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The Gift of 
SADYE RUBIN MARANTZ LEE 




The National Women's Committee 
of Brandeis University 






A 








BIOGKAPHIE 

UN1VEKSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME SEPTIÈME 



rYl'OGRAPHII Dl il KIRMIN UIDOT. — HCSN11 [EUKI I 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



«MKo^- — 

DEUXIÈME ÉDITION 

ENTIEREMENT I! F. FONDUE ET AUGMENTÉE DF PLUS HF. MOITI 



PAR t*Ù FÉTIS 



MAITRE DE CHAPELLE DU ROI DES BELGES 
DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE ROYAL DE IMUSK.H K DE BRUXELLES, KTt. 



TOME SEPTIEME 



PARIS 

LIBRAIRIE DÉ FIKM1N DIDOT FRÈRES, FILS ET C 10 

IMPRIMEURS DE L'INSTITUT, RUE JACOB, 56 

1867 

I oiia droits i e«ci vés 



Beferenc 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 

DES MUSICIENS 



p 



PET10TTI (Jean-Dominique), né à Ver- 
ceil en 1760, fit ses études musicales à Milan, 
sous la direction de Fiorini, maître de cha- 
pelle de la cathédrale de cette ville; et après 
trois ans de travaux près de ce maître, il se 
rendit à Bologne, où il reçut des conseils du 
P. Martini pendant une année. De retour à 
Verceil, il accepta la place de maître de cha- 
pelle de la cathédrale. Il en remplissaitencore 
les fonctions en 1820. Les renseignements 
sur sa personne s'arrêtent à cette époque ; on 
sait seulement qu'il avait obtenu le titre de 
maître de musique de la reine de Sardaigne. 
Perotti a fait représenter, en 1788, à Alexan- 
drie de la Paille, l'opéra intitulé : Zemirae 
Gondarte, puis il fit jouer, à Rome, Agesilao, 
en 1789. On dit qu'il a aussi donné quelques 
autres opéras au théâtre Argentina de Rome, 
et à celui de la Fenice, à Venise; mais les 
titres n'en sont pas connus. Ce mailre a écrit 
beaucoup de musique d'église, pour le service 
de la cathédrale de Verceil. 

PEROTTI (Jean-Augustin), frère du pré- 
cédent, naquit à Verceil en 1774, et fut dirigé 
dans ses éludes par Jean-Dominique Perotti. 
Plus tard, il se rendit à Bologne pour y 
prendre des leçons de contrepoint de Matlei. 
Pendant son séjour en cette ville, il obtint le 
titre de membre de l'Académie des Philhar- 
moniques. A l'âge de vingt et un ans, il com- 
mença à composer pour l'église, pour la 
chambre et pour le théâtre. Son premier 
opéra, intitulé la Contadina nobile, fut re- 
présenté à Pise, en 1795. L'année suivante, il 
fut appelé à Vienne, pour écrire la musique 
de quelques ballels, et remplir les fonctions 
d'accompagnateur de l'Opéra italien. En 

BIOCR. D5IV. DES MUSICIENS. T. VII. 



1798, il était à Londres en la même qualité ; 
il y refit presque en entier VAlessandro e Ti- 
moteo de Sarti, qui fut joué dans la saison de 
1800. Il y fit aussi graver deux œuvres de so- 
nates de piano. De retour en Italie, il se fixa 
à Venise, où il fut admis dans la Société acadé- 
mique des Sofronomi, ainsi qu'à l'Académie 
littéraire vénitienne. Ce fut pour son admis- 
sion dans cette dernière Société qu'il composa 
VEsopo, poème facétieux in sesta rima. En 
1811, la Société italienne des sciences et arls 
de Livourne mit au concours celle question : 
Dimostrare lo stato alluale délia musica in 
Italia; Perolli envoya, pour sa solution, un 
mémoire qui fut couronné, et qu'on a imprimé 
sous ce titre : Dissertazione di Giannagos- 
tino Perotti di Fercelli, Academico filarmo- 
nico, etc., sullo stato attuale délia musica 
italiana , coronata dalla società italiana 
di scienze, lettereed artiil di XXIV giugno 
MDCCCXI; Venise, Picotli, 1812, in-8" de 
cent vingt pages. Cette dissertation, dont il a 
été fait une analyse dans le quinzième volume 
de la Gazette musicale de. Leipsick (p. 5, 17, 
41), a été traduite en français par Brack 
(voyez ce nom); la traduction française est 
intitulée : Dissertation sur l'état actuel de 
la musique en Italie; Gênes, 1812, in-8° de 
cent vingt-huit pages. Il y a quelques bons 
renseignements, dans ce morceau historique, 
sur la musique italienne vers les dernières 
années du dix-huitième siècle et au com- 
mencement du dix-neuvième. On a aussi 
de Perotti un petit poème intitulé : Il buon 
gusto délia musica ; Venise, Zerletli, 1808, 
in-8° de vingt-huit pages. Il a écrit beaucoup 
de musique d'église qui est estimée. Après 



91461 



PEROTTl — PERRINO 



nvoir été couronné par la Société italienne <lcs 
sciences et arts, il devint un rie ses membres. 
En 1812, il avait obtenu la survivance rie la 
place de mallre rie chapelle de Saint-Marc rie 
Venise; il rievint titulaire de cette place )e 
2 mai 1817, après la mort de Furlanelto. 

PERRAULT (Claude), architecte devenu 
célèbre par la construction de la colonnade du 
Louvre, naquit à Paris en 1613. Son père, 
avocat au parlement, lui fil étudier la méde- 
cine, l'anatomie et les mathématiques. Chargé 
par Colbert de la traduction ries oeuvres de 
Vilruve, il prit, en lisanl cet auteur, tant rie 
goût pour l'architecture , qu'il résolut de 
se livrer à la culture de cet art. Admis, en 
16C0, au nombre des membres de l'Acadé- 
mie royale des sciences, nouvellement établie, 
il se montra digne de cet honneur par ses 
travaux et par ses écrits. Il mourut à Paris, le 
9 octobre 1688. Dans sa traduction de Vilruve, 
publiée à Paris en 1673, un volume in-folio, 
il a donné une explication à peu près inintelli- 
gible de l'orgue hydraulique décrit par cet 
écrivain de l'antiquité, avec des figures de 
l'instrument, purement imaginaires. Les 
Essais de Physique de Claude Perrault 
(Paris, 1080, deux volumes in-4°, ou 1684, 
quatre volumes in-12) renferment une Dis- 
sertation sur la musique des anciens. 

PERRAULT (Charles), frère du précé- 
dent, naquit à Paris, le 12 janvier 1628. 
Après avoir fait ses éluries au collège de 
Beauvais, il obtint la place de premier com- 
mis rie la surintendance des bâtiments du roi. 
Plus lard, il eut le titre de contrôleur général 
ries bâtiments, et fut admis à l'Académie 
française. Il mourut à Paris, le 16 mai 1703. 
On connaît ses discussions avec Boileau con- 
cernant la supériorité des anciens ou ries 
modernes dans la culture des lettres et des 
arts. Il a écrit à ce sujet le livre intitulé : 
Parallèle des anciens et des Modernes en ce 
qui regarde les arts et les sciences; Paris, 
1080-1696, quatre volumes in-12; assez mau- 
vais livre, sous le rapport du slyle et sous ce- 
lui de la doctrine littéraire, mais oii l'on 
trouve rie bon nés choses concernant les sciences 
et les arts, particulièrement sur la musique 
des anciens. 

PERRIN (...), né à Bourg-en-Bressc, dans 
la première moitié du dix septième siècle, fut 
un habile joueur rie musette et fabriqua rie 
bons instruments rie ce genre (voyez le Traité 
de la muselle, de Borjon (p. 59 

PERRINE ( ), musicien français et 

luiiii le de la fin du dix-septième siècle, a fail 



graver une Table pour apprendre à toucher 
le luth sur les notes chiffrées de la basse 
continue (sans date). 

PERRIX) (Marcello), recteur et admi- 
nistrateur du collège de musique de Sainl-Sé- 
baslicn, à Naples, dans les premières années 
du dix-huitième siècle, naquit dans celte ville 
vers 1765. Hélait fils d'un avocat et l'ut des- 
tiné par son père à suivre la carrière du bar- 
reau. Après avoir terminé rie bonnes éluries 
littéraires el scientifiques, il fit son cours de 
droit et fréquenta les tribunaux, mais sans goût 
pour la profession qu'on voulait lui faire em- 
brasser, et préoccupé de son penchant pour la 
musique, qu'il avait apprise dans sa jeunesse. 
Sans aulre instruction que celle qu'il avait pu 
acquérir par la lecture ries œuvres classiques, 
il se hasarda sur la scène et fit jouer, an 
théâtre Saint-Charles, Ulisse nell' isola di 
Circe, suivi, quelques années après, de VOlim- 
piade. Le marquis de Villarosa dit (1) que 
ces ouvrages procurèrent à Perrino sa nomi- 
nation, au mois de février 1806, à la place de 
directeur du collège royal rie musique ; mais 
il est plus vraisemblable qu'il dut cette posi- 
tion à ses relations sociales ; car les partitions 
iVUlisse et d'une Passion, quej'ai vues à la 
bibliothèque du collège royal rie musique, à 
Naples, sont des œuvres dépourvues de mé- 
rite. On connaît aussi rie lui un Christus, un 
Miserere, ries airs détachés et des cantates. Il 
s'est particulièrement fait connaître par les 
ouvrages suivants : 1° Osservazioni sut 
canto ; Naples, Terni, 1810, in-4". Celle édi- 
tion est la seconde de l'ouvrage; j'ignore la 
date de la première. Ce livre a été traduit en 
français par Auguste Blondeau, sous ce litre : 
Nouvelle méthode de chant de Marcello Per- 
rino, précédée : 1° d'une notice sur Pales- 
trina, né en 1529 ; 2° d'une notice sur la vie 
de Benedclto Marcello, né le 2i juillet 1686, 
traduite de l'italien avec des notes du tra- 
ducteur, et suivie d'une notice sur les usage» 
du théâtre en Italie; Paris, Eberard, 18")!», 
un volume in-8° de deux cent soixante-Huit 
pages. Une troisième édition de l'ouvrrge ori- 
ginal de Perrino a été publiée à Naples en 
1814. Il parut, dans la.mème ville el dans la 
même année, une brochure anonyme, dans la- 
quelle il était riil que toute la musique mo- 
derne d'église el rie théâtre n'avait aucune 
valeur, et que la décadence était si avancée, 
qu'il n'y avait rien à espérer des jeunes coin- 



(I) Uemorie dei rompoiiiori di musica del regn» di 
' l> 155. 



PERRINO - PERSD1S 



posileurs, dont l'éducation était mal faite. Pei- 
i-ino répondit à celle diatribe par l'écrit inti- 
tulé : 2° Lettere ad un suo amico sul propo- 
sito iVuna disputa relativa alla miisica; 
Naples, Terni, 1814, in-8° de soixante-huit 
pages. 

PERSIANI (Josepji), compositeur drama- 
tique, né vers 1805, à Recanati, dans les États 
de l'Église, a fait son éducation musicale au 
collège royal de musique, à Naples-, et y a reçu 
des leçons de composition de Ti itlo. En 1826, 
il a fait son début à la scène par la composi- 
tion de l'opéra bouffe intitulé -.Piglia ilmondo 
corne viene, qui fut suivi de V Inimico gene- 
roso, et de V Attila, opéra sérieux ; les deux 
premiers de ces ouvrages furent représentés à 
Florence, et le troisième, à Parme. L'année 
suivante, il a donné au théâtre de la Pergola 
Danao re d'Argo, opéra sérieux dont les jour- 
naux italiens ont fait l'éloge. En 1828, Per- 
siani a écrit pour le théâtre de la Fenice, à 
Venise, Gaston de Foix, opéra sérieux. Cos- 
tantino in Arles, représenté dans la même 
ville, au carnaval de 1829, y fut bien accueilli, 
et dans le même temps Eufemio di Messina, 
réussit également à Lucques, puis à Venise et 
à Naples; enfin, dans la même année, le com- 
positeur donna , à Milan , e7 Solilario, qui 
tomba à plat. Entre celte époque et 1852, 
aucun ouvrage nouveau de Persiani n'appa- 
raît sur les théâtres d'Italie, mais dans celle 
même année 1852, il fit jouer à Padoue, 
I Saraceni in Catania , qui n'eut pas de 
succès. Un autre intervalle se fait remarquer 
dans l'activité du compositeur jusqu'à ce qu'il 
écrivit, à Naples, en 1 855, son Inès de Castro, 
dont le succès fut éclatant sur toutes les 
scènes italiennes, mais qui tomba à Paris, en 
1858, lorsque Persiani y alla mettre en scène 
celte composition, laquelle n'en est pas moins 
son ouvrage le mieux écrit. Ce fut alors que ce 
compositeur fut appelé en Espagne, où il passa 
plusieurs années. Il fit représenter, au théâtre 
de Madrid, en 1846, VOrfana savoiarda, qui 
payait avoir élé sa dernière production dra- 
matique, car son nom disparait alors de l'ac- 
tivité du monde musical. Persiani avait épousé 
la fille du célèbre chanteur Tacchinardi, à 
Florence, en 1827. 

PERSIAIMI (madame Fanni), femme du 
précédent, est fille du célèbre chanteur Tac- 
chinardi. Son talent de cantatrice dramatique 
fut un des plus beaux de la dernière époque 
de l'art du beau chant i'.aîien, après laquelle 
cet art a disparu pour faire place à la force 
de» poumons. Madame Persiani débuta au 



théâtre de Livourne, en 1852, et y fit unu 
si vive impression qu'elle fut appelée im- 
médiatement après à Venise, puis à Milan, 
à Florence, à Rome et à Naples, où elle 
chanta au théâtre Saint- Charles, pendant 
les années 1854, 1835 et 1856. En 1857, elle 
fut rappelée à Venise, puis elle reçut un en- 
gagement pour Vienne, où elle eut des succès 
non moins brillants qu'en Italie. Arrivée à 
Paris, au mois d'oclobre 1858, elle y débuta 
dans le Barbier de Séville, et fit admirer sa 
belle mise de voix el la pureté de sa vocalisa- 
lion. Pendant plusieurs années, elle jouit au 
théâtre italien de toute la faveur du public et 
n'eut pas de moins beaux succès à Londres. 
Un enrouement subit qui lui survint en 1843, 
d;ins cette dernière ville, fut le signal d'une 
maladie de l'organe vocal de celte excellente 
cantatrice : le mal s'accrut rapidement, et 
l'artiste fut obligée de quitter la scène pour 
toujours. 

PERSICCHINI (Pierre), né à Rome, en 
1757, a fait ses études musicales en cette ville, 
puis a voyagé en Pologne et s'est fixé à Var- 
sovie vers 1782. Il y a écrit pour le théâtre 
Royal VAndromeda, opéra sérieux et Le 
Nozze di Figaro. Ces deux ouvrages ont ob- 
tenu un brillant succès. 

PERSUIS (Louis-Luc LOISEAU DE), 
fils d'un maître de musique de la cathédrale 
de Metz, naquit en celte ville, le 21 mai 1769. 
Il avait terminé ses études musicales, et il 
était devenu violoniste assez habile, lorsque 
l'amour qu'il avait conçu pour une actrice du 
théâtre de Melz l'attacha à ses pas. Il la suivit 
dans le midi delà France, et fut attaché pen- 
dant quelque temps à Avignon, en qualité de 
professeur de violon. En 1787, il se rendit à 
Paris et fit entendre avec succès, au Concert 
spirituel, l'oratorio intitulé le Passage de la 
mer Rouge. Entré comme premier violon au 
théâtre Montansier, en 1790, il en sorlit trois 
ans après pour passer à celui de l'Opéra; mais 
il resta alors peu de temps à ce théâtre, ayant 
eu d'assez vives discussions avec Rey, qui en 
élait premier chef d'orchestre. Rentré à 
l'Opéra, en 1804, comme chef du chant, il 
commença dès lors à donner des preuves de 
capacité qui le firent appeler, en 1805, au 
jury de lecture et au comité d'administration. 
Après la mort de Rey, en 1810, Persuis fut 
choisi pour lui succéder dans la place de chef 
d'orchestre : il y fit preuve d'un talent re- 
marquable; mais il ne se fit point aimer des 
artistes qu'il dirigeai!, car non-seulement il 
portait jusqu'à l'excès la fermeté nécessaire 



PERSUIS - PEUTI 



dans un pareil emploi, mais une humeur atra- 
bilaire, qui s'irritait au moindre obstacle 
opposé à sa volonté. Nommé inspecteur 
général de la musique de l'Opéra, en 1814, 
lorsque Choron fut appelé à la direction de ce 
spectacle, il fut presque toujours en lutte avec 
cet administrateur. Une circonstance inat- 
tendue vint encore augmenter la haine que 
ces deux artistes éprouvaient l'un pour l'au- 
tre : Persuis avait fait représenter, en 1812, 
son opéra de la Jérusalem délivréee, qui 
n'avait pas eu le succès qu'on en attendait. En 
1815, il obtint de M. de Pradel, ministre de la 
maison du roi, un ordre pour la remise de 
cet ouvrage; informé de l'avis officiel qu'il 
devait recevoir à ce sujet, Choron se hâta de 
faire détruire les décorations de la Jérusalem 
pour les employercomme matériaux dans d'au- 
tres pièces. C'est, je crois, le seul trait de mal- 
veillance qu'on puisseciter dansla vie de Cho- 
ron : il lui coûta la direction de l'Opéra, car 
Persuis, résolu de se venger, fit agir ses protec- 
teurs à la cour, et supplanta son adversaire 
dans l'administration de ce grand spectacle. 
Devenu directeur de l'Opéra le 1" avril 1817, 
il se montra digne de la confiance qu'on avait 
eue en ses talents, car jamais le premier 
théâtre de la France ne fut dans une situation 
plus florissante que sous son administration. 
Malheureusement, il ne tarda point à ressentir 
les atteintes d'une maladie de poitrine, dont 
il mourut le 20 décembre 1819, à l'âge de 
cinquante ans et quelques mois. A l'époque de 
l'organisation du Conservatoire de musique, 
il y était entré comme professeur de première 
classe; mais enveloppé dans la disgrâce de 
Lesueur, son ami, il fut compris dans la 
réforme de 1802, et ne pardonna jamais à 
l'administration qui l'avait exclu. Entré dans 
la chapelle du premier consul, dans la môme 
année, il eut le titre de maître de musique de 
la chapelle du roi, en 1814, obtint ensuite la 
survivance de Lesueur, comme surintendant 
de cette chapelle, et fut surintendant hono- 
raire depuis 18 1 G jusqu'à sa mort. Le 5 dé- 
cembre 1819, le roi Louis XVIII, en le créant 
chevalier de l'ordre de Saint-Michel, lui ac- 
corda une pension dont la moitié était réver- 
sible sur la tète de sa femme; mais il ne jouit 
pas longtemps de ces avantages, car il expira 
peu de jours après. 

Les compositions de Persuis pour le théâtre 
sont celles dont les litres suivent : I. Au 
théâtre Montansier : 1° Estelle, opéra en trois 
actes, 1783. II. Au théâtre Feydeau : 2° La 
JVuit espagnole, en deux actes, 1791. ô° f'ha- 



nor et Angola, en trois actes, 1798. III. Au 
théâtre Favart : 4° Fanny Morna, en trois 
actes, 1799. 5° Le Fruit défendu, en un acte, 
1800. 6° Marcel, en un acte, 1801. IV. A 
l'Opéra : 7° Léonidas, en trois actes, 1799 
(en société avec Gresnick). 8° Chant de 
victoire enl'honneur de Napoléon, en 180C. 
9° L'Inauguration de la Victoire (en société 
avec Lesueur), 1807. 10° Le Triomphe de 
Trajan, en trois actes (avec Lesueur), 1807. 
11° Jérusalem délivrée, en trois actes, 1812. 
C'est le meilleur ou v rage de Persuis. 1 2° Chant 
français, en 1814. 13° L'Heureux retour 
(avec Berton et Kreutzer), 1815. 14° Les 
Dieux rivaux (avec Spontini), en 1816. Si 
Persuis- manqua d'effet dramatique dans ses 
opéras, il fut plus heureux dans ses ballets, 
car il a fait de la musique charmante pour 
quelques-uns. Ses principaux ouvrages en ce 
genre sont : 15° Ulysse, en trois actes, 1807. 
16° TVÏna, en deux actes,. 1815. 17° L'Épreuve 
villageoise, 1814. 18° Le Carnaval de Fenise, 
en trois actes (avec Kreutzer), en 1810. Ses 
opéras non représentés sont : 19° La Ven- 
geance, écrit en 1799. 20° Hommage aux 
Dames, 1816. 

PEUTHALEU (Caroline), pianiste dis- 
tinguée, est née à Grœtz (Styrie), en 1805. 
Elle ne commença à étudier le piano qu'à 
l'âge de douze ans; à quinze, elle était déjà 
assez habile pour se faire entendre en public. 
Vers 1821, elle se rendit à Vienne, où elle 
prit des leçons de Czerny, et donna des con- 
certs. De retour chez elle, elle continua ses 
éludes, et, en 1826, elle entreprit un voyage 
en Allemagne. Partout son talent excita l'ad- 
miration. Fixée à Munich, en 1831, elle s'jr 
livra à l'enseignement jusqu'en 1834, puis fit 
un nouveau voyage à Vienne, dans le Tyrol et 
en Italie. De retour à Munich, elle y passa les 
années 1835 et 1836. Dans l'été de cette der- 
nière année, elle se rendit à Trieste par le 
Tyrol, et s'y embarqua pour la Grèce, où elle 
s'est mariée. On ne connaît aucune composi- 
tion de cette virtuose. 

PEUTI (Jacques-Antoine), compositeur 
distingué, naquit à Bologne, le 6 juin 1661. 
A l'âge de dix ans, il commença l'étude de 
la musique, sous la direction de son oncle, 
I.orenzo Perli, mansionaire de la basilique 
de Saint-Pétrone. Dans le mémo temps, il 
s'adonna également à l'élude des lettres au 
collège des Jésuites. Après les avoir terminées 
et suivi le cours de philosophie de l'u Diversité, il 
reçut des leçons duP.PetronioFanceschini. A 
l'âge de dix-neuf ans, il écrivit une messe solen- 



PERTI — PERUCCI1INI 



nelle avec orchestre qu'il dirigea lui-môme 
dans l'église de Sainl-Pélrone, en 1080. Déjà, 
dans l'année précédente, il avait donné avec 
succès, au théâtre de sa ville natale, Alide, 
son premier opéra, suivi de VOresle. en 1081. 
Le 13 mars de la même année, Perti fut 
agrégé à l'Académie des Philharmoniques de 
sa ville natale, dont il fut une des gloires. En 
1083, il fut appelé à Venise pour écrire 
l'opéra Marzio Coriolano, qui fut représenté 
au théâtre Saint Jean et Saint-Paul. Attaché 
d'ahord au service du duc de Toscane Ferdi- 
nand I er , il écrivit plusieurs opéras pour le 
théâtre de Florence; puis, en 1097, l'empereur 
Léopold I er le fit son maître de chapelle, et 
son successeur, Charles VI, lui donna le titre 
de conseiller. Toutefois, l'attachement de Perti 
pour sa patrie lui fit décliner les honneurs et 
les avantages qui lui étaient offerts par ces 
princes, généreux mécènes des musiciens cé- 
lèhres. Toule l'ambition de Perti se trouva sa- 
tisfaite par sa nomination à la place de 
maître dechapelle de la cathédrale de Bologne. 
Il en remplit les fonctions avec zèle, écrivit 
un grand nombre d'ouvrages pour l'église, et 
forma des élèves distingués, parmi lesquels on 
remarque Aldrovandini, Laurenti, Torelli et 
Pistocchi. Perti mourut à Bologne, le 10 avril 
1750, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. 11 
avait été six fois prince de l'Académie des 
Philharmoniques. Homme simple et modeste 
autant que savant, il ne fit jamais servir ni à 
sa fortune, ni à sa renommée, ses relations avec 
les princes, qui le traitaient avec bienveillance, 
ni avec le pape Benoit XIV (Prosper Lamber- 
tini), dontil avaitétél'ami avantson exaltation, 
et avec qui il entretint une correspondance. 
Jusqu'à ses derniers moments, il s'occupa de 
l'art qui avait rempli toute son existence. 
Le P. Martini dit (Sagg. di Contrap. , part. 2, 
p. 142) qu'en 1750 Perti, alors âgé de quatre- 
vingt-dix ans, avait encore avec lui des 
conversations sur la musique. Les opéras com- 
posés par J.-A. Perti sont : 1* Alide, repré- 
senté en 1079. 2° Marzio Coriolano, 1083. 
5° Flavio, 1080. 4° Rosaura, #1089. 5° L'In- 
coronazionc di Dario, 1089. 6° L'Inganno 
scoperto per vendetta, 1091. 7° Brenno in 
Efeso. 1091. 8°Furio Camillo, 1092. 9" Ne- 
rone fatto Cesare, 1093. 10° Il re Infante, 
1094. 11° Laodicea e Bérénice, 1095. 
12° Apollo geloso, 1098. 13° Le premier acte 
tVAriovisto, 1099. 14° Il Vtnceslao, 1708. 
15° Lucio Vero, 1717. 1G°Gj'esù alsepulcro, 
oratorio. 17° La Morte di Giesù, oratorio, 
1718. Parmi les compositions de Perti pour 



l'église, on remarque : 1° Dixit, à quatre 
voix avec instruments. 2° Bcatusvir, à quatre 
voix. 3° Adoramus te, à quatre voix.4°6'ral". 
à quatre voix. 5°Deux Credo, àcinqvoix.0°Z>»c» 
irx, à trois voix. 7°Laudamus Deumnostrum, 
à cinq voix. Son premier ouvrage imprimé a 
pour titre : Cantate morali e spirituali a una 
e due voci, con violini e senza; Bologne, Jac- 
ques Monti, 1088, in-4°. Le second oeuvre pu- 
blié a pour titre : Messe e Salmi concertali a 
Quattro voci con stromenti e ripieni, op. 2; 
Bologne, Délia Volpe, 1735. L'abbé Santini, 
de Borne, possède de ce maître, en manu- 
scrit : deux messes, à cinq voix avec or- 
chestre; deux messes, à huit voix concertées 
avec des instruments; trois psaumes Laudate, 
à trois voix avec instruments; trois Confite- 
bor, idem; trois Domine ad adjuvandum t 
idem; trois Magnificat, à quatre voix avec 
instruments ; un Magnificat , à cinq voix ; 
Dies irx pour deux ténors et basse avec des 
violes; Te Deum laudamus, à cinq voix; 
beaucoup de motets à quatre et cinq sans in- 
struments. Le docteur Louis Masini, secrétaire 
et membre del'Académiedes Philharmoniques 
de Bologne, a publié : Elogio a Jacopo An- 
tonio Perti, Bolognese, professore di con- 
trappunto; recitato nella grand' aula del 
liceo filarmonico , il giorno 2% agoslo 1812; 
Bologne, in-8° de trente-neuf pages. 

PERTTXARO (François), musicien ita- 
lien du seizième siècle, naquit à Plaisance, et 
fut chantre de la chapelle de l'empereur Maxi- 
milien II, qui régna depuis 1504 jusqu'en. 
1570, et à qui il a dédié une de ses productions 
Ses ouvrages connus sont: 1° Il primo libro 
de' Madrigali a cinque voci; in Fenetia, app. 
Ant. Gardane, 1550, in-4° obi. Une deuxième 
édition de cet ouvrage a été pubiée en 1503, à 
Venise, chez Jérôme Scotto, in-4° obi. 2° Ma- 
drigali a cinque voci, libro secondo ; Vene- 
tia, app. Ant. Gardane, 1554, in-4° obi. 
3° Madrigali a cinque et sei voci, con tre 
dialoghi a sette ed uno a otto. Libro terzo; 
ibid., 1557, in-4° obi. 4° Le Vergine, a sei 
voci, con alcuni madrigali a sei, et duoi 
dialoghi a sette, da lui novamente composti, 
et con ogni diligentia corretli, ail' invit- 
lissimo Imperatore Massimiliano secondo 
umilmenle dedicati ; Fenetia , app. Girol. 
Scotto, 1508, in-4°. 

PEKUCCHIINI (le docteur Jean-Bap- 
tiste), ancien magistrat et amateur distinguéde 
musique,estnéàVenise vers 1790 ety a toujours 
résidé, sauf quelques voyages. Bon pianiste 
dans sa jeunesse, il brilla dans les salons par 



PERUCCHINI — PESCETTI 



son talent sur son instrument ; mais il s'est 
particulièrement fait remarquer par la grâce 
et le charme des nombreuses mélodies dont il 
a orné les poésies élégantes de Lamberli, de 
Vittorelli, de Buratti, et de quelques autres. 
Quelques-unes de ses charmantes ariettes ont 
été insérées dans les recueils publiés à Milan 
par Ricordi, sous les titres : II trovulore ita- 
liano, et VOrologio di Flora. Je citerai aussi 
la romance touchante qui l'ut insérée dans 
sintonio Foscarini, tragédie de Nicolini, son 
recueil de cinq ariettes : La Rimembranza, 
il Pianto, Lo Sguardo, La Notte, La Pri- 
mavera (Milan, Ricordi), outre une multitude 
de pièces du même genre détachées. On a 
aussi de M. Perucchini : Introduction et 
variations sur un thème de Rossini, pour 
piano (ibid.). 

PERUCHONA (le P.), de la congrégation 
de Saint-François Xavier, maître au collège 
de Sainte-Ursule à Galliate, bourg du Pié- 
mont, près de Novarre, vécut dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Il a publié de 
sa composition : Sacri concerti o Motetli a 
una, due, tre e quattro voci con violini e 
senza. Op. 1. Milano, per Francesco Fi- 
gone, 1675, in-4°. 

PEREE ou PERTE (Nicolas), composi- 
teur français du seizième siècle, parait être né 
à Lyon, où il publia plusieurs de ses ouvrages. 
Commela plupart des artistes de celle époque, 
il visita l'Italie, et succéda, en 1581, .à Ho- 
race Caccini dans la place de maître de cha- 
pelle de l'église Sainte-Marie Majeure , à 
Rome. Il est vraisemblable qu'il mourut en 
1587, car il eut pour successeur, dans celte 
année, François Soriano, et l'on ne connaît 
point de lui de publication postérieure à celte 
époque. Dans le recueil de madrigaux intitulé : 
Il quarto libro délie Muse a 5 voci (Venise, 
Gardane, 1574), on trouve des morceaux de 
Pervé, ainsi que dans la collection intitulée : 
Dolci affetti (Rome, 1568) et dans II Lauro 
Verde (Anvers, 1591, in-4" obi.). On a aussi 
imprimé de cet artiste : Chansons françaises 
à quatre, cinq, six et sept ou huit parties; Lyon, 
1578, in-4°, et Madrigali a cinque voci; 
Venise, 1585, in-4°. 

PERUZZI (Anine-Maiue), cantatrice ita- 
lienne, née à Bologne dans les premières an- 
néesdu dix-huitième siècle, épousa, vers 1722, 
le chanteur Antoine Peruzzi qui se rendil à 
Prague, en 1725, avec une troupe italienne 
d'opéra dont sa femme était prima donna, et 
entra avec celle troupe au service du comte de 
Sporck, qui entretint à ses frais ce spectacle 



jusqu'en 1735. De retour en Italie, madame 
Peruzzi chaulait encore à Bologne en 1746. 

PESADORI (Antoinette), dont le nom de 
famille était PECHWELT, naquit à Dresde, 
le 6 mars 1799. Douée d'une riche organisa- 
lion musicale, elle apprit les éléments de l'art 
dès l'âge de six ans chez Dolzauer, et prit 
pour maître de piano l'excellent artiste Rien- 
gel. Lorsqu'elle eut atteint l'âge de onze ans, 
elle se fit entendre dans un concert public et 
fit naître l'étonnement par son habileté pré- 
coce. Également remarquable plus tard par sa 
virtuosité dans la musique brillante, et par 
l'intelligence avec laquelle elle interprétait la 
musique classique, elle jouissait à Dresde 
d'une grande considération parmi les artistes 
elles amateurs d'élite. En 1833, elle épousa le 
ténor Pesadori, alors attaché au théâtre de 
Dresde. Au mois d'avril 1834, elle se fil en- 
tendre pour la dernière fois dans un concert, 
car une courte maladie la conduisit au tom- 
beau, le 20 septembre de la même année. On 
a publié de madame Pesadori un œuvre post- 
hume, intitulé : Introduction et rondeau 
agréable pour le piano ; Leipsick, Schubert et 
Niemeyer. 

PESARO (Dominique), facteur d'instru- 
menls à Venise, vers le milieu du seizième 
siècle, construisit, à la demande de Zarlino, 
un clavecin où le ton était divisé en quatre 
parties par le nombre des touches du clavier. 
Zarlino donne la description de cet instru- 
ment. 

PESCETTI (Jean-Baptiste), organiste et 
compositeur, né à Venise vers 1704, fut élève 
de Lotti, et fit honneur à ce savant maître par 
son mérite. Il fut nommé organiste du se- 
cond orgue de la chapelle ducale de Saint- 
Marc, le 16 mai 1762, el mourut vraisembla- 
blement dans les premiers mois de 1766, car 
il eut pour successeur Dominique Belloni, le 
25 avril de celte année. Quoiqu'il ait réussi 
au théâtre, il se fit surtout estimer par sa mu- 
sique d'église. Son premier opéra fut repré- 
senté à Venise, en 1726, et il en fit jouer dans 
celle ville, presque chaque année, jusqu'en 
1737. A celte époque, il se rendit à Londres 
et y écrivit II f'ello d'oro , opéra dont 
l'ouverture a été publiée par Walsh. Après 
'.rois années de séjour dans cette capi- 
tale, il retourna à Venise, et y fit encore 
représenter quelques opéras. On rapporte 
qu'au sortir de l'école de Lotti, il fit exécuter 
une messe de sa composilion qui fut entendue 
par liasse, et que ce musicien célèbre dit en 
parlant de l'auteur de cet ouvrage : La iui- 



I'ESCETTl — PESTEL 



ture lui a abrégé le chemin de l'art. Les 
opéras de Pescelti dont les lilres sont connus 
sont : 1° Il Prototipo, Venise, 1726. 2° La 
Cantatrice, ibid., 1727. 5° Dorinda, ibid., 

1729. 4° / Tre Defensori délia palria, ibid., 

1730. 5° Narcisso al fonte, ibid., 1731. 
f>° Demetrio, à Londres, 1758. 7° Diana ed 
Endimionc, cantate, ibid., 1739. Les airs et 
l'ouverture de cet ouvrage ont été publiés par 
Walsh, à Londres, ainsi que ceux du Deme- 
trio. 8° Alessandro nelle Indie, à 'Venise, 
1740. 9° Tullio Ostilio, 1740. 10° Ezio, 1747. 
Pescelti a fait graver un œuvre de neuf so- 
nates pour le clavecin. 

PESC1I (Charles-Auguste), maître de con- 
certs du duc de Brunswick, né vers 1730, fut 
d'abord professeur de musique de ce prince, 
qui acquit par ses leçons une certaine habileté 
sur le violon. En 17G7,Pesch suivit son maître 
à Londres, et y fit graver dix-huit trios pour 
deux violons et violoncelle, divisés en trois 
œuvres. De retour à Brunswick, il y fut nommé 
maître de concerts, et montra du talent dans 
sa manière de diriger l'orchestre qu'on lui 
avait confié. Il mourut en cette ville dans le 
mois d'août 1793. On a publié de sa composi- 
tion, outre les trios gravés à Londres : Con- 
certos pour violon et orchestre, n os 1 et 2, 
Offenbach, André. Il a laissé en manuscrit 
six solos, six duos et six trios pour violon. 

PESCI (Santé), de Rome, fut d'abord cho- 
riste à l'église Sainte-Marie-Majeure, et suc- 
céda à Latilla, maître de chapelle de cette 
basilique, le 29 septembre 1744, mais avec le 
litre de directeur au lieu de celui de maître. 
Après en avoir rempli les fonctions pendant 
quarante deux ans, il mourut à Rome, le 
3 septembre 1786. L'abbé Santini possède en 
manuscrit, de ce maître, les compositions 
suivantes: 1° Messe à quatre voix. 2° Messe à 
huit voix réelles. 3° Dixit à huit. 4° Messe à 
seize voix. 5° Invitatoire pour la Nativité, à 
huit. 6° Offertoire de l'Avent, à huit. 

PESENTI (Michel), en latin PESEN- 
TUS, compositeur italien, né vraisemblable- 
ment dans l'État de Venise, fut prêtre à Vé- 
rone, où il vécut vers la fin du quinzième 
siècle et au commencement du seizième. 
Pelrucci de Fossombrone a imprimé des 
chansons italiennes de ce musicien, dans les 
livres 1 er , 3 e , 5 e , 7 e et 9 e des Frottole {voyez 
I'etruccj). Il n'y est souvent désigné que par 
son prénom, ou même par les initiales de ses 
nom et prénoms. On trouve aussi de Pesenti, 
dans le troisième livre des F.oMli de la Co- 
rona, imprimé par le même Pelrucci, le 



motet Tulerunt Dominum meum, à quatre 



voix. 



PESENTI (Martin), compositeur, aveugle 
de naissance, né à Venise vers 1600, y a publié 
divers ouvrages, parmi lesquels on cite : 
1° Misse a tre voci, 1647. 2» Motetti a tre 
voci, ibid. 5° Capricci stravaganti, ibid. 
4° Correnti alla francese, balletti,gagliarde, 
passamezzi, parte cromatici, e parte enar- 
monici, a 1, 2 e 3 stromenti, da Martino 
Pesenti, cieco a nativitate, lib. 1-4, ibid., 
1630-52, in -fol. 

PESTALOZZI (Jean-Henri), célèbre phi- 
lanthrope, né à Zurich, le 12 janvter 1746, s'est 
illustré par ses recherches et ses travaux pour 
améliorer l'éducation primaire et populaire, 
et surtout par le dévouement de sa vie entière 
et le sacrifice de sa fortune pour atteindre ce 
noble but. La vie de cet ami de l'humanité est 
trop remplie et trop étrangère à l'objet de ce 
Diclionnaire pour y trouver place. Je ne le 
mentionne que parce qu'il est souvent cité 
comme l'auteur d'un système d'enseignement 
de la musique applicableauxécoles primaires; 
or, s'il est incontestable qu'à la têle des 
hommes qui se sont proposé de donner à l'en- 
seignement de la musique un caractère d'uni- 
versalité il faut placer Pestalozzi, on ne peut 
le considérer comme ayant inventé un système 
spécial pour cet objet, s'élant contenté d'in- 
diquer quelques vues générales dans son cé- 
lèbre roman populaire intitulé Léonard et 
Gertrude, et surtout dans ses Directions 
adressées aux mères sur la manière d'in- 
struire elles-mêmes leurs enfants. Pour l'ap- 
plication de ses principes, il dut avoir recours 
à des musiciens de profession, et ce furent 
Traugott Pfeiffer etNsegeli qui se chargèrent 
de la réalisation de ses aperçus (voyez ces 
noms). Pestalozzi est mort à Brugg, en Suisse, 
le 27 février 1827. 

PESTEL (Jean-Ernest), excellent orga- 
niste à Allenbourg, naquit à Berga en 1659. 
Admis à l'école de ce lieu, il y reçut sa pre- 
mière éducation, et étudia pendant ce temps 
la musique sous la direction de Jean-Ernest 
Witte. Ses progrès dans cet art le décidèrent 
à en suivre la carrière. Il se rendit à Leipsick 
et y continua ses études sous la direction du 
jeune Weckmann, fils du célèbre organiste de 
Hambourg. Devenu habile, il fut appelé à 
Weida, dans le Voiglland, en qualité d'orga- 
niste, et de là passa à Allenbourg, où il l'ut 
d'abord employé par la ville, puis nommé, en 
1687, organiste de la cour. Plus tard, il reçut 
des propositions brillantes de Gotha, de Bits- 



8 



PESTEL - PETERSEN 



lau et de quelques autres villes, mais il les 
refusa, et préféra sa situation à Altenbourg, 
où il se trouvait encore en 1740, âgé de quatre- 
vingt-un ans. Pestel a beaucoup écrit pour 
l'église et pour l'orgue; mais il n'a rien fait 
imprimer de ses ouvrages. 

PETEGHEM (VAN). Payez VAN PE- 
TEGIIEM. 

PETERSEN (David), violoniste hollan- 
dais, qui vivait vers la tin du dix-septième 
siècle, a publié un œuvre de sonates pour 
violon et basse, ou téorbe et viola da gamba, 
sous ce titre : Spcelstukken ; Amsterdam, in- 
folio, trente-deux pages. L'épitre dédicatoire 
est datée d'Amsterdam, 1C83. Ces pièces sont 
d'un très-bon style. 

PETERSEN (Pierre-Nicolas), flûtiste 
distingué, né le 2 septembre 1761, à Beder- 
kesa, dans le duché de Brème, était fils d'un 
pauvre constructeur d'orgues qui n'avait pas 
de domicile fixe, et qui s'arrêtait plus ou moins 
longtemps dans les lieux où il trouvait à tra- 
vailler. Ne possédant aucune notion de la mu- 
sique, cet homme ne put aider au développe- 
ment des dispositions que son fils avait reçues 
de la nature. Heureusement ces dispositions 
étaient plus qu'ordinaires : le jeune Petersen 
possédait une de ces organisations d'élite qui 
ne doivent rien qu'à elles-mêmes. Une flûte 
était tombée entre ses mains : il apprit à en 
jouer sans le secours d'aucun maître. Son 
père se trouvait à Hambourg, en 1773. Celui- 
ci, dont les travaux étaient mal payés et dont 
l'existence était précaire, imagina d'enrôler 
son fils dans une de ces troupes de musiciens 
ambulants qui, en Allemagne, parcourent les 
rues des villes et jouent dans les guinguettes. 
Le séjour d'une grande ville offrait à Petersen 
l'occasion d'entendre quelquefois des flûtistes 
de profession, dont il étudiait le mécanisme 
par l'observation C'est ainsi que par degrés 
il devint habile, ajoutant incessamment, à ce 
qu'il découvrait chez les autres artistes, ce 
que son heureux instinct lui suggérait. A l'âge 
de dix-sept ans, il possédait déjà un talent 
remarquable. Pour se soustraire aux dégoûts 
de la vie vagabonde qu'il menait depuis 
plusieurs années, il entra dans le corps des 
hautbois de la milice de Hambourg. Cet em- 
ploi lui laissait beaucoup de temps pour se 
livrer à ses études; mais il ne lui procurait 
qu'un revenu insuffisant pour vivre. Quelques 
amateurs de musique s'intéressèrent à son sort 
cl lui procurèrent des élèves. Dès lors sa 
position devint meilleure, et il put se livrer en 
liberté aux études par lesquelles il perfection- I 



nait incessamment son talent. Il s'occupa 
aussi de l'amélioration de la flûte. Aidé par 
Wolf, bon facteur d'instruments à vent, il mo- 
difia l'ouverture des trous et ajouta aux clefs 
de ré dièse et de fa, qui existaient avant lui, 
les clefs de sol dièse et de si bémol, afin de 
perfectionner la justesse de ces notes. Plus 
lard, il y joignit la clef de Vut. Sa flûte à cinq 
clefs fut ensuite introduite à Londres par un 
musicien anglais nommé Tant; vers 1802, 
elle pénétra en France. On sait que ce fut 
Tromlitz {voyez ce nom) qui porta le nombre 
des clefs de l'ancienne flûte jusqu'à sept. Aux 
services qu'il avait déjà rendus à l'art par ces 
perfectionnements, Petersen ajouta celui de 
sa Méthode de flûte, bon ouvrage publié à 
Hambourg, chez Gunther, et qui a été long- 
temps classé parmi les meilleurs de ce genre. 
Petersen était âgé de trente ans, lorsque plu- 
sieurs artistes, charmés par son talent, l'invi- 
tèrent à se faire entendre dans les concerts. 
Il y parut pour la première fois en 1791, et 
surpassa ce qu'on attendait de lui. Les sons 
qu'il tirait de la flûte avaient un moelleux, 
une justesse dont on n'avait pas eu d'exemple 
jusqu'alors. Il était surtout remarquable dans 
l'adagio par son style large et pur. Dès ce 
moment, il ne se donna plus de concert bril- 
lant à Hambourg où la place de Petersen ne 
fut marquée. La faveur du public ne se dé- 
mentit pas pour lui pendant plus de trente 
ans; mais, vers 1825, sa vue s'affaiblit et son 
embouchure s'altéra par la perte de plusieurs 
dcnls : il cessa alors de se faire entendre. Pe- 
tersen mourut à Hambourg, le 19 août 1830. 
Ou a publié de sa composition : 1° Études 
pour la flûte dans tous les tons, 1 er et 2 c livres; 
Hambourg, Bœhme. 2" Adagio et variations 
pour flûte et piano, op. 5; ibid. 3° Recueil de 
duos pour deux flûtes tirés des œuvres de plu- 
sieurs compositeurs célèbres; ibid. 

PETERSEN (Charles-Auguste), fils du 
précédent, est né à Hambourg, en 1792. 
Élève de son père, il joua d'abord de la flûte; 
mais plus tard il se livra à l'élude du violon et 
du piano. Vers 1825, il a fait un voyage en 
Danemark, en Suède et dans quelques parties 
de l'Allemagne : il est maintenant fixé à Ham- 
bourg, en qualité de professeur de musique. 
On connaît de sa composition : 1" Polonaise 
avec orchestre ou piano, op. 1; Hambourg, 
Bnehme. 2° Duos pour deux violons, op. 10; 
ibid. 3° Rondeau pour violon et piano, 
op. 12; ibid. 4° Sonate pour piano el violon, 
op. 5 ; Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 5° Diver- 
tissement idem, op. 7; ibid. G" Polonaise 



PETERSEN — PETIT 



9 



brillante pour le piano à quatre mains, op. 11; 
Hambourg, Bœhme. 7° Iïo)ido scherzando 
idem, pp. 13; Leipsick, Peters. 8° Marches 
idem; Hambourg, Bœhme. 9° Introduction et 
rondo pour piano seul, op. 8; Hambourg, 
Cranz. 10° Divertissements et autres compo- 
sitions idem; Hambourg, Bœhme. 11° Deux 
rondos en forme de valse; Hambourg et Ha- 
novre. 12° Valses idem; Hambourg et Copen- 
hague. 

PETIBON (Auguste), flûtiste, né à Paris, 
vers 1797, fut admis comme élève au Conser- 
vatoire de celle ville et y fit ses études sous la 
direction de Wunderlich. Vers 1822, il établit 
une maison de commerce de musique; mais 
plus tard il renonça à ce genre d'affaires, et 
se livra de nouveau à l'enseignement de la 
musique. Il a l'ait imprimer de sa composition 
des thèmes variés pour flûte et orchestre, 
Paris, Pleyel, Aulagnier; idem pour deux 
flûtes ou flûte et piano; Paris, Aulagnier; 
plusieurs œuvres de duos pour flûte et guitare, 
ibid.; des duos pour piano et flûte; Paris, 
Petibonjetdiverses autres petites productions. 

PETISCUS (Jean - Conrad - Guillaume), 
prédicateur de l'Église réformée à Leipsick, 
naquit à Berlin, en 1765. Amateur de musique 
et violoniste, il se délassait de ses travaux de 
théologien par quelques essais relatifs à cet 
art. On a de lui trois articles fort bien faits 
sur le violon, sa construction, ses qua- 
lités, etc., insérés dans les n os 50,51 et52 delà 
Gazette musicale de Leipsick (ami. 1808). Il a 
donné aussi dans la même Gazette (ann. 1807) 
un article sur les manuels de musique, et un 
autre sur le mélange des genres. Petiscus a 
traduit en allemand la méthode de violon du 
Conservatoire de Paris; Leipsick, Breitkopf et 
Hœrtel. Il a été aussi l'éditeur de la dernière 
édition de la méthode de violon par Léopold 
Mozart; Leipsick, Riihnel. 

PETIT (Adrien), surnommé COCLICUS, 
naquit en Allemagne, en 1500. Venu en 
France dans sa jeunesse, il y apprit la musique 
sous la direction de JosquinDeprès. Il voyagea 
ensuite et se rendit en Italie, où il parait 
avoir séjourné; mais il revint enfin dans sa 
patrie, et tout porte à croire qu'il y termina 
sa carrière. Il est connu comme compositeur 
par des motets répandus dans les divers re- 
cueils d'Adrien Leroy et de Ballard, et par un 
recueil intitulé Musica reservata : Consola- 
tiones ex psalmis Davidicis, 4 voc; Norim- 
bergx, in officina Joannis Montant et Ulrici 
Neuberi, 1552, in-4° obi. On a aussi de lui un 
traité de musique, sous le titre de Compen- 



dium musices descriptum ab Adriano Petit 
Coclïco, discipulo Josquini Deprès, in qua 
prxter estera tractantur hxc de modo or- 
nate canendi, de régula contrapuncti, de 
compositione; Nuremberg, 1552, in-4°. Il 
est vraisemblable que c'est ce même ouvrage 
que Lipenius (inBiblioth., p. 977) et Possevin 
(Bibl. Select., lib. XV, p. 223, t. Il) indi- 
quent sous le nom d'André Pétri ou Petrus et 
d'Adrien Pétri; car le litre du livre, le nom 
de la ville, et la date de l'impression sont les 
mêmes. On trouve le poitrail de Coclicus l'ait 
à l'âge de cinquante-deux ans, en tête de cet 
ouvrage, avec ces vers latins : 

Jure tuum Coclieo nsmen Germania jactat, 

Ars merito clarum te facit esse virum. 
Gallia te vidit, te vidit et Ausonia ora, 

Nunc quoque delectat theatrum terra senem. 
Nam vincis reliquos vocis dulcedine et arie, 

Culture nec suavis sic Philomela canit. 
Ergo tihi ut longum Clirislus producere vitam 

Concédât, summum voce rogabo Dcum. 

Le livre de Petit a de l'intérêt, parce qu'on 
y trouve la doctrine de Josquin Deprès concer- 
nant le contrepoint. 

PETIT (Camille), fils d'un violoniste 
attaché à l'Opéra-Comique pendant trente 
ans, et qui a publié trois œuvres de duos de 
violon (Paris, Naderman), est né à Paris, le 
27 avril 1800. Ayant été admis au Conserva- 
toire de musique, le 8 février 1809, il devint 
élève de Pradher pour le piano, le 20 août 
1810. Puis madame de Montgeroult lui donna 
des conseils, et il reçut quelques leçons de 
Clementi, dans le dernier voyage que ce grand 
artiste fit à Paris. Petit s'est fait entendre 
avec succès dans quelques concerts en 1826 et 
1827; depuis cette époque, il s'est livré à l'en- 
seignement du piano, et a publié quelques 
morceaux pour cet instrument, parmi lesquels 
on remarque : 1° Variations sur les stances 
de Valentine de Milan; Paris, Schlesinger. 
2° Bondeau brillant, op. 17; Paris, Pleyel. 
3° Bondeaux idem, op. 2, n os 1, 2, 3; Paris, 
Pacini.4°DilTérenls thèmes deRossini variés; 
Paris, Pacini ; Milan, Bicordi. 5° Études ; Paris, 
Schlesinger. G Vingt-quatre préludes dans 
différents tons; Paris, Pacini; et quelques 
bagatelles. 

PETIT (Charles), frère aine du précédent, 
né à Paris, en 1783, entra au Conservatoire, 
en 1799, et y devint élève de Domnich pour 
le cor. Ses progrès furent rapides, et il obtint 
le premier prix de cet instrument en 1804. 
Peu d'artistes ont eu un plus beau son et une 
plus belle manière dechanlersur l'instrument. 
Il joua avec beaucoup de succès des solos djus 



10 



PETIT — PETRI 



les concerts de l'Opéra -Bouffe, pendant les 
années 1805, 1806 et 1807. A cette époque, il 
était second cor de ce spectacle, puis il entra 
à l'orchestre de rOpéra-Comique, en 1809, et 
n'en sortit qu'en 1820, pour entrer dans l'ad- 
ministration des forêts, où il a obtenu le grade 
d'inspecteur. 

PETIT JAN. voyez DELATTRE. 

PETITPAS (mademoiselle), cantatrice de 
l'Opéra, née en 1700, fut admise pour chanter 
les rôles, en 1725, aux appointements de 
douze cents francs , avec une gratification 
annuelle de trois cents francs , et eut des 
augmentations de traitement qui s'élevaient, 
en 1738, à trois mille deux cents francs. En 
1752, elle passa furlivement en Angleterre; 
mais elle rentra à l'Opéra l'année suivante, et 
mourut à Paris, le 24 octobre 1739. Cette 
cantatrice brillait particulièrement dans les 
airs, tandis que la Pélissier (voyez ce nom), 
autre actrice célèbre de cette époque, montrait 
surtout du talent dans le récitatif. 

PETILEUS ou PETER (Christophe), 
cantor à Guben, vers 1G55, a publié de sa 
composition une collection d'airs à quatre et 
cinq parties, sous ce titre : Andachts-Cym- 
beln und lieblich klingende Arien von 4 bis 
5 Stimmen; Fribourg, 1656. Walltaer cite 
aussi de ce compositeur des litanies et des 
messes à cinq, sept et huit voix, qui ont paru 
à Guben, en 1669. 

PETRALI (Louis), compositeur, élève 
de Mercadante, né à Mantoue, a donné à 
Milan, en 1844, Sofonisba, qui tomba et n'eut 
qu'une représentation. Dans l'annéesuivante, 
il a écrit pour le théâtre de sa ville natale 
Antonio Foscari, qui fut plus heureux. Le 
nom de cet artiste a disparu depuis lors du 
monde musical. 

PETKEJUS (Jean), célèbre imprimeur de 
musique, né à Langendorf, en Franconie, lit 
de bonnes éludes dans sa jeunesse et obtint à 
l'université de Nuremberg le grade de Ma - 
gister. Vers 1526, il acheta une imprimerie à 
Nuremberg et y ajouta uue typographie mu- 
sicale dix ans après. Il mourut à Nuremberg, 
le 18 mars 1550. Parmi les nombreux pro- 
duits de ses presses, on remarque la précieuse 
et rarissime collection de messes intitulée : 
Liber quindeciin iVissarum a pnvslantis- 
simis musicis compositarum; NoribergBe, 
1538, petit in-4" obi.; et les Harmonise poe- 
ticx de Paul Hofheimer (voyez ce nom). 

PETHELLA (Henri), compositeur napo- 
litain, élève du collège royal de musique 
San Pietroa Majclla, a l'ait jouer, en 1829, 



au petit théâtre de cette institution, l'opéra en 
un acte Un Diavolo color di rosa. Dans 
l'année suivante, il donna au théâtre Nuovo 
la farce Puleinella marito e non marito. Les 
autres ouvrages de ce musicien de peu de 
mérite sont / Pirati, représenté à Naples, en 
1838; le Minière di Freiberg, dans la même 
ville, au carnavai de 1845 ; Galeotto Man- 
fredi, dans la même année, à Modène ; «Ame, 
à Milan, en 1848. 

PETRI (Jean-Godefroid), né à Sorau, le 
9 décembre 1715, fit à l'université de Halle 
des études de droit, et fut ensuite chargé d'y 
enseigner les Institules. Plus tard, il obtint la 
place de cantor à Gœrlitz, où il mourut le 
6 juillet 1795, à l'âge de quatre-vingts ans. Il 
a publié de sa composition : 1° Cantates pour 
les dimanches et fêtes; Gœrlitz, 1757, in-4°. 
2° Amusements de musique; deux suites pu- 
bliées en 1761 et 1762. 5" Les trois jeunes 
hommes dans la fournaise, oratorio, 1765, 
in-4°. On a aussi de Pétri une dissertation 
concernant l'utilité de l'étude de la musique, 
intitulée : Oratio sxcularis qua confirmât ur 
conjunclionem sludii musici cum reliquis 
litterarum sludiis erudilo non tantum 
utilemesse, sed et necessariam videri. Gor- 
licii, ex ofjicina Fickelscheriana, 1765, in-4° 
de seize payes. 

PETUI (Jean-Samuel), écrivain didactique, 
naquit à Sorau, le 1 er septembre 1738. Bien 
que cantor, et conséquemment musicien, son 
père ne voulait pas lui permettre de se livrer à 
l'étude de la musique; mais il apprit les prin- 
cipes de cet art en fréquentant l'école du lieu 
de sa naissance, et fil des progrès sur le cla- 
vecin, sans avoir reçu les leçons d'aucun 
maître. A l'âge de seize ans, on le choisit pour 
remplacer l'organiste nouvellement décédé, 
et il en remplit les fonctions, tirant toute son 
instruction de la musique des grands maîtres 
qu'il jouait sur Porgue. Après neuf mois, 
l'organiste eut un successeur qui donna quel- 
ques leçons à Pétri, cl rectifia les erreurs ou 
il était tombé. Ce fut alors qu'il trouva dans 
les pièces d'orgue de Bach et dans ses sonates 
des modèles de style, qu'il étudia avec persé- 
vérance. Après que ses éludes universitaires 
furent terminées, il fut nommé professeur de 
musique à l'école normale de Halle. La con- 
naissance qu'il lit en celte ville de Guillaume- 
Friedmann Bach lui lut d'un grand secours 
pour son instruction. En 1767, Pétri reçut sa 
nomination de cantor à Lauhan. Il y publia 
dans la même année la première édition de 
son traité élémentaire de musique. Cinq 



PETRI- PETRINI 



H 



ans a|>rès, il fut appelé à Bautzen pour y 
remplir les mêmes fondions. Il y esl mort, le 
12 avril 1808, à l'âge de soixante-dix ans. Le 
livre par lequel Pelri s'est fait connaître, efst 
un des meilleurs qu'on ait écrits concernant 
les éléments de la musique instrumentale; la 
précision du style et la clarté des définitions y 
égalent l'exactitude des faits : ces qualités sont 
rares chez les écrivains sur la musique. L'ou- 
vrage est intitulé : Anleitung zur praktischen 
jflusik, vor neuangehende Sxnger und In- 
strumentspieler (Introduction à la musique 
pratique, à l'usage des chanteurs et des in- 
strumentistes commençants); Lauhan, Chris- 
tophe "Wirth, 1767, in-8° de cent soixante- 
quatre pages. A peine Pétri eut-il publié son 
ouvrage, qu'il conçut un nouveau plan plus 
étendu : il employa plusieurs années à la ré- 
daction de ses additions, refondit tout le livre, 
et le donna sous le titre plus concis . Anlei- 
tung zur praktischen Musik; Leipsick, Breit- 
kopf, 1782, in-4° de quatre cent quatre-vingt- 
quatre pages. Le livre est divisé en trois 
parties : la première contient une histoire 
abrégée de la musique, depuis son origine 
jusqu'au dix-huitième siècle; la seconde, qui 
s'étend depuis la page 121 jusqu'à 282, traite 
des éléments de la musique, et la dernière 
renferme des traités complets, quoique peu 
étendus, de l'art déjouer de l'orgue, du cla- 
vecin, du violon, de la viole, du violoncelle, 
de la contrebasse et de la flûte. On a publié 
sous le nom de Pétri un petit traité de l'art de 
jouer de l'orgue, intitulé : Anweisung zum 
regelmzssigen und geschmackvollen Orgel- 
spielen fiirneue angehende Organistenvnd 
solche Clavierspieier , etc.; Vienne, 1802, 
in-8° de trente-deux pages; mais cet opuscule 
n'est qu'un extrait de Vlntroduction à la 
musique. Pelri a écrit de la musique pour 
l'orgue et pour l'église : mais ces productions 
sont restées en manuscrit. 

PETRI (Christophe) , cantor et maître 
d'école à Sorau, s'est fait connaître par un re- 
cueil de chansons avec accompagnement de 
piano, et par une cantate intitulée Rinaldo 
ed Armida, qui fut publiée, en 1782. Quatre 
ans après, il annonça six sonates faciles pour 
le clavecin, qui ne paraissent pas avoir été im- 
primées. 

PETRI (Jean-François), curé dans une 
paroisse du duché de Ferrare, a écrit, en 1788, 
un poëme intitulé la Musica. Cet ouvrage, 
qui ne parait pas avoir été imprimé, esl com- 
posé de 226 terzine, et commence par ces 
mots : Abbia il vero (voyez Dizion. di opère 



anonime epseudonime di scrittori italiani, 
t. II, p. 218). 

PETRI (RoDOLlMIE-GuiLLAtHIE-FRKDKRir.). 

est né le 9 juillet 1811, à Benau, près de Sorar, 
dans la basse-Lusace, où son père était pas- 
teur. L'instituteur de ce lieu lui enseigna les 
éléments de la musique, du piano, de l'orgue 
et de plusieurs autres instruments. En 1826, 
il entra au collège de Sorau et y continua ses 
études de musique. Après avoir terminé ses 
humanités, il alla suivre les cours de théologie 
à l'université de Leipsick, puis à Berlin, où il 
fréquenta les cours de théorie musicale du 
professeur Marx. Ses éludes étant achevées, il 
remplit d'abord les fondions de précepteur 
dans plusieurs familles nobles, puis il se fixa 
à Breslau, en 1845, en qualité de professeur de 
musique. Il a publié dans cette ville, chez 
Leuckart, des Lieder, avec accompagnement 
de piano, et de petites pièces pour cet instru- 
ment. 

PETRINI (François), fils d'un harpiste 
de la musique du roi de Prusse, naquit à 
Berlin, en 1744, et apprit de son père à jouer 
de la harpe. Son habileté surpassa bientôt 
celle de son maître. Le duc de Mecklembourg- 
Schwerin l'engagea à son service, vers 1765; 
mais Pelrini resta peu de temps à la cour de 
ce prince, car il se rendit à Paris avant 1770. 
Il y fut bientôt un des professeurs les plus re- 
nommés pour cet instrument, et ses composi- 
tions eurent de la vogue jusqu'à l'époque où 
la musique de Krumpholtz les eut placées en 
second ordre. Pelrini continua cependant 
d'enseigner la harpe et l'harmonie jusqu'en 
1812. Il mourut à Paris, en 1819, à l'âge de 
soixante-quinze ans. Cet artiste a publié de 
sa composition : 1° Concertos pour la harpe : 
1 er , œuvre 4 e , Paris, Bailleur; 2 e , œuvre 7'', 
Paris, Lachevardière; 5 e , œuvre 18 e , Paris, 
Cousineau; 4 e , Paris, Naderman. ^"Sonates 
pour la harpe, œuvres 1 er , 5 e , 5 e , 9 e , 10 e , 
Paris, Cousineau ; op. 58, Paris, Naderman; 
Vive Henri IV, op. 48, ibid.; Recueil de va- 
riations et de petits morceaux, op. 49, ibid. 
3° Sonates pour l'exercice des pédales, œuvres 
37 et 40; Paris, Cochet. 4° Duos pour deux 
harpes, n os 1, 2, 5; Paris, Naderman. 5° Pots- 
pourris pour la harpe, n os 1 à 6; Paris, 
Cousineau et Naderman. 6° Airs variés pour 
la harpe, en recueils et détachés, op. 2 e , 8 e , 
13 e , 14 e , 15 e , 16 e , 17 e , Paris, Cousineau; 
op. 44 e , 47 e , Paris, Naderman; Air tyrolien 
varié avec violon, op. 46, Paris, Richault. 
7° Recueils d'airs avec accompagnement de 
harpe, op. 6 e , 20 e , 21 e , 22 e , 23 e ; Paris, Cmi- 



12 



PETRIN! — PETIIUCCI 



sineau. 8° Méthode pour la harpe; Paris, 
Louis. Pelrini est auteur d'un Système d'har- 
monie, qui fut publié, en 1796, chez Louis. 
Plus tard il revit cet ouvrage, y fit des chan- 
gements, et le publia sous ce titre : Etude 
préliminaire de la composition, selon le nou- 
veau système de l'harmonie, en soixante 
accords; Paris, chez l'auteur, 1810, in-4°. On 
voit par ce titre que Pelrini n'avait pas 
cherché la simplicité dans son système. 

Cet artiste a eu un fils (Henri), né à Paris, 
vers 1775, qui fut harpiste comme lui, et qui 
mourut jeune. Il a publié deux livres de so- 
nates pour la harpe, Paris, Cousineau; deux 
pots-pourris idem, op. 5 e et 5', ibid.; trois 
recueils d'airs variés idem, op. 8 e , 9 e et 10 e , 
ibid.; et un recueil de chansons avec accom- 
pagnement de harpe, op. 7 e , ibid. 

PETRIN O (Jacques), compositeur italien 
du seizième siècle, n'est connu que par un re- 
cueil'de morceaux à plusieurs voix intitulé : 
Jubilo diS. Bernardo con alcune canzonette 
spirituali ao e 4 voci ; Parme, 1589, in-fol. 
PETRORELLI (François), maître de 
chapelle de la cathédrale de Padoue, né à Bo- 
logne, vers 1635, n'est connu que par ses ou- 
vrages, dont on n'a pas la liste complète. Son 
premier œuvre paraît être un recueil de motels 
imprimé à Venise, en 1657. L'œuvre cinquième 
est intitulé : Motetti e Litanie délia B. V., 
et a paru à Anvers, chez les héritiers de 
P. Phalèse. C'est une réimpression d'une pre- 
mière édition dont la date est inconnue. En 
1662 a paru un ouvrage de Pelrobelli qui n'a 
pas de numéro d'œuvre et dont le litre est : 
Salmi a quattro voci con stromenti obligati; 
Venise, Fr. Magni, in-4°. L'œuvre huitième a 
pour litre : Musiche sacre concertate con 
istromenti; Bologne, Jacques Monli, 1670, 
in-4°. 11 y a une deuxième édition de cet ou- 
vrage; Bologne, 1690, in-4°. La dédicace est 
adressée au cardinal Rospigliosi. Les cantate 
a una e due voci co'l basso continua; Bo- 
logne, 1676, forment l'œuvre 10 e , et les Mot- 
tetti, Antifone e Litanie délia Beala Ver- 
gine a 2 voci; ibid., 1677, sont l'œuvre on- 
zième. L'œuvre quinzième a pour titre : 
Musiche da caméra; Venise, J. Sala, 1682, 
in-fol., en partition. Les autres ouvrages de 
ce compositeur sonl : P salmi brèves octo vo- 
cibus, op. 17; Venise, 1684, in-4°; Salmi 
Dominicali a 8 voci, op. 19; in Venezia, 
1686, in-4°; Scherzi musicali per fuggir 
l'ozio,o[>. 24; Venise, 1693, in-4°. Ce recueil 
contient des cantates et des airs à deux et 
trois voix, avec deux violonset basse continue. 



PETRUCCI (Ottaviano dei), célèbre in- 
venteur de la typographie de la musique en 
caractères mobiles, naquit le 14 juin 1466, à 
Fessombrone, petite ville du duché d'Urbino, 
dans les États-Romains. A l'âge de vingt-cinq 
ans, il se rendit à Venise et s'y fit bientôt con- 
naître comme un des hommes les plus habiles 
dans l'art de la typographie, qu'il avait appris 
vraisemblablement à Rome. On ignore dans 
laquelle de ces deux villes il conçut la pre- 
mière idée de la possibilité d'imprimer la mu- 
sique mesurée par des types métalliques (1). 
La réalisation de cette pensée offrait alors 
d'immenses difficultés, parce que les signes 
de la notation proportionnelle, qui seule était 
en usage à cette époque pour la musique me- 
surée, sont en si grand nombre et se combi- 
nent de tant de manières différentes, que la 
composition des groupes de caractères devait 
présenter à l'imprimeur une multitude de cas 
embarrassants. Mais telles étaient les res- 
sources ingénieuses de Petrucci , telle son 
habileté dans l'art ' de graver les types, 
qu'avant de mettre au jour ses premiers pro- 
duits, tous les obstacles étaient vaincus, et 
que l'inventeur avait atteint une perfection 
non encore surpassée par les procédés de la 
typographie moderne, et rarement égalée. Le 
système de Petrucci consiste dans l'impression 
à deux tirages, le premier pour les lignes de 
la portée, l'autre pour le placement des 
caractères de notos sur cette portée (2). Les 

(I) Le mérite de Petrucci est d'avoir résolu tous les 
problèmes de la combinaison des types pour la notation 
proportionnelle de la musique mesurée; car il est certain 
que l'art d'imprimer le plain-chant en caractères mo- 
biles avait été trouvé précédemment. Dans le Missel de 
Wùrzbourg,datcdc 1 18V, dont je possède un exemplaire 
imprimé partie sur papier et partie sur vélin, les pré- 
faces des messes pour toutes les fêtes de l'année sont 
imprimées en ancienne notation allemande non mesurée, 
sur des portées de quatre lignes rouges, et en caractères 
mobiles; mais les lignes sont faites a la plume ou à l'aide 
d'un instrument particulier. Le livre de Nicolas VA'ol- 
lick, O/ius aurrum Mitsicir casligatissimum, imprime à 
Cologne par Henri Quentel, en ItiOl, in-4°, a tous les 
exemples de plain-chant imprimés en caractères mobi- 
les, d'après le système de la vieille notation allemande; 
niais, dans la partie du wilume où il est traité du contre- 
point, les portées des exemples de musique mesurée sont 
seules imprimées, et villes dans mon exemplaire : ils 
devaient être remplis à la main. 

(•>) Il e>t hoi S de doute que le système de l'impression 
de la musique à deux tirages, imagine par l'etrurci, fut 
le premier qu'on adopta ; on en voit la preuve dans les 
rarissimes Melojioiœ $ue harmoniœ letracenticcr, impri- 
mées par Krliard Oglin, à Augsbourg, en 1507, par 
VOpusculum musices, de Jean à Quereu (Van der Eiken), 
sorti des presses de Jean Weysscnburgcr,dc Nuremberg, 
en 151 3. enfin dans le< Magnificat arto tonorum, de Sixte 
Dielricll, imprimés a Strasbourg, par Pierre Scbœffcr, 



PETRUCCI 



deux formes de ses presses se repliaient l'une 
sur l'autre par des charnières si bien ajustées, 
(|iie dans toute la musique imprimée par lui, 
il n'y a jamais la moindre incertitude sur les 
noies placées sur les lignes ou dans les espaces. 
Petrucci fut l'inventeur de ces presses comme 
de tout le reste de son matériel. 

Avant de publier les premiers résultats de 
ses travaux, il présenta requête au conseil de 
la seigneurie de Venise, pour obtenir le pri- 
vilège de seul imprimeur de musique mesurée, 
ainsi que de tablature d'orgue et de luth, 
pendant vingt ans, ce qui fut accordé par ces 
mots placés au bas de sa pétition : 

1498. Dit XXV. Maij 
Çuotl suprascriptu supplicanti concedilur prout pelil. 
Consilarij. 
Ser Marinus Liono. 
Ser Jeronimus Vendrameno. 
Ser Laurentius Venezio. 
Ser Domenicus Bollani (I). 

M. Caffi s'est trompé, lorsqu'il a cru que le 
privilège n'avait été accordé à Petrucci que 
dans l'année 1502 (2). 

le jeune, en 1533, ainsi que par toutes les autres œuvres 
sorties des mêmes presses. Ce fut en France qu'on ima- 
gina d'imprimer la musique en un seul tirage. Pierre 
Hautin parait eue le premier qui grava des types de 
notes avec des fragments de lignes qui, dans la compo- 
sition de l'ensemble, forment la portée. Cette invention 
fut faite en 13-S, et les caractères de Ilaulin servirent à 
Pierre Attaingnant, de Paris, pour l'impression de toutes 
vos collections. Jacques Moderne, de Lyon, a imprimé 
tous les ouvrages sortir, de ses presses avec des caractères 
de même espèce. Guillaume Le Bé, de Paris, grava deux 
sortes de gros caractères de musique pour l'impression 
des messes in-folio que publiaient Adrien le Roy et Ro- 
bert Ballard. Le premier de ces caractères était fait pour 
l'impression en un seul tirage; c'est celui dont les édi- 
teurs se sont toujours servis; en ISao, Le Bé grava l'autre 
caractère pour l'impression à deux tirages; mais il en 
fut fait peu d'usage. Fournier, le jeune, qui a publié un 
Traité historique et critique sicr l'origine et les progrés 
des caractères île fonte pour l'impression de la musique, 
se persuade que le second caractère de Le Bé fut le pre- 
mier essai qu'on fit pour l'impression à deux tirages; 
on abandonna, dit-il, cette sorte de caractère comme 
sujette à trop d'inconvénients ; l'on continua à graver 
les poinçons de musique portant leurs filets. Cet homme 
n'entend rien au sujet qu'il traite ; il ne sait pas 
même les noms de Petrucci , d'Oglin, et des autres pre- 
miers imprimeurs de musique. Antoine Oardane, musi- 
cien français qui s'établit à Venise avant 1537, comme 
imprimeur de musique, fut le premier qui introduisit 
en Italie le système de l'impression en un seul tirage, 
avec les caractères de Hautin. A Nuremberg, ce fut Jé- 
rôme Andreœ, surnommé Formsclineider, à cause de son 
état de graveur de caractères d'imprimerie, et aussi im- 
primeur, qui fit les premiers poinçuns de types dont on 
se servit en Allemagne pour l'impression de la musique 
en un seul tirage. Ses premiers produits sont de 1832. 

(1) Voyez le livre d'Antoine Scbmid, intitulé : 0:ta- 
viano dei Petrucci da Fossombrnne, etc., p. II. 

(2) Storia délia Alusiea sacra nella gin capella ducale 
di San Marco di Vcnezia, t. 11, p. 20'j. 



Le premier produit des presses de Petrucci 
est un recueil de quelques motets et d'un 
grand nombre de chansons, la plupart fran- 
çaises, à trois et à quatre voix, des maîtres les 
plus habiles de la seconde moitié du quinzième 
siècle. Ce recueil est divisé en trois livres, 
dont le premier, marqué A, a pour titre : 
Harmonies musices Odkecaton. L'épilredé- 
dicaloire, adressée à Jérôme Donato, noble 
vénitien, la seule que Petrucci ait faite, est 
datée de Venise, le 15 mai 1501 . Le deuxième 
livre, marqué B, n'a pas le titre du premier, 
mais seulement celui-ci : Canti. B. numéro 
cinquanta. Ces deux premiers livres avaient 
été mentionnés dans les Pandectesde Conrad 
Gesner, ainsi que par Zacconi (Prattica di 
musica, l re partie, fol. 84); mais on n'en con- 
naissait pas d'exemplaire, lorsque M. Gaétan 
Gaspari (voyez ce nom) fut assez heureux pour 
en découvrir un, dont M. Angelo Calelani 
(voyez ce nom) a donné une intéressante des- 
cription (1). On vient de voir que la dédicace 
du premier livre est datée du 15 mai 1501 ; à 
la dernière page du deuxième livre on lit la 
souscription suivante : Tmpressum Venetiis 
per Octavianum Petrutium Forosempro- 
niensem die 5 februarii salutis anno 1501, 
cumprivilegio tnvictissimi Domini Venelia- 
rum q. nullus possit cantum ftgaratum im- 
primere subpena in ipso privilégia contenta. 
Il semble que ce second livre a dû paraître 
avant le premier, puisqu'il était achevé d'im- 
primer depuis le 5 février 1501, tandis que la 
dédicace du livre A porte la date du 15 mai 
de la même année. En considérant l'étendue 
de ce livre A, et voyant que, seul, il a le titre 
de l'ouvrage, M. Calelani tire l'induction qu'il 
a dû être imprimé dès l'année 1500, et que le 
livre B n'a été vraisemblablement publié que 
plusieurs mois après la date de l'impression, 
et après la mise en vente du recueil A. Le sa- 
vant auteur de la dissertation n'aurait eu au- 
cune peine à concilier les dates, qui paraissent 
contradictoires au premier coup d'œil, s'il se 
fût souvenu qu'à l'époque où furent imprimés 
ces premiers monuments de la typographie 
musicale, le renouvellement de l'année , à 
Venise, comme dans une grande partie de 
l'Europe, avait lieu, non le premier janvier, 
comme aujourd'hui, mais la veille de Pâques, 
immédiatement après la cérémonie de la bé- 
nédiction du cierge pascal. En 1501, l'année 
a commencé le 11 avril; elle a fini le 20 mars 

(1) Di due stampeignotedi Oltaviano Petrucci da Fos- 
sombrone; Milano, Tito di Gio. Ricordi, in-8° de 22 pag. 
avec planches et fac-similé. 



14 



PETRUCCI 



suivant :1e 15 mai a donc précédé le 5 fé- 
vrier d'environ neuf mois ; d'où il suit que le 
volume B de l'Odhecaton ne fut achevé d'im- 
primer que le 20 février 1502. Le format des 
deux livres est un petit in-4°obl., comme celui 
de tous les ouvrages imprimés parPetrucci. 

Dans la même année 1502, le 9 mai, sortit 
des mêmes presses un recueil intitulé Motetti 
XXXIII. Ces motels sont à quatre voix; mais 
le seul exemplaire connu jusqu'à ce jour, et 
qui esta la bibliothèque du Lycée musical de 
Bologne, est incomplet de la partie du supe- 
rius. Cinq de ces motels sont de Josquin De- 
]nès y deuxde Compère, un d'Antoine Brumel, 
neuf de Gaspard (Van Veerbeke), huit de 
Ghiselin, deux d'Alexandre Agricola, et six 
de Jean Pinarol. Il est remarquable que le 
nombre considérable d'oeuvres musicales 
publiés par Petrucci, à l'exceplionde certains 
chants italiens dont il sera parlé tout à 
l'heure, a été produit par des compositeurs 
helges. Les quelques noms français qu'on 
trouve mêlés aux leurs sont ceux de leurs 
élèves. Un recueil de cinq messes de Josquin 
Deprès, qui a simplement pour litre Misse 
Josquin, fut achevé d'imprimer le 27 septem- 
bre de la même année. Au superius on trouve 
le nom de l'auteur écrit de celte manière : 
Josquin-de-Pres. Un exemplaire complet de 
ce livre est à la bibliothèque royale de Berlin. 
Le 27 décembre de la même année, ce même 
livre de messes de Josquin sortit de nouveau 
des presses de Pelrucci avec le titre : Liber 
primus Missarum Josquin. Il n'est pas vrai- 
semblable que l'édition publiée trois mois au- 
paravant ait été épuisée ; cependant ce n'est 
pas un simple changement de frontispice, car 
le molel à quatre voix, Ecce tu pulchra es } 
arnica mea, de Josquin, qui se trouve après 
la messe de V homme armé, dans la première 
édition, n'esl pas dans celle-ci. Le second livre 
des messes de Josquin (Missarum Josquin 
liber secundus) et le troisième livre, furent 
publiés par Petrucci, en 1505. L'exemplaire 
de la bibliothèque impériale de Vienne n'a 
que le superius, Valtus et le ténor; celui de 
la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, a le 
superius, le ténor et la basse; celui que pos- 
sédait Lansberg (voyez ce nom), à Rome, était 
aussi incomplet de Valtus; l'exemplaire du 
Muséum britannique est complet. 

En 1503 parut le troisième livre de VOdhe- 
caton, sous le tilrede CantiC. n" cento cin- 
quanta. Un exemplaire complet de ce précieux 
recueil de chansons françaises, à quatre ci 
;i cinq voix, est a la bibliothèque impériale 



de Vienne. Dans la même année, Pelrucci 
publia un recueil de cinq messes d'Obrechl, 
sous le titre de Misse Obrecht ; un livre de 
cinq messes de Brumel, qui porte simplement 
au frontispice : Brumel, et les titres des 
messes ; un livre decinq messes de Jean Ghi- 
selin, avec le nom simplement de l'auteur et 
les titres des messes; et, enfin, un livre de 
cinq messes de Pierre De la Rue, avec ces 
mots au frontispice : Misse Pétri De la Rue, et 
les titres des messes. Des exemplaires des 
messes d'Obrecht sont aux bibliothèques de 
Berlin et de Munich ; celui de la bibliothèque 
de Vienne est incomplet de la basse ; le mien 
est complet, ainsi que celui des messes de 
Brumel, dont la bibliothèque de Berlin a un 
exemplaire complet, ainsi que des messes de 
Ghiselin. Les exemplaires des messes de Pierre 
De la Rue qui sont à Berlin et au Muséum bri- 
tannique sont complets; la basse manque à 
celui de la bibliothèque impériale de Vienne. 
Les exemplaires des messes de Jean Mouton, 
Fevin, Ghiselin, Agricola, Brumel, Pierre De 
la Rue, Obrecht, Isaak, de Orto (Dujardin), et 
de Gaspard, imprimées par Petrucci, qui se 
trouvent à la bibliothèque de Saint-Marc, à 
Venise, sont tous incomplets de la basse. 

En 1504, Pelrucci mit au jour cinq messes 
d'Alexandre Agricola (Misse Alexandri 
Agricole), dont il y a des exemplaires dans 
les bibliothèques de Berlin, de Vienne, du 
Lycée musical de Bologne, de la chapelle pon- 
tificale de Rome et dans la mienne. Cette pu- 
blication fut suivie du recueil intitulé Mo- 
tetti C. C'est le troisième livre de la collection 
de motels dont le premier, A, fut publié en 
1502. On sail que le deuxième livre, marqué B, 
contenait des motets pour le dimanche et pour 
l'octave de la Passion, mais on n'en connaît 
pas d'exemplaire. 

Dans les années 1504a 1508, Petrucci publia 
neuf livres de chants italiens d'un caractère 
populaire en usage dans les États vénitiens, et 
qu'on appelait frottole. Le premier livre porte 
la date du 28 décembre 1504; le second livre, 
qui est sans doute une réimpression, celle du 
2'J janvier 1507 ; le troisième, celle du 2G no- 
vembre 1507; le quatrième a pour litre : 
Strambotli, Ode, frottole, Sonetti, et modo 
de cantar versi latini e capituli , libro 
quarto. Le cinquième livre estdalédu 25 dé- 
cembre 1505; le sixième, du 5 février 1505; 
le septième, du G juin 1507; le huitième, du 
20 mai 1507; le neuvième et dernier, du 
22 janvier 1508. Les bibliothèques de Munich 
et de Vienne contiennent les divers livres de 



PETRUCCI 



15 



celle collection : M. Bulseli, libraire à Augs- 
bourg, a eu les quatre premiers livres, en 
1840, et Landsberg a possédé les deux pre- 
miers. C'est par ces mêmes recueils qu'on 
connaît les noms de quelques compositeurs de 
mélodies populaires (dont un certain nombre 
en palois de Venise) lesquels ont vécu dans la 
seconde moilié du quinzième siècle, tels que 
Antoine Caprioli, de Biescia, André de An- 
tiquis, de Venise; Antoine Rosseti, de Vérone; 
Antoine Stringari, de Padoue, Bartholomé 
Tromboncino, de Vérone, Michel Pesenti, de 
la même ville, Philippe de Luprano, François 
Anna, organiste de Venise, Jean Brocchi, de 
Vérone, MarcCara,<\e la même ville, Nicolas 
Pifaro, de Padoue et Rossini, de Mantoue. 

En 1505, Pelrucci publia un livre de cinq 
messes de De Orto (Dujardin), dont une avec 
deux Credo, le quatrième livre de motets à 
quatre voix (Motelli libro quarto), et un livre 
de motets à cinq voix, l'oit intéressant, parce 
qu'on y trouve trois molels de Régis (dont le 
nom flamand était De Koninck), compositeur 
du quinzième siècle, qui fut au premier rang 
et dont les ouvrages sont rares. Dans l'année 
1506, on ne trouve que deux livres de Lamen- 
tations de Jérémie, dont le premier a pour 
litre Lamentationum Jeremie prophète, liber 
primus, l'autre, Lamentationum, liber se- 
/ ctindus, et un livre de cinq messes de Henri 
Isaak (Misse Henri Izac). On ne connaît des 
années 1507 et 1508 que quatre livres de ta- 
blature de luth et un livre de messes de 
divers auteurs [Missarum diversorum auclo- 
rum liber primus). Le premier livre de tabla- 
ture a pour titre Intabolatura de Lauto 
libro primo. Au deuxième feuillet, on trouve 
une Régula pro illis qui canere nesciunt, en 
latin et en italien. Il parait que l'auteur de ce 
premier livre, ainsi que du second, fut un 
luthiste nommé François Spinaccio, car on 
trouve au troisième feuillet une pièce de vers 
latins avec celte inscription : Christophorus 
Pierius Gigas Forosemproniensis in Laudem 
Francisci Spinaccini. Dans le second livre, 
le nom de Spinaccio se trouve en tête d'un 
certain nombre de morceaux. Il n'a pas été 
retrouvé jusqu'à ce jour d'exemplaire du troi- 
sième livre. Le titre du quatrième livre a cette 
forme bizarre : 

Intahnl.itura de Lauto 

Libro quarto : 

Padoanc diverse. 

Cnlile a l:i spagnola. 

Calnle a la taliana. 

Instar de corde enn li soi recercar dielro. 

Kroliule. 

Joanambrosio. 



C'est-à dire : pavanes de différents genres; 
calâtes (danses) à l'espagnol; danses à 
l'italienne ; arpèges des cordes en montant 
et à reculons; Frottole. A l'égard du dernier 
mol (Joanambrosio), on en a l'explication 
dans la table des pièces contenues dans 
l'œuvre, car on y lit : Table de cet œuvre, 
composé par l'excellent musicien et joueur 
de luth Jean Ambroise Balza, de Milan. 
François Spinaccio et Jean Ambroise Dalza . 
sont les plus anciens luthistes dont les noms 
figurent dans l'histoire de la musique. 

Dans l'année 1509, on ne trouve qu'un seul 
ouvrage sorli des presses de Petrucci ; il a 
pour litre : Tenori e contrabassi intubulati 
col sopran in canto figurato per cantar e 
sonar col lauto libro primo. Francisci Bas- 
sinensis Opus ; ce qui signifie que la partie 
de soprano est écrite en notation ordinaire 
pour êlre chantée par la voix, tandis que le 
ténor et la basse, écritsen caractères de tabla- 
ture, sont joués sur le luth ; enfin, que l'ou- 
vrage a été composé par un certain François, 
né dans la Bosnie, et dont le nom de famille 
n'est pas indiqué. Diverses œuvres ou collec- 
tions ont été imprimées par Petrucci enlre les 
années 1502 et 1510, mais sans date. On con- 
naît particulièrement celles-ci : 1° Misse 
Gaspard (Van Verbeeke); ces messes sont au 
nombre de cinq. Tous les exemplaires de ce 
recueil, connus jusqu'à ce jour, sont incom- 
plets; la basse manque à ceux qui sont dans 
les bibliothèques impériales de Vienne et de 
Saint-Marc de Venise; celui de M. Gaspari de 
Bologne, vendu à Paris, en 1862, n'avait pas 
de ténor. 2° Fragmenta Missarum. Parmi 
ces fragments, on trouve les Credo des messes 
de Josquin Deprès qu'on ne possède pas entières 
et qui ont pour titres : La belle se sied; De 
tous biens; f'illayge (village); Ciaschuu 
(chacun) me crie; ainsi que d'autres fragments 
des messes Ferialis et de Passione. 3° Deux 
autres ouvrages sont cilés sans date par Con- 
rad Gesner, dans ses Pandectes, ou deuxième 
partie de sa Bibliotheca universalis : l'un est 
le deuxième livre d'un recueil de Laudi indi- 
qué de celle manière : Laude liber secundus, 
ibidem ( Fenetiis per Octavianum Petru - 
tium) ; l'autre est intitulé : Frottole de misser 
Bartolomeo Tromboncino con tenori et bassi 
tabulati, et con soprani in canto figwato. 
per cantar et sonar col canto, Fenetiis im- 
pressx. 

On ignore le motif qui détermina Petrucci 
à ne pas user pendant le terme de vingt ans 
du privilège qui lui avait été accordé par le 



1G 



PETRUCCI - PF.TZOLD 



conseil de la seigneurie de Venise ; mais il est 
certain que, dès 1512 au plus tard, il était re- 
tourné à Fossomhrone, et qu'il y avait trans- 
porté son imprimerie. Ce qu'on peut pré- 
sumer, c'est que ses affaires commerciales 
n'avaient pas prospéré à Venise, car dans 
l'avant-propos d'un opuscule qu'il imprima 
en 1515, il dit qu'il a souffert jusqu'alors de 
longues maladies et de revers de fortune (quas 
diutina sgritudo, et adversa fortuna adeo 
oppressèrent). Quoi qu'il en soit, il obtint du 
pape Léon X un privilège de quinze ans pour 
exercer son art dans les États romains. Ce 
privilège est daté du 22 octobre 1513. 

Le premier ouvrage imprimé à Fossom- 
brone par Petrucci, en 1515, fut un livre de 
messes in-folio, pour le chœur, dont un exem- 
plaire se trouve à la chapelle pontificale de 
Rome; puis il donna une nouvelle édition des 
trois livres de messes de Josquin Deprès, dont 
le premier parut en 1514, le second en 1515, 
et le troisième en 1516. En 1514, il com- 
mença la publication de la collection de motels 
intitulée : Moletli de la corona, parce qu'ily 
a une couronne royale au frontispice. Le pre- 
mier livre fut achevé d'imprimer le 17 août 
1514; les trois autres livres ont paru en 1519. 
En 1515, le célèbre typographe mitau jour un 
livre de cinq messes de Jean Mouton (illissa- 
rum Joannis Mouton liber primus), et un 
livre de messes d'An toi ne Fevin, qui en contient 
une de Robert Fevin et une de Pierre De la Rue, 
sous le nom de Pierzon. Cet ouvrage a pour 
titrer/use Antonii de Fevin. Le Muséum bri- 
tannique possède des exemplaires complets de 
ces collections ; ceux de la bibliothèque impé- 
riale de Vienne et de la bibliothèque de Saint- 
Marc, à Venise, n'ont pas les parties de basse. 
Conrad Gesner cite aussi, sous la date de celle 
année, une collection intitulée : JUissarum 
decem à clarissimis musicis compositarum 
necdum antea {exceptis tribus) xditarum 
libri duo. Jmpressi Forosempronii 1515. Au- 
cune publication connue n'a élé faite par Pe- 
trucci pendant les années 1517 et 1518. Dans 
une vente qui fut faile à Rome, en 1829, trois 
messes, très-grand in-folio, pour le lutrin du 
chœur, imprimées par Petrucci à Fossom- 
hrone, dans les années 1520-1523, ont été 
acquises par une personne inconnue. Ces pro- 
duitsétaient de la plus grande beauté sous le 
rapport des caractères, du tirage etdu papier. 
Après 1523, on ne trouve plus rien de Pe- 
trucci : il est vraisemblable qu'il cessa de 
vivre dans cette même année, ou peu de temps 
après. 



PETllUCCï (Ascelo), compositeur dra- 
matique, n'est connu que par l'opéra de Nit- 
teli, qu'il fit représenter à Mantoue , en 
1766. 

PETSCHRE (Adolphe-Frédéric), candi- 
dat en théologie et directeur de l'Institut des 
sourds et muets de la Saxe électorale à Leip- 
sick, naquit en 1759, dans celte ville, et y 
mourut le 7 avril 1822. Il a publié, sous le 
voile de l'anonyme, un supplément à la mé- 
thode de piano de Merbach, intitulé : Anhançj 
zu Merbachs Clavierschule ; Leipsick, 1784, 
in-4°. L'année suivante, il fit aussi paraître : 
Fersuch cines Untcrrichts zum Clavier- 
spielen (Essai d'une instruction pour l'art de 
jouer du piano); ibid., 1785. 

PETZ (Jean-Christophe), né à Munich, 
dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle, y fut d'abord attaché comme simple 
musicien de la cour, puis entra au service du 
prince électoral de Cologne, à Bonn, en qua- 
lité de maître de chapelle, et fut en dernier 
lieu appelé à Stuttgard, où il mourut en 1716, 
avec le titre de maître de chapelle du duc de 
Wurtemberg. Il a fait imprimer de sa compo- 
tion : 1° Sonate a tre cioè 2 violini, violon- 
cello e basso continuo, op. 1 ; Augshourg, 
1701. 2° Prodromus optatx pacis, op. 2; 
ibid. 7 1705, in-folio. Cet ouvrage consiste en 
psaumes à quatre voix, trois instruments et 
basse continue. 3° Sonate da caméra a flauti 
e basso, op. 5, ibid. 4° Jubilum jVissale; 
ibid., 1706 : collection de messes solennelles, 
5° Corona stellarum duodecim ; Stuttgard, 
1710 : collection de douze motets à quatre 
voix, deux violons et basse continue pour 
l'orgue. 

PETZOLD (Guillaume- Lebrecht), fils 
d'un pasteur protestant, est né le 2 juillet 
1784, à Lichlenhayn, village de la Saxe (cercle 
de Misnie).Son père, voulant lui l'aire embras- 
ser une profession à la fois industrielle et ar- 
tistique, le conduisit au mois d'avril 1798, à 
Dresde, où il entra dans les ateliers deCharles- 
Rodolphe-Auguste Wenzky, facteur d'orgues 
et de pianos de la cour. Après cinq années 
passées en apprentissage chez cet habile ar- 
tiste, Petzold partit pour Vienne avec une 
lettre de recommandation de Wenzky pour 
son confrère Walthcr. Il travailla dans les 
ateliers de celui-ci jusqu'au mois de décembre 
1805, puis se rendit à Paris, ou il forma, au 
mois d'avril 1806, une association avec 
J. Pfeiffer (voyez ce nom) pour la fabrica- 
tion de pianos, d'après un nouveau système. 
Les premiers produits de cette association lu- 



PETZOLD - PEVEUNAGE 



17 



renl un nouvel instrument dans la forme d'un 
piano pyramidal, auquel Petzold donna le 
nom iVharmonomelo,el unpianolriangulaire, 
<|ui furent l'objet d'un rapport favorable d'une 
commission composée <le Cherubini, Méhul, 
Calel, Gossec et Jadin. A l'exposition des pro- 
duits de l'industrie nationale qui eut lieu celte 
même année (1806), Petzold rendit public 
son nouveau système de tables prolongées 
dans les pianos carrés; système alors peu re- 
marqué, parce qu'il n'était encore qu'ébau- 
ché, mais qui fut cependant le signal de 
la transformation complète que le piano a 
éprouvée depuis lors, et le précurseur des im- 
menses modifications qui se sont aussi opérées 
dans l'art de jouer de cet instrument, et 
dans la musique qu'on a écrite pour lui. Le 
prolongement de la table des pianos carrés 
avait pour objet d'augmenter l'intensité du 
son; mais il conduisait à un changement 
dans la disposition du mécanisme; car il éloi- 
gnait les marteaux des cordes, et conséquem- 
menl obligeait à allonger leur levier pour les 
lancer avec plus de force vers les cordes. Pour 
atteindre ce but, Petzold dut substituer un 
nouvel échappement libre à l'ancien chasse- 
marteau, trop faible pour le levier sur le- 
quel il devait agir. Mais l'action des marteaux, 
devenue beaucoup plus énergique, exigea des 
cordesiplus fortes pour résister à la percus- 
sion ; or, la puissance de ces cordes exerça une 
force de traction qui rendit nécessaire une 
construction plus solide des caisses. De tout 
cela résulta une puissance de son auparavant 
inconnue, unie au moelleux et à des moyens 
nouveaux d'expression. Ce progrès considé- 
rable du piano carré fit comprendre aux autres 
facteui-s la nécessité de changer aussi le sys- 
tème de construction du piano à queue, pour 
lui conserver sa supériorité comme piano de 
concert ; et dès lors toutes les recherches se 
tournèrent vers l'augmentation de la puissance 
sonore. C'est donc en réalité à Petzold qu'il 
faut rapporter l'honneur de l'émulation qui 
s'est développée dans ces recherches depuis 
les premières années du dix-neuvième siècle, 
car celle émulation commença à l'époque du 
succès des pianos carrés à longues tables. 
. Le terme de l'association de Petzold et 
Pfeiffer étant arrivé en 1814, chacun d'eux 
prit un établissement séparé. C'est de celte 
époque que date la brillante réputation de 
Pelzold pour la fabrication des pianos car- 
rés : les meilleurs furent longtemps ceux qui 
sortirent de ses ateliers, et M. Pape (voyez ce 
nom) fut le premier qui lui enleva la palme, 

BlOCn. DHIV. DtS MUSIC1ESS. T. VII. 



en joignant à une excellente qualité et à une 
grande puissance de son, des conditions par- 
faites de solidité. 

Plusieurs témoignages de considération ont 
élé donnés à Pelzold par des jurys et par 
des sociétés savantes. 

PEUTINGER (Conrad), philologue et 
jurisconsulte, naquit à Augsbourg, le 13 oc- 
tobre 1465, et mourut dans la même ville, le 
28 décembre 1547. Il cultiva non-seulement 
les sciences et les lettres , mais encore les 
arts, et particulièrement la musique. On lui 
doit la préface d'une intéressante collection 
de molels, rassemblée par les médecins Grim- 
mius et Wirsung, et qui fut publiée à Augs- 
bourg, en 1520, sous le titre de Liber se- 
lectarum cantionum quas vulgà Mutetas 
appellant. 

PEUEPiL (Paul), compositeur allemand, 
vécut au commencement du dix-septième 
siècle, el fut organiste à Sleyer, en Autriche. 
Draudius indique, de lacomposition de cet ar- 
tiste : 1° Weltspiegel, das ist : Neue teutsch 
Gesxnges, etc. (Miroir du monde, consistant 
en nouvelles chansons allemandes joyeuses et 
tristes à cinq voix) ; Nuremberg, 1613, in-4°. 
2° Quelques pavanes, entrées, gaillardes , 
courantes et danses à quatre parties, appli- 
cables à tous les instruments à cordes; ibid., 
1618, in-4». 

PEVERNAGE (André), musicien dis- 
tingué, naquit à Courtrai, en 1543, el apprit 
la musique dans la maîtrise de la collégiale, 
où il était enfant de choeur. Plus tard, il ob- 
tint le litre de directeur de cette maîtrise. Pa- 
quol dit que cet artiste épousa, le 15 juin 
1574, une veuve nommée Marie Moeges. 
Il est à cet égard en contradiction avec l'épi- 
taphedu tombeau de Pevernage, rapportée par 
Swerlius (Athenm Belgicx, p. 125), et copiée 
par Foppens (Biblioth. Belgix, t. I, p. 56), 
où cetle femme est nommée Marie Haecht. 
Mais ici c'est Paquot qui est dans le vrai, car 
des acles authentiques, qui existent aux ar- 
chives de la ville d'Anvers, donnent les noms 
de Marie Maeght à la femme de l'artiste dont 
il s'agit (1). On ignore les motifs qui firent 
abandonner par Pevernage la place de mailre 
de musique de la collégiale de Courtrai, pour 
la position de maître de chant à la cathédrale 
d'Anvers. Quoi qu'il en soit, les dix ou douze 
années qu'il passa dans cetle dernière ville 
furent les plus brillantes de sa carrière; il y 

(I) Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. Ver- 
acliler, archivisle de la ville d'Anvers, <|ui, à ma prière, 
a bien voulu faire des recherches à ce sujet.. 

9 



i8 



PEVERNAGE - PEZ 



publia ses propres ouvrages, quelques collcc- 
lions de pièces de divers auteurs, dont il diri- 
gea les éditions, et établit dans sa maison des 
concerts hebdomadaires où il faisait entendre 
les plus beaux morceaux des compositeurs 
italiens, français et belges. Il mourut à An- 
vers, non le 50 juillet 1589, comme on le voit 
dans l'épi la plie rapportée par Swertius, et, 
d'après lui, par Foppens, mais le 30 juillet 
1 591, suivant un document authentique des 
actes du chapitre de Notre-Dame d'Anvers, 
ci ne M. Léon du Berbure a bien voulu me com- 
muniquer (1). Il parait certain que l'épitaphe 
rapportée par Swertius est exacte, sauf une 
transposition de chiffres par une faute typo- 
graphique, et qu'au lieu de M. D. LXXXIX, 
il faut lire M. D. LXXXXI; en sorte que cette 
épitaphe est conçue comme il suit : 

M. André» Pcvernagîo, 

llusico excellent!, 

Ilujus ecelcsire plionosco, 

1:1 Mari» lili.r. 

Marin Haecht vidua et FF. M. Pos9. 

Obierunt hie XXX Julii, anal. XLVIM.. 

IIU II Febr. œtat. XII. M. D. LXXXXI. 

On connaît de Pevernage les compositions 
dont les titres suivent: 1" Chansons à cinq 
parties; Anvers, 1574, in-4° oh\.%° Cantiones 
sacrx seu motellx G, 7 et 8 vocum ; 1578. 
3° Chansons. Livre premier, contenant 
chansons spirituelles à cinq parties; à An- 
vers, de l'imprimerie de Christophe Plan- 
tin, in-4°, 1589. — Livre second de chansons 
à cinq parties, ibid., 1590. — Livre troi- 
sième, etc., à cinq parties, ibid., 1590. — 
Livre quatrième de chansons, à.gix, sept et 
huit parties; à Anvers, chez la veuve Chris- 
tophe Plantin et Jean Mourendorf, 1591, 
in-4°. C'est ce livre pour lequel a été faite 
une ordonnance de payement de cinquante flo- 
rins, adressée par le magistrat d'Anvers au 
trésorier de la ville, et datée du 1 er février 
1591 (2). Les héritiers de Pevernage ont 
aussi publié les compositions qu'il avait 
laissées en manuscrit, sous les titres sui- 
vants : 4° JtLissx quinque, sex et sept, voc; 
Anvers, P. Phalèse, 1593, in-4 .5° Cantiones 
sacrx ad prxcipua ecclesix festa tt dies 

{i) Ce document est ainsi traduit littéralement du 
flamand par M. de Burburc : ■ Maître André Pevernage, 
» maitre de cliant de cette église, est décédé le 30 juillet 
» de l'année 1591, vers quatre lieures cl demie avant le 
» soir, un peu avant le salut de la sainte Vierge, après 
i, avoir été malade fieti iant cinq Semaines, à savoir 
■■puis le lendemain de la fête de saint Jean-Bap- 
» tisle, etc. » 

|2) Celle ordonnance existe aux archives de la wlie 
li'AnvtiS. 



dominicas totius anni directs, suavissima 
harmonia, sex, septem et octo vocibus com- 
positx, et tam viva voce, quam omnis ge- 
neris instrumentis cantatu commodissimx, 
auctore Andrxa Pevernage Cortracensi, 
Mariannx xdis Antverpiensis musici chori 
prsefeclo ; ibid., 1602, in-4°. Une contrefaçon 
de cette édition fut faite dans la même année 
à Francl'ort-sur-le-Mein , à l'imprimerie de 
Wolfgâng Rechter, aux dépens de Nicolas 
Stein, six parties in-4°. G Laudes vesper- 
tinas Marix, hymnos venerabilis Sacra- 
menti, hymnos sive cantiones Nutalitias 4, 
5 et 6 voc; ibid., 1G04, in-4" obi. Quelques 
morceaux de Pevernage ont été insérés dans 
une collection recueillie par le compositeur 
anglais Philipps (voyez ce nom), et publiée 
sous ce titre : Melodia Olympica di diversi 
eccellentissimi musici a A, 5, 6 e 8 voci ; 
Anvers, P. Phalèse, 1594, in-4° obi., ainsi 
que dans un autre recueil intitulé : Musica 
divina di XLX autori illustri a 4, 5, 6 e 7 
voci, nuovamente raccolta da Pietro Pha- 
lesio e data in luce ; ibid., 1595, in-4° obi. 
Pevernage a rassemblé lui-même une collec- 
tion de madrigaux à qualre, cinq, six, sept et 
huit voix, sous le litre d'Harmonie céleste, 
chansons de différents autetirs ; Anvers, Pha- 
lèse, 1583, in-4°; il s'y trouve quelques mor- 
ceaux de sa composition. Une deuxième édi- 
tion de ce recueil a été publiée sous le titre 
italien : Harmonia céleste a 4, 5, fi, 7e 8 
voci, nuovamente raccolta per Andréa Pe- 
vernage, e data in luce, nella quale si con- 
tengono i più eccellenti madrigali che oggi 
si cantino; ibid., 1593, in-4° obi. 

PEXENFELDEIl (Michel), jésuite, né 
en 1G13,à Amsdorff, en Bavière, fil ses études 
à Passau, et enseigna la rhéloriqne àLandshut 
pendant vingt-deux ans. Il mourut dans cette 
ville vers 1680. On a sous son nom un livre 
intitulé : Apparatus eruditionis tam rerum' 
quam verborum per omnes artes et scientias; 
Nuremberg, 1670, in-4°, et Sulzbach, 1687, 
in-8°. Il y traite de la musique dans les cha- 
pitres 43 e , 48 e et 59 e . 

PEZ (jEAN-CniusTomE), organiste de la 
collégiale d'Augsbourg, dans les premières 
années du dix-huitième siècle, s'est fait con- 
naître par quelques ouvrages de musique 
d'église, parmi lesquels on remarque celui qui 
a pour litre : Prodromus optatx pacis, sive 
Psalmi de Dominicis et Beata f irginc in 
o/Jlcio L'espertini decantari solili, et secun- 
dum genium ac stylum modernum concinno 
posili. 4 voc. concert, et tolidem rip. tue- 



PEZ - PFEIT1NGER 



>;» 



non tribus instrumenlis et duplici basso 
yenerali. Authorc etc. Opus secundum. Au- 
guslx J'indelicorum , lypis Jo. -Christ. 
Wagner i, 1703, in-4°. 

PEZELIUS (Jean), ou PEZEL, ou même 
REZEL, chanoine régulier «Je l'ordre de 
Saint-Augustin, naquit en Autriche dans la 
première moitié du dix-septième siècle. En 
1G72, il entra dans un monastère de son ordre 
à Prague; mats il le quitta furtivement l'année 
suivante, et se retira àBautzen, où il embrassa 
la religion réformée, et où il eut le titre bi- 
zarre de fifre de la ville. Adelung assure qu'il 
a été directeur de musique de l'école de Saint- 
Thomas, à Leipsick. Pezelius était un bon 
musicien , fort laborieux, et a publié de sa 
composition : 1° Musica vespertina Lipsiaca, 
oder Leipzigische Abend- Musik von 1-5 
Stimmen; Leipsick, 10G9, in-4°. 2° ffora 
décima, ou composition musicale pour jouer 
avec des instruments à vent vers dix heures 
avant midi, à cinq parties; ibid., 1009, in-4°. 
5° Composition musicale pour instruments à 
vent, consistant en quarante sonnets à cinq 
parties; ibid., 1070, in-fol. 4° Airs sur les 
idées abondantes (Arien ilber die iiberflus- 
zigen Gedanhen); ibid., 1075, in-fol. 5° Jouis- 
sances musicales de l'âme; ibid., lG75,in-4°. 
G° Entrées à quatre parties, particulièrement 
pour un cornet et trois trombones; ibid., 
1G83, in-4°. 7° Bicinia variorum ut a Viol., 
cornet., flaur., clarinis, et fagotto,cum ap- 
pendice a 2 Bombardinis vulgo chalumeau, 
clar. et fagotto; Leipsick, 1674, 1675 et 1682, 
in-4°. Une deuxième édition de cet ouvrage a 
été donnée à Leipsick, en 1685, in-4°. 8° De- 
Ucix musicales, ou musique gaie consistant 
en sonates, allemandes, ballets, gavottes, 
courantes, sarabandes et gigues, à cinq 
parties, savoir, deux violons, deux violes et 
basse continue; Francfort, 1678, in-4°. 
9° Opus musicum sonatarum priestantissi- 
marum senis instruments instructum, ut 
2 violinis , 3 violis et fagotto , adjuncto 
B C; Francfort, 1686, in-fol. 10° Musique à 
cinq instruments à vent, consistant en 
entrées, allemandes, ballets, courantes, sara- 
bandes, etc., pour deux cornets et trois trom- 
bones,- Francfort, 1084, in-4°. 11° Entrées en 
deux parties; Leipsick, 1070, in-8°. 12° Une 
année complète sur les Evangiles, à quatre et 
cinq parties instrumentales; ibid., 1678. 
13° Musica curiosa Lipsiaca, consistant en 
sonates, allemandes, courantes, ballets, etc., 
pour jouer sur un, deux, trois, quatre ou cinq 
instruments; ibid., 1686. On a aussi de cet 



artiste trois livres très-rares sur la musique 
dont l'objet est inconnu, etqui ont pour litres: 
1° Observaliones musicx; Leipsick, 1678, 
in-4°; idem, ibid., 1083, in-4". 2" Lnfelix 
musicus; Leipsick, 1078, in-4°. 5 U Musica 
Politico Practica; ibid., 1078, in-4». Ces 
trois ouvrages sont cités par i.i\>eim\a(Bibliol. 
Enucl., p. 970). 

PEZOLD (Gustave), chanleur de la cour 
de Stuttgard,est né le 3 juin 1 800, à Mœringen . 
Après le décès prématuré de son père, il fui 
admis à l'hospice des orphelins de Slutlgard, 
à l'âge de dix ans. Il y apprit le chant et le 
piano, et débuta au théâtre, avant d'avoir 
atteint sa quatorzième année, dans la Flûte 
enchantée de Mozart; puis sa voix ayant pris 
le timbre d'une bonne basse, il quitta en 1818 
l'école où il avait été élevé, et prit un engage- 
ment au théâtre de Stuttgard. Des voyages 
qu'il a faits depuis 1825 dans plusieurs parties 
de l'Allemagne, lui ont fourni les occasions 
de chanter avec succès aux théâtres de Berlin, 
de Munich, de Hanovre et de la Porte de Ca- 
rinthie, à Vienne. Il a été considéré comme un 
des bons acteurs allemands, pour son emploi. 

PFAFF (Martin), directeur de musique du 
régiment de Neugebauer, en garnison à Fri- 
bonrg, en 1795, est auteur de la musique de 
deux opéras mentionnés dans VAlmanach 
théâtral de Gotha (ann. 1796, p. 151), sous 
ces titres : 1° Die Lyranten (?); 2° Les Co- 
médiens de Quirlevoitsch. Ces ouvrages furent 
représentés à Dessau. 

Un clarinettiste de la musique du roi de 
Prusse et de l'opéra de Berlin, nommé Au- 
guste Pfaff, ou Pfaffe, fut vraisemblablement 
fils de cet artiste. Il naquit à Dessau, en 1796, 
fut admis dans la musique du roi à Berlin, en 
1817, et mourut dans cette ville, le 15 fé- 
vrier 1834. 

J'ignore si Emile Pfaffe, professeur de 
piano à Berlin, est de la même famille. Il est 
né dans cette ville, a fait son éducation dans 
l'école de musique de l'académie des beaux- 
arts, et a reçu des leçons de Taubert pour son 
instrument. En 1844, il a publié deux pièces 
caractéristiques «le sa composition pour le 
piano (Berlin, Challier). Je n'ai pas d'autres 
renseignements sur cet artiste. 

PFEFFjmiGEK (Philippe-Jacques), né à 
Strasbourg, en 1700, fit ses éludes de musique 
sous la direction de Ph.-J. Scbmidt. En 1790, 
les places de maître de musique de la ville et 
du Temple neuf lui furent confiées. Ce fut 
alors que ses liaisons avec Pleyel, maître de 
chapelle de la cathédrale, lui firent faire des 

2. 



20 



PFEFFlNGF.R - PFEIFFEIl 



progrès dans la composition. En 1791, il suivit 
cet artiste célèbre en Angleterre, et demeura 
six mois à Londres, où Haydn se trouvait 
alors. Fixé à Paris depuis 1794, Pfetïinger s'y 
livra à l'enseignement et à la composition. Il 
mourut dans cette ville, en 1821, à l'âge de 
cinquante-cinq ans. Parmi ses ouvrages, on 
remarque : 1° Grand trio pour piano, cor ou 
violon et violoncelle; Paris, Carli. 2° Vive 
Henri IF, varié pour piano, violon et violon- 
celle; ibid. 5° Sonate concertante pour piano 
à quatre mains, op. 16; Paris, Richault. 
4° Des fantaisies, des caprices et des pots- 
pourris pour piano; Paris, Richault et Carli. 
Pfeffinger a écrit, pour l'Académie royale de 
musique, Zaïre, opéra en trois actes, qui a été 
répété en 1809, mais qu'on n'a pas représenté. 
PFEIFFEIl (Auguste), docteur en théo- 
logie et surintendant à Lubeck, naquit à 
Lauenbourg, en Saxe, le 27 octobre 1640. 
A l'âge de cinq ans, il tomba du haut de la 
maison habitée parses parents, et parut avoir 
perdu la vie quand on le releva. Sa sœur, 
voulant le mettre dans le linceul, le piqua par 
hasard avec son aiguille, et cet accident le fit 
revenir à la vie. Les études qu'il fit aux uni- 
versités de Hambourg et de Wiltenberg dé- 
veloppèrent en lui le goût des langues orien- 
tales : il y fit de grands progrès et en posséda 
bientôt, dit-on, un grand nombre. En 1671, il 
devint doyen de Meelzibor, en Silésie, puis 
il occupa diverses positions à Oels, Stroppen, 
Meissen et Leipsick. Appelé à Lubeck, en 
1690, il y exerça les fonctions de surinten- 
dant, et y mourut le 11 janvier 1698. Dans 
ses Antiquitates Hebraicx selectx (Leipsick, 
1689, in-12), il traite De Neginoth aliisque 
instrumentis musicis Hebrxorum. Cet opus- 
cule a été réimprimé dans les Opéra philo- 
logica de ce savant, Utrecht, 1704, 2 vol. 
in-4°. Ugolini l'a inséré dans son Trésor des 
antiquités sacrées, t. XXXII, p. 801. PfeifTer 
a aussi traité de la musique dans la thèse qu'il 
a soutenue à Wiltenberg pour obtenir le grade 
de maître Cs arts, et qu'il a publiée sous le 
litre de Diatribe philologica de poesi He- 
brxorum veterum ac recentiorum; Wilten- 
berg, 1670, in-4". 

PFEIFFEIl (Jean-Philippe), docteur en 
théologie, naquit à Kœnigsberg, le 19 février 
1645, et mourut le 10 décembre 1693. Il a 
traité de la musique des anciens dans son 
livre intitulé : Antiquitatum grx;orum gen- 
tilium sacrarum, potiticanim, mililarium 
et aconomicarum libri IF .(Kœnigsberg, 
1689, et Leipsick, 1707, in-4°), lit. 2,cup. 64. 



PFEIFFEIl (Jean), né à Nuremberg, le 
l" janvier 1697, y apprit la musique et con- 
tinua l'étude de cet art pendant qu'il suivait 
les cours des universités de Halle et de Leip- 
sick. Le comte de Reuss l'employa d'abord 
comme directeur de sa musique dans sa terre 
de Slaitz; mais après six mois de séjour chez 
ce seigneur, il entra, en 1720, au service du 
duc de Saxe-Weimar, en qualité de premier 
violon. Le mérite de ses compositions lui fit 
obtenir le titre de maître de concert, en 1726, 
et le duc Ernest-Auguste s'en fit accompagner 
dans ses voyages en Hollande et en France, 
pendant les années 1729 et 1730. En 1734, 
PfeifTer reçut sa nomination de maître de 
chapelle à Bayrentb, avec le litre de conseiller 
de la cour. Il mourut dans celte ville, en 
1761, à l'âge de soixante-quatre ans. Cet ar- 
tiste a laissé en manuscrit beaucoup de mu- 
sique d'église, des pièces de clavecin et des 
symphonies pour l'orchestre, qui étaient 
estimées en Allemagne vers le milieu du dix- 
huitième siècle. 

PFEIFFEIl (AuGUSTE-FnÉDÉRic), né à 
Erlangen, le 13 janvier 1748, y fut professeur 
de langues orientales, bibliothécaire de l'uni- 
versité, et conseiller de cour. Il est mort le 
15 juillet 1817. On a de lui une dissertation 
sur la musique des Hébreux intitulée : 
Von der Musik der alten Hebrxer; Erlangen, 
1779, in-4° de cinquante-neuf pages et une 
planche. 

PFEIFFEIl (Tobie-Frédeiuc), né dans le 
duché de Weimar, vers le milieu du dix -hui- 
tième siècle, se fit acteur d'opéra, en 1778, et 
entra dans la troupe de Joseph Seconda; mais 
dégoûté de cette profession, après dix-sept 
années d'exercice, il se retira à Dusseldorf, et 
s'y livra à l'enseignement de la musique, vers 
1795. Il vivait encore dans cette ville, en 
1805. Cet artiste s'esl fait connaître comme 
compositeur dramatique, par un prologue en 
musique intitulé : Die Freuden der Iiedli- 
chen (les Plaisirs des justes), qu'il lit repré- 
senter à Leipsick, en 1789. En 1801, il a fait 
graver plusieurs airs variés pour le piano, et 
une cantate pour la paix, avec accompagne- 
ment de piano. 

PFEIFFEIl (Fiiauçois-Antoine), virtuose 
sur le basson, né à Windischbach, dans le 
Palatinat, en 1750, fut d'abord contrebassiste 
à Hannbeim, d'où il passa dans la chapelle de 
l'électeur de Mayence. Ce fut alors qu'il 
abandonna la contrebasse pour le basson. En 
1785, il entra au service du duc de Mecklem- 
bourg. Il mourut à Ludwigslusl, en 1792, à 



PFEIFFKll 



21 



l';1gc de quarante-deux ans. On a gravé de sa 
composition : Six quatuors pour basson, 
violon, alto et basse, op. 1, à Berlin, chez 
Ilummel. 

PFEIFFER (....), facteur d'orgues à 
Stultgard, naquit à Heilbronn vers le milieu 
ili\ dix-septième siècle, et fut élève de Frics, 
facteur renommé de celte ville. En 1785, il 
construisit à Bietigheim un instrument à 
deux claviers, pédaleet vingt-deux jeux. Plus 
tard il a fait à Stuttgart! plusieurs autres ou- 
vrages estimés. Vers 1800, il fabriquait aussi 
de petits pianos qui étaient recherchés. 

PFEIFFER (J.-M.), musicien allemand, 
qui paraît avoir vécu à Mannheim vers 1780, 
et plus tard à Londres, n'est connu que par 
ses productions, parmi lesquelles on remar- 
que : 1° Sonate à quatre mains pour le piano; 
Mannheim, Heckel. 2° II Maestro e lo sco- 
laro, o Sonata facile a 4 mani per il piano 
forte, ibid. Cette pièce a obtenu un brillant 
succès en Allemagne, car on en a fait des 
éditions à Bonn, à Hambourg, à Hanovre, à 
Mayence et à Munich. 5° Trois pièces de con- 
cert pour piano, flûte et violoncelle; Londres, 
1789, Bland. 4° Douze petites pièces caracté- 
ristiques pour le clavecin; ibid. 5° Six chan- 
sons anglaises et six ariettes italiennes, avec 
accompagnement de piano, 1 er livre; ibid. 
6° Idem, 2 me livre; ibid. 

Quelques autres musiciens du nom de 
Pfeiffer ont publié des compositions de diffé- 
rents genres; mais on ne possède pas de ren- 
seignements sur leur personne. L'un d'eux, 

F. Pfeiffer, professeur de musique à Vienne, 
vers 1850, a publié de sa composition des va- 
riations pour violon; Vienne, Haslinger; idem 
pour flûte avec piano; Vienne, Mechetti; 
idem pour czakan, avec piano, sur un thème 
«lu Siège de Corinthe, op. 21 ; Vienne, Cappi; 
des pièces de guitare; ibid.; des variations 
pour piano, op. 8; Vienne, Mechetti; des 
danses et valses; Vienne, Weigl et Artaria ; 
un trio pour violon, alto et guitare, op. 16; 
Vienne, Czerny, etc. Un flûtiste, nommé 
A. Pfeiffer, qui paraît aussi demeurer à 
Vienne, a, dans les dernières années, publié 
quelques morceaux pour son instrument. 

G. Pfeiffer, pianiste à Berlin, vers 1840, est 
auteur de plusieurs œuvres pour le piano, 
parmi lesquelles on remarque une étude bril- 
lante en forme de fugue, Berlin, Paez. 

PFEIFFER (Michel-Traucott) , né à 
WUrzbourg dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle, a mérité que son nom fût 
transmis à la postérité par ses travaux pour 



la réalisation des vues de Pestalozzi concer- 
nant l'enseignement de la musique, et par 
l'organisation de cet enseignemeut dans 
l'Institut d'Yverdun, en 1804. On trouvera 
dans la notice sur Nœgeli (voyez ce nom) la 
division imaginée par Pfeiffer pour rendre plus 
facile la conception des éléments de la musique. 
Dès 1809, Naegeli fil connaître les procédés de 
ce professeur, dans un petit écrit intitulé : 
Die Pestalozzische Gesangbildunglehre nach 
Pfeiffers Erfindung (la méthode de chant 
pestalozzienne, d'après l'invention dePfeiffer). 
En 1810, les éléments du travail de PfeifTer 
furent réunis et mis en ordre par Nœgeli, qui 
en forma un volume dont on peut voir l'ana- 
lyse dans la notice de celui-ci. Plus tard, on 
a aussi publié sous les noms de Pfeiffer et 
Naegeli un recueil de tableaux pour les écoles 
populaires de musique, sous le litre: Musica - 
UschesTabellenwerk fur Folkschulen zurHer- 
ausbildung fiirden Figuralgesang ; Zurich, 
1828. On manque de renseignements sur la 
fin de la carrière dePfeiffer; on sait seule- 
ment qu'il vivait encore à Lenzbourg (Suisse) 
en 1842, dans un âge avancé : il y avait établi 
une école de musique qui avait prospéré. 

PFEIFFER (J.), né à Trêves, en 1769, 
exerça d'abord la profession de tourneur, 
puis entra dans l'alelierd'un facteur de pianos 
à Schelestadt, alla se fixer à Paris, vers 1801 , 
et y établit une manufacture de ces instru- 
ments. En 1806, il forma une association 
avec Petzold (voyez ce nom) , et fut spécia- 
lement chargé de la partie commerciale de la 
maison qu'ils établirent pour ce genre de 
fabrication. Séparé de Petzold, en 1814, 
Pfeiffer se fit alors une honorable réputa- 
tion par ses pianos carrés à deux cordes. 
Vers 1850, il a fait connaître un petit instru- 
ment de son invention, sous le nom de Har- 
polyre; il le croyait destiné à remplacer 
avantageusement la guitare, parce qu'il était 
aussi portatif et offrait plus de ressources et 
des sons plus puissants : cependant, la har- 
polyre n'a point eu de succès. Pfeiffer a 
exhibé ses instruments dans les diverses ex- 
positions des produits de l'industrie française, 
et a fait imprimer un Mémoire adressé à 
MM. les membres composant le jury de l'ex- 
position de 1823 (Paris, in-4° de seize pages), 
où il rendait compte de ses travaux depuis 
1806. Pfeiffer est mort à Paris, vers 1858. 

PFEIFFER (madame Clara-Virginie) , 
pianiste distinguée et professeur de piano, 
à Paris, née à Versailles, au mois d'avril 
1816, est élève de Kalkbrenner et de Chopin. 



•22 



PFEIFFER - PFEl'NIGER 



Aii nombre des ouvrages publiés par celle 
artiste, on remarque : 1° Six études pour 
piano, sous le titre d'Esquisses musicales, 
op. 1; Paris, Chabal. 2° Quatre nocturnes 
idem, œuvres 2, 3, 4; Paris, Clialial, Heu, elc. 
5° Duo pour piano et violon, avec Apollinaire 
Konlski; Paris, Aulagnicr. 4" Duo pour deux 
pianos sur Guillaume Tell; Paris, Brandus. 
3° Sonate pour piano seul, op. 9; Paris, Heu. 
PFEIFFER (Georges-Jean), fils de la 
précédente et pelil-neveu du facteur de pianos 
J. Preiffer, dont son père (Emile Pfeiffer) l'ut 
associé, est né à Versailles, le 12 décembre 
1835. Élève de sa mère pour le piano, il a 
reçu d'elle les traditions de l'école pure et 
classique de Kalkbrenner ainsi que des déli- 
catesses poétiques qui firent de Chopin un 
pianiste à part. Maleden et M. Damcke (voyez 
ces noms) ont été ses maîtres de composition. 
Ses débuts à Paris, comme exécutant et 
comme compositeur, ont été brillants : il a de 
la fougue, du feu d'artiste et le désir de se 
maintenir dans la route des maîtres; ce qui 
est d'un bon augure. Laissant à part les exa- 
gérations des journaux, qui ne connaissent 
que l'enthousiasme ou le dédain et manquent 
toujours de mesure, parce que ceux qui les 
écrivent n'ont pas les connaissances néces- 
saires pour l'appréciation juste, laissant, dis- 
je, de côté leurs éloges hyperboliques, je crois 
qu'il y a en Georges Pfeiffer l'étoffe d'un 
artiste de valeur, et que l'étude sérieuse des 
modèles classiques achèvera ce que l'instinct 
a commencé. Je connais de lui un trio (en sol 
mineur) pour piano, violon et violoncelle, et 
je viens de lire ses concertos; ces ouvrages 
ontsuffi pour nie faire juger que l'auteur a du 
sentiment, de la clarté dans les idées, et que 
lorsque la véritable originalité viendra se 
joindre à ce qu'il possède déjà, il produira de 
bons ouvrages. Dans les productions que je 
viens de citer, il y a trop de notes, trop de 
recherche d'effets qu'on appelle aujourd'hui 
symphoniques ; le simple y manque; mais la 
simplicité et l'originalité vraie, dont je parle, 
sont les qualités qui font les grands maîtres : 
on ne les possède pas à vingt-six ans, à moins 
d'être Mozart. En 1802, Georges Pfeiffer a 
donné, dans la salle Pleyel Wolff, un concert 
où il a exécuté son trio, quelques autres com- 
positions dans la manière de l'époque actuelle, 
i'i a fait entendre un opéra de salon intitulé 
le Capitaine Roch : tout cela a été fort ap- 
plaudi. Dans la même année, il s'est rendu à 
Londres, au moment de l'exposition interna- 
tionale, et a joué son deuxième conccrlo (en 



7ni bémol) avec orchestre, dans un concert 
donné à Sainl-James-Hall : il y a obtenu un 
chaleureux succès. Des éludes, des JWazurkes 
et d'autres bluettes ont été ses premiers ou- 
vrages. Son premier concerto pour piano et 
orchestre, op. 11, est sa première production 
sérieuse (Paris, Gambogi) : il en a extrait un 
rondeau pastoral, qui a particulièrement 
bien réussi. Puis est venu son trio, œuvre 14, 
dont j'ai parlé ci-dessus (Paris, Brandus), 
puis son second concerto, op. 21. On cite de 
lui de petites choses remarquables par le 
charme, entre autres la Ruche, op. 18 (Paris, 
Gérard). Au nombre de ses ouvrages inédits 
est une ouverture de Phèdre, pour orchestre. 
PFEIL (Jean-Auguste), magisler et pas- 
leur à Corbelha, près de Mersebourg, a fait 
imprimer un sermon qu'il a prononcé, en 

1823, à l'occasion de l'inauguration de l'orgue 
dans l'église de ce lieu, sous ce litre : Die 
Orgel. Eine AUarrede und Predif/t bei der 
Einweihung der Orgel am Kirchweihfe$t 
1823 in derh'irche zu Corbetha; Mersebourg, 

1824, in 8° de seize pages. 
PFEILSTICliEU (François), clarinet- 
tiste allemand, chef de musique du 7 mc ré- 
giment d'infanterie, en garnison à Paris pen- 
dant les années 1802 et 1803, a fait graver de 
sa composition : 1° Concerto pour clarinette, 
op. 1 ; Paris, Pleyel. 2" Des valses pour divers 
instruments; ibid. 5° Conccrlo pour flageolet 
avec orchestre ; ibid. 

PFEIVD^EU (Henri), organiste de la 
cathédrale de WUrzbourg, dans la première 
moitié du dix-septième siècle, naquit à Holl- 
feld (Bavière). Il s'est fait connaître par une 
collection de motets, en trois livres, laquelle 
a pour litre : DIotectorum binis, ternis, qua- 
ternis, quitus, senis, septenis, octonisque 
vocibus concincudorum liber primus. ffen- 
rici Pfendenri /folvendensis reverendissimi 
et illust. principis ac Domini D. Philippi 
Adolphif rpiscopi J'irceburgensis, Francise 
orientalit ducisorganista. f'irccbitrgi, typis 
ac sumptibus Joannis Volinari, 1623, in-4". 
Le second livre, qui a le même titre, a paru chez 
le même, en 1024, et le troisième, en 1025. 

PFENNINGER (Jean-Conrad .prédicateur 
à l'église de Saint-Pierre de Zurich, naquit 
d.ins celte ville, le 15 novembre 1747, et y 
mourut le 11 septembre 1702. Après sa mort, 
on a publié un ouvrage dont il avait laissé le 
manuscrit, et qui a pour titre : Privfe an 
Nicht-Mvsiher, ueber Musik als Sache der 
Menschheit (Lettres sur la musique à un 
homme qui n'est pas musicien, comme pro- 



PFENNIGER — PHALÈSE 



(diction dePhumanilé); Zurich, 1792, gr. in-8° 
de cent quarante pages. Ce livre intéressant 
renferme vingt-huit lettres concernant la 
puissance et les effets de la musique. 

PFISTER (Jacoues), facteur d'instru- 
ments, né à Offerbaum, près de WUrzbourg, 
le 1 er janvier 1770, exerça d'abord la profes- 
sion de menuisier, et travailla à Mayence, à 
Mannheim, et en dernier lieu à Vienne, où il 
s'instruisit dans la fabrication des pianos chez 
Wallber et Brodmann. En 1800, il établit une 
fabrique d'instrumenls à WUrzbourg, et il a 
été depuis lors considéré comme un des bons 
facteurs de pianos de la Bavière. 

PFISTER (Jules), lénor du théâtre royal 
de Berlin, né à Ofen, le 25 juillet 1817, est 
fils d'un bijoutier de cette ville. Instruit dans 
l'art du chant dès sa jeunesse, il se fit entendre 
dans les concerts, et les succès qu'il y obtint 
le décidèrent à se vouer à la carrière du 
théâtre. Après avoir subi, en 1836, un examen 
an théâtre Ksernlnerlhor de Vienne, il y fut 
admis comme élève. Basadonna, Otto Nicolai 
et Gentiliuomo furent tour à tour ses profes- 
seurs de chant. Ses éludes étant terminées, il 
eut un engagement au théâtre Raerntnerlhor. 
Dans les années 1843 et 1844, il fit des 
voyages à Berlin et y joua avec succès dans 
plusieurs ouvrages. Le 16 avril 1844, il con- 
tracta un engagement avec le théâtre royal de 
cette ville ; il y chantait encore, en 1860, et y 
avait la réputation d'un bon ténor. 

PFISTERER (K.-L.), compositeur de 
musique d'église né à Munich, devint organiste 
à Vevay, où il vivait en 1832. On n'a pas 
d'autre renseignement sur cet artiste, qui 
n'est connu que par quelques-uns de ses ou- 
vrages, dont voici les titres : 1° Deutsche 
Messe fur den heil. Ostertag , etc. (Messe 
allemande pour le jour de Pâques, à une voix 
cl orgue, avec trois voix d'accompagnement 
ad libitum, op. 9); Munich. , Sidler.2° Messe 
allemande pour une voix obligée et trois voix 
ad libitum, deux violons, deux clarinettes, 
deux cors , contrebasse et orgue, op. 10 ; 
Munich, Aibl. 5" Six chants allemands pour 
la semaine sainte, à quatre voix et orgue ; 
ibid. 

PFLEGER(Acgustin), musicien allemand, 
qui vivait versle milieu du dix-septième siècle, 
l'ut d'abord maître de chapelle de l'électeur de 
Saxe, puis alla, vers 1665, diriger la musique 
de la chapelle du duc de Holstein-Gotlorp, et 
se fixa ensuite à Schlackenwerlh en Bohême. 
On a de sa composition : Psalmi. Dialoiji et 
Moteltx; Dresde, 1661, in-4°. Il a laissé 



aussi en manuscrit : Biciniu et Tricinia in 
parochius dominicas et f estivales. 

PFRELliMDER (Jean-Christophe), cantor 
à l'église et au gymnase de Heilbronn, au com- 
mencement du dix-septième siècle, a fait im- 
primer un petitlraité élémentaire suriechanl 
sous ce titre : Richtige Unterweisung zur 
Singkunst (Instruction exacte sur Part du 
chant); Strasbourg, 1629, deux feuilles in-8". 

PFUHL (Abraham), né à Nuremberg le 
6 décembre 1681 , y commença ses études 
qu'il termina à l'université d'AItdorf. Après 
avoir rempli pendant cinq ans les fonctions 
de cantor à Furth, près de sa ville natale, il se 
fixa à Nuremberg, en qualité de professeurde 
clavecin et de contrepoint. Il mourut le 15juil- 
let 1723, à l'âge de quarante-deux ans. Plu- 
sieurs cantates et des pièces de clavecin ont 
été publiées par lui, à Nuremberg. 

FIIALÈSE (Pierre), en latin Phalesius, 
célèbre imprimeur et éditeur de musique, na- 
quit à Louvain, vers 1510, d'une famille hono- 
rable dont le nom flamand était Fan derPha- 
liesen (1). M. Van Even {voyez la note ci- 
dessous) pense que le typographe dont il s'agit 
était fils d' Arnould Van der Phaliesen, qui 
succéda, en 1499,àGillesStuerbout, en qualité 
de peintre de la ville de Louvain. S'il en est 
ainsi, Arnould Van der Phaliesen devait 
être fort âgé lorsqu'il eut ce fils, car il exécu- 
tait déjà des travaux de son art dans Phôlel 
de Charles le Téméraire, à Bruges, en 1468 
et sans doute il n'avait pas alors moins de 
vingt-cinq ans. Dans la note qu'il a bien voulu 
me fournir, M. Van Even ajoute que Pierre 
Van der Phaliesen, ou Phalesius, s'associa 
avec Martin Baymakers (voyez ce nom), ou 
Rotarius (2), libraire, pour la publication des 
œuvres de musique, que leur boutique existait 
à Louvain dès 1550, et que Benier Velpen, ou 
Benerius Velpius, de Diesl, imprimeur à Lou- 
vain, travailla pour eux. Il y a quelques diffî- 

(1) M. Edouard Van Even, archiviste delà ville de 
Louvain, qui, à ma prière, a bien voulu faire des 
recherches sur l'imprimeur et éditeur Phalèse, dans le 
dépôt dont la garde lui est confiée, a trouvé qu'en 1384, 
Jean Van der Phaliesen fut reçu bourgeois ou poorter 
de cetteville. En 1426, un autre ,/ean Van der Phaliesen, 
pu Joliannes Phalesius, était curé ou parochiaen de 
l'église de Saint-Pierre. Par acte du20juindeeette même 
année, il fut nommé membre de l'administration de 
l'Université, nouvellement érigée , et qui bientôt devint 
célèbre. 

(2) Iiaymakers, en flamand, comme rotarius, ou 
roderius, dans la basse latinilé, signifiait charron, ou 
faiseur de roues de voiture ou de charrette (voyez Itu- 
c;nige, me. lioderius et Rotarius), Le vieux mot Itodier, 
de la langue romane, avait la même signification. 



24 



PHALÈSE 



collés à l'égard de ces faits ; et d'abord le 
plus ancien ouvrage connu maintenant comme 
ayant été mis au jour par Phalesius, a pour 
titre : Carminum que chehj vel tesliludine 
canunlur, trium, quatuor vel qui tique par- 
lium liber secundus , et qu'au bas du fronti- 
spice on lit ces mots : Lovanii, upud Pelrum 
Phalesium bibliopolam, annolil. D. XL VI. 
A la dernière page se trouve cette souscription : 
Lovanii. Ex officina Servatii Zasseni Dies 
tensis, anno 1546. On voit qu'alors Phale- 
sius n'avait pas d'associé, et que Servaes Zas- 
sen, de Diest, était son imprimeur. An troi- 
sième livre de cette même collection de pièces 
de luth, publié au mois de décembre de la 
même année, le nom de Phalesius parait aussi 
seul (Lovanii, apud Petrum Phalesium bi- 
bliopolam juralum) ; mais l'imprimeur n'est 
plus le même, car on lit à la dernière page : 
Lovanii, excudebat Jacobus Battus, typo- 
graphusa Cxs.Maj. admissus, 1546, men. 
decemb. Ce même troisième livre a été repro- 
duit avec ce titre français : Des chansons et 
motetz reduietz en tabvlature de Luc (sic), à 
quatre, cinque et six parties, livre troixiesme 
(sic), composées par l'excellent maistre Pierre 
de Teghi Paduan. A Lovvain, par Pierre 
Phaleys , libraire iure , nel an de grâce 
MDXLVII, avec grâce et privilège à trois 
ans. On voit que Phalesius a lui-même fran- 
cisé son nom d'après le latin ; plus tard, il l'a 
orthographié Phalèse. Le privilège de trois 
années obtenu par cet éditeur, et mentionné 
pour la première fois en 1547, devait finir 
vers la fin de 1549; l'association dont parle 
M. Van Even n'a donc pu commencer qu'en 
1550; mais jusqu'à ce jour (186-3) aucun ou- 
vrage portant les noms de Phalèse et de Ray- 
makers n'est connu. 11 est vrai qu'il existe une 
lacune de quatre années (1548-1551) dans la 
série des publications du premier de ces édi- 
teurs. Enfin, l'association dont il s'agit n'a pu 
se prolonger au delà de 1551, car une collec- 
tion de fantaisies pour le luth qui existe dans 
la bibliothèque de Dunkerque, et que M. De 
Conssemaker a fait connaître (1) sous le litre : 
Jlorlus Musarum, in quo tanquam flosculi 
quidam seleclissimarum carminum coltecti 
sunt exoplimis quibusque auctoribus, etc., 
porte seulement au bas du frontispice : Collec- 
lore Petro Phalesio. Lovanii, apud Phale- 
sium bibliopolam juratum, 1552. Il en est 
de même de toutes les publications poslé- 



[\) Kolice des collections musicales de la Bibliothèque 
île Cambrai, pages 100 cl 107. 



rieures à celte date, qui ont été faites à Lou- 
vain par le même. 

Jusqu'en 1556, les œuvres de musique pu- 
bliées par Phalèse sortirent des presses de 
divers imprimeurs de Louvain ; vers la fin de 
celle année lui-même organisa une imprimerie 
musicale. Le premier ouvrage dans lequel on 
le voit figurer comme libraire et comme typo- 
graphe a pour titre -.Missa cum quatuor vo- 
cibus. Ad imitationem cantilenx Miséri- 
corde , condita. Auctore D. Clémente non 
papa. Lovanii, ex typographia Pétri Pha- 
lesii bibliopol. M. D. LVI. Cum gratia et 
privilegio Régis, in-fol. Les quatre parties 
sont imprimées en regard et en grosses notes 
dans ce volume. Les autres messes du célèbre 
compositeur belge Clément non papa (voyez 
ce nom) ont paru de la même manière, chez 
Phalèse, danslesannées suivantes, jusques et y 
compris 1560. Des exemplaires de cette raris- 
sime collection se trouvent dans la biblio- 
thèque impériale, à Vienne, et dans celle des 
Jésuites, à Cologne. Le superbe recueil des 
Magnificat de Guerrero (voyez ce nom) est 
sorti des mêmes presses en 1563, gr. in-fol. 
On considère généralement les motels et 
chansons à trois voix de Gérard de Turnhout 
(Sacrarum acaliarum cantionum trium vo- 
cum) , publiés en 1569, comme le dernier pro- 
duit de l'imprimerie de Phalèse, à Louvain; 
mais c'est une erreur, car en 1570, il publia 
une collection intitulée : Prœstantissimorum 
divins musices auctorum Misx decem, qua- 
tuor, quinque et sex vocum, in-fol., où l'on 
trouve des messes de Créquillon, d'Orland de 
Lassus, de Gérard de Turnhout et de Clément 
non papa; en 1571, il imprima les Sacrarum 
cantionum quinque et octo vocum de Jean de 
Castro, et continua ses travaux pendant plus 
de quinze ans encore. J'ai vu un recueil inti- 
tulé : Canzoni scelti di diversi eccellen- 
tissimi musici a 4 voci. Lovanii, apud 
Petrum Phalesium, 1587, petit in-4 u oblong. 
L'opinion générale, même à Louvain, est que 
Phalèse alla s'établir à Anvers vers 1574, et 
forma une association avec Jean llellère, pour 
la continuation de ses publications musicales. 
En cela, il y a confusion; Phalèse et Bellère 
s'associèrent en effet en 1572, mais chacun 
resta dans la ville où était le centre de ses af- 
faires, ainsi que le prouvent les ouvrages dont 
voici les litres : Een duylsch Musyckboeck 
daerinne begrepen syn vêle schoonc liedekens 
met vier, met vyfendc zes partyen (Livre 
de musique flamande, dans lequel sont conte- 
nues plusieurs belles chansons à quatre, cinq 



Pli ALÈSE - PUANT Y 



22 



et six parties). Tôt Loven, by Peeter Phale- 
sixs, ende V Antiverpen, by Jan Bellerus, 
I572,in-4°obl.— LaFUur des chansons àtrois 

parties, contenant un recueil produit de la 
divine musique de Jean Castro, Severin 
Cornet, Noé Baignent, et autres excellents 
(tuteurs, mis en ordre convenable suivant 
leurs tons. A Louvain, chez Pierre Phalèse, 
et à Anvers, chez Jean Bellère, 1574, in-4° 
oblong. — Chansons, odes et sonnets com- 
posés par Pierre Ronsard et mises en mu- 
sique , à quatre, à cinque et huit parties, par 
Jean de Castro. A Louvain, chez Pierre Pha- 
lèse, imprimeur ; à Anvers chez Jean Bel- 
lère, 1570, in-4°oI)I. Ainsi que je l'ai dit dans 
la notice de Bellère (voyez ce nom), ce fut un 
(ils de Phalèse, nommé Pierre comme lui, qui 
se rendit à Anvers en 1579, et forma une so- 
ciété nouvelle avec le libraire dont il s'agit. 
La similitude de nom et de prénom a causé 
Terreur des écrivains à ce sujet. La date de la 
mort de Pierre Phalèse père n'est pas connue. 
PHALÈSE (Pierre), fils du précédent, né 
à Louvain, travailla d'abord dans la maison 
paternelle comme imprimeur et comme li- 
braire, puis s'établit à Anvers, vers 1579, et y 
devint l'associé de Jean Bellère, pour la pu- 
blication des oeuvres de musique. Les plus an- 
ciens produits connus de celte association 
sont : l°Une réimpression du livre de musique 
flamande qui avait été publié à Louvain en 
1572, et qui reparut à Anvers, Tôt Jan Bel- 
lerus ende Peeter Phalesius, 1582, petit in-4° 
oblong. 2° Nusica divina di XIX aulori 
illuslri à 4, 5, G et 7 voci, nuovamente da 
Pietro Phalesio raccolta, et data in luce, 
nella quale si contengono i piu eccellenti 
madrigali, che hoggidi si cantino. In An- 
versa appresso Pietro Phalesio et Giovanni 
Bellero, 1583, in 4° obi. Ce livre est la pre- 
mière publication de madrigaux italiens qui 
fut faite en Belgique. Les auteurs des morceaux 
réunis dans ce recueil sont en partie Belges 
et en partie Italiens; parmi les premiers, 
on remarque Faignent, Orland de Lassus , 
Jean de Macque, Philippe de Monte, Cyprien 
Bore et Giacches de Wert, et les compositeurs 
italiens sont Conversi, Ferabosco, Ferretli, 
André Gabrieli, Manenti, Jean-Marie Nanini, 
Paleslina (sic), Al. Slriggio, Vespa et Pietro 
Vinci. Plus lard, les presses de Phalèse furent 
particulièrement occupées par la musique ita- 
lienne dont la mode s'était introduite dans le 
pays; c'est ainsi que la Melodia olimpica di 
diversi eccellentissimi musici, recueillie par 
le musicien anglais Pierre Philips, et publiée 



parles mêmes imprimeurs et libraires, ren- 
ferme des morceaux de vingt-quatre composi- 
teurs italiens, et qu'on y trouve seulement les 
noms de Jean de Macque, de Pevernage, de 
Jean de Turnhout, de Corneille Verdonck et de 
Jacques de Wert parmi les Belges, ainsi que 
celui du collecteur Philips. La plupart des 
grands musiciens de la Belgique avaient cessé 
de vivre, et la vogue dont leurs ouvrages avaient 
joui pendant près d'un siècle avait cessé. Tel 
fut l'engouement des amaleurs de la Belgique 
pour la musique venue d'Italie, dans les der- 
nières années du seizième siècle et au com- 
mencement du dix-septième, que Pierre Pha- 
lèse fit des arrangements avec Angelo Gardane 
pour lui acheter en nombre des collections de 
madrigaux italiens, alors célèbres, sous les 
titres de 77 Lauro J'erde, et i TriomfidiDori, 
sous la condition d'en changer le frontispice 
et d'y mettre son nom et son adresse. Ces 
exemplaires se reconnaissent facilement à 
l'impression italienne, alors fort dégénérée de 
son ancienne splendeur, et à la mauvaise qua- 
lité du papier. Phalèse donna lui-même plus 
tard de meilleures éditions des mêmes recueils. 
En 1598, lenomde Jean Bellère disparaît, par 
suite de son décès, des éditions publiées par Pha- 
lèse, qui reste seul imprimeur de musique à 
Anvers, à l'exception de l'ancienne maison 
Plantin. Lui-même cessa de vivre vers la fin 
de lG17ou au commencement de l'année sui- 
vante, car un recueil de Cantici novi a due 
voci con basso per Vorgano, publié en 1618, 
porte l'adresse de Magdalena Phalesio nella 
tipograpa Phalesia. Cette fille de Pierre 
Phalèse continua d'imprimer de la musique 
jusqu'en 1050 et mourut dans un âge avancé. 
Après elle, l'imprimerie de musique de Pha- 
lèse se maintint par les soins de ses héritiers 
de la troisième génération, car je possède des 
Sinfonie boscarecie a violino solo e basso, 
di Marco Uccellini , publiées in Anversa, 
presso i Ileredi di Pietro Phalesio, al Rè 
David, 1G69, in-4°. 

