T
tt»
ss
4 t
•
m
*
«
<
A
s
$&
&>
V
oèm
te :.
i
"5,
$
\
©
$
#
V
■
I.
ÎSI
1
■•• '' à
i& d
... ,■'■• ■■' '■:-,:{
For Référence
à
\~
/>
\
\
NOT TO BE TAKEN FROM THIS ROOM
)
V
1
~>
Spécial JWk Callcctton
CHi?^
\
«:
'The search for truth even unto its innermost parts
,3Jn iïlcinoriani
^atheCu 3l\nbm
The Gift of
SADYE RUBIN MARANTZ LEE
The National Women's Committee
of Brandeis University
A
BIOGKAPHIE
UN1VEKSELLE
DES MUSICIENS
TOME SEPTIÈME
rYl'OGRAPHII Dl il KIRMIN UIDOT. — HCSN11 [EUKI I
BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
ET
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE
«MKo^- —
DEUXIÈME ÉDITION
ENTIEREMENT I! F. FONDUE ET AUGMENTÉE DF PLUS HF. MOITI
PAR t*Ù FÉTIS
MAITRE DE CHAPELLE DU ROI DES BELGES
DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE ROYAL DE IMUSK.H K DE BRUXELLES, KTt.
TOME SEPTIEME
PARIS
LIBRAIRIE DÉ FIKM1N DIDOT FRÈRES, FILS ET C 10
IMPRIMEURS DE L'INSTITUT, RUE JACOB, 56
1867
I oiia droits i e«ci vés
Beferenc
BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
p
PET10TTI (Jean-Dominique), né à Ver-
ceil en 1760, fit ses études musicales à Milan,
sous la direction de Fiorini, maître de cha-
pelle de la cathédrale de cette ville; et après
trois ans de travaux près de ce maître, il se
rendit à Bologne, où il reçut des conseils du
P. Martini pendant une année. De retour à
Verceil, il accepta la place de maître de cha-
pelle de la cathédrale. Il en remplissaitencore
les fonctions en 1820. Les renseignements
sur sa personne s'arrêtent à cette époque ; on
sait seulement qu'il avait obtenu le titre de
maître de musique de la reine de Sardaigne.
Perotti a fait représenter, en 1788, à Alexan-
drie de la Paille, l'opéra intitulé : Zemirae
Gondarte, puis il fit jouer, à Rome, Agesilao,
en 1789. On dit qu'il a aussi donné quelques
autres opéras au théâtre Argentina de Rome,
et à celui de la Fenice, à Venise; mais les
titres n'en sont pas connus. Ce mailre a écrit
beaucoup de musique d'église, pour le service
de la cathédrale de Verceil.
PEROTTI (Jean-Augustin), frère du pré-
cédent, naquit à Verceil en 1774, et fut dirigé
dans ses éludes par Jean-Dominique Perotti.
Plus tard, il se rendit à Bologne pour y
prendre des leçons de contrepoint de Matlei.
Pendant son séjour en cette ville, il obtint le
titre de membre de l'Académie des Philhar-
moniques. A l'âge de vingt et un ans, il com-
mença à composer pour l'église, pour la
chambre et pour le théâtre. Son premier
opéra, intitulé la Contadina nobile, fut re-
présenté à Pise, en 1795. L'année suivante, il
fut appelé à Vienne, pour écrire la musique
de quelques ballels, et remplir les fonctions
d'accompagnateur de l'Opéra italien. En
BIOCR. D5IV. DES MUSICIENS. T. VII.
1798, il était à Londres en la même qualité ;
il y refit presque en entier VAlessandro e Ti-
moteo de Sarti, qui fut joué dans la saison de
1800. Il y fit aussi graver deux œuvres de so-
nates de piano. De retour en Italie, il se fixa
à Venise, où il fut admis dans la Société acadé-
mique des Sofronomi, ainsi qu'à l'Académie
littéraire vénitienne. Ce fut pour son admis-
sion dans cette dernière Société qu'il composa
VEsopo, poème facétieux in sesta rima. En
1811, la Société italienne des sciences et arls
de Livourne mit au concours celle question :
Dimostrare lo stato alluale délia musica in
Italia; Perolli envoya, pour sa solution, un
mémoire qui fut couronné, et qu'on a imprimé
sous ce titre : Dissertazione di Giannagos-
tino Perotti di Fercelli, Academico filarmo-
nico, etc., sullo stato attuale délia musica
italiana , coronata dalla società italiana
di scienze, lettereed artiil di XXIV giugno
MDCCCXI; Venise, Picotli, 1812, in-8" de
cent vingt pages. Cette dissertation, dont il a
été fait une analyse dans le quinzième volume
de la Gazette musicale de. Leipsick (p. 5, 17,
41), a été traduite en français par Brack
(voyez ce nom); la traduction française est
intitulée : Dissertation sur l'état actuel de
la musique en Italie; Gênes, 1812, in-8° de
cent vingt-huit pages. Il y a quelques bons
renseignements, dans ce morceau historique,
sur la musique italienne vers les dernières
années du dix-huitième siècle et au com-
mencement du dix-neuvième. On a aussi
de Perotti un petit poème intitulé : Il buon
gusto délia musica ; Venise, Zerletli, 1808,
in-8° de vingt-huit pages. Il a écrit beaucoup
de musique d'église qui est estimée. Après
91461
PEROTTl — PERRINO
nvoir été couronné par la Société italienne <lcs
sciences et arts, il devint un rie ses membres.
En 1812, il avait obtenu la survivance rie la
place de mallre rie chapelle de Saint-Marc rie
Venise; il rievint titulaire de cette place )e
2 mai 1817, après la mort de Furlanelto.
PERRAULT (Claude), architecte devenu
célèbre par la construction de la colonnade du
Louvre, naquit à Paris en 1613. Son père,
avocat au parlement, lui fil étudier la méde-
cine, l'anatomie et les mathématiques. Chargé
par Colbert de la traduction ries oeuvres de
Vilruve, il prit, en lisanl cet auteur, tant rie
goût pour l'architecture , qu'il résolut de
se livrer à la culture de cet art. Admis, en
16C0, au nombre des membres de l'Acadé-
mie royale des sciences, nouvellement établie,
il se montra digne de cet honneur par ses
travaux et par ses écrits. Il mourut à Paris, le
9 octobre 1688. Dans sa traduction de Vilruve,
publiée à Paris en 1673, un volume in-folio,
il a donné une explication à peu près inintelli-
gible de l'orgue hydraulique décrit par cet
écrivain de l'antiquité, avec des figures de
l'instrument, purement imaginaires. Les
Essais de Physique de Claude Perrault
(Paris, 1080, deux volumes in-4°, ou 1684,
quatre volumes in-12) renferment une Dis-
sertation sur la musique des anciens.
PERRAULT (Charles), frère du précé-
dent, naquit à Paris, le 12 janvier 1628.
Après avoir fait ses éluries au collège de
Beauvais, il obtint la place de premier com-
mis rie la surintendance des bâtiments du roi.
Plus lard, il eut le titre de contrôleur général
ries bâtiments, et fut admis à l'Académie
française. Il mourut à Paris, le 16 mai 1703.
On connaît ses discussions avec Boileau con-
cernant la supériorité des anciens ou ries
modernes dans la culture des lettres et des
arts. Il a écrit à ce sujet le livre intitulé :
Parallèle des anciens et des Modernes en ce
qui regarde les arts et les sciences; Paris,
1080-1696, quatre volumes in-12; assez mau-
vais livre, sous le rapport du slyle et sous ce-
lui de la doctrine littéraire, mais oii l'on
trouve rie bon nés choses concernant les sciences
et les arts, particulièrement sur la musique
des anciens.
PERRIN (...), né à Bourg-en-Bressc, dans
la première moitié du dix septième siècle, fut
un habile joueur rie musette et fabriqua rie
bons instruments rie ce genre (voyez le Traité
de la muselle, de Borjon (p. 59
PERRINE ( ), musicien français et
luiiii le de la fin du dix-septième siècle, a fail
graver une Table pour apprendre à toucher
le luth sur les notes chiffrées de la basse
continue (sans date).
PERRIX) (Marcello), recteur et admi-
nistrateur du collège de musique de Sainl-Sé-
baslicn, à Naples, dans les premières années
du dix-huitième siècle, naquit dans celte ville
vers 1765. Hélait fils d'un avocat et l'ut des-
tiné par son père à suivre la carrière du bar-
reau. Après avoir terminé rie bonnes éluries
littéraires el scientifiques, il fit son cours de
droit et fréquenta les tribunaux, mais sans goût
pour la profession qu'on voulait lui faire em-
brasser, et préoccupé de son penchant pour la
musique, qu'il avait apprise dans sa jeunesse.
Sans aulre instruction que celle qu'il avait pu
acquérir par la lecture ries œuvres classiques,
il se hasarda sur la scène et fit jouer, an
théâtre Saint-Charles, Ulisse nell' isola di
Circe, suivi, quelques années après, de VOlim-
piade. Le marquis de Villarosa dit (1) que
ces ouvrages procurèrent à Perrino sa nomi-
nation, au mois de février 1806, à la place de
directeur du collège royal rie musique ; mais
il est plus vraisemblable qu'il dut cette posi-
tion à ses relations sociales ; car les partitions
iVUlisse et d'une Passion, quej'ai vues à la
bibliothèque du collège royal rie musique, à
Naples, sont des œuvres dépourvues de mé-
rite. On connaît aussi rie lui un Christus, un
Miserere, ries airs détachés et des cantates. Il
s'est particulièrement fait connaître par les
ouvrages suivants : 1° Osservazioni sut
canto ; Naples, Terni, 1810, in-4". Celle édi-
tion est la seconde de l'ouvrage; j'ignore la
date de la première. Ce livre a été traduit en
français par Auguste Blondeau, sous ce litre :
Nouvelle méthode de chant de Marcello Per-
rino, précédée : 1° d'une notice sur Pales-
trina, né en 1529 ; 2° d'une notice sur la vie
de Benedclto Marcello, né le 2i juillet 1686,
traduite de l'italien avec des notes du tra-
ducteur, et suivie d'une notice sur les usage»
du théâtre en Italie; Paris, Eberard, 18")!»,
un volume in-8° de deux cent soixante-Huit
pages. Une troisième édition de l'ouvrrge ori-
ginal de Perrino a été publiée à Naples en
1814. Il parut, dans la.mème ville el dans la
même année, une brochure anonyme, dans la-
quelle il était riil que toute la musique mo-
derne d'église el rie théâtre n'avait aucune
valeur, et que la décadence était si avancée,
qu'il n'y avait rien à espérer des jeunes coin-
(I) Uemorie dei rompoiiiori di musica del regn» di
' l> 155.
PERRINO - PERSD1S
posileurs, dont l'éducation était mal faite. Pei-
i-ino répondit à celle diatribe par l'écrit inti-
tulé : 2° Lettere ad un suo amico sul propo-
sito iVuna disputa relativa alla miisica;
Naples, Terni, 1814, in-8° de soixante-huit
pages.
PERSIANI (Josepji), compositeur drama-
tique, né vers 1805, à Recanati, dans les États
de l'Église, a fait son éducation musicale au
collège royal de musique, à Naples-, et y a reçu
des leçons de composition de Ti itlo. En 1826,
il a fait son début à la scène par la composi-
tion de l'opéra bouffe intitulé -.Piglia ilmondo
corne viene, qui fut suivi de V Inimico gene-
roso, et de V Attila, opéra sérieux ; les deux
premiers de ces ouvrages furent représentés à
Florence, et le troisième, à Parme. L'année
suivante, il a donné au théâtre de la Pergola
Danao re d'Argo, opéra sérieux dont les jour-
naux italiens ont fait l'éloge. En 1828, Per-
siani a écrit pour le théâtre de la Fenice, à
Venise, Gaston de Foix, opéra sérieux. Cos-
tantino in Arles, représenté dans la même
ville, au carnaval de 1829, y fut bien accueilli,
et dans le même temps Eufemio di Messina,
réussit également à Lucques, puis à Venise et
à Naples; enfin, dans la même année, le com-
positeur donna , à Milan , e7 Solilario, qui
tomba à plat. Entre celte époque et 1852,
aucun ouvrage nouveau de Persiani n'appa-
raît sur les théâtres d'Italie, mais dans celle
même année 1852, il fit jouer à Padoue,
I Saraceni in Catania , qui n'eut pas de
succès. Un autre intervalle se fait remarquer
dans l'activité du compositeur jusqu'à ce qu'il
écrivit, à Naples, en 1 855, son Inès de Castro,
dont le succès fut éclatant sur toutes les
scènes italiennes, mais qui tomba à Paris, en
1858, lorsque Persiani y alla mettre en scène
celte composition, laquelle n'en est pas moins
son ouvrage le mieux écrit. Ce fut alors que ce
compositeur fut appelé en Espagne, où il passa
plusieurs années. Il fit représenter, au théâtre
de Madrid, en 1846, VOrfana savoiarda, qui
payait avoir élé sa dernière production dra-
matique, car son nom disparait alors de l'ac-
tivité du monde musical. Persiani avait épousé
la fille du célèbre chanteur Tacchinardi, à
Florence, en 1827.
PERSIAIMI (madame Fanni), femme du
précédent, est fille du célèbre chanteur Tac-
chinardi. Son talent de cantatrice dramatique
fut un des plus beaux de la dernière époque
de l'art du beau chant i'.aîien, après laquelle
cet art a disparu pour faire place à la force
de» poumons. Madame Persiani débuta au
théâtre de Livourne, en 1852, et y fit unu
si vive impression qu'elle fut appelée im-
médiatement après à Venise, puis à Milan,
à Florence, à Rome et à Naples, où elle
chanta au théâtre Saint- Charles, pendant
les années 1854, 1835 et 1856. En 1857, elle
fut rappelée à Venise, puis elle reçut un en-
gagement pour Vienne, où elle eut des succès
non moins brillants qu'en Italie. Arrivée à
Paris, au mois d'oclobre 1858, elle y débuta
dans le Barbier de Séville, et fit admirer sa
belle mise de voix el la pureté de sa vocalisa-
lion. Pendant plusieurs années, elle jouit au
théâtre italien de toute la faveur du public et
n'eut pas de moins beaux succès à Londres.
Un enrouement subit qui lui survint en 1843,
d;ins cette dernière ville, fut le signal d'une
maladie de l'organe vocal de celte excellente
cantatrice : le mal s'accrut rapidement, et
l'artiste fut obligée de quitter la scène pour
toujours.
PERSICCHINI (Pierre), né à Rome, en
1757, a fait ses études musicales en cette ville,
puis a voyagé en Pologne et s'est fixé à Var-
sovie vers 1782. Il y a écrit pour le théâtre
Royal VAndromeda, opéra sérieux et Le
Nozze di Figaro. Ces deux ouvrages ont ob-
tenu un brillant succès.
PERSUIS (Louis-Luc LOISEAU DE),
fils d'un maître de musique de la cathédrale
de Metz, naquit en celte ville, le 21 mai 1769.
Il avait terminé ses études musicales, et il
était devenu violoniste assez habile, lorsque
l'amour qu'il avait conçu pour une actrice du
théâtre de Melz l'attacha à ses pas. Il la suivit
dans le midi delà France, et fut attaché pen-
dant quelque temps à Avignon, en qualité de
professeur de violon. En 1787, il se rendit à
Paris et fit entendre avec succès, au Concert
spirituel, l'oratorio intitulé le Passage de la
mer Rouge. Entré comme premier violon au
théâtre Montansier, en 1790, il en sorlit trois
ans après pour passer à celui de l'Opéra; mais
il resta alors peu de temps à ce théâtre, ayant
eu d'assez vives discussions avec Rey, qui en
élait premier chef d'orchestre. Rentré à
l'Opéra, en 1804, comme chef du chant, il
commença dès lors à donner des preuves de
capacité qui le firent appeler, en 1805, au
jury de lecture et au comité d'administration.
Après la mort de Rey, en 1810, Persuis fut
choisi pour lui succéder dans la place de chef
d'orchestre : il y fit preuve d'un talent re-
marquable; mais il ne se fit point aimer des
artistes qu'il dirigeai!, car non-seulement il
portait jusqu'à l'excès la fermeté nécessaire
PERSUIS - PEUTI
dans un pareil emploi, mais une humeur atra-
bilaire, qui s'irritait au moindre obstacle
opposé à sa volonté. Nommé inspecteur
général de la musique de l'Opéra, en 1814,
lorsque Choron fut appelé à la direction de ce
spectacle, il fut presque toujours en lutte avec
cet administrateur. Une circonstance inat-
tendue vint encore augmenter la haine que
ces deux artistes éprouvaient l'un pour l'au-
tre : Persuis avait fait représenter, en 1812,
son opéra de la Jérusalem délivréee, qui
n'avait pas eu le succès qu'on en attendait. En
1815, il obtint de M. de Pradel, ministre de la
maison du roi, un ordre pour la remise de
cet ouvrage; informé de l'avis officiel qu'il
devait recevoir à ce sujet, Choron se hâta de
faire détruire les décorations de la Jérusalem
pour les employercomme matériaux dans d'au-
tres pièces. C'est, je crois, le seul trait de mal-
veillance qu'on puisseciter dansla vie de Cho-
ron : il lui coûta la direction de l'Opéra, car
Persuis, résolu de se venger, fit agir ses protec-
teurs à la cour, et supplanta son adversaire
dans l'administration de ce grand spectacle.
Devenu directeur de l'Opéra le 1" avril 1817,
il se montra digne de la confiance qu'on avait
eue en ses talents, car jamais le premier
théâtre de la France ne fut dans une situation
plus florissante que sous son administration.
Malheureusement, il ne tarda point à ressentir
les atteintes d'une maladie de poitrine, dont
il mourut le 20 décembre 1819, à l'âge de
cinquante ans et quelques mois. A l'époque de
l'organisation du Conservatoire de musique,
il y était entré comme professeur de première
classe; mais enveloppé dans la disgrâce de
Lesueur, son ami, il fut compris dans la
réforme de 1802, et ne pardonna jamais à
l'administration qui l'avait exclu. Entré dans
la chapelle du premier consul, dans la môme
année, il eut le titre de maître de musique de
la chapelle du roi, en 1814, obtint ensuite la
survivance de Lesueur, comme surintendant
de cette chapelle, et fut surintendant hono-
raire depuis 18 1 G jusqu'à sa mort. Le 5 dé-
cembre 1819, le roi Louis XVIII, en le créant
chevalier de l'ordre de Saint-Michel, lui ac-
corda une pension dont la moitié était réver-
sible sur la tète de sa femme; mais il ne jouit
pas longtemps de ces avantages, car il expira
peu de jours après.
Les compositions de Persuis pour le théâtre
sont celles dont les litres suivent : I. Au
théâtre Montansier : 1° Estelle, opéra en trois
actes, 1783. II. Au théâtre Feydeau : 2° La
JVuit espagnole, en deux actes, 1791. ô° f'ha-
nor et Angola, en trois actes, 1798. III. Au
théâtre Favart : 4° Fanny Morna, en trois
actes, 1799. 5° Le Fruit défendu, en un acte,
1800. 6° Marcel, en un acte, 1801. IV. A
l'Opéra : 7° Léonidas, en trois actes, 1799
(en société avec Gresnick). 8° Chant de
victoire enl'honneur de Napoléon, en 180C.
9° L'Inauguration de la Victoire (en société
avec Lesueur), 1807. 10° Le Triomphe de
Trajan, en trois actes (avec Lesueur), 1807.
11° Jérusalem délivrée, en trois actes, 1812.
C'est le meilleur ou v rage de Persuis. 1 2° Chant
français, en 1814. 13° L'Heureux retour
(avec Berton et Kreutzer), 1815. 14° Les
Dieux rivaux (avec Spontini), en 1816. Si
Persuis- manqua d'effet dramatique dans ses
opéras, il fut plus heureux dans ses ballets,
car il a fait de la musique charmante pour
quelques-uns. Ses principaux ouvrages en ce
genre sont : 15° Ulysse, en trois actes, 1807.
16° TVÏna, en deux actes,. 1815. 17° L'Épreuve
villageoise, 1814. 18° Le Carnaval de Fenise,
en trois actes (avec Kreutzer), en 1810. Ses
opéras non représentés sont : 19° La Ven-
geance, écrit en 1799. 20° Hommage aux
Dames, 1816.
PEUTHALEU (Caroline), pianiste dis-
tinguée, est née à Grœtz (Styrie), en 1805.
Elle ne commença à étudier le piano qu'à
l'âge de douze ans; à quinze, elle était déjà
assez habile pour se faire entendre en public.
Vers 1821, elle se rendit à Vienne, où elle
prit des leçons de Czerny, et donna des con-
certs. De retour chez elle, elle continua ses
éludes, et, en 1826, elle entreprit un voyage
en Allemagne. Partout son talent excita l'ad-
miration. Fixée à Munich, en 1831, elle s'jr
livra à l'enseignement jusqu'en 1834, puis fit
un nouveau voyage à Vienne, dans le Tyrol et
en Italie. De retour à Munich, elle y passa les
années 1835 et 1836. Dans l'été de cette der-
nière année, elle se rendit à Trieste par le
Tyrol, et s'y embarqua pour la Grèce, où elle
s'est mariée. On ne connaît aucune composi-
tion de cette virtuose.
PEUTI (Jacques-Antoine), compositeur
distingué, naquit à Bologne, le 6 juin 1661.
A l'âge de dix ans, il commença l'étude de
la musique, sous la direction de son oncle,
I.orenzo Perli, mansionaire de la basilique
de Saint-Pétrone. Dans le mémo temps, il
s'adonna également à l'élude des lettres au
collège des Jésuites. Après les avoir terminées
et suivi le cours de philosophie de l'u Diversité, il
reçut des leçons duP.PetronioFanceschini. A
l'âge de dix-neuf ans, il écrivit une messe solen-
PERTI — PERUCCI1INI
nelle avec orchestre qu'il dirigea lui-môme
dans l'église de Sainl-Pélrone, en 1080. Déjà,
dans l'année précédente, il avait donné avec
succès, au théâtre de sa ville natale, Alide,
son premier opéra, suivi de VOresle. en 1081.
Le 13 mars de la même année, Perti fut
agrégé à l'Académie des Philharmoniques de
sa ville natale, dont il fut une des gloires. En
1083, il fut appelé à Venise pour écrire
l'opéra Marzio Coriolano, qui fut représenté
au théâtre Saint Jean et Saint-Paul. Attaché
d'ahord au service du duc de Toscane Ferdi-
nand I er , il écrivit plusieurs opéras pour le
théâtre de Florence; puis, en 1097, l'empereur
Léopold I er le fit son maître de chapelle, et
son successeur, Charles VI, lui donna le titre
de conseiller. Toutefois, l'attachement de Perti
pour sa patrie lui fit décliner les honneurs et
les avantages qui lui étaient offerts par ces
princes, généreux mécènes des musiciens cé-
lèhres. Toule l'ambition de Perti se trouva sa-
tisfaite par sa nomination à la place de
maître dechapelle de la cathédrale de Bologne.
Il en remplit les fonctions avec zèle, écrivit
un grand nombre d'ouvrages pour l'église, et
forma des élèves distingués, parmi lesquels on
remarque Aldrovandini, Laurenti, Torelli et
Pistocchi. Perti mourut à Bologne, le 10 avril
1750, à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. 11
avait été six fois prince de l'Académie des
Philharmoniques. Homme simple et modeste
autant que savant, il ne fit jamais servir ni à
sa fortune, ni à sa renommée, ses relations avec
les princes, qui le traitaient avec bienveillance,
ni avec le pape Benoit XIV (Prosper Lamber-
tini), dontil avaitétél'ami avantson exaltation,
et avec qui il entretint une correspondance.
Jusqu'à ses derniers moments, il s'occupa de
l'art qui avait rempli toute son existence.
Le P. Martini dit (Sagg. di Contrap. , part. 2,
p. 142) qu'en 1750 Perti, alors âgé de quatre-
vingt-dix ans, avait encore avec lui des
conversations sur la musique. Les opéras com-
posés par J.-A. Perti sont : 1* Alide, repré-
senté en 1079. 2° Marzio Coriolano, 1083.
5° Flavio, 1080. 4° Rosaura, #1089. 5° L'In-
coronazionc di Dario, 1089. 6° L'Inganno
scoperto per vendetta, 1091. 7° Brenno in
Efeso. 1091. 8°Furio Camillo, 1092. 9" Ne-
rone fatto Cesare, 1093. 10° Il re Infante,
1094. 11° Laodicea e Bérénice, 1095.
12° Apollo geloso, 1098. 13° Le premier acte
tVAriovisto, 1099. 14° Il Vtnceslao, 1708.
15° Lucio Vero, 1717. 1G°Gj'esù alsepulcro,
oratorio. 17° La Morte di Giesù, oratorio,
1718. Parmi les compositions de Perti pour
l'église, on remarque : 1° Dixit, à quatre
voix avec instruments. 2° Bcatusvir, à quatre
voix. 3° Adoramus te, à quatre voix.4°6'ral".
à quatre voix. 5°Deux Credo, àcinqvoix.0°Z>»c»
irx, à trois voix. 7°Laudamus Deumnostrum,
à cinq voix. Son premier ouvrage imprimé a
pour titre : Cantate morali e spirituali a una
e due voci, con violini e senza; Bologne, Jac-
ques Monti, 1088, in-4°. Le second oeuvre pu-
blié a pour titre : Messe e Salmi concertali a
Quattro voci con stromenti e ripieni, op. 2;
Bologne, Délia Volpe, 1735. L'abbé Santini,
de Borne, possède de ce maître, en manu-
scrit : deux messes, à cinq voix avec or-
chestre; deux messes, à huit voix concertées
avec des instruments; trois psaumes Laudate,
à trois voix avec instruments; trois Confite-
bor, idem; trois Domine ad adjuvandum t
idem; trois Magnificat, à quatre voix avec
instruments ; un Magnificat , à cinq voix ;
Dies irx pour deux ténors et basse avec des
violes; Te Deum laudamus, à cinq voix;
beaucoup de motets à quatre et cinq sans in-
struments. Le docteur Louis Masini, secrétaire
et membre del'Académiedes Philharmoniques
de Bologne, a publié : Elogio a Jacopo An-
tonio Perti, Bolognese, professore di con-
trappunto; recitato nella grand' aula del
liceo filarmonico , il giorno 2% agoslo 1812;
Bologne, in-8° de trente-neuf pages.
PERTTXARO (François), musicien ita-
lien du seizième siècle, naquit à Plaisance, et
fut chantre de la chapelle de l'empereur Maxi-
milien II, qui régna depuis 1504 jusqu'en.
1570, et à qui il a dédié une de ses productions
Ses ouvrages connus sont: 1° Il primo libro
de' Madrigali a cinque voci; in Fenetia, app.
Ant. Gardane, 1550, in-4° obi. Une deuxième
édition de cet ouvrage a été pubiée en 1503, à
Venise, chez Jérôme Scotto, in-4° obi. 2° Ma-
drigali a cinque voci, libro secondo ; Vene-
tia, app. Ant. Gardane, 1554, in-4° obi.
3° Madrigali a cinque et sei voci, con tre
dialoghi a sette ed uno a otto. Libro terzo;
ibid., 1557, in-4° obi. 4° Le Vergine, a sei
voci, con alcuni madrigali a sei, et duoi
dialoghi a sette, da lui novamente composti,
et con ogni diligentia corretli, ail' invit-
lissimo Imperatore Massimiliano secondo
umilmenle dedicati ; Fenetia , app. Girol.
Scotto, 1508, in-4°.
PEKUCCHIINI (le docteur Jean-Bap-
tiste), ancien magistrat et amateur distinguéde
musique,estnéàVenise vers 1790 ety a toujours
résidé, sauf quelques voyages. Bon pianiste
dans sa jeunesse, il brilla dans les salons par
PERUCCHINI — PESCETTI
son talent sur son instrument ; mais il s'est
particulièrement fait remarquer par la grâce
et le charme des nombreuses mélodies dont il
a orné les poésies élégantes de Lamberli, de
Vittorelli, de Buratti, et de quelques autres.
Quelques-unes de ses charmantes ariettes ont
été insérées dans les recueils publiés à Milan
par Ricordi, sous les titres : II trovulore ita-
liano, et VOrologio di Flora. Je citerai aussi
la romance touchante qui l'ut insérée dans
sintonio Foscarini, tragédie de Nicolini, son
recueil de cinq ariettes : La Rimembranza,
il Pianto, Lo Sguardo, La Notte, La Pri-
mavera (Milan, Ricordi), outre une multitude
de pièces du même genre détachées. On a
aussi de M. Perucchini : Introduction et
variations sur un thème de Rossini, pour
piano (ibid.).
PERUCHONA (le P.), de la congrégation
de Saint-François Xavier, maître au collège
de Sainte-Ursule à Galliate, bourg du Pié-
mont, près de Novarre, vécut dans la seconde
moitié du dix-septième siècle. Il a publié de
sa composition : Sacri concerti o Motetli a
una, due, tre e quattro voci con violini e
senza. Op. 1. Milano, per Francesco Fi-
gone, 1675, in-4°.
PEREE ou PERTE (Nicolas), composi-
teur français du seizième siècle, parait être né
à Lyon, où il publia plusieurs de ses ouvrages.
Commela plupart des artistes de celle époque,
il visita l'Italie, et succéda, en 1581, .à Ho-
race Caccini dans la place de maître de cha-
pelle de l'église Sainte-Marie Majeure , à
Rome. Il est vraisemblable qu'il mourut en
1587, car il eut pour successeur, dans celte
année, François Soriano, et l'on ne connaît
point de lui de publication postérieure à celte
époque. Dans le recueil de madrigaux intitulé :
Il quarto libro délie Muse a 5 voci (Venise,
Gardane, 1574), on trouve des morceaux de
Pervé, ainsi que dans la collection intitulée :
Dolci affetti (Rome, 1568) et dans II Lauro
Verde (Anvers, 1591, in-4" obi.). On a aussi
imprimé de cet artiste : Chansons françaises
à quatre, cinq, six et sept ou huit parties; Lyon,
1578, in-4°, et Madrigali a cinque voci;
Venise, 1585, in-4°.
PERUZZI (Anine-Maiue), cantatrice ita-
lienne, née à Bologne dans les premières an-
néesdu dix-huitième siècle, épousa, vers 1722,
le chanteur Antoine Peruzzi qui se rendil à
Prague, en 1725, avec une troupe italienne
d'opéra dont sa femme était prima donna, et
entra avec celle troupe au service du comte de
Sporck, qui entretint à ses frais ce spectacle
jusqu'en 1735. De retour en Italie, madame
Peruzzi chaulait encore à Bologne en 1746.
PESADORI (Antoinette), dont le nom de
famille était PECHWELT, naquit à Dresde,
le 6 mars 1799. Douée d'une riche organisa-
lion musicale, elle apprit les éléments de l'art
dès l'âge de six ans chez Dolzauer, et prit
pour maître de piano l'excellent artiste Rien-
gel. Lorsqu'elle eut atteint l'âge de onze ans,
elle se fit entendre dans un concert public et
fit naître l'étonnement par son habileté pré-
coce. Également remarquable plus tard par sa
virtuosité dans la musique brillante, et par
l'intelligence avec laquelle elle interprétait la
musique classique, elle jouissait à Dresde
d'une grande considération parmi les artistes
elles amateurs d'élite. En 1833, elle épousa le
ténor Pesadori, alors attaché au théâtre de
Dresde. Au mois d'avril 1834, elle se fil en-
tendre pour la dernière fois dans un concert,
car une courte maladie la conduisit au tom-
beau, le 20 septembre de la même année. On
a publié de madame Pesadori un œuvre post-
hume, intitulé : Introduction et rondeau
agréable pour le piano ; Leipsick, Schubert et
Niemeyer.
PESARO (Dominique), facteur d'instru-
menls à Venise, vers le milieu du seizième
siècle, construisit, à la demande de Zarlino,
un clavecin où le ton était divisé en quatre
parties par le nombre des touches du clavier.
Zarlino donne la description de cet instru-
ment.
PESCETTI (Jean-Baptiste), organiste et
compositeur, né à Venise vers 1704, fut élève
de Lotti, et fit honneur à ce savant maître par
son mérite. Il fut nommé organiste du se-
cond orgue de la chapelle ducale de Saint-
Marc, le 16 mai 1762, el mourut vraisembla-
blement dans les premiers mois de 1766, car
il eut pour successeur Dominique Belloni, le
25 avril de celte année. Quoiqu'il ait réussi
au théâtre, il se fit surtout estimer par sa mu-
sique d'église. Son premier opéra fut repré-
senté à Venise, en 1726, et il en fit jouer dans
celle ville, presque chaque année, jusqu'en
1737. A celte époque, il se rendit à Londres
et y écrivit II f'ello d'oro , opéra dont
l'ouverture a été publiée par Walsh. Après
'.rois années de séjour dans cette capi-
tale, il retourna à Venise, et y fit encore
représenter quelques opéras. On rapporte
qu'au sortir de l'école de Lotti, il fit exécuter
une messe de sa composilion qui fut entendue
par liasse, et que ce musicien célèbre dit en
parlant de l'auteur de cet ouvrage : La iui-
I'ESCETTl — PESTEL
ture lui a abrégé le chemin de l'art. Les
opéras de Pescelti dont les lilres sont connus
sont : 1° Il Prototipo, Venise, 1726. 2° La
Cantatrice, ibid., 1727. 5° Dorinda, ibid.,
1729. 4° / Tre Defensori délia palria, ibid.,
1730. 5° Narcisso al fonte, ibid., 1731.
f>° Demetrio, à Londres, 1758. 7° Diana ed
Endimionc, cantate, ibid., 1739. Les airs et
l'ouverture de cet ouvrage ont été publiés par
Walsh, à Londres, ainsi que ceux du Deme-
trio. 8° Alessandro nelle Indie, à 'Venise,
1740. 9° Tullio Ostilio, 1740. 10° Ezio, 1747.
Pescelti a fait graver un œuvre de neuf so-
nates pour le clavecin.
PESC1I (Charles-Auguste), maître de con-
certs du duc de Brunswick, né vers 1730, fut
d'abord professeur de musique de ce prince,
qui acquit par ses leçons une certaine habileté
sur le violon. En 17G7,Pesch suivit son maître
à Londres, et y fit graver dix-huit trios pour
deux violons et violoncelle, divisés en trois
œuvres. De retour à Brunswick, il y fut nommé
maître de concerts, et montra du talent dans
sa manière de diriger l'orchestre qu'on lui
avait confié. Il mourut en cette ville dans le
mois d'août 1793. On a publié de sa composi-
tion, outre les trios gravés à Londres : Con-
certos pour violon et orchestre, n os 1 et 2,
Offenbach, André. Il a laissé en manuscrit
six solos, six duos et six trios pour violon.
PESCI (Santé), de Rome, fut d'abord cho-
riste à l'église Sainte-Marie-Majeure, et suc-
céda à Latilla, maître de chapelle de cette
basilique, le 29 septembre 1744, mais avec le
litre de directeur au lieu de celui de maître.
Après en avoir rempli les fonctions pendant
quarante deux ans, il mourut à Rome, le
3 septembre 1786. L'abbé Santini possède en
manuscrit, de ce maître, les compositions
suivantes: 1° Messe à quatre voix. 2° Messe à
huit voix réelles. 3° Dixit à huit. 4° Messe à
seize voix. 5° Invitatoire pour la Nativité, à
huit. 6° Offertoire de l'Avent, à huit.
PESENTI (Michel), en latin PESEN-
TUS, compositeur italien, né vraisemblable-
ment dans l'État de Venise, fut prêtre à Vé-
rone, où il vécut vers la fin du quinzième
siècle et au commencement du seizième.
Pelrucci de Fossombrone a imprimé des
chansons italiennes de ce musicien, dans les
livres 1 er , 3 e , 5 e , 7 e et 9 e des Frottole {voyez
I'etruccj). Il n'y est souvent désigné que par
son prénom, ou même par les initiales de ses
nom et prénoms. On trouve aussi de Pesenti,
dans le troisième livre des F.oMli de la Co-
rona, imprimé par le même Pelrucci, le
motet Tulerunt Dominum meum, à quatre
voix.
PESENTI (Martin), compositeur, aveugle
de naissance, né à Venise vers 1600, y a publié
divers ouvrages, parmi lesquels on cite :
1° Misse a tre voci, 1647. 2» Motetti a tre
voci, ibid. 5° Capricci stravaganti, ibid.
4° Correnti alla francese, balletti,gagliarde,
passamezzi, parte cromatici, e parte enar-
monici, a 1, 2 e 3 stromenti, da Martino
Pesenti, cieco a nativitate, lib. 1-4, ibid.,
1630-52, in -fol.
PESTALOZZI (Jean-Henri), célèbre phi-
lanthrope, né à Zurich, le 12 janvter 1746, s'est
illustré par ses recherches et ses travaux pour
améliorer l'éducation primaire et populaire,
et surtout par le dévouement de sa vie entière
et le sacrifice de sa fortune pour atteindre ce
noble but. La vie de cet ami de l'humanité est
trop remplie et trop étrangère à l'objet de ce
Diclionnaire pour y trouver place. Je ne le
mentionne que parce qu'il est souvent cité
comme l'auteur d'un système d'enseignement
de la musique applicableauxécoles primaires;
or, s'il est incontestable qu'à la têle des
hommes qui se sont proposé de donner à l'en-
seignement de la musique un caractère d'uni-
versalité il faut placer Pestalozzi, on ne peut
le considérer comme ayant inventé un système
spécial pour cet objet, s'élant contenté d'in-
diquer quelques vues générales dans son cé-
lèbre roman populaire intitulé Léonard et
Gertrude, et surtout dans ses Directions
adressées aux mères sur la manière d'in-
struire elles-mêmes leurs enfants. Pour l'ap-
plication de ses principes, il dut avoir recours
à des musiciens de profession, et ce furent
Traugott Pfeiffer etNsegeli qui se chargèrent
de la réalisation de ses aperçus (voyez ces
noms). Pestalozzi est mort à Brugg, en Suisse,
le 27 février 1827.
PESTEL (Jean-Ernest), excellent orga-
niste à Allenbourg, naquit à Berga en 1659.
Admis à l'école de ce lieu, il y reçut sa pre-
mière éducation, et étudia pendant ce temps
la musique sous la direction de Jean-Ernest
Witte. Ses progrès dans cet art le décidèrent
à en suivre la carrière. Il se rendit à Leipsick
et y continua ses études sous la direction du
jeune Weckmann, fils du célèbre organiste de
Hambourg. Devenu habile, il fut appelé à
Weida, dans le Voiglland, en qualité d'orga-
niste, et de là passa à Allenbourg, où il l'ut
d'abord employé par la ville, puis nommé, en
1687, organiste de la cour. Plus tard, il reçut
des propositions brillantes de Gotha, de Bits-
8
PESTEL - PETERSEN
lau et de quelques autres villes, mais il les
refusa, et préféra sa situation à Altenbourg,
où il se trouvait encore en 1740, âgé de quatre-
vingt-un ans. Pestel a beaucoup écrit pour
l'église et pour l'orgue; mais il n'a rien fait
imprimer de ses ouvrages.
PETEGHEM (VAN). Payez VAN PE-
TEGIIEM.
PETERSEN (David), violoniste hollan-
dais, qui vivait vers la tin du dix-septième
siècle, a publié un œuvre de sonates pour
violon et basse, ou téorbe et viola da gamba,
sous ce titre : Spcelstukken ; Amsterdam, in-
folio, trente-deux pages. L'épitre dédicatoire
est datée d'Amsterdam, 1C83. Ces pièces sont
d'un très-bon style.
PETERSEN (Pierre-Nicolas), flûtiste
distingué, né le 2 septembre 1761, à Beder-
kesa, dans le duché de Brème, était fils d'un
pauvre constructeur d'orgues qui n'avait pas
de domicile fixe, et qui s'arrêtait plus ou moins
longtemps dans les lieux où il trouvait à tra-
vailler. Ne possédant aucune notion de la mu-
sique, cet homme ne put aider au développe-
ment des dispositions que son fils avait reçues
de la nature. Heureusement ces dispositions
étaient plus qu'ordinaires : le jeune Petersen
possédait une de ces organisations d'élite qui
ne doivent rien qu'à elles-mêmes. Une flûte
était tombée entre ses mains : il apprit à en
jouer sans le secours d'aucun maître. Son
père se trouvait à Hambourg, en 1773. Celui-
ci, dont les travaux étaient mal payés et dont
l'existence était précaire, imagina d'enrôler
son fils dans une de ces troupes de musiciens
ambulants qui, en Allemagne, parcourent les
rues des villes et jouent dans les guinguettes.
Le séjour d'une grande ville offrait à Petersen
l'occasion d'entendre quelquefois des flûtistes
de profession, dont il étudiait le mécanisme
par l'observation C'est ainsi que par degrés
il devint habile, ajoutant incessamment, à ce
qu'il découvrait chez les autres artistes, ce
que son heureux instinct lui suggérait. A l'âge
de dix-sept ans, il possédait déjà un talent
remarquable. Pour se soustraire aux dégoûts
de la vie vagabonde qu'il menait depuis
plusieurs années, il entra dans le corps des
hautbois de la milice de Hambourg. Cet em-
ploi lui laissait beaucoup de temps pour se
livrer à ses études; mais il ne lui procurait
qu'un revenu insuffisant pour vivre. Quelques
amateurs de musique s'intéressèrent à son sort
cl lui procurèrent des élèves. Dès lors sa
position devint meilleure, et il put se livrer en
liberté aux études par lesquelles il perfection- I
nait incessamment son talent. Il s'occupa
aussi de l'amélioration de la flûte. Aidé par
Wolf, bon facteur d'instruments à vent, il mo-
difia l'ouverture des trous et ajouta aux clefs
de ré dièse et de fa, qui existaient avant lui,
les clefs de sol dièse et de si bémol, afin de
perfectionner la justesse de ces notes. Plus
lard, il y joignit la clef de Vut. Sa flûte à cinq
clefs fut ensuite introduite à Londres par un
musicien anglais nommé Tant; vers 1802,
elle pénétra en France. On sait que ce fut
Tromlitz {voyez ce nom) qui porta le nombre
des clefs de l'ancienne flûte jusqu'à sept. Aux
services qu'il avait déjà rendus à l'art par ces
perfectionnements, Petersen ajouta celui de
sa Méthode de flûte, bon ouvrage publié à
Hambourg, chez Gunther, et qui a été long-
temps classé parmi les meilleurs de ce genre.
Petersen était âgé de trente ans, lorsque plu-
sieurs artistes, charmés par son talent, l'invi-
tèrent à se faire entendre dans les concerts.
Il y parut pour la première fois en 1791, et
surpassa ce qu'on attendait de lui. Les sons
qu'il tirait de la flûte avaient un moelleux,
une justesse dont on n'avait pas eu d'exemple
jusqu'alors. Il était surtout remarquable dans
l'adagio par son style large et pur. Dès ce
moment, il ne se donna plus de concert bril-
lant à Hambourg où la place de Petersen ne
fut marquée. La faveur du public ne se dé-
mentit pas pour lui pendant plus de trente
ans; mais, vers 1825, sa vue s'affaiblit et son
embouchure s'altéra par la perte de plusieurs
dcnls : il cessa alors de se faire entendre. Pe-
tersen mourut à Hambourg, le 19 août 1830.
Ou a publié de sa composition : 1° Études
pour la flûte dans tous les tons, 1 er et 2 c livres;
Hambourg, Bœhme. 2" Adagio et variations
pour flûte et piano, op. 5; ibid. 3° Recueil de
duos pour deux flûtes tirés des œuvres de plu-
sieurs compositeurs célèbres; ibid.
PETERSEN (Charles-Auguste), fils du
précédent, est né à Hambourg, en 1792.
Élève de son père, il joua d'abord de la flûte;
mais plus tard il se livra à l'élude du violon et
du piano. Vers 1825, il a fait un voyage en
Danemark, en Suède et dans quelques parties
de l'Allemagne : il est maintenant fixé à Ham-
bourg, en qualité de professeur de musique.
On connaît de sa composition : 1" Polonaise
avec orchestre ou piano, op. 1; Hambourg,
Bnehme. 2° Duos pour deux violons, op. 10;
ibid. 3° Rondeau pour violon et piano,
op. 12; ibid. 4° Sonate pour piano el violon,
op. 5 ; Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 5° Diver-
tissement idem, op. 7; ibid. G" Polonaise
PETERSEN — PETIT
9
brillante pour le piano à quatre mains, op. 11;
Hambourg, Bœhme. 7° Iïo)ido scherzando
idem, pp. 13; Leipsick, Peters. 8° Marches
idem; Hambourg, Bœhme. 9° Introduction et
rondo pour piano seul, op. 8; Hambourg,
Cranz. 10° Divertissements et autres compo-
sitions idem; Hambourg, Bœhme. 11° Deux
rondos en forme de valse; Hambourg et Ha-
novre. 12° Valses idem; Hambourg et Copen-
hague.
PETIBON (Auguste), flûtiste, né à Paris,
vers 1797, fut admis comme élève au Conser-
vatoire de celle ville et y fit ses études sous la
direction de Wunderlich. Vers 1822, il établit
une maison de commerce de musique; mais
plus tard il renonça à ce genre d'affaires, et
se livra de nouveau à l'enseignement de la
musique. Il a l'ait imprimer de sa composition
des thèmes variés pour flûte et orchestre,
Paris, Pleyel, Aulagnier; idem pour deux
flûtes ou flûte et piano; Paris, Aulagnier;
plusieurs œuvres de duos pour flûte et guitare,
ibid.; des duos pour piano et flûte; Paris,
Petibonjetdiverses autres petites productions.
PETISCUS (Jean - Conrad - Guillaume),
prédicateur de l'Église réformée à Leipsick,
naquit à Berlin, en 1765. Amateur de musique
et violoniste, il se délassait de ses travaux de
théologien par quelques essais relatifs à cet
art. On a de lui trois articles fort bien faits
sur le violon, sa construction, ses qua-
lités, etc., insérés dans les n os 50,51 et52 delà
Gazette musicale de Leipsick (ami. 1808). Il a
donné aussi dans la même Gazette (ann. 1807)
un article sur les manuels de musique, et un
autre sur le mélange des genres. Petiscus a
traduit en allemand la méthode de violon du
Conservatoire de Paris; Leipsick, Breitkopf et
Hœrtel. Il a été aussi l'éditeur de la dernière
édition de la méthode de violon par Léopold
Mozart; Leipsick, Riihnel.
PETIT (Adrien), surnommé COCLICUS,
naquit en Allemagne, en 1500. Venu en
France dans sa jeunesse, il y apprit la musique
sous la direction de JosquinDeprès. Il voyagea
ensuite et se rendit en Italie, où il parait
avoir séjourné; mais il revint enfin dans sa
patrie, et tout porte à croire qu'il y termina
sa carrière. Il est connu comme compositeur
par des motets répandus dans les divers re-
cueils d'Adrien Leroy et de Ballard, et par un
recueil intitulé Musica reservata : Consola-
tiones ex psalmis Davidicis, 4 voc; Norim-
bergx, in officina Joannis Montant et Ulrici
Neuberi, 1552, in-4° obi. On a aussi de lui un
traité de musique, sous le titre de Compen-
dium musices descriptum ab Adriano Petit
Coclïco, discipulo Josquini Deprès, in qua
prxter estera tractantur hxc de modo or-
nate canendi, de régula contrapuncti, de
compositione; Nuremberg, 1552, in-4°. Il
est vraisemblable que c'est ce même ouvrage
que Lipenius (inBiblioth., p. 977) et Possevin
(Bibl. Select., lib. XV, p. 223, t. Il) indi-
quent sous le nom d'André Pétri ou Petrus et
d'Adrien Pétri; car le litre du livre, le nom
de la ville, et la date de l'impression sont les
mêmes. On trouve le poitrail de Coclicus l'ait
à l'âge de cinquante-deux ans, en tête de cet
ouvrage, avec ces vers latins :
Jure tuum Coclieo nsmen Germania jactat,
Ars merito clarum te facit esse virum.
Gallia te vidit, te vidit et Ausonia ora,
Nunc quoque delectat theatrum terra senem.
Nam vincis reliquos vocis dulcedine et arie,
Culture nec suavis sic Philomela canit.
Ergo tihi ut longum Clirislus producere vitam
Concédât, summum voce rogabo Dcum.
Le livre de Petit a de l'intérêt, parce qu'on
y trouve la doctrine de Josquin Deprès concer-
nant le contrepoint.
PETIT (Camille), fils d'un violoniste
attaché à l'Opéra-Comique pendant trente
ans, et qui a publié trois œuvres de duos de
violon (Paris, Naderman), est né à Paris, le
27 avril 1800. Ayant été admis au Conserva-
toire de musique, le 8 février 1809, il devint
élève de Pradher pour le piano, le 20 août
1810. Puis madame de Montgeroult lui donna
des conseils, et il reçut quelques leçons de
Clementi, dans le dernier voyage que ce grand
artiste fit à Paris. Petit s'est fait entendre
avec succès dans quelques concerts en 1826 et
1827; depuis cette époque, il s'est livré à l'en-
seignement du piano, et a publié quelques
morceaux pour cet instrument, parmi lesquels
on remarque : 1° Variations sur les stances
de Valentine de Milan; Paris, Schlesinger.
2° Bondeau brillant, op. 17; Paris, Pleyel.
3° Bondeaux idem, op. 2, n os 1, 2, 3; Paris,
Pacini.4°DilTérenls thèmes deRossini variés;
Paris, Pacini ; Milan, Bicordi. 5° Études ; Paris,
Schlesinger. G Vingt-quatre préludes dans
différents tons; Paris, Pacini; et quelques
bagatelles.
PETIT (Charles), frère aine du précédent,
né à Paris, en 1783, entra au Conservatoire,
en 1799, et y devint élève de Domnich pour
le cor. Ses progrès furent rapides, et il obtint
le premier prix de cet instrument en 1804.
Peu d'artistes ont eu un plus beau son et une
plus belle manière dechanlersur l'instrument.
Il joua avec beaucoup de succès des solos djus
10
PETIT — PETRI
les concerts de l'Opéra -Bouffe, pendant les
années 1805, 1806 et 1807. A cette époque, il
était second cor de ce spectacle, puis il entra
à l'orchestre de rOpéra-Comique, en 1809, et
n'en sortit qu'en 1820, pour entrer dans l'ad-
ministration des forêts, où il a obtenu le grade
d'inspecteur.
PETIT JAN. voyez DELATTRE.
PETITPAS (mademoiselle), cantatrice de
l'Opéra, née en 1700, fut admise pour chanter
les rôles, en 1725, aux appointements de
douze cents francs , avec une gratification
annuelle de trois cents francs , et eut des
augmentations de traitement qui s'élevaient,
en 1738, à trois mille deux cents francs. En
1752, elle passa furlivement en Angleterre;
mais elle rentra à l'Opéra l'année suivante, et
mourut à Paris, le 24 octobre 1739. Cette
cantatrice brillait particulièrement dans les
airs, tandis que la Pélissier (voyez ce nom),
autre actrice célèbre de cette époque, montrait
surtout du talent dans le récitatif.
PETILEUS ou PETER (Christophe),
cantor à Guben, vers 1G55, a publié de sa
composition une collection d'airs à quatre et
cinq parties, sous ce titre : Andachts-Cym-
beln und lieblich klingende Arien von 4 bis
5 Stimmen; Fribourg, 1656. Walltaer cite
aussi de ce compositeur des litanies et des
messes à cinq, sept et huit voix, qui ont paru
à Guben, en 1669.
PETRALI (Louis), compositeur, élève
de Mercadante, né à Mantoue, a donné à
Milan, en 1844, Sofonisba, qui tomba et n'eut
qu'une représentation. Dans l'annéesuivante,
il a écrit pour le théâtre de sa ville natale
Antonio Foscari, qui fut plus heureux. Le
nom de cet artiste a disparu depuis lors du
monde musical.
PETKEJUS (Jean), célèbre imprimeur de
musique, né à Langendorf, en Franconie, lit
de bonnes éludes dans sa jeunesse et obtint à
l'université de Nuremberg le grade de Ma -
gister. Vers 1526, il acheta une imprimerie à
Nuremberg et y ajouta uue typographie mu-
sicale dix ans après. Il mourut à Nuremberg,
le 18 mars 1550. Parmi les nombreux pro-
duits de ses presses, on remarque la précieuse
et rarissime collection de messes intitulée :
Liber quindeciin iVissarum a pnvslantis-
simis musicis compositarum; NoribergBe,
1538, petit in-4" obi.; et les Harmonise poe-
ticx de Paul Hofheimer (voyez ce nom).
PETHELLA (Henri), compositeur napo-
litain, élève du collège royal de musique
San Pietroa Majclla, a l'ait jouer, en 1829,
au petit théâtre de cette institution, l'opéra en
un acte Un Diavolo color di rosa. Dans
l'année suivante, il donna au théâtre Nuovo
la farce Puleinella marito e non marito. Les
autres ouvrages de ce musicien de peu de
mérite sont / Pirati, représenté à Naples, en
1838; le Minière di Freiberg, dans la même
ville, au carnavai de 1845 ; Galeotto Man-
fredi, dans la même année, à Modène ; «Ame,
à Milan, en 1848.
PETRI (Jean-Godefroid), né à Sorau, le
9 décembre 1715, fit à l'université de Halle
des études de droit, et fut ensuite chargé d'y
enseigner les Institules. Plus tard, il obtint la
place de cantor à Gœrlitz, où il mourut le
6 juillet 1795, à l'âge de quatre-vingts ans. Il
a publié de sa composition : 1° Cantates pour
les dimanches et fêtes; Gœrlitz, 1757, in-4°.
2° Amusements de musique; deux suites pu-
bliées en 1761 et 1762. 5" Les trois jeunes
hommes dans la fournaise, oratorio, 1765,
in-4°. On a aussi de Pétri une dissertation
concernant l'utilité de l'étude de la musique,
intitulée : Oratio sxcularis qua confirmât ur
conjunclionem sludii musici cum reliquis
litterarum sludiis erudilo non tantum
utilemesse, sed et necessariam videri. Gor-
licii, ex ofjicina Fickelscheriana, 1765, in-4°
de seize payes.
PETUI (Jean-Samuel), écrivain didactique,
naquit à Sorau, le 1 er septembre 1738. Bien
que cantor, et conséquemment musicien, son
père ne voulait pas lui permettre de se livrer à
l'étude de la musique; mais il apprit les prin-
cipes de cet art en fréquentant l'école du lieu
de sa naissance, et fil des progrès sur le cla-
vecin, sans avoir reçu les leçons d'aucun
maître. A l'âge de seize ans, on le choisit pour
remplacer l'organiste nouvellement décédé,
et il en remplit les fonctions, tirant toute son
instruction de la musique des grands maîtres
qu'il jouait sur Porgue. Après neuf mois,
l'organiste eut un successeur qui donna quel-
ques leçons à Pétri, cl rectifia les erreurs ou
il était tombé. Ce fut alors qu'il trouva dans
les pièces d'orgue de Bach et dans ses sonates
des modèles de style, qu'il étudia avec persé-
vérance. Après que ses éludes universitaires
furent terminées, il fut nommé professeur de
musique à l'école normale de Halle. La con-
naissance qu'il lit en celte ville de Guillaume-
Friedmann Bach lui lut d'un grand secours
pour son instruction. En 1767, Pétri reçut sa
nomination de cantor à Lauhan. Il y publia
dans la même année la première édition de
son traité élémentaire de musique. Cinq
PETRI- PETRINI
H
ans a|>rès, il fut appelé à Bautzen pour y
remplir les mêmes fondions. Il y esl mort, le
12 avril 1808, à l'âge de soixante-dix ans. Le
livre par lequel Pelri s'est fait connaître, efst
un des meilleurs qu'on ait écrits concernant
les éléments de la musique instrumentale; la
précision du style et la clarté des définitions y
égalent l'exactitude des faits : ces qualités sont
rares chez les écrivains sur la musique. L'ou-
vrage est intitulé : Anleitung zur praktischen
jflusik, vor neuangehende Sxnger und In-
strumentspieler (Introduction à la musique
pratique, à l'usage des chanteurs et des in-
strumentistes commençants); Lauhan, Chris-
tophe "Wirth, 1767, in-8° de cent soixante-
quatre pages. A peine Pétri eut-il publié son
ouvrage, qu'il conçut un nouveau plan plus
étendu : il employa plusieurs années à la ré-
daction de ses additions, refondit tout le livre,
et le donna sous le titre plus concis . Anlei-
tung zur praktischen Musik; Leipsick, Breit-
kopf, 1782, in-4° de quatre cent quatre-vingt-
quatre pages. Le livre est divisé en trois
parties : la première contient une histoire
abrégée de la musique, depuis son origine
jusqu'au dix-huitième siècle; la seconde, qui
s'étend depuis la page 121 jusqu'à 282, traite
des éléments de la musique, et la dernière
renferme des traités complets, quoique peu
étendus, de l'art déjouer de l'orgue, du cla-
vecin, du violon, de la viole, du violoncelle,
de la contrebasse et de la flûte. On a publié
sous le nom de Pétri un petit traité de l'art de
jouer de l'orgue, intitulé : Anweisung zum
regelmzssigen und geschmackvollen Orgel-
spielen fiirneue angehende Organistenvnd
solche Clavierspieier , etc.; Vienne, 1802,
in-8° de trente-deux pages; mais cet opuscule
n'est qu'un extrait de Vlntroduction à la
musique. Pelri a écrit de la musique pour
l'orgue et pour l'église : mais ces productions
sont restées en manuscrit.
PETRI (Christophe) , cantor et maître
d'école à Sorau, s'est fait connaître par un re-
cueil de chansons avec accompagnement de
piano, et par une cantate intitulée Rinaldo
ed Armida, qui fut publiée, en 1782. Quatre
ans après, il annonça six sonates faciles pour
le clavecin, qui ne paraissent pas avoir été im-
primées.
PETRI (Jean-François), curé dans une
paroisse du duché de Ferrare, a écrit, en 1788,
un poëme intitulé la Musica. Cet ouvrage,
qui ne parait pas avoir été imprimé, esl com-
posé de 226 terzine, et commence par ces
mots : Abbia il vero (voyez Dizion. di opère
anonime epseudonime di scrittori italiani,
t. II, p. 218).
PETRI (RoDOLlMIE-GuiLLAtHIE-FRKDKRir.).
est né le 9 juillet 1811, à Benau, près de Sorar,
dans la basse-Lusace, où son père était pas-
teur. L'instituteur de ce lieu lui enseigna les
éléments de la musique, du piano, de l'orgue
et de plusieurs autres instruments. En 1826,
il entra au collège de Sorau et y continua ses
études de musique. Après avoir terminé ses
humanités, il alla suivre les cours de théologie
à l'université de Leipsick, puis à Berlin, où il
fréquenta les cours de théorie musicale du
professeur Marx. Ses éludes étant achevées, il
remplit d'abord les fondions de précepteur
dans plusieurs familles nobles, puis il se fixa
à Breslau, en 1845, en qualité de professeur de
musique. Il a publié dans cette ville, chez
Leuckart, des Lieder, avec accompagnement
de piano, et de petites pièces pour cet instru-
ment.
PETRINI (François), fils d'un harpiste
de la musique du roi de Prusse, naquit à
Berlin, en 1744, et apprit de son père à jouer
de la harpe. Son habileté surpassa bientôt
celle de son maître. Le duc de Mecklembourg-
Schwerin l'engagea à son service, vers 1765;
mais Pelrini resta peu de temps à la cour de
ce prince, car il se rendit à Paris avant 1770.
Il y fut bientôt un des professeurs les plus re-
nommés pour cet instrument, et ses composi-
tions eurent de la vogue jusqu'à l'époque où
la musique de Krumpholtz les eut placées en
second ordre. Pelrini continua cependant
d'enseigner la harpe et l'harmonie jusqu'en
1812. Il mourut à Paris, en 1819, à l'âge de
soixante-quinze ans. Cet artiste a publié de
sa composition : 1° Concertos pour la harpe :
1 er , œuvre 4 e , Paris, Bailleur; 2 e , œuvre 7'',
Paris, Lachevardière; 5 e , œuvre 18 e , Paris,
Cousineau; 4 e , Paris, Naderman. ^"Sonates
pour la harpe, œuvres 1 er , 5 e , 5 e , 9 e , 10 e ,
Paris, Cousineau ; op. 58, Paris, Naderman;
Vive Henri IV, op. 48, ibid.; Recueil de va-
riations et de petits morceaux, op. 49, ibid.
3° Sonates pour l'exercice des pédales, œuvres
37 et 40; Paris, Cochet. 4° Duos pour deux
harpes, n os 1, 2, 5; Paris, Naderman. 5° Pots-
pourris pour la harpe, n os 1 à 6; Paris,
Cousineau et Naderman. 6° Airs variés pour
la harpe, en recueils et détachés, op. 2 e , 8 e ,
13 e , 14 e , 15 e , 16 e , 17 e , Paris, Cousineau;
op. 44 e , 47 e , Paris, Naderman; Air tyrolien
varié avec violon, op. 46, Paris, Richault.
7° Recueils d'airs avec accompagnement de
harpe, op. 6 e , 20 e , 21 e , 22 e , 23 e ; Paris, Cmi-
12
PETRIN! — PETIIUCCI
sineau. 8° Méthode pour la harpe; Paris,
Louis. Pelrini est auteur d'un Système d'har-
monie, qui fut publié, en 1796, chez Louis.
Plus tard il revit cet ouvrage, y fit des chan-
gements, et le publia sous ce titre : Etude
préliminaire de la composition, selon le nou-
veau système de l'harmonie, en soixante
accords; Paris, chez l'auteur, 1810, in-4°. On
voit par ce titre que Pelrini n'avait pas
cherché la simplicité dans son système.
Cet artiste a eu un fils (Henri), né à Paris,
vers 1775, qui fut harpiste comme lui, et qui
mourut jeune. Il a publié deux livres de so-
nates pour la harpe, Paris, Cousineau; deux
pots-pourris idem, op. 5 e et 5', ibid.; trois
recueils d'airs variés idem, op. 8 e , 9 e et 10 e ,
ibid.; et un recueil de chansons avec accom-
pagnement de harpe, op. 7 e , ibid.
PETRIN O (Jacques), compositeur italien
du seizième siècle, n'est connu que par un re-
cueil'de morceaux à plusieurs voix intitulé :
Jubilo diS. Bernardo con alcune canzonette
spirituali ao e 4 voci ; Parme, 1589, in-fol.
PETRORELLI (François), maître de
chapelle de la cathédrale de Padoue, né à Bo-
logne, vers 1635, n'est connu que par ses ou-
vrages, dont on n'a pas la liste complète. Son
premier œuvre paraît être un recueil de motels
imprimé à Venise, en 1657. L'œuvre cinquième
est intitulé : Motetti e Litanie délia B. V.,
et a paru à Anvers, chez les héritiers de
P. Phalèse. C'est une réimpression d'une pre-
mière édition dont la date est inconnue. En
1662 a paru un ouvrage de Pelrobelli qui n'a
pas de numéro d'œuvre et dont le litre est :
Salmi a quattro voci con stromenti obligati;
Venise, Fr. Magni, in-4°. L'œuvre huitième a
pour litre : Musiche sacre concertate con
istromenti; Bologne, Jacques Monli, 1670,
in-4°. 11 y a une deuxième édition de cet ou-
vrage; Bologne, 1690, in-4°. La dédicace est
adressée au cardinal Rospigliosi. Les cantate
a una e due voci co'l basso continua; Bo-
logne, 1676, forment l'œuvre 10 e , et les Mot-
tetti, Antifone e Litanie délia Beala Ver-
gine a 2 voci; ibid., 1677, sont l'œuvre on-
zième. L'œuvre quinzième a pour titre :
Musiche da caméra; Venise, J. Sala, 1682,
in-fol., en partition. Les autres ouvrages de
ce compositeur sonl : P salmi brèves octo vo-
cibus, op. 17; Venise, 1684, in-4°; Salmi
Dominicali a 8 voci, op. 19; in Venezia,
1686, in-4°; Scherzi musicali per fuggir
l'ozio,o[>. 24; Venise, 1693, in-4°. Ce recueil
contient des cantates et des airs à deux et
trois voix, avec deux violonset basse continue.
PETRUCCI (Ottaviano dei), célèbre in-
venteur de la typographie de la musique en
caractères mobiles, naquit le 14 juin 1466, à
Fessombrone, petite ville du duché d'Urbino,
dans les États-Romains. A l'âge de vingt-cinq
ans, il se rendit à Venise et s'y fit bientôt con-
naître comme un des hommes les plus habiles
dans l'art de la typographie, qu'il avait appris
vraisemblablement à Rome. On ignore dans
laquelle de ces deux villes il conçut la pre-
mière idée de la possibilité d'imprimer la mu-
sique mesurée par des types métalliques (1).
La réalisation de cette pensée offrait alors
d'immenses difficultés, parce que les signes
de la notation proportionnelle, qui seule était
en usage à cette époque pour la musique me-
surée, sont en si grand nombre et se combi-
nent de tant de manières différentes, que la
composition des groupes de caractères devait
présenter à l'imprimeur une multitude de cas
embarrassants. Mais telles étaient les res-
sources ingénieuses de Petrucci , telle son
habileté dans l'art ' de graver les types,
qu'avant de mettre au jour ses premiers pro-
duits, tous les obstacles étaient vaincus, et
que l'inventeur avait atteint une perfection
non encore surpassée par les procédés de la
typographie moderne, et rarement égalée. Le
système de Petrucci consiste dans l'impression
à deux tirages, le premier pour les lignes de
la portée, l'autre pour le placement des
caractères de notos sur cette portée (2). Les
(I) Le mérite de Petrucci est d'avoir résolu tous les
problèmes de la combinaison des types pour la notation
proportionnelle de la musique mesurée; car il est certain
que l'art d'imprimer le plain-chant en caractères mo-
biles avait été trouvé précédemment. Dans le Missel de
Wùrzbourg,datcdc 1 18V, dont je possède un exemplaire
imprimé partie sur papier et partie sur vélin, les pré-
faces des messes pour toutes les fêtes de l'année sont
imprimées en ancienne notation allemande non mesurée,
sur des portées de quatre lignes rouges, et en caractères
mobiles; mais les lignes sont faites a la plume ou à l'aide
d'un instrument particulier. Le livre de Nicolas VA'ol-
lick, O/ius aurrum Mitsicir casligatissimum, imprime à
Cologne par Henri Quentel, en ItiOl, in-4°, a tous les
exemples de plain-chant imprimés en caractères mobi-
les, d'après le système de la vieille notation allemande;
niais, dans la partie du wilume où il est traité du contre-
point, les portées des exemples de musique mesurée sont
seules imprimées, et villes dans mon exemplaire : ils
devaient être remplis à la main.
(•>) Il e>t hoi S de doute que le système de l'impression
de la musique à deux tirages, imagine par l'etrurci, fut
le premier qu'on adopta ; on en voit la preuve dans les
rarissimes Melojioiœ $ue harmoniœ letracenticcr, impri-
mées par Krliard Oglin, à Augsbourg, en 1507, par
VOpusculum musices, de Jean à Quereu (Van der Eiken),
sorti des presses de Jean Weysscnburgcr,dc Nuremberg,
en 151 3. enfin dans le< Magnificat arto tonorum, de Sixte
Dielricll, imprimés a Strasbourg, par Pierre Scbœffcr,
PETRUCCI
deux formes de ses presses se repliaient l'une
sur l'autre par des charnières si bien ajustées,
(|iie dans toute la musique imprimée par lui,
il n'y a jamais la moindre incertitude sur les
noies placées sur les lignes ou dans les espaces.
Petrucci fut l'inventeur de ces presses comme
de tout le reste de son matériel.
Avant de publier les premiers résultats de
ses travaux, il présenta requête au conseil de
la seigneurie de Venise, pour obtenir le pri-
vilège de seul imprimeur de musique mesurée,
ainsi que de tablature d'orgue et de luth,
pendant vingt ans, ce qui fut accordé par ces
mots placés au bas de sa pétition :
1498. Dit XXV. Maij
Çuotl suprascriptu supplicanti concedilur prout pelil.
Consilarij.
Ser Marinus Liono.
Ser Jeronimus Vendrameno.
Ser Laurentius Venezio.
Ser Domenicus Bollani (I).
M. Caffi s'est trompé, lorsqu'il a cru que le
privilège n'avait été accordé à Petrucci que
dans l'année 1502 (2).
le jeune, en 1533, ainsi que par toutes les autres œuvres
sorties des mêmes presses. Ce fut en France qu'on ima-
gina d'imprimer la musique en un seul tirage. Pierre
Hautin parait eue le premier qui grava des types de
notes avec des fragments de lignes qui, dans la compo-
sition de l'ensemble, forment la portée. Cette invention
fut faite en 13-S, et les caractères de Ilaulin servirent à
Pierre Attaingnant, de Paris, pour l'impression de toutes
vos collections. Jacques Moderne, de Lyon, a imprimé
tous les ouvrages sortir, de ses presses avec des caractères
de même espèce. Guillaume Le Bé, de Paris, grava deux
sortes de gros caractères de musique pour l'impression
des messes in-folio que publiaient Adrien le Roy et Ro-
bert Ballard. Le premier de ces caractères était fait pour
l'impression en un seul tirage; c'est celui dont les édi-
teurs se sont toujours servis; en ISao, Le Bé grava l'autre
caractère pour l'impression à deux tirages; mais il en
fut fait peu d'usage. Fournier, le jeune, qui a publié un
Traité historique et critique sicr l'origine et les progrés
des caractères île fonte pour l'impression de la musique,
se persuade que le second caractère de Le Bé fut le pre-
mier essai qu'on fit pour l'impression à deux tirages;
on abandonna, dit-il, cette sorte de caractère comme
sujette à trop d'inconvénients ; l'on continua à graver
les poinçons de musique portant leurs filets. Cet homme
n'entend rien au sujet qu'il traite ; il ne sait pas
même les noms de Petrucci , d'Oglin, et des autres pre-
miers imprimeurs de musique. Antoine Oardane, musi-
cien français qui s'établit à Venise avant 1537, comme
imprimeur de musique, fut le premier qui introduisit
en Italie le système de l'impression en un seul tirage,
avec les caractères de Hautin. A Nuremberg, ce fut Jé-
rôme Andreœ, surnommé Formsclineider, à cause de son
état de graveur de caractères d'imprimerie, et aussi im-
primeur, qui fit les premiers poinçuns de types dont on
se servit en Allemagne pour l'impression de la musique
en un seul tirage. Ses premiers produits sont de 1832.
(1) Voyez le livre d'Antoine Scbmid, intitulé : 0:ta-
viano dei Petrucci da Fossombrnne, etc., p. II.
(2) Storia délia Alusiea sacra nella gin capella ducale
di San Marco di Vcnezia, t. 11, p. 20'j.
Le premier produit des presses de Petrucci
est un recueil de quelques motets et d'un
grand nombre de chansons, la plupart fran-
çaises, à trois et à quatre voix, des maîtres les
plus habiles de la seconde moitié du quinzième
siècle. Ce recueil est divisé en trois livres,
dont le premier, marqué A, a pour titre :
Harmonies musices Odkecaton. L'épilredé-
dicaloire, adressée à Jérôme Donato, noble
vénitien, la seule que Petrucci ait faite, est
datée de Venise, le 15 mai 1501 . Le deuxième
livre, marqué B, n'a pas le titre du premier,
mais seulement celui-ci : Canti. B. numéro
cinquanta. Ces deux premiers livres avaient
été mentionnés dans les Pandectesde Conrad
Gesner, ainsi que par Zacconi (Prattica di
musica, l re partie, fol. 84); mais on n'en con-
naissait pas d'exemplaire, lorsque M. Gaétan
Gaspari (voyez ce nom) fut assez heureux pour
en découvrir un, dont M. Angelo Calelani
(voyez ce nom) a donné une intéressante des-
cription (1). On vient de voir que la dédicace
du premier livre est datée du 15 mai 1501 ; à
la dernière page du deuxième livre on lit la
souscription suivante : Tmpressum Venetiis
per Octavianum Petrutium Forosempro-
niensem die 5 februarii salutis anno 1501,
cumprivilegio tnvictissimi Domini Venelia-
rum q. nullus possit cantum ftgaratum im-
primere subpena in ipso privilégia contenta.
Il semble que ce second livre a dû paraître
avant le premier, puisqu'il était achevé d'im-
primer depuis le 5 février 1501, tandis que la
dédicace du livre A porte la date du 15 mai
de la même année. En considérant l'étendue
de ce livre A, et voyant que, seul, il a le titre
de l'ouvrage, M. Calelani tire l'induction qu'il
a dû être imprimé dès l'année 1500, et que le
livre B n'a été vraisemblablement publié que
plusieurs mois après la date de l'impression,
et après la mise en vente du recueil A. Le sa-
vant auteur de la dissertation n'aurait eu au-
cune peine à concilier les dates, qui paraissent
contradictoires au premier coup d'œil, s'il se
fût souvenu qu'à l'époque où furent imprimés
ces premiers monuments de la typographie
musicale, le renouvellement de l'année , à
Venise, comme dans une grande partie de
l'Europe, avait lieu, non le premier janvier,
comme aujourd'hui, mais la veille de Pâques,
immédiatement après la cérémonie de la bé-
nédiction du cierge pascal. En 1501, l'année
a commencé le 11 avril; elle a fini le 20 mars
(1) Di due stampeignotedi Oltaviano Petrucci da Fos-
sombrone; Milano, Tito di Gio. Ricordi, in-8° de 22 pag.
avec planches et fac-similé.
14
PETRUCCI
suivant :1e 15 mai a donc précédé le 5 fé-
vrier d'environ neuf mois ; d'où il suit que le
volume B de l'Odhecaton ne fut achevé d'im-
primer que le 20 février 1502. Le format des
deux livres est un petit in-4°obl., comme celui
de tous les ouvrages imprimés parPetrucci.
Dans la même année 1502, le 9 mai, sortit
des mêmes presses un recueil intitulé Motetti
XXXIII. Ces motels sont à quatre voix; mais
le seul exemplaire connu jusqu'à ce jour, et
qui esta la bibliothèque du Lycée musical de
Bologne, est incomplet de la partie du supe-
rius. Cinq de ces motels sont de Josquin De-
]nès y deuxde Compère, un d'Antoine Brumel,
neuf de Gaspard (Van Veerbeke), huit de
Ghiselin, deux d'Alexandre Agricola, et six
de Jean Pinarol. Il est remarquable que le
nombre considérable d'oeuvres musicales
publiés par Petrucci, à l'exceplionde certains
chants italiens dont il sera parlé tout à
l'heure, a été produit par des compositeurs
helges. Les quelques noms français qu'on
trouve mêlés aux leurs sont ceux de leurs
élèves. Un recueil de cinq messes de Josquin
Deprès, qui a simplement pour litre Misse
Josquin, fut achevé d'imprimer le 27 septem-
bre de la même année. Au superius on trouve
le nom de l'auteur écrit de celte manière :
Josquin-de-Pres. Un exemplaire complet de
ce livre est à la bibliothèque royale de Berlin.
Le 27 décembre de la même année, ce même
livre de messes de Josquin sortit de nouveau
des presses de Pelrucci avec le titre : Liber
primus Missarum Josquin. Il n'est pas vrai-
semblable que l'édition publiée trois mois au-
paravant ait été épuisée ; cependant ce n'est
pas un simple changement de frontispice, car
le molel à quatre voix, Ecce tu pulchra es }
arnica mea, de Josquin, qui se trouve après
la messe de V homme armé, dans la première
édition, n'esl pas dans celle-ci. Le second livre
des messes de Josquin (Missarum Josquin
liber secundus) et le troisième livre, furent
publiés par Petrucci, en 1505. L'exemplaire
de la bibliothèque impériale de Vienne n'a
que le superius, Valtus et le ténor; celui de
la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise, a le
superius, le ténor et la basse; celui que pos-
sédait Lansberg (voyez ce nom), à Rome, était
aussi incomplet de Valtus; l'exemplaire du
Muséum britannique est complet.
En 1503 parut le troisième livre de VOdhe-
caton, sous le tilrede CantiC. n" cento cin-
quanta. Un exemplaire complet de ce précieux
recueil de chansons françaises, à quatre ci
;i cinq voix, est a la bibliothèque impériale
de Vienne. Dans la même année, Pelrucci
publia un recueil de cinq messes d'Obrechl,
sous le titre de Misse Obrecht ; un livre de
cinq messes de Brumel, qui porte simplement
au frontispice : Brumel, et les titres des
messes ; un livre decinq messes de Jean Ghi-
selin, avec le nom simplement de l'auteur et
les titres des messes; et, enfin, un livre de
cinq messes de Pierre De la Rue, avec ces
mots au frontispice : Misse Pétri De la Rue, et
les titres des messes. Des exemplaires des
messes d'Obrecht sont aux bibliothèques de
Berlin et de Munich ; celui de la bibliothèque
de Vienne est incomplet de la basse ; le mien
est complet, ainsi que celui des messes de
Brumel, dont la bibliothèque de Berlin a un
exemplaire complet, ainsi que des messes de
Ghiselin. Les exemplaires des messes de Pierre
De la Rue qui sont à Berlin et au Muséum bri-
tannique sont complets; la basse manque à
celui de la bibliothèque impériale de Vienne.
Les exemplaires des messes de Jean Mouton,
Fevin, Ghiselin, Agricola, Brumel, Pierre De
la Rue, Obrecht, Isaak, de Orto (Dujardin), et
de Gaspard, imprimées par Petrucci, qui se
trouvent à la bibliothèque de Saint-Marc, à
Venise, sont tous incomplets de la basse.
En 1504, Pelrucci mit au jour cinq messes
d'Alexandre Agricola (Misse Alexandri
Agricole), dont il y a des exemplaires dans
les bibliothèques de Berlin, de Vienne, du
Lycée musical de Bologne, de la chapelle pon-
tificale de Rome et dans la mienne. Cette pu-
blication fut suivie du recueil intitulé Mo-
tetti C. C'est le troisième livre de la collection
de motels dont le premier, A, fut publié en
1502. On sail que le deuxième livre, marqué B,
contenait des motets pour le dimanche et pour
l'octave de la Passion, mais on n'en connaît
pas d'exemplaire.
Dans les années 1504a 1508, Petrucci publia
neuf livres de chants italiens d'un caractère
populaire en usage dans les États vénitiens, et
qu'on appelait frottole. Le premier livre porte
la date du 28 décembre 1504; le second livre,
qui est sans doute une réimpression, celle du
2'J janvier 1507 ; le troisième, celle du 2G no-
vembre 1507; le quatrième a pour litre :
Strambotli, Ode, frottole, Sonetti, et modo
de cantar versi latini e capituli , libro
quarto. Le cinquième livre estdalédu 25 dé-
cembre 1505; le sixième, du 5 février 1505;
le septième, du G juin 1507; le huitième, du
20 mai 1507; le neuvième et dernier, du
22 janvier 1508. Les bibliothèques de Munich
et de Vienne contiennent les divers livres de
PETRUCCI
15
celle collection : M. Bulseli, libraire à Augs-
bourg, a eu les quatre premiers livres, en
1840, et Landsberg a possédé les deux pre-
miers. C'est par ces mêmes recueils qu'on
connaît les noms de quelques compositeurs de
mélodies populaires (dont un certain nombre
en palois de Venise) lesquels ont vécu dans la
seconde moilié du quinzième siècle, tels que
Antoine Caprioli, de Biescia, André de An-
tiquis, de Venise; Antoine Rosseti, de Vérone;
Antoine Stringari, de Padoue, Bartholomé
Tromboncino, de Vérone, Michel Pesenti, de
la même ville, Philippe de Luprano, François
Anna, organiste de Venise, Jean Brocchi, de
Vérone, MarcCara,<\e la même ville, Nicolas
Pifaro, de Padoue et Rossini, de Mantoue.
En 1505, Pelrucci publia un livre de cinq
messes de De Orto (Dujardin), dont une avec
deux Credo, le quatrième livre de motets à
quatre voix (Motelli libro quarto), et un livre
de motets à cinq voix, l'oit intéressant, parce
qu'on y trouve trois molels de Régis (dont le
nom flamand était De Koninck), compositeur
du quinzième siècle, qui fut au premier rang
et dont les ouvrages sont rares. Dans l'année
1506, on ne trouve que deux livres de Lamen-
tations de Jérémie, dont le premier a pour
litre Lamentationum Jeremie prophète, liber
primus, l'autre, Lamentationum, liber se-
/ ctindus, et un livre de cinq messes de Henri
Isaak (Misse Henri Izac). On ne connaît des
années 1507 et 1508 que quatre livres de ta-
blature de luth et un livre de messes de
divers auteurs [Missarum diversorum auclo-
rum liber primus). Le premier livre de tabla-
ture a pour titre Intabolatura de Lauto
libro primo. Au deuxième feuillet, on trouve
une Régula pro illis qui canere nesciunt, en
latin et en italien. Il parait que l'auteur de ce
premier livre, ainsi que du second, fut un
luthiste nommé François Spinaccio, car on
trouve au troisième feuillet une pièce de vers
latins avec celte inscription : Christophorus
Pierius Gigas Forosemproniensis in Laudem
Francisci Spinaccini. Dans le second livre,
le nom de Spinaccio se trouve en tête d'un
certain nombre de morceaux. Il n'a pas été
retrouvé jusqu'à ce jour d'exemplaire du troi-
sième livre. Le titre du quatrième livre a cette
forme bizarre :
Intahnl.itura de Lauto
Libro quarto :
Padoanc diverse.
Cnlile a l:i spagnola.
Calnle a la taliana.
Instar de corde enn li soi recercar dielro.
Kroliule.
Joanambrosio.
C'est-à dire : pavanes de différents genres;
calâtes (danses) à l'espagnol; danses à
l'italienne ; arpèges des cordes en montant
et à reculons; Frottole. A l'égard du dernier
mol (Joanambrosio), on en a l'explication
dans la table des pièces contenues dans
l'œuvre, car on y lit : Table de cet œuvre,
composé par l'excellent musicien et joueur
de luth Jean Ambroise Balza, de Milan.
François Spinaccio et Jean Ambroise Dalza .
sont les plus anciens luthistes dont les noms
figurent dans l'histoire de la musique.
Dans l'année 1509, on ne trouve qu'un seul
ouvrage sorli des presses de Petrucci ; il a
pour litre : Tenori e contrabassi intubulati
col sopran in canto figurato per cantar e
sonar col lauto libro primo. Francisci Bas-
sinensis Opus ; ce qui signifie que la partie
de soprano est écrite en notation ordinaire
pour êlre chantée par la voix, tandis que le
ténor et la basse, écritsen caractères de tabla-
ture, sont joués sur le luth ; enfin, que l'ou-
vrage a été composé par un certain François,
né dans la Bosnie, et dont le nom de famille
n'est pas indiqué. Diverses œuvres ou collec-
tions ont été imprimées par Petrucci enlre les
années 1502 et 1510, mais sans date. On con-
naît particulièrement celles-ci : 1° Misse
Gaspard (Van Verbeeke); ces messes sont au
nombre de cinq. Tous les exemplaires de ce
recueil, connus jusqu'à ce jour, sont incom-
plets; la basse manque à ceux qui sont dans
les bibliothèques impériales de Vienne et de
Saint-Marc de Venise; celui de M. Gaspari de
Bologne, vendu à Paris, en 1862, n'avait pas
de ténor. 2° Fragmenta Missarum. Parmi
ces fragments, on trouve les Credo des messes
de Josquin Deprès qu'on ne possède pas entières
et qui ont pour titres : La belle se sied; De
tous biens; f'illayge (village); Ciaschuu
(chacun) me crie; ainsi que d'autres fragments
des messes Ferialis et de Passione. 3° Deux
autres ouvrages sont cilés sans date par Con-
rad Gesner, dans ses Pandectes, ou deuxième
partie de sa Bibliotheca universalis : l'un est
le deuxième livre d'un recueil de Laudi indi-
qué de celle manière : Laude liber secundus,
ibidem ( Fenetiis per Octavianum Petru -
tium) ; l'autre est intitulé : Frottole de misser
Bartolomeo Tromboncino con tenori et bassi
tabulati, et con soprani in canto figwato.
per cantar et sonar col canto, Fenetiis im-
pressx.
On ignore le motif qui détermina Petrucci
à ne pas user pendant le terme de vingt ans
du privilège qui lui avait été accordé par le
1G
PETRUCCI - PF.TZOLD
conseil de la seigneurie de Venise ; mais il est
certain que, dès 1512 au plus tard, il était re-
tourné à Fossomhrone, et qu'il y avait trans-
porté son imprimerie. Ce qu'on peut pré-
sumer, c'est que ses affaires commerciales
n'avaient pas prospéré à Venise, car dans
l'avant-propos d'un opuscule qu'il imprima
en 1515, il dit qu'il a souffert jusqu'alors de
longues maladies et de revers de fortune (quas
diutina sgritudo, et adversa fortuna adeo
oppressèrent). Quoi qu'il en soit, il obtint du
pape Léon X un privilège de quinze ans pour
exercer son art dans les États romains. Ce
privilège est daté du 22 octobre 1513.
Le premier ouvrage imprimé à Fossom-
brone par Petrucci, en 1515, fut un livre de
messes in-folio, pour le chœur, dont un exem-
plaire se trouve à la chapelle pontificale de
Rome; puis il donna une nouvelle édition des
trois livres de messes de Josquin Deprès, dont
le premier parut en 1514, le second en 1515,
et le troisième en 1516. En 1514, il com-
mença la publication de la collection de motels
intitulée : Moletli de la corona, parce qu'ily
a une couronne royale au frontispice. Le pre-
mier livre fut achevé d'imprimer le 17 août
1514; les trois autres livres ont paru en 1519.
En 1515, le célèbre typographe mitau jour un
livre de cinq messes de Jean Mouton (illissa-
rum Joannis Mouton liber primus), et un
livre de messes d'An toi ne Fevin, qui en contient
une de Robert Fevin et une de Pierre De la Rue,
sous le nom de Pierzon. Cet ouvrage a pour
titrer/use Antonii de Fevin. Le Muséum bri-
tannique possède des exemplaires complets de
ces collections ; ceux de la bibliothèque impé-
riale de Vienne et de la bibliothèque de Saint-
Marc, à Venise, n'ont pas les parties de basse.
Conrad Gesner cite aussi, sous la date de celle
année, une collection intitulée : JUissarum
decem à clarissimis musicis compositarum
necdum antea {exceptis tribus) xditarum
libri duo. Jmpressi Forosempronii 1515. Au-
cune publication connue n'a élé faite par Pe-
trucci pendant les années 1517 et 1518. Dans
une vente qui fut faile à Rome, en 1829, trois
messes, très-grand in-folio, pour le lutrin du
chœur, imprimées par Petrucci à Fossom-
hrone, dans les années 1520-1523, ont été
acquises par une personne inconnue. Ces pro-
duitsétaient de la plus grande beauté sous le
rapport des caractères, du tirage etdu papier.
Après 1523, on ne trouve plus rien de Pe-
trucci : il est vraisemblable qu'il cessa de
vivre dans cette même année, ou peu de temps
après.
PETllUCCï (Ascelo), compositeur dra-
matique, n'est connu que par l'opéra de Nit-
teli, qu'il fit représenter à Mantoue , en
1766.
PETSCHRE (Adolphe-Frédéric), candi-
dat en théologie et directeur de l'Institut des
sourds et muets de la Saxe électorale à Leip-
sick, naquit en 1759, dans celte ville, et y
mourut le 7 avril 1822. Il a publié, sous le
voile de l'anonyme, un supplément à la mé-
thode de piano de Merbach, intitulé : Anhançj
zu Merbachs Clavierschule ; Leipsick, 1784,
in-4°. L'année suivante, il fit aussi paraître :
Fersuch cines Untcrrichts zum Clavier-
spielen (Essai d'une instruction pour l'art de
jouer du piano); ibid., 1785.
PETZ (Jean-Christophe), né à Munich,
dans la seconde moitié du dix-septième
siècle, y fut d'abord attaché comme simple
musicien de la cour, puis entra au service du
prince électoral de Cologne, à Bonn, en qua-
lité de maître de chapelle, et fut en dernier
lieu appelé à Stuttgard, où il mourut en 1716,
avec le titre de maître de chapelle du duc de
Wurtemberg. Il a fait imprimer de sa compo-
tion : 1° Sonate a tre cioè 2 violini, violon-
cello e basso continuo, op. 1 ; Augshourg,
1701. 2° Prodromus optatx pacis, op. 2;
ibid. 7 1705, in-folio. Cet ouvrage consiste en
psaumes à quatre voix, trois instruments et
basse continue. 3° Sonate da caméra a flauti
e basso, op. 5, ibid. 4° Jubilum jVissale;
ibid., 1706 : collection de messes solennelles,
5° Corona stellarum duodecim ; Stuttgard,
1710 : collection de douze motets à quatre
voix, deux violons et basse continue pour
l'orgue.
PETZOLD (Guillaume- Lebrecht), fils
d'un pasteur protestant, est né le 2 juillet
1784, à Lichlenhayn, village de la Saxe (cercle
de Misnie).Son père, voulant lui l'aire embras-
ser une profession à la fois industrielle et ar-
tistique, le conduisit au mois d'avril 1798, à
Dresde, où il entra dans les ateliers deCharles-
Rodolphe-Auguste Wenzky, facteur d'orgues
et de pianos de la cour. Après cinq années
passées en apprentissage chez cet habile ar-
tiste, Petzold partit pour Vienne avec une
lettre de recommandation de Wenzky pour
son confrère Walthcr. Il travailla dans les
ateliers de celui-ci jusqu'au mois de décembre
1805, puis se rendit à Paris, ou il forma, au
mois d'avril 1806, une association avec
J. Pfeiffer (voyez ce nom) pour la fabrica-
tion de pianos, d'après un nouveau système.
Les premiers produits de cette association lu-
PETZOLD - PEVEUNAGE
17
renl un nouvel instrument dans la forme d'un
piano pyramidal, auquel Petzold donna le
nom iVharmonomelo,el unpianolriangulaire,
<|ui furent l'objet d'un rapport favorable d'une
commission composée <le Cherubini, Méhul,
Calel, Gossec et Jadin. A l'exposition des pro-
duits de l'industrie nationale qui eut lieu celte
même année (1806), Petzold rendit public
son nouveau système de tables prolongées
dans les pianos carrés; système alors peu re-
marqué, parce qu'il n'était encore qu'ébau-
ché, mais qui fut cependant le signal de
la transformation complète que le piano a
éprouvée depuis lors, et le précurseur des im-
menses modifications qui se sont aussi opérées
dans l'art de jouer de cet instrument, et
dans la musique qu'on a écrite pour lui. Le
prolongement de la table des pianos carrés
avait pour objet d'augmenter l'intensité du
son; mais il conduisait à un changement
dans la disposition du mécanisme; car il éloi-
gnait les marteaux des cordes, et conséquem-
menl obligeait à allonger leur levier pour les
lancer avec plus de force vers les cordes. Pour
atteindre ce but, Petzold dut substituer un
nouvel échappement libre à l'ancien chasse-
marteau, trop faible pour le levier sur le-
quel il devait agir. Mais l'action des marteaux,
devenue beaucoup plus énergique, exigea des
cordesiplus fortes pour résister à la percus-
sion ; or, la puissance de ces cordes exerça une
force de traction qui rendit nécessaire une
construction plus solide des caisses. De tout
cela résulta une puissance de son auparavant
inconnue, unie au moelleux et à des moyens
nouveaux d'expression. Ce progrès considé-
rable du piano carré fit comprendre aux autres
facteui-s la nécessité de changer aussi le sys-
tème de construction du piano à queue, pour
lui conserver sa supériorité comme piano de
concert ; et dès lors toutes les recherches se
tournèrent vers l'augmentation de la puissance
sonore. C'est donc en réalité à Petzold qu'il
faut rapporter l'honneur de l'émulation qui
s'est développée dans ces recherches depuis
les premières années du dix-neuvième siècle,
car celle émulation commença à l'époque du
succès des pianos carrés à longues tables.
