merk. Plus tard, il fut attaché à la chapelle de 
Sluttgard; puis, la place de premiervioloncelle 
de la cour de Carlsruhe lui ayant été offerte, 
il l'accepta. En dernier lieu, il y était direc- 
teur de musique lorsqu'il mourut, le 11 no- 
vembre 1836. On a publié de cet artiste : 
Adagio et polonaise pour violoncelle et or- 
chestre , et des chants pour quatre voix 
d'hommes. 

La fille de Marx, Pauline, a brillé comme 
cantatrice dramatique à Dresde, à Berlin et à 
Darmstadt. Les rôles où elle se faisait applau- 
dir étaient ceux de Valentine, dans les Hu- 
guenots ; Ae Fidès, dans le Prophète; de Ca- 
therine, dans l'Etoile du Nord; de Norma; 
de Donna Anna, dans Don Juan; de Fidelio, 
cl de Léonore, dans la Favorite. 



MAUX ( Adolpiie-Behnard), docteur et 
l)rofesseur de musique, est né à Halle, le 
27 novembre 1799. Ai)rès avoir appris les élé- 
ments de la musique et du piano, il reçut des 
leçons de TUrk pour la basse continue; mais 
dans les premiers temps, il ne cultiva l'art que 
d'une manière incomplète, parce qu'il était 
obligé de se livrer à l'étude de la jurispru- 
dence. Après que ses cours universitaires 
furent terminés, il obtint un emploi au tri- 
bunal de Halle, mais le quitta bientôt pour un 
plus important au collège de Naumbourg. Ce- 
pendant le désir de se livrer d'une manière 
plus absolue à la culture de la musique, pour 
la(|uelle il se sentait un goût passionné, le 
décida à se rendre à Berlin, où il espérait de 
réaliser dans cet art le but de sa vie. Il ne fal- 
lait pas moins que la ferme volonté qui le 
poussait dans cette carrière pour vaincre les 
obstacles qui l'environnaient de toutes parts. 
D'abord, il lui fallut chercher des moyens 
d'existence dans des leçons particulières, et 
pendant ce temps, la lecture des œuvres des 
grands maîtres, particulièrement de Jean-Sé- 
bastien Bach, et l'élude des meilleurs traités 
de théorie et d'histoire de la musique, complé- 
tèrent son instruction dans l'art et dans la 
science. Toutefois, si j'en crois des renseigne- 
ments qui me sont parvenus de Berlin, la vé- 
ritable connaissance pratique de l'art n'est 
point devenue familière à M. Marx. En 1823, 
la rédaction de la Gazette musicale de Berlin 
lui fut confiée par l'éditeur Schlesinger; la 
manière honorable dont il remplit cette tâche 
pendant sept ans, c'est-à-dire pendant toute 
la durée de cette entreprise, le fit connaSlie 
avantageusement, et lui procura, en 1830, la 
place de directeur de musique à l'université 
de Berlin, qu'il a occupée depuis lors. Posté- 
rieurement, l'université de Marbourg lui a 
délivré le diplôme de docteur en musique. Il 
a déployé une grande activité dans ses tra- 
vaux pendant plus de trente ans, et a acquis 
de l'autorité parmi les artistes de l'Allemagne 
par ses ouvrages; mais sa doctrine n'a point 
obtenu de succès à l'étranger. 

Parmi les productions de M. Marx, on re- 
marque celles dont les titres suivent : 1" Die 
Kunst des Gesanges , theoretisch-praktisch 
(l'Art du chant théorique et pratique); Berlin, 
Schlesinger, 1826, in-4» de trois cent cin- 
quante-sept pages. Cet ouvrage est divisé en 
trois parties : la première contient les princi- 
pes de la musique; la seconde traite de la théo- 
rie de la voix etde sa formation ; de la troisième 
renferme des observations très-délaillécs sur 



iâ 



MARX 



l'application de l'ail du chanl dans les divers 
styles de musique. 2° Ueber Malerei in der 
Tonkunst. £in Muigruss un die Kunstphi- 
losophen (Sur la peinture dans la musique : 
Salut de mai à la philosophie de l'art) ; Berlin, 
G. Fink, mai 1828, in-8" <ie soixanle-sept 
pages. 3» Die Lehre von der musikalischen 
Komposilion, praklisch-theorelisch , zum 
Seibstunterricht (la Science de la composition 
musicale, théorique et pratique, pour s'in- 
struire soi même), premier volume, de quatre 
cent quarante-cinq pages ; Leipsick, 1837, 
Breitkopf et Haertel; deuxième volume, de 
cinq cent quatre-vingt-trois pages, ibid., 
1838, in-S"; troisième volume, de cinq cent 
quatre-vingt-quatorze pages, ibid., 1845; 
quatrième et dernier volume, de cinq cent 
quatre-vingt-quinze pages, avec trente pages 
de musique pour exemples de dispositions de 
la partition. Dans son introduction, M. Marx 
expose l'objet général de l'ouvrage. Le pre- 
mier livre renferme les éléments harmoniques 
de la composition, considérés dans la forma- 
tion de l'échelle des sons et dans la constitu- 
tion des accords. A l'égard de l'harmonie, il 
l'examine d'abord dans la réunion de deux 
voix, non pas seulement en ce qui concerne la 
nature et la classification des intervalles, mais 
dans leurs mouvements, et dans la significa- 
tion formale que leurs successions peuvent 
avoir. Il semblerait, d'après cela, que l'au- 
teur s'est proposé de commencer l'étude de 
la composition par le contrepoint simple à 
deux voix, dont l'objet répond à ce point de 
vue de la science ; mais il n'en est point ainsi : 
ce que M. Marx établit dans cette division de 
son ouvrage n'est autre chose que la compo- 
sition libre en accords de deux sons et en con- 
sonnances. 11 y fait entrer des conditions de 
rhythme, parce qu'il n'a pas fait de la rhyth- 
mique l'objet d'une division particulière du 
livre. 

Après l'harmonie de deux sons, M. Marx 
aborde les accords de trois et de quatre sons 
dans le moile majeur, mais en restreignant 
ses considérations aux accords naturels, c'est- 
à-dire aux accords parfait et de septième, 
ainsi qu'à leurs dérivés. Il y a excès de déve- 
loppements dans cette section de son livre. 
Quant aux autres combinaisons harmoniques, 
l'ordre manque absolument dans leur géné- 
ration cl dans leur classification. La méthode 
de l'auteur est tout empirique dans cette 
partie importante de l'art. 

Le sccoikI livre, (jui complète le premier 
volume de la Science de la composition, con- 



cerne l'harmonie comme accompagnement de 
la mélodie. M. Marx y traite avec beaucoup 
d'étendue de l'accompagnement du chant 
choral, et des rapports de la tonalité de ce 
chant avec les modes de la musique antique. 
La troisième division de ce livre est consacrée 
à l'accompagnement de la mélodie dans la to- 
nalité moderne. 

Dans le troisième livre, M. Marx traite des 
formes mélodiques et harmoniques de la pé- 
riode musicale. Dans les dévelo|)pements de 
ce sujet important, il suit des tendances plus 
instrumentales que vocales. Le quatrième 
livre est entièrement consacré aux imitations 
libres et aux divers genres de fugues. Celle 
partie de l'art est traitée dans la Science de la 
composition suivant les principes de Marpurg 
et dans le style instrumental. Sous le titre de 
Formes d'inversion ou de renversement 
{Umkehrungsformen), il traite, dans le cin- 
quième livre, des contrepoints doubles (qui 
auraient dû précéder ce qui concerne les 
fugues, dont ils sont le principe fondamental), 
et des canons, qui n'y ont qu'un rapport in- 
direct, et sont une des formes du contrepoint 
simple. Il est vrai que M. Marx ne parle pas 
de celui-ci, et qu'il n'a point vu qu'en ce 
genre de contrepoint repose tout l'art d'écrire 
en musique. 

Les sixième et septième livres, contenus 
dans le troisième volume, traitent des formes 
des pièces instrumentales et vocales, et le qua- 
trième volume, qui renferme les livres hui- 
tième, neuvième et dixième, a pour objet la 
connaissance des instruments et de l'instru- 
mentation dans tous les genres de composi- 
tions. L'ouvrage de M. Marx est parvenu 
jusqu'à ce jour à sa cinquième édition. 
A" Jllgemeine Musiklehre. Ein Hiilfsbuch 
fiir Lehrer und Lernende in jedem zweige 
vmsikalischer Unterweisung (Science géné- 
rale de la musi(|ue, etc.); Leipsick, 1839, 
Breitkopf et Ilaertel, in-S" de trois cent cin- 
(|uante-huit pages. Ce manuel ou Aide-mé- 
moire est un résumé de toute la science de 
la musique. 5" Berliner allgemeine musika- 
lische Zeitung {Gazette musicale de Berlin), 
1823-1828, sept volumes in-4"; Berlin, Schle- 
singer. C" Ueber die Gellung Ha-ndelscher 
Sologes,rnge fiir nnsere Zeit. Ein Nachtrag 
zur kunst des Gesanges (Sur la valeur des 
solos de chant désœuvrés de Ihendcl à nnlre 
<poi|ue. Supplément à l'yi^rf du chaut); Berlin, 
182'.», Sihlcsingep, in-4''. 7» Die atte Musik- 
lehre i m Streit mit tmserer Zeit (l'Ancienne 
doctrine de la musique en opposition à notre 



MARX — MARXSEN 



13 



temps); Leipsick, Brcilkopf et llaertel, 1841, 
in-8". Ce titre dit clairement quel est rol)jet 
du livre ; on ne trouve dans cet ouvrage qu'er- 
reurs et pétitions de principe. M. Marx y 
attaque sans ménagement la tliéorie de la gé- 
nération des accords exposée par Dehn dans 
son Traité de l'harmonie, bien qu'elle soit 
infiniment préférable à la sienne. Goltfried- 
Giiillaume Fink a fait une juste et sévère réfu- 
tation (le ce livre dans son écrit intitulé : Der 
neitmitsicalische Lehrjammer, oder Beleticli- 
tuHQ der Schrift : Die alte Musiklehre im 
Streit mit unserer Zeit (la Nouvelle méthode 
déplorable de musique, ou examen de l'écrit 
de Marx, etc.); Leipsick, G. Wigand, 1842, 
in-8». 8" Die Musik des 19(en Jahrhunderts 
und ihre Pflege (la Musique du dix-neuvième 
siècle et sa direction); Leipsick, 1855, in-8". 
9" Lttdwig von Beethoven. Leben und 
Schaffen (Louis Van Beethoven. Vie et tra- 
vaux); ibid. , 1858, deux volumes in-S". 
10» Betrachtung iiber den heutigen Zustand 
der deutschen Oper, etc. (Considérations sur 
l'état actuel de roi)éra allemand), dans l'écrit 
périodique intitulé Cxcilia (1828), t. VII, 
p. 135-182. 11" Plusieurs articles biographi- 
ques et autres dans le Lexique unirersel de 
musique, i)ublié par Schilling, entre autres, 
Bach, Beethoven, Gluck, Fasch, Grélry , 
J. Haydn, Hsendel, sur la musique grecque, 
les tons du plain-chant, le contrepoint, la 
fugue, etc. 

M. Marx est éditeur de la grande Passion de 
J.-S. Bach, de la Messe en si mineur, et de 
six grands morceaux d'église du même com- 
positeur, publiés à Berlin, chez Schlesinger. 
Comme compositeur, il s'est fait connaître 
par les ouvrages suivants : 1» Jery et Bately, 
drame musical, représenté au théâtre royal 
de Berlin, en 1825. 2" La musique du mélo- 
drame: la Vengeance attend, joué au théâtre 
de Rœnigstadt, en 1827. 3» Le Salut d'On- 
dine, avec une symphonie de fête, exécuté 
au théâtre de Kœnigsladl, pour le mariage 
du prince Guillaume , en 1829. 4» Sym- 
phonie imilalive sur la chute de Varsovie (en 
manuscrit). 5" Livre de chant choral et 
d'orgue; Berlin, Reimer. On y trouve environ 
deux cents préludes depuis les formes les plus 
simples jusqu'aux plus compli(iuées du contre- 
point, du canon et de la fugue. G" Nahid, 
couronne de chants composés sur les poésies 
de H. Stieglitz (en manuscrit). 7" Suint Jean- 
Baptiste , oratorio, exécuté deux fois, en 
183Ô, dans l'église de la Trinité, par le chœur 
académique, avec accompagnement d'orgue 



et de trombones. 7" {bis) Mose , oratorio. 
8"0i'el(|ues cahiers de chansons à voix seule et 
de chants religieux et profanes en chœur. 

MAUXSEIN (EDOUARD), né le 23 juillet 
1806, à Niendsiœdten, près d'Altona, où son 
père était organiste. Celui-ci lui enseigna la 
musique dans son enfance ; cependant le jeune 
Marxsen était destiné à l'état ecclésiastique; 
mais lorsqu'il entendit à Hambourg, à l'âge 
de dix-huit ans, un opéra pour la première 
fois, le plaisir qu'il éprouva décida de sa 
vocation de musicien. Dès ce moment il s'ap- 
pliqua à l'étude du piano, sous la direction 
de Clasing, et apprit de ce maître les principes 
de l'harmonie. Quoiqu'il eût à parcourir un 
espace de deux milles d'Allemagne pour aller 
prendre ses leçons, il ne mil pas moins de 
persévérance à suivre ses études. Obligé de 
remplacer son père dans ses fonctions pendant 
trois ans, il ne pouvait cependant donner à 
ses travaux artistiquesqu'un temps fort limité. 
En 1830, son père mourut, et devenu libre, 
Marxsen partit pour Vienne où il étudia le 
contrepoint chez le maître de chapelle Sey- 
fried, et le piano avec M. Bocklet. Après un 
séjour de seize mois à Vienne, il retourna à 
Hambourg, où il donna avec succès un con- 
cert le 15 novembre 1834, et y fit entendre 
un choix de dix-huit œuvres qu'il avait écrits 
dans la capitale de l'Autriche. Depuis ce 
temps il s'est fixé à Hambourg, où il donne 
des leçons de piano et de composition. On a 
publié de cet artiste : 1" Des marches pour 
piano à quatre mains, op. 1 et 2 ; Hambourg, 
Bœhme et Christiani. 2" Variations brillantes 
idem, op. 3, OlTenbach, André. 3» Divertisse- 
ment idem, op. 4; Hambourg, Cranz. 4° Va- 
riations pour piano seul, op. 5 etP; Hambourg, 
Bœhme. 5" Sonates idem, op. 7 et 8 ; Ham- 
bourg, Melder. 6" Rondo brillant idem, op. 9; 
ibid. 7" Plusieurs autres rondeaux, variations 
et recueils de pièces pour piano à deux ou à 
quatre mains, gravés à Vienne, Dresde et 
Brunswick. Le nombre des œuvres publiés 
jus(|n'à ce jour par M. Marxsen s'élève à peu 
près à soixante et dix. Il a écrit aussi des sym- 
phonies et des ouvertures pour l'orchestre, 
parmi lesquelles on remarque : Ouverture de 
Phèdre, exécutée à Hambourg, en 1845; 
l'Ombre de Beethoven, tableau musical et 
caractéristique pour orchestre avec quatre 
violoncelles obligés, op. 60, arrangé pour 
piano à quatre mains, Hambourg, Schuberth ; 
Symphonie à grand orchestre, exécutée dans 
les concerts de cette ville, en 1844 et 1845. On 
a aussi des chants pour des chœurs d'hommes. 



14 



MARXSEN - MASCHEK 



œuvres 53 et 58; Altona, Weibe, et Hambourg, 
Bœhme. 

MAIIZOLA (PiEni-) , compositeur de 
î'école romaine, était maître de chapelle à 
Viterbe, en 1700. Il a beaucoup écrit pour 
l'église, mais toute sa musique est resiée en 
manuscrit. L'abbé Sanlini,de Rome, possède 
de cet artiste : 1" Deux Kyrie et Gloria à 
quatre voix avec des instruments à confies et 
orgue. 2° Fexilla régis, idem, ô" Feni Sancle 
Spiritus, idem. 4° Niii Bominus às'ix voix, 
avec quatre voix de ripieno. 5° Les Psaumes 
Laudate Dominum et Beati omnes, à quatre 
voix avec instruments. 6° Quatuors fugues 
pour deux violons, alto et basse. 7° Des so- 
nates de clavecin. 

MASACONI (Pierre), musicien florentin 
qui vécut dans la première moitié du seizième 
siècle, n'est connu que par le madrigal à cinq 
voix Ecco Signor Folterra, imprimé dans le 
rarissime recueil qui a pour titre : Musiche 
fatte nelle Nozze dello illustrissimo Ditca 
di Firense , il Signor Cositno de 3Iedici et 
délia illustrissima consorte sita Mad. Leo- 
nora da Tolleto. In Fenetia nella stampa 
d'Antonio Gardane nell anno (sic) dell Si- 
gnore 1539; petit in-4». 

MASAI>iELLI(PAUL), organiste de la cour 
du duc de Mantoue, vécut dans la seconde 
moitié du seizième siècle. Le premier livre de 
ses madrigaux à cinq voix fut publié à Ve- 
nise, en 1586. On trouve aussi quehjues ma- 
drigaux de cet arli^e dans le recueil intitulé : 
De' floridi Firtuosi d^Italia il terzo libro 
de' madrigali a cinque voci miovamente 
composti et dati in fwce; Venise, J. Vincenzi 
et Richard Amadino, 1580, in-4°. 

MASCARA (Florent) , né à Crémone, 
dans la première moitié du seizième siècle, 
fut organiste à Brescia, et se distingua aussi 
par son talent sur la viole. Suivant Arisi {Cre- 
mona litterala), il fut un des premiers artistes 
qui firent entendre sur l'orgue des Canzoni 
alla francese. Ce biographe cite de Mascara : 
Canzoni a quattro, lihro primo; Venise, 
Gardane; mais il n'en indique pas la date. 

niASCAKDIO (Guillaume). Je suis obligé 
de placer ici ce nom, afin de dissiper une 
erreur re|)roduite dans divers traités d'his- 
toire, de bibliographie et de biographie mu- 
sicale, depuis environ soixante ans, Arteaga, 
habitué à défigurer les noms, dans son livre 
sur les révolutions de l'opéra italien, cite le 
Commentaire de Prosdocimo de Bcndcmaldo 
(pour Prodoscimo de Beldomandis) concer- 
nant les livres de Jean de Mûris, oii il est 



parlé, dit-il, de Guillaume Masrnrdio, chan- 
teur célèbre du temps du commentateur, dont 
les œuvres et les opinions ont été avec tant 
d'atttres soustraites à la connaissance hu- 
maine, etc. (Le Rivoluzioni del teatro mus. 
ital., t. I, p. 1 10). Foi kel a copié exactement 
Arteaga dans la traduction allemande de son 
livre, et Gerber a tiré de celle traduction 
l'article yVascarrfi'o {TFilhelin)de son premier 
Dictionnaire des musiciens. Choron et Fayolle 
ont copié cet article dans leur Dictionnaire, et 
l'abbé Bertini a copié Choron et Fayolle. L'au- 
teur de l'article Mascurdio, du Lexique uni- 
versel de musique publié par M. le docteur 
Schilling, a bâti un petit roman sur ce person- 
nage supposé. Son véritable nom, dit-il, est 
Guillaume de Mascaredio ; il fut un des an- 
cêtres des célèbres imprimeurs Mascardi, de 
Rome. Puis il cite l'autorité de Belmandis 
(Beldomandis) concernant le mérite de ce 
Mascaredio. Or, il n'y a pas le moindre fonde- 
ment dans tout ce qu'on a dit sur ce musicien 
depuis Arteaga. L'artiste dont il s'agit n'a pas 
vécu dans le quinzième siècle, mais dans le 
(jualorzième; il ne s'appelait pas Guillaume 
Muscardio, mais Guillaume de If/achau 
{voyez ce nom), en latin Guillermus ou Guil- 
helmus de Mascandio ; c'est ainsi qu'il est 
nommé dans un traité de musique manuscrit, 
daté du 12 janvier 1375, que je possède, dans 
la copie de Prodoscimo de Beldomandis qu'on 
m'a envoyée de Bologne, d'après le manuscrit 
de l'Institut de celle ville, et par Gafori. Enfin 
les ouvrages de Guillaume de Machau ne sont 
point perdus, car il s'en trouve plusieurs 
copies dans la seule bibliothèque impériale de 
Paris, et dans divers recueils. 

MASCHEK (Vincent), virtuose sur le 
piano et l'harmonica, compositeur et maître 
de chapelle à l'église Saint-Nicolas de Prague, 
naquit le 5 avril 1755, à Zwikowilz, en Bo- 
hême. Dussek lui donna des leçons de piano, 
et il apprit à Prague l'harmonie et le contre- 
point, sous la direction du célèbre organiste 
Segert. Lorsque son éducation musicale fut 
terminée, il visita les princi|)ales villesde l'Al- 
lemagne, et se fit entendre avec succès à 
Berlin, Dresde, Halle, Leispsick, Hambourg, 
et plus tard à Copenhague. Le 21 mars 1791, 
il donna un grand concert au théâtre national 
de Prague, et s'y fit applaudir autant par le 
mérite de ses compositions que par son talent 
sur le piano et sur l'harmonica. En 1794, il 
obtint la place de maître de chapelle de 
l'église Saint-Nicolas. Deux ans après, il fut 
chargé, par la déi)uialion des Élals de Bohème, 



MASCHEK 



i.s 



de composer une cantate qui fut exécutée au 
théâtre national, en l'honneur du prince 
Charles, généralissime des armées autri- 
chiennes. Vers 1802, cet artiste eslimahle se 
fit éditeur de musique. Il est mort à Prague, 
le 15 novembre 1831 . On connaitde sa compo- 
sition : 1» Le Navigateur aux Indes orien- 
tales, opéra en langue bohème, représenté à 
Prague au théâtre national. 2" Der Spiegel- 
rilter (le Chevalier du Miroir), opéra repré- 
senté au même théâtre, le 7 mars 17'J4. 
3" Sentiment de reconnaissance de la Bo- 
hême pour son libérateur, l'archiduc Char 
les , exécuté au théâtre national de Pra- 
gue, par cent musiciens, le 18 novembre 

1796. Pul)lié à Prague par souscription, en 

1797. 4" Poëmes de Sophie Albrecht, mis en 
musique avec accompagnement de piano; 
Prague, 1791. 5° Huit messes solennelles et 
trente-quatre motels, à quatre voix et or- 
chestre (en manuscrit). 6" Chant du matin 
pour toutes les religions raisonnables; Prague, 
1796. 7° Cantate exécutée le 10 février 1808, 
à l'occasion du mariage de l'empereur Fran- 
çois P' avec Marie Béatrix (en manuscrit). 
8" Plainte et consolation sur la tombe d'un 
ami, cantate à voix seule, avec accompagne- 
ment de piano; Prague, 1803. 9» Chansons à 
voix seule, avec accompagnement de piano; 
ibid. 10° Symphonies à grand orchestre (en 
manuscrit). 11" Concerlino à quatre mains 
pour le piano, avec deux flûtes, deux clari- 
nettes, deux cors et deux bassons ; Leipsick, 
Breitkopf et Haertel. 12" Grand concerto pour 
le piano, avec orchestre complet, quatre cors, 
trompettes et timbales (en manuscrit). 13" Qua- 
tuor concertant pour piano, flûte, violon et 
violoncelle; Prague, Berra. 14" Sonate pour 
piano, à quatre mains; Leipsick, Breitkopf et 

- Haertel. 15" Grande sonate pour piano et 
violon; ibid., 1807. 16" Beaucoup de sonates 
pour piano seul (en manuscrit). 17" Douze 
variations pour piano sur un air allemand; 
Leipsick, Breitkopf et Haertel. 18" Dix varia- 
tions sur un air de danse à."" Alceste ; Prague, 
Haas, 1803. 19» Six petits rondeaux faciles 
pour le piano, Bonn, Simrock. 20" Plusieurs 
cahiers de danses pour le piano; Leipsick, 
Breitkopf et Hœrlel. 21" Sonate pour l'harmo- 
nica, avec un écho pour des instruments à 
vent (en manuscrit). 22" Variations pour har- 
monica et piano (idem). 23" Fantaisie pour 
harmonica et orchestre (idem). 24" Duo pour 
deux harmonicas (idem). 25" Plusieurs re- 
cueils de chansons avec accompagnement de 
piano; Prague et Leipsick. 



MASCIIEK (Paul), frère du précédent, 
naquit en 1761 à Zwikowitz, en Bohême. Son 
pèrcj qui était instituteur, lui enseigna les 
éléments de la musique. Il était encore dans 
sa première jeunesse lorsqu'il commença à 
écrire quelques petites compositions, Appelé, 
dans sa quinzième année, à Kreziecz, en qua- 
lité d'instituteur adjoint, il y trouvales moyens 
de continuer ses études musicales : plus tard 
il étendit ses connaissances à Zlonitz et à Jar- 
meritz, en Moravie, où il remplit pendant 
quelque temps les fonctions de sous-chantre. 
Vers cette époque de sa vie, il écrivit des 
messes, des litanies et plusieurs autres mor- 
ceaux de musique d'église qui le firent con- 
naître avantageusement. Son talent sur l'or- 
gue et le clavecin le faisait rechercher par 
beaucoup d'amateurs; mais il trouva un pro- 
tecteur zélé dans le comte de Nadasdi, qui le 
prit dans sa maison pour donner des leçons à 
ses filles. Pendant cinq ans, il fut attaché à 
cette famille et fit avec elle des voyages à 
Stuhlweissenbourg, en Hongrie, puisa Vienne. 
Attaché ensuite au comte Georges de Niczky, 
il le suivit en Croatie. En 1792, il retourna à 
Vienne et s'y fixa. Cette époque de sa vie fui 
la plus brillante et la plus active. Il se fit en- 
tendre plusieurs fois avec succès à la cour ina- 
périale et dans des concerts publics. L'époque 
de sa mort n'est pas exactement connue; mais 
on croit qu'il avait cessé de vivre avant 1815. 
On connaît en manuscrit, sous le nom de cet 
artiste, des messes, des motets et d'autres 
morceaux de musique d'église, les opéras 
der Riesenkampf (le Combat), et TFaldraf 
der JVanderer (Waldraf le voyageur); une 
cantate pour la société des musiciens; six 
symphonies à grand orchestre pour le théâtre 
national; six pièces à huit parties pour des 
instruments à vent; des quatuors, quintettes 
et sextuors pour violons, violes et violoncelles. 
Parmi les morceaux de sa composition qui ont 
été publiés, on remarque particulièrement : 
1" Wiener yiufgebot (Appel aux armes), 
grande sonate de piano dédiée au prince Fer- 
dinand de Wurtemberg, sous les ordres de 
qui Maschek avait servi en qualité de premier 
lieutenant; Vienne, 1799. 2" Trois sonates 
pour piano, flûte ou violon et violoncelle; 
Vienne, Artaria. 3" Trois trios idem; ibid. 
4" Sonate facile pour piano, flûte ou violon, 
Brunswick, Sp^hr. 5" Trois duos pour piano 
et violon ; Vienne, Artaria. 6" Marche de la 
bataille de Leipsick, pour piano; Vienne, 
HasIInger. 

MASCHEK (A.)j fils de Vincent, est né à 



16 



MASCHEK - MASINI 



Prague, vers 1802, et a fait ses éludes musi- 
cales sous la direction de son père. En 1834, 
il était directeur du chœur de l'église Saint- 
Nicolas de cette ville. Il y fit exécuter dans la 
même année un Requiem, à quatre voix, qui 
a été publié à Prague, chez Berra. Quelques 
années après, il s'établit à Bâle en qualité de 
directeur d'une société chorale. Il y était en- 
core en 1841 et dirigea, dans la même année, 
la fête musicale de Lucerne. De là, il se rendit 
à Lausanne, où sa femme était engagée comme 
cantatrice, et, en 1843, il alla se fixer à Fri- 
bourg, où il fut chargé de la direction du 
chœur de l'église des jésuites. 

MASCITI (Michel), violoniste napolitain, 
né dans les dernières années du dix-septième 
siècle, se fixa à Paris, après avoir voyagé en 
Italie, en Allemagne et en Hollande, et fut 
attaché au service du duc d'Orléans, régent du 
royaume. On a gravé de sa composition, à 
Amsterdam : 1° Six sonates de violon avec 
basse continue pour le clavecin. 2» Quinze 
sonates idem, op. 2^ 3» Douze sonates idem, 
op. 5. 4» Douze sonates à violon seul, op. 4. 
5" Douze sonates pour violon et violoncelle, 
op. 5. 6» Douze idem, op. 6. 7» Concertos 
pour violon principal, deux violons de ripieno 
et basse continue, op. 7. Masciti est mort à 
Paris vers 1750. On a aussi de ce musicien 
des trios pour deux violes et basse, avec basse 
continue pour l'orgue. 

MASECOVIUS (Chrétien), docteur et 
professeur de théologie, conseiller du Consis- 
toire royal, et pasteur de l'église de Kneiphof, 
à Kœnigsberg, au commencement du dix-hui- 
tième siècle, a fait imprimer un sermon 
d'inauguration pour le nouvel orgue de son 
église, sous ce titre : Die Kneiphœffische laute 
Orgelstimme welche in diesem 1721 Jahre, 
am XIF Sonntage nach Trinitatis, etc.; 
Kœnigsberg, 1721, in-4» de (luatie leuilles. 

MASI (le P. Félix), né à Pise, dans la pre- 
mière moitiédudix-huitièmesiècle, entra jeune 
dans l'ordre des cordeliers appelés Mineurs 
conventuels, fut agrégé au collège des chape- 
lains chantres de la chapelle pontificale, en 
1753, et obtint à Rome la place de maître de 
chapelle de l'église des Douze-Apotres. Il 
mourut le 5 avril 1772, d'un coup d'apoplexie 
foudroyante, après avoir dit sa messe. Masi a 
laissé en manuscrit beaucoup de compositions 
religieuses, qui se trouvent dans les archives 
de l'église des Douze-Apôtres. En 1770, il fit 
chanter dans cette église, en présence du paiie, 
un 7'e Dtum à deux clueurs, <lc sa composi- 
tion. Burney, qui entendit ce morceau, donne 



des éloges aux solos, mais dit que les chœurs 
étaient au-dessous du médiocre. Gerber, qui 
attribue au P. Masi un opéra bouffe, repré- 
senté en 1768 au théâtre Tordinone, l'a con- 
fondu avec le compositeur suivant. 

MASI (Jean), maître de chapelle de l'église 
Saint-Jacques des Espagnols, à Rome, dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle, se fit 
d'abord connaître comme compositeur drama- 
tique. On a sous son nom : Lo Sposalizio per 
puntiglio, opéra Ijouffe représenté à Rome, 
en 1768. 2» Il Governo deW isola Pazza. 
L'abbé Santini, à Rome, possède de ce maître : 
1" Une messe à quatre voix avec orchestre. 
2» Trois motets idem. 3» Litanies courtes à 
huit voix. 4» In virtute tua, à quatre voix. 
S" Des études de solfège sur la gamme, et une 
messe de Requiem à cinq, avec orchestre. 

MASIIMI (Antoine), compositeur de l'école 
romaine, né en 1639, fut d'abord attaché à la 
musique particulière de la reine Christine de 
Suède, et obtint, le 1" mai 1674, la place de 
maître de chapelle de la basilique du Vatican. 
Il mourut à Rome le 20 septembre 1678, et 
fut inhumé dans l'église Sainte-Marie in Pos- 
terula. L'abbé Santini possède de ce musicien : 
\° Deux motets à quatre, en fugues. 2» Six 
motets à huit. 3" Le psaume f'oce mea, à 
quatre. 4" Dixil à quatre, avec orchestre. 

AIASIINI (Louis), docteur en philosophie, 
membre et secrétaire de l'académie des Phil- 
harmoniques de Bologne, naquit en cette ville 
et y vivait au commencement de ce siècle . Le 
22 août 1812, il prononça un éloge du compo- 
siteur bolonais Jacques-Antoine Perti (voyez 
ce nom), à l'occasion de la distribution des 
prix du Lycée musical de Bologne. Ce discours 
a été imprimé sous ce titre : Elogio di Gia~ 
como Antonio Parti Bolognese, professore 
di contrappunto, recilato nella gran' sala 
del Liceo (ilarmonico; il giorno 22 Agosto 
1812. Bologna , tipografia Masi ec. 1815, 
in-8'> de trente-neuf pages. 

MASII>iI (François), né à Florence dans 
les premières années de ce siècle, s'y livra, 
dans sa jeunesse, à la culture de la musique et 
du chant. Fixé à Paris depuis 1830, il s'y est 
fait connaître par la composition de jolies ro- 
mances françaises, où l'on trouve quelque 
chose du goût des mélodies italiennes. L'har- 
monie dont elles sont accompagnées est sufli- 
samment correcte. Cependant les légères pro- 
ductions de cet artiste n'ont pas obtenu chez 
les amateurs le succès de vogue qu'ont eu des 
choses du même genre qui ne les valent i>as. 
Parmi ses meilleurs morceaux, on remarque : 



MASINI - M ASSAINI 



n 



La Sœur des anges; Il Lamento; Dieu m'a 
conduit vers vous ; Où va mon dme ? ; Chan- 
son bretonne; Ton image, etc. Les paroles 
de la plupart des romances de Masini sont 
d'Emile Barateau, qui s'est dislingué par la 
grâce et l'élégance de sa poésie. 

MASLOI\(Wekcesl*s), vicaire eldirecteur 
du chœur de l'église de Peiplin (Prusse occi- 
dentale), est né en 1803, dans la Silésie. Il a 
publié un livre qui a pour titre : Lehrbuch 
des gregorianischen Kirchengesanges (Doc- 
trine du chant ecclésiastique grégorien); 
BresJau, Georges-Philippe Aderlioiz, ISoS), 
gr. in-4<', contenant quatre feuille* de titre, 
dédicace, préface, index, et deux cent vingt- 
sept pages de texte. Cet ouvrage n'est qu'un 
extrait non déguisé de V Histoire générale de 
kl musique de Forkel, et du livre d'Antony 
{voyez ce nom) qui porte le même titre. 

MASLOWSKI (....), horloger à Posen, 
inventa vers 1800 un instrument à clavier 
auquel il donna le nom de Clavecin harmo- 
nique (ffarmonischen Clavier). Il le fit con- 
naître à Berlin en 1805. La Gazette générale 
de 7nusique de Leipsick a rendu compte du 
système de cet instrument dans son septième 
volume (pages 110, 227, 490, 520 et 594). 
Comme la plupart des instruments de fantai- 
sie qui ont fixé l'attention publique à leur 
apparition, celui-là est ensuite tombé dans 
l'oubli. 

MASON (William), poëte et philologue 
anglais, naquit à Saint-Trinily-Uall, dans le 
duché d'York, en 1725. Doué des plus heu- 
reuses dispositions, il fit de brillantes études 
au collège de Saint- Jean, à Cambridge, prit 
ses degrés de bachelier en 1745, et ceux de 
maître es lettres en 1749. Il fut ensuite cha- 
noine d'York, puis de Drifîield, et enfin cha- 
pelain du roi d'Angleterre. Il mourut à Aston, 
le 4 avril 1797. Poeie distingué, Mason possé- 
dait aussi des connaissances assez étendues 
en musique; il a composé un Te Deum, plu- 
sieurs hymnes et d'autres pièces pour le chœur 
d'York. Dansle supplément de l'Encyclopédie 
britannique, par le docteur Gleich, on lui 
allribue des perfectionnements faits au piano, 
à l'article sur cet instrument. Il a publié : 
A copions Collection of those portions of the 
psalms of David, Bible and lilurgy, which 
hâve been set in Mnsic, and sung as Jn- 
thems in the cathedral and collégiale chur- 
ches of England. To which is prefixed a cri- 
iical and historical Essay on cathedral 
jVusic (Collection nombreuse de parties des 
psaumes de David, de la Bible et de la liturgie 

BlOCn. U.MV. DES MUSICIENS. T. VI. 



qui ont été mises en musique, el chantées 
comme antiennes dans les églises cathédrales 
et collégiales de l'Angleterre; précédée d'un 
Essai historique et critique sur la musique 
d'église), York, 1782, in-4". L'introduction 
historique de cet ouvrage a été réimprimée et 
pui)lièe sous ce titre : Essay historical and 
crilicalon English Church-music, Londres, 
1795, in-8». 

MASOIV (John), littérateur et amateur de 
musique anglais, vécut à Londres vers le mi- 
lieu du dix-huitième siècle. Auteur de divers 
ouvrages concernant le rhythme et la proso- 
die, il y traite par occasion du rhythme mu- 
sical. Ces ouvrages ont pour litres : 1° Essay 
on the Power of Numbers and the Principles 
of Harmony in poetical compositions ; Lon- 
dres, 1749, in 8». 2° Essay on the Power and 
Jlarmony of prosaic Numbers; Londres, 
1749, in-8». 

MASOTTI (Jules), compositeur de ma- 
drigaux, naquit à Castro-Caro, dans les États 
romains, vers le milieu du seizième siècle. Il 
a publié trois livres de madrigaux à cinq voix 
de sa composition, le premier, à Venise, chez 
Ange Gardane, en 1583,1e deuxième, en 1586, 
et le dernier, en 1588, chez le même éditeur. 

3IASSAl]>iI (Tibirce), moine augustin, 
né à Crémone, dans la première partie du 
seizième siècle, fit ses vœux à Plaisance, où il 
demeura pendant plusieurs années, puis il 
obtint la place de maître de chapelle de 
l'église Sainte-Marie delpopolo, à Rome. En 
1580, il fut appelé à Prague comme musicien 
de l'empereur Rodolphe II; mais il retourna 
ensuite à Rome, où il vivait encore en 1605, 
car il dédia des motets à quatre chœurs au 
pape Paul V, qui ne fut élu que le 16 mai de 
cette année. On connaît de la composition de 
ce maître : 1° Sacri modulorum concentus 
qui 6-10 et 12 vocibus in duos tresve choros 
coaleseentes concini possunt ;\enelus, 1567, 
in-4''. 2» Madrigali a quattro voci, lib. 1 ; 
Venezia, app. Antonio Gardane, 1569, in-4''. 
5» Madrigali a 5 voct, lib. 1 ; ibid., 1571. 
4° Madrigali a 4 voci,lib. 2; ibid., 1573. 
5" Concentus quinque vocum in universos 
psalmos in Fesperis omnium festorum per 
tolum annum frequentatos, cum tribus Ma- 
gnificat quorum ullimum 9 vocum modula- 
tione copulatur; Venetiis, 1576, in-4°. %'> Mo- 
tectorum cutn quinque et sex vocibus liber 
primus; Fenetiis , apud Josephum Guiliel- 
mum, 1576, in-4''. 7" Misss quinque et sex 
vocum; ibid., 1578, in-4''. 8" Salmi a Gvoci, 
lib. 1; ibid., 1578. D" Motetti a 5 voci, 



t8 



MASSAliNl — MASSÉ 



lib. UT; ibid., 1580, in-4». 9° {bis) Liber 
primus cantionum ecclesiasticoriim utvulgd 
iMotecta vocant quatuor vocum ; Pragx^ 
typis Georgi Negrini, 1580, \x\-A° obi. Une 
autre édition du même ouvrage a paru chez le 
même éditeur, en 1592. Ces motets sont dé- 
diés à Philippe dç Mons, chanoine et tréso- 
liet- de la cathédrale de Cambrai, maître de 
chapelle de l'empereur. L'épître dédicatoire 
est datée de Prague, aux calendes de juin 
1580 : Massaini y donne à Philippe la qualifi- 
cation de Senex venerandus ; ce qui fait voir 
que l'âge de ce maitre célèbre était dès lors 
fort avancé. 10» Il quarto libro di Madri- 
gali a 5 vocî; ibid., 1594, in-4°. 11" Mitsica 
super Threnos Jeremix prophetx 5 vocibtis 
conc; ibid., 1599, in^». 12» Misse a otto 
voci; ibid., 1G00. 15» Motets à quatre chœurs, 
dédiés au pape Paul V (j'ignore le lieu et la 
date de l'impression de cet ouvrage). 14° Sa- 
crarum cantionum 7 vocibus lib. 1 ; Vene- 
liis, 1G07, in-4''. Cet ouvrage est indiqué 
comme l'œuvre ôo^ de l'auteur. Il est vrai- 
semblable que les litres cités en latin par 
Draudius ont été traduits par lui de l'ilalien, 
suivant sa méthode habituelle. On trouve des 
madrigaux de Massaini dans la collection in- 
titulée : Melodia Olimpica di diversi eccel- 
lentissimi musici; Anvers, 1594, in-4» obi., 
et dans le Paradiso musicale di Madrigali 
et canioni a cinqiie voci; ibid., 159G, in-4'' 
oblong ; mais Dlabacz et Gerber ont été induits 
en erreur par Walther lorsqu'ils ont dit qu'il 
se trouve aussi des moiccaux de la composi- 
tion de ce maître dans la collection publiée 
par Hubert VVaelrant sous le titre de : Sym- 
phonia Angelica ; CdiV ce recueil n'en contient 
pas un seul. D'ailleurs, la date <le 1583, citée 
par Walther, est fausse; la Sijmphonia An- 
gelica n'a été imprimée qu'en 1594. L'abbé 
Santini, de Rome, a de Massaini en partition 
manuscrite : 1» Les Lamentations à ciiK] voix. 
2» Des psaumes et Magnificat à huit voix, pu- 
bliés à Venise, en 157G. ô " Vingt-deux molets 
à huit voix. 4» Vingt et un motets à cin(i voix. 
5» Des messes à (|uatre et cinq voix. 

MASSAUT (Lambeut-Joskpii) , professeur 
de violon au Conservatoire de Paris, est né à 
Liège, le 19 juill(;t 1811. Dans son enfance, 
il fut amené à Paris et confié aux soins de 
Rodolphe Kreutzer, dont les lurons dévelop- 
pèn.'nt ses remar<|uables dispositions. Il 
n'avait pas atteint sa dix-huitième année 
loisqu'il se fit entendre dans un concert à 
rUpéra, en 1829, et y produisit une vive im- 
pression par le charme de son jeu, la justesse 



de son intonation et la variété de son archet. 
Dans la même année, il fut admis comme 
élève de composition au Conservatoire ; il sui- 
vit le cours de contrepoint et de fugue de l'au- 
teur de cette notice jusqu'au mois de juin 
1832. Le talent de Massart s'était perfectionné 
par la persévérance de ses études; malheureii- 
sement, il se faisait rarement entendre en 
public et vivait retiré dans la famille de 
Kreutzer, où il avait trouvé une affection dé- 
vouée. Il en résulta que sa timidité naturelle, 
loin de diminuer avec le temps, ne fit que 
s'accroître ; car pour l'artiste exécutant, l'exhi- 
bition fréquente de son talent devant le public 
est de nécessité absolue, s'il ne veut perdre la 
confianceen lui-môme. Si j'ai bonne mémoire, 
un concert de la société du Conservatoire, 
donné le 23 mai 1841 , fut la dernière occasion 
où Massart donna des preuves de son talent, 
dans la sonate de Beethoven pour piano et 
violon, œuvre 47, qu'il exécuta avec Liszt. Il 
reçut sa nomination de professeur de violon 
au Conservatoire, le 24 janvier 1843. Au 
nombre des bons élèves de cet artiste, on dis- 
tingue en première ligne Henri 'Wieniawski. 
M. Massart a publié queUiues compositions 
pour le violon, parmi lesquelles on remaniiie 
une fantaisie avec orchestre sur la romance de 
madame Malibran, le Réveil du beau Jour; 
Paris, Brandus, et les transcriptions des Soi- 
rées musicales f de Rossini, iiour violon et 
piano; ibid. 

MASSE (Félix-Marie-Victor) , composi- 
teur dramatique, né à Lorient (Morbihan), le 
7 mars 1822, fut admis comme élève au Con- 
servatoire de Paris, le 15 octobre 1834. Il y 
obtint l'accessit du solfège au concours de 
1830, et le second prix lui fut décerné dans 
l'année suivante. Élève de Zimmerman pour 
le piarK), il eut le deuxième prix de cet in- 
slrument, en 1838, et le premier prix en 1859. 
Le premier prix d'harmonie et d'accompagnt- 
inent lui fut décerné en 1840. Comme élève 
(l'Haiévy, il se présenta au concouis de com- 
position de l'Institut de France, en 1842, et y 
obtint le premier second prix, et dans l'année 
suivante, il eut, au Conservatoire, le premier 
lirix de contrepoint et de fugue; enfin, ses 
brillâmes éludes furent terminées en 1844, 
par l'obtention du premier grand prix de com- 
position à l'Institut. Devenu pensionnaire du 
gouvernement français, à ce litre, il se lendil 
à l'Académie de France, à Rome, et y passa 
deux années; puis il voyagea en Ilalie et en 
Allemagne. De retour à Paris, il s'y fit con- 
n;iilre par des romances et par des mélodies 



MASSE - MASSET 



19 



dont la distinclion fut remarquée, particuliè- 
rement sur les Orientales de Victor Huso. Son 
début à la scène se fil en 1852, au liiéàtre de 
l'Opéra -Comi(iuc, i)ar la Chanteuse voilée, 
joli ouvrage en unaclequi donna aux connais- 
seurs une opinion favorable de l'avenir du 
composileur. Il fut suivi des Noces de Jean- 
nette (1853), dont la musique élégante et fa- 
cile obtint aussi du succès; puis vinrent 
Galathce, en deux actes (1834), l'une des 
meilleures partitions de l'artiste; la Fiancée 
du diable^ en trois actes, et jViss Fauvette, 
en un acte (1855); les Saisons, en trois' actes 
(183C); tous ces ouvrages furent joués au 
théâtre de l'Opéra-Comiiiue. La Reine Topaze, 
en trois actes (1850), et la Fée Carabosse, 
en trois actes (1859), ont été représentés au 
Tliéâtre -Lyrique. M. Massé a écrit aussi à 
Venise, la Favori ta e la Schiava (1855), et 
le Cousin iVarivaux, en deux actes (1857), 
pour le théâtre de Bade. Tout n'a pas été pro- 
grès du talent du compositeur dans cette série 
de compositions dramatiques, parce qu'il y a 
eu trop de hâte dans ses travaux. M. Massé ne 
s'est pas pénétré d'une vérité incontestable, 
à savoir que l'expérience de la scène et le mé- 
tier ne tiennent lieu de l'imagination qu'aux 
dépens de la renommée d'un artiste. Quelques 
hommes privilégiés par la nature ont pu 
écriie avec rapidité un grand nombre d'opéras 
dans l'espace de quelques années et y jeter 
dMieuieuses inspirations; mais ces organisa- 
tions d'élite sont des exceptions. M. Massé a 
succédé à M. Dielscb, en 1860, dans la place 
♦ de chef du chanta rOi)éra. 

MA8SEi^ZIO (Dominique) , compor.iteur 
<lu dix-septième siècle, naquit à Ronciglione, 
<lans les États romains. Il fut d'abord cha- 
noine de l'église collégiale de celte ville, puis 
doyen des bénéficiés de l'église de Sainte- 
Marie in l'iaLuta, à Rome, et enfin maître de 
chapelle de la congrégation des nobles, dans la 
maison professe des jésuites. Ses compositions 
connues sonl : 1" Six livres de motets à une, 
(if!ux, trois, quatre, cinq et six voix; Rome, 
Zanetti, depuis 1612 jusqu'en 1024. Massenzio 
est un des premiers auteurs de motels à voix 
seule ou à deux voix avec accompagnement de 
basse continue pour l'orgue, ainsi que le 
prouve le recueil qu'il a publié sous ce litre : 
Sacravum modulationum singulis, O.uabus, 
tribus, quatuor, qninque vocibus in variis 
SS. solemnitalibus cuin basso ad organum 
concinendarum auclore Dominico Massentio 
Roncilionens. Illustriss. Sodalium L\ V. 
Assum-ptx in xdibus professoruni Soc. Jes. 



Roms: musics prstfecto ; Romœ , 1018. 
2° Trois livres de psaumes à quatre et cin(i 
voix; Rome, Zanetti, 1618 à 102-3. 5" Comple- 
torium integrum cumAve Regina et Motecti 
duo octonis vocibus, optis 8; Rome, Masolli, 
1630. 4° Quatre livres de psaumes à huit voix; 
Rome, Masolli, 1030 à 1034. 5" Psalmodia 
f'esperlina tam de Dominicis quani de apo- 
stoUs cum Regina Cœli, Salve Regina et du- 
plici Magnificat, octonis vocibus cum basso 
ad organum concinenda ; Romx , apud Pau- 
lum Masottum, 1031, in-4". C» Motelti, e 
Litanie a più voci, libri due; ibid., 1031. 
7" Sept livi'cs de psaumes à quatre voix; 
Rome, Grignani, 1032 à 1043. 

MASSE'r (Nicolas-Jean- Jacques) , vio- 
loniste et chanteur, né à Liège, le 27 janvier 
1811, fut admis comme élève au Conserva- 
toire de Paris, le 31 janvier 1828, y leçul 
des leçons d'Habeneck pour le violon, et fit, 
sous la direction de Seuriot et des Jelen- 
sperger, des éludes décomposition qu'il ter- 
mina avec Dourlen et Benoist. Après avoir 
été, pendant deux ans, premier violon au 
théâtre des Variétés, il entra à l'orchestre du 
Théâtre-Italien, puis à celui de l'Opéra ; enfin, 
il retourna aux Variétés, pour y prendre la 
position de chef d'orchestre. Ce fut à celle 
époque qu'il publia divers ouvrages pour le 
violon, parmi lesquels ou remarque des fan- 
taisies dédiées à Habeneck, à S. M. Léopold I'''", 
roi des Belges; trois fantaisies faciles avec 
accompagnement de piano, op. 3; Paris, 
Brandus; six caprices, op. 5; un concerto 
pour violon et orchestre, exécuté aux concerts 
du Conservatoire par M. Dancla ; quelques 
morceaux pour la flûte, joués par M. Dorus, et 
un grand nombre de romances, dont quelques- 
unes ont obtenu du succès. Possédant une belle 
voix de ténor, il suivit le conseil de ses amis , 
qui le pressaient d'embrasser la carrière de 
chanteur dramatique, et débuta au théâtre de 
l'Opéra-Comique, le 19 septembre 1839, jiar 
le rôle de Marcel, dans la Reine d'un jour, 
qu'Adolphe Adam avait écrit pour lui. La 
Dame Blanche, Zampa, le Chaperon rouge, 
Gulistan^ le Concert à la cour, Adolphe et 
Clara, enfin, Richard Cœur-de-Lion, fui'ent 
pour lui autant d'occasions de succès et prou- 
vèrent la flexibilité de son talent. En 1845, il 
(luilla l'Opéra Comique pour se rendre eu 
Il.Tlie, où il fit de nouvelles éludes de chant. 
Il débuta au Ihéâtre de la Scala de Milan, 
an carnaval de 1845-1840, par le rôle du 
Bravo, de Mercadanlc, et brilla dans cet 
ouvrage ainsi que dans Ricciardo c Zo~ 



•2. 



20 



MASSET - MASSONEAU 



raïdSy de Rotsint; puis il chanta au théâtre 
ducal de Parme et au théâtre communal de 
Crémone. La révolution de 1848 le ramena 
à Paris, où l'administration de l'Opéra lui 
otTrit un engagement avantageux pour les 
rôles de premier ténor de Jérusalem, la Fa- 
vorite, Don Sébastien, Lucie de Lammer- 
moor et Freyschiilz. En 1830, un bel en- 
gagement fut offert à Masset pour le théâtre 
royal de Madrid: il y joua avec succès les 
rôles d'Ofe//o, d'^'rnanî et d'autres ouvrages 
du répertoire italien. Toutefois, il n'avait ja- 
mais pu vaincre le dégoût que lui inspirait le 
théâtre; en 1852, il prit la résolution de se 
retirer de la scène, et de se livrer à l'ensei- 
gnement. De retour à Paris, il réalisa ce des- 
sein et donna des leçons de chant; dans 
l'année suivante, il reçut sa nomination de 
directeur de musique de la maison impériale 
de Saint-Denis. Depuis lors, il a publié un 
recueil de vocalises de soprano ou de ténor 
j»our ses élèves, quelques airs détachés et un 
recueil de mélodies. 

MASSIMIINO (FBÉDÉnic), professeur de 
chant à Paris, est né à Turin, en 1775, et a 
appris la musique et le chant sous la direction 
de l'abbé Ottani (voyez ce nom). Arrivé à 
Paris vers 1814, il y établit, deux ans après, 
un cours d'enseignement collectif de la mu- 
sique d'après un système dont il était l'inven- 
teur, et dont on peut voir l'analyse dans le 
premier volume de la Revue musicale (ann. 
1827). Il a écrit pour ce cours un ouvrage qui 
a pour titre : Nouvelle méthode pour l'ensei- 
gnement de la musique. Première partie, 
contenant l'exposition des principes , le 
mode d'organisation d'uti cours d'après la 
nouvelle méthode; l'indication des moyens 
d'enseignement mutuel , et une première 
suite de solfèges avec accompagnement de 
piano; Paris, chez l'auteur, 1819, in-folio. 
Deuxième partie, contenant une série de 
solfèges à deux voix principales et une basse, 
avec accompagnement de piano; ibid., 1820, 
in-fol. On a aussi de cet artiste : Chœurs 
français à deux voix avec accompagne- 
ment de deux pianos à quatre mains , à 
Cusage des pensionnats et des écoles d'er.sei- 
gnement mutuel, liv. I et II; Paris, Pacini. 
Massimino fut attaché à Tiustitulion royale de 
Saint-Denis, en qualité de professeur de chant 
et de solfège. Il est mort à Paris, en 1858. 

MASSOIX (Chaules), fut maître de mu- 
sique de la cathédrale de Chàlons-sur-Marne, 
vers 1G80, et se rendit ensuite à Paris, oii il 
rcvplit les mêmes fonctions dans la maison 



professe des jésuites de la rue Sainl-Louii. Il 
est auteur d'un Nouveau traité des règles 
pour la composition de la musique, par le- 
quclon apprend facilement à faire un chant 
sur des paroles, à composer à deux, trois et 
quatre parties, et à chiffrer la basse con- 
tinue ;Var\s, 1694, in-8<>. Dans cette première 
édition, presque tous les exemples sont ma- 
nuscrits, et quelques-uns gravés. La deuxième 
édition est de 1699, in-8''; la troisième de 
1705, et la quatrième, aussi in-8», a été pu- 
bliée en 1738, chezRoger, à Amsterdam. Dans 
la Théorie des beaux-arts , de Sulzer, on trouve 
l'indication d'une autre édition datée deHam- 
hourg, 1757, in-4''. L'ouvrage de Masson ne 
manque pas de méthode, et les exemples en 
sont assez bien écrits. Il i>araît que ce musi- 
cien avait cessé de vivre en 1705, car l'épltre 
dédicatoire de la troisième édition est signée 
par l'imprimeur Ballard. 

MASSOpyi (l'abbé), vicaire de l'église d'Ar- 
gentan (Orne), s'est fait connaître par une 
Nouvelle méthode pour apprendre leplain- 
chant ; Paris, imprimerie de Duveigei; Ar- 
gentan, Surène, 1839, in-12 de quarante- 
huit pages. 

MASSOrVEAU (Louis), violoniste distin- 
gué, né à Cassel, dans la seconde moitié du 
dix-huitième siècle, a reçu des leçons de 
violon de Heuzé, maître de concert du land- 
grave de Hesse, et apprit la composition sous 
la direction de Rodewald. Massoneau avait été 
admis depuis peu de temps dans la musiiiue du 
prince, quand celui-ci mourut; le licencie- 
ment de la chapelle et de l'Opéra l'obligea 
alors à chercher ailleurs une position. Pendant 
quelque temps il vécut à Gœttingue, où il rem- 
plissait les fonctions de direcleur du Concert 
académi(}ue. En 1792, il obtint un emploi à 
la petite cour de Detmold ; mais avant qu'il s'y 
rendit le prince mourut, et Massoneau fut 
obligé de reprendre sa position à l'université 
de Gœttingue. En 1795, il fut appelé à Franc- 
fort -sur-le-Mein en qualité de premier violon 
du théâtre; deux ans après, il alla à Altoiia 
remplir la même place qu'il «juilla en 1798, 
pour entier dans la chapelle du duc de Des- 
sau. Enfin, en 1802, il entra au service du 
duc de Mecklembourg-Schweriu et n'en sortit 
plus. Cet artiste conserva longtemps les qua- 
lités de son talent, car on voit dans \AGazette 
générale de musique de Leipsict: ('20' année, 
coll. 715), qu'il élonna les arlisles dans une 
félc musicale donnée à Hambourg en 1818, 
par la puissance de son exécution. Au mois 
d'octobre 1819, il était encore à Ludwigsliist et 



MASSONEAU — MATERN 



2t 



s'y faisait admirct- {ibid; 21« ann. col. 777). 
Cette mention est la dernière qu'on trouve de 
cet artiste j après cette époque, les journaux de 
musique se taisent sur lui, et ce qu'on trouve 
chez les biographes allemands ne va pas au 
delà de 1802. Parmi les compositions de Mas- 
soneau , on remarque : 1" Symphonies à 
grand orchestre, op. ô, n"' î et 2; OITen- 
hach, André. 2" La Tempête et le Calme, 
symphonie imitalive, op. 5; ibid. 5" Con- 
certo pour violon, op. G; ibid. 4° Trois qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, op. 4; 
ibid. 5" Duos pour deux violons, op. 1 ; 
Brunswick, Spehr. G° Trois duos pour violon 
et violoncelle, op. 9; Hambourg, Bœhnie. 
7" Airs variés pour violon et alto, op. 10; 
Brunswick, Spehr. 8° Idem pour violon et 
violoncelle, op. 11 ; ibid. 9" Symphonie con- 
certante pour deux flûtes et orchestre; ibid. 
10° Chansons allemandes avec accom|iagne- 
ment de piano, op. 7; Offenbach, André. 

MASTIAUX (Gaspard-Antoïke DE), fils 
aîné d'un conseiller de l'archevêque de Co- 
logne, grand amateur de musique, naquit à 
Bonn, en 17Go. Après avoir achevé ses études 
de théologie, il obtint du pape Pie YI un ca- 
nonicat à Augsbourg, en 1789, et fut prédi- 
cateur de la cathédrale. En 1803, il fut fait 
conseiller de l'électeur, et l'année suivante, 
directeur général des affaires provinciales à 
Munich. Après l'organisation du royaume de 
Bavière, en 1806, il conserva le titre de con- 
seiller privé du roi. Amateur distingué, il 
cultiva la musique avec passion, et ne négligea 
rien pour en rendie l'usage populaire en Ba- 
vière. Indépendamment de ses messes et de 
ses motets, qui sont considérés comme de 
bonnes compositions, il publia à Augsbourg, 
en 1800, un livre de chants à l'usage des 
églises catholiques, pour toutes les fêtes de 
l'année, en trois volumes ; puis il rassembla 
les meilleures mélodies anciennes et mo- 
dernes, pour lemême usage, et les fitparaître à 
Leipsick en six cahiers, depuis 1812 jusqu'en 
18Î7. On voit dans le Lexique universel de 
musique, publié par le docteur Schilling 
que M. de Mastiaux a donné à Munich, en 
1815, un livre sur le chant choral et sur le 
plain-chant; mais on n'y trouve pas le titre de 
cet ouvrage. On a aussi, du même auteur, un 
livre de chant pour les écoles élémentaires de 
Munich (Landshut, 1817). Depuis 1818 jus- 
(|u'en 1825, il a continué la publication de la 
Gazette littéraire, a l'usage des prêtres catho- 
liques qui s'occupent d'instruction religieuse. 
On y trouve de bons articles sur la musique. 



MATAIISCHEK (A.), ecclésiastique, né 
en Bohême vers 1770, vécut à Vienne depuis 
le commencement du dix-neuvième siècle jus- 
que vers 1810. Il s'est fait connaître parbeau- 
coup de compositions^ pour le piano, dans la 
manière de son compatriote Gelinek. Ses 
principaux ouvrages sont : 1° Sonates pour 
piano seul, op. 14, 37, 37 ; Vienne, Haslinger. 
2» Sonates pour piano et flûte, op. 33, ibid. 
3" Rondeaux pour piano seul, n"* 1 et 2 ; 
Mayence, Schott. 4° Airs variés pour piano, 
op. 17, 29, 38 ; Vienne, Artaria et Haslinger, 
5'^ Plusieurs recueils de polonaises, ibid, 
L'ahbé Matauschek a aussi beaucoup écrit pour 
la flûte. 

MATELART (Jean), compositeur belge, 
vécut à Rome, vers la fin du seizième siècle, 
et y futmaiirede chapelle de l'église collégiale 
deSaint-Laurenl m Z^amaso. Il étaitFlamand, 
suivant le titre du seul ouvrage de sa composi - 
tion connu aujourd'hui; mais on n'a de ren- 
seignements ni sur le lieu de sa naissance ni 
sur le commencement de sa carrière. On con- 
naît de lui une collection de répons, d'hymnes 
et d'antiennes intitulée : Responsoria, Anti" 
phon3s et Hymni in processionibus per an- 
num,quaterniset quinis vocibus concinendo, 
auctore Joanne Matelarlo Flandren. Colle~ 
giate ecclesix S. Laurentii in Damaso dt 
urbe capells magistro. Romx, ex txjpogr. 
Nicolai Mutii, 1596. Malelart a ajouté à ses 
propres compositions dans ce recueil six mo- 
tets de Palcstrina. 

MATELU ( ), compositeur italien, 

était maître de chapelle à Munster en 1784. 
Il s'est fait connaître par beaucoup de com- 
positions instrumentales et par les opéras 
dont les litres suivent : 1" Bie Reisenden 
nach Holland (les Voyageurs en Hollande). 
2° Der Branttag (le Jour des noces). Z" Der 
Tempel der Dankbarkeit) le Temple de la 
Reconnaissance). 4" Der Kanig Rabe (le Roi 
corbeau). Ces ouvrages sont restés en manu- 
scrit. On ignore l'époque de la mort de cet ar- 
tiste. 

MATERN ou MATTEUN (A.-W.-F), 
violoncelliste distingué, fut attaché au servie* 
du duc de Brunswick, dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. On dit qu'il n'eut ja- 
mais d'autre guide que lui-même pour ses 
éludes. On a de cet artiste des symphonies, 
des concertos et des solos de violoncelle, en 
manuscrit. Le douzième supplément du cata- 
logue thématique de Breitkopf indique un 
concerto de Matern pour violoncelle, deux 
violons, alto et basse. Un fils de ce virtuose^ 



QS» 



MATEUN — MATHIEU 



(iirecleur de musique à Liegnitz, en Silésie, et 
professeur de composilion à Tacadéinie de 
celte ville, a publié à Breslau des pièces pour 
le piano. Il est mort à Liegnitz le 5 décembre 
1829. 

MATIIALIN ou MATlIELI?f (Gail- 
litRD). Foyez TAILLASSOI\. 

niATUEU (Samuel), fils d'un organiste de 
ShelTicld, en Angleterre, naquit dans cette 
ville en 1771. Élève de son père, Samuel :\Iatlier 
l'ut nommé organiste de l'église Saint-Jac(iues 
en 1799. En 1808, il succéda à son père dans 
la place d'organiste de Saint Paul. En 1822, on 
lui a confié l'orgue de la loge provinciale des 
Francs-Maçons. Ce musicien a publié de sa 
composition un livre de psaumes et d'hymnes, 
ainsi qu'un Te Deum et des chansons avec ac- 
compagnement de piano. 

MATI1I.4S (MaItre). f'oye- MAT- 
THIAS. 

M.VTIIIAS (IIermann), surnommé YEU- 
RECOI\Ei>SIS, d'un nom latin de lieu in- 
connu, à moins qu'il n'indique Ferrés^ bourg 
de la Sardaigne; mais il est plus vraisemblable 
qu'Hermann Mathias était un musicien alle- 
mand du seizième siècle. Quoiqu'il en soit, on 
trouve des chansons latines à quatre et cinq 
voix de sa composition dans le recueil intitulé : 
Selectissimœ nec non familiarissimx canlio- 
nes ultra centum varia idiomate tocum, 
tam mulliplicium qttam etiam paucaruin. 
Fu(jx quoque ut vocanlw. à scx usqite ad 
duas voces, etc. Augnstœ Vindelicorum, Mel- 
chior Kriesstein excudehat, 1540, petit in-8» 
obi. 

MATHIAS (GEOnGES-AMKDÉESAIRT-CLAin), 

compositeur et professeur de piano, né à 
Paris, le 14 octobre 1820, montra <lès son 
enfance une houieuse organisation pour la 
musique. Admis au Conservatoire, le 4 avril 
1857, il n'y resta <iu'une anuéc et se retira, 
le 18 avril 1858, pour se livrer à l'étude du 
piano sous la direction de Ralkbrenner, dont il 
reçut les leçons pendant plusieurs années. 
Rentré au Conservatoire;, le 18novcml)rc 1842, 
il y devint élève d'Halévy pour le contrepoint 
et de Berlon, pour la composition. En 1848, 
le second grand prix lui lut décerné au con- 
cours de l'Institut. Il reçut aussi des conseils 
de Chopin pour le style du piano. Doué de dis- 
tinction dans les idées, M. Malliias débuta par 
des succès dans ses comiiosilions pour l'or- 
chestre. Ses principaux ouvrages en ce genre 
sont : 1" Syni|)lionie, exécutée deux fois par 
l'orchestre de la société de Sainte-Cécile et 
vivement applaudie par l'auditoire. 2" Ouver- 



ture (l^Bamlet, exécutée aux concerts de la 
même société. 3" Camp de Bohémiens, fan- 
taisie dramatique idem. Il y a lieu de s'éton- 
ner que, après de si beaux commencements, 
cet artiste se soit, depuis [ilusieurs années, 
condamné au silence, ou du moins se soit 
borné à la production d'oeuvres de musique du 
chambre. Parmi les vingt-cinq ou trente ou- 
vrages qu'il a publiés, on remarque : l*^^*" Trio 
l>our piano, violon et violoncelle, op. 1 ; Paris, 
lirandus; ^^ Idem, O]} 15 ; Paris, Ricliault ; 
Allegro appassio)iato, op. 5; Feuilles de 
printemps, pièces pour piano seul, op. 8 et 
17; dix éludes dédiées à Halévy, op. 10 ; Paris, 
Brandus; Romances sans paroles, op. 18; 
Paris, Lemoine ; Sonate, op. 20; Paris, Meis- 
sonnier. M. Mathias a en manuscrit des ([uin- 
tettes pour instruments à cordes et une messe 
solennclle.il a élé nommé professeur de piano 
au Conservatoire de Paris, en 18C2. 

MATHIEU (Michel), né à Paris, le 28 oc- 
tobre 1C89, entra dans la musique du roi en 
1728, el obtint sa vétérance en 17G1. Il mou- 
rut le 9 avril 1768, à l'âge de soixante-dix- 
neuf ans. Mathieu a laissé en manuscrit deux 
motels, des morceaux de musicjue instrumen- 
tale, quatre cantalilles, deux divertissements, 
et le ballet de la Paix exécutés au concert de 
la reine, en 1757. La femme de ce musicien, 
Jac(]iieline-Françoise Barbier, née le 20 mai 
1708, chanta longtemps les solos de premier 
dessus aux concerts de la reine. Elle mourut 
le 17 avril 1775. 

MATHIEU (Jdlien-Amable), fils aîné des 
précédents, né à Versailles le 1"' février 17ô4, 
fut premier violon de la cha|)elle du roi <le- 
puis 1761 jusqu'en 1770, puis succéda à l'abbé 
Blanchard, dans la place de maître de musique 
de la même chapelle. Il a publié de sa com- 
position, à Paris, deux livres de sonales de 
violon, deux livres de Irios pour deux violons 
cl basse, un œuvre de (juatuors, et a laissé en 
manuscrit des symphonies, des concertos de 
violon, (luarante-cinq motets à grand chœur 
et une messe avec orchestre. 

M.iTlliEU (MiciiEL-JiiLiE>), connu sous 
le nom de LliPIDOU, était frère du précé- 
dent et naquit à Fontainebleau, le 8 octobre 
1740. Il composa (jucbiues opéias (|ui sont 
restés en manuscrit, ainsi que des motels, 
neuf sonates à violon seul, trois quatuors, six 
trios, cl six pièces de clavecin. On a publié 
de sa composilion plusieurs recueils d'airs et 
de eliansons, gravés à Paris, en 170') el 1766. 
Mathieu écrivit aussi la musi(|ue de jibisieurs 
scènes cl d'actes, pour d'anciens opéras qui 



MATIlir:U — MATIIONDELACOUR 



23 



n'ont pas été joués avec ces changements, ou 
qui n'ont pas eu de succès. Parmi ces ouvrages, 
La Borde cite l'École des filles, Marthésie, 
ancienne tragédie lyrique, les Amours de 
Prolée, ancien opéra-ballet, qui fut essayé au 
théâtre du Magasin de rO|)éra, en 1778; le 
Départ des matelots, intermède joué une 
seule fols au théâtre ilalieu (novembre 
1778), etc. 

MATHIEU (Léonard), professeur de mu- 
sique et de piano, né en 1752, mourut à An- 
gouléme au mois d'aoïtt 1801. Il a publié plu- 
sieurs romances avec accompagnement de 
piano, entre antres celle qui commence par 
ces mots : J'entends sonner le trépas. Cet 
ai'tiste avait annoncé un nouveau système de 
langue musicale, dont il était inventeur, et qui 
devait paraître sous ce titre : Nouvelle mé- 
thode télégraphique musicale, ou langage 
exprimé par les sons sans articulation : 
mais cet ouvrage n'a point paru {voyez Sudre). 

MATIlIELf (Jean-Baptiste), né le 2 jan- 
vier 17C2, à Billone, en Auvergne, a eu pour 
premier maître de musique Cardot, maître de 
chapelle de cette ville. Eu 1779, il entra dans 
la musique du régiment des gardes françaises, 
en qualité d'élève : il y jouait du serpent. 
Pendant une longue maladie «[ui le retint i)rès 
de six mois à l'hôpital militaire, il apprit seul 
à jouer de la guitare, et devint assez habile 
sur cet instrument pour pouvoir en donner 
des leçons et assui'ei' ainsi son existence. Bientôt 
après, il sortit des gai'des françaises pour 
entrer à l'église Saint -Eustache, de Paiis, 
comme serpentiste. Lorsque le Conservatoire 
de musiq.ie fut institué, Mathieu y fut ap- 
pelé pour enseigner le solfège. Dans le même 
temps, il avait aussi été chargé de l'enseigne- 
mens de la musique à l'Institut des aveugles : 
il écrivit pour ses élèves un opéra intitulé: 
la Ruse d'Aveugles, qui fut représenté rue 
Saint-Victor, le 2 nivôse an V. Appelé à 
Versailles, en 1809, comme maître de chapelle 
de l'église cathédrale, il en a rempli les fonc- 
tions avec zèle pendant trente ans, et a écrit 
beaucoup de motets etcinti messes solennelles. 
Quelques-unes de ces compositions ont été 
exécutées avec succès dans diverses églises de 
Paris. Mathieu a composé aussi près de dix 
mille leçons de solfège pour ses élèves de la 
maîtrise. On lui doit un des meilleurs et des 
[)lus instructifs traités de plain-chantqui exis- 
tent; cet ouvrage à pour titre : Nouvelle mé- 
thode de plain-chant à l'usage de toutes les 
églises de France, traitant de tout ce qui a 
rapport à l'office divin, à l'organiste, aux 



chantres, aux enfants de chœur ; contenant 
un abrégé du plain-chant ancien ; précédée 
d'une notice historique, etc.; Paris, Auge, 
1838, un volume in-12. Mathieu a traduit 
en français le Dodecachordon de Glaréan, et 
a mis en partition toutes les pièces de mu- 
sique que renferme cet ouvrage. Un pareil 
travail n'a pu être fait que par un musicien 
très-instruit. Cet artiste est mortà Versailles, 
en 1847. 

MATHIEU (Adolphe- Ciiarles-Ghislaih), 
conservateur des manuscrits de la Biblio- 
thèque royale à Bruxelles, est né à Mous 
(Belgique), le 22 juin 1804. D'abord membre 
de la société des arts, sciences et belles-lettres 
du Hainaut, il en a été nommé ensuite seci'é- 
laire. Auteur de plusieurs poèmes, M. Mathieu 
en a publié un, intitulé : Roland de Lattre 
(Orlando di Lasso); Mons, 1838, io-18 de 
soixante - seize pages. Une préface histo- 
rique, extraite de la notice de Delmotte 
{voyez ce nom), sur ce célèbre musicien, pré- 
cède le poëme, qui est suivi de notes. Une 
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée 
à Mons, chez Piérart, en 1840, gr. in-S" de 
soixante et quatorze pages. 
. MATHO (Jean-Baptiste), né dans un vil- 
lage de la Bretagne, en 1660, entra dans la 
chapelle du roi de France, en 1684, pour y 
chanter la partie de ténor, puis fut nommé 
maître de musique des enfants de France. Il 
était âgé de cinquante-quatre ans lorsqu'il fit 
représentei-, en 1714, à l'Académie royale de 
musique, Jrion, tragédie lyrique en cinq 
actes, de sa composition. Il mourut à Ver- 
sailles, en 1746, à l'àgedequatre-vingt-sixans. 

MATiiOi> DE LA COUR (Jacques) , 
membre de l'Académie des lettres et des 
sciences de Lyon, naquit dans cette ville, en 
1712, et y mourut en 1770. Cet académicien 
s'occupait spécialement de la théorie de l'har- 
monie, que les écrits de Rameau avaient mise 
en vogue. Il reprochait cependant à ce grand 
musicien d'avoir manqué de méthode, de 
clarté et de précision dans l'exposé de sa doc- 
trine. Dans un premier mémoire qu'il lut à 
l'Académie, il s'est proposé de faire connaître 
les vrais principes de la composition, c'est- 
à-dire, de la formation et de l'emploi des ac- 
cords. Un second mémoire de Mathon de la 
Cour a pour objet de faire voir que les accords 
et les beautés de l'harmonie sont le produit de 
la nature, et que c'est par le calcul qu'on en a 
fait la découverte : vieilles erreurs que ne peut 
admettre une saine philosophie, et dont j'ai 
démontré la fausseté en beaucoup d'endroits. 



S4 



MATHUN DE LA COUR — iMATEI 



Maihon de la Cour cherche, à la fin de son se- 
cond mémoire, la solution d'un problème qu'il 
énonce en ces termes : Trouver un son qui 
fasse accord avec tous les tons d'une modu- 
lation donnée. U ne s'est pas aperçu que 
c'est J'inverse de cette donnée qui est le pro- 
blème véritable, à savoir : Trouver des for- 
mules harmoniques par lesquelles un son 
donné puisse se résoudre dans les deux 
modes de tous les tons. Les Mémoires de Ma- 
Ihon de la Cour sont en manuscrit à la Bi- 
bliothèque de Lyon, dans un recueil d'autres 
mémoires sur la musique, n" 9G5, iii-fol. 

MATUOrS DE LA COUR (Chahlks-Jo 
seph), fils du précétlent et littérateur, naquit 
à Lyon, en 1738, et périt sur l'échafaud, au 
mois d'octobre 1793, après la prise de cette 
ville i-ar l'armée révolutionnaire. Auteur de 
plusieurs écrits médiocres, il a été aussi ré- 
dacteur de VAlmanach musical pour les 
années 1775, 177G, 1777 et 1778. Interrompu 
pendant plusieurs années, cet almanach fut 
ensuite rédigé par Luneau de Boisgermain 
{voyez ce nom). Mathon de la Cour a travaillé 
au Journal d» musiqtte publié à Paris, de- 
puis le mois de juillet 1764 jusqu'au mois 
d'août 1768. Ce recueil fut ensuite continué 
par Framicourt, puis par Framery. 

MATILLLI (JEAii-AsToiNE), claveciniste 
et compositeur, élève de Wagenseil, vivait à 
Vienne dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle, et y avait de la réputation pour 
sa méthode d'enseignement. En 1783, il a pu 
blié dans cette ville six sonates pour le clave- 
cin. On connaît aussi, en manuscrit, sous son 
nom, plusieurs concertos pourcel instrument. 

MATTEl (Savebio), avocat et littérateur 
distingué, né dans la Calabre, en 1742, habita 
longtemps à Padoue, et mourut à Naples, en 
1802. Des idées originales et un style élégant 
se font remarquer dans le livre qu'il a publié 
sous ce titre : Disserlaiioni prtliminari 
alla traduzione de' Salmi; Padoue, 1780, 
huit volumes in-S». Cet ouvrage est divisé en 
un certain nombre de dissertations sur dos 
sujets relatifs aux |)saumcs. La neuvième du 
premier volume a pour titre : Délia Musica 
antica, e delta nécessita dcllc notizic alla 
musica appartenente, per ben intcndare e 
tradurre i Salini. La douzième du second vo- 
lume traite de la psalmodie des Hébreux. La 
dix-huilièuie du cinquième volume est inti- 
tulée : La /■'ilosofia délia musica, o sia la 
musica de' Salmi. Le huitième volume de cet 
intéressant ouvrage leufi-rmu une correspon- 
dance de Mattei avec quelques-uns de ses amis, 



et surtout avec Métastase, concernant la mu- 
sique ancienne, qu'il considère comme supé- 
rieure à la moderne. En 1784, Matlei fit 
paraître à Naples une dissertation in^", inti- 
tulée : Se imaestri di cappella sonocompresi 
fra gli arligiani (Si les maîtres de chapelle 
sont compris parmi les artisans). Enfin, on a 
du même écrivain des Mémoires l>our servir à 
la vie de Métastase, où l'on trouve l'éloge de 
Jomelli. Cet ouvrage, qui n'a pas de nom 
d'auteur au frontispice, a pour litre : .^ned- 
doli sccreti délia vila dell' ab. Pietro Me- 
laslasio, colla sloria del progressa délia poe- 
sia e musica teatrale, memoria storico-sali- 
rico curiosa ; Colle-Ameno, sans date (1783), 
in-8". A la page 39 commence l'Elogio di 
Jomelli, o sia il progressa délia poesia e mu- 
sica teatrale. C'est en tête de cet éloge que 
Mattei a placé son nom. Il a publié aussi une 
disserlalion intitulée : Memoria per la biblio- 
teca musica fondata nel Conservatorio delta 
Pictà; in-S", sans nom de lieu et sansdaie 
(Naples, 1793). 

MATTEI (l'abbé Stanislas), compositeur 
de musique d'église, et professeur de contre- 
point au Lycée com77iunal de musique, à Ho- 
logne, na(|uit dans cette ville, le 10 février 
1750. Son père, simple serrurier, l'envoya aux 
écoles de charité pour y apprendre les élé- 
ment'» du calcul et de la langue latine. Le ha- 
sard l'ayant conduit à l'église des cordeliers, 
ai>[)e]Cs Mineur s conventuels, oh l'on exécutait 
cha<|ue jour l'olTice en musique, son penchant 
pour l'art se développa rapidement et le ra- 
mena si souvent dans cette église , que le 
p. Martini le remarqua, prit de l'intérêt à lui, 
et le fil entrer dans son couvent comme no- 
vice. Dès ce moment, le jeune Matlei reçut son 
instruction musicale do l'illuslre maître de 
chapelle du conventdeSaint-François, pendant 
(|u'il «e livrait à l'étude de la philosophie et de 
la théologie. A seize ans, il prononça ses 
Topux, et lorsqu'il eut atteinlsa vingt etunième 
année, il fut ordonné prêtre. Une tendre affec- 
tion l'attachait à son maître, dont il était 
devenu le confesseur; il ne le. laissa pres(iiie 
jamais seul dans ses dernières années, l'aida 
dans ses recherches d'érudition, devenues |)é- 
nibles à cause de ses infirmités, et lui prodi- 
gua les soins d'un fils dans sa dernièi'c ma- 
ladie. Je sais, disait le P. Martini en mourant, 
en (incites mains je laisse mes livres cl mes 
papiers. Je ne sais pourtant si l'abbé Maltei 
justifia la confiance de son mailie, dans le 
sons ((u'il y allacliait , car un tel legs ne pou- 
vait être fait <iue dans le i)ul do la continua- 



MATTEI 



SS 



tion de ses (ravaux, et surlôiil <lii quatrième 
volume de V/Iisloire de la ntttsique, dont le 
P. Martini (voyez ce nom) s'occupa jusqu'à 
ses derniers moments; or, son élève, qui 
peul-tHre comprenait son insufiisance pour un 
sembla!)Ie travail, n'en a pas publié une ligne, 
i|uoi(iu'il ait survécu irente-neuf ans à son 
maître. 

le P. Mattei succéda au P.. Martini dans 
les fonctions de maître de chapelle de Saint- 
François : déjà, depuis 1770, il en avait pris 
possession. Vers 1776, il commença à faire 
entendre ses propres composilions pour 
l'église, et depuis lors il écrivit un grand 
nombre de messes, de motets, d'hymnes, 
de psaumes et de graduels, dont on trouve 
quelques copies à Rome, mais dont la plupart 
se conservent en manuscrit dans la Biblio- 
thèque de Saint-Georges, à Bologne. Lorsque 
les couvents furent supprimés, en 1798, 
époque où l'Italie était envahie par les armées 
françaises, Mattei se retira dans un modeste 
logement avec sa vieille mère, et trouva des 
ressources pour son existence dans l'ensei- 
gnement de la composition. C'est depuis cette 
époque qu'il a été connu sous le nom de 
l'abbé Mattei. De nombreux élèves fréquen- 
tèrent son école, et bientôt il acquit de la cé- 
lébrité comme professeur. Son attachement 
pour la ville oii il avait vu le jour lui avait fait 
refuser plusieurs places de maître de chajielle 
qui lui avaient été offertes; mais il acceiita 
avec plaisir celle de Saint-Pétrone, à Bologne, 
et en remplit les Conclions jusqu'à la fin de 
sa vie. Le Lycée communal de musique ayant 
été organiséen 1804, il y fut appelé pour ensei- 
gner le contrepoint, et forma un grand nombre 
d'élèves, dont les principaux sont Rossini, 
Morlacchi, Donizetti, J.-A. Perotli, Robuschi, 
L. Palmerini, Bertololli, G. Corticelli, Nan- 
cini, Tadolini, Tesei et Pilotti. Ce dernier lui 
a succédé dans ses fonctions de maîlie de cha- 
pelle à Saint-Pétrone. Retiré, après la monde 
sa mère, chez son ami D. Batistini, cuié de 
Sainte-Catherine, il passa ses dernières années 
dans le calme d'une vie uniquement remplie 
par des travaux de cabinet et par les soins 
qu'il donnait à ses élèves. Le 17 mai 1823, il 
termina son honorable carrière, dans la 
soixante-seizième année de son âge. La so- 
ciété des Philharmoniques et le conseil com- 
munal de Bologne lui firent de magnifiques 
obsèques, et lui élevèrent un toaibeau, où l'on 
a placé son buste. L'abbé Mattei était membre 
rie la société Philharmonique de Bologne; il 
en l'ut le président en 1791 et 1794. A l'époque 



de la formation de l'Instilul des sciences, 
lellrcs et arts du royaume d'Italie (1808), il 
fut choisi comme un des huit membres de la 
section de musique, et l'Académie des beaux- 
arts de l'Institut royal de France le nomma 
l'un de ses membres associés, le 24 janvier 
1824. Les compositions de Mattei, qui toutes 
sont restées en manuscrit, se trouvent aujour- 
d'hui dans la Bibliothèque Saint-Georges, des 
Mineurs conventuels; elles consistent en un 
grand nombre de messes, psaumes, introïts, 
graduels, hymnes, motets et symphonies pour 
offertoires. 

Comme la plupart des maîtres italiens des 
meilleures écoles, Mattei possédait une bonne 
tradition pratique de l'art d'écrire; c'est par là 
qu'il s'est distingué comme professeur et qu'il 
a formé de bons élèves : mais il n'y avait en 
lui ni doctrine, ni critique, ainsi que le 
prouve son ouvrage intitulé : Pratica d'ac- 
compagnamento sopra bassi numerali , e 
contrappunti a pià voci sulla scala ascen- 
dente e discendente, maggiore e minore, con 
diverse fughe a qtiatlro e otlo (Pratique d'ac- 
compagnement sur des basses chiffrées, et 
contrepoints à plusieurs voix sur la gamme 
ascendante et descendante majeure et mineure, 
suivisdefuguesà quatre et à huitparties); Bolo- 
gne, Cipriani, 182o-1830, trois parties in-fol. 
Toute la théorie de Mattei sur l'harmonie est 
renfermée en six pages dans cet ouvrage: elle 
se borne à l'exposé de la forme de l'accord 
parfait, de celui de la septième dominante et 
de leurs dérivés, avec quelques notions des 
prolongations. Du reste, les faits particuliers 
n'y sont rattachés par aucune considération 
générale; nulle philosophie ne se fait aperce- 
voir dans l'ensemble de ces faits. Quelques 
règles de contrepoint, avec les exemples qui y 
sont relatifs, composent toute la théorie de celle 
partie de l'art dans le livre de Mattei . Ces règles, 
contenues dans huit pages, sont présentées 
d'une manière empirique et sans aucune dis- 
cussion de principes ; mais elles sont suivies 
de bons exercices en contrepoint simple, de- 
puis deux jusqu'à huit parties réelles sur la 
gamme diatonique montante et descendante, 
dans les modes majeur et mineur. Ces exer- 
cices, quoique bien écrits, ont le défaut de 
n'être pas bien gradués, car, dès les premiers 
pas, on y voit dans les contrepoints simples à 
trois et à quatre, des imitations et des canons, 
bien qu'aucune notion de ces formes ne soit 
donnée dans l'ouvrage. II paraît que l'ensei- 
gnement oral de Mattei était tout aussi dé- 
[lourvu de raisonnement et de critique que ce 



26 



IMATTEI - MATTII/EI 



qu'on a publié de lui sur rbarnioiiie et le 
contrepoint, car Rossini médisait à Bologne, 
en 1841 : « J'aurais eu du penchant à cultiver 
« les formes de la musique sévère, si j'avais 
« eu dans mon maître de contrepoint un 
« homme qui m'eut expliqué la raison des 
« règles; mais lorsque je demandais à Matlei 
« des explications, il me répondait toujours : 
u C'est l'usage d'écrire ainsi. U m'a dégoûté 
« d'une science qui n'avait pas de meilleures 
'.< raisons à me donner des choses qu'elle en- 
» seignait. » 

Je ne connais des compositions de Mattei 
qu'une messe à quatre voix sans instruments ; 
une messe solennelle avec orchestre, et une 
messe à huit voix avec orgue. On cite de sa 
composition un intermède, intitulé : ilLthrajo, 
composé pour le séminaire de Bologne, et un 
oiatorio de la Passion, qui fut exécuté dans 
l'hiver de 1792. Les partitions de ces ouvrages 
paraissent être perdues. La collection musi- 
cale de l'abbé Santini, de Rome, renferme une 
messe pour deux ténors et basse, avec orgue 
et deux cors obligés; deux messes à quatre 
voix, avec orchestre; un Tantutn ergo pour 
deux voix de soprano et basse ; Kyrie, Gloria 
et Credo concertés à huit voix. Le portrait de ce 
professeur a été gravé (in-folio) par Capuri, et 
publié à Bologne. On a sur lui une biograi)hie 
intitulée : f'HadiSlanislao ]\Iatlei,scrittada 
Filippo Caniili, avvocalo , aW Acadeviia 
Filarmonica di Bologna dedicata; Bologna, 
1829, in-S", avec un portrait gravé parRoma- 
gnoli. Adrien De La Page a publiéunenoticede 
Mattei dans le sixième volume delà Bévue et 
gazette musicale de Paris (année 1839). Il en 
existe un tiré-à-part, et elle a été reproduite 
dans les Miscclianées du même auteur. 

MATTEI (Giovanim), chapelain de l'église 
de S. Coslantino, et piofesseur de chant A 
Parme, né vers la fin du dix-huitième siècle, 
à Castelnuovo-di-Garfagnana, dans le duché 
de Modène, est auteur d'un livre intitulé : 
Eletnenli di canlo ferma o sia gregoriano; 
Painie, de riuiprimerie de Bodoni, 185i, gr. 
iu-8". 

MATTEUCCI (Matteo), célèbre chanteur 
soi)rdniste, na(iuit à Naples en 1G49. Son nom 
véritable serait ignoré si un passage d'un 
livre fort obscur ne nous l'avait révélé; ce 
livre a pour titre : Mcmorie deW abale 
D. Bonifacio Pecorone délia cilla di Sapo- 
nara, musico délia real cappella di Napoli ; 
Naples, 17-'9, in 4". On y lit ce passage 
(p. 77) : Ollre finalmente i forti impulsi del 
sig. Marchcso Mallco Sassani, volgarincnle 



Malleucci-, famosissimo cantor di voce so- 
prano, mi esortarono di ricorrerne a diril- 
tura al sig. Vicerè, etc. Ce passage nous ap- 
prend à la fois que Sassani était le nom du 
chanteur, et son prénom Matteo; de plus, 
qu'il avait le titre de marquis, quoiqu'il soit 
appelé chevalier par tous les biographes. La 
circonstance dont il s'agit dans ce passage se 
rapporte à l'année 1708. Après avoir été long- 
temps au service de la cour de Madrid et y avoir 
acquis des richesses considérables, il était re- 
tourné à Naples, où il vivait encore en 1730. 
Mancini nous apprend {Rifjl.pratiche sopra il 
canto figur., p. 18) que, par dévotion, il avait 
l'habitude de chanter alors dans les églises 
tous les samedis, et que sa voix avait conservé 
tant de fraîcheur, quoiqu'il fût âgé de plus de 
quatre-vingts ans, que ceux qui l'entendaient 
sans le voir se persuadaient qu'il devait être 
dans la fleur de l'âge. On ignore l'époque de 
la mort de cet artiste extraordinaire. 

MATTH/EI (Conrad), avocat à Bruns- 
wick , y naquit dans la première moitié 
du dix-septième siècle, et fit ses éludes à 
Kœnigsberg, où il fut reçu docteur en droit. 
Il a fait imprimer un livre intitulé : Kurtzer 
doch ausfuhrlicher Bericht von den Jllodis 
mttsicis, welchen ans den besten, ccUesten, 
beriihmtesten und bewxhrlestcn auloribus 
dcr Nusik zusainmcn getragen, aitf denun- 
bewegliclien Grund dcr Messkunst gesetzt 
und mit Beliebung der lœblicltcn pliiloso- 
phischen FacuUset Churf. Br. Pr. vniver- 
sita:t zu Kœnigsberg, herausgcgcben, etc. 
(Avis court mais .suffisamment détaillé sur les 
modes musicaux, etc.); Kœnigsberg, lGi52, 
ii)-4°. Bien (jue cet ouvrage porte le nom de 
MaUli;ei au frontispice, cependant il avoue, 
dans la seconde préface, qu'il n'en est que le 
rédacteur, et qu'il en doit le fond à un nommé 
Grymniiits ou Grinimius, dont il ne fait con- 
naître ni la patrie ni la profession; mais il le 
cite (p. 15) comme auteur d'un traité allemand 
sur le monocorde. Il est vraisemblable que 
l'auteur dont il s'agit est Henri Grimm {voyez 
ce nom), cantor à .Magdebourg au commen- 
cement du dlx-septieme siècle. L'ouvrage de 
Matlhaei a pour objet de comparer les modes 
de l'ancienne musique grecque, suivant la 
doctrine de Ptolémée, avec les tons du plain- 
chaiit. On y trouve (p. C3) d'anciens vers 
techni(|ues latins qui indiciuent d'une ma- 
nière beaucoup iilus claire que la plupart des 
traités du chant ccclésiasti<|ue les répercus 
sions des notes principales des tons de ce 
chanl suivant le système des muauccs. 



MATTII.n — MATTIIEIS 



27 



MATTII.-EI (IIe>ri-Aiiguste), violoniste 
et compositcui-, naiiuit à Dresde le ôO octobre 
1781, et se livra dès son enfance à l'élude de 
la musique. Quoiqu'il fiit parvenu à jouer avec 
habileté de plusieurs instruments, le violon 
était celui qu'il préférait et sur lequel il fit les 
progrès les plus rapides. Dans un voyage qu'il 
fil à Leipsick en 180Ô, il obtint un si brillant 
succès au concert hebdomadaire, qu'il fut im- 
médiatement engagé comme violon jolo à 
l'orchestre du théâtre et du concert. L'intérêt 
que sa personne et son talent inspiraient dé- 
cida quelques amateurs à lui fournir les 
moyens de se rendre à Paris pour y perfec- 
tionner son jeu d'après les conseils d'un grand 
maître. Rodolphe Kreutzerfut celui qu'il choi- 
sit, et cet artiste célèbre lui prodigua ses soins. 
De retour à Leipsick, au mois de janvier 180G, 
Matthœi étonna ses protecteurs par le brillant 
de son exécution, et justifia leurs bienfaits par 
les succès qu'il obtint dans les concerts. Dans 
l'automne de 1809, i! se réunit à ses collègues 
Campagnoti, Voigt et Dolzauer pour former 
une société de quatuors. Les séances où ces 
artistes faisaient entendre les productions de 
Haydn, de Dlozart et de Beethoven excitèrent 
l'admiration de tout ce qu'il y avait d'amateurs 
à Leipsick, et réunirent un auditoire nombreux. 
Le 21 juin 1810, Matthaei exécuta à !a grande 
lete musicale de la Thuringe une symphonie 
concertante pour deux violons avec Spohr, et 
se montra digne de se mesurer avec un tel 
athlète. Le 10 décembre de l'année suivante, 
il donna un concert à Berlin et y justifia ia 
réputation qui l'avait précédé dans cette 
ville. A[)rès avoir fait un brillant voyage 
dans le nord de l'Allemagne, il retourna à 
Leipsick où il succéda à Campagnoli comme 
maitre de concert en 1817. Depuis celte épo- 
que jusqu'à sa mort, arrivée le 4 novembre 
18Ô5, il a rempli cette place avec distinction, 
et a montré beaucoup de talent dans la direc- 
tion de l'orchestre. M. Ferdinand David lui a 
succédé dans cette position. On a gravé de la 
composition de cet artiste : 1" Quatre concertos 
pour le violon, op. 2, 9, 13 et 20 j Leipsick, 
Peters et Hofmeister. 2° Fantaisie pour violon 
et orchestre, op. 8; Leipsick, Pelers.ô" Rondo 
idem, op. 18; Vienne, Hasiinger. 4° Quatuors 
brillants, op. 6 et 12; Leipsick et Hambourg. 
3" Variations pour violon et quatuor, op. 7, 
10, 21 ; Leipsick, Breitkopf et Hsertel, Hof- 
meister. G" Duos pour deux violons, op. 5; 
Leipsick, Peters. 7" Chants joyeux pour deux 
sopranos, ténor et basse, op. 19; ibid. 8" Airs 
et chants allemands à voix seule et accompa- 



gnement de' piano, op. 1, 4,5, 11, 13, 17; 
ibid. 

MATTIIEIS (Nicolas), violoniste italien, 
se fixa à Londres vers la fin du règne de 
Charles H. Sa pauvreté était extrême lorsqu'il 
arriva en Angleterre, mais sa fierté égalait sa 
misère. Il parvint à se faire entendre à la 
cour, mais il n'y plut pas, parce qu'il se plai- 
gnait avec hauteur du bruit que faisaient les 
conversations pendant qu'il jouait. Quelques 
personnes qui estimaient son talent parvinrent 
à lui faire comprendre qu'il ne réussirait pas 
de cette manière à se faire des amis : il écouta 
leurs conseils, et bientôt il eut beaucoup 
d'élèves dans les familles nobles. Il composait 
pour eux des leçons qui eurent beaucoup de 
succès et dont on recherchait les copies, ce 
qui le décida à les faire graver sur cuivre. Il 
en présentait des exemplaires reliés aux pei-- 
sonnes riches qui les lui payaient cinq ou six 
guinées. Ce fut le commencement de la musi- 
que gravée en Angleterre. Mattheis publia 
quatre recueils de ces leçons, sous ce litre : 
^yres for theviolin to ivit : préludes, fugues, 
allemandes, sarabands, courants, gigues, 
fancies, and likewise other passages, inlro' 
duclions for single and double slops, etc. 
Mattheis fit aussi graver des leçons pour la 
guitare, dont il jouait fort bien, et un traité 
de composition et de basse continue dont les 
exemplaires sont devenus d'une rareté exces- 
sive. Il avait composé plusieurs concertos et 
des solos qui n'ont pas été puîiliés. Les leçons 
qu'il donnait et la vente de ses ouvrages lui 
avaient procuré des richesses considérables : 
elles lui firent contracter des habitudes d'in- 
tempérance qui le conduisirent en peu de 
temps au tombeau. 

MATTIIEIS (Nicolas), fils du précédent, 
né à Londres, fut aussi violoniste et composi- 
teur de mérite. A peine au sortir du bei>ceau, 
il reçut de son père des leçons de violon : ses 
progrès furent rapides. Vers 1717, il se rendit 
à Vienne, où il occupa pendant quelque temps 
la place de premier violon dans la chapelle 
impériale. Plus tard, il vécut en Bohême, et 
l'on a la preuve qu'il était encore à Prague en 
1727, par les airs de danse qu'il écrivit pour 
l'opéra intitulé : Costanza e Fortezza, que le 
maître de chapelle Fux avait composé pour le 
couronnement de Charles Vî; car on lit au 
titre de cet ouvrage : Con le arie pcr i balli 
dal sign. Nicola Mattheis, direttore délia 
musica instrumentale di S. M. Ces. e C'ait. 
Peu de temps après, il retourna en Angleterre. 
Le docteur Burney fit sa connaissance à 



28 



MATUEIS - MATTHESON 



Shrewsbury, en 1737, et reçut de lui des le- 
çons de musique et de langue française. Mat- 
theis resladans cette ville jusqu'à la fin de ses 
jours et mourut en 1749. Burney assure que 
Mallheis exécutait les'sonates de Corelli avec 
une grâce remarquable et une admirable 
simplicité. On a gravé de sa composition, à 
Amsterdam, cinq livres de solos pour le vio- 
lon, sous ce titre : Jrie cantabili a violino 
solo e violoncello o basso continua. 

MATTHESON (Jean), compositeur et 
surtout écrivain sur la musique, naquit à 
Hambourg, le 28 septembre 1681. Son père, 
ayant remarqué ses heureuses dispositions 
pour la musique, lui donna les meilleurs 
maîtres pour les développer. Tour à tour, il 
reçut des leçons de llanff, de Woldag, de 
BrunniUller, de Prsetorius et de Roerner. Dès 
rage de neuf ans,il jouaitdéjàde l'orguedans 
plusieurs églises, et chantait dans les con- 
certs des morceaux de sa composition en s'ac- 
compagnant de la harpe. Il apprit aussi à 
jouer de la basse de viole, du violon, de la 
flûte et du hautbois. En 1090, on lui fit com- 
mencer ses éludes littéraires. Après avoir ter- 
miné ses humanités, il fit un cours de juris- 
prudence et apprit aussi les langues anglaise, 
italienne et française. Pendant ce temps, 
Brunmuller, Praetorius et Kœrner lui ensei- 
gnaient la basse continue, le contrepoint et la 
fugue, et le maître de chapelle Conradi lui 
donnait des leçons de chant. Pendant les an- 
nées 169G et 1697, il chanta les parties de so- 
prano à TOpéra de Kiel; puis il retourna à 
Hambourg, où il donna, en 1699, à l'âge de 
dix-huit ans, son premiei' opéra intitulé : les 
Pléiades. Vers le même temps, il entra au 
théâtre de cette ville, en qualité de ténor, et, 
pendant plusieurs années, il y joua les pre- 
miers rôles. On ignore s'il eut quelque talent 
dramatique. En 1703, il se lia d'aniilié avec 
llaendel qui venait d'arriver à Hambourg. Ils 
tirent ensemble le voyage de Lubcck, dans le 
but de concourir pour le remplacenienldu cé- 
lèbre organiste Buxtehudej mais celui-ci ne 
consentait à se retirer qu'à la condition que 
son successeur épouserait sa fille ; obligation 
qui ne plut ni à Ha;ndel ni à Mattheson,et qui 
les fit renoncer à un emi)loi ([u'ils avaient mé- 
rité par leur talent. On peut voir, à l'ariicle de 
llaendel, les circonstances d'une brouillerie et 
d'un duel entre ces deux artistes. Ils redevin- 
rent pourtant amis, et pendant leur longue 
carrière ils conservèrent des relations bien- 
veillantes, ce qu'il faut, sans doute, attribuer 
à la diil'ércnce de la direction qu'ils prirent 



dans leurs travaux. Maltheson ne pouvait 
lutter avec Hsendel dans la composition. Celui- 
ci lui était aussi supérieur comme organiste, 
mais Matlheson avait plus de grâce et d'élé- 
gance sur le clavecin. 

En 1703, il quitta la scène et alla à Bruns- 
wick, où il écrivit un opéra français intitulé : 
le Retour de l'Jge d'or. Déjà il ressentait les 
premières atteintes d'une surdité qui s'accrut 
progressivement, et qui finit par devenir com- 
plète. De retour à Hambourg, il y fut nommé 
gouverneur du fils de l'ambassadeur d'Angle- 
terre, avec qui il fit plusieurs voyages à Leip- 
sick, à Dresde et en Hollande. A Harlem, on 
lui offrit la place d'organiste avec quinze 
cents florins d'appointement; mais il la re- 
fusa. A son retour à Hambourg, le père de sou 
pupille lui fit obtenir l'emploi de secrétaire de 
la légation anglaise. En 1709, il épousa la 
fille d'un ecclésiastique anglais. Les négocia- 
tions où il fut employé ayant fait reconnaître 
en lui autant d'habileté que de prudence, il 
obtint, en 1712, la place de résident par inté- 
rim, après la mort de M. Wirth, qui en avait 
rempli précédemment les fonctions. Depuis 
plusieurs années, il occupait la place de 
maître de chapelle de l'église de Saint-Michel à 
Hambourg; mais sa surdité l'obligea à de- 
mander sa retraite en 1728 ; elle lui fut accor- 
dée avec une pension dont il eut la jouissance 
jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant trente-six 
ans. Il cessa de vivre le 17 avril 1764 à l'âge de 
quatre-vingt-trois ans. Par son testament, il 
avait légué à l'église Saint-Michel une somme 
de quarante-quatre mille marcs, pour la con- 
struction d'un orgue qui fut exécuté par Hilde- 
brand, d'après le plan deMattheson. 

Peu d'hommes ont déployé dans leurs tra- 
vaux autant d'activité que ce savant musicien. 
Nonobstant, ses occupations multipliées, ses 
places d'organiste et de maître de chapelle, 
ses fonctions de secrétaire de légation et de 
résident, enfin, les leçons qu'il donnait à un 
grand nombre d'élèves, il a composé beau- 
coup d'opéras, d'oratorios, de cantates, de 
pièces instrumentales et vocales, a écrit une 
quantité prodigieuse de livres et de pamphlets 
relatifs à la musique, et a été éditeur ou tra- 
ducteur de beaucoup d'autres ouvrages. Sa 
correspondance était d'ailleurs si étendue , 
que le nombre de personnes dont il recevait 
des lettres et à qui il écrivait, s'élevait à plus 
de deux cents. Ses compositions ont de l'ana- 
logie avec le style de Keiser, en ce qui con- 
cerne l'harmonie et la modulation; mais on 
n'y trouve pas, à beaucoup près, autant d'ima- 



MATTIIESON 



29 



ginalion. C'est surtout comme auteur didac- 
tique et comme musicien éruditqueMattheson 
est maintenant connu, quoique ses ouvrages 
n'aient plus aujourd'hui qu'une valeur histo- 
rique pour la littérature musicale. Sa lecture 
était immense; son savoir, étendu dans la 
théorie et dans la pratique; mais son esprit 
manquait de portée, et sa manière d'exposer 
ses idées était absolument dépourvue de mé- 
thode. Dans la polémique, il ne gardait point 
de mesure contre ses adversaires, et dans son 
style grossier, les épithètes blessantes et les 
injures étaient prodiguées à ceux qui ne par- 
tageaient pas ses opinions. 

Les ouvrages de Maltheson sont devenus 
rares, et peu de bibliothèques en possèdent 
la collection complète. Parmi ses composi- 
tions on cite les suivantes: 1" Les Pléiades^ 
opéra (allemand) en trois actes; Hambourg, 
1G99. 2» Porsenna, idem; ibid., 1702. 3» La 
Mort de Pan, idem; ibid., 1702. 4° Cléo- 
pdlre, idem; ibid., 1704. S" Le Retour de 
r^^ge d'or; Brunswick, 1705. 6" ^orîs; Ham- 
bourg, 1710. 7° Henri IF, roi de Castille; 
ibid., 171 1. On a publié les airs choisis de cet 
opéra; Hambourg, 1711. 8" Prologo per il re 
Lodovico XF ; 1715. 9" Vingt-quatre orato- 
rios composés et exécutés à l'église Sainte- 
Catherine de Hambourg, antérieurement à 
1728. 10» Pièces de musique d'église pour le 
jubilé de 1717, en commémoration de la ré- 
forme luthérienne. 11° Messe à quatre voix et 
orchestre, exécutée à ses funérailles en 1764. 
12" Différentes pièces de musique funèbre, ou 
de noces, ou pour d'autres occasions, au 
nombre d'environ quinze morceaux. 13° Epi- 
cedium, musique funèbre pour la mort du 
roi de Suède, Charles XII, achevé le 26 fé- 
vrier 1719. 14° Douze sonates pour deux et 
trois flûtes; Amsterdam, 1708, trois parties 
in-fol. 15° Sonates pour le clavecin; Ham- 
bourg, 1713. 16° Monument harmonique, 
consistant en douze suites pour le clavecin; 
Londres, 1714. Ce recueil, gravé sur cuivre, 
porte sur un certain nombre d'exemplaires cet 
autre titre : Pièces de clavecin en deux vo- 
lumes, contenant des ouvertures, préludes, 
fugues, allemandes, courentes (sic). Sara- 
bandes, Gigues et Aires (sic) ; Londres, 
J.-D. fletcher, 1714, in-fol. 17» Le Lan- 
gage des doigts , recueil de fugues pour le 
clavecin, première partie; Hambourg, 1735; 
td., deuxième partie; ibid., 1737. 18°0deon 
morale , jucundum et vitale (Recueil de 
pièces de chant), paroles et musique de 
Maltheson; Hambourg, 1751. 19° Sérénade 



pour le couronnement du roi d'Angleterre 
Georges I", publiée à Londres, en 1714. 

Les écrits de Maltheson sur la musique se 
divisent en théoriques, didactiques, hislor^ 
ques et polémiques. Dans la première classe 
on trouve les suivants : 1» .^ristoxeni Ju- 
nior. Phthongologia systematica. Fersuch 
einer systematischen Klang-Lehre wider die 
irrigen Begriffevon diesemgeistigen TFesen, 
von desseu Geschlechten, Tonarten, Drey- 
klangen , und auch vom mathematischen 
Musikanten, nebst einer For-Erinnerung 
u-egen die der behaupteten himmlischen 
Musik (Phlhongologie systématique d'Aris- 
toxène le jeune, ou essai d'une théorie systé- 
matique du son opposée aux idées erronées 
sur cet objet, ses espèces, etc. ; avec une préface 
relative à la prétendue musique céleste (harmo- 
nie des sphères); Hambourg, 1748, in-S'decent 
soixante-sept pages. Forkel dit (^Z/g'em. Lit- 
ter. der Musik, p. 230) que cet ouvrage ren- 
ferme des observations acoustiques beaucoup 
plus ingénieuses que ce qu'on trouve chez les 
autres auteurs. Il me semble que ce jugement 
manque de solidité. La théorie de Maltheson 
n'est que le développement de celte proposi- 
tion de Bacon de Verulam : j4er nullum pro- 
créât sonum {Novum Organ. scient., lib. II) ; 
base de la théorie reproduite depuis lors par 
quelques philosophes , notamment par Azaïs, 
qui a voulu substituer au principe de la réson- 
nance de l'air, dans la production du son, sa 
doctrine de l'expansion des corps dans un 
fluide sonore (voyez la Revue musicale, ann. 
1832). 2» Réflexions sur l'éclaircissement d'un 
problème de musique pratique; Hambourg, 
1720, in-4° de trente-trois pages. Ce petit ou- 
vrage a pour objet la constitution de la gamme 
dans les modes majeur et mineur. L'éclaircis- 
sement du problème estd'un auteur anonyme; 
les réflexions seules sont de Maltheson qui les 
a écrites en français, parce que l'éclaircisse- 
ment est dans celte langue, Maltheson a aussi 
traité assez longuement des proportions mu- 
sicales dans sa Grande École de la basse con- 
tinue, surtout dans la deuxième édition. Dans 
la classe des livres didactiques de cet écrivain, 
on remarque : 3» Exemplarische Organisten- 
Probeim jirtikel vom General-Bass; welche 
mittelst 24 leichter und eben so viel etwas 
schwerer Exempel, aus allen Tœnen, etc. ; 
nebst einer theoretischen Forbereitung iiber 
verschiedene musikalische Merkwurdigkeiten 
(Science pratique de la basse continue ou ex- 
plication de la basse continue mêlée de vingt- 
quatre exercices, etc.; précédée d'une inlro- 



30 



MATTIIESON 



duclion théorique concernant différentes par- 
ties importantes de la musique) ; Hambourg, 
1719, in-'l'. L'introduction théorique de cet 
ouvrage, en cent vingt-huit pages, contient 
des principes d'harmonie, mêlés de calculs 
surlcs proporlions numéiiquesdes intervalles, 
et sans indication de la génération des ac- 
cords qui ne se trouve dans aucun traité de 
basse continue publié antérieurement à 172:2, 
où parut le livre de Rameau sur ce sujet. Le 
reste du livre est composé de vingt-quatre 
exercices de basse chiffrée où Ton ne remarque 
aucun ordre progressif; chaque exercice est 
suivi d'une explication iilus ou moins étendue 
sur les diverses circonstances harmoniques 
qui s'y rencontrent. Cette partie de l'ouvrage 
est composée de deux cent soixante-quatorze 
pages. La seconde édition du livre de Malthe- 
son a pour titre : Grosse General- Bass- 
Schule, odcr exemplarischen Organisten- 
Probe (Grande École de la basse continue, ou 
la science pratique de l'organiste) ; Ham- 
bourg (sans date), in-4'' de quatre cent 
soixante pages. Il y a un second tirage de la 
même édition qui porte la date de l/ôl, avec 
un sui)plénient qui élève le nombre des pages 
à quatre cent quatre-vingt-quatre. Cette édi- 
tion est Irès-différente de la première; elle 
contient des additions considéi'ables, pailicu- 
lièrement dans l'introduction théorique. Ce- 
pendant, il est très-remarquable que Matlhe- 
son n'y fait aucune mention du Traité de 
l'harmonie de Rameau, ni de l'importante 
théorie (jui y est exposée. Au surplus, il est 
évident par Panalysc qu'il a donnée du Traité 
de l'harmonie, dans sa Critica tnusica (t. II, 
p. 7-11), qu'il n'avait compris ni cet ouvrage, 
ni la théorie du renversement des accords qui 
immortalise le nom de Rameau. Il existe une 
traduction anglaise de ce grand traité d'har- 
monie et d'accompagnemiMit, intitulée -.Com- 
plète Trcalise of Thorougli-Bass, contain- 
ing the true Hules, xvith a Table of ail Ihe 
figure and thcir proper accompntig- 
menls , etc.; Londres (sans date), in-fol. 
4" Kleinc General -L'ass-Schule, worin nicht 
nitr Lernendc ., sondern- vornemlich I.eh- 
rende, etc. (Petite École de la basse con- 
tinue, etc.); Hambourg, 1735, de deux cent 
cin<|uante-trois pages; avec celte épigraphe : 
Utilia, non suhtilia. Ce livre n'est pas, comme 
ou pourrait le croii'e, un abrégé du précédent, 
mais un ouvrage absolument différent. Celui- 
ci est un véiilable traili: d'harmonie, précédé 
des éléments de la musifiuc et de la connais- 
sance (lu clavier. MatlhcsOn y explique la forme 



et l'emploi des accords; puis, il les applique 
dans des exemples. Il ne parle pas de la géné- 
ration de ces accords, et garde un i)rofond 
silence sur la théorie de cette génération pu- 
bliée par Rameau ; mais son ouvrage n'est pas 
moins le plus méthodique de ceux qui avaient 
été publiés en Allemagne jusqu'à celte épo(|ue, 
(|noi(iue la deuxième édition du livre de Hei- 
nichen (voyez ce nom), soit plus riche de faits 
harmoniques. 5° Kern melodisches JFissen- 
schaft , bestehend in der anserleseristen 
Haupt-und Grund-Lehren der tnusikalis- 
chen Setz-kunst oder Composition, als ein 
f'orlœuffer der f'oUhommenen Kapellmeis- 
lers , etc. (Base d'une science mélodique , 
consistant dans les principes naturels et fon- 
damentaux de la composition ; introduction 
au Parfait Maître de chapelle, etc); Ham- 
bourg, 1737, in-4'' de cent quatre-vingt-deux 
l)ages. Après une explication des intervalles 
et de leurs proportions, Matiheson traite dans 
cet ouvrage des divers styles de musiiiue 
d'église, de madrigaux, de théâtre et de 
chambre, puis des successions d'intervalles 
favorables ou défavorables aux voix, de la 
forme des phrases et de la ponctuation musi- 
cale, des pièces de musique vocale ou instru- 
mentale en usage de son temps; enfin, du 
style fugué et canonique. En 1738, il fit im- 
primer à Hambourg des lettres remjtlies 
d'éloges sur cet ouvi'age (ju'il avait reçues de 
quehiues musiciens, entre autres de Kunzen 
et deScheibe. Ces lettres, qui forment quinze 
l)agcs in-4", ont pour titre : Giiltige Zeitg- 
nisse iiber diejungste Matthcsonisch-musi- 
calische Kern-Schrift, als ein Fuglichcr 
Jnhang dcrselben (Témoignages authenli- 
(|ues en faveur du dernier écrit musical de 
Matiheson, etc.). G" Der f ollhommene Aapell- 
meister, das ist grnndliche Jnzeige aller 
derjenigcn Sachcn, die einer wissen,liwnnen, 
und voUkommen inné haben muss, die einer 
KapcUe mit Ehren und Nutzen vorstehen 
u-ill, etc. (le Parfait Maître de chapelle, etc.); 
Hambourg, 173'J, in rol.de(|uatre cent (juatre- 
vingt-quatre pages. Une bonne préface sert 
d'inlroduction à cet ouvrage (|ui renferme un 
bon traité de l'art d'écrire et de toutes tes con- 
naissances nécessaires à un compositeur et à 
un maître de chapelle. Le Parfait Maître de 
chapelle est incontestablement le meilleur 
livre sorli des mains de Mallheson. Dans la 
classe de ses écrits hlslori(|iies se langent : 
7" De Eniditione mnsicn, schediasina cpi- 
stolicum. Accedtint Literx ad /'. (,'. ('liristn- 
I)horum FriedericuDi I.eisnernm île eodem 



MATTIIESON 



31 



arjumenlo script<r; Ilambiirgi, 1733, seize 
pages in-4". Foikel ainsi que Lichtenihal 
el M. Becker ont rangé cet écrit dans une 
section de V Esthétique musicale; mais la lec- 
ture de ce même opuscule fait voir qu'il est 
purement liisloriquc. Une deuxième édition 
de la dissertation de Maltheson a été publiée à 
Hambourg-, en 1752, deux feuilles in-8".8''^f- 
was neues tinter der Sonnen! oder das iin- 
tererdische Klippen-Concert in Norwegen, 
ans glaubwiirdiyen Urkundenauf Begehren 
angezeigt (Quelque chose de nouveau sous le 
soleil; ou détails sur les concerts souterrains 
delà Norwége, d'après des documents authen- 
tiques); Hambourg, 1740, huit pages in-4''. Ce 
morceau a été publié aussi dans la Biblio- 
thèque musicale de Mizlcr (t. II, part. III, 
p. loi). Maltheson n'est auteur que de quel- 
ques notes dans ce morceau qui contient des 
lettres écrites de Chiistiania sur de prétendus 
concerts souterrains qu'on aurait entendus 
dans les montagnes de la Norwége, le jour de 
Noël. Un voyageur fiuncais, <|ui avait envoyé 
ces lettres à Mattheson, s'exprimait ainsi dans 
la sienne : « Voici, mon maître, deux récits 
« avérés de la musique souterraine en Nor- 
« vvége, que je vous envoie ci-inclus. Tout 
« cela est très-véritable. Vous autres, philoso- 
« phes, examinez ce prodige ; faites-le impri- 
« mer; dites-en votre sentiment publique- 
« ment. Pourquoi ce concert se fait-il presque 
" toujours à Noël? Ces musiciens des monta- 
it gnes, pourquoi ne font-ils de mal à pér- 
it sonne, quand on les laisse en rei)os? Pour- 
« quoise taisent-ils ets'évanouissent lorsqu'ils 
a sont observés et ([ueslior.iiés? Y a-t-il tie 
« la musique dans l'enfer? Je crois qu'il n'y 
» a là que des hurlements et des grincements 
« de dents.» 9° Grundlage einer Ehrenpforte 
îcoran der tiichtigsten C'apellmeister, Com- 
ponisten, MusiUgehhrten, Tonkiinstler , etc., 
Leben, JVerke, Ferdienste, etc., erschienen 
sollen (Base d'un arc de triomphe où se 
trouvent la vie, les œuvres et le mérite des 
plus habilesmaitres dechapelle, compositeurs, 
savants, musiciens, etc.); Hambourg, 1740, 
un volume in-4° de quatre cent vingi-iiuit 
pages. Ce volume contient des notices sur un 
certain nombre de musiciens plus ou moins 
célèbres, d'après des renseignements auto- 
graphes fournis à Maltheson, ou d'après des 
extraits de ses lectures. 10° Die neueste Un- 
tersuchung der Singspiclc, nebst beygefiigler 
niusikalischen Gesmacksprobe (Nouvelles re- 
cherches sur le drame en musique, suivies 
d'un examen du goiit musical, etc.); Ham- 



bourg, 1744, in-R'> de cent soixante-huit 
pages. Quelques bonnes choses mêlées à beau- 
coup d'inutilités et de divagations se trouvent 
dans cet ouvrage, comme dans la plupart des 
écrits de Maltheson. 11° Das erlaiilerte Selah ; 
nebst einigen andern niitzlichcn Jnmer- 
kiingen, underbautlichen Gedankeniiber Lob 
und Liebe, als einer Fortsetzung seiner ver- 
mischten TFerke, etc. (Le Selah éclairci, suivi 
de quelques autres observations utiles, etc.); 
Hambourg, 1745, in-8° de cent soixante- 
quatre pages. Après avoir examiné les opi- 
nions des divers auteurs qui ont écrit sur 
l'expression hébraïciue Selah qui se trouve 
dans l'inscription placée en tête de quelques 
psaumes, el qui a donné la torture aux éru- 
dils, Maltheson établit que ce mol devait indi- 
quer la ritournelle du chant de ces psaumes. 
12" Behauptung der himmlischen Musik aus 
den Grilnden der p'ernunft, Kirchen-Lehre 
und heiligen Schrift (Preuve de la musique 
céleste tirée de la raison naturelle, de la théo- 
logie etde l'Écriture sainte) ; Hambourg, 1747, 
in-S" de cent quarante-quatre pages. Ce n'est 
pas sans étonnement qu'on voit un musicien 
insti'uit tel que Mattheson, s'occuper de re- 
cherches sérieuses sur la nature de la mu'iique 
que font les anges dans le ciel. Il est encore 
revenu sur ce sujet dans un autre de ses écrits 
dont il sera parlé plus loin. ïô" PItilologisches 
Tresespiel, als ein kleiner Begtrag zurkri- 
tischen Geschiclite der duitschen Sprache, 
vornehmlich abermittelst geschenter Anwen- 
dung, in der Tonwissenschaft nutzlich zu 
gebrauchen (le Jeu philologique des Treize, 
pour servir à l'histoire critique de la langue 
allemande, et princi|)alement de son usage 
dans la science de la musique); Hambourg, 
1752, in-8» de cent quarante-deux pages. Cet 
écrit est composé de treize dissertations, dont 
quelques-unes seulement sont relatives à des 
objets de l'histoire de la musique. Maltheson 
y a réuni des anecdotes et des épigrammes 
contre les musiciens français de son temps, 
particulièrement contre Rameau (p. 95). Il ex- 
plique dans un passage de son livre, entrepris 
pour la défense d'un autre ouvrage qu'il avait 
publié longtemps auparavant, le titre bizarre 
(lu'il a donné à celui-ci, et pour lequel il a 
furgé le mol Tresespiel, qui n'est pas alle- 
mand, par analogie avec un jeu de caries ap- 
pelé les treize, parce qu'il devait donner la 
solution de treize diflicullés. Tout cela est fort 
ridicule. C'eslà la suite de ce petit ouvrage que 
se trouve la deuxième édition de la disserta- 
tion De Eruditione musica. 14° Georg.fric- 



82 



MATTHESON 



derich Ilxndeh Leben Beschreibung, nebst 
einem Ferzeichnisse seiner Jusiibungsicerke 
und derer Beurlheilung iibersetze, etc. (His- 
toire de la vie de Georges-Frédéric Hœndel, 
suivie d'un catalogue de ses ouvrages, etc.); 
Hambourg, 1761j in-8° de dix feuilles. Mat- 
theson avait donné précédemment une notice 
sur Haendcl dans sa Base d 'un arc de triomphe: 
il y a quelques contradictions entre ces deux 
morceaux, 

II y a un livre de Maliheson qui n'appar- 
tient proprement à aucune des classes précé- 
dentes, ni à celle de la critique, quoiqu'il par- 
ticipe de tous; car c'est à la fois un livre 
didactique, historique, philosophique et cri- 
tique. Il est composé de trois volumes qui ont 
paru dans l'espace de huit années, à des dis- 
tances égales, et qui portent chacun un litre 
différent. Le premier est intitulé : 15" Bas 
Neu-Erceffnete Orchestre , oder universelle 
und grundliche Anleitung, wie ein Galant 
homme einen vollkommennen Begriff von 
derffoheit und JFiirde der edlen Music er- 
langen, seinen Goût darnach formiren, die 
Terminos technicos verstehen und geschick- 
lich von dieser vortrefflichen JFissenschafft 
raisonniren mage (l'Orchestre nouvellement 
ouvert, son instruction universelle et fonda- 
mentale dans laquelle un galant homme 
pourra acquérir une idée complète de la gran- 
deur et de l'importance de la noble musique, 
entendre les termes techniques, et raisonner 
de cette science excellente avec habileté) ; 
Hambourg, 1713, in-8° de trois cent trente- 
huit pages. Le volume est terminé par des re- 
marques de l'illustre compositeur Reiser, qui 
commencent à la page 330. C'est dans un but 
semblable à celui de Mattheson, que cent dix- 
sept ans après lui j'ai écrit la Musique mise à 
la portée de tout le monde. Le deuxième vo- 
lume a pour titre : Bas Beschiilzte Orchestre, 
oder desselben zwerjle Erœffnung, worinn 
fticht nur einem wilscklichen Galant homme, 
dereben kein Professions-Fericandter , son- 
dcrn auch manchem Musico selbst die aller- 
uufrichtigste und deullichste Forstellung 
musikalischer fFissenschafften wie sich die- 
selbe vom Schulstaub tiichlig gesxubert , 
cigentlich und wahrhafflig verhalten erthei- 
let, etc. (l'Orchestre protégé, ou deuxième ou- 
verture de cet orchestre, dans lequel on donne, 
non-seulement à un galant homme étranger 
à la profession, mais aussi à plus d'un musi- 
cien, la connaissance la plus exacte cl la plus 
claire des sciences musicales, et oii l'on ex- 
plique dans quel rapport elles sont Tune à 



I l'égard de l'autre, après qu'on en a séparé la 
poussière de l'école, etc.); Hambourg, 1717, 
in-S" de cinq cent soixante et une pages. La 
plus grande partie de ce volume est employée 
à la réfutation du livre de Butlsledt {voyez ce 
nom), intitulé : Ut, ré, mi, fa, sol, la. Iota 
musica et harmonica leterna. Il y a dans 
cette réfutation de la solidité mêlée à beau- 
coup de pédanlisme et de divagation. On re- 
connaît la tournured'esprit de Mattheson dans 
la partie du titre de son livre oii il dit: Ut, 
ré, mi, fa, sol, la, todte (nichttota) Musica 
(Non toute la musique, mais la musique 
j?iorte dans ut, ré, mi, fa, sol, la) (1). Le troi- 
sième volume de cet ouvrage est intitulé : 
17" Bas Forschende Orchestre , oder desselben 
dritte Erœffnung darinn Sensus vindicia? et 
Quarts hlandltia', dus ist der beschirmte 
Sinnen-rang und der Schmeichelnde Quar- 
teii-klnng, etc. (l'Orchestre scrutateur, ou sa 
troisième ouverture, dans laquelle on trouve 
les droits des sens et les flatteries de la 
quarte, etc.); Hambourg, 1721, in-S'desepl 
cent quatre-vingt-neuf pages, non compris les 
tables. La première partie de ce volume, divi- 
sée en quatre chapitres, est un traité de la phi- 
losophie de la musique considérée dans l'ac- 
tion des sens relativement à la perception, au 
jugement artistique, et dans la construction 
rationnelle de la science. Mattheson, suivant 
sa méthode, y conclut plus souvent par auto- 
rité que par raisonnement. La seconde partie 
est curieuse : elle contient de savantes recher- 
ches sur la quarte cl sur les opinions de quel- 
ques savants, notamment de Calvisius, de 
■\Verckmeister et de Barypbonus {voyez ces 
noms), à l'égard de cet intervalle. 17» {bis) Ber 
Reformirende Johannes., am andern Luthe- 
RiscHEN Jubelfeste, dem 1717, musikalisch 
aufgefiihret; Hambourg, 1717, in-4». Ce 
petit écrit a été publié par Mattheson à l'occa- 
sion de la fête séculaire de la réformation. 

Dans la classe des écrits polémiques et cri- 
ti(|ues de Mattheson, on trouve : 18" Critica 
Musica, dass ist : Grundrichtige Untersuch- 
und Beurtheilung vieler, theils vorge- 
fassten, theils einfxltigen Meinungen, Jr- 
gumenten und Eintviirffe, so in alten und 
neuen, gedruckten und ungedruckten musi- 
calischen Schrifften zu finden (Musique cri- 
tique, c'est-à-dire, txanicn et jugement ra- 
tionnel de beaucoup (roiiinions,d'argumentsel 
d'objections solides ou futiles, qu'on trouve 

(t) Il y .1 un jeu Je mois dans l'adjectif todte sub- 
stitua A toia. 



MATTHESON 



33 



dans les livres sur la musique anciens et mo- 
dernes, imprimés el manuscrils); Ilaml)oiirg, 
1722-1725, deux volumes in-4», <livisés en 
huit pallies de trois numéros chacun. Ce jour- 
nal, le premier qui ail été publié spécialement 
sur la musique, conlient quelques bonnes cri- 
liques, el même des théories complètes de cer- 
tains objets de l'arl; par exem|)le, la qua- 
trième partie est entièrement consacrée aux 
canons, et ce sujet y est traité en plus de cent 
vingt pages; mais il y a peu de sens et de goùl 
dans le choix de plusieurs objets de la cri- 
tique. Mattheson y donne d'ailleurs tout au 
long des écrits relatifs à la musi(iue, au lien 
de les analyser; c'est ainsi qu'il a réimprimé 
dans le premier volume tout le Parallèle de la 
musique italienne et de la musique française, 
de l'abbé Raguenet, et jusqu'à l'approbation 
du censeur. 19» Der musikalischc Palriot, 
welclier seine griindliche Betrachtungen, 
iiber Geistiind IFeltl.-Harmonien, etc. (le 
Patriote musicien et ses principales médita- 
lions sur l'harmonie spirituelle et mon- 
dains, etc.); Hambourg, 1728, in-4° de trois 
cent soixante-seize pages. J'ignore ce qui 
a pu engager Forkel, copié par Lichlenthal et 
M. Becker, à placer ce livre parmi les écrits 
relatifs à rbisloire de la musique des Hébreux, 
parce qu'il s'y trouve plusieurs morceaux sur 
ce sujet; car le volume n'est formé que de la 
réunion des numéros d'un journal df musique 
où il est traité de différents sujets, et où l'on 
trouve entre autres VJIistoire de l'Opéra de 
Ifambourg.Liis bonnes choses <iui se trouvent 
dans cet écrit périodique sont malheureuse- 
rtient gâtées par le ton de critique acerbe et 
même brutale qui se rencontre dans la plupart 
des ouvrages de Mattheson. Elles lui attirèrent 
cette fois une rude attaque dans un pamphlet 
anonyme intitulé : £in pnar derbe musica- 
lisch-patriutische Ohrfeigeu dem tiichts we- 
niger als muskalischen Patrioten nnd 
itichts weiiiger als pairiotischen jVnsico, 
salv. venta Hn. Mattheson, welcher zum 
neuen Jahre eine neue Probe seiner gewohn- 
ten Calumnianten-Streiclte unversclixiuter- 
weise an der Tag geleget hat, zu JFieder- 
hersltUung seines verlokrnen gehœres und 
verslandes uttd zu Bezeugnung schuldiger 
Dankbarheit aiiff beyde Bachen in einem 
zufxïUgen Discours wohlmeynend erlheilet 
von zween Brauchbahren Firluosen, Mu- 
sandern und Harmonie (Une Paire de vigou- 
i-eux soulïlets musicaux et patriotiques admi- 
nistrés, avec sa permission, sur les deux joues 
de M. Mattheson, qui n'est rien moins que pa- 

BIOGR. UMV. DES MUSICIENS. T. VI. 



triote musicien, et rien moins que musicien 
patriote, et qui a mis au jour, au commence- 
ment de l'année, un nouvel exemple de ses 
traits calomnieux, suivant son habitude; ser- 
vant à rétablir son ouïe et son esprit peidus, 
et comme une marque de la gratitude qui lui 
est due) ; une feuille in-4'', 1728 (sans nom de 
lieu). 20" Ber neue Gœttingische aber viel 
schlechter, als die alten Lacedxmonischen , 
urllteilende Bphorus, wegen der Kirchen- 
Music eines andern belehret (Le nouvel 
Épiiore de Gœttingue, juge beaucoup plus mau- 
vais que l'ancien de Lacédémone, à propos de 
la musique d'église, etc.); Hambourg, 1727, 
in-4" de cent vingt-quatre pages. Cet écrit 
est une critique tort dure de l'ouvrage de 
Joachim Meyer, concernant la musique des 
peuples de l'antiquité et de l'église. On peut 
voir, à l'article de celui-ci, des détails sur la 
polémique que fit naître la critique de Mal- 
llieson. 21° Mithridat wider den Gift einer 
loeischen Satyre, genannt : La Musica (Mi- 
thridate contre le poison d'une satire italienne, 
intitulée : La Musica):, Hambourg, 1749, 
in-8"de trois cent quarante pages. Cette satire, 
réimprimée par Mattheson, avec une traduc- 
tion allemande au commencement du volume, 
est composée d'environ sept cents vers. Elle 
avait été publiée avec d'autres morceaux de 
poésie à Amsterdam, en 1719, Mattheson a 
montré peu de sens en faisant un long com- 
mentaire sur ce morceau de poésie cynique, où 
la musique est appelée : Arte sol da pulana 
e da bardasse: une telle production ne méri- 
tait que le mépris. 22» Bewxhrte Panacea, 
als eine zugabe zu das mtisicalischen Mi- 
thridat, iiberaus wider die leidige Kachexie 
irriger Lehrer , schwermiithige Ferxchter 
und, gottloser Schxnder der Tonkunst, Er- 
ster Dosis (Panacée certaine, comme un 
supplément au Mithridate musical, très- 
salutaire contre la fâcheuse cachexie d'un 
faux savant, d'un détracteur alrabilairo et 
d'un impie profanateur de la divine musique. 
Première dose); Hambourg, 1750, quatre- 
vingt-quatre pages in-8». Cet écrit est une 
critique amère du pamphlet de Biedermann 
intitulé : Programma de vita musica, où se 
trouvent rassemblés quelques passages des an- 
ciens contre la musique et les musiciens. 
23" JFahrer Begriff des harmonischen Le- 
bens. Ber Panacea zwote Bosis. Mit beyge- 
fiigter Beantwortung dreyer EinwUrffe wi- 
der die Dehauplung der himmlischen Musik 
(Idée véritable de la vie harmonique ; avec une 
^ réponse péremptoire, à trois objections contre 

5 



3V 



MATTIIESON - MATTHIAS 



l'asserlion de la musique céleste. Dciixiùmc 
dose (le la Panacée); Hambourg, 1750, in-8" 
(le cent dix-neuf pages. ^A° Sieben Gespra-che 
der JFeisheit undMusik samt zioo [leylagen; 
(ils die drille Dosis der Panacea {Scpl dialo- 
gues de la sagesse et de la musique, etc. ; 
comme troisième dose de la Panacée); Ham- 
bourg, 1751, in-8» de deux cent sept pages. 
Hj" Die neu angelegte Freuden Jcademie, 
ziim lehrreichen P'orschmaclc unbeschreibli- 
clier Iferrlichkeit in der Fesle ga-ltlicher 
Macht (la Nouvelle et intéressante Académie 
joyeuse, pour donner dans les fêtes reli- 
gieuses un instructif avant-goût d'une inex- 
primable grandeur); Hambourg, 1751, in-S" 
(le trois cent deux pages. Deuxième volume du 
même ouvrage, ibid., 1753, in -8" de trois 
cent vingt-deux pages. 26" Plus-Ullra, ein 
Slnckwerck voti neuer und manclterley ^rt 
(Plus -Ultra, ouvrage composé de morceaux de 
(lifTérenles espèces); Hambourg, 1754, in-8° 
(le six cent six pages, divisé en trois parties, 
appelées provisions {Vorrxlhe). Mattheson 
traite dans cet ouvrage de la musique dans le 
culte, de la mélodie et de l'harmonie, de 
l'eiret de la musique sur les animaux, etc. Un 
(les meilleurs morceaux est une analyse du 
Tenlamcn novx theorix imtsicx d'Euler. 
On trouve à la fin du deuxième volume de la 
Critica musica de Mattheson une liste de dix 
ouvrages concernant la littérature, l'hi^loire 
et les sciences qu'il a publiés, et dont la plu- 
part sont traduits de l'anglais, de l'italien ou 
du français. On dit qu'il a écrit aussi un livre 
concernant les longitudes en mer. Enfin, il a 
donné de nouvelles éditions du Traité de 
Niedt, sur la basse continue et le contrepoint, 
et de celui de Raupach (voyez ces noms) sur 
la musique d'église, avec des préfaces et des 
notes. 

Bode assure, dans le troisième volume de la 
traduction allemande des voyages musicaux de 
lUirney (p. 178), que Mattheson a laissé en 
manuscrit soixante et douze ouvrages prêts à 
être imprimés: il y a peut-être de l'exagéra- 
tion dans ce nombre ; mais il est certain que 
ce laborieux écrivain n'a pas fait imprimer 
tout ce qu'a produit sa féconde plume. Forkel 
et Gerber citent de lui les ouvrages suivants 
qui, selon eux, existent dans la Vil)liolhè(|ue 
de Hambourg et dans d'antres lieux : 1° Der 
L'escheidene viusikulische Diclalor, mit 
einen Intermezzo fur den sogenanriteu 
Menschen (le Dictateur musical modeste, etc.). 
•1" Elniiuenlia vcrticordia snnora. ô" Die 
J'Iiorlicil den Àugenorgel, ivekUe sichanjetit 



von neuem regel (la Folie de l'orgue oculaire 
(du P. Castel), etc.). 4° Redite malliematiscfie 
Farm der Tonkunst, mit den tvohlbcstelllen 
Paukenspiel (Véritable forme mathémali<|uc 
de la musique, etc.). 5» Notfnvendige f'crbes- 
sentng der Sprache und Reime im den ge- 
wolinlichen Kirchenliedern ( Amélioralion 
nécessaire du langage et delà rime dans les 
cantiques de l'église). 

On a gravé deux beaux portraits de Mat- 
theson : le premier (in-4'') se trouve à la tête 
(les deux éditions de la Grande École de la 
basse continue; l'autre (in-fol.) est placé au 
commencement du Parfait Maître de cha- 
pelle. 