PIIALETUS (Jérôme), de Senones, écri- 
vain du seizième siècle, est auteur d'un poëme 
De Laude Musicx, dont Bordenave rapporte, 
dans son livre : De l'estat des églises cathé- 
dralesetcollégiales{p. 557), ces premiers vers : 
Musica turbatas animas, agrumqtte dolorem 
Sola levât, merilo divumque liominumqucvoluplas. 

PHAIS'TY (....), chef d'orchestre, d'abord 
attaché, vers 1785, à la troupe ambulante de 
Tilly, puis, en 1794, et dans les années sui- 
vantes, au théâtre de Schleswig. Il a écrit la 
musique des opéras ; 1° Doclor Faust's Leib- 



26 



PHANTY - PI1IL1D0R 



giirlel (la Ceinture «lu docteur Faust). 2° Don 
Sylvio de Rosalva, représenté au théâtre de 
Schleswig, dans le mois de février 179G. 
ô° Quelques ballets. 

PHÉMIUS, d'Ithaque, musicien célébré 
par Homère (Odyss., lib. 1, v. 154 ; lib. 17, 
v. 263; lib. 22, v. 231), qui le représente 
comme un chantre inspiré des dieux. C'est lui 
qui, par le chant de ses poésies mises en mu- 
sique, égayait les festins des amants de Péné- 
lope. Euslalhe (in Odyss., lib. 3, p. 1566, éd. 
Rom.) dit qu'il était frère de Démodoque, qu'il 
accompagna Pénélope à Ithaque lorsqu'elle 
alla y épouser Ulysse, et qu'il était auprès de 
cette princesse en la même qualité que son 
frère auprès de Clylemnestre. L'auteur de la 
vie d'Homère, attribuée à Hérodote, assure 
que Phémius s'établit à Smyrne, qu'il y en- 
seigna la grammaire et la musique, et qu'il y 
épousa Crithéise, qui d'un commerce illégi- 
time avait eu pour fils Homère même, dont 
l'éducation futdirigée par Phémius, qui l'avait 
adopté. 

PHILAGIUS (Carolus) dont le nom ita- 
lien était Filago, organiste de la cathédrale 
de Parme, au commencement du dix-septième 
siècle, naquit à Rovigo. On connaît de lui : 
Sacrarum cantionum duarum, trium, qua- 
tuor, quinque et sex vocum liber tertius. Ex 
quibus aliquot instrumentis musicis conci- 
nuntur. Carolo Philago Rodigino in calhe- 
drali Parmensis organista auctore. Cum 
basso ad organum. Veneliis, apud Barlh. 
Magni, 1619, in-4°. J'ignore les dates des 
deux premiers livres de ces motels. 

PH1LALETI1ES. Voyez REBS (Ciiré- 
tien-Gottlob). 

PHILAMMON, de Delphes, était frère 
jumeau d'Autolyque, aïeul maternel d'Ulysse. 
Le scoliasted'Apollonius de Rhodes dit, d'après 
Phérécyde, que ce fut lui et non Orphée qui 
accompagna les Argonautes dans leur expédi- 
tion. Philammon fut le deuxième qui rem- 
porta, aux jeux pylhiques, lesprixde poésie et 
de musique. Plutarque lui attribue l'institu- 
tion des chœurs de musique dans le temple de 
Delphes, et la composition de plusieurs airs 
ou chants appelés Nomes, dont il ne parait 
pas cependant avoir été l'inventeur. 

PHILIBEBT JAMBE DE FER .Voyez 
J YMBE-DE-FER (Philibert). 

PIIILIDOR (Michel DANICAN), musi- 
cien de la chapelle de Louis XIII, né dans le 
Dauphiné vers le commencement du dix- 
septième siècle, se livra dans sa jeunesse à 
l'étude du hautbois, cl y acquit une habileté 



jusqu'alors inconnue en France. Arrivé à 
Paris, il se fit entendre devant Louis XIII qui, 
charmé de son talent, dit qu'il avait retrouvé 
m» second Philidor. Ce Philidor, ou plutôt 
Filidori, de Sienne, était un célèbre hautboïste 
qui avait joué à la cour quelques années au- 
paravant. Depuis ce temps, le nom de Phi- 
lidor resta à Danican, qui le transmit à sa 
famille, et qui, admis dans la chapelle du roi, 
se fixa à Paris, où il mourut dans un âge 
avancé, laissant deux fils dont les notices se 
trouvent dans les articles suivants. 

PHILIDOR (Michel DANICAN), fils 
aîné du précédent, né à Paris, vers 1635, 
hautboïste comme son père, fut attaché, en 
1658, à la chapelle du roi et à sa musique 
particulière. Il a composé la musique du 
ballet Diane et Endymion, et des opéras la 
Princesse de Crète, et le Mariage de la 
grosse Cateau, qui se trouvaient dans le 
vingt-cinquième volume d'une collection ma- 
nuscrite de musique française dédiée à 
Louis XIV par son frère (voyez l'article sui- 
vant). Il eut deux fils et une fille, nommés 
Michel, François et Fanchon Philidor (voyez 
ces noms). La Borde, qui confond cet artisle 
avec son fils aîné, lui donne pour fils le com- 
positeur François-André Danican Philidor, 
né en 1726; en sorte qu'ayant au moins vingt 
ans, en 1658, lorsqu'il entra dans la musique 
du roi, il aurait été âgé d'au moins quatre- 
vingt-onze ans à la naissance de ce fils. Son 
frère n'était pas Pierre Danican, comme le 
dit le même écrivain, mais André. 

PHILIDOR (André DANICAN), second 
fils de l'ancien Michel, fut admis dans la mu- 
sique du roi comme violiste, en 1671. Ayant 
obtenu sa vétérance, en 1703, il eut le titre de 
noteur et de garde de la musique de la cha- 
pelle et de la chambre du roi. André Danican 
Philidor avait été marié deux fois et avait eu 
de son premier marige deux fils, Pierre et 
Jacques, dont on trouvera ci-après les notices, 
et une fille, qui fut aussi musicienne. Ayant 
obtenu la pension pour ses longs services, il 
se retira à Dreux (Eure-et-Loir), en 1724; et, 
quoique âgé de soixante-treize ans, il épousa, 
dans l'année suivante, Elisabeth LcRoy, jeune 
fille de dix-neuf ans, dont il eut huit enfants. 
Au moment de la naissance de l'aîné de ceux- 
ci, François- André Danican Philidor, 
célèbre compositeur, dont on trouvera plus 
loin la notice, la fille aînée d'André, issue de 
son premier mariage, était âgée decinquanle- 
six ans. André mourut à Dreux, vers la fin de 
1735. Le nom de cet artiste mérite d'être ton- 



PHILIDOR 



27 



serve pour un éminent service rendu à l'his- 
toire de la musique, par une collection de 
monuments de la musique française qu'il 
copia de sa main, et qu'il dédia à Louis XIV (1). 
Celle collection, recueillie après la révolution, 
a été transportée à la bibliothèque du Conser- 
vatoire; malheureusement un accident en a 
fait perdre plusieurs volumes. Toule la mu- 
siquecontenue dans cette collection est en par- 
tition, avec l'indication des instruments alors 
en usage. Le premier volume renferme les 
airs les plus anciens (depuis 1540) de la Bre- 
tagne, du Poitou, de la Champagne et de la 
Lorraine; les airs composés pour des circon- 
stances remarquables des règnes des rois de 
France, depuis Henri III jusqu'à Louis XIV; 
quelques morceaux des anciens rois des violons, 
tels que Constantin et Dumanoir. Les 2 e et 3 e 
volumes contiennent la musique des ballets 
dansés à la cour depuis 1582 jusqu'en 1649. 
Les volumes depuis le n° 4 jusqu'au seizième 
renferment la musique des grands ballets qui 
ont été dansés à la cour au commencement du 
règne de Louis XIV, et antérieurement à 
l'établissement de l'Opéra. Quelques volumes 
renferment la musique originale des comédies 
de Molière. On trouve, dans d'autres, la mu- 
sique des ballets qu'on dansait au collège des 
jésuites : cette musique est de Beauchamps, 
de Desmatins et deCollasse. Parmi les volumes 
égarés, on regrette les dix-septième et vingt- 
sixième qui contenaient les airs composés par 
les violons de la grande bande des vingt-qualre, 
sous Louis XIII et Louis XIV, ainsi que le 
vingt-cinquième, où se trouvaient les compo- 
sitions des membres de la famille Philidor. 
Pour plus de détails, voyez ma notice sur 
cette collection, dans le deuxième volume de 
la Revue musicale (pages 9-15). 



(1) Dans un travail sur Les livres rares et leur destinée, 
inséré dans la Revue de musique ancienne et moderne, 
publiée par M. Nisard (n° 8, p. 474), M. Farrenc a fait 
la remarque que j"ai attribué à Michel Philidor cette 
collection de musique manuscrite (Revue musicale, 
tome II, ann. 1827-1828), et que je me suis mis en con- 
tradiction avec moi-même à l'article Philidor (André 
Danican) de la première édition de la Iiior/raphie univer- 
selle des musiciens, où j'ai dit que ce fut lui qui fit ce 
travail. L'explication de celait est fort simple, car, 
faisant des recherches sur les emplois qu'occupaient, à 
la cour de Louis XIV, les membres de la famille Phi- 
lidor, particulièrement dans l'annuaire qui se publiait 
alors sous le titre État de la France, j'ai acquis la cer- 
titude qu\4ii(/vé était le cnpisie de la chapelle royale et 
de la musique de la chambre du roi. Toutefois M. Far- 
renc est fondé dans le reproche qu'il me fait de n'avoir 
pas averti, dans la Biographie, des motifs qui me por- 
taient à substituer le nom d'André à celui de Michel. 



PHILIDOR (Michel DANICAN), fils 
aîné de Michel II, naquit à Paris, vers 16G5. 
Il eut, à l'âge de dix-huit ans, le titre de 
basse de hautbois (basson) de la grande 
écurie, et fui admis dans la musique de la 
chambre du roi, en 1702. Michel Philidor 
composa la musique d'une pastorale dont les 
airs de ballet ont été publiés, en 1705, à 
Amsterdam, chez Etienne Boger, sous ce 
titre : L'amour vainqueur, pastorale, 
chantée devant S. M., le 15 aoiU 1702, com- 
posée parle fils aîné de Philidor aîné. Quel- 
ques autres morceaux de la composilion de 
Michel Danican Philidor se trouvaient dans le 
vingt-cinquième volume de la collection de 
son oncle. On a aussi gravé de lui un livre de 
pièces pour le basson, à Paris, in-4°obl. 

PHILIDOR (François DANICAN), frère 
cadet du précédent, était attaché à la chapelle 
de Louis XIV, en qualité de flûtiste. Il a 
publié deux livres de pièces pour son instru- 
ment, à Paris; quelques pièces de sa compo- 
sition se trouvaient aussi dans le vingt-cin- 
quième volume de la collection de son oncle. 
François Danican avait vraisemblablement 
cessé de vivre avant 1720, car son nom ne 
figure plus sur les états de la chapelle du roi 
de cette année. 

PHILIDOR (Fanchon DANICAN), fille 
de Michel II, fut attachée comme cantatrice 
à la musique de la chambre de Louis XIV. 
Son oncle avait conservé quelques airs de 
ballet de sa composilion. Elle mourut vrai- 
semblablement jeune, car son nom ne figure 
plus dans l'étal de la cour en 1707. 

PHILIDOR (PiEiutE DANICAN), fils 
aîné d'André, était, en 1722, symphoniste de 
la chapelle du roi pour la partie de viole. Il a 
composé quelques airs de ballet et des sym- 
phonies qui se trouvaient dans le vingl-cin- 
qtiième volume de la collection de son père. 
Pierre Philidor était joueur de muselle de la 
chambre de la reine; il a publié un livre de 
sonates pour deux flûtes qui est indiqué dans 
le catalogue de Boivin (Paris, 1729, in-8°). 

PHILIDOR (Jacques DANICAN), frère 
du précédent, était, en 1722, hautbois de la 
grande écurie du roi. On ne connaît rien de 
sa composilion. 

PHILIDOR (Anne DANICAN), fils de 
Michel III, naquit à Paris, de son premier 
mariage, vers 1700. Son génie précoce se ma- 
nifesta par des compositions d'airs de ballet 
que son grand-oncle a insérés dans le vingt- 
cinquième volume de sa collection. Admis dans 
la chapelle du roi, il y jouait, en 1722, la 



28 



PHILIDOR 



partie de viole avec son oncle, Pierre. En 
1725, il conçut le projet du concert spirituel, 
ainsi appelé parce qu'on n'y devait exécuter 
que de la musique religieuse et instrumentale. 
Ce projet fut goûté à la cour, et Philidor 
obtint le privilège du concert, avec la per- 
mission de l'établir dans une des salles du 
château des Tuileries, sous la condition de 
payer à l'Opéra une somme annuelle de six 
mille livres. Le premier concert fut donné le 
dimanche de la Passion, 18 mars 1725. En 
1728, Philidor céda son privilège à l'Aca- 
démie royale de musique, moyennant une 
somme considérable. {Voyez ma notice sur 
l'histoire du concert spirituel dans la Revue 
musicale, tome I er .) 

Des deux autres fils du premier mariage de 
Michel Danican Philidor III, le premier fut 
timbalier de la grande écurie du roi ; La Borde 
dit du second que n'étant qu'un basson mé- 
diocre, on l'avait employé à jouer de la basse 
de Cromorne, pour tenir lieu de contrebasse 
dans les chœurs; cette phrase est vide de sens, 
car la basse de Cromorne n'était employée, 
comme les autres instruments du même 
genre, que dans la musique de cavalerie de la 
maison du roi. Ce dernier fils de Michel 
mourut d'une maladie de poitrine. 

PHILIDOR (François -André DAIVI- 
CAN), fruit du troisième hymen d'André, 
naquit à Dreux, le 7 septembre 1726 (1), et, 
par des circonstances inconnues, ne fut baptisé 
que le 16 octobre 1727 (2). Toutes les notices 
qui ont été faites sur cet artiste dans le Dic- 
tionnaire des musiciens de Choron etFayolle, 

(1) La Borde avait indiqué la date de 172f> pour la 
naissance de cet artiste; Sevelinges la fixe au 7 sep- 
tembre delà même année, dans la non' ce de la Ilioqrapliie 
univertelledes frères Mi chaud; et l'auteur de l'article de la 
Jlioyrapltie des contemporains, publiée par Ilabbc, in- 
dique le 7 septembre 1727. Ceux-ci citent l'autorité de 
Pcffara, qui, dans ses notices manuscrites, est d'accord 
avec ce dernier. Dans une notice intitulée : Philidor 
peint par lui-même, laquelle est insérée dans \cPatamide, 
journal îles amateurs du jeu d'échecs (numéro du 
mois de janvier I8V7), M. Lardin démontre aussi, p;ir 
l'autorité de l'acte de naissance, que la date véritable 
est le 7 septembre 1726. 

(2) Ces faits sont constatés par un extrait des registres 
desactesdel'état-civil delà ville de l>rcux(F,ure-et-Loir), 
qui m'a été envoyé par M. K. Danican Philidor, petit— 
(ils du célèbre compositeur, cl conseiller «le préfecture 
«les Vosges, à Epinsl. Je crois devoir rapporter ici tex- 
tuellement cet acte authentique, qui dissipera les doutes 
en ce qui concerne la date précise de la naissance d'un 
îles créateurs de l'opéra comique français. 

« L'an mil sept cent vingt-sept, le jeudi seizième 
» octobre, François, né le septième de septembre de 
» l'année mil sept cent vingt-six, et (est) baptisé par 
» inoy prestre cure de celle Église de Saiul-Lliennc 



dans la Biographie universelle des frères Mi- 
chaud, dans les dictionnaires des contempo- 
rains, dans le Lexique de Gerber, et dans 
toutes les copies qu'on en a faites en Alle- 
magne, en Angleterre et en Italie, ont été 
calquées sur celles de VEssai sur la musique 
de La Borde, et renferment de nombreuses 
erreurs que je me vois obligé de rectifier. 
Suivant celle notice de La Borde, Philidor 
serait entré, à l'âge de six ans, dans les pages 
de la musique du roi, à Versailles, pour y 
apprendre la musique sous la direction de 
Campra, et il aurait composé, en 1757, c'est- 
à-dire, dans sa dixième année, son premier 
motet, dont le roi aurait daigné témoigner sa 
satisfaction; mais La Borde aurait dû savoir 
que les règlements de la chapelle du roi ne 
permettaient pas d'admettre dans les pages 
des enfants dont la dixième année n'était pas 
accomplie. Philidor n'a donc pu entrer dans 
l'école de ces enfants avant la fin de cette 
même année 1756, et l'on ne peut croire que 
dès son arrivée, et avant d'avoir étudié, 
Campra lui ail permis d'écrire un motet; 
encore moins qu'il l'ait fait exécuter à la 
chapelle du roi (l).Quoi qu'il en soit, Philidor, 
ayant terminé son éducation musicale, reçut 
son congé, et alla se fixer à Paris où il donna 
quelques leçons et fut obligé de se faire copiste 
de musique pour vivre. Chaque année, il re- 
tournait à Versailles pour y faire exécuter un 
motet. Ce fut alors qu'il commença à se livrer 
à son goût pour le jeu d'échecs. La nature 
l'avait doué de l'instinct de ce jeu ; il y fit de 
rapides progrès, et plus tard il fut le joueur 

» dudil Dreux, avec la permission de Monseigneur 
» l'Kvesque de Chartres, le premier septembre de la dite 
» année mille sept cent vingt-six, signé Charles Fran- 
» cois Kvcsque de Chartres avec paraphe, du légitime 
» mariage de sieur André Danican de Philidor, ordi- 
» naire de la musique du lloy et gardede sa bibliothèque, 
» et de damoiselle Elisabeth le Roy sa femme, de cette 
» paroisse, a reçu les cérémonies de baptême de moy 
» prestre curé de cette Eglise, soussigné, le parain hault 
» et puissant seigneur messire François Chaillou, sei- 
» gneur de Jouville, gentilhomme ordinaire du Roy, 
» qui a donné les noms, la marraine baulle et put's- 
» sante dame Catherine Guillc Parai, qui a signé le sieur 
» parain et père et mère. 

« SignéC. Ouille Parât, Chaillou de Jouville, Klisa- 
» beth Philidor, André Danican Philidor et Chevalier. » 

[\) Toutes les conjectures de M. Lardin, pour com- 
battre le règlement de l'école des pages de la chapelle du 
roi, sont sans valeur. Ce règlement était fondé sur ce 
que, avant l'âge de dix ans,les voix d'enfants n'ont pas un 
timbre assez sonore pour chanter les parties de dessus 
dans la musique d'église. A six ans, la voix proprement 
dite n'existe pas. Il est donc certain que Philidor n'est 
pas entré à ecl ùgc dans l'école des pages. 



PHILIDOR 



i>9 



le plus habile qu'il y eut en Europe. D'après 
une tradition de la famille de l'artiste dont il 
s'agit, M. Lardin rapporte de cette manière 
(Phîlidor peint par lui-même, p. 5) les cir- 
constances qui l'initièrent à ce jeu de combi- 
naisons dans lequel il n'a pas eu d'égal : « Les 
» musiciens (de la chapelle), en attendant la 
» messe du roi, avaient l'habitude de jouer 
« aux échecs sur une longue table où se trou- 
n vaienl incrustés six échiquiers. Phîlidor 
» s'amusait à les regarder et y mettait toute 
» son attention. Il avait à peine dix ans, 
» qu'un jour un vieux musicien, arrivant le 
» premier, se plaignait devant lui du retard 
» de ses camarades et regrettait de ne pouvoir 
» faire sa patrie. Philidor, en hésitant, lui 
» proposa de la faire; le musicien se mit à 
» rire et finit cependant par accepter celle 
» partie. Elle commence, et l'étonnement 
» succède bientôt au dédain qu'inspirait le 
» jeune adversaire ; la partie avance et l'hu- 
n meur ne larde pas à s'en mêler; elle monte 
» à tel point, que l'enfant, craignant quelque 
» suite malencontreuse d'un amour-propre 
» profondément blessé, regarde la porte, suit 
» le cours de ses succès, se glisse doucement 
h jusqu'au hout de son banc et s'enfuit en 
» avançant la pièce victorieuse, et criant : 
» mat, à son adversaire indigné de n'avoir 
« pas de jambes assez lestes, et obligé de dé- 
» vorer son dépit sans pouvoir se venger. » 

J'ai dit, dans la première édition de cette 
Biographie, qu'il y a, depuis le moment où 
Philidor sortit de l'institution des pages jus- 
qu'à la date de son premier opéra, un espace 
d'environ seize années pendant lequel il ne fit 
lien pour l'art, ce qui d'abord paraît inexpli- 
cable dans la vie d'un compositeur dont le 
talent est incontestable; mais de tous les ren- 
seignements fournis par lui-même et par son 
fils, il devient évident que son goût passionné 
pour le jeu dont il avait le génie au plus haut 
degré, absorba toute cette période de sa jeu- 
nesse, et qu'il y trouva des ressources pour 
son existence. On pourrait le regretter, s'il 
n'eût été que ce qu'on appelle un bon joueur 
d'échecs; mais la force de tête qu'il y porta et 
qui le met hors de toute comparaison, a donné 
à son nom une si grande célébrité, une popu- 
larité si universelle, qu'il a de toute évidence 
satisfait, en s'y livrant, à sa destination prin- 
cipale. En supposant qu'il eût subordonné ses 
prodigieuses facultés de combinaisons du jeu 
d'échecs à la composition musicale, jamais 
ses ouvrages, quel qu'en soit le mérite, n'au- 
raient pu lui donner une renommée égale à 



celle qu'il s'est acquise comme législateur du 
noble jeu pour lequel la nature l'avait formé. 
Avant d'aborder ce qui concerne sa carrière 
de compositeur dramatique, je crois néces- 
saire de le faire connaître à mes lecteurs sous 
le rapport de sa merveilleuse organisation 
pour le jeu d'échecs, par le récit de quelques- 
uns des miracles d'imagination, d'intelligence 
et de mémoire par lesquels il s'est illustré. 

Dès l'âge de dix-huit ans, il n'avait plus de 
rival à ce jeu, car personne n'a gagné une partie 
contre lui depuis ce temps. En 1745, il partit 
de Paris pour se mesurer avec les plus habiles 
joueurs de l'Allemagne, de la Hollande et de 
l'Angleterre. A Amsterdam, il vainquit 
Stamma, auteur du livre célèbre intitulé les 
Stratagèmes du jeu d'échecs. A l'âge de 
vingt-deux ans, il composa le traité qui a 
pour titre : analyse du jeu des échecs, dont 
la première édition fut publiée à Londres, en 
1749 (1), et qui a été réimprimé plusieurs fois 
depuis lors. Dans la même année 1748, où ce 
livre fut écrit, lord Sandwich invita Philidor à 
se rendre au camp de l'armée anglaise, entre 
Bois-le-Duc et Maestricht; il y joua avec le 
duc de Cumberland, qui l'engagea à aller à 
Londres, le prit sous sa protection et lui pro- 
cura un grand nombre de souscripteurs pour 
son ouvrage. A Paris, Philidor fit, vers la 
même époque, le premier essai de sa prodi- 
gieuse mémoire unie à sa grande faculté de 
combinaison, en jouant avec un certain abbé 
Chenard une partie sans voir l'échiquier : il 
la gagna. Peu de temps après, il fit de la 
même manière deux parties à la fois au Café 
de la Régence, et les gagna toutes deux. La 
relation de cette séance mémorable se trouve 
dans l' Encyclopédie de Diderot et d'Alemberl, 
à l'article Échecs. En 1785, Philidor fit, à 
deux reprises, au club des joueurs d'échecs de 
Londres, trois parties à la fois sans voir les 
échiquiers, contre des joueurs de première 
force, et les gagna toutes. Les journaux du 
temps furent remplis de témoignages d'admi- 
ration pour ces efforts inouïs d'intelligence et 
de mémoire. 

Un dernier trait, plus extraordinaire en- 
core, fera juger de la force de tête qu'il portait 
à cet exercice. Faisant un jour contre lui une 



(1) J'ai mis en doute l'existence de cette édition dans 
la première édition de celte biographie, parce que je 
ne t'ai vue citée dans aucun des nombreux catalogues 
(j ne j ai parcourus; depuis lors elle m'a été démontrée 
par un exemplaire qui se trouve à la bibliothèque 
Sainte-Geneviève, de Paris , sous le n° Ss-18, y, 4207, 
dans la section des manuscrits (?)■ 



30 



PHILIDOR 



partie dans laquelle il ne voyait pas l'échi- 
quier, les joueurs convinrent entre eux 
d'essayer jusqu'où pouvait aller son habileté, 
en faisant faire une fausse manœuvre à l'une 
des pièces. Lorsque la partie fut finie, on la 
déclara perdue pour lui : cela ne se peut, dit 
Philidor, en ôtant le bandeau qui lui couvrait 
les yeux. Alors il regarde l'échiquier, réfléchit 
un moment, et recomposant mentalement, 
toute la partie, il déclare qu'à certain coup, 
telle pièce a été mise sur telle case où elle ne 
pouvait pas être. La supercherie fut aussitôt 
avouée par l'adversaire, ainsi que par les 
assistants émerveillés. Parvenue à ce degré, la 
faculté de combinaison est incontestablement 
du génie; or, le génie d'une spécialité quel- 
conque doit accomplir sa destination. Ne 
nous étonnons donc pas qu'un compositeur, 
dont le talent était d'ailleurs fort remarquable 
pour son temps et pour l'état de l'art dans le 
pays où il écrivait, se soit partagé entre cet 
art, où il obtint de brillants succès, et le jeu 
auquel il est redevable d'une renommée im- 
périssable. 

Suivant une anecdote rapportée par La 
Borde (Essai sur la musique, t. III, p. 4G2), 
Philidor, pendant son premier séjour en 
Angleterre, aurait mis en musique la fameuse 
ode de Dryden sur le pouvoir de l'harmonie, 
en 1753, et Hœndel aurait dit, en écoutant cet 
ouvrage, que les chœurs étaient bien fabri- 
qués, mais qu'il manquait encore du goût 
dans les airs; or, Haendel, devenu aveugle 
en 1751, se fit remplacer l'année suivante par 
Smith, son élève, dans la direction de ses 
oratorios, et ne sortit plus de chez lui : il 
n'eut donc pas l'occasion d'entendre la com- 
position supposée de Philidor, ni d'en dire son 
sentiment. De plus, Burney, qui a donné dans 
le quatrième volume de son Histoire de la 
musique un journal minutieux de tout ce qui 
concerne les théâtres, les concerts et les ora- 
torios de Londres, pendant le dix-huitième 
siècle, ne dit pas un mot de la présence de 
Philidor dans cette ville, ni de sa composition : 
Hawkins, Burgh et Busby, si avides des 
moindres détails, gardent le même silence. 
Enfin, il n'y avait pas de musicien si hardi 
qui eût osé remettre alors en musique, à 
Londres, un poème qui avait fourni a Haendel 
In sujet d'une de ses compositions les plus su- 
blimes, et qui rûi pu en obtenir l'exécution 
publique (1). 



(I) M E. Daniean rhiliilor, petit-fils du célèbre com- 
positeur, dans la lettre qu'il m"a fait l'honneur de 



Ce fut en 1754 que Philidor, de retour a Pa- 
ris, prit la résolution de se livrer sérieusement 
à la culture de la musique. Un Lauda Jéru- 
salem, qu'il écrivit pour la chapelle de Ver- 
sailles, fut une de ses premières productions 
après son retour : mais ce morceau ne plut 
pas à la reine, parce qu'il était dans le goût 
italien, et Philidor n'obtint pas la place de 
surintendant de la musique du roi, qu'il espé- 
rait avoir. La Borde dit que ce compositeur 
écrivit, en 1757, un acte pour l'Opéra; mais 
que Bebel, directeur de ce spectacle, ne vou- 
lut pas le faire représenter, disant qu'on ne 
voulait pas introduire d'airs dans les scènes : 
on ne sait ce que signifie cette phrase. Il ajoute 
que Philidor composa, en 1758, quelques mor- 
ceaux pour/es Pèlerins de laMecque,h l'Opéra- 
Comique ; or il n'y eut pas de pièce de ce nom 
jouée, enl758,à l'Opéra-Comique, ni sur au- 
cun autre théâtre de Paris. Toutes ces erreurs 
ont été répétées par les copistes de La Borde. 
Le premier ouvrage dramatique de Philidor 
fut Biaise le savetier, représenté au théâtre 
de la foire Saint-Laurent, le 9 mars 1759 (I ). 
Les histoires contemporaines de l'Opéra- 
Comique nous apprennent que cette pièce eut 
un brillant succès : Philidor s'y montra har- 
moniste beaucoup plus habile que les compo- 
siteurs français de son temps, et même, quoi 
qu'on ait dit, il n'y manqua pas de mélodie; 
maissa phrase est souvent dépourvue de vérité 
dramatique, et sa manière de prosodier est 
fort vicieuse. Cependant il y a dans Biaise le 
savetier quelques morceaux qui promettaient 
un avenir brillant à l'auteur de cet ouvrage, 
particulièrement le trio : Le ressort est, je 
crois, mêlé. Le 18 septembre de la même an- 
née, Philidor fit représenter au même théâtre 
l'Huître et les Plaideurs, opéra-comique de 
peu d'importance sous le rapport de la musi- 
que. Mais dans le Soldat magicien, qui fut 
joué le 14 août 17G0, et dans le Jardinier et 
son Seigneur, représenté le 18 février 1701 , 
son talent prit un vol plus élevé : ce dernier 
ouvrage renferme des morceaux excellents, 

m 'écrire, le 21 janvier 1862, oppose à mes objections des 
traditions de famille qui, pour lui, ne sont pas contes- 
tables, quoique, dil-il, il n'aitè produire aucune preuve, 
aucun document a l'appui de ces traditions. A cela je 
ne puis répondre qu'une seule chose ; c'est que si Fran- 
çois-André Philidor a écrit, après llicndel, la musique 
de l'ode de Dryden sur le pouvoir del'hurmonit, elle est 
restée inédite et n'a pas été connue en Angleterre. 

(I) Les Annale* dramatiques ou Dictionnaire général 
des théâtres, lui attribuent la musique du Dia'de à 
quatre, joué en 1 7r>G ; mais l 'erreur est éviden(e,car la par- 
titîon de liiaisc le nauetitr porte au titre : Otîun-e />rc- 

)iiicr. 



PIIILIUOR 



particulièrement le duo : Un maudit, lièvre, 
dont lafaclure frappe d'élonnemenl lorsqu'on 
la compare à tout ce qu'on écrivait alors pour 
l'Opéra-Comique. Après cet opéra, la réputa- 
tion dePhilidorfut si bien établie, qu'il régna 
en quelque sorte sur la seconde scène lyrique 
de la France, et ne partagea les succès de ce 
spectacle qu'avec Duni et Monsigny. Quelques 
biographes français de nos jours se sont atta- 
chés à rabaisser le talent de Philidor, à l'aide 
d'anecdotes controuvées. Sevelinges, l'un 
d'eux, dit dans l'article sur ce compositeur 
inséré dans la Biographie universelle de 
MM. Michaud, d'après les mémoires de Favart, 
que ce compositeur copia note pour note, dans 
le Sorcier, la fameuse romance de V Orphée de 
Gluck, Objet de mon amour, joué longtemps 
auparavant en Italie. A cette assertion de Se- 
velinges, l'auteur de l'article Philidor, de la 
Biographie universelle et portative des con- 
temporains ajoute que ce musicien s'était 
procuré la partition de VOrfeo. Or, il n'y a 
pas un mot dans tout cela qui ne soit, de toute 
évidence, inventé à plaisir. D'abord l'Orphée 
de Gluck n'a pas été écrit en Italie, mais à 
Vienne, où il fut représenté pour la première 
lois au mois de juillet 1764, et le Sorcier, de 
Philidor, fut joué à la Comédie Italienne le 
2 janvier de la même année, c'est-à-dire, plus 
de six mois avant l'Orphée. Enfin la compa- 
raison que j'ai faite avec soin des deux parti- 
tions de Gluck et de Philidor m'a démontré 
qu'il n'y a pas une phrasecommuneenlreelles. 
C'est cependant de cette anecdote que l'auteur 
de la Biographie universelle et portative des 
contemporains est parti pour refuser le génie 
«le la musique à Philidor, et le représenter 
comme un homme qui ne vivait que de pla- 
giats, tandis que le talent de ce compositeur 
a uncaractèreabsolument différent de celui de 
tous ses contemporains. La partition du Sor- 
cier, et celtes du Maréchal et de Tom Jones 
sont les chefs-d'œuvre de Philidor. En 1766, il 
écrivit une messe qui fut exécutée à l'Oratoire, 
pour l'anniversaire de la mort de Rameau, et 
qu'on trouva fort belle. 

En 1777, Philidor fit un voyage à Londres, 
et y fit réimprimer son Traité du jeu d'échecs. 
Cette édition est ornée de son portrait. Cet ou- 
vrage a été aussi réimprimé en Hollande, à 
Paris, en 1803, à Bruxelles, en 1834, et a été 
traduit en plusieurs langues. Le séjour de 
Philidor à Londres eut une durée de plus de 
deux ans : il y gagna beaucoup d'argent, en 
jouant aux échecs. En 177'), il y mit en mu- 
sique l'ode séculaire d'Horace, production qui 



a été beaucoup vantée, mais qui est inférieure 
à ses bons opéras. De retour à Paris, il y trouva 
Grétry en possession de toute la faveur du 
public; cependant il donna à la Comédie Ita- 
lienne l'amitié au village, dont la musique fut 
jugée excellente, et au mois d'octobre 1785, 
il fit donner à Fontainebleau, pendant le 
voyage de la cour, la première représentation 
de son Thémistocle, grand opéra, qui fut joué 
à l'Académie royale de musique au mois de 
mai 1786. On a dit beaucoup de mal de cet 
ouvrage, dont la musique manque de verve 
et de vigueur dramatique, mais qui est remar- 
quable et par son style élégant, et par la nou- 
veauté des formes de l'instrumentation, com- 
parée à ce qu'on avait fait en France jusqu'à 
cette époque. Thémistocle fut le dernier opéra 
de Philidor; après cet ouvrage, il cessa de 
travailler pour la scène, et se livra sans réserve 
à son goût passionné pour le jeu d'échecs, 
passant la plus grande partie de chaque jour 
au Café de la Régenee, où se réunissaient les 
joueurs les plus habiles. Son buste s'y voyait 
encore en 1820, au-dessus de la place qu'il 
occupait habituellement. A la fin de 1792, il 
obtint du comité de salut public un passe-port 
pour se rendre à Londres, où il était pen- 
sionné depuis vingt ans par le Clubdes échecs, 
pour y passer quatre mois de chaque année. 
La guerre, qui éclata peu de temps après, fut 
un obstacle à son retour pendant plusieurs 
années. Après le traité de paix de Campo- 
Formio, il crut pouvoir rentrer en France, 
mais les loissurl'émigration ne le lui permirent 
pas. Les démarches de sa famille parvinrent 
enfin à obtenir sa radiation de la liste des émi- 
grés, mais au moment où elle venait de rece- 
voir le sauf-conduit nécessaire pour qu'il ren- 
trât dans sa patrie, Philidor mourut à Lon- 
dres, le ôl août 1795, à l'âge de soixante-neuf 
ans. Il avait épousé, au mois de février 1760, 
la sœur du chanteur et professeur Richer 
(voyez ce nom), excellente musicienne, qui 
jouait bien du clavecin et faisait entendre à 
son mari ses ouvrages lorsqu'il les avait termi- 
nés, car il ne jouait d'aucun instrument. Phi- 
lidoreut de celte union sept enfants, dontune 
fille, qui fut la première femme du pianiste 
Pradher, et mourut au mois d'août 1825. 

Philidor a écrit, dans l'espace de vingt-six 
ans, vingt et un opéras, dont la plupart ont 
obtenu de brillants succès et sont restés au 
répertoire pendant cinquante ans. On a gravé 
les partitions de ces ouvrages dont voici la 
liste : I. A l'Opéra : 1° Ernelinde, en trois 
actes, joué en 1767. On trouve dans cet opéra 



5-2 



PH1L1D0R — PHILIPPE DE VITRY 



de beaux chœurs, et des effets d'instrumenta- 
lion qui ont «île imités depuis lors. 2° Béli- 
saire, eu trois actes, paroles de Berlin, en 
1774. 5° Persée, opéra de Quinault, remis en 
trois actes par Marmonlel, où se trouvent de 
beaux chœurs, et l'air de Méduse, J'ai perdu 
la beauté qui me rendait si vaine, considéré 
comme un chef-d'œuvre. 4° Thémistocle, en 
trois actes, représenté le 15 octobre 1785 
à Fontainebleau, et le 25 mai 1786 à 
Paris. II. A l'Opéra -Comique (théâtres des 
foires Saint - Laurent et Saint - Germain) : 
S Biaise le savetier, en un acte, 1759. 
6° L'Huître et les Plaideurs, en un acte, 1 759. 
7° Le Quiproquo, en deux actes, 6 mars 1760. 
8° Le Soldat magicien, en un acte, 1760. 
9° Le Jardinier et son Seigneur, 1761. 
10° Le Maréchal, en un acte, le 22 août 1761. 
La musique fit le succès de cet ouvrage : elle 
est en général excellente; on y remarque 
particulièrement l'air du cocher, et celui du 
bruit des cloches. Remis souvent en scène, 
le Maréchal a eu plus de deux cents repré- 
sentations. 11° Sancho Pança, en un acte, le 
S juillet 1762. III. A la Comédie-Italienne : 
12°Ze^dc/ieron,enunacle,lel8févrierl765. 
Le quatuor des créanciers, le trio des consul- 
tations, et le septuor de la fin de cet opéra, 
sont des morceaux très-remarquables, pour le 
temps où ils furent écrits. 15° Le Sorcier, en 
deux actes, le 2 janvier 1764. 14° Tom Jones, 
en trois actes, le 27 février 1764. Le mérite 
remarquable de cette partition ne fut pas saisi 
d'abord par le public; mais plus lard l'ou- 
vrage se releva et eut un brillant succès. 
15° Zelime et Melide, en deux actes, 1766. 
16" Le Jardinier de Sidon, en un acte, le 
10 juillet 1768. 17° L'Amant déguisé ou le 
Jardinier supposé, le 2 septembre 1769. 
18° La nouvelle Ecole des femmes, en deux 
actes, le 22 janvier 1770. 19" Le Bon fils, en 
un acte, en 1775. 20" Les Femmes vengées, 
en trois actes, le 20 mars 1774. 21° L'Amitié 
au village, en un acte, 51 octobre 1785. 
Après la représentation de cette pièce, le pu- 
blic demanda Philidor, pour lui témoigner sa 
satisfaction, honneur alors fort rare. 22" L.a 
belle Esclave ; je n'ai pu trouver la date de la 
représentation de cet ouvrage. La partition du 
Carmen Sxculare a été gravée à Paris, chez 
Sieher. 

P11ILIPP (B.-E.), professeur de piano et 
compositeur, né à Freybourg, en Silésie, vers 
1802, fit son éducation musicale à Brcslau, 
sous la direction de Berner, puis de Schnabel. 
Après avoir été pendant plusieurs années di- 



recteur de musique à Freybourg, il s'est fixé à 
Breslau en 1858, comme professeur de piano 
et directeur de musique d'une église de celle 
ville. Parmi ses nombreux ouvrages on re- 
marque : 1° Première messe allemande à 
quatre voix avec orgue, op. 27; Breslau, 
l.itickarl. 2° Deuxième messe allemande à 
quatre voix avec accompagnement de deux 
clarinettes, deux bassons, deux cors, violon- 
celle et contrebasse, ou orgue seul; ibid. 
5° FiirstenwaU, cantate avec chœur et or- 
chestre, exécutée à Breslau en 1840. 4°6Zïe- 
der pourvoix debasse soloetchœurd'hommes, 
op. 15; ibid. 5° 6 Lieder pour soprano, con- 
tralto, ténor et basse, op. 14; ibid.) 6" 6 Lie- 
der pour des voix d'hommes, op. 25; ibid. 
7" 6 Lieder, op.50;t'&ùi. 8° Lieder à voix seule 
avec piano, op. 18; ibid. 9° Deux sonates fa- 
ciles pour le piano, op. 24 ; Breslau, C. Cranz. 
10° Trio pour piano, violon et violoncelle, 
op. 55; Breslau, Leuckart. 11° Plusieurs œu- 
vres de morceaux faciles pour l'enseignement 
du piano, à deux et à quatre mains. 12° Quel- 
ques pièces brillantes de salon. 

PHILIPPE DE VITRY, écrivain sur la 
musique, qui vécut dans !a seconde moitié du 
treizième siècle et au commencement du qua- 
torzième, est appelé PHILIPPUS DE VI- 
ÏRIACO par Morley, dans les annotations 
du premier livre de son traité de musique (ad 
pag. 9), ainsi que par l'auteur anonyme d'un 
traité de musique de la bibliothèque cotto- 
nienne, cité par Hawkins(^ General History 
of Music, t. II, p. 187). C'est aussi de la 
même manière qu'il est désigné dans un ma- 
nuscrit de son traité du conlrepoinl, qui se 
trouve à Rome dans la Bibliothèque Fallicel- 
lana y au couvent des PP. de l'Oratoire 
(n° B, 85), et qui a pour titre : Ars contra- 
puncti Magislri Philippi de Fitriaco. Un 
autre ouvrage du même musicien se trouve à 
la Bibliothèque Barberini de Rome, sous le 
n" 841, et a pour litre : Ars nova Magistri 
Philippi de J'etry (sic). Vraisemblablement 
le nom de Philippe de Filry lui avait élé 
donné à cause du lieu de sa naissance, car 
Filriacum est le nom latin de la petite ville 
de f'itry, dans le département du Pas-de-Ca- 
lais. Plusieurs auteurs, au nombre desquels 
est M. E de Coussemaker (Histoire de l'har- 
monie au moyen âge, p. 65) croient que l'au- 
teur dont il s'agit est le même qui fut évêque 
de Meaux : l'identité nie parait au moins dou- 
teuse ; car, d'une part, le manuscrit de la 
Bibliothèque impériale de Paris (sous le 
n" 7578 A, in -4") renferme une copie d'un de 



PHILIPPE DE VITRY - PHILIPPE DE CASERTE 



ses ouvrages intitulé : Ars compositionis de 
motetis, compilato à Philippo de Fitry, 
magistro in tnusica; et de l'autre, le traité 
anonyme de musique, écrit entre les années 
1580 et 1400, cité par Hawkins, et qui se 
trouve dans la bibliothèque Barberini, le qua- 
lifie ainsi : Olim, flos et gemma cantorum. 
Si Ton eût parlé d'un évéque, dans ces temps 
de domination de l'Église, on ne se fût pas 
borné à le désigner comme un maître en mu- 
sique, et comme la fleur et la perle des 
thantres. L'auteur de celle dernière qualifi- 
cation explique longuement que Philippe de 
Vitry imagina le premier de faire usage de 
noies d'une valeur moindre que la semi-brève, 
et les employa dans ses compositions. D'après 
cette autorité, on peut déterminer l'époque 
où Philippe écrivit ses ouvrages ; carie pape 
Jean XXII parie de la semi-brève et de la 
minime dans la bulle donnée à Avignon, en 
1522, par laquelle il proscrit l'usage dans 
Péglise du contrepoint improvisé (1). Il est 
remarquable qu'il appelle ces notes, relative- 
ment rapides, novis notis (par les notes nou- 
velles). Il résulte de ces rapprochements que 
le musicien, objet de cette nolice, travailla 
entre 1270 et 1520. Au surplus, deux dates 
qui se trouvent dans le manuscrit 7378 A, de 
la Bibliothèque impériale de Paris, lèvent tous 
les doutes à cet égard. La première est dans 
un traité de musique spéculative ou arithmé- 
tique, par un certain Léon Hébreu, de qui l'on 
ne sait rien. Ce traité commence par ces 
mois, au verso du feuillet 55 du volume : In- 
çipit tractatus armonicus, et finit au recto du 
feuillet 57 par ceux-ci : Explicit tractatus 
magistri Leonis Hebrei de armonicis nu- 
meris. M. E. de Coussemaker (2) en a exlrait 
un passage dans lequel l'auteur déclare qu'il 
a composé ce petit ouvrage à la demande de 
Philippe de Vitry, et qu'il l'a achevé en 
1305 (ô). L'autre date se lit à la fin du Traité 
de la musique mesurée de Philippe (2 m * co- 
lonne, au verso du feuillet G0 du même vo- 
lume); elle est conçue en ces termes : Com- 
pletum est hoc opus, anno Domini 1519. 
A la suite de cet ouvrage vient l'opuscule qui, 



(IJNonnullinovelIxscholacdiscipuli dum temporibus 
niensuramlis invigilant, novis notis inlendunl fingere 
suas, quam anliquas cantore malunt, in semibreves et 
tninimas ccclesiastice canlanlur, notulis percutiuntur. 

(2) Histoire de l'Harmonie au moyen âge, p. 214. 

(3) Jcsu Clirisli incarnalionis anno 1303, nostro ma- 
tlicinatico completo, fui requisitus a quodam exiniio 
mngistrorura Philippe de Vitriaco, de regno Francorum 
ut etc. 

BIOCB. UNIV. DLS MUSICIEftS. T. Vil. 



dans le manuscrit de la bibliothèque Barberini 
(n° 841), et dans une autre copie, également 
du quatorzième siècle, de la Bibliothèque du 
Vatican (n° 5321), porte ce titre : Ars nova 
Philippi de Fitry. il commence par ces mots, 
dans le manuscrit de la Bibliothèque impé- 
riale de Paris : In arte nostra hxc inclusa 
sunt aliqua elc, et au verso du feuillet 61, il 
finit par Explicit ars novx musicx. Cet 
opuscule est suivi du petit traité du contre- 
point qui, dans les manuscrils de la biblio- 
thèque Fallicellana et du Vatican, a pour 
litre : Arscontrapuncti Magistri Philippi 
de Fitriaco; dans celui de la Bibliothèque 
impériale de Paris, il est intitulé : Ars com- 
positionis de Motetis, compilata à Philippo 
de Fitry. Trois traités composent donc 
l'œuvre de ce musicien, à savoir, le traité de 
la musique mesurée, selon les principes de ses 
prédécesseurs, VArs nova, et le traité du 
contrepoint, fort peu étendu, et qui n'est 
qu'un abrégé, une compilation des ouvrages 
d'autres écrivains, comme le déclare l'auteur 
lui-même. C'est dans VArs nova que Philippe 
parle de la minime et de la semi-minime. Il 
y explique pourquoi certaines dissonances ne 
peuvent être employées que sur ces notes de 
peu de durée, qui ne sont que des divisions et 
sous-divisions de la semi-brève. Il est à re- 
marquer que Philippe de Vitry ne s'attribue 
pas l'invention de ces figures de notes : 
Morley dit, dans les annotations du premier 
livre de son Traité de musique (ad pag. 9), 
que l'invention de la minime est attribuée à 
un certain prêtre de la Navarre (l), mais que 
Philippe est le premier qui en fit usage. Pen- 
dant son séjour à Rome, M. Danjou a fait une 
copie de VArs contrapuncti et de VArs nova, 
d'après les manuscrits de la bibliothèque 
Fallicellana et de la Barberine, puis il l'a 
collalionnée sur le manuscrit du Vatican. 
Cette copie est d'autant plus précieuse, que le 
manuscrit de Paris est a peu près illisible en 
beaucoup de passages. 

PHILIPPE DE CASERTE , ainsi 
nommé parce qu'il était né à Caserta, chef- 
lien de la Terre de Labour, dans le royaume 



(1) Ce prêtre de la Navarre, ne serait-ce pas Léon Hé- 
breu, à qui Philippe de Vitry avait demandé un traité 
spéculatif de la musique? Il était juif converti et ecclé- 
siastique, puisqu'il prend la qualification de Magister, ut 
il n'était pas Français, puisqu'il désigne Philippe de Vin y 
comme le plus distingué des maitres du royaume des 
Francs (Eximius magistrorum Philippin, de Vilriacu de 
r°gno Framcorum). le livre celte conjecture aux investi- 
gations des érudits. 

3 



;i 



PHILIPPE DE CASERTE — PHILIPPE DE MONS 



de Naples. M. Bcrnardo Quaranto nous aji- 
pi'énd, dans un mémoire inséré au quatrième 
volume des Annali cicili del regtio dclle due 
Siciîie (ann. 1834, p. 88), que Philippe vécut 
à Naples sous la domination de la maison 
d'Aragon, ce qui doit s'entendre d'Alphonse I er 
et de Ferdinand I e »; car Philippe de Caserte 
est cité par Gafori dans sa Praclica musica, 
dont la première édition fui imprimée à Milan, 
en 1490. Il est donc vraisemblable que l'épo- 
que d'activité de ce musicien fut entre les 
années 1442 et 1491, pendant lesquelles ré- 
gnèrent les deux princes cités précédemment. 
Philippe, qui, suivant Gafori, était bon chan- 
teur, fut vraisemblablement attaché à la cha- 
pelle royale de Naples. On a de lui un traité 
de la notation proportionnelle intitulé : De 
diversis figuris nolarum . manuscrit du 
quinzième siècle, qui se trouve à la Biblio- 
thèque de Ferrare. 

PHILIPPEouPHILIPPON DE 
BOURGES, musicien et organiste fran- 
çais du quinzième siècle, fut contemporain 
d'Okeghem. Il est cité par Gafori (Practica 
Musica, lib. IV, c. V). Jacques Paix a inséré 
un morceau de sa composition dans son second 
livre de tablature d'orgue. Le troisième livre 
de la rarissime collection imprimée par Pe- 
trucci de Fossombrone, sous le titre de Har- 
monice musicesOdhecaton (Canti C, n° cento 
c inquanta) , renferme, sons le n° 122, la 
chanson à quatre voix de Philippe de Bourges, 
liose playsant. L'abbé Baini indique, dans 
ses Mémoires sur la vie et les ouvrages de 
Paleslrina (notes 22G et 431), des messes qui 
portent le nom de Philippon de Bourges, et 
qui se trouvent en manuscrit dans les archives 
de la chapelle pontificale. 

PHILIPPE DE MONS, appelé DE 
MONTE aux titres latins et italiens de ses ou- 
vrages, illustre musicien dont le nom de famille 
est inconnu,fut ainsi appelé à cause du lieu de sa 
naissance. Je crois devoir suivre, en ce qui le 
concerne, la tradition des anciens auteurs, dont 
les paroles seront rapportées toute à l'heure, 
traditions adoptées par les historiens de la 
musique Hawkins (1) et Ricsewettcr (2), par 
Jean-Gottfricd Wallher (3), ainsi que par les 
autres auteurs de dictionnaires de musiciens 
français, allemands, italiens et anglais. Tous, 
à la vérité, se sont copiés; mais il n'en ré- 

(1) A Cencral Ifislory of tltc science and jtraclice of 
Utuie, t II, p. 492. 

(2) Cataiog lier Sammlung aller Musilt, etc., p. ÎS7. 
(ô) Musikuliselics lexicon, p. 4ï!0, article Monte {l'Iii- 

(•j'j/its), Erànxtu. Philippe de Mont. 



suite pas moins que Philippe de Mons est de 
notoriété universelle. Toutefois, il s'est pro- 
duit dans ces derniers temps des objections 
sérieuses contre cette tradition : elles doivent 
trouver place jci. Le baron de Reiffenberg 
(voyez ce nom) a écrit le passage suivant dans 
sa Lettre à M. Fétis, directeur du Conserva- 
toire de Bruxelles, sur quelques particida- 
rités de l'histoire musicale de la Belgique 
{Recueil ency cl. belge, octobre 1833, pages CI 
et 02), à l'occasion de quelques inexactitudes 
ou omissions qu'il avait cru remarquer dans 
mon mémoire sur les musiciens néerlan- 
dais (l) : a. J'ai' transcrit... les vers latins de 
» Ph. Brasseur, en ses Sydera illustrium 
» Ilannonix scriptorum, sur Philippe du 
« Mont, qui ne s'est jamais appelé Philippe 
» Mons, comme vous dites, etc. » Il est évi- 
dent que je n'ai pas écrit Philippe Mons, 
mais Philippe de Mons, puisque j'ajoute : 
ainsi appelé parce qu'il était né dans la ca- 
pitale du Hainaut, en 1521 (pages 45). Les 
fautes d'impression fourmillent à chaque page 
dans ce mémoire publié loin de moi; mais 
celle-ci saule aux yeux. Je pense que le baron 
de Reiffenberg l'a bien aperçue; mais selon lui 
le musicien dont il s'agit s'appelait Philippe 
du Mont, el non Philippe de Mons. D'autre 
part, Dlabacz nous fournit, dans son Diction- 
naire des artistes de la Bohème, un rensei- 
gnemenl qui contredit tous les témoignages 
contemporains et autres concernant le lieu où 
cet artiste aurait vu le jour; voici ses pa- 
roles (?) : De Monte {Philippe), chanoine et 
trésorier à Cambrai, célèbre compositeur, 
né en 1521 à Staline* (et non à Mons dans 
le Hainaut), ainsi que le fait voir la liste des 
musiciens de la chapelle impérialede l'annee 
1582, où il est nommé Philippe de Monte, 
de Malines. Je crois devoir l'aire remarquer en 
passant que Dlabacz n'indique pas on se trouve 
cette liste des membres de la chapelle impériale. 
Frappé, cependant, du fait avancé par ce bio- 
graphe, M. Léon de Burburc, si exael dans ses 
recherches archéologiques, m'écrivait, le 
5 mais 1803 : « Rien n'autorise à croire que 
» cet auteur, entièrement désintéressé dans 

(1) Mémoire sur celle question : Çuels ont clé les mé- 
rites des Néerlandais dans la musique, principalement 
aux quatorzième, quin:icme et seizième siècles, tic, Am- 

sterdam, .1. MuII<t et compagnie.) 1829, iii-4". 

(2) De Monte (l'hilipp), ein Dmnherr uml luglul» 
Scboli iiter su Cambray; rin berûlimler Kon^ponisi, 

■ 1er zu Uechelo uml niclit zu Itcrjicii in llenin^iu lli.'l 
jjeliorcn, wic is d;)S Verzciehniss drr K. K. Kopeltfl Vom 
Jaliro 1382, wo er Phillpp île Moiilo von Mechcln genan») 
wird (tome 11, page ô-.i). 



PHILIPPE DE MONS 



« la question de nationalité du compositeur, 
» se soit trompé. J'ai trouvé, de mon côté, qu'à 
» Malines avait existé, vers le milieu du sei- 
» zième siècle, une famille de Monte; que le 
« 17 mars 1549, un maître Pierre de Monte, 
» fils de Philippe de Monte et natif de Ma- 
il lines, quitta cette ville et se fit inscrire dans 
« la bourgeoisie d'Anvers. La coïncidence 
« des prénoms du compositeur et du père de 
« maître Pierre de Monte est significative : 
» tous deux s'appellent Philippe. On sait 
» combien les prénoms aident à distinguer 
» les familles du même nom.... Si Philippe 
» eût été natif de Mous, il eût écrit son nom 
•■> latinisé, Philippe de Montïbus, et non de 
« Monte.» Il paraîtrait donc, d'après la décou- 
verte de M. de Burbure, que de Monte n'était 
pas l'indication du lieu de naissance du 
maître de chapelle de la cour impériale, mais 
1e nom de sa famille : cependant je reçus, 
quelques jours après la première révélation 
de mon honorable ami, une antre lettre où se 
trouve ce passage : « J'ai eu occasion de 
» m'assurer que maîtres Philippe et Pierre 
■>■> de Monte, dont je vous ai entretenu derniè- 
« renient, s'appelaient Tan Bergen. » Or, 
Berrj (au pluriel Bergen), en flamand comme 
en allemand, signifie montagne (en latin 
mons, montis), et ce mot est aussi, dans les 
deux langues, le nom de la ville de Mons 
(van Bergen, se disait de quelqu'un qui était 
de Mons). L'équivoque subsiste donc encore. 
J'ai maintenant à opposer aux objections 
du baron de Reiffenberg, du P. Dlabacz et de 
M. de Burbure, les autorités qui font naître à 
Mons (en Hainaul) le célèbre musicien appelé 
Philippe de Monte. A l'opinion du baron de 
Reiffenberg, concernant le nom de cet artiste, 
et au fait rapporté par Dlabacz, il y a une 
première et décisive réponse à faire : c'est 
■celle du titre d'un des ouvrages imprimés du 
vivant de Philippe; le voici : Sonnetz de 
Pierre de Rottsard, mis en musique à cinq, 
six et sept parties par très-excellent maislre 
Philippe de Mons, à Louvain, chez Pbalèse, 
1570, in-4°. On ne peut faire un reproche au 
baron de Reiffenberg de n'avoir pas connu ce 
litre, mais on peut s'étonner qu'un homme si 
érudit ait dit que l'artiste ne s'est jamais ap- 
pelé Philippe de Mons, tandis que les bio- 
graphes de son temps ou postérieurs ont dit 
<|iPil tenait son nom du lieu de sa naissance; 
il serait trop long de citer toutes les autorités 
5 cet égard, mais je crois devoir en rapporter 
quelques-unes des plus importantes. Sweert, 
•ou Sv.erlius, contemporain de la vieillesse de 



Philippe, le désigne ainsi (Alhenx Belgicx, 
page 045) : Philippus de Monte, sic diclus, 
quia Montibus Hannonix natus. Foppens 
s'exprime exactement dans les mêmes termes 
(Bibliotheca Belgica, tome H, page 1039); 
et Rullart, né en 1599, c'est-à-dire lorsque 
Philippe vivait encore, dit dans son Académie 
des sciences et des arts : « La ville de Mons a 
» cette gloire au dessus du reste des Pays-Bas 
» d'être le lieu d'où sont sortis les plus excel- 
» lents musiciens du siècle passé; car, après 
» avoir produit Orlande de Lassus, elle a en- 
» core donné naissance à celui-ci, qui, pour 
» ce sujet, a été appelé Philippe de Mons. » 
Il est vrai que les vers tirés par le baron de 
Reiffenberg des Sydera illustrium Hannonix 
scriptorum, de Philippe Brasseur (Mons, 
1637, p. 88), portent en tête : Philippus du 
Mont, ex exsareo chori musici prxside ca- 
nonicus et thesaurarius cameracensis; mais 
l'ouvrage de cet écrivain ayant pourobjetles 
hommes célèbres du Hainaut et en particulier 
de la ville de Mons, en admettant que le nom 
de famille ait été du Mont, il ne reste pas 
moins certain qu'il était né dans celte ville, et 
consequemment ceux qui ont accolé à son 
prénom l'indication du lieu de sa naissance 
n'ont fait que suivre l'exemple de ce qui s'était 
fait pourd'autres artistes, comme Jean Guyot, 
presque toujours appelé Castileti, parce qu'il 
était né au Châtelet, Jachet de Berchem, qui 
était du village de ce nom, près d'Anvers, 
Gérard et Jean, dits de Turnhout, à cause 
du lieu de leurnaissance, etc., etc. Guichardin, 
contemporain de l'artiste célèbre, ne fournit 
aucun renseignement sur le lieu où il a vu le 
jour : il l'appelle Filippo de Monti; l'édition 
latine de son livre a Philippus de Monte, et 
l'édition française, Philippe deMonte, ce qui 
s'accorde avec l'opinion de M. de Burbure. 
Dans l'espoir que Philippe fournirait lui- 
même quelques renseignements pour résoudre 
la difficulté, j'ai lu bon nombre d'épitres dé- 
dicatoires qu'il a placées en tête de ses ou- 
vrages, mais je n'ai rien trouvé. Dans l'état 
actuel des choses, la notoriété de la naissance 
de Philippe à Mons n'est pas douteuse, mais il 
reste à décider entre elle, Dlabacz et M. de 
Burbure qui le font naître à Matines. Une 
autre incertitude existe à l'égard du nom de 
sa famille : s'appelait-il. du Mont, ou de 
Monte, ou Bergen? Il est douteux que ces 
difficultés soient jamais dissipées; pour moi, 
je crois devoir rester ici fidèle à la tradition. 
L'époque de la naissance de Philippe de 
Mons est déterminée par l'inscription placée 

3. 



06 



PHILIPPE DE MONS 



au-dessous de son portrait par Sadeler, et que 
voici : Philippus de Monte Belga D. D. 
Max. II et Rodolph. II Rom. imp. chori 
musici pr&fectus metropol. Ecclesix came- 
racencis canonicus et thesaurarius. glatis 
sux LXXVIIA. D. MDXCIV. Notre artiste 
était donc né en 1522, ou vers la fin de 1521, 
c'est-à-dire un peu plus d'un an après Roland 
de Lassus. L'objection que j'ai présentée, 
dans mon mémoire sur les musiciens néerlan- 
dais, contre la supposition qu'il aurait été 
l'élève de celui-ci, ne subsiste plus depuis que 
Delmotte a rectifié la date de la naissance de 
Roland de Lassus. Remarquons toutefois que 
de Lassus, parti de Mons vers l'âge de seize 
ans, n'y reparut qu'en 1545, c'est-à-dire 
lorsque Philippe était âgé de vingt-deux ans, 
et que si celui-ci devint son élève, il dut le 
suivre à Anvers et y recevoir ses leçons pen- 
dant les années 1544 et 1545. Il n'est pas in- 
vraisemblable qu'après avoir appris les élé- 
ments de la musique sous la direction d'autres 
maîtres, il ait achevé son éducation musicale 
près de son compatriote. L'occupation de sa 
vie, depuis celte époque jusqu'en 1504, où 
Maximilien II succéda à Charles -Quint, 
comme empereur d'Allemagne, n'est pas 
connue. Le premier ouvrage connu de sa 
composition est celui qui a pour litre : Mis- 
sarum quinque, sex et octo vocum liber 
primus, Anvers, 1557, in-fol. m". Celte date 
et le lieu de l'impression pourraient faire 
croire que Philippe fut attaché jusqu'alors 
à quelque église d'Anvers. Il alla ensuite en 
Italie, car le premier livre de ses madrigaux 
à quatre voix a été publié à Venise, en 1501. 
Il est vraisemblable qu'il vécut pendant quel- 
ques années à Ingolsladt, peut-élre comme 
maître de la chapelle de la belle église des 
Jésuites, car les premières éditions de ses cinq 
livres de motels à cinq voix furent imprimées 
dans celle ville de la Bavière, depuis 1569 
jusqu'en 1574. Rullarl nous apprend qu'à la 
recommandation de Roland de Lassus, il fut 
admis dans la chapelle impériale, sans doute 
en qualité de simple musicien; mais ensuite 
il en fut le directeur el conserva ce litre sous 
l'empereur Rodolphe. 

A l'égard de ses titres de chanoine et de 
trésorier du chapitre de Cambrai, j'ai fait une 
erreur de chronologie dans mon mémoire sur 
les musiciens néerlandais, en les lui donnant 
antérieurement à son entrée au service de 
l'empereur Maximilien, car c'est par la pro- 
tection de ce prince qu'il les obtint. J'ai, à ce 
sujet, l'obligation de précieux renseignements 



à M. le Glay, savant bibliothécaire de la ville 
de Cambrai, qui a bien voulu faire des re- 
cherches dans les actes du chapitre. Je vais 
transcrire ici le passage de la lettre où il me 
les fournit : 

a J'ai peu de choses à vous apprendre con- 
» cernant Philippe de Mons qui a un article 
» très-court dans les Recherches sur l'église 
>- métropolitaine de Cambrai (p. 140). J'ai 
» compulsé de nouveau les actes du chapitre 
» pour trouver quelques faits relatifs à ce cé- 
» lèbre musicien. Il parait que Philippe ne 
» s'astreignait pas au précepte de la rési- 
» dence, car on ne le voit jamais figurer 
n comme présent aux assemblées capitulaires, 
» Le 1 er septembre 1572, il est admis en qua- 
rt lilé de trésorier de l'église, virlute precum 
» imper ialium. Celle admission a lieu par 
» procureur. Le même jour on lui enjoint de 
» justifier, dans le délai de quatre mois, qu'il 
» est issu de légitime mariage; et le 8 oc- 
8 lobre suivant, son fondé de pouvoir, Vale- 
» rianus Serenus, chanoine de la métropole, 
» jure que Philippe est né legitimis nuptiis. 
« Le 2 janvier 1575, le chapitre prend une 
» délibération ainsi conçue : Rescribattir ex 
» partecapituli D. Philippo de Monte, ma- 
» gistro cantorum Cxsarex majestatis, 
« agenturque eidem gratis pro favore huic 
» ecclesix et capitulo oblato utque salvum 
» possit esse jus libers electionis archiepi- 
» scopi hujus ecclesix. La réception de Phi- 
» lippe en qualité de chanoine eut lieu le 
n l' r mai 1577, et son procureur, Philippe 
» Gomin, aussi chanoine, fut obligé de renou- 
» vêler, le 27 du même mois, le serment 
a qu'avait prêlé Yalerien Serenus, en 1572. 
r Philippe de Mons résigna son canouicat, 
« le 4 mars 1G03, en faveur de son neveu, 
» Pierre Baralle, prêtre de Cambrai; quant 
» à la trésorerie, il parait que notre digne 
» Monlois l'a aussi résignée à son neveu, qui 
a n'en profita pas, attendu quecctlcdignité fut 
» supprimée aussitôt après la résignation. » 
On voit par ce qui précède que Philippe de 
Mons vivait encore, probablement à Vienne, 
au mois de mars 1005 ; il élait alors dans sa 
quatre-vingt-deuxième année : il est donc 
vraisemblable qu'il ne vécut pas longtemps 
après cette époque ; mais la date précise 
de sa mort n'est pas connue jusqu'à ce 
jour. Dlabacz nous apprend qu'en 1595 il 
avait fait un voyage à Prague, et y avait com- 
posé un morceau de musique pour la consécra- 
tion du nouvel archevêque : ce morceau a clé 
imprimé à Prague, en 1595, in-4". 



PHILIPPE DE MONS 



Tout porte à croire qu'on ne connaît pas 
toutes les œuvres de Philippe de Mons, et 
qu'une partie de ce qu'il a écrit pour la cha- 
pelle impériale est restée en manuscrit dans les 
archives de cette chapelle. Voici la liste des 
éditions des ouvrages publiés sous son nom ' 
qui me sont connues : 1° Missarum quinque, 
sex et octo vocum liber primas ; Anvers, 
1557, in-fol. m ; il a été fait une deuxième 
édition de ces messes dans la même ville, chez 
les héritiers de Pierre Phalèse, en 1628, in- 
Fol. m . 2° Missx cum quatuor et quinque 
vocibus concinnatx; Anvers, Christ. Plan- 
tin, 1588, in-fol. Ces messes ont été réimpri- 
mées d'après une édition d'Ingolstadt dont 
j'ignore la date.3°./Vmaad modulum.-'Bene- 
dicla es, sex vocum; Anvers, 1580, in-fol. m . 
4° Sacrx cantiones seu Motectx 5 voeùm, 
Jib. I; Ingolsladt, 15C9, in-4°. 5° Sacrarum 
cantionum quinque vocum liber secundus ; 
ihid., 1571. G Idem, lib. III ; ibid., 1573. 
7° Idem, sex vocum, lib. IV; ibid., 1573. 
8° Idem, quinque vocum, lib. V, ibid., 1574. 
Ces cinq livres de molets ont été réimprimés 
à Venise, sous les titres italiens : II... libro 
de'motetti à cinque e sei voci dal eccel- 
lentissimo musico Filippo di Monte; Ve- 
nise, 1572 à 1579, in-4°. Ce sont ces éditions 
«lue Draudius indique sous des titres latins. 
Il y a aussi m- éditions des cinq livres de ces 
motels publiées à Venise, riiez les fils de Jé- 
rôme Scolto, 1572 à 1576. 8° (bis) Philippi 
de Monte S. C. M. Capellx magistri sacra- 
rum Cantionum cum quinque vocibus, qux 
vulgo motecta nuncupanlur , nunc primum 
in lucem editus liber sextus; Veneliis, apud 
Anqelum Gardanum, 1584, in-4°. Ce recueil 
contient vingt-huit motets. 9° Philippi de 
Monte, etc. Sacrarum cantionum cum sex 
et duodecim vocibus, qux vulgo motecta 
nuncupantur, nunc primum in lucem xdi- 
tus liber primus ; ibid., 1585, in-4°. Recueil 
«le vingt-neuf motets à six voix, deux à dix voix, 
et un à douze voix. 10° Philippi deMonte,etc. 
Cantionum sacrarum qux vulgo Motecta 
nuncupantur, 7iunc primum in lucem edi- 
tus cum sex et duodecim voc. Liber secun- 
dus; ibid., 1587, in-4° (vingt-neuf motets). 
11° Il primo libro de' madrigali a cinque 
voct; Venise, 1561, in-4°. Le deuxième livre- 
de ces madrigaux à cinq voix a été publié 
dans la même ville, en 1567, in-4°; le troi- 
sième en 1569, et fut réimprimé en 1576; le 
quatrième livre parut en 1574, et fut réim- 
primé en 1581 ; le cinquième livre, en 1574; le 
sixième, en 1577, réimprimé en 1588 ; le sep- 



tième, en 1583, réimprimé en 1586, tons 
in-4". Les neuvième, dixième, onzième, dou- 
zième et treizième livres, tous à cinq voix, fu- 
rent publiés chez le même, depuis 1581 jus- 
qu'en 1587. Il y a aussi des éditions de Ions 
ces livres de madrigaux à cinq voix, publiées 
à Venise, chez les héritiers de Jérôme Scolto, 
depuis 1576 jusqu'en 1588. On trouve dans la 
bibliothèque de Lycée communal de musique 
de Bologne le dix-neuvième livre de madri- 
gaux à cinq voix du même auteur; Venise, 
Ang. Gardane, 1588. Je ne connais pas 
d'exemplaire des livres quatorzième, quin- 
zième, seizième, dix-septième et dix-hui- 
tième. 12° Il primo libro de' madrigali a 
sei voci; Venise, 1565, in-4 ; le second livre 
parut dans la même ville, en 1568; le troi- 
sième, en 1570, et fut réimprimé en 1576; le 
(juatrième, en 1576; il y a eu, je crois, une 
édition antérieure ; le cinquième, en 1579; le 
sixième, en 1582; le septième m'est inconnu ; 
le huitième, à Venise, 1592; tous in-4". Dla- 
bacz assure que tous ces ouvrages ont été 
imprimés aussi à Ingolsladt. Je connais aussi 
le cinquième livre de madrigaux à cinq voix, 
publié à Nuremberg, en 1577, in-4°. 15° La 
Fiamelta , canzone di Filippo de Jt/onte 
maestro di capella délia S. C. M. dell' imp. 
Rodolfo II , insieme altre canzoni et madri- 
gali vaghissimi a 7 voci, con uno écho a 
otto, novamente composta et data in luce. 
Libro primo; in Fenetia, app. Ang. Gar- 
dano, 1598, in-4°. Dans la dédicace au car- 
dinal Aldobrandini, Philippe dit qu'il a dédié 
au même cardinal le huilième livre de ses 
madrigaux à six voix. 14" Di Filippo de 
Monte il primo libro de madrigali spiri- 
tuali a cinque voci du lui novamente com- 
posti; in Fenetia, app. Angelo Gardano, 
1581, in-4°. Ce recueil contient trente can- 
tiques. 15° Chansons françaises à cinq, six 
et sept parties; Anvers, Planlin, 1575, in-4° 
oblong. Il a paru dans la même année une 
édition de ces chansons traduites en italien, à , 
Venise. 16° Sonnetz de Pierre de Ronsard, mis 
en musique à cinq, six et sept part ies par très- 
excellent maistre Philippe de Mons; à Lou- 
vain, chez Phalèse, 1576, in-4°. Beaucoup de 
morceaux extraits des œuvres de Philippe de 
Mons ont élé insérés dans les collections de la 
fin du seizième siècle; ce qui prouve l'estime 
qu'on faisait alors de ses compositions. Parmi 
ces collections, jecilerai les suivantes : \°Spo- 
glie amorose. Madrigali a 5 voci di diversi 
eccellentissimi musici nuovamente posti in. 
face; Venise, G. Scollo, 1585. 2° Musica di- 



38 



PHILIPPE DE MONS - PHILIPS 



vina, di XIX autori illustri a 4, 5, G et 7 
voci, nella quale si contcngono i più eccel- 
lentimadrigali che hoggidi si cantino; An- 
vers, P. Phalèse et Bellère, 1595, in-4° obi. 
3° Harmonia céleste, di divcrsi eccellentis- 
simi musici a 4, 5, G, 7 e 8 voci nuovamente 
raccolta da Andréa Pevernage e data in 
luce; ibid., 1595, in-4° obi. 4° Symphonia 
angeliea , di diversi eccellentissimi mu- 
sici, etc. ; ibid., 1594, in-4" obi. 5° Mclodia 
Olympica, di diversi eccellentissimi mu- 
sici, etc., ibid., 1594, in-4° obi. G" Paradiso 
musicale di madrigali e canzoni a cinque 
voci, etc., ibid., 1596, in-4° obi. 7° Gliir- 
landa di madrigali a set voci da diversi ec- 
cellentissimi autori de' nostri tempi, ibid., 
1601, in-4°. 8" Madrigali a ottovocida di- 
versi eccellenti e famosi autori, con alcuni 
dialoghi, e écho per cantare et sonare a due 
chori; ibid., 1596, in-8° obi. 

Après Roland de Lassus, le musicien belge 
dont la réputation eut le plus d'éclat et fut le 
plus répandue à la fin du seizième siècle fut 
Philippe de Mons. Celui-ci fut le dernier de ces 
artistes célèbres que les Pays-Bas avaient vus 
naître, et qui tinrent le sceptre de la musique 
en Europe, dès le quatorzième siècle. Après 
lui, l'art dégénéra en Belgique. On peut juger 
par le madrigal Da bei rami scendea, rap- 
porté en partition par Hawkins dans son His- 
toire générale de la musique (i. II, p. 492 et 
suiv.), de son mérite sous le rapport de la pu- 
reté d'harmonie et sous celui du rhvthme: 
mais c'est surtout dans ses motets que Phi- 
lippe de Mons s'est distingué par la noble 
simplicité de son style. Plusieurs poêles ont 
chanté les louanges de cet artiste distingué : 
outre les vers cités par le baron de Reiffen- 
berg, il y a un poëme latin en son honneur 
composé par Elisabeth Weslon, femme sa- 
vante de la Bohême; ce poème a été inséré 
dans le livre de cette dame intitulé : Par- 
tltenicon, Pragx, typis Paulio Sessii, 1602, 
in-8° (p. 16 et suiv.). Dlabacz rapporte qua- 
rante-six vers de ce poème dans son Diction- 
naire des artistes de la Bohême. 

Je connais cinq portraits de Philippe de 
Mons : le premier, par Raphaël Sadeler, a été 
fait à Vienne, d'après nature, en 1594; il a 
servi de type à tous les autres. Il fut reproduit 
avec un rare talent de burin par Théodore de 
Bry, dans la troisième partie des Icônes illus- 
trium virorum de Boissard (pi. 49); mais on 
n'y trouve pas l'inscription qui fait connaître 
l'époque de la naissance de Philippe, comme 
à celui de Sadeler. Vient ensuite celui de Ni- 



colas de Larmessin, dans VAcadémie des 
sciences et des arts, de Bullart, copie exacte 
de celui de Théodore de Bry; puis la gravure 
médiocre de celui qui se trouve dans le Thea- 
trum virorum éruditions clarorum, de 
Freher (pi. 78). Celui de Larmessin a été re- 
produit dans la Bibliotheca Belgica, de Fop- 
pens; mais la planche retouchée par une main 
maladroite n'offre que de mauvaises épreuves. 
Caldwald a fait une bonne copie de celui de 
Sadeler, avec l'inscription, pour VHistoire 
générale de la musique de Hawkins (t. II, 
p. 491). 

PHILIPPE (Jea>). Un auteur de ce nom 
a été cité par Valentin-Bartholomé Haus- 
mann, organiste à Schofstaedl, dans un livre 
allemand sur la composition, resté en manu- 
scrit, comme auteur de trois traités de mu- 
sique, également manuscrits, qu'il possédait, 
et qui avaient pour litres : 1° Collegium rnu- 
sicum de compositione. 2° Organopxia. 
o" Collegium melopoeticum. Mattheson, qui 
possédait l'ouvrage de Hausmann, croit que 
dans celle citation il avait oublié d'indiquer 
le nom de famille de Philippe (Voyez J/us. 
Ehrenpforte, p. 108); cependant Zeidler, cité 
par Gerber, dans son ancien Lexique des mu- 
siciens, indique les mêmes ouvrages sous le 
même nom. 

PHILIPPE D'ORLÉANS, régent <iu 
royaume de France, né à Saint-Cloud, le 4 août 
1674, mourut subitement le 25 décembre 1723. 
Le parlement de Paris lui décerna la régence 
le 2 septembre 1715. Ce prince, ami des arts et 
des artistes, avait reçu de Campra des leçons 
de composition, et avait fait des expériences 
d'acoustique avec Sauveur. Il composa une 
partie de la musique iVIIypermnestre. opéra 
de Gervais, représenté à Paris en 1716. Il fit 
aussi avec ce musicien un Panthée, opéra qui 
fut représenté dans les appartements du Pa- 
lais-Royal. 

PHILIPS (Pierre), prêtre et composi- 
teur, né de parerrts catholiques, en An- 
gleterre, vers 1560, s'établit à Bélhune, 
dans sa jeunesse, et y fut organiste. Vers 
1595, il fit un voyage en Italie et vécut plu- 
sieurs mois à Borne. Après ce voyage, il passa 
qmique temps à Anvers, puis il entra au ser- 
vice des archiducs Albert et Isabelle, en qua- 
lité d'organiste de la chapelle : les organiste» 
de cette chapelle étaient alors au nombre de 
trois. Par lettre patente datée de Bruxelles, le 
!) mars 1610, Philips obtint une prébende ni* 
canonicat à Soignics (I). Bulkens le cite (Tro- 
(I) Archives du royaume de Belgique» 



PHILIPS - PUILODlLME 



39 



pltées de Brabant, t. III, p. 124), comme 
ayant pris part à la pompe funèbre de l'archi- 
duc Albert, en 1621. Il vivait encore en 1623, 
car il publia dans celle année une collection 
dont la préface est datée de Soignies, le 
19 avril. Il prenait, au titre de ses ouvrages, le 
nom italien de Pietro Phitippi ou Filippi. 
On connaît de cet artiste : 1° Quelques ma- 
drigaux dans la collcclion qu'il a publiée 
sous ce titre : Melodia Olympica di diversi 
ecccllcntissimi muski a 4, 5, 6 e 8 voci; 
Anvers, P. Phalèse et J.-J. Bellère, 1594, 
in-4" obi. 2" // primo libro de 1 Madrigali 
aseivoci; ibid., 1590, in-4°. 5° Madrigali 
a otlo voci; ibid., 1598, in 4° obi. L'épîlre 
dédicaloire de ce recueil est datée du 24 sep- 
tembre de la même année. 4" // secondo libro 
de' Madrigali' o seivoci; ibid., 1004.5° Can- 
tiones sacra; 5 vocum: Anvers, 1612, in-4°. 
6° Cantiones sacra; octo vocum; ibid., 1013, 
in-4*. 7° Gemmulx sacra; 2 e 5 voc; ibid., 
161ô, in-4°. 8° Litanix B. M. V . in ecclesia 
Loretana cani solilm 4, 5-9 vocum; ibid., 
1623, in-4\ 

PHILLIPS (Jean), neveu de Milton, né à 
Londres vers 1035, s'est fait connaître par di- 
vers écrits politiques et autres. Il est aussi 
l'auteur du pampblet intitulé : Ducllum mu- 
sienm, composé à l'occasion de la discussion 
de Mathieu Lock et de Salmon (voyez ces 
noms), concernant l'unité de clefs dans la 
notation de la musique. Ce pamphlet fut im- 
primé à la suite de celui de Lock, intitulé : 
The présent practice of music vindicated } z\.c.] 
Londres, 1075, in-4°. 

PîllLLIS (Jean-Baptiste), professeur de 
guitare, né à Bordeaux, se fixa à Paris vers 
1784, et y mourut le 30 décembre 1823, à 
l'âge de soixante et douze ans. Il a publié de 
sa composilion : 1° Trios pour la guitare et 
divers instruments, œuvres 4, 10, 13, 15; 
Paris, Pleyel. 2° Sonates pour guitare et vio- 
lon , op. 14; ibid. 3° Thèmes variés pour 
guitare seule; Paris, Janet. 4° Méthode courte 
et facile pour guitare; Paris, Pleyel. 5° Nou- 
velle méthode pour la guitare à six cordes; 
ibid. 

PHILLIS (Jeannette), fille du précédent, 
née à Bordeaux vers 1780, entra au Conser- 
vatoire de Paris, en 1790, y prit des leçons de 
Fasquel pour le solfège, puis devint élève de 
Planlade pour le chant, et obtint le second 
prix au concours de l'an ix (1801). Entrée à 
l'opéra comique du théâtre Favart, l'année 
précédente, elle y avait eu des succès par les 
grâces de sa personne et l'agrément de sa voix. 



En 1802, elle fut engagée pour l'Opéra français 
de Pélersbourg; elle fut attachée pendant dix 
ans à ce théâtre, et devint la femme de Jous- 
serand, ancien acteur de l'Opéra-Comique, 
qui l'avait suivie en Russie. Retirée du théâtre, 
elle vécut à Paris depuis 1812 jusque vers 
1830, époque de sa mort. Sa soeur, qui chaula 
aussi l'opéra comique à Pélersbourg, devint 
la seconde femme du compositeur Boieldieu, 
en 1819, et mourut à Paris, au mois de dé- 
cembre 1853. C'était une femme aimable, spi- 
rituelle el bonne. 

PHILGDEME, philosophe épicurien, na- 
quit à Gadara, dans la Cœlé-Syrie, environ un 
siècle avant l'ère chrétienne. Après avoir vi- 
sité la Grèce, il alla à Rome et se lia d'une 
étroite amitié avec Calpurnius Pison, que Ci- 
céron fit dépouiller du gouvernement de la 
Macédoine, pour le scandale de sa conduite. 
Dans sa réponse aux invectives de Pison, 
l'orateur romain représente Philodème comme 
un homme aimable et spirituel, qui unissait 
beaucoup d'érudition à une politesse exquise ; 
mais, par égard pour ses talents, il ne le 
nomme pas une seule fois dans un discours où 
il ne pouvait se dispenser de lui reprocher 
d'avoir favorisé par ses principes el son 
exemple les désordres de Pison, au lieu de 
chercher à les réprimer. Philodème cultivait 
les letlres, qu'on accusait les épicuriens de 
négliger; il avait, au dire de Cicéron, célébré 
les orgies et les débauches de Pison dans de 
petits poèmes, qui auraient réuni tous les 
suffrages si le choix des sujets eût été digne 
de l'exécution. Rien ne serait parvenu jusqu'à 
nous des écrits de ce philosophe si, parmi les 
manuscrits trouvés à Herculanum, il ne s'en 
fût trouvé un qui contient, non un ouvrage 
entier, mais le quatrième livre d'un traité sur 
la musique, intitulé simplement IJspl u.ouaixr,i;. 
Le rouleau de papyrus qui le contenait était 
charbonné et rempli de crevasses; il fut dé- 
roulé avec beaucoup de peine par Biaggio 
et Merli. Les lacunes résultant des crevasses 
étaient en grand nombre; beaucoup furent 
restituées avec érudition et sagacité par les 
savants chargés de ce travail, qui fut publié à 
Naples, en 1793, comme premier volume des 
manuscrits d'Herculanum, sous ce titre : 
Jferculanensium voluminum quse super sunt, 
tom. I, in-fol. Ce volume contient un fac 
simile du manuscrit, en trente-huit planches 
gravées, représentant les trente-huit colonnes 
du texte; chaque planche est accompagnée du 
même texte restitué, d'une traduction latine 
par Mazoccbi, Rosini, IgnarraetBafli,etsuivie 



40 



PHILODÈME — PHILOMATHÊS 



de notes très-amples et remplies de l'érudi- 
tion la plus solide. Le tout est terminé par un 
commentaire sur les dix-neuf chapitres dont 
se compose ce quatrième livre. L'ouvrage de 
Philodème n'est ni technique, ni historique, 
mais purement philosophique : il a pourohjet 
cette question : Si lu musique est digne d'éloge 
ou de blâme? L'auteur se prononce pour celle 
dernière opinion, et dirige la critique contre 
Diogène te Babylonien, stoïcien dont Diogène 
«le Laerce parle souvent dans la vie de Dio- 
gène le Cynique. 

Le libraire Schwickert, de Leipsick, enlre- 
pril, en 1795, une réimpression in-8° du vo- 
lume publié à Naples deux ans auparavant; 
mais celle entreprise fut interrompue et n'a 
jamais été achevée. Le savant de Murr a pu- 
blié depuis lors : Commentatio de papyris 
seu voluminibus grxcis flerculanensibus ; 
Strasbourg, 1805, in-8° de soixante pages et 
deux planches. Ce petit volume contient le 
texte grec d'un fragment du traité de Philo- 
dème. L'année suivante le même philologue 
lit paraître une traduction allemande de ce 
fragment avec un commentaire, sous ce tilre : 
Philodemvon der Musik ; ein Juszug aus 
dessen viertem Buchs ; Berlin, 1800, in-4° 
de soixante-quatre pages et deux planches. 

D'autres fragments de Philodème ont été 
retrouvés parmi les manuscrits d'Herculanum; 
mais ils sont étrangers à la musique. 

PIIILOLAUS, disciple de Pylhagore, 
naquit à Crotone, et vécut environ quatre 
cent cinquante ans avant l'ère chrétienne. 
Après la mort de Pylhagore , il devint 
élève d'Archytas. Les Pythagoriciens ayant 
été chassés «l'Élis , Philolatls se réfugia 
à IMélaponle, puis à lléraclée, on il écrivit ses 
ouvrages, dont il nous reste des fragments que 
l'illustre savant M. de Boeckh a rassemblés en 
dernier lieu, et qu'il a éclaircis par des re- 
marques excellentes, dans le volume intitulé : 
Philolaos des Pylhagorcrs Lehren, tiebst den 
Bruchsliicken seines JFerkes (Doctrine du 
pythagoricien Philolatls, d'après les fragments 
de ses œuvres; Berlin, 1819, in-8°). PhilolaUs 
est le plus ancien élève de Pylhagore qui nous 
a transmis sa doctrine de l'harmonie, peut- 
être modifiée par Archylas et Philolatls lui- 
même. Boèce, qui parait avoir possédé l'ou- 
vrage de ce dernier, nous donne la substance 
de sa théorie des proportions harmoniques des 
intervalles (De fl/usica, lib. III, cap. 5 et 
seq), sur laquelle il faut consulter le travail 
de Rœckh, cité précédemment. Il résulte de la 
comparaison de celle théorie avec celle que 



nous ont transmise les nouveaux pythagori- 
ciens de l'école d'Alexandrie, que ceux-ci ont 
changé en beaucoup de choses les principes 
de l'école primitive. Cette remarque a été 
faite avec justesse par Rider, dans son His- 
toire de la philosophie pythagoricienne 
(Geschicbte der Pylhagorischen philosophie; 
Hambourg, 1820, grand in-8"). 

PHILOMATHES (Wenceslas). Sous ce 
nom, tous les musiciens biographes et biblio- 
graphes ont ci lé un livre sur la musique, rare 
et curieux; toulefois ) / > /n7oniai*/<èsn'estqu\ine 
qualification qui signifie ami de la science; 
le nom véritable de l'auteur de ce livre est 
JFenceslaus. Il était né dans la seconde partie 
du quinzième siècle, à Neuhaus, en Bohême, 
ainsi que l'indiquent les mots de Nova domo 
qu'il ajoulait à son nom. Un fait rapporté par 
Dlabacz, dans son Dictionnaire des artistes 
delà Bohême (p. 551-552), prouve la solidité 
de ma conjecture à l'égard du nom de l'écri- 
vain dont il s'agit; car on y trouve une notice 
sur un "Wenceslaus , de Neuhaus, qui était 
fondeur de cloches, et qui en a fait une, en 
1490, sur laquelle on trouve celle inscription : 

Anno Dom. Millesimo f CCCC. XCVI. 
•j- hoc opus •{■ fecit. Wencesl. -f Nova -j- Do. 

Un autre JFenceslaus, vraisemblablement 
de la même famille, élait ma gis 1er et fondeur 
de clocles à Rlattau, en Bohême, dans le même 
temps. Le livre de Wenceslaus est un traité 
des éléments du plain-chant et de la musique 
mesurée, écrit en vers techniques latins, et 
divisé en quatre livres; il a pour titre : Fen- 
ceslai Philomathis de Nova domo Musico- 
rum libri quatuor, compendioso carminé 
elucubrati; Vindobonœ, 1512, in-8°. L'épitre 
dédicatoire est datée des calendes d'août de la 
même année. Wenceslaus y dit que son ou- 
vrage a élé approuvé par l'Académie de 
Vienne. Une deuxième édition de ce livre fut 
publiée à Leipsick, en 1518, sous ce titre : 
Liber Musicorum IF de regiminc utriusque 
cantus. La troisième a paru à Vienne, sous 
ce titre : Finceslaus Philomathis de Nova 
Domo Musicorum libri quutuor. JUagistri 
Iludberti Rcsch Grœcensis ad lectorem epi- 
gramm. extemporale, Musicx complectens 
obiter Laudem. A la fin, on lit : Jmpressum 
Fiennx Pannonix per Johannem Singre- 
nium. Anno MDXXII1 , petit in-4° de cinq 
feuilles et demie. Un exemplaire de celte édi- 
tion est à la Bibliothèque impériale de Vienne. 
La quatrième édition a élé publiée à Stras- 
bourg, en 1533, in-8°, et la cinquième a été 
imprimée à Wittenherg, en 1534, in-8", par 



PHILOMATHÊS - PIIRYNIS 



a 



Georges Rhaw, qui y a ajouté une courte pré- 
face. Je possède cette édition. Enfin, ii yen 
a une sixième, qui se trouve à la Bibliothèque 
impériale de Vienne. Elle est exactement 
semblable à la première. On lit au bas du 
frontispice : Excusum Argentins: in wdibus 
Jacobi Jucundi. Anno MDXLIII, petit 
in-8° de cinq feuilles et demie. L'édition de 
Leipsick indiquée par M. Grœsse (Lehrbuch 
einer Allgcmeine Literargeschichle, t. III, 
p. 964), sous la date de 1578, paraît être une 
faute d'impression : le litre même semble al- 
téré par ce savant, car il le donne ainsi : 
Liber Musicorum quarlus de régi mi ne 
utriusque canlus et modo cantandi. Or, le 
quatrième livre de l'ouvrage de Wenceslaus 
ne traite pas du chant, mais du contrepoint ; 
d'ailleurs, ce quatrième livre ne forme que 
cinq feuillets : il est peu vraisemblable qu'on 
l'ait séparé des autres. Le premier livre de ce 
petit ouvrage , qui forme quarante-quatre 
feuillets non chiffrés, traite du plain-chant ; 
le deuxième, de la musique mesurée et des 
proportions de la notation; le troisième, de 
l'art du chant, et le dernier, du contrepoint. 
Walther a induit en erreur Forkel, Lichten- 
thal et Becker , en leur indiquant comme 
un second ouvrage de Wenceslaus, un traité 
De musica plana, qui aurait été imprimé à 
Vienne, en 1512, et à Strasbourg, en 1543; 
ce traité du plain-chant n'est autre que le 
premier livre du traité précédent. Martin . 
Agricola a fait imprimer un commentaire sur 
le premier livre de l'ouvrage de Wenceslaus 
(voyez Agiucola). 

PIIILOTIIEE, moine grec du cinquième 
siècle, vécut à Damas. On lui attribue le 
chant de quelques hymnes qui se trouvent 
dans le Triodion, recueil d'offices du commun 
des saints. Les auteurs du Dictionnaire his- 
torique des musiciens (Paris, 1810-1811) ont 
fait sur ce moine une singulière étourderie : 
Gerber avait dit, dans son ancien Lexique, 
suivant le Triodium (nach dem Triodio), 
que, Philolhée avait composé ces mélodies; 
M. Fayolle, prenant le Triodium pour quel- 
que auteur, dit : Le Triodium assure, etc. 

PIIILOTHÉE patriarche de Constanti- 
nople, fut d'abord moine et abbé d'un couvent 
du mont Alhos, et ensuite archevêque d'IIé- 
raclée, vers 1554, jusqu'à ce qu'il fut élevé, 
en 1562, à la dignité patriarcale, qu'il occupa 
jusqu'à sa mort (en 1571). Il a composé les 
paroles et le chant de quelques hymnes qu'on 
chante dans l'office de l'Église grecque. 
PIIIINOT (Dojiisique) ou TIINOT, musi- 



cien français du seizième siècle, né vraisem- 
blablement à Lyon, n'est connu que par ses 
ouvrages, où l'on remarque une facture élé- 
gante. Ses œuvres les plus importantes sont : 
1° Motettx quinque, sex et octo vocum, 
ïib. I, Lugduni, per Godefridum et Marcel- 
linum Beringos fratres, 1 547, in-4°. ^"Idem, 
lib. II, ibid., 1548. 5° Chansons françaises 
à quatre parties ; Lyon, Godefroid Beringen, 
1548. Des exemplaires de ces ouvrages rares 
sont à la Bibliothèque royale de Munich. Les 
chansons ont été réimprimées avec des paroles 
italiennes, à Venise, chez Jérôme Scoto, dans 
la même année, in-4°obl. 4° Idem, ibid., 1550, 
in-4°. 5° Salmi et Magnificat a quattro voci ; 
Venise, Jérôme Scoto, 1555, in-4°. Baccusi 
fait l'éloge de cet œuvre dans la préface de ses 
psaumes publiés en 1594. 6° Motelti a 5 voci, 
lib. I, ibid., 15C4, in-4°. 7° Motetti a 5 voci, 
lib. II, ibid., 1565, in-4°. Quelques morceaux 
de Phinotont été insérés dans les collections 
publiées par Nicolas Du Chemin et Adrien Le 
Roy, et dans le Parangon des chansons, édité 
par Jacques Moderne, à Lyon. On trouve 
aussi deux de ses chansons dans le recueil 
intitulé Venticinque Canzoni francesi a 
quattro di Clément Jannequin e di allri 
eccellentisstmi authori (Venise, Ant. Gar- 
dane, 1538). Des motets de Phinot sont placés 
dans le Selectissimaruni Motetarum partim 
quinque, partim quatuor vocum Tomus 
primus, imprimé chezPetrejus,à Nuremberg, 
en 1540. Nicolas du Chemin (Duchemin) a 
publié du même arliste : D. Dom. Finot 
Missa cum quatuor vocibus ad imitalionem 
moduli si bona susceptimns condita. Pari- 
siis, 1557, in-fol. Tous les ouvrages de ce 
compositeur imprimés à Lyon portent son 
nom orthographié ainsi : Finot. 

PHItYIVIS, musicien grec, naquit à Mity- 
lène, capitale de l'île de Lesbos. Il était fils 
de Cabon, et fut contemporain de Timolhée 
de Milet. Suidas ajoutée ces détails, d'après 
l'historien Isler, que Phrynis fut d'abord cui- 
sinier chez Hiéron le Tyran, qui, le voyant 
s'exercer à jouer de la flûte, le mit chez Aris- 
toclide, pour s'y instruire dans la musique. Il 
devint un très-habile citharède, et fut, dit-on, 
le premier qui remporta le prix de la cithare 
aux jeux des Panathénées, célébrés à Athè- 
nes, sous l'archontat de Callias, c'est-à-dire 
vers la 4 mc année de la 80" ,e olympiade, 
457 ans avant Jésus-Christ. Il ne fut pas si 
heureux lorsqu'il disputa le prix à Timolhée, 
car celui-ci fut proclamé vainqueur, comme 
il s'en glorifiait par deux vers que Plutarque 



42 



PHRYNIS - PIANTANIDA 



nous a conservés (De Laud. sui., p. 937, 
Lin. 7, edit. Steph. Grxc), et dont le sens 
est : « Que tu étais heureux, Timothée, 
» lorsque tu entendais le héraut publier à 
» haute voix : Timothée de Nilet a vaincu 
» le fils de Cabon, ce joueur de cithare dans 
» le goût ionien! » Phrynis passe pour l'au- 
teur des premiers changements introduits 
dans l'ancienne musique, par rapport au jeu 
de la cithare. Ces changements consistaient 
1° dans l'addition de deux cordes aux sept 
dont l'instrument était monté avant lui; 
2° dans la marche de la modulation, qu'il 
rendit moins simple qu'autrefois; 5° dans une 
foule d'ornements dont il surchargea le chant. 
Ces innovations lui valurent une foule de cri- 
tiques, surtout de la part des poètes comi- 
ques. Aristophane, dans sa comédie des 
Nuées, met ces mots dans la bouche de la 
Justice, en parlant de l'éducation des jeunes 
gens : « Si quelqu'un d'entre eux s'avisait 
« de chanter d'une manière bouffonne, ou de 
» mêler dans son chant quelque inflexion 
» de voix semblable à celles qui régnent 
» aujourd'hui dans les airs de Phrynis, on 
» le châtiait sévèrement. » Le poète Phéré- 
crale, dans sa comédie de Chiron (dont Plu- 
tarque nous a conservé un fragment), fait 
tenir le langage suivant à la Musique person- 
nifiée : « Phrynis, par l'abus de je ne sais 
» quels roulements qui lui sont particuliers, 
» me faisant fléchir et pirouetter à son gré, 
« et, voulant trouver dans le nombre de sept 
» cordes douze harmonies différe\iles, m'a 
» totalement corrompue. » Ces passages sem- 
blent indiquer que Phrynis avait voyagé en 
Asie, et qu'il avait introduit dans la Grèce 
le goût des ornements du chant <|ui était gé- 
néral chez toutes les nations de l'Orient, 
comme il l'est encore aujourd'hui. Phrynis 
s'étant présenté aux jeux publics de Lacédé- 
mone avec sa cithare à neuf cordes, l'éphore 
Ecprépès se mit en devoir d'en couper deux, 
et lui laissa seulement à choisir entre les 
graves ou les aiguës. Timothée éprouva le 
même sort quelque temps après, aux jeux Car- 
niens(voyez Burette, note 27" ,e sur le Dialogue 
de Philarque). Tant de préjugés et d'igno- 
rance auraient suffi pour s'opposer aux pro- 
grès de la musique grecque, lors même (pie 
d'autres causes, qu'il serait trop long de dé- 
tailler ici, n'y auraient pas contribué. 

PUYLLIS, musicien grec, né a Délos, a 
écrit un Traité des joueurs de flilte, qui est 
perdu [voyez Athénée, liv. XIV, c. 9). Il était 
aussi auteur d'un traite de la musique en 



deux livres ; j'ai lu dans un journal littéraire 
qu'on en a découvert le manuscrit à Hercu- 
lanum. 

PIAIN'TAMDA (Jbàb), violonisle distin- 
gué, naquit à Florence, en 1705. En 17Ô4, il se 
rendit à Pélersbourg avec une troupe de 
chanteurs dramatiques dont sa femme faisait 
partie. Après trois années de séjour dans 
cette ville, il alla passer l'hiver de 17Ô7 à 
Hambourg, et y donna des concerts qui eurent 
de la vogue. De là il alla en Hollande, puis 
retourna en Italie et se fixa à Bologne, où 
Burney l'entendit, en 1770. Quoiqu'il fût 
alors âgé de soixante-cinq ans, il était encore 
plein de feu, et Burney n'hésite pas à le dé- 
clarer le premier violon italien de celle 
époque, bien qu'il y eût, dans sa position et 
dans le maniement de son archet, une appa- 
rence de gaucherie et d'embarras. Cet artiste 
est mort a Bologne, vers 1782. On a gravé de 
sa composition six concertos pour violon et 
orchestre, et six trios pour deux violons et 
violoncelle, à Amsterdam. 

PIATSTAINIDA (l'abbé Isidore), né à 
Milan dans la première moitié du dix-huilième 
siècle, a fait ses études musicales sous la di- 
rcclion du maître de chapelle Fioroni. Il 
vivait encore à Milan, en 1812. L'abbé Pian- 
tanida a beaucoup écrit pour l'église; on cile 
avec éloge une messe de sa composition, et 
surtout un. Miserere considéré comme un mor- 
ceau de grand mérite. On a gravé sous son 
nom : Salve Regina, pour deux soprani, con- 
tralto et basse, avec contrebasse et violoncelle; 
Milan, Ricordi. 

PIANTANIDA (Gaetab), compositeur et 
pianiste, né à Bologne, en 1708, et non à 
Milan, comme il a été dit dans la première 
édition de cette Biographie, fut élève de Sta- 
nislas Matlei pour l'harmonie et le contre- 
point. Dans sa jeunesse, il a voyagé en Alle- 
magne, et a passé quelques années en Dane- 
mark, puis il est retourné dans sa patrie. 
Nommé professeur de composition au Con- 
servatoire de Milan, il a occupé cette position 
jusqu'à ses derniers jours. Il est mort dans 
celle ville au mois de novembre 1830 : Vaccaj 
fut son successeur. Piantanida a publié de sa 
composition : 1° Sonate pour piano seul, 
op. 1; Milan, Ricordi. 2" Sonate avec violon 
obligé; ibid. 3° Trente-deux préparations 
pour des cadences, en forme d'exercices; 
ibid. 4° Valses pour le piano. 5° Six ariettes 
italiennes; Copenhague, Lose. 6° Six romances 
françaises; ibid. 7° Quelques morceaux de 
Chant détachés, gravés en Allemagne. 



PIATTI - PICCIIIANTI 



43 



PIATTI (Alfred), célèbre violoncelliste, 
est né à Bergame, en 1825. Fils de Charles 
Pialli, chanteur de talent, il commença, dès 
ses premières années, l'étude de la musique. 
Zanelti, professeur de violoncelle de sa ville 
natale, lui donna les premières leçons de son 
instrument; puis il entra au Conservatoire de 
Milan, et y devint élève de Merighi. Sa pre- 
mière apparition en publie eut lieu dans un 
concert de celle institution, en 1838 : il y 
excita «les transports d'admiration. Piatli 
n'était alors âgé que de quinze ans et demi. 
Le 7 avril de la même année, il donna au 
théâtre de la Scala un concert dont le produit 
était destiné à lui fournir des ressources suffi- 
santes pour voyager. Quelques mois après, il 
se fit entendre à Venise, puis à Vienne, 
avec un brillant succès. Après avoir séjourné 
quelque temps dans la capitale de l'Autriche, 
il retourna en Italie et joua, en 1841, à Milan 
et à Pavie. En 1844, il donna des concerts à 
Francfort-sur-le-Mein,etdans la même année, 
il se fit entendre à Berlin, puis à Breslau et à 
Dresde. Arrivé à Pétersbourg, en 1845, il y 
donna plusieurs concerts productifs et trouva 
de zélés protecteurs chez les comtes de Wiel- 
horsky. En 1846, M. Piatli s'est fixé à Lon- 
dres et s'y est marié. Son talent de premier 
ordre n'a pas tardé à lui créer dans cette 
ville une position brillante. Un beau son, une 
justesse parfaite, un sentiment vrai de l'ex- 
pression et une habileté d'exécution qui se 
joue des plus grandes difficultés, l'ont placé à 
la télé des violoncellistes de l'Angleterre. 
Dans la musique de chambre, on peut assurer 
qu'il n'a pas de rival. Les compositions de cet 
excellent artiste dont j'ai connaissance sont 
celles-ci : 1° Introduction et varialions sur 
un thème de Lucia di Lammermoor pour 
violoncelle, avec accompagnement de piano, 
op. 2; Milan, Ricordi. 2° Une Prière. Thème 
original varié pour violoncelle avec piano, 
op. 5; ibid. 5° Passe-temps musical, idem, 
composé de trois numéros intitulés Chant re- 
ligieux; Souvenir d'Ems; Litania , de 
Fr. Schubert, op. 4; ibid. 4° Souvenir de la 
Sonnanbula, idem, op. 5; ibid. 5° Mazurka 
sentimentale, pour violoncelle et quatuor, 
©p. C; ibid. 6° Les Fiancées, petit caprice 
pour violoncelle, avec accompagnement de 
piano, op. 7; ibid. 7° Airs baskyrs, Scherzo 
pour violoncelle et quatuor ou piano, op. 8; 
ibid. 8° Souvenir des Puritani, fantaisie 
pour violoncelle et piano, op. 9 ; ibid. 

PIAZZA (Jean-Baptiste), virtuose sur 
divers instruments, particulièrement sur la ■ 



viole, né à Rome dans les dernières années 
du seizième siècle, fut élève de Vincent Ugo- 
lini. Il a Tait imprimer plusieurs œuvres de 
sa composition pour la viole, parmi lesquels 
on remarque : 1° Cdnzoni per una viola. 
Libro 1°; Venezia, Bart. Magni, 16-33. C'est 
une seconde édition. 2° Canzoni idem, 
Libro 2°; ibid., 1527. 3° Balletti e correnti a 
una viola con basso, lib. 5; Venise, Vin- 
cenli, 1628. 4° Ciacone,passacaglie, balletti 
e correnti per una viola, lib. 4; ibid. 
5° Canzoni per una viola, lib. 5. 6° Cor- 
renti, ciacone e balletti per una viola, lib. 6. 
7° Canzonette per una viola, lib. 7, ibid. 

PIAZZA (Léandre), né à Segni, dans la 
première moitié du dix-huitième siècle, fut 
agrégé à la chapelle pontificale de Rome, en 
1775. Bon compositeur de musique d'église, 
il a laissé en manuscrit dans cette chapelle 
les psaumes Dixit et Beatus vir, à huit voix, 
qui se chantent encore, et qui sont d'un ex- 
cellent effet. 

PIAZZI (Charles), maître de chapelle de 
la cathédrale de Crémone, dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle, est connu par 
un ouvrage qui a pour titre : Misse da ca- 
pella a qualtro voci, op. 1 ; Bologne, Jacques 
Monti, 1680. 

PICC1II (Ermanno), compositeur et écri- 
vain sur la musique, naquit le 7 juin 1811 à 
Vlmpronata, près de Florence. Une fièvre 
miliaire le conduisit au tombeau, le 18 avril 
1856, avant qu'il eût accompli sa quarante- 
cinquième année. En 1838, il a fait repré- 
senter à Florence Marco f'isconti, opéra en 
trois actes, dont quelques morceaux ont été 
publiés à Milan, chez Ricordi, avec accom- 
pagnement de piano. On connaît de lui deux 
fantaisies pour le piano, la première sur un 
thème de la Fille du régiment, l'autre sur 
des motifs de Saffo, de Pacini ; à Milan, chez 
le même. Fondateur de la Gazzetta musicale 
di Firenze, puis de VArmonia, qni en est la 
continuation, il y a publié quelques bons ar- 
ticles de critique. 

PICCHIAIVTI (Louis), guitariste dis- 
tingué, compositeur pour son instrument et 
écrivain sur la musique, est né à Florence, le 
29 août 1786. Dès sa première enfance, il mon- 
tra pour la musique un penchant instinctif qui 
lui fit surmonter les obstacles que rencontra 
son désir de s'adonner à cet art. Le contre- 
point lui fut enseigné par Disma Ugolini, 
alors professeur à l'Académie des beaux-arts 
de Florence. Après avoir voyagé en Angle- 
terre, en France et en Allemagne, pendant les 



41 



PICCII1ANTI - PICCINNI 



années 1821 à 1825, il pni •*■■ de sa composi- 
tion : l°Trio pour guitare, clarinette etbasson; 
Leipsick, Breitkopf et Haertel. 2° Fantaisie 
pour guitare et flûteou violon ; Milan, Ricordi. 
5° Marche pour deux guitares; Florence, Ci- 
priani. 4° Une grande sonate, des préludes ou 
caprices, des études et des thèmes variés pour 
guitare seule; ibid. 5° Des airs populaires 
italiens avec accompagnement de guitare. 
Parmi ses autres compositions, on remarque : 
Je psaume 109 à huit voix en deux chœurs, 
avec orchestre ; un quatuor pour instruments 
â cordes, et un grand nombre de partimenti 
pour l'élude de l'harmonie pratique et de 
l'accompagnement. Comme écrivain sur l'art, 
Picchianli a publié : 1° Principi generali e 
ragionati délia musica teorico-pralica) Flo- 
rence, 1834. Cet ouvrage a été réimprimé 
«lans l'année suivante, à Milan, chez Ricordi. 
2° Notizie délia vita e délie opère di Luigi 
Cherubini; Florence, 1843, 1 volume in-8". 
Picchianli a été un des rédacteurs de la Gaz- 
zetta musicale di Hfilano. 

PICCIINIiNI (Alexandre), virtuose sur le 
lulh, né à Bologne dans la seconde moitié du 
dix-seplième siècle, fut attaché au service du 
duc de Ferrare,et s'y trouvait encore en 1G30. 
Il a fait imprimer un ouvrage de sa composi- 
tion intitulé : Libro di liuto e di chitarono 
(Livre de musique pour le lulh et la grande 
guitare), Bologne, 162G, in-fol. Cet ouvrage 
est précédé d'un traité de la tablature de ces 
instruments : on y trouve l'origine du téorbe 
et de la pandore. Piccinini s'y donne pour 
l'inventeur de l'archilulh. 

PICCIIMM (Nicolas), compositeur cé- 
lèbre, naquit en 1728, à Bari, dans le royaume 
«le Naples. Son père, musicien de profession, 
ne lui enseigna pas la musique ; il le destinait 
à l'état ecclésiastique et lui fit faire les études 
nécessaires pour être admis au séminaire. 
Cependant Piccinni, dominé par son génie, 
ne voyait jamais un instrument, et surtout un 
clavecin, sans tressaillir. Il s'exerçait en ca- 
chette à jouer sur le clavier les airs d'opéras 
qu'il avait entendus et qu'il retenait avec 
facilité. Son père l'avait conduit un jour chez 
l'évéque de Bari; se croyant seul dans l'ap- 
partement oii on l'avait laissé, il s'assit à un 
clavecin qui s'y trouvait et s'amusa à répéter 
quelques-unes de ses mélodies favorites : le 
prélat, qui l'entendit de la pièce voisine, vint 
près de lui en l'applaudissant, et charmé de 
la précision qu'il mettait dans les airs, et delà 
lionne harmonie dont il les accompagnait par 
instinct, il engagea le père à le mettre au 



Conservatoire de San -Onofrio, alors placé 
sous la direction de Léo. Piccinni y entra au 
mois de mai 1742; en sorte qu'il était âgé de 
quatorze ans quand il commença l'étude ré- 
gulière de la musique. Un de ces élèves répé- 
titeurs, qu'on décorait du titre de maestrino 
dans tous les conservatoires d'Italie , fut 
chargé de l'instruire des éléments de l'art; 
mais il parait que ce maître avait moins de 
savoir et de méthode que de morgue préten- 
tieuse, car bientôt Piccinni, se dégoûtant de 
ses leçons, résolut de ne prendre conseil que 
de son génie, et se mil à écrire des psaumes, 
des oratorios et des cantates qui, suivant son 
biographe, excitaient l'envie ou l'admiration 
de ses condisciples. Le bruit qu'il avait com- 
posé une messe entière parvint jusqu'à Léo, 
qui voulut en examiner la partition, et qui en 
fit faire un essai, dirigé par le compositeur 
inexpérimenté. Au milieu des éloges qu'on 
lui prodigua, Léo seul fil entendre quelques 
paroles sévères, et lui dit que c'était se 
montrer peu digne des présents de la nature, 
que de ne vouloir point apprendre à en régler 
l'usage. Celui qui n'a point étudié l'art, lui 
dit-il, ne sera jamais qu'un artiste incomplet. 
Après cet avis paternel, il l'embrassa et lui 
ordonna de venir chaque malin recevoir de 
lui de meilleures leçons que celles qu'on lui 
avait données jusqu'alors. Quelques mois 
après, Léo cessa de vivre; mais il fut remplacé 
par Durante, qui prît en affection Piccinni, et 
lui donna tous ses soins. Enfin, après douze 
années d'études, Piccinni sortit du Conserva- 
toire, en 1754, brillant du désir de mettre à 
profit les inspirations de son génie el le savoir 
qu'il avait acquis. A celle époque, Logroscino 
était le compositeur d'opéras bouffes le plus 
estimé des Napolitains; il justifiait cette pré- 
férence par une verve comique, féconde en< 
traits originaux. Il avait quitté Naples depuis 
1747; mais il régnait encore au théâtre des 
Florentins par ses ouvrages, lorsque Piccinni 
s'y présenta avec son premier opéra. Le prince 
de Vinlimille, protecteur de ce jeune artiste, 
décida le directeur à le faire représenter, en 
lui offrant la garantie d'une somme de huit 
mille livres pour le cas d'une chute. Cet ou- 
vrage, intitulé le Donne dispctlosCfUW. repré- 
senté quelques mois après que le compositeur 
fut sorti du Conservatoire. Une de ces cabales 
puissantes, si fréquentes à Naples, s'était 
formée contre le nouveau maître; mais ses 
calculs furent déjoués, car le public accueillit 
avec enthousiasmecc premier essaid'un génie 
nouveau. Le succès encouragea Piccinni qui,. 



PICCINNI 



45 



an printemps de l'année suivante, fit jouer au 
même théâtre le Gelosie, et quelques mois 
après II Curioso del proprio danno, dont le 
sort fut encore plus heureux que celui des 
deux autres opéras, et qui fut remis à la 
scène quatre années de suite, honneur alors 
inconnu en Italie. Dès lors, la renommée du 
compositeur commença à se répandre, et 
l'administration du théâtre de Saint-Charles 
le choisit, en 175G, pour écrire la musique de 
Zenobia, opéra sérieux dont le succès eut 
beaucoup d'éclat. 

Jusque-là Piccinni ne s'était essayé que 
devant le public de Naples; mais, en 1758, il 
fut appelé à Rome et chargé d'y composer la 
musique de VAlessandro nelle Indie. Quel- 
ques airs de cet ouvrage, et une ouverture 
supérieure à tout ce qu'on avait entendu au- 
paravant en Italie, justifièrent la confiance 
que le talent du musicien avait inspirée aux 
Romains. Deux ans après, Piccinni retourna 
à Rome et y écrivit La Cecchina ossia la 
Buona Figliuola, qui excita une admiration 
poussée jusqu'au fanatisme. On le déclara le 
plus parfait des opéras bouffes : il n'y avait 
point eu jusqu'alors de succès plus brillant, 
plus universel. On voulut entendre la Cec- 
china sur tous les théâtres d'Italie, et partout 
elle excita les mêmes émotions. On ne voulait 
plus entendre d'autre musique, et le peuple la 
demandait toujours, à l'exclusion d'opéras 
plus nouveaux. Les modes, les enseignes de 
cafés et de marchands étaient à la Cecchina; 
enfin ce fut le premier exemple de cette vogue 
dont nous avons été témoins pour quelques 
opéras modernes. Ginguené, qui a écrit une 
biographie détaillée de Piccinni, assure que 
cette pièce ne lui coûta que dix-huit jours de 
travail : précédemment Duni l'avait mise en 
musique sans succès. Ce fut dans cet opéra 
que Piccinni fit entendre pour la première 
fois des finali avec des changements de tons 
et de mouvements qui renfermaient plusieurs 
scènes. Logroscino, à qui l'on doit les pre- 
miers essais de ces finali, les écrivait ordi- 
nairement sur un seul motif ou thème. Cette 
idée originale de la coupe des finali fut une 
des causes du succès prodigieux de la pièce. 
Jomelli, passant à Rome, à son retour de 
Stullgard, avait été importuné des éloges pro- 
digués à la Buona Figliuola; il disait à ses 
amis d'un ton de mépris, en parlant du com- 
positeur et de son ouvrage : Sara qualche 
ragazzo e qualche ragazzata (C'est sans 
doute quelque enTant et quelque enfantillage); 
niais après avoir entendu l'ouvrage, il déclara, 



avec la sincérité digne d'un si grand artiste, 
que Piccinni était inventeur. Le succès obtenu 
par celui-ci, l'année suivante, à Rome, dans 
son Olimpiade, ne fut pas moins flatteur. 
Supérieur pour l'expression dramatique à 
tous ceux qui avaient mis en musique cette 
pièce avant lui, il fit deux chefs-d'œuvre dans 
l'air Se cerca, se dice, et dans le duo Ne' 
giorni tuoi felici; Paisiello seul l'a surpassé 
dans ce dernier morceau. 

Après 1761, il n'y eut plus de réputation 
de compositeur dramatique que celle de Pic- 
cinni n'effaçât; sept années lui avaient suffi 
pour la fonder. Il est vrai que dans ce court 
espace de temps il avait fait preuve d'autant 
d'activité que de génie : dans la seule année 
1701, il écrivit six opéras, dont trois bouffes 
et trois sérieux qui réussirent tous, et dans 
cette même année, il fut applaudi à Turin, à 
Reggio de Modène, à Rologne, à Venise, à 
Rome et à Naples. C'était toujours dans celle 
dernière ville qu'il revenait avec plaisir, après 
ses succès les plus heureux. Il s'y était marié, 
en 175G; Vincenza Sibilla, son ancienne élève 
dans l'art du chant, aussi remarquable par sa 
beauté que par sa voix pure et touchante, 
était devenue sa compagne et l'avait rendu 
père de plusieurs enfants. Depuis quinze ans, 
il réussissait à Naples dans le genre sérieux et 
dans le bouffe. D'autres maîtres avaient des 
succès, mais lui seul avait des admirateurs 
fanatiques; jamais l'enthousiasme pour un 
compositeurnes'étaitsoulenu aussi longtemps 
que pour lui. Les habitants de Rome, d'un ca- 
ractère capricieux, s'étonnaient eux-mêmes 
de la conslance de leur goût pour la musique 
de Piccinni. Us trouvèrent enfin un rival à lui 
opposer : ce fut Anfossi. L' Incognito perse- 
guitata de celui-ci avait été applaudie avec 
fureur, en 1775; celte pièce, bien que faible 
d'invention, avait un charme mélodique qui 
justifiait ce succès. Dès ce moment Anfossi 
devint l'idole des Romains et fut opposé à 
Piccinni ; mais les amis du premier ne crurent 
point avoir fait assez pour lui s'ils n'abat- 
taient son rival. Ils firent donc siffler, et 
même retirer de la scène, un opéra de l'au- 
teur de la Cecchina, et mettre à sa place un 
opéra d'Anfossi. La nouveauté de ce malheur 
et l'idée de l'ingratitude qui, dans une âme 
sensible comme celle de Piccinni, devait s'y 
joindre, lui causèrent une si vive douleur que, 
parti précipitamment pour Naples, il n'y ar- 
riva que pour être atteint d'une maladie grave 
qui le retint au lit pendant plusieurs mois. 
Dès qu'il eut repris des foaes, il fit serment 



4G 



PICCINNI 



de ne plus écrire pour Rome, et de réserver 
ses travaux pour les théâtres de Naples. Les 
premiers fruits de celle résolution furent la 
seconde musique de VJlessandro nelle Indie, 
où se trouve l'admirable scène Porro du tique 
mori, et le charmant opéra bouffe des ï ' iaçj- 
giatori felici. Cette dernière pièce causa un 
plaisir si vif aux Napolitains, que pendant les 
quatre saisons de l'année 1775, et au prin- 
temps suivant, on ne voulut point en entendre 
«l'autre. 

Des propositions avaient été faites à Pic- 
cinni par La Borde, valet de chambre de 
Louis XV et auteur de V Essai sur la musique, 
pour l'attirer en France; la mort du roi sus- 
pendit ces négociations. Elles furent reprises, 
en 1775, par le marquis de Caraccioli, am- 
bassadeur de Naples à Paris, d'après l'autori- 
sation de la reine Marie-Antoinette. Séduit 
par l'espoir d'un sort avantageux pour lui et 
pour sa famille, Piccinni s'éloigna de Naples, 
et arriva à Paris dans les derniers jours de 
décembre 1776, au milieu d'un hiver qui lui 
parut d'autant plus rigoureux, qu'il contras- 
tait avec le doux climat de son pays. Les 
avantages qu'on lui avait assurés se compo- 
saient d'un traitement de six mille livres, le 
payement de son voyage aux frais du roi, 
enfin le logement et la table chez l'ambassa- 
deur de Naples. Cependant, on ne lui tint pas 
ce qu'on lui avait promis, car M. de Carac- 
cioli, bien qu'il l'accueillit avec amitié, le fit 
conduire dans un hôtel garni, où il demeura 
jusqu'à ce qu'un petit appartement qu'on ar- 
rangeait pour lui fut prêt dans la rue Saint- 
Honoré, en face de la maison où demeurait 
Ma;monteI. Ce littérateur s'était chargé 
d'arranger pour lui et de réduire en trois 
actes plusieurs opéras de Quinault. Piccinni 
en arrivant à Paris ne savait pas un mol de 
français : il lui fallut employer près d'une 
année à l'étudier sous la direction de son 
poète, qui lui indiquait la prosodie de ses vers 
avec les signes usités pour les langues an- 
ciennes. Après un travail long et pénible, la 
partition de Roland, le premier ouvrage 
choisi par Piccinni, se trouva prèle; mais là 
seulement commença pour lui une série 
d'ennuis et de chagrins, par la rivalité qui 
S'établit entre ses partisans et ceux de Gluck. 
J'ai dit, dans la notice de celui-ci, quels furent 
les effets de celle rivalité (voyez t. IV, p. 05) 
et je ne répéterai pas ici ces détails. Dévoué à 
son art, étranger à toute intrigue, à toute am- 
bition, aux mœurs, aux goills, aux usages, à 
la langue du pays qu'il était venu habiter, 



Piccinni vivait dans sa famille et se livrait 
paisiblement à ses travaux, dans l'ignorance 
des efforts que faisaient les gluckistes pour 
nuire à son succès, et même pour empêcher la 
représentation de son ouvrage. Il faut le due, 
Gluck lui-même eul le tort d'être l'instigateur 
de toutes ces intrigues. Cependant les répéti- 
tions de Roland commencèrent; les antago- 
nistes de Piccinni les rendirent orageuses, et 
les choses en vinrent à ce point, qu'aux ap- 
proches de la représentation, le compositeur 
crut sa chute inévitable. Le jour venu où la 
partition de Roland, tant calomniée par les 
gluckistes, al lait enfin être entendue du public, 
la famille de Piccinni fondit en larmes au 
moment où il allait se rendre au théâtre; il 
semblait qu'il marchât au supplice. Lui seul, 
calme au milieu de cette désolation, rassura 
sa femme, et partit avec quelques amis. 
Malgré de sinistres prédictions, Roland eut 
une réussite complète, et Piccinni fut ramené 
chez lui en triomphe. Cependant, il faut 
l'avouer, malgré les beautés réelles qui se 
trouvent répandues dans cet ouvrage, la 
froideur générale du style justifiait jusqu'à 
un certain point les attaques des partisans 
de Gluck. Aujourd'hui que l'histoire de toute 
cette rivalité n'excite plus de passion, l'exa- 
men attentif de la partition de Roland n'y 
fait pas découvrir l'auteur de VJlessandro 
nelle Indie, de VOlimpiade, ni d'une mul- 
titude de productions empreintes d'une ex- 
pression pénétrante; et l'on y voit avec 
évidence que la gêne de la langue et des con- 
venances du théâtre français, si différentes 
de celles d'Italie, avait paralysé son imagi- 
nation. Les mélodies de Roland sont douces 
et gracieuses, mais elles manquent de force. 
Pendant que Piccinni écrivait Roland, il 
travaillait, par ordre de la reine, à Phaon, 
pièce dans le genre gracieux, destinée 4 la 
Comédie Italienne. Elle fut représentée dans 
un voyage de la cour, à Choisy, et y fu* 
goûtée; néanmoins, ce succès ne put faire ob- 
tenir qu'on la jouât à Paris. Piccinni jouissait 
alors d'une sorte de faveur à Versailles; il y 
allait deux fois chaque semaine donner des 
leçons de chant à la reine, qui l'accueillait 
avec bonté, mais qui ne songea jamais à rien 
faire pour lui, ni à lui faire rembourser les 
frais de ses voyages et des partitions de ses 
opéras qu'il faisait relier magnifiquement 
pour le roi cl les princes de la famille loyale. 
Une circonstance favorable se présenta dans 
le même temps pour offrir aux habitants de 
Paris le talent de Piccinni sous un aspect plus 



riCCINNI 



47 



avantageux, lorsque Devismes, alors directeur 
de l'Opéra, réunit, en 1778, une troupe de 
chanteurs italiens à celle de l'Opéra français, 
pour jouer alternativement avec celle-ci : Pic- 
cinni fut nommé directeur de la musique de 
l'Opéra italien, et l'on entendit alors quel- 
ques-unes de ses meilleures partitions, avec 
une admiration qui tourna au profit de ses ou- 
vrages français. Alys, grand opéra supérieur 
à Roland, fut représenté en 1780. Accueilli 
«l'abord avec froideur, il obtint ensuite un 
succès justifié par quelques morceaux de pre- 
mier ordre, notamment par le Chœur des 
songes, qui a survécu à l'abandon qu'on a fait 
depuis longtemps de l'ouvrage à la scène, et 
qu'on a entendu avec admiration dans les con- 
certs du Conservatoire. Avant la représenta- 
tion de cet opéra, l'administration de l'Aca- 
démie royale de musique avait maladroitement 
ranimé la guerre des partisans de Gluck et de 
Piccinni, en chargeant concurrencent ces deux 
illustres musiciens de la composition de deux 
opéras dont Iphigénie en Tauride était le 
sujet. L'opéra de Gluck fut représenté en 
1779, avec le succès que méritait un si bel 
ouvrage. Après l'avoir entendu, Piccinni au- 
rait dû cesser de travailler au sien; mais des 
amis imprudents le pressèrent au contraire 
déterminer sa partition, bien que le livret 
qu'on lui avait confié ne pût soutenir le pa- 
rallèle avec l'excellent poëme de Guillard, 
que Gluck avait mis en musique. V 'Iphigénie 
de Piccinni fut représentéeen 1781, et n'eut 
qu'un succès assez froid : quoiqu'il s'y trouvât 
de beaux morceaux, notamment l'air Cruel! 
et tu dis que tu m'aimes! cette pièce ne put 
se soutenir à côté de celle de Gluck. 

Ce compositeur était retourné à Vienne, en 
1780; mais à peine fut-il parti, que Sacchini 
arriva à Paris, et qu'une nouvelle rivalité vint 
troubler le repos de l'auteur tfAtys. Malheu- 
reusement inspiré, celui-ci fit représenter, 
dans la même année que Y Iphigénie, son 
Adèle de Ponlhieu, opéra chevaleresque, la 
plus faible de ses productions. Après l'incen- 
die de l'Opéra (en 1781), il fit exécuter quel- 
ques morceaux de sa composition dans les 
concerts, et augmenta le nombre de ses admi- 
rateurs par les beautés qui s'y trouvaient. La 
lutte avec Sacchini commença en 1783 : ce fut 
la cour qui la fil naître en demandant à cha- 
cun des compositeurs un grand opéra pour 
les spectacles de Fontainebleau. Piccinni écri- 
vit Didon, et Sacchini mit Chimène en mu- 
sique. Cette pièce fut représentée la première 
et n'obtint qu'une représentation devaiu la 



cour , mais Didon fit une si vive impression, 
que Louis XVI voulut l'entendre trois fois de 
suite. A Paris, celle pièce, considérée ajuste 
titre comme le chef-d'œuvre des opéras fran- 
çais de Piccinni, n'obtint pas moins de succès 
qu'à Fontainebleau, et pour la première fois, 
son auteur fut applaudi de tous et loué sans 
restriction. Il y a, en effet, tant d'amour dans 
le beau rôle de Didon, tant de suavité dans 
ses canlilènes, qu'on ne peut donner trop 
d'éloges à l'auteur d'un si bel ouvrage. L'an- 
née 1783 élait destinée à être la plus heureuse 
du sejonr.de Piccinni en France, car on y re- 
\n\ljtys avec un brillant succès, et dans celle 
même année ses opéras-comiques le Dormeur 
éveillé et le Faux lord réussirent à la cour et 
à la Comédie italienne. Le public troubla un 
peu ces triomphes, en 1784, car ZuceMe tomba 
à la Comédie italienne, et Diane et Endymion 
n'eut qu'un accueil froid à l'Opéra. Pénélope 
ne fut guère plus heureuse en 1785, et l'année 
suivante, Piccinni refit inutilement la musique 
d'Adèle de Ponthieu, car l'administration de 
l'Opéra ne voulut point faire représenter cet 
ouvrage, malgré la promesse formelle qu'elle 
lui avait faite à ce sujet. En 1784, Piccinni 
avait été nommé maître de chant à l'école 
royale de musique et de déclamation, fondée 
par le baron de Breteuil, aux Menus-plaisirs 
du Roi ; deux ans après, il fit exécuter par ses 
élèves son opéra de Roland, et le soin qui fut 
porté dans l'exécution fit que la musique fut 
mieux comprise qu'elle ne l'avait été dans la 
nouveauté. En 1787, il donna sans succès, au 
Théàlre-Ilalien, le Mensonges officieux. Il 
avait aussi composé la musique de deux opé- 
ras sérieux intitulés l'Enlèvement desSabines 
et Clytemnestre; mais de nouvelles inlrigues 
en empêchèrent la représentalion. Ce dernier- 
ouvrage produisit cependant beaucoup d'effet 
lorsqu'il fut répété généralement en 1780; il 
aurait prouvé, dit-on, que l'auteur de Didon 
n'avait pas seulement le génie des canlilènes 
gracieuses et pathétiques, mais qu'il élait 
aussi capable de s'élever jusqu'au style le plus 
tragique. Tant d'injustice, la chute des Four- 
beries de Marine, opéra-comique en trois 
actes, arrangé par Durosoy sur sa musique, 
la perle de onze ou douze mille francs de trai- 
tement et de pension, prix de ses travaux et 
des leçons qu'il avait données aux filles du 
banquier La Borde, le déterminèrent à quitter 
la France, où il avr.it écrit quinze opéras. Il 
partit le 15 juillet 1701, avec sa femme et ses 
filles, fut couronné au théâtre de Lyon, où 
l'on jouait Didon, reçut le même accueil 



48 



PICCINNI 



dans les principales villes de l'Italie, et arriva 
à Naples le 5 septembre. Le roi lui accorda 
une pension et fit remettre en scène son 
Alessandro nelle Indie, qui avait été joué 
avec succès dix-sept ans auparavant, et pour 
lequel Piccinni écrivit trois airs et un trio 
nouveaux. Pendant le carême dé 1792, il com- 
posa Jonalhas, qu'il considéra depuis lors 
comme une de ses meilleures productions 
dans le genre sérieux. Vers le même temps, il 
fit aussi représenter La Serva onorata, opéra 
bouffe qui eut une réussite complète. Le ma- 
riage d'une de ses filles avec un jeune Fran- 
çais établi à Naples, où assistèrent plusieurs 
personnes de la même nation, notamment le 
ministre et le consul delà république, l'exposa 
à des persécutions vers la fin de 1792. La po- 
pulation, ameutée contre lui, siffla son opéra 
A"Hercule au Thermodon. Deux de ses an- 
ciens élèves le dénoncèrent comme jacobin, et 
liguèrent contre lui tous les musiciens. A son 
retour de Venise, où il avait composé la Gri- 
selda et II Servo padrone, il reçut du mi- 
nistre Acton l'ordre de rester dans sa maison. 
Il y passa quatre années dans l'abandon et 
l'indigence. Pour comble de maux, il apprit 
dans le même lemps que ses partitions et tout 
ce qu'il avait laissé à Paris était perdu ; mais 
il supporta tous ces malheurs avec un cou- 
rage philosophique. Sa seule ressource con- 
sistait en psaumes qu'il écrivait pour des 
couvents, et dont il ne pouvait conserver les 
partitions , son dénùmenl ne lui permettant 
pas de les faire copier. Le premier traité de 
paix avec le gouvernement français, et l'arri- 
vée successive des ambassadeurs Canclaux et 
Garât, permirent à Piccinni de faire connaître 
à ses amis de Paris sa cruelle position. Dans le 
même lemps, le ténor David lui procura un 
nouvel engagement pour Venise, et il obtint 
du roi un passeport pour s'y rendre. Accueilli, 
fêté à Rome par la commission française des 
beaux-arts que le gouvernement y avait en- 
voyée, il fut dissuadé d'aller à Venise, et 
bientôt ayant été rejoint à Rome par le secré- 
taire de légation qui lui avait avancé l'argent 
ponr son voyage, et que la déclaration de 
guerre du roi de Naples avait forcé de quitter 
celte ville, il partit pour la France, et arriva 
à Paris, le 3 décembre 1798. Dès Iclendeniain, 
il assista à la distribution des prix du Conser- 
vatoire qui se faisait à l'Opéra. Amené sur le 
théâtre, il fut présenté au public qui l'applau- 
dit avec transport à plusieurs reprises. Le gou- 
vernement lui accorda cinq mille francs pour 
ses premiers besoins, deux mille quatre cents 



francs de traitement annuel sur les fonds des 
encouragements littéraires, et un logement à 
l'hôtel d'Angivilliers, où une partie de sa fa- 
mille vint le rejoindre au bout de quelques 
mois. A l'égard de son ancienne pension de 
l'Opéra, suspendue depuis plusieurs années, 
parce qu'il n'en pouvait jouir qu'en France, 
elle fut réduite de trois mille francs à mille, 
parce qu'on ne voulut lui tenir compte que de 
trois pièces, Roland, Alxjs et Didon, comme 
restées au répertoire, quoiqu'il eut été juste 
de ne point oublier Pénélope. Pour se dis- 
traire utilement, il écrivaildes romances et des 
canzones qui étaient publiées dans le Jour- 
nal de chant et de piano de Desormery et 
Bouffet. Le peu d'aisance dont il jouissait de- 
puis l'arrivée de sa famille, et l'inquiétude 
qui l'agitait sur le sort de deux filles restées à 
Naples, sans qu'il pût leur faire parvenir des 
secours, lui causèrent une attaque de para- 
lysie. Dès qu'il fut rétabli, il donna chez lui 
de petits concerts d'amateurs où l'on enten- 
dait les plus beaux morceaux de ses opéras 
chantés par sa femme et par ses filles. Un 
mois après son arrivée à Paris, le gouverne- 
ment avait formé le projet de créer pour lui 
une sixième place d'inspecteur du Conserva- 
toire, mais l'affaire avait été négligée et l'on 
n'en parlait plus; toutefois, après le retour de 
sa santé, il fit une démarche auprès du pre- 
mier consul pour obtenir qu'elle fût terminée. 
Le général Bonaparte l'accueillit avec intérêt, 
et lui demanda une marche pour la garde 
consulaire, afin d'avoir un prétexte pour lui 
accorder une gratification. Enfin, au mois 
d'avril 1800, sa nomination d'inspecteur du 
Conservatoire lui parvint, mais trop tard ; Pic- 
cinni venait d'éprouver une nouvelle atteinte 
de la maladie bilieuse qui, plus d'une fois, 
avait mis sa vie en danger. L'espoir que l'air 
de la campagne pourrait hâter sa convales- 
cence l'avait fait conduire à Passy par sa 
famille; mais ses forces étaient épuisées. 
De nouvelles peines domestiques hâtèrent ses 
derniers moments, et le 17 floréal an vin 
(7 mai 1800), il cessa de vivre, à l'âge de 
soixante et douze ans. Il fut inhumé dans le 
cimetière commun, qui depuis a été vendu. 
La pierre qui couvrait le tombeau de Piccinni 
a été transportée dans une propriété qui ap- 
partenait à la famille Delessert. 

Ginguené, dans sa notice sur Piccinni et 
sur ses ouvrages, assure qu'il a vu une liste 
chronologique des opéras qu'il avait composés 
en Italie avant de se rendre à Paris, et que le 
nombre s'en élevait à cent trente-trois, sans 



PICCINNI 



49 



y comprendre les oratorios et la musique 
d'église : il semble qu'il doil y avoir quelque 
erreur dans ce calcul, car depuis le pre- 
mier opéra de ce compositeur jusqu'à l'é- 
poque de son départ pour Paris, il ne s'est 
écoulé que vingt-deux ans; en sorte qu'il au- 
rait fallu qu'il eût écrit plus de six opéras 
chaque année, ce qui est peu vraisemblable. 
Quoi qu'il en soit, voici lo-us les litres de ceux 
que j'ai pu trouver : 1° Le Donne dispettose, 
à Naples, 1754. 2° Le Gelosie, ibid., 1755. 
3° II Curioso del suo proprio danno, ibid., 
1755. 4" Zenobia, opéra sérieux, à Na- 
ples, 1756. 5° L'Astrologa, ibid., 1756. 
6° L'Amante ridicolo, ibid., 1757.7° La 
Schiava. 1757. 8° Cajo Mario, opéra sérieux, 
ibid., 1757. 9° Alessandro nelle Indie, à 
Rome, 1758. 10° La Morte di Abcle, opéra 
sérieux, à Naples, 1758. \\° Gli Ucceilatori, 
ibid., 1758. 12" Siroe, opéra sérieux, à Naples, 
1759. 15" Le Donne vendicate, ibid., 1759. 
14° La Cecchina ossia la buona figliuola, 
à Rome, 1760. 15° Il lie pastore, 1760. 
16° La Contadina bizzarra. 17° Amor senza 
malizia. 18° L'Olimpiade, à Rome, 1761. 
19"Za buona Figliuola maritata. 20° Le Vi- 
cende délia sorte. 21° Jl Demetrio. 22° Il 
Earonc di Torrc forte. 23° La f'illegialura, 
à Naples, 1762. 24° Il Demofoortte, 1762. 
25° Il Mondo délia Lima. 26° // nnovo Ov- 
lando. 27° Ilgran Cid. 28° Bérénice. 29° La 
Pescalrice. 30° Il Cavalière per amore. 
31° Artaserse, à Turin. 32° La Francese 
maligna. 53° Didone. 34° Mazzina, Acétone 
e Dindimenio. 55° La Donna di spirito. 
36° Gelosia per gelosia. 37° Gli Amanti 
mascherati. 58° Gli Stravaganti. 59° Ca- 
tone, à Naples, 1770. 40° Lu finta Giardi- 
niera. 41° Il Don Chisciotlo, Naples, 1770. 
42° L'Olimpiade, avec une nouvelle musique, 
à Naples, 1771. 43° L'Antigono, à Rome, 
1771. 44° Il ftnto Pazzo. 45° La Molina- 
rella. 46° Artaserse, avec une nouvelle mu- 
sique, Naples, 1772. 47° L'Ignorante asluto. 
48° La Corsara. 49° I Sposi persegititati. 
50° L'Americano ingentilito. 5\° Il Vaga- 
bondo fortunato. 52° I Napoletani in Ame- 
rica. 53° Lo Sposo burlalo. 54" Il Ritorno di' 
don Calandrino. 55° Le quattro Nazioni. 
56° Le Gemelle. 57° Il Sordo. 58° Alessandro 
nelle Indie, avec une nouvelle musique, à 
Naples, 1775. 59° I Viaggiatori felici, ibid., 
1776. 59° (bis) Radamisto, 1776. G0" Roland, 
grand opéra, à Paris, en 1778. 61° Phaon, à 
Choisy, 1778. 62° Le Fat méprisé, à la Comé- 
die italienne, 1779. 63" Atgs, grand opéra, à 

BlOUli. UNIV. DES MUSICIENS. T. VII. 



Paris, 1780. 64" Tphigénie en Tauride, ibid., 
1781. 65° Adèle de Ponthicu, ibid., 1781. 
66° Didon, grand opéra, à Fontainebleau, 
puis à Paris, 1783. 67° Le Dormeur éveillé, à 
la Comédie italienne, 1783. 68° Le faux Lord, 
ibid., 1783. 69" Lucette, ibid., 1784. 10° Diane 
et Fndymion, grand opéra, 1784. 71° Péné- 
lope, idem., ibid., 1785. 72" Adèle de Pon- 
thieu, avec une nouvelle musique, 1786, non 
représenté. 73" Le Mensonge officieux, opéra- 
comique, 1787. 74° L'Enlèvement des Sabi nés, 
grand opéra, 1787, non représenté. 75" Chj- 
temnestre, 1787; répété, mais non repré- 
senté. 76° lonathan, oratorio, à Naples, 
1792. 77° La Serva onorata, à Naples, 1792. 
78° F rcole al Termodonte , ibid., 1792. 
79° La Griselda,à Venise, 1793. 80" Il Servo 
padrone, ibid., 1793. Piccinni a écrit aussi 
plusieurs oratorios, parmi lesquels on remar- 
que Sara, composé à Rome, en 1769; des 
psaumes italiens pour divers couvents de Na- 
ples, et les morceaux de musique d'église sui- 
vanls : 1° Laudate à cinq voix, avec orchestre. 
2" Un autre Laudate pour deux soprani, 
basse et chœur. 5" Beatus vir pour soprano et 
chœur. 4° Pater noster pour soprano et or- 
chestre. 