. Le terme de l'association de Petzold et
Pfeiffer étant arrivé en 1814, chacun d'eux
prit un établissement séparé. C'est de celte
époque que date la brillante réputation de
Pelzold pour la fabrication des pianos car-
rés : les meilleurs furent longtemps ceux qui
sortirent de ses ateliers, et M. Pape (voyez ce
nom) fut le premier qui lui enleva la palme,
BlOCn. DHIV. DtS MUSIC1ESS. T. VII.
en joignant à une excellente qualité et à une
grande puissance de son, des conditions par-
faites de solidité.
Plusieurs témoignages de considération ont
élé donnés à Pelzold par des jurys et par
des sociétés savantes.
PEUTINGER (Conrad), philologue et
jurisconsulte, naquit à Augsbourg, le 13 oc-
tobre 1465, et mourut dans la même ville, le
28 décembre 1547. Il cultiva non-seulement
les sciences et les lettres , mais encore les
arts, et particulièrement la musique. On lui
doit la préface d'une intéressante collection
de molels, rassemblée par les médecins Grim-
mius et Wirsung, et qui fut publiée à Augs-
bourg, en 1520, sous le titre de Liber se-
lectarum cantionum quas vulgà Mutetas
appellant.
PEUEPiL (Paul), compositeur allemand,
vécut au commencement du dix-septième
siècle, el fut organiste à Sleyer, en Autriche.
Draudius indique, de lacomposition de cet ar-
tiste : 1° Weltspiegel, das ist : Neue teutsch
Gesxnges, etc. (Miroir du monde, consistant
en nouvelles chansons allemandes joyeuses et
tristes à cinq voix) ; Nuremberg, 1613, in-4°.
2° Quelques pavanes, entrées, gaillardes ,
courantes et danses à quatre parties, appli-
cables à tous les instruments à cordes; ibid.,
1618, in-4».
PEVERNAGE (André), musicien dis-
tingué, naquit à Courtrai, en 1543, el apprit
la musique dans la maîtrise de la collégiale,
où il était enfant de choeur. Plus tard, il ob-
tint le litre de directeur de cette maîtrise. Pa-
quol dit que cet artiste épousa, le 15 juin
1574, une veuve nommée Marie Moeges.
Il est à cet égard en contradiction avec l'épi-
taphedu tombeau de Pevernage, rapportée par
Swerlius (Athenm Belgicx, p. 125), et copiée
par Foppens (Biblioth. Belgix, t. I, p. 56),
où cetle femme est nommée Marie Haecht.
Mais ici c'est Paquot qui est dans le vrai, car
des acles authentiques, qui existent aux ar-
chives de la ville d'Anvers, donnent les noms
de Marie Maeght à la femme de l'artiste dont
il s'agit (1). On ignore les motifs qui firent
abandonner par Pevernage la place de mailre
de musique de la collégiale de Courtrai, pour
la position de maître de chant à la cathédrale
d'Anvers. Quoi qu'il en soit, les dix ou douze
années qu'il passa dans cetle dernière ville
furent les plus brillantes de sa carrière; il y
(I) Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. Ver-
acliler, archivisle de la ville d'Anvers, <|ui, à ma prière,
a bien voulu faire des recherches à ce sujet..
9
i8
PEVERNAGE - PEZ
publia ses propres ouvrages, quelques collcc-
lions de pièces de divers auteurs, dont il diri-
gea les éditions, et établit dans sa maison des
concerts hebdomadaires où il faisait entendre
les plus beaux morceaux des compositeurs
italiens, français et belges. Il mourut à An-
vers, non le 50 juillet 1589, comme on le voit
dans l'épi la plie rapportée par Swertius, et,
d'après lui, par Foppens, mais le 30 juillet
1 591, suivant un document authentique des
actes du chapitre de Notre-Dame d'Anvers,
ci ne M. Léon du Berbure a bien voulu me com-
muniquer (1). Il parait certain que l'épitaphe
rapportée par Swertius est exacte, sauf une
transposition de chiffres par une faute typo-
graphique, et qu'au lieu de M. D. LXXXIX,
il faut lire M. D. LXXXXI; en sorte que cette
épitaphe est conçue comme il suit :
M. André» Pcvernagîo,
llusico excellent!,
Ilujus ecelcsire plionosco,
1:1 Mari» lili.r.
Marin Haecht vidua et FF. M. Pos9.
Obierunt hie XXX Julii, anal. XLVIM..
IIU II Febr. œtat. XII. M. D. LXXXXI.
On connaît de Pevernage les compositions
dont les titres suivent: 1" Chansons à cinq
parties; Anvers, 1574, in-4° oh\.%° Cantiones
sacrx seu motellx G, 7 et 8 vocum ; 1578.
3° Chansons. Livre premier, contenant
chansons spirituelles à cinq parties; à An-
vers, de l'imprimerie de Christophe Plan-
tin, in-4°, 1589. — Livre second de chansons
à cinq parties, ibid., 1590. — Livre troi-
sième, etc., à cinq parties, ibid., 1590. —
Livre quatrième de chansons, à.gix, sept et
huit parties; à Anvers, chez la veuve Chris-
tophe Plantin et Jean Mourendorf, 1591,
in-4°. C'est ce livre pour lequel a été faite
une ordonnance de payement de cinquante flo-
rins, adressée par le magistrat d'Anvers au
trésorier de la ville, et datée du 1 er février
1591 (2). Les héritiers de Pevernage ont
aussi publié les compositions qu'il avait
laissées en manuscrit, sous les titres sui-
vants : 4° JtLissx quinque, sex et sept, voc;
Anvers, P. Phalèse, 1593, in-4 .5° Cantiones
sacrx ad prxcipua ecclesix festa tt dies
{i) Ce document est ainsi traduit littéralement du
flamand par M. de Burburc : ■ Maître André Pevernage,
» maitre de cliant de cette église, est décédé le 30 juillet
» de l'année 1591, vers quatre lieures cl demie avant le
» soir, un peu avant le salut de la sainte Vierge, après
i, avoir été malade fieti iant cinq Semaines, à savoir
■■puis le lendemain de la fête de saint Jean-Bap-
» tisle, etc. »
|2) Celle ordonnance existe aux archives de la wlie
li'AnvtiS.
dominicas totius anni directs, suavissima
harmonia, sex, septem et octo vocibus com-
positx, et tam viva voce, quam omnis ge-
neris instrumentis cantatu commodissimx,
auctore Andrxa Pevernage Cortracensi,
Mariannx xdis Antverpiensis musici chori
prsefeclo ; ibid., 1602, in-4°. Une contrefaçon
de cette édition fut faite dans la même année
à Francl'ort-sur-le-Mein , à l'imprimerie de
Wolfgâng Rechter, aux dépens de Nicolas
Stein, six parties in-4°. G Laudes vesper-
tinas Marix, hymnos venerabilis Sacra-
menti, hymnos sive cantiones Nutalitias 4,
5 et 6 voc; ibid., 1G04, in-4" obi. Quelques
morceaux de Pevernage ont été insérés dans
une collection recueillie par le compositeur
anglais Philipps (voyez ce nom), et publiée
sous ce titre : Melodia Olympica di diversi
eccellentissimi musici a A, 5, 6 e 8 voci ;
Anvers, P. Phalèse, 1594, in-4° obi., ainsi
que dans un autre recueil intitulé : Musica
divina di XLX autori illustri a 4, 5, 6 e 7
voci, nuovamente raccolta da Pietro Pha-
lesio e data in luce ; ibid., 1595, in-4° obi.
Pevernage a rassemblé lui-même une collec-
tion de madrigaux à qualre, cinq, six, sept et
huit voix, sous le litre d'Harmonie céleste,
chansons de différents autetirs ; Anvers, Pha-
lèse, 1583, in-4°; il s'y trouve quelques mor-
ceaux de sa composition. Une deuxième édi-
tion de ce recueil a été publiée sous le titre
italien : Harmonia céleste a 4, 5, fi, 7e 8
voci, nuovamente raccolta per Andréa Pe-
vernage, e data in luce, nella quale si con-
tengono i più eccellenti madrigali che oggi
si cantino; ibid., 1593, in-4° obi.
PEXENFELDEIl (Michel), jésuite, né
en 1G13,à Amsdorff, en Bavière, fil ses études
à Passau, et enseigna la rhéloriqne àLandshut
pendant vingt-deux ans. Il mourut dans cette
ville vers 1680. On a sous son nom un livre
intitulé : Apparatus eruditionis tam rerum'
quam verborum per omnes artes et scientias;
Nuremberg, 1670, in-4°, et Sulzbach, 1687,
in-8°. Il y traite de la musique dans les cha-
pitres 43 e , 48 e et 59 e .
PEZ (jEAN-CniusTomE), organiste de la
collégiale d'Augsbourg, dans les premières
années du dix-huitième siècle, s'est fait con-
naître par quelques ouvrages de musique
d'église, parmi lesquels on remarque celui qui
a pour litre : Prodromus optatx pacis, sive
Psalmi de Dominicis et Beata f irginc in
o/Jlcio L'espertini decantari solili, et secun-
dum genium ac stylum modernum concinno
posili. 4 voc. concert, et tolidem rip. tue-
PEZ - PFEIT1NGER
>;»
non tribus instrumenlis et duplici basso
yenerali. Authorc etc. Opus secundum. Au-
guslx J'indelicorum , lypis Jo. -Christ.
Wagner i, 1703, in-4°.
PEZELIUS (Jean), ou PEZEL, ou même
REZEL, chanoine régulier «Je l'ordre de
Saint-Augustin, naquit en Autriche dans la
première moitié du dix-septième siècle. En
1G72, il entra dans un monastère de son ordre
à Prague; mats il le quitta furtivement l'année
suivante, et se retira àBautzen, où il embrassa
la religion réformée, et où il eut le titre bi-
zarre de fifre de la ville. Adelung assure qu'il
a été directeur de musique de l'école de Saint-
Thomas, à Leipsick. Pezelius était un bon
musicien , fort laborieux, et a publié de sa
composition : 1° Musica vespertina Lipsiaca,
oder Leipzigische Abend- Musik von 1-5
Stimmen; Leipsick, 10G9, in-4°. 2° ffora
décima, ou composition musicale pour jouer
avec des instruments à vent vers dix heures
avant midi, à cinq parties; ibid., 1009, in-4°.
5° Composition musicale pour instruments à
vent, consistant en quarante sonnets à cinq
parties; ibid., 1070, in-fol. 4° Airs sur les
idées abondantes (Arien ilber die iiberflus-
zigen Gedanhen); ibid., 1075, in-fol. 5° Jouis-
sances musicales de l'âme; ibid., lG75,in-4°.
G° Entrées à quatre parties, particulièrement
pour un cornet et trois trombones; ibid.,
1G83, in-4°. 7° Bicinia variorum ut a Viol.,
cornet., flaur., clarinis, et fagotto,cum ap-
pendice a 2 Bombardinis vulgo chalumeau,
clar. et fagotto; Leipsick, 1674, 1675 et 1682,
in-4°. Une deuxième édition de cet ouvrage a
été donnée à Leipsick, en 1685, in-4°. 8° De-
Ucix musicales, ou musique gaie consistant
en sonates, allemandes, ballets, gavottes,
courantes, sarabandes et gigues, à cinq
parties, savoir, deux violons, deux violes et
basse continue; Francfort, 1678, in-4°.
9° Opus musicum sonatarum priestantissi-
marum senis instruments instructum, ut
2 violinis , 3 violis et fagotto , adjuncto
B C; Francfort, 1686, in-fol. 10° Musique à
cinq instruments à vent, consistant en
entrées, allemandes, ballets, courantes, sara-
bandes, etc., pour deux cornets et trois trom-
bones,- Francfort, 1084, in-4°. 11° Entrées en
deux parties; Leipsick, 1070, in-8°. 12° Une
année complète sur les Evangiles, à quatre et
cinq parties instrumentales; ibid., 1678.
13° Musica curiosa Lipsiaca, consistant en
sonates, allemandes, courantes, ballets, etc.,
pour jouer sur un, deux, trois, quatre ou cinq
instruments; ibid., 1686. On a aussi de cet
artiste trois livres très-rares sur la musique
dont l'objet est inconnu, etqui ont pour litres:
1° Observaliones musicx; Leipsick, 1678,
in-4°; idem, ibid., 1083, in-4". 2" Lnfelix
musicus; Leipsick, 1078, in-4°. 5 U Musica
Politico Practica; ibid., 1078, in-4». Ces
trois ouvrages sont cités par i.i\>eim\a(Bibliol.
Enucl., p. 970).
PEZOLD (Gustave), chanleur de la cour
de Stuttgard,est né le 3 juin 1 800, à Mœringen .
Après le décès prématuré de son père, il fui
admis à l'hospice des orphelins de Slutlgard,
à l'âge de dix ans. Il y apprit le chant et le
piano, et débuta au théâtre, avant d'avoir
atteint sa quatorzième année, dans la Flûte
enchantée de Mozart; puis sa voix ayant pris
le timbre d'une bonne basse, il quitta en 1818
l'école où il avait été élevé, et prit un engage-
ment au théâtre de Stuttgard. Des voyages
qu'il a faits depuis 1825 dans plusieurs parties
de l'Allemagne, lui ont fourni les occasions
de chanter avec succès aux théâtres de Berlin,
de Munich, de Hanovre et de la Porte de Ca-
rinthie, à Vienne. Il a été considéré comme un
des bons acteurs allemands, pour son emploi.
PFAFF (Martin), directeur de musique du
régiment de Neugebauer, en garnison à Fri-
bonrg, en 1795, est auteur de la musique de
deux opéras mentionnés dans VAlmanach
théâtral de Gotha (ann. 1796, p. 151), sous
ces titres : 1° Die Lyranten (?); 2° Les Co-
médiens de Quirlevoitsch. Ces ouvrages furent
représentés à Dessau.
Un clarinettiste de la musique du roi de
Prusse et de l'opéra de Berlin, nommé Au-
guste Pfaff, ou Pfaffe, fut vraisemblablement
fils de cet artiste. Il naquit à Dessau, en 1796,
fut admis dans la musique du roi à Berlin, en
1817, et mourut dans cette ville, le 15 fé-
vrier 1834.
J'ignore si Emile Pfaffe, professeur de
piano à Berlin, est de la même famille. Il est
né dans cette ville, a fait son éducation dans
l'école de musique de l'académie des beaux-
arts, et a reçu des leçons de Taubert pour son
instrument. En 1844, il a publié deux pièces
caractéristiques «le sa composition pour le
piano (Berlin, Challier). Je n'ai pas d'autres
renseignements sur cet artiste.
PFEFFjmiGEK (Philippe-Jacques), né à
Strasbourg, en 1700, fit ses éludes de musique
sous la direction de Ph.-J. Scbmidt. En 1790,
les places de maître de musique de la ville et
du Temple neuf lui furent confiées. Ce fut
alors que ses liaisons avec Pleyel, maître de
chapelle de la cathédrale, lui firent faire des
2.
20
PFEFFlNGF.R - PFEIFFEIl
progrès dans la composition. En 1791, il suivit
cet artiste célèbre en Angleterre, et demeura
six mois à Londres, où Haydn se trouvait
alors. Fixé à Paris depuis 1794, Pfetïinger s'y
livra à l'enseignement et à la composition. Il
mourut dans cette ville, en 1821, à l'âge de
cinquante-cinq ans. Parmi ses ouvrages, on
remarque : 1° Grand trio pour piano, cor ou
violon et violoncelle; Paris, Carli. 2° Vive
Henri IF, varié pour piano, violon et violon-
celle; ibid. 5° Sonate concertante pour piano
à quatre mains, op. 16; Paris, Richault.
4° Des fantaisies, des caprices et des pots-
pourris pour piano; Paris, Richault et Carli.
Pfeffinger a écrit, pour l'Académie royale de
musique, Zaïre, opéra en trois actes, qui a été
répété en 1809, mais qu'on n'a pas représenté.
PFEIFFEIl (Auguste), docteur en théo-
logie et surintendant à Lubeck, naquit à
Lauenbourg, en Saxe, le 27 octobre 1640.
A l'âge de cinq ans, il tomba du haut de la
maison habitée parses parents, et parut avoir
perdu la vie quand on le releva. Sa sœur,
voulant le mettre dans le linceul, le piqua par
hasard avec son aiguille, et cet accident le fit
revenir à la vie. Les études qu'il fit aux uni-
versités de Hambourg et de Wiltenberg dé-
veloppèrent en lui le goût des langues orien-
tales : il y fit de grands progrès et en posséda
bientôt, dit-on, un grand nombre. En 1671, il
devint doyen de Meelzibor, en Silésie, puis
il occupa diverses positions à Oels, Stroppen,
Meissen et Leipsick. Appelé à Lubeck, en
1690, il y exerça les fonctions de surinten-
dant, et y mourut le 11 janvier 1698. Dans
ses Antiquitates Hebraicx selectx (Leipsick,
1689, in-12), il traite De Neginoth aliisque
instrumentis musicis Hebrxorum. Cet opus-
cule a été réimprimé dans les Opéra philo-
logica de ce savant, Utrecht, 1704, 2 vol.
in-4°. Ugolini l'a inséré dans son Trésor des
antiquités sacrées, t. XXXII, p. 801. PfeifTer
a aussi traité de la musique dans la thèse qu'il
a soutenue à Wiltenberg pour obtenir le grade
de maître Cs arts, et qu'il a publiée sous le
litre de Diatribe philologica de poesi He-
brxorum veterum ac recentiorum; Wilten-
berg, 1670, in-4".
PFEIFFEIl (Jean-Philippe), docteur en
théologie, naquit à Kœnigsberg, le 19 février
1645, et mourut le 10 décembre 1693. Il a
traité de la musique des anciens dans son
livre intitulé : Antiquitatum grx;orum gen-
tilium sacrarum, potiticanim, mililarium
et aconomicarum libri IF .(Kœnigsberg,
1689, et Leipsick, 1707, in-4°), lit. 2,cup. 64.
PFEIFFEIl (Jean), né à Nuremberg, le
l" janvier 1697, y apprit la musique et con-
tinua l'étude de cet art pendant qu'il suivait
les cours des universités de Halle et de Leip-
sick. Le comte de Reuss l'employa d'abord
comme directeur de sa musique dans sa terre
de Slaitz; mais après six mois de séjour chez
ce seigneur, il entra, en 1720, au service du
duc de Saxe-Weimar, en qualité de premier
violon. Le mérite de ses compositions lui fit
obtenir le titre de maître de concert, en 1726,
et le duc Ernest-Auguste s'en fit accompagner
dans ses voyages en Hollande et en France,
pendant les années 1729 et 1730. En 1734,
PfeifTer reçut sa nomination de maître de
chapelle à Bayrentb, avec le litre de conseiller
de la cour. Il mourut dans celte ville, en
1761, à l'âge de soixante-quatre ans. Cet ar-
tiste a laissé en manuscrit beaucoup de mu-
sique d'église, des pièces de clavecin et des
symphonies pour l'orchestre, qui étaient
estimées en Allemagne vers le milieu du dix-
huitième siècle.
PFEIFFEIl (AuGUSTE-FnÉDÉRic), né à
Erlangen, le 13 janvier 1748, y fut professeur
de langues orientales, bibliothécaire de l'uni-
versité, et conseiller de cour. Il est mort le
15 juillet 1817. On a de lui une dissertation
sur la musique des Hébreux intitulée :
Von der Musik der alten Hebrxer; Erlangen,
1779, in-4° de cinquante-neuf pages et une
planche.
PFEIFFEIl (Tobie-Frédeiuc), né dans le
duché de Weimar, vers le milieu du dix -hui-
tième siècle, se fit acteur d'opéra, en 1778, et
entra dans la troupe de Joseph Seconda; mais
dégoûté de cette profession, après dix-sept
années d'exercice, il se retira à Dusseldorf, et
s'y livra à l'enseignement de la musique, vers
1795. Il vivait encore dans cette ville, en
1805. Cet artiste s'esl fait connaître comme
compositeur dramatique, par un prologue en
musique intitulé : Die Freuden der Iiedli-
chen (les Plaisirs des justes), qu'il lit repré-
senter à Leipsick, en 1789. En 1801, il a fait
graver plusieurs airs variés pour le piano, et
une cantate pour la paix, avec accompagne-
ment de piano.
PFEIFFEIl (Fiiauçois-Antoine), virtuose
sur le basson, né à Windischbach, dans le
Palatinat, en 1750, fut d'abord contrebassiste
à Hannbeim, d'où il passa dans la chapelle de
l'électeur de Mayence. Ce fut alors qu'il
abandonna la contrebasse pour le basson. En
1785, il entra au service du duc de Mecklem-
bourg. Il mourut à Ludwigslusl, en 1792, à
PFEIFFKll
21
l';1gc de quarante-deux ans. On a gravé de sa
composition : Six quatuors pour basson,
violon, alto et basse, op. 1, à Berlin, chez
Ilummel.
PFEIFFER (....), facteur d'orgues à
Stultgard, naquit à Heilbronn vers le milieu
ili\ dix-septième siècle, et fut élève de Frics,
facteur renommé de celte ville. En 1785, il
construisit à Bietigheim un instrument à
deux claviers, pédaleet vingt-deux jeux. Plus
tard il a fait à Stuttgart! plusieurs autres ou-
vrages estimés. Vers 1800, il fabriquait aussi
de petits pianos qui étaient recherchés.
PFEIFFER (J.-M.), musicien allemand,
qui paraît avoir vécu à Mannheim vers 1780,
et plus tard à Londres, n'est connu que par
ses productions, parmi lesquelles on remar-
que : 1° Sonate à quatre mains pour le piano;
Mannheim, Heckel. 2° II Maestro e lo sco-
laro, o Sonata facile a 4 mani per il piano
forte, ibid. Cette pièce a obtenu un brillant
succès en Allemagne, car on en a fait des
éditions à Bonn, à Hambourg, à Hanovre, à
Mayence et à Munich. 5° Trois pièces de con-
cert pour piano, flûte et violoncelle; Londres,
1789, Bland. 4° Douze petites pièces caracté-
ristiques pour le clavecin; ibid. 5° Six chan-
sons anglaises et six ariettes italiennes, avec
accompagnement de piano, 1 er livre; ibid.
6° Idem, 2 me livre; ibid.
Quelques autres musiciens du nom de
Pfeiffer ont publié des compositions de diffé-
rents genres; mais on ne possède pas de ren-
seignements sur leur personne. L'un d'eux,
F. Pfeiffer, professeur de musique à Vienne,
vers 1850, a publié de sa composition des va-
riations pour violon; Vienne, Haslinger; idem
pour flûte avec piano; Vienne, Mechetti;
idem pour czakan, avec piano, sur un thème
«lu Siège de Corinthe, op. 21 ; Vienne, Cappi;
des pièces de guitare; ibid.; des variations
pour piano, op. 8; Vienne, Mechetti; des
danses et valses; Vienne, Weigl et Artaria ;
un trio pour violon, alto et guitare, op. 16;
Vienne, Czerny, etc. Un flûtiste, nommé
A. Pfeiffer, qui paraît aussi demeurer à
Vienne, a, dans les dernières années, publié
quelques morceaux pour son instrument.
G. Pfeiffer, pianiste à Berlin, vers 1840, est
auteur de plusieurs œuvres pour le piano,
parmi lesquelles on remarque une étude bril-
lante en forme de fugue, Berlin, Paez.
PFEIFFER (Michel-Traucott) , né à
WUrzbourg dans la seconde moitié du dix-
huitième siècle, a mérité que son nom fût
transmis à la postérité par ses travaux pour
la réalisation des vues de Pestalozzi concer-
nant l'enseignement de la musique, et par
l'organisation de cet enseignemeut dans
l'Institut d'Yverdun, en 1804. On trouvera
dans la notice sur Nœgeli (voyez ce nom) la
division imaginée par Pfeiffer pour rendre plus
facile la conception des éléments de la musique.
Dès 1809, Naegeli fil connaître les procédés de
ce professeur, dans un petit écrit intitulé :
Die Pestalozzische Gesangbildunglehre nach
Pfeiffers Erfindung (la méthode de chant
pestalozzienne, d'après l'invention dePfeiffer).
En 1810, les éléments du travail de PfeifTer
furent réunis et mis en ordre par Nœgeli, qui
en forma un volume dont on peut voir l'ana-
lyse dans la notice de celui-ci. Plus tard, on
a aussi publié sous les noms de Pfeiffer et
Naegeli un recueil de tableaux pour les écoles
populaires de musique, sous le litre: Musica -
UschesTabellenwerk fur Folkschulen zurHer-
ausbildung fiirden Figuralgesang ; Zurich,
1828. On manque de renseignements sur la
fin de la carrière dePfeiffer; on sait seule-
ment qu'il vivait encore à Lenzbourg (Suisse)
en 1842, dans un âge avancé : il y avait établi
une école de musique qui avait prospéré.
PFEIFFER (J.), né à Trêves, en 1769,
exerça d'abord la profession de tourneur,
puis entra dans l'alelierd'un facteur de pianos
à Schelestadt, alla se fixer à Paris, vers 1801 ,
et y établit une manufacture de ces instru-
ments. En 1806, il forma une association
avec Petzold (voyez ce nom) , et fut spécia-
lement chargé de la partie commerciale de la
maison qu'ils établirent pour ce genre de
fabrication. Séparé de Petzold, en 1814,
Pfeiffer se fit alors une honorable réputa-
tion par ses pianos carrés à deux cordes.
Vers 1850, il a fait connaître un petit instru-
ment de son invention, sous le nom de Har-
polyre; il le croyait destiné à remplacer
avantageusement la guitare, parce qu'il était
aussi portatif et offrait plus de ressources et
des sons plus puissants : cependant, la har-
polyre n'a point eu de succès. Pfeiffer a
exhibé ses instruments dans les diverses ex-
positions des produits de l'industrie française,
et a fait imprimer un Mémoire adressé à
MM. les membres composant le jury de l'ex-
position de 1823 (Paris, in-4° de seize pages),
où il rendait compte de ses travaux depuis
1806. Pfeiffer est mort à Paris, vers 1858.
PFEIFFER (madame Clara-Virginie) ,
pianiste distinguée et professeur de piano,
à Paris, née à Versailles, au mois d'avril
1816, est élève de Kalkbrenner et de Chopin.
•22
PFEIFFER - PFEl'NIGER
Aii nombre des ouvrages publiés par celle
artiste, on remarque : 1° Six études pour
piano, sous le titre d'Esquisses musicales,
op. 1; Paris, Chabal. 2° Quatre nocturnes
idem, œuvres 2, 3, 4; Paris, Clialial, Heu, elc.
5° Duo pour piano et violon, avec Apollinaire
Konlski; Paris, Aulagnicr. 4" Duo pour deux
pianos sur Guillaume Tell; Paris, Brandus.
3° Sonate pour piano seul, op. 9; Paris, Heu.
PFEIFFER (Georges-Jean), fils de la
précédente et pelil-neveu du facteur de pianos
J. Preiffer, dont son père (Emile Pfeiffer) l'ut
associé, est né à Versailles, le 12 décembre
1835. Élève de sa mère pour le piano, il a
reçu d'elle les traditions de l'école pure et
classique de Kalkbrenner ainsi que des déli-
catesses poétiques qui firent de Chopin un
pianiste à part. Maleden et M. Damcke (voyez
ces noms) ont été ses maîtres de composition.
Ses débuts à Paris, comme exécutant et
comme compositeur, ont été brillants : il a de
la fougue, du feu d'artiste et le désir de se
maintenir dans la route des maîtres; ce qui
est d'un bon augure. Laissant à part les exa-
gérations des journaux, qui ne connaissent
que l'enthousiasme ou le dédain et manquent
toujours de mesure, parce que ceux qui les
écrivent n'ont pas les connaissances néces-
saires pour l'appréciation juste, laissant, dis-
je, de côté leurs éloges hyperboliques, je crois
qu'il y a en Georges Pfeiffer l'étoffe d'un
artiste de valeur, et que l'étude sérieuse des
modèles classiques achèvera ce que l'instinct
a commencé. Je connais de lui un trio (en sol
mineur) pour piano, violon et violoncelle, et
je viens de lire ses concertos; ces ouvrages
ontsuffi pour nie faire juger que l'auteur a du
sentiment, de la clarté dans les idées, et que
lorsque la véritable originalité viendra se
joindre à ce qu'il possède déjà, il produira de
bons ouvrages. Dans les productions que je
viens de citer, il y a trop de notes, trop de
recherche d'effets qu'on appelle aujourd'hui
symphoniques ; le simple y manque; mais la
simplicité et l'originalité vraie, dont je parle,
sont les qualités qui font les grands maîtres :
on ne les possède pas à vingt-six ans, à moins
d'être Mozart. En 1802, Georges Pfeiffer a
donné, dans la salle Pleyel Wolff, un concert
où il a exécuté son trio, quelques autres com-
positions dans la manière de l'époque actuelle,
i'i a fait entendre un opéra de salon intitulé
le Capitaine Roch : tout cela a été fort ap-
plaudi. Dans la même année, il s'est rendu à
Londres, au moment de l'exposition interna-
tionale, et a joué son deuxième conccrlo (en
7ni bémol) avec orchestre, dans un concert
donné à Sainl-James-Hall : il y a obtenu un
chaleureux succès. Des éludes, des JWazurkes
et d'autres bluettes ont été ses premiers ou-
vrages. Son premier concerto pour piano et
orchestre, op. 11, est sa première production
sérieuse (Paris, Gambogi) : il en a extrait un
rondeau pastoral, qui a particulièrement
bien réussi. Puis est venu son trio, œuvre 14,
dont j'ai parlé ci-dessus (Paris, Brandus),
puis son second concerto, op. 21. On cite de
lui de petites choses remarquables par le
charme, entre autres la Ruche, op. 18 (Paris,
Gérard). Au nombre de ses ouvrages inédits
est une ouverture de Phèdre, pour orchestre.
PFEIL (Jean-Auguste), magisler et pas-
leur à Corbelha, près de Mersebourg, a fait
imprimer un sermon qu'il a prononcé, en
1823, à l'occasion de l'inauguration de l'orgue
dans l'église de ce lieu, sous ce litre : Die
Orgel. Eine AUarrede und Predif/t bei der
Einweihung der Orgel am Kirchweihfe$t
1823 in derh'irche zu Corbetha; Mersebourg,
1824, in 8° de seize pages.
PFEILSTICliEU (François), clarinet-
tiste allemand, chef de musique du 7 mc ré-
giment d'infanterie, en garnison à Paris pen-
dant les années 1802 et 1803, a fait graver de
sa composition : 1° Concerto pour clarinette,
op. 1 ; Paris, Pleyel. 2" Des valses pour divers
instruments; ibid. 5° Conccrlo pour flageolet
avec orchestre ; ibid.
PFEIVD^EU (Henri), organiste de la
cathédrale de WUrzbourg, dans la première
moitié du dix-septième siècle, naquit à Holl-
feld (Bavière). Il s'est fait connaître par une
collection de motets, en trois livres, laquelle
a pour litre : DIotectorum binis, ternis, qua-
ternis, quitus, senis, septenis, octonisque
vocibus concincudorum liber primus. ffen-
rici Pfendenri /folvendensis reverendissimi
et illust. principis ac Domini D. Philippi
Adolphif rpiscopi J'irceburgensis, Francise
orientalit ducisorganista. f'irccbitrgi, typis
ac sumptibus Joannis Volinari, 1623, in-4".
Le second livre, qui a le même titre, a paru chez
le même, en 1024, et le troisième, en 1025.
PFENNINGER (Jean-Conrad .prédicateur
à l'église de Saint-Pierre de Zurich, naquit
d.ins celte ville, le 15 novembre 1747, et y
mourut le 11 septembre 1702. Après sa mort,
on a publié un ouvrage dont il avait laissé le
manuscrit, et qui a pour titre : Privfe an
Nicht-Mvsiher, ueber Musik als Sache der
Menschheit (Lettres sur la musique à un
homme qui n'est pas musicien, comme pro-
PFENNIGER — PHALÈSE
(diction dePhumanilé); Zurich, 1792, gr. in-8°
de cent quarante pages. Ce livre intéressant
renferme vingt-huit lettres concernant la
puissance et les effets de la musique.
PFISTER (Jacoues), facteur d'instru-
ments, né à Offerbaum, près de WUrzbourg,
le 1 er janvier 1770, exerça d'abord la profes-
sion de menuisier, et travailla à Mayence, à
Mannheim, et en dernier lieu à Vienne, où il
s'instruisit dans la fabrication des pianos chez
Wallber et Brodmann. En 1800, il établit une
fabrique d'instrumenls à WUrzbourg, et il a
été depuis lors considéré comme un des bons
facteurs de pianos de la Bavière.
PFISTER (Jules), lénor du théâtre royal
de Berlin, né à Ofen, le 25 juillet 1817, est
fils d'un bijoutier de cette ville. Instruit dans
l'art du chant dès sa jeunesse, il se fit entendre
dans les concerts, et les succès qu'il y obtint
le décidèrent à se vouer à la carrière du
théâtre. Après avoir subi, en 1836, un examen
an théâtre Ksernlnerlhor de Vienne, il y fut
admis comme élève. Basadonna, Otto Nicolai
et Gentiliuomo furent tour à tour ses profes-
seurs de chant. Ses éludes étant terminées, il
eut un engagement au théâtre Raerntnerlhor.
Dans les années 1843 et 1844, il fit des
voyages à Berlin et y joua avec succès dans
plusieurs ouvrages. Le 16 avril 1844, il con-
tracta un engagement avec le théâtre royal de
cette ville ; il y chantait encore, en 1860, et y
avait la réputation d'un bon ténor.
PFISTERER (K.-L.), compositeur de
musique d'église né à Munich, devint organiste
à Vevay, où il vivait en 1832. On n'a pas
d'autre renseignement sur cet artiste, qui
n'est connu que par quelques-uns de ses ou-
vrages, dont voici les titres : 1° Deutsche
Messe fur den heil. Ostertag , etc. (Messe
allemande pour le jour de Pâques, à une voix
cl orgue, avec trois voix d'accompagnement
ad libitum, op. 9); Munich. , Sidler.2° Messe
allemande pour une voix obligée et trois voix
ad libitum, deux violons, deux clarinettes,
deux cors , contrebasse et orgue, op. 10 ;
Munich, Aibl. 5" Six chants allemands pour
la semaine sainte, à quatre voix et orgue ;
ibid.
PFLEGER(Acgustin), musicien allemand,
qui vivait versle milieu du dix-septième siècle,
l'ut d'abord maître de chapelle de l'électeur de
Saxe, puis alla, vers 1665, diriger la musique
de la chapelle du duc de Holstein-Gotlorp, et
se fixa ensuite à Schlackenwerlh en Bohême.
On a de sa composition : Psalmi. Dialoiji et
Moteltx; Dresde, 1661, in-4°. Il a laissé
aussi en manuscrit : Biciniu et Tricinia in
parochius dominicas et f estivales.
PFRELliMDER (Jean-Christophe), cantor
à l'église et au gymnase de Heilbronn, au com-
mencement du dix-septième siècle, a fait im-
primer un petitlraité élémentaire suriechanl
sous ce titre : Richtige Unterweisung zur
Singkunst (Instruction exacte sur Part du
chant); Strasbourg, 1629, deux feuilles in-8".
PFUHL (Abraham), né à Nuremberg le
6 décembre 1681 , y commença ses études
qu'il termina à l'université d'AItdorf. Après
avoir rempli pendant cinq ans les fonctions
de cantor à Furth, près de sa ville natale, il se
fixa à Nuremberg, en qualité de professeurde
clavecin et de contrepoint. Il mourut le 15juil-
let 1723, à l'âge de quarante-deux ans. Plu-
sieurs cantates et des pièces de clavecin ont
été publiées par lui, à Nuremberg.
FIIALÈSE (Pierre), en latin Phalesius,
célèbre imprimeur et éditeur de musique, na-
quit à Louvain, vers 1510, d'une famille hono-
rable dont le nom flamand était Fan derPha-
liesen (1). M. Van Even {voyez la note ci-
dessous) pense que le typographe dont il s'agit
était fils d' Arnould Van der Phaliesen, qui
succéda, en 1499,àGillesStuerbout, en qualité
de peintre de la ville de Louvain. S'il en est
ainsi, Arnould Van der Phaliesen devait
être fort âgé lorsqu'il eut ce fils, car il exécu-
tait déjà des travaux de son art dans Phôlel
de Charles le Téméraire, à Bruges, en 1468
et sans doute il n'avait pas alors moins de
vingt-cinq ans. Dans la note qu'il a bien voulu
me fournir, M. Van Even ajoute que Pierre
Van der Phaliesen, ou Phalesius, s'associa
avec Martin Baymakers (voyez ce nom), ou
Rotarius (2), libraire, pour la publication des
œuvres de musique, que leur boutique existait
à Louvain dès 1550, et que Benier Velpen, ou
Benerius Velpius, de Diesl, imprimeur à Lou-
vain, travailla pour eux. Il y a quelques diffî-
(1) M. Edouard Van Even, archiviste delà ville de
Louvain, qui, à ma prière, a bien voulu faire des
recherches sur l'imprimeur et éditeur Phalèse, dans le
dépôt dont la garde lui est confiée, a trouvé qu'en 1384,
Jean Van der Phaliesen fut reçu bourgeois ou poorter
de cetteville. En 1426, un autre ,/ean Van der Phaliesen,
pu Joliannes Phalesius, était curé ou parochiaen de
l'église de Saint-Pierre. Par acte du20juindeeette même
année, il fut nommé membre de l'administration de
l'Université, nouvellement érigée , et qui bientôt devint
célèbre.
(2) Iiaymakers, en flamand, comme rotarius, ou
roderius, dans la basse latinilé, signifiait charron, ou
faiseur de roues de voiture ou de charrette (voyez Itu-
c;nige, me. lioderius et Rotarius), Le vieux mot Itodier,
de la langue romane, avait la même signification.
24
PHALÈSE
collés à l'égard de ces faits ; et d'abord le
plus ancien ouvrage connu maintenant comme
ayant été mis au jour par Phalesius, a pour
titre : Carminum que chehj vel tesliludine
canunlur, trium, quatuor vel qui tique par-
lium liber secundus , et qu'au bas du fronti-
spice on lit ces mots : Lovanii, upud Pelrum
Phalesium bibliopolam, annolil. D. XL VI.
A la dernière page se trouve cette souscription :
Lovanii. Ex officina Servatii Zasseni Dies
tensis, anno 1546. On voit qu'alors Phale-
sius n'avait pas d'associé, et que Servaes Zas-
sen, de Diest, était son imprimeur. An troi-
sième livre de cette même collection de pièces
de luth, publié au mois de décembre de la
même année, le nom de Phalesius parait aussi
seul (Lovanii, apud Petrum Phalesium bi-
bliopolam juralum) ; mais l'imprimeur n'est
plus le même, car on lit à la dernière page :
Lovanii, excudebat Jacobus Battus, typo-
graphusa Cxs.Maj. admissus, 1546, men.
decemb. Ce même troisième livre a été repro-
duit avec ce titre français : Des chansons et
motetz reduietz en tabvlature de Luc (sic), à
quatre, cinque et six parties, livre troixiesme
(sic), composées par l'excellent maistre Pierre
de Teghi Paduan. A Lovvain, par Pierre
Phaleys , libraire iure , nel an de grâce
MDXLVII, avec grâce et privilège à trois
ans. On voit que Phalesius a lui-même fran-
cisé son nom d'après le latin ; plus tard, il l'a
orthographié Phalèse. Le privilège de trois
années obtenu par cet éditeur, et mentionné
pour la première fois en 1547, devait finir
vers la fin de 1549; l'association dont parle
M. Van Even n'a donc pu commencer qu'en
1550; mais jusqu'à ce jour (186-3) aucun ou-
vrage portant les noms de Phalèse et de Ray-
makers n'est connu. 11 est vrai qu'il existe une
lacune de quatre années (1548-1551) dans la
série des publications du premier de ces édi-
teurs. Enfin, l'association dont il s'agit n'a pu
se prolonger au delà de 1551, car une collec-
tion de fantaisies pour le luth qui existe dans
la bibliothèque de Dunkerque, et que M. De
Conssemaker a fait connaître (1) sous le litre :
Jlorlus Musarum, in quo tanquam flosculi
quidam seleclissimarum carminum coltecti
sunt exoplimis quibusque auctoribus, etc.,
porte seulement au bas du frontispice : Collec-
lore Petro Phalesio. Lovanii, apud Phale-
sium bibliopolam juratum, 1552. Il en est
de même de toutes les publications poslé-
[\) Kolice des collections musicales de la Bibliothèque
île Cambrai, pages 100 cl 107.
rieures à celte date, qui ont été faites à Lou-
vain par le même.
Jusqu'en 1556, les œuvres de musique pu-
bliées par Phalèse sortirent des presses de
divers imprimeurs de Louvain ; vers la fin de
celle année lui-même organisa une imprimerie
musicale. Le premier ouvrage dans lequel on
le voit figurer comme libraire et comme typo-
graphe a pour titre -.Missa cum quatuor vo-
cibus. Ad imitationem cantilenx Miséri-
corde , condita. Auctore D. Clémente non
papa. Lovanii, ex typographia Pétri Pha-
lesii bibliopol. M. D. LVI. Cum gratia et
privilegio Régis, in-fol. Les quatre parties
sont imprimées en regard et en grosses notes
dans ce volume. Les autres messes du célèbre
compositeur belge Clément non papa (voyez
ce nom) ont paru de la même manière, chez
Phalèse, danslesannées suivantes, jusques et y
compris 1560. Des exemplaires de cette raris-
sime collection se trouvent dans la biblio-
thèque impériale, à Vienne, et dans celle des
Jésuites, à Cologne. Le superbe recueil des
Magnificat de Guerrero (voyez ce nom) est
sorti des mêmes presses en 1563, gr. in-fol.
On considère généralement les motels et
chansons à trois voix de Gérard de Turnhout
(Sacrarum acaliarum cantionum trium vo-
cum) , publiés en 1569, comme le dernier pro-
duit de l'imprimerie de Phalèse, à Louvain;
mais c'est une erreur, car en 1570, il publia
une collection intitulée : Prœstantissimorum
divins musices auctorum Misx decem, qua-
tuor, quinque et sex vocum, in-fol., où l'on
trouve des messes de Créquillon, d'Orland de
Lassus, de Gérard de Turnhout et de Clément
non papa; en 1571, il imprima les Sacrarum
cantionum quinque et octo vocum de Jean de
Castro, et continua ses travaux pendant plus
de quinze ans encore. J'ai vu un recueil inti-
tulé : Canzoni scelti di diversi eccellen-
tissimi musici a 4 voci. Lovanii, apud
Petrum Phalesium, 1587, petit in-4 u oblong.
L'opinion générale, même à Louvain, est que
Phalèse alla s'établir à Anvers vers 1574, et
forma une association avec Jean llellère, pour
la continuation de ses publications musicales.
En cela, il y a confusion; Phalèse et Bellère
s'associèrent en effet en 1572, mais chacun
resta dans la ville où était le centre de ses af-
faires, ainsi que le prouvent les ouvrages dont
voici les litres : Een duylsch Musyckboeck
daerinne begrepen syn vêle schoonc liedekens
met vier, met vyfendc zes partyen (Livre
de musique flamande, dans lequel sont conte-
nues plusieurs belles chansons à quatre, cinq
Pli ALÈSE - PUANT Y
22
et six parties). Tôt Loven, by Peeter Phale-
sixs, ende V Antiverpen, by Jan Bellerus,
I572,in-4°obl.— LaFUur des chansons àtrois
parties, contenant un recueil produit de la
divine musique de Jean Castro, Severin
Cornet, Noé Baignent, et autres excellents
(tuteurs, mis en ordre convenable suivant
leurs tons. A Louvain, chez Pierre Phalèse,
et à Anvers, chez Jean Bellère, 1574, in-4°
oblong. — Chansons, odes et sonnets com-
posés par Pierre Ronsard et mises en mu-
sique , à quatre, à cinque et huit parties, par
Jean de Castro. A Louvain, chez Pierre Pha-
lèse, imprimeur ; à Anvers chez Jean Bel-
lère, 1570, in-4°oI)I. Ainsi que je l'ai dit dans
la notice de Bellère (voyez ce nom), ce fut un
(ils de Phalèse, nommé Pierre comme lui, qui
se rendit à Anvers en 1579, et forma une so-
ciété nouvelle avec le libraire dont il s'agit.
La similitude de nom et de prénom a causé
Terreur des écrivains à ce sujet. La date de la
mort de Pierre Phalèse père n'est pas connue.
PHALÈSE (Pierre), fils du précédent, né
à Louvain, travailla d'abord dans la maison
paternelle comme imprimeur et comme li-
braire, puis s'établit à Anvers, vers 1579, et y
devint l'associé de Jean Bellère, pour la pu-
blication des oeuvres de musique. Les plus an-
ciens produits connus de celte association
sont : l°Une réimpression du livre de musique
flamande qui avait été publié à Louvain en
1572, et qui reparut à Anvers, Tôt Jan Bel-
lerus ende Peeter Phalesius, 1582, petit in-4°
oblong. 2° Nusica divina di XIX aulori
illuslri à 4, 5, G et 7 voci, nuovamente da
Pietro Phalesio raccolta, et data in luce,
nella quale si contengono i piu eccellenti
madrigali, che hoggidi si cantino. In An-
versa appresso Pietro Phalesio et Giovanni
Bellero, 1583, in 4° obi. Ce livre est la pre-
mière publication de madrigaux italiens qui
fut faite en Belgique. Les auteurs des morceaux
réunis dans ce recueil sont en partie Belges
et en partie Italiens; parmi les premiers,
on remarque Faignent, Orland de Lassus ,
Jean de Macque, Philippe de Monte, Cyprien
Bore et Giacches de Wert, et les compositeurs
italiens sont Conversi, Ferabosco, Ferretli,
André Gabrieli, Manenti, Jean-Marie Nanini,
Paleslina (sic), Al. Slriggio, Vespa et Pietro
Vinci. Plus lard, les presses de Phalèse furent
particulièrement occupées par la musique ita-
lienne dont la mode s'était introduite dans le
pays; c'est ainsi que la Melodia olimpica di
diversi eccellentissimi musici, recueillie par
le musicien anglais Pierre Philips, et publiée
parles mêmes imprimeurs et libraires, ren-
ferme des morceaux de vingt-quatre composi-
teurs italiens, et qu'on y trouve seulement les
noms de Jean de Macque, de Pevernage, de
Jean de Turnhout, de Corneille Verdonck et de
Jacques de Wert parmi les Belges, ainsi que
celui du collecteur Philips. La plupart des
grands musiciens de la Belgique avaient cessé
de vivre, et la vogue dont leurs ouvrages avaient
joui pendant près d'un siècle avait cessé. Tel
fut l'engouement des amaleurs de la Belgique
pour la musique venue d'Italie, dans les der-
nières années du seizième siècle et au com-
mencement du dix-septième, que Pierre Pha-
lèse fit des arrangements avec Angelo Gardane
pour lui acheter en nombre des collections de
madrigaux italiens, alors célèbres, sous les
titres de 77 Lauro J'erde, et i TriomfidiDori,
sous la condition d'en changer le frontispice
et d'y mettre son nom et son adresse. Ces
exemplaires se reconnaissent facilement à
l'impression italienne, alors fort dégénérée de
son ancienne splendeur, et à la mauvaise qua-
lité du papier. Phalèse donna lui-même plus
tard de meilleures éditions des mêmes recueils.
En 1598, lenomde Jean Bellère disparaît, par
suite de son décès, des éditions publiées par Pha-
lèse, qui reste seul imprimeur de musique à
Anvers, à l'exception de l'ancienne maison
Plantin. Lui-même cessa de vivre vers la fin
de lG17ou au commencement de l'année sui-
vante, car un recueil de Cantici novi a due
voci con basso per Vorgano, publié en 1618,
porte l'adresse de Magdalena Phalesio nella
tipograpa Phalesia. Cette fille de Pierre
Phalèse continua d'imprimer de la musique
jusqu'en 1050 et mourut dans un âge avancé.
Après elle, l'imprimerie de musique de Pha-
lèse se maintint par les soins de ses héritiers
de la troisième génération, car je possède des
Sinfonie boscarecie a violino solo e basso,
di Marco Uccellini , publiées in Anversa,
presso i Ileredi di Pietro Phalesio, al Rè
David, 1G69, in-4°.
PIIALETUS (Jérôme), de Senones, écri-
vain du seizième siècle, est auteur d'un poëme
De Laude Musicx, dont Bordenave rapporte,
dans son livre : De l'estat des églises cathé-
dralesetcollégiales{p. 557), ces premiers vers :
Musica turbatas animas, agrumqtte dolorem
Sola levât, merilo divumque liominumqucvoluplas.
PHAIS'TY (....), chef d'orchestre, d'abord
attaché, vers 1785, à la troupe ambulante de
Tilly, puis, en 1794, et dans les années sui-
vantes, au théâtre de Schleswig. Il a écrit la
musique des opéras ; 1° Doclor Faust's Leib-
26
PHANTY - PI1IL1D0R
giirlel (la Ceinture «lu docteur Faust). 2° Don
Sylvio de Rosalva, représenté au théâtre de
Schleswig, dans le mois de février 179G.
ô° Quelques ballets.
PHÉMIUS, d'Ithaque, musicien célébré
par Homère (Odyss., lib. 1, v. 154 ; lib. 17,
v. 263; lib. 22, v. 231), qui le représente
comme un chantre inspiré des dieux. C'est lui
qui, par le chant de ses poésies mises en mu-
sique, égayait les festins des amants de Péné-
lope. Euslalhe (in Odyss., lib. 3, p. 1566, éd.
Rom.) dit qu'il était frère de Démodoque, qu'il
accompagna Pénélope à Ithaque lorsqu'elle
alla y épouser Ulysse, et qu'il était auprès de
cette princesse en la même qualité que son
frère auprès de Clylemnestre. L'auteur de la
vie d'Homère, attribuée à Hérodote, assure
que Phémius s'établit à Smyrne, qu'il y en-
seigna la grammaire et la musique, et qu'il y
épousa Crithéise, qui d'un commerce illégi-
time avait eu pour fils Homère même, dont
l'éducation futdirigée par Phémius, qui l'avait
adopté.
PHILAGIUS (Carolus) dont le nom ita-
lien était Filago, organiste de la cathédrale
de Parme, au commencement du dix-septième
siècle, naquit à Rovigo. On connaît de lui :
Sacrarum cantionum duarum, trium, qua-
tuor, quinque et sex vocum liber tertius. Ex
quibus aliquot instrumentis musicis conci-
nuntur. Carolo Philago Rodigino in calhe-
drali Parmensis organista auctore. Cum
basso ad organum. Veneliis, apud Barlh.
Magni, 1619, in-4°. J'ignore les dates des
deux premiers livres de ces motels.
PH1LALETI1ES. Voyez REBS (Ciiré-
tien-Gottlob).
PHILAMMON, de Delphes, était frère
jumeau d'Autolyque, aïeul maternel d'Ulysse.
Le scoliasted'Apollonius de Rhodes dit, d'après
Phérécyde, que ce fut lui et non Orphée qui
accompagna les Argonautes dans leur expédi-
tion. Philammon fut le deuxième qui rem-
porta, aux jeux pylhiques, lesprixde poésie et
de musique. Plutarque lui attribue l'institu-
tion des chœurs de musique dans le temple de
Delphes, et la composition de plusieurs airs
ou chants appelés Nomes, dont il ne parait
pas cependant avoir été l'inventeur.
PHILIBEBT JAMBE DE FER .Voyez
J YMBE-DE-FER (Philibert).
PIIILIDOR (Michel DANICAN), musi-
cien de la chapelle de Louis XIII, né dans le
Dauphiné vers le commencement du dix-
septième siècle, se livra dans sa jeunesse à
l'étude du hautbois, cl y acquit une habileté
jusqu'alors inconnue en France. Arrivé à
Paris, il se fit entendre devant Louis XIII qui,
charmé de son talent, dit qu'il avait retrouvé
m» second Philidor. Ce Philidor, ou plutôt
Filidori, de Sienne, était un célèbre hautboïste
qui avait joué à la cour quelques années au-
paravant. Depuis ce temps, le nom de Phi-
lidor resta à Danican, qui le transmit à sa
famille, et qui, admis dans la chapelle du roi,
se fixa à Paris, où il mourut dans un âge
avancé, laissant deux fils dont les notices se
trouvent dans les articles suivants.
PHILIDOR (Michel DANICAN), fils
aîné du précédent, né à Paris, vers 1635,
hautboïste comme son père, fut attaché, en
1658, à la chapelle du roi et à sa musique
particulière. Il a composé la musique du
ballet Diane et Endymion, et des opéras la
Princesse de Crète, et le Mariage de la
grosse Cateau, qui se trouvaient dans le
vingt-cinquième volume d'une collection ma-
nuscrite de musique française dédiée à
Louis XIV par son frère (voyez l'article sui-
vant). Il eut deux fils et une fille, nommés
Michel, François et Fanchon Philidor (voyez
ces noms). La Borde, qui confond cet artisle
avec son fils aîné, lui donne pour fils le com-
positeur François-André Danican Philidor,
né en 1726; en sorte qu'ayant au moins vingt
ans, en 1658, lorsqu'il entra dans la musique
du roi, il aurait été âgé d'au moins quatre-
vingt-onze ans à la naissance de ce fils. Son
frère n'était pas Pierre Danican, comme le
dit le même écrivain, mais André.
PHILIDOR (André DANICAN), second
fils de l'ancien Michel, fut admis dans la mu-
sique du roi comme violiste, en 1671. Ayant
obtenu sa vétérance, en 1703, il eut le titre de
noteur et de garde de la musique de la cha-
pelle et de la chambre du roi. André Danican
Philidor avait été marié deux fois et avait eu
de son premier marige deux fils, Pierre et
Jacques, dont on trouvera ci-après les notices,
et une fille, qui fut aussi musicienne. Ayant
obtenu la pension pour ses longs services, il
se retira à Dreux (Eure-et-Loir), en 1724; et,
quoique âgé de soixante-treize ans, il épousa,
dans l'année suivante, Elisabeth LcRoy, jeune
fille de dix-neuf ans, dont il eut huit enfants.
Au moment de la naissance de l'aîné de ceux-
ci, François- André Danican Philidor,
célèbre compositeur, dont on trouvera plus
loin la notice, la fille aînée d'André, issue de
son premier mariage, était âgée decinquanle-
six ans. André mourut à Dreux, vers la fin de
1735. Le nom de cet artiste mérite d'être ton-
PHILIDOR
27
serve pour un éminent service rendu à l'his-
toire de la musique, par une collection de
monuments de la musique française qu'il
copia de sa main, et qu'il dédia à Louis XIV (1).
Celle collection, recueillie après la révolution,
a été transportée à la bibliothèque du Conser-
vatoire; malheureusement un accident en a
fait perdre plusieurs volumes. Toule la mu-
siquecontenue dans cette collection est en par-
tition, avec l'indication des instruments alors
en usage. Le premier volume renferme les
airs les plus anciens (depuis 1540) de la Bre-
tagne, du Poitou, de la Champagne et de la
Lorraine; les airs composés pour des circon-
stances remarquables des règnes des rois de
France, depuis Henri III jusqu'à Louis XIV;
quelques morceaux des anciens rois des violons,
tels que Constantin et Dumanoir. Les 2 e et 3 e
volumes contiennent la musique des ballets
dansés à la cour depuis 1582 jusqu'en 1649.
Les volumes depuis le n° 4 jusqu'au seizième
renferment la musique des grands ballets qui
ont été dansés à la cour au commencement du
règne de Louis XIV, et antérieurement à
l'établissement de l'Opéra. Quelques volumes
renferment la musique originale des comédies
de Molière. On trouve, dans d'autres, la mu-
sique des ballets qu'on dansait au collège des
jésuites : cette musique est de Beauchamps,
de Desmatins et deCollasse. Parmi les volumes
égarés, on regrette les dix-septième et vingt-
sixième qui contenaient les airs composés par
les violons de la grande bande des vingt-qualre,
sous Louis XIII et Louis XIV, ainsi que le
vingt-cinquième, où se trouvaient les compo-
sitions des membres de la famille Philidor.
Pour plus de détails, voyez ma notice sur
cette collection, dans le deuxième volume de
la Revue musicale (pages 9-15).
(1) Dans un travail sur Les livres rares et leur destinée,
inséré dans la Revue de musique ancienne et moderne,
publiée par M. Nisard (n° 8, p. 474), M. Farrenc a fait
la remarque que j"ai attribué à Michel Philidor cette
collection de musique manuscrite (Revue musicale,
tome II, ann. 1827-1828), et que je me suis mis en con-
tradiction avec moi-même à l'article Philidor (André
Danican) de la première édition de la Iiior/raphie univer-
selle des musiciens, où j'ai dit que ce fut lui qui fit ce
travail. L'explication de celait est fort simple, car,
faisant des recherches sur les emplois qu'occupaient, à
la cour de Louis XIV, les membres de la famille Phi-
lidor, particulièrement dans l'annuaire qui se publiait
alors sous le titre État de la France, j'ai acquis la cer-
titude qu\4ii(/vé était le cnpisie de la chapelle royale et
de la musique de la chambre du roi. Toutefois M. Far-
renc est fondé dans le reproche qu'il me fait de n'avoir
pas averti, dans la Biographie, des motifs qui me por-
taient à substituer le nom d'André à celui de Michel.
PHILIDOR (Michel DANICAN), fils
aîné de Michel II, naquit à Paris, vers 16G5.
Il eut, à l'âge de dix-huit ans, le titre de
basse de hautbois (basson) de la grande
curie, et fui admis dans la musique de la
chambre du roi, en 1702. Michel Philidor
composa la musique d'une pastorale dont les
airs de ballet ont été publiés, en 1705, à
Amsterdam, chez Etienne Boger, sous ce
titre : L'amour vainqueur, pastorale,
chantée devant S. M., le 15 aoiU 1702, com-
posée parle fils aîné de Philidor aîné. Quel-
ques autres morceaux de la composilion de
Michel Danican Philidor se trouvaient dans le
vingt-cinquième volume de la collection de
son oncle. On a aussi gravé de lui un livre de
pièces pour le basson, à Paris, in-4°obl.
PHILIDOR (François DANICAN), frère
cadet du précédent, était attaché à la chapelle
de Louis XIV, en qualité de flûtiste. Il a
publié deux livres de pièces pour son instru-
ment, à Paris; quelques pièces de sa compo-
sition se trouvaient aussi dans le vingt-cin-
quième volume de la collection de son oncle.
François Danican avait vraisemblablement
cessé de vivre avant 1720, car son nom ne
figure plus sur les états de la chapelle du roi
de cette année.
PHILIDOR (Fanchon DANICAN), fille
de Michel II, fut attachée comme cantatrice
à la musique de la chambre de Louis XIV.
Son oncle avait conservé quelques airs de
ballet de sa composilion. Elle mourut vrai-
semblablement jeune, car son nom ne figure
plus dans l'étal de la cour en 1707.
PHILIDOR (PiEiutE DANICAN), fils
aîné d'André, était, en 1722, symphoniste de
la chapelle du roi pour la partie de viole. Il a
composé quelques airs de ballet et des sym-
phonies qui se trouvaient dans le vingl-cin-
qtiième volume de la collection de son père.
Pierre Philidor était joueur de muselle de la
chambre de la reine; il a publié un livre de
sonates pour deux flûtes qui est indiqué dans
le catalogue de Boivin (Paris, 1729, in-8°).
PHILIDOR (Jacques DANICAN), frère
du précédent, était, en 1722, hautbois de la
grande écurie du roi. On ne connaît rien de
sa composilion.
PHILIDOR (Anne DANICAN), fils de
Michel III, naquit à Paris, de son premier
mariage, vers 1700. Son génie précoce se ma-
nifesta par des compositions d'airs de ballet
que son grand-oncle a insérés dans le vingt-
cinquième volume de sa collection. Admis dans
la chapelle du roi, il y jouait, en 1722, la
28
PHILIDOR
partie de viole avec son oncle, Pierre. En
1725, il conçut le projet du concert spirituel,
ainsi appelé parce qu'on n'y devait exécuter
que de la musique religieuse et instrumentale.
Ce projet fut goûté à la cour, et Philidor
obtint le privilège du concert, avec la per-
mission de l'établir dans une des salles du
château des Tuileries, sous la condition de
payer à l'Opéra une somme annuelle de six
mille livres. Le premier concert fut donné le
dimanche de la Passion, 18 mars 1725. En
1728, Philidor céda son privilège à l'Aca-
démie royale de musique, moyennant une
somme considérable. {Voyez ma notice sur
l'histoire du concert spirituel dans la Revue
musicale, tome I er .)
Des deux autres fils du premier mariage de
Michel Danican Philidor III, le premier fut
timbalier de la grande écurie du roi ; La Borde
dit du second que n'étant qu'un basson mé-
diocre, on l'avait employé à jouer de la basse
de Cromorne, pour tenir lieu de contrebasse
dans les chœurs; cette phrase est vide de sens,
car la basse de Cromorne n'était employée,
comme les autres instruments du même
genre, que dans la musique de cavalerie de la
maison du roi. Ce dernier fils de Michel
mourut d'une maladie de poitrine.
PHILIDOR (François -André DAIVI-
CAN), fruit du troisième hymen d'André,
naquit à Dreux, le 7 septembre 1726 (1), et,
par des circonstances inconnues, ne fut baptisé
que le 16 octobre 1727 (2). Toutes les notices
qui ont été faites sur cet artiste dans le Dic-
tionnaire des musiciens de Choron etFayolle,
(1) La Borde avait indiqué la date de 172f> pour la
naissance de cet artiste; Sevelinges la fixe au 7 sep-
tembre delà même année, dans la non' ce de la Ilioqrapliie
univertelledes frères Mi chaud; et l'auteur de l'article de la
Jlioyrapltie des contemporains, publiée par Ilabbc, in-
dique le 7 septembre 1727. Ceux-ci citent l'autorité de
Pcffara, qui, dans ses notices manuscrites, est d'accord
avec ce dernier. Dans une notice intitulée : Philidor
peint par lui-même, laquelle est insérée dans \cPatamide,
journal îles amateurs du jeu d'échecs (numéro du
mois de janvier I8V7), M. Lardin démontre aussi, p;ir
l'autorité de l'acte de naissance, que la date véritable
est le 7 septembre 1726.
(2) Ces faits sont constatés par un extrait des registres
desactesdel'état-civil delà ville de l>rcux(F,ure-et-Loir),
qui m'a été envoyé par M. K. Danican Philidor, petit—
(ils du célèbre compositeur, cl conseiller «le préfecture
«les Vosges, à Epinsl. Je crois devoir rapporter ici tex-
tuellement cet acte authentique, qui dissipera les doutes
en ce qui concerne la date précise de la naissance d'un
îles créateurs de l'opéra comique français.
« L'an mil sept cent vingt-sept, le jeudi seizième
» octobre, François, né le septième de septembre de
» l'année mil sept cent vingt-six, et (est) baptisé par
» inoy prestre cure de celle Église de Saiul-Lliennc
dans la Biographie universelle des frères Mi-
chaud, dans les dictionnaires des contempo-
rains, dans le Lexique de Gerber, et dans
toutes les copies qu'on en a faites en Alle-
magne, en Angleterre et en Italie, ont été
calquées sur celles de VEssai sur la musique
de La Borde, et renferment de nombreuses
erreurs que je me vois obligé de rectifier.
Suivant celle notice de La Borde, Philidor
serait entré, à l'âge de six ans, dans les pages
de la musique du roi, à Versailles, pour y
apprendre la musique sous la direction de
Campra, et il aurait composé, en 1757, c'est-
à-dire, dans sa dixième année, son premier
motet, dont le roi aurait daigné témoigner sa
satisfaction; mais La Borde aurait dû savoir
que les règlements de la chapelle du roi ne
permettaient pas d'admettre dans les pages
des enfants dont la dixième année n'était pas
accomplie. Philidor n'a donc pu entrer dans
l'école de ces enfants avant la fin de cette
même année 1756, et l'on ne peut croire que
dès son arrivée, et avant d'avoir étudié,
Campra lui ail permis d'écrire un motet;
encore moins qu'il l'ait fait exécuter à la
chapelle du roi (l).Quoi qu'il en soit, Philidor,
ayant terminé son éducation musicale, reçut
son congé, et alla se fixer à Paris où il donna
quelques leçons et fut obligé de se faire copiste
de musique pour vivre. Chaque année, il re-
tournait à Versailles pour y faire exécuter un
motet. Ce fut alors qu'il commença à se livrer
à son goût pour le jeu d'échecs. La nature
l'avait doué de l'instinct de ce jeu ; il y fit de
rapides progrès, et plus tard il fut le joueur
» dudil Dreux, avec la permission de Monseigneur
» l'Kvesque de Chartres, le premier septembre de la dite
» année mille sept cent vingt-six, signé Charles Fran-
» cois Kvcsque de Chartres avec paraphe, du légitime
» mariage de sieur André Danican de Philidor, ordi-
» naire de la musique du lloy et gardede sa bibliothèque,
» et de damoiselle Elisabeth le Roy sa femme, de cette
» paroisse, a reçu les cérémonies de baptême de moy
» prestre curé de cette Eglise, soussigné, le parain hault
» et puissant seigneur messire François Chaillou, sei-
» gneur de Jouville, gentilhomme ordinaire du Roy,
» qui a donné les noms, la marraine baulle et put's-
» sante dame Catherine Guillc Parai, qui a signé le sieur
» parain et père et mère.
« SignéC. Ouille Parât, Chaillou de Jouville, Klisa-
» beth Philidor, André Danican Philidor et Chevalier. »
[\) Toutes les conjectures de M. Lardin, pour com-
battre le règlement de l'école des pages de la chapelle du
roi, sont sans valeur. Ce règlement était fondé sur ce
que, avant l'âge de dix ans,les voix d'enfants n'ont pas un
timbre assez sonore pour chanter les parties de dessus
dans la musique d'église. A six ans, la voix proprement
dite n'existe pas. Il est donc certain que Philidor n'est
pas entré à ecl ùgc dans l'école des pages.
PHILIDOR
i>9
le plus habile qu'il y eut en Europe. D'après
une tradition de la famille de l'artiste dont il
s'agit, M. Lardin rapporte de cette manière
(Phîlidor peint par lui-même, p. 5) les cir-
constances qui l'initièrent à ce jeu de combi-
naisons dans lequel il n'a pas eu d'égal : « Les
» musiciens (de la chapelle), en attendant la
» messe du roi, avaient l'habitude de jouer
« aux échecs sur une longue table où se trou-
n vaienl incrustés six échiquiers. Phîlidor
» s'amusait à les regarder et y mettait toute
» son attention. Il avait à peine dix ans,
» qu'un jour un vieux musicien, arrivant le
» premier, se plaignait devant lui du retard
» de ses camarades et regrettait de ne pouvoir
» faire sa patrie. Philidor, en hésitant, lui
» proposa de la faire; le musicien se mit à
» rire et finit cependant par accepter celle
» partie. Elle commence, et l'étonnement
» succède bientôt au dédain qu'inspirait le
» jeune adversaire ; la partie avance et l'hu-
n meur ne larde pas à s'en mêler; elle monte
» à tel point, que l'enfant, craignant quelque
» suite malencontreuse d'un amour-propre
» profondément blessé, regarde la porte, suit
» le cours de ses succès, se glisse doucement
h jusqu'au hout de son banc et s'enfuit en
» avançant la pièce victorieuse, et criant :
» mat, à son adversaire indigné de n'avoir
« pas de jambes assez lestes, et obligé de dé-
» vorer son dépit sans pouvoir se venger. »
J'ai dit, dans la première édition de cette
Biographie, qu'il y a, depuis le moment où
Philidor sortit de l'institution des pages jus-
qu'à la date de son premier opéra, un espace
d'environ seize années pendant lequel il ne fit
lien pour l'art, ce qui d'abord paraît inexpli-
cable dans la vie d'un compositeur dont le
talent est incontestable; mais de tous les ren-
seignements fournis par lui-même et par son
fils, il devient évident que son goût passionné
pour le jeu dont il avait le génie au plus haut
degré, absorba toute cette période de sa jeu-
nesse, et qu'il y trouva des ressources pour
son existence. On pourrait le regretter, s'il
n'eût été que ce qu'on appelle un bon joueur
d'échecs; mais la force de tête qu'il y porta et
qui le met hors de toute comparaison, a donné
à son nom une si grande célébrité, une popu-
larité si universelle, qu'il a de toute évidence
satisfait, en s'y livrant, à sa destination prin-
cipale. En supposant qu'il eût subordonné ses
prodigieuses facultés de combinaisons du jeu
d'échecs à la composition musicale, jamais
ses ouvrages, quel qu'en soit le mérite, n'au-
raient pu lui donner une renommée égale à
celle qu'il s'est acquise comme législateur du
noble jeu pour lequel la nature l'avait formé.
Avant d'aborder ce qui concerne sa carrière
de compositeur dramatique, je crois néces-
saire de le faire connaître à mes lecteurs sous
le rapport de sa merveilleuse organisation
pour le jeu d'échecs, par le récit de quelques-
uns des miracles d'imagination, d'intelligence
et de mémoire par lesquels il s'est illustré.
Dès l'âge de dix-huit ans, il n'avait plus de
rival à ce jeu, car personne n'a gagné une partie
contre lui depuis ce temps. En 1745, il partit
de Paris pour se mesurer avec les plus habiles
joueurs de l'Allemagne, de la Hollande et de
l'Angleterre. A Amsterdam, il vainquit
Stamma, auteur du livre célèbre intitulé les
Stratagèmes du jeu d'échecs. A l'âge de
vingt-deux ans, il composa le traité qui a
pour titre : analyse du jeu des échecs, dont
la première édition fut publiée à Londres, en
1749 (1), et qui a été réimprimé plusieurs fois
depuis lors. Dans la même année 1748, où ce
livre fut écrit, lord Sandwich invita Philidor à
se rendre au camp de l'armée anglaise, entre
Bois-le-Duc et Maestricht; il y joua avec le
duc de Cumberland, qui l'engagea à aller à
Londres, le prit sous sa protection et lui pro-
cura un grand nombre de souscripteurs pour
son ouvrage. A Paris, Philidor fit, vers la
même époque, le premier essai de sa prodi-
gieuse mémoire unie à sa grande faculté de
combinaison, en jouant avec un certain abbé
Chenard une partie sans voir l'échiquier : il
la gagna. Peu de temps après, il fit de la
même manière deux parties à la fois au Café
de la Régence, et les gagna toutes deux. La
relation de cette séance mémorable se trouve
dans l' Encyclopédie de Diderot et d'Alemberl,
à l'article Échecs. En 1785, Philidor fit, à
deux reprises, au club des joueurs d'échecs de
Londres, trois parties à la fois sans voir les
échiquiers, contre des joueurs de première
force, et les gagna toutes. Les journaux du
temps furent remplis de témoignages d'admi-
ration pour ces efforts inouïs d'intelligence et
de mémoire.
Un dernier trait, plus extraordinaire en-
core, fera juger de la force de tête qu'il portait
à cet exercice. Faisant un jour contre lui une
(1) J'ai mis en doute l'existence de cette édition dans
la première édition de celte biographie, parce que je
ne t'ai vue citée dans aucun des nombreux catalogues
(j ne j ai parcourus; depuis lors elle m'a été démontrée
par un exemplaire qui se trouve à la bibliothèque
Sainte-Geneviève, de Paris , sous le n° Ss-18, y, 4207,
dans la section des manuscrits (?)■
30
PHILIDOR
partie dans laquelle il ne voyait pas l'échi-
quier, les joueurs convinrent entre eux
d'essayer jusqu'où pouvait aller son habileté,
en faisant faire une fausse manœuvre à l'une
des pièces. Lorsque la partie fut finie, on la
déclara perdue pour lui : cela ne se peut, dit
Philidor, en ôtant le bandeau qui lui couvrait
les yeux. Alors il regarde l'échiquier, réfléchit
un moment, et recomposant mentalement,
toute la partie, il déclare qu'à certain coup,
telle pièce a été mise sur telle case où elle ne
pouvait pas être. La supercherie fut aussitôt
avouée par l'adversaire, ainsi que par les
assistants émerveillés. Parvenue à ce degré, la
faculté de combinaison est incontestablement
du génie; or, le génie d'une spécialité quel-
conque doit accomplir sa destination. Ne
nous étonnons donc pas qu'un compositeur,
dont le talent était d'ailleurs fort remarquable
pour son temps et pour l'état de l'art dans le
pays où il écrivait, se soit partagé entre cet
art, où il obtint de brillants succès, et le jeu
auquel il est redevable d'une renommée im-
périssable.
Suivant une anecdote rapportée par La
Borde (Essai sur la musique, t. III, p. 4G2),
Philidor, pendant son premier séjour en
Angleterre, aurait mis en musique la fameuse
ode de Dryden sur le pouvoir de l'harmonie,
en 1753, et Hœndel aurait dit, en écoutant cet
ouvrage, que les chœurs étaient bien fabri-
qués, mais qu'il manquait encore du goût
dans les airs; or, Haendel, devenu aveugle
en 1751, se fit remplacer l'année suivante par
Smith, son élève, dans la direction de ses
oratorios, et ne sortit plus de chez lui : il
n'eut donc pas l'occasion d'entendre la com-
position supposée de Philidor, ni d'en dire son
sentiment. De plus, Burney, qui a donné dans
le quatrième volume de son Histoire de la
musique un journal minutieux de tout ce qui
concerne les théâtres, les concerts et les ora-
torios de Londres, pendant le dix-huitième
siècle, ne dit pas un mot de la présence de
Philidor dans cette ville, ni de sa composition :
Hawkins, Burgh et Busby, si avides des
moindres détails, gardent le même silence.
Enfin, il n'y avait pas de musicien si hardi
qui eût osé remettre alors en musique, à
Londres, un poème qui avait fourni a Haendel
In sujet d'une de ses compositions les plus su-
blimes, et qui rûi pu en obtenir l'exécution
publique (1).
(I) M E. Daniean rhiliilor, petit-fils du célèbre com-
positeur, dans la lettre qu'il m"a fait l'honneur de
Ce fut en 1754 que Philidor, de retour a Pa-
ris, prit la résolution de se livrer sérieusement
à la culture de la musique. Un Lauda Jéru-
salem, qu'il écrivit pour la chapelle de Ver-
sailles, fut une de ses premières productions
après son retour : mais ce morceau ne plut
pas à la reine, parce qu'il était dans le goût
italien, et Philidor n'obtint pas la place de
surintendant de la musique du roi, qu'il espé-
rait avoir. La Borde dit que ce compositeur
écrivit, en 1757, un acte pour l'Opéra; mais
que Bebel, directeur de ce spectacle, ne vou-
lut pas le faire représenter, disant qu'on ne
voulait pas introduire d'airs dans les scènes :
on ne sait ce que signifie cette phrase. Il ajoute
que Philidor composa, en 1758, quelques mor-
ceaux pour/es Pèlerins de laMecque,h l'Opéra-
Comique ; or il n'y eut pas de pièce de ce nom
jouée, enl758,à l'Opéra-Comique, ni sur au-
cun autre théâtre de Paris. Toutes ces erreurs
ont été répétées par les copistes de La Borde.
Le premier ouvrage dramatique de Philidor
fut Biaise le savetier, représenté au théâtre
de la foire Saint-Laurent, le 9 mars 1759 (I ).
Les histoires contemporaines de l'Opéra-
Comique nous apprennent que cette pièce eut
un brillant succès : Philidor s'y montra har-
moniste beaucoup plus habile que les compo-
siteurs français de son temps, et même, quoi
qu'on ait dit, il n'y manqua pas de mélodie;
maissa phrase est souvent dépourvue de vérité
dramatique, et sa manière de prosodier est
fort vicieuse. Cependant il y a dans Biaise le
savetier quelques morceaux qui promettaient
un avenir brillant à l'auteur de cet ouvrage,
particulièrement le trio : Le ressort est, je
crois, mêlé. Le 18 septembre de la même an-
née, Philidor fit représenter au même théâtre
l'Huître et les Plaideurs, opéra-comique de
peu d'importance sous le rapport de la musi-
que. Mais dans le Soldat magicien, qui fut
joué le 14 août 17G0, et dans le Jardinier et
son Seigneur, représenté le 18 février 1701 ,
son talent prit un vol plus élevé : ce dernier
ouvrage renferme des morceaux excellents,
m 'écrire, le 21 janvier 1862, oppose à mes objections des
traditions de famille qui, pour lui, ne sont pas contes-
tables, quoique, dil-il, il n'aitè produire aucune preuve,
aucun document a l'appui de ces traditions. A cela je
ne puis répondre qu'une seule chose ; c'est que si Fran-
çois-André Philidor a écrit, après llicndel, la musique
de l'ode de Dryden sur le pouvoir del'hurmonit, elle est
restée inédite et n'a pas été connue en Angleterre.
(I) Les Annale* dramatiques ou Dictionnaire général
des théâtres, lui attribuent la musique du Dia'de à
quatre, joué en 1 7r>G ; mais l 'erreur est éviden(e,car la par-
titîon de liiaisc le nauetitr porte au titre : Otîun-e />rc-
)iiicr.
PIIILIUOR
particulièrement le duo : Un maudit, lièvre,
dont lafaclure frappe d'élonnemenl lorsqu'on
la compare à tout ce qu'on écrivait alors pour
l'Opéra-Comique. Après cet opéra, la réputa-
tion dePhilidorfut si bien établie, qu'il régna
en quelque sorte sur la seconde scène lyrique
de la France, et ne partagea les succès de ce
spectacle qu'avec Duni et Monsigny. Quelques
biographes français de nos jours se sont atta-
chés à rabaisser le talent de Philidor, à l'aide
d'anecdotes controuvées. Sevelinges, l'un
d'eux, dit dans l'article sur ce compositeur
inséré dans la Biographie universelle de
MM. Michaud, d'après les mémoires de Favart,
que ce compositeur copia note pour note, dans
le Sorcier, la fameuse romance de V Orphée de
Gluck, Objet de mon amour, joué longtemps
auparavant en Italie. A cette assertion de Se-
velinges, l'auteur de l'article Philidor, de la
Biographie universelle et portative des con-
temporains ajoute que ce musicien s'était
procuré la partition de VOrfeo. Or, il n'y a
pas un mot dans tout cela qui ne soit, de toute
évidence, inventé à plaisir. D'abord l'Orphée
de Gluck n'a pas été écrit en Italie, mais à
Vienne, où il fut représenté pour la première
lois au mois de juillet 1764, et le Sorcier, de
Philidor, fut joué à la Comédie Italienne le
2 janvier de la même année, c'est-à-dire, plus
de six mois avant l'Orphée. Enfin la compa-
raison que j'ai faite avec soin des deux parti-
tions de Gluck et de Philidor m'a démontré
qu'il n'y a pas une phrasecommuneenlreelles.
C'est cependant de cette anecdote que l'auteur
de la Biographie universelle et portative des
contemporains est parti pour refuser le génie
«le la musique à Philidor, et le représenter
comme un homme qui ne vivait que de pla-
giats, tandis que le talent de ce compositeur
a uncaractèreabsolument différent de celui de
tous ses contemporains. La partition du Sor-
cier, et celtes du Maréchal et de Tom Jones
sont les chefs-d'œuvre de Philidor. En 1766, il
écrivit une messe qui fut exécutée à l'Oratoire,
pour l'anniversaire de la mort de Rameau, et
qu'on trouva fort belle.
En 1777, Philidor fit un voyage à Londres,
et y fit réimprimer son Traité du jeu d'échecs.
Cette édition est ornée de son portrait. Cet ou-
vrage a été aussi réimprimé en Hollande, à
Paris, en 1803, à Bruxelles, en 1834, et a été
traduit en plusieurs langues. Le séjour de
Philidor à Londres eut une durée de plus de
deux ans : il y gagna beaucoup d'argent, en
jouant aux échecs. En 177'), il y mit en mu-
sique l'ode séculaire d'Horace, production qui
a été beaucoup vantée, mais qui est inférieure
à ses bons opéras. De retour à Paris, il y trouva
Grétry en possession de toute la faveur du
public; cependant il donna à la Comédie Ita-
lienne l'amitié au village, dont la musique fut
jugée excellente, et au mois d'octobre 1785,
il fit donner à Fontainebleau, pendant le
voyage de la cour, la première représentation
de son Thémistocle, grand opéra, qui fut joué
à l'Académie royale de musique au mois de
mai 1786. On a dit beaucoup de mal de cet
ouvrage, dont la musique manque de verve
et de vigueur dramatique, mais qui est remar-
quable et par son style élégant, et par la nou-
veauté des formes de l'instrumentation, com-
parée à ce qu'on avait fait en France jusqu'à
cette époque. Thémistocle fut le dernier opéra
de Philidor; après cet ouvrage, il cessa de
travailler pour la scène, et se livra sans réserve
à son goût passionné pour le jeu d'échecs,
passant la plus grande partie de chaque jour
au Café de la Régenee, où se réunissaient les
joueurs les plus habiles. Son buste s'y voyait
encore en 1820, au-dessus de la place qu'il
occupait habituellement. A la fin de 1792, il
obtint du comité de salut public un passe-port
pour se rendre à Londres, où il était pen-
sionné depuis vingt ans par le Clubdes échecs,
pour y passer quatre mois de chaque année.
La guerre, qui éclata peu de temps après, fut
un obstacle à son retour pendant plusieurs
années. Après le traité de paix de Campo-
Formio, il crut pouvoir rentrer en France,
mais les loissurl'émigration ne le lui permirent
pas. Les démarches de sa famille parvinrent
enfin à obtenir sa radiation de la liste des émi-
grés, mais au moment où elle venait de rece-
voir le sauf-conduit nécessaire pour qu'il ren-
trât dans sa patrie, Philidor mourut à Lon-
dres, le ôl août 1795, à l'âge de soixante-neuf
ans. Il avait épousé, au mois de février 1760,
la sœur du chanteur et professeur Richer
(voyez ce nom), excellente musicienne, qui
jouait bien du clavecin et faisait entendre à
son mari ses ouvrages lorsqu'il les avait termi-
nés, car il ne jouait d'aucun instrument. Phi-
lidoreut de celte union sept enfants, dontune
fille, qui fut la première femme du pianiste
Pradher, et mourut au mois d'août 1825.
Philidor a écrit, dans l'espace de vingt-six
ans, vingt et un opéras, dont la plupart ont
obtenu de brillants succès et sont restés au
répertoire pendant cinquante ans. On a gravé
les partitions de ces ouvrages dont voici la
liste : I. A l'Opéra : 1° Ernelinde, en trois
actes, joué en 1767. On trouve dans cet opéra
5-2
PH1L1D0R — PHILIPPE DE VITRY
de beaux chœurs, et des effets d'instrumenta-
lion qui ont «île imités depuis lors. 2° Béli-
saire, eu trois actes, paroles de Berlin, en
1774. 5° Persée, opéra de Quinault, remis en
trois actes par Marmonlel, où se trouvent de
beaux chœurs, et l'air de Méduse, J'ai perdu
la beauté qui me rendait si vaine, considéré
comme un chef-d'œuvre. 4° Thémistocle, en
trois actes, représenté le 15 octobre 1785
à Fontainebleau, et le 25 mai 1786 à
Paris. II. A l'Opéra -Comique (théâtres des
foires Saint - Laurent et Saint - Germain) :
S Biaise le savetier, en un acte, 1759.
6° L'Huître et les Plaideurs, en un acte, 1 759.
7° Le Quiproquo, en deux actes, 6 mars 1760.
8° Le Soldat magicien, en un acte, 1760.
9° Le Jardinier et son Seigneur, 1761.
10° Le Maréchal, en un acte, le 22 août 1761.
La musique fit le succès de cet ouvrage : elle
est en général excellente; on y remarque
particulièrement l'air du cocher, et celui du
bruit des cloches. Remis souvent en scène,
le Maréchal a eu plus de deux cents repré-
sentations. 11° Sancho Pança, en un acte, le
S juillet 1762. III. A la Comédie-Italienne :
12°Ze^dc/ieron,enunacle,lel8févrierl765.
Le quatuor des créanciers, le trio des consul-
tations, et le septuor de la fin de cet opéra,
sont des morceaux très-remarquables, pour le
temps où ils furent écrits. 15° Le Sorcier, en
deux actes, le 2 janvier 1764. 14° Tom Jones,
en trois actes, le 27 février 1764. Le mérite
remarquable de cette partition ne fut pas saisi
d'abord par le public; mais plus lard l'ou-
vrage se releva et eut un brillant succès.
15° Zelime et Melide, en deux actes, 1766.
16" Le Jardinier de Sidon, en un acte, le
10 juillet 1768. 17° L'Amant déguisé ou le
Jardinier supposé, le 2 septembre 1769.
18° La nouvelle Ecole des femmes, en deux
actes, le 22 janvier 1770. 19" Le Bon fils, en
un acte, en 1775. 20" Les Femmes vengées,
en trois actes, le 20 mars 1774. 21° L'Amitié
au village, en un acte, 51 octobre 1785.
Après la représentation de cette pièce, le pu-
blic demanda Philidor, pour lui témoigner sa
satisfaction, honneur alors fort rare. 22" L.a
belle Esclave ; je n'ai pu trouver la date de la
représentation de cet ouvrage. La partition du
Carmen Sxculare a été gravée à Paris, chez
Sieher.
P11ILIPP (B.-E.), professeur de piano et
compositeur, né à Freybourg, en Silésie, vers
1802, fit son éducation musicale à Brcslau,
sous la direction de Berner, puis de Schnabel.
Après avoir été pendant plusieurs années di-
recteur de musique à Freybourg, il s'est fixé à
Breslau en 1858, comme professeur de piano
et directeur de musique d'une église de celle
ville. Parmi ses nombreux ouvrages on re-
marque : 1° Première messe allemande à
quatre voix avec orgue, op. 27; Breslau,
l.itickarl. 2° Deuxième messe allemande à
quatre voix avec accompagnement de deux
clarinettes, deux bassons, deux cors, violon-
celle et contrebasse, ou orgue seul; ibid.
5° FiirstenwaU, cantate avec chœur et or-
chestre, exécutée à Breslau en 1840. 4°6Zïe-
der pourvoix debasse soloetchœurd'hommes,
op. 15; ibid. 5° 6 Lieder pour soprano, con-
tralto, ténor et basse, op. 14; ibid.) 6" 6 Lie-
der pour des voix d'hommes, op. 25; ibid.
7" 6 Lieder, op.50;t'&ùi. 8° Lieder à voix seule
avec piano, op. 18; ibid. 9° Deux sonates fa-
ciles pour le piano, op. 24 ; Breslau, C. Cranz.
10° Trio pour piano, violon et violoncelle,
op. 55; Breslau, Leuckart. 11° Plusieurs œu-
vres de morceaux faciles pour l'enseignement
du piano, à deux et à quatre mains. 12° Quel-
ques pièces brillantes de salon.
PHILIPPE DE VITRY, écrivain sur la
musique, qui vécut dans !a seconde moitié du
treizième siècle et au commencement du qua-
torzième, est appelé PHILIPPUS DE VI-
ÏRIACO par Morley, dans les annotations
du premier livre de son traité de musique (ad
pag. 9), ainsi que par l'auteur anonyme d'un
traité de musique de la bibliothèque cotto-
nienne, cité par Hawkins(^ General History
of Music, t. II, p. 187). C'est aussi de la
même manière qu'il est désigné dans un ma-
nuscrit de son traité du conlrepoinl, qui se
trouve à Rome dans la Bibliothèque Fallicel-
lana y au couvent des PP. de l'Oratoire
(n° B, 85), et qui a pour titre : Ars contra-
puncti Magislri Philippi de Fitriaco. Un
autre ouvrage du même musicien se trouve à
la Bibliothèque Barberini de Rome, sous le
n" 841, et a pour litre : Ars nova Magistri
Philippi de J'etry (sic). Vraisemblablement
le nom de Philippe de Filry lui avait élé
donné à cause du lieu de sa naissance, car
Filriacum est le nom latin de la petite ville
de f'itry, dans le département du Pas-de-Ca-
lais. Plusieurs auteurs, au nombre desquels
est M. E de Coussemaker (Histoire de l'har-
monie au moyen âge, p. 65) croient que l'au-
teur dont il s'agit est le même qui fut évêque
de Meaux : l'identité nie parait au moins dou-
teuse ; car, d'une part, le manuscrit de la
Bibliothèque impériale de Paris (sous le
n" 7578 A, in -4") renferme une copie d'un de
PHILIPPE DE VITRY - PHILIPPE DE CASERTE
ses ouvrages intitulé : Ars compositionis de
motetis, compilato à Philippo de Fitry,
magistro in tnusica; et de l'autre, le traité
anonyme de musique, écrit entre les années
1580 et 1400, cité par Hawkins, et qui se
trouve dans la bibliothèque Barberini, le qua-
lifie ainsi : Olim, flos et gemma cantorum.
Si Ton eût parlé d'un évéque, dans ces temps
de domination de l'Église, on ne se fût pas
borné à le désigner comme un maître en mu-
sique, et comme la fleur et la perle des
thantres. L'auteur de celle dernière qualifi-
cation explique longuement que Philippe de
Vitry imagina le premier de faire usage de
noies d'une valeur moindre que la semi-brève,
et les employa dans ses compositions. D'après
cette autorité, on peut déterminer l'époque
où Philippe écrivit ses ouvrages ; carie pape
Jean XXII parie de la semi-brève et de la
minime dans la bulle donnée à Avignon, en
1522, par laquelle il proscrit l'usage dans
Péglise du contrepoint improvisé (1). Il est
remarquable qu'il appelle ces notes, relative-
ment rapides, novis notis (par les notes nou-
velles). Il résulte de ces rapprochements que
le musicien, objet de cette nolice, travailla
entre 1270 et 1520. Au surplus, deux dates
qui se trouvent dans le manuscrit 7378 A, de
la Bibliothèque impériale de Paris, lèvent tous
les doutes à cet égard. La première est dans
un traité de musique spéculative ou arithmé-
tique, par un certain Léon Hébreu, de qui l'on
ne sait rien. Ce traité commence par ces
mois, au verso du feuillet 55 du volume : In-
çipit tractatus armonicus, et finit au recto du
feuillet 57 par ceux-ci : Explicit tractatus
magistri Leonis Hebrei de armonicis nu-
meris. M. E. de Coussemaker (2) en a exlrait
un passage dans lequel l'auteur déclare qu'il
a composé ce petit ouvrage à la demande de
Philippe de Vitry, et qu'il l'a achevé en
1305 (ô). L'autre date se lit à la fin du Traité
de la musique mesurée de Philippe (2 m * co-
lonne, au verso du feuillet G0 du même vo-
lume); elle est conçue en ces termes : Com-
pletum est hoc opus, anno Domini 1519.