31ATTIIIAS (Maître ou Mesthe), ou MA- 
TUIAS, musicien belge du seizième siècle, a 
été placé par Wallher et par Gerber, dans 
leui's dictionnaires, sous le nom de De 3Ieis- 
tre : je crois qu'ils ont pris pour le nom de 
cet artiste la qualification de maître qui se 
donnait autrefois aux ecclésiastiques (|ni culti- 
vaient la musique, et que le nom véritable de 
celui dont il s'agit était réellement MAT- 
THIAS. Je suis conduit à celte conjecture 
par un de ses ouvrages oii il est appelée/. j7/a(- 
thias, Fiamengo, et où l'on voit qu'en 1551 il 
était maître de chapelle de l'église cathédrale 
de Milan. Après la mort de llans Wallher, il 
fut appelé pour le remplacer à la cour de 
Dresde jiar l'électeur Maurice de Saxe; mais il 
n'arriva dans cette ville (|u'après la mort de 
ce prince; Auguste, successeur de celui-ci, le 
garda à son service, en qualité de maître de 
chapelle. Il retourna vraisemblablement en 
Italie après avoir publié à Dresde, en 1577, 
ses chansons allemandes et latines à trois voix, 
car on voit dans \eCalalogns script. Florent., 
qu'il était organiste à i'iorence, en 1581). On 
connaît sous son nom : 1" La Baltaglia Ta- 
gliana composta da M.Matthias, Fiamengo j 
)iuieslro di cappella del duomo di Mitaiio, 
con alcitne villoite piacevoli, nuovamente 
con ogni diligenza slampala e correlta. a 
quallro voci; in Venezia, G. Scotto, 1551, 
in-4" olil. La bataille contenue dans ce re- 
cueil est une imitation de celle de Marignan, 
par ClémentJanne(|uin. Il y a une autie édi- 
tion de C(!t ouvrage, publiée un an après celle 
de Scotto; elle ajwur titre-. Bataglia Taliana 
aggiontevi ancliora xtne J'illotta a la Pado- 
vanu con qnallro voci; in f'enezia, app, 
d'Antonio Gardano, 1552, in-4" obi. J'ai vu 
un exemplaire de cette édition dans la Biblio- 
lh(>que royale de Munich. 2» Magnificat octo 
lonorum; Dresde, 1557, in-l'ol. o" Cale- 



MATTHIAS — MAUDUiT 



35» 



chcsis tribus vocibus coniposila ; Niireml)crg, 
1;)0ô, in-4'^. Geislliche unil tcellliche Ge- 
sa'nge rnitiund 5 Slimmen (Chanls r-eligieiix 
et profanes, à (pialrc et cin(| voix); Witlen- 
heri^-, 15G0, in-4'". 4» Motlcti a 5 roci, lib. I ; 
Dresde, 1570. 5" O/pcia de Nalivitate et As- 
censione Chrisli 5 vocum ; ibi<i. , 1574. 
G" Teutsche ttnd Lalinische Licder von 
3 Stimmen (Chansons allemandes et latines 
à trois voix); Dresde, 11577. On trouve, dans 
la Bil)liolhè<iuc loyaie de Munich, des oflices 
de Maltiiias en manuscrit, sous les ti"' 28, 
42 et 43. Dans le recueil intitulé : Motetti 
del fiore, dont il y a des éditions de Venise, 
de I.jon et d'Anvers, on trouve un motet de 
nialliiias. 

nriïTIOLI (le P. André), cordelier, né à 
Facnza, vers 1017, fut d'abord attaché à la 
cathédrale d'Imolajen qualité de mansionaire 
et de directeur du chœur, puis il devint cha- 
noine et maître de chapelle du duc de Man- 
toue. Il occupait encore celle dernière position 
en 1071. De ses compositions poui' l'église, je 
ne connais que les ouvrages dont voici les 
titres : 1" Inm sacrî concertati al, 2, 3, 4, 
5 e G vnci, cvn stromenii e senza, op. 2 ; Ve- 
nise, Alex. Vincenti, 1G46; c'est une réim- 
pression. 2" Salmi a otto voci pieni ebrevi 
alla moderna, op. 4 ; Venise, François Ma- 
gni, 1641. C'est au titre de cet œuvre qu'on 
voit que Madioli occupait alors la place de di- 
recteur du chœur d'Imola. Une deuxième édi- 
tion de cet ouvrage, dédiée à Cosme III de 
Wédicis, grand-duc de Toscane, a été pu!)liée 
sous ce litre : Al serenissimo Cosimo Terzo 
gran duca di Toscana, etc. Salmi a otto 
pieni e brevi alla moderna del canonico An- 
dréa Mattioli, maestro di cappella delserenis- 
simodiœa di Mantova, opéra qiiarla; in Ve- 
netia, 1671 , appresso Francesco 3Jugni detto 
Gardano,\n-A'\ Suivant l'usage de l'époque où 
i\ vécut, sa profession de prêtre régulier n'em- 
pêcha pas le P. Mattioli d'écrire pour le 
Hiéâtre. En 1G50, il donna, à celui de Ferrare, 
l'Esilio d'amore; dans l'année suivante, // 
Ratto di Cefalo, au même théâtre; en 1650, 
Bidone^h Bologne; en 1665, PerseO; à Ve- 
nise ; en 1666, la Palma d'amore, cantate, à 
Ferrare, et, dans la même année, Gli Sforzi 
deldesiderio, au même théâtre. 

MATTUCCI (Pierre), sopraniste. nédans 
«n village des Abruz^es, en 1768, fit ses 
éludes musicales au Conservatoire de la 
Pielà, sous la direction de Sala. Dans sa jeu- 
nesse, il chanla pendant plusieurs années à 
r.ouic, sur le théâtre Argentina, les rôles de 



pr/mo donna. Plus tard, il parcourut l'Italie, 
chanta partout avec succès, visita Londres, 
l'Espagne, la Russie, et revnt en Italie vers 
1800. Deux ans après, il se fit entendre à Milan, 
pendant la saison du carnaval. Vers 1811, il 
se relira à Naples. Depuis cette époque, on n'a 
plus eu de renseignements sur sa personne. 
Gervasoni dit qu'il possédait une voix fort 
étendue et fort égale, 

MAUCLERC (Pierue), duc de Bretagne, 
était fils de Robert II, comte de Dreux. I! 
mourut en 1250. Comme tous les princes de 
sa maison, il cultivait la poésie et la musique. 
"Les manuscrits de la Bibliothèque de Paris 
nous ont conservé une chanson notée de sa 
composition. 

MAUCOURT (Lovis-CiiAni.Es), fils d'un 
musicien français, naquit à Paris, vers 1760, 
et y fit ses études musicales sous la direction 
de son père. Plus tard, il reçut des leçons de 
violon de Harranc, qui le fit débuter au Con- 
cert spirituel, en 1778, dans un concerto de 
Somis. D'après les conseils de son maître, Mau- 
courl voyagea; il visita d'aI)oi(l la cour de 
Manheim; puis, il fut attaché à la chapelle 
du duc de Brunswick, vers 1784. Il i)ublia 
alors un œuvre de trios pour deux violons et 
basse, op. 1, chez André, à Offcn!)ach. A cet 
ouvrage succédèrent ceux-ci : Concerto pour 
le violon, avec accompagnement d'orchestre, 
op. 2; Darmstadl, Bossicr, 1793; Deuxième 
concerto pour le violon, idem.,o\^. 3; Bruns- 
wick, 1790; Sonates pour violon seul et basse, 
op. 4; ibid., 1797. A l'époque de la formation 
du royaume de 'Westphalie, Maucourl fut ad- 
mis dans la chapelle de Jérôme Napoléon. Une 
attaque de paralysie dont son bras gauche fut 
frappé en 1813, robligca de prendi'e sa re- 
traite et lui fit obtenir une pension de ce 
prince. On n'a pas de renseignement sur les 
dernières années de Maucoui-l. On connaît de 
cet artiste, outi'e les ouvrages cités précédem- 
ment, un quatuor brillant pour deux violons, 
allo et basse, dédié à l'empereur de Russie, 
Alexandre I'''"; Offcnbach , André, et <Ieux 
solos de violon avec basse, op. 6; Brunswick, 
Mayer. 

Le père de Maucourt, claveciniste à Paris, 
y a publié, en 1758, des Pièces pour le cla- 
vecin, avev accompagnement d'unviolon. 

MAUDUIT (Jacoues), musicien français, 
issu de noble famille, suivant le P. Mersenne 
(Harmon. universelle, liv. VII, p. 03), na- 
quit à Paris, Iel6sei)tembrel557. Après avoir 
fait ses éludes dans un collège de cette ville, 
il voyagea dans plusieurs contréesde l'Europe, 

3, 



36 



MAUDUIT - MAUPIN 



notamment en Italie, puis revint à Paris, où 
il succéda à son père dans la charge de garde 
du dépôt des requêtes du palais. Il était fort 
instruit dans les langues anciennes, savait 
l'italien, l'espagnol, l'allemand, et possédait 
des connaissances étendues dans la musique. 
Il mourut à l'âge de soixante et dix ans, le 
21 août 1C27. Ami de Ronsard, il fit exécuter, 
au service funèbre de ce poète, une messe de 
Requiem à cinq voix, de sa composition, qui 
fut chantée ensuite à l'anniversaire de la mort 
de Henri IV, puis à celui de Mauduit lui- 
même, dans l'église des Minimes de la place 
Royale. Mersenne a publié le dernier Requiem 
de cette messe dans son Harmonie univer- 
selle (liv. 7«, p. GO et suivantes), et M. Ch.- 
Ferd. Becker l'a donné en parlilion dans la 
quarante-quatrième année de \a Gazette géné- 
rale de musique de Leipsick. On trouve deux 
autres morceaux de cet artiste dans les Ques- 
tions sur la Genèse da même auteur. Dans sa 
jeunesse, Mauduit avait obtenu, en 1581, le 
prix de Vorgue d'argent, au concours appelé 
Puy de musique, d'Évreux, pour le motet Jf- 
ferte Domino, de sa composition. Son talent 
sur le luth était considéré comme extraordi- 
naire. II a laissé en manuscrit un grand 
nombre de messes, vêpres, hymnes, motets, 
fantaisies et chansons. Le portrait de Mauduit 
a été inséré par Mersenne dans son Traité 
de l'harmonie universelle (liv. 7*, p. 63). On 
peut voir dans la notice de Lejeune (Claude), 
une anecdote qui fait honneur au caractère de 
Mauduit. 

MAIJGARS (Aude), prieur de Saint- 
Pierre d'Esnac, vivait à Paris, dans la pre- 
mière moitié du dix-septième siècle. Les J/is- 
toriettes de Tall^mant des Réaux, publiées 
.par M. de Monmerqué, fournissent sur ce 
musicien des renseignements curieux mêlés 
d'anecdotes assez fades (t. III, p. 108-114). 
» Maugars, dit-il, était un joueur de viole le 
« plus excellent, mais le plus fou qui ait 
« Jamais été. Il était au cardinal de Riche- 
« lieu. Bois-Robert, pour divertir l'éminentis- 
» sime, lui faisait toujours quelque malice. » 
Après une longue ctsotte histoiresurunemys- 
tificalion faite à l'abbé Maugars, Tallcmant 
rapporte cette anecdote : u Un jour, M. le 
V cardinal lui ayant ordonné de jouer avec 
« les voix en un lieuoiiétaitleRoi(LouisXIlI), 
« le Roi envoya dire que la viole emportait les 
« voix (c'est-à-dire, <|u'elle jouait trop forl). 
" — Maugré bien de l'ignoiant! dit Maugars, 
« Je ne jouerai jamais devant lui. — DeNiert, 
u qui le sut, en (il bien rire le Roi. « Colle 



aventure Ht sortir Maugars decliez lecardinal 
de Richelieu. Plus tard, il alla à Rome, à la 
suite d'un grand seigneur. « Je l'ai vu à Rome 
« (dit Tallemanl). A la naissance de M. le 
u Dauphin (Louis XIV, en 1C38), il joua de- 
« vaut le pape Urbain VIII, et disait que Sa 
« Sainteté s'étonnait qu'un homme comme lui 

« pût être mal avec quelqu'un Maugars 

« revinten France et mourut (luelques années 
« après. » 

Il était allé en Angleterre vers 1023, et en 
avait rapporté le Traité de Bacon De jiug- 
mentis scientiarum qn''i\ traduisit en français 
sous ce titre : le Progrès et avancement aux 
sciences divines et humaines; Paris, 1024. 
Plus tard, il donna aussi la traduction du pelii 
traité anglais du même auteur : Considéra- 
tions politiques pour entreprendre la guerre 
d'Espagne; Paris, Cramoisy, 1054, in-4". 
Celte traduction, dédiée au cardinal de Ri- 
chelieu, lui valut le titre de conseiller secré- 
taire interprète du roi en langue anglaise. 
C'est cette même traduction que Buchon a 
insérée dans la collection des œuvres de Bacon 
{Panthéon littéraire). Parmi ses écrits, on re- 
marque celui qui a pour titre : Response fui'.e 
à un curieux sur le sentiment de la musique 
d'Italie, écrite à Rome, le ]''' octobre 1039 5 
Paris (sans nom d'imprimeur), 1039, in-8". 
Dans cet opuscule, l'abbé Maugars parle avec 
admiration du talent de Frcscobaldi, qu'il 
avait entendu à Rome. On a réimprimé ce 
morceau, sous ce litre : Discours sur la mu- 
sique d'Italie et des opéras, dans le Recueil 
de divers traités d'histoire, de inorale et 
d'éloquence; Paris, 1672, petit in-12. 

MAULGUED (Put), maître du chant à 
l'église collégiale de Saint-Pierre, à Lille, au 
commencement du dix septième siècle, a 
composé un recueil de motets publiiî sous le 
litre de Cantiones sacras A, 5, Ge8rocw?n; 
Anvers, 1003, in-4". On a aussi de sa compo- 
sition : Chansons hontiestes, à 4 et 5 parties; 
Anvers, 1006, in-4''. 

MAUPIIN (M'"-), née vers 1673, était 
fille d'un secrétaire du comte <i'Armagnac, 
nommé d'Auhigny. Mariée fort jeune, elle 
obtint, pour son époux nu emploi dans 
les aides , en province. Pendant son ab- 
sence, ayant fait connaissance d'un pré- 
vôt de salle, nommé Séranne , elle s'en- 
fuit avec lui à Marseille, oii elle apprit à 
faire des armes. Bientôt après, piessés par le 
besoin, les deux amants s'engagèrent comme 
chanteurs au théâtre de cette ville; mais une 
aventure scandaleuse obligea ma<lenioiselle 



MAUPIN — MAURER 



Maupin de quitter le théâtre et de s'éloigner 
de Marseille. Les parents d'iinejeune personne, 
s'élant aperçus de la passion que celte actrice 
avait conçue pour elle, se hâtèrent de l'envoyer 
<lans un couvent à Avii^non. Mademoiselle 
Maupin alla s'y présenter comme novice. Peu 
de jours après, une religieuse mourut; l'ac- 
trice porta le cadavre dans le lit de son amie, 
mit le feu à la chambre, et dans le tumulte 
causé par l'incendie, enleva l'oljjet de ses af- 
fections. Après quehiues aventures en pro- 
vince, elle vint à Paris et débuta à l'Opéra par 
le rôle de Pallasdans Cadmus, en 1695. Elle 
y fut fort applaudie; pour remercier le public, 
elle se leva dans la machine, et salua en 
étant son casque. Après la retraite de made- 
moiselle Rochois, en 1698, elle partagea les 
premiers ibles avec mesdemoiselles Desmalins 
et Moreau. 

Née avec des inclinations masculines, elle 
s'habillait souvent en homme, pour se divertir 
ou se venger. Duménil, acteur de l'Opéra, 
Payant insultée, elle l'attendit un soir à la 
place des Vicloires, habillée en cavalier, et 
lui demanda raison l'épée à la main ; sur son 
refus de se battre, Jlaupin lui donna des 
coups de canne, et lui prit sa montre et sa ta- 
batière. Le lendemain, Duménil raconta à ses 
camarades qu'il avait été attaqué par trois vo- 
leurs, qu'il leur avait tenu télé, mais qu'il 
n'avait pu empêclier qu'ils ne lui prissent sa 
montre et sa tabatière. — « Tu mens ! » s'écrie 
Maupin, « tu n'es ()u'un lâche; c'est moi 
« seule qui l'ai donné des coups de bâlon, et 
« pour preuve dece que. je dis, voici la montre 
« et ta tabatière que Je te l'ends. » Dans un 
bal donné au Palais-Royal, par Monsieur, elle 
osa faire à une jeune dame des agaceries indé- 
centes. Trois amis de cette dame lui en de- 
mandèrent raison : elle sortit sans hésiter, 
mit l'épée à la main, et les tua tous trois. 
Rentrée dans la salle du bal, elle se fit con- 
naître au prince, ({ui lui obtint sa grâce. 

Peu de temps après , elle partit pour 
ISruxelles, où elle devint la maîtresse de l'élec- 
teur de Bavière. Ce prince l'ayant quittée 
pour une comtesse, lui envoya quarante mille 
francs avec ordre de sortir de Bruxelles. Ce fut 
le mari de la dame lui-même qui fut chargé 
de porter l'ordre et le présent. Maupin lui jeta 
l'argent à la tête en lui disant que c'était une 
récompense digne d'un m... tel que lui. De 
retour à Paris, elle rentra à l'Opéra, qu'elle 
(|uilta tout à fait en 1703. Quelques années au- 
paravant, elle avait eu la fantaisie de se rac- 
commoder avec son mari, qu'elle fit venir de 



la province ; on dit qu'elle vécut avec lui dans 
une parfaite union Jusqu'à la mort de ce dei- 
nier, arrivée en 1701. Elle-même mourut vers 
la fin de 1707, âgée de trente-trois ans. On 
trouve dans les Anecdotes dramatiques, 
t. III, p. 332, une lettre que lui adressa le 
comte Albert sur le projet qu'elle avait conçu 
de se retirer du monde. Elle avait peu de ta- 
lent dans l'art du chant, mais sa voix était fort 
belle. 

MAUREU (Joseph-Bernard), né à Co- 
logne, en 1744, s'est distingué dans la mu- 
sique par des connaissances théoriques et 
didactiques très-solides. Il jouait bien de 
plusieurs instruments, particulièrement du 
piano et du violoncelle. Bon professeur, il a 
compté parmi ses meilleurs élèves Bernard 
Klein et son frère Joseph, Bernard Breuer et 
Zucalmaglio {voyez ces noms). Maurer dirigea 
plusieurs sociétés musicales de sa ville natale 
et fut longtemps un des plus fermes soutiens des 
progrès du goût de la musique dans le cercle 
où il vivait. Il a écrit des cantates religieuses, 
des messes et d'autres œuvres pour l'église, 
ainsi que des compositions instrumentales. 



Cet artiste estimable, est mort, 



à l'âge de 



quatre-vingt-dix-sept ans , à la fin d'avril 
1841. 

MAURER (François-Antoine), chanteur 
allemand, naquit à Poelten, près de Vienne, 
en 1777. Ayant été admis fort jeune au sémi- 
naire de cette ville, il y fut remarqué par le 
baron VanSwieten, qui lui fit donner une édu- 
cation musicale, et lui fit apprendre les lan- 
gues italienne et française. La composition et 
le chant devinrent ensuite les objets particu- 
liers de ses études. A peine âgé de quinze ans, 
il se faisait remarquer par de légères com- 
positions. En 1796, il débuta au théâtre de 
Schikaneder par le rôle de Sarastro, dans la 
Flûte enchantée , où il obtint un brillant suc- 
cès. L'étendue de sa voix dans le grave était 
extraordinaire : on assure même qu'il descen- 
dait jusqu'au contre-la, ce qui était presque 
sans exemple, sauf en Russie où se trouvant 
des voix de basse-contre qui descendent jus- 
qu'au contre-fa. Ses discussions avec son 
protecteur, qui voulait qu'il ne cultivât que 
son talent.de compositeur, se terminèrent par 
des scènes désagréables qui l'obligèrent à 
s'éloigner de Vienne. Il se rendit d'abord à 
Francfort-sur-le-Mein, où il avait un engage- 
ment pour le Théâtre-National. Il y joua avec 
succès jus(|u'à la (in de l'année 1800; puis il 
fut appelé à Munich, dont les habitants ne l'ac- 
cueillirent pas moins bien; mais il ne Jouit. 



38 



MAURLR 



pas longtemps des avanlagcf de sa nouvelle 
fiosilion, car une fiôvre ardente le conduisit au 
tombeau, le 19 avril 1803. Comme composi- 
teur, il s'est fait connailre par la nnisiiiue 
d'une traduction allemande de l'opéra comi(|iie 
intitulé: Maison à vendre, et par un autre 
petit opéra dont David Tcniers était le sujet. 
On connaît aussi de lui de petites pièces pour 
le piano ; Vienne, Weigl ; des airs détachés et 
(les scènes avec accompagnement de piano j 
OfTenbach, André. 

MATJREU (Lons-GtiiLAUME), violoniste 
et compositeur, né à Potsdam, le 8 lévrier 
1789, est élève de Ilaak, mailre de concert de 
Frédéric II, et violoniste distingué. A l'âge de 
(leize ans, il se fit entendre pour la première 
fois à Berlin, dans un concert : de vifs applau- 
dissements accueillirent son talent précoce, et 
cet heureux début décida de sa carrière d'ar- 
tiste. Attaché d'abord à la musique de la 
chambre du roi de Prusse, il y puisa, dans la 
fréquentation de musiciens de mérite, des 
conseils et des modèles qui hâtèrent ses pro- 
grès. En 180C, la chapelle du roi ayant été 
dissoute après la bataille de Jéna, Maurer dut 
chercherdes ressourcesen voyageant. D'abord, 
il se rendit à Rœnigsherg, où il fut bien ac- 
cueilli, puis à Riga, où il connut Rode et 
Raillot, qui lui donnèrent des conseils^ et en- 
fin à Mittau, d'où il se rendit à Pétersbourg. 
Les concerts qu'il y donna améliorèrent sa 
position, et le firent connaître avantageuse- 
ment. De là, il se rendit à Moscou, où il re- 
trouva Baillot, qui lui fit oblenir la placede 
directeur de musique chez le chambellan Wso- 
wologsky, riche amateur de musique qui avait 
formé un orchestre attaché à sa maison. 
Maurer resta chez ce seigneur jusqu'en 1817, 
et le suivit dans ses terres, aux frontières de 
la Sibérie, à l'époque de l'invasion de l'ar- 
mée française. De retour à RcMliu, en 1818, il 
y resta peu de temps, et fit un voyage à Paris, 
où il eut des succès comme violoniste. L'année 
suivante, il accepta la place de maître de con- 
certs à Hanovre, et il resta dans cette ville 
jusqu'en 1852, époque où il reçut de M. de 
Wsowologsky l'invitation de se rendre à Pé- 
Icrsbourg, en qualité de directeur de sa mu- 
sique. Il y jouissait de beaucoup d'estime 
comme virtuose et comme composjicur. En 
1845, il a entrepris un nouveau voyage dans 
lequel ila visitéStockholm, Copenhague, Ham- 
bourg, Leipsick et Vienne; puis, il s'est fixé à 
Dresde, où il vivait encore en 1859. Paimi ses 
ouvrages, ceux <iui ont eu le plus du succès 
sont sa symphonie concertante pour «luatre 



violons, qu'il a exécutée pour la première fois 
avecSpohr, Millier et 'Wich, et<|Mi a élé en- 
tendue à Paris, en 1838, dans un concert 
donné par llerz et Lafont, et son «jeiivie 14'', 
([iii consiste en trois airs l'u^scs variés pour 
violon, avec orchestre. Il a écrit aussi linéi- 
ques opéras et ballets, enire autres Jlonzo, 
la Fourberie découverte et le Nouveau Paris, 
dont on a publié les ouvertures à grand or- 
chestre; mais il n'a |)oint léussi dans ces com- 
positions. Ses ouvrages luibliés sont : l"Les 
ouvertures citées ci-dessus. 2" Symphonie 
concertante pour quatre violons , op. !55 ; 
Leii)sick, Peters. 5" Symphonie concertante 
pour deux violons, op. ofi ; Leipsick, llof- 
meister. 4° Romance de Joseph variée pour 
deux violons et violoncelle ]irinci[)aux, avec 
orcheslrc, op. 25; Leipsick, Pelcrs. 5" Varia- 
tions pour deux violons principaux et or- 
cheslre, op. 30 ; Leipsick , Brcitkopf et Ilœr- 
tel. G" Idem, op, 47; Leipsick, llormeisler. 
7" Concertos pour violon principal et or- 
chestre, n»» 1, 2, 3, 4, 5, G, 7, 8; Leipsick, 
Peters. 8''Concertinosî(7em,n°' 1 et 2; Bruns- 
wick, Meyer. 9° Fantaisies pour violon prin- 
cipal et orchestre, op. 00 et 62; Leipsick, llol- 
meisler. 10» Airs variés idem, op. 2, 14, 10, 
23, 35, 37, 51, 53, 59, 7C; Leipsick, Hanovre 
et Brunswick. 11" Idem, avec accompagne- 
ment de quatuor. 12" Quatuors pour deux 
violons, alto et violoncelle, o|). 17, 28; Bonn, 
Simrock; Hanovre, Bachmann. 13" Duos con- 
certants pour deux violons, op. 01 ; Leipsick, 
Peters. 14"Chansons allemandes, avec accom- 
pagnement de piano. 

Maniera eu deux fils, TFsevolod et Alexis, 
nés tous deux à Péleisbourg; le premier, 
élève de son père pour le violon; l'autre, vio- 
loncelliste. Ils ont voyagé ensemble, pour 
donner des concerts, à Knsnigsbeig, Leipsick 
et Berlin, en 1832 et 1833: puis ils sont re- 
tournés en Russie, où ils se trouvaient encoïc 
en 1848. 

MAURKU (J.-M.) fut chef d'orchestre du 
théâtre de Strasbourg, depuis 1829 jusqu'en 
1830. Il a écrit la musi(|ue pour la tragédie de 
Jiélisaire, qui fut rcpréseulée dans celte ville 
eu 1830. Dans la même année, il y fitexécu- 
Icr son oratorio de la Jeunesse de David. 
Ces renseignements sont les seuls (|uej'ai pu 
me procurer sur cet artiste. P(!ut-étie est-ce 
le même Maurer (|ui était chef d'orchestre à 
Bamberg, et qui y fit repiésentcr, en 1837, un 
mélodrame intitulé: Itlazeppa, cl qu'on re- 
trouve, en 1842, à Langenschwalbaih, diri- 
qoanl une société do chant. 



MAURICE-AUGUSTE - MAXANT 



r.') 



MAURICE-AUGUSTE, landgrave de 
Ilesse-Cassel, né le 25 mai 1572, fut un des 
piinres les plus instruits de son temps, et joi- 
i;nit à SCS connaissances littéraires du talent 
l)onr la musique. Il composa des mélodies 
l)our quelques psaumes de Lobwasser, et des 
motets à plusieurs voix dont quelques-uns ont 
été insérés dans les Florilegium Portense de 
liodenschatz. D'autres compositions à plusieurs 
voix de ce prince ont clé insérées dans le No- 
vum et insigne Opus, continens texttis me- 
Iricos sacros de Valenlin Geuck {voyez ce 
nom); Cassel, 1G04. Fatigué du monde, il ab- 
diqua, passa les dernières années de sa vie 
dans la retraite, et mourut le 15 mars 16Ô2. 

MAURO (le père), religieux de l'ordre des 
Servîtes, né à Florence en 1493, mourut le 
27 septembre 1556, à l'âge de soixante-trois 
ans, et fut inhumé dans l'église de VAniiun- 
ziala de sa ville natale, couvent où il avait 
passé la plus grande partie de sa vie et dans 
lequel i! termina sa carrière. Ce moine était 
versé dans les lettres, la philosophie et les 
sciences: telle était l'étendue de ses connais- 
sances, que, suivant Negri (1), il était appelé 
Bibliothèque scientifique (l'Archivio délie 
scienze). En 1532, il fut admis au nombre des 
théologiens de l'université. On le désignait 
quelquefois par le nom académique âe Pltilo- 
jpanarefo; mais l'Académie à laquelle il ap- 
partint sous ce nom n'est pas indiquée. Ne- 
gri a écrit une notice sur ce moine (2), sous 
le nom de Mauro di Fiorenza, et donne la 
liste de ses ouvrages, parmi lesquels il s'en 
trouve un indiqué de cette manière : Com- 
pendio deW una e delV altra Musica. Ce 
livre exista en manuscrit dans la Bibliothèque 
(lu couvent de V^nnunziata jusqu'au com- 
mencement du dix -neuvième siècle; mais, 
ai)rès la suppression des monastères, qui fut 
la conséquence delà domination française en 
Italie, l'ouvrage disparut. On ignorait ce qu'il 
était deveuu, lorsque M. Casamorata, avocat 
et amateur distingué de musique à Florence, 
l'a retrouvé dans la Bibliothèque Mediceo- 
Laurenziana de cette ville, parmi les livres 
des couvents supprimés (armoire B, n» 149) ; 
il en a donné une analyse dans le tome 7^ de 
la Gazzetta musicale di Milano (1848, p. 5). 
Le titre latin de l'ouvrage de Mauro est ce- 
lui-ci : UtriusqueMusices epitome, M. Mauro 
Phonasco ac Pliilopunareto autore ; il est 
suivi du titre italien : Dell' una a deW altra 



(I) fstoria (le Fiorenlhii Scrillori. png. 40'J. 
(i) Loc. cil. 



musica, piana e misurala, prallicn e spe- 
culativa, brève epitome, etc. Eu traitant des 
intervalles et de leur nature, Mauro fait celt« 
remarque (pp. 57-38), bien digne d'attention 
et qui renferme une grande vérité, méconnue 
par tous les théoriciens, jusqu'au moment ou 
j'en ai donné la démonstration tonale, à sa- 
voir que le demi-ton majeur ne l'est que de 
nom, mais non en fait, car « l'oreille le juge 
mineur. » Cette observation de Mauro s'ap- 
plique aux demi-tons constitutifs de toute 
gamme de modes majeurs ou mineurs, parce 
que, contrairement à la théorie vulgaire des 
géomètres, ils sont dans la proportion —~. 
Le vrai demi-ton majeur ~ n'existe qu'entre 
deux sons qui n'appartiennent pas à la même 
gamme, comme ut-ut dièse, fa-fa dièse, elc. 
Dans le demi-ton mineur, les sons ont entre 
eux de l'attraction, comme mi-fa, si-ut, etc.; 
dans le demi-ton majeur, les sons se repous- 
sent réciproquement. Sur cette simple bast* 
repose toute la théorie de la tonalité. 

MAVIUS (Chaules), professeur de mu- 
sique à Leicester, né à Bedford en 1800, est 
fils d'un musicien allemand qui résidait à 
Rettering en 1824. Élève de son père, il fit de 
si rapides progrès dans la musique, qu'à l'âge 
de quatorze ans il obtint la place d'organiste 
à Kettering, Plus tard, il est devenu élève de 
Griflîn pour le piano, et de Ring pour l'har- 
monie et le chant. En 1820, il est fixé à Lei- 
cester. On a gravé de sa comi)osition quelques 
morceaux de piano qui ont paru à Londres 
depuis 1817. 

MAX (Maximilien), violoniste habile, né à 
Winterberg, en Bohême, le 27 décembre 
17G9, fit ses études musicales comme enfant 
de chœur à l'église cathédrale de Passau, où 
il fit aussi ses humanités et son cours de i)hi- 
losophie. Plus tard, il alla étudier la théolo- 
gie à Prague. En 1792, il entra dans l'ordre 
des Prémontrés à Tepel. Après la suppression 
de son couvent, il alla à Neumark. En 1815, 
il remplissait les mêmes fonctions à Czihana. 
Non-seulement il a été un des meilleurs vio- 
lonistes de la Bohême, mais il jouait aussi fort 
bien du piano et de la viole d'amour. On a 
gravé de sa composition, à Prague, six trios 
pour deux violons et violoncelle. 

MAXAIST (Jean-Népomucène-Adalbert), 
oiganiste distingué et compositeur, naquit vers 
1750, dans la seigneurie de Rossenberg, a 
Diwicz, en Bohême. D'abord élève d'un très- 
bon organiste, nommé Rokos, il reçut ensuite 
des leçons de Roprziwa , un des meilleurs 
élèves du célèbre organiste Segert. Après^ 



40 



MAXANT - MAYER 



avoir Cluâ'ié pendant plusieurs années sous la 
direction de ce maître, il voyagea dans la 
haute et basse Autriche, fut attaché successi- 
vement comme musicien au service de plu- 
sieurs couvents, et enfin fut nommé, en 1/70, 
recteur du collège et directeur du chœur à 
Friedberg, où il vivait encore en 1817. Cet 
artiste a formé un nombre considéraiile d'ex- 
cellents élèves, dont la plupart ont été ou sont 
organistes en Bohême. Il a publié, à Linz, une 
messe à quatre voix et orchestre composée 
pour les académiciens de cette ville. Il avait 
en manuscrit: 1» Dix-huit messes solennelles 
2° Six motets. Z" Six messes de Requiem. 
4° Beaucoup de chants détachés. 3° Des pré- 
ludes et pièces d'orgue. G° Des sonates et va- 
riations pour le piano. 

MAXIMILIEN JOSEPH ITI, électeur 
de Bavière, naquit à Munich, le 28 mars 1727, 
et succéda à son père Charles-Albert, en 1745. 
Une instruction solide dans les sciences et 
dans les arts, un esprit droit et le désir sin- 
cère de rendre ses sujets heureux, en firent 
un des princes les plus accomplis du dix- 
huitième siècle. On le surnomma le Bien- 
Âimé, dénomination mieux méritée par lui 
que par son contemporain Louis XV, roi de 
France. Il mourut à Munich, le 30 décembre 
1777. Ce prince jouait bien du violon, du vio- 
loncelle, et surtout de la basse de viole. Ber- 
nasconi avait été son maître de composition. 
Lors(|ue l'historien de la musique Burney vi- 
sita la Bavière, le duc lui fil présent d'un 
Stabat mater (le sa composition, quele célèbre 
chanteur Guadagni considérait comme un fort 
bon ouvrage. Précédemment, une copie de ce 
Stahat avait été portée à Venise à l'insu du 
prince, et le morceau avait été gravé sur des 
planches de cuivre ; informé de cet événe- 
ment, Maximilicn fil acheter toute l'édition cl 
la su]>prinia. On cite aussi de sa composition 
des litanies et une messe qui fut exécutée par 
les musiciens de sa chapelle. 

MAXWELL (François KELLY), doc- 
teur en théologie et chapelain de l'hùpital 
d'Edimbourg appelé ÂS])lum , na(|uit en 
Ecosse, vers 17ô(), et mourut à lùlimbourg, en 
1782. Il a fait imprinuM- un livre i|ui a pour 
litre : An Essay upon tune; being an al- 
teiupt to free the scale of musir, aiid the 
tune of instruments, from imperfections 
(Essai sur la tonalité, ou leulative pour af- 
franchir de leiii's imper'IV'Clious l'éclK-lle musi- 
cale et la constructionlonale des instruments); 
Edimbourg, 1781, in-8», de deux cent quatre- 
vingt-dix pages, avec dix-neuf planches. Le 



frontispice de cet ouvrage a été renouvel(;, 
aveci l'indication de Londres et la date de 
1794. Le livre est divisé en deux parties, dont 
chacune est subdivisée en sept chapitres : la 
première est relative à la construction ration- 
nelle des intervalles; la seconde, à la con- 
struction des gammes majeure et mineure de 
tous les tons. L'objet du livre de Maxwell est 
un des plus importants de la philosophie de la 
musique; il contient de curieuses recherches 
sur ce sujet, dont les difTicullés sont considé- 
rables: malheureusement, l'auteur part d'une 
donnée fausse, en considérant le système égal 
comme le dernier terme de la perfection dans 
la construction des gammes, et comme le seul 
moyen de rendre régulière la conformation de 
celles-ci. Quoi qu'il en soit de l'erreur de Max- 
well à cet égard, on ne peut nier qu'il ne fasse 
|)reuve de beaucoup de savoir, et d'un esprit 
élevé. Son livre, traité sous la forme la plus 
sévère, n'a point eu de succès en Angleterre ; 
l'édition a été anéantie, et les exemplaires en 
sont devenus d'une rareté excessive ; ce n'est 
pas sans peine que j'ai pu m'en procurer un à 
Londres même. . 

3IAXYLLEWICZ (Vincent), composi- 
teur polonais, né en 1085, était depuis six ans 
maitie de chapelle de la cathédrale de Craco- 
vie, lorsqu'il mourut subitement, à l'âge de 
soixante ans, le 24 janviei' 1743. Ces rensei- 
gnements sont fournis par une notice contem- 
poraine, éciile en latin, laquelle a été publiée 
par M. Sowinski, dans son livre intitulé : les 
Musiciens polonais (1 ), p. 596. Quelques com- 
positions de Maxyllewicz sont conservées 
dans la Bibliothèciue de la cathédrale de 
Cracovic. 

MAYEÏ\ (jEAN-FnÉDÉRic), savant théolo- 
gien, né à Leipsick, le 6 décembre 1G50, en- 
seigna la théologie à Wittenberg, à Ham- 
bourg, à Greilswald et à Kiel. Nommé, 
en 1701 , suiinlendant général des églises 
do la Poméianie, il occupa ce poste jusqu'à 
sa mort, arrivée à Sleltin, le 50 mars 1712. 
Parmi ses nombreuses dissertations, on en 
trouve une : De lnjmno : Erhalt uns Jferr 
hey deinem Jf'ort, etc.; Kiel, 1707, in-4" de 
vingt-quatre pages. Dans non Museuîii ininis- 
tri ecclesix (\6d0, in-4"), il traite, audeuxièmc 
chapitre, p. 27, de l'origine, de l'anliquitc 
et de la construction primitive des orgues. 

MAYEU (CionEinoiD-DAViD), docteur en 
médecine, et membre de l'Académie des scru- 
tateurs de la nature, à Breslau, naciuit dans 
cette ville, le 9 novembre 1C59, et y mourut 
le 28 novembre 1719. On a de lui une disscr- 



MAYER 



41 



lalion iiUitnlée : Jpologin pro observationc 
soni cujusdam in pariete dubii invisibilis 
autoinali; Brcslan, 1712, 111-4°. Elle a ùlé 
aussi insérée dans les ^cta eruditoriim de la 
même année. 

MAll'.U (CnnÉTiEN), professeur de philo- 
sophie, naquit à Mesrzilz, en Moravie, le 
20 août 1719, entra chez les Jésuites, à 
Blayence, le 26 septembre 1745, après avoir 
terminé ses éludes avec distinction à l'Univer- 
sité de Wtlrzbourg, puis sortit de celte société, 
et devint professeur de philosophie à Heidel- 
berg, où il mourut le 1G avril 178Ô. La plii[)art 
de ses travaux sont relatifs à Pastronomic. Ce 
savant a introduit dans l'harmonica des per- 
fectionnements dont il a donné la description 
avec des planches dans le journal intitulé f'on 
und fur Deutschland (de l'Allemagne et pour 
elle). Ce morceau n'a paru qu'après sa mort, 
au mois de juillet 1784. 

MAYER (Antoine), compositeur drama- 
tique, né à Libicz, en Bohême, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, vécut quelques années 
à Paris, puis à Londres et, enfin, à Cologne, 
où il fut maître de cha|)elle. Il vivait dans 
cette dernière ville en 1793. Il a fait repré- 
senter à l'Opéra de Paris : 1" Damèle et Zul- 
mis, en 1780. 2° Jpollon et Daphné, en un 
acte, 1782. VJlnnniach titàâlral de Gotha 
indique de lui les o|iéras allemands : 5° Das 
Jrrlicht(\e Follet). 4" Die Liiflhagel (l'Oura- 
gan; et les ballets : 5» Marlborough. 6» Die 
£ecker{\e Boulanger). On a gravé de la compo- 
sition de cet artiste : Trois trios brillants pour 
deux violons et basse, op. 1 5 Bonn, Simrock. 

MAYEîl (Jean-Deunard), professeur de 
harpe, né en Allemagne vers le milieu du dix- 
huitième siècle, se rendit à Paris en 1781, et 
y publia une méthode pour son instrument, 
en 1783, et quelques compositions parmi les- 
quelles on remarque : 1° Divertissement pour 
harpe et fliite; Paris, Janet. 2» Duos pour 
deux harpes, n"^ 1 et 2; Paris, Naderman. 
o" Divertissement pour harpe seule; Paris, 
Pacini. 4" Deuxième idem; Paris, Érard. 
5° Sonates pour harpe seule, n°= 1 et 2; Paris, 
Naderman. Plus lard, il s'est fixé à Londres, 
où il a été attaché comme harpiste à l'orchestre 
de l'Opéra italien. Il est mort dans celte ville 
en 1820. Des variations, des fantaisies et des 
pots-pourris pour la harpe ont été aussi pu- 
bliés sous le nom de cet artiste. 

MAYEll ou MAYR (Jean-Simon), com- 
positeur, est né le 14 juin 1705 à Mendorf, 
petit village de la haute Bavière. Son père, or 
ganiste de l'endroit, lui enseigna les éléments 



de la musique, pour laquelle il montrait 
d'heureuses dispositions. Enfant de chœur à 
l'Age de huit ans, il fut bientôt on état de 
chanter à vue toute espèce de musique, et à 
dix ans il exécutait sur le clavecin les sonates 
les plus difficiles de Schobert et de Bach. Vers 
cette époque, il entra au séminaire d'Ingol- 
stadtpour y faire ses études, et, pendant tout 
le temps qu'il fréquenta cette école, il négligea 
l'étude de la musique et du piano; mais à sa 
sortie de l'université, il se livra de nouveau à 
la culture de cet art et apprit à jouer de plu- 
sieurs instruments. Conduit, en 1786, par 
différentes circonstances dans le pays des Gri- 
sons, il y demeura deux ans, se livrant à l'en- 
seignement de la musique, après quoi il se 
rendit à Bergame pour y étudier l'harmonie 
et l'accompagnement sous la direction du 
maître de chapelle Carlo Lenzi. Déjà, sans 
autre guide que son instinct, il avait composé 
quelques morceaux, entre autres des chansons 
allemandes qui avaient été publiées à Ralis- 
bonne. Lenzi, maître médiocre, ne pouvait 
conduire fort loin son élève dansl'art d'écrire, 
et les ressources de Wayer ne lui permettaient 
pas d'aller chercher ailleurs les conseils d'un 
harmoniste plus habile. La difficulté de pour- 
voir à son existence l'avait même décidé à re- 
tourner dans son pays; mais les secours géné- 
reux du comte Pesenti, chanoine de Bergame, 
vinrent le tirer d'embarras, et lui fournirent 
les moyens d'aller continuer ses études à Ve- 
nise auprès de Ferdinand Berloni, maître de 
chapelle de Saint-Marc. Mayer ne trouva pas 
dans ce maître les ressources qu'il avait espé- 
rées pour son instruction. Soit que Berloni le 
crût plus avancé qu'il n'était réellement, soit 
qu'il n'eût point l'habitude de l'enseignement 
et qu'il n'en connût pas la marche progres- 
sive, au lieu d'exercer son élève sur les di- 
verses espèces de contrepoints, de canons et 
de fugues, il se contenta de le guider de ses 
conseils dans la facture des morceaux de mu- 
sique, et de corriger partiellement les fautes 
qu'il remarquait dans ses ouvrages. Celte édu- 
cation pratique fut la seule que reçut Mayer 
dans l'art d'écrire ; il y joignit de lui-même la 
lecture de quelques bons livres didactiques et 
des partitions de plusieurs grands maîtres. 

Apres avoir écrit quelques messes et des 
vêpres, il composa, en 1791, l'oratorio Jacob 
a Labano fugiens, pour le Conservatoire des 
Mendicanli, à Venise; cet ouvrage fut exé- 
cuté en présence du roi de Naples. du grand- 
duc de Toscane, et de l'archiduc, vice-roi de 
Milan. Trois autres oratorios {David, Tohix 



43 



MAYER 



matrimonium, et Sisaru) furent ensuite de- 
mandés àHIayer pour Venise, et il écrivit pour 
Foiii la Passion el Jephté. Le brillant succès 
de toutes ces productions avait justifié la pio- 
tection accordée au compositeur par le cha- 
noine Pesenti : ce noble ami des arts rappela 
près de lui son protégé, dans le dessein de passer 
avec lui ses dernières années j mais à peine 
quelques disi)Ositions avaient-elles été prises 
pour la réalisation de ce projet, que le comte 
mourut, et que Mayer resta livré à ses seules 
ressources. Cet événement le jeta dans la car- 
rière de la composition dramatique, où il ne 
fût peut-élie jamais entré si son protecteur 
eût vécu. Il fut déterminé à écrire pour le 
théâtre par les conseils de Piccinni, qui se 
trouvait alors à Venise. Son premier opéra fut 
Sa/fo, sia I riti d'Jpollo Leucadio ; on le 
représenta au théâtre de La Fenice, à Venise, 
en 1794. Depuis celte époque jusqu'en 1814, 
c'est-à-dire penda'nt l'espace de vingt années, 
le nombre des opéras et des cantates théâ- 
trales composées par Mayer s'est élevé à 
soixanle-dix-sept. La plupart ont été favora- 
blement accueillis par les amateurs des villes 
principales de l'Italie, et pendant cette pé- 
liode, le nom de ce compositeur a joui d'une 
célébrité supérieure à celle des meilleurs ar- 
tistes italiens. Quoiqu'il ne fût pas précisément 
doué de facultés créatrices, il y avait assez 
de mérite dans ses ouvrages pour qu'on les 
considérât comme le type du style drama- 
tique de son temps. L'aurore de la carrière de 
Rossini marqua la fin de celle de Mayer. Ce- 
lui-ci n'avait été qu'un homme de transition; 
son jeune rival était destiné à faire une trans- 
formation de l'art. L'activité productrice de 
Mayer avait élé prodigieusedans les premières 
années; plus tard, elle se ralentit. En 1801, 
on lui donna le litie de membre honoraire du 
Collège philharmonique de Venise; dans l'an- 
née suivante, la place de maître de chapelle 
de la basiliciuc de Sainte-Maric-Majcureà Bcr- 
game lui fut confiée, et depuis lors il n'a cessé 
d'en remplir les fondions. Diverses autres po- 
sitions lui ont été offertes postérieurement à 
Londres, à Lisbonne et à Dresde; mais son 
allachement à la ville de Bergameet son goût 
pour l'existence paisible qu'il y trouvait lui 
firent refuser les avantages (ju'on lui offrait 
ailleurs. C'est par les mêmes motifs qu'il n'ac- 
cepta pas la place de censeur du Conservaloii-e 
royal de Milan, à laquelle il avait été appelé 
par un décret du vice-roi d'Italie, daté du 
i'9 avril 1807. Lorsqu'il eut cessé d'éciire 
pour le théâtre, il ne s'éloigna plus de Bcr- 



game et ne composa plus que pour l'église. 
Partageant son temps entre ses élèves et It 
lllléralure de la musique, il s'est en quelque 
sorte isolé pendant vingt-cinq ans du mouve- 
ment musical qui l'environnait, et n'a cher- 
ché de délassement à ses travaux que dans le 
plaisir de former et d'augmenter chaque jour 
une collection de i)arlitions de grands maîtres 
et de livres relatifs à la théorie et à l'histoire 
de la musique qu'il a rassemblée pendant près 
de quarante ans. La direction de l'Institut 
musical de lîergame, fondé par un décret du 
18 mars 1805, et réorganisé par celui du 
6 juillet 1811, lui a été confiée depuis son 
origine. Il y enseignait la composition, et y a 
foimé quelques bons élèves, parmi lesquels on 
compte Donizetti. En 1841, j'ai visité à Ber- 
game cet homme respectable, aussi intéressant 
par sa simplicité, par sa bonté parfaite, que 
distingué par son talent. Il avait alors perdu 
la vue dei)uis plusieurs années; mais sa cécité 
n'avait point altéré sa douce gaieté naturelle. 
Nous causâmes près de deux heures, et je lui 
trouvai beaucoup d'instruction dans la littéra- 
ture et l'histoire de la musique, particulière- 
ment en ce qui concerne l'Italie. L^L'uiuii 
philharmonique de Bergame venait de faire 
frappcren sonhonneurune médaillequ'il m'of- 
frit avec autant de [ilaisir que j'en eus à l'ac- 
cepter. Elle représente d'un côté son effigie, el 
porte de l'autre cette inscription : 

al sud istitutore 

l'onione filarmonica 

di bergamo 

MDCCCXLI 

XIV. CIUGMO 

Mayer a cessé de vivre le 2 décembre 1845, 
à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Des obsè- 
ques magnifiques lui ont élé faites par la ville 
de Bergame. 

La liste des ouvrages de cet artiste se divise 
(le la manière suivante : I. Musujue d'église : 
1" Dix-sept messes solennelles avec orchestre. 
2° Quatre messes de Requiem, idem. 3" Vingt- 
cinq psaumes. 4" Jacob a Labano fugiens, 
oratorio; Venise, 1791. 5" Sisara , idem; 
ibid., 1795. G" Tobix matrimoniHm,'u\vm\ 
ibid., 1794. 7" La Passione, à Forli, 1794. 
8° Davide, idem, à Venise, 1795. 9"// Sacri- 
fizio di Jefte, idem, à Forli, 1795. 10» Tous 
les psaumes à quatre el cinq voix et orgue. 
11» Vêpres complètes avec orchestre. 12" Six 
Miserere. 13" Trois Benedictus. 14» Un Sta- 
bat. II. Musique tiik\tralk ; 15" Femio,os- 
sia la musica cuslode délia fede marilale, 



MAYER 



43 



cantate à trois voix, à Venise, en 1791. 
16" Ero, cantate à voix seule, pour la canta- 
trice Bianca Snclielli, en 1704. M" SaffOjOS- 
sia I riti d'Jpollo Leucadio, opi-ra séria, à 
Venise, 1794. 18" Ternira edAristo, cantate 
pour le théâtre de La Fenice, à Venise, 1795. 
19° LodoisUa, opéra séria, ibid., 1796. 
20» Un PazzQ ne fàcento, opéra bouffe, au 
théâtre Saint-Samuel, à Venise, 1797. 21° Te- 
lemacco, opéra séria, à La Fenice, 1797. 
^^"11 Segreto, farce, au théâtre de San-Mosè, 
à Venise, 1797 20° L'Inln'go délie Letlere, 
ihid., 1797. 24° Le Sventure di Leandro, 
cantate en deux parties pour le comte Car- 
cano, de Vienne. 2o° Jvviso ai maritati, 
opéra bouffe, au théâtre Saint-Samuel, à Ve- 
nise, 1798. 2G° Lauso e Lidia, opéra séria, 
pour le théàtrede La Fenice, 1798. 27°^rfrmno 
in Siria, idem, pour le théâtre San-Bene- 
detto. 28» Che orùjinali! farce, pour le même 
théâtre, 1798. 29° L'Amor ingegnoso, à Ve- 
nise, 1799. 50° L'Ubbidienza per astnzia, 
farce, pour le théâtre San-Benedelto, ibid., 
1799. 31° Jdelaidcdi Guesclino,o[)éra séria, 
pour le théâtre de La Fenice, ibid., 1799. 
ô^oL'Avaro, farce, au théâtre San-Benedelto, 
1799.00" Sabino e Carlotta,ibkl. 34° L'Aca- 
demia di musicn, idem, ibid., 1799. ô3° Lo- 
doiska, avec une mnsi(|ne nouvelle, jiour le 
théâtre de la Scala, à Milan, 1800. 56° Gli 
Scitti, opéra séria, pour le théâtre de La Fe- 
nice, à Venise, 1800. 57» La Locandiera, 
opéra bouffe, pour l'ouverture du théâtre ^e- 
rico, à Vicence, 1800. 58° // Carretto del 
venditor d'aceto, ïarce, pour le théâtre Saint- 
Ange, à Venise, 1800. 59» L'Equivoco, 
opéra bouffe, pour le théâtre délia Scala, à 
Milan, 1800. 40° L'Lmbroglione cd il Casti- 
gamatti, farce, pour le théâtre San-Mosè, à 
Venise, 1800. 41° Ginevra di Scozia, opéra 
séria, pour l'ouverture du théâtre de Trieste, 
1801. 42° Le Due Giornate, opéra semi-seria, 
pour le théâtre de la Scala, à Milan, 1801. 
45° / Firtuosi, farce, pour le théâtre Saint- 
Luc, à Venise, 1801. 44» Argene , opéra 
séria, pour le théâtre de La Fenice, à Venise, 
1801. 4o» / ]fli.<iteri Eleusini, opéra séria, au 
théâtre de la Scala, à Milan, 1802. 46» Ercole 
in Lidia, opéra séria, à Vienne, 1805. 47° Le 
Finti rivali, opéra bouffe, au théâtre de la 
Scala, à Milan, 1803. 48° Alfonso e Cora, 
ibid., 1805. 49» Amor non ha ritegno, opéra 
bouffe, ibid., 1804. 50» Elisa, opéra semi- 
seria, au théâtre San-Benedetto, à Venise. 
51° L'Eroe délie Lndie, pour l'ouverture 
du théâtre de Plaisance, 1804. 32° Eraldo cd 



Emma, opéra séria, à la Scala, à Milan, 1805. 
55° Di locanda in locanda, farce, pour le 
théâtre de San-Mosè, à Venise, 1805.54° L'A- 
mor conjugale, opéra semi-seria, à Padoue, 

1805. 55» La Roccia di Fahenstein, opéra 
semi-seria, au théâtre de La Fenice, à Venise, 
1803. 56° Gli Amer icani, opéra séria, ibid., 

1806. 57° Lfigenia in Aulide, opéra séria, à 
Parme, 1806. 58» Ll picciol Compositore di 
Hntsica, farce, au théâtre de San-Mosè, de 
Venise, 1806. 59» Adelasia ed Aleramo, 
opéra séria, pour le théâtre de la Scala, à 
Milan, 1807. 60» Le Due Giornate, avec une 
nouvelle musique, pour le tliéâtie de La Fe- 
nice, à Venise, 1807. 61° Ne l'un neVallro, 
opéra bouffe, pour le théâtre de la Scala, à 
Milan, 1807, et dans la même ville une cantate 
pour la paix de Tilsit. 62» Eelle ciarle e trisli 
falti, opéra bouffe, pour le théâtre de La Fe- 
nice, à Venise, 1807. 65° / Cherusci, opéra 
séria, pour le théâtre Argentinn, à Rome, 
1808. 64° // rero originale, opéra l)oiiff(>, au 
tréâlre Falle, 1808. 65° Il Ritorno d'Utisse, 
opéra séria, pour le théâtre de La Fenice, à 
Venise, 1809. 66» Il Raoul diCrequi, oj)éra 
séria, au théâtre de la Scala, à Milan, 1810. 
67° Amore non soffre opposizione , opéra 
bouffe, au théâtre de San-3Iosè, à Venise, 

1810. 68° Cantate en deux parties, pour le 
mariage de l'empereur Napoléon, exécutée à 
l'Institut musical de Bergame.69° Lfigenia in 
Aulide, opéi-a séria, avec une nouvelle mu- 
sique, pour l'ouverture du théâtre deBrescia, 

1811. 70° // Disertore ossia Amore filiale, 
opéra semi-seria, au théâtre de San-Mosèj à 
Venise,1811.71°y7/ecZea;Opéra séria, au théâtre 
de La Fenice, à Venise, 1812.72» Tamerlano, 
idem, au théâtre de la Scala, à Milan, 1815. 
75° Le Due Duchesse, opéra bouffe, ibid., 
1814. 74° Rosa bianca e Rosa rossa, opéra 
séria, à Rome, 18!4. 73» Atar, opéra séria, 
au théâtre delà Scala, à Milan, 1815.76»£'/e/!a 
eCostanttno, opéra ser\a, ibid., ]8\(}. 77° Al- 
cide al Rivio, cantate, à Bergame. 78» En- 
viron dix cantates à i)lusieurs voix, sans or- 
chestre, pour l'usage de l'Institut musical de 
cette ville. Les ouvertures à grand orchestre 
il'Adelasia, de VEquivoco et de Médée, ont 
été gravées à Offenbach et à Paris. Mayer a 
composé aussi plusieurs morceaux de mu- 
sique instrumentale pour l'école de musique 
qu'il dii'igeait. 

Comme directeur de l'Institut musical de 
Bergame, il est auteur de i)lusieurs ouvrages 
relatifs à l'enseignement, entre autres de 
ceux-ci : laDottrina degli elementi musica'i, 



44 



MAYER 



en manuscril; Brève metodo d'accompagna- 
mento, idem. On cite aussi de lui un alma- 
nach musical, cl une notice sur J. Haydn 
intitulée : Breii notizie isloriche dclla vilae 
di'lle opère di Giitseppe Jlaijdii; Beii^ame, 
1809, in-8» de ([uatorze pages. Enfin, il a 
écrit une notice inlilulée : Cenni biographici 
di Antonio Capuzzi, primo violonista délia 
chiesa di S. -Maria Maggiore di Bergamo. 
Ce morceau se trouve dans le recueil intitulé : 
Poésie in morte di Jnt. Capuzzi; Bergame, 
1818, in-8". 

MAVEll (CiiARLEs), pianiste et composi- 
teur, est né en 1792, à Claustlial, dans le 
Ilarz, suivant VUitiversal Lexihon der Ton- 
kunst, de Schilling, leqifel ajoute que son 
premier maître de musique fut l'organiste 
Rolirmann,que son père le destinait à l'étude 
du droit, qu'il ne le laissa se livrera la mu- 
sique (|u'aux heures de récréation, de manière 
à ne point interrompre ses travaux, et que, 
parvenu à l'âge de la conscription, Mayer 
fut enrôlé dans un régiment et ne fit point 
d'autre service militaire que celui de secré- 
taire de son colonel j enfin, que, conduit en 
Russie dans l'expédition française de 1812, il 
y fut accueilli dans la maison d'un grand sei- 
gneur, où il resta pendant la retraite. D'autre 
jiart, M. Bcrnsdoif dit, dans son Universal 
Lexihon der Tonkunst, que Charles Mayer 
est né à Kœnigsberg, en 1802; ce qui le ra- 
jeunirait de dix ans. Je pense que ces deux 
notices sont également erronées, et j'ai pour 
garant de mon opinion une lettre écrite de 
Francfort à la Gazelle générale de musique 
de*[.eipsick (181G, p. 8), dans laquelle il est 
rendu compte d'un concert donné, au mois 
d'octobre 181!j, dans cette ville, et où le jeune 
Charles Mayer, âgé de seize ans, avait exé- 
cuté, d'une manière remarquable, un con- 
certo de Dussek et un grand rondo de Field, 
fon maître. Charles Mayer est donc né en 
1799. 

On voit, dans le même compte rendu, 
que son père, né à Francfort, avait été vir- 
tuose clarinettiste dans sa jeunesse; qu'il fut 
attaché pendant neuf ans, en cette qualité, à 
l'orchestre du théâtre de sa ville natale; qu'il 
fut ensuite engagé dans la musique d'un régi- 
ment fiançais avec le([uel il fut en Russie dans 
la campagne de 1812; que sa femme et son fils 
l'y accompagnèrent; (pic madame Mayer, née 
Lcvênue, était une cantatrice de <|uel(iue ta- 
lent, et qu'elle s'établit à Pctersbourg, comme 
pror(!Sseurdcmusi(|ue élémentaire et de chant. 
C'est alors que son fils commença des études 



sérieuses de piano. Ensuite, il s'établit à Mos- 
cou et y devint élève de Field. Par les leçons 
de ce professeur et par un travail assidu il est 
devenu lui-même un pianiste très-distingué. 
Je l'ai connu à Paris, en 1818, et lui ai trouvé 
un talent rcmaniuable. S'étant rendu en Bel- 
gique pour y donner des concerts, en 1819, 
il résida à Bruxelles pendant près d'une an- 
née. Après avoir voyagé en Allemagne, il est 
retourné à Moscou, où il jouissait de beaucoup 
de considération connue professeur, et d'une 
position fort heureuse. Plus tard, il s'est établi 
à Pétersbourg, où il se livrait avec succès à 
l'enseignement, sans négliger ses propres 
études, particulièrement dans la composition. 
Quelques-unes de ses œuvres les plus impor- 
tantes se font remarquer par le mérite de la 
facture et par une instrumentation pleine 
d'effet. En 1845, Charles Mayer fit un grand 
voyage dans lequel il visita la Suède, le Dane- 
mark, Hambourg, Lei|isick, la Belgique, l'Al- 
lemagne rhénane. Vienne, la Hongrie, Dresde, 
où il était en 1846, et qu'il revit dans l'année 
suivante, après avoir passé six mois à Péters- 
bourg. Depuis longtemps il éprouvait du dé- 
goût pour l'habitation en Russie; il m'en 
parlait souvent et avait même désiré obtenir 
une place de professeui' au Conservatoire de 
Bruxelles. Vers 1830. il s'est fixé à Dresde, 
où il est mort, le 2 juillet 18G2. 

Le nombre des œuvres publiées de Charles 
Mayer s'élève à plus de deux cents. Les plus 
importantes sont : 1" Grand concerto (en ré) 
avec oicheslre, op. 70; Berlin, Paez. 2'> Con- 
certo symphonique (en re), op. 89; Haml)Ourg, 
Schiiberlh. ô" Grand rondo brillant avec or- 
chestre, op. 28; Leipsick, Petcrs. 4" Premier, 
deuxième et troisième allegro de concert avec 
orchestre ; Leipsick, Hofmeistcr. 5» Grandes 
variations (sur un thème de Cenerentola) 
avec orchestre; Leipsick, Ristner. 6° Grandes 
études mélodiiiues el <ie concert, en plusieurs 
recueils ou détachées. 7° Des toccates. 8" Des 
caprices. 9" Des nocturnes. 10" Dos romances 
sans paroles. 11° Des fantaisies sur des thèmes 
d'opéras. 12° De grandes valses. lô"Des varia- 
lions. 14" Des morceaux de fantaisie. 15» Des 
rondeaux pour piano seul, n"' 1, 2, 3, 4. 
!()" Des exercices. 

MAVIiU (Edouard DE), amateur distin- 
gué de musique, né h Rotterdam, dans les der- 
nières années du dix-liuilième siècle, était, 
vers 182.'5, l'âme de l'activité musicale dans 
celte ville. Il vécut (pielque temps à Vienne, 
et y publia un giand concerto pour le piano, 
avec orchestre, op. 6 (en mi mineur), chez 



MAYER -- MAYSEDEa 



45 



Wilzcndorf. Ses autres compositions ont été 
publiées en Hollande. 

Un autre arlisle, nommé Edouard Marjf.r, 
était, en 1848, directeur de musique à 
Neu-Strelitz, où il publia : 1» Cinq chants 
pour soprano, contralto, ténor et basse, op. 15, 
chez Barnewitz. 2" Cinq chants pour ((ualre 
voix d'hommes, op. 6, ibid. ô" Trois Lieder 
pour soprano ou ténor, avec accompagnement 
(le piano, op. 7, ibid. 

On ne trouve rien sur ces artistes chez les 
biographes allemands, ni sur Auguste Mayer, 
de Cassel, chanteur qui remplît les rôles 
de basse à l'Opéra allemand de Dresde, de- 
puis 1819 jusqu'en 1826; qui y fit représenter, 
en 1823, le drame musical en deux actes de 
sa composition : die Burgschaft (la Caution), 
d'après la ballade de Schiller, et qui publia à 
Leipsick, chez Ilofmeisler, en 1820, six Lieder 
pour voix de basse avec accompagnement de 
))iano; ni sur un autre Auguste Mager, de 
Hanovre, qui perfectionna VyEoIodicon de 
Ickler, et qui le jouait à Brème, en 1827; ni 
sur Louis Mayer, violoniste, qui publiait à 
Leipsick, chez Hofmeister, en 1841, douze 
compositions brillantes pour le violon^ avec 
accompagnement de piano, œuvres 80 et 81 ; 
ni, enfin, suv £ mile Mayer, qui faisait jouer 
à Linz, en 1848, l'opéra de sa composition 
DonRodrigue, ou le Cid. Le biographe Ernest- 
Louis Gerber n'était pas un aigle; mais il 
était plus soigneux de son travail que ses 
successeurs d'outre-Rhin. 

MAYISARD (,Ie\n), musicien anglais et 
luthiste habile, vivait à Londres au commen- 
cementdu dix-septième siècle. On a de lui un 
recueil intitulé : The twelve TFonders of the 
World, set and composed for the violl da 
gamba, the lute and the voyce, to sing the 
verse, ail three jointly and noue several, etc. 
(les douze Merveilles du monde, composées 
pour la basse de viole, le luth et la voix, etc.) ; 
Londres, IGll, in-fol. 

MAYR (Jean), musicien bavarois qui vi- 
vait vers la fin du seizième siècle, naquit à 
Frisinge, et fut curé à Jahrz, près de Munich. 
On connaît de sa composition : Cantiones sa- 
crx trium vocum élaborais; Munich, 1596, 
in-4». 

MAYR (Rupert-Icnace), en dernier lieu 
maître de chapelle de l'évêque de Frisinge, 
naciuit, vers le milieu du dix-septième siècle, 
à Schardingen, en Bavière. Après .«voir été 
successivement musicien de cour à A ichslaedt, 
à Ratisbonne, et violoniste de la chapelle élec- 
torale de Munich, il entra, en 1700, au ser- 



vice de l'évêque de Frisinge, et mourut, en 
1716, dans cette position. Il a fait imprimer 
de sa composition : l» Palestra musica, con- 
sistant en treize sonates à deux, trois et 
quatre parties, et un Lamenta à cinq parties ; 
Augsbourg, 1074, in-folio. 2» Vingt-cinq Of- 
ferloria dominicalia, ou motets à quatre et 
cinq voix concertantes, deux violons, trois 
trombones ou violes et basse continue, o" Sa- 
cri conccntus psalmorum, ahtiphonarum, . 
piarum cantionum, ex solavoce et diversis 
instrumentis composili ; Ratisbonne, 1681, 
in-4''. 4" Psalmodia brevis ad vesperas to- 
tius anni, à quatre voix, deux violons, trois 
violes ou trombones et basse continue ; Augs- 
bourg, 1706, in-4"'. 

MAYR (Tobie-Gabriel), né en Souabe, 
était étudiant de l'université d'AUdorff, lors- 
qu'il soutint, pour obtenir le doctorat en phi- 
losophie, une thèse qu'il a fait imprimer sous 
ce litre : Disputatio musica de divisione 
monocordi et deducendis inde sonorum con- 
cinnorum speciebus-, Altdorffi, 1002, in-4''. 

MAYSEDER (Joseph), violoniste distin- 
gué et compositeur élégant, est né à Vienne, 
le 20 octobre 1789. Les élémenlsde la musique 
et du violon lui furent enseignés par un 
maître obscur; mais plus tard il devint élève 
de Schuppanzigh qui le choisissait toujours 
j)Our jouer la partie de second violon dans ses 
matinées ou soirées de quatuors. Un son pur, 
une exécution brillante <Ians les traits, enfin, 
une certaine élégance de style, forment le ca- 
ractère de son talent d'exécution, qui laisse 
seulement désirer un peu plus de variété d'ar- 
chet et plus d'énergie. Ses compositions, par- 
ticulièrement ses rondeaux brillants, ses airs 
variés pour violon, et ses trios pour piano, 
violon et violoncelle, ont obtenu des succès 
européens. Ces ouvrages se font moins remar- 
quer par le mérite de la facture que par un 
heureux instinct de mélodie, et beaucoup de 
goût dans les détails. Mayseder a toujours 
vécu à Vienne et n'a fait aucun voyage pour 
se faire entendre en Allemagne ou à l'étran- 
ger. Successivement nommé virtuose de la 
chambre impériale, premier violon solo de 
l'église de Saint-Étienne et du théâtre de 
la cour , il a été chargé en dernier lieu 
de la direction de l'orchestre de la cha- 
pelle impériale, où il a montré du talent. 
Cet artiste a publié environ soixante œuvres 
de miisi<iue instrumentale, parmi lesquelles 
on remarciue : 1° Concertos pour violon, n» 1 
(ipuvre 22), 2 (œuvre 26), 5 (œuvre 28); 
Vienne, Berlin et Paris. 2" Concerto varié 



46 



MAYSEDER - MAZAS 



idem, op. 43; Vienne, Diahelli. ô" Grand 
morceau de concert, op. 47; ihid. 4° Polo- 
naises pour violon principal, avec accompa- 
gnement d'orchestre ou de quatuor, n'M à G ; 
Vienne, Artaria,Diabelli et Haslinger. 5° Ron- 
deaux brillants pour violon i)rincipal et or- 
chestre ou quatuor, op. 2 1 , 27, 29 et 36 ; ibid. 
G" Airs et thèmes originaux variés pour violon 
principal avec orchestre ou quatuor, op. 18, 
25, 53, 40 et 43; ibid. 7» Thèmes variés, avec 
accompagnement de second violon, alto et 
violoncelle, op. 1, 4, 15; ibid. 8» Quintettes 
pour deux violons, deux altos, violoncelle et 
contrebasse ad libitum, n"' 1 et 2, op. 50 et 
51 ; ibid. 9" Quatuors pour deux violons, alto 
et basse, op. 5, 6, 7, 8, 9, 23; ibid. 10» Trios 
pour piano, violon et violoncelle, op. 34 et 
41; ibid. 11» Sonates pour piano et violon, 
op. 16 et 42; ibid. Beaucoup de morceaux de 
moindre importance. Celte musique est en 
général agréable, mais elle n'indique pas une 
forte conception dans le développement des 
idées. 

MAZAS (JACQUEs-FÉRÉot), né à Beziers, 
le 23 seplembie 1782, fut admis, le 16 floréal 
an X (1802), au Conservatoire de musique de 
Paris, où il devint élève de Baillot pour le 
violon. Le premier prix lui fut décerné, en 
1805, au concours public, et bientôt il se fit 
remarquer par la manière large et suave en 
même temps dont il exécuta, aux concerts de 
rOdéon, quelques concertos de Viotli, et par 
son jeu élégant et gracieux dans le concerto 
(en ré) que M. Auber avait écrit pour lui, et 
qu'il joua dans les concerts du Conseivatoire, 
en 1808. D'abord attaché à l'orchestre de 
l'Opéra italien, il quitta cette position, en 
1811, pour voyager en Espagne. De retour à 
Paris, vers la fin de 1813, il visita l'Angleterre, 
l'année suivante, revint à Paris par la Hol- 
lande et la Belgi(nie, et i>artoul se fil entendre 
avec succès. En 1822, il s'éloigna de nouveau 
pour voyager en Italie, puis en Allemagne et, 
enfin, en Russie. Il ne parait pas que cette 
longue excursion ait été avantageuse à sa for- 
tune, cap plusieurs années apiès on le re- 
trouve en Polpgne dans une situation fâcheuse. 
Des liaisons intimes avec une femme peu digne 
d'un artiste si distingué vinrent encore aggra- 
ver sa position. Vers la fin de 1820, il était à 
Lcmberg, sur les frontières de la Pologne, 
malade et presque dénué de ressources. Des 
jours plus heureux vinrent enfin pour lui. 
Eu 1827, il repaïut en Allemagne cl obtint de 
hrillanls succès dans les concerts qu'il donna à 
Ucrilu cl dans quelques autres grandes vilIC). 



De retour à Paris en 1829, il se fit entendre 
dans les conceris du Conservatoire; mais il n'y 
retrouva plus les vifs applaudissements qui 
l'accueillaient autrefois. Ses meilleurs amis ne 
purent se dissimuler que son talentavait perdu 
quelque chose des qualités qui en faisaient 
aiilrefois le charme. En 1831, l'administration 
du théâtre du Palais-Royal l'engagea comme 
premier violon; mais il ne garda pas long- 
temps cette position, à laquelle il préféi-a celle 
de professeur et directeur des concerts à Or- 
léans. Après plusieurs années de séjour en 
cette ville, il accepta la place de directeur 
de l'école communale de musique à Cambrai, 
en 1837, qu'il a aussi abandonnée en 1841. 
Depuis cette époque, je n'ai plus trouvé de 
renseignements sur cet artiste, si ce n'est qu'il 
fit jouer au théâtre de l'Opéra Comique, au 
mois de novembre 1842, un ouvrage en un 
acte, intitulé: le Aïosr/ife, dont le livret était 
de Scribe et Paul Duport. Il y avait peu d'in- 
térêt dans le sujel de celle pièce qui n'obtint 
qu'un médiocre succès. La Revue et Gazette 
musicale de Paris a annoncé la mort de 
Mazas en 1849, mais sans indiquer le lieu ni 
la date du décès. 

Mazas a beaucoup écrit pour le violon et 
pour l'alto : ses compositions ont été bien 
accueillies par le public. Ses principaux ou- 
vrages sont : 1" Premier concerto pour violon 
et orchestre; Paris, Naderman. 2" Premier 
air varié pour violon et quatuor, op. 2; Paris, 
Frey. 3" Première fantaisie pour violon et or- 
chestre, op. 5; ibid. 4° Barcarolle française, 
idem, op. 6 ; Paris, Pacini. 5» Fantaisie espa- 
gnole, idem, op. 19 ; ibid. 6" Fantaisie sur la 
quatrième corde, op. 20; ibid. 7" Le Retour 
du printemps, idem, op. 27; Paris, Pleyel. 
8» La Babillarde, scène-caprice, avec qua- 
tuor, op. 37; Mayence, Sc'.iolt. 9° Trois qua- 
tuors pour lieux violons, alto et basse, op. 7; 
Paris, Pacini. 10" Trois trios pour deux vio- 
lons et alto, op. 4; Paris, Frey. 11° Duos pour 
piano et violon, sous le titre de Récréations, 
op. 8, 9, 10, 32; Paris, Pacini; Leipsick, 
Peters. 12» Trois duos concertants i)our deux 
violons, op. 34 ; Bonn, Simrock. 13''Collection 
(le duos faciles pour deux violons, op. 38; 
Mayence, Schott. 14" Idem, op. 39; ibid. 
15" La Consolation, élégie pour l'alto, avec 
accomi)agnemenl d'orchestre, op. 29; Paiis, 
Pleyel. 1G» Méthode de violon, suivie d'un 
traité des sons harmoniques en simple et 
double corde; Paris, Frey; Bonn, Simrock. 
17» Méthode pour l'alto; ibid. Ces ouvrages 
oui été traduits en allemand. 18" Romane s 



MAZAS — MAZZAFERPiATÂ 



avec accompagnement de piano; ibid. Mazas 
a composé quelques pièces charmantes en ce 
yenre. Il a écrit la musique d'un grand 
opéra, intitulé: Corinne au Capilole, dont 
la musique fut reçue avec applaudissement 
après l'audition qui en fui faite à la scène, au 
mois d'octobre 1820, mais qui n'a jamais été 
représenté. L'ouverture de cet ouvrage fut 
exécutée au concert de la Société philharmo- 
nique de Londres, en 1822, et à Berlin, dans 
l'année suivante. Dans un concert qu'il donna 
à Vienne, en 1826, Mazas fit jouer l'ouverture 
de Mustapha, opéra comique de sa composi- 
tion, et y exécuta un concerto héroïque pour 
le violon, qui obtint un brillant succès. 

MAZIIVGUE (Jean-Baptiste), né à Sa- 
méon, canton d'Orchies (Nord), le 30 sep- 
tembre 1809, y apprit les éléments du plain- 
chant et de la musique. Admis ensuite comme 
élève au Conservatoire de Lille (182ô), il y re- 
çut des leçons d'harmonie d'un professeur de 
quelque mérite, nommé Baumann; mais plus 
occupé de plain-chant que de musique, et 
en quelque sorte étranger à la tonalité de la 
musique moderne, il fit peu de progiès dans 
cette science, quoique son instinct fût remar- 
quable. On peut dire que pour lui il n'y eut 
jamais de mode majeur ou mineur ; il ne 
connaissait que les huit tons du plain-chant; 
il ne comprit jamais autre chose et ne fut 
sensible qu'à cette tonalité. Sorti du Con- 
servatoire, il fut d'abord simple chantre de 
paroisse; plus tard, il fut nommé maître 
de chapelle de l'église Saint-Étienne, à Lille, 
et conserva cette position jusqu'à sa mort, 
arrivée le 26 juin 1860, à l'âge de près 
de cinquante et un ans. Sous sa direction, le 
plain-chant harmonisé fut exécuté dans le 
chœur de Saint-Étienne avec une perfection 
qu'on chercherait vainement dans les autres 
églises de France. Lui-même composa une 
grande quantité de messes et de psaumes en 
plain-chant, dans lesquels on remarque un 
sentiment religieux comparable au caractère 
des plus belles pièces de l'Antiphonaire. Il pu- 
blia ses productions en ce genre sous ce titre : 
Recueil de plain-chant et de musique reli- 
gieuse; Paris, 1845, deux volumes in-4". La 
Revue de la musique religieuse de M. Danjou 
(troisième année, 1847, p. 73-77), contient 
une analyse de cet ouvrage. On a aussi de Ma- 
zingue : les Psaumes en faux-bourdon; 
Lille, 1855, un volume grand in-S". Cet ou- 
vrage n'est qu'une nouvelle édition améliorée 
et presque entièrement refondue du précédent. 

MAZOUYER (Nicolas), maître des en- 



fants de choeur de la catlicdialc d'Aulun, en 
Bourgogne, né vers le milieu du seizième 
siècle, obtint au concours du Puy de musique 
d'Évreux, en 1582, le prix de la lyre d'aigent, 
pour la composition de la chanson française à 
plusieurs voix, commençant par ces mots ; 
Mon Dieu, mon Dieu qxie j'aime. 

MAZZA (Ange), abbé, professeur de grec, 
né à Parme, le 21 novem!)re 1741, est mort 
dans cette ville, le 11 mai 1817. Il est auteur 
de trois odes qu'il a publiées sous ce titre : 
Gli effetti délia musica; solennizandosi il 
giorno di Santa Cecilia da' signori Filar- 
monici ; Parme, 1776, in-8». Ces petits poëmes 
relatifs à la musique ont été réim{)rimés avec le 
litre suivant: Sonnetti suW armonia; Parme, 
1801, in-4''.0na aussi de l'abbé Mazza des vers 
remplis d'enthousiasme , qu'il improvisa en 
quelque sorte à l'occasion de la re|)résentation 
de VJgnese de Paer (voyez ce nom), à Parme, 
et qui ont été publiés sous ce titre : Jll' aura 
armonica,versi estemporanei rappresentan- 
dosi nel teatro del Sig. Fabio Scotti l'Agnese 
di Ferdinando Paer; Parma, nella stampe- 
ria imper., 1809, petit in-4''. Ces vers ont été 
réimprimés dans le tome III des œuvres de 
l'auteur (Parme, 1819, cinq volumes 10-8"). 

3IAZZA (Joseph), de la même famille, né 
à Parme, dans les premières années du dix- 
neuvième siècle, s'est fait connaître, comme 
compositeur dramatique, par les opéras dont 
voici les titres : 1» Za Hgilunza delusa, à 
Turin, en 1827. 2" Z'^/6er(7o?nrfl«m<o, opéra 
bouffe, à Florence, en 1828 ; le même ouvrage 
a été joué à Naples, avec succès, en 1855. 
ô" Elena e Malvino, à Rome, 1835. A° La 
Dama irlandese, à Naples, en 1836. 5" Cat- 
terina di Guisa, à Trévise, en 1838. 6" L'Or- 
fanella di Lancia, à Milan, dans la même 
année. 7° Leocadia, à Zara, en 1844. 

La femme de cet artiste, Adelina Mazza, 
était cantatrice dramatique et chanta, depuis 
1835 jusqu'en 1846, à Naples, à Rome, à 
Trieste et à Ferrare, mais surtout dans les 
villes de second et de troisième ordre. 

3IAZZAFERUATA (Jean - Baptiste ) , 
compositeur, né à Como (suivant les Notizie 
de' contrappuntisti d'Ottavio Pitoni), et 
maître de chapelle de V./4cadémie de la Mort, 
à Ferrare, s'est fait connaître, dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle, par plusieuis 
compositions vocales et instrumentales, dont 
les plus connues sont: \° Il primo libro de'' 
Madrigali a due e tre voci, amorosi e nio- 
rali, opéra seconda /Bologne, Jacques Monti, 
1608. Il en a été fait une seconde édition qui a 



48 



MAZZAFERRATA - MAZZOCCIII 



été imprimée dans la miîme ville, en 1083, chez 
le même éditeur. Le second livre parut en 1C75: 
il en fut fait une autre édition, en 1G8Ô, à 
Bologne, chez Monli. 2» Canzonette a due 
voci, op. 4; ibid. 3" Canzonette e cantate a 
due voci, op. 3. On a fait de cet ouvrage une 
première édition en 1608 ; deux autres éditions 
ont été publiées en 1077 et lG8ô. 4» Cantate 
da caméra a voce sola; Bologne, 1677, in-4''. 
La deuxième édition est datée de Bologne, 
168Ô, in-4'>. S" Sonate a due violini^ con un 
bassetto di viola se ju'ace , operu quinta; 
UtrechI, 1682, in-fol. G" Salmi concertati a 
3 e 4 voci, con violini, op. 6; Venise, 1684, 
in-4''. 7° Cantate morali e spirituali a due e 
trevoci, op. 7; Bologne, 1690, in-4». 

MAZZAISTI (Ferdiisand), comiwsiteur, 
violoniste et chanteur distingué, né à Rome, 
vivait dans cette ville, en 1770, lorsque Burney 
la visita. Il possédait une bibliothèque consi- 
dérable de livres imprimés et de manuscrits 
où se trouvaient la plupart des compositions 
de Paleslrina. Il montra à Burney un traité de 
musique qui était à peu près achevé. Parmi 
ses compositions, on remarquait des opéras, 
motets, quintettes, quatuors et trios pour le 
violon. L'abbé Santini,de Rome, possède sous 
son nom des canzonettcs avec accompagnement 
de piano. 

WAZZITVGm (Joseph), pianiste et com- 
positeur, naquit à Londres, de parents italiens, 
en 1765. Son père, oiganiste de la chapelle 
portugaise, lui enseigna les éléments de la 
musique et du piano : le jeune Mazzinghi re- 
çut ensuite des leçons de composition de Jean- 
Chrétien Bach, puis de Bortolini, de Sac- 
chini et d'Anfossi. A dix ans, il était déjà 
assez avancé pour lemplacer son père comme 
organiste à la chapelle portugaise ; à dix-neuf 
ans, il était accompagnateur et directeur de 
musique à l'Opéra italien. On rapporte que 
lorsque le théâtre du Roi fut brûlé, en 1789, 
on venait de jouer l'opéra de Paisiello la Lo- 
canda, qui avait obtenu un succès d'enthou- 
siasme, et tous les amateurs regrettaient 
qu'on ne pût plus représenter cet ouvrage 
avant d'avoir fait venir de Naples une autre 
partition; mais Mazzinghi, sans autre secours 
<iue sa mémoire et les rôles des acteurs, écrivit 
toute l'instrumentation en (|uel(|ues jours. 
C'est vers le même temps qu'il composa lui- 
même l'opéra italien Jl Tesoro, ((ui fut bien 
accueilli du public. En 1791, il commença à 
écrire, pour le théâtre anglais, des opéras, 
ballets et mélodrames. Le nombre de ses ou- 
vrages en ce genre est considérable : on a re- 



tenu iiarliculièrement les titres de ceux-ci : 
1" ^ JJay in Turkey (une Journée en Tur- 
quie), opéra comique, au théâtre de Covent- 
Garden. 2» Tlie Magician (le Magicien), idem. 
Zo Le Siège de Bangalore, mélodrame, idem. 
4" Paul et f'irginie, ballet, au théâtre de Hay- 
ilhirket. 5° Les Trois Sultanes, idem. , ibid., au 
même théâtre. 6" Sapho, idem, ibid. 7" La 
Belle Jrsènc, opéra comi<|ue. 8» Le Bouquet, 
divertissement, nZem. 9" £/isa; ballet pastoral. 
10" Raumh-Droog, grand opéra, en société 
avec Reeve, au théâtre de Covent Garden. 
11» The Turnpikegate (la Barrière), opéra 
comique, avec Reeve , au même théâtre. 
12» Elind Girl (la Fille aveugle), idem. 
13» JFifeof txoo Ilusbands (la Femme à deux 
maris), mélodrame. 14» L'Exilé , opéra co- 
mique. 15» Free Knigids (les Chevaliers er- 
rants). On a gravé en partition pour le piano : 
Paul et f'irginie, les Trois Sultanes, la 
Belle Arsène et Sapho. Mazzinghi a été long- 
temps professeur de piano à Londres, et a ac- 
quis des richesses assez considérables dans 
l'exercice de cette profession. Ayant été élevé 
au rang de comte, par le roi Georges IV, il se 
retii'a à Bath, où il fit un noble usage de sa 
fortune. Il y est mort à l'âge de quatre-vingt- 
neuf ans, le 15 janvier 1844. On a imprimé 
de sa composition soixante-sept sonates de 
piano, divisées en vingt-deux œuvres, publiés 
chez Clementi , Dalmaine, Broderip, etc.; 
trois quatuors pour piano, fliitc, violon et 
alto, o|). 3, ibid. ; une méthode de piano pour 
les commençants, intitulée: Tyro-Jllusicus , 
being a complète introduction ta the piano- 
forte; Londres, Clementi; une symphonie 
concertante pour deux violons, flûte, alto et 
basse, op. 41 ; des pièces d'harmonie pour 
quatre clarinettes, deux |ic!iles flûtes, deux 
bassons, deux cors, lioinpette, serpent et 
ti-ombone, op. 33; et beaucoup de petites 
pièces jiour différcnls instruments. 

M.\ZZOCClII (Do.mimque) , compositeur 
de l'école romaine et docteur en droit civil et 
canon, naquit à Civila-Castcllana, vers la (in 
du seizième siècle, et passa la plus grande 
partie de sa vie à Rome, où il se lia d'amitié 
avec Jean-Baptiste Doni, qui lui a dédié son 
livre intitulé: Jnnotazioni sopra il com- 
pendio de' generi e de' modi délia musica. 
Piloni , dans ses notices manuscrites sur le.s 
compositeurs, attribue à Mazzocchi la musique 
d'un drame, intitulé: le Catcnc d'Jdone. II a 
écrit aussi les oratorios : // Martirio de' 
SS. Jbbundio ed Abbundanzio ;KQme, IGôl, 
clifJazianoe Giovanni ; ibid. Vurmisei com- 



MAZZOCCHI — MAZZUCATO 



49 



positions imprimées, on connaît : 1» Jflusiche 
morali a 1, 2, 3 voct; Rome, Zanelti, 1625. 
^okotetti a 2, 3, 4, 5, 8, 9 voci; ibid., 1G28. 
3° Madrigali a 4 e 5 voci concertati co7i [in- 
strumenti; ibid., 1640.4° Madrigali a 5 voci 
inpartitura; ibid-, IGÔS. C'est dans la pré- 
face de cet ouvrage qu'on trouve l'explication 
des signes d'augmentation et de diminution de 
l'intensité des sons ■<>>•< <liii, depuis 
lors, sont restés en usage, et que Mazzocchi 
employa le premier. 5" Tutti li versi lutini 
del Som. Pont. Urbano FUI , posti in 
inusica a 2, 3, 4, 8 vcci; Rome, Zanetti, 
1GÔ8. 

MAZZOCCHI (Virgile), frère puiné du 
précédent, naquit à Civita-Castellana, vers la 
lin du seizième siècle. Après avoir été maître 
de chapelle de Saint-Jean-de-Latran, depuis 
le mois de juin 1628 jusqu'à la fin de sep- 
tembre 1629, il passa à Saint-Pierre du Vati- 
can, en la même qualité. Il mourut au mois 
d'octobre 1646, dans un voyage qu'il fit à 
Civita-Castellana. Pitoni dit, dans ses notices 
manuscrites sur les compositeurs, que Vir- 
gile Mazzocchi introduisit dans la musique 
d'église un style plus agréable et plus brillant 
que celui de ses devanciers. Il établit aussi à 
Rome une école de chant et de composition 
où se formèrent d'excellents artistes. Enfin, 
c'est à Mazzocchi qu'on attribue les premières 
améliorations considérables qui furent intro- 
duites dans le rhythme régulier de la musique. 
On n'a imprimé qu'un petit nombre de ses ou- 
vrages : les plus connus sont deux livres de 
motets à quatre et à huit voix, publiés à 
Rome, chez Grignani,1640. Après sa mort, un 
de ses élèves publia un de ses derniers ouvrages 
sous ce titre.: f'irgilii Mazzocchi in f at. 
basil. musicx prœfccti psalmi vespertini 
binis choris concinendi ; Roraœ, Grignani, 
1648. Mazzocchi a laissé aussi en manuscrit, 
dans les archives de la chapelle du Vatican, 
des messes, psaumes, offertoires et antiennes, 
mais en petit nombre. 

MAZZOLIIM (Jacques), compositeur de 
l'école romaine, vivait à Rome vers la fin du 
dix-septième siècle, et y a fait représenter avec 
succès, en 1694, l'opéra inliMé: la Costanza 
in amor vince V inganno. 

MAZZOIMI (Jacques), professeur de philo- 
sophie à l'Université de Pise, naquit à Césène 
en 1548, et mourut dans la même ville, le 
10 avril 1598. On a de lui un traité philoso- 
phique intitulé : De Triplici hominis vita : 
activa, contemplativa ac religiosa; Césène, 
1576, in-4». 11 y a plusieurs autres éditions de 

BIOCR. DMIV. DES ÎIUSICIEXS. T. VI. 



ce livre, où Mazzoni traite de la musique de- 
puis la question 2684 jusqu'à la 2777«. 

MAZZOIM (Antoine), compositeur de mu- 
sique dramatique et religieuse, naquit à Bo- 
logne en 1718. Élève de Predieri, il étudia sous 
ce maître le contrepoint et le style drama- 
tique. Très-jeune encore, il remplit les fonc- 
tions de maître de chapelle de plusieurs 
églises à Fano, particulièrement de celle des 
Oratoriens ou PP. Filippini, et dans d'au- 
tres villes de la Marche d'Ancône, De retour 
à Bologne, il fut agrégé à l'Académie des phil- 
harmoniques, en 1745 ; dans l'année suivante, 
il partit pour l'Espagne et composa plusieurs 
opéras pour les théâtres de Madrid et de Lis- 
bonne. On le retrouve en Italie, en 1752, où 
il écrivait à Parme et à Naples. Dans les an- 
nées suivantes, on joua aussi plusieurs de ses 
ouvrages à Venise, à Bologne et dans d'autres 
villes. L'Académie des philharmoniques de 
Bologne le désigna comme prince, c'est-à- 
dire, président, en 1757. Appelé à Pétersbourg, 
dans l'année suivante, Mazzoni composa, pour 
le Théâtre-Impérial, des cantates etdes opéras 
dont les titres ne sont pas connus; puis il vi- 
sita la Suède et le Danemark. Après son retour 
à Bologne, en 1761, il fut choisi comme maître 
de chapelle de Saint-Jean in Monte, église 
des chanoines de Latran; puis, en 1767, il 
fut désigné comme substitut de CaroH, pour 
la place de maître de chapelle de la cathédrale 
de Saint-Piene. En 1773, il fut prince de 
l'Académie des philharmoniques pour la qua- 
trième fois. 11 avait écrit en 17^,6, pour le 
théâtre de Parme, l'opéra bouffe intitulé : / 
Fiaggiatori ridicoH. A Naples, il donna 
Achille in Sciro. En 1754, il écrivit, à Mo- 
dène, le Astuzie amorose, opéra bouffe, et, 
en 1756, Ifigenia in Tauride, à Trévise. 
En 1770, il se trouvait à Bologne, où il fit en- 
tendre un Magnificat à huit voix réelles. Dans 
la Bibliothèque royale de Copenhague, on 
trouve une messe à huit voix réelles de la 
composition de Mazzoni, et un Laudate pueri 
à voix seule avec orchestre. Le catalogue de la 
Bibliothèque du Lycée communal de musique 
de Bologne indique, sous le nom de Mazzoni : 
Musica sacra manoscritta, mais sans aucune 
désignation des oeuvres qui y sont contenues. 

MAZZUCATO (Albert), compositeur 
dramatique, professeur de chant au Conserva- 
toire de Milan, et littérateur musicien, est né 
àUdine (Frioul), le 20 juillet 1815. Dès son 
enfance, il fil à la fois des études littéraires et 
musicales ; sa mère lui donna les premières 
leçons de solfège et de chaut j puis il suivit les 



50 



MAZZUCATO — MECKENHEUSER 



cours «le l'Université de l'adoue et y acheva 
ses ctuiles de nialliémaliques en 1834. Ce fut 
alors qu'abandonnant la carrière des sciences, 
il résolut de suivre son penchant pour la cul- 
ture de l'art vers lequel il se sentait un pen- 
chant irrésistible. Bresciani, élève de Calegari 
(voyez ce nom); lui donna quelques leçons de 
composition; cependant son instruction mu- 
sicale était peu avancée lorsqu'il écrivit la 
musique du drame: la Fidanzata di Lam- 
mermoor , qui fut représenté avec succès, 
d'abord à Padoue, puis à Milan. La bonne 
opinion que cet essai avait donnée de l'avenir 
du jeune compositeur, lui procura bientôt 
l'accès du théâtre de la C'ano66mna; dans cette 
dernière ville, où il fil représenter son opéra 
bouffe : il Don Chisciollo. Cette fois Mazzu- 
cato fut moins heureux, bien qu'on eût distin- 
gué dans son ouvrage deux airs, deux duos et 
l)lusieurs chœurs où se faisait remarquer le 
sentiment dramatique. Peu de temps après, il 
fit un vovage à Paris, où ses idées se modi- 
fièrent à l'audition des symphonies de Beet- 
hoven, exécutées par l'orchestre de la Société 
des concerts, et pr.r l'impression que firent sur 
lui les opéras de Meycrbeer et la Juive, d'IIa- 
Jévy. Grâce à sa rare intelligence, la lecture 
des partitions de ces ouvrages lui tint lieu 
d'études plus régulières, et lui fit faire de.ra- 
pides progrès dans l'art d'écrire. De retour en 
Italie, il y donna, dans son Esmeralda, la 
preuve de ses progrès : cet opéra réussit éga- 
lement à Mantoue, à Udine et à Milan. / Cor- 
sari, opéra composé dans le style déclamé du 
précédent, eut une chute éclatante au théâtre 
de la Scala, de Milan, dans l'année 18ô(), et le 
compositeur, découragé, garda le silence pen- 
dant près de deux années. Au carnaval de 
1841, il donna, au théâtre iîe, le drame lyri(|ue 
i Due Sergenti, ouvrage dans lequel il avait 
modifié de nouveau sa manière, et dont quel- 
ques morceaux furent chaleureusement ap- 
plaudis à Milan et à Gênes. Luigi V , re di 
francia, que Mazzucato fit représenter le 
2.^ février 1843, fut aussi bien accueilli ; mais 
déjà Verdi avait fixé l'attention du public mi- 
lanais; dès ce moment, il n'y cul plus de 
vogue que pour lui, et les autres compositeurs 
ne marchèrent qu'à sa suite. Ernuni, dont 
Mazzucato osa refaire la musique pour le 
théâtre de Gènes, tomba tout à plat en 1844. 
Dès 1839, cet artiste distingué avait suc- 
cédé à Mauri dans le position de professeur de 
chant des jeunes filles, au Conservatoire de 
Milan. Il a été, depuis l'origine de la Gazetta 
muiicule di Milano, un de ses meilleurs ré- 



dacteurs, et l'un des plus actifs. On a de lui 
une traduction italienne de la Méthode de 
chant de Garcia, ainsi qu'une version, dans 
la même langue, du traité d'harmonie de 
l'auteur de cette biographie, laquelle a été 
publiée sous ce titre : Trattato complelo délia 
Teoria e délia pratica delV jirmonia; Mi- 
lano, Ricordi, un volume grand in-S", sans 
date (1845). Plusieurs autres écrits et traduc- 
tions d'ouvrages relatifs à la musique sont 
dus à M. Mazzucato; mais je n'en ai pas les 
titres exacts. 

MAZZUCHELLI ( jEAPî-MAniE , comte 
DE), né à Brescia, le 28 octobre 1707, mort le 
19 novembre 17C5 des plus savants écrivains 
de son temps, en Italie. Après avoir fait ses 
études à Bologne, il se livra à d'immenses re- 
cherches sur la biographie des savants et des 
littérateurs italiens. Ses Scrittori d'Italiu, 
cioc notizie ston'chec entiche intorno allé vite 
ed agit scritti dei Leltcrati italiani (Brescia, 
1753-1763, six volumes in-fol.) sont l'ouvrage 
le plus complet et le plus savant de tous ceux 
du même genre. Il n'est point achevé; il était 
même impossible qu'il le fût par un seul 
homme, les forces humaines étant insuffisantes 
pour un travail conçu sur un plan si vaste. 
On y trouve d'excellentes notices sur quelques 
écrivains qui ont traité de la musique, parti- 
culièrement sur Guido, au mo\. Aretino. 

IWEAD (Richard), médecin célèbre, né le 
2 août 1673, à Stepney, près de Londres, fit ses 
études à Utrecht, où son père s'était retiré 
pour de causes politiques, et obtint le titre de 
docteur à l'Université de Padoue. Il mourut à 
Londres, le 24 février 1754. Au nombre de ses 
écrits, on trouve une dissertation intitulée : 
De TarentuUs deque opposita iis Musica; 
Londini, 1702, in-8". 

MECHELIIV (J.-H.), né en Finlande, 
dans la première moitié du dix-huitième 
siècle, était étudiant à l'Université d'Abo, lors- 
qu'il a fait imiirimer une thèse : De Usu mu- 
sices morali; Aho, 1763, in-4''. 

WECIII ( Jean-Baptiste ) , organiste à 
l'église Saint-Pétrone, de Bologne, au com- 
mencement du dix-huitième siècle, a publié 
de sa composition: Motettia^, G, 7 e 8 voctj 
Venise, 1611, in-4°. 

MECR (Joseph), violoniste de la chapelle 
de l'archevêque de Mayencc, vers 1730, a fait 
imprimer : AJII Concerti per il violino a 
5 e 6 sfromenft; Amsterdam, Roger. Il a laissé 
aussi en manuscrit quelques concertos et de» 
sonates de violon. 

MECKEi^ IIEUSER (Jacques-Georces) , 



MFXKENIIEUSER - MEDEUITSCH 



SI 



organiste de la cour et de l'église de Saint- 
Wipert, à Qucdlinbourg, né à Goslar, vers 
1G60, était, en 1G88, organiste au couvent de 
llanimersleben, où il s'appliqua à réliide des 
malliémaliques, particulièrement au calcul des 
proportions des intervalles et du tempéra- 
ment. Longtemps après, il a publié sur cet 
objet un livre intitulé : Die Sogenannte al- 
lerneueste mtisikalische Temperalur , oder 
(lie von den Jferrn KapeUmeistern Biimlern 
vud Maltheson communicirte 12 rational 
fjleiche Toiii tninores oder semilonia (leTem- 
pt rament musical le plus nouveau, etc.), (sans 
nom de lieu), 1727, in-4« de huit feuilles. Cet 
écrit renferme une critique sévère des prin- 
cipes de Maltheson concernant les proportions 
des douze demi -tons de l'échelle chroma- 
tique. 

MEDA (BLANcnE), religieuse du couvent 
An San-Marlino del Leaiio, à Parme, vers la 
fin du dix-septième siècle, s'est fait connaître 
par la composition d'un œuvre de motets, in- 
titulé : Motetli a una^due, tre e qualtro 
voci, con violini e sema; Bologna, J. Monli, 
1G91,in-4<'. 

MÉDARD (Nicolas), luthier lorrain, vé- 
cut à Nancy dans les dernières années du dix- 
septième siècle. Contemporain des Amati fils, 
il prit leurs instruments pour modèles. Ses 
violons, comme ceux des Amati, sont d'un 
petit patron, et n'ont qu'un son peu intense; 
mais ils sont moelleux et argentins. On les a 
souvent confondus avec ceux des Amati. Mé- 
dard se fixa à Paris, en 1701. J'ai vu à Lon- 
ders un violon fait par lui, et qui portait la 
date : Parisiis, 1709. 

MEDECK (Madame), née dans la Lilhua- 
nie, en 1791, fut conduite fort jeune à Paris, 
où elle fit ses éludes musicales au Conserva- 
toire, Élève de Louis Adam, elle acquit par 
ses leçons un talent distingué pour le piano, 
et commença à se faire connaître vers 1814. 
Deux ans après, elle épousa Medeck, violon- 
celliste allemand, et voyagea avec son mari 
dans le midi de la France et en Espagne. 
Après avoir vécu quelque temps à Valence, 
elle s'est fixée à Madrid, où son mari était en- 
gagé pour la chaiTclle du roi. A la suite des 
événements de 182ô,la chapelle ayant été sup- 
primée, Medeck et sa femme ont continué de 
résider dans la capitale de l'Espagne où le ta- 
lent de celle-ci, et son mérite comme profes- 
seur, l'ont mise en vogue. Sa maison est le 
rendez-vous de lousies amateurs de cette ville, 
et l'on y entend chaquesemaine de bonne mu- 
sique. Madame Medeck a écrit quelques mor- 



ceaux pour le piano, qui sont restés en ma- 
nuscrit. 

MEDEIUA (ÉDonAKD), savant Portugais, 
a fait imprimer un recueil de dissertations 
sous le titre : Nov^ philosophix et méde- 
cins ; Lisbonne, IGoO, in-8''. On y trouve 
deux morceaux dont l'un a pour titre : Inau- 
dîta philosophia de Firibus musicx^ et 
l'autre : De Tarentula. 

MEDER (Jean-Yalentim), maître de cha- 
pelle à Dantzick, naquit dans la Franconie, en 
ICoO. Jusqu'à l'âge de quarante ans, il fut at- 
taché au service de plusieurs princes d'Alle- 
magne, en qualité de musicien. En 1788, il 
se rendit à Dantzick, et y fut employé comme 
maître de chapelle ; douze ans après, il se 
rendit à Riga, où il paraît avoir terminé ses 
jours. Quoiqu'il eût beaucoup écrit, on n'a pu- 
blié de sa composition qu'un recueil de pièces 
instrumentales, intitulé : Capricci a due vio- 
lini col basso per Vorgano; Dantzick, 1098, 
in-fol. 

MEDER (jEA?f-GABRiEi.), fils d'un institu- 
teur du duché de Gotha, vécut dans la seconde 
moitié du dix-huilième siècle, et paraît avoir 
voyagé en Hollande. Il a publié : 1<> Six sym- 
phonies à huit parties, op. 1. 2» Deux idem, 
ibid. ô° Trois symphonies à douze parties, 
op 3; Berlin, 1782. 4" Symphonie à grand 
orchestre, op. 4; Berlin, Hummel. 5» Six 
marches pour deux clarinettes, deux cors et 
deux bassons ; ibid. G« L'Illusion du prin- 
temps ^sonate pour clavecin avec violon et vio- 
loncelle, op 0; ibid. 1797. 7° Principes de 
musiqne pour le chant avec douze solfèges et 
basse continue; ibid., 1800. On connaît sous 
le même nom un Alessandro nelV Jndie , 
opéra sérieux. 

MEDERITSCH ou MEDRITSCH 
(Jeas), surnommé GALLUS, mais dont le 
véritable nom bohémien estMEGDRZICRY, 
qui signifie Coq^ était fils d'un bon orga- 
niste, et naquit à Nimbourg, sur l'Elbe, vers 
17Go. Après avoir commencé ses études mu- 
sicales à Prague, il alla les terminera Vienne. 
Pianiste habile et compositeur élégant, il eut 
des succès vers la fin du dix-huitième siècle et 
dans les premières années du siècl»; suivant. 
En 1794, il fut appelé à Ofen, en Hongrie, pour 
y remplir les fonctions de directeur de mu- 
sique ; mais il ne garda pas longtemps cet em- 
ploi. De retour à Vienne, en 1796, il s'y éta- 
blit, et composa pour l'église et pour le théâtre. 
On connaît de lui les petits ouvrages suivants, 
qui ont été représentés à Vienne avec succès : 
1" Le Marin. 2» Les Recrues, en 1794. 3» La 

4. 



52 



MEDERITSCII - MEEUTS 



Dernière Débauche de l'ivrogne. 4" Les 
Ruines de Babylone. MedeiKsch a composé 
seulement le premier acte de cet ouvrage; le 
second a élé écrit par Winler. La partition, 
réduite pour le piano, a élé gravée à Vienne, 
à Offenbach, à Leipsick et à Brunswick. Cette 
pièce a été représentée pour la première fois, 
au théâtre de Schikaneder, le 2ô octoi)re 1797. 
îî" Musique pour la tragédie de Macbeth. 
G» Des ouvertures et des chœurs pour quelques 
drames. On a publié de la composition de cet 
artiste : 1" Deux sonates pour le piano, n"' 1 
et 2; Vienne, 1791. 2" Deux quatuors pour 
l)iano, violon, alto et basse; ibid., et Offen- 
bach, André. 3" Vingt-quatre variations pour 
piano; Vienne, 1792. 4" Trois sonates pour 
l)ianoet violon; Vienne, Artaria,1797. S** Six va- 
riations pour piano; ibid. 6" Six idem sur un 
thème des Ruines de Babylone, Ibid. 7" Neuf 
variations sur un autre thème du mêmeopéra, 
ibid. 8"> Trois sonates dialoguées pour piano 
et violon; ibid. On trouve aussi en manuscrit* 
dans le catalogue de Traeg (Vienne, 1799) : 
9° Six concertos pour le piano avec orchestre. 
10» Six sonates faciles pour clavecin. 11° Trois 
trios pour deux violons et violoncelle, op. 12. 
12"* Trois caprices faciles pour le piano, 
lô" Stabat Mater à quatre voix et orchestre. 
14" Messe solennelle (en ré) à quatre voix et 
orchestre. 115° Autre idem (en ut). \6° Chœur 
de Bandits, à quatre voix 17" Chœur de 
Chevaliers du Temple^ à quatre voix, deux 
flûtes, deux clarinettes, deux bassons, deux 
trombones et orgue. L'époque de la mort de 
Mederitsch n'est pas connue ; il vivait à Lem- 
berg, en 1830, et était âgé de soixante-six 
ans. 

MEDICIS (LAtHEST), prêtre et noble de 
Crémone, vécut dans la première partie du 
dix-sei)tième siècle, lia écrit plusieurs œuvres 
de musique d'église. Arisi (Cremona litte- 
rata, t. III, Jppendix) ne cite que celui qui 
a pour titre : Missarum octo vocibtts liber 
primus, op. IF. Nuper editum cum parte 
orijani. Sub signo Gardani, Fenetix, 1GI9. 
Gcrber a confondu ce prêtre avec Zaurenf de 
Médicis, dit le Magnifique, qui naquit le 
\" janvier 1448, cl qui succéda, en 14G9, à 
son père Pierre, dans le gouvernement de la 
réimblique de Florence. La méprise est un peu 
forte. 

MEEl\TS(LAMBEnT-JosErii), professeur de 
violon au Conservatoire royal de musii|ue de 
Bruxelles, est né dans cette ville en 1802. Des- 
tiné au commerce, il ji'éludia d'abord la mu- 
sique que cumniu art d'agrément; mais plus 



lard, des revers de fortune obligèrent ses pa- 
rents à lui faire chercher des ressources dans 
son talent précoce. A l'âge de quatorze ans, il 
était répétiteur des rôles et premier violon au 
théâtre d'Anvers. Vers celte époque, il devint 
élève deFridzeri, qui lui fit faire des progrès 
par l'étude des sonates et des concertos des an- 
ciens maîtres italiens. Plus lard, M. Meerts fit 
à diverses reprises des séjours plus ou moins 
prolongés à Paris et y reçut des leçons de La- 
font, d'IIabeneck et des conseils de Baillot. De 
retour à Bruxelles, il s'y est livré à l'enseigne- 
ment. Entré à l'orchestre de cette ville, en 
1828, il y a été nommé premier violon solo en 
1832, et s'est fait entendre avec succès pendant 
quatre ans dans celte position. La composi- 
tion occupait ses loisirs, et sans autre guide 
que son instinct, aidé seulement de quelques 
notions élémentaires d'harmonie, il écrivait 
des concertos, des fantaisies et des airs variés 
qui obtenaient du succès dans les concerts de 
cette époque. 

Au mois d'avril 1833, je vins prendre la di- 
rection du Conservatoire de Bruxelles; l'un 
de mes premiers soins fut d'y créer un en- 
seignement fondamental et rationne! de l'har- 
monie et du contrepoint, seules bases de l'ai't 
d'écrire en musique, par lequel se sont formés 
les plus illustres compositeurs, llien de sem- 
blable n'était connu en Belgique avant que j'y 
revinsse. M. Meerts, ayant entendu parler par 
mes élèves des progrès que leur faisait faiie 
cet enseignement, si nouveau pour eux, vint 
me voir et me prier de lui donner des leçons 
décomposition par ma méthode, ce que je lui 
accordai sans peine. Il fit avec moi un cours 
complet de la science; mais il lira de mes 
leçons un fruit auquel je n'avais pas songé. 
En me voyant commencer son instruction par 
les simples relations de deux voix «lui chantent 
à notes égales de simples consonnances, lui 
exi)li(|uantla raison de chaque règle, et le con- 
duisant ainsi pas à pas du connu à l'inconnu, 
et de conséquence en conséquence, jusqu'aux 
combinaisons les plus ardues d'un grand 
nombre de parties, il s'était dit que tout art, 
exigeanlchez celui qui le cultive un mécanisme 
complet d'exécution et de rendu île la pensée, 
ce mécanisme, quel (|u'il fut, ne pouvait être 
bien enseigné qu'en le décomposant jusqu'à 
ses éléments les plus simples, elallanl, comme 
dans le contrepoint, jusqu'à la réunion d'un 
tout complet et parfait. Donc, se disait-il, il 
doit en être ainsi de l'art déjouer du violon, 
et les véritables bases de l'enseignement de 
cel art sont encore à poser. Dès ce moment, 



WEERTS 



53 



«1 s'opéra d^ns M. M^erts une complète Lrans- 
formalion d'idées et de vues. 

Je lui avais fait remarquer qu'il y a dans la 
composition deux choses également nécessaires 
pour la production de beaux ouvrages, à sa- 
voir, la faculté de création qui réside dans 
l'organisation de l'artiste à des degrés divers, 
et l'acquit dans l'art de réaliser la pensée par 
le mécanisme de ce même art. J'enseigne, lui 
<iis-je, les éléments de l'art d'écrire; quant à 
la production des idées, quant à l'originalité 
de formes sous lesquelles elles se manifestent, 
c'est à la nature qu'il appartient de faire son 
œuvre. M. Meerts avait parfaitement saisi 
cette distinction et en avait conclu qu'il y a 
quelque chose de vicieux dans l'enseignement 
des instruments, particulièrement du violon, 
lorsqu'il se fait par la transmission pure et 
simple de l'exemple, en supposant même que 
celte transmission soit faite par les plus grands 
artistes 5 car ce que le maître veut faire passer 
alors dans le jeu de son élève, c'est sa propre 
nature : au lieu d'un talent original, il ne 
peut faire qu'un copiste. Ce qui fait le grand 
artiste ne se peut enseigner; mais celui que 
Ja nature a doté des facultés les plus heureuses 
n'en tirera pas tous les avantages dont elles 
sont susceptibles, si l'étude régulière et persé- 
vérante de toutes les dilTicultés de mécanisme 
ue lui a fourni le moyen de rendre toujours 
avec perfection ce que lui dictent ses inspira- 
lions. Mais quels sont les éléments du méca- 
nisme du violon ? Comment peut-on les classer 
d'une manière méthodique, ainsi qu'on l'a 
fait pour ceux du conlrepoint?Enfin, comment 
peut-on formuler un système d'étude régulière 
de ces éléments? Tels furent, depuis 1855, 
les sujets des méditalimis de M. Meerts et des 
ouvrages remarquables qu'il a publiés depuis 
lors. 

Divisant d'abord l'art de jouer du violon en 
ses deux parties principales qui sont : 1" la 
main de l'archet; 2» la main du manche de 
l'instrument, c'est-à-dire la main gauche, il 
s'occupa en premier lieu de l'archet, prin- 
cipe du son, de l'accent, de la nuance et du 
rhythme, laissant à traiter séparément de la 
main gauche, de laquelle dépendent la jus- 
tesse des intonations, la division des positions, 
le doigté, la sûreté dans l'exécution des 
traits et les combinaisons de double corde. 

L'archet, comme producteur du son, est in- 
dépendant des doigts; le premier élément de 
l'art de jouer du violon consiste donc à faire 
mouvoir l'archet sur les cordes à vide. N'ayant 
Uas à s'occuper de justesse d'intonations, et 



n'ayant pas à fu're fonctionner les doigts de 
la main gauche, l'élève porte toute son atten- 
lion.sur la tenue de l'instrument ainsi que sur 
la direction de son bras droit, en tirant et 
poussant l'archet. L'action de tirer et de 
pousser l'archet sur les cordes, dans la mu- 
sique, répond à l'un de ces deux sentiments, 
le vif ou le lent. Décomposant tous les traits 
qui peuvent correspondre à l'un ou à l'autre 
de ces deux sentiments, M. Meerts trouva que 
tous ont pour principes six coups d'archet 
fondamentaux qui constituent tout l'art de 
l'archet, et son premier ouvrage, intitulé: 
Etudes pour violon avec accompagnement 
d'un second violon, divisées en deux suites 
(Mayence et Bruxelles, Schott), eut pour objet 
de montrer l'application de ces six coups d'ar- 
chet dans tous les genres de dilTicultés, en 
mettant sous les yeux, par un dessin figuré de 
l'archet, le point d'attaquedans chacun des six 
coups fondamentaux. Pour se livrer au grand 
travail d'analyse exposé dans cet ouvrage, 
M. Meerts, ayant été nommé professeur au 
Conservatoire de Bruxelles, en 1835, donna sa 
démission de la placede violon solodu théâtre. 
Il fallut quelque temps pour que la valeur con- 
sidérable du nouveau système d'enseignement 
qu'il venait de produire fut comprise et appré- 
ciée à sa juste valeur; mais les résultats évidents 
que le maitre obtint dans son cours au Conser- 
vatoire, et l'opinion de quelques artistes étran- 
gers ayant fait connaître l'excellence de cette 
méthode, plusieurs éditions de l'ouvrage de 
M. Meerts furent épuisées en quelques années. 
Sous le titre de Mécanisme du violon, ce 
maitre donna, en deux suites d'études, les dé- 
veloppements transcendants de sa méthode 
analytique et progressive. 

Après avoir épuisé les applications des six 
coups d'archet fondamentaux, M. Meerts porta 
son attention sur le mécanisme de la main 
gauche et publia sur ce sujet important deux 
ouvrages remplis de vues neuves concernant 
les difficultés des changements de position, 
particulièrement en descendant, et sur la 
double corde; ces ouvrages ont pour titres : 
1" ZJouïe études considérées comme introduc- 
tion à la seconde partie du mécanisme du 
violon en ce qui regarde la double corde. 
2° Trois livraisotis sur l'étude de la deuxième, 
de la quatrième et de la sixième position. 
Les avantages du mécanisme des six coups 
d'archet fondamentaux ont ensuite été mis en 
évidence par M. Meerts dans ses suites d'étu- 
des sur les difficultés des divers genres de 
ihythmes, particulièrement dans ses lfoii:.e 



54 



MEERTS - MEES 



livraisons d'études de rhythmes sur des mo- 
tifs de Beethoven; car à chaque rhythme cor- 
respond une articulalion particulière de l'ar- 
chet qui lui donne son caractère spécial. Il 
vient de compléter cette partie de son oeuvre 
par des études de rhythme sur les motifs de 
Mendcissohn. 

Enfin, un des objets les plus importants de 
la musique moderne, Tart de rendre toutes les 
nuances de piano , de forte, de crescendo, 
de diminuendo, sans faire intervenir l'action 
du bras sur l'archet, cet art si riche d'accen- 
tuation est devenu facile par une découvertede 
M. nieerls, qui complète tout ce qui concerne 
Je mécanisme du violon. Les violonistes savent 
que rien n'est plus difficile que de soutenir un 
son fortissimo,%o\\. en tirant, soit en poussant 
l'archet, parce que l'éloignement plus ou 
moins grand où se trouve le poignet de la 
corde qui résonne diminue progressivement 
la puissance sonore, laquelle devient presque 
nulle près de la pointe de l'archet, tandis 
qu'elle est très-intense près du talon. 
M. Meerts a démontré que l'équilibre de la 
force ne peut s'établir sur tous les points de la 
longueur de l'archet qu'en augmentant pro- 
gressivement la pression des doigts sur la ba- 
guette de l'archet en raison de la diminution de 
la force musculaire au fur et à mesure que le iK>i- 
gnet s'éloigne de la corde; en sorte que cette 
pression, presque nulle près du talon de l'ar- 
chet, est considérable vers la pointe. Cette loi de 
la pression balancée fournit les moyens d'exé- 
cution des nuances les plus délicates et les plus 
accentuées. M. Meerts, après avoir expliqué 
les règles de l'art de nuancer par ce procédé, 
a publié trois études spéciales sur cet objet. 

C'est ainsi qu'a été accomplie la mission 
que s'est donnée dans son enseignement ce 
professeur digne de la plus haute estime. Ne 
voulant rien laisser dans le doute i)our les ap- 
plications de son système de mécanisme de 
l'instrumcut, à quelque point de vue que ce 
soit, il a fait lui-même ces a|iplicalions dans 
quelques ouvrages supplémentaires, parmi les- 
quels on remar<iue : Trois éludes pour le style 
fugué et le stacrato; le Mécanisme de l'ar- 
chet en douze études pour violon seul; le Tra- 
vail journalier des jeunes solistes ; Six 
fugues à deux parties pour violon seul; 
Trois études brillantes, etc. Tous cesouvragcs 
ont été publiés par les maisons Scholt, de 
Mayence et de Bruxelles. 

L'enseignement de M. Meerts au Conserva- 
toire de Bruxelles a porté ses fruits en donnant 
aux jeunes violonistes de celte école une sû- 



reté de mécanisme qui s'applique à tous les 
effets de l'instrument, et l'unité d'archet qu'on 
admire dans l'orchestre de ses concerts. Ce 
sont ces mêmes qualités des instruments à 
cordes, qui, réunies à l'excellence des instru- 
ments à vent, ont placé cel orchestre au 
rang des deux ou trois plus célèbres de l'Eu- 
rope. C'est là surtout que se fait sentir le mé- 
rite de l'enseignement analytique créé par le 
digne professeur. Les solistes, dominés par 
leurs facultés personnelles, ne se soumettent 
pas aux conditions d'un mécanisme raisonné ; 
ils s'attachent aux choses dans lesquelles ils 
réussissent-, en font le caractère individuel de 
leur talent, et s'abstiennent de celles où ils 
sentent qu'ils seraient faibles. Ce sont des ar- 
tistes d'exception, à moins qu'ils ne soient 
complets, ce qui est une exception beaucoup 
plus rare. 

Parmi les virtuoses violonistes qui ont pour 
les travaux de M. Bleerts la plus haute eslime, 
on peut citer les noms de Vieuxtemps, Joa- 
chim, Léonard, Sivori, Laub et beaucoup d'au- 
tres. Le violoncelliste Bockmuhl, de Franc- 
fort, a fait une application de ses principes 
dans ses Etudes pour le développement du 
mécanisme du violoncelle (OfTenbach, André) ; 
Servais a transcrit pour le même instrument 
huit de ses études de rhythme, et MM. Warot, 
professeur de violoncelle du Conservatoire de 
Bruxelles, et Bernier, professeur de contre- 
basse à la même institution, ont appliqué 
d'une manière très-heureuse les mêmes prin- 
cipes dans leurs méthodes de violoncelle et de 
contrebasse. M. Meerts est chevalier de 
l'Ordre royal de Léopold. 

MEES (He:<ri), né à Bruxelles, en 1757, 
fut attaché au théâtre de cette ville, en (|ua- 
lilé de première basse-taille. Un exléiitur 
agréable, une belle voix, la connaissance de la 
musique et de l'art du chant, lui liront obtenir 
de brillants succès à la scène. En 179G, il éta- 
blit un opéra français à Hambourg; mais son 
entreprise ne réussit pas, et il fut obligé de 
s'éloigner de celte ville iwwr se rendre à Pé- 
Icrsbourg, où il fut employé au thédlre de la 
cour. En 1810, il se relira à Varsovie, avec 
une pension de l'empereur de Russie. Il est 
mort dans celte ville, le 51 janvier 1820. L'es- 
lime dont il jouissait fit assistera ses ol)sù(iues 
tout ce qu'il y avait de plus distingué parmi 
les habitants de Varsovie. 

MEES (Josr.pii-llE>ni), fils du précédent et 
petit-fils de Wilzthumb (i;oye: ce nom), est né 
à Bruxelles, en 1779. Ses études musicales 
furent dirigées par son aïeul. En 1790, il sui- 



MEES - MËIIUL 



î?5 



vit son père à Hambourg ; quoiqu'il no fiU âgé 
que de dix-sept ans, il dirigeait déjà Tor- 
chestre avec la partition. Deux ans après, il 
fut engagé au service du duc de Brunswick 
pour remplir les mêmes fonctions. Depuis lors, 
il a visité l'Allemagne, la Suède, la France et 
l'Angleterre. De retour à Bruxelles, en 1810, 
il y a établi une école de musique d'après la 
méthode du Méloplaste, sous le titre d'^cade- 
tnie, et l'a dirigée conjointement avQp Snel 
(voyez ce nom) jusqu'en 1830; mais les évé- 
nements de la révolution ayant porté alors 
atteinte à l'existence de cet établissement, 
Mees s'est mis de nouveau à voyager, a visité 
Paris, l'Italie, l'Angleterre et en dernier lieu 
la Russie. Il avait établi d'abord une école de 
musique à Varsovie; mais la guerre et les 
événements de 18ôl l'obligèrent à s'éloigner 
précipitamment de cette ville et à se réfugier 
à Riew. Il y ouvrit une école, dans laquelle 
il enseignait la musique par la méthode du 
Méloplaste. Après avoir passé plusieurs an- 
nées dans cette situation peu satisfaisante, il 
se rendit à Pétersbourg, où il remplissait 
encore les fonctions de chef d'orchestre de 
rOpéra, en 18Ô8 (voyez la Gazette générale 
de musique de Leipzick, 40™*= année, p. 483). 
Il est mort dans cette ville, peu de temps après 
cette époque. Comme compositeur, Mees a 
donné au théâtre du Parc, à Bruxelles, le Fer- 
mier belge, opéra-comique en un acte, paroles 
de Lesbroussart, en 1810, et a fait exécuter à 
Aix-la-Chapelle une grande cantate pendant 
le congrès de 1818. On connaît aussi de lui 
l'Oratorio Esther, dont dès fragments ont été 
exécutés à Bruxelles en 18-23, un trio comique 
inti(uléZes77/e;7(fo«S;qui fut chanté en Italie 
par madame Malibran, le ténor Masi et La- 
blache. Enfin, il a éciit plusieurs composi- 
tions pour alto principal. On a de cet artiste : 
\'> Méthode raisonnée pour exercer la voix 
et la préparer aux plus grandes difficultés; 
Bruxelles, 1828, in-4° de quarante et une 
pages. 2» Tableaux synoptiques du Mélo- 
;?/as<e;ibid., 1827, in-4". ô" Explication de la 
busse chiffrée; ibid., 1827, in-4». 4" Théorie 
(le la musique mise eu canons, à l'usage 
des écoles de musique, et disposée pour les 
classes; ibid., 1828, quatre parties in-4". Mees 
a publié une nouvelle édition du Diction- 
naire de musique moderne, par Castil-Blaze 
(Bruxelles, 1828, un volume in-S"), et y a 
ajouté une préface, un abrégé historique de 
la musique moderne, et une Biographie des 
théoriciens, compositeurs, chanteurs et mu- 
siciens célèbres qui ont illustré l'école fla^ 



mande, et qui sont nés dans les Pays-Bas. 
Ces additions sont de peu de valeur. Enfin, ou 
doit à Mees une nouvelle édition des Mémoires 
ou Essais sur la musique, par Grétry, avec des 
notes; Bruxelles, 182'J, trois volumes in-18. 

MEGELIN (IlENni) , violoncelliste à la 
chapelle de l'électeur de Saxe, vivait à Dresde 
postérieurement à 1774. Il était alors-consi- 
déréen Allemagne comme un des artistes les 
plus habiles sur son instrument. Il a laissé en 
manusciit |)lusieurs concertos et d'autres mor- 
ceaux pour le violoncelle. 

MEGKRLE (Abraham), chanoine de 
Saint-Marc ad nives et maître de chapelle de 
l'église cathédrale de Salzbourg, vivait dans 
cette ville vers le milieu du dix-huitième 
siècle. Il a publié de sa composition un recueil 
d'offertoires, sous ce litre : ^ra musica, seu 
offertoria 1-10 voc, tom. I, II, III, cum 
instrumentis; Salzbourg, 1740. 

MEGUIJN (A.-B.), régleur de papier et 
typographe à Paris, est auteur d'un livre qui 
a pour titre : l'Art de la réglure des registres 
et des papiers de musique; méthode simvle 
et facile pour apprendre à régler, contenant 
la fabrication et le montage des outils fixes 
et mobiles, la préparation des encres, et dif- 
férents modèles de réglure; Paris, Audot, 
1828, un volume in-18, avec une planche et 
des modèles. 

MEIIUSCOEIDT (...) ; on a sous ce nom, 
qui est probablement celui d'un musicien alle- 
mand, un ouvrage intitulé : Table raisonnée 
des principes de musique et d'harmonie, 
contenant ce qui est le plus essentiel à ob- 
server dans la musique pour ceux qui veulent 
travailler à la composition, arrangée d'une 
manière aisée pour que chaque musicien 
puisse voir d'un seul coupd'œil tout cequ'il 
peut et doit faire concernant l'harmonie; 
Paris, 1780. 

WÉIIUL (ÉTiE^NE-llEsni) , l'un des plus 
grands musiciens qu'ait produits la France, 
naquit à Givet, petite ville du département des 
Ardennes, le 24 juin 1703. Jamais circon- 
stances ne parurent moins propres à dévelop- 
per un talent naturel que celles qui accompa- 
gnèrent la naissance et les premières années 
de la vie de cet artiste célèbre. Fils d'un cui- 
sinier (1) qui ne put fournir qu'avec peine à 

(I) M. Quatremére de Quincy, dans une Nolice histo- 
rtijue sur la vie et les ouvrages de Mélnd-, a écrit que le 
père de ce grand musicien avait servi dans le génie et 
avait élé inspecteur des fortifications de Cliarlemont. Le 
fait est inexact. Le père de Méliul n'avait aucune inslruc- 
lion : il ne dut la place subalterne dont il s'agit qu'à 
l'influence de son fils. 



86 



MÉHUL 



son entrelien et aux fiais de son éducation; 
n'ayant pour s'instruire dans la musique 
d'autre ressource que les leçons d'un orga- 
niste pauvre et aveugle; habitant un pays où 
l'on n'entendait jamais d'autres sons que ceux 
du plain-chant de l'église ou du violon des 
ménétriers; tout semblait se réunir pour 
éloufîer dès sa naissance le germe d'un grand 
talent, et pour faire un marmiton de celui que 
la nature destinait à devenir le chef de l'école 
française. Mais quels obstacles peuvent arrêter 
l'homme supérieur dans sa carrière ? A défaut 
de maîtres, Méhul avait son instinct, qui le 
guidait à son insu. Sans être un artiste fort 
habile, l'organiste de Givet eut du moins le 
talent de deviner le génie de son élève, de lui 
faire pressentir sa destinée, et de le préparer 
à de meilleures leçons que celles qu'il pouvait 
lui donner. 

Méhul avait à peine atteint sa dixième an- 
née quand on lui confia l'orgue de l'église des 
Récollets à Givet. Bi(>nlôt le talent du petit or- 
ganiste fut assez remarquable pour attirer la 
foule an couvent de ces pauvres moines, et 
faire déserter l'église principale. Cependant, 
il était dilTicile de prévoir comment il s'élè- 
verait au-dessus du point où il était arrivé, 
lorsqu'une de ces circonstances qui ne man- 
quent guère à ceux que la nature a marques 
du sceau d'une vocation particulière, se pré- 
senta, et vint fournir au jeune musicien l'oc- 
casion d'acquérir une éducation musicale i)lus 
profitable que celle qu'il avait reçue jus- 
qu'alors. Le fait mérite d'être rapporté avec 
quelque détail. 

Non loin de Givet, dans les montagnes des 
Ardennes, se trouvait, avant la révolution de 
1789, une communauté des Prémonlrés qu'on 
api)elait ral)l)ayc de Lavaldieu. En 1774, 
l'abbé de ce monastère, M. Lissoir (qui fut de- 
puis lors aumônier des Invalides et qui mou- 
rut en 1808), reçut du général des Prémon- 
trés la commission de visiter plusieurs maisons 
de cet ordre. Arrivé au couvent de Scliussen- 
ried, en Souabc, il y tiouva Guillaume Ilanscr 
{voyez ce nom), inspecteur du chœur de cette 
abbaye et musicien distingué, surtout i)0ur le 
style de la musifiue sacrée et celui de l'orgue. 
Charmé de ses talents, M. Lissoir l'invita à sa 
rendre à Lavaldieu, pour y passer plusieurs 
années, ce qui fut acce[)lé. llanser y arriva en 
1775. A peine se fut-il fait entendre sur l'orgue 
de l'abbaye, <|ue sa réputation s'étendit dans 
tout le pays. Méhul, alors âgé de douze ans, 
pressentit toute l'importance du séjour de 
Hanser à Lavaldieu pour ses éludes; il n'eut 



point de repos qu'il ne lui eut été présenté, et 
que le bon Allemand ne l'eût adopté comme 
son élève. 

La musique est un art difficile, singulier, 
unique en ce qu'il est à la fois un art et une 
science. Comme art, la musique est plus que 
la peinture dans le domaine de l'imagination ; 
sa fantaisie est moins limitée, sou allure est 
plus libre, et les émotions qu'elle éveille sont 
d'autant plus vives, que ses accents sont plus 
vagues et rappellent moins de formes conven- 
tionnelles. Comme science, elle est aussi d'une 
nature particulière. Plus morale, plus méta- 
physique que mathématique, elle appelle à son 
secours le raisonnement i)lulôt que le calcul, 
et repose bien plus sur des inductions que 
sur des formules rigoureuses. De là, la té- 
nuité des liens qui, dans cette science, ratta- 
chent les faits entre eux; de là, les imperfec- 
tions de sa théorie, l'obscurité de son langage 
et la lenteur de ses jirogrès; de là, enfin, la 
difficulté qu'on éprouve à l'enseigner et à l'ap- 
l)rendre. Outre le talent naturel qui, pour la 
pratique des arts, est une condition indispen- 
sable, il faut, pour apprendre la musique, un 
professeur habile, de la patience et de longues 
études. Il ne suffisait donc pas que Méhul eût 
trouvé un guide, il fallait qu'il piit i)rofilcr à 
chaque instant de ses conseils, et qu'il passât 
sa jeunesse sous ses yeux. Mais l'éloignemeut 
où l'abbaye de Lavaldieu était de Givet ne per- 
mettait i)oint à l'élève de faire tous les jours 
un double voyage de plusieurs lieues pour re- 
cevoir les leçons du maître. D'un autre côté, 
les ressources bornées du père de Wéhul s'op- 
posaient à ce qu'il payât une pension pour son 
fils. Le digne abbé dont il a été parlé leva 
toutes ces difficultés, en admettant le jeune 
artiste au nombre des commençaux de la 
maison. Plus tard, Méhul, devenu habile, s'ac- 
quitta envers l'abbaye, en remplissant pendant 
<leiix ans les fonctions d'organiste adjoint. 

Rien ne pouvait être i)lus favorable aux 
études du jeune musicien que la soliliKie où il 
vivait. Placée entre de hautes montagnes, cle 
l'aspect le i)lus pittoresque, éloignée des 
grandes loutes et privée de communications 
avec le monde, l'abbaye de Lavaldieu offrait 
à ses habitants l'asile le plus sûr contre d'im- 
portunes distractions. Un site délicieux, sur 
lequel la vue se reposait, y élevait l'âme et la 
disposait au lecucillcnient, Méhul, (|ui con- 
serva toujours un goût passionné pour la cul- 
ture des (leurs, y trouvait un délassement de 
ses travaux dans la possession d'un petit jar- 
din qu'on avait abandonné à ses soins. D'ail- 



MEHUL 



57 



letirs, îl n'y éprouvait pas la iirivation de 
toute socitHé convenable à son âge. Ilanser, 
qui aimait à parler de l'art qu'il cultivait et 
enseignait avec succès, avait rassemblé près 
de lui plusieurs enfants auxquels il donnait 
des leçons d'orgue et de composition (1), cir- 
constance qui accélérait les progrès du jeune 
Méhul par l'émulation, et qui lui procurait un 
délassement utile. Il a souvent avoué que les 
années passées dans ce paisible séjour furent 
les plus heureuses de sa vie. 

Tout semblait devoir l'y fixer : l'amitié des 
religieux, l'attachement qu'il conserva tou- 
jours pour son maître, la reconnaissance, une 
perspective assurée dans la place d'organiste 
de la maison, et, de plus, le désir de ses pa- 
rents, qui bornaient leur ambition à faire de 
lui un moine de l'abbaye la plus célèbre du 
pays, telles étaient les circonstances qui se 
réunissaient pour renfermer dans un cloilre 
l'exercice de ses talents. Il n'en fut heureuse- 
ment pas ainsi. Le colonel d'un régiment, qui 
était en garnison à Charlemont, homme de 
goût et bon musicien, ayant eu occasion d'en- 
tendre Méhul, pressentit ce qu'il devait être 
un jour, et se chargea de le conduire à Paris, 
séjour nécessaire à qui veut parcourir en 
France une brillante carrière. Ce fut en 1778 
que Méfiul quitta sa paisible retraite pour en- 
trer dans l'existence agitée de l'artiste qui 
sent le besoin de produire et d'acquérir de la 
réputation. Il était alors dans sa seizième an- 
née. Un an après il assistait à la première 
représentation de VIphigénie en Tauride de 
Gluck, et s'enivrait du plaisir d'entendre ce 
chef-d'œuvre ainsi que de l'éclat du succès. 

A peine arrivé dans cette grande ville, il 
s'occupa du choix d'un maître qui pût perfec- 
tionner à la fois son talent sur le piano et ses 
connaissances dans l'art d'écrire la musique. 
Edelmann, claveciniste habile et compositeur 
instruit, fut celui qu'il choisit. Les leçons qu'il 
donnait lui-même fournissaient à son entretien 
et lui procuraient les moyens de se produire 
dans le monde. Il avait de l'esprit, n'était pas 
étranger à la littérature, et savait mettre à 
})rofit ses relations avec les hommes distin- 
gués qu'on appelait alors les philosophes. 

Ses premiers essais, qui avaient eu pour 
objet la musique instrumentale, donnèrent 
naissance à des sonates de piano, dont il pu- 
blia deux œuvres chez La Chevardiôre, en 

(I) Apris Méliul, ceux qui se sont distingues sont 
Frciard, de Bouillon, qui, plus tard, fut organiste à 
Calais, et Georges Sclie^crmann, de Montliermé, habile 
clavceinistc,qui est mort i Nantes, au mois de juin 1827. 



1781. Ces productions étaient faibles et n'indi- 
quaient pas que le génie de leur auteur fiU 
dans la route qu'il devait parcourir avec 
gloire. Méhul paraît l'avoir senti, car il re- 
nonça bientôt à ce genre de composition. La 
musique vocale, et surtout le style dramatique 
lui convenaient mieux; aussi s'en occupa-t-il 
avec ardeur. Le bonheur qu'il eut d'être pré- 
senté à Gluck et de recevoir ses conseils fut, 
sans doute, l'événement qui influa le plus sur 
la direction qu'il donna dès lors à son talent. 
La régénération, encore récente, de l'opéra 
français par Gluck; les vives discussions qui 
agitaient toute la nation à ce sujet, et qui la 
partageaient en deux partis ennemis (les pic- 
cinnistes et les gluckistes) ; l'importance que 
chacun attachait au triomphe de ses opinions ; 
les épigrammes, les bonnes ou mauvaises plai- 
santeries (2), tout prouvait que la véritable 
route de la renommée était le théâtre. La con- 
viction de cette vérité fortifia flléhul dans ses 
résolutions. Il préluda à ses succès par une 
ode sacrée de J.-B. Rousseau qu'il mit en mu- 
sique, et qu'il fit exécuter au Concert spirituel, 
en 1782. L'entreprise était périlleuse; car s'il 
est utile à la musique que la poésie soit rhyth- 
mée, il est désavantageux qu'elle soit trop har- 
monieuse et trop chargée d'images. En pareil 
cas, le musicien, pour avoir trop à faire, reste 
presque toujours au-dessous de son siijel. 
Loin de tirer du secours des paroles, il est 
obligé de lutter avec elles. Il paraît cependant 
que Méhul fut plus heureux ou mieux inspiré 
que tous ceux qui, depuis, ont essayé leurs 
forces sur les odes de Rousseau; car les jour- 
naux de ce temps donnèrent des éloges à son 
ouvrage. 

Sous la direction du grand artisie qui 
l'avait accueilli avec bienveillance, il écrivit 
trois opéras, sans autre but que d'acquérir 
une expérience que le musicien ne peut at- 
tendre que de ses observations sur ses propres 
fautes. Ces ouvrages étaient la Psyché, de 
Voisenon ; VAnacréon, de Gentil-Bernard^ et 
ZoMSUS et Zj/d/e, de Valladier. Lorsque Méhul 
se crut en état de se hasarder sur la scène, il 
composa Alonzo et Cora, et le fit i-ecevoir à 
l'Opéra. II était alors dans sa vingtième année. 
Bien que son ouvrage eût été favorablement 
accueilli par l'administration de l'Académie 
royale de musique, six ans se passèrent inuti- 
lement dans l'allenlede la représentation. 

Irrité de ce (lu'il considérait comme une 

(2) On sait que les dclracleursdc Gluck indiquaient 
son adresse ri»e du Grand- I/urletir, el que ceux de Pic- 
cinni le logeaient dans la rue des l'etttsCUaHis. 



E8 



MÉIIUL 



iiijuslice, mais non découragé, Mélnil songea 
à se frayer nne roule sur un autre Ihéàlre. 
L'Opéra-Comique lui offrait l'espoir d'une 
mise en scène plus prompte ; celle considéra- 
tion le décida, et le drame d'Eiiphrosine et 
Corradin vit le jour. C'était en 1790 : ainsi, 
telles sont les conditions désavantageuses de 
la carrière du musicien en France, qu'un 
homme né pour opérer une révolution dans la 
musique dramaticjue, ne put se produire en 
public qu'à l'âge de vingt-sept ans, et après 
neuf ans d'efforts pour arriver à la scène. S'il 
fût né en Italie, vingt théâtres lui eussent ou- 
vert leurs portes, et vingt ouvrages auraient 
signalé son génie avant qu'il eût alleint l'âge 
où il put débuter dans sa pairie. 

Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que la 
mission de MéhuI se trouva accomplie tout 
d'un coup par sa partition à'Euphrosine. 
C'était le produit de longues éludes et de mé- 
ditations profondes; aussi, y trouve l-on toute 
la maturité du talent. Lesqualités de son génie 
et quebjues-uns de ses défauts se montrent 
dans cet ouvrage, tels qu'il les a produits de- 
puis lors dans beaucoup d'autres. Un chant 
noble, mais oit l'on désire quelquefois un peu 
plus d'élégance; une instrumentation beau- 
coup plus brillante et plus fortement conçue 
que tout ce qu'on avait entendu en Fiance 
jusque-là, mais trop d'attachement à de cer- 
taines formes d'accompagnement qui se rei)ro- 
diiisent sans cesse; un sentiment juste des 
convenances dramatiques; mais surtout une 
grande énergie dans la peinture des situations 
fortes : voilà ce que Méhul fit voir dans son 
premier opéi-a. Tout le monde connaît le beau 
duo: Gardez -vous de la jalousie; il n'y avait 
pas de modèle pour un soniblal)le morceau : 
c'était une création ; cl qiioi(iu'on inil désirer 
d'y trouver plus de mélodie, les connaisseui-s 
avouèrent ([uc jamais la vigueur d'expression 
n'avait été poussée si loin. 

On se doute bien que le succès ayant cou- 
ronné le début (le Hirliul, la ropiéscnlalioii de 
Cora ne se fit pas allendic ; car s'il est des dé- 
goûts pour l'arlisle inconnu, tout sourit à celui 
dont les premiers pas ont été heureux. Néan- 
moins, cet opéra réussit peu et ne prit point 
place au répertoire de l'.Ycadémie royale de 
musique. A 6'ora succéda (en \7d2)Stralo>iicc, 
l'une des luodiiclions de Méliul (\\i\ ont le plus 
coiiliibué à .sa biillanlc répiilalion. Un air 
admiiable {f crsez tous vos cliagrins), et un 
<|ualuor, ont siiilout rendu célèbre cet opéra. 
Ce (pialuor, objet de l'adiniralion de beaucoii|) 
d'artistes cl d'amateurs, est, en effet, remar- 



quable par sa physionomie originale; c'est 
une em|)reinle du talent de son auteur avec 
tous les déveIop|)emenls qu'elle comi)orte. On 
y trouve une manière large, une noblesse, nne 
entente des effets d'harmonie, dignes des plus 
grands éloges. En revanche, les défauts de 
Méhul s'y font aussi remarquer. Rien «le plus 
louid, de plus monolone que celle gamme de 
basse accompagnée d'une espèce de contre- 
point fleuri qui se reproduit sans cesse; rien 
de plus scolaslique que ces accompagnements 
d'un seul motif {d'un sol passa) qni poursui- 
vent l'auditeur avec obstination. L'ensemble 
du morceau offre le résultat d'un travail fort 
beau, fort estimable sous plusieurs rapports, 
mais ce travail se fait trop remarquer el nuit 
à l'inspiration spontanée. Toutefois, le qua- 
tuor de Stratonice aura longtemps encore le 
mérite de signaler Méhul comme l'un des plus 
grands musiciens français, parce que les qua- 
lités sont assez grandes pour faire pardonner 
les imperfections. 

J/oradus Codés, le Jeune Sage et le Ficux 
Fou, Doria, sujets peu favorables à Fa mu- 
sifiue, ou mal disposés, n'inspirèrent imint 
heureusement l'auteur iVEuphrosinc; non- 
seulement, cespièces ne réussirent pas, mais 
de toute la musique qu'on y trouvail„ricn n'a 
survécu, si ce n'est l'ouverture d'/Ioratius, 
morceau du plus beau caractère, qui depuis 
lors a servi pour ^d rien , awlic opéra <lu mémo 
auteur, écrit el reçu avant les autres, mais 
joué seulement en 1799, par des causes poli- 
tiques. Pltrosine et Jlélidor aurait dû trouver 
grâce devant le public par le charme de la 
musique, où règne un beau sentiment, plus 
d'abandon et d'élégance que Méhul n'enavail 
mis jusqu'alors dans ses ouvrages; mais un 
drame fioid et triste entraîna dans sa cliulo 
l'œuvre du musicien. Toutefois, la partition a 
été publiée, cl les musiciens y peuvent trou- 
ver un sujet d'étude rempli d'intérêt. 

La rivalité qui existait alors entre l'ancien 
Opéra-Comitiue et le théâtre de la rue Fey- 
deaii, rivalité qui fut si favorableàla musique 
française, donna naissance, en 1795, à la 
Caverne, opéra de Méhul qu'on voulait oppo- 
ser à l'ouvrage du même nom que Lcsueur 
avait fait représenter au théâtre Feydeau 
deux ans auparavant. Ce dernier seul est 
resté : on ne connaît rien aujourd'hui de 
raiitie partition. Jdrien, autre composition 
du même temps, était digne en tous points du 
génie de Méhul. On y trouvait une niulliludc 
d'cffels nouveaux, des chœurs admirables et 
un rOcilalif qui n'était point inférieur à celui 



MËHUL 



89 



de Gluck; mais par une sorte de fatalité, les 
divers gouvernements qui se succédèrent 
proscrivirent l'ouvrage à chaque reprise qu'on 
en fit. En 1797, un événement unique dans les 
annales du théâtre illustra la carrière du 
grand artiste. Il s'agit du Jeune Henri , 
opéra comi(iue dont l'ouverture excita de tels 
transports d'enthousiasme, qu'on fut obligé de 
l'exécuter deux fois de suite. Le sujet de 
l'ouvrage était un épisode de la jeunesse de 
Henri IV, roi de France. Ce fut une affaire de 
l)arlis : les royalistes espéraient un succès , 
mais les républicains , indignés qu'on osât 
mettre en scène un prince, un tyran, et de 
plus un tyran qui avait fait le bonheur de la 
France, sifflèrent la pièce dès la première 
scène, et firent baisser le rideau avant qu'elle 
fut finie; cependant, voulant donner au com- 
positeur un témoignage de son admiration, 
le public demanda que l'ouverture fût jouée 
une troisième fois. L'usage de faire entendre 
ce beau morceau entre deux pièces s'est con- 
servé longtemps au théâtre de l'Opéra-Co- 
mique. 

La tragédie de Timoléon ^ par Chénier, 
fournit à Méhul, vers le même temps, l'occa- 
sion d'écrire une autre ouverture et des 
chœurs du plus grand effet. Depuis Eslher et 
Athalie, on n'avait point essayé de joindre 
les accents de la tragédie à ceux de la musique; 
le slyle sévère et grave du grand artiste était 
plus convenable pour cette alliance que celui 
d'aucun autre. Malgré le peu de succès de la 
pièce de Chénier, l'ouverture et les chœurs 
ont laissé des traces dans la mémoire des con- 
naisseurs. 

Un silence de près de deux ans suivit ces 
travaux. Les soins qu'entraînait l'organisa- 
tion du Conservatoire en occupèrent tous les 
moments. Méhul avait été nommé l'un des 
quatre inspecteurs de cette école; les devoirs 
de sa place l'obligeaient à surveiller l'admis- 
sion des élèves, à concourir à la formation des 
ouvrages élémentaires destinés à l'enseigne- 
ment; enfin, à prendre une part active à tout 
ce ((ui concernait l'administration d'un grand 
établissement naissant. Il est vraisemblable 
que ce fut alors que Méhul commença à s'aper- 
cevoir de l'insuffisance de ses premières 
études. Le compositeur dramatique a plus be- 
soin d'inspirations que de science ; mais celle- 
ci est indispensable au professeur. S'il ne la 
possède pas, il éprouve à chaque instant les 
embarras d'une position fausse. Les discussions 
(les comités, les instructions qu'il faut élre 
toujours prêt adonner, les exemples qu'il faut 



écrire à l'appui du précepte, obligent celui qui 
est revêtu de ce titre à ne pas craindre 
l'examen de sa capacité; or, Méhul eut plus 
d'une fois occasion de remaïquer l'avantage 
qu'avaient sur lui , dans le Conservatoire, 
des hommes qui étaient loin de le valoir 
comme compositeurs. Les leçons qu'il a écrites 
pour le solfège du Conservatoire sont même 
plus faibles que celles de ses collègues Gossec 
et Martini, bien que le génie de ceux-ci fût in- 
férieur au sien. 

Ce fut par Jriodant que Méhul reparut sur 
la scène, en 1799. Cet ouvrage contient des 
beautés dramatiques; on y trouve un duo et 
|)lusieurs autres morceaux qui sont devenus 
classiques, et qu'on a chantés longtemps dans 
les concerts. Toutefois, la similitude du sujet 
avec celui de Montana et Stéphanie, oi)éra 
célèbre de Berlon, nuisit au succès de la nou- 
velle production de Méhul. Sans parler de la 
disposition du i>oeme, qui n'est point heu- 
reuse, Jriodant, il faut le dire, ne se fait 
point remar<iuer par la fraîcheur d'idées, la 
glace du chant, ni la variété de couleurs qui 
brillent dans Monlano, bien que la partition 
de Méhul fût mieux écrite et plus riche d'in- 
strumentation que l'autre. Cette production 
était une de celles pour lesquelles Méhul mon- 
trait le plus de prédilection. A la même é|ioque 
où jériodant fut joué à l'Opéra-Comique, 
l'administration du Grand -Opéra obtint du 
directoire l'autorisation de faire enfin repré- 
senter Jdrien, belle composition d'un slyle 
sévère qui obtint un succès d'estime, mais qui, 
dépourvu de spectacle et de danse, ne put se 
soutenir à la scène. Bion , opéra comique 
qui suivit Âriodant, était faible et ne réus- 
sit i)as parce que la pièce d'Hofman était 
froide et monotone. Epicnre trompa l'attente 
des artistes et du public, qui espéraient un 
chef-d'œuvre de l'association de deux maîtres 
tels que Méhul et Cherubini. Un duo délicieux 
{ylh! mon ami, de notre asile, etc.) fit, du 
moins, reconnaître l'auteur de Médée et de 
Loduisha; mais la muse du chantre iVEu- 
phrosine et (TAdrien le laissa sans inspira- 
tion. 

Nous arrivons à une des époques les plus 
remarquables de la carrière de Méhul. Des 
critiqueslui avaient souvent reproché de man- 
<iuer de grâce et de légèreté dans ses chants. 
L'arrivée desnouveaux bouffes, qui s'établirent 
au théâtre de la rue Chantereine, en 1801, 
avait réveillé, parmi quelques amateurs, le 
goût de cette mu5i(iue italienne si élégante, 
si suave, qu'on devait aux inspirations de Pai- 



60 



MÉHUL 



siello, de Cimarosa et de Giiglielmi. On fai- 
sait entre elle et les productions de l'école 
française des comparaisonsqui n'étaient point 
à l'avantage de celle-ci. L'amour-propre de 
Méhul s'en alarma ; mais une erreur singulière 
lui fit concevoir la pensée de détruire ce qu'il 
considérait comme une injuste prévention, et 
de lutter avec les maîtres que nous venons de 
nommer. 

Méhul, persuadé qu'on peut faire à vo- 
lonté de bonne musique italienne, française 
ou allemande, ne douta pas qu'il ne pût écrire 
un opéra bouffe, où l'on trouverait toute la 
légèreté, tout le charme de la Molinara et 
du Matrimonio segreto; et sa conviction 
était si bien établie à cet égard, qu'il entre- 
prit VIrato pour démontrer qu'il ne se trom- 
pait pas, et qu'il fit afTicher la première re- 
présentation de cette pièce sous le nom d'un 
compositeur italien. Il faut l'avouer, la plu- 
part de ceux qui fréquentaient alors les spec- 
tacles, étaient si peu avancés dans la connais- 
sance des styles, qu'ils furent pris au piège, 
et qu'ils crurent avoir entendu, dans VIrato, 
des mélodies enfantées sur les bords du Tibre 
ou dans le voisinage duVésuve. Certes, rien ne 
ressemble moins aux formes italiennes que 
celles qui avaient été adoptées par le compo- 
siteur français. Blébul a eu beau faire, il n'y 
a rien dans son ouvrage qui ressemble à la 
verve bouffe des véritables productions scé- 
niques de l'Italie. Eh! comment aurait-il pu 
en être autrement? Il méprisait ce qu'il vou- 
lait imiter; il ne se proposait que de faire une 
satire. N'oublions pas toutefois ^\ue le quatuor 
de VIrato est une des meilleures productions 
de l'école française, et que ce morceau vaut 
seul un opéra. Le succès que cet ouvrage avait 
obtenu dans la nouveauté détermina son au- 
teur à traiter des sujets moins sérieux que ceux 
de SCS premières productions. Une Folie et le 
Trésor supposé succédèrent à VIrato en 1802 
et IKOÔ. Plusieurs morceaux d'une facture 
élégante et facile, qu'on trouve dans le pre- 
mier de ces ouvrages, le firent réussir; le 
deuxième est très-faible : on peut même dire 
qu'il n'est pas digne du talent et de la ré- 
putation de Méhul. Jounna^ l'Heureux vfial- 
gré lui, Héléna et Gabrielle d'Estrées n'ont 
laissé que de faibles traces de leur pas- 
sage sur la scène; il n'en fut pas de même 
d'(/tliaf. Ce sujet ossianique, rempli de situa- 
tions fortes, ramenait Méhul dans son <lo- 
tnaine. Il y retrouva son talent énergique : 
il est vrai qu'on y désirerait plus de mélodie, 
et que la couleur en est un peu troi) uni- 



forme (1) ; mais malgré ses défauts, cet ou- 
vrage n'a pu être conçu que par un homme 
supérieur. Un joli duo est à peu près tout ce 
qu'il y a de remarquable dans les Aveugles 
de Tolède; toutefois cette bouffonnerie spiri- 
tuelle, jouée en 1806, eut un certain succès, 
auquel ne fut pas étranger le caractère ori- 
ginal de quelques mélodies espagnoles, intro- 
duites par Méhul dans sa partition. 

C'est vers le temps où ce dernier opéra fut 
composé, que Chérubini se rendit à Vienne 
pour y écrire son opéra de Faniska. Les 
journaux allemands exprimèrent alors une 
admiration profonde pour l'auteur de celle 
composition, et le proclamèrent le plus savant 
et le premier des compositeurs dramatiques 
de son temps. Méhul, qui jusqu'alors avait été 
considéré comme son émule et son rival, 
souscrivit à ces éloges; mais quiconque l'a 
connu sait combien lui coûta un pareil 
aveu : il ne le fit que par ostentation de 
générosité et pour cacher son désespoir. Dès 
ce moment, il prit la résolution de ne rien 
négliger pour acquérir celte science des 
formes scolastiqucs (jui lui manquait, etdontle 
nom l'importunait. Il ne voyait pas que la vé- 
ritable science en musique consiste bien moins 
dans des connaissances théoriques dont on 
charge sa mémoire, que dans une longue ha- 
bilude de se jouer de ses difficultés, bahilude 
qu'il faut contracter dès l'enfance, afin d'êlre 
savant sans y penser et sans gêner les inspi- 
rations du génie. Quoi qu'il en soit, Méhul se 
mit à lire des traités de fugue et de contre- 
point, et à écrire des formules harmoniques, 
comme aurait pu le faire un jeune élève. Il en 
résulta qu'il perdit la liberté de sa manière, 
et (lue ses compositions s'alourdirent. Ses ac- 
compagnements, surchargés d'imitations ba- 
sées sur la gamme, prirent une teinte de mo- 
notonie qui se répandit sur ses ouvrages. 

Joseph, qui n'obtint d'abord qu'un succès 
d'estime à Paris (le 17 février 1807), réussit 
beaucoup mieux dans les départements et en 
Allemagne. C'est que, malgré le défaut qui 
vient d'elle signalé, il y a dans cet ouvrage 
d'admirables mélodies, un grand sentiment 
dramatique, enfin, une couleur locale excel- 
lente. Après Joseph, Méhul garda le silence 
pendant cinq ans, peul-élie à cause des succès 



(I) Ce fut A l'occasion «le cet ouvrage, où les violons 
soiil remphict's par dcsallos, (juc Ciélry dit un mot .nssor 
pl;iis:int: Jlc'liui lui ayant demande ce qu'il en pensait, 
à la lin de la rt'pclilion générale. Je pense, répondit le 
malin vieillnnl, (yui» j> douticrttis volonliers *ix francs. 
j'O'ir eiilcnitic une cliunleieUe. 



MÉHllL 



61 



jusqu'alors sans exemples de la Festale et du 
Fernand 6'or<e:,deSi)onlini : clans cet inter- 
valle. De 1807 à 1812, Méliul n'écrivit que la 
musique des ballets le Retour d'Ulysse, et 
Persée et Andromède. Dans les Amazones, 
qu'on joua à l'Opéra, en 1812, et dans /'a- 
lentine de Milan, qui ne vit le jour que plu- 
sieurs années après la mort de Méluil, le dé- 
faut de lourdeui' est plus saillant que dans ses 
ouvrages précédents, et les qualités sont 
afTaiblies : ces opéras n'ont pu se soutenir 
au théâtre. Les symphonies de ce maître furent 
exécutées dans les concerts du Conservatoire 
qu'on appelait modestement des exercices. 
Elles étaient le résultat de celte idée domi- 
nante dans l'esprit de MéhuI, qu'il y a des pro- 
cédés pour faire toute espèce de musique. Il 
ne voyait dans les symphonies de Haydn 
qu'un motif travaillé et présenté sous toutes 
les formes. Il prit donc des thèmes, les tra- 
vailla avec soin, et ne procura pas une émotion 
à son auditoire. C'était un enchaînement de 
formules bien arrangées, mais sans chai-me, 
sans mélodie, sans abandon. Le peu d'efTet 
produit par ces symphonies sur les habitués 
des concerts du Conservatoire fut la cause 
d'un des plus vifs chagrins de Méhul.En 1815, 
il donna à l'Opéra-Comique le Prince trou- 
badour, qui disparut L'ientôt de la scène. 

Découragé par ces échecs, Méliul sentit sa 
santé s'altérer sensiblement. Une affection de 
poitrine que les secours de l'art adoucirent 
pendant jilusieurs années, le livrant à une 
mélancolie habituelle, était à ses travaux 
l'agrément qu'il y trouvait autrefois. Il tra- 
vaillait encore, mais plutôt entraîné par la 
force de l'habitude que par une vive impulsion 
de son génie. Les langueurs d'une caducité 
précoce le forçaient à suspendre ses travaux, 
et lui laissaient à peine la force de cultiver 
des fleurs, dans le jardin d'une petite maison 
qu'il possédait près de Paris. Situation déplo- 
rable ! s'écrie l'académicien qui fut chargé de 
prononcer son éloge, dont l'effet le plus fâ- 
cheux est que l'afTaiblissement des facultés 
morales n'accompagne pas toujours celui des 
facultés physiques, et que l'âme, encore de- 
bout dans la chute de ses organes, semble pré- 
sider à leur destruction. 

La Journée aux Aventures, dernier ou- 
vrage de sa main débile, brillait encore de 
quelques éclairs de son beau talent : cet opéra 
eut un grand succès. Le public semblait pres- 
sentir qu'il recevait les adieux de celui qui 
avait consacré sa vie à ses plaisirs, et vouloir 
lui montrer sa reconnaissance. 



Cependant la maladie empirait : IWébul prit 
enfin la résolution de quitter Paris, pour 
aller en Provence respirer un air plus favo- 
rable à sa guérison. Mais, comme il arrive 
toujours, cette résolution était prise trop tard. 
Sorti de Paris le 18 janvier 1817, il n'éprouva 
dans le voyage que les incommodités du dé- 
placement, dit M. Quatremère de Quincy, et 
dans son séjour en Provence, que le déplaisir 
de n'être plus avec ses éfèves et au milieu de 
ses amis. L'air qui me convient encore le 
wiîfiwa:;, écrivait-il à ses collègues de l'Institut, 
est celui que je respire au milieu de vous. 
Le 20 février de la même année, il écrivait 
aussi à son intime ami, et l'un de ses bio- 
graphes : Pour un peu de soleil, j'ai rompu 
toutes mes habitudes, je me suis privé de 
tous mes amis et me trouve seul, au bout du 
monde, dans une auberge, entouré de gens 
dont je puis à peine entendre le langage. 
On le revit à une séance de l'Académie des 
beaux-arts, mais ce fut pour la dernière fois. 
Il mourut le 18 octobre 1817, à l'âge de cin- 
quante-quatre ans. Dans l'espace de quatre 
ans, la France avait perdu quatre compo- 
siteurs qui avaient illustré la scène lyrique, 
savoir : Grélry, Martini, Monsigny et Méhul. 

Les regrets qui accompagnèrent la perte du 
dernier de ces artistes célèbres prouvèrent 
que sa personne était autant estimée que son 
talent était admiré. Il méritait cette estime 
par sa probité sévère, son désintéressement 
et son penchant à la bienveillance. Enthou- 
siaste de la gloire, jaloux de sa réputation, 
mais étranger à l'intrigue, il ne chercha ja- 
mais à obtenir par la faveur les avantages 
attachés à la renommée. Sa délicatesse à cet 
égard était poussée à l'excès; en voici un 
exemple : Napoléon avait songé à le faire son 
maître de chapelle, en remplacement de Pai- 
siello qui retournait en Italie ; il lui en parla, 
et Méhul, par une générosité fort rare, pro- 
posa de partager la place entre lui et Chéru- 
bini ; l'empereur lui répondit : Ne me parlez 
pas de cet homme-là (1) ; et la place fut don- 
née à Lesueur, sans partage. Lors de l'in- 
stitution de la Légion d'honneur, Méhul en 
avait reçu la décoration; il ne cessa de solli- 
citer pour qu'elle fût accordée aussi à son 
illustre rival; mais ce fut toujours en vain. 

Méhul avait beaucoup d'esprit et d'instruc- 
tion; sa conversation était intéressante. Son 
caractère, mélange heui-eux de finesse et de 

(I) On sait quelles élaicnl lesprévcnlionsde Napoltop 
contre Chcrubini. 



63 



MÉHUL — MEIIWALD 



bonhomie, de grâce et de simplicité, de sdrieux 
et d'enjouement, le rendait agréable dans le 
monde. Néanmoins, il n'était pas heureux : 
toujours inquiet sur sa renommée, sur ses suc- 
cès, sur le sort de ses ouvrages dans la posté- 
rité, il secroyait environné d'ennemis conju- 
rés contre son repos, et maudissait le joui' où 
il était entré dans la carrière dramaticjue. 
Dans ses moments de chagrin, il se plaisait à 
dire avec amertume qu'après tant de travaux, 
il ne tenait du gouvernement qu'une place de 
quatre mille francs. Il savait cependant que 
la moindre sollicitation de sa part lui aurait 
procuré des pensions et des emplois lucratifs; 
mais il ne demanda jamais rien : il voulait 
qu'on lui offrit. 

Son opéra de P^alenline de Milan ne fut 
représentéqu'en 1822, cinq ans après sa mort. 
Il avait été terminé par son neveu M. Daus- 
soigne, aujourd'hui directeur honoraire du 
Conservatoire de Liège, qui avait été aussi son 
élève. Tous les littérateurs et les musiciens qui 
avaient travaillé pour rOpéra-Comi(]ue assis- 
tèrent à la première représentation de cette 
pièce, pour rendre hommage à la mémoire du 
chef de l'école française. Ils étaient au balcon 
et se levèrent tous lorsque le buste de Méhul 
fut apporté sur la scène et couronné par les 
acteurs. Ce ne fut pas seulement en France 
qu'op rendit des honneurs à ce grand musi- 
cien ; l'Académie royale de Munich avait déjà 
fait exécuter un chant funèbre en son honneur 
dans une de ses séances, et les journaux de 
l'Allemagne s'étaient empressés de donner à 
son talent les éloges qu'il méritait à tant de 
titres. 

Outre les opéras cités précédemment, Méhul 
avait composé : Hijpsipile, reçu à l'Opéia, en 
1787; Arminiws, idem, en 1794; Scipion, 
idem, en 1795; Tancrède et Clorinde, idem, 
en 179G; Sésostris; Agar dans le désert. 
Aucun de ces ouvrages n'a été représenté. Il 
en fut de même de la tragédie d'Œdipe roi, 
pour la(iuclle ii avait écrit une ouverture, des 
enlr'actes et des chœurs. On lui doit aussi la 
musique de quatre grands ballets, le Jugement 
de Paris (179.3); la Dansomanie (1800); le 
Retour d'Ulysse (1809); Persée et Jndro- 
»»iècie(181 1) ; un opéra de circonstance, inti- 
tulé : /e Pont de Lodi (1797) : le petit 
opéra comique de : la Toupie et le Pa- 
pillon, joué au théâtre Montansier, dans la 
même année, c\. les //ussilcs, mélodrame, re- 
présenté au théâtre de la Porte-Sainl-Martin, 
on 1804. Il a aussi travaillé au Baiser et la 
Quiltancc, opéra comique, en collaboration 



avec Berlon, Kreutzer et Nicolo Isouard, ainsi 
qu'à VOri/lamme , grand opéra de circon- 
stance, avec Berton, Paer et Kreutzer. Enfin, 
Méhul a écrit une multitude d'hymnes, de 
cantates et de chansons patriotiques pour les 
fêtes républicaines, entre autres : le Chant 
du départ, le Chant de victoire, le Chant du 
retour et la Chanson de Roland pour la pièce 
de circonstance, intitulée: Guillaumele Con- 
quérant; de plus, une grande cantate avec 
orchestre, pour l'inauguration de la statue de 
Napoléon dans la salle des séances publiques 
de l'Institut. Ce dernier ouvrage a été gravé 
en grande partition. Les opéras écrits par 
Méhul sont au nombre de quarante-deux. 

Cet artiste célèbre a lu, dans des séances 
publiques de l'Institut, deux rapi)orts dont il 
était auteur; le premier i'ar l'état futur de 
la musique en France; l'autre, 5ur /es tra- 
vaux des élèves du Conservatoire à Rome. 
Ces deux morceaux ont été imprimés dans le 
cinquième volume du Magasin encyclopé- 
dique (Paris, 1808). M. Vieillard, ami intime 
de Méhul, a écrit une notice biographique 
remplie d'intérêt sur ce grand artiste : elle a 
été imprimée à Paris, en 1859, in-12 de 
5(5 pages; Quatremère de Quincy en a lu une 
autre dans la séance publique de l'Académie 
loyale des beaux-arts de l'Institut (octobre 
1818), à Paris, imprimerie de Firmin Didot, 
1818, in-4°. 

3IKnWALD (Frédéric), et non !>IEY- 
A'^'ALD, comme il est écrit dans le Lexique 
universel de musique |)ublié par le doc- 
teur Schilling, est né en Silésie, vers 1802. Il 
a fait ses études au Gymnase catholique de 
Breslau, et dans le même temps a été employé 
comme premier dessus au chœur de l'église 
cathédrale de cette ville, où il apprit la mu- 
si()ue, le chant et la composition sous la di- 
rection de Schnabel. Vers 1825, il a été ap- 
pelé à Inner, en Silésie, pour y remplir les 
fonctions de chantre de l'église paroissialeca- 
tbolique et d'organiste; mais il a<|iiilté cet em- 
ploi pour retourner à Breslau, où il se livre à 
l'enseignement. Il a publié (|ucl(iiics cahiers 
de chants à voix seule et à pltisieui-s voix, à 
Breslau, chez Leukart, et on lui doit une bonne 
biographie de son maître Schnabel, publiée 
sous ce litre : Biographie I/ernn Joseph- 
Ignatz Schnabcl's, If'eilund kœnigl. Uni- 
versitxts-Musikdirectors , Domkapcllmeis- 
ters, Lehrers an kalolischen Serninario, etc.; 
Breslau, 18ôl, deux feuilles in-8'' avec le 
portrait de Schnabel. M. Mchwald a été ré- 
dacteur do la Gazette musicale de Silésie, qui 



MEHWALD - MEÏ 



63 



a été publiée dans les années 18ôô et 1834, à 
Brcslan, cliczCranlz. 

MEI (Jiîhô.iie), noble florentin, savant dans 
les langues grecque et latine, dans la philo- 
sophie, les mathématiques et la musique, 
naquit vers le milieu du seizième siècle, et fit 
ses études sous la direction de Pierre Vettori, 
à qui il a dédié son traité de Modis musicis. 
Il fut membre de l'Académie del Piano, sous 
le nom de Decimo Corincllo da Peretola. 
Aussi bizarre qu'érudit, il se montra toujours 
peu sociable (voyez Negri, Jstoria de' Fio- 
rentini scrittori-, p. oOô). Une lettre inédite 
du P. Mersenne, datée du jour de la Purifica- 
tion de l'année 1CÔ5, et que j'ai extraite de la 
collection de Peiresc (Bibliothèque impériale 
de Paris) pour la publier dans la Revue mu- 
sicale {^nn. 1832, p. 2^9 et suiv.), contient un 
passage où il est dit que Mei était mort depuis 
peu; Mersenne tenait ce renseignement de 
J.-B. Doni. Il y a à ce sujet une difliculté 
assez grande; car Possevin, qui écrivait sa 
Bibliothèque choisie vers 1593, parle de Jé- 
rôme Mei comme d'un homme qu'il connais- 
sait bien, et dit qu'il avait alors environ 
soixante-dix ans {In argumento lib. XF Bi- 
hliothecx selectœ, p. 213, t. II). En supposant 
que par les mots mort depuis peu Meisenne 
entende depuis dix ans, Mei aurait cessé de 
vivre à l'âge de près de cent ans : ce qui, au 
surplus, n'est pas impossible. Il est bon de re- 
marquer que l'assertion de Possevin s'accorde 
avec le temps où Mei a pu étudier sous la di- 
rection de Vettori. M. Catfi (voyez ce nom) 
semble attribuer à Mei (dans son Histoire de 
la musique de la chapelle de Saint-Marc de 
f'enise, t. I, p. 216) les lettres publiées sous 
le pseudonyme de Braccino da Todi, contre 
les inventions musicales de Monteverde (voyez 
ce nom) : s'il en était en efTet l'auteur, il se- 
rait mort postérieurement à 1008, car la 
deuxième de ces lettres fut imprimée à Venise 
dans cette même année (voyez Braccino). Au 
reste, je ne connais aucun témoignage con- 
temporain qui confirme cette conjecture. Mei 
est connu des philologues par ses travaux sur 
la Poétique et sur le traité de la République 
d'Aristole, et par des corrections faites à 
VJgamemnon d'Eschyle. Il a écrit un traité 
intitulé : Consonantiarum gênera, qui se 
trouve en manuscrit à la Bibliothèque du Va- 
tican. Il y traite des espèces et des genres de 
consonnances suivant les doctrines des an- 
ciens et des modernes. Pierre Del Nero a tra- 
duit en italien et abrégé ce même ouvrage 
qu'il a publié sous ce litre : Discorso sopra 



lamusica antica e moderna, Venelia, 1C02, 
in-4''. Draudius en cite une édition antérieure 
publiée à Venise, en 1600, appresso Giolli, 
in-4'» (Bibliot. exotica); mais il faut se tenir 
en garde contre les fautes de ce bibliothécaire. 
Negri (loc. cit.) et d'après lui plusieurs biblio- 
graphes ont cité aussi un autre livre dont il est 
auteur, et qui a pour titre : Tractatus de 
jVodis musicis, ad Pelrum Fictorii prw- 
ceplorem; mais aucun d'eux n'indique où se 
trouve cet ouvrage. Je puis fournir à cet égard 
un renseignement plus positif, car ce traité 
est en manuscrit à la Bibliothèque impériale 
(le Paris (n" 7209, in-fol.), sous le litre de 
Tractatus de Musica. Il contient cent quatre- 
vingt-quinze pages, est divisé en quatre 
livres, et commence par ces mots : Quod tibi 
perjucundum futurum putavi, eo libentius 
totam hanc, Ficlori , de Modis musicis, 
quxslionem explicandam suscepi, etc. Ce 
traité est relié avec un autre en langue ita- 
lienne, intitulé : Traltato di musica fatlo 
dal signor Hieronymo Mei gentiluomo fio • 
rentino, et qui commence ainsi : Corne po- 
tesse tanto la musica appresso gli anlichi. 
Ce n'est pas la traduction de Pierre Z>e/iV'er0 
qui a été imprimée à Venise. Enfin, dans le 
même volume, on trouve un autre traité de 
Mei Del verso toscano, en cent cinquante et 
une pages in-folio. Ce dernier ouvrage es^t 
étranger à la musique. Tout ce qui concerne 
Mei et ses ouvrages a été à peu près inconnu 
des bibliographes. 

MEI (Horace), né à Pise, en 1719, eut pour 
maître de composition le célèbre Jean-Marie 
Clari, et devint excellent organisteetbon com- 
positeur. Ses études terminées, il obtint la 
place d'organiste à l'église cathédrale de-Pise 
et la conserva jusqu'en 1763. A celte époque, 
il fut appelé à Livourne pour y lemplir les 
fonctions de maître de chapelle de la cathédrale. 
Il est mort en cette ville, au mois d'octobre 
1787, à l'âge de soixante-huit ans. Le carac- 
tère sérieux, mélancolique et timide de cet 
artiste ne lui permit pas de se faire connaître 
de ses contemporains comme il aurait dû 
l'être; mais depuis sa mort, les coi)ies qui se 
sont répandues de ses ouvrages l'ont signalé 
comme un homme de rare talent. Ses fugues 
pour l'orgue et le clavecin méritaient d'être 
publiées comme des modèles pour les jeunes 
organistes. On connaît de lui : X" La Circon- 
cision, oratorio à quatre voix et instruments. 
2" Douze messes concertées à quatre et cinq 
voix, avec instruments. 3" Deux messes solen- 
nelles à quatre voix, orgue et orchestre. 



64 



MEI — MEIBOM 



^i° Doiire messes brèves à quatre voix, deux 
violons, viole et orgue. 5" Huit messes à cinq, 
six et huit voix, a Cappella, avec orgue. 
6° Deux messes de Requiem avec toutes les 
prières des morts, à quatre voix et orchestre. 
7" Stabat mater 3 quatre voix concertantes et 
instruments. Rrause, qui entendit ce mor- 
ceau à Livourne, le considérait comme un 
chef-d'œuvre et en fit faire une copie. 8° Te 
Deum à deux chœurs et orchestre. 9" Des 
hymnes, introïts et graduels. 10° Des vêpres à 
quatre, cinq et huit voix concertées avec or- 
chestre. 11° Deux suites de litanies à quatre 
voix avec orchestre. 12° Des motels à quatre 
voix avec accompagnement obligé. 13° Deux 
idem à voix seule et orgue. 14° Lamentations 
de Jérémie pour la semaine sainte. 15» Can- 
tate pour voix de soprano et orchestre, inti- 
tulée : La Musica. 10" Trois concertos pour 
le clavecin. 17° Six sonates pour clavecin et 
violon. 18° Suites de fugues pour l'orgue et le 
clavecin. Tous ces ouvrages sont restés en 
manuscrit. 

MEI (Raimond), né àPavie, en 1743, a été 
longtemps maître de chapelle dans cette ville, 
et y a écrit beaucoup de messes et de motets. 
En 177G, il s'est établi à Marseille où il se 
U'ouvait encore en 1812. 

MEIBOU ou MEYBAUM, en latin MEI- 
BOMIUS (Marc), savant philologue, naquit 
en 1C2C, à Tœnningen, dans le duché de Sles- 
wig. Moller, qui lui a consacré un long article 
<lans sa Citnhria Liltcrala, n'indique pas où 
il a fait ses éludes. Après les avoir terminées, 
il voyagea et habita quelque temps en Hol- 
lande où il publia, en 1Cj2, le texte grec de 
sept anciens traités sur la musique avec une 
version latine et des notes. Il offrit la dédi- 
cace de celte collection à la reine de Suède, 
€hristin€, qui l'engagea à se rendre à sa cour 
cl lui assigna une pension. Bourdelot, méde- 
cin de cette princesse, lui suggéra la pensée 
de faire chanter par Meibom un des airs de 
l'ancienne musique grectiuo en présence de 
ses courtisans; ce savant, dont la voix é(ait 
aussi fausse que l'oreille, ne se lira pas trop 
bien de celte épreuve. Furieux du ridicule 
qu'il s'y était donné, il se vengea par de mau- 
vais traitements contie Bourdelot, puis il 
s'éloigna de Stockholm et se rendit en Dane- 
mark, où le roi Frédéric III l'accueillit avec 
bienveillance. La pioteclion de ce prince lui 
(il obtenir une chaire à l'université d'Upsal, 
et le roi le nomma son bibliothécaire. Celle 
position semblait devoir fixer le sort de Mei- 
bom j mais par des motifs inconnus, il l'aban- 



donna quelques années après, et retourna en 
Hollande, où il s'occupa de la découverte qu'il 
croyait avoir faite de la forme des vaisseaux à 
trois rangs de rames des anciens, se persua- 
dant qu'il en pourrait faire adopter l'usage, 
et qu'il en relirerait de grands avantages pour 
sa fortune; mais il ne trouva, ni en Hollande 
ni en France, quelqu'un qui voulut lui acheter 
son secret. En 1074, il fit un voyage en An- 
gleterre pour s'y livrer à des recherches |)hi- 
lologiques, et dans l'espoir qu'il y pourrait 
publier une édition de l'Ancien Testament, 
dont il avait corrigé le texte hébreu; mais il 
échoua encore dans celle entreprise, el revint 
un troisième fois en Hollande plus pauvre 
qu'il n'en était parti. Il y passa le reste de ses 
jours dans une situation peu fortunée, ne vi- 
vant que des secours qu'il recevait des li- 
braires : Vers la fin de sa vie, il fut même 
obligé de vendre une partie de ses livres pour 
subsister. Il mourut à Utrecht, en 1711, dans 
un âge avancé. 

Ce savant n'est ici placé que pour ses tra- 
vaux relatifs à la musique. Parmi ceux-ci, on 
remarque ; 1° Des notes dans la belle édition 
de Vitruve publiée par J. de Laet; Amster- 
dam, 1649, in-fol. On y trouve de bonne 
choses concernant la musi(iue des anciens ; 
particulièrement sur l'obscure description de 
l'orgue hydraulique donnée parl'auleur latin. 
2° Antiqux musicx anctores septem, grxce 
et latine, Marcus Meibomius reslituit ac 
notis expUcavit ; Amstelodami, Ludov. Elze- 
virium, 1652, deux volumes in-4». Les au- 
teurs dont les traités de musique se trouvent 
dans celle collection sont : Aristoxène, Eu- 
clide {Ititroduction harmonique) , Nico- 
ma(iue, Alypius, Gaiidcnco le philosophe, 
Bacchius l'ancien et Aristide Quintillien(L'02/es 
ces noms). Meibom y a joint le neuvième 
livre du Satyricon de Martianus Capella 
(voijez Capella), qui traite de la musique 
d'après Aristide. Cette collection, dont l'uti- 
lité ne peut être contestée, est un service im- 
portant rendu à la littérature musicale par 
Meibom. Toutefois son travail a été trop 
vanté par des critiques qui n'ont considéré 
que le mérite littéraire de l'œuvre. La manie 
de ce savant était de voir des altérations dans 
les manuscrits, et d'y faire des corrections 
qui n'étaient souvent que des conjectures ha- 
sardées. C'est ainsi (jue, d'ai)rès ses vues par- 
ticulières sur le mètre hébraïque, il (il des 
changcmcnis considérables dans le texte ori- 
ginal de (iuel(|ucs psaumes el d'autres parties 
de la Bible ; enlrepiise qui lui attira de rude» 



MEIBOM 



65 



attaques de quelques savants allemands, an- 
glais et hollandais. Les mêmes idées l'ont con- 
duit à mettre du désordre dans quelques 
parties des traités de la musiquegrecquequ'il 
a publiés. On peut voir, aux articles d'Aris- 
toxène, d'Aristide Ouintillien et de Bacchius, 
des éclaircissements sur quelques-unes de ses 
principales erreurs à ce sujet; on consultera 
aussi avec fruit les savantes remarques conte- 
nues dans un article de Perne sur la musique 
grecque, inséré dans le troisième volume de 
la Revue musicale (pp. 481-491). Pour ne 
citer qu'un fait qui pourra donner une idée de 
la légèreté portée par Jleibom dans certaines 
parties de son travail, il suffît de direqu'ayant 
trouvé, dans le premier livre du traité d'Aris- 
tide, une série de caractères de musique anté- 
rieure à la notation attribuée à Pythagore, 
dont on trouve l'exposé dans le livre d'Aly- 
pius, et n'ayant pu en trouver l'explication, 
il s'est, suivant son habitude, élevé contre les 
fautes des copistes, et a substitué à cette an- 
tique notation celle d'Alypius. C'est à Perne 
qu'on doit cette observation. 5» Z>e iPro^jor- 
tionibus dialogus; Copenhague, 1655, in-fol. 
Dans ce dialogue sur les proportions, les inter- 
locuteurs sont Euclide, Archimède, Apollo- 
nius, Pappus, Eutocius, Théon (d'Alexandrie) 
et Hermolime. Meibom y traite, entre au- 
tres choses, des proportions musicales, d'après 
la doctrine des anciens, dont il rapporte en 
plusieurs endroits les textes avec une version 
latine. Mais il n'a pas toujours saisi le sens de 
celte doctrine : ainsi, il s'égare complètement 
(p. 77) dans l'analyse de la valeur réelle du 
comma |i, et suivant son habitude il pro- 
l)Ose, en plusieurs endroits de son livre, des 
corrections inadmissibles dans certains pas- 
sages dont il avait mal saisi le sens. Il avait 
attaqué dans cet ouvrage la latinité d'un livre 
de Guillaume Lange, professeur de mathé- 
matiques à Copenhague : celui-ci répondit 
par une critique solide des erreurs de Mei- 
bomius, dans son Traité intitulé : Deverila- 
tibus Geometricis Libri II , quorum prior 
contra Scepticos et Sextum Empiricum , pos- 
lerior autem contra M. Meibomii disputât. ; 
Copenhague, 1650, \n-i°. Ce livre est suivi 
d'une lettre à Meiboni que celui-ci fit réim- 
primer avec une réponse remplie de gros- 
sièretés, où il dit en plusieurs endroits que 
.son adversaire l'a calomnié impudemment. 
La lettre de Lange avec la réponse de Mei- 
bom a été publiée sous ce titre : JFilhelmi 
Langii epistola. Accessit Marci Meibomii 
responsïo; Copenhague (sans date), in-fol. de 
mucn. univ. des uusiciens. t. vi. 



quarante-huit pages en quatre-vingt-seize co- 
lonnes. Ce morceau est ordinairement ajouté 
aux exemplaires du Traité des proportions. 
Le P. Fr.-Xav. Aynscom, jésuite d'Anvers, 
fit aussi paraître, dans le même temps, une 
réfutation de ce livre : elle avait pour titre : 
Libellum de natura rationum , contra 
M. Meibomium ; Anvers, 1655, in-4'*. Meibom 
ne traite pas mieux cet adversaire que Lange 
dans sa réponse à celui-ci, car il en parle en 
ces termes (col. 9) : Tux et Jesuitx stupi- 
dissimi impudentix atque ignorantiz di- 
cato, toti literato orbi aiite oculos ponam. 
Mais il trouva dans Wallis un adversaire plu» 
redoutable qui, examinant ses erreurs en ma- 
thématicien de premier ordre et en helléniste 
consommé, le pressa de raisonnements et de 
citations sans réjilique dans un écrit intitulé : 
Tractalu elenchtico adversus Marci Meibo- 
mii Dialogum de proportionibus ; Oxford, 
■ 1657, in-4''. Cet écrit a été réimprimé dans 
le premier volume des œuvres mathématique» 
de Wallis (Oxford, 1695, quatre volumes in- 
fol.). Jamais l'illustre savant ne s'écarte des 
règles de la plus stricte politesse dans sa cri- 
tique : la seule expression un peu vive qu'on 
y remarque, après avoir rapporté les opi- 
nions erronées de Meibom concernant l'in- 
tervalle minime de musique appelé Limma, 
est que ce sont absolument des rêveries : 
Omnino sommasse videtur (Wallis, Opéra, 
t. I, p. 265). Il termine aussi par cette propo- 
sition accablante : Falsa denique sunt eu 
omnia qux, in suo de Proportionibus Dia- 
logo, nove protulit Meibomius (p. 288). Mei- 
bom comprit qu'il ne pouvait lutter contre 
un pareil athlète : il garda prudemment 1« si- 
lence. 

Moller place parmi les écrits inédits de Mei- 
bom {Cimbria Literata, t. III, fol. 451) : 
l" Le Traité des harmoniques de Ptolémée, 
en grec, avec une version latine et des notes. 
2» Les éléments harmoniques de Manuel 
Bryenne, texte grec, version latine et annota- 
tions, ô' Le dialogue de Plutarque sur la mu- 
sique, idem; mais il n'avait d'autre autorité 
pour l'existence de ses écrits que ce que Mei- 
bom en dit lui-même dans la préface de son 
recueil des sept auteurs grecs, cité précédem- 
ment, et dans sa lettre à Gudius sur les écri- 
vains de musique. Il y a lieu de croire que ces 
ouvrages, ainsi que le travail sur la seconde 
partie de Bjcchius (voyez ce nom) et le traité 
grec anonyme sur le rhythme, qu'il avait éga- 
lement promis, n'étaient qu'en projet, car 
parmi les manuscrits qu'on a retrouvés dans 

5 



es 



MEIBOM - MEIER 



ses papiers, il ne s'en est rien rencontré. Pos- 
térieurement, "Wallis a publié de bonnes édi- 
tions des Harmoniques de Plolémée, du com- 
mentaire de Porphyre sur ces harmoniques, 
du Traité de Manuel Bryenne [voyez Wxtus), 
et Burette [voxjez ce nom) a publié le texte du 
dialogue de Plutarque avec une traduction 
française et beaucoup de notes excellentes. 

On a de Meibom un petit écrit intitulé : 
Epistola de Scriptoribus variis musicis, ad 
JUarquardum Gudium. Cette lettre, datée du 
14 avril 1C67, a été insérée dans le recueil des 
Épitres de Gudius publié à Utrecht, en 1697 
(p. 56). 

MEIER ( Frédéric-Sébastiep» ) , né le 
5 avril 1773, à Benedict-Bayern, était fils 
d'un jardinier. Destiné par ses parents à l'état 
monastique, il alla faire ses humanités à Mu- 
nich, et y apprit la musique comme enfant de 
chœur; puis il fut envoyé à Salzbourg pour y 
suivre un cours de philosophie. Mais le goût 
de la vie d'artiste s'était emparé de lui et lui 
faisait négliger ses études scientifiques. Il 
jouait de plusieurs instruments et y trouvait 
des ressources, en faisant sa partie dans les 
orchestres de danse. A l'âge de dix-huit ans, 
il débuta au théâtre de Munich ; parcourut en- 
suite une partie de l'Allemagne avec une 
troupe de comédiens ambulants, et enfin entra 
au théâtre de Schikaneder, à "Vienne, vers la 
fin de 1793. Longtemps il y brilla dans les 
rôles de première basse. Plus lard, il réunit à 
cet emploi celui do régisseur en chef du 
théâtre, et profita de l'influence que lui don- 
nait cette place pour opérer un changement 
<lans le goût du public, en faisant représenter 
les plus beaux opéras de Chérubini, de Méhul, 
de Berton et d'autres célèbres compositeurs 
français: ce fut lui aussi qui, dans ses con- 
certs, fil entendre à Vienne pour la première 
fois quelques-uns des oratorios de llœndel. 
A l'époque de la réunion des trois théâtres 
principaux de la capitale de l'Autriche, 
Meier entra au théâtre de la cour; mais 
lorsque M. de Metternich y appela l'opéra ita- 
lien, le chanteur allemand comprit qu'il ne 
pouvait lutter avec son ancien répertoire 
contre la vogue des opéras de Rossini, ni 
contre des chanteurs tels que Lablache; il 
demanda sa retraite et obtint la pension (in'il 
avait méritée par de longs services. Déjà il sen- 
tait les premiers symptômes d'uneossification 
du larynx, qui fit de rapides progrès et le mit 
au tombeau, le 9 mai 1835. 

AIEIFIIED (JosEpn-ÉMiiE), né le 23 oc- 
tobre 1793, appi il dans sa jeunesse la musique 



et le cor, et fut d'abord élève de l'école de» 
arts et métiers de Châlons. Il était déjà âgé 
de vingt et un ans lorsqu'il se rendit à Paris et 
entra au Conservatoire, où il fut admiscomme 
élève, le 20 juin 1815. Il y reçut des leçons de 
Dauprat. Peu de temps après, il entra à l'or- 
chestre du Théâtre-Italien comme second cor; 
mais, en 1822, il abandonna cette place pour 
entrer à l'orchestre de l'Opéra. Il était aussi 
cor basse à la chapelle du roi lorsqu'elle fui 
supprimée après la révolution de 1830. Lors- 
que le cor à pistons fut introduit en France, 
M. Meifred perfectionna cet instrument en 
ajoutant de petites pompes particulières aux 
tubes qui baissent rinstrument dans le jeu des 
pistons, et en appliquant ces pistons aux 
branches de l'instrument au lieu de les placer 
sur la pompe, afin de donner à celle-ci plus 
de liberté, et de conserver les tons de re- 
change. Il fit exécuter ces perfectionnements 
en 1827, par Labbaye, facteur d'instruments 
de cuivre à Paris. L'étude spéciale que 
M. Meifred avait faite des ressources du cor à 
pistons, lui fit obtenir, en 1833, sa nomina- 
tion de professeur de cet instrument au Con-, 
servatoire pour la formation de cors-basses 
nécessaires aux orchestres. Il occupe encore 
(1861) cet emploi, ainsi que celui de chefde 
musique de la troisième légion de la garde 
nationale de Paris. Cet artiste a publié : 
1» Douze duos faciles pour deux cors, op. 1 ; 
Paris, Zeller. '2" Be l'élendtie, de l'emploi et 
des ressources du cor en général, et de ses 
corps de rechange en particulier, avec quel- 
ques considérations sur le cor à pistons; 
Paris, Launer, 1829, in-4''. 5» Mélodies en 
duos faciles et progressifs pour deux cors ; 
Paris, Brandus. A" Méthode pour le cor à 
deux pistons, à l'usage du Conservatoire de 
Paris ; Var'is, Richault. 5» Méthode de cor 
chromatique à trois pistons; ibid.] 6» Notice 
sur la fabrication des instruments de cuivre 
en général, et sur celle du cor chromatique 
en particulier; Paris, de Soye et C, 1851, 
in-8'' de 16 pages avec 2 planches. 7» Quel- 
ques mots sur les changements proposés pour 
la composition des musiques d'infanterie. 
Paris, 1852, in-16 de 14 pages (Extrait du 
journal la France mrisicale).'!!. Meifred a pris 
part à la rédaction de la critique musicale 
dans plusieurs journaux. On a publié de lui 
trois ojjusculcs en vers sous les titres sui- 
vants : 1» Commentaire du chantre Jérôme 
sur la première représentation des Hugue- 
nots, opéra (Paris), 1836, 10-8". 2» f'ogage 
et retour j silhouette en vers, à l'occasiotidu 



MEIER - MEILAND 



67 



banquet donné à ffaheneck aîné, par les ar- 
tistes de l'orchestre de l'Opéra, le ^0 juil- 
let 1841. Paris; 1841, in-8°. 3» Le Café de 
l'Opéra. Poème didactique (en vers libres), 
dédié aux amateurs du jeu de dominos; 
Paris, 1832, in-8» de Irenle-deux pages. Ces 
trois écrits sont attribués à M. Meified par 
Çuérard (France littéraire, t. VI, p. 19), et 
par les auteurs de la Littérature française 
contemporaine {t. V., p. 5o5). 

MEILAl>iD(JAC9tEs),elnonMEYLArVD, 
comme l'écrit Samuel Grosser, dans ses Cu- 
riosités de la Lusace (1), ni MAILAND ou 
MA YLAND, variantes données par les Lexi- 
ques de Schilling, de Gassner et de Bernsdorf, 
Tut un compositeur allemand de mérite. Il na- 
quit en 1542, à Senftenberg, dans la Haute- 
Lusace, et non dans la Misnie, comme le pré- 
tend Nicodème Frischlin (2). Il fit ses études 
musicales, comme enfant de choeur, dans la 
chapelle électorale de Dresde. Ayant été 
"nommé maître de chapelle de la petite cour 
d'Anspach, il obtint de son maître la permis- 
sion de faire un voyage en Italie, visita Rome 
et Venise, et y étudia le contrepoint sous la 
<1irection des meilleurs maîtres. De retour à 
Anspach, en 1503, il publia dans Tannée sui- 
vante son premier ouvrage, composé de mo- 
tets, sous ce titre : Cantîones sacrx quinque 
et sex vocum, harmonicîs numeris in gra- 
tiam musicorum composite et jam primum 
in lucem editx; Norihergx, excudebat Ul- 
ricus Neuberus et hasredes Joan. Montant, 
1564, in-4^ obi. Ce recueil, qui renferme 
douze motets à cinq voix, et cinq à six voix, 
a été inconnu à tous les biographes et biblio- 
graphes : il s'en trouve un exemplaire dans la 
Bibliothèque de Leipsick. On a cru qu'il entra 
au service du landgrave de Hesse, lorsqu'il eut 
obtenu son congé du landgrave d'Anspach, en 
1575, et qu'il mourut à Cassel, en 1607. Je 
me suis conformé à ces renseignements dans 
la première édition de cette Biographie des 
musiciens; mais ils sont inexacts. L'erreur 
provient de ce qu'il a dédié un de ses ou- 
vrages, en 1575, à Guillaume, landgrave de 
liesse, parce que ce prince posséda e.i com- 
mun le duché de Bmnswick avec Guillaume, 
lils d'Ernest, duc de Zell et de Lunebourg, au 
service de qui Meiland était entré, après avoir 
quitté la cour d'Anspach, Il semble que Mei- 
l.ind n'alla pas directement d'Anspach à Zell, 
<.l qu'il vécut quelque temps à Francfort où il 

(1) Lnusitzischen MerkwùrJiijkeilen,j)aTt IV, p. 179. 

(2) Oraliones insiijniores atiquol. Strasbourg, lOOS, 
ia-8». 



a publié plusieurs ouvrages. M. de Winter- 
feld croit que, dans ses dernières années, il n«5 
fut que simple cantor (voyez Des Evang. 
Kirchengesang , t. I, p. 339-340). Ce ne fut 
donc pas à Cassel, mais à Zell, ou Celle (au- 
jourd'hui dans le royaume de Hanovre), que 
Meiland mourut, non en 1607, comme le dit 
Samuel Grosser, ni en 1592 ou 1593, suivant 
les Lexiques de Schilling et de Gassner, mais 
en 1577, à l'âge de trente-cinq ans. Ces ren- 
seignements positifs sont fournis par la pré- 
face d'Eberhard Schell, de Dannenberg (Ha- 
novre), éditeur de l'œuvre posthume de Meiland 
intitulé : Cygnes Cantiones latinx et ger- 
mantes. 

Après l'œuvre de motets publié à Nurem- 
berg, en 1564, on ne trouve plus de composi- 
tions de Meiland publiées avant 1572j il est 
vraisemblable cependant qu'il n'est pas resté 
huit années sans publier quelque ouvrage dont 
l'existence a été ignorée jusqu'à ce jour. 
Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé à la Bibliothèque 
royale de Berlin (fonds de Pœlchau)un recueil 
de motets de cet artiste, intitulé : Selectx 
cantiones quinque et sex vocum ; Noribergx, 

1572, cinq volumes petit in-4''. Aucun bio- 
graphe ou bibliographe n'a connu cet ouvrage, 
après lequel viennent ceux-ci : 3» Cantiones 
sacrx quinque et sex vocum; Nuremberg, 

1573, cité par Walther. On y trouve dix-huit 
motets. A" XX.XJIf Motetten mit deulschen 
auch lateinischen Text; Francfort, chez 
Sigmund Feyerabend, 1575, in-4*' obi. C'est 
cet ouvrage qui est dédié à Guillaume, mar- 
grave de Hesse. Oo y trouve dix-neuf motets 
latins et quatorze motets allemands. M. de 
Winterfeld en a extrait un morceau à cinq 
parties sur une mélodie populaire du quinzième 
siècle, et l'a publié en partition parmi les 
exemples de musique de son important ou- 
vrage sur le chant évangélique (t. I^, n" 43). 
5» Xyill weltliche teutsche Gesxnge von 
4 und ^ Stimmen (Dix-huit chansons alle- 
mandes et mondaines à quatre et cinq voix); 
Francfort, de l'imprimerie de Rab et chez 
Feyerabend, 1575, in-4» obi. On trouve à la 
Bibliollièque royale de Munich un exemplaire 
du même ouvrage avec cet autre titre : IVeue 
auserlesene teutsche Gesdng , mit vier und 
fûnf Slimmen zu singen, und auf allerley 
Inslrumenten zu gebrauchen (Chants alle- 
mands nouvellement publiés, pour chanter à 
quatre et cinq voix, et pour l'usage de toutes 
sortes d'instruments); Francfort, Graben et 
Sigmund Feyerabend, 1575, in-4'' obi. Ce re- 
cueil offre un intérêt rhythmique qu'on ne 

4, 



6» 



MEILAND - MEINEKE 



trouve pas chez les composileurs allemands de 
celte époque (à l'exception du chant choral), 
en ce que toutes les parties sont astreintes à 
un rhylhme identique, dont on voit d'intéres- 
sants exemples dans les villanelles de Donati 
et dans les œuvres de Croce et de Gastoldi. 
M. de Winterfeld en a extrait un chant à 
quatre voix qu'il a publié en partition dans 
les exemples de musique (n" 44) de l'ouvrage 
cité ci-dessus. G" Sacrs aliquol canliones la- 
tinx et germanicx quiiique et quatuor vo- 
cum ; Francofurli per Georgium Corvinum 
et Siijismundum Feyerabend, d575, in-4" 
obi. Ce recueil, qui contient vingt-deux mo- 
tets, est à la Bibliothèque royale de Munich. 
7° Cantiones aliquot nova;, quas vulgo mu- 
tetas vacant quinque vocibus composîta:; 
quitus adjunctasunto/JîciaduodeS.Joanne 
Evangelista et Innocentibus ; Francofurti 
per Georgium Corvinum et Sigismundum 
Feyerabend, 1576, in-4'> obi., à la Biblio- 
thèque royale de Munich. C'est le même ou- 
vrage qui a été reproduit à Erfurt, en 1588, 
sous le titre de Ifarmonix sacrx quinque 
vocum. Celte édition se trouve aussi à la Bi- 
bliothèque royale de Munich ; je l'ai comparée 
avec l'autre et j'ai constaté l'identité de l'œuvre. 
8» Cygnex Cantiones latinx et germanicx 
Jacobi Meilandi Germant, quinque et qua- 
tuor vocibus, in illustrissima aula Cellensi 
(de Zcll), paulo anle obitum summa diligen- 
tia ab ipsomet compositx. Nunc primum in 
lucem editx opéra et studio Eberhardi Sche- 
m Dannenbergii. Cum prxfatione ejusdem; 
JFittebergx, excudebat Malthxus IP'elack, 
15'JO, in-4'' obi. Je possède un exemplaire 
complet de cet ouvrage très-rare. Le portrait 
gravé en bois de Meiland, dans l'année de sa 
mort, se trouve au frontispice de chacun des 
cinq volumes. Ainsi qu'on le voit par le titre, 
les pièces (|ui composent ce recueil, au 
nombre de vingt-deux, ont été composées peu 
de temps avant le décès de l'auteur, c'est-à- 
dire dans l'année 1577. Elles consistent en 
neuf motels latins à cinq voix, six à quatre 
voix, quatre cantiques allemands à cinq voix, 
et trois à quatre voix. A la fin de l'ouvrage on 
trouve un chant latin cl un allemand, tous 
<leux à cinq voix, avec ce titre : Typographus. 
Sequentcs cantiones ex psalmo XIll de- 
sumptas, atque in honorem Dn. Eberhardi 
Schelii, per Petrum ffeinsium Brandebur- 
gensem; in Academix U'itcbergcnsis icmplo 
ad arcem cantorem, quinque vocibus com- 
positas, ne pageltx vacarcnt, hûc adjicere 
libent, vale et fruere. La préface de Schcll, 



qui est fort longue, est digne des commen- 
taires de Malhanasius sur le chef-d'œuvre 
d'un inconnu; à l'exception de quelques ren- 
seignements sur Meiland, l'éditeur y parle de 
tout, sauf de l'ouvrage qu'il publie. Il y est 
question d'Arislote, de Cicéron, de Marsile 
Ficin, de la politique et des tyrans qui nais- 
sent pour le malheur de l'humanité. Le rédac- 
teur du catalogue de la musique de la Biblio- 
thèque royale de Munich y a inscrit, comme 
un ouvrage de Meiland, un fragment intitulé : 
Tcutsche Gesdnge mit fiinf und vier Stim- 
men, bei dem furstlichen LUneburgischen 
I/o/Jïagear zu Zell (s\ne loco et anno). 11 n'a 
pas vu (jue ces chants ne sont que la deuxième 
l)artie des Cygnex cantiones dont il vient 
d'être parlé. 

Wallher nous aiiprend qu'à la sollicitation 
de quelques-uns des amis de Meiland, il prit 
paît à la composition du chant du psautier 
allemand de Luther. Gerber pense (jue le tra- 
vail dont il s'agit consistait à mettre le chant 
choral à quatre parties; mais M. de Winter- 
feld croit que Meiland a écrit seulement quel- 
ques mélodies chorales pour le Gesangbuch 
de Wolf, publié à Francfort, en 1569. 

MEirSCRE (Charles). Foyez ci-après 
MEIINEKE. 

MEIINDRE (L'abbé E.), maître de chapelle 
de lacathé<lraled'Agen,et professeurde chant 
ecclésiastique au petit séminaire de cette ville, 
est auteur d'un ouvrage intitulé : Méthode 
élémentaire et complète pour l'accompagne- 
ment du plain-chant. Dijon, 1858, in 12. 

MEII\ERE (CiiAni.Es). Il y a beaucoup 
d'obscurité sur la personne de cet artiste, si 
toutefois il n'y en a qu'un seul. Suivant rî/nt- 
versal Lexihon der Tonkunst de Schilling, 
Charles Meinehe est un pianiste et organiste, 
né en Allemagne, qui, en 1836, occupait la 
|)Osition d'organiste à l'église Saint-Paul de 
Baltimore, dans les Étals-Unis d'Amérique. 
C'était alors, dit le rédacteur de l'article, un 
homme d'environ quaraute-cinq ans. Jus- 
qu'en 1810, il avait vécu en Allemagne, mais, 
en 1822, il était déjà à Baltimore, et il avait 
fait exécuter, en 1823, un Te Dvum pour voix 
solo avec chœur cl accompagnement d'orgue; 
cet œuvre avait été publié à Philadelphie. 
Enfin, avant d'arriver en Amérique, M. Mei- 
nekc avait vécu qucl(]ue temps en Angleterre. 
De plus, il avait publié en Allemagne des 
œuvres diverses pour le piano cl pour l'orgue. 
D'autre part, on lit dans la trente sixième an- 
née de la Gazette générale de musique 
(p. 57-58) une notice sur la situation de Ij 



MEINEKE — MEISSNER 



69 



irnif ique à Oldenbourg, datée de celte ville, le 
10 décembre 1833, oii Ton voit que M. Pott, 
maître de concert et élève de Kiesewetter et 
de Spohr, venait de prendre la direction de la 
société de chant qui, jusque-là et pendant 
douze ans, avait été dirigée par M. Meineke, 
organiste et, précédemment, musicien de 
chambre { Tf'ekher (Singverein) hier sett 
swaelf Jahren, bis jetzt unter Leitung des 
Jlrn. Organislen, friiher Kammermusikus , 
Meineke bestehl). Or, le prénom de cet orga- 
niste d'Oldenbourg est aussi Cari (Charles) 
sur les morceaux de sa composition, et en par- 
ticulier sur une messe à quatre voix et orgu«, 
publiée à Leipsick. Il est évident qu'il ne peut 
y avoir identité entre l'organiste de Baltimore, 
habitant cette ville depuis 1822 jusqu'en 1836, 
et l'organiste d'Oldenbourg, qui y dirige une 
société de chant depuis 1821 jusqu'en 1833, 
bien que tous deux aient les mêmes noms et 
prénoms. Je pense que celte confusion ne 
provient que d'une faute d'impression au nom 
de Meineke, dans le LeNique de Schilling, et 
qu'il y faut lire Meineke; car on trouve dans 
la Gazette générale de musique de Leipsick 
(ann. 1823, p. 574) l'analyse d'une composi- 
tion qui a pour lilre : ^ Te Deum, in four 
Focal-Parts, with an accomp. for the Or- 
gan or Piano-forte, camp, by C. Meineke, 
Organist of St. Paul's chitrch Baltimore; 
Baltimore, publ. by John Cole. Bien que 
l'adresse de l'éditeur soit ici à Baltimore, -on 
voit dans l'analyse que l'ouvrage a élé gravé 
à Philadelphie. Il résulte de cet éclaircisse- 
ment que tous les ouvrages publiés en Alle- 
magne sous le nom de Meineke (C.) appar- 



tiennent à 



l'organiste 



d'Oldenbourg. On 



connaît de cet artiste : 1" Six chansons maçon- 
niques pour voix solo avec chœur d'hommes et 
accompagnement de piano; Offenbach, An- 
dré. 2° Messe à quatre voix et orgue, op. 25; 
Leipsick, Siegel. 5» Variations pour le piano, 
sur divers thèmes; op. 12, Leipsick, Peters; 
op. 13, Bonn, Simrock; op. 14, Mayence, 
Scbott; op. 20, Leipsick, Ristner. 4" Gammes 
et préludes pour le piano, dans tous les tons; 
Offenbach, André; chants détachés à voix 
seule, avec piano; quelques pièces d^orgue. 

MEIINEIIS {...), fils d'un employé du 
gouvernement autrichien à Milan, a fait ses 
.éludes musicales au Conservatoire de cette 
ville. Comme premier essai de son talent, il a 
écrit, en 1841, le second acte de l'opéra Fran- 
cesca di Rimini. Dans l'année suivante, il 
donna, au théâtre de la Scula, à Milan, il Di- 
sertore SviiS«ro , dans lequel le public re- 



marqua plusieurs beaux morceaux qui le 
firent considérer comme un artiste d'avenir. 
Cependant rien n'est venu jnstifierdepuis lors 
les espérances que son début avait fait nailre. 
En 1840, M. Meiners a été nommé mailre do 
chapelle de la cathédrale de Verceil. Il paraît 
n'avoir écrit, depuis lors, que de la musique 
d'église. 

Un autre compositeur du même nom 
(G. de Meiners), amateur de chant à Dresde, 
s'est fait connaître par des chanls pour quatre 
voix d'hommes, et par des Lieder à voix seule 
avec accompagnement de piano, au nombre 
d'ïnviron huit recueils. Ces ouvrages ont été 
publiés depuis 1832 jusqu'en 1840. Depuis 
plus de vingt ans (1861), il n'a rien paru d? 
M. de Meiners, ce qui peut indiquer que cet 
amateur est décédé. 

MEOEUT (Jean-Henri), facteur d'or- 
gues à Lahn, vers le milieu du dix-huitième 
siècle, a construit, en 1746, celui de l'église 
évangélique de Freystadt, composé de cin- 
quante-trois jeux; en 1748, celui de Ilerms- 
dorff, de vingt-six jeux; en 1733, un bon in- 
strument de Irenté-six registres à Goldberg, 
et vers le même temps un autre à llarpesdorfT, 
de vingt-six jeux. 

MEISIXEU (Joseph), chanteur distingué, 
naquit à Salzbourg, dans la première moitié 
du dix-huitième siècle. Dans sa jeunesse, il 
visita l'Italie, y apprit l'art du chant, et brilla 
sur les théâtres de Pise, de Florence, de Na- 
ples et de Rome, puis retourna en Allemagne 
et chanta avec succès à Vienne, Munich, Wurz- 
bourg, Sluttgard, Cologne et Liège. De retour 
à Salzbourg, il y enlra au service de l'arche- 
vêque; mais, en 17157, il fit un second 
voyage en Italie et chanta à Padoue et à Ve- 
nise. Dans l'étendue extraordinaire de sa voix, 
ce chanteurréunissait les sons graves de la 
basse aux sons les plus élevés du ténor. 

MEISSrVEU (Pbrippe), virtuose clari- 
nettiste, naquit le 14 septembre 1748, àBurg- 
preppach, dans la Franconie. A l'âge de sept 
ans, il commença ses études au collège de 
■\Vurzbourg et y montra de rares dispositions 
pour la musique, particulièrement pour la 
clarinette; Lorsqu'il eut atteint sa douzième 
année, son père consentit enfin à lui donner 
un bon inslrument, et le confia aux soins de 
llessler, clarinettiste de la cour. Dès ce mo- 
ment, le jeune Meissner se livra avec ardeur à 
l'élude, et qun're ans lui suffirent pour être en 
état de se faire entendre devant le prince, à 
Wupzbourg. Il reçut en récompense une 
somme considérable pour voyager, et se mrl 



70 



MEISSNER - MEISTER 



en route au mois de mai 17G0, se dirigeant 
vers Mayence, Manheim, Bruchsal et Slras- 
bourg. Arrivé dans celle dernière ville, il y 
fut attaché au service du cardinal, prince de 
Rohan qui, bienlôlaprès, le conduisit à Paris. 
La clarinette était alors peu connue en 
France : Meissner, quoique fort jeune, eut la 
j;loire de faire comprendre aux musiciens 
français les beautés de cet instrument, et les 
ressources qu'on en pouvait tirer dans l'in- 
strumentation. Plusieurs fois il se fit entendre 
avec succès au Concert spirituel et à celui des 
amateurs. Gerber dit que Meissner fut alors 
attaché à l'Opéra : c'est une erreur, car il n'y 
eut de clarinettes fixées dans l'orchestre de ce 
théâtre qu'en 1773, et les deux artistes qu'on 
engagea pour cet instrument étaient deux 
musiciens allemands, nommés Ernst et Scharf. 
Mais Meissner fut engagé par le marquis de 
Brancas pour la musique des gardes du corps. 
Séduit par les offres avantageuses du prince 
Potocki, il consentit à le suivre en Pologne et 
quitta Paris avec lui. Arrivé à Francfort, il ne 
put résister au désir de revoir sa famille, dont 
il était séparé depuis dix ans, et il se rendit à 
Wurzbourg, oii il arriva au mois de mai 1776. 
Ayant appris son arrivée, le prince régnant le 
fit venir à sa résidence de Weilshœchheim et 
fat si satisfait de son talent, qu'il l'engagea 
immédiatement à son service. Depuis celte 
époque, l'artiste ne s'éloigna plus de Wurz- 
bourg, si ce n'est pour un voyage qu'il fit à 
Munich, à Dresde et dans la Suisse. 11 se livra 
à l'enseignement et forma un grand nombre 
d'élèves, parmi lesquels on remarqua quel- 
ques artistes distingués tels que Behr, de 
Vienne, Gœpfert, les deux frères Viersnickcl 
et Kleinhaus. On peut donc considérer Meiss- 
ner comme un des premiers fondateurs de la 
belle école de clarinette qui se distingua au- 
trefois en Allemagne. C'est à cette école 
qu'appartiennent Béer, mort à Paris, et 
M. Bender, directeur de musiciue du régiment 
des guides, en Belgique. Meissner a composé 
beaucoup de concertos pour la clarinette, des 
quatuors, des airs variés et d'autres pièces de 
différent genre. Il a publié : 1° Pièces d'har- 
monie pour des inslrumenlsà vent, liv. I etll j 
Leipsick, Brcitkopf et Ilicrlel. 2° Quatuors 
pour clarinette, violon, alto et basse, n<" 1 
et 2 ; Mayence, Scholt. 3 " Duos pour deux cla- 
rinettes, op. 5; ibid. 4" Idem, op. 4; ibid. 
Cet artiste est mort à Wurzbourg, vers la fin 
de 1807. 

BIEISSINEU (AucusTE-GoTTLiED ou Théo- 
phile), né à Baulzcn, en 1733, fut d'abord 



archiviste à Dresde, puis professeur à Prague, 
Il mourut à Fulde, en 1807. On a de lui un 
livre intéressant, intitulé : BruchstUcke zur 
Biographie J. G. Nauman's (Fragments 
pour la Biographie de J.-G. Naumann ) ; 
Prague, 1805-1804, deux volumes in-S". 

MEISSOIMNIER (Antoine) , né à Mar- 
seille, le 8 décembre 1783, était destiné au 
commerce par ses parents ; mais son goùl pour 
la musique lui fit prendre la résolution de se 
rendre en Italie à l'âge de seize ans. Arrivé à 
Naples, il y reçut des leçons d'un maître 
nommé Interlandi, tant pour la guitare que 
pour la composition. Il y écrivit un opéra 
bouffe, intitulé : la Donna correlta, qui fui 
représenté sur un théâtre d'amateurs. Après 
plusieurs années de séjour à Naples, il rentra 
en France, et alla s'établir à Paris où il a pu- 
blié une grande sonate pour la guitare, trois 
grands trios pour guitare, violon et alto; 
Paris, chez l'auteur; des variations, divertis- 
sements et fantaisies pour le même instru- 
ment; une Méthode simplifiée pour la lyre 
ou guitare (Paris, Sieber), et un grand 
nombre de romances. En 1814, il a établi à 
Paris une maison de commerce de musique 
qu'il a conservée pendant plus de vingt ans. 

MEISS03iiN'IEI\ (Joseph), frère du pré- 
cédent, connu sous le nom de MEISSOIX- 
IMEU JEUrSE, est né à Marseille, vers 1700. 
Élève de son frère pour la guitare, il a donné 
longtemps des leçons de cet instrument à 
Paris, puis y a succédé à un ancien marchand 
de* musique nommé Corbaux. Depuis 1824, 
il a été éditeur d'un nombre considérable 
d'œuvres de musique de tout genre. Il a ar- 
rangé pour la guitare beaucoup d'airs d'opé- 
ras et d'autres morceaux. On a gravé de sa 
composition : l" Trois duos pour guitare el 
violon ; Paris, Hanry. 2" Trois rondeaux idem^ 
il)id. 5" Des recueils d'airs connus pour gui- 
tare seule, op. 2 et 4 ; Paris, Ph. Petit. 4" Des 
airs d'opéras variés; Paris, Hnnry, Ph. Petit. 
Dufaut et Dubois, et chez l'auteur. 3» Des re- 
cueils de contredanses; »dem, ibid. G» Deux 
méthodes de guitare. Dans son catalogue gé- 
néral de la musique imprimée, Whistling a 
confondu les ouvrages des deux frères Meis- 
sonnier. 

Joseph Mcissonnier eut un fils qui lui suc- 
céda comme éditeur de musique, et qui, après 
avoir fait une fortune considérable dans son* 
commerce, s'est retiré en 1833, à cause de sa 
mauvaise sanlé. 

MEISTEU (jEA«-FnÉDÉRic), né à Ha- 
novre, dans la première moitié du dix-sep- 



MEISTER — MEJO 



71 



licnie siècle, fui craboid atlaclié à la musique 
(lu duc de Brunswick, puis entra au service de 
Tùvêque de Lubeck, à Eulin, et, enfin, devint 
organiste de l'église Sainte-Marie, à Fions - 
l)ourg. Il mourut en cette ville, le 28 octobre 
1097. On a publié de sa composition : 1" Une 
suite de morceaux de chant à l'usage des habi- 
tants du llolstein, intitulée : FiirsiUche Hol- 
stein-GluchburgischeMusikalischeGemuths- 
Bclustigiuu/en ; Hambourg, 1G93, douze 
parties in-fol. 2» Haccolta di diversi fiori 
musicali per l'organo ossia gravicembalo , 
corne sonate, fugue, imitazioni , ciac- 
cone, etc.; Leipsick, 1695. 

MEISTEU (Michel), canfor à Halle (Saxe), 
a donné une édition améliorée du Compen- 
dium initsica: de Henri Faber, avec la version 
allemande de Melchior Vulpius, et y a ajouté 
une petite préface, à Leipsick, en 1624, petit 
in-8». 

MEISTER (Albert-Frédéric-Locis), lit- 
térateur allemand, né en 1724, à Weichers- 
heim, dans la principauté de Hohenlohe, fit 
ses études à Gœttingue et à Leipsick. Après les 
avoir terminées, il fut d'abord instituteur, 
puis professeur de philosophie à l'Université 
de Gœttingue. Il mourut dans cette position, 
le 18 décembre 1788. On trouve dans les nou- 
veaux mémoires de la Société royale de Gopt- 
tingue (t. II, p. 139 et suiv.) un discours qu'il 
prononça, en 1771 , concernant l'orgue hy- 
draulique des anciens, intitulé : De Felerum 
hydraulo. Ce morceau se fait remarquer par 
de l'érudition et des considérations nouvelles. 
On a aussi de ce savant une dissertation sur 
l'harmonica, insérée dans le Magasin de J/a- 
«ot're(ann. 1766, p. 59), et dans les Notices 
hebdomadaires de Hiller (ann. 1766, p, 71), 
sous ce litre : Nachricht von einem neuen 
musikalisclien Instrumente Harmonica ge- 
nannt. 

MEISTER (Jean-Georges), organiste de 
l'église de la ville, professeur au séminaire 
(le Hildburghausen et organiste de l'église 
principale, né le 30 août 1793, à Getlershau- 
.sen, i)rès de Heldlicurg, dans le duché de 
Saxe Meiningen, est auteur d'un livre qui a 
pour titre: VoUstœndige Generalbass-Schule 
und Einleitung zur Composition. Ein Lehr- 
bitch zum Selbstunterriclit fur diejenigen, 
welche die gesammte theoretisch Kenntniss 
und praktische Ferligkeit im Generalbass 
erlernen, regelmxssig und mit Leichtigkeit 
moduliren und Forspiele und Fantasien 
componiren lernen woUen (École complète 
de la basse conlinue et introduction à la 



composition. MOlbodc pour s'instruire soi- 
même, etc.); llmenau, Voigt, 18Ô4, in-4" de 
quatre-vingt-dix pages. On a aussi du même 
artis'te plusieurs cahiers de pièces d'orgue, 
parmi lesquels on remarque : 1° Six pièces 
d'orgue à l'usage du service divin, op. 11; 
Schleusingen, Glaser. 2» Six nouvelles pièces 
faciles pour l'orgue; Cobourg , Reimann. 
ô» Douze pièces d'orgue d'une moyenne force, 
en deux suites ; ibid. L'œuvre quatorzième, 
renfermant soixante pièces d'orgue faciles 
pour jouer avec ou sans pédale, a été publié 
en 1841, à Erfurt, chez Rœrner. Cet éditeur a 
inséré des pièces d'orgue de Meister dans les 
deuxième et troisième livres de son Postlu- 
dien-Buch fur Orgelspieler; Erfurt, sans 
date. 

MEISTER (CnARLES-SÉVERiiN),de la même 
famille et vraisemblablement fils du précé- 
dent, fut d'abord professeur adjoint du Sémi- 
naire de Hildburghausen et organiste d'une 
des églises de cette ville, puis a été nommé 
professeur de musique au séminaire des insti- 
tuteurs, à Monlabaur. Il occupait déjà cette po- 
sition en 1844. On a de cet artiste une petite 
méthode pratique d'orgue, à l'usage des com- 
mençants, sous ce titre : Kleine practische 
Forschule fur angehende Orgelspieler, op. 5 ; 
Mayence, Schott. Ses autres ouvrages les i)lus 
importants sont: Douze préludes pour l'orgue, 
op. 3; Bonn, Simrock ; douze idem, op. 4; 
Neuwied, Steiner; Singwxldlein der Kleinen , 
collection de chants pour les enfants, op. 2; 
Bonn, Simrock. L'œuvre sixième consiste en 
Cent soixante cadences et petits préludes 
pour l'orgue, dans les tons majeurs et mi- 
neurs les plus usités^ en deux suites j Erfurt, 
Rœrner. 

MEJO (AccusTE-GriLLACME), directeur de 
musique à Chemnitz, est né en 1793, à Nos- 
sen, en Silésie. Il commença son éducation 
musicale à Oederan, et l'acheva à Leipsick, 
où il fut pendant sept ans attaché à l'orchestre 
du concert. Plus lard, il alla s'établir à Do- 
manzi, en Silésie, en qualité de directeur de 
musique d'une chapelle particulière. Après y 
avoir demeuré pendant onze ans, il fut appelé 
à Chemnitz, en 1832. On dit qu'en peu d'an- 
nées son activité et sa connaissance de la mu- 
sique ont fait faire de rapides progrès à l'art 
dans cette ville, où il dirige de bons concerts. 
M. Mejoest également habile sur la clarinette, 
sur le violon et dans la composition. Il a pu- 
blié : 1° Variations à grand orchestre; Leip- 
sick, Breitkopf et Ilaertel. 2» Plusieurs re- 
cueils de danses de différents caractères, à 



72 



MEJO - MELCHER 



grand orchestre. 5* Des variations en harmo- 
nie, n<" 1 , 2, 3, 4 ; ibid. 4" Rondo pour cor et 
orchestre; ibid. En 1840, il a fait représenter 
à Brunswick un opéra intitulé : J)er Gang 
nach dem Eisenhammer (le Mouvement du 
martinet), qui a obtenu du succès. 

MELAINI (Alexandre), né à Pistoie, ou, 
suivant d'autres indications, à Modène, d'abord 
maître de chapelle à Saint-Pétrone de Bologne 
(en IGGO), puis maître de chapelle de l'église 
Sainte Marie Majeure, à Rome, le 16 octobre 
1067, quitta cette place, en 1672, pour entrer 
en la même qualité à l'église Saint-Louis des 
Français. Il occupait encore ce poste en 1082, 
car dans le Mercure galant du mois d'octobre 
de cette année (deuxième partie, p. 280) , 
où l'on rend compte d'une messe que le duc 
d'Estrées fit chanter dans l'église Saint-Louis, 
le 25 août, à l'occasion de la naissance du duc 
de Bourgogne on lit : « Le sieur Melani y fit 
« entendre une musique excellente et des 
« symphonies admirables. » Ce compositeur 
vivait encore en 1098, comme on le voit par 
la dédicace de son œuvre quatrième, contenant 
des Moletti a una, due, tre e cinqiie voci; 
Rome, 1098, in-4'». Melani est connu aussi 
par divers opéras, dont un représenté à Flo- 
rence, en 1081, et à Bologne, au théâtre Mal- 
vezzi,en 1697, sous le titre: ilCarceriere di 
stmedesimOj et (jui fut fort applaudi. Le se- 
cond opéra de ce maître est intitulé : Amori 
di Lidia e Clori : il fut représenté au théâtre 
de Bologne, en 1688, et il fut joué de nouveau, 
en 1091, dans la villa Benlivogltu di Fog- 
gianova net Bolognese. L'abbé Ouadrio, qui 
nomme ce musicien (t. V, p. 517), dit qu'il 
mit aussi en musique le Ruberlo d'Adimari. 
€n voit aussi par les livrets de deux oratorios 
que Melani en avait composé la musicine. Le 
premier a \)our titre : Giudizio di Salomone. 
Sralorio pcr musica dalo in luce da Bona- 
venlura Ateolti, min. Couvent.; Bologna, 
1080, in-12. L'autre est intitulé : Oloferne, 
oratorio da rccitursi nella Cappella dcl cas- 
tello di Ferrara, la sera del Natale di N. S. ; 
ibid., 1089, in-12. Mais c'est surtout par ses 
motets à trois et à quatre chœurs que ce 
mailre s'est fait connaître. On les trouvait 
autrefois en manuscrit dans l'église Sainte- 
Marie Majeure. L'abbé Santini possède sous le 
nom de Melani : 1» Deux Crucifixus à cinq 
voix. 2» Le psaume Dikxi quoniam, à huit 
voix, ô" Deux Magnificat, deux Benediclus, 
et deux Miserere à huit voix. 4° Les psaumes 
Dixit Dominus, Mémento Domine et In 
Exitu Israël, à douze voix. 5« Credo, et In 



F'eritas mea, à huit voix. C* Deux litanies à 
neuf voix. L'œiivre troisième de Melani a pour 
titre : Concerti spirituali a due, tre, e cinqut 
voci; Rotna, Mascardi, 1682. 

Malgré les éloges qui ont été donnés à ce 
musicien par quelques-uns de ses contempo- 
rains, c'était un artiste médiocre, qui écrivait 
d'une manière incorrecte, suivant ce que j'ai 
vu dans quelques-uns de ses morceaux en par- 
tition, chez l'abbé Santini. Un de ses ouvrages 
a pour titre : Delectus sacrarum cantionum 
binis, ternis, quaternis quinisque vocibus 
coneinendus ; Roms;, typis Mascardi, 1675, 
in-4''. 

MELANI (Antoine), musicien italien au 
service de l'archiduc d'Autriche Ferdinand- 
Charles, a fait imprimer de sa composition : 
Scherzi musicali ossia capricci , e balletli 
da suonarsi ad uno, 2 violini e viola; 
Inspruck, 1059, in-4''. 

MÉLAjMPPÈDE, poète -musicien, né 
dans nie de Mélos, l'une des Cyclades, était 
fils de Criton, et vivait vers la soixante-cin- 
quième olympiade. Plutarque (Z^evJ/usica) dit 
qu'on lui attribuait l'invention du mode ly- 
dien ; mais d'autres ont accoidé l'honneur de 
celte invention à un autre musicien nommé 
Anthippe {voyez ce nom). 

MELCAllINE (JÉnÔME), surnommé IL 
MOrSTESAIlDO, parce qu'il était né dans 
le bourg de ce nom (loyaume de NapleSjdans 
la terre d'Otrante) fut maître de chapelle à 
Lecce (Calabre), au commencement du dix- 
septième siècle. Il a fait imprimer de sa com- 
position : Il Paradiso terrestre con motetti 
diversi c capricciosi, a 1; 2, 3, 4 e 5 voci ; 
Venise, 1019, in-4". 

MELCUEll (Joseph), directeur de l'Aca- 
démie de chant, à Francfort-sur-l'Oder, pia- 
niste et compositeur de mélodies vocales, a 
commencé à se faire connailre vers 1834. On 
a de lui des recueils de Lieder à voix seule, 
avec accompagnement de piano, op. ô (Lieder 
et romances de divers poètes) , Eislcbcn, Rcin- 
hardl ; op. C {Lieder et chants), Berlin, Paez ; 
op. 7 (trois chants pour soprano ou ténor). 
ibid.; op. 9 (trois chants îJew)) Berlin, Endo ; 
op. 12 (cinq Lieder pour soprano), Berlin, 
Bole flBocke;op.l3(cliants religieux), Berlin, 
Challier; chants à quatre voix, à l'usage des 
écoles, op. 8; Berlin, Paez; six chants à 
quatre voix, op. 14, en deux suites; Berlin, 
Bole et Bocke; chant pour quatre voix 
d'hommes, sur un poème de Uhland; ibid. 
Melcher a publié aussi quelques petites i>ièccs 
pour piano. 



MELCIIEUT - MELLE 



73 



MELClIERT(JutEs), professeur de piano, 
et compositeur pour son instrument et pour le 
chant, fixé à Hambourg, a publié quelques 
petites choses pour les pianistes amateurs, 
tels que deux rondeaux agréaljles, op. 7; 
Hambourg, Crauz; deux morceaux de salon, 
op. 11 ; ibid.; valse d' Adélaïde ;ibid.; mais 
c'est surtout par ses compositions pour le 
chant qu'il s'est fait une honorable réputation 
en Allemagne. On remarque parmi ses ou- 
vrages de ce genre : 1° Liederkranz (collec- 
tion de Lieder), en deux suites, pour voix 
seule avec piano, op. 3; Hambourg, Nie- 
meyer. 2" Deux poëmes deReinickj pour con- 
tralto et piano, op. IC ; ibid. 3» Quatre 
Lieder pour baryton, op. 22, ibid. 4" Trois 
Lieder pour soprano, op. 27; ibid.; et une 
multitude de chants détachés, dont la Nuit, 
pour ténor, op. 17, ibid. ; le Chant du prin- 
temps, pour soprano, op. 21, ibid; Maria, 
de Novalis, op. 26; ibid. Melchcrt a publié 
aussi des chants à quatre voix; ibid. 

MELDEUT (Léonard), musicien belge, né 
dans la province de Liège, vers 1535, a fait un 
voyage en Italie. Pendant son séjour à Ve- 
nise, il publia le premier livre de ses madri- 
gaux à cinq voix, chez les héritiers de Scolto, 
1578,in-4°. 

MELETIUS, moine grec du dixième 
siècle, vécut au couvent de la Trinité, à 
Strumizza, dans la Bulgarie (en latin Tiberio- 
polis). Dans la Bibliothèque du collège de 
Jésus, à Cambridge, on trouve, sous le nu- 
méro 212, un traité manuscrit, en grec, con- 
cernant la musique et le chant de l'Église 
grecque, sous ce litre : Meletius monachus, 
de Musicâ et canticis ecdesise grsecs, cum 
hymnis musicis. A la suite des règles du 
chant, on a placé un recueil d'hymnes et de 
cantiques notés, dont les auteurs sontindiqués 
par leurs noms. Je pense que les règles seules 
du chant doivent être de Meletius, car le re- 
cueil des hymnes date évidemment d'un temps 
postérieur à celui où vivait ce moine, comme 
le peuvent les noms de Jean Lampadaire, 
Manuel Chrysaphe, Jean Rukuseli, Georges 
Stauropole, etc. 

BIELFIO (Jean-Baptiste), compositeur né 
à Bisignano, en Calabre, dans la première 
moitié du seizième siècle, a fait imprimer ; Il 
primo libro de' Madrigali a quattro voci; 
Venise, 1556, in-4"'. 

MELGAZ ou MELGAÇO (Diego -Dus), 
moine portugais, néà Cubao, le 11 avril 1638, 
fut nommé maître de chapelle à l'église ca- 
thédrale d'Evora, et mourut dans celle ville, le 



9 mai 1700. Ses compositions, très-nom- 
breuses, sont restées en manuscrit dans la 
chapelle qu'il a dirigée : on y remarque des 
messes, lamentations. Miserere^ psaumes, 
répons, hymnes, et un recueil dédié à l'arche- 
vêque d'Evora, en 1694, où se trouve 7>/essa 
ferial a 4 vozes, motetos de defuntos a 4, 
Gloria, lauset honor a S vozes. 

MELISSA (Matthieu), organiste del'église 
des Jésuites à Goritza, dans le Frioul, vers Je 
milieu du dix-septième siècle, a publié de sa 
composition un recueil de psaumes intitulé ; 
Salmi concertati a 2, 3, 4 e 5 voci ; Venise, 
1653, in-4». 

MELLARA (Charles), compositeur dra- 
matique, né à Parme, en 1782, a étudié l'har- 
monie et le contrepoint sous la direction de 
Forlunati et de Ghiretti. A l'âge de vingt ans, 
11 fit exécuter à Parme une messe solennelle 
qui fut considérée comme un bon ouvrage. 
Depuis lors, il a donné, à Vérone, Za Proua 
indiscretta, opéra bouffe; à Venise, Il Bi- 
zarro capriccio, idem ; à Parme, Zilia, idem ; 
à Brescia, / Gauri, opéra semi-seria; et à 
Ferrare, La Nemica degli uomini. Ce der- 
nier ouvrage a aussi été joué à Milan, en 1814. 
On connaît un très-grand nombre de mor- 
ceaux de musique vocale et instrumentale, 
sous le nom de M. Mellara. 

MELLE (Renaut [sic) DE), ou DE MELL, 
en italien Rinaldo del Mêle, musicien belge 
du seizième siècle, est né vraisemblablement 
dans le pays de Liège, où il y a encore des 
familles de ce nom. D'ailleurs, dans l'épîlre 
dédicaloire de son recueil de madrigaux à six 
voix, datée de Liège, le 14 juillet 1587, et 
signée Rinaldo del Melle, il dit que sa famille 
a été attachée au service du duc Ernest de 
Bavière, archevêque de Cologne et évêque de 
Liège. Cependant, au titre de ce même ouvrage, 
imprimé à Anvers, en 1588, ï\ est appelé 
gentiluomo fiamengo, ce qui semble indi- 
quer qu'il était de la Flandre; car bien que 
les Italiens aient appelé en général flamands 
tous les artistes des Pays-Bas, on ne donnait 
ce nom, dans les ouvrages imprimés en Bel- 
gique, qu'à ceux qui étaient nés dans les deux 
Flandres, ou dans le duché de Brabant, et 
dans le marquisat d'Anvers. Quoi qu'il en 
soit, Renaut de Melle fut un musicien distin- 
gué du seizième siècle. Walther, dans son 
Lexikon, a placé vers 1538 l'époque où il flo- 
rissait, et son erreur à cet égard a mis Burney 
en doute si ce n'est pas Renaut de Melle, et 
non Goudimel [voyez ce nom), appelé Gaudio 
Mcll par les Italiens, qui a été le maître de 



7i 



MELLE - MELLINI 



rierliiigi de Paleslrina {J Général histonj of 
Music, t. III, p. 18C); Ilawkins dit positi- 
vement, dans son Histoire de la musique, que 
ce lut, en effet, Renaut de Meil qui eut l'hon- 
neur d'instruire cet illustre musicien. Mais 
l'abbé Baini a fort bien prouvé dans ses 
Mémoires sur la vie et les ouvrages de Pales- 
lrina, d'aprèsles notices manuscrites dePiloni 
sur les compositeurs, qui se trouvent dans la 
Bil)liolhèque du Vatican, que Renaut de Melle 
se rendit à Rome vers 1580, environ six ans 
avant la mort du maître célèbre dont on vou- 
lait faire son élève, et que lui-même y conti- 
nua ses étu<les, quoiiju'il eût déjà été maître 
«le chapelle en Portugal ; qu'il y fut attaché au 
service du cardinal Gabriel Paleotto, et que 
lorsque ce cardinal fut fait évéque de Sabina, 
en 1591 , il nomma Renaut de Melle maître de 
chapelle de son église, et professeur de mu- 
sique du séminaire. L'abbé Baini fait remar- 
quer enfin (t. F, p. 25) que le cinquième livre 
de motets de ce compositeur est dédié à ce 
même cardinal Paleotto, et que l'épîlre dédi- 
catoire est datée de Magliano in Sabina, le 
l"mars 1595. Il est nécessaire de faire ob- 
server, toutefois, que Renaut de Melle quitta 
l'Italie, en 1587, après avoir publié à Venise 
le quatrième livre de ses madiigaux à cinq 
voix, pour faire un voyage dans sa patrie, 
ainsi que le prouve l'épîlre dédicaloire de son 
livre de madrigaux à six voix publié à Anvers, 
en 1588. 

L'abbé Baini nous apprend {loc. cit.) que 
Renaut de Melle a publié de sa composition à 
Venise, chez Gardane : l" Quatre livres de 
madrigaux à trois voix, en 1582 ei 1583. Ils 
ont été réimprimés en 1593, à Venise, chez 
le même. Une autre édition fut faite dans 
la même ville, en 159G. 2" Quatre livres de 
madrigaux à «jualre et cinq voix, depuis 1584 
jusfiu'en 1586. o» Cinq livres de madrigaux à 
cinq voix, depuis 1587 jusqu'en 1590. 4" Deux 
livres de madrigaux à six voix, en 1591. Le 
premier livre de ceux-ci est une réimpression 
«le celui que Phalèsc avait imprimé à Anvers, 
en 1588, sous ce. litre : Madri(jali di Rinaldo 
del Melle, gcnliluomo fiumeiigo, a sei voci, 
in-4° obi. 5" Litanie délia B. F. a cinque 
voci; Anvers, 1589, in 8". G" Cinq livres de 
motels à cin(|, six, huit et douze voix; Ve- 
nise, Gardane, 1592 à 1595. Le cin(|uième 
livre a pour Uue : Liber quintus motectorum 
liv.ijnaldi del Mel, chori eccksix catlicdralis 
<ic Scminarii Sabinensi prœfccti, qux par- 
(iin senis, partimquc octonis ac duodenis 
vocibus concinanlur; f'enetiis ap. Angelum 



Gardanum, 1593, in-4<'obl. L'épiUe dédica- 
loire, au cardinal Gabriel Paleotto, est datée 
de Manloue, aux calendes de mars 1595. Ce 
recueil contient dix-sept molets à six voix, 
deux à huit voix, et un à douze voix. L'abbé 
Baini ajoute à ces renseignements qu'il existe 
beaucoup d'autres compositions manuscrites 
de Renaut de Jlelle dans les archives de quel- 
ques églises de Rome. 

MELLI ou MELII (Pierre-Paul), luthiste 
et compositeur, né à Reggio, dans la seconde 
moitié du seizième siècle, fut connu générale- 
ment sous le nom de MELLI REGGIAIVO, 
à cause du lieu de sa naissance. Il fut attaché 
au service de l'empereur Ferdinand II, qui 
régna depuis 1019 jusqu'en 1657. On a de lui 
trois recueils intitulés : Prime musiche, cioè 
madrigali, arie, scfierzi, etc., a piùvoci; 
in Fenetia, Gia. Fincenti, 1608, in -4; se- 
conde musiche, etc., ibid., 1609, in-4 ; terze 
musiche, etc., ibid., 1609, in-4''. La collec- 
tion des œuvres de Blelli pour le luth, ou plu- 
tôt Varchiluth, a pour titre : Intavolatura di 
Liuto attiorbato di Pietro Paolo jlJelii du 
Reggio lautenista e 7nusico di caméra di 
S. M. Cesarea, libri cinque; in Fenezia, 
per Giacomo Fincenti, 1623 et années sui- 
vantes, in-4''. 

MELLIIXET (Camille), né à Nantes, vers 
1780, exerça la profession d'imprimeur, et 
mourut dans cette ville, au mois d'août 1843. 
Il était amateur de musi(iue et jouait de plu- 
sieurs instruments. On a de lui un écrit qui a 
pour titre : De la musique à Nantes; Nantes, 
1837, in-8". Mellinet était membre de la 5'o- 
ciété académique de sa ville natale, dont les 
volumes de mémoires renferment plusieurs 
de ses écrits. 

MELLIIM (le P. Alessasdro), moine ser- 
vite, né à Florence dans la seconde moitié du 
quinzième siècle, fut appelé à Rome par le 
pape Léon X, non comme maître de la cha- 
pelle pontificale, comme le disent Aroh. 
Giani (chinai. Servorum, part. II, cent. 4) et 
Negri {fstoria de' Fiorentini scrilt., p. 22), 
car celle charge n'existait pas alors, mais 
comme chapelain chantre. Le P. Mellini mou- 
rut à Rome, en 1554, suivant Negri, ou deux 
ans plus tard suivant Giani. Ces deux auteurs 
etPoccianli {Catal. Script, illuslr. Fiorenl.) 
disent que Mellini a fait impi'imcr beaucoup 
de madrigaux à plusieurs voix, des molels, 
des hymnes, et des psaumes pour les vêpres, 
mais ils n'indiquent ni le lieu, ni les dates de 
l'impression de ces ouvrages, dont je n'ai pas 
trouvé d'exemplaires jusiju'à ce jour. Il est à 



MELLINI - MELONE 



75 



remarquer que le nom de Hellini ne figure pas 
(l;ins le calalogiie des chapelains chantres de 
la chapelle pontificale, donné par Adami de 
Bolsena dans ses Osservazioni per bcn rcgo- 
lare il coro délia cappella pontifîcia (Rome, 
1711, in- 4"). 

MELOINE (Annibal), musicien, né à Bo- 
logne, dans la première moitié du seizième 
siècle, était, en 1579, doyen des musiciens de 
la seigneurie de cette ville. La discussion de 
Nicolas Vicentino et de Vincô'nt Lusitano, 
concernant la connaissance des genres de la 
musique, et le livre que Vicentino publia en- 
suite sur cette matière {voyez Vicentino) 
avaient fixé l'attention des musiciens de toute 
l'Italie sur la question des trois genres. Plu- 
sieurs années après que le traité de Vicentino 
eut paru, Melone écrivit à son ami Bottrigari 
{voyez ce nom) une lettre sur ce sujet : Se le 
canzoni musicali moderne communemenle 
dette madrigali o motetti, si possono ragio- 
nevolmente nominare di tino de' tre puri e 
semplici generi armonici, e quali debbono 
esserle veramente tait. Cette lettre, publiée 
par Bottrigari, fut l'occasion de l'écrit de ce- 
lui-ci, intitulé : // Melone, discorso armo- 
nico, etc. 

Le nom du musicien dont il s'agit et l'ou- 
vrage de Bottrigari II Desiderio ovvero de' 
concerti di varii Stromenti musicali, etc., 
ont donné lieu à une cumulation d'erreurs 
vraiment plaisantes. Aposlolo Zeno, qui pos- 
sédait une médaille de bronze frappée en 
l'honneur de Bottrigari, où l'on voyait divers 
emblèmes, crut y apercevoir la figure d'un 
melon, et se persuada que ce melon représen- 
tait un instrument de musique dont Bottrigari 
aurait été l'inventeur, et dont il aurait donné 
la description dans son Melone. Il exposa 
toute cette rêverie dans ses notes sur la Biblio- 
thèque de Fontanini (t. I, p. 249); Salfi, 
continuateur de VHistoire littéraire d'Italie 
de Ginguené, voulant corriger Zeno (t. X, 
p. 420), dit que ce melon désignait, selon 
toute apparence, Jnnibal Melone, son ami (de 
Bottrigari). £'«e/7ef(ajoule-t-il), c'est sous son 
nom anagrammalique d'Alcmanno Bonelli 
(Benelli) que Bottrigari fit paraître son ou- 
vrage, intitulé : Le Désir. Or, le melon de 
Zeno est le dos d'un luth, et l'on ne comprend 
pas ce que veut dire Salfi avec sa désigna- 
tion d'Annibal Melone par un melon. Mais le 
plus plaisant est l'ouvrage intitulé : le Désir, 
suivant celui-ci. Il est très-vrai que Bottrigari 
s'est caché sous le nom d'Alemanno Benelli, 
anagramme d'Annibal Melone j mais en inti- 



tulant son dialogue sur les concerts d'instru- 
ments de son temps II Desiderio, il a voulu 
honorer son ami Grazioso Desiderio, l'un 
des interlocuteurs du dialogue, et non expri- 
mer un désir quelconque. Le Dictionnaire 
historique publié à Paris, en vingt volumes 
in-S", par Prudhomme, a renouvelé l'histoire 
du melon. Gerber, dans son premier Lexique 
des musiciens , dit que Melone s'est rendu 
utile à l'histoire de la musique par son ou- 
vrage : Desiderio di Allemano Benelli, ana- 
gramme d'Annibal Melone. Il ajoute : « On 
« crut d'abord que Bottrigari en étaitl'auteur, 
« et cette opinion acquit eticore plus de vrai- 
« semblance, parce que, loin de la contredire, 
« ce dernier fit publier sous son nom une se- 
« conde édition de l'ouvrage, « Voilà donc 
Bottrigari dépossédé de son livre; mais voici 
bien autre chose : Haym a placé dans sa no- 
lice des livres rares, sous le nom de Benelli, le 
Desiderio, dont il donne tout le titre, en 
citant l'édition publiée à Venise, en 1594, par 
Richard Amadino. Forkel, copiant Ilaym, a 
placé {Allgem. Litteratur dcr Musik, p. 443) 
l'article Benelli après celui de Bottrigari, et a 
fait deux ouvrages dilTérents du même livre 
portant le même litre; enfin, dans son se- 
cond Lexique, Gerber ajoute ce supplément à 
son article iVeZo/ie •• « Il s'appelait ordinaire- 
« ment Alemanno Benelli, anagramme de son 
« véritable nom. Il n'était pas seulement com- 
« positeur, comme il est dit dans l'ancien 
« Lexique, mais aussi théoricien, comme le 
« prouve l'écrit polémique suivant dirigé 
« contre François Patrizio : Il Desiderio, 
« ovvero de' concerti, etc. « Or, l'écrit polé- 
mique dirigé contre Patrizio, ou Patrizi, sa- 
vant italien, zélé platonicien qui avait attaqué 
Arisloxène dans un de ses écrits, n'est point 
intitulé // Desiderio, mais II Patrizio, 
ovvero de' tetracordi armonici di Aristos- 
seno, et ce n'est point Melone, mais Bottrigari 
{voyez ce nom) qui en est l'auteur. Choron et 
Fayolle ont copié aveuglément le premier 
Lexique de Gerber dans leur Dictionnaire 
historique des musiciens (Paris, 1810-1811), 
et le Diclionary of musicians (Londres, 
1824) l'a abrégé en quelques lignes. Fanluzzi, 
dans l'article ^ottrîV/an de ses notices sur les 
écrivains de Bologne (t. II), dit que Bottrigari 
avait donné son ouvrage à Melone avec la per- 
mission de le faire imprimer sous l'ana- 
gramme de son nom; mais que plus tard 
Melone divulgua le secret du pseudonyme et 
se donna pour l'julcur du livre. OlTensé de ce 
procédé, Bottrigari publia alors une autre 



76 



MELONE - MENDEL 



édition de ce même livre sous son nom. Il 
est au moins singulier que Lichtenthal et 
M. Becker, qui ont cité ce passage de Fantuzzi, 
aient fait, comme Forkel, deux articles pour 
le même livre, et qu'ils aient répété ses er- 
reurs sur le Patrizio. 

Melone, qui, suivant ce qui était convenu 
entre Bottrigari et lui, avait fait imprimer, à 
Venise, Jl Desiderio, sous l'anagramme de 
son nom Àlemanno Benelli, puis avait révélé 
le secret de cet anagramme à quelques amis, 
laissant croire qu'il était le véritable auteur 
de l'ouvrage, Melone, dis-je, voyant que Bot- 
trigari avait fait faire une nouvelle édition du 
livre à Bologne, sous son propre nom, eut un 
moment d'humeur qui le poussa à faire pa- 
raître ce qui restait d'exemplaires de l'édition 
de Venise de 1594, avec un nouveau fronti- 
spice portant ce titre : Il Desiderio, ovvero 
de' concerti miisicali, etc. Dialogo di Ànni- 
bale Melone; Milano, appressogli Slampatori 
Arciepiscopali, 1601. Mais bientôt après, il 
sentit ce qu'il y avait d'indélicat dans ce pro- 
cédé, et il se réconcilia avec son ami. C'est 
alors qu'il lui écrivit la lettre qui donna nais- 
sance à l'écrit de Bottrigari : Il Melone, dis- 
corso armonico,etc. (conférez cet article avec 
celui de BoxiniGAni). 

Melone était compositeur. On trouve quel- 
ques-uns de ses motets à quatre voix dans 
les Muleta; sacrx publiés par Lechner, en 
1583. 

MELTON (Guillaume), chancelier (tu 
duché d'York, au commencement du seizième 
siècle, a laissé en manuscrit un traité De Mu- 
sicd ecclesiasticâ. 

MEF^VIO (Fran(;ois-Marie) , maître de 
chapelle à Castello, dans l'État de Venise, vers 
le milieu du dix-septième siècle, a fait impri- 
mer, à Venise, La Galatea^ recueil de chants 
à voix seule, en 1G48. On a aussi de lui un re- 
cueil de motets intitulé : Canliones sacrx 
2-5 vocibusconcinendx ; Venise, 1650. 

MELZEL(GEoncEs), chanoine régulier de 
l'ordre des Prémontrés, à Strahow, naquit à 
Tein, en Bohème, en 1624. Dans sajeanesse, 
il étudia la musique comme enfant de choeur, 
et acquit des connaissances étendues dans cet 
art. En 1063, on le chargea de la direction de 
la musique à l'église de Saint-Benoit, h 
Prague. En 1669, il quitta cet emploi et fut 
curéàTeising, ensuiteàSaatzetà Muhlhauscn ; 
puis il alla chercher d» repos au couvent de 
Slrahow, où il mourut le 31 mars 1695, à l'âge 
de soixante- neuf ans. Il a laissé en ma- 
nuscrit des vêpres et des motels qui ont été | 



considérés en Bohême comme des modèles en 
leur geni'e. 

MErVAULT (PiEnRE-RicnARD), prêtre et 
chanoine de Châlons, naquit à Beaune, où il se 
trouvait, en 1676, comme maître des enfants 
de choeur de l'église de Sainte-Marie. Il fut 
ensuite maître de musique de l'église collé- 
giale de Saint-Élienne de Dijon, où il se trou- 
vait en 1691. On a de lui : 1" Missa quinque 
vocibus ad imitationem nioduli felix pa- 
rens; Paris, Christophe Ballard, 1676, in-fol. 
2" Missa sex vocibus ad imitationem mo- 
duli Tu es spes mea; ibid., 1686, in-fol. 
3" Missa quinque vocibus ad imitationem 
moduli Ave senior Stéphane; ibid., 1687, 
in-fol. 4" Missa sex vocibus Ferte rosas; 
ibid., 1691, in-fol. 5" Missa sex vocibus Date 
lilia; ibid., 1692, in-fol. Menâult a fait aussi 
imprimer des vêpres qu'il a dédiées au père 
Lachaise, confesseur de Louis XIV. Il est mort 
en 1694, âgé d'environ cinquante ans. 

ME]>iDE(jEAî(-GoTTLOB), facteur d'orgues, 
àLeipsick, néle3aoûtl787,àSiebenlehn, près 
de Freyberg, a construit, en 1846, l'orgue de 
l'église Sainte-Pauline, à Leipsick, et, en 1847, 
celui de l'église Neuve, dans la même ville. 

MENDEL (Jean), directeur de musique, 
pianiste et organiste de l'église principale, à 
Berne; professeur de piano et compositeur, 
est né à Darmstadt, et a fait ses éludes musi- 
cales sous la direction de Rink (uoye; ce nom). 
Ayant obtenu, en 1831,1a place d'organiste à 
Berne, il y ajouta bientôt celle de directeur de 
musique et devint en peu de temps l'àme de 
l'activité musicale de cette ville. Il y organisa 
des concerts et dirigea rorchestre avec talent. 
En 1840, il voulut revoir le lieu de sa nais- 
sance et son vieux maître, et le 9 octobre 
1840, il donna un concert d'orgue dans 
l'église de Darmstadt, et y fit admirer son 
habileté. Cet artiste a publié: 1" Vingt-quatre 
chanls à deux voix pour les écoles de garçons 
et de filles, op. 5; Berne, Dalp, 1833. 2° VingL- 
(|ualre idem, op. G, ibid. 3" Theorctische 
praktische ulnleitung zum Schulgesauge 
(Introduction théorique et prati(|ue au chant 
pour les écoles); ibid., 1836, in-12. 4" Lieder 
à quatre voix pour un chœur «l'hommes, 
op. 9; ibid., 1837. 5" Idem, op. 10 ; ibid., 
1838. 6" Douze préludes d'orgue, o|). 11; 
ibid., 1840. 7° Zieder avec accompagnement 
de piano, op. 13; ibid., 1841. 8" Lieder à 
à voix seule avec piano, op. 14; Mnycnce, 
Schott. 0» Idem, op. 15;ï6W. 10" Chanls 
pour (jualre voix d'hommes; Berne, llubcr, 
Quelques œuvres i>our le piano. 



MENDELSSOHN - MENDELSSOHN-BARTHOLDY 



77 



MENDELSSOHN (Moses ou Moïse), cé- 
lèbre philosophe et litlérateiir Israélite, naquit 
à Dessan, le 9 septembre 1729. Fils d'un écri- 
vain public employé à faire des copies de la 
Bible pour les synagogues, il passa une partie 
de sa jeunesse dans une situation voisine de 
la misère; mais il trouva des ressources en 
Uii-même pour son instruction, et son génie, 
qui se manifesta de bonne heure, l'éleva au- 
dessus de tousses coreligionnaires, et le ren- 
dit un des hommes les plus remarquables de 
son temps. Après une vie consacrée à des tra- 
vaux qui illustrèrent son nom et qui exercè- 
rent une influence bienfaisante sur la situa- 
tion des Juifs en Allemagne, il mourut à 
Berlin, le 4 janvier 1786. La plupart des 
écrits de Mendeissohn sont étrangers à l'objet 
de ce dictionnaire : il n'y est cité que pour ce 
qu'il a écrit concernant l'Esthétique de la 
musique dans la dissertation sur les prin- 
cipes fondamentaux des beaux-arts et des 
sciences insérée dans le deuxième volume de 
ses œuvres philosophiques (p. 95-152, édition 
de Berlin, 1761). On trouve aussi des vues éle- 
vées concernant cet art dans ses Lettres sur les 
sentiments (Berlin, 1755). 

MENDELSSOHN-BARTHOLDY (fé- 
Lix), com|)Ositeur célèbre, petit-fils du précé- 
dent et fils d'un riche banquier, naquit à 
Hambourg (1), le 5 février 1809. Il n'était 
âgé que de trois ans lorsque sa famille alla 
s'établir à Berlin. Dans ses premières années, 
Mendeissohn montra de rares dispositions 
pour la musique. Confié à l'enseignement de 
Berger, pour le piano, et de Zelter, pour l'har- 
monie et de contrepoint, il fil de si rapides 
progrès, qu'à l'âge de huit ans il était ca- 
pable de lire toute espèce de musique à pre- 
mière vue, et d'écrire de l'harmonie correcte 
sur une basse donnée. Une si belle organisa- 
tion promettait un grand artiste. Le travail lui 
était d'ailleurs si facile en toute chose, et son 
intelligence était si prompte, qu'à l'âge de 
seize ans il avait terminé d'une manière bril- 
lante toutes ses études littéraires et scienti- 
fiques du collège et de l'université. Il lisait 
les auteurs latins et grecs dans leurs langues ; 
à dix-sept ans, il fit une traduction en vers 
allemands de VJndrienne de Térence, qui fut 
imprimée à Berlin sous les initiales F. M. B. 
Enfin, les langues française, anglaise et ita- 
lienne lui étaient aussi familières que celle de 

(I) J'ai dit. dans la première ëdilion de cette Cioijra- 
j)/iie des Musiciens, que Mendeissohn était né à Berlin; 
.'e Lexique tinit>eri({ de musique, publié par Schilling, 
m'avait fourni ce renseignement inexact (T. IV, p. Ct)4). 



sa patrie. De plus, il cultiva aussi avec succè» 
le dessin et la peinture, et s'en occupa avec 
plaisir jusqu'à ses derniers jours. Également 
bien disposé pour les exercices du corps, il 
maniait un cheval avec grâce, était habile 
dans l'escrime et passait pour excellent na- 
geur. Obligé de satisfaire à tant d'occupations, 
il ne put jamais donner à l'élude du piano le 
temps qu'y consacrent les virtuoses de profes- 
sion ; mais ses mains avaient une adresse na- 
turelle si remarqiiable, qu'il put briller par 
son habileté partout où il se fit entendre. Il 
n'y avait pas de musique de piano si diflîcile 
qu'il ne put exécuter correctement, et les 
fugues de J. -S. Bach lui étaient si familières, 
qu'il les jouait toutes dans un mouvement ex- 
cessivement rapide. Son exécution était ex- 
pressive et pleine de nuances délicates. Dans. 
un séjour qu'il avait fait à Paris à l'âge de 
seize ans, il avait reçu de madame Bigoi 
{voyez ce nom) des conseils qui lui furent 
très-utiles pour son talent de pianiste; jus- 
qu'à la fin de sa carrière, il conserva pour la 
mémoire de cette femme remarquable un sen- 
timent de reconnaissance et d'affection. 

On a vu ci-dessus que l'éducation de Men- 
deissohn pour la composition fut confiée à 
Zelter (voyez ce nom), qui parle de son élève 
avec un véritable attachement dans ses lettres 
à Gœthe; le jeune artiste resta longtemps 
dans son école; trop longtemps peut-être, car 
la science roide et scolastique du maître ne 
paraît pas avoir laissé à la jeune imagination 
de l'élève toute la liberté qui lui aurait été né- 
cessaire. En 1821, Zelter fit avec Mendeissohn 
un voyage à Weimar et le présenta à Goethe, 
qui, dit-on, s'émut en écoutant le jeune mu- 
sicien-né. Déjà il jouait en maître les pièces 
difTiciles de Bach et les grandes sonates de 
Beelhoven. Quoiqu'il n'eût point encore atteint 
sa treizième année, il improvisait, sur un 
thème donné, de manière à faire naître l'éton- 
nement. Avant l'âge de dix-huit ans, il avait 
écrit ses trois quatuors pour piano, violon, alto 
et basse ; des sonates pour piano seul ; sept piè- 
ces caractéristiques pour le même instrument ; 
douze Lieder pour voix seule avec piano; 
douze chants idem, et l'opéra en deux actes, 
intitulé : les Noces de Gamaclie, qui fut repré- 
senté à Berlin quand l'auteur n'avait que seize 
ans. S'il y avait peu d'idées nouvelles dans ces 
premières œuvres, on y remarquait une facture 
élégante, du goût, et plus de sagesse dans l'or- 
donnance des morceaux qu'on n'eut pu l'at- 
tendre d'un artiste si jeune. Plus heureux que 
d'autres enfants prodiges, à cause de la posi- 



78 



MENDELSSOIIN-BARTHOLDY 



tion de fortune de ses parents, il ne voyait 
pas son talent exploité par la spéculation, et 
toute liberté lui était laissée pour le dévelop- 
pement de ses facultés. Le succès des Noces de 
Gamache n'ayant pas répondu aux espé- 
rances des arais de Mendelssohn, il retira son 
ouvrage de la scène, mais la partition, réduite 
pour le piano, fut publiée. 

En 1829, Mendelssohn partit de Berlin pour 
voyager en France, en Angleterre et en Ita- 
lie. Je le trouvai à Londres au printemps de 
celle année, et j'entendis, au concert de la So- 
ciété philharmonique, sa première symphonie 
(en ut mineur). Il était alors âgé de vingt ans. 
Son extérieur agréable, la culture de son es- 
prit, et l'indépendance de sa position le firent 
accueillir avec distinction, et commencèrent 
ses succès, dont l'éclat s'augmenta à chaque 
voyage qu'il fit en Angleterre. Après la saison, 
il parcourut l'Ecosse. Les impressions qu'il 
éprouva dans cette contrée pittoresque lui 
inspirèrent son ouverture de concert connue 
sous le litre de Fingalhœhle (la Grotte de 
Fingal). De retour sur le continent, il se rendit 
en Italie par Munich, Salzbourg, Linz et 
Vienne, en compagnie de Hildebrand, de 
Ilubner et de Bendemann, peintres de l'école 
<le Dusseldorf. Arrivé à Rome, le 2 novembre 
18Ô0, il y trouva Berlioz, avec qui il se lia d'ami- 
tié. Après cinq mois de séjour dans la ville 
<5ternelle, qui ne furent pas perdus pour ses 
travaux, il partit pour Naples, où il arriva le 
10 avril 1831. Il y passa environ deux mois, 
moins occupé de la musique italienne que de 
la beauté du ciel et des sites qui exercèrent 
«ne heureuse influence sur son imagination; 
puis il revint par Rome, Florence, Gènes, Mi- 
lan, parcourut la Suisse, et revit Munich au 
mois d'octobre de la même année. Arrivé à 
Paris versie milieu de décembre, il y resta jus- 
qu'àlafin de mars 18ô2.0n voitdansseslettres 
de voyage (1) qu'il n'était plus alors le jeune 
homme modeste et candide de 1829. Il se fait 
le centre de la localité où il se trouve et se pose 
en critique peu bienveillant de tout ce qui 
l'entoure. Parlantd'une des soircesde musique 
de chambre données par Baillof, à laquelle il 
assista, et dans laquelle ce grand artiste avait 
exécuté le quatuor de Mendelssohn en mi ma- 
jeur, il dit : yiu commencement on joua un 
quintellc de Boccherini, une perruque (Den 
Aniang machte ein Quinlelt von Boccherini, 
cine PerrUcke)! Il ne com|)rend pas que sous 

(I) fliitebriefe von Félix Meniltlisolin-Uarllioljij. ans 
denJahrtn 1830 bis 1832. Lcipsick, llcniiann Mciulcls- 
solin, iSCI, 1 vol. in-8°. 



cette perruque il y a plus d'idées originales et 
de véritable inspiration qu'il n'en a mis dans 
la plupart de ses ouvrages. Mécontent, sans 
doute, de n'avoir pas produit à Paris, par ses 
compositions, l'impression qu'il avait espérée, 
il s'écrie (2), en quittant cette ville : Paris 
est le tombeau de toutes les réputations (Pa- 
ris sei das Grab aller Beputationen). Le sou- 
venir qu'il en avait conservé fut, sans aucun 
doute, la cause qui lui fit prendre la résolution 
de ne retourner jamais dans celte grande 
ville, tandis qu'il fit sept longs séjours en An- 
gleterre, pendant les quinze dernières années 
de sa vie, parce qu'il y était accueilli avec 
enthousiasme. En toute occasion, il ne par- 
lait de la France et de ses habitants qu'avec 
amertume, et affectait un ton de mépris pour 
le goût de ceux-ci en musique. 

Un des amis de Mendelssohn ayant été 
nommé membre du comité organisateur de la 
fêle musicale de Dusseldorf, en 1833, le fit 
choisir pour la diriger, quoiqu'il n'eût pas 
encore de réputation comme chef d'orchestre; 
mais le talent dont il fit preuve en celle cir- 
constance fut si remarquable, que la place de 
directeur de musique de celle ville lui fut 
offerte : il ne l'accepta que pour le terme de 
trois années, se réservant d'ailleurs le droit 
de l'abandonner avant la fin, si des circon- 
stances imprévues lui faisaient désirer sa 
retraite. Ses fondions consistaient à diriger 
la Société de chant, l'orchestre des concerts et 
la musique dans les églises catholiques, non- 
obstant son origine judaïque. C'est de cette 
époque que date la liaison de Mendelssohn 
avec le poëte Immermann, beaucoup plus âgé 
que lui. Des relations de ces deux hommes 
si distingués résulta le projet d'écrire un 
opéra d'après Za Tempête de Shakespeare. Les 
idées poétiques ne manquaient pas dans le 
travail d'Immermann; mais ce littérateur 
n'avait aucune notion des conditions d'un 
livret d'opéra: son ouvrage fut entièrement 
manqué sous ce rapport. Mendelssohn jugea 
qu'il était impossible de le rendre musical, 
et le projet fut abandonné. Ceitend.inl le désir 
de donner au théâtre de Dusseldorf une meil- 
leure organisation détermina les deux artistes 
à former une association par actions; les ac- 
tionnaires nommèrcntun comité direclcur, qui 
donna au poète Immermann l'intendance pour 
le drame, et à Mendelssohn pour l'opéra. On 
monta Don Juan de Mozart, et les Deux Jour- 
nées de Chcrubini; enfin, Immermann ar- 

(2; Lcllrcilu 31 mars 1832, iOid., 328. 



MENDELSSOHN-BARTIIOLDY 



70 



rangea pour la scène allemande un drame de 
Calderon, pour lequel Mendelssohn composa 
de la musique qui ne fut pas goùlée et qui n'a 
pas été connue. De mauvais choix d'acteurs et 
de chanteurs avaient été faits, car ces deux 
hommes, dont le mérite, chacun en son genre, 
ne pouvait être contesté, n'entendaient rien à 
l'art dramatique. Des critiques désagréables 
furent faites; Mendelssohn, dont l'amour- 
propre n'était pas endurant, sentit qu'il 
n'était pas à sa place, et donna sa démission 
(le la place de directeur de musique, au mois 
de juillet 1835. Je l'avais retrouvé, en 1834, à 
Aix-la-Chai)elle, où il s'était rendu à l'occa- 
sion des fêles musicales de la Pentecôte. Une 
sorte de rivalité s'était établie entre lui et 
Ries, parce qu'ils devaient diriger alternati- 
vement ces fêles des villes rhénanes. Malheu- 
reusement, il n'y avait pas dans cette rivalité 
les égards que se doivent des artistes distin- 
gués. Mendelssohn parlait de la direction de 
son émule en termes peu polis qui furent rap- 
portés à celui-ci. Ries me parla alors des cha- 
grins que lui causait le langage inconvenant 
de son jeune rival. 

Mendelssohn avait écrit à Dusseldorf la 
plus grande partie de son Paulus, oratorio: 
il l'acheva, en 1835, à Leipsick, oii il s'était 
retiré, après avoir abandonné sa position. 
Ayant été nommé directeur des concerts de la 
llalle-aux-Draps {Gewandhaus), dans la même 
ville, il prit possession de cet emploi le 4 oc- 
tobre, et fut accueilli, à son entrée dans l'or- 
cheslre, par les acclamations de la foule qui 
remplissait la salle. Dès lors, la musique prit 
un nouvel essor à Leipsick, et l'heureuse 
influence de Mendelssohn s'y fit sentir non- 
seulement dans les concerts, mais dans les so- 
ciétés de chant et dans la musiquede chambre. 
Lui-même se faisait souvent entendre comme 
virtuose sur le piano. Par reconnaissance pour 
la situation florissante où l'art était parvenu, 
grâce à ses soins dans cette ville importante 
de la Saxe, l'université lui conféra le grade de 
docteuren philosophie et beaux-arts, en 1836, 
et le roi de Saxe le nomma son maître de 
chapelle honoraire. En 1837, Mendelssohn 
é|iousa la fille d'un pasteur réformé deFranc- 
fort-sur-le-Mcin , femme aimable dont la 
bonté, l'esprit etla grâce firent le bonheur de 
sa vie. 

Appelé à Berlin en qualité de directeur gé- 
néral de la musique du roi de Prusse, il alla 
s'y établir et y écrivit pour le service de la 
cour la musi(|ue intercalée dans les tragédies 
antiques VAnliQone, VŒdipe roi, ainsi <iue 



dans Athalic. Ce fut aussi à Berlin qu'il com- 
posa les morceaux introduits dans le Songe 
d'une nuit dété de Shakespeare, dont il 
avait écrit l'ouverture environ dix ans aupa- 
vant. Cependant les honneurs etla faveur dont 
il jouissait près du roi ne purent le décidera 
se fixer dans la capitale de la Prusse, parce 
qu'il n'y trouvait pas la sympathie qu'avaient 
pour lui les habitants de Leipsick. Berlin a 
toujours, en effet, montré peu de goût pour 
la musique de Mendelssohn. Nul doute que ce 
fut ce molif qui le décida à retourner à Leip- 
sick, où, à l'exception de quelques voyages à 
Londres ou dans les villes des provinces rhé- 
nanes, il se fixa pour le reste de ses jours. Les 
époques de ses séjours en Angleterre furent 
1832, 1833, 1840, 1842, 1844, 1846, où il fit 
entendre pour la première fois son Elie, au 
festival de Birmingham, et, enfin, au mois 
d'avril 1847. Cette fois, il ne resta à Londres 
que peu de jours, car il était de retour à Leip- 
sick à la fin du même mois. 11 avait formé le 
projet de passer l'étéàVevay; mais au mo- 
ment où il venait d'arriver à Francfort, pour y 
retrouver sa femme et ses enfants, il reçut la 
nouvelle de la mort de madame Ilansel, sa 
sœur bien-aimée. Cette perte cruelle le frappa 
d'une vive douleur. Madame Jlendelssohn , 
dans l'espoir de le distraire par les souvenirs 
de sa jeunesse, l'engagea à parcourir la 
Suisse : il s'y laissa conduire et s'arrêta 
d'abord à Baden, puis à Laufen, et, enfin, à 
Interlaken, où il resta jusqu'au commence- 
ment de septembre. Feu de jours avant son 
départ, il improvisa sur l'orgue d'une petile 
église de village, sur les bords du lac de 
Brienz : ce fut la dernière fois qu'il se fit en- 
tendre sur un instrument de celle espèce. Peu 
d'amis se trouvaient réunis dans l'église: tous 
furent fra|)pés de l'élévation de ses idées, qui 
semblaient lui dicter un chant de mort. Il avait 
eu le dessein d'aller à Fribourgpourconnailrc 
l'orgue construit parMoser; mais le mauvais 
temps l'en empêcha. L'hiver arrive, dit-il 
à ses amisj il est temps de retourner à nos 
foyers. 

Arrivé à Leipsick, il y reprit ses occupalions 
ordinaires. Bien que l'aménité de son carac- 
tère ne se démentit i)as avec sa famille et ses 
amis, on apercevait en lui un penchant à la 
mélancolie qu'on ne lui connaissait pas autre- 
fois. Le 9 octobre, il accompagnait quel<|ues 
morceaux de son Elie chez un ami, lors(|ue le 
sang se porta tout à coup avec violence à sa 
têle et lui fit perdre connaissance; on fui 
obligé de la transporter chez lui. Le médecin, 



80 



MENDELSSOHN-BARTIIOLDY 



qu'on s'était empressé d'aller chercher , 
n'iiésita pas à faire usage des moyens les plus 
énergiques dont l'heureux effet fut immédiat. 
Rétabli dans un état de santé satisfaisant, du 
moins en apparence, vers la fin du mois,Men- 
delssohn reprit ses promenades habituelles, 
soit à pied, soit à cheval; il espérait même 
être bientôt assez fort pour se rendre à Vienne, 
pour y diriger l'exécution de son dernier ora- 
torio et il s'en réjouissait ; mais le 28 du même 
mois, après avoir fait une promenade avec sa 
femme et diné de bon appétit, il subit une 
seconde attaque de son mal, et le médecin dé- 
clara qu'il était frappé d'une apoplexie ner- 
veuse et que le danger était imminent. Les 
soins qui lui furent prodigués lui rendirent la 
connaissance. Il eut des moments de calme et 
dormit d'un sommeil tranquille ; mais, le 3 no- 
vembre, l'attaque d'apoplexie se renouvela, et 
dès ce moment il ne reconnut plus personne. 
Entouré de sa famille et de ses amis, il expira 
le lendemain , 4 novembre 1847, à 9 heures 
du soir, avant d'avoir accompli sa trente-neu- 
vième année. On lui fit des obsèques somp- 
(ueuses, auxquelles prit part toute la popula- 
tion de Leipsick, en témoignage du sentiment 
douloureux inspiré par la mort prématurée 
d'un artiste si remarquable. L'Allemagne tout 
entière fut émue de ce triste événement. 

Si Mendelssohn ne posséda pas un de ces 
génies puissants, originaux, tels qu'en vit le 
dix-huitième siècle; s'il ne s'éleva pas à la 
hauteur d'un Jean-Sébastien Bach, d'un 
llœndcl, d'un Gluck, d'un Haydn, d'un Mo- 
zart, d'un Beethoven ; enfin, si l'on ne peut le 
placer au rang de ces esprits créateurs, dans 
les diverses déterminations de l'art, il est hors 
de doute qu'il tient, dans l'histoire de cet art, 
une place considérable immédiatement après 
eux, et personne ne lui refusera jamais la qua- 
lification de grand musicien. Il a un style à 
lui et des formes dans lesquelles se fait recon- 
naître sa personnalité. Le scherzo élégant et 
coquet, à deux temps, de ses compositions in- 
strumentales, est de son invention. Il a de la 
mélodie; son harmonie est correcte et son in- 
strumentation colore bien ses idées, sans 
tomber dans l'exagération des moyens. Dans 
ses oratorios, il a fait une heureuse alliance 
de la gravité des anciens maîtres avec les res- 
sources de l'art moderne. Si son inspiration 
n'a pas le caractère de grandeur par lequel les 
géants de la pensée musicale frappent tout un 
auditoire, il intéresse par l'art des dispositions, 
par le goùl et par une mullilude des détails 
qui décèlent un scnliuicnt fin et délicat. Mal- 



heureusement il était préoccupé d'une crainte 
qui doit avoir été un obstacle à la spontanéité 
de ses idées ; celte crainte était de tomber dans 
certaines formes habituelles par lesquelles les 
compositeurs les plus originaux laissent re- 
poser de temps en temps l'attention : il la por- 
tait jusqu'à l'excès. Dans la plupart de ses 
compositions, on sent qu'elle lui fait éviter 
avec soin les cadences de terminaison, et faire 
un constant usage de l'artifice de Vinganno, 
appelé communément cadence rompue; aux 
conclusions de phrases, qui sont de nécessité 
absolue pour la clarté de la pensée, il substitue 
avec une sorte d'obstination ce même artifice, 
et multiplie, par une conséquence inévitable, 
les modulations incidentes. De là un enchevê- 
trement incessant de phrases accessoires et 
surabondantes, dont l'effet est de faire perdre 
la trace de la pensée première, de tomber dans 
le vague, et de faire naître la fatigue. Ce dé- 
faut, remarquable surtout dans les œuvres in- 
strumentales de Mendelssohn, est un des traits 
caractéristiques de sa manière. Il y a de belles 
pages dans un grand nombre de ses composi- 
tions; mais il est peu de celles-ci où l'intérêt 
ne languisse en de certaines parties, par l'ab- 
sence d'un rhythme périodique bien senti. 

Parmi les œuvres de musique vocale de 
Mendelssohn, ses oratorios Paulus et EUe ne 
sont pas seulement les plus importantes par 
leurs développements ; elles sont aussi les plus 
belles. Ses psaumes 42«, Ga% 98« et 114«, avec 
orchestre, renferment de belles choses, prin- 
cipalement au point de vue de la facture. Il a 
fait aussi des chœurs d'église avec orchestre, 
qui sont d'un beau caractère, ainsi que d'au- 
tres psaumes sans instruments, composés pour 
le Dom-Chor de Berlin ; enfin, on a de lui des 
motets pour une, deux ou quatre voix avec 
orgue. Sa grande cantate de IFalpurgische- 
nac/if adc la réputation en Allemagne; elle y 
a été exécutée dans plusieurs grandes fêles 
musicales. Pour moi, après l'avoir entendue 
deux fois, j'en ai trouvé le style lourd. Men- 
delssohn avait écrit cet ouvrage à Rome, dans 
le mois de décembre 1830, à l'âge d'environ 
vingt-deux ans ; mais il le changea presque en- 
tièrement quatre ou cinq ans avant sa mort. 
C'est sous sa dernière forme qu'il est mainte- 
nant connu. A l'égard de la musique de VAn- 
tigonc et de VŒdipe à Colone, de Sophocle, 
ainsi que de Vj^thalie de Racine, écrits à la 
demande du roi de Prusse, Frédéric-Guil- 
laume IV, on ne les a publiés qu'en partition 
pour le piano. Ces ouvrages sont peu connus; 
ccnendant VŒdipcà élé essayé au théâtre de 



MENDELSSOHN-BARTHOLDY 



81 



rOiléon, à Paris, mais sans succès. Ainsi qu'il 
a été dit danscette notice, le génie de Mendels- 
sohn n'était pas essentiellement dramatique; 
il avait lui-même conscience de ce qui lui 
manquait pour l'intérêt de la scène, car son 
goût ne se portait pas vers ce genre de com- 
l)osition. On sait que les Noces de Gamache, 
ouvrage de sa première jeunesse, n'ont pas 
réussi. Après cet essai, la plus grande partie 
de sa carrière d'artiste s'écoula sans qu'il pro- 
duisît rien pour le théâtre. Il écrivit pour sa 
famille une sorte d'intermède, intitulé : Die 
Ileimkehr ans der Fremde (le Retour de 
voyage à l'étranger) ; il ne le destinait pas à la 
publicité et l'avait gardé dans son portefeuille; 
mais ses héritiers l'ont fait graver au nombre 
de ses œuvres posthumes. On y trouve qua- 
torze morceaux écrits d'un style gracieux et 
léger, dont une romance, six Lieder pour dif- 
férentes voix, un duo pour soprano et con- 
tralto, deux trios, un chœur et un finale. 
Cette comjwsition, à laquelle Mendelssohn ne 
paraît pas avoir attaché d'importance, est 
néanmoins une de ses meilleures productions, 
au point de vue de l'inspiration originale. Il 
est un autre ouvrage mélodramatique de cet 
artiste qui a droit aux éloges, non-seulement 
des connaisseurs, mais du public, et qui fut 
écrit dans le même temps que celui qui vient 
d'être mentionné : je veux parler de la mu- 
sique composée pour la traduction allemande 
du drame si original de Shakespeare, le Songe 
d''une Nuit d'été {Ein Summernachts- 
traum). L'ouverture inspirée par ce sujet 
était écrite dès 1829; mais le reste de la par- 
tition ne fut composé que longtemps après, 
pendant le séjour de Blendelssohn à Berlin, 
comme directeur général de la chapelle du 
roi de Plusse. Tout est bien dans cet ouvrage : 
les pièces instrumentales des entr'actes, la 
partie mélodramatique des scènes, la chanson 
avec le chœur de femmes, la marche ; tout 
est plein de verve, de fantaisie et d'élé- 
gance. 

Mendelssohn a peu réussi dans la sympho- 
nie, une seule exceptée. La première (en ut 
mineur) n'est quele travail d'un jeune homme 
en qui l'on aperçoit de l'avenir. Ze Chant 
de louange (Lobgesang), ou Symphonie can- 
tate (op. 52), comptée par le compositeur 
comme sa seconde symphonie, n'est pas une 
heui'cuse conception : on y sent plus le travail 
que rins|)iration. Les essais qu'on en a faits 
à Paris et ailleurs n'ont pas été satisfaisants. 
La troisième symphonie (en la mineur) est la 
meilleure production de l'artiste en ce genre. 

BlOCn. U.MV. DES lUUSICILNS. T. VI. 



Le premier morceau est d'un bon sentiment; 
il est écrit avec le talent connu du maître. 
Le vivace, ou scherzo, à deux temps, est une 
de ces heureuses fantaisies dans lesquelles sa 
personnalité se manifeste quelquefois. Dans 
Vadagio, la pensée est vague, diffuse, et l'ef- 
fet en est languissant. Le mouvement final a 
de la verve; il est traité de main de maître; 
main la malheureuse idée qu'a eue Mendels- 
sohn de terminer cette partie de son ouvrage 
par un thème anglais qui ne se rattache en 
rien au reste de l'œuvre, lui enlève la plus 
grande partie de son effet. La quatrième sym- 
phonie (en la majeur), œuvre posthume, ne 
fait apercevoir dans aucun de ses morceaux 
le jet de l'inspiration Cette symphonie n'a eu 
de succès ni en Allemagne, ni à Paris, ni à 
Bruxelles. 