Par un heureux hasard, M. Florimo (voyez 
ce nom), conservateur de la Bibliothèque du 
collège royal de musique de San Pietro a 
Majella de Naples, a trouvé, chez un fripier 
de celle ville, environ soixante partitions ori- 
ginales des opéras italiens de Piccinni, et les 
a sauvées de la destruction, en les faisant en- 
trer dans la riche collection de musique dra- 
matique dont la garde lui est confiée. 

PICCINIM (Louis), deuxième fils du pré- 
cédent, né à Naples, en 1766, n'eut pas 
d'aiilre maître de composition que son père. 
A l'âge de seize ans, il alla le retrouver à 
Paris, et en 1783, il donna son premier essai 
dans un œuvre de sonates avec une toccate 
pour le piano. Il n'avait pas encore atteint sa 
dix-neuvième année lorsqu'il donna au théâtre 
des Beaujolais, eu 1784, les Amours de Ché- 
rubin, opéra-comique en trois actes, qui eut 
peu de succès. La suite des deux Chasseurs 
et la Laitière ne fut pas beaucoup jilus heu- 
reuse, en 1788. Deux ans après, il fit jouer au 
théâtre Louvois les Infidélités imaginaires, 
où il y avail un joli trio dans lequel quelques 
musiciens crurent reconnaître la manière de 
Nicolas Piccinni. En 1791, Louis accompagna 
son père à Naples, et dans les années suivantes 
il donna : Gli Acddenliinaspeltali,àNa\>\e%; 
VA 'mante statua, à Venise, en 1793; IlMa- 

4 



PICCINNI 



trimonioperraggîro, à Gènes, en 1793; La 
Notte imbrogliata , à Florence, en 1794; Ero 
c Leandro, canlale Ihéâlrale composée pour 
madame Billington, en 1795. L'année sui- 
vante, Piccinni fut engagé comme maître de 
chapelle de la cour de Suède. Pendant cinq 
ans, il demeura à Stockholm et y composa 
plusieurs prologues en langue suédoise, et un 
opéra -comique intitulé le Sonnanbule. De 
retour à Paris, en 1801, après la mort de son 
père, il donna au théâtre Feydeau, en 1804, 
le Sigisbée, ou le Fat corrigé, opéra-comique 
en trois actes. Ce faible ouvrage fut suivi de 
l'Aînée et la Cadette, opéra-comique en un 
acte ; d'Amour et Mauvaise Tête, ou la Répu- 
tation, en trois actes, 1808; d'Avis aux ja- 
loux, ou la Rencontre imprévue, 1809. En 
1810, il fit jouer à l'Opéra Hippomène et 
Atalante, qui ne réussit pas. Dépourvu de 
génie et même de ce goût élégant qui quel- 
quefois en lient lieu au théâtre, il n'avait 
jamais obtenu de succès véritable, et la plu- 
part de ses opéras n'avaient eu qu'un petit 
nombre de représentations; il finit par re- 
noncer à une carrière sans charme pour lui, 
et se livra à l'enseignement du chant; cepen- 
dant il fit un dernier effort, en écrivant la 
musique de la Rancune trompée, ouvrage 
posthume de Marmonlel, en un acte, qui ne 
fut joué qu'une seule fois, en 1819. Louis Pic- 
cinni est mort subitement, le 51 juillet 1827, 
à l'âge de soixante et un ans, en se rendant à 
sa maison de Passy. 

PICCIlM>iI(Louis-ALEXAî<DnE), né à Paris, 
le 10 septembre 1779, était fils naturel de 
Joseph Piccinni, fils aîné de Nicolas. Destiné 
dès son enfanee à la profession de musicien, 
il apprit à jouer du piano sous la direction 
d'un maître de celte époque, appelé Haus- 
mann. Dès l'âge de treize ans, il donnait lui- 
môme des leçons de cet instrument. Élève de 
Lesueur pour la composition, il termina ses 
éludes avec les conseils de son aïeul, à l'épo- 
que du retour de celui-ci à Paris. D'après 
l'avis de ce graud artiste, il s'allacha à la 
lecture des partitions, et cette étude fui si 
avantageuse pour lui, qu'il devint un des plus 
habiles accompagnateurs de piano. D'abord 
attaché au théâtre Feydeau, en celle qualité, 
il passa à l'Opéra pour remplir les mêmes 
fonctions en 1802, mais seulement comme 
adjoint. Depuis 1803 jusqu'en 1807, il remplit, 
au théâtre de la Porle-Saml -Martin, l'emploi 
de chef d'orchestre, et la place de second 
accompagnateur de la chapelle de l'empereur 
Napoléon lui fut confiée en 1804. DU ans plus 



tard, il devint accompagnateur en chef de la 
chapelle du roi, et en 1818, il reçut le brevet 
de pianiste de la musique particulière de la 
Dauphine. Rentré, en 1810, dans la direction 
de l'orchestre du théâtre de la Porte-Saint- 
Martin, il la conserva jusqu'en 1816, et ne la 
quitta que pour celle de troisième, puis de 
second et enfin de premier chef du chanta 
l'Opéra. En 1824, il l'ut chargé de la mise en 
scène des ouvrages nouveaux, et il renonça 
alors à ses fonctions d'accompagnateur du 
théâlre du Gymnase, qu'il remplissait depuis 
1820. La décoration de la Légion d'honneur 
lui fut accordée, en 1825; mais au mois 
d'octobre 1820, il perdit ses deux places à 
l'Opéra, sans qu'on lui eût fait connaître le 
motif de sa destitution. En vain il 'réclama- 
contre cette injustice, par un écrit intitulée/a 
défense (Paris, 1820, in-4° de vingt pages, 
tiré à douze exemplaires) ; tout ce qu'il obtint 
fut une pension plus élevée que celle qui lui 
était due pour la durée de son service : celte 
augmentation lui fut enlevée après la révolu- 
lion de 1830. Le privilège du spectacle de 
Boulogne avait été accordé à Piccinni, en 
1827; mais cette entreprise ne réussit pas. De 
retour à Paris, il s'y livra à l'enseignement 
jusqu'en 1836. Dans cette même année , il 
s'établit à Boulogne, en qualité de professeur 
de piano et de chant, puis il passa plusieurs 
années à Toulouse, où il fut chargé de la di- 
rection du Conservatoire. On ignore les motifs 
qui lui firent abandonner cette position pour 
se rendre à Strasbourg, où il se livrait à l'en- 
seignement du chant. Il y fit représenter, en 
1847, son dernier ouvrage intitulé lu Prise 
de Jéricho, opéra mélodramatique. Pendant 
son séjour dans celte ville, il allait diriger 
les concerts et les fèies musicales à Bade. De 
retour à Paris, en 1849, il y est mort à l'âge 
de près de soixante et onze ans, le 24 avril 
1850. Cet artiste a écrit la musiquede plus de 
deux cents mélodrames et ballets d'action 
pour le théâtre de la Porle-Saint-Martin et 
pour quelques autres spectacles des boule- 
vards. Quelques-uns de ces ouvrages ont 
obtenu un succès de vogue; tels sont : Romu- 
lus,Robinson Crusoé, la Pie voleuse, jUaric 
StiKirt, le Vampire f les deux Forçats, le 
Monstre, Trente ans de la vie d'un Joueur, 
le Mariage de raison, à laPorte-Sainl-Marthij 
le Volcan, la Femme magnanime, la Belle 
Arsène, Geneviève de Drubant, au Cirque - 
Olympique; Clara, la Bataille de Pultawa, 
les Strélitz,à l'Ambigu-Comique; la Citerne, 
le Chien de Montargis, le Mont-Sauvage, la 



PICCINNI — PICCOLOMINI 



SI 



Fille de l'Exilé, la Fausse Clef, Guillaume 
Tell, la Peste de Marseille, au théâtre de la 
Gaieté. Les opéras comiques de Piccinni sont : 
1° arlequin au village. 2° La Pension de 
jeunes demoiselles. 3° Le Pavillon. 4° Arle- 
quin bon ami. 5° Les deux Issues. 6° Les 
Billets doux. 7° L'Amant rival de sa mai- 
tresse. 8° Les deux Maîtres. 9° La Femme 
justifiée. 10° La Physionomie ; tous repré- 
sentés au théâtre de Jeunes-Artistes de la rue 
de Bondy. 11° La Forteresse. 12° L'Entre- 
sol. 13° Lui-même. 14° Le Terme du voyage. 
15° Gilles en deuil. 16° Les deux Voisins, au 
théâtre des Variétés. 17° L'Amoureux par 
surprise, au théâtre Feydeau, en 1804. 
18° Avis au public ou le Physionomiste en 
défaut, en deux actes, ibid., 1806. \%° Ils sont 
chez eux, en un acte, ibid., 1808. 20° Le 
Sceptre et la Charrue, en trois actes, itid., 
1817.21° La Maison en loterie, en un acte, 
au théâtre du Gymnase, 1820. 22° Le Bra- 
mine, en un acte, ibid., 1822. 25° La petite 
Lampe merveilleuse, en un acte, ibid., 1822. 
24°Za Fête française, en un acte, 1823, ibid. 
25° Alcibiade solitaire, en deux actes, à 
TOpéra, 1824. Piccinni a écrit une cantate 
pour le baptême du duc de Bordeaux, exé- 
cutée au Gymnase, en 1821 ; une Ode maçon- 
nique, en 1818; beaucoup de romances, de 
cantates et d'airs de vaudevilles; enfin, des 
sonates, des pots-pourris et des thèmes variés 
pour le piano. 

PICCIOLI (Jacques-Antoine), prêtre et 
compositeur, qui vivait vers la fin du seizième 
siècle, aaquit à Corbario, dans l'État de Ve- 
nise, et fut élève du P. Constant Porta. On 
connaît de lui les ouvrages suivants : 1° Li- 
taniœ de B. V. 5 voc. (voyez le catal. de Pas- 
torff). 2° Canzonettea 5 voci; Venise, 1595, 
in -4°. Dans la collection de messes de divers 
auteurs, publiée à Milan, en 1588, par Jules 
Bonagionla, on en trouve une de Piccioli, à 
cinq voix, intitulée Voce mea, etc., dans la- 
quelle le Benedictus est un canon à quatre 
voix, où deux parties marchent par mouve- 
ment direct, et deux par mouvement con- 
traire. 

PICCIOI\I(JEAN),organistedela cathédrale 
d'Orvieto, à la fin du seizième siècle et au com- 
mencement du dix-septième, a publié six livres 
de madrigaux à cinq voix, dont je ne connais que 
ceux-ci : 1° Madrigali a cinque voci. Libro 
quarto; Venezia, appresso Gardano, 1596, 
in -4°. 2° Il Paslor fido musicale, sesto libro 
<ii madrigali a cinque voci; Venelia, per 
Giacomo I incenli, 1602, in-4°. Piccioniest 



aussi auteur de plusieurs livres de motets, 
desquels on trouve à la bibliothèque du Lycée 
musical de Bologne : 3° Concerti ecclesiastici 
et Mottetti a 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 voci, 
op. 16; Venelia, Gia. Vinccnti, 1610, in-4°. 
4" Concerti ecclesiastici o Mottetti sacri a 
due, tre et quattro voci, op. 21 j Roma, 
J.-B. Robletti, 1619. 

PICCOLI (Costantino) , littérateur pié- 
montais, né à Novare au commencement du 
dix-neuvième siècle, est auteur d'un Elogio 
del maestro di Capella Pietro Generali; No- 
vare, imprimerie de Bosario, 1835, in-8° de 
quarante-sept pages, suivies de sept pages de 
notes. 

PICCOLO (Filippo LO), nom qui n'est 
vraisemblablement que l'indication de la taille 
de la personne (Philippe le petit), mais le seul 
sous lequel soit connu un prêtre sicilien qui 
fut bénéficié de la cathédrale de Palerme, vers 
le milieu du dix-huitième siècle. On a sous ce 
même nom un traité du plain-chant, inti- 
tulé : IlCanto fermo esposto nella maggior 
brevitâ, e col modo più facile; in Palermo, 
1739, nella stamperia di Angelo Felicella, 
in-4° de xvi et cent vingt -quatre pages. 
L'ouvrage est divisé en sept chapitres. 

PICCOLOMI1NI (Alexandre), né àSienne, 
le 13 juin 1508, fut professeur de philosophie 
morale à Padoue, et fut fait archevêque de 
Patras, en 1574, et coadjuteur de Sienne. Il 
mourut en celte ville le 12 mars 1578. Dans 
son livre intitulé Délia institutions morale 
libri XII (Venise, 1569, in-4°), il traite de la 
musique en général, de la musique vocale et 
de la musique instrumentale, aux chapitres 
12* et 13« du quatrième livre. 

PICCOLOMINI (François), né à Sienne, 
en 1520, enseigna la philosophie pendant 
cinquante-trois ans aux universités de Pé- 
rouse et de Padoue, et mourut dans sa ville 
natale, en 1604, à l'âge de quatre-vingt- 
quatre ans. Il traite de l'effet moral de la mu- 
sique dans son livre intitulé : Universa Phi- 
losophie, de moribus, nunc primum indécent 
gradus redacta et explicata; Venise, 1583, 
in-fol. C'est une seconde édition. 

PICCOLOMINI (Marie), cantatrice, née 
à Sienne, en 1836, et de la même famille que 
les précédents, reçut des leçons de vocalisation 
et de chant d'un abbé attaché à la cathédrale 
de celle ville. La beauté de sa voix détermina 
ses parents à la mettre au théâtre. En 1855, 
elle débuta à Turin dans la Traviata de 
Verdi, et y produisit une vive impression. En- 
gagée dans l'année suivante au théâtre de la 

i. 



PICCOLOMINI - P1CHEL 



Ruine, à Londres, elle y excita des transports 
r d'admiration qui s'accrurent pendant les sai- 
sons de 1857 et 1858. Dans l'été de cette der- 
nière année, elle fut appelée à New-York, où 
ses succès eurent aussi beaucoup d'éclat. De 
retour à Londres, en 1860, elle y a retrouvé 
toute la faveur des dilctlanti. 

P1CEULI (le P. Silverio), docteur en 
théologie de l'ordre des mineurs observants 
réformés, au couvent de Naples, dont il était 
gardien, naquit à Rieti, dans les dernières 
années du seizième siècle. On a de lui trois 
, traités sur la musique, sous les litres sui- 
vants : 1° Specchio primo di musica, nel 
quale si vede chiaro non soV il vero, facile 
e brève modo d'imparar di cantare il canto 
figurato e ferma; ma vi se vedon' anco 
dicltiaratc con brevissim' ordine tntte le 
principalimuterie ,che ivi si trattano ,sciolte 
le maggiore difficoltà, etc. ; Naples, Ottavio 
Beltrano, 1630, in-4° de quatre-vingt-une 
j>ages. 2° Specchio seconda di musica, nel 
quale si vede chiaro il vero e facil modo di 
comporte di canto figurato e fermo, di fare 
con nuove regole ogni sorte di conlrappunti 
ecanom',etc; Naples, MalteoNucci, 1051, cent 
quatre-vingt-seize pages in -4°. Le troisième 
traité, sous le titre de Specchio terzo di mu- 
sica, est relatif à la musique théorique et aux 
proportions. J'ignore la date de l'impression 
de ce traité. Forkel, qui n'a connu Picerli et 
ses ouvrages que par la citation fautive et 
laconique de La Borde, le nomme Picerli, et 
range le Specchio primo et le Specchio se- 
condo parmi les traités généraux de musique, 
au lieu de les placer chacun à la division qui 
•leur convient {Allgem. Liller. der Musick, 
p. 28G). L'erreur de La Borde a pour origine 
une faute d'impression île la table des auteurs 
du 1 er volume de Vf/istoire de la musique, 
par le P. Martini. M. Liclitcntbal a copié 
Forkel; quant à M. Becker, il a commis une 
singulière inadvertance, en citant les livres 
de Picerli sous le véritable nom de leur au- 
teur (p. 475 du Systcmutisch-Chronol. Dar- 
stellung der musicalischen Lileralur), et 
dans un autre endroit (p. 2S(j,Jbid.), sous 
celui de Picerli. 

PICI1EL ou PICI1L (WEscESLAs),compo- 
sileur, naquit en 174 1, à Becliin, en Bohème, 
et commença l'élude de la musique dès sa 
septième année, sous la direction de Jean 
Pockorny, recteur de l'école de ce lieu. En 
1753, il fui admis au séminaire dis jésuites de 
Itrzeznicz, en qualité d'enfant de chœur : il y 
lit ses humanilés. Lorsqu'elles Curent termi- 



nées, il alla à l'université de Prague poui y 
suivre les cours de philosophie, de théologie 
et de droit. Dans le même temps, il fut placé 
comme violoniste au séminaire de Sainl-Wen- 
ceslas. Après avoir pris pendant deux années 
des leçons de contrepoint dans l'école du 
célèbre organiste Segert, il entra dans la 
chapelle de l'évéque de Grosswardein, en 
qualité de sous-directeur. Son goûl pour la 
poésie latine le porta dans le môme temps à 
faire quelques petits opéras en cette langue, 
tels que Olympia Jovi sacra; Pythia, seu 
ludi Jpollinis; Ccrtamen Deorum, etc., qui 
fuient mis en musique par lui-même, ou par 
le maître de chapelle Dilters. C'est à la même 
époque qu'il composa des messes, des sym- 
phonies et des concertos de violon. En 176!), 
la cour de Saint-Pétersbourg lui fit faire des 
propositions pour la place de directeur de 
musique; mais il préféra rester dans sa patrie, 
et il accepta le même titre chez le comte de 
Harlig, à Prague. Après deux années passées 
chez ce seigneur, il fut appelé à Vienne, en 
qualité de premier violon du théâtre national, 
et l'impératrice Marie-Thérèse le fit entrer, 
en 1775, chez l'archiduc Ferdinand, à Milan, 
en qualité de directeur de musique. Pendant 
les vingt et un ans de la durée de son séjour 
en Italie, il fit des voyages à Rome, Naples, 
Florence, Parme, Venise, et autres villes im- 
portantes, et y lia des relations d'amitié avec 
les principaux artistes de cette époque. Lors- 
que la Lombardic fut envahie par l'armée 
française, en 1796, Pichl retourna à Vienne 
avec l'archiduc, et bientôt il apprit que sa 
bibliothèque musicale, laissée à Milan, ainsi 
qu'une histoire des musiciens de la Bohême, 
qu'il avait écrite et qui lui avait coûté de lon- 
gues recherches, lui avaient été eulevées par 
les Français. Après avoir visité Prague, au 
mois de décembre 1802, avec sa fille, excel- 
lente cantatrice, il retourna à Vienne, où il 
mourut au mois de juin 1804, d'une apoplexie 
foudroyante, pendant qu'il exécutait un con- 
certo de violon chez le prince de Lobkowitz. 
D'après la liste de ses compositions, écrite par 
lui-même, il a publié : I. Vingt huit sym- 
phonies à grand orchestre, divisées dans les 
œuvres 1,8, 15, 17, 19, 38, 39, 115; Vienne, 
Offenbachct Paris. II. Trois sérénades à grand 
orchestre, op. 9; ibid. III. Douze quintettes 
pour deux violons, deux violes et basse, op. 5, 
28 et 42; ibid. Cinq de ces quintettes ont été 
publiés à Paris, chez Sieber, et à Offenbaeh 
chez André, comme œuvres 3 et 30. IV. Douze 
quatuors pour deux violons, allô cl violon- 



PICHEL - P1CT0P. 



relie, op. 13, -10,41 cl 113; Vienne, Amster- 
dam, Berlin et Paris; six de ces quatuors 
sont gravés chez Sieber, comme l'œuvre 2 me . 
V. Trois quatuors pour flûlc, op. 12; Vienne 
et Amsterdam. VI. Trois quatuors pour cla- 
rinette, op. 10; ibid. VII. Six oltetti pour 
baryton, violons, violes, flûte et violoncelle, 
op. 57. VIII. Sept septuors pour les mêmes 
instruments, op. 56. IX. Six sextuors pour 
baryton, deux violons, deux violes et violon- 
celle, op. 35. X. Six quintettes pour baryton, 
deux violons, viole et violoncelle, op. 34. 
XI. Trois quatuors pour baryton, violon, 
viole et violoncelle, op. 33. XII. Symphonie 
concertante pour deux violons et orchestre, 
op. 6. XIII. Trois concertos pour violon, op. 3 
et 104. XIV. Trois concerlini, idem, op. 45. 
XV. Six trios pour violon, alto et violoncelle, 
op. 7. XVI. Trente-deux duos pour deux vio- 
lons, ou violon et alto, ou violon et violon- 
celle, divisés dans les œuvres 2, 4, 10, 14, 18, 
23 et 24. XVII. Sonates et solos pour violon, 
op. 20, 21, 22, 25, 27, 29, 43, 44. 
XVIII. Deux concertos pour la clarinette, 
op. 101 ; Vienne. XIX. Sonates pour piano 
avec ou sans accompagnement, op. 26, 31, 
102; ibid. XX. Trois messes solennelles à 
quatre voix et orchestre, op. 106, ibid. 

XXI. Messe en plain-chant, op. 107; ibid. 

XXII. Miserere en plain-chant, op. 108. 

XXIII. Six motets, op. 109. XXIV. Deux gra- 
duels, op. 110. XXV. Dix psaumes, op. 114. 

Ce laborieux artiste a laissé en manuscrit 
dans la chapelle de Grosswardein : 1° Trois 
messes solennelles à quatre voix et orchestre. 
2°Une messe pastorale. 3° Trois opéras latins. 
4° Six offertoires. 5° Neuf symphonies, inti- 
tulées les Neuf Muses. 6° Trois autres inti- 
tulées les Trois Grâces. 7° Quatre sérénades 
pour divers instruments. 8° Sept concertos 
pour violon. 9°Six trios pour violon. 19° Douze 
sonates pour violon seul. Pendant la durée de 
son séjour à Milan, il a écrit pour le service 
de l'archiduc Ferdinand, depuis 1776 jusqu'en 
1796 : 11° Dix-sept petites messes. 12° Douze 
psaumes pour les vêpres. 13° Quinze offer- 
toires. 14°Une messede Requiem. 15° Un Dies 
irx solennel. 16° Un Miserere avec instru- 
. ments. 17 '° Miserere in Parasceve, sans in- 
struments. 18° Quatre messes solennelles. 
19° Messe en plain-chant. 20° Te Deum so- 
lennel. 21° Trois opéras sérieux italiens. 
22° Quatre opéras bouffes italiens. 23° Quatre 
Tantum ergo. 24° Trente-six symphonies à 
^rand orchestre. 25° Quatre grandes sérénades. 
20° Vingt-quatre trios pour deux violons et 



violoncelle. 27° Six concertos pour violon. 
28° Grand concerto pour orchestre. 29° Six 
quatuors pour violons, violcet basse. 30° Trois 
quintettes, idem. 31° Cent quarante-huit qua- 
tuors pour baryton, violon, alto et basse, 
composés pour le prince Eslerhazy. 32° Vingt- 
quatre caprices pour violon. 53° Un concerto 
pour hautbois. 34° Deux concertos pour flûte. 
35° Un concerto pour basson. 56° Un concerto 
pour harpe. 57° Un concerto pour contrebasse. 
58° Une symphonie concertante pour deux 
violons. 39° Un idem pour deux cors. 40° Huit 
concertos pour cor. 

PICHELMAYER ou PICHELMAIER 
(Georges), valet de chambre de l'empereur 
d'Autriche et musicien de la cour impériale, 
dans la première moitié du dix-septième 
siècle, a séjourné quelque temps en Bohême. 
Il s'est fait connaître par un ouvrage intitulé 
Psalmodia sacra ; Ratisbonne, 1637. 

PÏCIIIS (Érasme DE), auteur inconnu, a 
écrit à Rome un traité De musica cité par 
Mandosi (Biblioth. roman, cent. 7). 

PICIILER (le P. Placide-Marie), né à 
Pfaffenfoven sur l'Ilm, en 1721, se livra dans 
sa jeunesse à l'étude des sciences et de la mu- 
sique, et entra dans l'ordre de Saint-Benoît, 
en 1741, à Thierhauplen. Après avoir été or- 
donné prêtre, en 1744, il fut envoyé au cou- 
vent de Scheuern, où il se fil connaître comme 
un des meilleurs organistes de son temps; 
puis il passa quelques années à Vienne, fit un 
voyage en Italie et se retira à Venise, au cou- 
vent de Saint-Georges, où il mourut, en 1796. 
Vers 1760, il se répandit en Allemagne des 
copies manuscrites de plusieurs morceaux de 
sa composition; entre autres six trios pour 
violon, viole et basse; six idem pour luth, 
violon et violoncelle, et enfin six autres trios 
pour flûte, violon et basse. 

PICIISELLÎUS (Sébastien), littérateur 
et musicien allemand du seizième siècle, a 
publié, à Spire, un petit poëme latin sur la 
musique, sous le titre de M. Sebastiani 
Pichselli viri eruditissimi ac musici cele- 
berrimi p. m. Carmen de musica, 1588, 
in-8° d'une feuille non paginée. 

PICTE (Noël), luthier de Paris, né vers 
1760, fut élève de Saunier. Les violons et les 
basses qu'il a fabriqués jusqu'en 1810 sont d'un 
beau fini et sont estimés. 

PICTOU (D. Jean-Frédéric), prêtre et 
organiste de la cathédrale de Salzbourg, dans 
les dernières années de seizième siècle, n'est 
connu (pie par un recueil de psaumes des 
vêpres à quatre et à cinq voix intitulé : Psal- 



PICTOR — PIERSON 



modia vespertina D. Joannis Friderici 
Pictorii reverendissimi ac illust. Princi- 
pis Domini, Andrew Cardinalis de Austria 
Sacellani, junctis aliquot Beatissimx Vir- 
ginia Marix canlicis quatuor et quinque 
vocibus compositis et ad Dei Opt. Max. 
laudem et eeclesix catholiex decus nu- 
perrimè in lucem editis. Monachii , in 
officina musica Adami Berg, 1594, in-4° 
obi. 

PIELTAIN (Diepdonné- Pascal), violo- 
niste et compositeur, né à Liège, en 1754, fut 
nn des meilleurs élèves de Jarnowich. En 
1778, il se rendit à Paris, et s'y fit entendre 
six années de suite au Concert spirituel. Il 
ne s'éloigna de celte ville qu'en 1784, pour 
aller à Londres en qualité de premier violon 
des concerts de lord Abington. Après avoir 
occupé cette place pendant neuf années, Piel- 
tain fit un voyage à Pétersbourg, où il donna 
des concerts avec succès, s'arrêta quelque 
temps à Varsovie, à Berlin et à Hambonrg, où 
il se trouvait en 1800. De retour à Liège, il y 
vécut dans nne Iionnéle aisance, fruit de ses 
travaux, aimé et respecté de ses concitoyens. 
Il est mort dans cette ville, le 12 décembre 
1835, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Piel- 
tain a publié à Paris et à Londres treize con- 
certos pour le violon, six sonates pour le 
même instrument, deux œuvres de six qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, douze 
duos pour deux violons; Paris, Pleyel, et 
douze airs variés en deux livres pour les 
mêmes instruments; Paris, Sieber. 

PIELTAIIV (le jeune), frère du précédent, 
fut élève de Punto pour le cor, et exécuta, en 
1781, des concertos sur cet instrument au 
Concert spirituel. En 1784, il était avec son 
frère attaché aux concerts de lord Abington, à 
Londres. 

PIERLOT (Denis), violoniste français, 
qui était attaché au Concert spirituel, en 178G, 
a publié à Paris, chez Imbault : 1° Trois sym- 
phonies pour deux violons, alto, basse, deux 
hautbois et deux cors, op. 1. 2° Première et 
deuxième symphonies concertantes pour deux 
violons et orchestre. 

PIERLE1GI (Arcelo), fils aine de l'il- 
lustre Pierluigi dePaleslrina, naquit à Rome, 
vers le milieu du seizième siècle. Élève de son 
père, il se livra à la composition. Dans le se- 
cond livre des motets de celui-ci, on trouve 
deux motels à cinq voix d'Angelo sur les pa- 
roles : Circuire possum, Domine, cœlum, et 
In /me cruce teinvenit. Il mourut jeune, an- 
térieurement à 1594. 



PIERLUIGI (RoDOLpnr.), second fils de 
Jean Pierluigi de Palestrina, né à Rome, y 
mourut avant 1574. Un motet à cinq voix de 
sa composition a été inséré dans le deuxième 
livre de ceux de Palestrina. 

PIERLUIGI (Silla), troisième fils de 
Jean Pierluigi de Palestrina, né aussi à Rome, 
y mourut comme ses frères avant 1594. Deux 
motets à cinq et à six voix de sa composition 
{Domine pater, etc., et Nunc dimittis) ont 
été insérés dans le second livre de motets de 
son père. 

PIERMARIM (François), ténor, né à- 
Bologne, débuta au théâtre de la Pergola, à 
Florence, en 1822. Dans l'année suivante, il 
chanta à Turin, puis à Milan, où on le re- 
trouve en 1824, 1820 et 1827. Appelé à Ma- 
drid, en 1828, il y obtint du succès, et fut 
attaché au Conservatoire de cette ville, en 
qualité de professeur de chant. En 1834, il en 
fut nommé directeur et censeur. La reine 
d'Espagne le décora de l'ordre de Charles III. 
Par des motifs inconnus, Piermarini aban- 
donna cette position, en 1840, et se rendit à 
Paris, où il publia un Cours de chant divisé 
en deux parties. Une édition française et al- 
lemande de cet ouvrage a été publiée, en 1845, 
à Mayence, chez Schott. 

PIERRE,surnommé DE CORRIE,du lieu 
de sa naissance, fut poète et musicien dans le 
treizième siècle. Il nous reste six chansons 
notées de sa composition, qu'on trouve dans le 
manuscrit de la bibliothèque impériale de 
Paris coté 7222 (ancien fonds). 

PIERRE (l'abbé), vicaire de la cathédrale 
de Metz, né dans cette ville, s'est fait con- 
naître par un ouvrage qui a pour titre : De 
l'harmonie dans ses rapports avec le culte 
religieux. Eludes abrégées; Metz, Verounais, 
1838, et Paris, Gaume, 1 vol. in-8°, avec 
trcnle-six pages de musique. 

PIERRET (....), luthier fiançais, vécut 
sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII. 
Ses violons sont estimés; il les terminait avec 
plus de soin que son compatriote Bocquay, et 
en a fait en moins grand nombre. 

PIERSON (Martin), bachelier en musique 
et directeur du chœur de l'église Saint-Paul, 
de Londres, mourut en cette ville, vers 1050. 
On a sous son nom une collection de motels 
et de chansons à cinq voix avec accompagne- 
ment de violes et orgue; cet ouvrage a pour 
litre : Mottels.or grave chamber music, coit- 
taining songs of 5 parts of several sorts 
forvoices and viols ,ivith an organ part, clc. 
Londres, 1030. 



PIERSON 



PIERSON (Hr.NRi-IluGn), compositeur, 
est né le 12 avril 1815, à Oxford. Il descend 
d'une ancienne famille anglaise, d'origine 
normande. Son nom véritable est lel qu'il est 
écrit ici et non Pearson, comme on l'écrit 
généralement et même comme on le trouve 
aux titres de plusieurs de ses ouvrages. Son 
|>ère était prédicateur en titre du roi 
Georges IV, ce qui procura au jeune Pierson 
l'occasion d'entendre souvent l'excellente 
musique de la chapelle royale, ainsi que les 
concerts de la cour, et cette circonstance fit 
découvrir ses heureuses dispositions pour l'art. 
Son éducation musicale fut confiée au maître 
de la chapelle et à l'organiste Thomas Atl- 
wood, artiste distingué. Les progrès de son 
élève furent rapides. A l'âge de treize ans, 
Henri Pierson fut envoyé au collège de Harrow 
(près de Londres), pour y faire ses études lit- 
téraires. Il y était depuis trois ans et y avait 
obtenu le prix de poésie latine, lorsque l'alté- 
ralion sensible de sa santé décida son père à 
le rappeler près de lui, à la campagne, et à 
lui interdire toute occupation relative à la 
musique , parce que son tempérament ner- 
veux en éprouvait de trop vives émotions. 
Cependant son goût passionné pour cet art 
l'emportant sur toute autre considération, il 
continua de composer en secret. Lorsque sa 
santé fut rétablie, Pierson fut envoyé à 
Londres, pour suivre des cours de médecine, à 
l'exercice de laquelle il était destiné. Il y 
passa deux ans, et dans cet intervalle il écrivit 
de la musique sur quelques poésies fugitives 
de Byron et de Sbelley : ces morceaux furent 
publiés chez l'éditeur Novello. En 1835, 
Pierson se rendit à Paris avec la résolution de 
se livrer exclusivement à la culture de la mu- 
sique, vers laquelle il se sentait entraîné. Ac- 
cueilli par le vieux maestro Paer, 11 en reçut 
quelques conseils, mais il ne put alors con- 
tinuer des études régulières, parce que son 
père le rappela près de lui et le fit entrer à 
l'université de Cambridge, où il suivit les 
cours de sciences physiques. Ce fut dans celle 
institution qu'il apprit le contrepoint sous la 
direction du professeur Walmisley. Ses études 
scientifiques étant terminées en 18-39, il 
partit pour l'Allemagne et vécut d'abord quel- 
que temps à Prague, ou Tomaschek lui en- 
seigna l'art de l'instrumentation. A Dresde, 
il reçut aussi des conseils de Reissiger. Quel- 
ques compositions vocales publiées à Leipsick 
chez Breitkoff etllsertel et chez Kistner, com- 
mencèrent à le faire connaître. En 1844, la 
chaire de professeur de musique du l'univer- 



sité d'Edimbourg étant devenue vacante par 
la retraite de Henri Bishop, Pierson fut appelé 
en Ecosse pour la remplir. Cette position parut 
d'abord lui plaire; mais après l'avoir occupée 
pendant dix-huit mois, il donna sa démission 
et retourna en Allemagne. A Vienne, où il se 
rendit d'abord, il publia plusieurs ouvrages 
sous le pseudonyme d' Edgar Mans feldt ; puis 
il alla à Berlin et y écrivit son opéra roman- 
tique intitulé Leila, qu'il destinait au théâtre 
de Hambourg; mais avant de faire connaître 
celle production au public, il fil jouer, le 7 mai 
1841), au théâtre de Brltnn, l'opéra féerique 
Der Elfensieg (le Triomphe des Sylphes), dont 
le livret était de sa femme (Caroline Leon- 
hard Lyser), et qui obtint quelque succès. Ce 
ne fut que deux ans plus tard que Leila fut 
représenté à Hambourg. La musique de cet 
ouvrage fut l'objet d'éloges exagérés et de cri- 
tiques acerbes. Après quelques représentations 
orageuses, Pierson prit le parti de retirer sa 
partition, se plaignant de la mauvaise vo- 
lonté du chef d'orchestre, qu'il accusait de 
nuire à l'exécution de son ouvrage. Pierson 
écrivit ensuite l'opéra héroïque intitulé Con- 
tarini, lequel n'a pas été représenté. Après 
avoir habité Hambourg depuis 1847 jusqu'en 
1855, il retourna en Angleterre, où précédem- 
ment son oratorio de Jérusalem avait été en- 
tendu avec intérêt et avait été publié en par- 
tition chez Novello. Depuis lors il a écrit le 
Paradis, oratorioqui, je crois, n'a pas encore 
été exécuté, ainsi que la seconde partie du 
Faust de Goethe. 

Parmi les compositions publiées par cet 
artiste-amateur, on remarque : 1° Marche 
funèbre pour Hamlet, tragédie de Shakes- 
peare, partition et arrangement pour le piano; 
Leipsick, Peters. 2° Ouverture romantique, 
parties d'orchestre et partition pour le piano; 
Vienne, Millier. 3° Six chants à voix seule 
avec piano; ibid. 4° Huit chants idem: Ham- 
bourg, Schuberth. 5° Élégie pour ténor ou so- 
prano , avec piano; Hambourg, Bœhme. 
G Romances, idem; Dresde, Arnold. 7° Chant 
de mai, à quatre voix, poésie de Milton; 
Londres, Novello. 8° Salve xternum, cantate 
avec orchestre, exécutée aux concerts phil- 
harmoniques de Norvvich; Londres, Ewer 
et C. 9° Ave Maria, idem ; Vienne, Millier. 
10° Beaucoup de mélodies et de romances dé- 
tachées, dont l' Apparition, un Regard, etc. 
Pierson a donné à Hambourg une deuxième 
édition des Éludes d'harmonie et de contre- 
point de Beethoven, et en a publié une tra- 
duction anglaise, à Londres. 



56 



PIETERZ - PIETRAGRUA 



PIETERZ (Adhif.s), le plus ancien l'acteur 
d'orgues connu de la Belgique, naquit à Bruges 
dans les premières années du quinzième 
siècle. En 1451, il construisit à Dclft un orgue 
appelé Heilig Kruis Or^ef (l'Orgue de la sainte 
Croix), parce qu'il était placé au-dessus de 
l'autel de Saint-Georges, à la croix de l'église. 
Il a construit à Delft, en 14155, dans l'église 
Neuve, un instrument qui s'y trouve encore, 
mais qui avait été déjà restauré quatre fois en 
1548. Il ne reste presque plus rien aujour- 
d'hui de l'ouvrage de Fieterz. Loolens, et 
d'après lui Hess (Korle Schets van de aller- 
eersle uitvinding der Orgclen, p. 14), ont 
donné quelques renseignements sur ces in- 
struments. 

PIETKEX (Lambert), clianoine de Sainl- 
Materne et maître de chapelle à Saint-Lam- 
bert, de Liège, né dans celte ville, en 1612, 
y mourut en 1696. La cathédrale de Liège 
possède de sa composition douze messes à six 
et à huit voix. Il a publié de sa composition 
un recueil de motets intitulé : Sacri concen- 
tus 2, 5, 4 et 8 vocum ; Liège, 1668, in-4", et 
quelques autres ouvrages dont les litres nesont 
pas connus. Enfin, il a laissé en manuscrit 
plusieurs antiennes qui se chantaient encore 
à Liège, en 1794. 

PIÉTOIN (Loyset ou Louis), musicien 
français, naquit vers la fin du quinzième 
siècle, ou plutôt dans les premières années du 
seizième, à Bernay, en Normandie, et fut, à 
cause de cela, surnommé le Normand. L'abbé 
Baini a confondu ce musicien avec Louis 
Compère (voyez ce nom). Le lieu de la nais- 
sance de Piéton est indiqué dans la table des 
auteurs du quatrième livre des motels de la 
collection publiée par Pierre Altaignant, en 
1531, in-4°obl.; on y lit : Benedicila Deum 
cœZï... Loyset de Bernais. Forkel s'est trompé 
lorsqu'il a cru que Loyset. était le nom de 
famille du musicien dont il s'agit, et Piéton 
un sobriquet (Allgem. Ge.scliichle der Musik, 
tome II, p. 648) : Loyset était, à l'époque ou 
vécut cet artiste, un diminutif de Louis assez 
fréquemment employé; c'est ainsi qu'on ap- 
pelait aussi Louis Compère, et c'est la confor- 
mité de ce prénom qui a causé l'erreur de 
Baini, copié par Kiescwetler dans son Mé- 
moire sur les musiciens néerlandais, dans 
son L/istoire abrégée de la musique moderne, 
et dans le catalogue de la musique de sa bi- 
bliothèque. Dans son obstination à me contre- 
dire sur la distinction que j'ai faite des deux 
musiciens Compère et Piéton, Kiescweltcra 
fait un long article rempli (Terreurs dans la 



ô9'" c année de la Gazette générale de musique 
de Leipsick (p. 5G5-5G8J, sous les initiales 
D. F., pour démontrer leur identité. La dé- 
couverte de l'épitaphe de Compère (voyez ce 
nom) est venue me donner gain de cause, et 
démontrer que j'étais dans le vrai, lorsque j'ai 
dit (pie Loyset Piéton est postérieur d'un 
demi-siècle à Loyset Compère. Tous les rai- 
sonnements de Riesewelter, pour prouver 
leur idenlilé, sont tombés dans le néant. 
Outre le morceau cité ci-dessus, on a de 
Piéton un L'eati omnes à quatre voix, im- 
primé dans une collection de psaumes publiée 
à Nuremberg, en 1542; Forkel en a rapporté 
un extrait en partition (loc. cit.). Les Con- 
centus 4-8 vocum de Salblinger (Augsbourg, 
1545) contiennent aussi quelques morceaux 
de Piéton. Le troisième livre des Motets de la 
Couronne, publié par Octave Pctrucci, ren- 
ferme un O bone Jesu illumina à quatre 
voix, du même musicien. On trouve deux 
autres psaumes à quatre voix de Piéton dans 
le Tomus tertius Psalmorum selectorum 
quatuor et quinquevocum, etc.; Norimbergx, 
apud Jo. Petreium, etc., 1542. Le troisième 
livre des Motelti del Fiore, qui porte le litre 
latin Liber tertius cum quatuor vocibus 
(Lyon, Jacques Moderne, 1539), contient deux 
motels du même musicien. On en trouve deux 
à cinq voix, du même, dans le Liber tertius 
viginli musicales quinque, sex , vel' oclo 
vocum molelos habet, publié à Paris, par Al- 
taignant, en 1534. Enfin trois chansons fran- 
çaises à quatre voix, de Piéton, sont contenues 
dans le premier livre de pièces de ce genre, im- 
primé à Anvers, en 1543, parTylman Susalo. 

PIETRAGRUA (Gaspard), prêtre, né à 
Milan, vers la fin du seizième siècle, fut 
d'abord organiste de l'église Saint-Jean de 
Monza, puis de la collégiale de Canobio, où il 
se trouvait en 1629. Il avait alors le titre de 
prieur. On connaît sous son nom : 1° Concert i 
e canzoni francesi ad 1, 2, 3, 4, enn Messe, 
Magnificat, falsi bordoni, Litanie délia 
Madona e degli santi ; Milan, 1629. 2° Can- 
zoneltc a tre; ibid. 5° Motetti a voce sola ; 
ibid. A a Mcssa csalmi alla llomana per cnu- 
tarsi alli vespri di tutlo l'anno con due 
Magnificat, le quattro anlifonc, ed otto 
falsi boordoni a 4 voci, lib. 5; ibid. 

PIETRAGRUA (Chaules-Louis), com- 
posilcur dramatique, naquit à Florence, en 
1692. Il a écrit pour le théâtre de Venise : // 
J'astor fido, en 1721 , cl Iîomolo c Tazio, en 
1722. On ignore (jucile fut la suite de la car- 
rière detet artiste. 



PIFARO - PILLAGO 



57 



PIFARO (Nccolo). foyez NICOLAS 
DE PADOUE. 

PIFFET (Etienne), surnommé le grand 
nés, était violoniste à l'orchestre de l'Opéra, 
à Paris, vers 1750. Il se fit entendre, à celte 
époque, avec succès au Concert spirituel. On 
a gravé de sa composition des sonates à deux 
violons et basse continue, et des cantates à 
voix seule. 

PIGNATT (l'abbé Pierre-Romui.us), ou 
PIGNATA, compositeur dramatique, né à 
Home vers 1660, fut considéré comme un ar- 
tiste distingué vers la fin du dix-septième 
siècle. On a retenu les titres suivants des 
opéras qu'il a fait représenter sur les divers 
théâtres de Venise et dans quelques autres 
villes d'Italie : 1° Costanza vince il destine-, 
au théâtre San Giovanni et San Paolo de 
Venise, 1695. 2° Almiro, re di Corinto, au 
même théâtre. 3° Sigismondo primo, 1696. 
4° L'Inganno senza danno , à Trévise, en 
1697. 5° Paolo Emilio, à Venise, en 1699. 
6° Il Vanlo d'Jmore, au théâtre San-Mosé, 
à Venise, 1700. 7° Oronte in Egitto, au théâ- 
tre d'Udine, en 1705. L'abbé Pignata fut aussi 
le poète de la plupart de ses opéras. 

PIGNORIA (Laurent), en latin PIGNO- 
RIUS, antiquaire, né à Padoue, en 1571, fit 
ses études chez les jésuites de cette ville, 
entra alors dans l'état ecclésiastique et obtint 
un canonicat dans la cathédrale de Trévise. 
Il mourut à Padoue, d'une maladie épidémi- 
que, le 13 juin 1631. Au nombre des ouvrages 
de ce savant, on en trouve un qui a pour 
titre : De Servis et eorum qpud veteres mi- 
nisteriis comment ari us ; Augsbourg, 1613, 
<n 4°. L'édition la plus estimée est celle qui a 
été publiée à Amsterdam, en 1674, un vol. 
in-12. Pignoria y traite de la musique des an- 
ciens, particulièrement de leurs instruments, 
depuis la page 145 jusqu'à 180. On y trouve 
quelques renseignements utiles sur cette 
matière. 

PIGOI\ ATI (André), médecin napolitain, 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, 
est auteurd'une Lettera sopra il Tarantismo , 
ossia morso délia Tarantola che si guarisce 
nella Puglia colla mim'ca, etc. Ce petit écrit, 
accompagné de notes et de planches, est im- 
primé à la fin d'un livre qui a pour titre : 
Memoria di Brindisi sollo il regno di Fer- 
dinando; Naples, Morelli, 1781, in-4°. 

PILATE (Auguste), dit PILAIT, compo- 
siteur, né le 29 septembre 1810, à Bouchait), 
ville forte du département du Nord. Il com- 
mença l'étude de la musique à l'école commu- 



nale de Douai ; puis il fut conduit à Paris et 
admis au Conservatoire, le 18 novembre 1822, 
comme élève de solfège. Le premier prix 
de celte partie élémentaire de la musique lui 
fut décerné au concours de l'année suivante, 
et au mois de juin 1824, il fut rayé de la 
liste des élèves de cette institution. Après cette 
époque, on manque de renseignements sur la 
suite des études musicales de cet artiste, et 
l'on ignore le nom de son maitre d'harmonie 
et de composition. Ses premières productions 
furent des romances, dont quelques-unes ont 
eu de la vogue. En 1836, il fit représenter, sur 
le théâtre du Palais-Royal de Paris, plusieurs 
petits opéras dont les litres n'ont pas été con- 
servés. En 1837, M. Pilati fit jouer au théâtre 
d'Adelphi, à Londres, un ouvrage dans le goût 
romantique de cette époque, et qui'élait inti- 
tulé le Roi du Danube. De retour à Paris, il 
donna au théâtre de la Renaissance, en colla- 
boration avec M. de Flottow, le Naufrage de 
la Méduse, opéra en quatre tableaux. Nommé 
chef d'orchestre du théâtre de la porte Saint- 
Martin, en 1840, il a écrit, pour cette scène, la 
musique de beaucoup de drames, mélodrames, 
pantomimes et ballets. En 1848, il donna, 
avec M. Gauthier, l'opéra de circonstance in- 
titulé les Barricades, au théâtre National. 
Les trois Dragons, opérette de M. Pilali, 
jouée au théâtre des Folies, en 1854, fut reprise 
au théâtre des Variétés, en 1859. La cantate 
du même compositeur, intitulée le Nid d'aigle, 
fut chantée au même théâtre, le 16 août 1858, 
à l'occasion de la fête de l'empereur Napo- 
léon III. 

PILEUR D'APLIGNY (LE), chimiste 
et littérateur français, n'est connu que par 
ses ouvrages, parmi lesquels on remarque un 
bon traité de l'art de la teinture. Il est aussi 
auteur d'un livre intitulé : Traité sur la mu- 
sique et sur les moyens d'en perfectionner 
l'expression; Paris, 1779, in-8°. Cet ouvrage 
ne renferme que des vues superficielles. 

PILKLXGTON (François), musicien an- 
glais du seizième siècle, était luthiste dis- 
tingué, attaché à la cathédrale de Chester. 
Après avoir fail ses études à l'université 
d'Oxford, il y fut élevé au grade de bachelier 
en musique, dans l'année 1595. Cet artiste 
est un des compositeurs d'un recueil d'airs 
pour le luth et la basse de viole publié à 
Londres, en 1605, in-fol. 

PILLAGO (Charles), ou peuL-êlre mieux 
FILLAGO, né à Rovigo, dans les dernières 
années du seizième siècle, fut nommé orça- 
niste de Saint-Marc, à Venise, le l fr mai 1023, 



ss 



P1LLAG0 - PILOTTf 



et mourut en 1044. Il fut considéré comme 
un des meilleurs organistes de l'Italie. On a 
de sa composition : Sacri concerti a voce 
sola con basso per l'organo ; Venise, 1042, 
in-4°. 

PILLET-WILL (le comte Michel-Fré- 
déric), banquier et économiste, amateur de 
musique, né le 26 août 1781, à Montmeillan 
(Savoie), tenait par sa mère à la famille du 
chancelier d'Aguesseau. Établi à Paris sous 
l'empire de Napoléon l", il y fonda une 
maison de banque importante, fut un des 
créateurs de la caisse d'épargne, en 1818, et 
fut appelé, en 1828, à siéger parmi les régents 
de la Banque de France. Membre de l'Aca- 
démie royale de Turin, il y fonda quatre 
grands prix de chimie, de physique, de mathé- 
matique et d'astronomie. Grand amateur de 
musique, il était lié d'amitié avec les artistes 
les plus célèbres, particulièrement avec Ros- 
sini. Baillot lui avait donné des leçons de 
violon : il joua de cet instrument avec délices 
jusque dans ses dernières années, fit composa 
environ cent solos de violon avec accompagne- 
ment de piano, écrit par d'habiles arlistes, 
particulièrement par Henri Herz. M. Pillel- 
"Will a fait graver toute cette musique, qui n'a 
pas été mise dans le commerce, mais qu'il 
donnait à ses amis. Il a publié plusieurs écrits 
sur des sujets d'économie politique et de 
finances, dont on trouve la liste dans la 
France littéraire de Quérard (t. VII, p. 173), 
et dans la Littérature française contempo- 
raine de M. Bourquelol (t. VI, p. 21). Le 
comte Pillet-Will est mort à Paris, le 11 fé- 
vrier 1800. 

PILLWITZ (Ferdinand), chanteur et di- 
recteur de musique à Brème, est né dans les 
premières années du dix-neuvième siècle. En 
1829, il fit représenter au théâtre de cette 
ville un opéra intitulé Lehmann, et deux ans 
après il y donna celui qui a pour titre : Die 
//ochzeitim(iaslhofe(\a Noccdans l'auberge). 
Son opérette lîalaplan, nu le petit tambour, 
obtint du succès, en 1851, non-seulement à 
Brème, où elle l'ut reprise plusieurs fois, mais 
dans tonte l'Allemagne et fut jouée à plusieurs 
reprises à Dcssau, Munich, Stuttgard, Weimar 
et Vienne. 

PILOTTI (Joseph), compositeur et profes- 
seur de contrepoint, naquit à Bologne, dans 
les premiers mois de 1784. Son père, Gioac- 
chino Pilotti, était organiste et facteur 
d'orgues. Dès son enfance, il se livra a l'étude 
des éléments de la musique et montra du pen- 
clianl pour Ki profession de son père. Il élail 



parvenu à l'âge de seize ans et déjà il avait ac- 
quis des connaissances dans la fabrication des 
orgues, lorsque Gioacchino Pilotti mourut, 
laissant sa femme et plusieurs enfants dans 
une situation peu fortunée. Joseph prit alors 
la résolution de venir en aide à sa famille par 
son travail, et d'en devenir le chef. Partageant 
le temps entre l'étude et les travaux manuels 
de l'atelier, sans égard pour sa faible com- 
plexion, il ne prenait presque jamais de repos. 
Devenu bon organiste, il était appelé souvent 
dans les maisons religieuses des environs de 
Bologne pour des fêtes ou des cérémonies, et 
toujours il faisait à pied le trajet pour ne pas 
diminuer le salaire qu'il recevait et qu'il rap- 
portait intact à sa mère. Quelques amis, ayant 
remarqué sa belle organisation pour la mu- 
sique, lui donnèrent le conseil de se livrer 
à l'élude du contrepoint sous la direction 
du P. Stanislas Mattei. Ce maître l'accueillit 
parmi ses disciples, au nombre desquels était 
alors Rossini. Bientôt Mattei eut distingué les 
rares dispositions de Pilotti pour la science 
de l'harmonie; il en fit son élève de prédilec- 
tion. Ses progrès furent, en effet, si rapides, 
qu'avant d'avoir accompli sa vingt et unième 
année, il fut reçu membre de l'Académie phil- 
harmonique, et fut compté parmi les maîtres 
les plus habiles de Bologne. Dès ce moment, 
il écrivit une grande quantité de musique 
d'église dont le mérite lui fit obtenir la place 
de mailre de chapelle de la cathédrale de Pis- 
toie. Vers le même temps, il composa l'opéra 
bouffe VAjo nell' imbarazzo , qui fut joué 
avec quelque succès sur le théâtre du Corso, 
à Bologne; toutefois, Pilotti reconnut dans 
cet essai qu'il n'avait pas reçu de la nature le 
génie dramatique, et ce fut le seul ouvrage 
qu'il écrivit pour la scène. En 1820, il succéda 
à son professeurMatlei dans la place de maître 
de chapelle de la basilique de San-Petronio , 
et trois ans après il reçut sa nomination de 
professeur d'harmonie et de contrepoint an 
Lycée communal de musique de Bologne. Là 
était sa véritable destination, car il se fit re- 
marquer dans son enseignement par la mé- 
thode pratique qui avait fait la grande répu- 
tation de Maltci. Pilotti, que de fortes ma- 
ladies avaient mis plusieurs ''ois aux portes du 
tombeau, mourut à l'âge de cinquante-quatre 
ans, le 12 juin 1858. Parmi ses compositions 
pour l'église, qui sont toutes restées en ma- 
nuscrit, on cilecommedes œuvres distinguées 
ses psaumes à huit voix, et son Dies irai, avec 
orchestre. On a aussi de lui un traité d'instru- 
mentation qui a été public sous ce litre: Z-Vcic 



PILOTTI - PIONNIER 



59 



insegnamento teorico sullu natura, esten- 
sione, proporzione armonica, etc.,per tutti 
gli stromenti ; Milan, Ricordi. 

PIMENTEL (Pierre) , célèbre organiste 
portugais, mourut à Lisbonne, en 1599. Il a 
laissé un recueil de compositions pour l'orgue, 
in lilulé :£ivro de cifra de varias obras para 
se tangerem na orgaô. Machado (Bibl. Lu- 
sit., t. III, p. 610) croit que ce livre a été im- 
primé. 

PINA E MENDOÇA (Léon DE), che- 
valier de l'ordre du Christ, né en Portugal, 
vécut vers 1650. Machado lui attribue plu- 
sieurs opuscules concernant la théorie de la 
musique, restés en manuscrit (Bibl. Lusit., 
t. III. p. 11). 

PU\AROL (Jean), musicien belge, né 
dans la seconde moitié du quinzième siècle, 
n'est connu que par six motets à quatre voix, 
imprimés dans les Motetti XXXIII, sortis 
des presses d'Oltaviano Petrucci de Fossom- 
brone, en 1502, petit in-4° oblong, et par la 
chanson italienne, à quatre voix, Fortuna 
desperata, qui se trouve dans les Canti C 
cento cinquanta , publiés par ce célèbre im- 
primeur, en 1505. 

PI1NELLI DE GEUARDIS (Jean-Bap- 
tiste), né à Gènes, en 1543, d'une famille 
noble, voyagea en Allemagne, et s'établit à 
Prague, antérieurement à l'année 1580. En- 
viron neuf mois après la mort du maître de 
chapelle Scandelli, il fut appelé à Dresde, en 
1581, pour lui succéder; mais sa mauvaise 
conduite l'obligea à retourner à Prague bien- 
tôt après. Il mourut en cette ville; l'époque 
de son décès est ignorée. "Walther cite de sa 
composition les ouvrages suivants : 1° FI 
Misse a 4 voci; Dresde, 1582, in-fol. 2° Ma- 
gnificat allemands dans les huit tons de 
l'église; ibid., 1583, in-fol. 3° Madrigali; 
ibid., 1584, in-fol. 4° Cantiones sacrs 8, 10 e 
15 voc. ; ibid., 1584, in-fol. On a aussi de Pi- 
nelli : 5° Mutetii quinque vocum a loanne 
Baptista Pinello italo nobilique Genuensi, 
S. C. M. masico composita; impressa Prag 3e 
per Georgium Negrinum , 1588, in-4°. 
6° Nouvelles chansons allemandes à cinq 
voix, traduites de l'italien pour être chantées 
et accompagnées dans la manière italienne; 
Dresde, 1584, in-4°. 7° Napoletane a 5 voci; 
ibid., 1585, in-4°. 8° Dix-huit musettes à cinq 
voix; Prague, 1588, in-4°. 

PINHEIRO (le P. Jean), religieux portu- 
gais, né à Thomar, dans l'Estramadure, fut 
un des meilleurs musiciens de sa nation, et 
forma plusieurs bons élèves. Il mourut dans 



la première moitié du dix-septième siècle. On 
trouvait encore de lui vers 1720, dans la Biblio- 
thèque royale de Lisbonne, les ouvrages sui- 
vants, en manuscrit ; 1» Jve Regina cœlorum 
à douze voix (n° 809). 2» Affliclio mea à six 
voix (n°810). 

PIIMVA (Emmanuel DE), musicien de la 
chapelle du roi de Portugal, né en Espagne, 
vivait à Lisbonne au commencement du dix- 
septième siècle. Il a laissé en manuscrit des 
cantiques pour le jour de Noël et les princi- 
pales fêtes de saints, sous ce titre : Fillan- 
cicos y romances de la Natividad de Jesu- 
Christo y otros santos. 

PIINTADO (Joseph), violoniste romain sur 
qui l'on n'a point de renseignements, a publié 
un livre qui a pour titre : Fera idea délia 
musica e del contrappunto ; Rome, de l'im- 
primerie de Gioacchino Puccinelli, 1794, 
in-8°decent cinquante-six pages. Cet ouvrage 
est de très-peu de valeur. 

PIIXTI (Salvator-Ignace), moine italien, 
vécut dans un couvent de la Bohême vers la 
dernière partie du dix-huitièmesiècle. Il com- 
posa la musique d'un oratorio, intitulé : Il 
Santo Abele di Boemia, ossia il glorioso 
martirio di S. TFenceslao, signor di detto 
regno, qui fut exécuté, en 1781, dans l'église 
Saint-Pierre de Prague. 

PIO(Antoine), compositeur, né àRavenne, 
vers le milieu du dix-huitième siècle , fut 
maître de chapelle dans cette ville. En 1785, 
il écrivit, à Vienne, Nettuno ed Egle, opéra 
sérieux, et, en 1790, il donna, au théâtre de 
la Scala, à Milan, 77 Medonte, opéra sé- 
rieux. 

PIOCCHI (Christophe), né à Foligno 
(États Romains), dans lq> dernières années du 
seizième siècle, fut d'abord maitre de cha- 
pelle à Orvielo, puis fut appelé à Sienne, 
pour remplir les mêmes fonctions à la cathé- 
drale. Il occupait encore cette position en 
1669, dans un âge avancé. On connaît de lui : 
1° Cantiones sacrte seu Motetti 2, 3 et 4 vo- 
cum, liber primus; Orvieto, 1625. J'ignore 
les dates et le lieu de l'impression du deuxième 
et du troisième livres de ces motets. 2° Mo- 
tetti a due, tre et quattro voci. Lib. IF; 
Bologne, Jacques Monti, 1668, in-4°. 5° Res- 
ponsoria hcbdomadœ sanctx quatuor voci- 
bus; ibid., 1669, in-4". 

PIOIMNIER (Jean), musicien français du 
seizième siècle, fut maître de chapelle à Lo- 
relte. Il a fait imprimer de sa composition: 
1° Motetti a cinque voci, lib. I; Venise, 
1561, in-4 n . 2" Idem, lib. II; ibid., 1504. 



60 



PIONNIER - P1RKIIERT 



in-4 . On trouve trois motets à six voix de 
ce mailre dans le premier livre des Motetti 
del frutto a sei voci; Venelia, nella stampa 
d'Antonio Gardane, 1339. 

PIOVESANA (François), né à Salice 
(royaume de Nazies), est auteur d'un opus- 
cule, intitulé : Misure harmoniche ; Venelia, 
app. Gardano, 1G27, in-4° de soixante-six 
pages. Ce savant et son ouvrage sont cités par 
Tevo (voyez ce nom), dans son JUusico 
Testore. 

PIOZZÏ (...), compositeur italien, attaché 
au service du prince Palatin, a fait graver, à 
r.Ianheim, en 1780, deux œuvres, chacun de 
trois quatuors pour clavecin, deux violons et 
basse. 

PIPLLARE (Mathieu), musicien belge, 
né à Louvain, vécut à la fin du quinzième 
siècle et au commencement du seizième. On 
ne sait rien de ses études, ni des places qu'il 
n occupées. Ornilhoparcus, qui le cite comme 
une autorité en ce qui touchait les propor- 
tions de l'ancienne notation (Microl. Musicx 
activa:, lib. II, cap. 8), nous a appris son 
prénom, qu'on ne trouve point ailleurs. Pipe- 
lare signait ordinairement son nom par un 
reluis composé du mot Pipe et des notes de 
musique la, ré. C'est ainsi qu'on le trouve 
dans des manuscrits delà Bibliothèque royale 
de Bruxelles. Une mcsseà quatre voix dePipe- 
lare est imprimée dans la collection publiée 
par André Antiquo de Monlona (voyez Mon- 
tona). Octave Petrucei a aussi inséré un Ave 
Jllariade ce mailre, dans son premier livre de 
motetsà cinq voix : Venise, 1505. GeorgesBhau 
a inséré quelques compositions de ce mailre 
dans sa Bicinia çiallica,latina et germanica 
(Vilebergse, 1545). Le manuscrit de la Biblio- 
thèque royale de Munich, n° 34, provenant de 
la chapelle des ducs de Bavière, contient de 
Pipelare l'antienne à quatre voix Fila ditl- 
cedo. Des compositions de Pipelare se trou- 
vent, avec des messes et autres morceaux de 
Pierre de La rue, dans deux beaux manuscrits, 
in-folio atlantique, qui appartiennent à la 
Bibliothèque royale de Bruxelles; enfin, les 
manuscrits des archives de la chapelle ponti- 
ficale, à Borne, renferment des messes du 
même musicien, entre autres une messe de 
V Homme armé, à quatre voix. 

PIPELET (madame Constance). Voyez 
SAL1U (madame DE). 

PIPERIXI (Alphonse), professeur de mu- 
sique napolitain, vécut vers le milieu du dix- 
linilièmc siècle. Il s'est fait connaître par un 
traité de la transposition intitulé Rcgole per 



ben trasportare ogni composizione per tutti 
i tuoni e mezzi tuoni ; Naples, 1759, in-8°. 

PIPPE>G(HENRi),néà Leipsick, le 2 jan- 
vier 1G70, y fit ses études et y obtint le titre 
de prédicateur à l'église Saint-Nicolas, en 
1G03. Quatre ans après, il passa en la même 
qualité à celle de Saint-Thomas. En 1709, il 
fut promu au grade de docteur en théologie à 
l'université de Wittenherg, puis fut appelé à 
Dresde en qualité de prédicateur de la cour et 
de conseiller du consistoire. Il mourut dans 
cette ville, le 22 avril 1722. Pipping n'était 
âgé que de seize ans lorsqu'il soutint, pour le 
grade de bachelier, une thèse : De Saule per 
musicam curuto, sous la présidence du pro- 
fesseur Lœscher {voyez ce nom). Celle disser- 
tation a été imprimée à Leipsick, en 168G, 
in-4°. Il en fut fait une seconde édition dans 
la même ville, en 1699, et il en parut une 
troisième à Wittenherg, en 1705, in-4° de 
soixante-quatre pages. Enfin ce morceau fut 
reproduit une quatrième fois dans les Exer- 
citationes académies Juvéniles, de Pipping ; 
Leipsick, 1723, in-4°. 

PIRKER (Marianne), femme d'un violo- 
niste de la chapelle du duc de Wurtemberg, 
fut une des meilleures cantatrices allemandes 
de son temps, et brilla à Londres, à Vienne et 
à Slultgard. Admise, à cause des qualités de 
son esprit, dans l'intimité de la duchesse de 
Wurtemberg , elle se trouva compromise 
quand cette princesse se sépara de son époux 
(en 1755), fut arrêtée et enfermée dans la 
forteresse de Stohen-Asperg, où elle resta 
jusqu'en 17G5. Ce changement subit de sa for- 
lune la priva de l'usage de sa raison pendant 
plusieurs années , sans porter cependant 
atteinte à son talent. De la paille de seigle qui 
composait sa couche, elle fabriquait des fleurs 
d'une merveilleuse délicatesse : elle parvint 
bientôt à tant d'habileté dans cet exercice, 
que l'impératrice Marie-Thérèse ne dédaigna 
pas d'accepter un bouquet de ces fleurs artifi- 
cielles que madame Pirker lui avait envoyé, 
et qu'elle la récompensa par le don d'une mé- 
daille d'or. Un autre bouquet, offert à l'impé- 
ratrice (Catherine) de Bussie, lui valut une 
récompense magnifique. Lorsque madame Pir- 
ker eut recouvré sa liberté, elle se retira à 
Heilbronn, et y vécut en donnant des leçons 
de chant. A l'âge de soixante ans, elle chan- 
tait encore avec une rare expression. Elle 
mourut le 10 novembre 1783, à l'âge de 
soixante-dix ans. 

lMRIillKRT (Edouard), pianiste et com- 
positeur, né le 24 octobre 1817, à Aullie, vil- 



PIRKIIERT — PISA 



CI 



lage de la Slyrie, fit ses éludes littéraires au 
gymnase et à l'université de Grœlz, où il reçut 
les premières leçons de musique; puis il se ren- 
dit à Vienne, où Antoine Halm fut son maître 
de piano; plu* tard il devint élève de Charles 
Czerny. M. Pirkhert s'est fixé dans cette ville 
et a commencé à s'y faire connaître en jouant 
dans les concerts, en 1837. Parmi les ou- 
vrages qu'il a publiés, on remarque : Étude 
héroïque pour le piano, œuvre 4; Vienne, 
Mechetti; six mélodies idem, op. 9; ibid.; 
douze éludes de salon idem, op. 10; ibid.; 
études en octaves idem, op. 11 ; ibid.; Fan- 
taisie de concert sur les Noces de Figaro, 
op. 12; Leipsick, Hofmeisler. En 1855, 
M. Pirkhert a été nommé professeur de piano 
au Conservatoire de Vienne. 

PIRLI1NGEU (Joseph), violoniste de la 
musique de la cour impériale, à Vienne, fit, 
vers 1786, un voyage à Paris, et y publia de 
sa composition : 1° Six quatuors pour deux 
violons, allô et basse. 2° Six symphonies à 
huit parties. De retour à Vienne, où il vivait 
encore en 1802, il a fait paraître : 3° Trois 
trios faciles pour deux violons et basse; 
Vienne, Steiner. 4° Plusieurs œuvres de duos 
et de divertissements pour deux violons. Pir- 
linger a été l'éditeur d'une nouvelle publica- 
tion de la mélhode de violon de Léopold Mo- 
zart; Vienne, Wallishauser. Il a laissé en 
manuscrit dix-huit trios pour deux violons et 
basse. 

PISA (Don Augustin), docteur en droit 
canon et civil, vivait au commencement du 
dix-septième siècle, et a publié un livre qui a 
pour litre : Battuta délia musica dichiarata 
dadon Agostino Pisa,dottoredileggeca?io- 
nica e civile, e musico fpeculativo e prattico. 
Opéra nova, utile e necessaria alli professori 
délia musica. Ristampata di novo, ed am- 
pliata;inRoma, ICI 1, in-4°.Forkel (Allgem. 
Litteratur derMusik, p.275)dit que l'auteur 
de ce livre est cité quelquefois sous le nom 
d'Agostino di Pisa, comme si ce nom 
d' Agostino élait celui de sa famille, et Pise 
le lieu de sa naissance. D'après ce renseigne- 
ment inexact, M. Ferdinand Becker n'a pas 
hésité à placer Pisa sous le nom d' Agostino, 
et à le faire naître à Pise, dans son Tableau 
systématique et chronologique de la littéra- 
ture musicale (1). Ainsi qu'on le voit par le 
titre, l'édition de 1C11 est la deuxième* du 
livre de Pisa; mais j'ignore où la première a 



(I) Si/Êlem Chrnnol. Darstellmg der musical Liltcra- 
tur, col. 274 



été publiée. Le seul renseignement que l'on 
trouve dans la deuxième, concernant la pre- 
mière, est que Pisa avait dédié celle-ci à Bo- 
niface Cannobio, noble bolonais, au lieu que 
Paulre est dédiée au P. Thomas Pallavicino. 
La seconde édition du livre de Pisa n'est pas 
commune, mais la première est beaucoup plus 
rare. Il est le premier où ce qui concerne la 
mesure en musique a été Irai lé avec dévelop- 
pement. Après les madrigaux et les sonnets 
adressés à l'auteur, suivant l'usage du temps 
où il écrivait, et l'épîlre dédicaloire, on 
trouve un avertissement au lecteur p. 13; 
l'éloge de la musique, p. 15; un aperçu des 
inventeurs de la musique, p. 17, et un raison- 
nement intitulé : Del musico e cantore. Vient 
ensuite la préface de l'ouvrage, p. 23-44, où 
railleur examine ce qu'on a dit jusqu'à lui, 
dans les divers traités de musique, concer- 
nant la mesure. Les chapitres qui composent 
le corps du livre sont les suivants : 1° Che 
cosa sia battuta, p. 44-50. 2° Che cosa signi- 
fichi questa parola, positione nella battuta. 
p. 50-C3. 3° Per che causa sia stata ritro- 
vala la battuta, p. G3-C7. 4° Di quanle parti 
sia composta la battuta, p. G7-71. 5° Dove 
cominci e termini questa battuta, p. 71-88. 
G" Del primo moto, o primo spatio che fà la 
mano per andare a ponersi in alto per bat- 
tere, p. 88- 9G. 7° Di alcuni disordini che oc- 
corono per non dare il suo vero principio 
alla battuta, p. 97-102. 8° Corne ci doviamo 
servire di questa misura, per dare principio, 
e seguilare il canto, p. 103-1 19. 9° Che tut te 
le cantilene devono finire ail' insu, cioè in 
aria, p. 119-127. 10° Délie proportioni, 
p. 127-131. 11° Catalogo degli errori repro- 
batiin questa dichiaratione, p. 132-1 3C. Le 
livre est terminé par la table des matières. 
J'ai cru devoir donner ici l'indication du con- 
tenu de cet ouvrage, à cause de sa rareté. Le 
style de Pisa est diffus, mais son livre ren- 
ferme de fort bonnes choses sur une matière, 
négligée à l'époque où il fut écrit, et qui a de 
l'intérêt. Les recherches historiques qu'on y 
trouve sont curieuses. Pisa est, je crois, le pre- 
mier qui contesta à Guido d'Arezzo les in- 
ventions qu'on lui attribue à tort. Georges 
Schielcn cile de cet auteur (Biblioth. Enu- 
cleata, p. 328) un traité De Percussione 
musica.; mais ce titre n'est qu'une mauvaise 
traduction latine du titre italien de l'ouvrage 
pniédent. Maltheson en parle aussi dans son 
Oichesire scrutateur (das forschende Orches- 
ter, pige 408), sous le titre de Traclatus de 
taclu. 



C2 



PISADOR — PISARONI 



PISADOR (Didier), musicien espagnol 
<Iu seizième siècle, naquit à Salamanque. Il a 
publié un traité sur l'art de jouer de la viole, 
sous le litre de Musica de viguela, citharis- 
ticx artis documenta; Salamanque, 1552, 
in-fol. 

PISANELLI (Pampilio), mailrc de cha- 
pelle de la cathédrale de Pise, naquit à Bo- 
logne vers le milieu du seizième siècle. Il s'est 
fait connaître par un recueil de seize madri- 
gaux à cinq voix, intitulé : Madrigalia cin- 
que voci. Libro primo. In Ferrara, per 
FMorioBaldini, 1586, in-4°. 

PISA1M (Antoine), membre delà Société 
philharmonique de Palerme, naquit en 1793, 
et mourut en 1827. Il a fait imprimer un 
opuscule intitulé : Pensieri sul diritto uso 
délia musica istrumentale; Naples, 1817. 
Dans la même année, il en a paru une autre 
édition à Palerme, in-4°. 

PISARI (Pascal), né à Rome vers 1725, 
était fils d'un pauvre maçon. Dans sa jeu- 
nesse, il possédait une très-belle voix qui, 
ayant été remarquée par un musicien nommé 
Gasparino, détermina celui-ci à lui enseigner 
la musique. Après la mue, il acquit une 
bonne voix de basse; mais sa timidité était si 
grande que, ne trouvant point de ressource 
dans son talent comme chanteur, il résolut de 
se livrer à l'élude de la composition. Il y fit 
de rapides progrès sous la direction de Jean 
Biordi, chapelain-chantre de la chapelle pon- 
tificale, et mailre de chapelle de Saint-Jacques 
des Espagnols. La lecture des ouvrages de 
Paleslrina fut surtout profitable à Pisari : il 
saisit si bien l'esprit du style de ce grand 
homme, que, de tous ceux qui tentèrent de 
l'imiter, il est peut-être le musicien qui en 
approche le plus : sa supériorité en ce genre 
Ta l'ait appeler par le P. Martini lePaleslrina 
du dix-huitième siècle. En 1752, il fut agrégé 
à la chapelle pontificale; mais bien qu'il y ait 
fait un long service, il n'y eut, pendant la 
plus grande partie du temps, que la position de 
surnuméraire. Sa misère était extrême : à peine 
couvert de vieux habits que lui donnaient ses 
amis, il n'avait d'habitation qu'une mansarde 
qu'on lui cédait par charité. Son mobilier se 
composait d'une couverture placée sur deux 
tables pour son coucher, d'un clou où il atta- 
chait une chandelle, et d'un morceau d'argile 
qu'il avait façonné en écritoire. L'encre dont 
il se servait n'était composée que d'eau et de 
charbon; sa plume était un bâton fendu. Il 
n'avaitd'aulre papier que celui qu'il ramassait 
dans les rues de Rome; lui-même le lignait 



pour écrire sa musique, et il l'appuyait contre 
la fenêtre pour y tracer ses belles composi- 
tions, dignes de procurer à leur auteur un sort 
moins pénible. Enfin, l'occasion favorable pour 
tirer Pisari de celle horrible situation parut 
se présenter. Le bruit de son mérite étant par- 
venu à la cour de Portugal, l'ambassadeur de 
celle puissance à Rome fut chargé de lui de- 
mander un Dixit à seize voix réelles en quatre 
chœurs, et un service complet pour les di- 
manches et fêtes de toute l'année, à quatre 
voix avec orgue. Cet immense travail terminé, 
le Dixit fut exécuté, en 1770, d'après l'ordre 
de l'ambassadeur, dans l'église des XII Apô- 
tres, par cent cinquante des meilleurs chan- 
teurs de Rome. Burney, qui entendit cetle 
exécution solennelle, parle avec admiration 
du mérite de la facture de ce morceau. Toute 
la musique fut expédiée à la cour de Lisbonne; 
elle remplissait deux caisses. Malheureuse- 
ment la récompense due à de si beaux et si 
considérables travaux mit tant de temps à 
parvenir à Rome, que lorsqu'elle y arriva, 
Pisari n'était plus. Il avait cessé de souffrir, 
en 1778. Ce fut son neveu, simple ouvrier 
maçon, qui recueillit le prix de son travail. 
Les compositions écrites par Pisari pour la 
chapelle pontificale sont en grand nombre et 
d'un travail parfait; ellesconsistenten messes, 
psaumes et motets à huit voix, deux TeDeum, 
dont un à huit voix et un à quatre. L'abbé 
Baini accorde beaucoup d'éloges à ces produc- 
tions. Pisari fut moins heureux dans le Mise- 
rere à neuf voix qu'il écrivit, en 1777, à la 
la demande de ses collègues, pour le service 
de la même chapelle : la misère et l'immense 
travail qu'il avait faiUpour la cour de Por- 
tugal avaient épuisé ses forces : l'effet du 
morceau ne répondit pas à ce qu'on attendait 
du talent de l'auteur. L'abbé Santini possède 
en manuscrit de cet excellent artiste: \° Dixit 
à quatre voix. 2° Miserere à 4. 5° Laudate 
Dominum à 4, en canon. 4° Une messe à 8. 
5° Les psaumes Dixit, Laudate, Lxtatus 
sum et Beatus vir à huit voix. (3° Les motels 
J'irtute magna, Coronas aureas, Siconsur- 
rexistis et Tu es pastor ovium à 8. 7° Le 
fameux Dixit à 10, composé pour le roi de 
Portugal. 

PIS AROIXI ( Benedetta - Rosamunda ) , 
excellente cantatrice, n'est pas née à Palerme, 
en 1806, comme le dit l'auteur de la notice 
insérée dans le Lexique universel de musique 
publié par le docteur Schilling, mais à Plai- 
sance, le G février 1793. Un maître obscur, 
nommé Pino, lui donna les premières leçons 



PISARONI - PISCHEK 



C3 



de musique. A Page de douze ans, elle passa 
sous la direction du sopraniste Moschini, alors 
au service du vice-roi d'Italie, à Milan. Après 
avoir appris de lui Part du chant, suivant les 
principes de l'ancienne école, elle reçut des 
conseils de Marchesi, qui se chargea du soin 
de perfectionner son goût. Tels furent les 
avantages qu'elle recueillit des leçons de ces 
deux maîtres que, malgré l'extérieur le plus 
repoussant, malgré les défauts d'une partie de 
son organe vocal, elle excita partout l'admi- 
ration. La plupart des biographes qui ont écrit 
sur cette cantatrice ont dit que sa voix était 
originairement un contralto qui s'était élevé 
progressivement; c'est le contraire qui est 
exact. Lorsque madame Pisaroni débuta à 
Bergame, dans l'été de 1811, à l'âge de dix- 
liuit ans, elle chantait en soprano aigu les 
rôles de Griselda, Camilla, et autres du ré- 
pertoire de celte époque. Applaudie à Ber- 
game, elle fut appelée à Vérone dans la saison 
suivante, et le succès qu'elle y obtint la fit 
connaître de toute l'Italie. De retour à Plai- 
sance vers la fin de 1812, elle y chanta avec 
succès. Appelée à Parme au commencement 
de 1813, elle y eut une maladie longue et sé- 
rieuse aprèslaquelle elle perditquelques notes 
aiguës de sa voix, tandis que la partie grave 
de l'organe acquit de l'étendue et de la force. 
Obligée de renoncer à son premier emploi, 
elle prit celui de contralto, et l'exercice dé- 
veloppa si bien en elle les avantages de ce 
genre de voix, qu'en peu de temps elle fut 
considérée à juste titre comme le premier con- 
tralto de l'Italie, quoiqu'elle ne pût donner 
quelques notes qu'avec un accent guttural de 
l'effet le plus désagréable. Applaudie sur les 
théâtres de Venise, de Florence, de Padoue, 
de Palerme, de Naples, de Milan et de Turin, 
elle fut appelée, sur sa réputation, à Paris, en 
1827, et y débuta au mois de mai, par le rôle 
d'Arsace de Semiramide. Je n'oublierai 
jamais l'effet qu'elle produisit sur l'auditoire 
lorsque arrivant surla scène en tournant le dos 
au public, et considérant l'intérieur du temple, 
elle fit entendre d'une voix formidable, admi- 
rablement posée, cette phrase : Eccomi al fin 
in Babilonia! Des transports unanimes ac- 
cueillirent ces vigoureux accents et cette large 
manière, si rare de nos jours; mais lorsque 
la cantatrice se retourna et fit voir des traits 
horriblement bouleversés par la petite vérole, 
une sorte de cri d'effroi succéda à l'enthou- 
siasme, et l'on vil des spectateurs fermer les 
yeux pour jouir du talent sans être obligés de 
regarder la personne. Avant la fin de la re- 



présentation, le talent avait remporté une 
victoire complète dans la cavatine, dans le 
duo avec Assur, dans le finale du premier 
acte, dans le grand duo du second, et dans le 
rondo In si barbara sciagura. Après quelques 
mois, le public ne songea plus à la ligure de 
madame Pisaroni, dominé qu'il était par la 
puissance de son talent. La Donna del lago 
lui fournit une autre occasion de montrer sa 
supériorité dans le rôle de Malcolm, et l'Ila- 
liana in Algeri prouva qu'elle n'avait pas 
moins d'habileté dans le genre bouffe. 

Moins heureuse à Londres qu'à Paris, elle y 
chanta sans succès, en 1829, et n'y trouva 
personne qui sût apprécier Pélévalion de son 
style. En 1830, madame Pisaroni se rendit à 
Cadix, où elle chanta pendant deux ans. De 
retour en Italie, elle n'y a pas retrouvé la fa- 
veur qui l'accueillait autrefois. D'ailleurs, le 
répertoire de Rossini était usé, et Pon n'écri- 
vait plus pour la voix de contralto : ces cir- 
constances la déterminèrent à se retirer dans 
sa ville natale, où elle vit encore, je crois 
(1863), dans une honnête aisance. 

PISCHEK (Jean-Baptiste), baryton dis- 
tingué du théâtre allemand, est né à Melnik 
(Bohéme) 7 le 14 octobre 3814. Destiné à la- 
profession d'avocat, il fit ses études à Prague 
et y suivit les cours de droit ; mais son amour 
pour la musique, son goût pour le théâtre et 
la beauté de sa voix, lui firent prendre la ré- 
solution de se vouer à la scène. Après avoir 
fait pendant deux ans des études de chant, if 
débuta au théâtre de Prague, en 1835, dans la 
Norma de Bellini. Appelé ensuite à Brunn et 
à Presbourg, il y obtint des succès qui le firent 
engager pour le théâtre de Vienne, en 1837. 
Ce fut dans cette ville que son talent prit tout 
son développement. Guhr (voyez ce nom), qui 
l'entendit dans quelques-uns de ses bons 
rôles, en 1840, l'engagea immédiatement pour 
le théâtre de Francfort-sur-le-Mein, et lui ac- 
corda des appointements considérables. Sa ré- 
putation s'étendit bientôt dans toute l'Alle- 
magne, et ses succès à Berlin, en 1843, à 
Prague, dans l'année suivante, et à Stuttgard, 
eurent beaucoup d'éclat et le firent appeler à 
Londres, en 1845. De retour en Allemagne, iï 
rentra au théâtre royal de Stuttgard. En 1848, 
il chantait à Hambourg. Quatre fois, il fut 
rappelé à Londres et toujours y fut considéré 
comme un chanteur d'élite. Je l'entendis dans 
celte ville, en Ï851 : il n'avait rien perdu de 
la beauté de sa voix et chantait avec un très- 
bon sentiment. Depuis cette époque, je n'aî 
plus eu de renseignements sur la suite de sa 



Gl 



PISCHEK - P1ST0CGIII 



carrière. Bon musicien et pianiste habile, 
Pischek a composé des Lieder qui ont été re- 
cherchés en Allemagne. 

PISENDEL (Jean-Georges) , maître de 
concerts de l'électeur de Saxe, roi de Pologne, 
naquit à Carlsbourg, petite ville de la Fran- 
conie, le 26 décembre 1087. A l'âge de neuf 
ans, il entra comme enfant de chœur dans la 
chapelle du margrave d'Anspach, placée alors 
sous la direction de Pistocchi, et dont Corelli 
était premier violon. Devenu élève de ce der- 
nier, il fit de si rapides progrès sur le violon, 
qu'il put être nommé violoniste de la chapelle 
à l'âge de quinze ans. En 1709, il se rendit à 
Leipsick, pour y suivre les cours de l'univer- 
sité ; trois ans après, il entra dans la chapelle 
du roi de Pologne, puis fut attaché à la per- 
sonne du prince héréditaire de Saxe, qu'il ac- 
compagna à Paris, en 1714, à Berlin, l'année 
suivante, en Italie pendant les années 1716 et 
1717, et enfin à Vienne, en 1718. De retour à 
Dresde, il y reprit son service à la cour, et 
succéda, en 1728, à Volumier, en qualité de 
maître de concerts. Il se distingua dans cette 
place par les qualités d'un excellent chef 
d'orchestre. En 1754, il suivit le roi de Po- 
logne à Varsovie, avec quelques artistes de la 
chapelle de Dresde. Il mourut le 25 novembre 
1755, à l'âge de soixante-huit ans. Pisendel 
avait étudié l'harmonie et la composition sous 
la direction de Heinichen : il laissa en manu- 
scrit quelques concertos de violon, dont un 
avait été composé pour la dédicace de la nou- 
velle église catholique de la cour de Dresde, 
des solos pour le même instrument, et des 
fugues à quatre parties instrumentales. 

l'ISTICCI (Athanase), grand cordelicr, 
maître de chapelle de son ordre au couvent de 
Pis»:, dans la première moitié du dix-septième 
siècle, a fait imprimer de sa composition : 
1" Motelli a Ire voci con il basso per l'or- 
gano; Venise, 1629, in-4°. 2° Motetti a 2e5 
voci, lib. 2; ibid., 1633. 3° Idem, lib. 5j 
ibid. 4° Salmi a qualtro voci. 

PISTILL1 (Achille), compositeur napoli- 
tain, fit ses éludes musicales au collège royal 
de musique de San-Pietro a Majella. Sorti 
deectte institution, il fil représenter, en 1840, 
au théâtre Nuovo de Naples, Il finlo Feuda- 
tario, qui ne réussit pas. En 1846, il a donné 
dans la môme ville Ilodolfo di firienza, 
opéra romantique, qui fut plus heureux. Quel- 
ques morceaux de cet opéra ont été publiés 
avec accompagnement de piano, à Milan, chez 
Ricordi. Depuis ce second essai, le nom de cet 
artiste a disparu du monde musical. 



PISTOCCHI (François-Antoine), compo- 
siteur et célèbre professeur île chant, naquit 
en 1659, à Palerme, suivant le témoignage de 
Fanluzzi (Notizie degli Scritl. Bolog., t. 6), 
et non à Bologne, comme l'ont affirmé tous 
les biographes. Ce qui a causé leur erreur, 
c'est qu'il fut transporté dans sa première en- 
fance, avec toute sa famille, dans cette der- 
nière ville. Il y fut dirigé par son père dans 
l'étude de la musique et de la composition, et 
ses progrès furent si rapides, qu'à l'âge de 
huit ans il fut en état de publier son premier 
ouvrage sous ce litre : Caprici puerili varia- 
mente composti in 40 modi, sopra un basso, 
da un balbelto in età d'anni 8, op. 1, Bo- 
logne, 1667', in-folio. Pistocchi reçut ensuite 
des leçons de chant du P. Vastamigli, carme 
de San-Martino-Maggiore, puis il devint 
élève de Barlolomeo Monari. Ses études ter- 
minées, il fut élu mailre de chapelle de San- 
Giovanni-in-Monte. En 1692, il fut admis 
membre de l'Académie des Philharmoniques 
de Bologne, dans l'ordre des compositeurs; il 
en fut prince en 1708, et, pour la seconde fois, 
en 1710. Vers l'âge de vingt ans, il se con- 
sacra au théâtre; mais quel que fût son talenl, 
les défauts de son extérieur et la faiblesse de 
son organe l'empêchèrent d'obtenir les succès 
qu'il espérait. Bientôt il quitta cette carrière, 
embrassa l'état ecclésiastique et entra dans la 
congrégation de l'Oratoire. Son mérile comme 
compositeur le fit appeler à la cour du mar- 
grave de Brandebourg-Anspach, Frédéric III, 
en qualité de maître de chapelle. Il y composa 
plusieurs opéras, entre autres celui de Nar- 
ciso, sur le poème d'Apostolo Zeno, repré- 
senté en 1697. Deux ans après, il se rendit à 
Venise, où il écriyil II Mart irio diS. Adriano, 
oratorio, et l'année suivante, il alla à Vienne 
pour y composer le liise di Dcmocrile, 1700. 
On connaît aussi de lui Lea>idro, 1679, // Gi- 
re//o,1681,et l'oratorio intitulé Maria f irgine 
addolorata, 1698. Ses autres œuvres pratiques 
sont : 1° Scherzi musicali, collection d'airs 
italiens, fiançais et allemands, publiée à 
Amsterdam, chez Roger (sans date). 2° Duetli 
e Terzetti, Bologne, 1707, op. 3. Enfin on 
trouvait, il y a quelques années, chez Breil- 
kopf, à Leipsick, le psaume 147, Lauda Jé- 
rusalem, à cinq voix et basse continue, en 
manuscrit, sous le nom de Pistocchi. 

Mais ce qui assure surtout à Pislocchi une 
gloire impérissable, c'est d'avoir établi à Bo- 
logne, vers 1700, une école de chant d'oii sont 
sortis les plus grands chanteurs de la première 
moitié du dix huitième siècle, tels que Antoine 



PISTOCCHI — PITONI 



65 



Bcrnacclii, Ant. Pasi, J.-B. Minelli, A. Pio 
Fahri, Borlolino de Faenza, etc., etc. Là, pour 
la première fois, la pose du son, la vocalisation 
I>ien articulée, l'expression dramatique furent 
enseignées méthodiquement. Enfin l'émulation 
que celte école produisit dans le reste de 
l'Italie donna naissance à une multitude 
d'autres établissements du même genre, et 
particulièrement à l'admirable école napoli- 
taine, établie par Dominique Gizzi, en 1720. 
On ignore l'époque de la mort de Pistocchi; 
on a cependant la preuve qu'il existait encore 
et même qu'il composait en 1717, car il existe 
un livret d'oratorio intitulé : La Fuga di 
santa Teresia per musica (in-4°, sans nom 
de lieu), où l'on voit que la poésie a été écrite 
par le docteur Eustachio Manfredi, de Bo- 
logne, pour l'usage de la congrégation de 
Saint-Philippede Neri, de la maison de Forli, 
et que la musique a été composée par le 
P. Francesco Pistocchi, prêtre de l'Oratoire, 
dans cette même année 1717. 

PISTORIUS (Jean-Frédéric), docteur en 
droit, fut chantre de la chapelle de l'électeur 
de Bavière et élève de Boland de Lassus. Il a 
publié de sa composition : Psalmodia vesper- 
tïna cum aliquot B. M. V . canticis 4 et 5 
vocibus; Munich, 1595, in-4°. 

PISTORIUS (Hermann-Alexandre) est 
né le 23 avril 1815, à Potsdam, où son père 
était organiste de la communauté des frères 
moraves et professeur de l'école de la garnison. 
En 1834, Pistorius fut nommé professeur de 
musique du séminaire des instituteurs, et deux 
ans après, il obtintlemémelitre à l'écoled'in- 
dustrie de Berlin. Il était membre de l'Aca- 
démie de chant de cette ville et de la Lieder- 
fa/W instituée par Zelter. Pistorius est mort à 
Berlin, le 21 juillet 1845. On a publié des 
Lieder de sa composition, à Berlin, chez Chaî- 
ner et chez Traulwein. 

PITICCHIO (François), maitre de cha- 
pelle à Palerme, dirigea, vers 1780, l'Opéra 
italien à Brunswick, et y fit représenter la 
Didone abbandonata, de sa composition. En 
1784, il donna à Dresde l'opéra bouffe Gli 
Amanti alla prova; puis il se rendit à 
Vienne, où il écrivit 77 Bertoldo, représenté 
en 1787. Il paraît qu'il séjourna plusieurs 
années en cette ville; il y publia : 1° Douze 
canzoncltes italiennes avec accompagnement 
de piano; Vienne, Artaria. 2° Douze idem, 
op. 5; Vienne, Kozeluch. On a aussi sous son 
nom : 5° Six quintettes pour deux violons, 
deux altos cl basse; Offcnbach, André. 

PITICCHIO (Pierre-Paul), compositeur 
jiioi.ii. dsiv. des iuusicir..\s. r. vu. 



italien, vécut à Borne dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. On connaît de lui, en 
manuscrit, une cantate à deux voix de soprano 
et orchestre, intitulée : Le Allegrezze pasto- 
rali; des duos pour deux soprani ; quinze 
quintettes pour deux hautbois, deux cors et 
basson, et six pièces d'harmonie pour quatre 
hautbois, deux cors et deux bassons. 

PITOIVI (Joseph-Octave), savant compo- 
siteur de l'école romaine, naquit à Bieti, le 
18 mars 1G57. Il n'était âgé que de onze mois 
quand ses parents allèrent s'établir à Borne 
avec lui. A cinq ans, il entra dans l'école de 
musique de Pompeo Natale, où il apprit les 
éléments du chantet du contrepoint : trois ans 
après il entra comme soprano dans l'église 
Saint-Jean-des-FIorentins, puis à celle des 
XII Apôtres, où, encore enfant, il fit entendre 
quelques-unes de ses composilions qui excitè- 
rent l'admiration de Fr. Foggia. Ce maître, 
l'ayant demandé à ses parents, le dirigea dans 
ses études de contrepoint pendant plusieurs 
années. Parvenu à l'âge de seize ans, en 1673, 
Pitonifut élu maître de chapelle de la Terra di 
Botondo, et dans l'année suivante, il entra dans 
la chapelle de la cathédrale d'Assise, où il 
s'occupa à mettre en partition les œuvres de 
Paleslrina. Cette élude fut toujours considérée 
par lui comme la meilleure : il en recomman- 
dait l'usage à ses élèves. En 1676, on lui confia 
la direction de la chapelle de la cathédrale 
de Rieti ; mais il n'y resla qu'une année, ayant 
été choisi, en 1677, comme maître de chapelle 
de la collégiale de Saint-Marc, à Rome. Ce fut 
dans celle église qu'il fit entendre pour la 
première fois ses composilions à deux et trois 
chœurs. 11 y conserva son titre de maître de 
chapelle pendantsoixanle-sixans,et y joignit, 
en 1686, la direction de la chapelle du collège 
allemand de Sainte-Apollinaire, puis, en 1686, 
celle de maître de Saint-Laurent in Bamaso, 
par la protection du cardinal Ottoboni. En 
1708, le chapitre de Saint-Jean de Lateran 
l'élut à l'unanimité pour en diriger la mu- 
sique, mais, en 1719, il renonça à cette place 
pour celle de maître de Saint-Pierre du Vati- 
can. A ces différents emplois, il réunit aussi 
ceux de maîlre de Saint-Augustin, de Saint- 
André délia Faite, de Sainte-Marie in Cam- 
pilelli, de Sainte-Marie délia Pace, deSainl- 
Étienne del Cacco,el de Saint-Charles a' Ca- 
tinari. Il mourut à Rome, le 1 er février 1745, 
à l'âge de près de quatre-vingt-six ans, et fut 
inhumé dans l'église de Saint-Marc. 

Pitoni fut un des plus savants maîtres de 
l'école romaine dans les temps modernes. 

5 



PITONI — P1TSCH 



L'abbé Baini dit avec raison que ses composi- 
tions ont conservé jusqu'à ce jour toute leur 
Fraîcheur; il cite en particulier la fugue du 
Dixit à 1G voix, en quatre chœurs réels, qui 
se chante chaque année aux secondes vêpres 
de Saint-Pierre, dans la basilique du Vatican, 
et qui parait toujours plus belle, ainsi que 
ses messes intitulées LiPastori a Maremme, 
Li Pastori a montayna, et J/osca. Je pos- 
sède de ce maître une messe à huit, et des 
canons qui m'ont donné aussi une haute idée 
de son mérite. Les compositions de Piloni, 
écrites pour le service des différentes églises 
où il était maître de chapelle, sont en nombre 
immense : jamais il ne faisait entendre dans 
une église ce qu'il avait écrit pour une autre. 
Ses messes et ses psaumes à trois chœurs, avec 
et sans instruments, s'élèvent à plus de qua- 
rante; il a écrit plus de vingt messes et 
psaumes à seize voix en quatre chœurs, avec 
et sans instruments; enfin, pour la seule ba- 
silique du Vatican, il a composé le service 
entier de toute l'année, tant en messes que 
vêpres des fêtes de première et seconde classe, 
dimanches, communs et propres «les saints. 
Pitoni a laissé également quelques psaumes et 
motels à six et à 9 chœurs, chacun composé 
de quatre parties; il avait commencé à écrire 
une messe à quarante-huit voix en douze 
chœurs, mais son grand âge ne lui permit pas 
de l'achever. On conserve aussi de lui dans 
quelques bibliothèques d'excellentes études de 
contrepoint écrites pour l'instruction de ses 
élèves. L'abbé Sanlini possède en manu- 
scrit, de Piloni : Irois messes à huit; deux 
Dixit à huit; Tu es Petrus et O vos omnes 
à huit; dix motets à trois et à quatre; Dus 
iras à six, un des plus beaux ouvrages de ce 
mailre; Dixit à quatre avec orchestre; autre 
Dixit à huit idem; quatre hymnes sur le 
plain-chant. Le chanoine Proske (voyez ce 
nom) a publié de Piloni, dans sa belle col- 
lection intitulée Musica divina (tome I' r , 
p. 209), la messe en partition lu \atii iiate 
Domini, à quatre voix, et (p. 289) la messe 
Pro defnnetit, également à quatre voix. Dans 
le second volume (Liber JJolcttorum), il a 
donné en partition six motels à quatre voix 
du même compositeur. On a aussi de Piloni : 
fllolelti a due voci ; Rome, IMascardi, 1097. 
Enfin, Pitoni a rendu un service important 
aux historiens de la musique par la compo- 
sition d'un livre intitulé : Notizie dei maeitri 
di cappella si di Roma cite ollramonlaiii, 
ossia Notizia di contrappuntisti ecomposi- 
turi di musica deyli anni ddl' cra crisliana 



1500 sino al 1700. dont le manuscrit original 
existe dans la bibliothèque du Vatican. C'esl 
de cet ouvrage que l'abbé Baini a tiré la plu- 
part des notices sur les musiciens italiens, et 
particulièrement sur ceux de l'école romaine, 
dont il a rempli ses Mémoires sur la vie et' les 
ouvrages de Palestrina. Je suis redevable au 
savant M. Gaspari de Bologne, de l'indication 
d'un ouvrage important de Pitoni, dont l'abbé 
Baini, ni aucun autre musicien érudit, n'ont 
eu connaissance. De ce livre, dont cent huit 
pages seulement, sans frontispice, ont été im- 
primées, l'on a perdu le manuscrit qui, du 
moins, ne s'est pas retrouvé jusqu'à ce jour. 
Ces cent huit pages contiennent le premier 
livre, divisé en XVI chapitres, qui traitent 
des intervalles des sons et de leur succession. 
M. Gaspari en donne ainsi le titre, copié sur la 

première page : 

Guida 

A rmonica 

Di Giuseppe Ollaiio Piloni 

Maestro di cappella di Sun Lorenzo in Damaso 

et di S. Apollinare in Roma. Libro primo ; 

Cap. I. 

Dove si traita dclle ennsonanze e dissonance 

e corne si pratticano. 

M. Gaspari conjecture que l'impression de 
ce fragment a été faite après 1089, époque où 
Pitoni fut nommé mailre de chapelle de Saint- 
Laurent in Damaso. Durante, L. Léo et 
Fr. Feo furent élèves de Piloni. Jérôme Chili, 
de Sienne, ami de ce célèbre musicien, a écril 
sur sa vie une longue notice qui se trouve dans 
la bibliothèque de la maison Corsini alla 
Lungara,de Rome. 

J'ITSCII (Chaules-François), organiste 
de l'église Saint-Nicolas, à Prague, naquit en 
1789, à Patzdorf, en Bohême, où son père 
était instituteur. A l'âge de quatre ans, il 
commença l'élude du violon, du clavecin et 
de l'orgue; ses progrès furent si rapides, qu'il 
remplit quelquefois les fonctions d'organiste 
à Beiehenbach (Silésie), «lès l'âge de huit ans. 
Ce fut dans ce lieu qu'il apprit l'harmonie, 
sous la direction de Constantin Bach. Plus 
tard, il fréquenta l'Université de Prague et y 
lit un cours de philosophie; puis, il fut, pen- 
dant quelques années, instituteur dans la 
maison d'un noble en Autriche. De retour à 
Prague, il .s'adonna uniquement à la musique 
cl obtint, en 18Ô-', la place d'organiste de 
Saint-Nicolas. En 1840, il reçut sa nomina- 
tion de professeur au Conservatoire de Prague 
et, dans l'année suivante, on le chargea de la 
direction de l'école d'orgue de celle ville. 
Pilsch est mort dans celle position, le lô juin 
1858. Il élait membre correspondant de la 






P1TSCII - PIXIS 



67 



Société hollandaise de Rotterdam pour les 
progrès delà musique. Parmi ses ouvrages, on 
remarque l'hymne O Erstcrl dessen Hmich 
ich bin, pour deux chœurs à quatre voix cha- 
cun, avec orgue, violoncelle et contrebasse; 
Prague, Hoffmann. Jllcluya , fugue pour 
l'orgue; ibid. Six préludes pastoraux idem; 
ibid. Vingt préludes courts et faciles pour 
l'orgue ; ibid. Répertoire des organistes pour 
les fêtes solennelles de l'église ; Leitmeritz. 
Pitsch a donné, à Prague, une deuxième édi- 
tion du livre de l'abbé Vogler, Handbuch fiir 
dit ' Harmonielehre und fiir den Generalbass. 

PITTERLIN (Frédéric-Adolphe), né à 
Bautzen, vers 17G0, alla à Leipsick, en 1785, 
étudier la théologie; mais un penchant irré- 
sistible lui fit abandonner cette science pour 
la musique. Devenu directeur de musique de 
la troupe d'opéra dirigée par Seconda, il écri- 
vit la musique de plusieurs ballets, des panto- 
mimes et l'opéra intitulé les Bohémiens, qui 
Tut représenté avec succès dans plusieurs 
villes d'Allemagne. Plus lard, il entra comme 
chef d'orchestre dans la Société dramatique 
de Dœbbler, avec laquelle il voyagea et arriva 
à Magdebourg, en 1796. L'année suivante, 
Touverture et les chœurs qu'il avait compo- 
sés pour la tragédie intiluléey///m2 obtinrent 
tin brillant succès dans celle ville. Il s'y dis- 
tingua aussi dans la direction des concerts 
d'hiver donnés par la loge maçonnique et par 
la Société philharmonique; mais une maladie 
de poitrine le conduisit au tombeau, le 1 er oc- 
tobre 1804. On connaît des symphonies à 
grand orchestre de la composition de Pii- 
terlin. 

PIXÉRÉCOURT (René- Char les GUIL- 
BERT DE), célèbre auteur de mélodrames et 
de livrets d'opéras comiques, est né le 22 jan- 
vier 1773, au village de Pixérécourt, près de 
Nancy, dont il a pris le nom. Fils d'un an- 
cien major au régiment de Royal-Roussillon, 
il fut traité dans sa jeunesse avec beaucoup de 
sévérité par son père, qui le destinait au bar- 
reau ; mais après les premiers événements de 
la révolution, il érnigra et fil la campagne de 
1792 comme officier, dans l'armée du duc de 
Bourbon. Rentré en France, l'année sui- 
vante, il se cacha à Paris pendant le régime 
de la terreur, sous ie nom de Pixérécourt, 
qu'il a gardé depuis lors. Entré plus lard 
dans l'administration des domaines, il y par- 
vint au rang d'inspecteur. Après trente ans de 
service, il a obtenu sa retraite de cet emploi 
avec la pension qui lui était due. Devenu di- 
recteur de l'Opéra-Comique, en 1824, il a 



conservé celte position jusqu'à la fin de 1827, 
où des discussions avec les sociétaires de ce 
théâtre l'obligèrent à se retirer. En 1838, il a 
quitté Paris pour aller achever ses jours à 
Nancy, où il est mort le 27 juiMet 1 844. Guilbert 
de Pixérécourt a obtenu de brillants suc- 
cès aux théâtres des boulevards de Paris, par 
une multitude de mélodrames remarquables 
sous les rapports de l'originalité des idées et 
de l'effet scé ni que. Il a aussi donné quelques 
pièces à l'Opéra-Comique. Ami de Dalayrac, 
il a écrit une notice détaillée sur la vie et les 
ouvrages de ce compositeur, intitulée: Vie de 
Dalayrac, contenant la liste complète des 
productions de ce célèbre compositeur, par 
R. C. G. P. ; Paris, Barba, un volume in-12. 
A l'occasion de ses discussions avec les socié- 
taires du théâtre Feydeau, il a aussi publié 
un recueil de pièces intitulé simplement : 
Théâtre royal de V 'Opéra-Comique, volume 
in-4° de quatre-vingt-onze pages, sans nom 
d'auteur, d'imprimeur, sans nom de lieu, et 
sansdale (1827). 

PIXIS (Frédéric-Guillaume), organiste 
de l'église réformée à Manheim, depuis 1770, 
et ancien élève de la première école de l'abbé 
Vogler, a publié de sa composiiion : 1° Huit 
préludes courts et faciles pour l'orgue, pre- 
mière suite; Manheim, 1791. 2° Huit idem, 
deuxième suite; ibid., 1792. 3° Deux sonatines 
pour piano; ibid., 1792. 4° Trios pour piano, 
violon et violoncelle; ibid., 1794. Les bio- 
graphes allemands ne fournissent aucun ren- 
seignement sur les dernières années et la 
mort de cet artiste; on sait seulement qu'il 
vivait encore à Manheim en 1805. 

PIXIS (Frédéric-Guillaume), fils aîné du 
précédent, est né à Manheim, en 178G. 
A l'âge de cinq ans, il commença l'étude du 
violon : son premier maître fut un musicien 
obscur nommé Ritter. Luigi, violoniste à Of- 
fenbach, lui donna ensuite des leçons; puis il 
devint élève de Frœnzel. Il avait à peine 
atteint sa dixième année, lorsqu'il joua avec 
son frère dans un concert public, à Manheim; 
puis tous deux, sous la direction de leur père, 
voyagèrent en Allemagne, pour y donner des 
concerts, et visitèrent Carlsruhe, Stuttgard, 
Gœttingue, Cassel, Brunswick, Zell, Brème et 
Hambourg. Arrivé en cette ville, en 1797, 
lorsque Violti s'y trouvait, le jeune violoniste 
profita des conseils de ce célèbre artiste. En 
1799, Pixis fit un nouveau voyage à Hanovre 
avec son frère et son père; puis visita Leip- 
sick, Berlin, Dresde et Varsovie, où de grands 
éloges furent donnés à son talent. De retour à 



C8 



PIXIS — PIZZATI 



Manheim, en 1804, il entra dans la chapelle 
du prince palatin. Deux ans après, il se remit 
en voyage, s'arrêta quelque temps à Vienne, 
puis se fixa à Prague, où il fut nommé profes- 
seur du Conservatoire et chef d'orchestre du 
théâtre. Il est mort dans cette ville, le 20 oc- 
tobre 1842. Quelques-unes des compositions 
attribuées par le Manuel de la littérature mu- 
sicale de Whislling à Jean-Pierre Pixis, frère 
de Frédéric-Guillaume, appartiennent à ce 
dernier, notamment les variations pour violon 
et orchestre sur l'air allemand : War 's viel- 
leicht um eins; Vienne, Leidersdorf, et un 
concertino pour violon et orchestre, op. 1 ; 
ibid. 

PIXIS (Jean-Pierre), frère du précédent, 
né à Manheim en 1788, a eu de la réputation 
comme pianiste et comme compositeur. Élève 
de son père, il voyagea avec lui et avec son 
frère pour donner des concerts, dès l'âge de 
neuf ans. Depuis 1803 jusqu'en 1808, il re- 
prit à Manheim le cours de ses études musi- 
cales, et s'y livra à l'enseignement du piano. 
En 1809, il s'établit à Munich, et y publia 
quelques-unes de ses compositions, puis se 
rendit à Vienne, où il vécut plusieurs années. 
Fixé à Paris, en 1825, il y fit paraître quel- 
ques-uns de ses meilleurs ouvrages, et y fut 
considéré comme un des bons professeurs de 
piano de cette époque. Il avait adopté pour 
sa fille une orpheline allemande, connue sous 
le nom de Franciïla Pixis, mais dont le nom 
de famille était Giiringer; depuis lors il se 
livra presque exclusivement à l'éducation mu- 
sicale de celte jeune personne, et en fit une 
cantatrice distinguée. Dès ce moment, il a cessé 
de se faire entendre dans les concerts, et ses 
travaux dans la composition ont eu moins 
d'activité. En 1828, il était allé revoir sa ville 
natale, après avoir f»it un voyage à Londres. 
En 1833, il voyagea en Allemagne avec sa 
fille adoptive, et la fit entendre avec succès à 
Prague, Leipsick etDresdc. De retour à Paris, 
où son élève ne réussit pas aussi bien qu'il 
l'avait espéré, il partit avec elle pour l'Italie, 
et lui procura des engagements pour quelques 
théâtres où son talent se développa. Après 
avoir brillé sur le théâtre de Palerme, Fran- 
ciïla Pixis obtint un beau succès au théâlre de 
Saint-Charles, à Naplcs, dans Sapho, opéra 
écrit pour clic par Pacini (1840). Après que 
cette cantatrice se fut mariée, Pixis alla se 
fixer à Baden-Baden, où il avait acheté une 
maison. Je l'ai retrouvé dans cet agréable 
lieu, en 1850; il s'y livrait à l'enseignement 
avec beaucoup d'ardeur, et paraissait avoir 



cessé de composer. Je crois qu'il y vit encore 
(18G3). 

Plus de cent cinquante œuvres de tout 
genre sont connus sous le nom de cet ar- 
tiste estimable : dans le nombre , on re- 
marque une symphonie à grand orchestre, 
op. 5, Breslau , Fœrster ; des quintettes 
pour deux violons, deux altos et basse; des 
quatuors pour deux violons, alto et violon- 
celle, op. 7, Vienne, Mechetli, et op. 09, 
Leipsick, Probst; des concertos pour piano; 
un concertino idem, op. 68; des rondeaux 
brillants pour piano et orchestre; de grandes 
variations, idem, op. 36, 59, 66, 87, etc.; un 
quatuor pour piano, violon, alto et basse, 
op. 4; Leipsick, Breitkopf et Haertel ; des 
trios pour piano, violon et violoncelle, op. 75 
et 87, compositions d'un mérite remarquable; 
des sonates pour piano, violon ou flûte, et 
violoncelle, op. 14, 17, 24, 30, 35, 38, 
62, etc.; des sonates pour piano seul, op. 3, 
10 et 85; enfin, une multitude de fantaisies, 
de variations et de pièces de différents genres 
pour piano à quatre et à deux mains. En 
1831 , Pixis a fait représenter, au théâtre 
allemand de Paris, Bibiana, opéra écrit pour 
madame Schrœder-Devrient : cet ouvrage n'a 
point obtenu de succès. En 1836, il a donné 
aussi, au théâtre Rœnigstadt, de Berlin, l'opéra 
intitulé Die Sprache des Herzens (le Langage 
du cœur). 

PIXIS (Théodore), fils de Frédéric-Guil- 
laume, naquit à Prague, le 13 avril 1831. 
Élève de son père pour le violon, il débuta 
dans sa ville natale à l'âge de dix ans, et s'y 
fit remarquer par sa précocehabilcté.Enl84G, 
il se rendit à Paris près de son oncle qui lui 
fit donner des leçons par Baillol; puis il 
voyagea pour donner des concerts et obtint 
partout des succès. Arrivé à Cologne, en 1850, 
il y fut attaché comme maître de concert et 
professeur dn Conservatoire. A l'âge de vingt- 
cinq ans, cet artiste, frappé d'un coupdesang, 
mourut subitement le 1 er août 1856. On con- 
naît de sa composition deux recueils de 
Liedcr, et plusieurs solos de violon avec ac- 
compagnement de piano. 

PIZZATI (l'abbé JosErn), savant italien, 
vécut à Venise vers la fin du dix-huitième 
siècle. On lui doit un livre concernant la 
théorie de l'harmonie, intitulé : La scienza 
de' suoni e deW armonia; diretta spécial- 
mente a render ragionc de' fenomeni cd a 
conoscer la nalura e le leggi délia medesima, 
corne a giovare alla pratica del conlrap- 
1 punto ; opéra divisa in cinque parti; 



PIZZATI - PLANITZER 



60 



Venise, 1782, petit in-fol. de trois cent cin- 
quante-huit pages, avec quarante-neuf pages 
d'exemples. Une analyse étendue de cet ou- 
vrage a été publiée dans les Effemeridi let- 
terarie di Roma (t. XIII, p. 29). Il en 
a été fait aussi une critique dans le Giornale 
de'Letterati (année 1782, t. XLVIII, p. 3-59); 
elle a pour titre : Letlera del sig. Ab. Fran- 
cesco Gori Pannilini di Siena , cavalière 
Gierosolimitano, sopra la Scienza de' suoni, 
deW Ab. Giuseppe Pizzati. 

PIZZOM (le P. Éléazar), moine du tiers 
ordre de saint François, né à Parme vers 
1020, fut maître de chapelle de l'église de son 
ordre, appelée Satita Maria délia carità, à 
Bologne. Membre de l'Académie des Philhar- 
moniques de cette ville, dès sa fondation, il en 
fut prince en 1070. On a imprimé de sa com- 
position : 1° Ballettti , Correnli , etc., a 
5 stromenti, op. 1 ; Bologne, 1009, in-4°. 
2° Motetti sacri a voce sola, op. 2 ; ibid., 
1070, in-4°. 

PLACH (François), luthier à Schœnbach, 
en Bohême, vers 1788, s'est fait connaître 
avantageusement par délions violons. 

PLACI1Y (Wenceslas), né à Rlopotowitz, 
en Moravie, le 4 septembre 1785, reçut des 
leçons de musique de son oncle, Antoine 
Plachy, et se fixa à Vienne, tians sa jeunesse. 
Il s'y lia d'amitié avec Hummel et Fœrster, 
donna des leçons de piano, et fut nommé or- 
ganiste de l'église des Piaristes, en 181 1 . Il a 
fait imprimer, chez divers éditeurs de cette 
ville, environ soixanle-dix œuvres de so- 
nnâtes et de pièces de piano et de chant, d'un 
style agréable et facile. Parmi ses compo- 
sitions , on remarque : 1° Messe à quatre 
voix et orchestre, op. 24; Vienne, Cappi. 
2" Graduel à quatre voix, deux violons, con- 
trebasse et orgue, op. 34; ibid. 5° Deux 
Tantum ergo à quatre voix et orchestre, 
op. 35 et 56 ; ibid. Plachy est mort à Praguej 
le 7 juillet 1858. 

PLAINE (Jean-Marie), harpiste et profes- 
seur d 1 harmonie, né à Paris, en 1774, s'est 
fait connaître depuis 1798 jusqu'en 1827 par 
la publication d'environ trente œuvres de so- 
nates pour la harpe (n os 1 à 8), d'études (trois 
cahiers), de fantaisies (n os l à 10), de nocturnes 
et de variations. Ces ouvrages, qui d'abord 
ont paru chez l'auteur, sont ensuite devenus 
la propriété de Frey, et en dernier lieu de 
M. Richaull. On a aussi de cet artiste un 
Cours d'harmonie divisé en douze leçons 
claires et faciles; Paris, Bichault, in-fol. de 
cinquante-trois pages. 



PLA1NELLI (Antoine), littérateur italien, 
chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jéru- 
salem, naquit à Bitonto, dans le royaume de 
Naples, le 17 juin 1747. Après avoir terminé 
ses études à l'université d'Altamura, il se 
rendit à Naples et s'y livra d'abord à des ex- 
périences de chimie, qu'il abandonna ensuite 
pour la culture des lettres. Au nombre de ses 
ouvrages, on remarque : Bell' opéra in 
musica; Naples, Campo, 1772, ip 8° de deux 
cent soixante-douze pages. Cet ouvrage, di- 
visé en sept parties, dont la première renferme 
un abrégé de l'histoire de l'Opéra en Italie, 
et dont les autres traitent de la poésie de ce 
genre de spectacle, de la musique, des déco- 
rations et des machines, de la danse et de la 
direction générale de l'ensemble, renferme 
quelques bonnes idées; mais le sujet n'y est 
pas conçu d'une manière assez vaste. Planelli 
est mort à Naples, d'une maladie nerveuse, au 
mois de mars 1803. 

PLANES (François-Joseph), né le 12 août 
1755, à Hirschau, petite ville près d'Amberg, 
en Bavière, fit ses premières études sous la 
direction du cantor Wtihrl, puis entra à l'âge 
de quinze ans au séminaire d'Amberg, où il 
apprit à jouer du piano, du violon et les prin- 
cipes de l'harmonie. Après que les jésuites 
eurent été expulsés de la Bavière, il alla con- 
tinuer ses éludes à Sulzbach. Pendant qu'il y 
faisait sa rhétorique, Wuhrl mou rut; Planes fut 
rappelé dans sa ville natale pour le remplacer, 
et reçut, au mois de mars 1775, les titres de 
recteur etde directeur du chœur de Hirschau. 
Il y améliora l'enseignement du chant et com- 
posa beaucoup de musique pour le service de 
son église. Elle est restée en manuscrit. 
Planes vivait encore à Hirschau en 1816. 

PLA1NICIZKY (Joseph-Antoine), né en 
Bohème, dans les dernières années du dix- 
septième siècle, était, en 1723, ténor à la 
chapelle du prince évêque de Freysing. Iî a 
publié une collection de douze motets de sa 
composition, sous ce titre : Opella ecclesias- 
tica seu arix duodecim nova idea exornala, 
nec non benevolo philomuso in lucem 
editx, etc., Augsbourg, Loller, 1723, in-fol. 

PLAIMTZER (J.-C), musicien aveugle, 
vivait à Halle (Saxe), en 1854. Aucun bio- 
graphe ou bibliographe allemand ne four- 
nit de renseignements sur lui. Planitzer a 
publié un opuscule intitulé : Die gehœrige 
Unterordnung der Tonarten unfer Tongat- 
tungen und dièse unter das Tongeschlecht 
(La classification des tons en espèces et en 
genres), Quedlinbourg et Leipsick, Bass«,. 



70 



PLANITZER — PLANTADE 



1833, in-8° de vingt-quatre pages, avec une 
ppéface de Iiuit pages et une planche. On a 
aussi du même auteur : Die Lehrevon Ueber- 
gaenrjen. Ein Theil der thcoretischen J/ttsik 
mœglichst systematische bearbeilet ( La 
science des transitions; partie de la musique 
théorique, coordonnée systématiquement, au- 
tant que cela se peut); Halle, CF. -G. Scharre, 

1834, in-8° de soixante-quatorze pages, avec 
deux planches et une préface de M. de La- 
mothe-Fouqué. C'est dans cette préface qu'on 
trouve l'indication de l'infirmité de Planitzer 
et du lieu où il habitait. 

PLAIVSON (Jeu ak), né vers 1540, fut or- 
ganiste de l'église Saint-Germain l'Auxerrois, 
de Paris. Il occupait cette place lorsqu'il 
obtint an concours du Pmj de musique 
d'Evreax,en 1578, le prix de la harpe d'argent, 
pour la composition du motet à quatre parties, 
Aspice, Domine. Au même concours, il eut 
nn autre prix, pour la chanson française à 
plusieurs voix, commençant par ces mots : 
Ah Dieu! que de filetz. 

PLANTADE (Chahles-Heuri), né à Pon- 
toise, le 19 octobre 1764, fut admis, à l'âge de 
huit ans, dans l'école des pages de la musique 
du roi. Il y commença l'élude du violoncelle, 
qu'il continua plus tard sous la direction de 
Duport. Après sa sortie de l'école des pages, 
il se rendit à Paris, où il reçut des leçons de 
Langlé (tour le chant et la composition, et de 
Ilullmandel pour le piano. Pclrini lui enseigna 
aussi à jouer de la harpe, dont il donna des 
leçons pendant plusieurs années. Une sonate 
qu'il publia pour cet instrument, et quelques 
recueils de romances commencèrent à le faire 
connaître : Une de ces petites pièces (Te bien 
aimer, 6 ma chère Zélié) obtint, en 1791, un 
succès de vogue dont il n'y avait point eu 
d'exemple jusqu'alors en France, car on en 
vendit plus de vingt mille exemplaires. Ce 
succès exerça beaucoup d'influence sur la 
carrière de Plantade; il le fit choisir' pour 
maître de chant de mademoiselle Hortensede 
Beauharnais qui, devenue reine de Hollande, 
lui accorda une constante protection. Ses ro- 
mances lui procureront aussi des poèmes 
d'opéras-comiques qu'il mit en musique et 
dont quelques-uns furent hien accueillis du 
public, à cause de leurs mélodies faciles. 
Parmi ses productions en ce genre, on remar- 
qua surtout Zoé, ou la Pauvre Petite, et 
Palma, ou le Voyage en Grèce, qui sem- 
blaient promettre à l'auteur une brillante 
carrière, bien qu'on y eût désiré plus de 
fermeté dans le style, et plus d'originalité 



dans les idées. Mais ces heureux débuts né 
furent point justifiés dans la suite, et les 
autres ouvrages de Plantade furent joués sans 
succès. En 1797, il était entré, en qualité de 
maître de chant à l'institution de Saint- 
Denis, dirigée par madame Campan ; ce fut 
alors qu'il donna les premières leçons à ma- 
moiselle de Beauharnais. En 1802, il fut 
chargé du même enseignement au Conserva- 
toire, en partage avec Garât; et dès lors 
commença entre eux une haine qui ne s'est 
jamais apaisée. Plantade ne quitta sa place au 
Conservatoire que pour celle de maître de 
chapelle de Louis Napoléon, roi de Hollande, 
que sa protectrice lui fil obtenir. Après l'abdi- 
cation du roi, Plantade retourna à Paris, et 
pour se rappeler au souvenir des artistes, il 
fit exécuter à Saint-Eustache, en 1810, une 
messe avec orchestre où l'on remarquait quel- 
ques bons morceaux. Il avait conservé à Paris 
ses fonctions de directeur de la mus, que de la 
reine Horlense : en 1812, il y joignit la place 
de maître de chant et de directeur de la scène 
à l'Opéra, et la conserva jusqu'en 1815, oii 
nne réaction se fit sentir contre tous les pro- 
tégés delà maison impériale. Il avait été aussi 
pendant deux ans membre du jury de lecture 
du même théâtre. Après la réorganisation du 
Conservatoire, sous le litre d'Ecole royale de 
chant et de déclamation, il y rentra comme 
professeur, et conserva son emploi jusqu'à la 
réforme opérée dans celle école, au mois de 
janvier 1828. Une scène lyrique, imitée 
d'Ossian, mise en musique par Plantade, pour 
la fêle du roi de Louis XVIII, lui fil obtenir, 
en 1814, la décoration de la Légion d'honneur, 
En 1816, Plantade succéda à Persuis, comme 
maître de musique ou chef d'orchestre de la 
chapelle royale. Il conserva cet emploi jus- 
qu'à la fin du règne de Charles \. La révolu- 
lion de 1830 lui fit perdre tontes ses places : 
le chagrin qu'il en ressentit altéra sa santé. 
Retiré aux Batignolles, il y fut atteint d'une 
maladie grave et se fit transporter à Paris, où 
il mourut entre les bras de ses deux fils, le 
18 décembre 1859, à l'âge de soixante-quinze 
ans. 

Plantade a composé pour divers théâtres de 
Paris les opéras dont voici les litres : 1° Les 
deux Sœurs, en un acle, au théâtre Feydeau, 
1791. 2° Les Souliers mordorés, en deux 
actes, au même théâtre, 1793. Cet ancien 
opéra avait été mis en musique par Fridzeri; 
la nouvelle composition de Plantade ne réussit 
pas. 3° Au plus brave la plus belle, en un 
acle, au théâtre Louvois, 1794. 4° Palma, ou 






PLANTADE - PLATIX 



il 



Fe T'oyagcen Grèce, en deux actes, au théâtre 
Feydeau, 1797. 5° Romagriesi, en un acte, au 
même théâtre, 1799. G Le Roman, en un 
acte, au même théâtre, 1799. 7° Zoé, ou la 
Pauvre Petite, en un acte, au théâtre Favart, 
1800. 7° (bis) Lisez Plutarque, opéra-comi- 
r|iie, en un acte, au théâtre Montansier, 1800. 
8° Bayard à la Ferté, en trois actes, puis en 
deux, au théâtre Feydeau, 1811. 9° Le Mari 
de circonstance, en deux actes, au même 
théâtre, 1813. Cet ouvrage a présenté le rare 
exemple, en France, d'une musique médiocre 
(|ui a nui au succès d'une jolie comédie. 
10° Scène lyrique, à l'Opéra, 1814. 
11° Blanche de Castille (avec Habeneck), 
composé pour l'Opéra, et. non représenté. 
Planlade a écrit quelques morceaux pour le 
Jaloux malgré lui, comédie, et les chœurs 
(VEsther, tragédie de Racine, pour le service 
<lu roi de Hollande, en 1808. Pour le service 
de la chapelle du roi, il a composé des messes, 
«les motets, une messe de Requiem, et un Te 
Deum, qui sont restés en manuscrit. Les par- 
titions de Palma et du Mari de circonstance 
ont été gravées à Paris. Les autres productions 
dePlantade qui ont été publiées sont : 1° So- 
nate pour la harpe, op. 1 ; Paris, Imbault. 
2° Vingt recueils de romances; Paris, Janet, 
Leduc, Pleyel, Momigny, etc. 5° Trois recueils 
de nocturnes à deux voix, ibid. 

PLARP. (Auglste-Tuéodore), flûtiste, né 
à Dresde, le 2 août 174G, fut le premier qui 
ajouta à son instrument la clef de si bémol, en 
1795. Il est mort dans sa ville natale, le 
14 avril 1803. 

PLARP* (Théopiïile- Emmanuel), frère du 
précédent, et chancelier de la cour d'appel de 
la Saxe électorale, né à Dresde, en 1748, 
entra comme enfant de chœur dans la chapelle 
du château de cette ville, en 1759, et y apprit 
pendant six ans la musique et la composition 
sous la direction de Reilher. Vers 1790, il 
conslruisit un harmonica d'un nouveau sys- 
lème, supérieur, dit-on, à l'ancien. Dans les 
années 1791 à 1795, il a publié chez Hilscher, 
à Dresde, divers recueils de danses, de polo- 
naises et de petites pièces pour le piano. 

PLATEL (Nicolas-Joseph), excellent vio- 
loncelliste, naquit à Versailles, en 1777. Son 
père, musicien de la chapelle du roi, se fit ac- 
teur après la révolution de 1789, et joua dans 
l'opéra-comique, au théâtre des Troubadours 
de la rue de Louvois, puis au théâtre Fey- 
deau, où il fut chef des chœurs jusqu'en 1800. 
Le jeune Platel fut d'abord placé dans les 
p iycs de la musique de Louis XVI, et reçut 



des leçons de chant de Richer ; mais, dès l'âge 
de dix ans, il montra le goût le plus vif pour le 
violoncelle, et Louis Duport, ami de son père, 
charmé de sa rare intelligence musicale, diri- 
gea ses premières éludes sur cet instrument, et 
lui donna les excellents principes de la pose 
et du maniement de l'archet, ainsi que d'une 
belle qualité de son, que Platel transmit plus 
tard à ses élèves. Vers la fin de 1789, le dé- 
part de Duport pour Berlin laissa Platel sans 
guide: mais en 1793, son ancien condisciple 
Lamare, plus âgé que lui de quelques années, 
et déjà artiste distingué, ranima son zèle, lui 
donna des conseils, et surtout excita son ému - 
lalion par ses progrès et parsa renommée, qui 
allait grandissant chaque jour. En 1796, Pla- 
tel entra à l'orchestre du théâtre Feydeau, 
connu alors sous le nom de Théâtre-Lyrique ; 
mais une actrice de ce spectacle, dont il s'était 
épris, ayant quitté le théâtre à la fin de 1797 
pour aller à Lyon, il l'y suivit et ne revint à 
Paris qu'en 1801. Il brilla alors aux concerts 
de la rue de Cléry et du théâtre des Victoires 
nationales, rue Chanlereine, et fut considéré 
à juste litre comme le plus habile violoncel- 
liste de Paris; car Duport était à Berlin, et 
Lamare, en Russie. Malgré les avantages que 
son talent pouvait lui procurer dans cette ca- 
pitale, son humeur insouciante ne put se fa- 
çonner aux convenances sociales; il ne voulut 
faire aucune démarche pour obtenir les places 
auxquelles il pouvait prétendre, et préféra 
voyager pour donner des concerts. II quitta de 
nouveau Paris, en 1805, et se dirigea vers la 
Bretagne; mais son insouciance et le peu 
d'ordre qu'il mettait dans ses affaires ne le 
rendaient pas propre à réaliser ses projets de 
voyage : arrivé à Quimper, il y trouva un 
amateur de violoncelle qui devint bientôt son 
ami, et il passa deux années dans cette petite 
ville, qui ne devait l'arrêter que quelques 
jours. Enfin, il se remit en route, joua avec 
succès à Brest, à Nanles, puis se dirigea vers 
la Belgique avec l'intention de visiter la Hol- 
lande et l'Allemagne; mais arrivé à Gand,ou 
il donna des concerts, il y resta plusieurs an- 
nées, donnant des leçons de chant et de vio- 
loncelle, puis il alla s'établir à Anvers, en 1813. 
L'état florissant de la marine dans ce port y 
avait attiré une bonne troupe d'opéra : Platel 
y tint l'emploi de premier violoncelle. Il y passa 
environ six ans, puis alla se fixer à Bruxelles, 
où il fut aussi premier violoncelle du théâtre. 
En 1824, le prince de Chimay l'attacha à 
l'école royale de musique de cette ville; et 
lorsque celle école fut réorganisée, en 1831, 



72 



PLATEL - PLATON 



sous le litre de Conservatoire de musique, 
Plalel y conserva ses fonctions de professeur 
de violoncelle. Dans les onze années de son 
enseignement, il y fonda l'excellente école de 
I>asse d'où sont sortis Servais, Balta, Demunck, 
et que ce dernier continua comme successeur 
de son maître. Platel est mort à Bruxelles, le 
25 août 1835, à l'âge de cinquante-huit ans. 
Véritable artiste d'autrefois, il était étranger à 
tout esprit d'intrigue, d'égoïsme et de charla- 
tanisme. Son désintéressement allait jusqu'à 
la prodigalité; son ignorance des affaires et 
des usages était celle d'un enfant, et jamais il 
ne se mit en peine du lendemain. Lorsqu'il 
était à Anvers, des huissiers vinrent un jour 
chez lui pour saisir ses meubles ; dans ce mo- 
ment il jouait du violoncelle. Dès qu'il sut ce 
que ces hommes venaient faire, il les reçut 
poliment, les fit entrer dans sa chambre à 
coucher, et pendant qu'ils verbalisaient, il 
sortit emportant seulement son instrument, 
fermant la porte à double tour, et jamais il 
ne s'informa de ce qu'était devenu son mobi- 
lier. Une autre fois, il lui échut un héritage 
qu'il fit réaliser et qu'on lui envoya en or. Ja- 
mais il n'avait vu de somme aussi considé- 
rable : ne sachant comment la serrer, il prit un 
vieux bas de soie, s'en fil une bourse, et porta 
sa fortune sur lui. Des amis lui conseillèrent 
déplacer cet argent; mais il leur répondit 
qu'il craignait les banqueroutes. Bientôt ce- 
pendant, prêtant à tout venant, il vit dispa- 
raître celle ressource; mais il ne s'en mit pas 
en peine, et reprit son train de vie accoutumé 
et son insouciance, quoiqu'il touchât à la vieil- 
lesse. 

Platel a publié de sa composition : t° Pre- 
mier concerto pour violoncelle et orchestre ; 
Paris, Gaveaux. Deuxième, troisième et qua- 
trième idem, Paris, Pleyel. 2° Cinquième 
idem, intitulé le Quart d'heure; Bruxelles, 
Weissenbruch. 5° Sonates pour violoncelle, 
avec accompagnement de basse, œuvres 2, 5 
et 4 ; Paris, Gaveaux. 4° Huit airs variés pour 
violoncelle; Paris, Naderman. 5° Caprices ou 
préludes pour violoncelle; Bruxelles, Weis- 
senbruch. G° Trois trios pour violon, alto et 
basse ; ibid. 7° Six duos pour violon et violon- 
celle; Paris, Naderman. 8° Six romances avec 
accompagnement de piano ; ibid. 

PLATINEtt (Augustin), compositeur alle- 
mand, vivait au commencement «lu dix-sep- 
tième siècle. On connaît sous son nom : jlJissx 
octonis vocibus concinendœ ; Nuremberg 
1G23. 

PLATON, illustre philosophe grec, né 



dans l'île d'Égine, l'an 430 avant Jésus- 
Christ, reçut d'abord le nom VAristoclès-, 
qui était celui de son aïeul, et prit ensuite 
celui sous lequel il est connu. Doué des dons 
du génie et du sentiment du beau, il se livra 
d'abord à la poésie et composa des tragédies; 
mais il brûla lui-même ses ouvrages, après 
qu'il eut pris la résolution de cultiver unique- 
ment la philosophie. Dans sa jeunesse, il avait 
étudié la gymnastique, la peinture et la mu- 
sique. Son premier maître de philosophie fut 
Cratyle; mais il quitta l'école de ce maître 
pour devenir élève de Socrale, et pendant huit 
années il reçut des leçons de ce sage. Après 
la mort de son maître, l'indignation et la dou- 
leur le firent s'éloigner d'Athènes, avec les 
autres disciples de Socrate : il se relira à Mé- 
gare et y suivit les leçons d'Euclide; puis il 
entreprit de longs voyages en Italie, où il fré- 
quenta les plus anciens disciples de Pytha- 
gore. Arrivé à Cyrène, il y perfectionna ses 
connaissances en géométrie sous Théodore, 
puis il alla en Egypte et en Sicile, qu'il visita 
deux fois. De retour à Athènes, il y fonda 
l'Académie, école célèbre de philosophie, où 
Arislole s'instruisit dans les sciences qui lui 
firent plus tard un si grand nom. Platon mou- 
rut 347 ans avant Jésus-Christ, et laissa la 
direction de l'Académie à son disciple Speu- 
sippe. 

Ce n'est pas ici le lieu d'examiner la na- 
ture et la portée de cette célèbre philosophie 
de Platon qui a traversé tant de siècles et ex- 
cité l'admiration de tous les peuples et de 
toutes les générations : celle tâche a été rem- 
plie par de savants critiques beaucoup plus 
habiles à traiter un tel sujet; mais on a parlé 
si diversement des opinions et de la doctrine 
de ce grand homme concernant la musique, 
qu'il est nécessaire de rétablir ici les faits à 
leur véritable point de vue. Et d'abord se pré- 
sente cette question : Platon a-t-il eu une 
doctrine scientifique de la musique; cl s'il en 
eut une, quelle est-elle? Si l'on en croit An-- 
toxène, antérieurement à Pythagore les musi- 
ciens divisaient chaque intervalle d'un ton 
en quatre parties égales; mais le philosophe 
de Samos avait substitué à cette division arbi- 
traire un système de proportions des inter- 
valles qui, jusqu'à ce jour, a retenu son nom. 
D'après le dire d'Aristoxèpe, deux systèmes 
auraient donc été en présence, au temps de 
Platon; plusieurs endroits de ses écrits prou- 
vent qu'il adopta celui des phylhagoriciens. 
Kn effet, dans le septième livre de l.i Répu- 
blique, il fait dire à l'un des interlocuteurs : 



PLATON. 



/j 



« 11 semble que, comme les yeux ont été faits 
» pour l'astronomie, les oreilles Pont été pour 
» les mouvements harmoniques, et que ces 
» deux sciences, l'astronomie et la musique, 
» sont sœurs, comme disent les pylhagori- 
» ciens, et comme nous, cher Glaucon, nous 
« l'admettons, n'est-ce pas? — Oui (1). » 
Rien que l'ahbé Roussier dise (Mémoire sur 
la jnusique des anciens, note mm, p. 58) que 
les quaternaires employés par Platon, dans 
son Ame du monde (il confond le Timée de 
Platon avec l'écrit apocryphe attribué à Ti- 
mée de Locres) sont plutôt une déviation 
qu'une extension des principes de Pythagore, 
les éloges accordés par Platon lui-même à 
l'exposé des idées de Timée, disciple immé- 
diat de Pythagore, prouvent que son dia- 
gramme était conforme à la philosophie pytha- 
goricienne de son temps. Enfin, un autre pas- 
sage de la République (loc. cit.) démontre 
qu'il ne s'écartait pas des simples proportions 
de Pythagore ; car après s'être moqué des fai- 
seurs d'expériences qui, de son temps, dit-il, 
fatiguaient les cordes et les chevilles à varier 
les tensions et les intonations, pour chercher 
des intervalles et des rapports inappréciables 
à l'oreille, il ajoute : « Ceux-ci du moins (les 
» pythagoriciens) font la même chose que les 
» astronomes ; ils cherchent des nombres dans 
» les harmonies qui frappent l'oreille ; mais 
» ils ne vont pas jusqu'à y voir de simples 
» données pour découvrir quels sont les nom- 
r> bres harmoniques et ceux qui ne le sont 
» pas; ni d'où vient entre eux cette diffé- 
» rence. » 

C'est dans le Timée que Platon expose 
sa doctrine harmonique de la musique ; expo- 
sition bien obscure, qui a donné la torture 
aux commentateurs dans l'antiquité comme 
dans les temps modernes, mais dont M. Th.- 
Henri Martin a pénétré le mystère dans ses 
belles etsavantes Etudes sur ce dialogue (2). 
On sait que Platon a donné à l'entretien de 
Socrate, Critias, Timée et Hermocrate le 
titre : Timée ou de la nature. La nature, 
telle quela concevait l'illustre philosophe, est, 
en effet, le sujet du dialogue. La formation de 
l'âme du monde, expliquée par Timée, est 
l'objet principal, et l'harmonie de l'univers, 
ainsi que l'harmonie musicale en sont les con- 
séquences et sont analogues aux mouvements 
de l'âme, parce que les mêmes nombres les 

(1) Plat., delîepubl., lib. VU. Fd. Bekkeri, part. III, 
vol. !, p. 356. 

(2) Études sur le Timie de Platon. Taris, Ladrange, 
1841,2 vol. in-8». 



régissent. C'est ce qu'indique Platon lorsqu'il 
fait dire par Timée que « l'harmonie musicale 
» a des mouvements semblables aux révolu- 
» tions de l'âme (l). » De l'analyse de ces 
nombres, M. Th. -Henri Martin a tiré les pro- 
portions des intervalles de l'octave de Platon, 
lesquelles sont exactement celles de la doc- 
trine pythagoricienne, comme on peut le voir 
ici. N'ayant pas, comme M. Martin, à com- 
parer ces proportions avec celles des acousti- 
ciens modernes pour notre échelle musi- 
cale (2), j'applique, dans le tableau suivant, 
les proportions de Platon aux télracordes dis- 
joints du genre diatonique des Grecs. 



RAPPORTS 

NUMÉRIQUES. 


NOMS 
des 

NOTES. 


Ton, 9 : 8 


mi 


Ton, 9 : 8 


ré 


Ton, 9 : 8 


ut 


Limma, 256 : 243 


si 


Ton, 9 : 8 


la 


Ton, 9 : 8 


sol 


Ton, 9 : 8 


fa 


Limma, 256 : 243 


mi 





Dans ce que dit Platon concernant la mu- 
sique, il a droit surtout de nous intéresser 
par la plus belle conception esthétiquede l'art 
que l'antiquité nous ait léguée, lorqu'il fait 
voir, dans le second livre des Lois, que le 
beau ne réside ni dans le plaisir des sens que 
provoque la musique, ni dans l'imitation. 
M. Cousin, qui a fait une excellente analyse 
du principe esthétique de Platon, dit avec une 
rare élégance de style que selon ce philosophe la 
beauté de la musique consiste dans un charme 
particulier et indéfinissable qui enlève l'âme 

(1) Timée, 47. 

(2) Études sur le Timée de Platon, note XXIII, §4, 
tome I rr , p. 402. 



71 



PLATON - PLAWENN 



à la vie vulgaire, et l'emporte dans un monde 
à part, où tout est noble, serein, pur, mélo- 
dieux : la belle musique (dit-il) est essentiel- 
lement morale, par la moralité de ses effets. 
Remarquons que ces idées ont beaucoup d'ana- 
logie avec l'opinion exprimée par Aristote 
dans ce passage du huitième livre de sa Poli- 
tique : « L'opinion commune ne voit d'uti- 
« lilé à la musique que comme un simple 
» délassement; mais est-elle véritablement 
« si secondaire, et ne peut-on lui assigner un 
» plus noble objet que ce vulgaire emploi? Ne 
» doit-on lui demander que ce plaisir banal 
» qu'elle excite naturellement chez tous les 
« hommes, charmant sans distinction tous les 
» âges, tous les caractères? ou bien ne doil- 
» on pas rechercher aussi si elle n'exerce au- 
» cune influence sur les cœurs, sur les âmes? 
» Il suffirait, pour en démontrer la puissance 
» morale, de prouver qu'elle peut modifier 
« nos affections; et certainement elle les mo- 
» difie (1). » Ces grands hommes avaient 
aperçu la fuisse voie où des musiciens maté- 
rialistes essayent aujourd'hui de jeter l'art, 
s'imaginant qu'ils le perfectionnent, et ont 
montré en peu de paroles quel est le but réel 
de cet art. 

Un passage du septième livre des Lois de 
Platon a paru à quelques érudits indiquer 
l'usage de l'harmonie dans l'ancienne mu- 
sique des Grecs (2). Le célèbre critique Gode- 
froid Stallbaum a démontré que le texte, cause 
de ce malentendu , est altéré, et l'a restitué 
dans une dissertation académique intitulée : 
Musica exPlatone secundum locutn legg. VIT, 
p. 7\'£(Lipsîae } 1846, in-4° de trente-quatre 
pages). Tous les passages relatifs aux impres- 
sions causées par la musique ainsi qu'à ses 
effets moraux ont été extraits des écrits de 
Platon, discutés et analysés, par M. Cornélius 
Dcn Tex, membre de l'ancien Institut de Hol- 
lande, dans une dissertation qui a pour titre : 
Disputatio inauguralis de Vi musice$ ad 
excolendum hominem c sententia Platonis 
(Trajecti ad Hhenum, 181G, gr. in-8° de cent 
soixante et dix pages). 

PLATOIML (Louis), compositeur napoli- 
tain, né vers 1760, fut instruit dans la musique 
au Conservatoire de la Piclà de' Turcliini. 
On connaît sous son nom les opéras dont les 
litres suivent : 1" AtïiQT non lia riguardi, à 

(I) Arlslot. Tolilic. VIII, vol. Il, fol. 1340, rx rd. 
Pckkeri, Berol. 1831 ; et t. Il, p. 147 do la traduction de 

M. Ilarlliclomy S.iint -llil.iiic. 

(i) Voyez mon Mémoire sur l'harmonie simultanée des 
sous cites les Grecs el les Humains. 



Naples,en 178". 1° LeConvulzioni, ib., 1787. 
5° JIMatrimonio persorpresa, à Home, 1788. 
4° Il Conte Lentichia, à Naples, 1788. 

PLATS (les frères), dont l'aîné s'appelait 
Joseph, nés en Espagne dans la première 
moitié du dix-huitième siècle, furent tous 
deux virtuoses sur le hautbois. En 1752, ilsse 
rendirent à Paris, où leurs talents furent ap- 
plaudis au Concert spirituel. En 17G1, ils en- 
trèrent au service du duc de Wurtemberg; 
mais le plus jeune mourut dans la même 
année. Joseph resta à Slultgard jusqu'en 
1763; la diminution qu'on voulut faire alors 
dans le traitement des musiciens de la cha- 
pelle le décida à se rendre à Amsterdam, où il 
était encore en 1776. Il y a publié six duos 
pour deux flûtes, op. 1. Le catalogue de Wesl- 
phal indique de sa composition, en manu- 
scrit : 1° Six concertos pour le hautbois. 
2° Trois solos pour le même instrument. 
3° Vingt trios pour deux hautbois et basse. 