A la suite de cet ouvrage vient l'opuscule qui,
(IJNonnullinovelIxscholacdiscipuli dum temporibus
niensuramlis invigilant, novis notis inlendunl fingere
suas, quam anliquas cantore malunt, in semibreves et
tninimas ccclesiastice canlanlur, notulis percutiuntur.
(2) Histoire de l'Harmonie au moyen âge, p. 214.
(3) Jcsu Clirisli incarnalionis anno 1303, nostro ma-
tlicinatico completo, fui requisitus a quodam exiniio
mngistrorura Philippe de Vitriaco, de regno Francorum
ut etc.
BIOCB. UNIV. DLS MUSICIEftS. T. Vil.
dans le manuscrit de la bibliothèque Barberini
(n° 841), et dans une autre copie, également
du quatorzième siècle, de la Bibliothèque du
Vatican (n° 5321), porte ce titre : Ars nova
Philippi de Fitry. il commence par ces mots,
dans le manuscrit de la Bibliothèque impé-
riale de Paris : In arte nostra hxc inclusa
sunt aliqua elc, et au verso du feuillet 61, il
finit par Explicit ars novx musicx. Cet
opuscule est suivi du petit traité du contre-
point qui, dans les manuscrils de la biblio-
thèque Fallicellana et du Vatican, a pour
litre : Arscontrapuncti Magistri Philippi
de Fitriaco; dans celui de la Bibliothèque
impériale de Paris, il est intitulé : Ars com-
positionis de Motetis, compilata à Philippo
de Fitry. Trois traités composent donc
l'œuvre de ce musicien, à savoir, le traité de
la musique mesurée, selon les principes de ses
prédécesseurs, VArs nova, et le traité du
contrepoint, fort peu étendu, et qui n'est
qu'un abrégé, une compilation des ouvrages
d'autres écrivains, comme le déclare l'auteur
lui-même. C'est dans VArs nova que Philippe
parle de la minime et de la semi-minime. Il
y explique pourquoi certaines dissonances ne
peuvent être employées que sur ces notes de
peu de durée, qui ne sont que des divisions et
sous-divisions de la semi-brève. Il est à re-
marquer que Philippe de Vitry ne s'attribue
pas l'invention de ces figures de notes :
Morley dit, dans les annotations du premier
livre de son Traité de musique (ad pag. 9),
que l'invention de la minime est attribuée à
un certain prêtre de la Navarre (l), mais que
Philippe est le premier qui en fit usage. Pen-
dant son séjour à Rome, M. Danjou a fait une
copie de VArs contrapuncti et de VArs nova,
d'après les manuscrits de la bibliothèque
Fallicellana et de la Barberine, puis il l'a
collalionnée sur le manuscrit du Vatican.
Cette copie est d'autant plus précieuse, que le
manuscrit de Paris est a peu près illisible en
beaucoup de passages.
PHILIPPE DE CASERTE , ainsi
nommé parce qu'il était né à Caserta, chef-
lien de la Terre de Labour, dans le royaume
(1) Ce prêtre de la Navarre, ne serait-ce pas Léon Hé-
breu, à qui Philippe de Vitry avait demandé un traité
spéculatif de la musique? Il était juif converti et ecclé-
siastique, puisqu'il prend la qualification de Magister, ut
il n'était pas Français, puisqu'il désigne Philippe de Vin y
comme le plus distingué des maitres du royaume des
Francs (Eximius magistrorum Philippin, de Vilriacu de
r°gno Framcorum). le livre celte conjecture aux investi-
gations des érudits.
3
;i
PHILIPPE DE CASERTE — PHILIPPE DE MONS
de Naples. M. Bcrnardo Quaranto nous aji-
pi'énd, dans un mémoire inséré au quatrième
volume des Annali cicili del regtio dclle due
Siciîie (ann. 1834, p. 88), que Philippe vécut
à Naples sous la domination de la maison
d'Aragon, ce qui doit s'entendre d'Alphonse I er
et de Ferdinand I e »; car Philippe de Caserte
est cité par Gafori dans sa Praclica musica,
dont la première édition fui imprimée à Milan,
en 1490. Il est donc vraisemblable que l'épo-
que d'activité de ce musicien fut entre les
années 1442 et 1491, pendant lesquelles ré-
gnèrent les deux princes cités précédemment.
Philippe, qui, suivant Gafori, était bon chan-
teur, fut vraisemblablement attaché à la cha-
pelle royale de Naples. On a de lui un traité
de la notation proportionnelle intitulé : De
diversis figuris nolarum . manuscrit du
quinzième siècle, qui se trouve à la Biblio-
thèque de Ferrare.
PHILIPPEouPHILIPPON DE
BOURGES, musicien et organiste fran-
çais du quinzième siècle, fut contemporain
d'Okeghem. Il est cité par Gafori (Practica
Musica, lib. IV, c. V). Jacques Paix a inséré
un morceau de sa composition dans son second
livre de tablature d'orgue. Le troisième livre
de la rarissime collection imprimée par Pe-
trucci de Fossombrone, sous le titre de Har-
monice musicesOdhecaton (Canti C, n° cento
c inquanta) , renferme, sons le n° 122, la
chanson à quatre voix de Philippe de Bourges,
liose playsant. L'abbé Baini indique, dans
ses Mémoires sur la vie et les ouvrages de
Paleslrina (notes 22G et 431), des messes qui
portent le nom de Philippon de Bourges, et
qui se trouvent en manuscrit dans les archives
de la chapelle pontificale.
PHILIPPE DE MONS, appelé DE
MONTE aux titres latins et italiens de ses ou-
vrages, illustre musicien dont le nom de famille
est inconnu,fut ainsi appelé à cause du lieu de sa
naissance. Je crois devoir suivre, en ce qui le
concerne, la tradition des anciens auteurs, dont
les paroles seront rapportées toute à l'heure,
traditions adoptées par les historiens de la
musique Hawkins (1) et Ricsewettcr (2), par
Jean-Gottfricd Wallher (3), ainsi que par les
autres auteurs de dictionnaires de musiciens
français, allemands, italiens et anglais. Tous,
à la vérité, se sont copiés; mais il n'en ré-
(1) A Cencral Ifislory of tltc science and jtraclice of
Utuie, t II, p. 492.
(2) Cataiog lier Sammlung aller Musilt, etc., p. ÎS7.
(ô) Musikuliselics lexicon, p. 4ï!0, article Monte {l'Iii-
(•j'j/its), Erànxtu. Philippe de Mont.
suite pas moins que Philippe de Mons est de
notoriété universelle. Toutefois, il s'est pro-
duit dans ces derniers temps des objections
sérieuses contre cette tradition : elles doivent
trouver place jci. Le baron de Reiffenberg
(voyez ce nom) a écrit le passage suivant dans
sa Lettre à M. Fétis, directeur du Conserva-
toire de Bruxelles, sur quelques particida-
rités de l'histoire musicale de la Belgique
{Recueil ency cl. belge, octobre 1833, pages CI
et 02), à l'occasion de quelques inexactitudes
ou omissions qu'il avait cru remarquer dans
mon mémoire sur les musiciens néerlan-
dais (l) : a. J'ai' transcrit... les vers latins de
» Ph. Brasseur, en ses Sydera illustrium
» Ilannonix scriptorum, sur Philippe du
« Mont, qui ne s'est jamais appelé Philippe
» Mons, comme vous dites, etc. » Il est évi-
dent que je n'ai pas écrit Philippe Mons,
mais Philippe de Mons, puisque j'ajoute :
ainsi appelé parce qu'il était né dans la ca-
pitale du Hainaut, en 1521 (pages 45). Les
fautes d'impression fourmillent à chaque page
dans ce mémoire publié loin de moi; mais
celle-ci saule aux yeux. Je pense que le baron
de Reiffenberg l'a bien aperçue; mais selon lui
le musicien dont il s'agit s'appelait Philippe
du Mont, el non Philippe de Mons. D'autre
part, Dlabacz nous fournit, dans son Diction-
naire des artistes de la Bohème, un rensei-
gnemenl qui contredit tous les témoignages
contemporains et autres concernant le lieu où
cet artiste aurait vu le jour; voici ses pa-
roles (?) : De Monte {Philippe), chanoine et
trésorier à Cambrai, célèbre compositeur,
né en 1521 à Staline* (et non à Mons dans
le Hainaut), ainsi que le fait voir la liste des
musiciens de la chapelle impérialede l'annee
1582, où il est nommé Philippe de Monte,
de Malines. Je crois devoir l'aire remarquer en
passant que Dlabacz n'indique pas on se trouve
cette liste des membres de la chapelle impériale.
Frappé, cependant, du fait avancé par ce bio-
graphe, M. Léon de Burburc, si exael dans ses
recherches archéologiques, m'écrivait, le
5 mais 1803 : « Rien n'autorise à croire que
» cet auteur, entièrement désintéressé dans
(1) Mémoire sur celle question : Çuels ont clé les mé-
rites des Néerlandais dans la musique, principalement
aux quatorzième, quin:icme et seizième siècles, tic, Am-
sterdam, .1. MuII<t et compagnie.) 1829, iii-4".
(2) De Monte (l'hilipp), ein Dmnherr uml luglul»
Scboli iiter su Cambray; rin berûlimler Kon^ponisi,
■ 1er zu Uechelo uml niclit zu Itcrjicii in llenin^iu lli.'l
jjeliorcn, wic is d;)S Verzciehniss drr K. K. Kopeltfl Vom
Jaliro 1382, wo er Phillpp île Moiilo von Mechcln genan»)
wird (tome 11, page ô-.i).
PHILIPPE DE MONS
« la question de nationalité du compositeur,
» se soit trompé. J'ai trouvé, de mon côté, qu'à
» Malines avait existé, vers le milieu du sei-
» zième siècle, une famille de Monte; que le
« 17 mars 1549, un maître Pierre de Monte,
» fils de Philippe de Monte et natif de Ma-
il lines, quitta cette ville et se fit inscrire dans
« la bourgeoisie d'Anvers. La coïncidence
« des prénoms du compositeur et du père de
« maître Pierre de Monte est significative :
» tous deux s'appellent Philippe. On sait
» combien les prénoms aident à distinguer
» les familles du même nom.... Si Philippe
» eût été natif de Mous, il eût écrit son nom
•■> latinisé, Philippe de Montïbus, et non de
« Monte.» Il paraîtrait donc, d'après la décou-
verte de M. de Burbure, que de Monte n'était
pas l'indication du lieu de naissance du
maître de chapelle de la cour impériale, mais
1e nom de sa famille : cependant je reçus,
quelques jours après la première révélation
de mon honorable ami, une antre lettre où se
trouve ce passage : « J'ai eu occasion de
» m'assurer que maîtres Philippe et Pierre
■>■> de Monte, dont je vous ai entretenu derniè-
« renient, s'appelaient Tan Bergen. » Or,
Berrj (au pluriel Bergen), en flamand comme
en allemand, signifie montagne (en latin
mons, montis), et ce mot est aussi, dans les
deux langues, le nom de la ville de Mons
(van Bergen, se disait de quelqu'un qui était
de Mons). L'équivoque subsiste donc encore.
J'ai maintenant à opposer aux objections
du baron de Reiffenberg, du P. Dlabacz et de
M. de Burbure, les autorités qui font naître à
Mons (en Hainaul) le célèbre musicien appelé
Philippe de Monte. A l'opinion du baron de
Reiffenberg, concernant le nom de cet artiste,
et au fait rapporté par Dlabacz, il y a une
première et décisive réponse à faire : c'est
■celle du titre d'un des ouvrages imprimés du
vivant de Philippe; le voici : Sonnetz de
Pierre de Rottsard, mis en musique à cinq,
six et sept parties par très-excellent maislre
Philippe de Mons, à Louvain, chez Pbalèse,
1570, in-4°. On ne peut faire un reproche au
baron de Reiffenberg de n'avoir pas connu ce
litre, mais on peut s'étonner qu'un homme si
érudit ait dit que l'artiste ne s'est jamais ap-
pelé Philippe de Mons, tandis que les bio-
graphes de son temps ou postérieurs ont dit
<|iPil tenait son nom du lieu de sa naissance;
il serait trop long de citer toutes les autorités
5 cet égard, mais je crois devoir en rapporter
quelques-unes des plus importantes. Sweert,
•ou Sv.erlius, contemporain de la vieillesse de
Philippe, le désigne ainsi (Alhenx Belgicx,
page 045) : Philippus de Monte, sic diclus,
quia Montibus Hannonix natus. Foppens
s'exprime exactement dans les mêmes termes
(Bibliotheca Belgica, tome H, page 1039);
et Rullart, né en 1599, c'est-à-dire lorsque
Philippe vivait encore, dit dans son Académie
des sciences et des arts : « La ville de Mons a
» cette gloire au dessus du reste des Pays-Bas
» d'être le lieu d'où sont sortis les plus excel-
» lents musiciens du siècle passé; car, après
» avoir produit Orlande de Lassus, elle a en-
» core donné naissance à celui-ci, qui, pour
» ce sujet, a été appelé Philippe de Mons. »
Il est vrai que les vers tirés par le baron de
Reiffenberg des Sydera illustrium Hannonix
scriptorum, de Philippe Brasseur (Mons,
1637, p. 88), portent en tête : Philippus du
Mont, ex exsareo chori musici prxside ca-
nonicus et thesaurarius cameracensis; mais
l'ouvrage de cet écrivain ayant pourobjetles
hommes célèbres du Hainaut et en particulier
de la ville de Mons, en admettant que le nom
de famille ait été du Mont, il ne reste pas
moins certain qu'il était né dans celte ville, et
consequemment ceux qui ont accolé à son
prénom l'indication du lieu de sa naissance
n'ont fait que suivre l'exemple de ce qui s'était
fait pourd'autres artistes, comme Jean Guyot,
presque toujours appelé Castileti, parce qu'il
était né au Châtelet, Jachet de Berchem, qui
était du village de ce nom, près d'Anvers,
Gérard et Jean, dits de Turnhout, à cause
du lieu de leurnaissance, etc., etc. Guichardin,
contemporain de l'artiste célèbre, ne fournit
aucun renseignement sur le lieu où il a vu le
jour : il l'appelle Filippo de Monti; l'édition
latine de son livre a Philippus de Monte, et
l'édition française, Philippe deMonte, ce qui
s'accorde avec l'opinion de M. de Burbure.
Dans l'espoir que Philippe fournirait lui-
même quelques renseignements pour résoudre
la difficulté, j'ai lu bon nombre d'épitres dé-
dicatoires qu'il a placées en tête de ses ou-
vrages, mais je n'ai rien trouvé. Dans l'état
actuel des choses, la notoriété de la naissance
de Philippe à Mons n'est pas douteuse, mais il
reste à décider entre elle, Dlabacz et M. de
Burbure qui le font naître à Matines. Une
autre incertitude existe à l'égard du nom de
sa famille : s'appelait-il. du Mont, ou de
Monte, ou Bergen? Il est douteux que ces
difficultés soient jamais dissipées; pour moi,
je crois devoir rester ici fidèle à la tradition.
L'époque de la naissance de Philippe de
Mons est déterminée par l'inscription placée
3.
06
PHILIPPE DE MONS
au-dessous de son portrait par Sadeler, et que
voici : Philippus de Monte Belga D. D.
Max. II et Rodolph. II Rom. imp. chori
musici pr&fectus metropol. Ecclesix came-
racencis canonicus et thesaurarius. glatis
sux LXXVIIA. D. MDXCIV. Notre artiste
était donc né en 1522, ou vers la fin de 1521,
c'est-à-dire un peu plus d'un an après Roland
de Lassus. L'objection que j'ai présentée,
dans mon mémoire sur les musiciens néerlan-
dais, contre la supposition qu'il aurait été
l'élève de celui-ci, ne subsiste plus depuis que
Delmotte a rectifié la date de la naissance de
Roland de Lassus. Remarquons toutefois que
de Lassus, parti de Mons vers l'âge de seize
ans, n'y reparut qu'en 1545, c'est-à-dire
lorsque Philippe était âgé de vingt-deux ans,
et que si celui-ci devint son élève, il dut le
suivre à Anvers et y recevoir ses leçons pen-
dant les années 1544 et 1545. Il n'est pas in-
vraisemblable qu'après avoir appris les élé-
ments de la musique sous la direction d'autres
maîtres, il ait achevé son éducation musicale
près de son compatriote. L'occupation de sa
vie, depuis celte époque jusqu'en 1504, où
Maximilien II succéda à Charles -Quint,
comme empereur d'Allemagne, n'est pas
connue. Le premier ouvrage connu de sa
composition est celui qui a pour litre : Mis-
sarum quinque, sex et octo vocum liber
primus, Anvers, 1557, in-fol. m". Celte date
et le lieu de l'impression pourraient faire
croire que Philippe fut attaché jusqu'alors
à quelque église d'Anvers. Il alla ensuite en
Italie, car le premier livre de ses madrigaux
à quatre voix a été publié à Venise, en 1501.
Il est vraisemblable qu'il vécut pendant quel-
ques années à Ingolsladt, peut-élre comme
maître de la chapelle de la belle église des
Jésuites, car les premières éditions de ses cinq
livres de motels à cinq voix furent imprimées
dans celle ville de la Bavière, depuis 1569
jusqu'en 1574. Rullarl nous apprend qu'à la
recommandation de Roland de Lassus, il fut
admis dans la chapelle impériale, sans doute
en qualité de simple musicien; mais ensuite
il en fut le directeur el conserva ce litre sous
l'empereur Rodolphe.
A l'égard de ses titres de chanoine et de
trésorier du chapitre de Cambrai, j'ai fait une
erreur de chronologie dans mon mémoire sur
les musiciens néerlandais, en les lui donnant
antérieurement à son entrée au service de
l'empereur Maximilien, car c'est par la pro-
tection de ce prince qu'il les obtint. J'ai, à ce
sujet, l'obligation de précieux renseignements
à M. le Glay, savant bibliothécaire de la ville
de Cambrai, qui a bien voulu faire des re-
cherches dans les actes du chapitre. Je vais
transcrire ici le passage de la lettre où il me
les fournit :
a J'ai peu de choses à vous apprendre con-
» cernant Philippe de Mons qui a un article
» très-court dans les Recherches sur l'église
>- métropolitaine de Cambrai (p. 140). J'ai
» compulsé de nouveau les actes du chapitre
» pour trouver quelques faits relatifs à ce cé-
» lèbre musicien. Il parait que Philippe ne
» s'astreignait pas au précepte de la rési-
» dence, car on ne le voit jamais figurer
n comme présent aux assemblées capitulaires,
» Le 1 er septembre 1572, il est admis en qua-
rt lilé de trésorier de l'église, virlute precum
» imper ialium. Celle admission a lieu par
» procureur. Le même jour on lui enjoint de
» justifier, dans le délai de quatre mois, qu'il
» est issu de légitime mariage; et le 8 oc-
8 lobre suivant, son fondé de pouvoir, Vale-
» rianus Serenus, chanoine de la métropole,
» jure que Philippe est né legitimis nuptiis.
« Le 2 janvier 1575, le chapitre prend une
» délibération ainsi conçue : Rescribattir ex
» partecapituli D. Philippo de Monte, ma-
» gistro cantorum Cxsarex majestatis,
« agenturque eidem gratis pro favore huic
» ecclesix et capitulo oblato utque salvum
» possit esse jus libers electionis archiepi-
» scopi hujus ecclesix. La réception de Phi-
» lippe en qualité de chanoine eut lieu le
n l' r mai 1577, et son procureur, Philippe
» Gomin, aussi chanoine, fut obligé de renou-
» vêler, le 27 du même mois, le serment
a qu'avait prêlé Yalerien Serenus, en 1572.
r Philippe de Mons résigna son canouicat,
« le 4 mars 1G03, en faveur de son neveu,
» Pierre Baralle, prêtre de Cambrai; quant
» à la trésorerie, il parait que notre digne
» Monlois l'a aussi résignée à son neveu, qui
a n'en profita pas, attendu quecctlcdignité fut
» supprimée aussitôt après la résignation. »
On voit par ce qui précède que Philippe de
Mons vivait encore, probablement à Vienne,
au mois de mars 1005 ; il élait alors dans sa
quatre-vingt-deuxième année : il est donc
vraisemblable qu'il ne vécut pas longtemps
après cette époque ; mais la date précise
de sa mort n'est pas connue jusqu'à ce
jour. Dlabacz nous apprend qu'en 1595 il
avait fait un voyage à Prague, et y avait com-
posé un morceau de musique pour la consécra-
tion du nouvel archevêque : ce morceau a clé
imprimé à Prague, en 1595, in-4".
PHILIPPE DE MONS
Tout porte à croire qu'on ne connaît pas
toutes les œuvres de Philippe de Mons, et
qu'une partie de ce qu'il a écrit pour la cha-
pelle impériale est restée en manuscrit dans les
archives de cette chapelle. Voici la liste des
éditions des ouvrages publiés sous son nom '
qui me sont connues : 1° Missarum quinque,
sex et octo vocum liber primas ; Anvers,
1557, in-fol. m ; il a été fait une deuxième
édition de ces messes dans la même ville, chez
les héritiers de Pierre Phalèse, en 1628, in-
Fol. m . 2° Missx cum quatuor et quinque
vocibus concinnatx; Anvers, Christ. Plan-
tin, 1588, in-fol. Ces messes ont été réimpri-
mées d'après une édition d'Ingolstadt dont
j'ignore la date.3°./Vmaad modulum.-'Bene-
dicla es, sex vocum; Anvers, 1580, in-fol. m .
4° Sacrx cantiones seu Motectx 5 voeùm,
Jib. I; Ingolsladt, 15C9, in-4°. 5° Sacrarum
cantionum quinque vocum liber secundus ;
ihid., 1571. G Idem, lib. III ; ibid., 1573.
7° Idem, sex vocum, lib. IV; ibid., 1573.
8° Idem, quinque vocum, lib. V, ibid., 1574.
Ces cinq livres de molets ont été réimprimés
à Venise, sous les titres italiens : II... libro
de'motetti à cinque e sei voci dal eccel-
lentissimo musico Filippo di Monte; Ve-
nise, 1572 à 1579, in-4°. Ce sont ces éditions
«lue Draudius indique sous des titres latins.
Il y a aussi m- éditions des cinq livres de ces
motels publiées à Venise, riiez les fils de Jé-
rôme Scolto, 1572 à 1576. 8° (bis) Philippi
de Monte S. C. M. Capellx magistri sacra-
rum Cantionum cum quinque vocibus, qux
vulgo motecta nuncupanlur , nunc primum
in lucem editus liber sextus; Veneliis, apud
Anqelum Gardanum, 1584, in-4°. Ce recueil
contient vingt-huit motets. 9° Philippi de
Monte, etc. Sacrarum cantionum cum sex
et duodecim vocibus, qux vulgo motecta
nuncupantur, nunc primum in lucem xdi-
tus liber primus ; ibid., 1585, in-4°. Recueil
«le vingt-neuf motets à six voix, deux à dix voix,
et un à douze voix. 10° Philippi deMonte,etc.
Cantionum sacrarum qux vulgo Motecta
nuncupantur, 7iunc primum in lucem edi-
tus cum sex et duodecim voc. Liber secun-
dus; ibid., 1587, in-4° (vingt-neuf motets).
11° Il primo libro de' madrigali a cinque
voct; Venise, 1561, in-4°. Le deuxième livre-
de ces madrigaux à cinq voix a été publié
dans la même ville, en 1567, in-4°; le troi-
sième en 1569, et fut réimprimé en 1576; le
quatrième livre parut en 1574, et fut réim-
primé en 1581 ; le cinquième livre, en 1574; le
sixième, en 1577, réimprimé en 1588 ; le sep-
tième, en 1583, réimprimé en 1586, tons
in-4". Les neuvième, dixième, onzième, dou-
zième et treizième livres, tous à cinq voix, fu-
rent publiés chez le même, depuis 1581 jus-
qu'en 1587. Il y a aussi des éditions de Ions
ces livres de madrigaux à cinq voix, publiées
à Venise, chez les héritiers de Jérôme Scolto,
depuis 1576 jusqu'en 1588. On trouve dans la
bibliothèque de Lycée communal de musique
de Bologne le dix-neuvième livre de madri-
gaux à cinq voix du même auteur; Venise,
Ang. Gardane, 1588. Je ne connais pas
d'exemplaire des livres quatorzième, quin-
zième, seizième, dix-septième et dix-hui-
tième. 12° Il primo libro de' madrigali a
sei voci; Venise, 1565, in-4 ; le second livre
parut dans la même ville, en 1568; le troi-
sième, en 1570, et fut réimprimé en 1576; le
(juatrième, en 1576; il y a eu, je crois, une
édition antérieure ; le cinquième, en 1579; le
sixième, en 1582; le septième m'est inconnu ;
le huitième, à Venise, 1592; tous in-4". Dla-
bacz assure que tous ces ouvrages ont été
imprimés aussi à Ingolsladt. Je connais aussi
le cinquième livre de madrigaux à cinq voix,
publié à Nuremberg, en 1577, in-4°. 15° La
Fiamelta , canzone di Filippo de Jt/onte
maestro di capella délia S. C. M. dell' imp.
Rodolfo II , insieme altre canzoni et madri-
gali vaghissimi a 7 voci, con uno écho a
otto, novamente composta et data in luce.
Libro primo; in Fenetia, app. Ang. Gar-
dano, 1598, in-4°. Dans la dédicace au car-
dinal Aldobrandini, Philippe dit qu'il a dédié
au même cardinal le huilième livre de ses
madrigaux à six voix. 14" Di Filippo de
Monte il primo libro de madrigali spiri-
tuali a cinque voci du lui novamente com-
posti; in Fenetia, app. Angelo Gardano,
1581, in-4°. Ce recueil contient trente can-
tiques. 15° Chansons françaises à cinq, six
et sept parties; Anvers, Planlin, 1575, in-4°
oblong. Il a paru dans la même année une
édition de ces chansons traduites en italien, à ,
Venise. 16° Sonnetz de Pierre de Ronsard, mis
en musique à cinq, six et sept part ies par très-
excellent maistre Philippe de Mons; à Lou-
vain, chez Phalèse, 1576, in-4°. Beaucoup de
morceaux extraits des œuvres de Philippe de
Mons ont élé insérés dans les collections de la
fin du seizième siècle; ce qui prouve l'estime
qu'on faisait alors de ses compositions. Parmi
ces collections, jecilerai les suivantes : \°Spo-
glie amorose. Madrigali a 5 voci di diversi
eccellentissimi musici nuovamente posti in.
face; Venise, G. Scollo, 1585. 2° Musica di-
38
PHILIPPE DE MONS - PHILIPS
vina, di XIX autori illustri a 4, 5, G et 7
voci, nella quale si contcngono i più eccel-
lentimadrigali che hoggidi si cantino; An-
vers, P. Phalèse et Bellère, 1595, in-4° obi.
3° Harmonia céleste, di divcrsi eccellentis-
simi musici a 4, 5, G, 7 e 8 voci nuovamente
raccolta da Andréa Pevernage e data in
luce; ibid., 1595, in-4° obi. 4° Symphonia
angeliea , di diversi eccellentissimi mu-
sici, etc. ; ibid., 1594, in-4" obi. 5° Mclodia
Olympica, di diversi eccellentissimi mu-
sici, etc., ibid., 1594, in-4° obi. G" Paradiso
musicale di madrigali e canzoni a cinque
voci, etc., ibid., 1596, in-4° obi. 7° Gliir-
landa di madrigali a set voci da diversi ec-
cellentissimi autori de' nostri tempi, ibid.,
1601, in-4°. 8" Madrigali a ottovocida di-
versi eccellenti e famosi autori, con alcuni
dialoghi, e écho per cantare et sonare a due
chori; ibid., 1596, in-8° obi.
Après Roland de Lassus, le musicien belge
dont la réputation eut le plus d'éclat et fut le
plus répandue à la fin du seizième siècle fut
Philippe de Mons. Celui-ci fut le dernier de ces
artistes célèbres que les Pays-Bas avaient vus
naître, et qui tinrent le sceptre de la musique
en Europe, dès le quatorzième siècle. Après
lui, l'art dégénéra en Belgique. On peut juger
par le madrigal Da bei rami scendea, rap-
porté en partition par Hawkins dans son His-
toire générale de la musique (i. II, p. 492 et
suiv.), de son mérite sous le rapport de la pu-
reté d'harmonie et sous celui du rhvthme:
mais c'est surtout dans ses motets que Phi-
lippe de Mons s'est distingué par la noble
simplicité de son style. Plusieurs poêles ont
chanté les louanges de cet artiste distingué :
outre les vers cités par le baron de Reiffen-
berg, il y a un poëme latin en son honneur
composé par Elisabeth Weslon, femme sa-
vante de la Bohême; ce poème a été inséré
dans le livre de cette dame intitulé : Par-
tltenicon, Pragx, typis Paulio Sessii, 1602,
in-8° (p. 16 et suiv.). Dlabacz rapporte qua-
rante-six vers de ce poème dans son Diction-
naire des artistes de la Bohême.
Je connais cinq portraits de Philippe de
Mons : le premier, par Raphaël Sadeler, a été
fait à Vienne, d'après nature, en 1594; il a
servi de type à tous les autres. Il fut reproduit
avec un rare talent de burin par Théodore de
Bry, dans la troisième partie des Icônes illus-
trium virorum de Boissard (pi. 49); mais on
n'y trouve pas l'inscription qui fait connaître
l'époque de la naissance de Philippe, comme
à celui de Sadeler. Vient ensuite celui de Ni-
colas de Larmessin, dans VAcadémie des
sciences et des arts, de Bullart, copie exacte
de celui de Théodore de Bry; puis la gravure
médiocre de celui qui se trouve dans le Thea-
trum virorum éruditions clarorum, de
Freher (pi. 78). Celui de Larmessin a été re-
produit dans la Bibliotheca Belgica, de Fop-
pens; mais la planche retouchée par une main
maladroite n'offre que de mauvaises épreuves.
Caldwald a fait une bonne copie de celui de
Sadeler, avec l'inscription, pour VHistoire
générale de la musique de Hawkins (t. II,
p. 491).
PHILIPPE (Jea>). Un auteur de ce nom
a été cité par Valentin-Bartholomé Haus-
mann, organiste à Schofstaedl, dans un livre
allemand sur la composition, resté en manu-
scrit, comme auteur de trois traités de mu-
sique, également manuscrits, qu'il possédait,
et qui avaient pour litres : 1° Collegium rnu-
sicum de compositione. 2° Organopxia.
o" Collegium melopoeticum. Mattheson, qui
possédait l'ouvrage de Hausmann, croit que
dans celle citation il avait oublié d'indiquer
le nom de famille de Philippe (Voyez J/us.
Ehrenpforte, p. 108); cependant Zeidler, cité
par Gerber, dans son ancien Lexique des mu-
siciens, indique les mêmes ouvrages sous le
même nom.
PHILIPPE D'ORLÉANS, régent <iu
royaume de France, né à Saint-Cloud, le 4 août
1674, mourut subitement le 25 décembre 1723.
Le parlement de Paris lui décerna la régence
le 2 septembre 1715. Ce prince, ami des arts et
des artistes, avait reçu de Campra des leçons
de composition, et avait fait des expériences
d'acoustique avec Sauveur. Il composa une
partie de la musique iVIIypermnestre. opéra
de Gervais, représenté à Paris en 1716. Il fit
aussi avec ce musicien un Panthée, opéra qui
fut représenté dans les appartements du Pa-
lais-Royal.
PHILIPS (Pierre), prêtre et composi-
teur, né de parerrts catholiques, en An-
gleterre, vers 1560, s'établit à Bélhune,
dans sa jeunesse, et y fut organiste. Vers
1595, il fit un voyage en Italie et vécut plu-
sieurs mois à Borne. Après ce voyage, il passa
qmique temps à Anvers, puis il entra au ser-
vice des archiducs Albert et Isabelle, en qua-
lité d'organiste de la chapelle : les organiste»
de cette chapelle étaient alors au nombre de
trois. Par lettre patente datée de Bruxelles, le
!) mars 1610, Philips obtint une prébende ni*
canonicat à Soignics (I). Bulkens le cite (Tro-
(I) Archives du royaume de Belgique»
PHILIPS - PUILODlLME
39
pltées de Brabant, t. III, p. 124), comme
ayant pris part à la pompe funèbre de l'archi-
duc Albert, en 1621. Il vivait encore en 1623,
car il publia dans celle année une collection
dont la préface est datée de Soignies, le
19 avril. Il prenait, au titre de ses ouvrages, le
nom italien de Pietro Phitippi ou Filippi.
On connaît de cet artiste : 1° Quelques ma-
drigaux dans la collcclion qu'il a publiée
sous ce titre : Melodia Olympica di diversi
ecccllcntissimi muski a 4, 5, 6 e 8 voci;
Anvers, P. Phalèse et J.-J. Bellère, 1594,
in-4" obi. 2" // primo libro de 1 Madrigali
aseivoci; ibid., 1590, in-4°. 5° Madrigali
a otlo voci; ibid., 1598, in 4° obi. L'épîlre
dédicaloire de ce recueil est datée du 24 sep-
tembre de la même année. 4" // secondo libro
de' Madrigali' o seivoci; ibid., 1004.5° Can-
tiones sacra; 5 vocum: Anvers, 1612, in-4°.
6° Cantiones sacra; octo vocum; ibid., 1013,
in-4*. 7° Gemmulx sacra; 2 e 5 voc; ibid.,
161ô, in-4°. 8° Litanix B. M. V . in ecclesia
Loretana cani solilm 4, 5-9 vocum; ibid.,
1623, in-4\
PHILLIPS (Jean), neveu de Milton, né à
Londres vers 1035, s'est fait connaître par di-
vers écrits politiques et autres. Il est aussi
l'auteur du pampblet intitulé : Ducllum mu-
sienm, composé à l'occasion de la discussion
de Mathieu Lock et de Salmon (voyez ces
noms), concernant l'unité de clefs dans la
notation de la musique. Ce pamphlet fut im-
primé à la suite de celui de Lock, intitulé :
The présent practice of music vindicated } z\.c.]
Londres, 1075, in-4°.
PîllLLIS (Jean-Baptiste), professeur de
guitare, né à Bordeaux, se fixa à Paris vers
1784, et y mourut le 30 décembre 1823, à
l'âge de soixante et douze ans. Il a publié de
sa composilion : 1° Trios pour la guitare et
divers instruments, œuvres 4, 10, 13, 15;
Paris, Pleyel. 2° Sonates pour guitare et vio-
lon , op. 14; ibid. 3° Thèmes variés pour
guitare seule; Paris, Janet. 4° Méthode courte
et facile pour guitare; Paris, Pleyel. 5° Nou-
velle méthode pour la guitare à six cordes;
ibid.
PHILLIS (Jeannette), fille du précédent,
née à Bordeaux vers 1780, entra au Conser-
vatoire de Paris, en 1790, y prit des leçons de
Fasquel pour le solfège, puis devint élève de
Planlade pour le chant, et obtint le second
prix au concours de l'an ix (1801). Entrée à
l'opéra comique du théâtre Favart, l'année
précédente, elle y avait eu des succès par les
grâces de sa personne et l'agrément de sa voix.
En 1802, elle fut engagée pour l'Opéra français
de Pélersbourg; elle fut attachée pendant dix
ans à ce théâtre, et devint la femme de Jous-
serand, ancien acteur de l'Opéra-Comique,
qui l'avait suivie en Russie. Retirée du théâtre,
elle vécut à Paris depuis 1812 jusque vers
1830, époque de sa mort. Sa soeur, qui chaula
aussi l'opéra comique à Pélersbourg, devint
la seconde femme du compositeur Boieldieu,
en 1819, et mourut à Paris, au mois de dé-
cembre 1853. C'était une femme aimable, spi-
rituelle el bonne.
PHILGDEME, philosophe épicurien, na-
quit à Gadara, dans la Cœlé-Syrie, environ un
siècle avant l'ère chrétienne. Après avoir vi-
sité la Grèce, il alla à Rome et se lia d'une
étroite amitié avec Calpurnius Pison, que Ci-
céron fit dépouiller du gouvernement de la
Macédoine, pour le scandale de sa conduite.
Dans sa réponse aux invectives de Pison,
l'orateur romain représente Philodème comme
un homme aimable et spirituel, qui unissait
beaucoup d'érudition à une politesse exquise ;
mais, par égard pour ses talents, il ne le
nomme pas une seule fois dans un discours où
il ne pouvait se dispenser de lui reprocher
d'avoir favorisé par ses principes el son
exemple les désordres de Pison, au lieu de
chercher à les réprimer. Philodème cultivait
les letlres, qu'on accusait les épicuriens de
négliger; il avait, au dire de Cicéron, célébré
les orgies et les débauches de Pison dans de
petits poèmes, qui auraient réuni tous les
suffrages si le choix des sujets eût été digne
de l'exécution. Rien ne serait parvenu jusqu'à
nous des écrits de ce philosophe si, parmi les
manuscrits trouvés à Herculanum, il ne s'en
fût trouvé un qui contient, non un ouvrage
entier, mais le quatrième livre d'un traité sur
la musique, intitulé simplement IJspl u.ouaixr,i;.
Le rouleau de papyrus qui le contenait était
charbonné et rempli de crevasses; il fut dé-
roulé avec beaucoup de peine par Biaggio
et Merli. Les lacunes résultant des crevasses
étaient en grand nombre; beaucoup furent
restituées avec érudition et sagacité par les
savants chargés de ce travail, qui fut publié à
Naples, en 1793, comme premier volume des
manuscrits d'Herculanum, sous ce titre :
Jferculanensium voluminum quse super sunt,
tom. I, in-fol. Ce volume contient un fac
simile du manuscrit, en trente-huit planches
gravées, représentant les trente-huit colonnes
du texte; chaque planche est accompagnée du
même texte restitué, d'une traduction latine
par Mazoccbi, Rosini, IgnarraetBafli,etsuivie
40
PHILODÈME — PHILOMATHÊS
de notes très-amples et remplies de l'érudi-
tion la plus solide. Le tout est terminé par un
commentaire sur les dix-neuf chapitres dont
se compose ce quatrième livre. L'ouvrage de
Philodème n'est ni technique, ni historique,
mais purement philosophique : il a pourohjet
cette question : Si lu musique est digne d'éloge
ou de blâme? L'auteur se prononce pour celle
dernière opinion, et dirige la critique contre
Diogène te Babylonien, stoïcien dont Diogène
«le Laerce parle souvent dans la vie de Dio-
gène le Cynique.
Le libraire Schwickert, de Leipsick, enlre-
pril, en 1795, une réimpression in-8° du vo-
lume publié à Naples deux ans auparavant;
mais celle entreprise fut interrompue et n'a
jamais été achevée. Le savant de Murr a pu-
blié depuis lors : Commentatio de papyris
seu voluminibus grxcis flerculanensibus ;
Strasbourg, 1805, in-8° de soixante pages et
deux planches. Ce petit volume contient le
texte grec d'un fragment du traité de Philo-
dème. L'année suivante le même philologue
lit paraître une traduction allemande de ce
fragment avec un commentaire, sous ce tilre :
Philodemvon der Musik ; ein Juszug aus
dessen viertem Buchs ; Berlin, 1800, in-4°
de soixante-quatre pages et deux planches.
D'autres fragments de Philodème ont été
retrouvés parmi les manuscrits d'Herculanum;
mais ils sont étrangers à la musique.
PIIILOLAUS, disciple de Pylhagore,
naquit à Crotone, et vécut environ quatre
cent cinquante ans avant l'ère chrétienne.
Après la mort de Pylhagore , il devint
élève d'Archytas. Les Pythagoriciens ayant
été chassés «l'Élis , Philolatls se réfugia
à IMélaponle, puis à lléraclée, on il écrivit ses
ouvrages, dont il nous reste des fragments que
l'illustre savant M. de Boeckh a rassemblés en
dernier lieu, et qu'il a éclaircis par des re-
marques excellentes, dans le volume intitulé :
Philolaos des Pylhagorcrs Lehren, tiebst den
Bruchsliicken seines JFerkes (Doctrine du
pythagoricien Philolatls, d'après les fragments
de ses œuvres; Berlin, 1819, in-8°). PhilolaUs
est le plus ancien élève de Pylhagore qui nous
a transmis sa doctrine de l'harmonie, peut-
être modifiée par Archylas et Philolatls lui-
même. Boèce, qui parait avoir possédé l'ou-
vrage de ce dernier, nous donne la substance
de sa théorie des proportions harmoniques des
intervalles (De fl/usica, lib. III, cap. 5 et
seq), sur laquelle il faut consulter le travail
de Rœckh, cité précédemment. Il résulte de la
comparaison de celle théorie avec celle que
nous ont transmise les nouveaux pythagori-
ciens de l'école d'Alexandrie, que ceux-ci ont
changé en beaucoup de choses les principes
de l'école primitive. Cette remarque a été
faite avec justesse par Rider, dans son His-
toire de la philosophie pythagoricienne
(Geschicbte der Pylhagorischen philosophie;
Hambourg, 1820, grand in-8").
PHILOMATHES (Wenceslas). Sous ce
nom, tous les musiciens biographes et biblio-
graphes ont ci lé un livre sur la musique, rare
et curieux; toulefois ) / > /n7oniai*/<èsn'estqu\ine
qualification qui signifie ami de la science;
le nom véritable de l'auteur de ce livre est
JFenceslaus. Il était né dans la seconde partie
du quinzième siècle, à Neuhaus, en Bohême,
ainsi que l'indiquent les mots de Nova domo
qu'il ajoulait à son nom. Un fait rapporté par
Dlabacz, dans son Dictionnaire des artistes
delà Bohême (p. 551-552), prouve la solidité
de ma conjecture à l'égard du nom de l'écri-
vain dont il s'agit; car on y trouve une notice
sur un "Wenceslaus , de Neuhaus, qui était
fondeur de cloches, et qui en a fait une, en
1490, sur laquelle on trouve celle inscription :
Anno Dom. Millesimo f CCCC. XCVI.
•j- hoc opus •{■ fecit. Wencesl. -f Nova -j- Do.
Un autre JFenceslaus, vraisemblablement
de la même famille, élait ma gis 1er et fondeur
de clocles à Rlattau, en Bohême, dans le même
temps. Le livre de Wenceslaus est un traité
des éléments du plain-chant et de la musique
mesurée, écrit en vers techniques latins, et
divisé en quatre livres; il a pour titre : Fen-
ceslai Philomathis de Nova domo Musico-
rum libri quatuor, compendioso carminé
elucubrati; Vindobonœ, 1512, in-8°. L'épitre
dédicatoire est datée des calendes d'août de la
même année. Wenceslaus y dit que son ou-
vrage a élé approuvé par l'Académie de
Vienne. Une deuxième édition de ce livre fut
publiée à Leipsick, en 1518, sous ce titre :
Liber Musicorum IF de regiminc utriusque
cantus. La troisième a paru à Vienne, sous
ce titre : Finceslaus Philomathis de Nova
Domo Musicorum libri quutuor. JUagistri
Iludberti Rcsch Grœcensis ad lectorem epi-
gramm. extemporale, Musicx complectens
obiter Laudem. A la fin, on lit : Jmpressum
Fiennx Pannonix per Johannem Singre-
nium. Anno MDXXII1 , petit in-4° de cinq
feuilles et demie. Un exemplaire de celte édi-
tion est à la Bibliothèque impériale de Vienne.
La quatrième édition a élé publiée à Stras-
bourg, en 1533, in-8°, et la cinquième a été
imprimée à Wittenherg, en 1534, in-8", par
PHILOMATHÊS - PIIRYNIS
a
Georges Rhaw, qui y a ajouté une courte pré-
face. Je possède cette édition. Enfin, ii yen
a une sixième, qui se trouve à la Bibliothèque
impériale de Vienne. Elle est exactement
semblable à la première. On lit au bas du
frontispice : Excusum Argentins: in wdibus
Jacobi Jucundi. Anno MDXLIII, petit
in-8° de cinq feuilles et demie. L'édition de
Leipsick indiquée par M. Grœsse (Lehrbuch
einer Allgcmeine Literargeschichle, t. III,
p. 964), sous la date de 1578, paraît être une
faute d'impression : le litre même semble al-
téré par ce savant, car il le donne ainsi :
Liber Musicorum quarlus de régi mi ne
utriusque canlus et modo cantandi. Or, le
quatrième livre de l'ouvrage de Wenceslaus
ne traite pas du chant, mais du contrepoint ;
d'ailleurs, ce quatrième livre ne forme que
cinq feuillets : il est peu vraisemblable qu'on
l'ait séparé des autres. Le premier livre de ce
petit ouvrage , qui forme quarante-quatre
feuillets non chiffrés, traite du plain-chant ;
le deuxième, de la musique mesurée et des
proportions de la notation; le troisième, de
l'art du chant, et le dernier, du contrepoint.
Walther a induit en erreur Forkel, Lichten-
thal et Becker , en leur indiquant comme
un second ouvrage de Wenceslaus, un traité
De musica plana, qui aurait été imprimé à
Vienne, en 1512, et à Strasbourg, en 1543;
ce traité du plain-chant n'est autre que le
premier livre du traité précédent. Martin .
Agricola a fait imprimer un commentaire sur
le premier livre de l'ouvrage de Wenceslaus
(voyez Agiucola).
PIIILOTIIEE, moine grec du cinquième
siècle, vécut à Damas. On lui attribue le
chant de quelques hymnes qui se trouvent
dans le Triodion, recueil d'offices du commun
des saints. Les auteurs du Dictionnaire his-
torique des musiciens (Paris, 1810-1811) ont
fait sur ce moine une singulière étourderie :
Gerber avait dit, dans son ancien Lexique,
suivant le Triodium (nach dem Triodio),
que, Philolhée avait composé ces mélodies;
M. Fayolle, prenant le Triodium pour quel-
que auteur, dit : Le Triodium assure, etc.
PIIILOTHÉE patriarche de Constanti-
nople, fut d'abord moine et abbé d'un couvent
du mont Alhos, et ensuite archevêque d'IIé-
raclée, vers 1554, jusqu'à ce qu'il fut élevé,
en 1562, à la dignité patriarcale, qu'il occupa
jusqu'à sa mort (en 1571). Il a composé les
paroles et le chant de quelques hymnes qu'on
chante dans l'office de l'Église grecque.
PIIIINOT (Dojiisique) ou TIINOT, musi-
cien français du seizième siècle, né vraisem-
blablement à Lyon, n'est connu que par ses
ouvrages, où l'on remarque une facture élé-
gante. Ses œuvres les plus importantes sont :
1° Motettx quinque, sex et octo vocum,
ïib. I, Lugduni, per Godefridum et Marcel-
linum Beringos fratres, 1 547, in-4°. ^"Idem,
lib. II, ibid., 1548. 5° Chansons françaises
à quatre parties ; Lyon, Godefroid Beringen,
1548. Des exemplaires de ces ouvrages rares
sont à la Bibliothèque royale de Munich. Les
chansons ont été réimprimées avec des paroles
italiennes, à Venise, chez Jérôme Scoto, dans
la même année, in-4°obl. 4° Idem, ibid., 1550,
in-4°. 5° Salmi et Magnificat a quattro voci ;
Venise, Jérôme Scoto, 1555, in-4°. Baccusi
fait l'éloge de cet œuvre dans la préface de ses
psaumes publiés en 1594. 6° Motelti a 5 voci,
lib. I, ibid., 15C4, in-4°. 7° Motetti a 5 voci,
lib. II, ibid., 1565, in-4°. Quelques morceaux
de Phinotont été insérés dans les collections
publiées par Nicolas Du Chemin et Adrien Le
Roy, et dans le Parangon des chansons, édité
par Jacques Moderne, à Lyon. On trouve
aussi deux de ses chansons dans le recueil
intitulé Venticinque Canzoni francesi a
quattro di Clément Jannequin e di allri
eccellentisstmi authori (Venise, Ant. Gar-
dane, 1538). Des motets de Phinot sont placés
dans le Selectissimaruni Motetarum partim
quinque, partim quatuor vocum Tomus
primus, imprimé chezPetrejus,à Nuremberg,
en 1540. Nicolas du Chemin (Duchemin) a
publié du même arliste : D. Dom. Finot
Missa cum quatuor vocibus ad imitalionem
moduli si bona susceptimns condita. Pari-
siis, 1557, in-fol. Tous les ouvrages de ce
compositeur imprimés à Lyon portent son
nom orthographié ainsi : Finot.
PHItYIVIS, musicien grec, naquit à Mity-
lène, capitale de l'île de Lesbos. Il était fils
de Cabon, et fut contemporain de Timolhée
de Milet. Suidas ajoutée ces détails, d'après
l'historien Isler, que Phrynis fut d'abord cui-
sinier chez Hiéron le Tyran, qui, le voyant
s'exercer à jouer de la flûte, le mit chez Aris-
toclide, pour s'y instruire dans la musique. Il
devint un très-habile citharède, et fut, dit-on,
le premier qui remporta le prix de la cithare
aux jeux des Panathénées, célébrés à Athè-
nes, sous l'archontat de Callias, c'est-à-dire
vers la 4 mc année de la 80" ,e olympiade,
457 ans avant Jésus-Christ. Il ne fut pas si
heureux lorsqu'il disputa le prix à Timolhée,
car celui-ci fut proclamé vainqueur, comme
il s'en glorifiait par deux vers que Plutarque
42
PHRYNIS - PIANTANIDA
nous a conservés (De Laud. sui., p. 937,
Lin. 7, edit. Steph. Grxc), et dont le sens
est : « Que tu étais heureux, Timothée,
» lorsque tu entendais le héraut publier à
» haute voix : Timothée de Nilet a vaincu
» le fils de Cabon, ce joueur de cithare dans
» le goût ionien! » Phrynis passe pour l'au-
teur des premiers changements introduits
dans l'ancienne musique, par rapport au jeu
de la cithare. Ces changements consistaient
1° dans l'addition de deux cordes aux sept
dont l'instrument était monté avant lui;
2° dans la marche de la modulation, qu'il
rendit moins simple qu'autrefois; 5° dans une
foule d'ornements dont il surchargea le chant.
Ces innovations lui valurent une foule de cri-
tiques, surtout de la part des poètes comi-
ques. Aristophane, dans sa comédie des
Nuées, met ces mots dans la bouche de la
Justice, en parlant de l'éducation des jeunes
gens : « Si quelqu'un d'entre eux s'avisait
« de chanter d'une manière bouffonne, ou de
» mêler dans son chant quelque inflexion
» de voix semblable à celles qui régnent
» aujourd'hui dans les airs de Phrynis, on
» le châtiait sévèrement. » Le poète Phéré-
crale, dans sa comédie de Chiron (dont Plu-
tarque nous a conservé un fragment), fait
tenir le langage suivant à la Musique person-
nifiée : « Phrynis, par l'abus de je ne sais
» quels roulements qui lui sont particuliers,
» me faisant fléchir et pirouetter à son gré,
« et, voulant trouver dans le nombre de sept
» cordes douze harmonies différe\iles, m'a
» totalement corrompue. » Ces passages sem-
blent indiquer que Phrynis avait voyagé en
Asie, et qu'il avait introduit dans la Grèce
le goût des ornements du chant <|ui était gé-
néral chez toutes les nations de l'Orient,
comme il l'est encore aujourd'hui. Phrynis
s'étant présenté aux jeux publics de Lacédé-
mone avec sa cithare à neuf cordes, l'éphore
Ecprépès se mit en devoir d'en couper deux,
et lui laissa seulement à choisir entre les
graves ou les aiguës. Timothée éprouva le
même sort quelque temps après, aux jeux Car-
niens(voyez Burette, note 27" ,e sur le Dialogue
de Philarque). Tant de préjugés et d'igno-
rance auraient suffi pour s'opposer aux pro-
grès de la musique grecque, lors même (pie
d'autres causes, qu'il serait trop long de dé-
tailler ici, n'y auraient pas contribué.
PUYLLIS, musicien grec, né a Délos, a
écrit un Traité des joueurs de flilte, qui est
perdu [voyez Athénée, liv. XIV, c. 9). Il était
aussi auteur d'un traite de la musique en
deux livres ; j'ai lu dans un journal littéraire
qu'on en a découvert le manuscrit à Hercu-
lanum.
PIAIN'TAMDA (Jbàb), violonisle distin-
gué, naquit à Florence, en 1705. En 17Ô4, il se
rendit à Pélersbourg avec une troupe de
chanteurs dramatiques dont sa femme faisait
partie. Après trois années de séjour dans
cette ville, il alla passer l'hiver de 17Ô7 à
Hambourg, et y donna des concerts qui eurent
de la vogue. De là il alla en Hollande, puis
retourna en Italie et se fixa à Bologne, où
Burney l'entendit, en 1770. Quoiqu'il fût
alors âgé de soixante-cinq ans, il était encore
plein de feu, et Burney n'hésite pas à le dé-
clarer le premier violon italien de celle
époque, bien qu'il y eût, dans sa position et
dans le maniement de son archet, une appa-
rence de gaucherie et d'embarras. Cet artiste
est mort a Bologne, vers 1782. On a gravé de
sa composition six concertos pour violon et
orchestre, et six trios pour deux violons et
violoncelle, à Amsterdam.
PIATSTAINIDA (l'abbé Isidore), né à
Milan dans la première moitié du dix-huilième
siècle, a fait ses études musicales sous la di-
rcclion du maître de chapelle Fioroni. Il
vivait encore à Milan, en 1812. L'abbé Pian-
tanida a beaucoup écrit pour l'église; on cile
avec éloge une messe de sa composition, et
surtout un. Miserere considéré comme un mor-
ceau de grand mérite. On a gravé sous son
nom : Salve Regina, pour deux soprani, con-
tralto et basse, avec contrebasse et violoncelle;
Milan, Ricordi.
PIANTANIDA (Gaetab), compositeur et
pianiste, né à Bologne, en 1708, et non à
Milan, comme il a été dit dans la première
édition de cette Biographie, fut élève de Sta-
nislas Matlei pour l'harmonie et le contre-
point. Dans sa jeunesse, il a voyagé en Alle-
magne, et a passé quelques années en Dane-
mark, puis il est retourné dans sa patrie.
Nommé professeur de composition au Con-
servatoire de Milan, il a occupé cette position
jusqu'à ses derniers jours. Il est mort dans
celle ville au mois de novembre 1830 : Vaccaj
fut son successeur. Piantanida a publié de sa
composition : 1° Sonate pour piano seul,
op. 1; Milan, Ricordi. 2" Sonate avec violon
obligé; ibid. 3° Trente-deux préparations
pour des cadences, en forme d'exercices;
ibid. 4° Valses pour le piano. 5° Six ariettes
italiennes; Copenhague, Lose. 6° Six romances
françaises; ibid. 7° Quelques morceaux de
Chant détachés, gravés en Allemagne.
PIATTI - PICCIIIANTI
43
PIATTI (Alfred), célèbre violoncelliste,
est né à Bergame, en 1825. Fils de Charles
Pialli, chanteur de talent, il commença, dès
ses premières années, l'étude de la musique.
Zanelti, professeur de violoncelle de sa ville
natale, lui donna les premières leçons de son
instrument; puis il entra au Conservatoire de
Milan, et y devint élève de Merighi. Sa pre-
mière apparition en publie eut lieu dans un
concert de celle institution, en 1838 : il y
excita «les transports d'admiration. Piatli
n'était alors âgé que de quinze ans et demi.
Le 7 avril de la même année, il donna au
théâtre de la Scala un concert dont le produit
était destiné à lui fournir des ressources suffi-
santes pour voyager. Quelques mois après, il
se fit entendre à Venise, puis à Vienne,
avec un brillant succès. Après avoir séjourné
quelque temps dans la capitale de l'Autriche,
il retourna en Italie et joua, en 1841, à Milan
et à Pavie. En 1844, il donna des concerts à
Francfort-sur-le-Mein,etdans la même année,
il se fit entendre à Berlin, puis à Breslau et à
Dresde. Arrivé à Pétersbourg, en 1845, il y
donna plusieurs concerts productifs et trouva
de zélés protecteurs chez les comtes de Wiel-
horsky. En 1846, M. Piatli s'est fixé à Lon-
dres et s'y est marié. Son talent de premier
ordre n'a pas tardé à lui créer dans cette
ville une position brillante. Un beau son, une
justesse parfaite, un sentiment vrai de l'ex-
pression et une habileté d'exécution qui se
joue des plus grandes difficultés, l'ont placé à
la télé des violoncellistes de l'Angleterre.
Dans la musique de chambre, on peut assurer
qu'il n'a pas de rival. Les compositions de cet
excellent artiste dont j'ai connaissance sont
celles-ci : 1° Introduction et varialions sur
un thème de Lucia di Lammermoor pour
violoncelle, avec accompagnement de piano,
op. 2; Milan, Ricordi. 2° Une Prière. Thème
original varié pour violoncelle avec piano,
op. 5; ibid. 5° Passe-temps musical, idem,
composé de trois numéros intitulés Chant re-
ligieux; Souvenir d'Ems; Litania , de
Fr. Schubert, op. 4; ibid. 4° Souvenir de la
Sonnanbula, idem, op. 5; ibid. 5° Mazurka
sentimentale, pour violoncelle et quatuor,
©p. C; ibid. 6° Les Fiancées, petit caprice
pour violoncelle, avec accompagnement de
piano, op. 7; ibid. 7° Airs baskyrs, Scherzo
pour violoncelle et quatuor ou piano, op. 8;
ibid. 8° Souvenir des Puritani, fantaisie
pour violoncelle et piano, op. 9 ; ibid.
PIAZZA (Jean-Baptiste), virtuose sur
divers instruments, particulièrement sur la ■
viole, né à Rome dans les dernières années
du seizième siècle, fut élève de Vincent Ugo-
lini. Il a Tait imprimer plusieurs œuvres de
sa composition pour la viole, parmi lesquels
on remarque : 1° Cdnzoni per una viola.
Libro 1°; Venezia, Bart. Magni, 16-33. C'est
une seconde édition. 2° Canzoni idem,
Libro 2°; ibid., 1527. 3° Balletti e correnti a
una viola con basso, lib. 5; Venise, Vin-
cenli, 1628. 4° Ciacone,passacaglie, balletti
e correnti per una viola, lib. 4; ibid.
5° Canzoni per una viola, lib. 5. 6° Cor-
renti, ciacone e balletti per una viola, lib. 6.
7° Canzonette per una viola, lib. 7, ibid.
PIAZZA (Léandre), né à Segni, dans la
première moitié du dix-huitième siècle, fut
agrégé à la chapelle pontificale de Rome, en
1775. Bon compositeur de musique d'église,
il a laissé en manuscrit dans cette chapelle
les psaumes Dixit et Beatus vir, à huit voix,
qui se chantent encore, et qui sont d'un ex-
cellent effet.
PIAZZI (Charles), maître de chapelle de
la cathédrale de Crémone, dans la seconde
moitié du dix-septième siècle, est connu par
un ouvrage qui a pour titre : Misse da ca-
pella a qualtro voci, op. 1 ; Bologne, Jacques
Monti, 1680.
PICC1II (Ermanno), compositeur et écri-
vain sur la musique, naquit le 7 juin 1811 à
Vlmpronata, près de Florence. Une fièvre
miliaire le conduisit au tombeau, le 18 avril
1856, avant qu'il eût accompli sa quarante-
cinquième année. En 1838, il a fait repré-
senter à Florence Marco f'isconti, opéra en
trois actes, dont quelques morceaux ont été
publiés à Milan, chez Ricordi, avec accom-
pagnement de piano. On connaît de lui deux
fantaisies pour le piano, la première sur un
thème de la Fille du régiment, l'autre sur
des motifs de Saffo, de Pacini ; à Milan, chez
le même. Fondateur de la Gazzetta musicale
di Firenze, puis de VArmonia, qni en est la
continuation, il y a publié quelques bons ar-
ticles de critique.
PICCHIAIVTI (Louis), guitariste dis-
tingué, compositeur pour son instrument et
écrivain sur la musique, est né à Florence, le
29 août 1786. Dès sa première enfance, il mon-
tra pour la musique un penchant instinctif qui
lui fit surmonter les obstacles que rencontra
son désir de s'adonner à cet art. Le contre-
point lui fut enseigné par Disma Ugolini,
alors professeur à l'Académie des beaux-arts
de Florence. Après avoir voyagé en Angle-
terre, en France et en Allemagne, pendant les
41
PICCII1ANTI - PICCINNI
années 1821 à 1825, il pni •*■■ de sa composi-
tion : l°Trio pour guitare, clarinette etbasson;
Leipsick, Breitkopf et Haertel. 2° Fantaisie
pour guitare et flûteou violon ; Milan, Ricordi.
5° Marche pour deux guitares; Florence, Ci-
priani. 4° Une grande sonate, des préludes ou
caprices, des études et des thèmes variés pour
guitare seule; ibid. 5° Des airs populaires
italiens avec accompagnement de guitare.
Parmi ses autres compositions, on remarque :
Je psaume 109 à huit voix en deux chœurs,
avec orchestre ; un quatuor pour instruments
â cordes, et un grand nombre de partimenti
pour l'élude de l'harmonie pratique et de
l'accompagnement. Comme écrivain sur l'art,
Picchianli a publié : 1° Principi generali e
ragionati délia musica teorico-pralica) Flo-
rence, 1834. Cet ouvrage a été réimprimé
«lans l'année suivante, à Milan, chez Ricordi.
2° Notizie délia vita e délie opère di Luigi
Cherubini; Florence, 1843, 1 volume in-8".
Picchianli a été un des rédacteurs de la Gaz-
zetta musicale di Hfilano.
PICCIINIiNI (Alexandre), virtuose sur le
lulh, né à Bologne dans la seconde moitié du
dix-seplième siècle, fut attaché au service du
duc de Ferrare,et s'y trouvait encore en 1G30.
Il a fait imprimer un ouvrage de sa composi-
tion intitulé : Libro di liuto e di chitarono
(Livre de musique pour le lulh et la grande
guitare), Bologne, 162G, in-fol. Cet ouvrage
est précédé d'un traité de la tablature de ces
instruments : on y trouve l'origine du téorbe
et de la pandore. Piccinini s'y donne pour
l'inventeur de l'archilulh.
PICCIIMM (Nicolas), compositeur cé-
lèbre, naquit en 1728, à Bari, dans le royaume
«le Naples. Son père, musicien de profession,
ne lui enseigna pas la musique ; il le destinait
à l'état ecclésiastique et lui fit faire les études
nécessaires pour être admis au séminaire.
Cependant Piccinni, dominé par son génie,
ne voyait jamais un instrument, et surtout un
clavecin, sans tressaillir. Il s'exerçait en ca-
chette à jouer sur le clavier les airs d'opéras
qu'il avait entendus et qu'il retenait avec
facilité. Son père l'avait conduit un jour chez
l'évéque de Bari; se croyant seul dans l'ap-
partement oii on l'avait laissé, il s'assit à un
clavecin qui s'y trouvait et s'amusa à répéter
quelques-unes de ses mélodies favorites : le
prélat, qui l'entendit de la pièce voisine, vint
près de lui en l'applaudissant, et charmé de
la précision qu'il mettait dans les airs, et delà
lionne harmonie dont il les accompagnait par
instinct, il engagea le père à le mettre au
Conservatoire de San -Onofrio, alors placé
sous la direction de Léo. Piccinni y entra au
mois de mai 1742; en sorte qu'il était âgé de
quatorze ans quand il commença l'étude ré-
gulière de la musique. Un de ces élèves répé-
titeurs, qu'on décorait du titre de maestrino
dans tous les conservatoires d'Italie , fut
chargé de l'instruire des éléments de l'art;
mais il parait que ce maître avait moins de
savoir et de méthode que de morgue préten-
tieuse, car bientôt Piccinni, se dégoûtant de
ses leçons, résolut de ne prendre conseil que
de son génie, et se mil à écrire des psaumes,
des oratorios et des cantates qui, suivant son
biographe, excitaient l'envie ou l'admiration
de ses condisciples. Le bruit qu'il avait com-
posé une messe entière parvint jusqu'à Léo,
qui voulut en examiner la partition, et qui en
fit faire un essai, dirigé par le compositeur
inexpérimenté. Au milieu des éloges qu'on
lui prodigua, Léo seul fil entendre quelques
paroles sévères, et lui dit que c'était se
montrer peu digne des présents de la nature,
que de ne vouloir point apprendre à en régler
l'usage. Celui qui n'a point étudié l'art, lui
dit-il, ne sera jamais qu'un artiste incomplet.
Après cet avis paternel, il l'embrassa et lui
ordonna de venir chaque malin recevoir de
lui de meilleures leçons que celles qu'on lui
avait données jusqu'alors. Quelques mois
après, Léo cessa de vivre; mais il fut remplacé
par Durante, qui prît en affection Piccinni, et
lui donna tous ses soins. Enfin, après douze
années d'études, Piccinni sortit du Conserva-
toire, en 1754, brillant du désir de mettre à
profit les inspirations de son génie el le savoir
qu'il avait acquis. A celle époque, Logroscino
était le compositeur d'opéras bouffes le plus
estimé des Napolitains; il justifiait cette pré-
férence par une verve comique, féconde en<
traits originaux. Il avait quitté Naples depuis
1747; mais il régnait encore au théâtre des
Florentins par ses ouvrages, lorsque Piccinni
s'y présenta avec son premier opéra. Le prince
de Vinlimille, protecteur de ce jeune artiste,
décida le directeur à le faire représenter, en
lui offrant la garantie d'une somme de huit
mille livres pour le cas d'une chute. Cet ou-
vrage, intitulé le Donne dispctlosCfUW. repré-
senté quelques mois après que le compositeur
fut sorti du Conservatoire. Une de ces cabales
puissantes, si fréquentes à Naples, s'était
formée contre le nouveau maître; mais ses
calculs furent déjoués, car le public accueillit
avec enthousiasmecc premier essaid'un génie
nouveau. Le succès encouragea Piccinni qui,.
PICCINNI
45
an printemps de l'année suivante, fit jouer au
même théâtre le Gelosie, et quelques mois
après II Curioso del proprio danno, dont le
sort fut encore plus heureux que celui des
deux autres opéras, et qui fut remis à la
scène quatre années de suite, honneur alors
inconnu en Italie. Dès lors, la renommée du
compositeur commença à se répandre, et
l'administration du théâtre de Saint-Charles
le choisit, en 175G, pour écrire la musique de
Zenobia, opéra sérieux dont le succès eut
beaucoup d'éclat.
Jusque-là Piccinni ne s'était essayé que
devant le public de Naples; mais, en 1758, il
fut appelé à Rome et chargé d'y composer la
musique de VAlessandro nelle Indie. Quel-
ques airs de cet ouvrage, et une ouverture
supérieure à tout ce qu'on avait entendu au-
paravant en Italie, justifièrent la confiance
que le talent du musicien avait inspirée aux
Romains. Deux ans après, Piccinni retourna
à Rome et y écrivit La Cecchina ossia la
Buona Figliuola, qui excita une admiration
poussée jusqu'au fanatisme. On le déclara le
plus parfait des opéras bouffes : il n'y avait
point eu jusqu'alors de succès plus brillant,
plus universel. On voulut entendre la Cec-
china sur tous les théâtres d'Italie, et partout
elle excita les mêmes émotions. On ne voulait
plus entendre d'autre musique, et le peuple la
demandait toujours, à l'exclusion d'opéras
plus nouveaux. Les modes, les enseignes de
cafés et de marchands étaient à la Cecchina;
enfin ce fut le premier exemple de cette vogue
dont nous avons été témoins pour quelques
opéras modernes. Ginguené, qui a écrit une
biographie détaillée de Piccinni, assure que
cette pièce ne lui coûta que dix-huit jours de
travail : précédemment Duni l'avait mise en
musique sans succès. Ce fut dans cet opéra
que Piccinni fit entendre pour la première
fois des finali avec des changements de tons
et de mouvements qui renfermaient plusieurs
scènes. Logroscino, à qui l'on doit les pre-
miers essais de ces finali, les écrivait ordi-
nairement sur un seul motif ou thème. Cette
idée originale de la coupe des finali fut une
des causes du succès prodigieux de la pièce.
Jomelli, passant à Rome, à son retour de
Stullgard, avait été importuné des éloges pro-
digués à la Buona Figliuola; il disait à ses
amis d'un ton de mépris, en parlant du com-
positeur et de son ouvrage : Sara qualche
ragazzo e qualche ragazzata (C'est sans
doute quelque enTant et quelque enfantillage);
niais après avoir entendu l'ouvrage, il déclara,
avec la sincérité digne d'un si grand artiste,
que Piccinni était inventeur. Le succès obtenu
par celui-ci, l'année suivante, à Rome, dans
son Olimpiade, ne fut pas moins flatteur.
Supérieur pour l'expression dramatique à
tous ceux qui avaient mis en musique cette
pièce avant lui, il fit deux chefs-d'œuvre dans
l'air Se cerca, se dice, et dans le duo Ne'
giorni tuoi felici; Paisiello seul l'a surpassé
dans ce dernier morceau.
Après 1761, il n'y eut plus de réputation
de compositeur dramatique que celle de Pic-
cinni n'effaçât; sept années lui avaient suffi
pour la fonder. Il est vrai que dans ce court
espace de temps il avait fait preuve d'autant
d'activité que de génie : dans la seule année
1701, il écrivit six opéras, dont trois bouffes
et trois sérieux qui réussirent tous, et dans
cette même année, il fut applaudi à Turin, à
Reggio de Modène, à Rologne, à Venise, à
Rome et à Naples. C'était toujours dans celle
dernière ville qu'il revenait avec plaisir, après
ses succès les plus heureux. Il s'y était marié,
en 175G; Vincenza Sibilla, son ancienne élève
dans l'art du chant, aussi remarquable par sa
beauté que par sa voix pure et touchante,
était devenue sa compagne et l'avait rendu
père de plusieurs enfants. Depuis quinze ans,
il réussissait à Naples dans le genre sérieux et
dans le bouffe. D'autres maîtres avaient des
succès, mais lui seul avait des admirateurs
fanatiques; jamais l'enthousiasme pour un
compositeurnes'étaitsoulenu aussi longtemps
que pour lui. Les habitants de Rome, d'un ca-
ractère capricieux, s'étonnaient eux-mêmes
de la conslance de leur goût pour la musique
de Piccinni. Us trouvèrent enfin un rival à lui
opposer : ce fut Anfossi. L' Incognito perse-
guitata de celui-ci avait été applaudie avec
fureur, en 1775; celte pièce, bien que faible
d'invention, avait un charme mélodique qui
justifiait ce succès. Dès ce moment Anfossi
devint l'idole des Romains et fut opposé à
Piccinni ; mais les amis du premier ne crurent
point avoir fait assez pour lui s'ils n'abat-
taient son rival. Ils firent donc siffler, et
même retirer de la scène, un opéra de l'au-
teur de la Cecchina, et mettre à sa place un
opéra d'Anfossi. La nouveauté de ce malheur
et l'idée de l'ingratitude qui, dans une âme
sensible comme celle de Piccinni, devait s'y
joindre, lui causèrent une si vive douleur que,
parti précipitamment pour Naples, il n'y ar-
riva que pour être atteint d'une maladie grave
qui le retint au lit pendant plusieurs mois.
Dès qu'il eut repris des foaes, il fit serment
4G
PICCINNI
de ne plus écrire pour Rome, et de réserver
ses travaux pour les théâtres de Naples. Les
premiers fruits de celle résolution furent la
seconde musique de VJlessandro nelle Indie,
où se trouve l'admirable scène Porro du tique
mori, et le charmant opéra bouffe des ï ' iaçj-
giatori felici. Cette dernière pièce causa un
plaisir si vif aux Napolitains, que pendant les
quatre saisons de l'année 1775, et au prin-
temps suivant, on ne voulut point en entendre
«l'autre.
Des propositions avaient été faites à Pic-
cinni par La Borde, valet de chambre de
Louis XV et auteur de V Essai sur la musique,
pour l'attirer en France; la mort du roi sus-
pendit ces négociations. Elles furent reprises,
en 1775, par le marquis de Caraccioli, am-
bassadeur de Naples à Paris, d'après l'autori-
sation de la reine Marie-Antoinette. Séduit
par l'espoir d'un sort avantageux pour lui et
pour sa famille, Piccinni s'éloigna de Naples,
et arriva à Paris dans les derniers jours de
décembre 1776, au milieu d'un hiver qui lui
parut d'autant plus rigoureux, qu'il contras-
tait avec le doux climat de son pays. Les
avantages qu'on lui avait assurés se compo-
saient d'un traitement de six mille livres, le
payement de son voyage aux frais du roi,
enfin le logement et la table chez l'ambassa-
deur de Naples. Cependant, on ne lui tint pas
ce qu'on lui avait promis, car M. de Carac-
cioli, bien qu'il l'accueillit avec amitié, le fit
conduire dans un hôtel garni, où il demeura
jusqu'à ce qu'un petit appartement qu'on ar-
rangeait pour lui fut prêt dans la rue Saint-
Honoré, en face de la maison où demeurait
Ma;monteI. Ce littérateur s'était chargé
d'arranger pour lui et de réduire en trois
actes plusieurs opéras de Quinault. Piccinni
en arrivant à Paris ne savait pas un mol de
français : il lui fallut employer près d'une
année à l'étudier sous la direction de son
poète, qui lui indiquait la prosodie de ses vers
avec les signes usités pour les langues an-
ciennes. Après un travail long et pénible, la
partition de Roland, le premier ouvrage
choisi par Piccinni, se trouva prèle; mais là
seulement commença pour lui une série
d'ennuis et de chagrins, par la rivalité qui
S'établit entre ses partisans et ceux de Gluck.
J'ai dit, dans la notice de celui-ci, quels furent
les effets de celle rivalité (voyez t. IV, p. 05)
et je ne répéterai pas ici ces détails. Dévoué à
son art, étranger à toute intrigue, à toute am-
bition, aux mœurs, aux goills, aux usages, à
la langue du pays qu'il était venu habiter,
Piccinni vivait dans sa famille et se livrait
paisiblement à ses travaux, dans l'ignorance
des efforts que faisaient les gluckistes pour
nuire à son succès, et même pour empêcher la
représentation de son ouvrage. Il faut le due,
Gluck lui-même eul le tort d'être l'instigateur
de toutes ces intrigues. Cependant les répéti-
tions de Roland commencèrent; les antago-
nistes de Piccinni les rendirent orageuses, et
les choses en vinrent à ce point, qu'aux ap-
proches de la représentation, le compositeur
crut sa chute inévitable. Le jour venu où la
partition de Roland, tant calomniée par les
gluckistes, al lait enfin être entendue du public,
la famille de Piccinni fondit en larmes au
moment où il allait se rendre au théâtre; il
semblait qu'il marchât au supplice. Lui seul,
calme au milieu de cette désolation, rassura
sa femme, et partit avec quelques amis.
Malgré de sinistres prédictions, Roland eut
une réussite complète, et Piccinni fut ramené
chez lui en triomphe. Cependant, il faut
l'avouer, malgré les beautés réelles qui se
trouvent répandues dans cet ouvrage, la
froideur générale du style justifiait jusqu'à
un certain point les attaques des partisans
de Gluck. Aujourd'hui que l'histoire de toute
cette rivalité n'excite plus de passion, l'exa-
men attentif de la partition de Roland n'y
fait pas découvrir l'auteur de VJlessandro
nelle Indie, de VOlimpiade, ni d'une mul-
titude de productions empreintes d'une ex-
pression pénétrante; et l'on y voit avec
évidence que la gêne de la langue et des con-
venances du théâtre français, si différentes
de celles d'Italie, avait paralysé son imagi-
nation. Les mélodies de Roland sont douces
et gracieuses, mais elles manquent de force.
Pendant que Piccinni écrivait Roland, il
travaillait, par ordre de la reine, à Phaon,
pièce dans le genre gracieux, destinée 4 la
Comédie Italienne. Elle fut représentée dans
un voyage de la cour, à Choisy, et y fu*
goûtée; néanmoins, ce succès ne put faire ob-
tenir qu'on la jouât à Paris. Piccinni jouissait
alors d'une sorte de faveur à Versailles; il y
allait deux fois chaque semaine donner des
leçons de chant à la reine, qui l'accueillait
avec bonté, mais qui ne songea jamais à rien
faire pour lui, ni à lui faire rembourser les
frais de ses voyages et des partitions de ses
opéras qu'il faisait relier magnifiquement
pour le roi cl les princes de la famille loyale.
Une circonstance favorable se présenta dans
le même temps pour offrir aux habitants de
Paris le talent de Piccinni sous un aspect plus
riCCINNI
47
avantageux, lorsque Devismes, alors directeur
de l'Opéra, réunit, en 1778, une troupe de
chanteurs italiens à celle de l'Opéra français,
pour jouer alternativement avec celle-ci : Pic-
cinni fut nommé directeur de la musique de
l'Opéra italien, et l'on entendit alors quel-
ques-unes de ses meilleures partitions, avec
une admiration qui tourna au profit de ses ou-
vrages français. Alys, grand opéra supérieur
à Roland, fut représenté en 1780. Accueilli
«l'abord avec froideur, il obtint ensuite un
succès justifié par quelques morceaux de pre-
mier ordre, notamment par le Chœur des
songes, qui a survécu à l'abandon qu'on a fait
depuis longtemps de l'ouvrage à la scène, et
qu'on a entendu avec admiration dans les con-
certs du Conservatoire. Avant la représenta-
tion de cet opéra, l'administration de l'Aca-
démie royale de musique avait maladroitement
ranimé la guerre des partisans de Gluck et de
Piccinni, en chargeant concurrencent ces deux
illustres musiciens de la composition de deux
opéras dont Iphigénie en Tauride était le
sujet. L'opéra de Gluck fut représenté en
1779, avec le succès que méritait un si bel
ouvrage. Après l'avoir entendu, Piccinni au-
rait dû cesser de travailler au sien; mais des
amis imprudents le pressèrent au contraire
déterminer sa partition, bien que le livret
qu'on lui avait confié ne pût soutenir le pa-
rallèle avec l'excellent poëme de Guillard,
que Gluck avait mis en musique. V 'Iphigénie
de Piccinni fut représentéeen 1781, et n'eut
qu'un succès assez froid : quoiqu'il s'y trouvât
de beaux morceaux, notamment l'air Cruel!
et tu dis que tu m'aimes! cette pièce ne put
se soutenir à côté de celle de Gluck.
Ce compositeur était retourné à Vienne, en
1780; mais à peine fut-il parti, que Sacchini
arriva à Paris, et qu'une nouvelle rivalité vint
troubler le repos de l'auteur tfAtys. Malheu-
reusement inspiré, celui-ci fit représenter,
dans la même année que Y Iphigénie, son
Adèle de Ponlhieu, opéra chevaleresque, la
plus faible de ses productions. Après l'incen-
die de l'Opéra (en 1781), il fit exécuter quel-
ques morceaux de sa composition dans les
concerts, et augmenta le nombre de ses admi-
rateurs par les beautés qui s'y trouvaient. La
lutte avec Sacchini commença en 1783 : ce fut
la cour qui la fil naître en demandant à cha-
cun des compositeurs un grand opéra pour
les spectacles de Fontainebleau. Piccinni écri-
vit Didon, et Sacchini mit Chimène en mu-
sique. Cette pièce fut représentée la première
et n'obtint qu'une représentation devaiu la
cour , mais Didon fit une si vive impression,
que Louis XVI voulut l'entendre trois fois de
suite. A Paris, celle pièce, considérée ajuste
titre comme le chef-d'œuvre des opéras fran-
çais de Piccinni, n'obtint pas moins de succès
qu'à Fontainebleau, et pour la première fois,
son auteur fut applaudi de tous et loué sans
restriction. Il y a, en effet, tant d'amour dans
le beau rôle de Didon, tant de suavité dans
ses canlilènes, qu'on ne peut donner trop
d'éloges à l'auteur d'un si bel ouvrage. L'an-
née 1783 élait destinée à être la plus heureuse
du sejonr.de Piccinni en France, car on y re-
\n\ljtys avec un brillant succès, et dans celle
même année ses opéras-comiques le Dormeur
éveillé et le Faux lord réussirent à la cour et
à la Comédie italienne. Le public troubla un
peu ces triomphes, en 1784, car ZuceMe tomba
à la Comédie italienne, et Diane et Endymion
n'eut qu'un accueil froid à l'Opéra. Pénélope
ne fut guère plus heureuse en 1785, et l'année
suivante, Piccinni refit inutilement la musique
d'Adèle de Ponthieu, car l'administration de
l'Opéra ne voulut point faire représenter cet
ouvrage, malgré la promesse formelle qu'elle
lui avait faite à ce sujet. En 1784, Piccinni
avait été nommé maître de chant à l'école
royale de musique et de déclamation, fondée
par le baron de Breteuil, aux Menus-plaisirs
du Roi ; deux ans après, il fit exécuter par ses
élèves son opéra de Roland, et le soin qui fut
porté dans l'exécution fit que la musique fut
mieux comprise qu'elle ne l'avait été dans la
nouveauté. En 1787, il donna sans succès, au
Théàlre-Ilalien, le Mensonges officieux. Il
avait aussi composé la musique de deux opé-
ras sérieux intitulés l'Enlèvement desSabines
et Clytemnestre; mais de nouvelles inlrigues
en empêchèrent la représentalion. Ce dernier-
ouvrage produisit cependant beaucoup d'effet
lorsqu'il fut répété généralement en 1780; il
aurait prouvé, dit-on, que l'auteur de Didon
n'avait pas seulement le génie des canlilènes
gracieuses et pathétiques, mais qu'il élait
aussi capable de s'élever jusqu'au style le plus
tragique. Tant d'injustice, la chute des Four-
beries de Marine, opéra-comique en trois
actes, arrangé par Durosoy sur sa musique,
la perle de onze ou douze mille francs de trai-
tement et de pension, prix de ses travaux et
des leçons qu'il avait données aux filles du
banquier La Borde, le déterminèrent à quitter
la France, où il avr.it écrit quinze opéras. Il
partit le 15 juillet 1701, avec sa femme et ses
filles, fut couronné au théâtre de Lyon, où
l'on jouait Didon, reçut le même accueil
48
PICCINNI
dans les principales villes de l'Italie, et arriva
à Naples le 5 septembre. Le roi lui accorda
une pension et fit remettre en scène son
Alessandro nelle Indie, qui avait été joué
avec succès dix-sept ans auparavant, et pour
lequel Piccinni écrivit trois airs et un trio
nouveaux. Pendant le carême dé 1792, il com-
posa Jonalhas, qu'il considéra depuis lors
comme une de ses meilleures productions
dans le genre sérieux. Vers le même temps, il
fit aussi représenter La Serva onorata, opéra
bouffe qui eut une réussite complète. Le ma-
riage d'une de ses filles avec un jeune Fran-
çais établi à Naples, où assistèrent plusieurs
personnes de la même nation, notamment le
ministre et le consul delà république, l'exposa
à des persécutions vers la fin de 1792. La po-
pulation, ameutée contre lui, siffla son opéra
A"Hercule au Thermodon. Deux de ses an-
ciens élèves le dénoncèrent comme jacobin, et
liguèrent contre lui tous les musiciens. A son
retour de Venise, où il avait composé la Gri-
selda et II Servo padrone, il reçut du mi-
nistre Acton l'ordre de rester dans sa maison.
Il y passa quatre années dans l'abandon et
l'indigence. Pour comble de maux, il apprit
dans le même lemps que ses partitions et tout
ce qu'il avait laissé à Paris était perdu ; mais
il supporta tous ces malheurs avec un cou-
rage philosophique. Sa seule ressource con-
sistait en psaumes qu'il écrivait pour des
couvents, et dont il ne pouvait conserver les
partitions , son dénùmenl ne lui permettant
pas de les faire copier. Le premier traité de
paix avec le gouvernement français, et l'arri-
vée successive des ambassadeurs Canclaux et
Garât, permirent à Piccinni de faire connaître
à ses amis de Paris sa cruelle position. Dans le
même lemps, le ténor David lui procura un
nouvel engagement pour Venise, et il obtint
du roi un passeport pour s'y rendre. Accueilli,
fêté à Rome par la commission française des
beaux-arts que le gouvernement y avait en-
voyée, il fut dissuadé d'aller à Venise, et
bientôt ayant été rejoint à Rome par le secré-
taire de légation qui lui avait avancé l'argent
ponr son voyage, et que la déclaration de
guerre du roi de Naples avait forcé de quitter
celte ville, il partit pour la France, et arriva
à Paris, le 3 décembre 1798. Dès Iclendeniain,
il assista à la distribution des prix du Conser-
vatoire qui se faisait à l'Opéra. Amené sur le
théâtre, il fut présenté au public qui l'applau-
dit avec transport à plusieurs reprises. Le gou-
vernement lui accorda cinq mille francs pour
ses premiers besoins, deux mille quatre cents
francs de traitement annuel sur les fonds des
encouragements littéraires, et un logement à
l'hôtel d'Angivilliers, où une partie de sa fa-
mille vint le rejoindre au bout de quelques
mois. A l'égard de son ancienne pension de
l'Opéra, suspendue depuis plusieurs années,
parce qu'il n'en pouvait jouir qu'en France,
elle fut réduite de trois mille francs à mille,
parce qu'on ne voulut lui tenir compte que de
trois pièces, Roland, Alxjs et Didon, comme
restées au répertoire, quoiqu'il eut été juste
de ne point oublier Pénélope. Pour se dis-
traire utilement, il écrivaildes romances et des
canzones qui étaient publiées dans le Jour-
nal de chant et de piano de Desormery et
Bouffet. Le peu d'aisance dont il jouissait de-
puis l'arrivée de sa famille, et l'inquiétude
qui l'agitait sur le sort de deux filles restées à
Naples, sans qu'il pût leur faire parvenir des
secours, lui causèrent une attaque de para-
lysie. Dès qu'il fut rétabli, il donna chez lui
de petits concerts d'amateurs où l'on enten-
dait les plus beaux morceaux de ses opéras
chantés par sa femme et par ses filles. Un
mois après son arrivée à Paris, le gouverne-
ment avait formé le projet de créer pour lui
une sixième place d'inspecteur du Conserva-
toire, mais l'affaire avait été négligée et l'on
n'en parlait plus; toutefois, après le retour de
sa santé, il fit une démarche auprès du pre-
mier consul pour obtenir qu'elle fût terminée.
Le général Bonaparte l'accueillit avec intérêt,
et lui demanda une marche pour la garde
consulaire, afin d'avoir un prétexte pour lui
accorder une gratification. Enfin, au mois
d'avril 1800, sa nomination d'inspecteur du
Conservatoire lui parvint, mais trop tard ; Pic-
cinni venait d'éprouver une nouvelle atteinte
de la maladie bilieuse qui, plus d'une fois,
avait mis sa vie en danger. L'espoir que l'air
de la campagne pourrait hâter sa convales-
cence l'avait fait conduire à Passy par sa
famille; mais ses forces étaient épuisées.
De nouvelles peines domestiques hâtèrent ses
derniers moments, et le 17 floréal an vin
(7 mai 1800), il cessa de vivre, à l'âge de
soixante et douze ans. Il fut inhumé dans le
cimetière commun, qui depuis a été vendu.
La pierre qui couvrait le tombeau de Piccinni
a été transportée dans une propriété qui ap-
partenait à la famille Delessert.
Ginguené, dans sa notice sur Piccinni et
sur ses ouvrages, assure qu'il a vu une liste
chronologique des opéras qu'il avait composés
en Italie avant de se rendre à Paris, et que le
nombre s'en élevait à cent trente-trois, sans
PICCINNI
49
y comprendre les oratorios et la musique
d'église : il semble qu'il doil y avoir quelque
erreur dans ce calcul, car depuis le pre-
mier opéra de ce compositeur jusqu'à l'é-
poque de son départ pour Paris, il ne s'est
écoulé que vingt-deux ans; en sorte qu'il au-
rait fallu qu'il eût écrit plus de six opéras
chaque année, ce qui est peu vraisemblable.
Quoi qu'il en soit, voici lo-us les litres de ceux
que j'ai pu trouver : 1° Le Donne dispettose,
à Naples, 1754. 2° Le Gelosie, ibid., 1755.
3° II Curioso del suo proprio danno, ibid.,
1755. 4" Zenobia, opéra sérieux, à Na-
ples, 1756. 5° L'Astrologa, ibid., 1756.
6° L'Amante ridicolo, ibid., 1757.7° La
Schiava. 1757. 8° Cajo Mario, opéra sérieux,
ibid., 1757. 9° Alessandro nelle Indie, à
Rome, 1758. 10° La Morte di Abcle, opéra
sérieux, à Naples, 1758. \\° Gli Ucceilatori,
ibid., 1758. 12" Siroe, opéra sérieux, à Naples,
1759. 15" Le Donne vendicate, ibid., 1759.
14° La Cecchina ossia la buona figliuola,
à Rome, 1760. 15° Il lie pastore, 1760.
16° La Contadina bizzarra. 17° Amor senza
malizia. 18° L'Olimpiade, à Rome, 1761.
19"Za buona Figliuola maritata. 20° Le Vi-
cende délia sorte. 21° Jl Demetrio. 22° Il
Earonc di Torrc forte. 23° La f'illegialura,
à Naples, 1762. 24° Il Demofoortte, 1762.
25° Il Mondo délia Lima. 26° // nnovo Ov-
lando. 27° Ilgran Cid. 28° Bérénice. 29° La
Pescalrice. 30° Il Cavalière per amore.
31° Artaserse, à Turin. 32° La Francese
maligna. 53° Didone. 34° Mazzina, Acétone
e Dindimenio. 55° La Donna di spirito.
36° Gelosia per gelosia. 37° Gli Amanti
mascherati. 58° Gli Stravaganti. 59° Ca-
tone, à Naples, 1770. 40° Lu finta Giardi-
niera. 41° Il Don Chisciotlo, Naples, 1770.
42° L'Olimpiade, avec une nouvelle musique,
à Naples, 1771. 43° L'Antigono, à Rome,
1771. 44° Il ftnto Pazzo. 45° La Molina-
rella. 46° Artaserse, avec une nouvelle mu-
sique, Naples, 1772. 47° L'Ignorante asluto.
48° La Corsara. 49° I Sposi persegititati.
50° L'Americano ingentilito. 5\° Il Vaga-
bondo fortunato. 52° I Napoletani in Ame-
rica. 53° Lo Sposo burlalo. 54" Il Ritorno di'
don Calandrino. 55° Le quattro Nazioni.
56° Le Gemelle. 57° Il Sordo. 58° Alessandro
nelle Indie, avec une nouvelle musique, à
Naples, 1775. 59° I Viaggiatori felici, ibid.,
1776. 59° (bis) Radamisto, 1776. G0" Roland,
grand opéra, à Paris, en 1778. 61° Phaon, à
Choisy, 1778. 62° Le Fat méprisé, à la Comé-
die italienne, 1779. 63" Atgs, grand opéra, à
BlOUli. UNIV. DES MUSICIENS. T. VII.