Dans le concerto, sorte de symphonie avec 
un instrument principal, Mendelssohn a été 
plus heureux; son concerto de violon, parti- 
culièrement, et son premier concerto de piano 
(en 50/ mineur), ont obtenu partout un succès 
mérité et sont devenus classiques. Le second 
concerto de piano (en re mineur), dont le carac- 
tère général n'est pas exempt de monotonie, 
a été beaucoup moins joué que le premier. 
Parmi ses œuvres les plus intéressantes de ce 
genre, il faut citer sa Sérénade et Allegro 
giojoso pour piano et orchestre, composition 
dont rinspiralion se fait remarquer par l'élé- 
gance, la délicatesse et par les détails char- 
mants de rinstrumenlalion. II ne faut pas 
plus chercher dans ces ouvrages que dans les 
autres productions de cet artiste ces puissantes 
concei)tions, ni cette originalité de pensée qui 
nous frappent dans les concertos de quelques 
grands maîtres, de Beethoven en particulier; 
mais après ces beaux modèles, Mendelssohn 
tient une place honorable. 

Les ouvertures de ce maître ont été beau- 
coup jouées en Allemagne et en Angleterre ; 
mais elles ont moins réussi en France et en 
Belgique. Elles sont au nombre decin<|, dont 
les titres sont : le Songe d'une Nuit d'été, 
qui est incontestablement la meilleure ; la 
Grotte de Fingal (ou les Hébrides), en si mi- 
neur, bien écrite et bien instrumentée, mais 
monotone et languissante; la Mer calme et 
VHeureux retour {Meercsstille iind gluch- 
liche Fahrt), en ré majeur; la Belle Mélu- 
sine, en fa majeur, et Ruy Blas. 11 y a de 
l'originalité dans ces compositions, mais on 
sent, à l'audition comme à la lecture, qu'elle 
est le fruit de la recherche; la spontanéité y 
raan([uc. 

fi 



82 



MENDELSSOHiN-BARTHOLDY 



La musique de clianibre est la i)artie la plus 
riclie (lu domaine instrumental de Mendelssohn; 
la plupart de ses compositions en ce genre, soit 
pour les instruments à archet, soit pour le piano 
accompagné, ou seul, ont de l'intérêt. La dis- 
tinction de son caractère s'y fait reconnaître. 
Il y est plus à l'aise que dans la symphonie, et, 
pour qui sait comprendre, il est évident qu'il y 
porte plus de confiance dans la suffisance de 
ses forces. Un ottetlo pour quatre violons, 
deux altos et deux violoncelles; deux quintettes 
pour deux violons, deux altos et violoncelle, 
et sept quatuors (œuvres 12, 13, 44, 80 et 81) 
composent son répertoire dans cette catégorie 
de musique instrumentale. L^ottetto, qui est 
une des productions de sa jeunesse, était une 
decelles qu'il estimaitle plus dans son œuvre; 
il s'y trouve des choses intéressantes; mais le 
talent s'y montre inégal. Son second quin- 
tette (en si bémol, œuvre posthume), et les 
trois quatuors de l'œuvre 44« sont, à mon 
avis, les plus complets et ceux oii l'inspira- 
tion se soutient sans effort. Dans la musique 
pour piano accompagné, on trouve d'abord 
trois quatuors pour cet instrument, violon, 
alto et violoncelle (op. 1 , en ut mineur ; op. 2, 
en /a mineur; op. 3, en si mineur). Si l'on 
songe à la grande jeunesse de l'artiste au 
moment où il écrivit ces ouvrages, on ne peut 
se soustraire à l'élonnement qu'un pareil dé- 
but n'ait pas conduit à des résultats |)lus beaux 
encore que ceux où son talent était parvenu à 
la (in de sa carrière. De ses deux grands trios 
pour piano, violon et violoncelle, le jjremier, 
en ré mineur, op. 49, a eu peu de succès ; son 
caractère est monotone ; les mêmes phrases s'y 
i-ei»roduisent fréquemment sans être relevées 
par des traits inattendus; enfin, ce n'est 
qu'un ouvrage bien écrit; le second, en nt 
mineur, op. CG, est beaucoup mieux réussi; 
on y trouve de la verve et de l'originalité. 
On ne connaît de Mendelssohn qu'une sonate 
pour piano et violon (en fa mineur, op. 4) ; ce 
n'est pas un de ses meilleurs ouvrages; mais 
ses deux sonates pour piano et violoncelle ren- 
ferment de belles choses. 

Je me suis souvent demandé pourquoi, avec 
un talent si distingué, Mendelssohn n'a pu évi- 
ter une teinte d'uniformité dans l'effet de sa 
musique instrumentale; en y songeant, J'ai 
cru pouvoir allrihuer cette impression au pen- 
chant trop persistant du compositeur pour le 
mode mineur. En effet, sa première sympho- 
nie est en ut mineur; la troisième, en lu mi- 
neur ; l'ouverture intitulée : la Grotte de 
J'ingal est en si mineur; le premier morceau 



du concerto de violon est en mi mineur; le 
premier concerto de piano est en sol mineur ; 
le second, en ré mineur; la sérénade pour 
piano et orchestre est en si mineur; le pre- 
mier quatuor pour piano, violon, alto et 
violoncelle est en ut mineur, le second en fa 
mineur, le troisième en si mineur; la sonate 
pour piano et violon est en fa mineur; le pre- 
mier trio pour piano, violon et violoncelle est 
en ré mineur; le second, en nt mineur. Son 
deuxième quatuor est en la m'ùieuv; le qua- 
trième, en mi mineur, et le sixième, en fa mi- 
neur. Sur quatre caprices qu'il a écrits pour 
piano seul, trois sont en modes mineurs; sa 
grande étudesuivied'unic/jerzo pourle même 
instrument est en fa mineur; deux de ses fan- 
taisies sont également en mode mineur; son 
premier sc/ter;o est en si mineur; le second, 
en /"a dièse mineur; enfin, de ses Zteder sans 
paroles, seize sont en mineur. Si l'on voulait 
faire une récapitulation semblable dans la mu- 
sique de chant de Mendelssohn, on constate- 
rait la même tendance. Je viens de parler de 
ses Lieder sans paroles; il est créateur dans 
ce genre de petites pièces instrumentales, dont 
il a publié sept recueils; celui qui porte le nu- 
méro d'œuvre 38 me paraît supérieur aux au- 
tres. J'en ai donné l'analyse dans le (juator- 
ziéme volume de la Bibliothèqite classique des 
pianistes (Paris, Schonenberger). 

Les chants à voix seule avec piano, de Men- 
delssohn, et sesZietfer à deux, trois et quatre 
voix, ont de la distinction, quelquefois même 
de la franche originalité ; cependant son ima- 
gination ne s'élève jamais dans ce genre à la 
hauteur de François Schubert. Comme tous les 
compositeurs allemands du dix - neuvième 
siècle, Mendelssohn a écrit un grand nombre 
de ces chants, soit pour les quatre genres de 
voix de femmes et d'hommes, soit pour quatre 
voix d'hommes sans accompagnement. 

Le catalogue systématique des œuvres de ce 
compositeur est formé de la manière suivante: 
y/. Musique pour obchestre: loSymphonie en 
ut mineur, op. 11; Berlin, Schlesinger. 
2" Symphonie cantate (Lobgesang), op. 52; 
Leipsick, Breitkopf et Haerlel. 3» Troisième 
symphonie en la mineur, op. 50; ibid. 
4" Quatrième symphonie en la majeur, 
op. 90; ibid. 5" Ouverture du Songe d'une 
Nuit d'été (Summernachtstraum) , op. 21; 
ibid. 0» Idem de la Grotte de Fingul {les 
Hébrides), op. 20; ibid. 7" La Mer calme et 
VHeureux retour {McercsstiUc xmd gluclc- 
liche fahrl), op. 27; ibid. 8° La Belle Mélu- 
sine {idem), op. 32 ; ibid. 0° Idem de Huij 



MENDELSSOHiN-BARTHOLDY 



8S 



Bios, op. 95; Leipsick, Kislner. 10» Concerto 
pour violon et orchestre en mi mineur cl ma- 
jeur, op.G4; Leipsiclc, Breilkopf et Ilaertei. 
11° Premier concerto pour piano et orcliestre 
(en soZ mineur), op. 25; ibid. 12" Deuxième 
«oncerlo idem (en ré mineur), op. 40; ibid. 
13» Capriccio brillant pour piano et or- 
chestre (en si mineur), op. 22; ibid. H^Ron- 
«leau brillant idem (en mi bémol), op. 29; 
ibid. 15" Sérénade et allegro giocoso idem 
(en si mineur et en re), op. 4-3; Bonn, Sim- 
rock. 16" Ouverture pour des inslrnmenls à 
vent (en «0) op. 24; ibid. B. Mvsi<)ve de 
ciiAMORE : a. Pour instruments à archet : 
17" Ottetto pour quatre violons, deux altos et 
«leux violoncelles, op. 20 ; Leipsick, Breilkopf 
-et Haerlel. 18* Premier quintette (en kl ma- 
jeur), pour deux violons, deux altos et violon- 
celle, op. 18; Bonn, Sirarock. 19" Second 
quintette idem (en si bémol), op. 87; Leipsick, 
Breitkopf elHserteL 20" Premier quatuor pour 
deux violons, alto et basse (en mi bémol), 
op. 12; Leipsick, Hofmeister. 21^ Deuxième 
idem (en ?a), op. 15; Leipsick, Breitkopf et 
Hœrlel. 22" Trois quatuors idem (en ré, en 
mi mineur et en mi bérao4), op. 44; ibid. 
2.3» Sixième quatuor «Jem (en fa mineur), 
«p. 80; ibid. 24-" Se^iVtme idem, A ndante, 
Scherzo, Capriccio et Fugue., op. 81 ; ibid. 

b. Pour piano accompagné : 25» Premier 
quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle 
(en ut mineur), op. 1 ; Berlin, Schlesinger. 
2G» Deuxième ideîu (en fa mineur), op. 2; 
ibid. 27"Troisièmetdem(en si mineur), o|t. 5; 
Leipsick, Hofmeister. 28" Premier grand trio 
pour piano, violon et violoncelle (en ré mi- 
neur), op. 49; Leipsick; Breitkopf et Hîertel. 
29" Deuxième ide»i (en ut mineur), op. 66; 
ibid. 30" Sonate pour piano et violon (en fa 
mineur), op. 4; Leipsick, Hofmeister. 31 "Pre- 
mière sonate pour piano et violoncelle (en si 
bémol), op. 45; Leipsick, Kistner. 32" Deuxième 
idem (en ré majeur), op. 58 ; ibid. 33" Varia- 
lions concertantes pour piano et violoncelle 
(en ré majeur), op. 17; Vienne, Mechetti. 

c. Pour piano à quatre mains: 54" Jndante 
et variations (en si bémol), op. 83; Leipsick, 
Breitkopf et Haerlel. 35" Allegro brillant (en 
la majeur), op. 92; ibid. d. Pour piano 
seul : 56° Andante cantabile et Presto agitato 
(en si mineur); ibid. 57" Capriccio (en fa 
dièse mineur), op. 5 ; Berlin, Schlesinger. 
r>8« Trois caprices, op. 16; Vienne, Mech€tti. 
59" Fantaisie (en fa dièse mineur), op. 28; 
Bonn, Simrock. 40" Pièces caractéristiques, 
op. 7; Leipsick, Hofmeister. 41» Étude et 



Scherzo (en fa mineur); Berlin, Schlesinger. 
42" Fantaisie (en mi'majeur), op. 15; Vienne, 
Mechetti. 43" Six morceaux d'enfants, op. 72 ; 
Leipsick, Breitkopf et H8ertel.44"Sept recueils 
de romances ou Lieder sans paroles, op. 19, 
50, 58, 53, 62, 67, 85; Bonn, Simrock. 4o"Six 
préludes et six fugues, op. 55; Leipsick, 
Breitkoi>f et llcertel. 40" Rondo capriccio (en 
mi majeur), op. 14; Vienne, Mechetti. 47° So- 
nate (en mi majeur), op. 6 ; Leipsick, Hof- 
meister. 48" Dix-sept variations sérieuses, 
op. 54; Vienne, Mechetti. 49" Variations sur 
des thèmes originaux, op. 82 et 85; Leipsick, 
Breitkopf et Ilsertel. C. Mdsiq^ue pour obgde : 
50" Trois préludes et fugues, op. 57; Leipsick, 
Breilkopf et ll8erlel.51° Six sonates, op. 63; 
ibid. D. Oratorios, cantates, psacmes, etc. : 
52" Paulus, oratorio, op. 50; Bonn, Simrock. 
55" Elie {Elias), idem, op. 70 ; ibid. 54" .Le 
Christ, ovalono non archevé, fragments, op. 97; 
Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 55" Musique pour 
VJntigone de Sophocle, op. 55; Leipsick, 
Rislner. 50" Musique pour VAthalie de Ra- 
cine, op. 74; Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 
57° Musiipie pour VŒdipe à C'o/one de So- 
phocle, op. 93; ibid. 58" Musique pour le 
Songe d'une Nuit d'été de Shakespeare , 
op. 61 ; ibid. 59" Lauda Sion, hymne pour 
chœur et orchestre, o[). 73; Mayence, Scholt. 
QQ" La première nuit de Sainte- Tf'alpurge 
(Die erste JP\ilpurgisnacht)y ballade, op. 60; 
Leipsick, Kistner. Cl" Chant de fêtes. Aux 
artistes, d'après le poème de Schiller, pour 
chœur d'hommes et instiumenls de cuivre, 
op. 68 ; Bonn, Simrock. 62" Chant pour la qua- 
trième fête séculaire de l'invenlion de l'im- 
primerie, pour chœur et orchestre; ibid. 
65° Hymne pour contralto, chœur elorchestre, 
paroles anglaises et allemandes, o|t. 96 ; Bonn, 
Simrock. 64° Hymne pour soprano, chœur et 
orgue; Berlin, Bote et Bock. 65" Trois chœurs 
d'église avec solos et orgue, op. 23; Bonn, 
Simrock. 66» Trois cantiques pour contralto, 
chœur et orgue; ibid. 67" Trois motets pour 
des voix de soprano et contralto et orgue, 
op. 39; ibid. 68» Trois motets en chœur avec 
des solos pour le Dom-ChorAe Berlin, op. 78; 
Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 69°Psaume 115« 
pour chœur, solo et orchestre, op. 31 ; Bonn, 
Simrock. 70" Psaume 42= pour chœur et or- 
chestre, op. 42; Leipsick, Breitkopf et Haerlel. 
71° Psaume 95" idem, op. 46 ; Leipsick, Kisl- 
ner. 72" Psaume 114<= pour chœur à huit 
voix et orchestre, oj». 51 ; ibid. 73» Trois 
psaumes pour voix solos et chœur, oj). 78; 
Leipsick. Breitkopf et Haerlel. 74» Psaume 98« 

6. 



9i 



MENDELSSOIIN-BARTIIOLDY — MENESTRIER 



pour lin cliœiir à huit voix et orchestre, 
op. 91 ; Leipsick, Kistner. £. Opéras : 75" Les 
JS'oces de Gumuche , opéra comique en deux 
acies, op. 10 ; partition pour piano ; Leipsicii, 
Hofmeistcr. 70° Le Retour de voyage à 
l'ét ranger (ffeimkehrausdemFremde), opéra 
<ie snlon en un acte, op. 89; Leipsick, Breit- 
kopf et llaertel. 77" Loreley, opéra non ter- 
miné, op. 98; ibid.Le finale du premier acte 
seul a été publié en partition pour le piano. 
78° Air pour voix de soprano et orchestre, 
op. 94; ibid. F. Chaints a plusieurs voix: 
a. Chants pour soprano , alto, ténor et basse^ 
op. 41, 48, 39, 88 et 100; Leipsick, Breitkopl' 
elHœrtel. 6. Chants àquatre voix d'hommes, 
op. 50, 75, 76; Lei|)sick, Kistner. c. Chants 
à deux voix, op. G3, 77; ibid. G. Chants a 
Toix SEULE AVEC PIANO (lecueils de Lieder), 
op. 8, 9, 34, 47, 37, 71, 84, 86, 99; Berlin, 
Schlesinger; Leipsick, Breitkopf et Haertel. 
Il existe aussi un certain nombre de com- 
positions de Mendelssohn , sans numéros 
d'œuvres. 

MKISDES (Manuel), écrivain sur la mu- 
sique et compositeur portugais, né à Evora, 
vers le milieu du seizième siècle, fut d'abord 
mailre de chapelle à Portalegre, puis alla 
remplir les mêmes fonctions dans sa ville 
natale, où il mourut en 1603. Quelques bons 
musiciens portugais ont été instruits par lui. 
Il a laissé en manuscrit : 1° Arte de canto 
c/*a(î (Science du plain-chant). 2" Jlesses à cinq 
voix. 5» Magnificat à quatre et cinq voix. 
4" Motets à plusieurs voix, et diverses autres 
compositions qui se trouvaient autrefois à la 
l>ibliothèque royale de Lisbonne. 

MEI>'DES (Jacques FRAIMCO-). Foysz 
FllArNCO-ME]>DES (Jacques). 

ME3iDES (Joseph EUAINCO-). Foyez 
FUAîNCO-MEl^DES (Joseph). 

MEINEGIIELLI (l'abbé Antoine), vicaire 
de l'église du Saint, à Padoue, a prononcé 
dans cette église, le 6 mai 1841, un éloge de 
Zingarelli, à l'occasion d'un service solennel 
célébré, le même jour, en mémoire de ce com- 
positeur. Ce discours a été imprimé sous ce 
titre : Per le solenni Esequie del Cav. Nicole 
Zingarelli, celebrate nell' insigne Basilica 
del Santo il di 6 Maggio del 1841. Discorso 
deW Àb. Antonio Uleneghelli ; Padova, 
coi tipi di A. Sicca, 1841, in-8» de vingt et une 
pages. 

MENEIIOU (Michel DE), maître des en- 
fants de chœur de l'église Saint-Maur-des- 
Fossés-lcz-Paris, vers le milieu du seizième 
siècle, est auteur d'un livre qui a pour litre ; 



Instruction familière en laquelle sont con- 
tenues les difficultés de la musique, avec le 
nombre des concordances et des accords, en- 
semble la manière d'en user; Paris, Nicolas 
Du Chemin, 1535, in-4» oblong. La deuxième 
édition est intitulée : Nouvelle instruction 
familière en laquelle sont contenues les dif^ 
ficullés de la musique, avec le nombre des 
concordances et accords, ensemble la ma- 
nière d'en user, tant à deux, à trois, à 
quatre et à cinq parties; Paris, Nicolas Du 
Chemin, 1538, in-4'' oblong. Il y a une troi- 
sième édition du même ouvrage qui a pour 
titre : Nouvelle instruction des préceptes et 
fondements de musique; Paris, 1371. Ce 
livre est remarquable en ce qu'il est le pre- 
mier publié en France où l'on trouve le mot 
accord employé pour indiquer l'harmonie de 
plusieurs sons réunis : cependant on se trom- 
perait si, sur le titre de l'ouvrage et ceux de 
quelques chapitres, par exemple du dix-neu- 
vième (Règles générales pour les accords 
parfaits), on se persuadait qu'on y trouve un 
véritable traité de l'harmonie qui enlèverait à 
A'iadana et à quelques autres musiciens du 
commencement du dix-septième siècle, la 
priorité de considération des accords isolés; 
car les accords dont parle Michel de Menehou 
ne sont que des intervalles, et ses règles gé- 
nérales pour les accords parfaits ne sont que 
celles qui défendent de faire des octaves et des 
quintes consécutives. Il est vrai que les cha- 
pitres 22"= et 23'^ enseignent à faire un accord 
à trois et à quatre parties; mais on n'y 
trouve que les règles du contrepoint à trois et 
à quatre, connues depuis longtemps ; règles 
dont la plupart étaient arbitraires, et ont 
cessé d'être admises dans les traités modernes 
de l'art d'écrire. Il faut cependant remarquer 
que Michel de Mcnthou est le premier qui a 
parlé des cadences parfaites et imparfaites 
(cbap. 23, 24 et 25). 

WEINESTRIEll (Claude François) , sa- 
vant jésuite et laborieux écrivain, naquit à 
Lyon, le 10 mars 1G3I, d'une famille origi- 
naire de la Franchc-Conilé. Après avoir fait 
ses éludes, il professa les humanités à Cham- 
béry, Vienne en Dauphiné et Grenoble, puis 
fut rappelé à Lyon jiour y enseigner la rhéto- 
rique, et succéda, en 1667, au P. Labbedans 
l'emploi de bibliothécaire. Il mourut à Paris, 
le 21 janvier 1703, à l'âge de soixante-qua- 
torze ans. Au nombre de ses ouvrages, qui 
presque tous ont un intérêt historique, on re- 
marque : 1» Des ballets anciens et modernes, 
selon les règksdu t/itdOT; Paris, 1682, jn-12. 



MENESTRIEÎI - MENGAL 



n 



2» Pes Rejjrésenlalions en musique , an- 
ciennes et jnodernes; Vans, 1G87, in-12. Si 
l'on a recueilli depuis le P. Meneslrier un 
plus grand nombre de fails concernant les 
objets de ces deux livres; si l'on a mis plus 
de critique dans la discussion de ces faits, on 
ne peut nier que ce savant religieux a le 
mérite d'avoir ouvert la voie à ces recherches, 
et que ses ouvrages renferment de curieux 
renseignements. 

MEIVGAL (lUAniiN-JosEPii), connu sous le 
nom de MEÎXGAL AIIXÉ, directeur du Con - 
servaloire de musique à Gand, est né en cette 
ville le 27 janvier 1784. Son père fut son pre- 
mier maitre de musique, puis il reçut des 
leçons de plusieurs artistes, particulièrement 
pour le cor, sur lequel il fit de rapides progrès. 
A l'âge de douze ans, il composait des morceaux 
pour cet instrument et d'autre musique, sans 
connaissances d'harmonie et sans autre guide 
que son instinct. En 1804, il entra comme 
^lève au Conservatoire de Paris : il y eut pour 
professeur de cor Frédéric Duvernoy; Catel 
lui enseigna l'harmonie. En 1808, il obtint, au 
concours, le second prix de cette science, et le 
premier prix de cor lui fut décerné l'année 
suivante. Devenu ensuite élève de Reicha, il 
fit, sous sa direction, un cours complet de 
composition. Entré dans la musique de la 
garde impériale au mois de décembre 1804, il 
servit dans les campagnes d'Autriche en 1805 
et de Prusse l'année suivante. De retour à 
Paris en 1807, il obtint sa retraite, reprit ses 
études et dans le même temps entra en qua- 
lité de premier cor, à l'orchestre de l'Odéon, 
d'où il passa à celui du théâtre Feydeau , 
en 1812. Après treize années de service 
à ce théâtre, il donna sa démission pour re- 
tourner à Gand comme directeur du théâtre. 
Cetteentreprisene fut point heureuse; Mongal 
l'abandonna bientôt après, pour prendre les 
fonctions de directeur de musique. Il remplit 
celles-ci jusqu'à la révolution de 1830, puis 
il alla prendre une position semblable au 
théâtre d'Anvers, et retourna à Gand en 1832. 
Des propositions lui furent faites alors pour 
aller diriger l'orchestre du théâtre de La 
Haye; il les accepta et occupa cette nouvelle 
position pendant deux ans. De retour à Gand 
en 1835, il y fut nommé directeur du Conser- 
vatoire de musique établi par la régence de 
celte ville. Mengal est mort à Gand, des suites 
«l'une apoplexie, dans la nuit du 2 au 3 juillet 
1851. 

Cet artiste a écrit pour le théâtre : 1» Une 
Nuit au château, opi'ra-comique en un acte, 



joué au théâtre Feydeau avec succès , en 
1818, et resté pendant plusieurs années au 
répertoire des théâtres lyriques. La partition 
a été gravée à Paris, chez Dufaut et Dubois. 
2" L'Ile de Babilary, opéra-comique en trois 
actes, au même théâtre, en 1819, qui n'a 
point réussi. 3" Les Infidèles, drame en trois 
actes, représenté au théâtre de Gand avec un 
brillant succès, en 1825. 4" Un Jour à Fau- 
cluse, opéra-comique en un acte, au même 
théâtre, en 1828. Les compositions instru- 
mentales de Mengal sont au nombre d'environ 
cent œuvres; on y remarque : 5" Harmonie 
militaire, plusieurs suites; Paris, Naderman, 
Dufaut et Dubois. 6" Trios i)our deux violons 
et basse, op. 1 ; Paris, Leduc. 7" Trois qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse. 8''Trois 
quintettes pour flûte, hautbois, clarinette, 
cor et basson ; Paris, Pleyel. 9"Trios pour flûte, 
violon et alto; Paris, Naderman. 10° l" et 
2'" concertos pour cor et orchestre, op. 20 et 
27; Paris, Dufaut et Dubois. 11" Trois qua- 
tuors pour cor, violon, alto et basse, op. 8; 
Par's, Naderman. 12" Duos pour cor et harpe, 
noM, 2, 5; Paris, Janet. 13" Idem pour cor 
et piano, n"' 1, 2, 3, 4; ibid. 14" Idem, 
n"' 5 et 6 ; Paris, Frère. 15" Fantaisies pour 
piano et cor, n"^ 1, 2, 3; Paris, Dufaut et 
Dubois. 16" Quatuors pour instruments à 
vent, plusieurs œuvres. 17" Beaucoup de ro- 
mances avec accompagnement de piano, entre 
autres le Chevalier errant (Dans un vieux 
château de l'Andalousie) qui a obtenu un 
succès populaire. Mengal a laissé en manu- 
scrit beaucoup de morceaux d'harmonie pour 
instruments à vent; ouverture à grand or- 
chestre, composée à La Haye; quintettes pour 
cinq cors ; trios pour les mêmes instruments ; 
plusieurs morceaux de chant, entre autres un 
chœur à cinq voix sans accompagnement, sou- 
vent exécuté dans les concerts. 

MEI\'GAL (Jean), frère du précédent, est 
né à Gand, au mois de mai 179G. Son père lui 
a donné les premières leçons de musique, puis 
il a étudié le cor sous la direction de son 
frère. Admis au Conservatoire en 1811, il 
y est devenu élève de Domnich , et quinze 
mois après son entrée dans cette école, il y a 
obtenu le premier prix de cor. Après avoir été 
attaché pendant plusieurs années à l'orchestre 
du Théâtre-Italien, il est entré, en 1820, à 
l'Opéra en qualité de premier cor solo. Il a 
été aussi, pendant plusieurs années, membre 
de l'orchestre de la Société des concerts. On a 
gravé de sa composition : 1» Fantaisies poui^ 
cor et iiiano, n"» 1, 2, 3, 4, 5, G; Paris, Srlio^ 



8» 



MENGAL - MENGOZZI 



nenberger. 2» Plusieurs solos idem. 3" Fan- 
taisie brillante pour cor et orchestre, sur des 
motifs de Donizetti, op. 20; Paris, Richault. 
4" Fantaisie pour cor à pistons, avec accompa- 
};neinent de piano, sur des motifs de Guido et 
Ginevra, op. 23 ; Paris, Schlesinger. 5" Duos 
pour deux cors, etc. 

MEÎVGEL (Georges), né à Bamberg, au 
commencement du dix-septième siècle, apprit 
la musique dans son enfance, puis entra au 
service militaire, dans les troupes de l'élecieur 
de Bavière, et parvint au grade de capitaine. 
En 1640, il donna sa démission et entra chez 
l'évéque de Bamberg, en qualité de maître de 
chapelle. Il a fait imprimer de sa composition 
des psaumes avec des motets sous ce titre : 
Quinque limpidissimi Lapides Davidici , 
seu Psalmi 151 cum Motetta centuplici va- 
rietate; WUrzbourg, 1644, in-fol. On connaît 
aussi sous son nom : Sacri concentus et dia- 
logi 1, 2, 3, 4, 5 et 6 voc. cum motetta 
Avoc.efiinstrument.yO^». 4; Inspruck,lGG2, 
in-4°. 

MENGELIUS (Philippe), professeur de 
belles-lettres et docteur en médecine à l'uni- 
versité d'Ingolstadt, dans le seizième siècle, 
fut instruit dans la musique et habile luthiste. 
Il se maria en 15G2 et mourut à Ingolstadt, 
en 1594. Après sa mort, on recueillit ses poé- 
sies latines, et elles furent publiées en cette 
ville en 1396. Parmi les pièces de ce recueil 
on trouve un éloge de la musique, et deux au- 
tres morceaux, intitulés : In Organum mu- 
sicum monasterii Benedicto Burani; In 
effifjiem Philippi de Monte rmisici, etc. 

MEINGOLI (Pierre), géomètre, né à Bo- 
logne en 1625, reçut des leçons de mathéma- 
tiques du P. Cavalieri, considéré comme le 
premier inventeur du calcul infinitésimal, et 
s'appliqua aussi à l'élude de la jurisprudence, 
de la philosophie et de la théologie. Dans sa 
jeunesse, il enseigna publiquement, èBologne, 
les doctrines de Zarlino et de Galilée, concer- 
nant la théorie mathémali<jne de la musique. 
Plus tard, il embrassa l'étal ecclésiasti(iue, 
obtint un bénéfice et fut chargé d'enseigner 
les mathéinati(iues dans le Collège des nobles. 
Il mourut à Bologne, le 7 juin 1680. Au 
nombre de ses écrits sur diverses branches des 
mathématiques, on remar(|uc celui (|ui a pour 
titre : Speculazioni di Musica; Bologne, 
1670, in-4''. En 1673, le frontispice a été 
changé, et le livre a reparu comme une 
deuxième édition. Dans la première partie de 
son ouvrage, Mengoli expose l'anatomie de 
l'oreille, cl trouve dans sa conformation le 



principe des combinaisons de la musique cX 
des sensations qu'elle développe. C'est cette 
idée fausse qui, longtemps après, est devenue 
la base du livre de IVlorel {voyez ce nom), in(i- 
tulé : Principe acoustique nouveau et uni- 
versel de la théorie musicale. 

MEA'GOZZI (Bernard), chanteur et com- 
positeur distingué, né à Florence en 1758, fil 
ses premières études de musique en cette ville, 
puis alla étudier le chant sous la direction de 
Pasquale Potenza, chanteur de la chapelle de 
Saint-Marc, à Venise. Il brilla ensuite sur plu- 
sieurs théâtres d'Italie. En 1780, il se rendit à 
Londres avec sa femme, connue auparavant 
sous le nom d'Anne Benini. L'année suivante, 
il vint à Paris et se fit entendre avec succès 
dans les concerts donnés à la cour par la reine 
Marie-Antoinette. Lorsque l'excellente troupe 
d'opéra italien du théâtre de Monsieur fut 
organisée, il y entra et sut se faire applaudir 
à côté de Mandini et de Viganoni. Après les 
événements révolutionnaires qui dispersèrent 
cette réunion de chanteurs d'élite, Mengozzi 
resta à Paris, et y vécut en donnant des leçons 
de chant et écrivant de 4)etits opéras pour les 
théâtres Feydeau et Montansier. A l'époque 
de l'organisation du Conservatoire de musique, 
il y fut appelé comme professeur de chant et 
y forma plusieurs élèves, parmi lesquels on cite 
Batiste, qu'on a longtemps entendu à l'Opéra- 
Comique, et qui, plus tard, a quitté le théâtre 
pour la place d'huissier de la chambre des 
Pairs, qu'il occupait encore en 1839. Mengozzi 
a surtout contribué aux progrès de l'art du 
chant en France par les matériaux qu'il avait 
préparés pour la rédaction de la méthode du 
Conservatoire, et qu'il n'eut pas le temps 
d'achever, parce qu'il mourut au mois <le 
mars 1800, des suites d'une maladie de lan- 
gueur. Ce fut Langlé qui rédigea cet ouvrage. 
Les opéras connus de Mengozzi sont: 1" Gli 
Schiavi per amore, opéra bouffe en deux 
acttb, au théâtre de Monsieur, en 1790. Quei- 
(|urs morceaux de cet opéra ont été gravés on 
pa ri 11 ion avec les parties d'orchestre. ^"L'Jsola 
disabilata j au même Ibéâlre, en 1790. 
3" Les Deux f'izirs, au ibéâlre Montansier. 
4" Une Faute par amour , a» théâtre Feydeau, 
1793. ^° ^aujourd'hui, opéra en trois actes, 
au Ibéâlre Montansier, 1791. 6» Isabelle de 
Salisbury, en trois actes, au même théâtre, 
1791, en collaboration avec Ferrari. 7" le 
Tableau parlant, en un acte, au même 
théâtre, 1792. Cette pièce avait été mise en 
niusi(iue par Grélry, dont clic est un des meil- 
leurs ouvrages; la nouvelle musique de.'^ka- 



MENGOZZl - MENTER 



87 



î^zzi n'eulpoîntde succès. 8'^ Pottrceaugnac, 
en trois actes, au même théâtre, 1793. 
•J» L'amant jaloux, en trois actes, au 
Théâtre national, rue de Richelieu, 1793. 
10» Seiko, en trois actes, au même théâtre, 
1795. M» La Journée de l'amour, hallet en 
un acte, 1793. 12« Brunct et Caroline, en un 
acte, au théâtre Montansier, 1799. 13» La 
Dame voilée, en un acte, au théâtre Favart, 
1799. 14» Les Habitants de Faiicluse , en 
<ieux actes, au théâtre Montansier, 1800. Men- 
gozzi avait introduit quelques morceaux de sa 
composition dans les opéras italiens qu'on 
jouait au théâtre de Monsieur; on cite parti- 
culièrement un trio de Vltaliana in Londra, 
et le rondo Se m'abbandoni, qu'il chantait 
avec une expression touchante, et qui eut un 
succès de vogue. 

MENO]>i (TuTTovALO ou TniTUAiE?), mu- 
sicien français, vécut dans la première moitié 
du seizième siècle. Il fit, comme beaucoup 
d'autres artistes français et belges, un voyage 
en Italie et séjourna à Corregio (1). Il fut le 
premier maitre de musique du célèbre orga- 
niste et compositeur Claude Merulo. On a de 
lui un ouvrage intitulé : Madrigali d'Jmore 
a quattro voci composti da Tuttovale Menon. 
Et nuovamente slampali, et cou ditigentia 
corretti. In Ferrara nella slampa di Gio- 
vanni de Bulghat et Antonio Stucher com- 
pagni del 1558. 

flIEIXSCUOG (B.-L.), étudiant en droit 
de l'université de Francfort-sur-l'Oder, dans 
les premières années du dix-huitième siècle, 
cultiva la musique et fut compositeur, ainsi 
qu'on le voit dans un volume qui a pour litre : 
Secularia sacra académie régis Viadrinx ; 
Francofurti ad riadrum (s. a.), in-fol. 
Parmi les pièces séculaires en vers et en prose, 
faites à l'occasion de l'anniversaire de la fon- 
dation de l'université etde la présence, à Franc- 
fort, de Frédéric III, duc de Brandebourg et 
premier roi de Prusse, se trouvent yingt pages 
de musique en partition, dont le titre particu- 
lier est ainsi conçu : Sérénade présentée à 
S. M. R. (Sa Maj<;sté Royale) de Prwsse par 
les étudiants de Franc for t-sur-V Odre (sic), 
la veille du jubilé, composée par B.-L. Men- 
sching, étudiant en droit, le '2od'avril 1700. 
La sérénade renferme une ouverture et un 
air chanté alternativement avec les instru- 
vienls, suivi de Sarabande, allemande et 
gigue. 

(1) Voyez la notice de M. Angelo Catelani inlilulée : 
Mcmorie delta vita e délie opère di Claudio Merulo (Mi- 
luiio, Tilo (le Oio. Iticordi], p. 16, note 3. 



MCiVSI (François), ecclésiastique de la 
Bohême, naquit le 27 mars 1753, à Bislra, où 
son père, Vénitien de naissance, était gouver- 
neur chez le comte de llohenems. Il apprit les 
éléments de la musique dans ce lieu, puis à 
Clamecz et à Krzinecz. Ayant suivi ses parents 
à Prague, il y fit ses humanités chez les jé- 
suites, et étudia la philosophie et la théologie 
à l'université. Ce fut aussi dans cette ville qu'il 
prit des leçons de violoncelle de Joseph Rei- 
cha, et de composition chez Cajetan Vogel. 
Bientôt il fut considéré en Bohême comme un 
habile violoniste et violoncelliste, et comme 
un compositeur distingué. Il a écrit une très- 
grande quantité d'oft'ertoires, graduels, an- 
tiennes, litanies, messes, symphonies et qua- 
tuors, dont une partie se trouvait au couvent 
de Slrahow. Après avoir été vicaire à Smeczo 
pendant onze ans, il fut nommé curé à Hro- 
beziez, puis à Pher, où il se trouvait encore 
en 1808. 

MEPiTA (François) musicien qui vécut 
à Rome, était né à Venise, dans la première 
moitié du seizième siècle. Il s'est fait connaître 
comme compositeur par les ouvrages suivants: 
1° Madrigali a quattro voci; Roma, app. 
Antonio Barré,\5Q0.2o Madrigali a Qinque 
voci, libro primo; in fenezia, app. Jnt. 
Gardane, 15G4, in-4» obi. 

MEJ^TE (Jean-Frédéric), naquit le 9 no- 
vembre 1698, à Rolhenbourg, sur l'Oder. Fils 
de Samuel Mente, bon organiste en cette ville, 
il apprit de son père les éléments de la mu- 
sique, puis, en 1715, il alla à Francfort-sur- 
rOiler, et y continua ses éludes musicales chez 
Simon, professeur de musique de l'université. 
En 1718, il visita Dresde et Leipsick, puis se 
rendit à Glaucha, où il étudia le contrepoint 
sous Meischner. Après avoir été organiste 
dans plusieurs petites villes, il fut appelé, en 
1727, à Liegnitz, en la même qualité. Il mou- 
rut vers 17G0, après avoir rempli son emi)Ioi 
pendant trente-trois ans. Le nombre de ses 
compositions pour l'église et pour les instru- 
ments est considérable, mais on n'a imprimé 
qu'un concerto pour la basse de viole, à Leip- 
sick, et six trios pour flûte, basse de viole et 
basse continue pour le clavecin. Le reste de 
ses ouvrages consiste en sonates et concertos 
pour le clavecin et pour la basse de viole. 

MEÎN'TER. (Joseph), violoncelliste dis- 
tingué, est né, le 18 janvier 1808, à Teys- 
bach, près de Landshut (Bavière). Les pre- 
mières années de son enfance se passèrent 
dans les villes de Salzbourg, puis de Ralis- 
bonne, et enfin d'Eichslaedt, où son pè:o, 



S8 



MENTER - MERCADÂNTE 



employé de l'adminislralion des finances, fut 
envoyé tour à tour. Le premier instrument 
qu'on lui mit dans les mains fut le violon; 
mais, plus tard, il devint élève de Moralt, à 
Munich, pour le violoncelle. En 1829, il fut 
admis dans la chapelle du prince de Holien- 
zollern-Hechingen, et, en 18ôô, il entra dans 
la cha|)elle royale à Munich. Cet artiste a 
voyagé avec succès dans l'Allemagne du Nord, 
en Autriche, en Hollande, en Suisse, en Bel- 
gique et en Angleterre. Il est mort jeune en- 
core, le 18 janvier 1836. Ses oeuvres pour son 
instrument ont été publiées après son décès, 
à Offenbach, chez André. Il avait publié pré- 
cédemment, à Vienne, chez Hasiinger, ses 
premiers ouvrages, parmi lesquels on remar- 
que un thème varié pour violoncelle et piano, 
op. 4, et une fantaisie pour violoncelle et or- 
chestre, op. 5. 

MEIVZEL (Ignace), habile facteur d'or- 
gues à Breslau, vécut au commencement du 
dix-huitième siècle. Ses principaux ouvrages 
sont : 1" L'orgue de l'église Notre-Dame, à 
Breslau, en 1712, composé de trenle-six jeux. 
2» Celui de l'église Corporis Christi, dans la 
même ville, de vingt et un jeux. 3° Celui de 
Sainte-Barbe, idem, de vingt et un jeux. 4° Ce- 
lui de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, à 
Liegnitz,de trente et un jeux, en 1722.5" Celui 
de Niemtsch, en Silésie, en 1725, composé de 
vingt jeux. G» Celui de Landshul, en 1729, 
composé de quarante-sept jeux. 

MEURACIl(GEORGES-FntDÉRic), directeur 
de la justice à Alldœbern, dans la Basse- 
Lusace, vers la fin du dix-huitième siècle, 
vécut d'abord à Leipsick. On a de lui une 
méthode de piano pour les enfants, intitulée : 
Clavierschule fiir Kinder; Leipsick, 1782, 
in-fol. obi. de soixante et une pages. On voit par 
sa dédicace à llomilius et à lliller qu'il était 
élève de ces deux savants musiciens. En 1783, 
il a paru un supplément à cet" ouvrage, dont 
l'auteur, qui a gardé l'anonyme, était inconnu 
à Mcrbach lui-méme(t;oiyp: Petschke). 

WEUCAD.\I>iTK (Savkkio), compositeur 
dramatique de l'époque actuelle, n'est pas né 
à Naples, comme il est dit dans |)lnsieurs re- 
cueils biographiques, mais à Allauiura, dans 
la province de Bari, en 1797. A l'âge de douze 
ans, il fut envoyé à Naples et y entra au col- 
lège royal de musi(|ue de Saint-Sébastien. Ses 
premières études semblaient le destiner à être 
inslrumenliste; il jouait du violon et de la 
fliUc; beaucoup de morceaux de sa composi- 
tion pour ces instruments furent i)ubliés à 
Naples, et, pendant plusieurs années, il tint 



l'emploi de premier violon et de chef d'or- 
chestre à ce conservatoire. Zingarelli, direc- 
teur de l'école, qui était son maitre de compo- 
sition, l'ayant surpris un jour occupé à mettre 
en partition des quatuors de Mozai't, le chassa 
impitoyablement. Il fut alors obligé de cher- 
cher des ressources dans la composition dra- 
matique, et il essaya ses forces dans une can- 
tate? qu'il écrivit pour le théâtre Bel fonda , 
et qui fut exécutée en 1818. L'année sui- 
vante, il composa pour le théâtre Saint-Charles 
VJpoteosi d''Ercole, qui fut représenté avec 
succès, et dont on applaudit surtout un beau 
trio qui a été publié avec accompagnement de 
piano. Cet ouvrage fut suivi, dans la même 
année, de l'opéra bouffe Fiolcnza e Costanza, 
leprésenté au théâtre Nuovo. Applaudi de 
nouveau dans cette production, Mercadante 
fut engagé, en 1820, pour donner à Saint- 
Charles Anacreonte in Samo, dont le succès 
surpassa celui de ses premiers ouvrages. Dès 
ce moment, son nom commença à retentir en 
Kalie, et l'administration du théâtre Falle, 
de Piome, lui envoya un engagement. Il partit 
l)our celle ville, et y fit représenter roi)éra 
bouffe IlGeloso ravvedulo, qui fut suivi, dans 
la saison du carnaval, de l'opéra sérieux : 
Scipione in Carlagine, au théâtre Argen- 
tina de la même ville : ces deux ouvrages 
furent accueillis avec faveur. Au printemps 
de 1821, Mercadante alla à Bologne écrire 
Maria Stuarda, qui n'eut qu'un médiocre 
succès; mais il se releva brillamment à l'au- 
tomne de la même année en donnant, à Milan, 
son Elisa e Claudio, le meilleur de ses ou- 
vrages, et celui qui a trouvé partout le meil- 
leur accueil. Telle fut la fortune de cette par- 
tition, que les journaux parlèrent d'un rival 
trouvé à Rosini : jugement téméraire comme 
on en porte dans le monde, où le mérite se 
mesure au succès. 

Chargé des lauriers qu'il avait cueillis « 
Milan, Mercadante arriva à Venise pour y 
écrire VJndronico, qui fut représenté, pen- 
dant le carnaval de 1822, au théâtre de la 
Fcnice. Là commença pour le compositeur 
l'mc suite do revers mêlés de qucl<|ucs succès. 
A la chute d'y/ndroutco succéda, à Milan, celle 
de l'opéra semi-seria Adèle ed Emerico, et, 
dans l'automne de la même année (1822), la 
chule plus humilinnlc encore de VAmleto. La 
réussite équivoque iVAlfonso ed Elisa, re- 
présenté à Mantoue au piinlcmps de 1823, ne 
put indemniser Mercadante de ses revers pré- 
céilcnls; mais l'enthousiasme (|ue fit éclalcr 
sa Didonc à Turin, dut ranimer son courage. 



MERCADANTE 



S9 



De retour à Naples après ces vicissitudes, il y 
écrivit, a l'automne de l'année 1823, Gli Sciti, 
opéra sérieux qui fut représenté au théâtre 
Saint-Charles, et qui ne réussit pas; mais il 
se releva à Rome, au carnaval de 1824, par 
GliJmici d/.S'trocwsa. Tout semblait conspi- 
rer à assurer la fortune dramatique de Merac- 
dante, car, depuis un an, Rossini avait quitté 
l'Italie pour s'établir à Paris, Morlacchi était 
à Dresde, et les autres compositeurs italiens 
avaient vieilli, ou n'avaient point de crédit 
près du public ; mais il manquait à Mercadante 
la qualité essentielle ; je veux dire l'originalité 
qui crée le style, qualité indispensable pour 
exercer à la scène une domination non con- 
testée, et pour éviter les alternatives de succès 
et de chutes. Au mois de juin 1824, il arriva à 
Vienne et y débuta par la mise en scène de son 
Elisa e Claudio, que suivirent de près Dora- 
lice, en deux actes, le Nozze di Telemacco 
ed ^ntiope , drame lyrique, et II Podestà 
di Burgos. Écrits avec trop de rapidité, et 
conséquemment avec négligence, ces ouvrages 
ne réussirent i)oint à la scène et furent mal- 
traités dans les journaux. En 1825, Merca- 
dante donna, à Turin, laNitocri, opéra sérieux 
qui fut applaudi; mais ErodeossiaMarianna 
tomba à Gênes. VIpermestra, où il y a de 
belles choses, ne réussit pourtant pas au 
théâtre Saint-Charles de Naples, mais la 
Donna Caritea^ jouée au printemps de 1826, 
à Venise, eut un succès d'enthousiasme. 

Ce fut à celte époque que l'entrepreneur 
du théâtre italien de Madrid engagea Merca- 
dante pour sept ans, aux appointements an- 
nuels de deux mille piastres, sous la condition 
qu'il écrirait deux opéras nouveaux pour ce 
théâtre. On ne connaît pas les circonstances 
qui empêchèrent ce contrat de recevoir son 
exécution ; mais il est certain que Mercadante 
revint à Turin à la fin de la même année pour 
y écrire l'Ezio, qui n'obtint qu'un succès 
douteux, puis // Montanaro, au printemps 
de 1827, pour le théâtre de la Scala, à Milan. 
De là il retourna en Espagne. Il passa à Ma- 
drid les années 1827 et 1828 et y fit jouer 
quelques-uns de ses anciens ouvrages. On le 
trouve à Cadix au printemps de 1829 : il y 
donna l'opéra bouffe intitulé : La Bappre- 
saglia, dont le succès fut brillant, puis il fit 
un voyage en Italie pour y engager des chan- 
teurs qu'il emmena à Cadix. En 1830, Merca- 
dante retourna à Madrid, y prit la direction 
de la musique du théâtre italien, et y composa 
la Testa di bronzo. De là il alla à Naples, en 
1 831 , où il fit représenter la Zaïra, qui reçut 



un bon accueil. L'année suivante, il donna à 
Turin / Normanni a Parigi, ouvrage qui 
réussit; puis alla à Milan écrire l'opéra ro- 
mantique Ismala ossia Morte ed Amore, 
dont le succès fut contesté. 

Vers ce temps, la mort de Generali avait 
laissé vacante la place de maître de chapelle 
de la cathédrale de Novare; Mercadante se 
présenta pour la remplir et l'obtint au com- 
roencement de l'année 1833. Depuis lors il a 
écrit à Milan 11 Conte d'Essex, qui a été joué 
sans succès, et qui a été suivi du drame 
/ Briganli, d'Emma d'Antiochia, de La 
Gtoventù di Enrico V , de II Giuramento, 
mélodrame et belle composition, où le mal- 
heureux Nourrit se fit applaudira Naples, et 
de Le due illustri Rivait, à Venise, au car- 
naval de 1839. L'opéra / Briganti avait été 
composé pour Paris; Mercadante vint le 
mettre en scène lui-même, et l'ouvrage fut 
joué au mois de mars 1836. Mais bien que les 
chanteurs fussent Rubini, Tamburini , La- 
blache et mademoiselle Grisi, l'opéra n'eut 
point de succès. Dans l'opéra Le due illustri 
Rivali, Mercadante transforma son style, y 
mit plus de verve, plus d'élévation, et se plaça 
au premier rang des compositeurs de celte 
époque. Cet ouvrage a été composé dans des 
circonstances pénibles, car une affection 
ophihalmique aiguë menaçait le compositeur 
de le priver entièrement de la vue. Retiré à 
Novare pendant ce temps, il était obligé de 
dicter sa musique en l'exécutant au piano. Du 
malheur qu'on craignait pour Mercadante, la 
moitié seulement se réalisa alors : il perdit 
un œil. L'artiste trouva un adoucissement à ce 
cruel accident dans le succès éclatant de sa 
partition. Postérieurement il a écrit Gabriela 
di Fergi, Elena di Feltre, La f'estale, Il 
Bravo, Il Fascello di Gama, Leonora, Gli 
Orazzi ed i Curiaci , Il Proscritto , Il 
Régente, Il Signore in viaggio , la Soli- 
taria délie Asturie, et quelques autres ou- 
vrages. 

Des nombreux ouvrages de Mercadante, on 
a gravé en partition de piano, iF/tsa e Claudio, 
la Donna Caritea, Il Giuramento, Ismalia, 
I Normanni a Parigi, des choix de mor- 
ceaux de VIpermestra, I Briganti, Emma 
d'Anliochia, La Gioventù di Enrico F, Le 
due illustri Rivali, Il Bravo, Elena di 
Feltre, Il Giuramento, La Festale, et Gli 
Orazzi ed i Curiaci, ainsi qu'une immense 
quantité d'airs et de duos détachés, à Milan, 
chez Ricordi, à Paris, chez Bernard Latte et 
ailleurs. On connaît aussi de ce compositeur : 



90 



MERCA DANTE — MERCADIER 



1" Deux recueils de six ariettes italiennes; 
Vienne, Arlaria. 2" f^irginia , cantate; 
Vienne, Meclietti. Z" Sorge in vano, cantate; 
Milan, Ricordi. 4" Soirées italiennes, col- 
lection de huit ariettes et de quatre duos; 
Paris, Bernard Latte. 

Considéré dans l'ensemble de sa carrière, 
Mercadante fait regretter qu'il ait mis trop de 
précipitation dans ses travaux et n'ait pas 
réalisé ce qu'on pouvait attendre de lui. Le 
don d'invention , qui fait subir à l'art des 
transformations, ne lui avait pas été accordé; 
mais il y avait en lui assez de mélodie natu- 
relle, de sentiment de bonne harmonie, d'ex- 
périence de l'instrumentation et de connais- 
sance des voix, assez même de sentiment 
dramatique, pour qu'on pût espérer de voir 
sortir de sa plume un plus grand nombre 
d'ouvrages complets, dignes de l'estime des 
connaisseurs. Toutefois, il est certain que cet 
artiste est le dernier maître italien qui con- 
serva dans ses ouvrages les traditions de la 
bonne école. Ses partitions sont bien écrites, 
et l'on y trouve un sentiment d'art sérieux qui 
a disparu après lui. Malheureusement il aimait 
trop le bruit et les effets de rhylhme. Bon har- 
moniste, il a donné, dans ses messes et autres 
ouvrages de nuisiciue d'église, les preuves d'un 
savoir qui l'a fait choisir, en 1840, i)our la 
direction du Conservatoire royal de Nai)les, 
qu'il a conservée jusqu'à ce jour (18G2). 
L'Académie des beaux-arts de l'Institut de 
France l'a choisi pour un de ses membres 
associés. En 18G2, cet artiste distingué est 
devenu comi)létcment aveugle. 

MERCADlEll (Jean-Baptiste) est com- 
munément surnommé DE liELESTAT, 
parce qu'il était né, le 18 avril 1750, dans le 
bourg de ce nom, au déparlement de l'A- 
riége. Destiné à l'état ecclésiastique, on lui fit 
faire des études propres à le préparer à cet 
état, particulièrement celle des langues an- 
ciennes; mais au moment d'entrer au sémi- 
naire, il déclara à sa famille que son goût )iour 
les mathématiques ne lui permettrait pas de 
donner à la théologie l'attention (in'clie exi- 
geait, et qu'il ne se sentait aucune disposition 
pour être prêtre. De retour à Mirepoix, où de- 
meurait son père, il s'entoura de livres d'al- 
gèbre et de géométrie, et dès lors, il ne s'oc- 
cupa plus (jnedes sciences exactes. 

Après avoir rempli, depuis 1784, l'emploi 
d'ingénieur de la province du Languedoc, il 
fut nommé dix ans ainès ingénieur en chef tlu 
département de l'Ariége. 11 est mort à Foix, 
le 14 janvier 1810, à l'jgcde soixante-six ans. 



La théorie de la musique occupa les loisirs de 
ce savant, et après avoir étudié les systèmes 
par lesquels on avait cru l'expliquer, il se 
persuada qu'il en avait trouvé un meilleur, 
et l'exposa dans un livre intitulé : Nouvcan 
système de musique théorique et pratique; 
Paris, Valade, 177G, un volume in-S» de trois 
cent (juatre [lages et huit planches, avec un 
discours préliminaire de lxvi pages. La cri- 
ti(iue que fait Mercadier, dans son discours 
préliminaire, des systèmes de Rameau et de 
Tarlini, qui étaient en vogue de son temps, 
ou du moins dont on parlait beaucoup, est en 
général assez juste; mais il est moins heureux 
lorsqu'il essaye d'établir son propre système; 
car, après avoir attaqué Rameau dans ses prin- 
ci|)es, il lui emprunte l'idée de la génération 
de la gamme par des cadences de sons fonda- 
mentaux, celle de l'identité des octaves, enfin, 
il fait dériver comme lui les successions mélo- 
diques de l'harmonie. Les principesqiii servent 
de guide à Mercadier, pour la recherche de la 
base de son système, sont en partie empi- 
ricjues, en partie arbitraires. C'est par le té- 
moignage de l'oreille qu'il vérifie la justesse 
des successions dans la multitude d'intervalles 
que lui donnent toutes les divisions possibles 
d'une corde tendue : il ne remarque pas que 
ce témoignage, pris comme critérium, n'a pas 
besoin de tout cet échafaudage; il sulTit pour 
la construction de la gamme à priori, mais 
il ne peut conduire à une démonstration ri- 
goureuse de la justesse des sons. 

MEUCADIEU (P.-L.), fils du précédent, 
né dans le département de l'Ariége, en 1805, 
fut élève de l'École militaire de Saint-Cyr. 
Après y avoir terminé ses éludes, il fut nommé 
olTicier, en 1831, dans le 26" régiment de 
ligne, et servit jusqu'en 1838. Fixé depuis ce 
temps à Paris, il fut décoré de l'ordre de la 
Légion d'honneur pour son honorable conduite 
dans les rangs de la garde nationale pendant 
l'insuricction des journées de juin. Comme 
son père, il s'est occupé do la nuisi(|ne, mais 
au point de vue de la recherche d'une méthode 
pour son enseignement élémentaire. Le résul- 
tai de ses travaux a éié publié sous ce titre: 
L'ssai d'instruction musicale à l'aide d'un 
jeu d'etifaut; Paris, J. Claye, 1855, un vo- 
lume in 8" de cent cinciuanle-sept pages, avec 
un tableau mécanique, et une boite divisée par 
cases ou sont classés des dés <iui portent les 
noms des notes avec les divers signes (jui les 
modifient, pour la formation des gammes dans 
tous les tons : c'est ce que M. Mercadier nomme 
un jeu d'enfant. Sa méthode n'est pas des- 



MERCADIER — MERCY 



9! 



tinée aux écoles d'artistes, mais à renseigne- 
ment privé. 

3IERCIH (...), guitariste et joueur de 
mandoline, naquit à NapJes vers 1730 et vint 
à Paris, en 1753, avec son frère. Tous deux 
se firent entendre dans des duos de calas- 
cione, sorte de guitare à long manche en 
usage autrefois chez le peuple napolitain. 
Très-habile aussi sur la guitare ordinaire et 
sur la mandoline, Merchi fut longtemps en 
vogue à Paris comme maître de ces instru- 
ments. Il vivait encore et enseignait en 1789. 
Chaque année, il publiait un recueil d'airs 
avec accompagnement de guitare, de préludes 
et de petites pièces dont il avait paru vingt- six 
volumes en 1788. Le nombre de ses ouvrages 
pour guitare ou pour mandoline est d'environ 
soixante. On ne connaît plus aujourd'hui de 
toute cette musique, que des trios pour deux 
violons ou deux mandolines et violoncelle, 
œuvre 9 : Le Guide des écoliers pour la gui- 
tare, ou préludes aussi agréables qu'utiles, 
avec des airs et des variations, op. 7, et Me- 
nuets et allemandes connus et variés, op. 23. 
Merchi a aussi publié un Traité des agré- 
ments de la musique exécutée sur la guitare, 
contenant des instructions claires et des 
exemples démonstratifs sur le pincer, le 
doigter, V arpège ,labatterie , l'accompagne- 
ment, la chute, la tirade, le martellement, 
le trille, la glissade et le son filé; Paris, 
1777, in-S". 

MEBICIER. (Albert), professeur de mu- 
sique à Paris, vers la fin du dix-huitième 
siècle, a fait imprimer un petit ouvrage inti- 
tulé : Méthode pour apprendre à lire sur 
toutes les clefs; Paris, 1788. On a aussi gravé 
(le sa composition, à Berlin, un air varié pour 
le violon. 

MEUCIER (JcLEs), violoniste et composi- 
teur, est né à Dijon, le 23 avril 1819. Dès l'âge 
lie quatre ans, il reçut de son père des leçons 
(le violon qui lui furent continuées jusqu'à 
l'arrivée, à Dijon, d'un bon violoniste nommé 
Lejeune, qui devint son maître. A l'âge de dix- 
sept ans, Mercier se rendit à Paris et fut ad- 
mis au Conservatoire comme élève de Guérin, 
puis désigné pour suivre le cours de Baillot; 
mais il ne reçut jamais de leçons de ce grand 
maître, parce qu'une grave maladie lui fil sus- 
pendre ses études et l'obligea à retourner 
dans sa ville natale. Sa santé chancelante fut 
toujours un obstacle à la manifestation pu- 
bli(iue de son talent, mais n'a point empêché 
ce talent de se développer et d'acquérir toutes 
les qualités qui font l'artiste distingué, à sa- 



voir, la beauté du son, la justesse de l'into- 
nation, le mécanisme de l'archet, et le senti- 
ment juste de l'art. Mercier s'est fait entendre 
avec succès dans les villes les plus importantes 
de la Bourgogne, de la Franche-Comté, de 
l'Alsaceet de laLorraine, ainsiqu'àCarlsruhe, 
à Wllrzbourg et à Stuttgard. Arrivé à Fianc- 
fort, il y fut atteint de nouveau par une longue 
maladie qui le fit renoncer à ses projets de 
voyage et le ramena à Dijon. On a publié de 
cet artiste : l" Fantaisie pour le violon sur la 
Favorite; Paris, Brandus. 2" Fantaisie sur 
Robert le Diable; idem, ibid. 3» Fantaisie 
dramatique sur les Huguenots; idem, ibid. 
A'' Idem sur Charles FI; ibid. 5» Idem sur 
Robin-des-Bois. 6" Idem sur le Pré-aux- 
Clercs. 7° Caprice sur VElisir d'amore. 
8° Symphonie concertante pour deux violons 
sur Norma. Cet artiste a aussi en ma- 
nuscrit : 9''Concerlo pour violon et orchestre. 
10» Pastorale idem. 11" Trois airs variés 
idem. 12" Trois morceaux de sa]on : Élégie, 
Saltarelle, Fillanelle. 13» L'Orage, a\ec or- 
chestre. 14» Six prières pour deux violons. 
13» Duos pour piano et violon. IC» Fantaisie 
caprice pour violon. 17» Divers morceaux pour 
musique militaire; quadrilles, pas redou- 
blés, etc. On trouve une appréciation du talent 
de Mercier dans les Souvenirs de la musique, 
par M. Nault (Dijon, Loireau-Feuchot, 1854, 
in-8»). 

MERCKER (Matthias), cornetliste et 
compositeur du comte de Schaumbourg, na- 
quit en Hollande et florissait au commence- 
ment du dix-septième siècle. Ses compositions, 
qui consistent toutes en musique instrumen- 
tale, sont les suivantes : 1» Fantasia seu 
Canliones gallicx 4 vocum accommodatx 
cynibalis et quibuscunque aliis instrument, 
musical. ; Arnheim, 1604, in-4». 2» Concen- 
tus harmonici 2, 3, 4, 5, G vocum et insiru- 
menlorum variorum; Francfort-sur-le-Mein, 
1G13, in-4». ô'^ Neue kunstliche mus. Fugen, 
Paduanen, Galliarden und Intraden, auf 
allerley Instrum. su gebrauchen, mit 2, 
3, 4, 5 und G Stimmen; Francfort, 1G14, 
in-4». 

MERCY (Lonis), né en Angleterre, d'une 
famille française, dans les premières années 
(lu dix-huitième siècle, se distingua par son 
talent sur la flûte à bec, à laquelle il fit dus 
amélioiations conjointement avec le facteur 
(rinslruments Slanesby, de Londres; mais il 
ne put remettre en faveur cet instrument, ([uc 
la lliite travcrsière avait fait abandonner. On 
connaît de la composition de cet artiste: 



MERCY - MEUEAUX 



1" Six solos pour la flûte à hec; Londres, 
Walsh. S*" Six idem, op. 2; ibid. ô" Douze 
solos pour la flûte anglaise (flûte à bec en ut), 
avec une préface instructive sur la gamme; 
ibid. 

MEREAUX (Jean-Nicolas LE FROID 
DE), compositeur, naquit à Paris, en 1745. 
Après avoir terminé ses études de musique 
sous divers maîtres français et italiens, il l'ut 
organiste de l'église Saint-Jacques-du-Haut- 
Pas, pour laquelle il écrivit plusieurs motets. 
En 1775, il fit exécuter, au Concert spirituel, 
l'oratorio VEsther, qui fut fort applaudi. La 
cantate à' Aline, reine de Golconde , fut le 
jtreraier ouvrage qu'il publia en 17C7. Il fit 
représenter à la comédie italienne les opéras 
suivants : 1" Le Retour de la tendresse, le 
l*' octobre 1774. 2" Le Duel comique, le 
16 septembre 1776. 3» Laurette, en 1782. Il a 
donné aussi à l'Opéra : 4» Alexandre aux 
Indes, (1785), dont la partition a été gravée. 
5» Œdipe et Jocaste, en 1791. Mereaux a 
laissé en manuscrit : les Thermopyles, grand 
opéra, et Scipion à Carthage. Il est mort à 
Paris, en 1797. 

MEREAUX (JosEPH-NicoiAS LE FROID 
DE), fils du précédent, né à Paris, en 1767, 
fut élève de son père. En 1789, ce fut lui qui 
joua de l'orgue qu'on avait élevé ou Cliamp- 
<le-Mars pour la fête de la Fédération du 
14 juillet. Il entra ensuite comme professeur 
à l'école royale de cliant attachée aux Menus- 
Plaisirs du roi. Depuis lors, il a été professeur 
de piano et organiste du temple protestant de 
l'Oratoire, quoiqu'il fût catholique. Il com- 
posa, à l'occasion du couronnement de Napo- 
léon I"""", une cantate à grand orchestre, (]ui 
fut exécutée dans ce temple, en 1804. Parmi 
les compositions de Mereaux qui ont été pu- 
bliées, on remarque : 1° Sonates pour |)iano 
et violon ou flûte; Paris, Pacini. 2° Nocturne 
pour piano et flûte, op. 35; Paris, Richault. 
3» Sonate pour piano seul, op. 5; Paris, 
Omont. 4" Grande sonate, idem; Paris, Le- 
duc. 5" Plusieurs fantaisies pour piano. H a 
laissé en manuscrit une grande méthode de 
piano non terminée. M. de Mereaux a formé 
«luelques élèves distingués, au nombre des- 
quels on compte son fils et mademoiselle Au- 
guste Compel de Saujon, amateur qui brilla 
par son talent d'exécution, et qui a écrit de 
jolies fantaisies pour le piano. 

MEREAUX (Jean AiMÉDtE LE FROID 
DE), fils du précédent, est né à Paris, en 
180Ô. Elève de son père pour le piano, il fil 
ic rapides progrès sur cet instrument, ce (jui 



ne l'empêcha pas de faire de bonnes éludes 
au Lycée Charlemagne, et d'obtenir un pre- 
mier prix au grand concours de l'université. Sa 
mère était filledu présidentBlondel, qui, jeune 
avocat, avait plaidé la cause de mademoiselle 
d'Oliva, dans la fameuse affaire du collier de 
la reine, puis fut secrétaire des sceaux sous 
Lamoignon de Malesherbes, et qui devint 
enfin président de la Cour d'appel de Paris. 
Celte dame voulait que son fils suivît la car- 
rière du barreau ; mais l'organisation musi- 
cale du jeune Mereaux en décida autrement. 
A l'âge de dix ans, il fit avec Reicha un cours 
complet d'harmonie; il était à peine parvenu 
à sa quatorzième année lorsque son père fit 
graver, chez Richault, ses premiers essais de 
composition. Après avoir terminé ses études 
de collège, il apprit de Reicha le contrepoint 
et la fugue, dont il avait étudié auparavant 
les premiers principes avec le vieux Porta 
{voyez ce nom). Devenu artiste, Mereaux se 
livra à l'enseignement et publia un grand 
nombre de compositions pour le piano. En 
1828, son ancien camarade de collège et ami, 
l'archéologue Charles Lenormant, lui fil avoir 
le tilrede pianisteduducde Bordeaux, sinécure 
qu'il ne garda pas longtemps, car, moins de 
deux ans après, la révolution de 1830 changea 
la dynastie régnante. Après cet événement, 
Mereaux parcourut la France en donnant des 
concerts; puis il se rendit à Londres, en 
1832, et y séjourna pendant deux saisons 
comme virtuose, professeur et compositeur 
pour son instrument. Au nombre des élèves 
qu'il forma à cette époque, on compte made- 
moiselle Clara Loveday, qui, plus tard, acquit 
une certaine renommée. Fixé à Rouen vers 
1855, Mereaux s'y est livré à l'enseignement 
jusqu'à ce jour (1862), et y a formé beaucoup 
de bons élèves, parmi lesquels on remarque 
mademoiselle Charlotte de Malleville, connue 
plus tard sous le nom de madame Amédée 
Tardieu, et qui a mérité l'estime des connais- 
seurs par la manière dont elle interprétait 
les œuvres classiques. Bien qu'absenl de Paris 
pendant une longue suite d'années, Mereaux 
n'y lut pas oublié, parce qu'il y fit mettre au 
jour plus de quatre-vingt-dix oeuvres, paimi 
lesc|uels on compte cinq livres de grandes 
éludes pour le piano, <iui furent publiés en 
1855, et <iui, après avoir reçu l'approbation 
(le la section de musi(iue de l'Institut de 
France, ont été adoptés pour l'enseignement 
au Conservatoire de Paris. Au nombre d^ ses 
compositions de musi(|uc vocale, on compte 
une messe solennelle à quatre voix, chœur et 



MEREAUX - MERK 



93 



orchestre qui a été exécutée à la cathédrale 
de Rouen, en 1852, des cantates pour diverses 
circonstances, dont une a été publiée à Paris, 
chez Maurice Schlesinger, et une autre, écrite 
pourle chanteurBaroilhct,etqui a paru chez les 
frères Escudier. Il a écrit des pièces chorales 
à huit voix en deux chœurs, pour les Orphéo- 
nistes de Paris. Reçu membre de l'Académie 
impériale des sciences, belles-lettres et arts 
de Rouen, en 1858, Mereaux a prononcé, à la 
séance publique de celte société, un discours 
sur la musique et sur son influence sur l'édu- 
cation morale des peuples. Après avoir été 
publié dans les mémoires de celte académie, 
ce morceau a été reproduit dans divers jour- 
naux. Comme litléraleur musicien, cet artiste 
a pris part à la rédaclion de plusieurs jour- 
naux, et a fait, pendant plusieurs années, la 
critique musicale dans le journal principal de 
Rouen. Plusieurs fois Mereaux s'est fait en- 
tendre à Paris comme virtuose et y a obtenu 
des succès. En 1844, il a donné, dans la grande 
salie du Conservatoire, un concert au bénéfice 
de l'Association des musiciens, et y a exécuté le 
concerto en ré mineur de Mozart. En 1855, il 
fit entendre, pour la première fois à Paris, dans 
un concert donné à la salle Pleyel, avec made- 
moiselledeMalleville,son élève, le concerto en 
mi bémol pour deux pianos du même maître, 
et écrivit pour cet œuvre un grand point 
d'orguequiaété publié chezl'éditeurRichault. 

MERELLE (....). On a, sous ce nom, une 
méthode de harpe, divisée en trois livres, et 
intitulée : New and complète instruction 
for the Pedal Ilarp; Londres, 1800. 

MÉRIC-LALAINDE (Henriette). Foyez 
LALAIMDE (Henriette -Clémentine MÉ- 

i;ic-). 

MERK (Daniel), musicien bavarois, né 
vers le milieu du dix-septième siècle, fut 
instituteur, chantre et directeur de musique à 
Augsbourg après la mort de Georges Schmetzer. 
Il a publié une méthode de musique instru- 
mentale intitulée : Jnweisung zur Instru- 
mentalmusik; Augsbourg, 1695. Merk est 
mort en 1713. 

31ERli. (Joseph), violoncelliste distingué, 
naquit à Vienne, le 18 janvier 1795. Il était 
encore dans ses premières années quand on 
lui fit commencer l'étude du violon ; à l'âge 
de quinze ans, il possédait déjà uh talent re- 
marquable sur cet instrument et se faisait 
entendre avec succès dans les concerts; mais 
un accident, qui iwjuvaitavoir les conséquences 
les plus graves, l'obligea d'abandonner le 
violon et de prendre la violoncelle : mordu 



par un chien de grande taille, aux deux bras, 
il reçut au bras gauche des blessures si pro- 
fondes, qu'il lui devint désormais impossible 
de le tourner pour tenir le violon dans sa 
position ordinaire. Merk éprouva beaucoup de 
chagrin de cet événement; mais son goût 
passionné pour la musique lui fit prendre im- 
médiatement la résolution de se livrer à 
l'étude du violoncelle. Le nom du maitre qui 
lui donna les premières leçons de cet instru- 
ment (i'c/u'ndtec^-er) est à peine connu parmi 
les artistes : cependant ce dut être un homme 
de talent, car il fit faire à son élève de si 
grands progrès, que Merk put être engagé, 
après une année d'études, comme violoncel- 
liste de quatuors chez un magnat de Hongrie. 
Il vécut deux ans chez ce seigneur; puis il 
entreprit un voyage pour se faire connaître et 
se fit entendre dans les villes principales de 
la Hongrie, de la Bohême et de l'Autriche. 
Après cinq années de cette vie nomade, il re- 
tourna à Vienne et entra comme premier vio^ 
loncelle à l'Opéra de la cour (1816). Admis à 
la chapelle impériale, en 1819, il vit sa répu- 
tation de virtuose violoncelliste s'étendre dans 
toute l'Allemagne. Lorsque le Conservatoire 
de Vienne fut institué (en 1823), Merk y fut 
appelé en qualité de professeur de son insti'U- 
ment. En 1834, l'empereur lui accorda, con- 
jointement avec Mayseder, le titre de virtuose 
de la chambre impériale; distinction qui ne 
pouvait être accordée à un artiste plus digne de 
l'obtenir. Dans ses voyages, il fit admirer son 
talent à Prague, Dresde, Leipsick, Brunswick, 
Hanovre et Hambourg, d'où il se rendit à 
Londres. De retour à Vienne, en 1839, Merk 
y reprit ses fonctions de professeur, dans les- 
quelles il s'est particulièrement distingué, 
ayant formé un grand nombre de bons violon- 
cellisles répandus en Allemagne et dans les 
pays étrangers. Ce digne artiste est mort à 
Vienne, le 16 juin 1852. On a publié de sa 
composition : 1» Concerto pour violoncelle et 
orchestre, op. 5; Leipsick, Breilkopf et Haertel. 
2° Concertino idem (en la), op 17; ibid. 
5" adagio et rondo idem (en ré), op. 10; 
Vienne, Mechetti. 4° adagio et polonaise (en 
Za),op. 12; ibid. 5» Variations sur un thème 
original (en sol), op. 8 ; ibid. 6» Variations 
sur un thème tyrolien (en sol), op. 18; Bruns- 
wick , Meyer. 7° Divertissement sur des 
thèmes hongrois (en ré mineur); op. 19; ibid. 
8° Introduction et variations (en ré), op 21 ; 
Vienne, Mecnelti. 9" Vingt exercices (tour le 
violoncelle, op. 11; Vienne, llaslingcr. 
10* Six éludes idem, op. 20 ; ibid. 



94 



MERKEL - MERKLIN 



MERKEL (DANKECOTT-EMMANnEL), litté- 
rateur allemand, naquit à 5chwartzenberg, 
au pied des montagnes du Harz, le 11 juin 
1765, fit ses éludes à Zitlau et à Leipsick, puis 
se fixa à Dresde, où il mourut le 4 octobre 
1798, à l'âge de 33 ans. Il cultiva la musique 
comme amateur, et publia un recueil de pièces 
intitulé : Quelques compositions pour le 
piano et léchant] Dresde, Hilscher, 1791. 

MERRLIIX (Joseph), habile facteur d'or- 
gues, est né, le 17 ja'nvier 1819, à Oberhausen, 
dans le grand-duché de Bade. Fils de 
J. Merklin, facteur d'orgues à Freibourg, 
dans la même principauté, il fit ses pre- 
mières études sous la direction de son père, 
puis il compléta ses connaissances par ses 
voyages en Suisse, en Allemagne, et travailla 
chez M. Walker, à Louisbourg, puis chez 
Rorfmacher, à Linnich. Arrivé en Belgique, 
M. Meiklin posa les premières bases de son 
établissement à Bruxelles, en 1845. En 1847, 
l'exposition nationale belge lui procura l'oc- 
casion de se faire connaître avec avantage par 
les bonnes qualités de l'orgue qu'il y fit en- 
tendre : une médaille de vermeil lui fut dé- 
cernée en témoignage de la satisfaction du 
jury. Dans la même année, M. Merklin appela 
près de lui M. F. SchOtzc , son beau-frère, 
facteur très-habile, parliculiètement pour la 
mise en harmonie des jeux. Ce fut peu de 
temps après que l'auteur de cette notice, par 
un rapport lu à l'Académie royale des sciences, 
des lettres et des beaux-arts de Belgique, 
appela l'attention des facteurs d'orgues belges 
sur la nécessité de perfectionner leurs instru- 
ments en ce qui concerne les diverses parties 
du mécanisme, et d'étudier les découvertes 
qui avaient été faites à ce sujet en Angleterre 
et surtout en France. De tous les facteurs 
«l'orgues du pays, M. Merklin fut le seul qui 
comprit l'importance des considérations ex- 
posées dans ce rapport; sans perdre de lem|)S, 
il examina avec l'attention la plus scrupuleuse 
les améliorations introduites récemment dans 
la facture de l'orgue par les artistes étrangers, 
adopta celles qui lui parurent résoudre des 
problèmes fondamentaux de son art, et en 
puisa d'autres dans son i>roi>re fonds pour la 
production de timbres caractérisés et variés, 
fit disparaître de l'instrument les anciens jeux 
qui forment double emploi avec d'autres et 
compli<iuent la machine sans utilité pour 
refTel; enfin, il réunit dans ses orgues tous 
les éléments d'une perfection relative, au fur 
et à mesurcque l'expérience réclairail,el par- 
vint ainsi, par degrés, en peu d'années, à se 



placer au premier rang des facteurs, et à pro- 
duire des orgues de toutes les dimensions, qui 
sont aujourd'hui considérées comme des mo- 
dèles achevés, tant pour les détails de la 
construction mécanique que pour la richesse, 
l'ampleur et la variété des sonorités. 

En 1853, Merklin, dans le dessein de donner 
plus de développement à son industrie, fonda 
une société par actions, sous la dénomination 
Merklin, SchUlze et compagnie. En 1855, 
cette société acheta la fabrique d'orgues de 
Ducroquet, à Paris. Dans la même année, elle 
obtint des récompenses très-honorables à 
l'exposition universelle de celte ville. En 
1858, la société fut transformée en Société 
anonyme pour la fabrication des or- 
gues, etc.; établissement Merklin-Schiitze. 
Cette nouvelle organisation permettait à une 
administration composée d'hommes hono- 
rables et expérimentés d'apporter son concours 
dans les travaux de l'établissement. Par la 
bonne gestion de cette administration ; par la 
réunion des deux grandes maisonsde Bruxelles 
et de Paris; par les travaux qui y sont exé- 
cutés; enfin, par le talent incontestable de 
MM. Merklin et SchUtze, cet établissement est 
devenu sans égal en Europe. Les orgues les 
plus remarquables qu'il a produites depuis 
1845 sont (en Belgique) : 1* Le grand orgue 
de S. Barthélemi, à Liège; 2° Celui de l'ab- 
baye de Parc, près de Louvain ; 3" l'orgue du 
collège des Jésuites, à Namur; 4" Celui de 
l'Institut des aveugles, faubourg de Schaer- 
beek, à Bruxelles ; 5" Le grand orgue de trente- 
deux pieds pour le Conservatoire de Bruxell(;s, 
dans la grande salle du palais des beaux- 
arts : instrument magnifique, à quatre claviers 
manuels, clavier de pédales, cinquante-quatre 
registres, avec tous les accessoires de pédales 
de combinaisons, d'accouplement et d'expres- 
sion. (En Es|)asnc) : G" Le gi-and orgue de la 
calhédralc de Murcie. (A Paris) : 7» Le grand 
orgue de Saint-Eustachc; 8" celui de l'église 
Saint-Eugène; 9» celui de S. Philippe du 
Roule. (Dans les départements de la France) : 
10" Le grand orgue do la cathédrale de Rouen; 
11° celui de la cathédrale de Bourges; 12» ce- 
lui de la calhédiale de Lyon; lô» idem de la 
cathédrale de Dijon; 14" Jt/emde la calhédralc 
d'Arras; 15» l'orgue de l'église Saint-Ni- 
colas, à BouIogne-sur-Mer; IC celui de 
l'église Saint-Sernim, àToulouse, grand trente- 
deux pieds. 

Par ses travaux dans la conslruclion des 
harmonium, M. Merklin a porté cet instru- 
ineul à la plus grande perfection obtenue jus- 



MERKLIN - MERSENNE 



qu'à ce jour (1863); perfecUon qui ne semble 
même pas pouvoir être dépassée, tant pour le 
fini et la solidité du travail, que par la beauté 
du>son et la variété des timbres des divers 
registres. La société anonyme dont il dirige les 
ateliers a construit de grands instruments de 
cette espèce dont la puissance sonore frappe 
d'étonnement les connaisseurs : ils tiennent 
lieu d'orgues dans un grand nombre de petites 
localités, et ont sur celles-ci l'avantage d'oc- 
cuper peu de place. 

MERLE (Jean-Toussaikt), littérateur, né 
à Montpellier, le 16 juin 1785, fit de bonnes 
études à l'école centrale du département de 
l'Hérault, puis se fixa à Paris, en 1803. 
D'abord employé au ministère de l'intérieur, 
il quitta cette place pour le service mili- 
taire, et ne revint à Paris que vers la fin 
de 1808. Tour à tour attaché à divers jour- 
naux, il le fut en dernier lieu à la Quoti- 
dienne, en qualité de rédacteur pour la lit- 
térature. Il a fait représenter aux théâtres du 
Vaudeville, des Variétés et des Boulevards 
beaucoup de pièces dont quelques-unes ont 
obtenu du succès. Depuis 1822 jusqu'en 1826, 
il eut la direction privilégiée du théâtre de la 
Porle-Saint-Martin. On a de lui deux petits 
écrits, dont le premier a pour titre : Lettre à 
un compositeur français, sur l'état actuel 
de l'Opéra; Paris, Barba, 1827, in-S» de 
quarante -quatre pages, et l'autre : De 
l'Opéra; Paris, Baudouin, 1827, in-8'' de 
trente-deux pages. J'ai donné, dans la Revue 
musicale { t. P'' ), des -analyses de ces opus- 
cules. Merle est mort à Paris, le 18 fé- 
vrier 1852. 

3IEÎ\LIN (...), mécanicien anglais, a in- 
venté à Londres, en 1770, une machine pour 
noterla musique, qu'il a envoyée au prince de 
Galitzin, à Pétersbourg; mais les difficultés 
de la traduction des signes firent renoncer à 
cette machine, sur laquelle on trouve une no- 
tice dans le Correspondant musical de Spire, 
année 1792, p. 598. 

MERLING (Jules), professeur de musique 
à l'école supérieure des filles, à Magdebourg, 
est auteur d'un livre d'enseignement élémen- 
taire, intitulé : Theoretisch-praktisches Ge- 
sangs-Cursus (Cours de chant théorique et 
pratique); Magdebourg, Ileinrichshofen, 1855. 
Ce cours est divisé en quatre degrés : le pre- 
mier, pour les enfants de huit à neuf ans; le 
second, d'enseignement moyen, pour ceux de 
dix à onze ans; le troisième, également d'en- 
seignement moyen, pour l'âge de douze à 
treize ans, et le dernier, pour l'enseignement 



supérieur, de treize à quinze ans. A cet ou- 
vrage, M. Merling en a fait succéder un autre 
qui a pour titre : Ber Gesang in der Schule, 
seine Bedeulung und Behandlung, etc. (le 
Chant dans les écoles, son importance, et l'ap- 
plication qu'on peut en faire, etc.); Leipsick, 
1856, un volume in-8'>. Ce livre est l'œuvre 
d'un esprit distingué, dont les vues sont philo- 
sophiques. Ainsi que le dit M. Merling (p. 7), 
c'est le commentaire du Cours de chant théo- 
rique et pratique. Je n'ai pas de renseigne- 
ment sur l'auteur de ces ouvrages. 

MERMET (l'abbé Lodis-François-Emma- 
nuel), né le 25 janvier 1763, à Desertin, 
bourg du hameau de Rouchoux (Jura), a été 
d'abord professeur de belles-lettres à l'école 
centrale du département de l'Ain, puis au 
Lycée de Moulins, membre de l'Académie de 
Jlontauban, et de la Société des sciences et 
arts de Grenoble. Il est mort à Saint-Claude, 
le 27 aoiU 1825. Ce littérateur a publié : Let- 
tres sur la musique moderne; Bourg, 1797. 
in-8''. 

MERMET (Locis BOLLIOUD DE). 
^oye;BOLLÏOUD DE MERMET (Louis). 

MERRICK (Arnold), organiste de l'église 
paroissiale de Cirencester, dans le comté de 
Glocester, occupait celte position avant 1826. 
Il est mort dans celte ville, en 1845. Cet ar- 
tiste s'est fait connaître par la traduction an- 
glaise des oeuvres didactiques d'Albrechts- 
berger, dont la deuxième édition, augmentée 
d'une préface nouvelle, de notes et d'un vo- 
lumineux index, a été donnée par M. John 
Bishop, de Cheltenham, sous ce titre : Method 
of Harmony, figured Base and Compost 
tion, adapted for self instruction, etc. ; Lon- 
dres, Rob. Cocks et C^ (sans date), deux volumes 
gr. in-S". 

MERSEINNE (le P. Marin). Si la persé- 
vérance et l'activité dans le travail suffisaient 
pour conduire un écrivain à la gloire, nul 
n'aurait plus de droits à la célébrité que le 
P. Mersenne, religieux minime de la Place- 
Royale de Paris, sous le règne de Louis XIII. 
Malheureusement ce bon moine, fort savant 
d'ailleurs, n'était pas de trop bon sens, 
selon l'opinion d'un critique, et l'on ne peut 
nier que le critique ait raison. Le P. Mer- 
senne a laissé beaucoup d'ouvrages volumi- 
neux qui attestent son courage et sa patience : 
mais les choses utiles qu'on y trouve sont 
noyées dans une multitude d'extravagances 
plus étonnantes encore que l'étendue des con- 
naissances de celui qui les a imaginées. Au 
reste, ses défauts tiennent un peu de son 



96 



MERSENNE 



temps, où la philosophie des sciences n'existait 
point encore, en dépit du génie et des efforts de 
Descartes. Le jugement qu'on porte aujour- 
d'hui des ouvrages du P. Mersennc n'était pas 
celui de ses contemporains. Le P. Parran le 
considère comme un excellent théoricien de 
musique (1), et dit qu'il ne laisse rien à désirer 
sur la partie spéculative de son art. Le jésuite 
Kircher, qui fait son éloge en quatre mots (2), 
Fir inter paucos summus, ajoute que son 
ouvrage intitulé : Harmonie universelle est 
justement estimé, mais que l'auteur s'y est 
plus attaché à la philosophie des sons qu'à la 
pratique de la musique. La Mothe Le Vayer, 
ce sceptique si peu complimenteur, a donné 
aussi de grands éloges au P. Mersenne, en lui 
envoyant son Discours sceptique de la mu- 
sique (5) : « Je reconnais, dit-il, que vous 
« avez eu des pensées si relevées sur la mu- 
o sique, que l'antiquité ne nous en fournit 
« pas de pareilles... Vos profondes réflexions 
n sur celte charmante partie des mathéma- 
« tiques ne laissent aucune espérance d'y 
« pouvoir rien ajouter à l'avenir, comme elles 
« ont surpassé de beaucoup tout ce que les 
« siècles passés nous avaient donné. « 

La vie simple, uniforme et tranquille du 
P. Mersenne ne fournit guère de matériaux 
pour une biographie; c'est de lui qu'on peut 
dire avec justesse que son histoire n'est autre 
que celle de ses ouvrages. Né au bourgd'Oizé, 
dans le Maine, le 8 septembre 1588, il fil de 
bonnes études au collège du Blans, et alla les 
achever à La Flèche. Entré dans l'ordre des 
Minimes, il en prit l'habit dans le couvent 
Notre-Dame-de-Gràce, près de Paris, le 
17 juillet ICll, fit son noviciat à Meaux, re- 
vint à Paris suivre des cours de théologie et 
de langue hébraïque, et fut ordonné prêtre 
par Mgr de Gondi, en ICIô. Plus lard, ses su- 
périeurs l'envoyèrent à Nevers pour y ensei- 
gner la philosophie dans le couvent de son 
ordre, dont il fut nommé supérieur. De retour 
à Paris, il se livra à de grands travaux sur la 
philosophie, les mathématiques et la musiiiue. 
Trois fois il visita l'Italie et y fréquenta les sa- 
vants les plus distingués. On place les époques 
de ces voyages en 1C40, 1G41 et 164o. Lié 
d'amitié avec Descartes, Pascal le père, Robcr- 
val, Peiresc, et la plupart des savants et des 
hommes célèbres de son temps, il prit part 
aux découvertes les plus importâmes qui 
furent faites à cette époque, et cnlrelinl une 

(I) Musique tliéor. et pral., p. C. 

(i) Musurg. univers. |irxf. a, p. 4. 

O) T. IV de ses œuvres, p. 22. l'aris, I0C9. 



active correspondance avec Doni, Huygens et 
beaucoup d'autres savants hommes de l'Italie 
de l'Angleterre et de la Hollande. Se livrant à 
des expériences multipliées sur des objets de 
la physique, il passait une partie de son temps 
dans les ateliers ou danslecabinet desartistes 
puis prenait des notes sur tout ce qu'il avait 
recueilli de faits et d'observations. La douceur 
de son caractère, sa bienveillance habituelle 
disposaient tous ceux qui le connaissaient à 
être de ses amis et à l'aider dans ses travaux. 
C'est ainsi qu'il passa sa vie, et qu'il arriva au 
terme de sa carrière, à l'âge de soixante ans. 
Il mourut, le 1" septembre 1648, des suites 
d'une opération douloureuse. 

L'un des premiers ouvrages de Mersenne 
relatifs à la musique est celui qui a pour titre : 
La Férité des sciences (Paris, 1623, in-4"); 
ce livre est le moins connu de tous ceux qu'il 
a publiés. Il roule presque tout entier sur la 
certitude des principes de la musique, et tend 
à prouver que cet art repose sur une science 
réelle. C'est surtout à l'examen de l'objection 
suivante que le P. Mersenne se livre : « La 
K musique n'est rien qu'apparence, iniisque 
« ce que je trouve agréable, un autre le trouve 
« détestable. L'on ne donne aucune raison 
« pourquoi l'octave, la quinte et la quarte 
« sont plutôt consonnances qu'une septième 
« ou une seconde. Peut-être que celles-ci sont 
« les vraies consonnances, et que les autres 
« sont les dissonances; car si ce nombre-là 
y convient à l'un, celui-là plaira à l'autre. » 
Le P. Mersenne, pour répondre à cette objec- 
tion, entre dans une longue discussion sur les 
nombres, les rapports des intervalles et les 
I)roporlions. Du milieu d'un fatras de paroles 
inutiles surgit cependant une idée dont Euler 
et d'autres grands géomètres se sont emparés, 
savoir : qu'un intervalle est d'autant mieux 
consonnant (jue les rapports des sons qui le 
constituent sont plus simples. Le calcul des 
longueurs des cordes et du nombre de leurs 
vibrations lui sert à démonlrcr celle vérité 
dont on attribue la découverte à Pythagore, 
mais qui ne se trouve établie d'une manière 
positive, pour la première fois,quedansrécrit 
de Mersenne. Ce moine est revenu sur le même 
objet dans la deuxième de ses Questions har- 
moniques {Paris , 1634, in-8"), p. 80: elle est 
ainsi énoncée : y/ savoir si la musique est 
une science j et si elle a des principes certains 
et évidents; mais il y abandonne le calcul 
pour se livrer à l'exposé de quelques faits his- 
tori(|uesou il fait preuve de plus de crédulité 
que de critique. 



MERSENNE 



97 



te projet d'un grand ouvrage qui devait 
embrasser toutes les parties de la musique oc- 
cupait le P. Mersenne. Ce livre devait avoir 
pour titre : Traité de l'harmonie universelle. 
Eu 1G27, il en publia un premier essai en un 
volume in-8", sous ce titre : Traité de r har- 
monie universelle, où est contenue la musique 
théorique et pratique des anciens et mo- 
dernes, avec les causes de ses effets .-enrichie 
de raisons prises de la philosophie et de la 
musique (Paris, Guillaume Baudry). Ce vo- 
lume, divisé en deux livres, renferme quatre 
cent qua*li'e-vingt-sept pages , non compris 
les épilres, les sommaires et les préfaces. On 
n'y voit pas le nom du P. Mersenne au fronti- 
spice, mais il se trouve au bas de l'épître dédi- 
catoire du premier livre, à monsieur du Re- 
fuge, et de celle du second, à monsieur Coutcl, 
conseiller en la Cour des aides. Après la pre- 
mière épiire, on trouve une préface généiale, 
puis le sommaire des seize livres dont l'ou- 
vrage devait étie composé. Ce sommaire est 
suivi de la préface du premier livre et de la 
table des théorèmes de ce livre, au nombre de 
trente. Vient ensuite le texte du premier livre, 
Quiconlient ce qu'enseignent Euclide, Pto- 
lémée, Bacchius, Boècc, Guy Ârelin, Faber, 
Glarean, Folian, Zarlin, Salinas, Galilée, 
L'Itluminato, Cerone, etc. , et plusieurs 
autres choses qui n'ont point été traitées 
jusques à présent. Dans ce premier livre, le 
P. Mersenne a donné une assez mauvaise tra- 
duction française de l'Introduction à la mu- 
sique de Bacchius, et de la musique d'Euclide. 
Après l'épître du second livre, on trouve la 
préface et la table des théorèmes, au nombre 
de quinze. Le texte de ce second livre com- 
mence à la page 505. 

Je possède un exemplaire de ce volume qui 
est terminé par l'approbation manuscrite et 
autographe de François de la Noue, et de 
F. Martin Hérissé, théologiens de l'ordre des 
Minimes, approbation qui se trouve imprimée 
dans les autres exemplaiies : il y a donc 
lieu de croire que celui-ci est l'exemplaire 
de Mersenne , formé des bonnes feuilles 
d'épreuves. 

Il y a des exemplaires de cet ouvrage qui 
portent, comme celui-ci, la date de 1G27 et 
qui sont évidemment de la même édition, 
«pioiqu'il s'y trouve des différences assez re- 
marquables, dont voici l'indication : 

1° Après ces mots du titre : De la philoso- 
phie et des mathématiques, on trouve ceux- 
ci : par le sieur de Sermes. C'est le nom sous 
iciiuel s'estcaché plusieurs fois le P. Mersenne. 

BIOCK. IIMV. DKS MUSICIKNS. T. M. 



2" Au lieu de l'épitre à monsieur du Re- 
fuge, ou trouve une épiire dédicatoirede l'édi- 
teur G. Baudry à Pierre d'Alméras, conseiller 
d'État. 

3" La préface générale n'y est pas, mais 
après l'épitre à Pieire d'Alméras vient le 
sommaire des seize livres de la musi(iue , 
la [)réface du premier livre , la table des 
théorèmes, puis, enfin, le corps de l'ouvrage. 

4*' Le titre du second livre porte aussi le 
nom du sieur de Sermes. 

5" On ne trouve pas dans ces exemplaires 
l'épître dédicatoire à M. Coutel; mais immé- 
diatement après le litre, vient la table des 
théorèmes du second livre suivie de la préface 
au lieu d'en êtro précédée. Après cette préface, 
vient l'extrait du privilège du roi qui n'est 
dans les autres exemplaires qu'à la fin de 
l'ouvrage. Enfin, le texte du livre suit cette 
pièce, et ce texte se termine, à la page 477, par 
ces mots : la lumière de la gloire. Tout ce 
qui suit dans les autres exemplaires manque 
dans ceux-ci. On n'y trouve pas non plus 
l'avertissement au lecteur, où le P. Mersenne 
se plaint des critiques qu'on a faites de son 
ouvrage ; d'oii il parait que les exemplaires au 
nom de de Sermes sont les premiers qui ont 
été publiés et qu'on a mis des cartons aux 
autres. 

Forkel n'a pas connu cet ouvrage du 
P. Mersenne; quant à Lichtenthal, il a défi- 
guré le nom de de Sermes en celui de F. de 
Sermisi {Bibl. délia mus., t. IV, p. 220), et il 
n'a pas su quelle est la matière traitée dans le 
livre dont il s'agit. 

Rien n'élait plus difficile pour le P. Bler- 
senneque de se renfermer dans le sujet qu'il 
voulait traiter ; son esprit ne pouvait s'accom- 
moder de l'ordre dans les idées, et toujours il 
se laissait entraîner à parler de choses qui 
n'avaient qu'un rapport fort éloigné à l'objet 
du livre qu'il écrivait. C'est ainsi qu'on lui 
voit proposer, dans le second livre de l'ouvrage 
dont il vient d'être parlé, une multitude de 
questions oiseuses ou qui n'ont qu'un rapport 
éloigné avec l'objet de son ouvrage. 

C'est encore celte divagation de l'esprit du 
P. Mersenne qui l'a conduit à écrire, comme 
préliminaires de son grand Traité de l'harmo- 
nie, deux petits livres, dont l'un a pour litre : 
Questions harmoniques, dans lesquelles sont 
contenues plusieurs choses remarquables 
pour la physique, pour la morale et pour les 
autres sciences (Paris, Jac(|ues Villeiy, 1034, 
in-8"), et l'autre : Les Préludes de l'harmonie 
xiniccrselle, ou questions curieuses, utiles 

7 



98 



MERSENNE 



aux prédicàletirs , aux théologiens, aux as- 
trologues, aux médecins et aux philosophes, 
composées par le L. P. M. M. (Paris, Henri 
Guenon, 1GÔ4, in-8"). Dan» le premier de ces 
livres, le P. IVlersenne examine en deux cent 
soixante-seize page» îes questions stiivanles : 
1" ^ savoir si la musique est agréable, si les 
hommes savants y doivent prendre plaisir, 
et quel jugement l'on doit faire de eeux qui 
ne s'y plaisent pas, et qui la méprisent ou 
qui la haïssent. 2" A savoir si ta musique est 
une science, et si elle a des principes ter- 
tains et évidents. 5* y^ savoir s'il appar- 
tient plutôt aux maîtres de musique etàeeux 
qui sont savants en celte sciente déjuger de 
la bonté des airs et des concerts, qu^aux 
ignorants qui ne savent pas la musique. 
4° A savoir si la pratique de la musique est 
préférable à la théorie, et si l'on doit faire 
plus d'état de celui qui ne sait que composer 
ou chanter que de celui qui tait les raisons 
de la musique. 

Le livre des Préludes de l'harmonie e»t en- 
core plus ridicule, car on y voit le P. Mer- 
senne traiter sérieusement desqueslions telles 
«pie celles-ci : 1° Quelle doit être la constitu- 
tion du ciel, ou l'horoscope d'un parfait 
musicien? 2" Quels sont les fondements de 
l'astrologie judiciaire par rapport à la mu- 
sique? ô" A savoir si le tempérament du 
parfait musicien doit être sanguin, phleg- 
malique, bilieux ou mélancolique, pour pou- 
voir chanter ou composer les plus beaux airs 
qui soient possibles, etc., etc. On pourrait 
croire que l'homme qui emplojfait son temps 
à écrii-e sur de pareils sujets était incai>ablede 
rien faire de sérieux : on se tromperait néan- 
moins; le grand Traité de Vharmonie uni- 
verselle de Mersenne est un vaste répertoire 
où l'on trouve une muUilndc de renseij'ne- 
inents fort utiles, qu'on chercUcrait vainement 
ailleurs, sur des objets d'un haut intérêt, sou» 
le rapport de l'histoire de la musique. Ces 
l)onnes choses, à la vérité, sont mêlées à 
beaucoup de futilités ; mais avec de la patience 
on parvient à écarter ce qui est sans valeur et 
à faire profil de ce «lui concerne l'art. 

Ou a aussi deux autres pclils traités de 
Mersenne, oii il y a quebiue chose sur la n»u- 
si<|uc; le premier a pour titre : Questions 
théologiques, physiques, morales et malhc- 
maliques; Paris, 1CÔ4, in-S". L'aulrc : Les 
mécaniques de Calilee, avec plusieurs addi- 
tions, traduites de l'italien; Paris, IGôi, 
in-8". 

Tel que Mersenne l'avait couru en 1C37, 



son grand ouvrage devait être composé de 
seize livres, ainsi que le prouve le sommaire 
qui se trouve dans le volume dont j'ai donné" 
la description. I>e ces seize livres, il n'en fut 
l)ublié que deux, dans le foimat de ce volume; 
et, à Texception des deux petits traités des 
Questions harmoniques et des Préludes de 
l'harmonie universelle qui parurent en 1034, 
Mersenne ne publia pins rien de son grand 
ouvrage projeté jusqu'en 1655, où il donna 
un livre du même genre, sous ce litre : 
F. Mariai Mersenni ordinis Minim. Har- 
monicorum libri XII. Luletix Parisiorum, 
Pétri Bullardi typographe regii characle- 
ribus harmonicis , sumptibus Guillielmi 
Baudry ; mïcA. de cent quatre vingt-quatre 
])ages pour les huit premiers livres, et de cent 
soixante-huit ixiges pour les quatre suivants, 
sans y comprendre huit pages de préface, 
il'avertissement et d'errata. Il y a des exem- 
plaires de cet ouvrage et àe la même édition 
qui portent la date de 1630, et dans lesquelles 
il n'y a d'autre différence que l'addition de 
qiialrc pioposilions avec leurs démonstrations 
relative» au mouvement de la lumière, dans 
la préface. 

Bien que cet ouvrage n'ait été publié qu'en 
tC35, on voit par le privilège et par l'ap|)ro- 
bation cfe» théologiens (pie le manuscrit était 
lermriné en 1620. Péui-élre y a-t-il des exem- 
plaire» dont le frontispice porte celte date, 
mai» je n'en ai jamais vu, et aucun auteur 
n'en a i)arl<5. En 1048, Mersenne, après avoir 
refondu quelques parties de son livre, d'après 
son Traité français de riiarmonie universelle, 
en donna une édition nouvelle sows ce titre : 
Ilarmonicorum libri XII, inquibus agilur 
de sonortrm natura, causis et cffvctibus : de 
consonantris, di^sonautii», ralionibus, ge- 
neribus, modis, ca)itibus, compositione, 
oi'bisque totius harmonicis instrumentis. 
Luletix Parisiorum, Guill. Baudry, in fol. 
Il p.iraM que celle édition fut faite aux frais 
de Baudry, Je Cramoisy et d'e Robert Ballard, 
et qu'ils s'en |>artagèienl le tirage, car on en 
trouve des exemplaire» avec le nom de chacun 
de ces trois éditeurs. Dans (luclqucs-uns, le 
frontispice est noir; dan» d'autres, il est en 
oaraclêies alternativement rouges et noirs. 
Forkel (Lillcraf. dcr Musik, p. 407) et Lich- 
leudial (Dizzion. e Bibliog. délia musica, 
l. IV, p. ôl'J) disent qu'on a donné, en 1052, 
comme une troisième édition du même livre 
corrigée cl augmentée (editio nova, aucta et 
correcta) des exemplaires dont on n'avait 
changé que le fronlispico; je doute de l'cxis- 



MER SENNE 



99 



lencede ces exemplaires ainsi changés, car le 
P. Mcrsenne ayant cessé de vivre peu de mois 
après la publication de la deuxième édition, 
il était évident qu'il n'avait point eu le temps 
de la corriger pour en préparer une troisième, 
et personne n'auiait élé assez hardi pour ha- 
sard-er celte fausseté lilU'raire. 

Je ne <lois point passer sous silence une 
atitre erreur à laquelle le Traité des Harmo- 
niques de Mersenne a donné lieu. On dit, 
(inns le deuxième volume du Dictionnaire 
des musiciens, publié à Paris, en 1810-1811, 
<iue ce traité latin est une espèce d'abrégé du 
grand traité français de Vllarmonie univer- 
selle an même auteur. Il suffît de comparer 
les dewx ouvrages pour se convaincre que l'un 
n'est pas l'abrégé de l'autre; il y a dans le 
latin beaucoup de choses qui ne sont pas dans 
le français. D"'ai]ieurs, on vient de voir que 
le Traité des Harmoniques était écrit en 
1C29, et la lettre de Mersenne à Peiresc, qui 
a été publiée dans la sixième année de la 
Pievue musicale, démontre qu'en 1655 il tra- 
vaillait concurremment à la rédaction et à 
riinpression de son grand ouvrage français et 
latin. Lichtenlhal dit {loco cit.) que de son livre 
ce dernier contient seulement quelques livres 
de l'Harmonie universelle française; celte 
assertion n'est pas plus vraie que l'autre ; au- 
cun livre de l'un de ces ouvrages n'est inté- 
gralement dans l'autre. Sans doute il s'y 
trouve des choses communes à l'un et à l'autre, 
car il était imjiossible qu'il n'y en «ut pas; 
mais c'est le même fonds d'idées traité de 
manière différente. 

Le Traité de l'Harmonie universelle, publ ié 
en 1627, ne contient que deux des seize livres 
qu'il devait renfermer. Voici comme Merseone 
donne le sommaire d« ces livres. 

« Le premier livre contient les définitions, 
« divisions, espèces et parties de la musique, 
« explique la théorie et la pratique des Grecs 
« et des modernes, les huit tons de l'église, 
« les douze modes de musique, et le genre 
« diatonic, chromatic et enharmonie. 

« Le second compare les sons, les conson- 
« nances, et ce qui appartient à la musique, 
« aux diverses espèces de vers, aux couleurs, 
« aux saveurs, aux figures, et à tout ce qui se 
u rencontre dans la nature, dans les sciences 
« et dans les arts libéraux, et déclare quelle 
« harmonie font les planèles quand on con- 
« sidère leurs dislances, leurs grandeurs ou 
» leurs mouvements, o 

Aucune des choses du premier livre ne se 
iiou\e ni dans le traité lalin des Harmoni- 



ques, ni dans Je grand ouvrage de VHar- 
monie universelle ; en sorte qu'il est néces- 
saire de joindre à ces deux livres celui qui a 
élé publié en 1G27. Quant au contenu du se- 
cond livre de celui-ci, on en retrouve quelque 
chose, mais, dans un aulre ordre et expliqué 
d'une aulre manière, danslegrand traité fran- 
çais, au dernier livre intitulé : De l'utilité de 
l'harmonie. 

Le troisième livre de l'ouvrage dont les deux 
premiers ont été publiés en 1G27devait traiter 
de la nature et des effets de toutes sortes de 
sons; celle matière est celle du premier livre 
du traité latin des Harmoniques, et du grand 
traité de V Harmonie universelle qui parut en 
16Ô0; mais, dans le premier plan de Mer- 
senne, il devait établir la comparaison de la 
théorie de l'écho avec celle des rayons lumi- 
neux, et traiter de l'optique, de lacaloptrique 
et de la dioplrique ; or il n'y a pas un mot de 
cela dans le Traité des Harmoniques, et l'oa 
ne trouve, dans le grand Traité de V Harmonie 
universelle, que la vingt-neuvième proposition 
du premier livre où les rapports des rayons 
sonores soient établis. Ouant aux sommaires 
des autres livres indiqués dans le Traité de 
l'Harmonie universelle publié en 1G27, il 
n'en a été conservé que peu de chose dans les 
deux autres grands ouvrages, et l'on voit avec 
évidence, par la comparaison de ces trois 
traités, que les idées de Mersenne se modi- 
fiaient sans cesse sur un sujet qui l'occupa 
toute sa vie. Ainsi, ce qui, dans le premier 
plan, devait fournir la matière du treizième 
livre, est devenu l'objet du petit traité d'as- 
trologie judiciaire connu sous le nom des 
Préludes de l'harmonie universelle. U est 
vraisemblable que les conseils de Doni auront 
déterminé Mersenne à fenoncer au projet des 
quinzième et seizième livres. Le premier de- 
vait montrer que la philosophie morale est 
l'harmonie de l'esprit, dont les cordes sont 
haussées ou baissées par les vertus ou par les 
vices, et qu'on peut arriver à la perfection 
de la vertu par la musique; et le dernier 
élait destiné à expliquer l'harmonie des bien- 
heureux et à examiner si on se servira de la 
musique des voix et des instruments en Pa- 
radis quand les sai nets auront repris leurs 
corps au jugement général. Ce sont ces idées 
bizarres (|ui faisaient dire à Saumaise, dans 
sa vingt-neuvième lettre à Peiresc : « Pour Itf 
« Père Mersenne, je n'attends pas grand'chose 
u de lui ; il est homme de grande lecture, mais 
« il ne me semble pas écrire avec trop de ju- 



gemcnl. 



7, 



100 



UlERSENNE 



Le traité latin des Harmoniques est le 
plus satisfaisant des ouvrages de Mersenne, 
sous le rapport de l'ordre des idées et sous 
celui de la convenance des détails par rapport 
au sujet. Les propositions y sont énoncées 
avec netteté et développées avec précision. 
Le style en est d'ailleurs bien préférable à 
celui des ouvrages du même auteur écrits en 
français. Le premier livre traite de la nature 
et des propriétés du son ; le second, des causes 
du son et des corps qui le produisent; le troi- 
sième, des cordes métalliques et autres; le 
quatrième, des consonnances ; le cinquième, 
des dissonances; le sixième, des diverses 
espèces de consonnances qui déterminent les 
modes et les genres; le septième, des chants 
ou mélodies, de leur nombre, de leurs parties 
et de leurs es[)èces ; le huitième, de la compo- 
sition, de l'art du chant et de la voix. La 
seconde partie de l'ouvrage traite des instru- 
ments, en quatre livres : le premier est relatif 
aux instruments à cordes; le second, aux in- 
struments à vent ; le troisième, à l'orgue, et le 
quatrième aux cloches, aux cymbales, tam- 
bours et autres instruments de percussion. 

Dans ce Traité des Harmoniques du P. Mer- 
senne, il se trouve plusieurs choses assez 
remarquables, auxquelles les écrivains sur la 
musique des temps postérieurs ne me sem- 
blent pas avoir fait assez d'attention. La pre- 
mière est une proposition du deuxième livré 
(prop. 8, page liî, édit. 1633), dans laquelle 
Mersenne dit que pour qu'une corde passe 
d'un son à un autre plus aigu, il faut qu'elle 
soit tendue par une force qui soit en raison 
plus que double de l'intervalle auquel on veut 
faire arriver le son. Par exemple, pour faire 
arriver une corde tendue par un poids d'une 
livre à l'octave du son qu'elle produit et dont 
l'intervalle se représente par 2, il ne faut 
pas seulementun poidsdequalre livres, double 
de deux ; mais il fauly ajouter un quarlde livre, 
c'est-à-dire un seizième en sus du poids total. 
Sans connaître le théorème de Mersenne, 
Savart est arrivé aux mêmes résultats par 
des expériences multipliées et délicates sur 
les poids tendants, sur les longueurs des 
cordes, sur les colonnes d'air vibrant dans des 
tuyaux ouverts par les deux bouts, et sur les 
dimensions des platiues mises en vibration 
par le frottement. Il en a déduit des théories 
nouvelles. L'abbé Roussier, qui ne paraît pas 
avoir lu le livre de Mersenne, avait cependant 
quelque notion de cela {voyez Roussieb). 

C'est aussi dans le même ouvrage que Mer- 
senne a fait remarquer (liv. IV, page GO) que 



Jean de Murs ou de Mûris est le premier des 
écrivains du moyen âge sur la musique qui a 
soupçonné que les tierces majeures et mi- 
neures, ainsi que leurs multiples, sont des 
consonnances; celle remarque est fort juste, 
car on sait que, par une singularité de leurs 
habitudes, les musiciens des onzième, dou- 
zième et treizième siècles ne considéraient 
comme consonnances que les quintes, les- 
quartes et les octaves ; leur plaisir à entendre 
ces intervalles était si grand, qu'ils n'Iiési- 
taient pas à en faire de longues suites dans 
leur diaphonie. 

Enfin, le Traité des Harmoniques de TJer- 
senne me paraît êlre le plus ancien onvi;ige 
où l'on trouve le nom de si pour la sepirème 
note de la gamme. 11 n'ignorait pas l'exis- 
tence de la bocédisation des Flamands dans 
laquelle celle note était appelée ni, car il en 
parle clairement ; mais il ajoute que Le Maire, 
vir admodum eniditus, dit-il, assurait, de 
son temps, avoir inventé le nom de si depuis 
trente ans (c'est-à-dire vers 1C05), quoique les 
autres musiciens ne voulussent point en con- 
venir. A l'égard de l'usage de nommer la 
septième noie si quand elle était par bécarre, 
et sa quand elle était par bémol, Mersenne 
dit, dans son Harmonie universelle (avertis- 
sement du 5" livre de la composition), qu'elfe 
a été inventée ou mise en pratique en France 
par Gilles Granjan, maître écrivain de la ville 
de Sens, vers IGôO. Il est donc évident que 
Jacques Bonnet se trompe lorsqu'il dit (Hist. 
de laJflus., t. I, p. 24) que l'usage du si pour 
la septième note fut introduit en France, en 
1C75, par un cordelier de VAve Maria, et 
qu'un écrivain cité dans le Journal de Tré- 
voux (sept. 1737, p. 1I5G4) n'est pas plus 
fondé à attribuer l'invention du nom de celle 
note à Mélru, organiste et maître de chant de 
Paris, en 1070. Tel est ce Traité des Hartno- 
îu'gMCS du P. Mersenne, dont beaucoup d'au- 
teurs ont parlé sans l'avoir In et sans l'avoii- 
comparé aux autres ouvrages du même écri- 
vain sur le même sujet. 

Il est difficile de comprendre comment, h 
l'époque oii Mersenne écrivait, il s'est trouvé 
un libraire assez hardi pour faire les dépenses 
énormes occasionnées par l'impression du 
grand ouvrage médité depuis longtemps par 
cet auteur, cl (pii parut enfin en 1030, sous ce 
titre : Harmonie universelle, contenant la 
théorie et la pratique de la musique, où il est 
traité de la nature des sons, et des mouve- 
ments, des consonnances, des dissonances, 
des genres, des modes, de (a composition, de 



MERSENNE 



101 



la voix, des chants, et de toutes sortes d'in- 
struments harmoniques. In-fol. (Paris, Sé- 
bastien Craraoisy). Cet énorme volume, dont 
la seconde partie l'ut publiée en 1C37, contient 
plus de 1500 pages et renferme une immense 
quantité de planches gravées, d'exemples de 
musique et de gravures en bois dont la fabri- 
cation a dû coûter beaucoup d'argent. De nos 
jours, le nombre de personnes qui font de la 
musique une élude ;>articulière est peut-être 
cent fois plus considérable qu'au temps de 
Mersenne j ce[)endant ia publication d'un livre 
aussi volumineux que le sien serait à peu près 
imiwssible aujourd'hui ; il ne se trouverait pas 
un libraire assez hasardeux pour J'enlre- 
prendre. 

L'Harmonie «ntuerseZ/e est divisée en dix- 
neuf livres qui forment plusieurs traités. 
Le Traité de la nature des sons et des mon- 
vements de toutes sortes de corps renferme 
trois livres : 1» De la nature et des propriétés 
des sons; S" Des mouvements de toutes sortes 
(te corps ; 5'^ Du mouvement, de la tension, de 
la force, de la pesanteur et des autres |)ro- 
priétés des cordes harmoniques et des autres 
corps. Ces trois livres sont suivis d'un Traité 
de mécanique, qui n'est pas du P. Mersenne, 
mais deRoberval. L'introduction de ce traité 
de mécanique dans VHurmonie universelle 
est une de ces idées bizarres qui ne se sont 
rencontrées que dans la tête du P. Mersenne. 
Le Traité de la voix et des chants vient 
ensuite; il est composé de deux livres dont le 
premier traite de la voix, des parties qui ser- 
vent a la former, de la définition de ses pro- 
priétés et de l'ouïe : le second livre traite des 
ciiants proprement dits. Le quatrième traité, 
divisé en cinq livres, a pour objet ; 1° les 
consonnances, 2» les dissonances, ô" les genres 
et les modes, 4" la composition, 5» le con- 
trepoint. Un sixième livre, relatif à V^rt de 
bien chanter, termine ce traité. 

Le Traité des instruments est divisé en 
sept livres. Le premier traite du monocorde, 
de ses divisions, de la théorie des intervalles 
et des tensions des cordes. Là se trouve encore 
une de ces choses qui peuvent faire douter du 
Iv'on sens du P. Mersenne; c'est la onzième pro- 
position ainsi conçue : Déterminer le nombre 
des aspects dont lesaslres regardent la terre, 
et les consonnances auxquelles ils répondent. 
Le second livre traite des diverses espèces de 
lulhs, de guitares et de cistres; le troisième, 
•te t'épinctte , du clavecin et de plusieurs 
instruments du mêmegenre. On y trouve cette 
proposition singulière ; Un homme sourd 



peut accorder le luth, la viole, Vépinelte, et 
les autres instruments à chordes, et trouver 
tels sotis qu'il voudra, s'il cognoist la lon- 
gueur et grosseur des chordes. 

Le quatrième livre traite des instruments 
à archet tels que le violon et les diverses 
espèces de violes. Quelques morceaux de 
musique instrumentale du commencement du 
dix-septième siècle, à cinq et à six parties, se 
trouvent dans ce livre ; ce sont des monument» 
assez curieux de l'art. On ne sait pourqiio 
Mersenne y a placé aussi la description des 
instruments de la Chine et de l'Inde dont il 
s'était procuré des figures. 

Le cinquième livre traite de tous les instru- 
ments à vent en usage au temps où Mersenne 
vivait. Outre la figure de ces instruments, on 
y trouve une pavane à six parties pour être 
jouée par les grands hautbois, bassons, cour- 
tauts et cervelats (sortes de bassons et de 
hautbois de cette époque). 

Le sixième livre est relatif à toutes les 
parties de l'orgue. Le septième traite des in- 
struments de percussion. Le dernier livre de 
l'ouvrage est celui qui a pour titre De l'utilité 
de l'harmonie. C'est là que le P. Mersenne 
donne carrière à son imagination, et se livre 
sans réserve à toutes ses rêveries. Mille choses 
étrangères à la musique s'y trouvent. Par 
exemple, la septième proposition a pour objet 
d'expliquer plusieurs paradoxes de la vitesse 
des mouvements en faveur des maîtres ou 
généraux de l'artillerie. A la suite de ce 
livre, on trouve des observations physiques et 
mathématiques dont quelques-unes sont rela- 
tives à la musique, mais dont le plus grand 
nombre est étranger à cet art. 

Malgré ses défauts, qui sont considérables, 
VHarmonie universelle du P. Mersenne sera 
toujours considérée comme un livre de grande 
utilité sous le rapport de l'histoire de la mu- 
sique, et particulièrement de la musique du 
dix-septième siècle. Sans doute, elle est bien 
inférieure à l'ouvrage que Cérone a publié en 
espagnol, à Naples, en 1GI3, sous le rapport 
de la théorie et de la pratique de l'art; mais 
on y trouve une immense quantité de rensei- 
gnements historiques qu'on chercherait vaine- 
ment dans le livre de Cerone, soit sur les in • 
striiments, soit sur les artistes et les autres cu- 
riosités musicales du dix-septième siècle. Sans 
lui, on ne saurait rien de beaucoup de musiciens 
françaisdeson temps dontles ouvrages se sont 
perdus, ou dont les talents d'exécution sont 
tombés dans l'oubli. Nul auteur, par exemple, 
n'a parlé de la nulliodc de chant de Des Ar-, 



^02 



MERSENiNE — MEUULA 



gnes, géomètre contemporain de Mersennc; 
Moulinié, Picot et Formé, maîtres de musique 
de la chapelle et de la chambre du roi, ne se- 
raient pas connus comme des comjiosileurs 
renommés de leur temps si le P. Mersenne 
n'en avait parlé ; sans lui, on ne saurait pas que 
Roquette, organiste de Notre-Dame, et Vin- 
cent, ont été d'habiles maîtres de composition; 
Frémaut, maître de musique de la cathédrale 
de Paris, Bousignac et plusieurs autres au- 
teurs de musique d'église seraient inconnus; 
on ne saurait pas que dans les premières an- 
nées du dix-septième siècle les plus célèbres 
luthistes furent Jean Vosmény et son frère, 
Charles et Jacques Iledington, Écossais, le 
Polonais et Julien Périchon, de Paris, ni qu'ils 
eurent pour successeurs l'Enclos, père de la 
belle Ninon, Wérande , les Gautier, et plu- 
sieurs autres. Ce n'est pas seulement sur les 
musiciens français que Mersenne nous fournit 
une foule de renseignements utiles; nous lui 
sommes aussi redevables de détails intéres- 
sants sur plusieurs artistes célèbres de l'Italie. 
Ainsi il est le seul auteur qui nous apprenne 
l'existence d'un Traité de l'art du chant, pu- 
blié à Florence, en 1621, par Jules Caccini, 
auteur de VEuridice; et, chose singulière, 
aucun bibliographie n'a parlé, d'après Mer- 
senne, de ce livre qui serait aujourd'hui d'un 
haut intérêt et qui paraît être devenu d'une 
rareté excessive. Toutefois, il se peut qu'il 
n'ait voulu parler que de la préface placée 
par Caccini en télé de ses Nuove musiche 
{voyez Caccisi), dans ses éditions de Florence, 
IGOl; de Venise, 1607; de la même ville, 
1615, ou peut-être encore d'une autre édition 
du même ouvrage publiée à Florence, en 1014, 
avec de grands changements, particulièrement 
en ce <\m concerne l'art du chant, et dont on 
doit la connaissance à M. Gaotan Gaspari, 
bibliothécaire du Lycée musical de Bologne. 
Dans cette hyi)0thcse, le traité du chant de 
Caccini, imprimé à Venise, en 1621, serait 
une réimpression, en tolalilé ou en partie, de 
l'édition de Florence, 1614. C'est encore à 
Mersenne qu'on doit les premiers renseigne- 
ments sur le livre si rare et si curieux de La 
Fontegara de Sylvestre Ganassi del Fonlcgo, 
dont l'abbé Baini a donné, depuis, une notice 
plus étendue dans ses mémoires sur la vie cl 
les ouvrages de Palcstrina. 

C'est sans doute aux qualités du livre du 
P. Mersenne, jointes à sa grande rareté, (pi'il 
faut allribuer le |)rix élevé (ju'il a conservé 
dans les ventes. Toutefois De Bure s'est lour- 
dement trompé quand il a dit que ce livre est 



le plus rare de tous ceux qui ont paru sur la 
musique {Biblioij. instruct.)] car on pourrait 
en citer cinquante qu'il serait plus dilTicile de 
se procurer. De Bure n'entendait rien à la lit- 
térature de la musique. 

Outre lesouvrages dont j'ai parlé précédem- 
ment, on a encore du P. Mersenne un travail 
relatif à la musique dans son livre volumi- 
neux, intitulé : Quxstiones celeberrims in 
Genesim (Paris, 1623, in-folio). A l'occasion 
de ce passage de l'Écriture: Etnomen fratris 
ejus Jubal. Jpse fuit pater canentium ci- 
thara et organo, Mersenne traite de la mu- 
sique en général, et particulièrement de celle 
des Hébreux. Ce travail est celui ou cet auteur 
s'écarte le moins de son sujet. Ugolini a inséré 
toute celte partie de l'ouvrage du P. Mersenne 
dans le trente-deuxième volume de son Trésor 
d'antiquités sacrées (p. 497). Enfin, la col- 
lection de liailés concernant les sciences ma- 
ihémaliques, qu'il a publiée quatre ans avant 
sa mort, renferme aussi une partie sur la mu- 
sique. Cet ouvrage a pour titre : Cogitala 
physico-mathematica, in quibus tam na- 
turx quam artis effectus admirandi, certis- 
simis demonstrationibus explicanlttr ; Paris, 
1644, trois volumes in-4"'. Parmi les traités 
(|ue renferme le premier volume (p. 26! à 
570), on en trouve un sur les harmonies, di- 
visé en quatre livres. Le volume a pour tjlre : 
NydrauUca pncumatica ; arsqite navigandi. 
Harmonia theorica, practica et mechanica 
phxnomena. Le premier livre est relatif aux 
proportions musicales des intervalles et des 
corps sonores; le second, à la tonalité; le 
troisième, à la composition ; le dernier, aux 
instruments. C'est une espèce d'abrégé du 
Traité latin des Harmoniques. On peut consul- 
ter sur cet écrivain lal)orieux : Fie du R. P. 
Mersenne, par Hilarion De Coste; Paris, 
1049, in-S", et Eloges historiques de Pierre 
Belon, du P. Marin Mersenne, de Bernard 
Lamy,ctdu P. Bouvet; Le Mans, 1817, un 
volume in-S". 

MEllTEL (Élie), luthiste, vécut à Stras- 
bourg, au commencement ciu dix-septième 
siècle. Il a fait imprimer un recueil de pièces 
pour le lulb, intitulé : Horlus musicalis; 
Strasbourg, 1615, in-fol. 

MEUULA (Jear- Antoine), musicien de 
l'école romaine, vécut dans la seconde moitié 
du seizième siècle et fut admis comme chape- 
lain chantre de la chapelle ponlificalc, sous le 
pape Paul IV. Après la bulle de Sixte V pour 
la réorganisation de cette chapelle, Merula en 
fut nommé le premier maitrc, en 1587 {voyci 



MERL'LO 



103 



le livre (rAdami de Bolsena : Osscrva:. pcr 
ben regolare il coro délia Cappella pontifi- 
cia, p. IGC). Les archives de la Chapelle six- 
tine renferment des messes et des motels dece 
niaitre. 

MERULA (Tarquinio), chevalier de TÉpe- 
ron d'or, naquit à Bergame dans les dernières 
années du seizième siècle, et fut d'abord 
mailre de chapelle de l'église cathédrale et 
organiste de Sainte-Agalhe, à Crémone: il 
occupait encore cette place en lC28.Plus tainl, 
il fut appelé dans sa ville natale pour y rem- 
plir les fonctions de maître de chapelle et 
d'organiste de la cathédrale. Il vivait encore 
en 1040, car il fit imprimer un de ses ouvrages 
dans cette même année. Merula était membre 
de la Société philharmonique de Bologne. Ce 
maître est un des compositeurs italiens qui 
ont le plus abusé des formes de mauvais goût 
du contrepoint conditionnel qui succéda aux 
belles et nobles formes de l'ancien contrepoint 
de l'école romaine, dans le commencement du 
dix-septième siècle, et dont on trouve les 
règles et les exemples dans les Documenti 
armonici de Berardi {voyez ce nom). La plu- 
part de ses ouvrages sont remplisde morceaux 
établis sur un trait qui se répèle sans cesse 
{contrapunto d'un sol passa), ou sur une 
basse contrainte (basso ostinalo) , et sur 
d'autres fantaisies semblables qui n'ont point 
de but réel dans l'art. On cite de sa composi- 
tion des fugues sur les déclinaisons de liic^ 
hxc, hoc, et de quîs, vel qui, nominativo, 
qui, qux, quod, qui sont des morceaux plai- 
sants dans l'exécution. Carissimi et d'autres 
musiciens du même temps ont écrit aussi des 
compositions de ce genre. Les ouvrages con- 
nus de Merula sont les suivants : 1» JUoleUi a 
due e tre con violette ed organo, lib. 1 ; Ve- 
nise, 1023. 2" Concerli spirituali, lib. 1 ; 
Venise, 1626, in-4''. 3° Concerti spirituali, 
con alcune sonate a 2, 3, 4 e 5 voci, lib. 2; 
ibid., 1628. 4° Messe e salmi a 2, 3, 4-12 docï 
con istromenti,e senzasepiace; ibid., 1631, 
in-4°. 5" Musiche concerlate ed altri madri- 
galia 5roct; Venise, 1633. 6" Lib. H délie 
musiche concertate con ritornelle a viol, e 
basso; Venise, 1635. 7" Canzoni ovvero so- 
nate concerlate per chiesa e caméra, a 2 e 3 
stro77ienti, lib. 1, 2, 3 e 4; Venise, 1037. 
8" Curzio precipitalo , cantata burlesca; 
ibid., 1658. 'J** Missa e salmi a 3 e4 voci, con 
violini e senza; ibid. 10» Il Pegaso musi- 
cale, cioè salmi, motetti, sonate, litanie 
délia B. V. a 2-5 voci, op. XI; Venise, 
1040. 11° Arpa Davidica, lalmi e messe 



concertate aô e i voci^ op. i6, con alcuni 
canoni ncl fine; Venise, Alex. Vincenli . 
1640. Il y a une autre édition de cet œuvre, 
imprimée à Venise, en 1652. Ce recueil con- 
tient ua Co«^(e6or qui a eu de la célébrité ea 
Italie. 

MERULO (Cr-AUDE), organiste et compo- 
siteur du seizième siècle. Colleoni, dans ses 
notices sur les écrivains de Correggio (p. XLV) 
et Tiraboschi, dans sa Biblioteca Modenese 
(t. VI, p. 590), établissent, d'après des actes 
authentiques, que son nom de famille était 
Jflerlotti, mais que l'artiste se servait de pré- 
férence du celui de Merulo. Ce nom provenait 
de ce que les armoiries de la maison des Mer- 
lolti élaient figurées par un merle, en latin 
Merula ou Merulus, et dans l'ancien italien 
Merulo. Il naquit à Correggio, de Bernardine 
Merlolti et de sa femme Jeanne Gavi, et fut 
baptisé à régiise S. Quirino, le 8 avril 1533. 
La dextérité qu'il montra dès son enfance 
dans le jeu de plusieui-s instruments, et ses 
heureuses dispositions pour la musique, fureur 
causes qu'après qu'il eut appris les premiers 
éléments de la lillérature, ses parents le des- 
tinèrent à la culture de l'art musical, et lui 
donnèrent pour premier maître un musicien 
français de mérite, nommé Menon, qui habi- 
tait alors à Correggio, suivant Ortensio Landi 
(/ sette abri di Catalogi a varie cose appar- 
tenenti, p. 512). Un peu plus tard il devint 
élève de Girolamo Donali, maître de la collé- 
giale de S. Quirino. Le désir de faire des pro- 
grès dans son art conduisit ensuite Merulo à 
Venise, où se trouvaient alors une réunion 
d'artistes distingués et de savants musiciens. 
Cependant, avant d'aller à Venise, il paraît 
avoir été organiste à Brescia, car Antegnati le 
cite parmi ses prédécesseurs, dans son Arte 
organica (feuillet5,i;erio),et dit de ]\\iilsig. 
Claudio Mertdo, uomo tanto famoso (1). Ce 
seraitdonc après avoir rempli cet emploi, qu'il 
se serait rendu à Venise. Ce fut dans celte ville 
qu'il changea son nom de famille en celui de 
Merulo, et l'on voit parles registres de l'église 
Saint-Marc qu'il était déjà connu sous ce nom 
lorsqu'il succéda à Parabosco dans la place 
d'organiste du premier orgue de cette église, 
le 2 juillet 1557, à l'âge de vingt-quatre 
ans (2). Il y jouit bienlôt de toute la faveur 

(I) Costanzo Anlcgnnti,r^r/c oi-jaiiico, Brescia, 1608. 

(^j llicii i|ue M. Catclani ne veuille pas mettre en 
duule i'exaclilude de ce fait mentionne par Tiraboschi 
et par M- Calli {Storia ddla musica sacra nctla yià 
Ca)i}>eUa, diicaie di S. Marco di Venezia, t. I, p. Ill>)» 
il rapporte textuellement le contenu des registres des 



404 



MERULO 



publique par son talent, suivant ce que nous 
apprend Sansovino (1), qui était son contem- 
porain et qui écrivait en 1571. L'estime dont 
jouissait Merulo était si grande, que lorsque 
Henri III passa à Venise, en 1574, se rendant 
de la Pologne en France, le doge Louis Moce- 
nigo fit composer par Frangipani une pièce 
qui fut représenté devant ce piince dans la 
salle du grand conseil, sous le titre de Tra- 
gedia, bien que ce ne fût pas une tragédie, et 
Merulo fut chargé d'en composer la musi- 
que (2), quoiqu'il y eût alors à Venise d'autres 
musiciens d'un grand mérite. Cette musique, 
sans aucun doute, était du genre madrigaies- 
<iue, le seul qui l'ûl alors en usage dans le style 
mondain. 

J'ai dit, dans la première édition de cette 
Biographie des musiciens , que Merulo étai)lit 
à Venise, en 1566, une imprimerie de musi- 
que et qu'il publia quelques-uns de ses propres 
ouvrages, ainsi que ceux de plusieurs autres 
compositeurs, mais qu'il ne parait pas qu'il 
ait continué ces publications après 1571, 
parce que le troisième livre de madrigaux à 
trois voix, de divers auteurs, qui porte celte 
date est le dernier qui paraît être sorti de ses 
presses; d'où l'on voit que le savant Antoine 
Schmid s'est trompé en bornant aux années 
1566 à 1568 l'activité de ces mêmes presses 
{Ottaviano dei Pelrucci da Fossombrone, 
j>. 150). M. Calelani établit (Memorie délia 
Fita e délie opère di Claudio Merulo , 
p. 22 et 23) que le célèbre organiste de Cor- 
reggio s'associa pour cette cnlre()rise avec un 
certain Fausto Betanio, et que le premier pro- 
duit de leur imprimerie fut, selon toute appa- 
rence, le premier livre de madrigaux à cin([ 
voix de Guillaume Texloris, lequel porte la 
date dul" avril 1566. Il ajoute que le premier 
livre de madrigaux à quatre voix d'Aurelio 
Roccia de Venal'io, qui fut corrigé par HIe- 
rulo, a été imprimé, en 1571, par Georges An- 
gelieri, ce qui démontre <iue Merulo avait 
cessé d'imprimer dans le cours de la morne 

procurateurs de celle église pour démontrer que la 
date de lu nomination de Merulo i'i la place d'organisie 
de celte éj;lise n'y est pas mentionnée. (Voyez l'cxcel- 
lenle notice de Jl. Calelani intitulée : Memorie thlln 
vi/a et délia opère di Claudio Merulo, pag. t7-!2l.) 

(1) El la (in Venezia) lionora niollo Claudio Merulo 
musico et organisla di conosciuta cccelenza, il (|uale 
habilando in Venezia e grossaniente salariato dalla 
Kepublica Veneiiana pcr lo servilio délia cliiesa di 
S.Marco, et il quale lia scrillo in ciuclla professioiie 
diverse eose dette, essendo niollo bene amalo e abbra- 
eialo dalla nobiltà veneiiana. (/liJroJU délit Ciiia 
U'Ilalin, p. 23.) 

(2J Altacci Oraiiiaiurgia, eU. Von. ITîk», p. 777. 



année. On voit donc que rien ne contredit ce 
que j'ai avancé à ce sujet. 

Charmé par les talents d'organiste et de 
compositeur de cet artiste, le duc de Parme* 
Ranuccio Farnese, obtint de la République de 
Venise, en 1584, de l'avoir à son service, et 
les avantages offerts à Merulo furent si consi- 
dérables, qu'il consentit à quitter sa belle 
position pour se rendre à la cour de Parme. Il 
était alors âgé de cinquante et un ans. Il n'eut 
pas à regretter toutefois la résolution qu'il avait 
prise, car il ne trouva pas moins d'honneurs 
et de considération à Parme qu'à Venise. II y 
vécut encore vingt ans dans l'exercice de son 
art. Le dimanche 25 avril 1604, après avoir 
Joué les vêpres à la Steccata, il se promena 
jusque vers le soir. Rentré chez lui, it fut 
saisi d'une fièvre violente qui ne le quitta plus 
pendant dix jours, et il mourut le niaidi 
4 mai, à l'âge de soixante et onze ans. Le duc 
de Parme lui fit faire de magnifi(|ues obsèques 
dans la cathédrale ; une messe à deux chœurs 
fut chantée, les restes de l'illustre artiste 
furent placés à côté du tombeau de Cyprien 
Rore, près de la chapelle Sainte- Agathe, et 
l'on mit sur sa tombe l'épitaphe suivante, rap- 
portée par M. Calelani (p. 34) : 

M. 

CLAUDII. IBERULI. CORniCIE^f : 

ORCAN : PVLSATORIS. EXIMII. 

ET. O.UMVM. ARTIS. MUSIC : 

PROFESSOR : SV^. iETAT : FACILE. 

PRINCIPiS. QUI. SERENISS : PRIMUM. 

VENET : R. P. DEfNDE. INCLYT ; PARM : 

AC. PLAC : DVCIB : OMNIB : LIBERALIB : 

ARTIB : ORNAMENT : PR.IDIT : 

VEL. CARISS : EXSTIT : ET. AN,\ : 

S.T : tXXII. CI3. 13. C. IV. 

RANVTIVS. FAR>ES : PAR.H : ET. PLAC : 

DUX. IV. CASTRI. V. S. U. E. VEVILLIF : 

PERP : ILLIUS. VIRTVT : ADMIRATOR. 

MONVM : HOC. poni. iiia.ndavit. 

Une autre inscription, en langue italienne, 
est gravée sur une pierre scellée dans le mur, 
au-dessous du pupitre de l'oratoire de Saint- 
Claude, à Parme : elle est ainsi conçiie : 

QUESTA FV PARTE Dt- 

LLA CASA 01 CI.AUDIO 

UEIIULI DA CUlUliaiUK) 

E PtR A>TOMO SVO 

NirOTK l)i:i)l(.ATA 

ALLO URATOniU 1)1 

SA^TO CLAVDIO V. 

DO.XATA CO.N LOntJA- 

>0 DI DETTO CLA\UIO 

ALLA COKPAGMA 

«ELLA MORTE 1617 



MERULO 



lOS 



Cette inscription rappelle deux faits relatifs 
à l'existence de Claude Merulo à Parme; le 
premier est que cet artiste avait acquis une 
maison dans cette ville, laquelle était située 
dans un quartier connu aujourd'hui sous le 
nom de Borgo délia morte, où elle portait le 
n" 5; l'autre fait, plus intéressant, et qui n'a 
été signalé que par M. Catelani dans la notice 
précédemment citée, est que Merulo avait 
construit un petit orgue, donné, treize ans 
après sa mort, par son neveu Antoine, à la 
confrérie délia morte, et que cet instrument, 
composé de quatre registres, dont une flùle 
<le huit pieds, une de quatre, une doublette et 
un flageolet, existe encore dans la tribune de 
l'oratoire de Saint-Claude (fondé par Merulo 
pour honorer la mémoire de son patron), et 
dans un parfait état de conservation. Le cla- 
vier a quatre octaves d'uf en ut. Les tuyaux 
sont en élain tiré et soudés avec beaucoup 
d'habileté ; les quinze plus grands forment la 
façade. L'instrument est alimenté par deux 
soulïlets. Le sommier et les soupapes sont 
construits avec une grande précision, et l'ar- 
ticulation des notes se fait avec beaucoup de 
promptitude. Le mérite de Merulo, comme 
facteur d'orgue, a été ignoré de la plupart de 
ses biographes. 