PLATTI (Jean), hautboïste et violoniste, 
né à Venise, dans les premières années du 
dix-huitièmesiècle, entra vers 1740 au service 
du prince-évéque de Wtirzbourg. On a im- 
primé de sa composition : 1° Six sonates pour 
le clavecin, op. 1 ; Nuremberg, 1746. 2° Six 
concertos pour le clavecin, op. 2 ; ibid. 5" Six 
solos pour la flûte, op. 3; ibid. 4° Six sonates 
pour clavecin, op. 4; ibid. Il a laissé en ma- 
nuscrit plusieurs concertos et sonates pour le 
clavecin. La femme de cet artiste était atta- 
chée à la chapelle de Wtirzbourg. 

PL AÏZ (Gabriel), ou PL AU TZ, religieux 
cordelier, né en BaVièreversIa fin du seizième 
siècle, vécut au couvent d'Aschaffenbourg, où 
il a fait imprimer, en 1621, un recueil de mo- 
tets et de messes intitulé : Floseulits vernalis 
sacras cantioncs, missas aliasque laudes 
11. Marix 3-8 voc, eum B. G., in-4". 

PLAYVEJW ou PLAUE^ (Lbopoid), 
bénédictin bavarois, vécut dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle, au couvent de 
Zwifallen, dans le diocèse d'Ulm. Précédem- 
ment il avait l'ait ses vœux dans un monastère 
du Tyrol. On a publié de sa composition : 
Sacrie Nymphx duplicium aquarum in Dei 
et divorum laudes a 3, 4, 5 et 6 voeibus et 
instrumentis animatae; Inspruck, 1659. La 
troisième partie de celle collection parut à 
krinpten, en 1672; elle contient: jVissx qua- 
tuor festiv.v, et quatuor excquialx esters 
una cum choro vocali ad plmihun. La qua- 
trième pai lie, composée de cantiques. à trois-, 
quatre, cinq et six voix, avec instruments, a 
été publiée à Ulm, en 1 07'J. 



PLÀYFORD - PLEYEL 



PLAYFORD (Jbam), marchand de mu- 
sique à Londres, né dans cette ville, en 1613, 
substitua aux anciens caractères de musique 
dont on se servait pour l'impression en Angle- 
terre, des types plus beaux dans lesquels on 
aperçoit moins les solutions de continuité, et 
dont les crochets des croches et doubles cro- 
ches sont d'une seule pièce avec les queues 
des notes, ce qui n'existait pas dans les an- 
ciens caractères. Playt'ord écrivit et fit impri- 
mer, en 1055, un traité élémentaire de mu- 
sique qu'il avait extrait des livres de Morley, 
de Butler, et de quelques autres anciens au- 
teurs; cet ouvrage parut sous ce titre : An 
introduction to the skill of musiclt, in two 
books (Introduction à la connaissance de la 
musique); Londres, 1055, in-8°. Le premier 
livre contient les principes et les règles de la 
musique et de la solmisation; le second, des 
instructions et des leçons pour la basse de 
viole et le violon, avec les figures de ces in- 
struments. On trouve dans ce volume le por- 
trait de Playford. La préface qu'il a miseàson 
livre prouve qu'il avait une instruction solide 
et variée. La deuxième édition de l'ouvrage 
parut chez l'auteur, en 1058 ; celle-ci fut aussi 
promptement enlevée, et il en fallut faire une 
troisième, en 1005. D'autres parurent en 
1070, 1072, 1074, 1677 et 1079. Celle-ci 
est la huitième. Playford y ajouta le traité de 
composition de Campion, intitulé : The art of 
discant, or composing of musiclt in parts, 
avec les annotations de Simpson. La dixième 
édition parut non en 1683, comme le disent 
Burney et ses copistes, mais en 1684. La dou- 
zième édition publiée en 1094, après la mort 
de Playford, fut corrigée par Henri Purcell, 
qui remplaça le traité de Campion par de nou- 
veaux principes de composition, réimprimés 
dans les éditions de 1097, 1700 et 1703. La 
dix-septième édition, que je crois la dernière, 
a paru à Londres, en 1718, in-12. Playford 
mourut en 1093, à l'âge de quatre-vingts ans. 
Il fut l'éditeur de la collection des psaumes 
anglais avec le chant de l'église anglicane ar- 
rangé à trois parties, et la publia sous ce 
litre : Whole Book op psalms , with the 
muai Injmns and spiritual songs, composed 
in three parts ; Londres, 1073, in-8°. Il a été 
fait plusieurs éditions de ce recueil. Il donna 
aussi quelques psaumes et hymnes à quatre 
parties, sous ce titre : Psalms and Hymns in 
solemn musick, in 4 parts on the common 
tunes, etc.; Londres, 1071, in-fol.; 6 Hymns 
for one voice to the organ; ibid., in-fol., et 
enfin, un recueil de morceaux pour le chant 



intitulé: The musical companion, in two 
books; Londres, 1073. 

PLAYFORD (Henri), fils du précédent, 
né vers 1658, succéda à son père, fut l'éditeur 
de plusieurs collections de musique et mit 
une préface au recueil intitulé : Fade Me- 
s cum, or the necessary companion ; Londres, 
1679, réimprimé en 1692, in-8°. En 1701, il 
donna le Pleasant musical companion, being 
a choice collection of calches for three and 
four voices. Henri Playford ne parait pas 
avoir vécu après 1710, car on ne connaît 
aucune publication faite par lui après celte 
époque. 

PLEYEL (Ignace), compositeur célèbre, 
né en 1757, à Bupperslhal, petit village à 
quelques lieues de Vienne, fut le vingt-qua- 
trième enfant du maître d'école de ce lieu, et 
d'une jeune dame de haute naissance, que 
cette union disproportionnée avait fait déshé- 
riter par ses parents. La mère d'Ignace 
Pleyel perdit la vie en la lui donnant; Martin 
Pleyel se remaria, eut quatorze autres enfants 
de sa seconde femme, et mourut à l'âge de 
quatre-vingt-dix-neuf ans. Élevé comme on 
l'est en l'Allemagne, Pleyel apprit les élé- 
ments de la musique en même temps que ceux 
de sa langue. Ses dispositions pour cet art se 
manifestèrent de bonne heure et parurent 
assez remarquables pour qu'on l'envoyât à 
Vienne, où il étudia le piano sous la direction 
de Wanhall. Jusqu'à l'âge de quinze ans, il 
n'eut point d'autre maitre ; mais à celle 
époque (vers 1772), le comte Erdœdy, grand 
seigneur hongrois, le prit en affection, et le 
fit entrer chez Joseph Haydn, dont il devint à 
la fois l'élève et le pensionnaire. Le Mécène 
généreux s'était chargé d'acquitter le prix de 
sa pension, qui était de cent louis par an, 
somme considérable pour ce temps. Cinq an- 
nées se passèrent, pendant lesquelles Pleyel se 
livra avec assiduité aux études que lui faisait 
faire Je grand artiste. Une circonstance singu- 
lière faillit rompre la bonne intelligence qui 
régnait entre le maître et l'élève. Lorsque* 
Haydn avait terminé un ouvrage nouveau, il 
avait l'habitude de le laisser pendant un temps 
plus ou moins long avant de le revoir, pour y 
faire les corrections qu'il jugeait nécessaires. 
Or, il arriva qu'ayant eu quelques chagrins de 
cœur, ce grand musicien se sentit entraîné à 
composer un œuvre de six quatuors qui étaient 
tous dans le mode mineur. Suivant sa cou- 
tume, il en laissa le manuscrit sur son piano, 
et oublia complètement les idées renfermées 
dans cet ouvrage, comme cela lui arrivait 



FLEYEL 



quand il avail écrit quelque cliose. Quelque 
temps après, il voulut revoir cet œuvre, dont 
il avait bonne opinion; mais ce fut en vain 
qu'il le chercha : le manuscrit avait disparu, 
et jamais Haydn ne le revit. Pleyel seul vivait 
dans l'intimité de son maître ; Haydn ne douta 
pas qu'il ne fut l'auteur de ce larcin, et long- 
temps il conserva celle opinion, malgré les 
protestations de son élève. Enfin, le dévoue- 
ment sincère de celui-ci convainquit Haydn de 
son injustice; il rendit son amitié à Pleyel, et 
le regret seul d'avoir perdu un de ses plus 
beaux ouvrages resta dans son souvenir. Ce 
qui ajoute à la singularité de cette anecdote, 
c'estque le voleur ne tira aucun parti du trésor 
qu'il avait dérobé : jamais ces quatuors n'ont 
vu le jour. 

Pleyel était près d'atteindre sa vingtième 
année; il avait à peu près achevé ses études, 
lorsque Gluck fit un voyage à Vienne, en 177G, 
après avoir fait représenter son Alccste à 
Paris. Peu de jours après son arrivée, il alla 
voir Haydn, qui lui fit entendre son quatuor en 
fa mineur, récemment achevé. Une si belle 
composition ne pouvait être entendue avec in- 
différence par le restaurateur de la tragédie 
lyrique : il lui donna des éloges. Alors Haydn 
lui demanda la permission de lui faire entendre 
un morceau de celui qu'il appelait son élève 
favori. Cet essai du talent de Pleyel fut loué 
par Gluck, qui lui dit: «Mon jeune ami, main- 
» tenant que vous avez appris à mettre des 
» notes sur le papier, il ne vous reste plus 
» qu'à apprendre à en effacer. » 

En 1777, Pleyel sortit de chez Haydn pour 
se rendre auprès de son prolecteur, le comte 
Erdœdy,qui le nomma son maître de chapelle. 
Mais, bien que celte position offrît quelque 
agrément au jeune musicien, il élait préoc- 
cupé d'un vif désir de visiter l'Italie. Le 
comte s'opposa d'abord à ce voyage; mais cé- 
dant enfin à ses sollicitations, il lui fournil les 
moyens de l'entreprendre , et Pleyel ^>ailil 
pour Naples. Déjà son talent pour la musique 
instrumentale s'était révélé parla composition 
de son premier œuvre de quatuors, où l'on 
remarque une facilité naturelle, des chants 
heureux, et une manière tout individuelle. 
Par une singularité assez remarquable] Haydn, 
dans les leçons qu'il lui avait données pen- 
dant cinq ans, ne lui avait jamais parlé du 
ihyihme musical, et ne lui avait pas fait re- 
marquer qu'il y eut des règles concernant la 
symétrie des phrases. Ce fut dans cette igno- 
rance que Pleyel écrivit son premier œuvre, 
bon instmet musical lui avait fait trouver ce 



rhythme nécessaire ; mais une faute lui étant 
échappée à cet égard dans un menuet, il ap- 
prit, par les observations critiques d'un ami, 
l'existence des principes qu'il avait ignorés 
jusqu'alors. 

Arrivé en Italie, Pleyel se lia avec tous les 
artistes célèbres qui brillaient à cette époque, 
ou qui se sont illustrés quelques années 
après. Cimarosa, Guglielmi, Paisiello devin- 
rent ses amis. Son goût se forma par les occa- 
sions qu'il eut d'entendre des chanteurs tels 
que Marchesi, à Milan, Guadagni, à Padotie, 
la Gabrielli, Pacchierolti, et beaucoup d'au- 
tres. Nardini vivait encore et avait conservé 
son talent: Pleyel eut le plaisirde l'entendre et 
l'admira. Il connut aussi Pugnani et beaucoup 
d'autres grands artistes qui faisaient alors la 
gloire de l'Italie. A Naples, il fut présenté au 
roi, qui l'accueillit avec bonté, et lui demanda 
des morceaux pour une sorte de lyre dont il 
jouait quelquefois. Pleyel satisfit à son désir 
et en écrivit plusieurs. Bien que la nature de 
son talent le portât vers la musique instru- 
mentale, il eut aussi la fantaisie d'essayer ses 
forces sur la scène, et il composa, pour le 
grand théâtre de Naples, une Jfigenia qui eut 
du succès, et qui fut traduite plus lard en alle- 
mand. La partition manuscrite allemande se 
trouve à Offenbach, chez André, qui en a pu- 
blié un joli rondeau avec récilatif dans sa col- 
lection d'airs arrangés pour le piano. De re- 
tour en Allemagne, en 1781, Pleyel y resta 
peu de temps. Tout occupé du souvenir de 
l'Italie, il voulait revoir celte terre classique 
des douces mélodies; l'année suivante, il sa- 
tisfit ce désir et se rendit à Rome. Ce second 
voyage fut moins long que le premier. Richler 
(François-Xavier), maîlre de chapelle de la 
cathédrale de Strasbourg, était alors âgé de 
soixante-quatorze ans; il sentait le besoin 
d'être aidé dans ses fonctions : on offrit à 
Pleyel la place de maître de chapelle adjoint, 
avec la survivance : il l'accepta, et vint 
prendre possession de son emploi en 1783. Sa 
nouvelle position l'obligeait à écrire de la mu- 
sique d'église : il composa plusieurs messes 
et des motets qui furent goûtés; malheureuse- 
ment toutes ces compositions furent consumées 
dans un incendie. Les dix années qui s'écou- 
lèrent depuis 1783 jusqu'en 1793 furent 
l'époque de la vie de Pleyel où il produisit la 
plus grande partie de ses ouvrages. Ses qua- 
tuors de violon et ses sonates de piano acqui- 
rent une vogue dont il y a peu d'exemples. 
Les éditions de ces ouvrages se multiplièrent 
à l'infini, ci les exemplaires en furent répan- 



PLEYEL 



dus avec une profusion inouïe à Vienne, à 
Berlin, à Leipsick, à Paris, à Londres et en 
Hollande. Vers 1795, la réputation de Pleyel 
éclipsait celle de tous les autres musiciens, et 
l'on ne voulait pas entendre d'autre musique 
que la sienne. Il avait aussi composé des 
symphonies; bien que sa musique n'eût pas 
de proportions assez grandes pour ce genre, 
elles avaient eu du succès, à cause des mélo- 
dies agréables qui y étaient répandues, et de 
leur facile exécution. 

Il existait à Londres, depuis plusieurs an- 
nées, un concert hebdomadaire connu sous le 
nom de Professional Concert : plusieurs ar- 
tistes et amateurs distingués s'étaient asso- 
ciés pour soutenir cet établissement. En 
1791, Salomon, violoniste qui jouissait d'une 
assez grande réputation, imagina de donner 
par souscription douze grands concerts à la 
salle de Hanover-square, et pour lutter avec 
avantage contre le Professional Concert, il 
engagea Haydn à lui donner une grande sym- 
phonie nouvelle pour chaque soirée. Haydn 
se rendit en effet à Londres : on sait quel effet 
produisirent ces beaux ouvrages {voyez 
Hatdn). Le succès qu'avait obtenu l'entreprise 
de Salomon engagea ce musicien à la conti- 
nuer l'année suivante. Les administrateurs du 
Professional Concert comprirentalors la né- 
cessité d'opposer à leur compétiteur un at- 
trait de curiosité qui pût ramener les ama- 
teurs à leurs séances musicales, et Pleyel fut 
engagé à se rendre à Londres, vers la fin de 
1791, pour y écrire quelques symphonies. Le 
premier concert fut donné le 15 février 1792. 
Le succès de la musique de Pleyel fut prodi- 
gieux. Il s'était surpassé et s'était montré 
digne de lutter avec son illustre maître. Les 
symphonies étaient au nombre de trois; il 
s'en trouvait une en mi bémol qui a été sur- 
tout signalée comme un ouvrage excellent. 
Malheureusement le Professional Concert fut 
dissous quelques années après, la bibliothèque 
dispersée, et les symphonies, dont Pleyel 
n'avait pas gardé de copies, furent perdues 
pour toujours. Son engagement de Londres 
avait été fait moyennant deux cents livres 
sterling ; cette somme, réunie à quelques éco- 
nomies, permit à Pleyel d'acheter une pro- 
priété à quelques lieues de Strasbourg. Richler 
avait cessé de vivre, le 12 septembre 1789, et 
Pleyel lui avait succédé, avec le litre et les 
avantages de premier maître de la cathédrale 
de Strasbourg; mais la révolution, qui venait 
d'éclater, amena bientôt l'anéantissement du 
culte catholique. Pleyel perdit son emploi et 



se retira dans la propriété qu'il avait acquise. 
On ne l'y laissa pas tranquille. La place qu'il 
avait occupée pendant longtemps le rangeait 
dans la classe de ceux qu'on appelait alors 
aristocrates. Sept fois il fut dénoncé dans 
l'année 1793 ; il ne put se soustraire à la mort 
que par la fuite. Le besoin de revoir sa famille 
l'ayant ramené chez lui, il y fut arrêté au 
milieu de la nuit, et conduit à Strasbourg de- 
vant les officiers municipaux. Interrogé sur 
ses opinions, il protesta de son civisme; mais 
on exigea, pour preuve de sa sincérité, qu'il 
écrivît la musique d'une sorte de drame pour 
l'anniversaire du 10 août, dont un septembri- 
seur avait composé les paroles: il fallut obéir. 
Pleyel ayant demandé la permission de re- 
tourner chez lui, pour y travailler plus à 
l'aise, elle lui fut accordée; mais il resta sous 
la garde de deux gendarmes et du poète, 
qui lui donnait ses instructions. Après un tra- 
vail non interrompu pendant sept jours et 
sept nuits, l'ouvrage fut achevé, et l'auteur 
retourna à Strasbourg pour en diriger l'exé- 
cution. Il y avait employé sept cloches sur les 
tons de la gamme ; ces cloches, qui avaient été 
tirées de plusieurs églises, furent suspendues 
dans la coupole de la cathédrale. Le premier 
son qu'elles rendirent fut un accord parfait 
qui produisit un effet si extraordinaire, que 
Pleyel s'évanouit. Les habitants de Strasbourg 
ont gardé le souvenir de ce bel ouvrage, dont 
la partition se conserva dans la famille du 
compositeur. Dégoûté par cet événement du 
séjour de la province, Pleyel vendit sa pro- 
priété et se rendit à Paris avec sa femme et ses 
enfants, au commencement de 1795. Le succès 
toujours croissant de sa musique lui fit conce- 
voir le projetd'en tirer lui-même les bénéfices 
qu'elle procurait aux marchands, et de s'en 
faire lui-même l'éditeur. Il établit donc une 
maison de commerce de musique, à laquelle il 
ajouta plus tard une fabrique de pianos. Ces 
établissements prospérèrent ; mais les soins 
qu'ils exigeaient détournèrent insensiblement 
Pleyel de la composition, et, longtemps avant 
sa mort, il cessa d'écrire. Toutefois, il avait 
composé douze quatuors qui n'ont point été 
publiés, mais qui, suivant l'opinion de Dus- 
sek, d'Onslow et de plusieurs autres artistes 
distingués, sont supérieurs aux premiers, sous 
le rapport de la facture. 

Après une carrière si laborieuse, Pleyel 
s'était retiré loin de Paris, dans une propriété 
où il se livrait à ses goûts pour l'agriculture. 
Il y vivait heureux, quand la révolution de 
juillet, en lui donnant des inquiétudes pour 



78 



PLEYEL 



sa fortune, vint troubler sa vieillesse. Déjà sa 
santé était fort affaiblie; ses maux augmen- 
tèrent, et après trois mois de souffrances con- 
tinuelles, il cessa de vivre, le 14 novembre 
18-31 , à l'âge de soixante-quatorze ans. Il 
s'était marié en 1788, et avait eu plusieurs 
enfants, dont quelques-uns sont morts jeunes. 
Si la soif de renommée était le premier 
besoin de l'artiste; s'il n'y avait pour lui, 
dans la culture de son art, une aspiration 
plus élevée, plus pure que cette satisfaction 
d'amour-propre qui résulte de la faveur pu- 
blique; enfin, si, suivant l'expression d'un 
ancien, il ne chantait pour les Muses et pour 
lui, il y aurait quelque chose de pénible dans 
le spectacle du naufrage de-tant de réputations 
créées par un caprice de la mode, et qu'un 
autre caprice anéantit. Heureusement la plus 
vive jouissance du poète, du grand peintre et 
du musicien réside dans la production con- 
sciencieuse des œuvres de son talent, et cette 
jouissance l'indemnise avec usure des chagrins 
qui peuvent l'assaillir. La renommée ne s'at- 
tache guère qu'au mérile réel ; mais l'engoue- 
ment dévore ceux qu'il semble caresser. Eh ! 
qui excita jamais plus d'engouement que 
Pleyel? Quel autre a joui d'une réputation 
plus universelle, d'une domination plus ab- 
solue dans la domaine de la musique instru- 
mentale? Pendant plus de vingt ans, il n'est 
pas d'amateur ni de musicien qui ne se soit 
délecté des inspirations de son génie; point de 
lieu si écarté où ses compositions n'aient été 
connues ; point de marchand de musique dont 
il n'ait fait la fortune. Reproduite sous toutes 
les formes par les spéculations du commerce, 
sa musique occupait les loisirs de l'élève le 
plus inexpérimenté comme de l'artiste le plus 
liahilc. Mais il n'y a rien dont l'usage immo- 
déré n'enfante le dégoût: Pleyel en fit la triste 
expérience. Les ingrats qui lui étaient rede- 
vables de tant de plaisirs se fatiguèrent d'en- 
censer toujours la même idole, et l'hommage 
exclusif qu'ils lui avaient rendu finit par faire 
place au délaissement le plus absolu. La mo- 
destie de l'artiste se plia peut-être trop facile- 
ment à ce changement de fortune; fatigué de 
succès, il ne fit point usage de ce qui lui res- 
tait de forces pour en obtenir de nouveaux; 
d'autres travaux occupèrent sa vie, des talents 
plus jeunes se produisirent, et bientôt une gé- 
nération nouvelle s'éleva, qui ne s'informa 
point d'un homme à qui une autre génération 
avait dû ses délices. 

11 faudrait faire aujourd'hui beaucoup de 
recherches pour découvrir les compositions ori- 



ginales de Pleyel parmi les nombreux arran- 
gements qu'on en a faits : on se contentera d'in- 
diquer les principaux ouvrages. 1 . Symphonies 
a grand orchestre, au nombre de vingt-neuf, 
savoir: n° 1 (en ut); Vienne, Artaria; n° 2, 
en forme de sérénade, op. G; Offenbach, 
André; n os 3, 4 et 5, op. 12; ibid.;n os 6, 7, 8, 
op. 14; ibid.; n° 9, en forme de sérénade, 
op. 20; ibid. ; n° s 10, 11, 12, op. 27; ibid.; 
n° s 13, 14, 10, op. 29; ibid.; n os 17, 18, 19, 
op. 30 ; ibid.; n o9 20,21, op. 3-3; ibid.;n° 22, 
op. 38; ibid.; n° 23, op. G2; ibid. ; n° 24, 
op. G8; ibid.; n° 25, op. 75; ibid.; n° 26; 
Paris, Pleyel; n os 27, 28, 29; Paris, Imbauli. 
De nouvelles éditions de ces symphonies ont 
été faites à Paris chez Imhault, Pleyel et 
Sieber. II. Septuors, sextuors et ouintettes. 
1° Septuor pour deux violons, alto, violon- 
celle, contrebasse et deux cors; Paris, Sieber. 
2° Sextuor pour deux violons, deux altos, vio- 
loncelle et contrebasse, op. 37; ibid., et 
Offenbach, André. 5° Quintettes pour deux 
violons, deux altos et violoncelle, livres 1, 2, 
3, 4 et 5 ; Paris, Sieber. Toutes les autres com- 
positions du même genre, publiées sous le nom 
de Pleyel, ne sont que des arrangements de 
ses autres ouvrages. III. Quatuors. 4° Qua- 
tuors pour deux violons, alto et violoncelle, 
au nombre de quarante-cinq, divisés dans les 
œuvres 1, 2, 5, 4, 5, G (renfermant douze 
quatuors en quatre livraisons, dédiées au roi 
de Prusse), et 7. Tons ces quatuors ont été 
imprimés dans les principales villes de l'Eu- 
rope. Les autres œuvres de quatuors sont 
arrangés d'après d'autres compositions. On a 
arrangé les premiers en quatuors pour cla- 
vecin, pour flûte, clarinette, etc. 5° Six qua- 
tuors pour flûte, violon, alto et basse, op. 56, 
livres 1 et 2; Offenbach, André. IV. Trios. 
G Trios pour violon, alto et basse, op. 11; 
Offenbach, André. 7° Trios pour deux violons 
et violoncelle, livres 1, 2 et 3; Paris, Pleyel, 
Vienne, Offenbach, etc. V. Concertos. 8°Con- 
certos pour violon, n°» 1 cl 2; Paris, Sieber, 
Vienne, Mollo, etc. 9° Concertos pour violon- 
celle, n os 1, 2, 3, 4; Paris Sieher, Janet, 
Pleyel. 10° Symplionieconcertantepourviolon 
et alto, op. 35; Offenhach, André. 11° Idem 
pour deux violons, op. 57; ibid. 12° Idem 
pour violon, alto et basse, op. 59; Paris, Na- 
derman. 13° Quatrième idem pour deux vio- 
lons, alto, violoncelle, flûte, hautbois et bas- 
son ; Paris, Pleyel. 14° Cinquième idem pour 
flûle, hautbois, cor ei hasson, ibid. 15° Idem 
pour piano et violon, n os 1 et 2; ibid. 
VI. Duos. 1G° Duos pour deux violons, livres 



PLEYEL 



1, 2, 3, 4, 5 et G; Paris, diez tous les éditeurs. 
17° Duos pour violon et violoncelle, op. 12; 
ibid. 18° Duos pour violon et alto, op. 30; 
Paris, Pleyel. Une multitude d'autres œuvres 
de duos ont été publiés sous le nom de Pleyel, 
mais ils sont arrangés d'après d'autres com- 
positions, ou sont reproduits sous d'autres 
numéros. VII. Musique de piano. 19° Con- 
certos pour piano, n os 1 et 2; Paris, Vienne, 
OfTenbach, elc. 20° Sonates pour piano, violon 
et basse, op. 14, livres 1 et 2, op. 15, 16, 
livres 1 et 2, op. 23, 24, 29; grandes sonates 
îd r em ; op.5I, 32, 33, 34, cbez tous les éditeurs 
de musique. Tous les œuvres de sonales pour 
ces instruments qui portent d'autres numéros, 
sont des répétitions ou des arrangements. 
21° Six sonates progressives pour piano et 
violon, op. 27; Paris, Pleyel. 22° Six idem, 
op. 28; ibid. Dans le grand nombre d'autres 
morceaux qui ont paru sous le nom de Pleyel, 
il est presque impossible de distinguer ceux 
qui sont originaux de ceux qui ne sont que des 
extraits ou des arrangements : aucun com- 
positeur n'a fourni la matière d'autant de 
fraudes commerciales de tout genre. 

PLEYEL (Camille), fils aine du précédent, 
né à Strasbourg, en 1792, fit ses études musi- 
cales sous la direction de son père, reçut des 
conseils de Dussek pour le piano, vécut quel- 
que temps à Londres, puis revint à Paris, où 
il dirigea la maison de commerce de musique 
fondée par Ignace Pleyel. Devenu l'associé de 
Kalkbrenner (voyez ce nom), en 1824, pour le 
développement de la fabrique de pianos de la 
même maison, il y donna tous ses soins, et par 
sa rare intelligence et ses trayaux constants, 
éleva cet établissement au rang de ceux qui 
produisent les meilleurs instruments. Malgré 
les éloges que mérite Pleyel par les résultats 
qu'il a obtenus en ce genre, on ne peut s'em- 
pêcher de regretter que ses heureuses facultés 
se soient tournées sans réserve vers la profes- 
sion de facteur de pianos, car la nature l'avait 
destiné à briller parmi les musiciens les plus 
distingués de son temps. Pianiste élégant et 
gracieux, doué d'un sentiment délicat et ex- 
pressif, il écrivit aussi, au commencement de 
sa carrière, de très-bonne musique instrumen- 
tale, trop peu connue, parce qu'il n'a pas pris 
assez de soin pour la répandre. Parmi ses 
compositions, on remarque : 1° Quatuor pour 
piano, violon, allô et basse, op. 3; Paris, 
Pleyel. 2° Trois trios pour piano, violon et 
violoncelle, op. 1 ; ibid. 3° Sonate pour piano 
et violon, op. 2; ibid. 4° Idem pour piano et 
violoncelle, op. 0; ibid. 5" Beaucoup de 



rondos, nocturnes, fantaisies, mélanges, 
thèmes variés, etc., pour piano seul ou accom- 
pagné ; ibid. 6° Duo pour piano à 4 mains, 
op. 4; ibid. Camille Pleyel est mort à Paris, 
le 4 mai 1855, à l'âge de soixante-trois ans, 
laissant sa fabrique de pianos dans une grande 
prospérité, continuée, développée et agrandie 
par son successeur M. Auguste Wolff (voyez 
ce nom). Pleyel était chevalier de la Légion 
d'honneur. 

PLEYEL (madame Makie-Félicité-De- 
nise), femme du précédent, connue d'abord 
sous le nom de mademoiselle Moke, est née à 
Paris, d'un père belge, professeur de linguis- 
tique, et d'une mère allemande. Elle est sœur 
de feu M. Moke, professeur de l'université de 
Gand, membre de l'Académie royale de Bel- 
gique et littérateur distingué. Dès ses pre- 
mières années, mademoiselle Moke fit voir des 
dispositions exceptionnelles pour la musique. 
Son premier professeur de piano fut M. Jac- 
ques Herz (voyez ce nom). A peine âgée de 
neuf ans, elle fixait déjà sur elle l'attention 
des artistes et des amateurs. A celte époque, 
Bloschelès, alors à Paris, lui donna des leçons. 
Lorsqu'elle eut atteint sa douzième année, elle 
vint en Belgique avec ses parents et se fit en- 
tendre dans quelques concerts, où elle excita 
l'étonnement général par sa précoce habileté. 
De retour à Paris, elle devint élève de Kalk- 
brenner, à qui elle fut redevable des parfaites 
traditions de l'école de Clementi, de l'égalité 
d'aptitude des deux mains et de la clarté qui, 
depuis lors, sont au nombre des qualités de 
son merveilleux talent. A quinze ans, made- 
moiselle Moke était déjà comptée parmi les 
pianistes de premier ordre de cette époque. 
Après son mariage avec Camille Pleyel, elle 
reçut de son mari de très-utiles conseils sur le 
Flyle d'expression, car, ainsi qu'on l'a vu dans 
la notice précédente, il avait pu apprécier les 
rares qualités de Dussek sous ce rapport, et 
lui-même était doué d'un goût fin et délicat. 
Aux qualités classiques qu'elle avait puisées à 
l'école de Kalkbrenner, madame Pleyel avait 
ajouté la délicatesse et le charme, lorsqu'elle 
partit pour l'Allemagne etlaBussie. A Péters- 
boii rg, son talent subit une nouvelle transfor- 
mation, après qu'elle eut entendu Thalberg.Le 
son splendide que tirait du piano cet artiste cé- 
lèbre la saisit et lui fit comprendre quelles de- 
vaient être désormais ses études pour donner à 
son jeu cette ampleur de sonorité. A son retour 
en Allemagne, les succès qu'elle obtint dans 
ses concerts eurent un grand retentissement 
constaté par les journaux, notamment par 



80 



PLEYEL - PLINE 



la Gazelle générale de musique de Leipsick. 
Dans cette ville, Mendelsohn voulut diriger 
personnellement l'orchestre de ses concerts 
et donna le signal des applaudissements. 
A Dresde, à Prague, même enthousiasme. 
A l'arrivée de madame Pleyel à Vienne, les 
artistes et les amateurs semblaient être fana- 
tisés par le talent de Liszt : ce grand artiste y 
donnait alors des concerts où la foule se pré- 
cipitait et faisait au héros du piano des ova- 
tions dont il n'y avait pas eu d'exemple jus- 
qu'alors dans la capitale de l'Autriche. Entrer 
en lutte contrede tels succès eût été dangereux 
pour tout autre talent que celui de madame 
Pleyel : maisdès son premierconcert, l'impres- 
sion profonde qu'elle produisit lui prouva 
qu'elle n'avait pas été téméraire. Liszt, qui d'ail- 
leurs a toujours montré beaucoupde sympathie 
à madame Pleyel, avait eu le bon goût de se faire 
son champion dans cette circonstance : il la 
conduisit lui-même au piano et lui tourna les 
feuilles. La haute aristocratie viennoise avait 
pris madame Pleyel sous sa protection, et tous 
les salons se disputaient l'avantage de la faire 
entendre à des auditoires d'élite. 

En quittant Vienne, madame Pleyel se 
rendit directement à Bruxelles, où sa mère 
s'était fixée. Ce fut dans cette ville qu'elle 
réalisa le projet, formé à Pétersbourg, de 
réunir, aux précieuses qualités qu'elle possé- 
dait, la puissance sonore qui ne semble pas 
appartenir à la délicate constitution des 
femmes. Évitant pendant cinq ans les occa- 
sions de se faire entendre, elle fit, dans la so- 
litude, un travail incessant pour atteindre à 
son but, et pour se jouer des difficultés de 
mécanisme les plus inouïes. Sûre d'elle-même 
après cinq années d'efforts et d'abnégation, 
madame Pleyel voulut rentrer avec éclat dans 
le monde musical, et se rendit àParis,en 1845, 
pour y donner des concerts. La première fois 
qu'on l'entendit, peu de jours après son ar- 
rivée, ce fut dans une soirée musicale donnée 
dans les salons de Pape, facteur de pianos. 
L'effet qu'elle y produisit fut magique : les 
meilleurs artistes, à la tête desquels était 
Auber, et les organes principaux de la presse, 
l'entourèrent et la pressèrent de produire au 
grand jour son talent, dont le caractère était 
nouveau et différent de celui de tous les autres 
giands pianistes. Elle donna en effet au Théâ- 
tre Italien, deux concerts qui firent naître une 
émotion extraordinaire, et dont le souvenir ne 
s'est pas effacé à Paris. Le troisième concert 
était près d'être donné, lorsque la nouvelle 
d'une grave maladie de la mère de madame | 



Pleyel lui parvint : elle partit immédiatement, 
abandonnant la continuation de succès dont il 
y a eu peu d'exemples. En 1846, madame 
Pleyel se rendit à Londres, où l'effet qu'elle 
produisit ne fut pas inférieur à celui qu'elle 
avait fait à Paris. 

En 1848, cette grande artiste a été nommée 
professeur de piano au Conservatoire royal de 
Bruxelles : c'est à elle que cette institution est 
redevable d'une véritable école de piano; car 
avant qu'elle eût fait connaître à la Belgique 
les avantages de l'enseignement normal et 
fondamental pour jouer de cet instrument, 
cette partie de l'art était dans un état évident 
d'infériorité à l'égard des autres. Liszt a dit et 
répété souvent : Il existe des pianistes très- 
habiles qui se sont ouvert des routes parti- 
culières, et qui obtiennent de brillants succès 
par les choses qui leur sont familières; mais 
il n'y a qu'une seule école appropriée à 
l'art, dans toute son extension .-c'est celle de 
madame Pleyel. Les élèves formés par elle 
ont répandu ses traditions dans le monde; de la 
vient que l'art de jouer du piano est aujour- 
d'hui cultivé avec tant de succès en Belgique. 
A différentes époques, depuis 1848, madame 
Pleyel a voyagé dans diverses parties de la 
France et y a excité l'enthousiasme dans ses 
concerts, ainsi qu'à Paris; toutefois, il est juste 
de dire que la portée de son talent dans tous 
les genres demusique n'est connue que du petit 
nombre de personnes qu'elle admet à l'en- 
tendre chez elle. Les artistes et amateurs 
étrangers qui jouissent de ces avantages sont 
émerveillés de ce talent, de ces mains aux- 
quelles aucune difficulté ne résiste, de cette 
puissance foudroyante, de cet art de mo- 
difier le son en raison du caractère de la mu- 
sique, art que personne n'a poussé aussi loin; 
de sa grâce inimitable, enfin, de sa haute 
poésie dans la musique classique des grands 
maîtres. Les artistes qui l'accompagnent dans 
celte musique sont toujoursébahis,confondus, 
accablés par celle réunion inouïe de tant de 
qualités supérieures. J'ai entendu tous les 
pianistes célèbres, depuis Hullmandel et Cle- 
menti jusqu'à ceux qui jouissent aujourd'hui 
d'une renommée méritée ; mais je déclare 
qu'aucun d'eux ne m'a donné, comme madame 
Pleyel, le sentiment de la perfection. 

PLINE (Caius Plénius secundus), l'Ancien, 
naquit à Vérone, l'an 23 de l'ère chrétienne. 
Après avoir servi dans les armées des empereurs 
Vespasien et Titus, il obtint plusieurs emplois 
à Rome et en Espagne. Il périt, en 79, dans 
l'éruption du Vésuve qui cngloulil Ilercula- 



PLINE - PHJTARQUE 



81 



num, Pompeïa et plusieurs autres villes. Il nous 
reste de lui une histoire naturelle en trente- 
sept livres, considérée ajuste titre comme un 
des ouvrages les plus importants que nous a 
légués l'antiquité. On a plusieurs bonnes 
éditions de ce livre : une des meilleures est 
celle qui a été publiée dans la collection de 
l'anckouke, avec la traduction de M. Ajasson 
de Grandsagne et les notes de Beudant, Bron- 
gniart,G. Cuvier etUaunou (Paris, 1829-1836). 
Pline traite d'objets relatifs à la musique et 
aux instruments des anciens, livrell,chap. 22; 
livre VII, chap. 22 et 36; livre IX, cliap. 9; 
livre XI, chap. 51 ; livre XVI, chap. 36. 

PLISCHKOWSKY (A.-F.), professeur 
de musique, né à Prinzlau (Bohême), fit ses 
études littéraires et musicales à Prague, puis 
se fixa dans sa ville natale, où il se livra à 
l'enseignement du chant. On a de lui un livre 
intitulé : Leitfaden im Gesange, etc., fiir 
Gymnasien und Burgerschule (Guide pour 
Pétude du chant, etc., à l'usage des collèges et 
des écoles communales); Prinzlau, 18ô7, in-4°. 

PLOUVIER (Pierre- Joseph), né àGand, 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, 
s'établit à Paris, en qualité de professeur de 
guitare, vers 1804, puis se fixa à Bruxelles et 
s'y fit marchand et éditeur de musique. Il est 
mort dans cette ville vers 1826. Plouvier était 
aussi flûtiste. Il a publié de sa composition : 
1° Sérénades pour deux flûtes et basson, 
liv. 1 , 2, 5, 4; Bruxelles, Plouvier. 2° Quatuor 
pour guitare, deux violons et violoncelle, op. 4; 
ibid. 5° Pot-pourri pour guitare, /violon et 
alto, op. 1; ibid. 4° Symphonie concertante 
pour deux guitares; ibid. 5° Duos pour deux 
guitares et guitare et violon, op. 1, 14, 15 et 
17; ibid. 6° Thèmes variés pour guitare et 
violon, op. 7; ibid. 7° Thèmes variés pour 
guitare seule; ibid. 8° Méthode complète pour 
guitare; ibid. 

PLUTARQUE, poîygraphe grec, naquit 
à Chéronée, dans la Béotie, vers l'an 49 de 
l'ère chrétienne. Disciple d'Ammonius, il 
suivit en beaucoup de choses la doctrine de 
Plularque et celle de Platon. Il fleurit depuis 
le règne de Néron jusqu'à celui d'Adrien. 
Après avoir vécu à Rome et en Illyrie, dont il 
fut préfet, il fut revêtu de la dignité consulaire 
par son élève Trajan, puis retourna dans la 
Grèce, où il mourut l'an 159. L'édition grec- 
que-latine des œuvres complètes de Plularque 
donnée par Reiske (Leipsick, 1774-1782, 
12 vol. in-8°) élait une des plus estimées, 
avant (lue MM. Didot en eussent publié une 
excellente dans leur belle collection d'auteurs 

CIOCR. UMV. DES" MUSICIENS. 1. Ml. 



grecs. On a de ce laborieux écrivain de l'anti- 
quité deux ouvrages où il traitede la musique : 
le premier est le commentaire sur la création 
de l'âme décrite dans le Timée de Platon. 
L'obscur passage dont il s'agit, en ce qui con- 
cerne la théorie des nombres musicaux des 
pythagoriciens, est expliqué dans le commen- 
taire de Plularque avec plus de clarié et de 
profondeur que par aucun autre. Il est regret- 
table que M. Cousin, dans ses notes sur le 
passage du Timée de Platon (œuvres traduites 
en français, t. XII, p. 530-539) ne paraisse pas 
avoir attaché au travail de Plularque toute l'at- 
tention qu'il mérite; mais les Etudes sur le 
Timée de Platon de M. Th. -Henri Marlin 
ont fourni sur ce sujet des éclaircissements 
plus satisfaisants et plus complets que ceux de 
Plularque. Le second ouvrage de Plularque 
est un dialogue qui traite spécialement de la 
musique. La plus grande partie de ce dialogue 
est relative à l'histoire de la musique; Plu- 
larque n'y traite delà théorie que vers la fin. 
Bien que Requeno montre peu d'estime pour 
la partie historique du dialogue de Plutarque 
(Saggio sul ristabilmento dell' arte armo- 
nica de' Greci e Romani cantori, 1. 1, p. 285), 
il n'en est pas moins vrai que ce dialogue, et 
le livre d'Athénée, sont les sources les plus 
certaines où nous pouvons puiser pour l'his- 
toire de la musique pratique des Grecs. Le 
texte grec du dialogue de Plularque, corrigé 
par Burette d'après plusieurs manuscrits de la 
Bibliothèque impériale de Paris, a servi pour 
l'édition de Reiske. Guillaume Xylander, Her- 
mann Cruserius et Charles Valgulio en ont 
donné des versions latines. Il a été aussi tra- 
duit en italien par Marc-Antoine Gandino ; 
mais le meilleur travail sur ce morceau est la 
traduction française de Buretle avec le texte 
grec et un très-grand nombre de notes instruc- 
tives {voyez Burette). Clavier, dans son édition 
complète des œuvres de Plutarque traduites par 
Amyot, a inséré la traduction du Dialogue 
sur la musique, par Burette, niais sans les 
notes. M. Ricardus Volkmann a donné une 
nouvelle édition du texte du dialogue de Plu- 
tarque sur la musique, avec une nouvelle ver- 
sion latine, une préface critique et un com- 
mentaire plein d'érudition sous ce simple 
titre : Plutarchi de Musica; Lipsias, 1856, 
gr. in-8°. L'ouvrage est suivi d'une disserta- 
lion intitulée : De organis sive instruments 
veterum musicis epimetrum. Il existe une 
édition dn texte de Plutarque avec une tra- 
duction anglaise, sans nom du traducteur, 
sous le titre : The nepi u.o'jjtxyfc of Plutarch 

G 



82 



PLUTARQUE - POELITZ 



translated, Chiswick, C. Whitlingham, 1822, 
petit in-8°. J'ai appris que M. J.-II. Bromby, 
de Hull, est l'auteur de la traduction. 

PODBIELSKI (Jacques), organiste prus- 
sien, vers la fin du dix-septième siècle, est 
cité avec éloge par Niedt, dans son Manuel de 
musique (p. 184 et 185, édition de Natlheson) 
et par Motz, dans sa Défense de la musique 
religieuse. Wallher possédait des pièces de 
clavecin de cet artiste. 

PODBIELSKI (CimÉTiErt- Guillaume) , 
organiste de la cathédrale, à Kœnigsberg, 
* naquit dans celte ville, en 1740. Son père lui 
enseigna le musique, et il fit ses éludes à 
l'université desa villenatale.Devenuorganisle 
habile, il obtint l'emploi ci-dessus désigné, 
et bientôt il justifia la confiance qu'on avait 
eue en ses talents, par la publication de so- 
natesdeclavecin, remarquables sous le rapport 
de la nouveauté des idées et de l'élégance de 
la facture. Il mourut subitement à Kœnigs- 
berg, le 3 janvier 1792. On a de cet artiste : 
1° Six sonates pour le clavecin; Riga, 1780. 
La première édition ayant été épuisée en 
quatre ans, ces sonates furent réimprimées à 
Leipsick, en 1784. 2° Six sonates pour le cla- 
vecin, op. 2; Riga, 1785. Une deuxième édi- 
tion a paru à Leipsick. 3° Petites pièces pour 
le clavecin et pourléchant; Kœnigsberg, 1783. 

PODIO (Guillaume DE), prêtre espagnol, 
vivait vers la fin du quinzième siècle, vrai- 
semblablement à Valence. On a de lui un 
traité de musique qui parait être le plus ancien 
livre imprimé sur cet art en Espagne, et dont 
la rareté est excessive. Cet ouvrage a pour 
litre : Guillelmo de Podio presbytero com- 
menlariorum musices ad reverendissimum 
et illustrissimum Alphonsum de Aragonia 
episcopum incipit prologus. Au dernier 
feuillet, on dit : Impressum in inclita urbe 
falenti na , impensis magnifici JJumini 
Jacobi de Villa per ingeniosos et artis im- 
pressorix expertos Petrum Hagenbach et 
Leonardum f/utum, Alemanos. Anno 1495, 
die undecima mensis Aprilis, in-4°. 

POECK (Ignace, chevalier DE), amateur 
de musique à Vienne, né dans les dernières 
années du dix-huitième siècle, est auteur d'une 
brochure intitulée : Darstcllung des Zu- 
standes der Oper und des Ballets, in 
K. K. Hoflhcater naclist dem Karnth- 
nerthor, wœhrend der Pachtung des Herrn 
D . 2?ar6a;a (Tableau de la situation de l'opéra 
et des ballets au théâtre impérial de la Porte 
de Carinthie, sous la direction de M. Bar- 
baja); Vienne, Wallishauser, 1825, in-8°. 



POEL (le P.), bénédictin du couvent de 
Ncustadt-sur-le-Mein, est auteur de sonates 
pour le clavecin qui ont été publiées sous ce 
litre : Objectum pinnarum tactilium; sive 
sonatœ sex pro clav.; Nuremberg, 174G, 
in-fol. 

POELCDAU (Georges), né à Cremon, 
petite ville de la Livonie, le 5 juillet 1773, 
parcourut la Russie sous lu règne de Paul I", 
puis s'établit à Hambourg, où il se fit entendre 
comme chanteur dans les concerts. Ce fut dans 
celte ville qu'il commença la formation d'une 
des plus belles bibliothèques musicales qu'ail 
possédées un particulier, par l'acquisition de 
toute la collection délaissée par Charles- 
Pbilippe-Emmanuel Bach, dans laquelle se 
trouvaient beaucoup de manuscrits originaux 
de Jean-Sébastien Bach et des autres artistes 
de cette famille illustre. Pœlchau fit ensuite 
un voyage en Italie, et y réunit une multi- 
tude de livres rares et d'œuvres de musique 
imprimées dans les seizième et dix-septième 
siècles. Fixé à Berlin, en 1813, il devint 
membre de l'Académie de chant et en fut un 
des soutiens les plus zélés. Il mourut dans 
celle ville, le 12 août 1836. Chargé par sa 
famille de faire le catalogue de sa magnifique 
bibliothèque , le professeur Dehn employa 
plusieurs années à l'accomplissement de celle 
tâche. Sur sa proposition, le roi Frédéric- 
Guillaume IV acheta celte immense collection 
el la réunit à la partie musicale de la Biblio- 
thèque royale de Berlin, déjà forl riche avant 
celte addition. 

POELCUAU (le Dr. P. A.), de la même 
famille que le précédent, est né vers 1790, à 
Cremon (Livonie). Fixé à Riga, vers 1830, il 
fut diacre dans la cathédrale de celle ville. Il 
est auteur d'un livre qui a pour litre : Ueber 
die Angriffe auf das in Riga und Livland 
sich in kirchlichen Gebrauche befindende 
deutsche Gesangbuche (Sur les causes irré- 
sistibles qui ont fait admettre les livres de 
chant allemandsdans l'usage des églises à Riga 
et dans la Livonie) ; Riga, 1835, in-8°. Celle 
édition est la deuxième. 

POELITZ (Chahles-Heniu-Louis), Saxon 
de naissance, mort à Dresde, en 1831, fut 
professeur de philosophie et de droit dans plu- 
sieurs universités d'Allemagne et membre de 
diverses académies. Parmi ses nombreux 
écrits, on remarque celui qui a pour litre : 
Grundlegung zu einer JFisscnschaftlichen 
Aesthetik, etc. (Bases d'une esthétique scien- 
tifique etc.); Pirna, 1800, in-8° de cent 
soixanle-buil pages. On y trouve quelques 



POELITZ — POHL 



83 



bonnes choses concernant la philosophie de la 
musique. 

POESSITSGER ( François - Alexandre ) , 
dont le nom est aussi écrit PESSITSGEU, 

violoniste de l'orchestre du théâtre national à 
Vienne, depuis la fin du dix-huitième siècle, 
vivait encore dans cette ville vers 1825. Il a 
composé et publié : 1° Trois quatuors pour 
deux violons, alto et basse, op. 1 ; Vienne, 
Artaria, 1799. 2° Deux quintettes pour deux 
violons, deux altos et violoncelle, op. S; ibid. 
5° Trois duos pour violon et alto, op. 4 ; ibid. 
4" Pièces pour trois flûtes, op. 5; ibid. 5° Va- 
riations pour flûte et basse, op. C; ibid. 
0" Trio pour flûte, violon et alto, op. 7 ; ibid. 
7"Trois quatuors pour deux violons, alto et 
basse, op. 18 ; ibid. 8° Plusieurs suites de 
quatuors sur des thèmes de Rossini et de 
YVeber; ibid. 

POGGI (Antoine), ténor distingué, né à 
Bologne, en 1808, fit ses études musicales sous 
la direction des maîtres Celli et Corticelli; 
puis il alla terminer son éducation vocale à 
Naples, où il reçut des leçons de Nozzari 
(voyez ce nom). En 1828* il débuta à Paris 
dans la Donna del Lago, de Rossini : il y 
produisit peu d'effet et n'acheva pas la saison. 
De retour en Italie, il chanta au théâtre Saint- 
Charles, de Naples, pendant les années 1829 
et 1830, et son talent s'y perfectionna d'une 
manière remarquable. Dans cette dernière 
année, il se rendit à Palerme, où il obtint de 
brillants succès. On le retrouve à Pise, puis à 
Home, en 1855; à Gènes, dans l'année sui- 
vante; à Milan, en 1835, et dans la même 
année à Vienne, où il retourna en 1837, 1858 
et 1839. Milan l'avait rappelé, en 1836, et il y 
chanta encore en 1858 et en 1845. Dans les 
années 1837 et 1844, il brilla à Venise. Il avait 
éiéappeléàPetersbourg,en 1840;mais leclimat 
de la Russie n'étant pas favorable à sa santé, 
il revint promplement en Italie, et chanta à 
Trieste et à Turin. Dès 1842, l'affaiblissement 
de son organe vocal avait commencé à se faire 
sentir, quoiqu'il nefùtâgé quedetrente-quatre 
ans; la progression du mal fut rapide, et Poggi 
fut obligé de renoncera la carrièredu théâtre, 
en 1845. Il était membre de la Société de 
Sainte-Cécile de Rome et des académie sde 
Turin, de Venise et de Florence. Il avait épousé 
la célèbre cantatrice Frezzolini, à Turin, en 
1841 ; mais ils vécurent peu ensemble, et la 
Frezzolini conserva toujours le nom sous lequel 
elle avait fait sa réputation. 

POHL (Guillaume), docteur en médecine 
et amateur de musique, né en Silésie, vécut à 



Vienne vers la fin du dix-huitième siècle, et 
mourut vers 1807. Ou connaît de sa composi- 
tion : 1° Deux sonates pour clavecin ; Vienne, 
1790. 2° Trois duos pour deux violons; ibid. 
3° Trois duos pour violon et alto, op. 4; ibid. 
4° Trois quatuors pour deux violons, alto et 
basse, op. 5; ibid., 1792. 5" Trois quatuors pour 
flûte, violon, alto et basse, op. 6; ibid., 1793. 
6° Nocturne pour flûte, violon, deux altos et 
basse, op. 2; ibid., 1791. 7° Cavatine de la 
Molinara variée pour flûte, violon, alto et 
violoncelle; ibid. On a aussi de cet amateur 
des chansons allemandes publiées à Breslau, 
vers 1785, et plus tard à Vienne. 

POHL (Joseph), compositeur de musique 
d'église, né en Silésie, vécut à Breslau, vers 
1800. On a gravé quelques morceaux de chant 
et de piano de sa composition, à Breslau, chez 
Leuckart. 

POHL (François-Benoît), docteur en mé- 
decine, est né à Lœwenberg, en 1792. Après 
avoir reçu les premières leçons de musique du 
cantor Scheer, il fréquenta le gymnase de 
Grussau, et en 1812, il se rendit à l'université 
de Breslau, où il suivit les cours de médecine 
pendant qu'il continuait ses études musicales. 
Après un séjour de quatre ans dans cette ville, 
il alla à Vienne où il se lia avec Mayseder, 
Boelime, Weiss, Merk, et autres hommes dis- 
tingués. Habile violoniste, il faisait quelque- 
fois sa partie dans les quatuors de Schuppan- 
zigh. En 1817, il fit un voyage à Berlin, puis 
il se fixa à Lœwenberg, pour y exercer la mé- 
decine. Il y vivait encore en 1841. Pendant 
son séjour à Berlin, il a publié une dissertation 
académique intitulée : De artis musiese in 
sanos et xgrotantes effectu; Berlin, 1818, 
in-8° de trente et une pages. 

POHL (le docteur Richard), savant, litté- 
rateur et musicien de l'époque actuelle (1853- 
18G5), ne m'est connu que par quelques-uns 
de ses travaux. D'après le peu de renseigne- 
ments qui me sont parvenus, le docteur Pohl 
est né à Dresde; après avoir fait ses études à 
l'université de Leipsick, ainsi qu'au conserva- 
toire de celte ville, il est retourné dans la ca- 
pitale de la Saxe et y a vécu quelques années. 
Il y était en 1853; mais deux ans après, on le 
trouve fixé à Weimar, où je crois qu'il est en- 
core (1864). M. Pohl s'est fait connaître 
d'abord par une suite de lettres, au nombre de 
huit, réunies sous ce titre : Akustiche Briefe 
fiir Musiker und Ulusikfreunde. Eine po± 
pulxre Darslelluny der Akustik als Natur- 
wissenchaft in Beziehung zur Tonkunsl, 
(Lettres concernant l'acoustique potut les mu- 

6. 



84 



POIIL — POISOT 



siciens et les amateurs. Exposé populaire «le 
l'acoustique, comme science naturelle en rap- 
port avec la musique) ; Leipsick, Bruno Ilinze, 
1853, petit in-8° de cent vingt-huit pages. 
L'avertissement est daté de Dresde, au mois de 
février 1853. La méthode de M. Pohl est claire, 
facile, et son style a toute la simplicité néces- 
saire pour un travail de ce genre. Les écrits de 
Kraushaar, de Wœllje, de Stehlin, de Dro- 
hisch et d'Opell, lui ont fourni la matière de 
ses lettres. Il est regrettable que cette première 
partie du travail de son auteur soit la seule 
qui ait vu le jour. Zélé partisan de la musique 
de Richard Wagner et de son système drama- 
tique, M. Pohl s'est associé à M. Brendel, pour 
la rédaction et la publication de l'écrit pério- 
dique intitulé : Anregungen fur Kunst , Leben 
und IFissenschaft (Incitations à l'art, la vie 
(intellectuelle) et la science), depuis la 
deuxième année (1857) jusqu'à la sixième 
(1861), qui a été la dernière. Ainsi qu'il arrive 
partout aux apôtres de doctrines déplorables, 
qui prétendent donner à la musique une di- 
rection qui lui est antipathique et aussi con- 
traire à son essence qu'au sentiment universel, 
cet écrit n'a pas trouvé de lecteurs en nombre 
suffisant pour le faire vivre. En dépit, je ne 
dirai pas des convictions, mais du parti pris 
des sectateurs de l'art faux qu'on veut substi- 
tuer au vrai, tous leurs efforts seront vains en 
définitive; mais ils produisent, par desécrits 
semblables, un mal réel sur les âmes faibles, 
dans lesquelles ils ébranlent la foi en la réalité 
«lu beau ainsi que dans ses conditions éter- 
nelles. En exallant les dernières œuvres de 
lleethoven, aberrations d'un génie qui s'éteint, 
et les monstrueuses combinaisons de Tann- 
hxuser et de Lohengrin, monuments d'im- 
puissance à créer dans le domaine de la noble 
et belle musique, les rédacteurs des anre- 
gungen ont contribué à faire naître le doute 
«:l l'anarchie actuellcd'opinions, qui font des- 
cendre aujourd'hui la nation allemande de la 
position élevée où l'avaient placée les Bach, 
Htende), Gluck, Haydn, ledivin Mozart et Bee- 
thoven, dans sa belle époque. 

POULE (M.-A.), médecin à Wiltenberg, au 
commencement du dix-huitième siècle, est au- 
teurd'unedissertalion intitulée: DeCuralione 
morborum percantu; Wiltenberg, 1706, in-4°. 

POIILEI (Rodolphe), pianiste, né a 
Nordhauscn, vers 1810, s'est fixé à Leipsick, 
en 1830, et y a fait représenter, dans la 
même année, un petit opéra intitulé florelte. 
On a aussi de lui des Licdcr à voix seule avec 
accompagnement de piano. 



POHLEIVZ (CnnÉTiEN-AtiGESTE), organiste 
à l'église Saint-Thomas et directeur de mu- 
sique du grand concert de Leipsick, est né en 
1790, à Sallgast, dans la Basse-Lusace. Il a 
publié deux recueils de polonaises pour le 
piano, à Leipsick, chez Hoffmeister et Peters, 
deux recueils de chants allemands à quatre 
voix; ibid., et des chants à voix seule; ibid. 
On connaît de lui de la musique d'église et 
des chants pour un chœur d'hommes. Pohlenz 
fut directeur de musique de la Société des 
amateurs et de l'Académie de chant. Il est 
mort à Leipsick, d'une attaque d'apoplexie, le 
mars 1843. 

POISE (Ferdinand), compositeur, né à 
Nîmes, le 4 juin 1829, y apprit les éléments 
de la musique. S'étant rendu fort jeune à 
Paris, il entra au collège Louis-le-Grand, y fit 
ses études classiques et fut reçu bachelier es 
lettres. En 1850, il fut admis au Conservatoire 
et y devint élève d'Adolphe Adam pour la 
composition. Ses progrès furent si rapides, 
qu'il obtint le grand prix de composition de 
l'Institut de France, en 1852. Dans l'année 
suivante, il a fait représenter au Théâtre- 
Lyrique son premier opéra intitulé Bonsoir, 
voisin, qui a obtenu plus de cent représenta- 
tions. Parti ensuite pour l'Italie et l'Alle- 
magne , conformément au règlement îles 
grands concours de l'Institut, M. Poise revint 
à Paris, en 1855, el donna dans la même 
année, au Théâtre-Lyrique, les Charmants, 
opéra en un acte, qui obtint aussi plus de cent 
représentations, et a été repris à l'Opéra - 
Comique. En 1856, il lit représenter, .nu 
théâtre des Bouffes-Parisiens, Polichinelle, 
en un acte; en 1858, Don Pedro, en deux 
actes et trois tableaux, à l'Opéra Comique, et 
en 1861, au même théâtre, le Jardinier ga- 
lant, en deux actes et trois tableaux. Le style 
de M. Poise rappelle celui de son maître; mai* 
à un degré plus faible : la distinction y 
manque. 

POISOT (CnAnLES-ÉMiin), né à Dijon, le 
8 juillet 1822, étudia «l'abord le piano dans 
cette ville, sous la direction de M. Jules Senart, 
élève de Liszt et artiste distingué. Arrivé à 
Paris en 1834, M. Poisot acheva ses éludes 
classiques au Lycée national : dans le même 
temps, il reçut des leçons de piano «l'un élève 
de Zimmcrman, nommé N.-G. Bach. Plus 
tard, il eut tour à tour pour maîtres de cet 
instrument Louis Adam (père), M.Slamaty et 
Thalbcrg. Après avoir étudié le contrepoint 
«lans les leçons privées de M. Leborne, 
M. Poisot entra au Conservatoire, en 1844, et 



POISOT — POISSON 



85 



y devint élève d'Halévy, dont il suivit le cours 
pétulant quatre ans. Dès 1855, M. Poisot avait 
commencé à publier des romances et des 
chansonnettes chez la plupart des éditeurs de 
Paris. Le 16 octobre 1850, il fit représenter 
au théâtre de l'Opéra Comique le Paysan, en 
un acte, dont le livret est de M. Alboise. La 
partition de cet ouvrage, réduite pour piano et 
chant, a été publiée chez Richault. On connaît 
aussi du même artiste deux opéras de salon, 
le Coin du feu, en un acte; Paris, Challiot, et 
les Terreurs de M. Péters; Paris, Ledentu. 
En 1 852, M. Poisot retourna à Dijon et y resta 
deux ou trois années, s'occupant de rensei- 
gnement et de travaux littéraires relatifs à la 
musique. Ce fut alors qu'il écrivit et publia 
l'ouvrage qui a pour titre : Essai sur les mu- 
siciens bourguignons, comprenant une es- 
quisse historique sur les différentes trans- 
formations de l'art musical en France, du 
neuvième au dix-neuvième siècle; Dijon, 
Lamarche et Drouelle, 1854, gr. in-8°. Les 
Mémoires de l'Académie de Dijon (1857) con- 
tiennent une Notice biographique de Rode 
que M. Poisot écrivit à la même époque. De 
retour à Paris, il a publié son livre intitulé : 
Histoire de la musique en France, depuis les 
temps les plus reculés jusqu'à nos jours; 
Paris, E. Denlu, 1860, un volume in- 12 de 
trois cent quatre-vingt-quatre pages. On a 
aussi de cet artiste-littérateur : Notice sur 
I>rifaut, lue à l'Académie de Dijon, en 1850, 
et Notice sur Mong in (voyez ce nom), extrait 
«lu Journal de la Côtc-d'Or (1861). Les com- 
positions instrumentales publiées de M. Poisot 
.sont les suivantes : 1°Duo pour piano et violon 
sur des motifs de Fidelio ; Paris, Richault. 
2° Trio pour piano, violon et violoncelle dédié 
;i Onslow; Paris, Dumonchel, 5° Fantaisie à 
quatre mains sur les Mousquetaires de la 
reine; Paris, Brandus. 4° La Marguerite, 
polka difficile. 5° Exercices de mécanisme 
pour lé piano; Paris, Benoît. 6° Grande valse 
de bravoure; Paris, Nowinski. 7° Scherzo 
pour piano à quatre mains; Paris, Benoît. 
8" Fantaisie à quatre mains sur la Straniera; 
il)id., etc. 

POISSL (Jean-Népomucène, baron DE), 
chambellan du roi de Bavière, intendant de la 
musique de la cour, est né le 15 février 1783, 
à Hauskenzell, dans la forêt de Bavière. Dès 
son enfance, il montra un goût passionné 
pour la musique : Danzi dirigea ses études 
dans cet art. En 180G, M. de Poissl fit le pre- 
mier essai de son talent par un opéra-comique 
mlilulé Opern Probe (La répétition d'un 



opéra); et deux ans après, il donna l'opéra 
sérieux Antigone. Ces faibles productions 
n'eurent qu'un médiocre succès. Quelques 
progresse firent ensuite remarquer dans une 
messe de M. de Poissl et dans quelques mor- 
ceaux de concert. Son Ottaviano in Sicilia, 
qu'il fit représenter en 1812, et qui fut ac- 
cueilli avec beaucoup de faveur, indiqua aussi 
que le sentiment de la scène s'était perfec- 
tionné en lui. Deux ans après, il donna son 
Athalie, tragédie lyrique qui obtint le plus 
brillant succès, non-seulement à Munich, mais 
sur les principaux théâtres de l'Allemagne. 
Un style plus élevé que dans ses précédentes 
compositions et l'originalité des idées justi- 
fiaient ce succès. Outre cet ouvrage, on a aussi 
représenté, à Munich, les opéras suivants 
du même compositeur : Der JFittkampf in 
Olympia (Le concours à Olympie), Nitteti, la 
Représaille, Mérope , la Princesse de Pro- 
vence et Der Untersberg . Ce dernier opéra, 
du genre romantique, a été mis en scène en 
1820, et a reçu beaucoup d'applaudissements. 
C'est le dernier ouvrage que M. le baron de 
Poissl a fait représenter. La perte de sa femme 
et la mort de plusieurs enfants l'ont détourné 
depuis lors du goût du théâtre; ces malheurs 
ne lui ont laissé de penchant que pour la mu- 
sique d'église. Ayant été nommé, en 1823, 
intendant de la musique de la cour, il a réuni 
à ses fonctions, l'année suivante, celles d'in- 
tendant du théâtre royal. Des intrigues l'ont 
éloigné de ce dernier emploi : il a été rem- 
placé par le conseiller de cour Kaestner.On a 
publié de M. de Poissl les ouvertures à grand 
orchestre de ses opéras : Alhalie, Mérope^ 
Olympie et Ottaviano in Sicilia, ainsi qu'un 
concerto pour violoncelle; Leipsick, Breitkopf 
et Haertel. Il a écrit le 95 me psaume pour 
quatre voixsoloset un chœur ; un Stabat à huit 
voix et un Miserere aussi à huit voix, sans 
instruments, ainsi qu'un autre Miserere à six 
voix, avec des chorals intercalés. 

POISSON (le P. Nicolas-Joseph), prêtre 
de l'Oratoire, naquit, en 1G37, à Paris, sui- 
vant quelques biographes, ou à Vendôme, se- 
lon d'autres. Son attachement à la philosphie 
de Descartes lui attira des tracasseries et des 
chagrins. Exilé à Nevers, il y devint le grand 
vicaire de l'évêque; mais après la mort de ce 
prélat, il se retira à la maison de l'Oratoire de 
Lyon, et y mourut, le 3 mai 1710. On a du 
P. Poisson : Le Traité de la mécanique de 
Descaries, suivi de l'abrégé de la musique du 
même auteur, traduit du latin en français, 
avec des éclaircissements et des notes, Paris, 



86 



POISSON — POKORNY 



1068, in-4°. Les éclaircissements furent en- 
suite traduits en latin, pour les éditions pos- 
térieures des œuvres de Descaries, et publiés 
sous ce titre : Elucidaliones physicx in Car- 
tesii mechanicam et musicam, ex gallico lat. 
versai ; Amstelodami , 1701, in-4". 

POISSON (l'abbé Léonard), né en 1G95, 
fut curé à Marchands, au diocèse de Sens, et 
mourut le 10 mars 1755. On lui doit un très- 
bon livre qu'il publia sans nom d'auteur, sous 
ce litre : Traité théorique et pratique du 
plain-chant , appelé grégorien, dans lequel 
on explique les vrais principes de cette 
science, suivant les auteurs anciens et mo- 
dernes, etc.; Paris, Lottin, 1750, un volume 
in-8° de quatre cent dix-neuf pages. Ce livre, 
le traité du P. Jumilhac, et le traité historique 
de l'abbé Lebeuf, sont ce qu'on a publié de 
meilleur en France sur le plain-chant, dans le 
dix-huitième siècle. 

POISSON (...), prêtre du diocèse de 
Rouen, fut curé à Bardouville, puis à Bocher- 
ville, dans ce diocèse, et vécut dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. Il est auteur 
d'un livre intitulé : Nouvelle méthode pour 
apprendre le plain-chant; Rouen, 1789, un 
volume in-8° de deux cent vingt-trois pages. 
On a quelquefois confondu ce livre et son au- 
teur avec le livre et l'écrivain cilésdans l'ar- 
ticle précédent. 

POISSON (Siméon-Denis), mathématicien 
distingué, né à Pithiviers, le 21 juin 1781, 
entra comme élève à l'École polytechnique 
lorsqu'elle fut organisée, et s'y fit bientôt re- 
marquer par son aptitude et par son applica- 
tion. Lagrange, frappé de la promptitude de 
sa conception, dit un jour en présence de plu- 
sieurs professeurs et élèves de l'école : Petit 
poisson deviendra grand. Celui dont l'homme 
illustre jugeait ainsi l'avenir a justifié cet ho- 
roscope. Lorsque la nouvelle école normale 
fut instituée, en 1811, Poisson y fui appelé en 
qualité de professeur de mécanique. Depuis 
lors, il a été successivement appelé aux fonc- 
tions d'examinateur des élèves de l'École poly- 
technique et du corps royal d'artillerie, d'in- 
specteur des (■Unies des écoles militaires, de 
membre du conseil d'instruction publique, cl 
d'astronome du bureau des longitudes. Il 
élail aussi membre de l'Académie des sciences 
de l'Inslilut de France. Ce savant a cessé de 
vivre le 25 avril 1840. On a de lui un Traité 
de mécanique (Paris, 1853, deux volumes 
in-8°), où il traite de plusieurs objets relatifs 
a la philosophie de la musique. H a fait insé- 
i ci nu Mémoire sur la théorie du son, dans 



le quatorzième cahier du Journal de l'Ecole 
polytechnique, et le deuxième volume des nou- 
veaux mémoires de l'Académie des sciences 
renferme un autre mémoire de lui sur le mou- 
vement des fluides élastiques dans les 
tuyaux cylindriques, et sur la théorie des 
instruments à vent. On a aussi de Poisson : 
Sur la vitesse du son, dans la Connaissance 
des temps, 1826. — Mémoire sur les oscilla- 
tions du son dans un vase d'une profondeur 
quelconque (dans le t. XIX du Journal de 
Mathématique, de Gergonne). 

POITEVIN (Guillaume), maître des en- 
fants de chœur de la cathédrale d'Aix, en 
Provence, au commencement du dix-huitième 
siècle, a laissé en manuscrit beaucoup de mu- 
sique d'église, qui a été longtemps en usage 
dans le midi de la France. 

PORORNY (François-Xavier), compo- 
siteur, naquit en 1729, 'dans la Bohême, et fit 
ses éludes musicales sous la direction de Rie- 
pel, à Ratisbonne. Il entra ensuite au service 
du prince d'Oeltingen-Wallerslein, en qualité 
de musicien de la cour; mais il resta peu de 
temps dans cette position, ayant accepté la 
place de second violon chez le prince de la 
Tour et Taxis, «à Ratisbonne. Il mourut dans 
celle ville, en 1794. Pokorny a laissé en ma- 
nuscrit beaucoup île messes, de symphonies 
et de concertos pour le violon. 

POKORNY (Gottiiaiid), violoniste et or- 
ganiste distingué, naquit à Bœmisch-Brod, le 
16 novembre 1753. Son premier maître de 
musique fut Wenceslas Wrabecz, instituteur 
dont il fut plus tard le collègue, en qualité de 
sous- maître. Le désir d'augmenter ses con- 
naissances dans la musique lui fit entre- 
prendre un voyage en Allemagne; mais il 
s'arrêta à BrUnn, et y fut nommé, en 1760, 
maître de chapelle de l'église de Saint-Pierre. 
Il se maria dans celle ville, et eut une fille 
dont le talent sur le piano fut assez remar- 
quable pour mériter les applaudissements de 
Mozart. En 1793, Pokorny fil un voyage en 
Bohême pour revoir le lieu de sa naissance. Il 
mourut à Brllnn, le 4 août 1802, à l'âge de 
soixante-neuf ans. Il a laissé en manuscrit 
plusieurs messes, des litanies, «les vêpres, 
quelques concertos de violon, et des pièces 
pour le clavecin. 

POKORNY ( Joseph François), fils de 
François-Xavier, naquit à Ratisbonne, vers 
I7(i0. Ainsi que son pure, il l'ut attaché à la 
musique du prince de la Tour et Taxis, où il 
était encore en 1812. On a de lui en manuscrit 
des concertos pour le piano, cl des sympho- 



POKORNY - POL1TIEN 



87 



nies. Il a publié une cantate dédiée a l'ar- 
chiduc Charles; à Augsbourg, r^cz Gombart. 

POKORIVY (Etienne), moine augustin, 
compositeur et organiste distingué, naquit à 
Chradim, en Bohême, et fit ses études au col- 
lège des Augustins de Teutschbrod. Il y fut 
employé comme chanteur dans la musique du 
chœur. Plus tard, il se rendit à Prague et y 
acheva de s'instruire dans la musique, sous la 
direction de Cajetan Mara, maître de chapelle 
de Saint- Wenceslas. Il écrivit h celte époque 
de la musique d'église, particulièrement un 
bon Salve Regina, et des offertoires qui se 
conservent dans les couvents de Strahow et de 
Ilaudnilz. En 1788, il fut envoyé en qualité 
d'organiste au couvent des Augustins de 
Vienne : il vivait encore en celle ville dans les 
premières années du dix-neuvième siècle. Po- 
korny a mis en musique et fait graver le Pè- 
lerinage de Schiller; Vienne, Diabelli. 

POLACK. Voyez POLLACK. 

POLANI (Jérôme), compositeur de l'école 
vénitienne, vécut dans les dernières années du 
dix-septième siècle et au commencement du 
dix-huitième. Il fut simple chantre de la cha- 
pelle de Saint-Marc. Il avait été, dans sa jeu- 
nesse, soumis à la castration, car il chantait 
dans cette chapelle les parties de soprano. 11 
a fait jouer, aux théâtres de Venise, les opéras 
suivants : 1° Prassitele in Gnido , 1700. 
2° La Vendetta disarmata daW Amore , 
1701. 3° Creso tolto aile flamme, 1705. 
4° Rosihla, 1707. 5° Vindice lapazzia délia 
vendetta, 1707. G La Virtù trionfante di 
Amore vendicalivo, 1708. 7° Il Cieco ge- 
loso, 1708. 8" Berengario Re d'Italia, 1710. 
9« Chi la fà V aspetta, 1717. 

POLAISTUS (Jean); sous ce nom d'un 
écrivain inconnu, on a imprimé une disserta- 
tion intitulée : Vom christlichen Gebrauche 
der Orgeln (De l'usage chrétien des orgues) ; 
Leipsick, 1G55. 

POLAROLO. Voyez POLLAROLO. 

POLEISI (Jean), célèbre physicien et an- 
tiquaire, naquit à Venise, en 1G83, fut pro- 
fesseur d'astronomie, puis de physique à l'Uni- 
versité de Padoue. En 1719, il succéda à 
Nicolas Bernouilli en qualité de professeur de 
mathématiques. I! mourut en 17G1, à l'âge de 
soixante-huit ans. Au nombre des ouvrages de 
ce savant, on remarque : De Pliysices in ré- 
bus mathematicis utilitate oratio; Padoue, 
17IG, in-4°; il y traite de la musique dans la 
seconde partie. 

POLICRETO (Joseph), compositeur, né 
■à Fcrrare, vers le milieu du seizième siècle, a 



composé des chansons napolitaines à troisvoix 
dont il a été publié six livres sous ce titre : 
Il ... libro délie napoletane a tre voci di 
Gioseffo Policreto e d' altri eccellentisstmi 
musici, con alcune canzoni alla Ferrareso 
del medesimo, a quattro voci; Venise, 1571, 
in-8°. Les autres compositeurs de ce recueil 
sont Jérôme Tast, allemand, et Anselme de 
Pérouse, 

POLIDORI(Uortensio), compositeur, né 
à Camerino, dans les États de l'Église, vers la 
fin du seizième siècle, était, en 1621, maître 
de chapelle à la cathédrale de Fermo, et déjà, 
sans doute, depuis plusieurs années, car il pu- 
bliait alors son cinquième livre de motets, 
qui était son neuvième œuvre. Cet ouvrage a 
pour titre : Quinto libro de motetti a due, 
tre, quattro e cinque voci di Hortensia Po- 
lidori da Camerino, maestro di capella délia 
metropoli di Fermo , dedicati alli molto 
illustri e mollo reverendissimi canonici 
dell' istessa metropoli. Opéra nona ; in Ve- 
netia, app. Bart. Magni, 1621, in-4°. Plus 
tard, Polidori occupa pendant plusieurs années 
la place de maître de chapelle à la cathédrale 
de Chieti, dans le royaume de Naples, puis il 
eut une position semblable à Pesaro. On con- 
naît de sa composition : 1° Messe a 5 e 8 voci, 
con ripienie 2 violini; Venise, 1651 . 2" Salmi 
a cinque voci concertait, op. 12; Venise, 
Aless. Vincenti, 1634, in-4°. 5° Motetti a 
voce sola e a duoi, op. 13; ibid., 1637, in-4°. 
4° Messe a cinque e otto voci concertati con 
2 violini ad libit.,o\>. 14; ibid., 1639, in-4°. 
5° Salmi concertati a 3 e 5 voci, lib. 2, con 
stromenti, op. 15; ibid. 6° Salmi concertati 
a 8 voci, lib. 1; ibid., 1641, in-4°. 7° Salmi 
concertati a 8 voci in 2 chori, parte concer- 
tati et parle ripieni, lib. 2; ibid., 1646, 
in-4°. 

POLIDORI (Paul), violoniste italien, se 
trouvait à Paris, vers 1785 et y a fait graver 
six trios pour deux violons et basse, op. 1; 
Paris, Louis. Viotti le fit entrer à l'orchestre 
de l'Opéra italien de cette ville, en 1789; 
mais il y resta vraisemblablement peu de 
temps, car on ne le trouve plus au nombre des 
artistes de ce théâtre dans l'Annuaire desspec- 
tacles de 1791 . 

POLITIEN (Ange) ou POLITIANO, 
né le 14 juillet 1454, à Monte-Pulciano ou 
Poliziano, dans la Toscane, prit le nom du 
lieu de sa naissance, au lieu de celuld'^m- 
brogini, que portait son père. Également 
distingué comme poêle, historien, philosophe 
et critique, il cultiva aussi les arts avec suc- 



88 



POLITIEN — POLLAROLO 



ces, jouissant à la cour de Laurent de Médicis 
d'une faveur sans bornes, digne de ses talents 
et de son Mécène. Il mourut à Florence, le 
24 septembre 1494, à l'âge de quarante ans. 
Les manuscrits rassemblés dans la Biblio- 
thèque laurentienne lui ont fourni des ren- 
seignements intéressants relatifs à des objets 
de l'antiquité; il en forma ses Miscellanea, 
imprimés à Florence, en 1489, in-fol. Le qua- 
torzième chapitre de ce recueil est consacré à 
des recherches sur l'instrument polycorde ap- 
pelé en grec vaù^ot, ou plus exactement vàêXa, 
à l'occasion des vers d'Ovide : 

Disce etiam duplici genialia naulia palma 
Verrcre : conveniunt dulcibus illa jocis. 

Folitien a aussi traité de Musica naturali, 
mundana et artificiali dans celui de ses ou- 
vrages qui a pour titre : Panepistemoti, seu 
omnium scientiarum liberalium et mecha- 
nicarum descriptio; dont il y a une édition 
de Florence, 1552, in-8°. 

POLL (Georges), né en 1747, dans un 
village près d'Amberg, commença son éduca- 
tion musicale au séminaire de celle ville, puis 
alla prendre des leçons de composition chez 
Riepel, à Ralisbonne. Plus tard, il remplit 
les fonctions de cantor à la cathédrale, et en 
dernier lieu, il entra chez le prince de Palm, 
en qualité de musicien de la chambre. Après 
que ce seigneur eut diminué son orchestre, 
Poil vécut en donnant des leçons et en jouant 
pendant trenle-qualre ans la partie de pre- 
mière flûte au théâtre de Ralisbonne. Il a 
écrit pour ce théâtre l'opéra comique intitulé 
le Grand Harem. On connaît aussi de sa com- 
position deux messes, six vêpres complètes, 
quatre sérénades et des solfèges, le tout en 
manuscrit. 

POLLACK ( François -Cii arlks-Josepii- 
Ernest), directeur de musique du théâtre na- 
tional d'Inspruck, est né à Przychod, près 
d'Oppeln, en Silésic, dans les dernières années 
du dix-huitième siècle. Admis au gymnase de 
Neisse, il y apprit la musique et remplit les 
fonctions d'organiste pendant sept ans. Le 
violon, la flûte et la guitare l'occupèrent aussi 
tour à tour. Dans la huitième année de ses 
études, il fréquenta le collège de Saint-Ma- 
thias, à Breslau; puis, en 1818, il suivit les 
cours de droit de l'université de cette ville. 
Ce fut alors qu'il reçut de Schnabel des leçons 
d'harmonie et de composition. Après plusieurs 
voyage entrepris pour donner des concerts, il 
accepta la place de chef d'orchestre au théâtre 
de Blieg, et l'occupa pendant deux ans; puis 
il voyagea dans la Moravie, en Bohême, et 



s'arrêta à Dresde, où Charles-Marie de Weber 
l'engagea comme lénor de l'Opéra allemand. 
Ses débuts au théâtre de la cour furent heu- 
reux ; mais il sentit la nécessité de se livrer à 
l'élude du chant, qui lui fut enseigné par 
Mieksch, chanteur de la chambre et directeur 
des choeurs. Pollack fut, peu de temps après, 
chargé des rôles de premier ténor dans les 
opéras comiques joués au théâtre d'été de 
Pilnitz. Après la mort de Weber, il s'éloigna 
de Dresde, voyagea et se fit entendre sur les 
théâtres de Linz, Augsbourg, Fribourg, Leip- 
sick, etc.; mais, en 1834, il s'est fixé à 
Inspruck, où il remplit les fonctions de directeur 
de musique du théâtre. Il ,y a écrit des ou- 
vertures et d'autres compositions. Je ne con- 
nais de lui que deux recueils de chants à 
voix seule, publiés à Breslau, chez Leuckart. 
Les biographes allemands ne fournissent pas 
de renseignements sur Pollack après celle 
époque. 

POLLAROLO (Charles-François), com- 
positeur, né à Brescia, dans la première moi- 
tié du dix-septième siècle, fut élève de Le- 
grenzi (voyez ce nom), qui le fit entrer fort 
jeune comme chanteur à la chapelle ducale de 
Saint-Marc, le 21 février 1C65. Il resta long- 
temps dans cette position, car il n'obtint la 
place d'organiste du second orgue de celle 
chapelle que le 15 août 1690, avec un traite- 
ment de deux cenls ducats. II n'occupa celte 
place que peu de temps, ayant été nommé 
vice-maître de chapelle, le 22 mai 1092. Pol- 
larolo trouva toujours peu de faveur près des 
procurateurs de Sainl-Marc, parce que son 
penchant pour la composition dramatique lui 
faisait montrer peu de zèle dans ses fonctions 
à l'église : c'est ainsi du moins que M. Caffi 
explique (1) l'injure qui lui fut faite, en 1702, 
par la nomination d'Antoine Biffi à la posi- 
tion de premier maître de chapelle, quoiqu'il 
n'eût occupé jusqu'alors aucun emploi dans la 
musiquede Sainl-Marc. Pollarolo remplit, pen- 
dant trente ans, les fondions de second 
maître, et mourut à la fin de 1722. Il fut lu 
compositeur vénitien le plus fécond pour la 
scène, car le nombre des opéras qu'il a fait 
représenter, soit â Venise, soit dans d'autres 
villes, s'élève à soixante-dix; de plus, il a 
écrit plusieurs oratorios, des cantates et des 
pièces d'orgue. A Venise seule, il a donné 
soixanle-qualre opéras, dont voici la liste : 
1° Demone amante, o Ciityurla, 168G. 



(I) Siuria délia musica snern nellagià <u/>)iclla ttueatt 
di San Marco in Ventzia, t. I, p. 323. 



POLLAROLO - POLLEDRO 



89 



2<>LiCurgo, 1G86. 5° Antonino Pompciano, 
it Hiescia, puis à Venise, 1G89. 4° Alboino in 
llalia, 1001 . 5° La Pace fra Tolomeo e Se- 
leuco, 1091. 6° Ibraim Sultano, 1692. 7° Me 
Begina di Napoli, 1692. 8° Jeftc , 1692. 
9" Onorio in Rama, 1692. 10° Circe abban- 
tlonata, à Plaisance, 1692, puis à Parme, 
dans la mêmeannée,elà Venise, 1697. 11° La 
Forza délia virtà, 1695. 12° Avvenimenti di 
Erminia e Clorinda , 1693. 15° Ottone , 
1694. 14° La Schiavita fortunata, 1694. 
15° Alfonso primo, 1694. 16° Amage, Re- 
gina de' Sarmati, 1694. 17° Gli inganni 
fclici, 1695. 18" L'Irène, 1695. 19° Ll Pas- 
tore d'Anfriso, 1695. 20° Ercole in cielo, 

1696. 21» Rosamnnda, 1696. 22" / Régi equi- 
voci, 1697.23° Tito Manlio ,1697. 24° Amore 
e Dovcre , 1697. 25° La Forza d' amore , 

1697, et à Bologne, 1733. 26° Ulisse scono- 
sciuto in Itaco, 1698. 27° Marzio Corio- 
lano, 1698. 28° il Giudizio di P aride , 
1699. 29° Faramondo, 1699. 30° 11 color fà 
la Regina, 1700. 51° Lucio Fera, 1700. 32»// 
Ripudio d'Ottavia, 1700. 33° Delirio co- 
mune per l' incoslanza de' Genii , 1701. 
34° Catone Uticense, 1701. 55° Ascanio , 
1701. 36° Odio in Amore, 1703. 37° Ven- 
ceslao, 1703. 38° Almanzor, 1703. 39" Ar- 
minio, à Pratolino, 1703, puis à Venise, 
1722. 40° La Forluna per dote, 1704. 
41° Giorno dinotle, 1704. 42» La Fede ne' 
tradimenti, 1705. 43° L' Enigma disciolta, 
1705. 44° Dafni, 1705. 45° Flavio Perta- 
rido, Re de Longobardi, 1706. 46° Filippo, 
Re di Greciu , 1706. 47" La Vendetta 
d' Amore, 1707. 48» Egisto, 1708. 49» L'Al- 
cibiade, o violenza d' Amore, 1709. 50° Ll 
falso Tiberino, 1709. 51» Costantino Pio, 
1710. 52» Le troisième acte (VEraclio, 1712. 
53° L' Lnfedeltà punita, 1712. 54° Spurio 
Poslumio, 1712. 55» Scipione, 1712. 56» Ll 
Trionfo délia costanza , 1714. 57» Semi- 
ramide, 1714. 58» Ariodante, 1716. 59° Ger- 
manico, 1716. 60° Farnace, 1718. 61» Le 
Pazzie degli amanti, 1719. 62° Lucio Pa- 
pirio, 1721. 63» Plautella , 1721. 64° 11 
Pescalore disingannato, 1721 . Parmi ses ou- 
vrages composés pour diverses villes d'Italie, 
on remarque -.Ascanio, à Milan, 1702; 
l'Eqnivoco, à Rome, 1711; Amore in gare 
co' l fasto, à Rovigo, 1711 ; et Astinome, à 
Rome, 1719. Ses oratorios, au nombre des- 
quels est Jefte, composé pour Vienne, en 
1710, ne sont pas tous connus; Pollarolo 
avait composé trois ou quatre oratorios pour le 
Conservatoire degli incurabili, dont il fut 



maître pendant plusieurs années. Sa cantate 
Fede, valore, gloria et fama, fut exécutée, en 
1716, dans le palais de l'ambassadeur d'Au- 
triche. Ce maître ne peut pas être compté au 
nombre des artistes de génie qui exercent une 
influence plus ou moins active sur l'art de 
leur époque; toutefois il ne mérite pas le dé- 
dain avec lequel M. Caffi en parle (/oc. cit.). 
Il a donné à l'instrumentation de ses ouvrages 
plus d'intérêt que les maîtres vénitiens à qui 
il succéda, et il écrivait bien. J'ai de lui deux 
pièces d'orgue en manuscrits originaux qui 
méritent d'être mises en parallèle avec ce 
qu'on a fait de mieux en Italie à son époque. 
POLLAIIOLO (Antoine), fils du précé- 
dent, naquit vraisemblablementà Venise, vers 
1680. Le 26 février 1725, il obtint la place de 
vice-maiire de chapelle qu'avait occupée son 
père pendant trente ans, et le. 22 mai 1740, il 
succéda àLotti dans la place de premier maître 
de chapelle : il la' conserva jusqu'au mois de 
septembre 1749. On ignore s'il mourut à cette 
époque. Il a donné aux théâtres de Venise : 
1° Arisleo, 1700. 2° Griselda, 1701. 3° Leu- 
cippo e Teone, 1702. 4» Cosroe, 1723. 5» Fu- 
ria Lucrezia, 1726. 6° Nerina, 1728. 7° La 
Sulpizia fedele, 1729. On conserve, dans les 
archives de la cathédrale de Saint-Marc, de la 
musique d'église composée par Antoine Polla- 
rolo. 

POLLEDRO (Jean-Baptiste), maître de 
chapelle à Turin, est né en 1776, à laPiora, 
village près de cette ville. Destiné au com- 
merce, il n'apprit d'abord la musique que 
pour se délasser de ses autres études. Un ami 
de sa famille lui avait donné un petit violon, 
sur lequel il s'exerça dans ses heures de ré- 
création. Lorsqu'il eut atteint l'âge de huit 
ans, son père, remarquant ses heureuses dis- 
positions pour cet instrument, lui donna pour 
maître Mauro Coldarero, violoniste à Asti, qui 
lui fit faire de rapides progrès par l'étude des 
œuvres de Corelli et des autres grands violo- 
nistes de l'ancienne école. Plus lard, il passa 
sous la direction de Gaétan Vai, premier violon 
de la chapelle de Asti, puis il alla achever ses 
études à Turin, avec un artiste nommé Paris. 
Parvenu à l'âge de quatorze ans, Polledro fil 
un premier voyage dans la Lombardie, pour 
y donner des concerts. De retour à Turin, il 
s'y fit aussi entendre en public, et Pugnani 
ayant remarqué dans son jeu de belles qua- 
lités, offrit de lui donner des leçons; mais 
l'élève ne put profiter des excellents conseils 
d'un tel maître que pendant six mois, car la 
santé de Pugnani ne lui permit bientôt plus. 



90 



POLLEDRO - POLLIER 



de se livrer à l'enseignement. Peu de temps 
après, Polledro entra dans la chapelle de 
Milan, puis il fut nommé premier violon de 
Sainte-Marie Majeure, à Bergame. Les troubles 
de la guerre Payant obligé de s'éloigner de 
cette ville, il se rendit à Moscou, en 1799, et y 
demeura pendantcinq ans, puis àPétersbourg. 
En 1809, il fit un voyage en Allemagne, et 
jusqu'en 1812, il parcourut ce pays, donnant 
des concerts dans la plupart des grandes 
villes. Après avoir aussi visité la Hollande et 
l'Angleterre, il retourna en Italie, en 1814, 
se fît entendre à Milan, Florence, Bergame, 
Padoue, Borne, Naples, Palerme. De retour 
enfin à Turin, il y a obtenu, en 1815, la place 
de maître de chapelle. Les journaux allemands 
ont accordé de grands éloges au talent de cet 
artiste, dont on a publié : 1° Concertos pour 
violon, op. 6, 7, 10; Leipsick, Breitkopt' et 
llsertel. 2° Airs variés pour violon et orchestre, 
op. 5, 5, 8; ibid. 5° Trios pour deux violons 
et basse, op. 2, 4, 9; ibid. 4° Exercices pour 
violon seul; ibid. 5° Duos pour deux violons, 
op. 11; Vienne, Mechetti. 

POLLET (Charles-François- Alexandre), 
connu sous le nom de POLLET AINE , na- 
quit à Béthune, en Artois, dans l'année 1748. 
Après avoir étudié quelques temps la guitare, 
il quitta cet instrument pour le cislre, sur 
lequel il acquit une habileté remarquable. 
Arrivé à Paris, en 1771, il s'y fit bientôt une 
brillante réputation, mit le cistre à la mode 
et en donna des leçons. Dans l'espace d'environ 
vingt ans, il publia dix-huit œuvres de sonates, 
et d'airs variés pour le cistre, ainsi qu'une 
méthode pour cet instrument qui parut chez 
Leduc, à Paris, en 1780. Il faisait aussi pa- 
raître un journal d'airs d'opéras pour le cislre, 
quifut interrompu par les événements de 1795. 
Pollet se retira alors à Evreux, où il vivait 
encore en 1811 ; j'ignore l'époque do sa mort. 

POLLET ( Jean-Josepii-Benoît) , frère 
puîné du précédent, naquit à Béthune, vers 
17;53, se livra d'abord, comme son frère, à 
l'élude du cistre, et en donna des lirons à 
Paris: mais par les conseils de Rrumpholz, il 
abandonna cet instrument pour la harpe. Ma- 
dame de Genlis et l'ollct se sont disputé l'hon- 
neur d'avoir été les premiers à l'aire usa^e des 
sons harmoniques des deux mains. Pollet est 
mort à Paris, en LS18. Il a publié de sa com- 
position : 1" Plusieurs œuvres de sonates el 
d'airs variés pour le cislre. 2° Concertos pour 
la harpe, n 08 1, 2, 3; Paris, Ilanry. 5° Noc- 
turnes pour harpe, guitare et flûte, ir 1 el •"; 
.biil. \" Trio pour harpe, cor et basson ; ibid. 



5° Airs variés pour harpe et cor; ibid. G 9 So- 
nates pour harpe seule (au nombre de qua- 
torze); Paris, Naderman, Hanry. 7° Beaucoup r 
d'airs variés, de caprices et de pots-pourris 
pour le même instrument; ibid. 8» Méthode 
de harpe, op. 14 ; Paris, Hanry. Elle a été tra- 
duite en allemand; Offenbach, André. 

POLLET (L.-M.), fils du précédent, né à 
Paris, vers 1783, se livra à l'étude de la gui- 
tare, pour laquelle il a publié quelques œuvres, 
et se fit marchand de musique. Il est mort, 
vers 1830. Cet artiste a publié : 1° Airs variés 
pour guitare. 2° Méthode pour guitare. 
3" Valses et rondeaux pour piano à quatre 
mains; Paris, Hanry. 

POLLET (Marie-Nicole SIMONIN), 
femme du précédent, née à Paris, le 4 mai 
1787, était fille de Jean-Baptiste Simonin, 
luthier, auteur d'une mécanique pour la 
harpe. Elle reçut pendant trois ans des leçons 
de Blattmann pour cet instrument, puis per- 
fectionna son talent sous la direction de Dal- 
vimare. Vers 1808 et dans les années suivantes, 
elle s'est fait entendre avec succès dans les 
concerts. Elle a publié quelques airs variés 
pour la harpe. Madame Simonin Pollet était 
connue avantageusement comme professeur 
de cet instrument. Elle a voyagé en Allemagne, 
en Pologne et en Russie, et a eu partout des 
succès. 

POLLET (Joseph), fils du guitariste de ce 
nom et de madame Simonin-Pollet, est né à 
Paris, le 50 avril 1803, et fut admis comme 
élève au Conservatoire, le 7 octobre 1824. 
Après avoir étudié l'harmonie sous la direction 
de Dourlen, et reçu des leçons d'orgue de 
M. Benoist, il devint élève de l'auteur de cette 
notice pour le contrepoint et la fugue. En 
1829, le second prix de fugue lui fut décerné 
au concours; il obtint le premier, en 1830. 
Sorti de celle école en 1851, M. Pollet fut 
nommé organiste de l'église Notre-Dame, et 
plus tard il eut la place de maître de chapelle 
de celte cathédrale. Il occupe encore celle po- 
sition (1805). On a de cet artiste distingué des 
motels el autres morceaux de musique d'église 
publiés à Paris. 

POLLET (Charles), fils du précédent, si 
je suis bien informé, estorganiste à Paris, et a 
publié (1rs préludes pour orgue; Paris, Bepos; 
des cantiques, Te Deum, O Salutaris, et. 
Domine Salvum, à voix seule avec orgue, 
chez lr même éditeur. 

POLLIEH (Matthias), chapelain-chanlrc 
de la cathédrale d'Anvers, vécut dans les der- 
nières années du seizième siècle et an com- 



POLLIER - POLLUX 



9t 



mencement du dix-septième. Il a publié une 
collection de messes des maîtres les plus célè- 
bres de son temps, sous ce titre : Selectissi- 
viarum Missarum flores, ex prxslantissimis 
nostrx xtatis authoribus quatuor, quinque, 
sex et plurium vocum, collecti, et ad ecclesiœ 
catholicx usumordine decenti dispositi; Ant- 
verpix ex typographia musica Pétri Pha- 
/estï/1599,in-4°obl.Les messes contenues dans 
ce recueil sont : 1° Missa Cantabo Domino, à 
quatre voix, de Viadana. 2° Idem Ad placilum, 
à quatre voix, d'Orlande Lassus. 5° IdemSi- 
cerdos pontifex, à cinq voix, par Pierluigi de 
Palestrina. 4° Idem Sine nomine, à cinq voix, 
par M. Pollier. 5° Idem Sexti toni, à cinq voix, 
parOrl. Lassus. 6° Idem Sagitta Jonathse, à 
six voix, parTiburce Massaini.7°/dem Primi 
toni, à six voix, par J.-M. Asola. 8° IdemBe- 
cantabat, à huit voix, par Jean Croce. 

POLLEAI (François), naquit en 1765, à 
l.ayhach, en Illyrie, appelé Lubiana par les 
Italiens. Après avoir appris les éléments de la 
musique et du clavecin darts le lieu de sa 
naissance, il se rendit à Vienne et y devint 
élève de Mozart, qui lui a dédié un rondo pour 
piano et violon, ainsi qu'on le voit par le ca- 
talogue imprimé des compositions de ce 
maître. Fixé à Milan, vers 1793, il y trouva 
Zingarelli qui dirigea ses études de composi- 
tion. En 1798, il écrivit pour le théâtre de la 
Canobbiana Topera bouffe intitulé la Casetta 
nci boschi, et le 50 avril 1801, il fit chanter, 
au théâtre de la Scala, la cantate II Trionfo 
délia pace, à l'occasion de la paix d'Amiens. 
Peu de temps après, Pollini fit un voyage à 
Paris, et y publia, chez Érard, trois sonates 
pour le piano. De retour à Milan, il fut 
bientôt après nommé professeur de piano au 
Conservatoire de cette ville, qui venait d'être 
institué. C'est pour cet établissement qu'il 
écrivit une bonne métho'de de piano dont la 
première édition a paru en 1812 chez Ricordi. 
Ses caprices, ses sonates, ses exercices pour le 
piano étaient recherchés par les artistes et les 
amateurs. C'est dans un de ces morceaux, in- 
titulé Unode' trentadue esercizi in forma di 
toccata, que Pollini donna le premier exemple 
des combinaisons d'un chant suivi avec des 
traits brillants exécutés par les deux mains. Ce 
morceau, écrit sur trois portées, parut en 1820. 
Dans sa lettre de dédicace à Meyerbeer, Pollini 
s'exprime ainsi : « Je nie suis proposé d'offrir 
» un chant simple plus ou moins large et de 
» différents caractères combiné avec des ac- 
» compagnemenls de rhylhmes variés, afin de 
» faire distinguer avec une expression pjiii- 



»' culière la partie du chant de celle qui l'ac- 
» compagne (1). « Déjà des exemples de com- 
binaisons de ce genre se trouvaient dans une 
pièce de Clementi et d'autres plus remarqua- 
bles encore dans une sonate de Beethoven; mais 
non d'une manière suivie, et comme mani- 
festation d'un système. L'ouvrage de Pollini, 
au contraire, est basé sur le développement de 
cette idée. Il parait que c'est le même ouvrage 
qui a fourni à Thalberg l'indication d'après 
laquelle il a donné à son talent le caractère 
tout spécial qu'on lui connaît, et qui a fait 
une révolution dans l'art de jouer du piano 
(voyez Thalberg). Pollini est mort à Milan, au 
mois d'avril 1847, à l'âge de quatre-vingt- 
quatre ans. On connaît de sa composition : 
1° Trois sonates pour piano seul ; Paris, Érard. 
2° Sonate, caprice et variations pour deux 
pianos; Milan, Ricordi. 5° Sonate facile pour 
piano et violon, op. 3ô ; ibid. 4° Introduction 
et rondeau pastoral pour le piano à quatre 
mains; ibid. 5° Beaucoup de caprices, de 
toccates, de rondeaux et de fantaisies publiées 
chez le même éditeur. 6° Des variations idem, 
ibid. 7° La méthode de piano dont il a donné 
une seconde édition considérablement aug- 
mentée ; ibid. Pollini a écrit aussi de bonne 
musique d'église; mais on n'en a publié qu'un 
Stabat mater en langue italienne, pour 
sopra-no et contrallo, avec accompagnement 
de deux violons, deux violoncelles et orgue. 
Dans la musique de chambre, son chant de 
Selma pour soprano, tiré des poésies d'Ossian, 
a été publié et a obtenu un brillant succès. 

POLLUX (Jules), grammairien et rhéteur 
grec, naquit à Naucratis, en Egypte, vers la fin 
du règne d'Adrien (deuxième siècle de l'ère 
chrétienne). Il vécut quelque temps à Rome, y 
eut des succès dans l'art oratoire, et fut choisi 
par Marc-Aurèle pour être un des instituteurs 
de son fils Commode. Pollux se retira ensuite 
à Athènes, où il mourut à l'âge de cinquante- 
huit ans, dans les premières années du troi- 
sième siècle de l'ère chrétienne. On lui doit 
une sorte de Lexique grec, intitulé Onoma- 
sticon, où les mois sont rangés par ordre 
d'analogie. Cet ouvrage estdivisé en sixlivres: 
il traite de la musique et des inslrumentsdans 
le 4 e chapitre du second livre, et dans les 7 e , 
8 e , 9 e , 10 e et 11 e du quatrième. La meilleure 
édition ancienne de ce livre est celle queLe- 

(1) Io mi proposi di offrire un canto semplicc, pià 
o mena spianato e di différente carattere combinato con 
aceompagnamenti di rilmi variai), e di condurre a dis- 
tinguere ion una partieolare espressione e tocco la parle 
det cauiu da c/ncllo c/ie lo accompatjnano. 



9t> 



POLLtlX - PONCHARD 



derlin el Hemsterhuys ont publiée à Amsler- 
clam, chez Wettstein, en 1706, 2 vol. in-fol. 
Il en a été donné une très-correcte par Emma- 
nuel Bekker, à Berlin, en 1846, 2 vol. in-8°. 

POLTZ (Jean), né à Lubeck, le 4 décembre 
1060, fit ses études à l'université de Witten- 
berg, fut co-recleur dans sa ville natale, en 
1G89, puis recteur en 1694, et enfin pasteur à 
Preetzen, où il mourut le 18 octobre 1705. Il 
a fait imprimer une dissertation intitulée : De 
Harmonica musica, Wittenberg, 1679, in-4° 
de vingt-huit pages. 

POLYMNESTES DE COLOPHON, 
musicien grec, était fils de Mélès, citoyen de 
Colophon, ville d'Ionie , célèbre par ses 
oracles. Il parait avoir vécu après Terpandre 
et Clonas. Plularque dit qu'il travaillait dans 
le même genre de poésie musical'- que ces 
deux musiciens, c'est-à-dire, qu'il composait 
des airs de flûte, des prosodies, des chants 
élégiaques, et des épiques. Ses airs de flûte 
s'appelaient de son nom poiymnestiens ou po- 
lymiiasliens. Le même auteur compte Polym- 
nesles parmi ceux qui firent à Lacédémone le 
second établissement de la musique, et qui in- 
troduisirent dans cette ville, en Arcadie et 
dans Argos, plusieurs danses nouvelles; enfin, 
il lui attribue des airs de flûte appelés ort hiens, 
auxquels il joignit la mélopée ou la musique 
vocale. 

PONCE (Nicolas), graveur et littérateur, 
né à Paris, le 12 mars 1746, mort en cette 
ville, le 21 mars 1851, a fait insérer dans le 
recueil intitulé Les quatre Saisons du Par- 
nasse (troisième partie, p. 264 et suivantes), 
un fragment Sur les cotises des progrès et 
de la décadence de la musique chez les 
Crées. 

PONCHARD (Antoine), né en 1758, à 
Bussu, près de Péronne (Picardie), perdit son 
père un an après sa naissance. Sa mère, 
femme intelligente, ayant remarqué ses heu- 
reuses dispositions pour la musique, lorsqu'il 
eut atteint l'âge de sept ans, le fit entrer 
comme enfant de chœur à l'église principale 
de Péronne, où il fit ses études littéraires et 
musicales ; puis il alla les achever à la cathé- 
drale de Liège, particulièrement pour la com- 
position. Rentré en France, il obtint la place 
de maître de chapelle de l'église de Saint-Malo, 
qu'il abandonna ensuite pour la même posi- 
tion à la cathédrale de Bourges. Plus tard, il 
l'ut appelé à Auxerre pour y remplir les 
mêmes fondions. Arrivé à Paris, il s'y maria 
en 17X6, et dans l'année suivante, ^ il alla 
s'établir à Pont-Ic-Voy, oit il eut l'en ploi de 



professeur de musique du collège royal. Cinq 
ans après, les événements de la révolution 
ayant dispersé les ecclésiastiques qui diri- 
geaient ce collège, Ponchard se trouva sans 
emploi et se retira d'abord à Blois, puis au 
village de Mareuil, dont il avait été nommé 
maître d'école. Plus tard, il reçut sa nomina- 
tion de receveur des contributions de l'arron- 
dissement d'Auxerre et retourna dans cette 
ville avec sa femme et ses enfants ; mais étran- 
ger aux connaissances administratives et tou- 
jours artiste de cœur, il donna sa démission 
pour se faire chef d'orchestre d'une troupe 
dramatique venue à Auxerre et qu'il suivit à 
Chalon-sur-Saône, puis à Tournon. En 1805, 
il s'établit à Lyon, y dirigea l'orchestre du 
Grand-Théâtre et s'y fit connaître comme ar- 
tiste de talent. Ses fils ayant achevé leur édu- 
cation, furent admis au Conservatoire de 
Paris, en 1808. Après les heureux débuts de 
celui qui est l'objet de la notice suivante, son 
père voulut jouir de ses succès et alla se fixer 
à Paris, en 1815; deux ans après, il- y obtint la 
place de maitre de chapelle de Saint-Euslache. 
Ce fut dans cette position qu'il acheva pai- 
siblement sa carrière. Il mourut au mois de 
septembre 1827-, à l'âge de soixante-neuf ans. 
Ponchard a laissé en manuscrit les ouvrages 
dont voici la liste: 1° Messe solennelle à quatre 
voix, orchestre et orgue (en si bémol). 2° Messe 
de Requiem idem, considérée comme sa meil- 
leure production. 5° Messe solennelle à quatre 
voix et orchestre (en ré). 4° Messe à quatre 
voix et orgue (en si mineur). 5° Messe brève 
pour la commémoration des morts. 6" Credo 
(en /a), pour six voix concertantes. 7° Offer- 
toire pour le jour de Pâques, à quatre voix et 
orchestre. 8° Domine salvum fac regem pour 
chœur et orchestre. 9° Idem, pour quatre 
voix et orgue. 10° Idem, pour un chœur à cinq 
voix sans accompagnement. 11° Credo à trois 
voix. 12° O Salutaris à quatre voix seules. 
13" Idem, à quatre voix et orchestre. 14" Idem 
avec quatuor d'instruments à cordes. 15° Idem 
à deux voix et orgue suivi d'un Privât in 
a'iernum. 16° Cantate pour la naissance du 
roi de Rome. 

PONCHARD (jEAN-FnÉDKIWC-AUGUSTE), 

fils du précédent, est né à Paris, le 8 juillet 
1789. Il commença l'étude de la musique à 
Auxerre et la continua à Lyon, où il entra à 
l'orchestre du Grand-Théâtre, en qualité de 
violoniste; mais ses heureuses dispositions 
pour le chant lui firent quitter celle position 
pour entrer au pensionnat du Conservatoire 
de musique de Paris, où il lui admis comme 



PONCIIARD — rONIATOWSKI 



93 



élève, le 13 juillet 1808. Après y avoir fait des 
études préparatoires de vocalisation, il reçut 
des leçons de Garât, et brilla dans les con- 
certs du Conservatoire, pendant les années 
1810 et 1811. Le 17 juillet 1812, il débuta à 
l'Opéra- Comique, dans l'Ami de la maison et 
dans le Tableau parlant, opéras de Grétry. 
Bien que sa taille et son extérieur n'eussent 
rien d'avantageux pour la scène, et que le 
timbre de sa voix fût d'une qualité médiocre, 
il fut applaudi par les connaisseurs, à cause 
de l'expression de son chant, de son profond 
sentiment de la musique, de sa bonne vocali- 
sation et du goût des ornements de son chant. 
Avant lui, il y avait eu de belles voix et d'ex- 
cellents acteurs à l'Opéra-Comique; mais il 
fut le premier qui y introduisit l'art véritable 
du chant. Son habileté le fit souvent lutter 
avec avantage contre la belle voix, la verve et 
la réputation de Martin (voyez ce nom), par- 
ticulièrement dans Picaros et Diego. Quel- 
ques pièces de l'ancien répertoire, telles que 
Zémire et Azor, les Evénements imprévus; 
et parmi les nouveaux ouvrages : le Chaperon 
rouge, la Dame blanche et Mazaniello\e pla- 
cèrent, vers la fin de sa carrière dramatique, 
à la tête des meilleurs chanteurs de l'Opéra- 
Comique. Retiré du théâtre en 1834, avec la 
pension acquise par ses services pendant 
vingt-deux ans, il s'est livré depuis lors à l'en- 
seignement du chant. Déjà il avait été nommé 
professeur au Conservatoire pour cette partie 
de l'art, en 1819; il y forma de bons élèves, 
au nombre desquels on remarque son fils. Per- 
sonne n'a chanté d'une manière plus tou- 
chante le cantabile et la romance : on se sou- 
vient encore de l'impression profonde que 
produisait cet artiste dans l'air de Zémire et 
Azor : Du moment qu'on aime, et surtout 
dans l'air des Abencérages de Cherubini, qu'il 
chanta plusieurs fois aux concerts du Conser- 
vatoire, et dans lequel il émut toujours l'au- 
ditoire jusqu'à l'enthousiasme. 

PONCHARD (Marie- Sophie CAL- 
LAULT), femme du précédent, née à Paris, 
le 30 mai 1792, entra d'abord au Conserva- 
toire de musique, comme élève externe, au 
mois de mars 1806, puis fut reçue au pen- 
sionnat de chant de cette école, et y reçut des 
leçons de Garât. Après avoir brillé, en 1817, 
au théâtre de Rouen, elle entra à l'Opéra-Co- 
mique l'année suivante. D'abord assez froide- 
ment accueillie, à cause de l'excessive timidité 
qui paralysait son incontestable habileté dans 
l'art du chant, elle obtint plus tard des succès 
dans quelques opéras où celle habileté pouvait 



se développer avec avantage, particulière- 
ment dans le Cheval de bronze, d'Auber, où 
elle fut applaudie avec enthousiasme. Retirée 
de l'Opéra-Comique, en 1836, elle a encore 
chanté avec succès, pendant celte année, au 
théâtre de Rouen, mais l'année suivante elle 
est rentrée dans la vie privée. 

POISIATOWSKI (Joseph-Michel-Xa- 
vie.i-François-Jean, prince), petit-neveu de 
Stanislas II, dernier roi de Pologne, est né à 
Rome, non le 20 mars, comme il est dit dans 
plusieurs notices, mais le 20 février 1816. Dès 
ses premières années, il montra d'heureuses 
dispositions pourla musique, dont les premiers 
éléments lui furent enseignés par un prêtre, 
nommé Candido Zanetti. A l'âge de huit ans, 
ses progrès avaient été assez rapides pour 
qu'il pût jouer avec succès des variations de 
piano dans un concert. Peu de temps après, 
sa famille alla s'établir à Florence, et le jeune 
prince fut placé dans un collège pour y faire 
ses éludes. A dix-sepl ans, il y obtint le pre- 
mier prix de mathématiques. Sorti de cette in- 
stitution, il se livra sans réserve à Ja culture 
de l'art pour lequel il sentait qu'il était né, 
étudia le chant, et reçut, des leçons de compo- 
silionde Ferdinand Cevecchini, maitre-*de cha- 
pelle d'une des églises de Florence. Douéd'unc 
belle voix de ténor et devenu chanteur habile, 
il ne dédaigna pas de se fairo entendre sur le 
théâtre del Giglio, à Lucques, puis à celui de 
la Pergola, à Florence. Parvenu à l'âge de 
vingt-deux ans, il voulut essayer ses forces 
dans la composition d'un opéra et arrangea 
pour la scène lyrique la tragédie de Niccolini, 
Jean Procida, dont il écrivit rapidement la 
partition. L'ouvrage fut joué, en 1858, au 
théâtre Standish, à Florence, et le prince y 
chanta le rôle du ténor. Le bon accueil fait à 
cette première production eut assez d'éclat 
pour que Jean Procida fût demandé à l'au- 
teur pour le théâtre de Lucques, où le succès 
ne fut pas contesté. L'opéra bouffe Don De- 
siderio, composé par le prince Poniatowski, 
dans l'année suivante, fut joué d'abord à 
Pise, où il fut applaudi avec enthousiasme et 
n'eut pas moins de succès à Venise, à Bologne, 
à Livourne, à Milan, à Rome, à Naples et à 
Palerme. Dix-huit ans après, cet ouvrage eut 
un sort non moins heureux au Théâtre italien 
de Paris. Ruy Blas, donné par le prince, an 
théâtre de Lucques, en 1842, eut une chute à 
peu près complète, quoiqu'il eût été très-bien 
chanté par la Frezzolini, Poggi et le baryton 
Collini. Le compositeur-amateur se releva par 
le succès complet de Bonifazio dei Geremci, 



94 



P0NIAT0WSK1 — PONTÉCOULANT 



représenté à Rome, en 1844, puis à Aucune, 
à Livourne, à Gênes et à Venise. / Lamber- 
tazzi, opéra joué à Florence, en 1845, n'eut 
que deux représentations; mais Mahk-Adel, 
opéra sérieux en trois actes, fut plus heureux 
à Gènes, dans l'année suivante. Les alterna- 
tives de succès et de chutes semblaient être 
dans la destinée dramatique du prince Ponia- 
lowski, car laSposa d'slbido tomba à plat à 
Venise, et fut suivie d' Es mer aida, représentée 
à Livourhe, en 1847, et qui réussit. Après les 
événements politiques de 1848, le grand-duc 
de Toscane a nommé le prince Poniatowski 
son ministre plénipotentiaire à Paris. Fixé de- 
puis lors dans celle ville, le prince a été na- 
turalisé français et l'empereur Napoléon III 
l'a fait sénateur. Toutefois, les affaires ne lui 
ont pas fait oublier 'l'art; en 18G0, il a donné, 
à l'Opéra, Pierre deMédicis, en quatre actes, 
dans lequel il y a de belles choses, parti- 
culièrement au quatrième actes, et à l'Opéra 
comique, Au travers du mur, en un acte. 

PONS (D. José), musicien espagnol, naquit 
à Gerono, en 17G8. Il fit ses éludes musicales 
sous la direction de D. Jaime Balins, maître 
de chapelle de la cathédrale de Cordoue. Pons 
était maître de chapelle de la cathédrale de 
Gerono lorsque, en 1 795, il obtint, au concours, 
la place de mailre de chapelle de l'église mé- 
tropolitaine de Valence. Il mourut dans celle 
position, en 1818. Le genre de composition 
dans lequel ce mailre s'est particulièrement 
distingué, est celui des Filhancicos , ou 
chants de Noël, avec orchestre, et des Mi- 
serere pour la semaine sainte. Il en a fait de 
véritables drames bibliques, quj ont obtenu un 
grand succès dans toute l'Espagne. Pons a 
composé aussi des Filhancicos avec orgue, 
qui sont encore chantés dans la plupart des 
églises de sa patrie. Cet artiste, dit M. Eslava 
(voyez ce nom) est le véritable représentant 
de l'école catalane, dont les traditions sont en- 
tièrement différentes de celles de l'école valen- 
oaise, dans laquelle le style classique a tou- 
jours été cultivé. 

POINTAC (D. Diego), prêtre espagnol, vé- 
cut au milieu du dix-septièmesiècle. Il occupa 
d'abord la place de mailre de chapelle de la 
cathédrale de Grenade. En 1044, il fut appelé 
à exercer les mêmes fondions à l'église mé- 
tropolitaine de Santiago de Galice. Le 7 sep- 
tembre 1G49, il abandonna cette position pour 
celle de maître de chapelle de la Seu de Sara- 
gosse ; enfin, en 1G60, il oblinlla direction de 
ta chapelle de l'église métropolitaine «le Va- 
lence, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Le petit 



nombre de productions que ce maître a écrites 
pour l'église se trouve en manuscrit à La 
chapelle royale de Madrid et au monastère de 
VEscorial. M. Eslava a publié une messe à 
quatre voix de Pontac,dans le premier volume 
de la deuxième série (dix-septième siècle) de 
sa collection intitulée : Lira sacro-liispana. 

PONTE (Jacoues DE), compositeur du 
seizième siècle, est connu par un recueil inti- 
tulé : Citiquanta stanze dal Betnbo conmu- 
sica a quattro roci ; Venise, 1558. Dans le 
rarissime recueil intitulé: Evangelia Domi- 
nicorum et festorum dierum, musicis nu- 
meris pulcherrime comprehensa et ornata 
quatuor, quinque, sex et plurium vocum, 
lomi sex, etc. (Nuremberg, Jean Monlanus 
et Ulrich Neuber, 1556), on trouve, t. III, 
n° 2G, de Jacques de Ponte, l'évangile Cœ- 
nantibus Mis accepit Jésus panem, à quatre 
voix. Le rédacteur du catalogue de la musique 
de la Bibliothèque royale de Munich traduit 
de Ponte par Dupont, d'après un recueil de 
motets publié à Anvers, sous ce litre : Qua- 
tuor vocum musicx modulationes numéro 
XXVI , ex optimis auctoribus diligenter 
selectx prorsus novx, etc. ; Jntverpix, apud 
Guilielmun rissenacum , 1542. On y trouve 
deux motels qui portent en tête : Jacobus Du 
Pont. Si tel était son nom, les Italiens l'on 
changé en de. Ponte pendant le séjour que 
l'artiste parait avoir fait dans la péninsule 
italique. 

PONTE (Adam DE), chanteur de la cha- 
pelle impériale sous le règne de Ferdinand I er , 
vécut dans la première moitié du seizième 
siècle. On n'a pas de renseignements sur sa 
pairie : si, ce qui est assez vraisemblable, son 
nom était Du Pont, ou Dupont, il aurait été 
Belge ou Français. C'est à cet artiste qu'ap- 
partiennent quatre molels à quatre et cinq 
voix qui se trouvent dans )eNovus Thésaurus 
musicus, de Pierre Joannelli, et que j'ai at- 
tribués par erreur à Jacques de Ponte, dans 
la première édition de celte Biographie. 

POINTÉCOULANT (Louis-Adolphe LE 
DOULCET, comte DE), né à Paris, en 1794, 
est fils du comte de Ponlécoulant, qui fut le 
premier préfet du déparlement de la Dyle, 
puis sénateur et pair de France. Entré à l'école 
militaire de Saint-Cyr, il en sortit, en 1812, 
pour faire la campagne de Russie. Dans la re- 
traite désastreuse de l'armée française, il fui 
fait prisonnier au combat de Paroutina et 
passa deux ans dans le gouvernement d'Orcn- 
bourg, visitant les bords de l'Oural. Rentré en 
Franco, à la lin de 1814, il lit la campagne de 



PONTÉCOULANT - PONZIO 



35 



1815, et fut chargé, après la bataille de Wa- 
terloo, de l'organisation et du commandement 
de la levée en masse du département de la 
Haute-Saône. Parti pour l'Amérique après la 
seconde restauration, il prit part à la révolu- 
tion de Fernambouc (Brésil), et fut condamné 
la peine capitale, mais parvint à s'évader. De 
retour à Paris, après sept années d'absence, il 
se fit recevoir bachelier es sciences et suivit 
les cours de droit. En 1825, il fut nommé exa- 
minateur des livres au ministère de l'inté- 
rieur. Après la révolution de Belgique, en 
1830, Pontécoulant se souvint des années de 
son enfance passées dans ce pays, et vint, avec 
un corps de volontaires organisé par lui, sous 
le nom de tirailleurs belges partisans , of- 
frir ses services au gouvernement provisoire 
établi à Bruxelles. Dès son arrivée, il fut 
nommé aide de camp du général Van Halen, 
reçut l'ordre de se rendre àGandet d'y prendre 
le commandement de toutes les forces actives 
disséminées dans les deux Flandres. Il rendit 
d'importants services dans les émeutes popu- 
laires de ces provinces, se trouva comme vo- 
lontaire à labatailledeLouvainely fut blessé. 
Après 1831 , il rentra en France, reprit ses 
études, et, depuis lors, il ne s'est plus occupé 
que de sciences et de littérature. Il prit part à 
la rédaction de V Encyclopédie des gens du 
monde, de V Encyclopédie nouvelle, de l'En- 
cyclopédie catholique et de V Encyclopédie du 
XIX e siècle; le nombre de grands articles 
qu'il y a fait insérer est très-considérable : 
ceux qui concernent l'astronomie forme- 
raient seuls un cours complet de cette 
science. 

En 1857, M. de Pontécoulant commença à 
s'occuper spécialement de l'histoire de la mu- 
sique dans l'antiquité, de l'acoustique et de la 
théorie de la construction des instruments. Il 
fournit un certain nombre d'articles sur ces 
divers sujets à la Gazette musicale de Paris, 
puis à la France musicale : il est maintenant 
(1864) attaché à la rédaction du journal heb- 
domadaire YArt musical. Il a été spéciale- 
ment chargé de l'examen des instruments de 
musique aux expositions industrielles, pour 
ces écrits périodiques. Il a publié un livre in- 
titulé : Essai sur la facture instrumentale 
considérée dans ses rapports avec Vart, Vin- 
dustrie et le commerce; Paris, 1857, un vo- 
lume grand in-8°. Le même ouvrage, aug- 
menté d'un deuxième volume de six cent 
quatre-vingt-six pages, a été reproduit sous 
ce titre : Organographie. Essai'sur la fac- 
ture instrumentale. Art, industrie et com- 



merce; Paris, Castel, 18G1, deux volumes gr. 
in-8°. Ce livre renferme une multitude de 
renseignements aussi curieux qu'utiles sur 
tous les genres de fabrications d'instruments, 
les inventions et perfectionnements, les bre- 
vets obtenus dans tous les pays, et le com- 
merce de ces objets. On a aussi de M. de Pon- 
técoulant : Douze jours à Londres. Voyage 
d'un mélomane à travers l'exposition uni- 
verselle; Paris, Frédéric-Henri, 1862, un vo- 
lume in-12de trois cent vingt-huit pages. Ce 
volume contient une appréciation du mérite 
des instruments placés à l'exposition interna- 
tionale de Londres, en 1862. 

PONTEL1BERO (Ferdinand), surnommé 
AJUTAISTINI, compositeur et violoniste, 
élève de Rolla, vécut à Milan depuis les der- 
nières années du dix-huitième siècle jusque 
vers 1820. En 1806, il fit un voyage à Paris, 
et y fit graver quelques œuvres de musique 
instrumentale. Il a écrit, pour le théâtre de la 
Scala, la musique des ballets dont les titres 
suivent : 1° Zulima, en 1800. 2° Sadak e 
Kalasrod, 1801. 3° Il Sacrifizio di C'urzio, 
1805. 4° Alcina e Ruggiero, 1805. 5° Cam- 
bise in Egilto, 1807. 6° Le premier acte de 
la Morte di Whaytsong , 1809. 7° Divertisse- 
ment exécuté le 15 mai 1815. Pontelibero a 
mis en musique, pour voix seule avec accom- 
pagnement de piano, soixante-six octaves de 
la Jérusalem délivrée, divisées en quatre li- 
vraisons; Milan, Ricordi. Enfin, il a publié à 
Paris, chez Carli : 1° Trois quatuors pour 
deux violons, alto et basse, op. 4. 2° Trois 
trios pour deux violons et violoncelle, op. 3. 
3° Trois duos pour deux violons, op. 2. 

POIVTHUS (....), bon facteur d'inslru- • 
ments à vent, travaillait à Mâcon, dans la 
première moitié dudix-seplième siècle. Il était 
particulièrement renommé pour le fini et la 
perfection de ses musettes (voyez le Traité de 
la musette, de Borjon, p. 39). 

PONTHUS DE TU YARD. Voyez 
ÏHYARD. 

PONTIUS (François). On a sous ce nom 
d'un écrivain inconnu : Problemata de mu- 
sica XVII; Venise, 1559, in-4°. 

PONZIO (Pierre), compositeur et théori- 
cien, naquit à Parme, le 25 mars 1532, et fut 
nommé maître de chapelle de la cathédrale de 
Bergame, vers 1570. Il s'attacha ensuite à 
Girolamo Cornazzano, chevalier du roi de 
Portugal, puis il passa au service de l'église 
Saint-Ambroise de Milan, où il se trouvait 
en 1581. Enfin de retour dans sa ville natale, il 
y obtint la direction de la chapelle de la Stcc- 



96 



P0NZ10 - PORPHYRE 



cala, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée 
le 27 décembre 1596. Ses compositions, consis- 
tant en messes et motets, sont : 1° Missurum 
4 voc. liber primus : Venise, 1578. 2° Lib. I. 
Missarum quinque vocibus; Venise, 1580. 
3° Lib. 2. Missarum quinque vocibus, Ve- 
nise, 1581, in-4 Q .4° Psalmivespertini totius 
anni; Venise, 1578,in-4°. 5° Motettorumcum 
quinque vocibus lib. I; Venise, 1582, in-4°. 
G Lib. 2. Missarum 4 voc; ibid., 1584, in-4°. 
7° Magnificat, lib. I; ibid., 1584, in-4°. 
8° Missarum quinque vocibus, lib. 5; ibid., 
1585, in-4°. 9 U Psalmi vesperarum totius 
anni 4 toc; ibid., 1589, in-4°. 10° MisssG, 
8 voc; ibid., 1590. Il 9 Hymni solemniores 
ad vespertinas horas canendi; ibid., 1596, 
in-4°. Ce musicien est aujourd'hui moins 
connu par ses compositions que par ses écrits 
didactiques, dont les titres sont : 1° Ragiona- 
menti di musica, ove si tratta de' passagi 
délie consonanzie e dissonanzie buoni e non 
buoni, e del modo di far motetti, messe, 
salmi, et altre compositioni, e d'alcuni 
avverlimenti per il contrapuntista e compo- 
sitore, et altre cose pertinenti alla musica; 
Parme, 1588, in-4°. 2° Dialogo ove si tratta 
délia teorica eprattica di musica, etanco si 
mostra la diversité di contrapunti e canoni; 
Parme, 1595, in-4°. Il a paru une deuxième 
édition de ce livre, à Parme, 1603, in-4°. Ce 
n'est guère qu'un extrait des ouvrages de 
Zarlina, mais assez bien fait. Forkel cite aussi 
une édition de ce dialogue datée de Parme, 
1591, in-4» (A llgem. LUI. derMusik,p. 420); 
mais le père Affo, qui a donné une notice sur 
Ponzio, dans ses recherches sur les écrivains 
de Parme (tome IV, page 199), et à qui l'on 
doit une liste bien faite de ses œuvres, indique 
l'édition de 1595 comme la première. 

POINZIO (....), compositeur dramatique, 
né à Naples, dans la première moitié du dix- 
huitième siècle, a fait représenter à Venise, 
en 1706, son opéra sérieux intitulé : Arta- 
serse. 

POOL ou POOLE (Mathieu), savant non 
conformiste, né à York, en 1624, mourut en 
Hollande dans l'année 1679. On a de lui un 
sermon dirigé contre l'usage de l'orgue et des 
instruments dans l'église, qui a paru sous ce 
litre : Evangelical tvorsliip, us it was dis- 
cussed in a sermon on John lf, 23, 24; 
Londres, 1660, in-4°. Une deuxième édition a 
été publiée dans la même année, également 
in -4°. Il en a paru une troisième sous ce 
titre : A Reverse lo M. Oliver's sermon of 
spiritual worsliip; Londres, 1698, in -4'. 



POPPE (Jean-Wenceslas), religieux bo- 
hémien de l'ordre des frères de la Croix, était 
compositeur, et a écrit un Te Deum pour le 
jubilé de la canonisation de saint Jean Népo- 
mucène, en 1728. 11 est mort deux ans après. 
On a publié à Berlin quelques antiennes de ce 
compositeur, sous ce titre :Kirchenmusik fur 
4 Singslimmen und Orgel. 

POPPE (....), bon facteur d'orgues à Roda, 
dans la Saxe, vers la fin du dix-huitième siècle, 
a construit en 1797, dans l'église de la ville, 
un bon instrument à deux claviers, pédale et 
vingt-sept jeux, dont on trouve la description 
dans le Traité de musique théorique de 
Klein, p. 187. 

POIICEL (François), ténor et compositeur 
espagnol, né à Bilbao, en 1816, a chanté de- 
puis 1840 jusqu'en 1847 à Pampelune, San- 
tander, Tarragone, Valladolid, Victoria et 
Saragosse. Son premier opéra, intitulé El 
Trovador, fut représenté à Pampelune, en 
1842. Deux ans après, il donna à la Corogne 
Rosamunda en Ravenna, qui fut joué ensuite 
à Tarragone avec succès. 

La femme de cet artiste, madame Mas- 
Porcel, cantatrice de quelque talent, a chanté 
sur les mêmes scènes que son mari. 

POIIDEÎNOINE (Marc-Antoine), neveu du 
célèbre peintre de ce nom, qui fut son parrain 
naquit à Venise et se distingua comme luthiste 
vers le milieu du seizième siècle. Il a publié 
de sa composition deux livres de madrigaux à 
cinq voix, à Venise, chez Gardane, en 1567, 
in-4°. Le troisième livre de ces madrigaux à 
cinq voix a paru chez le même éditeur, en 
1571, et le quatrième livre en 1573. On con- 
naît aussi de Pordenone : Madrigali a quuttro 
voci, ibid., 1580, in-4°. 

POKFIlll (Pierre), compositeur et maître 
de chapelle de l'église collégiale de Saint- 
Nicolas in Fabriano, à Bologne, naquit à 
Venise, vers 1650. En 1687, il donna dans cette 
ville l'opéra de Zenocrate ambasciatore ai 
Macedoni. On connaît aussi de lui : Cantate 
da caméra a voce sola, op. 1 ; Bologne, 1699, 
en partition, in-4° oblong. 

PORLETTI (Modeste), membre de l'Aca- 
démie des sciences de Turin, a fait insérer 
dans les mémoires de cette société savante 
(1805-1808, part. 1, p. 141-159) des Recher- 
ches sur l'influence que la lumière exerce 
sur la propagation du son. 

POKI'llYllE, écrivain grec et philosophe 
de l'école néoplalonique, naquit en 233, à Bé- 
tanée, dans la Syrie. Son nom véritable était 
MAI.Ciil S; il le traduisit lui-même en grec. 



PORPHYRE — PURPURA 



97 



Ses mailres dans la grammaire, la rhétorique 
et la philosophie fuient Longin et Plotin. II 
était âgé de trente ans lorsqu'il alla rejoindre 
ce dernier à Rome, en 253, et pendant six ans 
il suivit ses leçons. Un accès de mélancolie 
l'avait décidé à se donner la mort; mais un 
voyage en Sicile le guérit de ce mal. Après le 
décès de Plotin, il retourna àRome,où il brilla 
par son éloquence. Il y resta jusqu'à sa mort, 
qui eut lieu vers 505. Au nombre des livres de 
cet écrivain se trouve un commentaire sur les 
deux premiers livres des Harmoniques de 
Ptoléméc, que Wallis a publié avec une tra- 
duction latine, d'après quelques manuscrits de 
la bibliothèque d'Oxford, dans le troisième 
volume de la collection de ses œuvres (p. 183 
et 555) (1). Ce commentaire, où Porphyre cri- 
tique amèrement la doctrine de Ptolémée, est 
entièrement spéculatif et n'apprend rien con- 
cernant la pratique de l'art au troisième siècle. 
Il ne s'étend que jusqu'au septième chapitre 
«lu second livre. 

POltPOIlA (Nicolas), compositeur et cé- 
lèbre professeur de chant, naquit à Naples, en 
1087, suivant certains biographes, ou en 
1085, selon d'autres, ou, d'après le marquis 
de Villarosa (2), le 19 août 1680. Cependant, 
d'après une lettre écrite de Naples, le 16 avril 
1760, au P. Martini, par Joseph Tibaldi, Por- 
pora aurait eu alors quatre-vingt-six ans ; ce 
qui porte l'année de sa naissance à 1674. Il 
est à remarquer toutefois que le marquis de 
Villarosa donne la date de 1086 d'après un 
registre de l'église San Gennaro ail' Olmo, 
où Porpora fut baptisé. Son père, libraire, 
chargé d'une nombreuse famille, prit la réso- 
lution de faire étudier la musique à cet enfant 
et obtint son admission au Conservatoire de 
Santa Maria di Loreto. Les maîtres de Por- 
pora dans celle école furent Gaetano Greco, 
le P. Gaétan de Pérouse et François Manna. 
liurney met aussi Alexandre Scarlatti au 
nombre de ses maîtres. Sorti du Conservatoire 
après plusieurs années d'études, Porpora com- 
mença sa carrière de compositeur par l'opéra 
intitulé : Basilio, re di Oriente, représenté 



(1) Oxford, 1093-1699- 4 vol. in-fol. 

(2) Suivant une Notice écrite par Gazzaniga (voyez ce 
nom), élève de Porpora, laquelle se trouve dans le 
manuscrit D., p. 120, de la bibliothèque du lycée com- 
munal de musique de Boulogne et qui a été communi- 
quée à M. Farrenc par M. Gaspari (voyez ce nom), ce 
serait en 1718 que Porpora aurait été écrire cet ouvrage 
a Home; mais Gazzaniga a certainement été mal informé, 
car M. Farrenc, dans une bonne notice sur Porpora, 
insérée dans la première li\raison de son Trésor des 
pianistes, n prouve que l'ouvrage lut représenté en 172!. 

mou;, cmv. des xi'sicikms. t. mi. 



au théâtre îles Fiorenlini, nouvellement 
élevé. Sur la partition de cet ouvrage, il pre- 
nait le litre de maître de chapelle de l'ambas- 
sadeur de Portugal. En 1710, il fut appelé à 
Rome pour écrire la Bérénice, opéra en trois 
actes, qui fut favorablement accueilli par le 
public. Hœndel, qui était à Rome au moment 
où cet ouvrage fut représenté, rendit justice 
au mérite de la musique de Porpora, et, ce qui 
lui arrivait rarement, il complimenta l'artiste 
napolitain sur son succès? Ces deux hommes, 
remarquables chacun en son genre, ne pré- 
voyaient pas alors qu'ils deviendraient plus 
tard ennemis irréconciliables. 

De retour de Naples, Porpora composa, pour 
l'ancien théâtre San Rartolomeo, l'opéra en 
trois actes, intitulé Flavio Anicio Olibrio, 
qui fut représenté au mois de décembre 1711. 
Après cet ouvrage, le compositeur écrivit 
beaucoup de messes, de psaumes et de motets 
pour la plupart des églises de Naples. Au 
nombre de ses talents, il possédait au plus haut 
degré celui de renseignement du chant. Il ou- 
vrit à la même époque une école de cet art, 
devenue célèbre, et dans laquelle se formèrent 
Carlo Broschi, surnommé Farinelli, Gaétan 
Majorano, connu sous le nom de Cuffarelli, 
Hubert, dit il Porporino , du nom de son 
maître, Salimbeni, la Molleni et plusieurs au- 
tres, qui furent les plus grands chanteurs du 
dix-huitième siècle. Farinelli surtout était in - 
comparable pour le chant de bravoure et le 
brillant de la vocalisation. En 1719, Porpora 
donna, au théâtre San Bartolomeo, l'opéra de 
Faramonde, qui eut un brillant succès. Dans 
la même année, il fut nommé maître du Con- 
servatoire degli poveri di Gesù Crislo. Ap- 
pelé à Rome, il y composa l'opéra Eumene, 
en 1721, qui fut représenté au théâtre Ali- 
berti(i), et obtint du succès. De retour à Na- 
ples, en 1722, Porpora écrivit l'oratorio 
// Marlirio di santa Eugenia , qui fut 
considéré comme une de ses plus belles pro- 
ductions. Sa réputation, comme professeur de 
composition, égalait celle qu'il avait acquise à 
juste litre dans l'enseignement du chant. 
Arrivé à Naples, en 1724, ce fut lui que Hasse 
choisit pour le diriger dans ses éludes; mais 
ayant été présenté plus lard à Alexandre Scar- 
latti, le plus grand musicien de l'Italie, il en 

(\) C'est ici le lieu de faire remarquer que j'ai clé 
induit en erreur lorsque j'ai dit, dans la première édition 
de cette Biographie universelle des musiciens, (\vfEumtne 
fut écrit pour Carlo Broschi surnommé Farinelli, car, 
ainsi que le remarque M. Farrenc, le nom de cet artiste 
ne figure pas dans le livret parmi ceux des chanteurs 
qui exécutèrent l'ouvrage. 



98 



PORPORA 



reçut des conseils et quitta l'école de Porpora. 
Il en résulta entre eux une haine qui ne fit 
que s'accroître avec le temps. 

L'année 1723 fut marquée dans la carrière 
de Porpora par une grande activité dans ses 
travaux, car il écrivit, pour les noces du 
prince de Montemiletto, une cantate intitulée 
VImeneo, dans laquelle chanta son élève Fa- 
rinelli; puis Amure per regnare, opéra re- 
présenté au théâtre San Bartolomeo, et. sui- 
vant un recueil manuscrit qui se trouve à la 
Bibliothèque du Conservatoire de Paris, 
cité dans la notice de M. Farrenc, Adélaïde, 
opéra représenté à Rome. Peut être est-ce dans 
cet opéra queFarinelli fit son début dans celle 
Ai'le. Il faut ajouter à ces compositions une 
messe à cinq voix, qui est dans la collection de 
l'abhé Sanlini, et qui porte la date de 1723. 
Quant à l'opéra de Semiramide, ajouté par 
Villarosa à la liste des ouvrages de Porpora, 
écrits à Naples dans cette même année, je 
crois que ce biographe s'est trompé, car la 
Dramaturgia d'Allaci indique, d'après le 
livret, la Semiramide riconosciuta comme 
ayant été écrite à Venise et représentée en 
1729, â moins que le maître n'ait composé 
deux ouvrages sous le même litre. 

En 1725, Porpora fit un voyage à Vienne, 
où 11 fit entendre à la cour quelques morceaux 
de ses opéras qui ne furent pas goûlés. L'em- 
pereur Charles VI, qui n'aimail pas les orne- 
ments du chant italien, et qui avait particu- 
lièrement en aversion les trilles et les 
mordents, que Porpora prodiguait dans sa 
musique, ne le chargea d'écrire aucune com- 
position. Au retour de ce voyage, le maître 
s'arrêta à Venise, où il fut engagé à composer 
l'opéra de Si face, qui fut représenté, en 1720, 
au théâtre Saint-Jean -Chrysostome. Le succès 
de cet ouvrage lui fit obtenir la place de 
maître du Conservatoire degli incurabili. On 
voit dans la Dramaturgia d'Allaci qu'il 
donna, dans la même année, Jmeneo in Alêne, 
au théâtre Saint-Samuel, et Meride e Scli- 
nunte, à celui de Saint-Jean-Chrysoslomc. Je 
possède la partition de cet ouvrage;, au litre 
duquel Porpora prend le titre de maestro délie 
figlie del coro degli incurabili (1). En 1727, 
il donna, au même théâtre, Arianna c Teseo, 
qui fut alors considéré comme un de ses meil- 
leurs ouvrages (2). Ce fut à Venise et à la 

(1) I/éditcur de la Dramalunjia d'Allaccj ( Venc- 
ïia, 17K5) s'est trompe en plaçant In représentation de 
Meride en 172G, car mon manuscrit de l:i partition de cet 
ouvrage, lequel a été fait pour l'cleclriiu de Saxe, porte 

I» date de 1727. 

(2) Iturney dit i|ue cet opéra fut écrit à Vienne 



même époque qu'il écrivit, pour les élèves de 
VOspedale degli incurabili, ses douze belles 
cantates dont il a été fait plusieurs éditions, 
et dont la première parut à Londres, en 
1735. 

En 1728, Porpora fut invité à se rendre à 
Dresde pour enseigner le chant à la princesse 
électorale de Saxe, Marie-Antoinette. Passant 
à Vienne, dans ce but, il s'y arrêta quelque 
temps, dans l'espoir de faire revenir l'empe- 
reur de ses préventions conlre lui, et d'en re- 
cevoir quelque récompense dont il avait be- 
soin, car il était parti de Venise avec une 
bourse fort légère; mais ce fut longtemps en 
vain qu'il chercha l'occasion de faite exécuter 
quelque ouvrage de lui dans la chapelle im- 
périale; il se serait même trouvé dans le plus 
grand embarras, si l'ambassadeur de Venise 
ne l'avait retiré chez lui, et ne lui avait l'ail 
enfin obtenir la faveur d'écrire un oratorio 
pour le service de Charles VI. Les auteurs de 
la Biographia degli uomini illustri del re- 
gno di Napoli font honneur au célèbre com- 
positeur liasse de la protection accordée en 
celle circonstance à son maître; mais à celle 
époque liasse était en Italie, et ce ne fut que 
deux ans après qu'il s'éloigna de Venise [tour 
aller à Dresde. D'ailleurs, liasse, loin d'avoir 
conservé de la reconnaissance pour les soins 
que lui avait donnés son maître, ne lui 
montra que de l'ingratitude lorsqu'il le re- 
trouva plus lard à Dresde et ailleurs. Quoi 
qu'il en soit, Porpora écrivit l'oratorio, pour 
lequel on lui avait fait dire d'être plus mé- 
nager de ses trilles et de ses mordents. L'em- 
pereur, assistant à la répétition de l'ouvrage, 
fut charmé d'y trouver un style simple où ne 
paraissait pas un seul de ces ornements qu'il 
n'aimait pas. Cependant, le compositeur avait 
préparé pour la fin une plaisanterie à laquelle 
le monarque ne s'attendait pas, et qui eut le 
succès que le compositeur s'élait promis. Le 
thème de la fugue finale commençait par quatre 
notes ascendantes sur lesquelles il avait mis un 
trille; celte série de trilles, répétée à toutes les 
entrées des différentes voix, devint une bouf- 
fonnerie des plus plaisantes au stretto, quand 
loules les parties firent entendre une longue 
suite de trilles qu'elles reprenaient tour à 
tour. Quoique d'un caractère fort sérieux, 

en 1717, puis représenté à Venise en 1727, et à 
Londres, en 1734 (n General hislory nf Motîe, t. IV, 
p. SiJ) : J'ai suivi cette indication dans la première édi- 
tion de la Jiingraphie des Aluiiriens ; mais Antoine 
Sclimid m'a communiqué, en ISliO, une lettre autographe 
de Porpora, de laquelle il resuite qu'il alla à Vienne 
pour la première fois en I7-'J. 



PORPORA 



99 



l'empereur fut pris d'un rire convulsif à l'au- 
dition de ce morceau grotesque, pardonna à 
l'auteur sa plaisanterie, et lui lit remettre une 
récompense pour son travail. 