Paris, 1780. 64" Tphigénie en Tauride, ibid.,
1781. 65° Adèle de Ponthicu, ibid., 1781.
66° Didon, grand opéra, à Fontainebleau,
puis à Paris, 1783. 67° Le Dormeur éveillé, à
la Comédie italienne, 1783. 68° Le faux Lord,
ibid., 1783. 69" Lucette, ibid., 1784. 10° Diane
et Fndymion, grand opéra, 1784. 71° Péné-
lope, idem., ibid., 1785. 72" Adèle de Pon-
thieu, avec une nouvelle musique, 1786, non
représenté. 73" Le Mensonge officieux, opéra-
comique, 1787. 74° L'Enlèvement des Sabi nés,
grand opéra, 1787, non représenté. 75" Chj-
temnestre, 1787; répété, mais non repré-
senté. 76° lonathan, oratorio, à Naples,
1792. 77° La Serva onorata, à Naples, 1792.
78° F rcole al Termodonte , ibid., 1792.
79° La Griselda,à Venise, 1793. 80" Il Servo
padrone, ibid., 1793. Piccinni a écrit aussi
plusieurs oratorios, parmi lesquels on remar-
que Sara, composé à Rome, en 1769; des
psaumes italiens pour divers couvents de Na-
ples, et les morceaux de musique d'église sui-
vanls : 1° Laudate à cinq voix, avec orchestre.
2" Un autre Laudate pour deux soprani,
basse et chœur. 5" Beatus vir pour soprano et
chœur. 4° Pater noster pour soprano et or-
chestre.
Par un heureux hasard, M. Florimo (voyez
ce nom), conservateur de la Bibliothèque du
collège royal de musique de San Pietro a
Majella de Naples, a trouvé, chez un fripier
de celle ville, environ soixante partitions ori-
ginales des opéras italiens de Piccinni, et les
a sauvées de la destruction, en les faisant en-
trer dans la riche collection de musique dra-
matique dont la garde lui est confiée.
PICCINIM (Louis), deuxième fils du pré-
cédent, né à Naples, en 1766, n'eut pas
d'aiilre maître de composition que son père.
A l'âge de seize ans, il alla le retrouver à
Paris, et en 1783, il donna son premier essai
dans un œuvre de sonates avec une toccate
pour le piano. Il n'avait pas encore atteint sa
dix-neuvième année lorsqu'il donna au théâtre
des Beaujolais, eu 1784, les Amours de Ché-
rubin, opéra-comique en trois actes, qui eut
peu de succès. La suite des deux Chasseurs
et la Laitière ne fut pas beaucoup jilus heu-
reuse, en 1788. Deux ans après, il fit jouer au
théâtre Louvois les Infidélités imaginaires,
où il y avail un joli trio dans lequel quelques
musiciens crurent reconnaître la manière de
Nicolas Piccinni. En 1791, Louis accompagna
son père à Naples, et dans les années suivantes
il donna : Gli Acddenliinaspeltali,àNa\>\e%;
VA 'mante statua, à Venise, en 1793; IlMa-
4
PICCINNI
trimonioperraggîro, à Gènes, en 1793; La
Notte imbrogliata , à Florence, en 1794; Ero
c Leandro, canlale Ihéâlrale composée pour
madame Billington, en 1795. L'année sui-
vante, Piccinni fut engagé comme maître de
chapelle de la cour de Suède. Pendant cinq
ans, il demeura à Stockholm et y composa
plusieurs prologues en langue suédoise, et un
opéra -comique intitulé le Sonnanbule. De
retour à Paris, en 1801, après la mort de son
père, il donna au théâtre Feydeau, en 1804,
le Sigisbée, ou le Fat corrigé, opéra-comique
en trois actes. Ce faible ouvrage fut suivi de
l'Aînée et la Cadette, opéra-comique en un
acte ; d'Amour et Mauvaise Tête, ou la Répu-
tation, en trois actes, 1808; d'Avis aux ja-
loux, ou la Rencontre imprévue, 1809. En
1810, il fit jouer à l'Opéra Hippomène et
Atalante, qui ne réussit pas. Dépourvu de
génie et même de ce goût élégant qui quel-
quefois en lient lieu au théâtre, il n'avait
jamais obtenu de succès véritable, et la plu-
part de ses opéras n'avaient eu qu'un petit
nombre de représentations; il finit par re-
noncer à une carrière sans charme pour lui,
et se livra à l'enseignement du chant; cepen-
dant il fit un dernier effort, en écrivant la
musique de la Rancune trompée, ouvrage
posthume de Marmonlel, en un acte, qui ne
fut joué qu'une seule fois, en 1819. Louis Pic-
cinni est mort subitement, le 51 juillet 1827,
à l'âge de soixante et un ans, en se rendant à
sa maison de Passy.
PICCIlM>iI(Louis-ALEXAî<DnE), né à Paris,
le 10 septembre 1779, était fils naturel de
Joseph Piccinni, fils aîné de Nicolas. Destiné
dès son enfanee à la profession de musicien,
il apprit à jouer du piano sous la direction
d'un maître de celte époque, appelé Haus-
mann. Dès l'âge de treize ans, il donnait lui-
môme des leçons de cet instrument. Élève de
Lesueur pour la composition, il termina ses
éludes avec les conseils de son aïeul, à l'épo-
que du retour de celui-ci à Paris. D'après
l'avis de ce graud artiste, il s'allacha à la
lecture des partitions, et cette étude fui si
avantageuse pour lui, qu'il devint un des plus
habiles accompagnateurs de piano. D'abord
attaché au théâtre Feydeau, en celle qualité,
il passa à l'Opéra pour remplir les mêmes
fonctions en 1802, mais seulement comme
adjoint. Depuis 1803 jusqu'en 1807, il remplit,
au théâtre de la Porle-Saml -Martin, l'emploi
de chef d'orchestre, et la place de second
accompagnateur de la chapelle de l'empereur
Napoléon lui fut confiée en 1804. DU ans plus
tard, il devint accompagnateur en chef de la
chapelle du roi, et en 1818, il reçut le brevet
de pianiste de la musique particulière de la
Dauphine. Rentré, en 1810, dans la direction
de l'orchestre du théâtre de la Porte-Saint-
Martin, il la conserva jusqu'en 1816, et ne la
quitta que pour celle de troisième, puis de
second et enfin de premier chef du chanta
l'Opéra. En 1824, il l'ut chargé de la mise en
scène des ouvrages nouveaux, et il renonça
alors à ses fonctions d'accompagnateur du
théâlre du Gymnase, qu'il remplissait depuis
1820. La décoration de la Légion d'honneur
lui fut accordée, en 1825; mais au mois
d'octobre 1820, il perdit ses deux places à
l'Opéra, sans qu'on lui eût fait connaître le
motif de sa destitution. En vain il 'réclama-
contre cette injustice, par un écrit intitulée/a
défense (Paris, 1820, in-4° de vingt pages,
tiré à douze exemplaires) ; tout ce qu'il obtint
fut une pension plus élevée que celle qui lui
était due pour la durée de son service : celte
augmentation lui fut enlevée après la révolu-
lion de 1830. Le privilège du spectacle de
Boulogne avait été accordé à Piccinni, en
1827; mais cette entreprise ne réussit pas. De
retour à Paris, il s'y livra à l'enseignement
jusqu'en 1836. Dans cette même année , il
s'établit à Boulogne, en qualité de professeur
de piano et de chant, puis il passa plusieurs
années à Toulouse, où il fut chargé de la di-
rection du Conservatoire. On ignore les motifs
qui lui firent abandonner cette position pour
se rendre à Strasbourg, où il se livrait à l'en-
seignement du chant. Il y fit représenter, en
1847, son dernier ouvrage intitulé lu Prise
de Jéricho, opéra mélodramatique. Pendant
son séjour dans celte ville, il allait diriger
les concerts et les fèies musicales à Bade. De
retour à Paris, en 1849, il y est mort à l'âge
de près de soixante et onze ans, le 24 avril
1850. Cet artiste a écrit la musiquede plus de
deux cents mélodrames et ballets d'action
pour le théâtre de la Porle-Saint-Martin et
pour quelques autres spectacles des boule-
vards. Quelques-uns de ces ouvrages ont
obtenu un succès de vogue; tels sont : Romu-
lus,Robinson Crusoé, la Pie voleuse, jUaric
StiKirt, le Vampire f les deux Forçats, le
Monstre, Trente ans de la vie d'un Joueur,
le Mariage de raison, à laPorte-Sainl-Marthij
le Volcan, la Femme magnanime, la Belle
Arsène, Geneviève de Drubant, au Cirque -
Olympique; Clara, la Bataille de Pultawa,
les Strélitz,à l'Ambigu-Comique; la Citerne,
le Chien de Montargis, le Mont-Sauvage, la
PICCINNI — PICCOLOMINI
SI
Fille de l'Exilé, la Fausse Clef, Guillaume
Tell, la Peste de Marseille, au théâtre de la
Gaieté. Les opéras comiques de Piccinni sont :
1° arlequin au village. 2° La Pension de
jeunes demoiselles. 3° Le Pavillon. 4° Arle-
quin bon ami. 5° Les deux Issues. 6° Les
Billets doux. 7° L'Amant rival de sa mai-
tresse. 8° Les deux Maîtres. 9° La Femme
justifiée. 10° La Physionomie ; tous repré-
sentés au théâtre de Jeunes-Artistes de la rue
de Bondy. 11° La Forteresse. 12° L'Entre-
sol. 13° Lui-même. 14° Le Terme du voyage.
15° Gilles en deuil. 16° Les deux Voisins, au
théâtre des Variétés. 17° L'Amoureux par
surprise, au théâtre Feydeau, en 1804.
18° Avis au public ou le Physionomiste en
défaut, en deux actes, ibid., 1806. \%° Ils sont
chez eux, en un acte, ibid., 1808. 20° Le
Sceptre et la Charrue, en trois actes, itid.,
1817.21° La Maison en loterie, en un acte,
au théâtre du Gymnase, 1820. 22° Le Bra-
mine, en un acte, ibid., 1822. 25° La petite
Lampe merveilleuse, en un acte, ibid., 1822.
24°Za Fête française, en un acte, 1823, ibid.
25° Alcibiade solitaire, en deux actes, à
TOpéra, 1824. Piccinni a écrit une cantate
pour le baptême du duc de Bordeaux, exé-
cutée au Gymnase, en 1821 ; une Ode maçon-
nique, en 1818; beaucoup de romances, de
cantates et d'airs de vaudevilles; enfin, des
sonates, des pots-pourris et des thèmes variés
pour le piano.
PICCIOLI (Jacques-Antoine), prêtre et
compositeur, qui vivait vers la fin du seizième
siècle, aaquit à Corbario, dans l'État de Ve-
nise, et fut élève du P. Constant Porta. On
connaît de lui les ouvrages suivants : 1° Li-
taniœ de B. V. 5 voc. (voyez le catal. de Pas-
torff). 2° Canzonettea 5 voci; Venise, 1595,
in -4°. Dans la collection de messes de divers
auteurs, publiée à Milan, en 1588, par Jules
Bonagionla, on en trouve une de Piccioli, à
cinq voix, intitulée Voce mea, etc., dans la-
quelle le Benedictus est un canon à quatre
voix, où deux parties marchent par mouve-
ment direct, et deux par mouvement con-
traire.
PICCIOI\I(JEAN),organistedela cathédrale
d'Orvieto, à la fin du seizième siècle et au com-
mencement du dix-septième, a publié six livres
de madrigaux à cinq voix, dont je ne connais que
ceux-ci : 1° Madrigali a cinque voci. Libro
quarto; Venezia, appresso Gardano, 1596,
in -4°. 2° Il Paslor fido musicale, sesto libro
<ii madrigali a cinque voci; Venelia, per
Giacomo I incenli, 1602, in-4°. Piccioniest
aussi auteur de plusieurs livres de motets,
desquels on trouve à la bibliothèque du Lycée
musical de Bologne : 3° Concerti ecclesiastici
et Mottetti a 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 voci,
op. 16; Venelia, Gia. Vinccnti, 1610, in-4°.
4" Concerti ecclesiastici o Mottetti sacri a
due, tre et quattro voci, op. 21 j Roma,
J.-B. Robletti, 1619.
PICCOLI (Costantino) , littérateur pié-
montais, né à Novare au commencement du
dix-neuvième siècle, est auteur d'un Elogio
del maestro di Capella Pietro Generali; No-
vare, imprimerie de Bosario, 1835, in-8° de
quarante-sept pages, suivies de sept pages de
notes.
PICCOLO (Filippo LO), nom qui n'est
vraisemblablement que l'indication de la taille
de la personne (Philippe le petit), mais le seul
sous lequel soit connu un prêtre sicilien qui
fut bénéficié de la cathédrale de Palerme, vers
le milieu du dix-huitième siècle. On a sous ce
même nom un traité du plain-chant, inti-
tulé : IlCanto fermo esposto nella maggior
brevitâ, e col modo più facile; in Palermo,
1739, nella stamperia di Angelo Felicella,
in-4° de xvi et cent vingt -quatre pages.
L'ouvrage est divisé en sept chapitres.
PICCOLOMI1NI (Alexandre), né àSienne,
le 13 juin 1508, fut professeur de philosophie
morale à Padoue, et fut fait archevêque de
Patras, en 1574, et coadjuteur de Sienne. Il
mourut en celte ville le 12 mars 1578. Dans
son livre intitulé Délia institutions morale
libri XII (Venise, 1569, in-4°), il traite de la
musique en général, de la musique vocale et
de la musique instrumentale, aux chapitres
12* et 13« du quatrième livre.
PICCOLOMINI (François), né à Sienne,
en 1520, enseigna la philosophie pendant
cinquante-trois ans aux universités de Pé-
rouse et de Padoue, et mourut dans sa ville
natale, en 1604, à l'âge de quatre-vingt-
quatre ans. Il traite de l'effet moral de la mu-
sique dans son livre intitulé : Universa Phi-
losophie, de moribus, nunc primum indécent
gradus redacta et explicata; Venise, 1583,
in-fol. C'est une seconde édition.
PICCOLOMINI (Marie), cantatrice, née
à Sienne, en 1836, et de la même famille que
les précédents, reçut des leçons de vocalisation
et de chant d'un abbé attaché à la cathédrale
de celle ville. La beauté de sa voix détermina
ses parents à la mettre au théâtre. En 1855,
elle débuta à Turin dans la Traviata de
Verdi, et y produisit une vive impression. En-
gagée dans l'année suivante au théâtre de la
i.
PICCOLOMINI - P1CHEL
Ruine, à Londres, elle y excita des transports
r d'admiration qui s'accrurent pendant les sai-
sons de 1857 et 1858. Dans l'été de cette der-
nière année, elle fut appelée à New-York, où
ses succès eurent aussi beaucoup d'éclat. De
retour à Londres, en 1860, elle y a retrouvé
toute la faveur des dilctlanti.
P1CEULI (le P. Silverio), docteur en
théologie de l'ordre des mineurs observants
réformés, au couvent de Naples, dont il était
gardien, naquit à Rieti, dans les dernières
années du seizième siècle. On a de lui trois
, traités sur la musique, sous les litres sui-
vants : 1° Specchio primo di musica, nel
quale si vede chiaro non soV il vero, facile
e brève modo d'imparar di cantare il canto
figurato e ferma; ma vi se vedon' anco
dicltiaratc con brevissim' ordine tntte le
principalimuterie ,che ivi si trattano ,sciolte
le maggiore difficoltà, etc. ; Naples, Ottavio
Beltrano, 1630, in-4° de quatre-vingt-une
j>ages. 2° Specchio seconda di musica, nel
quale si vede chiaro il vero e facil modo di
comporte di canto figurato e fermo, di fare
con nuove regole ogni sorte di conlrappunti
ecanom',etc; Naples, MalteoNucci, 1051, cent
quatre-vingt-seize pages in -4°. Le troisième
traité, sous le titre de Specchio terzo di mu-
sica, est relatif à la musique théorique et aux
proportions. J'ignore la date de l'impression
de ce traité. Forkel, qui n'a connu Picerli et
ses ouvrages que par la citation fautive et
laconique de La Borde, le nomme Picerli, et
range le Specchio primo et le Specchio se-
condo parmi les traités généraux de musique,
au lieu de les placer chacun à la division qui
•leur convient {Allgem. Liller. der Musick,
p. 28G). L'erreur de La Borde a pour origine
une faute d'impression île la table des auteurs
du 1 er volume de Vf/istoire de la musique,
par le P. Martini. M. Liclitcntbal a copié
Forkel; quant à M. Becker, il a commis une
singulière inadvertance, en citant les livres
de Picerli sous le véritable nom de leur au-
teur (p. 475 du Systcmutisch-Chronol. Dar-
stellung der musicalischen Lileralur), et
dans un autre endroit (p. 2S(j,Jbid.), sous
celui de Picerli.
PICI1EL ou PICI1L (WEscESLAs),compo-
sileur, naquit en 174 1, à Becliin, en Bohème,
et commença l'élude de la musique dès sa
septième année, sous la direction de Jean
Pockorny, recteur de l'école de ce lieu. En
1753, il fui admis au séminaire dis jésuites de
Itrzeznicz, en qualité d'enfant de chœur : il y
lit ses humanilés. Lorsqu'elles Curent termi-
nées, il alla à l'université de Prague poui y
suivre les cours de philosophie, de théologie
et de droit. Dans le même temps, il fut placé
comme violoniste au séminaire de Sainl-Wen-
ceslas. Après avoir pris pendant deux années
des leçons de contrepoint dans l'école du
célèbre organiste Segert, il entra dans la
chapelle de l'évéque de Grosswardein, en
qualité de sous-directeur. Son goûl pour la
poésie latine le porta dans le môme temps à
faire quelques petits opéras en cette langue,
tels que Olympia Jovi sacra; Pythia, seu
ludi Jpollinis; Ccrtamen Deorum, etc., qui
fuient mis en musique par lui-même, ou par
le maître de chapelle Dilters. C'est à la même
époque qu'il composa des messes, des sym-
phonies et des concertos de violon. En 176!),
la cour de Saint-Pétersbourg lui fit faire des
propositions pour la place de directeur de
musique; mais il préféra rester dans sa patrie,
et il accepta le même titre chez le comte de
Harlig, à Prague. Après deux années passées
chez ce seigneur, il fut appelé à Vienne, en
qualité de premier violon du théâtre national,
et l'impératrice Marie-Thérèse le fit entrer,
en 1775, chez l'archiduc Ferdinand, à Milan,
en qualité de directeur de musique. Pendant
les vingt et un ans de la durée de son séjour
en Italie, il fit des voyages à Rome, Naples,
Florence, Parme, Venise, et autres villes im-
portantes, et y lia des relations d'amitié avec
les principaux artistes de cette époque. Lors-
que la Lombardic fut envahie par l'armée
française, en 1796, Pichl retourna à Vienne
avec l'archiduc, et bientôt il apprit que sa
bibliothèque musicale, laissée à Milan, ainsi
qu'une histoire des musiciens de la Bohême,
qu'il avait écrite et qui lui avait coûté de lon-
gues recherches, lui avaient été eulevées par
les Français. Après avoir visité Prague, au
mois de décembre 1802, avec sa fille, excel-
lente cantatrice, il retourna à Vienne, où il
mourut au mois de juin 1804, d'une apoplexie
foudroyante, pendant qu'il exécutait un con-
certo de violon chez le prince de Lobkowitz.
D'après la liste de ses compositions, écrite par
lui-même, il a publié : I. Vingt huit sym-
phonies à grand orchestre, divisées dans les
œuvres 1,8, 15, 17, 19, 38, 39, 115; Vienne,
Offenbachct Paris. II. Trois sérénades à grand
orchestre, op. 9; ibid. III. Douze quintettes
pour deux violons, deux violes et basse, op. 5,
28 et 42; ibid. Cinq de ces quintettes ont été
publiés à Paris, chez Sieber, et à Offenbaeh
chez André, comme œuvres 3 et 30. IV. Douze
quatuors pour deux violons, allô cl violon-
PICHEL - P1CT0P.
relie, op. 13, -10,41 cl 113; Vienne, Amster-
dam, Berlin et Paris; six de ces quatuors
sont gravés chez Sieber, comme l'œuvre 2 me .
V. Trois quatuors pour flûlc, op. 12; Vienne
et Amsterdam. VI. Trois quatuors pour cla-
rinette, op. 10; ibid. VII. Six oltetti pour
baryton, violons, violes, flûte et violoncelle,
op. 57. VIII. Sept septuors pour les mêmes
instruments, op. 56. IX. Six sextuors pour
baryton, deux violons, deux violes et violon-
celle, op. 35. X. Six quintettes pour baryton,
deux violons, viole et violoncelle, op. 34.
XI. Trois quatuors pour baryton, violon,
viole et violoncelle, op. 33. XII. Symphonie
concertante pour deux violons et orchestre,
op. 6. XIII. Trois concertos pour violon, op. 3
et 104. XIV. Trois concerlini, idem, op. 45.
XV. Six trios pour violon, alto et violoncelle,
op. 7. XVI. Trente-deux duos pour deux vio-
lons, ou violon et alto, ou violon et violon-
celle, divisés dans les œuvres 2, 4, 10, 14, 18,
23 et 24. XVII. Sonates et solos pour violon,
op. 20, 21, 22, 25, 27, 29, 43, 44.
XVIII. Deux concertos pour la clarinette,
op. 101 ; Vienne. XIX. Sonates pour piano
avec ou sans accompagnement, op. 26, 31,
102; ibid. XX. Trois messes solennelles à
quatre voix et orchestre, op. 106, ibid.
XXI. Messe en plain-chant, op. 107; ibid.
XXII. Miserere en plain-chant, op. 108.
XXIII. Six motets, op. 109. XXIV. Deux gra-
duels, op. 110. XXV. Dix psaumes, op. 114.
Ce laborieux artiste a laissé en manuscrit
dans la chapelle de Grosswardein : 1° Trois
messes solennelles à quatre voix et orchestre.
2°Une messe pastorale. 3° Trois opéras latins.
4° Six offertoires. 5° Neuf symphonies, inti-
tulées les Neuf Muses. 6° Trois autres inti-
tulées les Trois Grâces. 7° Quatre sérénades
pour divers instruments. 8° Sept concertos
pour violon. 9°Six trios pour violon. 19° Douze
sonates pour violon seul. Pendant la durée de
son séjour à Milan, il a écrit pour le service
de l'archiduc Ferdinand, depuis 1776 jusqu'en
1796 : 11° Dix-sept petites messes. 12° Douze
psaumes pour les vêpres. 13° Quinze offer-
toires. 14°Une messede Requiem. 15° Un Dies
irx solennel. 16° Un Miserere avec instru-
. ments. 17 '° Miserere in Parasceve, sans in-
struments. 18° Quatre messes solennelles.
19° Messe en plain-chant. 20° Te Deum so-
lennel. 21° Trois opéras sérieux italiens.
22° Quatre opéras bouffes italiens. 23° Quatre
Tantum ergo. 24° Trente-six symphonies à
^rand orchestre. 25° Quatre grandes sérénades.
20° Vingt-quatre trios pour deux violons et
violoncelle. 27° Six concertos pour violon.
28° Grand concerto pour orchestre. 29° Six
quatuors pour violons, violcet basse. 30° Trois
quintettes, idem. 31° Cent quarante-huit qua-
tuors pour baryton, violon, alto et basse,
composés pour le prince Eslerhazy. 32° Vingt-
quatre caprices pour violon. 53° Un concerto
pour hautbois. 34° Deux concertos pour flûte.
35° Un concerto pour basson. 56° Un concerto
pour harpe. 57° Un concerto pour contrebasse.
58° Une symphonie concertante pour deux
violons. 39° Un idem pour deux cors. 40° Huit
concertos pour cor.
PICHELMAYER ou PICHELMAIER
(Georges), valet de chambre de l'empereur
d'Autriche et musicien de la cour impériale,
dans la première moitié du dix-septième
siècle, a séjourné quelque temps en Bohême.
Il s'est fait connaître par un ouvrage intitulé
Psalmodia sacra ; Ratisbonne, 1637.
PÏCIIIS (Érasme DE), auteur inconnu, a
écrit à Rome un traité De musica cité par
Mandosi (Biblioth. roman, cent. 7).
PICIILER (le P. Placide-Marie), né à
Pfaffenfoven sur l'Ilm, en 1721, se livra dans
sa jeunesse à l'étude des sciences et de la mu-
sique, et entra dans l'ordre de Saint-Benoît,
en 1741, à Thierhauplen. Après avoir été or-
donné prêtre, en 1744, il fut envoyé au cou-
vent de Scheuern, où il se fil connaître comme
un des meilleurs organistes de son temps;
puis il passa quelques années à Vienne, fit un
voyage en Italie et se retira à Venise, au cou-
vent de Saint-Georges, où il mourut, en 1796.
Vers 1760, il se répandit en Allemagne des
copies manuscrites de plusieurs morceaux de
sa composition; entre autres six trios pour
violon, viole et basse; six idem pour luth,
violon et violoncelle, et enfin six autres trios
pour flûte, violon et basse.
PICIISELLÎUS (Sébastien), littérateur
et musicien allemand du seizième siècle, a
publié, à Spire, un petit poëme latin sur la
musique, sous le titre de M. Sebastiani
Pichselli viri eruditissimi ac musici cele-
berrimi p. m. Carmen de musica, 1588,
in-8° d'une feuille non paginée.
PICTE (Noël), luthier de Paris, né vers
1760, fut élève de Saunier. Les violons et les
basses qu'il a fabriqués jusqu'en 1810 sont d'un
beau fini et sont estimés.
PICTOU (D. Jean-Frédéric), prêtre et
organiste de la cathédrale de Salzbourg, dans
les dernières années de seizième siècle, n'est
connu (pie par un recueil de psaumes des
vêpres à quatre et à cinq voix intitulé : Psal-
PICTOR — PIERSON
modia vespertina D. Joannis Friderici
Pictorii reverendissimi ac illust. Princi-
pis Domini, Andrew Cardinalis de Austria
Sacellani, junctis aliquot Beatissimx Vir-
ginia Marix canlicis quatuor et quinque
vocibus compositis et ad Dei Opt. Max.
laudem et eeclesix catholiex decus nu-
perrimè in lucem editis. Monachii , in
officina musica Adami Berg, 1594, in-4°
obi.
PIELTAIN (Diepdonné- Pascal), violo-
niste et compositeur, né à Liège, en 1754, fut
nn des meilleurs élèves de Jarnowich. En
1778, il se rendit à Paris, et s'y fit entendre
six années de suite au Concert spirituel. Il
ne s'éloigna de celte ville qu'en 1784, pour
aller à Londres en qualité de premier violon
des concerts de lord Abington. Après avoir
occupé cette place pendant neuf années, Piel-
tain fit un voyage à Pétersbourg, où il donna
des concerts avec succès, s'arrêta quelque
temps à Varsovie, à Berlin et à Hambonrg, où
il se trouvait en 1800. De retour à Liège, il y
vécut dans nne Iionnéle aisance, fruit de ses
travaux, aimé et respecté de ses concitoyens.
Il est mort dans cette ville, le 12 décembre
1835, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Piel-
tain a publié à Paris et à Londres treize con-
certos pour le violon, six sonates pour le
même instrument, deux œuvres de six qua-
tuors pour deux violons, alto et basse, douze
duos pour deux violons; Paris, Pleyel, et
douze airs variés en deux livres pour les
mêmes instruments; Paris, Sieber.
PIELTAIIV (le jeune), frère du précédent,
fut élève de Punto pour le cor, et exécuta, en
1781, des concertos sur cet instrument au
Concert spirituel. En 1784, il était avec son
frère attaché aux concerts de lord Abington, à
Londres.
PIERLOT (Denis), violoniste français,
qui était attaché au Concert spirituel, en 178G,
a publié à Paris, chez Imbault : 1° Trois sym-
phonies pour deux violons, alto, basse, deux
hautbois et deux cors, op. 1. 2° Première et
deuxième symphonies concertantes pour deux
violons et orchestre.
PIERLE1GI (Arcelo), fils aine de l'il-
lustre Pierluigi dePaleslrina, naquit à Rome,
vers le milieu du seizième siècle. Élève de son
père, il se livra à la composition. Dans le se-
cond livre des motets de celui-ci, on trouve
deux motels à cinq voix d'Angelo sur les pa-
roles : Circuire possum, Domine, cœlum, et
In /me cruce teinvenit. Il mourut jeune, an-
térieurement à 1594.
PIERLUIGI (RoDOLpnr.), second fils de
Jean Pierluigi de Palestrina, né à Rome, y
mourut avant 1574. Un motet à cinq voix de
sa composition a été inséré dans le deuxième
livre de ceux de Palestrina.
PIERLUIGI (Silla), troisième fils de
Jean Pierluigi de Palestrina, né aussi à Rome,
y mourut comme ses frères avant 1594. Deux
motets à cinq et à six voix de sa composition
{Domine pater, etc., et Nunc dimittis) ont
été insérés dans le second livre de motets de
son père.
PIERMARIM (François), ténor, né à-
Bologne, débuta au théâtre de la Pergola, à
Florence, en 1822. Dans l'année suivante, il
chanta à Turin, puis à Milan, où on le re-
trouve en 1824, 1820 et 1827. Appelé à Ma-
drid, en 1828, il y obtint du succès, et fut
attaché au Conservatoire de cette ville, en
qualité de professeur de chant. En 1834, il en
fut nommé directeur et censeur. La reine
d'Espagne le décora de l'ordre de Charles III.
Par des motifs inconnus, Piermarini aban-
donna cette position, en 1840, et se rendit à
Paris, où il publia un Cours de chant divisé
en deux parties. Une édition française et al-
lemande de cet ouvrage a été publiée, en 1845,
à Mayence, chez Schott.
PIERRE,surnommé DE CORRIE,du lieu
de sa naissance, fut poète et musicien dans le
treizième siècle. Il nous reste six chansons
notées de sa composition, qu'on trouve dans le
manuscrit de la bibliothèque impériale de
Paris coté 7222 (ancien fonds).
PIERRE (l'abbé), vicaire de la cathédrale
de Metz, né dans cette ville, s'est fait con-
naître par un ouvrage qui a pour titre : De
l'harmonie dans ses rapports avec le culte
religieux. Eludes abrégées; Metz, Verounais,
1838, et Paris, Gaume, 1 vol. in-8°, avec
trcnle-six pages de musique.
PIERRET (....), luthier fiançais, vécut
sous les règnes de Henri IV et de Louis XIII.
Ses violons sont estimés; il les terminait avec
plus de soin que son compatriote Bocquay, et
en a fait en moins grand nombre.
PIERSON (Martin), bachelier en musique
et directeur du chœur de l'église Saint-Paul,
de Londres, mourut en cette ville, vers 1050.
On a sous son nom une collection de motels
et de chansons à cinq voix avec accompagne-
ment de violes et orgue; cet ouvrage a pour
litre : Mottels.or grave chamber music, coit-
taining songs of 5 parts of several sorts
forvoices and viols ,ivith an organ part, clc.
Londres, 1030.
PIERSON
PIERSON (Hr.NRi-IluGn), compositeur,
est né le 12 avril 1815, à Oxford. Il descend
d'une ancienne famille anglaise, d'origine
normande. Son nom véritable est lel qu'il est
écrit ici et non Pearson, comme on l'écrit
généralement et même comme on le trouve
aux titres de plusieurs de ses ouvrages. Son
|>ère était prédicateur en titre du roi
Georges IV, ce qui procura au jeune Pierson
l'occasion d'entendre souvent l'excellente
musique de la chapelle royale, ainsi que les
concerts de la cour, et cette circonstance fit
découvrir ses heureuses dispositions pour l'art.
Son éducation musicale fut confiée au maître
de la chapelle et à l'organiste Thomas Atl-
wood, artiste distingué. Les progrès de son
élève furent rapides. A l'âge de treize ans,
Henri Pierson fut envoyé au collège de Harrow
(près de Londres), pour y faire ses études lit-
téraires. Il y était depuis trois ans et y avait
obtenu le prix de poésie latine, lorsque l'alté-
ralion sensible de sa santé décida son père à
le rappeler près de lui, à la campagne, et à
lui interdire toute occupation relative à la
musique , parce que son tempérament ner-
veux en éprouvait de trop vives émotions.
Cependant son goût passionné pour cet art
l'emportant sur toute autre considération, il
continua de composer en secret. Lorsque sa
santé fut rétablie, Pierson fut envoyé à
Londres, pour suivre des cours de médecine, à
l'exercice de laquelle il était destiné. Il y
passa deux ans, et dans cet intervalle il écrivit
de la musique sur quelques poésies fugitives
de Byron et de Sbelley : ces morceaux furent
publiés chez l'éditeur Novello. En 1835,
Pierson se rendit à Paris avec la résolution de
se livrer exclusivement à la culture de la mu-
sique, vers laquelle il se sentait entraîné. Ac-
cueilli par le vieux maestro Paer, 11 en reçut
quelques conseils, mais il ne put alors con-
tinuer des études régulières, parce que son
père le rappela près de lui et le fit entrer à
l'université de Cambridge, où il suivit les
cours de sciences physiques. Ce fut dans celle
institution qu'il apprit le contrepoint sous la
direction du professeur Walmisley. Ses études
scientifiques étant terminées en 18-39, il
partit pour l'Allemagne et vécut d'abord quel-
que temps à Prague, ou Tomaschek lui en-
seigna l'art de l'instrumentation. A Dresde,
il reçut aussi des conseils de Reissiger. Quel-
ques compositions vocales publiées à Leipsick
chez Breitkoff etllsertel et chez Kistner, com-
mencèrent à le faire connaître. En 1844, la
chaire de professeur de musique du l'univer-
sité d'Edimbourg étant devenue vacante par
la retraite de Henri Bishop, Pierson fut appelé
en Ecosse pour la remplir. Cette position parut
d'abord lui plaire; mais après l'avoir occupée
pendant dix-huit mois, il donna sa démission
et retourna en Allemagne. A Vienne, où il se
rendit d'abord, il publia plusieurs ouvrages
sous le pseudonyme d' Edgar Mans feldt ; puis
il alla à Berlin et y écrivit son opéra roman-
tique intitulé Leila, qu'il destinait au théâtre
de Hambourg; mais avant de faire connaître
celle production au public, il fil jouer, le 7 mai
1841), au théâtre de Brltnn, l'opéra féerique
Der Elfensieg (le Triomphe des Sylphes), dont
le livret était de sa femme (Caroline Leon-
hard Lyser), et qui obtint quelque succès. Ce
ne fut que deux ans plus tard que Leila fut
représenté à Hambourg. La musique de cet
ouvrage fut l'objet d'éloges exagérés et de cri-
tiques acerbes. Après quelques représentations
orageuses, Pierson prit le parti de retirer sa
partition, se plaignant de la mauvaise vo-
lonté du chef d'orchestre, qu'il accusait de
nuire à l'exécution de son ouvrage. Pierson
écrivit ensuite l'opéra héroïque intitulé Con-
tarini, lequel n'a pas été représenté. Après
avoir habité Hambourg depuis 1847 jusqu'en
1855, il retourna en Angleterre, où précédem-
ment son oratorio de Jérusalem avait été en-
tendu avec intérêt et avait été publié en par-
tition chez Novello. Depuis lors il a écrit le
Paradis, oratorioqui, je crois, n'a pas encore
été exécuté, ainsi que la seconde partie du
Faust de Goethe.
Parmi les compositions publiées par cet
artiste-amateur, on remarque : 1° Marche
funèbre pour Hamlet, tragédie de Shakes-
peare, partition et arrangement pour le piano;
Leipsick, Peters. 2° Ouverture romantique,
parties d'orchestre et partition pour le piano;
Vienne, Millier. 3° Six chants à voix seule
avec piano; ibid. 4° Huit chants idem: Ham-
bourg, Schuberth. 5° Élégie pour ténor ou so-
prano , avec piano; Hambourg, Bœhme.
G Romances, idem; Dresde, Arnold. 7° Chant
de mai, à quatre voix, poésie de Milton;
Londres, Novello. 8° Salve xternum, cantate
avec orchestre, exécutée aux concerts phil-
harmoniques de Norvvich; Londres, Ewer
et C. 9° Ave Maria, idem ; Vienne, Millier.
10° Beaucoup de mélodies et de romances dé-
tachées, dont l' Apparition, un Regard, etc.
Pierson a donné à Hambourg une deuxième
édition des Éludes d'harmonie et de contre-
point de Beethoven, et en a publié une tra-
duction anglaise, à Londres.
56
PIETERZ - PIETRAGRUA
PIETERZ (Adhif.s), le plus ancien l'acteur
d'orgues connu de la Belgique, naquit à Bruges
dans les premières années du quinzième
siècle. En 1451, il construisit à Dclft un orgue
appelé Heilig Kruis Or^ef (l'Orgue de la sainte
Croix), parce qu'il était placé au-dessus de
l'autel de Saint-Georges, à la croix de l'église.
Il a construit à Delft, en 14155, dans l'église
Neuve, un instrument qui s'y trouve encore,
mais qui avait été déjà restauré quatre fois en
1548. Il ne reste presque plus rien aujour-
d'hui de l'ouvrage de Fieterz. Loolens, et
d'après lui Hess (Korle Schets van de aller-
eersle uitvinding der Orgclen, p. 14), ont
donné quelques renseignements sur ces in-
struments.
PIETKEX (Lambert), clianoine de Sainl-
Materne et maître de chapelle à Saint-Lam-
bert, de Liège, né dans celte ville, en 1612,
y mourut en 1696. La cathédrale de Liège
possède de sa composition douze messes à six
et à huit voix. Il a publié de sa composition
un recueil de motets intitulé : Sacri concen-
tus 2, 5, 4 et 8 vocum ; Liège, 1668, in-4", et
quelques autres ouvrages dont les litres nesont
pas connus. Enfin, il a laissé en manuscrit
plusieurs antiennes qui se chantaient encore
à Liège, en 1794.
PIÉTOIN (Loyset ou Louis), musicien
français, naquit vers la fin du quinzième
siècle, ou plutôt dans les premières années du
seizième, à Bernay, en Normandie, et fut, à
cause de cela, surnommé le Normand. L'abbé
Baini a confondu ce musicien avec Louis
Compère (voyez ce nom). Le lieu de la nais-
sance de Piéton est indiqué dans la table des
auteurs du quatrième livre des motels de la
collection publiée par Pierre Altaignant, en
1531, in-4°obl.; on y lit : Benedicila Deum
cœZï... Loyset de Bernais. Forkel s'est trompé
lorsqu'il a cru que Loyset. était le nom de
famille du musicien dont il s'agit, et Piéton
un sobriquet (Allgem. Ge.scliichle der Musik,
tome II, p. 648) : Loyset était, à l'époque ou
vécut cet artiste, un diminutif de Louis assez
fréquemment employé; c'est ainsi qu'on ap-
pelait aussi Louis Compère, et c'est la confor-
mité de ce prénom qui a causé l'erreur de
Baini, copié par Kiescwetler dans son Mé-
moire sur les musiciens néerlandais, dans
son L/istoire abrégée de la musique moderne,
et dans le catalogue de la musique de sa bi-
bliothèque. Dans son obstination à me contre-
dire sur la distinction que j'ai faite des deux
musiciens Compère et Piéton, Kiescweltcra
fait un long article rempli (Terreurs dans la
ô9'" c année de la Gazette générale de musique
de Leipsick (p. 5G5-5G8J, sous les initiales
D. F., pour démontrer leur identité. La dé-
couverte de l'épitaphe de Compère (voyez ce
nom) est venue me donner gain de cause, et
démontrer que j'étais dans le vrai, lorsque j'ai
dit (pie Loyset Piéton est postérieur d'un
demi-siècle à Loyset Compère. Tous les rai-
sonnements de Riesewelter, pour prouver
leur idenlilé, sont tombés dans le néant.
Outre le morceau cité ci-dessus, on a de
Piéton un L'eati omnes à quatre voix, im-
primé dans une collection de psaumes publiée
à Nuremberg, en 1542; Forkel en a rapporté
un extrait en partition (loc. cit.). Les Con-
centus 4-8 vocum de Salblinger (Augsbourg,
1545) contiennent aussi quelques morceaux
de Piéton. Le troisième livre des Motets de la
Couronne, publié par Octave Pctrucci, ren-
ferme un O bone Jesu illumina à quatre
voix, du même musicien. On trouve deux
autres psaumes à quatre voix de Piéton dans
le Tomus tertius Psalmorum selectorum
quatuor et quinquevocum, etc.; Norimbergx,
apud Jo. Petreium, etc., 1542. Le troisième
livre des Motelti del Fiore, qui porte le litre
latin Liber tertius cum quatuor vocibus
(Lyon, Jacques Moderne, 1539), contient deux
motels du même musicien. On en trouve deux
à cinq voix, du même, dans le Liber tertius
viginli musicales quinque, sex , vel' oclo
vocum molelos habet, publié à Paris, par Al-
taignant, en 1534. Enfin trois chansons fran-
çaises à quatre voix, de Piéton, sont contenues
dans le premier livre de pièces de ce genre, im-
primé à Anvers, en 1543, parTylman Susalo.
PIETRAGRUA (Gaspard), prêtre, né à
Milan, vers la fin du seizième siècle, fut
d'abord organiste de l'église Saint-Jean de
Monza, puis de la collégiale de Canobio, où il
se trouvait en 1629. Il avait alors le titre de
prieur. On connaît sous son nom : 1° Concert i
e canzoni francesi ad 1, 2, 3, 4, enn Messe,
Magnificat, falsi bordoni, Litanie délia
Madona e degli santi ; Milan, 1629. 2° Can-
zoneltc a tre; ibid. 5° Motetti a voce sola ;
ibid. A a Mcssa csalmi alla llomana per cnu-
tarsi alli vespri di tutlo l'anno con due
Magnificat, le quattro anlifonc, ed otto
falsi boordoni a 4 voci, lib. 5; ibid.
PIETRAGRUA (Chaules-Louis), com-
posilcur dramatique, naquit à Florence, en
1692. Il a écrit pour le théâtre de Venise : //
J'astor fido, en 1721 , cl Iîomolo c Tazio, en
1722. On ignore (jucile fut la suite de la car-
rière detet artiste.
PIFARO - PILLAGO
57
PIFARO (Nccolo). foyez NICOLAS
DE PADOUE.
PIFFET (Etienne), surnommé le grand
nés, était violoniste à l'orchestre de l'Opéra,
à Paris, vers 1750. Il se fit entendre, à celte
époque, avec succès au Concert spirituel. On
a gravé de sa composition des sonates à deux
violons et basse continue, et des cantates à
voix seule.
PIGNATT (l'abbé Pierre-Romui.us), ou
PIGNATA, compositeur dramatique, né à
Home vers 1660, fut considéré comme un ar-
tiste distingué vers la fin du dix-septième
siècle. On a retenu les titres suivants des
opéras qu'il a fait représenter sur les divers
théâtres de Venise et dans quelques autres
villes d'Italie : 1° Costanza vince il destine-,
au théâtre San Giovanni et San Paolo de
Venise, 1695. 2° Almiro, re di Corinto, au
même théâtre. 3° Sigismondo primo, 1696.
4° L'Inganno senza danno , à Trévise, en
1697. 5° Paolo Emilio, à Venise, en 1699.
6° Il Vanlo d'Jmore, au théâtre San-Mosé,
à Venise, 1700. 7° Oronte in Egitto, au théâ-
tre d'Udine, en 1705. L'abbé Pignata fut aussi
le poète de la plupart de ses opéras.
PIGNORIA (Laurent), en latin PIGNO-
RIUS, antiquaire, né à Padoue, en 1571, fit
ses études chez les jésuites de cette ville,
entra alors dans l'état ecclésiastique et obtint
un canonicat dans la cathédrale de Trévise.
Il mourut à Padoue, d'une maladie épidémi-
que, le 13 juin 1631. Au nombre des ouvrages
de ce savant, on en trouve un qui a pour
titre : De Servis et eorum qpud veteres mi-
nisteriis comment ari us ; Augsbourg, 1613,
<n 4°. L'édition la plus estimée est celle qui a
été publiée à Amsterdam, en 1674, un vol.
in-12. Pignoria y traite de la musique des an-
ciens, particulièrement de leurs instruments,
depuis la page 145 jusqu'à 180. On y trouve
quelques renseignements utiles sur cette
matière.
PIGOI\ ATI (André), médecin napolitain,
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle,
est auteurd'une Lettera sopra il Tarantismo ,
ossia morso délia Tarantola che si guarisce
nella Puglia colla mim'ca, etc. Ce petit écrit,
accompagné de notes et de planches, est im-
primé à la fin d'un livre qui a pour titre :
Memoria di Brindisi sollo il regno di Fer-
dinando; Naples, Morelli, 1781, in-4°.
PILATE (Auguste), dit PILAIT, compo-
siteur, né le 29 septembre 1810, à Bouchait),
ville forte du département du Nord. Il com-
mença l'étude de la musique à l'école commu-
nale de Douai ; puis il fut conduit à Paris et
admis au Conservatoire, le 18 novembre 1822,
comme élève de solfège. Le premier prix
de celte partie élémentaire de la musique lui
fut décerné au concours de l'année suivante,
et au mois de juin 1824, il fut rayé de la
liste des élèves de cette institution. Après cette
époque, on manque de renseignements sur la
suite des études musicales de cet artiste, et
l'on ignore le nom de son maitre d'harmonie
et de composition. Ses premières productions
furent des romances, dont quelques-unes ont
eu de la vogue. En 1836, il fit représenter, sur
le théâtre du Palais-Royal de Paris, plusieurs
petits opéras dont les litres n'ont pas été con-
servés. En 1837, M. Pilati fit jouer au théâtre
d'Adelphi, à Londres, un ouvrage dans le goût
romantique de cette époque, et qui'élait inti-
tulé le Roi du Danube. De retour à Paris, il
donna au théâtre de la Renaissance, en colla-
boration avec M. de Flottow, le Naufrage de
la Méduse, opéra en quatre tableaux. Nommé
chef d'orchestre du théâtre de la porte Saint-
Martin, en 1840, il a écrit, pour cette scène, la
musique de beaucoup de drames, mélodrames,
pantomimes et ballets. En 1848, il donna,
avec M. Gauthier, l'opéra de circonstance in-
titulé les Barricades, au théâtre National.
Les trois Dragons, opérette de M. Pilali,
jouée au théâtre des Folies, en 1854, fut reprise
au théâtre des Variétés, en 1859. La cantate
du même compositeur, intitulée le Nid d'aigle,
fut chantée au même théâtre, le 16 août 1858,
à l'occasion de la fête de l'empereur Napo-
léon III.
PILEUR D'APLIGNY (LE), chimiste
et littérateur français, n'est connu que par
ses ouvrages, parmi lesquels on remarque un
bon traité de l'art de la teinture. Il est aussi
auteur d'un livre intitulé : Traité sur la mu-
sique et sur les moyens d'en perfectionner
l'expression; Paris, 1779, in-8°. Cet ouvrage
ne renferme que des vues superficielles.
PILKLXGTON (François), musicien an-
glais du seizième siècle, était luthiste dis-
tingué, attaché à la cathédrale de Chester.
Après avoir fail ses études à l'université
d'Oxford, il y fut élevé au grade de bachelier
en musique, dans l'année 1595. Cet artiste
est un des compositeurs d'un recueil d'airs
pour le luth et la basse de viole publié à
Londres, en 1605, in-fol.
PILLAGO (Charles), ou peuL-êlre mieux
FILLAGO, né à Rovigo, dans les dernières
années du seizième siècle, fut nommé orça-
niste de Saint-Marc, à Venise, le l fr mai 1023,
ss
P1LLAG0 - PILOTTf
et mourut en 1044. Il fut considéré comme
un des meilleurs organistes de l'Italie. On a
de sa composition : Sacri concerti a voce
sola con basso per l'organo ; Venise, 1042,
in-4°.
PILLET-WILL (le comte Michel-Fré-
déric), banquier et économiste, amateur de
musique, né le 26 août 1781, à Montmeillan
(Savoie), tenait par sa mère à la famille du
chancelier d'Aguesseau. Établi à Paris sous
l'empire de Napoléon l", il y fonda une
maison de banque importante, fut un des
créateurs de la caisse d'épargne, en 1818, et
fut appelé, en 1828, à siéger parmi les régents
de la Banque de France. Membre de l'Aca-
démie royale de Turin, il y fonda quatre
grands prix de chimie, de physique, de mathé-
matique et d'astronomie. Grand amateur de
musique, il était lié d'amitié avec les artistes
les plus célèbres, particulièrement avec Ros-
sini. Baillot lui avait donné des leçons de
violon : il joua de cet instrument avec délices
jusque dans ses dernières années, fit composa
environ cent solos de violon avec accompagne-
ment de piano, écrit par d'habiles arlistes,
particulièrement par Henri Herz. M. Pillel-
"Will a fait graver toute cette musique, qui n'a
pas été mise dans le commerce, mais qu'il
donnait à ses amis. Il a publié plusieurs écrits
sur des sujets d'économie politique et de
finances, dont on trouve la liste dans la
France littéraire de Quérard (t. VII, p. 173),
et dans la Littérature française contempo-
raine de M. Bourquelol (t. VI, p. 21). Le
comte Pillet-Will est mort à Paris, le 11 fé-
vrier 1800.
PILLWITZ (Ferdinand), chanteur et di-
recteur de musique à Brème, est né dans les
premières années du dix-neuvième siècle. En
1829, il fit représenter au théâtre de cette
ville un opéra intitulé Lehmann, et deux ans
après il y donna celui qui a pour titre : Die
//ochzeitim(iaslhofe(\a Noccdans l'auberge).
Son opérette lîalaplan, nu le petit tambour,
obtint du succès, en 1851, non-seulement à
Brème, où elle l'ut reprise plusieurs fois, mais
dans tonte l'Allemagne et fut jouée à plusieurs
reprises à Dcssau, Munich, Stuttgard, Weimar
et Vienne.
PILOTTI (Joseph), compositeur et profes-
seur de contrepoint, naquit à Bologne, dans
les premiers mois de 1784. Son père, Gioac-
chino Pilotti, était organiste et facteur
d'orgues. Dès son enfance, il se livra a l'étude
des éléments de la musique et montra du pen-
clianl pour Ki profession de son père. Il élail
parvenu à l'âge de seize ans et déjà il avait ac-
quis des connaissances dans la fabrication des
orgues, lorsque Gioacchino Pilotti mourut,
laissant sa femme et plusieurs enfants dans
une situation peu fortunée. Joseph prit alors
la résolution de venir en aide à sa famille par
son travail, et d'en devenir le chef. Partageant
le temps entre l'étude et les travaux manuels
de l'atelier, sans égard pour sa faible com-
plexion, il ne prenait presque jamais de repos.
Devenu bon organiste, il était appelé souvent
dans les maisons religieuses des environs de
Bologne pour des fêtes ou des cérémonies, et
toujours il faisait à pied le trajet pour ne pas
diminuer le salaire qu'il recevait et qu'il rap-
portait intact à sa mère. Quelques amis, ayant
remarqué sa belle organisation pour la mu-
sique, lui donnèrent le conseil de se livrer
à l'élude du contrepoint sous la direction
du P. Stanislas Mattei. Ce maître l'accueillit
parmi ses disciples, au nombre desquels était
alors Rossini. Bientôt Mattei eut distingué les
rares dispositions de Pilotti pour la science
de l'harmonie; il en fit son élève de prédilec-
tion. Ses progrès furent, en effet, si rapides,
qu'avant d'avoir accompli sa vingt et unième
année, il fut reçu membre de l'Académie phil-
harmonique, et fut compté parmi les maîtres
les plus habiles de Bologne. Dès ce moment,
il écrivit une grande quantité de musique
d'église dont le mérite lui fit obtenir la place
de mailre de chapelle de la cathédrale de Pis-
toie. Vers le même temps, il composa l'opéra
bouffe VAjo nell' imbarazzo , qui fut joué
avec quelque succès sur le théâtre du Corso,
à Bologne; toutefois, Pilotti reconnut dans
cet essai qu'il n'avait pas reçu de la nature le
génie dramatique, et ce fut le seul ouvrage
qu'il écrivit pour la scène. En 1820, il succéda
à son professeurMatlei dans la place de maître
de chapelle de la basilique de San-Petronio ,
et trois ans après il reçut sa nomination de
professeur d'harmonie et de contrepoint an
Lycée communal de musique de Bologne. Là
était sa véritable destination, car il se fit re-
marquer dans son enseignement par la mé-
thode pratique qui avait fait la grande répu-
tation de Maltci. Pilotti, que de fortes ma-
ladies avaient mis plusieurs ''ois aux portes du
tombeau, mourut à l'âge de cinquante-quatre
ans, le 12 juin 1858. Parmi ses compositions
pour l'église, qui sont toutes restées en ma-
nuscrit, on cilecommedes œuvres distinguées
ses psaumes à huit voix, et son Dies irai, avec
orchestre. On a aussi de lui un traité d'instru-
mentation qui a été public sous ce litre: Z-Vcic
PILOTTI - PIONNIER
59
insegnamento teorico sullu natura, esten-
sione, proporzione armonica, etc.,per tutti
gli stromenti ; Milan, Ricordi.
PIMENTEL (Pierre) , célèbre organiste
portugais, mourut à Lisbonne, en 1599. Il a
laissé un recueil de compositions pour l'orgue,
in lilulé :£ivro de cifra de varias obras para
se tangerem na orgaô. Machado (Bibl. Lu-
sit., t. III, p. 610) croit que ce livre a été im-
primé.
PINA E MENDOÇA (Léon DE), che-
valier de l'ordre du Christ, né en Portugal,
vécut vers 1650. Machado lui attribue plu-
sieurs opuscules concernant la théorie de la
musique, restés en manuscrit (Bibl. Lusit.,
t. III. p. 11).
PU\AROL (Jean), musicien belge, né
dans la seconde moitié du quinzième siècle,
n'est connu que par six motets à quatre voix,
imprimés dans les Motetti XXXIII, sortis
des presses d'Oltaviano Petrucci de Fossom-
brone, en 1502, petit in-4° oblong, et par la
chanson italienne, à quatre voix, Fortuna
desperata, qui se trouve dans les Canti C
cento cinquanta , publiés par ce célèbre im-
primeur, en 1505.
PI1NELLI DE GEUARDIS (Jean-Bap-
tiste), né à Gènes, en 1543, d'une famille
noble, voyagea en Allemagne, et s'établit à
Prague, antérieurement à l'année 1580. En-
viron neuf mois après la mort du maître de
chapelle Scandelli, il fut appelé à Dresde, en
1581, pour lui succéder; mais sa mauvaise
conduite l'obligea à retourner à Prague bien-
tôt après. Il mourut en cette ville; l'époque
de son décès est ignorée. "Walther cite de sa
composition les ouvrages suivants : 1° FI
Misse a 4 voci; Dresde, 1582, in-fol. 2° Ma-
gnificat allemands dans les huit tons de
l'église; ibid., 1583, in-fol. 3° Madrigali;
ibid., 1584, in-fol. 4° Cantiones sacrs 8, 10 e
15 voc. ; ibid., 1584, in-fol. On a aussi de Pi-
nelli : 5° Mutetii quinque vocum a loanne
Baptista Pinello italo nobilique Genuensi,
S. C. M. masico composita; impressa Prag 3e
per Georgium Negrinum , 1588, in-4°.
6° Nouvelles chansons allemandes à cinq
voix, traduites de l'italien pour être chantées
et accompagnées dans la manière italienne;
Dresde, 1584, in-4°. 7° Napoletane a 5 voci;
ibid., 1585, in-4°. 8° Dix-huit musettes à cinq
voix; Prague, 1588, in-4°.
PINHEIRO (le P. Jean), religieux portu-
gais, né à Thomar, dans l'Estramadure, fut
un des meilleurs musiciens de sa nation, et
forma plusieurs bons élèves. Il mourut dans
la première moitié du dix-septième siècle. On
trouvait encore de lui vers 1720, dans la Biblio-
thèque royale de Lisbonne, les ouvrages sui-
vants, en manuscrit ; 1» Jve Regina cœlorum
à douze voix (n° 809). 2» Affliclio mea à six
voix (n°810).
PIIMVA (Emmanuel DE), musicien de la
chapelle du roi de Portugal, né en Espagne,
vivait à Lisbonne au commencement du dix-
septième siècle. Il a laissé en manuscrit des
cantiques pour le jour de Noël et les princi-
pales fêtes de saints, sous ce titre : Fillan-
cicos y romances de la Natividad de Jesu-
Christo y otros santos.
PIINTADO (Joseph), violoniste romain sur
qui l'on n'a point de renseignements, a publié
un livre qui a pour titre : Fera idea délia
musica e del contrappunto ; Rome, de l'im-
primerie de Gioacchino Puccinelli, 1794,
in-8°decent cinquante-six pages. Cet ouvrage
est de très-peu de valeur.
PIIXTI (Salvator-Ignace), moine italien,
vécut dans un couvent de la Bohême vers la
dernière partie du dix-huitièmesiècle. Il com-
posa la musique d'un oratorio, intitulé : Il
Santo Abele di Boemia, ossia il glorioso
martirio di S. TFenceslao, signor di detto
regno, qui fut exécuté, en 1781, dans l'église
Saint-Pierre de Prague.
PIO(Antoine), compositeur, né àRavenne,
vers le milieu du dix-huitième siècle , fut
maître de chapelle dans cette ville. En 1785,
il écrivit, à Vienne, Nettuno ed Egle, opéra
sérieux, et, en 1790, il donna, au théâtre de
la Scala, à Milan, 77 Medonte, opéra sé-
rieux.
PIOCCHI (Christophe), né à Foligno
(États Romains), dans lq> dernières années du
seizième siècle, fut d'abord maitre de cha-
pelle à Orvielo, puis fut appelé à Sienne,
pour remplir les mêmes fonctions à la cathé-
drale. Il occupait encore cette position en
1669, dans un âge avancé. On connaît de lui :
1° Cantiones sacrte seu Motetti 2, 3 et 4 vo-
cum, liber primus; Orvieto, 1625. J'ignore
les dates et le lieu de l'impression du deuxième
et du troisième livres de ces motets. 2° Mo-
tetti a due, tre et quattro voci. Lib. IF;
Bologne, Jacques Monti, 1668, in-4°. 5° Res-
ponsoria hcbdomadœ sanctx quatuor voci-
bus; ibid., 1669, in-4".
PIOIMNIER (Jean), musicien français du
seizième siècle, fut maître de chapelle à Lo-
relte. Il a fait imprimer de sa composition:
1° Motetti a cinque voci, lib. I; Venise,
1561, in-4 n . 2" Idem, lib. II; ibid., 1504.
60
PIONNIER - P1RKIIERT
in-4 . On trouve trois motets à six voix de
ce mailre dans le premier livre des Motetti
del frutto a sei voci; Venelia, nella stampa
d'Antonio Gardane, 1339.
PIOVESANA (François), né à Salice
(royaume de Nazies), est auteur d'un opus-
cule, intitulé : Misure harmoniche ; Venelia,
app. Gardano, 1G27, in-4° de soixante-six
pages. Ce savant et son ouvrage sont cités par
Tevo (voyez ce nom), dans son JUusico
Testore.
PIOZZÏ (...), compositeur italien, attaché
au service du prince Palatin, a fait graver, à
r.Ianheim, en 1780, deux œuvres, chacun de
trois quatuors pour clavecin, deux violons et
basse.
PIPLLARE (Mathieu), musicien belge,
né à Louvain, vécut à la fin du quinzième
siècle et au commencement du seizième. On
ne sait rien de ses études, ni des places qu'il
n occupées. Ornilhoparcus, qui le cite comme
une autorité en ce qui touchait les propor-
tions de l'ancienne notation (Microl. Musicx
activa:, lib. II, cap. 8), nous a appris son
prénom, qu'on ne trouve point ailleurs. Pipe-
lare signait ordinairement son nom par un
reluis composé du mot Pipe et des notes de
musique la, ré. C'est ainsi qu'on le trouve
dans des manuscrits delà Bibliothèque royale
de Bruxelles. Une mcsseà quatre voix dePipe-
lare est imprimée dans la collection publiée
par André Antiquo de Monlona (voyez Mon-
tona). Octave Petrucei a aussi inséré un Ave
Jllariade ce mailre, dans son premier livre de
motetsà cinq voix : Venise, 1505. GeorgesBhau
a inséré quelques compositions de ce mailre
dans sa Bicinia çiallica,latina et germanica
(Vilebergse, 1545). Le manuscrit de la Biblio-
thèque royale de Munich, n° 34, provenant de
la chapelle des ducs de Bavière, contient de
Pipelare l'antienne à quatre voix Fila ditl-
cedo. Des compositions de Pipelare se trou-
vent, avec des messes et autres morceaux de
Pierre de La rue, dans deux beaux manuscrits,
in-folio atlantique, qui appartiennent à la
Bibliothèque royale de Bruxelles; enfin, les
manuscrits des archives de la chapelle ponti-
ficale, à Borne, renferment des messes du
même musicien, entre autres une messe de
V Homme armé, à quatre voix.
PIPELET (madame Constance). Voyez
SAL1U (madame DE).
PIPERIXI (Alphonse), professeur de mu-
sique napolitain, vécut vers le milieu du dix-
linilièmc siècle. Il s'est fait connaître par un
traité de la transposition intitulé Rcgole per
ben trasportare ogni composizione per tutti
i tuoni e mezzi tuoni ; Naples, 1759, in-8°.
PIPPE>G(HENRi),néà Leipsick, le 2 jan-
vier 1G70, y fit ses études et y obtint le titre
de prédicateur à l'église Saint-Nicolas, en
1G03. Quatre ans après, il passa en la même
qualité à celle de Saint-Thomas. En 1709, il
fut promu au grade de docteur en théologie à
l'université de Wittenherg, puis fut appelé à
Dresde en qualité de prédicateur de la cour et
de conseiller du consistoire. Il mourut dans
cette ville, le 22 avril 1722. Pipping n'était
âgé que de seize ans lorsqu'il soutint, pour le
grade de bachelier, une thèse : De Saule per
musicam curuto, sous la présidence du pro-
fesseur Lœscher {voyez ce nom). Celle disser-
tation a été imprimée à Leipsick, en 168G,
in-4°. Il en fut fait une seconde édition dans
la même ville, en 1699, et il en parut une
troisième à Wittenherg, en 1705, in-4° de
soixante-quatre pages. Enfin ce morceau fut
reproduit une quatrième fois dans les Exer-
citationes académies Juvéniles, de Pipping ;
Leipsick, 1723, in-4°.
PIRKER (Marianne), femme d'un violo-
niste de la chapelle du duc de Wurtemberg,
fut une des meilleures cantatrices allemandes
de son temps, et brilla à Londres, à Vienne et
à Slultgard. Admise, à cause des qualités de
son esprit, dans l'intimité de la duchesse de
Wurtemberg , elle se trouva compromise
quand cette princesse se sépara de son époux
(en 1755), fut arrêtée et enfermée dans la
forteresse de Stohen-Asperg, où elle resta
jusqu'en 17G5. Ce changement subit de sa for-
lune la priva de l'usage de sa raison pendant
plusieurs années , sans porter cependant
atteinte à son talent. De la paille de seigle qui
composait sa couche, elle fabriquait des fleurs
d'une merveilleuse délicatesse : elle parvint
bientôt à tant d'habileté dans cet exercice,
que l'impératrice Marie-Thérèse ne dédaigna
pas d'accepter un bouquet de ces fleurs artifi-
cielles que madame Pirker lui avait envoyé,
et qu'elle la récompensa par le don d'une mé-
daille d'or. Un autre bouquet, offert à l'impé-
ratrice (Catherine) de Bussie, lui valut une
récompense magnifique. Lorsque madame Pir-
ker eut recouvré sa liberté, elle se retira à
Heilbronn, et y vécut en donnant des leçons
de chant. A l'âge de soixante ans, elle chan-
tait encore avec une rare expression. Elle
mourut le 10 novembre 1783, à l'âge de
soixante-dix ans.
lMRIillKRT (Edouard), pianiste et com-
positeur, né le 24 octobre 1817, à Aullie, vil-
PIRKIIERT — PISA
CI
lage de la Slyrie, fit ses éludes littéraires au
gymnase et à l'université de Grœlz, où il reçut
les premières leçons de musique; puis il se ren-
dit à Vienne, où Antoine Halm fut son maître
de piano; plu* tard il devint élève de Charles
Czerny. M. Pirkhert s'est fixé dans cette ville
et a commencé à s'y faire connaître en jouant
dans les concerts, en 1837. Parmi les ou-
vrages qu'il a publiés, on remarque : Étude
héroïque pour le piano, œuvre 4; Vienne,
Mechetti; six mélodies idem, op. 9; ibid.;
douze éludes de salon idem, op. 10; ibid.;
études en octaves idem, op. 11 ; ibid.; Fan-
taisie de concert sur les Noces de Figaro,
op. 12; Leipsick, Hofmeisler. En 1855,
M. Pirkhert a été nommé professeur de piano
au Conservatoire de Vienne.
PIRLI1NGEU (Joseph), violoniste de la
musique de la cour impériale, à Vienne, fit,
vers 1786, un voyage à Paris, et y publia de
sa composition : 1° Six quatuors pour deux
violons, allô et basse. 2° Six symphonies à
huit parties. De retour à Vienne, où il vivait
encore en 1802, il a fait paraître : 3° Trois
trios faciles pour deux violons et basse;
Vienne, Steiner. 4° Plusieurs œuvres de duos
et de divertissements pour deux violons. Pir-
linger a été l'éditeur d'une nouvelle publica-
tion de la mélhode de violon de Léopold Mo-
zart; Vienne, Wallishauser. Il a laissé en
manuscrit dix-huit trios pour deux violons et
basse.
PISA (Don Augustin), docteur en droit
canon et civil, vivait au commencement du
dix-septième siècle, et a publié un livre qui a
pour litre : Battuta délia musica dichiarata
dadon Agostino Pisa,dottoredileggeca?io-
nica e civile, e musico fpeculativo e prattico.
Opéra nova, utile e necessaria alli professori
délia musica. Ristampata di novo, ed am-
pliata;inRoma, ICI 1, in-4°.Forkel (Allgem.
Litteratur derMusik, p.275)dit que l'auteur
de ce livre est cité quelquefois sous le nom
d'Agostino di Pisa, comme si ce nom
d' Agostino élait celui de sa famille, et Pise
le lieu de sa naissance. D'après ce renseigne-
ment inexact, M. Ferdinand Becker n'a pas
hésité à placer Pisa sous le nom d' Agostino,
et à le faire naître à Pise, dans son Tableau
systématique et chronologique de la littéra-
ture musicale (1). Ainsi qu'on le voit par le
titre, l'édition de 1C11 est la deuxième* du
livre de Pisa; mais j'ignore où la première a
(I) Si/Êlem Chrnnol. Darstellmg der musical Liltcra-
tur, col. 274
été publiée. Le seul renseignement que l'on
trouve dans la deuxième, concernant la pre-
mière, est que Pisa avait dédié celle-ci à Bo-
niface Cannobio, noble bolonais, au lieu que
Paulre est dédiée au P. Thomas Pallavicino.
La seconde édition du livre de Pisa n'est pas
commune, mais la première est beaucoup plus
rare. Il est le premier où ce qui concerne la
mesure en musique a été Irai lé avec dévelop-
pement. Après les madrigaux et les sonnets
adressés à l'auteur, suivant l'usage du temps
où il écrivait, et l'épîlre dédicaloire, on
trouve un avertissement au lecteur p. 13;
l'éloge de la musique, p. 15; un aperçu des
inventeurs de la musique, p. 17, et un raison-
nement intitulé : Del musico e cantore. Vient
ensuite la préface de l'ouvrage, p. 23-44, où
railleur examine ce qu'on a dit jusqu'à lui,
dans les divers traités de musique, concer-
nant la mesure. Les chapitres qui composent
le corps du livre sont les suivants : 1° Che
cosa sia battuta, p. 44-50. 2° Che cosa signi-
fichi questa parola, positione nella battuta.
p. 50-C3. 3° Per che causa sia stata ritro-
vala la battuta, p. G3-C7. 4° Di quanle parti
sia composta la battuta, p. G7-71. 5° Dove
cominci e termini questa battuta, p. 71-88.
G" Del primo moto, o primo spatio che fà la
mano per andare a ponersi in alto per bat-
tere, p. 88- 9G. 7° Di alcuni disordini che oc-
corono per non dare il suo vero principio
alla battuta, p. 97-102. 8° Corne ci doviamo
servire di questa misura, per dare principio,
e seguilare il canto, p. 103-1 19. 9° Che tut te
le cantilene devono finire ail' insu, cioè in
aria, p. 119-127. 10° Délie proportioni,
p. 127-131. 11° Catalogo degli errori repro-
batiin questa dichiaratione, p. 132-1 3C. Le
livre est terminé par la table des matières.
J'ai cru devoir donner ici l'indication du con-
tenu de cet ouvrage, à cause de sa rareté. Le
style de Pisa est diffus, mais son livre ren-
ferme de fort bonnes choses sur une matière,
négligée à l'époque où il fut écrit, et qui a de
l'intérêt. Les recherches historiques qu'on y
trouve sont curieuses. Pisa est, je crois, le pre-
mier qui contesta à Guido d'Arezzo les in-
ventions qu'on lui attribue à tort. Georges
Schielcn cile de cet auteur (Biblioth. Enu-
cleata, p. 328) un traité De Percussione
musica.; mais ce titre n'est qu'une mauvaise
traduction latine du titre italien de l'ouvrage
pniédent. Maltheson en parle aussi dans son
Oichesire scrutateur (das forschende Orches-
ter, pige 408), sous le titre de Traclatus de
taclu.
C2
PISADOR — PISARONI
PISADOR (Didier), musicien espagnol
<Iu seizième siècle, naquit à Salamanque. Il a
publié un traité sur l'art de jouer de la viole,
sous le litre de Musica de viguela, citharis-
ticx artis documenta; Salamanque, 1552,
in-fol.
PISANELLI (Pampilio), mailrc de cha-
pelle de la cathédrale de Pise, naquit à Bo-
logne vers le milieu du seizième siècle. Il s'est
fait connaître par un recueil de seize madri-
gaux à cinq voix, intitulé : Madrigalia cin-
que voci. Libro primo. In Ferrara, per
FMorioBaldini, 1586, in-4°.
PISA1M (Antoine), membre delà Société
philharmonique de Palerme, naquit en 1793,
et mourut en 1827. Il a fait imprimer un
opuscule intitulé : Pensieri sul diritto uso
délia musica istrumentale; Naples, 1817.
Dans la même année, il en a paru une autre
édition à Palerme, in-4°.
PISARI (Pascal), né à Rome vers 1725,
était fils d'un pauvre maçon. Dans sa jeu-
nesse, il possédait une très-belle voix qui,
ayant été remarquée par un musicien nommé
Gasparino, détermina celui-ci à lui enseigner
la musique. Après la mue, il acquit une
bonne voix de basse; mais sa timidité était si
grande que, ne trouvant point de ressource
dans son talent comme chanteur, il résolut de
se livrer à l'élude de la composition. Il y fit
de rapides progrès sous la direction de Jean
Biordi, chapelain-chantre de la chapelle pon-
tificale, et mailre de chapelle de Saint-Jacques
des Espagnols. La lecture des ouvrages de
Paleslrina fut surtout profitable à Pisari : il
saisit si bien l'esprit du style de ce grand
homme, que, de tous ceux qui tentèrent de
l'imiter, il est peut-être le musicien qui en
approche le plus : sa supériorité en ce genre
Ta l'ait appeler par le P. Martini lePaleslrina
du dix-huitième siècle. En 1752, il fut agrégé
à la chapelle pontificale; mais bien qu'il y ait
fait un long service, il n'y eut, pendant la
plus grande partie du temps, que la position de
surnuméraire. Sa misère était extrême : à peine
couvert de vieux habits que lui donnaient ses
amis, il n'avait d'habitation qu'une mansarde
qu'on lui cédait par charité. Son mobilier se
composait d'une couverture placée sur deux
tables pour son coucher, d'un clou où il atta-
chait une chandelle, et d'un morceau d'argile
qu'il avait façonné en écritoire. L'encre dont
il se servait n'était composée que d'eau et de
charbon; sa plume était un bâton fendu. Il
n'avaitd'aulre papier que celui qu'il ramassait
dans les rues de Rome; lui-même le lignait
pour écrire sa musique, et il l'appuyait contre
la fenêtre pour y tracer ses belles composi-
tions, dignes de procurer à leur auteur un sort
moins pénible. Enfin, l'occasion favorable pour
tirer Pisari de celle horrible situation parut
se présenter. Le bruit de son mérite étant par-
venu à la cour de Portugal, l'ambassadeur de
celle puissance à Rome fut chargé de lui de-
mander un Dixit à seize voix réelles en quatre
chœurs, et un service complet pour les di-
manches et fêtes de toute l'année, à quatre
voix avec orgue. Cet immense travail terminé,
le Dixit fut exécuté, en 1770, d'après l'ordre
de l'ambassadeur, dans l'église des XII Apô-
tres, par cent cinquante des meilleurs chan-
teurs de Rome. Burney, qui entendit cetle
exécution solennelle, parle avec admiration
du mérite de la facture de ce morceau. Toute
la musique fut expédiée à la cour de Lisbonne;
elle remplissait deux caisses. Malheureuse-
ment la récompense due à de si beaux et si
considérables travaux mit tant de temps à
parvenir à Rome, que lorsqu'elle y arriva,
Pisari n'était plus. Il avait cessé de souffrir,
en 1778. Ce fut son neveu, simple ouvrier
maçon, qui recueillit le prix de son travail.
Les compositions écrites par Pisari pour la
chapelle pontificale sont en grand nombre et
d'un travail parfait; ellesconsistenten messes,
psaumes et motets à huit voix, deux TeDeum,
dont un à huit voix et un à quatre. L'abbé
Baini accorde beaucoup d'éloges à ces produc-
tions. Pisari fut moins heureux dans le Mise-
rere à neuf voix qu'il écrivit, en 1777, à la
la demande de ses collègues, pour le service
de la même chapelle : la misère et l'immense
travail qu'il avait faiUpour la cour de Por-
tugal avaient épuisé ses forces : l'effet du
morceau ne répondit pas à ce qu'on attendait
du talent de l'auteur. L'abbé Santini possède
en manuscrit de cet excellent artiste: \° Dixit
à quatre voix. 2° Miserere à 4. 5° Laudate
Dominum à 4, en canon. 4° Une messe à 8.
5° Les psaumes Dixit, Laudate, Lxtatus
sum et Beatus vir à huit voix. (3° Les motels
J'irtute magna, Coronas aureas, Siconsur-
rexistis et Tu es pastor ovium à 8. 7° Le
fameux Dixit à 10, composé pour le roi de
Portugal.
PIS AROIXI ( Benedetta - Rosamunda ) ,
excellente cantatrice, n'est pas née à Palerme,
en 1806, comme le dit l'auteur de la notice
insérée dans le Lexique universel de musique
publié par le docteur Schilling, mais à Plai-
sance, le G février 1793. Un maître obscur,
nommé Pino, lui donna les premières leçons
PISARONI - PISCHEK
C3
de musique. A Page de douze ans, elle passa
sous la direction du sopraniste Moschini, alors
au service du vice-roi d'Italie, à Milan. Après
avoir appris de lui Part du chant, suivant les
principes de l'ancienne école, elle reçut des
conseils de Marchesi, qui se chargea du soin
de perfectionner son goût. Tels furent les
avantages qu'elle recueillit des leçons de ces
deux maîtres que, malgré l'extérieur le plus
repoussant, malgré les défauts d'une partie de
son organe vocal, elle excita partout l'admi-
ration. La plupart des biographes qui ont écrit
sur cette cantatrice ont dit que sa voix était
originairement un contralto qui s'était élevé
progressivement; c'est le contraire qui est
exact. Lorsque madame Pisaroni débuta à
Bergame, dans l'été de 1811, à l'âge de dix-
liuit ans, elle chantait en soprano aigu les
rôles de Griselda, Camilla, et autres du ré-
pertoire de celte époque. Applaudie à Ber-
game, elle fut appelée à Vérone dans la saison
suivante, et le succès qu'elle y obtint la fit
connaître de toute l'Italie. De retour à Plai-
sance vers la fin de 1812, elle y chanta avec
succès. Appelée à Parme au commencement
de 1813, elle y eut une maladie longue et sé-
rieuse aprèslaquelle elle perditquelques notes
aiguës de sa voix, tandis que la partie grave
de l'organe acquit de l'étendue et de la force.
Obligée de renoncer à son premier emploi,
elle prit celui de contralto, et l'exercice dé-
veloppa si bien en elle les avantages de ce
genre de voix, qu'en peu de temps elle fut
considérée à juste titre comme le premier con-
tralto de l'Italie, quoiqu'elle ne pût donner
quelques notes qu'avec un accent guttural de
l'effet le plus désagréable. Applaudie sur les
théâtres de Venise, de Florence, de Padoue,
de Palerme, de Naples, de Milan et de Turin,
elle fut appelée, sur sa réputation, à Paris, en
1827, et y débuta au mois de mai, par le rôle
d'Arsace de Semiramide. Je n'oublierai
jamais l'effet qu'elle produisit sur l'auditoire
lorsque arrivant surla scène en tournant le dos
au public, et considérant l'intérieur du temple,
elle fit entendre d'une voix formidable, admi-
rablement posée, cette phrase : Eccomi al fin
in Babilonia! Des transports unanimes ac-
cueillirent ces vigoureux accents et cette large
manière, si rare de nos jours; mais lorsque
la cantatrice se retourna et fit voir des traits
horriblement bouleversés par la petite vérole,
une sorte de cri d'effroi succéda à l'enthou-
siasme, et l'on vil des spectateurs fermer les
yeux pour jouir du talent sans être obligés de
regarder la personne. Avant la fin de la re-
présentation, le talent avait remporté une
victoire complète dans la cavatine, dans le
duo avec Assur, dans le finale du premier
acte, dans le grand duo du second, et dans le
rondo In si barbara sciagura. Après quelques
mois, le public ne songea plus à la ligure de
madame Pisaroni, dominé qu'il était par la
puissance de son talent. La Donna del lago
lui fournit une autre occasion de montrer sa
supériorité dans le rôle de Malcolm, et l'Ila-
liana in Algeri prouva qu'elle n'avait pas
moins d'habileté dans le genre bouffe.
Moins heureuse à Londres qu'à Paris, elle y
chanta sans succès, en 1829, et n'y trouva
personne qui sût apprécier Pélévalion de son
style. En 1830, madame Pisaroni se rendit à
Cadix, où elle chanta pendant deux ans. De
retour en Italie, elle n'y a pas retrouvé la fa-
veur qui l'accueillait autrefois. D'ailleurs, le
répertoire de Rossini était usé, et Pon n'écri-
vait plus pour la voix de contralto : ces cir-
constances la déterminèrent à se retirer dans
sa ville natale, où elle vit encore, je crois
(1863), dans une honnête aisance.
PISCHEK (Jean-Baptiste), baryton dis-
tingué du théâtre allemand, est né à Melnik
(Bohéme) 7 le 14 octobre 3814. Destiné à la-
profession d'avocat, il fit ses études à Prague
et y suivit les cours de droit ; mais son amour
pour la musique, son goût pour le théâtre et
la beauté de sa voix, lui firent prendre la ré-
solution de se vouer à la scène. Après avoir
fait pendant deux ans des études de chant, if
débuta au théâtre de Prague, en 1835, dans la
Norma de Bellini. Appelé ensuite à Brunn et
à Presbourg, il y obtint des succès qui le firent
engager pour le théâtre de Vienne, en 1837.
Ce fut dans cette ville que son talent prit tout
son développement. Guhr (voyez ce nom), qui
l'entendit dans quelques-uns de ses bons
rôles, en 1840, l'engagea immédiatement pour
le théâtre de Francfort-sur-le-Mein, et lui ac-
corda des appointements considérables. Sa ré-
putation s'étendit bientôt dans toute l'Alle-
magne, et ses succès à Berlin, en 1843, à
Prague, dans l'année suivante, et à Stuttgard,
eurent beaucoup d'éclat et le firent appeler à
Londres, en 1845. De retour en Allemagne, iï
rentra au théâtre royal de Stuttgard. En 1848,
il chantait à Hambourg. Quatre fois, il fut
rappelé à Londres et toujours y fut considéré
comme un chanteur d'élite. Je l'entendis dans
celte ville, en Ï851 : il n'avait rien perdu de
la beauté de sa voix et chantait avec un très-
bon sentiment. Depuis cette époque, je n'aî
plus eu de renseignements sur la suite de sa
Gl
PISCHEK - P1ST0CGIII
carrière. Bon musicien et pianiste habile,
Pischek a composé des Lieder qui ont été re-
cherchés en Allemagne.
PISENDEL (Jean-Georges) , maître de
concerts de l'électeur de Saxe, roi de Pologne,
naquit à Carlsbourg, petite ville de la Fran-
conie, le 26 décembre 1087. A l'âge de neuf
ans, il entra comme enfant de chœur dans la
chapelle du margrave d'Anspach, placée alors
sous la direction de Pistocchi, et dont Corelli
était premier violon. Devenu élève de ce der-
nier, il fit de si rapides progrès sur le violon,
qu'il put être nommé violoniste de la chapelle
à l'âge de quinze ans. En 1709, il se rendit à
Leipsick, pour y suivre les cours de l'univer-
sité ; trois ans après, il entra dans la chapelle
du roi de Pologne, puis fut attaché à la per-
sonne du prince héréditaire de Saxe, qu'il ac-
compagna à Paris, en 1714, à Berlin, l'année
suivante, en Italie pendant les années 1716 et
1717, et enfin à Vienne, en 1718. De retour à
Dresde, il y reprit son service à la cour, et
succéda, en 1728, à Volumier, en qualité de
maître de concerts. Il se distingua dans cette
place par les qualités d'un excellent chef
d'orchestre. En 1754, il suivit le roi de Po-
logne à Varsovie, avec quelques artistes de la
chapelle de Dresde. Il mourut le 25 novembre
1755, à l'âge de soixante-huit ans. Pisendel
avait étudié l'harmonie et la composition sous
la direction de Heinichen : il laissa en manu-
scrit quelques concertos de violon, dont un
avait été composé pour la dédicace de la nou-
velle église catholique de la cour de Dresde,
des solos pour le même instrument, et des
fugues à quatre parties instrumentales.
l'ISTICCI (Athanase), grand cordelicr,
maître de chapelle de son ordre au couvent de
Pis»:, dans la première moitié du dix-septième
siècle, a fait imprimer de sa composition :
1" Motelli a Ire voci con il basso per l'or-
gano; Venise, 1629, in-4°. 2° Motetti a 2e5
voci, lib. 2; ibid., 1633. 3° Idem, lib. 5j
ibid. 4° Salmi a qualtro voci.
PISTILL1 (Achille), compositeur napoli-
tain, fit ses éludes musicales au collège royal
de musique de San-Pietro a Majella. Sorti
deectte institution, il fil représenter, en 1840,
au théâtre Nuovo de Naples, Il finlo Feuda-
tario, qui ne réussit pas. En 1846, il a donné
dans la môme ville Ilodolfo di firienza,
opéra romantique, qui fut plus heureux. Quel-
ques morceaux de cet opéra ont été publiés
avec accompagnement de piano, à Milan, chez
Ricordi. Depuis ce second essai, le nom de cet
artiste a disparu du monde musical.
PISTOCCHI (François-Antoine), compo-
siteur et célèbre professeur île chant, naquit
en 1659, à Palerme, suivant le témoignage de
Fanluzzi (Notizie degli Scritl. Bolog., t. 6),
et non à Bologne, comme l'ont affirmé tous
les biographes. Ce qui a causé leur erreur,
c'est qu'il fut transporté dans sa première en-
fance, avec toute sa famille, dans cette der-
nière ville. Il y fut dirigé par son père dans
l'étude de la musique et de la composition, et
ses progrès furent si rapides, qu'à l'âge de
huit ans il fut en état de publier son premier
ouvrage sous ce litre : Caprici puerili varia-
mente composti in 40 modi, sopra un basso,
da un balbelto in età d'anni 8, op. 1, Bo-
logne, 1667', in-folio. Pistocchi reçut ensuite
des leçons de chant du P. Vastamigli, carme
de San-Martino-Maggiore, puis il devint
élève de Barlolomeo Monari. Ses études ter-
minées, il fut élu mailre de chapelle de San-
Giovanni-in-Monte. En 1692, il fut admis
membre de l'Académie des Philharmoniques
de Bologne, dans l'ordre des compositeurs; il
en fut prince en 1708, et, pour la seconde fois,
en 1710. Vers l'âge de vingt ans, il se con-
sacra au théâtre; mais quel que fût son talenl,
les défauts de son extérieur et la faiblesse de
son organe l'empêchèrent d'obtenir les succès
qu'il espérait. Bientôt il quitta cette carrière,
embrassa l'état ecclésiastique et entra dans la
congrégation de l'Oratoire. Son mérile comme
compositeur le fit appeler à la cour du mar-
grave de Brandebourg-Anspach, Frédéric III,
en qualité de maître de chapelle. Il y composa
plusieurs opéras, entre autres celui de Nar-
ciso, sur le poème d'Apostolo Zeno, repré-
senté en 1697. Deux ans après, il se rendit à
Venise, où il écriyil II Mart irio diS. Adriano,
oratorio, et l'année suivante, il alla à Vienne
pour y composer le liise di Dcmocrile, 1700.
On connaît aussi de lui Lea>idro, 1679, // Gi-
re//o,1681,et l'oratorio intitulé Maria f irgine
addolorata, 1698. Ses autres œuvres pratiques
sont : 1° Scherzi musicali, collection d'airs
italiens, fiançais et allemands, publiée à
Amsterdam, chez Roger (sans date). 2° Duetli
e Terzetti, Bologne, 1707, op. 3. Enfin on
trouvait, il y a quelques années, chez Breil-
kopf, à Leipsick, le psaume 147, Lauda Jé-
rusalem, à cinq voix et basse continue, en
manuscrit, sous le nom de Pistocchi.
Mais ce qui assure surtout à Pislocchi une
gloire impérissable, c'est d'avoir établi à Bo-
logne, vers 1700, une école de chant d'oii sont
sortis les plus grands chanteurs de la première
moitié du dix huitième siècle, tels que Antoine
PISTOCCHI — PITONI
65
Bcrnacclii, Ant. Pasi, J.-B. Minelli, A. Pio
Fahri, Borlolino de Faenza, etc., etc. Là, pour
la première fois, la pose du son, la vocalisation
I>ien articulée, l'expression dramatique furent
enseignées méthodiquement. Enfin l'émulation
que celte école produisit dans le reste de
l'Italie donna naissance à une multitude
d'autres établissements du même genre, et
particulièrement à l'admirable école napoli-
taine, établie par Dominique Gizzi, en 1720.
On ignore l'époque de la mort de Pistocchi;
on a cependant la preuve qu'il existait encore
et même qu'il composait en 1717, car il existe
un livret d'oratorio intitulé : La Fuga di
santa Teresia per musica (in-4°, sans nom
de lieu), où l'on voit que la poésie a été écrite
par le docteur Eustachio Manfredi, de Bo-
logne, pour l'usage de la congrégation de
Saint-Philippede Neri, de la maison de Forli,
et que la musique a été composée par le
P. Francesco Pistocchi, prêtre de l'Oratoire,
dans cette même année 1717.
PISTORIUS (Jean-Frédéric), docteur en
droit, fut chantre de la chapelle de l'électeur
de Bavière et élève de Boland de Lassus. Il a
publié de sa composition : Psalmodia vesper-
tïna cum aliquot B. M. V . canticis 4 et 5
vocibus; Munich, 1595, in-4°.
PISTORIUS (Hermann-Alexandre) est
né le 23 avril 1815, à Potsdam, où son père
était organiste de la communauté des frères
moraves et professeur de l'école de la garnison.
En 1834, Pistorius fut nommé professeur de
musique du séminaire des instituteurs, et deux
ans après, il obtintlemémelitre à l'écoled'in-
dustrie de Berlin. Il était membre de l'Aca-
démie de chant de cette ville et de la Lieder-
fa/W instituée par Zelter. Pistorius est mort à
Berlin, le 21 juillet 1845. On a publié des
Lieder de sa composition, à Berlin, chez Chaî-
ner et chez Traulwein.
PITICCHIO (François), maitre de cha-
pelle à Palerme, dirigea, vers 1780, l'Opéra
italien à Brunswick, et y fit représenter la
Didone abbandonata, de sa composition. En
1784, il donna à Dresde l'opéra bouffe Gli
Amanti alla prova; puis il se rendit à
Vienne, où il écrivit 77 Bertoldo, représenté
en 1787. Il paraît qu'il séjourna plusieurs
années en cette ville; il y publia : 1° Douze
canzoncltes italiennes avec accompagnement
de piano; Vienne, Artaria. 2° Douze idem,
op. 5; Vienne, Kozeluch. On a aussi sous son
nom : 5° Six quintettes pour deux violons,
deux altos cl basse; Offcnbach, André.
PITICCHIO (Pierre-Paul), compositeur
jiioi.ii. dsiv. des iuusicir..\s. r. vu.
italien, vécut à Borne dans la seconde moitié
du dix-huitième siècle. On connaît de lui, en
manuscrit, une cantate à deux voix de soprano
et orchestre, intitulée : Le Allegrezze pasto-
rali; des duos pour deux soprani ; quinze
quintettes pour deux hautbois, deux cors et
basson, et six pièces d'harmonie pour quatre
hautbois, deux cors et deux bassons.
PITOIVI (Joseph-Octave), savant compo-
siteur de l'école romaine, naquit à Bieti, le
18 mars 1G57. Il n'était âgé que de onze mois
quand ses parents allèrent s'établir à Borne
avec lui. A cinq ans, il entra dans l'école de
musique de Pompeo Natale, où il apprit les
éléments du chantet du contrepoint : trois ans
après il entra comme soprano dans l'église
Saint-Jean-des-FIorentins, puis à celle des
XII Apôtres, où, encore enfant, il fit entendre
quelques-unes de ses composilions qui excitè-
rent l'admiration de Fr. Foggia. Ce maître,
l'ayant demandé à ses parents, le dirigea dans
ses études de contrepoint pendant plusieurs
années. Parvenu à l'âge de seize ans, en 1673,
Pitonifut élu maître de chapelle de la Terra di
Botondo, et dans l'année suivante, il entra dans
la chapelle de la cathédrale d'Assise, où il
s'occupa à mettre en partition les œuvres de
Paleslrina. Cette élude fut toujours considérée
par lui comme la meilleure : il en recomman-
dait l'usage à ses élèves. En 1676, on lui confia
la direction de la chapelle de la cathédrale
de Rieti ; mais il n'y resla qu'une année, ayant
été choisi, en 1677, comme maître de chapelle
de la collégiale de Saint-Marc, à Rome. Ce fut
dans celle église qu'il fit entendre pour la
première fois ses composilions à deux et trois
chœurs. 11 y conserva son titre de maître de
chapelle pendantsoixanle-sixans,et y joignit,
en 1686, la direction de la chapelle du collège
allemand de Sainte-Apollinaire, puis, en 1686,
celle de maître de Saint-Laurent in Bamaso,
par la protection du cardinal Ottoboni. En
1708, le chapitre de Saint-Jean de Lateran
l'élut à l'unanimité pour en diriger la mu-
sique, mais, en 1719, il renonça à cette place
pour celle de maître de Saint-Pierre du Vati-
can. A ces différents emplois, il réunit aussi
ceux de maîlre de Saint-Augustin, de Saint-
André délia Faite, de Sainte-Marie in Cam-
pilelli, de Sainte-Marie délia Pace, deSainl-
Étienne del Cacco,el de Saint-Charles a' Ca-
tinari. Il mourut à Rome, le 1 er février 1745,
à l'âge de près de quatre-vingt-six ans, et fut
inhumé dans l'église de Saint-Marc.