Les fonctions de ce maître à la cour de 
Parme étaientcellesd'organistedelai'^eccafa; 
église royale, et son traitement était de deux 
cent vingt-cinq écus d'or, de huit livres par 
écu. Il ne parait pas s'être éloigné de Parme 
depuis son entrée au service de la cour, sauf un 
voyage qu'il fit à Rome pour traiter de la pu- 
blication de ses Tuccate d'intavolatura 
d'organo, dont le premier livre parut en 
1598. 

Les plus grands éloges ont accordés à Merulo 
pour ses talents d'organiste et de compositeur 
parZarlino, dans ses Dimostrazioni armo- 
niche; par Lorenzo Penna, dans ses Primi 
albori musicali; par le P. Camille Angleria, 
dans sa Regola del contrappunto ; par Jean- 
Paul Cima, dans une lettre insérée au même 
ouvrage; par Boltrigari, dans son Desiderio ; 
par Pietro délia Valle, dans son opuscule 
Bella musica deW età nostra, inséré au 
deuxième volume des œuvres de J.-B. Boni; 
par Doni lui-même; par Jean-Marie Artusi, 
dans Vy4rtusî ovvero délie imper fetlioni délia 
moderna musica; par Banchieri, dans les 
Conclusioni del suono deW organo, et sur- 
tout par Vincent Galileo, dans son Dialogo 
délia musica antica e moderna. Celui-ci ne 
reconnaît dans toute l'Italie «lue quatre orga- 



nistes, dignes successeurs d'Annibal de Pa- 
doue, à savoir: Claude de Correggio (Merulo), 
qu'il place au premier rang, Joseph Guami, 
Liizzascode Luzzaschi, et un quatrième qu'il 
ne nomme pas, mais qui est vraisemblablement 
Jean Gabrieli. Ces éloges sont justifiés par ce 
(|ui nous reste des œuvres de cet artiste. Si 
l'on compare, en effet, les Toccate d'intavo- 
latura d'organo de Merulo avec les pièces 
d'orgue de ses prédécesseurs venues jusqu'à 
nous, on voit immédiatement qu'il fut inven- 
teur en ce genre, car il ne se borne pas, comme 
les organistes antérieurs, à l'arrangement de 
motets de divers auteurs pour l'instrument 
avec des broderies plus ou moins multii)liées : 
sa forme est nouvelle; c'est celle de la pièce 
d'invention, perfectionnée par les Gabrieli, 
qui sont évidemment de son école. Merulo fut 
donc, à l'égard des organistes du seizième 
siècle, ce que Frescobaldi fut parmi ceux du 
dix-septième. Dans sa musique vocale, il a 
moins de hardiesse. Son harmonie est correcte, 
mais il n'invente ni dans la forme, ni dans le 
caractère soit des motets, soit des madrigaux. 

Merulo a formé de bons élèves, qui, plus 
tard, prirent rang parmi les artistes de 
mérite. Les plus connus sont Diruta, Camille 
Angleria, François Stivori, Jean-Ba|)tiste 
Blosto, Florent Maschera, Jean-Baptiste Con- 
forti et Vincent Bonizzi (voyez ces noms). 

On ne pourrait citer d'artiste dont le por- 
trait ait exercé le pinceau d'un si grand nom- 
bre de peintres que Merulo : M. Catelani ne 
compte pas moins de sept de ses portraits, 
dont les deux plus beaux, dit-il, ont été peint* 
par le Parmesan et i)ar Jean de Bruges (1). 
Le premier existe au lycée communal de mu- 
sique, à Bologne, et l'autre dans la Bibliothè- 
que ambrosienne, à Milan. Le portrait du 
même maître, gravé sur bois, se trouve dans 
plusieurs de ses ouvrages, parliculièrement 
dans une édition du second livre de ses ma- 
drigaux à cinq voix, publiée par Angelo Gar- 
dano, à Venise, en 1G04. Il y est représenté 
avec la tête chauve, couronnée de lauriers; sa 
barbe est longue, et l'on voit sur sa poitrine 
la chaîne d'or que le duc de Parme lui avail 
donnée, en le faisant chevalier. Ce même 
portrait a été reproduit, également gravé sur 
bois, parle neveu du compositeur, Hyacinthe 

(1) M. Catelani a sans doute été mal informé, car 
Jean Van Eyck , appelé par les élrangors Jean dt 
UriKjes, ne fut pas contemporain de Merulo, puisqu'il 
mourut en I4il. L'école des peintres de P.rugcs a d'ail- 
leurs cessé d'exister dans la première partie duseiiicmo 
siiicle. 



106 



MERULO 



Merulo, qui l'a placé en léte d'un recueil de 
deux messes de son oncle, l'une à huit voix, 
l'autre à douze. Ce recueil a été publié en 
1009. 

Les œuvres imprimées de Merulo ont été 
)inl)liées dans l'ordre suivant : 1» Il primo 
libro de madrigali a cinque voci di Claudio 
daCorreggio nuovamente posti in luce. Con 
privilégia ; in Venetia, appresso Claudio da 
Correggio et Fausto Betanio compagni, 15GC. 
D'autres éditions de cet ouvrage ont élé pu- 
bliées à Venise, en 1579 et Xa^Q.I" Liber pri- 
mus sacrarum Cantionum quinque vocuin 
Claudii Mertili Corrigiensis organiste S. 
Marci, a Domini nostriJesu ChrisHNativi- 
tate, usqite ad primo (sic) Kalendas Âugusli. 
Cum privilégia; Venelijs apud Angelum Car 
«lanum, 1578, in-4'' obi. Des exemplaires de 
celle édition se trouvent avec le titre italien 
Jl prima libra de' Motelti a cinque voci da 
Claudia Merulo di Correggio, organista di 
San Marco; in Venezia, appresso Angelo 
Gardano, 1578.3» Liber secundus Cantionum 
quinque vocum Claudii Meruli Corrigiensis 
organislx S. Marci, a primo calendas Au- 
gusti usque ad Domini nostri Jesu Christi 
Nativitalem. Cum privilégia, ibid., 1378. 
4» Il primo libro de Madrigali a quatlro 
%:oci di Claudio Merulo da Correggio, orga- 
nista délia illustrissima Signoria di Ve- 
netia in S. Marco, nuovamente camposti et 
dati in luce; in Venetia, appresso Angelo 
Gardano, 1579. 5» Bi Claudio Merulo da 
(Correggio organista délia Serenissima si- 
gnoria de Venetia in S. 3Iarco, il primo 
libro de Madrigali a tre voci. Novamenle 
composti et dati in luce; in Venetia, ap- 
presso Angelo Gardano, 1580. L'épîlrc dédi- 
caloire de cet oeuvre à Marc-Antoine Mar- 
tinengo, comte de Villachiara, est datée du 
20 novembre 1580. Une autre édition de col 
ouvrage, avec un litre identique, mais sans 
Opiire dcdicaloire, a élé publiée à Milan, chez 
les héritiers de Simon Tiui, en 158G. C" Di 
Claudio Merulo da Correggio organista 
délia Sereniss. Sig. di Venetia in S. Marco. 
Il primo libro de Mottetti a sei voci nova- 
meute composti et dati in luce ; in Venclia, 
apitrosso Angelo Gardr.no, 158ô. Le même 
imprimeur a donné une autre édition de cet 
o-uvre, avec le même titre, en 1595, mais avec 
le mot ristampalo au lieu de composti et dati 
in luce. 7» Di Claudio Merulo da Correggio 
organista del Sereniss. Signor Duca di 
l'arma et Piacenza, etc. Il seconda libra de 
MotcUi a sei voci, con giunti di multi a 



sette,perconcerti,elpercantare.Novamente 
da lui dati in luce; in Venezia, appresso An- 
gelo Gardano, 1593. 8" Toccate d'intavola- 
tura d'organo di Claudio Merula da Cor- 
reggio organista del Sereniss. Signor Duca 
di Parma et Piacenza etc. IVuovamente da 
lui dati in luce, et con ogni diligenza cor- 
relte. Libra primo; in Roma, appresso Si- 
mone Veiuvio, in-fol. gravé sur cuivre. 9» Di 
Claudio Merulo da Correggio, organista del 
Sereniss. di Parma, Il seconda libro de 
Madrigali a cinque voci. Dedicati a Mon- 
signor illustrissima di Racconigi. Nova- 
mente daW aulore dati in luce ; in Venetia, 
appresso Angelo Gardano, 1604. Bien que la 
dédicace soit datée du 30 juin de cette année, 
il est certain que Merulo était décédé avant ce 
jour; on peut donc affirmer que cette même 
date a été changée par l'imprimeur. 10» 2'oc- 
cate d'intavolatura d'organo. Di Claudio 
Merula da Correggio organista del Sereniss. 
Sig. Duca di Parma et Piacenza etc. Nuo- 
vamente da lui date in luce, et con ogni di- 
ligenza corrette : libro seconda; in Roma, 
appresso Simone Verovio, 1G04. Con licenza 
de' Superiori. 11° Hicercari d'intabolatura 
d'organo di Claudia Merulo già organista 
délia Serenissima Signoria di Venetia. 
Novamente con ogni diligenza ristampali. 
Libro primo; in Venetia, appresso Angelo 
Gardano, 1605. Le mot ristampati démonlve 
qu'if y a eu une édition antérieure; M. Cale- 
lani croit qu'elle a jiaïudans la même année; 
s'il en est ainsi, il est vraisemblable qu'elle a 
été faite à Rome. Quant à une troisième, qui 
porterait la date <le 1607, il est à peu près 
certain (juc ceux qui l'ont citée ont confondu 
les Ricercari da cantarc avec les ricercari 
d'organo. 12» Di Claudio Merulo da Cer- 
reggio organista del Serenissima Signor 
Duca di Parma, il terza libro de Motetti a 
sei voci; in Venetia, appresso Angelo Gar- 
dano, 1G06, in-4". Un exemplaire de cet 
œuvre posthume existe incomplet à la Biblio- 
thèque royale de Berlin. 13» Ricercari da 
cantare a quatlro voci di Claudio Meruli 
da Correggio organista del Serenissima di 
Parma, novamente dati in luce per Gia- 
cinta Meruli Nipote deW autore. Libro se- 
conda; in Venetia, appresso Angelo Gardano 
et Fralelli, 1607. 1'» Ricercari da cantare a 
qualtro voci. Di Claudio Merula da Cor- 
reggio, organista del Serenissima Signor 
Duca di Parma. Novamente dati in luce 
per Ifiacinta Merulo nipote deW autore. 
Libro (eno; in Venetia, appresso Anjjclo 



MERULO — MESSEMACKERS 



107 



Gardano et Fralelli, 1C08. 15» Claudii Mcrnli 
Corrigiensis Misse due cum octo et dnodecim 
vocibus concinende additeq. Litanie Beats 
fliarùv Firginis octo vocum. Nuperrime 
impresse. Cum parte organica;^ enelVis apud 
Angclum Ganlamim et fratres, 1009. IG" C'a/i- 
soni alla francese di Claudio Merulo. Cet 
ouvrage est cité par le P. Martini, d'après un 
catalogue de la libraire musicale d'Alexandre 
Vincenti publié en 1602, mais sansautre indi- 
cation. Merulo lui-même parle de cet oeuvre 
dans une lettre imprimée au Transilvano 
de Dirula (page 4), et déclare i)ositivement 
qu'il a composé ces chansons et les a impri- 
mées. Aucun exemplaire n'en a été signalé 
jusqu'à ce jour (1861). 

Des madrigaux de cet artiste sont répandus 
dans un grand nombre de recueils publiés en 
Italie, dans la seconde moitié du seizième 
siècle et au commencement du dix-septième. 
l)articulièrement dans ceux-ci : 1» madrigaux 
de Cyprien Rore et d'Annibal de Padoue 
(Venise, Gardane, 1361); 2» chansons à la 
napolitaine de Bonagiunta (Venise, Scotlo, 
1361); 3° dans les Fiamme a 5 et 6 voci, 
raccolte di G. Bonagiunta (Venise, Scoilo, 
1567) ; 4" dans la Corona délia morte d'An- 
nibal Caro (Venise, Scotlo, 1568) ; 3» dans les 
Bolci frutti à cinq voix, libro 1» (Venise, 
Scotto, 1570); 6° dans la Musica di tredici 
autori illustri , a cinq voix (Venise, Gardano, 
1576 et 1589); 7» dans «7 Primo flore délia 
ghirlanda musicale, à cinq voix (Venise, 
Scotto, 1378); 8° dans là Corona didiversi, 
à six voix (Venise, Scotto, 1579); 9° dans il 
Trionfo di musica., k six voix (Venise, Scotto, 
1579); 10» dans les Amorosi ardori, à cinq 
voix (Venise, Gardano, 1585); 11° dans il 
Gaudio di diversi, à trois voix (Venise, Scotlo, 
1586); 12° dans VAmorosa Ero, publiée par 
Marsolino (Brescia, Sabbio, 1388); lô" dans 
la Spoglia amorosa, à cinq voix (Venise, 
Scotto, 1390) ; 14° dans un autre recueil, sous 
le mêm.e titre (Venise, Gardano, 1392); 
13° dans il Lauro secco, à cinq voix, lib. 1° 
(Venise, Gardano, 1396); 16" dans la f il- 
toria amorosa, à cinq voix (Venise, Vincenti, 
1598); 17° quatre Canzoni da sonare, re- 
cueillie par Raverij, (Venise, Raverij, 1608); 
enliu, dans la Melodia ohjmpica di diversi 
ecccllentissimi musici (Anvers, P. Phalèse, 
in-4°obl.), 

Merulo composa une partie de la musique 
qui l'ut exécutée au mariage de François de 
Médicis, grand-duc de Toscane, avec Uianca 
Capi'cllo, en 1579. Cette musique n"j p.ii tlé 



publiée, mais elle est mentionnée dans le 
livret qui a élé publié sous ce titre : Feste 
nelle nozze del Serenissimo Don Francesco 
Medici Gran Duca di Toscana; et délia Se- 
reniss. sua consorte la Sig. Bianca Cap- 
pello. Composte da M. Raffaello Guatle- 
rotli, etc; in Firenze, nella Slamperia de' 
Giunli, 1579. On y lit : « L'invenlione era del 
« conte Geimanico, le stanze del chiarisgimo 
« signor MalTio Veniezo, la musica di messer 
« Claudio da Correggio; e fatta da tali 
« maestri non poteva essere se non eccellenle, 
« essendo essi ecccllentissimi. » Les aiilres 
compositeurs de la musique étaient Alexandre 
Strigio et Pierre Strozzi ; parmi les chanteurs 
se trouvait Jules Caccini (voyez ces noms) (1). 

MERULO (TItacintiie), neveu du précé- 
dent, et second fils de Barlholomé Merulo. 
M. Catelani dit [Memorie délia Vita et délie 
Opère di Claudio Merulo, p. 51) qu'Hya- 
cinthe naquit en 1598 : il y a sans doute une 
transposition de chiffres dans cette date, car 
il n'aurait élé âgé que de neuf ans lorsqu'il 
publia le second livre des Ricercari da can- 
tare deson oncle ; je crois qu'il faut lire 1589, 
ce qui lui donnerait dix-huit ans dans l'année 
1607, où parut cet ouvrage. Hyacinthe Merulo 
fui élève de Christophe Bora, qui succéda à 
Claude dans la place d'organiste du duc de 
Parme. M. Catelani a découvert un ouvrage 
intitulé : Madrigali a 4 voci in stile moderno 
di Giacinto Merulo. Libro primo coti una 
canzone a 4 sopra quella bella Amor, da 
sonare con gli istrumenti. j4l ser. Principe 
Ferdinando Gonzaga Duca di Mantoua, di 
Monferrato , etc. Nuovamente composti et 
dati in luce. con Privilégia. Stampa del 
Gardano. In Fenetia, 1625^ oppressa Bar- 
tolomeo Magni. 

MESSAUS (George), musicien belge, vé- 
cut à Anvers au commencement du dix-sep- 
tième siècle. On trouve deux motets de sa 
composition dans le Pratum musicum, col- 
lection publiée à Anvers en 1634, in-4°. Ces 
motets sont : 1° Beata regina, pour deux 
ténors et basse (sous le n° 16) ; 2° O quam 
suaviter, pour trois voix de dessus, ou trois 
ténors en écho (sous le n° 23). 

MESSEMACKERS (Hemri), né à Venloo 
le 5 novembre 1778, lit voir d'heureuses dis- 
positions pour la musique dès son enfance. 

(l) Je suis redevable des principaux renseignements 
qui ont servi pour la réiluclion de celle notice au livre 
de SI. Calti sur la chapelle de Saint-Marc de Venise et 
?ux Mémoires de M. Catelani sur la vie et les (zu\rcs de 
Claude Merulo. 



108 



MESSEMACKERS — MESTRIiNO 



11 reçut de son père les premières lerons de 
iniisique el de piano. A l'âge de seize ans, il 
enseignait le piano; deux ans après, le baron 
d'Hooghvorst le fit venir en Belgique pour 
donner des leçons à ses enfanls. C'est depuis 
celte époque qu'il s'est livré à des éludes 
sérieuses de l'art, sans autre maître que lui- 
même. Lorsque Steibelt vint à Bruxelles, 
M. Messemackers obtint qu'il lui donnât quel- 
ques conseils. Depuis lors, jusqu'en 1848, il 
s'est livré sans relâche à l'enseignement. On a 
gravé de sa composition : 1° Trois quatuors 
pour deux violons, alto et basse, Paris, Carii. 
2" Concerto pour piano et orchestre, Bruxelles, 
Messemackers. 3° Sonates pour piano et vio- 
lon , n"* 1 et 2, Bruxelles, Weissenbruch. 
4» Trois idem, op. 2, Bruxelles, Messemac- 
kers. 5" Trois idem, intilulées Les Souvenirs, 
op. 5, ibid. G" Divertissement pour piano à 
«lualre mains, ibid. 7" Trois pots-pourris pour 
piano seul, Bruxelles, "Weissenbruch. 8" Plu- 
sieurs fantaisies, airs variés, etc., pour piano, 
Bruxelles, chez l'auteur. 9° Deux morceaux de 
salon, dédiés aux jeunes jtrinces de Ligne, ses 
élèves. En 1821, M. Messemackers a écrit la 
mnsi(|ue d'un opéra en trois actes, intitulé 
/.a Toison d'or, ou Philippe de Bourgogne, 
(|ui a été joué avec succès au Grand Théâtre 
<le Bruxelles. Le poème de cet ouvrage était de 
M. le baron de Reiffenberg. Quelque temps 
après, M. Messemackers a fait représenter au 
Théâtre royal les Deux Pièces nouvelles , 
opéra co.Tiiciue en un acte. M. Messemackers 
est parvenu aujourd'hui (18G2) à l'âge de 
«lualre-vingt -quatre ans. 

MKSSliMACIvF.nS (Louis), fils du pré- 
cédent, est né à Bruxelles, le 50 août 1809. 
Api'ès avoir reçu de son père des leçons de 
musi(iue et de piano, et avoir joué quelquefois 
avec succès dans les concerts, il s'est rendu, à 
l'âge de dix-huit ans, à Paris, où il a reçu des 
leçons de Liszt pour le piano et de Reicha 
pour la composition. Il a publié environ 
soixante-dix œuvres pour le piano, consistant 
en fantaisies, airs variés, rondeaux, elc. Fixé 
<lepuis longtemps à Paris, cet artiste s'y livre 
(1802) à l'enseignement (lu piano. 

MLSSliK (François), né en 1811, à llof- 
heim,dans le duché de Nassau, lit ses études 
musicales sous difrércnls mailles, à Mayencc 
el à Francfort, et reçut pailiciillèreroent des 
leçons d'harmonie de Schelble, dans cette der- 
iiièic vill(;. Sa première position fut celle de 
ilirectciir de musii|ue de la Liedertafel, et 
«rime société de chant de dames, à Mayence. 
,11 dirigea ensuite les couccrls dp la Société 



Cxcilia, de la même ville. En 1837etl840, il 
y dirigea avec talent les grandes fêtes musi- 
cales de Guttenberg. Après la mort de Guhr, 
Messer fut appelé à Francfort, en 1848, jiour 
le remplacer dans la direction des concerts du 
Muséum. En 1837, il en remplissait encore 
les fonctions. On connaît de cet artiste esti- 
ma!)le plusieurs recueils deZ/ederàdeuxvoix, 
avec accompagnement de piano, des quatuors 
de voix de diverses espèces, une sonate pour 
le piano (en /a), une grande cantate de fête, 
une ouverture pour orchestre, des recueils de 
chanls pour voix d'hommes, elc. 

Mi:STUIi\0 (Nicolas) n'est pas né à 
Meslri, en 1750, dans l'État de Venise, comme 
le disent Choron et Fayolle dans leur Dic- 
tionnaire historique des musiciens, coi)ié par 
les auteurs du Dictionnaire anglais pu!)lié 
en 1824, et même par Gervasoui (lYuova 
teoria di musica,p. 186); mais il a vu le jour 
à Milan, en 1748, ainsi que le prouve la lettre 
qu'il écrivit au prince Charles de Lorraine et 
à l'archiduchesse Marie-Christine, gouver- 
neurs des Pays-Bas, lorsqu'il passa à Bru- 
xelles en 1786. Voici celle lettre, que j'ai 
trouvée dans les archives du royaume de Bel- 
gique {Pièces du ci-devant conseil des do- 
maines et finances, cailon n» 1251) :o J leurs 
« altesses Royales : Nicolas Mestrino, né à 
« Milan, âgé de Irenle-liuit ans, expose avec 
« le |>lus profond respect qu'il a élé attaché 
« au service du prince régnant d'Esteihazy, 
« comme premier violon, et ensuite à celui de 
« feu le comte Ladislas d'Erdœdy; que ses 
« voyages en Italie, en Allemagne et dans 
« d'autres pays ne l'ont pas seulement per- 
« fectionné, mais ont encore établi sa répu- 
« talion, tant pour la composition que pour 
" l'exécution. Et comme il possède aussi les 
« langues allemande et française, il ose croire 
« pouvoir remplir, à la satisfaction de Vos Al- 
« tesses Royales, la place de maître de mu- 
« sifiiie, vacante par le décès de N. Croës, si 
« elles daignent la lui accorder. C'est la 
« grâce, etc. Bruxelles, le 18 août 1786. » 
Cette pièce est aulhenliciue et nous donne 
toute la biographie de l'ailisle jus((u'au mo- 
ment où il arriva à Paris. Il n'obtint pas la 
place de maître de musi<|ue de la chapelle des 
archiducs, <|iril demamlail dans sa requête; 
elle lut donnée à Wilzlliiiinb, et Mestrino se 
rendit à Paris. Tout l'article du Dictionnaire 
historique des musiciens est évidemment 
rempli de fautes grossières, car si Meslrioo 
était né en 1750, il était âgé de plus <le Irenle- 
dcux ans lorsqu'il se lit eiilcndrc en 1780, à 



MESTRINO - METIIFESSEL 



409 



Paris. Le fait est qu'il était né en 1748 et qu'il 
était parvenu à Page de trente-huit ans lors- 
qu'il exécuta, au concert spirituel, un de ses 
concertos, le 17 septembre 1786. On ne sait pas 
non plus d'où viennent ces assertions impru- 
dentes des compilateurs du même ouvrage, 
que Mestrino joua longtemps dans les rues, 
qu'il parvint ensuite à se former, et qu'il tra- 
vailla surtout en prison. Le peu de solidité des 
premiers renseignements fait voir le cas qu'on 
doit faire de ceux-ci. Des faits si graves ne 
devraient pas être jetés à la légère ; des calom- 
nies semblables ont pourtant été renouvelées 
sur Paganini. Mestrino était grand musicien, 
comme le prouva sa manière de diriger l'or- 
chestre du théâtre de Monsieur ; ce n'est 
point en jouant dans les rues qu'on acquiert 
des connaissances de ce genre. Le fait qui 
concerne la prison a sans doute son origine 
dans l'ignorance où l'on était des circonstances 
de la vie de l'artiste lorsqu'il arriva à Paris 
et fixa sur lui l'attention ; mais cette igno- 
rance résulte du long séjour que Mestrino 
avait fait au fond de la Hongrie, d'abord chez 
le i)rince Esterhazy, ensuite chez le comte 
Ladislas d'Erdœdy, qui mourut au mois de 
février 1786, et dont la chapelle fut congé- 
diée. 

Après les succès que Mestrino obtint au 
concert spirituel, il s'établit à Paris, où il 
forma quelques bons élèves, parmi lesquels on 
cite mademoiselle de la Jonchère, connue 
plus tard sous le nom de madame Ladurner. 
L'Opéra italien ayant été établi à Paris en 1789, 
par les soins de Viotti , Mestrino fut choisi 
pour diriger l'orchestre excellent qu'on avait 
formé, et justifia la confiance qu'on avait en 
ses talents par la parfaite exécution de cet 
orchestre. Il ne jouit pas longtemps des 
avantages de sa position, car il mourut au 
mois de septembre 1790, et fut remjtlacé par 
Puppo {voyez ce nom). Les œuvres gravées de 
Mestrino sont : 1° Concertos pour violon prin- 
cipal et orchestre, n" 1 à 12, Paris, Sieber. 
Le 12« concerto (en sî bémol) a été arrangé 
pour le piano par Mozin et gravé chez Nader- 
man. 2" Duos pour deux violons, œuvres 2, 3, 
Paris, Sieber; œuvre4, Paris, Leduc; œuvre7, 
Paris, Naderman. 3» Études et caprices j>our 
violon seul, Paris, Leduc. 4" Sonates pour 
violon et basse, op. 5, Paris, Sieber. Les au- 
tres ouvrages gravés sous le nom de cet artiste 
ne sont pas originaux. 

MEStlML'CCI (LiBORio), amateur de mu- 
sique à Palerme, né en Sicile, a publié, à 
l'occasion d'un voyage de Bellini dans sa pa- 



trie, un opuscule intitulé : Paraleîlo ira i 
maesiri liossini e Bellini; Palerme, 1834, 
in-S". Le patriotisme de ce dilettante le porte, 
dans cet écrit, à jilacer l'auteur de Norma au- 
dessus de celui de Guillaume Tell, et les Sici- 
liens accueillirent avec beaucoup de faveur 
cette extravagance, qui fut réfutée victorieu- 
sement par le marquis de San-Jacinlo [voyez 
ce nom). 

METALLO (Grammatio), compositeur ita- 
lien, vécut vers là fin du seizième siècle etdans 
la première moitié du dix-septième. Parmi 
les ouvrages de sa composition, on connaît : 
1° Canzoni alla napoletana aAe 5 voci,con 
2 canzoni alla francese per sonare, libro 4": 
Venise, 1594, in-4''. On voit par le frontispice 
de cet œuvre que Métallo fut maître de cha- 
pelle à la cathédrale de Bassano. 2° Ricercari 
a cantoe tenore; Venise, 1595, in-4''. La date 
de 1665, donnée par Walther, est une faute 
d'impression qni a trompé Gerber. Une 
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée 
sous ce titre : Dal Métallo Ricercari a due 
voci per sonare e cantare, accresciuti e cor- 
retti da Prospero Chiocchia da Poli; Roma, 
1654; in-4''. Il y a une troisième édition dn 
même œuvre, laquelle a pour titre : Ricercari 
a due voci per sonare e cantare; novamente 
ristampati, accresciuti e corretti da Franc. 
Giannini; Rome,Mascardi, 1685, in-4''. 3" // 
primo libro di Motetti a tre voci con wna 
Messa a quattro;in Fenezia, appresso Già- 
conio Finccnti, 1602, in-4°. Le catalogue de 
Breilkopf iniiique aussi en manuscrit un mo- 
tet {Sanctus Dominus), à quatre voix, de la 
composition de Métallo. 

METIIFESSEL { Albert - Théophile ) , 
compositeur allemand, est né le 20 septembre 
1786, à Stadtilm, dans la principauté de 
Schwarzbourg-Rudolsladt, où son père était 
maître d'école et cantor de la paroisse. Ses 
études commencèrent sous la direction de son 
l)ère , et furent continuées au Gymnase de 
Rudolstadt. Ses dispositions pour la musique 
furent si précoces, qu'à peine arrivé à sa dou- 
zième année, il avait déjà composé plusieurs 
morceaux que son père fit exécuter. En 1807, 
il alla passer une année à Leipsrck ; puis la 
princesse de Rudolstadt lui accorda une pen- 
sion pour aller terminer ses études musicales 
à Dresde. Il y passa deux années, puis, en 
1810, il entra comme chanteur au service de 
la cour de Schwarzbourg. Déjà alors, il avait 
publié quelques chants allemands dans les- 
quels il montrait un talent spécial et remar- 
qtiablci 11 était aussi chanteur distingué, 



iio 



METHFESSEL — METKE 



pianiste et guitariste. Ayant quitté son service 
à Rndolstadt vers 1815, il s'établit à Bruns- 
wick et s'y livra à l'enseignement jusqu'en 
1824, époque oii des propositions lui furent 
faites pour se fixer à Hambourg, en qualité de 
professeur de chant. Il y établit une de ces so- 
ciétés de chanteurs répandues en Allemagne 
sous le nom de Liedertafel : celte société 
existe encore. Rappelé à Brunswick, en 1851, 
pour y rem|)lir les fonctions de maître de cha- 
pelle, Melhfessel entra immédiatement en pos- 
session de cet emploi. Cet artiste s'est parti- 
culièrement distingué comme compositeur de 
ballades, de chansons et de romances; mais 
on a de lui beaucoup d'autres ouvrages, parmi 
lesquels on compte : 1° Grande sonate pour 
piano à quatre mains , op. 6 ; Leipsick , 
Ifofmeister. 2» Sonates faciles, idem; ibid. 
3° Valses, idem, op. 8 ; ibid. 4" Marches 
idem, op. 70; Hambourg, Cranlz. 5» Six so- 
nates faciles pour piano seul, op. 13; Leipsick, 
llofmeister. 6» Variations idem, op. 7 et 9 ; 
ibid. 7° Environ douze recueils de danses et 
«le valses; idem. 8» Six chorals avec des pré- 
ludes et des conclusions pour l'orgue ; Rudol- 
stadt. 9° Plusieurs cahiers de danses et de 
valses à grand orchestre; Dresde etLeii)sick. 
lO» Le chant de Schiller Es tœnen die Hœr- 
ner pour trois voix et trois cors, op. 22 ; Leij)- 
slck, llolmeisler. 11° Collection de chants à 
plusieurs voix, publiée sous le nom de Lieder- 
huch, dont il a été fait quatre éditions, toutes 
«épuisées. 12' Autre collection, intitulée : 
Liederkranz , en trois cahiers, dont il a été 
fait deux éditions. 13° Environ vingt-cinq re- 
cueils de chants et de romances à voix seule 
»vec accompagnement de piano; Leipsick, 
llofmeister cl Petcrs ; Bonn , Simrock ; 
Mayence, Schotl; Hambourg, Cranlz, etc. 
Parmi ces chants, on remarque surtout les 
TEiivres 11, 12 et 27, /e Désir langoureux, de 
SchiHer, et VArminio, de Tiedge. 

METIIFESSEL (Frédéric), frère aîné du 
précédent, licencié en théologie, naquit à Stadt- 
ilm, le 27 août 1771. Quoiiiu'il fiU destiné à 
rétal ecclésiasrli(iue, il trouva assez de tem|)S 
«u milieu de ses éludes spéciales pour faire de 
glands progrès dans la miisi(|ue, et pour deve- 
nir habile sur le [liano, la guitare, le violon et 
flans 4e chant. Ayant achevé ses études théo- 
logiques à l'université de Leipsick, en 179C, il 
fut obligé d'accepter une place de préccplcur ; 
mais mécontent de son sort, il changea sou- 
vent de posilion et s'arrêta tour à tour à Als- 
l)ach, Khcno, Ralzebourg, dans le Mccklcm- 
l>Bur{j, Probstzciio , Snalfcld, Coiiourg , 



£iscnach,et, enfin, il retourna dans le lieu de 
sa naissance, ne trouvant de satisfaction que 
dans la culture de la musique. Dans les der- 
niers temps de sa vie, il entreprit la composi- 
tion d'un opéra sur le sujet de Faust; mais 
déjà atteint par la maladie qui le conduisit au 
tombeau, il ne put l'achever, et il mourut à 
Stadlilm, au mois de mai 1807, à Tâge de 
trente-six ans. On a de lui quatorze recueils 
de chansons à voix seule, avec accompagne- 
ment de piano, publiés à Rheno; douze chan- 
sons avec accompagnement de guitare; Leip- 
sick, Breitkopf et Ilaertel ; des ballades jdem, 
ibid. ; douze chants à trois voix, avec accompa- 
gnement de piano; Rudolstadl, 1800, et trois 
chants de l'opéra de Faust; ibid. 

METUFESSEL (Erkest), parent des pré- 
cédents, né à Mulhausen, dans la Thuringe 
(les biographes allemands ignorpnt en quelle 
année il a vu le jour). Un maiue obscur de 
cette ville lui enseigna les principes de la mu- 
sique et lui apprit à jouer de plusieurs in- 
struments. Le hautbois devint particulièrement 
l'objet de ses études, et il fit beaucoup de 
recherches pour le perfectionnement de cet 
instrument diflicile. Après avoir occupé pen- 
dant plusieurs années une place de haut!)oïsle 
dans l'orchestre de Mulhausen, il voyagea 
pour faire connaître son talent, parcourut la 
Suisse, l'Italie, visita Milan, Bergame, Na- 
ples, Francfort, Berlin, et s'y fit applaudir. 
Après avoir donné un concert à Winlerlhur 
(Suisse), il y fut engagé, en 1837. en qualité 
de directeur de musiqueetde chef d'orchesti-e. 
II occupe encore celte position au moment oii 
celte notice est écrite (1860). Les compositions 
.de cet artiste sont les suivantes : 1° Première 
et deuxième fantaisie pour hautbois, deux vio- 
lons, allo, violoncelle et contrebasse, op. 6 et 
7; Leipsick, Hofmeister. 2» Concertino pour 
hautbois et clarinette, avec accompagnement 
de piano, op. 8 ; Bâle, Knop. 3° Vingt-quatre 
exercices pour le hautbois, op. 11; ibid. 
4^ Album pour le chant à voix seule avec 
piano, op. 9; Winlerlhur, Studer. 5» Chanson 
de soldats, à voix seule avec piano; Mayence, 
Scholl. 6" Duo à deux voix de soprano, avec 
piano, op. 12;i*td. 7° Six chants à voix seule 
avec piano, op. 10, ibid. 

METKE (ADOLPUE-FnïOïRic), né à Berlili, 
le 8 aviil 1772, entra à l'âge de quatorze ans 
comme hautboïste dans le deuxième régiment 
d'artillerie, sous la direction de son fière, et 
fit de rapides jirogrès sur le hautbois, la (ItUe, 
le violon cl le violoncelle. Dans l'été de 1789, 
fl partit avec son régimcnl pour Brcsiau, ou 



METKE — MITTENLEITER 



m 



il étudia la composition près du directeur de 
musique Fœrster. Pendant le séjour de Fré- 
déric-Guillaume II à Breslau, Metke eut l'hon- 
neur de jouer deux fois du violoncelle devant 
ce prince, habile violoncelliste lui-même, et 
d'en être applaudi. En 1796, le duc de Bruns- 
wick-Oels le nomma directeur de la musique 
de son théâtre. Melke fit la connaissance de 
Ditlersdorf, dans la résidence du prince, et 
continua avec lui ses études de composition. Il 
fit représenter peu de temps après un opéra 
comique intitulé : le Diable hydraulique, et 
écrivit un prologue pour la fête du prince, 
quatre concerto.s, trois sonates et quelques 
variations pour la violoncelle. Après la mort 
du prince, en 1800, la chapelle fut congédiée, 
et Metke retourna à Breslau, où il se livra à 
l'enseignement, et organisa quelques con- 
certs. Il vivait encore dans cette ville, en 1830. 
On a publié de sa composition : 1° Variations 
pour le violoncelle sur le thème Schœne 
JUinka; Breslau. 2" Symphonie concertante 
pour deux violoncelles; ibid.o" Concerto pour 
violoncelle (en sol majeur); ibid. 

METRAC (A.). On a sous ce nom une dis- 
sertation, intitulée; Sur l'art musical des 
anciens , dans la Revue Encyclopédique 
(1820, t. VI, p. 460-480). 

METROPHAINES (Christopocio), moine 
grec du mont Athos, garde-sceaux de l'église 
patriarcale de Constantinople, né à Berœa, 
en J 590, mourut, en 1658, à Page de soixante- 
neuf ans. On a de lui une épitre sur les 
termes usités dans la musique ecclésiastique 
grecque, que l'abbé Gerberl a in&érée dans le 
troisième volume de ses Scriptores eeclesias- 
tiei de musica sacra, avec une version latine 
(p. 598-402). Celle épitre, écrite le 14 mai 
1626, avait été déjà publiée à Wittemberg. 

METRU (Nicolas), organiste, maUre de 
chant à Paris, vivait vers le milieu du dix- 
sepliènfïe siècle. Gantez, dans sa lettre sur les 
maîtres de chapelle de Paris, ne dit rien de ce 
musicien, et Le Gallois, à qui noBS devons de 
bons renseignements sur les artistes de la fin 
du règne de Louis XIII et du commencement 
de celui de Louis XIV, dans sa Lettre à ma- 
demoiselle lîegnault de Sollier touchant la 
musique, garde le même silence à Tégard de 
Metru. Celoi-ci a publié, à Paris, en 1063, 
une messe à quatre voix, ad imitalionem 
moduU Brevis oratio, in-fol. Il fut un des 
maîtres deLully. 

METSCII (le P. Placide), moine bénédic- 
tin, né en Bavière, se distingua comme orga- 
niste. Il a fait imprimer deux, recueils de 



pièces pour l'orgue, où l'on trouve de bonnes 
choses dans l'ancien style; ilsont pour titres : 
1» Litigiosa digitorum unie, id est pream- 
bula duo organica cum fugis. Part. 1 ef 2 ; 
Nuremberg, 1759, in-fol. 1° Organœdus Ec- 
clesiastico-Aulicus, Aulico - Ecclesiasticus^ 
exhibens prxludiis et fugis; Nuremberg, 
1764, in-fol. 

METTENLEITER (Jean-Georges) , 
chantre et organiste à la cathédrale de Ratis- 
bonne, naquit le 6 avril 1812, à Saint-Ulrich^ 
près d'Ulm. Après avoir fait de solides études 
musicales à Ulm et à Augsbourg, il se fixa à 
Ratisbonne, où il obtint les places de directeur 
du chœur et d'organiste à la cathédrale. 
Homme d'un rare mérite, possédant de l'in- 
struction littéraire, une connaissance pro- 
fonde du chant ecclésiastique, et bon compo- 
siteur, aussi modeste que savant, Metlenleitcr 
consacra toute sa vie au travail, sans en reti- 
rer d'autre avantage que le plaisir qu'il y 
trouvait. Il est mort à Ratisbonne, le 6 octobre 
1858, à l'âge de quarante-six ans. Ses ou- 
vrages imprimés sont ceux-ci : 1° Enchiri- 
dion Chorale, sive selectus locupletissimusr 
canlionum liturgicarum juxta rilum S. Ro- 
mane ecclesix per totius anni circulum 
prxscripiarum. Redegit ac comilante or- 
gano edidit J. Georgius MettenUiter. Jussit 
et approbalione illustr. et reverendiss. Do- 
mini Falentini episcopi Ratisbonensis; Ra- 
tisbonœ , typis et commissione Frédéric» 
Puslet, 1853, un volume in-8'' de sept cenï 
soixante-huit et ccxv pages. 2" Mannale brève 
canlionum ac precum liturgicarum juxta 
ritum sanctx Romanx Ecclesix. Selegit aa 
eomitante organo edidit, eic», ibid,, 1852. — - 
ô" Der fiinfundneunzigste Psalm fUr sech» 
Mdnnersiimmen , partition, in-fol., ibid.^ 
1854. Cet artiste a laissé en manuscrit : 1» Une- 
collection de Lieder allemands pour une, deux 
et trois voix avec accompagnement de piano, 
2" Chants à quatre voix d'hommes. Z" Lied de 
Saphir pour deux chœurs d'hommes. A" Le 
Retour du chanteur, chœur de voix dliommcs- 
avec orchestre. 5» Environ dix chants pour un 
chœur d'hommes à quatre et cinq voix. 0° Va- 
riations à quatre mains, sur un air allemand^ 
pour le piano. 7° Grande pièce de concert pour 
le piano, avec accompagnement d'instruments* 
à cordes. 8» ./^ve Maria pour quatre voix 
d'hommes. 9" j4ve Maria pour un et deux 
chœurs. 10» jive Maria pour une double 
cliœur composé chacun de soprano, contralto,, 
ténor cl basse, 11» Graduel pour la fête de 
Saint-Michel à quatre voiXr 12» Crux fidélisa 



112 



METTENLEITER — METZGER 



huit voix. 13" Adoramus pour quatre voix 
d'hommes. 14" BenedicHe, introït pour la 
fêle de Saint-Micliel, à quatre voix d'iiomines, 
dans le style <le Palestrina. 15» Ecce crucetn 
Domini, à six voix. IG" O quam tristis, à 
quatre voix. 17» Prope est Dominus, à huit 
voix. 18» Da pacem, à quatre voix. 19» O 
sacrum convivium, à quatre voix. 20°Pange 
lingua sur le plain-chant. '2\° Be profundis 
du quatrième ton. 22» rexilla régis pour 
quatre voix d'hommes. 23» Dominus Jésus 
{in Cœna Domini), à six voix. 24» Messe pour 
la fête de la Sainte-Trinité, à six voix, avec 
orchestre ad libitum, 25» Slabat Mater pour 
un double chœur avec instruments. 26» Deux 
Miserere: le premier à quatre voix; l'autre, à 
six voix. 27» Le psaume G7'= pour un doulile 
chœur avec instruments ad libitum. 28» Deux 
Miserere du troisième et du quatrième tons 
pour un doui)le chœur. 29» Le psaume 40^, à 
plusieurs voix. 30° Le psaume 50» pour un 
double chœur. 31° Messe pour deux chœurs de 
voix d'hommes. 52» Autre messe pour un 
chœur de voix mêlées. 33° Recueil de psaumes 
dans le style ancien, en contreitoint. 

METZ (Jules), professeur de musique au 
Gymnase de Berlin, 1838, a publié plusieurs 
cahiers de chants pour quatre voix d'hommes, 
à Berlin, chezWagenfUhr, et à Leipsick, chez 
Hofmeister. 

METZELIUS (Jérôme), né à Ilmenau, 
dans la Thuringe, au comté de Schwarzbourg, 
dans la première moitié du dix-septième siècle, 
fut cantor et maître d'école à Stade. On a de 
lui un manuel des principes de musique en 
<lia!ogues latins et allemands, intitulé : Com- 
pendium musices tam choralis quam figii- 
ralis , certis quibusdam observationihus 
iisque rarioribus exornatum, in studium 
juventutis, etc.; Hambourg, 16G0, in-8» de 
cinq feuilles. 

3IETZGEII (maître Amdroise), professeur 
au collège de Saint-Égide, à Nuremberg, na- 
<|ui( en celte ville dans la seconde partie du 
seizième siècle, et fut promu au grade de nia- 
gister, à Altdorf, en 1G05. Quatre ans après, 
il abandonna ce poste pour celui de professeur 
à Nuremberg, qu'il occupa jusqu'à sa mon, 
arrivée en 1C32, «lans un âge avancé. On con- 
naît sous le nom de Metzger plusieurs recueils 
de chants intitulés : 1» Fennsblumlein, cic. 
(Petites fleurs de Vénus, première partie de 
nouvelles et gaies chansons profanes à quatre 
voix); Nuremberg, IGll , in-4». 2» Idem, 
deuxième partie, à ciui( voix; i7<(c/., 1GI2, 
iu-4". 3" Le psautier de David, restitué dans 



les tons les plus usités de l'église et orné de 
cent mélodies nouvelles; ibid., 1G30, in-8»., 

METZGER (Jean-Georges) est appelé 
simplement Georges parGerber, ((ui a ignoré, 
ainsi que l'auteur de l'article du Lexique uni- 
versel de musique, publié par Schilling, 
les circonstances de la vie de cet artiste. Metz- 
ger naquit le 15 août 1746, à Philipsbourg, 
où son père était conseiller du prince évéque 
de Spire. La mort lui ayant enlevé son père, 
le 20 février 1746, avant qu'il vît le jour, sa 
famille tomba dans l'indigence, et la musique 
fut la seule chose que sa mère put d'abord lui 
faire apprendre. Plus tard, la recommandation 
(le quelques amis le fil recevoir au séminaire 
du prince électoral, à Manheim , oii il conti- 
nua ses études de musique. Il montrait de 
rares dispositions pour la flûte; son talent 
précoce sur cet instrument lui procura la 
protection de l'électeur palatin Charles- 
Théodore, qui le confia aux soins du célèbre 
flûtiste Wendling. Les leçons de cet habile 
maître développèrent rapidement son talent, 
et bientôt Metzger fut compté au nombre des 
virtuoses de l'Allemagne sur la flùle. Ailmis 
en 1760 comme surnuméraire à l'orchestre de 
Manheim, il en fut nommé flûtiste solo cinq 
ans après. En 1778, il suivit la cour à Munich, 
où il brilla pendant quinze ans par ses compo- 
sitions, la beauté du son ([u'il tirait de son 
instrument, et le brillant de son exécution. 
Il mourut jeune encore, le 14 octobre 1J93. 
Parmi ses ouvrages, on remarque : 1" Six con- 
certos pour la flûte, n"* 1 à 6, Berlin, llummel. 
2» Six trios pour deux flûtes et basse, op. 2, 
ibid. 3» Six duos pour deux flûtes, op. 3, ibid. 
4» Trois symphonies concertantes pour deux 
flûtes, op. 4, ibid. 5» Six quatuors pour flûte, 
violon, alto et basse, op. 5, ibid. G" Six so- 
nates pour flùle et basse, op. G, ibid. 7» Trois 
concertos pour flûte, op. 7, n»* 7, 8, 9, ibid. 

METZr»EU(CiiARLES-TiiF.ODORE), fils aiué 
du précédent, naquit à Manheim, le 1"" mai 
1774. Gerber, (jui s'est trom|)é sur la lettre 
initiale du prénom de cet artiste, l'a indiqué 
par F. Junior, et l'auteur de l'article du 
Lexique de Schilling n'a pas hésité à en 
faire un Frédéric Metzger, qui aurait été 
très-habile flûtiste et qui aurait succédé à son 
père, en 1793, dans ia chapelle de Munich. 
Mais je crois pouvoir assurer qu'il n'y a jamais 
eu de Frédéric Metzger, et que tout ce qu'on 
en a dit s'applique à celui qui est l'objet de 
l'article présent. Charles-Théodore, élèvede son 
père, devint aussi un flûtiste très-distingué. Il 
n'élail âgé que de dix ans lorsqu'il fut admis 



METZGEU — MEUnSlUS 



113 



comme surnim)(5raii'e à la chapelle de la cour, 
en 1784; en 1791 il fut titulaire delà place de 
seconde flûte, et en 1793 il succéda à son 
père comme flùlisle solo. Dans ses fréquents 
voyai;es, il a visité Manlieim, Francfort, 
Prague, Leipsick, Dresde et la Suisse : partout 
il a l'ccueiili des applaudissements. On a 
imprimé de la composition de cet artiste : 
1" Six trios pour flùle, alto et violoncelle, 
op. 1 ; Manlieim, Ileckel. 2» Variations pour 
flûte avec accompagnement de piano, n»^ 1 
à C; Augsbourg, Gombart. ô" Études ou ca- 
prices pour flûte seule; Vienne, Ilasîinger. 
4" Études ou exercices tdem; Munich, Falter, 
etMayence, Schott. 3» Variations tdewisur une 
chanson allemande; ibid. 

Joseph Meizger, second fils de Jean-Georges, 
né à Munich, en 1789, a été élève de son frère 
Charles-Théodore pour la flûte, et a été con- 
sidéré aussi comme un artiste distingué. Il a 
été admis dans la chapelle royale de Munich 
en 1804. 

METZGER-VESPEUMANN (madame 
Clara), fille de Charles-Théodore, naquit à 
Munich, en 1800. Élève de Winter pour le 
chant et la composition, elle se fit entendre 
[tour la première fois en public dans Tannée 
1817, et fut considérée comme une cantatrice 
de grande espérance. Quelque temps après elle 
devint la femme de l'acteur Vespermann, et 
visita avec lui Vienne, Dresde et Berlin où 
elle eut des succès. De retour à Munich, elle y 
oliiint un engagement à vie ; mais elle n'en 
jouit pas longtemps, car elle mourut à la fleur 
de l'âge, le 6 mars 1827. On a gravé de sa 
composition un air avec variations qu'elle 
avait chanté à Vienne, arrangé pour le piano, 
de trois manières difl'érentesj par Diabeili, 
Leidesdorf et J. Schmid. 

31ETZGER (J.-C), pianiste et composi- 
teur, vivait à Vienne vers 1840. Il a lait gra- 
ver de sa composition "■ Trio pour piano, 
violon et violoncelle, op. 1 ; Vienne, Mtiller. 

METZGER(FuANCois)./^'oye:MEZGER. 

MEUDE-MOj>PAS(le chevalier J.-J.-O. 
DE), mousquetaire noir, sous le règne de 
Louis XVI, cultiva la musique et la littéra- 
ture comme amateur. Élève de La Houssaye 
pour le violon, et de l'abbé Giroust pour la 
composition, il publia, en 178G, six concertos 
pour cet instrument, avec accompagnement 
«le deux violons, alto, basse, deux hautbois 
et deux cors. Il prétendait être élève de 
J.-J. Rousseau, parce qu'il avait adopté la 
[ilupart des opinions de cet homme célèbre, 
et qu'il affectait une profonde sensibilité. 

BIOCK. IIMV. DES MUSICIENS. T. M. 



A l'aurore delà première révolution française, 
il s'éloigna de son pays, comme la i)lupart des 
personnes attachées à la cour, et servit quel- 
que temps dans le corps d'émigrés commandé 
par le prince de Coudé. Plus tard, madame de 
Genlis le trouva à Berlin, où il faisait im- 
primer de mauvais vers français (voyez Mé- 
moires de madame de Genlis^ t. V, p. 28). il 
avait publié précédemment un Dictionnaire 
de musique^ dans lequel on simplifie les ex- 
pressions et les définitions mathématiques 
et physiques qui ont rapport à cet art ; avec 
des remarques impartiales sur les poètes 
lyriques, les versificateurs , les compositeurs, 
acteurs, exécutants, etc.; Paris, Knapen, 
1787, in-S" de deux cent trente-deux pages. 
Rien de plus mal écrit, de plus absurde et de 
plus entaché d'ignorance que cette rapsodie, 
jugée avec autant de sévérité que de justesse 
par Framery, dans un article du Mercure de 
France (ann. 1788, n" 2G). On connaît aussi 
du chevalier de Meude-Monpas un écrit qui a 
pour titre : De l'influence de l'amour et de 
lu tnusiquesur les mœurs, avec des reflexions 
sur l'utilité que les gouvernements peuvent 
tirer de ces deux importantes passions; 
Berlin (sans date), in-8". 

3IEURSIUS (Jean), ou DE MEURS, sa- 
vant philologue et antiquaire, naquit en 1579, 
à Loosduin, près de La Haye, en Hollande. Il fit 
ses études à l'université de Leyde, et ses progrès 
furent si rapides, qu'à l'âge de douze ans, il 
composait des harangues latines et faisait des 
vers grecs. Après qu'il eut achevé seSétudeSj 
le grand pensionnaire dellollande, Barnevell, 
lui confia l'éducation de ses fils et le chargea 
de les accompagner dans leurs voyages. Arrivé 
à Orléans, Meursius s'y fit recevoir docteur en 
droit en 1608. De retour dans son pays, il fut 
nommé professeur d'histoire et de littérature 
grecque à l'université de Leyde. Plus tard, le 
loi cfe Danemark lui confia la place de pro- 
fesseur de droit public et d'iiistoire , à Sora, 
où Meursius mourut de la pierre, le 20 sep- 
tembre 1659, à l'âge de soixante ans. Ce sa- 
vant est le premier qui a publié le texte grec 
des traités sur la musique d'Aristoxène, <lc 
Nichomaque et d'Alypius, d'après un manu- 
scrit de la bibliothèque de Leyde dont Meibom 
s'est servi plus tard. Le volume qui renferme 
ces trois traités a pour titre : Aristoxenus, 
Nichomachus, Alypius , auctores musices 
antiquissimi, haclenus non edili. Joannes 
Meursius nunc prinius vulgavit , et notas 
addidit. Lugduni Batavorum, Lud. Elze- 
viro, IGIO, in-4" de cent quatre-vingl-sei2e 

8 



114 



MEURS lus — MEYER 



pages. Gerber, induit en erreur par "Wallher, 
a cru que chacun des traités forme un volume 
séparé : il a été copié par Choron et Fayolle. 
Le manuscrit dont Meursius s'est servi pour 
son édition renfermait beaucoup de fautes, et 
le traité d'Aristoxène particulièrement y était 
en désordre comme dans tous les autres ma- 
nuscrits ; lui-même le déclare en ces mots : De- 
scripsiexcodiceBibliothecsnostrxLïtgduno 
Batavx illo satis certè corrupto, et tnutilo 
etiam loco non uno., etc. ; mais il a cherché 
à corriger ces fautes et à expliquer les endroits 
obscurs dans des notes qui s'étendent depuis 
la page 127 jusqu'à 195. Il y propose des cor- 
rections, dont quelques-unes sont plus hasar- 
dées qu'utiles. Ce qu'il a publié d'Alypius ne 
peut être d'aucune utilité, car n'ayant point à 
sa disposition des caractères de musique 
grecque pour faire imprimer les signes, il les 
a tous supprimés, et n'en a conservé que la 
description. On a réimprimé le travail de 
Meursius avec le texte grec et la version latine 
de Meibom, dans les oeuvres complètes du 
même Meursius publiées par L. Lami, Flo- 
rence, 1741-1763, douze volumes in-lolio. On 
a aussi de ce savant un traité des danses 
grecques et romaines intitulé : Orchestra, 
sive de saltationibus veterum; Lcyde, 1G18, 
in-4». Ce traité a été réimprimé dans le 
huitième volume du Trésor des antiquités 
grecques de Gronovius (fol. 1-lC). 

MEURSIUS (Jean), fils du précédent, né 
à Leyde en 1613, accompagna son père à 
Sora, et y mourut en 1655, à l'âge de qua- 
rante ans. Au nombre de ses ouvrages, on en 
trouve un intitulé : Collectanea de Tibiis ve- 
terum; Sora, 1641, in-S". Cet opuscule ne 
consiste qu'en une coileclion incomplète cie 
passages des auteurs grecs et latins relatifs 
aux flûtes des anciens. Gronovius a inséré ce 
morceau dans son Thésaurus antiq. Grwca- 
rum, t. VIII, p. 2453. On le trouve aussi dans 
le Trésor des antiquités sacrées d'Ugolini, 
t. XXXII, p. 845. 

MEUSCIIEL (Jear), fabricant de trom- 
bones à Nuremberg, vers 1520, s'est acquis «le 
la célébrité par la bonté de ses instrumenls, 
qu'on appelait alors saquebutes en France;, cl 
busaun (posaune) en Allemagne. Le p;ipe 
Léon X l'appela à Rome, lui fit l'aire plusieurs 
trombones en argent pour des fêles musicales, 
et le récompensa magnihquemcnl. Meuschel 
mourut à Nuremberg, en 1553. 

fllEUSEL (Jean Georges), docteur en phi- 
losophie, naquit àEyrichshof, le 17 mars 1743, 
fut d'abord professeur à Erfurt, puis à £r- 



langen, et conseiller de cour à Quedlinbourg. 
Il est mort à Erlangen, le 19 septembre 1820. 
On trouve des renseignements sur la musique 
et sur les artistes dans les ouvrages suivants 
qu'il a publiés : 1" Deutsches Kiinstlcr-Lexi- 
kon , oder P'erzeichniss der jetztlebendeu 
A'Mnsr/er(Dictionnaire des artistes allemands, 
ou catalogue de tous les arlisles vivants, elc); 
Lemgo , 1778-1789 , deux volumes in-S". 
Deuxième édition, 1808-1809, avec un troi- 
sième volume publié en 1814, servant de sup- 
plément aux deux éditions. On y trouve des 
notices sur quelques-uns des principaux mu- 
siciens de r.\llemagne, et sur divers objets de 
la musique. 2° Miscellaneen arlistischen In- 
hults (Mélanges concernant les arts); ErfurI, 
1779-1787, trente cahiers formant cinq vo- 
lumes in-8''. DifTérenles notices sur des musi- 
ciens s'y trouvent aussi, ô" Deutsches lihisenm 
fur Kimstler und Kiinstliebhaber (Muséum 
allemand pour les arlisles et les amateurs); 
Manheim, 1787-1792, dix-buit cahiers for- 
mant trois volume» in-8". Suite de l'ouvrage 
précédent, continuée dans le A'oui'eauJ/Hseu»)» 
(1793-1794), quatre cahiers en un volume 
in-S"; dans ]es Nouveaux mélanges (Leip- 
sick, 1795-1803, quatorze cahiers in 8°); en- 
fin, dans les Archives pour les artistes et les 
amateurs (Dresde, 1803-1808, huil cahiers en 
deux volumes in^"). 

MEUSx^IEU DE QUERLOIV (Antoine- 
Gabriel), f oye: (^UEKLOili'. 

ME VES (Auguste), professeur de piano et 
compositeur, né à Londres, en 1785, est fils 
d'un peintre en miniature qui, par son talent 
distingué cl son économie, acciuit une foitune 
honorable. Encouragé jiar Hummel,(iui l'avait 
entendu jouer du piano, le jeune .Meves fil des 
progrès remarquables. Il se livra d'abord à 
renseignement, à Edimbourg ; mais après la 
mort de son père, ilacessédedounerdesle(,-ons. 
On a publié de sa composition, à Londres : 
1° Sonate pour piano seul. 2" Rondo brillant 
idem. 3"Airallemand varié. 4"Deuxduos pour 
piano et harpe. 5» Marche de lu flûte e/(- 
c/ian(ée7variée.6°Divertissementdramati(|ue. 

Un violoniste nommé MEVES (W.) était à 
Leipsick, vers 1840, et y a publié des vaiia- 
lions i>our deux violons avec orchestre, 
oj). 11 ; Leipsick, Kislner. 

MEVEU (Grécoiuk), organiste à Soleure 
(Suisse),versl530,est cité par Glaréan, dans sou 
Dodeeachordon (p. 354), comme auteur d'un 
canon à la quinte inférieure. Celauleurrapporte 
encore d'aulies morceaux de cet organiste, 
p. 280, 290, 302, 504, 312, 338, 540 et 434. 



RIEYER 



11' 



I^IEYEIV ou MEIER (JnAw), bon Tnclcur 
(l'oiiiiics allemand, vticut dans la iiremicre 
moitié du dix-septième siècle. Ses principaux 
ouvrages sont : 1<» L'orgue de l'église princi- 
l)alc de Francforl-sur-le-Mein. 2" La répara- 
lion complète de l'orgue de l'église cathédrale 
d'Ulm, en 1G30. 

MEYER (PiEnnr.), musicien allemand, né 
à Hambourg, vers 1705, suivant Moller {Cim- 
bria Uterala, t. I, fol. 402), fut musicien de 
ville dans le lieu de sa naissance. Il parait 
s'en cire éloigné vers 1C55, pour se fixer en 
Iloliaiide. Il était à Amsterdam, en IGoG. 
On cite de sa composition : 1» Der Edlen 
Baphiiis aus Cimbrien Besungene Flora- 
bella, oder 50 icellliche Lieder, mit neuen 
Jflelodien; Hambourg, 1G5I. I! y a une se- 
conde édition de cet ouvrage, publiée dans 
la même ville, en 1G66, in-8«. 2» Phi- 
lippi a Z osen Dichterischen Jugendund Lie- 
besflammen mit Melodien ; ibid. , 1G51. 
ô" Clirislliche Musicalische Klag-und Trost- 
Spriiche vcn 5 und 4 Stimmen und einem 
B. C. (Maximes chrétiennes et musicales de 
complainte et de consolation à trois ou quatre 
voix, avec basse continue) ; Hambourg, 1G53, 
in -4". 4° Geistlichcn Seelenlust, oder JFech- 
selgesangen zwischen dem himmlischen 
Braiitigen und seiner Braut; Amstelodami, 
1G57, in-12. 5° Danses françaises et anglaises 
ou airs de ballets en duos pour viole et basse, 
basse de viole ou autres instruments j Am- 
sterdam, IGGO. 

MEYER (Bernaud), organiste et musicien 
de chambre à Zerbst, dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle, est cité avec éloge par 
Prinz, dans son Histoire de la musique 
(cap. 12, § 83). Gerber possédait de cet ar- 
tiste, en manuscrit : \° Kurzer Unterricht, 
tcie man den Generalbass trakliren soll 
(Courte instruction sur la manière de traiter 
la basse continue). 2° Différents morceaux 
pour l'orgue dans un recueil manuscrit daté 
de 1G7Ô. 

MEYER (Riipert-Icnace) , né à Scbrer- 
ding, en 1G48, fut d'abord attaché à la mu- 
sique de l'évéque de Freysing, puis entra au 
service du prince-évêque d'Eichsladl, d'où il 
passa dans la chapelle électorale, à Munich, en 
qualité de violoniste, et, enfin, retourna à 
Frising, comme maître de chapelle. Il a fait 
imprimer de sa composition : 1° Palestra 
musicx, consistant en treize sonates à deux, 
trois et (jualre parties, suivies d'une com- 
|)laintc à cinq voix; Augsbourg,1674.2''iP5a/• 
niodia brevis ad vesperas totius anni. 



3» XXV offerloria domînîcaUa, on motets à 
quatre et cinq voix concertantes, deux violons 
et trois saquebiites ; Augsbourg , 1704. 
4» Psaumes à trois, quatre, cinq et six voix; 
ibid.,\7QG. 

MEYER (Joacuim), né à Perleberg, dans 
le Brandebourg, le 10 août IGGI, fit ses 
études musicales au collège de Brunswick, oit 
il remplit, pendant trois ans, les fonctions de 
directeur du chœur, continua ensuite ses 
études à Marbourg, et, ai)rès un voyage qu'il 
fit en Allemagne et en France, comme pré- 
cepteur de deux gentilshommes, obtint la 
place de cantor au Gymnase de Gœltingue, 
en 1G8G, y fut nommé professeur de musique 
en 1G95, et, enfin, eut, en 1717, les titres de 
docteur en droit et de professeur d'histoire et 
de géographie au môme gymnase. Plus tard, 
il se livra à la profession d'avocat; mais, en 
1729, il eut une attaque de paralysie, à la 
suite de laquelle il languit pendant deux ans, 
et mourut, le 2 avril 1732. L'usage des can- 
tates religieuses s'élant établi de son temps, 
il s'en déclara l'adversaire, les considérant 
comme peu convenables pour la majesté du 
culte divin, à cause de leur effet dramatique, 
et leur préférant l'ancienne forme des mo- 
tets. Il établit à cet égard son opinion dans 
l'écrit intitulé : Unvorgreifliche Gedanken 
iiber die neulich eingerissene theatralische 
Kirchenmusilc,und von don darinncn bishero 
iiblich gewordenen Canlaten mit ferglci- 
chung der Mnsik voriger Zeiten zur Verbes- 
serung der unsrigen vorgestellt (Pensées non 
prématurées sur la musique théâtrale intro- 
duite depuis peu dans l'église et sur les can- 
tates qui y sont devenues à la mode, avec une 
comparaison de la musique des temps précé- 
dents; écrites iioiir l'amélioration de celle de 
l'époque actuelle); Lemgo, 172G, soixante et 
dix pages in-8o. L'ouvrage est divisé en quatre 
chapilies. Mattheson (voyez ce nom) attaqua 
les opinions de Meyer avec sa rudesse ordi- 
naire, ilans un pamphlet intitulé : Der noue 
Gœltingische, aber viel schlechler, als die 
allen Lacedxmonischen, urtkeilende Epho- 
rus,elc. (le Nouvel ÉphoredeGoellingue, etc.). 
Meyerrépondil à son adversaire avec vivacité, 
par cet écrit, beaucoup plus étendu que le 
premier : Der anmassliche Hamburgische 
Criticus sine Crisi, enlgegengesetzt dem 
sogenannten Gœttingischen Ephoro Joli. 
Maltkesons, und dessen vermeijntlicher Be- 
lehrungs-Ungrund in Fertheidigung der 
thealralischen Airchenmusik gewiesen (le 
Criliiiue prétonlieux de ILimbourg sans au- 



116 



MEYER 



lorité , opposé à VEphore de Gœltinçjuc , 
I)nr Jean MaUlicson, elc); Lemgo, 172G, 
cent quatre vinjjls pages in-8». Fulirmann prit 
la dt-rcnse de Mallheson dans un pamphlet 
anssi dur que mal écrit, dont le litre fort long 
commence par ces mots : Gercchle If'ag- 
schal, darin TU. Ihrrn Joachim Mcyeis, 
J. U. doctoris, etc., sogenannte anmassUch 
Hamburgischcr Criticus sine Crisi,elc. (la 
IJalance impartiale, dans laciuclle le Critique 
prétenlieux de Hambourg, elc, et le nouvel 
Éphore de Gœttingue, du maîlie de chapelle 
J. Matlhcson, sont exactement pesés, elc.) j 
Ailona, 1728, in-S" de quarante-huit pages. 
Une réplique anonyme, attribuée à Meyer, 
termina la discussion ; elle a pour titre : Der 
abgewurdigte JFagemeister, oder der fœhch- 
lich genannten gerechlen JFagschale eûtes 
verkapten, etc. (le Commissionnaire déprécié, 
ou l'injustice et la tromperie reconnues de la 
balance faussement appelée impartiale, etc.), 
sans nom de lieu, 1729, in-8» de soixante et 
une pages. Il y a dans tout cela beaucoup plus 
d'injures et de divagations que de bons rai- 
sonnements. Au fond, Meyer avait raison : le 
style dramatique des cantates d'église était 
moins convenable i>our le culte que les formes 
graves des anciens motels. 

MEYER (Jean), maître dechapelle et orga- 
niste à Anspach, au commencement du dix- 
huitième siècle, fut élève de Bumler, puis 
voyagea en Italie et y étudia la composition. 
Il y brilla aussi comme chanteur sur plusieurs 
théâtres. Il a laissé en manuscrit plusieurs 
oratorios, concerlos et symi)lionies. 

MEYER (Sibrand) ; on a sous ce nom une 
dissertation intilulée : Gedanken von den 
sogcuanntenJFcnnder-IIorn des GrafcnOllo 
crssten von Oldenburg (Pensées sur le cor ap- 
pelé merveilleux du comte Olhon l" d'Olden- 
hourg); Brème, 1757, in 8°. 

MEYER (PiiiLiprE-JAC^jUEs), professeur de 
harpe, naquit à Strasbourg, en 1737. Destiné 
à l'état ecclésiastique dans la religion pro- 
testante, il étudia la théologie dans sa jeu- 
nesse, mais les leçons de musique qu'il recevait 
de l'organiste avaient pour lui plus d'attrait 
que les cours de l'uuivcr.silé. A vingt ans, il 
trouva |iar hasard une vieille harpe allemande 
sans pédale, el se livra à l'étude de cet insti u- 
ment avec tant de persévérance, <|u'il paivint 
bientôt à un degré d'habileté peu commun à 
celte épocpie. Ses succès comme virtuose le 
décidèrent à quitter ses éliules tliéologitiucs, 
l>our ne s'occuper que de la musit|iu'. Il se 
rendit à Paris. On n'y connaissait point alors 



la harpe à pédales; les trois premières furent 
indiquées à un fadeur par Meyer, qui s'en 
servit pour jouer dans les tons de fa, d'ut et 
de sol, les seuls qui fussent en usage pour la 
harpe. Après avoir publié sa Méthode pour 
cet instrument et ([uclques sonates, Mayer re- 
tourna à Strasbourg, où il se maria, puis re- 
vint à Paris; mais pendant son absence, de 
nouveaux barpisles plus habiles que lui 
s'étaient fixés dans cette ville; il comprit que 
la lulle ne lui serait pas avantageuse, et il 
partit pour Londres, en 1780. Les succès qu'il 
y obtint l'engagèrent à s'y établir avec sa 
famille, et.il s'y fixa définitivement quatre 
ans après. Depuis lors, il s'est livré à l'en- 
seignement et à la composition. Il, est mort 
en 1819, à l'âge de quatre-vingt-deux ans, 
laissant deux fils harpistes et professeurs de 
harpe comme lui. On connaît de cet artiste ; 
1° Méthode sur la vraie manière de jouer de 
la harpe, avec les règles pour l'accorder; 
Paris, Janet et Colelle. 2" Sonalcs {)0ur la 
harpe, op. 1,2, 3; Paris, Bailleux; Londres, 
Bioderip. o" Deux grandes sonates pour harpe 
el vio.oii; ibid.A" Six fugues pour harpe seule; 
ibid. 5" Six canzonetles avec accompagne- 
ment pour la petite harpe; Londres. 

MEYER (P.), nis du précédent, né à Stras- 
bourg, fut d'abord élève de son père, puis re- 
çut des leçons de madame Krum|)bolz, el fut 
longtemps établi à Londres comme professeur. 
Il y est mort en 1841. Il a publié des airs 
variés pour la harpe ; Londres, Cieuionli. 

MEYER (FnÉDÉnic-CiiARLEs), second fils 
de Philippe-Jacques, fut aussi profcss;!!:- de, 
har|)e à Londres. Il a publié: 1" Trois (l'uvics 
<le sonates pour la harpe; Londres, Clemenli. 
2" Doux diverlisscmenls idem; ibid. 3" Inlio- 
iliiclion cl solos idem ;ih'ni. 4''Fantaisie idem; 
ibid. 

MEYER (Jean-IIemii-Ciirétien), licule- 
nant au régiment hanovricn de Saxe-Golha, 
né à Hanovre, le 18 mai 1741, mourut à Girl- 
lingue, le 16 novembre 1783. Il a publié des 
Lettres stir la Russie (Girltingue, 1779, <leiix 
volumes in-8") , oii l'on trouve des rensei- 
gnements sur la situation de la musique dans 
ce pays. 

flIEYER (CiiAnLES-IlE>Bi), chef du corps 
de musique des Montagnes, à Clauslhal, est 
né àNordhausen, dans la Tliuringe, en 1772. 
Élève de Willing, célèbre tromboniste el vir- 
tuose sur divers instruments, il fit plusieurs 
voyages, puis fut quelque temps attaché au 
corps de musique de la ville de Nordhausen. 
En 1800, il obtint la place de chef du 



MKYCR 



117 



corps de musique des Monlagnes pour lequel 
il a composé beaucoup de morceaux de difTé- 
veu(s genres. Dans les dernières années de 
rexercice de son emploi, il a été atteint 
«l'une surdité comi)lète qui l'a obligé à solli- 
citer sa retraite; elle lui a été accordée, avec 
ïine pension, en 1830. Les principaux ou- 
vrages de cet ailisle sont : 1" Fantaisie con- 
cerlanle pour flùle, clarinette, cor, basson et 
orchestre, op. 20 j Leipsick, Hormeister. 
2" Jotirnal d'harmonie, op. 15, liv. letll; 
ibid. 3° Plusieurs autres recueils d'harmonie ; 
Leipsick, Petei-s. 4" Environ vingt recueils de 
danses pour l'orchestre. 5» Beaucoup de con- 
certinoset morceaux détachés pour clarinette, 
cor ou trombone. G" Des fantaisies et airs va- 
l'iés pour piano. 

MEYEll (Louis), violoniste et pianiste, né 
le G octobre 1816, à Gross-Schwechten, près 
(lu Stendal, dans la Vieille-Marche, n'était 
dgé que dlxneutans lorsqu'il s'établit à Mag- 
«ieboiirg, en 1835, comme professeur de mu- 
sique. Depuis lors, il ne s'est pas éloigné de 
cette ville. Il a publié de sa comi)osition quel- 
<|ues morceaux pour le violon, et quatre trios 
faciles pour itiano, violon et violoncelle, à 
l'usage des élèves. lia en manuscrit quelques 
compositions pour rorchestre, des Lieder, à 
voix seule avec piano, et des chants pour 
<lii3lre voix d'hommes. 

MEYEÏl (LÉOPOLD DE), virtuose pianiste, 
Tils d'un conseiller de remi)ire d'Autriche, est 
né à Vienne, en 18lè. Il était âgé de dix-sept 
ans lorsqu'il perdit son père, au moment où il 
venait de terminer ses études de collège : il 
prit alors la résolution de se livrer à la cul- 
ture de la musique. Son premier maître de 
piano fut François Schubert, qui lui donna 
des leçons pendant deux ans; puis il devint 
élève de Charles Czerny, et enfin passa 
pendant quelques mois sous la direction de 
Fischhof. La méthode c]assi(|ue cl patienle de 
ces maîtres n'avait pas d'atlraU pour Léopold 
tie Meyer, dont le caractère excentrique ne se 
plaisait qu'aux tours de force sur le clavier. 
Tl se décida, toulàcoup, à n'avoir plus d'autre 
guide que son inslincl, <;l à se faire une ma- 
nière dont le but était de causer plus d'élon- 
nement que de plaisir. X. Tàge <le vingt ans, 
il se rendit h Bucharesl près de son frère aine; 
mais il quitta bientôt celte ville pour aller à 
Jassy, où il donna deux concerts avec succès; 
puis il se rendit à Odessa. La protection du 
prince Nicolas Galilzin et de la comtesse "NVo- 
ronzow, femme du gouverneur général de la 
Pciiie Russie, l'arrêta dans celle ville pendant 



trois mois. Il y brilla dans un concert donné 
au bénéfice des pauvres, sous le patronage de 
la comtesse. A la suite de ce concert, le géné- 
ral en chef de la cavalerie russe, comie de 
Witte, lui proi)osa de raccompagner à Péters- 
bourg, ce qui fut accepté avec empressement 
par l'artiste. Protégé par la noblesse de cette 
grande ville, il donna, au théâtre impérial, un 
concert dont le produit fut de 13,000 roubles. 
Il joua aussi plusieurs fois à la coup et reçut 
de beaux cadeaux de la famille impériale. 
Après avoir visité Moscou, il parcourut quel- 
ques provinces de la Russie, d'où il passa dans 
la Valachie, puis à Constantinople. Accueilli 
avec faveur par l'ambassadeur d'Angleterre, 
sir Strafford Canning, il fut logé dans son 
palais et y passa plusieurs mois, pendant les- 
quels il fut admis à jouer chez la sultane 
Validé, mère du Grand-Seigneur. Au commen- 
cement de 1844, Léopold de Meyer retourna 
à Vienne et y donna sept concerts, à la suile 
desquels il fut nommé membre du Conserva- 
toire de cette ville. Au mois d'octobre de la 
même année, il partit pour Paris et s'arrêta 
quelque temps à Francfort pour y donner des 
concerts. Arrivé dans la capitale de la France, 
il y étonna par sa fongueuse exécution, mais 
il eut peu de succès dans l'opinion des artistes 
et des connaisseurs. A Londres, il réussit 
mieux ; mais il n''y resta que deux mois, parce 
que la saison était avancée lorsqu'il y arriva. 
Dans l'automne de 1843, il s'arrêta à Bruxelles 
et y donna plusieurs concerts. En 184G, il 
visita Alger et l'Egypte. Dans l'année sui- 
vanle, il était à la Nouvelle-Orléans; puis il 
visita la plupart des villes des Étals-Unis, et 
donna des concerts à New- York, Boston, Phi- 
ladelphie, Washington et Baltimore. De retour 
en Europe, vers le mois de juin 1847, il se 
dirigea vers l'Allemagne et vécut quelque 
temps à Vienne. En 1836, il fit un nouveau 
voyage en Belgique et à Paris, mais il y fut 
jieu remarqué. Léopold de Meyer a des doigts 
fort brillants, mais il tire un mauvais son de 
l'instrument, et l'on reproche avec justesse à 
son exécution de manquer de goût et <le 
chaime. Étranger à la musique classique, il ne 
connaît guère que ses propres œuvres, si cela 
petit s'appeler des œuvres. Dans le catalogue 
de ces productions, on voit une Marche maro- 
caine, qni a eu eu beaucoupde retentissement, 
un Jir guerrier des Turcs, nn Air national 
des Turcs, la Marche triomphale d'Ishj, une 
Élude de bataille, une Fantaisie orientale 
sur des airs arabes, la Danse du Sérail, une 
I Tanluisie sur des airs russes, des Airs 



i\S 



MRYER — MEYERBEER 



russes variés, une Fantaisie sur itn air bo- 
hémien, une Grande fantaisie sur des airs 
américains, des f'arialions sur le Carnaval 
de Fenise, etc. 

MEYEll DE RI\0]>OW (Cii\niES-A:N- 
DRÉ), facteur d'instnimenls, naquit à Schnell- 
furthel, dans la haute Lusace^ le 50 octobre 
1744. En 1759, il alla à Leipsick pour y suivre 
les cours de l'université, et après y avoir passé 
trois années il revint chez son père, en 170)2. 
Deux ans après, il s'établit à Rothenbourg, où 
il cultiva les sciences et la musique. En 1785, 
il vendit ses biens et alla se fixer à Gœrlitz, on 
il se livra entièrement à la facture des instru- 
ments, particulièrement des harpes éoliennes 
et des harmonicas. Ses recherches le condui- 
sirent à faire, en 1794, un piano à archet dont 
on trouve la description dans la Feuille men- 
suelle de la Lusace (1795), avec une figure de 
l'instrument. Deux ans après, Meyer inventa 
un nouvel instrument du geure de l'Euphone 
de Chiadni, auquel il donna le nom (V/lar- 
monikon. 11 est mort à Gœrlitz, le 14 jan- 
vier 1797. 

MEYERBEER (GtACOMo), compositeur de 
musique dramatique et chef d'une école nou- 
velle, est né à Berlin, le 5 septembre 1794 (1), 
d'une famille riche et honorable dont plu- 
sieurs membres ont cultivé les sciences et les 
arts avec succès. Guillaume Béer, second frère 
de l'artiste qui est l'objet de cette notice, est 
compté parmi les bons astronomes de l'Alle- 
magne, et s'est fait connaître au monde savant 
par une carte de la lune, qui a obtenu le prix 
d'astronomie à l'Académie des sciences de 
Berlin. Michel Béer, autre frère du célèbre 
compositeur, moit à la fleur <le l'âge, était 
considéré comme un des jeunes poètes alle- 
mands dont le talent donnait les plus légi- 
times espérances. Sa tragédie du Paria et son 
drame de Struensée ont eu du retentissement 
dans sa pairie. 

Dès l'âge de quatre ans, l'intelligence musi- 
cale de Meycrbeer se maniTeslait déjà par des 
signes non é(|uivoques : saisissant les mélo- 
dies des orgues ambulantes, il les transpor- 
tait sur le piano et les accompagnait harmo- 
nieusement de la main gauche. Étonné de 
voir de si heureuses dispositions dans un 

(!) I.a GaxeUe générait de musique de Leipzig (38° an- 
née, pnge 876) cl le Dictionnaire de la Conversation, 
suivis p.ir Srliillln;;, (lassncretd'autros, ont fixe ("année 
de In naissance de Slcjerbcer en 1791 ; celle erreur pro- 
»ieiil de ce que, dans le compte rendu d'un concert 
donné ù Derlin, le 14 oclobrc 1800, où Mcycrbrcr avait 
fail ailniircr son lialiili'lé sur le piano, on le ilil âgé de 
neuf ans, quuii|u'il ne tiil que dans sa seplicnic année. 



enfant de cet âge, son père résolut de ne 
rien négliger pour en hâter le développe- 
ment. Lauska, élève de Clementi et pianiste 
distingué, fut le premier maître auquel il le 
confia. Aux principes rationnels de mécanisme, 
puisés dans l'école de son illustre piofesseuf, 
Lauska unissait l'art de bien enseigner. Ce fui 
vers celle é|)oque qu'un ami intime de la fa- 
mille Béer, nommé Mexjer, et qui avait vouéà 
cet enfant une afTection toute paternelle, lui 
laissa par testament une fortune considérable, 
sous la condition qu'au nom de Béer il ajou- 
terait celui de Meyer, d'où est venu le nom de 
Meyerbeer. Déjà, la Gazette générale de mu- 
sique^ de Leipsick, rendant compte d'un con- 
cert donné à Berlin, le 14 octobre 1800, où le 
jeune artiste s'était fait entendre pour la pre- 
mière fois en public avec un succès exlraordi- 
naire, avant d'avoir accompli sa septième 
année, l'appela de ce nom. Les renseigne- 
ments recueillis sur les lieux par l'auicur de 
cette notice prouvent que les progrès de col 
enfant avaient été si rapides, qu'à l'âge de six 
ans il étonnait déjà les professeurs, et que 
dans sa neuvième année il était comjjlé parmi 
les pianistes les plus habiles de Berlin. La 
même Gazette musicale dit, dans l'analyse de 
deux concerts donnés au théâtre de cette ville, 
le 17 novembre 1803 et le 2 janvier 1804, 
que Meyerbeer y avait fait preuve d'une habi- 
leté et d'une élégance de style remarquables. 
L'abbé Vogler, organiste et théoricien alors 
fort renommé en Allemagne, l'entendit à cette 
époque. Frappé de l'originalité qu'il remar- 
quait dans les improvisations de l'enfant, il 
prédit qu'il ser.iit un grand musicien. Plus 
tard, Clémenli visita Berlin, et l'exécution de 
Meyerbeer lui inspira tant d'intérêt que, 
malgré son aversion plus prononcée chaque 
jour pour l'enseignement, il lui donna des 
leçons pendant toute la durée de son séjour 
dans la cni)itale de la Prusse. 

A peine âgé <le douze ans, et quoiqu'il n'eût 
jamais reçu de leçons d'h.irmonic, Meyerbeer 
avait déj.i, sans autre guide f|iie son instincl, 
composé beaucoup de morceaux de chant et 
de piano. Des amis éclairés y reconnurent le 
germe d'un beau lalcul, et décidèrent ses pa- 
rents à lui (lonncr un maître de composition. 
Celui qu'on choisit fut Bernard-Anselme We- 
ber, élève ile Vogler et chef d'orchestre de 
l'Opéra de Berlin. Admirateur enthousiaste do 
Gluck, passionné ))our la bnlle déclamation 
musicale de ce grand artiste, fort expert d'ail- 
leurs en matière de style dramatique, Weber 
pouvait donner d'utiles conseils à son tliNC 



MEYEr.BEKR 



419 



snr la coupe des moi-ceaux, sur rinsdiimcii- 
l;ilion et sur les applications eslliéliqiies de 
l'ail d'écrire; mais faible liarmonisle et man- 
quant d'instruction dans la didactique des 
divers genres du contrepoint et de la fugue, il 
lui était impossible de le guider dans ces 
éludes (litTiciies. Pendant quebiue temps, 
nieyerbecr fit, un peu à l'aventure, des efTorls 
pour s'instruire. Un jour, il porta une fugue à 
son maître : émerveillé de ce morceau, Weber 
le proclama un chef-d'œuvre, et s'empressa de 
l'envoyer à l'abbé Vogler, afin de lui prouver 
qu'il pouvait aussi former de savants élèves. 
La réponse se fit longtemps attendre; enfin 
arriva un volumineux paquet qui fui ouvert 
avec empressement. surprise douloureuse! 
an lieu des éloges qu'on espérait, on y trouva 
une sorte de traité pratique de la fugue, écrit 
de la main de Vogler et divisé en trois parties. 
Dans !a première, les règles pour la formation 
de ce genre de morceaux de musique étaient 
cxiiosées d'une manière succincte. La seconde 
partie, intitulée la Fugue de relève, contenait 
celle de Meyerbeer, analysée dans tout son 
développement : le résultat de l'examen prou- 
vait qu'elle n'était pas bonne. La troisième 
partie, qui avait pour titre : la Fugue du 
maître, était celle que Vogler avait écrite sur 
le thème et les contre-sujets de Meyerbeer. 
Elle était aussi analysée de mesure en mesure, 
cl le maître y rendait compte des motifs qui 
lui avaient fail adopter telle forme et non telle 
autre (1). 

Weber était confondu ; mais pour Meyerbeer 
la critique de Vogler fut un trait de lumière. 
Après la lecture des deux analyses compara- 
tives, un bandeau lui tomba des yeux. Tout 
ce qui, dans l'enseignement de Weber, lui 
avait paru obscur, inintelligible, lui devint 
clair et presque facile. Plein d'enthousiasme, 
il se mita écrire une fugue à huit parties, 
d'après les principes de l'abbé Togler, et la 
lui envoya directement. Ce nouvel essai ne 
fui plus accueilli de la même manière parle 
maître. « Il y a jiour vous un bel avenir dans 
» l'art, écrivait il à Meyerbeer. Venez près de 
« moi; rendez-vous à Darmstadl; je vous 
>t recevrai comme un fils, et je vous ferai 

(1) Ce travail a <ilé imprime après l:i mort de Vogler, 
S"us c«! titre : System j'iir den Fugenbaa, ats Einleilung 
2iir liarmoHischen Ge!ianij-\erbvidat«js Lc/ire (Sjsléme 
(11- la conblruclion de la fugue, comme inlroducdon à la 
Science du chant liarnioni(|ue conccrlc). Oircnbacli, 
André, in-8» de 7b p;it;cs de texte avec 3j pages de mu- 
sii|ue. Slulhcurcusement Panaljse du maitrc manque 
souiciil de justesse, cl sa propre fugue n'est pas des 
nieill<.uics. 



» puiser à la source des connaissances musi- 
» cales, n 

Après une invitation si flatteuse et si for- 
melle, le jeune musicien n'eut plus de repos 
qu'il n'eût obtenu de ses parents la permission 
d'en profiter; enfin, il fut au comble de ses 
vœux. Il avait quinze ans lorsqu'il devint 
élève de l'abbé Vogler. Ce maître, qui jouis- 
sait alors de la réputatton du plus profond 
musicien de l'Allemagne, avait fondé une 
école de composition oii s'étaient formés autre- 
fois des artistes de mérite, parmi lesquels on 
remarquait Winter, Riller, Knecht et plu- 
sieurs autres. Dans la nouvelle école établie à 
Darmstadt, Gansbacher, qui fut plus lard 
maître de chapelle de l'église Saint-Éiienne, 
à Vienne, était le condisciple de Meyerbeer. 
Incessamment occupés d'études sérieuses, les 
élèves de Vogler avaient chez lui une exis- 
tence tout artistique et scientifique. Après sa 
messe, le maître les réunissait et leur donnait 
une leçon orale de contrepoint; puis il les 
occupait de la composition de quelque mor- 
ceau de musique d'église sur un thème donné, 
et terminait la journée par l'examen et l'ana- 
lyse de ce que chacun d'eux avait écrit. Quel- 
quefois Vogler allait à l'église principale, où 
il y avait deux orgues. Là, ils improvisaient 
ensemble, sur les deux instruments, chacun 
prenant à son tour le sujet de fugue donné, et 
le développant. C'est ainsi que se fit pendant 
deux ans l'éducation technique de l'auteur de 
Robert le Diable. Au boutde ce temps, Vogler 
ferma son école et se mit en route avec ses 
élèves pour visiter les villes principales de 
l'Allemagne, puisant dans ce qu'ils enten- 
daient des sujets d'entretien et de leçons. 
Avant de quitter Darmstadt, Meyerbeer, alors 
âgé de dix-sept ans, fut nommé compositeur 
de la cour. Le grand-duc lui accorda cette 
distinction après avoir entendu un oratorio 
(Dieu et la nature) que le jeune artiste venait 
d'achever, et <iui fut exécuté à Berlin, le 
8 mai 181 1, dans un concert donné par Weber, 
au Théâtre Royal. Les solos furent chantés 
l)ar Eunike, Grell et mademoiselle Schmalz. 
On trouve une analyse thématique de cet 
ouvrage dans la Gazette musicale de Leipsick 
(lô"^ année, p. 570), oii l'on voit que déjà 
Meyeibeer cherchait des formes nouvelles et 
des effets inconnus. Celle partition n'était pas 
la seule qu'il eùl écrite dans l'école de Vogler, 
car il avait composé beaucoup de musique 
religieuse (|u'il n'a pas fait connaître jusqu'à 
ce jour (18G2). 

Le temps de la production active était arrivé 



120 



MEYERDEER 



pour Meyerbeer. A dix-huit ans, il fit icpic- 
sen(er à Munich son premier ouvrage drama- 
tique, intitulé : la Fille de Jephté. Le sujet, 
développé en trois actes, était i)lutôt un 
oratorio qu'un opéra. Encore tout saturé des 
formes scolastiques, Meyerbeer avait mis peu 
de charme mélodique dans cette composition : 
elle ne réussit pas. Jusqu'alors il avait ohtenu 
de brillants succès comme pianiste et comme 
improvisateur; il résolut de se rendre à 
Vienne, la ville des pianistes, et de s'y faire 
connaître comme virtuose. Le soir même de 
son arrivée, il eut occasion d'entendre Hum- 
mel, alors dans tout l'éclat de son talent. Ce 
talent n'avait ni le caractère majestueux, ni 
réclat qui se faisaient lemarquer dans l'exé- 
cution de Clémenli et qui se reproduisaient 
avec plus de jeunesse et de feu dans le jeu de 
Bleyerbeer; mais c'était une émanation pure, 
claire et d'un charme inexprimable. Le jeune 
artiste comprit tout d'abord l'avantage 
qu'avait, à cet égard, sur lui l'école viennoise, 
et ne voulant pas être vaincu, il prit la réso- 
lution de ne se produire en public qu'après 
avoir réuni aux qualités propres de son talent, 
celles de ses rivaux. Pour atteindre le but 
qu'il se proposait, il s'enferma pendant dix 
mois, se livrant à de continuelles éludes sur 
l'art de lier le jeu harmoniquement et faisant 
subir à son doigter les modifications néces- 
saires. Après ces efforts, dont une conscience 
dévouée d'artiste était seule capable, Meyer- 
beer débuta dans le monde élégant et lit une 
impression si vive, que le souvenir s'en est 
longtemps conservé. Moschelès, qui l'entendit, 
m'a dit plusieurs fois que si ce grand artiste 
s'était posé alors uniquement comme virtuose, 
peu de pianistes agiraient pu lutter avec lui; 
noais déjà d'autres vues occui)aient son esprit. 
C'est ici le lieu de mentionner une idée bi- 
zarre qui tourmenta sa jeune léle à celte 
épo<juc (181Ô). Frappé du succès que l'origi- 
nalité de ses comi)Osilions et la nouveauté de 
ses traits brillants avaient obtenues, il se [)er- 
suada que les pianistes voulaient s'en em- 
parer, cl pour échappera ce danger imagi- 
naire, il se décida à retarder de (jucbiues 
années la publication de sa musii|ue de piano. 
Dans la suite, préoccupé de ses travaux pour 
le théâtre, il cessa de se faire entendre et même 
de jouer du piano, en sorte (ju'il finit par 
oublier la plus grande partie de sa musitpie 
instrumentale, dont il n'avait rien écrit, et 
que cette musi(iue fut perdue pour l'art. Ce- 
pendant il a dii écrire certains ouvrages dont 
les journaux ont parlé avec de grands éloges, 



et dont les manuscrits se retrouveront penl- 
êlre quelque jour; par exemple, des variations 
sur une marche originale, exécutées par 
l'auteur dans un concert donné à Leipsick, 
ainsi qu'une symi)honie concertante pour 
l)iano, violon et orchestre, composée par 
Meyerbeer, et exécutée par lui et le violoniste 
Weit, à Berlin, le 4 février 1813. 

Je viens de dire que Meyerbeer cessa de 
jouer du piano comme virtuose; mais il lui 
est resté de ses études sur cet instrument le 
talent le plus parlait d'accompagnateur que 
j'aie entendu. Je fus frappé de la beauté de ce 
talent dans les concerts de salon donnés par 
le roi de Prusse aux châteaux de BrUlil, de 
Stoizenfels et à Coblence, en 1845, pour la 
famille royale de Belgique et pour la reine 
d'Angleterre. En sa qualité de premier maître 
de chapelle, l'auteur des Huguenots avait or- 
ganisé ces concerts et y tenait le piano. Par 
les nuances fines, délicates et poétiques de s.'v 
manière d'accompagner, je compris alors la 
multiplicité des répétitions exigées par lui 
jiour la mise en scène de ses opéras. Je doute 
qu'il soit jamais complètement satisfait des 
chanteurs et de l'orchestre. 

L'éclat qu'avaient eu à Vienne les succès de 
Meyerbeer, comme pianiste et comme auteur 
de musique instrumentale, enfin, les beautés 
qu'on avait remarquées dans un monodramc 
avec chœurs, intitulé : les Amours de Thece- 
linde, lequel fut chanté par mademoiselle 
Ilarlas, à Vienne, en 1813, inspirèrent la 
pensée de lui confier la composition d'un 
opéra comique i)our le théâtre de la cour. Il 
était intitulé : Abimeleck, ou les deuxC'alifes. 
La musique italienne était seule en faveur 
alors près de M. de Metternich et des cour- 
tisans auxquels il donnait le ton; or, la par- 
tition iVAbimcleck était écrite d'un stylo 
absolument difTérenl, et dans un système 
assez semblable à celui de la Fille de Jephlé ; 
elle fut accueillie avec beaucoup de froideur, 
et le résultat de la représentation dut être 
considéré comme une chute. Salieri, qui avait 
l)our le jeune musicien une tendre affection, 
le consola de cet échec en lui donnant l'assu - 
ranc<; que, nonobstant la coupe vicieuse de 
ses chants, il ne manquait pas d'heureuses 
dispositions pour la mélodie, mais qu'il n'avait 
I)as assez étudié le mécanisme de la vocalisa- 
tion, et qu'il écrivait mal pour les chanteurs. 
Il lui conseilla d'aller en Italie s'inslruiio 
dans l'art de composer pour les voix, et lui 
prédit des succès quand il aurait appris cet 
ait dilTicilc. 



MEYERBELP. 



121 



Jusqu'alors la musique ilaliennc avait eu peu 
d'altrails pour Meyerheer. Il faut avouer (jue 
la plupart des opéras de Nicolini, de Fari- 
nelli, de Pavesi et de quelques autres, (|u'oa 
jouait alors aux Ihéàlres de Vienne et de Mu- 
nich, étaient peu faits |>our plaire à une 
oreille lial)ituée à l'harmonie allemande. Le 
jeune artiste ne comprenait donc pas bien la 
portée des conseils dcSalicri ; cependant, i)lein 
de confiance en ses lumières, il jiartit ])our Ve- 
nise, oii il arriva lorsque T'aHC^et/î, délicieuse 
production de la première manière de Rossini, 
jouissait du succès le plus brillant. Celle musi- 
que le transporta d'admiration, et le style ita- 
lien, qui lui inspirailauparavantuncinvincible 
répugnance, devint l'objet de sa prédilection. 
Dès ce moment, il fit subir à sa manière une 
complète transformation, et, après plusieurs 
années d'études sur l'art de donner de l'élé- 
i;ance et de la facilité aux formes mélodiques, 
sans nuire au sentiment d'une harmonie riche 
et puissante, il fit représenter à Padoue, en 
1818, liomilda e Costanza , opéra semi- 
seria, écrit pour la Pisaroni. Les Padouans 
(iicnt un brillant accueil à cet ouvrage, non- 
seulement à cause de la musique et du talent 
de la cantatrice, mais parce que Meyerbeer 
était considéré par eux comme un rejeton de 
leur école, en sa qualité d'élève de Vogler, (|ui 
l'avail été du P. Valotli, maître de chapelle 
de Saint-Antoine. Roinilda e Costanza fut 
suivi, en 1819, de la Semiramide riconos- 
citila, écrite à Turin pour l'excellente actrice 
Caroline lîassi.En 1820, Emma di Resburgo , 
autre partition de Meyerbeer, fut jouée à 
Venise et y obtint un succès d'enthousiasme, 
peu de mois après que Rossini y eut donné 
Eduardo e Crislina. Ce fut le premier pas 
remarquable de Meyerbeer dans une carrière 
qu'il devait parcourir avec tant de gloire. 
Son nom retentit bientôt avec honneur dans 
toute l'Italie : Emma fut jouée sur les 
théâtres principaux; on traduisit cet ouvrage 
en allemand, sous le Wire A'Emma Fort Lei- 
cester, et partout il fut considéré comme une 
des bonnes productions de l'école moderne. 

Cependant les opinions n'étaient pas toutes 
favorables, en Allemagne, au changement qui 
s'était opéré dans la manière de Meyerbeer. 
Ce n'était pas sans une sorte de dépit qu'on le 
voyait délaisser les traditions germaniques 
|)our celles d'une école étrangère. Cette dis- 
position des espnls, qui se manifesta (luebiue- 
l'ois par des paroles amères, augmenta à 
chaque nouveau succès de l'aulcui 'i'Einma. 
Charles-Marie de Weber, depuis longtemps 



sou ami, partagea ces préventions, et peut- 
être agirent-elles sur lui plus que sur tout 
autre. Il ne pouvait en être autrement, car 
Weher, artiste dont le talent puisait sa force 
principale dans une conception de l'art tout 
absolue, était moins disposé que qui que ce 
soit à l'éclectisme qui fait admettre comme 
également bonnes des déterminations opposées 
[lar leur objet. La hauteur de vues, qui con- 
duit à l'éclectisme, est, d'ailleurs, une des 
qualités les plus rares de l'esprit humain. J'ai 
vu presque toujours les génies capables des 
Iiliis belles inspirations se convertir en esprits 
étroits lorsqu'ils portaient des jugements sur 
les productions d'une école différente. On ne 
doit donc pas s'étonner de voir Weber con- 
damner la direction nouvelle oii Meyerbeer 
s'était engagé. Il ne comprenait pas la mu- 
sique italienne : on peut même dire qu'elle lui 
était antipathique, comme elle l'a été à Beet- 
hoven et à Mendeissohn. C'était donc une op- 
position de conviction qu'il faisait à la trans- 
formation du talent de Meyerbeer, et ce fut, 
en quelque sorte, pour protester contre les 
succès obtenus par son ancien ami dans sa 
voie nouvelle, qu'il fit représenter à Dresde, 
avec beaucoup de soin, sous le titre allemand 
TFirth und Gast (Hôte et Convive), l'oiiéra 
des Deux Califes, si froidement accueilli par 
les habitants de Vienne. Au reste, son amitié 
pour Meyerbeer ne se démentit jamais. On le 
voit heureux d'une visite qu'il en reçut, dans 
ces passages d'une lettre qu'il écrivait à Goll- 
fried Weber, leur ami commun : « Vendredi 
» dernier, j'ai eu la graiidejoie d'avoirMeyer- 
» béer tout un jour chez moi : les oreilles 
« doivent l'avoir tinté! C'était vraiment un 
w jour fortuné, une réminiscence de cet ex- 

i< cellenl tem|)s de Manheim Nous ne nous 

« sommes séparés que tard dans la nuit. 
« Meyerbeer va à Trieste pour mettre en 
« scène sonCrocialo. Il reviendra, avant un 
« an, à Berlin, où il écrira peiit-élre un opéra 
« allemand. Dieu le veuille ! J'ai fait maint 
« a[)pel à sa conscience. « 

Weber n'a pas assez vécu pour voir réaliser 
ses vœux : huit ans plus tard, il eût été com- 
jilétement heureux. Quoiqu'il eût déjà écrit 
de belles choses, et qu'il eut goûté le charme 
des succès de la scène, Meyerbeer était encore, 
en 1824, à la recherche de son individualité j 
circonstance dont il y a plus d'un exemple 
dans l'histoire des grands artistes, particuliè- 
rement dans celle de Gluck. Comme il était 
arrivé à ccl homme illustre, un éclair est - 
venu, tout à coup, illuminer Meycrncerj ctj 



122 



MEYERBEER 



comme Gluck, c'est à la scène française qu'il 
a trouvé l'aliment de son génie. Quoifiu'il 
désapprouvât la route que Meyerbeer avait 
prise, Weber connaissait bien la portée <ie 
son talent; car, lors(iu'il mourut, il ex|)iima 
le désir que ce fût son ami qui terminât un 
ojiéi'a qu'il laissait inachevé. 

Le succès A'' Emma di Resburgo avait ouvert 
à Meyeibeer l'accès des scènes principales de 
rilalie. parmi lesquelles le Ihéâlrede/a Scala, 
de Milan, est au premier rang. Il écrivit pour 
ce théâtre, en 1826, Margherila d'Jnjou, 
drame semi-sérieux de Romani, qui lut re- 
présenté le 14 novembie de la même année, 
et dont les rôles principaux furent chantés 
l»ar Tacchinardi, Levasseur et Rosa Mariani. 
Les préventions peu favorables qu'un artiste 
étranger inspire presque toujours aux Italiens 
cédèrent celle fois au mérite de la musique, et 
le succès fui complet. Une traduction fran- 
çaise de cet opéra a été faite plusieurs années 
après, pour le lhéâtrederOdéon,et a été jouée 
sur tous les tliéâtres de la France et de la Bel- 
gique. A Marguerite succéda l'Esule di Gra- 
nata, opéra sérieux de Romani, dont la pre- 
mière représentation eut lieu au même théâtre, 
le 12 mars 1822. Les rôles principaux fuient 
chantés par Adélaïde Tosi, madame Pisaroni, 
Caroline Bassi-Manna, Lablache et le lénor 
"Winler. Déjà le nom de Meyerbeer avait ac- 
()uis assez de retentissement pour que l'envie 
fut éveillée : elle essaya de faire expier à 
l'auteur d'Emma et de Marglierila d''A)>jou 
les applaudissements obtenus par ces ouvrages. 
L'Esule di Granala fut mis en scène avec 
beaucoup de lenteur, et ne pul être joué qu'aux 
tlerniers jours de la saison. La même influence 
<iui avait retardé l'apparition de l'ouvrage en 
prépara la chute par mille ressorts cachés. 
Tout semblait en effet la présager. Le premier 
acte échoua, et le second paraissait destiné au 
môme sort, quand un duo, chanté par Lablache 
cl la Pisaroni, enleva tout l'auditoire. Aux 
représentations suivantes, le triomphe ne fut 
pas un moment douteux. 

La saison terminée, Meyerbeer se rendit à 
Home pour y éciire Almunsor, opéra sérieux 
en deux actes, dont Romani avait écrit le 
libretto; mais |)endanl les répétitions, le 
maître l'ut atteint d'une maladie grave et ne 
put achever sa partition pour l'époque déter- 
minée. Il ne reti'ouva la santé qu'en allant 
passer l'année 1823 à Berlin cl aux eaux. 
Pendant ce temjis de repos, il écrivit l'opéra 
allemand intitulé : la Porte de Brandebourg. 
Il était destiné vraisemblablement au théâtre 



de Kœnigstadt, où l'on jouait habituellement 
ces sortes d'ouvrages; mais, par des motifs 
inconnus, cet opéra, auquel le compositeur 
attachait, sans doute, peu d'importance, ne 
fut pas repiésenté. Ici finit ce (|u'on pourrait 
ap|)eler la seconde époi|ue de Meyerbeer: elle 
avait eu pour lui d'heureux résultats; car, 
d'une part, elle avait marqué ses progrès 
dans l'art d'écrire pour les voix, et il avait 
acquis l'expérience des conditions de la mu- 
sique dramatique ainsi que des effels de la 
scène, ([u'on n'apprend qu'en s'y hasardant. 
D'autre part, la confiance dans son talent 
s'était accrue par le succès. Sa réputation 
n'était pas celle d'un mailre vulgaire. Emma 
di Resburgo avait paru avec éclat et avait été 
reprise plusieurs fois à Venise, à Milan, à 
Gènes, à Florence, à Padoue; elle avait été 
traduite en allemand sous le litre d^Emma 
von Leicesler, et jouée à Vienne, à Munich, à 
Dresde, à Frandort, sous ce titre, tandis 
qu'une autre traduction, intitulée : Emma de 
Roxburg, était chaulée à Berlin et à Stutt- 
gart. Marguerite d' Anjou était jouée avec un 
succès égal à Milan, Venise, Bologne, Turin, 
Florence et Trieste; en allemand, à Munich 
et à Dresde; en français, à Paris et sur pres- 
que tous les théâtres de France et de Belgique; 
à Londres, en anglais et en italien. Toulefuis 
l'artiste n'avait pas encore découvert sa propre 
personnalité; il inaichait dans des voies (|ui 
n'étaient pas les siennes; il était devenu plus 
habile, mais il n'était pas encore original; il 
avait du savoir et de l'exiiérience, mais l'au- 
dace lui manquait. 

Reniarquons cependant celte année 1823: 
clic est significative dans la vie de Meyerbeer, 
comme artiste. Nul doute que, méditant alors 
sur ce qu'il avait produit depuis son arrivée 
en Italie, et faisant un retour sur lui-même, 
il n'ait senti ce qui nian(|ue à ces ouvrages 
l)Our en compléter les qualités esthétiques; 
car on verra, dans la suite de cette notice, ses 
efforts tendre incessamment veis une mani- 
festation de plus en plus prononcée de son 
individualité. C'est à la mémo épo(|ue (|u'il fit 
à A\'cl)cr la visite dont il est parlé dans la 
lettre de l'auteur du Freyscliiitz, citée pré- 
.cédemuient, et sans doute cette journée de 
causerie intime de deux grands musiciens 
n'a pas été |)cr(iue pour l'auteur de Robert, 
des Huguenots, de Struensée et du Pro- 
p/ivte. 

De retour en Italie, Meyerbeer y donna son 
Crociato, non à Triesite, comme le croyait 
■\Vebcr et comme '.'avaient annoncé iilusicurs 



MEYERBEEU 



123 



journaux allemands, mais à Venise, où il fut 
représenté le 2G décembre 1824. Les rôles 
principaux- avaient été écrits pour madame 
Meric-Lalande, alors dans tout l'éclat de son 
talent, et pour Veluli et Lablache. L'exécution 
fut bonne, et le succès surpassa l'allcute du 
compositeur, qui fut appelé plusieurs fois et 
couronné sur la scène. Toutes les grandes 
villes de l'Italie accueillirent avec la même 
faveur le Crociato, et l'on ne peut douter 
«pie, si Mcyerbeer eut fait succéder quelques 
opéras à cette partition, il ne se fût placé à la 
tête des musiciens qui écrivaient au delà des 
Alpes; mais déjà d'autres projets occupaient 
son esprit. 

Si l'on examine avec atlenliou la partition 
du Crociato, on y découvre des signes non 
équivoques de la réaction opérée dans la ma- 
nière du compositeur, et de sa tentative d'une 
fusion de ses tendances primitives avec le style 
italien qui caractérise Emma di Resburgo et 
iJ/ar(7!<erj7ed'^«joM. L'individualité du talent 
de Mcyerbeer tendait à se prononcer, et son 
heureux i)encliant pour l'expression énergique 
des situations dramatiques se faisait aperce- 
voir. Pour se dévelopi)er, son talent n'avait 
plus qu'à se livrer à l'étude de la scène fran- 
çaise; une circonstance favorable se présenta 
dans l'invitation reçue par Meyei'beer de la 
part de W. de la Rochefoucaull, i)our qu'il di- 
rigeât à Paris la mise en scène de son Cro- 
ciato ; car ce fut à Paris même que s'acheva la 
transformation des idées de l'artiste. 

Le Crociato n'eut point à Paris le succès 
d'enthousiasme qu'il avait obtenu à Venise, 
à Rome, à Milan, à Tuiin, dans toute l'Italie, 
enfin, et qu'il eut plus tard en Espagne, à 
Lisbonne, à Londres ainsi qu'en Allemagne. 
Les circonstances ne le favorisaient pas. 
A Paris, on ne partage pas les couronnes: 
elles tombent toutes sur une seule tête. En 
1826, les habitués du Théâtre-Italien ne vou- 
laient pas qu'il y eût d'autre compositeur pos- 
sible que Rossini, ni d'autre musique que la 
sienne. Trop sérieuse pour la plupart des di- 
lettantes, la musique du Crociato ne fut ap- 
préciée à sa juste valeur que par un petit 
nombre de connaisseurs, qui firent avec im- 
partialité la part des beautés et celle des dé- 
fauts. Personne même, il faut l'avouer, ne de- 
vina la portée du talent de l'auteur de cet ou- 
vrage; personne n'aperçut dans le Crociato 
le génie qui devait produire les opéras dont 
les larges conceptions régnent sur toutes les 
scènes des deux mondes depuis 1831. Ceux qui 
estimaient cette partition, la considéraient 



comme le degré le i)lus élevé du talent de 
l'auteur ; en quelque sorte comme son dernier 
mol. Le silence gardé par Mcyerbeer pendant 
plusieurs années sembla justifier leur juge- 
ment. Son mariage et la perte douloureuse de 
deux enfants avaient suspendu ses travaux; il 
y revint, enfin, en 1828; mais lorsqu'il reprit 
sa |)lume, sa nouvelle route était tracée; mûri 
par plusieurs années de méditations, son génie 
s'était transformé, et son talent avait le carac- 
tère qui lui est propre. Tout le monde sait 
aujourd'hui quels ont été les résultats de mo- 
difications si radicales. 

L'achèvement de Robert le Diable, retardé 
par de fréquents voyages, fut enfin complet 
vers la fin de juillet 18."0, et cette partition, 
écrite pour le grand Opéra de Paris, fut dé- 
posée, par Mcyerbeer, à l'administration de c;; 
théâtre, vers la même éjjoque. La révolution, 
qui venait de s'achever en trois jours à Paris, 
en avait fait naître une autre dans les cou- 
lisses des théâtres. A la direction royale de 
l'Opéra succéda bientôt une entreprise parti- 
culière qui, dans les clauses et conditions de 
son contrat, n'admit (pie comme une charge 
onéreuse l'obligation de fairejouer l'ouvrage de 
Mcyerbeer. Ce ne fut qu'au mois de novembre 
1831 que cet opéra fut représenté; en dé|)it 
du dénigrement dont il avait été l'objet, avec 
lui commença la fortune de ce qu'on appe- 
lait alors VJcadémie royale de musique. Les 
dernières répétitions générales se signalèrent 
par des incidents fort curieux. Une multitude 
de ces critiques de profession, sans connais- 
sances suffisantes de l'art, qui abondent à 
Paris plus qu'en aucun autre lieu, s'y trou- 
vaient et immolaient l'œuvre du musicien le 
plus gaiement possible. C'était à qui dirait le 
mot le plus plaisant, ou ferait l'oraison fu- 
nèbre la 'plus spirituelle et la plus grotesque 
de la partition. Au résumé, la pièce ne devait 
pas avoir dix représentations. L'entiepieneur, 
dont l'oreille avait été frappée de ces tristes 
présages, aperçutdans la salle l'auteurde cette 
notice, et alla lui confier ses craintes. « Soyez 
« sans inquiétude, lui dit celui-ci; j'ai bien 
« écouté, et je suis certain de ne pas me 
« tromper. Il y a là dedans beaucoup plus de 
« beautés que d'imperfections. La scène est 
« saisie; l'impression sera vive et profonde. 
M Cela ira aux nues et fera le tour du monde.» 

L'événement a prouvé que ce jugement était 
le bon : jamais œuvre dramatique ne fut plus 
populaire; jamais succès ne fut plus univer- 
sel. Ajoutons avec certitude qu'il n'en est pas 
dont riicurcusc fortune ait eu une durco^ 



424 



MEYERBEER 



comparable; car elle s'est soutenue pendant 
plus de Irenle ans jusqu'au moment où ceci 
est écrit (18C2), et vraisemblablement elle 
n'est pas près de finir. Avec Robert le Diable 
ont commencé, à l'Opéra, les recelles de dix 
mille francs, qui y étaient auparavant incon- 
nues. Traduit en italien, en allemand, en an- 
glais, en hollandais, en russe, en polonais, en 
danois, cet opéra a été joué partout et vingt 
fois repris dans les petites villes comme dans 
les grandes; partout il a excité le même en- 
lliousiasme; son succès n'a pas été limitée 
l'Europe seule : à la Nouvelle-Orléans, Robert 
le Diable a été Joué pendant plusieurs mois 
sur les deux théâtres anglais et français; la 
Havane, Mexico, Lima, Alger, ont aussi 
voulu l'entendre, et l'ont salué par d'unanimes 
applaudissements. 

Un homme nouveau s'est révélé dans cet 
ouvrage. Ce n'est plus le Meyerbeer de l'Alle- 
magne, élève roide et guindé de Vogler ; ce 
n'est plus celui de l'Italie, se jetant violem- 
ment hors de ses habitudes d'école pour ap- 
prendre, par imitation de Rossini, l'art de 
faire chanter les voix el de colorer les effets 
•le l'instrumentation; ce n'est pas même la 
fusion des deux manières pour arriver à des 
effets variés; c'est une création tout entière, 
où il ne reste à l'artiste, de ses premières 
t'poques, que l'expérience acquise dans ses 
travaux. Six années <le repos, ou plutôt 
d'études, six années de méditation, d'observa- 
tion et d'analyse ont enfin coordonné en 
<in tout complet, original cl puissant, ce que 
la nature a mis de sentiments énergiipies 
<lans son âme, ce que l'audace donne de nou- 
veauté aux idées, ce que la philosophie de 
l'art prête d'élévation au style, et ce (lu'un 
mécanisme exercé procure de sûreté à l'artiste 
dans les effets qu'il veut produire. 

Après l'éclatant succès de Robert le Diable, 
l'administration de l'Opéra avait compris que 
les productions de Mcyeibeer exerceraient dé- 
soiniaisune heureuse influence sur son entre- 
prise; elle ne négligea rien pour le déter- 
miner à écrire un nouvel ouvrage, et le livret 
des Huguenots lui fut confié; mais, afin 
il'avoir la certitude que le compositeur ne 
mettrait pas trop de lenteur dans son travail, 
un dédit de trente mille francs fut stipulé 
(lour le cas oii la |)aililion ne serait |)as livrée 
dans un délai déterminé. Pendant que Meyer- 
beer était occupé à écrire cet ouvrage, la 
santé do sa femme, sérieusement aliéréc par 
«me alTection de poitrine, l'obligea, d'apiès 
l'avis dus médecms, à fixer moncplanénicnt 



son séjour en Ttalie. Dans celte situation, il 
demanda un délai de six mois pour la mise eu 
répétition de son opéra ; mais cette juste de- 
mande fut repoussée ; alors Meyerbeer retira 
sa partition, paya le dédit et partit. Bientôt, 
cependant, l'entrepreneur comprit la néces- 
sité de donner les Huguenots, pour empê- 
cher le public de s'éloigner de son spec- 
tacle ; il rendit le dédit, et le nouvel opéra 
de Meyerbeer fut représenté le 21 février 
18Ô6. 

Les dispositions du poëme des Huguenots 
n'ont pas d'analogie avec celles de Robert le 
Diable; l'action s'y développe avec lenteur, 
el l'intérêt ne commence que vers le milieu du 
troisième acte; jusque-là, c'est de l'opéra 
de demi-caractère, où le musicien seul a du 
soutenir l'altenlion dans des scènes vides d'ac- 
tion. Un talent supérieur pouvait seul triom- 
pher de ces dilTicultés. Au premier abord, ni 
le public, ni la plupart des critiques ne com- 
prirent le mérite que Meyerbeer y avait dé- 
jiloyé. Quoiqu'on avouât que le duo de Clé- 
mentine et de Marcel, au troisième acte, la 
scène du duel, tout le quatrième acte et une 
partie <lu cin(|uième, ont des beautés de pre- 
mier ordre, et bien qu'on déclarât qu'on 
ne connaissait rien d'aussi pathétique que la 
dernière scène du quatrième acte, il fut con- 
venu que la partition des Huguenots était 
inférieure à celle de Robert le Diable. Plus 
tard, les gens désintéressés ont abjuré leur 
erreur; pour eux, la valeur de l'ouvrage s'est 
accrue d'année en année, cl les plus récalci- 
trants ont dû se rendre à l'évidence d'un suc- 
cès constaté par plusieurs milliers de repré- 
sentations, données pendant vingt-cinq ans 
dans toutes les parties du monde. Après les 
deux premières années de ce grand succès, un 
parti, qui avait des intérêts contraires, a 
cxci'cé la rigueur el l'injustice de sa critique 
avec plus d'acharnement que (hins la nou- 
veauté de l'œuvre. Qu'en est-il résulté? La 
partition des Huguenots, avec les quelques 
défauts el les beautés inhérentes au talent du 
maître, s'est maintenue dans toute sa le- 
nommée. 

Après les Huguenots, un .intervalle de 
treize années s'écoula sans que Meyerbeer fit 
représenter aucun ouvrage nouveau sur la 
scène française. Ce long silence eut plusieurs 
causes. La première parait avoir été dans les 
modifications du personnel chantant <ic 
l'Opéra, el dans son alfaiblissement pro- 
gressif. Une autre cause cxpli(|ue l'éloigne- 
mcnt 011 l'illiistic mailrc resta du tli'àtre de 



MEYERBEER 



12Ï 



sa gloire pcnilant une période si longue; 
elle se trouve dans l'intérêt que le roi de 
Prusse lui témoigna, à l'époquedeson avène- 
ment au trône, et dans les fonctions actives 
que Meyerbeer eut à remplir près de ce 
prince, après sa nomination de premier 
maître de chapelle. La composition d'un 
grand nombre de psaumes et de cantates reli- 
gieuses, avec ou sans accompagnement d'or- 
chestre, de musique d'église et de mélodies de 
différents genres, dont il sera parlé plus loin, 
avait occupé une partie de ce temps. Le pre- 
mier ouvrage olTiciel qu'il écrivit pour la cour 
de Berlin fut unegrande cantate avec tableaux, 
intitulée : la Festa nella corte di Ferrara, 
pour une fête donnée par le roi, en 184ô. Le 
7 décembre 1844, le maître fit représenter, 
l)Our l'inauguration du nouveau théâtre royal 
de celte ville, un opéra allemand en trois 
actes, intitulé : Ein Feldlayer in Schlesien 
(un Camp en Siiésie). Cet ouvrage de circon- 
stance ne produisit tout l'efTet que s'en était 
promis Meyerbeer que lorsque la célèbre can- 
tatrice Jenny Lind fut chargée du rôle prin- 
cipal. Il eut surtout un brillant succès lors- 
qu'elle le chanta à Vienne, sous le titre de 
JP'ielha, avec beaucoup de changements et 
d'augmentations, en 1847, 

L'année 184G fut marquée par une des 
plus belles productions du génie de Meyer- 
beer; œuvre complète dans laquelle il n'y 
a pas une page faible : je veux parler de 
la musique composée par le maître pour 
Strxiensce, drame posthume de Michel Béer, 
frère de l'illustre artiste. Celle belle con- 
ception, où l'originalité des idées du compo- 
siteur se révèle dans toute sa puissance, ren- 
ferme une ouverlu re magnifique, du plus gra nd 
développement , quatre entr'actes où tout 
le drame se peint, et neuf morceaux qui s'in- 
tercalent dans le dialogue, à la manière des 
mélodrames. Quelques-uns des motifs de ceux- 
ci sont traités dans l'ouverture et développés 
avec cet art de progression d'effet dans lequel 
Meyerbeer n'a point d'égal. Les artistes, qui 
ne jugent pas la musique sur des impressions 
fugitives, comme le public, et qui sont capa- 
bles d'analyser, savent, en efTel, que le talent 
<lu maître prend par cette qualité son carac- 
tère le plus élevé. Le plan de cette ouverture 
est à lui seul un chef-d'œuvre en ce genre : 
tout y est disposé de main de maître et avec 
une connaissance profonde de l'effet que doit 
l)roduirc le retour des idées par la variété des 
formes. On dit que ce morceau capital n'a pas 
été compris par le public de Paris : j'ai iiicn 



peur qu'il ne l'ait pas été non plus par l'or- 
chestre auquel l'exécution était confiée; car, 
lorsque je l'ai fait jouer par l'orchestre du 
Conservatoire de Bruxelles, un auditoire de 
deux mille personnes a été jeté dans des trans- 
ports d'admiration. 

Il faudrait faire le résumé de tout le drame 
pour faire comprendre ce qu'il y a de poésie 
dans les entr'actes et dans les morceaux de 
musique dont Meyerbeer a fortifié l'ouvrage 
de son frère. Chaque morceau est un tableau 
scéniquc, ou exprime un sentiment particulier 
avec une puissance, une originalité de con- 
ception, de moyens et d'accents, dont l'effet 
est irrésistible. Cette admirable composition a 
été exécutée pour la première fois à Berlin, le 
19 septembre 1846. 

Dans la même année, Meyerbeer écrivit, 
pour le mariage du roi de Bavière avec la prin- 
cesse Guillelmine de Prusse, une grande pièce 
intitulée Facheltanz (danse aux flambeaux), 
pour un orchestre d'instruments de cuivre. 
Cette danse prétendue est une marche pour 
un cortège d'apparat qui se fait le soir aux 
flambeaux, à l'occasion du mariage des 
princes de Prusse, et qui est traditionnel 
dans celte cour. Le caractère de cette compo- 
sition est d'une originalité remarquable : elle 
est riche de rhylhmes et d'effets nouveaux. 
Une autre pièce du même genre a été com- 
posée par le maître pour le mariage de I.t 
princesse Charlotte de Prusse et, en 1833, il 
en a écrit une troisième pour le mariage de la 
princesse Anne. 

Après une longue attente, le Prophète, 
souvent annoncé sous des noms différents, fut 
enfin représenté, le IG avril 1841). C'était le 
troisième grand ouvrage écrit par Meyerbeer 
pour l'Opéra de Paris : là, l'illustre composi- 
teur se retrouvait sur le terrain qui lui est 
nécessaire pour la production de ses puissants 
effets. Ainsi qu'il était arrivé pour Robert et 
pour les Huguenots , il y eut d'abord de l'in- 
certilude, non-seulement dans le public, mais 
aussi parmi les artistes et les critiques de 
profession, concernant le jugement qui devait 
êlre porté de la partition du Prophète; mais 
à chaque représentation, l'ouvrage, mieux 
compris, produisit de |)lus en plus l'effet sur 
lequel le compositeur avait compté. L'incerti- 
tude provenait de ce qu'on cherchait dans le 
troisième grand ouvrage du maître des beautés 
analogues à celles qui avaient fait le succès 
des deux premiers; mais Meyerbeer est tou- 
jours l'homme de son sujet. Dans Robert, il 
avait eu à exprimer le combat des deux prin- 



426 



MEYERBEtR 



cipes, bon et mauvais, qui agissent sur la na- 
ture humaine; dans les Huguenots, il avait 
opposé les nuances délicates et passionnées de 
l'amour aux fureurs du fanatisme religieux. 
Dans le Prophète^ c'est encore le fanatisme, 
mais le fanatisme populaire mis en opposition 
avec les rusesde la politique, et celles-ci, par un 
concours inouï de circonstances, arrivant par 
degrés à la plus haute expression de la gran- 
dt'ur. L'élément principal de ces trois ouvrages 
est la progression de l'intérêt, mais d'un 
intéiét de nature très-différente. Les beanlés 
de sentiment et les beautés de conception 
consliluenl les deux grandes divisions esthé- 
tiques de la musique théâtrale ; car "s'il y a un 
art de sentiment, il y a aussi un art de 
pensée. Trois facultés de l'organisation hu- 
maine, à savoir, l'imagination, la sensibilité 
et la raison, correspondent aux trois condi- 
tions qui, tour à tour, dominent dans les pro- 
duits de l'art dramatique, c'est-à-dire, l'iiiéal, 
le passionné et le vrai relatif au sujet. L'ima- 
gination s'allie tantôt au sentiment, tantôt à 
la raison : dans le premier cas, elle nous 
émeut d'une impression vive, mais vague dans 
son objet et en quelque sorte indéfiuissabln ; 
dans l'autre, elle s'élève jusqu'au grandiose 
et nous saisit de l'idée de puissance. Or, c'est 
le premier de ces effets qui domine dans la 
scène d'amour du quatrième acic des Hugue- 
nots , c'est l'autre qui se produit dans la con- 
ceplion du Prophète. De ces deux formes de 
l'art, l'une n'a pas d'avantage sur l'autre; 
Itiir mérite relatif consiste dans une juste 
applicalion au sujet. Ému par l'exaltation de 
l'amour (ju'il avait à exi)rimer, le grand mu- 
sicien a trouvé, pour le senliment dont les 
amants sont pénétrés, des accents de ten- 
dresse, de passion et même de volupté, dont 
le charme est in-ésistible; mais placé en face 
<les caractères vigoureux du seizième siècle, 
ainsi que de la rudesse des mœurs de ce temps, 
et ayant à coloier le tableau d'une des époques 
les plus saisissantes, par le merveilleux accord 
de circonstances extraordinaires, l'ailiste 
s"'est pénétré de la nécessité de donner à son 
«uvre le grand caractère qui s'y développe 
progressivement, afin de frapper Pimagina- 
(ion des spectateurs et de saisir leur esprit de 
la vérité objeclive du sujet repiésenté. Celle 
œuvre est donc le fruit de l'alliance de l'ima- 
ginalion et de la raison, et non celle de la 
première de ces facultés avec la sensibililé. 
Rien ne peut mieux faire naiire l'idée de la 
grandeur et de la puissance du talcMit <iiic le 
développement du motif si simple : i.c lo/.'-t 



le roi prophète, chanté par les enfants de 
chœur, dans la cathédrale de Munster, au qua- 
trième acte, et qui, transformé de diverses 
manières dans les scènes suivantes, finit par 
devenir le thème principal des formidables 
combinaisons du finale. Meyerbeer seul par- 
vient à ces effets de progression foudroyante. 

Après le succès du Prophète, Meycrbeer 
retourna à Berlin et y écrivit, sur une poésie 
du roi Louis de Bavière, une grande cantate 
pour quatre voix d'hommes et chœur, avec 
accom|)agnement d'instriimenls de cuivre, 
sous le titre de Bayerischer Schiilzen Marsch 
(Marche des archers bavarois). Cet ouvrage 
fut suivi d'une ode au célèbre sculpteur 
Rauch, à l'occasien de l'inauguration de la 
statue de Frédéric le Grand, comi)osition de 
grande dimension avec solos de chant, chœur 
et orchestre, qui fut exécutée, le 4 juin 1851, 
à l'Académie royale des beaux-arts de Berlin. 
Dans la même année, l'illustre compositeur 
écrivit un hymne de fêle à quatre voix et 
chœur (a Capella), qui fut exécutée au palais 
pour le vingt-cinquième anniversaire du ma- 
riage du roi de Prusse, Frédéric -Guil- 
laume IV. 

L'altération sensible de la santé de Meyer- 
beer, vers la fin de 18oI, l'obligea à suspendre 
ses travaux. Au commenremont de l'été de 
l'année suivante, il alla prendie les eaux de 
Spa, dont l'usage lui a toujours élé favorable. 
Il s'y condamna à l'observation rigoureuse 
du régime indi(iué par les médecins, faisant 
de longues promenades solitaires le matin et 
le soii-, tantôt .1 pied, tantôt monté sur un ànc. 
Dans les longs séjours qu'il a faits à Si)a, pen- 
dant plusieurs années consécutives, le maitre 
est resté presque continuellement isolé, n'ap- 
prochant jamais des salles de réunion et de 
jeu, prenant du repos après ses promenades 
et ses repas, travaillant mentalement pendant 
qu'il marche, ne recevant pas de visites pour 
n'être pas inlei-romi)u quand il écrit, mais 
allant voir lui-môme ses amis lorsqu'il y a de 
Pamélioralion dans sa sanlé,se promenant 
avec eux et causant volonlicis de tout aulre 
chose que de musi(|ue. Meycrbeer est la grande 
figure de Spa pendant la saison des eaux, 
lorsqu'il s'y rend : on se le montre de loin, 
et l'on entend dire de toutes paris : Jcez- 
voits vit yi/eyerbccr? Chaque ouvrage nouveau 
<|ii'il met en scène lui rend nécessaire l'air 
pur des montagnes qui entourent ce séjour, 
ou bien les solitudes de Scbwalbach, le calme 
de SCS promenades et l'effet salulaire des eaux 
cl du régime; car chacun de ses succès auunc 



MEYERBEER 



127 



une altération sensible de sa santé. Les répé- 
tilions qu'il fait faire avec des soins incon- 
nus aux autres compositeurs, et les morceaux 
nouveaux qu'il écrit avec rapidité pendant 
les éludes de l'ouvrage, lui occasionnent une 
grande fatigue. A voir son exquise politesse 
envers les artistes de la scène et de l'orchestre 
pendant les répétitions, on n'imaginerait pas 
ce qu'il y a de souffrance et d'impatience dans 
son âme, lorsque les fautes de l'exécnlion 
gâtent l'effet qu'il s'est proposé et qu'il veut 
obtenir à tout prix. Cette contrainte agit 
d'une manière pénible sur son organisation 
nerveuse. Quand la première représentation 
l'a afTianchi de ces douloureuses étreintes, de 
nouveaux soins viennent le préoccuper; car 
alors commencent les luttes de ses convictions 
et de sa conscienced'artisteavecles jugements 
de la critique qui rarement, il faut le recon- 
naître, possède les connaissances nécessaires 
pour se placer au point de vue de sa philo- 
sophie de l'art, et qui, parfois aussi, subit les 
influences peu bienveillantes des coteries, dont 
les colères ne manquent jamais d'éclater contre 
l'auteur toujours heureux. Des maux aigus, ou 
tout au moins l'abattement des forces, succè- 
dent à ces crises; c'est alors que Meyerbeer 
éprouve le besoin im|)érieux de se séparer du 
monde, de se retremper et de puiser dans le 
calme et dans les soins donnés à sa santé, 
l'énergie nécessaire pour des luttes nouvelles. 

Depuis longtemps, il s'était proposé d'a- 
border la scène de l'Opéra Comique et d'es- 
sayer son talent dans le domaine de la 
comédie. A cette pensée s'était associée celle 
<ie trouver un cadre à la scène française pour 
y introduire une partie de la musique du 
Camp de Silésie; mais, ainsi qu'on Ta vu 
pour d'autres ouvrages, le sujet de VEtoile 
du Nord, choisi dans ce but, a fini par trans- 
former les idées du compositeur, et, de toute 
la partition du Camp de Silésie, il n'est resté 
que six morceaux dans la partition française. 

L'Etoile du Nord fut représentée à Paris, 
le 16 février 185-5. Dès le premier soir, le 
succès fut décidé; les morceaux principaux de 
la partition furent accueillis avec des trans- 
ports d'enthousiasme; deux cent cinquante 
leprésentalions n'en ont pas diminué l'effet. 
Cependant, l'entreprise avait été hasardeuse 
pour le maître ; car ce ne fut pas sans un vif 
déplaisir que les compositeurs français lui 
virent aborder une scène qui semblait devoir 
lui être interdite par la nature même de son 
talent. Depuis longtemps, l'opéra cotnique est 
considéré avec raison comme l'expression 



exacte du goût français en musique. Pour y 
obtenir des succès, il y faut porter des qualités 
plus fines, plus élégantes, plus spirituelles 
que passionnées; qualités qui ne i)araissaient 
pas appartenir au talent de Meyerbeer, dont 
l'expression dramatique est éminemment le 
domaine. En voyant ce talent s'engager dans 
une voie qui n'avait pas éié la sienne jus- 
qu'alors, il n'y eut pas seulement du mécon- 
tentement parmi les artistes: l'espoir conso- 
lant d'une chute s'empara de leur esprit. Cer- 
tains journaux s'accocièrent à ces sentiments ; 
ils atténuèrent le succès autant que cela se 
pouvait, affectant de le considérer comme le 
résultat de combinaisons habiles, etprédisanl, 
comme on l'avait fait pour les autres ouvrages 
du maître, la courte durée de ce même succès. 
Cette fois encore, les prédictions se trouvèrent 
démenties j)ar le fait, de la manière la plus 
éclatante. En général, la critique n'a pas été 
favorable à Meyerbeer; pendant trente ans 
environ, elle s'est exercée sans ménagement 
sur son talent et sur ses productions ; mais il 
est remarquable que la plupart de ses juge- 
ments ont été casses par le public. J'entends 
ici par le public les habitants de tous les 
pays; car la légitimité des succès n'est inat- 
taquable qu'autant que le suffrage universel la 
constate. 

Les mûmes dispositions des artistes et de In 
presse, les mêmes circonstances, le même ré- 
sultat, se reproduisirent lorsque Meyerbeer fit 
représenter à l'Opéra-Comique de Paris, le 
4 avril 1859, un nouvel ouvrage intitulé : le 
Pardon de Ploërmel. A vrai dire, il n'y a |)as 
de pièce dans cette légende bretonne mise sur 
la scène : tout le mérite du succès appartient 
au musicien. Ce succès n'a pas eu moins 
d'éclat que les précédents obtenus par l'illustre 
compositeur. Son talent n'y avait pas trouvé, 
comme dans les ouvrages précédents, à faire 
usage de ses qualités de grandeur et de force ; 
c'est par un certain charme mélancolique, la 
grâce et l'élégance, qu'il y brille; mais, bien 
que le style soit différent, )e maître s'y fait 
reconnaître par mille détails remplis d'intérêt 
dont lui seul a le secret. 

Dans le conflit d'opinions diverses qui s'est 
produit depuis le premier grand succès de 
Meyerbeer, une seule chose n'a pas été con- 
testée, à savoir, l'originalité de son talent. Ses 
antagonistes les plus ardents ne la lui ont pas 
refusée. On a dit qu'il n'a pas d'inspiration 
spontanée ; que ses mélodies manquent de na- 
turel et qu'il se complaît dans les bizarreries; 
enfin, on lui a reproché de faire apercevoir 



423 



MEYERBEER 



parloul dans sa musique l'esprit de combi- 
naison et d'analyse au lieu de l'essor d'une 
riche imagination ; mais personne n'a pu lui 
refuser celle qualité précieuse d'une manièie 
si originale qu'elle ne rappelle rien de ce 
qu'ont fait les autres maîtres. Tout ce qu'il a 
mis dans ses ouvrages lui apparlienten propre; 
caractère, conduite des idées, coupe des 
scènes, rhythmes, modulations, instrumen- 
tation, tout est de Meyerbeer et de lui seul, 
dans Robert le Diable, dans les Huguenots, 
<lans le Prophète, dans Slruensée, dans 
VEtoile du Nord et dans le Pardon dePloër- 
niel. Que faut-il davantage pour être compté 
au nombre des plus grands artistes mention- 
nés dans l'histoire de la musique? Qu'on 
ajoute à cela ses succès universels et prolon- 
gés, et qu'on juge de ce qui reste de l'opposi- 
tion que ses adversaires lui font depuis si 
longtemps! 

Un dernierouvrage deMeyerbeerestattendu 
depuis longtemps ; il eut d'al)ord pour litre : 
V Africaine; mais les auteurs du livret ayant 
refait la pièce, lui ont donné le nom de Fasco 
de Gama. L'affaiblissement progressif du per- 
sonnel chantant du théâtre de l'Opéra de 
Palis, depuis 1845, a décidé le compositeur à 
relarder la représentation de son œuvre jus- 
qu'au moment où celte notice est écrite (1 862). 

Blemlu'e de l'Institut de France, de l'Aca- 
démie royale de Belgique, de celle des beaux- 
arts de Berlin, et de !a plupart des académies 
et sociétés musicales de l'Europe, Meyerbeer 
est premier maître de chapelle du roi de 
Prusse. Il est décoré de l'ordre du Mérite de 
Prusse, qui n'a qu'un seul grade; et comman- 
deur des ordres de la Légion d'honneur, de 
Léopokl, de Belgique, et de la Couronne de 
Chêne, de Hollande; chevalier de l'ordre du 
Soleil, de Brésil, de l'Étoile Polaire, de Suède, 
de l'ordre de Henri de Brunswick, et de plu- 
sieurs autres. 