Arrivé à Dresde, Porpora y fut bien ac- 
cueilli, et bientôt il y jouit d'une faveur sans 
bornes près de la princesse électorale, qui ap- 
prit de lui non-seulement l'art du chant, 
mais la composition. Lorsque Hasse se rendit 
à la cour de Saxe, en 1730, il trouva Porpora 
en possession de la direction de la musique de 
la cour, et ce fut alors qu'il lui donna des té- 
moignages d'une ingratitude qui s'était déjà 
manifestée à Naples. En 1729, le maître napo- 
litain avait obtenu un congé pour aller à Lon- 
dres diriger l'Opéra italien établi en opposi- 
tion au théâtre dirigé par Hœndel ; mais avant 
de s'y rendre, il alla à Venise écrire la Semi- 
ramide riconosciuta, qui eut du succès. Arrivé 
à Londres, au mois d'avril, il fut mis en pos- 
session de la direction de la musique de l'Opéra 
italien dont la noblesse faisait les frais dans 
le dessein de faire tomber celui que Hsendel 
soutenait à ses dépens. Des pertes considé- 
rables résultèrent, pour ces deux entreprises, 
de leur rivalité. Porpora comprit alors qu'il 
ne pourrait lutter avec avantage qu'en appe- 
lant près de lui Farinelli pour l'année sui- 
vante. De retour à Dresde, il négocia cette 
affaire, et, dans l'année suivante, il se rendit 
de nouveau à Londres, où la réunion de Fari- 
nelli et de Senesino au théâtre de Hay-Market 
assura le succès du rival de Hsendel. Alors 
Porpora demanda et obtint la résiliation de 
son engagement avec la cour de Saxe et de- 
meura dans la capitale de l'Angleterre pen- 
dant plusieurs années. Il y publia un livre de 
ses excellentes cantates, et des trios de violon 
et basse, sous le titre de Symphonies, ouvrage 
d'une conception aussi faible que l'autre était 
remarquable. Accoutumée à la musique ner- 
veuse et pleine d'invention de Hsendel, la na- 
tion anglaise ne goûtait pas les œuvres dra- 
matiques de Porpora, dont le syle, bien que 
rempli de mélodie, manquait de chaleur et de 
nouveauté. Mais la grande réputation dont il 
jouissait à Londres comme maître de chant, 
après qu'on eut entendu Farinelli, aurait pu 
faire sa fortune, si son ambition d'artiste se 
fût alors bornée à donner des leçons d'un art 
qu'il possédait si bien. Il fit certainement des 
voyages à Venise pendant la durée de son sé- 
jour en Angleterre, car on voit dans la Dra- 
maturgia d'Allaci qu'il donna, en 1 7ô 1 ,Anni- 
bale, en trois actes, au théâtre Sant'Angiolo, 
de cette ville, el je possède la grande partition 



de Milridate, en trois actes, qu'il y écrivit en 
1733. Il parait qu'il s'éloigna de l'Angleterre 
en 1730, car il fit représenter, au théâtre 
Saint-Jean-Çhrysostome, un opéra intitulé 
Rosdale, dans la même année. Il semble aussi 
qu'il y reprit les fonctions de directeur d > une 
des écoles de musique de cette ville; mais 
toute cette partie de sa vie est incertaine : on 
sait seulement qu'il était à Venise en 1744, 
car, suivant la Dramalurgia , il y donna 
alors le Nozze d'Ercole e d'Ëbe. En 1745, il 
s'y trouvait encore et y écrivit un Stabat, 
pour deux voix de soprano et deux contraltos, 
qui appartenait à Sigismondi, bibliothécaire 
du collège royal de musique de Naples, en 
1819; cet ouvrage était daté de Venise, dans 
cette même année 1745. 

Un gentilhomme vénitien, nommé Corner, 
fut envoyé vers ce temps comme ambassadeur 
de sa république, à Vienne. Il avait une maî- 
tresse qui était folle de musique et qui pre- 
nait des leçons de chant de Porpora. Cette 
femme obtint de Corner qu'il emmenât à 
Vienne le vieux maître, dont elle ne pouvait 
se séparer et, pour la troisième fois, Porpora 
revit la capitale de l'Autriche. H y passa plu- 
sieurs années, et ce fut dans le séjour qu'il y 
fit que Haydn (voyez ce nom) le connut et en 
reçut des conseils. Ce fut sans doute à la 
générosité de l'ambassadeur de Venise que 
Porpora fut redevable des moyens de publier 
ses sonates pour violon et basse qui parurent 
sous ce litre : Sonate XII di violino e basso 
dedicate a S. A. R. la principessa électorale 
di Sassonia Maria Antonia Walburga di 
Baviera, da Niccolb Porpora, maestro di 
cappella di S. M. il re di Pologna. In 
Vienna d'Austria, 1754. Si vendono dal 
Signor Frederico Bernardi libraro délia 
corte imp., in-fol. oblong de soixante-deux 
pages, gravé sur cuivre. Dans l'épître dédica- 
toire de cet ouvrage, le compositeur dit qu'il 
y a fait usage des trois genres diatonique, en- 
harmonique et chromatique. On ignore en 
quelle année il quitta Vienne pour retourner 
à Naples, mais tout porte à croire que ce 
fut entre 1755 et 1760. Suivant la notice 
écrite par Gazzaniga et citée précédemment, 
ce fut en 1759. Il ajoute que Girolamo Abos, 
maître de chapelle de la cathédrale de Naples 
et maître de chapelle du Conservatoire de 
San Onofrio, étant mort, en 17G0 (1), Por- 
pora lui succéda dans ces deux emplois. Dans 



(I) J'ai placé trop lard la dalc de la mort de cet artiste 
dans l'article qui le concerne. 



100 



PORPORA 



celle même année, il avait fail représenter 
son dernier opéra, intitulé II Trionfo di Ca- 
millo. Porpora ne s'était jamais distingué par 
l'abondance ni par la nouveauté des idées; 
mais dans ce dernier ouvrage, la débilité de 
l'imagination était complète. Le grand âge de 
l'artiste, et le besoin qui l'avait porté à écrire, 
étaient son excuse. Les leçons des ténèbres à 
soprano et ténor, pour le mercredi et lejeudi 
saints, qu'il écrivit dans le même temps pour 
l'église des Pellegrini, furent chantées par 
les célèbres artistes Caffarelli et Baff. Leur 
talent prêta à cette musique un charme que le 
compositeur n'y avait pas mis. La dernière 
production de Porpora fut une musique pour 
la fête du sang de saint Janvier; elle fut exé- 
cutée dans la cathédrale, en 1765. L'historien 
de la musique Burney, qui visita Naples peu 
de temps après la mort de l'artiste, dit que sa 
misère futextrêmedans ses dernières années; 
ses infirmités l'empêchaient souvent de don- 
ner ses leçons, qui étaient sa meilleure res- 
source. On a peine à comprendre qu'il en fut 
ainsi, s'il est exact qu'il réunit, à cette der- 
nière époque de sa vie, les deux places de 
maître du Conservatoire de San Onofrio et 
de chapelle de la cathédrale de Naples. Toute- 
Ibis, l'assertion de Burney se trouve confirmée 
par le marquis de Villarosa, qui nous apprend 
que les musiciens de celte ville dînent se co- 
tiser pour payer les frais de ses funérailles, qui 
furent faites dans l'église de VEcce homo, où 
il fut enterré. C'est un grave reproche à la 
mémoire de Farinelli et de Caffarelli, gorgés 
de richesses, d'avoir laissé languir la vieil- 
lesse de leur maître dans les horreurs du be- 
soin. Suivant la notice de Gazzaniga, Porpora 
mourut au mois de février 1706, d'un mal 
qui lui était survenu à la jambe. D'après les 
renseignements recueillis par Villarosa, son 
décès n'aurait eu lieu qu'en 1767, par suite 
d'une pleurésie. Il y a plus de probabilité pour 
la date donnée par l'élève de Porpora, qui a 
dû être bien informé de la mort de son maître. 
Porpora ne vécut donc pas jusqu'à l'âge de 
quatre-vingt-dix ans, comme le prétend Bur- 
ney, ni jusqu'à sa quatre-vingt-deuxième 
année, suivant Gerbcrt, mais jusqu'à l'âge de 
quaire-vingis ans moins quelques mois. 

Burney dit, d'après les renseignements 
qu'il recueillit à Naples, que Porpora a com- 
posé plus de cinquante opéras; on ne connaît 
aujourd'hui que ceux dont les (rires suivent : 
1° fiusilio, re di Oriente, à Naples. 2" Béré- 
nice, à Borne, 1710. 3° Flavio Anicio Oli- 
briOf à Naples, 1711. 4" Earamondo, idem, 



1719. Entre ces deux derniers ouvrages, il y a 
une lacune de huit années, pendant lesquelles 
on ne peut douter que Porpora n'ait écrit 
plusieurs opéras maintenant inconnus. 5° Eu- 
mette, à Borne, 1721 . 6° L'Imeneo, cantate, à 
Naples, 1723. 7° Issipile, à Borne, 1723. Je 
doute de l'existence d'un opéra de ce nom 
écrit par Porpora, parce que le catalogue de 
la collection de l'abbé Sanlini indique Jssi- 
pile , cantata di caméra. 8° Adélaïde, à 
Borne, 1723. 9° Si face, à Venise, 1726. 
10° Imeneo in Alêne, ibid., 1726. \\°Mcridc 
e Selinunte, à Venise, 1727. 12° Ezio, ibid., 

1728. 13° Semiramide riconosciuta, ibid., 

1729. 14" Ermenegilda, à Naples, 1729. 
15" Tamerlano, à Dresde, 1750. Je crois 
qu'il y a eu d'autres opéras composés par Por- 
pora pour la cour de Saxe, au nombre desquels 
doit être 16° Alessandro nelle Jndie. î~°An- 
nibale, à Venise, 1731. 18° Germanico in 
Gcrmania, à Borne, 1752. La partition de cet 
opéra est dans la collection de l'abbé Santini, 
à Borne. 19° Mitridate, à Venise, en 1733. 
La partition est dans ma bibliothèque. 20°/er- 
dinando, à Londres, en 1734. Cet ouvrage, 
dit Burney, n'eut que quatre représentations. 
2\° Lucio Pupirio, à Venise, 1757. 22" Ros- 
dale, ibid., 1757. 25° Temistocle, à Londres, 
1742. Cet ouvrage n'obtint que huit représen- 
sentations. 24° Le Nozze d'Ercole e d'Ebe, 
à Venise, 1744. 25° Il Trionfo di Camillo, à 
Naples, en 1760. Les autres ouvrages drama- 
tiques de Porpora dont on ne connaît pas les 
lieux de représentation, sont : 20" Statira, 
en 1742. 27° Polifemo. 28° Iftgenia in Au- 
lide. 29° Rosmene. 50° Partcnope. 51" Di- 
done. 32° Agrippi na. Deux cantates ou^;i "ont 
teatrali, à savoir : Angelica e Medore, de Mé- 
tastase, et Gli Orti Esperidi, du même, ont 
été mises en musique par ce maître. 

Porpora était dépourvu de génie drama- 
tique; il y a absence complète de variété dans 
le style de ses opéras. Comme la plupart des 
maîtres de son temps, il n'écrivit que des airs 
pour ces ouvrages, et tous ces airs sont jetés 
dans le même moule. Dans la partition dé 
jVeride e Selinunte, que j'ai sous les yeux, il 
y a vingt-neuf airs et un seul chœur final de 
vingt et une mesures. De ces airs, huit sont en 
fa majeur, dont sept à quatre temps et «/- 
legrOf et un à trois temps, avec basse de 
viole obligée. Porpora a écrit plusieurs ora- 
torios ; voici ceux dont les titres sont connus : 
1° Gedconc. 2" // Martirio di santa Eu- 
genia. 3° / Martiri di S. Giovanni Nepo- 
mucenc. 4° Il f'erbo incarnato. 5° Davide, 



PORPORA - PORRO 



101 



à Londres, 1735. G // Trionfo dclla divina 
giustizia. On ignore le titre de celui qu'il 
écrivit à Vienne, pour l'empereur Charles VI. 
Parmi ses œuvres pour l'église, on remarque 
en manuscrit, dans plusieurs bibliothèques : 
1° Messe à cinq voix, sans orchestre. 2° Messe 
à cinq voix, deux violons, viole et basse. 
3° Messe à deux chœurs, quatre voix di ri- 
pieno, et orchestre. 4° Messe à quatre voix et 
orchestre; Paris, Launer. 5° Inexitu Israël, 
à deux chœurs. 6° Confitebor, à deux chœurs, 
deux violons, viole et orgue. 7° Domine pro- 
basti me, pour deux voix de soprano, deux 
contraltos, deux violons, viole et orgue. 8° In 
te Domine speravi , à cinq voix, deux violons, 
viole et orgue. 9° Qui habitat, pour deux so- 
prani, deux contralti, violons, viole et orgue. 
^"Magnificat, à deux chœurs. 1 1° Dixit pour 
quatre voix, deux violons et orgue. 12° Dixit 
court, à quatre voix. 13" Stabat pour deux 
soprani, deux contralti, deux violons, viole et 
orgue. ]4 n Six duos pour deux soprani sur le 
lexte de la Passion, pour la semaine sainte. 
15° Leçons pour l'office des morls. 16° Lau- 
date, pueri, Dominum, à quatre voix, vio- 
lons, viole et hautbois. 17° Te Deum, à quatre 
voix et instruments. 18° In te, Domine, 
speravi, à quatre voix. 19° Beatus vir, à 
quatre voix. 20° Credidi, à quatre voix. 
21° Lauda, Jérusalem, à quatre voix. 22° Lse- 
tatns sum, à deux chœurs avec violons. 23" Jn 
ennvertendo, à quatre voix. 24° Cum invo- 
carem, à quatre voix. 25° Nunc dimiltis, à 
cinq voix. 2C° De profundis, à quatre voix. 
27° Confitebor, à quatre voix. 28° Nisi Do- 
minus, à quatre voix. 29° Inlroduzione al 
srilmo Miserere pour deux soprani, deux 
alti et instruments. 50° Litanies à quatre voix 
et instruments. 31° Salve Regina, à quatre 
\oix. 32° Salve Regina, à voix seule avec in- 
struments, dont le manuscrit orignal était 
«lans Ma collection d'Aloys Fuchs, à Vienne. 
33° Deux Regina Cœli, à voix seule et instru- 
ments. 

Porpora a écrit un nombre immense de 
cantates à voix seule avec accompagnement de 
rlavecin. Il en a fait graver douze à Lon- 
dres, en 1735. Ces cantates, du plus beau 
style, me semblent être l'œuvre capitale de 
Porpora. Choron en a donné une édition nou- 
velle, à Paris. Porpora a publié aussi à Londres, 
en 1736, six symphonies da caméra pour 
deux violons, violoncelle et basse continue. 
Les autres ouvrages de musique instrumen- 
tale de cet artiste sont : 1° Les douze belles 
sonates de violon et basse, gravées à Vienne, 



en 1754, et dont il a été fait deux éditions 
en partition à Paris, la première chez Des- 
conibes, l'autre chez Janet. 2° Six fugues 
pour clavecin, publiées pour la première fois 
par Clemenli, dans son Practical Narmony 
(Londres, quatre volumes in -4° obi., t. I er , 
pp. 58-5C), puis par M. Farcenc, dans le pre- 
mier volume de son Trésor des pianistes. 
Dans sa jeunesse, Porpora avait beaucoup 
de gaieté, d'esprit, et la repartie vive; mais 
devenu vieux, il éprouvait souvent des impa- 
tiences et des accès de mauvaise humeur que 
sa misère faisait excuser. Il était instruit dans 
les littératures latine et italienne, cultivait la 
poésie avec succès, et parlait avec facilité les 
langues française, allemande et anglaise. On 
trouve son portrait gravé dans le volume de 
la Biografia degli uomini illuslri del regno 
diNapoli qui concerne les musiciens ; Naples, 
1819, in-4». 

PORRO (Pierre), né à Béziers, en 1759, 
apprit dans sa jeunesse la musique et la gui- 
tare, et fit de bonnes éludes au collège de 
cette ville. En 1783, il se rendit à Paris, s'y 
livra à renseignement de la guitare, et publia 
quelques sonates pour cet instrument qui le 
firent connaître d'une manière avantageuse. 
Quatre ans après, il commença un journal de 
pièces de guitare dont il publia la suite pen- 
dant seize ans : il y intercala beaucoup de 
morceaux de sa composition pour une et 
deux guitares. Le succès de ce journal le jeta 
dans le commerce de la musique, qu'il conti- 
nua pendant toute sa vie, quoique, dans ses 
dernières années, il eût acheté une petite pro- 
priété dans la belle vallée de Montmorency, où 
il habitait pendant l'été. Doué d'un esprit vif, 
original, plein de saillies, et d'une âme noble, 
il était obligeant, et ne se laissait pas décou- 
rager par l'ingratitude. Son amour pour l'art 
et pour les productions classiques des grands 
maîtres allait jusqu'à l'enthousiasme. Il en 
publia beaucoup dans un temps où ce genre 
de musique était peu recherché en France, 
bien moins stimulé par l'espoir du gain que 
par le désir de faire connaître à ses compa- 
triotes des chefs-d'œuvre ignorés. Il est mort 
à Montmorency, dans l'été de 1831. Les prin- 
cipaux ouvrages de Porro sont : 1° Concertos 
pour guitare et orchestre, n os 1 et 2; Paris, 
Ueaucé. 2» Six divertissements pour guitare, 
flûte et violon ; ibid. 3° Quatre livres de duos 
pour deux guitares; Paris, Porro. 4° Sonates 
pour guitare et violon ou ilùle, op. 11, 17, 
19, 20, 35, 36; ibid. 5" Sérénades, idem, 
n" 5 1-6; ibid. 6° Duos pour guitare et piano. 



102 



POMIO — PORTA 



op. 33; ibid. 7° Un grand nombre d'airs va- 
riés, pois-pourris, recueils d'études et d'exer- 
cices pour guitare seule; ibid. 8° Environ 
vingt-cinq sonates, idem, et détachées; ibid. 
9o Instruction pour la lyre-guitare ; ibid. 
10° Tableaux élémentaires pour apprendre à 
s*accompagner et se perfectionner sur la gui- 
tare; ibid. 11° Quelques recueils de pièces 
]>our un et deux flageolets; ibid. 12° Méthode 
de flageolet; ibid. 13" Hymne à sainte Cécile, 
à deux voix, orchestre et orgue; ibid. 
14° Panis angelicus, à deux voix et orgue; 
ibid. 15° Douze romances avec accompagne- 
ment de guitare, op. 27; ibid. 16° Beau- 
coup de romances et de chansons détachées; 
idem, ibid. 

PORSILE (Joseph), compositeur napoli- 
tain, né en 1672, fit ses éludes musicales dans 
un des conservatoires de Naples. Ayant été 
appelé en Espagne au service de Charles II, il 
fut d'abord second maître de la chapelle 
royale; en 1G97, il devint titulaire de la place 
de premier maître. Après la mort de ce prince 
(1700) et l'avènement de Philippe V au trône 
d'Espagne, Porsilc retourna à Naples. La 
longue guerre de la succession le retint dans 
celte ville, où son occupation principale fut 
l'enseignement du chant et la composition de 
musique d'église pour les nombreux couvents 
et les églises de Naples. La paix d'Ulrecht, qui 
mit fin aux agitations de l'Europe, permit à 
l'empereur Charles VI de se livrer à son goût 
passionné pour la musique : il fit venir d'Italie 
des virtuoses et des compositeurs. Porsile, à 
qui l'on fit peut-être un mérite de s'être 
éloigné de l'Espagne au moment où la domi- 
nation française venait s'y établir, fut du 
nombre des artistes appelés à la cour impé- 
riale : il arriva à Vienne, en 1715. Il y eut le 
litre de mailre de musique de l'archiduchesse 
Joséphine et de l'archiduc, qui fut empereur 
sous le nom de Joseph I er . Plus tard, Porsile eut 
le litre de compositeur aulique. Il est appelé 
compositore giubilato au titre de son opéra 
' Sparlaco. Il conserva sa position jusqu'à sa 
morl, arrivée le 29 mai 1750. Il avait atteint 
Pige de soixanle-dix-huit ans. Son premier 
ouvrage composé pour la cour impériale fut 
Sisara , drame d'Apostolo Zeno, représenté 
va 1719. Ses autres opéras écrits pour la même 
cour sont : Meridc e Sclinunte, en 1721 ; Spar- 
laco, en 1720; I duc rc, Iioboamo e Geroboa- 
nw, en 1731; Giuscppcriconosciulo, en 1733. 
Davide, oratorio, fut composé en 17i24, sur le 
poème (V/tpostolo Zeno. Les partitions de 
Porsile sont conservées à Vienne dans la riche 



collection d'ancienne musique dramatique de 
la cour. Hasse avait beaucoup d'estime pour 
les compositions de cet artiste, dont le style 
était simple et expressif. 

PORTA (Co:(sta:nt), religieux de l'ordre 
de Saint-François ou mineur conventuel, na- 
quit à Crémone, dans la première moitié du 
seizième siècle, et fit ses études musicales à 
Venise, sous la direction d'Adrien Willaert (1). 
Après avoir été mailre de chapelle du couvent 
de son ordre, à Padoue, il alla occuper un poste 
semblable à la cathédrale d'Osimo, puis à l'é- 
glise mélropolitainedeRavenne,et en dernier 
lieu à la Santa Casa de Lorette, où il mourut 
en 1001. On peut le considérer comme un des 
plus savants musiciens italiens de son temps. 
Son style est grave, et nul n'a été plus sévère 
observateur du caractère de la tonalité du 
plain-chant, sur lequel il a écritla plusgrande 
partie de ses ouvrages. Il a formé beaucoup 
d'élèves qui ont été des artistes de mérite. Il a 
publié de sa composition : Liber pri mus Motec- 
torum 4, 5, G, 7 et 8 vocum ; Venise, 1555. Ce 
premier livre a été réimprimé- à Venise, chez 
Ang. Gardane, en 1559, in-4° obi. 2° Liber II, 
ibid., 1559. 3" Liber III, ibid., 1572. 4" Li- 
bevlV, ibid.5°UbevV, ibid. ,\5%5. 6° Liber I 
Missarum A, 5 et G vocum; ibid., 1578. Les 
cinq livres de motels ont été réimprimés chez 
le même, en 1580 et 1585.7°Zf6er I Introilus 
Missarum quinque vocum; ibid., 1566. 8° Li- 
ber II Jntroitus Missarum dominicus pro 
quinque vocibus ; ibid., 1588. 9° Madrigali a 
4e 5 voci, lib. I ; ibid., 1555. 10° Libro n, 
iMd.,1573.11°Libro III, toid., 1586, \2'lnni 
sacri per tutto l'anno a quattro voci; in 
Venetia , app. Gardano , 1602 , in-4". 
15° Psalmodia Fespertinaomn. solem. oclo 
vocum, adj. quatuor canticis B. M. V. 
octonis vocibus; ibid., 1605. Ces deux ou- 
vrages sont posthumes. 14° Il quarto libro di 
madrigali a cinque voci nuovamente raccolti 
di Marsiglio Cristoforo; in ï enclin app. 
Ang. Gardano, 1586, in-4°. Le P. Martini 
possédait aussi en manuscrit de ce musicien : 
Lamentationes quinque vocum, et J/adrigali 
a quattro voci; ainsi qu'un traité de compo- 
sition intitulé : Instruzioni di contrapunto. 
Le P. Constant Porta fut un des auteurs qui 
dédièrentà Pierluigi de Palestrina un recueil 
de psaumes à cinq voix. On trouve quelques 
morceaux de sa composition dans les anciens 

(I) SI. de WinlcrMil, «i ti i a donné quelques détails 
sur les élèves de ce mailre, dans vin livre sur Jean <;a- 
bricli, a oublie Porta, qui fut pourtant un des plus dis- 
tingues. 



PORTA 



103 



recueils publiés à Venise et à Anvers, au 
seizième siècle. Le P. Martini a donné plu- 
sieurs extraits de ses œuvres dans le Saggio 
fondamentale pratico di contrappunto, re- 
produits par Choron dans ses Principes de 
composition des écoles d'Italie, et Paolucci 
en a inséré deux morceaux dans les deux 
premiers volumes de son Arle pratica di 
contrappunto ; enfin, un morceau ingénieux 
«le Porta, publié par Artusi dans son livre 
Pelle imperfetioni (sic) délia moderna mu- 
sica,a été reproduit par Hawkins, dans le pre- 
mier volume de son Histoire générale de la 
musique (pages 112-115). 

PORTA (Hercule), compositeur, né à 
Bologne dans les dernières années du seizième 
siècle, fut maître de chapelle de San Giovanni 
in Persicetti, à Venise. Il occupait cette po- 
sition en 1620. Il n'est connu que par quelques 
ouvrages dont les titres suivent : 1° Le Laudi 
délie musica, a tre voci, libro primo; Rome 
(sans date). 2° Hore di recreazione auna et 
due voci; in Fenetia, app. Vincenti, 1612. 
5' Lusinghe d'amore e canzonetle a 5 voci, 
Venise. 4° Sacri concert i musicali a 1, 2, 5, 
4, 5, G voci, con violini, Ire tromboni et 
basso per l'organo, op. 7, Venise, Aless. 
Vincenti, 1620, in-4". 5° Completorium 
quinque vocum, op. 8, ibid., in-4\ 

PORTA (Jean-Baptiste), physicien cé- 
lèbre, naquit à Naples vers 1550, et mourut 
dans la même ville, le 4 lévrier 1615. C'était 
un homme d'érudition, mais dont l'esprit 
était rempli de préjugés et de crédulité poul- 
ies choses les plus absurdes. Dans sa Magia 
naturalis libri XX, dont la première édition 
parut à Naples, en 1589, in-fol., il traite 
(lib. XX, cap. 7) de l'efficacité de la musique 
pour le traitement de quelques affections mo- 
rales. Sous le nom de Giovan Battista Porta, 
sans autre indication, a été publié un recueil 
intitulé : Madrigali a cinque voci, in Ve- 
nelia, app. Barlol. Magni, 1616, in-4". 

POUTA (Jean), compositeur dramatique, 
né à Venise, vers la fin du dix-septième 
siècle, fut d'abord directeur de la musique du 
cardinal Otloboni, puis retourna à Venise, en 
1716, et y obtint la place de maitre du chœur 
des jeunes filles du conservatoire de la Pietà. 
Il occupait encore celle place en 1736, lors- 
qu'il se présenta au concours, après la mort 
de Biffi, pour la place de premier maître de la 
chapelle ducale de Saint-Marc, avec Antoine 
Pollarolo et Lotli : ce dernier obtint la préfé- 
rence. Après cet échec, Porta retourna à Lon- 
dres où il avait déjà l'ail un voyage, en 1729. 



Il fut nommé maître de chapelle de l'électeur 
de Bavière, en 1737, el mourut à Munich, en 
1740. On connaît de cet artiste les opéras 
suivants : 1° La Costanza combattuta in 
amore, Venise, 171G. 2° Agrippa, ibid., 
1717. 3° L'Amor di f.glia, ibid., 1718. 
4° Teodorica, ibid., 1720. 5" L'Amor ti- 
ranno, ibid., 1722. G 8 Li Sforzi d'ambi- 
zione e d'amore, ibid., 1724. 7° Anligono 
tutore di Filippo (avec Albinoni), ibid., 

1724. 8° Iflarianna, ibid., 1724. 9° Agide, 
rediSparta, ibid., 1725. 10° Ulisse, ibid.. 

1725. 11° Il Trionfo di Flavio Olibrio, ibid., 
1626. 12 a Aldeso, ibid., 1727. 13° Âmor e 
fortuna, ibid., 1728. 14° Nel perdono la 
vendetta, ibid., 1728.1 5° Doriclea ripudiala 
di Creso, ibid., 1729. 16° Numidor, à Lon- 
dres, 1738. 17° Artaserse, à Munich, 1759. 
On trouvait autrefois chez Breilkopf, à Leip- 
sick, un Magnificat à quatre voix et orchestre 
et un motet pour soprano, deux violons, alto 
et basse, de Porta. 

PORTA (Bernardo), né à Rome, en 1758, 
reçut des leçons de composition de Magrini, 
élève de Léo. Après avoir élé maître de cha- 
pelle à Tivoli, il retourna à Rome, et fut at- 
taché au prince de Salm, alors prélat dans 
cette ville. Dans ce même temps, il écrivit 
pour le théâtre Argentina la Principesse 
d'Amalfi, qui n'eut point de succès, des 
messes, des motets et deux oratorios. Arrivé à 
Paris, en 1788, il donna dans la même année, 
au Théàlre Italien, le Diable à quatre, opéra- 
comique, avec une nouvelle musique qui fut 
mal accueillie par le public. Cet ouvrage fut 
suivi, au même théâtre et au théâtre Montan- 
sier de la Blanche haquenée, Pagamin, au 
théâtre Louvois, 1792, Laurette au village, 
au théâtre Molière, 1795. Porta donna à 
l'Opéra, en 1794, Agricole Viala ou la Réu- 
nion du 10 août, en un acte ; les Horaces, en 
deux actes, 1800, son meilleur ouvrage; le 
Connétable de Clisson, en trois actes, 1804. 
Il est difficile d'imaginer rien de plus plat, de 
plus misérable, que ce dernier opéra, qui fut 
l'objet d'une chanson satirique, sur un vieil 
air français, avec ce refrain : 

l'orle ailleurs ta musique, Porta. 
Porte ailleurs ta musique. 

Porta avait terminé douze opéras français 
dont il n'a pu obtenir la représentation. Ce 
musicien a écrit aussi de la musique instru- 
mentaient l'on connaît sous son nom: l°Trios 
pour deux violons el basse, livres 1 et2; Paris, 
Naderman. 2° Trios pour trois flûtes, op. 1, 
G et 11 ; Paris, Sicber et Janet. 5 a Trois. 



104 



PORTA - PORTMANN 



quatuors pour flûle, violon, alto cl liasse; 
Paris, Imbault. 4° Quintettes pour deux flûtes, 
violon, alto et basse, livres 1, 2, 3, 4, Paris, 
Naderman. 5° Six duos pour deux violoncelles, 
Paris, Frey. Porta était, dit-on, bon maître de 
chant. Il est mort à Paris, du choléra, au mois 
d'avril 1832 (1). 

PORTA (François DELLA), organiste et 
compositeur, né à Milan, au commencement 
du dix-septième siècle, eut pour maître de 
composition Jean-Dominique Ripalta. Après 
avoir été pendant quelques années organiste 
de l'église Saint-Ambroise, dans sa ville 
natale, il succéda à Antoine-Marie Turato, en 
qualité de maître de chapelle de Saint-Celse, 
et en dernier lieu, il fut maître de chapellede 
l'église Saint-Antoine, jusqu'au mois de jan- 
vier 1GG6, époque de sa mort. On a imprimé 
de sa composition : 1° Salmi da Capella a 
quattro voci, con altri a 3, 4, 5 voci con- 
certati, op. 5; in Fenezia, per Jless. Fin- 
centi, 1C37, in -4°. 2" Motelti a 2, 3, 4, 5 
voci con lilania délia D. F. à 4 t'oct, 
Libro 1°, oi». 2; ibid., 1G45, in-4°. 3° Ricer- 
cari a 4 voci; Milan. 4° Motetti, lib. 1 cl 2; 
Venise. 5° Molecta 2, 3, 4 et 5 vocum cum 
una Missaet psalmi quatuor vel quinque 
vocibus ad libitum decanlandis, cum basso 
ad organum libri tertii, opus quurtum; 
Antwcrpiz, ap. Hxred. Pétri Phalcsii, 
1054, in-4°. 

PORTAFERRARI (Charles-Antoine), 
ecclésiastiquedeEologne,dans le dix-huitième 
siècle, fut moine dans un couvent de Modène. 
Il a publié un traité de chant ecclésiastique 
intitulé : Regole pclcanlo fermo ecclesiastico; 
Modène, 1732, in-4°. 

PORTE (Joseph-François), littérateur, 
membre correspondant de la Société philhar- 
monique du Calvados, membre de l'Académie 
dis sciences, agriculture, arts et belles-lettres 
d'Aix, est né dans celte ville (Bouches-dn- 
Rhone), en 1792. Connu par divers ouvrages de 
littérature, étrangers à l'objet de cette biogra- 
phie, il n'est cité ici que pour un mémoire cou- 
ronné par la Société philharmonique du Cal- 
vados, et qui a pouj- tilre : Des moyens de 
propuger le goût de la musique en France, et 
particulièrement dans les départements <lr 

(I) Audilîret s'est trompé, dans le supplément delà 
Biographie universelle de Rlichaud, lorsqu'il :i ilii que 
Porta était mort vers JSIii, car II donnait encore des 

leçons d li ii i ie dans l'institution dirigée par Choron, 

en l s i-j . j ( - lui succédai alors dans cet enseignement, 
lin 1829 je lui reiu citez lloger, membre de l'Académie 
(cunçji 



l'ancienne Normandie; Czcn, 1835, in-8"dc 
quatre-vingt-seize pages. 

PORTE (Gérard DE LA), musicien au 
service du prince évoque d'Osnabruck, vers 
1080, a fait imprimer un ouvrage de sa com- 
position, sous le titre de : Suites de pièces 
nouvelles choisies et disposées pour le concert, 
pour deux dessus de violon avec la basse con- 
tinue pour le clavecin, auxquels on peut 
joindre la basse de viole et le téorbe; Amster- 
dam, 1089, in-4°obI. 

PORTE (Nicolas DE LA), organiste et 
maître de clavecin à Paris, dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle, est auteur d'un 
ouvrage qui a pour tilre : Traité théorique et 
pratique de l'accompagnement du clavecin, 
avec l'art de transposer dans tous les tons 
et sur tous les instruments, dédié à made- 
moiselle Le Duc, in-4° gravé ; Paris, La Che- 
vardière (sans date). 

PORTE (l'abbé DE LA). Foyez LA- 
PORTE. 

PORTER (Walter), musicien de la cha- 
pelle du roi d'Angleterre Charles I er , et inspec- 
teur des enfanls de chœur de AVestminster, a 
publié de sa composition : 1° Airs et madri- 
gaux pour une, deux, trois, quatre et cinq 
voix, avec basse continue pour l'orgue on le 
(éorbe, dans la manière italienne; Londres, 
1039. 2° Cantiques et motels 1i deux voix; 
Londres, 1057. 3° Paraphrase des psaumes de 
George Sandy, à deux voix, avec basse con- 
tinue pour l'orgue; Londres, 1070. 

PORTINARIO (François), musicien né 
dans les Étals de Venise, vivait à Padoue vers 
le milieu du seizième siècle. On connaît de 
lui trois livres de madrigaux à cinq et six 
voix, dont le premier est intitulé : Il primo 
libro de Madrigali a cinque voci; Fenetia, 
app. Ant. Gardane, 1550, petit in-4°ohlong. 
Le dernier livre a pour litre : // terzo libro de' 
madrigali a 5 e G voci, contre dialoghiaG 
e uno a olto; Venise, 1557, in-4°. 

POROIAINIV (Jean-Théophile), né à 
Oberlichtenau, près de Dresde, le 4 décembre 
1739, Il t ses études musicales à l'école de la 
Croix, dans cette ville. On ignore les circon- 
sianccs qui l'amenèrent <!■■ la capitale de la 
Saxe près «les bords «lu Rhin, mais on sait 
qu'après avoir élé chanteur à la cour du duc 
de Darmstadt, il a rempli, à Darmstadt même, 
les fonctions de professeur adjoint et de can- 
tor à l'école de la ville. Il mourut le 10 sep- 
lembre 1798, à l'âge de cinquante-neuf ans. 
Pentlanl plusieurs années, il fut attaché à la 
rédaction de la Bibliothèque allemande uni- 



PORTMANN - PORTOGALLO 



101 



verseUc,ponr la musique, et il s'y montra cri- 
lique sévère. Son premier ouvrage imprimé a 
pour titre : Musicalischer Unterricht zum 
débranche fur Jnfanger und Liebhabcr der 
jl/usik uberhauptj etc. (Instruction musi- 
cale pour les commençants et les amateurs de 
musique, etc.); Darmstadt et Spire, 1775, 
in-4° de trente-deux pages. Une seconde édi- 
tion de ce petit ouvrage fut annoncée en 
1799, mais elle n'a pas paru. Quatre ans 
après la publication de sa méthode élémen- 
taire de musique, Porlmann fit paraître un 
traité d'harmonie intitulé : Leichtes Lehr- 
buch der Harmonie, Composition und das 
Generalbasses, zum Gebrauch fiir Liebhaber 
der Musik, etc. (Méthode facile d'harmonie, 
de composition et de basse continuera l'usage 
des amateurs de musique, etc.); Darmstadt, 
1789, in-4° de soixante et dix pages, avec 
soixante-quatre planches de .musique. Une 
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée 
en 1799, à Darmstadt, chez Heyer. Je crois 
que ce n'est que la première, avec un nouveau 
titre. Le livre le plus important de Porlmann 
est celui qui a pour titre : Die neueslen und 
wichtigsten Entdeckungen in der Harmonie, 
Mélodie und dem doppelten Contrapuncte 
(Les découvertes les plus nouvelles et les plus 
importantes dans l'harmonie et le contrepoint 
double. Supplément à toute théorie musicale) ; 
Darmstadt, 1798, deux cent soixante et dix 
pages in-8° et dix-neuf planches de musique. 
Une analyse détaillée de cet ouvrage se trouve 
dans la première année de la Gazette musi- 
cale de Leipsick, p. 444. On a aussi de Porl- 
mann : \ a Nouveau-livre choral pour le duché 
de Hesse-Darmstadt ; Darmstadt, 1786, in-4°. 
Son nom ne se trouve pas au titre, mais après 
la préface. 2° Musique pour la fêle de Pente- 
côte; Darmstadt, 179ô. Il a laissé en manu- 
scrit six fugues pour le clavecin qui se trou- 
vaient, en 1812, à Leipsick, chez Kiihnel. 

POPiTO ( Antoine-Ignace ) , pianiste et 
compositeur, naquit à Vicence, en 178G. 
A l'âge de treize ans, il entra au collège des 
Nobles de Parme, y reçut une bonne éducation, 
et prit des leçons de piano de Chiavarini, et 
de contrepoint d'Alfonse Savi. De retour à 
Vicence, il y composa beaucoup de musique 
instrumentale, particulièrement des sympho- 
nies à grand orchestre, qui étaient estimées en 
Italie vers 1820. 

PORTO (Matiueu), chanteur bouffe ita- 
lien, possédait une voix de basse puissante, 
mais lourde et lente dans l'articulation. Il 
commença à se faire connaître, en 1802, au 



théâtre de Pavie, chanta au théâtre Carcano, 
de Milan, en 1805, puis à Gênes, à Venise et 
à Rome. En 1810, il vint à Paris, et fut atta- 
ché comme permière basse à l'opéra italien 
du théâtre de l'Impératrice. Il y resta jus- 
qu'en 1814, retourna en Italie vers la fin de 
cette année, et revint à Paris en 1819. Sa 
voix avait alors perdu une partie de son tim- 
bre; il eut peu de succès, et après avoir 
chantéjusqu'au printemps de 1821, il alla à 
Londres, où il chantait en 1824. De retour 
dans sa patrie, il a paru encore sur quelques 
théâtres, jusqu'en 1826. Depuis lors son nom 
ne se trouve plus dans la composition des 
troupes dramatiques. 

PORTOGALLO (Mauc-Antoine), dont le 
nom de famille était SI.1IAO , a reçu en 
Italie celui sous lequel il est connu, parce 
qu'il était Portugais. Il naquit à Lisbonne, 
en 1763, et montra dès son enfance d'heu- 
reuses dispositions pour la musique. Après 
avoir appris les éléments de cet art dans 
un couvent de Lisbonne, il reçut des leçons 
de chant de Borselli , chanteur italien de 
l'Opéra de celle ville, et le second maître 
de chapelle de la cathédrale, nommé Orao, 
lui enseigna le contrepoint. Des canzoneltes 
italiennes et quelques airs avec orcheslre qu'il 
écrivit pour le (héâlre de Lisbonne furent ses 
premiers essais. Borselli ayant quitté le Por- 
tugal pour se rendre à Madrid, Portogallo l'y 
suivit et obtint, par son entremise, la place 
d'accompagnateur au clavecin de l'Opéra ita- 
lien. Il élait alors, dans sa vingtième année. 
Pendant son séjour à Madrid, l'ambassadeur 
de Portugal, charmé par le génie qu'il remar- 
quait en lui pour la musique dramatique, lui 
fournit les secours nécessaires pour qu'il se 
rendît en Italie. II y arriva en 1787. L'année 
suivante, il écrivit, à Turin, VEroe cinese, 
son premier opéra, dont le succès ne répondit 
pas à l'attente de ses amis; mais quelques 
mois après, il prit une complète revanche 
dans l'opéra bouffe la Bachetta porlcnlosa, 
qui excita l'admiration des Génois par la 
multitude de trails nouveaux qui abondaient 
dans la plupart des morceaux. VAslullo, 
qu'il fii jouer au printemps de 1789, à Flo- 
rence, n'eut pas moins de succès, et IlMoli- 
naro, qu'il donna cà Venise, au carnaval de 
1700, acheva de fonder sa réputation. Après 
la représentation de cet ouvrage, Porlogallo 
fil un voyage à Lisbonne, et fut présenté nu 
roi, qui le nomma son maître de chapelle. De 
retour en Ilalic, dans l'année suivante, il 
écrivit, à Parme, la Donna di genio valu- 



106 



PORTOGALLO - POSSEV1N 



bile, à Rome, ta Fedova raggiralrice, et à 
Venise, il Principe di Spazzacamino , dont 
l'éclatant succès excita l'intérêt de toute l'Ita- 
lie. Dans le genre sérieux, le Demofoonte 
qu'il composa à Milan, en 1794, et surtout 
Fernando in Messico, peut-être son chef- 
d'œuvre, écrit pour madame Billington, à 
Rome, en 1797, le mirent au rang des meil- 
leurs compositeurs de cette époque. Les fonc- 
tions de maître de chapelle du roi de Portugal 
obligeaient Porlogallo à retourner à Lishonne 
de temps en temps, et à y faire d'assez longs 
séjours; mais son penchant le ramenait tou- 
joursen Italie, où ses travauxélaient accueillis 
par d'unanimes applaudissements. Son dernier 
voyage en ce pays eut lieu en 1815; il donna 
pendant le carnaval VAdriano in Siria, à 
Milan. A l'époquedudépartde la famille royale 
de Portugal pour le Brésil (novemhre 1807), 
Portogallo l'avait accompagnée en sa qualité de 
maître de chapelle de la cour, et était resté à 
Rio-Janeiro jusqu'en 1815, époque où il ob- 
tint un congé pour essayer encore une fois son 
génie auprès des Italiens. C'est alors qu'il 
écrivit, à Milan, pour le théâtre Re, l'ouvrage 
dont il vient d'être parlé. Après le retour du 
roi à Lishonne, il y reprit son service. Porto- 
gallo est mort dans celte ville à la fin de 1829, 
on au commencement de 1830. 

Il serait difficile de donner la liste com- 
plète des compositions de ce musicien distin- 
gué, car on manque de renseignements sur ce 
qu'il a écrit à Lisbonne; on sait seulement 
qu'il a produit une grande quantité de mu- 
sique d'église pour le service de la chapelle 
loyale, et un grand nombre d'airs portugais ap- 
pelés modeinhas. A l'égard de ses opéras ita- 
liens, je n'ai pu recueillirque les titres de ceux 
qui suivent : 1° L*Eroe cinese, à Turin, 1788. 
2° La Bachclta portentosa, à Gênes, 1788. 
5° L'Astutta, à Florence, 1789. 4° Il Moli- 
naro, à Venise, 1790. 5° La Donna di genio 
volubile, à l'arme, 1791. 0" La Fedova rag- 
giralrice, à Rome. 7° Il Principe di Spazza- 
camino, à Venise. 8° Il Filosofo sedicente. 
9 U Alceste. 10" Demofoonte, à Milan, 1794. 
11° Oro non compra amore. 12° / due 
Gobbi, ossia le confusiuni nate dalla somi- 
glianza, à Venise, 1795. 13° // Ritomo di 
Serse, à Bologne. 14° Il Diavolo a qualtro, 
ossia le Donne cambiale. 15° Fernando in 
Messico, à Borne, 1797. 1G" La Maschera 
forlunata. 17° Non irritar le donne, à Plai- 
sance, 1799. 18° Idontc, à Milan, 1800. 19°// 
Mulo per astuzzia. 20° Omar, re di Tema- 
gene. 21° Argenide. Cet opéra, dont on ne 



trouve pas l'indication dans les almanachs de 
théâtres italiens, a été chanté à Londres, au 
mois de janvier 1806, par madame Billington 
et Braham. 22° Semiramide, à Lisbonne, en 
1802, par madame Catalani. 25" Il Cia bot- 
tino. 24" Zulema e Selimo. 25° Adriano in 
Siria, à Milan, 1815. 26° La Morte di Mitri- 
date. Porlogallo avait un frère, de qui l'on 
connaît quelques compositions pour l'église. 

PGSCII (Isaac), musicien et organiste des 
États de la Carinlhie, au commencement du 
dix-septième siècle, s'est fait connaître parles 
ouvrages suivants : 1° Cantiones sacrx 1, 2, 
o, 4 vocum; Nuremberg, 1G25. 2° Musika- 
lische Ehren und Tafels Freue, en deux par- 
ties ; ibid., 1026. 

POSS (Georges), cornettiste au service de 
l'archiducFerdinand d'Autriche, vers le com- 
mencement du dix-septième siècle, a publié 
les ouvrages suivants : 1° Liber primas mis- 
sarum 8 et G vocibus ; Augsbourg, 1608. 
2° Orphxus mixtusvel concentas musicitam 
sacris qaam profanis usibus, tam instru- 
mentis quam voc. humants concinnali , 
lib. I; ibid., 1608. 

POSSELT (François), organiste et compo- 
siteur distingué, naquit en Bohème, dans 
l'année 1729. Après avoir été directeur du 
chœur à l'église de Gralzau,dans sa jeunesse, 
il fut eboisi par le comte Gallus pour diriger 
le chœur et l'école de Beichenherg. Plus tard, 
un membre de cette noble famille l'établit dans 
son palais, à Prague, en qualité de secrétaire. 
Posselt mourut dans cette ville, le 27 janvier 
1801, à l'âge de soixante et onze ans. Il a 
laissé en manuscrit beaucoup de compositions 
pour l'église, entre autres deux messes solen- 
nelles, dont une a été exécutée dans l'église 
des Dominicains, le jour de saint Égide, en 
1783, et l'autre, dans la mêmeannée, à l'église 
de Saint Sauveur. On a aussi chanté à l'église 
du couvent de Slrahow, en 1798, six messes 
brèves de sa composition. 

POSSEIN (Lauxnin), luthier à Schœngau, 
en Bavière, vers le milieu du seizième siècle, 
fut engagé pour la fabrication et l'entretien 
des instruments de la chapelle de Munich, en 
1564, aux appointements de quatre cent cinq 
florins. On conserve, dans quelques cabinets 
de curieux, des luths et des violes sortisde son 
atelier. 

POSSEVIN (Antoine), jésuite, né à Man- 
toue, en 1554, avait terminé ses éludes avec 
succès avant l'âge de quinze ans, cl se rendit 
à Rome, ou il fut chargé, par le cardinal de 
Gonzague, de l'éducation de ses neveux. Plus 



POSSEVIN — POTT 



107 



tard, il entra dans L compagnie de Jésus, fut 
employé par s,, s djpecleurs «tans plusieurs né^ 
gociationsoù il montra de l'habileté, et devint, 
en 1573, secrétaire du général des jésuites. 
Le pape l'employa aussi dans des négociations 
en Suède et en Russie. Il mourut à Ferrare, 
le 2G lévrier 1611, à l'âge de soixante-dix- 
linit ans. Dans son livre intitulé Bibliolheca 
selecta de rations sludiorum (Rome, 1593, 
deux volumes in-fol., et Cologne, 1007, deux 
volumes in-fol.), il traite (lib. XV, cap. 5 et 0) 
de la musique et des compositeursdeson temps, 
dont il donne une liste étendue. 

POSTEL (Guillaume) , célèbre vision- 
naire, naquit, le 25 mars 1510 (1), à Dolerie, 
près de Barenton, en Normandie. Après avoir 
fait d'excellentes éludes, il voyagea longtemps 
en Europe et en Asie, puis il retourna à Paris. 
Il fut professeur de mathématiques au collège 
de France, puis il se relira au monastère de 
Saint-Marlin-des-Champs, où il enseigna la 
philosophie jusqu'en 1578. Il mourut à Paris, 
le 6 septembre 1581. Postel l'ut un des plus 
savants hommes de son temps, mais il eut 
un esprit faible, préoccupé de visions dont on 
trouve les détails dans les biographies géné- 
rales. Il a écrit cinquante-sept ouvrages, au 
nombre desquels il s'en trouve un qui a pour 
titre : Tabula in musicam theoricam ; Paris, 
1552, in-8°. Ce livre est devenu fort rare. 

POTENZA (Pascal), sopraniste distingué, 
naquit à Naples vers 1735, et chanta à 
Londres, en 1761. Après son retour en Italie, 
il brilla sur plusieurs théâtres, notamment à 
Padoue, en 1770. Quelques années après, il 
fut attaché à la chapelle de Saint-Marc, à Ve- 
nise, comme un des vingt-quatre chanteurs de 
celte chapelle, jusqu'aux derniers jours de la 
république vénitienne (1797). On ignore la 
date de sa mort. 

POTIER (Heniu-IIippolyte), fils cadet du 
célèbre comédien de ce nom, est né à Paris, le 
10 février 1816. Admis au Conservatoire, le 
19 octobre 1827, il étudia le solfège dans la 
classe du professeur Amédée, puis devint 
élève de Zimmerman pour le piano. Le second 
prix pour cet instrument lui fut décerné au 
concours de 1830, et il obtint le premier prix 
en 1831. Dourlen et M. Lecoupey furent ses 
professeurs d'harmonie et d'accompagnement 
pratique, dont le premier prix lui fut décerné 

(l) Forkel et Geruer ont adopté une fausse date, en 
plaçant la naissance de Postel en 1477; ils ont été copiés 
dans cette faute par Fayulle, Lichtenthal, liecker, Ber- 
ii'iii, etc., etc. Voyez les Eclaircissements sur ta vie de 
Guillaume Postel, par le P. Dcsbillons. 



en 1832. M. Potier se livra ensuite à l'élude 
sérieuse du contrepoint et de la fugue pendant 
cinq années et ne sortit du Conservatoire 
qu'au mois de juin 1837, après dix années 
d'un travail assidu. Il se livra alors à l'ensei- 
gnement et à la composition. Il se fit parti- 
culièrement remarquer pas son talent d'ac- 
compagnateur dans les concerts. Au mois 
d'août 18-îG, il fit jouer, au théâtre de l'Opéra- 
Comique, le Caquet du couvent, en un acte, 
dont la musique avait de la distinction, bien 
qu'on eût pu y désirer plus d'originalité. Cet 
ouvrage fut suivi d'il Signor Pascariello , 
opéra en trois actes, qui fut joué au même 
théâtre, en 1848, et qui obtint à juste titre du 
succès. Depuis cette époque, M. Potier n'a 
écrit pour la scène que la musique d'un ballet 
en deux actes, représenté à l'Opéra de Paris, 
le 22 septembre 1853, et qui a pour titre : 
sElia et Mysis ou V Atellane. Cet ouvrage 
n'a pas eu une longue existence. M. Potier a 
été nommé chef du chant à l'Opéra, en 1850 ; 
il occupe encore cette position (1863). 

Madame Potier, femme de cet artiste, fut 
une agréable et jolie cantatrice qui se fit ap- 
plaudir pendant quelques années (1847-1855), 
au théâtre de l'Opéra-Comique et dans les 
concerts. Son éducation musicale avait été 
faite au Conservatoire de Paris. 

POTIIV (Antoine), facteur d'instruments à 
clavier, vers la fin du seizième siècle, travail- 
lait à Paris, où vraisemblablement il est né. 
Le P. Mersenne dit de lui dans son Harmonie 
universelle (Traité des instruments à cordes, 
liv. III, p. 159) : « Les meilleures espinettes 
« étaient fabriquées par Antoine Potin, qui 
« faisait une excellente barrure. » On voit, 
dans quelques vieux instruments, que le sys- 
tème de barrage des épineltes et des clavi- 
cordes de cette époque était perpendiculaire 
au chevalet. 

POTT (Auguste), violoniste allemand de 
l'époque actuelle, est né le 7 novembre 1800, 
à Nordheim, dans le Hanovre. Son père, musi- 
cien de ville, lui enseigna les éléments de la 
musique, et lui apprit à jouer de plusieurs in- 
struments; mais le violon était celui pour 
lequel il se sentait une vocation décidée, et 
ses instances finirent par faire consentir son 
père à ce qu'il le cultivai de préférence à tout 
autre. Dans les années 1818 à 1820, Spohr 
ayant donné des concerts à Gœltingue, Pott fit 
plusieurs voyages de Nordheim à celte ville 
pour l'entendre. Sa persévérance obtint enfin, 
de son père les moyens de se rendre à Cassel 
pour étudier sous la direction du maître qu'U 



103 



POTT - POTTIER 



avait choisi pour modèle. En 1824, il se fit en- 
tendre publiquement à Cassel pour la pre- 
mière fois, et le succès couronna ses efforts. 
Depuis lors, il a voyagé en Danemark, à 
Vienne et dans plusieurs villes de l'Allemagne : 
partout il a été considéré comme un artiste de 
mérite. Il a aussi visité Paris, mais j'ignore 
s'il s'y est fait entendre. En 1852, le duc d'Ol- 
denbourg l'a nommé son maître de chapelle, 
et depuis ce temps il en remplit les fonctions. 
On a gravé de sa composition : 1° Les adieux 
de Copenhague, grand concerto pour le vio- 
lon, op. 10; Leipsick, Hofmeisler. 2° Varia- 
tions pour violon, avec accompagnement de 
second violon, alto et violoncelle; Hanovre, 
Kruchwïtz. 5° Duo pour deux violons; ibid. 
4° Les Souvenirs de Paris, variations bril- 
lantes sur un thème original pour violon et 
orcbeslre, op. 12; Leipsick, Hofmeister. 
5° Deuxième concerto pour violon et orches- 
tre, op. 15; Leipsick, Kislner. 6° Variations 
de concert (Das Minnelied), idem (en sol), 
op. 16; Leipsick, Breilkopf et Hœrtel. 7° Va- 
riations de concert (sur un thème hollandais), 
idem (en ré), op. 20; Leipsick, Kislner. Une 
ouverture à grand orchestre, de Pott, a été 
exécutée à Leipsick et à Prague, en 1838. Cet 
artiste a fait un voyage en Belgique et s'est 
fait entendre à Bruxelles, en 185G. 

POTT (madame Aloyse), dont le nom de 
famille était WINKLA11DE FORAZET, 
est née à Vienne, le 23 avril 1815. Élève de 
Charles Czerny pour le piano et de Gyrowetz 
pour la composition, cette dame se distingue 
par un rare talent d'exécution, mais seule- 
ment comme amateur. Elle joue aussi fort bien 
<lu violoncelle. Elle a composé des Lieder. des 
quatuors pour instruments à cordes, et une 
messe à quatre voix cl orchestre. 

POTT EU (Jeah), littérateur anglais, vivait 
à Londres dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle. On a de lui quelques poésies, et 
un écrit intitulé : Observations on the pré- 
sent state ofmusic and musicians; Londres, 
17fi3, in-8°. 

POTTEIV (Ciriu.iNi), pianiste et composi- 
teur, est né à Londres, en 1702. Lorsqu'il eut 
atteint l'âge de sept ans, son père, professeur de 
musique, lui donna les premières leçons deccl 
art. Allvvoodlui enseigna les règles du contre- 
point, et il acheva ses éludes de théorie sous 
la direction de Calcotl et du docteur Crolch. 
\|irès l'arrivée de Woclfl en Angleterre, il 
reçut ses conseils pendant cinq ans. Il se fil 
entendre, pour la première lois, au concert 
philharmonique, dans un sextuor de sa com- 



position ; mais l'accueil froid qui fut fait à cet 
ouvrage l'ayant jeté dans le découragement, 
il prit la résolution de voyager, visita l'Alle- 
magne, et se rendit à Vienne, où il fut présenté 
à Beethoven par un de ses amis. De là il se 
renditen Italie, puis retourna àLondres, où il 
se livra à l'enseignement du piano. Ayant été 
nommé professeur de cet instrument à l'Aca- 
démie royale de musique, en 1825, il en con- 
tinua les fonctions jusqu'en 1832, où il succéda 
au docteur Crolch dans la direction de celle 
institution. Après vingt-neuf ans passés dans 
celte position, M. Polter, ayant pris la résolu- 
lion de passer ses dernières années dans le 
repos, a pris sa retraite, en 18GI. Il a publié 
de sa composition : 1° Sextuor pour piano, 
flûte, violon, alto, violoncelle et contrebasse, 
op. 11 ; Bonn, Simrock. 2° Grands trios pour 
piano, violon et violoncelle, ou clarinette et 
basson, op. 12, n 03 1, 2 et 3; ibid. 3° Sonate 
concertante pour piano et cor, op. 13; ibid. 
4° Grand duo pour deux pianos, op. 7; Vienne, 
Mechelli. 5° Introduction cl rondo pour piano 
à quatre mains, op. 8 ; Bonn, Simrock. 6° So- 
nates pour piano seul, n 03 1 et 2; Londres, 
Clementi; n os 3 et 4, Leipsick, Breilkopf et 
Hœrtel. 7" Beaucoup de toccales, rondeaux, 
fantaisies, éludes, pots-pourris, variations, etc. 
pour piano seul; Londres, Bonn, Leipsick, 
Vienne, etc. M. Polter a en manuscrit des 
quatuors de violon et des symphonies, dont 
une a été exécutée au concert philharmonique 
de Londres, en 1835. ' 

POTTIIOFF (....), bon organiste et cé- 
lèbre carillonnenr, naquit à Amsterdam, en 
1726. Il n'était âgé que de sept ans, lorsque, 
à la suite de la petite vérole, il devint aveugle. 
La place de carillonneur île l'hôtel de ville lui 
fut confiée à l'âge de treize ans. Peu de cam- 
panisles ont eu un talent comparable au sien : 
il jouait presque constamment à trois parties, 
faisant la basse avec les pieds; mais l'exercice 
violent auquel il était obligé de se livrer, 
lorsqu'il exécutait de celle manière des fugues 
et des variations, lui causait une si grande; 
fatigue, qu'il était bois d'état de prononcer 
un mot après avoir fini. En 1738, Potlhoff 
concourut avec vingt-deux rivaux pour la 
place d'organiste de If'eslern-Kcrk et fit 
preuve d'un talent distingué. Il obtint la place 
d'organiste île la vieille église, en 1760. 
J'ignore ia date de la mort de cet artiste. 

POTT IE I* (Matthieu), musicien attaché à 
l.i cathédrale d'Anvers, vers le milieu du dix- 
scplième siècle, est connu par les ouvrages 
suivants : ! Flores selectissimaruni mis- 



POTTiER - POWER 



109 



sarum 4, 5 et G roc, Anvers, 1650, in-4". 
C'est une collection, formée par l'ottier, de 
messes d'Asola, Jean Croce, Orland de Lassus, 
Massaini, Palestrina et Louis Viadana; le re- 
cueil ne contient qu'une seule messe de Pol- 
tier, à quatre voix. 2° Missx 7, 8 voc; ibid., 
1640. 

POTTIER (Jean-Marie), ancien musicien 
de la chapelle du roi, est né à Belleville, en 
1772. Après qu'il eut appris les éléments de 
la musique sous la direction d'un vieux maître, 
nommé Avril, sa belle voix le fit recevoir en- 
fant de chœur à la cathédrale de Paris, dont 
Fabbé Dugué était alors maître de chapelle. 
En 1790, il sortit de la maîtrise de Notre- 
Dame, continua ses éludes littéraires, et suivit 
des cours de droit. Mais son penchant pour la 
musique le fit ensuite entrer au Conservatoire, 
où il devint élève de Berton pour l'harmonie. 
Il cultiva aussi l'art du chant sous la direction 
de Mengozzi, et plus tard il en donna des 
leçons à Paris. Admis dans la chapelle de Na- 
poléon, en 1807, il devint, en 1815, musicien 
de celle du roi. En 1818, il institua une école 
de musique dans sa maison. Depuis lors, des 
chagrins de famille, des pertes de fortune, et 
la dissolution de la chapelle royale l'ont dé- 
cidé à vivre dans la retraite. Il a publié un re- 
cueil de quatre romances chez Naderman, à 
Paris. A l'époque des succès de l'enseignement 
de la musique par la méthode de Massimino, 
M. Pottier a fait une critique du système 
de ce professeur, dans une Lettre à ma- 
dame *** sur la musique, M. M o et 

l'enseignement mutuel; Paris, F. Didot, 
1818, in-8° de vingt-quatre pages. 

POUILLAIV (mademoiselle), virtuose sur 
le clavecin, vécut à Paris, dans la seconde 
moitié dudix-huilième siècle. Elle a fait graver 
à Paris, en 1783, trois sonates pour le clave- 
cin, op. 1. 

POUSAM (Manuel), moine auguslin por- 
tugais, naquit à Landroal, et fut maître de 
chapelle du couvent de son ordre, où il est 
mort, en 1685. Il a fait imprimer : Liber pas- 
sionum et eorum qux a dominica Palmarum 
usque ad sabbatum sanctum cantari soient; 
Lugduni, 1676, in-fol. Il a laissé aussi en 
manuscrit : 1° Missa defunctorum 8 vocum. 
2° Filhancicos e motetes. Ces compositions 
étaient autrefois dans la bibliothèque du roi 
de Portugal. 

POUTEAU (....), né à Chaulme, en Brie, 
vers 1740, fut conduit à Paris à l'âge de quatre 
ans, et y commença, fort jeune, l'élude de la 
musique. Forqueray, son grand-oncle, un des 



meilleurs organistes de ce temps, lui enseigna 
à jouer de l'orgue, et il reçut de Bordier des 
leçons de composition. A l'âge de quinze ans, 
il obtint la place d'organiste à l'église Saint- 
Jacques de la Boucherie; plus tard il succéda 
à Forqueray, comme organiste du prieuré de 
Saint-Marlin-des-Champs et de Saint-Severin. 
En 1810, il était organiste de la paroisse 
Sainl-Méry, quoiqu'il fût âgé de plus de 
soixanle-dix ans. En 1777, il avait fait repré- 
senter à l'Académie royale de musique Alain 
et Rozette, opéra en un acte, qui fut bien ac- 
cueilli. Il a laissé des pièces de clavecin et des 
motets. On lui doit aussi les accompagnements 
dé piano de quaranle-huit recueils d'airs 
d'opéras français. 

POWEL (Thomas), né à Londres, en 
1776, se livra à l'étude de la musique dès ses 
premières années, et apprit à jouer du violon- 
celle, du piano et de la harpe. En 1805, il joua 
avec succès un concerto de violoncelle, com- 
posé par lui, au concert donné à Hay-Market 
pour le bénéfice du fonds choral. L'année sui- 
vante, il alla se fixer à Dublin en qualité de 
professeur de musique, et y composa plusieurs 
ouvrages pour l'église et les concerts. Son ta- 
lent de violoncelliste se développa de jour en 
jour, et les biographes anglais assurent qu'il 
pouvait êlre mis en comparaison avec Bom- 
berg. Après plusieurs années passées à Dublin, 
il s'est fixé à Edimbourg, où il vit encore (1863). 
Cet artiste a publié à Londres età Edimbourg : 
1° Trois duos pour violon et violoncelle, op. 1. 
2° Trois duos pour deux violoncelles, op. 2. 
3° Trois idem, livre 2 e . 4° Grand duo pour 
violon et violoncelle, op. 4. 5° Quatuor varié 
pour deux violons, allô el hasse sur le thème 
anglais : J/ope told. 6° Sonates pour piano, 
violon et violoncelle, n os 1 et 2. 7° Grandes 
sonales pour piano et violoncelle obligé. 
8° Grande marche et rondo, exécutés par l'or- 
chestre d'harmonie aux jardins du Vauxhall. 
9° La Campanella, rondo pour piano. 10° Des 
thèmes variés, idem. 11° Duos pour harpe et 
piano. M'. Powel a beaucoup de compositions 
en manuscrit. 

POWER (Lyonel), auleur inconnu d'un 
petit traité du déchant, ou de la composition, 
en ancienne langue anglaise. A l'époque où 
Hawkins et Burney onl écrit leurs Histoires 
delà musique, le manuscrit qui conlientcet 
ouvrage étail dans la possession du comte de 
Shelburne. D'après le style, l'orthographe des 
mots et la forme des caractères, qui se rap- 
prochent plus des lettres saxonnes que des 
lettres romaines, ces auteurs pensent que 



110 



POWER - PRADIIER 



l'auteur a dû vivre vers le temps de Chaucer, 
c'est-à-dire vers le milieu du quatorzième 
siècle, et que c'est le plus ancien ouvrage an- 
glais sur celte matière. Morley l'a connu, car 
il le cite à la fin de son Introduction to prac- 
tical music. Hawkins a donné le commence- 
ment du livre de Power [a General historyof 
tfie science and practice of mnsic, tome II, 
page22G),et Burney (a General II islor y, etc., 
tome II, page 422) l'a aussi rapporté. Cet ou- 
vrage a pour titre : Ofthe Cordis ofmusihe. 

POYDA (Jean-Frédéric), surintendant et 
pasteur à BitteiTeld, a publié un sermon qu'il 
avait prononcé à l'occasion de l'érection d'un 
orgue à Priorau(?). Cet opuscule a pour litre : 
Prediyt bei der Einweihung der Orgel zu 
Priorau, etc.; Leipsick, Cnobloch, 1821, 
in-8° de trente pages. 

POZZI (Anne), cantatrice distinguée, na- 
quit à Rome, en 1758. L'étendue, la pureté, 
la légèreté de sa voix et l'expression de son 
chant lui procurèrent de brillants succès. En 
1784, elle chantait à Naples les rôles de prima 
donna; plus tard on la trouve à Venise, et en 
1787, elle était à Milan. Elle est morte quel- 
ques années avant 1812. 

POZZI (Gaétan), bon ténor italien, chanta 
avec succès depuis 1798 jusqu'en 1819. Il est 
mort à Novi, pendant l'hiver de 1833 . 

PRACHT (Auguste-Guillaume), musicien 
à Koenigsberg, dans la nouvelle Marche de 
Brandebourg, vécut dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. Il a publié de sa com- 
position : l°Chansons allemandes avec accom- 
pagnement de piano; Zerbst, 1796. 2° Six 
petites sonates pour le piano, 1 rc partie; ibid., 
1797.3° Sonates pour le clavecin, avec accom- 
pagnement de violon et violoncelle, Berlin, 
Rcllslâbt, 1798. 

PRADHER, ou plus exactement PRA- 
DKIVI2 (Louis-Bartiiéi.emi), pianiste et com- 
positeur, fils d'un professeur de violon, est né 
à Paris, le 18 décembre 1781. A l'âge de huit 
ans, il commença l'étude de la musique, sous 
la direction de son oncle, Lefèvre, qui, plus 
lard, fut chef d'orchestre du théâtre de 
l'Opéra -Comique; puis il entra comme élève 
à l'école royale de musique, où il reçut des 
leçons de Gobert pour le piano. Après que la 
révolution eut fait supprimer celle institution, 
madame de Hontgeroult accueillit Pradher 
comme élève, el lui donna des leçons pendant 
plus de deux ans. Le Conservatoire ayant éié 
institué, il y fut appelé, et rentra sous la di- 
rection de Gobert, son ancien maître. Au con- 
cours de 1797, il obtint le second prix de 



piano, et l'année suivante, le premier lui fut 
décerné. Admis alors dans le cours d'har- 
monie de Berlon, il se livra à l'élude de cette 
science; mais peu de temps après, il sortit du 
Conservatoire pour se marier avec la fille du 
célèbre compositeur Philidor, quoiqu'il n'eût 
pas encore atteint sa vingtième année. En 
1802, après la mort d'Hyacinthe Jadin, sa 
place de professeur de piano au Conservatoire 
fut mise au concours, et Pradher l'obtint 
par l'exécution brillante d'un concerto de 
Dussek et de fugues très-difficiles composées 
pour ce concours par Chcriibini, el qu'il joua 
sans hésitation à première vue. Les principaux 
élèves qu'il a formés dans celte école sont les 
frères Henri et Jacques Herz, Dubois, Mey- 
semberg, Lambert el Rosellen. Pradher a 
eu aussi l'honneur de donner des leçons de 
piano aux princesses de la famille du roi 
des Français Louis-Philippe. Excellent ac- 
compagnateur, il fut successivement attaché 
en cette qualité à la chapelle du roi, et à la 
musique particulière des rois Louis XVIII et 
Charles X. Devenu l'époux, en secondes noces, 
de la charmante actrice de l'Opéra-Comique, 
mademoiselle More, il a beaucoup voyagé avec 
elle, et a pris sa retraite de professeur du 
Conservatoire en 1827, après vingt-cinq ans 
de service. Il s'était retiré avec sa femme à 
Toulouse, où ils vivaient honorablement du 
fruitde leurs travaux, et jouissaientde l'estime 
générale. Pradher fut nommé directeur du 
Conservatoire de musique de celle ville. Il est 
mort à Gray (Haute-Saône), dans le mois d'oc- 
tobre 1843. 

Pradher était déjà, depuis plusieurs années, 
professeur au Conservatoire lorsque le désir 
«le se livrer à la composition dramatique lui 
fit suivre le cours de Méhul, qui lui enseigna 
le contrepoint, la fugue, et surtout l'art 
d'écrire pour la scène. En 1804, il fit un pre- 
mier essai de ses forces dans le Chevalier 
d'industrie, opéra-comique en un acte, dont 
il écrivit la musique en société avec Gustave 
Dugazon. Le 24 septembre 1807, il donna au 
théâtre Feydcau la Folie musicale, ou le 
Chanteur prisonnier , opéra-comique, suivi 
de Jeune et Vieille, opéra-comique en \\\\ 
acte, 181 1, de l'Emprunt secret, en un acte, 
25 juillet 1812, du Philosophe en voyage, en 
trois actes, le 10 juillet 1821 (en société avec 
Frédéric Kreubé), et de Jenny la bouquetière, 
en deux actes, le 10 mars 1823 (avec le même). 
Parmi les compositions de Pradher, pour le 
piano, on remarque : 1° Concerto pour piano 
(en sol); Paris, Siebcr. 2" Grande sonate pour 



PRADIIER - PR/ETORIUS 



iH 



piano, violon et violoncelle, op. 17; Paris, 
Janet. 5° Adagio el rondo, idem, ibid. 4 U Ron- 
do pour deux pianos; Paris, Leduc. 5° Sonates 
pour piano seul, op. 1, 2, ô, 13, 16; Paris, 
Janet, Naderman, Leduc, Pleyel. 6° Rondeaux 
et fantaisies, idem, op. 8, 10, 12, 15; ibid. 
7° Pots-pourris, idem, n oS 1 et 2; Paris, Mo- 
migny. 8° Variations, idem, op. 11, 14, 18; 
Paris, Leduc. 9° Vingt-deux recueils de ro- 
mances ; Paris, Érard, Leduc, Momigny. 

PRADHER (madame), autrefois made- 
moiselle More, née à Carcassone (Aude), le 
6 janvier 1800, était fille d'une ancien direc- 
teur de théâtres, dans le midi de la France. 
A l'âge de cinq ans, elle parut pour la première 
fois sur la scène dans le rôle de Jeannette, du 
Déserteur. A dix ans, elle chantait dans 
l'opéra et dans les concerts, à Montpellier. 
Elley resta jusqu'à l'âgede seize ans, puis elle 
alla à Rouen, et débuta à l'Opéra-Comique, le 
21 juin 1816. Une voix agréable et facile, un 
extérieur plein de charme, et son jeu, à la fois 
naturel et gracieux, lui procurèrent des succès 
qui devinrent chaque jour plus remarquables. 
Le premier rôle écrit pour elle fut celui d'un 
adolescent dans le Frère Philippe, opéra- 
comique de Dourlen : elle y fut charmante. 
Bientôt des rôles plus importants lui furent 
confiés, et plus tard, elle joua ceux de première 
femme dans Léocadie, le Maçon, la Fiancée, 
Fiorella , et beaucoup d'autres ouvrages 
d'Auber, d'Hérold et d'autres compositeurs. 
On se rappellera longtemps le charme qu'elle 
mettait dans celui de la Vieille, opéra-comique 
de l'auteur de cette biographie. Retirée en 
1835, avec la pension acquise par vingt et un 
ans de service, madame Pradher a donné, 
dans les années suivantes, des représentations 
sur les principaux théâtres de France. 

PRAEGER (Henri -Alovs), violoniste, 
guitariste et compositeur, estné à Amsterdam, 
le 23 décembre 1783. Après avoir accompagné 
pendant plusieurs années une troupe de comé- 
diens ambulants, en qualité de chef d'orchestre, 
il aétédirecteurdemusiquedu théâtre de Leip- 
sick, depuis 1827 jusqu'en 1829, puis il a été 
chargé des mêmes fonctions au théâtre deMag- 
debourg. En 1829, il avait obtenu la place de 
maître de chapelle à Hanovre; mais il ne fut pas 
considéré comme assez habile pour occupercelte 
position, et Marschner le remplaça en 1830. En 
1838, il était à Cologne, en qualité de violoniste. 
Après celle époque, on ne trouve plus de ren- 
seignements sur sa personne. Praegera mis en 
musique et fait représenterl'opéra deKotzebue 
intitulé Der Kiffxuser Berg. Les principales 



compositions de cet artiste sont : 1° Un grand 
quintette pour deux violons, deux altos et 
basse, op. 28; Leipsick, Drcitkopf et naertel. 
2° Des quatuors pour deux violons, alto et 
violoncelle, op. 13, 17, 18, 19, 34, 43, 47; 
ibid., et Leipsick, Hofmeister et Probst. 
3° Trios pour violon, alto et violoncelle, 
op. 14 et 42; ibid. 4° Duos pour deux violons, 
op. 16, 25, 29; ibid. 5° Des caprices, exercices 
et études pour violon seul, op. 10, 22, 44; 
ibid. 6° Quintette pour alto, deux clarinettes, 
flûte et basson, op. 12. 7° Des thèmes variés 
pour divers instruments. 8° Des pièces de 
guitare. Rassmann cite aussi de Praeger 
(Panthéon der Tonkiinsller, page 192), des 
messes, des concertos de violon, en manu- 
scrit, et un Gradus ad Pamassum musical. 
J'ignore quelle est la nature de ce dernier 
ouvrage. 

PRAELISAUER (le P. Célestin), moine 
de l'abbaye de Tegernsee, en Bavière, naquit 
à Koelzling, en 1694, et fut élevé au séminaire 
de son couvent. Il y acquit de profondes con- 
naissances dans la musique, particulièrement 
par l'étude des œuvres de Roland de J,assus. 
Pendant plusieurs années, il dirigea le chœur 
de son monastère. Il mourut à Tegernsee, le 
5 février 1745. Dans le grand nombre de com- 
positions pour l'église qu'il a laissées en ma- 
nuscrit, on distinguait des répons pour les 
vigiles des morts qui étaient, dit-on, remplies 
de beautés. 

PR/ETORIUS (Godescalc), dont le nom 
allemand était SCHULZ, professeur de phi- 
losophie à Wiltenberg, fut un des hommes les 
plus savants de son temps, et posséda parfai- 
tement quatorze langues : il naquit à Salz- 
wedel, le 28 mars 1528. Après avoir fréquenté 
plusieurs universités et terminé ses éludes, il 
fut quelque temps recteur de l'école de Mag- 
debourg, puis il se rendit à la cour de Bran- 
debourg, où il fut employé dans l'administra- 
tion. Il mourut le 8 juillet 1573. Liéd'amitié 
avec Martin Agricola, il réunit ses connais- 
sances musicales à celles de ce savant pour la 
rédaction d'une sorte de solfège à l'usage des 
élèves de l'école de Magdebourg ; mais Agri- 
cola mourut avant l'entière exécution de cet 
ouvrage, et Prselorius ne le publia qu'après le 
décès de ce musicien, sous ce titre : Melodix 
scholaslicae sub horarum intervalles decan- 
tandx, in quibus musica Martino Agricola:, 
J/ymni suis auctoribus, Distributio eu m 
aliis nonnullis Godescalco Prxlorio deben- 
tur, in usum scholw Maydeburgensis, cum 
4 voc: Magdebourg, 1556, in-4°. Il y a une 



\\1 



PK.ETUKIIS 



•leuxlème édition qui a paru aussi à Magde- 
hourg, en 1584, in-4°. 

PRETOR1US ou SCHULZ (Jérôme), 
savant organiste, naquit à Hambourg, en 1500. 
Son père, organiste de l'église Saint-Jacques 
de cette ville, lui donna les premières leçons 
de musique, puis le jeune Schulz alla terminer 
ses études musicales à Cologne. Ses progrès 
avaient été si rapides, qu'en 1580, il fut con- 
sidéré comme assez habile pour remplir les 
fonctionsdecantoràErfurt, et qu'il obtintcelte 
place. Son père étant mort deux ans après, on 
le choisit pour lui succéder dans la place d'or- 
ganiste de Saint-Jacques à Hambourg. Il oc- 
cupa cette place pendant quarante-sept ans, 
et mourut en 1629, dans sa soixante dixième 
année. Prœtorius a publié de sa composition : 
1° Cantiones sacrx de prxcipuis festis totius 
anni 5, 6, 7 et 8 vocum ; Hamburgi excude- 
bat Philippus de Ohr, 1599, huit parties 
in-4°. J'ignore pourquoi Gerber a cité cet ou- 
vrage sous un titre allemand : mon exemplaire 
a celui qui vient d'être rapporté. 2° Magni- 
ficat octo vocum iiber die acht Kirchen-Tœne , 
nebst einigen 8-12 stimmigen Motellen 
(Magnificat à huit voix dans les huit tons de 
l'église, suivis de quelques motets depuis huit 
jusqu'à douze voix); Hambourg, Philippe de 
Ohr, 1002,in-4°. 5° Ein Kindelein so lœbelich , 
cantique à huit voix, dédié comme cadeau de 
noces, à la duchesse de Saxe; ibid., 1615, 
in-4°. 4° Six messes à 5-8 voix; ibid., 1G1G, 
in-4°. 5° Cantionum sacrarum 5-20 stim- 
men, op. 5 ; ibid., 1618, in-4°. Tous ces ou- 
vrages ont été réunis sous ce titre : Opus mu- 
sicum novum et perfectum, V tomis con- 
cinnatum; Francfort, Emmêlais, 1622, in-4°. 
Cette magnifique collection est ainsi divisée : 

I. Cantiones sacrx de prxcipuis festis. 
Operum musicorum etc. tomus primus, huit 
parties in-4" et un volume in-folio pour la 
basse continue à l'usage des organistes. 

II. Cantiones Maris. Operum musicorum 
tomus secundus, huit parties in-4" et un vo- 
lume in-folio pour la basse continue. Ml. Liber 
Missarum. Operum etc. tomus tertius, huit 
parties in-4° etun volume in-fol. IV. Cantiones 
varix. Operum etc. tomus (juartus, huit 
parties in-4° et un volume in-fol. V. Magni- 
ficat octo lonorum. Operum etc. tomus 
quintus, hu\l parties in-4"elun volume in-fol. 
6° Cantiones novx officiosx, motets depuis 
cinq jusqu'à quinze voix; Hambourg, 1629, 
in-4". 

PR/ETORIUS (François), sous-recteur à 
Danneberg, dans les premières années du 



dix-septième siècle, a fait imprimer un dis- 
cours intitulé : Oralio de prxstantia, aucto- 
ritate et dignitale artis musicx; Rostock, 
1604, in-4". 

PR/ETORIUS (BAUTnoLO.Mh), composi- 
teur allemand, vécut au commencement du 
dix-septième siècle. Il s'est fait connaître par 
des pièces instrumentales à cinq parties inti- 
tulées : Newe liebliche Paduanen und Ga- 
gliardenmit6Stimmen{VivaaeselgaiUàrdei 
nouvelles et agréables à cinq parties), Berlin, 
1617, in-4°. 

PR.ETORIUS (Jacques), fils de Jérôme 
(voyez 3. Moller, Cimbria litterata, tome I, 
fol. 505), organiste distingué, né dans la se- 
conde moitié du seizième siècle, eut pour 
maître son père etun organiste. d'Amsterdam, 
nommé Jean Petersen. Il fut organiste de 
l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, à Ham- 
bourg, et eut, le 28 octobre 1648, le titre de 
doyen des vicaires de la cathédrale de cette 
ville. Il mourut, dans un âge avancé, le 21 oc- 
tobre 1651. Il a contribué, avec Jérôme Prœ- 
torius, Joachim Decker et David Scheidemann, 
à la composition du Livre choral à quatre 
parties, publié à Hambourg, en 1604. Il est 
aussi auteur d'un recueil de motels à quatre 
et cinq voix, intitulé Melodix sacrx, dont 
j'ignore la date de la publication. Kuhnau a 
publié un cantique de Prœtorius dans le 
deuxième volume de ses f'ierstimmige altc 
und neue Choralgesxnge (Berlin, 1786). 

PR/ETORIUS ou SCHULZ (Michel), 
célèbre écrivain sur la musique et composi- 
teur, naquit à Creuzberg, dans la Thuringe, 
le 15 février 1571 . On n'a pointde renseigne- 
ments sur sa jeunesse, sur ses études, ni sur 
les maîtres qui lui enseignèrent la musique. 
On sait seulement qu'il fut d'abord maître de 
chapelle à Lunebourg, puis organiste du duc de 
Brunswick, enfin, mailre de chapelle et secré- 
taire du même prince à \Voll'enhutle),et prieur 
de l'abbaye de Ringelheim, près de Gozlar, 
bénéfice qui ne parait pas l'avoir obligé à 
résidence. Il mourut à WolfenbUttel , le 
I S février 1621. Quelques-unes des composi- 
tions de Prœtorius, que j'ai vues en partition, 
prouvent qu'il l'ut un savant et laborieux mu- 
sicien, sous le rapport de la pratique de l'art ; 
mais c'est surtout comme écrivain qu'il est 
connu maintenant par un livre remarquable, 
qui joint malheureusement à son mérite 
propre celui d'une grande rareté, et qu'il est 
difficile de trouver complet. Ce livre a pour 
titre : Syntagma tnusicum ex veterum et re- 
centiorum ecclesiasticorum autorum lec- 



tione, Polyhislorum consignatione, varia- 
rum linguaruni nolatione, hodierni seculi 
(nie) usurpatione, ipsius (Unique musicx 
arlis observatione : in cantorum, organis- 
tarum. organopœorum, cxlerumquc musi- 
cuni scientiarn amantium et tractantium 
gratiam collcctum. L'ouvrage entier devait 
avoir quatre volumes in-4° : les trois premiers 
seulement ont paru. Le premier volume est 
divisé en deux parties : la première fut im- 
primée à Wolfenhultel ; la seconde, à Willen- 
herg. L'épître déeicatoire de celle-ci est datée 
<ie Dresde, le 5 mars 1G14. Les deux parties 
ont été ensuite réunies avec un titre général 
qui porte la date de 1615, mais sans nom de 
lieu. Les frontispices ont été plusieurs fois 
changés. Ce premier volume est en langue 
latine : les deux autres sont en allemand; 
ceux-ci ont été imprimés à Wolfenhultel, chez 
Élie Halwein, en 1619; mais les planches 
gravées sur bois , qui appartiennent au 
deuxième volume, n'ont été publiées qu'en 
1G20, dans la même ville, en un cahier de 
quarante-deux planches avec une table des 
instruments, sous ce titre : Theatrum instru- 
mentorum seu Sciagraphia. Le premier 
volume, entièrement historique, traite de la 
musique religieuse, ou plus exactement du 
chant choral et de la psalmodie dans le culte 
judaïque, et dans les églises des divers rites 
grec, asiatique, égyptien et catholique romain; 
des instruments de l'antiquité, de la musique 
vocale et de la musique instrumentale. Le 
deuxième volume, qui traite de tous les in- 
struments, de leur nature, de leur étendue, et 
particulièrement des orgues, avec tous les dé- 
tails de leur facture, et l'examen de plusieurs 
de ces instruments très-anciens et très- 
curieux, a pour titre particulier : Syntag- 
matis musiei Michaelis Prxtorii tomus se- 
cundus de organographia. Le troisième vo- 
lume est relatif aux principes de la musique, 
de la solmisation, de la notation, de la mesure, 
à l'art du chant, à la manière d'écrire pour les 
instruments, à la forme et aux différents 
genres de compositions. Le quatrième devait 
traiter du contrepoint : Prœtorius n'eut pas le 
temps de le terminer, et l'on n'en a pas re- 
trouvé le manuscrit. Tous les bibliographes 
musiciens affirment que ce quatrième volume 
n'a pas été publié; cependant le catalogue de 
la bibliothèque de Forkel indique, sous le 
n° 526 (p. 25), le Syntagma musicum, t. I 
à IV; mais il est vraisemblable que les planches 
<ki second volume formaient le quatrième tome 
de cet exemplaire. 

BIOGR. l'MV. lins MlfSiCir.XS T. MF. 



PH.KTOUUTS us 

Une érudition solide se fait remarquer dans 



le livre de Prœtorius, et l'on y admire 
l'étendue et la variété des connaissances de 
l'auteur. A ces qualités se mêlent à la vérité 
les défauts du temps où vécut ce savant musi- 
cien, c'est-à-dire beaucoup de pédantisme, et 
l'absence de l'esprit de critique; mais ces dé- 
fauts n'empêchent pas que l'ouvrage ne soit 
une mine précieuse de renseignements con- 
cernant toutes les parties de la musique, sous 
les rapports historiques et techniques : le pre- 
mier livre renferme même des aperçus philo- 
sophiques qui ne manquent pas de profon- 
deur. 

Les compositions connues de Prœtorius sont 
les suivantes :1° Sacrarum motelarum pri- 
mitif 4,, 5, usque ad 1G voc. unà cum 
1 Jl/issa et Magnificat ; Magdebourg et Leip- 
sick, 1G00, in-4°. 2° Polyhymnia 111 pane- 
^gyrica, c'est-à-dire, Chants de paix et de joie 
pour les concerts, aune, deux, trois, jusqu'à 
vingt-quatre voix, pour deux, trois, quatre, 
cinq et six chœurs, avec trompettes et basse 
continue pour orgue; Francfort et Leipsick, 
1G02, in -fol. Prœtorius a indiqué le contenu 
de cette collection dans le troisième volume de 
son Syntagma. o» Magnificat à huit voix 
dans les huit tons de l'église avec quelques 
motets à huit et douze voix (titre allemand) ; 
Hambourg, Froben, 1G02. 4° Musx Sionix 
oder geistliche Concert-Gesxnge (les Muses de 
Sion, ou chants spirituels concertants), pre- 
mière, deuxième, troisième, quatrième, cin- 
quième, sixième, septième, huitième et neu- 
vième parties; Ratisbonne, Jena, Helmsladt et 
Wolfenhultel, 1605-1610. Neuf parties di- 
visées en quinze volumes in-4°. Collection 
excessivement rare; la neuvième partie est 
presque introuvable et a même été inconnue à 
tous les bibliographes. Voici les titres parti- 
culiers de chaque partie : a. Musx Sionix 
oder geistliche Concert-Gesxnge iiber die 
fùrhncmhste Herrn Lutheri und anderer 
teutsche Psalmen mit 8 Stimmen geselzt, etc. 
(Muses de Sion, ou chants spirituels concer- 
tants sur les psaumes traduits par Luther et 
d'autres, composés à huit voix, etc.); Erster 
Theil, Ratisbonne, 1605, in-4°. b. Musx Sio- 
nix geistliche Concert-Gesxnge iiber die 
fiirhnemhste deutsche Psalmen und Lieder , 
ivie sie in derChristlichen Kirchen gesungen 
werden mit 8 nnd 12 Stimmen gesetzet 
(Muses de Sion, chants spirituels concertants 
sur les psaumes et cantiques, tels qu'ils sont 
chantés dans les églises chrétiennes, composés 
à li!ii( et douze voix); Ândçr Theil. Jchujt 

b 



114 



PR^TORIUS — PRANDI 



(Jena), 1007, in-4°.e. Troisième partie, mémo 
litre el même nombre de voix; HelmstaiU, 
1007, in-4°. d. Quatrième partie, à huit voix; 
même litre; Helmstadt, 1607, in-4°. e. Musx 
Sionix Michaclis Prxtorii C geistlicher 
deutscherinder christlichen Kirchenublicher 
Lieder und Psalmen mit 2, 5, 4, 5, G, 7, 8 
Stimmen.Fùnfter Theil (\es Muses sioniennes 
de Michel Praetorius; cent cantiques spirituels 
allemands et psaumes à deux, trois, quatre, 
cinq, six, sept et huit voix. Cinquième partie); 
Wolfenbuttel, 1608, in-4^f. .Musa? .Sïoru^efc.; 
mit vier Stimmen (les Muses sioniennes 
de etc., même titre, à quatre voix. Sixième 
partie); Wolfenbuttel, 1609, in-4 9 . g. Musx 
Sionix etc. Siebenter Theil (même titre et 
même nombre de voix. Septième partie); ibid., 
1609, in-4°. h. Musx Sionix Michaelis Prx- 
torii, C deutscher geistlicher in Kirchen und 
Hxusern gebrauchlicher Lieder und Psal- 
men, etc. mit vier Stimmen, in Contrapuncto 
simplici nota contra notam. Achler Theil 
(les Muses sioniennes de Michel Praetorius; 
cent cantiquesspirituelset psaumes allemands 
à l'usage des églises et des maisons; mis à 
quatre voix, en contrepoint simple de noie 
contre note. Huitième partie); ibid., 1610, 
in 4°. t. Musx sionix etc., même titre, 
même nombre de voix. Neuvième partie); 
ibid., 1610, in-4°. 5° Cent irenle-quatre 
chants religieux et psaumes pour les jours de 
fêle de loule l'année, à quatre voix, en con- 
trepoint simple; Wolfenbuttel, 1609; Ham- 
bourg, 1611, in-4°. 6° Eulogodia Sionia, 
consistanten motetsàdeux,troisetjusqu'àhuit 
voix, pour l'office divin ;Hambourg,l 61 1,in-4°. 
7° Bicinia et tricinia, dans lesquels se trou- 
vent la plupart des psaumes et des cantiques en 
usage dans les temples et les maisons, à deux el 
trois voix, dans le style des motets, des madri- 
gaux et dans un autre genre inventé par l'au- 
teur; Hambourg, 1611, in-4°. 8° Hymnodia 
Sionia, consistant en vingt-quatre hymnes sa- 
crées à deux, trois et jusqu'à huit voix; Ham- 
bourg, Bering, 161 1.9° Megalynodia, Magni- 
ficat à cinq, six et huit voix, ainsi que quelques 
madrigaux el motets; Wolfenbuttel, 1G1I, et 
Francfort, 1619, in-4°. 10° Terpsichore, 
musarum Aoniarum quinta, recueil de plu- 
sieurs danses el chansons françaises à quatre, 
cinq et six parties; Hambourg, 1611, in-fol. 
11" Idem, seconde partie, danses anglaises 
pour dames, à quatre cl cinq parties; Lcip- 
sick, Klosemann, in fol., 1612. 12° Musarum 
Aoniarum scxla Terpsichore, danses fran- 
çaises à quatre et cinq parties; Hambourg, 



1G11, in 4°. 13° Musarum Aoniarum tertia 
Erato, renfermant quarante-quatre chansons 
profanes allemandes , ainsi que quelques 
mélodies anglaises à quatre voix ; Hambourg, 
1611. 14° Petite et grande litanie en deux 
chœurs, à cinq, six el sept voix, avec une no- 
lice sur l'origine de celle litanie; Hambourg, 
Hering, 1612, in-4". 15° Te Deum à seize voix, 
avec le chant de Noël : Ein Kindlein so 
lœblich, à huit voix; Hambourg, 1613. Je crois 
qu'il y a, dans la citation de cet œuvre, une 
erreur de Gerber, et que c'est le même qui est 
attribué à Jérôme Praetorius (voyez ce nom). 
16°Épilhalamesur le mariage du duc Frédéric- 
Ulric de Brunswick et de la margrave Anne- 
Sophie de Brandebourg; Hambourg, 1614, 
in-fol. 17° Polyhymnia panegerica et cadu- 
ceatrix, concerts solennels de paix et de joie, 
consistant en trenle-deux chants d'église à 
plusieurs voix; Wolfenbuttel, 1619, in-fol. 
18° Musa Aonia Thalia, ou toccates et can- 
zonettesà cinq parties, pour violes et violons, et 
particulièrement pour instruments à venl, 
aveebassecontinue; Nuremberg, 1619, in-4°. 
19° Converti sacri ecclesiastici et politiciex 
Jtalis autoribus, iisque oplimis et prxslan- 
tissimis, collecti et aucti adjecto ripiena seu 
choropleno. Accesserunt sub finem ejusdem 
generis cantiones , quorum auctor ipse 
M. P. C; Francfort, 1620, in-4°. 20" Poly- 
hymnia exereiletio, ou chansons religieuses 
allemandes en contrepoint simple et figuré à 
deux, trois, quatre, cinq, six et huit voix avec 
basse continue; Francfort, 1620, in-4". 
21° Calliope, ou quelques chansons joyeuses 
allemandes à une, deux, trois et quatre voix 
principales, et cinq, six, sept et huit voix 
chorales, symphonies et ritournelles ajoutées; 
Francfort, 1620, in-4°. 22° Puericinium, seu 
concentus triumvel quatuor puerorum ,trium 
pluriumve adultorum, et quatuor instru- 
mentorum, renfermant quinze chants d'église 
allemands, el d'autres chants de concerl; 
Francfort 1621, in-4°. 

PRiETOMUS (maître Jeais), néàQued- 
linbouig, le 19janvier 1634, étudia à Witlen- 
berg et à Jena, où il devint magister et pro- 
fesseur adjoint du cours de philosophie. En- 
suite il fut nommé précepteur des ducs de 
Gotha, puis recteur à Zocst, et enfin recteur à 
Halle, où il mourut le 21 février 1705. En 
1681, il donna à Halle un oratorio de sa com- 
position intitulé David. 

TKAIMDI (Jérôme), professeur de philoso- 
phie et de droit naturel a Bologne, au com- 
mencement du dix-neuvième siècle, a fait nu- 



PRANDI - PRATJN 



lis 



primer un discours intitulé : Orazione sulla 
tnusictt; Bologne, 1805. 

PRASPERG (Balthazar), en latin PRA- 
SPERGIUS, cantor à Bâle, au commence- 
ment du seizième siècle, naquit à Mersebonrg, 
dans la seconde moitié du quinzième siècle. 
On à de lui un traité du plain-chant intitulé : 
Clarissima plané atqtie choralis 7nusice in- 
terpretatio, cum certissimis regulis alque 
eVemplorum adnolationibus et figuris mul- 
tnm splendidis ;Bàle, 1501, in -4°, gothique. 
Ouvrage rare, mais de peu de valeur, malgré 
son litre fastueux. 

PRAT (Daniel), ecclésiastique anglican, 
fui d'abord recteur à Harrixham, dans le 
duché de Kent, puis chapelain du roi 
Georges III, à Rensington; il vécut dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle. Il s'est 
fait connaître par quelques ouvrages de théo- 
logie, et par un petit poème intitulé : Anode 
on the latecelebrated ffandel on his playing 
on the organ (Ode sur le célèbre Handel et 
s'ur son talent d'organiste); Cambridge, 1701, 
in-4*. 

PRATI (Alessio), maître de chapelle de 
l'électeur palatin, naquit à Ferrare, le 16 juil- 
let 1750, d'après une notice dont le titre est 
indiqué plus bas. Après avoir fait ses études 
musicales sous la direction d'un musicien de 
la cathédrale de Ferrare, nommé Bighetti, 
Prali fut maître de chapelle à Udine, puis se 
rendit, en 1767, à Paris, où il eut le titre de 
directeur de la musique du duc dePenthièvre, 
et fut employé comme maître de chant des 
personnes les plus distinguées de la cour. Il 
y donna aussi l'Ecole de la jeunesse, opéra- 
comique, qui eut du succès, et dont on a 
gravé la partition. De Paris, Prali se rendit à 
Saint-Pétersbourg, visita ensuite l'Allemagne, 
et retourna en Italie vers 1781. Il eut alors le 
litre de maître de chapelle du roi de Sar- 
daigne, écrivit quelques opéras à Turin, à 
Florence, à Venise, à Naples, et mourut à 
Ferrare, le 17 janvier 1788, à l'âge de cin- 
quante el un ans. Les opéras italiens de Prali 
dont on connaît les titres sont : 1° Ifigenia 
in Aulide, 1784, à Florence. 2° Semiramide , 
1785, dans la même ville. 5° Armida abban- 
donata, à Munich, 1785. 4" Olimpia, à Na- 
ples, en 1786. 5° Demofoonle, 1787, à Ve- 
nise. On connaît aussi du même artiste : 
1" Six sonates pour clavecin et violon, op. 1 ; 
Lyon, Carnaud. 2° Trois idem, op. 2; Berlin. 
5° Trois idem, op. ô; ibid. 1° Concerto pour 
flûte, à Paris. 5° Concerto pour basson, ibid. 
0° Trois sonates pour harpe cl violon, op. 6; 



Paris. 7° Duo pour deux harpes ; ibid. 8° Plu- 
sieurs recueils de romances et d'airs italiens 
gravés à Paris et à Londres. On a sur cet ar- 
tiste une notice de M. Camille Laderchio, inti- 
tulée : Notizie biografiche inlorno alla vila 
di A. Prati, Ferrare, 1825, in-8\ 

PRATO (Vincent DEL), sopraniste, né à 
Imola, le 5 mai 1756, fit ses éludes de chant 
sous la direction du maître de chapelle Lorenzo 
Gibelli. Il n'était âgé que de seizeans lorsqu'il 
débuta au théâtre de Fano, en 1772. Depuis 
lors, il chanta avec succès sur les principaux 
théâtres d'Italie. En 1779, il produisit la plus 
vive impression à Stutlgard, pendant le séjour 
de Paul I er dans celle ville. L'année suivante, 
il fut appelé à Munich. C'est pour lui que Mo- 
zart écrivit le rôle d' Idamanle, dans son Ido- 
meneo, joué en 1780. Depuis lors, del Prato 
est resté attaché à la cour de Bavière qui lui a 
accordé une pension en 1805. Il est mort à 
Munich vers 1828. 

PRATOrNERI (Spirito), musicien italien 
du seizième siècle, n'est connu jusqu'à ce 
jour que par ses ouvrages, qui ont pour litre : 
1° J/ar monta super aliquol Davidis psalmos 
ad vesperas sex vocibus; Venise, Jérôme 
Scotlo, 15G9, in-4° obi. 2° Motetti a olto 
voci ; Venelia. Giac. Vincenli et Rie. Ama- 
dino, 1584, in-4*\ 5" Madrigali ariosi del 
sig. Spirito Pratoneri a qualtro voci, con 
uti dialogo a otto , nuovamente composti et 
dali in luce; in Venetia, presso Giacomo 
Fincenti, 1587, in-4°. 

PRATT (Jean), fils d'un professeur et 
marchand de musique, est né à Cambridge, 
vers 1779. A l'âge de huit ans, il fut admis an 
collège du Roi pour y faire ses études comme 
enfant de chœur, puis il devint élève de Ran- 
dal, organiste du collège, dont il fut le suc- 
cesseur en 1799. Au mois de septembre de la 
même année, il eut aussi le litre d'organiste 
de l'université. En 1815, il a succédé à 
C. Paris, comme organiste du collège de 
Saint-Pierre. Cet artiste a publié un recueil 
de psaumes et d'hymnes intitulé : Psalmodia 
cantabrigiensis ; 1817, in-4°. Il a écrit aussi 
beaucoup d'antiennes el de services du matin 
et du soir, qu'on entend souvent dans la cha- 
pelle royale de Cambridge. 

PRAUN (Sicismond-Otto, baron DE), 
violoniste qui, dès son enfance, eut beaucoup 
de célébrité, naquit le 1 er juin 1811, à Tyrnau. 
en Hongrie. Avant d'avoiratteint sa quatrième 
année, il avait obtenu au collège les premiers 
prix dans les études de langues, de calcul, 
d'histoire et de dessin. Au mois de mai 1815, 

8. 



lit 



PRAUN - PREDIERI 



il se fil entendre au Burg-Théâlrc, à Vienne, 
dans un trio de Pleyel pour le violon ; mais 
cet essai ne fut point heureux, car le pauvre 
enfant eut peur de l'assemblée, pleura beau- 
coup, et joua faux; mais un an après, il prit 
sa revanche dans un quatuor de Rode, où il 
étonna le public par la vigueur relative de 
son coup d'archet. En 1817, il fut confié aux 
soins de Mayseder, et après trois années 
d'études sous ce maître , il commença des 
voyages d'exploitation, devenus trop fréquents 
pour ces prodiges que des parents avides épui- 
sent dès le berceau. En 1820, le jeune de 
Praun donna deux concerts à Milan, et y causa 
beaucoup d'élonnement. Il n'eut pas moins de 
succès à Rome l'année suivante. En 1824, il 
visita Tlle de Malte ; puis il se rendit à Paris, 
où il excita peu d'intérêt. Après une absence 
de dix ans, il retourna en Allemagne, et se fit 
entendre, en 1828, à Slultgard, à Munich, à 
Leipsick, et enfin à Berlin, où l'on eut l'idée 
grotesque de le mettre en parallèle avec Pa- 
ganini ; mais cette bouffonnerie n'eut point de 
succès. Au mois de novembre 1829, de Praun 
se mit en route pour Pélershourg ; mais arrivé 
à Cracovie, il y l'ut attaqué par une inflamma- 
tion des poumons, une hydropisie de poitrine 
se déclara, et le pauvre jeune homme, épuisé 
par un travail précoce, mourut le 5 janvier 
1830, à l'âge de dix-neuf ans. Les qualités de 
son jeu n'étaient pas assez remarquables pour 
justifier la réputation qu'on avait voulu lui 
faire. 

PRAEP^ER ("VVemcesias), compositeur, 
organiste et violoniste, naquit à Leilmerilz, 
en Bohème, le 18 août 1744. 11 suivit les cours 
du collège des Jésuites, et se livra en môme 
temps à l'étude de la musique, où il fit de si 
rapides progrès, qu'à l'âge de quatorze ans il 
put se faire entendre plusieurs fois à l'église 
dans des concertos de violon. Il cultiva aussi 
l'orgue, et apprit la théorie de l'harmonie et 
du contrepoint par la lecture de quelques bons 
ouvrages. Le désir de se distinguer lui fit 
quitter Leilmerilz pour se rendre à Prague : 
il y continua ses éludes littéraires et musicales 
au séminaire de Saint-Wenceslas, et suivit un 
cours de théologie, parce qu'il se destinait à 
l'étatecclésiaslique ; mais au bout de deux ans, 
il changea de dessein et prit la résolution de se 
livrer exclusivement à la musique. Le comle 
de Rinck le choisit d'abord pour chef d'or- 
chestre de son théâtre particulier; le talent 
qu'il déploya dans ses fondions le lit nommer 
ensuite directeur du chœur de l'église Saint- 
Marlin, puis de Sainte-Marie -au -Berceau, de 



Nolre-Dame-aux-Neiges, et enfin, le 1" juil- 
let 1794, de la Thein-Kirche. Après la mort 
de Joseph Strobach, directeur de l'orchestre 
de l'Opéra, il lui succéda dans celle place, et 
eut aussi celle de maître de chapelle de l'église 
des Frères-de-la-Croix. C'est à celle époque 
de sa vie qu'il écrivit plusieurs grands ou- 
vrages pour le théâlre. La mort de sa femme 
lui causa un vif chagrin qui le conduisit au 
tombeau, le 2 avril 1807. Cet artiste, estimé 
pour ses qualités sociales autant que pour son 
talent, a laissé en manuscrit des messes solen- 
nelles, des graduels, des offertoires, un Re- 
quiem, des vêpres à trois chœurs, des concer- 
tos de violon, des symphonies et des pièces 
d'orgue. De ses opéras, on ne cite que Circé, 
qui fut représenté avec succès au théâtre du 
comte de Thun. 

PRAUÏVSPERGER (Maiuakcs) , béné- 
dictin bavarois, vécut dans la première moitié 
du dix-huitième siècle, au monastère de Te- 
gernsée et y fut professeur de théologie. Il a 
fait imprimer des pièces instrumentales de sa 
composition, sous le titre bizarre : Pegasus 
sonorus, hinniens, salin 12 partitas belle- 
t (cas exhibens ; Augshourg, 1730, in-fol. 

PREDIERI (Ange), religieux du tiers 
ordre de Saint-François, naquit à Bologne, au 
mois de janvier 1655, et apprit la musique 
sous la direction de Camille Cevennini, maître 
de chapelle de la cathédrale, el d'Augustin Fi- 
lipuzzi, maître de chapelle des chanoines de 
Latran , à Saint-Jean in 7nonte. Il entra 
dans l'ordre des Franciscains, en 1072. Habile 
organiste et musicien instruit dans l'art du 
contrepoint, il se distingua particulièrement 
dans l'enseignement, et fut le premier maître 
du P. Jean-Baptiste Martini. Predieri mourut 
à Bologne, le 17 février 1731, à l'âge de 
soixante-seize ans. Le P. Martini, à qui j'em- 
prunte ces détails, a rapporté dans son Sag- 
gio fondant, prattico di eontrappunto (t. II, 
p. 155 et suiv.), un extrait d'un Dixil à 
quatre voix et instruments composé par ce 
maître, dont l'abbé Sanlini, de Borne, possède 
des motets à quatre voix, et un Kyrie cuni 
Gloria, également à quatre voix. 

PREDIERI (Jacques-César), né à R<>- 
logne, dans la dernière moitié du dix-septième 
siècle, fit ses (Unies musicales sous la direc- 
tion de Jean-Paul Colonna. Il fut nommé 
maître de chapelle de la cathédrale de celle 
ville, en 1098. Il occupait encore celte place 
vers 1720. Predieri avait été reçu membre de 
l'Académie des Philharmoniques île Bologne, 
en lii'.lO; il en l'ut prince trois fois, en 1098; 



PREDÏERI — PREISSLER 



117 



1707 et 171 1. On connaît de lui un ouvrage 
dont le litre est : Jesabella, oratorio a selte 
voci, diviso in A parti recitate in due série 
nella chiesa de MM. RR. PP. deW Oratorio 
di S. Filippo Neri, detti délia Madona di 
Galieri, le due feste seguenli delli 25 et 26 di 
Jlarzo 1719 (en manuscrit). Predieri eut pour 
collaborateur de cet œuvre Floriano Aresti 
(voyez ce nom), organiste de l'église de l'Ora- 
toire. Il a fait imprimer de sa composition des 
cantates morales et spirituelles à trois voix, 
avec basse continue pour le clavecin, à Bo- 
logne, 1696, in-4°. 

PREDIERI (Jean-Baptiste), né à Bologne, 
en 1678, fut licencié en droit civil et canon, le 
25 juin 1700, et obtint ensuite un canonical 
dans l'église de Sainte-Marie-Majeure. Il a fait 
imprimer un livre intitulé : Le Ricreazioni 
spiritual* nella musica délie sagre canzoni; 
Bologne, Benacci, 1750, in-4«. J'ignore quelJe 
est la nature de cet ouvrage. 

PREDIERI (Luc-Antoine), né à Bologne, 
le 15 septembre 1688, apprit d'abord à jouer 

.du violon, sous la direction de Vitali, puis fut 
élève de son oncle Jacques-César Predieri 
pour le contrepoint. Il fut élu membre de 
l'Académie des Philharmoniques de sa ville 
natale, en 1706, et en fut prince, en 1723. Il 
fut appelé à Vienne, au service de l'empereur 
Charles VI, en qualité de compositeur drama- 
tique, vécut environ quinze ans à Vienne, et 
mourut dans sa patrie, en 1743. On assure 
qu'il y avait beaucoup d'imagination dans sa 
musique, et que ses mélodies étaient expres- 
sives. On a retenu les litres suivants de ses 
opéras : 1" Griselda, à Bologne, 1711 . 2° As- 
tarto, 1715. ô°LucioPapirio, 1715, à Venise. 
4° Il Trionfo di Solimano, à Florence, 1719. 
5" J/erope, 1719. 6° Partenope, à Bologne, 
au théâtre Marsigli, 1719. 7° Scipione il gio- 
vane, 1731. 8° Zoe. à Venise, 1736. 9° Il 
Sacrifizio d'Abramo , oratorio, à Vienne, 
1758. 10° Isacco figura del Redentore, 1740. 
Ces deux derniers titres semblent appartenir 

. au même ouvrage. 

PREDIGER (....), facteur d'orgues à la 
fin du dix-septième siècle, a construit de 1694 
à 1696 un instrument de vingt-six jeux, deux 
claviers et pédale, à Anspach. 

PREINDL (Joseph), maître de chapelle de 
l'église Saint-Etienne, à Vienne, naquit à 
Marbach, sur le Danube, en 1758. Son père, 
organiste dans ce lieu, lui enseigna les pre- 
miers principes de la musique, puis il alla 
achever ses études sous la direction d'Aï-. 
hrechlsbcrger. Organiste distingué et musicien 



instruit, il succéda à celui-ci, comme maître 
de chapelle de l'église Saint-Étienne, en 1809, 
et mourut à Vienne, non en 1826, comme il 
est dit dans le Lexique universel de musique 
publié par Schilling (à l'article Breindl), mais 
le 25 octobre 1823. On a gravé sous le nom de 
cet artiste : 1° Premier concerto pour le 
piano, op. 1 ; Vienne, Artaria. 2° Deuxième 
idem, op. 2; Vienne, Rozeluch. 3° Thèmes 
variés pour piano seul, op. 3, 4, 6; Vienne, 
Bœrmann, Haslinger. 4° Fantaisies pour le 
piano, op. 5, 15; ibid. 5° Sonates pour piano 
seul; Vienne, Tracy. 6° Six messes à quatre 
voix, orchestre et orgue, n° 1, op. 7; Vienne, 
Mechetti; n° 2 (petite), op. 8, ibid.; n° 4, 
op. 10, ibid.; n° 5, op. 11, ibid.; n° 6, op. 12, 
ibid. 7° Graduels et offertoires, op. 14, 15, 
16,<tl7, 18, ibid. 8" Offertoires, n° 1, De 
Beata; n° 2. De SS. Trinitate; n° 5, Lauda, 
anima mea, Dominum ; ibid. 9° Requiem à 
quatre voix, orchestre et orgue, op. 50; ibid. 
10° Te Deum, idem, op. 51; ibid. 1 1 ° Lamen- 
tations qui se chantent dans la semaine sainte, 
avec orgue; ibid. 12° Mélodies pour tous les 
chants de l'église allemande, avec des cadences 
et des préludes pour l'orgue, op. 15; ibid. 
15° Chants pour la fêle anniversaire de la ré- 
formation, en 1817, avec orgue; Vienne, Has- 
linger. 14° Méthode de chant, op. 55; Vienne, 
Haslinger. Après la mort de Preindl, le 
chevalier de Seyfried a publié un traité d'har- 
monie, de contrepoint et de fugue qu'il avait 
laissé en manuscrit; ce livre a paru sous le 
litre suivant : Wiener Tonschule: oder An- 
weisung zum Generalbass, zur Harmonie, 
zum Contrapunkt und zur Fugenlehre 
(École de musique viennoise, ou Introduction 
à la science de la basse continue, de l'har- 
monie, du contrepoint et de la fugue); Vienne, 
Haslinger, 1827, deux parties in-8°. Une 
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée 
chez le même, en 1852. La théorie exposée 
par Preindl dans ce livre est peu rigoureuse, 
et les exemples en sonl écrits d'une manière 
assez lâche; défaut qu'on peut en général re- 
procher à l'école de Vienne. 

PREISSLER (Jean), ecclésiastique, né en 
Bohême, vers 1750, fit ses éludes au collège 
de Prague et y suivit des cours de théologie et 
de philosophie. Le maître de chapelle Schling 
fut son maître de musique, et en fit un pianiste 
habile et un musicien instruit. Après avoir été 
précepteur des enfants du comte de Kaunitz, 
il fut nommé doyen à Bœhmischleipa , vers 
1788. Plusieurs concertos et sonates de piano 
de sa composition sont connus en manuscrit 



118 



PREISSLER — PREU 



dans la Bohême; on n'en a imprimé qu'une 
sonate pour piano seul, op. 1 ; Prague, Berra ; 
et une sonate pour piano et violon, op. 2, 
ibid. Preissler est mort à Brehmischleipa , 
dans le mois de novembre 1796. 

PUELLEUR (Pierre), musicien français, 
se fixa à Londres dans les premières années 
du dix-huitième siècle. Dans sa jeunesse, il 
fut maître d'écriture à Spitalfields, mais dans 
la suite il se consacra tout entier à la musique 
et en donna des leçons. En 1728, il obtint la 
place d'organiste à l'église Saint-Alban, de 
Londres. A la même époque, il fut nommé 
claveciniste du théâtre de Goodman's fields, et 
pendant plusieurs années, il composa la mu- 
sique des ballets et des pantomimes qu'on y 
représentait. Il a publié un traité du chant et 
de Part de jouer des instruments alors en 
usage, sous ce titre : The modem music 
master, containing an instruction to sing- 
ing y and instructions for most of the 
instruments in use; Londres, 1751, in-8°. 
A la suite de cet écrit, on trouve un abrégé de 
l'histoire de la musique, extrait du livre de 
Bontempi. Cinq ans après la publication de 
cet ouvrage, Prelleur obtint la place d'orga- 
niste de l'église du Christ, à Middlesex. Ce 
renseignement est le dernier que l'on ait con- 
cernant la vie de cet artiste. 

PRElMTZou PRENZ (Gaspard), maître 
de chapelle de l'évêque d'Eichsladt, naquit à 
Berlach, près de Munich, vers 1640. Il fut le 
maître du célèbre organiste Pachelbel, lors- 
qu'il habitait Batisbonne, où il a publié : 
Alauda sacra, sac. psalmi per annum con- 
sueti a A voc. concert. , 2 violin. concert, ad 
libitum ,Zviolis concert, adlibit., aciripien. 
ad libit.; Batisbonne, 1695. Cet artiste est le 
même qui est appelé Prentz par Maltheson 
(Ehrenpforte, p. 249), et Lipowsky, trompé 
par cette orthographe inexacte, a fait deux 
articles dcPrenitz et de Prentz (Bayerisches 
Musik Lexikon, p. 265). 

PRENNER (Georges), chanteur de la 
chapelle impériale, sous le règne de Ferdi- 
nand I er , naquit à Salzbourg, en 1517, suivant 
un renseignement puisé dans les archives de 
celte chapelle, par Antoine Schmid (voyez ce 
nom), et qu'il m'a communiqué. Premier était 
un musicien instruit et écrivait bien dans le 
style de son temps. Le IVovus thésaurus mu- 
sicus, publié par Pierre Joannelli (Venise, 
1568), contient treize motets à quatre, cinq et 
six voix, de la composition de cet artiste. 

PRESCI1EII (Nicolas), facteurd'orgues à 
Nordlingen, dans les premières années du 



dix-huitième siècle, a construit, en 1706, un 
instrument à un seul clavier et vingt registres 
à Frachtwangen, près d'Anspach. 

PIIESCIMONI (Nicolas-Joseph), doc- 
teur en droit et avocat à Palerme, naquit à 
Francavilla, en Sicile, le 25 juillet 1669. 
François Catalano, frère de sa grand'mère, 
lui enseigna la musique, et dans le même 
temps il fit ses humanités au collège de Mes- 
sine. Devenu docteur en droit, à l'âge de dix- 
huit ans, il se fixa à Palerme, et quoiqu'il lût 
avocat de profession, il composa beaucoup de 
sérénades, d'oratorios, et d'autres pièces dont 
voici les titres : 1° La Gara de' fiumi, séré- 
nade à cinq voix; Palerme, 1695, in-4°. 
2° La Nascila di Sansone annunziata dall' 
Angelo, figura délia sacratissima annun- 
ziata del Verbo, dialogo a 5 roc*'; Messine, 
1694. 5° L'Onnipotenza glorificata da' tre 
fanciulli nella fornace di Babilonia; dia- 
logo a o voci; Naples, 1695. 4° // Trionfo 
degli Dei, sérénade à cinq voix, deux chœurs, 
et six instruments; Messine, 1695. 5° Gli 
Angeli salmisti per la concezione di Maria ; 
dialogo a 5 voci; Borne, 1696. 6° Il Fuoco 
panegirista del Creatore nella fornace di 
Babilonia, dialogo a 5 voci ; Palerme. 7" La 
Notte felice, sérénade à six voix ; ibid., 1700, 
8° La Crisi vitale del mondo languente nel 
sudor di sangue del Redentore, oratorio à 
trois voix ; Messine, 1701. 9° I Miracolidella 
Providenza, etc., oratorio à cinq voix; Pa- 
lerme, 1705. 10° Il Tripudio délie Ninfe 
nella piaggia di Mare dolce, sérénade à trois 
voix et instruments; ibid., 1704. 11° IlGiu- 
dizio di Salomone, nella contesa délie due 
madri ; sacro trattenimenlo armonico ; ibid., 
1705. 12° La Figlia unigenita di Gefte sa- 
crifteata a Dio dal padre, dialogue à cinq 
voix; ibid., 1705. 15° Le f'irtù in gara, 
trattenimento armonico a 4 voci; ibid., 
1707. 14° // latte di Jaele, figura dell'Eu- 
charislia sacrosanta, oratorio à cinq voix et 
instruments; ibid., 1706. 

PUEU (Frédéric), compositeur, né àLeip- 
sick, vécut dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle. La nature lui avait accordé du 
talent pour la musique, mais sa vie agitée ne 
lui permit pas d'en développer les avantages. 
En 1781 et 1785, ses amis publièrent, à son 
profit, deux recueils de ses chansons avec ac- 
compagnement de clavecin. En 1785, il était 
directeur de musique à Riga; il parait qu'il 
se trouvait à Bayreulb, en 1790. Il a écrit 
pour le théâtre allemand : 1° Adraste, grand 
opéra. 2° Le Feu follet, opéra-comique, eu 



PREU — PRÉVOST 



H9 



1786. 3° Bella et Fernando, ou la Satire, 
opéra en un acte, gravé à Leipsick, en parti- 
tion pour le piano, en 1791. 4° LaModiste, 
petit opéra, non imprimé. 

PREUS (Georges), organiste à Greifs- 
walde, dans la Poméranie antérieure, vécut 
dans les premières années du dix-huitième 
siècle. On a de lui un petit traité intitulé : 
Observationes musicx, oder musikalische 
Jnmerkungen, welche bestehen in Einthei- 
lung der Thonen, deren Eigenschaft und 
Jf'irkung, der Musik-Liebenden zum bcsten 
herausgegeben (Observations musicales con- 
cernant la division des tons, leur propriété et 
leur effet); Greifswalde, chez Daniel-Benja- 
min Starken, 1706, deux feuilles in-4°, avec 
une planche. 

PREUS (Georges), organiste à l'église du 
Saint-Esprit, à Hambourg, occupait cette place 
en 1729. On ne sait rien de plus sur sa per- 
sonne, et son existence n'est connue que par 
un opuscule qui a pour titre : Grundregelnvon 
der Sruclur und den Requisitis einer unta- 
delhaflen Orgel, worinnen hauptsxchlich 
gezeigtwird, was bei Erbauung einer neuen 
und Renowirung einer alten Orgel zu beo- 
bachten sei. auch voie eine Orgel bei Ueber- 
lieferung miisse probiret und examinirt 
werden, etc. (Règles fondamentales de la 
structure et des qualités requises d'un orgue 
irréprochable, où l'on montre ce qu'il faut 
observer dans la construction d'un nouvel in- 
strument et dans la réparation d'un an- 
cien, etc.); Hambourg, 1729, cent quatre 
pages in-8°, non compris la préface et la dé- 
dicace. Matlheson a reproché avec raison à 
cet ouvrage (Grosse General- Bass-schule, 
deuxième édition, p. 15-29) de n'être qu'un 
plagiat de VOrgelprobe de Werckmeister 
(voyez ce nom). 

PREUSS (Charles), musicien attaché à la 
cour de Hanovre, dans la seconde moitié du 
dix-huitième siècle, a fait imprimer à Cassel, 
en 1778, trois quatuors pour clavecin, deux 
violons et violoncelle; et, en 1783, un volume 
d'odes et de chansons, avec accompagnement 
<le clavecin. On a aussi de lui des pièces pour 
deux flûtes; Hanovre, Kruchwitz,des varia- 
lions pour piano sur un air allemand; Ha- 
novre, Bachmann, et d'autres petites pièces. 
On ne sait rien de plus sur cet artiste. 

PRÉVOST (Pierre), professeur de philo- 
sophie à Genève, naquit dans cette ville, le 
5 mars 1751, vécut quelque temps à Paris, 
puisa Berlin, et retourna à Genève, en 1782. 
Il y remplissait encore ses fondions de pro- 



fesseur en 1828. Parmi ses nombreux ou- 
vrages, on remarque un morceau qu'il a fait 
insérer dans le volume de l'Académie de 
Berlin pour l'année 1785, sous ce titre : Mé- 
moire sur le principe des beaux-arts et des 
belles-lettres, dans lequel on examine les rap- 
ports de la poésie et de la musique avec les 
sens et les facultés intellectuelles. Prévost est 
mort à Genève, le 8 avril 1839. 

PRÉVOST (Hippolyte), sténographe ha- 
bile, membre de l'Athénée des arts et rédac- 
teur du Moniteur universel, puis secrétaire- 
rédacteur en chef des procès-verbaux du Sénat, 
né à Toulouse, en 1808, apprit la musique dès 
ses premières années. Huny, chef d'orchestre 
du théâtre de sa ville natale, lui enseigna le 
violon, dont il jouait déjà à l'âge de onze ans 
dans les concerts d'amateurs. Ses progrès sur 
cet instrument le mirent en état de jouer à 
Rodez, en 1826, le neuvième concerto de 
Kreutzer, dans un concert donné au bénéfice 
des Grecs. Ses études de collège terminées, il 
commença celle du droit, mais il l'interrom- 
pit bientôt pour se rendre, en 1827, à Paris, 
et s'y appliquer à la pratique de la sté- 
nographie. Avant de quitter Toulouse , il 
avait publié une nouvelle théorie de la sté- 
nographie, dont la sixième édition a paru 
récemment (1862). En 1830, il fut admis 
à la rédaction du Moniteur et chargé de di- 
riger la publication officielle des Chambres. Il 
conserva cette position jusqu'en 1852 ; ce fut 
alors qu'il entra dans l'administration du Sé- 
nat, en qualité de secrétaire-rédacteur en chef 
des procès-verbaux des séances. M. Prévost a 
publié une brochure dont l'objet a de l'inté- 
rêt, sous ce titre : Sténographie musicale, ou 
art de suivre l'exécution musicale en écri- 
vant ; Paris, 1833, in-8°. J'ai analysé ce petit 
écrit dans le treizième volume de la Revue 
musciale (p. 241-244). On en a fait une tra- 
duction allemande intitulée : Musikalische 
Sténographie oder die Kunst die Musik so 
schnell zu schreiben , als sie ausgefùhrt 
wird; Leipsick, 1835, in-8°de quarante-quatre 
pages et deux planches, ou quarante-huit 
pages in-12. Une traduction italienne a aussi 
paru sous ce titre : Stenografia musicale, 
o arte di seguire l'esecuzione musicale scri- 
vendo; Paris, Duverger, 1833, in-12 de 
quarante-huit pages. Le succès de cet ouvrage 
avait fixé l'attention des musiciens et des 
amateurs sur son auteur ; on lui proposa de se 
charger de la critique musicale dans le jour- 
nal intitulé Revue des théâtres; il accepta, 
mais il comprit alors la nécessité de compléter 



'l'JO 



PREVOST — PRIMAYERA 



ses connaissances en musique et se remit à 
l'étude de cet art, qu'il avait négligé depuis son 
arrivée à Paris; c'est ainsi qu'il fit un cours 
d'harmonie et de composition avec M. Reber. 
Depuis 1837 jusqu'en 1853, M. Prévost a fait 
la critique musicale dans le Journal du Com- 
merce et dans le Moniteur. Appelé à la posi- 
tion qu'il occupe au Sénat, il fut obligé de 
suspendre ce genre de travail, mais il l'a re- 
pris plus tard, sous les pseudonymes de 
P. Crocius, et de Paul Hollens, dans plu- 
sieurs journaux quotidiens et hebdomadaires. 

PRÉVOST (Eugène-Prosper), né à Paris, 
le 23 août 1809, fut admis au Conservatoire de 
celte ville, le 27 mars 1827, et y reçut des 
leçons de contrepoint de Jelensperger et de 
Seuriot. En même temps, il devint élève de 
Lesueur pour la composition. En 1829, il ob- 
tint, au concours de l'Institut de France, le 
second grand prix de composition : le sujet de 
ce concours était la cantate de Cléopâtre. Le 
premier prix lui fut décerné, en 1831, pour la 
composition de Bianca Capello. Dans la même 
année, il avait fait jouer à l'Ambigu-Comique 
un petit opéra en un acte, intitulé V Hôtel des 
princes, qui eut du succès, et le 14 mai de 
cette année 1831, il donna au même théâtre le 
Grenadier de JFagram, opéra-comique en 
tin acte. Au mois de juillet 1831, il partit 
pour l'Italie. De retour à Paris, il a donné, le 
13 septembre 1834, à l'Opéra-Comique, 
Cosimo, en un acte, qui a été bien accueilli 
par le public. Quelque temps auparavant, il 
avait épousé mademoiselle Colrn, cantatrice, 
qui fut engagée au théâtre du Havre, et fut 
nommé, en 1835, chef d'orchestre de ce 
théâtre. Au mois de septembre 1837, M. Pré- 
vost fit représenter au théâtre de l'Opéra - 
Omique, le Bon Garçon, en un acte, dont la 
musique manquait de distinction, et qui n'eut 
pas de succès. Il a fourni quelques articles 
à la Gazette musicale de Paris. En 1840, 
il s'est lixé à la Nouvelle-Orléans comme 
chef d'orchestre du théâtre et professeur de 
musique. 

PREYER (Gottfried), compositeur et 
professeur, né le 15 mai 1809, à Hausbrunn 
(Autriche), reçut les premières leçons de mu- 
sique de son père, instituteur et cemtorde ce 
village, et apprit en même temps le chant, le 
violon elle clavecin. A l'âge de quinze ans, il 
se rendit à Vienne et y fit un cours de com- 
position, sous la direction de Scchler (voyez 
ce nom). En 1835, il obtint la place d'orga- 
niste de l'église évangélique ; cl trois ans 
après, il fut nommé professeur d'harmonie du 



conservatoire de Vienne. La direction de celte 
école lui fut confiée en 1844, après qu'il eutété 
pendant plusieurs années second maître de 
chapelle de la cour impériale. En 1853, Preyer 
a élé appelée la position de maître de cha- 
pelle de l'église Saint-Élienne, qu'il occupe 
encore (1863). On a publié de cet artiste : 
1° Symphonie pour l'orchestre, op. 16 (en ré 
mineur); Vienne, Diabelli. 2° Quatuors pour 
deux violons, alto et basse; ibid. 3° Double 
fugue pour l'orgue ou le piano, op. 11 ; ibid. 
4° Scherzo pour le piano (en si mineur), 
op. 42; ibid. 5° Un grand nombre de Lieder 
à voix seule avec piano ; ibid. 6° Beaucoup de 
chants pour quatre voix d'hommes; ibid. 
Preyer a en manuscrit un grand nombre de 
grands et de petits morceaux pour l'église, et 
l'oratorio de Noé. 

PREYSEXG (Henri-Balthazar), violon- 
celliste, né en 1736, fut attaché à la musique 
de la cour de Gotha, et mourut à Gotha, le 
6 octobre 1820, à l'âge de quatre-vingt-quatre 
ans. Il a laissé en manuscrit plusieurs com- 
positions pour son instrument. 

PRIETO (D. Julien), musicien espagnol, 
naquit en 1765, à Sanlo-DomingodelaCalzada, 
et y apprit la musique comme enfanl de chœur 
de la cathédrale. Après avoir perdu la voix 
d'enfant, il fut envoyé àSaragosse,où il apprit 
la composition pendant plusieurs années, 
sous la direction de Xavier Garcia. Doué d'une 
très-belle voix de ténor, il obtint au concours 
une place de chanteur à la cathédrale de 
Pampelune. Après la mort de François 
Iluerta, maître de chapelle de cet église, le 
chapitre chargea Prielo d'en remplir les 
fondions, mais sans abandonner celles de 
ténor. Il conserva celle position jusqu'à ses 
derniers jours, et mourut le 24 février 1844, 
à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Sa belle 
voix et son goût dans l'exécution de la mu- 
sique lui avaient fait une grande réputation 
de chanteur dans son pays. M. Eslava (voyez 
ce nom) dit qu'il montre dans ses compositions 
un génie véritable. Il n'écrivit pas de grands 
ouvrages et ne traita jamais le style fugué ; 
mais ses motels, ses antiennes, litanies et 
chants joyeux sont, dit le même auteur, des 
modèles de simplicité, de mélodie, de bon 
goût et de grâce. 

PRIMA VER A(.Iea>-Léonard), surnommé 
DELL' ARPA, à cause de son habileté sur 
la harpe, naquit dans la I.ombardie, vers 
1510, et fut maître de chapelle du comman- 
deur de Caslille, gouverneur de l'État de 
Milan pour le roi d'Espagne. Il a fait im- 



PR1MAVERA - PR1NTZ 



121 



primer de sa compositfou : 1° Madrigali a 
einquee seivoci, libro primo; in Venelia, 
app. Geronimo Scotto, 1505, in-4° obi. 
2" 11 seconda libro di Madrigali a cinque 
voci, nttovamente da lui composti et date 
in luce; ibid., 1505, in-4° obi. 3° Il terzo 
libro di Madrigali a cinque et sei voci; in 
f'enetia, app. Francisco Rampazetlo , 1500, 
in-4° obi. 4° Il primo libro di Canzone na- 
poletane a tre voci; Venise, Scollo, 1570, 
in-4". 5° Il secondo libro, idem, ibid. 0° Il 
terzo libro délie Villotte alla Napolclana, 
a tre voci; ibid., 1570, in-8°. 7° Frulti et 
Madrigali a cinque voci, con un dialogo 
a dieci. Libro quarto; in Venetia appresso 
Vherede di Girolamo Scotto, 1573, in-4°. 
L'épîlre dédicatoire est datée de Venise, le 
6 septembre 1573. 

PRINCE (Louis-Nicolas LE), curé de 
l'église paroissiale de Ferrière, de 1008 à 
1077, fut d'abord maître de musique de la 
cathédrale de Lisieux. On a de lui : 1° Missa 
sex vocum ad imitationem moduli, Macula 
von est in te; Paris, Eallard, 1003, in-4°. 
2° Missa quatuor vocum ad imitationem 
moduli, Tv es cloria mea; ibid.,î6C>9, in-fol. 
5" Airs spirituels sur la paraphrase de 
Laudate Dominum de coelis, à trois voix 
pareilles, et basse continue, ibid., 1071, 
in-4° obi. 

PRINCE (Nicolas-Thomas LE), biblio- 
graphe, ancien employé de la bibliothèque 
royale, né à Paris, en 1750, est mort à Lagny, 
le 51 décembre 1818. Au nombre de ses ou- 
vrages on remarque les suivants, relatifs à la 
musique : 1° Anecdotes des beaux-arts, conte- 
nant tout ce que la peinture, la sculpture, la 
gravure, l'architecture, la littérature, la mu- 
sique, etc., offrent de plus curieux et de plus 
piquant chez tous les peuples du monde, depuis 
l'origine de ces différents arts jusqu'à nos 
jours; Paris, Bastien, 1770-1781, trois volumes 
in-8°. 2° Essais historiques sur l'origine et les 
progrès de l'art dramatique en Franoe ; Paris, 
Belin, 1785 et années suivantes, trois volumes 
in-12. 

PRINCE (René LE), frère du précédent, 
naquit à Paris, en 1753. On a de lui un bon 
ouvrage intitulé : Lettres sur les arts du 
moyen âge ; Paris, 1785, in-12. Le Prince est 
aussi l'auteurd'une bonne dissertation insérée 
dans le Journal encyclopédique (novembre 
1782, pages 489 et suivantes), sous ce titre : 
Observations sur l'origine du violon. 

PRINNER (le' P. Augustin), bénédictin 
bavarois, naquit le 24 mars 1750, à Rœlz, 



près de Ratisbonne. Il fil ses études musicales 
et littéraires dans la môme ville. Le 15 no- 
vembre 1771, il entra au couvent des béné- 
dictins de Michelfeld, où il fut ordonné prêtre, 
le 1 1 mars 1775. Il mourut le 22 juin 1807, à 
l'âge de soixante-sept ans. Parmi ses compo- 
sitions pour l'église, qui sont restées en ma- 
nuscrit, on remarque des vêpres, des répons 
et des lamentations en contrepoint d'ancien 
style. 

PRINTEMPS (ïï.), né à Lille (Nord), vers 
1802, fit ses premières éludes de musique dans 
cette ville, et se rendit à Paris, en 1820. Admis 
au Conservatoire, il devint élève de l'auteur 
descelle Biographie, pour la composition, et 
apprit sous sa direction le contrepoint et la 
fugue. De retour à Lille en 1825, il s'y livra à 
l'enseignement du piano; mais une maladie 
de langueur le conduisit au tombeau, vers 
1830. Il a publié qilelques oeuvres de musique 
pour le piano, entre autres un thème varié, à 
Lille, chez Bœhm, et une fantaisie sur un 
thème de madame Gail, op. 5; Paris, 
Ph. Petit. 

PRINTZ (Wolfcang-Gaspard), est sur- 
nommé DE WALDTHURN, parce qu'il 
était né le 10 octobre 1041, dans celle ville dn 
haulPalalinat, sur les fronlièresde la Bohême. 
Son père, maître des forêts et receveur des 
contributions, l'envoya fort jeune à l'école de 
Vohenslrause, dont l'instituteur lui enseigna 
la solmisalion d'après l'ancienne méthode des 
muances; mais bientôt après, ce maître eut un 
successeur qui adopta la nouvelle méthode des 
sepl noms de noies, et la fit apprendre à ses 
élèves. Prinlz reçut ensuite des leçons d'orgue 
de Guillaume Stœckel, bon organiste de Nu- 
remberg. A l'âge de treize ans, il fut mis au 
collège de Weyden, ville située à une lieue de 
Waldlhurn : là il continua ses études de mu- 
sique sous la direction de Jean-Conrad Merz, 
organiste de la chapelle du prince de Saxe- 
Lauenbourg. Il apprit aussi à jouer du violon, 
du trombone et de plusieurs autres instru- 
ments. En 1058, il se rendit à l'université 
d'Altorff, où il suivit les cours de théologie; 
pendant le temps qu'il y consacra, il ne put 
s'occuper de la musique que comme d'un dé- 
lassement. Né dans la religion luthérienne, il 
voulut en propager les dogmes dans le Pala- 
linat par des sermons; mais poursuivi par les 
ordres religieux pour sa propagande, il fut ar- 
rêté, mis en prison, et n'obtint sa mise en 
liberté que sur la promesse de renoncer à la 
prédication. Il entra alors en qualité de ténor 
dans la chapelle du prince-électeur Palatin, à 



122 



PRINTZ 



Ileidelberg. Après y avoir passé une année, il 
avait l'espoir d'être bientôt nommé cantor, 
lorsqu'une controverse religieuse l'obligea à 
s'éloigner furtivement, à pied ; mais il s'égara 
dans ce voyage, et dénué de ressources, il fut 
obligé d'accepter l'offre d'un voyageur hollan- 
dais qui l'engagea comme valet de chambre, 
ou plutôt (dit-il lui-même, dans son autobio- 
graphie) comme laquais, pour tout faire. 
Printz visita avec ce voyageur une partie de 
l'Allemagne, et les villes principales de l'Ita- 
lie, telles que Venise, Rome et Naples. Au re- 
tour, il tomba malade dans un village près de 
Manloue, et fut abandonné par son maître. 
Dès qu'il fut rétabli, il se mit en route à pied, 
et retourna chez lui par la Bavière. Arrivé à 
Promnitz, il y donna des preuves de talent, et 
fut engagé pour remplir les fonctions de 
maître de chapelle de celte petite cour; mais 
la guerre qui causa à cette époque tant de ra- 
vages dans la Moravie, fit réformer celle cha- 
pelle, au mois de janvier 1664, après la mort 
du comte. Piinlz accepta alors une place de 
cantor à Triebel. Le temps qu'il y passa fut, 
dit-il, le plus heureux de sa vie. Cependant, la 
place plus importante de cantor à Sorau lui 
ayant été offerte le 15 mai 1665, il se rendit 
dans celle ville, s'y maria, et y resta pendant 
dix-sepl années. Il paraît qu'il y fut accusé 
«l'ivrognerie, car pour se défendre de celte im- 
putation, il fait, dans sa notice biographique, 
rénumération de ses travaux, et démontre 
qu'il n'aurait pu écrire tant d'ouvrages s'il 
eût eu le défaut qu'on lui attribuait. En 1682, 
il obtint le litre de directeur de la chapelle du 
comle de Promnitz, et en cumula les fondions 
avec celles de cantor. Après cinquante deux ans 
deséjourà Sorau, il mourut le lô octobre 1717, 
à l'âge de soixante-seize ans. Printz a laissé 
sur sa personne et sur ses travaux une longue 
notice, dont Matlheson a extrait celle qu'il a 
publiée dans son Ehrenpforte (p. 257-276). 
Cet écrit est rempli d'inutilités et de niai- 
series. Printz en a donné un abrégé à la fin 
de son Histoire de la musique; c'est de cet 
abrégé que Wallher s'est servi pour la notice 
de son Lexique de musique. On y voit que, 
dans l'espace de douze ans, Printz a composé 
plus île cent cinquante morceaux de différents 
genres avec orchestre, cl l'on y trouve la liste 
de tous ses ouvrages historiques, théoriques et 
didactiques, tant imprimés (pic manuscrits. 
C'est à ces derniers travaux qu'il doit au- 
jourd'hui sa réputation. J'en vais donner la 
liste par ordre chronologique. 
1° Anweisuny sur Singekunsl (Instruction 



concernant l'art du chant). Printz cite trois 
éditions de cet ouvrage, dans son Histoire de 
la musique (p. 221), sous les dates de 1666, 
1671 et 1685, mais sans indication du lieu de 
l'impression. Il y a lieu de croire que ces édi- 
tions ont paru à Dresde, où les premiers ou- 
vrages de ce musicien ont été imprimés ; mais 
on n'en a pas la preuve, car Wallher, Mat- 
lheson, Forkel et les autres biographes n'ont 
eu connaissance de cet ouvrage que par ce que 
Printz en dit lui-même. Dans le catalogue de 
la bibliothèque de Forkel, si riche en livres 
anciens concernant la musique, et qui renfer- 
mait tous les autres ouvrages de Printz, on ne 
trouve pas celui-là. Il n'est pas indiqué par 
les catalogues des bibliothèques de Berlin, de 
Munich, ni de Vienne. Moi, qui possède aussi 
tous les livres du même auteur, j'ai fait cher- 
cher en vain Vlnstructionsur l'art du chant 
en Allemagne. Je doule de son existence. 
2° Compendium musicx signatoria? et mo- 
dulaiorim vocalis, das ist : Kurzer Begri/f 
aller derjenigen Sachen, so einem, der die 
Focal-music lernen will , zu wissen von 
nœtlien seyn (Abrégé de la musique vocale 
écrite et chantée, ou résumé succinct de 
toutes les choses nécessaires à ceux qui veu- 
lent apprendre le chant); Dresde, 1668, in-8° 
de cent neuf pages. Une deuxième édition de 
cet ouvrage a paru à Leipsick, en 1714. La 
première édition porte la date de 1689; mais 
les deux derniers chiffres ont été évidemment 
retournés dans l'impression , et devaient 
former 68, car celle date est celle que Prinlz 
donne lui-même (loc. cit., page 222); il 
ajoute (pie ce livre est un de ceux qu'il publia 
dans les premières années de son séjour à 
Sorau (In den ersten Jahrcn Divines neuen 
Jmtes Hess ich zicey TracLrtyen druc- 
ken, etc); ce qui ne convient qu'à la dale de 
1668, et non à celle de 1689. L'ouvrage dont 
il s'agit est un traité des éléments de la nui - 
sique, de la solmisalion par les deux systèmes 
des hexacordes et de la gamme complète, et de 
l'art du chant. C'est surtout par ces dernières 
parties qu'il se dislingue des ouvrages du 
même genre publiés en Allemagne à la même 
époque. 5° Phrynis flfytilensus, oder Saty- 
rischerComponist, welcher,vermittelsteiner 
Satyrischen Geschichle, die Fehler der unye- 
/e/irten, telbgewachsenen } ungcschicklen , 
und unvertt&ndigen Componisten hœ/lich 
darstellet, und zuyleich leliret, wie einmti 
sikalisches Stuck rein, ohne Fehler, und 
nach dem rechten Grunde zu componiren 
und zu setsen sey, etc. (Phrynis de Mylilènc, 



PRINTZ 



12" 



ou le compositeur satirique qui, au moyen 
d'une histoire (fiction) critique, expose d'une 
manière honnête les fautes des compositeurs 
ignorants, maladroits et peu raisonnables, et 
qui enseigne en même temps comment doit 
être composé un morceau de musique pur, 
sans défaut, et d'après les meilleurs prin- 
cipes, etc.), première partie; Ouedlinbourg, 
167C, in-4°; deuxième idem, ibid., 1677, 
in-4°. Ces deux parties furent réimprimées à 
Dresde et à Leipsick, en 1694, in-4", avec une 
troisième intitulée : Phrynidis Mytilenxi 
oder des Satyrischen Componisten dritter 
Theil, so in sich hxlt unterschiedl. Musika- 
lische Discurse, sonderlich aber von denen 
Generibus modulandi, etc. (Troisième partie 
de Phrynis de Mytilène, ou le compositeur 
satirique, etc.). Une critique raisonnable, 
et peut-être trop douce du livre de Printz, fut 
publiée sans nom d'auteur, sous ce titre : Ré- 
futation des Satyrischen Componisten, oder 
so genannten Phrynis (Réfutation du Com- 
positeur satirique désigné sous le nom de 
Phrynis), sans nom de lieu (imprimée dans le 
monde), 1 678, deux feuilles in-4°; réimprimée 
en 1695. Printz, irrité par cette réfutation, y 
fit une réponse intitulée : Déclaration oder 
weitere Erklxrung der Réfutation des Saty- 
rischen Componisten , oder so genannten 
Phrynis (Déclaration ou explication concer- 
nant la Réfutation du Compositeur satirique); 
Cosmopolis, 1679, quarante-huit pages in-4°. 
Cette faible réponse est réimprimée en tête 
de la première partie du Compositeur satiri- 
que, dans l'édition de 1696. La conception du 
livre qui avait donné lieu à cette polémique 
est aussi ridicule que l'exécution est défec- 
tueuse. L'auteur suppose que Phrynis de My- 
tilène, musicien grec dont il est parlé par 
plusieurs écrivains de l'antiquité, est envoyé 
chez un maitre de musique pour apprendre les 
éléments de cet art. On lui enseigne d'abord 
la formation des modes grecs, ou plutôt des 
tons du plain-chant sous des noms grecs. Puis 
on lui parle des consonnances et des disso- 
nances; là il n'est plus question de la théorie 
des Grecs, à l'égard de la classification des 
intervalles, mais de celle des modernes, et 
Printz fait du maître de Phrynis un harmoniste 
du dix-septième siècle, qui parle de mouve- 
ment des consonnances parfaites et imparfaites, 
à peu près dans les mêmes termes que Bonon- 
cini et autres écrivains didactiques contem- 
porains île Printz, et avec de fastidieux dé- 
tails qui prouvent que l'auteur n'avait pas la 
plus légère notion de la généralisation des 



principes. La deuxième partie du Compositeur 

satirique est relative aux proportions dans la 
mesure du temps musical, aux figures que 
forment les notes entre elles, à la basse con- 
trainte, à l'harmonie et à la basse continue. 
Dans la troisième partie de son livre, Printz 
traite des proportions numériques des inter- 
valles, du tempérament, du rhylhme poétique 
appliqué à la musique, et des contrepoints con- 
ditionnels en vogue dans les écoles dégénérées 
du dix-septième siècle. Tout cela est rempli 
de futilités, de pensées de mauvais goût et de 
bavardages vides de sens. Par exemple, au 
lieu de dire en quelques mots et de démontrer 
par de courts exemples les motifs de la règle 
qui défend les successions de quintes directes, 
Printz emploie six pages à conter comme quoi 
Phrynis, ayant fait une mélodie, fut invité par 
son maître à la mettre en harmonie d'abord à 
deux parties, puis à trois, écrivit les deux 
premières en tierces, puis la troisième à la 
tierce de la seconde, et de là résulta une suite 
de quintes avec la première partie, déchirante 
pour l'oreille. Alors Phrynis se désola, et 
voulut prendre la résolution de ne plus faire 
d'harmonie en musique. Dans un autre en- 
droit, Phrynis ayant fait une faute, reçoit un 
soufflet de son maître; la violence du coup lui 
fait heurter la tête de son voisin, qui heurte à 
son tour une troisième personne, dont la tête 
va frapper le mur : le fou rire prend à tout le 
monde sur le quadruple effet du .soufflet, et le 
maître fait une longue dissertation sur l'ana- 
logie des dissonances qui heurtent désagréa- 
blement plusieurs sons, avec le soufflet qui se 
fait sentir à plusieurs personnes. Un style 
plat et misérable répond à la nature des idées. 
Et pourtant on trouve à chaque pas, dans ce 
mauvais livre, les preuves d'un savoir étendu, 
non seulement en musique, mais en beaucoup 
de choses dont la connaissance n'est pas or- 
dinaire aux musiciens. 4° Musica modula- 
toriavocalis, oder manierlich und zierliche 
Sing-Kunst, in welcher ailes, was von einem 
guten Sxnger erfordert wird , grùndlich 
und aufdas deutlich gelehret und vor Aitycn 
gestellet wird, etc. (Musique vocale figurée, 
ou art du chant agréable et élégant, etc.); 
Schweidnitz, Okel, 1678, in-4° de soixante- 
dix-neuf pages. Cet ouvrage n'est, sous quel- 
ques rapports, que le développement du 
deuxième du même auteur, et peut-être aussi 
du premier. 5" Exercitationes musicx theo- 
retico-praclicx de concordantiis singulis, 
das ist musikalische JFissenschafft und 
Kunst- Uebungen von jcdvceden Concordait' 



121 



PR1NTZ 



tien, etc. (Exercice de musique théorico-pra- 
lique sur toutes les consonnances, c'est-à- 
dire, science musicale et exemples concernant 
chaque intervalle consonnant, etc.) ; Dresde, 
1089, in-4°. Cet ouvrage a paru par parties 
séparées en nombre égal à celui des conson- 
nances, et à différentes époques. La pre- 
mière, concernant l'unisson, a été publiée à 
Francfort et à Leipsick, 1G87, en trente-deux 
pages; la seconde, sur l'octave (en cinquante- 
cinq pages) a vu le jour dans la même année, 
ainsi que la troisième, relative à la quinte (en 
cinquante-deux pages). Le cahier qui concerne 
la quarte a été publié en 1688 (quarante-six 
pages), ainsi que celui qui est relatif à la tierce 
majeure (en trente-deux pages). En 1689, 
Printz a publié les parties qui concernent la 
tierce mineure (en trente-deux pages), la sixte 
majeure (en vingt-huit pages), et la sixte mi- 
neure (en trente pages). Le cahier d'introduc- 
tion à la connaissance générale des intervalles 
a paru dans la même année, avec le titre de 
tout l'ouvrage rapporté précédemment. Le plan 
du livre de Printz était neuf à l'époque où il 
l'écrivit. Il examine d'abord chaque intervalle 
sous le rapport de ses proportions numériques, 
puis il fait le dénombrement de toutes les ma- 
nières dont il peut être formé, et, enfin, il 
analyse toutes les circonstances de son emploi 
dans la pratique. Malheureusement, au milieu 
de quelques bonnes choses, Printz a placé 
beaucoup d'inutilités, comme dans tous ses 
ouvrages. 6° I/istorische Bcschreibung der 
edelen Sing und Kling-Kunst, in welcher 
derselben Ursprung und Erfindung, Fort- 
gang, Verbesserung , unterschiedlicher Ge- 
brauch, wunderbarc Wiirckungen^ man- 
cherley Feinde, und zugleich beriïhmteste 
Ausiiber von Anfang der Weit bis au/f 
unzere Zeil in mœglichster Kiirtze erzehelt 
und vorgestellet iverden (Description histo- 
rique du noble art du chant et de la musique, 
dans laquelle il est traité de son origine et in- 
vention, etc.); Dresde, 1690, in-4°de deux cent 
vingt-trois pages. Toute la première partie de 
cet"Ouvrage est de peu de valeur, car Printz 
n'y est que le compilateur de documents et de 
traditions vulgaires qu'il accepte sans examen; 
mais dès le douzième chapitre, le livre devient 
plus intéressant, à cause des renseignements 
qu'il renferme concernant les musiciens alle- 
mands du dix-septième siècle. 