Pitoni fut un des plus savants maîtres de
l'école romaine dans les temps modernes.
5
PITONI — P1TSCH
L'abbé Baini dit avec raison que ses composi-
tions ont conservé jusqu'à ce jour toute leur
Fraîcheur; il cite en particulier la fugue du
Dixit à 1G voix, en quatre chœurs réels, qui
se chante chaque année aux secondes vêpres
de Saint-Pierre, dans la basilique du Vatican,
et qui parait toujours plus belle, ainsi que
ses messes intitulées LiPastori a Maremme,
Li Pastori a montayna, et J/osca. Je pos-
sède de ce maître une messe à huit, et des
canons qui m'ont donné aussi une haute idée
de son mérite. Les compositions de Piloni,
écrites pour le service des différentes églises
où il était maître de chapelle, sont en nombre
immense : jamais il ne faisait entendre dans
une église ce qu'il avait écrit pour une autre.
Ses messes et ses psaumes à trois chœurs, avec
et sans instruments, s'élèvent à plus de qua-
rante; il a écrit plus de vingt messes et
psaumes à seize voix en quatre chœurs, avec
et sans instruments; enfin, pour la seule ba-
silique du Vatican, il a composé le service
entier de toute l'année, tant en messes que
vêpres des fêtes de première et seconde classe,
dimanches, communs et propres «les saints.
Pitoni a laissé également quelques psaumes et
motels à six et à 9 chœurs, chacun composé
de quatre parties; il avait commencé à écrire
une messe à quarante-huit voix en douze
chœurs, mais son grand âge ne lui permit pas
de l'achever. On conserve aussi de lui dans
quelques bibliothèques d'excellentes études de
contrepoint écrites pour l'instruction de ses
élèves. L'abbé Sanlini possède en manu-
scrit, de Piloni : Irois messes à huit; deux
Dixit à huit; Tu es Petrus et O vos omnes
à huit; dix motets à trois et à quatre; Dus
iras à six, un des plus beaux ouvrages de ce
mailre; Dixit à quatre avec orchestre; autre
Dixit à huit idem; quatre hymnes sur le
plain-chant. Le chanoine Proske (voyez ce
nom) a publié de Piloni, dans sa belle col-
lection intitulée Musica divina (tome I' r ,
p. 209), la messe en partition lu \atii iiate
Domini, à quatre voix, et (p. 289) la messe
Pro defnnetit, également à quatre voix. Dans
le second volume (Liber JJolcttorum), il a
donné en partition six motels à quatre voix
du même compositeur. On a aussi de Piloni :
fllolelti a due voci ; Rome, IMascardi, 1097.
Enfin, Pitoni a rendu un service important
aux historiens de la musique par la compo-
sition d'un livre intitulé : Notizie dei maeitri
di cappella si di Roma cite ollramonlaiii,
ossia Notizia di contrappuntisti ecomposi-
turi di musica deyli anni ddl' cra crisliana
1500 sino al 1700. dont le manuscrit original
existe dans la bibliothèque du Vatican. C'esl
de cet ouvrage que l'abbé Baini a tiré la plu-
part des notices sur les musiciens italiens, et
particulièrement sur ceux de l'école romaine,
dont il a rempli ses Mémoires sur la vie et' les
ouvrages de Palestrina. Je suis redevable au
savant M. Gaspari de Bologne, de l'indication
d'un ouvrage important de Pitoni, dont l'abbé
Baini, ni aucun autre musicien érudit, n'ont
eu connaissance. De ce livre, dont cent huit
pages seulement, sans frontispice, ont été im-
primées, l'on a perdu le manuscrit qui, du
moins, ne s'est pas retrouvé jusqu'à ce jour.
Ces cent huit pages contiennent le premier
livre, divisé en XVI chapitres, qui traitent
des intervalles des sons et de leur succession.
M. Gaspari en donne ainsi le titre, copié sur la
première page :
Guida
A rmonica
Di Giuseppe Ollaiio Piloni
Maestro di cappella di Sun Lorenzo in Damaso
et di S. Apollinare in Roma. Libro primo ;
Cap. I.
Dove si traita dclle ennsonanze e dissonance
e corne si pratticano.
M. Gaspari conjecture que l'impression de
ce fragment a été faite après 1089, époque où
Pitoni fut nommé mailre de chapelle de Saint-
Laurent in Damaso. Durante, L. Léo et
Fr. Feo furent élèves de Piloni. Jérôme Chili,
de Sienne, ami de ce célèbre musicien, a écril
sur sa vie une longue notice qui se trouve dans
la bibliothèque de la maison Corsini alla
Lungara,de Rome.
J'ITSCII (Chaules-François), organiste
de l'église Saint-Nicolas, à Prague, naquit en
1789, à Patzdorf, en Bohême, où son père
était instituteur. A l'âge de quatre ans, il
commença l'élude du violon, du clavecin et
de l'orgue; ses progrès furent si rapides, qu'il
remplit quelquefois les fonctions d'organiste
à Beiehenbach (Silésie), «lès l'âge de huit ans.
Ce fut dans ce lieu qu'il apprit l'harmonie,
sous la direction de Constantin Bach. Plus
tard, il fréquenta l'Université de Prague et y
lit un cours de philosophie; puis, il fut, pen-
dant quelques années, instituteur dans la
maison d'un noble en Autriche. De retour à
Prague, il .s'adonna uniquement à la musique
cl obtint, en 18Ô-', la place d'organiste de
Saint-Nicolas. En 1840, il reçut sa nomina-
tion de professeur au Conservatoire de Prague
et, dans l'année suivante, on le chargea de la
direction de l'école d'orgue de celle ville.
Pilsch est mort dans celle position, le lô juin
1858. Il élait membre correspondant de la
P1TSCII - PIXIS
67
Société hollandaise de Rotterdam pour les
progrès delà musique. Parmi ses ouvrages, on
remarque l'hymne O Erstcrl dessen Hmich
ich bin, pour deux chœurs à quatre voix cha-
cun, avec orgue, violoncelle et contrebasse;
Prague, Hoffmann. Jllcluya , fugue pour
l'orgue; ibid. Six préludes pastoraux idem;
ibid. Vingt préludes courts et faciles pour
l'orgue ; ibid. Répertoire des organistes pour
les fêtes solennelles de l'église ; Leitmeritz.
Pitsch a donné, à Prague, une deuxième édi-
tion du livre de l'abbé Vogler, Handbuch fiir
dit ' Harmonielehre und fiir den Generalbass.
PITTERLIN (Frédéric-Adolphe), né à
Bautzen, vers 17G0, alla à Leipsick, en 1785,
étudier la théologie; mais un penchant irré-
sistible lui fit abandonner cette science pour
la musique. Devenu directeur de musique de
la troupe d'opéra dirigée par Seconda, il écri-
vit la musique de plusieurs ballets, des panto-
mimes et l'opéra intitulé les Bohémiens, qui
Tut représenté avec succès dans plusieurs
villes d'Allemagne. Plus lard, il entra comme
chef d'orchestre dans la Société dramatique
de Dœbbler, avec laquelle il voyagea et arriva
à Magdebourg, en 1796. L'année suivante,
Touverture et les chœurs qu'il avait compo-
sés pour la tragédie intiluléey///m2 obtinrent
tin brillant succès dans celle ville. Il s'y dis-
tingua aussi dans la direction des concerts
d'hiver donnés par la loge maçonnique et par
la Société philharmonique; mais une maladie
de poitrine le conduisit au tombeau, le 1 er oc-
tobre 1804. On connaît des symphonies à
grand orchestre de la composition de Pii-
terlin.
PIXÉRÉCOURT (René- Char les GUIL-
BERT DE), célèbre auteur de mélodrames et
de livrets d'opéras comiques, est né le 22 jan-
vier 1773, au village de Pixérécourt, près de
Nancy, dont il a pris le nom. Fils d'un an-
cien major au régiment de Royal-Roussillon,
il fut traité dans sa jeunesse avec beaucoup de
sévérité par son père, qui le destinait au bar-
reau ; mais après les premiers événements de
la révolution, il érnigra et fil la campagne de
1792 comme officier, dans l'armée du duc de
Bourbon. Rentré en France, l'année sui-
vante, il se cacha à Paris pendant le régime
de la terreur, sous ie nom de Pixérécourt,
qu'il a gardé depuis lors. Entré plus lard
dans l'administration des domaines, il y par-
vint au rang d'inspecteur. Après trente ans de
service, il a obtenu sa retraite de cet emploi
avec la pension qui lui était due. Devenu di-
recteur de l'Opéra-Comique, en 1824, il a
conservé celte position jusqu'à la fin de 1827,
où des discussions avec les sociétaires de ce
théâtre l'obligèrent à se retirer. En 1838, il a
quitté Paris pour aller achever ses jours à
Nancy, où il est mort le 27 juiMet 1 844. Guilbert
de Pixérécourt a obtenu de brillants suc-
cès aux théâtres des boulevards de Paris, par
une multitude de mélodrames remarquables
sous les rapports de l'originalité des idées et
de l'effet scé ni que. Il a aussi donné quelques
pièces à l'Opéra-Comique. Ami de Dalayrac,
il a écrit une notice détaillée sur la vie et les
ouvrages de ce compositeur, intitulée: Vie de
Dalayrac, contenant la liste complète des
productions de ce célèbre compositeur, par
R. C. G. P. ; Paris, Barba, un volume in-12.
A l'occasion de ses discussions avec les socié-
taires du théâtre Feydeau, il a aussi publié
un recueil de pièces intitulé simplement :
Théâtre royal de V 'Opéra-Comique, volume
in-4° de quatre-vingt-onze pages, sans nom
d'auteur, d'imprimeur, sans nom de lieu, et
sansdale (1827).
PIXIS (Frédéric-Guillaume), organiste
de l'église réformée à Manheim, depuis 1770,
et ancien élève de la première école de l'abbé
Vogler, a publié de sa composiiion : 1° Huit
préludes courts et faciles pour l'orgue, pre-
mière suite; Manheim, 1791. 2° Huit idem,
deuxième suite; ibid., 1792. 3° Deux sonatines
pour piano; ibid., 1792. 4° Trios pour piano,
violon et violoncelle; ibid., 1794. Les bio-
graphes allemands ne fournissent aucun ren-
seignement sur les dernières années et la
mort de cet artiste; on sait seulement qu'il
vivait encore à Manheim en 1805.
PIXIS (Frédéric-Guillaume), fils aîné du
précédent, est né à Manheim, en 178G.
A l'âge de cinq ans, il commença l'étude du
violon : son premier maître fut un musicien
obscur nommé Ritter. Luigi, violoniste à Of-
fenbach, lui donna ensuite des leçons; puis il
devint élève de Frœnzel. Il avait à peine
atteint sa dixième année, lorsqu'il joua avec
son frère dans un concert public, à Manheim;
puis tous deux, sous la direction de leur père,
voyagèrent en Allemagne, pour y donner des
concerts, et visitèrent Carlsruhe, Stuttgard,
Gœttingue, Cassel, Brunswick, Zell, Brème et
Hambourg. Arrivé en cette ville, en 1797,
lorsque Violti s'y trouvait, le jeune violoniste
profita des conseils de ce célèbre artiste. En
1799, Pixis fit un nouveau voyage à Hanovre
avec son frère et son père; puis visita Leip-
sick, Berlin, Dresde et Varsovie, où de grands
éloges furent donnés à son talent. De retour à
C8
PIXIS — PIZZATI
Manheim, en 1804, il entra dans la chapelle
du prince palatin. Deux ans après, il se remit
en voyage, s'arrêta quelque temps à Vienne,
puis se fixa à Prague, où il fut nommé profes-
seur du Conservatoire et chef d'orchestre du
théâtre. Il est mort dans cette ville, le 20 oc-
tobre 1842. Quelques-unes des compositions
attribuées par le Manuel de la littérature mu-
sicale de Whislling à Jean-Pierre Pixis, frère
de Frédéric-Guillaume, appartiennent à ce
dernier, notamment les variations pour violon
et orchestre sur l'air allemand : War 's viel-
leicht um eins; Vienne, Leidersdorf, et un
concertino pour violon et orchestre, op. 1 ;
ibid.
PIXIS (Jean-Pierre), frère du précédent,
né à Manheim en 1788, a eu de la réputation
comme pianiste et comme compositeur. Élève
de son père, il voyagea avec lui et avec son
frère pour donner des concerts, dès l'âge de
neuf ans. Depuis 1803 jusqu'en 1808, il re-
prit à Manheim le cours de ses études musi-
cales, et s'y livra à l'enseignement du piano.
En 1809, il s'établit à Munich, et y publia
quelques-unes de ses compositions, puis se
rendit à Vienne, où il vécut plusieurs années.
Fixé à Paris, en 1825, il y fit paraître quel-
ques-uns de ses meilleurs ouvrages, et y fut
considéré comme un des bons professeurs de
piano de cette époque. Il avait adopté pour
sa fille une orpheline allemande, connue sous
le nom de Franciïla Pixis, mais dont le nom
de famille était Giiringer; depuis lors il se
livra presque exclusivement à l'éducation mu-
sicale de celte jeune personne, et en fit une
cantatrice distinguée. Dès ce moment, il a cessé
de se faire entendre dans les concerts, et ses
travaux dans la composition ont eu moins
d'activité. En 1828, il était allé revoir sa ville
natale, après avoir f»it un voyage à Londres.
En 1833, il voyagea en Allemagne avec sa
fille adoptive, et la fit entendre avec succès à
Prague, Leipsick etDresdc. De retour à Paris,
où son élève ne réussit pas aussi bien qu'il
l'avait espéré, il partit avec elle pour l'Italie,
et lui procura des engagements pour quelques
théâtres où son talent se développa. Après
avoir brillé sur le théâtre de Palerme, Fran-
ciïla Pixis obtint un beau succès au théâlre de
Saint-Charles, à Naplcs, dans Sapho, opéra
écrit pour clic par Pacini (1840). Après que
cette cantatrice se fut mariée, Pixis alla se
fixer à Baden-Baden, où il avait acheté une
maison. Je l'ai retrouvé dans cet agréable
lieu, en 1850; il s'y livrait à l'enseignement
avec beaucoup d'ardeur, et paraissait avoir
cessé de composer. Je crois qu'il y vit encore
(18G3).
Plus de cent cinquante œuvres de tout
genre sont connus sous le nom de cet ar-
tiste estimable : dans le nombre , on re-
marque une symphonie à grand orchestre,
op. 5, Breslau , Fœrster ; des quintettes
pour deux violons, deux altos et basse; des
quatuors pour deux violons, alto et violon-
celle, op. 7, Vienne, Mechetli, et op. 09,
Leipsick, Probst; des concertos pour piano;
un concertino idem, op. 68; des rondeaux
brillants pour piano et orchestre; de grandes
variations, idem, op. 36, 59, 66, 87, etc.; un
quatuor pour piano, violon, alto et basse,
op. 4; Leipsick, Breitkopf et Haertel ; des
trios pour piano, violon et violoncelle, op. 75
et 87, compositions d'un mérite remarquable;
des sonates pour piano, violon ou flûte, et
violoncelle, op. 14, 17, 24, 30, 35, 38,
62, etc.; des sonates pour piano seul, op. 3,
10 et 85; enfin, une multitude de fantaisies,
de variations et de pièces de différents genres
pour piano à quatre et à deux mains. En
1831 , Pixis a fait représenter, au théâtre
allemand de Paris, Bibiana, opéra écrit pour
madame Schrœder-Devrient : cet ouvrage n'a
point obtenu de succès. En 1836, il a donné
aussi, au théâtre Rœnigstadt, de Berlin, l'opéra
intitulé Die Sprache des Herzens (le Langage
du cœur).
PIXIS (Théodore), fils de Frédéric-Guil-
laume, naquit à Prague, le 13 avril 1831.
Élève de son père pour le violon, il débuta
dans sa ville natale à l'âge de dix ans, et s'y
fit remarquer par sa précocehabilcté.Enl84G,
il se rendit à Paris près de son oncle qui lui
fit donner des leçons par Baillol; puis il
voyagea pour donner des concerts et obtint
partout des succès. Arrivé à Cologne, en 1850,
il y fut attaché comme maître de concert et
professeur dn Conservatoire. A l'âge de vingt-
cinq ans, cet artiste, frappé d'un coupdesang,
mourut subitement le 1 er août 1856. On con-
naît de sa composition deux recueils de
Liedcr, et plusieurs solos de violon avec ac-
compagnement de piano.
PIZZATI (l'abbé JosErn), savant italien,
vécut à Venise vers la fin du dix-huitième
siècle. On lui doit un livre concernant la
théorie de l'harmonie, intitulé : La scienza
de' suoni e deW armonia; diretta spécial-
mente a render ragionc de' fenomeni cd a
conoscer la nalura e le leggi délia medesima,
corne a giovare alla pratica del conlrap-
1 punto ; opéra divisa in cinque parti;
PIZZATI - PLANITZER
60
Venise, 1782, petit in-fol. de trois cent cin-
quante-huit pages, avec quarante-neuf pages
d'exemples. Une analyse étendue de cet ou-
vrage a été publiée dans les Effemeridi let-
terarie di Roma (t. XIII, p. 29). Il en
a été fait aussi une critique dans le Giornale
de'Letterati (année 1782, t. XLVIII, p. 3-59);
elle a pour titre : Letlera del sig. Ab. Fran-
cesco Gori Pannilini di Siena , cavalière
Gierosolimitano, sopra la Scienza de' suoni,
deW Ab. Giuseppe Pizzati.
PIZZOM (le P. Éléazar), moine du tiers
ordre de saint François, né à Parme vers
1020, fut maître de chapelle de l'église de son
ordre, appelée Satita Maria délia carità, à
Bologne. Membre de l'Académie des Philhar-
moniques de cette ville, dès sa fondation, il en
fut prince en 1070. On a imprimé de sa com-
position : 1° Ballettti , Correnli , etc., a
5 stromenti, op. 1 ; Bologne, 1009, in-4°.
2° Motetti sacri a voce sola, op. 2 ; ibid.,
1070, in-4°.
PLACH (François), luthier à Schœnbach,
en Bohême, vers 1788, s'est fait connaître
avantageusement par délions violons.
PLACI1Y (Wenceslas), né à Rlopotowitz,
en Moravie, le 4 septembre 1785, reçut des
leçons de musique de son oncle, Antoine
Plachy, et se fixa à Vienne, tians sa jeunesse.
Il s'y lia d'amitié avec Hummel et Fœrster,
donna des leçons de piano, et fut nommé or-
ganiste de l'église des Piaristes, en 181 1 . Il a
fait imprimer, chez divers éditeurs de cette
ville, environ soixanle-dix œuvres de so-
nnâtes et de pièces de piano et de chant, d'un
style agréable et facile. Parmi ses compo-
sitions , on remarque : 1° Messe à quatre
voix et orchestre, op. 24; Vienne, Cappi.
2" Graduel à quatre voix, deux violons, con-
trebasse et orgue, op. 34; ibid. 5° Deux
Tantum ergo à quatre voix et orchestre,
op. 35 et 56 ; ibid. Plachy est mort à Praguej
le 7 juillet 1858.
PLAINE (Jean-Marie), harpiste et profes-
seur d 1 harmonie, né à Paris, en 1774, s'est
fait connaître depuis 1798 jusqu'en 1827 par
la publication d'environ trente œuvres de so-
nates pour la harpe (n os 1 à 8), d'études (trois
cahiers), de fantaisies (n os l à 10), de nocturnes
et de variations. Ces ouvrages, qui d'abord
ont paru chez l'auteur, sont ensuite devenus
la propriété de Frey, et en dernier lieu de
M. Richaull. On a aussi de cet artiste un
Cours d'harmonie divisé en douze leçons
claires et faciles; Paris, Bichault, in-fol. de
cinquante-trois pages.
PLA1NELLI (Antoine), littérateur italien,
chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jéru-
salem, naquit à Bitonto, dans le royaume de
Naples, le 17 juin 1747. Après avoir terminé
ses études à l'université d'Altamura, il se
rendit à Naples et s'y livra d'abord à des ex-
périences de chimie, qu'il abandonna ensuite
pour la culture des lettres. Au nombre de ses
ouvrages, on remarque : Bell' opéra in
musica; Naples, Campo, 1772, ip 8° de deux
cent soixante-douze pages. Cet ouvrage, di-
visé en sept parties, dont la première renferme
un abrégé de l'histoire de l'Opéra en Italie,
et dont les autres traitent de la poésie de ce
genre de spectacle, de la musique, des déco-
rations et des machines, de la danse et de la
direction générale de l'ensemble, renferme
quelques bonnes idées; mais le sujet n'y est
pas conçu d'une manière assez vaste. Planelli
est mort à Naples, d'une maladie nerveuse, au
mois de mars 1803.
PLANES (François-Joseph), né le 12 août
1755, à Hirschau, petite ville près d'Amberg,
en Bavière, fit ses premières études sous la
direction du cantor Wtihrl, puis entra à l'âge
de quinze ans au séminaire d'Amberg, où il
apprit à jouer du piano, du violon et les prin-
cipes de l'harmonie. Après que les jésuites
eurent été expulsés de la Bavière, il alla con-
tinuer ses éludes à Sulzbach. Pendant qu'il y
faisait sa rhétorique, Wuhrl mou rut; Planes fut
rappelé dans sa ville natale pour le remplacer,
et reçut, au mois de mars 1775, les titres de
recteur etde directeur du chœur de Hirschau.
Il y améliora l'enseignement du chant et com-
posa beaucoup de musique pour le service de
son église. Elle est restée en manuscrit.
Planes vivait encore à Hirschau en 1816.
PLA1NICIZKY (Joseph-Antoine), né en
Bohème, dans les dernières années du dix-
septième siècle, était, en 1723, ténor à la
chapelle du prince évêque de Freysing. Iî a
publié une collection de douze motets de sa
composition, sous ce titre : Opella ecclesias-
tica seu arix duodecim nova idea exornala,
nec non benevolo philomuso in lucem
editx, etc., Augsbourg, Loller, 1723, in-fol.
PLAIMTZER (J.-C), musicien aveugle,
vivait à Halle (Saxe), en 1854. Aucun bio-
graphe ou bibliographe allemand ne four-
nit de renseignements sur lui. Planitzer a
publié un opuscule intitulé : Die gehœrige
Unterordnung der Tonarten unfer Tongat-
tungen und dièse unter das Tongeschlecht
(La classification des tons en espèces et en
genres), Quedlinbourg et Leipsick, Bass«,.
70
PLANITZER — PLANTADE
1833, in-8° de vingt-quatre pages, avec une
ppéface de Iiuit pages et une planche. On a
aussi du même auteur : Die Lehrevon Ueber-
gaenrjen. Ein Theil der thcoretischen J/ttsik
mœglichst systematische bearbeilet ( La
science des transitions; partie de la musique
théorique, coordonnée systématiquement, au-
tant que cela se peut); Halle, CF. -G. Scharre,
1834, in-8° de soixante-quatorze pages, avec
deux planches et une préface de M. de La-
mothe-Fouqué. C'est dans cette préface qu'on
trouve l'indication de l'infirmité de Planitzer
et du lieu où il habitait.
PLAIVSON (Jeu ak), né vers 1540, fut or-
ganiste de l'église Saint-Germain l'Auxerrois,
de Paris. Il occupait cette place lorsqu'il
obtint an concours du Pmj de musique
d'Evreax,en 1578, le prix de la harpe d'argent,
pour la composition du motet à quatre parties,
Aspice, Domine. Au même concours, il eut
nn autre prix, pour la chanson française à
plusieurs voix, commençant par ces mots :
Ah Dieu! que de filetz.
PLANTADE (Chahles-Heuri), né à Pon-
toise, le 19 octobre 1764, fut admis, à l'âge de
huit ans, dans l'école des pages de la musique
du roi. Il y commença l'élude du violoncelle,
qu'il continua plus tard sous la direction de
Duport. Après sa sortie de l'école des pages,
il se rendit à Paris, où il reçut des leçons de
Langlé (tour le chant et la composition, et de
Ilullmandel pour le piano. Pclrini lui enseigna
aussi à jouer de la harpe, dont il donna des
leçons pendant plusieurs années. Une sonate
qu'il publia pour cet instrument, et quelques
recueils de romances commencèrent à le faire
connaître : Une de ces petites pièces (Te bien
aimer, 6 ma chère Zélié) obtint, en 1791, un
succès de vogue dont il n'y avait point eu
d'exemple jusqu'alors en France, car on en
vendit plus de vingt mille exemplaires. Ce
succès exerça beaucoup d'influence sur la
carrière de Plantade; il le fit choisir' pour
maître de chant de mademoiselle Hortensede
Beauharnais qui, devenue reine de Hollande,
lui accorda une constante protection. Ses ro-
mances lui procureront aussi des poèmes
d'opéras-comiques qu'il mit en musique et
dont quelques-uns furent hien accueillis du
public, à cause de leurs mélodies faciles.
Parmi ses productions en ce genre, on remar-
qua surtout Zoé, ou la Pauvre Petite, et
Palma, ou le Voyage en Grèce, qui sem-
blaient promettre à l'auteur une brillante
carrière, bien qu'on y eût désiré plus de
fermeté dans le style, et plus d'originalité
dans les idées. Mais ces heureux débuts né
furent point justifiés dans la suite, et les
autres ouvrages de Plantade furent joués sans
succès. En 1797, il était entré, en qualité de
maître de chant à l'institution de Saint-
Denis, dirigée par madame Campan ; ce fut
alors qu'il donna les premières leçons à ma-
moiselle de Beauharnais. En 1802, il fut
chargé du même enseignement au Conserva-
toire, en partage avec Garât; et dès lors
commença entre eux une haine qui ne s'est
jamais apaisée. Plantade ne quitta sa place au
Conservatoire que pour celle de maître de
chapelle de Louis Napoléon, roi de Hollande,
que sa protectrice lui fil obtenir. Après l'abdi-
cation du roi, Plantade retourna à Paris, et
pour se rappeler au souvenir des artistes, il
fit exécuter à Saint-Eustache, en 1810, une
messe avec orchestre où l'on remarquait quel-
ques bons morceaux. Il avait conservé à Paris
ses fonctions de directeur de la mus, que de la
reine Horlense : en 1812, il y joignit la place
de maître de chant et de directeur de la scène
à l'Opéra, et la conserva jusqu'en 1815, oii
nne réaction se fit sentir contre tous les pro-
tégés delà maison impériale. Il avait été aussi
pendant deux ans membre du jury de lecture
du même théâtre. Après la réorganisation du
Conservatoire, sous le litre d'Ecole royale de
chant et de déclamation, il y rentra comme
professeur, et conserva son emploi jusqu'à la
réforme opérée dans celle école, au mois de
janvier 1828. Une scène lyrique, imitée
d'Ossian, mise en musique par Plantade, pour
la fêle du roi de Louis XVIII, lui fil obtenir,
en 1814, la décoration de la Légion d'honneur,
En 1816, Plantade succéda à Persuis, comme
maître de musique ou chef d'orchestre de la
chapelle royale. Il conserva cet emploi jus-
qu'à la fin du règne de Charles \. La révolu-
lion de 1830 lui fit perdre tontes ses places :
le chagrin qu'il en ressentit altéra sa santé.
Retiré aux Batignolles, il y fut atteint d'une
maladie grave et se fit transporter à Paris, où
il mourut entre les bras de ses deux fils, le
18 décembre 1859, à l'âge de soixante-quinze
ans.
Plantade a composé pour divers théâtres de
Paris les opéras dont voici les litres : 1° Les
deux Sœurs, en un acle, au théâtre Feydeau,
1791. 2° Les Souliers mordorés, en deux
actes, au même théâtre, 1793. Cet ancien
opéra avait été mis en musique par Fridzeri;
la nouvelle composition de Plantade ne réussit
pas. 3° Au plus brave la plus belle, en un
acle, au théâtre Louvois, 1794. 4° Palma, ou
PLANTADE - PLATIX
il
Fe T'oyagcen Grèce, en deux actes, au théâtre
Feydeau, 1797. 5° Romagriesi, en un acte, au
même théâtre, 1799. G Le Roman, en un
acte, au même théâtre, 1799. 7° Zoé, ou la
Pauvre Petite, en un acte, au théâtre Favart,
1800. 7° (bis) Lisez Plutarque, opéra-comi-
r|iie, en un acte, au théâtre Montansier, 1800.
8° Bayard à la Ferté, en trois actes, puis en
deux, au théâtre Feydeau, 1811. 9° Le Mari
de circonstance, en deux actes, au même
théâtre, 1813. Cet ouvrage a présenté le rare
exemple, en France, d'une musique médiocre
(|ui a nui au succès d'une jolie comédie.
10° Scène lyrique, à l'Opéra, 1814.
11° Blanche de Castille (avec Habeneck),
composé pour l'Opéra, et. non représenté.
Planlade a écrit quelques morceaux pour le
Jaloux malgré lui, comédie, et les chœurs
(VEsther, tragédie de Racine, pour le service
<lu roi de Hollande, en 1808. Pour le service
de la chapelle du roi, il a composé des messes,
«les motets, une messe de Requiem, et un Te
Deum, qui sont restés en manuscrit. Les par-
titions de Palma et du Mari de circonstance
ont été gravées à Paris. Les autres productions
dePlantade qui ont été publiées sont : 1° So-
nate pour la harpe, op. 1 ; Paris, Imbault.
2° Vingt recueils de romances; Paris, Janet,
Leduc, Pleyel, Momigny, etc. 5° Trois recueils
de nocturnes à deux voix, ibid.
PLARP. (Auglste-Tuéodore), flûtiste, né
à Dresde, le 2 août 174G, fut le premier qui
ajouta à son instrument la clef de si bémol, en
1795. Il est mort dans sa ville natale, le
14 avril 1803.
PLARP* (Théopiïile- Emmanuel), frère du
précédent, et chancelier de la cour d'appel de
la Saxe électorale, né à Dresde, en 1748,
entra comme enfant de chœur dans la chapelle
du château de cette ville, en 1759, et y apprit
pendant six ans la musique et la composition
sous la direction de Reilher. Vers 1790, il
conslruisit un harmonica d'un nouveau sys-
lème, supérieur, dit-on, à l'ancien. Dans les
années 1791 à 1795, il a publié chez Hilscher,
à Dresde, divers recueils de danses, de polo-
naises et de petites pièces pour le piano.
PLATEL (Nicolas-Joseph), excellent vio-
loncelliste, naquit à Versailles, en 1777. Son
père, musicien de la chapelle du roi, se fit ac-
teur après la révolution de 1789, et joua dans
l'opéra-comique, au théâtre des Troubadours
de la rue de Louvois, puis au théâtre Fey-
deau, où il fut chef des chœurs jusqu'en 1800.
Le jeune Platel fut d'abord placé dans les
p iycs de la musique de Louis XVI, et reçut
des leçons de chant de Richer ; mais, dès l'âge
de dix ans, il montra le goût le plus vif pour le
violoncelle, et Louis Duport, ami de son père,
charmé de sa rare intelligence musicale, diri-
gea ses premières éludes sur cet instrument, et
lui donna les excellents principes de la pose
et du maniement de l'archet, ainsi que d'une
belle qualité de son, que Platel transmit plus
tard à ses élèves. Vers la fin de 1789, le dé-
part de Duport pour Berlin laissa Platel sans
guide: mais en 1793, son ancien condisciple
Lamare, plus âgé que lui de quelques années,
et déjà artiste distingué, ranima son zèle, lui
donna des conseils, et surtout excita son ému -
lalion par ses progrès et parsa renommée, qui
allait grandissant chaque jour. En 1796, Pla-
tel entra à l'orchestre du théâtre Feydeau,
connu alors sous le nom de Théâtre-Lyrique ;
mais une actrice de ce spectacle, dont il s'était
épris, ayant quitté le théâtre à la fin de 1797
pour aller à Lyon, il l'y suivit et ne revint à
Paris qu'en 1801. Il brilla alors aux concerts
de la rue de Cléry et du théâtre des Victoires
nationales, rue Chanlereine, et fut considéré
à juste litre comme le plus habile violoncel-
liste de Paris; car Duport était à Berlin, et
Lamare, en Russie. Malgré les avantages que
son talent pouvait lui procurer dans cette ca-
pitale, son humeur insouciante ne put se fa-
çonner aux convenances sociales; il ne voulut
faire aucune démarche pour obtenir les places
auxquelles il pouvait prétendre, et préféra
voyager pour donner des concerts. II quitta de
nouveau Paris, en 1805, et se dirigea vers la
Bretagne; mais son insouciance et le peu
d'ordre qu'il mettait dans ses affaires ne le
rendaient pas propre à réaliser ses projets de
voyage : arrivé à Quimper, il y trouva un
amateur de violoncelle qui devint bientôt son
ami, et il passa deux années dans cette petite
ville, qui ne devait l'arrêter que quelques
jours. Enfin, il se remit en route, joua avec
succès à Brest, à Nanles, puis se dirigea vers
la Belgique avec l'intention de visiter la Hol-
lande et l'Allemagne; mais arrivé à Gand,ou
il donna des concerts, il y resta plusieurs an-
nées, donnant des leçons de chant et de vio-
loncelle, puis il alla s'établir à Anvers, en 1813.
L'état florissant de la marine dans ce port y
avait attiré une bonne troupe d'opéra : Platel
y tint l'emploi de premier violoncelle. Il y passa
environ six ans, puis alla se fixer à Bruxelles,
où il fut aussi premier violoncelle du théâtre.
En 1824, le prince de Chimay l'attacha à
l'école royale de musique de cette ville; et
lorsque celle école fut réorganisée, en 1831,
72
PLATEL - PLATON
sous le litre de Conservatoire de musique,
Plalel y conserva ses fonctions de professeur
de violoncelle. Dans les onze années de son
enseignement, il y fonda l'excellente école de
I>asse d'où sont sortis Servais, Balta, Demunck,
et que ce dernier continua comme successeur
de son maître. Platel est mort à Bruxelles, le
25 août 1835, à l'âge de cinquante-huit ans.
Véritable artiste d'autrefois, il était étranger à
tout esprit d'intrigue, d'égoïsme et de charla-
tanisme. Son désintéressement allait jusqu'à
la prodigalité; son ignorance des affaires et
des usages était celle d'un enfant, et jamais il
ne se mit en peine du lendemain. Lorsqu'il
était à Anvers, des huissiers vinrent un jour
chez lui pour saisir ses meubles ; dans ce mo-
ment il jouait du violoncelle. Dès qu'il sut ce
que ces hommes venaient faire, il les reçut
poliment, les fit entrer dans sa chambre à
coucher, et pendant qu'ils verbalisaient, il
sortit emportant seulement son instrument,
fermant la porte à double tour, et jamais il
ne s'informa de ce qu'était devenu son mobi-
lier. Une autre fois, il lui échut un héritage
qu'il fit réaliser et qu'on lui envoya en or. Ja-
mais il n'avait vu de somme aussi considé-
rable : ne sachant comment la serrer, il prit un
vieux bas de soie, s'en fil une bourse, et porta
sa fortune sur lui. Des amis lui conseillèrent
déplacer cet argent; mais il leur répondit
qu'il craignait les banqueroutes. Bientôt ce-
pendant, prêtant à tout venant, il vit dispa-
raître celle ressource; mais il ne s'en mit pas
en peine, et reprit son train de vie accoutumé
et son insouciance, quoiqu'il touchât à la vieil-
lesse.
Platel a publié de sa composition : t° Pre-
mier concerto pour violoncelle et orchestre ;
Paris, Gaveaux. Deuxième, troisième et qua-
trième idem, Paris, Pleyel. 2° Cinquième
idem, intitulé le Quart d'heure; Bruxelles,
Weissenbruch. 5° Sonates pour violoncelle,
avec accompagnement de basse, œuvres 2, 5
et 4 ; Paris, Gaveaux. 4° Huit airs variés pour
violoncelle; Paris, Naderman. 5° Caprices ou
préludes pour violoncelle; Bruxelles, Weis-
senbruch. G° Trois trios pour violon, alto et
basse ; ibid. 7° Six duos pour violon et violon-
celle; Paris, Naderman. 8° Six romances avec
accompagnement de piano ; ibid.
PLATINEtt (Augustin), compositeur alle-
mand, vivait au commencement «lu dix-sep-
tième siècle. On connaît sous son nom : jlJissx
octonis vocibus concinendœ ; Nuremberg
1G23.
PLATON, illustre philosophe grec, né
dans l'île d'Égine, l'an 430 avant Jésus-
Christ, reçut d'abord le nom VAristoclès-,
qui était celui de son aïeul, et prit ensuite
celui sous lequel il est connu. Doué des dons
du génie et du sentiment du beau, il se livra
d'abord à la poésie et composa des tragédies;
mais il brûla lui-même ses ouvrages, après
qu'il eut pris la résolution de cultiver unique-
ment la philosophie. Dans sa jeunesse, il avait
étudié la gymnastique, la peinture et la mu-
sique. Son premier maître de philosophie fut
Cratyle; mais il quitta l'école de ce maître
pour devenir élève de Socrale, et pendant huit
années il reçut des leçons de ce sage. Après
la mort de son maître, l'indignation et la dou-
leur le firent s'éloigner d'Athènes, avec les
autres disciples de Socrate : il se relira à Mé-
gare et y suivit les leçons d'Euclide; puis il
entreprit de longs voyages en Italie, où il fré-
quenta les plus anciens disciples de Pytha-
gore. Arrivé à Cyrène, il y perfectionna ses
connaissances en géométrie sous Théodore,
puis il alla en Egypte et en Sicile, qu'il visita
deux fois. De retour à Athènes, il y fonda
l'Académie, école célèbre de philosophie, où
Arislole s'instruisit dans les sciences qui lui
firent plus tard un si grand nom. Platon mou-
rut 347 ans avant Jésus-Christ, et laissa la
direction de l'Académie à son disciple Speu-
sippe.
Ce n'est pas ici le lieu d'examiner la na-
ture et la portée de cette célèbre philosophie
de Platon qui a traversé tant de siècles et ex-
cité l'admiration de tous les peuples et de
toutes les générations : celle tâche a été rem-
plie par de savants critiques beaucoup plus
habiles à traiter un tel sujet; mais on a parlé
si diversement des opinions et de la doctrine
de ce grand homme concernant la musique,
qu'il est nécessaire de rétablir ici les faits à
leur véritable point de vue. Et d'abord se pré-
sente cette question : Platon a-t-il eu une
doctrine scientifique de la musique; cl s'il en
eut une, quelle est-elle? Si l'on en croit An--
toxène, antérieurement à Pythagore les musi-
ciens divisaient chaque intervalle d'un ton
en quatre parties égales; mais le philosophe
de Samos avait substitué à cette division arbi-
traire un système de proportions des inter-
valles qui, jusqu'à ce jour, a retenu son nom.
D'après le dire d'Aristoxèpe, deux systèmes
auraient donc été en présence, au temps de
Platon; plusieurs endroits de ses écrits prou-
vent qu'il adopta celui des phylhagoriciens.
Kn effet, dans le septième livre de l.i Répu-
blique, il fait dire à l'un des interlocuteurs :
PLATON.
/j
« 11 semble que, comme les yeux ont été faits
» pour l'astronomie, les oreilles Pont été pour
» les mouvements harmoniques, et que ces
» deux sciences, l'astronomie et la musique,
» sont sœurs, comme disent les pylhagori-
» ciens, et comme nous, cher Glaucon, nous
« l'admettons, n'est-ce pas? — Oui (1). »
Rien que l'ahbé Roussier dise (Mémoire sur
la jnusique des anciens, note mm, p. 58) que
les quaternaires employés par Platon, dans
son Ame du monde (il confond le Timée de
Platon avec l'écrit apocryphe attribué à Ti-
mée de Locres) sont plutôt une déviation
qu'une extension des principes de Pythagore,
les éloges accordés par Platon lui-même à
l'exposé des idées de Timée, disciple immé-
diat de Pythagore, prouvent que son dia-
gramme était conforme à la philosophie pytha-
goricienne de son temps. Enfin, un autre pas-
sage de la République (loc. cit.) démontre
qu'il ne s'écartait pas des simples proportions
de Pythagore ; car après s'être moqué des fai-
seurs d'expériences qui, de son temps, dit-il,
fatiguaient les cordes et les chevilles à varier
les tensions et les intonations, pour chercher
des intervalles et des rapports inappréciables
à l'oreille, il ajoute : « Ceux-ci du moins (les
» pythagoriciens) font la même chose que les
» astronomes ; ils cherchent des nombres dans
» les harmonies qui frappent l'oreille ; mais
» ils ne vont pas jusqu'à y voir de simples
» données pour découvrir quels sont les nom-
r> bres harmoniques et ceux qui ne le sont
» pas; ni d'où vient entre eux cette diffé-
» rence. »
C'est dans le Timée que Platon expose
sa doctrine harmonique de la musique ; expo-
sition bien obscure, qui a donné la torture
aux commentateurs dans l'antiquité comme
dans les temps modernes, mais dont M. Th.-
Henri Martin a pénétré le mystère dans ses
belles etsavantes Etudes sur ce dialogue (2).
On sait que Platon a donné à l'entretien de
Socrate, Critias, Timée et Hermocrate le
titre : Timée ou de la nature. La nature,
telle quela concevait l'illustre philosophe, est,
en effet, le sujet du dialogue. La formation de
l'âme du monde, expliquée par Timée, est
l'objet principal, et l'harmonie de l'univers,
ainsi que l'harmonie musicale en sont les con-
séquences et sont analogues aux mouvements
de l'âme, parce que les mêmes nombres les
(1) Plat., delîepubl., lib. VU. Fd. Bekkeri, part. III,
vol. !, p. 356.
(2) Études sur le Timie de Platon. Taris, Ladrange,
1841,2 vol. in-8».
régissent. C'est ce qu'indique Platon lorsqu'il
fait dire par Timée que « l'harmonie musicale
» a des mouvements semblables aux révolu-
» tions de l'âme (l). » De l'analyse de ces
nombres, M. Th. -Henri Martin a tiré les pro-
portions des intervalles de l'octave de Platon,
lesquelles sont exactement celles de la doc-
trine pythagoricienne, comme on peut le voir
ici. N'ayant pas, comme M. Martin, à com-
parer ces proportions avec celles des acousti-
ciens modernes pour notre échelle musi-
cale (2), j'applique, dans le tableau suivant,
les proportions de Platon aux télracordes dis-
joints du genre diatonique des Grecs.
RAPPORTS
NUMÉRIQUES.
NOMS
des
NOTES.
Ton, 9 : 8
mi
Ton, 9 : 8
ré
Ton, 9 : 8
ut
Limma, 256 : 243
si
Ton, 9 : 8
la
Ton, 9 : 8
sol
Ton, 9 : 8
fa
Limma, 256 : 243
mi
Dans ce que dit Platon concernant la mu-
sique, il a droit surtout de nous intéresser
par la plus belle conception esthétiquede l'art
que l'antiquité nous ait léguée, lorqu'il fait
voir, dans le second livre des Lois, que le
beau ne réside ni dans le plaisir des sens que
provoque la musique, ni dans l'imitation.
M. Cousin, qui a fait une excellente analyse
du principe esthétique de Platon, dit avec une
rare élégance de style que selon ce philosophe la
beauté de la musique consiste dans un charme
particulier et indéfinissable qui enlève l'âme
(1) Timée, 47.
(2) Études sur le Timée de Platon, note XXIII, §4,
tome I rr , p. 402.
71
PLATON - PLAWENN
à la vie vulgaire, et l'emporte dans un monde
à part, où tout est noble, serein, pur, mélo-
dieux : la belle musique (dit-il) est essentiel-
lement morale, par la moralité de ses effets.
Remarquons que ces idées ont beaucoup d'ana-
logie avec l'opinion exprimée par Aristote
dans ce passage du huitième livre de sa Poli-
tique : « L'opinion commune ne voit d'uti-
« lilé à la musique que comme un simple
» délassement; mais est-elle véritablement
« si secondaire, et ne peut-on lui assigner un
» plus noble objet que ce vulgaire emploi? Ne
» doit-on lui demander que ce plaisir banal
» qu'elle excite naturellement chez tous les
« hommes, charmant sans distinction tous les
» âges, tous les caractères? ou bien ne doil-
» on pas rechercher aussi si elle n'exerce au-
» cune influence sur les cœurs, sur les âmes?
» Il suffirait, pour en démontrer la puissance
» morale, de prouver qu'elle peut modifier
« nos affections; et certainement elle les mo-
» difie (1). » Ces grands hommes avaient
aperçu la fuisse voie où des musiciens maté-
rialistes essayent aujourd'hui de jeter l'art,
s'imaginant qu'ils le perfectionnent, et ont
montré en peu de paroles quel est le but réel
de cet art.
Un passage du septième livre des Lois de
Platon a paru à quelques érudits indiquer
l'usage de l'harmonie dans l'ancienne mu-
sique des Grecs (2). Le célèbre critique Gode-
froid Stallbaum a démontré que le texte, cause
de ce malentendu , est altéré, et l'a restitué
dans une dissertation académique intitulée :
Musica exPlatone secundum locutn legg. VIT,
p. 7\'£(Lipsîae } 1846, in-4° de trente-quatre
pages). Tous les passages relatifs aux impres-
sions causées par la musique ainsi qu'à ses
effets moraux ont été extraits des écrits de
Platon, discutés et analysés, par M. Cornélius
Dcn Tex, membre de l'ancien Institut de Hol-
lande, dans une dissertation qui a pour titre :
Disputatio inauguralis de Vi musice$ ad
excolendum hominem c sententia Platonis
(Trajecti ad Hhenum, 181G, gr. in-8° de cent
soixante et dix pages).
PLATOIML (Louis), compositeur napoli-
tain, né vers 1760, fut instruit dans la musique
au Conservatoire de la Piclà de' Turcliini.
On connaît sous son nom les opéras dont les
litres suivent : 1" AtïiQT non lia riguardi, à
(I) Arlslot. Tolilic. VIII, vol. Il, fol. 1340, rx rd.
Pckkeri, Berol. 1831 ; et t. Il, p. 147 do la traduction de
M. Ilarlliclomy S.iint -llil.iiic.
(i) Voyez mon Mémoire sur l'harmonie simultanée des
sous cites les Grecs el les Humains.
Naples,en 178". 1° LeConvulzioni, ib., 1787.
5° JIMatrimonio persorpresa, à Home, 1788.
4° Il Conte Lentichia, à Naples, 1788.
PLATS (les frères), dont l'aîné s'appelait
Joseph, nés en Espagne dans la première
moitié du dix-huitième siècle, furent tous
deux virtuoses sur le hautbois. En 1752, ilsse
rendirent à Paris, où leurs talents furent ap-
plaudis au Concert spirituel. En 17G1, ils en-
trèrent au service du duc de Wurtemberg;
mais le plus jeune mourut dans la même
année. Joseph resta à Slultgard jusqu'en
1763; la diminution qu'on voulut faire alors
dans le traitement des musiciens de la cha-
pelle le décida à se rendre à Amsterdam, où il
était encore en 1776. Il y a publié six duos
pour deux flûtes, op. 1. Le catalogue de Wesl-
phal indique de sa composition, en manu-
scrit : 1° Six concertos pour le hautbois.
2° Trois solos pour le même instrument.
3° Vingt trios pour deux hautbois et basse.
PLATTI (Jean), hautboïste et violoniste,
né à Venise, dans les premières années du
dix-huitièmesiècle, entra vers 1740 au service
du prince-évéque de Wtirzbourg. On a im-
primé de sa composition : 1° Six sonates pour
le clavecin, op. 1 ; Nuremberg, 1746. 2° Six
concertos pour le clavecin, op. 2 ; ibid. 5" Six
solos pour la flûte, op. 3; ibid. 4° Six sonates
pour clavecin, op. 4; ibid. Il a laissé en ma-
nuscrit plusieurs concertos et sonates pour le
clavecin. La femme de cet artiste était atta-
chée à la chapelle de Wtirzbourg.
PL AÏZ (Gabriel), ou PL AU TZ, religieux
cordelier, né en BaVièreversIa fin du seizième
siècle, vécut au couvent d'Aschaffenbourg, où
il a fait imprimer, en 1621, un recueil de mo-
tets et de messes intitulé : Floseulits vernalis
sacras cantioncs, missas aliasque laudes
11. Marix 3-8 voc, eum B. G., in-4".
PLAYVEJW ou PLAUE^ (Lbopoid),
bénédictin bavarois, vécut dans la seconde
moitié du dix-septième siècle, au couvent de
Zwifallen, dans le diocèse d'Ulm. Précédem-
ment il avait l'ait ses vœux dans un monastère
du Tyrol. On a publié de sa composition :
Sacrie Nymphx duplicium aquarum in Dei
et divorum laudes a 3, 4, 5 et 6 voeibus et
instrumentis animatae; Inspruck, 1659. La
troisième partie de celle collection parut à
krinpten, en 1672; elle contient: jVissx qua-
tuor festiv.v, et quatuor excquialx esters
una cum choro vocali ad plmihun. La qua-
trième pai lie, composée de cantiques. à trois-,
quatre, cinq et six voix, avec instruments, a
été publiée à Ulm, en 1 07'J.
PLÀYFORD - PLEYEL
PLAYFORD (Jbam), marchand de mu-
sique à Londres, né dans cette ville, en 1613,
substitua aux anciens caractères de musique
dont on se servait pour l'impression en Angle-
terre, des types plus beaux dans lesquels on
aperçoit moins les solutions de continuité, et
dont les crochets des croches et doubles cro-
ches sont d'une seule pièce avec les queues
des notes, ce qui n'existait pas dans les an-
ciens caractères. Playt'ord écrivit et fit impri-
mer, en 1055, un traité élémentaire de mu-
sique qu'il avait extrait des livres de Morley,
de Butler, et de quelques autres anciens au-
teurs; cet ouvrage parut sous ce titre : An
introduction to the skill of musiclt, in two
books (Introduction à la connaissance de la
musique); Londres, 1055, in-8°. Le premier
livre contient les principes et les règles de la
musique et de la solmisation; le second, des
instructions et des leçons pour la basse de
viole et le violon, avec les figures de ces in-
struments. On trouve dans ce volume le por-
trait de Playford. La préface qu'il a miseàson
livre prouve qu'il avait une instruction solide
et variée. La deuxième édition de l'ouvrage
parut chez l'auteur, en 1058 ; celle-ci fut aussi
promptement enlevée, et il en fallut faire une
troisième, en 1005. D'autres parurent en
1070, 1072, 1074, 1677 et 1079. Celle-ci
est la huitième. Playford y ajouta le traité de
composition de Campion, intitulé : The art of
discant, or composing of musiclt in parts,
avec les annotations de Simpson. La dixième
édition parut non en 1683, comme le disent
Burney et ses copistes, mais en 1684. La dou-
zième édition publiée en 1094, après la mort
de Playford, fut corrigée par Henri Purcell,
qui remplaça le traité de Campion par de nou-
veaux principes de composition, réimprimés
dans les éditions de 1097, 1700 et 1703. La
dix-septième édition, que je crois la dernière,
a paru à Londres, en 1718, in-12. Playford
mourut en 1093, à l'âge de quatre-vingts ans.
Il fut l'éditeur de la collection des psaumes
anglais avec le chant de l'église anglicane ar-
rangé à trois parties, et la publia sous ce
litre : Whole Book op psalms , with the
muai Injmns and spiritual songs, composed
in three parts ; Londres, 1073, in-8°. Il a été
fait plusieurs éditions de ce recueil. Il donna
aussi quelques psaumes et hymnes à quatre
parties, sous ce titre : Psalms and Hymns in
solemn musick, in 4 parts on the common
tunes, etc.; Londres, 1071, in-fol.; 6 Hymns
for one voice to the organ; ibid., in-fol., et
enfin, un recueil de morceaux pour le chant
intitulé: The musical companion, in two
books; Londres, 1073.
PLAYFORD (Henri), fils du précédent,
né vers 1658, succéda à son père, fut l'éditeur
de plusieurs collections de musique et mit
une préface au recueil intitulé : Fade Me-
s cum, or the necessary companion ; Londres,
1679, réimprimé en 1692, in-8°. En 1701, il
donna le Pleasant musical companion, being
a choice collection of calches for three and
four voices. Henri Playford ne parait pas
avoir vécu après 1710, car on ne connaît
aucune publication faite par lui après celte
époque.
PLEYEL (Ignace), compositeur célèbre,
né en 1757, à Bupperslhal, petit village à
quelques lieues de Vienne, fut le vingt-qua-
trième enfant du maître d'école de ce lieu, et
d'une jeune dame de haute naissance, que
cette union disproportionnée avait fait déshé-
riter par ses parents. La mère d'Ignace
Pleyel perdit la vie en la lui donnant; Martin
Pleyel se remaria, eut quatorze autres enfants
de sa seconde femme, et mourut à l'âge de
quatre-vingt-dix-neuf ans. Élevé comme on
l'est en l'Allemagne, Pleyel apprit les élé-
ments de la musique en même temps que ceux
de sa langue. Ses dispositions pour cet art se
manifestèrent de bonne heure et parurent
assez remarquables pour qu'on l'envoyât à
Vienne, où il étudia le piano sous la direction
de Wanhall. Jusqu'à l'âge de quinze ans, il
n'eut point d'autre maitre ; mais à celle
époque (vers 1772), le comte Erdœdy, grand
seigneur hongrois, le prit en affection, et le
fit entrer chez Joseph Haydn, dont il devint à
la fois l'élève et le pensionnaire. Le Mécène
généreux s'était chargé d'acquitter le prix de
sa pension, qui était de cent louis par an,
somme considérable pour ce temps. Cinq an-
nées se passèrent, pendant lesquelles Pleyel se
livra avec assiduité aux études que lui faisait
faire Je grand artiste. Une circonstance singu-
lière faillit rompre la bonne intelligence qui
régnait entre le maître et l'élève. Lorsque*
Haydn avait terminé un ouvrage nouveau, il
avait l'habitude de le laisser pendant un temps
plus ou moins long avant de le revoir, pour y
faire les corrections qu'il jugeait nécessaires.
Or, il arriva qu'ayant eu quelques chagrins de
cœur, ce grand musicien se sentit entraîné à
composer un œuvre de six quatuors qui étaient
tous dans le mode mineur. Suivant sa cou-
tume, il en laissa le manuscrit sur son piano,
et oublia complètement les idées renfermées
dans cet ouvrage, comme cela lui arrivait
FLEYEL
quand il avail écrit quelque cliose. Quelque
temps après, il voulut revoir cet œuvre, dont
il avait bonne opinion; mais ce fut en vain
qu'il le chercha : le manuscrit avait disparu,
et jamais Haydn ne le revit. Pleyel seul vivait
dans l'intimité de son maître ; Haydn ne douta
pas qu'il ne fut l'auteur de ce larcin, et long-
temps il conserva celle opinion, malgré les
protestations de son élève. Enfin, le dévoue-
ment sincère de celui-ci convainquit Haydn de
son injustice; il rendit son amitié à Pleyel, et
le regret seul d'avoir perdu un de ses plus
beaux ouvrages resta dans son souvenir. Ce
qui ajoute à la singularité de cette anecdote,
c'estque le voleur ne tira aucun parti du trésor
qu'il avait dérobé : jamais ces quatuors n'ont
vu le jour.
Pleyel était près d'atteindre sa vingtième
année; il avait à peu près achevé ses études,
lorsque Gluck fit un voyage à Vienne, en 177G,
après avoir fait représenter son Alccste à
Paris. Peu de jours après son arrivée, il alla
voir Haydn, qui lui fit entendre son quatuor en
fa mineur, récemment achevé. Une si belle
composition ne pouvait être entendue avec in-
différence par le restaurateur de la tragédie
lyrique : il lui donna des éloges. Alors Haydn
lui demanda la permission de lui faire entendre
un morceau de celui qu'il appelait son élève
favori. Cet essai du talent de Pleyel fut loué
par Gluck, qui lui dit: «Mon jeune ami, main-
» tenant que vous avez appris à mettre des
» notes sur le papier, il ne vous reste plus
» qu'à apprendre à en effacer. »
En 1777, Pleyel sortit de chez Haydn pour
se rendre auprès de son prolecteur, le comte
Erdœdy,qui le nomma son maître de chapelle.
Mais, bien que celte position offrît quelque
agrément au jeune musicien, il élait préoc-
cupé d'un vif désir de visiter l'Italie. Le
comte s'opposa d'abord à ce voyage; mais cé-
dant enfin à ses sollicitations, il lui fournil les
moyens de l'entreprendre , et Pleyel ^>ailil
pour Naples. Déjà son talent pour la musique
instrumentale s'était révélé parla composition
de son premier œuvre de quatuors, où l'on
remarque une facilité naturelle, des chants
heureux, et une manière tout individuelle.
Par une singularité assez remarquable] Haydn,
dans les leçons qu'il lui avait données pen-
dant cinq ans, ne lui avait jamais parlé du
ihyihme musical, et ne lui avait pas fait re-
marquer qu'il y eut des règles concernant la
symétrie des phrases. Ce fut dans cette igno-
rance que Pleyel écrivit son premier œuvre,
bon instmet musical lui avait fait trouver ce
rhythme nécessaire ; mais une faute lui étant
échappée à cet égard dans un menuet, il ap-
prit, par les observations critiques d'un ami,
l'existence des principes qu'il avait ignorés
jusqu'alors.
Arrivé en Italie, Pleyel se lia avec tous les
artistes célèbres qui brillaient à cette époque,
ou qui se sont illustrés quelques années
après. Cimarosa, Guglielmi, Paisiello devin-
rent ses amis. Son goût se forma par les occa-
sions qu'il eut d'entendre des chanteurs tels
que Marchesi, à Milan, Guadagni, à Padotie,
la Gabrielli, Pacchierolti, et beaucoup d'au-
tres. Nardini vivait encore et avait conservé
son talent: Pleyel eut le plaisirde l'entendre et
l'admira. Il connut aussi Pugnani et beaucoup
d'autres grands artistes qui faisaient alors la
gloire de l'Italie. A Naples, il fut présenté au
roi, qui l'accueillit avec bonté, et lui demanda
des morceaux pour une sorte de lyre dont il
jouait quelquefois. Pleyel satisfit à son désir
et en écrivit plusieurs. Bien que la nature de
son talent le portât vers la musique instru-
mentale, il eut aussi la fantaisie d'essayer ses
forces sur la scène, et il composa, pour le
grand théâtre de Naples, une Jfigenia qui eut
du succès, et qui fut traduite plus lard en alle-
mand. La partition manuscrite allemande se
trouve à Offenbach, chez André, qui en a pu-
blié un joli rondeau avec récilatif dans sa col-
lection d'airs arrangés pour le piano. De re-
tour en Allemagne, en 1781, Pleyel y resta
peu de temps. Tout occupé du souvenir de
l'Italie, il voulait revoir celte terre classique
des douces mélodies; l'année suivante, il sa-
tisfit ce désir et se rendit à Rome. Ce second
voyage fut moins long que le premier. Richler
(François-Xavier), maîlre de chapelle de la
cathédrale de Strasbourg, était alors âgé de
soixante-quatorze ans; il sentait le besoin
d'être aidé dans ses fonctions : on offrit à
Pleyel la place de maître de chapelle adjoint,
avec la survivance : il l'accepta, et vint
prendre possession de son emploi en 1783. Sa
nouvelle position l'obligeait à écrire de la mu-
sique d'église : il composa plusieurs messes
et des motets qui furent goûtés; malheureuse-
ment toutes ces compositions furent consumées
dans un incendie. Les dix années qui s'écou-
lèrent depuis 1783 jusqu'en 1793 furent
l'époque de la vie de Pleyel où il produisit la
plus grande partie de ses ouvrages. Ses qua-
tuors de violon et ses sonates de piano acqui-
rent une vogue dont il y a peu d'exemples.
Les éditions de ces ouvrages se multiplièrent
à l'infini, ci les exemplaires en furent répan-
PLEYEL
dus avec une profusion inouïe à Vienne, à
Berlin, à Leipsick, à Paris, à Londres et en
Hollande. Vers 1795, la réputation de Pleyel
éclipsait celle de tous les autres musiciens, et
l'on ne voulait pas entendre d'autre musique
que la sienne. Il avait aussi composé des
symphonies; bien que sa musique n'eût pas
de proportions assez grandes pour ce genre,
elles avaient eu du succès, à cause des mélo-
dies agréables qui y étaient répandues, et de
leur facile exécution.
Il existait à Londres, depuis plusieurs an-
nées, un concert hebdomadaire connu sous le
nom de Professional Concert : plusieurs ar-
tistes et amateurs distingués s'étaient asso-
ciés pour soutenir cet établissement. En
1791, Salomon, violoniste qui jouissait d'une
assez grande réputation, imagina de donner
par souscription douze grands concerts à la
salle de Hanover-square, et pour lutter avec
avantage contre le Professional Concert, il
engagea Haydn à lui donner une grande sym-
phonie nouvelle pour chaque soirée. Haydn
se rendit en effet à Londres : on sait quel effet
produisirent ces beaux ouvrages {voyez
Hatdn). Le succès qu'avait obtenu l'entreprise
de Salomon engagea ce musicien à la conti-
nuer l'année suivante. Les administrateurs du
Professional Concert comprirentalors la né-
cessité d'opposer à leur compétiteur un at-
trait de curiosité qui pût ramener les ama-
teurs à leurs séances musicales, et Pleyel fut
engagé à se rendre à Londres, vers la fin de
1791, pour y écrire quelques symphonies. Le
premier concert fut donné le 15 février 1792.
Le succès de la musique de Pleyel fut prodi-
gieux. Il s'était surpassé et s'était montré
digne de lutter avec son illustre maître. Les
symphonies étaient au nombre de trois; il
s'en trouvait une en mi bémol qui a été sur-
tout signalée comme un ouvrage excellent.
Malheureusement le Professional Concert fut
dissous quelques années après, la bibliothèque
dispersée, et les symphonies, dont Pleyel
n'avait pas gardé de copies, furent perdues
pour toujours. Son engagement de Londres
avait été fait moyennant deux cents livres
sterling ; cette somme, réunie à quelques éco-
nomies, permit à Pleyel d'acheter une pro-
priété à quelques lieues de Strasbourg. Richler
avait cessé de vivre, le 12 septembre 1789, et
Pleyel lui avait succédé, avec le litre et les
avantages de premier maître de la cathédrale
de Strasbourg; mais la révolution, qui venait
d'éclater, amena bientôt l'anéantissement du
culte catholique. Pleyel perdit son emploi et
se retira dans la propriété qu'il avait acquise.
On ne l'y laissa pas tranquille. La place qu'il
avait occupée pendant longtemps le rangeait
dans la classe de ceux qu'on appelait alors
aristocrates. Sept fois il fut dénoncé dans
l'année 1793 ; il ne put se soustraire à la mort
que par la fuite. Le besoin de revoir sa famille
l'ayant ramené chez lui, il y fut arrêté au
milieu de la nuit, et conduit à Strasbourg de-
vant les officiers municipaux. Interrogé sur
ses opinions, il protesta de son civisme; mais
on exigea, pour preuve de sa sincérité, qu'il
écrivît la musique d'une sorte de drame pour
l'anniversaire du 10 août, dont un septembri-
seur avait composé les paroles: il fallut obéir.
Pleyel ayant demandé la permission de re-
tourner chez lui, pour y travailler plus à
l'aise, elle lui fut accordée; mais il resta sous
la garde de deux gendarmes et du poète,
qui lui donnait ses instructions. Après un tra-
vail non interrompu pendant sept jours et
sept nuits, l'ouvrage fut achevé, et l'auteur
retourna à Strasbourg pour en diriger l'exé-
cution. Il y avait employé sept cloches sur les
tons de la gamme ; ces cloches, qui avaient été
tirées de plusieurs églises, furent suspendues
dans la coupole de la cathédrale. Le premier
son qu'elles rendirent fut un accord parfait
qui produisit un effet si extraordinaire, que
Pleyel s'évanouit. Les habitants de Strasbourg
ont gardé le souvenir de ce bel ouvrage, dont
la partition se conserva dans la famille du
compositeur. Dégoûté par cet événement du
séjour de la province, Pleyel vendit sa pro-
priété et se rendit à Paris avec sa femme et ses
enfants, au commencement de 1795. Le succès
toujours croissant de sa musique lui fit conce-
voir le projetd'en tirer lui-même les bénéfices
qu'elle procurait aux marchands, et de s'en
faire lui-même l'éditeur. Il établit donc une
maison de commerce de musique, à laquelle il
ajouta plus tard une fabrique de pianos. Ces
établissements prospérèrent ; mais les soins
qu'ils exigeaient détournèrent insensiblement
Pleyel de la composition, et, longtemps avant
sa mort, il cessa d'écrire. Toutefois, il avait
composé douze quatuors qui n'ont point été
publiés, mais qui, suivant l'opinion de Dus-
sek, d'Onslow et de plusieurs autres artistes
distingués, sont supérieurs aux premiers, sous
le rapport de la facture.
Après une carrière si laborieuse, Pleyel
s'était retiré loin de Paris, dans une propriété
où il se livrait à ses goûts pour l'agriculture.
Il y vivait heureux, quand la révolution de
juillet, en lui donnant des inquiétudes pour
78
PLEYEL
sa fortune, vint troubler sa vieillesse. Déjà sa
santé était fort affaiblie; ses maux augmen-
tèrent, et après trois mois de souffrances con-
tinuelles, il cessa de vivre, le 14 novembre
18-31 , à l'âge de soixante-quatorze ans. Il
s'était marié en 1788, et avait eu plusieurs
enfants, dont quelques-uns sont morts jeunes.
Si la soif de renommée était le premier
besoin de l'artiste; s'il n'y avait pour lui,
dans la culture de son art, une aspiration
plus élevée, plus pure que cette satisfaction
d'amour-propre qui résulte de la faveur pu-
blique; enfin, si, suivant l'expression d'un
ancien, il ne chantait pour les Muses et pour
lui, il y aurait quelque chose de pénible dans
le spectacle du naufrage de-tant de réputations
créées par un caprice de la mode, et qu'un
autre caprice anéantit. Heureusement la plus
vive jouissance du poète, du grand peintre et
du musicien réside dans la production con-
sciencieuse des œuvres de son talent, et cette
jouissance l'indemnise avec usure des chagrins
qui peuvent l'assaillir. La renommée ne s'at-
tache guère qu'au mérile réel ; mais l'engoue-
ment dévore ceux qu'il semble caresser. Eh !
qui excita jamais plus d'engouement que
Pleyel? Quel autre a joui d'une réputation
plus universelle, d'une domination plus ab-
solue dans la domaine de la musique instru-
mentale? Pendant plus de vingt ans, il n'est
pas d'amateur ni de musicien qui ne se soit
délecté des inspirations de son génie; point de
lieu si écarté où ses compositions n'aient été
connues ; point de marchand de musique dont
il n'ait fait la fortune. Reproduite sous toutes
les formes par les spéculations du commerce,
sa musique occupait les loisirs de l'élève le
plus inexpérimenté comme de l'artiste le plus
liahilc. Mais il n'y a rien dont l'usage immo-
déré n'enfante le dégoût: Pleyel en fit la triste
expérience. Les ingrats qui lui étaient rede-
vables de tant de plaisirs se fatiguèrent d'en-
censer toujours la même idole, et l'hommage
exclusif qu'ils lui avaient rendu finit par faire
place au délaissement le plus absolu. La mo-
destie de l'artiste se plia peut-être trop facile-
ment à ce changement de fortune; fatigué de
succès, il ne fit point usage de ce qui lui res-
tait de forces pour en obtenir de nouveaux;
d'autres travaux occupèrent sa vie, des talents
plus jeunes se produisirent, et bientôt une gé-
nération nouvelle s'éleva, qui ne s'informa
point d'un homme à qui une autre génération
avait dû ses délices.
11 faudrait faire aujourd'hui beaucoup de
recherches pour découvrir les compositions ori-
ginales de Pleyel parmi les nombreux arran-
gements qu'on en a faits : on se contentera d'in-
diquer les principaux ouvrages. 1 . Symphonies
a grand orchestre, au nombre de vingt-neuf,
savoir: n° 1 (en ut); Vienne, Artaria; n° 2,
en forme de sérénade, op. G; Offenbach,
André; n os 3, 4 et 5, op. 12; ibid.;n os 6, 7, 8,
op. 14; ibid.; n° 9, en forme de sérénade,
op. 20; ibid. ; n° s 10, 11, 12, op. 27; ibid.;
n° s 13, 14, 10, op. 29; ibid.; n os 17, 18, 19,
op. 30 ; ibid.; n o9 20,21, op. 3-3; ibid.;n° 22,
op. 38; ibid.; n° 23, op. G2; ibid. ; n° 24,
op. G8; ibid.; n° 25, op. 75; ibid.; n° 26;
Paris, Pleyel; n os 27, 28, 29; Paris, Imbauli.
De nouvelles éditions de ces symphonies ont
été faites à Paris chez Imhault, Pleyel et
Sieber. II. Septuors, sextuors et ouintettes.
1° Septuor pour deux violons, alto, violon-
celle, contrebasse et deux cors; Paris, Sieber.
2° Sextuor pour deux violons, deux altos, vio-
loncelle et contrebasse, op. 37; ibid., et
Offenbach, André. 5° Quintettes pour deux
violons, deux altos et violoncelle, livres 1, 2,
3, 4 et 5 ; Paris, Sieber. Toutes les autres com-
positions du même genre, publiées sous le nom
de Pleyel, ne sont que des arrangements de
ses autres ouvrages. III. Quatuors. 4° Qua-
tuors pour deux violons, alto et violoncelle,
au nombre de quarante-cinq, divisés dans les
œuvres 1, 2, 5, 4, 5, G (renfermant douze
quatuors en quatre livraisons, dédiées au roi
de Prusse), et 7. Tons ces quatuors ont été
imprimés dans les principales villes de l'Eu-
rope. Les autres œuvres de quatuors sont
arrangés d'après d'autres compositions. On a
arrangé les premiers en quatuors pour cla-
vecin, pour flûte, clarinette, etc. 5° Six qua-
tuors pour flûte, violon, alto et basse, op. 56,
livres 1 et 2; Offenbach, André. IV. Trios.
G Trios pour violon, alto et basse, op. 11;
Offenbach, André. 7° Trios pour deux violons
et violoncelle, livres 1, 2 et 3; Paris, Pleyel,
Vienne, Offenbach, etc. V. Concertos. 8°Con-
certos pour violon, n°» 1 cl 2; Paris, Sieber,
Vienne, Mollo, etc. 9° Concertos pour violon-
celle, n os 1, 2, 3, 4; Paris Sieher, Janet,
Pleyel. 10° Symplionieconcertantepourviolon
et alto, op. 35; Offenhach, André. 11° Idem
pour deux violons, op. 57; ibid. 12° Idem
pour violon, alto et basse, op. 59; Paris, Na-
derman. 13° Quatrième idem pour deux vio-
lons, alto, violoncelle, flûte, hautbois et bas-
son ; Paris, Pleyel. 14° Cinquième idem pour
flûle, hautbois, cor ei hasson, ibid. 15° Idem
pour piano et violon, n os 1 et 2; ibid.
VI. Duos. 1G° Duos pour deux violons, livres
PLEYEL
1, 2, 3, 4, 5 et G; Paris, diez tous les éditeurs.
17° Duos pour violon et violoncelle, op. 12;
ibid. 18° Duos pour violon et alto, op. 30;
Paris, Pleyel. Une multitude d'autres œuvres
de duos ont été publiés sous le nom de Pleyel,
mais ils sont arrangés d'après d'autres com-
positions, ou sont reproduits sous d'autres
numéros. VII. Musique de piano. 19° Con-
certos pour piano, n os 1 et 2; Paris, Vienne,
OfTenbach, elc. 20° Sonates pour piano, violon
et basse, op. 14, livres 1 et 2, op. 15, 16,
livres 1 et 2, op. 23, 24, 29; grandes sonates
îd r em ; op.5I, 32, 33, 34, cbez tous les éditeurs
de musique. Tous les œuvres de sonales pour
ces instruments qui portent d'autres numéros,
sont des répétitions ou des arrangements.
21° Six sonates progressives pour piano et
violon, op. 27; Paris, Pleyel. 22° Six idem,
op. 28; ibid. Dans le grand nombre d'autres
morceaux qui ont paru sous le nom de Pleyel,
il est presque impossible de distinguer ceux
qui sont originaux de ceux qui ne sont que des
extraits ou des arrangements : aucun com-
positeur n'a fourni la matière d'autant de
fraudes commerciales de tout genre.
PLEYEL (Camille), fils aine du précédent,
né à Strasbourg, en 1792, fit ses études musi-
cales sous la direction de son père, reçut des
conseils de Dussek pour le piano, vécut quel-
que temps à Londres, puis revint à Paris, où
il dirigea la maison de commerce de musique
fondée par Ignace Pleyel. Devenu l'associé de
Kalkbrenner (voyez ce nom), en 1824, pour le
développement de la fabrique de pianos de la
même maison, il y donna tous ses soins, et par
sa rare intelligence et ses trayaux constants,
éleva cet établissement au rang de ceux qui
produisent les meilleurs instruments. Malgré
les éloges que mérite Pleyel par les résultats
qu'il a obtenus en ce genre, on ne peut s'em-
pêcher de regretter que ses heureuses facultés
se soient tournées sans réserve vers la profes-
sion de facteur de pianos, car la nature l'avait
destiné à briller parmi les musiciens les plus
distingués de son temps. Pianiste élégant et
gracieux, doué d'un sentiment délicat et ex-
pressif, il écrivit aussi, au commencement de
sa carrière, de très-bonne musique instrumen-
tale, trop peu connue, parce qu'il n'a pas pris
assez de soin pour la répandre. Parmi ses
compositions, on remarque : 1° Quatuor pour
piano, violon, allô et basse, op. 3; Paris,
Pleyel. 2° Trois trios pour piano, violon et
violoncelle, op. 1 ; ibid. 3° Sonate pour piano
et violon, op. 2; ibid. 4° Idem pour piano et
violoncelle, op. 0; ibid. 5" Beaucoup de
rondos, nocturnes, fantaisies, mélanges,
thèmes variés, etc., pour piano seul ou accom-
pagné ; ibid. 6° Duo pour piano à 4 mains,
op. 4; ibid. Camille Pleyel est mort à Paris,
le 4 mai 1855, à l'âge de soixante-trois ans,
laissant sa fabrique de pianos dans une grande
prospérité, continuée, développée et agrandie
par son successeur M. Auguste Wolff (voyez
ce nom). Pleyel était chevalier de la Légion
d'honneur.
PLEYEL (madame Makie-Félicité-De-
nise), femme du précédent, connue d'abord
sous le nom de mademoiselle Moke, est née à
Paris, d'un père belge, professeur de linguis-
tique, et d'une mère allemande. Elle est sœur
de feu M. Moke, professeur de l'université de
Gand, membre de l'Académie royale de Bel-
gique et littérateur distingué. Dès ses pre-
mières années, mademoiselle Moke fit voir des
dispositions exceptionnelles pour la musique.
Son premier professeur de piano fut M. Jac-
ques Herz (voyez ce nom). A peine âgée de
neuf ans, elle fixait déjà sur elle l'attention
des artistes et des amateurs. A celte époque,
Bloschelès, alors à Paris, lui donna des leçons.
Lorsqu'elle eut atteint sa douzième année, elle
vint en Belgique avec ses parents et se fit en-
tendre dans quelques concerts, où elle excita
l'étonnement général par sa précoce habileté.
De retour à Paris, elle devint élève de Kalk-
brenner, à qui elle fut redevable des parfaites
traditions de l'école de Clementi, de l'égalité
d'aptitude des deux mains et de la clarté qui,
depuis lors, sont au nombre des qualités de
son merveilleux talent. A quinze ans, made-
moiselle Moke était déjà comptée parmi les
pianistes de premier ordre de cette époque.
Après son mariage avec Camille Pleyel, elle
reçut de son mari de très-utiles conseils sur le
Flyle d'expression, car, ainsi qu'on l'a vu dans
la notice précédente, il avait pu apprécier les
rares qualités de Dussek sous ce rapport, et
lui-même était doué d'un goût fin et délicat.
Aux qualités classiques qu'elle avait puisées à
l'école de Kalkbrenner, madame Pleyel avait
ajouté la délicatesse et le charme, lorsqu'elle
partit pour l'Allemagne etlaBussie. A Péters-
boii rg, son talent subit une nouvelle transfor-
mation, après qu'elle eut entendu Thalberg.Le
son splendide que tirait du piano cet artiste cé-
lèbre la saisit et lui fit comprendre quelles de-
vaient être désormais ses études pour donner à
son jeu cette ampleur de sonorité. A son retour
en Allemagne, les succès qu'elle obtint dans
ses concerts eurent un grand retentissement
constaté par les journaux, notamment par
80
PLEYEL - PLINE
la Gazelle générale de musique de Leipsick.
Dans cette ville, Mendelsohn voulut diriger
personnellement l'orchestre de ses concerts
et donna le signal des applaudissements.
A Dresde, à Prague, même enthousiasme.
A l'arrivée de madame Pleyel à Vienne, les
artistes et les amateurs semblaient être fana-
tisés par le talent de Liszt : ce grand artiste y
donnait alors des concerts où la foule se pré-
cipitait et faisait au héros du piano des ova-
tions dont il n'y avait pas eu d'exemple jus-
qu'alors dans la capitale de l'Autriche. Entrer
en lutte contrede tels succès eût été dangereux
pour tout autre talent que celui de madame
Pleyel : maisdès son premierconcert, l'impres-
sion profonde qu'elle produisit lui prouva
qu'elle n'avait pas été téméraire. Liszt, qui d'ail-
leurs a toujours montré beaucoupde sympathie
à madame Pleyel, avait eu le bon goût de se faire
son champion dans cette circonstance : il la
conduisit lui-même au piano et lui tourna les
feuilles. La haute aristocratie viennoise avait
pris madame Pleyel sous sa protection, et tous
les salons se disputaient l'avantage de la faire
entendre à des auditoires d'élite.
En quittant Vienne, madame Pleyel se
rendit directement à Bruxelles, où sa mère
s'était fixée. Ce fut dans cette ville qu'elle
réalisa le projet, formé à Pétersbourg, de
réunir, aux précieuses qualités qu'elle possé-
dait, la puissance sonore qui ne semble pas
appartenir à la délicate constitution des
femmes. Évitant pendant cinq ans les occa-
sions de se faire entendre, elle fit, dans la so-
litude, un travail incessant pour atteindre à
son but, et pour se jouer des difficultés de
mécanisme les plus inouïes. Sûre d'elle-même
après cinq années d'efforts et d'abnégation,
madame Pleyel voulut rentrer avec éclat dans
le monde musical, et se rendit àParis,en 1845,
pour y donner des concerts. La première fois
qu'on l'entendit, peu de jours après son ar-
rivée, ce fut dans une soirée musicale donnée
dans les salons de Pape, facteur de pianos.
L'effet qu'elle y produisit fut magique : les
meilleurs artistes, à la tête desquels était
Auber, et les organes principaux de la presse,
l'entourèrent et la pressèrent de produire au
grand jour son talent, dont le caractère était
nouveau et différent de celui de tous les autres
giands pianistes. Elle donna en effet au Théâ-
tre Italien, deux concerts qui firent naître une
émotion extraordinaire, et dont le souvenir ne
s'est pas effacé à Paris. Le troisième concert
était près d'être donné, lorsque la nouvelle
d'une grave maladie de la mère de madame |
Pleyel lui parvint : elle partit immédiatement,
abandonnant la continuation de succès dont il
y a eu peu d'exemples. En 1846, madame
Pleyel se rendit à Londres, où l'effet qu'elle
produisit ne fut pas inférieur à celui qu'elle
avait fait à Paris.
En 1848, cette grande artiste a été nommée
professeur de piano au Conservatoire royal de
Bruxelles : c'est à elle que cette institution est
redevable d'une véritable école de piano; car
avant qu'elle eût fait connaître à la Belgique
les avantages de l'enseignement normal et
fondamental pour jouer de cet instrument,
cette partie de l'art était dans un état évident
d'infériorité à l'égard des autres. Liszt a dit et
répété souvent : Il existe des pianistes très-
habiles qui se sont ouvert des routes parti-
culières, et qui obtiennent de brillants succès
par les choses qui leur sont familières; mais
il n'y a qu'une seule école appropriée à
l'art, dans toute son extension .-c'est celle de
madame Pleyel. Les élèves formés par elle
ont répandu ses traditions dans le monde; de la
vient que l'art de jouer du piano est aujour-
d'hui cultivé avec tant de succès en Belgique.
A différentes époques, depuis 1848, madame
Pleyel a voyagé dans diverses parties de la
France et y a excité l'enthousiasme dans ses
concerts, ainsi qu'à Paris; toutefois, il est juste
de dire que la portée de son talent dans tous
les genres demusique n'est connue que du petit
nombre de personnes qu'elle admet à l'en-
tendre chez elle. Les artistes et amateurs
étrangers qui jouissent de ces avantages sont
émerveillés de ce talent, de ces mains aux-
quelles aucune difficulté ne résiste, de cette
puissance foudroyante, de cet art de mo-
difier le son en raison du caractère de la mu-
sique, art que personne n'a poussé aussi loin;
de sa grâce inimitable, enfin, de sa haute
poésie dans la musique classique des grands
maîtres. Les artistes qui l'accompagnent dans
celte musique sont toujoursébahis,confondus,
accablés par celle réunion inouïe de tant de
qualités supérieures. J'ai entendu tous les
pianistes célèbres, depuis Hullmandel et Cle-
menti jusqu'à ceux qui jouissent aujourd'hui
d'une renommée méritée ; mais je déclare
qu'aucun d'eux ne m'a donné, comme madame
Pleyel, le sentiment de la perfection.
PLINE (Caius Plénius secundus), l'Ancien,
naquit à Vérone, l'an 23 de l'ère chrétienne.
Après avoir servi dans les armées des empereurs
Vespasien et Titus, il obtint plusieurs emplois
à Rome et en Espagne. Il périt, en 79, dans
l'éruption du Vésuve qui cngloulil Ilercula-
PLINE - PHJTARQUE
81
num, Pompeïa et plusieurs autres villes. Il nous
reste de lui une histoire naturelle en trente-
sept livres, considérée ajuste titre comme un
des ouvrages les plus importants que nous a
légués l'antiquité. On a plusieurs bonnes
éditions de ce livre : une des meilleures est
celle qui a été publiée dans la collection de
l'anckouke, avec la traduction de M. Ajasson
de Grandsagne et les notes de Beudant, Bron-
gniart,G. Cuvier etUaunou (Paris, 1829-1836).
Pline traite d'objets relatifs à la musique et
aux instruments des anciens, livrell,chap. 22;
livre VII, chap. 22 et 36; livre IX, cliap. 9;
livre XI, chap. 51 ; livre XVI, chap. 36.
PLISCHKOWSKY (A.-F.), professeur
de musique, né à Prinzlau (Bohême), fit ses
études littéraires et musicales à Prague, puis
se fixa dans sa ville natale, où il se livra à
l'enseignement du chant. On a de lui un livre
intitulé : Leitfaden im Gesange, etc., fiir
Gymnasien und Burgerschule (Guide pour
Pétude du chant, etc., à l'usage des collèges et
des écoles communales); Prinzlau, 18ô7, in-4°.
PLOUVIER (Pierre- Joseph), né àGand,
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle,
s'établit à Paris, en qualité de professeur de
guitare, vers 1804, puis se fixa à Bruxelles et
s'y fit marchand et éditeur de musique. Il est
mort dans cette ville vers 1826. Plouvier était
aussi flûtiste. Il a publié de sa composition :
1° Sérénades pour deux flûtes et basson,
liv. 1 , 2, 5, 4; Bruxelles, Plouvier. 2° Quatuor
pour guitare, deux violons et violoncelle, op. 4;
ibid. 5° Pot-pourri pour guitare, /violon et
alto, op. 1; ibid. 4° Symphonie concertante
pour deux guitares; ibid. 5° Duos pour deux
guitares et guitare et violon, op. 1, 14, 15 et
17; ibid. 6° Thèmes variés pour guitare et
violon, op. 7; ibid. 7° Thèmes variés pour
guitare seule; ibid. 8° Méthode complète pour
guitare; ibid.
PLUTARQUE, poîygraphe grec, naquit
à Chéronée, dans la Béotie, vers l'an 49 de
l'ère chrétienne. Disciple d'Ammonius, il
suivit en beaucoup de choses la doctrine de
Plularque et celle de Platon. Il fleurit depuis
le règne de Néron jusqu'à celui d'Adrien.
Après avoir vécu à Rome et en Illyrie, dont il
fut préfet, il fut revêtu de la dignité consulaire
par son élève Trajan, puis retourna dans la
Grèce, où il mourut l'an 159. L'édition grec-
que-latine des œuvres complètes de Plularque
donnée par Reiske (Leipsick, 1774-1782,
12 vol. in-8°) élait une des plus estimées,
avant (lue MM. Didot en eussent publié une
excellente dans leur belle collection d'auteurs
CIOCR. UMV. DES" MUSICIENS. 1. Ml.
grecs. On a de ce laborieux écrivain de l'anti-
quité deux ouvrages où il traitede la musique :
le premier est le commentaire sur la création
de l'âme décrite dans le Timée de Platon.
L'obscur passage dont il s'agit, en ce qui con-
cerne la théorie des nombres musicaux des
pythagoriciens, est expliqué dans le commen-
taire de Plularque avec plus de clarié et de
profondeur que par aucun autre. Il est regret-
table que M. Cousin, dans ses notes sur le
passage du Timée de Platon (œuvres traduites
en français, t. XII, p. 530-539) ne paraisse pas
avoir attaché au travail de Plularque toute l'at-
tention qu'il mérite; mais les Etudes sur le
Timée de Platon de M. Th. -Henri Marlin
ont fourni sur ce sujet des éclaircissements
plus satisfaisants et plus complets que ceux de
Plularque. Le second ouvrage de Plularque
est un dialogue qui traite spécialement de la
musique. La plus grande partie de ce dialogue
est relative à l'histoire de la musique; Plu-
larque n'y traite delà théorie que vers la fin.
Bien que Requeno montre peu d'estime pour
la partie historique du dialogue de Plutarque
(Saggio sul ristabilmento dell' arte armo-
nica de' Greci e Romani cantori, 1. 1, p. 285),
il n'en est pas moins vrai que ce dialogue, et
le livre d'Athénée, sont les sources les plus
certaines où nous pouvons puiser pour l'his-
toire de la musique pratique des Grecs. Le
texte grec du dialogue de Plularque, corrigé
par Burette d'après plusieurs manuscrits de la
Bibliothèque impériale de Paris, a servi pour
l'édition de Reiske. Guillaume Xylander, Her-
mann Cruserius et Charles Valgulio en ont
donné des versions latines. Il a été aussi tra-
duit en italien par Marc-Antoine Gandino ;
mais le meilleur travail sur ce morceau est la
traduction française de Buretle avec le texte
grec et un très-grand nombre de notes instruc-
tives {voyez Burette). Clavier, dans son édition
complète des œuvres de Plutarque traduites par
Amyot, a inséré la traduction du Dialogue
sur la musique, par Burette, niais sans les
notes. M. Ricardus Volkmann a donné une
nouvelle édition du texte du dialogue de Plu-
tarque sur la musique, avec une nouvelle ver-
sion latine, une préface critique et un com-
mentaire plein d'érudition sous ce simple
titre : Plutarchi de Musica; Lipsias, 1856,
gr. in-8°. L'ouvrage est suivi d'une disserta-
lion intitulée : De organis sive instruments
veterum musicis epimetrum. Il existe une
édition dn texte de Plutarque avec une tra-
duction anglaise, sans nom du traducteur,
sous le titre : The nepi u.o'jjtxyfc of Plutarch
G
82
PLUTARQUE - POELITZ
translated, Chiswick, C. Whitlingham, 1822,
petit in-8°. J'ai appris que M. J.-II. Bromby,
de Hull, est l'auteur de la traduction.
PODBIELSKI (Jacques), organiste prus-
sien, vers la fin du dix-septième siècle, est
cité avec éloge par Niedt, dans son Manuel de
musique (p. 184 et 185, édition de Natlheson)
et par Motz, dans sa Défense de la musique
religieuse. Wallher possédait des pièces de
clavecin de cet artiste.
PODBIELSKI (CimÉTiErt- Guillaume) ,
organiste de la cathédrale, à Kœnigsberg,
* naquit dans celte ville, en 1740. Son père lui
enseigna le musique, et il fit ses éludes à
l'université desa villenatale.Devenuorganisle
habile, il obtint l'emploi ci-dessus désigné,
et bientôt il justifia la confiance qu'on avait
eue en ses talents, par la publication de so-
natesdeclavecin, remarquables sous le rapport
de la nouveauté des idées et de l'élégance de
la facture. Il mourut subitement à Kœnigs-
berg, le 3 janvier 1792. On a de cet artiste :
1° Six sonates pour le clavecin; Riga, 1780.
La première édition ayant été épuisée en
quatre ans, ces sonates furent réimprimées à
Leipsick, en 1784. 2° Six sonates pour le cla-
vecin, op. 2; Riga, 1785. Une deuxième édi-
tion a paru à Leipsick. 3° Petites pièces pour
le clavecin et pourléchant; Kœnigsberg, 1783.
PODIO (Guillaume DE), prêtre espagnol,
vivait vers la fin du quinzième siècle, vrai-
semblablement à Valence. On a de lui un
traité de musique qui parait être le plus ancien
livre imprimé sur cet art en Espagne, et dont
la rareté est excessive. Cet ouvrage a pour
litre : Guillelmo de Podio presbytero com-
menlariorum musices ad reverendissimum
et illustrissimum Alphonsum de Aragonia
episcopum incipit prologus. Au dernier
feuillet, on dit : Impressum in inclita urbe
falenti na , impensis magnifici JJumini
Jacobi de Villa per ingeniosos et artis im-
pressorix expertos Petrum Hagenbach et
Leonardum f/utum, Alemanos. Anno 1495,
die undecima mensis Aprilis, in-4°.
POECK (Ignace, chevalier DE), amateur
de musique à Vienne, né dans les dernières
années du dix-huitième siècle, est auteur d'une
brochure intitulée : Darstcllung des Zu-
standes der Oper und des Ballets, in
K. K. Hoflhcater naclist dem Karnth-
nerthor, wœhrend der Pachtung des Herrn
D . 2?ar6a;a (Tableau de la situation de l'opéra
et des ballets au théâtre impérial de la Porte
de Carinthie, sous la direction de M. Bar-
baja); Vienne, Wallishauser, 1825, in-8°.