La liste générale des œuvres de ce mailre se 
compose de la manièie suivante : Opkiias i,t 
MusiçuE Dn*MATiQUË : 1° Lcs Amours de The- 
velinde (en allemand), monodrame pour so- 
prano, chœur et clarinette obligée, dont l'in- 
sli'umentistc figurait comme personnage du 
drame, exécuté à Vienne, en 181ô, par made- 
moiselle Harlass ctBaermann. 'i" Abimekck, 
ou les Deux Califes (en allemand Jf-'irlh und 
Gast), opéra bouffon en deux actes, au théâtre 
de la cour de Vienne, en 181-3. 3" lîomilda c 
(.'oslanza, opéra sérieux italien, représenté, 
le 19 juillet 1813, au théâtre Nuovo tic Pa- 
tloiic. A"Semiramide riconosciula, opéra sé- 



rieux de Mélasfase, représenté au lli-^Slre 
royal de Turin, pour le carnaval de 1811). 
5« Emma di Resburgo, opéra sérieux, repré- 
senté, pendant la saison d'été, au théâlre San 
Benedctlo de Venise, et traduit en allemand 
sous le litre d'Emma di Leicester. 6" Mar- 
gherila d'Jnjou, opéra semi-seria, de Ro- 
mani, représenté au théâlre de la Scala, à 
Milan, le 14 novembre 1820, puis traduit en 
allemand et en français. 7" L'Esule di Gra- 
nata, opéra sérieux de Romani, représenté 
au même ibéàlre, le 12 mars 1822. 8» Jl- 
manzor, opéra sérieux de Romani, écrit à 
Rome dans la même année, mais non terminé, 
à cause d'une maladie sérieuse du mailre. 
9° La Porte de Brandebourg^ opéra alle- 
mand en un acte, écrit à Berlin, en 182Ô, 
mais non représenté. 10" Jl Crociato in 
Egitto, opéra héroïque, de Rossi, représenté 
au tliéâlie de la Fenice, à Venise, au carna- 
val de 1824. 11» Robert le Diable, opéra fan- 
tastique en cinq acles, par Scribe et Delavigne, 
représenté à l'Académie royale de musi(|ue de 
Paris, le 21 novembre 1851. En 1839, Meyer- 
beer y a ajouté une scène et une i)rière pour 
le ténor Mario, dans la traduction italienne. 
12° Les Huguenots, opéra sérieux eu cin(( 
acles, de Scribe, représenté au même ihéâlie, 
le 21 février 183G. Le rôle du page, chanté 
par l'Alboni, à Londres, en 1848, a élé aug- 
meiilé d'un rondo, jiar Meyerbeer. 13" Le 
Campde Silésie, oiiéra allemand de Rellstab, 
représenté le 7 décembre 1840, pour l'ouver- 
iMie du nouveau théâlre royal de Beilin. 
14» Struensée, musiiiue pour la tragédie de 
ce nom, composée d'une grande ouverture, 
lie quatre enlr'actes très-déveloiipés, dont un 
avec chœur, et de scènes de niélodiame, exé- 
cutée à Berlin, le 19 septembre 1840, pour 
l'ouverlurc du théâtre royal. V6" Lel^roplièle, 
opéra sérieux en cinq actes, représenté à 
l'Académie nationale de musique, le IG avril 
1849. 16" L'Etoile du Nord, opéra de demi- 
caraclère, en trois actes, de Scribe, représenté 
au théâtre de rOi)éra-Comique de Paris, le 
10 février 1854. 17» Le Pardon de Plo'crmcl, 
opéra comique, représenlé à Paris, le 4 avril 
1859. 18° L'Africaine, grand opéra en cinq 
actes, refait sur un sujet nouveau, et non en- 
core représenté. — Oratorios : 19" Dieu et la 
Nature, oratorio allemand, exéculé à Berlin, 
le 8 mai 1811. 20» Ze Fceude Jcphté, ora- 
loiio en trois acles et en action, représenlé au 
Ihéâtre royal de Munich, le 27 janvier 1813. 
— Cantates : 21° Sept cantates religieuses de 
Rioiislock, à iiualre voix sans accompagne- 



]mcyi:kci:ePi — mkyniNl: 



1-29 



mcnl. 22" >^ Dieu, liymne de Gubilz à quatre 
voix. 25» Le Génie de la musique à la tombe 
de Beethoven , solos avec cl)«"'<. 24" Canlato 
à <|nalre voix avec chœur pour rinauguration 
(le la slaUie de Guttenberg, à Mayence, exécu- 
tée, en 1838, par un cliœur de douze cents 
voix d'hommes. 25» La fête à la cour de 
Ferrure, grande cantate, avec des tableaux, 
composée i>our une fête donnée par le roi de 



Prusse, à Bt 



rlin, en 1843. 20° Marie et son 



génie, cantate pour des voix solos et chœur, 
composée pour les fêles du mariage du i)rince 
Charles du Prusse. 27° La Fia^icée conduite 
à sa demeure (sérénade), chant à huit voix 
(a capella), pour le mariage de la princesse 
Louise de Prusse avec le grand-duc de Bade. 
28" Marche des archers bavarois, grande 
cantate, poésie du roi Louis de Bavière, à 
fjuatre voix et chœur d'hommes, avec accom- 
pagnement d'instruments de cuivre, exécutée 
à Berlin, en 1830. 29° Ode au sculpteur 
Rnuch, pour voix solos, chœur et orchestie, 
exécuté à l'Académie des beaux-arts de 
Beilin, le 4 juin 1831 , à l'occasion de l'inau- 
Ijuralion de la statue de Frédéric le Grand. 
ôO" Hymne de fêle à quatre voix et chœur, 
chantée le 4 juin 1831, au palais royal de Ber- 
lin, [lour le vingt-cin(iuième anniversaire du 
mariage du roi de Prusse. 31 ".<^»u7<e; quatuor 
pour voix d'hommes. — Musique religieuse : 
52" Le 91^ psaume à huit voix, composé pour le 
chœur de la cathédrale de Berlin, et publié en 
partition, à Paris, chez Brandus et C^. 
33" Douze psaumes à deux chœurs sans accom- 
pagnement, non publiés. 34° Stabat Mater 
(inédit). 33° Miserere (idem). 5G" Te Deum 
(idem). 37" Pater Noster (a capella). — Mélo- 
dies (avec accompagnement de i)iano) :38° Le 
Moine, pour voix de basse. ôQ" La Fantaisie. 
40° Le Chant de mai. 4 1° Ze Poëte mourant. 
42° La Chanson de Floh. 43° Le Cantique 
du Dimanche. 44° Ranz des Fâches d'Jp- 
penzell, à deux voix. 43° Le Baptême. 4G" Le 
Cantique du Trappiste, pour voix de basse. 
47" Le Pénitent. 48° La Prière des Enfants, 
à trois voix de femmes. 49" Zn Fille de l'air. 
30» Les Souvenirs. 51° Suleïka. 52» Le Si- 
rocco. 53" Le Premier Amour. 54° Elle et 
Moi. 55" La Sicilienne. 3G° A une jeune 
Mère. 57» Nella. 58» Printemps caché. 
3'J" La Barque légère. GO" La Mère-grand' , 
à deux voix. CI° Ballade de la reine Mar- 
gnerite de Valois. G2° Le f'œu pendant 
l'orage. G3° Les Feuilles de rose. C4" Le 
Fou de Saint-Joseph. G3" Piuchelà Nephtali. 
CG" La Marguerite du poète. 07» La Séré- 

BIOCU. U>;v. DES îllJSICIE^^^S T. M. 



nade. 08" Sur le balcon. CQo La Dame invi- 
sible, a deux voix. 70" Chanson des Moisson- 
neurs vendéens. 71° Le Délire. 72" Seul. 
73» C'est elle. 74" Guide au bord ta nacelle. 
73» Ze Jardin du cœur. 70» Mina, chant 
des gondoliers vénitiens. Tous ces morceaux 
ont été réunis avec le Génie de la musique 
au tombeau de Beethoven, dans le recueil in- 
titulé : Quarante Mélodies à une et plusieurs 
voix, etc.; Paris, Brandus, 1849, un volume 
gr. in-8». 77» Neben dir (Près de loi), Lied 
pour ténor avec violoncelle obligé. 78» Det 
Jàger Lied (le Chant du chasseur), pour voix 
de basse, avec des cors obligés. 7d° Dichters 
TFahlsprach (Devise du poète), canon à trois 
voix. 80° J Venezia, barcarolle. 81° Des 
Schdfers Lied (Chanson du berger), pour 
ténor avec clarinette obligée. 82° Trois chan- 
sons allemandes, Murillo, les Lavandières, 
Jaundnein (Oui et non). 83" Beaucoup de 
pièces vocales pour des albums, et autres 
choses de moindre importance. — Musiquk 
INSTRUMENTALE : 84° Première danse aux 
(lambeaux pour un orchestre d'instrumenis 
de cuivre, composée pour les noces du roi de 
Bavière avec la princesse Guillelmine de 
Prusse, en 1840. 85" Deuxième danse aux 
flambeaux, pour les mêmes instruments, 
composée pour les noces de la princesse Char- 
lotte de Prusse, en 1830. SCy Troisième danse 
aux flambtaux, pour les mêmes instruments, 
composée pour les noces de la princesse Anne 
de Plusse^ en 1833. ^7» Plusieui's morceaux <le 
piano, composés à l'âge de dix-sept ans, pen- 
dant le premier voyage de l'auteur à Vienne. 

Plusieurs biographies de Meyerheer ont été 
publiées; celles qui offrent de l'intérêt, soit 
par les faits, soit par le mérite du style, sont : 
1° M. Meyerbeer, par un homme de rien 
(M. Louis de Loménie); Paris, 1844, in-S*». 
2° Notice biographique slir la vie et les tra- 
vaux de M. Meyerbeer; Paris, 1840, in-8". 
3" Pawlowski (W.), Notice biographique sur 
G. Meyerbeer ;Varis, 1849, in-8». (Extrait de 
VEurope théâtrale.) 4» J.-P. Lyser, Giucomo 
Meyerbeer. Sein Streben, sein TVirken und 
seine Gegner (Giacomo Meyerbeer, sa force 
(de pioduction), son influence et ses adver- 
saires). Dresde, 1838, in-8» de Cl pages. 

MEYININE (Guillaume) , com|)ositeur et 
piofesseiir de piano à Bruxelles, né à Nieu- 
porl, le G février 1821, reçut les premières 
leçons de musique d'un maiire d'école de cette 
l>elile ville, puis il alla les continuer chez 
M. Bcigci-, organiste à Bruges. A l'âge dfci 
treize ans, il fut admis comme élève au Coii- 

fi 



130 



MEYNNE — MEZGER 



servaloire de Bruxelles et y reçut des lerons 
de piano de Michelot : rauteur de celle no- 
tice lui enseigna le conirepoint. En 1854, il 
ohlint le second prix de piano au concours; 
deux ans ai>rôs le second prix de composilion 
lui fut décerné, et le premier lui fut donné en 
18Ô7. Peu de temps après, il se rendit à Paris, 
pour y perfeclionner son talent de pianiste, 
et pendant le séjour d'une année qu'il y fil, 
il reçut des conseils d'Halévy. De retour à 
Ilruxelles, il s'y livra à l'enseignement et cul- 
tiva la composilion dans les moments de 
loisir que lui laissaient ses nombreux élèves. 
Doué d'une heureuse organisation musicale, 
que l'élude des belles œuvres classiques a 
perfectionnée, cet artiste distingué commença 
à se faire connaître par des compositions pour 
le chant et le piano, dont on a publié : !<" Duo 
pour ténor et basse; Bruxelles, Lahou. 2° Air 
pour basse avec accompagnement de piano; 
ibid. Z° Première, deuxième et troisième fan- 
taisie pour piano; Bruxelles et Mayence, 
Scholt frères. 4» Huit valses pour piano; ibid. 
5» Le Rêve, romance; ibid. G» Dix morceaux 
pour piano, sous différenls titres; Bruxelles, 
Meynne aine. 7° Recueil d'exercices et de 
gammes pour piano ; ibid. 8» Duo pour piano 
et violoncelle; ibid. 9" Diverses romances avec 
accompagnement de piano; ibid. 10» Quinze 
morceaux faciles pour piano, sous le pseudo- 
nyme de Novarre. Ces légères productions 
ont obtenu un succès de vogue. 11° Tarenlelle 
pour piano; Paris, Brandus. 12"» Duo sur 
Martha, pour piano et violoncelle; ibid. Une 
cantate avec cliœur et orchestre (Marie- 
Stuart), composée par M. Meynne, fut exé- 
cutée, en 1837, au concert de la distribution 
des prix du Conservatoire, sous la direction 
de l'auteur de cette notice. En 1 841 , M. Meynne 
concourut pour le grand prix de composilion 
institué par le gouvernement belge, et obtint 
le second prix pour la cantate intitulée Sar- 
danapale. La cantate intitulée Moite, qu'il 
com|)Osa quel((ues années i)lus tard, fut exé- 
cutée au Temple des Auguslins. En 1843, il 
écrivit, en collaboration de Théodore Jouret, 
une musique sur l'opéra comi(|ue le Médecin 
Turc, et l'ouvrage fut représenté avec succès 
sur un théâtre de société : le célèbre violoniste 
«le Bériot dirigeait l'orchestre. M. Meynne a 
en manuscrit plusieurs morceaux de piano et 
de chant; deux trios en (juatre parties pour 
piano, violon et violoncelle; compo'>itions 
d'un ordre très-distingué; un duo pour piano 
et violoncelle sur des molifs de Joseph, de 
Méliul ; une romance sans paroles pour 



violoncelle et piano; mais ses ouvrages les 
plus importants sont : 1» Une première sym- 
phonie à grand orchestre; 2° une ouverture 
idem; o" un grand morceau de concert pour 
flùleet orchestre. Ces trois œuvres, qui font 
le plus grand honneur au talent du comi)osi- 
teur, ont été exécutés dans les concerts du 
Conservatoire de Bruxelles, et y ont obtenu 
de véritables succès, par l'originalité des idées 
et par le mérite de la forme. A" Deuxième 
symphonie (en mi), inédite. 

.11EYSE]>BERG (Charles), fils d'un fac- 
teur de pianos de Paris, naquit en 1785, et fut 
admis comme élève au Conservatoire, ea 
179'J. Elève d'Adam pour le piano, il obtint 
le premier prix de cet instrument au concours 
de 1803; puis il étudia la composition, sous 
la direction de Méhul. Après s'élre livré pen- 
dant plusieurs années à l'enseignement du 
piano, il établit une maison pour le commerce 
de musique; mais il mourut peu de temps 
après(vers 1828). On a de cet artiste : 1" Ron- 
deau militaire pour piano et flûte; Paris, 
Langlois. 2» Trois sonates pour piano seul; 
Paris, Louis. 3" Concerto pour piano et or-* 
chestre, op. 3; ibid. 4" Grande sonate pour 
piano et violon; ibid. 5" Rondeau pastoral 
pour piano, op. 5; Paris, Richaull. C" Douze 
morceaux faciles et brillants, op. C; ibid. 
7" Quadrilles et valses tirés du Solitaire; 
Paris, Langlois. 8» Nouvelle méthode de 
piano ; ibid. 

MEZGER (François), pianiste allemand, 
s'établit à Paris, vers 1783. On voit par 
l'épilre dédicatoire de son œuvre quatrième de 
sonates, à la duchesse d'Aumonl, qu'il était 
né à Pforzheim, et que la protection de celle 
dame le fixa en France. Il vivait encore U 
Paris, en 1808; mais je crois qu'il est mort peu 
de temps après. Les compositions de cet ar- 
tiste ont eu du succès dans leur nouveauté : 
elles le durent principalement à leur genre 
facile et mélodique. Ses ouvrages les plus 
connus sont : 1» Sonates pour piano et violon, 
op. 4, 5, 6, 7, 9, 13, 17, 22, au nombre de 
trente; Paris, chez l'auteur; OITcnbach, 
André. 2" La Bataille de Fleurus, idem, ibid. 
3" Trio pour piano, violon cl violoncelle, 
o|). 14; ibid. Â' Sonates faciles pour piano 
seul, op, 18 ; ibid. 5° Airs variés, op. 10, 12, 
IG; ibid. G" Diverlisscmenls pour piano seul 
n'" 1 à G; ibid. 7° Pots-pourris, n»' 1, 2, 3; 
ibid. 8» Préludes dans tous les tons; ibid. 
9» Le liudeau, ou l'Entrevue des empereurs 
Napoléon et Jlcxandre, pièce historique, 
ibid. 10" Quelques morceaux détachés. 



MÉZIÈRES — MICHAEL 



131 



MKZIERKS (EucÈNE-Eu':oNORE DE BE- 
THIZY, marquis DE), lieutenant général, 
mort, au mois de juillet 1782, à Longwy, dont 
il éiait gouverneur, se distingua par sa bra- 
voure et ses talents militaires à la bataille de 
Fonlenoy et dans les guerres de Hanovre. Sa 
hientaisance et ses autres qualités l'avaient fait 
l'objet de la vénération des liabitants de son 
gouvernement. Les arts et la littérature occupè- 
rent ses loisirs. Au nombre de ses écrits, on 
trouve celui qui a pour titre : Effets de l'air sur 
le cor [S humain, considérés dans le son, oit 
discours sur la nature du chant; Amsterdam 
e( t'aris , 1760, in'12 de soixante et onze pages. 
Faible production qui ne contient que des 
opinions vagues sur la théorie de la musique, 
ou sur les œuvres des compositeurs français 
du temps de l'auteur, et dans laquelle on ne 
trouve rien sur les effets de l'air ni sur le 
chant. 11 ne faut pas confondre cet opuscule 
avec un autre qui a pour titre : Essai des 
effets de Vair sur le corps humain, traduit 
<le l'ouvrage anglais d'Arbulbnot , par Bayer 
de Perrandié; Paris, Barrois, 1742, in-12. 

MEZZOGORI (Jean-Nicol\s), maître de 
chapelle à Comachio (Lombardie), au com- 
mencement du dix-septième siècle, a publié 
de sa composition : 1° Missa, Moietti e un Mi- 
serere a Quattro voci ; Venetia, Ricc. Ama- 
dino, 1614, in-4°. — 2° La céleste sposa, Terzo 
libro degli concerti con moteiti a 1, 3 e 4 
voci; ibid, 1616. J'ii;nore les dates de publi- 
cation des autres- livres. — 3° Salmi festivi 
rnspcrtini concertati a 4 voci; in Venezia, 
app. Bart. Magni, 1623, in-4°. 

MIARI (Antoine comte DE ) , d'une an- 
cienne famille de Bellune , est né dans cette ville 
le 12 juin 1787. Son père, amateur de musique 
zélé, encouragea ses dispositions pour cet art, 
et lui donna à l'âge de dix ans le Vénitien Mus- 
cliietti pour maître de piano. Il apprit seul le 
violon, et lorsqu'il eut atteint sa dix-septième 
année il obtint de son père la permission d'aller 
étudier à Padoue la compositiom près du P. Sab- 
b^tini. Pendant deux ans il resta sous la direc- 
tion de ce maître, puis il acheva ses études à 
Venise avec Ferdinand Berloni et son élève Va- 
lesi. Peu de temps après son retour dans sa ville 
natale, il y écrivit Selcno, opéra dont il fit exé- 
cuter avec succès des morceaux à Venise. En- 
doiiragé dans ce premier essai par Mayer et Pac- 
chierotli, il se livra depuis lors avec ardeur à la 
composition, et écrivit plus de cent soixante ou- 
vrages de tout genre, parmi lesquels off remar- 
que sept opéras intitulés : 1° La Moglie indiana; 
— 2" Il Prigionicro; — 3° V Avare; — 



4° Don Quisciolle ; — 5° La Prova in amore; 
— ii" La Notte perigliosa; — 7" Fernando e 
Adelaide. Les compositions du comte de Miari 
pour l'église renferment six messes solennelles, 
deux messes a capclla, quatre Requiem, deux 
vêpres complètes avec orchestre, six Miserere , 
une messe à huit voix réelles, l'Agonie du Sau- 
veur sur la croix , oratorio , Fleurs de mai à 
la Vierge Marie, huit répons, une litanie, trois 
motels, cinq Lamentations de Jérémie,le 61" 
psaume et dix-sept graduels. Ses autres ouvrages 
consistent en cinq cantates grandes et petites , 
des airs détachés, deux concertinos pour or- ( 
chestre complet, trente symphonies , six con- 
certos pour divers instruments, douze sonates 
pour le piano, des variations et fantaisies pour 
le même instrument, dont quelques-unes ont été 
publiées à Milan, chez Ricordi et ailleurs, six qua- 
tuors pour deux violons , alto et basse, six trios 
pour les mêmes instruments, etc. Le comte 
Miarl est membre des sociétés philharmoniques 
de Bologne , Dergame, Turin, Vérone et Venise. 
Il réside habituellement dans celte dernière ville, 
où il a rempli les fonctions de député du royaume 
lombardo-vénitien. 

MICHAEL (Roger), maître de chapelle 
de l'électeur de Saxe, naquit dans les Pays-Bas 
vers le milieu du seizième siècle. Après la mort 
du maître de chapelle Georges Foerster, il fut ap- 
pelé à Dresde, en 1587, pour lui succéder. Ses 
ouvrages imprimés sont : l" Jniroitus Bomi- 
nicorum dierum ac prxcipuorum feslorum 
electoratus Saxonici ecclesiis usitatissiinorum 
ad moduni motetarum, quinque vocibus 
expressif Leipsick, 1599, in-4° — 2° Inirodus 
anniversarum, 5 t'OC.,ibid., 1604, in-4°. 

MICHAEL (Todie), fils du précédent, 
maître dechapelle à Sondershausen, puis cantor et 
directeur de musique à Leipsick , naquit à Dresde 
le 15 juin 1592. En 1601 il fut admis dans la cha- 
pelle de l'électeur de Saxe, qui le fit entrer en 1609 
à Técole de Schulpforte pour le préparer aux cours 
de l'université. Quatre ans après , son père le 
retira de cette école et l'envoya à Wiltenberg 
pour faire un cours de théologie : il s'y fit éga- 
lement remarquer par son aptitude aux sciences, 
et par ses connaissances dans la musique. De 
Wiltenberg il alla à Jéna, où il passa quelques 
années. Le 18 septembre 1619 la place de maître 
de chapelle de l'église de la Trinité, nouvellement 
construite à Sondershausen, lui fut confiée; mais 
à peine arrivé dans celte ville, il vit réduire 
en cendres cette église avec l'orgue excellent qui 
s'y trouvait, ef une partie de la ville. Ayant 
perdu sa place par cet événement , il ne trouva 
de ressources que dans un minime emploi à la 

9. 



132 



MICHAEL — MICHAELIS 



chancellerie. En 1C31, on l'appela, comme maître 
de chapelle, à Leipsick : cette place amiMIora sa 
situation et lui fit passer le reste de ses jours à 
l'ahri du hesoin : il ne connut plus d'autre n);il 
que la goutte, dont il souffrit beaucoup, et qui 
le conduisit au tomheau le 20 juin 1657, à rà;;e 
de soixante-cinq ans. Son occupation comme 
compositeur consista principalement à mettre en 
musique les textes moraux de la Bible. On a re- 
cueilli les morceaux de ce genre qu'il a écrits, 
en deux volumes qui ont pour titre : Musika- 
lische-Seelenlust, etc. ( Joie musicale de l'àme, 
où se trouvent 50 morceaux allemands de con- 
cert à plusieurs voix et basse continue ) , 
1'" partie, Leipsick, 1635; 2" idem, ibid., 1637. 
MICHAEL (Samiel), de la même famille 
que les précédents, naquit à Dresde vers la fin 
du seizième siècle, et fut organiste à l'église 
Saint-Nicolas, de Leipsick. On a publié de sa 
composition : 1° Psalmodia recjia, ou Maximes 
de vingt-cinq psaumes de David, à 2, 3, 4 et 
5 parties, tant pour les voix que pour les 
instruments ( en allemand ) ; Leipsick , 1032 , 
in-4". — 2° Pavanes et gaillianles pour divers 
instruments, 1" et 2" partie, ibid. 

MICHAELIS (Damel ) , compositeur, né à 
Eisleben dans la deuxième moitié du dix-sep- 
tième siècle , a publié un recueil intitulé : Musi- 
calienvonschœnen icohlriechendcn Blumlein, 
so in Lustgarten des heil. Gcistes gewachsen, 
mit 3 Stimmen ( Musique composée de fleurs 
odoriférantes venues dans le parterre du Saint- 
Es[)rit, à 3 voix); Roslock, 1610, in-i". 

MICHAELIS (CuKÉTiEN- Frédéric), fils 
d'un musicien de Leipsick, naquit dans cette 
ville en 1770. Élevéen 1793 au grade demagister, 
il ouvrit un cours particulier de philosophie. 
En 1801 il accepta une place de précepteur chez 
le chambellan de Rochow , à Plessow, près de 
Potsilam. En 1803 il alla remplir des fonctions 
semblables à Dresde, puis il retourna à Leipsick, 
où il reprit son cours de philosophie , particu- 
lièrement .sur l'esthétique musicale , à laquelle 
il .s'efforçait de donner le caractère d'une science 
systématique. Ses dernières années furent trou- 
blées par des souffrances aiguës qui développè- 
rent en lui une hypocondrie habituelle. 11 est 
mort à Leipsick le ï" août 1834, à l'Age de 
soixante-quatre ans. Amateur |>assionrié de mu- 
sique, il avait étudié le piano et riiarnionic .sous 
la direction de Veidenhammcr, de Bùrgmùller et 
de Gœrneck , et Ruhr lui avait donné des le- 
çons de violon. Quelques petites compositions 
pour le violon, la llrtlc et la guilîie lui sont at- 
tribuées dans le Manuel ou Catalogue de toute 
la musique imprimée, de \Vlii>tling; mais je crois 



que c'est par erreur, et que ces morceaux ap- 
partiennent à un autre musicien du même nom 
qui paraît avoir demeuré à Brunswick. C'est 
surtout comme écrivain sur la musique que Mi- 
cliaelis s'est fait connaître, par une multi- 
tude d'écrits, de traductions et d'articles de 
journaux. A l'époque où il fit ses études, la 
pliilosopliie de Kant jouissait d'un grand crédit 
dans les universités d'Allemagne, malgré les 
adversaires redoutables qu'elle avait rencon- 
trés dans Herder, Mendelssohn, Jacobi et au- 
tres. Michaelis , adoptant les principes de 
celte philosophie critique, voulut les appliquer 
à une esthétique spéciale de la musique. Le pro- 
gramme de la première partie de son livre. Sur 
l'esprit de la viusique, se trouve dans ce pas- 
sage de l'esthétique tianscendentale qui forme une 
des divisions de la Critique de la raison pure 
de Kant (§ I) -. « La capacité de recevoir des 
« représentations par la manière dont les objets 
« nous affectent s'appelle sensibilité. C'est au 
« moyen de la sensibilité que les objets nous sont 
« donnés; elle seule nous fournit des intuitions; 
« mais c'est par l'entendement ((u'ils sont conçus, 
« et c'est de là que nous viennent les concepts. » 
L'objet de Michaelis était donc de découvrir le 
principe du concept transcendenlal du beau eu 
musique, et de le séparer de l'intuition empi- 
rique des divers genres de beautés; mais celte 
tache difficile s'est trouvée au-dessus de ses 
forces, comme elle l'a été à l'égard de la plupart <le 
ceux qui ont voulu aborder ce sujet. Il est juste 
cependant de dire qu'il aperçât une erreur de 
Kant qui , parlant de la musique, dit qu'elle est 
un jeu régulier des affections de l'unie, et 
en même temps une langue de pure sensa- 
tion, sans aucune idée intellectuelle (l).!)^»^ 
la première partie de son ouvrage, Michaelis 
fait voir que le principe du jugement esthétique 
de la philosophie critique est applicable à la mu- 
sique comme aux autres arts , et que ce même 
art serait réduit en quelque sorte au néant, s'il 
était inabordable à l'analyse, et si l'esprit ne 
pouvait porter de jugement sur les sensations de 
l'ouïe. En un mot, il établit la nécessité d'un in- 
tellect musical, sans lequel, en effet, l'oreille ne 
percevrait que des séries de sons qui n'auraient 
aucune signification. Mais lorsqu'il faut arrivera 
l'explication de la nature des jugements portés 
par cet intellect , et surtout des jugements à 
priori de la beauté formalc, Michaelis se trouve 
faible en face des diflicullés signalées plus haut. 
Ce furent sans doute ces difficultés qui le ramc- 



(1) iteobachlitngcn Mer dus (Jc/ahl des Schœnen und 
F.rliabcnen , Uit-'.i, \"\. 



IMICHAKTJS — MICIIAUD 



f3â 



nèrent, dans la secomle partie de son livre, à 
la considération de l'analogie de la musique avec 
la poésie et les arts du dessin , quoique celte 
analogie n'existe que dans les parties accessoires 
de l'art. Considérée comme art de peindre et 
d'exprimer certaines choses qui sont du do- 
maine de la poésie, de la mimique et de la pein- 
ture, la musique offre bien moins de difficultés 
(|ue dans sa partie purement idéale, et Micliaelis 
s'y trouvait plus à l'aise ; mais on comprend 
qu'en le limitant ainsi , il ne pouvait proposer 
d'autre règle pour juger de la beauté de ses pro- 
duits, que celle de la fidélité du rendu, et c'est, 
en effet, à peu près à ce résultat que se borne 
sa théorie, où il retombe malgré lui dans la 
doctrine empirique, quoiqu'il fasse des efforts 
pour élever l'art jusqu'à l'idéalisme. 

Dans la liste nombreuse des livres et articles 
de journaux de Micliaelis sur la musiqne, on 
trouve : 1" L'cber den Geist der Ton/iunst mit 
Eucksicht auf Kanis Krilik der sesthetischen 
Urtheilskraft ( Sur l'esprit de la musique , eu 
égard à la critique du jugement esthétique par 
Kant) ; Leipsick, 1'^'= partie , 1795, in-S" de 134 
pages; 2'ne partie, Leipsick, 1800, in-S" de 
ir,0 pages. Il est revenu à plusieurs reprises sur 
le même sujet dans les articles suivants : — 
9* Entwurf der Aecthetih, als Leitfaden betj 
(tkademische Vorlesungen ( Projet d'esthétique, 
pour servir de guide dans les leçons académi- 
(pies), Augsbourg, 1796. — 3° Sur le sublime 
dans la musiqne (1" cah. de la Feuille men- 
suelle pour les Allemands, 1801). — 4" Quel- 
ques idées sur la niture esthétique de la mu- 
sique (dans V Eunonia ; Berlin, mars 1801 ). — 
5" Supplément anx idées sur la nature esthé- 
tique de la musique ( ibid., avril 1801 ). — 6° Sur 
l'intéressant et le touchant dans la musique 
( iliid , août 18o4); Pensées d'un Français (Re- 
veroni Saint-Cyr) sur l'analogie qu'il y a entre 
les représentations de la vue et de l'ouïe, entre 
la peinture et la musique ( Gazette musicale de 
Leipsick, ann. 1804, n" 21). —8" Sur l'esprit de 
la musique ( ibid., 180i, n** 50 ). — 9" Essai ten- 
dant à développer la nature intime de la musiaue 
( ihid., ann. 1806 , n°' 43 et 44 ). — 10° Sur la 
partie idéale de la nmsique (ibid., 1808, n" 29). 
— 11" Quelques articles concernant l'Esthétique 
dans la Gazette musicale de Berlin publiée par Rei- 
«hardt(ann. 1805, 1806); — n^eten/in dans le 
livre publié par Micliaelis, sous ce titre : Mitthei- 
lunyen z\i nefœrdenmr/ der UumnnUxt und 
di'sguten Gesc/iHmcAs (Communications sûr l'a- 
vancementde l'humanité etdu bon goût ; Leipsick, 
isoo), on trouve une section sur la peinture mu- 
sicale. Les autres travaux de ce savant concernant 



la musique, lesquels ont été insérés dans les jour- 
naux, consistent en analyses de compositions ou de 
livres relatifs à cet art ( Gazette musicale de Leip- 
sick, 1806, n" 26; 1807, n" 26 ; 1808, \\°^ 1,2, 3, 
4,5; 1810,n° 17 ), et en articles sur divers sujets 
historiques ou de critique pure (Gazette musicale 
de Leipsick, 1802, n" 13; 1804, n"s 8, 40; 1805, 
n»s 4, 6, 7, 15, 29, 31, 33, 34, 35, 36, 38, 45 ; 1806 
n''s4,21,24,26, 27, 35;1807, n^-^lô, 17,36; 1810, 
n" 17; 1814, n's 31, 32; la Libéral, publié par 
Kuhn, à Berlin, 1811, 2 articles; Gazette musi- 
cale de 'Vienne, ann. 1818, p. l'O-lie, 783; 
1820, p. 465-468, 478-484, 497-399; Cxcilia, 
t. 10, p. 56-64; t. 12, p. 957-262; t. 15, p. 179- 
183 ). On a aussi de ce savant : Kateckismus 
iiber J. B. Logier's System dem Musikwissen- 
schaft und der musikalischen Composition 
{Catéchisme sur le système de la science musi- 
cale et de la composition de Logier); Leipsick, 
1828, in-S" de 96 pages. Micliaelis a traduit en 
allemand différents ouvrages relatifs à la mu- 
sique, entre autres ; l'Histoire de la musique de 
Bnsby, qu'il a eniichie de notes et qu'il a pu- 
bliée sous ce titre : Allgemeine Geschichle der 
Musik; Leipsick, 1821, 2 volumes in-8°; les 
Anecdotes sur ia musique , de Burgb , réduites 
en un volume et publiées sons ce titre : Anec- 
doten und Bemerkungen die Musik betref- 
fend ; Leipsick, 1820, in-S", et le Mémoire de 
Villoteau sur ia musique des anciens Égyptiens , 
extrait de la grande Description de l'Egypte, 
et intitulé : Abhandlung ilber die Musik des 
ulteih jEgyptens ; Leipsick, 1821, in-S" de 
190 pages. 

MICHAELIS (F. A. ), professeur de violon 
à Breslau , vers 1830, vécut aussi quelque temps 
à Rostock, puis à Stettin, et enlin retourna à 
Breslau vers 1840. Il a écrit environ cinquante 
œuvres de différents genres, parmi lesquels on 
remarque : 1° Praktische Violinschule ( Mé- 
thode pratique de violon ) ; Breslau , C. Wein- 
hald. — 2" Ver Lehrer und seine Schiller 
{ Le Maître et son élève, collection de morceaux 
faciles et progressifs pour 2 violons ) ; ibid. — 
3" Variations faciles pour violon seul avec ac- 
compagnement de piano, op. 50; ibid. — 
^" Sec lis schwedische Lieder (Six Chansons sué- 
doises, avec accompagnement de piano, op. 25; 
Rostock, J. M. Ueherg, 1835. — 5" Eerzog 
Magnus (Leduc Magnus et la mer agitée, bal- 
laile traduite du suédois, avec accompagnement 
de piano), op. 30; Stettin, M. Bôlime. — 6° Sechs 
Seelieder ( Six Chants de mer avec ace. de 
piano, op. 32 ; ibid. 

MICH/VUD (ANDRÉ-REm), violoniste, fut 
attaché à l'orthe.^re de l'Opéra en 1770, et y 



134 



MICHAUD — IVIICHELI 



resta jusqu'à sa mort, en 1788. Il a publié : l°Six 
duos pour 1 violons, op. 1 ; Paris, Ballleux. — 
2" Six idem, deuxième livre, Paris, La Ciievar- 
dière. — 3" Quatre Recueils d'airs arrangés en 
solos pour le violon ; Paris, Nadernian. 

MICHEL (GiiLLAtME), maître de cliant à 
Paris, vers le milieu du dix-septième siècle, fut 
attaché an service du cardinal Mazarin, suivant 
ce qu'il dit dans la dédicace du second livre de 
ses chansons à M. de Lalour-Lanzon. Il a publié 
trois livres de Chansons récréai ives à voix 
seule avec la basse; Paris, Ballard, 1641-1643, 
in-8"' olil. 

MICHEL ou MICUL (François-Louis), fds 
d'un lliUiste distingué de la cour de Hesse-Cassel , 
naquit à Cassel le 8 janvier 1769, et fut lui-môme 
un virtuose sur la flûte. 11 succéda à son père 
dans la cliapelle du prince en 1786. Deux ans 
après, il fit un voyage à Paris et à Londres, où 
il se (it entendre avec succès. On n'a pas de 
renseignements sur la suite de sa carrière. On a 
gravé de sa composition : 1° Trois Concertos 
pour flûte ; Paris, Frey ; Londres, Longman. — 
2° Nouvelle Méthode de flûte; Paris, Leduc. 

MICHEL (Joseph). Voyez MICHL. 

MICHEL ( Francisque-Xaviek), philologue, 
né à Lyon, le 18 février 1809, a fait ses études 
dans cette ville, puis s'est rendu à Paris, où il 
s'est livré à l'étude de la littérature du moyen 
âge. Dans les années 183» et 1837, il a été cliargé 
par les ministres de l'Instruclion publique, 
MM. Guizot et de Salvaudy, de faire des recher- 
ches de documents relatifs A l'histoire de France eu 
Angleterre et en Ecosse. En 1846 il a été nommé 
professeur de littérature étrangère à la faculté 
des lettres de Bordeaux. M. Francisque Michel 
est correspondant de l'Institut de France ( Aca- 
démie des Inscriptions), membre des Académies 
<le Vienne , de Turin , et des Sociétés des Anti- 
quaires de France et de Londres. Indépendauuuent 
de beaucoup de travaux étrangers à l'objet de ce 
dictionnaire , on lui doit une édition complète des 
Chansoris dit châtelain de Coucij, icvuessitr 
tous lesmanuscrils, suivies de l'ancienne mu- 
sique, mise en notation moderne, avec ac- 
compagnement de piano, par M. Peine; Paris, 
de l'imprimerie de Cra|)clet, 1830, grand in-8". 
Cette édition, imprimée avec luxe, est précieuse 
par ses éclaircissements sur la vie du châtelain 
de Coucy, par la description des manuscrits où 
se trouvent les chansons de ce trouvère, ainsi que 
par les corrections du texte de ces chansons, et 
surtout, pour l'histoire de la musi(|iip, par le tra- 
vail de Perne sur les mélodies dans leur véritable 
caractère. 11 est làcheux seulement que Perne ait 
eu Pillée d'ajouter à ces mélodies un accompa- 



gnement de piano et des harmonies qui n'appar- 
tiennent ni à leur tonalité, ni à l'époque de ces 
monuments de l'art. L'édition donnée par M. Mi- 
chel .sera uii jour fort rare, n'ayant été tirée qu'à 
120 exemplaires, numérotés à la presse. Le mien 
porte le n" 19. On a aussi de M. Francisque Michel : 
Le Pays basque; sa population , ses mœurs, 
sa littérature et sa musique; Paris, Firmin Di- 
dot frères, fils, etc.; 1857, 1 vol. petit in-8'', vo- 
lume qui offre de l'iulérét et qui renferme plu- 
sieurs chants basques avec les .mélodies origi- 
nales. 

MICHEL-YOST , célèbre clarinettiste. 
roî/c:;YOST (Michel ) 

MICHEL ( Feudinand ), professeur de musi- 
que à Rouen, naquit dans celte ville vers 1805. On 
connaît de lui : Principes appliqués à la mu- 
sique vocale, à l'usage des écoles primaires ; 
Rouen, Bonnel, 1838, in-8" de 12 pages. 

MICHELl (Domimqle), compositeur, né à 
Bologne, suivant le titre d'un de ses ouvrages, 
vécut dans la seconde partie du seizième siècle. 
Ou a sous ce nom : 1'^ Madrigali di Domenico 
Micheli da flologna , a sei voci, dati in luce 
da Claudio di Correggio, libro ierzo ; Venise, 
l.')67, in-4° obi. — 2° Madrigali a cinque voci ; 
Venise, 1581, iu-4°. On trouve aussi des madri- 
gaux de ce musicien dans le recueil qui a pour 
titre : De' floridi Virtuosi d'Iialia il terzo 
libro de' madrigali a cinque voci; Venise, 
J. Vincenti et R. Amadino, 1586, in-4''. 

MICHELI (D. Romain), compositeur distin- 
gué, naiiuit à Rome en 1575, car dans la préface 
d'undeses ouvrages, imprimé àRome, 1650,ildil 
qu'il était alors âgé de soixante-quinze ans. Après 
avoir laitscséluilcs musicales sous la direction des 
célèbres maîtres Soriano et Nanini,il hit fait prê- 
tre et obtint un bénéfice dans l'église d'Aquiiée, 
après quoi il entreprit <ie longs voyages dans 
les principales villes d'Italie. Dans la prélace 
de son recueil de motets intitulé Mma/co raga 
cd artificiosa, il donne l'histoire de ces voyages 
et fournit des renseignements sur de savants mu- 
siciens qu'il a rencontrés, et dont il reconnaît 
avoir appris quelque chose concernant l'art et la 
science, notamment JeanGabrieli et Jean Cioce, 
à Venise, Pomponius Nenna, Jean de Macqlie, 
Rocco-Rodioet Ccrreto, à Naples, Luzzasco-Luz- 
zaschi et Fioroni à Ferrare, Fulgence Valesi à 
Milan, etc. Pendant un certain temps il s'arrêta 
à Concordia, ville du duché île Miiandolc, pour 
y enseigner la musique ; puis il fut rappelé l'i 
Romifpar le cardinal de Savoie, qui lui (it ob- 
tenir en 1C2Ô l.t place de maître de chapelle de 
Saint Louis-de.s-Français. Micheli vécut jusqu'à 
un âge très-avancé , car M. labbé Baini cite de 



MICHELl — MICUELOT 



13â> 



lui un manifeste adressé aux musiciens compo- 
silcuis critalie, et terminé i)ar ces mots : Romnno 
MichcUprete di Romadi etàd' anni 84 (Voy. 
Mon. 6tor. crit. délia vita e délie opère di 
J'icrluigi daPalcstrina, t. il, p. 34, noie 473.) 

Miclieli lut engagé dans des discussions rela- 
tives à son art, la première avec Paul Syfert 
( voyez ce nom ), a l'occasion de la querelle éle- 
vée entre celui-ci et Marc Scacclii, dans laquelle 
Syfert avait écrit que les musiciens italiens n'é- 
lai(Mit capables quede composer des opéiasel can- 
y.oiiettes, el que pourl'art d'écrire, ils pourraient 
tous l'apprendre de lui et de Fœrster, à l'école de 
Dantzick. Miclieli prit la défense de Scacclii, et 
envoya à Syfert ses propres compositions pleines 
de reclierclies et de canons, qui fermèrent la 
bouclieà l'organiste de Danizick. L'autre discus- 
sion eut lieu entre Miclieli et ce même Scacclii 
dont il avait pris ladéfense. Miclieli avait envoyé 
à celui-ci son œuvre intitulé : Canoni musicali 
composti sopra le vocall di più parole da 
Jiumano Miclieli romano , del quai modo di 
comporre egli è inventore ; Rome, 1645, in- 
fol.; ayant reçu cet ouvrage, Scacclii (it impri- 
mer à Varsovie une brochure, datée du 16 mars 
1047, dans laquelle il s'efforçait de démontrer que 
Miclieli n'était pas, comme il le disait, l'inventeur 
(le ce genre de canons, et que celle invention 
était beaucoup plus ancieane. Miclieli fnt très- 
sensible à cette impolitesse, et composa un re- 
cueil intitulé : La potestà pontificia direUa 
dalla sanctissima Trinilà , composé entière- 
iwni de canons à 3, 4, 5 et 6 voix, remplis d'ar- 
tiiices très-ingénieux, et y ajouta à la (in une ré- 
jionse péremptoiie et pleine d'érudition à Scac- 
clii. Cet ouvrage toutefois ne fut pas publié en 
entier, l'auteur n'en ayant fait imprimer que 
quelques feuilles détachées contenant les mor- 
ceaux dont l'exéoution était la plus facile; mais 
le manuscrit original et entier a été donné par 
lui à la bibliothèque de Sainf-Aiigustiu, où il se 
trouve encore en un volume coté D. 8. 4., sous 
<e litre : Canoni musicali di Romani Micheli. 
On y lit au commencement : Ex dono aucloris, 
([ni eliam donavil huic Bibliotkecx Angclicx 
ruinum cum facultale accomodandi propler 
impressionum. 

Les autres ouvrages de Miclieli qui ont éfé pu- 
bliés sont : 1° Musica vaga ed ariificiosa, con- 
irncnte motetd con ohpglii, et canoni diversi, 
ianto per quelli che si dilettano sent ire varie 
euriosiià, qvanto per quelli che vorranno 
profcssare d'inlendere diversi studii délia 
7.(1 us/ta; Venise, 1615, in-fol. Ce recueil con- 
tient cinquante canons remplis de recherches 
curieuses. — 5" Compieia a sei voci, con Ire 



fenori, conccrtata aW %iso modcrno, con il 
basso co7itinuo per Vorgano , e con un allro 
basso particolarc per lo maestro di cappella, 
et per suonare sopra esso il violone accompa - 
gnato on altri stromenti; \enise, \616, in-4°. 

— 3° Beaucoup de canons en feuilles volantes, 
imprimés à Venise en 1018, 1619 et 1620. — 
4" Madrigali a sei, voci in canoni ; Rome, 
Soldi, 1621. — 5" LiSalmi a 4 ; Rome, 1638. 

— 6° Messe a quattro voci ; ibid., 1650. — 1° 
Responsori a cinqiLe voci, ibid., 1658. Il y a 
un petit écrit de Romani, concernant l'invention 
des canons énigmatiques sur les syllabes dé- 
tachées de plirases données , dont il était au- 
teur ; il a pour titre : Lettere di Romano Mi' 
cheli romano alli musici délia cappella di 
N. S. ed altri musici romani; Venise, 1618. 

MICHCLI ( Benedetto ), naquit à Rome, 
suivant la Dramaturgia d'Allacci ( Édit. de 1755, 
p. 208 ). Il est vraisemblable qu'il vit le jour dans 
les dernières années du dix-septième siècle, car 
j'ai vu dans la bibliothèque de l'abbé Santini, à 
Rome, un volume manuscrit qui portait ce titre : 
Componimcnto cantato in Roma nel giorno 
del gloriosissimo Nome délia S. C. C. R. 
Maesta delta impératrice Elisabetta Cris- 
tina, etc ; Poesia di Tiberio Pulci , musica di 
Denedeito Micheli; 1724. Ce musicien a dû pro- 
duire beaucoup d'autres ouvrages, depuis cette 
époque jusqu'en 1746, où il (it jouer à Venise 
son opéra intitulé Zenobia. 

MICI1ELOT ( Jean-Baptiste-Aimé ), profes- 
seur de piano au Conservatoire de Bruxelles, na- 
quit à Nancy en 1796. Après avoir appris dans 
son enlànce les éléments de la musique, il alla 
terminer, dans les années 1804 et 1805, son édu- 
cation musicale à Strasbourg, où Dumonchau 
se trouvait alors. Pendant une longue maladie 
de celui-ci, Miclielot fut chargé de la direction 
de l'orchestre des opéras allemands et français. 
Ce fut aussi vers la même époque qu'il écrivit 
pour ces théâtres la musique d'environ 50 mélo- 
drames, et plusieurs opéras, dont un seul, inti- 
tulé : Les deux Tantes, a été joué avec succès. 
En 1817, Miclielot vint s'établir à Bruxelles, et 
depuis ce temps il y fut considéré comme un 
prolesseur de piano de beaucoup de mérite. At- 
taché au Conservatoire de cette ville depuis .son 
organisation en 1832, il a formé de jeunes ar- 
tistes qui, devenus eux-mêmes de bons malfre-s, 
ont propagé dans la Belgique une bonne école 
de mécanisme d'exécution, auparavant inconnue 
dans ce pays. Il a écrit pour le théâtre de Bruxelles 
HéloUe, monodrame, joué avec succès. Ses 
compo.sitions pour le piano consistent en : 
Exercices pour le doigte ,- Études pour les 



13G 



WICHELOT — MICHL 



enfants, et plusieurs chants sons paroles, 
morceaux distingués où l'on remarque autant de 
nouveauté dans les idées que de sentiment de 
mélodie et d'harmonie. Tous ces ouvrages ont 
été publiés cliez l'auteur, à DnixelJes. On connaît 
aussi deMiclielot plusieurs jolies romances, parmi 
lesquelles on remarque particulièrement Gene- 
viève de Brahant. En considérant le mérite 
réel du peu d'ouvrages que Michelota donnés au 
public, je ne puis m'empêclicr de regretter que 
l'obligation de fournir à l'existence d'une nom- 
breuse famille n'ait pas permis à cet artiste esti- 
mable de donner un plus large développement 
aux lieureuses facultés qu'il avait reçues de la na- 
ture. Ce professeur est mort à Bruxelles, le pre- 
ipier mai 1852. 

MICHEROUX ( N. Chevalier De ) , fils 
d'un ministre du roi de Naples ( Murât ), né en 
France, servit dans l'armée napolitaine en qua- 
lité d'ofiicier supérieur. Après la chute de Murât, 
M. de Micheroux, qui avait cultivé la musique 
avec amour depuis son enfance, particulièrement 
l'art du chaut, sous la direction des meilleurs 
piaîtres italiens, se retira à Milan, où il se livra 
avec succès à l'enseignement de cet art. Il y fit 
de bons élèves, au nombre desquels fut la célèbre 
cantatrice Pasta. Dans ses dernières années, il 
se fixa ^ "Venise où il était recherché pour l'a- 
grément de sa conversation et son amabilité. Une 
blessure grave qu'il avait reçue en 1815 lui iai- 
snit souvent éprouver de vives douleurs. Il 
mourut à Venise vers 1840. On a de cet inté- 
ressant artiste des mélodies d'un .sentiment dis- 
tingué qui ont été publiées à Milan, chez Ricordi, 
sous ce titre : Arietle per canto con piano- 
forte, dedicate alla célèbre Signera Pasta, 
l" et 2i"c recueils. 

MICHEUX ( G. ), pianiste et compositeur 
d'œuvres légères pour son instrument, naquit en 
Styrie et vivait à Vienne en 1S29. 11 s'y trouvait 
encore en 1840. Depuis plusieurs années il est 
fixé à l'aris. On connaît sous son nom environ 
cent œuvres d'études, fantaisies, thèmes varies, 
ma/ourkes et polkas pour le piano. 

MICHL ( JosEPH-IcnicpuoNSE ) , violoniste et 
compositeur, naquit à Neumarkt, dans la Ija- 
vière, en 1708. VVagenseil, maître de chapelle <le 
la cour impériale de Vienne, lui donna des le- 
çons de composition. Après que son éducation 
musicale fut terminée, Michl lut maître de cha- 
pelle chez le duc de Siilzbach, et après la mort 
de ce seigneur, en 1733, il lut appelé à la conr 
du prince de la Tour et Taxis, à Ratisbonne. Ha- 
bile violoniste et compo'^iteur de mérite. Michl a 
écrit pour diverses cours des opéras et des ora- 
torios,' mais dans un accès de mélancolie, il 



brûla toute cette musique et ne conserva qne six 
concertos de violon qui sont en manuscrit chez 
le prince de la Tour et Taxis. Il mourut à Ratis- 
bonne en 1770. 

MICHL ( Ferdinand ), frère du précédent, 
naquit à Neumarkt en 1713. Après avoir appris 
dans ce lieu les éléments de la musique et de la 
langue latine, il entra au séminaire à Munich et 
y termina ses études, puis il obtint la place d'or- 
ganiste à l'église des jésuites, dite de Saint-Mi- 
chel. Son talent distingué sur l'orgue et sur le 
violon le mit en faveur près du duc de Bavière, qui 
le fit entrer dans sa chapelle et lui donna le titre 
de second maître de concerts. Michl mourut 
jeune à Munich en 1753. Il a écrit le mélodrame 
spirituel ( Geistliches Singspiel ) qui a été repré- 
senté chez les jésuites de Munich en 1747. On a 
imprimé de sa composition : A7/ sijmphonix tri- 
bus conceriantibus instrumentis, scilicetvio. 
lino \et1 acbassocontinuOfOp. l;Augsbourg, 
1740, in-folio. 

MICHL ( Joseph ), neveu des précédents, 
naquit en 1745, à Neumarkt, où son père élait 
directeur du chœur. Cet artiste est désigné dans 
les catalogues sous le nom de Michel; Gerber, 
Choron et Fayolle et leurs copistes ont fait deux 
articles pour le même artiste, le premier sous 
le nom de Michel, le second sous celui de Michl. 
Admis au séminaire de Munich, il y lit ses études 
littéraires et mu.sicaies, et, jeune encore, il se nt 
remarquer par une rare habileté sur l'orgue. 
Ses premières compositions furent des messes, 
des litanies, des vêpres et des méditations pour 
l'église des jésuites. Déjà la plupart de ces ou- 
vrages étaient écrits lorsque félecteur de Bavière, 
Maximilien III l'envoya chez le maître de cha- 
pelle Camerloher à Freisingen , pour y faire un 
cours de contrepoint et de composition. Pendant 
son séjour à Freisingen, il composa un oratorio 
qui lui mérita la protection de l'évéque. De re- 
tour à Munich il y écrivit l'oratorio Gioas re 
di Giuda '■ cet ouvrage produisit une si vive 
impression sur les artistes et sur le public, que 
l'électeur choisit immédiatement après son exécu- 
tion Michl comme compositeur de sa chambre. 
Son opéra intitulé H Trionfo di Clelia, repré- 
senté au théi\lrc de la cour en J77C, justifia la 
confiance du prince en ses talents. Lorsque Bur- 
ney visita .Munich en 1772, il entendit un quin- 
tette instrumental composé par Michl, qui lui 
parut égal en mérite à ce qu'on connaissait de 
mieux en ce genre. Aiuès la mort de l'électeur, 
eu 1778, ce compositeur agréable reçut sa dé- 
mission, et se relira au couvent de Veiern, dont 
un de ses parents était supérieur. Il y occup.A 
.«^es loisirs à la composition de la musique d'é- 



j\ik:iil 



IMIEKSCII 



137 



glise, qu'il diiif^eait lui-même. Il y écrivit ;mssi 
un opéra de liec/uliis, qui fut représenté avec 
beaucoup de succès à Freisingen, en 1782. Après la 
suppression du couvent de Veiern, en 1S03, il 
retourna â Neumarkt, où il mourut en 1810. 
Plusieurs messes, litanies, motets, oratorios, 
symphonies et quatuors pour divers instru- 
ments de cet artiste sont restés en manuscrit. 
Il a fait représenler au théâtre de Muiu'cli les 
opéras dont les titres suivent : 1° Il Trionfo dl 
Clelia, opéra sérieux en .3 actes. — 2° Il Barone 
di Torre forte, opéra bouffe. — 3° Elmire et 
Milton, joué aussi avec succès à Mayence et à 
Francfort. — 4° Fremor et Meline , drame. — 
5° Le Roi et le Fermier. — 6° La Foire annuelle, 
qui obtint un brillant succès à Vienne, à Dresde, 
à Varsovie, à Ratisboune, à Mayence et à Franc- 
fort. — 7" Il Re alla Caccia, cantate drama- 
tique. — 8° Il Cacciatore, idem. On a publié 
en Allemagne plusieurs morceaux de sa compo- 
sition pour divers instruments. 

MICIIXA (Adam d'Oltrodowicz ), excellent 
organiste et compositeur, naquit à Neuhaus, en 
Bohême , et y vécut vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle. On a imprimé de sa composition -. 
1° Un livre de cantiques à l'honneur de la Vierge, 
r.n langue bohème, à quatre voix, intitulé; 
Laut na Marijanslia; Prague , 1657, 10-4°. — 
2° Cantiques pour toutes les fêles des saints, dédié 
au magistrat de Prague , sous le titre : Stcato- 
Roçnj Musika , aneb swariteçnj Kancijonal ; 
ibid. 1661, in-8o. — 3° Cantiones sacrœ pro 
^'estis totius anni 1 , 2, 3, 4 , 5 d 6 vocib. cura 
1, 2, 3, 4 instrumentis ad libitum. 

lilCHU (Louis), acteur de l'Opéra-Comi- 
(pie, appelé alors Comédie Italienne, na- 
quit à î>eims, le 4 juin 1754 (1) et débuta 
.'iur le théâtre de Lyon , d'où il fut appelé 
au Théâtre Italien de Paris. Il y joua pour 
la première fois, le 18 -janvier 1775, dans le 
M (Kjnlfique , àe Gréiry. D'Origny , contempo- 
rain de cet acteur, dit, dans ses Annales du 
Théâtre Italien ( tome 2, page 94), que iMiclm 
léunissait les avantages de la jeunesse , de la 
ligure, de la taille et les qualités qui font le bon 
comédien et le chanteur excellent. Toutefois ce 
dernier éloge ne parait pas avoir été mérité : 
vomrae la plupart des anciens acteurs de la Co- 
médie italienne de son époque, Micbu était ab- 
solument ignorant en musique et dans l'art du 
chant; comme eux, il chantait d'instinct et par 



il) Le registre C des anciennes archives de l'Opcra-Co- 
mique m'a fourni ime fausse indication poor la prcniicre 
édition de cette Biographie , en faisant naitre IMichu à 
Moulins, cil 17U2. 



routine. Après avoir été en possession de la fa- 
veur du public pendant vingt-cinq ans, cet ac- 
teur se retira le 27 février 1799 , sans avoir ob- 
tenu la pension qu'il avait gagnée par ses longs 
services (1). Il prit alors la direction du théâtre de 
Rouen; mais cette entreprise n'ayant pas réussi , 
Rlichu se jeta dans la Seine, et y périt en 1801. 

MIEDKE (Frédéric-Georges-Léonard), un 
des meilleurs chanteurs dramatiques de l'Alle- 
magne, est né à Nuremberg en 1803. Fils d'un 
régisseur de théâtre, il fut transporté à Stuttgard 
à l'âge de deux ans , et son éducation eut pour 
objet d'en faire un acteur. Après avoir chanté 
quelque temps dans les chœurs, il joua de petits 
rôles. En 1822 il s'éloigna de Stuttgard, et s'en- 
gagea au théâtre d'Augsbourg, d'où il alla en 
Suisse. Trois ans après il prit la direction du 
théâtre de Saint-Gall ; mais il y perdit beaucoup 
d'argent et fut obligé de fuir secrètement pour 
se soustraire à ses créanciers; ceux-ci obtinrent 
contre lui un arrêt qui le condamnait à passer 
trois mois dans une forteresse du Wurtembera. 
Remis en liberté, il alla à Wiirzbourg, où il a 
dirigé le théâtre jusqu'en 1836. Il s'est alors re- 
tiré pour ne s'occuper que de la peinture. On dit 
que cet acteur offrait le modèle de la perfec- 
tion dans Don Juan, Figaro et le Vampire. 

MIEKSCH (Jean-Aloïs) (2), chanteur et 
compositeur de mérite, naquit le 19 juillet 1765 
à S. Georgentlial , en Bohême, où son père était 
cantor&i instituteur. Dès l'âge de sept ans il 
reçut les premières leçons de musique. En 1777, 
on l'envoya à Dresde, où il entra dans la chapelle 
électorale, en qualité d'enfant de chœur, et y eut 
pour maître de solfège Cornélius, chantre de 
cette chapelle. Le piano et l'orgue lui furent en- 
seignés par Eckersberg et Binder; Zicli, musicien 
de la chambre , lui donna des leçons de violon, 
et pendant plusieurs années il fit des éludes de 
composition sous la direction du maître de 
chapelle Joseph Schneter. En 1787, il succéda 
au chanteur de la cour Stephan; mais le travail 
qu'il fit pour changer sa voix de baryton en 
ténor lui occasionna une inflammation de poi- 
trine qui faillit le priver de son organe vocal, et 
môme de la vie. Plus tard , il devint élève de 
Vincent Caselli, bon chanteur de l'école bolonaise 
de Bernacchi, et acquit un talent distingué sous 
cet habile maître. En 1799, Mieksch débuta 

(1) On a dit, dans plusieurs Biographies générales, que 
Michu ne put obtenir d'être admis dans la réunion des 
deux troupes d'opéra-comique des théâtres Favart et 
Fcydeau ; naais il n'était pas question de celte réunion quand 
il se retira. 

(5) Cet artiste est le même qui est appelé Miksch dans. 
la prciiiiérc édition de cette Biographie. 



138 



MIEKSCH— MIKULI 



comme chanteur au tliéâtre de la cour pour l'o- 
péra italien. En 1801, il reçut sa nomination de 
professeur de cliant des enfants de la cliapHIe 
électorale; et en 1820 on lui confia la direction 
des chœurs des opéras allemand et italien. En 
1824, le roi de Saxe lui accorda sa retraite et le 
chargea de la garde de sa bihliothèque particu- 
lière de musique. Mieksch est mort à Dresde au 
commencement d'octobre 1845, à l'âge de quiilre- 
\ingts ans. Ses compositions consistint en 
Lieder, airs avec accompagnement d'orchestre, 
cantates, messes, Requiem et offertoires. Comme 
professeur de chant, il a formé des élèves distin- 
gués, au nombre desquels on remarque les 
cantatrices Funk, Hase, Schrœder-Devrient, 
Schebest , Beltheim , le ténor Bergmann , et les 
basses chantantes Zezi et Nisse. 

MIEL (Edme-Fiunçois-Antoine-Marie ), fils 
d'un organiste, naquit à Chàtillon-sur-Seine, le 
C) avril 17 75. Après avoir fait de bonnes études 
au collège de Sainte-Barbe, il voyagea, puis il 
entra à l'École polytechnique et y resta deux 
années. Miel avait atteint l'âge de vingt-cinq 
ans, lorsque Frochot, préfet du département de 
la Seine , son concitoyen et son ami , lui donna 
un emploi dans le service des contributions di- 
rectes de la ville de Paris. En ISlfi, il obtint le 
titre de clief de division de cette parlie de l'ad- 
ministration , et pendant vingt ans il en remplit 
les (onctions. Cultivant les arts, particulièrement 
la m'isi(iiie, comme délassement de ses travaux 
administratifs, il prit dans plusieurs journaux la 
position (le critique et (it paraître un assez grand 
nombre de morceaux sur les arts du dessin et 
sur la nuisiqiie dans le Moniteur universel, 
dans le Journal général de France, dans le 
CoHS^7i/7/o?me^et dans \dL Minerve. Il fut aussi 
un <les collaborateurs de la BiograpJiie univer- 
selle des frères Michaïul, et y lit insérer des 
notices, qui ne sont pas sans mérite, sur Violli , 
M'"" Bigot et Baiilot. Elles oui été tirées à part, 
en brochures in-8°. iMmdateiirdeia Société libre 
des beaux-arts de Paris, Miel fut chargé de la 
direction des Annales de cette société pendant les 
années i830-18'iO, et y publia des notices sur 
Gluck, Garât, Adolphe Nourrit et plusieurs au- 
tres niusi(;iens. Ces morceaux ont été iin|trimés 
sépaiément. On a de c»!t amateur une brochure 
intitulée: Delà symphonie et de Beethoven; 
Paris, 1829, in-S". Dans les dernières années do 
sa vie , Miel s'occupa d'une Histoire de l'art 
français considéré dans la peinture, la sculpture, 
la gravure et la musique ; mais il n'eut pas le 
temps d'achever cet ouvrage : une maladie de 
poitrine le conduisit au tombeau le 28 octobre 
1842 Les travaux de ce lillérafeur, rclalils aux 



arts du dessin , sont indiqués dans le supplément 
de la Biographie universelle de Michaud. La cri- 
tique de Miel , en ce qui concerne la musique, 
est en général judicieuse; mais elle a peu de 
portée dans les aperçus et manque d'originalité. 
Miel était chevalier de la Légion d'honneur, 
membre de la société des enfants d'Apollon , et 
de la société d'Émulation de Cambrai. M. Hittorf, 
membre de l'Institut de France, a prononcé aux 
funérailles de .Miel, au nom de la société libre 
des arts de Paris , un éloge de celui qui en avait 
été le fondateur : ce discours a été publié avec 
ime notice biographique dans les Annales de la 
société libre des beaux-arts (Parh, 1845, in-4°). 
11 en a été tiré des exemplaires séparés. 

MIGE1\T (Jean-I'iekre), bon facteur d'or- 
gues allemand, a construit l'orgue de l'église Saint- 
Pierre, à Berlin, en 1748. Cet instrument est 
composé de cin(piante registres, trois claviers 
à la main et pédale. 

MIGLIORUCCI (Vincent), compositeur, 
né à Rome en 1788 , a eu pour maître de com- 
position Zingarelli , alors maître de chapelle de 
Saint-Pierre du Vatican. Cet artiste s'est fait 
connaître par une messe solennelle chantée à 
Rome , un oratorio , une cantate exécutée au 
théâtre Délie Dame, pour Je couronnement de 
Napoléon comme roi d'Italie, une autre cantate 
chantée au Capitole, à l'occasion de l'installation 
de l'école des Beaux-Arts, l'oiiéra Adriano in 
Siria, représenté à Naples en 1811 , et Paolo e 
Virginia, opéra *semi-seiia, au théâtre Carcano, 
à Milan, en 1813. On connaît aussi de Migliorucci 
quelques morceaux de musique instrumentale et 
des Canzoni. 

MIGXAUX (Jacqces-Antoine DE), pro- 
fesseur de musique à Paris, dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle, dont le nom vé- 
ritable était Demignaux, a publié : i° Trois 
trios pour clavecin, harpe et violon; Paris, 
1774. — 2" Trois quatuors pour clavecin, harpe, 
violon et alto ; ibid. — 3° Sonates pour clavecin 
ou harpe, avec accompagnement de violon ; ibid. 
J'ignore si ce musicien est le ni<^me qui était 
contrebasse au concert spirituel et à la chapelle 
du roi en 17(58. 

MIGXOIV (...), musicien français qui 
vivait a Paris, vers le milieu du dix-septième 
siècle, n'est connu que par un recueil publié chez 
Robert Ballard en lf.(îi, sous ce titre: Airs à 
quatre parties , par M. Mignon, compositeur 
à Paris, in-l2 obi. Les morceaux contenus 
dans ce recueil .sont au nombre de vingt-deux. 
On n'y trouve ni dédicace, ni (iréface. 

MIGXOT. Vo;/. L\ Voyk Mionot. 

MIltULI (CuAUi.Es), musicien distingué, né 



IMIKULI — MILANOLLO 



139 



à Czernowilz dans la Moldavie, vers î820, a 
vécu quelque temps h Paris, puis s'est fixé à 
Lemberg, où il s'est livré à l'enseignement du 
piano et à la composition. Au nombre des ou- 
vrages intéressants qu'il a publiés , soit pour le 
chant, soit pour le piano, on remarque une 
colleclion de quarante-liuit mélodies populaires 
de sa patrie, en quatre suites de douze chacune ; 
lesquelles ont pour litre : Douze airs nationaux 
roumains ( Ballades , chants des bergers, airs 
de danse, etc.) recueillis et transcrits pour le 
piano par Charles Mikuli : Léopol, Kallen- 
bach, et Jassy, chez Bereznicki. Les arrange- 
ments de ces mélodies par M. Mikuli ne ressem- 
blent pas à ceux par lesquels on a dénaturé le 
caractère des airs nationaux de toutes les na- 
tions: la tonalité bizarre des chants de la Roumanie 
y est conservée intacte , et l'artiste intelligent n'a 
pas entrepris d'harmoniser certains passages des 
airs appelés Doina et Ilora qui n'auraient pu 
être accompagnés d'accords qu'aux dépens du 
sentiment original qui les a inspirés. 

MiLAlV (donLocis), gentilhomme, ama- 
teur de musique, né à Valence, en Espagne, 
dans les premières années du seizième siècle, est 
auteur d'un traité de la viole, intitulé : El 
Maestro , o musica de viguela de mono; Va- 
lence, 1534, in-fol. 

MILAXDRE (....), musicien atlaclié à la 
musique de la chambre de Louis XV pour la viole, 
a fait exécuter, au concert spirituel, en 1768, un 
Con/itcbork voix seule et orgue. En 1776 il a fait 
graver à Paris une symphonie à sept parties. On 
a aussi de lui une Méthode facile pour la viole 
d'amour; Paris, 1782, iu-4 

MILAIVl ( François), né à Bologne, vers les 
premières années du dix-septième siècle, fut 
maître de chapelle de l'église San-Petronio , de 
cette ville, et membre de l'Académie des Filaschi, 
où il était appelé il soliiario. On a imprimé de 
sa composition : 1^ Vespri per tutto l'anno a qua- 
iro voci con Vorgano e senza ; In Venezia, app. 
Vincenti, 163.i. — T Litanie e Motettial chori 
da concerto e du capella; ibid. 1638, in-4''. 

MILAIV'O (Jacques-François), marquis de 
San-Giorgio et prince d'Ardore, naquit le 4 mai 
1700 à Polistina, terre appartenant à sa famille, 
dans la Calahre ultérieure. Après avoir achevé 
ses études littéraires, il voulut développer les dis- 
positions naturelles qu'il reconnaissait en lui pour 
la musique, et devint élève de Durante. Dès 
l'âge de vingt-trois ans, le prince d'Ardore était 
devenu le meilleur claveciniste de Naples. Il com- 
mença alors à composer des exercices pour le 
clavecin, mais bieulôt il voulut s'essayer dans 
des productions plus imporlanles et mit en mu- 



.sique plusieurs drames de Métastase, parmi les- 
quels on dislingue Gioasre di Ginda, la Betulia 
libcrata, Angelica c Medoro, de plus, des can- 
tates et des messes. Ces ouvrages sont conservés 
dans la Bibliothèque du collège royal de musique, 
à Naples. Arrivé à Paris en qualité d'ambassadeur 
de sa cour près du roi de France (Louis XV), 
le prince d'Ardore y fit naître l'admiration par 
son talent. Jean-Jacques Rousseau dit de cet 
amateur distingué (I) : « C'est par le grand ait 
« de préluder que brillent en France les excel- 
« lents organistes, tels que sont maintenant les 
« sieurs Calvière et Daquin, surpassés toutefois 
« l'un et l'autre par M. le prince d'Ardore, am- 
« bassadeur de Naples, lequel, pour la vivacité 
« de l'invention et la force de l'exécution, efface 
« les plus illustres artistes, et fait à Paris l'ad- 
« miration des connaisseurs. » Le prince d'Ar- 
dore mourut dans sa terre de San-Paolo, le 30 
novembre 1780. 

MILANOLLO (Domenica-Maria-Teresa) , 
aujourd'hui M"°* Parmentier, célèbre violoniste^ 
est née le 28 août 1827 à Savigliano, près d& 
Turin, et non à Milan comme le dit Gassner (2). 
Son père était un pauvre menuisier, dont la famille 
était composée de treize enfants. La vocation 
de ïeresa se manifesta d'une manière assez 
extraordinaire. Elle n'avait que quatre ans lors- 
qu'on la conduisit entendre une messe en mu- 
sique à l'église de Savigliano : il y avait dan* 
cette messe un long solo de violon. En sortant de 
l'église, Milanollo dit à sa fille : Eh bien! Teresa, 
as-tu bien prié Dieu ? — Non, papa , répondit- 
elle, j'ai toujours écouté le violon. Cet instru- 
ment avait agi de telle sorte sur elle, qu'elle s'en 
occupait sans cesse, et demandait à chaque ins- 
tant qu'on lui en donnât un. Cette idée fixe de 
l'enfant inspira des craintes à. son père .- il crut 
devoir satisfaire au désir de sa fille, lui acheta 
un petit violon et lui fit apprendre les éléments 
delà musique. Bientôt après elle fut conlice aux 
soins de Giovanni Ferrero, assez bon violoniste 
établi à Savigliano. Une année d'études suffit pour 
lui faire faire de si grands progrès, que des amis 
de la famille conseillèrent à M. Milanollo de 
conduire cet enfant- prodige à Turin. Teresa 
avait moins de six ans quand sa famille quitta 
Savigliano. A Turin, Teresa prit des leçons de 
Gebbaro, violoniste de la chapelle du roi Char- 
les-Albert, puis de Mora, artiste de la même cha- 
pelle. Après six mois d'études , et avant d'avoir 
atteint l'âge de sept ans, elle débuta à Turin dans, 
quelques réunions particulières et chez des moi- 



ri) Dictionuaire de musique, art. Préluder. 
(\i L'niKi'isal - U'xiton <lcr Tonkiinst, p. ci5. 



140 



MIL.OOLLO 



lies, puis elle alla se faire entendre à Savigliano 
et dans plusieurs autres petites villes des en- 
virons. A Mondovi, elle excita un vif intérêt, et 
l'on 5 fit son premier portrait. Ces succès ne clian- 
geaient cependant pas la position de sa famille, qui 
végétait dans la misère. Milanolio prit alors la réso- 
lution d'aller en France tenter la fortune. Cette 
expatriation fut triste, et ce fut un spectacle tou- 
chant de voir un père et une mère entreprendre ce 
voyage sans aucune ressource, portant leurs deux 
petites (illes dans leurs bras, traversant à pied les 
Alpes et souffrant de froid et de fatigue, mais sou- 
tenus par l'espérance et pleins de confiance dans 
le génie d'un enfant de sept ans. La plus jeune des 
filles, Maria Milanolio, dont il sera parlé plus 
loin , n'était alors âgée que de trois ans. Dans ce 
long et pénible pèlerinage, la pauvre famille passa 
par Barcelonette, Digne, Aix,et ne s'arrêta qu'à 
Marseille. 

Ce fut dans cette ville que Teresa se fit en- 
tendre en France pour la première fois : elle y 
donna trois ou quatre concerts et y produisit une 
vive impression. Son père y rencontra un ami 
de Lafont qui lui conseilla d'aller directement à 
Paris, et lui donna une lettre pour ce célèbre vio- 
loniste. Ariivée dans la capitale de la France en 
1837, Teresa fut conduite immédiatement chez La- 
lont, qui, cii^rmédesa belle organisation, lui donna 
des leçons et la fit entendre cinq fois à l'Opéra- 
Comique; puis il proposa à son père de l'em- 
mener en Belgique et en Hollamlc, ce qui fut ac- 
cepté. A Bruxelles elle joua dans un concert oii 
se faisait entendre Servais et y inspira beaucoup 
d'intérêt par sa précoce iiabileté. Lafont pré- 
.senta la jeune fille comme son élève dans les 
villes principales de la Hollande et ia fit entendre 
dans des solos et dans des duos concertants avec 
lui. Une maladie grave, dont la durée fut de deux 
mois, la saisit à Amsterdam, et l'empêcha de 
suivre Lafont dans le reste de son voyage. Après 
qu'elle eut retrouvé la sanlé, ïeresa joua à La 
Haye devant le prince d'Orange, qui, charmé de 
son talent, lui fit cadeau d'un beau diamant. 
Milanolio conduisit alors sa fille en Angleterre. 
A r.ondres, elle se fit entendre quatre ou cinq fois 
au théâtre de Covent-Garden et y joua une sym- 
phonie concertante avec le violoniste Mori, qui 
lui donna quelques leçons; puis elle parcourut 
une partie de l'Angleterre, visita Livcrpool, Ply- 
:r.outh, et toutleiiays de Galles avec le har|)istc 
lîochsaqui, spéculant sur le talcnlde celte entant, 
ia fit entendre dans quarante concerts en moins 
d'un mois els'ernparade tout le produit des recet- 
tes. Une fatigue excc'^sive fut le seul ré-;nllat de 
celte tournée pour la jeune fille. La famille Mila- 
ï>oJ!o rcvrnl alors en France, rt déscinionicnl le 



père de la virtuose prit la résolution de s'occuper 
lui-même des intérêts de sa fille. 

A son retour en France, ïeresa donna un con- 
cert à Boulogne : elle y fit entendre sa sœur, 
Maria, alors âgée de six ans, dont elle avait été 
le professeur, et qui ne reçut jamais d'autres 
leçons que les siennes. Maria était aussi douée 
d'une rare et belle organisation. Il n'y eut jamais 
dans son talent le sentiment et la délicatesse qui 
dislinguaient le jeu de sa sœur ; mais elle eut plus 
de brillant et d'énergie dans les diffimltés. Après 
ce séjour à Boulogne, la famille Milanolio se rendit 
à Paris, où les deux sœurs donnèrent des concerts, 
puis elles allèrent produire de vives émotions à 
Rouen, au Havre, à Caen, à Dieppe, Abbeville, 
Amiens, Arras, Douai, Lille et Dunkerque. A 
Lille, une médaille fut frappée en l'honneur des 
deux sœurs. Rentrée de nouveau à Paris en 1840, 
dan? l'intention d'y perfectionner son talent par 
les leçons d'un bon maître, Teresa voulut que 
son séjour dans cette ville ne fût connu de per- 
sonne. Elle se présenta donc chez Habeneck sous 
un nom supposé : étonné de trouver tant de 
talent dans un enfant, cet artiste célèbre lui de- 
manda quiavaitétéson maître: elle nomma La- 
font. Habeneck se souvint alors que cet artiste 
lui avait parlé de son élève avec cnlliousiasme à 
son retour de la Hollande, et il ne douta pas que 
ce ne filt le même enfant; mais il respecta l'in- 
cognito qu'elle voulait garder. Après quelques 
mois d'études, Teresa s'éloigna de Paris sans s'y 
faire entendre, n'y voulant revenir que précédée 
d'une 'renommée justement acquise. Les deux 
sœurs allèrent se faire entendre à Rennes, a 
Nantes, puis passèrent par Rochefort et se ren- 
dirent à Bordeaux où elles donnèrent douze con- 
certs qui eurent un grand retentissement; puis 
elles revinrent à Paris , au conunencement de 
1841, en passant par Angoulême, Poitiers, Tours 
et Orléans , fiù elles eurent de nouveaux et bril- 
lants succès. Elles se firent entendre ensemble dans 
les salles Hcrz, Pleyel,Érard, et eurent l'honneur 
de jouer devant la famille royale à Neuilly, Ce fut 
alors qu'Habeneck, charmé des prodigieux pro- 
grès de son élève, résolut de la faire jouer dans 
un concert du Conservatoire. Il éprouva quehpu! 
résistance à son désir dans le comité de ces con- 
certs ; mais son énergie parvint à la vaincre, et 
le 18 avril ISil, Teresa joua dans une de ces 
séances la grande polonaise <le son maître : elle 
y eut un succès d'enthousiasme, et les plus grands 
artistes, au nombre desquels étaient Cheruhini 
ctAuher, lui adressèrent des félicitations. M'l>" Mi- 
lanolio a ohlenu depuis lors d'eclatanls triom- 
phes; mais aucun ne lui a fait éprouver un [ilaisir 
nussi vif (pie celuiià. 



' MILANOIXO — MILANUZIO 



tu 



En quittant Paris peu de temps après, Teresa 
se rendit à Boulogne, où elle fit la connaissance 
du célèbre violoniste de Bériot, qu'elle suivit à 
Bruxelles, et dont elle reçut des leçons pendant 
plusieurs mois. Elle donna ensuite avec sa sœur 
environ soixante concerts dans les difCérenfes 
villes de la Belgique, à Aix-la-Chapelle, Cologne 
et Bonn; puis elles eurent l'Iioniieiude jouer de- 
vant le roi de Prusse au château de Bruhl. Ar- 
rivées à Francfort, elles y donnèrent douze con- 
certs, sans épuiser la curiosité publique. A Stutt- 
gard, à Carisruhe, elles n'eurent pas moins de 
succès, et, enfin, elles arrivèrent à Vienne, où 
leurs concerts s'élevèrent au nombre de vingt- 
cinq, au commencement de 1843. Dans cette 
même année, les deux sœurs retournèrent dans 
leur patrie et se firent entendre à Turin, à Milan 
(théâtre de la Scala), à Vérone, Padoue et Ve- 
nise. Parties de cette dernière ville, elles retour- 
nèrent en Allemagne par Trieste, oii elles donnè- 
rent un concert au mois de décembre; puis elles 
jouèrent à Prague, Dresde et Leipsick. Arrivées 
à Berlin dans l'hiver de 1844, elles y donnèrent 
un grand nombre de concerts et jouèrent plu- 
sieurs fois à la cour. De Berlin, la famille 
Milanollo se rendit à Hambourg, où les deux sœurs 
donnèrent onze concerts jusqu'au mois de juillet, 
après quoi elles allèrent prendre quelque repos 
en Belgique. Dans l'hiver suivant elles allèrent 
en Hollande où leur succès eut tant d'éclat , 
qu'ellesdonnèrentdix-buit concerts à Amsterdam. 
Au printemps de 1845, elles lirentun voyage à Lon- 
dres ; mais elles n'y donnèrent qu'un seul concert, 
où il y eut peu d'auditeurs. Depuis cette époque 
jusqu'en 1847, la même activité se fit remarquer 
dans la carrière de ces jeunes artistes, qui visi- 
tèrent les provinces rhénanes, la Bavière, les 
villes principales de la Suisse ei le midi de la 
France, recueillant partout les témoignages d'in- 
térêt dans l'immense quantité de leurs concerts. 
Arrivées à Nancy au mois de juillet 1847, elles 
s'y arrêtèrent, et M. Milanollo acheta une belle 
propriété à Malezevdle, près de cette ancienne 
capitale de la Lorraine. Au mois de décembre 
suivant, les deux suurs furent rappelées à Lyon, 
où elles donnèrent encore dix concerts. Lors- 
que la révolution du mois de février 1848 
éclata, la famille Milanollo se trouvait à Paris, 
où les jeunes virtuoses étaient engagées pour 
jouer à l'Opéra : elles prirent la résolution 
de se réfugier à Malezeviile. Elles y goûtaient 
les charmes du repos depuis quelques mois 
lorsque Maria fut atteinte d'ime maladie grave : 
on la conduisit à Paris pour la confier aux soins 
de médecins célèbres; mais leur art fut impuis- 
sant • Maria mourut le 21 octobre 1848, avant 



d'avoir accompli sa seizième année, et fut inhu- 
mée au cimetière du père Lacbaise. 

AprèscemalbeiU', Teresa qui, depuis plusieurs 
années avait donné tous ses concerts avec sa sœur, 
passa plusieurs mois dans ta retraite et ne voulut 
pas paraître en public. Plus lard elle ne reprit ses 
voyages que pendant l'hiver et passa chaque 
année la saison d'été à Malezeviile. Dans les der- 
niers temps de sa carrière d'artiste, l'année 1851, 
fut une des plus remarquables. Au mois de jan- 
vier elle donna plu.sieurs concerts à Strasbourg et 
y eut des succès d'enthousiasme. Le f' février 
elle quitta cette ville pour aller à Munster, puis 
elle parcourut une partie de la Suisse et donna 
cinq concerts à Bàle. Au mois de msrs elle donna 
des concerts à Manheim et à Heitlelberg, et le 
mois d'avril fut employé à donner huit concerts 
au théâtre de Francfort. Le dernier fut pour le 
bénéfice des membres de l'orchestre, qui firent 
frajiper une médaille en son honneur. Repassant 
à Strasbourg pour retourner à Malezeviile, elle 
donna le 10 mai un concert au bénéfice de l'or- 
chestre du théâtre. Ce fut dans ce voyage de 185! 
que la célèbre artiste joua pour la première fois 
des fantaisies de sa composition, dont une sur 
les motifs de la Favorite, et l'autre sur des mé- 
lodies de Guillaume Tell. Elle en avait écrit 
l'accompagnement pour le piano : un artiste de 
talent (M. Liebc) en fit l'instrumentation pour 
l'orchestre. Depuis lorsM"*^ Milanollo a composé^ 
des ouviages plus importants, au nombre des- 
quels est un concerto. 

Ayant épousé M. Parmentier (^)o^/e3 ce nom), 
oflicier supérieur du génie, elle a cessé de pa- 
raître en public et ne s'est plus fait entendre que 
de quelques amis. Après avoir habité à Paris 
pendant plusieurs années, M™^ Parmentier e.st 
établie à Toulouse depuis 1860. 

JMILANTA (JEAN-FRA^çols), musicien ita- 
lien du dix-septième siècle, né à Parme, fut 
maître de chapelle et organiste de la cathédrale 
d'Asola. 11 est connu par un recueil de compo- 
sitions religieuses intitulé : Missa, salmi e mo- 
ielti con sinfonie a 1, 2, 3, 4, 5 e 8 xoci con- 
certai, op. 1; Venezia, Aless. Vincenti; 164!>, 
et par un autre ouvrage qui a pour titre : Il se- 
conda libro de Motetti o 2, 3, 4 p 5 voci cati 
violini e Litanie a quattro délia beatu Vir- 
gine Maria, e 4 Tantum ergo, ibid. 1G51, 
in-4°. 

MILANUZIO ou MILANUZZI (Chai;- 
LKS), moine augustin de Santa Nataglia, dans 
l'État de Venise, fut organiste à l'église Saint- 
Étienne de celte ville vers 1615, et plus tard à 
Sainte-Euphémie de Vérone. Ses compositions le 
placent parmi les musiciens distingués de l'Italie 



I4i 



MILAINTIZIO — MILDKR-HAUPTMAKN 



à cette époque. On connaît de lui les onvraj^es 
suivants : 1° Messe concertate a quaitro voci, 
op. 2; in Venezia, Aless. Yincenti, lf,18. — 
2° Litanie délia Madonna a 4 e 8 voci. op. 5; 
ibid. 1620. Il y a une deuxième édition de cet ou- 
vrage, publiée cliez le môme éditeur en 1642. — 
3° Armonia sacra di concerii, cioe Messe c 
Canzoni a ci» que voci con il siio basso con- 
tinuo per L'organo di Carlo Milanuzii da 
Sfinta Nataglia, maestro di capella in Santa 
lùtfemia di Verona, opéra sesta , novamente 
composta e datain luce ; ibid. J022,in-4''. On 
voit par ce titre que le P. Milanu/.io était déjà 
atlaclié à l'église Sainte-Euphémie de Vérone en 
1C22. L'épître dédicatoire, auP, Léonardo Zorzi, 
premier organiste de la môme église, est datée de 
Venise, le 10 mars 1622. Il y a une autre édition 
du môme ouvrage, publiée à Venise, chez le même 
éditeur, en 1632. — 4° Sacra cetra, concerti 
cou affetti ecclesiasticia 2, 3, 4 e 5 voci, con 
Vaggiunta di sei Motetti commodi per il basso 
solo, lib. 1 e 2. op. 12 e 13; ibid, 1625. — 
5** Ariose vaghezze a voce sola, libri 1, 2, 3, 
4, 5, 6, 7, 8. ibid ; 1625. — ù" Salmi e Vesperi 
inlieri a 2 e 3 voci con il basso per Vorgano; 
ibid, 1628, in-4° — 7" Messe a Ire concertate 
che si possono cantare al e 11 voci. op. 16; 
ibid, 162:), in-4°. — 8° Compicta concertata 
con le aniifonie e litanie, ai, 2, 3 e 4 voci; 
ibid. — 9" Balletti, saltarc.lU, e correntine 
alla francese, lib. 1. — lO" Concerti sacridi 
salmi a 2 e 3 voci , con il basso continuo , 
lib. l.op. 14; ibid, 1036. C'est une réimpression. 
Idem, lib. 2. — 11° Hortmsacer deliciarum, 
seu motetti, litanix et wissa l, 2 e Svocuiu. 
lib. 3. op. 19; Venise, Vincenti, 1636. Les autres 
ouvrages de Milanuzio me sont inconnus. 

MILCIIMEYER (Pmimpi'E-Jacques), pro- 
fesseur de liarpe et de clavecin, né a Francfort- 
sur-le-Mein, en 1750, était (ils d'un liorloger. Il 
(ut d'abord atlaclié à la musique de l'électeur de 
Bavière, vécut à Paris depuis 1770 jusqu'en 1780, 
puis se fixa à Mayence en qualité do mécanicien 
de la cour. Il y inventa un piano niécani(|ue, dont 
outrouve une description assez obscure dans le 
Maga.sin musical de Cramer (t. 1, pag. 10-24 
et suiv. ). Cet écrivain préteml quo cet instru- 
ment avait trois claviers, ctqu'il pouvait produire 
deux cent cinquante variétés de sonorités, ce qui 
est fort (liKicilc à croire. On pouvait aussi diviser 
cet instriunent en plusieurs parties, pour qu'il 
pût être joné par différentes personnes à la fois. 
Milcbmeyer paraît avoir vécu «piebiue temps à 
Dresde dans les dernières années du dix-liuitième 
siècle, car il y a publié un traité de l'art de jouer 
du piano, sous ce titre ; Anfungsgriindc dcr 



Muzik um des Pianoforle sowohl inRiicksich 
des Fingersatzes, alsauch des Manier en, des 
Avsdrucks und richfigcn spielen zu Icrnen 
von P. J. Milchmeijer, Uofmusikus Sr. Durchl. 
des Churfursten von Baiern; Dresde, cbez 
l'auteur, 1797, in-fol. On trouve une analyse 
favorable de cet ouvrage dans la première année 
delà Gazette v/n/5ka/edeLeipsick (pag. 117 et 
135). Vers 1803 Milcbmeyer alla s'établir à Stras- 
bourg, comme professeur tic piano : il avait été 
frappé d'apoplexie et ne pouvait plus marcber 
quand il arriva dans celte ville. Il y donnait des 
leçons cbez lui, assis dans un fauteuil à roulettes, 
et avait la réputation d être bon maître, particu- 
lièrement pour la tenue de la main et le doigté. 
M. Parmentier (voyezce nom ), qui a fait des re- 
cbercbes sur cet artiste dans les registres de l'état 
civil, à Strasbourg, a trouvé qu'il est décédé dans 
cette ville le 15 mars 1813,à l'âge de soixante-trois 
ans. On ne connaît pas aujourd'huidecompositions 
de Milcbmeyer. 

MiLDE (Th. ). On a publié son.s ce nom : 
Ueber das Leben und die Werke der belieb- 
iesten deutschen Dichter nnd Tonsetzer ( Sur 
la vie et les ouvrages des meilleurs poètes et mu- 
siciens allemands) ;Meissen, 1834, 2 parties in-3°. 
Il y avait un chanteur de ce nom à Weimar en 
1 848 ; il est peu vraisemblable que ce soit l'auteur 
de cet ouvrage. 

MILDER-HAUPTMAAN (M™^ Palunf. 
Anne), célèbre cantatrice allemande, fille d'un 
courrier de cabinet de la cour impérialede Vienne, 
est née en 1785à Constantinople, oiison pèreétait 
en voyage. Conduite en^^uite à Vienne, la mort 
de son père l'obligea d'entrer cbez une dame 
de condition, comme femme decbambre. Scbika- 
neder, directeur de spectacle à Vienne, l'ayant 
entendue par hasard, fut fraftpé de la beauté de 
sa voix, et l'engagea à se vouer au théâtre, offrant 
de faite les frais de son éducation musicale. Elle 
accepta ses propositions, et devint l'élève d'un 
maître de chant nommé Tomascelli, puis de 
Salieri. Il parait toutefois qu'elle fit peu de 
progrès dans l'art du chant, et qu'elle dut sur- 
tout ses succès à la beauté remarquable de son 
organe. Cet avantage si rare lui (it obtenir presque 
à ses débuts un engagement au tliéAtre de la cour 
impériale. Sa réputation s'étendit bientôt dans 
toute l'Allemagne, et des offres lui furent faites 
de plusieurs villes pour l'attacher à leurs théâtres. 
Elle brillait surtout dans la musique tragique, 
particulièrement dans les opéras de Gluck. Sa 
haute stature et la beauté de ses traits semblaient 
d'ailleurs l'avoir dcsiinée à ce genre dramatique. 
En 1808 elle visita quelques grandes villes. De 
retour à Viciuic après un voyage coiironné de 



MILDER-HAUPTMANIN — MILLER 



14; 



succès, elle eut un nouvel engagement à la cour 
en qualité (le première cantatrice En 1810 elle 
devint la femme d'un riche bijoutier nommé 
Hauptmann. Deux ans après elle fit un voyagea 
Berlin, où elledébuta dans YTphigénie enTauride, 
de &iuck. Les connaisseurs ne lui Iroiivèrent 
pas un talent égal à sa réputation, mais le 
public, charmé par ses avantages naturels, 
l'applauilit avec transport. Ses succès furent 
semblables dans quelques autres capitales de 
l'Allemagne où elle se lit entendre. En 18iC, 
elle fontracla un engagement fixe avec le théâtre 
royal de Berlin, où elle brilla pendant douze ans 
dans tous les grands rôles du répertoire. Vers la 
fin de 1829, de rives discussions avec Spontini 
l'obligèrent à se retirer. Elle visita alors la Russie, 
la Suède et le Danemark; mais l'affaiblissement 
de son organe ne lui permit plus de se faire en- 
tendre que dans des concerts où elle ne chantait 
que (les airs simples de Hsendel et de Mozart. 
Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même lors- 
qu'elle chanta à Vienne en 1836. Ce fut la der- 
nière apparition qu'elle fit en public. Depuis lors 
elle vécut dans la retraite. Les rôles d'fphigénie, 
d'Armide, d'Elvire dans Don Juan, de Médee, 
et de Slatira dans Olympie, ont éié ceux où 
elle a particulièrement brillé. M'hc Milder-Haupt- 
mann est morte à Berlin, le 29 mai 183s. 

MILDNER (Mauuice), né en 1812 à Tur- 
nitz, en Bohême, a reçu son éducation musi- 
cale au Conservatoire de Prague, et est devenu 
un des violonistes distingués de l'époque actuelle 
en Allemagne, sous la direction de Pixis, profes- 
seur de cette école. En 1828, ses éludes scolasli- 
que.s étant terminées , il est entré à l'orchestre 
du théâtre royal de Prague, en qualité de pre- 
mier violon solo. Il a composé quelques mor- 
ceaux pour son instrument, mais aucun n'a 
élé publié jusqu'à ce moment. M. Mildner a été 
nommé professeur du Conservatoire de Prague 
en 1842. Ses meilleurs élèves sont Laub et Drey- 
schok, frère du pianiste de ee nom. 

MILET ( Jac()1]Es), cordelier de la stricte ob- 
servance, né à Drogheda en Irlande, vers 1590, 
vécut au couvent des cordeliers irlandais appelés 
de Saint-Isidore, à Naples, et y mourut en 
1639. Il a écrit un traité de musique intitulé : 
Dell' Arte viusica ossia metodo di eanto, 
Naples, 1630, in 8°. 

MILHES ( Isidore), professeur de chant et 
compositeur, né à Toulouse vers I80C, apprit à 
jouer du violon à l'âge de douze ans, et com- 
mença l'étude du chant en 1824. Admis au Con- 
servatoire de Paris comme pensionnaire, il y 
compléta ses études musicales. Après avoir dé- 
buté comme baryton au théâtre de Marseille, il 



se rendit à Milan avec une lettre de recomman- 
dation de Rossini pour le professeur de chant 
Banderali , avec qui Milhès travailla quelijue 
temps. De Retour en France , il a chanté au 
théâtre des Nouveautés les traductions d'o- 
péras italiens; puis, en 1835, il fut attaché au 
théâtre de Nîmes, et dans l'année suivante, il 
donna des représentations à celui de Toulouse. 
Rentré à Paris vers la fin de 1836, il débuta à 
rOpéra-Comique dans le rôle de Zampa ; mais 
n'y ayant pas eu d'engagement, il se rendit en 
Amérique. En 1840 il revint en Europe et fut 
engagé dans une compagnie italienne pour l'Es- 
pagne. Fixé enfin à Paris , il a quitté la scène 
et s'est livré à l'enseignement du ctiant. Comme 
compositeur, il a pid)lié un grand nombre de ro- 
mances, de duos pour léchant, d'airs, et d'hjmnes 
religieuses. On a de lui une méthode de chant. 

MILHEYRO (Antoine), compositeur por- 
tugais, né à Braga, était, au couimencement du 
dix-septième siècle , maître de chapelle à la ca- 
thédrale de Coimbre, puis fut appelé à Lisbonne, 
où il obtint un canonicat. On a de lui : Rituaie 
romanum Pauti V jussu editum, subjuncta 
7nissa pro defunctis à se musicis numeris 
adapiata, cantuque ad generalem regni can- 
sucludinem redacta ;Ccïmbre, 161 8, in 4". Mil- 
heyro a laissé aussi en manuscrit un traité con- 
cernant la théorie de la musique. 

MILIOA'I ( Piekre), musicien du seizième 
siècle, né à Rome, a publié dans cette ville un 
livre de tablature de guitare sous ce titre : Il 
primo , seconda c ierzo libro d'intuvolatura, 
sopra i quali cioscuno da se medesimo piiù 
imparare asuonare di chiiarra spagnuola, 
accordare , fare il trillo, il ripicco, e aneo 
trasmufar ionate da una leitera aW altra 
corrispondente. Mersenne en cite une édition 
publiée à Rouie, en 1C24 (Harinon. iiniv. 
Traité des instruments, livre II. p. 90 verso). 
La quatrième édition de cet onvragnest datée (\e 
Borne, 1627, in-S" oblong. E -L. Gerber en cil© 
une de 1638, sous le titre de Corona del primo, 
seconda e ferzo libro d'fntavolalura, etc. 
C'est probablement la cinquième. 

MILIZIA ( François) , liltéralenr italien , .-» 
fourni des renseignements sur les théâtres de- 
l'Italie dans un écrit intitulé : Del Teatro, Wome 
1771. 11 en a été publié une deuxième édition à 
Venise, 1773, in-4'' de 100 pages, 

MILLER ( Le P. Jean-Pierre), recteur et 
sous-prieur du monastère de Marienlhal , vers- 
le milieu du dix-huitième siècle, est auteur d'une 
dissertation intitulée : De fatis artis musicss 
brevisacsuccinctaprolusio qua ad declama- 
tiones aliquot A. D, 17... Apr. bénigne au- 



144 



MILLER 



diendas patrones et faulores decenter invitât 
etc. Hehnstadu , Mich. Gunther Leuckart, 
1754, in-4°, de 16 pages. 

MILLER (Édodard), docteur en musique, 
naquit en 1731 , à Doncaster, et flt ses éludes 
musicales sous la direction de Burney, auleiir de 
l'Histoire de la musique. A l'âge de vingt-cinq 
ans il fut nommé organiste dans sa ville natale, 
et pendant cinquante ans il occupa cette place. 
Jusqu'à ses derniers jours, il donna aussi des 
leçons de piano. Il mourut à Doncaster le 12 sep- 
tembre 1807, à l'âge de soixante-seize ans. 
On a publié de cet artiste : 1° Six solos pour la 
llùte allemande , sous ce titre : Solos for ihe 
Gennan flûte wUh remarks on double ton- 
guing; Londres, 1752. — 2° Six sonates pour le 
clavecin ; ibid., 1768. — 3° Élégies avec accom- 
pagnement de clavecin, 1773. — 4° Douze chan- 
sons anglaises ; idem, ibid. — 5° Sélection of 
psalms (cho'w de psaumes mis en musique); 
ibid., 1774. Cette collection a été si favorable- 
ment accueillie du public, que le nombre des 
souscripteurs s'est élevé à cinq mille. — C° Quel- 
ques psaumes de Watts et de Wesley à 3 voix, 
à l'usage des inétbodistes ; Londres, 1801. 
— 7° Institutcs of Music for young ceginners 
ontheharpsichord{Piinc'\pe&àe musique pour 
les clavecinistes commençants) ; Londres, 1771. 
Cet ouvrage a obtenu un si brillant succès, qu'il 
en a été fait seize éditinns. — 8" Lelters in be- 
halfofprofessorsofmusicresiding in tiie coun- 
try ( Lettres en laveur des musiciens de la campa- 
gne) ; Londres, 1784, in-4''. — 9° Eléments of 
ihe Thoroughbass- and composition (Éléments 
de la basse continue et de la composition) ; Lon- 
dres, 1787, in-fol. Miller a traduit en anglais le 
Dictionnaire de musique de J.-J. Rousseau , 
mais sa traduction, dont dix-huit feuilles envi- 
ron avaient été imprimées, n'a point éti; [lubliée. i 
Il en existe trois ou quatre exemplaires formés 
de bonnes feuilles qui avaient été fournies à l'au- 
teur pendant l'impression : c'est une rareté bi- 
bliographique fort recherchée en Angleterre. 

MILLEU (JubF.s), chanteur et composi- 
teur, est né à Dresde en 1782. Dès l'âge de huit 
ans, ses dispositions pour la musique étaient re- 
marquables. Il possédait aussi une voix de so- 
prano si belle, qu'il fut emmené à Prague en 
1794 pour chanter au couronnement de Tempe 
reur. Cependant il ne recevait point de leçons 
<ie musique et ne s'instruisait dans cet art que 
par instinct. Vers cette époque il commença ce- 
pendant l'étude du violon sous la direction d'iui 
maître obscur : il parvint sur cet inslrumtnl à 
une assez rare habileté. En 1799 il entreprit un 
voyage et donna, comme violoniste , un con- 



cert à Halle, qui fut dirigé par Tiirk. De là il 
alla à Amsterdam, et y débuta comme ténor au 
Ihéûlre allemand. Il y joua le rôle de Tamino 
dans la Flùle enchanlce. Cet essai fut heureux. 
Miller chanta ensuite à Flensbourg et au théâtre 
de la cour, à Schleswig. Ce fut à celui ci qu'il 
fit représenter eu 1 802 son premier opéra intitulé : 
Der Freybrief (Le Pn\i\vq,e) , qui fut applaudi 
avec chaleur. L'année d'après il fut attaché au 
théâtre de Hambourg : c'est là que s'établit 
.sa réputation comme chanteur dramatique, et à 
cette époque il fut considéré comme le meilleur 
ténor de l'Allemagne. A Breslau , où il alla en 
quittant Hambourg, il se lia avec Berner et Ch. 
M. Weber. L'amitié de ces deux hommes re- 
marquables en des genres différents, exerça une 
heureuse inlluence sur la direction de Miller 
dans la composition, et les connaisseurs cons 
tatèrent ses progrès dans l'opéra qu'il fit repré- 
senter à Breslau sous ce titre : Die Vencand- 
lang (La Métamorphose). Cet ouvrage fut joué 
avec succès dans plusieurs grandes villes de 
l'Allemagne, entre autres à Hambourg et à Ber- 
lin. Apiès avoir joué dans celle-ci, à Vienne, à 
Dessau et à Leipsick, il fut attaché à une troupe 
ambulante depuis l'année 1810 jusqu'en 1813; 
silualion peu convenable pour un arti.ste si re- 
marquable, mais que son esprit de désordre et 
d'indépendance lui faisait trouver agréable. C'est 
dans cette période qu'il fil jouer à Leipsick son 
Officier cosaque, devenu populaire en Alle- 
magne. Il avait pris la résolution de se rendre en 
Russie , et déjà il était arrivé à Varsovie lors- 
qu'il reçut de Kolzebue une invitation pour se 
rendre à Kœ.nigsberg, où il fut engagé pour le 
théâtre. H y écrivit son opéra intitulé : Die Al- 
pcnkiilte (La Chaumière des Alpes) , et lier- 
raann et Thusnelda : les livrets de ces deux ou- 
vrages avaient été composés pour lui par Kotze- 
biie. En 181C il se fit entendre de nouveau à 
Berlin, puis à Francforl-sur-le-Mein, où le pu- 
blic l'accompagna en triomphe jusqu'à sa de- 
meure après une représentation de La Clc- 
incnce de Titus, de Mozart. Le grand-duc de 
Hessc-Darmsladt l'engagea ensuite pour son 
théâtre où les conditions les plus avantageuses 
lui furent faites. Cependant il n'y resta que 
jusqu'en 1818, et de là il alla à Hanovre. En 
1820 on le retrouve à Amsterdam où il passa 
plusieurs années, quoiqu il lit de teuq)s en temps 
des voyages en Allemagne pour y faire représen- 
ter ses ouvrages, entre autres sa Mdrope, que 
Spohr considérait comme une des lionnes pro- 
ductions de l'époque. En 1827, Miller ht un 
voyagea Paris ; l'annéesuivante il élail àBruxf Iles, 
où il donnait des concerts avec Droutt. De la ;1 



MILLER — MILLEVILLK 



145 



alla donner des représentalions à Riga, Pcters- 
BoiitgetMoscoii. De retour à Liiliecket à Ham- 
bourg eu 1830, il ne s'y arrêta pas longtemps , 
car l'anni^e d'après il était à Berlin, oii il don- 
nait des leçons de cliant.En 1833, il pritladirec- 
tion du tiiéàlre de Dessau. Depuis ce temps le 
désordre de sa conduite le jeta dans une sorte 
d'abrutissement où il ne lui resta plus même le 
souvenir de sa gloire passée. Séparé de sa femme 
et de ses enfants qui languissaient à Dessau dans 
une protonde misère, il traîna lie ville en ville 
une existence dégradée. Il est mort à Charlot- 
tenbourg, près de Berlin, le 7 avril 185t. Outre 
les opéras de cet homme singulier, cités plus 
haut, ou connaît aussi de lui les petits opéras 
intitulés : Julie ou le Pot de fleurs , le Bou- 
queirendu,el Michel et Jeannette. Son dernier 
ouvrage dramatique est un opéra-comique inti- 
tulé : Perruque et musique , qui lut représenté 
à Dresde, en 1846. On agravé desa composition : 
1° La partition de l'Officier cosaque, réduite 
pour le piano ; Dresde, Hilsclier. — 2° Plusieurs 
recueils de chants à trois et à quatre voix, des 
canons, et des chansons à voix seule avec ac- 
compagnement de piano. Il avait en manuscrit 
des messes à grand orchestre, des motets, le 
Pater noster de KIopstock, et des ouvertures 
de concert. On connaît aussi de lui Six Chants à 
voix seule et à 4 voix avec accompagnement 
de piano, op. 28; Leipsick , Hofmeister; Six 
Chants à 4 voix à' hommes;- Demande et réponse 
pour 4 ténors et 4 basses. — Une fdle de Miller, 
cantatrice, a été attachée aux théâtres de Dns- 
seldorf, Cassel , Berlin et Vienne, depuis 1835 
jwsi^u'en 1846. 

MILLET (Jean), chanoine et premier chantre 
à la cathédrale de Besançon, naquit vers 1620, à 
Fcmiremand, bailliagedeVesoul.de parentssim- 
ples cultivateurs. Après avoir été attaché comme 
enfant de chœur à la musique de la cathédrale 
de Besançon, et y avoir terminé ses études, il 
embrassa l'état ecclésiastique, et resta attaclié à 
la même église. L'archevêque Antoine-Pierre 
deGrammont, qui protégeait Millet, le chargea 
de publier de nouvelles éditions des Livres de 
chœur, 11 mourut vers 1682. On a de lui : Di- 
rectoire du, chant grérjorien; Lyon, 166G, 
\\\-k° de 176 pages; bon ouvrage où il y a de 
curieuses obseivaîions sur ies rapports des 
modes anciens avec les huit tons du plaincLant, 
On lui attribue aussi VArt de bien chanter en 
musique, ou la Belle Méthode, qu'on dit avoir 
été gravé par Pierre de Loisy ; mais l'existence 
de ce dernier ouvrage n'e>t pas bien prouvée; 
à moins que ce ne soit le préc^-dent présenté 
sous un autre titre; ce qui est vraisemblable, 

BIOGR. UNIV. DES MLSICirNS. — T. VI. 



car le P. Martini cite ce dernier ouvrage dans le 
premier volume de son Histoire de la musique, 
sous la date de Lyon , 166G. 

MILLEVILLE (Jean DE ), musicien 
français, vécut dans la première moitié du sei- 
zième siècle , et fut attaché au service de Renée 
de l'"rance , fille de Louis XII, qui avait épousé 
Hercule H d'Esté , duc de Ferrare. Parmi les ma- 
nuscrits de la Bibliothèque impériale de Paris, on 
trouve, dans un volume coté F 540 du supplé- 
ment, une pièce qui a pour titre : Bolle des gen- 
tilshommes, dames et damoiselles, et officiers 
de la maison de très-haute et très-puissante 
dame Bcnèe de France, duchesse de Ferrare, 
dressé par maître Guillaume Barbet, commis 
de ses finances; on y lit à l'article de la cha- 
pelle : « Jean de Milleville, que monseigneur le 
« duc de Ferrare amena de France chantre en 
<: sa chapelle , envoyé quérir par madile dame 
« avecque promesse degaiges qu'il eusl, et de- 
« ()uis ayant ledit sieur laissé sa chapelle, elle l'a 
« accepté et retenu aux mêmes gages et estais. » 
On trouve dans le huitième livre de motets 
publies par Pierre Attaignant, sous le titre de 
Liber octavus XX musicales motetos quatuor, 
quinque, vel sex modulos habet ( Paris, 1534, 
in-4° obi. gothique), un Ecce nos reliquimus 
à quatre voix, indiqué sous le nom de Jean de 
Ferrare : il y a quelque vraisemblance que cette 
composition est du Jean de Milleville dont il 
s'agit ici , car il était d'usage alors de désigner 
les artistes par quelque sobriquet, par le lieu 
de leur naissance, ou par celui de leur habita- 
tion ajouté à leur prénom. Jean de Milleville 
dut aller à Ferrare vers 1530, car le mariage d» 
souverain de cette ville avec Renée de France 
n'eut lieu qu'à la fin de juin 1528, et l'on voit 
que celte princesse ne l'emmena pas avec elle , 
mais qu'elle Venvoya quérir. 

MILLEVILLE ( Alexandre ), excellent or- 
ganiste, était fils du précédent. Il naquit en 1521, 
non à Ferrare, comme il est dit dans la première 
édition de la Biographie universelle des mu- 
siciens, mais à Paris. Il était âgé de neuf ans 
lorsque son père alla se fixer à la cour de Fer- 
rare. J'étais alors dans le doute s'il était fils ou 
petit-lils de Jean, parce que j'avais trouvé dans 
un catalogue un ouvrage imprimé sous le nom 
de Milleville en 1629; mais on verra dans 
l'article suivant que cet ouvrage appartient à .son 
fils , François Milleville, dont aucun biograplie * 
n'a parlé. D'autre part, on voit dans VApparato 
degli uomini illustri di Ferrara (p. 130), 
qu'il mouiut à l'âge de soixante-huit ans, ainsi 
que l'indique son tombeau placé dans l'église 
dt Saint-Roch à Ferrare. Enfin, un reci;e.il d« 

lu 



14K 



MILLEVILI.E 



MILLIN 



Madrigaux d'Alexandre Milteville ayant été im- 
primé ii Venise en 1575, je disais qu'en supposant 
qu'il ne fût âgé que de vingt ans lorsqu'il écrivit 
cet ouvrage, il serait né en 1555, et n'aurait pas 
eu soixantb-huit ans en 1629, mais soixante et 
quatorze. Tous les doutes sont dissipés aujour- 
d'hui à ce sujet, car Frizzi élablit d'une ma- 
nière certaine dans ses Memorie per la Sloria 
(li Perrara (T. IV, p. 414) qu'Alexandre Mil- 
le ville mourut le 7 septembre 1589, à l'âge de 
soi\ante-liuit ans : il était donc né en 1521. 
et était fils de Jean. Il fut grand organiste pour 
son temps et compositeur de mérite. Il ne fut 
pas le maître de Frescobaldi, comme on l'a cru 
jusqu'à ce moment, car celui-ci ne naquit qu'en 
1587 ou 15S8, comme je l'ai démontré. Tout le 
reste de la biographie d'Alexandre Milleville qui 
se trouve dans la première édition de mon livre 
appartient à son (ils François. On ne connaît 
d'Alexandre Milleville que des Madrigali a 
cinque voci, imprimés à Venise, eu 1575, 
in-4». 

MILLEVILLE (François), fils du précé- 
dent, naquit à Ferrare, vraisemblablement 
vers 1565. Tout ce qu'on trouve dans les ou- 
vrages d'Augustin Superbi et de Quadrio, con- 
cernant Alexandre Milleville, ne peut lui appar- 
tenir, parce que la date de sa mort, donnée dans 
l'article précédent, ne. peut i^e concilier avec les 
faits rapportés par ces auteurs : il est donc évi- 
dent que ces faits concernent le fils de cet ar- 
tiste. Ce fut donc Fran(.^ois Milleville qui , après 
avoir été au service du roi de Pologne, passa 
à celui de Rodolphe II, et qui revint en Italie 
en 1612, après la mort de ce monarque, et y re- 
trouva son ancien élève Frescobaldi (1), avec 
qui il se rendit à Rome en lf.l4. Postérieurement 
à cette date, il eut la place de maître de chapelle 
de la cathédrale de Vollerra; mais il la quitta 
quelques années après pour celles de maître de 
chapelle et d'organiste de la cathédrale de 
Chioggia, dans l'État vénitien, ainsi qu'on le 
voit par les frontispices de ses derniers ouvrages. 
Il y vivait encore en 1C39, et était alors ûgé d'en- 
viron soixante-quinze ans. On a de cet artiste : 
{" Hnrmonici fiori , madrigali a due, ire et 
(juatiro voci, en six livres. Le premier a paru 
en 1614, à Venise, et le dernier en 1624. — 2" Il 
primo libro de' Madrigali in concerto ai,bes 
voci^ in occazione dclle nozze del 8ig. Conte 



(1) D.nns la notlCR de l'roscobaUli, j'ai suivi la tr.idilion 
rt j'ai dit qu'il fut tlùve d'Alcxamlrc MlilovlUc, tuais les 
rensclgiicinenls que vient de me fournir le livre de Frlzr.i, 
cité dans l'arllcle précédent, m'ont éclairé. Kre,scol)alcli,né 
en msj ou 1508, n'a pu *trc l'élévc d un honimc mort 
ca 1&89 



Vincenzo Cantalamai, op. 3 ; in Venezia app. 
Giac. Vincenti, 1617, in-4''. — 3° Messa in 
concerto. Domine, Dixit, Magnilicat a otio 
voci, e un motettoa 9, op. 5 ; ibid, 1626, in-4''. 
C'est une deuxième édition. — 4" Il secondo 
libro délie Messe , una a 4 voci in concerto , c 
due a Otto voci, op. 6; ibid, 1617, in-4°. — 
5° Motetti a 2, 3, 4, 5 et 6 voci, en sept livres ; 
le dernier a paru en 1626. — 6° Letanie delta 
B. V. con le sue antifone a 8 voci, op. 8; in 
Venezia app. Aless. Vi7icenU, 1619. — 7° Messe 
e Salnii a 3 voci, op. 17; ibid, 1620. — 
8° Conccrti spirituali a 1, 2,3,4 voci, lib. I. 
ibid. — 9° Gemme spirituali a2 c 3 voci; 
ibid., 1622. — 10° Letanie delta B.V.ai voci 
concert, op. 19. et 20; ibid., 1039. 

MILLICO (JosF.i'u), compositeur et chan- 
teur distingué, naquit en 1739 à Terli^zi , 
ville de la Pouille, et non à Milan, comme 
le prétend l'abbé Berlini. On manque de ren- 
seignements sur sa jeimesse et ses études; on 
sait seulement qu'il subit fort jçune la castra- 
tion, et que sa voix devint un fort beau sopiauo. 
Gluck, qui l'avait entendu en Italie, le considé- 
rait comme un des plus grands chanteurs de 
celte époque. Lorsque Miliico visita Vienne 
en 1772 et y fut attaché au Ibéâtrc de la cour, 
cet illustre compositeur le choisit pour donner 
des leçons de chant h sa nièce. En 1774 Miliico 
s'éloigna de Vienne et se rendit à Londres, oii il 
ciianta pendant les années 1774 et 1775, puis il 
alla à Berlin. De retour en Italie vers 1780, il 
fut attaché à la musique du roi de Naples, et y 
jouit d'une faveur décidée dont il abusa quelque- 
fois, (lit-on, pour opprimer d'autres artistes qui 
excilaient sa jalousie. Parmi les compositions de 
Miliico, on remarque : 1" La Pietù d'omorc , 
opéra semi-séria, représenté à Naples en 1785. 

— 2" Im Zclinda, opéra séria, ibid., 1787. 

— 3" A'onna pcr fare dormire i Bambini; 
Naples , 1792. — 4° Cantates avec instrutnents : 
Il pianto d'Erminia; La morte di Ctorinda; 
La ISutrice d'Ubaldo. — 5° Ariettes ila- 
lienncs, avec accompagnement de harpe, f'', 
2""' et 3™° recueils, chacun de six aiicltes; 
Vienne, Artaria. — 0" 12 Canznneltes avec ac- 
coinpngneinenl de piano et violon; Londres, 1777. 

— 7" Duos nocturnes pour deux ténors, deux 
violons et piano, en manuscrit. 

MILLIIV ( AiBiN- Lotis ), connu particulière- 
ment sous le nom de Millinde Grandmaison , 
naquit à Paris le 19 juillet 1759. Après avoir ter- 
miné .ses huiiianilés, il se livra à l'étude des 
sciences, de la philologie, et à des recherches 
littéraires. A l'époque de l'organisation des écoles 
centrales, il fut nommé professeur d'histoire in 



MILLIN — MIMNKRiNIE 



n? 



relie de Paris; puis il siiccéila à Tabbé Harllié- 
Irmy en qualité ilc conservateur du cabinet des 
antiques de la IJibliolhèque nationale. Il con- 
serva cette place jusqu'à sa mort, aiiivée le 
1 i août 1.S IS. Au nombre des ouvrages de ce sa- 
vant infalisable on trouve ini Dictionnaire des 
Beaux-Arts ;Vmi, 180G, 3 vol. in-8'' ; ouvrage 
reciierclié et devenu rare, qui n'est qu'une tra- 
duction de la Théorie des Beanx-Aris de Sulzer, 
avec l'addition d'un certain nombre d'articles 
concernant les antiquités, mais où Millin n'a 
pas fait enti'er l'im|iortant supplément de Blan- 
Uenburg. On y trouve de bons articles relatifs 
à la musique. 

MILLOT (Nicolas) était en 1575 un des 
maîtres de la cbapelle de musique de Henri III, 
roi de France. Il obtint, dans cette année , le 
prix de la lyre d'argent an concours du Puy de 
musique, à Évreux , pour la composition de la 
chanson à plusieurs voix qui commençait par 
les mots : Les espicz, sont à Cércs. ( Voyez l'é- 
crit intitulé Pui/ de musique érige en l'honneur 
de Madame sainte Cécile^ publié d'après un 
manuscrit du seizième siècle, par M. Bonnin et 
Cîiassant, p. 53.) On trouve dans le Septième 
livre de chansons nouvellement composées 
en musique par bons et excellents musiciens 
( Paris j Nicolas Duchemin, 1557, in-4"), trois 
chansons françaises à 4 voix, lesquelles sont de 
Miilot, sons les noms de ISicolas , et Nicolas M. 
Le dix-neuvicme livre de chansons noxi- 
ve.Uement composées à quatre et cinq parties 
par plusieurs autheurs , imprimé à Paris , 
en 1567, par Adrien Le Roi et Robert Ballard , 
contient trois chansons de Miilot , dont les pre- 
miers mots sont : Ma Maîtresse ,• Je Vatj si 
bien ; Le Souvenir . V.n'Cm , la chanson à trois 
voix du môme, Je m'en allais , se trouve dans 
le premier livre des chansons à 3 parties, com- 
posées par plusieurs auteurs; ibid., 1578. 

IVS5LTÎTZ ( Ciiarles-Borromi:e DE ), cham- 
bellan du roi de Saxe, conseiller intime et 
gouverneur du prince royal , naquit à Presde 
le 9 novembre r/Sl. Un penchant décidé 
pour ia poésie et plus encore pour la musique , 
se manifesta eu lui dès son enfance. A l'âge de 
onze ans il étonnait déjà par sa manière de jouer 
sur le piano les morceaux difficiles de cette 
époque. Le plaisir qu'il eut alors à entendre la 
Flûte enchantée , de Mozart, lui inspira le vif 
désir de composer aussi , et sans autre guide 
que son instinct, il se mit à faire ijuelques es- 
sais. Destiné à la carrière des armes , il entra au 
service à l'Age de seize ans ; mais la vie de gar- 
nison n'interrompit pas ses études poétiques et 
musicales. Plus lard il entra dans la gaide royale 



à Dresde et y passa cinq années pendant les- 
quelles il perfectionna son instruction près d'un 
maître de composition et |iar sa correspon- 
dance avec Hoclilitz. Kn 1811 il demanda sa 
retraite de la garde, et alla s'étabiir dans une 
maison de campagne à Scharifenberg , près de 
Meissen, dans l'espoir de se livrer en liberté aux. 
arts qu'il affectionnait; mais la gtierre qui se 
déclara l'année suivante vint l'arracher à sa re- 
Iraite, et l'obligea à reprendre du service. La 
paix le rendit à ses travaux en 1814; il pni- 
iita du repos qu'elle lui laissait pour recom- 
mencer ses études de coin position avec Wein- 
lig, élève de l'abbé iMattei , et en 1820 il lit un 
voyage en Italie pour achever de s'instruire dans 
l'art. Pendant un séjour de huit mois à Na|)les, 
il écrivit un opéra bouffe pour un des théâtres 
de celte ville; mais cet ouvrage ne fut pas re- 
présenté. De refour à Dresde en 1823, il y fut 
élevé aux dignités de chambellan du roi et de 
gouverneur du prince royal, mais cette haute 
position ne l'empêcha pas de cultiver les arts 
comme il le faisait auparavant. Il est mort à 
Dresde le 18 janvier 1845. Ses principales pro~ 
ductions sont une messe solennelle ( en sol mi- 
neur) dont on parle avec éloge en Allemagne, 
une ouverture de concert inspirée par les poé- 
sies d'Ossian , et l'opéra de Saïil , joué avec 
succès à Dresde en 1833, et dont la partition, ar- 
rangée pour le piano, a été publiée à Leipsick, chez 
Breitkopf et Haertel. Les autres opéras de M. de 
Miltifz sont Alboin et Kosamxmde , composé 
en 1835, et Czerni Georges^ représenté à Dresde 
en 1839. Parmi ses compositions religieuses , on 
remarque un Stabat Mater, exécuté à Dresde 
en 1831, et un Requiem qiu fut entendu dans la 
même ville en 183G. Son ouverture pour le drame 
de Schiller, la Fiancée de Messine, a obtenu dn 
succès en Allemagne. M. de Miltitza écrit aussi 
beaucoup de morceaux pour le piano et des chan- 
sons allemandes dont on a publié quelques-unes 
à Meissen et à Leipsick. On a aussi de lui de 
bonnes observations sur la situation de la musi- 
que en Allemagne et en Italie , dans les Orunien- 
blxtter (Feuilles d'oranger), qui parurent de- 
pm's 1822 jusqu'en 1825, en trois volumes in-S". 
Enfin, il a fourni quelques articles concernant 
la musique à VAbendzeilung ( Gaz. du soir ) de 
Dresde, à la Gazette musicale de Leipsick, et 
au recueil intitulé C^c/fia (t. 10, p. 282 et suiv., 
et t. 17, p. 180 et suiv.). 

MîMMERME, joueur de flilte et poète élé- 
giaqiie, était originaire de Coloplion , de Smyrne 
ou d'Astypalée. il fut contemporain de Solon, et 
se distingua surtout par ses élégies, dont il ne 
nous reste que quelques fragments conservés par 

10. 



i4S MIMNERME - 

Stobée. Horace préférait Mimnerme àCallimaqne, 
et Properce dit qu'en matière d'amour ses vers 
valaient beaucoup mieux que ceux d'Homère : 

Plus in amore valet Mimnermi versus Ilomero. 
(LU). I , Eleg. 9, vers. 11 . ) 

On peut consulter sur ce poète musicien : 
r Schœnemann (Pliiiippe-Clïristian- Charles), 
Covimenlatio devita et carmimbus Mimnermi j 
Gollingue, 1823, in-4°. 2° Marx (Christian), 
Dissertatio de Mimnermo;- Coesie\d, 1831, 
in -4". 

MINÉ ( Jacqdes-Clvude-Adolphe ), organiste 
du chœur de l'église de Saint-Roch, à Paris, 
est né le 4 novembre 1796. Admis le 5 sep- 
tembre 1811 comme élève au Conservatoire de 
musique, il y a étudié le violoncelle et l'har- 
monie. Miné était neveu de Perne , ancien ins- 
pecteur de l'École royale de cliant et de décla- 
mation. Après avoir rempli ses fonctions d'or- 
ganiste et s'ôtre livré à l'enseignement pendant 
plus de vingt ans , Miné a obtenu la place d'or- 
ganiste de la cathédrale de Chartres. H est mort 
dans cette ville en 1854. Il a publié : 1^ Fan- 
taisie pour piano et violon, op. 1 ; Paris, A. 
Meissonnier; op. 16; Paris, Simon Gaveauï. 
— 2° Nocturne; idem, op. 1.5 ; Paris , Hanry. — 
3° Fantaisie pour piano et violoncelle , op. 25 ; 
Paris, A. Meissonnier. — 4" Concerto de so- 
ciété pour le piano; ibid. — à" Plusieurs trios 
pour piano, violon et violoncelle. — G" Sonates 
faciles pour piano seul , op. 4 ; Paris, Frère. — 
T> Beaucoup de morceaux de (liiïéreiUs genres 
pour piano et d'autres instriimeiits, seul ou en 
société avec d'autres artistes. — 8° Méliiode de 
violoncelle; Paris, A. Meissonnier. — 9° Idem 
pour la contrebasse ; ibid. — lO'' Livre d'orgue 
contenant Vofjice de Vannée , tout le plain- 
chant arrangé à irais parties, et suivi de 
pièces d'orgue. op. 26; Paris, A. Meissonnier. 
Cet ouvrage a pour base le piain-chant parisien, 
et ne peut plus être utile. Miné a été col- 
laborateur de Fessy, dans la collection de 
messes, hymnes, proses, etc., arrangées pour 
l'orgue, et publiées sous le titre de Guide de 
l'Organiste ; PàTh , Troupenas, 1839, 12 livrai- 
sons in-folio. Enfin, on connaît sous son nom 
un journal de pièces d'orgue, dont il a p.iru 
5 années, sous le litre de L'Organiste français 
( en collaboration avec Fessy ); Paris, P.ichault, 
et des Pièces d'orgue, en 2 suites, op. 54; ibid. 
Miné a écrit aussi pour la collection des Manuels 
de Roret un traité de plain-chant sous ce titre : 
l'Ialn-Chant ecclésiastique romain et fran- 
çais; Paris, Roret, 18.^7, l vol. in-IC C'est \n\ 
livre très-défectueux et rempli d'erreurs. Enfin, 



- MINGOTTI 

on a de cet artiste : Cinquante Cantiques à voix- 
seule avec accompagnement de piano ou 
orgue, à l'usage des confréries; Paris, 1848, 

I vol. in-18. 

MINELLI ( Pieuue-Marie), né à Bologne 
vers 1666. En lf>84 il devint élève de Jean-Bap- 
tiste Mazzaf errata, célèbre compositeur de celte 
époque. Après que ses études furent terminées, 
il obtint la place de maître de chapelle de l'é- 
glise Sainte-Lncic , dans sa ville natale. L'Aca- 
démie des philharmoniques l'admit au nombre 
de ses membres en 1695; il en fut prince (pré- 
sident) pour la seconde fois eu 1699, pour la 
troisième en 1704, et pour la quatrième en 1709. 

II mourut en 1712. On trouve dans la biblio- 
thèque de l'abbé Santini, à Rome, une collection 
de motets à voix seule avec 2 violons et basse 
continue pour l'orgue, de Pierre-Marie Mi- 
nelli, en maonscrit. 

MlIVELLI (Jean-Baptiste), un des plus 
savants chanteurs sortis de l'école de Pistocciii, 
naquit à Bologne en 1C87, et fut soumis forl 
jeune à la castration. Sa voix était un contralto 
de la plus belle qualité. Il excellait surtout dans 
le chant d'expression, quoiqu'il ne manquât pas 
d'agilité dans les traits et qu'il eût un trille 
excellPMt. Il brillait à Rome vers 1715. 

MIXELLI (Le P. Angiolo-Gabuiei.e ) , 
moine de l'ordre des Franciscains appelés Mi- 
neurs conventuels , \cvmI an couvent de Bo- 
logne vers le milieu du dix -huitième siècle. 11 
est connu par un petit traité de musique qui a 
pour titre : lUsiretto dette retjole più essen- 
ziali délia musica ; in Bologjia, nella siam- 
peria di Lelio delta Volpe, 1732, in-4° de 
32 pages. Il a été fait une deuxième édition 
de cet opuscule chez le môme libraire, en 1748, 
in-4°. 

MIA'GOTTI (RÉGINE) (1) , célèbre canta- 
trice du dix-linitième siècle, dont le nom de 
famille était Valent/ni, naquit à ISaples en 
1728, de parents allemands. Elle n'était âgée 
que de dix mois lorsque son père, officier au 
service de l'Autriche, reçut l'ordre de se rendre 
à Graetz, en Silésie, et l'emmena avec lui. Restée 
orpheline, elle eut pour tuteur un oncle qui 
la mit au couvent des ursulines à Graîlz. La mu- 
sique qu'on y chantait au chœur fit sur elle une 
impression si vive , qu'elle .supplia l'abbesse de 
lui donner quelques leçons de chant, afin qu'elle 
put faire aussi sa partie. L'abbesse fit ce qu'elle 

(t] r.llc est .nppcltfe Catherine p.ir Cerber. Clioron cl 
rayollP.et tous les copistes de ces auteurs; ni:ils Mau- 
cliil. contemporain delà MingottI, lui donne sou véritable 
prcnorn. 



MINGOTTI — MINGUET 



149 



«îésirait et lui enseigna les éléments de la musique 
et du solfège; mais avant qu'elle eût atteint sa 
quatorzième année, son oncle mourut, sa pen- 
sion cessa d'être payée au couvent , et elle re- 
tourna près de sa mère et de ses sœurs. Inha- 
bile aux soins du ménage , elle fut en bulte aux 
railleries de sa famille ; sa voix et son goût pour 
le chant excitaient surtout la mauvaise humeur 
de ses sœurs. Pour se soustraire à des tracasse- 
ries sans cesse renaissantes, Régine épousa Min- 
golti , Vénitien déjà vieux qu'elle n'aimait pas, 
mais qui avait à ses yeux le mérite de l'arracher 
à de mauvais traitements. Cet homme était 
direcfeur de l'Opéra de Dresde : il comprit le 
parti qu'il pouvait tirer de la belle voix de sa 
femme, et la confia aux soins de Porpora , alors 
maître Se chapelle de la cour, et le plus célèbre 
professeur de chant de cette époque. Sous la di- 
rection d'un tel maître , la jeune Mingotti fit de 
rapides progrès. Attachée au théâtre de l'élec- 
teur, elle n'eut d'abord que des appointements 
peu considérables; mais bientôt ses succès lui 
procurèrent des avantages plus dignes de son ta- 
lent. Ses succès eurent tant d'éclat, que la cé- 
lèbre cantatrice Faustine Bordoni , alors au ser- 
vice de la cour, ne put dissimuler sa jalousie, et 
qu'elle s'éloigna de Dresde pour aller en Italie. 
La réputation de la Mingotti se répandit bientôt 
jusqu'en ce pays, et des propositions lui furent 
faites pour le grand théâtre de Naples. Elle y 
parut avec éclat en 1748, dans VOlympiade de 
Galuppi, et n'étonna pas moins les Italiens par 
la pureté de sa prononciation que par la beauté 
de sa voix et de son chant. Après un pareil 
triomphe, elle reçut des propositions d'engage- 
ment de toutes les grandes villes de l'Italie; mais 
elle les refusa parce qu'elle en avait un avec la 
cour de Dresde. 

De retour en celte ville, elle y chanta son rôle 
de VOlimpiade avec un succès prodigieux. Hasse 
et sa femme ( Faustine ) étaient alors revenus dans 
la capitale de la Saxe; ce compositeur y remplis- j 
sait les fonctions de maître de chapelle. Burney, j 
qui a connu la Mingotti à Munich, en 1772, rap- j 
porte, d'après elle, l'anecdote suivante : Dans la 
crainte que la jeune rivale de sa femme ne la fît 
oublier, Hasse écrivit pour la Mingotti, qui devait 
jouer un rôle dans son Deniofoonte , un air dif- 
licile qui n'était accompagné que de quelques 
notes pincées parles violons, espérant que, n'é- 
tant point soutenue par l'harmonie, son intona- 
tion s'égarerait. Séduite par la beauté de cet air 
( Se tutti i malt miei) , elle s'empressa de l'é- 
tudier; mais bientôt elle reconnut le piège, et 
mit tant de soin dans l'exécution du morceau, 
qu'il devint pour elle l'occasion d'un nouveau 



triomphe. M. Farrenc me fait remarquer qu'il a 
trouvé dans le Demofoonte de Hasse (scène 
Ctne du l'^e acte) un air de mezzo soprano 
sur les paroles se sapessi i mali miei, et non se 
tutti i mali miei; cet air, facile d'ailleurs, et dont 
l'étendue vocale n'est que A'ut grave à fa sur la 
cinquième ligne de la clef de sol , n'a pas d'ac- 
compagnement j9i;;ic«/o ; en sorte que l'anecdote 
paraît plus que douteuse. Il est possible toute- 
fois que Hasse ait changé cet air pour faire dis- 
paraître les traces de sa ruse malveillante. Il est 
difficile de croire que la Mingotti inventa cette 
histoire vingt-quatre ans après la date de l'événe- 
ment. En 1751, elle s'éloigna de Dresde pour 
aller à Madrid, où elle chanta avec Gizziello, 
sous la direction de Farinelli. Charmé par la 
beauté de sa voix, celui-ci mettait tant de prix 
à la réserver uniquement pour les spectacles et 
les concerts de la cour, que non-seulement il 
lui défendait de se faire entendre ailleurs , mais 
qu'il ne voulait même pas qu'elle étudiât dans une 
chambre où elle pouvait être entendue delà rue. 
Après deux ans de séjour en Espagne, elle se ren- 
dit à Paris, puis à Londres, à l'automne de t754, 
et ses succès n'eurent pas moins d'éclat dans 
ces villes qu'à Madrid, à Dresde et à Naples. 
Plus tard elle chanta dans les villes principales 
de l'Italie, et partout elle causa autant d'étonne- 
raent que de plaisir. Cependant elle resta atta- 
chée à la cour de Dresde tant que le roi Auguste 
vécut : après sa mort , en 1763, elle s'établit à 
Munich , où elle jouissait de l'estime générale. 
LorsqueBurney visita cette ville en 1772, la Min- 
gotti avait conservé la beauté de sa voix , et 
parlait delà musique avec une connaissance pro- 
fonde de Tait. Sa conversation était animée ; elle 
parlait également bien l'allemand, le français, 
l'italien, et pouvait suivre une conversation en 
anglais et en espagnol. Elle chantadevant Burney 
pendant plusieurs heures en s'accompagnant 
elle même au piano. Eu 1787 elle se retira à 
Neubourg, sur le Danube, où elle est morte en 
1807, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Son por- 
trait, peint au pastel par Rosalba, est dans la 
galerie de Dresde. 

MiiXGUET ( Paul), musicien espagnol, fut 
attaché à la chapelle royale de Philippe V et de 
Charles III. Il est auteur de deux traités de 
musique dont le premier a pour titre : Reglas, 
y advertencias générales, que ensenan el 
modo de tancr todos los instrumentas majo- 
res, y mas usuales , come son la guiiarra, 
tiple, vendola, cythara, clavicordis, organo, 
harpa , psalterio , bandurria, violin, flauta 
traversa,'y la flaulilla, con varias tanidos, 
danzas, contradanzas, y otras eosas semejan- 



150 



MIKGUET — MIRABELLÀ 



tes, f(c. ; Madrid, Joaquin Ibarra, 1752-1704. 
Le second ouvrage est intitulé : Quadernillo 
nucvo, que en ocho Laminas finas demves- 
tron ij crplicnn cl arle de la mus'ica , con 
iodos sus rudtmentos para saber solfeor, mo- 
dular, iransporlar, y oiros curiosidadc's,muy 
niiles; Madriil, Manuel Martinsgrave, sans date. 
Foikel présume que ce livre a paru en 1774 ; 
M. Soriano-Fuertes confirme cette conjecture 
{Ilisioria de la mtisica cspahola, tome IV, 
p. 193 ). 

MIAIOJA (Ambroise), compositeur et pro- 
fesseur de chant, naquit le 21 octobre 1752 à 
VOspitaletto , près de Lodi. Il était âgé de qua- 
torze ans lorsqu'il commença à cultiver la mu- 
sique pour son amusement : plus tard il en fit 
sa profession, moins par nécessité que par goftt, 
car il était né dans l'aisance. Après avoir fait, 
sous la direction de Sala, un cours de composi- 
tion , il alla demeurer à Milan, où il succéda à 
Lainpijgnani dans la place d'accompagnateur de 
l'opéra, an tliéûlre de la Scala. En 1787, il écrivit 
pour ce tliéàlre l'opéra sérieux intitulé Tito nelle 
Gallie. L'année suivante il alla à Rome, où il 
composa pour le théâtre Argentina la Zenobia. 
De retour à , Milan , il y fut nommé maître de 
chapelle à l'église des PP. de la Scala, et dès 
Jors il n'écrivit plus que de la musique reli- 
gieuse. Lorsque les Français entrèrent en Italie 
sous la conduite du général Bonaparte, Minoja 
concourut pour une marche et une symphonie 
funèbre en l'honneur du général Hoche, et ob- 
tint le prix, qui consistait en une médaille de la 
valeur de cent sequins. La société italienne des 
sciences, arts et belles-lettres ayant été organisée 
avec le royaume d'Ilalie , Minoja fut nn des huit 
membres de la section de musique de cette aca 
<léniie, et obtint la place de censeur du Con- 
servatoire de Milan. Il écrivit, pour le couronne- 
ment de Napoléon à Milan, un Veni Creator et 
un Te Deum à trois voix et orchestre, qui fu- 
rent exécutés à la cathédrale, par deux cent cin- 
quante musiciens. Il écrivit aussi une cantate 
pour le théâtre de la Scala, à l'occasion du 
mariage d'Kugène Beauharnais, vice-roi d'Italie. 
Minoja est mort à Milan le 3 aortt 1825. Outre les 
compositions précédemment citées de cet ar- 
tiste, on connaît de lui ries quatuors pour deux 
violons, alto et basse, intituhis : / divertimenti 
delta Campayna ; des sonates de piano, publiées 
à Brunswick; un De profundis à 3 voix et or- 
chestre, qui se trouve dans les archives de la 
société des arts cl des lettres de Livourne, et 
qui a été publié à Milan, chez Ricordi; une 
messe de Requiem cousfrvée à Milan et chez 
l'abbé &inlini , à Itomc ; un De 2>rofundis à 4 



voix en langue italienne; des leçons de Job à :i 
voix ; d'autres leçons pour voix de sojtrano et 
chœur ; un Sanclus à 3, et une messe solennelle 
a 4. Minoja a publié: Leltere sopra il canio , 
Milan, Mussi, 1812, in-8" de 26 iwges. On a 
fait une traduction allemande de cet écrit; elle 
est intitulée: Minoja, uber den Gssang , ciii 
Sendschreibcn an D. Asioli ; Leipsick , JJreit- 
kopf et n.-firtel, 1815, in -8" de 29 pages. 

MilXORET (Guillaume), maître de mu- 
sique de Saint-Victor, fut aOssi im des (juatro 
maîtres de chapelle de Louis XIV. Il mourut à 
Paris en 1717, dans un âge avancé. En 1682, il 
composa le Te Deum qui fut chanté à Saint- 
Victor pour la naissance du duc de Bourgogne. 
On connaît de lui en manuscrit plusieurs motets 
parmi lesquels on cite comme les meilleurs ; 
1° Lauda Jérusalem Dominu7n — 2° Qucmad- 
modum desiderat. — 3° Venile exuUemus. — 
4° Nisi Dominus. On trouve en manuscrit, à 
la bibliothèque impériale de Paris, une mes.se de 
Minoret sur des méloilies de Noël. 