Prinlz avait écrit plusieurs autres traités de 
musique dont il perdit les manuscrits, avec 
tous s<s livres, par un incendie qui éclata à 
Sorau, le 2 mai 1684, ou qui sont restés entre 



les mains de ses amis. Les litres de ces ou- 
vrages étaient ceux-ci : 1° Idea boni compo- 
sitoris, en neuf livres. 2° Iffusici defensi. 
3° La quatrième partie du Compositeur sati- 
rique. 4° De circulo quintarum et quarta- 
rum, en deux parties. 5° Histoire de la mu- 
sique, en latin. 6° Musica arcana , en 
plusieurs parties. 7° Promenade du composi- 
teur satirique, à Holiarden, en allemand. 
8° Erotemata musicx Schelianx. 9° Erote- 
mata musicte Pezoldianx. 10° Musica 
theoretica signatoria. 11° Musica theoretica 
didactica. 12° Analecta musica historica 
curiosa. 13° De stylo recitativo. 14° Melo- 
pœia, sive musica poetica intégra. 15° De 
instrumentas in toto orbe musicis. Printz as- 
sure {Hist. Beschr. der Sing-und Aling- 
Kunstf page 223, § 33) que son Histoire de 
la musique, en latin, était, en 1690, entre les 
mains de son éditeur Jean-Christophe Miethe, 
à Dresde, qui allait la livrer à l'impression; 
cependant elle n'a point paru, et l'on ignore 
ce qu'est devenu le manuscrit. A l'égard des 
autres ouvrages cités précédemment, ils 
étaient sans doute contenus dans deux grands 
volumes in-4°, écrits de la mains de Printz, 
qui ont péri dans l'incendie du château, à Co- 
penhague, le 26 février 1794. On attribue 
aussi à Printz trois romans musicaux, dont le 
premier a paru sous le pseudonyme de Cotula. 
Ces ouvrages ont été imprimés sous les titres 
suivants : 1° Musicus vexatus oder der 
vohlgeplagte, doch nicht verzagte, sondern 
jederzeit lustige Musicus instrumentons. 
In einer anmuthigen Geschichtevor Augen 
gestellt von Cotala don Kunst-Pfeife-ge- 
sellen (le Musicien vexé, ou le joueur d'instru- 
ments fort tourmenté, mais non découragé, ou 
plutôt toujours joyeux, etc.); Freyberg, Jean- 
Christophe Miethen, 1690, in-8° de deux cent 
quatre pages. Ce volume a pour objet de pré- 
senter le tableau de la triste situation des 
apprentis musiciens de l'Allemagne au dix- 
septième siècle. Une deuxième édition, sans 
date et sans nom de lieu, a été publiée (en 
177:2), en un volume gr.in-8° de cent soixante- 
six pages. 2° Musicus magnanimus oder 
P.ancalus, der grossmuthige J/usicant, in 
einer iiberaus lustigen, anmuthigen und mit 
schœnen Moralicu gezierten Geschichte vor- 
gestellet von Minnermo, des Pancali guten 
Freundc (le Musicien magnanime, ou Pancalus, 
le généreux ménétrier etc.) ibid., 1691, in-8" 
de deux cent soixante-deux pages. Ce volume, 
qui est en quelquesorleunc suite du précédent, 
est une peinture de la vie accidentée des mu- 



PRINTZ - PROCH 



123 



siciens ambulants de l'Allemagne, à l'époque où 
Prinlz vivait. 3° Musicus curiosus, oder Bat- 
talus, der verwitzige Musicant. In einer 
sehr lustigen anmuthigen, unerdichtetcn 
und mit schcpnen Moralien durchspiekten 
Geschichte vorgestcllet von Minnermo, der 
Battali guten Freunde (le Musicien curieux, 
ou Batlalns, l'indiscret ménétrier, etc.); 
ibid., 1691, in-8° de trois cent trente-trois 
pages. Tout cela est lourd d'idées et de style. 

PRIOLI (Jean), maître de chapelle de 
l'empereur Ferdinand II, au commencement 
du dix-septième siècle, est connu par les ou- 
vrages suivants : 1° Sacromm concentinun 
quinque vocum in duas partes distribu- 
torum pars prima; Venetiis, apud Barth. 
Magni, 1618, in-4°. 2° Sacrorum concen- 
tuum etc., pars altéra; ibid., 1619, in-4°. 
3° Misse a 8e9 voci ; ibid., 1624.4° Delicie 
musicali; Vienne, 1625. On trouve aussi 
quelques morceaux de la composition de Prioli 
dans la collection intitulée : Bergam. Par- 
nassus music. Ferdinandœus ; Venise, 1615, 
in-4°. 

PRIORIS, musicien belge, élève d'Oke- 

ghem, vécut à la fin du quinzième siècle et au 

commencement du seizième. Son nom est cité 

dans la Déploration de Crespel, sur la mort 

d'Okeghem : 

« Agricola, Verbonnet, Prions, 
« Etc. » 

On ne sait rien concernant la position qu'il 
occupa, ni sur les événements de sa vie d'ar- 
tiste. Prioris fut, sans aucun doute, un savant 
et ingénieux musicien , car on trouve deux 
canons très-bien faits de sa composition dans 
la collection qui a pour litre : Bicinia gal- 
Uca , latina et germanica , et qusdam 
fugx. Tomi duo; Vitebergx, apud Geor- 
gium Rhav, 1545, petit in-4° obi. Les deux 
morceaux de Prioris sont dans le second vo- 
lume. Le premier, intitulé fuga sex vocum, 
est un triple canon, chacun à deux parties, 
sur les paroles : Da pacem Domine. L'autre 
(fuga octo vocum) est un quadruple canon, 
chacun à deux parties, sur le Jexle^/t'eyl/an'a. 
Ces pièces sont très-remarquables pour le 
temps où vécut leur auteur. Un manuscrit in- 
folio du seizième siècle, qui se trouve à la bi- 
bliothèque royale de Berlin, contient un 
Magnificat du huitième ton, à quatre voix, de 
Prioris. Des messes de ce musicien sont dans 
les manuscrits de la chapelle pontificale 
{voyez Baini, Memor. stor. crit. délia vila 
e délie opère di G. Pierluigi da Paleslrina, 
n. 22G) 



PRIXNER (le P. Sébastien), né, non à 
Ralisbonne, comme je l'ai dit dans la pre- 
mière édition de cette Biographie, mais à 
Reichenbach (Bavière), en 1744, fit ses pre- 
mières études littéraires dans cette ville, et 
apprit la musique à Saint-Éméran. En 1763, 
il prononça ses vœux dans ce monastère : il y 
fut ordonné prêtre cinq ans après, et mourut le 
25 décembre 1799, après avoir rempli pendant 
vingt-cinq ans les fonctions d'inspecteur du 
séminaire etdedirecteurdu chœurduchapitre. 
Il a laissé en manuscrit neuf messes à quatre 
voix, des motels et des pièces d'orgue. Le 
P. Prixner a fait imprimer un petit écrit inti- 
tulé : Kann man nicht in zwei oder drei 
Monaten die Orgel gut und regelmxssig 
schlagen lernen? (Ne peut-on pas apprendre 
en deux ou trois mois à bien jouer de l'orgue?) ; 
Landshut, Hagen, 1795, in-fol. La deuxième 
édition de cet écrit a été publiée dans la 
même ville, en 1804, un volume in-folio de 
cent vingt pages. 

PRORUS (...), pasteur protestant, à Rot- 
terdam, vers le milieu du dix-huitième siècle, 
a écrit un livre intitulé : Vertoog over den 
nuttig Gebruik en ontstichtend misbruikvan 
het Psalmgezang in den openbaaren Gods- 
dienst der Protestanten (Exposé de l'utile 
usage et de l'abus scandaleux du chant des 
psaumes dans les églises protestantes); Rot- 
terdam, Kornelisde Veer, 1766, in-4°. 

PROCH (Henri), né le 22 juillet 1809, à 
Laybach et non à Vienne, comme le disent les 
biographes allemands qui m'ont induit en er- 
reur dans la première édition de cette Bio- 
graphie, a montré dès ses premières années 
d'heureuses dispositions pour la musique. 
A l'âge de treize ans, il a reçu des leçons de 
Joseph Benesch pour le violon, sur lequel il a 
acquis une habileté remarquable. En 1854, il 
entra dans la chapelle impériale à Vienne, et 
en 1848 il fut choisi comme chef d'orchestre 
du théâtre Josephstadt : quelques années après 
il obtint une position semblable au théâtre 
de la cour. Il s'est fait connaître avantageuse- 
ment par beaucoup de chants avec accompa- 
gnement de divers instruments, particulière- 
ment de piano, violoncelle et cor, op. 1, 3, 4, 
5,6, 11,14, 17, 18, 19,21,22,28,29,31,54, 
58, 46, etc.; Vienne, Diabelli; deux messes 
avec orchestre; des graduels et offertoires; 
des ouvertures, des quatuors de violon, dont 
il n'a été publié qu'un seul, op. 12, un grand 
trio pour piano, violon et violoncelle, op. 27; 
Vienne, Leidesdorff, et des morceaux concer- 
tants pour le violon. Son opéra intitulé : Ring 



126 



PROCII - PROCLUS 



und Maske (Aneau el masque) fut représenté 
à Vienne, en 1844. Trois ans après, il a fait 
jouer celui qui a pour litre : Die Blutrache 
(la Vengeance sanglante), et, en 1848, il a 
donné, dans la même ville, Der Gefxhrlich 
Sprung (le Saut périlleux). Ces ouvrages ont 
eu peu de succès. 

PROCHASKA (Jean), professeur de 
contrebasse à Prague (1830-1845), né en Bo- 
hême, est un fécond compositeur de quadrilles 
et de polkas. Il a fait exécuter dans celte ville, 
en 1841, une ouverture à grand orchestre, de 
sa composition. 

Un trompettiste de Vienne, d'un talent re- 
marquable, nommé Prochaska, est, je crois, 
frère du contrebassiste. 

PROC1IE (François), professeur de mu- 
sique à Breslau, est né, en 1796, à Doberney, 
près de Kœniggraetz, en Bohême, où son père 
était inspecteur des forêts. Dès son enfance, il 
montra d'heureuses dispositions pour la mu- 
sique ; il apprit les éléments de cet art en fai- 
sant son éducation littéraire dans les institu- 
tions de Kelzeldorfet de Bernsdorf. A l'âge de 
quinze ans, ses études étaient terminées et une 
place secondaire lui fut donnée, en 1809, dans 
une institution du village de Merkelsdorf. Le 
traitement attaché à cette position était si mi- 
nimequ'il était obligé dejouerd'uninstrnment 
les jours de fêtes, pourladanse, dans les guin- 
guettes. Après avoir végété pendant cinq ans 
dans cette infime situation, il accepta une 
place de professeur chez un baron, espèce de 
maniaque qui l'occupait sans relâche pendant 
douze ou quinze heures chaque jour à faire de 
la musique. Quatre années se passèrent dans 
cette pénible situation, dont Proche ne sortit 
qu'en acceptant une autre place de professeur 
de musique chez une dame noble, à Rampels- 
dorf, en Silésie. Il y passa dix-huit mois, se 
maria, et prit la résolution de sortir de l'exis- 
tence dépendante qu'il avait eue jusqu'alors, 
en allant s'établir dans une ville où il cher- 
cherait l'utile et honorable emploi de ses ta- 
lents. Oels fut le lieu qu'il choisit, peut-être 
imprudemment; car cett ville contient une 
population d'environ six mille habitants, uni- 
quement occupés d'industrie et de commerce. 
Ce ne fut que par d'énergiques efforts que l'ar- 
tiste parvint à y faire naître le goût de la mu- 
sique et à y fonder des sociétés de chant et de 
musique instrumentale. Kosmaly, biographe 
de Proche, assure que telle était l'ignorance 
des habilanls d'Oels, en ce qui concerne la mu- 
sique, que les œuvres de Haydn et de Mozart 
leur étaient complètement inconnues en 1820, 



el que ce fut lui qui les leur fit entendre pour 
la première fois. Dix- neuf années de la vie de 
ce pauvre artiste s'écoulèrent dans ce triste 
milieu, où il eut à pourvoir à l'existenced'une 
nombreuse famille. Convaincu enfin, mais 
malheureusement trop lard, qu'il usait inuti- 
lement ses forces à lutter contre l'indifférence 
de la population de cette ville, il s'en éloigna 
et alla se fixer à Breslau, en 1839. Il n'y 
trouva pas un sort beaucoup plus favorable, 
quoique l'art soit cultivé avec succès dans 
cette grande ville. Sa jeunesse était passée; 
quelques artistes seulement connaissaient son 
mérite, et de rares leçons étaient sa seule res- 
source en 1846; il avait alors cinquante ans. 
Après celte époque, on n'a plus de renseigne- 
ments sur sa personne. Cependant, cet homme, 
si peu favorisé dans sa carrière, était né avec 
une organisation d'élite. Quelques-uns de ses 
Lieder qui me sont tombés sous la main sont 
d'un sentiment exquis, particulièrement ceux 
qui ont pour titres : Der Thrane (la Larme), 
Der Doppelkuss (le Double Baiser), et Die 
litzte Loge (la dernière Demeure), pour ténor, 
chœur d'hommes et piano. Dans ses variations 
pour piano, Proche ne traite que des thèmes 
d'invention, dont la distinction est remar- 
quable, et dans les formes de ces variations, 
il réunit les qualités de la musique sérieuse à 
celles d'une rare élégance. Toutes ses compo- 
sitions pour l'orchestre sont restées en ma- 
nuscrit. C'est une noble nature que celle qui, 
dans une adversité prolongée, conserve les 
facultés de l'imagination et le pur amour de 
l'art. 

PROCKSCH (Gaspard), clarinettiste alle- 
mand, né en Bohême, fut attaché au service du 
prince de Conti vers 1779. Il a fait graver à 
Paris : 1° Six trios pour clarinette, violon et 
basse. 2° Six solos pour clarinette. 5° Six duos 
pour deux clarinettes. 

PROCLUS, philosophe grec, né le 8 fé- 
vrier 412 de Père chrétienne, vraisemblable- 
ment à Constantinople, suivit d'abord les 
leçons du grammairien Orion et du rhéteur 
Leonas, puis étudia la philosophie sous Olym- 
piodorc et sous Héron, à Alexandrie. Il mou- 
rut le 17 avril 48;», après avoir enseigné long- 
temps la philosophie avec distinction. Parmi 
ses nombreux ouvrages, dont nous n'avons 
qu'une partie, on remarque le commentaire 
sur le Timcc de Platon, où il traite de la doc- 
trine des nombres appliquée à la musique. Ce 
morceau se trouve dans les éditions des 
œuvres de Platon publiées en 1534 et 1566, 
in- fol . A l'égard du Commentaire sur les 



PROCLUS — PRONOMUS 



127 



Harmoniques de Ptolémée qui lui est attribué 
par le Dictionnaire historique des musiciens 
(Paris, 1810), il ne lui appartient pas. 

PROKSCH (Joseph), né le 4 août 1794, à 
Reichenberg, en Bohême, est chef d'une insti- 
tution pour l'éducation musicale. A l'âge de 
huit ans, il perdit l'usage de l'œil droit, et 
dans sa dix-septième année, il fut complète- 
ment privé de la vue. En 1811, il entra dans 
l'institution des aveugles, à Prague. Ses pro- 
grès dans la musique furent beaucoup plus ra- 
pides que ceux des autres élèves frappés de 
cécité, parce qu'il avait appris le système de 
la notation avant d'être privé de l'usage des 
yeux. Wenceslas Rozeluch lui donna des 
leçons de piano, et Farnik fut son mailre de 
clarinette. Il acquit sur ce dernier instrument 
un talent assez distingué pour pouvoir faire 
un voyage d'artiste en Bohême, en Moravie, 
en Hongrie et en Autriche, avec le harpiste 
Rleger. A l'égard de son éducation littéraire 
et pédagogique, il la dut au professeur Jarosch. 
Lorsque le système d'enseignement de Logier 
(voyez ce nom) commença à se répandre en 
Allemagne, Proksch l'adopta avec enthou- 
siasme et fonda une école dans laquelle il le 
mit en pratique ; cette institution eut un grand 
succès dans la capitale de la Bohême. II a 
écrit, pour ses cours simultanés de piano, des 
morceaux pour plusieurs instruments de cette 
espèce à quatre mains, lesquels ont été publiés 
à Prague, chez Berra.On a de ce professeur un 
écrit intitulé : Aphorismen iiber katholische 
Kirchenmusik (Aphorismes sur la musique 
d'église du culte catholique) ; Prague, Bell- 
mann, 1858, in-8°. 

PROFE (Ambroise), né à Breslau, dansles 
dernières annéesdu seizième siècle, fut nommé, 
le 8 mars 1617, organiste à l'église Sainte- 
Élisabelh, et le 18 octobre de la même année, 
cantor à Jauer, près de la capitale de la 
Silésie. Il remplissait encore ces fonctions 
en 1649. On ne sait rien de plus sur ce mu- 
sicien de mérite. On a de lui un traité des 
éléments de la musique et de la solmisation 
sans muances, d'après les sept noms de notes, 
sous ce titre : Compendium musicum, darin 
gewiesen wird wie ein junger Mensch, in 
weniger Zeit , leichlicht und mit geringer 
Miihe, ohne einige Mutation, mœge singen 
lernen /Leipsick, 1641, in-4°dehuit feuilles. 
Un extrait de cet ouvrage a été imprimé en 
1649, avec le corollaire de la collection pu- 
bliée par Profe, sous ce titre : Geislliche Con- 
certe und f/armonien verschiedener Kom- 
ponisten fiir 1, 2,.3, 4, 5, 6, 7 und mehrerc 



Stimmen, mit und ohne f'iolinen (Concerts 
et harmonies spirituelles de différents compo- 
siteurs pour une, deux, trois, quatre, cinq, six, 
sept et un plus grand nombre de voix, avec et 
sans violons), première partie; Leipsick, 1641, 
in-4°; deuxième idem, ibid. ; troisième idem, 
ibid., 1642; quatrième idem, ibid., 1646. 
Cette dernière partie fut suivie du Corolla- 
rium geistlicher Collectaneorum beriihmtcr 
authorum so zu denen bishero unterschieden 
publicirten vier Theilen gehôrig und ver- 
sprochen, etc. ; Leipsick, 1649, dédié au duc 
de Saxe-Altenbourg, Guillaume II. Profe est 
aussi auteur de chansons morales intitulées 
Musikalischen Moralien; Leipsick, 1639, 
in-4°. 

PROMRERGER (Jean), facteur de 
pianos, à Vienne, naquit à Kuffulek, dans le 
Tyrol, le 25 juin 1779. A l'âge de seize ans, 
il entra en apprentissage chez un menuisier à 
Vienne ; mais la vue d'un piano lui révéla sa 
vocation, et lui fit quitter la menuiserie pour 
entrer chez Millier, renommé pour la fabrica- 
tion de cet instrument, dans la capitale de 
l'Autriche. Après s'être livré au travail avec 
ardeur, il épousa la veuve du facteur d'instru- 
ments Schweighofer, et donna à sa fabrique 
une extension considérable. L'invention d'un 
instrument, auquel il donna le nom de Sire- 
nion, le fit connaître avantageusement. En 
1828, il fit, avec son fils, un voyage pour faire 
entendre cet instrument à Prague, Dresde, 
Leipsick et Berlin : partout il reçut des félici- 
tations sur son invention. Ses pianos ont été 
estimés en Allemagne. Une longue et doulou- 
reuse maladie Ta conduit au tombeau, le 
25 juin 1834. 

PROMBEBGER (Joseph), fils du précé- 
dent, est né à Vienne, le 15 septembre 1810. 
Devenu habile pianiste après avoir pris des 
leçons de Ries, frère du compositeur, et de 
Charles Czerny, il a fait aussi plus tard un 
cours de composition sous la direction du che- 
valier de Seyfried. En 1828, il a accompagné 
son père dans ses voyages pour faire entendre 
le Sirenion, et a fait admirer la délicatesse 
de son jeu sur cet instrument. Il s'est ensuite 
fixé à Vienne, en qualité de professeur de 
piano, et a publié chaque année quelque mor- 
ceaux de sa composition pour cet instrument, 
dans le style brillant et léger. En 1831, il a 
fait exécuter, à Vienne, une ouverture de 
Jubilé et d'autres compositions pour l'or- 
chestre. 

PRONOMUS, joueur de flûte grec, naquit 
à Thèbes, en Béotie. Athénée dit (IV, 184, d) 



428 



PRONOMUS — PROPIAC 



qu'il fut le maître de flùle ri'Alcibiade : il vécut 
ec-nséquemment environ 440 ans avant l'ère 
chrétienne. Pausanias , décrivant Thèbes 
(lib. IX, c. 12, 7ô4) dit de ce musicien : « On 
» voit aussi dans le même endroit la statue de 
» Pronomus, le joueur de flûte le plus agréable 
» qu'on ait entendu. Jusqu'à lui, les joueurs 
» de flûte faisaient usage de trois flûtes diffé- 
» rentes, l'une pour le mode dorien, l'autre 
» pour le mode phrygien et la troisième pour 
» le mode lydien. Pronomus fut le premier 
» qui imagina une flûte propre à toutes sortes 
» de modes ; il est le premier encore qui exé- 
» cula sur le même instrument des chants 
» également différents les uns des autres; on 
» ajoute qu'il divertissait singulièrement les 
» spectateurs par ses grimaces et par les mou- 
» vements de tout son corps. On a conservé 
» de lui un chant qu'il avait composé pour 
» servir d'hymne aux Chalcidiens des bords 
» de l'Euripe, lorsqu'ils entraient au temple 
» de Délos. Les Thébains ont placé sa statue 
» en cet endroit, ainsi que celle d'Épami- 
» nondas, fils de Polymnis. » 

PROIMY (Gaspard-Claire-Framçois Marie 
RICHE, baron DE), savant ingénieur et 
géomètre, naquit à Chamelet (Rhône), le 
12 juillet 1755. Son père, conseiller au parle- 
ment de Dombes, lui fit donner une brillante 
éducation. Admis à l'école des ponts et 
chaussées en 1776, il obtint le titre de sous- 
ingénieur en 1780. Après avoir rempli ses 
fonctions dans plusieurs provinces de France, 
il fut rappelé à Paris, et chargé, parle ministre, 
«le travaux importants qui lui valurent l'estime 
des savants. Au nombre des immenses résul- 
tats de ces travaux, on doit placer les grandes 
tables logarithmiques et trigonomélriques, en 
dix-sept volumes in-folio, qu'il calcula et 
dressa par ordre du gouvernement : ouvrage 
colossal qui n'a point vu le jour, bien que 
l'Angleterre ait offert au gouvernement fran- 
çais de payer la moitié des frais de l'im- 
pression. Le 24 août 1798, Prony fut nommé 
inspecteur général des ponts et chaussées, et 
directeur de l'école, le 4 octobre suivant. Em- 
ployé successivement dans diverses parties de 
la France, en Italie et en Espagne, par Napo- 
léon, pour de grands travaux, il s'acquitta de 
toutes ses missions en homme supérieur. 
Nommé professeur a l'école polytechnique, il 
ne cessa ses leçons qu'après la restauration, 
mais il resta attaché à celle école, en qualité 
d'examinaleur. Louis XVIII l'avait nommé 
officier de la Légion d'honneur, en 1814; en 
1810, il le fit chevalier de l'ordre de Saint- 



Michel, et le 15 juin 1828, Prony reçut le titre 
de baron. Devenu membre de l'Institut, à là 
création de cette société savante, il fut associé 
à la Société royale de Londres, en 1820, et fit 
partie de presque toules les académies de 
sciences de l'Europe. Il est mort à Paris, le 
29 juillet 1839. Les ouvrages de mathématiques 
publiés par ce savant géomètre ne sont pas du 
ressort de cette biographie; il n'y est cité que 
pour quelques écrits relatifs à la musique. Il 
aimait passionnément cet art et le cultivait 
avec succès. La harpe était l'instrument (pi i 
préférait et dont il jouait habituellement. C'est 
ce goût particulier, et les connaissances qu'il 
avait dans les principesdesa construction, qui 
l'ont dirigé dans son Rapport sur la nouvelle 
harpe à double mouvement, lu à l'Institut, 
en 1815, et imprimé dans la même année 
(Paris, Didot, deux feuilles in-8°). C'est le 
même penchant qui a l'ait écrire par Prony sa 
Note swr les avantages du nouvel établis- 
sement d'un professorat de harpe à l'Ecole 
royale de musique et de déclamation ; Paris, 
Didot, 1825, in-4°de douze pages. L'ouvrage 
le plus important deProny,en ce qui concerne 
la musique, est celui qui a pour litre : Ins- 
truction élémentaire sur les moyens de cal- 
culer les intervalles musicaux, en prenant 
pour unités ou termes de comparaison, soit 
l'octave, soit le douzième d'octave, et en se 
servant de tables qui rendent ce calcul extrê- 
mement prompt et facile. Formules analy- 
tiques pour calculer le logarithme acoustique 
d'un nombre donné, et réciproquement; 
progressions harmoniques ; autres formules 
relatives à l'acoustique musicale, avec des 
applications aux instruments de musique; 
détermination du son fixe, etc.; Paris, 
F. Didot, 1822, in 4° de cent douze pages avec 
deux tableaux. Prony fait usage, dans cet écrit, 
de logarithmes binaires, déjà indiqués par 
Euler. 

PROPIAC (Catherine- Josepii-Ferdi> \ ko 
GIIIAUD I>E), littérateur et musicien, na- 
quit vers 1700, en Bourgogne, d'une famille 
noble. En 1791, il émigra, servit dans l'armée 
du prince de Coudé, et obtint la croix de Sainl- 
Louis. Après avoir demeuré longtemps à 
Hambourg, il profila des événements du 
18 brumaire pour rentrer en France, et obtint 
la place d'archiviste du département de la 
Seine. Il mourut à Paris, le 1 er novembre 
1825, d'une attaque d'apoplexie foudroyante, 
à l'âge de soixante-trois ans. Propiac a publié 
beaucoup de livres élémentaires, d'abrégés. 
de traductions et de romans. Comme musicien, 



PROPIAG - PROSKE 



129 



il s'est fait connaître par les opéras-comiques 
suivants : 1" Isabelle et Rosalva, à la Comédie 
italienne, 1787. 2° Les trois Déesses rivales, 
1788. 3° La Continence de Bayard, 1790. 
Ce dernier ouvrage a eu du succès. 4° La 
fausse Paysanne, en un acle, 1790. Propiac 
a publié aussi de jolies romances, don t la poésie 
était de madame Perrier, femme d'un esprit 
distingué : on en a publié plusieurs dans le 
Chansonnier des Grâces. 

PROSKE (Ciurles), chanoine de la 
cathédrale de Ratisbonne et savant musicien, 
naquit en 1794, à Graebing, village de la Si- 
lésie. Son père, riche propriétaire, n'avait que 
ce fils et cinq filles. Ses enfants reçurent une 
éducation distinguée. A l'âge de treize ans, 
Charles Proske perdit sa mère, qui mourut du 
typhus. Quelques années après, son père se re- 
maria et épousa une veuve qui avait six enfants. 
Cette augmentation considérable de la famille 
fit cesser les soins que Charles prenait de l'ad- 
ministration des biens de son père, et il put se 
livrer à l'étude. Son penchant le portait vers 
la théologie, mais son père ne voulut pas con- 
sentir à ce qu'il se fit prêtre. Contrarié dans 
son dessein, Proske se décida pour la médecine 
et alla suivre ses cours à Vienne : à l'âge de 
ilix-huit ans, il termina ses études. En 1815, 
lorsque toute l'Allemagne se souleva contre la 
domination de la France, il s'engagea comme 
médecin, et fit les campagnes de 1813, 1814 
et 1815. Après la paix de 1814, il avait reçu la 
croix militaire de Prusse. Après avoir quitté 
l'armée, il fut nommé médecin de district à 
Blœft, sur les frontières de la Pologne, et y 
fut accablé d'occupations de son état. L'aspect 
incessantdes misères de l'humanité qu'il avait 
sous les yeux réveilla dans son cœur compa- 
tissant le désir d'être prêtre. Ce désir, devenu 
chaque jour plus vif, lui fit prendre, en 1822, 
la résolution d'entrer dans les ordres. Il se 
rendit à Ratisbonne et suivit pendant quatre 
ans les cours de théologie. Après des examens 
brillants, il fut ordonné prêtre par l'évêque 
Sailer, dont il devint dès ce moment le com- 
pagnon habituel dans les tournées que faisait 
ce prélat dans son diocèse. Plus tard, il devint 
vicaire de l'ancienne chapelle, et en 1830, il 
fut pourvu d'un canonicat. Dès ce moment, il 
employa toutes ses heures de loisir à son étude 
favorite de la musique, particulièrement des 
oeuvres des anciens maîtres, qu'il préférait 
aux formes plus modernes de l'art. Au mois 
d'août 1834, il se rendit à Rome, s'y lia d'une 
étroite amitié avec Baini, maître de la cha- 
pelle Sixtine, ainsi qu'avec Mgr Ressach, alors 

BIOCU. UMV. DES MUSICIENS. T. VII. 



recteur de la propagande, et qui, plus tard, 
devint cardinal. Ce fut pendant son séjour à 
Romcqu'il rassembla, avec un zèle infatigable, 
les œuvres des maîtres les plus célèbres de 
l'ancienne école italienne, particulièrement 
dans le style religieux. Il visita Naples, Flo- 
rence, Bologne et Venise pour y trouver de 
semblables trésors d'éditions rares et de ma- 
nuscrits précieux. C'est enfin dans ces voyages 
qu'il posa les bases de sa belle bibliothèque, 
l'une des plus considérables en son genre qui 
aient jamais existé. 

De retour à Ratisbonne, le chanoine Proske 
donna tous ses soins à la restauration des 
formes classiques de la musique dans les 
églises, etsur la demande del'évêqueValentin, 
il entreprit le travail immense de la traduction 
en notation moderne et en partition d'une col- 
lection d'oeuvres de musique religieuse, des 
compositeurs du seizième siècle. Son plan, 
trop vaste pour un seul homme à l'âge où il 
était parvenu, n'a pu être réalisé qu'en partie 
dans les volumes qu'il a publiés, sous le titre de 
Musica divina. Avant d'entreprendre celle 
publication importante, et qui donne une 
haule opinion de son mérite personnel et de 
son savoir, il fit, en 1841, un second voyage 
en Italie et en rapporta de nouvelles richesses 
bibliographiques. Des témoignages d'eslime 
et de considération lui ont été donnés de 
toutes parts pour son noble caractère et pour 
ses beaux travaux : le roi de Bavière l'a dé- 
coré de la croix de chevalier de l'ordre de 
Saint-Michel, et l'évêque Ignace de Ratisbonne 
l'a nommé membre du conseil épiscopal, et 
membre extraordinaire de l'ordinariat. Mal- 
heureusement atteint d'une affection phlhi- 
sique, dont les progrès furent rapides, le 
chanoine Proske mourut le 20 décembre 18G1 , 
léguant, par son testament, sa précieuse bi- 
bliothèque à la ville de Ratisbonne. 

D'aprèsleplan conçu parce savantmusicien, 
la Musica divina devait formerqualre parties 
complètes de musique d'église des plus grands 
maîtres du seizième et du dix-septième siècle : 
la première à quatre voixen partition etparties 
séparées, la seconde à cinq voix, la troisième 
à six et la quatrième à huit. La première seu- 
lement a pu être achevée : elle se compose des 
volumes de partitions et des parties séparées 
dont voici les titres : 1° Tomus primus. Liber 
Missarum, in-4°. Ce volume renferme douze 
messes à quatre parties, dont trois de Pales- 
trina, deux d'Orlando de Lassus, une de 
Th.-L. de Victoria, une trfem d'André Gabrieli, 
une idem de Léon llaslcr, deux d'Octave Pi- 

9 



1Ô0 



FROSKE - PROVKDI 



toni, dont une de Requiem, «ne d'Antoine 
Lolli el une de Mathieu Asola. Le volume est 
précédé d'une longue préface et de bonnes 
notices sur les auteurs el sur chaque messe, 
en LXX pages. Les partitions des messes for- 
ment trois cent cinquante pages. 2° Tomus 
secundus. Liber Motettorum auctorum va- 
riorum; quatre cahiers in-4° formant un vo- 
lume deLVI et cinq cent quatre-vingts pages. 
Il contient des motets à quatre voix, des 
maîtres les plus célèbres, pour tous les diman- 
ches et fêles de l'année. 5° Tomus tertius. 
Psalmodiam Magnificat , Hymnodiam et 
Antiphonias B. M. V. etc.; Auctorum va- 
riorum, in-4° de XX et cinq cent douze pages. 
4° Tomus quartus. Liber Fespertinum. Ce 
volume, divisé en deux cahiers in-4°, était sous 
presse au moment de la mort du chanoine 
Proske; j'ignore s'il a paru. Le litre général 
de la collection est celui-ci : Musica divina, 
sive Thésaurus concentuum selectissimorum 
omni cultui divino totius anni juxta rilum 
S. Ecclesix catUolicxinservientium. Ab ex- 
cellentissimis superioris sévi musicis nn- 
meris harmonicis compositorum, quos e 
codicibus originalibus tuin editis quant 
incdiiis accuratissime in partilionem re- 
dactus ad instaurandam polyphoniamvere 
ecclesiasticam publiée offert Carolus Proske; 
Ratisbonx. Sumlibus, cliartis et typis Fri- 
derici Pustet ; 18oô, in-4°. L'exécution typo- 
graphique des partitions et des parties sépa- 
rées est magnifique. 

Proske avait compris, plusieurs années 
avant sa mort, qu'il ne pourrait accomplir 
entièrement le travail qu'il avait projeté, ce 
qui le détermina à publier un choix de seize 
messes à quatre, cinq, six et huit voix, qui a 
paru en quatre cahiers, lesquels ont pour litre 
général : Selectus ttovus jUissarum prxstan- 
tissimorum superioris asvi auctorum, juxta 
codices originales tum manuscriptos ttun 
impressos edilarum a Carolo Proske; ibiil., 
185G, in-4°. Le premier cahier contient deux 
messes de Palestrina, la première à quatre 
voix, l'aulre à six; wna messe à qualrc de Félix 
Ancrio, et une à cimj voix de Lassus. Dans 
le second cahier, on trouve deux messes de 
Vicloria, dont une à quatre et l'autre a six 
voix, une à six voix de François Soriano, et 
une à Bull de Léon Ilasler. Je n'ai pas vu les 
troisième el quatrième cahiers. 

PROT (Fkux-Jea«), né à Senlis, en 1757, 
vint jeune à Paris, recul des leçons «le violon de 
Désmaràis, el apprit l'harmonie sons la direc- 
tion deGianotli. En 1775, il entra comme allô 



à la Comédie-Française, et pendant quarante- 
sept ans, il occupa cette place. Relire, en 
1822, avec la pension acquise par ses services, 
il n'en jouit pas longtemps, car il mourut au 
commencement de l'année 182Ô, à l'âge de 
soixante-seize ans. Prot a donné, à l'Opéra- 
Comiquede la foire Saint-Lanrenl, leBalbour- 
geois, en un acte, et à la Comédie Italienne, 
les Rêveries, en 1779, et le Printemps, en 
1787. Il a aussi publié en musique instru- 
mentale : 1° Symphonie concertante pour 
deux altos; Paris, Lachevardière. 2° Six duos 
concertants pour deux altos; Paris, Leduc. 
ô° Duos pour deux violons, liv. I, II, III, 
IV, chacun de six; Paris, Imbault. 4° Ldem, 
liv. V, VI, VII, VIII, chacun de six; Paris, 
Sieber. 5" Duos très-faciles pour deux violons, 
op. 15 et 17 ; idem. 9° Six duos dans le genre 
(les symphonies concertantes, op. 18; ibid. 

PÏIOTA (Joseph), né à Naples, en 1G99, 
étudia la composition au Conservaloire dei 
poveri di Cesu Cristn, puis à celui de la 
Pietà, sous la direction d'Alexandre Sca Haïti. 
Il succéda ensuite à son maître en qualité de 
professeur nu Conservatoire de la Pietà. Prota 
cul la gloire d'être le premier maître de Jo- 
melli. lia écrit plusieurs opéras, dont on n'a 
pas retenu les tilres. 

PROTA (Gabiuei.), compositeur napoli- 
tain, vécut dans la dernière moitié du dix- 
huitième siècle, et fut attaché, en qualité de 
maître de chapelle, au monastère de Santa- 
Ghiara. Il a écrit pour le service de ce couvent 
une assez grande quantité de musique d'église 
pour des voix de femme. On cite particulière- 
ment de lui en ce genre : 1° Messe pour quatre 
soprani et orgue. 2" Litanies de la Vierge pour 
quatre soprani. 3° Miserere pour quatre so- 
prani el orgue. En 1790, il a remis en mu- 
sique et fait jouer, au théâtre Nuovo, un an- 
cien opéra intitulé Gli Slu/lcnti. 

PROTA (Jean), compositeur napolitain, vé- 
cut an commencement du dix-neuvième siècle, 
et fut maître de chanl dans la maison d'édu- 
cation appelée, à Naples, dei Miracoli. Il a 
écrit, pour les théâtres de celle ville, les opé- 
ras intitulés; TlServo astutto el il Cimento 
feliee. On connaît aussi de lui beaucoup de 
musique d'église. 

PROVEDI (Fbahçois), littérateur italien, 
qui vécut vers le milieu diidix-htiitième siècle, 
naquit à Sienne, vers 1710.11 passe pour avoir 
été d'abord rémouleur et coutelier (arrolino 
e coUellinajo). Lichtenlhal pense (1) que ce 

(I) Dizzion. c Biblioi/. dcllu Musica, I. III, p. I.'i. 



PROVEDI - PRUDENT 



tr.i 



mot coltellinajo a pu cire un second prénom 
de Provedi ; mais M. Casamorata fait remar- 
quer avec justesse (1) que Romagnoli, né éga- 
lement à Sienne, et <|iii vécut peu de lemps 
après Provedi, se sert, en parlant de cet écri- 
vain, dans la continuation des Pompe sanesî 
d'Ugurgieri, des expressions arroslinoe collel- 
linajo dans le sens de Pexcrcice des professions 
de rémouleur et de coutelier. Provedi a fait 
imprimer, dans le premier volume de la Rac- 
colta d' opiiscoli seienliflci e filologici (Ve- 
nise, 1754, in-8°, p. 343-451), une comparai- 
son de la musique ancienne el de la moderne 
[Paragone délia musica anlica e délia mo- 
derna) en quatre dissertations, dont la pre- 
mière contient un abrégé de l'histoire de cet 
art. Ce petit ouvrage, dit M. Casamorata, fut 
publié d'abord en un volume in-12, sans date 
et sans nom de lieu; mais la dédicace, ail' 
Eminentissimo Tanara, fait connaître qu'il 
a été imprimé à Sienne, en 1732. L'objet de 
cet opuscule est de démontrer que le plain- 
ebant est identique avec l'ancienne musique 
grecque, el qu'il est supérieur et préférable à 
la musique mesurée. Cette thèse s'est produite 
plusieurs fois et a été reprise en dernier lieu 
(voyez Clément (Félix), d'OitTicuE et IUtL- 
i.Ani)). On peut voir aux articles ANSELME 
DE FLAINDREvS et FRITELLI, de celte 
Biographie universelle des musiciens , ce qui 
y est dit d'une lettre écrite par Provedi, en 
1748, concernant les systèmes de solmisation 
parla méthode des muances et par la gamme 
de sept notes. 

PROVETVZALE (Fbasçois), un des plus 
anciens maîtres des conservatoires de Naples, 
brilla, vers le milieu du dix-septième siècle, par 
son savoir et par le mérite de sa musique 
d'église. Il occupa les positions honorables de 
premier maître du Conservatoire de la Pt'età 
deiTurchini et de maître de la chapelle pala- 
tine. On conserve de lui des parti menti et des 
fugues qu'il écrivit pour l'instruction des 
élèves du Conservatoire. Ses compositions con- 
nues sont : 1° Pange lingua à neuf voix avec 
orchestre, et avec des ritournelles entre les 
versets. 2° Tantum ergo et Genilori pour so- 
prano solo et orgue avec chœur pieno, ou- 
vrage d'une grande beauté, qu'on a toujours 
exécuté dans l'église de Saint-Dominique-Ma- 
jeur, pendant les quarante heures du carnaval, 
depuis le lemps où il a été écril jusqu'à 
l'époque actuelle, mais qui ne produit plus 
aujourd'hui l'effet qu'il faisait autrefois, à 

11) Ca-.tuo. musicale ili Milano (tS'J, il" 3!, p. i>'j3). 



cause de l'absence des voix de castrais. 3° La 
Colomba ferila, drame sacré, composé, en 
1009, pour le monastère de Sanla-Rosalia. 
4" La Geneviefa, oratorio. 5" L'/nfedeltà 
ahbatluta, oratorio composé pour la petite 
ville d'Assise, dans les Etats romains. 

PRUDENT (Emile- REUNIE), pianiste 
et compositeur pour son instrument-, naquit à 
Angoulème, le 4 avril 1817. Il était âgé de 
neuf ans lorsqu'il fut admis comme élève au 
Conservatoire de Paris, le 12 juillet 1826. Ses 
maîtres de solfège furent Larivière et M. Le- 
couppey. Ses progrès furent assez lents dans 
colle étude élémentaire, car après trois années 
de fréquentation des classes, il n'obtint qu'un 
second prix de lecture musicale au concours de 
1829, el jamais il n'eut le premier. Le méca- 
nisme du piano avait, sans doute, plus d'at- 
trait pour lui, si l'on en juge par le peu de 
lemps qu'il passa aux études préparatoires 
dans la classe de Laurent, avant d'entrer dans 
celle de Zimmerman. Le second prix de piano 
lui fut décerné au concours de 18ôl ; il obtint 
le premier en 1833. Après ce succès, il resta 
dans l'école pour l'étude de l'harmonie et du 
contrepoint; mais dans cette science, comme 
dans le solfège, Prudent ne monda pas d'ap- 
titude, et l'on voit en lui un des exemples de 
celte anomalie d'un riche instinct dépourvu de 
la faculté d'apprendre ; car un des registres du 
Conservatoire porte, à la date du 1 er décembre 
1835, ce mot, qui ne s'employait que pour 
1'incapacilé : rayé. Il était, en effet, resté dans 
les classes d'harmonie pendant près de quatre 
années sans s'élever jusqu'à l'accessit dans 
les concours. Prudent était pianisle-né, mais 
non musicien. Il venait de sortir du Conserva- 
toire et restait inaperçu dans la foule des 
premiers prix de piano de cette institution, 
lorsque Thalberg arriva à Paris, en 1836, et y 
produisilune profonde impression parle beau 
son qu'il lirait de l'instrument el par son nou- 
veau genre de musique, où la mélodie est ac- 
centuée au centre d'arpèges compliqués en ap- 
parence et néanmoins assez faciles. Thalberg 
fut pour Prudent ce qu'avait été Moschelès 
pour Henri Herz, c'esl-à-dire la révélation 
d'une école nouvelle, dont l'apparition était 
saluée par des succès d'éclat. II se dit aussitôt 
que là était tout son avenir et se condamna au 
silence jusqu'à ce qu'il se fût assimilé le slyle 
qui avait alors toutes les sympathies du public. 
Le nom de Prudent retentit pour la première 
fois dans les journaux en 1840, par le compte 
rendu d'un concert qu'il avait dort né à Rennes, 
cl dans lequel il avait produit une profonde 

9. 



132 



PRUDENT — PRIME 



sensation par la magie du nouveau genre de 
musique de piano, encore inconnu dans la 
Bretagne. Depuis lors, sa carrière de virtuose 
voyageur ne lui offrit plus que des occasions 
de succès. Son début à Paris se lit en 1842, 
dans un concert donné à la salle Pleyel. Ren- 
dant compte de ce concert, le critique Blan- 
chard disait dans la Gazette musicale de Pa- 
ris (n° 11) : « M. Emile Prudent est un élève 
» de notre Conservatoire; il a cru devoir aller 
a s'approvisionner de célébrité en province 
•> et à l'étranger, célébrité qu'on est toujours 
» forcé de venir faire sanctionner à Paris, 
n M. Emile Prudent est un jeune pianiste à 
» manière nette, chaleureuse en même temps 
» que délicate; il s'est fait tout d'abord une 
» place entre Thalberg et Dcehler. Peut-être 
» ses composilronsetson exécution manquent- 
» elles de largeur, de grandiose, de poésie; 
» peut-être laissent-elles à désirer un peu 
» plus d'inattendu, d'originalité; mais cela 
» est bien phrasé, riche de détails charmants 
» et pleins d'animation. » 

Quelquefois Prudent faisait trêve à ses lon- 
gues pérégrinations de donneur de concerts et 
restait plus ou moins longtemps à Paris, où il 
se livrait à l'enseignement et à la composition 
de nouveaux morceaux, qui devenaient ses pro- 
visions de soliste pour d'autres voyages. C'est 
dans cette alternative que s'est écoulée son 
existence, hélas! trop courte. Sa renommée 
avait grandi d'année en année et presque tous 
ses voyages étaient productifs. Sa musique de 
concert et de salon se vendait et procurait des 
bénéfices à ses éditeurs qui, par reconnais- 
sance autant que par spéculation, lui prodi- 
guaient des éloges dans leurs journaux. Au 
nombre des arrangements de thèmes d'opéra 
dont il faisait des fantaisies et des variations, 
ainsi que dans ses morceaux d'invention, il 
y a des choses d'un goût élégant et gracieux 
qui ont obtenu un succès mérité. Parmi ces 
œuvres légères avec lesquelles il s'est fait ap- 
plaudir partout et qui ont été jouées par la 
plupart des pianistes amateurs, on remarque 
Y Hirondelle, étude, œuvre 11; Souvenir de 
Beethoven, op. 9; Souvenir de Schubert, 
op. 14; Ronde de nuit, op. 12; Grande fan- 
taisie sur Guillaume Tell, op. 37 ; la Danse 
des Fées, op. 41, etc., etc. Ses compositions 
sérieuses sont : Un grand trio pour piano, 
violon et violoncelle ; un concerto-symphonie 
pour piano et orchestre, op. 35. Dans ses der- 
nières années, Prudent s'était aperçu d'une 
diminution d'élasticité dans ses doigts et de 
son ancienne sûreté dans l'exécution des traits 



rapides; par suite de celte observation, qu'il 
cachaitavcc soin, il évitait dans ses morceaux 
nouveaux les difficultés qui auraient pu le 
compromettre dans ses concerts. 11 venait «l'en 
donner un à Paris avec un brillant succès, 
lorsque, le 5 juin 18G3, il fut saisi à l'impro- 
v is te d'u ne a ngi ne couenneuse, dont les progrès 
furent si rapides, qu'il expira dans la nuit 
même, et que les journaux, qui préparaient le 
compte rendu de son dernier triomphe, 
reçurent en même temps la nouvelle de sa 
mort. 

PIIUME (Fiusçois-IltJBERT), virtuose vio- 
loniste, né le 3 juin 181G, à Slavelot, petite 
ville de la province de Liège (Belgique), où 
son père était organiste, montra dès l'âge de 
trois ans le désir de jouer du violon, et fit tant 
de supplications pour obtenir un instrument 
de celle espèce, que ses parents lui en ache- 
tèrent un proportionné à sa taille, à la foire 
d'une localité voisine. Quinze jours après, il 
étonna sa famille en exécutant avec justesse 
les airs qu'il avait entendu chanter par ses 
sœurs. Parvenu à l'âge de cinq ans, cet en- 
fant fut envoyé à Malmédy, pour y développer 
ses dispositions par les leçons d'un violoniste 
de quelque talent qui s'y trouvait. Deux ans 
après, il revint dans sa ville natale et y donna 
son premier concert, dans lequel il exécuta le 
septième concerto de Rode. En 1827, la fon- 
dation du Conservatoire de Liège fournit aux 
parents du jeune Prume le moyen de faire in- 
struire leur fils par un maître habile ; il passa 
trois ans dans cette école, puis il partit pour 
Paris, oii il fut admis au Conservatoire comme 
élève d'Habcneck. Pendant deux ans, il reçut 
les leçons de ce professeur et devint un de ses 
meilleurs élèves. Ne pouvant prendre part 
aux concours du Conservatoire, à cause de sa 
qualité d'étranger, Prume reçut du comité 
d'enseignement la déclaration que ses études 
étaient terminées. De retour à Liège, à l'âge 
de dix-sept ans, il fut nommé professeur de 
violon au Conservatoire de cette ville. En 
1839, profitant d'un congé de deux mois, 
pendant les vacances de cette institution, il 
entreprit un voyage en Allemagne, joua dans 
un concert à Francfort avec un brillant 
succès, puis visita Leipsick, Berlin, Prague, 
Weimar, la Russie, la Suède, la Norvège, le 
Danemark, donnant partout des concerts et 
partout applaudi. Après trois années de 
voyages, Prume revint dans le lieu de sa nais- 
sance, qu'il n'avait pas revu depuis longtemps. 
Il fit ensuite quelques voyages en Belgique, 
joua à Bruxelles, à Cand et à Anvers. Vers la 



PRUME - PSELLUS 



155 



môme époque, une maladie grave le mit aux 
portes du tombeau; sa mort fut même an- 
noncée dans quelques journaux ; mais quelque 
temps après, il reparut à Francfort, où il 
donna quatre concerts au théâtre, puis revit 
Berlin, et joua à Dresde, à Hambourg, à Cas- 
sel et dans plusieurs autres villes. A Gotha, il 
donna avec Liszt un concert au profit des pau- 
vres. En récompense de cet acte de générosité, 
le duc de Saxe-Gotha le nomma son maître de 
concert honoraire, et le décora de l'ordre d'Er- 
nestine de Saxe. Au retour de ce second 
voyage, Prume alla passer l'hiver à Paris et 
s'y fit entendre avec succès, puis il consentit 
à rentrer au Conservatoire de Liège en qualité 
de professeur supérieur de violon. Une fièvre 
nerveuse, du caractère le plus grave, l'ayant 
atteint, les médecins lui conseillèrent d'es- 
sayer de l'air natal ; il suivit leur avis, mais les 
progrès du mal ne cessèrent pas, et le 14 juil- 
let 1841), Prume mourut à Stavelot, à l'âge de 
trente-trois ans. On connaît, sous le nom de 
cet artiste : une pastorale intitulée la Mélan- 
colie, pour violon et orchestre ou piano, op. 1 ; 
Paris, Brandus; un Concertino idem, dédié 
au duc de Saxe-Cobourg ; un Morceau de 
concert, idem, dédié au roi de Suède; une 
Grande Polonaise, idem, et six grandes 
études, op. 2. 

PRUMIER (Antoine), né à Paris, le 
2 juillet 1794, reçut de sa mère, amateur de 
harpe, des leçons de cet instrument dès l'âge 
de neuf ans. 11 fit ses éludes littéraires au Ly- 
cée Bonaparte et les termina en 1810, après y 
avoir obtenu le premier prix de mathémati- 
ques. Voulant perfectionner ses connaissances 
musicales, il entra au Conservatoire, en 1811, 
pour y suivre le cours d'harmonie de Catel, 
obtint le second prix de cette science après un 
an d'étude, et fut nommé répétiteur du cours, 
l'année suivante. Appelé au service militaire 
en 1815, il se présenta aux examens de l'École 
polytechnique, et par suite de ses premières 
éludes, il y fui admis trente-sixième sur deux 
cent cinquante élèves reçus. Dans la même 
année, il passa à l'École normale pour la partie 
des sciences, et n'en sortit, à la fin de l'année 
1814, qu'après avoir obtenu le diplôme de 
licencié es sciences. A son entrée à l'École 
normale, il avait été obligé de contracter un 
engagement de dix ans avec l'université; le 
changement de gouvernement, à la seconde 
restauration, rendit cet engagement nul; 
M. Prumieren profita pourreprendre ses études 
musicales et rentra au Conservatoire, où il 
reçut d'Elerdes leçons de contrepoint pendant 



qu'il se livrait à l'enseignement particulier 
des mathématiques, et plus tard à celui de la 
harpe. Appelé à remplir les fonctions de har- 
piste au Théâtre-Ilalien, il quitta cette posi- 
tion pour entrer, en 1835, à l'orchestre de 
l'Opéra-Comique, en la même qualité. Dans la 
même année, il succéda à Naderman, au Con- 
servatoire, comme professeur de harpe à 
double mouvement. Depuis cette époque, ses 
élèves ont obtenu, dans les divers concours, 
plus de quarante distinctions. En 1840, il a 
renoncé à sa place de harpiste de l'Opéra- 
Comique en faveur de son fils, l'un de ses meil- 
leurs élèves. En 1845, M. Prumier a été fait 
chevalier de la Légion d'honneur. En 1848, il 
fut élu membre du comité de l'Association des 
artistes musiciens, et depuis 1850, il en est 
vice-président. M. Prumier a publié soixante- 
quatorze œuvres de fantaisies, de rondeaux 
et de thèmes variés pour la harpe, chez les 
différents éditeurs de musique de Paris. 

PRITMV'E (Guillaume), jurisconsulte an- 
glais, né à Swanswick, dans le comté de So- 
merset, en 1G00, fit ses études à l'Université 
d'Oxford, et au collège de jurisprudence de 
Lincoln-Inn, à Londres. Entré dans la secte 
des puritains, il en fut un des plus vigoureux 
champions, et en même temps le martyr, car 
le parti de la cour le fit condamner à d'énormes 
amendes, à des. peines infamantes et à la 
prison perpétuelle. Il subit ces mauvais trai- 
tements avec un rare courage, recouvra sa 
liberté après la révolution de 1640, fut 
membre du parlement à deux reprises, mais 
continua d'être en butte à d'autres persécu- 
tions qui n'eurent de terme que sa mort, ar- 
rivée le 24 octobre 1669. Il a écrit un nombre 
immense de livres, ouvrages oubliés, parmi 
lesquels on remarque celui qui a pour titre : 
Histrio mastix (le Fouet des comédiens) ; 
Londres, 1653, in-4° de mille pages, où il at- 
taque avec violence la musique, et surtout le 
chant des pièces de théâtre. 

PRZIRIL (. . . .), compositeur de la Bohême, 
vécut probablement dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle, et fut directeur du 
chœur de l'église de Baudnitz, où l'on trouve 
de sa composition six messes, quatre litanies, 
un Salve Regina, un Ave Regina, et quatre 
Aima Redemptoris en manuscrit. 

Un autre musicien du même nom, actuelle- 
ment vivant à Prague (186o), y a fait imprimer, 
chez Berra, quelques œuvres pour la flûte. 

PSELLUS (Michel), écrivain grec du 
moyen âge, naquit à Constantinople, de pa- 
rents consulaires, et vécut sous le règne de 



1Ô4 



PSELLUS — PTOLÉMÉE 



Constantin Ducas, qui gouverna l'empire de- 
puis l'an 105'J jusciu'en 1007. Cet empereur 
le choisit pour précepteur de son (ils Michel 
Ducas, qui régna <lc 1071 à 1078. Parmi Je 
grand nomhre d'ouvrages qu'il écrivit el qui 
sont indiqués par Gesner (Pibl.. p.G08)cl par 
Allacci (de Pscllis, XXXIII, p. 25 ad 60), 
on en trouve un intitulé Quadrivium, qui 
traite des quatre sciences mathématiques, 
l'arithmétique, la musique, la géométrie et 
l'astronomie. Le traité de musique contient 
une exposition des principes théoriques selon 
le système de Pylhagore : il est remarquable 
surtout par la clarté. Le texte grec de Psellns 
lut publié pour la première fois par Arsenius, 
archevêque de Mon imbasa, en Morée, sous ce 
litre : Opus in quatuor mathemalicas disci- 
plinas, arithmeticam, musicam, geome- 
triatn et astronomiam, grxce; Venise, 1532, 
in-8", et réimprimé à Paris, en 1545. La pre- 
mière traduction latine, faite par Guillaume 
Xylander, parut sous ce titre : Perspicuus 
liber de quatuor mat lie mat ici s scientiis, 
arilhmetica , musica, geometria et astrono- 
mia, grxce et latine mine primum edilus; 
Baie, 155G, in-8", el fut réimprimée à Leyde, 
en 1C47. Il y a trois autres versions latines; 
)a première, par Élie Yinel, contenant l'arith- 
métique, la musique, la géométrie de Psellus, 
et le Traité de la .sphère de Proclus, a été 
publiée à Paris, en 1557, in-8°; la seconde, 
sans nom d'auteur, et à laquelle on a joint le 
texte grec, a paru à Willenberg, en 1500; et 
la troisième, par Lambert Alard, prédicateur 
a llrunsbuttel, se trouve à la fin de son traité 
De veterum musicu , Schleusing, 1636, in-12. 
Mizler a aussi donné une traduction alle- 
mande de la musique de Psellus, avec les notes 
de Xylander dans le tome III de sa Biblio- 
thèque musicale ,part. 2, p. 171 . Le savant Mo- 
relli, bibliothécaire de Saint-Marc, à Venise,, a 
publié un opuscule inédit de Psellus, intitulé : 
IIpo>Xafi6avôfi£va Etç , ri)'*pu6s*ix>]»e]tiç - rçMn;v avec 
les éléments rhylhmiqûes d'Arisloxène ; Ve- 
nise, 1785, in-8° (voyez Mahn, Diatribe de 
Aristoxcno, page 15). C'est à tort que quel- 
ques manuscrits attribuent à Pachymère 
{voyez ce nom) le traité des quatre sciences 
mathématiques qui appartient à Psellus. 

PTOLEMEE (Claude), célèbre astronome 
grec, n'est pas né à Pélnse, comme on le pense 
communément; mais la critique, qui a dé- 
montré l'erreur à cet égard, n'a pu fixer 
exactement le lieu oit ce savant a vu le jour. 
La même incertitude règne sur les événements 
•le sa vie, car on ignore même où il a fait ses 



observations astronomiques , si toutefois 
celles dont il parle lui appartiennent. Tout ce 
qu'on sait positivement, c'est qu'il vécut 
après la dernière observation astronomique 
consignée dans son Almagcste, et qui répond 
au 22 mars 141 de notre ère. C'est donc par 
ses ouvrages que Ptolémée est particulière- 
ment connu, et bien que des doutes se soient 
élevés à l'égard de ses droits sur quelques- 
uns, on est maintenant persuadé que la plu- 
part lui appartiennent. Ils lui ont fait une si 
grande renommée, que ses successeurs immé- 
diats lui ont donné le nom de Divin. Les 
titres de celte renommée ont été savamment 
discutés par des critiques modernes, el ce n'est 
pas dans un livre du genre de celui-ci qu'ils 
peuvent êlre examinés de nouveau : il n'y 
peut être question que du traité de musique 
connu sous le nom de Ptolémée. Ce traité, 
dont la plupart de grandes bibliothèques ren - 
ferment des manuscrits, a pour litre : KtauSlou 
rj-co^éfiacou ApaovixâJv E.Qta T ( Les trois 
livres des harmoniques de Claude Ptolémée). 
Gogavin ou Gogava (voyez ce nom) est le pre- 
mier qui publia cet ouvrage, non dans la 
langue originale, mais dans une version laline 
assez médiocre, qui parut en 1502, à Venise. 
Meibom a fort maltraité celle traduction dans 
la préface de son Aristoxcne, disant que celui 
qni l'a faite ignorait la musique, n'avait 
qu'une connaissance imparfaite du grec, et 
manquait de jugement. Wallis a été plus in- 
dulgent, el a rejeté une partie des fautes du 
traducteur sur les manuscrits défectueux dont 
il s'est servi. Kepler nous apprend, dans l'ap- 
pendix de ses Ilavmimices Mundi, libri J~, 
que vers lOOilil avait commencé une traduction 
des Harmoniques de Ptolémée. d'après un ma- 
nuscrit qu'il possédait, et qu'il l'avait poussée 
jusqu'au septième chapitre du deuxième livre, 
mais que ses autres travaux ne lui avaient pas 
laissé le temps nécessaire pour achever celle 
version. Il existe une traduction laline des 
Harmoniques de Ptolémée plus ancienne que 
celle «le Gogava : die a été l'aile par Nicolas 
de Lorgnes, ainsi nommé de la petite ville de 
la Provence où il était né (Leonics), pour 
l'usage de Gafori. Le manuscrit original de 
celle traduction, daté de 149'J, se trouve au 
Muséum Britannique, dans les fonds de 
llulcy, n" 3306. Le volume, petit in-foL sur 
vélin, avec les armoiries de Gafori peintes au 
commencement,' a pour titre : Cïaudii Pto- 
lemei ffarmonicorum libri très, interprète 
Nicoluo Leonices. Pies d'un siècle après Go- 
gava, Marc Meibom (voyez ce nom) p Mnit, 



PTOLEMEE 



dans l.i préface de sa collection d'ailleurs 
grecs sur la mii^ i»in o, de publier aussi le traité 
ries Harmoniques de Ptolémée, mais il ne 
tint pas cet engagement envers lepublic.Le sa- 
vant géomètre anglais Wallis Ht enfin paraître 
le texte grec de ce traité, avec une bonne tra- 
duction latine, d'après onze manuscrits tirés 
des bibliothèques d'Angleterre, ou qu'Isaac 
Vossius lui avait envoyés de Leyde. L'ouvrage 
accompagné de notes et d'un Jppendix de 
Feierum Harmonica ad hodiernam compa- 
rata, parut d'abord en un volume in-4°, sous 
ce titre : Claudii Plolemxi Harmonicorum 
libri très. Ex cod. Mss. undecim, nunc 
primum grxce editus, Oxonii, 1G80; puis fut 
réimprimé dans le troisième volume des 
œuvres mathématiques de Wallis, avec le 
commentaire de Porphyre sur le même ou- 
vrage, et le traité de musique de Manuel 
Aryenne, publiés pour la première fois en 
grec et en latin (Oxford, 1G99, in-fol.). 
Malgré le mérite incontestable de ces éditions, 
il est à regretter que Wallis n'ait pu consulter 
d'autres manuscrits que ceux dont il s'est 
servi, car tous ceux-ci sont du seizième siècle 
et sortent de la même source. Les manuscrits de 
la bibliothèque impériale de Paris, particuliè- 
rement le n" 2450, du quatorzième siècle, avec 
des notes marginales et des scolies interli- 
néaires, le n° 2451, du quinzième siècle, et le 
n°245ô, bon manuscrit du commencement du 
seizième avec des scolies, lui auraient fourni 
en plusieurs endroits uu texte plus correct, et 
des éclaircissements sur des passages qu'il n'a 
pas bien entendus. 

Plusieurs auteurs, parmi lesquels on re- 
marque Bède (in Musica theorica, tome I, op., 
paye 346), et Meurs! us, dans ses notes sur Ni- 
comaque (page 185), ont considéré Ploiémée 
comme pythagoricien, à l'égard de sa doctrine 
harmonique; mais Fabricius a fort bien re- 
marqué (Biblioth. Grxc., t. III, page 440) 
qu'il suffit de lire ses attaques contre Archylas 
et les autres pythagoriciens, pour avoir la 
preuve qu'il n'est point de leur école. Il me 
semble que les premières phrases du Traité 
des harmoniques démontrent que Ptolémée 
s'est proposé de fonder une doctrine éclectique, 
dans laquelle il faisait entier les principes 
opposés de Pylhagore et d'Aristoxène, s'effor- 
çant de démontrer que chacun avait un objet 
et un mode d'action différents. Voici ses pa- 
roles : « Les deux critériums de l'harmonie 
» sont l'ouïe et la raison, agissant l'une et 
» l'autre de manières différentes; car l'ouïe 
? juge selon la matière et la sensation, et la 



» raison, selon la forme et la cause (1). » 
Celte doctrine, absolument différente de celle 
de tous les autres écrivains grecs sur la mu- 
sique, donne au livre de Ptolémée une impor- 
tance considérable , indépendamment des 
autres considérations qui en relèvent le mérite 
à nos yeux. Porphyre a fait une sévère et sa- 
vante critique de celle doctrine dans son long 
Commentaire sur le premier chapitre du pre- 
mier livre du Traité des harmoniques. : c'est 
un morceau qui mérité d'être lu avec atten- 
tion. 

L'analyse de la critique que fait Plolémée 
de la théorie des pythagoriciens pour la for- 
mation et la classification des consonnances 
(Harmon. lib. I, cap. 5 et G) ainsi que des 
erreurs où il se laisse entraîner (cap. 7 et seq.) 
serait trop étendue pour trouver place ici ion 
la trouvera dans les notes de la première 
partie de ma Philosophie de la musique. 
Euler a fait à ce sujet de bonnes remarques, 
dans les paragraphes 16, 17, 18 et 19 du qua- 
trième chapitre de son Tentamen novx 
theoricx musicx ; mais lui-même s'est égaré 
par un autre faux principe. Ce qu'on ne peut 
refuser à Ptolémée, et ce qui seul assurerait 
une grande importance à ses travaux sur la 
musique, c'est d'avoir introduit le premier les 
nombres 5 cl 6 dans le calcul des intervalles, 
et, par là, d'avoir donné la mesure des tierces 
(lib. I, cap. 10); car on sait que les calculs de 
Pylhagore n'embrassaient que les proportions 
de l'oclave, 2 : 1 , de la quinte, 3 : 2, et de la 
quarte, 5 : 4. Mais Ptolémée ne considéra les 
intervalles de tierces majeure et mineure que 
comme des dissonances, tandis qu'il fait une 
classe intermédiaire entre les consonnances et 
les dissonances pour le ton majeur, dont la 
proportion, est comme on sait, 8 : 9 (cap. 7), 
et par le ton mineur, représenté par la pro- 
portion 9 : 10. Il est remarquable que depuis 
Ptolémée jusqu'à Euler , aucun nouveau 
nombre premier n'a été introduit dans la mu- 
sique, comme l'expression d'un intervalle na- 
turellement admissible dans l'harmonie : en- 
core est il certain que les mémoires de ce 
grand géomètre sur la nécessité de l'intro- 
duction du nombre 7 dans La théorie de l'har- 
monie moderne (2), n'ont pas été compris jus- 

(i) Kai xprrr,pïa |isv àpu.ovfa;, àxo/] xccl Xôyoç. 
Où xarà xàv a'JTÔv oè xpàitoy. AÀXàï) p.s.v àxor,, 
r.ttpà t/jV u>.yjv xal là TiâOoç. '0 8k Aoyoç, Ttapi tô 
eioo; xal tô <miov. Cl Piolem. llarm. Lib. I, cap. I. 

(2) Conjecture sur ta raison de quelques dissonances 
généralement reçues dans la musique. Mémoires de l'Aca- 
démie de Berlin, 17G4-. Du véritable caractère de la «lit- 
siqne moderne. Ibid. 



136 



PTOLÉMÉE - PUCCINI 



qu'à celle heure. Les proportions de Plolémée, 
adoptées au seizième siècle par Zarlino, sont 
devenues les bases de la fausse théorie mathé- 
matique de la musique, et n'ont trouvé d'ad- 
versaires que dans les partisans de la progres- 
sion arithmétique (voyez Lévens, Ballièhe, 
Jamard, Sorce), et dans les abbés Roussier et 
Requeno (voyez ces noms). De ceux-ci, le pre- 
mier n'admettait de réel pour les proportions 
des intervalles que le produit de la progression 
triple, et l'autre, que la division égale des 
douze demi-tons de l'octave , c'est-à-dire le 
tempérament. 

Le deuxième livre du traité de musique de 
Plolémée a pour objet principal la constitution 
de la tonalité de la musique grecque. Il y pro- 
pose (chap. 9 et suiv.) la réforme de celie 
tonalité, en réduisant à sept les quinze modes 
de l'ancienne musique. Ces modes, placés 
dans leur ordre, en commençant par le plus 
grave, sont l'hypolydien, l'hypophrygien, 
l'hypodorien,le dorien, le phrygien, le lydien, 
le mixorydien, et suivant l'ordre de tons mo- 
dernes, le dorien (la), l'hypolydien (si), l'hy- 
pophrygien (ut), l'hypodorien (re), le mixoly- 
dien (mi), te lydien (fa), et le phrygien (sol). 
Nous ignorons l'opinion qu'on s'est faite de 
celle réforme au temps de Plolémée, car le 
Commentaire de Porphyre (voyez ce nom) sur 
son Traité des harmoniques s'arrêle au sep- 
tième chapitre, et le resle est perdu pour nous. 
Boèce (De musica, lib. IV, cap. 17) émet 
l'opinion que Ptolémée adopta plus tard un 
huitième mode qui aurait été l'hypermixoly- 
dien ; mais en cela il s'est trompé, car si Plo- 
lémée parle de huit modes ou tons, au com- 
mencement du dixième chapitre du second 
livre de ses Harmoniques , c'est pour constater 
que de son temps ces tons ou modes étaient 
déjà réduils à huit, et non pour adopter ce 
nombre, car il propose de le fixer à sept, pré- 
cisément parce que le mode hypermixolydien 
n'est que l'hypolydien transporté à une octave 
supérieure. Franrois-IIaskins-Eyles Stiles, à 
qui l'on doil un bon travail sur les modes de 
l'ancienne musique grecque (Philosoph. 
Transact., ann. 1700, tom. LI), a assez hien 
compris la disposition tonale de ceux de Plo- 
lémée; mais il en donne une fausse idée, en 
attribuant à tous la même corde grave, au lieu 
d'indiquer la note moderne correspondante à 
Celle corde pour chaque mode. On trouve aussi 
un bon morceau sur les modes de Plolémée 
dans le livre de Charles Davy, intitulé Lellers 
upon subjects of literalure (t. II, pages 415 
et suiv.); mais parmi les modernes, Peine 



(voyez ce nom) est celui qui a le mieux entendu 
ce sujet, et qui l'a le mieux exposé. 

La plus grande partie du troisième livre 
des Harmoniques a élé employée parPtolémée 
à l'exposition du système pythagoricien de 
V Harmonie universelle ; il y traite (depuis le 
chapitre neuvième jusqu'au seizième) des 
concerts que forment entre eux les aslres. 
L'illustre mathématicien et astronome Kepler, 
séduit par la lecture de ce livre, a traité le 
même sujet dans ses Harmonices mundi. 
Dans l'appendice de cet ouvrage, il se félicite 
d'avoir surpassé son modèle; et malgré les 
erreurs où il s'est laissé entraîner, on ne peut 
nier que sa prétention ne soit fondée, car c'est 
dans ce livre qu'il a donné sa règle célèbre des 
carrés des révolutions et des cubes des dis - 
lances des planètes. Macrobe avoue, dans le 
dix-neuvième chapitre du Commentaire sur le 
Songe de Scipion, que ce qu'il dit de l'har- 
monie universelle est emprunté à Plolémée. 
Plusieurs savants ont démontré que les trois 
derniers chapitres du troisième livre de ses 
Harmoniques sont de Nicéphore Grégoire, 
grec du quatorzième siècle. Ces trois chapitres 
sont l'objet du Commentaire de Barlaam(uoi/e.ï 
ce nom), publié pour la première fois dans 
l'écrit de Frantz (voyez ce nom) sur les musi- 
ciens grecs, q'ii a paru à Berlin, en 1840. 

Meibom a reproché de l'obscurité au style 
de Ptolémée (Epist. de Scriptor. variis mu- 
sicis, apud Epist. Marg. Qudii, page 57), 
qui manque en effet de clarté en plusieurs en- 
droits. Wallis n'a pas toujours triomphé des 
difficultés que lui offrait le texte des Harmo- 
niques, particulièrement à l'égard des modes, 
où il est tombé dans quelques erreurs considé- 
rables. Bouillaud a rapporté quelques passages 
de ce trailé dans des notes sur Théon de 
Smyrne, et les a éclaircis. Son travail n'a pas 
élé inutile à Wallis. 

l'UCGUM (Jacques), né à Lacques, en 
1712, étudia la musique à Bologne, sous la di- 
rection de Caretli, maître de la basilique de 
Saint- Pétrone. De retour dans sa ville natale, 
en 1739, il y obtint le titre de maître de cha- 
pelle de la république de Lucques. Il mourut, 
en 1781, dans eette ville. Son talent sur 
l'orgue et ses compositions pour l'église lui 
firent une honorable réputation. On cite par- 
ticulièrement avec éloge le service solennel 
qu'il a écrit pour la fête de l'Exaltalion de la 
sainte Croix. 

PLCCINI (Antoine), fils du précédent, 
naquit à Lucques, en 17-17, et fit, comme son 
père, ses éludes musicales dans l'école de Ca- 



PUCC1NI - PUGET 



ir,7 



relti, à Bologne. En 1781 , il succéda à son 
père dans la place de maître de chapelle de la 
république de Lucques. Parmi ses compositions 
de musique religieuse, on remarque la messe 
de Requiem qui fut exécutée, en 1789, pour 
le service funèbre de l'empereur Joseph II. Il 
a écrit aussi quelques opéras dont on n'a pas 
conservé les titres. 

PUCCIIM (Ange), violoniste, est né à Li- 
vourne, en 1781. Son compatriote Vanacci fut 
son premier maître; puis il alla continuer 
l'étude du violon à Florence, sous la direction 
de Tinti, et reçut dans la môme ville quelques 
leçons de contrepoint de Zingarelli. De retour 
à Livourne, il acheva de s'instruire dans la 
composition chez Cecchi. On connaît, en 
Italie, des concertos, des sonates et des duos 
pour violon sous le nom de cet artiste. 

PUCCITA (Vincent), compositeur drama- 
tique, né à Rome, en 1778, entra au Conser- 
vatoire de la Pietà, de Naples, à l'âge de 
douze ans, et reçut des leçons de Fenaroli 
pour l'accompagnement, et de Sala pour le 
contrepoint. Ses études terminées, il écrivit 
son premier opéra à Sinigaglia, en 1799 : on* 
n'a pas conservé le titre de cet ouvrage. L'an- 
née suivante, il donna, à Lucques, l'Amor 
platonico qui eut du succès, et à l'automne 
suivant, le IVozze senza sposa, à Parme. Ap- 
pelé à Milan, en 1801, il y fil représenter// 
Fuoruscilo, qui n'eut qu'un succès médiocre; 
mais / due Prigionieri, joués à Rome peu de 
temps après, commencèrent sa réputation, et 
Il Puntiglio, écrit à Milan dans l'été de 1802, 
acheva de le faire connaître avantageusement. 
Teresa Wilk, la finta Pazza, et quelques 
autres ouvrages joués à Venise, à Padoue, à 
Gênes, furent aussi bien accueillis par le pu- 
blic. En 1806, Puccita fut engagé pour écrire 
un opéra sérieux à Lisbonne ; il y donna 
VAndromacca, puis il se rendit à Londres, 
en qualité de directeur de musique de l'Opéra. 
Il y fit jouer la Vestale, opéra sérieux, consi- 
déré comme son meilleur ouvrage, et écrivit, 
en 1811, le Tre Sultane, pour madame Cata- 
lani, et Laodicea, pour la même cantatrice, 
en 1815. Devenu l'accompagnateur de cette 
virtuose, qui chantait sa musique, il la suivit 
dans ses voyages en Ecosse, en Irlande, dans 
toute l'Angleterre, en Hollande, en Belgique 
et dans l'Allemagne du Rhin. Lorsque ma- 
dame Catalani prit la direction de l'Opéra 
italien de Paris, en 1815, Puccita fut attaché 
à ce théâtre, en qualité d'accompagnateur, et 
y fit représenter l'Orgoglio avvilito ; en 1815, 
la Cccciadi EnricolV,zn 1816, et laPrin- 



cipessu in campugna, en 1817. Vers la On 
de cette année , des altercations survenues 
entre le compositeur et Valahrègue, mari de 
madame Catalani, décidèrent Puccita à re- 
tourner en Italie. En 1821, il a écrit à Rome, 
où il s'était retiré, la Festa del Fillagio. Dix 
ans après, il donna, à Venise, / Prigioneri, 
et, en 1835, il fit jouer, à Milan, Adolfo e 
Chiara. Depuis lors on n'a plus eu de rensei- 
gnements sur sa personne. La musique de ce 
compositeur est dépourvue d'invention, mais 
elle est écrite avec facilité. Les titres de ses 
ouvrages connus sont les suivants: 1° L'Amor 
platonico, à Lucques, 1800. 2° Le Nozzc 
senza sposa, Parme, 1800. 5° Il Fuoruscito, 
dans l'été de 1801, à Milan. 4" / due Prigio- 
nieri, 1 802, à Rome. 5° Il Puntiglio, 1 802, 
à Milan. 6° Zelinda e Lindoro.7" Lo Sposo 
di Lucca. 8° Teresa Wilk. 9° Lafinta Pazza. 
10° La Lauretta. 11° TVerter e Carlotta. 
12° L'Imbroglio délia Lettera. 13° Andro- 
macca, opéra sérieux, à Lisbonne, 1806. 
14° 77 Duello per complimento. 15° La Ves- 
tale, Londres, 1809. 16° Le Tre Sultane, 
ibid., 1811. 17° Laodicea, ibid. , 1813. 
18° L'Orgoglio avvilito, à Paris, 1815. 
19" La Caccia di Enrico IV, ibid., 1816. 
20° La Principessa in campagna, ibid., 
1817. 21° La Festa del Villagio, à Rome. 
22° L Prigioneri, à Venise, 1831. 23° Adolfo 
e Chiara, à Milan, 1833. 

PUERTO (Didier DEL), chapelain- 
chantre de la chapelle de Sainl-Bartholomé, 
et bénéficier de l'école de Salamanque, a écrit 
un traité du plain-chant, intitulé : Arte de 
canlo llano ; Salamanque, 1504, in-4°. 

PUESDEIVA (François), compositeur es- 
pagnol, maître de la chapelle royale de Na- 
ples, vers la fin du dix-septième siècle, «fait 
représenter à Venise, en 1692, un opéra de sa 
composition intitulé : Gelidaura. 

PUGliT (madame Loïsa LEMOINE , 
née), compositeur de romances, née à Paris, 
d'une famille honorable, a eu de la célébrité 
vers 1830 par ses mélodies, qu'elle chantait 
dans ses concerts et dans les salons. Ces lé- 
gères productions ont eu des succès de vogue 
pendantenviron quinze ans, puis elles ont lait 
place à des noms plus nouveaux. Les romances 
de mademoiselle Puget ont de la tendresse, un 
peu bourgeoise à la vérité, mais d'un tour 
agréable; ses chansonnettes ont de l'entrain 
et de la gaieté. Chaque année, elle publiait 
des albums de ces petites choses qui se répan- 
daient partout. On citait particulièrement la 
Confession du brigand, le Mousquetaire, la 



i.->,s 



PLGLT — PUGNI 



Somnambule, A la grâce de Dieu ^ Ave 
Maria, la Bénédiction d'un père et le So- 
leil de ma Bretagne. En 18-36, mademoiselle 
Puget osa aborder un champ plus vaste, el lit 
représenter, au théâtre de l'Opéra-Comique, un 
ouvrage intitulé le Mauvais œil : il s'y trou- 
vait un joli air, chanté d'une manière parfaite 
par madame Damoreau, et un duo dont cette 
cantatrice admirable et Ponchard faisaient 
valoir lesdétails gracieux. Le reste était faible. 
Mademoiselle Puget a épousé, en 1842, 
M. Gustave Lemoine, spirituel auteur drama- 
tique, auteur des paroles de la plupart ses 
romances; depuis celle époque, elle a disparu 
du monde musical. 

PUG3iAl>I (Gaétan), chef d'une école de 
violon, naquit à Turin, en 1727. Élève de'So- 
mis, son compatriote, il reçut de lui les tra- 
ditions de Corelli. Devenu habile sur son 
instrument, il fit le voyage de Padoue pour 
consulter Tarlini sur son jeu, et ne dédaigna 
pas de se mettre sons sa direction, dans l'es- 
poir de perfectionner son talent. Le roi de 
Sardaigne le choisit, à l'âge de vingt-cinq ans, 
pour occuper les places de premier violon de 
sa chapelle et de directeur de ses concerts. En 
1754, il obtint un congé pour se rendre à Pa- 
ris; il y joua au Concert spirituel et obtint un 
succès éclatant. Après un séjour de près d'une 
année dans celte ville, il visita plusieurs con- 
trées de l'Europe , s'arrêta longtemps à 
Londres, et ne retourna à Turin qu'en 1770. 
Ce fut alors que les fondions de chef d'or- 
chestre du théâtre royal lui furent confiées, et 
qu'il ouvrit une école de violon, devenue cé- 
lèbre par la production de plusieurs grands 
artistes, à la léle desquels on doit placer 
Viotli. Pugnani montra aussi un rare talent 
dans la direction de l'orchestre, et transmit ce 
genre d'habileté à plusieurs de ses élèves, no- 
tamment à Bruni, qui a dirigé l'Opéra italien 
«le Paris, en 1801 et 1802. Compositeur dis- 
tingué dans la musique instrumentale, il a 
laissé des concertos, des trios, des duos et des 
sonates de violon, considérés comme «les 
oeuvres classiques : une partie de ces ouvrages 
a été gravée pendant sa vie, et le reste esi en- 
core en manuscrit. Pugnani a écrit aussi pour 
l'église et pour le théâtre; dans ce dernier 
genre, il a eu d'honorables succès. Ses dernières 
années ont été troublées, à l'époque de l'inva- 
sion de la Sardaigne par les armées françaises, 
car l'éloignement «le la cour lui fit perdre ses 
traitements et pensions. Il est mort à Turin, 
en Iso.", ,i l'âge de soixante-seize ans. Pugnani 
avait un maintien noble el aurait passé pour 



bel homme, si la prodigieuse dimension de 
son nez n'avait gâté la régularité des autres 
traits de son visage. Son talent d'exécution se 
faisait remarquer par un beau son, une ma- 
nière à la fois large el chaleureuse, et beau- 
coup de variété dans l'articulation de l'archet. 
Son organisation le portait plus au grand style 
«|u'aux choses gracieuses. Il a écrit pour le 
théâtre: 1° Issea, cantate dramatique pour 
les noces de la comtesse de Provence, en 1771 . 
2° Tamas Koulikan, opéra sérieux, à Turin, 
1772. 3° L'Aurora, cantate pour le mariage 
du prince de Piémont, 1775. 4° Adone e Fe- 
nere, opéra sérieux, à Naples, 1784. 5° Na- 
nettae Lubino, opéra bouffe, à Turin, 1784. 
0° Achille in Sciro, opéra sérieux, ibid., 
1785. 7° Demofoonte, ibid., 1788. 8° Deme- 
trio aRodi, pour le mariage du duc d'Aosle, 
1789.9° Coreso e Calliroe, ballet héroïque, 
1792. On connaît neuf concertos de violon de 
Pugnani, mais le premier seulement a été 
gravé, chez Sieber, à Paris. Parmi ses autres 
compositions instrumentales qui ont été pu- 
bliées, on remarque : 1° Sonates pour violon 
Seul, op. 1 et 5, Paris, Troupenas ; op. 0, Paris, 
Frey ; op. 11, Paris, Sieber. Chacun de ces 
«oeuvres est composé de six sonates. 2° Duos 
pour deux violons, op. 2 el 13; Paris, Sieber. 
3° Trios pour deux violons el basse, liv. I, II 
et III; Londres, Preslon ; Paris, Bailleux. 
4" Six qualuors pour deux violons, viole et 
basse, op. 7 ; Londres, Preston. 5" Six 
symphonies pour deux violons, viole, basse, 
deux hautbois el deux cors, op. 4; ibid. 
G" Six idem, op. 8; ibid. 7° Deux œuvres de 
mx quintettes pour deux violons, deux flûtes. 
cl basse; ibid. 

l'IJGJM (Clsau), compositeur dramatique, 
élève du conservatoire de Milan, né vers 1810, 
a fait son début dans le monde musical par la 
composition de quelques airs introduits dans 
«les opéras d'autres compositeurs, tels <|iie 
Fausla, de Donizelti,77 l'alegname di I.i- 
vonia, de Pacini. Barbaja lui fit aussi écrire 
la musique de plusieurs ballets, à Vienne. Au 
printemps de 1832, il donna à Milan son pre- 
mier opéra (la Fendetta), qui ne réussit pas, 
parce qu'il fut très-mal chanté. Dans la même 
année, Pugni écrivit l'opéra intitulé Ricciardo 
di Edimburg, qui fut représenté à Triesle, au 
mois de décembre, cl n'eut pas une plus longue 
existence. Le jeune compositeur lui plus heu- 
reux avec le Contrubundierc, qu'il fit jouer 
à Milan, au printemps de 1833, et avec le 
Diserlore Suizzvro, représenté dans la même 
ville el dans la même année. Ce sont ses meil- 



PUGNI - PUPPO 



tna 



leurs ouvrages el ceux dont le succès a été le 
plus honorable. A la même époque, il (il aussi 
une musique nouvelle polir V/mboscata, joué 
sans succès au iliéâlre Canobbiana de Milan. 
Wcigl avait écrit, en 181T), une partition sur 
ce livret pour le théâtre de la Scala : il y avait 
entre son ouvrage et celui de Pugni la dis- 
tance d'un mailie à un écolier. En 18Ô4, 
Pugni écrivit aussi pour le théâtre Canohhiana 
l'opéra bouffe Un' Episodio di San Michèle, 
pitoyable pot-pourri de contredanses et de 
valses. Comme beaucoup de musiciens de sa 
patrie, Pugni écrivait avec hâte et négligence, 
ne pouvant se persuader que la musique est 
un art qu'il faut prendre au sérieux. Cet 
artiste a composé un grand nombre de ballets 
dont les litres ne me sont pas tous connus; 
je citerai seulement : 1° L'Jssedio di Calais. 
2°Pelia Milelo. 5" Jgamennone. 4" Jdclaide 
di Francia.5 Guglielmo Tell. 6° Esmeralda. 
7° Catarina, ossia la figlia del Bandilo, avec 
un autre compositeur de musique de ballets, 
nommé Bajclli. 

PUJOLÀS(J.), d'abord maître de musique 
d'un régiment d'infanterie, puis violoniste et 
professeur de musique à Orléans, mort en 
1806, a fait graver de sa composition : l°Six 
duos pour violon et flûte, op. 1 ; Paris, Im- 
bault. 2° Sept marches pour musique mili- 
taire, op. 2; ibid. 3" Six trios pour violon ou 
flûte, alto el basse, op. 3, livres I et II ; ibid. 
4° Six idem, op. 4; ibid. 5° Concerto pour 
violon etorcheslre ; Paris, Pleyel. 6° Six duos 
pour deux flûtes, op. 6; Orléans, Demar. 
7° Six quatuors pour flûte, violon, alto et 
basse, op. 8, livres I el II, ibid. Six duos pour 
deux flûtes, op. 9 ; Paris, Bonjour. 9° Six duo* 
pour deux violons, op. 10, livres I et II ; 
Orléans, Demar. 

PULIASCHI (Jean -Dominique), né à 
Rome dans la seconde moitié du seizième 
siècle, fut chanoine de Sainte -Marie in Cos- 
medin, et entra dans la chapelle pontificale, 
en qualité de chapelain chantre, le 3 mai 
1612. Il a publié de sa composition : 1° Mu- 
siche a voce sola; Rome, Zannelli, 1618. 
2° Gemma musicale, dove si contengono ma- 
drigali, arie, canzoni e sonetti a una voce 
con il basso continuo per sonare; Rome, 
161 8. 

PULITE (François-Gabriel), de la famille 
des PULITI, de Monte Pulciano, fut corde- 
lier el maître de chapelle au couvent de Saint- 
François de Pontremoli, dans les premières 
années du dix-septième siècle. On connaît de 
sa composition : 1° Sacra: modulations qua- 



tuor et quinque vocibus ; Parme, Érasme 
Vioti, 1600. 2° Integra omn. solemn. f'es- 
pertina Psalmodia 5 vocum; Milan, Simon 
Tini, 1602. 

PUI'I-I (Pierre). Un compositeur de ce 
nom, né à Naples, el qui vécut vers le milieu 
du dix-huitième siècle, eut une certaine répu- 
tation par le succès d'un opéra intitulé Cajo 
Mario Coriolano , qu'il fil représenter au 
théâtre Sainl-Charles, en 1745. Deux ans 
après, le même ouvrage fut joué au théâtre 
S. Cassiano, de Venise. Je n'ai pas d'autres 
renseignements sur cet artiste. 

PUFTJTO (Jean). Voxjez STICH. 

PUPPO (Joseph), violoniste, né à Lucques, 
le 12 juin 1749, fit ses premières études au 
Conservatoire de S. Onofrio, à Naples, et 
s'adonna ensuite spécialement au violon, sur 
lequel il acquit de l'habileté. Son jeu se faisait 
particulièrement remarquer par une expres- 
sion douce el mélancolique. Il se disait élève 
deTartini; mais Laboussaye, qui avait pris 
longtemps des leçons de ce maître, a toujours 
affirmé que Puppo n'avait même pas élé à 
Padoue. En 177o, il fit un premier séjour à 
Paris, mais de courte durée, parce qu'il reçut 
une invitation de se rendre en Espagne, 
pour y faire de la musique avec un frère du 
roi. De là il passa à Lisbonne, où il trouva 
un protecteur zélé dans l'ambassadeur de 
Venise, grand amateur de musiqne, qui le 
présenta dans les maisons les plus opulentes. 
Charmés par le talent de l'artiste, les maîtres 
de ces maisons firent une souscription magni- 
fique pour le concerl qu'il donna quelque- 
temps après. Le produit de ce concert fut si 
considérable, que Puppo crut être devenu un 
riche capitaliste, et donnant en cette circons- 
tance une preuve manifeste de la bizarrerie de 
son caractère, il se rendit au port de Lisbonne, 
sans avoir revu une seule personne de sa con- 
naissance, et se jeta sur le premier vaisseau 
qui partait, sans s'informer de sa destination. 
Or, le navire sur lequel il se trouvait allait en 
Angleterre. Arrivé à Londres, Puppo y vécut 
en gentleman avec l'argent qu'il avait gagné 
en Portugal, ne s'occupant pas plus de mu- 
sique que s'il n'en eût jamais fait sa profession. 
Cependant son trésor s'épuisa, et le violon 
dut alors venir en aide à celui qui l'avait dé- 
daigné. Heureusement il ne se trouvait alors 
aucun violoniste de renom à Londres : n'ayant 
pas à craindre de rivalité, Puppo devint bien- 
tôt l'artiste à la mode et gagna beaucoup 
d'argent. Il passa quelques années dans celle 
agréable situation; mais l'inconstance de son 



140 



PUPPO 



caractère lui fit quitter brusquement la capi- 
tale de l'Angleterre, en 1784, pour retourner 
à Paris, où il fit un séjour de vingt-sept années. 
En 1790, ce fut lui que Violti choisit pour 
premier violon et chef d'orchestre de l'Opéra 
italien, au théâtre de Monsieur. Lorsque cet 
opéra fut supprimé par les événements de la 
révolution , Puppo resta attaché au théâtre 
Feydeau pendant quelques années, puis il 
entra au Théâtre français de la République 
et en dirigea l'orchestre jusqu'en 1799; il 
ne perdit cette place qu'après la réunion 
des comédiens français de l'Odéon et de 
la rue de Richelieu. Il s'était marié, pour la 
troisième fois, avec la maîtresse de l'hôtel où il 
était logé, afin de n'avoir plus de loyer à 
payer. Il avait épousé autrefois une jeune Es- 
pagnole, qui mourut dans un accouchement 
laborieux; puis il avait contracté un second 
mariage à Londres, avec une belle Anglaise, 
qui ne put s'accoutumer aux bizarreries de 
son mari, et qui divorça. 

Puppo, qui possédait au plus haut degré le 
talent d'accompagnateur, fut recherché par 
les amateurs les plus distingués de cette épo- 
que, au nombre desquels étaient madame Zoé 
de La Rue, Eugénie de Reaumarchais, et ma- 
dame Sophie Gay. Ces relations lui procurè- 
rent beaucoup d'élèves; sa position paraissait 
assurée, lorsque tout à coup, par un de ces 
traits de folie qu'on remarqua dans toute sa 
vie, il s'éloigna secrètement de Paris, en 1811, 
abandonnant sa femme et ses enfants, dont il 
ne s'informa plus jamais. S'étanl embarqué à 
Marseille, il arriva à Naples, où il eut la bonne 
fortune d'être employé comme premier violon 
et second chef d'orchestre du théâtre Saint- 
Charles. Quelques années se passèrent ainsi. 
En 1817 était arrivé le moment où il devait 
renouveler son engagement; Rarbaja lui en 
envoya le modèle, dans lequel il avait ajouté 
l'obligation pour l'artiste de diriger la mu- 
sique des ballets. A la lecture de ce papier, 
Puppo saisit une plume, écrit et signe celte 
phrase : Famé e morte, si; ma ballo, no! 
(la faim et la mort, oui ; mais la danse, non!) 
Dans ce premier mouvement, il ne s'était pas 
souvenu qu'il n'était plus jeune et qu'il avait 
peu d'espoir de trouver ailleurs une bonne 
position. Rientôt il se trouva sans ressource; 
il se décida alors à retourner dans sa ville 
natale; mais il n'y trouva plus une seule per- 
sonne de sa famille, cl la petite ville de Luc- 
ques lui offrit encore moins de ressources que 
Naples. Il crut qu'il serait plus heureux à 
Florence et s'y rendit. La fortune, en effet, 



lui tendit encore la main, en lui faisant 
trouver dans le chevalier Rernard Damiani, 
amateur violoniste distingué, un protecteur 
qui le recueillit dans sa maison et pourvut à 
ses besoins pendant deux ans, puis lui procura 
un revenu suffisant dans la petite ville de Pon- 
tremoli, sous la condition d'y donner des 
leçons de violon à un certain nombre d'élèves. 
Puppo arriva dans cette ville, en 1820, et 
d'abord tout alla au mieux; mais, toujours 
incorrigible et ne pouvant s'accoutumer à sa 
nouvelle position, il l'abandonna à la fin de la 
seconde année et retourna à Florence. Alors il 
eut une vie misérable et fut souventobligé d'im- 
plorer l'assistance de ses amis. Enfin, grâce à 
la générosité de M. Edouard Taylor, professeur 
de musique au collège de Gresham, à Londres, 
qui se trouvait alors à Florence, et qui paya 
sa pension dans un hospice, Puppo y trouva 
un asile dans l'hiver de 1826. Pour se sous- 
traire aux atteintes du froid qui, celle année, 
était rigoureux, il ne sortit plus de son lit. Ses 
forces déclinèrent rapidement, et le 19 avril 
1827, il expira à l'âge de soixanle-dix-huit 
ans. 

Puppo élait doué d'un esprit original qui se 
manifestait dans ses paroles comme dans sa 
conduite. Arrêté comme suspect en 1795, il 
fut conduit au comité de salut public, où on 
lui fit subir l'inlcrrogatoire suivant : a Votre 
» nom? — Puppo. — Voire profession? — Je 
» joue du violon. — Que faisiez-vons sous le 
» règne du tyran? — Je jouais du violon. — 
» Que faites-vous maintenant ? — Je joue du 
» violon. — Mais si la République a besoin de 
a vos services, que pouvez-vous pour elle? — 
» Je jouerai du violon. » Le sérieux signifi- 
catif des membres du comité ne tint pas contre 
la singularité de ces réponses, faites d'un ton 
ferme et bref : Puppo fut acquitté. Son com- 
patriote Rlangini, voulant lui faire visite, à 
son arrivée à Paris, et ayant découvert sa de- 
meure, non sans peine, frappe à sa porte. 
« Qui est là? — Ami. — Je n'ai point 
» d'amis. » Et sa porte demeura close. On 
connaît ce mot si jusle et si fin par lequel il a 
caractérisé, de la manière la plus heureuse, le 
talent de deux grands compositeurs : Boccfie- 
rini, disait-il, est la femme de Haydn. Mal- 
heureusement il aimait trop le vin, et ses fré- 
quentes libations mettaient souvent sa bourse 
à sec. Le confortable de son logement et de 
son mobilier se ressentait de sa gène habi- 
tuelle. Deux chaises, une table, un lit, com- 
posaient tout son luxe. Il avait la manie de 
changer souvent de gîte; mais ses déménage- 



PUPPO - PURCELL 



141 



ments ne lui causaient aucun souci. Jamais il 
ne retenait de chambre; ses préparatifs con- 
sistaient à faire mettre les meubles dont il 
vient d'être parlé sur une charrette à bras. 
Lui-même portait son violon, marchant devant 
la charetle et s'arrêlant devant chaque écri- 
teau, jusqu'à ce qu'il eût Jrouvé une chambre 
qui lui plût. Il s'y installait immédiatement, 
et peu de temps après recommençait le même 
manège. 

On a gravé de la composition de cet artiste : 
1° Trois duos pour deux violons; Paris, 
Beaucé. 2° Deux concertos pour violon et or- 
chestre; Paris, Bailleux. 5° Huit fantaisies ou 
études pour le violon; Paris, Sieber. 4° Six 
fantaisies pour le piano; Paris, Godefroy. 

PURCELL (Henri), né à Londres, en 
1658, était fils d'un musicien de la chapelle 
de Charles II. Il y a peu de renseignements 
sur son éducation musicale; cependant, son 
père étant mort en 1664, lorsqu'il n'était âgé 
que de six ans, on croit qu'il entra comme 
enfant de chœur à la chapelle royale, où il 
reçut des leçons de Cooke, puis de Pelham 
Humphrey. Le docteur Blow fut ensuite son 
maître de composition. Ses progrès furent si 
rapides, qu'il composa plusieurs antiennes 
pendant qu'il était encore enfant de chœur. 
A l'âge de dix-huit ans, il fut choisi comme 
organiste de l'abbaye de Westminster, et la 
place d'organiste de la chapelle royale lui fut 
accordée en 1684. C'est de cette époque que 
datent ses meilleures compositions pour 
l'église, et que sa réputation s'étendit dans 
toute la Grande-Bretagne. La supériorité in- 
contestable de sa musique sur tout ce qu'on 
avait écrit depuis longtemps en Angleterre; 
le caractère d'originalité qu'on y remarquait 
et la variété des formes firent rechercher ses 
ouvrages par tous les maîtres de chapelle. Dès 
1677, il s'était aussi fait connaître au théâtre 
par l'ouverture et les airs qu'il écrivit pour le 
drame intitulé Abelazôr. Purcell fut le pre- 
mier compositeur anglais qui introduisit les 
instruments dans la musique d'église, car 
avant lui on n'employait que l'orgue pour l'ac- 
compagnement des voix; il montra dans son 
instrumentation autant de conceptions nou- 
velles que dans le caractère de sa musique vo- 
cale. Parmi ses œuvres religieuses, son 
Te Deum et son Jubilate sont particulière- 
ment remarquables par la majesté du style; 
mais pour apprécier le mérite de ces compo- 
sitions, il est nécessaire de se reporter au 
temps où l'auteur écrivit, et de leur comparer 
la situation de l'art à cette époque en An- 



gleterre. De nos jours, elles laissent désirer à 
l'audition plus de suavité dans la mélodie, un 
retour moins fréquent des mêmes cadences 
harmoniques, et plus de variété dans les 
rhylhmes. En cela, elles participent du style 
de Carissimi, que Purcell paraît avoir étudié 
avec soin. Il y a aussi de l'embarras dans le 
mouvement des parties de son harmonie, et 
celle-ci est souvent incorrecte. Quoi qu'il en 
soit, il est certainement le plus grand musi- 
cien qu'ait produit l'Angleterre. Il s'est 
exercé dans tous les genres, et dans tous il 
s'est montré artiste de génie : toutefois, il ne 
faut pas adopter le jugement des écrivains an- 
glais lorsqu'ils le comparent à Scarlatti, à 
Keiser, et lui donner la préférence sous le rap- 
portde l'invention : ceux-là furent des maîtres 
sans reproche. Sa fécondité inspire de l'éton- 
nement, lorsqu'on songe que son existence n'a 
pas été an delà de la trente-septième année, 
car il mourut le 21 novembre 1695. 

Une partie des productions dramatiques de 
Purcell a été publiée dans une collection qui 
a pour titre : A Collection of ayres compo- 
sed for the théâtre and on other occasions, 
by the late M. Henry Purcell (Collection de 
morceaux composés pour le théâtre et dans 
d'autres occasions, par feu maître Henri Pur- 
cell); Londres, 1697. Les drames et opéras 
dont on trouve des morceaux dans ce recueil 
sont ceux dont les titres suivent : 1° Abelazôr, 
représenté en 1677. 2° The virtuous Wife (la 
Femme vertueuse), 1680. 3° Indian Queen 
(la Beine indienne), dont la première partie de 
l'ouverture égale, suivant Burney, les meil- 
leures productions de Hsendel. 4° Dioctétien 
ou le Prophète, 1690. 5° King Arthur (le roi 
Arthur), 1691. On ne connaissait cet ouvrage 
que par les extraits de la collection citée plus 
haut; mais M. Edouard Taylor en a retrouvé 
la partition complète, et en a fait le sujet de 
deux lectures publiques, à Londres, les 11 et 
12 mai 1840. Suivant l'opinion de ce savant 
professeur, leRoi Arthur est une composition 
de l'ordre le plus élevé, eu égard au temps où 
railleur vivait. Cet ouvrage a été publié dans 
la collection anglaise des Antiquaires musi- 
ciens. 6° Amphitryon , 1691. 7° Gordian 
knot unlied (le Nœud gordien délié), 1691. 
8° Distressed Innocence, or the Princess of 
Persia (l'Innocence malheureuse, ou la Prin- 
cesse de Perse), 1691. 9° The Fairy Queen 
(la Beine des fées), 1692. lQ°Theold Bachelor 
(le vieux Bachelier), 1693. 11° The Married 
beautifull (le beau Marié), 1694.. 12° The 
double Dealer (le Fourbe), 1694. 13° Bonduca, 



142 



PURCELL - PUSTKUCIll.N 



1 095, une ries meilleures productions de Pùr- 
cell, publiée dans la collection des Antiquaires 
musiciens, 13° (bis) Dido and JEneas: ibid. 
Parmi les compositions dramatiques de cet 
artiste dont on ne trouve pas d'extrait dans 
la collection citée plus haut, on remarque : 
14" Timon d'Jlhènes, 1G78. 15° Theodosius, 
or the Force ofLove (Théodose, ou la Force de 
l'Amour), 1G80. 10° La Tempête, de Dryden, 
1090. \l"Don O?nc/io«c,1 694. Purcell a publié 
en partition, chez Playford, à Londres, les mor- 
ceaux de musique qu'il avait composés pour 
un divertissement théâtral, représenté en 1G8Ô, 
et pour la tragédie iVŒdipe, en 1692. Il a 
aussi publié lui-même, en 1684, sa musique 
pour la fête de Sainte-Cécile, exécuté le 22 no- 
vembre de l'année précédente, et, en 1691, la 
partition de son opéra sérieux Dioclétien. Il 
avait fait paraître, en 1685, douze sonates 
pour deux violons et basse continue. 

Quoique Purcell eût écrit beaucoup de mor- 
ceaux détachés pour le chant, on n'en avait 
publié qu'un petit nombre pendant sa vie; ils 
avaient paru dans la collection de Playford, 
intitulée : The Théâtre of music (Londres, 
1G87). Après la mort de Purcell, sa veuve 
réunit tout ce qu'il avait laissé en ce genre, 
et en donna la collection sous le titre d'Or- 
pheus britannicus (Londres, 169G). Cette 
édition était remplie de fautes grossières ; il 
en fut donné une meilleure en 1702; mais 
elle ne contient pas toutes les pièces de la pre- 
mière. Playford publia, dans la même année, 
le deuxième volume de VOrpheus britanni- 
cus. La veuve du compositeur fit aussi paraître 
successivement : 1° Une suite de dix sonates 
pour le clavecin, dont la neuvième est connue 
sous le titre de Golden Sonata (Sonate d'or), 
à cause de son mérite. 2" Leçons pour le cla- 
vecin. 5° Les fameux Te Deum et Jubilale, 
et quelques antiennes dans V Harmonia 
sacra de Playford. 

Une grande quantité de musique de Purcell 
était restée en manuscrit; Vincent Novello 
(voyez ce nom) l'a recueillie avec soin et 
en a publié une belle édition complète, en 
soixante-douze livraisons grand in-folio, pré- 
cédées d'une notice sur la vie et les ouvrages 
du compositeur (en quarante -quatre pages 
in-."olio), et de son portrait. Celte collection a 
pour titre : Purcell's sacred Music edited by 
Pincent iYovello; Londres, 1820-1806. 

PURCELL (Dahiel), frère du précédent, 
fut pendant quelques années organiste du 
Collège de la Madeleine, à Oxford, puis rem- 
plit les mômes fondions à l'église Saint-An- 



dré de Ilolborn. En 1697, il écrivit la musique 
de Brutus àJlbe,ou le Triomphe d'Auguste, 
qui fut représenté à Dorset-Garden. On cite 
de lui un autre opéra intitulé : Love's Pa- 
radise (le Paradis de l'Amour), et la Prin- 
cesse d'Islande, qu'il composa en société avec 
Leveridge. Purcell écrivit aussi quelques mor- 
ceaux détachés pour des comédies. C'était un 
musicien de peu de mérite. 

PURIFICAM (Jean DE), chanoine régu- 
lier et maître de chapelle du monastère de 
Sainl-Éloi, à Lisbonne, naquit en cette ville et 
mourut le 19 janvier.! 651. lia laissé en manu- 
scrit beaucoup de compositions pour l'église. 

PURMANN (Jean-Geouges), recteur du 
collège de Francfoi l-sur-le-Mein, mort le 
11 décembre 18Iô, est auteur d'une disserta- 
lion intitulée : Antiquitates mnsicx; Franc- 
fort, 1776, in-4°de vingt-quatre pages. 

PUSCIIMANN (Auam), né en Silésie dans 
la première moitié du seizième siècle, était 
cordonnier de profession, mais avait appris la 
musique. Vers 1570, il fut appelé à Gœrlitz, 
en qualité de cantor. Dix ans après, il était 
établi à Breslau,où il parait avoir terminé ses 
jours. On a de lui un livre sur un sujet inté- 
ressant, intitulé : Griindlicher Bericht des 
deutschen jVeister-Gesœnge (Renseignements 
précis sur l'art des maîtres chanteurs alle- 
mands) ; Gœrlitz, 1571, in-4°. Forkel indique 
une autre édition du même ouvrage (Allgem. 
Litter. der Musik, p. 122), sous ce titre : 
Traclalus von der edlrn Kunst der Meister- 
Sxnger; Gœrlitz, 1572; enfin, M. de Slelten 
en cite une troisième qui aurait été publiée en 
1574, in-4° (Histoire de l'art, p. 551). Si 
toutes ces éditions sont réelles, il y a eu peu 
d'exemples d'un pareil succès à celle époque 
reculée. M. Hoffmann indique (dans son Livre 
sur les inusiciens de la Silésie) l'oratorio de 
Jacob et Joseph, composé par Puschmann, et 
dont il existe deux manuscrits dans les biblio- 
thèques de Breslau. 

PLSCiniAINN (Joseph), musicien au ser- 
vice du prince de Schafgotsch, à Johannisherg, 
en Silésie, vécut dans la seconde moitié du 
dix-huitième siècle. Il a laissé en manuscrit : 
1° Concerto pour violon. 2" Deux symphonies 
à grand orchestre. -""Trois quatuors pour deux 
clarinettes el deux cors. 4" Trois pièces en 
harmonie pour deux clarinettes, deux cors et 
deux bassons. 5° Quatre trios pour flûte 
d'amour, ^ iole el basse. 

IHiSTkl CHEIN (Antoimk-IIssbi), né le 
lfj février 1761, •> Blomherg, dansle comté de 
la Lippe, obtint, en 1790. les ph.ces de cantor, 



PUSTKUCHEN — PUYLL01S 



14." 



d'organisle et professeur de musique au sémi- 
naire de Detmold. Il est mort dans celle ville, 
en 1830, après avoir rempli ses fonctions pen- 
dant quarante ans. On a de ce musicien un 
ouvrage élémentaire intitulé : Anleitung voie 
Singechœre auf de m Lande zu bilden sind 
(Instruction pour former des chœurs de clianls 
à la campagne); Hanovre, 1810, in-8". Une 
deuxième édition de ce livre a été publiée en 
1815. Pustkuchen est aussi auteur d'un livre 
choral pour le comté de la Lippe, publié à Ha- 
novre, in-4°. Enfin, il a fait paraître des mor- 
ceaux de chant et des chœurs, à l'usage des 
écoles; Detmold, 1812, in-4°. 

PUTIFil (Bartmolomé), chanteur distin- 
gué, né en Italie vers 1750, fut attaché au 
théâtre de la cour de Dresde pendant quelques 
années, puis entra au service de l'empereur 
de Russie, à l'époque de la guerre de sept 
ans. Il se trouvait encore à Pétersbourg, en 
1766. 

PITTE (Henri VAN DE), dont le nom 
latinisé est PUTEANUS, et que les biogra- 
phes français appellent DUPUY, naquit à 
Venloo, le 4 novembre 1574. Il fit ses huma- 
nités à Dordrecht, étudia la philosophie à Co- 
logne et le droit à Louvain, sous Juste Lipse, 
avec qui il se lia d'une étroite amitié. Ce fut 
aussi dans cette dernière ville qu'il se livra à 
l'élude de la musique, conlre l'avis de Juste 
Lipse, qui n'aimait point cet art. Van de 
Putle se rendit ensuile en Italie, pour y visiter 
les principales académies; il s'arrêta d'abord 
à Milan, puis à Padoue, où il accepta une 
chaire d'éloquence, en 1601. Presque dans le 
même temps, il fut nommé historiographe du 
roi d'Espagne, et deux ans après il reçut le 
diplôme de citoyen romain, et fut agrégé doc- 
leurà la facullé de droit. Ces distinclions flat- 
leuses l'avaient déterminé à se fixer en Italie, 
et il s'y était même marié (en 1604), lorsque 
la chaire de belles-lettres à l'université de 
Louvain lui ayant été offerte, après la mortde 
Jusie Lipse (1606), il saisit celle occasion pour 
se rapprocher de sa famille et de son pays. 
L'archiduc Albert le nomma un de ses conseil- 
lers, et lui confia le gouverncmentdu château 
de Louvain, où il mourut le 17 septembre 
1646. 

L'imperfection de la méthode des hexa- 
eordes attribuée à Guido d'Arezzo, et les dé- 
fauts de la solmisation par les muances qui 
en étaient le résultat, avaient été remar- 
qués depuis longtemps; plusieurs musiciens 
avaient même tenté de remédier à ces défauts, 
proposant l'addition d'un septième nom de noie 



aux six premiers. Van de Putte, revenant sili- 
ce sujet, écrivit un livre pour démontrer la 
nécessité d'une septième syllabe, qu'il appelle 
6»'. L'ouvrage où il traite celle question est 
inlilulé : Modulata Pallas,sive septem dis- 
crimina vocum, ad hartnonicsê lectionis 
usum aptala philologo quodafn fdo; Milan, 
1599, in-8°. Il est divisé en vingt chapitres, 
qui furent réduits à dix-sept dans la seconde 
édition, publiée sous ce titre : JUusathena, 
seunotarum heptas,ad harmonica; lectionis 
novum et facilem tisum; Francfort, 1602, 
in-12. C'est dans celle forme et sous ce litre 
qu'il fut inséré dans le second volume des 
oeuvres de Van de Pulte (p. 109-197), inti- 
tulé : Amœnitatum humanarum dia- 
triba XII , operum omnium, lomus sc- 
enndus; Francfort, 1615, in-12. Van de 
Putle avait donné précédemment un abrégé 
de son livre, sous le tilre de Pleias musica; 
Venise, 1600, in-12, dont il y a une seconde 
édition intitulée : Iter Nonianum, seu dia- 
logus, qui Musathena (1) epitomen compre- 
hendit, ad clarissimum V. Ludov. Sevta- 
lium , patricium et medicum mediol. ; 
Francfort, 1601, in-12, et une troisième, pu- 
bliée à Hanovre, 1602, in-8° de cinq feuilles 
et demie. On le trouve aussi dans les Amœ- 
nitat. humanar., p. 188-409. Cet abrégé est 
un entrelien de l'auteur avec Arnold Cathius, 
l'un de ses amis; Nonianum est le nom d'une 
maison de campagne qu'ils allaient voir, et 
qui avaient appartenu à Bembo. 

PUYLLOIS (Jean), ou plutôt PULLOYS, 
musicien belge du quinzième siècle, est cité par 
Tincloris, dans le douzième chapitre du troi- 
sième livre de son Proportionnaire de mu- 
sique, pour une faute de notation proportion- 
nelle que Le Rouge (communément appelé 
Rubeis) et lui ont faite, le premier dans une 
messe intitulée : Mon Cuer (cœur) pleure, et 
Puyllois dans Vin terra pax de sa messe du 
plagal du troisième ton irrégulier (2). Aucune 
composition de ce musicien n'a été trouvée 
jusqu'à ce jour; mais il se peut qu'on en dé- 
couvre dans l'avenir : ce motif m'a fait prier 
mon confrère et ami, M. le chevalier Léon de 
Burbure, de vouloir bien faire des recherches 
dans les archives de la cathédrale d'Anvers, 
source précieuse de renseignements concer- 
nant les artistes belges des quinzième et sei- 

(1) Il semblerait, d'après ce litre, que la Musathena 
avait eu une édition antérieure à celle de 1(Ï02. 

(2) Quod licet faciant Le Rouge et Puyllois in missis 
Mon cuer pleure, et in quodatn Et in terra pax plagalis 
autlienli triti irregularis, tamen est intoleraljile {Tiw- 
toris provortionule, tib. III, cap. 2). 



^u 



PUYLLOIS — PYTHAGORE 



zième siècles. Avec la sagacilé et la patience 
qui le distinguent, M. de Burbure a dépassé 
mon attente dans ses découvertes, desquelles il 
résulte : l°que le nom de l'artiste dont il s'agit 
est écrit de ces différentes manières dans les 
registres : Pylois , Puyllois , Pillois , Pul- 
loys, et que celte dernière est préférable, 
parce qu'elle coïncide avec la plupart des do- 
cuments contemporains; 2° que cette forme 
est aussi celle qui explique le mieux le sobriquet 
flamand de Jean Kie (traduction de Jean 
Poulet, ou Pulloys, pullus en latin), qu'on 
parait lui avoir donné lorsqu'il n'était encore 
qu'enfant de cliœur. Ce nom Joannes Kie ou 
Kye figure dans les comptes des chapelains, 
les premières années où Jean Pulloys prend 
part aux services en déchant, c'est-à-dire en 
1442 et 144o; mais dès 1444, il est remplacé 
par le nom véritable de l'artiste; 3° que Pul- 
loys n'était à celle époque ni chapelain, ni 
prêtre, mais qu'il était simplement, comme 
Okeghem, son condisciple, vicaire musicien 
laïque; il ne reçut la prêtrise que plusieurs an- 
nées après; 4° qu'il prit part aux offices en 
musique de la collégiale jusqu'à la fin de 
1447, mais qu'après la Noël de celle année, son 
nom disparaît des listes de présence du corps 
des chapelains; 5° que plus lard, mailre Jean 
Pulloys fait partie de la chapelle du duc de 
Bourgogne, où, en 1463, il occupait la place de 
premier chapelain (primus capellanus Do- 
mini Ducis), et qu'alors il est prêtre et quali- 
fié de maître es arts; 6° qu'il revint la même 
année à Anvers, où le chapitre lui donna un 
canonicat dans l'église où il avait commencé 
sa carrière musicale, et qu'il y retrouva Bar- 
bireau, Wyngaert, Jacolïn (voyez ces noms) 
et d'aulres excellents musiciens, ses anciens 
amis; enfin, que depuis cette époque, Pulloys 
ne quitta plus cette position; 7° et finalement, 
que dans son testament, passé le 18 juin 1478, 
il est qualifié de f'enerabilis vir Dominus 
Johannes Pulloys, et qu'il mourut deux mois 
après (2ô août 1478). 

PYIlAT\UItE, musicien grec, cité par 
Athénée (liv. XIV, c. 9), a écrit un Traité des 
joueurs de flûte qui n'est pas venu jusqu'à 
nous. 

PYTHAGORE, philosophe illustre, na- 
quit à Samos, dans la 49"" olympiade, c'est-à- 
dire environ 580 ans avant l'ère chrétienne. 
La vie de ce sage est environnée de ténèbres 
et de fables : ce qui [tarait avoir quelque certi- 
tude dans les faits qui le concernent se réduit 
à ce qui suit : Son précepteur fut Ucrmndamus, 
disciple de Créophilc, qui avait accordé l hos- 



pitalité à Homère; plus lard il devint l'élève 
de Phérécide. A l'âge de dix-huit ans, il quitta 
sa patrie pour voyager en Phénicie et en 
Egypte. Après un long séjour près des prêtres 
d'Héliopolis et de Memphis, il retourna en 
Grèce, visita Sparte pour s'instruire de ses 
lois, arriva à Samos, alors gouvernée par le 
tyran Polycrate, et enfin passa en Italie et se 
fixa à Crolone, où il eut de nombreux disciples 
qui se faisaient initier à une sorte de culte se- 
cret, établi par le mailre. Ce qu'on rapporte 
de l'institut fondé par Pylhagore est si rempli 
de merveilleux, qu'il serait aujourd'hui à peu 
près impossible d'y démêler la vérité ; on sait 
seulement avec certitude qu'à la suite d'une 
émeute, les Crotoniates attaquèrent les pytha- 
goriciens réunis dans la maison de Milon, l'un 
d'eux ; que la plupart périrent, et que Pytha - 
gore lui-même n'échappa au danger que par 
la fuite. Mais la persécution contre les pytha- 
goriciens s'étant étendue dans les autres villes 
d'Italie, il trouva la mort à Métaponte. 

Il y a peu de certitude sur ce qu'on rapporte 
de la doctrine de Pythagore, car il ne parait 
pas avoir écrit, et la tradition qui l'a trans- 
mise jusqu'aux écrivains les plus respectables 
de l'antiquité, l'a sans doute modifiée et al- 
térée. Ce qu'on en sait n'a de caractère 
d'authenticité que par quelques fragments 
de Philolaus, par le Timée de Platon, et par 
cequ'Arisloteen rapporte; car celte doctrine 
a subi de si importantes altérations dans 
l'école d'Alexandrie et dans la philosophie 
néoplatonicienne, qu'on ne peut accorder une 
confiance entière aux asserlionsde Jamblique, 
de Porphyre et de quelques autres. Ce qui pa- 
rait certain et hors de toute discussion, c'est 
que Pythagore et ses disciples immédiats con- 
sidéraient le monde comme un tout harmo- 
nieusement ordonné, en ce que des propor- 
tions numériques établissaient des rapports 
exacts entre le tout et ses parties. Les nombres 
étaient donc considérés dans la doctrine py- 
thagoricienne comme l'âme du monde; et la 
perfection des rapports qu'ils établissaient 
entre toutes choses constituait l'harmonie uni- 
verselle, qui régissait les mouvements des 
astres comme les moindres atomes de la créa- 
tion. Suivant celte théorie, les astres, dans 
leurs révolutions , formaient un concert 
de consonnances analogue à celui que les sons 
de la musique font entendre entre eux (voyez 
sur ce sujet les articles de PiiilolaUs, Tuée 
deLociies, Platon, Ptolémée, Machobe, Cen- 
sonin et Kepler). La découverte des propor- 
tions numériques de quelques-uns des inlcr- 



PYTHAGORE — PYTHOCLIDE 



1« 



valles de la musique est attribuée à Pythagore. 
Nicomaque rapporte à ce sujet une anecdote 
dans son Traité de musique (p. 11, éd. Mei- 
bom), qui a été répétée par beaucoup d'écri- 
vains, sans faire remarquer que le fait en lui- 
même porte la preuve de sa fausseté. Suivant 
ce théoricien, Pythagore, passant devant 
l'atelier d'un maréchal, fut étonné d'entendre 
les marteaux des forgerons produire les con- 
sonnances de l'octave, de la quinte, de la 
quarte, et la dissonance du ton ou seconde 
majeure. Cette singularité remarquable le fit 
entrer dans la boutique du maréchal ; il pesa 
les marteaux et vit que la différence des 
sons provenait de celle de leurs poids. Alors il 
prit quatre cordes de même matière, d'égale 
longueur et grosseur, les tendit et y suspendit 
des poids égaux à ceux des marteaux; il trouva 
que la corde tendue par un poids de douze 
livres sonnait l'octave de celle qui n'était 
tendue que par un poids de six livres, d'où il 
tira la proportion 2 : 1 pour celle de l'octave. 
La corde tendue par un poids de huit livres 
sonnait la quinte, d'où la proportion de 3 : 2. 
La corde tendue par un poids de neuf livres 
faisait entendre la quarte, d'où la proportion 
4 : 5 ; enfin les cordes tendues par huit et par 
neuf livres donnaient la proportion du ton 
majeur. Ainsi se trouva expliqué lephénomène 
qui avait frappé l'oreille de Pythagore à l'au- 



dition des coups de marteaux des forgerons. 
Il est pourtant évident que ce n'étaient point 
les marteaux qui vibraient lorsqu'ils frappaient 
le fer, mais l'enclume, eleonséquemment que 
leurs poids ne pouvaient exercer d'influence 
que sur l'intensité et non sur l'intonation des 
sons. Quoi qu'il en soit, les proportions numé- 
riques des intervalles d'octave, de quinte et 
de quarte sont attribuées à Pythagore depuis 
la plus haute antiquité, ainsi que le principe 
qui lui faisait rejeter le témoignage de 
l'oreille dans l'appréciation de la justesse de 
ces intervalles, et n'admettait que le calcul 
comme critérium de cette justesse. Longtemps 
après, Aristoxène {voyez ce nom) soutint une 
doctrine contraire. 

Aristide Quintilien attribue à Pythagore 
l'invention de la notation grecque de la mu- 
sique en usage de son temps (De Jilusica, 
lib. I, p. 28, apud flleibom.) ; mais celle qui 
est connue sous son nom n'est qu'une modi- 
fication d'une autre plus ancienne (voyez 
à ce sujet un Mémoire de Perne, dans la 
Revue musicale, t. III, pp. 433-441 , et les 
planches). 

PYTIIOCLIDE, joueur de flûte, fut l'in- 
venteur du mode mixolydien. Arislote, cité 
par Plularque(tn Pericl.,p. 280, lin. 5 e , edit. 
Steph. Grxc.) } assure qu'il fut le maître de 
musique de Périclès. 



Binon. IIMV. DES MUSICIENS. T. \t\ 



IC 



Q 



QUADRI (Dominique), professeur de musi- 
que, né à Vicence, dans les derniers mois de 
1801, fit, dans sa jeunesse, de bonnes éludes lit- 
téraires et scientifiques. La musique ne fut d'a- 
bord pour lui qu'un objet d'agrément; mais plus 
tard il résolut de se livrer sans réserve à la cul- 
ture de cet art. La position de son père, con- 
seiller-secrétaire du gouvernement à Venise, lui 
fournit l'occasion de recevoir, dans cette ville, des 
leçons du P. Marsand (voy. ce nom) ; puis Qua- 
dri se rendit à Bologne, et y compléta son ins- 
truction musicale sous la direction de Marchés!, 
de Donelli et de Pilotti, tous élèves de Maltei 
(voy. ce nom). L'esprit d'analyse, par où se 
distinguait le jeune Quadri, lui fit bientôt aper- 
cevoir les défauts de la métbode roufinièrede ses 
maîtres : il leur demandait incessamment la rai- 
son des règles ; mais l'autorité de l'école était la 
seule qu'on lui donnât. La lecture de plusieurs ou- 
vrages de tbéoi if, publies depuis peu en France, 
lui fit concevoir le dessein d'écrire des éléments 
d'harmonie appuyés sur une base plus solide que 
l'enseignement traditionnel , lesquels pourraient 
servir d'introduction à la science du contre- 
point. Après plusieurs années passées à Bologne, 
il partit pour Naples, où la méthode d'enseigne- 
ment ne lui parut pas plus avancée qu'à Bologne. 
En 1830, il entreprit de faire connaître ses 
idées didactiques dans un ouvrage intitulé : La 
Ragione armonica. Quadri s'était proposé d'y 
donner des basses chiffrées ou partimenti de 
Maltei , d'après son système de classification 
des accords, assez semblable à celui de Langlé 
(voy. ce nom), en ce qu'il procédait à la gén< ra- 
tion des groupes fondamentaux de Bons par des 
superpositions de tierces. Une vive opposition 
se manifesta aussitôt contre cette théorie, parmi 



la plupart des professeurs napolitains; et la pu- 
blication de la Ragione armonica se trouva 
arrêtée par le petit nombre des souscripteurs dès 
la deuxième livraison. 

Persuadé de la bonté de son système, Quadri 
ne se découragea pas après ce premier échec. 
En 1831, il ouvrit une école publique pour 
l'enseignement de l'harmonie, et entreprit de ré- 
futer dans ses leçons orales les objections qui lui 
avaient été faites. La lutte recommença plus ar- 
dente; toutefois l'avantage parut être du côté du 
jeune professeur, homme d'esprit, plein de zèle 
et de feu, qui s'exprimait avec élégance et clarté. 
Parmi ses élèves se trouvaient quelques jeune* 
compositeurs qui, depuis lors, se sont fait con- 
naître par leurs ouvrages. En 1832, Quadri pu- 
blia l'ensemble de son système dans un livre, 
intitulé Lezioni d'armonia (Naples, Tramenler, 
1 volume in-4°). Une deuxième édition de cet 
ouvrage fut donnée à Borne, en 1835, par l'abbé 
Alfieri, à la typographie des beaux-arts , et 
l'auteur alla en publier une troisième, dans la 
môme ville en 18'»l,en un volume in-4° de 95 
pages, avec 44 pages d'exemples pratiques. Dans 
l'automne de la même année, l'auteur de cette 
notice trouva Quadri à Naples, et reconnut en 
lui un musicien aussi instruit qu'intelligent. Sa 
position n'était pas heureuse. Ne trouvant pas 
dans ses leçons des moyens d'existence suffi- 
sants , il était obligé d'accepter l'hospitalité 
qu'on lui offrait dans les maisons de campagne 
des environs de Naples, comme professeur de 
solfège et de chant. Bientôt cette ressource vint 
à lui manquer, et la nécessité l'obligea à retour- 
ner en Lombardie. Arrivé a Milan au printemps 
de 1842, il essaya d'y mettre en vogue son sys- 
tème d'harmonie ; mais là comme à Naples il 



QUADRI — QUANDT 



147 



eut des luttes à soutenir contre la critique. La 
mauvaise fortane, qui l'avait maltraité depuis 
sa jeunesse, avait porté atteinte à sa constitution. 
Malade et découragé, il ne se sentit pas la force 
de résister à ses adversaires ; son mal s'aggrava, 
et le 29 avril 1843, il mourut à l'âge de quarante 
et un ans. 

QUADRIO (François-Xavier), littérateur 
italien, né à Ponte, dans la Valteline, le 1 er dé- 
cembre 1695 , entra dans la société des Jésuites 
après avoir terminé ses études à l'université de 
Pavie, enseigna à Padoue et à Bologne, séjourna 
à Modène, à Rome, à Milan, et sortit en 1744 
de chez les Jésuites. Ayant obtenu du pape la 
permission de porter l'habit de prêtre séculier, 
il vécut à Milan, occupé de travaux littéraires 
et scientifiques. Dans ses dernières années il se 
retira au couvent des Barnabites de cette ville , 
et y mourut le 21 novembre 1756. Au nombre 
des ouvrages de ce savant se trouve colui qui a 
pour titre : Délia storia e délia ragione d'o- 
gni poesïa; Bologne et Milan, 1739-1759, 7 vol. 
in-4°. Il y traite de divers objets relatifs à la 
musique, à la cantate, à l'opéra et à l'oratorio, 
dans les tomes 2 e et 3e. 

QUAGL1A (Jean Baptiste), premier orga- 
niste de l'église Sainte-Marie-Majeure, à Ber- 
game, vécut dans la seconde moitié du dix-sep- 
tième siècle. On a imprimé de sa composition : 
Motetti a voce sola, libre- primo; Bologne, 
Jacques Monli, 1668, in-8°. 

QUAGLIA (Augustin), né à Milan en 1744, 
lit ses études musicales sous la direction de 
Fioroni et de Carlo Monza. Il succéda à ce der- 
nier dans la place d'organiste de la cathédrale, 
et en 1802 il obtint celle de maître de chapelle 
de cette église. Il vivait encore à Milan en 1812. 
Des copies manuscrites de ses compositions pour 
l'église sont répandues en Italie. L'abbé San- 
tini, de Borne, possède un Magnificat à 4 voix 
sous son nom. 

QUAGLIATI (Paul), compositeur de l'é- 
cole romaine, fut considéré comme un des cla- 
vecinistes les plus distingués, au commencement 
du dix-septième siècle. Le catalogue de la mu- 
sique de l'abbé Sautini lui donne le titre de 
maître de chapelle de l'église Sainte-Marie Ma- 
jeure, en 1612; cependant il ne figure pas parmi 
les maîtres de cette chapelle, dont l'abbé Baini 
a donné la liste dans ses Mémoires sur la vie et 
les ouvrages de J. Pierluigi de Palestrina (note 
440). Délia Valle prétend {Délia musica dell' 
età nostra, dans les œuvres de J. B. Doni, t. II, 
p. 251) que Qnagliati fut le premier qui intro- 
duisit h Borne le chant dramatique, ou qui du 
moins le traita avec grâce ; ruais il est évident 



qu'Emilio del Cavalière eut ce mérite avant lui, 
ou du moins en même temps. Le même Délia 
Valle cite une sorte de drame à 5 voix et 5 ins- 
truments composé par Quagliati en 1606, et qui 
fut exécuté dans un char, au carnaval de cette 
année; c'est sans doute ce même drame qui a 
été publié sous ce titre : Carro di fedellà 
d'Amore rappresentalo in Rotna da cinque 
voci per cantar soli et insieme, con aggiunio 
d'arie a iina, due e ire voci; Rome, 1611, 
in-fol. On ne comprend pas ce que veulent dire 
les auteurs du Dictionnaire historique des 
musiciens (Paris, 1810-1811), lorsqu'ils écrivent 
cette phrase : Il (Quagliati) est le premier qui 
introduisit dans les églises le chant à plu- 
sieurs parties. Cette absurde proposition est 
démentie par les faits rapportés en cent endroits 
de leur propre livre. L'abbé Santini, de Borne, 
possède dix-neuf motets à huit voix, de Qua- 
gliati, ainsi qu'un Dixit à douze voix. Ou trouve 
des morceaux de Quagliati dans la collection 
qui a pour titre : Canzonette alla romana di 
diversi eccellentissimi musici romani a tre 
voci ; Anvers, P. Phalèse, 1607, in-4° obi. On 
connaît aussi de ce maître un ouvrage intitulé : 
Motteti e dialoghi a 2, 3, 4, 5 e 8 voci; Roma, 
appresso Roblelti, 1620. 

QUAISAIN (Adrien), né à Paris, en 1766, 
fut enfant de chœur à l'église Saint- Jacques 
du Haut-Pas, et y apprit à chanter. Après la clô- 
ture des églises, qui suivit les événements de la 
révolution, il reçut de Beiton des leçons d'har- 
monie. En 1797 il se fit acteur d'opéra, et débuta 
au Théâtre des Amis des arts, autrement 
théâtre Molière, rue Saint-Martin , dans un 
opéra de sa composition intitulé Sylvain et Lu- 
cette ou La Vendange , qui eut un succès 
agréable. Au mois d'avril 1799 Quaisain fut 
nommé chef d'orchestre du théâtre de l'Ambigu- 
Comique. Il prit sa retraite de cet emploi en 
1819, après vingt ans de service, et mourut le 
15 mai 1828, à l'âge de soixante-deux ans. Il 
composa la musique d'un grand nombre de 
mélodrames, entre autres : Tekely , le Juge- 
ment de Salomon, la Prise de Jérusalem, le 
Fils banni, Jean de Calais, et le Belvédère 
ou la Vallée de VEtna. 

QUALEIVBERG (Jean-Michel), clarinet- 
tiste de Vienne, entra au service de l'électeur 
palatin en 1772, et mourut à Manheim en 1793. 
Il a fait insérer dans la Correspondance musicale 
de Spire (année 1791, p. 169) un morceau inti- 
tulé : Histoire véritable d'un violon de Steiner 
Qualenberg avait le titre de conseiller de cour de 
l'électeur palatin. 

QUANDT ( Chrétien-Frédéric) , écrivain 

(0. 



148 



QUAND! — QUANTZ 



sur la musique et acousticten, naquit à Hcrrnliut, 
en Saxe, le 17 septembre 17GG. Après avoir fait 
ses humanités au collège de Niesky , près de 
Gccrlitz, il commença un cours de théologie ; 
mais il abandonna cette science pour la méde- 
cine, qu'il étudia à Jéna depuis 1788 jusqu'en 
1791, où il reçut le grade de docteur. 1! lit alors 
un voyage à Londres pour y étudier la médecine 
expérimentale dans les hôpitaux. De retour à 
Niesky, en 1793, il s'y livra à l'exercice de son 
art. Son mérite le lit choisir en 1797, par la 
société des arts de la Lusare supérieure, pour 
un de ses membres. Il lui fournit plusieurs 
morceaux intéressants pour ses mémoires; mais 
une maladie de poitrine vint l'arrêter dans ses 
travaux, et le conduisit au tombeau le 30 janvier 
1806, et non le 6 octobre, comme le dit M. liec- 
ker. Quandt s'est particulièrement fait connaître 
par ses travaux sur la musique et sur l'acous- 
tique. Depuis son enfance, il avait montré d'heu- 
reuses dispositions pour cet art. Il jouait bien du 
piano; mais l'acoustique appela particulièrement 
son attention. Les écrits de Chladni lui avaient 
fourni l'idée d'un instrument à frottement auquel 
il donna, comme ce savant acousticien, le nom 
tYEupkonc, mais qui était absolument différent 
de celui de Chladni, sous le rapport de la cons- 
truction. On lui doit aussi des essais de per- 
fectionnement pour la harpe éolienne et pour 
l'harmonica. Enfin il construisit deux pianos qui 
obtinrent les éloges des connaisseurs. Il était 
peintre distingué, et avait une rare habileté dans 
l'équitation. Comme écrivain sur la musique, 
Quandt s'est fait connaître par les morceaux 
suivants : 1° Essais et observations sur la harpe 
éolienne, dans le recueil mensuel de la Lusace 
(Lausitzische Monatschrift, 1795, nov., n° 11), 
et dans le Journal des modes (mars 1799). — 
2° Sur l'Harmonica et les instruments du même 
genre, avec des observations sur le son d'har- 
monica en général ( Lausilz. Monatschrift , 
1797, mars, n° 2). — 3° Sur les sons qu'on tire 
du verre et d'autres corps ( Gazette musicale de 
Leipsick, 2 e année page 32l). — 4° Supplément 
à la Dissertation de Kneclit sur l'harmonie ( Ga- 
lette musicale de Leipsick, tome I, pages 346 
et suiv.). 

QUANTZ iJf.an-Joaciiim) ou QUANZ, flû- 
tiste célèbre, naquit à Obersrhaden, dans le Ha- 
novre, le 30 janvier 1697. Devenu orphelin à 
l'âge de dix ans, il alla prendre des leçons de 
musique chez son oncle, qu'il perdit au bout de 
quelques mois, puis chez le musicien de ville qui 
lui avait succédé. Il demeura sept ans et demi 
chez celui-ci , cl apprit «à jouer du violon, du 
hautbois et de la trompette. Kiesewctter, orga- 



niste de quelque mérite, lui donna aussi des le- 
çons de clavecin. Les compositions de Hoffman, 
de Heinichen et de Telemann avaient été d'abord 
les objets de ses études ; les chanteurs et les 
virtuoses étrangers qu'il entendit ensuite dans la 
chapelle du duc de Mersebourg commencèrent 
à perfectionner son goût, et lui inspirèrent le 
désir de voyager pour augmenter son savoir. 
Dresde, où se trouvaient alors plusieurs artistes 
distingués, lui parut le lieu le plus convenable 
pour la réalisation de ses projets : il s'y rendit en 
1714. Cependant les difficultés qu'il y rencontra 
pour assurer sa subsistance l'obligèrent à s'en 
éloigner, et la seule ressource qui s'offrit à lui 
fut de se retirer à P.adeberg, chez le musicien de 
la ville, qu'il aida dans s. s fonctions, en don- 
nant, des leçons et jouant des danses dans les 
fêtes de village. L'incendie qui réduisit en cen- 
dres cette petite ville l'obligea à chercher asile 
à Pirna, chez un autre musicien, qui lui com- 
muniqua les concertos de Vivaldi, considérés 
alors comme les meilleures compositions dans 
leur genre, et qui devinrent les modèles de ses 
premiers essais. La proximité de Pirna et de 
Dresde lui permit de faire de fréquents voyages 
dans cette dernière ville et d'y connaître Heine, 
bon musicien de ville, qui consentit à le rece- 
voir chez lui, en qualité de prévôt. Fixé dans 
la capitale de la Saxe en 1716, il y puisa dans 
la société de Pisendel , Veracini, Hebenstreit, 
Weiss, Richter et Buffardin , le goût du beau, 
et le sentiment d'une perfection relative qu'il 
s'efforça d'atteindre. Dans l'année suivante, 
le maître de chapelle Schmidt, après avoir en- 
tendu Quantz jouer un concerto de trompette, 
voulut l'attacher à la chapelle électorale pour 
cet instrument; mais le jeune artiste préféra 
la position de hautboïste qui lui était offerte 
dans la chapelle royale de Varsovie : il se rendit 
dans cette ville en 1718, et ce fut alors que, 
désespérant de parvenir à l'habileté qu'il désirait 
sur le violon et sur le hautbois , il s'attacha spé- 
cialement à la flûte, sous la direction de Buf- 
fardin et de Pisendel. Ses premiers essais de 
composition consistèrent en quelques morceaux 
pour cet instrument. Guidé par son instinct, il 
les écrivit sens avoir étudié les règles de l'har- 
monie; mais bientôt il sentit la nécessité de 
connaître ces règles, et le compositeur bohème 
Zelenka lui donna les premières leçons de con- 
trepoint. La formation de l'excellent opéra de 
Dresde amena au service du roi de Pologne, en 
1719, des chanteurs de premier ordre, tels que 
Senesino, Borselli, Durantasti et les cantatrices 
Tesi et Faustina. En écoutant ces grands artistes, 
Quantz comprit qu'il devait apprendre d'eux l'art 



QUAINTZ 



i i.r» 



de chanter sur son instrument, et ils devinrent 
ses modèles. Accompagné de Weiss et de Gratin, 
i! se rendit à Prague en 1723, pour assister à 
l'exécution de l'opéra de Fux , Costanza e For- 
tezza, composé à l'occasion du couronnement de 
l'empereur Charles VF, comme roi de Bohême. 
On avait réuni, pour cette exécution solennelle, 
cent chanteurs et deux cents instrumentistes. Ce 
fut là que Quantz entendit pour la première 
fois Tartini, dont il admira le beau son et le mé- 
canisme, quoiqu'il trouvât son style sec et dé- 
pourvu de charme. 