POEL (le P.), bénédictin du couvent de
Ncustadt-sur-le-Mein, est auteur de sonates
pour le clavecin qui ont été publiées sous ce
litre : Objectum pinnarum tactilium; sive
sonatœ sex pro clav.; Nuremberg, 174G,
in-fol.
POELCDAU (Georges), né à Cremon,
petite ville de la Livonie, le 5 juillet 1773,
parcourut la Russie sous lu règne de Paul I",
puis s'établit à Hambourg, où il se fit entendre
comme chanteur dans les concerts. Ce fut dans
celte ville qu'il commença la formation d'une
des plus belles bibliothèques musicales qu'ail
possédées un particulier, par l'acquisition de
toute la collection délaissée par Charles-
Pbilippe-Emmanuel Bach, dans laquelle se
trouvaient beaucoup de manuscrits originaux
de Jean-Sébastien Bach et des autres artistes
de cette famille illustre. Pœlchau fit ensuite
un voyage en Italie, et y réunit une multi-
tude de livres rares et d'œuvres de musique
imprimées dans les seizième et dix-septième
siècles. Fixé à Berlin, en 1813, il devint
membre de l'Académie de chant et en fut un
des soutiens les plus zélés. Il mourut dans
celle ville, le 12 août 1836. Chargé par sa
famille de faire le catalogue de sa magnifique
bibliothèque , le professeur Dehn employa
plusieurs années à l'accomplissement de celle
tâche. Sur sa proposition, le roi Frédéric-
Guillaume IV acheta celte immense collection
el la réunit à la partie musicale de la Biblio-
thèque royale de Berlin, déjà forl riche avant
celte addition.
POELCUAU (le Dr. P. A.), de la même
famille que le précédent, est né vers 1790, à
Cremon (Livonie). Fixé à Riga, vers 1830, il
fut diacre dans la cathédrale de celle ville. Il
est auteur d'un livre qui a pour litre : Ueber
die Angriffe auf das in Riga und Livland
sich in kirchlichen Gebrauche befindende
deutsche Gesangbuche (Sur les causes irré-
sistibles qui ont fait admettre les livres de
chant allemandsdans l'usage des églises à Riga
et dans la Livonie) ; Riga, 1835, in-8°. Celle
édition est la deuxième.
POELITZ (Chahles-Heniu-Louis), Saxon
de naissance, mort à Dresde, en 1831, fut
professeur de philosophie et de droit dans plu-
sieurs universités d'Allemagne et membre de
diverses académies. Parmi ses nombreux
écrits, on remarque celui qui a pour litre :
Grundlegung zu einer JFisscnschaftlichen
Aesthetik, etc. (Bases d'une esthétique scien-
tifique etc.); Pirna, 1800, in-8° de cent
soixanle-buil pages. On y trouve quelques
POELITZ — POHL
83
bonnes choses concernant la philosophie de la
musique.
POESSITSGER ( François - Alexandre ) ,
dont le nom est aussi écrit PESSITSGEU,
violoniste de l'orchestre du théâtre national à
Vienne, depuis la fin du dix-huitième siècle,
vivait encore dans cette ville vers 1825. Il a
composé et publié : 1° Trois quatuors pour
deux violons, alto et basse, op. 1 ; Vienne,
Artaria, 1799. 2° Deux quintettes pour deux
violons, deux altos et violoncelle, op. S; ibid.
5° Trois duos pour violon et alto, op. 4 ; ibid.
4" Pièces pour trois flûtes, op. 5; ibid. 5° Va-
riations pour flûte et basse, op. C; ibid.
0" Trio pour flûte, violon et alto, op. 7 ; ibid.
7"Trois quatuors pour deux violons, alto et
basse, op. 18 ; ibid. 8° Plusieurs suites de
quatuors sur des thèmes de Rossini et de
YVeber; ibid.
POGGI (Antoine), ténor distingué, né à
Bologne, en 1808, fit ses études musicales sous
la direction des maîtres Celli et Corticelli;
puis il alla terminer son éducation vocale à
Naples, où il reçut des leçons de Nozzari
(voyez ce nom). En 1828* il débuta à Paris
dans la Donna del Lago, de Rossini : il y
produisit peu d'effet et n'acheva pas la saison.
De retour en Italie, il chanta au théâtre Saint-
Charles, de Naples, pendant les années 1829
et 1830, et son talent s'y perfectionna d'une
manière remarquable. Dans cette dernière
année, il se rendit à Palerme, où il obtint de
brillants succès. On le retrouve à Pise, puis à
Home, en 1855; à Gènes, dans l'année sui-
vante; à Milan, en 1835, et dans la même
année à Vienne, où il retourna en 1837, 1858
et 1839. Milan l'avait rappelé, en 1836, et il y
chanta encore en 1858 et en 1845. Dans les
années 1837 et 1844, il brilla à Venise. Il avait
éiéappeléàPetersbourg,en 1840;mais leclimat
de la Russie n'étant pas favorable à sa santé,
il revint promplement en Italie, et chanta à
Trieste et à Turin. Dès 1842, l'affaiblissement
de son organe vocal avait commencé à se faire
sentir, quoiqu'il nefùtâgé quedetrente-quatre
ans; la progression du mal fut rapide, et Poggi
fut obligé de renoncera la carrièredu théâtre,
en 1845. Il était membre de la Société de
Sainte-Cécile de Rome et des académie sde
Turin, de Venise et de Florence. Il avait épousé
la célèbre cantatrice Frezzolini, à Turin, en
1841 ; mais ils vécurent peu ensemble, et la
Frezzolini conserva toujours le nom sous lequel
elle avait fait sa réputation.
POHL (Guillaume), docteur en médecine
et amateur de musique, né en Silésie, vécut à
Vienne vers la fin du dix-huitième siècle, et
mourut vers 1807. Ou connaît de sa composi-
tion : 1° Deux sonates pour clavecin ; Vienne,
1790. 2° Trois duos pour deux violons; ibid.
3° Trois duos pour violon et alto, op. 4; ibid.
4° Trois quatuors pour deux violons, alto et
basse, op. 5; ibid., 1792. 5" Trois quatuors pour
flûte, violon, alto et basse, op. 6; ibid., 1793.
6° Nocturne pour flûte, violon, deux altos et
basse, op. 2; ibid., 1791. 7° Cavatine de la
Molinara variée pour flûte, violon, alto et
violoncelle; ibid. On a aussi de cet amateur
des chansons allemandes publiées à Breslau,
vers 1785, et plus tard à Vienne.
POHL (Joseph), compositeur de musique
d'église, né en Silésie, vécut à Breslau, vers
1800. On a gravé quelques morceaux de chant
et de piano de sa composition, à Breslau, chez
Leuckart.
POHL (François-Benoît), docteur en mé-
decine, est né à Lœwenberg, en 1792. Après
avoir reçu les premières leçons de musique du
cantor Scheer, il fréquenta le gymnase de
Grussau, et en 1812, il se rendit à l'université
de Breslau, où il suivit les cours de médecine
pendant qu'il continuait ses études musicales.
Après un séjour de quatre ans dans cette ville,
il alla à Vienne où il se lia avec Mayseder,
Boelime, Weiss, Merk, et autres hommes dis-
tingués. Habile violoniste, il faisait quelque-
fois sa partie dans les quatuors de Schuppan-
zigh. En 1817, il fit un voyage à Berlin, puis
il se fixa à Lœwenberg, pour y exercer la mé-
decine. Il y vivait encore en 1841. Pendant
son séjour à Berlin, il a publié une dissertation
académique intitulée : De artis musiese in
sanos et xgrotantes effectu; Berlin, 1818,
in-8° de trente et une pages.
POHL (le docteur Richard), savant, litté-
rateur et musicien de l'époque actuelle (1853-
18G5), ne m'est connu que par quelques-uns
de ses travaux. D'après le peu de renseigne-
ments qui me sont parvenus, le docteur Pohl
est né à Dresde; après avoir fait ses études à
l'université de Leipsick, ainsi qu'au conserva-
toire de celte ville, il est retourné dans la ca-
pitale de la Saxe et y a vécu quelques années.
Il y était en 1853; mais deux ans après, on le
trouve fixé à Weimar, où je crois qu'il est en-
core (1864). M. Pohl s'est fait connaître
d'abord par une suite de lettres, au nombre de
huit, réunies sous ce titre : Akustiche Briefe
fiir Musiker und Ulusikfreunde. Eine po±
pulxre Darslelluny der Akustik als Natur-
wissenchaft in Beziehung zur Tonkunsl,
(Lettres concernant l'acoustique potut les mu-
6.
84
POIIL — POISOT
siciens et les amateurs. Exposé populaire «le
l'acoustique, comme science naturelle en rap-
port avec la musique) ; Leipsick, Bruno Ilinze,
1853, petit in-8° de cent vingt-huit pages.
L'avertissement est daté de Dresde, au mois de
février 1853. La méthode de M. Pohl est claire,
facile, et son style a toute la simplicité néces-
saire pour un travail de ce genre. Les écrits de
Kraushaar, de Wœllje, de Stehlin, de Dro-
hisch et d'Opell, lui ont fourni la matière de
ses lettres. Il est regrettable que cette première
partie du travail de son auteur soit la seule
qui ait vu le jour. Zélé partisan de la musique
de Richard Wagner et de son système drama-
tique, M. Pohl s'est associé à M. Brendel, pour
la rédaction et la publication de l'écrit pério-
dique intitulé : Anregungen fur Kunst , Leben
und IFissenschaft (Incitations à l'art, la vie
(intellectuelle) et la science), depuis la
deuxième année (1857) jusqu'à la sixième
(1861), qui a été la dernière. Ainsi qu'il arrive
partout aux apôtres de doctrines déplorables,
qui prétendent donner à la musique une di-
rection qui lui est antipathique et aussi con-
traire à son essence qu'au sentiment universel,
cet écrit n'a pas trouvé de lecteurs en nombre
suffisant pour le faire vivre. En dépit, je ne
dirai pas des convictions, mais du parti pris
des sectateurs de l'art faux qu'on veut substi-
tuer au vrai, tous leurs efforts seront vains en
définitive; mais ils produisent, par desécrits
semblables, un mal réel sur les âmes faibles,
dans lesquelles ils ébranlent la foi en la réalité
«lu beau ainsi que dans ses conditions éter-
nelles. En exallant les dernières œuvres de
lleethoven, aberrations d'un génie qui s'éteint,
et les monstrueuses combinaisons de Tann-
hxuser et de Lohengrin, monuments d'im-
puissance à créer dans le domaine de la noble
et belle musique, les rédacteurs des anre-
gungen ont contribué à faire naître le doute
«:l l'anarchie actuellcd'opinions, qui font des-
cendre aujourd'hui la nation allemande de la
position élevée où l'avaient placée les Bach,
Htende), Gluck, Haydn, ledivin Mozart et Bee-
thoven, dans sa belle époque.
POULE (M.-A.), médecin à Wiltenberg, au
commencement du dix-huitième siècle, est au-
teurd'unedissertalion intitulée: DeCuralione
morborum percantu; Wiltenberg, 1706, in-4°.
POIILEI (Rodolphe), pianiste, né a
Nordhauscn, vers 1810, s'est fixé à Leipsick,
en 1830, et y a fait représenter, dans la
même année, un petit opéra intitulé florelte.
On a aussi de lui des Licdcr à voix seule avec
accompagnement de piano.
POHLEIVZ (CnnÉTiEN-AtiGESTE), organiste
à l'église Saint-Thomas et directeur de mu-
sique du grand concert de Leipsick, est né en
1790, à Sallgast, dans la Basse-Lusace. Il a
publié deux recueils de polonaises pour le
piano, à Leipsick, chez Hoffmeister et Peters,
deux recueils de chants allemands à quatre
voix; ibid., et des chants à voix seule; ibid.
On connaît de lui de la musique d'église et
des chants pour un chœur d'hommes. Pohlenz
fut directeur de musique de la Société des
amateurs et de l'Académie de chant. Il est
mort à Leipsick, d'une attaque d'apoplexie, le
mars 1843.
POISE (Ferdinand), compositeur, né à
Nîmes, le 4 juin 1829, y apprit les éléments
de la musique. S'étant rendu fort jeune à
Paris, il entra au collège Louis-le-Grand, y fit
ses études classiques et fut reçu bachelier es
lettres. En 1850, il fut admis au Conservatoire
et y devint élève d'Adolphe Adam pour la
composition. Ses progrès furent si rapides,
qu'il obtint le grand prix de composition de
l'Institut de France, en 1852. Dans l'année
suivante, il a fait représenter au Théâtre-
Lyrique son premier opéra intitulé Bonsoir,
voisin, qui a obtenu plus de cent représenta-
tions. Parti ensuite pour l'Italie et l'Alle-
magne , conformément au règlement îles
grands concours de l'Institut, M. Poise revint
à Paris, en 1855, el donna dans la même
année, au Théâtre-Lyrique, les Charmants,
opéra en un acte, qui obtint aussi plus de cent
représentations, et a été repris à l'Opéra -
Comique. En 1856, il lit représenter, .nu
théâtre des Bouffes-Parisiens, Polichinelle,
en un acte; en 1858, Don Pedro, en deux
actes et trois tableaux, à l'Opéra Comique, et
en 1861, au même théâtre, le Jardinier ga-
lant, en deux actes et trois tableaux. Le style
de M. Poise rappelle celui de son maître; mai*
à un degré plus faible : la distinction y
manque.
POISOT (CnAnLES-ÉMiin), né à Dijon, le
8 juillet 1822, étudia «l'abord le piano dans
cette ville, sous la direction de M. Jules Senart,
élève de Liszt et artiste distingué. Arrivé à
Paris en 1834, M. Poisot acheva ses éludes
classiques au Lycée national : dans le même
temps, il reçut des leçons de piano «l'un élève
de Zimmcrman, nommé N.-G. Bach. Plus
tard, il eut tour à tour pour maîtres de cet
instrument Louis Adam (père), M.Slamaty et
Thalbcrg. Après avoir étudié le contrepoint
«lans les leçons privées de M. Leborne,
M. Poisot entra au Conservatoire, en 1844, et
POISOT — POISSON
85
y devint élève d'Halévy, dont il suivit le cours
pétulant quatre ans. Dès 1855, M. Poisot avait
commencé à publier des romances et des
chansonnettes chez la plupart des éditeurs de
Paris. Le 16 octobre 1850, il fit représenter
au théâtre de l'Opéra Comique le Paysan, en
un acte, dont le livret est de M. Alboise. La
partition de cet ouvrage, réduite pour piano et
chant, a été publiée chez Richault. On connaît
aussi du même artiste deux opéras de salon,
le Coin du feu, en un acte; Paris, Challiot, et
les Terreurs de M. Péters; Paris, Ledentu.
En 1 852, M. Poisot retourna à Dijon et y resta
deux ou trois années, s'occupant de rensei-
gnement et de travaux littéraires relatifs à la
musique. Ce fut alors qu'il écrivit et publia
l'ouvrage qui a pour titre : Essai sur les mu-
siciens bourguignons, comprenant une es-
quisse historique sur les différentes trans-
formations de l'art musical en France, du
neuvième au dix-neuvième siècle; Dijon,
Lamarche et Drouelle, 1854, gr. in-8°. Les
Mémoires de l'Académie de Dijon (1857) con-
tiennent une Notice biographique de Rode
que M. Poisot écrivit à la même époque. De
retour à Paris, il a publié son livre intitulé :
Histoire de la musique en France, depuis les
temps les plus reculés jusqu'à nos jours;
Paris, E. Denlu, 1860, un volume in- 12 de
trois cent quatre-vingt-quatre pages. On a
aussi de cet artiste-littérateur : Notice sur
I>rifaut, lue à l'Académie de Dijon, en 1850,
et Notice sur Mong in (voyez ce nom), extrait
«lu Journal de la Côtc-d'Or (1861). Les com-
positions instrumentales publiées de M. Poisot
.sont les suivantes : 1°Duo pour piano et violon
sur des motifs de Fidelio ; Paris, Richault.
2° Trio pour piano, violon et violoncelle dédié
;i Onslow; Paris, Dumonchel, 5° Fantaisie à
quatre mains sur les Mousquetaires de la
reine; Paris, Brandus. 4° La Marguerite,
polka difficile. 5° Exercices de mécanisme
pour lé piano; Paris, Benoît. 6° Grande valse
de bravoure; Paris, Nowinski. 7° Scherzo
pour piano à quatre mains; Paris, Benoît.
8" Fantaisie à quatre mains sur la Straniera;
il)id., etc.
POISSL (Jean-Népomucène, baron DE),
chambellan du roi de Bavière, intendant de la
musique de la cour, est né le 15 février 1783,
à Hauskenzell, dans la forêt de Bavière. Dès
son enfance, il montra un goût passionné
pour la musique : Danzi dirigea ses études
dans cet art. En 180G, M. de Poissl fit le pre-
mier essai de son talent par un opéra-comique
mlilulé Opern Probe (La répétition d'un
opéra); et deux ans après, il donna l'opéra
sérieux Antigone. Ces faibles productions
n'eurent qu'un médiocre succès. Quelques
progresse firent ensuite remarquer dans une
messe de M. de Poissl et dans quelques mor-
ceaux de concert. Son Ottaviano in Sicilia,
qu'il fit représenter en 1812, et qui fut ac-
cueilli avec beaucoup de faveur, indiqua aussi
que le sentiment de la scène s'était perfec-
tionné en lui. Deux ans après, il donna son
Athalie, tragédie lyrique qui obtint le plus
brillant succès, non-seulement à Munich, mais
sur les principaux théâtres de l'Allemagne.
Un style plus élevé que dans ses précédentes
compositions et l'originalité des idées justi-
fiaient ce succès. Outre cet ouvrage, on a aussi
représenté, à Munich, les opéras suivants
du même compositeur : Der JFittkampf in
Olympia (Le concours à Olympie), Nitteti, la
Représaille, Mérope , la Princesse de Pro-
vence et Der Untersberg . Ce dernier opéra,
du genre romantique, a été mis en scène en
1820, et a reçu beaucoup d'applaudissements.
C'est le dernier ouvrage que M. le baron de
Poissl a fait représenter. La perte de sa femme
et la mort de plusieurs enfants l'ont détourné
depuis lors du goût du théâtre; ces malheurs
ne lui ont laissé de penchant que pour la mu-
sique d'église. Ayant été nommé, en 1823,
intendant de la musique de la cour, il a réuni
à ses fonctions, l'année suivante, celles d'in-
tendant du théâtre royal. Des intrigues l'ont
éloigné de ce dernier emploi : il a été rem-
placé par le conseiller de cour Kaestner.On a
publié de M. de Poissl les ouvertures à grand
orchestre de ses opéras : Alhalie, Mérope^
Olympie et Ottaviano in Sicilia, ainsi qu'un
concerto pour violoncelle; Leipsick, Breitkopf
et Haertel. Il a écrit le 95 me psaume pour
quatre voixsoloset un chœur ; un Stabat à huit
voix et un Miserere aussi à huit voix, sans
instruments, ainsi qu'un autre Miserere à six
voix, avec des chorals intercalés.
POISSON (le P. Nicolas-Joseph), prêtre
de l'Oratoire, naquit, en 1G37, à Paris, sui-
vant quelques biographes, ou à Vendôme, se-
lon d'autres. Son attachement à la philosphie
de Descartes lui attira des tracasseries et des
chagrins. Exilé à Nevers, il y devint le grand
vicaire de l'évêque; mais après la mort de ce
prélat, il se retira à la maison de l'Oratoire de
Lyon, et y mourut, le 3 mai 1710. On a du
P. Poisson : Le Traité de la mécanique de
Descaries, suivi de l'abrégé de la musique du
même auteur, traduit du latin en français,
avec des éclaircissements et des notes, Paris,
86
POISSON — POKORNY
1068, in-4°. Les éclaircissements furent en-
suite traduits en latin, pour les éditions pos-
térieures des œuvres de Descaries, et publiés
sous ce titre : Elucidaliones physicx in Car-
tesii mechanicam et musicam, ex gallico lat.
versai ; Amstelodami , 1701, in-4".
POISSON (l'abbé Léonard), né en 1G95,
fut curé à Marchands, au diocèse de Sens, et
mourut le 10 mars 1755. On lui doit un très-
bon livre qu'il publia sans nom d'auteur, sous
ce litre : Traité théorique et pratique du
plain-chant , appelé grégorien, dans lequel
on explique les vrais principes de cette
science, suivant les auteurs anciens et mo-
dernes, etc.; Paris, Lottin, 1750, un volume
in-8° de quatre cent dix-neuf pages. Ce livre,
le traité du P. Jumilhac, et le traité historique
de l'abbé Lebeuf, sont ce qu'on a publié de
meilleur en France sur le plain-chant, dans le
dix-huitième siècle.
POISSON (...), prêtre du diocèse de
Rouen, fut curé à Bardouville, puis à Bocher-
ville, dans ce diocèse, et vécut dans la seconde
moitié du dix-huitième siècle. Il est auteur
d'un livre intitulé : Nouvelle méthode pour
apprendre le plain-chant; Rouen, 1789, un
volume in-8° de deux cent vingt-trois pages.
On a quelquefois confondu ce livre et son au-
teur avec le livre et l'écrivain cilésdans l'ar-
ticle précédent.
POISSON (Siméon-Denis), mathématicien
distingué, né à Pithiviers, le 21 juin 1781,
entra comme élève à l'École polytechnique
lorsqu'elle fut organisée, et s'y fit bientôt re-
marquer par son aptitude et par son applica-
tion. Lagrange, frappé de la promptitude de
sa conception, dit un jour en présence de plu-
sieurs professeurs et élèves de l'école : Petit
poisson deviendra grand. Celui dont l'homme
illustre jugeait ainsi l'avenir a justifié cet ho-
roscope. Lorsque la nouvelle école normale
fut instituée, en 1811, Poisson y fui appelé en
qualité de professeur de mécanique. Depuis
lors, il a été successivement appelé aux fonc-
tions d'examinateur des élèves de l'École poly-
technique et du corps royal d'artillerie, d'in-
specteur des (■Unies des écoles militaires, de
membre du conseil d'instruction publique, cl
d'astronome du bureau des longitudes. Il
élail aussi membre de l'Académie des sciences
de l'Inslilut de France. Ce savant a cessé de
vivre le 25 avril 1840. On a de lui un Traité
de mécanique (Paris, 1853, deux volumes
in-8°), où il traite de plusieurs objets relatifs
a la philosophie de la musique. H a fait insé-
i ci nu Mémoire sur la théorie du son, dans
le quatorzième cahier du Journal de l'Ecole
polytechnique, et le deuxième volume des nou-
veaux mémoires de l'Académie des sciences
renferme un autre mémoire de lui sur le mou-
vement des fluides élastiques dans les
tuyaux cylindriques, et sur la théorie des
instruments à vent. On a aussi de Poisson :
Sur la vitesse du son, dans la Connaissance
des temps, 1826. — Mémoire sur les oscilla-
tions du son dans un vase d'une profondeur
quelconque (dans le t. XIX du Journal de
Mathématique, de Gergonne).
POITEVIN (Guillaume), maître des en-
fants de chœur de la cathédrale d'Aix, en
Provence, au commencement du dix-huitième
siècle, a laissé en manuscrit beaucoup de mu-
sique d'église, qui a été longtemps en usage
dans le midi de la France.
PORORNY (François-Xavier), compo-
siteur, naquit en 1729, 'dans la Bohême, et fit
ses éludes musicales sous la direction de Rie-
pel, à Ratisbonne. Il entra ensuite au service
du prince d'Oeltingen-Wallerslein, en qualité
de musicien de la cour; mais il resta peu de
temps dans cette position, ayant accepté la
place de second violon chez le prince de la
Tour et Taxis, «à Ratisbonne. Il mourut dans
celle ville, en 1794. Pokorny a laissé en ma-
nuscrit beaucoup île messes, de symphonies
et de concertos pour le violon.
POKORNY (Gottiiaiid), violoniste et or-
ganiste distingué, naquit à Bœmisch-Brod, le
16 novembre 1753. Son premier maître de
musique fut Wenceslas Wrabecz, instituteur
dont il fut plus tard le collègue, en qualité de
sous- maître. Le désir d'augmenter ses con-
naissances dans la musique lui fit entre-
prendre un voyage en Allemagne; mais il
s'arrêta à BrUnn, et y fut nommé, en 1760,
maître de chapelle de l'église de Saint-Pierre.
Il se maria dans celle ville, et eut une fille
dont le talent sur le piano fut assez remar-
quable pour mériter les applaudissements de
Mozart. En 1793, Pokorny fil un voyage en
Bohême pour revoir le lieu de sa naissance. Il
mourut à Brllnn, le 4 août 1802, à l'âge de
soixante-neuf ans. Il a laissé en manuscrit
plusieurs messes, des litanies, «les vêpres,
quelques concertos de violon, et des pièces
pour le clavecin.
POKORNY ( Joseph François), fils de
François-Xavier, naquit à Ratisbonne, vers
I7(i0. Ainsi que son pure, il l'ut attaché à la
musique du prince de la Tour et Taxis, où il
était encore en 1812. On a de lui en manuscrit
des concertos pour le piano, cl des sympho-
POKORNY - POL1TIEN
87
nies. Il a publié une cantate dédiée a l'ar-
chiduc Charles; à Augsbourg, r^cz Gombart.
POKORIVY (Etienne), moine augustin,
compositeur et organiste distingué, naquit à
Chradim, en Bohême, et fit ses études au col-
lège des Augustins de Teutschbrod. Il y fut
employé comme chanteur dans la musique du
chœur. Plus tard, il se rendit à Prague et y
acheva de s'instruire dans la musique, sous la
direction de Cajetan Mara, maître de chapelle
de Saint- Wenceslas. Il écrivit h celte époque
de la musique d'église, particulièrement un
bon Salve Regina, et des offertoires qui se
conservent dans les couvents de Strahow et de
Ilaudnilz. En 1788, il fut envoyé en qualité
d'organiste au couvent des Augustins de
Vienne : il vivait encore en celle ville dans les
premières années du dix-neuvième siècle. Po-
korny a mis en musique et fait graver le Pè-
lerinage de Schiller; Vienne, Diabelli.
POLACK. Voyez POLLACK.
POLANI (Jérôme), compositeur de l'école
vénitienne, vécut dans les dernières années du
dix-septième siècle et au commencement du
dix-huitième. Il fut simple chantre de la cha-
pelle de Saint-Marc. Il avait été, dans sa jeu-
nesse, soumis à la castration, car il chantait
dans cette chapelle les parties de soprano. 11
a fait jouer, aux théâtres de Venise, les opéras
suivants : 1° Prassitele in Gnido , 1700.
2° La Vendetta disarmata daW Amore ,
1701. 3° Creso tolto aile flamme, 1705.
4° Rosihla, 1707. 5° Vindice lapazzia délia
vendetta, 1707. G La Virtù trionfante di
Amore vendicalivo, 1708. 7° Il Cieco ge-
loso, 1708. 8" Berengario Re d'Italia, 1710.
9« Chi la fà V aspetta, 1717.
POLAISTUS (Jean); sous ce nom d'un
écrivain inconnu, on a imprimé une disserta-
tion intitulée : Vom christlichen Gebrauche
der Orgeln (De l'usage chrétien des orgues) ;
Leipsick, 1G55.
POLAROLO. Voyez POLLAROLO.
POLEISI (Jean), célèbre physicien et an-
tiquaire, naquit à Venise, en 1G83, fut pro-
fesseur d'astronomie, puis de physique à l'Uni-
versité de Padoue. En 1719, il succéda à
Nicolas Bernouilli en qualité de professeur de
mathématiques. I! mourut en 17G1, à l'âge de
soixante-huit ans. Au nombre des ouvrages de
ce savant, on remarque : De Pliysices in ré-
bus mathematicis utilitate oratio; Padoue,
17IG, in-4°; il y traite de la musique dans la
seconde partie.
POLICRETO (Joseph), compositeur, né
■à Fcrrare, vers le milieu du seizième siècle, a
composé des chansons napolitaines à troisvoix
dont il a été publié six livres sous ce titre :
Il ... libro délie napoletane a tre voci di
Gioseffo Policreto e d' altri eccellentisstmi
musici, con alcune canzoni alla Ferrareso
del medesimo, a quattro voci; Venise, 1571,
in-8°. Les autres compositeurs de ce recueil
sont Jérôme Tast, allemand, et Anselme de
Pérouse,
POLIDORI(Uortensio), compositeur, né
à Camerino, dans les États de l'Église, vers la
fin du seizième siècle, était, en 1621, maître
de chapelle à la cathédrale de Fermo, et déjà,
sans doute, depuis plusieurs années, car il pu-
bliait alors son cinquième livre de motets,
qui était son neuvième œuvre. Cet ouvrage a
pour titre : Quinto libro de motetti a due,
tre, quattro e cinque voci di Hortensia Po-
lidori da Camerino, maestro di capella délia
metropoli di Fermo , dedicati alli molto
illustri e mollo reverendissimi canonici
dell' istessa metropoli. Opéra nona ; in Ve-
netia, app. Bart. Magni, 1621, in-4°. Plus
tard, Polidori occupa pendant plusieurs années
la place de maître de chapelle à la cathédrale
de Chieti, dans le royaume de Naples, puis il
eut une position semblable à Pesaro. On con-
naît de sa composition : 1° Messe a 5 e 8 voci,
con ripienie 2 violini; Venise, 1651 . 2" Salmi
a cinque voci concertait, op. 12; Venise,
Aless. Vincenti, 1634, in-4°. 5° Motetti a
voce sola e a duoi, op. 13; ibid., 1637, in-4°.
4° Messe a cinque e otto voci concertati con
2 violini ad libit.,o\>. 14; ibid., 1639, in-4°.
5° Salmi concertati a 3 e 5 voci, lib. 2, con
stromenti, op. 15; ibid. 6° Salmi concertati
a 8 voci, lib. 1; ibid., 1641, in-4°. 7° Salmi
concertati a 8 voci in 2 chori, parte concer-
tati et parle ripieni, lib. 2; ibid., 1646,
in-4°.
POLIDORI (Paul), violoniste italien, se
trouvait à Paris, vers 1785 et y a fait graver
six trios pour deux violons et basse, op. 1;
Paris, Louis. Viotti le fit entrer à l'orchestre
de l'Opéra italien de cette ville, en 1789;
mais il y resta vraisemblablement peu de
temps, car on ne le trouve plus au nombre des
artistes de ce théâtre dans l'Annuaire desspec-
tacles de 1791 .
POLITIEN (Ange) ou POLITIANO,
né le 14 juillet 1454, à Monte-Pulciano ou
Poliziano, dans la Toscane, prit le nom du
lieu de sa naissance, au lieu de celuld'^m-
brogini, que portait son père. Également
distingué comme poêle, historien, philosophe
et critique, il cultiva aussi les arts avec suc-
88
POLITIEN — POLLAROLO
ces, jouissant à la cour de Laurent de Médicis
d'une faveur sans bornes, digne de ses talents
et de son Mécène. Il mourut à Florence, le
24 septembre 1494, à l'âge de quarante ans.
Les manuscrits rassemblés dans la Biblio-
thèque laurentienne lui ont fourni des ren-
seignements intéressants relatifs à des objets
de l'antiquité; il en forma ses Miscellanea,
imprimés à Florence, en 1489, in-fol. Le qua-
torzième chapitre de ce recueil est consacré à
des recherches sur l'instrument polycorde ap-
pelé en grec vaù^ot, ou plus exactement vàêXa,
à l'occasion des vers d'Ovide :
Disce etiam duplici genialia naulia palma
Verrcre : conveniunt dulcibus illa jocis.
Folitien a aussi traité de Musica naturali,
mundana et artificiali dans celui de ses ou-
vrages qui a pour titre : Panepistemoti, seu
omnium scientiarum liberalium et mecha-
nicarum descriptio; dont il y a une édition
de Florence, 1552, in-8°.
POLL (Georges), né en 1747, dans un
village près d'Amberg, commença son éduca-
tion musicale au séminaire de celle ville, puis
alla prendre des leçons de composition chez
Riepel, à Ralisbonne. Plus tard, il remplit
les fonctions de cantor à la cathédrale, et en
dernier lieu, il entra chez le prince de Palm,
en qualité de musicien de la chambre. Après
que ce seigneur eut diminué son orchestre,
Poil vécut en donnant des leçons et en jouant
pendant trenle-qualre ans la partie de pre-
mière flûte au théâtre de Ralisbonne. Il a
écrit pour ce théâtre l'opéra comique intitulé
le Grand Harem. On connaît aussi de sa com-
position deux messes, six vêpres complètes,
quatre sérénades et des solfèges, le tout en
manuscrit.
POLLACK ( François -Cii arlks-Josepii-
Ernest), directeur de musique du théâtre na-
tional d'Inspruck, est né à Przychod, près
d'Oppeln, en Silésic, dans les dernières années
du dix-huitième siècle. Admis au gymnase de
Neisse, il y apprit la musique et remplit les
fonctions d'organiste pendant sept ans. Le
violon, la flûte et la guitare l'occupèrent aussi
tour à tour. Dans la huitième année de ses
études, il fréquenta le collège de Saint-Ma-
thias, à Breslau; puis, en 1818, il suivit les
cours de droit de l'université de cette ville.
Ce fut alors qu'il reçut de Schnabel des leçons
d'harmonie et de composition. Après plusieurs
voyage entrepris pour donner des concerts, il
accepta la place de chef d'orchestre au théâtre
de Blieg, et l'occupa pendant deux ans; puis
il voyagea dans la Moravie, en Bohême, et
s'arrêta à Dresde, où Charles-Marie de Weber
l'engagea comme lénor de l'Opéra allemand.
Ses débuts au théâtre de la cour furent heu-
reux ; mais il sentit la nécessité de se livrer à
l'élude du chant, qui lui fut enseigné par
Mieksch, chanteur de la chambre et directeur
des choeurs. Pollack fut, peu de temps après,
chargé des rôles de premier ténor dans les
opéras comiques joués au théâtre d'été de
Pilnitz. Après la mort de Weber, il s'éloigna
de Dresde, voyagea et se fit entendre sur les
théâtres de Linz, Augsbourg, Fribourg, Leip-
sick, etc.; mais, en 1834, il s'est fixé à
Inspruck, où il remplit les fonctions de directeur
de musique du théâtre. Il ,y a écrit des ou-
vertures et d'autres compositions. Je ne con-
nais de lui que deux recueils de chants à
voix seule, publiés à Breslau, chez Leuckart.
Les biographes allemands ne fournissent pas
de renseignements sur Pollack après celle
époque.
POLLAROLO (Charles-François), com-
positeur, né à Brescia, dans la première moi-
tié du dix-septième siècle, fut élève de Le-
grenzi (voyez ce nom), qui le fit entrer fort
jeune comme chanteur à la chapelle ducale de
Saint-Marc, le 21 février 1C65. Il resta long-
temps dans cette position, car il n'obtint la
place d'organiste du second orgue de celle
chapelle que le 15 août 1690, avec un traite-
ment de deux cenls ducats. II n'occupa celte
place que peu de temps, ayant été nommé
vice-maître de chapelle, le 22 mai 1092. Pol-
larolo trouva toujours peu de faveur près des
procurateurs de Sainl-Marc, parce que son
penchant pour la composition dramatique lui
faisait montrer peu de zèle dans ses fonctions
à l'église : c'est ainsi du moins que M. Caffi
explique (1) l'injure qui lui fut faite, en 1702,
par la nomination d'Antoine Biffi à la posi-
tion de premier maître de chapelle, quoiqu'il
n'eût occupé jusqu'alors aucun emploi dans la
musiquede Sainl-Marc. Pollarolo remplit, pen-
dant trente ans, les fondions de second
maître, et mourut à la fin de 1722. Il fut lu
compositeur vénitien le plus fécond pour la
scène, car le nombre des opéras qu'il a fait
représenter, soit â Venise, soit dans d'autres
villes, s'élève à soixante-dix; de plus, il a
écrit plusieurs oratorios, des cantates et des
pièces d'orgue. A Venise seule, il a donné
soixanle-qualre opéras, dont voici la liste :
1° Demone amante, o Ciityurla, 168G.
(I) Siuria délia musica snern nellagià <u/>)iclla ttueatt
di San Marco in Ventzia, t. I, p. 323.
POLLAROLO - POLLEDRO
89
2<>LiCurgo, 1G86. 5° Antonino Pompciano,
it Hiescia, puis à Venise, 1G89. 4° Alboino in
llalia, 1001 . 5° La Pace fra Tolomeo e Se-
leuco, 1091. 6° Ibraim Sultano, 1692. 7° Me
Begina di Napoli, 1692. 8° Jeftc , 1692.
9" Onorio in Rama, 1692. 10° Circe abban-
tlonata, à Plaisance, 1692, puis à Parme,
dans la mêmeannée,elà Venise, 1697. 11° La
Forza délia virtà, 1695. 12° Avvenimenti di
Erminia e Clorinda , 1693. 15° Ottone ,
1694. 14° La Schiavita fortunata, 1694.
15° Alfonso primo, 1694. 16° Amage, Re-
gina de' Sarmati, 1694. 17° Gli inganni
fclici, 1695. 18" L'Irène, 1695. 19° Ll Pas-
tore d'Anfriso, 1695. 20° Ercole in cielo,
1696. 21» Rosamnnda, 1696. 22" / Régi equi-
voci, 1697.23° Tito Manlio ,1697. 24° Amore
e Dovcre , 1697. 25° La Forza d' amore ,
1697, et à Bologne, 1733. 26° Ulisse scono-
sciuto in Itaco, 1698. 27° Marzio Corio-
lano, 1698. 28° il Giudizio di P aride ,
1699. 29° Faramondo, 1699. 30° 11 color fà
la Regina, 1700. 51° Lucio Fera, 1700. 32»//
Ripudio d'Ottavia, 1700. 33° Delirio co-
mune per l' incoslanza de' Genii , 1701.
34° Catone Uticense, 1701. 55° Ascanio ,
1701. 36° Odio in Amore, 1703. 37° Ven-
ceslao, 1703. 38° Almanzor, 1703. 39" Ar-
minio, à Pratolino, 1703, puis à Venise,
1722. 40° La Forluna per dote, 1704.
41° Giorno dinotle, 1704. 42» La Fede ne'
tradimenti, 1705. 43° L' Enigma disciolta,
1705. 44° Dafni, 1705. 45° Flavio Perta-
rido, Re de Longobardi, 1706. 46° Filippo,
Re di Greciu , 1706. 47" La Vendetta
d' Amore, 1707. 48» Egisto, 1708. 49» L'Al-
cibiade, o violenza d' Amore, 1709. 50° Ll
falso Tiberino, 1709. 51» Costantino Pio,
1710. 52» Le troisième acte (VEraclio, 1712.
53° L' Lnfedeltà punita, 1712. 54° Spurio
Poslumio, 1712. 55» Scipione, 1712. 56» Ll
Trionfo délia costanza , 1714. 57» Semi-
ramide, 1714. 58» Ariodante, 1716. 59° Ger-
manico, 1716. 60° Farnace, 1718. 61» Le
Pazzie degli amanti, 1719. 62° Lucio Pa-
pirio, 1721. 63» Plautella , 1721. 64° 11
Pescalore disingannato, 1721 . Parmi ses ou-
vrages composés pour diverses villes d'Italie,
on remarque -.Ascanio, à Milan, 1702;
l'Eqnivoco, à Rome, 1711; Amore in gare
co' l fasto, à Rovigo, 1711 ; et Astinome, à
Rome, 1719. Ses oratorios, au nombre des-
quels est Jefte, composé pour Vienne, en
1710, ne sont pas tous connus; Pollarolo
avait composé trois ou quatre oratorios pour le
Conservatoire degli incurabili, dont il fut
maître pendant plusieurs années. Sa cantate
Fede, valore, gloria et fama, fut exécutée, en
1716, dans le palais de l'ambassadeur d'Au-
triche. Ce maître ne peut pas être compté au
nombre des artistes de génie qui exercent une
influence plus ou moins active sur l'art de
leur époque; toutefois il ne mérite pas le dé-
dain avec lequel M. Caffi en parle (/oc. cit.).
Il a donné à l'instrumentation de ses ouvrages
plus d'intérêt que les maîtres vénitiens à qui
il succéda, et il écrivait bien. J'ai de lui deux
pièces d'orgue en manuscrits originaux qui
méritent d'être mises en parallèle avec ce
qu'on a fait de mieux en Italie à son époque.
POLLAIIOLO (Antoine), fils du précé-
dent, naquit vraisemblablementà Venise, vers
1680. Le 26 février 1725, il obtint la place de
vice-maiire de chapelle qu'avait occupée son
père pendant trente ans, et le. 22 mai 1740, il
succéda àLotti dans la place de premier maître
de chapelle : il la' conserva jusqu'au mois de
septembre 1749. On ignore s'il mourut à cette
époque. Il a donné aux théâtres de Venise :
1° Arisleo, 1700. 2° Griselda, 1701. 3° Leu-
cippo e Teone, 1702. 4» Cosroe, 1723. 5» Fu-
ria Lucrezia, 1726. 6° Nerina, 1728. 7° La
Sulpizia fedele, 1729. On conserve, dans les
archives de la cathédrale de Saint-Marc, de la
musique d'église composée par Antoine Polla-
rolo.
POLLEDRO (Jean-Baptiste), maître de
chapelle à Turin, est né en 1776, à laPiora,
village près de cette ville. Destiné au com-
merce, il n'apprit d'abord la musique que
pour se délasser de ses autres études. Un ami
de sa famille lui avait donné un petit violon,
sur lequel il s'exerça dans ses heures de ré-
création. Lorsqu'il eut atteint l'âge de huit
ans, son père, remarquant ses heureuses dis-
positions pour cet instrument, lui donna pour
maître Mauro Coldarero, violoniste à Asti, qui
lui fit faire de rapides progrès par l'étude des
œuvres de Corelli et des autres grands violo-
nistes de l'ancienne école. Plus lard, il passa
sous la direction de Gaétan Vai, premier violon
de la chapelle de Asti, puis il alla achever ses
études à Turin, avec un artiste nommé Paris.
Parvenu à l'âge de quatorze ans, Polledro fil
un premier voyage dans la Lombardie, pour
y donner des concerts. De retour à Turin, il
s'y fit aussi entendre en public, et Pugnani
ayant remarqué dans son jeu de belles qua-
lités, offrit de lui donner des leçons; mais
l'élève ne put profiter des excellents conseils
d'un tel maître que pendant six mois, car la
santé de Pugnani ne lui permit bientôt plus.
90
POLLEDRO - POLLIER
de se livrer à l'enseignement. Peu de temps
après, Polledro entra dans la chapelle de
Milan, puis il fut nommé premier violon de
Sainte-Marie Majeure, à Bergame. Les troubles
de la guerre Payant obligé de s'éloigner de
cette ville, il se rendit à Moscou, en 1799, et y
demeura pendantcinq ans, puis àPétersbourg.
En 1809, il fit un voyage en Allemagne, et
jusqu'en 1812, il parcourut ce pays, donnant
des concerts dans la plupart des grandes
villes. Après avoir aussi visité la Hollande et
l'Angleterre, il retourna en Italie, en 1814,
se fît entendre à Milan, Florence, Bergame,
Padoue, Borne, Naples, Palerme. De retour
enfin à Turin, il y a obtenu, en 1815, la place
de maître de chapelle. Les journaux allemands
ont accordé de grands éloges au talent de cet
artiste, dont on a publié : 1° Concertos pour
violon, op. 6, 7, 10; Leipsick, Breitkopt' et
llsertel. 2° Airs variés pour violon et orchestre,
op. 5, 5, 8; ibid. 5° Trios pour deux violons
et basse, op. 2, 4, 9; ibid. 4° Exercices pour
violon seul; ibid. 5° Duos pour deux violons,
op. 11; Vienne, Mechetti.
POLLET (Charles-François- Alexandre),
connu sous le nom de POLLET AINE , na-
quit à Béthune, en Artois, dans l'année 1748.
Après avoir étudié quelques temps la guitare,
il quitta cet instrument pour le cislre, sur
lequel il acquit une habileté remarquable.
Arrivé à Paris, en 1771, il s'y fit bientôt une
brillante réputation, mit le cistre à la mode
et en donna des leçons. Dans l'espace d'environ
vingt ans, il publia dix-huit œuvres de sonates,
et d'airs variés pour le cistre, ainsi qu'une
méthode pour cet instrument qui parut chez
Leduc, à Paris, en 1780. Il faisait aussi pa-
raître un journal d'airs d'opéras pour le cislre,
quifut interrompu par les événements de 1795.
Pollet se retira alors à Evreux, où il vivait
encore en 1811 ; j'ignore l'époque do sa mort.
POLLET ( Jean-Josepii-Benoît) , frère
puîné du précédent, naquit à Béthune, vers
17;53, se livra d'abord, comme son frère, à
l'élude du cistre, et en donna des lirons à
Paris: mais par les conseils de Rrumpholz, il
abandonna cet instrument pour la harpe. Ma-
dame de Genlis et l'ollct se sont disputé l'hon-
neur d'avoir été les premiers à l'aire usa^e des
sons harmoniques des deux mains. Pollet est
mort à Paris, en LS18. Il a publié de sa com-
position : 1" Plusieurs œuvres de sonates el
d'airs variés pour le cislre. 2° Concertos pour
la harpe, n 08 1, 2, 3; Paris, Ilanry. 5° Noc-
turnes pour harpe, guitare et flûte, ir 1 el •";
.biil. \" Trio pour harpe, cor et basson ; ibid.
5° Airs variés pour harpe et cor; ibid. G 9 So-
nates pour harpe seule (au nombre de qua-
torze); Paris, Naderman, Hanry. 7° Beaucoup r
d'airs variés, de caprices et de pots-pourris
pour le même instrument; ibid. 8» Méthode
de harpe, op. 14 ; Paris, Hanry. Elle a été tra-
duite en allemand; Offenbach, André.
POLLET (L.-M.), fils du précédent, né à
Paris, vers 1783, se livra à l'étude de la gui-
tare, pour laquelle il a publié quelques œuvres,
et se fit marchand de musique. Il est mort,
vers 1830. Cet artiste a publié : 1° Airs variés
pour guitare. 2° Méthode pour guitare.
3" Valses et rondeaux pour piano à quatre
mains; Paris, Hanry.
POLLET (Marie-Nicole SIMONIN),
femme du précédent, née à Paris, le 4 mai
1787, était fille de Jean-Baptiste Simonin,
luthier, auteur d'une mécanique pour la
harpe. Elle reçut pendant trois ans des leçons
de Blattmann pour cet instrument, puis per-
fectionna son talent sous la direction de Dal-
vimare. Vers 1808 et dans les années suivantes,
elle s'est fait entendre avec succès dans les
concerts. Elle a publié quelques airs variés
pour la harpe. Madame Simonin Pollet était
connue avantageusement comme professeur
de cet instrument. Elle a voyagé en Allemagne,
en Pologne et en Russie, et a eu partout des
succès.
POLLET (Joseph), fils du guitariste de ce
nom et de madame Simonin-Pollet, est né à
Paris, le 50 avril 1803, et fut admis comme
élève au Conservatoire, le 7 octobre 1824.
Après avoir étudié l'harmonie sous la direction
de Dourlen, et reçu des leçons d'orgue de
M. Benoist, il devint élève de l'auteur de cette
notice pour le contrepoint et la fugue. En
1829, le second prix de fugue lui fut décerné
au concours; il obtint le premier, en 1830.
Sorti de celle école en 1851, M. Pollet fut
nommé organiste de l'église Notre-Dame, et
plus tard il eut la place de maître de chapelle
de celte cathédrale. Il occupe encore celle po-
sition (1805). On a de cet artiste distingué des
motels el autres morceaux de musique d'église
publiés à Paris.
POLLET (Charles), fils du précédent, si
je suis bien informé, estorganiste à Paris, et a
publié (1rs préludes pour orgue; Paris, Bepos;
des cantiques, Te Deum, O Salutaris, et.
Domine Salvum, à voix seule avec orgue,
chez lr même éditeur.
POLLIEH (Matthias), chapelain-chanlrc
de la cathédrale d'Anvers, vécut dans les der-
nières années du seizième siècle et an com-
POLLIER - POLLUX
9t
mencement du dix-septième. Il a publié une
collection de messes des maîtres les plus célè-
bres de son temps, sous ce titre : Selectissi-
viarum Missarum flores, ex prxslantissimis
nostrx xtatis authoribus quatuor, quinque,
sex et plurium vocum, collecti, et ad ecclesiœ
catholicx usumordine decenti dispositi; Ant-
verpix ex typographia musica Pétri Pha-
/estï/1599,in-4°obl.Les messes contenues dans
ce recueil sont : 1° Missa Cantabo Domino, à
quatre voix, de Viadana. 2° Idem Ad placilum,
à quatre voix, d'Orlande Lassus. 5° IdemSi-
cerdos pontifex, à cinq voix, par Pierluigi de
Palestrina. 4° Idem Sine nomine, à cinq voix,
par M. Pollier. 5° Idem Sexti toni, à cinq voix,
parOrl. Lassus. 6° Idem Sagitta Jonathse, à
six voix, parTiburce Massaini.7°/dem Primi
toni, à six voix, par J.-M. Asola. 8° IdemBe-
cantabat, à huit voix, par Jean Croce.
POLLEAI (François), naquit en 1765, à
l.ayhach, en Illyrie, appelé Lubiana par les
Italiens. Après avoir appris les éléments de la
musique et du clavecin darts le lieu de sa
naissance, il se rendit à Vienne et y devint
élève de Mozart, qui lui a dédié un rondo pour
piano et violon, ainsi qu'on le voit par le ca-
talogue imprimé des compositions de ce
maître. Fixé à Milan, vers 1793, il y trouva
Zingarelli qui dirigea ses études de composi-
tion. En 1798, il écrivit pour le théâtre de la
Canobbiana Topera bouffe intitulé la Casetta
nci boschi, et le 50 avril 1801, il fit chanter,
au théâtre de la Scala, la cantate II Trionfo
délia pace, à l'occasion de la paix d'Amiens.
Peu de temps après, Pollini fit un voyage à
Paris, et y publia, chez Érard, trois sonates
pour le piano. De retour à Milan, il fut
bientôt après nommé professeur de piano au
Conservatoire de cette ville, qui venait d'être
institué. C'est pour cet établissement qu'il
écrivit une bonne métho'de de piano dont la
première édition a paru en 1812 chez Ricordi.
Ses caprices, ses sonates, ses exercices pour le
piano étaient recherchés par les artistes et les
amateurs. C'est dans un de ces morceaux, in-
titulé Unode' trentadue esercizi in forma di
toccata, que Pollini donna le premier exemple
des combinaisons d'un chant suivi avec des
traits brillants exécutés par les deux mains. Ce
morceau, écrit sur trois portées, parut en 1820.
Dans sa lettre de dédicace à Meyerbeer, Pollini
s'exprime ainsi : « Je nie suis proposé d'offrir
» un chant simple plus ou moins large et de
» différents caractères combiné avec des ac-
» compagnemenls de rhylhmes variés, afin de
» faire distinguer avec une expression pjiii-
»' culière la partie du chant de celle qui l'ac-
» compagne (1). « Déjà des exemples de com-
binaisons de ce genre se trouvaient dans une
pièce de Clementi et d'autres plus remarqua-
bles encore dans une sonate de Beethoven; mais
non d'une manière suivie, et comme mani-
festation d'un système. L'ouvrage de Pollini,
au contraire, est basé sur le développement de
cette idée. Il parait que c'est le même ouvrage
qui a fourni à Thalberg l'indication d'après
laquelle il a donné à son talent le caractère
tout spécial qu'on lui connaît, et qui a fait
une révolution dans l'art de jouer du piano
(voyez Thalberg). Pollini est mort à Milan, au
mois d'avril 1847, à l'âge de quatre-vingt-
quatre ans. On connaît de sa composition :
1° Trois sonates pour piano seul ; Paris, Érard.
2° Sonate, caprice et variations pour deux
pianos; Milan, Ricordi. 5° Sonate facile pour
piano et violon, op. 3ô ; ibid. 4° Introduction
et rondeau pastoral pour le piano à quatre
mains; ibid. 5° Beaucoup de caprices, de
toccates, de rondeaux et de fantaisies publiées
chez le même éditeur. 6° Des variations idem,
ibid. 7° La méthode de piano dont il a donné
une seconde édition considérablement aug-
mentée ; ibid. Pollini a écrit aussi de bonne
musique d'église; mais on n'en a publié qu'un
Stabat mater en langue italienne, pour
sopra-no et contrallo, avec accompagnement
de deux violons, deux violoncelles et orgue.
Dans la musique de chambre, son chant de
Selma pour soprano, tiré des poésies d'Ossian,
a été publié et a obtenu un brillant succès.
POLLUX (Jules), grammairien et rhéteur
grec, naquit à Naucratis, en Egypte, vers la fin
du règne d'Adrien (deuxième siècle de l'ère
chrétienne). Il vécut quelque temps à Rome, y
eut des succès dans l'art oratoire, et fut choisi
par Marc-Aurèle pour être un des instituteurs
de son fils Commode. Pollux se retira ensuite
à Athènes, où il mourut à l'âge de cinquante-
huit ans, dans les premières années du troi-
sième siècle de l'ère chrétienne. On lui doit
une sorte de Lexique grec, intitulé Onoma-
sticon, où les mois sont rangés par ordre
d'analogie. Cet ouvrage estdivisé en sixlivres:
il traite de la musique et des inslrumentsdans
le 4 e chapitre du second livre, et dans les 7 e ,
8 e , 9 e , 10 e et 11 e du quatrième. La meilleure
édition ancienne de ce livre est celle queLe-
(1) Io mi proposi di offrire un canto semplicc, pià
o mena spianato e di différente carattere combinato con
aceompagnamenti di rilmi variai), e di condurre a dis-
tinguere ion una partieolare espressione e tocco la parle
det cauiu da c/ncllo c/ie lo accompatjnano.
9t>
POLLtlX - PONCHARD
derlin el Hemsterhuys ont publiée à Amsler-
clam, chez Wettstein, en 1706, 2 vol. in-fol.
Il en a été donné une très-correcte par Emma-
nuel Bekker, à Berlin, en 1846, 2 vol. in-8°.
POLTZ (Jean), né à Lubeck, le 4 décembre
1060, fit ses études à l'université de Witten-
berg, fut co-recleur dans sa ville natale, en
1G89, puis recteur en 1694, et enfin pasteur à
Preetzen, où il mourut le 18 octobre 1705. Il
a fait imprimer une dissertation intitulée : De
Harmonica musica, Wittenberg, 1679, in-4°
de vingt-huit pages.
POLYMNESTES DE COLOPHON,
musicien grec, était fils de Mélès, citoyen de
Colophon, ville d'Ionie , célèbre par ses
oracles. Il parait avoir vécu après Terpandre
et Clonas. Plularque dit qu'il travaillait dans
le même genre de poésie musical'- que ces
deux musiciens, c'est-à-dire, qu'il composait
des airs de flûte, des prosodies, des chants
élégiaques, et des épiques. Ses airs de flûte
s'appelaient de son nom poiymnestiens ou po-
lymiiasliens. Le même auteur compte Polym-
nesles parmi ceux qui firent à Lacédémone le
second établissement de la musique, et qui in-
troduisirent dans cette ville, en Arcadie et
dans Argos, plusieurs danses nouvelles; enfin,
il lui attribue des airs de flûte appelés ort hiens,
auxquels il joignit la mélopée ou la musique
vocale.
PONCE (Nicolas), graveur et littérateur,
né à Paris, le 12 mars 1746, mort en cette
ville, le 21 mars 1851, a fait insérer dans le
recueil intitulé Les quatre Saisons du Par-
nasse (troisième partie, p. 264 et suivantes),
un fragment Sur les cotises des progrès et
de la décadence de la musique chez les
Crées.
PONCHARD (Antoine), né en 1758, à
Bussu, près de Péronne (Picardie), perdit son
père un an après sa naissance. Sa mère,
femme intelligente, ayant remarqué ses heu-
reuses dispositions pour la musique, lorsqu'il
eut atteint l'âge de sept ans, le fit entrer
comme enfant de chœur à l'église principale
de Péronne, où il fit ses études littéraires et
musicales ; puis il alla les achever à la cathé-
drale de Liège, particulièrement pour la com-
position. Rentré en France, il obtint la place
de maître de chapelle de l'église de Saint-Malo,
qu'il abandonna ensuite pour la même posi-
tion à la cathédrale de Bourges. Plus tard, il
l'ut appelé à Auxerre pour y remplir les
mêmes fondions. Arrivé à Paris, il s'y maria
en 17X6, et dans l'année suivante, ^ il alla
s'établir à Pont-Ic-Voy, oit il eut l'en ploi de
professeur de musique du collège royal. Cinq
ans après, les événements de la révolution
ayant dispersé les ecclésiastiques qui diri-
geaient ce collège, Ponchard se trouva sans
emploi et se retira d'abord à Blois, puis au
village de Mareuil, dont il avait été nommé
maître d'école. Plus tard, il reçut sa nomina-
tion de receveur des contributions de l'arron-
dissement d'Auxerre et retourna dans cette
ville avec sa femme et ses enfants ; mais étran-
ger aux connaissances administratives et tou-
jours artiste de cœur, il donna sa démission
pour se faire chef d'orchestre d'une troupe
dramatique venue à Auxerre et qu'il suivit à
Chalon-sur-Saône, puis à Tournon. En 1805,
il s'établit à Lyon, y dirigea l'orchestre du
Grand-Théâtre et s'y fit connaître comme ar-
tiste de talent. Ses fils ayant achevé leur édu-
cation, furent admis au Conservatoire de
Paris, en 1808. Après les heureux débuts de
celui qui est l'objet de la notice suivante, son
père voulut jouir de ses succès et alla se fixer
à Paris, en 1815; deux ans après, il- y obtint la
place de maitre de chapelle de Saint-Euslache.
Ce fut dans cette position qu'il acheva pai-
siblement sa carrière. Il mourut au mois de
septembre 1827-, à l'âge de soixante-neuf ans.
Ponchard a laissé en manuscrit les ouvrages
dont voici la liste: 1° Messe solennelle à quatre
voix, orchestre et orgue (en si bémol). 2° Messe
de Requiem idem, considérée comme sa meil-
leure production. 5° Messe solennelle à quatre
voix et orchestre (en ré). 4° Messe à quatre
voix et orgue (en si mineur). 5° Messe brève
pour la commémoration des morts. 6" Credo
(en /a), pour six voix concertantes. 7° Offer-
toire pour le jour de Pâques, à quatre voix et
orchestre. 8° Domine salvum fac regem pour
chœur et orchestre. 9° Idem, pour quatre
voix et orgue. 10° Idem, pour un chœur à cinq
voix sans accompagnement. 11° Credo à trois
voix. 12° O Salutaris à quatre voix seules.
13" Idem, à quatre voix et orchestre. 14" Idem
avec quatuor d'instruments à cordes. 15° Idem
à deux voix et orgue suivi d'un Privât in
a'iernum. 16° Cantate pour la naissance du
roi de Rome.
PONCHARD (jEAN-FnÉDKIWC-AUGUSTE),
fils du précédent, est né à Paris, le 8 juillet
1789. Il commença l'étude de la musique à
Auxerre et la continua à Lyon, où il entra à
l'orchestre du Grand-Théâtre, en qualité de
violoniste; mais ses heureuses dispositions
pour le chant lui firent quitter celle position
pour entrer au pensionnat du Conservatoire
de musique de Paris, où il lui admis comme
PONCIIARD — rONIATOWSKI
93
élève, le 13 juillet 1808. Après y avoir fait des
études préparatoires de vocalisation, il reçut
des leçons de Garât, et brilla dans les con-
certs du Conservatoire, pendant les années
1810 et 1811. Le 17 juillet 1812, il débuta à
l'Opéra- Comique, dans l'Ami de la maison et
dans le Tableau parlant, opéras de Grétry.
Bien que sa taille et son extérieur n'eussent
rien d'avantageux pour la scène, et que le
timbre de sa voix fût d'une qualité médiocre,
il fut applaudi par les connaisseurs, à cause
de l'expression de son chant, de son profond
sentiment de la musique, de sa bonne vocali-
sation et du goût des ornements de son chant.
Avant lui, il y avait eu de belles voix et d'ex-
cellents acteurs à l'Opéra-Comique; mais il
fut le premier qui y introduisit l'art véritable
du chant. Son habileté le fit souvent lutter
avec avantage contre la belle voix, la verve et
la réputation de Martin (voyez ce nom), par-
ticulièrement dans Picaros et Diego. Quel-
ques pièces de l'ancien répertoire, telles que
Zémire et Azor, les Evénements imprévus;
et parmi les nouveaux ouvrages : le Chaperon
rouge, la Dame blanche et Mazaniello\e pla-
cèrent, vers la fin de sa carrière dramatique,
à la tête des meilleurs chanteurs de l'Opéra-
Comique. Retiré du théâtre en 1834, avec la
pension acquise par ses services pendant
vingt-deux ans, il s'est livré depuis lors à l'en-
seignement du chant. Déjà il avait été nommé
professeur au Conservatoire pour cette partie
de l'art, en 1819; il y forma de bons élèves,
au nombre desquels on remarque son fils. Per-
sonne n'a chanté d'une manière plus tou-
chante le cantabile et la romance : on se sou-
vient encore de l'impression profonde que
produisait cet artiste dans l'air de Zémire et
Azor : Du moment qu'on aime, et surtout
dans l'air des Abencérages de Cherubini, qu'il
chanta plusieurs fois aux concerts du Conser-
vatoire, et dans lequel il émut toujours l'au-
ditoire jusqu'à l'enthousiasme.
PONCHARD (Marie- Sophie CAL-
LAULT), femme du précédent, née à Paris,
le 30 mai 1792, entra d'abord au Conserva-
toire de musique, comme élève externe, au
mois de mars 1806, puis fut reçue au pen-
sionnat de chant de cette école, et y reçut des
leçons de Garât. Après avoir brillé, en 1817,
au théâtre de Rouen, elle entra à l'Opéra-Co-
mique l'année suivante. D'abord assez froide-
ment accueillie, à cause de l'excessive timidité
qui paralysait son incontestable habileté dans
l'art du chant, elle obtint plus tard des succès
dans quelques opéras où celle habileté pouvait
se développer avec avantage, particulière-
ment dans le Cheval de bronze, d'Auber, où
elle fut applaudie avec enthousiasme. Retirée
de l'Opéra-Comique, en 1836, elle a encore
chanté avec succès, pendant celte année, au
théâtre de Rouen, mais l'année suivante elle
est rentrée dans la vie privée.
POISIATOWSKI (Joseph-Michel-Xa-
vie.i-François-Jean, prince), petit-neveu de
Stanislas II, dernier roi de Pologne, est né à
Rome, non le 20 mars, comme il est dit dans
plusieurs notices, mais le 20 février 1816. Dès
ses premières années, il montra d'heureuses
dispositions pourla musique, dont les premiers
éléments lui furent enseignés par un prêtre,
nommé Candido Zanetti. A l'âge de huit ans,
ses progrès avaient été assez rapides pour
qu'il pût jouer avec succès des variations de
piano dans un concert. Peu de temps après,
sa famille alla s'établir à Florence, et le jeune
prince fut placé dans un collège pour y faire
ses éludes. A dix-sepl ans, il y obtint le pre-
mier prix de mathématiques. Sorti de cette in-
stitution, il se livra sans réserve à Ja culture
de l'art pour lequel il sentait qu'il était né,
étudia le chant, et reçut, des leçons de compo-
silionde Ferdinand Cevecchini, maitre-*de cha-
pelle d'une des églises de Florence. Douéd'unc
belle voix de ténor et devenu chanteur habile,
il ne dédaigna pas de se fairo entendre sur le
théâtre del Giglio, à Lucques, puis à celui de
la Pergola, à Florence. Parvenu à l'âge de
vingt-deux ans, il voulut essayer ses forces
dans la composition d'un opéra et arrangea
pour la scène lyrique la tragédie de Niccolini,
Jean Procida, dont il écrivit rapidement la
partition. L'ouvrage fut joué, en 1858, au
théâtre Standish, à Florence, et le prince y
chanta le rôle du ténor. Le bon accueil fait à
cette première production eut assez d'éclat
pour que Jean Procida fût demandé à l'au-
teur pour le théâtre de Lucques, où le succès
ne fut pas contesté. L'opéra bouffe Don De-
siderio, composé par le prince Poniatowski,
dans l'année suivante, fut joué d'abord à
Pise, où il fut applaudi avec enthousiasme et
n'eut pas moins de succès à Venise, à Bologne,
à Livourne, à Milan, à Rome, à Naples et à
Palerme. Dix-huit ans après, cet ouvrage eut
un sort non moins heureux au Théâtre italien
de Paris. Ruy Blas, donné par le prince, an
théâtre de Lucques, en 1842, eut une chute à
peu près complète, quoiqu'il eût été très-bien
chanté par la Frezzolini, Poggi et le baryton
Collini. Le compositeur-amateur se releva par
le succès complet de Bonifazio dei Geremci,
94
P0NIAT0WSK1 — PONTÉCOULANT
représenté à Rome, en 1844, puis à Aucune,
à Livourne, à Gênes et à Venise. / Lamber-
tazzi, opéra joué à Florence, en 1845, n'eut
que deux représentations; mais Mahk-Adel,
opéra sérieux en trois actes, fut plus heureux
à Gènes, dans l'année suivante. Les alterna-
tives de succès et de chutes semblaient être
dans la destinée dramatique du prince Ponia-
lowski, car laSposa d'slbido tomba à plat à
Venise, et fut suivie d' Es mer aida, représentée
à Livourhe, en 1847, et qui réussit. Après les
événements politiques de 1848, le grand-duc
de Toscane a nommé le prince Poniatowski
son ministre plénipotentiaire à Paris. Fixé de-
puis lors dans celle ville, le prince a été na-
turalisé français et l'empereur Napoléon III
l'a fait sénateur. Toutefois, les affaires ne lui
ont pas fait oublier 'l'art; en 18G0, il a donné,
à l'Opéra, Pierre deMédicis, en quatre actes,
dans lequel il y a de belles choses, parti-
culièrement au quatrième actes, et à l'Opéra
comique, Au travers du mur, en un acte.
PONS (D. José), musicien espagnol, naquit
à Gerono, en 17G8. Il fit ses éludes musicales
sous la direction de D. Jaime Balins, maître
de chapelle de la cathédrale de Cordoue. Pons
était maître de chapelle de la cathédrale de
Gerono lorsque, en 1 795, il obtint, au concours,
la place de mailre de chapelle de l'église mé-
tropolitaine de Valence. Il mourut dans celle
position, en 1818. Le genre de composition
dans lequel ce mailre s'est particulièrement
distingué, est celui des Filhancicos , ou
chants de Noël, avec orchestre, et des Mi-
serere pour la semaine sainte. Il en a fait de
véritables drames bibliques, quj ont obtenu un
grand succès dans toute l'Espagne. Pons a
composé aussi des Filhancicos avec orgue,
qui sont encore chantés dans la plupart des
églises de sa patrie. Cet artiste, dit M. Eslava
(voyez ce nom) est le véritable représentant
de l'école catalane, dont les traditions sont en-
tièrement différentes de celles de l'école valen-
oaise, dans laquelle le style classique a tou-
jours été cultivé.
POINTAC (D. Diego), prêtre espagnol, vé-
cut au milieu du dix-septièmesiècle. Il occupa
d'abord la place de mailre de chapelle de la
cathédrale de Grenade. En 1044, il fut appelé
à exercer les mêmes fondions à l'église mé-
tropolitaine de Santiago de Galice. Le 7 sep-
tembre 1G49, il abandonna cette position pour
celle de maître de chapelle de la Seu de Sara-
gosse ; enfin, en 1G60, il oblinlla direction de
ta chapelle de l'église métropolitaine «le Va-
lence, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Le petit
nombre de productions que ce maître a écrites
pour l'église se trouve en manuscrit à La
chapelle royale de Madrid et au monastère de
VEscorial. M. Eslava a publié une messe à
quatre voix de Pontac,dans le premier volume
de la deuxième série (dix-septième siècle) de
sa collection intitulée : Lira sacro-liispana.
PONTE (Jacoues DE), compositeur du
seizième siècle, est connu par un recueil inti-
tulé : Citiquanta stanze dal Betnbo conmu-
sica a quattro roci ; Venise, 1558. Dans le
rarissime recueil intitulé: Evangelia Domi-
nicorum et festorum dierum, musicis nu-
meris pulcherrime comprehensa et ornata
quatuor, quinque, sex et plurium vocum,
lomi sex, etc. (Nuremberg, Jean Monlanus
et Ulrich Neuber, 1556), on trouve, t. III,
n° 2G, de Jacques de Ponte, l'évangile Cœ-
nantibus Mis accepit Jésus panem, à quatre
voix. Le rédacteur du catalogue de la musique
de la Bibliothèque royale de Munich traduit
de Ponte par Dupont, d'après un recueil de
motets publié à Anvers, sous ce litre : Qua-
tuor vocum musicx modulationes numéro
XXVI , ex optimis auctoribus diligenter
selectx prorsus novx, etc. ; Jntverpix, apud
Guilielmun rissenacum , 1542. On y trouve
deux motels qui portent en tête : Jacobus Du
Pont. Si tel était son nom, les Italiens l'on
changé en de. Ponte pendant le séjour que
l'artiste parait avoir fait dans la péninsule
italique.
PONTE (Adam DE), chanteur de la cha-
pelle impériale sous le règne de Ferdinand I er ,
vécut dans la première moitié du seizième
siècle. On n'a pas de renseignements sur sa
pairie : si, ce qui est assez vraisemblable, son
nom était Du Pont, ou Dupont, il aurait été
Belge ou Français. C'est à cet artiste qu'ap-
partiennent quatre molels à quatre et cinq
voix qui se trouvent dans )eNovus Thésaurus
musicus, de Pierre Joannelli, et que j'ai at-
tribués par erreur à Jacques de Ponte, dans
la première édition de celte Biographie.
POINTÉCOULANT (Louis-Adolphe LE
DOULCET, comte DE), né à Paris, en 1794,
est fils du comte de Ponlécoulant, qui fut le
premier préfet du déparlement de la Dyle,
puis sénateur et pair de France. Entré à l'école
militaire de Saint-Cyr, il en sortit, en 1812,
pour faire la campagne de Russie. Dans la re-
traite désastreuse de l'armée française, il fui
fait prisonnier au combat de Paroutina et
passa deux ans dans le gouvernement d'Orcn-
bourg, visitant les bords de l'Oural. Rentré en
Franco, à la lin de 1814, il lit la campagne de
PONTÉCOULANT - PONZIO
35
1815, et fut chargé, après la bataille de Wa-
terloo, de l'organisation et du commandement
de la levée en masse du département de la
Haute-Saône. Parti pour l'Amérique après la
seconde restauration, il prit part à la révolu-
tion de Fernambouc (Brésil), et fut condamné
la peine capitale, mais parvint à s'évader. De
retour à Paris, après sept années d'absence, il
se fit recevoir bachelier es sciences et suivit
les cours de droit. En 1825, il fut nommé exa-
minateur des livres au ministère de l'inté-
rieur. Après la révolution de Belgique, en
1830, Pontécoulant se souvint des années de
son enfance passées dans ce pays, et vint, avec
un corps de volontaires organisé par lui, sous
le nom de tirailleurs belges partisans , of-
frir ses services au gouvernement provisoire
établi à Bruxelles. Dès son arrivée, il fut
nommé aide de camp du général Van Halen,
reçut l'ordre de se rendre àGandet d'y prendre
le commandement de toutes les forces actives
disséminées dans les deux Flandres. Il rendit
d'importants services dans les émeutes popu-
laires de ces provinces, se trouva comme vo-
lontaire à labatailledeLouvainely fut blessé.
Après 1831 , il rentra en France, reprit ses
études, et, depuis lors, il ne s'est plus occupé
que de sciences et de littérature. Il prit part à
la rédaction de V Encyclopédie des gens du
monde, de V Encyclopédie nouvelle, de l'En-
cyclopédie catholique et de V Encyclopédie du
XIX e siècle; le nombre de grands articles
qu'il y a fait insérer est très-considérable :
ceux qui concernent l'astronomie forme-
raient seuls un cours complet de cette
science.
En 1857, M. de Pontécoulant commença à
s'occuper spécialement de l'histoire de la mu-
sique dans l'antiquité, de l'acoustique et de la
théorie de la construction des instruments. Il
fournit un certain nombre d'articles sur ces
divers sujets à la Gazette musicale de Paris,
puis à la France musicale : il est maintenant
(1864) attaché à la rédaction du journal heb-
domadaire YArt musical. Il a été spéciale-
ment chargé de l'examen des instruments de
musique aux expositions industrielles, pour
ces écrits périodiques. Il a publié un livre in-
titulé : Essai sur la facture instrumentale
considérée dans ses rapports avec Vart, Vin-
dustrie et le commerce; Paris, 1857, un vo-
lume grand in-8°. Le même ouvrage, aug-
menté d'un deuxième volume de six cent
quatre-vingt-six pages, a été reproduit sous
ce titre : Organographie. Essai'sur la fac-
ture instrumentale. Art, industrie et com-
merce; Paris, Castel, 18G1, deux volumes gr.
in-8°. Ce livre renferme une multitude de
renseignements aussi curieux qu'utiles sur
tous les genres de fabrications d'instruments,
les inventions et perfectionnements, les bre-
vets obtenus dans tous les pays, et le com-
merce de ces objets. On a aussi de M. de Pon-
técoulant : Douze jours à Londres. Voyage
d'un mélomane à travers l'exposition uni-
verselle; Paris, Frédéric-Henri, 1862, un vo-
lume in-12de trois cent vingt-huit pages. Ce
volume contient une appréciation du mérite
des instruments placés à l'exposition interna-
tionale de Londres, en 1862.
PONTEL1BERO (Ferdinand), surnommé
AJUTAISTINI, compositeur et violoniste,
élève de Rolla, vécut à Milan depuis les der-
nières années du dix-huitième siècle jusque
vers 1820. En 1806, il fit un voyage à Paris,
et y fit graver quelques œuvres de musique
instrumentale. Il a écrit, pour le théâtre de la
Scala, la musique des ballets dont les titres
suivent : 1° Zulima, en 1800. 2° Sadak e
Kalasrod, 1801. 3° Il Sacrifizio di C'urzio,
1805. 4° Alcina e Ruggiero, 1805. 5° Cam-
bise in Egilto, 1807. 6° Le premier acte de
la Morte di Whaytsong , 1809. 7° Divertisse-
ment exécuté le 15 mai 1815. Pontelibero a
mis en musique, pour voix seule avec accom-
pagnement de piano, soixante-six octaves de
la Jérusalem délivrée, divisées en quatre li-
vraisons; Milan, Ricordi. Enfin, il a publié à
Paris, chez Carli : 1° Trois quatuors pour
deux violons, alto et basse, op. 4. 2° Trois
trios pour deux violons et violoncelle, op. 3.
3° Trois duos pour deux violons, op. 2.
POIVTHUS (....), bon facteur d'inslru- •
ments à vent, travaillait à Mâcon, dans la
première moitié dudix-seplième siècle. Il était
particulièrement renommé pour le fini et la
perfection de ses musettes (voyez le Traité de
la musette, de Borjon, p. 39).
PONTHUS DE TU YARD. Voyez
ÏHYARD.
PONTIUS (François). On a sous ce nom
d'un écrivain inconnu : Problemata de mu-
sica XVII; Venise, 1559, in-4°.
PONZIO (Pierre), compositeur et théori-
cien, naquit à Parme, le 25 mars 1532, et fut
nommé maître de chapelle de la cathédrale de
Bergame, vers 1570. Il s'attacha ensuite à
Girolamo Cornazzano, chevalier du roi de
Portugal, puis il passa au service de l'église
Saint-Ambroise de Milan, où il se trouvait
en 1581. Enfin de retour dans sa ville natale, il
y obtint la direction de la chapelle de la Stcc-
96
P0NZ10 - PORPHYRE
cala, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée
le 27 décembre 1596. Ses compositions, consis-
tant en messes et motets, sont : 1° Missurum
4 voc. liber primus : Venise, 1578. 2° Lib. I.
Missarum quinque vocibus; Venise, 1580.
3° Lib. 2. Missarum quinque vocibus, Ve-
nise, 1581, in-4 Q .4° Psalmivespertini totius
anni; Venise, 1578,in-4°. 5° Motettorumcum
quinque vocibus lib. I; Venise, 1582, in-4°.
G Lib. 2. Missarum 4 voc; ibid., 1584, in-4°.
7° Magnificat, lib. I; ibid., 1584, in-4°.
8° Missarum quinque vocibus, lib. 5; ibid.,
1585, in-4°. 9 U Psalmi vesperarum totius
anni 4 toc; ibid., 1589, in-4°. 10° MisssG,
8 voc; ibid., 1590. Il 9 Hymni solemniores
ad vespertinas horas canendi; ibid., 1596,
in-4°. Ce musicien est aujourd'hui moins
connu par ses compositions que par ses écrits
didactiques, dont les titres sont : 1° Ragiona-
menti di musica, ove si tratta de' passagi
délie consonanzie e dissonanzie buoni e non
buoni, e del modo di far motetti, messe,
salmi, et altre compositioni, e d'alcuni
avverlimenti per il contrapuntista e compo-
sitore, et altre cose pertinenti alla musica;
Parme, 1588, in-4°. 2° Dialogo ove si tratta
délia teorica eprattica di musica, etanco si
mostra la diversité di contrapunti e canoni;
Parme, 1595, in-4°. Il a paru une deuxième
édition de ce livre, à Parme, 1603, in-4°. Ce
n'est guère qu'un extrait des ouvrages de
Zarlina, mais assez bien fait. Forkel cite aussi
une édition de ce dialogue datée de Parme,
1591, in-4» (A llgem. LUI. derMusik,p. 420);
mais le père Affo, qui a donné une notice sur
Ponzio, dans ses recherches sur les écrivains
de Parme (tome IV, page 199), et à qui l'on
doit une liste bien faite de ses œuvres, indique
l'édition de 1595 comme la première.
POINZIO (....), compositeur dramatique,
né à Naples, dans la première moitié du dix-
huitième siècle, a fait représenter à Venise,
en 1706, son opéra sérieux intitulé : Arta-
serse.
POOL ou POOLE (Mathieu), savant non
conformiste, né à York, en 1624, mourut en
Hollande dans l'année 1679. On a de lui un
sermon dirigé contre l'usage de l'orgue et des
instruments dans l'église, qui a paru sous ce
litre : Evangelical tvorsliip, us it was dis-
cussed in a sermon on John lf, 23, 24;
Londres, 1660, in-4°. Une deuxième édition a
été publiée dans la même année, également
in -4°. Il en a paru une troisième sous ce
titre : A Reverse lo M. Oliver's sermon of
spiritual worsliip; Londres, 1698, in -4'.
POPPE (Jean-Wenceslas), religieux bo-
hémien de l'ordre des frères de la Croix, était
compositeur, et a écrit un Te Deum pour le
jubilé de la canonisation de saint Jean Népo-
mucène, en 1728. 11 est mort deux ans après.
On a publié à Berlin quelques antiennes de ce
compositeur, sous ce titre :Kirchenmusik fur
4 Singslimmen und Orgel.
POPPE (....), bon facteur d'orgues à Roda,
dans la Saxe, vers la fin du dix-huitième siècle,
a construit en 1797, dans l'église de la ville,
un bon instrument à deux claviers, pédale et
vingt-sept jeux, dont on trouve la description
dans le Traité de musique théorique de
Klein, p. 187.
POIICEL (François), ténor et compositeur
espagnol, né à Bilbao, en 1816, a chanté de-
puis 1840 jusqu'en 1847 à Pampelune, San-
tander, Tarragone, Valladolid, Victoria et
Saragosse. Son premier opéra, intitulé El
Trovador, fut représenté à Pampelune, en
1842. Deux ans après, il donna à la Corogne
Rosamunda en Ravenna, qui fut joué ensuite
à Tarragone avec succès.
La femme de cet artiste, madame Mas-
Porcel, cantatrice de quelque talent, a chanté
sur les mêmes scènes que son mari.
POIIDEÎNOINE (Marc-Antoine), neveu du
célèbre peintre de ce nom, qui fut son parrain
naquit à Venise et se distingua comme luthiste
vers le milieu du seizième siècle. Il a publié
de sa composition deux livres de madrigaux à
cinq voix, à Venise, chez Gardane, en 1567,
in-4°. Le troisième livre de ces madrigaux à
cinq voix a paru chez le même éditeur, en
1571, et le quatrième livre en 1573. On con-
naît aussi de Pordenone : Madrigali a quuttro
voci, ibid., 1580, in-4°.
POKFIlll (Pierre), compositeur et maître
de chapelle de l'église collégiale de Saint-
Nicolas in Fabriano, à Bologne, naquit à
Venise, vers 1650. En 1687, il donna dans cette
ville l'opéra de Zenocrate ambasciatore ai
Macedoni. On connaît aussi de lui : Cantate
da caméra a voce sola, op. 1 ; Bologne, 1699,
en partition, in-4° oblong.
PORLETTI (Modeste), membre de l'Aca-
démie des sciences de Turin, a fait insérer
dans les mémoires de cette société savante
(1805-1808, part. 1, p. 141-159) des Recher-
ches sur l'influence que la lumière exerce
sur la propagation du son.
POKI'llYllE, écrivain grec et philosophe
de l'école néoplalonique, naquit en 233, à Bé-
tanée, dans la Syrie. Son nom véritable était
MAI.Ciil S; il le traduisit lui-même en grec.
PORPHYRE — PURPURA
97
Ses mailres dans la grammaire, la rhétorique
et la philosophie fuient Longin et Plotin. II
était âgé de trente ans lorsqu'il alla rejoindre
ce dernier à Rome, en 253, et pendant six ans
il suivit ses leçons. Un accès de mélancolie
l'avait décidé à se donner la mort; mais un
voyage en Sicile le guérit de ce mal. Après le
décès de Plotin, il retourna àRome,où il brilla
par son éloquence. Il y resta jusqu'à sa mort,
qui eut lieu vers 505. Au nombre des livres de
cet écrivain se trouve un commentaire sur les
deux premiers livres des Harmoniques de
Ptoléméc, que Wallis a publié avec une tra-
duction latine, d'après quelques manuscrits de
la bibliothèque d'Oxford, dans le troisième
volume de la collection de ses œuvres (p. 183
et 555) (1). Ce commentaire, où Porphyre cri-
tique amèrement la doctrine de Ptolémée, est
entièrement spéculatif et n'apprend rien con-
cernant la pratique de l'art au troisième siècle.
Il ne s'étend que jusqu'au septième chapitre
«lu second livre.
POltPOIlA (Nicolas), compositeur et cé-
lèbre professeur de chant, naquit à Naples, en
1087, suivant certains biographes, ou en
1085, selon d'autres, ou, d'après le marquis
de Villarosa (2), le 19 août 1680. Cependant,
d'après une lettre écrite de Naples, le 16 avril
1760, au P. Martini, par Joseph Tibaldi, Por-
pora aurait eu alors quatre-vingt-six ans ; ce
qui porte l'année de sa naissance à 1674. Il
est à remarquer toutefois que le marquis de
Villarosa donne la date de 1086 d'après un
registre de l'église San Gennaro ail' Olmo,
où Porpora fut baptisé. Son père, libraire,
chargé d'une nombreuse famille, prit la réso-
lution de faire étudier la musique à cet enfant
et obtint son admission au Conservatoire de
Santa Maria di Loreto. Les maîtres de Por-
pora dans celle école furent Gaetano Greco,
le P. Gaétan de Pérouse et François Manna.
liurney met aussi Alexandre Scarlatti au
nombre de ses maîtres. Sorti du Conservatoire
après plusieurs années d'études, Porpora com-
mença sa carrière de compositeur par l'opéra
intitulé : Basilio, re di Oriente, représenté
(1) Oxford, 1093-1699- 4 vol. in-fol.
(2) Suivant une Notice écrite par Gazzaniga (voyez ce
nom), élève de Porpora, laquelle se trouve dans le
manuscrit D., p. 120, de la bibliothèque du lycée com-
munal de musique de Boulogne et qui a été communi-
quée à M. Farrenc par M. Gaspari (voyez ce nom), ce
serait en 1718 que Porpora aurait été écrire cet ouvrage
a Home; mais Gazzaniga a certainement été mal informé,
car M. Farrenc, dans une bonne notice sur Porpora,
insérée dans la première li\raison de son Trésor des
pianistes, n prouve que l'ouvrage lut représenté en 172!.
mou;, cmv. des xi'sicikms. t. mi.
au théâtre îles Fiorenlini, nouvellement
élevé. Sur la partition de cet ouvrage, il pre-
nait le litre de maître de chapelle de l'ambas-
sadeur de Portugal. En 1710, il fut appelé à
Rome pour écrire la Bérénice, opéra en trois
actes, qui fut favorablement accueilli par le
public. Hœndel, qui était à Rome au moment
où cet ouvrage fut représenté, rendit justice
au mérite de la musique de Porpora, et, ce qui
lui arrivait rarement, il complimenta l'artiste
napolitain sur son succès? Ces deux hommes,
remarquables chacun en son genre, ne pré-
voyaient pas alors qu'ils deviendraient plus
tard ennemis irréconciliables.
De retour de Naples, Porpora composa, pour
l'ancien théâtre San Rartolomeo, l'opéra en
trois actes, intitulé Flavio Anicio Olibrio,
qui fut représenté au mois de décembre 1711.
Après cet ouvrage, le compositeur écrivit
beaucoup de messes, de psaumes et de motets
pour la plupart des églises de Naples. Au
nombre de ses talents, il possédait au plus haut
degré celui de renseignement du chant. Il ou-
vrit à la même époque une école de cet art,
devenue célèbre, et dans laquelle se formèrent
Carlo Broschi, surnommé Farinelli, Gaétan
Majorano, connu sous le nom de Cuffarelli,
Hubert, dit il Porporino , du nom de son
maître, Salimbeni, la Molleni et plusieurs au-
tres, qui furent les plus grands chanteurs du
dix-huitième siècle. Farinelli surtout était in -
comparable pour le chant de bravoure et le
brillant de la vocalisation. En 1719, Porpora
donna, au théâtre San Bartolomeo, l'opéra de
Faramonde, qui eut un brillant succès. Dans
la même année, il fut nommé maître du Con-
servatoire degli poveri di Gesù Crislo. Ap-
pelé à Rome, il y composa l'opéra Eumene,
en 1721, qui fut représenté au théâtre Ali-
berti(i), et obtint du succès. De retour à Na-
ples, en 1722, Porpora écrivit l'oratorio
// Marlirio di santa Eugenia , qui fut
considéré comme une de ses plus belles pro-
ductions. Sa réputation, comme professeur de
composition, égalait celle qu'il avait acquise à
juste litre dans l'enseignement du chant.
Arrivé à Naples, en 1724, ce fut lui que Hasse
choisit pour le diriger dans ses éludes; mais
ayant été présenté plus lard à Alexandre Scar-
latti, le plus grand musicien de l'Italie, il en
(\) C'est ici le lieu de faire remarquer que j'ai clé
induit en erreur lorsque j'ai dit, dans la première édition
de cette Biographie universelle des musiciens, (\vfEumtne
fut écrit pour Carlo Broschi surnommé Farinelli, car,
ainsi que le remarque M. Farrenc, le nom de cet artiste
ne figure pas dans le livret parmi ceux des chanteurs
qui exécutèrent l'ouvrage.
98
PORPORA
reçut des conseils et quitta l'école de Porpora.
Il en résulta entre eux une haine qui ne fit
que s'accroître avec le temps.
L'année 1723 fut marquée dans la carrière
de Porpora par une grande activité dans ses
travaux, car il écrivit, pour les noces du
prince de Montemiletto, une cantate intitulée
VImeneo, dans laquelle chanta son élève Fa-
rinelli; puis Amure per regnare, opéra re-
présenté au théâtre San Bartolomeo, et. sui-
vant un recueil manuscrit qui se trouve à la
Bibliothèque du Conservatoire de Paris,
cité dans la notice de M. Farrenc, Adélaïde,
opéra représenté à Rome. Peut être est-ce dans
cet opéra queFarinelli fit son début dans celle
Ai'le. Il faut ajouter à ces compositions une
messe à cinq voix, qui est dans la collection de
l'abhé Sanlini, et qui porte la date de 1723.
Quant à l'opéra de Semiramide, ajouté par
Villarosa à la liste des ouvrages de Porpora,
écrits à Naples dans cette même année, je
crois que ce biographe s'est trompé, car la
Dramaturgia d'Allaci indique, d'après le
livret, la Semiramide riconosciuta comme
ayant été écrite à Venise et représentée en
1729, â moins que le maître n'ait composé
deux ouvrages sous le même litre.
En 1725, Porpora fit un voyage à Vienne,
où 11 fit entendre à la cour quelques morceaux
de ses opéras qui ne furent pas goûlés. L'em-
pereur Charles VI, qui n'aimail pas les orne-
ments du chant italien, et qui avait particu-
lièrement en aversion les trilles et les
mordents, que Porpora prodiguait dans sa
musique, ne le chargea d'écrire aucune com-
position. Au retour de ce voyage, le maître
s'arrêta à Venise, où il fut engagé à composer
l'opéra de Si face, qui fut représenté, en 1720,
au théâtre Saint-Jean -Chrysostome. Le succès
de cet ouvrage lui fit obtenir la place de
maître du Conservatoire degli incurabili. On
voit dans la Dramaturgia d'Allaci qu'il
donna, dans la même année, Jmeneo in Alêne,
au théâtre Saint-Samuel, et Meride e Scli-
nunte, à celui de Saint-Jean-Chrysoslomc. Je
possède la partition de cet ouvrage;, au litre
duquel Porpora prend le titre de maestro délie
figlie del coro degli incurabili (1). En 1727,
il donna, au même théâtre, Arianna c Teseo,
qui fut alors considéré comme un de ses meil-
leurs ouvrages (2). Ce fut à Venise et à la
(1) I/éditcur de la Dramalunjia d'Allaccj ( Venc-
ïia, 17K5) s'est trompe en plaçant In représentation de
Meride en 172G, car mon manuscrit de l:i partition de cet
ouvrage, lequel a été fait pour l'cleclriiu de Saxe, porte
I» date de 1727.
(2) Iturney dit i|ue cet opéra fut écrit à Vienne
même époque qu'il écrivit, pour les élèves de
VOspedale degli incurabili, ses douze belles
cantates dont il a été fait plusieurs éditions,
et dont la première parut à Londres, en
1735.