MIÎVOZZl (Marcel), maître de chapelle 
de l'église cathédrale de Carpi , dans la première 
moitié du dix-septième siècle, est connu par 
un recueil de compositions intitidé : Salmi per 
vcspri, Sinfonie e Litanie a 3, 4 e ovoci, con 
violini ; Venise, Alex. Vincenti, 1C38 , in.4''. 

MION ( Jean-Jacques-Henri), niaîlre de 
musique des enfants de France, obtint sa 
charge en 1743. 11 vivait encore en 17GI ; mais 
il ne paraît plus dans un état des olficiVis de 
la maison du roi pour l'année 17G5, que j'ai 
consulté. En 1741 il a fait représenter à l'Opéra 
de Paris Nitétis, tragédie lyrique en cinq actes, 
de sa composition. Il a écrit aussi la musique de 
L'Année gâtante, ballet représenté à Versailles 
le 14 mars 1747 , et, à Paris, le 11 avrd suivant. 
MIQUEL (J.-E. ) jeune, professeur de 
musi(|ue à Montpellier, est auteur d'un système 
de notation de la musique dont il a donne l'ex- 
plication dans un ouvrage intitulé: Arithmo- 
graphie viusicale , méthode de musique sim- 
plifiée par l'emploi des chiffres ; Paris, 1842, 
in-8'' de 48 pages, avec 26 pages de musique. 
L'Aritiimographie musicale est une tablature 
numéri(]ue produite par la combinaison des 
chiffres avec certains signes de la notation mo- 
derne, et avec la portée réduite à une seule 
ligne, telle qu'on la voit dans certains manus- 
crits du moycïu âge. 

MIRABELLA (Vincent), noble sicilien 
et savant antiquaire, né en 1570 à Syracuse, 
s'appliqua dès sa jeunesse à l'étude des mathé- 
in:iliqncs, de la géograpliie, de l'histoire et cul- 
tiva la musique et la poésie. Il mourut à Modica 



MIRABELLA — IMIROGLIO 



151 



en 1024. En IGOG, il a publié à Païenne le pre- 
mier livre de ses madrigaux à quatre voix. 
Dans un volume qu'il a fait paraître en 1C03 à 
Salenie, sous le litre de Iiifidi Luiiii , concer- 
nant les antiquités, on trouve quelques disser- 
tations relatives à la musique. 

MIRËCKI (FiîANÇois), né à Cracovie en 1794. 
A l'âge de quatre ans il jouait déjà du piano. Il 
n'en avait que six lorsqu'on lui fit donner un 
concert, dans lequel il exécuta un concerto de 
llajdn et une sonate de Beethoven avec accom- 
pagnement de violoncelle. Après avoir l'ait ses 
études littéraires au collège , à l'école normale 
et à l'université de sa ville natale, il se rendit à 
Vienne en 1814. Des artistes célèbres, tels que 
IJeetlioven, Salieri, Hummel, Moscheles et Pixis, 
s'y trouvaient alors réunis , et l'on y entendait 
de bonne musique bien exécutée. Mirecki s'y lia 
avec la plupart de ces hommes d'élite et y forma 
son goût pour l'art sérieux. Il reçut des leçons 
de Hummel pour le piano et pour la composi- 
tion, tandis que le professeur Preindl lui ensei- 
gnait la théorie de l'harmonie. Cependant ses 
études furent interrompues par la proposition 
que lui fit le comte Ossolinski de l'accompagner 
dans sa terre : il y passa environ deux années, 
pendant lesquelles il écrivit ses premières com- 
positions. En 1816 , iMirecki se rendit à Venise : 
il y demeura environ une année, pendant laquelle 
il étudia la méthode italienne de chant et se livra 
à des travaux littéraires; puis il alla à Milan avec 
une lettre de recommandation pour l'éditeur 
Kicordi, qui lui fit bon accueil et publia quel- 
<(nes-uns de ses ouvrages. Vers la fin de 1817, 
le jeune artiste arriva à Paris, où son existence 
fut assez pénible dans les premiers temps. Ce- 
pendant quelques œuvres de sonates et un bon 
trio pour piano, violon et violoncelle, qu'il y 
publia commencèrent aie faire connaître, et 
lui firent trouver des élèves pour le piano. L'é- 
diteur Carti , qui , à la recommandation de Ri- 
cordi , avait fait paraître ces ouvrages , l'em- 
ploya à donner des éditions des psaumes de 
Marcello, des duos et trios de Clari et des duos 
de Durante , avec accompagnement de piano. 
Pendant son séjour à Paris, Mirecki écrivit un 
opéra polonais intitulé Cygunia (les Bohémiens ) 
qui fut représenté à Varsovie en 1820. En 1822 
il retourna à Milan et écrivit la musique des 
ballets O^^a via, le Château de Kenihvorih , 
et/ Baccanali aboliti , qui eurent du succès. 
Ces ouvrages furent publiés pour le piano, chez 
Piicordi , ainsi que des sonates faciles pour le 
piano et un traité d'instrumentation en langue 
italienne. En 1824 , Mirecki écrivit pour le 
lli:>àtre de Gênes Evandro in Fergamo , opéra 



sérieux, qui ne put être représenté qu'au mois 
de décembre de cette année, à cause de la mort 
du roi de Sardaigne. Dans l'intervalle il fit un 
voyage dans le midi de l'Italie et visita Florence,. 
Rome et Naples. De retour à Gènes, il y donna 
son opéra qui fut accueilli avec faveur et obtint 
vingt-six représentations consécutives. Après 
ce succès, il accepta la direction du théâtre de 
Lisbonne et s'y rendit avec une compagnie de 
ciianteurs et de danseurs. Au mois de mars 182(i 
il y donna son opéra / due Forzati , qui fut 
accueilli avec froideur. Il y écrivait Adriano in 
Stria lorsque la mort du roi de Portugal, Don 
Juan VI, interrompit les représentations et fit 
cesser son entreprise. En quittant Lisbonne, il 
visita l'Angleterre, puis retourna à Gênes, où 
il s'était marié ; il y vécut pendant douze" ans 
dans la position de professeur de chant. En 
1838, le sénat de la ville libre de Cracovie l'ap- 
pela pour diriger dans cette ville une école de 
chant dramatique : il s'y rendit et depuis lors, 
il ne s'en est éloigné pendant quelques mois que 
pour aller faire représenter à Milan, en 1844, 
Cornelio Bentivoglio , opéra sérieux qui ne 
réussit pas. Dans l'année suivante il fit jouer à 
Cracovie, par les élèves de son école, un opéra 
polonais dont le titre étaitî/«e nuit dans l'Apen- 
nin. Depuis lors, Mirecki a écrit deux messes, 
des oratorios et une symphonie. Les principaux 
ouvrages de cet artiste estimable sont deux 
trios poiir piano, violon et violoncelle, op 14 et 
36; des sonates pour piano seul, op. 18, 21 et 
24; sonates pour piano et violon, op 22; adagio 
et allegro pour piano, 2 violons, alto, violon- 
celle et contrebasse op. 38 ; des rondeaux pour 
piano, op, 7, 12 et 26 ; plusieurs suites de varia- 
tions; une fantaisie avec variations, op 13 ; plu- 
sieurs recueils de polonaises et de mazonrkes; 
des divertissements et tarentelles. Son traité 
d'instrumentation a pourlitre : Trattato intorno 
agli stromenti, ed all'istrumentazione ; Milan, 
Ricordi, 1825, in-fol. Mirecki vivait encore à 
Cracovie en 18i8. 

jiIlRECOURT( Eugène de), pseudonyme. 
Voyez JACQUOT (Charles-Jean-Baptiste). 

MIRO (...), compositeur portugais, né àLis- 
bonne, y fit ses études musicales sous la direc- 
tion de Bontempo.Il y prit la direction du théâtre 
d'opéra en 1836 et y fit représenter en 1837 Atar, 
opéra sérieux. En 1840, il y a donné aussi Vir- 
ginia. 

MIROGLIO (Pierre-Jean), fils d'un violo- 
niste italien établi à Paris comme marchand de 
musique, naquit dans cette ville vers 1750, et 
fut élève de son père pour '.le violon. Il a fait 
graver de sa composition cinq livres de sonates 



152 



MIROGLIO — MITHOBIUS 



pour violon et basse, et plusieurs livres de duos 
pour deux violons. 

MIRUS ( Adam-Erdmann), magister et rec- 
teur adjoint au gymnase de Zitlau, naquit à Adorf 
(Saxe) le 20 novembre ICjG, et mourut à Zittau le 
3 juin 1727. Ce savant est auteur d'un livre rem- 
pli de détails curieux, qu'il a publié sous ce titre : 
Kurze Fragen ans der Musicasacrawoiinncn 
den Liebhabern bey Lesung der biblischen 
Historien, etc. ( Courtes questions sur la mu- 
sique sacrée, dans lesquelles on donne aux ama- 
teurs qui lisent les liistoires bibliques des rensei- 
gnements spéciaux, avec des tables nécessaires ) ; 
Gœrlitz, 1707 , in-12. Deuxième édition ; Dresde, 
1715, in-3". On trouve aussi des renseignements 
sur la musique des lévites dans le Lexique des 
antiquités bibliques da môme auteur ( Leipsick, 
1714, in-8"), pages 32, 16i, 240, 345, 750et M'.S. 

MIR\ (Chaules), professeurdecompositionct 
chef d'orcbestre au Conservatoire de Gand , est 
né dans cette ville, le 14 avril 1823. D'abord élève 
de la même école, il y reçut de Mengal (voyez 
ce nom) des leçons d'harmonie et de contre- 
point. Ses premiers essais de composition ayant 
excité l'intérêt de ses concitoyens, l'administra- 
tion communaledeGandluiaccorda pendant deux 
années un subside pour qu'il allât terminer son 
éducation musicale à Paris. De retour dans sa 
patrie, M. Miry a voulu témoigner sa reconnais- 
sance aux magistrats en dédiant à la ville de 
Gaud une symphonie qu'il venait de terminer, 
et qui lut exécutée avec succès. Devenu sous- 
chet d'orchestre du théâtre, directeur de la so- 
ciété des Mélomanes de sa ville natale , et di- 
recteur du Cercle musical, il a écrit beaucoup de 
musique de danse, des eliœurs, des composi- 
tions pour l'orchestre, des pièces <riiarmonie 
pour les instruments à vent, des fanfares et des 
romances. Son premier essai de musique drama- 
tique l'ut un opéra llamand en 3 actes, intitulé 
Jirigiita, qui l'ut représenté en 1847 au (hécitrc 
Minard, de Gand. En 1851 une médaille et une 
prime lui furent décernées dans un concours ou- 
vert (lar la Société royale îles beaux-arts de sa 
ville natale par la composition d'une ouverture 
et d'un chœur, et deux ans après, l'association 
dite ISederduilsck Tuclverbond, de Gand, lui 
accorda une mention et une prime pour trois 
chœurs llamands, genre dans lequel il réussit. 
Ses chants pour des voix d'honwnes Vlacmsche 
Lieiiw (Lion flamand) et La Belgique, sont 
devenus populaires. En 1854 M. Miry a fait re- 
présetder au grand théâtre de Gand La l.anlerne 
magique, opéra en 3 actes (pii a été joué aussi 
avec succès à Bruxelles et à Louvain. Son ou- 
vrage dramatique le plus important est son 



Charles-Quint , opéra en 5 actes joué au grand 
Ihéûlre de Gand, et qui a reçu un accueil favorable 
dans les villes principales de la Belgique. Ce fut 
au succès de cet opéra que M. Miry fut rede- 
vable de sa nomination de professeur de compo- 
sition au Conservatoire de la ville en 1857. Pos- 
térieurement, il a publié des collections do cJiants 
flamands pour une et plusieurs voix sur des 
paroles de M. Destanberg, lesquels sont destinés 
aux écoles primaires. Ces chants se font remar- 
quer par le naturel des mélodies et par le carac- 
tère rtiythmique. 

MISCIA ( Antoine ), virtuose sur la viole , 
sur la guitare à sept cordes et sur l'accorda, 
grand instrument à archet monté de onze cordes. 
11 vivait à Naples en IGOl ( voyez la Pratica 
musica de Cerreto, p. 157). 

MISENUS (Glorces-Théodore ), cantorà 
Meisseii, dans la seconde moitié du seizième 
siècle, a publié un manuel des principes de mu- 
sique sous ce titre : Quastiones viusicx in 
us^un scholx Meisnensis; Gœrlitz, 1573, in-8°. 
iMlSEUOCCA ( Bastien ), maître de cha- 
pelle et organiste de l'église St.-Paul, à Massa, 
naquit h Ravenne, dans la seconde moitié da 
seizième siècle. Il a fait imprimer à Venise, chez 
Vincenti, en 1C09 et 1011, plusieurs messes, vfr- 
pres et motets. On connaU aussi de lui / pie- 
tosi affetti a una, due , tre et quattro voci 
con Letanie délia Beata Virgine a sci voci, 
libri 1, 2, 3, in Vcnezia, appresso G. Vincenti, 
1614-1618, in-4". 

MISLIWEGZEK ( Joseph ). Voy. MYS- 
LIWECZEK. 

MITFORD ( Jean ) , écrivain anglais de 
la seconde moitié du dix-huitième siècle, a pu- 
blic un livre qui a pour titre : Essay on the 
harmony of Lunguage, c^c. ( Essai sur l'har- 
raouie du langage ) ; Londres, 1774, in-8'\ On y 
trouve des observations sur l'union de la poésie 
et (le la musi(iuc. 

MlTIIOlîîUS ( Hector ), docteur en théo- 
logie, surintendant général du pays de Meck- 
lenbourg, et pasteur primaire à Ratzebourg, na- 
quit à Hanovre en 1000, et mourut en 1055. Dix 
ans après sa mort on a publié un ouvrage de sa 
composition intitulé : Psalmodia Christiana, 
das ist grundliche Gewisscns-Belehrung , was 
von der chrislUchen Musica sowolil vocali 
ah instrument a li zu hall en, allen ait en und 
neuen Music-findcn , absondcrlich aber des 
meinung Sel. h. m. Theophili Grossgebauers 
inseiner n eu lick edirten Wxch terstim m e Cap . 
XI, entgcgen gesctzet ( Psalmodie chrétienne, 
ou éclaircissement fondamental, dans lequel il 
est traité de la musique chrétienne, tant vocale 



MlTllOBIUS — MIZLER DE KOLOF 



153 



qu'instrumentale); Jéua, 1665, in-4". Il y a 
aussi (les exemplaires lie la môme date portant 
l'indication de IJrême et de Wittenberg. Ce livre 
contient trois sermons, une dédicace, une préface 
et un appeudix où l'on trouve des choses fort 
curieuses pour i'Iiistoire de la musique. 

MITSCIIA ( Le chevalier Fkançois-Adam 
DE), compositeur, né le 11 janvier 1746 à 
Jaromerilz ou Jaromerz (Bohême) mourut à 
Gra'tz, où il était conseiller impérial, le 19 raars 
1811. En 1790, il lit représenter à Vienne l'opéra 
intitulé Adraste et Isidore, qui eut quelque 
succès. On connaît en manuscrit de cet amateur : 
1° Douze symphonies pour orchestre ; — 2" Onze 
nocturnes pour sept et neuf instruments ; — 
3" six quatuors pour deux violons, alto et base ; — 
4° un trio pour deux violons et violoncelle, et des 
|)ièces d'harmonie pour 2 hauthois, 2 clarinettes, 
2 cors et 2 bassons. 

MÎÏTAG ( Jean-Godefroid ), directeur de 
musique à Ueizen , naquit à Leipsick au com- 
mencement du dix- huitième siècle. A l'occasion 
(ie l'inauguration du nouvel orgue de Ueizen, 
construit pas Jean-Georges Stein , il a publié un 
écrit qui a pour titre : Jlistorisch-Abhandlung 
von der Er/ïndimg, Gebrauch, Kunst uiid 
Vollhommenheit der Orgeln, mit Aiunerkwigen 
erlxulerl und bei Gelegcnkeit der solennen 
Einwcihung des neuen Orgelwerks in der Ma- 
rienkirche zii Ueizen herausgegeben ( Traité 
historique de l'invention, de l'usage, de l'art et 
de la perfection des orgues, éclairçi par des no- 
tes, et publié a l'occasion de la dédicace solen- 
nellede l'orgue nouvellement construit dans l'é- 
glise de Sainte-Marie à Uelzea ) ; Lunebourg, 
1756, in-4'' de 15 pages. 

MITTEKREYTTER ( Jean ) , facteur 
d'orgues à Leyde, a construit en 1765 l'orgue de 
l'église luthérienne de Delft , coinposé de 23 re- 
gistres, 2 claviers à la main et pédale, et l'orgue 
de i'église catholique de Leyde. 

MITTERMA YER ( Georges }, né le 3 jan- 
vier 1783 à turUi, près de Ratisbonne, apprit la 
musique au couvent de Windberg, près de 
Strauhing , et lit ses premières études littéraires 
à Landshut, puis entra au lycée de Munich où 
il reçut des leçons de chant de Wiuter. La 
beauté de sa voix de basse et sa bonne méthode 
ie ûrent engager en 1805 en qualité de chanteur 
de la cour; l'année suivante, il débuta au 
théâtre royal de Munich avec succès. Il y brilla 
parlicniièremeut dans les opéras de Paër et de 
Rossini. Retiré avec la pension, après vingt- 
huit ans de service, il s'est hvré à l'enseigne- 
ment du chant. 11 est mort â Munich, le 16 
janvier 1858 , à l'âge de soixante-quinze ans. On 



a gravé de lui des variations pour le chant, sur 
le thème Nel cor più non mi sento; Munich, 
Faiter. LesmembresdelaLiederkranz de Munich, 
ayant mis en musique quelques poésies du roi 
Louis de Bavière , les chantèrent en présence de 
ce prince le 25 mai 1829, et les publieront 
sous ce titre : Gedichte Heiner Majestaet des 
Kœnigs Ludwig von Baycrn in Musik geselzt 
und gesangen ion den Milgliedern des Lie- 
derkranzes, etc.; Munich, Faiter, et Mayence, 
Schott. On trouve dans ce recueil le Lied an die 
Liebende pour 4 voix d'hommes, composé par 
Mittermayer. 

Un fils de cet arti.ste (Édoijahd), né à Mu- 
nich, en 1814, a été violoniste distingué, 
membre de la chapelle du roi de Bavière , et 
professeur au Conservatoire de Munich. Il avait 
reçu, à Paris, des leçons de Baillot pour son 
instrument et se faisait remarquer par la beauté 
du son et la pureté du style. Il est mort à 
Munich ie 21 mars 1857, à l'âge de quarante- 
trois ans. 

Le second (ils de Georges Mittermayer (Louis) 
bon violoniste aussi, fut d'abord attaché à la 
chapelle du roi de Bavière , puis est entré au 
service de la cour, à Carisruhe, en qualité de 
premier violon. 

MIZLER (Étienne-André ), né à Greitz 
(Saxe), dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle, a fait imprimer une thèse académique sous 
ce titre: De campanis inelectorall ad Albim 
academiaXVI Calend. Novemb. A. 0. R. 1695. 
{Magistri) Stephanus Andréas Mizler et 
Joannes Christophoras Senffleus Greitshei- 
mio, et Virobcrga Franci publiée disputabant 
in audit, philosoph. j L\])s\ie , 1696, in-4° de 
16 pages. 

MIZLER DE KOLOF ( LAUREWT-CnRis- 
tophe), fils du bailli de Weltelsheim, près d'Ans- 
pach, naquit en ce lieu le 25 juillet 1711. Ayant 
été envoyé au gymuase d'Anspacli , il y apprit la 
musique et le chant sous la direction d'Fhren- 
mann; Cari lut son maître de violon, et sans 
autreguidequelui-mêmeMizler étudia la flûte. En 
1735 il se rendit à l'université de Leipsick : trois 
ans après il y fut gradué magister. Entraîné vers 
la culture des sciences et des arts , il alla ensuite 
à l'université de Wittenberg pour y suivre un 
cours de jurisprudence, puis il retourna à Leip- 
sick et y étudia la médecine. En 1736 il ouvrit 
dans cette ville des cours publics de mathémati- 
ques, de philosophie et de musique. Son goût 
pour cet art s'était développé par les occasions 
qu'il avait d'entendre souvent l'illustre J. S. Bach 
et les concerts de Leipsick, ainsi que par la lecture 
des écrits de Mattheson et d'autres théoriciens. 



154 



MIZLER DE KOLOF — MOCKER 



Préoccupé de la pensée d'élever la musique à la 
dignité d'une science philosophique , il publia , en 
1736, une dissertation intitulée: Quod musica 
scientia sit. Deux ans après il fonda, avec le 
comte Lucchesini et le maître de chapelle 
Bumier, une société centrale de musique dont il 
tut nommé secrétaire, et qui avait pour objet 
de résoudre les problèmes et les questions qui 
pourraient être proposés concernant cet art- 
science. Pour atteindre ce but, la société devait 
publier, sous la direction de Mizler, une sorte 
de journal paraissant par cahiers à des époques 
indéterminées. Ce joiunal eut le titre de Biblio- 
thèque musicale : il en fut publié trois volumes 
et un cahier dans l'espace de dix-huit ans. Les 
statuts de la société musicale fondée fiar Mizler 
se trouvent dans le deuxième cahier du troi- 
sième volume de la Bibliothèque musicale. La 
rédaction d'une grande partie de cet écrit pério- 
dique lui appartient (I). Musiticn érudit , mais 
sans génie, il voulut cependant faire des essais 
de composition , dans des études d'odes pour 
le clavecin dont la médiocrité excita l'hilarité 
des artisles. Il en parut un éloge ironique dans 
VEhrenpforle de Mattheson; Mizler piit cet 
éloge au sérieux, et y fit, dans sa Bibliolliè(pie, 
nne réponse qui angmenla le nombre des rieurs. 
Appelé en 1745 à Konskie, en Pologne, pour 
enseigner les mathématiques aux (ils du comte 
Malakowski , il fit, avant son départ de Leipsick, 
quelques dispositions pour assurer ToNisteuce 
de sa société, et même il conserva la librairie 
qu'il y avait établie, afin de faciliter la publi- 
cation de la suite de la Bibliothè(iue musicale; 
yiais il ne put empêcher que cette publication ne se 
ralentît et que ia société ne fût di.ssoute par le fait, 
quelques années après. En 1747, il fut gradué 
docteur en médecine à Erfurt. Plus tard il alla 
s'établir à Varsovie, et le roi de Pologne lui 
accorda des titres de noblesse. C'est depuis ce 
temps qu'il ajouta le titre de Kolof à son nom 
de Mizler. Vers I754 il transporta à Varsovie sa 
librairie et y établit une imprimerie. Il mourut 
dans ci'tte ville au mois de mars 1778, à l'Age 
de soixante-se|>t ans. 

Les ouvrages publiés de Mizler sont : 1" Dis- 
ser/ado quod musica scientia sil et pars eru- 
dilionis jjldlosophicx ; Leipsick , 1734, in-4"; 

'1) Les raetnbrcs de cette sociclti de musique étaient: 
\° le comte de Lucelie^lnl ; ï» Miricr; 3° George Henri 
rtiimlcr, innilrc de chapelle a Anspacli ; 4° Chiistophe- 
TtKioplilii' Schroctel, organiste à NuriJliauscn ; 6» Henri 
HocliUieyer, cautor à Wolfcnbutlel ; 6» Kleinann, maîtie 
de chapelle à Hambourg; 7'» Stoeizer , maître de cha- 
pelle a (l.iUi . ; 8' C. (•. I.Inpke; 9- Spicss, compositeur et 
auteur d'un traité de composition ; 10" Ilïndel: il» W 
Wel.M. 



Une deuxième édition a paru en 1736, in-4'' de 
24 pages. — 2° Lusus ingenii de prsesenli 
hello uurjustiss. atque i7ivictiss. imperatoris 
Çaroli VI, cum fœdcralis hostibus , ope to- 
norum 7misicoru7n illuslrato; Wittcnberg, 
1735. — 3° J\eu erœffnctc Musikalische Bi- 
bliothek oder grundliclie Nachricht nebst 
unpartheischen Vrtheil von inusikalischen 
Schriflen und BUchern ( Bibliothèque musi- 
cale nouvellement ouverte, ou notices exactes et 
analyses impartiales d'écrits et de livres sur la 
musique, etc,.) premier volume, composé de 6 par- 
ties publiées séparément, depuis 1736 jusqu'en 
1 738, avec le litre général donné ci-dessus, à Leip- 
sick, 1739, in-8°. Deuxième volume, en quatre 
parties publiées depuis 1740 jusqu'en 1743, avec 
le titre général; Leipsick, 1743, in 8". Troisième 
volume, divisé en quatre parties formant 778 
pages, non compris les tables, depuis 1746 
jusqu'en 1752, avec le titie général; Leipsick, 
1752, in-8". Quatrième volume, <iont la pre- 
mière partie seulement, renfermant 1S2 (tages , 
a été publiée à Leipsick , en 1734. — 4° Musi- 
kalischer Staarstecher, in welchem recht- 
schaffener Musikverstxndigen Fehler beschei- 
den angemercht, etc. (L'oculiste musicien qui 
découvre et annote modestement les fautes de 
musique, et persifle les folies des soi-disant 
compositeurs); Leipsick, 1740, iii-8°. Ce jour- 
nal n'a pas été continué. — 5" Die Anfangs- 
grûnde der Generalbasses, nach matliema- 
tischer Lehrart abgefiandelt , etc. (Élcuieuts 
de la basse continue, traités d'après la méthode 
mathématique, et expliqués au moyen d'une 
machine inventée à cet eliet ) ; Leipsick , 1739 , 
in-0°. La description de cette machine se trouve 
dans la Bibliothèque musicale. — 6" La traduc- 
tion allemande du Gradus ad Parnassum, ou 
traité de composition de Fux , sour ce titre : 
Gradus ad Parnassum oder Anfithrung zur 
regebnxssigen musikalischen Composition , 
etc. ; Leipsick, 1742, in-4". Mizler a publié de 
sa composition : Odes morales choisies pour 
l'utilité et l'amuseuicnt des amateurs de cla- 
vecin , etc. ; I.eipsick , 1740-1743. Trois suites, 
et quatre sonates pour la tUlte traversière, le 
hautbois ou le violon, arrangés de manière 
(pi'on peut aussi les exécuter sur le clavecin; 
Leipsick, in fol. 

MOCKER (....), professeur de musique et 
première clarinette du grand théâtre à Lyon, 
en 1790 et années suivantes, a publié de sa 
composition : 1» Duos pour deux clarinettes, 
op. I; Lyon, Arnaud. — 2» Nocturne pour 
basson et piano, op 3; ibid. — 3" Fantaisie 
concertai) le pour clarinette et piano , op. 4 ; ibid. 



MOCKKR — ivionEi\rs.E 



155 



ftlOCKER (KiiNEST), fils ()ii précéiient, 
pianiste et coiii|iositeur, i)r<)fosseur à Lyon, a 
|)iii)lié : 1° (Inimlc sonale pour piano; Paris, 
Uiilaiit et Diiluiis (Schffnenherf;). — 2° Quatre 
divertissements pour piano seul, op 2 ; iliid. — 
4" Fantaisie sur des airs de la Dame blanche; 
ihiil. 

MOCIÎERT (. . . .), facteur d'orgues à Hai- 
liersladt, vers la fin du dix-seplicnie siècle, 
naquit à Langenstein, près de celle ville. Après 
avoir construit plusieurs instruments renommés 
de son temps, il s'est retiré en 1717 au couvent 
de Rossieben. 

MOCKEUT (CHRiSTOPnE), fils du précé^ 
dent, lialjile facteur d'orgues, né à Halber- 
stadt, en 1689, s'est fait connaître avantageuse- 
ment par di\-liuit i:istrnments qu'il a construits 
en différentes villes. Après avoir vécu trente- 
six ans à Rossieben, il y est mort en 1753. 

MOCIÎERT (Jean-Christophe), fils de 
Christophe , né à Kossieben , s'est fait connaître 
aussi comme un bon facteur par les orgues 
qu'il a construites vers le milieu du dix-!iui- 
tiome siècle à Erfurt, à Rossieben, à Rehmusen 
sur la Saaie, à Niemstadt et à Nanmbourg. 

MOCKWITZ (Frédéiuc), arrangeur de 
musique pour le piano, naquit en 177-3, à Lanfer- 
bacli, près de Stoipen (Saxe), oii son |)ère était 
prédicateur. Après avoir étudié le droit à Wil- 
tenherg, il s'adonna particulièrement à la cul- 
ture de la musique, qu'il enseigna à Dresde pen- 
dant une longue suite d'années. Il moiuut dans 
cette ville, au mois de décembre 1849. Il a ar- 
rangé à quatre mains pour le piano des symplio- 
nies , ouvertures et quatuors de Haydn, Mozart 
et Beethoven. On a de sa composition des Lieder 
avec piano et des danses allemandes. 

MODELLIUS (J.-G.) était étudiant à l'u- 
niversité de Wittenberg lorsqu'il publia une 
thèse intitulée : An campanarum sonituseic. ; 
Wittenberg, 1703, in-4°. 

MODERA'E (Jacques), musicien français du 
seizième siècle, surnommé Grand Jacques,h cause 
de sa taille élevée, fut maître de chapellede Notre- 
Dame du Confort, à Lyon, et établit dans la môme 
ville une imprimerie de musique. Sur les ouvrages 
sortis de ses presses, il prend le nom Ae Jacques 
Moderne de Pinguento alias Grand Jacques. 
Gessner cite de sa compO(.sition ( Bibliothèque 
wuDers., lib. VII) les ouvrages suivants : 1° Chan- 
sons françaises à quatre parties. — 2° Motets à 
cinq et à six voix, lib. 3. Le plus ancien recueil 
de motets imprimé par Jacques Moderne porte 
la date de 1532; le dernier est de l'année 1556. 
Le premier de ces recueils a pour litre général : 
Molctti dcl Flore, parce qu'on y voit au fron- 



tispice une fleur gravée sur bois. Bien que ce litre 
soit en italien, chaque livre en particulier en a un 
en latin, par exemple: Liber primus cimi qua- 
tuor vocibus. Le premier livre, le troisième, le 
quatrième et lecinquième contiennent lesmotels 
à quatre voix ; le deuxième livre ne renferme que 
des motels à cinq. Le premier et le second livre 
ont paru en 1532; le troisième parait avoir clé 
réimprimé en 1539, et les quatrième et cinquième, 
en 1542. La plupart des auteurs dont lesmotels 
remplissent les ( inq livres de cette collection, 
dont la rareté est maintenant excessive, sont 
français, mêlés de quelques noms belges et espa- 
gnols. Ces artistes sont : Hilaire Penet, Loisel 
Piéton, André de Silva, Lupus, Hesdin, Nie. Gom- 
bert, F. de LayoUe, Claudin, J. Courtois, Adrien 
Willaert, Richafort, L'Héritier, Verdelot, Archa- 
delt, Jaquet, A. Mornable, N. Fauchier, Bene- 
diclus, Hottinet Bara, P. Manchicourf, Hnglier, 
Jo. de Billon, Carette, Gardane, P. de Villers, 
F. du Lys, C. Dalbi, Consilium, H. Fresneau, 
P. Colin, P. de la Fasge, Robert Nacèle, Laurens 
Laileman, Jan des Boys, Hugues de la Chapelle, 
Claudin, Jo. Preiau, Louis Narbays, Jacques Ha- 
neuze, Morel, Ernoult, Caussin, N. Benoist, Mor- 
lera, Lupi, Morales, et Pierre Moulu. 

Les livres premier, troisième, quatrième et 
cinquième sont complets à la Bibliothèque royale 
de Munich; le deuxième livre est à la Biblio- 
tiièqiic impériale de Vienne. 

Quatre autres volumes très-rares sont sortis des 
presses de Jacques Moderne; le piemier a pour 
titre : Liber dccem Missarum, à proeclaris et 
maximi nominismiisicis contextus ^nuperrimc 
adiunctis duabus missis mmquam hactenus 
in lucem emissis, etc. Jacobus Modernus à 
Plurjuento ercudebat ; Liigduni, 1540, petit-in- 
fol. Ce recueil contient des messes de Moulu, de 
Layolle, de Richafort, de J. Mouton, de Guil- 
laume Prévost, de Gardane, de Lupus, de Janne- 
quin, de Jean Sarton et de Villers. Les autres 
volumes contiennent les messes de Pierre Colin 
et de Morales (voyez ces noms). Jacques Mo- 
derne a publie une collection en onze livres sous 
le titre : Le Parangon des chansons, contenant 
plusieurs nouvelles et délectables chansons 
que oncques ne furent imprimées au singulier 
prouffit et délectation des musiciens; im- 
primé à Lyon, par Jacques Moderne dit Grand 
Jaques, etc. 1 538-1 543, in-4"obl. Le premier livre 
contient 26 chansons, le second livre 31, le troi- 
sième 26, le quatrième 32, le cinquième 28, le 
sixième 25, le septième 27, le huitième 30, le 
neuvième 31, le dixième, 29, le onzième 29. 
Quelques-uns de ces livres ont élé réimprimés, 
car il existe à la bibi))lhèque royale de Muuicl» 



!56 



MODERNE 



INIOERS 



un exemplaire des quatre premiers livres qui 
portent les dales de 1538-1539, et un autre 
exemplaire des dix premiers livres imprimés 
en 1540-1Ô43; enfin, le premier livre de 
rexemi>iaire du dernier catalogue de la biblio- 
thèque Liliri, dont la vente s'est faite à Londres 
au mois de juillet 1862 , était sans date. Cet exem- 
plaire , qui renfermait les neuf premiers livres, 
reliés en un volume, a été vendu deux mille 
f ranci. Les quatre parties de chaque chanson 
sont imprimées en regard et opposées les unes 
aux autres, en sorte que le chanteur du superius 
est en face du ténor, et Valtus en face du bas- 
sus. L'existence du onzième livre a été inconnue 
Jusqu'à ce jour : un exemplaire de ce livre ap- 
partient à M. Farrenc. Enfin , M. Brunet cite , 
dans son Manuel du libraire : Le Difficile 
des chansons , livre contenant des chansons 
nouvelles à quatre parties, en quatre livres, 
de la composition de plusieurs maures; 
Lyon, Jacques Moderne , 1555-1556, petit in-4° 
obi. 

MOEIIRIIVG (Ferdinand), pianiste et com- 
positeur, né à Berlin, vers 1816, a fait ses études 
musicales à l'Académie des beaux-arts de cette 
ville, sous la direction de Rungenhagen. Vers la 
fin de 1839, il s'établit à Sarrehruck comme pro- 
fesseur; mais, en 1845, il fut appelé à Neurup- 
pin, en qualité de directeur de musique. Une 
ouverture et une symphonie de sa composition 
ont éféexéculces h Berlin et à Leipsick en 1837 
et 1840, et l'Académie royale de chant de la pre- 
mière de ces villes a fait entendre, en 1840, un 
psaume qui obtint l'approbalion des connais- 
seurs. Postérieurement M. Mœhring s'est parti- 
culièrement livré à la composition de Lieder à 
voix seule avec accompagnement de piano, ou 
pour plusieurs voix, de chants pour des voix 
d'hommes, et de petites pièces telles que des noc- 
turnes pour piano. 

MOELLER (J.-C. ), claveciniste et compo- 
siteur allemand, vivait vers 17H0. Il a fait impri- 
mer à Francfort et à Spire des quatuors pour 
piano, violon, alto et basse, des préludes, des 
quatuors pour violon, et quelques bagatelles pour 
le chant. 

MOELLER (Jean-Godefroid), professeur 
de piano à Leifisick, au commencement du dix- 
neuvième siècle, étudiait la théologie à l'univer- 
sité de celle ville, en 1797. Il fut élève du célèbre 
organiste Kiltel, à Frfurt. On a gravé de sa com- 
position : 1" Sonate |)our piano ;i quatre mains; 
Leipsick, 17i)7. — V Douze variations pour piano 
seul ; ibiil. — 3" Seize variations ; idem, ibid. — 
4" Fantaisie et fugue, idem; ibid. 1806. Geilier 
parait incertain, dans son nouveau Lexique des 



musiciens, s'il n'y a pas identité entre cet artiste 
et le précédent, et si les initiales de prénoms de 
celui-ci ne sont pas une faute d'impression; mais 
si la date de 1780, donnée par lui, comme étant 
celle où J. C. iMoelier vivait à Francloit et y 
publiait des quatuors pour piano et pour violon, 
si, dis-je, cette date est exacte, ce musicien ne 
peut être le même que celui qui étudiait la mu- 
sique et la théologie à Leipsick en 1797, et qui, 
sur le titre de la sonate à 4 mains publiée à Leip- 
sick dans cette année, plaçait ces mots après son 
nom : studiosus theol. et musices. 

MOERIA^G ( Michel ),néà ilildburghausen, 
le 11 octobre 1677, fréquenta le collège de celte 
ville jusqu'en 1095, puis entra au gymnase de 
Cobourg, et alla achever ses études à l'univer- 
sité de Jcna en 1G98. En 1704, le duc de Hild- 
burghausen le nomma première basse-taille de 
sa chapelle, puis gouverneur de ses pages. En 
1712, l'emploi de cantor à Seidenstadt lui fut 
confié; mais il le quitta l'année suivante pour aller 
remplir les mêmes fonctions dans le lieu de sa 
naissance, et enfin il fut appelé à Cobourg, en 1720, 
comme cantor et magisler. 11 y a écrit beau- 
coup de morceaux de musique d'église qui ont 
eu de la répiilatien dans la première moitié 
du dix-huitième siècle, et qui sont restés en ma- 
nuscrit. 

MOERII\G (Jean-Piep.re), né à Ilild- 
burghausen, en 1700, était attaché à la chapelle 
du prince d'Anhalf-Zerbst, en 1756, comme vio- 
loniste. Il a laissé en manuscrit plu^ieurs mor- 
ceaux de musique instrumentale. Il est incertain 
si cet artiste est le même qui était directeur de 
musique, en 1765, à Œhringen, dans le royaume 
de Wurtemberg. 

MOERL (GusTWE-PinLipPF.), né à Nurem- 
berg, le 26 décembre 1673, y devint prédicateur 
à Saint-Sébald en 1724, puis fut président du 
Consistoire, bibliothécaire de la ville, et profes- 
seur de théologie. Il mourut le 7 mai 1750. Au 
nombre de ses écrits, on trouve deux sermons, 
le premier prononcé à l'occasion de l'installation 
d'un nouvel orgue, à l'église de Saint-Égide, et 
publié sous le titre : Das rein geslimmte Or- 
geluerk unsers Herzcns, oder christliche Ein- 
weihiingspredigt cines neu vcrfertigten Orgel- 
u-erhs, wclches vor die ullbcreit 13 Jahr in 
Asc/ie liegende Egidien-Kirche angcschaf- 
fct, etc.; Nuremberg, 1709, in-4''. L'autre, à 
l'occasion de l'inauguration du nouvel orgue de 
l'églisedes Don)inicains, intitulé : Eingcwcihungs- 
Predigt der neuen Orgcl m dcr Dominicaner- 
Kirchc; i!)id., 1709, in-4". 

MOERS (Makc), organiste et facteur d'ins- 
truments i» Lierre, dans la Campine (Belgique), 



INIOERS — MOHAMMED BEiN AHMED EL-HADDEE 



157 



est mentionné dans le registre n" F 195 de la 
chambre des comptes, aux ardiives du départe- 
ment du Nord, à Lille, comme ayant reçu, au 
mois d'août 1508, trente et une livres cinq sous 
pour l'achat d'ung jnanicoi- ( Manichordium ) que 
Monseigneur (l'archiduc Charles, plus tard em- 
pereur Charles-Quint) a fait achetter de lui 
pour son desduit et passetemps. 

MOKSCHL(CnRiSANTE), moine franciscain, 
naquit à Neubourg, dans la Bavière, près de la 
forêt de Bohème, en 1745. A l'âge de dix-neuf 
ans, il entra dans son ordre, et fut nommé orga- 
niste de son couvent. Kamerloher lui lit faire, 
vers cette époque, un cours de composition. 
Mœschl vivait encore en 1812, au couvent d'In- 
golstadt. Il a laissé en manuscrit plusieurs com- 
po.silions pour l'église, entre autres un oratorio. 
On a gravé de sa composition à Berlin, vers 1730, 
un recueil de pièces intitulé : Unterhaltung beytn 
Clavier (Amusements pour le clavecin). 

MOESER (Charles-Frldéric), violoniste 
et chef d'orchestre du tliéàlre royal de Berlin, 
naquit dans cette ville, le 24 janvier 1774. Dès 
ses premières années, il montra d'heureuses dis- 
positions pour la musique : son père, trompelle- 
major du régiment de hussards de Ziethen, lui 
donna les premières leçons de violon dès qu'il eut 
atteint sa sixième année. Il n'était âgé que de 
huit ans lorsqu'il se fit entendre avec succès dans 
un concert public. Le roi de Prusse, Frédéric- 
Guillaume II , l'ayant entendu , le prit sous sa 
protection, et le fit entrer à l'âge de quatorze ans 
dans la chapelle du margrave de Schwedt. Après 
la mort de ce prince, Mœser retourna à Berlin et 
y entra bientôt après dans la chapelle du roi. Ce 
fut alors qu'il reçut des leçons de Haake pour ie 
violon, et qu'il étudia le mécanisme de cet ins- 
trument d'après une méthode régulière. Ses pro- 
grès furent rapides; mais une intrigue amoureuse 
avec la comtesse de la Marck, fille naturelle du 
roi, le compromit, et vint arrêter le cours de ses 
études en le faisant exiler de Berlin. Le roi eut 
la bonté de lui envoyer cent ducats pour les frais 
de son voyage. Mœser se dirigea vers Hambourg 
par Brunswick, se fil entendre dans plusieurs 
villes, et commença sa réputation de virtuose. 
Les liaisons qu'il eut le bonheur de former à 
Hambourg avec Rode et Viotti l'initièrent aux 
principes d'une école de violon qui sera toujours 
le modèle de la pureté et de l'élégance. Les voya- 
ges qu'il fit en Danemark, en Noiwége et sur- 
tout à Londres furent avantageux à sa fortune, 
et l'auraient été davantage si une liaison avec une 
cantatrice italienne ne lui eût fait oublier à Co- 
penhague un engagement que Salomon lui avait 
envoyé pour ses concerts. Après la mort de 



Frédéric-Guillaume 11, il lui fut permis de re- 
tourner à Berlin, et dès lors commença pour lui 
une carrière d'artiste plus sérieuse. Admis dans 
l'intimité du prince Louis-Ferdinand, il y connut 
Dussek, et reçut du beau talent de ce grand ar- 
tiste une salutaire impul.sion. En 1804, il alla à 
Vienne et reçut de Haydn et de Beethoven des 
éloges ilatteurs sur sa manière d'exécuter leurs 
quatuors. La suppression de la chapelle du roi 
de Prusse, après les événements de la guerre de 
1806, troubla l'existence de Mœser, comme celle 
de beaucoup d'autres artistes, et il dut alors cher- 
cher des ressources dans des voyages en Pologne et 
en Russie. Son séjour dans ce dernier pays se 
prolongea pendant plus de quatre ans. De retour 
a Berlin en 1811, il y donna des concerts où son 
talent excita les plus vifs applaudissements. La 
réorganisation de la chapelle royale l'attacha au 
service du roi en qualité de premier violon, et en 
1825 il eut le titre de maître de concerts. Dix ans 
après il a fait un voyage à Paris avec son fils ( Au- 
guste) qui annonçait d'heureuses dispositions pour 
le violon. A son retour, il a visité Bruxelles et m'a 
remis une lettre de -recommandatioa que Cheru- 
bini lui avait donnée. Il ne se faisait plus enten- 
dre dès lors qu'en accompagnant son fils. Il se 
proposait de faire avec celui-ci un nouveau voyage 
en Hollande et en Belgique, mai,= je ne l'ai plus 
revu. En 1841, le roi de Prusse lui a accordé le 
litre de maître de chapelle honoraire, en consi- 
dération de ses longs services. Il est mort à Ber- 
lin, le 27 janvier 1851, à l'âge de soixante-dix-.sept 
ans. La vie de cet artiste est, dit-on, remplie 
d'aventures romanesques. On connaît de Mœser 
une Polonaise qui a eu de la vogue, et quelques 
morceaux de salon. 

MOESER (Auguste), fils du précédent, né à 
Berlin, le 20 décembre 1825, montra dès ses pre- 
mières années les plus heureuses dispositions pour 
le violon. Son père lui donna sa première instruc- 
tion sur cet instrument. A l'âge de dix ans, il 
étonnait déjà les professeurs par son habileté 
précoce. Ce fut alors que son père me le présenta 
etjel'ddmis au Conservatoire de Bruxellescomme 
élève de Bériot. Ses progrès furent rapides et eu 
peu d'années il devint un virtuose remarquable, 
particulièrement pour les dilliciiltés vaincues de 
mécanisme. Sorti du Conservatoire à l'âge de dix- 
huit ans, il voyagea en, Allemagne, en France, en 
Angleterre, et partout se fit entendre avec de 
brillants succès. Malheureusement, la vie de ce 
jeune artiste fut courte; il mourut en 1859, dans 
une tournée en Amérique. 

MOHAMMED BEN AHMED EL- 
HADDEL, Arabe d'Espagne, vécut à Grenade 
et mourut l'an 561 de l'hégire (1165 de l'ère 



158 



MOHAMMED RE?^ AHMED EL HADDEL — M01TF.SSH:R 



clirétienne). 11 est auteur d'un traité de mu- 
sique dont le manuscrit est à la bibliothèque 
royale de Madrid, et qui est mentionné dans 
I» Bibliothcca arabico-hispanu de Casiri^ 
t. H, 73. 

MOHAMMED BE\ AHMED BEi\ 
HABllj écrivain arabe des Alpuxarres, dans le 
royaume de Grenade, vécut dans la première 
moitié du quatorzième siècle, et mourut l'an de 
l'hégire 741 (1340 de l'ère chrétienne). On a de 
lui un traité de musique dont le manuscrit est à 
la bibliothèque de l'Escurial (foy. Casiri, t. II, 
80). Casiria traduit le titre arabe par De vrasica 
sacra ; mais le baron Hammer Purgslall est d'avis 
que l'ouvrage est plutôt un Abrégé des principes 
de la musique mondaine. 

MOHAMMED BEiMlSA BEAASSAH 
liFN Kerinsa ebn Abdallah HossajIeddin ben- 
FETUEUDiN EL Hamberri (1) , pliilosoplie et juris- 
consulte, né l'an 68 i de l'hégire (1282 de l'ère chré- 
tienne), vécut au Caire et y lit des cours publics 
(le musique. Il mourut en 70.1 (13G1). L'auteur du 
grand recueil biographique arabe, Ehel Mchusin 
Jussufel Faghriherdi, qui a écrit la vie de Mo- 
hammed, dit avoir suivi ses leçons pendant l'ai.- 
née 745 (1.344). Mohammed a laissé un traité 
de musique dont le titre arabe signifie : Le but 
désiré dans la science des sons et des temps 
rliijthmiques. Il en existe un manuscrit au Mu- 
séum britannique. 

MOHAMMED BEJ\ ADOLl\lED- 
SCIHD, écrivain arabe sur la musique, ne à 
iMtakié , dans la Syrie, est moit dans l'année 
de l'hégire 848 (I448de J.-C), Son traité, intitulé 
l'ethidjct, est le |)lus complet et h> plus renommé 
des livres arabes concernant la musique mo- 
derne. Il est divisé en deux parties, dont lapre- 
nnère traite de la composition des modes, et le 
second, dih rhythme. H est dédié, suivant le 
baron Hammer Purgstall, au sultan Bajasid, ou 
Majazet II : s'il en est ainsi , Mohammed ben 
Adohnedschid n'est pas mort en 1444, car Ba- 
ju/el n'a succédé à son père Mahomet II qu'en 
1481. L'ouvrage de cet écrivain se trouve parmi 
les manuscrits de la Bibliothèque impériale à 
Vienne. 

MOHi\H:E ( TuÉOPniLE-CMRÉTIEN-FRÉDÉ- 

itic), né le G janvier 1781, à Grimmen , dans la 
l'oméranie citérieurc, commença ses éludes au 
gymnase de Stralsund , et les acheva aux univer- 
sitésdc Greifswalde et de Jéna. Après avoir rem- 



(1) Ce nom, suivant l'iisncr dos Arabes, indique tniile nnc 
Bi'ndalogie : il signiljc : jVo/iamwrri ,Als d'Isa, ftlsd'Ma. 
siih,fllstli^ hcrinsa.twveu d'ytbdallaà lloisamtddiii. fih 
de J-'i'lheddin, etc. 



pli pendant sept années les fondions de précep- 
teur dans une famille particulière, il obtint, en 
18t 1, une place de professeur à l'école de Greifs- 
walde, et lut nommé deux ans après rectem- du 
même établissement. Devenu, en 1818, pasteur 
de 1.1 paroisse Saint-Jacques, de Stralsund, il 
résida dans cette viile jusqu'à sa mort, qui ar- 
riva le 6 juillet 1841, à la .suite d'un violent accès 
de goutte. Au nombre des ouvrages de ce sa- 
vant, on remarque celui qui a pour litre : 
Gcschickte des Kirchengesxnges in Seuvor- 
pommern von der Keformation bis aufunserc 
Tage (Histoire du chant de l'église dans la Nou- 
velle-l>oméranie citérieure, depuis la réformation 
jusqu'à nosjours ) ; Stralsund, 1831, 1 vol. in-S". 
La première |)artie de ce livre renferme des ren- 
seignements pleins d'intérêt sur le sujet dont elle 
traite. 

MOITA (Jean-Baptiste), compositeur ita- 
lien, né dans la seconde partie du seizième siècle, 
a publié iMadrigali a sei voci; Anvers, 1600, 
in4°. 

MOITESSIER (Puosper-Antoine), fac- 
teur d'orgues, né à Carcassonne (dépt de l'Aude) 
en 1807, apprit dans sa jeunesse l'ait du luthier, 
puis reçut en 1819 et 1820 les première.» no- 
tions de la facture des orgues d'un ouvrier des 
Vosges nommé Pilof. Désirant augmenter ses 
connaissantes dans cet art , il alla travailler 
dans les ateliers de Mirecourt; puis il se rendit 
à Paris et y entra comme ouvrier chez M. Lété 
( Voyez ce nom). Cependant la facture des or- 
gues ne paraissant pas présenter d'avenir en 
France à cette époque, Moitessier retourna dans 
.sa ville natale en 1826, et y passa plusieurs an- 
nées dans une sorte d'oisiveté forcée. Fatigué de 
cette situation, il alla s'établira Montpellier, vers 
1830, et n'y fut pas d'abord plus heureux; niais 
enfin on lui proposa, en 183G, d'entreprendre la 
restauration de l'orgue du temple protestant, 
construit autrefois par le giand-pére deM. .-Vris- 
lide Cavaillé. Son succès dans cet ouvrage lui 
lit contier la restauration de l'orgue de Saiiit-Ful- 
ciand à Lodève (Hérault), fait parL'Fpineen 1760. 
Vers 1837 il imagina d'appliquer à l'orgue les 
claviers transpositeurs semblables à ceux dont on 
faisait usage pour les pianos : ce qui déjà avait 
été fait en 1820 par Lèté au petit orgue d'ac- 
compagnement deSaint-Leu. Pepiiis, M. Moites- 
sier a construit ou réparé les instruments dont 
voici la liste : 1" Orgue de 8 pieds avec i)é- 
dales à la chapelle Sainte-Marie , à Montpellier, 
en 1840. — 2" Grand 8 pieds à 4 claviers avec 
pédales de 10 pieds ouverts et bombarde pour 
Saiide-Madclcine, à Brzi('is,cn I8il. — 3" Hc- 
con.slruttioii du grand orgue de Saint- Vincent, 



IMOITESSIKR — MOLliai 



tô9 



à Carcassonne, en 1842. — 4" Grand 8 pieds à 
3 claviers et pédales, à lYglise paroissiale de Saint- 
Reniy ( I3oiiciies-du-Rliône), en 1842. — b° Or- 
i;ue de 8 pieds à trois claviers, à lYglise parois- 
siale lie Sainte-Affriqiie(Aveyron), en 1843. — 
6° Grand huit-pieds à 3 claviers, à Cette ( Hé- 
rault), en 1843. — 7" Huit-pieds pour la clia- 
pt-lle des Pénitents-Hlancs, en 1844. — 8" Huit- 
pietls pour la paroisse Sainte-Anne, en 1845. — 
!)" Restauration de l'orgue de Notre-Dame à 
Montpellier. Cet orgue, construit par le célèbre 
D. Bédos pour l'abbaye de Sainte -Hil)érie, en 
1751, avait été replacé à Montpellier en 1806. 
Cette restauration fut faite en 1840. — 10° Grand 
huit-pieds à l'église Sainte-Martlie de Tarascon, 
en 1845. — 11" Grand iniit-pieds pour l'église 
de Forcalquier (Basses-Alpes), en 1847. — 12° 
Grand seize-pieds en montre, de quarante-six 
jeux, à l'église de la Dalbade, à Toulouse, en 
1847. 

MOJON (Benoît), médecin italien, est né 
à Gènes en 1770, et a fait ses études à Montpel- 
lier. D'abord professeur d'anatomie et de physio- 
logie à l'univensité impériale de cette ville, puis 
médecin en chef de l'hôpital , il se fixa à Paris 
Ters 1814, et y exerça la médecine. H y 
est mort au mois de juin 1849. Il était mem- 
bre de beaucoup de sociétés de médecine et 
de sciences naturelles. Au nombre des écrits 
de ce savant, on remarque : 1^ Mémoire sur 
les effets de la castration dans le corps hu- 
main; Montpellier, 1804, in-8". La troisième 
éilitionile cette dissertation a été publiée à Gènes, 
chez Gravier, 1813, in-4° de 40 pages. ]l v eu 
a une traduction italienne intitulée : Disscrla- 
zione sulli effetti délia castratura nel corpo 
umano ; Milan, Pirotto, 1822,in-8° de 55 pages. 
— T Memoria suW utilità délia musica, si 
nello stato di salute, corne in quello di ma- 
lattia ; Gènes, 1802, in-S". Une traduction fran- 
çaise de ce morceau a été faite par le prolesseur 
de médecine Mugetti, et publiée sous ce titre : 
Dissertation sur l'utilité de la musique ,■ Paris, 
Fournier, 1803, in-S". 

MOLCïî ( Jean-Henri-Conrad ), organiste et 
professeur du collège de Peina, dans le Hanovre, 
naquit le 24 avril 1798 à Hoheneggelsen, dans la 
province de Hildesiieim, où son père était co?jYo/*. 
Après avoir appris dans la maison paternelle 
les premiers principes de la musique, le jeune 
Molck alla continuer ses études au gymnase de 
Hildesheim, et y reçut quelques leçons d'harmo- 
nie d'un organiste de celte ville. En 1815, son 
père le fit entrer a l'école normale des institu- 
teurs d'Alleld : il y lit de bonnes études de con- 
trepoint sous la direction d'un organiste de mé- 



rite, nommé Schœppe. Après avoir passé trois 
années dans cette école, Molck obtint en 1818 
les places d'organiste et de cantor à Peina. Plus 
tard, il fut chargé de la direction de l'école su- 
périeure des tilles de cette ville , et obtint la 
place d'organiste de l'église principale. Il dirigea 
la fête des professeurs de chant, à Hildesheim, 
en 1840 et 18U. Ou connaît sous son nom en- 
viron ving-cinq œuvres d&-Liederà voix seule 
avec piano et de chants à plusieurs voix de dif- 
férents genres ou pour un chœur d'hommes. La 
plupart de ces ouvrages ont été gravés à Ha- 
novre et à Brunswick. Molck a aussi publié des 
mélodies chorales pour le royaume de Hanovre, 
en 1837. Molck est le frère puîné du chanteur 
Molthe (voi/ez ce nom) de Weimar, qui a changé 
l'orthographe de son nom. 

MOLDENIT (JoachimDE), gentilhomme 
danois, amateur de musique, naquit à Gluck- 
stadt dans les premières années du dix-huitième 
siècle. En 1733, il publia à Hambourg : Sei So- 
nate a Jlauto traverso e hasso continuo, con 
un discorso sopra la maniera di sonar il 
flauto traverso. L'art de jouer de la flûte était 
si peu avancé à l'époque où parut cet ouvrage, 
que Moldenit blâme Quantz pour avoir introduit 
le coup de langue dans le jeu de cet instrument. 
La flûte pour laquelle il a écrit ses sonates des- 
cendait jusqu'au la grave : il attachait beaucoup 
de prix à cette invention, qui a été renouvelée 
de nos jours. Je possède un autre écrit de Mol- 
denit sur le même sujet, qui prouve l'existence de 
deux autres discours relatifs aux six sonates de 
sa composition; il a pour titre : Dritter neuester 
und letzter Discours ûber sechs Sonaten fur 
die Querfiœte und Bass ( Troisième nouveau et 
dernier discours sur six sonates pour la (lûte tra- 
versière et basse), da Gioacchino Moldenit, 
nobile danese da Glûckstadi , dilettante in 
Hamburgo, 2 feuilles in-4'', sans nom de lieu et 
sans date; mais le chronogramme formé paries 
noms Gioacchino Moldenit indique 1753. Après 
une introduction où l'auteur rapporte les félicita- 
tions qu'il a reçues sur l'invention de sa flûte, 
on trouve une épîtrc en vers allemands au lec- 
teur sur les sonates dont il s'agit, puis des éloges 
en vers du même ouvrage par diverses personnes, 
et enfin un chant de remercîment sur un air 
connu. 

MOLIER, ou MOLLIER ( Louis DE ), dit 
DE MOLIÈRE, musicien français, était en 
tC42 gentilhomme servant ouécuyerde la com- 
tesse de Soissons, mère du comte qui fut tué à la 
Marféc. Après la mort de cette princesse, Molier 
fut admis dans la musique de la chambre du 
roi. il y fut employé particulièrement à la corn- 



160 



MOLIER — MOLINET 



position des airs de ballets de la cour, où il \y.i- 
rait avoir asisez bien réussi. Ea 165'», il fit avec 
Jean-Daptiste i^oesset la musique du Ballet du 
Temps. Au sujet de la réception de la reine 
Ciiristiue de Suède, dans le ciiàleau de Chante- 
Merle, près d'Essone, Jean Loret, auteur d'une 
espèce de journal des événements de ce temps, 
va mauvais vers, s'exprime. ainsi : 

Le lendemain à son réveil, 
Hesselin, esprit sans pareil, 
Pour mieux féliciter sans cesse 
La noble et glorieuse hostesse. 
Lui Ht ouïr de jolis vers 
Animés par de forts beaux airs 
Que d'une façon singulière 
Avait fait le sieur de Molière, 
Lequel, outre le beau talent 
Qu'il a de danseur excellent, 
Met heureusement en pratique 
La poésie et la musique. 

Il parait, d'après ces vers, que Molier n'était 
pas seulement musicien du roi, mais un des dan- 
seurs des ballets de la cour. C'est ce qu'on voit 
d'ailleurs dans la pièce composée pour une de 
ces fêtes, sous le titre ■• Les Plaisirs de l'Ile en- 
chantée, qui fut représentée le 7 mai 1664. Mo- 
lière y jouait les rôles de Lyciscas et de Moron 
de la Princesse d'Élide, et Molier y représen- 
tait un des huit Maures qui dansent la seconde 
entrée du Palais d'Alcine, ballet. On retrouve 
son nom dans la plupart des divertissements de 
cette époque, ainsi que celui de sa fille. Il maria 
cette fille, en 1664, à Ytier, célèbre théorbiste 
de ce temps, attacbé comme lui à la musique de 
la chambre du roi. Le 7 janvier 1672 , une pièce 
héroïque fut jouée au théâtre du Marais avec des 
machines, des ballets et des airs chantés et dan- 
sés, sous le titre Le Mariage de Bacchus cl 
d'Ariane. La pièce était de Visé, auteur du 
journal Le Mercure galant, et la musique avait 
été composée pour Molier. Ce même Visé, ren- 
dant compte de sa pièce, dans le Mercure ga- 
lant, dit : « Les chansons en ont paru fort agréa- 
bles , et les airs en sont faits par ce fameux M. 
« de Molière dont le mérite est si connu , et qui a 
« travaillé tant d'années aux airs des ballets du 
« Roy. » Les mêmes auteurs avaient déjà donné 
sur le môme théâtre le ballet héroïque £cSi4?noMr5 
du soleil. On ne sait plus le titre d'un autre ou- 
vrage dont parle M""" de Sévigno dans une de 
ses lettres. « Je vais ( dit-elle ) à un petit opéra 
« de Molière, beau père d'Ytier, qui se chante 
« chez Pélissari; c'est une musique trèspar- 
•c faite; M. le Prince, M. le Duc et Mme la Du- 
« chesse y seront (5 février 1674). » L'habitude 
qu'on avait de dénaturer le nom de Molier en 
celui de Molière, a fait confondre .souvent l'au- 
teur de quelques airs de danse et de chansons 



avec le grand poëte; ce qui a fait croire qi-.e 
l'immortel auteur du Misanthrope et de Tar- 
tuffe était musicien. Molier mourut à Taris le 
18 avril 1688. 

MOLIJVA ( Bartuolomé ), moine franciscain 
espagnol, né dans la seconde moitié du quinzième 
siècle, est auteur d'un traité du chant ecclésias- 
tique intitulé : Arte de canto llano, Valladolid, 
1509, in folio. 

MOLIXARI ( Pierre), compositeur et pré- 
dicateur à Murano, île de l'État de Venise, vers 
le milieu du dix-septième siècle, a fait repré- 
senter à Venise, en 1660, l'opéra intitula : Ipsi- 
cratea, et en 1664 Le Barbarie del Caso, à Mu- 
rano. M. Caffi cite aussi du même La ]'c)iere 
travestita, qui aurait été jouée en 1692; mais 
Allacci n'en parle pas dans sa Dramalurgia. 

MOLIIVARO ( Simon ), maître de chapelle 
de l'église cathédrale de Gênes, dans les pre- 
mières années du dix-septième siècle, fut con- 
sidéré comme un des luthistes les plus remarqua- 
bles de son temps. Il naquit dans cette ville, car 
il est appelé Genovese aux titres de ses ouvrages. 
Il dit , dans l'épître dédicatoire de son [iremier 
livre de madrigaux au prince de Piombino, qu'il 
était neveu de Jean-Baptiste Délia Gostena ( Voyez 
Gostena ), qui fut comme -^ui serviteur de la 
maison du prince, et composa des madrigaux 
par l'ordre du père de ce seigneur ( E petche 
so clie quanto le sono io J^eri'ilor, attrettanth 
fù alla casa sua vivendo Gio. Battisia. délia 
Gostena mio zio; vi hd inseriio tre madri- 
gali da lui fat ti a commando del Signor 
suo padre). Ihimey cite de sa composition : 
Concei-ti ecclesiastici; Venise, 1605, in^". On 
connaît aussi de cet artiste : i" Il primo libro 
de Madrigali a cinque voci ; in Milano, op- 
pressa l'herede di Simon Tini.et Francesco 
Besozzi, 1599, in-4o. — 2"Motectorum quinque 
vocibus et Musa 10 vocibus liber primus ; in 
Vcnelia; app. Rico. Amadino, 1597. — 3" Il 
terzo libro di Motctti a 5 voci ; in Venetia, 
app. Raverl, 1609, in-4''. — 4° Fatiche spiri- 
fualiossia Mol/tti asei voci; in Venetia, app. 
Ricc. Amadino, 1610, in-4''. 

MOLINE ( PiERRE-Louis ), auteur drama- 
tique, lié à Montpellier vers le milieu du dix-hiii- 
tieme siècle, fut d'abord avocat au parlement, 
et pendant la Révolution eut la charge de secré- 
tairo-grt'flier de la Convention natioti.tle. Il es* 
mort à Paris en 1821. Auteur de beaucoup de 
livrets d'opéras fort médiocres, il a écrit aussi 
une brochure intitulée Dialogue entre Lullij, 
Bameau et Orphre ( GlucJi ), dans les Champs 
Éli/sces; Amsterdam ( Paiis ), 1774, in-S". 
MOLl\'ET, nom d'un musicien du qnin- 



MOLINET — MOLIQUE 



ICI 



eièinc siècle, dont on Irotive une chanson à quatre 
voix dans le livre C de la collection intitulée 
narmonice Musices Odhecaion, imprimée par 
Otlaviano Petrucci de Fossombrone, à Venise, 
1501-1503. Ce livre C, qui est le troisième, a 
pour litre particulier : Canli C. U° Cenlo 
cinquanta. La chanson de Molinet, sur ces pa- 
roles : Tariara mon cor, est le 124* morceau 
du recueil. Quel était ce Molinet? Était-il Fran- 
çais ou Belge? Celte chanson est la seule com- 
position connue sous ce nom, auquel n'est joint 
aucun prértom. Peut-être ne faut-il pas cl'.er- 
cher d'autre auteur que Jean Molinet, poète et 
historiographe de la maison de Bourgogne, né 
dans un village du Boulonais, vers 1420, et qui 
eut un canonicat à ValeBciennes. Il fut contem- 
porain d'Okegliein et de Bnsnoys, leur ami, et 
leur adressa des vers. Il mourut à Vaiencienues 
en 1507 dans un âge avancé. Rien ne prouve 
qu'il ait été musicien, mais rien ne s'oppose, dans 
ce qu'on connaît de lui, à croire qu'il ait cultivé 
la musique, bien qu'avec moins d'activité que la 
poésie. 11 aimait cet art et en parle bien eu plu- 
sieurs endroits de ses écrits. Okeghem, Busnoys, 
Régis, et autres musiciens belges qui vécurent de 
son temps sont précisément ceux dont les pro- 
ductions se trouvent avec la sienne dans le re- 
cueil cil;^ ci-dessus. A» surplus, il ne s'agit que 
d'unfe simple conjecture. 

MOLUNEUX ( James], professeur de chant 
à Londres, au commencement du dix-neuvième 
siècle, s'est fait connaître par un traité élémen- 
taire de l'art du chant, intitulé : Shigcr's Sijste- 
matic Guide in the science ofMusic, toihe 
formation and training of the varions classes 
of voice; to the facture and application of 
the Omaments inSinging ,• Londres, sans date, 
3 parties in-fol. 

MOLII\0 ( Louis ), violoniste italien, élève 
de Pugnani, lui a succédé en 1798 comme premier 
violon de l'Opéra de Turin. En 1809, il lit nn 
Toyage à Paris , et s'y fit entendre avec succès 
sur le violon et sur la harpe , dont il jouait fort 
bien. On a gravé de sa composition : 1° iC con- 
certo pour violon ( en rë); Paris, Pieyel. — 
2" Trois duos concertants pour 2 violons, op. 8, 
11, 13, Paris, Cousineau. — 3° Trois idem, lettre 
A, Paris, Frey. — 4" Concertos pour harpe et 
orchestre, n's 1,2, 3, Paris, Cousineau. — 
5" Grande sonate pour harpe seule, ibid. — 
6" Fantaisie idem , op. 10, ibid. — 7° Ariettes 
italiennes , Milan, Ricordi. — 8" Six romances 
avec sec. de piano, Paris, Leduc. On a confondu 
l'artiste dont il s'agit ici avec celui qui est l'objet 
de l'article suivant, dans le Catalogue général de 
U musique imprimée, publié par Whistling. 

"lOCR. L'NIV. DES MUSICIENS. — T. M. 



MOLliVO (FiiANçois), guilarisle distin- 
gué, né à Florence vers 1775 , s'est fixé à Paris 
eu 1820, après avoir longtemps voyagé en 
Espagne. On considère cet artiste comme un de 
ceux qui ont le mieux analysé le mécanisme de 
la guitare : la méthode qu'il a publiée pour cet 
instrument passe pour là plus savante et la 
mieux raisonnée. Ses principaux ouvrages con- 
sistent en : 1° Trios pour guitare, llùte et alto , 
op. 4, 19, 30; Leipsick , Breitkopf et H;er|el ; 
Paris , chez l'auteur. — 2° Sonates pour guitare 
et violon, op. 2, 3, 7, 10, 22,29; Paris et 
Leipsick. — 3" Nocturnes idem. op. 36, 38; 
ibid. — 4" Nocturne pour guitare et piano, 
op. 44; ibid. — 5" Sonates pour guitare seule, 
op. 1, 6, 15, ibid. —6° Rondeaux idem, op. 11, 
28; ibid. — 7° Thèmes variés idem, op. 5, 
9, 12, 18, 21, 31, 35; ibid. — 8° Nouvelle 
Méthode complote de guitare, texte italien et 
français, 2' édition; Paris, Gambaro. Il y a 
une traduction allemande de cet ouvrage, Leip- 
sick , Breitkopf et Hœrtel. Molino est mort à 
Paris en 1847. 

MOLINOS-LAFITTE (M'"'), (ille de 
Bouisault, ancien eutreprepeur des jeux de Paris, 
est née en celte ville vers 1798. Élève de Zim- 
merman pour le piano, elle a brillé comme 
arnaleur pendant plusieurs années. On a gravé 
de sa composition : Variations pour le piano 
sur le pas de Zéphir; Paris, Leduc. Cette 
dame a épousé M. Molinos, architecte à Paris. 

MOLIQUE ( Bernaud ), violoniste et compo- 
siteur pour son instrument, est né à Nuremberg 
le 7 octobre 1803. Son père, musicien de ville, a 
été son premiermaître, et lui enseigna à jouer de 
plusieurs instruments; mais le violon était celui 
que préférait le jeune artiste et sur lequel ses 
progrès étaient rapides. A l'âge de quatorze ans 
il fut envoyé à Munich et placé sous ia direc- 
tion de Rovelli , premier violon de la chapelle 
royale. Deux ans après, il se rendit à Vienne , 
où il fut placé à l'orchestre du théâtre An der 
Wien. En 1820 il retourna à Munich et y suc- 
céda à son maître Rovelli en qualité de premier 
violon de la cour, quoiqu'il ne fût âgé que de 
dix-sept ans. Dans les deux années qui suivi- 
rent, M. Molique s'attacha à donner à son 
talent un caractère grandiose, énergique. En 
1 822 , il crut être arrivé assez avant dans l'art 
pour entreprendre des voyages et se faire en- 
tendre dans de grandes villes. Il obtint un congé 
et visita Leipsick, Dresde, Berlin, Hanovre et 
Cassel, où il se fit entendre avec succès. En 1826 
il fut engagé à la cour de Stuttgard en qualité 
de maître de concerts. Là il s'est fait connaïtru 
par un nouveau talent où ses qualités de grand 

11 



162 



MOLIQUE — MOLITOR 



musicien se sont déveloiipées : je veux parler de 
la direction d'i)n orclieslre, où il fait remarquer 
autant de précision que de goût et de sentiment 
des nuances. En 1836, M. Molique a fait un 
\oyage à Paris , et a exétuté à la Société des 
concerts du Conservatoire un de ses concertos 
pour le violon. Les journaux qui ont parlé de 
l'effet de ce morceau, ont rendu justice à la 
beauté de la composition ; mais suivant leur rap- 
port, l'exécution n'a pas paru produire sur 
l'auditoire l'impression qui semblait devoir ré- 
sulter du talent de l'artiste. Au surplus, il est 
bon de remarquer que pareille chose a eu lieu 
pour la plupart des violonistes de l'école alle- 
mande qui se sont fait entendre à Paris , et que 
Spolir et Lipinski , dont la réputation est grande 
ailleurs, n'y ont pas produit d'effet. En 1849, 
M. Molique a donné sa démission de la place' 
de maître de concerts à Stutlgard et s'est fixé à 
Londres, où il s'est fait une honorable répu- 
tation et une bonne position comme professeur 
et comme exécutant. Il a été nommé professeur I 
de composition à l'Académie royale de musique i 
en 1861. Les ouvrages publiés [wr M. Molique 
ont étendu sa renommée, d'une manière bril- , 
lante depuis plusieurs années; on y remarque : j 
l'' Concertos pour le violon : 1*"^, op. 2, Leipsick, ! 
Peters; 2" (en la), op. 9, Leipsick , Dreitkopf ' 
et Hœrtel; 3<^ ( en ré mineur), op. 10, ibid. — 
2° Variations et rondo sur un thème oritjinal, \ 
op. 11, ibid. — 3° Trois duos concertants pour | 
*i violons ; Mayence, Schott. — -i" Duo concer- | 
tant pour ilûte et violon, ibid; — 5° Concertino 
pour violon et orcliestre, op. 1 , ibid. — 
6° Quatrième et cinquième concertos pour violon 
et orchestre ; Leipsick , Hofmeisler. — 7° Duos 
concertants pour piano et violon, n"* 1 , 2 , 3 ; 
Hambourg, Schuberth et C". — 8° Quatuors 
pour 2 violons , alto et violoncelle , n'"M , 2 , 3 , 
4, 5, G; Leipsick, Kistner. — 9" Trios pour 
piano, violon et violoncelle, op. 27; Vienne, 
Hasiinger. — 10' Messe en si mineur pour 4 voix 
et orchestre, op. 32; ibid. — 11*-' Des fantai- 
sies pour violon et orchestre ; Hambourg, Schu- 
berth. — 12° Des morceaux de salon pour violon 
et piano. 13" Des Liedcr à voix seule, avec ac- 
compagnement de piano. Une symphonie pour 
l'orchestre de M. Molique a été exécutée aux 
concerts de Lei|)sick, en 1837. 

MOLITOR (I^GÉN^J), moine franciscain, 
organiste du couvent de Uotzen , dans le 
Tyrol , naquit à Habach; il vivait vers le 
milieu du dix-septième siècle. Il a publié : 
1° Six canzonclles pour 2 violons, viole, basse 
de viole cl basse continue. — 2" XIX motets 
pour deux voix de soprano, 2 violons et basse; 



Augsbourg, 1668, in-4°. — 3° Fasciculus mu- 
sicalis ou Collection de motets ; Inspruck, 1668, 
in-4°. 

MOLITOR (Fidèle), prêtre de l'ordre de 
Cîteaux, dans un monastère près de Baden, fut 
directeur de musique en Suisse, vers le milieu 
du dix-septième siècle. Il a fait imprimer de sa 
composition : 1" Prxgustus musicx , sexi mo- 
tetx; Inspruck, in-lol. — ï° Cantiones sacrx a 
voce sola vnà eu m 2 insiruvientis ; Inspruck, 
1664, in-folio. 

MOLITOR ( Valentin ), moine de Saint- 
Gall , dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle, a publié : r Odx Gcnelhlicicx adChiisti 
cuna^ a 1, 2, 3,5 voc. eum 2 viotinis; 
Kempten, 1668; in-folio; 2"'* édition, Ulin, 
1670, in-fol. — 2" Missa cum fribus mofetis 
in soleinni iramlatione SS. MM. Sergii, Jiac- 
cfii, Hyacinthi et Erasmi, ab odo vocibus 
et 1 instrumentis; Saint-Gall, Ku'-l, in-4". — 
3" Directorium seu cantus et responsoria in 
processionibus , in 8". 

MOLITOR (Je\n-Georces ) , musicien alle- 
mand du dix-huitième siècle, naquit à Donaues- 
chingen, et fut attaché à une des églises 
d'Augshourg en qualité de directeur de musique. 
On a publié dans cette ville, en 1736, six trios 
pour deux violons et basse de cet artiste. On 
connaît aussi de sa composition : Sacra llar- 
monia , consistant en huit motets pour oKvr- 
loires à voix seule , 2 violons et orgue ; Augs- 
bourg, 1750. 

MOLITOR ( B. ) , autre musicien , vrai- 
semblablement de la môme famille, a fait im- 
primer à Au^shourg, vers 1800, des chants à 
trois voix sans accompagnement, puis il s'est 
fixé à Vienne, où il a publié des danses pour 
2 violons et basse , d'autres pour le pianu, et des 
pièces pour la guitare. 

MOLITOR (SÉBASTIEN), guitariste lixé à 
Vienne depuis 1800 jusqu'en 1820 environ, était 
né à Liège, suivant le Lexique universel de 
musique de Schilling (tome IV, p. 730). Il a 
publié de sa composition : 1° Deux grandes 
Sonates concertantes pour guitare et violon ; 
Vienne , Mechetti. — 2° Deux Trios concertants 
pour guitare, violon ou llùte et alto ; Ihid. — 
3" Deux Sonates pour guitare seule; ibid. — 
4° Une suite de Variations pour le même instru- 
ment; ibid. — 5" Un Kondeau idem; ibid. — 
6° Des Liedcr à 3 voix. 

MOLITOR (Simon), nom sous lequel on 
trouve, dans la quarantième année de la Gazette 
musicale de Leipsick, une dissertation critique 
sur l'anecdote concernant Francesco Conti , 
rapportée par Mattheson , dans son l'arfaii 



MOLITOR — JVIOLTKE 



ira 



Maître de chapelle , et que j'ai ilisciilét! dans 
la nouvelle édition de eeltc Biographie univer- 
selle des Musiciens. Denx articles biof^rapiiiiiues 
f t critiques sur le baron d'Astorga ont paru sous 
le même nom dans la 4i' année de la môme 
Gazette musicale. Je crois être certain que 
ce nom de Simon Molitor est un des pseudo- 
nymes i^ous lesquels Kiesovetler se cachaitquand 
il voulait m'alta(]uer sur quelque point de doc- 
trine «XI sur des faits qu'il croyait m eux con- 
naître que moi. 

MOLITOR (Lotis), diioctenr d'une so- 
ciété chorale d'hommes ( Licdertafcl ) à Spire, 
vers 1842 et années suivantes. On a de lui 
quelques recueils de Lieder pour soprano ou 
ténor avec accompagnement de piano; Spire, 
Lang; et des chants pour quatre voix d'hom- 
mes, dont un a pour titre : Eine Liederkranz 
Probe (La répétition d'une société dédiant), 
fantaisie burlesque; Mayence, Schott. 

MOLLE ( Henri ) , musicien anglais qui 
vécut à la (in du dix-se|itième siècle, n'est connu 
(lue par deux Services du soir à quatre voix; le 
premier en ré, le deuxième en fa. On les trouve 
d uis une collection recueillie par le Dr Thomas 
Tu<iway, professeur de musique à l'université de 
Cambridge, et transcrite en six volumes , pour 
Lord Harley dans les années 1715-1719. Ce ma- 
nuscrit est aujourd'hui au Muséum britannique, 
sous les n"' 11587 et 11589 du supplément. 

MOLLER (Jean), organiste de la cour à 
Darmsiadt, naquit dans la seconde moitié du 
seizième siècle. Il a paru de sa composition : 
r Newe Padaatmen und darauff gehœrige 
GaUiarden von b S?ini?He«( Nouvelles pavanes 
avec leurs gaillardes à cinq parties); Francfort, 
ICIO ; 2<= édition, 1625, in-4''. — 2" Newe Quod- 
libet mit 4 Stimmen ( Nouveaux quolihels à 
4 voix); ibid., 1010, in-4''. — 3« Teutsche 
Moltetten von 5, 6 und 8 Stimmen ( Motets al- 
lemands à 5, 6 et 8 voix) ; Darmstadt, 1611. — 
4" y4ndere newe Paduunnen, iter Theil ( Au- 
tres nouvelles pavanes, tr* partie); Darmstadt, 
IfiU, in-4"; 2* partie, ibid., 1613. 

MOLLER ( Je\n ), magister et recteur à l'é- 
cole sénatoriale de rrancfort-sur-l'Oder, vers le 
milieu du dix-septième siècle, a rempli ces fonc- 
tions pendant trente-six ans. Le 3 janvier 1067 
il prononça, pour la réception d'un nouveau 
chantre, un discours latin De Musicd ejitsgne 
exccllentid , que son fils, Jacques Moller, publia 
avec un autre discours à Erlangen en IGSI, et qui 
fut réimprimé dans les Disscrfaiioncs Mnllc- 
rianx; Leipsick et Gœrlilz, l'Ofi, in-8° ( p. 58- 
94). 

MOLLER (Olal's), pasteur à l-'lensbourg, 



dans le duché deSchlc^\vig, puis recteur du col- 
I lége de Husum , a fait imprimer un discours De 

eruditis musicis ; ¥\mi^ho\ix^, 1715,in-4°. 
I MOLLER (Jean ), savant philologue, na- 
quit à Flcnsbourg en 1661. Après avoir fréquenté 
les universités de Kiel, de Jéna et de Leipsick, 
il fut nommé en 1685 régent du collège de sa 
ville natale, puis recteur en 1701. Il passa pai- 
I siblement sa vie entière dans l'exercice de ses 
I fonctions , uniquement occupé de reclierches lit- 
téraires, et mourut le 26 octobre 1725. L'ouvrage 
le plus important de ce savant a pour titre : Cim- 
bria Litlerata seii hisforia scriplorum du- 
\ catis utriusque Sleswicensis et Holsatici, qui- 
bus Lxibecenseset Ilamburgeiiscsacccnsentur ; 
Copenhague, 1744, 3 vol. in-fol. On y trouve 
d'excellentes notices sur beaucoup <ie musiciens 
et de savants qui ont écrit sur la musique dans 
ces contrées septentrionales. 

MOLLET ( Jacques ) , musicien français de 
la première moitié du dix-septième siècle, est 
connu par huit motels à deux , trois et quatre 
voix , qui ont été insérés dans le Pratum mu- 
sicum, imprimé à Anvers en 1B34, in-4°. 

MOLIXAR ( Jean ) , prédicateur des églises 
évangéliques de Pesth et d'Olcn , né en Hongrie 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, 
mourut à Pesth, le 28 novembre I8t9. Il a pu- 
blie \\n écrit qui a pour titre : Ucber die Klr- 
ehen-Singchore , deren Nothwendigkeit , Jie- 
gruiidung, Einrichlung , VcrvoWiommnung ; 
don Wort zusciner Zeit, von J oh. ISic. For- 
kcl mil (iaigen noihwendigen Abxndcrungen, 
Zusatzen und Vorrede, etc. ( Sur les cli'jDiir.s 
chantants des églises, leur nécessité , leur fon- 
dation, leur organisation et leur amélioraliim, 
etc. ) ; Pesth , 1818, grand in-8° de 35 pages. Cet 
écrit parut d'.ihord dans la neuvième année du 
ISouveuu Magasin de Hanovre (p. 1437 et 
suivantes), sous ce titre : Ueber die Veibesse- 
rungen der Singechore (Sur les améliorations 
des chœurs chantants ). Forkel a introduit ensuite 
cette dissertation dans le deuxième volume île 
son Histoire de la musique ( p. 31 et suivantes), 
et Moinar l'a lepioduite avec des changements, 
des additions, une préface et les notes de Forkel, 
dans l'édition indiquée ci-dessus. 
MOLTEIVI ( Bf.nedetta-Fmilia ). Voyez 

AGRICOLA. ( BENEnETTA-ElWlLIA ). 

MOLTIîE (CHAiaes-MELCuioa -Jacques), 
chanteur et compositeur de Lieder, naquit le "^l 
juillet ITK.i a Garinseii, près de Hildesluiim ( Ha- 
novre), ou son père était maître d'école. Après 
avoir fait ses humanités au Gymnase de Hildos- 
heiin, puis à Brunswick, et y avoir appris la mu- 
siipie, il suivit un cours de théologie pour satis- 

H. 



1G4 



MOLTKE — MOiMBKLLI 



Taire à la TOlontéde son père; mais son penchant 
invincible pour la musique le décida à renoncer 
à l'église et à s'établir à Brunswick, comme pro- 
fesseur de musique. Il y resta jusqu'en 1806, épo- 
que où les malheurs de la guerre dans laquelle l'Al- 
lemagne était alors engagée contre la France vin - 
rent porter atteinte aux intérêts des personnes ai- 
sées que Moltke comptait parmi ses élèves. Ce fut 
alors qu'il pritlarésolution de tirer parti de sa belle 
voix de ténor, et de suivre la carrière du théâ- 
tre. Après avoir débuté au théâtre de Brunswick, 
puis chanté à celui de Magdebourg, il fut engagé 
à Weimar, vers la fin de 1806. Ce fut là que son 
talent de chanteur se développa et acquit des qua- 
lités dramatiques. Plus tard, sans abandonner 
sa position de Weimar, il voyagea et se fit en- 
tendre sur les théâtres de Hambourg, Leipsick, 
Carlsruhe, Sluttgard et autres villes. Étant à la 
fête musicale d'Erfurt, qui eut lieu dans les jour- 
nées di: 2 au 5 août 1831, il y fut saisi d'une 
fièvre nerveuse, et expira le 9 du même mois. 
Ce chanteur a eu de la réputation en Allemagne 
à cause de la beauté de sa voix et du caractère 
dramatique de son talent. Comme professeur de 
chant, il a formé de bons élèves à Weimar. On 
a de Moltke plusieurs cahiers de Lieder qui ont 
obtenu dessuccès. Sa femme etsa fille étaient can- 
tatrices à Weimar. 

MOLÏIXER ( Balthasar ) , professeur au 
collège de Schleusingen, dans les premières an- 
nées du dix-septième siècle , a fait imprimer de 
sa composition : Mofette fur & Stimmen, auf 
den Tod der Fr. Lattermannin zu Eisfdd 
( Motets à 6 voix sur la mort de Mme Latter- 
mannin d'Eisfeld ) ; Cobourg, 1614, in-'i". 

MOLYMEUX (Thomas), médecin, né à 
Dublin vers 1660, mourut le 19 octobre 1733. 
Parmi plusieurs mémoires qu'il a insérés dans les 
Transactions philosophiques, on remarque ce- 
lui-ci : A Letter to the Right Révérend Saint- 
Georges , lord bishop of Cloghcr in Jreland, 
containing some Thovghts concerning the an- 
cient Greek and Roman Lyre, and an Expia- 
nation of an obscure passage in one of llo- 
race's odes ( Lettres au très-révérend Saint- 
Georges , lord évéque de Clogher en Irlande, 
contenant quelques doutes sur l'ancienne lyre 
des Grecs et des Romains, et l'explication d'un 
passage obscur d'une des odes d'Horace), Philos. 
Trahsact., an. 1702, n" 282, p. 1267-1278. H 
s'agit des deux vers d'Ilorac* : 

Sonantc mi^tiim tibiis carmcn lyra, 
Hae Dorlum, mis Barbarum. 

qui depuis lors ont fait croire au P. Du Cerceau et 
à Chabanon que les anciens ont connu l'harmonie. 



MOMBËLLl (Dominiqpe), célèbre chan- 
teur, n'est pas né en 1755, comme on l'a écrit 
dans quelques notices biographiques , mais h- 
17 février 1751, à Villanova, près de Verceil. )l 
apprit la musique à Casale-Monferralo, sous la 
direction d'un maîtie nommé Ottone. En 1775, 
il obtint la place d'organiste dans la petite ville 
de Crescentino, où il mit en musique la Didone 
de Métastase, pour un théâtre de société. Quel- 
ques contrariétés qu'il éprouva en ce lieu le dé- 
cidèrent à le quitter. Il se rendit dans sa ville 
natale, partagea son mime patrimoine à ses 
sœurs, et se lança sur la scène, où il se fit une 
belle réputation comme ténor. 11 débuta à Parme 
en 1779, puis se fit entendre avec succès à Bo- 
logne, à Rome, et enfin à Napies, où il arriva 
en 1783. Il fut engagé l'année suivante au 
théâtre de Saint-Charles, comme premier ténor, 
et pendant six ans y brilla dans la plupart des 
ouvrages qui y furent représentés. A l'automne 
de l'année 1790, il chanta à Livoiirne, et au car- 
naval suivant à Padoue. A cette époque, jus- 
qu'en 1800, il partagea avec Giacomo Davide la 
gloire d'être considéré comme un des meilleurs 
ténors de l'Italie. Dans les premières années dn 
dix-huitième siècle, il vécut à Madrid , où il 
avait été engagé à des conditions avanta- 
geuses. A son retour, on trouva sa voix af- 
faiblie ; mais il avait alors plus de cinquante 
ans. Cependant il se maintint encore honora- 
blement au théâtre et brilla même à Vienne, où 
il fut considéré comme un grand chanteur. 

Mombelli avait épousé la cantatrice Louise 
Laschi en 1782; mais ce mariage fut stérile. Sa 
seconde femme fut Vincenza Vigano , sœur du 
célèbre compositeur de ballets : il en eut douze 
enfants, dont sept vivaient encore en 1825. 
Quoique âgé de |>lus de soixante ans , il chanta 
encore en 1812 à Rome, avec .ses deux filles 
Estlier et Annette, dans le Démet rio e Polibio 
de Rossini, alors à l'aurore de sa carrière. Pou 
de temps après il se retira à Bologne, où il vécut 
dans l'aisance avec le bien qu'il avait acquis 
par ses travaux. Le roi de Sardaignc lui avait 
accordé le titre honorifique de premier chanteur 
de sa chapelle. Mombelli est mort à Bologne le 
15 mars 1835, à l'âge <le qnalie-vingt-quatre ans. 
Cet artiste a composé beaucoup de musique d'c- 
ulise, l'oratorio iutilnlé : La Gcrusalemme libc- 
rata, et des opéras, parmi lesquels on remarque : 
\^Adriano in Siria, écrit pour l'ouverture du 
théâtre de Como. Il a publié : 1" 6 ariettes ita- 
liennes avec accompagnement de piano ou harpe; 
Vienne, Artaria, 1791. — 2*^ 8 idem, op. 2; 
ibid., 179'». — 3" 6 Duettini pcr 2 soprani, 
op. 3; ibid., 1795. — Alexandre Mombelli, fils de 



MOMBKLLI — MOMIGNY 



{65 



Dominique, était professeur de cliant au lycée 
communal de musique de Bologne, en 184i, 
lorsque j'ai visité cet établissement. 11 avait au- 
trefois chanté comme ténor sur plusieurs théâ- 
tres de l'Italie et à Lisbonne , mais sans y faire 
une impression favorable. 

MOMBELLI (Esther), fille du précédent, 
née à Nai)l&s en 1794, n'eut point d'autre maître 
que son père pour l'art du chant. Elle parut pour 
la première fois sur la scène au théâtre Valle, 
à Rome, en 1 812, dans le Demetrio e PoUbioàe 
Rossini. Le succès qu'elle obtint dans cet ouvrage 
la fit rechercher par les entreprises de plusieurs 
théâtres. Elle était à Turin en 1818, et elle y 
excita l'enthousiasme dans la Cenerentola. Ar- 
rivée à Paris en 1823, elle y fut considérée comme 
une cantatrice d'un rare mérite, surtout à cause 
de l'énergie qu'elle déployait dans quelques-uns 
de ses rôles. Ses qualités consistaient moins dans 
une correction irréprochable que dans une verve 
entraînante. Cependant, vers la fin de son séjour 
dans cette ville, elle tomba dans une mélan- 
colie habituelle. En 1826 elle chantait à Venise 
avec de grands succès; mais au printemps de 
1827, elle épousa le comte Giitti et quitta la 
scène. 

MOMBELLl (Annette), deuxième fille de 
Dominique, est née à Naples en 1795. Élève- de 
son père, elle débuta avec sa sœur, à Rome, en 
1812, dans le Demetrio e Polibio. L'année sui- 
vante elle fit avec son père et sa sœur l'ouverture 
du théâtre de Verceil dans VEvelina de Morlac- 
clii. Depuis lors elle a chanté avec succès sur 
plusieurs théâtres de l'Italie , particulièrement 
à Milan en 1S14, 1815 et 1816. En 1817, elle dis- 
parut de la scène, et depuis lors on n'a plus eu 
de renseignements sur sa personne. 

MOMIGiXY (Jérôme-Joseph DE) , né à Phi- 
lippeville, en 1766, apprit, dès ses premières 
années, les éléments de la musique. Des revers de 
fortune ayant ruiné ses parents, il fut conduit à 
Saint-Omer, où un oncle maternel prit soin de 
son éducation. A douze ans, il était organiste dans 
cette ville. Appelé en cette qualité à l'abbaye 
royale de Sainte-Colombe, il vécut plusieurs 
années dans cette retraite religieuse, livrée l'étude 
et à la méditation. C'est aussi à cette époque qu'il 
fit ses premiers essais de composition. Cependant 
la nécessité d'entendre et d'être guidé par des 
modèles lui fit prendre la résolution de se rendre 
à Paris. 11 y arriva en 1785. M. de Monteynard, 
ministre de Louis XVI, avait été prié par sa sœur, 
abbesse de Saint-Pierre, à Lyon, de lui envoyer 
un organiste; il jetâtes yeux sur M. de Momigny, 
et celui-ci accepta les propositions qui lui étaient 
faites à ce sujet. Établi à Lyon, il se fit connaître 



comme professeur de piano et conune composi- 
teur. Nommé en 1793 secrétaire de sa section, il 
fut ensuite officier municipal au moment où Lyon 
venait de se soustraire par la révolte au joug du 
j gouvernement révolutionnaire. Mis hors la loi, 
après la prise de celte ville, Momigny parvint à 
se réfugier en Suisse, où il vécut quelque temps 
dans une position précaire. Arrivé à Paris en 1800, 
après l'établissement du Consulat, il y fonda une 
maison de commerce de musique, et s'y livra à 
l'enseignement. La protection du comte de La- 
cépède lui fut alors utile. C'est chez ce savant, 
placé dans les hautes dignités de l'empire, qu'il 
fit entendre ses compositions, particulièrement 
ses quatuors de violon. Mais déjà à cette époque, 
la composition n'était plus qu'un accessoire dans 
les travaux de M. de Momigny ; toutes ses vues 
s'étaient tournées vers une réforme de la théorie 
de la musique qui lui paraissait nécessaire. L'i- 
solement 011 il avait vécu jusqu'alors à l'égard 
des artistes célèbres, les éloges sans réserve de 
ses amis, la faiblesse de ses études pratiques, et 
son ignorance absolue de la littérature et de l'his- 
toire scientifique de la musique dans les pays 
étrangers, dans l'antiquité et dans le moyen âge, 
lui avaient domié une confiance illimitée en lui- 
même, un langage hautain, et lui avaient fait 
considérer comme d'admirables découvertes de 
son génie des opinions débattues depuis plusieurs 
siècles. Il produisit sa théorie 'pour la première 
fois dans un livre intitulé : Cours complet 
d'harmonie et de composition d'après uns 
théorie neuve et générale de la musique, basée 
sur des principes incontestables, puisés dans 
la nature, d'accord avec tous les bons ouvra- 
ges pratiques, anciens et modernes, et mis par 
leur clarté à la portée de tout le monde, 
Paris, chez l'auteur, 1806, in-S", 3 volumes. 
Se mettant au point de vue de Levens, de Bail- 
lère et de Jamard, pour la recherche des bases 
de la constitution de la gamme, M. de Momigny 
les trouve dans les divisions d'une corde sonore 
d'après la progres.sion arithmétique qui donne 
pour résultat la gamme ut, ré, mi, fa, sol, la, 
si bémol; mais attendu que cette gammcAn'est 
pas conforme'à celle dela^musique européenne 
moderne, et que le si bécarre ne se trouve qu'à 
la quinzième division de la corde, M. de Momi- 
gny, au lieu d'adopter comme Levens et ses 
imitateurs une gamme de huit notes avec le si 
bémol et le si bécarre, imagine de ne point con- 
sidérer la corde ainsi divisée comme une toni- 
que, mais comme une dominante, en sorte que 
sa gamme est sol, la, si, ut, ré, mi, fa. U énu- 
mère longuement les avantages qui résultent de 
la position de la tonique au milieu de la gamme, 



KiO 



MOMIGNY 



comme le soleil au centre des planètes j par 
exemple, de trouver les deux demi-tons dans 
les sept notes, sans la répétition de la première 
à l'octaFe, de diviser la gamme en deux quartes 
justes, et d'avoir les demi-tons aux mêmes places 
dans ces quartes ; car une des plus sévères ob- 
jections de M. de Momigny, contre la forme de 
la gamme commençant par la tonique, porte sur 
la quarte majeure ou triton, que forment entre 
elles la quatrième et la septième note; ne reuiar- 
quant pas que c'est précisément celte relation qui 
est constitutive de la tonalité, et qui conduit à 
la conclusion finale de toute mélodie et de toute 
harmonie. Ainsi que la plupart de ceux qui ont 
examiné ces questions, M. de Momigny se fait il- 
lusion par des propriétés d'arrangement de noies 
qui ne sont que des objets de curiosité et non 
des produits directs des lois de tonalité. D'ail- 
leurs, ces considérations de M. de Momigny n'é- 
taient pas nouvelles : elles avaient frappé Levens, 
qui, le premier, les a livrées à l'attention des 
musiciens, et longtemps auparavant par Joacbim 
Tburing, parti d'un autre point de vue, dans son 
Opusculum bipartitum de primordùs musicis. 
Quant à son système complet engendré par des 
progressions de quintes et de quartes, M. de Mo- 
migny l'emprimle à l'abbé Roussier. 

Les divisions d'une corde, considérée comme 
dominante, conduisent M. de Momigny, en ce 
qui concerne l'harmonie, aux mêmes résultats 
que Catel avait obtenus par les mêmes moyens 
dans sa tliéorie d'harmonie publiée en 1802. Quel- 
ques aperçus qui ne manquent pas de justesse 
sur la mesure et le rhytlime, et à l'égard de la 
partie esthétique de l'art, la musique considérée 
comme une langue, avec l'application de ce prin- 
cipe dans l'analyse de quelques morceaux de 
musique, complètent cet ouvrage, que son au- 
teur soumit à l'examen de la section de musique 
de l'Institut en 1807. Ce corps académique, com- 
posé d'artistes célèbres qui i>e s'étaient jamais oc- 
cupés de ces questions philosophiques, et qui 
ne possédaient pas les connaissances nécessaires 
pour les résoudre, voulut éviter de donner son 
avis, en déclaraht que son règlement s'opposait à 
ce qu'on fit un rapport sur un ouvrage imprimé. 
Mais la protection de M. de Lacépède fit reveiur 
sur cette première décision, et il fut résolu que 
M. de Momigny ferait l'exposé de son système 
dans une séance de l'Atadémie, le i" décembre 
180H, et que le rapport aurait pour objet cet 
exposé. Cependant, grâce à l'adresse de Meliul, 
la décision ne fut pas ce que voulait l'auteur du 
système; car le rapport disait que le public était 
8ChI juge d'une théorie livrce à son examen dans 
un ouvrage imprimé. M. de Momigny publia peu 



de temps après son Expose succinct du seul 
système musical qui soit vraiment bon et 
complet, du seul système qui soit partout 
d'accord avec la nature, avec la raison et 
avec la pratique; lu à la classe des beaux- 
arts de l'Institut, le 17 déc. 1S08, Paris, Mo- 
migny, 1809, in-8" de 70 pages, aveu 2 planches. 
Quoique blessé, non de ne pas obtenii un juge- 
ment de sa théorie, mais le triomphe public qu'il 
se décernait à lui-même, M. de Momigny adopta 
les conclusions du rapport de l'Inslilut, en s'a- 
dressant au public pour le faire juge de la ques- 
tion, dans un cours qu'il ouvrit à l'Athénée de 
Paris. 11 ne paraît pas que ce coins ait rallié 
beaucoup de partisans au système de réiormation 
de la théorie de la musique, car Ton n'en parla 
pas et le cours (init bientôt. Mais une occasion 
se présenta pour répandre celle théorie lorsque 
l'éditeur de VEncyclopcdie méthodique par 
ordre de matières chargea M. de Momigny d'a- 
chever le Dictionnaire de nuisique commencé par 
Ginguené et Framery, i)uis par l'abbé Fcjtou, et 
par Surremain de Missery, pour quelques articles 
de théorie musicale, et dont la f)remière partie 
était publiée depuis près de vingt-cinq ans. Ce 
monstrueux ouvrage, dont les différents rédac- 
teurs étaient en contradiction perpétuelle d'ojii- 
nions, atteignit le comble du ridicule quand 
M. de Momigny eut entrepris la rédaction de ce 
qui restait à faire ; car tous les grands articles 
de son travail furent employés à l'exposition de 
son système, et à la critique de tout ce qui pré- 
cédait. L'ouvrage fut achevé en 1818; il a pour 
litre : Encyclopédie méthodique. Musique, 
publiée par MM. Framery, Ginguené et de 
Momigny, Paris, 1791-1818, 2 vol. in-4'', le 
Iff de 760 pages, le T de 5i8, avec 114 plan- 
ches. 

Soit que l'effet de cette publication n'ciU pas 
répondu à l'attente de M. de Momigny , soit 
qu'il pensât (|ue le moment était venu d'occu- 
per par tous les moyens possibles l'opinion pu- 
blique de son système favori , trois ans après 
que le Dictionnaire de musique de l'iùicydopédie 
eut paru, il donna le livre (pii a pour titre : La 
seule vraie théorie delà musique, utile à ceux 
qui excellent dans cet art , comme a ceux 
qui en sont aux premiers élcments, ou moyen 
le plus court pour devenir mélodiste, harmo- 
niste, contrepointistc et co-mpositeur. Ouvrage 
dédié à ses collègues de la Société acadé- 
mique des enfants d'Apollon, aux grands ar- 
listes de l'Académie royale de musique, à 
lu tête desquels est le célèbre Violti, et à tous 
les hommes de sens et de génie, par J.-J. de 
Momigny; Paris, chez l'auteur (sans date). 



xMOMIGNY 



167 



in-fol., gravé. Ce livre a été traduit en italien 
sous ce titre : La sola e vera teoria délia mu- 
sica delsignor G. G. de Momigmj, versione 
delfrancesedi E.M. E. Sanierre, accademico 
fUarmonico; Bologna, 1S23, Cipriani, in-4'' de 
132 pages avec 84 pages d'exemples lilliogra- 
phiés. Dans cet ouvrage, le point de départ 
de la division d'une corde par une progression 
arillimétique est abandonné pour faire place à 
des considérations de formules de notes qui 
conduisent l'auteur au même résultat. M. de 
Momigny pose en principe qu'il n'y a que douze 
demi-tons égaux dans l'octave , mais que les tou- 
ches d'un instrument à clavier qui mettent sous 
les yeux ces demi-tons, ayant une triple relation 
intellectuelle, et nullement physique, à savoir, une 
relation diatonique, une chromatique, et une 
eidiarmonique , représentent vingt-sept touches 
par octave, pour chaque ton , au lieu de douze, 
ou 324 pour tous les tons. De là, il arrive à la 
conclusion que la nécessité du tempérament est 
une absurdité (1). Mais (dit-il) comment dé- 
Iriùre les preuves mathématiques qui établis- 
sent la nécessité du tempérament? Sa ré- 
ponse est curieuse et mérite d'être rapportée; la 
voici : « Ces preuves n'en sont pas, ce qui se 
« contredit ne pouvant êtte la vérité. L'expres- 
« sion numérique de la quinte, prise du nombre 
«I de ses vibrations, étant ^, celle de l'oc- 
« tave î, et celle de la tierce majeure ; (2) , il 
« est impossible qu'il ne résulte pas d'une part 
« 81, et de l'autre 80, car en triplant 3 on a 
« 9; en triplant y, 27; et en triplant 27 on a 
« 81 ; comme en doublant 20, 40, et en dou- 
« blant5 on a 10, en doublant 10, 20; en dou- 
« blant 40, 80. Que s'ensuit-il de là? Que 6U 
« est l'unisson partait de 81, et que la diffé- 
« rencede 80 à 81 est nulle de fait, malgré sa 
« réalité en ce qui concerne les chiffres; cette 
« différence étant un résultat nécessaire du 
« triplé comparé au doiihlé : s'il on ttait autre- 
« ment, il s'ensuivrait que la quinte ne serait pas 
« la quinte, ou que i'octave ne serait pas l'octave; 
« car la quinte d'ut ne peut être la quinte réelle 

|l) 11 est remarquable que cette conclusion implique 
contradiction ; car s'il n'y a que douze deiul-tons égaux duns 
uneoctave, comment se fiiit-il que l'iiitelligeuccdit besoin 
de vingi-sept touches par octave pour en comprendre 
l'emploi dans les trois genres? Et s'il est en effet besoin 
de vingt-sept touches , comxent concevoir le clavier 
des instruments où il n'y en a que douze sans le tempé- 
rament ? 

(2) Momigny tombe Ici dans de singulières erreurs, 
qui prouvent qu'en faisant la critique des proportions 
numériques des intervalles il parle de choses qu'il 
ignore. L'expression numérique de la quinte n'est pas j 
iDdls ^, et celle de la tierce majeure n'est pas j. n)a s ^ 



• du ton d'ut , qu'autant qu'elle s'arcorde en 
« tout avec la tonique et ses octaves et avec les 
« autres intervalles de la flamme et de leurs oc- 
« taves, sans quoi il n'y aurait pas d'unité dans 
« le système musical, et par conséquent point 
« d'échelle, de gamme ni de musique. » On voit 
que M. de Momigny avait entrevu, mais d'une ma- 
nière vague, les erreurs desgéomètresà l'égard de 
l'application des proportions à la musique moder- 
ne; mais dans son embarras pour discernerJes li- 
mites de cette tliéorie, il a trouvé plus commode 
d'en nier la vérité. En réalité, il confond tout 
dans celte prétendue critique, et mêle la théo 
rie de la progression triple avec la doctrine ordi- 
naire des géomètres. La seule vraie théorie de 
cet écrivain ne peut être d'ailleurs d'aucune 
utilité pour former des harmonistes ; les exem- 
ples sont en général fort mal écrits, et ce qui 
concerne le contrepoint et la fugue indique une 
plume inhabile dans ces formes de l'art d'écrire, 
et une ignorance complète des principes de cet 
art. 

L'ouvragede M. de Momigny fut critiqué avec 
sévérité par Morel (voyez ce nom) dans des 
Observations sur la ieule vraie théorie de la 
musique, de M. de Momigny (Paris, liachelier, 
1822, in-S" (ie C6 pages ) ; mais celui-ci tomba 
dans les anciennes erreurs de son Principe 
acoustique , en voulant réfuter celles de la 
vraie théorie, et M. de Momigny fit très-bien 
voir ces erreurs dans un petit écrit intitulé : 
Réponse aux observations de 31. Morel, ou à 
ses attaques contre la seule vraie théorie de 
la musique, ouvrage de M. de Momigny; 
Paris (sans date), 16 pages in-8°. La persévé- 
rance de celui-ci, malgré le mauvais succès de 
ses ouvrages , de ses cours, de ses articles de 
journaux relatifs à son système, malgré lindif- 
férence des artistes et du public pour celte théo- 
rie qu'il proclamait la seule vraie, cette persévé- 
rance, dis-je, n'était point encore lassée en 1831, 
car il insistait à cette époque pour obtenir un 
rapport de la classe des beaux-arts qui , sur la 
demande du ministre de l'intérieur, s'occupa 
de la théorie dont il s'agit, et posa à M. de Mo- 
migny diverses questions auxquelles il répondit 
par cet écrit : A l'Académie des beaux-arts , 
et particulièrement à la section de musique , 
en réponse aux sept questions adressées par 
celle-ci à M. de Momigny, le 25 avril de cette 
07ineel83l ; Paris, 1831, in-8° de 24 pages. De- 
puis lors il a publié : Cours général de musi- 
que, de piano, d'harmonie et de composition 
depuis A jusqu'à Z, pour les élèves, quelle 
que soit leur infériorité, et pour tous les mu- 
siciois du monde, quelle que soit leur supé- 



168 



MOMIGINY — MONCOUTEAU 



riorité réelle ; divisé en douze parties théori- 
ques et pratiques; par J.-J. de Momigny, 
d'après ses découvertes nombreuses et incon- 
testables de vérité , d'utilité et de nécessité 
pour les enseignés et les enseignants ; Paris, 
chez l'auleiir, 1834, in-4''. 

Les compositions publiées par M.deMomigny 
sont : 1° Quatuors pour deux violons, allo et 
basse, op. 1 et 2 ; Paris, chez l'autenr. — 
2° Sonates pour piano, violon et violoncelle, op. 9 
et 10; Paris, Pleyel. — 3" Mem, op. I4, 10, 18; 
Paris, Momigny. — 4° Trio iilern, op. 22 ; ibid. 
— 5" Sonates pour piano et violon , op. 2 et 4; 
Paris, Couperin. — G" Sonates pour piano seul, 
op. 3 et 7 ; ibid. — 7° Fantaisies et pièces diver- 
ses, idem; Paris, Momigny. — 8" Air varié, 
idem; Paris, Hanry. — 9° Cantates avec ac- 
compagnement de piano ; Paris , Momigny. — 
10" Sept recueils de romances avec accompagne- 
ment de» piano; il)i<l. On a aussi du même .• 
Première année de leçons de piano-forte. 
Ouvrage élémentaire aussi utile à ceux qui 
enseignent qu'à ceux qui veulent apprendre 
a jouer de cet instrument ; à Paris, (liez l'au- 
teur. M. de Momigny s'est lixé à Tours depuis 
longtemps. Il y vivatt encore en 1855, et était 
ûgé de quatre-vingt-neuf ans. 

MOMPOUU ( F. -J.), organiste de l'église 
Saint-Remi, à Bonn, a publié en 1830, à Francfort 
sur-le-Mein, chez F.-F. Dunst, une instruction 
abrégée d'harmonie pratique sous ce titre : 
Kurizer Inbegriff der Allgemeinen Harmo- 
nielehre fiir angehende Tonkilnstler. Le sys- 
tème de basse chilfrée employé par cet auteur 
est à peu près illisible, à cause de la multipli- 
cité des signes. 

MOI\ARÏ (BiViniiOLOMK), compositeur, né à 
Bologne vers 1604, fut surnommé il Monarino, 
Élève de D. Augustin Filipuzzi ( voyez ce nom ) 
poiu' le contrepoint et l'orgue, il devint compo- 
siteur et organiste distingué. En 1670 il obtint 
la place d'organiste de San-Petronio, et fut 
agrégé à l'Académie des Philharmoniques de 
Bologne. Après la mort de son maître (Filipuzzi), 
la place de maître de chapelle de l'église Saint- 
Jean in Monte lui lut donnée. En 1688 il fit 
représenter au IhéAIre 7o>-Hïffî7//ari de Bologne, 
l'opéra Catone il Giovanc. 

MONARI (Clkment), maître de chapelle 
de la cathédrale de Reggio, dans les premières 
années dn dix-huitième siècle, naquit dans le 
duché deModènc. Kn 1705, il lit représenter au 
théâtre ducal de Milan l'Are/«sc, qui fut suivi 
de VAmazona Corsât a. Allacci n'a pas eu 
connaissance de ces deux ouvrages : il cite seu- 
lement Clément Monari comme compositeur du 



second acte du drame musical // Teuzzone , 
dont le maître de chapelle Paul Magni avait 
écrit le premier, et qui fut représenté au théâtre 
ducal de Milan, en 1700. 

MOXASTERIO (Jésus), virtuose violo- 
niste et professeur de son instrument au Con- 
servatoire royal de Madrid, est né en 1835 à 
Potes, province de Santander ( Espagne ). 
Doué des plus remarquables dispositions pour 
la musique, il n'était âgé que de dix ans lorsqii il 
excita une véritable émotion dans le public par 
son talent précoce en jouant, le 6 juin 1845, un 
concerto de violon dans un entr'actc au théâtre 
del Principe, à Madrid. Recommandé au direc- 
teur du Conservatoire royal de Bruxelles, il 
fut admis dans cette institution en 1849, et y 
reçut les leçons de Charles de Bériot. Après trois 
années d'études sous ce maître, Monasterio ob- 
tint le prix d'honneur au concours en 1852 en 
partage avec M. Beumer, aujourd'hui ( 1862) pre- 
mier violon solodu théâtre royal de B»u\elles , et 
professeur adjoint au Conservatoire de cette ville. 
De retour en Espagne dans l'année suivante, 
M. Monasterio a été nommé par la reine profes- 
seur de violon au Conservatoire de Madrid, puis 
premier violon solo de la chapelle royale et 
de la musique de la chambre. A différentes 
époques, il a voyagé en France, en Belgique et 
en Allemagne pour s'y faire entendre dans les 
concerts. Au mois de décembre 1861, il a joué 
avec un brillant succès, à l'un des concerts du 
Conservatoire de Bruxelles, un concerto de sa 
composition, et s'est fait également applaudir à 
Gand, Bruges, Anvers ; puis il s'est rendu en 
Allemagne. A Leipsick , il a produit une vive 
impression, à l'un des concerts du Gewandliaus, 
dans plusieurs morceaux de sa composition. 
Les qnalités du talent de cet artiste sont un beau 
son, une parfaite justesse, ne la sûreté dans les 
traits d'exécution et du goût dans la manière de 
chanter. 

MOrVlCOUTEAU (Pierre-Fbançois), or- 
ganiste de l'église Saint-Germain-des-Prés,à Paris, 
aveugle de naissance, est né, le 3 janvier 1805, à 
Ville-Juif, près de cette ville. Admis à l'âge de 
sept ans à l'institution des Jeunes-Aveugles fondée 
par Valcntin Haûy, il y reçut son éducation lit- 
téraire et musicale; pm's, suivant l'usage de cette 
maison, il y enseigna lui-même le calcul, la mu- 
sique, la grammaire et la géographie. Il en sortit 
en 1825, et commença à prendre position parmi 
les organistes de Paris en jouant l'orgue de l'é- 
glise des Missions-Étrangères; puis il fut suppléant 
de Séjan ( rniirz ce nom ) à Sainl-Sulpice et 
aux Invalides. En 18il, d ohlint au concours 
l'orgue de SainlGermain-des-Prés, et depuis cette 



MO?JCOUTEAU — MONDON VILLE 



169 



(époque jusqu'à ce jour (18C2)iI est resté en pos- 
session de cet emploi . Dès sa sortie de rinslitiition 
des Aveugles, M. Moncoiitean s'olait proposé de 
se il vrcr à l'enseignement de riiarmonie : il s'y était 
préparé par des éludes suivies avec persévérance 
et avait même transcrit une partiedii Traitédecon- 
trepointetde fugue de l'auteur ()e la Biographie 
(les Musiciens, à l'aidf d'une notation de la mu- 
sique en points saillants de son invention. Pour- 
suivant son dessein avec une ferme volonté, 
l\I. Moncouteau s'est fait connaître, depuis 1845 
environ, comme un des meilleurs professeurs 
d'harmonie de Paris, et, dans la vue de popula- 
riser cette science, il a publié les ouvrages sui- 
vants, qui ont obtenu du succès : 1° Traité 
d'harmonie, contenant les règles et les exer- 
cices nécessaires pour apprendre à bien ac- 
compagner w?i chant , ouvrage dédié à M. Félix 
Clément; Paris, Al. Crus. — 2° Résumé des ac- 
cords appliqués à la composition ; ibid. — 
3° Traité du contrepoint et de la fugue, pré- 
cédé d'une récapitulation de toute l'harmonie; 
ibid. — ^'° Explication des accords, manuel des 

éléments de l'iiarmonie; ibid 5° Exercices 

harmoniques et mélodiques ; ibid. — 6'' Re- 
cueil de leçons d'harmonie ; ibid. — 1° Ma- 
nuel de transposition musicale; ibid. Cet ar- 
tiste s'est fait connaître aussi comme compositeur 
par quelques morceaux de musique d'église à 
2 et 3 voix, et par de petits morceaux pour le 
piano. 

MOXDO ( J.-G. Dominique), professeur de 
langue italienne à Niort, a traduit de l'italien : 
1° Les Haydincs, ou Lettres sur la vie et les 
ouvrages du célèbre compositeur Haydn, 
par Joseph Carpani; Paris, 1836, in 8°. — 
2° Dictionnaire de musique par le docteur 
Lichtenthal; Paris, 1839, 2 volumes grand 
in-8°. 

MOXDODONO ( JÉRÔMc DE ) , prêtre vé- 
nitien du dix-septième siècle, a fait imprimer de 
sa composition : 1° Missa , Sahni e falsi Bor- 
doni acinque voci; Venise, 1657. — 2° Salmi 
a quattro voci con una letania délia B. V.; 
Venise, 1663. 

MOIXDOiVViLLE (Jran-Joseph CASSA- 
NEADE), compositeur, naquit à Narbonne, le 
24 décembre 1715 (1), ou 1711, selon les ren- 
seignements de Beffara (2), d'une famille noble 
mais pauvre , originaire de Toulouse et qui 
avait possédé la belle terre de Mondonville , dont 

(1) La date du S5 décembre qu'on a donnée dans quel- 
ques biographies est une erreur; c'est celle du baptême 
de Mondonville. 

(2) Les travaux de Beffara concernant tout ce qui a rap- 
port à l'Opéra de Paris l'emportent en génér»! pour l'exac- 



il prit le nom quoiqu'elle ne lui appartint plus. 
Ses premières éludes de musique enrent le 
violon pour objet, et il (it de rapides progrès 
sur cet instrument. I! était à peine âgé de dix- 
neuf ans lorsqu'il s(! mil à voyager. Arrivé à 
Lille , dans la Flandre française, où il avait été 
appelé pour y remplir l'emploi de premier violon, 
il y écrivit trois grands motets qui furent goûtés, 
et qu'il alla faire entendre au concert spirituel 
de Paris, en 1737; ils y furent applaudis. Ce 
succès et ceux qu'il obtint comme violoniste dans 
les mêmes concerts, lurent le commencement 
de sa fortime , car ils lui procurèrent une place 
dans la musique de la chambre du roi , et plus 
tard ( 1744 )sa nomination de surintendant de la 
chapelle de Versailles, après la mort de Gervais. 
Ces motets , qui depuis lors ont été imprimés 
avec luxe, étaient un Magnus Dominus , un 
Jubilate et un Dominus regnavit. Mondon- 
ville fit aussi paraître des sonates et des trios 
pour le violon , des pièces de clavecin avec 
accompagnement de violon, et des concerto.s 
d'orgui; auxquels Balbâtre procura une grande re- 
nommée par sa manière brillante de les exécuter 
au Concert .spirituel. Il s'essaya aussi à l'Opéra ; 
mais sa pastorale historique d'Isbé, jouée en 
1742, n'y réussit point. Plus heureux dans son 
Camavaldu Par liasse, iouée en 1749, il vit cet 
ouvrage arriver à la trente-cinquième représenta- 
tion : on le reprit en 1759 et en 1767. Complai- 
sant et souple avec les grands, Mondonville s'é- 
tait fait à la cour de puissants protecteurs qui 
exagérèrent son mérite et lui procurèrent des 
succès de peu de durée. En 1752 une troupe de 
chanteurs italiens était arrivée en France et avait 
donné lieu à ces discussions connues sous le 
nom de guerre des bouffons. On sait que la 
cour s'était prononcée en faveur de la musique 
française contre l'italienne : M™e de Pompadour, 
particulièrement, s'était faite la prolectrice des 
compositeurs français. L'abbé de la Mare avait 
laissé en manuscrit le poëme de l'opéra intitulé : 
Tilon et l'Aurore; Mondonville y fit mettre la 
dernière main par l'abbé de Voisenon , le mit 
en musique et le tit jouer en 1753. La première 
représentation fut considérée comme décisive 
dans la guerre des bouffons, et de part et d'autre 
on se prépara à soutenir les intérêts de la mu- 
sique italienne et de la française. Le jour de la 
première représentation , le parterre de l'Opéra 
fut occupé par les gendarmes de la maison du roi. 



tltude sur tout ce qu'on a filt sur ce sujet. J'ai eu de lui 
cette date de 1711 ; mais le temps m'a manque dans mes 
voyages .i Paris pour alU-r vcriûcr dans ses manuscrits, a 
la bibliotliëijue de la vtlle , sur quelles données 11 avait 
adopté cette date. 



i:o 



MOr^DONVILLK — MOJNE 



les mousquetaires et les clievau-légers : les parti- 
sans des bouffons , appelés le coin de la reine, 
ne purent trouver de place que dans les corri- 
dors. Grâce à ces précautions, la pièce réussit 
complètement, et le parti vainqueur lit partir le 
même soir un courrier pour porter au roi, qui 
était à Choisy, la nouvelle de la victoire. Celle- 
ci était complète , car le lendemain le renvoi des 
bouffons fut décidé, et l'Opéra français reprit 
se» anciennes habitudes et les avantages de son 
monopole. 

L'année suivante, Mondonville , parvenu par 
son succès à la plus haute faveur, à la ville comme 
à la cour, fit représenter sa pastorale de Daphnis 
et Alcimadure en patois languedocien, dont 
la douceur a beaucoup d'analogie avec la langue 
italienne pour la musique. Jéliotle, Latoiir et 
M"e Fel , qui chantaient les principaux rôles , 
étaient nés dans les provinces méridionales de 
la France et parlaient ce langage avec facilité. 
Ils rendirent l'illusion complète et procurèrent 
à l'ouvrage un succès d'enthousiasme. On en 
contesta cependant la propriété à Mondonville , 
et l'on prétendit qu'il était connu dans le Midi 
.sous le nom de l'Opéra de Frontignan, et 
que le fond en était pris dans les airs populairt.s 
du Languedoc. En 1768, Mondonville remit au 
théâtre cette pastorale traduite par lui-même en 
français ; mais elle ne fut plus aussi favorable- 
ment accueillie, soit que la naïveté primitive 
fût, comme on l'a dit, devenue niaise dans la 
traduction, soit que Legros et M™^ Larrivée, 
qui avaient succédé à Jéliotte et à M'ie Fel , 
eussent moins de grâce et d'abandon. On reprit 
cependant encore la pièce en 1773. Les autres 
opéras de Mondonville sont : « Les Fêtes de 
Paphos, composé de deux actes, Vénus et Ado- 
nis, Bacchus et Érigone , écrits autrefois pour 
le théâtre de M™» de Pompadour, à Versailles , 
et joués à Paris en 1758; Psyché, en 1762, 
devant la cour à Fontainebleau , et en 1769 à 
Paris; Thésée, sur le poëme de Qtiinault et 
avec les récitatifs de Lully , qui tomba à la cour 
en 1765, et à Paris en 1767 ; enfin , Les Projets 
de l'Amour, ballet héroïque en trois actes, re- 
présenté en 1771. 

Après la mort de Royer, Mondonville obtint, 
au mois de janvier 1755, la direction du Con- 
cert spirituel , oii il fit exécuter ses motets avec 
beau( oup de succès. Il fut le premier qui fit en- 
tendre dans ce concert des oratorios imités de 
ceux des maîtres italiens. Parmi ceux qu'il a 
composés, on cite : Les Israélites au mont 
Oreb, tes Fureurs de Saûl et les Titans. Après 
avoir administré ce concert avec beaucoup de 
zèle pendant se|it ans , il fut remplacé par Dau- 



vergne en 17G2. N'ayant pu s'entendre sur les 
émoluments qui devaient être payés à Mondon- 
ville pour la possession de ses motets et de ses 
oratoires, Dauvergne se vit enlever cette mu- 
sique par son auteur ; mais les habitués du Con- 
cert spirituel la demandèrent avec tant d'in- 
stances qu'il fallut traiter avec Mondonville 
moyennant une somme de 27,000 fr. pour en 
avoir la possession, à la condition qu'il en diii- 
gerait lui-même l'exécution. 

Mondonville avait beaucoup de vanité, et af- 
fichait la prétention de passer pour homme de 
lettres en môme temps que compositeur; et la 
plupart des poèmes de ses opéras étaient |)u- 
bliés sous son nom , quoique l'abbé de Voisenon 
en fût le véritable auteur. En 1768, il obtint une 
pension de 1,000 francs sur l'Opéra. Contre l'or- 
dinaire des musiciens de son temps, il était avare 
et avait acquis une fortune assez considé- 
rable (1). Sa répugnance à faire la moindre dé- 
pense fut cause qu'il mourut sans aucun secours 
de la médecine , dans sa maison de campagne 
de nelleville, le 8 octobre 1773. Mondonville 
avait épousé M"' de Boucan, fille d'un gentil- 
homme fort riche, en 1747, et en avait eu un 
fils, objet de la notice suivante. 

MON DOIM VILLE (...,), fils du précédent, 
né à Paris en 1748, passait pour un habile vio- 
loniste de son temps. ]1 n'était âgé que de dix- 
neuf ans lorsqu'on grava (le sa composition six 
sonates pour violon et basse. Plus tard, il étudia 
le hautbois et eu joua dans les conceits. Il est 
mort à Paris en 1808. 

MOiVE ( Fuançois-Joseph), savant littérateur 
et archéologue, issu d'une famille hollandaise dont 
le nom véritable était /»/oo7ie7i, est né à Mingols- 
lieim près de Heidelberg, le 12 mai 1792. Après 
avoir étudié le droit, la philologie et l'histoire à 
l'université de Heidelberg, il en devint lui-même 
eniuite professeur et bibliothécaire. Appelé en 
1827 à l'université de Louvain, en qualité de pro- 
fesseur de politi«pie et de statistique, il occupa 
cette position pendant trois ans; mais il la per- 
dit par la révolution de 1H30. De retour à Hei- 
delberg, il s'y occupa de profondes recherches 
.irchéologiiiues jusqu'en 1835.11 fut alors appelé 
a Carlsruhe pour y prendre la ()lac<' de directeur 
des archives, (lu'il occupe encore ( 1862). Une 
partie des travaux historiques et archéologiques 

(1) DuDiiun travail spécial sur Mondonville, publii' dans 
la Itevue et Gazette musicale de Paris, M. Arthur PcuiRln 
a repoussé cette accusation contre le caractère de ce 
musicien i m.ils J'ai suivi en cela les renseignement» 
fournis par Boffara, qui doit avoir eu des motifs sérieux 
pour avancer iiu tel fait, car il était d'une exactitude 
sévère. 



MOlSE — MONFERRATO 



171 



de ce savant ne concerne pas ce dictionnaire ; 
mais il doit y dire cité pour deux collections qui 
ont de finférCt pour l'histoire du clianl des di- 
verses églises au moyen âge. Le premier a pour 
titre : Lateinischc und Griechische Messen 
aus dem zweiten bis sechsten Jahrhundert. 
Messes latines et grecques, depuis le deuxième 
siècle jusqu'au sixième); Francfort-sur-le-Mein, 
C. B. liilzius, 1850, 1 vol. in-4°. la première 
division de ce volume renferme les dissertations 
et les notes sur les messes gallicanes ou franci- 
ques qui furent en usage dans les divers systèmes 
liturgiques, depuis le quatrième siècle jusqu'au 
sixième, et sur les manuscrits qui les contiennent, 
puis les textes particuliers de onaede ces messes; 
enfin, des recherches sur la langue employée dans 
ces messes jusqu'au temps de Pépin et de Char- 
lemagne, et des remarques sur cette liturgie. La 
seconde partie renferme des dissertations sur les 
messes africaines de la fin du deuxième siècle 
et du commencement du troisième , sur celles 
de la seconde moitié du troisième siècle , du 
quatrième et du commencement du cinquièmp,sui- 
vies de recherches sur cette liturgie. Les messes 
romaines remplissent la troisième partie, dans 
laquelle se trouvent aussi de savantes recherches 
sur les plus anciens manuscrits de ces monu- 
ments. La quatrième partie est consacrée à la 
liturgie grecque primitive et à ses diverses modi- 
fications. 

Non moins important, le second ouvrage de 
M. Mone est une collection générale des hymnes 
latines du moyen âge , publiées d'après les ma- 
nuscrits et commentées {Lateinische Hymnen 
des Mittelaliers, aus Bandschriften heraus- 
gegebenund enWaerO ; Fribourg en Brisgau, 
Ilerder, i85:t-1855, 3 vol. gr. in 8". Le premier 
volume contient les chants à Dieu et aux anges ; 
le second volume, les chants à la Vierge Marie; 
le troisième, les hymnes et les séquences des 
saints. Les notes qui remplissent ces trois volu- 
mes sont des modèles de savante et substantielle 
critique. 

MOMELLl (François), compositeiir au 
service du duc de Plaisance, vers le milieu du 
dix-septième siècle , n'est connu que par un 
ouvrage intitulé : Ercole nelV Erimanto per un' 
balletlo fatto in Piacenza dal Seren . Sig. 
Duca il carnevale deW anno 1G51. Invenzione 
e poesin drammatica del Cav B. M. ( Uer- 
nardo Morando), posta in musica da Fran- 
cesco Monelli. Le livret de cet opéra-ballet a 
été imprimé sous ce titre à Plaisance, chez Baz- 
7acc1ii , 1051, 10-4". 

MOA'ETA ( Joseph ) , né à Florence en 1761 . 
fut attaché au service du grand- duc de Toscane 



en qualité de compositeur. Il occupait encore 
celte place en 1811. On a donné, sur divers 
théâtres de l'Italie, les opéras suivants de sa com- 
position : 1° Il Capiiano Temglia, opéra 
boufle ; à Livourne, 1784. — 2° La Muta per 
amore; idem , à Alexandrie, 1785. — 3" Amor 
vuol gioventù; à Florence, 1786. — 4° L'Equi- 
voco del nastro; ihid., 1786. — 5" / due Tu- 
tori, 1791, à Rome. — 6" Il Conte Po lier onio, 
opéra bouffe, à la résidence royale de Poggio , 
en 1791. 

MOiXFERUATO ( P. NADAL ou NA- 
TALE), prêtre vénitien, né dans les premières 
années du dix-septième siècle, fut élève de Ro- 
vetta {voij. ce nom), pour l'orgue et le con- 
trepoint. Après la mort de l'organiste de Saint- 
Marc, Jean-Baptisle BeKi , en 16.39, il prit part 
au concours ouvert pour remplacer.cet artiste; 
mais ce fut Cavalli [vog. ce nom) qui obtint la 
place, le 23 janvier. Un mois après , c'est-à-dire 
le 22 février, Monferrato dut se contenter d'en- 
trer dans la même chapelle en qualité de chantre; 
mais lorsque son maître Rovetta fut appelé à la 
position de maître de cette chapelle, il lui suc- 
céda dans celle de vice-maitre , le 20 jan- 
vier 1647. Trente années s'écoulèrent pendant 
qu'il en exerçait les fondions, et ce ne fut que 
le 30 avril 1676 qu'il obtint la ()lace de maître 
titulaire, après la mort de Cavalli. Il la conserva 
jusqu'à son décès, qui eut lieu au mois d'a- 
vril 1685. Outre les places qu'il occupa à l'é- 
gliise ducale de Saint-Marc, Monferrato en eut 
plusieurs autres, parmi lesquelles on cite celles 
de directeur du chœur des jeunes filles du Con- 
servatoire des Mendicanti , et celle de maître 
de chapelle de la paroisse Saint-Jean-Chrysos- 
tome, dans laquelleil habitait. Il avait établi dans 
ce quartier une imprimerie de musique, en so- 
ciété avec un certain Joseph Scala, qui, en 
mourant, lui laissa sa part de la propriété. De 
plus , il donnait beaucoup de leçons de chant 
et de clavecin dans les familles patriciennes. 
Toutes ces sources de revenu procurèrent à 
Monferrato des richesses considérables, dont il 
disposa en faveur de neveux et nièces , d'insti- 
tutions religieuses, et même de personnes de 
haut rang, par un très-long testament écrit de 
la main d'un notaire nommé Pietro Brachi, le 
16 novembre 1684. Le bu.ste en marbre de ce 
maître fut placé au-dessus de la porte de la sa- 
cristie de l'église Saint-Jean-Chrysostome, avec une 
inscription latine à sa louange. Les œuvres im- 
primées et connues de Monferrato sont celles 
dont voici les tities : 1° Salmi concertati a 5, 
6 e H voci, con violini ed organo, lib. 1 et 2 ; 
Venise, Franc. Magni, 1647 et 1050. — 2" Ma- 



172 



MONfERRATO - MOIS G IN 



tetti a qunltio voci, con violini e violella, 
lib. 1, 2, 3;ibid., 1635, 1659, 1671. — 3" Mo- 
tetti concertati a à e 6 voci; ibid., 1660. — 
4° Motetli concertati a 2 e 3 voci , libro i" ,• 
ibid., 1060, in-4°. — 5° Motetti a voce sola, vio- 
lini ed organo, op. 6 ; in Venezia, presso Ca- 
millo Barloli, 1066, in-4°. — &" Motelti concer- 
tati «263 voci, lib. 11° ; m Venezia , app. 
Fr. Magni, 1669, 10-4". — 1° Salmi concertati 
c3, 4, 5, 0, 7, 8 voci con stronienti e senza, 
lib. 11°, op. 8, ibid., l669,in-4°.— 8° Salmi brevi 
a otto pieni, op. 9; ibid. 1675. C'est une 
réimpression. — 9° Sacri concenti ossia Mo- 
tetti a voce sola, con due violini et violetta, 
lib. 11°, op. 10; ibid., 1075.— iQ" Salmi con- 
certati a due voci con violini, op. il ; ibid., 
1176. — 1 x" Salmi a voce sola con violini, lib. 111", 
op. 12; in Venezia, app. Gius. Scala,i6'7. 
Il y a une autre édition de 1681. — 12" Missx 
ad iisum capellarum quatuor et quinque 
vocum, op. 13 ; ibid., 1677. Cette date provient 
d'un cliaiigeinent de frontispice. — 13" Salmi 
concertati a due voci con violini e senza, 
op. 16 ; ibid., 1676. — 14° Antifone a vocesola 
con basso continua ed organo, op. 17 ; ibid., 
1678 — Vo°Motettia2eZvoci, lib. 111°, op. 18; 
ibid., 1681. Monferrato fut un l)on musicien 
qui écrivait bien , mais inférieur pour l'invention 
à son maître Rovetta , et à ses contemporains 
Cavalli , Legrenzi et Ziani. 

MO\GE (Gaspard), illustre matliématicien 
a qui l'on doit lacréationdela géométrie descrip- 
tive, naquit à Deaune le 10 mai 1747. Après 
avoir fait ses études cliez les PP. de l'Oratoire de 
sa ville natale et à Lyon, il fut employé à des tra- 
vaux de fortifications, où il se fit remarquer par 
son élégante manière de dessiner les plans , et 
devint successivement professeur suppléant de 
malliématiques et professeur titulaire de phy- 
sique à l'école de Mézières. Mais bientôt, don- 
nant l'essor à son génie, il jeta les premiers 
fondements de la science qui l'a immortalisé , en 
généralisant par des principes féconds les procé- 
dés grapbiq\ies de la coupe des pierres , de la 
charpente et des autres parties de consiructions 
géométriques qu'on enseignait alors dans les 
écoles d'artillerie, du génie et de la marine. 
Après avoir lutté longtemps contre la routine 
qui repoussait ses découvertes , il attira sur lui 
l'attention du monde savant, se fixa à Paris et 
devint successivement professeur à l'école d'hy- 
drodynamique du Louvre, examinateiu' dos 
élèves de la marine, membre de rAcadémie des 
sciences, puis, après lu révolution , ministre de 
la marine, professeur à l'École normale et à 
l'Ecole polytechnique, commissaire du gouverne- 



ment en Italie, de la commission des science.* 
de l'expédilion d'Égypts , sénateur et comte de 
l'empire, il mourut à Paris le 28 juillet 1818. 
Comme la plupart des grands géomètres du dix- 
huitième siècle , il s'occupa du problème de la 
corde vibrante; mais, suivant la direction de 
son génie, il en donna la solution par une cons- 
truction géométri(iue. Supposant qu'une corde 
^vibrante, placée horizontalement pour plus de 
simplicité , soit pincée dans une direction verti- 
cale , et que le plan se meuve selon une direc- 
tion perpendiculaire, il a démontré que la corde 
doit décrire, par son double mouvement de vi- 
bration et de translation, une surface dont les 
sections, faites par des plans parallèles au pre- 
mier, donnent pour chaque instant la figure de la 
courbe. Monge a exécuté cette surface dont le 
modèle se trouve à l'École polytechnique. Ama- 
teur passionné de musique, il avait profité de 
sa mission en Italie pour faire faire a Venise des 
copies des œuvres de tous les anciens maîtres 
de la chapelle de Saint-Marc, et en avait empli 
des caisses qu'il confia aux soins du célèbre 
violoniste Kreutzer, voyageant alors en Italie ; 
mais celui-ci négligea >a mission, et quand 
l'armée française tut lorcsie d'opérer sa retraite, 
les caisses tom'nèrent au pouvoir des alliés et 
furent transportées en Angleterre. 

MONGEZ ( Antoine), né à Lyon, en 
1747, entra fort jeune dans l'ordre <les Génové- 
fains. Nommé, sous le gouvernement du direc- 
toire, un des administrateurs de l'hôtel des 
monnaies de Paris , il a conserve celte place 
jusqu'en 1827. A l'époque de la formation de 
l'Institut, il fut appelé dans la classe de litté- 
rature ancienne. Éliminé de ce corps en 1816, il 
y est rentré deux ans après. Il est mort le 30 juillet 
1825. Au nombre des mémoires que ce savant a 
fait insérer parmi ceux de l'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres, on remarque ceux-ci : 
1° Rapport sur les moyens de faire entendre les 
discours et la musique des fêtes nationales par tous 
les spectateurs, en quelque nombre qu'ils puissent 
(tUe (Anciens Mémoires de l'Institut national, 
classe de littérature et beaux-arts , t. 111, 
1801). — 2° Mémoire sur les harangues attri- 
buées [lar les anciens écrivains aux orateurs, 
sur les masques antiques, et sur les moyens 
que l'on a cru avoir été employos par les ac- 
teurs, chez les anciens, |)our se faire entendre de 
tous les spectateurs (ibid., tome IV, 1803). 

MONGIIV ( CnAui.i;s-FuANçois-JosEi'n), pro- 
fesseur de musique a Resançon , né dans le 
département du Doubs en 1809, est auteur d'un 
ouvrage intitulé : Nouvelle Méthode élémen- 
taire pour l'enseignement du plain-chantet 



MONGIN - MONNAIS 



173 



iki caont musical , suivi d'un recueil de mo- 
iets. Paris, Haclictte, 1836, in-s" de 120 pages. 
M. Mongin, qui a eu pour collaborateur M. Ber- 
ihiot, inconnu dans le monde musical, est mort 
à Besançon , au mois d'octobre 1861 , à i'ùgede 
cinquante-deux ans. 