En 1724, Quantz obtint du roi la permission 
d'accompagner à Rome le comte de Lagnasco, 
ambassadeur de Pologne près du saint-siége. A 
peine arrivé dans cette ville, il alla chez Gaspa- 
rini, qui lui donna quelques leçons de contre- 
point. L'année suivante il se rendit à Naples, où 
il trouva Hasse, qui étudiait alors sous la direc- 
tion d'Alexandre Scarlatti , et qui présenta son 
compatriote à ce grand maître. Scarlatti n'ai- 
mait pas les instruments à vent, parce qu'ils 
étaient fort imparfaits de son temps ; mais lors- 
qu'il entendit Quantz, il avoua qu'il ne croyait 
pas qu'on pût tirer de !a flûte des intonations 
si justes et de si beaux sons. Une aventure d'a- 
mour, qui faillit coûter la vie au virtuose, l'o- 
bligea de quitter Naples à l'improviste. De retour 
à Rome, il y entendit le fameux Miserere d'Al- 
legri pendant la semaine sainte, puis il visita les 
principales villes d'Italie. A Venise, il se lia d'a- 
mitié avec Vinci, Porpora et Vivaldi. Le 15 
août 1726, il arriva à Paris. Le style de la mu- 
sique française ne le satisfit point, et l'orchestre 
de l'Opéra lui parut fort mauvais, quoiqu'il ac- 
cordât des éloges à quelques artistes, particu- 
lièrement à Forqueray, à Marais, pour la basse 
de viole ; à Batiste, pour le violon ; à Blavet, 
pour la flûte. Ce fut à Paris que Quantz fit un 
premier essai de perfectionnement pour ce der- 
nier instrument, en y ajoutant une deuxième 
clef. Après huit mois de séjour dans cette ville, 
il fut rappelé à Dresde, mais il voulut visiter 
l'Anglelene avant d'y retourner, et arriva à Lon- 
dres le 20 mars 1727. L'Opéra, dirigé parHœndel, 
y était alors dans sa plus grande splendeur. On 
y remarquait parmi les chanteurs Senesino, la 
Cuzzoni et la Faustina ; l'orchestre, en grande 
partie composé de musiciens allemands, était 
excellent. Des offres avantageuses furent faites 
à Quantz pour le retenir à Londres ; mais sa pa- 
role était engagée avec la cour de Saxe, et il partit 
pour Dresde, où il arriva le 23 juillet, après avoir 
traversé la Hollande, le Hanovre et Brunswick. 

La longue absence de Quantz, ses voyages, 
ses relations avec les artistes célèbres en tout 



genre, avaient mûri son talent. Il reparut à 
Dresde avec éclat, et son traitement y fut dou- 
blé par la cour. Dans la même année, il suivit 
le roi à Berlin. La reine de Prusse, charmée de 
son talent , lui fit offrir une place dans sa mu- 
sique, avec des appointements de 800 écus; 
mais le roi son maître ne permit pas qu'il quittât 
son service. La seule chose qu'il lui accorda, 
fut de faire un voyage chaque année pour don- 
ner des leçons de flûte au prince royal, qui plus 
tard fut roi de Prusse, sous le nom de Frédéric 1 1 
Après la mort du roi de. Pologne (1733), son 
successeur (Frédéric -Auguste), voulant garder 
Quantz à son service, lui accorda un trai- 
tement de huit cents thalers, et la permission 
de faire deux voyages chaque année pour visiter 
son royal élève. En 1734 Quantz publia ses pre- 
mières sonates pour la flûte, lise maria en 1737 
avec la veuve d'un musicien de la cour de 
Dresde, nommé Schindler, et deux ans après il 
établit une manufacture de flûtes, suivant son 
nouveau système. Cette entreprise fut heureuse, 
et l'artiste y gagna beaucoup d'argent. Frédé- 
ric II, étant monté sur le trône en 1741, lui fit 
offrir des appointements de 2,000 thalers (7,500 
francs) avec promesse de lui payer chacune de 
ses compositions, s'il consentait à se fixer à Ber- 
lin. Ces propositions furent acceptées, et Quantz 
s'éloigna de la cour de Dresde. Sa faveur auprès 
de Frédéric fut sans bornes. Ses fonctions con- 
sistaient à se rendre chaque jour chez le roi pour 
jouer avec lui des duos de flûte, ou essayer de 
nouveaux concertos , à écrire toute la musique 
que Frédéric exécutait, enfin, à battre la mesure 
des concertos aux concerts qui avaient lieu cha- 
que soir dans les appartements du roi. 

Indépendamment de la clef qu'il avait ajoutée 
à la flûte, Quantz contribua à l'amélioration de 
cet. instrument par l'invention de la pompe d'al- 
longe pour la pièce supérieure, qui permet de 
maintenir l'accord de l'instrument avec l'or- 
chestre, lorsqu'il s'échauffe et tend à monter. 
Cette invention n'a été introduite en France que 
longtemps après. Cet artiste célèbre fit plus 
encore pour l'art, en publiant son Essai d'une 
méthode pour apprendre à jouer de la flûte 
traversicre, dont les éditions et les traductions 
se sont multipliées, et qui peut être encore lu 
avec fruit, «nonobstant les progrès que l'art a 
faits dans l'espace do plus d'un siècle écoulé 
depuis la publication de ce livre. Après trente- 
deux ans d'une existence heureuse et hono- 
rable à la couf de Prusse, Quantz mourut 
à Potsdam, le 13 juillet 1773, à l'âge de 
soixante-seize ans. C'est à lui que l'art de jouer 
de la llûte est redevable de ses progrès les plus 



IÔO 



QUANTZ — QUEISSER 



considérables. Son activité fut prodigieuse, car il 
a écrit pour le service du roi de Prusse près de 
trois cents concertos pour flûte avec orchestre, 
plus de deux cents morceaux à flûte seule, beau- 
coup de duos, de quatuors et de trios, malgré 
les soins qu'exigeaient sa manufacture de flûtes, 
et son service quotidien à la cour. La plus grande 
partie de cette musique est restée en manuscrit 
chez le roi de Prusse, et le puhlicn'en a presque 
rien connu. Quantz était encore à Dresde quand 
il publia son premier œuvre intitulé : Sei sonate 
a flauto traverso con basso per violonccîlo o 
cembalo, op. 1. Dresde, 1739, in-fol. ohlong. 
Son œuvre deuxième consiste en six duos pour 
deux flûtes; Berlin, 1759. A l'égard de deux 
œuvres de solos publiés à Amsterdam et à Paris, 
sous son nom, ils ne sont pas de lui. Quelques 
concertos manuscrits de Quantz sont indiqués 
dans le catalogue de Westphal à Hambourg 
( 1782 ). On a aussi de cet artiste des mélo- 
dies pour les hymnes de Gellert, Berlin, 1760, 
in-8°. 

Quantz s'est fait connaître avantageusement 
tomme écrivain par les ouvrages suivants : 
1° Vcrsuch einer Anweisung die Flœte traver- 
sière zu spielen mit verschiedenen zur Bcfœr- 
derung des guten Gesmacks in der praktischen 
Musik dienlichen Anmerkungen begleitet, und 
mit Exempcln erlautert, Berlin, 1752, in-4°de 
45 feuilles, avec 24 planches. La deuxième édition 
de cet ouvrage a paru à Breslau, en 1780, in-4°. Il 
y en a une troisième de 1789, à Breslau, chez Korn, 
in-4°.ll en a été fait une traduction française qui 
a été publiée sous ce titre : Essai d'une méthode 
pour apprendre à jouer de la flûte traver- 
siez, avec plusieurs remarques pour servir 
au bon goût de la musique , le tout éclairci 
par des exemples; Berlin, 175.2, iu-4° avec 24 
planches. Lustig a publié aussi une bonne tra- 
duction hollandaise de ce livre, avec des notes, 
intitulée : Grondig onderwys van den Aardt en 
de regte behandeling der Dwars/luit , etc. ; 
Amsterdam, Olofsen, 1755, in-4°. — 2° Appli- 
cation pour la flûte traversière avec deux 
clefs ; Berlin ( sans date), in-fol. — 3° Jlcm J. J. 
Quantzen Lebenslauf, von ihm selbst entuor- 
l'en ( Notice sur la vie de M. J. J. Quantz, écrite 
par lui-même); dans les Essais historiques et 
sur la musique de Marpurg, t. I, p. 197-250. 
Moldenit {voyez, ce nom) avait fait une critique 
de l'Essai sur l'art de jouer de la Flûte, dans 
une lettre intitulée : Schreibenan Ilm. Quantz-, 
nebst einigen Anmerkungen ïtlirr dessen Ver- 
such einer Anweisung die Flœte traversière 
si* spielen (sans nom de lieu et sans date); 
Quanti répondit à cette critique dans les Essais 



historiques et critiques de Marpurg, t. IV, 
p. 153-191. 

QUATREMÈRE DE QUINCY (An- 
toixe-Cw.ysostome ) est né à Paris, le 28 oc- 
tobre 1755. Successivement représentant de la 
commune de Paris, après la révolution de 1789, 
membre de l'assemblée législative et du conseil 
des Cinq-Cents, secrétaire général du départe*- 
ment de la Seine (en 1800), membre de l'Insti- 
tut (Académie des inscriptions), et secrétaire 
perpétuel de l'Académie des beaux-arts, il a 
donné sa démission de ce dernier emploi en 1 839, 
pour vivre dans la retraite. Il est mort le 28 
décembre 1849. On a de ce savant des écrits 
estimés sur les arts et les antiquités. Amateur 
passionné de musique italienne, il fut un des 
soutiens du fameux théâtre des Bouffons qu'on 
établit à Paris en 1789. A l'occasion de l'ins- 
titution de ce spectacle, il lit alors insérer dans 
le Mercure de France (année 1789, mars, 
pages 124 et suiv. ), un morceau intitulé : De 
la nature des opéras bouffons, et de l'union 
de la comédie et de la musique dans ces 
pièces. Il a été tiré des exemplaires séparés de 
cette dissertation ; Paris, 1789, 2 feuilles in-8°. 
On l'a- aussi réimprimée dans les Archives litté- 
raires ( tome XVI, page 3). Le docteur Frédé- 
ric-Auguste Weber a traduit en allemand cet écrit, 
et l'a fait insérer par extraits dans la Correspon- 
dance musicale de Spire (année 1792, pages 122, 
149, 167, 197, 203, 209 ). En sa qualité de se- 
crétaire perpétuel de l'Académie royaledes beaux- 
arts, Quatremèrc de Quincy a prononcé dans les 
séances publiques de cette académie et fait im- 
primer : 1° Notice historique sur la vie et les 
ouvrages de Paisiello; Paris, Didot, 1827, in-4°. 
— 2° Notice historique sur la vie et les ou- 
vrages de M. de Monsigny; Paris, Didot, 1818, 
in-4°. — 3° Notice historique sur la vie et les 
ouvrages de Méhul ; Paris, Didot, 1819, in-4°. 

QUEDENFELD ( W. ), professeur de piano 
à Dresde, a publié dans cette ville, chez Hils- 
cher, en 1790, Trois sonates pour le clavecin. 

QUEHL (Jacques), pasteur à Eisenacl: et en 
dernier lieu à Georgenthal, dans le duché de 
Saxe-Cobourg, a fait imprimer, à l'occasion de 
la dédicace d'un orgue nouvellement érigé dans 
ce village, un sermon intitulé : Von der edlen 
Vocal-und l 'nst rumental-M vsik Vortrcflichkcit 
und Nutzbarkeit (De l'excellence et de l'utilité 
de la noble musique vocale et instrumentale), 
Gotha, 1682, in-4°- 

QUEISSER (Ciukles-Thaucott), excellent 
tromboniste allemand, est né le 1 1 janvier 1800, 
à Dœbcn, près de Grinuna, en Saxe, où son 
père était aubergiste. Sans maître, il apprit les 



QUEISSER — QUERCU 



151 



éléments de la musique, et montra de si heu- 
reuses dispositions, que ses parents se décidèrent 
à l'envoyer chez le musicien de ville Barth, à 
Grimma. Il y apprit à jouer de tous les instru- 
ments, suivant l'usage de l'éducation chez les 
musiciens de ville, en Allemagne; et, chose re- 
marquable, le trombone fut celui dont on lui 
donna les plus faibles notions. Mais la nature 
l'avait destinée devenir tromboniste , et,parses 
études personnelles, il parvint au plus haut degré 
d'habileté, tirant le plus beau son de l'instru- 
ment, et se jouant des plus grandes difficultés. 
En 1817, Queisser se rendit à Leipsick; il y fut 
placé à l'orchestre du théâtre en 1821. Depuis 
1824, il y joue de l'alto, et ne se fait entendre 
comme tromboniste que dans de rares occasions. 
Il s'est fait admirer par son talent à Francfort, 
à Dresde et dans quelques autres villes. Son 
frère Jean-Théophile, né à Dceben en 1808, est 
aussi habile artiste sur le trombone. Il occupe 
la place de tromboniste solo dans la chapelle 
royale de Dresde. On ne connaît de la compo- 
sition de Queisser que des danses allemandes 
pour orchestre ; Leipsick, Dreilkopf et ïlaertel. 

QUENSTEDT (Jean-André), docteur et 
professeur en théologie, assesseur du consis- 
toire, à Wittenberg, naquit à Quedlinbourg, le 
13 août 1G17, et mourut à Wittenberg, le 22 
mai 1688. On a de lui un écrit intitulé : De prœ- 
cibus publias, psalmorum, necnon sacrorum 
ordine, Wittenberg, 1686. Selon l'ancien lexique 
de Gerber, cette dissertation se trouve aussi 
dans un autre ouvrage du même auteur, intitulé 
Antiquitates biblicœ et ecclesiasticx. 

QUENTIN (Louis), violoniste de l'Opéra 
de Paris, entra à l'orchestre de ce théâtre en 
1706, et se retira en 1746 avec la pension, après 
quarante ans de service. Il a publié, depuis 1713 
jusqu'en 1737, quatre œuvres de sonates pour 
le violon, et trois livres de trios pour deux vio- 
lons et basse continue. 

QUERCU (Simon DE), premier chantre ou 
maître de chapelle de Louis Sforce, duc de Mi- 
lan, naquit dans le Brabant, vers la seconde 
moitié du quinzième siècle. Gruber pense que le 
nom latin sous lequel il est connu est la traduc- 
tion de Du Quesne, et Valère André, suivi par 
Foppens, l'appelle Van der Eyken . Pacquot lui 
conserve le nom de Quercu. Pour moi, je crois 
que le nom véritable de cet artiste était Eiken- 
hout, nom flamand de Duchesne ou Duchenc, si- 
gnification exacte de de quercu. On ne sait sur 
quelle autorité Gerber dit (1) que ce musicien 



(i)Neueshistor. Biograph. Lexikonder Tonkiinstler, 
tom 1", p. 783. 



naquit à Bruxelles; de Quercu se qualifie sim- 
plement de Brabançon au titre de l'ouvrage 
dont il sera parlé tout à l'heure : per Simonem 
Brabantinum de Quercu, cantorem ducum 
Mediolanen. confectum. Je crois avoir lu 
quelque part que l'artiste dont il s'agit était 
de Bois-le-Duc; mais ce souvenir est vague. Les 
deux jeunes ducs Maximilien et François-Marie 
Sforce ayant été envoyés par leur père à Vienne, 
auprès de l'empereur Maximilien, De Quercu 
les y accompagna, et y publia un petit traité de 
musique intitulé : Opusculum musices per 
quam brevissimum de .Gregoriana et figura- 
tiva atque contrapuncto simplici percom- 
mode traclans : omnibus cantu observ antibus 
utile ac necessarium, Vienne,Winterburger(l), 
1509, in-4°. L'épître dédicatoire de eet opuscule 
est datée de Milan, 1508. Les circonstances du 
voyage de Quercu à Vienne sont rapportées par 
lui-même dans sa préface. J'ai indiqué dans la 
l' e édition de hBiographiedesMusiciens,commQ 
la deuxième édition du même ouvrage, celle 
qui fut publiée à Landshut en 1518; c'était une 
erreur où m'avaient entraîné Forkel et Gerber; 
la deuxième édition véritable, dont l'existence 
me fut d'abord révélée par Georges Pray (2), et 
dont j'ai acquis ensuite un exemplaire, porte 
exactement le même titre : le frontispice est orné 
d'une charmante gravure sur bois d'Albert Du- 
rer, et porte au bas ces mots : Dtis Joan. 
Weyssenburger Nurembergx impressit. Au 
dernier feuillet, après le mot telos (fin), on lit: 

ireyssenburgerus tenui me grammate pressit 
A'omine Joannes cui labor iste placet, 

1513, in-4 gothique de 34 feuillets non chiffrés. 
Valère André, Foppens et Paquot n'ont pas connu 
ces éditions. Walther (3) a cité, sous la date 
de 1516, l'édition de Landshut, qui est la troi- 
sième ; toutefois la date véritable est celle qui 
est donnée par Conrad Gesner, sous ce titre 
abrégé : Libellus de musica gregoriana ctfi- 
gurafivaac contrapuncto simplici, cumexem- 
plis; Landshut, 1518, in-8°. Valère André, 
Foppens et Paquot ont altéré ce titre. Des exem- 
plaires de la première édition et de la troisième 

* 

(1) Forkel, AUgemeine Litteratur der Musik, p. J9S, 
écrit le nom de l'imprimeur Winterburg ; il a été copié 
par Gerber, Becker, Lichtcnthal et tous les autres bio- 
graphes et bibliographes; mais ce nom est Winterburger, 
c'est-à-dire de Winterburg, parce que le typographe dont 
il s'agit était né dans un petit village ainsi nommé et situé 
près de Kreutznach (Bas-Rbin). Il fut imprimeur à Vienne 
dans les dernières années du quinzième siècle et au 
commencement du seizième. 

(2) Index rarior. libror. ■Biblioth. Universit. régi» 
Dudensis; Budx, 1781, part. Il, p. 8*7. 

(3) Musikal. Lexikon, p. 508. 



152 



QUERCU — QUIGNARD 



de cet opuscule sont à la Bibliothèque impériale 
de Paris. Simon de Quercu se trouvait encore à 
Vienne en 1513, car il y fut l'éditeur d'un vo- 
lume contenant tout l'office des morts suivant 
l'usage de Padoue, lequel est intitulé : VigiUi cum 
Vesperis et erequiis mortuorum annexis can- 
ticis eorundem et céleris in eisdempromore 
subnotatis. A la fin du volume, on lit : Hune 
emendatissimum Yigiliarum majorum et mi- 
norum codicem : annexis caniieis : Vesperis: 
et exequiis defunctorum secundum ritum 
ecclesix Palavien. imjiressit Joh. Winterbr 
civis Viennensis. Emendatore D. Simone de 
Quercu Brabantino ; Vienne, 1513, petit in-foi. 

QUERHAMER (Gaspard), bourgmestre à 
Halle, en Saxe, mort le 19 mars 1557, a composé 
quelques-unes des mélodies du livre des canti- 
ques publié par Michel Vœh, à Halle, en 1537. 

QUERhXI (le P. Jules-César), moine ser- 
vite du couvent de Foligno, dans la seconde moi- 
tié ilu dix-septième siècle, a composé la mu- 
sique d'un ouvrage intitulé : 5. Fili/ipo Beniz- 
zio, oratorio per musica recitato in occasione 
di celebrarsi in città di Castello il Capitolo 
de' Padri délia provincia di Borna delV or- 
dîne de' Servi di Maria Virgine. L'exécution 
de cet oratorio a eu lieu à Castello, en 1092, 
ainsi que le prouve le livret imprimé à Foligno 
dans celte année, in-8°. 

QUERLOA t (Anne-Gabriel MEUSMER DE), 
Itlératcur, né à Nantes, en 1705, acheva ses 
•tudes à Paris, et fut attaché pendant huit ans à 
a Bibliothèque royale pour la conservation des 
nanuscrits. Plus tard il devint rédacteur de la 
iazette de France et des Petites Affiches de 
>rovincc. Vers la fin de sa vieil fut bibliothécaire 
lu fermier général Beaujon. Il mourut à Paris 
le 22 avril 1780, à Page de soixante-dix-huit 
ans. Parmi les nombreux écrits de Qucrlon, on 
remarque une plaisanterie intitulée : Code ly- 
rique, ou Règlement pour l'Opéra de Paris, 
Utopie (Paris), 1743, in- 12 de 68 pages. Il est 
aussi l'auteur d'un pamphlet publié sous ce titre : 
Réponse au faction de la demoiselle Petit, 
ci-devant actrice à l'Opéra, pour Mademoi- 
selle Jacquet, accusée d'imposture et de ca- 
lomnie (sans date et sans nom de lieu), 1 feuille 
in-4". Enfin on attribue à De Qucrlon le Mé- 
moire historique sur la chanson en général, 
et en particulier sur la chanson française, 
qu'on trouve en tète du premier volume de 
V Anthologie française, publiée par Monnet 
{voyez ce nom) 

QUKSDENA (François), compositeur sici- 
lien, vécut dans les dernières années du dix-sep- 
tième siècle. H a écrit la musique d'un opéra in- 



titulé Gelidaura, lequel fut représenté, en 1692, 
au théâtre SS. Giovanni e Paolo de Venise. 

QUICHER AT (Louis), ancien professeur de 
rhétorique, agrégé de l'université de France, est 
né à Paris, en 1799. En 1847, il a été nommé 
conservateur des manuscrits de la bibliothèque 
Sainte Geneviève de cette ville. Auteur d'un bon 
traité delà versification latine, dont la quinzième 
édition a paru en 1858 ; il a donné aussi un Traité 
de la versification franc aise , ouvrage intéres- 
sant pour les compositeurs de musique, parce 
que M. Quicherat y a développé les principes de 
Scoppa (voyez ce nom) concernant les fonctions 
de l'accent dans la poésie française. On doit au 
même littérateur un Traité élémentaire de 
musique; Paris, Hachette, 1833,1 vol. in-!2de 
114 liages, dont la dernière édition a paru chez 
le même, sous le titre, Principes raisonnes de 
i la musique, 1846. 1 vol.in-8 . Enfin, M. Qui- 
cherat a publié plusieurs écrits relatifs à la mu- 
sique dans la Revue de V Instruction publique. 
Pour ses autres travaux étrangers à cet art, on 
peut consulter les ouvrages généraux de bio- 
graphie et de bibliographie. 

QUIDAiXT (Joseph), connu sous les noms 
ô" Alfred Quidant, bien qu'Alfred ne soit pas 
son prénom, est fils d'un marchand d'instruments 
de Lyon. Il est né dans cette ville , le 7 décem- 
bre 18 15, et y a fait ses premières études de 
musique et de piano. Arrivé à Paris à l'âge de 
seize ans, il entra au Conservatoire le 1" avril 
1832; mais il y resta peu de temps, parce qu'il 
fut attaché à la maison du célèbre facteur de 
pianos Erard, pour faire entendre les instruments 
aux amateurs qui visitaient les magasins. Son 
talent de pianiste s'étant perfectionné par de 
persévérantes études, c'est le même artifte qui 
a fait briller les produits de cette grande maison, 
pendant trente ans environ, dans toutes les ex- 
positions de l'industrie, soit nationales, soit 
universelles. M. Quidant s'est fait connaître 
comme compositeur par un certain nombre de 
légères productions pour le piano, parmi les- 
quelles on remarque : 1° La Fête au village, 
grande valse; Paris, Lemoine. — 2° Fantaisie, 
en forme de valse chromatique; Paris, Colom- 
bier. — 3° Cantique, ou Fantaisie de Salon, op. 
13,; ibid. — 4° Mazrppa, grande étude-galop, 
op. 21; ibid. — 5 J Les Mystères du cœur, 
pièces de genre, en cinq numéros, op. 24, 27, 
3u, 32, 33; ibid. — 6° Grande étude-valse, op. 
29, ibid. — 7° La Marche -de l'Univers, fantai- 
sie, op. 34, ibid. — 8» L'Horloge à musique, 
caprice, op. 35, ibid., etc. 

QUIGNARD (....), maître de musique de 
la cathédrale de Soissons, en 1752, a publié de- 



QUIGNARD — QUINZANI 



153 



puis 1746 jusqu'en 1754 la canlate d'Andro- 
mède, lescantatilles Le Flambeau de l'Amour, 
Le Retour du Roi, L'Isle d*s Plaisirs, La 
Paix, et Daphnis et Chloê. On a aussi de lui 
trois livres d'airs à chanter, trois livres de so- 
nates pour deux flûtes et un livre de sonates en 
trios pour deux violons et basse. Les auteurs du 
Dictionnaire des musiciens (Paris, 1810-1811), 
disent que le premier livre des sonates pour deux 
flûtes de Quignard a paru en 1756; c'est une 
erreur, car, dom Caffiaux cite les trois livres 
dans son Histoire delà musique, qu'il acheva en 
1754. Quignard a écrit aussi des messes et des 
motets pour le service de la cathédrale de Sois- 
sons; mais ces compositions sont restées en ma- 
nuscrit. 

QUILICI (Maximilien), directeur delà mu- 
sique particulière du duc de Lucques, est né dans 
la ville de ce nom, au commencement du dix- 
neuvième siècle. Le premier ouvrage qui a fait 
connaître cet artiste est l'opéra Francesca di 
Rimini, qui fut représenté au théâtre ducal de 
Lucques en 1829. Ce même opéra, joué au théâ- 
tre de la Pergola à Florence, le 15 septembre 1831, 
n'eut pasdesnccès et n'obtint que trois représenta- 
tions. Une messe, composée par le maître Quilici, 
tut exécutée à l'église Saint -Ferdinand de Luc- 
ques, en 1843, et fut considérée alors comme un 
bon ouvrage. Le même artiste a écrit des chœurs 
et des cantates pour le service de la cour. Quel- 
ques morceaux de la partition de Francesca di 
Rimini ont été gravés avec accompagnement de 
piano, à Milan, chez Ricordi, ainsi que six ariet- 
tes à voix seule avec piano de M. Quilici. Lorsque 
le Lycée musical de Lucques a été organisé, 
en 1841, le maître Quilici y a été chargé de l'en- 
seignement du chant, de l'accompagnement, de la 
théorie de la musique et de l'esthétique. 

QUILLET (Charles), amateur de musique, 
né a Passy, près de Paris, en 1797, est fils d'un 
chef de bureau du ministère de la guerre. ]1 s'est 
fait connaître par un petit ouvrage qui a pour 
titre -. Méthode pour connaître dans quel ton 
l'on est, et pour savoir ce qu'il faut à la clé 
(sic) dans tous les tons, Paris, Henri Lemoine, 
1829, in-4°. Cette méthode, purement empirique, 
n'est pas propre à faire distinguer le ton par les 
élèves, lorsque la pièce de musique module. 

QUINAULT (Jean - Baptiste - Maurice ) , 
connu sous le nom de Quinault aîné, fils d'un 
acteur delà Comédie française, qui obtint du duc 
d'Orléans, régent du royaume, des lettres de 
noblesse, débuta le 6 mai 1712 au Théâtre-Fran- 
çais, dans le rôle d'Hippolyte de Phèdre, fut 
reçu le 27 juin suivant, et partagea avec son 
frère (Qiiinault-Dufresne) les premiers rôles dans 



la comédie, depuis 1718 jusqu'en 1733. Retiré 
dans cette dernière année à Gien, il y mourut 
en 1744. Quinault était bon musicien, chantait 
avec goût dans les divertissements de la Comé- 
die française, et composait la musique de la plu- 
part des intermèdes qu'on exécutait à ce théâ- 
tre. En 1729, il fit représenter à l'Opéra Les 
Amours des Déesses, ballet-opéra en quatre 
actes, dont la musique eut du succès. Quinault 
était homme d'esprit et brillait par ses bons 
mots dans la Société des gens de lettres. 

QUINAULT (Makie-Anne), sœur du pré^ 
cèdent, débuta à l'Opéra en 1709, dans le Belle- 
rophon de Lulli, et n'y eut qu'un succès mé- 
diocre. En 1713 elle quitta ce théâtre, et deux 
ans après elle fut reçue à la Comédie française, 
d'où elle se retira en 1722. Douée d'une rare 
beauté et de beaucoup d'esprit, elle fut la maî- 
tresse du duc d'Orléans, régent du royaume, 
puis du vieux duc de ISevers, père du duc de 
Nivernais, qui passa même plus tard pour l'avoir 
épousée en secret. La protection de ces hauts 
personnages lui avait fait obtenir une pension 
sur la cassette du roi, et un logement au Lou- 
vre, dans le pavillon de l'Infante, qu'elle con- 
serva pendant plus de soixante ans, et dans le- 
quel elle était visitée par la plus haute noblesse. 
Elle y mourut en 1793, à l'âge de plus de cent 
ans. Élève de son père pour la musique, elle 
composait des motets qu'elle faisait exécuter à 
Versailles, dans la chapelle du roi. Un de ces 
motets fut trouvé fort beau et lui fit obtenir, 
grâce à la bienveillance du duc d'Orléans, le 
grand cordon de l'ordre de Saint-Michel ; dis- 
tinction qui n'avait jamais été accordée à une 
femme, et qu'aucune autre n'a eue après made- 
moiselle Quinault. 

QUINTANELLA (Hyacinthe), mansion- 
naire de la collégiale de Saint- Pétrone, à Bolo- 
gne, et maître de chapelle de l'église Saint- 
Étienne de la même ville, vécut dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Il fut académicien 
philharmonique. On a imprimé de sa composi- 
tion un ouvrage intitulé : Il primo libro de 
Motetti a voce sola, op. 1, Bologne, Giac. 
Monti, 1672, in-4°. 

QUI1XZA1XI (Lucrezio), moine de Cîteaux 
au monastère de la Cava, naquit à Crémone, 
vers le milieu du seizième siècle. Il fut consi- 
déré comme un des meilleurs musiciens de son 
temps. On connaît de lui un ouvrage qui a pour 
titre : lntroitus Missarum quatuor vocum, 
Francfort-sur-le-Mein, 1585, in-4°. Celte édi- 
tion est faite d'après une autre qui avait été 
publiée en Italie (voy. Arisi, Cremona litteruta, 
t. II, p. 455). 



154 



QUINTILLIEN — QU1TSCHREIBER 



QULMTILLIEN (Aristide). Voyez ARIS- 
TIDE QUINTILLIEN. 

QU1RSFELD (Jean), né à Dresde, le 22 
juillet 1642, lit ses études à Wittenberg, et y 
obtint le grade de maître en philosophie. Après 
qu'il eut quitté cette université, il fut nommé 
cantor àPirna, puis diacre, et enfin archidiacre 
dans cette ville, où il mourut le 18 juin 1686. 
On lui doit un traité élémentaire de musique, 
à l'usage des écoles, sous ce titre : Breviarium 
musicum oder kurzer Begriff, me ein Knabe 
leicht und bald zur Singe-Kunst, etc., erler- 
nen kan (Abrégé de musique, ou court précis 
dans lequel un garçon peut apprendre facilement 
et en peu de temps l'art du chant); Pirna, 1675, 
in-8° quatre feuilles et demie. Une 2 e édition, 
augmentée d'exercices et de canons à deux voix, 
dans les douze modes, a été publiée à Dresde, 
chez Martin Gabriel Hubner, en 1683, 112 pages 
in-8°, avec une préface de cet éditeur. La troi- 
sième édition a été publiée chez le même en 
1688, la quatrième en 1702, et la dernière en 
1717, toutes in-8° de huit feuilles et demie. 
Quirsfeld a aussi publié un livre choral inti- 
tulé : Geistlicher Harfenklang auf zehn Sai- 
ten, etc , in einem vollsisendigen Gezangbu- 
chc, darinnenûbcr 1000 Lieder zu finden, etc. 
(Son de la harpe spirituelle de dix cordes, con- 
sistant en un livre choral complet, où se trou- 
vent plus de mille chants, etc.) ; Leipsick, 1679, 



in-8°. Corneille de Benjjhem cite aussi du 
même auteur ( Bibliath. Mathcm., p. 108) un 
livre intitulé : Aurifadina mathematica de 
sono; Leipsick, 1675, in-8°. 

QU1TSCHREIBER( Georges), né à Cra- 
nichfeld, en Saxe, le 30 décembre 1569, fut 
nommé, en 1594, par le comte deScbwarzbourg, 
cantor et maître d'école à Rudolstadt. En 1598, 
il obtint la place de cantor à Jéna;en 1614, il 
eut la place de ministre à Heinichen, et en 1629, 
il réunit en la même qualité les paroisses de 
Magdala, Ottstedt et Mœina. Il mourut en ce 
dernier endroit en 1638. On a de lui un livre 
élémentaire concernant l'art du chant, intitulé 
De canendi clegantia prxcepta ; Jéna, 1598, 
in-4°. Il a aussi publié un traité qui parait être 
destiné au même objet, et qui a pour titre : 
Kurz Musikbuchlein , in teutschen und la- 
teinischen Schulen fur die Jugend zu ge- 
brauchen, mit Bericht voie man Gesunge 
anstimmen solle (Petit livre de musique à 
l'usage de la jeunesse dans les écoles allemandes 
et latines, etc.), Leipsick, 1605, in-8°; Leipsick, 
1605, et Jéna, 1607, in-8° de six feuilles. Comme 
compositeur, Quitschreiber s'est fait connaître 
par le recueil des psaumes à qualre voix imprimé 
à Jéna, 1608, in-4°, par des chants religieux à 
quatre voix, ibid., 1611, in-4°, et par le 4 me 
psaume à six voix, ibid., 1622, in-4°. 



li 



R AAB (Léopold-Frédéric), né en 1721, à 
Glogau, en Silésie, fit pendant plusieurs années 
ses études an collège des jésuites de Breslau, et 
y apprit aussi les éléments de la musique. Rau, 
violoniste de cette ville, lui donna des leçons de 
violon, puis Raab se rendit à Berlin où il devint 
élève de François Benda. Le style de cet artiste 
lui devint si familier, qu'on avait peine à distin- 
guer ses compositions de celles de son maître. Il 
fut successivement attaché à la musique du mar- 
grave Charles et du prince Ferdinand, de la fa- 
mille royale de Prusse. Il vivait encore à Berlin 
en 1784. Ses concertos pour le violon sont restés 
en manuscrit. 

RAAB (Ernest-Henri-Otto), fils du précé- 
dent, naquit à Berlin en 1750. Il fit ses études 
musicales sous la direction de son père, et devint 
un des violonistes allemands les plus distingués 
de son temps. Admis en 1770 dans la musique 
particulière du prince Ferdinand de Prusse, il 
obtint, en 1784, un congé pour voyager en Al- 
lemagne; puis il se rendit à Pétersbourg, où il 
obtint une place de musicien de la cour. Il vivait 
encore à Pétersbourg en 1801. 

RABASSA (D. Pedro), compositeur espa- 
gnol et licencié es arts, fut nommé maître de 
chapelle de l'église métropolitaine de Valence en 
1713, qu'il ne quitta que pour une position sem- 
blable, à la cathédrale de Séville, en 1724. Il 
mourut en 1760, à un âge très-avancé. Les œu- 
vres musicales de cet artiste, particulièrement 
pour la musique d'église, à 4, à 8 et à 12 voix, 
sont en très-grand nombre. Il en existe une 
partie à Valence, et une plus grande quantité à 
Séville. M. Eslava (voyez ce nom) a inséré une 
des compositions de Rabassa dans la seconde 
série de sa collection intitulée Lira sacro.-his- 



pana. Ce maître a laissé en manuscrit un grand 
traité de contrepoint et de composition, en un 
volume in folio de 516 pages, intitulé Guia 
para los que quieran aprender composition 
( Guide pour ceux qui veulent apprendre la 
composition). 

RACAIVI (Jean-Baptiste), maître de chapeile 
de l'église Sainte-Marie Majeure, à Bergame, 
dans la seconde moitié du seizième siècle, est 
connu par les ouvrages suivants : 1° Ilprimo li- 
bro de' Madrigali a cinque voci; Venise, 1581, 
in-4°. — 2° Misse a quattro e cinque voci; Ve- 
nise, 1588, in-4°. 

RACHELLE (Pierre), premier violoncelle 
de la cour ducale de Parme, s'est fait connaître 
par un traité abrégé du violoncelle intitulé : 
Brève metodo di violoncello compilato da t etc.; 
Milan, Ricordi, in-fol de 37 pages gravées. 

RACKNITZ (Joseph-Frédéric, baron DE), 
maréchal de la maison du prince électeur de 
Saxe, et chevalier de Malte, naquit à Dresde, le 
3 novembre 1744. D'heureuses dispositions pour 
la musique lui firent cultiver cet art avec succès 
dès ses premières années. A l'âge de dix-sept 
ans, il entra au service militaire ; mais il prit sa 
retraite en 1769, futnommé chambellan en 1774, 
et maréchal du palais en 1790. En 1802 l'opéra 
de la cour et la chapelle du prince furent placés 
sous sa direction. Cet amateur a publié de sa 
composition : I e Trois sonates pour le clavecin; 
Dresde, Hilscher, 1790 — 2° Douze chansons alle- 
mandes et françaises , avec accompagnement de 
piano; ibid., 1791. — 3° Douze entr'actes arrangés 
pour le piano, ibid., 1795. Le baron de Racknitz 
a laissé en manuscrit beaucoup d'autres compo- 
sitions. Il est mort à Dresde, le 10 avril 1818. 

RACKWITZ (....), facteur d'orgues sué. 



150 



RACKW1ÏZ — IIADLNO 



dois, vivait à Stockholm en 1798. Ce fut lui qui 
construisit pour l'abbé Vogler, et sur ses plans, 
l'orchestrion et le piano que cet abbé appelait 
organochordon. 

RADECKE (Robert), né Ie31 octobre 1830, 
à Dittmannsdorf, près de Waldenburg (Silésie), 
apprit sous la direction de son père, organiste 
et cantor dans ce lieu, les éléments du violon, 
du piano et de l'orgue. Il était encore enfant 
lorsqu'il joua du pianoavec succès dans quelques 
concerts donnés dans les petites villes des envi- 
rons. Pendant les années 1845 à 1848, il fréquenta 
les classes du gymnase (collège) de Breslau. Dans 
le même temps il reçut des leçons de piano et 
d'orgue d'Ernest Koliler, et continua l'étude du 
violon chez Lùstner, ainsi que celle de la com- 
position sous la direction de Brosig. Entré au 
conservatoire de Leipsick en 1S48, il y passa 
deux années et y perfectionna son talent sur les 
trois instruments qu'il avait étudiés depuis son 
enfance. Lorsqu'il en sortit, il se livra à l'ensei- 
gnement et fut directeur de l'académie de chant 
jusqu'en 1853 : il obtint alors la place de chef 
des chœurs du théâtre; mais il ne la conserva 
pas longtemps, car dans la même année il fut 
appelé pour le service militaire dans l'armée 
prussienne. Arrivé à Berlin, il y fonda des soirées 
de musique de chambre, après qu'il eut obtenu 
son congé, et dans l'hiver de 1858-1859, il y 
établit de grands concerts de musique d'orchestre 
et de chœur, à l'imitation de ceux du Gewand- 
haus de Leipsick. Comme compositeur, Radecke 
a publié environ dix recueils de Lieder à voix 
seule avec piano, plusieurs suites de chants pour 
deux et trois voix de femmes, des pièces pour 
le piano à deux et à quatre mains, des duos pour 
piano et violon et pour piano et violoncelle ; 
enfin, on connaît de lui une ouverture à grand 
orchestre pour le drame de Shakespeare, Le Roi 
Jean. Il a fait chanter à la Peter-Kirche de 
Berlin, en 1856, le premier psaume pour un 
chœur de voix de femmes; la cantate religieuse 
intitulée Uer liebe Huldigung , pour voix seule 
et chœur de femmes, exécutée le mai 1858; 
le 13 e psaume, pour voix seule, chœur de 
voix de femmes et orgue, exécuté le 4 juin 
1859. 

RADECKE (Rodolphe), frère du précé- 
dent , né à Dittmannsdorf vit à Berlin, où il se 
livre à l'enseignement. [I a publié des Lieder à 
voix seule avec piano, des chants a 4 voix, et 
quelques pièces pour le piano. 

RADEKER (Henri), organiste et carillon- 
neur de la grande église de Harlem, vers le 
milieu du dix-huitième siècle, a fait graver de sa 
composition : 1° Caprice pour le clavecin, Ams- 



terdam, 1740. — 2° Concerto pour le clavecin, 
ibid. — 3° Deux sonates idem, ibid. 

RADEKER (Jean), (ils du précédent, naquit 
à Harlem vers 1730. Élève de son père, il fut 
d'abord organiste au village de Beverwyck, près 
de Harlem, puis il succéda à Henri Radeker dans 
ses places d'organiste et de carillonneur. Il a 
publié en 1762, à Amsterdam, trois sonates pour 
clavecin et violon ; mais il est connu principale- 
ment par sa description historique du grand 
orgue de Harlem, intitulée : Korte Beschryving 
van het beroemde en prachtige. Orgel, in de 
groole of Saint-Bavoos- Kerck te Haerlem; 
Harlem, Enschede, 1775,32 pages in-8°. 

RADICATI (Félix-Alexandre), professeur 
de violon au lycée musical de Bologne, et di- 
recteur de l'orchestre du théâtre de cette ville, 
naquit à Turin, en 1778. Son père, Maurice de* 
Radicati , appartenait à une famille noble , mais 
peu favorisée de la fortune. Félix était encore 
fort jeune lorsqu'il reçut des leçons de violon 
de Pugnani (voyez ce nom). En 1816, Radicati 
fit un voyage dans la Lombardie; deux ans 
après, il était à Vienne. Il a fait représenter à 
Bologne un opéra intitulé ■. Ricciardo Cuor di 
Ir.one. Radicati avait épousé la cantatrice Thé- 
rèse Bertinotti. Il est mort le 14 avril 1823, 
par suite des blessures qu'il reçut dans la 
chute d'une voiture où il se trouvait, et dont les 
chevaux s'emportèrent. On a gravé de la com- 
position de cet artiste : 1° Quintettes pour 2 vio- 
lons, 2 altos et violoncelle, op. 17 ; Mayence, 
Schott. — 2° Idem, op. 21 ; Vienne, Cappi. — 
3" Quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 8, 

11, 14 ; Vienne, Artaria; op. 15, Vienne, Weigl; 
op. 16, Vienne, Artaria. — 4° Trios pour vio- 
lon, alto et violoncelle, op. 7, 13; Vienne, 
Weigl; op. 20; Milan, Ricordi. — 5° Duos pour 
2 violons, op. 1,2, 3; Vienne, Cappi; op. 9, 10, 

12, 19; Vienne, Artaria. — 6° Thèmes variés 
pour violon et orchestre ou quatuor, op. 18, 22; 
Milan, Ricordi. — 7° Ariettes italiennes, avec 
ace. de piano, op. 3; Vienne, Weigl. 

RADICCI1I (Joseph), compositeur drama- 
tique, né à Rome vers le milieu du dix-huitième 
siècle, a écrit à Venise, en 1778, l'opéra intitulé 
Il Medonte. 

RADINO (Jean-Marie), organiste de l'église 
San-Qio-vanni in Vcrdara, à Padoue, dans la 
seconde moitié du seizième siècle, est connu par 
un livre de pièces pour le luth ou le clavecin, 
lequel a pour titre : Il primo libro d'intavola- 
tara di ballï d'arpicordo. In Vcnetia, oppressa 
Giacomo Vincenti, 1592, petit in-4° obi. Rien 
que le titre indique que les pièces contenuefl 
dans le recueil sont en tablature, la notation esî 



RADINO — RAFF 



15) 



ordinaire sur une portée de 5 lignes pour la 
main droite, et la partie de la main gauche, qui 
Tait l'harmonie, est notée sur une portée de 8 
lignes. 

RADOWITZ (Joseph-Marie), lieutenant 
général au service de Prusse, et membre de l'A- 
cadémie royale des sciences de Berlin, naquit 
à Blanckenbourg, le 6 février 1797, et mourut à 
Berlin le 25 décembre 1853. Le cinquième vo- 
lume de ses œuvres complètes, imprimées à 
Berlin chezReimer, renferme plusieurs morceaux 
qui concernent la musique, particulièrement la 
musique d'église, Jean-Jacques Rousseau comme 
musicien, J.-S. Bach, les impressions produites 
par la musique, la critique musicale, et l'opéra. 

RADZIW1LL (le prince Antoine-Henri), 
d'une illustre famille polonaise, est né dans le 
duché de Posen, le 13 jaillet 1775. En 1815, le 
roi de Prusse l'a nommé gouverneur du grand 
duché de Posen. Amateur passionné de musique 
et violoncelliste distingué, ce prince a publié des 
romances françaises, avec accompagnement de 
piano, des polonaises et plusieurs chants alle- 
mands. En 1796, il épousa la princesse Louise- 
Frédérique de Prusse, et le majorât de Nieswicz 
et d'Olyka lui échut en partage, Ce prince mou- 
rut à Berlin dans la nuit du 8 au 9 avril 1833. 
Son œuvre la plus considérable est la musique 
qu'il a composée sur le Faust de Gœthe, dont la 
partition a été publiée en 1835, à Berlin, chez 
Trautwein, par les soins de Rungenhagen, di- 
recteur de l'Académie royale de chant de cette 
ville, sous ce titre : Partiiur Aufgabe von 
Fursten Antomj Radziwill compositionen, zu 
den dramatischen Gedichten Faust, von Gœ- 
the. La même partition, arrangée pour piano 
seul, par J. P. Schmidt, a paru chez le même 
éditeur, et il en fut fait une traduction en polonais, 
qui a été publiée en 1844, à Wilna, chez Zu- 
wadzki. Cet ouvrage remarquable a été repré- 
senté avec succès à Dantzick, Cobourg, Hanovre, 
Kœnigsberg, Leipsick, Potsdam , Prague et 
Weimar. L'Académie royale de chant de Berlin 
l'a exécuté souvent le jour anniversaire de la 
mort du prince Radziwill. 

H A EUT (Pierkin DE), musicien flamand 
qui vécut au commencement du seizième siècle, 
n'est connu que par une messe à 4 voix, intitulée 
Quam dicunt homines, qui se trouve dans un 
manuscrit de la bibliothèque de Cambrai, 
n° 124), dont M. de Coussemaker a donné une 
description complète dans sa Notice sur les 
collections musicales de la bibliothèque de 
Cambrai (pages 65-91). Le même savant a pu- 
blié, à la fin de ce volume, le Sancius en par- 
tition de la messe de Pierkin de Raedt (n° 9) ; 



mais au lieu de la clef d'ut sur la deuxième ligne 
qui se trouve à la partie de ténor, il faut 
substituer la même clef sur la quatrième ligne, 
sans laquelle le morceau n'aurait pas de sens 
harmonique. La clef d'-ui sur la deuxième, ligne 
n'est bien placée qu'à la partie du contratenor. 

R/EUSCH (Charles), organiste distingué 
à l'église principale de Rostock, est né àWismar, 
vers 1810. Il s'est fait connaître d'une manière 
avantageuse parles ouvrages suivants : 3 Pré- 
ludes pour l'orgue, op. 1 ; Hambourg.Cranz; 2 pré- 
bides pour un clavier et pédale d'orgue, op. 2 , 
ibid. ; Pièces faciles pour l'orgue, op. 4; Leipsick, 
Hofmeister. 

RAFAËL (Charles-Frédéric), né en Bo- 
hême, fut conduit dans son enfance en Silésie, 
et reçut son éducation musicale à Breslau. Eii 
1816, il entra dans une troupe de comédiens am- 
bulants, puis fut attaché au théâtre de Breslau. 
En 1828, il quitta la scène pour se livrer à l'en- 
seignement du chant, et depuis lors il a vécu 
dans la capitale de la Silésie, en qualité de pro- 
fesseur de cet art. Il y vivait encore en 1 840. Cet 
artiste s'est fait connaître comme compositeur par 
les ouvrages suivants: 1° Pater noster( en alle- 
mand), à 4 voix, sans accompagnement; Bres- 
lau, Leuckart. — 2° Wenn's weiter nichts ist, 
chant allemand à qualre voix; Breslau, Fœrster. 
— 3° Quolibet de Kudras à voix seule, avec ac 
compagnement de piano; Breslau, Leuckart. — 
4° Les quatre saisons, chants à 4 voix d'hom- 
mes; Breslau, Fœrster. 

RAFF (Antoine), né en 1714 à Gelsdorf, 
dans le duché de Juliers, est considéré comme le 
chanteur le plus habile qu'ait produit l'Allemagne 
au dix-huitième siècle. Destiné à l'état ecclé- 
siastique, il fit ses études chez les jésuites , à 
Cologne. Déjà il était parvenu à l'âge de vingt 
ans et il ne savait pas une noie de musique. 
Des motifs inconnus ne lui ayant pas permis 
d'entrer dans les ordres, il fut obligé d'accepter 
une place de précepteur dans le lieu de sa nais- 
sance. C'est alors que la beauté de sa voix de 
ténor lui suggéra le désir d'apprendre à lire la 
musique ; mais privé du secours d'un maître, ce 
ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il apprit seul 
à déchiffrer des airs faciles. L'électeurde Cologne, 
ayant entendu parler de la belle voix de l'insti- 
tuteur de Gelsdorf, le fit venir à sa cour, et lui 
fit chanter dans un oratorio des solos qu'un mu- 
sicien de la cour lui avait appris. L'électeur de 
Bavière l'ayant entendu, dans une visite qu'il 
fit à Cologne en 1736, éprouva tant de plaisir à 
l'audition de cette belle voix, qu'il engagea Raff 
à son service et l'emmena à Munich. Le compo- 
sileur Ferandini (voyez ce, nom), alors maîtie 



158 



RAFF 



de chapelle de la cour de Bavière, fut chargé de 
diriger l'éducation musicale du chanteur impro- 
visé, et lui lit faire de rapides progrès; mais 
bientôt lui-même comprit la nécessité de coulier 
son élève aux soins d'un grand professeur de 
chant, et, d'après ses conseils, Raff futenvoyé à 
Bologne, dans l'excellente école de Bernacchi, 
dont il devint un des élèves les plus distingués. 
Après avoir reçu, pendant environ trois ans , les 
leçons de ce maître célèbre, il débuta à Florence 
avec succès; parut ensuite sur plusieurs théâ- 
tres, et retourna à Munich en 1742. Il y chanta 
dans les fêtes qui eurent lieu pour le mariage de 
l'électeur Charles- Théodore, puis il se fit entendre 
au couronnement de l'empereur à Francfort, et 
enfin il chanta en 1749 à Vienne, dans la Didone 
de Jomelli. Acleur médiocre, il rachetait par la 
perfection du chant les défauts de son jeu. Dans 
la même année, il retourna en Italie où son ta- 
lent fut accueilli avec enthousiasme, particuliè- 
rement à Naples. On rapporte comme une preuve 
des émotions que Raff pouvait faire naître par 
son chant l'anecdote suivante : La princesse 
Belmonte-Pignatelli, après la mort de son mari, 
était en proie à une douleur sombre et muette 
(pii faisait craindre pour sa vie: un mois s'était 
écoulé sans qu'elle proférât un mot ou versât une 
larme. Chaque soir on la portait dans ses jar- 
dins, les plus beaux de toutes les vidas qui en- 
vironnent Naples; mais ni le [tins beau site, ni 
le charme des soirées de cet heureux climat ne 
produisaient on elle les émotions d'attendrisse- 
ment qui seules pouvaient lui sauver la vie. Le 
hasard conduisit Raff dans ces jardins au mo- 
ment où la princesse y était couchée sur un lit 
de repos ; on le pria d'essayer l'effet de sa belle 
voix et de son talent sur les organes de la ma- 
lade; il y consentit, s'approcha du bosquet où 
reposait M me de Belmonte, et chanta la canzo- 
nette deRolli : 

Snlitario bosco ombroso; 
tir. 

La voix touchante de l'artiste, l'expression de 
son chant, la mélodie simple et douce dfl la mu • 
sique et le sens des paroles adapté aux circons 
tances, aux lieux, à la personne, produisirent 
une impression si puissante, un effet si salutaire, 
que. la princesse versa des larmes qui ne s'ar- 
rêtèrent point pendant plusieurs jours et qui la 
sauvèrent d'une mort inévitable. 

En 17.V> Raff se rendit a Lisbonne et y «liant.» 
pendant trois ans. Appelé ensuite à Madrid, il y 
débuta en I7.">;> avec un succès qui alla jusqu'à 
l'enthousiasme. La mort du roi, arrivée quatre 
ans après, ayant obligé laiinelli à s'éloigner de 



l'Espagne et à retourner en Italie, Raff, devenu 
son ami et son protégé, le suivit, et se lit en- 
tendre [sur les principaux théâtres. A Rome, il 
produisit une impression si vive, que le pape le 
décora de l'ordre de l'Éperon d'or. En 1770, il 
s'aperçut des atteintes portées par le temps à la 
souplesse et au timbre de son organe vocal, et 
prit la résolution de quitter la scène. De retour 
à Manheim dans la même année, il y chanta, à 
la demande de l'électeur palatin, dans l'opéra 
intitulé Giinther von Schwarzbourg. En 1770 
il fit un voyage à Paris, puis retourna à Man- 
heim, et suivit la cour palatine à Munich, 
en 1779. Alors il ouvrit, dans sa maison, une 
école de chant; mais la sévérité des études ou 
il voulait astreindre ses élèves les lui lit |>erdre 
bientôt, dans un pays où l'art du chant véritable 
n'était pas estimé à sa juste valeur. Alors le cé- 
lèbre chanteur cessa de s'occu|>er de musique, 
vendit le piano qui servait à l'accompagner, 
donna la collection de ses airs à un ami, et se 
livra aux exercices de dévotion, La lecture de 
livres pieux et de médecine, interrompue seu- 
lement par celle des poésies de Métastase et des 
ouvrages de Cervantes , occupait ses loisirs. Il 
mourut à Munich le 28 mai 1797, à l'âge de 
quatre-vingt-trois ans. 

RAFF (JoAcmM), pianiste, violoniste, et 
compositeur, est né le -27 mai 1822 à Lacben, sur 
le lac de Zurich (Suisse). La littérature et les 
sciences occupèrent d'abord sa jeunesse, quoi- 
qu'il eût étudié d'une manière sérieuse la musique 
et le piano ; mais en 1843, il s'épril d'une passion 
véritable pour cet art et publia en |>eu de temps 
un certain nombre d'ouvrages pour le piano 
dans les formes habituelles de cette époque, telles 
que pièces caractéristiques, fantaisies brillantes, 
caprices, rondos, romances sans paroles et autres 
du même genre. Depuis 1850 il a résidé plus ou 
moins longtemps dans quelques localités des 
provinces rhénanes, s'y livrant en partie à l'en- 
seignement du piano , à la composition et à la 
critique musicale dans les journaux ; puis il se 
rendit à Weiniar près île Lis/.t et écrivit, pour le 
théâtre de cette ville, l'opéra intitulé Le Roi Al- 
fred, qui y fut représenté sans succès. Devenu 
aident admirateur des œuvres de R'chard Wa- 
gner, il a écrit pour la glorification de ce nova- 
teur un livre intitulé Die Woijnerfrage (la 
question de Wagner). On connaît aussi, de la 
composition de liait', une fantaisie pour violon 
avec orchestre, des duos pour piano el violon- 
celle et pour piano et violon , des Lieder et des 
chants pour des voix d'hommes. Au moment où 
cette notice est écrite ( 18(12), cet artiste littéra- 
teur e^t établi à Wiesbaden. 



RAFFAEL ( Icnace-Wenceslas ). Voyez 

RAPHAËL. 

RAFFANELLI (Louis), excellent bouffe 
italien, né en 1752, dans un village de la pro- 
vince de Lecce, au royaume de Naples, apprit 
la musique chez un musicien attaché à la cathé- 
drale de Lecce , et entra au théâtre à l'âge de 
vingt-deux ans. Une voix de basse médiocre, 
mais un talent naturel pour l'expression comi- 
que le rendaient propre à l'emploi des rôles 
bouffes , dans lesquels l'étude lui fit faire de 
si grands progrès, qu'il put être plus tard con- 
sidéré comme un modèle parfait en son genre. 
Après avoir fait les délices des Napolitains au 
petit théâtre des Fiorentini, pendant plusieurs 
années, il se décida à paraître sur de plus grandes 
scènes et fut engagé à Rome en 1779. Il joua en- 
suite à Parme, à Padoue , à Venise, et enfin à 
Milan, dans l'été et dans l'automne de 1784. Au 
printemps de cette même année, il avait épousé 
la cantatrice Julie Moroni, qui joua avec, lui sur 
plusieurs grands théâtres. En 1789 Raffanelli fut 
engagé par Viotti pour la fameuse troupe italienne 
du théâtre de Monsieur, à Paris. On lui donna 
dans cette ville le nom de Préville italien, à 
cause de l'excellence de son jeu. Les événe- 
ments du 10 août 1792 dispersèrent les acteurs 
de cette troupe, et Raffanelli se rendit à 
Vienne en 1793. L'année suivante il alla en Italie, 
chanta à Trieste, à Padoue, à Turin, puis s'em- 
barqua à Gênes pour l'Angleterre. Le premier 
consul Bonaparte ayant fait organiser de nouveau 
un Opéra italien à Paris, en 1802, Raffanelli fut 
rappelé et s'y fit encore admirer. Dans l'automne 
de 1804, il joua à Milan, et dix ans après on le 
revit dans la même ville au petit théâtre Re; 
mais, parvenu alors à l'âge de soixante-deux ans, 
il n'était plus que l'ombre de lui-même. Peu de 
temps après il a quitté la scène. On ignore où il 
s'est retiré. 

RAFFY, ou RAFY, facteur d'instruments 
à vent, né à Lyon, vécut dans la première moitié 
du XVIe siècle, sous le règne de François I er . Cet 
artiste est connu par quelques vers de Clément 
Marotet de Baïf : on y voit que ses instruments, 
excellents pour son temps, étaient fort recher- 
chés des amateurs. 

Voici ce qu'en dit Marol , dans sa quatrième 
complainte : 



Pe moi auras un double chalumeau, 
Fait de la main de Raffy I.yonnois; 
Lequel à peine al eu pour un ci." reau, 
Du bon pasteur Michau, que tu cognais. 
Jamais encor n'en sonnay qu'une fois, 
Et si le garde aussi cher que la vie. 



RAFFAEL — RAGUENET 159 

Baïf en parle ainsi dans Les Jeux, églogue du 
Devis : 



Apres tous ces propos, j'apporte une musette 
Que Bafy, Lyonnois, à Marot avoit faite. 

On ne connaît plus aujourd'hui d'instruments 
fabriqués par Raffy. 

RAGUÉ (Lodis-Cii arles), amateur distin- 
gué, vécut à Paris depuis 1775 jusqu'aux événe- 
ments de la révolution française, en 1792, puis 
se retira à la campagne , dans les environs de 
Moulins. En 1784 il fit représenter à ,1a Comédie 
italienne Metnnon, opéra en trois actes, dont il 
avait composé la musique et qui n'eut point de 
succès. Deux ans après il donna au même théâtre 
l'Amour filial, en deux actes, qui fut mieux 
accueilli. Ragué avait du talent sur la barpe et 
a publié de sa composition : 1° Sonates pour la 
harpe, œuvres 2S 4e, 5e , 15e et 16«; ces deux 
derniers extraits des œuvres de Pleyel ; Paris, 
Cousineau. — - 2°Sonates pour harpe et violon, 
op. 12 et 13, ibid. — 3° Duos pour deux harpes, 
op. 1, 7, 8, 18, ibid. —4° Trios pour harpe, 
violon et violoncelle, op. 9. ibid. — 5° Quatuors 
pour harpe, violon, alto et basse, op. 19, ibid. 
_ 6° Airs variés pour harpe seule, op. 3, ibid. — 
7° Concerto pour barpe et orchestre, op. 6, Pa- 
ris, Leduc. — 8° Trois symphonies pour orchestre, 
op. 10, ibid. On n'a aucun renseignement sur 
l'époque de la mort de Ragué. 

R AGUENE AU-DE- LA - CHAIN AYE 
(Armand-Henri), né à Paris, le 16 janvier 1777, 
a publié divers ouvrages de facéties, des pièces 
de théâtre , et un recueil intitulé ; Annuaire 
dramatique, contenant l'indication du person- 
nel des théâtres, les noms des directeurs, acteurs, 
chanteurs, musiciens d'orchestre, etc., le réper- 
toire des tragédies, comédies, opéras et ballets, 
et des notices nécrologiques sur les auteurs, 
chanteurs etc. ; Paris, 1804-1822, 17 vol. in 32. 
Audiffrel a pris part à la rédaction de cet an- 
nuaire, qui a paru sous le voile de l'anonyme. Le 
dernier volume contient les années 1821 et 1822. 
Ragueneau-de-la-Chainaye a été coopérateur de 
l'Histoire critique des théâtres de Paris pen- 
dant l'année 1821, avec Châlons-d'Argé. 

RAGUENET (L'abbé François), littéra- 
teur, naquit à Rouen vers 1660. Après avoir fait 
ses études avec distinction, il embrassa l'état ec- 
clésiastique et devint précepteur des neveux du 
cardinalde Bouillon. En 1698, il accompagna ce 
cardinal à Rome, et s'y livra à l'élude des mo- 
numents d'art qui s'y trouvent. La musique ita- 
lienne y devint aussi pour lui l'objet d'une ad- 
miration enthousiaste. De retour en France, il 



160 



RAGUENET — RAICK 



entreprit la comparaison de cette musique avec 
celle de Lulli et des musiciens de son école, et 
exalta le mérite de la première dans un livre inti- 
tulé : Parallèle des Italiens et des Français, 
en ce qui regarde la musique et les opéras (1), 
Paris, 1702, in-12 ; Amsterdam , 1704, in-12 de 
124 pages. Cet ouvrage a été traduit en anglais, 
sons ce titre : A comparison between flie 
Frenck and Italian music and opéras, Lon- 
dres, 1709, in-8°. L'écrit de Raguenet souleva 
l'indignation des partisans de la musique fran- 
çaise, dont Lecerf-de-la-Vieville-de-Fresneuse 
(voy. Leck.rf-de-la-Vieville) prit la défense 
avec chaleur. Raguenet répondit à celui-ci par la 
Défense du Parallèle des Italiens et des 
Français, en ce qui regarde la musique et 
les opéras, Paris, 1705, in-12 de 174 pages. Le 
Journal des Savants entra dans la discussion, 
à propos de ce dernier écrit , et se rangea 
parmi les adversaires de Raguenet (ann. 1705, 
p. 1194 etsuiv.). On trouve la liste des ouvrages 
de .l'abbé Raguenet, lesquels n'ont pas de rap- 
port' avec la musique, dans la France littéraire 
de Quérard ( t. VU, p. 438 439) et dans les 
recueils généraux de Biographies. On croit que 
cet abbé mourut en 1722, dans une retraite 
qu'il s'était choisie loin de Paris ; mais on rap- 
porte diversement les circonstances de sa mort. 
Trublet l'attribue à un suicide : « L'abbé Rague- 
« net (dit-il) eut aussi son coin de folie, puis- 
« qu'il finit par se couper la gorge avec un rasoir.» 
(Mémoires pour servir à V histoire de la vie 
et des ouvrages de M. de Fontenelle; Paris, 
1700, in-12, p. 167). 

RAGlISA (Vincent), moine franciscain, 
naquit en Sicile le 7 février 1630, lit ses vœux 
dans le couvent de Modica, et y passa toute sa 
vie. Il y mourut le 24 mai 1703, laissant un 
grand nombre de compositions pour l'église, qui 
ont été conservées longtemps dans la bibliothèque 
de son couvent. 

Il A 11 LÈS (Ferdinand), né à Durcn, petite 
ville de la Prusse rhénane, vers 1812. En 1839, 
il y était directeur d'une société chorale, pour 
laquelle il a écrit un grand nombre de chants à 
4 voix. Il a publié aussi plusieurs recueils de 
Lieder à voix seule avec accompagnement de 
piano. En 1844, M. Rahles a fait à Cologne des 
lectures publiques sur la musique, et dans Tannée 
suivante il ouvrit un nouveau cours de ces lec- 
tures à Coblence. 



(1) Ce titre est rapporté d'une manière Ineiaclc dans le 
Dtctionnuire historique det musiciens, par CboroD et 
l'ayolle, et dans la liiouraphie universelle des Iréres Mi- 
eband- 



RAI ( Pietro) ; voy. RAJ. 

RAICK (Dieudonné) (1), prêtre, organiste 
et compositeur, naquit à Liège, dans les pre- 
mières années du dix-huitième siècle. On voit 
par les registres de la cathédrale d'Anvers qu'il 
y entra comme enfant de chœur vers l'âge de 
huit ans. Ce fut dans cette église qu'il fit son édu 
cation musicale. Ce fut aussi à Anvers qu'il fi 
ses humanités et ses premières études de théo 
logie. La place d'organiste de la cathédrale et di 
la confrérie du Saint-Sacrement étant devenm 
vacante au mois de juillet 1721, par la mort d* 
La Fosse, qui en était titulaire, Raick l'obtin 
au concours dans le mois suivant. Il s'y fit re- 
marquer par la distinction de son talent. H fut or- 
donné prêtre par Pévéque d'Anvers, le 6 avril 1726. 
Des difficultés qui survinrent dans cette année eu- 
tre lui et la confrérie du Saint-Sacrement, ainsi que 
d'autres discussions qu'il paraît avoir eues avec 
les chanoines de la cathédrale, le décidèrent à 
donner sa démission et à se rendre à Louvain, 
où il fut nommé organiste de la collégiale de 
Saint-Pierre en 1727. Pendant qu'il en remplis- 
sait les fonctions, il continua à l'université ses 
éludes de théologie et de jurisprudence, et fut 
reçu licencié en droit civil et en droit canon. 
Après avoir occupé la place d'organiste de Saint- 
Pierre jusqu'en 1741 , il accepta celle d'orga- 
niste de la catliédrale de Saint-Bavon, à Gand. 
11 est vraisemblable que la brillante réputa- 
tion que lui avait laite son talent dans cette 
ville ainsi qu'à Louvain, avait donné des re- 
grets aux chanoines de l'église Notre-Dame 
d'Anvers, car après la mort de Chrétien de 
Trazegnies, organiste de celte cathédrale, ils 
conçurent le projet de le faire revenir, pour oc- 
cuper la place où le souvenir de son talent ne 
s'était pas effacé, quoique trente ans se fussent 
écoulés depuis son départ. Des négociations eu- 
rent lieu à ce sujet entre l'évêquc d'Anvers et 
celui de Gand, et Raick rentra dans ses anciennes 
fonctions le 25 décembre 1757, avec le titre de 
chanoine de la deuxième fondation , ou de vi- 
caire du chœur de musique. Il mourut dans celte 
position le 29 ou 30 novembre 1764. On connaît 
de sa composition : 1° Hix suites de clavecin, 
dédiées a M lle la comtesse Rose , née comtesse 
d'Harrach, composées par Dieudonné Raick, 
prêtre, licencié es droit , organiste de l'é- 



(1) J'entrais les faits de celte notice des annexes de la 
notice publiée pir M. Xavier Van Klewyck. sons ce titrr : 
Matthias f'anden r.ltet/n, le plus grand orijaniste et ra- 
rillonneur belge du dix-huitième svcle ( l'aris, Bruxelles 
et l.ouvain, 146!). Une partie de ces faits a été fourme a 
M. Van Klewyck par le chevalier Léon de Bnrbure, avec 
beaucoup de circonstances que J'ai cru devoir supprimer. 



RAICK — RAIMOM)! 



ICI 



glise collégiale de Saint-Pierre, à Lointain. 
Œuvre premier. Se vendent chez l'auteur à 
Louvain. Bruxelles. J.-C. Rousselet, graveur. 
— 2°Trois sonates pour le clavecin, à Ganil, 
chez Wauters. Ces ouvrages sont d'un bon style. 
D'autres pièces pour le clavecin, composées par 
ce! ecclésiastique, se trouvent en manuscrit dissé- 
minées à Gand, à Louvain et à Bruxelles. M. Van 
Elewyek dit (dans sa notice sur Matthias Van 
den Gheijn, p. 67 ) : « On a longtemps prétendu 
que le fils de Bach était l'inventeur des sonales : 
les œuvres de Baick détruisent complètement 
cette supposition. » Le sentiment national qui a 
dicté cette phrase est ici dans Terreur : on n'a 
pas attribué l'invention des sonates àCh. Ph. Em. 
Bach, car ce genre de pièces existait avant la (in 
du dix-septième siècle ; ce qui appartient à Bach, 
c'est la forme et le caractère de la sonate mo- 
derne, devenus les modèles de toute la musique 
instrumentale telle que symphonies, quatuors, etc. 
D'ailleurs, le premier œuvre de sonales de Bach 
a été publié à Nuremberg en 1742. Les ouvragas 
de ce grand homme ont été répandus dans l'Eu- 
rope; RaicK, au contraire, n'a publié ses so- 
nates qu'après cette date, pendant son séjour à 
Gand, et n'a été connu que d'un petit nombre de 
ses compatriotes. 

R A1ENTROPH ( Fortunato ) , compositeur 
dramatique, né à Naples, de parents allemands, 
fit ses études au collège royal de musique de 
cette ville. Il y lit représenter en 1837, au théâtre 
ftuovo, l'opéra intitulé 20 anni d'Esilio, dont la 
musique légère et facile eut quelque succès. 
VAstuccio d'Oro, son second ouvrage, fut joué 
au même théâtre en 1839, et obtint quelques re- 
présentations. En 1842, le même artiste donna La 
Fit/lia del soldato, .qui ne réussit pas, et deux 
ans après il fit représenter ho Zio Bat ista, qui 
ne fut pas plus heureux. M. Raientroph avait à 
Naples de la réputation comme professeur de 
chant lorsque je visitai cette ville en 1841. 

RAIGER(.... ), compositeur à Vienne, vers 
les premières années du dix-neuvième siècle, ne 
m'est signalé que par ses ouvrages, parmi lesquels 
on remarque : 1° Quatuor pour llûte, violon, alto 
et basse, op. 10; Vienne. Cappi. — 2° Grand trio 
pour flùle, violon et violoncelle, op. 7, ibid, — 
3° Trio pour piano, llûte et basse, op. 12, ibid. 
— 4* Sonates pour piano et flûte, op. 11 et 13, 
ibid. — 5° Sonates pour piano à quatre mains, 
op; 8 et 14; ibid. — 6° Rondo pour piano, Vienne, 
llaslinger. — 7° Variations, id., op. 15 ; tienne, 
Cappi. 

RAILLARD (L'abbé F.), membre du clergé 
de Saint-Thomas d'Aquin , à Paris, est né eu 1804 
à Montormentier, petit hameau du diocèse de 

610CK. ONIV. DES MUSICIENS. — T. Vil. 



Langres. Le goût de la musique était héréditaire 
dans sa famille; son bisaïeul était d'une remar- 
quable habileté sur le hautbois; son grand-père 
et son père étaient violonistes, mais aucun d'eux 
n'exerçait la profession de musicien. M. F. 
Raillard lit ses études au séminaire de Langres et 
y reçut les ordres ecclésiastiques. Son aptitude 
pour les sciences le ht distinguer par ses supé- 
rieurs, qui le choisirent pour les enseigner dès 
1827, d'abord au grand séminaire où il venait 
de terminer ses études idéologiques , puis au 
grand et au petit séminaire de Pamiers, au col* 
| lége de l'Assomption à Nîmes, et en dernier lieu 
j au collège de Juilly. L'Académie des sciences de 
I l'Institut de Fiance a accueilli avec faveur plu- 
sieurs mémoires de M. l'abbé Raillard sur des 
sujets de physique et d'astronomie , dont les 
résumés ont été publiés dans le Cosmos, revue 
scientifique rédigée par M. l'abbé Moigno. A l'oc- 
casion des nouvelles éditions du Graduel et de 
l'Autiphonaire romains pnbliées par une com- 
mission d'ecclésiastiques de Reims et de Paris 
( Paris, Lecoffre, 1852), M. i'abbé Raillard se 
livra à des recherches dans les livres de chant 
manuscrits du moyen âge, et publia le résultat 
de ses études dans un livre, entièrement litho- 
graphie, qui a pour titre : Explication des neu- 
mes ou anciens signes de notation musicale, 
pour servir à la restauration complète du 
chant grégorien, avec des tableaux de compa- 
raison et un recueil de chants religieux, ex- 
traits d'un manuscrit du onzième siècle. 
Paris, E. Repos (sans date), grand in-8°. L'a- 
nalyse de cet important travail serait trop étendue 
pour trouver place ici : ce sujet sera traité dans 
mon Histoire générale de la musique. Les autres 
ouvrages publiés par M. l'abbé Raillard sont : 
Chant grégorien restauré; Paris, Périsse frères, 
1861, 1 volume grand in 8°, gravé, de 106 pages, 
et précédé d'explications et d'éclaircissements de 
16 pages. — Sur V emploi du quart de ton 
dans le chant grégorien, article publié dans la 
Revue ardiéole gigue. — Sur les quarts de ton 
du graduel Tibi Domine, dans la même Revue, 
1861. — Mémoire sur la restauration du chant 
grégorien; Paris, Périsse frères, 1862, gr. in-8°de 
46 pages, avec un tableau des neumes. M. I'abbé 
Raillant cultive la musique pratique et joue de 
plusieurs instruments, particulièrement du vio- 
lon , du violoncelle et delà contre-basse. 

RALMONDI (Ignace), violoniste distin- 
gué et compositeur, naquit vraisemblablement 
à Naples dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle, et reçut des leçons de Barbella, dont 
il était le meilleur élève. Vers 1762, il se fixa à 
Amsterdam, où il établit des concerts périodiques. 

11 



KÎ2 



RAIMOISDI 



Il y était encore en 1777 .; mais il parait s'en être 
éloigné avant 1780, et l'on ignore ce qu'il est 
devenu depuis cette époque. Le 15 janvier 1777, 
il avait fait exécuter à Amsterdam une symphonie 
imilative, intitulée tes .4 Tentures de Télémaque, 
dont il est rendu compte dans ['Esprit des Jour- 
naux (ann. 1777, p. 300). On a gravé de la 
composition de Rairnondi : 1° Trois trios pour 
violon, alto et violoncelle, Amsterdam et Berlin, 

Hummel 2° Trois concertos pour violon, ibid. 

— 3° Six quatuors pour 2 violons, allô et vio- 
loncelle, ibid. 

RAIMOIMDI (Pœtro), célèbre professeur 
de contrepoint et compositeur, naquit à Rome 
le 20 décembre 1786, de parents pauvres qui ne 
lui léguèrent que l'indigence dans ses premières 
années. A l'âge de onze ans, il perdit son père; 
et sa mère qui prit un nouvel époux dans l'année 
suivante, alla s'établir à Gênes, et l'abandonna 
aux soins d'une sœur de son père dont le cœur 
était heureusement meilleur, et qui jouissait 
d'une certaine aisance. Cette bonne femme re- 
cueillit son neveu et confia son éducation à un 
prêtre, pour qu'il lui enseignât les éléments de 
la langue latine et le préparât à enlrer dans l'état 
ecclésiastique. Après deux années employées à 
ces études, le jeune Rairnondi déclara résolument 
à sa tante qu'il ne se sentait pas de vocation 
pour l'église. Contrariée dans ses projets, elie ne 
lui retira pas néanmoins sa protection , et lui 
demanda ce qu'il voulait étie. «.Musicien, lui 
« dii-il ; je ne me sens de goût que pour cette 
« profession. — Eh bien ! soit; mais songe à être 
« persévérant cette fois, et à profiter des sacri- 
u (ices que je fais pour toi. » Sans perdre de 
temps, elle le conduisit à Naples, et le fit entrer 
au Conservatoire de la Pieta dei Turcliini, où 
i4 fut placé sour, la direction du maître La Bar- 
bara , pour le chant et l'accompagnement des 
partimenti, ainsi que sous celle de Tritto, pour 
le contrepoint. Pendant six années, Rairnondi 
suivit avec ardeur les leçons de ces professeurs, 
et acquit une connaissance complète des procédés 
de l'art. A l'expiration de la dernière année, il re- 
çut de sa tante une lettre par laquelle elle lui dé- 
clarait qu'elle allait fixer son séjour à Florence, et 
ne pouvait plus désormais pourvoir à son entre- 
tien. Ne pouvant plus dès lors payer le prix de sa 
pension au Conservatoire, il en sortit et prit la 
résolution de retourner à Rome. Pour s'y rendre, 
il dut faire le voyage à pied. En y arrivant, il 
retrouva le frère de son père qui l'accueillit avec 
affection, mais qui, trop pauvre lui-même pour 
venir en aide au jeune musicien, l'envoya chez 
sa tante à Florence. Lorsqu'il y arriva, il était 
exténué de fatigue et malade. Le pauvre Rai- 



rnondi ne retrouva plus dans son ancienne pro- 
tectrice les mêmes sentiments : la seule marque 
d'intérêt qu'elle lui donna, fut de le faire entrera 
l'hôpital de Santa Maria Nuova ; Irisle situation 
pour un jeune homme de vingt ans, qui, ju-qu'a- 
lors, s'était bercé des illusions de la gloire à venir. 
Grâce à sa bonne constitution, il triompha de la ma-- 
ladie, peut-être même de la médecine, et se re- 
trouva dans la rue, respirant un air pur, et sans 
autre souci que la difficulté de trouver un gîte et 
d'apaiser sa faim. Il prit alors la résolution d'aller 
près de sa mère à Gênes; bien qu'elle lui eût 
montré peu de tendresse jusqu'alors, et sans 
tarder, il prit à grands pas le chemin de la dé- 
licieuse contrée connue sous le nom de Rivière 
de Gênes, Les enchantements de cette vallée le 
ramenèrent à ses rêves de bonheur. Pour la 
première fois, il comprit alors quel était l'état 
avancé de son instruction musicale et sentit qu'il 
pouvait acquérir l'indépendance par sa propre 
force. 

Arrivé à Gênes, il s'y livra au travail et se fit 
bientôt connaître comme artiste de mérite. Son 
premier ouvrage, représente dans cette ville 
en 1807, avait pour titre: Le Dizzarrie d' amore. 
Dans l'année suivante, il donna au même théâ- 
tre La Forza dell' imaginazione ossia il Bat- 
tuto content o, puis le monudrame Ero e Lean- 
dro. Appelé à Florence en 1810, Rairnondi y 
écrivit pour le théâtre de La Pergola, l'opéra 
bouffe inlitu'.é Eloisa U'erner. Le souvenir des 
années heureuses qu'il avait passées au Con- 
servatoire de Naples ne s'était pas effacé de son 
esprit : il voulut revoir cette ville, et peu de temps 
après son arrivée (en 1811), il y composa l'6>ra 
colo di Delfo, pour le théâtre Saint-Charles. Ce 
fut le premier ouvrage dans, lequel il mit en évi- 
dence sa rare habileté dans l'art d'écrire pour 
les voix et pour l'orchestre. Dans la même année, 
il donna au théâtredu Fondo II Fanatico deluso. 
En 1813, il écrivit à Rome Amurat secondo, 
qui fut suivi de la I.avandaia, h Naples l,'o- 
péra bouffe était celui dans lequel il réussissait 
le mieux : les premiers ouvrages où il donna des 
preuves de cette spécialité de son talent furent 
// FanatiCO deluso, et Lo Sposo agitato. Son 
chef-d'œuvre dans le même genre est son opéra 
Il Ventaglio, joué à Naples en 1831, puis sur 
tous les théâtres (l'Italie; ouvrage charmant où se 
trouvent plusieurs morceaux d'une grande dis- 
tinction, particulièrement un triode premier 
ordre. Dans des circonstances plus favorables, 
nul doute que l'attention publique ne se fût fixée 
sur les productions de Rairnondi ; mais cet arti-t" 
entrait dans la carrière précisément en même 
temps que Rossini, dont le puissant génie s'em- 



RAIMONDI 



! (",:; 



para immédiatement de tout l'intérêt du monde 
musical, et plongea dans l'ombre les travaux de 
tous les autres compositeurs de l'Italie. Toutefois, 
il faut le reconnaître, lors môme que le géant de 
Pesaro n'eût pas régné sans rival sur la scène 
lyrique, le talent de Raimondi n'était pas de na- 
ture à produire de grands effets dramatiques, car 
c'est moins par le brillant de l'imagination et par 
l'audace de la fantaisie que son nom s'est ajouté 
à la liste des compositeurs illustres, que par le 
génie de la combinaison des sons; génie en son 
genre non moins rare que tout autre, et que cet 
artiste a possédé au degré le plus éminenl. 

Jusqu'en 1823, la plupart des opéras de Rai- 
mondi furent écrits pour les tbéâtres de Naples, 
pour Rome et pour la Sicile. Dans celte même 
année 1823, il fut appelé à Milan pour y composer 
Le Finie Amazzoni , ouvrage qui eut peu de 
succès. Dans l'année suivante il devint directeur 
de la musique des théâtres royaux de Naples. Déjà, 
avant sa nomination à cette place il avait composé 
pour le théâtre Saint-Charles, outre ses opéras, la 
musique de beaucoup degrandsballets : le nombre 
s'en élève à plus de vingt et un. Raimondi con- 
serva la même position jusqu'en 1832 ; mais après 
l'éclatant succès de son opéra II Ventaglio, il re- 
çut sa nomination de professeur de composition au 
Conservatoire de Païenne. Aucun choix ne pou- 
vait être meilleur, car Raimondi était incontes- 
tablement le musicien italien dont l'instruction 
était la plus solide. 11 a été la gloire de cette ins- 
titution pendant plus de dix-huit ans. Par ses 
soins et ses leçons, plusieurs jeunes Siciliens ac- 
quirent de l'habileté dans l'art d'écrire : parmi 
les plus distingues, on cité les noms de Pittari, 
Barbieri, Bonanno, Chiaramonle etCutreva, dont 
le Solitario, joué au théâtre de Palerme en 1838, 
donnait de grandes espérances, et qui , par des 
circonstances inconnues , n'a pas poursuivi sa 
carrière d'artiste. 

La place de maître de chapeile de la basilique 
de Saint- Pierre du Vatican étant devenue va- 
cante au mois de mars 1850, par la mort de Ba- 
silj, ce fut Raimondi qui l'obtint. Nul n'en était 
plus digne, ou pour mieux dire, il n'y avait point 
de compositeur en Italie qui pût entrer en com- 
paraison avec lui pour l'étendue cl la profondeur 
des connaissances dans l'art sérieux. A cette 
époque, et dans l'espace de quarante et un ans 
(1807 à 1848), Raimondi avait donné soixanle- 
deux opéras sur les théâtres principaux de l'I- 
talie, v ingl et un grands ballets en deux cl trois 
actes; de plus, il avait écrit cinq oratorios, non 
compris l'oratorio triple dont il sera parlé tout 
à l'heure; quatre messes à grand orcher.tre;dsux 
messes à deux chœurs réels, dans le style sévère 



a capelld; deux messes de Requiem à grand 
orchestre; une autre messe de Requiem à 8 et 16 
voix réelles ; quatre vêpres complètes avec or- 
chestre et orgue; des compiles; un Credo à 16 
voix réelles; un Libéra, écrit pour les obsèques 
de la reine Caroline de Naples ; un Te Deum à 
4 voix ; trois Stabat Mater à 2 , 3 et 4 voix ; 
trois Miserere à 4 et à 8 voix, dont un avec or- 
chestre ; trois Tantum ergo ; deux litanies ; 
plusieurs psaumes à 4 et à 8 voix, avec orches- 
tre; les Sept paroles de J.-C. à 3 voix; deux sym- 
phonies à grand orchestre, combinées pour être 
exécutées ensemble; les cent-cinquante psaumes 
de David à 4, 5, 6, 7 et 8 voix, dans le style 
alla Vales.tr ma, formant une collection de 15 
volumes; un recueil de basses remplies d'imi- 
tations et fuguées pour l'étude de l'accompagne- 
ment et de la composition, publié à Milan, chez 
Ricordi, à Rome et à Naples ; un nouveau genre 
de compositions scientifiques inventé par l'auteur, 
et démontré en douze morceaux très-remarqua- 
bles, ouvrage publié à Naples, chez P. Tramater; 
deux fugues en une, bien que différentes de 
forme, ouvrage divisé en dix exemples, et qui a 
été imprimé i. Rome ; une collection de parti- 
menti, composée de quatre-vingt-dix basses, 
avec trois accompagnements différents sur cha- 
cune, ouvrage élémentaire divisé en deux livres, 
et publié à Naples, chez Clauselti ; quatre fu- 
gues à 4 voix, écrites en des tons différents, mais 
qui peuvent être réunies en une seule fugue à 16 
voix ; ce chef-d'œuvre de combinaison a été im- 
primé à la typographie Tiberina,<ie Rome; six 
fugues à quatre voix, en des tons différents, réu- 
nies en une seule fugue à 24 voix, publiées à Rome, 
à la même 'typographie; une fugue à 04 voix 
divisées en 16 chœurs; seize fugues à 4 voix; 
enfin, vingt quatre fugues à 4, 5, 6, 7 el 8 voix. 
Dans cet ouvrage, publié a Milan, chez Ricordi, 
on trouve quatre et cinq fugues réunies en une 
seule. On se sent l'esprit saisi de stupéfaction à 
la seule énumération de pareils travaux. 

L'auteur de toutes ces choses, où brillent beau- 
coup d'inventions nouvelles, et surtout l'esprit 
de combinaison le plus extraordinaire qui ait 
jamais existé, voulut terminer sa carrière par un 
effort plus surprenant encore de force de tôle. 
Environ deux ans après son retour à Rome, en 
qualité de maître de chapelle de Saint-Pierre, il 
prépara Pexéculion de son dernier ouvrage, à 
savoir l'oratorio de Joseph, œuvre colossale, 
composée de trois oratorios susceptibles de cinq 
combinaisons, que le poète sicilien, Joseph Sapio, 
avait disposés pour le tour de force inouï du 
compositeur. Celte œuvre immense est le fruit de 
plusieurs années d'un travail environné de pro- 

11 



IG4 



RAIMOiNDI 



digieusesdifficultés. Il semble que de lelles choses 
ne peuvent être comprises que par le très-petit 
nombre de connaisseurs qui ont l'ait une étude 
spéciale des difficultés des compositions scien- 
tifiques ; toutefois lorsque l'assemblée qui en- 
combrait la salle du théâtre Argeniina entendit 
les trois orchestres, les troi3 choeurs et les chan- 
teurs solistes des trois oratorios Putiphar, Pha- 
raon et Jacob se réunir en un seul corps d'en- 
viron quatre cents musiciens dans l'exécution si- 
multanée de ces trois ouvrages ; saisie par la 
majesté de cet ensemble, dont les détails con- 
servaient toute leur clarté, celte assemblée fut 
émue de la suprême force de tête qui avait com- 
biné de pareils effets ; tout le monde se leva 
spontanément, jetant des cris d'admiration ; une 
agitation impossible à décrire régna dans toute 
la salle; des battements de mains, des trépigne- 
gnements, des hourras enthousiastes éclatèrent 
de toutes parts, tandis que les femmes, penchées 
sur le bord des loges, agitaient leurs mouchoirs. 
Kaimondi avait pu contenir au dedans de lui- 
même le sentiment de sa force jusqu'à l'âge de 
soixante-six ans ; sa philosophie avait su se ré- 
signer à l'obscurité relative dans laquelle il était 
resté pour la plus grande partie de l'Europe ; 
mais il ne put supporter l'émotion de l'incom- 
parable succès qui venait couronner sa vieillesse : 
il s'évanouit, et l'on fut obligé de l'emporter hors 
de la scène el loin du bruit pour lui faire re- 
prendre ses sens. 

On comprend l'impossibilité de rencontrer 
l'effet dramatique dans la combinaison de trois 
sujets absolument difléients qui se développent 
simultanément. Il est facile de comprendre aussi 
que chacune des parties du grand tout ne peut 
avoir la plénitude et l'intérêt d'une œuvre simple 
dans laquelle le sentiment domine la conception. 
Enfin, on ne doit pas se persuader qu'il puisse y 
avoir dans une combinaison esthétique, telle que 
l'oratorio de Joseph, l'originalité d'idées qui se 
trouve quelquefois dans un opéra. Dans uneeom 
position semblable, le compositeur, incessam- 
ment occupé de la réunion totale des parties, est 
nécessairement obligé de sacrifier dans chacune 
de celles-ci des beautés qui ne pourraient entrer 
dans la combinaison. De là vient que le premier 
drame, intitulé Putiphar, n'a pas offert un grand 
attrait de nouveauté à l'auditoire, dans la pre- 
mière soirée, bien que plusieurs morceaux aient 
été remarqués par les connaisseurs ; particullè 
rement un chœur d'eunuques à voix blanches 
d'un effet fort original, une prière de ténor bien 
chantée par Acchi, un beau trio chanté par Adda, 
femme rie Putiphar, Joseph et Pharaon, ainsi 
qu'un ensemble agitato dans la troisième partie 



de ce premier drame, dont l'exécution fut dirigée 
par André Salesi, 

Dans le second drame, intitulé Joseph , ou 
Pharaon, l'introduction est un chœur de fête, 
où le peuple de Memphis chante la gloire de Jo- 
seph. Ce chœur est disposé en accords stacca i 
et solto voce, pendant que les cors et trompette* 
font entendre une mélodie harmonisée d'un bel 
effet. Cette introduction fut fort applaudie. On 
distingue aussi dans ce drame le beau chant, 
Vieni, ah! vieni, o miodiletto, qui forme le 
thème principal du finale de la deuxième partie, 
et le finale de la troisième, Per quai via 
d'infiniti portenti, avec une instrumentation 
neuve et pittoresque. 

Le Jacob est le même sujet sur lequel Méhul 
a écrit un de ses plus beaux ouvrages. L'intro- 
duction commence par un très-beau chœur de 
ténors et de basses, lequel est suivi d'un chant 
expressif et suave, sur les paroles : Ah! dipianto 
et erno, dans lequel Colini fit preuve d'un grand 
talent. Dans le finale de la première partie se 
trouve un trio de Rachel et de Judas réunis à 
Jacob, sur le beau chant, Deh! cessate o figli 
miei. L'introduction de la deuxième partie 
renferme un chœur du plus grand effet, accom- 
pagné de harpes, sur ces paroles, Oriasventura! 
O duol ! Dans toutes les exécutions du Joseph 
qui se succédèrent depuis le 7 août 1852 jusqu'au 
29 septembre, ce morceau excita un véritable 
enthousiasme. Un beau trio et le finale de la 
troisième partie ont aussi fait naître beaucoup 
d'intérêt. Mais c'est surtout lorsque, après avoir 
entendu et applaudi ces trois drames séparés, 
sous les directions de Salesi, Battaglia et Ter- 
ziani, l'exécution simultanée de ces ouvrages, 
dirigée par Kaimondi en personue s'est fait en- 
tendre; c'est alors, dis-je, que l'admiration pour 
une si grande conception n'a plus eu de bornes. 
Non-seulement aucune œuvre semblable n'avait 
jamais été essayée, mais sa possibilité ne s'était 
présentée à l'imagination d'aucun compositeur. 
Au point de vue esthétique, il n'est pas désirable 
que des tours de force de ce genre soient tentés; 
mais on ne peut s'empêcher de rendre un éclatant 
hommage au génie uniqueen son genre qui a pu 
concevoir et i éaliser une entreprise si gigantesque. 
L'existence de Raimondi ne se prolongea qu'une 
année environ après son triomphe : il mourut à 
Rome le 30 octobre 1853. 

La liste des ouvrages dramatiques de ce labo- 
rieux compositeur est classée de cette manière : 
Première période, de 1807 à 1814 : i* Le Biz- 
zarrie d'amore (Gênes) ; — 2° Il Battuto con- 
trnto (idem); —3" Eroe Leandro (idem); — 
4° F. loi sa Wcrncr (Florence) ; — 5 e L'Oracolo 



RA1M0NDI — RAINPRUHTliR 



1GS 



di Delfo (Naples); — G 1 II Fanatico delnso 
(idem);— TLo Sposo agi lato (idem); — S°Âmu- 
rat secondo (Rome); — 9° La Lavandaja 
(Naples). — Deuxième période, de 1815 à 1819 : 
10° II Trionfo di Tito (Turin); — ll° Andro- 
macca (Palerme); — M" Il Sacrifizio d'Abramo 
(Naples); — 13° Radamisto e Zenobia (?) ; — 
14° / Madianiti (Palerme); — ib°L'Esaltazione 
di Mardocheo (Naples); — 16° Il Dissolut o 
punito (Rome). — Troisième période, de 1820 à 
1830 : 17° Ciro in Babilonia (Rome); — 18° Le 
Nozze dei Sanniti (?) ; — 19° Le Finie Amaz- 
zoni (Milan, Scala); — 20° La Donna Colo- 
nclla (Naples); _ 21° La Caccia d'EnricoIV 
(idem) ; — 22° Il Disertore (idem) ; — 23° Béré- 
nice in Roma (ibid.) ; — 24° Il Morio in appa- 
renza (ibid.); — 25° Ârgia (Milan), — 26° Il 
Caslellino deifiori (Naples); _ 27° La Fidan- 
zata del parruchiere (idem); — 28° Don 
Anchise Campanone (ibid.); — 29° Il Principe 
feudatario (Reggio) ; — 30° h'Infanzia accu- 
satrice (Naples); — 31°/ Minât ori Scozzesi 
(Messine). — Quatrième période, 1830 à 1840 : 
32° Giuditta, oratorio (Naples); — 33° La Gioja 
pubblica (idem) ; 34° A mezza notte (ibid) ; 

— 35° Il Terno del lotto stornato (ibid.) ; — 
36° Il Ventaglio (Naples et dans toute l'Italie); 

— 37° Palmilella maritata, suite à' Il Venta- 
glio (Naples) ; _ 38° UOrfana russa (idem) ; 

— 39° La Vita d'un giocatoi e (ibid) ; — 40° I 
parenti ridicoli (ibid.) ; — 41° Il Tramonto del 
sole (ibid); — 42° Vinclinda (ibid.); — 
43° Ruth, oratorio (ibid.) ; — 44° Isabella degli 
Abenanti (ibid.) ; — 45° Il Présidente disgra- 
ziato (ibid); — 46° Il trionfo dell'Amore; 

— 47° Il nemico degli ammogliati ; — 
48° Il Vendimento ; — 49° Rafaello d'Ur- 
bino (Rome) ; — 50° Peggio il rimedio del 
mole ( Naples) ; — 51° Il fauslo Arrivo ; — 
52° Sueno primo; — 53° Il Caffetiere ; 

— 54° Gli artifizi d'Amore (Naples). — Cin- 
quième période, 1841 à 1848 : 55° Francesco 
Donato (Paierme); —56° Il Trionfo délie 
donne (idem) ; — 5"° Le Stanze da letto (ibid.) ; 

— 58° Il Giudizio universale, oratoire, poésie 
d'Onofrio Abbate, exécuté à Palerme, en 1843 ; 

— 59° Mosè al Sinaï, oratorio (écrit à Palerme 
en 1844; —60° Putifar ; — 61° Guiseppe 
giuslo; — 62° Giacobbe. (Ouvrages dont il est 
parlé précédemment. Raimondi commença cette 
grande composition au mois d'octobre 1844, et 
la termina dans les derniers mois de 1848). 

Grands ballets composés pour le théâtre Saint- 
Charles de Naples, depuis 1812 jusqu'en 1828 : 
1° L'Orfano; — 2° Rosmanda; — 3° Laca- 
duta de 1 Giganti; — 4° Otrante liberata; 



— b° La Promcssa manferiutà; — 6° / Pazzi 
perforza; — 7° Un' ora;— 8° Irène d'Ers- 
tal ; — ■ 9° La Morte d'Ippolilto ; — 1 0° L'Orda 
Selvaggia; — n° L'Orfanella di Ginevra; 

— 12° La Morte d'Achille; — 13" Giafar; — 
14° / Due Geni; — 15° Otlaviano in Egitto; 

— 16° Pamile ; — 17° Giulio Sabino; — 
18» L'Oracolo in Cantina; — 19" Délit lo et 
punizione ; — 20° L'Isola délia Fortuna; — 
21° Amina. 

RAINPRUHTER (Georges- Joseph), fils, 
d'un inspecteur des mines, naquit en 1728, à 
Drafeier, en Stytïe. Après avoir reçu dans sa 
jeunesse une bonne éducation littéraire et mu- 
sicale, il alla suivre des cours de philosophie et 
de droit à Salzbourg. Déjà bon musicien et habile 
sur la harpe, la mandore, la basse de viole et le 
violon, il commença dans cette ville des études 
de composition chez Adelgasser, et les acheva 
sous la direction d'Eberlin, maître de chapelle 
du prince évêque. En 1750, il obtint le titre de 
musicien delachauibre de l'électeur de Bavière, 
et fut envoyé à Alleweiting, en qualité d'admi- 
nistrateur des domaines. Le mérite des compo^ 
sitions qu'il écrivit dans cette résidence le lit 
nommer maître de chapelle du même lieu, par 
l'électeur Maximilien III ; Rainpruhter en remplit 
honorablement les fonctions pendant plusieurs 
années, et mourut en 1800, à l'âge de soixante- 
douze ans. Il a laissé en manuscrit un grand 
nombre de messes, de vêpres, de litanies, d'an- 
tiennes et de cantates religieuses avec orches. 
tre. 

RAIIVPRUHTER ( Jean • Népomucène - 
François-Séraphin), fils du précédent, naquit à 
Altenœtting le 17 mai 1752. Après avoir fréquenté 
le collège de Burghausen, il alla étudier la phi- 
losophie et le droit à l'université d'Ingolstadt. 
Son père lui avait enseigné la musique, et dès 
son séjour au collège de Burghausen, il avait 
donné, dans de petites compositions, des preuves 
de son aptitude pour cet art. Lorsqu'il quitta 
Ingolstadt, il se rendit à Salzbourg, pour y pren- 
dre des leçons de composition chez Léopold 
Mozart. Ses premiers essais furent si remar^ 
quables, que Michel Haydn en fit publique- 
ment l'éloge , et considéra leur auteur comme 
un artiste distingué. Appelé à la direction du 
chœur du couvent de Saint- Pierre, à Salzbourg, 
Rainpruhier en remplit les fonctions avec talent : 
il occupait encore cette position en 1812; mais 
depuis lors on manque de renseignements sur sa 
personne. On porte à plusieurs centaines ses 
compositions, qui consistent en symphonies , 
concertos pour divers instruments, quatuors,, 
trios, duos, sérénades, messes soleunelles, v£- 



k;g 



RAIjNPRUHTLR — BAMBURES 



près, litanies, antiennes, cantates, etc.; tous ces 
ouvrages sont restés en manuscrit. 

RAISON (André), organiste de l'abbaye de 
Sainte- Geneviève, à Paris, dans la seconde par- 
tie du dix-septième siècle, eut pour maître Tile- 
louse (voyez ce nom). On a gravé de sa compo- 



Serofiono. L'orgue de Saint-Vigile, fait en 1800, 
celui des Olivélains, en 1802, et celui do Sainte- 
Martiie, en 1805, sont ceux qu'il a élevés à 
Sienne. En 1804, il a fait celui de Saint-Augustin, 
à Coitone, et en 1805, celui de la paroisse de 
Caldana Tous ces instruments prouvent le talent 



sition : Livre d'orgue contenant cinq messes j du facteur. 

et une offerte sur le rétablissement durai, j RAAIAZZOTTi (Domitien), compositeur 

Paris, 1088, in-fol. obi. Le second livre a paru | italien qui vivait dans la seconde moitié du 



peu de temps après. 11 y a du talent dans ces 
pièces, qui ont une grande supériorité sur ce 
que les organistes français du siècle suivant ont 
produit. 

RAJ (Pierre), compositeur, né à Lodi, en 
Lombardie, en 1773, étudia d'abord le piano et 
l'orgue sous la direction de maîtres particulier, 



seizième siècle, s'est fait connaître par un 
recueil intitulé : Salmi lesperlini e Magnificat 
a cinque rocl, Venise, 1567, in-4°. 

RAMBACII (Auguste-Jacques), prédicateur 
de l'église Saint-Jacques, à Hambourg, et célèbre 
hyranologuo, était déjà connu en 1802 par ses 
sermons, et vivait encore en 1832. On a de ce 



puis entra, en 1793, au Conservatoire de la Pietà i savant un excellent recueil d'hymnes et de cau- 



de' Turchini, à Naples, et y reçut des leçons 
de Sala, puis de Piccinni. Ses éludes terminées, 
il retourna à Lodi et y obtint la chapelle delta 
Incoronaia. Plus tard il se fixa à Milan, où il 
lut nommé professeur de composition du Con- 
servatoire et vice-censeur de celte institution. 
H a écrit beaucoup de musique d'église, entre 



tiques de l'Eglise prolestante, depuis les pre- 
miers temps de la réformation jusqu'à l'époque 
actuelle, avec une introduction historique sur le 
chant des églises réformées. Ce recueil est divisé 
en deux parties dont la première renferme les 
hymnes et cantiques anciens, et l'autre, les mo- 
dernes. Ce recueil a pour titre : Anthologie 



autres un oiatorio en deux parties sur l'agonie ! christ. Gesxnge aus allen Jahrh. der Kir- 



et la mort de Jésus-Christ, qui fut exécuté pour 
la première fois à Monxa, en 1807. Après la 
campagne de Prusse, il (it exécuter, en 1808, une 
cantate de circonstance an théâtre de la Scala, 
intitulée Alessand.ro in Arménie, pour le retour 
du prince Eugène et de l'armée italienne. Le. 
9 juin 181 i, il lit exécuter, au palais du sénat ita- 
lien, Vllalia esultantc, cantate composée à 
l'occasion de la naissance du roi de Rome. De- 
puis lors il a écrit plusieurs opéras, entre autres 
Cli Spensierati, représenté au théâtre Re, de 
Milan, en 1816. On a gravé de sa composition ; 
1" Chiore et t'edeltà, cantate pour deux basses 
et soprano, Milan, Ricordi. — 2° Alessandro 
in Arménie, cantate à voix seule, ibid. Comme 
professeur de l'art d'écrire en musique, Raj est 
auteur d'un ouvrage qui a pour titre : Slùdio 
Teorico-pratico di eontrappunto, compilât o 
pe' suoi allicvi ; Milan, Ricordi. Cet artiste est 
mort à Milan dans les derniers jours d'avril 1857, 
à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. 

RAMAI (Jr.AN-lUi'risTK), habile construc- 
teur d'orgues, né à Sienne en 1763, fut élève du 
fameux constructeur Tronci, de Pistoie. Il ne 



cke, etc. (Anthologie des chants chrétiens de 
tous les siècles de l'Église, distribués dans l'ordre 
chronologique et avec des remarques historiques); 
Altona, 1816-1832, 5 vol. gr. in-8°. Les notes 
qui accompagnent les diverses pièces contenues 
dans ce recueil sont fort instructives. M. Ram- 
bach a aussi publié un livre rempli d'intérêt, 
sous ce titre : Ueber Dr. Martin Luthers Ver- 
dienst umden Kirchengesang, oder Darstcl- 
lung desjenigen, vas er aïs Litarg, als Lie- 
derdichter und Tonsetzer zur Verbesserung 
des œffentlichen Gottesdienstcs geleistct hat 
(Sur le mérite de Martin Luther à l'égard du 
chant de l'Église, ou exposé de ce qu'il a fait 
pour l'amélioration du service divin, soit comme 
auteur liturgique, soit comme poète et composi- 
teur de chants) ; Hambourg, 1813, in-8° de 256 
pages, avec un supplément de 92 pages. Enfin, 
ce ministre évangélique est aussi auteur d'un 
ouvrage intitulé : Ueber dass Bedurfniss eincr 
verbesserten Einrichtung des Gottesdienstesin 
den protestant ischen Kirchen mit besonderer 
Hinsicht au f Hambourg (Sur la nécessité d'une 
disposition améliorée du service divin dans les 



s'est pas moins fait remarquer par le nombre de i églises protestantes, particulièrement en ce qui 



ses instruments que par leur qualité. On lui doit 
les orgues de la paroisse «le Monlel'oscoli , eu 
1792, de celles de Peccioli. eu 1794, et de celles 
de, Lajatico, en 1796. En 1797, il travailla à 
l'orgue de Sainte-Marie in Monte, près de Pise, 
et en 1799, il construisit celui de la collégiale de 



concerne Hambourg) ; Hambourg, 1815, in-8". 

RAMBURES (M. DE), propriétaire àVau- 
drieourt, près ù'Abbeville (Somme), a inventé, 
en 1846, un système de notation de la musique, 
auquel il a donné le nom de Sténographie 
musicale, et qui a été adopté par le comité 



RAMBURKS — RAMKAU 



t f>? 



supérieur d'enseignement primaire d'Abbeville. 
Son usage s'est répandu dans les école* et dans 
les sociétés de chant de toute l'ancienne Picar- 
die. Les bases du système de M. de Rambures 
sont la ligne droite tantôt verticale, tantôt in- 
clinée à droite ou à gauche, ou horizontale, et 
des cous bes de diverses formes. Ces signes présen- 
tent des variétés à chaque octave. A vrai dire, 
ce système n'est pas une sténographie, car il 
n'abrège pas la notation , ayant non-seulement 
un signe pour chaque son , mais aussi poul- 
ies durées , les altérations accidentelles;, etc. 
M. de Rambures a cru prévenir les objec- 
tions à cet égard par la possibilité de lier plu- 
sieurs signes au moyen d'un seul trait ; mais 
ce trait, devant suivre tous les contours des 
signes particuliers, n'abrège pas en réalité. Il 
résulte de ces observations que la notation dont 
il s'agit est purement arbitraire, qu'elle, ne pré- 
sente aucun avantage de simplification, et qu'elle 
a de plus le très-grave inconvénient d'enseigner 
une chose qui n'a aucun rapjwrt avec la musique 
usuelle. M. de Rambures a publié, en ce qui con- 
cerne son système: 1° Sténographie musicale 
appliquée à l'enseignement de la musique; 
Abbeviile, imprimerie de Jeunet, 1837, in-8°. 
— 2° Tableaux lithographies pour lesinodèles 
d'écriture de la notation sténographique ; 
ibid. — 3° dotation musicale, rendue popu- 
laire par la sténographie ; ibid., 1845, in- 16 
de 56 pages. 

RAMEAU (Jean Philippe), le plus célèbre 
musicien français du dix-huitième siècle, naquit 
à Dijon le 25 septembre 1683 (t). Fils d'un père 
et d'une mère qui aimaient la musique, élevé 
dès ses premières années dans la culture de cet 
art, il y fit de si rapides progrès, qu'à l'âge de 
sept ans il lisait et exécutait sur le clavecin, à 
première vue, toute espèce de musique. Cepen- 
dant ses parents, qui le destinaient à la ma- 
gistrature, interrompirent ses études musicales 

(1) Dans la première édition de la Biographie des mu- 
siciens, j'ai donné, d'après La Borde (Essai sur la musi- 
que, tome 111, p. 464), la date du 25 octobre pour celle 
de la naissance de Rameau : mais Maret, secrétaire per- 
pétuel de l'Académie de Dijon, fournit celle du 25 sep- 
tembre 1683, dans son Éloge historique de Rameau, Di- 
jon, n"0, in-S° : sans doute il se conforme en cela à 
l'acte de naissance, car il indique l'heure même (quatre 
heures du soir) à laquelle l'illustre musicien a vu le jour. 
Il est à remarquer, au surplus, que cette date du 25sep- 
embre avait ele déjà donnée par Chabanon, en 1764, dans 
son Eloge de M. Rameau (Paris, Imprimerie de Lambert, 
in-8 n ),et M. Farrenc dit avec raison [Notice biographi- 
qve de Jean- Philippe Rameau, dans la première livraison 
«lu Trésor des pianistes) , que la même date se trouve 
dans l'Almanacb de Duchesoe (Us Spectacles de Paris) 
pour l'anuée 1165, p. 6.1. 



pour le faire entrer au collège des jésuites. Ra- 
meau était ne musicien, et rien de plus. Son 
indocilité et la violence de son caractère le ren- 
daient peu propre à la discipline des classes, et 
ses préoccupations de musique ne lui laissaient 
pas donner assez d'attention au rudiment, pour 
qu'il en tirât beaucoup de profit. Ses livres, ses 
cahiers et ceux de ses camarades, étaient char- 
gés par lui de traits de solfèges ou de fragments 
de sonates. Les choses allèrent si loin, que la 
présence d'un tel étudiant dans le collège parut 
intolérable, et que ses parents furent priés de le 
retirer. Il en sortit avant d'avoir achevé sa 
quatrième, et depuis lors il ne fit plus d'études 
et ne lut plus d'autres livres que des traités de 
musique. Devenu libre et pouvant se livrer à 
ses goûts sans contrainte, il ne s'occupa plus 
que du mécanisme du clavecin, de l'orgue, dH 
violon, et de quelques règles de contrepoint que 
lui enseignaient, tant bien que mal, son père et 
deux ou trois organistes de Dijon. Malheureu- 
sement ceite ville, qui lui offrait des ressources 
suffisantes pour l'exécution, ne possédait pas ies 
mêmes avantages pour l'enseignement de l'art 
d'écrire, alors fort négligé dans les provinces. 
La faiblesse des études de Rameau dans cet 
art exerça sur toute sa carrière une fâcheuse 
influence -. son harmonie, bien que forte et riche 
de modulations, fut toujours incorrecte, et ja- 
mais il ne comprit bien les avantages de la 
méthode pratique du contrepoint, ni ce qui sé- 
parait celle-ci de la conception d'un système 
d'harmonie. 

L'amour que lui avait inspiré une jeuneveuve 
du voisinage vint tout à coup l'arrêter dans ses 
travaux. Être auprès de cette femme, ou lui 
écrire lorsqu'il en était éloigné, étaient devenus 
le seul emploi de son temps, et la musique avait 
perdu son charme pour lui. Il y trouva pourtant 
cet avantage, que celle qu'il aimait le fit rougir 
de son ignorance, et obtint qu'il apprît au moins 
sa langue. Cependant le père de Rameau, in- 
quiet des suites de cette intrigue, se résolut à 
envoyer son fils en Italie, dans l'espoir que la 
musique qu'il y entendrait réveillerait son goùl 
pour l'art, et lui ferait oublier l'objet de son 
amour. Jean-Philippe se rendit en effet à Milan, 
et y arriva en 1701, dans un âge où son oreille 
semblait devoir être sensible au charme des 
mélodies ausoniennes ; mais l'habitude d'enten- 
dre la musique française l'avait déjà si bien fa- 
çonné au style de cette musique, qu'il ne com- 
prit rien à celui des opéras deScarlatti, de Lotti 
et de Caldara (t). D'ailleurs, il ne pénétra pas 

(il M. Maurice Bourges, dans une notice sur Rameau, 



168 



RAMEAU 



au delà de la capitale de la Lombardie, et son 
séjour à Milan ne fut pas assez long pour que 
son oreille s'accoutumât aux nouveautés qui la 
frappaient. Un directeur de spectacle, qui re- 
crutait son orchestre pour donner des représen- 
tations dans le midi de la France, l'engagea 
dans sa troupe, en qualité de premier violon, et 
l'emmena à Marseille, à Lyon, à Nîmes, à Alby 
et dans d'autres villes, où il retourna à plusieurs 
reprises, et commença sa réputation par son 
talent sur l'orgue. A Montpellier, il rencontra un 
musicien nommé Lacroix, qui lui enseigna la 
règle de l'octave pour l'accompagnement du 
clavecin; lui-même avouait cette circonstance 
qui prouve le peu d'avancement de son instruc- 
tion musicale à cette époque, en même temps 
que l'excellence de l'organisation qui lui per- 
mettait, avec une éducation si mal faite, de lixer 
sur lui l'attention, comme organiste. 

De retour à Dijon, après une absence de plu- 
sieurs années, Rameau n'y fit qu'un court séjour, 
malgré l'offre qu'il y reçut de la place d'orga- 
niste delà Sainte-Chapelle, et qu'il refusa. Une 
seule pensée l'occupait alors : c'était celle de la 
gloire, qu'il croyait ne pouvoir trouver qu'à Pa- 
ris» Paris était donc devenu le but unique vers 
lequel tendait son imagination : il y arriva en 
1717, déjà riche d'expérience, mais encore in- 
connu et n'ayant rien produit , quoiqu'il fût âgé 
de trente-quatre ans. Marchand (voyez ce nom) 
était alors l'organiste le plus renommé de la ca- 
pitale : lorsqu'il se faisait entendre à l'église des 
Grands-Cordeliers, il y avait foule pour l'écouter. 
Rameau, ne voulant perdre aucune occasion de 
l'entendre et d'étudier sa manière, alla se loger 
dans le voisinage du couvent. Accueilli avec 
bienveillance par Marchand, il en reçut des pro- 
messes de protection qui furent d'abord sincères, 
car le maître donna quelques leçons à son nou- 
vel ami, et le prit pour suppléant aux orgues des 
Jésuites et des PP. de la Merci ; mais après que 
Rameau lui eut montré quelques-unes de ses 
pièces d'orgue, le zèle de Marchand pour son 
protégé se refroidit, et bientôt celui-ci put se 
convaincre de la difficulté qu'il éprouverait à 
s'établir à Paris, en présence d'un tel adversaire. 
Ses moyens d'existence étaient insuffisants ; une 
place d'organiste dans une des paroisses pouvait 



Insérée dans la Gazette musicale de Paris (ann. i339. 
pag. S02), dit que le musicien français arriva en I.'.alic aa 
moment où Gasparinl et Alex. Scarlatti faisaient place à 
I.co, Porpora, Vinci, liasse, etc. ; mais Léo et Poi-pora 
»e commencèrent a écrire pour le théâtre que plus de 
quinze ans après le séjour <lc Hameau à Milan ; Masse et 
Vinci «c donnèrent leurs premiers murages que vingt- 
elaq, ans après son retour en France. 



seule faire cesser ce qu'il y avait de précaire 
dans sa situation: l'occasion se présenta pour 
en obtenir une ; mais cette fois encore Rameau 
retrouva dans Marchand l'arbitre de son sort ; 
car c'était lui qu'on avait choisi pour juger le 
concours ouverts entre Daqnin et le musicien de 
Dijon pour la place d'organiste de Saint-Paul. 
Les œuvres d'orgue et de clavecin que nous 
avons des deux compositeurs ne laissent aucun 
doute sur l'immense supériorité de Rameau, et 
J j'ai dit ailleurs [voyez Daqcin) ce qu'on doit 
penser de l'historiette rapportée à ce sujet : ce- 
pendant le jugement fut en faveur de Daquin, et 
son rival n'eut plus d'autre ressource que d'ac- 
cepter l'orgue deSaînt-Étienne, à Lille. Il ne resta 
pas longtemps dans cette ville, parce que son 
frère (1) lui offrit la place d'organiste de la ca- 
thédrale de Clermont, en Auvergne, qu'il laissait 
vacante par sa retraite. Rameau accepta, el 
consentit à souscrire un engagement à long 
terme avec le chapitre. 

Le silence d'une ville placée dans un pays de 
montagnes, où les communications étaient diffi- 
ciles , devait être favorable aux méditations de 
Rameau. Depuis longtemps excitées parla lecture 
des écrits de Zarlino, de Mersenne et de Descar- 
tes, ces méditations allaient conduire l'organiste 
de Clermont à la création du premier système 
d'harmonie qui eût vu le jour; mais ce qui est 
digne de remarque, c'est que ce silence, cette 
vie calme et monotone d'une petite ville, tout 
en favorisant les spéculations d'un esprit sérieux, 
ne portèrent point atteinte à l'imagination de 
l'artiste, et ne l'empêchèrent pas de produire 
des motets, des cantates, des pièces de clavecin 
qui, considérés an point de vue de leur époque, 
attestent l'originalité de la pensée et la nouveauté 
du style. Quatre années employées à ces tra- 
vaux avaient permis à Rameau d'y mettre la der- 
nière main : il comprit que le temps était venu 
de réaliser ses projets et de se manifester au 
inonde musical. Paris seul lui en offrait les 
moyens : mais un engagement l'enchaînait à 
Clermont, et ses démarches pour en obtenir la 
résiliation avaient été sans résultat II dut alors 
avoir recours à la ruse, et n'imagina pas de meil- 
leur moyen que de déchirer l'oreille de l'evêque 
et des chanoines par une musique si barbare, 
qu'on finit par lui accorder la liberté qu'il récla- 
mait. Cependant ne voulant pas laisser une fâ- 

;l) Claude Rameau, frère <!c celui qui est l'objet de cet 
article, fut un habile organiste attaché à l'abbaye de 

I Saint-liénignect à la cathédrale de Dijon, et qui y mou- 
rut eu 1761. Hameau eut aussi une sretir, nommée Cathe- 

l rine, qui enseignait le clavecin à Dijon, ci qui y mourut 
en no*. 



RAMEAU 



16» 



chr-use impression sur son talent, il déploya ( 
loute son habileté le jour désigné pour le der- 
nier de son service, et joua de manière à faire 
naître les plus vifs regrets dans l'esprit de ceux 
qui l'écoutaient. Arrivé à Paris en 1721 , il y 
donna des soins à la publication de son traité 
d'barmonie, qui parut dans l'année suivante. Cet 
ouvrage ne fut pas compris; mais les critiques 
qu'on en fit tournèrent au profit de son auteur, 
en fixant sur lui l'attention du public. La publi- 
cation de quelques cantates et de ses sonates de } 
clavecin acheva de le faire connaître, et lui pro- 
cura de bons élèves , qui devinrent ses admira- 
teurs : déplus, il eutla place d'organiste de Sainte- 
Croix-de-la-Bretonnerie. Le désir qu'il avait de tra- 
vailler pour la scène l'engagea à faire des essais 
dans des fragments de chants et de danses pour 
des pièces de Piron représentées à l'Opéra-Comi- 
que, telles que la Rose, le faux Prodige, V En- 
rôlement d'Arlequin, etc. En 1726 parut son 
Nouveau système de musique théorique, où le 
système de la basse fondamentale , déjà indiqué 
dans le Traité d'harmonie, trouvait une base dans 
les phénomènes de résonnance de quelques corps 
sonores. Ces deux ouvrages et la Dissertation 
sur les différentes méthodes d'accompagne- 
ment pour le clavecin et pour V orgue, qui 
fut publiée en 1732, lui firent la réputation d'un 
savant harmoniste , malgré les critiques des 
journalistes et les insinuations malveillantes de 
quelques envieux. Ni l'Académie des Sciences, 
qui approuva les travaux de Rameau ( en 1737 
et 1749), ni les littérateurs qui en faisaient la 
critique, n'entendaient bien le sujet de la discus- 
sion; mais c'est une chose remarquable que cette 
science de l'harmonie, qui venait d'être créée 
par Rameau , trouva tout le monde prêt à en 
parler, comme s'il se fût agi de la chose la plus 
simpie. Malgré les ennuis que lui suscitaient ces 
débats, le savant musicien y trouvait de l'avan- 
tage pour sa célébrité. 

Cependant il n'était point satisfait encore; 
car il se sentait appelé à parcourir la double car- 
rière de théoricien et de compositeur dramatique. 
En vain était-il cité comme le meilleur orga- 
niste de France; en vain sa musique instrumen- 
tale était-elle recherchée par tous les amateurs ; 
Rameau se tourmentait de la pensée qu'il tou- 
chait à sa cinquantième année sans avoir pu par- 
venir jusqu'à la scène de l'Opéra, tandis que beau- 
coup de musiciens médiocres y étaient arrivés 
sans peine. Devenu maître de clavecin et d'accom- 
pagnementdeM me laPopelinière, femmedu fermier 
général, il trouva heureusement un Mécène dans 
ce financier, qui entretenait un orchestre à son 
service, et donnait des concerts dans son hôtel, 



à Paris , ei dans sa belle maison de Passy. La 
Popelinïère obtint de Voltaire, pour son protégé, 
le livret d'un opéra dont Scmison était le sujet. 
Rameau écrivit sa musique; l'ouvrage fut essayé 
chez le fermier général et plut beaucoup à ceux 
qui l'entendirent ; mais Thuret, alors directeur 
de l'Académie royale de musique, peu séduit par 
un sujet de la Bible, refusa l'œuvre de Voltaire 
et de Rameau. Longtemps après , celui-ci em 
ploya la musique de Samson dans son Zo- 
roaslre. D'abord découragé, il semblait vouloir 
renoncer au projet de se faire une réputation 
de compositeur dramatique ; mais la Popelinière 
tint bon, et finit par lui taire avoir de l'aLbé 
Pellegrin le livret A'Uippolyteet Aricie, moyen- 
nant une obligation de 500 livres donnée comme 
garantie contre la chute de l'ouvrage. Quelque 
temps après, le premier acte fut. essa5-é chez le fi- 
nancier, et le bon abbé qui, comme on l'a dit, 
dînait de l'autel et soupait du théâtre , char- 
mé de ce qu'il entendait, déchira le billet, en 
déclarant que de semblable musique n'avait 
pas besoin de caution . Cependant le succès de 
la représentation ne répondit pas d'abord 'aux 
espérances du poète et des amis de Rameau. 
L'ouvrage fut joué pour la première fois le 1 er oc- 
tobre 1732, et les admirateurs de Lulli se réu- 
nirent pour en condamner le style, qu'ils appe- 
laient bizarre, baroque et dépourvu de mélodie. 
On ne pouvait nier que le compositeur d'Hippo- 
lyte et Aricie ne fût inférieur à celui é'Armide 
dans le récitatif, et qu'il y eût moins de correc- 
tion dans sa manière d'écrire; mais son harmo- 
nie avait bien plus de force, ses modulations 
étaient moins uniformes, ses chœurs avaient plus 
d'effet et d'énergie; enfin, son instrumentation 
était plus riche de formes et de détails. En un 
mot, le nouvel opéra annonçait un génie d'une 
autre trempe que tout ce qui avait suivi Lulli; 
on pouvait discuter sur l'agrément de cette mu- 
sique, mais non lui refuser le caractère de la 
création. Depuis près de cinquante ans, il n'a- 
vait été rien donné à l'Opéra de Paris qui eût ce 
cachet de nouveauté. Tel fut néanmoins le mau- 
vais accueil fait à cet ouvrage, qu'il fut à peine 
permis de l'achever. L'abbé Desfontaines accusa 
Rameau , dans son Nouvelliste du Parnasse, 
de substituer les spéculations harmoniques aux 
jouissances de l'oreille. Les pamphlets, les cou- 
plets satiriques accablèrent le compositeur, et 
l'on fit courir contre lui cette épigramme • 

Si le difficile est le beau. 
C'est un grand homme qne Rameau; 
Mais si le beau, par aventure, 
N'était que la simplenature, 
Quel petit homme que Rameau! 



(70 



RAMEAU 



Celte épigramme était une sottise de son auteur, 
car le beau n'est pas la simple nature, qui n'a 
rien à taire dans la musique. Le beau dans l'art 
est la création pure du génie, et la nature y est 
étrangère. 

Rameau, étourdi de ces critiques, crut un mo- 
ment s'eire trompé, et dit k ses amis : « J'ai 
« cru que mon goût réussirait , et je vois qu'il 
« n'en est rien ; mais je n'en ai point d'autre : 
■- je ne ferai plus d'opéra. » Heureusement ceux 
qui le protégeaient contre ses ennemis ne se lais- 
sèrent point ébranler comme lui. Ils prirent sa 
défense, ramenèrent insensiblement l'opinion pu- 
blique, et finirent par fixer l'attention sur une 
production qui avait été jugée avec légèreté. 
Griinm, qui n'aimait pas Rameau, prétend que le 
grand succès obtenu plus tard par la musique de 
ce compositeur, ne fut que le résultat des cal- 
culs des partisans de la musique française, en 
baine de l'italienne (1). Quoi qu'il en soit de 
cette assertion, il est certain que Rameau par- 
vint à la plus brillante renommée en France par 
ses compositions dramatiques, et qu'il fit preuve 
d'une prodigieuse facilité dans ses travaux en ce 
genre; car bien qu'il eût donné son premier 
opéra à l'âge de cinquante ans, et qu'il fût pres- 
que constamment occupé de la rédaction de 
ses traités théoriques d'harmonie et 6c la polé- 
mique qu'ils soulevaient , il fit représenter à 
l'Opéra vingt-deux grands opéras ou opéras- 
ballets dans l'espace de vingt-sept ans. Il était 
âgé de soixante-dix-sept ans quand il lit jouer le 
dernier. Les biographes modernes qui ont essayé 
«'e faire l'appréciation de la musique de Rameau 
et de la nature de son talent, me paraissent l'a- 
voir fait au hasard et sans avoir étudié ses ou- 
vrages; car ils le louent pour des qualités qui 
ne sont point les siennes , et lui reprochent des 
imitations de Lnlli qui ne sont pas fondées. Son 
Castor et Pollux a été à juste titre considéré 
comme son chef-d'œuvre. Tel était le mérite de 
quelques morceaux de cet opéra, qu'il s'est sou- 
tenu plusieurs années à côté môme des opéras de 
Gluck. En 1791 , Candeilte refit la musique de cet 
ouvrage ; mais désespérant de faire aussi bien 
que Rameau la scène où se trouve l'air Tristes 



lii « Tous ses ouvrages tombèrent d'abord, et s'ils se 
relevèrent ensuite, ses partisans ne furent pas moins re- 
gardés comme hérétiques et presque C M mauvais ci- 
toyens. Lorsque ensuite la musique italienne lit des pro- 
grès en France , lcs;cnncmis les plus violents de Hameau 
passèrent (le leur acharnement à l'admiration la plus 
aveugle, et ne pouvant, soutenir Lnlli, Ils opposèrent le nom 
et la célébrité de Hameau aux partisans de ta musique 
Italienne.» [Correspondance littéraire, octobre 118*, 
tome v, page BO Édition de Paris, 1819.1 



apprêts , paies flavibeaux, il la conserva telle 
qu'elle est dans l'ancienne partition. 

Si le début de Rameau dans sa carrière avait 
été pénible, il en trouva la compensation dans 
l'espèce de domination qu'il exerça sur la musique, 
en France pendant les trente dernières années 
de sa vie. Les discussions même qu'il eut à sou- 
tenir contre plusieurs savants, et qu'il semblait 
moins craindre que rechercher, augmentèrent 
son autorité, et rendirent son nom populaire. Le 
produit de ses leçons, de ses ouvrages et le re- 
venu de ses places lui avaient assuré une aisance 
augmentée par une sévère économie, qu'on l'ac- 
cusait de pousser jusqu'à l'avarice la plus sordide. 
Le roi avait créé pour lui la charge de composi- 
teur de son cabinet ; plus lard, il lui accorda des 
lettres de noblesse , et le nomma chevalier de 
Saint-Michel. Grimm prétend qu'il ne voulut pas 
faire enregistrer les titres de ces distinctions, et 
se constituer en une dépense qui lui tenait 
plus au cœur que la noblesse (1). Le même 
écrivain ajoute que Rameau étail d'un naturel 
dur, sauvage, étranger à tout sentiment d'huma- 
nité. Diderot, dans le livre singulier intitulé le 
Neveu de Rameau, a dit aussi de l'oncle, avec 
sa manière originale : «C'est un philosophe dans 
« son espèce : il ne pense qu'à lui ; le reste de 
« l'univers lui est comme d'un clou à un souf- 
« llet. Sa fille et sa femme n'ont qu'à mourir 
« quand elles voudront; pourvu que les cloches 
« de la paroisse qui sonneront pour elles conti- 
« nuent de résonner la douzième et la dix-sep- 
« tième (2), tout sera bien. » Il y a beaucoup 
d'exagération dans ces paroles de deux hommes 
qui n'aimaient ni Rameau ni la musique fran- 
çaise, dont il était le représentant à cette époque, 
et qui d'ailleurs conservaient contre lui de la 
rancune, à cause de ses démêlés avec les ency- 
clopédistes. Rameau paraît avoir aimé l'argent , 



(1) Je ne sais où Castll-BIaze a pris l'anecdote qu'il 
raconte en ces termes : ■ Rameau reçoit des lettres de no- 
« blesse, prélude nécessaire pour le rendre digne d'ac- 
« cepter le cordon de Saint -Michel, que le roi lui desti- 
« nait. Ce musicien se garde bien de faire enregistrer sa 
<< patente nobiliaire. Louis XV pense que Rameau ne vent 
« pas débourser les frais de chancellerie, et lut fait pro- 
« poser de se charger lui-même de celte dépense. — Que Sa 
« Majesté veuille m'en remettre l'argent, je saurai l'cm- 
« ployer d'une manière plus avantageuse. A moi des lct- 
« très de noblesse? Castor et llardanus me les ont de- 
< puis longtemps paraphées.» {Théâtres lyriques ttcl'aris; 
« Académie royule de musique, 1. 1, p. 18t.) Quelle que 
fût la brusquerie du caractère de Rameau, il est impossi- 
ble qu'il ait répondu par ce langage grossier a l'honneur 
qui lui était fait. 

(2) Allusion au système d'harmonie de Rameau, basé sur 
la resimnanee de l'accord parfait majeur dans certains 
corps sonores. 



RAMEAU 



171 



penchant assez rare de son temps parmi les ar- 
listes, et fort commun aujourd'hui ; mais il se- 
rait injuste de prétendre que ce goût avait éteint 
en lui tout sentiment d'humanité; car il paya 
longtemps une pension à sa sœur infirme , et 
l'on sait qu'il rendit des services pécuniaires au 
compositeur Dauvergne et à l'organiste Balbâtre. 
Plusieurs académies avaient ouvert leurs portes 
à Rameau, sans qu'il recherchât ces honneurs. 
Le magistrat de Dijon l'exempta à perpétuité, lui 
et sa famille, de latailleet des autres droits mu- 
nicipaux. Sa taille était fort grande et sa mai- 
greur excessive ; mais quoique son extérieur eût 
pu faire croire que sa santé était débile, il n'a- 
vait jamais été malade. Le régime qu'il avait 
adopté et sa sobriété le firent parvenir à un âge 
avancé, et lui permirent de se livrer à de grands 
travaux jusqu'à ses derniers jours. Sombre et 
peu sociable, il fuyait le monde et gardait, même 
avec sa famille , un silence presque absolu. Dans 
ses promenades solitaires, il n'abordait ni ne 
voyait personne. On le croyait absorbé dans de 
profondes méditations : cependant Chabanon, 
son ami, obtint de lui l'aveu que, dans ses vagues 
rêveries , aucun objet ne l'occupait précisément ; 
son esprit y était dans une sorte de somnolence, 
et ses jambes seules conservaient de l'activité. 
Lorsqu'on l'abordait, il semblait sortir d'une 
extase, ne reconnaissait personne, et ses amis 
les plus intimes étaient obligés de se nommer. 
Ses panégyristes disent qu'il était naturellement 
modeste: il paraît en effetqu'il parlait peu de lui, 
lorsqu'il n'y était pas entraîné par la discussion ; 
mais il supportait impatiemment la contradiction, 
et quoiqu'il eût presque toujours tort dans les 
polémiques où il s'engagea, comme je le ferai 
voir plus loin, il prenait un ton dur et hautain, 
même avec les savants les plus recommandables. 
Ses théories harmoniques, dont il s'exagérait le 
mérite et l'importance, l'occupèrent jusqu'à ses 
derniers jours, et il mettait la dernière main à 
un livre concernant les avantages que la musique 
devait retirer de ce qu'il appelait ses découver- 
tes, lorsqu'il mourut, à plus de quatre-vingts ans, 
le 12 septembre 17G4. Des obsèques magnifiques 
lui Turent faites à l'église Saint-Eustacho. La 
direction de l'Opéra lui fit faire, à l'Oratoire, le 
27 septembre, un service solennel, auquel tous les 
musiciens de Paris prirent pari, et pendant plu- 
sieurs années, l'anniversaire de son décès fut 
céléhré avec pompe dans la même église. Un 
second service fut célébré dans l'église des Car- 
mes déchaussés, près du Luxembourg. La mu- 
sique qu'on y exécuta était de Philidor. Un grand 
concours de monde se pressa dans ces cérémo- 
nies. 



Rameau avait épousé une demoiselle Marie- 
Louise Mangot, qui lui survécut. «Mme Rameau, 
« dit Maret (loc. cit.), est une femme honnête, 
« douce, aimable, qui a rendu son mari fort heu- 
« reux : elle a beaucoup de talent pour la mu- 
« sique, une fort jolie voix et un bon goût du 
« chant. » Les enfants de Rameau fuient : 
1° Claude-François Rameau , écuyer, valet de 
chambre du roi. — 2° Marie-Louise, religieuse 
au couvent de la Visitation de Sainte-Marie , 
a Montargis. — 3° Marie-Alexandrine, qui, après 
la mort de son père , épousa un mousquetaire , 
nommé de Gauthier. On a fait plusieurs por- 
traits de Rameau; le premier a été gravé par 
Delattre, in-4° ; le deuxième et le plus beau a 
été fait par Renoist , d'après Restout, in-fol. ; 
le troisième a été gravé par Saint- Aubin, d'après 
Caffieri. Le petit portrait en pied de Carmontelle 
est plein d'esprit : c'est celui qui représente le 
mieux l'aspect du grand musicien , quoique le 
dessinaleur ait un peu cherché la caricature. On 
trouve aussi le portrait de Rameau , gravé par 
Masquelier, dans le deuxième volume de VEssai 
sur la musique de La Rorde , au frontispice de 
la 12 me année de la Gazette musicale de Leip- 
sick, dans les Essais physiognomoniques de 
Lavater, et dans plusieurs autres ouvrages. 

Célèbre comme organiste, plus célèbre en- 
core comme compositeur dramatique , Rameau 
semble pourtant n'avoir voulu faire de ces titres 
de gloire que l'accessoire de sa renommée , tant 
il s'est élevé par la création de son système 
d'harmonie, quels qu'en soient d'ailleurs les dé- 
fauts. On a parlé diversement de ce système, et 
l'on se fait en général une fausse idée de sa 
portée et de son mérite. 1! n'est pas vrai, comme 
l'ont prétendu plusieurs écrivains fiançais, qu'a- 
vant Rameau il n'y eût dans la science de l'har- 
monie et de la composition qu'un amas indi- 
geste de règles arbitraires, sans liaison entre 
elles, et souvent contradictoires. Il n'est pas 
v^i non plus que toutes ces règles se soient éva- 
nouies en présence de la basse fondamentale, ni 
que celle-ci ait pu en tenir lieu ; car tous les 
préceptes de l'art d'écrire formulés par les an- 
ciens écrivains didactiques ont pour base les lois 
éternelles de la tonalité , tandis que les règles 
du système de la basse fondamentale sont sou- 
vent en contradiction avec ces lois. Mais ce n'est 
point là qu'est la gloire de Rameau, et ceux qui 
l'ont vanté sous ce rapport n'ont pas compris 
plus que lui le mérite de son œuvre. J'ai expli- 
qué, dans mon Esquisse de l'histoire de l'har- 
monie (l), quelle était la situation de la science 

U) Gazette musicale de Paris, année 1840, ip» 35 ct4S> 



172 



RAMEAU 



avant Rameau, et quels ont été les résultats 
réels de ses travaux. L'exposé analytique de 
ces choses est trop étendu pour trouver place ici, 
et je suis obligé de renvoyer, pour les détails, à 
cette partie de mon travail : je me bornerai à 
indiquer les faits principaux. 

L'art d'écrire la musique en harmonie avait 
reçu dans le moyen âge le nom de contrepoint. 
Les règles de cet art, perfectionnées par l'ob- 
servation et par un sentiment plus exercé , 
avaient été puisées dans la conformation de la 
gamme et dans la tonalité dont elle est la for- 
mule. Deux accords consonnants (l'accord par- 
fait et l'accord de sixte) et les dissonances intro- 
duites dans ces accords par des moyens artificiels, 
composaient tout le domaine harmonique de 
ces premiers temps. Plus tard, on y introduisit 
les accords dissonants, appelés naturels, parce 
qu'ils sont les produits immédiats de la constitu- 
tion de la tonalité. Les auteurs de traités de 
contrepoint n'imaginèrent pas de rechercher l'o • 
rigine des harmonies; mais ils constatèrent tout 
ce qui, dans leurs successions, satisfaisait aux 
exigences de la tonalité ou les blessait. De là les 
règles formulées dans leurs écrits. Lorsque l'har- 
monie desvoix cnusagejusqu'àla fin du seizième 
siècle, eut fait place aux chants à voix seule, ac- 
compagnés par i'orgue ou le clavecin, il fallut 
indiquer aux accompagnateurs l'harmonie qu'ils 
devaient faire entendre sur la basse écrite qu'on 
leur donnait pour les guider; cette basse prit 
le nom de basse continue , et l'on imagina de 
placer au-dessus de ces notes certains chiffres et 
signes qui faisaient connaître les principaux inter- 
valles des accords qui devaient les accompagner. 
Telle est l'origine de la science de l'harmonie. 
Les travaux des harmonistes italiens et allemands 
ajoutèrent des faits nouveaux aux faits primitifs 
de cette science , pendant le dix-septième siècle 
et au commencement du dix-huitième; ils s'atta- 
chèrent surtout à perfectionner l'art de l'accom- 
pagnement sur le clavier, qui était l'objet es- 
sentiel de la basse continue ; mais, ainsi que les 
auteurs de traités de contrepoint, ils se livrèrent 
bien moins à des recherches sur la constitution 
des accords qu'à l'analyse des circonstances har- 
moniques et tonales de leur enchaînement. C'est 
dans cet esprit que furent rédigés les livres de 
Gaspariui.oe Printz, de Werckmeisler, de Niedt, 
de Iloiniclien et même de Mattheson. Ce n'est pas 
à dire pourtant que les règles contenues dans 
leurs ouvrages ne soient, comme on l'a dit, dic- 
tées que par une aveugle routine, car elles étaient 
le produit de l'observation et les conséquences 
nécessaires des lois de la tonalité , comme les 
règles du contrepoint : seulement il y manquait le 



point de vue scientifique , et la conception d'un 
système de théorie. 

C'est en cet état que Rameau trouva l'art. 
Livré à la lecture des livres de Mersenne, de 
Descartes et de Zarlino, dans sa solitude de Cler- 
mont, il y puisa la connaissance des nombres 
appliqués aux intervalles des sons. Une proposi- 
tion de Descartes, où ce philosophe pose en fait 
que l'oreille ne saisit naturellement que les inter- 
valles représentés par les nombres 1 , 3 , 5 et 
leurs multiples, le conduisit à considérer l'accord 
parfait majeur, produit par la génération de ces 
nombres, comme le type de toute harmonie, 
i lui fournissait le son fondamental ; 1 , l'oc- 
tave; 3, l'octave de la quinte; 4, la double oc- 
tave du son fondamental , 5, la double octave de 
la tierce, etc. Considérant les sons d'octaves 
comme identiques avec les sons primitifs, il rap- 
prochait les intervalles et y trouvait l'accord par- 
fait. Pour la formation de tous les autres ac- 
cords, il lui parut qu'il ne s'agissait plus que 
d'ajouter d'antres sons à la tierce inférieure ou 
supérieure des accords parfaits majeur, mineur, 
ou d'en supprimer d'un côté pendant qu'en en 
ajoutait de l'autre. C'est par ces additions de 
tierces qu'il formait tous les accords de sep- 
tièmes, de neuvièmes, etc. A l'égard des accords 
où la sixte et la quarte étaient caractéristiques de 
l'harmonie, il les obtenait parle renversement des 
accords primitifs. Cette génération des accords, 
qui obligeait Rameau à transposer l'accord par 
fait pour trouver les autres intervalles nécessaires 
à la formation des accords dissonants, ne lui per- 
mettait pas de faire entrer dans son système les 
considérations de tonalité, et tous les accords 
étaient autant de faits isolés qui n'avaient plus 
entre eux de rapport de succession. Dès lors 
toutes les règles des anciens harmonistes s'éva- 
nouissaient. Trop bon musicien pour ne pas 
comprendre qu'après avoir rejeté ces règles de 
succession et t de résolution des accords, incom- 
patibles avec son système, il devait y suppléer 
par des règles nouvelles qui n'y fussent pas con- 
traires, il imagina sa théorie de la basse fonda- 
mentale. Cette basse n'était qu'un moyen de 
vérification de la régularité de l'harmonie, et 
non une basse réelle : c'est pourquoi Rameau 
l'ait remarquer dans son Traité d'harmonie 
(p. 135), qu'on ne doit pas s'arrêter aux succes- 
sions d'octaves et de quintes consécutives qu'elle 
exige. Il prescrivit des règles pour la formation 
de cetts basse, mais ii ne put les établir que 
«l'une manière arbitraire : tout s'opposait à ce 
qu'il en exposât une théorie rationnelle, basée 
sur la nature môme de l'harmonie. Ces règles. 
avaient le défaut d'être insuffisantes poui mie 



RAMEAU 



173 



multitude de cas, et d'être fausses dans quel- 
ques-uns. De plus, comme elles n'élaient qu'un 
moyen de vérification des fautes qui pouvaient 
échapper en écrivant, elles ne remplissaient pas 
les mêmes fonctions que celles des anciens har- 
monistes , dont l'objet était de faire éviter ces 
fautes. Tel est le système exposé par Rameau 
dans son Traité de fharmonie, publié en 
1722. Nonobstant ses vices radicaux, qui ne vont 
pas à moins qu'à l'anéantissement de la correc- 
tion dans l'art d'écrire, ce système, le premier 
où l'on a essayé de donner une base scientifi- 
que à l'harmonie, est une création du génie. Il 
renferme d'ailleurs une idée vraie, féconde, et 
qui seule eût immortalisé son auteur : je veux 
parler de la considération du renversement des 
accords, qui appartient à Rameau et sans la- 
quelle il n'y a pas de système d'harmonie possi- 
ble. Si nous nous plaçons au point de vue de la 
situation où se trouvait Rameau lorsqu'il con- 
çut le sien , nous ne pourrons lui refuser notre 
admiration pour la force de tête qui brille dans 
cette conception. 