En 1728, Porpora fut invité à se rendre à
Dresde pour enseigner le chant à la princesse
électorale de Saxe, Marie-Antoinette. Passant
à Vienne, dans ce but, il s'y arrêta quelque
temps, dans l'espoir de faire revenir l'empe-
reur de ses préventions conlre lui, et d'en re-
cevoir quelque récompense dont il avait be-
soin, car il était parti de Venise avec une
bourse fort légère; mais ce fut longtemps en
vain qu'il chercha l'occasion de faite exécuter
quelque ouvrage de lui dans la chapelle im-
périale; il se serait même trouvé dans le plus
grand embarras, si l'ambassadeur de Venise
ne l'avait retiré chez lui, et ne lui avait l'ail
enfin obtenir la faveur d'écrire un oratorio
pour le service de Charles VI. Les auteurs de
la Biographia degli uomini illustri del re-
gno di Napoli font honneur au célèbre com-
positeur liasse de la protection accordée en
celle circonstance à son maître; mais à celle
époque liasse était en Italie, et ce ne fut que
deux ans après qu'il s'éloigna de Venise [tour
aller à Dresde. D'ailleurs, liasse, loin d'avoir
conservé de la reconnaissance pour les soins
que lui avait donnés son maître, ne lui
montra que de l'ingratitude lorsqu'il le re-
trouva plus lard à Dresde et ailleurs. Quoi
qu'il en soit, Porpora écrivit l'oratorio, pour
lequel on lui avait fait dire d'être plus mé-
nager de ses trilles et de ses mordents. L'em-
pereur, assistant à la répétition de l'ouvrage,
fut charmé d'y trouver un style simple où ne
paraissait pas un seul de ces ornements qu'il
n'aimait pas. Cependant, le compositeur avait
préparé pour la fin une plaisanterie à laquelle
le monarque ne s'attendait pas, et qui eut le
succès que le compositeur s'élait promis. Le
thème de la fugue finale commençait par quatre
notes ascendantes sur lesquelles il avait mis un
trille; celte série de trilles, répétée à toutes les
entrées des différentes voix, devint une bouf-
fonnerie des plus plaisantes au stretto, quand
loules les parties firent entendre une longue
suite de trilles qu'elles reprenaient tour à
tour. Quoique d'un caractère fort sérieux,
en 1717, puis représenté à Venise en 1727, et à
Londres, en 1734 (n General hislory nf Motîe, t. IV,
p. SiJ) : J'ai suivi cette indication dans la première édi-
tion de la Jiingraphie des Aluiiriens ; mais Antoine
Sclimid m'a communiqué, en ISliO, une lettre autographe
de Porpora, de laquelle il resuite qu'il alla à Vienne
pour la première fois en I7-'J.
PORPORA
99
l'empereur fut pris d'un rire convulsif à l'au-
dition de ce morceau grotesque, pardonna à
l'auteur sa plaisanterie, et lui lit remettre une
récompense pour son travail.
Arrivé à Dresde, Porpora y fut bien ac-
cueilli, et bientôt il y jouit d'une faveur sans
bornes près de la princesse électorale, qui ap-
prit de lui non-seulement l'art du chant,
mais la composition. Lorsque Hasse se rendit
à la cour de Saxe, en 1730, il trouva Porpora
en possession de la direction de la musique de
la cour, et ce fut alors qu'il lui donna des té-
moignages d'une ingratitude qui s'était déjà
manifestée à Naples. En 1729, le maître napo-
litain avait obtenu un congé pour aller à Lon-
dres diriger l'Opéra italien établi en opposi-
tion au théâtre dirigé par Hœndel ; mais avant
de s'y rendre, il alla à Venise écrire la Semi-
ramide riconosciuta, qui eut du succès. Arrivé
à Londres, au mois d'avril, il fut mis en pos-
session de la direction de la musique de l'Opéra
italien dont la noblesse faisait les frais dans
le dessein de faire tomber celui que Hsendel
soutenait à ses dépens. Des pertes considé-
rables résultèrent, pour ces deux entreprises,
de leur rivalité. Porpora comprit alors qu'il
ne pourrait lutter avec avantage qu'en appe-
lant près de lui Farinelli pour l'année sui-
vante. De retour à Dresde, il négocia cette
affaire, et, dans l'année suivante, il se rendit
de nouveau à Londres, où la réunion de Fari-
nelli et de Senesino au théâtre de Hay-Market
assura le succès du rival de Hsendel. Alors
Porpora demanda et obtint la résiliation de
son engagement avec la cour de Saxe et de-
meura dans la capitale de l'Angleterre pen-
dant plusieurs années. Il y publia un livre de
ses excellentes cantates, et des trios de violon
et basse, sous le titre de Symphonies, ouvrage
d'une conception aussi faible que l'autre était
remarquable. Accoutumée à la musique ner-
veuse et pleine d'invention de Hsendel, la na-
tion anglaise ne goûtait pas les œuvres dra-
matiques de Porpora, dont le syle, bien que
rempli de mélodie, manquait de chaleur et de
nouveauté. Mais la grande réputation dont il
jouissait à Londres comme maître de chant,
après qu'on eut entendu Farinelli, aurait pu
faire sa fortune, si son ambition d'artiste se
fût alors bornée à donner des leçons d'un art
qu'il possédait si bien. Il fit certainement des
voyages à Venise pendant la durée de son sé-
jour en Angleterre, car on voit dans la Dra-
maturgia d'Allaci qu'il donna, en 1 7ô 1 ,Anni-
bale, en trois actes, au théâtre Sant'Angiolo,
de cette ville, el je possède la grande partition
de Milridate, en trois actes, qu'il y écrivit en
1733. Il parait qu'il s'éloigna de l'Angleterre
en 1730, car il fit représenter, au théâtre
Saint-Jean-Çhrysostome, un opéra intitulé
Rosdale, dans la même année. Il semble aussi
qu'il y reprit les fonctions de directeur d > une
des écoles de musique de cette ville; mais
toute cette partie de sa vie est incertaine : on
sait seulement qu'il était à Venise en 1744,
car, suivant la Dramalurgia , il y donna
alors le Nozze d'Ercole e d'Ëbe. En 1745, il
s'y trouvait encore et y écrivit un Stabat,
pour deux voix de soprano et deux contraltos,
qui appartenait à Sigismondi, bibliothécaire
du collège royal de musique de Naples, en
1819; cet ouvrage était daté de Venise, dans
cette même année 1745.
Un gentilhomme vénitien, nommé Corner,
fut envoyé vers ce temps comme ambassadeur
de sa république, à Vienne. Il avait une maî-
tresse qui était folle de musique et qui pre-
nait des leçons de chant de Porpora. Cette
femme obtint de Corner qu'il emmenât à
Vienne le vieux maître, dont elle ne pouvait
se séparer et, pour la troisième fois, Porpora
revit la capitale de l'Autriche. H y passa plu-
sieurs années, et ce fut dans le séjour qu'il y
fit que Haydn (voyez ce nom) le connut et en
reçut des conseils. Ce fut sans doute à la
générosité de l'ambassadeur de Venise que
Porpora fut redevable des moyens de publier
ses sonates pour violon et basse qui parurent
sous ce litre : Sonate XII di violino e basso
dedicate a S. A. R. la principessa électorale
di Sassonia Maria Antonia Walburga di
Baviera, da Niccolb Porpora, maestro di
cappella di S. M. il re di Pologna. In
Vienna d'Austria, 1754. Si vendono dal
Signor Frederico Bernardi libraro délia
corte imp., in-fol. oblong de soixante-deux
pages, gravé sur cuivre. Dans l'épître dédica-
toire de cet ouvrage, le compositeur dit qu'il
y a fait usage des trois genres diatonique, en-
harmonique et chromatique. On ignore en
quelle année il quitta Vienne pour retourner
à Naples, mais tout porte à croire que ce
fut entre 1755 et 1760. Suivant la notice
écrite par Gazzaniga et citée précédemment,
ce fut en 1759. Il ajoute que Girolamo Abos,
maître de chapelle de la cathédrale de Naples
et maître de chapelle du Conservatoire de
San Onofrio, étant mort, en 17G0 (1), Por-
pora lui succéda dans ces deux emplois. Dans
(I) J'ai placé trop lard la dalc de la mort de cet artiste
dans l'article qui le concerne.
100
PORPORA
celle même année, il avait fail représenter
son dernier opéra, intitulé II Trionfo di Ca-
millo. Porpora ne s'était jamais distingué par
l'abondance ni par la nouveauté des idées;
mais dans ce dernier ouvrage, la débilité de
l'imagination était complète. Le grand âge de
l'artiste, et le besoin qui l'avait porté à écrire,
étaient son excuse. Les leçons des ténèbres à
soprano et ténor, pour le mercredi et lejeudi
saints, qu'il écrivit dans le même temps pour
l'église des Pellegrini, furent chantées par
les célèbres artistes Caffarelli et Baff. Leur
talent prêta à cette musique un charme que le
compositeur n'y avait pas mis. La dernière
production de Porpora fut une musique pour
la fête du sang de saint Janvier; elle fut exé-
cutée dans la cathédrale, en 1765. L'historien
de la musique Burney, qui visita Naples peu
de temps après la mort de l'artiste, dit que sa
misère futextrêmedans ses dernières années;
ses infirmités l'empêchaient souvent de don-
ner ses leçons, qui étaient sa meilleure res-
source. On a peine à comprendre qu'il en fut
ainsi, s'il est exact qu'il réunit, à cette der-
nière époque de sa vie, les deux places de
maître du Conservatoire de San Onofrio et
de chapelle de la cathédrale de Naples. Toute-
Ibis, l'assertion de Burney se trouve confirmée
par le marquis de Villarosa, qui nous apprend
que les musiciens de celte ville dînent se co-
tiser pour payer les frais de ses funérailles, qui
furent faites dans l'église de VEcce homo, où
il fut enterré. C'est un grave reproche à la
mémoire de Farinelli et de Caffarelli, gorgés
de richesses, d'avoir laissé languir la vieil-
lesse de leur maître dans les horreurs du be-
soin. Suivant la notice de Gazzaniga, Porpora
mourut au mois de février 1706, d'un mal
qui lui était survenu à la jambe. D'après les
renseignements recueillis par Villarosa, son
décès n'aurait eu lieu qu'en 1767, par suite
d'une pleurésie. Il y a plus de probabilité pour
la date donnée par l'élève de Porpora, qui a
dû être bien informé de la mort de son maître.
Porpora ne vécut donc pas jusqu'à l'âge de
quatre-vingt-dix ans, comme le prétend Bur-
ney, ni jusqu'à sa quatre-vingt-deuxième
année, suivant Gerbcrt, mais jusqu'à l'âge de
quaire-vingis ans moins quelques mois.
Burney dit, d'après les renseignements
qu'il recueillit à Naples, que Porpora a com-
posé plus de cinquante opéras; on ne connaît
aujourd'hui que ceux dont les (rires suivent :
1° fiusilio, re di Oriente, à Naples. 2" Béré-
nice, à Borne, 1710. 3° Flavio Anicio Oli-
briOf à Naples, 1711. 4" Earamondo, idem,
1719. Entre ces deux derniers ouvrages, il y a
une lacune de huit années, pendant lesquelles
on ne peut douter que Porpora n'ait écrit
plusieurs opéras maintenant inconnus. 5° Eu-
mette, à Borne, 1721 . 6° L'Imeneo, cantate, à
Naples, 1723. 7° Issipile, à Borne, 1723. Je
doute de l'existence d'un opéra de ce nom
écrit par Porpora, parce que le catalogue de
la collection de l'abbé Sanlini indique Jssi-
pile , cantata di caméra. 8° Adélaïde, à
Borne, 1723. 9° Si face, à Venise, 1726.
10° Imeneo in Alêne, ibid., 1726. \\°Mcridc
e Selinunte, à Venise, 1727. 12° Ezio, ibid.,
1728. 13° Semiramide riconosciuta, ibid.,
1729. 14" Ermenegilda, à Naples, 1729.
15" Tamerlano, à Dresde, 1750. Je crois
qu'il y a eu d'autres opéras composés par Por-
pora pour la cour de Saxe, au nombre desquels
doit être 16° Alessandro nelle Jndie. î~°An-
nibale, à Venise, 1731. 18° Germanico in
Gcrmania, à Borne, 1752. La partition de cet
opéra est dans la collection de l'abbé Santini,
à Borne. 19° Mitridate, à Venise, en 1733.
La partition est dans ma bibliothèque. 20°/er-
dinando, à Londres, en 1734. Cet ouvrage,
dit Burney, n'eut que quatre représentations.
2\° Lucio Pupirio, à Venise, 1757. 22" Ros-
dale, ibid., 1757. 25° Temistocle, à Londres,
1742. Cet ouvrage n'obtint que huit représen-
sentations. 24° Le Nozze d'Ercole e d'Ebe,
à Venise, 1744. 25° Il Trionfo di Camillo, à
Naples, en 1760. Les autres ouvrages drama-
tiques de Porpora dont on ne connaît pas les
lieux de représentation, sont : 20" Statira,
en 1742. 27° Polifemo. 28° Iftgenia in Au-
lide. 29° Rosmene. 50° Partcnope. 51" Di-
done. 32° Agrippi na. Deux cantates ou^;i "ont
teatrali, à savoir : Angelica e Medore, de Mé-
tastase, et Gli Orti Esperidi, du même, ont
été mises en musique par ce maître.
Porpora était dépourvu de génie drama-
tique; il y a absence complète de variété dans
le style de ses opéras. Comme la plupart des
maîtres de son temps, il n'écrivit que des airs
pour ces ouvrages, et tous ces airs sont jetés
dans le même moule. Dans la partition dé
jVeride e Selinunte, que j'ai sous les yeux, il
y a vingt-neuf airs et un seul chœur final de
vingt et une mesures. De ces airs, huit sont en
fa majeur, dont sept à quatre temps et «/-
legrOf et un à trois temps, avec basse de
viole obligée. Porpora a écrit plusieurs ora-
torios ; voici ceux dont les titres sont connus :
1° Gedconc. 2" // Martirio di santa Eu-
genia. 3° / Martiri di S. Giovanni Nepo-
mucenc. 4° Il f'erbo incarnato. 5° Davide,
PORPORA - PORRO
101
à Londres, 1735. G // Trionfo dclla divina
giustizia. On ignore le titre de celui qu'il
écrivit à Vienne, pour l'empereur Charles VI.
Parmi ses œuvres pour l'église, on remarque
en manuscrit, dans plusieurs bibliothèques :
1° Messe à cinq voix, sans orchestre. 2° Messe
à cinq voix, deux violons, viole et basse.
3° Messe à deux chœurs, quatre voix di ri-
pieno, et orchestre. 4° Messe à quatre voix et
orchestre; Paris, Launer. 5° Inexitu Israël,
à deux chœurs. 6° Confitebor, à deux chœurs,
deux violons, viole et orgue. 7° Domine pro-
basti me, pour deux voix de soprano, deux
contraltos, deux violons, viole et orgue. 8° In
te Domine speravi , à cinq voix, deux violons,
viole et orgue. 9° Qui habitat, pour deux so-
prani, deux contralti, violons, viole et orgue.
^"Magnificat, à deux chœurs. 1 1° Dixit pour
quatre voix, deux violons et orgue. 12° Dixit
court, à quatre voix. 13" Stabat pour deux
soprani, deux contralti, deux violons, viole et
orgue. ]4 n Six duos pour deux soprani sur le
lexte de la Passion, pour la semaine sainte.
15° Leçons pour l'office des morls. 16° Lau-
date, pueri, Dominum, à quatre voix, vio-
lons, viole et hautbois. 17° Te Deum, à quatre
voix et instruments. 18° In te, Domine,
speravi, à quatre voix. 19° Beatus vir, à
quatre voix. 20° Credidi, à quatre voix.
21° Lauda, Jérusalem, à quatre voix. 22° Lse-
tatns sum, à deux chœurs avec violons. 23" Jn
ennvertendo, à quatre voix. 24° Cum invo-
carem, à quatre voix. 25° Nunc dimiltis, à
cinq voix. 2C° De profundis, à quatre voix.
27° Confitebor, à quatre voix. 28° Nisi Do-
minus, à quatre voix. 29° Inlroduzione al
srilmo Miserere pour deux soprani, deux
alti et instruments. 50° Litanies à quatre voix
et instruments. 31° Salve Regina, à quatre
\oix. 32° Salve Regina, à voix seule avec in-
struments, dont le manuscrit orignal était
«lans Ma collection d'Aloys Fuchs, à Vienne.
33° Deux Regina Cœli, à voix seule et instru-
ments.
Porpora a écrit un nombre immense de
cantates à voix seule avec accompagnement de
rlavecin. Il en a fait graver douze à Lon-
dres, en 1735. Ces cantates, du plus beau
style, me semblent être l'œuvre capitale de
Porpora. Choron en a donné une édition nou-
velle, à Paris. Porpora a publié aussi à Londres,
en 1736, six symphonies da caméra pour
deux violons, violoncelle et basse continue.
Les autres ouvrages de musique instrumen-
tale de cet artiste sont : 1° Les douze belles
sonates de violon et basse, gravées à Vienne,
en 1754, et dont il a été fait deux éditions
en partition à Paris, la première chez Des-
conibes, l'autre chez Janet. 2° Six fugues
pour clavecin, publiées pour la première fois
par Clemenli, dans son Practical Narmony
(Londres, quatre volumes in -4° obi., t. I er ,
pp. 58-5C), puis par M. Farcenc, dans le pre-
mier volume de son Trésor des pianistes.
Dans sa jeunesse, Porpora avait beaucoup
de gaieté, d'esprit, et la repartie vive; mais
devenu vieux, il éprouvait souvent des impa-
tiences et des accès de mauvaise humeur que
sa misère faisait excuser. Il était instruit dans
les littératures latine et italienne, cultivait la
poésie avec succès, et parlait avec facilité les
langues française, allemande et anglaise. On
trouve son portrait gravé dans le volume de
la Biografia degli uomini illuslri del regno
diNapoli qui concerne les musiciens ; Naples,
1819, in-4».
PORRO (Pierre), né à Béziers, en 1759,
apprit dans sa jeunesse la musique et la gui-
tare, et fit de bonnes éludes au collège de
cette ville. En 1783, il se rendit à Paris, s'y
livra à renseignement de la guitare, et publia
quelques sonates pour cet instrument qui le
firent connaître d'une manière avantageuse.
Quatre ans après, il commença un journal de
pièces de guitare dont il publia la suite pen-
dant seize ans : il y intercala beaucoup de
morceaux de sa composition pour une et
deux guitares. Le succès de ce journal le jeta
dans le commerce de la musique, qu'il conti-
nua pendant toute sa vie, quoique, dans ses
dernières années, il eût acheté une petite pro-
priété dans la belle vallée de Montmorency, où
il habitait pendant l'été. Doué d'un esprit vif,
original, plein de saillies, et d'une âme noble,
il était obligeant, et ne se laissait pas décou-
rager par l'ingratitude. Son amour pour l'art
et pour les productions classiques des grands
maîtres allait jusqu'à l'enthousiasme. Il en
publia beaucoup dans un temps où ce genre
de musique était peu recherché en France,
bien moins stimulé par l'espoir du gain que
par le désir de faire connaître à ses compa-
triotes des chefs-d'œuvre ignorés. Il est mort
à Montmorency, dans l'été de 1831. Les prin-
cipaux ouvrages de Porro sont : 1° Concertos
pour guitare et orchestre, n os 1 et 2; Paris,
Ueaucé. 2» Six divertissements pour guitare,
flûte et violon ; ibid. 3° Quatre livres de duos
pour deux guitares; Paris, Porro. 4° Sonates
pour guitare et violon ou ilùle, op. 11, 17,
19, 20, 35, 36; ibid. 5" Sérénades, idem,
n" 5 1-6; ibid. 6° Duos pour guitare et piano.
102
POMIO — PORTA
op. 33; ibid. 7° Un grand nombre d'airs va-
riés, pois-pourris, recueils d'études et d'exer-
cices pour guitare seule; ibid. 8° Environ
vingt-cinq sonates, idem, et détachées; ibid.
9o Instruction pour la lyre-guitare ; ibid.
10° Tableaux élémentaires pour apprendre à
s*accompagner et se perfectionner sur la gui-
tare; ibid. 11° Quelques recueils de pièces
]>our un et deux flageolets; ibid. 12° Méthode
de flageolet; ibid. 13" Hymne à sainte Cécile,
à deux voix, orchestre et orgue; ibid.
14° Panis angelicus, à deux voix et orgue;
ibid. 15° Douze romances avec accompagne-
ment de guitare, op. 27; ibid. 16° Beau-
coup de romances et de chansons détachées;
idem, ibid.
PORSILE (Joseph), compositeur napoli-
tain, né en 1672, fit ses éludes musicales dans
un des conservatoires de Naples. Ayant été
appelé en Espagne au service de Charles II, il
fut d'abord second maître de la chapelle
royale; en 1G97, il devint titulaire de la place
de premier maître. Après la mort de ce prince
(1700) et l'avènement de Philippe V au trône
d'Espagne, Porsilc retourna à Naples. La
longue guerre de la succession le retint dans
celte ville, où son occupation principale fut
l'enseignement du chant et la composition de
musique d'église pour les nombreux couvents
et les églises de Naples. La paix d'Ulrecht, qui
mit fin aux agitations de l'Europe, permit à
l'empereur Charles VI de se livrer à son goût
passionné pour la musique : il fit venir d'Italie
des virtuoses et des compositeurs. Porsile, à
qui l'on fit peut-être un mérite de s'être
éloigné de l'Espagne au moment où la domi-
nation française venait s'y établir, fut du
nombre des artistes appelés à la cour impé-
riale : il arriva à Vienne, en 1715. Il y eut le
litre de mailre de musique de l'archiduchesse
Joséphine et de l'archiduc, qui fut empereur
sous le nom de Joseph I er . Plus tard, Porsile eut
le litre de compositeur aulique. Il est appelé
compositore giubilato au titre de son opéra
' Sparlaco. Il conserva sa position jusqu'à sa
morl, arrivée le 29 mai 1750. Il avait atteint
Pige de soixanle-dix-huit ans. Son premier
ouvrage composé pour la cour impériale fut
Sisara , drame d'Apostolo Zeno, représenté
va 1719. Ses autres opéras écrits pour la même
cour sont : Meridc e Sclinunte, en 1721 ; Spar-
laco, en 1720; I duc rc, Iioboamo e Geroboa-
nw, en 1731; Giuscppcriconosciulo, en 1733.
Davide, oratorio, fut composé en 17i24, sur le
poème (V/tpostolo Zeno. Les partitions de
Porsile sont conservées à Vienne dans la riche
collection d'ancienne musique dramatique de
la cour. Hasse avait beaucoup d'estime pour
les compositions de cet artiste, dont le style
était simple et expressif.
PORTA (Co:(sta:nt), religieux de l'ordre
de Saint-François ou mineur conventuel, na-
quit à Crémone, dans la première moitié du
seizième siècle, et fit ses études musicales à
Venise, sous la direction d'Adrien Willaert (1).
Après avoir été mailre de chapelle du couvent
de son ordre, à Padoue, il alla occuper un poste
semblable à la cathédrale d'Osimo, puis à l'é-
glise mélropolitainedeRavenne,et en dernier
lieu à la Santa Casa de Lorette, où il mourut
en 1001. On peut le considérer comme un des
plus savants musiciens italiens de son temps.
Son style est grave, et nul n'a été plus sévère
observateur du caractère de la tonalité du
plain-chant, sur lequel il a écritla plusgrande
partie de ses ouvrages. Il a formé beaucoup
d'élèves qui ont été des artistes de mérite. Il a
publié de sa composition : Liber pri mus Motec-
torum 4, 5, G, 7 et 8 vocum ; Venise, 1555. Ce
premier livre a été réimprimé- à Venise, chez
Ang. Gardane, en 1559, in-4° obi. 2° Liber II,
ibid., 1559. 3" Liber III, ibid., 1572. 4" Li-
bevlV, ibid.5°UbevV, ibid. ,\5%5. 6° Liber I
Missarum A, 5 et G vocum; ibid., 1578. Les
cinq livres de motels ont été réimprimés chez
le même, en 1580 et 1585.7°Zf6er I Introilus
Missarum quinque vocum; ibid., 1566. 8° Li-
ber II Jntroitus Missarum dominicus pro
quinque vocibus ; ibid., 1588. 9° Madrigali a
4e 5 voci, lib. I ; ibid., 1555. 10° Libro n,
iMd.,1573.11°Libro III, toid., 1586, \2'lnni
sacri per tutto l'anno a quattro voci; in
Venetia , app. Gardano , 1602 , in-4".
15° Psalmodia Fespertinaomn. solem. oclo
vocum, adj. quatuor canticis B. M. V.
octonis vocibus; ibid., 1605. Ces deux ou-
vrages sont posthumes. 14° Il quarto libro di
madrigali a cinque voci nuovamente raccolti
di Marsiglio Cristoforo; in ï enclin app.
Ang. Gardano, 1586, in-4°. Le P. Martini
possédait aussi en manuscrit de ce musicien :
Lamentationes quinque vocum, et J/adrigali
a quattro voci; ainsi qu'un traité de compo-
sition intitulé : Instruzioni di contrapunto.
Le P. Constant Porta fut un des auteurs qui
dédièrentà Pierluigi de Palestrina un recueil
de psaumes à cinq voix. On trouve quelques
morceaux de sa composition dans les anciens
(I) SI. de WinlcrMil, «i ti i a donné quelques détails
sur les élèves de ce mailre, dans vin livre sur Jean <;a-
bricli, a oublie Porta, qui fut pourtant un des plus dis-
tingues.
PORTA
103
recueils publiés à Venise et à Anvers, au
seizième siècle. Le P. Martini a donné plu-
sieurs extraits de ses œuvres dans le Saggio
fondamentale pratico di contrappunto, re-
produits par Choron dans ses Principes de
composition des écoles d'Italie, et Paolucci
en a inséré deux morceaux dans les deux
premiers volumes de son Arle pratica di
contrappunto ; enfin, un morceau ingénieux
«le Porta, publié par Artusi dans son livre
Pelle imperfetioni (sic) délia moderna mu-
sica,a été reproduit par Hawkins, dans le pre-
mier volume de son Histoire générale de la
musique (pages 112-115).
PORTA (Hercule), compositeur, né à
Bologne dans les dernières années du seizième
siècle, fut maître de chapelle de San Giovanni
in Persicetti, à Venise. Il occupait cette po-
sition en 1620. Il n'est connu que par quelques
ouvrages dont les titres suivent : 1° Le Laudi
délie musica, a tre voci, libro primo; Rome
(sans date). 2° Hore di recreazione auna et
due voci; in Fenetia, app. Vincenti, 1612.
5' Lusinghe d'amore e canzonetle a 5 voci,
Venise. 4° Sacri concert i musicali a 1, 2, 5,
4, 5, G voci, con violini, Ire tromboni et
basso per l'organo, op. 7, Venise, Aless.
Vincenti, 1620, in-4". 5° Completorium
quinque vocum, op. 8, ibid., in-4\
PORTA (Jean-Baptiste), physicien cé-
lèbre, naquit à Naples vers 1550, et mourut
dans la même ville, le 4 lévrier 1615. C'était
un homme d'érudition, mais dont l'esprit
était rempli de préjugés et de crédulité poul-
ies choses les plus absurdes. Dans sa Magia
naturalis libri XX, dont la première édition
parut à Naples, en 1589, in-fol., il traite
(lib. XX, cap. 7) de l'efficacité de la musique
pour le traitement de quelques affections mo-
rales. Sous le nom de Giovan Battista Porta,
sans autre indication, a été publié un recueil
intitulé : Madrigali a cinque voci, in Ve-
nelia, app. Barlol. Magni, 1616, in-4".
POUTA (Jean), compositeur dramatique,
né à Venise, vers la fin du dix-septième
siècle, fut d'abord directeur de la musique du
cardinal Otloboni, puis retourna à Venise, en
1716, et y obtint la place de maitre du chœur
des jeunes filles du conservatoire de la Pietà.
Il occupait encore celle place en 1736, lors-
qu'il se présenta au concours, après la mort
de Biffi, pour la place de premier maître de la
chapelle ducale de Saint-Marc, avec Antoine
Pollarolo et Lotli : ce dernier obtint la préfé-
rence. Après cet échec, Porta retourna à Lon-
dres où il avait déjà l'ail un voyage, en 1729.
Il fut nommé maître de chapelle de l'électeur
de Bavière, en 1737, el mourut à Munich, en
1740. On connaît de cet artiste les opéras
suivants : 1° La Costanza combattuta in
amore, Venise, 171G. 2° Agrippa, ibid.,
1717. 3° L'Amor di f.glia, ibid., 1718.
4° Teodorica, ibid., 1720. 5" L'Amor ti-
ranno, ibid., 1722. G 8 Li Sforzi d'ambi-
zione e d'amore, ibid., 1724. 7° Anligono
tutore di Filippo (avec Albinoni), ibid.,
1724. 8° Iflarianna, ibid., 1724. 9° Agide,
rediSparta, ibid., 1725. 10° Ulisse, ibid..
1725. 11° Il Trionfo di Flavio Olibrio, ibid.,
1626. 12 a Aldeso, ibid., 1727. 13° Âmor e
fortuna, ibid., 1728. 14° Nel perdono la
vendetta, ibid., 1728.1 5° Doriclea ripudiala
di Creso, ibid., 1729. 16° Numidor, à Lon-
dres, 1738. 17° Artaserse, à Munich, 1759.
On trouvait autrefois chez Breilkopf, à Leip-
sick, un Magnificat à quatre voix et orchestre
et un motet pour soprano, deux violons, alto
et basse, de Porta.
PORTA (Bernardo), né à Rome, en 1758,
reçut des leçons de composition de Magrini,
élève de Léo. Après avoir élé maître de cha-
pelle à Tivoli, il retourna à Rome, et fut at-
taché au prince de Salm, alors prélat dans
cette ville. Dans ce même temps, il écrivit
pour le théâtre Argentina la Principesse
d'Amalfi, qui n'eut point de succès, des
messes, des motets et deux oratorios. Arrivé à
Paris, en 1788, il donna dans la même année,
au Théàlre Italien, le Diable à quatre, opéra-
comique, avec une nouvelle musique qui fut
mal accueillie par le public. Cet ouvrage fut
suivi, au même théâtre et au théâtre Montan-
sier de la Blanche haquenée, Pagamin, au
théâtre Louvois, 1792, Laurette au village,
au théâtre Molière, 1795. Porta donna à
l'Opéra, en 1794, Agricole Viala ou la Réu-
nion du 10 août, en un acte ; les Horaces, en
deux actes, 1800, son meilleur ouvrage; le
Connétable de Clisson, en trois actes, 1804.
Il est difficile d'imaginer rien de plus plat, de
plus misérable, que ce dernier opéra, qui fut
l'objet d'une chanson satirique, sur un vieil
air français, avec ce refrain :
l'orle ailleurs ta musique, Porta.
Porte ailleurs ta musique.
Porta avait terminé douze opéras français
dont il n'a pu obtenir la représentation. Ce
musicien a écrit aussi de la musique instru-
mentaient l'on connaît sous son nom: l°Trios
pour deux violons el basse, livres 1 et2; Paris,
Naderman. 2° Trios pour trois flûtes, op. 1,
G et 11 ; Paris, Sicber et Janet. 5 a Trois.
104
PORTA - PORTMANN
quatuors pour flûle, violon, alto cl liasse;
Paris, Imbault. 4° Quintettes pour deux flûtes,
violon, alto et basse, livres 1, 2, 3, 4, Paris,
Naderman. 5° Six duos pour deux violoncelles,
Paris, Frey. Porta était, dit-on, bon maître de
chant. Il est mort à Paris, du choléra, au mois
d'avril 1832 (1).
PORTA (François DELLA), organiste et
compositeur, né à Milan, au commencement
du dix-septième siècle, eut pour maître de
composition Jean-Dominique Ripalta. Après
avoir été pendant quelques années organiste
de l'église Saint-Ambroise, dans sa ville
natale, il succéda à Antoine-Marie Turato, en
qualité de maître de chapelle de Saint-Celse,
et en dernier lieu, il fut maître de chapellede
l'église Saint-Antoine, jusqu'au mois de jan-
vier 1GG6, époque de sa mort. On a imprimé
de sa composition : 1° Salmi da Capella a
quattro voci, con altri a 3, 4, 5 voci con-
certati, op. 5; in Fenezia, per Jless. Fin-
centi, 1C37, in -4°. 2" Motelti a 2, 3, 4, 5
voci con lilania délia D. F. à 4 t'oct,
Libro 1°, oi». 2; ibid., 1G45, in-4°. 3° Ricer-
cari a 4 voci; Milan. 4° Motetti, lib. 1 cl 2;
Venise. 5° Molecta 2, 3, 4 et 5 vocum cum
una Missaet psalmi quatuor vel quinque
vocibus ad libitum decanlandis, cum basso
ad organum libri tertii, opus quurtum;
Antwcrpiz, ap. Hxred. Pétri Phalcsii,
1054, in-4°.
PORTAFERRARI (Charles-Antoine),
ecclésiastiquedeEologne,dans le dix-huitième
siècle, fut moine dans un couvent de Modène.
Il a publié un traité de chant ecclésiastique
intitulé : Regole pclcanlo fermo ecclesiastico;
Modène, 1732, in-4°.
PORTE (Joseph-François), littérateur,
membre correspondant de la Société philhar-
monique du Calvados, membre de l'Académie
dis sciences, agriculture, arts et belles-lettres
d'Aix, est né dans celte ville (Bouches-dn-
Rhone), en 1792. Connu par divers ouvrages de
littérature, étrangers à l'objet de cette biogra-
phie, il n'est cité ici que pour un mémoire cou-
ronné par la Société philharmonique du Cal-
vados, et qui a pouj- tilre : Des moyens de
propuger le goût de la musique en France, et
particulièrement dans les départements <lr
(I) Audilîret s'est trompé, dans le supplément delà
Biographie universelle de Rlichaud, lorsqu'il :i ilii que
Porta était mort vers JSIii, car II donnait encore des
leçons d li ii i ie dans l'institution dirigée par Choron,
en l s i-j . j ( - lui succédai alors dans cet enseignement,
lin 1829 je lui reiu citez lloger, membre de l'Académie
(cunçji
l'ancienne Normandie; Czcn, 1835, in-8"dc
quatre-vingt-seize pages.
PORTE (Gérard DE LA), musicien au
service du prince évoque d'Osnabruck, vers
1080, a fait imprimer un ouvrage de sa com-
position, sous le titre de : Suites de pièces
nouvelles choisies et disposées pour le concert,
pour deux dessus de violon avec la basse con-
tinue pour le clavecin, auxquels on peut
joindre la basse de viole et le téorbe; Amster-
dam, 1089, in-4°obI.
PORTE (Nicolas DE LA), organiste et
maître de clavecin à Paris, dans la seconde
moitié du dix-huitième siècle, est auteur d'un
ouvrage qui a pour tilre : Traité théorique et
pratique de l'accompagnement du clavecin,
avec l'art de transposer dans tous les tons
et sur tous les instruments, dédié à made-
moiselle Le Duc, in-4° gravé ; Paris, La Che-
vardière (sans date).
PORTE (l'abbé DE LA). Foyez LA-
PORTE.
PORTER (Walter), musicien de la cha-
pelle du roi d'Angleterre Charles I er , et inspec-
teur des enfanls de chœur de AVestminster, a
publié de sa composition : 1° Airs et madri-
gaux pour une, deux, trois, quatre et cinq
voix, avec basse continue pour l'orgue on le
(éorbe, dans la manière italienne; Londres,
1039. 2° Cantiques et motels 1i deux voix;
Londres, 1057. 3° Paraphrase des psaumes de
George Sandy, à deux voix, avec basse con-
tinue pour l'orgue; Londres, 1070.
PORTINARIO (François), musicien né
dans les Étals de Venise, vivait à Padoue vers
le milieu du seizième siècle. On connaît de
lui trois livres de madrigaux à cinq et six
voix, dont le premier est intitulé : Il primo
libro de Madrigali a cinque voci; Fenetia,
app. Ant. Gardane, 1550, petit in-4°ohlong.
Le dernier livre a pour litre : // terzo libro de'
madrigali a 5 e G voci, contre dialoghiaG
e uno a olto; Venise, 1557, in-4°.
POROIAINIV (Jean-Théophile), né à
Oberlichtenau, près de Dresde, le 4 décembre
1739, Il t ses études musicales à l'école de la
Croix, dans cette ville. On ignore les circon-
sianccs qui l'amenèrent <!■■ la capitale de la
Saxe près «les bords «lu Rhin, mais on sait
qu'après avoir élé chanteur à la cour du duc
de Darmstadt, il a rempli, à Darmstadt même,
les fonctions de professeur adjoint et de can-
tor à l'école de la ville. Il mourut le 10 sep-
lembre 1798, à l'âge de cinquante-neuf ans.
Pentlanl plusieurs années, il fut attaché à la
rédaction de la Bibliothèque allemande uni-
PORTMANN - PORTOGALLO
101
verseUc,ponr la musique, et il s'y montra cri-
lique sévère. Son premier ouvrage imprimé a
pour titre : Musicalischer Unterricht zum
débranche fur Jnfanger und Liebhabcr der
jl/usik uberhauptj etc. (Instruction musi-
cale pour les commençants et les amateurs de
musique, etc.); Darmstadt et Spire, 1775,
in-4° de trente-deux pages. Une seconde édi-
tion de ce petit ouvrage fut annoncée en
1799, mais elle n'a pas paru. Quatre ans
après la publication de sa méthode élémen-
taire de musique, Porlmann fit paraître un
traité d'harmonie intitulé : Leichtes Lehr-
buch der Harmonie, Composition und das
Generalbasses, zum Gebrauch fiir Liebhaber
der Musik, etc. (Méthode facile d'harmonie,
de composition et de basse continuera l'usage
des amateurs de musique, etc.); Darmstadt,
1789, in-4° de soixante et dix pages, avec
soixante-quatre planches de .musique. Une
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée
en 1799, à Darmstadt, chez Heyer. Je crois
que ce n'est que la première, avec un nouveau
titre. Le livre le plus important de Porlmann
est celui qui a pour titre : Die neueslen und
wichtigsten Entdeckungen in der Harmonie,
Mélodie und dem doppelten Contrapuncte
(Les découvertes les plus nouvelles et les plus
importantes dans l'harmonie et le contrepoint
double. Supplément à toute théorie musicale) ;
Darmstadt, 1798, deux cent soixante et dix
pages in-8° et dix-neuf planches de musique.
Une analyse détaillée de cet ouvrage se trouve
dans la première année de la Gazette musi-
cale de Leipsick, p. 444. On a aussi de Porl-
mann : \ a Nouveau-livre choral pour le duché
de Hesse-Darmstadt ; Darmstadt, 1786, in-4°.
Son nom ne se trouve pas au titre, mais après
la préface. 2° Musique pour la fêle de Pente-
côte; Darmstadt, 179ô. Il a laissé en manu-
scrit six fugues pour le clavecin qui se trou-
vaient, en 1812, à Leipsick, chez Kiihnel.
POPiTO ( Antoine-Ignace ) , pianiste et
compositeur, naquit à Vicence, en 178G.
A l'âge de treize ans, il entra au collège des
Nobles de Parme, y reçut une bonne éducation,
et prit des leçons de piano de Chiavarini, et
de contrepoint d'Alfonse Savi. De retour à
Vicence, il y composa beaucoup de musique
instrumentale, particulièrement des sympho-
nies à grand orchestre, qui étaient estimées en
Italie vers 1820.
PORTO (Matiueu), chanteur bouffe ita-
lien, possédait une voix de basse puissante,
mais lourde et lente dans l'articulation. Il
commença à se faire connaître, en 1802, au
théâtre de Pavie, chanta au théâtre Carcano,
de Milan, en 1805, puis à Gênes, à Venise et
à Rome. En 1810, il vint à Paris, et fut atta-
ché comme permière basse à l'opéra italien
du théâtre de l'Impératrice. Il y resta jus-
qu'en 1814, retourna en Italie vers la fin de
cette année, et revint à Paris en 1819. Sa
voix avait alors perdu une partie de son tim-
bre; il eut peu de succès, et après avoir
chantéjusqu'au printemps de 1821, il alla à
Londres, où il chantait en 1824. De retour
dans sa patrie, il a paru encore sur quelques
théâtres, jusqu'en 1826. Depuis lors son nom
ne se trouve plus dans la composition des
troupes dramatiques.
PORTOGALLO (Mauc-Antoine), dont le
nom de famille était SI.1IAO , a reçu en
Italie celui sous lequel il est connu, parce
qu'il était Portugais. Il naquit à Lisbonne,
en 1763, et montra dès son enfance d'heu-
reuses dispositions pour la musique. Après
avoir appris les éléments de cet art dans
un couvent de Lisbonne, il reçut des leçons
de chant de Borselli , chanteur italien de
l'Opéra de celle ville, et le second maître
de chapelle de la cathédrale, nommé Orao,
lui enseigna le contrepoint. Des canzoneltes
italiennes et quelques airs avec orcheslre qu'il
écrivit pour le (héâlre de Lisbonne furent ses
premiers essais. Borselli ayant quitté le Por-
tugal pour se rendre à Madrid, Portogallo l'y
suivit et obtint, par son entremise, la place
d'accompagnateur au clavecin de l'Opéra ita-
lien. Il élait alors, dans sa vingtième année.
Pendant son séjour à Madrid, l'ambassadeur
de Portugal, charmé par le génie qu'il remar-
quait en lui pour la musique dramatique, lui
fournit les secours nécessaires pour qu'il se
rendît en Italie. II y arriva en 1787. L'année
suivante, il écrivit, à Turin, VEroe cinese,
son premier opéra, dont le succès ne répondit
pas à l'attente de ses amis; mais quelques
mois après, il prit une complète revanche
dans l'opéra bouffe la Bachetta porlcnlosa,
qui excita l'admiration des Génois par la
multitude de trails nouveaux qui abondaient
dans la plupart des morceaux. VAslullo,
qu'il fii jouer au printemps de 1789, à Flo-
rence, n'eut pas moins de succès, et IlMoli-
naro, qu'il donna cà Venise, au carnaval de
1700, acheva de fonder sa réputation. Après
la représentation de cet ouvrage, Porlogallo
fil un voyage à Lisbonne, et fut présenté nu
roi, qui le nomma son maître de chapelle. De
retour en Ilalic, dans l'année suivante, il
écrivit, à Parme, la Donna di genio valu-
106
PORTOGALLO - POSSEV1N
bile, à Rome, ta Fedova raggiralrice, et à
Venise, il Principe di Spazzacamino , dont
l'éclatant succès excita l'intérêt de toute l'Ita-
lie. Dans le genre sérieux, le Demofoonte
qu'il composa à Milan, en 1794, et surtout
Fernando in Messico, peut-être son chef-
d'œuvre, écrit pour madame Billington, à
Rome, en 1797, le mirent au rang des meil-
leurs compositeurs de cette époque. Les fonc-
tions de maître de chapelle du roi de Portugal
obligeaient Porlogallo à retourner à Lishonne
de temps en temps, et à y faire d'assez longs
séjours; mais son penchant le ramenait tou-
joursen Italie, où ses travauxélaient accueillis
par d'unanimes applaudissements. Son dernier
voyage en ce pays eut lieu en 1815; il donna
pendant le carnaval VAdriano in Siria, à
Milan. A l'époquedudépartde la famille royale
de Portugal pour le Brésil (novemhre 1807),
Portogallo l'avait accompagnée en sa qualité de
maître de chapelle de la cour, et était resté à
Rio-Janeiro jusqu'en 1815, époque où il ob-
tint un congé pour essayer encore une fois son
génie auprès des Italiens. C'est alors qu'il
écrivit, à Milan, pour le théâtre Re, l'ouvrage
dont il vient d'être parlé. Après le retour du
roi à Lishonne, il y reprit son service. Porto-
gallo est mort dans celte ville à la fin de 1829,
on au commencement de 1830.
Il serait difficile de donner la liste com-
plète des compositions de ce musicien distin-
gué, car on manque de renseignements sur ce
qu'il a écrit à Lisbonne; on sait seulement
qu'il a produit une grande quantité de mu-
sique d'église pour le service de la chapelle
loyale, et un grand nombre d'airs portugais ap-
pelés modeinhas. A l'égard de ses opéras ita-
liens, je n'ai pu recueillirque les titres de ceux
qui suivent : 1° L*Eroe cinese, à Turin, 1788.
2° La Bachclta portentosa, à Gênes, 1788.
5° L'Astutta, à Florence, 1789. 4° Il Moli-
naro, à Venise, 1790. 5° La Donna di genio
volubile, à l'arme, 1791. 0" La Fedova rag-
giralrice, à Rome. 7° Il Principe di Spazza-
camino, à Venise. 8° Il Filosofo sedicente.
9 U Alceste. 10" Demofoonte, à Milan, 1794.
11° Oro non compra amore. 12° / due
Gobbi, ossia le confusiuni nate dalla somi-
glianza, à Venise, 1795. 13° // Ritomo di
Serse, à Bologne. 14° Il Diavolo a qualtro,
ossia le Donne cambiale. 15° Fernando in
Messico, à Borne, 1797. 1G" La Maschera
forlunata. 17° Non irritar le donne, à Plai-
sance, 1799. 18° Idontc, à Milan, 1800. 19°//
Mulo per astuzzia. 20° Omar, re di Tema-
gene. 21° Argenide. Cet opéra, dont on ne
trouve pas l'indication dans les almanachs de
théâtres italiens, a été chanté à Londres, au
mois de janvier 1806, par madame Billington
et Braham. 22° Semiramide, à Lisbonne, en
1802, par madame Catalani. 25" Il Cia bot-
tino. 24" Zulema e Selimo. 25° Adriano in
Siria, à Milan, 1815. 26° La Morte di Mitri-
date. Porlogallo avait un frère, de qui l'on
connaît quelques compositions pour l'église.
PGSCII (Isaac), musicien et organiste des
États de la Carinlhie, au commencement du
dix-septième siècle, s'est fait connaître parles
ouvrages suivants : 1° Cantiones sacrx 1, 2,
o, 4 vocum; Nuremberg, 1G25. 2° Musika-
lische Ehren und Tafels Freue, en deux par-
ties ; ibid., 1026.
POSS (Georges), cornettiste au service de
l'archiducFerdinand d'Autriche, vers le com-
mencement du dix-septième siècle, a publié
les ouvrages suivants : 1° Liber primas mis-
sarum 8 et G vocibus ; Augsbourg, 1608.
2° Orphxus mixtusvel concentas musicitam
sacris qaam profanis usibus, tam instru-
mentis quam voc. humants concinnali ,
lib. I; ibid., 1608.
POSSELT (François), organiste et compo-
siteur distingué, naquit en Bohème, dans
l'année 1729. Après avoir été directeur du
chœur à l'église de Gralzau,dans sa jeunesse,
il fut eboisi par le comte Gallus pour diriger
le chœur et l'école de Beichenherg. Plus tard,
un membre de cette noble famille l'établit dans
son palais, à Prague, en qualité de secrétaire.
Posselt mourut dans cette ville, le 27 janvier
1801, à l'âge de soixante et onze ans. Il a
laissé en manuscrit beaucoup de compositions
pour l'église, entre autres deux messes solen-
nelles, dont une a été exécutée dans l'église
des Dominicains, le jour de saint Égide, en
1783, et l'autre, dans la mêmeannée, à l'église
de Saint Sauveur. On a aussi chanté à l'église
du couvent de Slrahow, en 1798, six messes
brèves de sa composition.
POSSEIN (Lauxnin), luthier à Schœngau,
en Bavière, vers le milieu du seizième siècle,
fut engagé pour la fabrication et l'entretien
des instruments de la chapelle de Munich, en
1564, aux appointements de quatre cent cinq
florins. On conserve, dans quelques cabinets
de curieux, des luths et des violes sortisde son
atelier.
POSSEVIN (Antoine), jésuite, né à Man-
toue, en 1554, avait terminé ses éludes avec
succès avant l'âge de quinze ans, cl se rendit
à Rome, ou il fut chargé, par le cardinal de
Gonzague, de l'éducation de ses neveux. Plus
POSSEVIN — POTT
107
tard, il entra dans L compagnie de Jésus, fut
employé par s,, s djpecleurs «tans plusieurs né^
gociationsoù il montra de l'habileté, et devint,
en 1573, secrétaire du général des jésuites.
Le pape l'employa aussi dans des négociations
en Suède et en Russie. Il mourut à Ferrare,
le 2G lévrier 1611, à l'âge de soixante-dix-
linit ans. Dans son livre intitulé Bibliolheca
selecta de rations sludiorum (Rome, 1593,
deux volumes in-fol., et Cologne, 1007, deux
volumes in-fol.), il traite (lib. XV, cap. 5 et 0)
de la musique et des compositeursdeson temps,
dont il donne une liste étendue.
POSTEL (Guillaume) , célèbre vision-
naire, naquit, le 25 mars 1510 (1), à Dolerie,
près de Barenton, en Normandie. Après avoir
fait d'excellentes éludes, il voyagea longtemps
en Europe et en Asie, puis il retourna à Paris.
Il fut professeur de mathématiques au collège
de France, puis il se relira au monastère de
Saint-Marlin-des-Champs, où il enseigna la
philosophie jusqu'en 1578. Il mourut à Paris,
le 6 septembre 1581. Postel l'ut un des plus
savants hommes de son temps, mais il eut
un esprit faible, préoccupé de visions dont on
trouve les détails dans les biographies géné-
rales. Il a écrit cinquante-sept ouvrages, au
nombre desquels il s'en trouve un qui a pour
titre : Tabula in musicam theoricam ; Paris,
1552, in-8°. Ce livre est devenu fort rare.
POTENZA (Pascal), sopraniste distingué,
naquit à Naples vers 1735, et chanta à
Londres, en 1761. Après son retour en Italie,
il brilla sur plusieurs théâtres, notamment à
Padoue, en 1770. Quelques années après, il
fut attaché à la chapelle de Saint-Marc, à Ve-
nise, comme un des vingt-quatre chanteurs de
celte chapelle, jusqu'aux derniers jours de la
république vénitienne (1797). On ignore la
date de sa mort.
POTIER (Heniu-IIippolyte), fils cadet du
célèbre comédien de ce nom, est né à Paris, le
10 février 1816. Admis au Conservatoire, le
19 octobre 1827, il étudia le solfège dans la
classe du professeur Amédée, puis devint
élève de Zimmerman pour le piano. Le second
prix pour cet instrument lui fut décerné au
concours de 1830, et il obtint le premier prix
en 1831. Dourlen et M. Lecoupey furent ses
professeurs d'harmonie et d'accompagnement
pratique, dont le premier prix lui fut décerné
(l) Forkel et Geruer ont adopté une fausse date, en
plaçant la naissance de Postel en 1477; ils ont été copiés
dans cette faute par Fayulle, Lichtenthal, liecker, Ber-
ii'iii, etc., etc. Voyez les Eclaircissements sur ta vie de
Guillaume Postel, par le P. Dcsbillons.
en 1832. M. Potier se livra ensuite à l'élude
sérieuse du contrepoint et de la fugue pendant
cinq années et ne sortit du Conservatoire
qu'au mois de juin 1837, après dix années
d'un travail assidu. Il se livra alors à l'ensei-
gnement et à la composition. Il se fit parti-
culièrement remarquer pas son talent d'ac-
compagnateur dans les concerts. Au mois
d'août 18-îG, il fit jouer, au théâtre de l'Opéra-
Comique, le Caquet du couvent, en un acte,
dont la musique avait de la distinction, bien
qu'on eût pu y désirer plus d'originalité. Cet
ouvrage fut suivi d'il Signor Pascariello ,
opéra en trois actes, qui fut joué au même
théâtre, en 1848, et qui obtint à juste titre du
succès. Depuis cette époque, M. Potier n'a
écrit pour la scène que la musique d'un ballet
en deux actes, représenté à l'Opéra de Paris,
le 22 septembre 1853, et qui a pour titre :
sElia et Mysis ou V Atellane. Cet ouvrage
n'a pas eu une longue existence. M. Potier a
été nommé chef du chant à l'Opéra, en 1850 ;
il occupe encore cette position (1863).
Madame Potier, femme de cet artiste, fut
une agréable et jolie cantatrice qui se fit ap-
plaudir pendant quelques années (1847-1855),
au théâtre de l'Opéra-Comique et dans les
concerts. Son éducation musicale avait été
faite au Conservatoire de Paris.
POTIIV (Antoine), facteur d'instruments à
clavier, vers la fin du seizième siècle, travail-
lait à Paris, où vraisemblablement il est né.
Le P. Mersenne dit de lui dans son Harmonie
universelle (Traité des instruments à cordes,
liv. III, p. 159) : « Les meilleures espinettes
« étaient fabriquées par Antoine Potin, qui
« faisait une excellente barrure. » On voit,
dans quelques vieux instruments, que le sys-
tème de barrage des épineltes et des clavi-
cordes de cette époque était perpendiculaire
au chevalet.
POTT (Auguste), violoniste allemand de
l'époque actuelle, est né le 7 novembre 1800,
à Nordheim, dans le Hanovre. Son père, musi-
cien de ville, lui enseigna les éléments de la
musique, et lui apprit à jouer de plusieurs in-
struments; mais le violon était celui pour
lequel il se sentait une vocation décidée, et
ses instances finirent par faire consentir son
père à ce qu'il le cultivai de préférence à tout
autre. Dans les années 1818 à 1820, Spohr
ayant donné des concerts à Gœltingue, Pott fit
plusieurs voyages de Nordheim à celte ville
pour l'entendre. Sa persévérance obtint enfin,
de son père les moyens de se rendre à Cassel
pour étudier sous la direction du maître qu'U
103
POTT - POTTIER
avait choisi pour modèle. En 1824, il se fit en-
tendre publiquement à Cassel pour la pre-
mière fois, et le succès couronna ses efforts.
Depuis lors, il a voyagé en Danemark, à
Vienne et dans plusieurs villes de l'Allemagne :
partout il a été considéré comme un artiste de
mérite. Il a aussi visité Paris, mais j'ignore
s'il s'y est fait entendre. En 1852, le duc d'Ol-
denbourg l'a nommé son maître de chapelle,
et depuis ce temps il en remplit les fonctions.
On a gravé de sa composition : 1° Les adieux
de Copenhague, grand concerto pour le vio-
lon, op. 10; Leipsick, Hofmeisler. 2° Varia-
tions pour violon, avec accompagnement de
second violon, alto et violoncelle; Hanovre,
Kruchwïtz. 5° Duo pour deux violons; ibid.
4° Les Souvenirs de Paris, variations bril-
lantes sur un thème original pour violon et
orcbeslre, op. 12; Leipsick, Hofmeister.
5° Deuxième concerto pour violon et orches-
tre, op. 15; Leipsick, Kislner. 6° Variations
de concert (Das Minnelied), idem (en sol),
op. 16; Leipsick, Breilkopf et Hœrtel. 7° Va-
riations de concert (sur un thème hollandais),
idem (en ré), op. 20; Leipsick, Kislner. Une
ouverture à grand orchestre, de Pott, a été
exécutée à Leipsick et à Prague, en 1838. Cet
artiste a fait un voyage en Belgique et s'est
fait entendre à Bruxelles, en 185G.
POTT (madame Aloyse), dont le nom de
famille était WINKLA11DE FORAZET,
est née à Vienne, le 23 avril 1815. Élève de
Charles Czerny pour le piano et de Gyrowetz
pour la composition, cette dame se distingue
par un rare talent d'exécution, mais seule-
ment comme amateur. Elle joue aussi fort bien
<lu violoncelle. Elle a composé des Lieder. des
quatuors pour instruments à cordes, et une
messe à quatre voix cl orchestre.
POTT EU (Jeah), littérateur anglais, vivait
à Londres dans la seconde moitié du dix-hui-
tième siècle. On a de lui quelques poésies, et
un écrit intitulé : Observations on the pré-
sent state ofmusic and musicians; Londres,
17fi3, in-8°.
POTTEIV (Ciriu.iNi), pianiste et composi-
teur, est né à Londres, en 1702. Lorsqu'il eut
atteint l'âge de sept ans, son père, professeur de
musique, lui donna les premières leçons deccl
art. Allvvoodlui enseigna les règles du contre-
point, et il acheva ses éludes de théorie sous
la direction de Calcotl et du docteur Crolch.
\|irès l'arrivée de Woclfl en Angleterre, il
reçut ses conseils pendant cinq ans. Il se fil
entendre, pour la première lois, au concert
philharmonique, dans un sextuor de sa com-
position ; mais l'accueil froid qui fut fait à cet
ouvrage l'ayant jeté dans le découragement,
il prit la résolution de voyager, visita l'Alle-
magne, et se rendit à Vienne, où il fut présenté
à Beethoven par un de ses amis. De là il se
renditen Italie, puis retourna àLondres, où il
se livra à l'enseignement du piano. Ayant été
nommé professeur de cet instrument à l'Aca-
démie royale de musique, en 1825, il en con-
tinua les fonctions jusqu'en 1832, où il succéda
au docteur Crolch dans la direction de celle
institution. Après vingt-neuf ans passés dans
celte position, M. Polter, ayant pris la résolu-
lion de passer ses dernières années dans le
repos, a pris sa retraite, en 18GI. Il a publié
de sa composition : 1° Sextuor pour piano,
flûte, violon, alto, violoncelle et contrebasse,
op. 11 ; Bonn, Simrock. 2° Grands trios pour
piano, violon et violoncelle, ou clarinette et
basson, op. 12, n 03 1, 2 et 3; ibid. 3° Sonate
concertante pour piano et cor, op. 13; ibid.
4° Grand duo pour deux pianos, op. 7; Vienne,
Mechelli. 5° Introduction cl rondo pour piano
à quatre mains, op. 8 ; Bonn, Simrock. 6° So-
nates pour piano seul, n 03 1 et 2; Londres,
Clementi; n os 3 et 4, Leipsick, Breilkopf et
Hœrtel. 7" Beaucoup de toccales, rondeaux,
fantaisies, éludes, pots-pourris, variations, etc.
pour piano seul; Londres, Bonn, Leipsick,
Vienne, etc. M. Polter a en manuscrit des
quatuors de violon et des symphonies, dont
une a été exécutée au concert philharmonique
de Londres, en 1835. '
POTTIIOFF (....), bon organiste et cé-
lèbre carillonnenr, naquit à Amsterdam, en
1726. Il n'était âgé que de sept ans, lorsque,
à la suite de la petite vérole, il devint aveugle.
La place de carillonneur île l'hôtel de ville lui
fut confiée à l'âge de treize ans. Peu de cam-
panisles ont eu un talent comparable au sien :
il jouait presque constamment à trois parties,
faisant la basse avec les pieds; mais l'exercice
violent auquel il était obligé de se livrer,
lorsqu'il exécutait de celle manière des fugues
et des variations, lui causait une si grande;
fatigue, qu'il était bois d'état de prononcer
un mot après avoir fini. En 1738, Potlhoff
concourut avec vingt-deux rivaux pour la
place d'organiste de If'eslern-Kcrk et fit
preuve d'un talent distingué. Il obtint la place
d'organiste île la vieille église, en 1760.
J'ignore ia date de la mort de cet artiste.
POTT IE I* (Matthieu), musicien attaché à
l.i cathédrale d'Anvers, vers le milieu du dix-
scplième siècle, est connu par les ouvrages
suivants : ! Flores selectissimaruni mis-
POTTiER - POWER
109
sarum 4, 5 et G roc, Anvers, 1650, in-4".
C'est une collection, formée par l'ottier, de
messes d'Asola, Jean Croce, Orland de Lassus,
Massaini, Palestrina et Louis Viadana; le re-
cueil ne contient qu'une seule messe de Pol-
tier, à quatre voix. 2° Missx 7, 8 voc; ibid.,
1640.
POTTIER (Jean-Marie), ancien musicien
de la chapelle du roi, est né à Belleville, en
1772. Après qu'il eut appris les éléments de
la musique sous la direction d'un vieux maître,
nommé Avril, sa belle voix le fit recevoir en-
fant de chœur à la cathédrale de Paris, dont
Fabbé Dugué était alors maître de chapelle.
En 1790, il sortit de la maîtrise de Notre-
Dame, continua ses éludes littéraires, et suivit
des cours de droit. Mais son penchant pour la
musique le fit ensuite entrer au Conservatoire,
où il devint élève de Berton pour l'harmonie.
Il cultiva aussi l'art du chant sous la direction
de Mengozzi, et plus tard il en donna des
leçons à Paris. Admis dans la chapelle de Na-
poléon, en 1807, il devint, en 1815, musicien
de celle du roi. En 1818, il institua une école
de musique dans sa maison. Depuis lors, des
chagrins de famille, des pertes de fortune, et
la dissolution de la chapelle royale l'ont dé-
cidé à vivre dans la retraite. Il a publié un re-
cueil de quatre romances chez Naderman, à
Paris. A l'époque des succès de l'enseignement
de la musique par la méthode de Massimino,
M. Pottier a fait une critique du système
de ce professeur, dans une Lettre à ma-
dame *** sur la musique, M. M o et
l'enseignement mutuel; Paris, F. Didot,
1818, in-8° de vingt-quatre pages.
POUILLAIV (mademoiselle), virtuose sur
le clavecin, vécut à Paris, dans la seconde
moitié dudix-huilième siècle. Elle a fait graver
à Paris, en 1783, trois sonates pour le clave-
cin, op. 1.
POUSAM (Manuel), moine auguslin por-
tugais, naquit à Landroal, et fut maître de
chapelle du couvent de son ordre, où il est
mort, en 1685. Il a fait imprimer : Liber pas-
sionum et eorum qux a dominica Palmarum
usque ad sabbatum sanctum cantari soient;
Lugduni, 1676, in-fol. Il a laissé aussi en
manuscrit : 1° Missa defunctorum 8 vocum.
2° Filhancicos e motetes. Ces compositions
étaient autrefois dans la bibliothèque du roi
de Portugal.
POUTEAU (....), né à Chaulme, en Brie,
vers 1740, fut conduit à Paris à l'âge de quatre
ans, et y commença, fort jeune, l'élude de la
musique. Forqueray, son grand-oncle, un des
meilleurs organistes de ce temps, lui enseigna
à jouer de l'orgue, et il reçut de Bordier des
leçons de composition. A l'âge de quinze ans,
il obtint la place d'organiste à l'église Saint-
Jacques de la Boucherie; plus tard il succéda
à Forqueray, comme organiste du prieuré de
Saint-Marlin-des-Champs et de Saint-Severin.
En 1810, il était organiste de la paroisse
Sainl-Méry, quoiqu'il fût âgé de plus de
soixanle-dix ans. En 1777, il avait fait repré-
senter à l'Académie royale de musique Alain
et Rozette, opéra en un acte, qui fut bien ac-
cueilli. Il a laissé des pièces de clavecin et des
motets. On lui doit aussi les accompagnements
dé piano de quaranle-huit recueils d'airs
d'opéras français.
POWEL (Thomas), né à Londres, en
1776, se livra à l'étude de la musique dès ses
premières années, et apprit à jouer du violon-
celle, du piano et de la harpe. En 1805, il joua
avec succès un concerto de violoncelle, com-
posé par lui, au concert donné à Hay-Market
pour le bénéfice du fonds choral. L'année sui-
vante, il alla se fixer à Dublin en qualité de
professeur de musique, et y composa plusieurs
ouvrages pour l'église et les concerts. Son ta-
lent de violoncelliste se développa de jour en
jour, et les biographes anglais assurent qu'il
pouvait êlre mis en comparaison avec Bom-
berg. Après plusieurs années passées à Dublin,
il s'est fixé à Edimbourg, où il vit encore (1863).
Cet artiste a publié à Londres età Edimbourg :
1° Trois duos pour violon et violoncelle, op. 1.
2° Trois duos pour deux violoncelles, op. 2.
3° Trois idem, livre 2 e . 4° Grand duo pour
violon et violoncelle, op. 4. 5° Quatuor varié
pour deux violons, allô el hasse sur le thème
anglais : J/ope told. 6° Sonates pour piano,
violon et violoncelle, n os 1 et 2. 7° Grandes
sonales pour piano et violoncelle obligé.
8° Grande marche et rondo, exécutés par l'or-
chestre d'harmonie aux jardins du Vauxhall.
9° La Campanella, rondo pour piano. 10° Des
thèmes variés, idem. 11° Duos pour harpe et
piano. M'. Powel a beaucoup de compositions
en manuscrit.
POWER (Lyonel), auleur inconnu d'un
petit traité du déchant, ou de la composition,
en ancienne langue anglaise. A l'époque où
Hawkins et Burney onl écrit leurs Histoires
delà musique, le manuscrit qui conlientcet
ouvrage étail dans la possession du comte de
Shelburne. D'après le style, l'orthographe des
mots et la forme des caractères, qui se rap-
prochent plus des lettres saxonnes que des
lettres romaines, ces auteurs pensent que
110
POWER - PRADIIER
l'auteur a dû vivre vers le temps de Chaucer,
c'est-à-dire vers le milieu du quatorzième
siècle, et que c'est le plus ancien ouvrage an-
glais sur celte matière. Morley l'a connu, car
il le cite à la fin de son Introduction to prac-
tical music. Hawkins a donné le commence-
ment du livre de Power [a General historyof
tfie science and practice of mnsic, tome II,
page22G),et Burney (a General II islor y, etc.,
tome II, page 422) l'a aussi rapporté. Cet ou-
vrage a pour titre : Ofthe Cordis ofmusihe.
POYDA (Jean-Frédéric), surintendant et
pasteur à BitteiTeld, a publié un sermon qu'il
avait prononcé à l'occasion de l'érection d'un
orgue à Priorau(?). Cet opuscule a pour litre :
Prediyt bei der Einweihung der Orgel zu
Priorau, etc.; Leipsick, Cnobloch, 1821,
in-8° de trente pages.
POZZI (Anne), cantatrice distinguée, na-
quit à Rome, en 1758. L'étendue, la pureté,
la légèreté de sa voix et l'expression de son
chant lui procurèrent de brillants succès. En
1784, elle chantait à Naples les rôles de prima
donna; plus tard on la trouve à Venise, et en
1787, elle était à Milan. Elle est morte quel-
ques années avant 1812.
POZZI (Gaétan), bon ténor italien, chanta
avec succès depuis 1798 jusqu'en 1819. Il est
mort à Novi, pendant l'hiver de 1833 .
PRACHT (Auguste-Guillaume), musicien
à Koenigsberg, dans la nouvelle Marche de
Brandebourg, vécut dans la seconde moitié
du dix-huitième siècle. Il a publié de sa com-
position : l°Chansons allemandes avec accom-
pagnement de piano; Zerbst, 1796. 2° Six
petites sonates pour le piano, 1 rc partie; ibid.,
1797.3° Sonates pour le clavecin, avec accom-
pagnement de violon et violoncelle, Berlin,
Rcllslâbt, 1798.
PRADHER, ou plus exactement PRA-
DKIVI2 (Louis-Bartiiéi.emi), pianiste et com-
positeur, fils d'un professeur de violon, est né
à Paris, le 18 décembre 1781. A l'âge de huit
ans, il commença l'étude de la musique, sous
la direction de son oncle, Lefèvre, qui, plus
lard, fut chef d'orchestre du théâtre de
l'Opéra -Comique; puis il entra comme élève
à l'école royale de musique, où il reçut des
leçons de Gobert pour le piano. Après que la
révolution eut fait supprimer celle institution,
madame de Hontgeroult accueillit Pradher
comme élève, el lui donna des leçons pendant
plus de deux ans. Le Conservatoire ayant éié
institué, il y fut appelé, et rentra sous la di-
rection de Gobert, son ancien maître. Au con-
cours de 1797, il obtint le second prix de
piano, et l'année suivante, le premier lui fut
décerné. Admis alors dans le cours d'har-
monie de Berlon, il se livra à l'élude de cette
science; mais peu de temps après, il sortit du
Conservatoire pour se marier avec la fille du
célèbre compositeur Philidor, quoiqu'il n'eût
pas encore atteint sa vingtième année. En
1802, après la mort d'Hyacinthe Jadin, sa
place de professeur de piano au Conservatoire
fut mise au concours, et Pradher l'obtint
par l'exécution brillante d'un concerto de
Dussek et de fugues très-difficiles composées
pour ce concours par Chcriibini, el qu'il joua
sans hésitation à première vue. Les principaux
élèves qu'il a formés dans celte école sont les
frères Henri et Jacques Herz, Dubois, Mey-
semberg, Lambert el Rosellen. Pradher a
eu aussi l'honneur de donner des leçons de
piano aux princesses de la famille du roi
des Français Louis-Philippe. Excellent ac-
compagnateur, il fut successivement attaché
en cette qualité à la chapelle du roi, et à la
musique particulière des rois Louis XVIII et
Charles X. Devenu l'époux, en secondes noces,
de la charmante actrice de l'Opéra-Comique,
mademoiselle More, il a beaucoup voyagé avec
elle, et a pris sa retraite de professeur du
Conservatoire en 1827, après vingt-cinq ans
de service. Il s'était retiré avec sa femme à
Toulouse, où ils vivaient honorablement du
fruitde leurs travaux, et jouissaientde l'estime
générale. Pradher fut nommé directeur du
Conservatoire de musique de celle ville. Il est
mort à Gray (Haute-Saône), dans le mois d'oc-
tobre 1843.
Pradher était déjà, depuis plusieurs années,
professeur au Conservatoire lorsque le désir
«le se livrer à la composition dramatique lui
fit suivre le cours de Méhul, qui lui enseigna
le contrepoint, la fugue, et surtout l'art
d'écrire pour la scène. En 1804, il fit un pre-
mier essai de ses forces dans le Chevalier
d'industrie, opéra-comique en un acte, dont
il écrivit la musique en société avec Gustave
Dugazon. Le 24 septembre 1807, il donna au
théâtre Feydcau la Folie musicale, ou le
Chanteur prisonnier , opéra-comique, suivi
de Jeune et Vieille, opéra-comique en \\\\
acte, 181 1, de l'Emprunt secret, en un acte,
25 juillet 1812, du Philosophe en voyage, en
trois actes, le 10 juillet 1821 (en société avec
Frédéric Kreubé), et de Jenny la bouquetière,
en deux actes, le 10 mars 1823 (avec le même).
Parmi les compositions de Pradher, pour le
piano, on remarque : 1° Concerto pour piano
(en sol); Paris, Siebcr. 2" Grande sonate pour
PRADIIER - PR/ETORIUS
iH
piano, violon et violoncelle, op. 17; Paris,
Janet. 5° Adagio el rondo, idem, ibid. 4 U Ron-
do pour deux pianos; Paris, Leduc. 5° Sonates
pour piano seul, op. 1, 2, ô, 13, 16; Paris,
Janet, Naderman, Leduc, Pleyel. 6° Rondeaux
et fantaisies, idem, op. 8, 10, 12, 15; ibid.
7° Pots-pourris, idem, n oS 1 et 2; Paris, Mo-
migny. 8° Variations, idem, op. 11, 14, 18;
Paris, Leduc. 9° Vingt-deux recueils de ro-
mances ; Paris, Érard, Leduc, Momigny.
PRADHER (madame), autrefois made-
moiselle More, née à Carcassone (Aude), le
6 janvier 1800, était fille d'une ancien direc-
teur de théâtres, dans le midi de la France.
A l'âge de cinq ans, elle parut pour la première
fois sur la scène dans le rôle de Jeannette, du
Déserteur. A dix ans, elle chantait dans
l'opéra et dans les concerts, à Montpellier.
Elley resta jusqu'à l'âgede seize ans, puis elle
alla à Rouen, et débuta à l'Opéra-Comique, le
21 juin 1816. Une voix agréable et facile, un
extérieur plein de charme, et son jeu, à la fois
naturel et gracieux, lui procurèrent des succès
qui devinrent chaque jour plus remarquables.
Le premier rôle écrit pour elle fut celui d'un
adolescent dans le Frère Philippe, opéra-
comique de Dourlen : elle y fut charmante.
Bientôt des rôles plus importants lui furent
confiés, et plus tard, elle joua ceux de première
femme dans Léocadie, le Maçon, la Fiancée,
Fiorella , et beaucoup d'autres ouvrages
d'Auber, d'Hérold et d'autres compositeurs.
On se rappellera longtemps le charme qu'elle
mettait dans celui de la Vieille, opéra-comique
de l'auteur de cette biographie. Retirée en
1835, avec la pension acquise par vingt et un
ans de service, madame Pradher a donné,
dans les années suivantes, des représentations
sur les principaux théâtres de France.
PRAEGER (Henri -Alovs), violoniste,
guitariste et compositeur, estné à Amsterdam,
le 23 décembre 1783. Après avoir accompagné
pendant plusieurs années une troupe de comé-
diens ambulants, en qualité de chef d'orchestre,
il aétédirecteurdemusiquedu théâtre de Leip-
sick, depuis 1827 jusqu'en 1829, puis il a été
chargé des mêmes fonctions au théâtre deMag-
debourg. En 1829, il avait obtenu la place de
maître de chapelle à Hanovre; mais il ne fut pas
considéré comme assez habile pour occupercelte
position, et Marschner le remplaça en 1830. En
1838, il était à Cologne, en qualité de violoniste.
Après celle époque, on ne trouve plus de ren-
seignements sur sa personne. Praegera mis en
musique et fait représenterl'opéra deKotzebue
intitulé Der Kiffxuser Berg. Les principales
compositions de cet artiste sont : 1° Un grand
quintette pour deux violons, deux altos et
basse, op. 28; Leipsick, Drcitkopf et naertel.
2° Des quatuors pour deux violons, alto et
violoncelle, op. 13, 17, 18, 19, 34, 43, 47;
ibid., et Leipsick, Hofmeister et Probst.
3° Trios pour violon, alto et violoncelle,
op. 14 et 42; ibid. 4° Duos pour deux violons,
op. 16, 25, 29; ibid. 5° Des caprices, exercices
et études pour violon seul, op. 10, 22, 44;
ibid. 6° Quintette pour alto, deux clarinettes,
flûte et basson, op. 12. 7° Des thèmes variés
pour divers instruments. 8° Des pièces de
guitare. Rassmann cite aussi de Praeger
(Panthéon der Tonkiinsller, page 192), des
messes, des concertos de violon, en manu-
scrit, et un Gradus ad Pamassum musical.
J'ignore quelle est la nature de ce dernier
ouvrage.
PRAELISAUER (le P. Célestin), moine
de l'abbaye de Tegernsee, en Bavière, naquit
à Koelzling, en 1694, et fut élevé au séminaire
de son couvent. Il y acquit de profondes con-
naissances dans la musique, particulièrement
par l'étude des œuvres de Roland de J,assus.
Pendant plusieurs années, il dirigea le chœur
de son monastère. Il mourut à Tegernsee, le
5 février 1745. Dans le grand nombre de com-
positions pour l'église qu'il a laissées en ma-
nuscrit, on distinguait des répons pour les
vigiles des morts qui étaient, dit-on, remplies
de beautés.
PR/ETORIUS (Godescalc), dont le nom
allemand était SCHULZ, professeur de phi-
losophie à Wiltenberg, fut un des hommes les
plus savants de son temps, et posséda parfai-
tement quatorze langues : il naquit à Salz-
wedel, le 28 mars 1528. Après avoir fréquenté
plusieurs universités et terminé ses éludes, il
fut quelque temps recteur de l'école de Mag-
debourg, puis il se rendit à la cour de Bran-
debourg, où il fut employé dans l'administra-
tion. Il mourut le 8 juillet 1573. Liéd'amitié
avec Martin Agricola, il réunit ses connais-
sances musicales à celles de ce savant pour la
rédaction d'une sorte de solfège à l'usage des
élèves de l'école de Magdebourg ; mais Agri-
cola mourut avant l'entière exécution de cet
ouvrage, et Prselorius ne le publia qu'après le
décès de ce musicien, sous ce titre : Melodix
scholaslicae sub horarum intervalles decan-
tandx, in quibus musica Martino Agricola:,
J/ymni suis auctoribus, Distributio eu m
aliis nonnullis Godescalco Prxlorio deben-
tur, in usum scholw Maydeburgensis, cum
4 voc: Magdebourg, 1556, in-4°. Il y a une
\\1
PK.ETUKIIS
•leuxlème édition qui a paru aussi à Magde-
hourg, en 1584, in-4°.
PRETOR1US ou SCHULZ (Jérôme),
savant organiste, naquit à Hambourg, en 1500.
Son père, organiste de l'église Saint-Jacques
de cette ville, lui donna les premières leçons
de musique, puis le jeune Schulz alla terminer
ses études musicales à Cologne. Ses progrès
avaient été si rapides, qu'en 1580, il fut con-
sidéré comme assez habile pour remplir les
fonctionsdecantoràErfurt, et qu'il obtintcelte
place. Son père étant mort deux ans après, on
le choisit pour lui succéder dans la place d'or-
ganiste de Saint-Jacques à Hambourg. Il oc-
cupa cette place pendant quarante-sept ans,
et mourut en 1629, dans sa soixante dixième
année. Prœtorius a publié de sa composition :
1° Cantiones sacrx de prxcipuis festis totius
anni 5, 6, 7 et 8 vocum ; Hamburgi excude-
bat Philippus de Ohr, 1599, huit parties
in-4°. J'ignore pourquoi Gerber a cité cet ou-
vrage sous un titre allemand : mon exemplaire
a celui qui vient d'être rapporté. 2° Magni-
ficat octo vocum iiber die acht Kirchen-Tœne ,
nebst einigen 8-12 stimmigen Motellen
(Magnificat à huit voix dans les huit tons de
l'église, suivis de quelques motets depuis huit
jusqu'à douze voix); Hambourg, Philippe de
Ohr, 1002,in-4°. 5° Ein Kindelein so lœbelich ,
cantique à huit voix, dédié comme cadeau de
noces, à la duchesse de Saxe; ibid., 1615,
in-4°. 4° Six messes à 5-8 voix; ibid., 1G1G,
in-4°. 5° Cantionum sacrarum 5-20 stim-
men, op. 5 ; ibid., 1618, in-4°. Tous ces ou-
vrages ont été réunis sous ce titre : Opus mu-
sicum novum et perfectum, V tomis con-
cinnatum; Francfort, Emmêlais, 1622, in-4°.
Cette magnifique collection est ainsi divisée :
I. Cantiones sacrx de prxcipuis festis.
Operum musicorum etc. tomus primus, huit
parties in-4" et un volume in-folio pour la
basse continue à l'usage des organistes.
II. Cantiones Maris. Operum musicorum
tomus secundus, huit parties in-4" et un vo-
lume in-folio pour la basse continue. Ml. Liber
Missarum. Operum etc. tomus tertius, huit
parties in-4° etun volume in-fol. IV. Cantiones
varix. Operum etc. tomus (juartus, huit
parties in-4° et un volume in-fol. V. Magni-
ficat octo lonorum. Operum etc. tomus
quintus, hu\l parties in-4"elun volume in-fol.
6° Cantiones novx officiosx, motets depuis
cinq jusqu'à quinze voix; Hambourg, 1629,
in-4".
PR/ETORIUS (François), sous-recteur à
Danneberg, dans les premières années du
dix-septième siècle, a fait imprimer un dis-
cours intitulé : Oralio de prxstantia, aucto-
ritate et dignitale artis musicx; Rostock,
1604, in-4".
PR/ETORIUS (BAUTnoLO.Mh), composi-
teur allemand, vécut au commencement du
dix-septième siècle. Il s'est fait connaître par
des pièces instrumentales à cinq parties inti-
tulées : Newe liebliche Paduanen und Ga-
gliardenmit6Stimmen{VivaaeselgaiUàrdei
nouvelles et agréables à cinq parties), Berlin,
1617, in-4°.
PR.ETORIUS (Jacques), fils de Jérôme
(voyez 3. Moller, Cimbria litterata, tome I,
fol. 505), organiste distingué, né dans la se-
conde moitié du seizième siècle, eut pour
maître son père etun organiste. d'Amsterdam,
nommé Jean Petersen. Il fut organiste de
l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, à Ham-
bourg, et eut, le 28 octobre 1648, le titre de
doyen des vicaires de la cathédrale de cette
ville. Il mourut, dans un âge avancé, le 21 oc-
tobre 1651. Il a contribué, avec Jérôme Prœ-
torius, Joachim Decker et David Scheidemann,
à la composition du Livre choral à quatre
parties, publié à Hambourg, en 1604. Il est
aussi auteur d'un recueil de motels à quatre
et cinq voix, intitulé Melodix sacrx, dont
j'ignore la date de la publication. Kuhnau a
publié un cantique de Prœtorius dans le
deuxième volume de ses f'ierstimmige altc
und neue Choralgesxnge (Berlin, 1786).
PR/ETORIUS ou SCHULZ (Michel),
célèbre écrivain sur la musique et composi-
teur, naquit à Creuzberg, dans la Thuringe,
le 15 février 1571 . On n'a pointde renseigne-
ments sur sa jeunesse, sur ses études, ni sur
les maîtres qui lui enseignèrent la musique.
On sait seulement qu'il fut d'abord maître de
chapelle à Lunebourg, puis organiste du duc de
Brunswick, enfin, mailre de chapelle et secré-
taire du même prince à \Voll'enhutle),et prieur
de l'abbaye de Ringelheim, près de Gozlar,
bénéfice qui ne parait pas l'avoir obligé à
résidence. Il mourut à WolfenbUttel , le
I S février 1621. Quelques-unes des composi-
tions de Prœtorius, que j'ai vues en partition,
prouvent qu'il l'ut un savant et laborieux mu-
sicien, sous le rapport de la pratique de l'art ;
mais c'est surtout comme écrivain qu'il est
connu maintenant par un livre remarquable,
qui joint malheureusement à son mérite
propre celui d'une grande rareté, et qu'il est
difficile de trouver complet. Ce livre a pour
titre : Syntagma tnusicum ex veterum et re-
centiorum ecclesiasticorum autorum lec-
tione, Polyhislorum consignatione, varia-
rum linguaruni nolatione, hodierni seculi
(nie) usurpatione, ipsius (Unique musicx
arlis observatione : in cantorum, organis-
tarum. organopœorum, cxlerumquc musi-
cuni scientiarn amantium et tractantium
gratiam collcctum. L'ouvrage entier devait
avoir quatre volumes in-4° : les trois premiers
seulement ont paru. Le premier volume est
divisé en deux parties : la première fut im-
primée à Wolfenhultel ; la seconde, à Willen-
herg. L'épître déeicatoire de celle-ci est datée
<ie Dresde, le 5 mars 1G14. Les deux parties
ont été ensuite réunies avec un titre général
qui porte la date de 1615, mais sans nom de
lieu. Les frontispices ont été plusieurs fois
changés. Ce premier volume est en langue
latine : les deux autres sont en allemand;
ceux-ci ont été imprimés à Wolfenhultel, chez
Élie Halwein, en 1619; mais les planches
gravées sur bois , qui appartiennent au
deuxième volume, n'ont été publiées qu'en
1G20, dans la même ville, en un cahier de
quarante-deux planches avec une table des
instruments, sous ce titre : Theatrum instru-
mentorum seu Sciagraphia. Le premier
volume, entièrement historique, traite de la
musique religieuse, ou plus exactement du
chant choral et de la psalmodie dans le culte
judaïque, et dans les églises des divers rites
grec, asiatique, égyptien et catholique romain;
des instruments de l'antiquité, de la musique
vocale et de la musique instrumentale. Le
deuxième volume, qui traite de tous les in-
struments, de leur nature, de leur étendue, et
particulièrement des orgues, avec tous les dé-
tails de leur facture, et l'examen de plusieurs
de ces instruments très-anciens et très-
curieux, a pour titre particulier : Syntag-
matis musiei Michaelis Prxtorii tomus se-
cundus de organographia. Le troisième vo-
lume est relatif aux principes de la musique,
de la solmisation, de la notation, de la mesure,
à l'art du chant, à la manière d'écrire pour les
instruments, à la forme et aux différents
genres de compositions. Le quatrième devait
traiter du contrepoint : Prœtorius n'eut pas le
temps de le terminer, et l'on n'en a pas re-
trouvé le manuscrit. Tous les bibliographes
musiciens affirment que ce quatrième volume
n'a pas été publié; cependant le catalogue de
la bibliothèque de Forkel indique, sous le
n° 526 (p. 25), le Syntagma musicum, t. I
à IV; mais il est vraisemblable que les planches
<ki second volume formaient le quatrième tome
de cet exemplaire.
BIOGR. l'MV. lins MlfSiCir.XS T. MF.
PH.KTOUUTS us
Une érudition solide se fait remarquer dans
le livre de Prœtorius, et l'on y admire
l'étendue et la variété des connaissances de
l'auteur. A ces qualités se mêlent à la vérité
les défauts du temps où vécut ce savant musi-
cien, c'est-à-dire beaucoup de pédantisme, et
l'absence de l'esprit de critique; mais ces dé-
fauts n'empêchent pas que l'ouvrage ne soit
une mine précieuse de renseignements con-
cernant toutes les parties de la musique, sous
les rapports historiques et techniques : le pre-
mier livre renferme même des aperçus philo-
sophiques qui ne manquent pas de profon-
deur.
Les compositions connues de Prœtorius sont
les suivantes :1° Sacrarum motelarum pri-
mitif 4,, 5, usque ad 1G voc. unà cum
1 Jl/issa et Magnificat ; Magdebourg et Leip-
sick, 1G00, in-4°. 2° Polyhymnia 111 pane-
^gyrica, c'est-à-dire, Chants de paix et de joie
pour les concerts, aune, deux, trois, jusqu'à
vingt-quatre voix, pour deux, trois, quatre,
cinq et six chœurs, avec trompettes et basse
continue pour orgue; Francfort et Leipsick,
1G02, in -fol. Prœtorius a indiqué le contenu
de cette collection dans le troisième volume de
son Syntagma. o» Magnificat à huit voix
dans les huit tons de l'église avec quelques
motets à huit et douze voix (titre allemand) ;
Hambourg, Froben, 1G02. 4° Musx Sionix
oder geistliche Concert-Gesxnge (les Muses de
Sion, ou chants spirituels concertants), pre-
mière, deuxième, troisième, quatrième, cin-
quième, sixième, septième, huitième et neu-
vième parties; Ratisbonne, Jena, Helmsladt et
Wolfenhultel, 1605-1610. Neuf parties di-
visées en quinze volumes in-4°. Collection
excessivement rare; la neuvième partie est
presque introuvable et a même été inconnue à
tous les bibliographes. Voici les titres parti-
culiers de chaque partie : a. Musx Sionix
oder geistliche Concert-Gesxnge iiber die
fùrhncmhste Herrn Lutheri und anderer
teutsche Psalmen mit 8 Stimmen geselzt, etc.
(Muses de Sion, ou chants spirituels concer-
tants sur les psaumes traduits par Luther et
d'autres, composés à huit voix, etc.); Erster
Theil, Ratisbonne, 1605, in-4°. b. Musx Sio-
nix geistliche Concert-Gesxnge iiber die
fiirhnemhste deutsche Psalmen und Lieder ,
ivie sie in derChristlichen Kirchen gesungen
werden mit 8 nnd 12 Stimmen gesetzet
(Muses de Sion, chants spirituels concertants
sur les psaumes et cantiques, tels qu'ils sont
chantés dans les églises chrétiennes, composés
à li!ii( et douze voix); Ândçr Theil. Jchujt
b
114
PR^TORIUS — PRANDI
(Jena), 1007, in-4°.e. Troisième partie, mémo
litre el même nombre de voix; HelmstaiU,
1007, in-4°. d. Quatrième partie, à huit voix;
même litre; Helmstadt, 1607, in-4°. e. Musx
Sionix Michaclis Prxtorii C geistlicher
deutscherinder christlichen Kirchenublicher
Lieder und Psalmen mit 2, 5, 4, 5, G, 7, 8
Stimmen.Fùnfter Theil (\es Muses sioniennes
de Michel Praetorius; cent cantiques spirituels
allemands et psaumes à deux, trois, quatre,
cinq, six, sept et huit voix. Cinquième partie);
Wolfenbuttel, 1608, in-4^f. .Musa? .Sïoru^efc.;
mit vier Stimmen (les Muses sioniennes
de etc., même titre, à quatre voix. Sixième
partie); Wolfenbuttel, 1609, in-4 9 . g. Musx
Sionix etc. Siebenter Theil (même titre et
même nombre de voix. Septième partie); ibid.,
1609, in-4°. h. Musx Sionix Michaelis Prx-
torii, C deutscher geistlicher in Kirchen und
Hxusern gebrauchlicher Lieder und Psal-
men, etc. mit vier Stimmen, in Contrapuncto
simplici nota contra notam. Achler Theil
(les Muses sioniennes de Michel Praetorius;
cent cantiquesspirituelset psaumes allemands
à l'usage des églises et des maisons; mis à
quatre voix, en contrepoint simple de noie
contre note. Huitième partie); ibid., 1610,
in 4°. t. Musx sionix etc., même titre,
même nombre de voix. Neuvième partie);
ibid., 1610, in-4°. 5° Cent irenle-quatre
chants religieux et psaumes pour les jours de
fêle de loule l'année, à quatre voix, en con-
trepoint simple; Wolfenbuttel, 1609; Ham-
bourg, 1611, in-4°. 6° Eulogodia Sionia,
consistanten motetsàdeux,troisetjusqu'àhuit
voix, pour l'office divin ;Hambourg,l 61 1,in-4°.
7° Bicinia et tricinia, dans lesquels se trou-
vent la plupart des psaumes et des cantiques en
usage dans les temples et les maisons, à deux el
trois voix, dans le style des motets, des madri-
gaux et dans un autre genre inventé par l'au-
teur; Hambourg, 1611, in-4°. 8° Hymnodia
Sionia, consistant en vingt-quatre hymnes sa-
crées à deux, trois et jusqu'à huit voix; Ham-
bourg, Bering, 161 1.9° Megalynodia, Magni-
ficat à cinq, six et huit voix, ainsi que quelques
madrigaux el motets; Wolfenbuttel, 1G1I, et
Francfort, 1619, in-4°. 10° Terpsichore,
musarum Aoniarum quinta, recueil de plu-
sieurs danses el chansons françaises à quatre,
cinq et six parties; Hambourg, 1611, in-fol.
11" Idem, seconde partie, danses anglaises
pour dames, à quatre cl cinq parties; Lcip-
sick, Klosemann, in fol., 1612. 12° Musarum
Aoniarum scxla Terpsichore, danses fran-
çaises à quatre et cinq parties; Hambourg,
1G11, in 4°. 13° Musarum Aoniarum tertia
Erato, renfermant quarante-quatre chansons
profanes allemandes , ainsi que quelques
mélodies anglaises à quatre voix ; Hambourg,
1611. 14° Petite et grande litanie en deux
chœurs, à cinq, six el sept voix, avec une no-
lice sur l'origine de celle litanie; Hambourg,
Hering, 1612, in-4". 15° Te Deum à seize voix,
avec le chant de Noël : Ein Kindlein so
lœblich, à huit voix; Hambourg, 1613. Je crois
qu'il y a, dans la citation de cet œuvre, une
erreur de Gerber, et que c'est le même qui est
attribué à Jérôme Praetorius (voyez ce nom).
16°Épilhalamesur le mariage du duc Frédéric-
Ulric de Brunswick et de la margrave Anne-
Sophie de Brandebourg; Hambourg, 1614,
in-fol. 17° Polyhymnia panegerica et cadu-
ceatrix, concerts solennels de paix et de joie,
consistant en trenle-deux chants d'église à
plusieurs voix; Wolfenbuttel, 1619, in-fol.