MOI\GIl\ (Mlle Marie-Louise), est née le 
M juin 1841 à Besançon, où son père exerçait la 
profession d'avocat. A l'âge de quatre ans sa mère 
lui donna les premières leçons de musique et de 
piano; elle eut ensuite pour professeur M. Ron- 
caglio, organiste de l'église Saint-Pierre. Une in- 
telligence d'élite ainsi que l'application aux éludes 
se manifestèrent de bonne iieure chez la jeune 
Marie, et ses progrès furent rapides. Klle était 
à peine âgée de onze ans lorsque, par une lieu- 
reuse inspiration, ses parents se décidèrent à 
venir habiter Paris pour qu'elle pût recevoir 
les leçons des meilleurs professeurs. Au mois 
de janvier 1853, M"e Mongin entra au Conser- 
vatoire, dans la classe de piano de M™* Far- 
renc, et depuis lors elle se distingua constamuieul 
par la douceur de son caractère, sou zèle et son 
assiduité. En 1855 elle remporta le deuxième 
prix de solfège et le premier l'année suivante. 
En 1 859 le premier prix de piano lui fui décerné, 
et, enfin, en 1861, elle obtint le premier prix 
d'harmonie, après quelques années d'études, dans 
la classe de M. Bienaimé. 

Habile virtuose, grande musicienne et lectrice 
de premier ordre, celte jeune artiste a fait une 
étude approfondie des compositions des auteurs 
îlassiques et de celles des plus célèbres claveci- 
îistesdes seizième, dix-septième et dix-liuitième 
siècles. Toutes les fois qu'elle a fait entendre eu 
public les œuvres qui forment la belle colieclion 
intitulée Ze Trésor des pianistes, que puhlicnt 
en ce moment (1863) M. et M""* Farrenc , 
M"e Mongin a obtenu les plus brillants succès 
cl le suffrage des connaisseurs. 

MOA'IGLIA (Jean-André), compositeur 
dramatique , né à Florence dans la première 
moitié du dix-septième siècle, est connu par les 
opéras suivants: 1°// ^eseo, représenté à Dresde, 
en 1667. — 2" Giocasta , drame , à Dussel- 
dorf, en 1696. 

MO]\IOT (Jean), poêle et musicien du 
treizième siècle , était né à Arras et fut con- 
temporain de saint Louis. On ignore si le nom 
de Mojuoi était celui de sa famille, ou si c'est 
un sobriquet qui signifierez// moine. Le ma- 
nuscrit de la Bihliotlièipie impériale de Paris , 
coté 7222 (ancien fonds), contient quatorze chan- 
sons notées de sa composition. 

MOi\IOT (Jean ) , contemporain du pn-cé- 
dent, est connu sous le nom de Moniot de 



Paris, parce qu'il était né dans cette ville. Il 
était aussi poète et mirsicien. On trouve sept 
chansons notées de sa composition dans urr 
manuscrit coté 65 ( fonds de Cangé), à la biblio- 
thèque impériale. 

MONIV ( Matthieu-Jean ) , compositeur, qire 
Gerber croit avoir vécu à Vienne vers la fin du 
dix-huitième siècle, est connu par l'indication de 
nombreux ouvrages manuscrits , dans le cata- 
logue de Traeg (Vienne, 1799). En voici la 
liste : 1" Instruction sur la basse continue — 
2" Oratorio intitulé : Entretiens salutaires. — 
3° Prières. — 4" Requiem à 4 voix, 2 violons et 
orgue. — 5" Messe à 4 voix et 4 instruments. 

— 6° Messe à 4 voix et à grand orchestre. — 
7'' Chœurs et motets à voix seule. — 8° Six 
sympiionies pour l'orchestre. — 9' Un concerto 
pour violon. — 10° Un idem pour violoncelle. — 
1 1" Dix-huit quatuors pour 2 violons, alto et basse. 
— 12°Quinzediverlissernentspourles mômes ins- 
truments. — 13° six trios pour 2 violons et basse. 

— 14" Trois idem pour llilte, allô et basse. — 
15° Trois idem pour flûte, violon et basse. — 16°So- 
nates pour violon et basse. — il" Musique mili- 
taire à 10 parties. — 18° Douze concertos pour le 
clavecin avec accompagnement. — 19° Trente 
divertissements pour clavecin seul. — 20° Six 
sonates idem. — 21° Diana e Amore , opéra. 

MOiXlViVIS (GlJILLAUlWE-ÉDOUARn-DÉSIRÉ), 

litléraleur français et amateur zélé de musique , 
est né à Paris, le 27 mai 1798. Après avoir ter- 
miné ses études et fait un cours de droit, il fut 
reçu avocat en 1828; mais il préféra la littérature 
au barreau, et les mémoires à consulter cédèrent 
le pas aux vaudevilles et aux comédies. Ses pre- 
miers travaux pour le théâtre datent de 1820; il 
eut pour collaborateurs dans ces légères pro- 
ductions Dartois, Paul Duport, Saint-Hilaire et 
Vulpian. Les ouvrages donnés par lui à divers 
théâtres sont : Midi ou l'Abdication d'une 
femme. — Le Futur de la Grand' Maman. — 
La Première Cause. — La Contre-Lettre. — 
Les Trois Catherine. — La Dédaigneuse. — 
Le Chevalier servant. — Un Ménage pari- 
sien. — Deux Filles à marier. — La Dame 
d'honneur. — LeCent-Suisse (à l'Opéra-Comi- 
que). — Sultana (idem). Dans une direction plus 
sérieuse M. Monnaisprit partaux ouvra;:es de Mar- 
changy et de Tissot, de l'Académie française, et 
dirigea les Éphémérides universelles (Paris. 
1828-1833, 13 vol. in-8°), dont il fut aussi un des 
principaux rédacteurs. Dès 1818, M. Monnais 
avait fait les premiers essais de .sa plume dans 
divers journaux auxqrrels il fournissait des ar- 
ticles sairs être altaché spécialement à aucun ; 
mais au mois de juillet 1832 il entra au Cour- 



i74 



MONISAIS 



MOÎSPOU 



rier français, comme rédacteur du feuilleton des 
tliéâlres. Au mois de novembre 1839, il fut nommé 
«liivt^leiir adjoint de l'Opéra. Depuis 1K40 il a le 
titre et les fonctions de commissaire dii i;ouver- 
nement près des lliéàlres lyriques et du Conserva- 
toire; comme tel, il a pris part à tous les travaux du 
comité d'enseignement de cette école. Depuis 1 835, 
M. Monnais est un des rédacteurs principaux de 
la Revue et Gazette musicale de Paris, où ses 
articles sont signés du pseudonyme Paul Sjnitli. 
Il y a publié en feuilletons des nouvelles ou ro- 
mans dont les sujets se rattachent à la musique, 
et qui ont été réimis ensniie en volumes; tels 
sont : t" Esquisses de la vie d'artiste (Paris, 
l!S'«4, 2 vol. in-8"). — 2° Portefeuille de deux 
cantatrices (Paris, t845, in-S"). — 3° Les sept 
Aotcs de ta gamme { Paris, 1846, in-8'). Sous le 
même pseudonyme parait aussi chaque année, 
dans le même journal, une revue annuelle de tous 
les événements musicaux, de quelque genre que 
ce soit. Enfin, M . Monnais y est chargé de rendre 
comple des ouvrages représentés à l'Académie 
impériale de musique (l'Opéra), ainsi qu'au 
Théâtre Italien. Sa ciiticiue se distingue par la 
bienveillance, l'esprit et la politesse. M. Moimais 
a fourni quelques articles de criliiiue musicale à 
la Revue contemporaine, sous le pseudonyme 
de Wilhelm. Dans lés années 1851, 1853, 1859 
et 1862, ce littérateur distingué a été chargé d'é- 
crire les poèmes des caniales pour les grands con- 
cours de composition musicale à l'Académie des 
beaux-arts de l'Inslilut; ces cantates ont pour ti- 
tres : Le Prisonnier^ Le Hoclierd'Appenzel; lia- 
jazet et le Joueur de flûte,' Louise de Méziéres. 
MONNET (Jf.an), né à Condrioux , près 
de Lyon , demeura jusqu'à l'Age de quinze ans 
chez un oncle qui négligea son éducation au 
point que, parvenu à cet âge, il .savait à peine 
lire. Il se rendit alors à Paris, et fut placé dans 
la maison de la duchesse de Berry (lille du ré- 
gent), qui lui donna quelques maîtres d'agré- 
ment; mais ayant |>erdu sa bienfaitrice, le 20 
juillet 1719, il se trouva .sans ressources, et 
mena pendant plusieurs années une vie dis- 
sipée cl orageuse. Enfin, en 1743, il obtint le 
privilège de l'Opéra-Comique , mais il ne le 
garda pas longtemps. En 1745 il étail directeur 
du théâtre de Lyon, et, en 1748, d'un théâtre 
français à Londres. De retour à Paris, il reprit, 
en 1752, la direction de l'Opéra-Comique, et la 
garda jusqu'en 1758. Ce fut sous sa direction 
que ce spectacle prit du liéveloppement, et cessa 
d'être un théâtre <le vaudeville. Favart , Se- 
daine , Danvergne , Philidor et Duni préparè- 
rent , par leurs ouvrages , les Français à en- 
tendre de la musiipie plus foitc; et plus drama- 



tique, et Ion ne peut nier que Monnet nait 
beaucoup contribué à cette révolution. Il est 
mort obscurément à Paris, en 17S5. On a de 
lui: Anthologie française, ou chansons 
choisies depuis le treizième siècle jusqu'à pré 
sent; Paris, 17G5, 3 vol. in-8', avec les airs 
notés. On trouve en tête du recueil une préface 
ou Mémoire historique sur la chanson, qw 
est de .Meusnier de Querlon. Ce recueil est esti- 
mé. Un quatrième volume, donné comme sup- 
plément, est intitulé: Choix de cliansnns 
joi/euses ; Paris, 1765, in-8". On trouve des 
renseignements sur la vie aventureuse de 
Monnet dans un livre intitulé : Supplément an 
Roman Comique, ou Mémoires pour servir a 
la vie de Jean Monnet; Paris, i722, 2 vo'. 
in-12, avec le portrait. Cet ouvrage est écrit 
par Monnet lui-même. 

MOXMIOTE (D.Jean-François), ou MO- 
NIOT , bénédictin de Saint-Germain-des-Prés , 
né à Besançon, en l723, mourut à Figery, prés 
deCorbeil, le 29 aviil 1797. On lui a atlriluié 
VArldu facteur d'orgues, publié .sous le nom 
de Dom Bedos de Celles ; mais j'ai démontré, a 
l'article de celui-ci, que cette tradition n'est 
pas fondée. 

MONOPOLl (Jacques). Voi/ez INSAN- 
GUIN E. 

MOIXPOU ( Hippolyte) , compositeur dra- 
matique , né à Paris le 12 janvier 1804 , entra 
dans la maîtrise de l'église métropolitaine de 
cette ville à l'âge de neuf ans, comme enfant 
de chœur, et y apprit les éléments de la miisiqire 
sous la direction de Desvigne ( voy. ce nom ). 
Plus tard , Choron l'admit au nombre des 
élèves de l'école qu'il venait de fonder (1817) , 
et le choisit deux ans après pour remplir les 
fonctions d'organiste à la cathédrale de Tours , 
quoiqrrc Monpou frit à peine entré dans .sa sei- 
zième année. Incapable d'occuper cette place , il 
fut bientôt congédié , revint à Paris, cl rentra 
dans l'ecoie de Choron , où il errt l'emploi de 
répétiterrr- accompagnateur. Cependant lecteur 
médiocre, pianiste inhabile, et fort ignorant 
dans la .science de l'harmonie, il n'avait rierr 
de ce qu'il fallait pour un tel emploi lors- 
qu'il lui hit confié; toutefois, incessamment en 
exercice avec ses condisciples, parmi lesquels 
on remarquait MM. Dupre/. , Boulanger, Srndo, 
Vaclion, Kenaiit, Canaples, Wartel , cl .se li- 
vrant sans relâche à l'étude des partilions des 
grands maîtres italiens, allemands et français, 
il acrpiit par degrés des connaissances pratiques 
qui suppléaient à l'instinct, lent à se développer 
en lui, et aux défauts d'une éducation première 
mal Irtitc. 



MONPGU 



175 



lui 1822, l'auteur de celle noiice fut prié par 
Choron de faire dans son école un cours d'iiar- 
inonie pour les élèves qui viennent d'être 
nommés. Monpou en suivit les leçons avec as- 
siduité, mais ses progrès étaient aussi lents 
et pénibles que ceux de Duprez étaient rapides. 
Les concerts de musique ancienne qui com- 
mencèrent en 1828 dans celte même école, 
connue alors sous le nom iï Institution royale 
de viusique religieuse, fournirent à Monpou 
de fréquentes occasions de remplir ses fonc- 
tions d'accompagnateur devant le public, et lui 
tirent acquérir l'aplomb qui lui manquait aupara- 
vant. Les événements politiques de 1830 ne firent 
pas seulement cesser ces intéressantes séances , 
mais ils compromirent l'existence de l'école à 
laquelle Choron avait consacré ses dernières 
années, et finirent par en amener la dissolution. 
Jeté tout à coup par ces événements dans un 
monde qu'il ne connaissait pas, et passant de 
la vie contemplative d'une sorte de Tiiébaide, 
à l'âge de près de trente ans, dans l'exis- 
tence agitée d'un artiste qui cherche du pain et 
«le la renommée, Monpou semblait à ses amis 
riionmie !e moins propre à atteindre ce double 
but. Son extérieur ne prévenait pas en sa fa- 
veur; ses manières incultes repoussaient la 
sympathie. Néanmoins , au grand étonnement 
de ceux qui le connaissaient , sa fortune d'ar- 
tiste fut assez rapide. En dépit des études classi- 
ques qui avaient occupé toute sa jeunesse , il se 
passionna tout à coup pour le romantisme, 
dont on faisait alors beaucoup de bruit , et 
s'enrôla parmi les novateurs qui rêvaient une 
transformation de l'art. Ses premiers ouvra- 
ges furent des ballades et des romances. Dès 
1828 il avait produit un gracieux nocturne à 
trois voix sur les paroles de Déranger : Si 
fêtais petit oiseau, et ce premier essai avait 
été suivi de quelques jolies chansonnettes; 
mais ce fut sa romance de l'Andalouse, pa- 
roles d'Alfred de Musset, qui fut le signal de 
la nouvelle direction donnée à ses idées, et 
qui commença la popularité dont il jouit pen- 
dant quelques années. Le lever, Sara la Bai- 
grteuse, Madrid , la chanson de Mignon, le 
Fou de Tolède , et beaucoup d'autres petites 
pièces se succédèrent rapidement, et eurent du 
retentissement parmi les adeptes de lecole à 
laquelle il s'était affilié. Il y a dans tout cela 
une originalité incontestable; mais une origina- 
lité bizarre, qui ne connaît d'autres règles que 
celles de la fantaisie. Des passages empreints de 
grâce et de sensibilité y sont répandus , ça et là ; 
mais Monpou se hâte d'abandonner ces idées 
naturelles pour se jeter dans des extravagances. 



l\ .'-embie se persuader que le génie ne se mani- 
feste que par l'insolite. Sa phrase est mal faite ; 
son rhythme est boiteux ; sa cadence tombe 
souvent à faux. Soit par ignorance, soit par 
système , il prodigue dans son harmonie des 
successions impossibles, au point de vue de la 
j résolution des dissonances, de la modulation et 
de la tonalité. Mais ces défauts , qui révoltaient 
le sentiment des musiciens, étaient précisément 
I ce qui obtenait du succès dans le monde à part 

qui avait entrepris la déification du laid. 
j En 1 835 , Monpou osa aborder la scène et faire 
I représenter au théâtre de l'Opéra-Comique Les 
I deux Jieines, petit ouvrage en im acte dont 
Soulié lui avait donné le livret. Cette témérité 
! ne fut pas justifiée par le mérite de l'ouvrage, 
mais par le succès. Non-seulement tous les dé- 
fauts de la manière du compositeur s'y trou- 
vèrent réunis ; non-seulement il y fit preuve 
d'une impuissance complète à se servir de l'ins- 
trumentation; non-seulement la forme de la 
plupart des morceaux de son ouvrage était 
défectueuse, mais l'originalité qu'on avait par- 
fois remarquée dans ses mélodies lui fit ici dé- 
faut. Les réminiscences et les idées vulgaires 
s'y présentaient à chaque instant. Un joli chœur, 
une romance {Adieu, mon beau navire) furent 
les seules choses qui échappèrent au naufrage 
de celte informe production. Le Luthier de 
Vienne , autre 0()éra en un acte, joué au même 
théâtre, en 1836, fit voir dans la facture de 
Monpou quelques progrès depuis son précédent 
ouvrage. On y remarqua un joli duo et la 
ballade du Vieux chasseur, que le talent de 
.M"" Damoreau rendit populaire. Piquillo, 
œuvre plus importante , en 3 actes, lut jouée 
veis la fin de 1837, et fit constater de nouveaux 
progrès dans le talent de Monpou. Alexandre 
Dumas était l'auteur du livret de cet opéra. Le 
compositeur n'y avait pas renoncé à ses habi- 
tudes de décousu dans les phrases, et sa ma- 
nière d'écrire sentait toujours le musicien in- 
complet; mais des idées originales étaient ré- 
pandues dans les deux premiers actes. Les pro- 
portions du finale du second acte s'étaient 
trouvées au-dessus des forces de l'artiste, et 
le troisième acte était faible et négligé. Un Conte 
d'autrefois et le Planteur, joués à l'Opéra-Co- 
mique en 1839, où l'on retrouvait les formes 
mélodiques et les excentricités du compositeur, 
parurent monotones , firent peu d'impression 
dans leur nouveauté, et furent bientôt oubliés. 
Vers la fin de la même année, Monpou donna 
au théâtre de la Renaissance la Chaste Suzanne, 
opéra en quatre actes. On y remarqua , comme 



dans tous ses autres 



l'instinct du 



!76 



MON POU — MOiNSIGNY 



compositeur «le romances*, el l'absence des qua- 
lités du musicien sérieux. Cependant un air de 
basse et celui de Daniel, an troisième acte, sont 
mieux conduits et développés que ce qu'il avait 
écrit précédemment. L'instrumentation de cet 
opéra était la partie faible, comme dans toute la 
musique dramatique de Monpou. 

Depuis longtemps il désirait obtenir un livret 
d'opéra de Scribe, auteur aimé du public et 
qui avait fait la fortune de plusieurs composi- 
leurs. Il obtint enfin cet ouvrage; mais en le lui 
confiant, le directeur de l'Opéra^Comique lui im- 
posa la condilion d'un dédit de 20,000 lianes 
dans le cas ou il ne livrerait pas le manuscrit de 
sa partition à la fin du mois d'août 1841. Mon- 
pou travailla avec ardeur, et déjà il avait écrit 
deux actes; mais la fatigue se tit sentir, et bien- 
tôt une iullammatioH d'entrailles et d'estomac se 
déclara. Les médecins ordonnèrent le repos et le 
changement de climat : l'artiste s'éloigna de Paris 
et se dirigea vers laTouraine; mais arrivé à La 
Chapelle Saint-Mesmin, sur les bords delà Loire, 
son étal devint si alarmant^ que sa famille le ra- 
mena à Orléans pour avoir le secours des méde- 
cins. Leurs soins ne purent empêcher les progrès 
du mal, et le 10 août 1841, Monpou mourut dans 
cette ville, à l'âge de trente-sept ans. Sa veuve 
voulut ramener ses restes à Paris ; une messe de 
Requiem en musique fut célébrée à l'église de 
Saint-Roch, et l'artiste fut inhumé avec pompe 
au cimetière du Père-Lachaise. 

MOA^RO (Henki), fils d'un musicien de Lin- 
coln, est né dans cette ville en 1774. Après avoir 
fait ses premières éludes musicales comme enfant 
de chœur à l'église cathédrale, il reçut des le- 
çons de piano d'Ashley, puis se rendit à Londres 
où il devint élève de Dussek et de Corri. En 
1796 il fut nommé organiste à Ncwcastle, et 
ne quitta plus celte ville, où il élait encore en 
1824. On a gravé à Londres plusieurs ouvrages 
de sa composition : entre autres, une sonate pour 
piano et violon, un air varié, et un rondo. 

aiOi\SERUAÏE (Andké DK) , né en Cata- 
logne dans la seconde moitié du seizième siècle, 
élait en 1614 chapelain de l'église paroissiale 
Saint-Martin, à Valence. On a de lui un bon traité 
du clianl ecclésiastique en langue espagnole, sous 
ce titre : Arte brève y compendiosa de los dif- 
ficulladesque se ofreccii en la inusica pratica 
del cantollano. Dirigida a la purissiuia Vir- 
(jen Maria madré de Dios y scnoru nueslra. 
En Valencia, cncasa de Pedro Patricio Mey, 
10 11, in-4" de 12i pages. 

MOXSIGA^Y (PitRiiE-ALEXANDRE), compo- 
siteur dramatique, issu d'une famille noble, na- 
quit le 17 octobre 1729, à Fauquemberg, bourg 



du Pas-de-Calais, près de Saint-Omer. Son j>èrc 
ayant obtenu un emploi dans celte ville, lui lit 
faire ses études littéraires au collège des jésuites. 
Doué d'un heureux instinct pour la musique, le 
jeune Monsigny cultivait cet art dans tous les ins- 
tants de repos que lui laissait le travail des clas- 
.ses. Son instrument était le violon : il acquit plus 
tard une habileté remarquable surcet instrument, 
et s'en servit toujours pourcomposer.il perdit 
son père peu de temps après avoir achevé s-cs 
coins. La nécessité de pourvoir aux moyens 
d'exislence de sa mère, d'une sœur et de jeunes 
frères, dont il était l'unique apimi, lui imposa l'o- 
bligation d'embrasser une piofession lucrative : 
il se décida pour un emploi dans la finance qui, 
alors comme aujourd'hui, conduisait rapidement 
à la fortune quand on y portait l'esprit des affaires. 
En 1749 il alla s'établir à Paris, où il obtint une 
position avantageuse dans les bureaux de la comp- 
tabilité du clergé. L'amabilité de son caractère lui 
avait fait de nombreux et puissants amis qui l'ai- 
dèrent à placer ses frères, et à procurer à sa 
mère , à sa sœur une aisance sullisante. Plus tard 
ses protecteurs le tirent entrer dans la maison 
du duc d'Orléans, en qualité de maître d'hùlel. 
Il y passa paisiblement près de trenle années, 
et puisa dans ta haute société qu'il y voyait une 
élégance de manières qu'il conserva jusqu'à ses 
derniers jours. Depuis son arrivéeà Paris, il avait 
négligé la musique : ce fut en quelque sorte U^ 
hasard qui le ramena vers l'art et qui lit de lui 
un compositeur d'opéras. 11 assistait en 1754 à 
une représentation de la Servante maîtresse, 
de Pergolèse; l'effet que produisit sur lui cette 
musique d'un style alors nouveau fut si vif, 
que dès ce moment il se sentit lourmenlé du 
besoin d'écrire lui-même de la musique de théâ- 
tie. Mais son éducation nuisiculeavait été si faible, 
si négligée, qu'il n'avait pas les plus légères no- 
tions d'harmonie, d'instrumentation, et qu'il avait 
même beaucoup de peine à faire le calcul des 
valeurs de notes pour écrire les mélodies que son 
instinct lui suggérait. Cependant, entraîné par sou 
goût pour la musique d'opéra- comique, il prit un 
maître de composition. Ce fut Gianotti (voyez 
ce nom) qui lui enseigna les éléments de l'har- 
monie par les pfincipes de la basse londameiitale. 
Cinq mois de leçons suffirent à Monsigny pour ap- 
prendre ce qui lui semblait nécessaire pour écrire 
les accompagnements d'un air d'opéra. Après 
quelques essais informes, il parvint à éciire sa 
partition des Aveux indiscrets, opéra-comique 
on uii a( te, qu'il lit représenter au théâtre di^ la 
Foire, en 1759. Il était alors ;1gé de trenle ans. 
Le succès de cet ouvrage l'encouragea ;ce(tendant 
il crut devoir garder l'anonyme, à cause de y>x 



MONSIGNY 



K7 



pisition dans la maison d'Orléans. En 1760 il 
donna a» môme lliéâlre le Maure en Droit et 
le Cadi dupé. La vervecomique qui brille dans 
ce dernier ouvrage fit dire au poëte Sedaine, 
apr^s avoir entendu le duo du Cadi et du Tein- 
turier : Voilà mon homme! En effet, il se lia 
avec Monsi^nyet devint son collaborateur dans 
plusieurs drames eJ opéras-comiques, particu- 
lièrement dans celui qui a pour litre : Onne s'a- 
vise jamais de tout, joli ouvrage de l'ancien 
style, représente à l'Opéra-Coinique de la foire 
Saint-Laurent, le 17 septembre 1701. Cette pièce 
fut la dernière qu'on joua à ce théâtre, qui fut 
fermé sur les réclamations de la Congédie italienne, 
dont la jalousie avait été excitée parles succès de 
Monsigny. Les meilleurs acteurs de l'Opéra-Co- 
mique, parmi lesquels on remarquait Clairval et 
Laruette, entrèrent à la Comédie italienne. C'est 
pour ces deux théâtres réimis en un seul que 
Monsigny écrivit ses autres opéras, où sa manière 
s'agrandit. Le Roi et le Fermier, en 3 actes, lut 
joué en 1702. Dans cette pièce, le talent du com- 
positeur pour l'expression pathétique se révéla 
au public et à lui-même. Rose et Colas, opéra- 
comique en un acte, parut en 1764. Aline, leine 
de Golconde, en trois actes, fui joué à l'Opéra 
deux ans après; puis Monsigny donna à la Co- 
médie italienne, en 1708, Vile sonnante, opéra- 
comique en trois actes; en 1709, le Déserteur, 
draine en trois actes, où son talent atteignit sa 
plus haute portée; le Faucon, (.m 1772 ;Za Belle 
Arsène (3 actes), en 1775; le Rendez-vous bien 
employé (un acte), en 1776; et Félix ou VEn- 
fant trouvé, drame en 3 actes, en 1777. Ce fut 
son dernier ouvrage. Tontes les partitions de ces 
opéras ont été publiées à Paris. 

Quoiqu'il n'eût connu que des succès, Monsigny 
n'écrivit plus de uiusique après Félix. 11 avait 
en manuscrit deux opéras en un acte intitulés 
Pagamin de Mo7iégue, et Philémon et Baucis ; 
mais ces ouvrages étaient déjà composés vers 
1770. J'ai connu cet homme respectable, et je 
lui ai demandé en 1810, c'est-à-dire trente-trois 
ans après la représentation de son dernier opéra, 
s'il n'avait jamais senti le besoin de composer 
depuis cette époque : Jamais, me dit-il; depuis 
le jour où.j'ai achevé la partition de Félix, 
la musique a été comme morte pour moi : il 
ne m'est plus venu une ^dee. Cependant il avait 
conservé une rare sensibilité jusque dans l'âgo le 
plus avancé. Choron nous en fournit une preuve 
singulière flans l'anecdote suivante : « Il fatilque 
« !a sensibilité de ce compositeur ait clé bien vive, 
« pour qu'il en ait autant conservé à l'âgo de 
<< quatre-vingt-deux ans. Dernièrement, en nous 
« expliquant la manièredont il avait voulu rendre 



« la situation de Louise (dans le Déserteur). 
« quand elle revient par degrés de son évanouis- 
« sèment, et que ses paroles étouffées sont cou- 
■< pées par des traits d'orchestre, il versa des lar- 
« mes, et tomba lui-même dans l'accablement 
» qu'il dépeignait de la manière la plus exprès - 
« sive. » Cette sensibilité fut son génie, car il lui 
dut une multitude de mélodies touchantes qui 
rendront dans tous les temps ses ouvrages digues 
de l'attention des musiciens intelligents. Grimm 
a dit : M. de Monsigny n'est pas musi- 
cien (1). Non, sans doute, il ne l'est pas comme 
nous; sa pensée n'est pas complexe; la mélodie 
l'absorbe tout entière. Sa musique n'est pas une 
œuvre de conception : elle est toute de sentiment. 
Monsigny est musicien commeGrcuzeest peintre. 
I II est original, ne tire que de lui-même les chants 
par lesquels il exprime le sens des paroles elles 
mouvements passionnés des personnages; il y a 
de la variété dans ses inspirations et de la vérité 
dans ses accents. Des qualités si précieuses ne 
peuvent-elles donc faire oublier l'inhabileté de cet 
artiste d'insfinct dans l'art d'écrire? Il ne man- 
quait pas d'un certain sentiment d'harmonie, mais 
il ne faut pas chercher dans sa musique un mé- 
rite de facture qui n'y existe pas, qu'il n'aurait 
pu acquérir avec des études aussi faibles que les 
siennes, et qui d'ailleurs ne se trouve dans les 
productions d'aucun musicien français de son 
temps, à l'exception de Philidor. 

Monsigny, qui avait échangé depuis plusieurs 
années sa position de maître d'hôtel du duc d'Or- 
léans pour celle d'administrateur des domaines 
de ce prince et d'inspecteur général des canaux, 
avait perdu ces places à la Kévolution, ainsi qu'une 
partie de sa fortune. Connaissant l'état de gêne 
où l'avaient jeté ces événements, les comédiens 
sociétaires d« l'Opérn-Comique lui accordèrent, 
en témoignage de reconnaissance, pour les suc- 
cès qu'il leur avait procurés, une pension via- 
gère de 2,400 francs, en 1798. Après la mort de 
Piccinni, en 1800, il le remplaça dans les fonctions 
d'mspecteur de l'enseignement au Conservatoire 
de musique : mais il comprit bientôt qu'il lui 
manquait les qualités nécessaires pour cet emploi, 
et deux ans aprè-> il s'en démit. Successeur de 
Grétry à la quatrième classe de rinstitut,en 1813, 
il obtint en 1816 la décoration delà Légion d'hon- 
neur; mais, parvenu à une extrême vieillesse, 
il ne jouit pas longtemps de ces honneurs, car 
il mourut à Paris le 14 janvier 1817, à l'âge de 
quatre-vingt-huit ans. On a sur Monsigny une 
notice biographique lue à la séance publique de 
l'Académie des beaux-arts de l'Institut, le 3 oc- 

(1| Correspondance Htleruire. î.ctlre du l*'' décembre 
176-2; tome III, p. 136, éJil. de 1829. 



BIOCR. LMV. DES MUSICIENS. — T. VI. 



12 



178 



MOKSIGNY — ÎMONTAINOS 



tobre 1818, par M. Quatremère de Quincy, et pu- 
bliée sous le titre de Notice historique sur la vie 
et les ouvrages de Monsigny (Paris, Firmin 
Didot, 1818, in-4° de 14 pages); une autre notice 
par M. Hédouin {V. ce nom), sous le litre d'£'- 
loge de Mensignij (Vàrh, 1820, in-S"). Enlin, 
M. Alexandre, littérateur peu connu, a publié un 
Éloge historique de P. A. Monsigny, couronné 
par l'Académie d'Arras; Arras, 1819, in-S". 

MONTAG ( Ernest), pianiste et compositeur, 
né vers 1814 à Blankenliain, près «le Weimar, a 
fait son éducation musicale sous la direction de 
Tœpfer ( voy. ce nom), organiste de l'église prin- 
cipale de cette ville. De rares dispositions et de 
bonnes études en firent un artiste distingué. Pen- 
dant plusieurs années il se livra à l'enfieignemcnt 
du piano à Weimar et s'y lit entc.idre dnns des 
concerts, ainsi qu'à Jena. En 1846 il obtint le titre 
de pianiste de la cour; mais il paraît s'être fixé 
postérieurement à Rudolstadt. Le docteur K. 
Stein a publié, au mois de mars 1842, dans la 
Gazette générale de musique de Leipsick, une 
analyse élogieuse du talent de cet artiste, dont on 
a publié : 1° Capriccio pour le piano, op. I ; 
Leipsick, Hofrneister. — T Trois Lieder sur la 
poésie de H. Heine, à voix seule avec accompa- 
gnement de piano, op. 2; Rudolstadt, Millier. — 
3° Études pour le piano, op. 3; ibid. — 4" Mélo- 
dies sans paroles pour le piano ; op. 4; ibid. 

iMOI\TAGl\Al\A (UiNALDo DA), mii.sicien 
italien du seizième siècle. Il est vraisemblable que 
Jtfon/(7g'nc7ia est le nom du lieu de sa naissance; 
soit qu'il ait vu le jour dans la ville ainsi appelée 
des Étals de "Veni.<;e, soit qu'il ait tiré ce nom d'un 
bourg du duché de Modène. iîmcr/rfo n'est qu'un 
prénom. L'artiste dont il s'agit était de noble ex- 
traction puisqu'il est appelé Don liinaldoaw seiil 
ouvrage par lequel il est connu et qui, a pour 
titre : Délie Canzone di Don Rinaldo da Mon- 
tagnana con alcuni madrigali ariosi a quat- 
tro voci libro primo, aggiuniovi anchora una 
canzon di fra Danielc Vicentino. In Vinc- 
gia, oppressa Girolamo Scotio, 1555, in-4''obl. 

MOXTAGMAT (....), médecin, né à Am- 
bericux , dans le Hiigey, au conuuencenient du 
dix-bnilième siècle, se rendit jeune à Paris et y lit 
SCS études sous la direction de Ferrein. Son pre- 
mier écrit fut unellièse dans laquelle il exposait 
le système de ce savant médecin concernant le 
mécanisme de la voix humaine; elle a pour titre : 
Quaslio j)Iiysiologic(i, an vox humana a fidi- 
bus ionorisplcclro pncumalico molisoriatur ; 
Paris, 1744, in-4". On trouve une analyse de 
cette thèse dans le Journal des Savants, de 
la même année. Après que Ferrein eut ex|>liqué 
lui-même .son système dans les Mémoires de 



l'Académie des sciences, il fut attaqué par deux 
autres médecins nommés Berlin et Burlon. 
Montagnat prit avec chaleur la défense de son 
maître dans ces écrits intitulés : Lettre à 
M. l'abbé Defontaines, en réponse à la criti- 
que de M. Burlon du sentiment de M. Ferrein 
sur la formation de la voix; Paris, 1745, 
in-12. — 1° Éclaircissements en forme de 
lettres à M. Berlin, au sujet des découvertes 
que M. Ferrein a faites du mécanisme de 
la voix de l'homme; Paris, David, 1746, in-l2. 

MOIMTANARl (Germiniano), astronome et 
professeur de mathématiques, naquit à Motléne 
en 1632. Après avoir fait ses études à Florence, 
il voyagea en Allemagne, où il fut reçu docteur eu 
droit, puis retourna à Florence, et y exerça la 
profession d'avocat. Plus tard il fut astronome 
desMédicis, professeur de mathématiques à Bolo- 
gne, et enfin, en 1G74, professeur d'astronomie à 
Padoue. Il mourut dans cttte ville le 13 octo- 
bre 1697. Au nombre de ses ouvrages, ou trouve 
celui qui a pour titre : La Tromba parlante ; 
discorso accadcmieo sopra gli effetti délia 
trombada parlar da lontano,con altreconsi- 
derazioni sopra la natura del suono e deW 
écho ,• Giiastalla , 1678, in-4° (Voye:i Morland.) 

MO\'TAl\ARI (François), violouisle dis- 
tingué, naquit à Padoiic vers la fin du dix-.sep- 
tième siècle. En 1717 il se fixa à Rome et lutal- 
taché à la basiliquede Saint-Pierre du Vatican, eu 
qualité de premier violon solo. Il mourut enl730. 
On a publié à Bologne de sa composition douze 
sonates pour violon , qui ont été réimprimée?, à 
Amsterdam , et qu'on a arrangées pour la fhite. 

MOiXTAIXELLO ( Bxrïolomeo ) , pseudo- 
nyme. Voyez CALVI (Girolamo). 

MOIMTAIVOS (François Dé), musicien es- 
pagnol , né dans la seconde moitié <lu seizième 
siècle, eut une charge ecclésiastique à l'église de 
Yalladolid. On a de lui un traité de plain-chant 
intitulé : Arte de canto llano; Salainanque, 
1610, in-4''. Il a été publié une deuxième édition 
de cet ouvrage, avec des augmentalions par 
D. Joseph de ïorres ; Madrid, 1728, iu-4". La 
troisième édition a pour titre : Arte de canto 
llano, con entonaciones comunes de coro, y 
allar, yotras cosas dii'ersas, com'o se rera 
en la tabla, composto par Francisco de Mon- 
tanos, y coiregido y emendado por Sébastian 
Lopcz de Velasco, capcllan de Su Mojcstad, 
y maestro de su irai capclla de la Descalzas ; 
en Zflrflô'osfl' (Saragosse), C7i la imprenta de 
Francisco Morcno, anno 1756, in-4"' de 165 
pages. On a aussi de Montanos un traité général 
de lainusi(iuiMnlifulé : Arte dcMnsivathcorica 
y jam^/ci? ; Yalladolid, 1592, in-4". 



MONTANUS 



i\10NTECLAIR 



179 



MOiXTANUS (Treseus). On a sous ce pseu- 
donyme un traité curieux des cloches, de 
leur origine, de leur composition nié'taHique, 
de leur usage et de l'abus qu'on en fait, sous 
ce titre : Histori&che Nachricht von den 
Glocken, oder allerhand curieuse Anmer- 
hnngcn von Vrsprung, Materie, Nutzen, Ge- 
brauch und Missbrauch der Glocken ; Clieni- 
nitz, 1728, in-S" de 136 pages. Suivant une 
notice de Pœlcliau, qui se trouve dans le cata- 
logue manuscrit de la Bibliollièque royale de 
Berlin, l'auteur véritable de cette dissertation 
serait Jean Gode froid Haiick , carillonneur 
de l'église de Saint-Pierre à Freyberg. Il cite, 
comme source de ce renseignement, le livre de 
Martin Grulicli intitulé : Hisforiscli Sabboih, 
oder Beirachtung der Wege Gotfs (Le Sabbat 
liistorique, ou Contemplation de la Voie de Dieu, 
p. 338); Leipsick, t753,in-4°. 

MOi\TBUISSOi\ (Victor DE), luthiste 
du seizième siècle, naquit à Avignon. On trouve 
quelques pièces de luth de sa composition dans 
le Thésaurus ha rvionicii s de Besard. 

M01\TDORGE (Aktoine GAUTHIER DE), 
né à Lyon vers la lin du dix-septième siècle, y 
fut maître de la chambre aux deniers du roi. Il 
est mort à Paris le 24 octobre 1768. On a de lui 
nn petit ouvrage intitulé Reflexions d'un peintre 
sur repéra; Paris, 174i,in-12. 

MONTÉCLAIR (Micoel PIGNOLET DE), 
né en ICGO , à Chaumont en Bassigny, d'une fa- 
mille noble, mais pauvre, entra fortjeune comme 
enfant de chœur à la catiiérale de Langres, où 
il fit ses études sous la direction de Jean-Bap- 
tiste Moreau, qui y était alors maître de musi- 
que. Après avoir été attaché à diverses églises de 
province, il entra au service du prince de Vaudé- 
inont et le suivit en Italie, comme maître de sa 
musique. Il est vraisemblable que son séjour à 
Rome, avec ce seigneur, fut favorable à ses pro- 
grès dans l'art. De retour à Paris vers 1700, il 
entra à l'Opéra en 1707, en qualité de basse de 
l'orchestre d'accompagnement qu'on appelait le 
petit chœur. Il fut le premier qui y joua la seule 
contrebasse qu'on trouvait dans l'orchestre de 
ce théâtre, et qui succéda à l'usage du violone , 
ou grande viole à sept cordes. Mis à la pension 
le ler juillet 1737, il ne jouit pas longtemps du 
repos acquis par ses longs travaux, car il mourut 
au mois' de septembie suivant dans sa maison 
de campagne, près de Saint-Denis, à l'âge de 
soixante et onze an^. Monféclair a fait représenter 
à l'Opéra Les Fêles de l'été , hallet-opéra, en 
1716, et Jeplité, grand opéra en 3 actes, en 
1732. Le chœur de ce dernier ouvrage, Tout 
tremble devant le Seigneur, a eu longtemps de 



la réputation en France. On a aussi du même 
artiste •• 1° Cantates à voix seule et basse coBtit 
nue, l'^r^ 2" et .3*^ livres ; Paris, 1720. — 2' Six 
concerts (duos ) à 2 flûtes ; ibid. — 3° Six con" 
certs pour il il te et basse ; ibid. — 4° Quatre re 
cueils de menuets anciens et nouveaux cpii se 
dansent aux bals de l'Opéra, contenant 77 menuets 
de Plessis ( l" violon de l'Opéra ) , Montéclair, 
Lardeau, Lemaire et Matthieu; ibid., 1728. — 
5" Six trios en sonates pour deux violons et basse.; 
ihid. — 6° Premier recueil de biuneltes pour 
la flûte traversière et le violon. Ses motets sont 
restés en manuscrit : on en trouve deux à la Cii)lio- 
ihèque impériale à Paris (in-4'\ V, 276). lia 
aussi laissé une messe de Requiem qui a été 
chantée à l'église Saint-Sulpice, à Paris, en 1736. 
Le premier ouvrage qui fit connaître Montéclair 
est intitulé : Méthode pour apprendre la muM' 
que, avec plusieurs leçons à une et deux voix 
diviséesen quatre classes; Paris,l700, in-4'*. Une 
deuxième édition de cet abrégé a paru à Paris en 
1737. L'auteur le refondit en entier dans un autre 
ouvrage plus considérable intitulé : Nouvelle 
méthode pour apprendre la musique par des. 
I démonstrations faciles, suivies d'un grand 
j nombre de leçons à i et 2 voix, avec des 
1 tables qui facilitent Vhabilude des transpo- 
sitions , dédiée à M. Couperin; Paris, 1709, 
in-tblio de 64 pages. Une deuxième éditioit 
gravée du livre ainsi refait a paru en 1736, à 
Paris. Celte Nouvelle Méthode est un bon on< 
vrage pour le temps où il a été écrit. Montéclair 
s'y montre très-supérieur aux musiciens français- 
qui écrivaient alors des traités élémentaires de' 
leur art. Sans s'écarter de l'enseignement ordi- 
naire, il y introduit des procédés ingénieux qui ont 
souvent été imites plus tard. Personne n'a mieux 
traité de la transposition , et n'en a rendu l'in- 
telligence plus facile. Montéclair a aussi publié: 
Méthode pour apj)rendre à jouer du violon, 
avec un abrégé des principes de musique né- 
cessaires pour cet instrument; l'aris, 1720,; 
in fol.; 2* édition, l'aris, 1736. 

Malheureusement pour sa mémoire, Montéclair,. 
jaloux de la gloire de Rameau, attaqua avec viofi 
lence les bases du système de la basse fonda'- 
mentale, par une dissertation anonyme qui p;i- 
rut au mois de juin 1729 dans le Mercure de:. 
France, sous le titre de Conférence sur lat 
musique. Rameau y lit uneviveréi)onsc intitulée:! 
Examen de la Conférencesur la musique : elle 
fut insérée dans le Mercure, d'octobre 1729.' 
Montéclair répliqua dans le même journal , en- 
1730, et ne garda plus de ménagements contrel 
sou adversaire, l'accusant même de pljigîdt.* 
Une dernière réponse de Rameau, simple etii 

12. 



180 



MOINTÉCLAIR — MOISTEVERDE 



noble à la fois, qui parut dans le Mercure àe 
juhi 1730, mit fin à celte querelle. 

MOKTEIRO (Jean MENDÈS) , composi- 
teur , naquit à Evora , en Portugal, dans la se- 
conde moitié du seizième siècle. Après avoir fait 
ses études musicales sous la direction de son 
compatriote Manuel Mendès, il fut maître de 
chapelle du roi d'Espagne. La plupart de ses 
compositions consistaient en motets, qu'on 
trouvait en manuscrits à la Bibliothèque royale 
de Lisbonne, à l'époque oii Macliado écrivait sa 
Bibliothecu Lusitana. 

MONTELLA (Jean-Dominique), composi- 
teur napolitain, cité par Cerreto (Délia prattica 
musica vocale, et strumeniale, lib. 3, p. 156), 
vivait à Naples en 1601. Il était luthiste excellent. 

MONTESAIVO-DA.-MA.IDx\ (Don Al- 
phonse ) , gentilhomme espagnol attaché au ser- 
vice du vice-roi deNaples, au commencement 
du dix-septième siècle, cultivait la musique avec 
succès, et a fait imprimer de sa composition : 
MadrigoU a cinque voci , libro primo j^a- 
poli, par Octavio Beltrani, 1622, in-4°. 

MOI\TESARDO (Jérôme), guitariste du 
commencement du dix-septième siècle , naquit 
à Florence et vécut dans cette ville. Il a fait 
imprimer un traité de la tablature de la guitare, 
par des signes particuliers de son invention, sous 
ce litre : Nuova invenzione d'intavolalura per 
sonare i balleiti sopra la chitarra spagnuola, 
senza nvmeri e note; Florence, 1606, in-4°. 

MOI\TEVENUTI (Charles), né à Facnza, 
dans les dernières années du dix-septième siècle, 
fut élu membre de l'Académie des philharmoniques 
de Bologne, en 1721, et devint maître de chapelle 
de la cathédrale de Rovigo , en 1727. Il mourut 
dans cette ville en 1737. On a imprimé de sa 
composition, à Bologne : Sonate da Chicsa a 
più strumenti.Vneaulra édition de ces sonates a 
été publiée à Amsterdam, chez Roger (sans date). 

MOi\TEVERDE ( Claude), compositeur 
illustre, naquit à Crémone en 1568, suivant Arisi 
( Cremona litlerata, t. III ), qui dit que ce 
grand artiste était ûgé de soixante-quinze ans 
lorsqu'il mourut, en 1643. Cette date de 1508 est 
aussi adoptée par M. Fr. Calli, dans la notice de 
Monteverde insérée au premier volume de sa 
Sloria délia musica sacra nella già cappella 
ducale di SanMarco in Venezia ( page 215). 
Dans la première édition de la Riogruphic uni- 
venelle des Musiciens, j'ai exprimé des doulcs 
sur l'époque précise de la naissance de Monte- 
verde, parce que Gerber |)arle, dans son Nouveau 
Lexique des Musiciens, d'un Recueil de Canzo- 
nelte à trois voix de ce musicien céhîbrc, im- 
primé à Venise en 1584; depuis lors, j'ai vu cet 



œuvre à la Bibliothèque royale de Munich : il est 
en effet imprimé à Venise eu 1584, chez Jacques 
Vincenti et Richard Amadino (1). Il n'y a donc 
plus de doute possible : Monteverde n'était âgé 
que de seize ans lorsqu'il mit au jour ce premier 
produitdeson talent. Cinquante-huit ans après 
celte époque, il écrivait encore pour la scène , et 
donnait au théâtre Saint-Jean et Saint-Paul de 
Venise (1642) son Incoronazione di Poppea. 

Fils de pauvres parents, Monteverde parait 
avoir appris la musique dès ses premières années, 
car il était fort jeune lorsque son talent sur la 
viole le lit entrer au service du duc de Mantouc ; 
mais bientôt son génie se révéla et lui fit com- 
prendre qu'il n'était pas né pour être un simple 
exécutant, et qu'il était appelé à de plus hautes 
destinées. Marc-Antoine Ingegneri, maître de 
chapelle du duc, lui enseigna le contrepoint; 
mais à l'examen de ses ouvrages, il est facile de 
voir que son ardente imagination ne lui laissa 
pas le loisir d'étudier avec attention le méca- 
nisme de l'art d'écrire, car les incorrections de 
toute espèce abondent dans ses ouvrages ; heu- 
reusement elles sont rachetées par de si belles in- 
ventions, que ces défauts se (ont oublier. Monte- 
verde paraît avoir succédé à son maître dans la 
direction de la musique du duc de Mantoue; car 
on voit par le frontispice du cinquième livre de ses 
madrigaux, imprimée Venise en 1604, pour la pre- 
mière fois, qu'il avait alors le litre de maltrede cha- 
pelle (le ce prince. Le 19 août 1613 il succéda à 
Jules-César Maitinengo, dans la place de maître 
de chapelle de Saint-Marc de Venise, et garda cet 
emploi jusqu'à sa mort. On voit dans le livre 
intitulé : Le Glorie délia poesia e dclla musica 
contenute delV esatta notizia de' tcatri délia 
citlà di Venezia, qu'il écrivit en 1630 l'opéra 
intitulé Proserpina rupita : il devait être alors 
âgé de plus de soixante ans. 

Arisi (loc. cil. ) dit que Monteverde entra 
dans l'état ecclésiastique après la mort de sa 
femme, dont il n'indique pas la date. La source 
où il a puisé ce renseignement est un éloge du 
grand artiste, fort mal ocjit et rempli do niaise- 
ries, par Matteo Caburlotto, curé de l'église 
San - Tommaso de Venise; cet éloge se trouve 
en t«te d'un recueil de poésies à la louange de ce 
mal Ire qui fut publié innnédi.itemeiit après sa mort, 
et(|ui est intitulé Fiori po/iici. Au surplus, le fait 
dont il s'agit n'est pas douteux, car Monteverde 
eut deux (ils : l'aîné ( François), piètre comme 

(1) J'igiore sur «i'IcIIp luitorilc M. Cafli f:iil rrmoiili r à 
ISSï les premières compositions de Monteverde, dont U 
n'indique p;is le llîrr. 



MONTEVERDE 



ISi 



.son |)ère, et clialiteur habile, entra comme ténor 
à la chapelle de Saint-Marc, le l*'"' juillet 1623 ; 
l'autre ( Maximilieii ) exerça la médecine à 
Venise. Le décret de l'élection de Monteverde en 
qualité de premier maître de la chapelle ducale 
de Saint-Marc est rempli de témoignages de la 
plus haute considération. Les procurateurs de 
cette cathédrale lui accordèrent, de leur propre 
mouvement, 50 ducats comme indemnité de ses 
dépenses de voyage de Mantoue à Venise ; le trai- 
tement de ses prédécesseurs était de 200 ducats : 
le sien fut porté immédiat'^ ^.;ent à trois cents, 
et le 24 août 1616, il fut élevé à 400 ducats, 
outre plusieurs gratifications de cent ducats 
qu'il reçut à diverses époques. Enfin, par une 
exception, qui ne fut faite que pour lui, on lui 
donna pour habitation une maison située dans 
l'enclos canonial, et qui fut restaurée et ornée 
convenablement pour son usage. Monteverde se 
montra digne des honneurs qu'on lui rendait et 
des avantages qui lui étaient faits par la bonne 
organisalion qu'il donna à la chapelle dncale, et 
par la perfection relative d'exécution qu'il y in- 
troduisit. La gloire que Monteverde avait ac- 
quise par ses ouvrages était si grande, qu'il n'y 
avait pas de solennité soit à Venise, soit dans 
les cours et les villes étrangères, où il ne fût ap- 
pelé pour y produire quelque composition nou- 
velle. C'est ainsi qu'en I6I7 il fut demandé pai- 
le duc de Parme pour écrire la musique de quatre 
intermèdes sur le sujet des amours de Diane et 
d'Endymion; qu'en 1621 il composa une messe 
de Requiem et un De profundis pour les od- 
sèques du duc de Toscane Cosrae de Médicis II; 
qu'en 1627 la cour de Parme l'appela de nou- 
veau pour écrire cinq intermèdes sur les sujets 
de Bradamante et de Didon ; enfin, qu'en 1629 
la ville deRovigo, pour fêter la naissance d'un fils 
de son gouverneur, Vito Morosini, lui demanda 
la faveur de composer la musique d'une cantate 
intitulée II Rosajo fiorito , qui fut exécutée à 
l'Académie di Concordi scientificolitteraria. 

Monteverde avait été appelé à la position de 
maître de chapelle de la cour de Mantoue en 
1603; car on a vu précédemment qu'il passa de 
cette place à celle de maître de la chapelle ducale 
de Saint-Marc au mois d'août 1613; il dit dans 
la dédicace du septième livre de ses Madrigaux 
à la duchesse de Mantoue, Catherine de Médicis 
Gonzague, sous la date du 13 décembre 1619 : 
Ces compositions , telles qu'elles sont, seront 
an témoignage public et authentique démon 
affection dévouée à la sérénissime maison de 
Gonzague, que j'ai servie avec fidélité pen- 
dant dix anj (1). Il paraît qu'il fit un voyage à 

(1) Qtiesti miei componimenti , quali si sietw .faranno 



, Rome, qu'il y séjourna quelque temps, et qu'il y 
j fut présenté au pape, non Pie V, comme le dit 
' M.Caffi, car ce souverain pontife mourut en 1572, 
! mais Clément VIU, qui gouverna l'Église depuis 
i le 30 janvier 1592 jusqu'au 5. mars 1605. Ce 
. voyage, entrepris à l'occasion des chagrins que 
donnèrent à l'illustre compositeur les critiques 
amères de ses ennemis, à la tôle desquels s'é- 
taient mis Artusi de Bologne, et Jérôme Mei de 
Florence, a dû se faire entre les années 1600 et 
1603. L'éclat des succès de Monteverde à la cour 
de Mantoue dans VAriane de Rinuccini, et dans 
l'Orfeo du même poète , qu'il mit en musique, 
ainsi que dans le ballet délie Ingrate, imposa 
silence à ses détracteurs; enfin, après son entrée 
si honorable dans la chapelle de Saint-Marc de 
Venise, il n'y eut plus pour lui que de l'admi- 
ration. Bologne même, d'où étaient venues les 
plus rudes attaques contre ses ouvrages dans la 
première année du dix-septième siècle, voulut 
les lui faire oublier vingt ans après, lorsqu'il se 
rendit en cette ville sur l'invitation qu'il avait 
reçue. Un cortège des habitants les plus distin- 
gués et des artistes les plus renommés le reçut 
à son arrivée et l'accompagna k San-Michele in 
Bosco, où des harangues furent prononcées à son 
honneur et suivies de musique ; enfin, pour que 
rien no manquât aux témoignages de respect pro- 
digués au grand artiste, VAcademia Floridains- 
crivit solennellement son nom parmi ceux de ses 
membres, le 11 juin ( 1620). 

En 1630, Monteverde écrivit la musique d'une 
nouvelle action dramatique de Jules Strozzi, in- 
titulée Proserpina rapita, pour les noces de la 
fille du sénateur Mocenigo avec Lorenzo Gius- 
tiniani. L'effet de cette représentation surpassa 
tout ce qu'on avait entendu jusqu'alors, et les 
clwnts, les chœurs, les danses et l'instrumenta-^ 
tion de cet ouvrage firent naître le plus vif en- 
thousiasme. Jusqu'à cette époque, les représen- 
tations théâtrales en musique avaient été réser- 
vées pour les palais des princes et des grands : 
en 1637, les poètes et musiciens Ferrari et 
Manelli conçurent le projet d'ouvrir à Venise 4e 
premier théâtre public d'opéra ( voy. leurs 
noms ) ; Monteverde avait été leur modelée pour 
ce genre de spectacle : lui-même, en dépit de son 
âge avancé, comprit bientôt que cette voie était 
la véritable pour les progrès de l'art, ainsi que 
pour la gloire de l'artiste, et que le moment était 
venu d'abandonner les succès de palais poi>r 
ceux du grand public. Son opéra YAdone, joué 
au théâtre Saint-Jean et Saint-Paul en 16^9, 

puliblico ed autentico testimonio del mio divoto af/etta, 
verso la Ser. casa Gonzaga, da me icrvita con ogn^ 
fedeltd per decine d'anni. 



J82 



MOINTEVRRDE 



occupa la scène pendant l'aulomne de cette 
année et le carnaval de 1640. Immédiatement 
ai)rès, l'ouverture du théâtre San-.Mosè se fit 
avec son Ariana. En 1641 il fit refirésenter le 
ISozze (VEnea con Lavinia, et dans la même 
année il donna // Riforno d'Ulisse in pair ta. 
Y.niin, en 1C42, il termina sa glorieuse carrière 
par {'Incoronazione di Poppea. Ce fut le 
chant dn cygne, car l'illustre maître mourut dans 
les premiers mois de i^iS. Des obsèques magni- 
fiques lui furent faites par la chapelle ducale de 
Saint-Marc. Sa perte fut un deuil pour la ville 
de Venise, et tous les artistes de l'Italie expri- 
mèrent des regrets honorables pour la mémoire 
de ce grand homme. 

Dans les deux premiers livres de ses Madri- 
gaux, Monteverde ne montra la hardiesse de son 
imagination que par les nombreuses irrégula- 
rités du mouvement des voix et de la résolution 
des dissonances de prolongations. A vrai dire, on 
y reinarque plus de négligences que de traits de 
génie; il est évident que ce grand artiste éprou- 
vait un certain embarras dans le placement des 
parties de son harmonie, car on y voit à chaque 
instant toutes ces parties monter ou descendre 
ensemble par un mouvement semblable, et pro- 
duire des successions dont l'aspect est aussi peu 
élégant que l'effet est peu agréable à l'oreille. 
Rendons grûce pourtant à cette sorte d'inhabileté 
du compositeur dans ses premiers travaux, car 
elle fut sans doute la source de l'audace qu'il 
mit dans l'exploration d'une harmonie et d'une 
tonalité nouvelles, devenues les bases de la mu- 
sique moderne. Le génie du maître se manifesta 
d'une manière plus large et plus nette dans le 
troisième livre de ses Madrig;inx à cinq voix , 
publié en 159». Il parait hors de doute que les 
idées de Galilei, de Corsi , de Péri et de quelques 
autres musiciens distingués de Florence, qui 
■vivaient vers la fin du seizième siècle, concer- 
nant la nécessité d'exprimer par la musique le 
sens des paroles, au lieu d'en faire, comme la 
plupart des anciens maîtres, le prétexte de con- 
trepoints bien écrits, mais dépourvus d'expres- 
sion, il paraît, dis-je, que ces idées avalenC fixé 
l'attention île Monteverde et lui avaient n'vélé la 
portée de son gi'uic^j car, à l'exception de négli- 
gences harnwniques, on ne retrouve presque rien 
de l'aufeiir des denx premiers livres de Madri- 
gaux à (;iuq voix dans celui du troisième. Le 
P. Martini a ra|iporlé dans son Esonpktre di 
eontruppunto J'ufjalo ( t. Il, p. 180 et suiv. ) le 
inadri'^al Sfracciami pur H cor/', extrait de ce 
livre : on le trouve aussi dans le troisième vo- 
|iM«e des Principes de composition des écoles 
d'Italie, publiés par Choron, et dans le trt>i- 



sième volume de PHisloire de la musique de 
Burney ( p. 237 ). C'est vraiment une intéres- 
sante conception que celle de ce morceau, sous le 
rapport historique. Son rhythme a plus de mou- 
vement ; sa prosodie est meilleure que ce qu'on 
trouve dans les ouvrages de la plupart des pré- 
décesseurs de Monteverde; la cadence tonale, 
si rare chez les maîtres du sehième siècle, se 
fait sentir à chaque instant dans ce morceau ; 
mais re qu\ le rend surtout digne d'attention, ce 
sont les nouveautés harmoniques qui s'y trouvent 
en abondance. Monteverde n'y attaque point en- 
core les dissonances naturelles sans préparation, 
mais il y fait entendre la prolongation de neu- 
Tième avec l'harmonie de la sixte, condamnée 
par les anciens compositeurs, parce qu'elle doit 
se résfoudre sur l'octave de la note inférieure du 
demi-ton qu'ils appelaient 7ni,ct que cette octave 
est obligf'C à faire un mouvement de succession 
qui trahit la tonalité; c'est enfin dans ce même 
morceau que se trouvent pour la première fois, 
sur les mots non puo morir d'amore, les dis- 
sonances doubles, par prolongation, de neuvième 
et quarte, de neuvième, septième et quarte, de 
quarte et sixte réunies à la quinte : celle-ci pro- 
duit un des effets les plus désagréables qu'on 
puisse entendre , car il en résulte trois notes si- 
multanées placées à la distance d'une seconde 
l'une de l'autre. L'aulacc de. Monteverde lui fait 
braver toutes les règles dans cet ouvrage : c'est 
ainsi que dans la quatrième mesure du madrigal 
cite précédemment, il réalise dans la partie du 
ténor ime dissonance de passage ponr en faire 
une prolongation ; c'est encore ainsi qu'en plu- 
sieurs endroits il donne à des notes placées à des 
intervalles de seconde le caractère de neuviènw s 
par prolongation. 

Si Monteverde n'attaquait point encore sans 
préparation les dissonances nainrelles de la do- 
minante, lorsqu'il écrivit son troisième livre de 
Madrigaux à cinq voix, il y déterminait néiui- 
moins le caractère de la tonalité moderne par le 
Iréquent usage du rapjwrt harmonique du qua- 
trième degré avec le septième, et par là il cons- 
tituait celle-ci en véritable note sensible qui trou- 
vait toujours sa résolution sur la toniipie. Or, ce 
sont précisément ces rapports du quatrième de- 
gré et de la note sensible, et ces appellations de 
cadences qui dislin;;uent la tonalité moderne de 
celle du plain chant, où il n'y a jamais d'autres ré- 
solutions nécessaires que celles dt!S dissonances 
facnltatrves produites par les prolongations (1). 

(1| Pour coiiiprtndrc ce que je dis ici concernant les 
(liffiTcnccs de In toiiaict»; des madrig.iiu composas par 
les anciens in.nitri-s, tl celle des pièces du niOnie genre 
contenues d.ins le troisième livre de Monleverde, il siillit 
de eoMiparcr le beau niadriyal de l'alcstrma AUa ri\(K 



MONTEVERDE 



183 



Dans son cinquième livre de Madrigaux à cinq 
voix, Monfeverde donna le dernier essor à ses 
hardiesses en attaquant sans préparation la sep- 
tième et la neuviènie de la dominante, ie triton, 
la quinte mineure et sixte, et la septième dimi- 
nuée. Par là il acheva compléfement la transfor- 
mation de la tonalité, créa l'accent expressif et 
dramatique ainsi qu'un nouveau système d'har- 
monie. Il trouva même dès le premier pas et l'Iiar- 
monie naturelle de la dominante , et le principe 
de la substitution ; car on sait que la neuvième 
de la dominante et la septième diminuée ne sont 
pas autre chose que des substitutions. On peut 
voir dans VEscmplare du P. Martini, et dans 
les Principes de composition des écoles d'I- 
falie', compiU's par Choron, toutes ces nouveau- 
tés réunies dans le madrigal Cruda Amarilli. 

Deux ans après la publication du troisième 
livre de Madrigaux de Monteverde, Artusi ( toy. 
ce nom ), chanoine régulier de Saint-Sauveur à 
Bologne, se (it l'organe de l'indignation des m\i- 
sieiens contre les nouveautés de cet ouvrage, et 
publia à ce sujet le livre intitulé V Artusi, ovrero 
délie imperfezzioni délia moderna vnisica 
( Bologne, IGOO ). On ne peut nier que ce savant 
musicien n'eût pour lui la raison dans ses at- 
taques contre les nombreuses imperfections qui 
déparent celte importante production ; mais sa 
critique des découvertes harmoniques de Monte- 
verde prouve qu'il n'en avait compris ni les avan- 
tages ni le but. Au resie, Monteverde lui-même 
ne paraît pas avoir aperçu la portée de ses inven- 
tions; car dans l'épître au lecteur qu'il a placée 
en tête de son cinquième livre de madrigaux, pour 
sa défense, et qui a été reproduite par son frère 
(Jules-César Monteverde) au commencement des 
Scherzi musicali a tre voci (Venise, 1607), il 
n'aborde pas la grande question des tranforma- 
tionsderiiarmonie et delà tonalité, et ne se doute 
pas de l'importance de ce qu'il a fait. Monteverde 
avait été dirigé à son insu par son génie dans 
toutes ces innovations, et sans aucune direc- 
tion philosophique. Ce qui n'est pas moins cu- 
rieux, c'est que ces transformations ne furent 
aperçues que longtemps après. Il n'est pas inutile 
de remarquer, pour l'explication de ce fait sin- 
gulier, que les musiciens n'étaient pas encore 
arrivés, à cette époque , à la considération de 
l'harmonie par accords isolés, quoique longtemps 
auparavant Zarlino eût entrevu le mécanisme du 
renversement des intervalles. {Voy. Zarlino.) 

Plusieurs critiques ont essayé de contester la 
réalité des innovations harmoniques de Monle- 

del Tebro avec celui du maître de Crémone Stracciaml 
rure ii cor?, dans les ouvrages cités de Martini et île 
Choron. 



verde, et de l'origine de la tonalité moderne que 
je lui ai attribuée. Je crois avoir mis au néant ces 
objections dans mon Traité complet de l'har- 
monie. On avait prétendu que les maîtres de 
l'école romaine antérieure avaient fait usage de 
ces harmonies longtemps avant lui : j'ai fait voir, 
par l'analyse de morceaux entiers de Palestrina, 
qui avait été cité en particulier, que l'harmonie 
et la tonalité, dans les œuvres de ce grand maître, 
n'ont aucun rapport avec les hardiesses de l'il- 
lustre auteur d'Or/eo et à'Ariana. Je défie en 
effet qui que ce soit de trouver dans toute la 
musique religieuse ou mondaine du seizième siè- 
cle, un seul exemple de ces harmonies de neu- 
vième et de septième de la dominante qu'on ren- 
contre dans ce passage du madrigal de Monteverde 
Cruda Amarilli : 




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184 

Et. dans cet autre 
VOrfeo : 

PS: 



MONTEVERDE 

passage rliythmique de 




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fto - ri - le 



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Si les critiques qui ont cru pouvoir attaquer 
les vérités foiuiamenfales par lesquelles j'ai dis- 
sipé les ténèbres de l'iiistoire de la musique mo- 
derne avaieivt coruiu le livre d'Artusi , princi- 
pal adversaire de Monteverde et son contempo- 
rain, ils y auraient lu ces paroles décisives dans 
la question dont il s'agit : Nos anciens n'ensei' 
gnèrent jamais que les septièmes se dussent 
employer d'une manière si absolue et à dé- 
couvert (I). 

Des découvertes aussi belles que celles dont 
il vient d'être parlé sembleraient devoir rem- 
plir la vie d'un artiste : néanmoins Monteverde 
s'est créé bien d'autres litres à l'atlmiralion 
de la postérité. J'ai dit dans le Résumé philoso- 
phique de Vhisloire delà musique (pag. ccxmii 
et ecxix (2) , et aux articles de Caccini et de Ca- 
valière, quels fiireirt les commoiuemcnts du drame 
lyrique, dans les dernières années du seizième 
siècle, et dans les premières du suivant : Monte- 
verde, s'emparant aussitôt de celte nouveauté, y 
porta toutes les ressources de son f^énie. On vient 
de voir qu'en 1607 il écrivit pour la cour de 
Mantoue son opéra d'yl/va/ia. Bien -supérieur à 
Feri, à Caccini, et môme à limiliodel C;iv;\licre, 
pour l'invention de la mélodie, il mil <lans cet 
euvrage des traits dont l'expression palliétique 
exciterait encore aujourd'liui l'intérêt des artistes. 

(1) l.c nostrl vcc-hl non Inscsnarono iii.ii, chc le scUliiie 
il dovcssoro <isare cnsl a<S(i|iitc pl sriipirtc ( l,'W»7»si, 
uvero dellf tinperfiltioni dcllt inailertid miisicii, p. 41). 

(al Au l«f voliiirie (le la iiremicre édilioii de la /liogra- 
fkle unicersille des Musiciens. 



Je citerai comme exemple le chant lY Ariane : 
Lascialemi morire. La basse incorrecte el l'har- 
monie lieiutée et bizarre dont le compositeur a 
accompagné ce morceau ne nuisent point au ca* 
ractère de mélancolie profonde qu'on y remarque. 
Dans son Orfeo, il trouva de nouvelles formes 
de récitalif, inventa le duo scéniqiie, et sans au- 
cun modèle, imagina des variétés d'instrumenta- 
tion d'un effet aussi neuf que piquant ( voyez au 
l»"" volume delà I'*' édition de \ABiographie uni- 
verselle des Musiciens le Résumé philosophi- 
que, page ccxix). Ses airs de danse, parlicniière- 
ment dans son ballet délie Ingrate, représenté 
à Mantoue eu 16U8, pour les noces de François de 
Gonzagueavee Marguerite de Savoie, sont remplis 
de formes trouvées et de rbytluues nouveaux et 
variés. C'est lui qui, le premier, y a introduit une 
modulation de quarte en quarte et de quinte en 
quinte, qu'on a beaucoup employée depuis lors, et 
donl il avait fait le premier essai dans le madrigal 
Cruda AmarilU. Enfin l'épisode du combat de 
Tancrède et de Cloriiide, qu'il lit exécuter en lf)2i 
dans la maison de Jérôme Mocenigo, à Venise, lui 
fournit l'occasion d'invt.-nler les accompagiiemeirts 
de notes répétées à tous les instruments dans un 
mouvement plus ou moins rapide : système d'ins- 
trumentation conservé par les compositeurs de- 
puis cette époque jusqu h nos jours, et qui fut 
l'origine du trémolo. Monteverde rapporte, dans 
la préface de son huitième livre de madrigaux, 
qu'il eut beaucoup de peine à faire exécuter ce 
nonvel effet parles musiciens; ceux ci s'obsti- 
nèrent d'alwrd à ne taire entendre ((u'une seule 
»ote par mesure, au lieu de la répéter autant de 
fois qu'il était nécessaire : plus tard ilsaNouèrent 
que cette nouveauté était d'un grand elfet. 

Tel fut l'artiste prédestiné qui contribua plus 
qu'aucun autre à la complète transformation de 
la musique , ainsi qu'h la création dos éléments 
de l'art moderne; génie fécond dont la portée 
ne fut pas comprise par ses contemporains, ni 
peut-être par lui-même; car ce qu'il dit de s«s 
inventions dans les prélaces de quelques-uns de 
ses ouvrages ne prouve pas qu'il ait vu qu'il avait 
inlrodiiil dans l'harmonie el dans les résolutions 
harmoni(ines un système nouveau de tonalité, 
absolument ditlérent de celui du plain-chant , et 
qu'il avait trouvé le véritable élément de la 
modulation. Ce qn il s'attribuait, avec jusio 
raison, ét;dt l'invention du genre expressif et 
animé ( concitalo ) ; personne , en effet , ne peut 
lui disputer la création de «et ordre iumiense de 
beautés ofi réside, toute la uuisique moderne , 
mais qui a conduit à l'anéantissement de la 
véritable musique d'église , eu y introduisant le 
' dramati(iue. Il est reniai quable (luo cette création, 



MONTE VERDE 



Ï85 



de la tonalilé moderne et de toutes ses consé- 
quences , due à Montevef de , n'a été aperçue 
par aucun historien de la niusi(]iie. 

Le nombre des œuvres de Monteverde parait 
peu considcrat)le pour un génie si actif, si puis- 
sant , et pour sa lonjjue carrière; mais j'ai 
a[)pris de Monge qu'il avait trouvé dans les ar- 
ciiives de Saiat-Marc une grande quantité de 
musique d'église sous le nom de ce grand ar- 
tiste, et qu'il en avait fait faire des copies dont la 
perte est d'autant plus regrettable, qu'il ne se 
présentera peut-être plus de circonstance favo- 
rable pour en obtenir d'autres. ( Vot/. Monge.) 
De toute la musique d"egli>e de Monteverde, 
on n'a publié que les œuvres suivants : 1" Sclva 
morale e spirituale nella ciuale si trova 
Messe , Salmi , Hymni, Magnificat , Motetli, 
Salve Recjina e Lumenlo ,«1,2,3,4,5,5, 
8 voci con moUni ; Venise, R. Amadino, 1623 , 
in-4°. Il y a une deuxième édition de ce recueil 
publiée par Bartlioiomé Magni, à Venise, en 
1641, in-4°. La dernière pièce est une complainfe 
de la Vierge à voix seule sur le chant de l'^l- 
rianna du compositeur ( Pianto délia Madonna 
sopra il Lamenio de V Arianna ). — 2" Missa 
senis vocibus , ad ecclesiarum choros, el ves- 
perx , plurihus decantuadx , cum nonnuUis 
sacrisconcent/bus, ad sacella, sive principutn 
cxibicula accommodatis. Opéra a Claudio 
Monteverde nuper effecta, et sanctissiino 
Patri Paulo V consecrato : Venetiis, apud 
Riccardum Amadinum , 1610. — 3° Messe a 
quattro voci , e salmi a una , due , tre, quut- 
tro , cinque , sei , sette e otto voci concertate e 
parte a cappella, con le Litanie délia B. V. , 
di Claudio Monteverde, già maestro di 
cappella délia Seremss. republica di Venezia, 
op. posiuma ; in Venezia appresso Alessandro 
Vincentl, 1650, in-4". Parmi les œuvres théâ- 
trales de Monteverde, on trouve l'indication des 
opéras dont les titres suivent: — i° Arianna, 
opéra sérieux , à la cour de Mantoue, en 1607. 
La plainte d'Ariane ( Lasciatemi morire), ex- 
traite de cet ouvrage, a été publiée plusieurs 
l'ois, notamment dans le livre de^M. de Wiuter- 
leld sur Jean Gabrieli (2" partie, p. 226). VA- 
rianna futrepiise à Venise en 1640, et fut le 
premier opéra représenté au théâtre San-Mosc. 
— 5 " Orfeo , opéra sérieux , à Mantoue , en 
1608. Cet opéra a été publié à Venise en 1009, 
et réimprimé en 1615 avec quelques change- 
ments. La première édition est dans ma biblio- 
thèque; l'autre se trouvait dans la collection de 
Lamisberg, en 1S41. Selon les notes manuscrites 
de Boisgolou , suivies par Choron et Fayolle , 
îfit ouvrage aurait été composé dès 1600: c'est 



une erreur. On trouve des extraits de l'Orfeo dan.s 
le troisième volume de l'Histoire de la musique de 
Havvltins (p. 433), et dans le quatrième de 
l'Histoire de Burney ( pag. 32). — 6" Le ballet 
délie Ingrate, représenté à Mantoue en 1808. 
M. de Winterfeld a donné quelques extraits 
d'ail s de danse de ce ballet, fort remarquables 
par le rhythme , et un passage de récitatif où les 
accords de lieice, quarte et sixte, du mode 
mineur, et de septième diminuée sont employés 
de la manière la plus heureuse {J. Gabrieli und 
sein Zeitalter, 3*= partie, p. 108 et 109 ). — 
7° Proserpinarapita, opéra sérieux, joué dans 
le palais de Jérôme Mocenigo , à Venise, en 
1630. — 8° L'Adone, pastorale , au théâtre 
Saint-Paul et Saint-Jean de Venise, en 1039. 

— y II Ritorno d'Ulisse in palria , au théâtre 
San Mosè à Venise, en 1641. — iQ° VI ncoro- 
nazione di Poppea , au théâtre San-Mosè , en 
1642. Cet euvrage fut repris en 1646, au même 
théâtre. Les œuvres de musique de chan)bre 
qui ont été publiés sont : — W -Canzoneite a 
ire voci; Venise, Jacques Vincenti et Richard 
Amadino, 1584, in-4''. — 12° /Z primo libro 
de'' Madrigall a 5 voci; Venise, 1587, in-4°. 

— 13" Il seconda libro de' Madrigali a 5 voci / 
ibid., 1593, in-4°. Le premier et le second 
livre de Madrigaux de Monteverde furent ré- 
imprimés à Venise, chez Raverj, en 1607, 
in-^". — 14". Il terzo lib-ro de' Madrigali a 
5 voci; Venise, Richard Amadino, 1594, in-4''; 
la deuxième édition a'été publiée par le même 
en 1598. Il en a été fait une troisième chez le 
même, en 1600, in-4'', et une quatrième en 1611, 
!n-4°. — 15° Il quarto libro de' Madrigali a 
5 voci ; in Venezia, app. Ricciardo Amadino, 
1597, in-4°. Autres éditions, ibid., 1615; Anvers, 
Pierre Phalèse, 1615, et Venise, 1021. — 
16" Scherzi musicali a tre voci; Venise , 1607 , 
in 4°. Cet ouvrage a été publié par les soins de 
Jules-César Monteverde, frère du compositeur. 
Il en a été fait une deuxième édition à Venise, 
en 1615. Il y a aussi une édition des mêmes 
Scherzi musicali en partition publiée par Ricc. 
Amadino, en 1609, petit infol. — 16° ( bis) Il 
quinto libro de Madrigali a 5 voci ; in Vene- 
zia, presso Ricc. Amadino, 1599, in-4°. Il y a 
d'autres éditions de Venise, 1604 , 1608 , 1612 , 
1615; Anvers, Phalèse, 1615, et Venise, 1620, 
toutes in-4''. — 17° Il ses to libro de Madrigali 
a 5 voci, con un dialogo al; in Venezia, 
app. Ricc. Amadino, 1614, in-4°. 11 y a des 
exemplaires de cette édition qui ont un nouveau 
frontispice avec la date de 1615. Une autre édi- 
tion a été publiée par le même imprimeur, en 
1620 in-*". — 18° Concerto. Il settimo libro 



186 



MONTEVERDE — MONTGEROULT 



de' Madrigali a una,due, tre, qualtro et sei 
voci, con ultri generi di canii\ in Venetia, 
app. Barlolomeo Magni, 1619 , in-4°. Une 
autre édition de cet ouvrage a paru chez le môme 
imprimeur, ea 1641. Les ciuq premiers livres 
ont été publiés à Anvers , chez Pierre Phalèse , 
en 1615, in-4° obi. Il a été fait une nouvelle 
édition des sept premiers livres à Venise, en 
1G21. — 19" Madrigali guerrieri eamorosi, 
ton alcuni opuscoli in génère rappresenta- 
tivo , che serviranno per brevi episodii fra 
i canli senza gesto , lib. 8; Alexandre Vin- 
centi , 1638 , in-4". C'est dans ce recueil que se 
trouve le combat de Tancrède et de Clorinde , 
dont M. de NYinterfeld a donné des extraits dans 
la troisième partie de son livre sur Jean Ga- 
brieli (pages 109 et suiv.). Un choix de madri- 
gaux et de canzoni de Monteverde a été publié à 
Venise, en 1615, dans la collection qui a pour 
litre Madrigali de setto autori a cinque voci. 
On trouve aussi quelques-uns de ses madrigaux 
dans le Parnasse des musiciens beigamasques , 
publié à Venise en 1615, et dans la collection de 
Profe. 

Monteverde M un des premiers membres de 
l'Académie des philharmoniques de Bologne. Dans 
une lettre écrite en 1620 , le P. Andrien Bau- 
chieri félicitait cette académie d'une si glorieuse 
acquisition. 

MOi\TFAUC01X (BERNARD DE), savant 
bi'ncdiclin de la congrégation de Saint-Maur, 
naquit le 17 janvier 1G55, au château de Sou- 
lage, dans le Languedoc, d'une famille noble et 
ancienne. A l'âge de dix-sept ans il entra comme 
volontaire dans le régiment de Languedoc, et 
fit deux campagnes sous les ordres de Turcnne; 
mais après la mort de ses parents il prit la 
résolution de renoncer au monde, et entra à 
Toulouse dans l'ordre de Saint-Benoît. Ce fut 
alors qu'il recommença ses études, fort négli- 
gées dans son enfance: il ne dut qu'à ses 
propres efforts le savoir qu'il acquit dans les 
langues anciennes et dans l'archéologie. Appelé 
à Paris par ses supérieurs, en 1687, il visita 
l'Italie trois ans après. De retour à Paris, il s'y 
livra à de grands travaux liltéraires, et mourut 
presque subitement le 21 décembre 1741, à 
l'ilge de quatre-vingt-sept ans. Au nombre des 
ouvrages qu'on doit à ce savant infatigable, on 
remarque ceux-ci : l** PaUcographia gnvva, 
sive de orlu et progressu litleralum graca- 
rum; Paris, 1708, in-fol.; il y traite de la no- 
tation de la musique dans la division intitulée : 
De noiis tnusicis tatn vcteribus quain reccn- 
tioribus carplim. — 2° L'Anliquilc cx/jliquce 
Cl représentée en figures; Paris, i71'J-24 , 



15 volumes in-fol. On trouve dans le troisième 
volume et dans le supplément les ligures de 
beaucoup d'instruments anciens avec les expli- 
cations : mais il faut se délier de ces représen- 
tations de monuments, qui sont^t-a général peu 
exactes. 

MONTFOUT (Corneille DE). Voyez 
BllOCKLAND. 

MOI\TFORT( Alexandre), né à Paris en 
1803, fit toutes ses études d'harmonie et de contre- 
point au Conservatoire, sous la direction de l'au- 
teur de ce Dictionnaire ; puis il reçut des leçons 
de Berton pour le style dramatique. Admis au 
concours de l'Institut, il y obtint le deuxième 
prix de composition en 1829, et le premier en 
1830. Pensionnaire du gouvernement à iilre <le 
lauréat, il visita l'Italie, séjourna à Rome, à 
Naples, puis, parcourut l'Allemagne. De retour a 
Paris, il fit exécuter des ouvertures et d'autres 
morceaux dans plusieurs concerts. Au mois 
d'octobre 1837 il fit représenter à l'Opéra le 
ballet de La Chatte métamorphosée en femme, 
dont il avait composé et arrangé la musique. Au 
mois de juin 1839 il fit jouer avec succès Poli- 
chincllc, opéra-comique en un acte. A cet ou- 
vrage succédèrent : La Jeunesse de Charles- 
Quint, opéra en deux actes, joué avec succès au 
tliéàlre de l'Opéra-Comiquc, au mois de dé* 
cembre 1841. — Sainte Cécile, opéra en trois 
acies, représenté au mois de septembre 1844. — 
LaChavbonnicrc, opéra en trois actes, joué au 
mois d'octobre 1845. — L'Ombre d'Argentine, 
opéra bouffon en un acte, représenté le 28 avril 
1853. — DcucaUon et Pyrrha, oférai-comique 
en un acte, joué le 8 octobre 1855. Cet artiste a 
aussi publié quelques morceaux pour le piano, 
|iai lui lps(piels ou remarque un Tiondolctto , 
Paris, Lcmoine, et des valses brillante», ibid. Le 
ballet de La Chatte métamorphosée a été 
gravé pour le piano, et Polichinctle , eu grande 
partition. Moullort, dout le talent était gracieux, 
élégant et correct , est mort , après une courte 
maladie, le 13 février 1856. 

MOA'TGEROULT ( M^» Hélène DE 
NERVODE), comtesse DE CHARNAY, née à 
Lyon , le 2 mars 1764 , eut pour premier 
maître de piano Ilulmandcl, et reçut des le- 
çons de Dussek lorsque cet artiste célèbre visita 
Paris en 1786. Les conseils de ce grand pianiste 
et de Viotti , qui conserva pour M'"" de Montge- 
roull des sentiments d'amitié jusqu'à la fin de ses 
jours, développèrent l'heureux talent qu'elle avait 
reçu de la nature. Douée d'un sentiment exquis et 
de l'esprit d'analyse, elle actpiit sur le piano le 
plus beau talent qu'une founneait |)ossedédeson 
temps. Sortie de France pendant les troubles de 



]VIOr<TGEROULT — MOr^TONA 



187 



la névolution ,elle se rendit à Berlin, où elle pu- 
blia, en 1796, une sonale de piano; mais vers 
la fin du gouvernement du Directoire, elle 
obtint sa radiation de la liste des émigrés et re- 
vint à Paris , où elle forma quelques bons 
élèves, parmi lesquels on remarque l'radlier et 
Boély. Dans un âge avancé , elle avait conservé 
toute l'énergie de son sentiment musical. Au 
mois d'octobre 1835 , elle lit un voyage en Italie 
et passa Tliiver à Florence. Elle mourut dans 
celte ville te 20 mai 1836, à làge de soixante 
ans. Son tombeau est [»lacé dans le cloître de 
l'église délia Santa Croce, à Florence; on y 
voit une inscription qui fournit les dates pré- 
cises de sa naissance et de son décès. On a 
publié de la composition de M"^ de Montge- 
roult : 1° Trois sonates pour piano seul, op 1 ; 
Paris, Troupenas. — 2° Trois idem, op. 2; ibid. 

— 3° Sonate en fa mineur; Berlin, Liscbke. 

— 4" Pièces détachées pour piano seul, op 3; 
Paris, Lrard. — 5° 3 sonates pour piano seul, 
op. 5 ; ibid. — 6° Fantaisies, idem, n"s i , 2 , 3 ; 
Paris, Janet et Cotelle. — 7° Six nocturnes ita- 
liens et français à deux voix avec accompagne- 
ment de piano, op. 6 ; Paris, Érard. On doit aussi 
a M"'e de Montgeroult un ouvrage intéressant 
pour les artistes, intitulé : Cours complet povr 
l'enseignement du forté-piano , conduisant 
progressivement des ])remiers éléments aux 
plus grandes difficultés , Paris, Janet et Co- 
telle, ;î parties in-folio. 

MOA'TI ( Gaétan ), compositeur dramatique 
né à Fusignano, près de Ferrare , vers 1760, 
est CDunu par les ouvrages suivants : 1° La Con- 
tadina accorta , opéra bouffe, représenlé à 
Dresde en 1782. — 2° Lo Sludente , opéra 
boul^e, à Naples, en 1784. — 3° Le Donne 
vendicate, idem, ibid., 1784. Monli était frère 
amé du célèbre poète Vincent Monti. Il est 
mort à Naples en 1816. 

MOJXTl (Henri DE), professeur de musique >. 
naquit à Padoue vers 1758. Dans sa jeunesse il 
se rendit en Autriche, vécut quelque temps à 
Vienne, puis à Prague, et enfin se fixa à Glas- 
cow (Ecosse), où il vivait encore en 1830. Il se 
rangea dans le parti des maîtres de musique 
anglais contre Jean-Baptiste Logier, à l'occasion 
de sa ^'ouvelle Méthode d'enseignement de la 
musique et du piano , et écrivit contre ce 
système im pamphlet intitulé : Striciures on 
M. Logiefs System of musical éducation {Votj. 
Logiek) ; Glascow, 1817, gr. in-S". 

MOATICELLl ( Ange-Marie), né à Milan 
vers 1715, chanta à Naples avec la Mingotli , en 
1746, puis à Vienne et à Londres. En 1756 , 
Basse l'engagea pour le théâtie de Dresde. Il 



mourut dans celle ville en 1764. Monticeili 
était, dit-on, aussi remarquable comme chanteur 
que comme acteur. 

MOi\TICHIARO (Jean), luthier, né à 
Brescia vers la fin du quinzième siècle, est cité 
par Lanfranco, son concitoyen et contemporain 
{Scintille di Musica; Brescia, 1533, p. 143), 
^ainsi que Jean-Jacques Dalla Corna , pour la 
bonne fabrication des luths, lyres et violons ou 
petites violes. On peut donc considérer Monli- 
cliiaro comme un des fondateurs de la lutherie 
bresciane où se sont formés les maîtres renom - 
m(îs Gaspard de Salo et Jean-Paul Magini. 

MOIMTILLOT ( Morlot DE ), musicien qui 
vivait à Paris vers 1786, y a fait graver six sym- 
phonies pour l'orchestre. On ne sait rien de cet 
artiste , qui ne figure dans aucune liste de 
musiciens de cette époque. 

MOATOÎMA (André ANTICO DE), ^n- 
iico est le nom véritable du personnage dont il 
s'agit dans cette notice; celui de Montana, qui 
y est joint , indique la ville où il reçut le jour, 
laquelle est située en Istrie et appartint autrefois 
à la république de Venise. M. Catelani ( voije:, 
ce nom ) conjecture avec beaucoup de vraisem- 
blance qu'André Antico de Montona est identi- 
<juement le même qWAndrea de Antiquis 
Venetns, compositeur et auteur de frottole pu- 
bliées par Petrucci de Fossombrone, dans ses 
recueilsde pièces de ce genre en 1504, 1505, 1507 
et 1508 (1). Antico fut le premier qui établit à 
Rome une imprimerie de musique ; il obtint à 
cet effet un privilège du pape Léon X, imprimé 
en tête du seul ouvrage connu pour être sorti de 
ses presses. Ce volume est une collection de 
messes composées par Josquin Deprès, Brumel, 
Pipelare, etc., qui a pour titre : Liber quindecim 
missarum electariun qux per excellentissimos 
musicos compositie fuerunt ; Rome, 1516, in- fol. 
max. gothique. Un exemplaire de cette rarissime 
collection se trouve à Paris, dans la Bibliothèque 
Mazarine. Le titre qu'on vient de lire est celui 
de cet exemplaire. M. Catelani en rapporte un 
autre qui se trouve dans le volume au-dessous 
du bref de Léon X, et qui est ainsi conçu : Misse 
quindecim a diversis optimis et exquisitissimis 
uuctorihus édite per Andream Antiquum de 
Montona sociorum sumptibus emendafissime 
atque accuratissime ; Rome Impresse Anno 
Domini. M. D. XVI. Die nona mag. pontifi- 
calus sanctissimi Domini nostri Leonis de- 
cimi anno quarto, in-fol. L'exécution typogra- 
phique du volume de ces messes est magnifique, 



()) Gazzetta musicale di Milano, anno XIX, n. 31,. 
22 dcccinbre ISUl. 



188 



MONTONA 



MOKZA 



et a dû occasionner de grandes dépenses et 
d'immenses travaux. C'est le premier exemple 
«le grands caractères pour l'impression de la 
musique. Toutes les voix sont placoes en re;^ard. 
Un passage des InstHutions harmoni(jucs île 
Zarlino (p. 327, é<iition de 1573) .^elnl)le in- 
diquer qu'André Antico établît une imprimerie 
de musique à Venise , sans doute après que le 
privilège ohtenu dans cette ville par Oclavien 
de Petru''ci fut arrivé à son terme. 

JV10.\TU (Benoît), né à Turin, en 1761, se 
livra dès sa jeunesse à l'élude des matlicmatiques 
et vint à Paris, où il trouva un protecteur dans 
.son illustre compatriote Lagrange. La recom- 
niandation de.celui-ci fit obtenir à Montu une 
placfe de professeur de mathé^i atiques dans les 
l'coles centrales de Paris, puis dans un lycée, 
il est mort dans celte ville en 1814. Montuavait 
conçu le plan d'un grand instrument destiné à 
<lonner la mesure exacte des intervalles des sons, 
et à /'aire voir leurs rapporls avec les dislances 
et les mouvements des astres, suivant le système 
de Keppler. Cet instrument, appelé Sphère har- 
monique, était fort compli(iué. Une commission, 
nommée par le minisire Cliaptal pour en faire 
l'examen, le lit déposer dans l'ancienne galerie 
de la bibliothèque du Conservatoire, où il était 
encore en 1827 : lorsque cette bibliothèque fut en- 
levée de sa salle pour être transportée dans un 
autre local, l'insIrumentùeMonludisparut. M. de 
Pontécoulant (l'oyezce nom) l'a retrouvé depuis 
lors dans un grenier. La commission chargée de 
l'examen de cette machine, et composée de Lacé- 
pède, Prony, Chai les, Gosrec et Martini , lit en 
1799 un premier rapport sur les plansque Monlu 
lui avait communiqués, et conclut à ce qu'une 
avance de 3,000 fr. fiU faite à l'auteur pour 
l'exécution de son projet. En 1802, elle en lit 
un autre sur l'instrument même qui était achevé, 
et l'estima à la somme de 1 2,000 francs, qui fut 
payée à Monlu par le gouvernement. La descrip- 
tion de la Sphère harmonique se trouve dans 
les Archives des découvertes (Paris, 1809, n° 14). 
Monlu avait inventé un nouveau sonomètre, qui 
a été soumis à l'examen de la même commission. 
On a aussi de ce savant un mémoire intitulé : 
ISuméralion harmonique, ou échelle d'arilh-^ 
mèlique pour servir a l'crpUcation des lois 
de l'harmonie; Paris, 1802, 111-4". 

MOiXTUCLA (JtAN-KriENNE), membre do 
l'Académie <1e Herlin et de l'Institut de France, 
naciuità Lyon le h septembre 1725, d'un négociant 
(|ui le destinait à la carrière du commerce; mais 
les progrè^qu'il lit dans ses études, et |)articulière- 
ment dans celle des matliématiques , rc\élèreut 
sa vocation. Resté orphelin à l'Age de seize ans. 



il alla finir ses études à Toulouse , et ne lard, 
point à se rendre à Paris, où il se lia avec d'A- 
iembert et plusieurs autres savants. Ce fut alors 
qu'il conçut le projet de son Histoire des Ma- 
thématiques, dont il publia deux volumes en 
1758 (à Paris). On y trouve, pag. 122-136 
du l^r volume, un précis de la musique grecque, 
qui est tres-superliciel. Montucla y paraît abso- 
lument étranger à la matièie qu'il traite. Ce 
qu'on trouve de mieux sur ce sujet dans cet 
ouvrage consiste en détails purement littéraires 
ou philologiques sur les écrivains grecs qui ont 
traité de la musique; mais tout cela est tiré de 
la Bibliothèque grecque de Fabricius. Il y a 
une seconde édition augmentée de VUistoire 
des mathématiques ; Paris, 1799-1802, 4 vol. 
in-4 '. Montucla est mort à Versailles, le 18 dé- 
cembre 1799. 

MOrVITVALLON (André BARRIGUE DE), 
né à Marseille en 1078, lutun magistrat distingué 
à qui l'on doit desavants ouvrages sur le <lroit 
et la jurisprudence. Il eut la charge de conseiller 
au parlement d'Aix, et mourut dans celte ville, 
le 18 janvier 1759. Amateur de m iique et cla- 
veciniste habile, il a publié un livre qui a pour 
titre : Nouveau système de musique sur les 
intervalles des tons et sur les proportions des 
accords, où l'on examine les systèmes propo- 
sés par divers auteurs ; Aix, 1742 , in-S". Cet 
ouvrage avait été soumis à l'examen de l'.Aca- 
démie des sciences. On en trouve un extrait dans 
l'histoire de celle société savante (1742), et le 
P. Castel en a donné une analyse dans le Journal 
de Trévoux de la môme année. Cependant le 
livre ne se vendit pas, et Montvallon fut obligé 
de le faire reparaiti e avec un nouveau frontispice 
intitulé : Nouveau système sur la transmis- 
sion et les effets des sons , sur la proportion 
des accords et la méthode d'accorder juste 
les orgues et clavecins; Avignon, i75C, 
in-8". 

MO\ZA ( Chakles-Antoine) , né à Milan, 
vers la lui du dix-septième siècle, tut élu, en 
1735, clianuine et maître de chapelle de lu 
cathédrale de Verctil, où il mourut en 1739. 
On a imprimé de sa composition à Turin : Pièces 
modernes pour le clavecin. 

MOIXZA (Le chevalier CH*nLF.s), maître de 
chapelle de la cour et do la cathédrale de Milan, 
naquit dans cette ville en 1744. Élève de Fioroni, 
il devint, sous la direction de ce maître, un des 
musiciens h's plus instruits de lllalic. Doué 
d'une grande fécondité , il a écrit beaucoup de 
messes, de vêpres et de motets pour diverses 
églises de Milan, et a composé pour les (hca»res 
de cette ville, de Turin, de Rome et de Venise, 



MO.NZA — MORaI.KS 



189 



plusieurs opéras, parmi lesquels on remarque : 
1° Temistocle, en 3 actes, à Milan, en 1760. 
— 2° Mtetti, à Venise, en 1770. — i^Cajo Ma- 
rio, dans la même \ille, en 1777. — 4" Ifigenia 
in Tauride, à Milan, en 1784. — 5" Erifile, à 
Turin, en 1786. Burney entHndit à Milan, en 
1770, dans IVglise Sania-Maria sccrela , une 
me'^se de Monza qu'il considérait comme une 
o'uvie de génie. On a gravé de la composition 
de cet artiste : 1° Six trios pour deux violons et 
violoncelle, op. 1 ; Londres, 1786. — 2" Six 
quatuors pour deux violons, alto et basse, op. 2 
ibid., 1788. — 3° Six sonates pour clavecin 
et violon, op. 3; ibid. Monza est mort à Milan, 
au mois d'août 1801. 

MONZANl ( Teb.xldo), né dans le duché de 
Modène en 1762, acquit fort jeune une grande 
habileté sur la llùte. Vers 1788 il se rendit à Lon- 
dres, où il se fixa et passa le reste de ses jours. 
D'abord admis au théâtre italien comme première 
flûte, il fut ensuite attaché aux concerts de la 
musique ancienne età ceux de Salomon. En 1800 
il établit un magasin de musique et une fabrique 
de flûtes : cette dernière est devenue florissante 
par ses soins et ceux de son fils. Monzani est 
mort à Londres le 14 juillet 1839, à l'âge de 
soixante-dix-sept ans. Ou a gravé de sa compo- 
sition : 1° Six trios pour 2 flûtes et basse; Lon- 
dres, Preston. — 2° Duos pour 2 flûtes, op. 5, 
8, 10, 12 ; Londres, Longman, Preston. — 3" Choix 
de 90 airs écossais pour flûte seule. — 4" Pas- 
ticcio, choix de préludes, airs, variations, etc., 
n°* 1, 2, 3; Londres, chez l'auteur; Bonn, Sim- 
rock. — 5° Airs variés pour fiûte, op. 4, 7, Il ; 
ibid. — G" Préludes et airs, idem (3 recueils); 
ibid. — 7" Trois divertissements, idem; ibid. — 
8" Douze nocturnes pour deux flûtes; ibid. — 
9° Trois sérénades, idem; ibid.— tO" Instruction 
Book, containing the rudiments of Miisic, the 
art of (ivgering, llpping and slurring the notes 
on the flûte, etc. ( Méthode contenant les élé- 
ments de la musique, l'art du doigté, de l'em- 
bouchure et du coup de langue surlanûte, etc. ); 
Londres, Monzani, 1'^'' et 2* parties. Il a été fait 
quatre éditions de cet ouvrage. 

MOORHEAD (3ek\), compositeur, né en 
Irlande, vers 1768, apprit la musique à Dublin, 
el lut employé pendant quelques années comme 
simple musicien d'orchestre dans plusieurs villes 
de province. En 1798, il accepta une place dans 
celui du théâtre de Covent-Garden, à Londres ; 
mais bientôt après il fut employé par Tenlrepre- 
neur de ce spectacle pour composer la musique 
de plusieurs pantomimes et ballets, parmi lesquels 
on cite : Le Volcan, ou le Rival d'Arlequin, le 
ballet pantomime de La Perouse, et une pmlie 



I de l'opéra intitulé Le Cabinet. Moorhead est u)ort 
à Londres en 1804. 

MOOSER (Aloys), facteur d'orgues, né à 
Inibourg, en 1770, s'est également distingué dans 
la construction des pianos et des orgues. On cite 
comme un ouvrage achevé l'orgue qu'il a fait 
pour le temple neuf, à Berne. Les Étrennes fri- 
6ourf/e<??se« de l'année 1810 contiennent une des- 
cription d'un beau piano organisé qui venait de 
sortir de ses mains, et qu'il appelait instrument 
orchestre. Le chef-d'œuvre de cet artiste est le 
grand orgue de Fribourg, dont on trouve une 
description dans la Gazette musicale de Paris 
(ann. 1838, n° 50). Mooser est mort à Fribourg, 
le 19 décembre 1839, à l'âge de soixante-neuf ans. 
Le grand orgue de Fribourg est composé de 
quatre claviers à la main, clavier de pédale, et 
62 registres, non compris deux registres acces- 
soires de copule et de tremblant. Cet instrument, 
dont les qualités ne justifient pas la célébrité, est 
mal construit quant à la partie mécanique. Les 
tirages sont mal disposés et fonctionnent avec trop 
de lenteur; les claviers sont durs et ont trop 
d'enfoncement ; la souffierie manque d'égalité dans 
sa pression et agit par secousse. L'harmonie des 
jeux est la partie la plus satisfaisante: lesjeua: 
de fond, particulièrement ceux qui imitent les 
instruments à archet , comme les gambes, sa- 
licionals et quintatones, sont de bonne qualité; 
mais \gs, jeux d'anche, trop peu nombreux, ont 
une sonorité rauque et dure ; enfin, le timbre des 
jeux de mutation est criard. La voix humaine de 
l'orgue de Fribourg a une réputation européenne, 
qu'elle doit moins à sa qualité si)écifique qu'à la 
place qu'elle occupe dans l'instrument , d^v- 
lièrc tous les grands jeux, de telle sorte que ses 
sons s'épurent dans le trajet avant d'être en- 
tendusdans l'église. 

MORAES (Jkan DE SYLVA), maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Lisbonne, y était né 
en 1689. En 1727 il obtint son emploi, qu'il rem- 
plissait encore en 1747. Il a laissé en manuscrit 
beaucoup de motets, de répons, d'hymnes, de 
messes, dont le catalogue remplit deux pages in- 
f'ol. dans la Bibliotheca Lusitana de Macbado 
(t. II, p. 755 et suiv. ). 

MORALES (CnnisTOPHE), célèbre musicien 
espagnol, naquit à Sévilledans les premières an- 
nées du seizième siècle, fit ses études dans la 
cathédrale de cette ville, et se rendit d'abord à 
Paris, où il publia un recueil de messes, puis à 
Rome, où le pape Paul III le fit entrer vers ln40 
dans la chapelle pontifiiale, en qiialitéde chapelain 
chantre. Son portrait existe dans celte chai>elle. 
On le trouve gravé à l'eau-forte dans les Osser- 
vazioni per ben regolare il coro délia capella 



100 



■MORALES — MORALT 



poiiiificia , irAdaini ( p. 104), et Hawkinsl'a re- 
produit dans son Histoire de la musique. L'épo- 
que de la mort de cet artiste n'est pas connue. 
Morales est un des compositeurs de musique dV- 
glisc les plus distingués parmi les prédécesseurs 
de Palestrina. Son style est grave ;sa manière de 
faire chanter les parties, naturelle, et l'on peut 
dire qu'il est un des premiers qui ont secoué le 
joug des recherches de mauvais <^oM dans la 
musique religieuse. Adami cite le motet de f-a 
composition Lamentabafur Jacob, qui se chaule 
à la chapelle pontificale le quatrième dimanclie 
de carême, comme un chef-d'œuvre d'art et de 
science. On a publié de sa composition : l" Librr 
I Missanun quatuor vocum; Lugduni, 15'i6, 
m-fol. max. Il n'y a pas de nom d'imprimeur au 
volume; mais Touvrage est sorti des presses de 
Jacques Moderne. C'est une seconde édition; la 
première a rié imprimée à Paris ( sans date ) par 
Nicolas Duchemin. — T Mnjoiifieat ocio tonorum 
cum quatuor votibus, liber prinius; Home, 
1541, iii-fol.; \en\sc, Antonio Gardano, in-M. 
Iô42,il)id. 1545. Ces il/rt_r/«/y^fO/ sont en deux sé- 
ries, chacune des huil tons, dans le même vo- 
lume; à la suite, on trouve d- ux Magnificat à 
quatre voix (leCarpentras(ÉléazarGenet), du pre- 
mier et du huitième tons, un de Jachet (?), du 
quatrième ton, et un de liichafortjdu cinquième ton, 
ouvrage très-remarquahie, 1562, 1575, 1014, iii- 
fol. — 3° Motettx 4 vocum, lib. I et H; Venise, 
1543-1546. —4» Motettia 5 voci, lib. 1; Venise, 
1543 — 5° Lib. H Missarum cum quatuor et 
quinque vocibus ; Rome , 1544, in-fol.; Venise, 

1544, Jn-4''; Lyon, 1559,; Venise, 1553 6° La- 

mentationi a quatlro, cinque et sei voci ; Ve- 
nezia, appresso dWntonloGardano, l5C4,in-4'' 
obi. — 7" Missa quatuor, cum quatuor vocibus; 
Venetiis apud Alexandrum Gardanum , 1580, 
in-4'' obi. — 8° Moralis Hispani et mullorum 
eximîx art/s rlrorum Musica cum vocibus 
quatuor, vulgo motccta cognominnta, cujus 
magna pars paribus vocibus cantanda est ; 
Venetiis apud Hieronymum Scotium, 1543, in- 
/i" obi. On trouve aussi de lui les messes de 
l'Homme armé et De Beat a Virgine, dans le 
recueil qui a pour litre: Quinque Missarum har- 
tnonia IJiapente, idest quinque voces referens; 
Venise, Antoine Gardane, 1547, in -4". Plusieurs 
messes de Morales sont en manuscrit dans les 
archives de la chapelle pontificale. Kircher 
a placé un Gloria de ce musicien dans sa Musur- 
gie (lib. VIII, c. 7), et l'on trouve quelques mor 
(■(■aux de sa conqiosilion dans les Conçoit iis d«! 
Sal)linj-(,'r (Augshourg, 1505 ), dans l'Esrniplare 
«lu I*. Martini, eldans VArfcpradca di Contrap- 
fjuuto, (le Pîiolucci (touie II). Piusicuis autres 



collections renferment aussi des morceaux d(Ha- 
chés de Morales. Les œuvres capitales de ce com- 
positeur sont les Magnificat en deux suites des 
huit tons de l'Eglise, et son second livre de messes, 
bien supérieur au premier sous le rapport dii mé- 
rite de la facture. 

MORALT (les frères), artistes longtemps 
célèbres à Munich par leur manière parfaite 
d'exécuter les quatuors de Haydn, étaient tous 
musiciens au service du roi de Bavière; mais ils 
moururent jeunes, et leur bel ensemble n'a été 
remplacé que par les frères Miiller. Ils étaient cinq 
frères. L'aîné, Joseph, né à Schwetzingen, près 
de Mannheim, le 5 août 1775, apprit avec ses 
frères la musique chez le musicien de la ville 
Geller, puis il reçut des leçons de violon de Lops, 
et Winter, n)aître de chapelle du duc de Bavière, 
acheva son éducation musicale. En 1797, il entra 
dans la musique de la cour, et se fit remarquer 
par son talent sur le violon. Trois ans après, ii 
entreprit un voyage en Suisse, se lit entendre 
avec succès à Lyon, à Paris ot à Londres , et re- 
tourna en Allemagne en donnant des conceris. à 
Francfort el dans d'autres grandes villes. Le 10 
mai 1800, il obtint sa nomination de mailre de 
concerts de l;i cour de Bavière; quelque temps 
après il entreprit un voyage avec trois de ses 
frères, et parcourut l'Allemague, en donnant par- 
tout lies séances de quatuors oii ils firent admirer 
l'ensemble le plus parfait qu'on crtt jamais en- 
tendu à celte époque. Joseph Moralt e;.t mort à 
Munich en 1828. 

Jean-Baptiste, frère puîné de Jo<:eph, naquit à 
Mannlieim, en 1 777. Après avoir appris les princi- 
pes de lamusique,ildevinteièvedeCaimabich. En- 
tré comme surnuméraire de la chapelie a Munich, 
en 1792,11 reçutsa nomination iiéiiniti\C("n 1798. 
Bon violoniste, il jouait le second violon dans les 
quatuor:! où son frère jouait le premier. Mais 
c'est surtout comme compositeur qu'il s'est fait 
connaître avantageusement. Gnelz lui avait en- 
seigné l'harmonie et le contrepoint. On a grave 
de sa composition : V Symphonie à grand 
orchestre, n" 1 (en mi) ; Bonn, Simrocli. — 
2* Deuxième idem (en sol); Leipsick, BreilLopf 
etilœrtel. — 3" Symphonie concertante pourdeux 
violons; Mayence, Scliott. — 4" Leçons m.Mlio- 
diques pour deux violons, liv. 1 et 2 ; Mayence, 
Schott. — 5° Quatuor pour lîrtle, violon, alto et 
basse; Munich, Faltcr. — C " l)i iixièinr- idem, op. fi; 
Munich, Sidier. Cet arti-le rstimablc est mort 
le 7 octobre 1825, laissant en manuscrit une 
messe allemande et plusu'ius .mires compositions 
pour l'église. La perte d'un lils avait commencé 
à déranger sa santé en 1 823. 

Jac(pies et Philippe Moralt, frères junu'.nix de 



MORALT — IMORARI 



191 



Josepli et de Jean-Baptiste, sont nés à Munich 
en 1780, et non à Mannlieiin en 1779, comme il 
est dit dans le Lexique universel de musique pu- 
blié par Scliilling. Le premier s'était livré à 
l'élude du violon sous la direction d'un musicien 
de la cour nommé Christophe Ccitner. Il entra 
dans la chapelle de la cour en 1797, et mourut 
à l'âge de vingt-trois ans en 1803. Philippe reçut 
les premières leçons de violoncelle de Virgili, 
musicien de la chapelle, et acheva son éducation 
musicale chez le violoncelliste Antoine Schwartz. 
Il entra dans la musique de la cour en 1795. li 
est mort à Munich en 1829 (suivant le Lexique 
de M. Bernsdorf), et seulement en 1855 (d'après 
le Lexique portatif de M. Charles Gollmicii ). 

Georges, né a Munich en 1781, a été aussi at- 
taché à la musique de la chapelle royale de Ba- 
vière, pour la partie d'alto, il est mort dans celte 
position, en 1818. 

Des descendants de cette famille ont été tous 
attachés à la chapelle du roi de Bavière. L'un 
d'eux, dont le prénom n'est pas indiqué, fut maître 
de concert et directeur delà musique delà cour: 
il fut pensionné en 1839; un autre (Antoine) 
fut corniste distingué. Le troisième { Pierre) lut 
violoniste de la cour de Munich, et se fit entendre 
avec succès à Berlin, Hambourg, Leipsick, Wei- 
mar et Erfurt, dans les années 1841 à 1847. En- 
fin Joseph Moro.lt, violoncelliste, brilla dans 
les concerts de Hambourg et de Leipsi( k, .en 
1847. 

MORAMBERT (Antoine-Jacques LUB- 
BOT, abbé de), né à Paris, en 1721, fut profes- 
seur de musique et de chant dans celte ville. 
Blankenburg, dans son supplément à la Théorie 
des beau\-arls de Sulzer, et Barbier, dans sou 
Dictionnaire des anonymes, lui attribuent, mais 
à tort, l'écrit de l'abbé Laiigier intitulé; Senti- 
ments d'un harmoniphile sur différents ou- 
vrages de musique. Boisgelou, contemporain 
de Laugier et de Morambert, et qui connais!»ait 
la bibliograjihie et l'histoire anec^lotique de la 
musique française de son temps, altribiie cet 
écrit périodique au premier de ces auteurs, dans 
son catalogue manuscrit des livres de nnisique 
de la bibliothèque impériale de Paris. ( Voijez 
Laucief. et LÉRis. ) 

MORAI\D (PiERKE DE), poète médiocre, 
néà Arles en 1701, fut d'abord destiné au barreau, 
mais son goût décidé pour les arts et les lettres 
lui fit abandonner l'étude du droit. H mit beau- 
coup de zèle au rétablissement de l'académie de 
musique d'Arles, et prononça un discours pour 
son ouverture, qui eut lieu en 1729. Morand vint 
à Paris en 1731, et fut admis aux réunions lit- 
téraires du comte de Clermont et de la Jiichesse 



du Maine. Il se livra alors au théâtre, et donna 
des tragédies et des comédies, qu'il n'est point 
de notre objet d'examiner. Nous ne citerons de 
lui qu'une brochure qu'il publia dans la polémi- 
que o(casioni;ée par la Lettre deJ.-J. Rousseau 
sur la musique française; elle est intitulrc : 
Justification de la musique frairaisc, contie 
la querelle qui lui a été faite par un Alle- 
mand et un Allobroge, adressée au coin de 
la Reine, le jour de la reprise de Titon et 
l'Aurore; Paris, 1754, in-8''( anonyme) (1). L'au- 
teur y attaque vivement Grimm et J.-J. Bousseau, 
et accuse ce dernier d'avoir pris une grande parlii> 
de ce qu'il a écrit sur la musique française dans 
l'Esprit des beaux-arts d'EsIève : c'est un re- 
|)roche auquel Rousseau ne s'atlcndail pas san-. 
doute. Morand avait été malheureux dans tout 
ce qu'il avait entrepris, et le dernier trait qui le 
frappa ne fut pas le moins piquant : ses delter, 
étaient payées, et il allait toucher le premier quar- 
tier d'une renie de cinq mille francs qui lui res- 
tait, lorsqu'il mourut le 2G juillet 1757. Ses re- 
vers n'altérèrent jamais sa gaieté et n'abattirent 
point son courage. 

MORAi\DI (Piekre), composileur, n'est 
pas né à Sinigagiia, comme le prétend Gerher, 
mais à Bologne, en 1739. Le P. Marihii lui en- 
seigna la composition. II fut maître de chapelle à 
Pergola, petite ville dis États-Romains. En 1764, 
il avait été agrégé à l'Académie des Philharmo- 
niques de Bologne. Il a écrit pour l'église beau- 
coup de messes, de vêpres et de motets. Lu 
1791, il fit représenter à Sinigaglia l'opéra boulTe 
intitulé : Gli Usurpaiori delusi, et l'année sui- 
vante il composa pour le théâtre d'Ancône Vln- 
glese siravagante. Vers le même temps il fut 
nommé maître de chapelle dans cette ville : il y 
vivait encore en 1812. On connaît sous le nom de 
Morandî douzeduos poursoprano et basse, gravés 
à Venise. 

MORArVGE (A. DE), chef d'orchestre du 
théâtre des Jeunes Élèves à Paris, en 1300, a écrit 
pour ce théâtre la musique de deux petits opéras- 
comiques intitulés : 1" Les Quiproquo noctur- 
nes, en un acte. — 1° Les petits Auvergnats, 
en un acte, 1799. Plus tard, il a écrit la nnisique 
de plusieurs mélodrames poiu- les théâtres des bou- 
levards, entre autres La Bataille des Dunes, 
et l'Enfant prodigue, dont les ouvertures ont 
été gravées pour le piano; Paris, M'"^ Duhan. 

MORARÏ (Antoine), né à Ber,iame vens le 
milieu du seizième siècle, fut directeur de la mii- 



(1) Cet opuscule est mal à propos attriliué au chevalier 
de Mouliy, dans la correspondance de Griiuiu, tome, l, 
page 113, et par d'autres à Estève. 



l»2 



MORARI — MORE AU 



sique instrumentale du duc. de Bavière. On a im- 
primé de sa composition : Il primo libro de 
mcidrigali a quattro voci ; Venezia, presso An- 
gelo Gardano, 1587, in-4''. 

MOllATO (Jean Vaz Barrados Muito 
P*!ue), compositeur portugais et écrivain sur la 
musique, naquit à Portaiègre en 1689. Les 
circonstances de sa vie sont entièrement igno- 
rées. On connaît de lui les ouvrages suivants : 
1° DoimiKjas da madré de Deos, e exercitio 
quolidiano revelado pela mesma Henhora ; 
Lisbonne, 1733. Ce sont des prières et des 
antiennes à la Vierge mises en musique. — 
2° Preceitos ecclesiasticos de Canlo chdo para 
bene.ficio e uzo commun de todos (Principes 
de plain-chant à l'usage de tout le monde); 
Lisbonne, !733 , in-4°. — 3° Flores musicaes 
colhidas da jardim da milhor Liçao de 
varios authores. Arte pratica de Canlo de 
orgad. Indice de cantorla para principiantes 
con hum brève resumo dus legras maes 
principaes de Canto chdo, crcgiinen do coro 
o uzo romano para os subchantres, e orga- 
nisias ( Fleurs musicales cueillies dans le jardin 
des meilleurs ouvrages de divers auteurs. Art 
pratique du chant mesuré , et recueil de solfèges 
pour les commençants, avec un abrégé des 
règles du plain-ctiant , et la discipline du chœur, 
à l'usage des sous-chantres et organistes); Lis- 
bonne , 1735 , in-4''. Une deuxième édition, avec 
quelques changements dans le titre, a été pu- 
bliée en 1738, in-4°. La partie qui concerne le 
plain-cliaiit a été publiée séparément , sous ce 
titre : Brève resumo de Canlo chdo com as 
regras maes principaes , e a forma que dcve 
guardar o director de coro para o suslanlar 
firma na corda chomada na coral, o or- 
ganista quando o acompanha; Lisbonne, 
1738, in-4''. 

MORA.VVETZ(Jean), compositeur né en 
Bohème, vers 1700, paraît avoir vécu à Vienne, 
et se trouvait en qualité de chef d'orchestre, en 
1809, ii Peslh en Hongrie. H a laissé en manuscrit : 
1" Trois symphonies à onze et douze instruments. 
— 2° Concertino à neuf instruments. — 3" Huit 
nocturnes pour flûte d'amour, ilùte traver- 
8iere,deux violes, deux cors et basse. — 4" Sex- 
tuor pour 2 violons , hautbois, Ilùte , alto et vio- 
loncelle. — 5° Plusieurs morceaux de musique 
d'harmonie il 8 parties. 

MOREALI (Gaetano ), Italien de naissance, 
fut professeur de langue italienne à Paris , vers 
1830, et s'établit à llouen (luelqucs années après. 
On a imprimé de lui : Diclionnaire de musique 
italien-français, ou l'interprète des mots 
ilalicns omploijrs ci musique, avec des 



crplications, commentaires ci notices histori- 
ques; Paris, 1839,in-lC. 

MOREAU ( Jean-Bai'tiste ) , maître de 
musique de la chambre du roi , naquit à Angers 
en 1656 , et reçut son éducation musicale 
comme enfant de chœur à l'église calhécirale 
de celte ville. Ses études étant terminées, il 
obtint la place de maître de chapelle à Langres, 
puis à Dijon. Sans posséder aucune ressource et 
sans recommandation, il vint. jeune à Paris pour 
y chercher fortune. On ignore le moyen qu'il 
empioja pour pénétrer un jour jusqu'à la toi- 
lette de la Daupliinc, Victoire de Bavière.- Sa- 
chant que celte princesse aimait la musique, il 
eut la hardiesse de la tirer par la manche, et lui 
demanda la permission de chanter un air de sa 
composition. La princesse rit de sa naïveté , et 
lui accorda ce qu'il désirait. Satisfaite de la 
chanson de Moreau , elle en parla au roi, qui 
voulut l'entendre, et qui l'admit à son service. 
Un des premiers ouvrages de Moreau fut un di- 
vertissement pour la cour, intitulé Les Bergers 
de Marlij; puis il mit en musique les chœurs de 
Jonalhas , tragédie de Duché. Ce fut lui que 
Racine choisit pour composer la première mu- 
sique des chœurs d^Esther el à'Alhalie. il mit 
en musique plusieurs chansons et cantates du 
poète Lainez ; ces morceaux curent du succès. 
Enfm, on connaît de lui en manuscrit le psaume 
In exitu fsracl, et une messe de Requiem. 
Titon du Tillet dit aussi, dans son Parnasse 
français, qu'il a laissé un traité de la musique 
intitulé l'Art mélodique; mais il ne parait pas 
que cet ouvrage ait été publié. Moreau a formé 
de bons élèves , parmi lesquels on remarque 
Clérambault et Dandrieu. Il est mort à Paiis, le 
24 août 1733. 

MOREAU (Jean), f;ictcur d'orgues à 
Kollcrdain, vers le milieu du dix-hiiilicme siècle, 
s'est fait connaître connue artiste de mérite par 
l'orgue qu'il a achevé à l'église de Saint- Jean, de 
Gouda, en 1736, après y avoir employé trois 
années de travail. Cet instrument est compose 
de (rois claviers à la main, pidale et 52 registres. 

MOREAU (Henri), né à Liège le lôjuillet 
1723, et baptisé le lendemain à l'église Saint- 
Nicolas-outre-Meuse, fut un des musiciens dis- 
tingués de la Belgique dans le cours du dix- 
huitième siècle , et dirigea avec talent la nui- 
sique de la collégiale de Saint- Paul dans sa 
ville natale , dont il était maître de chapelle. On 
n'a pas de renseignements sur la manière dont 
ses études avaient élé dirigées; mais ce que 
Grétry rapporte des i)remières leçons de com- 
position qu'il reçut de Moreau, prouve que ce 
maître connaissait la bonne méthode pour en- 



,i 



MOREAU — MOREL 



193 



peigner l'art d'écrire (1). On ne cite de la com- 
position de Moreau que «les chants delSoCl, 
devenus populaires dans la province de Liège; 
mais il est à peu près liors de doute qu'il a, 
pendant sa longue carrière, écrit plusieurs motets 
pour le service de la collégiale de Saint-Paul. 
C'est comme écrivain didactique , particulière- 
ment, (pi'il s'est (ait connaître ; sou ouvrage a 
pour titre: L'harmonie mise en pratique, 
avec un tableau de tous les accords, la mé- 
thode de s'en servir, et des règles utiles à 
ceux qui étudient la composition ou l'accom- 
j)agnemcnt ; Liège, J. G. M. Loxliay, 1783, 
in-8" de 128 pages , avec 15 planclies de musi- 
que. A la suite d'un rapport favorable lait à 
l'institut de France par Grétry sur cet ouvrage, 
en 1797, Moreau fut nommé corres(iondant de 
cette Académie. M. le chanoine de Vroye, de 
Liège , possède le manuscrit original d'un ou- 
vrage de ce maître , lequel a pour titre : Nou- 
veaux principes d'harmonie, selon le système 
d'Antoine Ximenès , précédés d'observations 
sur la théorie de Rameau , et suivis de re- 
marques sur plusieurs dissonances , ainsi 
que des rèqles pour la composition de la mu- 
sique à 2 , 3,4 parties et plus. Moreau est 
mort à Liège le 3 novembre 1803 , à l'âge de 
soixante-quinze ans. 

MOIIEA.U ( Jean-André), né à Paris le 13 
mai 1768, entra comme enfant de chœur à la 
cathédrale d'Amiens, dès l'âge de six ans, et y 
fut le condisci[>le de Lesueur. A l'âge de dix- 
huit ans , il sortit de cette école , et obtint au 
concours la place do maître de chapelle à 
Béthune. Deux ans après, il quitta cette place 
pour celle d'organiste à la collégiale de Péronne. 
Venu à Paris pendant les troubles de la révolu- 
tion, il s'y livra d'abord à l'enseignement, puis se 
maria, et acheta au Palais-Royal l'ancien calé du 
Caveau, oii il eût pu acquérir des richesses con- 
sidérables; maliieureusement l'importunité d'un 
marchand de billets de loterie lui en fit un jour 
acheter un avec lequel il gagna une forte somme; 
dès ce moment la passion de ce jeu dangereux 
s'empara de lui; ses affaires se dérangèrent, et 
la nécessité de payer ses créanciers l'obligea à 
vendre sa maison. Il obtint quelque temps après 
une place à la bibliothèque du Conservatoire; 
mais le chagrin abrégea ses jours, et il mourut 
vers 1828. Moreau a fait entendre dans les con- 
certs de la rue de Grenelle plusieurs ouvertures 
de sa composition, dans les années 1804 et 1806. 
On a gravé de sa composition : I" Fantaisie pour 

(i) Voyez ics Mémoires ou Essais sur la Musiquq de 
Gretry. 1. 1, p. S2. 

JilOCh. LXIV. DES MISICIENS. — T. Vr. 



piano sur les airs de Wallace; Paris, Latfdé. 
— 2° Valse du ballet de Figaro, variée poul- 
ie piano; Paris, Philippe Petit. — 3° Contre- 
danses et valses, liv. 1 et 2; Paris, Leduc. — 
4 " Thème varié pour piano et violon ; Paris, 
Sieber. — b° Deux recueils de romances; Paris , 
Leduc. Moreau a laissé en manuscrit des qua- 
tuors et des quintettes pour violon. 

MOREL (Nicolas), né à Rouen, vers le 
milieu dp seizième siècle, fut maître des enfants 
de chœur de la cathédrale de cette ville. En 1584 
il obtint , au concours du Puy de musique 
d'Évreux, le prix de la lyre d'argent pour la 
composition de la chanson française à plusieurs 
voix commençant par ces mots : Je porte en 
mon bouquet ; et en 1586 il eut le prix du luth 
d'argent, pour la chanson: D'od vient belle. 

Un autre Morel (Clément), musicien français 
d'une époque antérieure, a écrit des chansons 
françaises à quatre parties ; il en a été publié 
deux dans le douzième livre contenant XXX 
chansons nouvelles , etc., publié par Pierre At- 
taingnant, à Paris, en 1543 , petit in-4° ohl. , et 
deux autres dans le XI" livre contenant XXIX 
chansons amoureuses à quatre parties, etc ; 
à Anvers, chez Tilman Susato, 1549, m-4°. 

MOREL ( FiiÉDÉRic), (élèbre imprimeur de 
Paris et l'un des plus savants hellénistes du sei- 
zième siècle, naquit à Paris en 1558, et mourut 
dans la même ville, le 27 juin 1030. Parmi ses 
nombreux écrits on remarque une édition de 
l'Introduction à la musique, de Bacchius le 
vieux, où le texte grec est accompagné d'une 
version latine dont il est auteur; Paris, 1623, 
in-8°. La version de Morel est oubliée depuis 
qu'on a celle de Meibom. Morel avait un tel 
amour du travail, que rien n'était capable de le 
distraire lorsqu'il était dans son cabinet, II 
s'occupait de la traduction des œuvres de Liba^ 
nius lorsqu'on vint lui annoncer que sa femme, 
dangereusement malade, demandait à le voir. 
" Je n'ai plus que deux mots, répondit- il; j'y 
serai aussitôt que vous. » Dans l'intervalle, sa 
femme expira. On se hâta de l'en prévenir . 
JJélas! àil-W, foi suis bien marri, c'était une 
bonne femme ; et il continua son travail. 

MOREL (...), chanoine de Montpellier, vé- 
cut vers le milieu du dix-huitième siècle. On a 
delui un petit ouvrage intitulé : Nouvelle théoriç 
physique de la voix j Paris, 1746, in-12 de 32 
pages. De l'Épine, doyen de la faculté de médecin^î 
de Paris, dit, dans l'approbation de cet écrit, 
que l'auteur y a fait une application ingénieuse 
du système de Ferreia (voyez ce nom); mais 
cela n'est pas exact, caria théorie de Morel n'est 
nouvelle que parce qu'elle combine les deux 

13 



194 



MOREL — MORELOT 



systèmes de Dodart { voyez ce nom ) et <le 
Ferrein. En effet , le chanoine de Montpellier 
suppose que l'appareil vocal est à la fois un 
instrument à cordes et un instrument à vent 
qui, tous deux, résonnent à l'unisson po\ir la 
formation de chaque son de la voix de poitrine, 
qu'il appelle voix pleine. Il donne le nom de 
voix organisée à celle qui se produit par l'ac- 
tion de l'air sur la glotte, et celui de voix lufhée 
à celle qui se forme par les cordes vocales. Dans 
son système, les mouvements de la glotte cessent 
dans les sons de la voix de tête ou de fausset^ 
et la faiblesse des sons qu'elle produit pro- 
vient de ce que les cordes vocales résonnent 
seules. 

MOREL (Alexandre-Jean), né à Loisey 
( Meuse ), le 2G mars 177G, entra comme élève à 
l'École polytechnique, àl'époque de sa formation, 
y devint chef de brigade, puis professeur de 
mathématiques à l'école d'artillerie de la garde 
royale. Il est mort à Paris le 31 octobre 1825. Ama- 
teur passionné de musique, il s'est livré particu- 
lièrement à l'étude de la théorie. Persuadé qu'il 
était appelé à faire une réforme dans celte science, 
il crut trouver dans la structure de l'oreille 
le principe du sentiment de la lonalité , et sur 
cette idée fausse, il établit un système qui ne 
soutient pas le plus léger examen, et publia ses 
vues à ce sujet dans un livre intitulé : Principe 
acoustique nouveau etuniversel de la théorie 
musicale, ou la musique expliquée ,• Paris, 
Bachelier, 1816, 1 vol. in-8°de506 pages, avec 
des planches. Il est évident que les opérations 
attribuées parMorel aux phénomènes de l'audi- 
tion, sont des actes de l'enlendemenl. Le peu 
de succès qu'obtenait son livre , lui lit publier un 
petit écrit oii il donnait une analyse de ses prin- 
cipes. Ce morceau, qui parut chez Fain, à Paris, 
1821, in-S" de 28 pages, porle le même titre 
que son livre ; il est extrait du Dictionnaire des 
découvertes. On a aussi de More! : Observations 
sur la seule vraie théorie de la musique de 
M. de Momigny; Paris, Bachelier, 1822, in'8'' 
de 72 pages. M. de Momigny (roy. ce nom) lui 
fit une rude réponse dans un écrit de quelques 
pages. Morel a écrit aussi quelques articles con- 
cernant la musique dans le Moniteur. 

MORELLET (Andri;), de l'Académie fran- 
çaise, naquit à Lyon le 7 mars 1727, d'un mar- 
chand papetier. Après qu'il eut fait ses premières 
études au collège des jésuites, il vint à Paris 
les terminer à la Sorbonno. Il se livra dès lors 
à des études sérieuses sur l'économie politique, 
et les entremêla de travaux plus légers sur la 
littérature et les arts. Parmi ses ouvrages on 
remarque uncdissertation intil\ilée : De Vexpres- 



sion en musique, qui a été publiée dans le 
Mercure de 1771, novembre, p. 113, et dans les 
Archives littéraires, t. VI, p. 145. On y trouve 
des idées ingénieuses. L'abbé Morellet s'était 
rangé parmi les piccinistes ; mais les partisans 
de Gluck, qui connaissaient la finesse de son 
esprit et la vivacité de ses reparties, n'osèrent 
s'attaquer à lui. Dans sa vieillesse, le goût qu'il 
avait toujours eu pour la musique s'accrut encore, 
et il cherchait avidement les occasions d'eu 
entendre. Il est mort le 12 janvier 1819. 

MORELLl (JosEiMi), bon chanteur contral- 
tiste, naquit à Bisaccia en 1726, commença ses 
études musicales à Naples el les termina à 
Rome. En 1750, il était attaché au service de 
la cour à Lisbonne. Cinq ans après, il chanta au 
théâtre de Madrid, puis il se fit entendre avec 
un brillant succès au concert spirituel de Paris. 
En 17.i7, il fut engagé au théâtre de Cassel ; mais 
le landgrave de Hesse-Cassel étant mort peu de 
temps après, Morelli fut appelé à Hildhurghausen, 
pour y donner des leçons de chanta la princesse 
régnante. Dans la suite il se relira avec une pension 
à Spangenberg, petite ville de la liesse, où il 
mourut dans un âge avancé, en 1809. 

MORELLI (Jacques), célèbre bibliothé- 
caire de Saint-Marc, à Venise, naquit dans cette 
ville le 14 avril 1745. Un goût prononcé pour le 
travail, une aptitude rare et un éloignement 
invincible pour les plaisirs du monde, firent de 
Morelli un critique habile, im bon archéologue et 
un homme instruit dans l'iiistoirc, les sciences 
el les arts. Comme son savoir, ses travaux sont 
immenses, et le nombre de ses ouvrages pu- 
bliés est 'prodigieux. Parmi ceux-ci, on remarque 
Les fragments rhythmiques d'Aristoxcne , 
qu'il avait découverts dans un manuscrit de la 
bibliothèque Saint-Marc, et qu'il lit imprimer 
avec d'autres opuscules, sous le titre de Arislidis 
Oratio adversus Leptinem, Libanii déclama' 
tio pro Socratc , Arisloxeni rhythmicorum 
elementorum fragmenta, ex bibltotheca Ve- 
neta D. Marci nunc primum édita, cnm 
annotationibus, grâce et latine; Venise, l78à, 
in-8". Morelli est mort le 5 mai 1S19, ii l'âge de 
soixante-quatorze ans. 

MORELO-T (Stéphen), prêtre, né à Dijon 
( Côte-d'Or ), le 12 janvier 1820 , est fils d'un sa- 
vant jurisconsulte qui remplit encore (1803) les 
fonctions de doyen de la faculté de droit de celle 
ville. Après avoir été reçu licencié en droit et 
avocat, M. Morclot se rendit k Paris et y de- 
vint élève de l'École des chartes; puis il lut lui 
des fondateurs et membre de la société acadé- 
nu'que formée [lar les anciens élèves île cette 
école, il qui l'on doit la publication de mémoires 



MORELOT 



195 



I 



remplis d'intérêt et remarquables par uu excellent 
esprit de critique ainsi que par une soiid»! érudition. 
M. Morolot avait lait dans sa jeunesse des études 
de musitine dont il a fait plus tard une applica- 
tion spéciale au cliant ecclésiastique , ainsi qu'aux 
diverses parties de l'art qui s'y rap(>ortent. Lié 
d'amitié avec M. Danjon ( vo-ye:^ ce nom), alors 
or;;aniste de la métropole de Paris, il prit part 
à la rédaction de la Revue de la musique reli- 
gieuse , populaire et c/ffA-5/(7He , que celui-ci 
fonda en 1843, et y puWia de très-bons articles 
ciitiques et bistoriqucs. En 1847, M. Danjon fut 
«iiargé par M. de Salvandy, alors ministre de 
l'instruction publique, de faire un voyage en 
Italie pour y faire des reclierclies relatives au 
cliant ecclésiastique et à la musique religieuse; 
il obtint de M. Morelot qu'il voulût bien l'ac- 
compagner dans cette excursion arcliéologique. 
Ce fut en réalité une bonne fortune pour les 
musiciens érudits, car M. Morelot déploya pen- 
dant son séjour en Italie une prodigieuse acti- 
vité de travail et lit preuve de grandes connais- 
sances dans la diplomatique, par la facilité avec 
laquelle il lut un grand nombre de traités de 
musique inédits, distingua ceux qui étaient les 
plus dignes d'attention . et les copia avec une 
rapidité qui tient du prodige ; prenant d'ailleurs, 
sur tous les autres, des notes et des analyses, 
c'est ainsi qu'il explora les bibliothèques de Rome, 
de Florence, de La Cava, de Ferrare, de Ve- 
nise, de Milan et autres lieux riches en monu- 
ments littéraires. Cet immense travail, achevé 
dans moins d'une année avec M. Danjon, a paru 
en partie dans VHistoire de l'harmonie ou 
moyen âge, de M. de Coussernaker, dont il est 
la portion la plus intéressante. De retour à 
Faris , M. Morelot fut nommé membre de la 
commission des arts et des édifices religieux au 
ministère des cultes (1848), et chargé en cette 
qualité de plusieurs réceptions d'orgues de ca- 
thédrales. Cette commission cessa de fonction- 
ner après t852. | 

Retire à Dijon vers cette époque , M. Morelot j 
contiiuia de s'y occuper de la musique dans son 
application religieuse , ainsi qu'au point de vue 
historique et arcliéologique. En 1858, il se rendit 
à Rome, s'y livra à des études théologiques, ' 
fut ordonné prêtre en 1860 et reçu bachelier en 
droit canonique. Dans là même année, il fut 
agrégé à l'Académie et congrégation pontificale 
de Sainte-Cécile, en qualité de maître honoraire 
de la classe des compositeurs. Après avoir fait, 
Ters la fin de la même année et au commence- 
ment de 1861, nu voyage en Orient , il est rentré 
en France. Si je suis bien informé, M. l'abbé 
Morelot habite maintenant dans le département 



du Jura. Parmi sas publications, on remarque : 
1° Du vandalis ne musical dans les églises, 
lettre à M. le comte de Monlalembert (Revue 
de la musique religieuse, 1. 1 ). — 2° Quel- 
ques observations sur la psalmodie ( ibid.). — 
3° Sainte-Cécile (ibid.) — ii° Artistes coniem- 
poraim. A. P. F. Boélij ( ibid., t , II ). — 5" Du 
chant de l'Église gallicane (ibid., t. III). — 
6° De la solmisalion (ibid.). — 7° Du chant 
amhrosien (ibid., t. IV). Ce dernier mor- 
ceau, fruit de recherches faites à Miltn et au 
Dôme, est d'une haute valeur, nonobstant le dé- 
nuement de livres où se trouvait l'auteur au 
moment du travail auquel il se livrait. Au 
double point de vue de la liturgie et de la 
constitution du chant , il est également satisfai- 
sant. M. Morelot y dissipe beaucoup d'erreurs 
au sujet de ce chant, sur lequel on n'avait que 
des renseignements vagues. Désormais, lorsqu'on 
voudra s'occuper des origines et des ■variétés du 
chant ecclésiastique, il faudra recourir à cette 
.source. — S"" Du caractère de la musique 
d'orgue et des qualités de Vorganisle , Let- 
tres (au nombre de quatre) à un homme 
d'église ( dans le Journal de musique reli- 
gieuse intitulé La Maîtrise, V et 2*" année 
1857-1858). — 9° Sainte Cécile et son pa- 
tronage sur la musique ibid., l"^* année). 
— 10" Manuel de Psalmodie en faux-bour- ^ 
dons à 4 voix, disposé dans un ordre 
nouviau, clairet facile; Avignon, Seguin, 
1855, in-8° obi. M. d'Orligue, dans un court 
compte-readu, inséré dans la Maîtrise ( l'^e an- 
née, col. 79), déclare ne pouvoir admettre 
l'harmonie des faux -bourdons de M. Morelot, 
parce qu'elle n'est pas conforme à la constitution 
de la tonalité ecclésiastique, telles que lui et 
Niedermayer l'ont comprise et exposée dans leur 
Traité de l' accompagnement du plain-chant; 
mais c'est précisément ce système de tonalité 
et d'accompagnement qui est erroné , inadmis- 
sible et repoussé de toutes parts* Sans parler 
de la disposition nouvelle et très-ingénieuse de 
la psalmodie imaginée par M. Morelot, je n'ai, 
moi, que des éloges à donner à son système 
d'harmonisation, dicté par un très-bon senti- 
ment tonal. — 11" Z>e la musique au quin- 
zième siècle. ISotices sur un manuscrit de la 
Bibliothèque de Dijon; Paris, V. Didron et 
Blanchet, 1856, gr. in 4° de 28 pages avec un 
appendice de 24 pages de musique, dans les- 
quelles M. Morelot a traduit en notation moderne 
et en partition plusieurs motets et chansons de 
Dunstaple ou Dunstable, de Binchois, et de 
Haijne ( voije-, ces noms ). Cette notice fut 
écrite pour être insérée dans les Mémoires de la 



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MORELOT — MORETTI 



commission archéologique