Le phénomène de la production sensible des 
harmoniques de l'accord parfait majeur dans cer- 
tains corps sonores, avait été observé antérieu- 
rement à la publication du Traité d'harmonie : 
Rameau, en ayant eu connaissance, y vit une 
confirmation manifeste de son système de l'har- 
monie primitive, puisée dans la nature. Enthou- 
siasmé par ce fait, dont la portée n'est pas ce quïl 
supposait, il en développa les conséquences dans 
son Nouveau système de musique théorique, 
publié en 1726. C'est dans cet ouvrage qu'il 
commença à se jeter dans un étalage de démons- 
trations de physique et de calculs par lesquels il 
espérait relever le mérite de sa théorie, mais qui 
n'ont au fond que peu de valeur. Dès qu'il fut 
entré dans cette voie, son esprit s'y abandonna 
sans réserve ; le premier fruit de ses méditalions 
géométriques fui la publication de son Traité de 
la Génération harmonique , suivi de la Dé- 
monstration du principe de Vharmonie, et 
de plusieurs autres écrits où la manie du calcul 
finit par conduire l'auteur du Traité d'iuirmonie 
jusqu'à vouloir démontrer que tontes les sciences 
ont leur origine dans les proportions fournies 
par le corps sonore; car, dans l'ignoranee où l'on 
étaitalors d'une multitude de phénomènes acous- 
tiques, Rameau était persuadé quêtons les corps 
sonores produisaient les mômes sons harmoni- 
ques, quelles que fussent leurs formes, leurs di- 
mensions et le mode d'action vibratoire qu'on 
leur imprimât. L'Académie des sciences, et d'A- 
lembert lui-même eurent le tort d'encourager Ra- 
meau à persévérer dans cetle fausse direction, 



par des rapports sur ces ouvrages où l'on trouve 
des passages tels que celui-ci : « Ainsi l'har- 
« monie, assujettie communément à des lois 
« arbitraires ou suggérées par une expérience 
« aveugle, est devenue, par le travail de Ra- 
« meau, une science plus géométrique, et à 
« laquelle les principes mathématiques peuvent 
« s'appliquer avec une utilité plus réelle et plus 
« sensible qu'ils ne l'ont été jusqu'ici (1). » Plus 
tard, et lorsque Rameau eut déclaré la guerre 
aux encyclopédistes dans son pamphlet inti- 
tulé : Erreurs sur la musique dans l'Encyclo- 
pédie (Paris, 1755), d'Alembert essaya de jeter 
i quelque ridicule sur les prétentions du musicien 
à passer pour un géomètre, et voulut lui dé- 
montrer, dans une lettre imprimée en 1758, que 
le corps sonore ne donne par lui-même aueune 
notion des proportions des intervalles dont il fait 
résonner les harmoniques; mais il avait affaire à 
un rude jouteur, qui ne s'effrayait point s l'i'dée 
d'entrer en discussion avec les plus savants, 
n'ayant nul souci de leurs arguments, et se com- 
plaisant aux siens. Il avait osé se mesurer avec 
Eu 1er, dont il ne comprenait gnère l'Essai sur 
une nouvelle théorie de l'harmonie; il ne recula 
pas devant la nécessité de répondre à d'Alembert 
sur des matières de physique et de calcul, comme 
s'il ne se fût agi que d'une question de basse 
fondamentale. Le savant géomètre français au- 
rait dû être averti du danger qu'il y avait à en- 
courager Rameau dans ses fantaisies de science, 
par ce qui était arrivé au P. Castel. Ce jésuite 
avait accueilli avec bienveillance l'organiste de 
Clermont à son arrivée à Paris, en 1721 , et 
bien que peu instruit dans la musiqnc à cette 
époque, il avait fort goûté l'idée de sa basse 
fondamentale, et l'avait engagé à continuer ses 
travaux sur cette matière. Quatorze ans après, 
le même P. Castel, dans la seconde partie de ses 
Nouvelles expériences d'optique et d'acousti- 
que, insérée parmi les Mémoires de Trévoux 
(août 1735, p. 1635), ayant cité un passage de 
la Musurgiaàe Kircher,qui semblait indiquer la 
première idée de la basse fondamentale, Rameau 
lui fit une rude réponse dans le même recueil 
(juillet 1736, p. 1691 ), et n'y montra pas cette 
modestie dont parlent ses panégyristes. Mais la 
partie était trop forte pour lui : la réplique du 
jésuite ne se fit pas attendre (septembre 1736, 
p. 1999) (2) : elle fut catégorique. « J'ai toujours 

(1) Rapport de 1749, imprimé à la fin de la Démonstra- 
tion du principe de l'harmonie, pag. xiv. Le texte de 
ce rapport est altéré dans la Biographie universelle de 
M. Michaud, t. 37, pa(f. 32. 

\t) M. Maurice Bourges s'est trompé sur l'objet de la 
dispute, et sur les torts qu'il a attribués au I'. Castel 



174 



RAMEAU 



« admiré ( «lit-il ) et j'admire encore quatre pen- 
« sées sublimes de cet auteur ( Rameau ) sur son 
« art : i° sa basse fondamentale; — 2° ses 
« accords fondamentaux; — 3 P leur structure 
« par tierces , — 4° leur renversement par sixtes, 
« quartes, secondes, etc. Je ne m'en dédirai, je 
« crois, jamais. Après cette protestation, M. Ra- 
« meau doit voir que je suis fort éloigné de le 
« chicaner et de le suivre même dans les chicanes 
« qu'il fait à Kircher (p. 2003). Je lui dis... 
« que son grand objet devait être «IVclaircir et 
« <l'étendre ses premières vues, et de fixer sur- 
« tout la modulation. 11 en jugea autrement. Il 
« prit quelques arrangements du côlé de la géo- 
« métrie, comme on le voit par son second ou- 
« vrage sous le nom, je crois, d'Introduction ou 
« de supplément au Traité de l'harmonie, et 
« nous donna dans cet ouvrage quelques ta- 
« blés de nombres harmoniques qui ne vont 
« à rien (p. 2020). » Il est assez remarquable 
que le P. Castel, auteur d'une analyse fort louan- 
geuse delà basse fondamentale, publiée dans les 
Mémoires de Trévoux, et d'Alembert, qui s'é- 
tait donné la peine d'extraire ses Éléments de 
musique des œuvres de Rameau , dans le des- 
sein de rendre plus populaire cette même basse 
fondamentale, finirent tous deux par s'en «lé- ! 
goûter, et firent de très-solides objections contre 
cet objet de leur ancienne admiration, le premier 
tlans les mômes Mémoires de Trévoux (août 
173.">), l'autre «lans une polémique qui parut 
en 1700. Lu somme la gloire de Rameau, comme 
théoricien, réside dans îe Traité d'harmonie; 
ce qu'il publia dans la suite n'y ajouta rien; mais 
tous ces livres et ces pamphlets occupèrent le 
public de la basse fondamentale, et lui procurè- 
rent une vogue dont il n'y eut jamais d'exempte 
à l'occasion d'une science nouvelle, et oui dura 
près «le quatre-vingts ans. Le règne «le la basse 
fondamentale n'était pas encore passé au com- 
mencement «lu dix-neuvième siècle, car on voit 
dans les procès-verbaux des séances du Conser- 
vatoire, pour la détermination d'une théorie «le i 
l'harmonie ( 2 et 5 juin 1801 ), que le système 
«le Rameau fut tour à tour attaque et défendu; | 
mais l'adoption «le la théorie <lc Catcl ni bientôt ■ 
oublier celle de la basse fondamentale. Grimm, I 
«lont la mauvaise foi égale l'ignorance «les faits, ! 
assure que les écoles d'Italie et d'Allemagne n'ont 
jamais entendu parler des livres de Rameau con- 
cernant L'harmonie (Corresp. lillér., octobre 
1764, tome 4, page 81) : or, il e>t précisément 
démontré que ces ouvrages ont fait naître les 

lorsqu'il » « 1 1 r qu'après h r«'pon<c <lr Hameau, le f CttS' 
tri )«<• tou/flu mot {Canette mu uvale ,u< Paru, pag. t *> 



, premières idées de théorie d'harmonie en Alle- 
magne et en Italie, comme ils donnèrent naissance 
à des multitudes de systèmes chez les Français. 
La seule pensée de la possibilité «l'une théorie 
scientifique de l'harmonie fut un trait de génie 
qui remua le monde musical et qui même encore 
aujourd'hui exerce son influence. Le Traité de 
Vharmonie a été l'origine du Tentamenà''E\\\er, 
et du système de Tartini ; ce fut le système de 
la basse fondamentale modifié que Marpurg in- 
troduisit en Allemagne dans son Manuel de la 
basse, continue, et dans la traduction «les Élé- 
ments «le musique de d'Alembert; Sorge, bien qu'il 
eût fait choix d ; un autre principe, se rallia à l'i- 
dée émise par Rameau de la nécessité d'une base 
scientifique pour la théorie des accords; Matthe- 
son lui-même, dans ses grossières injures contre 
l'auteur du Traité d'harmonie, prouve qu'il 
était vivement préoccupé de cet ouvrage; Martini, 
dès 1757, discutait, dans le premier volume de 
son Histoire générale de la musique, les opinions 
de Rameau, et l'appelait célèbre scriltore di 
mxisica tcorica c pralica de' nostri giorni ,• 
enfin, la formation des accords dissonants par des 
additions de tierces , et l'extension du principe 
de renversement des accords ont été les sources 
du système de Vaiotti et de Sabbatini. Il est donc 
certain que, loin de mériter les dédains de Grimm, 
les livres de Rameau, malgré leurs énormes dé- 
fauts, ont eu plus de succès et ont exercé une 
influence plus universelle «juaucun antre traité 
«le musique. 

Voici la liste des ouvrages de Rameau, con- 
cernant la tbéorie de la musique et de l'harmo- 
nie : 1° Traité de l'harmonie réduite à ses 
principes naturels; divisé en quatre livres, 
[.ivre I : Du rapport des raisons et propor- 
tions harmoniques. Livre II : De la nature 
et de la propriété des accords, et de tout ce 
qui peut servir à rendre xine musique par- 
faite. Livre III : Principes de composition. 
Livre IV : Principes d?accompagnement, Pa- 
ri-;, J.-IJ. -Christ. Ballard, 1722, 1 vol. in-4° <!<> 
432 pages, avec un supplément de 17 pages, 
l.'r.e traduction anglaise du Traité de l'Har- 
monie a élé faite par Griffith Joncs ; elle a pour 
titre : Treatise. on Ilarmonij, in u/iick the 
l'rïnciples of accompaniment are fully ex- 
plaincd and illustrutcd by a varietij of 
examplcs, translatai from the French. Lon- 
dres, mfol. (sans date), il existe aussi une 
version anglaise «lu troisième livie de cet ou- 
vrage, intitulée : ,1 Treatise of Music.contain- 
ing the principes of composition^ Londres, 
J. Ii.ncb, sans date ( 1737), k''- i" •«" «le !SO 
l>ag<«. Une deuxième édition «le cette traduction 



RAMEAU 



1-75 



a été publiée à Londres, chez Murroy, en 1752, 
in 4° de 176 pages, — 2° Nouveau système de 
musique théorique, où l'on découvre le prin- 
cipe de toutes les règles nécessaires à la pra- 
tique, pour servir d'introduction au Traité 
d'harmonie, Paris, J.-B.-Clir. Ballard, 1726, 
in-4° de 114 pages. — 3o Plan abrégé d'une 
méthode nouvelle d'accompagnement pour 
le clavecin ( dans le Mercure de France, mars 
1730). Cet écrit était destiné à annoncer l'ou- 
vrage suivant : — 4° Dissertation sur les dif- 
férentes méthodes d'accompagnement pour 
le clavecin ou pour l'orgue: avec le plan 
d'une nouvelle méthode établie sur une mé- 
canique des doigts que fournit la succession 
fondamentale de l'harmonie ; et à l'aide 
de laquelle on peut devenir savant com- 
positeur et habile accoinpagnateur, même 
sans savoir lire la musique (!), Paris, Boivin , 
1732, in-4° de 63 pages. Une deuxième édition 
de cet écrit a été publiée en 1742. — 5° Lettre 
au P. Castel, au sujet de quelques nouvelles 
réflexions sur la musique (dans les Mémoires 
de Trévoux, juillet 1736, p. 1691 et suivantes). 

— 6" Génération harmonique, ou Traité de 
musique théorique et pratique, Paris, Prault, 
1737, in-8° de 201 pages, avec des plancbes. — 
" a Démonstration du principe de l'harmonie, 
servant de base à tout l'art musical; Paris, 
Durand, 1750, in-8* de 112 pages, avec le rap- 
port des membres de l'Académie royale des 
sciences en xlvii pages. — 8° Nouvelles ré- 
flexions sur la Démonstration du principe 
de l'harmonie, servant de base à tout l'art 
musical, Paris 1752, in-8° de 80 pages. — 9° Ré- 
flexions de M. Rameau sur la manière de 
former la voix, d'apprendre la musique, ci 
sur nos facultés pour les arts d'exercice 
(dans le Mercure de France, octobre 1752. Il 
a été lire quelques exemplaires séparés de cet 
écrit. — 10" Extrait d'une réponse de M. Ra- 
meau à M. Euler sur l'Identité des octaves, 
d'où résultent des vérités d'autani plus cu- 
rieuses qu'elles n'ont pas encore été soupçon- 
nées; Paris, Durand, 1753, in-8° de 41 pages. 

— 11° Observations sur notre instinct pour 
la musique et sur son principe ; Paris, Prault, 

1754, iu-8°de 125 pages. — 12° Erreurs sur la 
musique dans l'Encyclopédie: Paris, S. Jorry. 

1755, in-8° de 124 pages. — 1-3° Suite des Er- 
reurs sur la musique dans l'Encyclopédie; 
Paris, S. Jorry, 1756, in- 8° de 39 pages. — 14° Ré- 
ponse de M. Rameau à MM. les éditeurs de 
l'Encyclopédie sur leur dernier avertissement ; 
Paris, S. Jorry, 1757, in-8° de 54 page?. — 
15° Lettre de M. d'Alembcrt à M. Rameau 



concernai:! te corps sonore, avec la réponse 
de M. Hameau; Paris, sans date ( 1758), in-8" 
de 36 pages. — 16" Prospectus du code de 
musique; Paris, Durand, sans date (1759), 
une feuille in-s". — 17° Code de musique pra- 
tique, ou Méthodes pour apprendre la mu- 
sique, même à des aveugles, pour former la- 
voix et l'oreille, pour la position de la main 
avec une mécanique des doigts sur le clavecin 
et l'orgue, pour l'accompagnement sur tous 
les instruments qui en sont susceptibles, et. 
pour le prélude : avec de nouvelles réflexions 
sur le principe sonore; Paris, de l'Imprimerie 
royale, 1760, in-4"de 237 pages, avec des plan- 
cbes. — 18° Origine des sciences, suivie d'une 
controverse sur le même sujet, Paris, 1761 
in-4°. — 19° Lettre aux philosophes, concer- 
nant le corps sonore et la sympathie des tons 
(dans les Mémoires de Trévoux, 1762, p. 465-477). 
Rameau a laissé en mauuscrit : — 20° Traité 
de composition des canons en musique, 
avec beaucoup d'exemples. — 21° Vérités in- 
téressantes peu connues jusqu'à nos jours. — 
22° Des avantages que la musique doit reti- 
rer des nouvelles découvertes (inachevé). Une 
analyse générale des théories de Rameau a été 
publiée, sous ce litre : Réflexions sur divers 
ouvrages de M. Rameau, par M. du Char- 
ger, de Dijon, Rennes, 17G1, in-12. 

Les opéras, ballets et divertissements de Ra- 
meau sont ceux dont les titres suivent : 1° Di- 
vertissements Atl'Endriague, comédie de Piron, 
pour l'Opéra-Comique de la foire Saint Germain, 
en 1727. — 2° Idem pour la Rose, au même 
théâtre, 1728. — 3° Idem pour le Faux pro- 
dige , au même théâtre. — 4° Idem pour V En- 
rôlement d'Arlequin , au même théâtre. — 
5 1 ' Idem pour les Courses de Tempe, au Théâ- 
tre français, 1734. — 6° Samson, tragédie lyri- 
que de Voltaire, non représentée, 1732. — 
7° Hippolyte et Aride, idem, représentée en 
1733. — 8° Les Indes galantes , opéra-ballet, 
1735. — 9° Castor et Pollux, tragédie lyrique, 
1737. -- 10° Les Talents lyriques, opéra-ballet, 
1739. — 11° Dardanus, tragédie lyrique 1739. 
— 12° Les Fêtes de Polymnie, opéra-ballet, 
1745. — 13° La Princesse de Navarre, comédie 
avec intermèdes, 1745. — 14° Le Temple de 
la Gloire, opéra-ballet, 1745. — 15° Les Fêles 
de l'Hymen et de l'Amour, idem, 1747. — 
16° ZeCis, opéra-ballet, 1748. — 17° Pygmalion, 
idem, 1748.— l8°A"Gfe,idem,1749.— i9° Platée, 
opéra bouffon, 1749. —20° Zoroaslre, tragédie 
lyrique, 1749. — 21° Acante et Céphise, pas- 
torale héroïque, 1751. — 22° La Guirlande, 
ira ballet, 1751. — 23° DaphnéetÉglé, idem, 



I7G 



RAMEAU — RAMIS 



1753. — 24° Lysis et Délie, idem, 1753. — 

— 25° La Naissance d'Osiris, idem, 1764. — 

— 26° Anacréon, idem, 1754. — 27° Zéphire, 
idem. — 28° Nélée et Mirthis, idem. — 29° lo, 
idem. — 30° Le Retour (TAslrée , prologue, 
1757. — 31° Les Surprises de l'Amour, opéra- 
ballet, 1759. — 32° Les Sybarites, idem, 1759. 

— 33° Les Paladins, idem, 1760. — 3i° Abaris 
ou les Boréades , tragédie lyrique, non repré- 
sentée. — 35° Linus, idem. — 36° Le Procureur 
dupé, opéra-comique, non représenté. Les par- 
titions des principaux de ces opéras ont été im- 
primées, mais seulement avec les parties chan- 
tantes, la basse, les ritournelles et la pariie de 
premier violon (1). Rameau a. laisse en manuscrit 
les motets avec chœurs : lnconvertendo ; Quam 
dilecia; Deus nosler refugium , et quelques 
autres. Le motet Laboravi , à 5 voix et orgue, 
est imprimé dans le troisième livre du Traité 
d'harmonie. On a aussi de ce compositeur des 
pièces de clavecin d'un mérite très-remarquable. 
Elles ont paru sous les titres suivants : 1° Pièces 
de clavecin avec une table pour les agréments, 
Paris, 1731, in-fol. obi M. Farrenc cite, dans 
sa Notice, une édition de ce premier livre de 
pièces sous la date de 173!, Paris, in-fol. obi. 
J'en possède un exemplaire dont le titre, im- 
primé en caractères mobiles, a été vraisembla- 
blement renouvelé, et porte la date de 173G. — 
4° Nouvelles suites de pièces de clavecin, avec 
des remarques sur les différents genres de 
musique, ibid. (sans date), in-fol. obi. Ces der- 
nières pièces sont fort belles. — 5° Pièces de 
clavecin en concerts (cinq) , avec un violon 
ou une flûte , et une viole ou un deuxième 
violon ; Paris, Leclerc, 1741, in-fol. M. Farrenc 
en possède un exemplaire qui porte la date de 
1752. Il a été fait une édition de ces pièces à 
Londres. On est redevable à M. Farrenc d'une 
nouvelle et excellente édition des deux suites de 
pièces de clavecin de Hameau, insérée dans la 



(1) Les opéras de Rameau ont donné lieu aui pamphlets 
suivants : 1° /Mire de M. de'" à M" ,c '", sur les opéras 
de i'i;:ir -luii, Ilippulylc et Arlcle; Paris, 1743, in-8°. — 
2° Lettre à l'auteur de la lettre de M. de'" à M""'", 
s ur les opéras, etc. (Dans le Journal littéraire intitulé : 
Observations sur les écrits modernes, 3 mars 1743. — 
3" Réponse de fauteur de ia lettre de M. de"-', etc., à la- 
lettre qui lui a été adressée dans les Observations sur les 
écrits modernes; Paris, 1743, Une feuille in-'j. — 4° Lettre, 
Critique sur l'opcra de Castor et Pollux (dans le Mercure 
de i-'rance, avril 1172). — 5° Réponse à la critique de 
l'opcra de. Castor, et observations sur la musique; Paris, 
1773, ln-12. — 6° Lettre de M. le baron delà Vieille- Croche, 
au sujet de topera de Castor et Pollm, donne à Ver- 
sailles le 10 mal 1777, Paris. 1777, ln-8». — T> Le For- 
geron musicien. Lettre critique sur la musique des 
Indes galantes; Paris (sans datc),in-12 



première livraison de sa précieuse et sptendide 
collection intitulée Le Trésor des pianistes. 
Enfin Rameau a laissé en manuscrit des pièces 
d'orgue. 

Maret , de l'académie de Dijon, a publié un 
Éloge historique de Hameau ; Paris , 1706 , 
in-8°. Cet éloge se trouve aussi dans le recueil 
de l'académie de Dijon. Il en a été fait une 
deuxième édition, à Dijon, en 1770, in-8°. Chaba- 
non avait déjà* publié un éloge de ce grand artiste, 
Paris, 1764,in-l>. Palissot en a donné un autre 
dan:; le Nécrologe des hommes célèbres pour 
l'année 1765. Le Mercure de France contient 
aussi un Essai d'éloge historique de feu 
M. Rameau (année 1765 , tome l* r ). Enfin il 
s'en trouve un autre dans l'écrit intitulé Ordre 
chronologique des deuils de cour, pour Van- 
née 1764. Gautier- Dagoty fils (Jean-Raptiste), a 
donné, en 1771, dans la Galerie française, 
in-fol., la vie de Rameau avec son portrait 
gravé par Bénolst, d'après Restout. On trouve aussi 
une notice sur la vie et les ouvrages de ce mu- 
sicien, dans l'Ami des Arts, par de Croix (Paris, 
1776, in- 1.1, p. 95-124); M. Maurice Rourges 
en a donné une autre dans la Gazette musicale 
de Paris (année 1839, p. 201-205, 228-230); et 
M. Farrenc a donné aussi, dans la première li- 
vraison du Trésor des pianistes, une Notice 
biographique de Jean-Philippe Rameau. 
Enfin, M. Solié, (ils de l'ancien acteur de l'Opéra- 
Comique, a publié : Études biographiques sur 
les compositeurs qui ont illustré la scène 
française :. Rameau, Ancenis, 1853, in-8°. Jean- 
François Rameau, neveu du compositeur, a pu- 
blié un poème en cinq chants, intitulé la Ra- 
méide (Paris, 1766, in-8*), dont la vie et les 
travaux de son oncle sont le sujet. On en a fait, 
dans la même année, une parodie qui a pour 
titre la Nouvelle Ramé[de, in-8° de 30 pages. 

RAMERlïV, ou RAMERINO (Jacques), 
Florentin, vécut au dix -septième siècle. Il est 
cité par Jean-Raptiste Doni , son compatriote et 
son contempor&in comme le premier inventeur du 
clavecin transposileur, dans son Traité de la 
matière des tons, en français (p. 111 -du ma- 
nuscrit original de la Rililirjthèque impériale de 
Paris, n° 1089, fonds de l'abbaye de Saint-Ger- 
main-des-Prés). Voici le passage de Doni : « Enfin, 
« la diversité des tons que l'on entend au cla- 
« vecin fabriqué par Jacques Ramerin, Florentin, 
« auquel, par le changement de ressorts, le 
« même clavier sert à divers tons différents, par 
» degrés semi-toniques. » 

RAMIS ou RAMOS DE PAREJA ou 
PERE J A (IUhtiiolome), professeur de mu- 
sique, naquit à Baeza , dans l'Andalousie, vers 



RAMIS 



177 



1440. Bumey dit, dans son Histoire générale de 
la musique, que Ramis fut professeur de musique 
à Tolède; mais son erreur est manifeste, car 
Ramis nous apprend lui-môme, dans un passage 
du livre dont il sera parlé tout à l'heure, qu'a- 
vant de se tendre à Bologne, il avait enseigné la 
musique à Salamanque, qu'il y avait soutenu 
une doctrine contraire à celle d'un certain maître 
Osmcno, Espagnol, et qu'il y avait fait imprimer 
un traité de musique dans sa langue mater- 
nelle (i). Cette .publication a été faite antérieure- 
ment à 1480, car suivant l'abbé Xavier Lam- 
pillas ('2), Ramis avait quitté alors Salamanque 
pour se rendre en Italie; et nous voyons en effel 
qu'antérieurement au mois de mai 1482, il en- 
seignait à Bologne, et y avait déjà formé des 
élèves, parmi lesquels était J. Spataro ivotj. ce 
nom). Dans une notice sur Jlamos de Pareja 
insérée dans la Biographie universelle de Mi- 
chaud (notice qu'on peut appeler un roman ) 
Bocous fait naître ce musicien à Salamanque, vers 
1535, le fait appeler à Bologne en 1582 par le 
pape Nicolas V,pour y occuper une chaire de 
musique qui venait d'y être fondée, lui fait pu- 
blier son traité de musique (dent il ne sait pas 
le titre) en 1596, à Bologne, et le fait mourir 
dans cette ville en 1611. Or le pape Nicolas V 
monta sur le siège apostolique en 1447 et mou- 
rut en 1455, c'est-à-dire cent vingt-sept ans 
avant l'époque où Bocous prétend qu'il fit 
venir Ramis à Bologne. A l'égard de la date vé- 
ritable du séjour de celui-ci dans cette ville, 
elle se prouve par celle de la publication de son 
livre , par la critique que fit Burci de cet ou- 
vrage (voy. Burci), par la défense de Ramis 
écrite par son élève Spataro, et par d'autres té- 
moignages contemporains. Ainsi il est démontré 
que Rainis de Pareja vécut un siècle plus tôt 
qu'il n'est dit dans la Biographie universelle 
(tome 37, p. 54 et 55). 

Bartholomé Ramis nous apprend (dans le se- 
cond traité de son livre, concernant les propor- 
tions de la notation), que son maître fut un 
musicien nommé Jean de Monte, contempo- 
rain de Busnois et d'Okeghem. Aaron a cité ce 
passage dans le 38 me chapitre du premier livre 
de son Toscanello in musica. La date de la 
mort de Ramis est inconnue; il paraît qu'il vi- 
vait encore en 1521, lorsque Spataro ou Spadaro 



|1) Cure in studio legeremus Salmantino présente et co- 
ram eo redarguimus, et in tractatui quem ibi in hac fa- 
cultate lingua materna composuimus, Ipsi in omnibus 
eontradiximus, etc. (Raml, De Musica. 'Tract. 2, Part. 1, 
Cap. 6 ) 

(2) Saggio storico-apologetico délia letteratura spa- 
•jtiwlu, t. Il, part. 2, p. 380. 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. VU. 



publia ses Errori de Franchino Gcfurio da 
Bodi, dal maestro Joanne Spatario, musico 
bolognese; in sua defensione , et del suo pre- 
cetiore maestro Bartolomeo Ramis Hispano, 
subtilmente demonstrati ; car aucune phrase 
de celte polémique n'indique que le maître de 
l'écrivain fût décédé. 

Ramis fit imprimer les leçons de musique qu'il 
avait données publiquement à Bologne dans un 
livre intitulé : De Musica Tractatus, sive mu- 
sica practica. Bononia (sic), dum eam ibid. 
publiée legeret, impressa XI Maij 1482, in-4°. 
Par des motifs inconnus, à peine cette édition 
fut-elle mise au jour, qu'elle fut supprimée par 
l'auteur, et remplacée par des exemplaires avec 
des cartons qui portent ces roots au frontispice : 
Editio altéra aliquant. mutata. Bononia die 
5 junii 1482. Le P. Martini a possédé un exem- 
plaire de chacun des deux tirages de ce livre ; 
ils sont aujourd'hui dans la Bibliothèquedu Ly.cée 
communal de musique , à Bologne. Celui de la 
première édition est chargé de notes manus- 
crites d'un auteur inconnu et d'Hercule Bottrigari. 
Cet exemplaire est peut-être le seul que l'on con- 
naisse aujourd'hui. Ceux de la seconde édition 
sont aussi fort rares; je n'ai pu m'en procurer ua 
qu'après dix ans de recherches dans les villes 
principales de l'Italie. Gerber, sur une indication 
incomplète du traité de musique publié à Sala- 
manque par Ramis, puisée par de Murr dans les 
Annales typographiques de Panzer, déclare dans 
son nouveau Lexique des musiciens , que les 
éditions de Bologne, citées par Forkel d'après le 
P. Martini , n'existent pas. Or Panzer (Annal, 
typog., t. IV, p. 417), d'après Caballero (Délia 
typographia espanola , page 96) cite le traité 
de musique en langue espagnole, publié à Sala- 
manque, et non le traité latin qui parut à Bologne. 
Le traité de Ramis est sans titre dans les deux 
tirages de l'édition de 1482. La première page 
porte en tête Prologus , et commence par ces 
mots : Boetii musices disciplina quinque vo- 
luminibus comprehensa, etc. Ce livre est com- 
posé de 81 feuillets non chiffrés, mais avec des 
signatures aux trois premières feuilles a, b, c. 
L'ouvrage est divisé en trois traités. Les deux 
tirages sont exactement semblables jusqu'au 
commencement du septième chapitre de la pre- 
mière partie, au feuillet signé b 3 ; mais la demi- 
feuille signée b 3 a été entièrement réimprimée 
pour le second tirage, ainsi que le commence 
ment du huitième chapitre, pour des change- 
ments de peu d'importance, et surtout pour faire 
disparaître les abréviations trop nombreuses du 
premier tirage. Dans le second, l'imprimeur a 
oublié de marquer le commencement du huitième 

12 



178 



RAMIS 



chapitre. Le feuillet qui vient après cette demi- 
feuille est semblable dans les deux tirages, ainsi 
que tout le reste de l'ouvrage jusqu'au dernier 
feuillet qui aété réimprimé. A la fin de l'Épilogue, 
verso du feuillet 81, on lit dans les exemplaires 
du second tirage : Explicit féliciter prima pars 
musice egregie et fatnosi musici domini Bar- 
tolomei Parea Hispani dum pubiice musica 
Bononie legeret, in qua iota praciice can- 
torum perlraclat. Impressa vero opéra et in- 
dustriel ac expensis magistri Baltasaris de 
Hiriberis, anno Domini M. CCCC. LXXXII. 
die 5 iunii. Puis vient le registre des 3 pre- 
mières feuilles. Dans le premier tirage, on lit à 
la même place : Explicit musica practica Bar- 
tolomei Rami de Pareia Hispani ex Betica 
provincia et civitale Baeza Bien, dioces. 
vel sufragaoriundi. Aime urbis Bononie dum 
eam ibidem publiée legeret. Impressa anno 
Domini millesimo quadringentesimo octo- 
gesimo secundo, quarto idus maji. 

Le livre de Ramis est divisé en trois traités 
qui sont eux-mêmes subdivisés en deux ou en 
trois parties. Le premier est relatif à l'éclielle 
musicale et à la constitution des tons ; le second, 
à la notation, à ses proportions et au contre- 
point; le troisième, à la nature des intervalles et 
à leurs proportions. Dans le premier, il critique 
assez rudement les bexacordes du système at- 
tribué à Guido, non à cause de la difficulté des 
muances, mais parce qu'ils ne représentent que 
des échelles incomplètes. Cette critique lui attira 
de violentes attaques de Burci (voy. ce nom), 
son contemporain. Dans la troisième partie du 
troisième traité, il aborde la question de la réalité 
sensible du comma 80 : 81, et propose de le faire 
disparaître au moyen du tempérament. Il est 
remarquable que Marchettode Padoue, Tinctoris, 
Gafori, Burci, et après eux Pierre Aaron, Etienne 
Vanneo et Glaréan, affirmaient la réalité sensible 
du comma dans la théorie, mais n'en tenaient 
pas compte dans la pratique. Salinas a fort bien 
remarqué ( De musica, lib. 4, cap. 30, p. 223- 
224) les contradictions de Gafori à ce sujet. Cet 
écrivain, en effet, suit la théorie pure de Pytha- 
gore et de Boèce dans son livre intitulé : 4?»- 
gelicum ac divinum opus musicx (tract. I, 
cap. 17), à l'égard de la quarle, contre les opi- 
nions de Ptolémée, et dans le même livre, il adopte 
la sesquiquarte et la sesquiquinte de ce der- 
nier, contrairement à la doctrine de Boèce et des 
pythagoriciens ; enfin il critique vivement, dans 
le trente-quatrième chapitre du deuxième livre 
de son traité De Harmonica musicorum ins- 
trumentorum, la modération des tierces proposée 
par Ramis, comme une conséquence nécessaire 



des quintes et quartes justes. Mais Ramis fait un 
très-bon raisonnement lorsqu'il propose son tem- 
pérament pour faire disparaître le comma qui 
donne lieu à ces contradictions manifestes : car 
dit-il, ou le comma est sensible à l'oreille, ou 
il ne l'est pas; dans le premier cas, il faut 
faire une division générale des intervalles telle, 
que la différence soit répartie sur tous ; dans 
l'autre, il ne doit point apparaître dans la théorie. 
Toutefois si Ramis est dans le vrai en ce qui 
concerne la nécessité du tempérament, non dans 
les voix, mais dans les instruments à sons fixes, 
il se trompe en croyant le réaliser par les demi- 
tons majeurs, dans la proportion de 15 : 16, et 
faisant le ton d'ut à ré égal à 9 : 10, c'est-à-dire 
un ton mineur, et le ton de ré à mi égal à 8 : 9, 
proportion du ton majeur; car ces proportions ne 
constituent pas un tempérament véritable : c'est 
simplement le système diatonique synton de. 
Didyme ivoy. ce nom) ; système dont Fogliani a 
fait plus tard la base de sa théorie de la musique 
{Musica theor. sect. 2, cap. 15, et sect. .", 
cap. l , ) et qui a été reproduit par Yicentinn 
( L'anlica Musica rid. alla moderna prat. 
lib. I, cap. 25, p. 22), par Salinas (De Musica, 
lib. II, cap. Il), et par Galilei ( Dial. delta 
Musica, p. 33). L'erreur de Ramis consiste à 
n'avoir pas vu que le diatonique synton de Di- 
dyme n'est pas plus un tempérament que 
celui de Ptolémée, qui en est la disposition in- 
verse, en ce que, dans celui ci, ut et ré forment 
un ton majeur égal à 8 : 9, et que réel mi sont 
entre eux à la distance d'un ton mineur, égal 
à 9 : 10; système adopté par Zarlino (Inst.it. 
harmon.part.il, cap. 39), et qui est devenu la 
base de la théorie numérique de la musique chez 
la plupart des géomètres modernes. Le tempé- 
rament, que cherchait Ramis, ne peut exister 
que dans la division irrationnelle du ton en deux 
demi-tons égaux; division de laquelle résulte le 
tempérament égal, c'est-à-dire celui de la for- 
mation de l'échelle chromatique en douze demi- 
tons égaux dans l'étendue de l'octave; car c'est le 
seul qui puisse être appliqué aux instruments à 
sons fixes. 

Ainsi qu'on le voit, Ramis abandonne dans son 
Traité la doctrine de Boèce, qui avait été celle de 
tous les musiciens du moyen âge; de plus, son 
nouveau système l'oblige à entrer dans la consi- 
dération de l'octave, avec laquelle le système des 
bexacordes attribué à Guido d'Arezzoest incom- 
patible. De là ses critiques contre les deux lu- 
mières de la théorie de la musique de son temps; 
mais ces critiques ne purent se produire sans 
échauffer la bile des partisans de l'ancien système. 
Nicolas Burci, do Panne, prêtre connu sous le 



ÏIAMIS — RAMJUELSBERG 



179 



nom latinisé de Burtius , attaqua Ramis avec 
violence dans un traité de musique publié à 'Bo- 
logne en 1487 (voij. Bunci). Spataro, élève du 
théoricien espagnol, prit la défense de son maître 
dans un écrit qui parut en 1491 (voy. Spataro), 
et la polémique sur les questions de proportions 
des intervalles des sons et de tempérament se 
renouvela avec ardeur quelques années après, 
et se continua pendant une grande partie du 
seizième siècle. 

La Bibliothèque royale de Berlin possède un 
précieux manuscrit du fonds de Pœlchau , qui 
conlient un traité de musique attribué à Bartho- 
lomé Ramis, écrit vraisemblablement dans les der- 
nières années du quinzième siècle, et qui a tous 
les caractères d'un manuscrit autographe. Cet 
ouvrage, entièrement différent de celui qui a été 
imprimée Bologne, en 1482, fut acheté à Catane, 
en Sicile, le 3 décembre 1817, par Jean-Chrétien 
Niemeyer, qui le céda à Pœlchau, dont la riche 
bibliothèque musicale a été acquise par le roi de 
Prusse. L'ouvrage est divisé en deux livres, et 
le deuxième livre est subdivisé en quatre parties. 
Les six chapitres du premier livre traitent de 
la connaissance des noies et de leur distinction, 
de l'échelle générale des notes dans le genre 
diatonique, des modes et des tons, enfin, de la 
solmisation. La doctrine qui y est développée est 
basée uniquement sur le sentiment musical, c'est- 
à-dire sur les sensations qui naissent des rap- 
ports perceptibles des sons. Le second livre ren- 
ferme la théorie arithmétique des proportions des 
intervalles , et de leurs dispositions dans les 
gammes des tons. L'auteur dit lui-même, au 
commencement de son ouvrage : Ilunc nostrum 
librutn musicse in duos partiales libros divi- 
dimus ; primas de modis musicis sensuatiter 
deprehensis; secundus rationis investigation 
nem doccbit. 

Primus liber : De parte judiciali musicse 
quoad sensum videlicet et adsingula ad hune 
modum requisita. La théorie exposée par Ramis 
dans le second livre le ramène à son idée favo- 
rite de ce qu'il considérait comme le vrai tempé- 
rament propre à constituer la justesse approxi- 
mative des intervalles. 

A l'égard du traité rédigé à Salamanque par 
Ramis en langue espagnole, on n'en a pas re- 
trouvé de copie jusque ce jour; peut-être le 
manuscrit dont il vient d'être parlé en est-il la 
traduction latine. 

RAMLER (Charles-Guillaume), professeur 
de belles lettres à Berlin, naquit en 1725 à Cul- 
berlen, dans la Poméranie, et fut placé dans la 
maison des Orphelins de Stetlin, puis à celle de 
Halle. Après avoir fréquenté l'université de cette 



dernière ville, il se livra à la poésie, pour la- 
quelle il avait reçu du talent de la nature. Fixé 
plus tard à Berlin , il y fut nommé professeur au 
corps des cadets. Frédéric 11 lui confia, de 
moitié avec Engel , la direction du théâtre na- 
tional ; mais sa santé l'obligea d'abandonner 
cette position en 1796: toutefois on lui en con- 
serva les appointements. Ramier mourut à 
Berlin, le 11 avril 1798. Ses poésies jouissent 
d'une haute estime en Allemagne. On a aussi 
de lui quelques traductions d'ouvrages français 
relatifs à la musique, entre autres Les Beaux- 
arts réduits à un seul principe, de l'abbé 
Batteux, Leipsick, 1758, in-8°, la Défense de 
l'opéra français, dans les Essais historiques de 
Marpurg (tome 2, pages 84-92), et la Disser- 
tation sur le même sujet, par Rémond de Saint- 
Mard (Essais historiques de Marpurg, t. 2, pages 
181-194). 

RAMM (Frédéric) , célèbre hautboïste, na- 
quit à Manheim, le 18 r.ovembre 1744. Slark, 
hautboïste du corps de musique militaire du 
Palatinat, fut son maître et lui lit faire de si ra- 
pides progrès, qu'à l'âge de quatorze ans il fut 
admis dans la musique de la cour à Manheim. 
En 1760, il entreprit son premier voyage, et se 
rendit à Francfort, où il joua avec succès dans 
un concert public. Puis il parcourut la Hollande 
et fut partout accueilli avec faveur. De retour à 
Manheim en 1761, il y resta jusqu'en 1772. A 
cette époque, il visita Vienne, et joua à la cour, 
devant l'empereur Joseph H et l'impératrice 
Marie-Thérèse. En 1778, il se rendit à Paris et 
excita l'admiration dans les concerts spirituels ; 
puis il visita l'Italie, l'Angleterre et Berlin. Le roi 
de Prusse lui offrit une position avantageuse 
dans sa chapelle ; mais Ramm, engagé au service 
de l'électeur de Bavière, ne voulut pas aban- 
donner sa place. En 1807, il fit un troisième 
voyage en Italie, et donna un concert à Milan. 
De retour à Munich, il y fit son jubilé de 50 ans, 
en 1809, et le roi de Bavière lui accorda son 
traitement entier comme pension de retraite 
après cinquante ans de service. Cet excellent 
artiste, qui n'a jamais été surpassé pour la beauté 
du son, la délicatesse et l'élégance du style, n'a 
pas fait graver de compositions pour son ins- 
trument. Je n'ai pas de renseignements sur l'é- 
poque de sa mort : elle n'est pas indiquée dans 
les Lexiques de Gassner et de Bernsdorff. 

RAMMELSRERG (Jules), musicien de la 
chambre du roi de Prusse, et violoniste de l'or- 
chestre de l'opéra à Berlin, est né dans cette ville le 
10 juin 1816. Les premières leçons de musique 
et de violon lui furent données par Spiess, 
membre de la chapelle royale, puis il devint 

12. 



180 



RAMMELSBERG — RANDHARTINGER 



élève de Hubert Ries, et Grell lui enseigna l'har- 
monie. Cet artiste est considéré à Berlin comme 
un bon violoniste, particulièrement pour l'exécution 
des quatuors. Ses compositions consistent en un 
trio pour piano, violon et violoncelle, plusieurs 
morceaux pour violon et orchestre, trois sonates 
pour piano et violon , environ 50 Licder et un 
psaume; mais il n'a publié jusqu'à ce jour (1862) 
qu'une sonate pour piano et violon, à Berlin, 
chez Spiedler. 

RAMOiXEDA (Ignace), moine espagnol, 
directeur de la musique du couvent de Saint- 
Laurent, à l'Escurial , près de Madrid, dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle, s'est fait 
connaître par la publication d'un traité de plain- 
chant, intitulé : Arte de canio llano en com- 
pendio brève, y vietodo muy facil para que 
los particulares, qui debcn saperlo, adquiron 
cou brevidad y poco trabajo la intclUgencia, 
y destreza conveniente , Madrid, P. Marin, 
1778, in-4" de 216 pages. 

RAMOUX (L'abbé Gilles-Jcseph-Evrard), 
rié à Liège, le 21 janvier 1750, fit de brillantes 
études au collège des jésuites établi dans cette 
ville, puis entra dans les ordres. Après la sup- 
pression des jésuites par le pape Clément XIV, 
l'évoque de Liège établit un collège communal 
dont l'abbé Ramoux, bien jeune encore, fut 
nommé professeur de rhétorique. En 1784, il 
abandonna la carrière de l'enseignement pour 
la cure de Glons, près de Liège, qui lui avait été 
offerte. Il y passa le reste de ses jours, occupé 
du soin d'améliorer le sort de ses paroissiens et 
leur venant incessamment en aide. Ce digne ec- 
clésiastique mourut à Glons le 8 janvier 1826, à 
l'Age de 76 ans. 11 avait été l'un des fondateurs 
de la Société d'émulation de Liège en 1779. L'abbé 
Ramonx est, dit-on, l'auteur des paroles et de 
la mélodie d'un chant national devenu populaire 
dans le pays de Liège, et qui commence par ces 
mots : Yaleurevx Liégeois .' 

Un neveu de cet ecclésiastique, Michel-Jo- 
seph Ramoux, qui fut président de la société 
d'Orphée, de Liège, a fourni à plusieurs jour- 
naux des articles de critique musicale et a tra- 
duit de l'allemand les paroles de beaucoup de 
chants en chœur. Un fils de celui-ci, Alphonse 
Ramoux, né a Jemeppe-sur-Meuse, le 5 juil- 
let 1817, eut one organisation toute musicale 
qui se développa rapidement dans ses études au 
Conservatoire de Liège. Déjà il se faisait remar- 
quer dans les concerts par son habileté précote sur 
le piano, et ses premières rtompositions indi- 
quaient »n avenir d'artiste d'élite, lorsqu'une 
fièvre cérébrale le mit au tombeau, le 14 septem- 
bre 1835. 



RAMP1AI (Jacques), maître de chapelle de 

la cathédrale de Padoue, naquit dans cette ville 
vers 1680. Il fit représenter au théâtre de Ve- 
nise les opéras suivants : 1° Armida, en 1711. 

— 2° La Gloria trionfante d'amore, 1712. 

— 3° Ercole sul Termodonie, 1715.-4° Il 
Trionfo délia costanza, 1717. Ce maître a 
laissé en manuscrit beaucoup de musique d'église. 

R AMPOLIIXI(Matteo), musicien florentin, 
vécut dans la première moitié du seizième siècle 
et fut attaché au service de Cosme de Médicis. 
H fut un des compositeurs chargés d'écrire la 
musique pour les fêtes qui eurent lieu à l'occa- 
sion du mariage de ce prince avec Léonore de 
Tolède, en 1539. Ses collaborateurs pour ces tra- 
vaux étaient François Corteccia, Constant Eesta, 
Masaconi et Moscbini. Les chants à quatre et cinq 
voix qu'ils écrivirent pour ces fêtes ont été pu- 
bliés sous ce titre : Musiche faite nelle nozze 
Uello illustrissùno Duca di Firenze il Siqjwr 
i Cosimo de Medici et délia illuslrissima Con- 
sorte suaMad. Leonora da Tolleto. In Vene- 
tia, nella stampa d'Antonio Gardano, nelV 
anno del Signore 1539, nel mese di Agosto , 
petit in-4°oblong. Des exemplaires de cet ou- 
vrage rare sont à la Bibliothèque impériale de 
Vienne, et à la Bibliothèque de Saint-Marc, à 
Venise. 

RAAIPONT (Mansuès-François), docteur 
en médecine de la faculté de Paris, médecin de 
la grande armée , à l'époque du premier Empire 
français, et membre de plusieurs sociétés médi- 
cales, est né à Vadonville (Meuse), le 3 septem- 
bre 1777. Au nombre de ses ouvrages, on trouve 
un écrit intitulé De la voix et de la parole; 
Paris 1803, 1 vol. in-S°. de 151 pages. Il y a 
de bonnes observations mêlées à quelques erreurs 
dans ce petit ouvrage : celles-ci concernent par- 
ticulièrement la production simultanée du chant 
et de la parole : l'auteur s'est persuadé que 
dans cette réunion il y a uue double phonation 
par le larynx, tandis qu'il est de toute évidence 
qu'il n'y a qu'un son produit, avec uue articula- 
tion de la langue, des lèvres et des dents, pour le 
modifier. Kampont n'est pas seulement instruit 
ddiis son art, car il a des connaissances en beau- 
coup de choses. Il aime assez à traiter de haut 
certaines questions de son livre et à entrer 
dans le domaine de la philosophie , mais au 
point de\ue purement sensualiste de l'époque 
à laquelle il appartient. Condillac, Cabanis, et 
même Helvétius, sont ses oracles. 

RA\DHARTL\GER (Benedict), compo- 
siteur et professeur de piano à Vienne, né le 
27 juillet 1802 à Reprechtshofca (Autriche), 
reçut de son père, maître d'école dans ce lieu, sou 



RAINDÏÏARTINGER — RAOUL DE BEAUVES 



181 



instruction dans les éléments de ia musique. Sa 
belle voix le fit admettre à i'âge de dix ans dans 
l'institution de Vienne appelée Staats-Convict, 
el dans les trois dernières années qu'il y passa, 
il reçut de Salieri des leçons de chant et de com- 
position . En 1832 ; i! entra comme ténor à la cha- 
pelle impériale; en 1844 , il en devint le second 
maître de chapelle. En 1840, il avait été nommé 
chef d'orchestre du théâtre de la porte de Carin- 
thie. On a quelques compositions de cet artiste 
pour le piano, et beaucoup de Lieder. Rand- 
hartingeraéerit aussi des symphonies,des mor- 
ceaux de concert pour divers instruments , et l'o- 
péra intitulé Kœnig Enzio. En 1843, ilal'ait exé- 
cuter une messe solennelle desa composition, avec 
orchestre, à l'église Saint-Étienne de Vienne. 

RA1XGO (Conrad-Tibukce ) , professeur de 
théologie à Greilswalde , surintendant général 
de la Poméranie antérieure et de l'île de Rugen, 
naquit à Colberg, en Poméranie, le 9 août 1C39. 
Il mit une préface au livre choral de Jean Krtiger, 
publié à Stettin en 1675. Ce morceau a été réim- 
primé à la suite d'une lettre du môme auteur 
sur la musique des cantiques anciens et nou- 
veaux, intitulée : Senschreiben von der Mu- 
sica, altcn und neuen Liedern, Greifswalde, 
1694, in-4°. 

RANGONI (Jean-Baptiste), littérateur ita- 
lien et amateur de musique, a publié un opus- 
cule concernant le style en musique et le carac- 
tère du talent des trois violonistes célèbres Nar- 
dini , Lolli et Pngnani. Cet écrit a pour titre : 
Soggio sul guslo délia musica, col caratlere. 
de' (re eelebri suonatori di viofino Nardini, 
Lolli e Pvgnani,L\\6i\Tne, 1790, in-8°. Il y a 
une deuxième édition de cet écrit, avec le titre 
français : Essai sur le goût de la musique , 
avec le caractère des trois célèbres joueurs 
de violon Nardini, Lolli et Pugnani, Livourne, 
Tommaso Masi, in-8° de vu et 91 pages. L'ou- 
vrage est en français et en italien. 

RAXGOUSE (Jean), conseiller au parle- 
ment de Toulouse, naquit dans cette ville en 
1534. Poète et musicien, il écrivit un grand 
nombre de ballades , de chants royaux, de 
chansons et de pastourelles, et en composa les 
airs, qu'on a chantés longtemps. Rémi Belleau 
lui fournissait des paroles. Dans un voyage que 
Rangousefit à Paris, il se lia avec Ronsard, qui 
l'engagea à mettre en musique ses poésies ga- 
lantes, et le musicien gascon s'acquitta de celle 
lâche avec succès. L'amour vint rompre l'amitié 
qui les unissait. On sait que Ronsard avait choisi 
Hélène de Sugères, fille d'honneur de ia reine, 
pour la dame de ses vers; Rangouse, devenu 
amoureux de cette dame, lui proposa un ma- 



riage secret et fut favorablement écoulé; mais 
Ronsard , averti du coup qui le menaçait, pro- 
posa à son rival un combat que celui-ci n'accepta 
pas. Le magistrat musicien se retira dans sa pro- 
vince et y mourut en 1569, à l'âge de trente- 
cinq ans. A l'aurore de la révolution de 1789, on 
voyait encore son tombeau dans le cloître de 
Saint-Saturnin. 

RANISCH (Christophe), né à Dresde en 
1595, fut premier organiste de la eour de Geor- 
ges 1 er , électeur de Saxe. Après avoir beaucoup 
voyagé, il s'arrêta à Stockheim, où la place d'or- 
ganiste lui fut donnée. Il y mourut à l'âge de 
quarante-deux ans, en 1638. Ranisch était con- 
sidéré comme un des plus grands organistes et 
clavecinistes de son temps» 

RANS (Nicolas De); Voyez NICOLAS 
DE RANS. 

RAIXTZIUS (Melchior), compositeur, né 
en Silésie vers 1570, a publié les ouvrages sui- 
vants ; i" Musikalische Bergreyen in Contra- 
punlo colorato, da der Ténor intonierl, mit 
vier Stimmen ( Mines musicales en contrepoint 
fleuri à quatre voix sur le chant du ténor) ; Nu- 
remberg, 1602, in-4° — 2° Farrago oder Ver- 
mischung allerley Lieder da eine Stimme der 
andern allzeit respondirt mit G Stimmen, 
ibid., 1602, in-4°. 

RAOUL DE LAON, frère du célèbre An- 
selme, qui enseignait avec éclat à Lann, vers le 
milieu du onzième siècle, fut lui-même un sa- 
vant professeur dans les sciences et dans les lettres, 
bien qu'Abailard le traite assez mal dans une de 
ses épîtres. Raoul a laissé un traité de semito- 
nio, dont le manuscrit existait autrefois dans la 
bibliothèque du couvent de Saint-Victor, à Pa- 
ris, sous le n° 758, et se trouve aujourd'hui à la 
Bibliothèque impériale de cette ville, n° 534 du 
supplément latin. Les auteurs de l'Histoire litté- 
raire de la France disent (t. 7, p. 143) que l'ou- 
vrage de Raoul de Laon , ainsi que celui de 
Tbeolger, évoque de Metz, traitent du demi-ton, 
qui est comme l'âme du chant, et en forme 
les différences suivant sa situation. Ce pas- 
sage donne lieu à deux remarques assez curieu- 
ses : la première, que le traité de musique de 
Tbeotger ( V. ce nom ) n'a pas le demi-ton pour 
objet; l'autre, que La Borde ayant copié ce pas- 
sage, une faute, d'impression a fait mettre dans 
son livre Vaine du chant au lieu de Vdme du 
chant; et sans être arrêtés par le non-sens de 
cette phrase, Gerber, Forkel, Choron et Fayolle, 
Lichtentbal, M. Beckcr et tous les autres com- 
pilateurs l'ont copiée. 

RAOUL DE BEAUVES, trouvère, était 
ainsi nommé parce qu'il naquit à Beauvais, au 



182 



RAOUL DE BEAUVES — RAPICCIA 



commencement du treizième siècle. H nous reste 
cinq chansons notées de sa composition dans le 
manuscrit de la Bibliothèque impériale, n° 65 
(fonds de Cangé). 

RAOUL, surnommé DE FERRIÈRES, parce 
qu'il était né au bourg de ce nom, en Normandie, 
fut poète et musicien. Il vivait en 1250. On a 
de lui neuf chansons notées ; les manuscrits de 
la Bibliothèque impériale, cotés 65 (fonds de 
Cangé) et 7222 (ancien fonds) en contiennent 
six. 

RAOUL, comte de Soissons, de l'ancienne 
maison de Nesle, était contemporain de saint 
Louis, et ami de Thibault IV, roi de Navarre, 
qui lui donne dans ses chansons le titre de Sire 
de Vertus. Ce comte cultivait la poésie et la 
musique. Les manuscrits de la Bibliothèque im- 
périale nous ont transmis quatre chansons notées 
de sa composition. 

RAOUL (Jf,an-M\rie), amateur de musi- 
que et violoncelliste distingué, né à Paris en 
176G, fut d'abord avocat aux conseils du roi, 
puis à la cour de cassation : plus tard il fut 
longtemps employé dans les administrations 
de l'État, et mourut à Paris en 1S37, à l'âge de 
soixante et onze ans. Il a publié de sa com- 
position : 1° Trois sonates pour violoncelle et 
basse, op. 1 ; Paris, Pleyel. — 2° Airs variés 
ou éludes ; ibid, — 3° Méthode de violoncelle, 
contenant une nouvelle exposition des principes 
de cet instrument, op. 4 ; ibid. — 3° Trois noc- 
turnes à deux voix avec accompagnement de 
piano; ib. — 5° Trois romances avec piano; Pa- 
ris, Momigny. Vers 1810, Raoul conçut le pro- 
jet de tirer la basse de viole de l'oubli où elle 
était tombée. Devenu possesseur d'un excellent 
instrument de ce genre, construit en 1521 par 
Duiffoprugcar, pour le roi de France François !<*, 
laquelle a passé ensuite dans la possession de 
M. Vuillauine, il se livra à l'élude de son manche 
et de son doigter; mais la faible sonorité de cette 
basse lui fit comprendre la nécessité d'en changer 
les proportions, et de les rapprocher de celles du 
violoncelle moderne. Ce fut d'après cette idée 
que M. Vuillaume, célèbre luthier de Paris, con- 
struisit pour lui, en 1H';,7, une basse de viole d'un 
nouveau modèle, montée de sept cordes , et qui 
parut à l'exposition des produits de l'industrie 
de cette même année, sous le nom iVheptacorde. 
Les sept cordes de cet instrument, dont la plus 
grave sonnait une tierce au-dessous de Yut du 
violoncelle, étaient accordées de cette manière, 
rn montant . la, ré, sol, ut, mi, la, ré. Raoul 
a donné une notice sur cette variété de la basse 
de viole dans 'la Revue musicale (tome II, 
pages jC-01 ). 



RAOUL ROCHETTE; voy. RO- 
CHETTE. 

RAOUX (....), facteur d'instruments de 
cuivre , descendant d'une famille où la fabrica- 
tion de ces instruments avait été pratiquée 
pendant près d'un siècle, fut un des premiers 
arlistes qui perfectionnèrent le système de 
construction des cors. Il en fabriqua en argent 
pourPuntoet pour Turschmidt, en 1778 et 1781. 
Ce dernier a souvent déclaré que Raoux était 
l'homme le plus habile de sa profession qu'il eût 
rencontré. 

Les fils de cet artiste lui ont succédé dans la 
fabrication des cors, des trompettes et des autres 
instruments de cuivre. L'aîné, élève de Danprat 
pour le cor, a été attaché comme second cor à 
l'orchestre du Théâtre italien depuis'1822. Vers 
1850, les frères Raoux se sont retirés et ont cédé 
leur établissement. 

RAPHAËL ( Ignace-Wencesias ) , né à 
Mûnchengraelz le 16 octobre 1762, apprit la mu- 
sique en commençant ses études littéraires, et 
reçut à Prague des leçons de plusieurs artistes, 
pendant qu'il y suivait les cours de l'université. 
En 1784 il commença, à se faire connaître avan- 
tageusement par sa belle voix et par son talent 
sur l'orgue. Appelé ensuite à Pesth, il y fut atta- 
ché à l'orchestre du théâtre, et demeura plusieurs 
années dans cette situation; puis il alla à Vienne, 
s'y lia avec quelques artistes célèbres, et y pu- 
blia quelques-unes de ses compositions. Les pro- 
tections qu'il y trouva le tirent entrer dans la 
chambre des comptes, où il eut un bon emploi. 
La mort l'enleva dans sa trente-septième année, 
le 23 avril 1799. Les ouvrages connus de Raphaël 
sont : 1° Pater noster, à 4 quatre voix et or- 
chestre. — 2° Te Deum , idem. Ces ouvrages, 
exécutés à Vienne , y ont été considérés comme 
excellents. — 3" La Fête des violettes, ballet 
représenté à Vienne en 1795, avec un succès 
édatant. — 4° Pygmalion, ballet, dont la mu- 
sique fut considérée comme un modèle d'expres- 
sion mimique. — 5° Virginie, mélodrame dont 
il n'y a qu'une partie composée par Raphaël. — 
6" Trois airs variés pour le piano, op. l, Offen- 
bacli, André. — 7" Six variations, idem ; Vienne, 
Mollo, 1796. — 8° Six idem; Vienne, Artaria. 

— 9 & Marche pour la garde bourgeoise de Vienne, 
pour piano; Augsbourg, Gombart. — 10° Marche 
des volontaires «le la basse Autriche, idem; ibid. — 
1 1° Six canons à 3 et 4 voix avec orgue ; Vienne, 

— 12 u Chansons allemandes. 
RAPICCIA (Honaventure), cordelier à 

Castro Allier:, au diocèse d'Asti , dans le Pié- 
mont, vécut dans la seconde moitié du seizième 
siècle. On a de lui un livre intitulé : Dialoguai 



RAPICCIA - RASTRELLl 



183 



de rubricis breviarii et missalis, adjunctis 
aliquot observationibus canins Gregoriani; 
Vercellis, apud Franc. Bonatum. 1592, in-4°. 

RAPP( Jean-Dietkicu ou Tiiiekky), virtuose 
sur la flûte, né dans le duché de Courlande,, 
vers 1746 , suivit les cours de l'université de 
Leipsick, et y étudia la théologie. Vers 1770, il 
fui choisi comme musicien de ville à Mittau, et 
pendant près de quarante ans il en remplit les 
fonctions. Il mourut dans cette ville en 1813. On 
connaît de sa composition : 1° Six trios pour 
2 flûtes et basse ; Riga, 1789. — 2° Sixduos pour 
2 flûtes ; ibid. 

RASCH (Jean), compositeur de musique 
d'église, vivait a Munich dans la seconde moitié 
du seizième siècle. On a imprimé de sa com- 
position : 1° Cantiunculx paschales; Munich , 
Adam Berg, 1572. — 2° Cantiones ecclesiasticx 
de nativitate Çhristi, 4 vocum; ibid., 1572, 
in-4°. — 3° In monte Olivarum quatuor vo- 
cum, ibid., 1572, in-4°. — 4° Salve Regina, 
G voc, ibid., 1572, in-4° obi. 

RASEL ou RASELIUS (André), né à 
Amberg, vers le milieu du seizième siècle, fut 
nommé, en 1583, professeur à l'école normale de 
Heidelberg, puis obtint, le 19 mai 1584, les li- 
tres de cantor et de professeur au gymnase poé- 
tique de Ratisbonne. Il y signa, en 1590, la fa- 
meuse formula concordix. L'aménité de son 
caractère et ses talents lui avaient fait des amis 
parmi les catholiques aussi bien que parmi les 
protestants. En 1G0O, l'électeur palatin le rap- 
pela à Heidelberg, et le nomma son maître de 
chapelle. Il mourut dans cette ville en 1014. 
On a de sa composition : 1° Un recueil de mo- 
tets allemands à 5 voix, imprimé à Nuremberg, 
1594, in-4°. — 2° Cantiones sacrx cum 5, f>, 
8 et 9 vocibus concinendx; Nuremberg, 1595, 
in-4° — 3° Regensburgischer Kirchen Contra- 
punkt, Ratisbonne, 1599, in-8° Il a aussi fait 
imprimer un recueil de six queslions avec les 
réponses concernant quelques-uns des objets 
principaux delà musique pratique, sous ce titre : 
Hexachordum, seu quxstiones musicx prac- 
ticx, sex capitibus comprehensx , qux conti- 
nent perspicua methodo ad praxim, ut kodie 
est necessaria. etc, Nuremberg, 1589, in-8°. Une 
deuxième édition a été publiée, sous le même 
titre, à Nuremberg, en 1591,in-8° de 11 feuilles. 
Cet ouvrage contient beaucoup de canons à deux 
voix donnés pour exemples. L'auteur, partisan 
du système des douze modes, expose à ce sujet 
la doctrine de Glaréan. Enfin Valentin-Barthé- 
letni Hausmann, organiste à Schafstsedt, possé- 
dait vers 1720 trois autres ouvrages manuscrits 
de Rasel, sous les titres suivants : 1° Tractatus 



primus de subjecto musices. — 2° Tractatus 
secundus de systemate musico , etc. — 3° An- 
leitung zum Generalbass. 
RASETTI (Amédée); voy. RAZETTI. 
RASI (François), amateur de musique, 
! chanteur, poète et compositeur, naquit à Arezzo 
I (Toscane), d'une noble famille, dans la seconde 
! moitié du seizième siècle. Il a écrit des chants à 
j voix seule, avec basse continue, qui ont été publiés 
| sous ce titre : Madrigali di diversi autori posti 
in musica da Franc. Rasi, nobile aretino; Flo- 
rence, 1610, in-fol. de 21 pages. Les paroles 
de ce recueil sont de Pétrarque, J. B. Strozzi, 
Guarini, Chiabrera, Ang. Capponi, et de Rasi 
lui-même. On voit dans la préface de la Dafne, 
de Marco de Gagliano, que Rasi fut un des chan- 
teurs qui exécutèrent cet ouvrage à Mantoue, 
en 1008, et qu'il y brilla à l'égal de la cantatrice 
Catherine Martinelli. 

RASSMA3I (Chrétien-Frédéric), littérateur 
fécond<et médiocre, né en 1772, dans un village 
de la Westphalie, lit ses études à Halberstadt, 
et passa la plus grande partie de sa vie à Muns- 
ter, où il est mort dans sa cinquante-neuvième 
année, le 9 avril 183 1. Ses nombreux travaux 
furent vraisemblablement peu productifs, car il 
vécut dans un état voisin de la misère. Au nom- 
bre de ses ouvrages, on en remarque un qui a 
pour titre : Panthéon der Tonkunstler, oder 
Gallerie aller bekannten, verstorbenen und 
lebenden Tonsetzer, Virtuosen, Musiklehrer, 
musikaliscken Schriftsteller, etc. (Panthéon 
des musiciens, ou Galerie de tous les musiciens 
connus, morts et vivants, virtuoses, professeurs de 
| musique, écrivains surcetart, etc.), Quedlinbourg 
et Leipsick, 1831, 1 volume in-8° de 280 pages. 
Ce livre est rempli d'erreurs et de méprises ; ce- 
pendant on y trouve quelques renseignements 
utiles dont les auteurs du Lexique universel de 
musique publié par Schilling n'ont point pro- 
fité. On peut aussi consulter, pour la littérature 
de la musique, le dictionnaire des écrivains du ter- 
ritoire de Munster, intitulé : Munsierlandis- 
chen Schriftsteller Lexïkon, Munster, 1814- 
1824, '2 parties, in-8* avec trois suppléments, 
et le dictionnaire des écrivains pseddonymes 
de l'Allemagne, du même auteur, publié sous ce 
titre : Kurzfasstes Lexïkon deutscher pseu- 
donymer Schriftsteller, von den altern bis 
auf die jungste Zeit aus allen Fxchem d. 
Wissenschaftcu; Leipsick, 1830, grand in-8\ 
Rassmann est auteur de poésies, de romans, 
et éditeur de recueils d'anciennes chansons et 
ballades allemandes. 

RASTRELL1 (Vincent), né à Fano, en 
1760, apprit la musique dans son enfance, et,.) 



184 



RASTRELLI — RATHE 



fit de si rapides progrès, que dans sa dix-hui- 
tième année il était déjà le professeur de chant 
le plus recherché dans sa ville natale. Vers 
1780, il se rendit à Bologne , et y fit des études 
de contrepoint, sous la direction du P. Mattei. 
Six ans après, ses études étaut achevées, il fut 
nommé membre de l'Académie des Philharmo- 
niques, honneur alors moins prodigué que de nos 
jours. De retour à Fano, Rastrelli y obtint l'em- 
ploi de maître de chapelle de la cathédrale. Ce 
fut peu de temps après que l'électeur de Saxe le 
/•rit à son service et le nomma compositeur de 
sa chapelle : il en remplit les fonctions jusqu'en 
1802. Des propositions lui ayant été faites alors 
pour se rendre en Russie, il quitta Dresde, se 
rendit à Moscou, et y resta quatre ans. Vers la 
fin de 1S06, il fit un voyage en Italie, mais bien- 
tôt après il fut rappelé à Dresde. Ayant demandé, 
en 1814, l'autorisation de faire un nouveau voyage 
en Italie, il ne put l'obtenir du gouvernement 
provisoire russe, alors établi à Dresde : le dé- 
labrement de ss santé, qui rendait ce voyage 
nécessaire, le détermina à donner sa démission, 
et sa place fut donnée à François Schubert. Plus 
tard, lorsque Rastrelli retourna à Dresde, il n'y 
trouva plus d'autre emploi que celui de profes- 
seur de chant de la cour; mais en 1824, sa 
place de compositeur de la chapelle lui fui ren- 
due. Son grand âge lui fit obtenir sa retraite 
avec une pension en 1831, et son emploi lut 
supprimé. Rastrelli a beaucoup écrit pour l'é- 
glise : on conserve, dans les archives de la cha- 
pelle de Dresde, dix messes de sa composition, et 
trois vêpres complètes, dont une à 8 voix. On 
tonnait aussi de lui un oratorio de Tobie, des 
canzoncttes, des airs, des duos, etc. Toutes ces 
œuvres sont médiocres. Rastrelli ne s'est dis- 
tingué que comme maître de chant. 11 est mort 
à Dresde , le 20 mars 1839. 

RASTRELLI (Joseph), fils du précédent, est 
né aDresde, le 13 avril 1799. Ses dispositions pour 
la musique furent si précoces, qu'à l'âge de six ans 
il exécuta un concerto de violon au concert des 
Nobles à Moscou. De retour à Dresde, il y reçut 
des leçons de Poland pour son instrument, et s'y 
fit entendre en public à l'âge de dix ans. L'or- 
ganiste Feidler lui donna les premières leçons 
d'harmonie, mais en 1814, il suivit son père en 
Italie, et alla étudier à Bologne le contrepoint 
sous la direction de Mattei. Appelé à Ancône, en 
1810, il y écrivit l'opéra intitulé la Distruzione 
di Gerusalemme, qui obtint quelque succès, 
quoiqu'il ne fut alors âgé que de dix-sept ans. 
Kn 1817, il retourna près de son père, à Dresde. 
Trois ans après, il obtint une place de violoniste 
dans la chapelle du roi de Saxe. Vers ce même 



temps, il écrivit son deuxième opéra (la Schiava 
Circassa), qui obtint un brillant succès au théâ- 
tre de Dresde. Cet ouvrage fut suivi de l'opéra 
bouffe intitulé le Donne curiose, représenté en 
1821, et de Velleda qui fut moins heureux que les 
ouvrages précédents, quoique la musique en fût 
travaillée avec plus de soin. Le roi, satisfait de 
son travail, lui procura les moyens de faire un 
second voyage en Italie. : Rastrelli profita de 
son séjour à Milan pour faire représenter à la 
Scala. le 16 mars 1824, le drame musical inti- 
tulé A mina. Rentré à la chapelle de Dresde, il 
se livra à la composition de la musique d'église, 
et produisit 3 messes, dont une à 8 voix et les 
deux autres à 4 ; trois vêpres, un Miserere, un 
Salve Jîegina, etc. Le pape lui envoya la déco- 
ration de l'ordre de chevalier de l'Éperon d'or 
pour deux motels à 8 voix qu'il avait écrits pour 
la chapelle Sixtine. Devenu pianiste habile et 
bon maître dechant, il fut choisi, en 1829, comme 
second maître de musique du théâtre delà cour, 
et l'année suivante il eut le titre de chef d'or- 
chestre de la chapelle royale, et en remplit les fonc- 
tions jusqu'à sa mort. En 1832, il lit représenter 
à Dresde Salvator Rosa, son premier opéra al- 
lemand, et trois ans après il donna au môme 
théâtre Derthe de Bretagne, opéra sérieux. Ces 
compositions sont considérées comme ce qu'il 
a écrit de meilleur pour le théâtre. On lui doit 
aussi la musique de la tragédie de Macbeth, le 
ballet der Raub Zetulbeus (l'enlèvement de 
Zétulbé), et des morceaux intercalés dans di- 
verses pièces. Rastrelli a fait graver pour le 
piano un rondeau intitu lé lesCh armes de Dresde; 
Dresde, Paul. 11 est mort à Dresde le 14 novem- 
bre 1842. 

RASZEI» (Louis), compositeur polonais de 
musique d'église et professeur de piano, vécut à 
Pula\\'5 et s'y livra à l'enseignement de la mu- 
sique. Il est mort dans cette ville en 1848. Il a 
laissé en manuscrit beaucoup de messes et de 
motets qui sont répandus dans les églises de la 
Pologne. On a aussi de lui un grand nombre de 
morceaux détachés pour le piano, parmi lesquels 
on remarque des polonaises, qui ont eu du 
succès. 

RATHBODE, évoque d'Ulrecbt, au dixième 
siècle, mort en 917, fut un des plus savants 
hommes de l'Église de son temps. Il a composé 
le chant de plusieurs hymnes pour les fêtes des 
saints, et l'office complet de saint Martin. 

RATHE (....), virtuose sur la clarinette, se 
fit entendre avec succès au concert spirituel de 
Paris, en 1780, dans un concerto de sa compo- 
sition. On admira la beauté des sons qu'il tirait 
de. toute l'étendue de son instrument. 



RATIIGEBER — RATTWITZ 



185 



RATHGEBER (VAlhsïw), bénédictin de 
Saint-Pierre et Saint-Denis, à lîantheln, dans la 
Franconie, naquit à Ober Elsbach, vers H'90. 11 
vivait encore dans son couvent en 1744. Ce 
moine fut un des musiciens les plus féconds de 
son temps, particulièrement pour la musique 
d'église. Voici la liste de ses ouvrages, telle 
qu'on la trouve dans les Lexiques de Walther 
et de Gerber : 1° Octava musica clavium octo 
musicarum.in missis octo musicalibus, cum 
appendice duarum missarum de Requiem, a 
4 roc. 2 viol, et duplo basso continua, op. 1, 
Augsbourg, Lotter. — 2° Cornucopix hoc est 
6 vesperx integrx de Dominica , etc ,op. 2, ibid., 
1723. — 3° Missx IX principales, a 4 voc, 
1 viol.,1 clar., etc., op. 3, ib., 1725, in-fol. — 
4° XXIV Offertoria de Tempore et Sanctis, a 
4 roc, 2viol., 2 tubis, etc., op. 4, 1726, in-fol. 
— 5° Litanlœ 6 laurelanx de Bcata V. cum 
andphonis. etc., op. 5, ibid., 1727, in-fol. — 
6° Chelis sonora : constans 24 concertationi- 
bus,etc, op. 6, ibid., 1728, in-fol. Cet œuvre 
contient des concertos et des symphonies con- 
certantes pour divers instruments. — 7° 10 Misses 
solomnes, etc., a 4 voc, 2 viol., op. 7, ibid, 

1730, in-fol. — 8° G Missœ de Requiem et 

1 Libéra, a 4 voc. ac instrum., op. 8, ibid., 

1731, in-fol. — 9° 4 Vesperx integrx de Do- 
minica, B. V. Mar. et Apostol., a 4 voc, 

2 viol., 2 clar., org. ac violonc, op. 9, ibid., 

1732, in-fol. — 10° 16 Arix, in duas partes 
divisx, latine et gcrmanic'c, a voce sola cum 
instr., -op. 10, ib., 1732, in-fol. — 11° 36 Hgmni 
a 4 voc. et instrum., op. 11, ibid., 1732, 
in-folio. — 12° 6 Missx civilis, a 3 vel 4 voc. 
cum instrum., op. 12, part. I, ibid., 1733, in- 
fol. — 13° 6 Missx rurales cum 2 de Requiem, 
a 1 vel 2 voc, necessariis cum aliis voc. ad 
lib. et instrum., op. 12, part. 2, ibid., 1733, in- 
fol. — 14° Miserere cum adj. 6 Tanlum crgo ; 
a 4 voc. et instrum., op. 13, ib., 1734. — 
15° 60 Offortoria festivalia per annum, a 4 
voc. cum instrum., etc., op. 14, ibid., in-fol., 

3 part. — 16° 50 Offertoria pro omnibus et 
singulis Do?ninicis,a kvoc. ac instr., op. 15, 
ibid. — 17° 24 Antiphonx Marianx, a 4 voc, 
instr. ac org., op. 16, ib. — 18° 4 Vesperx 
rurales cum bpsalmis, etc., op. 17, ibid., 1736, j 
in-fol. •— 19° Litanix lauretanx 6 de B. V. M. , 
a 4 voc. cum instr., op. 18, ibid., 1736. — | 
20° 4 Missx solemnes, a 4 voc cum. instr., I 
op, 19, ibid., 1738, in-fol. —21° 30 Offertoria j 
ruralia, a 4 voc. ac instr., op. 20, ibid., 1739, 
in-foi. — 22° 2 Missx de Requiem, a 4 voc. I 
mm instr., op. 21, ibid., — 23° Musikaliscker \ 
lieitvcrveib auf dem Clavier, etc., op. 22, 



ibid., 1743, 2e édition, ibid., 1751. Ce recueil 
[ renferme des pièces de clavecin. — 24° Vcs- 
j perx rurales 4, a 2 vocib. et org. obi., etc., 
i ibid. 

RATIISMANN (Jean), cantor et institu- 
teur à Lewen, dans le comté de Glatz (Silésie), 
est né le 29 juin 1803 à Oberschwedelsdorf, près 
deGlalz, où son père était menuisier. Après 
avoir étudié la musique sous divers maîtres plus 
ou moins obscurs, il entra à l'école normale de 
Scblegel, pour se préparera l'enseignement. 11 
était âgé de 24 ans lorsqu'il fut nommé, en 1827, 
cantor à Lewen. Il a écrit un grand nombre de 
compositions, particulièrement pour l'église; 
mais la plupart sont restées en manuscrit. Ses 
ouvrages pour le piano et pour l'orgue ont été 
publiés à Breslau, chez Leuckart, et chez C. 
Cranz. 

RATTI (BARTnoLOMÉ), maître de chapelle à 
l'église du Saint, à Padoue, dans les premières 
années du dix-septième siècle. On a imprimé de 
sa composition : Brevi salmi a 5 voci; Venise, 
1605, in-4°. 

RATTI (Laurent), maître de chapelle de 
l'église de Loretle, né à Pérouse, dans la seconde 
moitié du seizième siècle, fit ses études à Rome, 
sous la direction de son oncle, Vincent Ugolini 
(voyez ce nom). Après avoir été maître de cha- 
pelle du séminaire romain, il remplit les mêmes 
fonctions au collège allemand, puis à l'église de 
Lorette. Il mourut en cette ville, jeune encore, 
en 1630. On a de lui : 1° Il primo libro de 1 via- 
drigali a cinque voci; Venise, Vincenti, 1615, 
in-4°. — 2" Il secondo libro; idem, ibid., 
1616, in-4°. — 3° Mollecta Laurentii Rattiin 
romano seminario musicx prxfectis duabus, 
tribus, quatuor et quinque vocibus ad orga- 

num accomodato; Rome, Zanetli, 1617 

4° Motiecta idem, lib. 2, ibid., 1617. — 5" Mo- 
tetti délia cantica a 2, 3, 4, 5 voci; Rome, 
Zanetti, 1619. — 6° Motetti a 1, 2, 3, 4. 5, 
6 voci: Venise, 1620.— 7' Litanie délia Beata 
Virgineab-\2 voci; Venise,Vincenti, 1626, in-4°. 
— 8° Graduels et offertoires pour toute l'année, 
intitulés : Sacrx rnodulationes, seu Graduait 
et Offert orii 1-12 vocum. Part. 1,2, 3; Ve- 
nise, Vincenti, 1628. — 9° Cantica Salomonis 
binis, ternis, quaternis ac quinis vocibus con- 
cinenda, una cum basso ad organum. Pars 
prima; Veneliis, apud Vicentmum, 1632, in- 
4°. Pitoni, cité par l'abbé Baini, affirme, dans 
ses notices sur les contrepointistes, qu'on con- 
serve beaucoup de compositions latines et ita- 
liennes de Ratti chez les PP. de l'oratoire de 
Saint-Philippe, a Pérouse. 
RATTWITZ (Charles-Frédéric), avocat 



186 



RATTWITZ — RAUCHFUSS 



à Leipsick, né à Camenz, mort en 1829, a fait 
imprimer des recherches historiques pleine* 
d'intérêt concernant l'impression de la musique 
en caractères mohiles; son ouvrage a pour titre : 
Dissertatio de dcscriplione typis confeclatum 
in génère, tum quoad signa musiccs inspecte, 
médit ado nés quxdam ex naturali potissi- 
mum jure deduclx; Leipsick, 1828, in-i° de 
28 pages. 

RAU(Hbribert), littérateur allemand, vivant 
actuellement (1803) à Berlin, est auteur d'un 
roman historique et musical intitulé : Mozart. 
Ein Kunstlerleben (Mozart; vie d'artiste). 
Francfort (sur le Mein), 1858, 6 volumes, petit 
in-8". La troisième édition a paru à Berlin, chez 
Otto Janke, en 18G3, 3 vol. in-8° compactes. Si 
je suis hien informe, l'auteur de cet ouvrage est 
(ils du célèbre économiste Charles-David-Henri 
Ran, professeur de l'université de Heidelherg. 
Le livre a de l'intérêt : les faits, pris dans les 
monographies de Nissen, d'Oulibicheff et d'Otto 
Jahn, sont exacts et la forme romancière a de l'é- 
légance et du charme. 

RAUCH (Woi.fc.anc), musicien au service 
du duc de Wurtemberg, dans la seconde moitié 
du seizième siècle, n'est connu que par deux, 
épitaphes à 2 et à 6 voix qui se trouvent dans un 
petit volume intitulé : Martini. Crusii, grxco- 
latini ctoratorii inAcad. Tybingensi (zic)pro- 
fcssoris, Oralio de Rom. Augusta frena, vel 
Maria grxca, Philippi Suevi, quondam Ro- 
tnani Cxsaris, charissima uxore; Tubingx, 
apudGcorgium Gruppenbaghium, 1593,111-4". 
La première épitaphe a pour titre : Epitaphium 
Imp. Philippi, sex vocibus, Wolf. Rauchi mu- 
<ici apud illustr/ssimum principem Wirlem* 
berg. I). Ludovicum. 20 Aug.1589. L'autre est 
intitulée : Epitaphium Augusta: Irenx Ifohen- 
staufx li08,xtatis eirciter 36 anno dcfunclx, 
quinque vocibus Wolf. Rauchi, 7 Julii 1589. 

R AUC1I ( André ) , né à Potendorf, en Au- 
triche, vers la lin du seizième siècle, fut d'abord 
organiste du temple réformé à llernals, près de 
Vienne, puis obtint, vers 1030, la place d'orga- 
niste a Ëdenbourg, dans la basse Hongrie. Il a 
publié de sa composition -. 1° Thymiaterium 
musicale, das ist oiusïkalisches Rauchfass- 
Ici h, oder Gebeltein viit 4, 5, o, 7 und 8 
stimmen, sanvmtden B. C. ( Encensoir musi- 
cal, ou petites prières à 4, 5, 6, 7 et 8 voix avec 
liasse continue) ; Nuremberg, 1625, in-4°. — 
2° Concentus volivus ; Vienne, chez Grégoire 
Gelbhaar, io.iï. Cet œuvre contient une musique 
triomphale pour' l'entrée de l'empereur Ferdi- 
nand Il à Ëdenbourg. — 3° Motets et messe en 
allemand, à 3 et 4 voix avec violon» — Cuv- 



rus triumphalis musicus, 1048. Printz accorde 
beaucoup d'éloges au style de cet artiste, dans 
son Histoire de la musique ( page 144). 

RAUCH ( Christophe ), né en Bavière, fut 
d'abord professeur de philosophie, dans sa patrie, 
puis entra en qualité de chanteur au théâtre de 
Hambourg, vers 1080. Les attaques de Reiser 
{voyez ce nom) contre l'opéra, dans sa Thca- 
tromania, décidèrent Ranch à les réfuter ; il le 
fit dans son écrit intitulé : Thealrophania, 
entgegen gezetget der so gênant en Schrifft 
Theatromania-zur Verthxdigung der Christ- 
lichen, vornemlich aber deren musikalischen 
Operen, etc. (Antipathie; du théâtre pour la dé- 
fense de l'opéra en musique, principalement au 
point de vue chrétien, contre l'écrit intitulé : 
Thédtromanie, etc.); Hanovre, 1682, in-8" en 
2 parties, de 150 pages. 

RAUCH [ Jean-Georges ), né à Sulz, en Al- 
sace, vers le milieu du dix -septième siècle, fut 
organiste de la cathédrale de Strasbourg , et oc- 
cupait encore ce poste en 1700. On connaît de 
lui : r Novae sirènes sacrx harmonix tam 
instruments quam vocibus tantuvi concer- 
tantes a 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8, recens in lucem 
editx; Augsbourg, 1688. —2° Cilhara Orphei 
duodecim sonatarum, etc., op. 4; Strasbourg, 
1097, in-4°. 

RAUCH (Jacques), luthier de la cour de 
l'électeur palatin , vécut à Manheim vers le mi- 
lieu du dix-huitième siècle. La plus grande acti- 
vité de ses ateliers se trouve entre 1730 et 1740. 
Ses violons, dont la qualité de son a du rapport 
avec ceux de Steiner, sont recherchés en Alle- 
magne. Il a fait aussi de bons altos, violoncelles 
et contrebasses. 

RAUCH (Sébastien), autre luthier de beau- 
coup de mérite, vécut à Leitmeritz, en Oohéme, 
depuis 1742 jusqu'en 17G3, ainsi que l'indiquent 
les dates de ses instruments. On croit qu'il était 
fils d'un très-bon facteur de luths qui avait tra- 
vaillé à Nuremberg chez Schelle, et qui était à 
Prague en 172* (voyez les recherches de Baron 
sur le luth, page 97 ). 

RAUCHENSTEIN (Bernard), maître de 
chapelle de l'église de Constance , dans les pre- 
mières années du dix-huitième siècle, était né 
à Friboorg (Suisse), et y avait fait ses études. H 
a lait imprimer de sa composition un recueil 
d'offertoires, de graduels et de messes, sons ce 
titre : Luscinia sacra ludens et lugens, sen 
offertoria et gradualie muni tempore usur- 
panda cum tribus messis (sic) ex sequalibus 
4 etb vocibus cum instrum.; Constantix, 1702, 
in-4°. 

RAUCHFUSS (Puilut-e-Chrétien), avo- 



RAUCHFUSS ~ RAUPACH 



187 



cat et organiste à l'église principale de la haute- 
ville à Mulhausen, en Thuringe, y vivait vers 
le milieu du dix-huitième siècle. Il a publié six 
sonates faciles pour le clavecin, à Nuremberg, 
en 17f>0. 

RAUFFUF( Sébastien), compositeur né à 
Freystadt (Silésie) , dans la seconde moitié du 
seizième siècle, s'est fait connaître par un recueil 
de onze messes à quatre, cinq et six voix, lequel 
a pour titre : Sebastiani Rauffufii Frcid&tad. 
Siles. mus. Missx super optima ouctomm 
bonorum cantica a quatuor, sex atque quin- 
que vocibus, planx novx, omniumque selec- 
tissimse, nec anle vulgatx, recens sed editx, 
ad nominis divini honorent et gloriam ec- 
clesiarum exinde ad usos publicos, etc. Auc- 
tore impensis, typis Dorfferii in opphlo Be- 
thania Calcographi, 1G12, in-4°. Les parties 
de ténor de ces onze messes sont tirées des œuvres 
deMeiland, Lassus, Handl et Scandelli. 

RAULT (Félix), flûtiste habile, né à Bor- 
deaux, en 1736, était fils de Charles Rault, bas- 
son de la musique du roi et de l'Opéra de Paris. 
Élève de Blavet, il acquit en peu de temps un 
talent remarquable. En 1753, il entra à l'or- 
chestre de l'Opéra, et quelques années après, il 
eut le titre de première flûte solo pour l'accom- 
pagnement. Admis dans la musique du roi en 
17GS, il y resta jusqu'à la dissolution de la cha- 
pelle, en 1792. Depuis 1776, il avait obtenu sa 
pension de retraite à l'Opéra. La suppression de 
toutes ses pensions le mit dans une situation peu 
fortunée pendant le règne de la terreur, et l'obli- 
gea à entrer à l'orchestre du théâtre de la Cité, 
où il était encore en 1800. La clôture de ce 
théâtre le plongea de nouveau dans la misère, et 
Rault mourut peu de temps après. Cet artiste a 
publié de sa composition : 1° Trois duos pour 
2 flûtes, op. 1 ; Paris, Pleyel. — 2° Trois id., 
op. 2 ;ibid. — 3°Concertos pour flûte et orchestre, 
n« s 1 et 2 ; Paris, Imbault. — 4° Six duos faciles 
pour 2 flûtes, op. b ; Offenbach, André. — 5° Six 
idem, op. 6 ; Paris, Pleyel. — 6° Six idem, 
op. 7;ibid. — 7° Six duos concertants, op. 8 ; liv. 
1 et2,ibid. — 8° Recueils d'airs pour 2 flûtes, nos i 
à 1 ; Paris, Frère. — 9° Trios pour 2 flûtes et bas- 
son, op. 25; Paris, Pleyel. — 10° Six idem pour 
flûte, violon et alto, op. 26 ; ibid. — 11° Sonates 
pour flûte et basse, liv. 1 et 2 ; Paris, Naderman. 

RAUMER (Frédékic), docteur en philoso- 
phie, professeur ordinaire de l'université de Ber- 
lin et membre de l'Académie des sciences de 
cette ville, est né à Waertitz le 14 mai 1781. 
Dans s.i jeunesse, il reçut des leçons de musique 
de Turk, à Halle, et de Forkel, à Gœtlingue. 
Amateur et connaisseur de cet art, il a été un 



des fondateurs de l'Académie de chant de Berlin, 
et en était encore membre en 1860. Divers écrits 
•relatifs à la musique , que ce savant a publiés 
dans le Dictionnaire de la Conversation et dans 
plusieurs journaux, ont été réunis dans le troi- 
sième volume de ses œuvres mêlées (Leipsick, 
Brockhaus, 1854), pages 270 à 399. Les 
articles principaux concernent les œuvres de 
Gluck, Haydn, Beethoven, Spontini, le Don Juan 
de Mozart, Balthasar et le Messie de Hœndel, 
Ali-Baba de Cherubini, les Huguenots de 
Meyerbeer, la messe en si mineur de J. - S. 
Bach, etc. 

RAUPACH (Christophe) naquit à Tun- 
dern, dans le duché de Schleswig, le 5 juillet 1686. 
Son père, organiste de cette ville, lui enseigna 
les éléments de la musique, le clavecin, l'orgue 
et le violon. A l'âge de treize ans, il avait déjà fait 
assez de progrès pour accompagner la basse con- 
tinue, et exécuter les pièces declavecin et les fu- 
gues de Froberger, deBuxtehudeetde Pachelbel. 
La lecture de quelques écrits sur la musique dé- 
cida sa vocation pour l'étude sérieuse de son 
art. Après la mort de son père, arrivée en 1700, 
il se rendit à Hambourg, et s'y mit sous la di- 
rection de Bronner, organiste de l'église du Saint- 
Esprit et artiste de mérite, qui lui fit connaître 
les beautés de la musique de Keiser, et perfec- 
tionna son savoir dans le contrepoint. Après 
deux ans de séjour près de ce maître , les res- 
sources pécuniaires de l'élève se trouvèrent 
épuisées. Dans ce moment critique, son frère, 
qui demeurait à Rostock , l'invita à se rendre 
près de lui, afin d'aller ensuite concourir pour la 
place d'organiste de l'église Saint-Nicolas de 
Stralsnnd. Il accepta cette invitation et partit 
de Hambourg au mois d'avril 1703. Au nombre 
des amis qu'il rencontra à Rostock se trouvait 
Fischer, maître de chapelle du duc de Mecklem- 
bourg, qui lui donna des lettres de recomman- 
dation pour Stralsund. Le concours fut ouvert 
peu de jours après son arrivée dans cette ville. 
Raupach improvisa des variations sur huit chants 
chorals qu'on lui présenta, accompagna sur la 
basse chiffrée une pièce avec orchestre, et fit 
exécuter quelques morceaux de sa composition. 
A la suite de ces épreuves, il l'emporta sur ses 
rivaux, quoiqu'il ne fût âgé que de dix-sept ans. 
Sa nomination ne ralentit pas l'ardeur qu'il por- 
tait dans ses études. Il se livra au travail, et 
composa beaucoup de pièces de circonstance 
pour diverses fêtes, des oratorios, des cantiques, 
plusieurs morceaux pour l'anniversaire de la ré- 
formation en 1717, des concertos pour instru- 
ments, et des suites de pièces de clavecin. On 
trouve la liste de ces ouvrages, restés en ma- 



188 



RAUPACH — RAUZZLNI 



nuscrit, dans VEhrcnpfortc de Mattlieson 
(pages 286-257). Raupacli s'était marié en 1707, 
et avait eu plusieurs enfants. II vivait encore à 
Stralsund en 1740. On n'a pas de renseigne- 
ments sur le reste de sa vie. Cet artiste n'est 
connu que par un écrit sur la musique, que 
Mattlieson a fait imprimer à la suite, de la troi- 
sième partie du livre de Niedt intitulé: M usU 
kalisches Handleitung , etc. (Guide musi- 
cal, etc, ); il a pour titre : Veritophili deutliche 
Beweis-Grunde, ivoraufder redite Gebrauch 
der Musik,beydes in den Kirchen, alsausser 
denselben, beruhet (Arguments clairs d'un ami 
delà vérité, d'après lesquels le bon usage de la 
musique , tant dans l'église qu'au dehors , est 
évident); Hambourg, Benjamin Schiller, 1717, 
in-4" oblong de 56 pages, avec une préface de 
deux feuilles par Mattlieson. Il y a du savoir dans 
cet écrit, et plus de raison qu'on n'en trouve 
dans les livres sur le même sujet qui ont paru 
vers l'époque où Raupach écrivait. On trouve 
des exemplaires de son ouvrage séparés de celui 
de Niedt. 

RAUPACH (Hermann-Frédéric), fils du 
précédent, naquit à Stralsund en 1728. Élève de 
son père, il fit de rapides progrès dans la mu- 
sique et devint un claveciniste distingué. Dans 
un voyage qu'il fit en Russie, vers 1756, l'impé- 
ratrice le choisit pour chef d'orchestre de l'O- 
péra. Il y donna en 1759 Alceste, opéra séiieux 
en langue russe, et l'année suivante Siroe, en 
italien. Plus tard il se rendit à Paris, et y publia 
des œuvres de sonates pour clavecin et violon, 
en 1780, et un œuvre de trios pour clavecin, 
violon et violoncelle. On n'a point de renseigne- 
ments sur la fin de la carrière de cet artiste. 

RAUPPE (Jean-Georges), né à Stettin , le 
7 juillet 1762, se livra dans sa jeunesse à l'étude 
du violoncelle, et reçut à Berlin des leçons de 
Duport l'aîné. Lorsqu'il sortit de chez ce maître, 
il voyagea dans l'Allemagne septentrionale, en 
Suède et en Danemark, et se fit admirer dans 
ses concerts par la beauté du son qu'il tirait de 
l'instrument et par son exécution vigoureuse. 
En 1786, il se fixa à Amsterdam et y obtint l'em- 
ploi de premier violoncelle du théâtre allemand 
et des concerts. Il mourut en celte ville, le 15 
juin 1814, dans une situation peu aisée, laissant 
deux enfants en bas âge. On ne connaît pas 
de composition sous le nom de cet artiste. 

RAUSCIIE ( ), professeur de piano, à 

Hambourg, dans les premières années du dix- 
neuvième siècle, a publié de sa composition : 
i° Polonaises pour le piano, liv, 1, 2, 3 et 4; 

Hambourg, Bœlimc 2° Pièces,ficilesà4 mains, 

op. 3 ; ibid. — 3° Sonate pour piano seul, op. 12, 



Hambourg, Cranz. — 4° Rondeau mignon, idem, 
op. 11; ibid. — 5° Trois divertissements en 
forme de valses, idem, op. 13; ib. — 6° Valses, 
idem, op. 10 et 14; ibid. — "° Étrennes pour 
mes élèves, op. 15, ibid. 

RAUSCHELBACH (Juste-Théodore), 
pianiste et compositeur, vraisemblablement né à 
Hambourg, fut élève de Ch.-Ph.-Em. Bach. Ses 
études terminées, il fut instituteur à Otterndorf, 
puis il obtint, en 1790, la place d'organiste à la 
cathédrale de Brème. Il vivait encore dans cette 
ville en 1805. Il a publié à Leipsick, en 1789, 
deux sonates de clavecin, avec accompagnement 
de deux violons et violoncelle. En 1797, il a fait 
paraître dans la même ville, chez Kùhnel, deux 
grandes sonates pour piano et violon. Cet 
artiste a laissé aussi en manuscrit des cantates 
et des symphonies. 

RAUSCHER (Jacques), excellent ténor du 
théâtre de Hanovre, est né en 1800 dans un vil- 
lage près de Vienne, et a fait ses études musi- 
cales dans cette ville. 11 débuta sur la scène à 
Vienne en 1821. En 1832, il donna des représen- 
tations à Dresde, et en 1833, à Berlin, avec un 
brillant succès. Le roi de Wurtemberg l'attacha 
au théâtre de Stuttgard en 1840. Sept ans après 
il donna des représentations à Hambourg. Ce 
chanteur distingué a obtenu sa retraite vers 
1855. 

RAUT (Jean ) , luthier français, né en Bre- 
tagne, travailla à Rennes jusqu'en 1790. Ses 
violons, en petit nombre, sont faits sur le mo- 
dèle de ceux de Guarnerius, et sont estimés. 

RAUTENBERG (Jean), cantor et com- 
positeur à Landsberg sur la Warthe ( Prusse), 
au commencement du dix-septième siècle, s'est 
fait connaître par un recueil de chants spiri- 
tuels intitulé ■. Norcm verbeux sacrx , oder 
6 geistliche Krceutcr vnd B lumen (Neuf ra- 
meaux sacrés, ou neuf plantes et fleurs spiri- 
tuelles); Berlin, 1629, in-4°. 

RALTENSTEIN ( Jules-Ernest) , com- 
positeur du dix-septième siècle, était organiste à 
Quedlinbourg, vers 1637, puis il occupa un poste 
semblable au Vieux-Stettin. Il a fait imprimer un 
recueil de chants funèbres sous le titre de Lcidi- 
ien Arien, en I6.ss. 

RAUWE (Jean), pasteur à Wetter, vers 
| la fin du seizième siècle, a fait imprimer le livre 
des cantiques de Martin Luther, mis à 4 voix, 
Francfort, 1589, in 12. 

RAUZZ1M (Venanzio), né à Rome en 1747, 
reçut des leçons de chant et de composition d'un 
chapelain-chantre de la chapelle pontificale. Il 
débuta à l'âge de dix-huit ans au théâtre Valle, à 
Rome, dans un rôle de femme, parce que lescan- 



RAUZZINI — RAVAL 



189 



tatrices ne pouvaient paraître alors sur les théâtres 
de cette ville. Sa beauté était si remarquable, que 
plusieurs femmes titrées s'éprirent d'amour pour 
lui, et qu'une dame du plus haut rang se com- 
promit publiquement à Munich, en lui faisant 
connaître sa passion. Cette aventure fut cause 
du congé donné à Rauzzini par l'électeur de 
Bavière. Ce lut alors qu'il alla se fixer en An- 
gleterre. (Voyez les Réminiscences of Michael 
Kelly, t. I, p. 10.) Guadagni, qui l'avait entendu, 
lui procura un engagement à Munich, en 1767. 
En passant à Vienne, Rauzzini s'y fil entendre 
dans quelques représentations du théâtre de la 
cour, et y obtint un brillant succès par l'excel- 
lence de sa méthode. Burney le trouva à Munich 
en 1772, cl fut charmé de son talent. Après un 
séjour de sept ans à la cour de l'électeur, et après 
y avoir fait représenter qualre opéras de sa 
composition, il se rendit à Londres, et y succéda 
à Millico dans l'emploi de premier ténor. 11 
parut pour la première fois sur le théâtre du 
roi, au mois de novembre 1774, dans l'Aies- 
sandro neW Indie , de Corn. Burney, qui l'en- 
tendit alors, dit (« General History of Music, 
tome IV, page 51) qu'il était non-seulement fort 
bel homme, mais excellent acteur, musicien pro- 
fond, et aussi instruit dans la composition qu'ha- 
bile dans l'art du chant. Sa voix, dit-il, était 
douce, timbrée, flexible, bien posée, et d'une 
étendue de plus de deux octaves. L'historien de 
la musique dit qu'il était d'une hat>ileté remar- 
quable sur le clavecin, et qu'il écrivait bien 
pour cet instrument. Après avoir rempli pen- 
dant trois ans l'emploi de premier ténor à l'O- 
péra italien de Londres, Rauzzini quitta la scène 
pour se livrer à l'enseignement du chant, qui lui 
offrait de grands avantages dans cette ville. Mais 
la chute de son opéra la Vestale, en 1 787, le 
dégoûta du séjour de Londres, et il se retira à 
Bath. Il y continua ses cours de chant, et y éta- 
blit des concerts publics, qui eurent un brillant 
succès. Le reste de sa vie s'écoula paisiblement 
dans cette agréable ville, où il mourut le 8 avril 
1810, à l'âge de soixante-deux ans et quelques 
mois. Au nombre des bons élèves qu'il a formés, 
on remarque Braham, Incledon et M ,ne Slorace. 
Les opéras de Rauzzini dont les litres sont con- 
nus sont : 1° Piramo c Tisbe, à Munich, 1769. 
Il y chanta le rôle principal. — 2° L'Ali d'A- 
inore, 1770, ib. — 3" L'Eroe cinese, ibid., 
1770. — 4° Astarto, 1772, ibid. — 5° La Re- 
gina di Golconda, à Londres, 1775. — 6° Ar- 
inida, 1778, idem. — 7° Creusa inDelfo, 1782, 
ibid. — 8° La Vestale, 1787, ibid. Parmi ses 
œuvres de musique instrumentale, on remarque : 
1° Quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 2, 



5 et 7 ; Londres. — 2° Quatuors pour piano , 
violon, alto et violoncelle, op. 1, Offenbach, 
André. — 3° Sonates pour piano et violon, 
opp. 3, 6 et 9, Londres, Pearsall. —4° Sonates 
pour piano à 4 mains, op. 4 et 12, ibid. — 5° Des 
airs et des duos italiens , Londres, démenti. — 
6° Des chansons anglaises, ibid. 

RAUZZINI (Mathieu), frère du précédent, 
naquit à Rome en 1754. A l'âge de seize ans, il 
suivit son frère à Munich, et en 1772, il débuta 
comme chanteur dans le Finie Gemelli, opéra 
bouffe de sa composition où l'on remarque un 
style agréable. En 1774, Rauzzini suivit son frère 
en Angleterre, et peu de temps après il entra 
au théâtre de Dublin. Il y fit représenter, en 
1784, Il Re pastore. Devenu professeur de chant 
en cette ville, il mourut jeune, en 1791. On con- 
naît, sous son nom, un recueil d'exercices pour 
le chant. 

RAVAGNAN (L'abbé Jérôme), professeur 
de rhétorique et d'éloquence de la chaire au sé- 
minaire de l'évèché de Cbioggia, dans l'État de 
Venise, est né en cette ville, dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. A la reprise des 
études du séminaire, il prononça, le 30 mars 
1.818, l'éloge de Zarlino, qui fut publié dans le 
Mercurio filosofico e letterario , par Zirletti, à 
Venise. Peu de temps après, cet éloge fut réim- 
primé séparément, sous ce titre : Elogio diGiu* 
seppe Zarlino di Chioggia célèbre ristaura- 
tore délia musica nel secolo XVI. Prolasione 
pel riaprimento deglistudi del seminario ves- 
coviledi Chioggia nel di 30 marzo 1818 ; Ve- 
nise, 1819, 79 pages, petit in-8°. Cet éloge et 
les notes qui l'accompagnent renferment des ma- 
tériaux utiles pour la biographie du célèbre mu- 
sicien. 

RAVAL (Sébastien), compositeur espagnol, 
brilla dans les dernières années du seizième 
siècle et au commencement du dix -septième. Il 
était chapelain agrégé de l'ordre de Saint- Jean- 
Baptiste de Jérusalem, et maître de chapelle du 
duc d'Urbin, lorsqu'il fut désigné par le duc de 
Maquedo, vice-roi de Sicile, comni£ maître de 
chapelle de la cathédrale de Païenne. En passant 
par Rome pour se rendre à son nouveau posle, 
ce musicien, dont le savoir incontestable était 
cependant moins grand que l'orgueil, se vanla 
d'être le plus habile de tous lescontrepointistes, 
et de n'avoir jamais rencontré d'égal. Pour sou- 
tenir cette jactance, il défia Jean-Marie Nanini 
et Soriano de concourir avec lui sur un thème 
qu'il choisit lui-même. Ces grands maîtres ayant 
accepté le défi, ils improvisèrent tous trois un 
morceau à plusieurs parties sur le thème de 
Raval; mais lorsque Nanini et Soriano eurent 



190 



RAY AL — RAVETS 



présenté leurs compositions ornées de tous les 
artifices du contrepoint, et en même temps 
admirables par l'élégance du style et la clarté des 
dispositions, Raval, frappé de terreur, fut obligé 
de s'avouer vaincu, et , suivant les conventions, 
se rendit à l'école de ses adversaires et les ap- 
pela humblement ses maîtres. Cette aventure se 
passait en 1593. C'est à la même époque que 
Raval publia un de ses ouvrages intitulé: Il primo 
libro di canzonetlc a quattro voci, composte 
péril signor Sebastiano Raval, gentWhuomo 
delVordine di ubidicenlia di San Gio-Bat- 
lista Gicrosolimitano . In Venetia, appresso 
Giacomo Vincent i, 1595, in-4°. L'épîlVe dédi- 
catoire à Marc-Antoine Colonna, duc de Taglia- 
cozzo, etc., est datée de Rome, le 24 mars 1593. 
Raval y dit qu'il a été attaché autrefois au ser- 
vice de l'aïeul du duc, lequel était vice-roi de 
Sicile, puis à celui du cardinal Ascanio Co- 
louna. Arrivé à Palerme, il ne fit pas voir plus 
de modestie qu'a Rome dans le défi qu'il porta à 
Achille Falcone. On peut voir, à l'article qui con- 
cerne celui-ci, tous les détails de cette dispute. 
On connaît de Raval un recueil de motets inti- 
tulé : Libro de Motetti a 3, 4, 5, 6, 8 voci di 
Sebastiano Raval, maestro délia regia cap- 
pella di Palermo, Palerme, Franceschi, 1601 , 
et Madrigali a 5 voci, libro primo ; in Venetia 
appresso Giac. Vincenti, 1585, in-4". 

RAVALIÈRE (Pierre-Alexandre LE- 
VESQUE DE LA). Voyez LÉVESQUE DE LA 
RAVALIÈRE. 

RAVANiYI (Gaétan), chanteur distingué, 
naquit à Brescia, le 7 août 1744. Élève de son 
compatriote Pinetti, il développa sous sa direction 
les qualités de sa belle voix de contralto. Il n'était 
Agéque dequinzeans quand il chanta pour la pre- 
mière fois, en 1759, un rôle de femme dans un 
opéra représenté à Brescia. L'année suivante, il 
fut engagé à Parme, et en 1701, il partit sur le 
théâtre San-Benedetto, à Venise. Ses succès dans 
ces villes, et ceux qu'il obtint ensuite sur les 
théâtres de Bologne et de Vérone, lui procu- 
rèrent un engagement avantageux à Munich, 
en 1704. Il y eut le titre cl le traitement de 
chanteur de la cour. En 1772,Burney l'entendit 
plusieurs fois , particulièrement dans un trio 
chanté par lui , Guadagni et lUiuzzini ; la réu- 
nion de ces trois grands chanteurs dans ce mor- 
ceau lui parut un modèle de perfeclfon. Les 
électeurs qui se succédèrent, et le roi de Bavière 
Maximi lien-Joseph, continuèrent à Ravanni les 
avantages dont il jouissait, et le dernier de ces 
primes lui donna, en 180i, son traitement pour 
pension de retraite, après quarante ans de ser- 
vice. Ce chanteur vivait encore à Munich en 



1812, mais depuis lors on n'a plus eu de ren- 
seignements sur sa personne. 

RAVENSCROFT (Thomas), bachelier en 
musique de l'université d'Oxford, lut dirigé dans 
ses études de musique, vers 1590, par Edouard 
Pearee, maître des enfants de chœur de l'église 
Saint-Paul de Londres. Devenu lui-même pro- 
fesseur, puis marchand de musique, il se fit con- 
naître par la publication d'une collection de chan- 
sons à 4 et 5 voix, intitulée : Mclismata; mu- 
sical phansies, fitting the court, cilié, and 
country humours, to three , four and pZve 
voyces , Londres, 1611. Partisan de l'ancienne 
notation et de ses proportions, perfections, im- 
perfections, etc., qu'on abandonnait avec raison 
depuis plusieurs années , il écrivit sur ce sujet 
un opuscule intitulé : A brief discourse of the 
true but neglected ttse of cliaracterising the 
degreesby their perfection, imperfection and 
diminution in viemurable musiefte, against 
the common praexice and custome of thèse 
Urnes, Londres, 1614, in-4°. On doit aussi à 
Ravenscroft une des plus belles collections de 
psaumes à quatre parties qui aient été publiées 
en Angleterre;' elle est intitulée : The whole 
book of psalms with the hymns evangelical 
and songs spiritual composed mto four parts 
by sundry auth ors, Londres, 1621-1623, in-8°. 
On trouve dans cette collection beaucoup de mé- 
lodies composées par Ravenscroft. Ce musicien 
est mort à Londres, en 1035. 

RAVENSCROFT (Jean), musicien an- 
glais, vécut à Londres dans la première moitié 
du dix-huitième siècle. Engagé comme violoniste 
au théâtre de Goodmansfield, il s'y fit entendre 
plusieurs fois dans les concertos de Corelli. Le 
talent principal de cet artiste consistait à jouer 
de la cornemuse (hornpipe ) avec une habileté 
supérieure à tout ce qu'on avait entendu avant 
lui. Il a laissé quelques compositions pour cet 
instrument. On place l'époque de sa mort vers 
1 ?'.:>. 

RAVETS ou RAVITS (Antoine-Guil- 
laume), né à Louvain, vers 1758, fit ses études 
musicales sous la direction de l'excellent orga- 
niste et compositeur Mathias Vanden Gbeyn 
(voy. ce nom), et fut organiste de l'église Saint- 
Jacques, dans sa ville natale. Plus tard, il aban- 
donna cette position pour celle d'organiste de 
l'église des Augustins à Anvers. Il est mort dans 
cette ville en 1827. Ravets a laissé en manuscrit 
des préludes pour l'orgue, et un grand nombre de 
motets avec orchestre qui ont en de la réputation 
en Belgique. Parmi ces compositions, on remarque 
celles-ci : 1° De profundis, à 2 voix, orgue et 
orchestre. — 2° Jesu, Corona virginum. — 



RAVETS — RAYMOiND 



191 



3° Confitcantur. — 4° Verbum supemum. — 
5° Tecum principum. — 6° Juravit Dominus, 
pour soprano, ténor et .basse. — 7° Quis sicut 
Dominus. On connaît aussi de cet artiste une 
inesse de Requiem à 4 voix et petit orchestre. 

RAVINA (Jean-Henri), pianiste et compo- 
siteur, né à Bordeaux, le 20 mai 1818, fut admis 
comme élève au Conservatoire de Paris, le 10 
octobre 1831, y reçut d'abord des leçons de 
M. Laurent, professeur adjoint, puis devint élève 
de Zimmerman. Le second prix lui fut décerné 
en 1832; il obtint le premier au concours de 
1834, et, deux ans après, le premier prix d'har- 
monie et d'accompagnement pratique; enfin il 
compléta son instruction musicale par l'étude du 
contrepoint sous la direction de Reicba, puis 
de M. Leborne. Sorti du Conservatoire, Ravina 
se fit entendre avec succès dans les concerts, 
et se livra à l'enseignement. Il a publié un 
grand nombre d'œuvres pour le piano dans les 
formes de son époque ; celles qu'on a remar- 
quées sont : 1° 12 Études de concerts, en 2 li- 
vres, dédiées à Zimmerman; Paris, Lemoine. — 
2° 25 études caractéristiques; ibid. — 3° Mor- 
ceau de concert pour piano etorcbestre, op. 8; 
ibid. — 4° Rondo élégant, op. 4 ; ibid. — 5° Fan- 
taisie de salon sur deux airs napolitains, op. 5 ; 
ibid. — 6° Divertissements brillants, op. 10 et 16; 
ibid. — 7° Nocturne, op. 13; ibid. — 8° Rê- 
verie, op. 19; ibid., etc. Cet artiste est mort à 
Paris en 1862, à l'âge de 44 ans. 

RAWL1IYGS (Thomas), fils de Robert Raw- 
lings, organiste de Chelsea, né en 1775, apprit 
de son père les premiers éléments de la musique. 
A l'âge de treize ans, il fut mis sous la direction 
d'un maîlre allemand nommé Dittenbofer, qui 
lui enseigna le piano, le violon, le violoncelle et 
les éléments de l'harmonie. Après sept années d'é- 
tudes sous ce maître, il composa quelques mor- 
ceaux qui furent exécutés au Professional con- 
cert. Depuis lors il s'est livré à l'enseignement, 
et a été employé dans les orchestres de plusieurs 
théâtres, comme violoniste et comme violon- 
celliste. J'ai connu cet artiste à Londres, en 
1829. Ses principales compositions, gravées chez 
Chappell, sont : l° Concerto da caméra pour 
piano, flûte, deux violons, alto et basse. — 
2° Duo pour harpe et piano. — 3° Mélodies na- 
tionales pour le piano. — 4° Sérénade pour plu- 
sieurs instruments. — 5° Airs anglais. 

RAWLIIXS (Jean) , ecclésiastique anglais, 
vécut dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle. Il fut recteur à Leigh, dans le comté de 
Worcester, ministre à Bodsey, puis à Wickam- 
ford , et enfin chapelain de lord Archer. A l'oc- 
casion du festival de musique des trois chœurs 



réunis de Worcester, de Hereford et de Glocester, 
il prononça un sermon qui fut publié sous ce 
titre : The power of mxisick, and the parti- 
cular influence of church musick (Le pou- 
voir de la musique, et l'influence paiticuliète de 
la musique d'église); Ravington , 1773, in-8". 

RAYMANN (Jacqees), luthier anglais, tra- 
vaillait à Londres vers 1650. 11 se distinguait 
surtout par la bonne qualité de ses violes. On 
cite aussi un violon fait par lui qui se trouvait 
dans l'héritage de Britton (voyez ce nom). 

RAYMOND (Georres-Makie), né à Cham- 
béry, en 1769, fut d'abord employé du cadastre, 
et obtint, en 1794, la place de secrétaire général 
«lu département du Mont-Blanc. Ayant ensuite 
perdu cet emploi , il accepta celui de professeur 
d'histoire à l'école centrale de ce département, et 
fut ensuite professeur de mathématiques à Ge- 
nève. En 18fl, il devint principal du collège de 
Chamb'éry. Litlérateur laborieux et amateur de 
musique, il a publié beaucoup de livres, de 
brochures et d'articles de journaux littéraires sur 
toutes sortes de sujets, particulièrement sur la 
musique. La liste de ceux-ci renferme les ou- 
vrages suivants : 1° De la musique dans les 
églises, considérée dans ses rapports avec 
l'objet des cérémonies religieuses ( Mémoire 
inséré dans le Magasin Encyclopédique, août 
1809). — 2° Lettre à M. Millin sur l'utilité du 
rétablissement desmailrises de chapelle dans 
les cathédrales de France (dans le même re- 
cueil, mai 1810) 3° Seconde lettre à M. Mil- 
Un sur l'usage delà musique dans les églises 
(dans le môme recueil, août 1810). Ces deux 
morceaux ont été publiés séparément sous ce 
titre : Lettres à M. Millin, membre de l'Insti- 
tut, etc., sur l'usage de la musique dans les 
églises, Chambéiy, Cléaz, 1811, in-8°. — 4° Ré- 
futation d'un système sur le caractère attri- 
bué à chacun des sons de la gamme, et sur 
les sources de l'expression musicale (dans la 
Décade philosophique, an x (1802) n os 22 
et 23). Ces quatre opuscules ont été réunis avec 
le suivant, en un volume intitulé : 5° Lettre 
à M. Villoteau, touchant ses vues sur la 
possibilité et l'utilité d'une théorie exacte des 
principes naturels de la musique; suivie d'un 
mémoire et de quelques opuscules sur l'usage 
de la musique dans les églises , etc., Paris, 
Courcier, 1811 , in-8° de 261 pages. A l'exception 
d'une assez bonne réfutation des erreurs de 
l'abbé Roussier, concernant les proportions des 
intervalles de la tonalité moderne et la forma- 
tion de la gamme , le sujet de la lettre de Ray- 
mond à Villoteau y est traité d'une manière 
superficielle : on aurait dû s'attendre à trouver 



192 



RAYMOND 



un langage plus rigoureux dans l'écrit d'un 
musicien géomètre. Le professeur de mathéma- 
tiques se retrouve davantage dans l'écrit suivant, 
qui n'est qu'un remaniement du même sujet, 
mais sans vues nouvelles : — 6 e Essai sur la 
détermination des bases physico-mathéma- 
tiques de l'art musical; Paris, V e Courcier, 
1813, in-8° de 79 pages. L'Académie des sciences 
de l'Institut de France, a qui ce mémoire avait 
élé soumis , n'y trouva à louer que le zèle de 
l'auteur pour les progrès de la théorie de la mu- 
sique. Raymond cherche à y démontrer que la 
constitution organique de l'homme et celle des 
corps sonores qui lui sont analogues, fournissent 
immédiatement les éléments physiques de l'art et 
le principe de l'harmonie. Cette erreur du dix- 
huitième siècle a pour résultat inévitable de ma- 
térialiser un art qui n'a sa source que dans la 
combinaison de la sensibilité, du sentiment et de 
l'intelligence. — 7° Des principaux systèmes 
de notation musicale usités ou proposés chez 
divers peuples tant anciens que modernes, ou 
Examen de cette question -. L'écriture mu- 
sicale généralement usitée en Europe est- 
elle vicieuse au point qu'une réforme com- 
plète soit devenue indispensable? Turin, de 
l'imprimerie royale, 1824 , un volume in-4°de 
154 pages avec une planche. Ce mémoire est 
inséré en entier dans le trentième volume des 
mémoires de l'Académie royale des sciences de 
Turin, dont Raymond était membre. Son travail 
est divisé en deux parties : la première est relative 
aux notations de l'antiquité, du moyen âge et 
de l'Orient ; l'autre renferme l'exposé et l'examen 
des systèmes de notation deSouhailty, Brossard, 
Lancelot, Sauveur, de Motz, Boigclou, J.-J. Rous- 
seau, de l'Aulnaye, R. Patterson , de l'abbé Fey- 
tou , de la Sallelte , de Riebesthal et de Bertini. 
L'auteur de cet ouvrage n'avait pas les connais- 
sances nécesaires pour traiter la première partie 
de son livre; la deuxième est plus satisfaisante, 
bien qu'elle ne donne pas la solution de la ques- 
tion posée au frontispice. — 8° Mémoire sur la 
musique religieuse, à l'occasion de l'établis- 
sement d'un bas-chœur et d'une maîtrise de 
chapelle dans l'église métropolitaine de Cham- 
béry. Ce mémoire, lu à l'Académie royale de 
Savoie, le 7 mars 1828, a été inséré dans le troi- 
sième volume des mémoires de cette société. Il 
en a été tiré des exemplaires séparés (iu-8 u de 
35 pages), sans date et sans nom de lieu. Ray- 
mond a laissé en manuscrit : Principes éléittcn- 
taircs d'harmonie, de contrepoint et de com- 
position musicale. Il est mort à Chambéry, le 
24 avril 1839. 
RAYMOND (Edouard), violoniste et com- 



positeur à Breslau , est fils d'un faDricant d'ins- 
truments de cette ville. Il est né le 27 septembre 
1812, et, à peine âgé de sept ans. a commencé 
l'étude du violon , sous la direction du profes- 
seur Charles Luge {voyez ce nom). Ses progrès 
furent rapides : à l'âge de quatorze ans, il joua 
avec son maître, au ihéàlre, la symphonie concer- 
tante de Kreutzer pour deux violons, et y ht re- 
marquer la souplesse de son archet ainsi que la 
justesse de ses intonations. Depuis cette époque, 
il a brillé dans les concerts, soit à Breslau, soit 
dans d'autres villes de l'Allemagne. Entré en 1834 
dans l'orchestre du théâtre de sa ville natale, en 
qualité de premier violon, il n'y resta que jus- 
qu'en 1838, parce que les leçons qu'il donnait à 
un nombre considérable d'élèves l'occupaient 
incessamment. Devenu chef d'orchestre de la 
société musicale Lxtitia, en 1839, il abandonna 
celte position, cinq ans après, pour celle de di- 
recteur des concerts de la Société du dimanche, 
où les symphonies des grands maîtres sont bien 
exécutées par un bon orchestre. Raymond oc- 
cupait encore cette position en 1853. Le goût de 
cet artiste et son expérience se sont formés dans 
les voyages qu'il a faits à Berlin, Dresde, Vienne, 
Leipsick, Francfort et Cologne. On a publié de 
sa composition : 1° Introduction et polonaise 
pour violon et piano; Breslau, Fœrsler. — 
2°. Adagio et rondeau brillant avec accompa- 
gnement de quatuor ou de piano ; Breslau, Ed. 
Pelz. — 3° Le Russe, petit rondeau agréable et 
facile pour violon et piano ; ibid. — 4° Grande 
fantaisie pour violou et orchestre ou piano sur 
des motifs deLucia di Lammermoor ; Breslau, 
Schuicann. — 5° Première symphonie, arrangée 
pour piano à 4 mains; Breslau, Weinholdl — 
6° Romances sans paroles pour piano; Breslau, 
Schumann. — 7 8 Grande polonaise pour orches- 
tre ou piano ; Berlin, Bote et Bock. Beaucoup 
d'autres petites compositions pour violon ou 
pour piano. Raymond a en manuscrit : Le Maes- 
tro, opéra non représenté : la Tempête, idem ; 
la Fiancée de Rubezahl,idem; Première sym- 
phonie ( en la mineur ) , à grand orchestre , 
exécutée dans les concerts de la Société du 
dimanche; Deuxième symphonie (en sot), 
idem; Première ouverture de concert (en ut), 
idem; Deuxième ouverture (en si mineur), idem; 
Nocturne pour violon, alto, violoncelle, contre- 
basse, flûte, clarinette, basson et cor, idem; 
Grande polonaise pour piano à quatre mains. 

RAYMOND (Joseph), connu sous le nom de 
liaymondi, littérateur et amateur de musique, 
vivait à Paris de 1840 à 1850. Il a proposé un 
nouveau système de notation de la musique dans 
deux ouvrages dont voici les titres: 1° Essai de sim- 



RAYMOND — REBEL 



193 



plification musicographiquc , avec un précis 
analytique des principaux systèmes de nota- 
tion musicale proposés pendant le XIX e siè- 
cle; Paris, Bernard Latte, 1843, in-8° de quatre 
feuilles, avec 2 planches. — 2° Nouveau sys- 
tème de notation musicale, suivi du Rapport 
fait au congrès scientifique de France sur le 
premier essai de simplification musicogra- 
phique ; Paris, imprimerie de Uiière, 1846, in-is° 
de 100 pages avec 3 planches. Les éléments du 
système de notation de M. Raymond sont pris 
dans l'alphabet hébraïque. Ce système a eu le 
sort de tous ceux du môme genre. Les artistes 
ni le public n'y ont accordé aucune attention. 
On a du môme littérateur un ouvrage philosophi- 
que intitulé : Fantaisies morales, ou senti- 
ments, vices et vertus; Paris, Amyot, 1846-47, 
in-8°. 

RAYMONT (Henri), souffleur et répétiteur 
de musique au théâtre de Beaujolais vers 1765, 
a fait les paroles et la musique des pièces sui- 
vantes représentées à ce théâtre : 1° L'Amateur 
de musique. — 2° V Amant écho. — 3° Ana- 
créon. —4° V Armoire. — 5° Le Chevalier de 
Lerigny. — 6° Le Braconnier. 

RAZETTI ( Amédée ) , fils d'un violoniste 
piémontais, naquit à Turin en 1754. Sa mère, 
femme aimable et galante, dont l'aventurier 
Casanova parle dans ses mémoires , vint s'éta- 
blir à Paris vers 1761, et confia son fils au 
claveciniste Clément, qui, trouvant en lui d'heu- 
reuses dispositions, en fit un artiste distingué. 
Razetti eut de la réputation à Paris comme maî- 
tre de piano et comme compositeur. Dans les 
œuvres qu'il a publiées pour le piano, il y a de 
l'originalité. Ses trios pour piano, violon et 
violoncelle ont eu un succès de vogue vers 
1800. Razetti est mort d'une maladie de poitrine 
en 1799. On a de lui les productions suivan- 
tes : 1° Concerto arabe pour piano et orclkestre, 
op. 14 ; Paris, Naderman. — 2°Trio pour piano, 
violon et violoncelle, op. 12 ; Paris, Pleyel. — 
3° Trois idem, op. 13, n» s 1 , 2 et 3, Paris, 
Sieber. — 4° Six sonates pour piano et violon, 
op. 1 ; Paris, Bailleux. — 5° Sonates pour cla- 
vecinseul, op. 2, 3 et 6 ; Paris, Boyer. — 6° Six 
sonates pour le clavecin dans les styles d'Eckai t 
(voyez ce nom), Haydn, démenti, Cramer, Stei- 
beltet Mozart, op. 7, part, 1 et 2 ; Paris, Boyer. 
— 7° Trois sonates pour le clavecin ; la l re pour 
clavecin seul; la 2«> e avec violon et basse; la 
dernière avec deux violons, alto et basse, op. 10; 
Paris, Consineau. — 8° Premier recueil de ro- 
mances avec ace. de piano, op. 8; ibid. — 9° Pre- 
mier pot-pourri pour le piano, op. 9 ; ibid. — 
1.0° Deuxième recueil de romances, op. 11. 

UIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. —T. VU. 



READIJVG (Jean), organiste, né à Londres, 
dans les dernières années du dix septième 
siècle, étudia la musique sons la direction de 
Blow. Ses études terminées, il obtint la place 
de sous-maître des enfants de chœur de la ca- 
thédrale de Lincoln. Il ne la quitta que pour celle 
d'organiste de l'église paroissiale de Hackney. Plus 
tard il fut organiste de l'église de SaintDunstan , 
et en dernier lieu il remplit les mômes fonctions à 
Sainte-Marie de Woolnolh, à Londres. Il mourut 
dans cette position en 1766. Reading a publié 
de sa composition un livre d'antiennes avec basse 
continue pour l'orgue ou le clavecin, sous ce 
titre : A Book of new anthems , containing 
a hundred plates fairly engraved, with a 
thorough-bassfigured for the organ or harp- 
sichord with proper ritornels; Londres, 1742, 
in-fol . 

REALI (Jean), musicien vénitien, vécut 
dans la première moitié du dix-huitième siècle, 
et fut maître de chapelle à Guastella, dans le 
duché de ce aom. Il n'est connu que par le 
! titre de l'opéra II Begno galante, dont il avait 
| composé la musique , et qui fut représenté en, 
1727, au théâtre San-Mose de Venise. 

REBEL (Jean-Ferry), né à Paris dans la 
seconde moitié du dix -septième siècle, fut un 
des vingt-quatre violons de la grande bande du 
roi de France, et compositeur de la chambre, 
Entré à l'Opéra en 1699, en qualité de premier 
violon, il en devint chef d'orchestre en 1707. 
On le voit encore figurer sur l'état de cet orches- 
treen 1737, avec des appointements de 1,200 li- 
vres ; mais on ignore l'époque de sa mort, an- 
térieure toutefois à l'état des pensionnaires dressé 
en Ï751, car son nom n'y paraît pas. Rebel a eu 
un fils qui fut directeur de l'Opéra (voyez l'article 
suivant). Durey de Noinville a induit en erreur 
La Borde, Choron et Fayolle, ainsi que tous les* 
autres compilateurs, en disant que la femme du 
compositeur Lalande (voyez ce aom) fut la fille 
de Rebel, car elle était sa sœur aînée. Rebpl a 
donné à l'Opéra, en 1703, Ulysse, tragédie 
lyrique en cinq actes, qui eut peu de suecès. 11 
a publié un livre de sonates de violon en duos, 
et un livre de trios pour deux violons et basse 
continue pour le clavecin. Ses airs de danse inti- 
tulés Caprice, Boutade et Caractères de la 
danse, ont eu beaucoup de réputation. 

REBEL (François), fils du précédent, na- 
quit à Paris le 19 juin 1701. Élève de son père, 
il fut admis à l'orchestre de l'Opéra en 1714, 
quoiqu'il ne fût âgé que de treize ans. En 1738, 
il occupait encore la môme position, et son trai- 
tement n'était que de 600 livres; mais chaque 
année, depuis 1735, il recevait une gratificatiuB 

13 



194 



REBEL — REBEYBOL 



de 500 francs. Lié d'amitié avec Francœur (V. ce 
nom), violoniste comme lui à l'orchestre de 
l'Opéra, il le prit pour collaborateur dans la plu- 
part des opéras qu'il composa, et l'eut pour as- 
socié dans la direction de l'Académie royale de 
musique. D'abord inspecteurs de ce spectacle, 
ils en prirent la direction en 1751, et la conser- 
vèrent jusqu'en 1767. Louis XV avait fait Rebel 
chevalier de l'ordre de Saint-Michel, et lui avait 
accordé une des places de surintendant de sa 
musique. En 1772, il le nomma aussi adminis- 
trateur général de l'Opéra; mais l'artiste, par- 
venu à l'âge avancé de soixante-quatorze ans, 
se retira le l e r avril 1775. Il ne jouit pas long- 
temps du repos acquis au prix de si longs ser- 
vices, car il mourut le 7 novembre de la même 
année. Rebel a composé en société avec Fran- 
cœur les opéras suivants : 1° Pyrameet Thisbé, 
représenté en 1726. — 2° Tharsis et Zélie, en 
1728. — 3° Scanderberg, en 1735. — 5° Le 
Ballet de la Paix, en 1738. — 5° Les Angus- 
lalcs, prologue, en 1744. — 6° Zélindor et Is- 
mene, en 1745. — 7° Les Génies tutélaires, en 
1751. — 8° Le Prince de Aoisy,en 1760. Re- 
bel a écrit aussi un Te Deum et un De profun- 
dis qui ont été exécutés avec succès au Concert 
spirituel. 

REBELLO (Jean-Laurent), excellent com- 
positeur portugais, naquit en 1609, à Caminha, 
et entra, à l'âge de quinze ans, au service de la 
maison de Bragance, à Lisbonne, où il eut l'oc- 
casion d'étudier la composition et de développer 
le talent qu'il avait reçu de la nature. Il mourut 
près de Lisbonne, en 1661, avec la réputation 
d'un des musiciens les plus distingnés du Por- 
tugal. Les écrivains de sa nation lui accordent 
de grands éloges. 11 parait qu'il lit un voyage en 
Italie peu de temps avant sa mort, car il y a 
publié des Psaumes, Magnificat, Lamentations 
et Miserere à seize voix et basse continue, 
sous ce titre : Psalmi tum resperarum, tum 
complétant. Item Magnificat, Lamentationes 
et Miserere. Romse, typis Maufitii et Amadœi 
Bclmonliarum , 1657, in*4° max. Beaucoup de 
compositions de lîebello étaient en manuscrit 
dans la bibliothèque royale de Lisbonne au com- 
mencement du dix-huitième siècle. 

REBELLO (Manuel), compositeur portu- 
gais, maître de chapelle à Evora, né à A\iz, 
dans la province d'Alentajo, vient vers 1625. 
Ses compositions se trouvaient dans la biblio- 
thèque royale de Lisbonne, au commencement 
du dix-huitième siècle. 

REBER (Nai'oléon-Henri), compositeur dis- 
tingué, professeur d'harmonie au Conservatoire 
de Paris et membre de l'Institut, est né à Mulhouse 



(Haut-Rhin), le 2 1 octobrel807. Sa première édu- 
cation fut dirigée vers l'étude des sciences appli- 
quées à l'industrie ; mais son penchant pour la mu- 
sique lui inspira tant de dégoût pour la profession 
qu'on lui destinait, qu'il prit la résolution de se 
livrer sans réserve à la culture de cet ai t. Il avait 
appris à jouer de la flûte et du piano, et avait 
mis beaucoup de persévérance à lire les traités 
de composition qui lui étaient tombés sous la 
main; mais chaque jour il acquérait la conviction 
de l'insuffisance de ces ouvrages pour compléter 
une éducation pratique. En 1828, il se rendit à 
Paris, et le 16 octobre de la même année, il 
fut admis au Conservatoire pour y apprendre le 
contrepoint et la fugue, sous la direction de 
Jelensperger et Seuriot, professeurs adjoints 
de la chaire de Reicha. Au mois d'octobre 1829, 
il devint élève de Lesueur , qui dirigea ses 
éludes de composition dramatique. Depuis 1S35, 
M. Reber s'est fait d'abord connaître par des 
ceuvres de musique instrumentale et vocale 
qui indiquent un talent distingué, sons le rap- 
port de la forme et d'une certaine naïveté gra- 
cieuse. Il a publié en ce genre : 1° Quintette 
pour 2 violons, 2 altos et violoncelle, op. 1 ; Pa- 
ris, Richault. — 2° 1"" grand quatuor pour 2 vio- 
lons, alto et basse, op. 4; ibid. — 3° 2 mc idem, 
op. 5; ibid, — 4° 3 me idem, op. 7; ibid. — 
5° Trio pour piano, violon et violoncelle, op. 8; 
ibid. — 6° 2 me idem; ibid. — 7" Pensée musi- 
cale pour piano seul, op. 3; ibid. — 8° Varia- 
tions sur un air suisse, idem, op. 6; ibid. — 
9° Quelques mélodies charmantes à voix seule 
et piano, parmi lesquelles on remarque le Voile 
de la châtelaine, la Captive, liai luli, la 
Chanson du pays. — 10° Des valses pour 
piano et pour piano et violon, d'un caractère 
original, etc. M. Reber a compose aussi des sym- 
phonies qui ont été exécutées aux concerts delà 
société de Sainte-Cécile, et dont une a été en- 
tendue dans ceux du Conservatoire. Comme 
compositeur dramatique, il a donné: 1° La 
Nuit de ISoel, en 3 actes, au théâtre de l'O- 
péra-Comique, le 11 février 1848. — 2'' Le Père 
Gaillard, en 3 actes, au même théâtre, le 
7 septembre 1852. — 3° Les Papillotes de 
M. Jienoisf, en un acte, au même théâtre, le 
28 décembre 1853. — 4° Les Dinars capitaines, 
en 3 aeles, au même théâtre, 3 juin 1857. M. Ke- 
ber a écrit aussi pour l'Opéra un grand ouvrage 
intitulé Nalm, qui n'a pas été représente, mais 
dont l'ouverture a été exéculée dans les con- 
certs de Paris. On a du même artiste un Traite 
d'harmonie; Paris, Colombier, 1862, l vol. gr. 
in-8°. 
REBEYBOL (Pierre), né à Nanles en 



REBEYROL — REDIN 



195 



1798, entra comme élève au Conservatoire de 
l'aris en 1818, et y devint élève de Lefebvre 
pour la clarinette. Le premier prix de cet ins- 
trumentlui fut décerné au concours de 1820. 
Dans la même année, il entra sous la direction 
de Reicha pour la composition. De retour à 
Nantes, il a été nommé, en 1834, par le conseil 
municipal, professeur de musique de l'école 
primaire supérieure. Cet artiste a publié plusieurs 
œuvres de quatuors et de quintettes pour des 
instruments à cordes. Il a fait aussi entendre 
dans les concerts des symphonies et d'autres 
morceaux de sa composition. 

REBS (CnuÉTiEN-GoTTLon), docteur en phi- 
losophie, cantor et directeur de musique de 
l'église Saint-Michel, à Zeitz, est né le 23 
août 1771 à Rossleben. On a gravé de sa coin- 
position : 1° Deux sonatines avec des ron- 
deaux variés pour piano seul, op. 5; Leipsick, 
Hofmeister. — 2° Variations sur un thème du 
Preischiiiz; ibid. — 3° Variations sur l'air alle- 
mand : Wir ivinden dir den J., op. 11, ibid. 
— 4° Six chansons allemandes à voix seule, 
avec accomp. de piano ; Leipsick, Breitkopf et 
Hœrtel ; et plusieurs autres petites productions. 
Rebs s'est fait connaître comme critique musical 
par des articles publiés dans divers journaux, et 
il a donné dans la Gazette générale de musique 
de Leipsick (1841) une série de questions et de 
réponses concernant la construction des orgues. 
Il a publié une notice sur sa vie sous le titre de 
Erinncrungcn ans mein Leben; Zeitz, 1839, 
in-S° de 132 pages. 

RECHEiXBERG (Ernest), professeur de 
musique et compositeur à Berlin, estné le 12 oc- 
tobre 1800 à Friedersdorf sur laQueis, dans la 
régence de Liegnitz. Après avoir terminé ses 
études littéraires et musicales, il se rendit à 
Berlin en 1822, et fut admis dans l'Institut pour 
la musique d'église, où il reçut des leçons de 
Bernard Klein pour, la composition. A sa sortie 
de cette institution, Rechenberg s'est livré à 
l'enseignement. Au nombre de ses élèves, on 
remarque Charles Eckert (voyez ce nom). Ses 
compositions consistent en musique d'église dont 
il n'apubîié que le psaume Golt ist miser Ueil, 
à plusieurs voix, orchestre et orgue (Berlin, 
Schmidt), beaucoup de Lieder à voix seule et à 
quatre voix, et des pièces pour piano seul. On 
a aussi de cet artiste un livre choral (Allge- 
meines Ckoralbuch, Berlin, Challier), avec des 
préludes et des conclusions pour l'orgue, tirés 
des œuvres de J.-S. Bach, Hesse, Kûhn, Kuli- 
nau, Natorp, etc., à l'usage des organistes des 
petites villes. 

RÊDERM (Guillaume-Frédéric, comte DE), 



conseiller intime et chambellan du roi de Prusse, 
intendant général de la musique de la cour, et 
membre de l'Académie royale des beaux -arts de 
Berlin, est né dans cette ville le 9 décembre 
1802. Après avoir terminé ses études de droit à 
l'université, il entra dans le conseil d'État en 
1823, et deux ans après, il devint chambellan de 
la princesse royale Elisabeth, depuis lors reine 
de Prusse. Amateur passionné de musique qu'il 
cultivait avec succès, M. de Redern fut chargé, 
en 1842, de l'intendance générale de la musique 
de la cour. Le premier ouvrage qui le fit con- 
naître comme compositeur fut une ouverture 
pour l'orchestre, écrite à l'âge de dix-huit ans, 
et qui fut exécutée à Berlin en 1820. Parmi ses 
compositions, on remarque : 1° Liturgie, chœur 
à4 voix; Berlin, Schlesinger. — 2° Musica saera 
(l e r volume) : Agnus Dei; Adoramus; Veni 
Sancle Spiritus; Sanctus-Dominus, 1856. _ 
3° Musica sacra (2e volume) : Nunc dimitis ,- 
Hyninus angelicus ; Christus fortis est, 1857. 

— 4° Cantate ( haut tœne miser Lobgesang ) , 
pour voix solo, chœur et orchestre, pour le jour 
de naissance du roi Frédéric-Guillaume IV, exé- 
cutée le 12 janvier 1858. — 5° Christine, grand 
opéra en trois actes, représenté au théâtre royal 
de Berlin, le 17 janvier 1860, gravé en partition 
pour le piano; Berlin, Bote et Bock. — 6° Mar- 
che triomphale à grand orchestre pour la tragé- 
die L'Empereur Frédéric III, arrangée pour 
piano; Berlin, Schlesinger. — 7° Ouverture de 
concert pour orchestre; Berlin, Bote et Bock. 

— 8° Pièces pour musique de cavalerie, ibid. — 
9° Pas redoublé pour musique militaire, ibid. 

— 10° Plusieurs recueils de quadrilles et de 
valses pour piano. 

REDIN ou REDEIIV (Jean-François) (1), 
violoniste et compositeur belge, ne naquit pas à 
Liège, comme il est dit dans la première édition 
de cette Biographie, car il vit le jour à Anvers, 
et fut baptisé à la cathédrale de cette ville le 
5 novembre 1748. Il était le troisième fils de Jo- 
seph Redin, bourgeois de cette ville, et de 
Jeanne-Françoise-Hansewyck (2). Il est vrai- 
semblable que Jean-François Redin reçut sa pre- 
mière éducation musicale comme enfant de 
chœur. Cependant on ne possède aucun rensei- 
gnement à cet égard; on ignore également le nom 
du maître de violon de cet artiste, et l'on ne sait 
qu'il fut premier violon de la cathédrale d'Anvers 
que par le titre d'un de ses ouvrages. J'ai dit, dans 

(1) Ce nom est écrit de plusieurs manières dans les ac- 
tes de l'état civil, à Anvers. 

(2) Je suis redevable de ces renseignements authenti- 
ques aux soins obligeants de M. le chevalier Léon de Rur- 
bure, qui, à ma prière, a bien voulu faire des recherches. 

13. 



196 



REDIN — REEVE 



la notice de la première édition de ce livre que 
Hcdin entra au service du prince Charles de 
Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, et qu'il 
mourut à Bruxelles : ces faits sont inexacts, car 
son nom ne figure pas dans les états de la cha- 
pelle de ce prince, et l'on verra tout à l'heure 
qu'il cessa de vivre dans le lieu même où il était 
né. Son œuvre quatrième ayant été publiéà Lon- 
dres en 1789, tout porte à croire qu'il y habitait 
alors. II resta célibataire, ainsi que le prouve 
l'acte de son décès, et mourut à Anvers à l'âge 
de cinquante-trois ans, le 8 ventôse an X (24 
février 1802). On voit dans les registres de l'é- 
tal civil que la déclaration de la mort de J. F. 
Redein, musicien, est faite, non par des per- 
sonnes de sa famille, mais par deux voisins, dont 
un est qualifié ^hospitalier. Les ouvrages pu- 
bliés par Redin sont estimables et ont eu du 
succès dans leur nouveauté ; ils ont pour titres : 
1° Six duos pour 2 violons, œuvre 1 er ; Bruxelles, 
Van Ypen. — 2° Six sonates pour 2 violons, 
dédiés au chevalier J. F. Van Ertborn, et com- 
posées par J. F. Redin, 1 er violon de la cathé- 
drale d'Anvers, œuvre 2, ibid. — 3° Six sym- 
phonies pour 2 violons, alto, basse, 2 hautbois 
et 2 cors, op. 3; Paris, Bailleux, 1786. — 4° Six 
quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 4; 
Londres, Preston, 1789. 

REDI (D. Thomas), né à Sienne dans la se- 
conde moitié du dix-septième siècle , fut maître 
de chapelle à Lorette pendant près de quarante, 
ans, et mourut vers 1735. On peut voir, dans les 
Mémoires de l'abbé Baini sur la vie et les 
ouvrages de Palestrina (tome I, note 195), le 
récit d'une discussion survenue entre Redi et 
le P. Martini, à l'occasion de la résolution d'un 
canon d'Animuecia. Redi a laissé beaucoup de 
musique d'église en manuscrit : je possède de 
lui quatre psaumes à huit voix, où se trouvent de 
belies fugues. 

REDI (François), excellent professeur de 
chant et maître de chapelle à Florence, dans la 
première moitié du dix-huitième siècle, établit, 
en 1716, une école de chant où la célèbre can- 
tatrice Victoire Tesi a reçu sa première éduca- 
tion vocale. Beaucoup d'autres chanteurs re- 
nommés se sont aussi formés dans l'école de 
Redi. 

REDSLOB (Gustave-Maurice), littérateur 
allemand, né à Querfurt, en Saxe , a fait im- 
primer une dissertation académique intitulée : 
Dissertatio de prœceptomusico (Lauenaceacii 
al haccitith) in inscriptionibus psalmorum 
VIII, LXXXI et LXXXLV, consp4cuus; Leip- 
sick, 1831, in-8° de 43 pages. Ce titre, mêlé de 
latiu et d'hébreu, signifie : Dissertation sur le 



précepte musical (pour chanter sur le Githith (1), 
qui se voit dans les inscriptions des psaumes 
8, 81 et 84. 

REEVE (Guillaume), professeur de musique 
et compositeur, naquit à Londres en 1757. Des- 
tiné au barreau, il fréquenta d'abord le cabinet 
d'un procureur; mais bientôt il abandonna l'é- 
tude de la jurisprudence pour celle de la musi- 
que, sous la direction de Richardson, organiste 
de Saint-Jacques, dans Westminster. En 1781, 
Reeve accepta une place d'organiste àTottness, 
dans le Devonshire. Il en remplit les fonctions 
pendant deux anc ; mais vers la fi