18° Musa Aonia Thalia, ou toccates et can-
zonettesà cinq parties, pour violes et violons, et
particulièrement pour instruments à venl,
aveebassecontinue; Nuremberg, 1619, in-4°.
19° Converti sacri ecclesiastici et politiciex
Jtalis autoribus, iisque oplimis et prxslan-
tissimis, collecti et aucti adjecto ripiena seu
choropleno. Accesserunt sub finem ejusdem
generis cantiones , quorum auctor ipse
M. P. C; Francfort, 1620, in-4°. 20" Poly-
hymnia exereiletio, ou chansons religieuses
allemandes en contrepoint simple et figuré à
deux, trois, quatre, cinq, six et huit voix avec
basse continue; Francfort, 1620, in-4".
21° Calliope, ou quelques chansons joyeuses
allemandes à une, deux, trois et quatre voix
principales, et cinq, six, sept et huit voix
chorales, symphonies et ritournelles ajoutées;
Francfort, 1620, in-4°. 22° Puericinium, seu
concentus triumvel quatuor puerorum ,trium
pluriumve adultorum, et quatuor instru-
mentorum, renfermant quinze chants d'église
allemands, el d'autres chants de concerl;
Francfort 1621, in-4°.
PRiETOMUS (maître Jeais), néàQued-
linbouig, le 19janvier 1634, étudia à Witlen-
berg et à Jena, où il devint magister et pro-
fesseur adjoint du cours de philosophie. En-
suite il fut nommé précepteur des ducs de
Gotha, puis recteur à Zocst, et enfin recteur à
Halle, où il mourut le 21 février 1705. En
1681, il donna à Halle un oratorio de sa com-
position intitulé David.
TKAIMDI (Jérôme), professeur de philoso-
phie et de droit naturel a Bologne, au com-
mencement du dix-neuvième siècle, a fait nu-
PRANDI - PRATJN
lis
primer un discours intitulé : Orazione sulla
tnusictt; Bologne, 1805.
PRASPERG (Balthazar), en latin PRA-
SPERGIUS, cantor à Bâle, au commence-
ment du seizième siècle, naquit à Mersebonrg,
dans la seconde moitié du quinzième siècle.
On à de lui un traité du plain-chant intitulé :
Clarissima plané atqtie choralis 7nusice in-
terpretatio, cum certissimis regulis alque
eVemplorum adnolationibus et figuris mul-
tnm splendidis ;Bàle, 1501, in -4°, gothique.
Ouvrage rare, mais de peu de valeur, malgré
son litre fastueux.
PRAT (Daniel), ecclésiastique anglican,
fui d'abord recteur à Harrixham, dans le
duché de Kent, puis chapelain du roi
Georges III, à Rensington; il vécut dans la
seconde moitié du dix-huitième siècle. Il s'est
fait connaître par quelques ouvrages de théo-
logie, et par un petit poème intitulé : Anode
on the latecelebrated ffandel on his playing
on the organ (Ode sur le célèbre Handel et
s'ur son talent d'organiste); Cambridge, 1701,
in-4*.
PRATI (Alessio), maître de chapelle de
l'électeur palatin, naquit à Ferrare, le 16 juil-
let 1750, d'après une notice dont le titre est
indiqué plus bas. Après avoir fait ses études
musicales sous la direction d'un musicien de
la cathédrale de Ferrare, nommé Bighetti,
Prali fut maître de chapelle à Udine, puis se
rendit, en 1767, à Paris, où il eut le titre de
directeur de la musique du duc dePenthièvre,
et fut employé comme maître de chant des
personnes les plus distinguées de la cour. Il
y donna aussi l'Ecole de la jeunesse, opéra-
comique, qui eut du succès, et dont on a
gravé la partition. De Paris, Prali se rendit à
Saint-Pétersbourg, visita ensuite l'Allemagne,
et retourna en Italie vers 1781. Il eut alors le
litre de maître de chapelle du roi de Sar-
daigne, écrivit quelques opéras à Turin, à
Florence, à Venise, à Naples, et mourut à
Ferrare, le 17 janvier 1788, à l'âge de cin-
quante el un ans. Les opéras italiens de Prali
dont on connaît les titres sont : 1° Ifigenia
in Aulide, 1784, à Florence. 2° Semiramide ,
1785, dans la même ville. 5° Armida abban-
donata, à Munich, 1785. 4" Olimpia, à Na-
ples, en 1786. 5° Demofoonle, 1787, à Ve-
nise. On connaît aussi du même artiste :
1" Six sonates pour clavecin et violon, op. 1 ;
Lyon, Carnaud. 2° Trois idem, op. 2; Berlin.
5° Trois idem, op. ô; ibid. 1° Concerto pour
flûte, à Paris. 5° Concerto pour basson, ibid.
0° Trois sonates pour harpe cl violon, op. 6;
Paris. 7° Duo pour deux harpes ; ibid. 8° Plu-
sieurs recueils de romances et d'airs italiens
gravés à Paris et à Londres. On a sur cet ar-
tiste une notice de M. Camille Laderchio, inti-
tulée : Notizie biografiche inlorno alla vila
di A. Prati, Ferrare, 1825, in-8\
PRATO (Vincent DEL), sopraniste, né à
Imola, le 5 mai 1756, fit ses éludes de chant
sous la direction du maître de chapelle Lorenzo
Gibelli. Il n'était âgé que de seizeans lorsqu'il
débuta au théâtre de Fano, en 1772. Depuis
lors, il chanta avec succès sur les principaux
théâtres d'Italie. En 1779, il produisit la plus
vive impression à Stutlgard, pendant le séjour
de Paul I er dans celle ville. L'année suivante,
il fut appelé à Munich. C'est pour lui que Mo-
zart écrivit le rôle d' Idamanle, dans son Ido-
meneo, joué en 1780. Depuis lors, del Prato
est resté attaché à la cour de Bavière qui lui a
accordé une pension en 1805. Il est mort à
Munich vers 1828.
PRATOrNERI (Spirito), musicien italien
du seizième siècle, n'est connu jusqu'à ce
jour que par ses ouvrages, qui ont pour litre :
1° J/ar monta super aliquol Davidis psalmos
ad vesperas sex vocibus; Venise, Jérôme
Scotlo, 15G9, in-4° obi. 2° Motetti a olto
voci ; Venelia. Giac. Vincenli et Rie. Ama-
dino, 1584, in-4*\ 5" Madrigali ariosi del
sig. Spirito Pratoneri a qualtro voci, con
uti dialogo a otto , nuovamente composti et
dali in luce; in Venetia, presso Giacomo
Fincenti, 1587, in-4°.
PRATT (Jean), fils d'un professeur et
marchand de musique, est né à Cambridge,
vers 1779. A l'âge de huit ans, il fut admis an
collège du Roi pour y faire ses études comme
enfant de chœur, puis il devint élève de Ran-
dal, organiste du collège, dont il fut le suc-
cesseur en 1799. Au mois de septembre de la
même année, il eut aussi le litre d'organiste
de l'université. En 1815, il a succédé à
C. Paris, comme organiste du collège de
Saint-Pierre. Cet artiste a publié un recueil
de psaumes et d'hymnes intitulé : Psalmodia
cantabrigiensis ; 1817, in-4°. Il a écrit aussi
beaucoup d'antiennes el de services du matin
et du soir, qu'on entend souvent dans la cha-
pelle royale de Cambridge.
PRAUN (Sicismond-Otto, baron DE),
violoniste qui, dès son enfance, eut beaucoup
de célébrité, naquit le 1 er juin 1811, à Tyrnau.
en Hongrie. Avant d'avoiratteint sa quatrième
année, il avait obtenu au collège les premiers
prix dans les études de langues, de calcul,
d'histoire et de dessin. Au mois de mai 1815,
8.
lit
PRAUN - PREDIERI
il se fil entendre au Burg-Théâlrc, à Vienne,
dans un trio de Pleyel pour le violon ; mais
cet essai ne fut point heureux, car le pauvre
enfant eut peur de l'assemblée, pleura beau-
coup, et joua faux; mais un an après, il prit
sa revanche dans un quatuor de Rode, où il
étonna le public par la vigueur relative de
son coup d'archet. En 1817, il fut confié aux
soins de Mayseder, et après trois années
d'études sous ce maître , il commença des
voyages d'exploitation, devenus trop fréquents
pour ces prodiges que des parents avides épui-
sent dès le berceau. En 1820, le jeune de
Praun donna deux concerts à Milan, et y causa
beaucoup d'élonnement. Il n'eut pas moins de
succès à Rome l'année suivante. En 1824, il
visita Tlle de Malte ; puis il se rendit à Paris,
où il excita peu d'intérêt. Après une absence
de dix ans, il retourna en Allemagne, et se fit
entendre, en 1828, à Slultgard, à Munich, à
Leipsick, et enfin à Berlin, où l'on eut l'idée
grotesque de le mettre en parallèle avec Pa-
ganini ; mais cette bouffonnerie n'eut point de
succès. Au mois de novembre 1829, de Praun
se mit en route pour Pélershourg ; mais arrivé
à Cracovie, il y l'ut attaqué par une inflamma-
tion des poumons, une hydropisie de poitrine
se déclara, et le pauvre jeune homme, épuisé
par un travail précoce, mourut le 5 janvier
1830, à l'âge de dix-neuf ans. Les qualités de
son jeu n'étaient pas assez remarquables pour
justifier la réputation qu'on avait voulu lui
faire.
PRAEP^ER ("VVemcesias), compositeur,
organiste et violoniste, naquit à Leilmerilz,
en Bohème, le 18 août 1744. 11 suivit les cours
du collège des Jésuites, et se livra en môme
temps à l'étude de la musique, où il fit de si
rapides progrès, qu'à l'âge de quatorze ans il
put se faire entendre plusieurs fois à l'église
dans des concertos de violon. Il cultiva aussi
l'orgue, et apprit la théorie de l'harmonie et
du contrepoint par la lecture de quelques bons
ouvrages. Le désir de se distinguer lui fit
quitter Leilmerilz pour se rendre à Prague :
il y continua ses éludes littéraires et musicales
au séminaire de Saint-Wenceslas, et suivit un
cours de théologie, parce qu'il se destinait à
l'étatecclésiaslique ; mais au bout de deux ans,
il changea de dessein et prit la résolution de se
livrer exclusivement à la musique. Le comle
de Rinck le choisit d'abord pour chef d'or-
chestre de son théâtre particulier; le talent
qu'il déploya dans ses fondions le lit nommer
ensuite directeur du chœur de l'église Saint-
Marlin, puis de Sainte-Marie -au -Berceau, de
Nolre-Dame-aux-Neiges, et enfin, le 1" juil-
let 1794, de la Thein-Kirche. Après la mort
de Joseph Strobach, directeur de l'orchestre
de l'Opéra, il lui succéda dans celle place, et
eut aussi celle de maître de chapelle de l'église
des Frères-de-la-Croix. C'est à celle époque
de sa vie qu'il écrivit plusieurs grands ou-
vrages pour le théâlre. La mort de sa femme
lui causa un vif chagrin qui le conduisit au
tombeau, le 2 avril 1807. Cet artiste, estimé
pour ses qualités sociales autant que pour son
talent, a laissé en manuscrit des messes solen-
nelles, des graduels, des offertoires, un Re-
quiem, des vêpres à trois chœurs, des concer-
tos de violon, des symphonies et des pièces
d'orgue. De ses opéras, on ne cite que Circé,
qui fut représenté avec succès au théâtre du
comte de Thun.
PRAUÏVSPERGER (Maiuakcs) , béné-
dictin bavarois, vécut dans la première moitié
du dix-huitième siècle, au monastère de Te-
gernsée et y fut professeur de théologie. Il a
fait imprimer des pièces instrumentales de sa
composition, sous le titre bizarre : Pegasus
sonorus, hinniens, salin 12 partitas belle-
t (cas exhibens ; Augshourg, 1730, in-fol.
PREDIERI (Ange), religieux du tiers
ordre de Saint-François, naquit à Bologne, au
mois de janvier 1655, et apprit la musique
sous la direction de Camille Cevennini, maître
de chapelle de la cathédrale, el d'Augustin Fi-
lipuzzi, maître de chapelle des chanoines de
Latran , à Saint-Jean in 7nonte. Il entra
dans l'ordre des Franciscains, en 1072. Habile
organiste et musicien instruit dans l'art du
contrepoint, il se distingua particulièrement
dans l'enseignement, et fut le premier maître
du P. Jean-Baptiste Martini. Predieri mourut
à Bologne, le 17 février 1731, à l'âge de
soixante-seize ans. Le P. Martini, à qui j'em-
prunte ces détails, a rapporté dans son Sag-
gio fondant, prattico di eontrappunto (t. II,
p. 155 et suiv.), un extrait d'un Dixil à
quatre voix et instruments composé par ce
maître, dont l'abbé Sanlini, de Borne, possède
des motets à quatre voix, et un Kyrie cuni
Gloria, également à quatre voix.
PREDIERI (Jacques-César), né à R<>-
logne, dans la dernière moitié du dix-septième
siècle, fit ses (Unies musicales sous la direc-
tion de Jean-Paul Colonna. Il fut nommé
maître de chapelle de la cathédrale de celle
ville, en 1098. Il occupait encore celte place
vers 1720. Predieri avait été reçu membre de
l'Académie des Philharmoniques île Bologne,
en lii'.lO; il en l'ut prince trois fois, en 1098;
PREDÏERI — PREISSLER
117
1707 et 171 1. On connaît de lui un ouvrage
dont le litre est : Jesabella, oratorio a selte
voci, diviso in A parti recitate in due série
nella chiesa de MM. RR. PP. deW Oratorio
di S. Filippo Neri, detti délia Madona di
Galieri, le due feste seguenli delli 25 et 26 di
Jlarzo 1719 (en manuscrit). Predieri eut pour
collaborateur de cet œuvre Floriano Aresti
(voyez ce nom), organiste de l'église de l'Ora-
toire. Il a fait imprimer de sa composition des
cantates morales et spirituelles à trois voix,
avec basse continue pour le clavecin, à Bo-
logne, 1696, in-4°.
PREDIERI (Jean-Baptiste), né à Bologne,
en 1678, fut licencié en droit civil et canon, le
25 juin 1700, et obtint ensuite un canonical
dans l'église de Sainte-Marie-Majeure. Il a fait
imprimer un livre intitulé : Le Ricreazioni
spiritual* nella musica délie sagre canzoni;
Bologne, Benacci, 1750, in-4«. J'ignore quelJe
est la nature de cet ouvrage.
PREDIERI (Luc-Antoine), né à Bologne,
le 15 septembre 1688, apprit d'abord à jouer
.du violon, sous la direction de Vitali, puis fut
élève de son oncle Jacques-César Predieri
pour le contrepoint. Il fut élu membre de
l'Académie des Philharmoniques de sa ville
natale, en 1706, et en fut prince, en 1723. Il
fut appelé à Vienne, au service de l'empereur
Charles VI, en qualité de compositeur drama-
tique, vécut environ quinze ans à Vienne, et
mourut dans sa patrie, en 1743. On assure
qu'il y avait beaucoup d'imagination dans sa
musique, et que ses mélodies étaient expres-
sives. On a retenu les litres suivants de ses
opéras : 1" Griselda, à Bologne, 1711 . 2° As-
tarto, 1715. ô°LucioPapirio, 1715, à Venise.
4° Il Trionfo di Solimano, à Florence, 1719.
5" J/erope, 1719. 6° Partenope, à Bologne,
au théâtre Marsigli, 1719. 7° Scipione il gio-
vane, 1731. 8° Zoe. à Venise, 1736. 9° Il
Sacrifizio d'Abramo , oratorio, à Vienne,
1758. 10° Isacco figura del Redentore, 1740.
Ces deux derniers titres semblent appartenir
. au même ouvrage.
PREDIGER (....), facteur d'orgues à la
fin du dix-septième siècle, a construit de 1694
à 1696 un instrument de vingt-six jeux, deux
claviers et pédale, à Anspach.
PREINDL (Joseph), maître de chapelle de
l'église Saint-Etienne, à Vienne, naquit à
Marbach, sur le Danube, en 1758. Son père,
organiste dans ce lieu, lui enseigna les pre-
miers principes de la musique, puis il alla
achever ses études sous la direction d'Aï-.
hrechlsbcrger. Organiste distingué et musicien
instruit, il succéda à celui-ci, comme maître
de chapelle de l'église Saint-Étienne, en 1809,
et mourut à Vienne, non en 1826, comme il
est dit dans le Lexique universel de musique
publié par Schilling (à l'article Breindl), mais
le 25 octobre 1823. On a gravé sous le nom de
cet artiste : 1° Premier concerto pour le
piano, op. 1 ; Vienne, Artaria. 2° Deuxième
idem, op. 2; Vienne, Rozeluch. 3° Thèmes
variés pour piano seul, op. 3, 4, 6; Vienne,
Bœrmann, Haslinger. 4° Fantaisies pour le
piano, op. 5, 15; ibid. 5° Sonates pour piano
seul; Vienne, Tracy. 6° Six messes à quatre
voix, orchestre et orgue, n° 1, op. 7; Vienne,
Mechetti; n° 2 (petite), op. 8, ibid.; n° 4,
op. 10, ibid.; n° 5, op. 11, ibid.; n° 6, op. 12,
ibid. 7° Graduels et offertoires, op. 14, 15,
16,<tl7, 18, ibid. 8" Offertoires, n° 1, De
Beata; n° 2. De SS. Trinitate; n° 5, Lauda,
anima mea, Dominum ; ibid. 9° Requiem à
quatre voix, orchestre et orgue, op. 50; ibid.
10° Te Deum, idem, op. 51; ibid. 1 1 ° Lamen-
tations qui se chantent dans la semaine sainte,
avec orgue; ibid. 12° Mélodies pour tous les
chants de l'église allemande, avec des cadences
et des préludes pour l'orgue, op. 15; ibid.
15° Chants pour la fêle anniversaire de la ré-
formation, en 1817, avec orgue; Vienne, Has-
linger. 14° Méthode de chant, op. 55; Vienne,
Haslinger. Après la mort de Preindl, le
chevalier de Seyfried a publié un traité d'har-
monie, de contrepoint et de fugue qu'il avait
laissé en manuscrit; ce livre a paru sous le
litre suivant : Wiener Tonschule: oder An-
weisung zum Generalbass, zur Harmonie,
zum Contrapunkt und zur Fugenlehre
(École de musique viennoise, ou Introduction
à la science de la basse continue, de l'har-
monie, du contrepoint et de la fugue); Vienne,
Haslinger, 1827, deux parties in-8°. Une
deuxième édition de cet ouvrage a été publiée
chez le même, en 1852. La théorie exposée
par Preindl dans ce livre est peu rigoureuse,
et les exemples en sonl écrits d'une manière
assez lâche; défaut qu'on peut en général re-
procher à l'école de Vienne.
PREISSLER (Jean), ecclésiastique, né en
Bohême, vers 1750, fit ses éludes au collège
de Prague et y suivit des cours de théologie et
de philosophie. Le maître de chapelle Schling
fut son maître de musique, et en fit un pianiste
habile et un musicien instruit. Après avoir été
précepteur des enfants du comte de Kaunitz,
il fut nommé doyen à Bœhmischleipa , vers
1788. Plusieurs concertos et sonates de piano
de sa composition sont connus en manuscrit
118
PREISSLER — PREU
dans la Bohême; on n'en a imprimé qu'une
sonate pour piano seul, op. 1 ; Prague, Berra ;
et une sonate pour piano et violon, op. 2,
ibid. Preissler est mort à Brehmischleipa ,
dans le mois de novembre 1796.
PUELLEUR (Pierre), musicien français,
se fixa à Londres dans les premières années
du dix-huitième siècle. Dans sa jeunesse, il
fut maître d'écriture à Spitalfields, mais dans
la suite il se consacra tout entier à la musique
et en donna des leçons. En 1728, il obtint la
place d'organiste à l'église Saint-Alban, de
Londres. A la même époque, il fut nommé
claveciniste du théâtre de Goodman's fields, et
pendant plusieurs années, il composa la mu-
sique des ballets et des pantomimes qu'on y
représentait. Il a publié un traité du chant et
de Part de jouer des instruments alors en
usage, sous ce titre : The modem music
master, containing an instruction to sing-
ing y and instructions for most of the
instruments in use; Londres, 1751, in-8°.
A la suite de cet écrit, on trouve un abrégé de
l'histoire de la musique, extrait du livre de
Bontempi. Cinq ans après la publication de
cet ouvrage, Prelleur obtint la place d'orga-
niste de l'église du Christ, à Middlesex. Ce
renseignement est le dernier que l'on ait con-
cernant la vie de cet artiste.
PRElMTZou PRENZ (Gaspard), maître
de chapelle de l'évêque d'Eichsladt, naquit à
Berlach, près de Munich, vers 1640. Il fut le
maître du célèbre organiste Pachelbel, lors-
qu'il habitait Batisbonne, où il a publié :
Alauda sacra, sac. psalmi per annum con-
sueti a A voc. concert. , 2 violin. concert, ad
libitum ,Zviolis concert, adlibit., aciripien.
ad libit.; Batisbonne, 1695. Cet artiste est le
même qui est appelé Prentz par Maltheson
(Ehrenpforte, p. 249), et Lipowsky, trompé
par cette orthographe inexacte, a fait deux
articles dcPrenitz et de Prentz (Bayerisches
Musik Lexikon, p. 265).
PRENNER (Georges), chanteur de la
chapelle impériale, sous le règne de Ferdi-
nand I er , naquit à Salzbourg, en 1517, suivant
un renseignement puisé dans les archives de
celte chapelle, par Antoine Schmid (voyez ce
nom), et qu'il m'a communiqué. Premier était
un musicien instruit et écrivait bien dans le
style de son temps. Le IVovus thésaurus mu-
sicus, publié par Pierre Joannelli (Venise,
1568), contient treize motets à quatre, cinq et
six voix, de la composition de cet artiste.
PRESCI1EII (Nicolas), facteurd'orgues à
Nordlingen, dans les premières années du
dix-huitième siècle, a construit, en 1706, un
instrument à un seul clavier et vingt registres
à Frachtwangen, près d'Anspach.
PIIESCIMONI (Nicolas-Joseph), doc-
teur en droit et avocat à Palerme, naquit à
Francavilla, en Sicile, le 25 juillet 1669.
François Catalano, frère de sa grand'mère,
lui enseigna la musique, et dans le même
temps il fit ses humanités au collège de Mes-
sine. Devenu docteur en droit, à l'âge de dix-
huit ans, il se fixa à Palerme, et quoiqu'il lût
avocat de profession, il composa beaucoup de
sérénades, d'oratorios, et d'autres pièces dont
voici les titres : 1° La Gara de' fiumi, séré-
nade à cinq voix; Palerme, 1695, in-4°.
2° La Nascila di Sansone annunziata dall'
Angelo, figura délia sacratissima annun-
ziata del Verbo, dialogo a 5 roc*'; Messine,
1694. 5° L'Onnipotenza glorificata da' tre
fanciulli nella fornace di Babilonia; dia-
logo a o voci; Naples, 1695. 4° // Trionfo
degli Dei, sérénade à cinq voix, deux chœurs,
et six instruments; Messine, 1695. 5° Gli
Angeli salmisti per la concezione di Maria ;
dialogo a 5 voci; Borne, 1696. 6° Il Fuoco
panegirista del Creatore nella fornace di
Babilonia, dialogo a 5 voci ; Palerme. 7" La
Notte felice, sérénade à six voix ; ibid., 1700,
8° La Crisi vitale del mondo languente nel
sudor di sangue del Redentore, oratorio à
trois voix ; Messine, 1701. 9° I Miracolidella
Providenza, etc., oratorio à cinq voix; Pa-
lerme, 1705. 10° Il Tripudio délie Ninfe
nella piaggia di Mare dolce, sérénade à trois
voix et instruments; ibid., 1704. 11° IlGiu-
dizio di Salomone, nella contesa délie due
madri ; sacro trattenimenlo armonico ; ibid.,
1705. 12° La Figlia unigenita di Gefte sa-
crifteata a Dio dal padre, dialogue à cinq
voix; ibid., 1705. 15° Le f'irtù in gara,
trattenimento armonico a 4 voci; ibid.,
1707. 14° // latte di Jaele, figura dell'Eu-
charislia sacrosanta, oratorio à cinq voix et
instruments; ibid., 1706.
PUEU (Frédéric), compositeur, né àLeip-
sick, vécut dans la seconde moitié du dix-hui-
tième siècle. La nature lui avait accordé du
talent pour la musique, mais sa vie agitée ne
lui permit pas d'en développer les avantages.
En 1781 et 1785, ses amis publièrent, à son
profit, deux recueils de ses chansons avec ac-
compagnement de clavecin. En 1785, il était
directeur de musique à Riga; il parait qu'il
se trouvait à Bayreulb, en 1790. Il a écrit
pour le théâtre allemand : 1° Adraste, grand
opéra. 2° Le Feu follet, opéra-comique, eu
PREU — PRÉVOST
H9
1786. 3° Bella et Fernando, ou la Satire,
opéra en un acte, gravé à Leipsick, en parti-
tion pour le piano, en 1791. 4° LaModiste,
petit opéra, non imprimé.
PREUS (Georges), organiste à Greifs-
walde, dans la Poméranie antérieure, vécut
dans les premières années du dix-huitième
siècle. On a de lui un petit traité intitulé :
Observationes musicx, oder musikalische
Jnmerkungen, welche bestehen in Einthei-
lung der Thonen, deren Eigenschaft und
Jf'irkung, der Musik-Liebenden zum bcsten
herausgegeben (Observations musicales con-
cernant la division des tons, leur propriété et
leur effet); Greifswalde, chez Daniel-Benja-
min Starken, 1706, deux feuilles in-4°, avec
une planche.
PREUS (Georges), organiste à l'église du
Saint-Esprit, à Hambourg, occupait cette place
en 1729. On ne sait rien de plus sur sa per-
sonne, et son existence n'est connue que par
un opuscule qui a pour titre : Grundregelnvon
der Sruclur und den Requisitis einer unta-
delhaflen Orgel, worinnen hauptsxchlich
gezeigtwird, was bei Erbauung einer neuen
und Renowirung einer alten Orgel zu beo-
bachten sei. auch voie eine Orgel bei Ueber-
lieferung miisse probiret und examinirt
werden, etc. (Règles fondamentales de la
structure et des qualités requises d'un orgue
irréprochable, où l'on montre ce qu'il faut
observer dans la construction d'un nouvel in-
strument et dans la réparation d'un an-
cien, etc.); Hambourg, 1729, cent quatre
pages in-8°, non compris la préface et la dé-
dicace. Matlheson a reproché avec raison à
cet ouvrage (Grosse General- Bass-schule,
deuxième édition, p. 15-29) de n'être qu'un
plagiat de VOrgelprobe de Werckmeister
(voyez ce nom).
PREUSS (Charles), musicien attaché à la
cour de Hanovre, dans la seconde moitié du
dix-huitième siècle, a fait imprimer à Cassel,
en 1778, trois quatuors pour clavecin, deux
violons et violoncelle; et, en 1783, un volume
d'odes et de chansons, avec accompagnement
<le clavecin. On a aussi de lui des pièces pour
deux flûtes; Hanovre, Kruchwitz,des varia-
lions pour piano sur un air allemand; Ha-
novre, Bachmann, et d'autres petites pièces.
On ne sait rien de plus sur cet artiste.
PRÉVOST (Pierre), professeur de philo-
sophie à Genève, naquit dans cette ville, le
5 mars 1751, vécut quelque temps à Paris,
puisa Berlin, et retourna à Genève, en 1782.
Il y remplissait encore ses fondions de pro-
fesseur en 1828. Parmi ses nombreux ou-
vrages, on remarque un morceau qu'il a fait
insérer dans le volume de l'Académie de
Berlin pour l'année 1785, sous ce titre : Mé-
moire sur le principe des beaux-arts et des
belles-lettres, dans lequel on examine les rap-
ports de la poésie et de la musique avec les
sens et les facultés intellectuelles. Prévost est
mort à Genève, le 8 avril 1839.
PRÉVOST (Hippolyte), sténographe ha-
bile, membre de l'Athénée des arts et rédac-
teur du Moniteur universel, puis secrétaire-
rédacteur en chef des procès-verbaux du Sénat,
né à Toulouse, en 1808, apprit la musique dès
ses premières années. Huny, chef d'orchestre
du théâtre de sa ville natale, lui enseigna le
violon, dont il jouait déjà à l'âge de onze ans
dans les concerts d'amateurs. Ses progrès sur
cet instrument le mirent en état de jouer à
Rodez, en 1826, le neuvième concerto de
Kreutzer, dans un concert donné au bénéfice
des Grecs. Ses études de collège terminées, il
commença celle du droit, mais il l'interrom-
pit bientôt pour se rendre, en 1827, à Paris,
et s'y appliquer à la pratique de la sté-
nographie. Avant de quitter Toulouse , il
avait publié une nouvelle théorie de la sté-
nographie, dont la sixième édition a paru
récemment (1862). En 1830, il fut admis
à la rédaction du Moniteur et chargé de di-
riger la publication officielle des Chambres. Il
conserva cette position jusqu'en 1852 ; ce fut
alors qu'il entra dans l'administration du Sé-
nat, en qualité de secrétaire-rédacteur en chef
des procès-verbaux des séances. M. Prévost a
publié une brochure dont l'objet a de l'inté-
rêt, sous ce titre : Sténographie musicale, ou
art de suivre l'exécution musicale en écri-
vant ; Paris, 1833, in-8°. J'ai analysé ce petit
écrit dans le treizième volume de la Revue
musciale (p. 241-244). On en a fait une tra-
duction allemande intitulée : Musikalische
Sténographie oder die Kunst die Musik so
schnell zu schreiben , als sie ausgefùhrt
wird; Leipsick, 1835, in-8°de quarante-quatre
pages et deux planches, ou quarante-huit
pages in-12. Une traduction italienne a aussi
paru sous ce titre : Stenografia musicale,
o arte di seguire l'esecuzione musicale scri-
vendo; Paris, Duverger, 1833, in-12 de
quarante-huit pages. Le succès de cet ouvrage
avait fixé l'attention des musiciens et des
amateurs sur son auteur ; on lui proposa de se
charger de la critique musicale dans le jour-
nal intitulé Revue des théâtres; il accepta,
mais il comprit alors la nécessité de compléter
'l'JO
PREVOST — PRIMAYERA
ses connaissances en musique et se remit à
l'étude de cet art, qu'il avait négligé depuis son
arrivée à Paris; c'est ainsi qu'il fit un cours
d'harmonie et de composition avec M. Reber.
Depuis 1837 jusqu'en 1853, M. Prévost a fait
la critique musicale dans le Journal du Com-
merce et dans le Moniteur. Appelé à la posi-
tion qu'il occupe au Sénat, il fut obligé de
suspendre ce genre de travail, mais il l'a re-
pris plus tard, sous les pseudonymes de
P. Crocius, et de Paul Hollens, dans plu-
sieurs journaux quotidiens et hebdomadaires.
PRÉVOST (Eugène-Prosper), né à Paris,
le 23 août 1809, fut admis au Conservatoire de
celte ville, le 27 mars 1827, et y reçut des
leçons de contrepoint de Jelensperger et de
Seuriot. En même temps, il devint élève de
Lesueur pour la composition. En 1829, il ob-
tint, au concours de l'Institut de France, le
second grand prix de composition : le sujet de
ce concours était la cantate de Cléopâtre. Le
premier prix lui fut décerné, en 1831, pour la
composition de Bianca Capello. Dans la même
année, il avait fait jouer à l'Ambigu-Comique
un petit opéra en un acte, intitulé V Hôtel des
princes, qui eut du succès, et le 14 mai de
cette année 1831, il donna au même théâtre le
Grenadier de JFagram, opéra-comique en
tin acte. Au mois de juillet 1831, il partit
pour l'Italie. De retour à Paris, il a donné, le
13 septembre 1834, à l'Opéra-Comique,
Cosimo, en un acte, qui a été bien accueilli
par le public. Quelque temps auparavant, il
avait épousé mademoiselle Colrn, cantatrice,
qui fut engagée au théâtre du Havre, et fut
nommé, en 1835, chef d'orchestre de ce
théâtre. Au mois de septembre 1837, M. Pré-
vost fit représenter au théâtre de l'Opéra -
Omique, le Bon Garçon, en un acte, dont la
musique manquait de distinction, et qui n'eut
pas de succès. Il a fourni quelques articles
à la Gazette musicale de Paris. En 1840,
il s'est lixé à la Nouvelle-Orléans comme
chef d'orchestre du théâtre et professeur de
musique.
PREYER (Gottfried), compositeur et
professeur, né le 15 mai 1809, à Hausbrunn
(Autriche), reçut les premières leçons de mu-
sique de son père, instituteur et cemtorde ce
village, et apprit en même temps le chant, le
violon elle clavecin. A l'âge de quinze ans, il
se rendit à Vienne et y fit un cours de com-
position, sous la direction de Scchler (voyez
ce nom). En 1835, il obtint la place d'orga-
niste de l'église évangélique ; cl trois ans
après, il fut nommé professeur d'harmonie du
conservatoire de Vienne. La direction de celte
école lui fut confiée en 1844, après qu'il eutété
pendant plusieurs années second maître de
chapelle de la cour impériale. En 1853, Preyer
a élé appelée la position de maître de cha-
pelle de l'église Saint-Élienne, qu'il occupe
encore (1863). On a publié de cet artiste :
1° Symphonie pour l'orchestre, op. 16 (en ré
mineur); Vienne, Diabelli. 2° Quatuors pour
deux violons, alto et basse; ibid. 3° Double
fugue pour l'orgue ou le piano, op. 11 ; ibid.
4° Scherzo pour le piano (en si mineur),
op. 42; ibid. 5° Un grand nombre de Lieder
à voix seule avec piano ; ibid. 6° Beaucoup de
chants pour quatre voix d'hommes; ibid.
Preyer a en manuscrit un grand nombre de
grands et de petits morceaux pour l'église, et
l'oratorio de Noé.
PREYSEXG (Henri-Balthazar), violon-
celliste, né en 1736, fut attaché à la musique
de la cour de Gotha, et mourut à Gotha, le
6 octobre 1820, à l'âge de quatre-vingt-quatre
ans. Il a laissé en manuscrit plusieurs com-
positions pour son instrument.
PRIETO (D. Julien), musicien espagnol,
naquit en 1765, à Sanlo-DomingodelaCalzada,
et y apprit la musique comme enfanl de chœur
de la cathédrale. Après avoir perdu la voix
d'enfant, il fut envoyé àSaragosse,où il apprit
la composition pendant plusieurs années,
sous la direction de Xavier Garcia. Doué d'une
très-belle voix de ténor, il obtint au concours
une place de chanteur à la cathédrale de
Pampelune. Après la mort de François
Iluerta, maître de chapelle de cet église, le
chapitre chargea Prielo d'en remplir les
fondions, mais sans abandonner celles de
ténor. Il conserva celle position jusqu'à ses
derniers jours, et mourut le 24 février 1844,
à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Sa belle
voix et son goût dans l'exécution de la mu-
sique lui avaient fait une grande réputation
de chanteur dans son pays. M. Eslava (voyez
ce nom) dit qu'il montre dans ses compositions
un génie véritable. Il n'écrivit pas de grands
ouvrages et ne traita jamais le style fugué ;
mais ses motels, ses antiennes, litanies et
chants joyeux sont, dit le même auteur, des
modèles de simplicité, de mélodie, de bon
goût et de grâce.
PRIMA VER A(.Iea>-Léonard), surnommé
DELL' ARPA, à cause de son habileté sur
la harpe, naquit dans la I.ombardie, vers
1510, et fut maître de chapelle du comman-
deur de Caslille, gouverneur de l'État de
Milan pour le roi d'Espagne. Il a fait im-
PR1MAVERA - PR1NTZ
121
primer de sa compositfou : 1° Madrigali a
einquee seivoci, libro primo; in Venelia,
app. Geronimo Scotto, 1505, in-4° obi.
2" 11 seconda libro di Madrigali a cinque
voci, nttovamente da lui composti et date
in luce; ibid., 1505, in-4° obi. 3° Il terzo
libro di Madrigali a cinque et sei voci; in
f'enetia, app. Francisco Rampazetlo , 1500,
in-4° obi. 4° Il primo libro di Canzone na-
poletane a tre voci; Venise, Scollo, 1570,
in-4". 5° Il secondo libro, idem, ibid. 0° Il
terzo libro délie Villotte alla Napolclana,
a tre voci; ibid., 1570, in-8°. 7° Frulti et
Madrigali a cinque voci, con un dialogo
a dieci. Libro quarto; in Venetia appresso
Vherede di Girolamo Scotto, 1573, in-4°.
L'épîlre dédicatoire est datée de Venise, le
6 septembre 1573.
PRINCE (Louis-Nicolas LE), curé de
l'église paroissiale de Ferrière, de 1008 à
1077, fut d'abord maître de musique de la
cathédrale de Lisieux. On a de lui : 1° Missa
sex vocum ad imitationem moduli, Macula
von est in te; Paris, Eallard, 1003, in-4°.
2° Missa quatuor vocum ad imitationem
moduli, Tv es cloria mea; ibid.,î6C>9, in-fol.
5" Airs spirituels sur la paraphrase de
Laudate Dominum de coelis, à trois voix
pareilles, et basse continue, ibid., 1071,
in-4° obi.
PRINCE (Nicolas-Thomas LE), biblio-
graphe, ancien employé de la bibliothèque
royale, né à Paris, en 1750, est mort à Lagny,
le 51 décembre 1818. Au nombre de ses ou-
vrages on remarque les suivants, relatifs à la
musique : 1° Anecdotes des beaux-arts, conte-
nant tout ce que la peinture, la sculpture, la
gravure, l'architecture, la littérature, la mu-
sique, etc., offrent de plus curieux et de plus
piquant chez tous les peuples du monde, depuis
l'origine de ces différents arts jusqu'à nos
jours; Paris, Bastien, 1770-1781, trois volumes
in-8°. 2° Essais historiques sur l'origine et les
progrès de l'art dramatique en Franoe ; Paris,
Belin, 1785 et années suivantes, trois volumes
in-12.
PRINCE (René LE), frère du précédent,
naquit à Paris, en 1753. On a de lui un bon
ouvrage intitulé : Lettres sur les arts du
moyen âge ; Paris, 1785, in-12. Le Prince est
aussi l'auteurd'une bonne dissertation insérée
dans le Journal encyclopédique (novembre
1782, pages 489 et suivantes), sous ce titre :
Observations sur l'origine du violon.
PRINNER (le' P. Augustin), bénédictin
bavarois, naquit le 24 mars 1750, à Rœlz,
près de Ratisbonne. Il fil ses études musicales
et littéraires dans la môme ville. Le 15 no-
vembre 1771, il entra au couvent des béné-
dictins de Michelfeld, où il fut ordonné prêtre,
le 1 1 mars 1775. Il mourut le 22 juin 1807, à
l'âge de soixante-sept ans. Parmi ses compo-
sitions pour l'église, qui sont restées en ma-
nuscrit, on remarque des vêpres, des répons
et des lamentations en contrepoint d'ancien
style.
PRINTEMPS (ïï.), né à Lille (Nord), vers
1802, fit ses premières éludes de musique dans
cette ville, et se rendit à Paris, en 1820. Admis
au Conservatoire, il devint élève de l'auteur
descelle Biographie, pour la composition, et
apprit sous sa direction le contrepoint et la
fugue. De retour à Lille en 1825, il s'y livra à
l'enseignement du piano; mais une maladie
de langueur le conduisit au tombeau, vers
1830. Il a publié qilelques oeuvres de musique
pour le piano, entre autres un thème varié, à
Lille, chez Bœhm, et une fantaisie sur un
thème de madame Gail, op. 5; Paris,
Ph. Petit.
PRINTZ (Wolfcang-Gaspard), est sur-
nommé DE WALDTHURN, parce qu'il
était né le 10 octobre 1041, dans celle ville dn
haulPalalinat, sur les fronlièresde la Bohême.
Son père, maître des forêts et receveur des
contributions, l'envoya fort jeune à l'école de
Vohenslrause, dont l'instituteur lui enseigna
la solmisalion d'après l'ancienne méthode des
muances; mais bientôt après, ce maître eut un
successeur qui adopta la nouvelle méthode des
sepl noms de noies, et la fit apprendre à ses
élèves. Prinlz reçut ensuite des leçons d'orgue
de Guillaume Stœckel, bon organiste de Nu-
remberg. A l'âge de treize ans, il fut mis au
collège de Weyden, ville située à une lieue de
Waldlhurn : là il continua ses études de mu-
sique sous la direction de Jean-Conrad Merz,
organiste de la chapelle du prince de Saxe-
Lauenbourg. Il apprit aussi à jouer du violon,
du trombone et de plusieurs autres instru-
ments. En 1058, il se rendit à l'université
d'Altorff, où il suivit les cours de théologie;
pendant le temps qu'il y consacra, il ne put
s'occuper de la musique que comme d'un dé-
lassement. Né dans la religion luthérienne, il
voulut en propager les dogmes dans le Pala-
linat par des sermons; mais poursuivi par les
ordres religieux pour sa propagande, il fut ar-
rêté, mis en prison, et n'obtint sa mise en
liberté que sur la promesse de renoncer à la
prédication. Il entra alors en qualité de ténor
dans la chapelle du prince-électeur Palatin, à
122
PRINTZ
Ileidelberg. Après y avoir passé une année, il
avait l'espoir d'être bientôt nommé cantor,
lorsqu'une controverse religieuse l'obligea à
s'éloigner furtivement, à pied ; mais il s'égara
dans ce voyage, et dénué de ressources, il fut
obligé d'accepter l'offre d'un voyageur hollan-
dais qui l'engagea comme valet de chambre,
ou plutôt (dit-il lui-même, dans son autobio-
graphie) comme laquais, pour tout faire.
Printz visita avec ce voyageur une partie de
l'Allemagne, et les villes principales de l'Ita-
lie, telles que Venise, Rome et Naples. Au re-
tour, il tomba malade dans un village près de
Manloue, et fut abandonné par son maître.
Dès qu'il fut rétabli, il se mit en route à pied,
et retourna chez lui par la Bavière. Arrivé à
Promnitz, il y donna des preuves de talent, et
fut engagé pour remplir les fonctions de
maître de chapelle de celte petite cour; mais
la guerre qui causa à cette époque tant de ra-
vages dans la Moravie, fit réformer celle cha-
pelle, au mois de janvier 1664, après la mort
du comte. Piinlz accepta alors une place de
cantor à Triebel. Le temps qu'il y passa fut,
dit-il, le plus heureux de sa vie. Cependant, la
place plus importante de cantor à Sorau lui
ayant été offerte le 15 mai 1665, il se rendit
dans celle ville, s'y maria, et y resta pendant
dix-sepl années. Il paraît qu'il y fut accusé
«l'ivrognerie, car pour se défendre de celte im-
putation, il fait, dans sa notice biographique,
rénumération de ses travaux, et démontre
qu'il n'aurait pu écrire tant d'ouvrages s'il
eût eu le défaut qu'on lui attribuait. En 1682,
il obtint le litre de directeur de la chapelle du
comle de Promnitz, et en cumula les fondions
avec celles de cantor. Après cinquante deux ans
deséjourà Sorau, il mourut le lô octobre 1717,
à l'âge de soixante-seize ans. Printz a laissé
sur sa personne et sur ses travaux une longue
notice, dont Matlheson a extrait celle qu'il a
publiée dans son Ehrenpforte (p. 257-276).
Cet écrit est rempli d'inutilités et de niai-
series. Printz en a donné un abrégé à la fin
de son Histoire de la musique; c'est de cet
abrégé que Wallher s'est servi pour la notice
de son Lexique de musique. On y voit que,
dans l'espace de douze ans, Printz a composé
plus île cent cinquante morceaux de différents
genres avec orchestre, cl l'on y trouve la liste
de tous ses ouvrages historiques, théoriques et
didactiques, tant imprimés (pic manuscrits.
C'est à ces derniers travaux qu'il doit au-
jourd'hui sa réputation. J'en vais donner la
liste par ordre chronologique.
1° Anweisuny sur Singekunsl (Instruction
concernant l'art du chant). Printz cite trois
éditions de cet ouvrage, dans son Histoire de
la musique (p. 221), sous les dates de 1666,
1671 et 1685, mais sans indication du lieu de
l'impression. Il y a lieu de croire que ces édi-
tions ont paru à Dresde, où les premiers ou-
vrages de ce musicien ont été imprimés ; mais
on n'en a pas la preuve, car Wallher, Mat-
lheson, Forkel et les autres biographes n'ont
eu connaissance de cet ouvrage que par ce que
Printz en dit lui-même. Dans le catalogue de
la bibliothèque de Forkel, si riche en livres
anciens concernant la musique, et qui renfer-
mait tous les autres ouvrages de Printz, on ne
trouve pas celui-là. Il n'est pas indiqué par
les catalogues des bibliothèques de Berlin, de
Munich, ni de Vienne. Moi, qui possède aussi
tous les livres du même auteur, j'ai fait cher-
cher en vain Vlnstructionsur l'art du chant
en Allemagne. Je doule de son existence.
2° Compendium musicx signatoria? et mo-
dulaiorim vocalis, das ist : Kurzer Begri/f
aller derjenigen Sachen, so einem, der die
Focal-music lernen will , zu wissen von
nœtlien seyn (Abrégé de la musique vocale
écrite et chantée, ou résumé succinct de
toutes les choses nécessaires à ceux qui veu-
lent apprendre le chant); Dresde, 1668, in-8°
de cent neuf pages. Une deuxième édition de
cet ouvrage a paru à Leipsick, en 1714. La
première édition porte la date de 1689; mais
les deux derniers chiffres ont été évidemment
retournés dans l'impression , et devaient
former 68, car celle date est celle que Prinlz
donne lui-même (loc. cit., page 222); il
ajoute (pie ce livre est un de ceux qu'il publia
dans les premières années de son séjour à
Sorau (In den ersten Jahrcn Divines neuen
Jmtes Hess ich zicey TracLrtyen druc-
ken, etc); ce qui ne convient qu'à la dale de
1668, et non à celle de 1689. L'ouvrage dont
il s'agit est un traité des éléments de la nui -
sique, de la solmisalion par les deux systèmes
des hexacordes et de la gamme complète, et de
l'art du chant. C'est surtout par ces dernières
parties qu'il se dislingue des ouvrages du
même genre publiés en Allemagne à la même
époque. 5° Phrynis flfytilensus, oder Saty-
rischerComponist, welcher,vermittelsteiner
Satyrischen Geschichle, die Fehler der unye-
/e/irten, telbgewachsenen } ungcschicklen ,
und unvertt&ndigen Componisten hœ/lich
darstellet, und zuyleich leliret, wie einmti
sikalisches Stuck rein, ohne Fehler, und
nach dem rechten Grunde zu componiren
und zu setsen sey, etc. (Phrynis de Mylilènc,
PRINTZ
12"
ou le compositeur satirique qui, au moyen
d'une histoire (fiction) critique, expose d'une
manière honnête les fautes des compositeurs
ignorants, maladroits et peu raisonnables, et
qui enseigne en même temps comment doit
être composé un morceau de musique pur,
sans défaut, et d'après les meilleurs prin-
cipes, etc.), première partie; Ouedlinbourg,
167C, in-4°; deuxième idem, ibid., 1677,
in-4°. Ces deux parties furent réimprimées à
Dresde et à Leipsick, en 1694, in-4", avec une
troisième intitulée : Phrynidis Mytilenxi
oder des Satyrischen Componisten dritter
Theil, so in sich hxlt unterschiedl. Musika-
lische Discurse, sonderlich aber von denen
Generibus modulandi, etc. (Troisième partie
de Phrynis de Mytilène, ou le compositeur
satirique, etc.). Une critique raisonnable,
et peut-être trop douce du livre de Printz, fut
publiée sans nom d'auteur, sous ce titre : Ré-
futation des Satyrischen Componisten, oder
so genannten Phrynis (Réfutation du Com-
positeur satirique désigné sous le nom de
Phrynis), sans nom de lieu (imprimée dans le
monde), 1 678, deux feuilles in-4°; réimprimée
en 1695. Printz, irrité par cette réfutation, y
fit une réponse intitulée : Déclaration oder
weitere Erklxrung der Réfutation des Saty-
rischen Componisten , oder so genannten
Phrynis (Déclaration ou explication concer-
nant la Réfutation du Compositeur satirique);
Cosmopolis, 1679, quarante-huit pages in-4°.
Cette faible réponse est réimprimée en tête
de la première partie du Compositeur satiri-
que, dans l'édition de 1696. La conception du
livre qui avait donné lieu à cette polémique
est aussi ridicule que l'exécution est défec-
tueuse. L'auteur suppose que Phrynis de My-
tilène, musicien grec dont il est parlé par
plusieurs écrivains de l'antiquité, est envoyé
chez un maitre de musique pour apprendre les
éléments de cet art. On lui enseigne d'abord
la formation des modes grecs, ou plutôt des
tons du plain-chant sous des noms grecs. Puis
on lui parle des consonnances et des disso-
nances; là il n'est plus question de la théorie
des Grecs, à l'égard de la classification des
intervalles, mais de celle des modernes, et
Printz fait du maître de Phrynis un harmoniste
du dix-septième siècle, qui parle de mouve-
ment des consonnances parfaites et imparfaites,
à peu près dans les mêmes termes que Bonon-
cini et autres écrivains didactiques contem-
porains île Printz, et avec de fastidieux dé-
tails qui prouvent que l'auteur n'avait pas la
plus légère notion de la généralisation des
principes. La deuxième partie du Compositeur
satirique est relative aux proportions dans la
mesure du temps musical, aux figures que
forment les notes entre elles, à la basse con-
trainte, à l'harmonie et à la basse continue.
Dans la troisième partie de son livre, Printz
traite des proportions numériques des inter-
valles, du tempérament, du rhylhme poétique
appliqué à la musique, et des contrepoints con-
ditionnels en vogue dans les écoles dégénérées
du dix-septième siècle. Tout cela est rempli
de futilités, de pensées de mauvais goût et de
bavardages vides de sens. Par exemple, au
lieu de dire en quelques mots et de démontrer
par de courts exemples les motifs de la règle
qui défend les successions de quintes directes,
Printz emploie six pages à conter comme quoi
Phrynis, ayant fait une mélodie, fut invité par
son maître à la mettre en harmonie d'abord à
deux parties, puis à trois, écrivit les deux
premières en tierces, puis la troisième à la
tierce de la seconde, et de là résulta une suite
de quintes avec la première partie, déchirante
pour l'oreille. Alors Phrynis se désola, et
voulut prendre la résolution de ne plus faire
d'harmonie en musique. Dans un autre en-
droit, Phrynis ayant fait une faute, reçoit un
soufflet de son maître; la violence du coup lui
fait heurter la tête de son voisin, qui heurte à
son tour une troisième personne, dont la tête
va frapper le mur : le fou rire prend à tout le
monde sur le quadruple effet du .soufflet, et le
maître fait une longue dissertation sur l'ana-
logie des dissonances qui heurtent désagréa-
blement plusieurs sons, avec le soufflet qui se
fait sentir à plusieurs personnes. Un style
plat et misérable répond à la nature des idées.
Et pourtant on trouve à chaque pas, dans ce
mauvais livre, les preuves d'un savoir étendu,
non seulement en musique, mais en beaucoup
de choses dont la connaissance n'est pas or-
dinaire aux musiciens. 4° Musica modula-
toriavocalis, oder manierlich und zierliche
Sing-Kunst, in welcher ailes, was von einem
guten Sxnger erfordert wird , grùndlich
und aufdas deutlich gelehret und vor Aitycn
gestellet wird, etc. (Musique vocale figurée,
ou art du chant agréable et élégant, etc.);
Schweidnitz, Okel, 1678, in-4° de soixante-
dix-neuf pages. Cet ouvrage n'est, sous quel-
ques rapports, que le développement du
deuxième du même auteur, et peut-être aussi
du premier. 5" Exercitationes musicx theo-
retico-praclicx de concordantiis singulis,
das ist musikalische JFissenschafft und
Kunst- Uebungen von jcdvceden Concordait'
121
PR1NTZ
tien, etc. (Exercice de musique théorico-pra-
lique sur toutes les consonnances, c'est-à-
dire, science musicale et exemples concernant
chaque intervalle consonnant, etc.) ; Dresde,
1089, in-4°. Cet ouvrage a paru par parties
séparées en nombre égal à celui des conson-
nances, et à différentes époques. La pre-
mière, concernant l'unisson, a été publiée à
Francfort et à Leipsick, 1G87, en trente-deux
pages; la seconde, sur l'octave (en cinquante-
cinq pages) a vu le jour dans la même année,
ainsi que la troisième, relative à la quinte (en
cinquante-deux pages). Le cahier qui concerne
la quarte a été publié en 1688 (quarante-six
pages), ainsi que celui qui est relatif à la tierce
majeure (en trente-deux pages). En 1689,
Printz a publié les parties qui concernent la
tierce mineure (en trente-deux pages), la sixte
majeure (en vingt-huit pages), et la sixte mi-
neure (en trente pages). Le cahier d'introduc-
tion à la connaissance générale des intervalles
a paru dans la même année, avec le titre de
tout l'ouvrage rapporté précédemment. Le plan
du livre de Printz était neuf à l'époque où il
l'écrivit. Il examine d'abord chaque intervalle
sous le rapport de ses proportions numériques,
puis il fait le dénombrement de toutes les ma-
nières dont il peut être formé, et, enfin, il
analyse toutes les circonstances de son emploi
dans la pratique. Malheureusement, au milieu
de quelques bonnes choses, Printz a placé
beaucoup d'inutilités, comme dans tous ses
ouvrages. 6° I/istorische Bcschreibung der
edelen Sing und Kling-Kunst, in welcher
derselben Ursprung und Erfindung, Fort-
gang, Verbesserung , unterschiedlicher Ge-
brauch, wunderbarc Wiirckungen^ man-
cherley Feinde, und zugleich beriïhmteste
Ausiiber von Anfang der Weit bis au/f
unzere Zeil in mœglichster Kiirtze erzehelt
und vorgestellet iverden (Description histo-
rique du noble art du chant et de la musique,
dans laquelle il est traité de son origine et in-
vention, etc.); Dresde, 1690, in-4°de deux cent
vingt-trois pages. Toute la première partie de
cet"Ouvrage est de peu de valeur, car Printz
n'y est que le compilateur de documents et de
traditions vulgaires qu'il accepte sans examen;
mais dès le douzième chapitre, le livre devient
plus intéressant, à cause des renseignements
qu'il renferme concernant les musiciens alle-
mands du dix-septième siècle.
Prinlz avait écrit plusieurs autres traités de
musique dont il perdit les manuscrits, avec
tous s<s livres, par un incendie qui éclata à
Sorau, le 2 mai 1684, ou qui sont restés entre
les mains de ses amis. Les litres de ces ou-
vrages étaient ceux-ci : 1° Idea boni compo-
sitoris, en neuf livres. 2° Iffusici defensi.
3° La quatrième partie du Compositeur sati-
rique. 4° De circulo quintarum et quarta-
rum, en deux parties. 5° Histoire de la mu-
sique, en latin. 6° Musica arcana , en
plusieurs parties. 7° Promenade du composi-
teur satirique, à Holiarden, en allemand.
8° Erotemata musicx Schelianx. 9° Erote-
mata musicte Pezoldianx. 10° Musica
theoretica signatoria. 11° Musica theoretica
didactica. 12° Analecta musica historica
curiosa. 13° De stylo recitativo. 14° Melo-
pœia, sive musica poetica intégra. 15° De
instrumentas in toto orbe musicis. Printz as-
sure {Hist. Beschr. der Sing-und Aling-
Kunstf page 223, § 33) que son Histoire de
la musique, en latin, était, en 1690, entre les
mains de son éditeur Jean-Christophe Miethe,
à Dresde, qui allait la livrer à l'impression;
cependant elle n'a point paru, et l'on ignore
ce qu'est devenu le manuscrit. A l'égard des
autres ouvrages cités précédemment, ils
étaient sans doute contenus dans deux grands
volumes in-4°, écrits de la mains de Printz,
qui ont péri dans l'incendie du château, à Co-
penhague, le 26 février 1794. On attribue
aussi à Printz trois romans musicaux, dont le
premier a paru sous le pseudonyme de Cotula.
Ces ouvrages ont été imprimés sous les titres
suivants : 1° Musicus vexatus oder der
vohlgeplagte, doch nicht verzagte, sondern
jederzeit lustige Musicus instrumentons.
In einer anmuthigen Geschichtevor Augen
gestellt von Cotala don Kunst-Pfeife-ge-
sellen (le Musicien vexé, ou le joueur d'instru-
ments fort tourmenté, mais non découragé, ou
plutôt toujours joyeux, etc.); Freyberg, Jean-
Christophe Miethen, 1690, in-8° de deux cent
quatre pages. Ce volume a pour objet de pré-
senter le tableau de la triste situation des
apprentis musiciens de l'Allemagne au dix-
septième siècle. Une deuxième édition, sans
date et sans nom de lieu, a été publiée (en
177:2), en un volume gr.in-8° de cent soixante-
six pages. 2° Musicus magnanimus oder
P.ancalus, der grossmuthige J/usicant, in
einer iiberaus lustigen, anmuthigen und mit
schœnen Moralicu gezierten Geschichte vor-
gestellet von Minnermo, des Pancali guten
Freundc (le Musicien magnanime, ou Pancalus,
le généreux ménétrier etc.) ibid., 1691, in-8"
de deux cent soixante-deux pages. Ce volume,
qui est en quelquesorleunc suite du précédent,
est une peinture de la vie accidentée des mu-
PRINTZ - PROCH
123
siciens ambulants de l'Allemagne, à l'époque où
Prinlz vivait. 3° Musicus curiosus, oder Bat-
talus, der verwitzige Musicant. In einer
sehr lustigen anmuthigen, unerdichtetcn
und mit schcpnen Moralien durchspiekten
Geschichte vorgestcllet von Minnermo, der
Battali guten Freunde (le Musicien curieux,
ou Batlalns, l'indiscret ménétrier, etc.);
ibid., 1691, in-8° de trois cent trente-trois
pages. Tout cela est lourd d'idées et de style.
PRIOLI (Jean), maître de chapelle de
l'empereur Ferdinand II, au commencement
du dix-septième siècle, est connu par les ou-
vrages suivants : 1° Sacromm concentinun
quinque vocum in duas partes distribu-
torum pars prima; Venetiis, apud Barth.
Magni, 1618, in-4°. 2° Sacrorum concen-
tuum etc., pars altéra; ibid., 1619, in-4°.
3° Misse a 8e9 voci ; ibid., 1624.4° Delicie
musicali; Vienne, 1625. On trouve aussi
quelques morceaux de la composition de Prioli
dans la collection intitulée : Bergam. Par-
nassus music. Ferdinandœus ; Venise, 1615,
in-4°.
PRIORIS, musicien belge, élève d'Oke-
ghem, vécut à la fin du quinzième siècle et au
commencement du seizième. Son nom est cité
dans la Déploration de Crespel, sur la mort
d'Okeghem :
« Agricola, Verbonnet, Prions,
« Etc. »
On ne sait rien concernant la position qu'il
occupa, ni sur les événements de sa vie d'ar-
tiste. Prioris fut, sans aucun doute, un savant
et ingénieux musicien , car on trouve deux
canons très-bien faits de sa composition dans
la collection qui a pour litre : Bicinia gal-
Uca , latina et germanica , et qusdam
fugx. Tomi duo; Vitebergx, apud Geor-
gium Rhav, 1545, petit in-4° obi. Les deux
morceaux de Prioris sont dans le second vo-
lume. Le premier, intitulé fuga sex vocum,
est un triple canon, chacun à deux parties,
sur les paroles : Da pacem Domine. L'autre
(fuga octo vocum) est un quadruple canon,
chacun à deux parties, sur le Jexle^/t'eyl/an'a.
Ces pièces sont très-remarquables pour le
temps où vécut leur auteur. Un manuscrit in-
folio du seizième siècle, qui se trouve à la bi-
bliothèque royale de Berlin, contient un
Magnificat du huitième ton, à quatre voix, de
Prioris. Des messes de ce musicien sont dans
les manuscrits de la chapelle pontificale
{voyez Baini, Memor. stor. crit. délia vila
e délie opère di G. Pierluigi da Paleslrina,
n. 22G)
PRIXNER (le P. Sébastien), né, non à
Ralisbonne, comme je l'ai dit dans la pre-
mière édition de cette Biographie, mais à
Reichenbach (Bavière), en 1744, fit ses pre-
mières études littéraires dans cette ville, et
apprit la musique à Saint-Éméran. En 1763,
il prononça ses vœux dans ce monastère : il y
fut ordonné prêtre cinq ans après, et mourut le
25 décembre 1799, après avoir rempli pendant
vingt-cinq ans les fonctions d'inspecteur du
séminaire etdedirecteurdu chœurduchapitre.
Il a laissé en manuscrit neuf messes à quatre
voix, des motels et des pièces d'orgue. Le
P. Prixner a fait imprimer un petit écrit inti-
tulé : Kann man nicht in zwei oder drei
Monaten die Orgel gut und regelmxssig
schlagen lernen? (Ne peut-on pas apprendre
en deux ou trois mois à bien jouer de l'orgue?) ;
Landshut, Hagen, 1795, in-fol. La deuxième
édition de cet écrit a été publiée dans la
même ville, en 1804, un volume in-folio de
cent vingt pages.
PRORUS (...), pasteur protestant, à Rot-
terdam, vers le milieu du dix-huitième siècle,
a écrit un livre intitulé : Vertoog over den
nuttig Gebruik en ontstichtend misbruikvan
het Psalmgezang in den openbaaren Gods-
dienst der Protestanten (Exposé de l'utile
usage et de l'abus scandaleux du chant des
psaumes dans les églises protestantes); Rot-
terdam, Kornelisde Veer, 1766, in-4°.
PROCH (Henri), né le 22 juillet 1809, à
Laybach et non à Vienne, comme le disent les
biographes allemands qui m'ont induit en er-
reur dans la première édition de cette Bio-
graphie, a montré dès ses premières années
d'heureuses dispositions pour la musique.
A l'âge de treize ans, il a reçu des leçons de
Joseph Benesch pour le violon, sur lequel il a
acquis une habileté remarquable. En 1854, il
entra dans la chapelle impériale à Vienne, et
en 1848 il fut choisi comme chef d'orchestre
du théâtre Josephstadt : quelques années après
il obtint une position semblable au théâtre
de la cour. Il s'est fait connaître avantageuse-
ment par beaucoup de chants avec accompa-
gnement de divers instruments, particulière-
ment de piano, violoncelle et cor, op. 1, 3, 4,
5,6, 11,14, 17, 18, 19,21,22,28,29,31,54,
58, 46, etc.; Vienne, Diabelli; deux messes
avec orchestre; des graduels et offertoires;
des ouvertures, des quatuors de violon, dont
il n'a été publié qu'un seul, op. 12, un grand
trio pour piano, violon et violoncelle, op. 27;
Vienne, Leidesdorff, et des morceaux concer-
tants pour le violon. Son opéra intitulé : Ring
126
PROCII - PROCLUS
und Maske (Aneau el masque) fut représenté
à Vienne, en 1844. Trois ans après, il a fait
jouer celui qui a pour litre : Die Blutrache
(la Vengeance sanglante), et, en 1848, il a
donné, dans la même ville, Der Gefxhrlich
Sprung (le Saut périlleux). Ces ouvrages ont
eu peu de succès.
PROCHASKA (Jean), professeur de
contrebasse à Prague (1830-1845), né en Bo-
hême, est un fécond compositeur de quadrilles
et de polkas. Il a fait exécuter dans celte ville,
en 1841, une ouverture à grand orchestre, de
sa composition.
Un trompettiste de Vienne, d'un talent re-
marquable, nommé Prochaska, est, je crois,
frère du contrebassiste.
PROC1IE (François), professeur de mu-
sique à Breslau, est né, en 1796, à Doberney,
près de Kœniggraetz, en Bohême, où son père
était inspecteur des forêts. Dès son enfance, il
montra d'heureuses dispositions pour la mu-
sique ; il apprit les éléments de cet art en fai-
sant son éducation littéraire dans les institu-
tions de Kelzeldorfet de Bernsdorf. A l'âge de
quinze ans, ses études étaient terminées et une
place secondaire lui fut donnée, en 1809, dans
une institution du village de Merkelsdorf. Le
traitement attaché à cette position était si mi-
nimequ'il était obligé dejouerd'uninstrnment
les jours de fêtes, pourladanse, dans les guin-
guettes. Après avoir végété pendant cinq ans
dans cette infime situation, il accepta une
place de professeur chez un baron, espèce de
maniaque qui l'occupait sans relâche pendant
douze ou quinze heures chaque jour à faire de
la musique. Quatre années se passèrent dans
cette pénible situation, dont Proche ne sortit
qu'en acceptant une autre place de professeur
de musique chez une dame noble, à Rampels-
dorf, en Silésie. Il y passa dix-huit mois, se
maria, et prit la résolution de sortir de l'exis-
tence dépendante qu'il avait eue jusqu'alors,
en allant s'établir dans une ville où il cher-
cherait l'utile et honorable emploi de ses ta-
lents. Oels fut le lieu qu'il choisit, peut-être
imprudemment; car cett ville contient une
population d'environ six mille habitants, uni-
quement occupés d'industrie et de commerce.
Ce ne fut que par d'énergiques efforts que l'ar-
tiste parvint à y faire naître le goût de la mu-
sique et à y fonder des sociétés de chant et de
musique instrumentale. Kosmaly, biographe
de Proche, assure que telle était l'ignorance
des habilanls d'Oels, en ce qui concerne la mu-
sique, que les œuvres de Haydn et de Mozart
leur étaient complètement inconnues en 1820,
el que ce fut lui qui les leur fit entendre pour
la première fois. Dix- neuf années de la vie de
ce pauvre artiste s'écoulèrent dans ce triste
milieu, où il eut à pourvoir à l'existenced'une
nombreuse famille. Convaincu enfin, mais
malheureusement trop lard, qu'il usait inuti-
lement ses forces à lutter contre l'indifférence
de la population de cette ville, il s'en éloigna
et alla se fixer à Breslau, en 1839. Il n'y
trouva pas un sort beaucoup plus favorable,
quoique l'art soit cultivé avec succès dans
cette grande ville. Sa jeunesse était passée;
quelques artistes seulement connaissaient son
mérite, et de rares leçons étaient sa seule res-
source en 1846; il avait alors cinquante ans.
Après celte époque, on n'a plus de renseigne-
ments sur sa personne. Cependant, cet homme,
si peu favorisé dans sa carrière, était né avec
une organisation d'élite. Quelques-uns de ses
Lieder qui me sont tombés sous la main sont
d'un sentiment exquis, particulièrement ceux
qui ont pour titres : Der Thrane (la Larme),
Der Doppelkuss (le Double Baiser), et Die
litzte Loge (la dernière Demeure), pour ténor,
chœur d'hommes et piano. Dans ses variations
pour piano, Proche ne traite que des thèmes
d'invention, dont la distinction est remar-
quable, et dans les formes de ces variations,
il réunit les qualités de la musique sérieuse à
celles d'une rare élégance. Toutes ses compo-
sitions pour l'orchestre sont restées en ma-
nuscrit. C'est une noble nature que celle qui,
dans une adversité prolongée, conserve les
facultés de l'imagination et le pur amour de
l'art.
PROCKSCH (Gaspard), clarinettiste alle-
mand, né en Bohême, fut attaché au service du
prince de Conti vers 1779. Il a fait graver à
Paris : 1° Six trios pour clarinette, violon et
basse. 2° Six solos pour clarinette. 5° Six duos
pour deux clarinettes.
PROCLUS, philosophe grec, né le 8 fé-
vrier 412 de Père chrétienne, vraisemblable-
ment à Constantinople, suivit d'abord les
leçons du grammairien Orion et du rhéteur
Leonas, puis étudia la philosophie sous Olym-
piodorc et sous Héron, à Alexandrie. Il mou-
rut le 17 avril 48;», après avoir enseigné long-
temps la philosophie avec distinction. Parmi
ses nombreux ouvrages, dont nous n'avons
qu'une partie, on remarque le commentaire
sur le Timcc de Platon, où il traite de la doc-
trine des nombres appliquée à la musique. Ce
morceau se trouve dans les éditions des
œuvres de Platon publiées en 1534 et 1566,
in- fol . A l'égard du Commentaire sur les
PROCLUS — PRONOMUS
127
Harmoniques de Ptolémée qui lui est attribué
par le Dictionnaire historique des musiciens
(Paris, 1810), il ne lui appartient pas.
PROKSCH (Joseph), né le 4 août 1794, à
Reichenberg, en Bohême, est chef d'une insti-
tution pour l'éducation musicale. A l'âge de
huit ans, il perdit l'usage de l'œil droit, et
dans sa dix-septième année, il fut complète-
ment privé de la vue. En 1811, il entra dans
l'institution des aveugles, à Prague. Ses pro-
grès dans la musique furent beaucoup plus ra-
pides que ceux des autres élèves frappés de
cécité, parce qu'il avait appris le système de
la notation avant d'être privé de l'usage des
yeux. Wenceslas Rozeluch lui donna des
leçons de piano, et Farnik fut son mailre de
clarinette. Il acquit sur ce dernier instrument
un talent assez distingué pour pouvoir faire
un voyage d'artiste en Bohême, en Moravie,
en Hongrie et en Autriche, avec le harpiste
Rleger. A l'égard de son éducation littéraire
et pédagogique, il la dut au professeur Jarosch.
Lorsque le système d'enseignement de Logier
(voyez ce nom) commença à se répandre en
Allemagne, Proksch l'adopta avec enthou-
siasme et fonda une école dans laquelle il le
mit en pratique ; cette institution eut un grand
succès dans la capitale de la Bohême. II a
écrit, pour ses cours simultanés de piano, des
morceaux pour plusieurs instruments de cette
espèce à quatre mains, lesquels ont été publiés
à Prague, chez Berra.On a de ce professeur un
écrit intitulé : Aphorismen iiber katholische
Kirchenmusik (Aphorismes sur la musique
d'église du culte catholique) ; Prague, Bell-
mann, 1858, in-8°.
PROFE (Ambroise), né à Breslau, dansles
dernières annéesdu seizième siècle, fut nommé,
le 8 mars 1617, organiste à l'église Sainte-
Élisabelh, et le 18 octobre de la même année,
cantor à Jauer, près de la capitale de la
Silésie. Il remplissait encore ces fonctions
en 1649. On ne sait rien de plus sur ce mu-
sicien de mérite. On a de lui un traité des
éléments de la musique et de la solmisation
sans muances, d'après les sept noms de notes,
sous ce titre : Compendium musicum, darin
gewiesen wird wie ein junger Mensch, in
weniger Zeit , leichlicht und mit geringer
Miihe, ohne einige Mutation, mœge singen
lernen /Leipsick, 1641, in-4°dehuit feuilles.
Un extrait de cet ouvrage a été imprimé en
1649, avec le corollaire de la collection pu-
bliée par Profe, sous ce titre : Geislliche Con-
certe und f/armonien verschiedener Kom-
ponisten fiir 1, 2,.3, 4, 5, 6, 7 und mehrerc
Stimmen, mit und ohne f'iolinen (Concerts
et harmonies spirituelles de différents compo-
siteurs pour une, deux, trois, quatre, cinq, six,
sept et un plus grand nombre de voix, avec et
sans violons), première partie; Leipsick, 1641,
in-4°; deuxième idem, ibid. ; troisième idem,
ibid., 1642; quatrième idem, ibid., 1646.
Cette dernière partie fut suivie du Corolla-
rium geistlicher Collectaneorum beriihmtcr
authorum so zu denen bishero unterschieden
publicirten vier Theilen gehôrig und ver-
sprochen, etc. ; Leipsick, 1649, dédié au duc
de Saxe-Altenbourg, Guillaume II. Profe est
aussi auteur de chansons morales intitulées
Musikalischen Moralien; Leipsick, 1639,
in-4°.
PROMRERGER (Jean), facteur de
pianos, à Vienne, naquit à Kuffulek, dans le
Tyrol, le 25 juin 1779. A l'âge de seize ans,
il entra en apprentissage chez un menuisier à
Vienne ; mais la vue d'un piano lui révéla sa
vocation, et lui fit quitter la menuiserie pour
entrer chez Millier, renommé pour la fabrica-
tion de cet instrument, dans la capitale de
l'Autriche. Après s'être livré au travail avec
ardeur, il épousa la veuve du facteur d'instru-
ments Schweighofer, et donna à sa fabrique
une extension considérable. L'invention d'un
instrument, auquel il donna le nom de Sire-
nion, le fit connaître avantageusement. En
1828, il fit, avec son fils, un voyage pour faire
entendre cet instrument à Prague, Dresde,
Leipsick et Berlin : partout il reçut des félici-
tations sur son invention. Ses pianos ont été
estimés en Allemagne. Une longue et doulou-
reuse maladie Ta conduit au tombeau, le
25 juin 1834.
PROMBEBGER (Joseph), fils du précé-
dent, est né à Vienne, le 15 septembre 1810.
Devenu habile pianiste après avoir pris des
leçons de Ries, frère du compositeur, et de
Charles Czerny, il a fait aussi plus tard un
cours de composition sous la direction du che-
valier de Seyfried. En 1828, il a accompagné
son père dans ses voyages pour faire entendre
le Sirenion, et a fait admirer la délicatesse
de son jeu sur cet instrument. Il s'est ensuite
fixé à Vienne, en qualité de professeur de
piano, et a publié chaque année quelque mor-
ceaux de sa composition pour cet instrument,
dans le style brillant et léger. En 1831, il a
fait exécuter, à Vienne, une ouverture de
Jubilé et d'autres compositions pour l'or-
chestre.
PRONOMUS, joueur de flûte grec, naquit
à Thèbes, en Béotie. Athénée dit (IV, 184, d)
428
PRONOMUS — PROPIAC
qu'il fut le maître de flùle ri'Alcibiade : il vécut
ec-nséquemment environ 440 ans avant l'ère
chrétienne. Pausanias , décrivant Thèbes
(lib. IX, c. 12, 7ô4) dit de ce musicien : « On
» voit aussi dans le même endroit la statue de
» Pronomus, le joueur de flûte le plus agréable
» qu'on ait entendu. Jusqu'à lui, les joueurs
» de flûte faisaient usage de trois flûtes diffé-
» rentes, l'une pour le mode dorien, l'autre
» pour le mode phrygien et la troisième pour
» le mode lydien. Pronomus fut le premier
» qui imagina une flûte propre à toutes sortes
» de modes ; il est le premier encore qui exé-
» cula sur le même instrument des chants
» également différents les uns des autres; on
» ajoute qu'il divertissait singulièrement les
» spectateurs par ses grimaces et par les mou-
» vements de tout son corps. On a conservé
» de lui un chant qu'il avait composé pour
» servir d'hymne aux Chalcidiens des bords
» de l'Euripe, lorsqu'ils entraient au temple
» de Délos. Les Thébains ont placé sa statue
» en cet endroit, ainsi que celle d'Épami-
» nondas, fils de Polymnis. »
PROIMY (Gaspard-Claire-Framçois Marie
RICHE, baron DE), savant ingénieur et
géomètre, naquit à Chamelet (Rhône), le
12 juillet 1755. Son père, conseiller au parle-
ment de Dombes, lui fit donner une brillante
éducation. Admis à l'école des ponts et
chaussées en 1776, il obtint le titre de sous-
ingénieur en 1780. Après avoir rempli ses
fonctions dans plusieurs provinces de France,
il fut rappelé à Paris, et chargé, parle ministre,
«le travaux importants qui lui valurent l'estime
des savants. Au nombre des immenses résul-
tats de ces travaux, on doit placer les grandes
tables logarithmiques et trigonomélriques, en
dix-sept volumes in-folio, qu'il calcula et
dressa par ordre du gouvernement : ouvrage
colossal qui n'a point vu le jour, bien que
l'Angleterre ait offert au gouvernement fran-
çais de payer la moitié des frais de l'im-
pression. Le 24 août 1798, Prony fut nommé
inspecteur général des ponts et chaussées, et
directeur de l'école, le 4 octobre suivant. Em-
ployé successivement dans diverses parties de
la France, en Italie et en Espagne, par Napo-
léon, pour de grands travaux, il s'acquitta de
toutes ses missions en homme supérieur.
Nommé professeur a l'école polytechnique, il
ne cessa ses leçons qu'après la restauration,
mais il resta attaché à celle école, en qualité
d'examinaleur. Louis XVIII l'avait nommé
officier de la Légion d'honneur, en 1814; en
1810, il le fit chevalier de l'ordre de Saint-
Michel, et le 15 juin 1828, Prony reçut le titre
de baron. Devenu membre de l'Institut, à là
création de cette société savante, il fut associé
à la Société royale de Londres, en 1820, et fit
partie de presque toules les académies de
sciences de l'Europe. Il est mort à Paris, le
29 juillet 1839. Les ouvrages de mathématiques
publiés par ce savant géomètre ne sont pas du
ressort de cette biographie; il n'y est cité que
pour quelques écrits relatifs à la musique. Il
aimait passionnément cet art et le cultivait
avec succès. La harpe était l'instrument (pi i
préférait et dont il jouait habituellement. C'est
ce goût particulier, et les connaissances qu'il
avait dans les principesdesa construction, qui
l'ont dirigé dans son Rapport sur la nouvelle
harpe à double mouvement, lu à l'Institut,
en 1815, et imprimé dans la même année
(Paris, Didot, deux feuilles in-8°). C'est le
même penchant qui a l'ait écrire par Prony sa
Note swr les avantages du nouvel établis-
sement d'un professorat de harpe à l'Ecole
royale de musique et de déclamation ; Paris,
Didot, 1825, in-4°de douze pages. L'ouvrage
le plus important deProny,en ce qui concerne
la musique, est celui qui a pour litre : Ins-
truction élémentaire sur les moyens de cal-
culer les intervalles musicaux, en prenant
pour unités ou termes de comparaison, soit
l'octave, soit le douzième d'octave, et en se
servant de tables qui rendent ce calcul extrê-
mement prompt et facile. Formules analy-
tiques pour calculer le logarithme acoustique
d'un nombre donné, et réciproquement;
progressions harmoniques ; autres formules
relatives à l'acoustique musicale, avec des
applications aux instruments de musique;
détermination du son fixe, etc.; Paris,
F. Didot, 1822, in 4° de cent douze pages avec
deux tableaux. Prony fait usage, dans cet écrit,
de logarithmes binaires, déjà indiqués par
Euler.
PROPIAC (Catherine- Josepii-Ferdi> \ ko
GIIIAUD I>E), littérateur et musicien, na-
quit vers 1700, en Bourgogne, d'une famille
noble. En 1791, il émigra, servit dans l'armée
du prince de Coudé, et obtint la croix de Sainl-
Louis. Après avoir demeuré longtemps à
Hambourg, il profila des événements du
18 brumaire pour rentrer en France, et obtint
la place d'archiviste du département de la
Seine. Il mourut à Paris, le 1 er novembre
1825, d'une attaque d'apoplexie foudroyante,
à l'âge de soixante-trois ans. Propiac a publié
beaucoup de livres élémentaires, d'abrégés.
de traductions et de romans. Comme musicien,
PROPIAG - PROSKE
129
il s'est fait connaître par les opéras-comiques
suivants : 1" Isabelle et Rosalva, à la Comédie
italienne, 1787. 2° Les trois Déesses rivales,
1788. 3° La Continence de Bayard, 1790.
Ce dernier ouvrage a eu du succès. 4° La
fausse Paysanne, en un acle, 1790. Propiac
a publié aussi de jolies romances, don t la poésie
était de madame Perrier, femme d'un esprit
distingué : on en a publié plusieurs dans le
Chansonnier des Grâces.
PROSKE (Ciurles), chanoine de la
cathédrale de Ratisbonne et savant musicien,
naquit en 1794, à Graebing, village de la Si-
lésie. Son père, riche propriétaire, n'avait que
ce fils et cinq filles. Ses enfants reçurent une
éducation distinguée. A l'âge de treize ans,
Charles Proske perdit sa mère, qui mourut du
typhus. Quelques années après, son père se re-
maria et épousa une veuve qui avait six enfants.
Cette augmentation considérable de la famille
fit cesser les soins que Charles prenait de l'ad-
ministration des biens de son père, et il put se
livrer à l'étude. Son penchant le portait vers
la théologie, mais son père ne voulut pas con-
sentir à ce qu'il se fit prêtre. Contrarié dans
son dessein, Proske se décida pour la médecine
et alla suivre ses cours à Vienne : à l'âge de
ilix-huit ans, il termina ses études. En 1815,
lorsque toute l'Allemagne se souleva contre la
domination de la France, il s'engagea comme
médecin, et fit les campagnes de 1813, 1814
et 1815. Après la paix de 1814, il avait reçu la
croix militaire de Prusse. Après avoir quitté
l'armée, il fut nommé médecin de district à
Blœft, sur les frontières de la Pologne, et y
fut accablé d'occupations de son état. L'aspect
incessantdes misères de l'humanité qu'il avait
sous les yeux réveilla dans son cœur compa-
tissant le désir d'être prêtre. Ce désir, devenu
chaque jour plus vif, lui fit prendre, en 1822,
la résolution d'entrer dans les ordres. Il se
rendit à Ratisbonne et suivit pendant quatre
ans les cours de théologie. Après des examens
brillants, il fut ordonné prêtre par l'évêque
Sailer, dont il devint dès ce moment le com-
pagnon habituel dans les tournées que faisait
ce prélat dans son diocèse. Plus tard, il devint
vicaire de l'ancienne chapelle, et en 1830, il
fut pourvu d'un canonicat. Dès ce moment, il
employa toutes ses heures de loisir à son étude
favorite de la musique, particulièrement des
oeuvres des anciens maîtres, qu'il préférait
aux formes plus modernes de l'art. Au mois
d'août 1834, il se rendit à Rome, s'y lia d'une
étroite amitié avec Baini, maître de la cha-
pelle Sixtine, ainsi qu'avec Mgr Ressach, alors
BIOCU. UMV. DES MUSICIENS. T. VII.
recteur de la propagande, et qui, plus tard,
devint cardinal. Ce fut pendant son séjour à
Romcqu'il rassembla, avec un zèle infatigable,
les œuvres des maîtres les plus célèbres de
l'ancienne école italienne, particulièrement
dans le style religieux. Il visita Naples, Flo-
rence, Bologne et Venise pour y trouver de
semblables trésors d'éditions rares et de ma-
nuscrits précieux. C'est enfin dans ces voyages
qu'il posa les bases de sa belle bibliothèque,
l'une des plus considérables en son genre qui
aient jamais existé.
De retour à Ratisbonne, le chanoine Proske
donna tous ses soins à la restauration des
formes classiques de la musique dans les
églises, etsur la demande del'évêqueValentin,
il entreprit le travail immense de la traduction
en notation moderne et en partition d'une col-
lection d'oeuvres de musique religieuse, des
compositeurs du seizième siècle. Son plan,
trop vaste pour un seul homme à l'âge où il
était parvenu, n'a pu être réalisé qu'en partie
dans les volumes qu'il a publiés, sous le titre de
Musica divina. Avant d'entreprendre celle
publication importante, et qui donne une
haule opinion de son mérite personnel et de
son savoir, il fit, en 1841, un second voyage
en Italie et en rapporta de nouvelles richesses
bibliographiques. Des témoignages d'eslime
et de considération lui ont été donnés de
toutes parts pour son noble caractère et pour
ses beaux travaux : le roi de Bavière l'a dé-
coré de la croix de chevalier de l'ordre de
Saint-Michel, et l'évêque Ignace de Ratisbonne
l'a nommé membre du conseil épiscopal, et
membre extraordinaire de l'ordinariat. Mal-
heureusement atteint d'une affection phlhi-
sique, dont les progrès furent rapides, le
chanoine Proske mourut le 20 décembre 18G1 ,
léguant, par son testament, sa précieuse bi-
bliothèque à la ville de Ratisbonne.
D'aprèsleplan conçu parce savantmusicien,
la Musica divina devait formerqualre parties
complètes de musique d'église des plus grands
maîtres du seizième et du dix-septième siècle :
la première à quatre voixen partition etparties
séparées, la seconde à cinq voix, la troisième
à six et la quatrième à huit. La première seu-
lement a pu être achevée : elle se compose des
volumes de partitions et des parties séparées
dont voici les titres : 1° Tomus primus. Liber
Missarum, in-4°. Ce volume renferme douze
messes à quatre parties, dont trois de Pales-
trina, deux d'Orlando de Lassus, une de
Th.-L. de Victoria, une trfem d'André Gabrieli,
une idem de Léon llaslcr, deux d'Octave Pi-
9
1Ô0
FROSKE - PROVKDI
toni, dont une de Requiem, «ne d'Antoine
Lolli el une de Mathieu Asola. Le volume est
précédé d'une longue préface et de bonnes
notices sur les auteurs el sur chaque messe,
en LXX pages. Les partitions des messes for-
ment trois cent cinquante pages. 2° Tomus
secundus. Liber Motettorum auctorum va-
riorum; quatre cahiers in-4° formant un vo-
lume deLVI et cinq cent quatre-vingts pages.
Il contient des motets à quatre voix, des
maîtres les plus célèbres, pour tous les diman-
ches et fêles de l'année. 5° Tomus tertius.
Psalmodiam Magnificat , Hymnodiam et
Antiphonias B. M. V. etc.; Auctorum va-
riorum, in-4° de XX et cinq cent douze pages.
4° Tomus quartus. Liber Fespertinum. Ce
volume, divisé en deux cahiers in-4°, était sous
presse au moment de la mort du chanoine
Proske; j'ignore s'il a paru. Le litre général
de la collection est celui-ci : Musica divina,
sive Thésaurus concentuum selectissimorum
omni cultui divino totius anni juxta rilum
S. Ecclesix catUolicxinservientium. Ab ex-
cellentissimis superioris sévi musicis nn-
meris harmonicis compositorum, quos e
codicibus originalibus tuin editis quant
incdiiis accuratissime in partilionem re-
dactus ad instaurandam polyphoniamvere
ecclesiasticam publiée offert Carolus Proske;
Ratisbonx. Sumlibus, cliartis et typis Fri-
derici Pustet ; 18oô, in-4°. L'exécution typo-
graphique des partitions et des parties sépa-
rées est magnifique.
Proske avait compris, plusieurs années
avant sa mort, qu'il ne pourrait accomplir
entièrement le travail qu'il avait projeté, ce
qui le détermina à publier un choix de seize
messes à quatre, cinq, six et huit voix, qui a
paru en quatre cahiers, lesquels ont pour litre
général : Selectus ttovus jUissarum prxstan-
tissimorum superioris asvi auctorum, juxta
codices originales tum manuscriptos ttun
impressos edilarum a Carolo Proske; ibiil.,
185G, in-4°. Le premier cahier contient deux
messes de Palestrina, la première à quatre
voix, l'aulre à six; wna messe à qualrc de Félix
Ancrio, et une à cimj voix de Lassus. Dans
le second cahier, on trouve deux messes de
Vicloria, dont une à quatre et l'autre a six
voix, une à six voix de François Soriano, et
une à Bull de Léon Ilasler. Je n'ai pas vu les
troisième el quatrième cahiers.
PROT (Fkux-Jea«), né à Senlis, en 1757,
vint jeune à Paris, recul des leçons «le violon de
Désmaràis, el apprit l'harmonie sons la direc-
tion deGianotli. En 1775, il entra comme allô
à la Comédie-Française, et pendant quarante-
sept ans, il occupa cette place. Relire, en
1822, avec la pension acquise par ses services,
il n'en jouit pas longtemps, car il mourut au
commencement de l'année 182Ô, à l'âge de
soixante-seize ans. Prot a donné, à l'Opéra-
Comiquede la foire Saint-Lanrenl, leBalbour-
geois, en un acte, et à la Comédie Italienne,
les Rêveries, en 1779, et le Printemps, en
1787. Il a aussi publié en musique instru-
mentale : 1° Symphonie concertante pour
deux altos; Paris, Lachevardière. 2° Six duos
concertants pour deux altos; Paris, Leduc.
ô° Duos pour deux violons, liv. I, II, III,
IV, chacun de six; Paris, Imbault. 4° Ldem,
liv. V, VI, VII, VIII, chacun de six; Paris,
Sieber. 5" Duos très-faciles pour deux violons,
op. 15 et 17 ; idem. 9° Six duos dans le genre
(les symphonies concertantes, op. 18; ibid.
PÏIOTA (Joseph), né à Naples, en 1G99,
étudia la composition au Conservaloire dei
poveri di Cesu Cristn, puis à celui de la
Pietà, sous la direction d'Alexandre Sca Haïti.
Il succéda ensuite à son maître en qualité de
professeur nu Conservatoire de la Pietà. Prota
cul la gloire d'être le premier maître de Jo-
melli. lia écrit plusieurs opéras, dont on n'a
pas retenu les tilres.
PROTA (Gabiuei.), compositeur napoli-
tain, vécut dans la dernière moitié du dix-
huitième siècle, et fut attaché, en qualité de
maître de chapelle, au monastère de Santa-
Ghiara. Il a écrit pour le service de ce couvent
une assez grande quantité de musique d'église
pour des voix de femme. On cite particulière-
ment de lui en ce genre : 1° Messe pour quatre
soprani et orgue. 2" Litanies de la Vierge pour
quatre soprani. 3° Miserere pour quatre so-
prani el orgue. En 1790, il a remis en mu-
sique et fait jouer, au théâtre Nuovo, un an-
cien opéra intitulé Gli Slu/lcnti.
PROTA (Jean), compositeur napolitain, vé-
cut an commencement du dix-neuvième siècle,
et fut maître de chanl dans la maison d'édu-
cation appelée, à Naples, dei Miracoli. Il a
écrit, pour les théâtres de celle ville, les opé-
ras intitulés; TlServo astutto el il Cimento
feliee. On connaît aussi de lui beaucoup de
musique d'église.
PROVEDI (Fbahçois), littérateur italien,
qui vécut vers le milieu diidix-htiitième siècle,
naquit à Sienne, vers 1710.11 passe pour avoir
été d'abord rémouleur et coutelier (arrolino
e coUellinajo). Lichtenlhal pense (1) que ce
(I) Dizzion. c Biblioi/. dcllu Musica, I. III, p. I.'i.
PROVEDI - PRUDENT
tr.i
mot coltellinajo a pu cire un second prénom
de Provedi ; mais M. Casamorata fait remar-
quer avec justesse (1) que Romagnoli, né éga-
lement à Sienne, et <|iii vécut peu de lemps
après Provedi, se sert, en parlant de cet écri-
vain, dans la continuation des Pompe sanesî
d'Ugurgieri, des expressions arroslinoe collel-
linajo dans le sens de Pexcrcice des professions
de rémouleur et de coutelier. Provedi a fait
imprimer, dans le premier volume de la Rac-
colta d' opiiscoli seienliflci e filologici (Ve-
nise, 1754, in-8°, p. 343-451), une comparai-
son de la musique ancienne el de la moderne
[Paragone délia musica anlica e délia mo-
derna) en quatre dissertations, dont la pre-
mière contient un abrégé de l'histoire de cet
art. Ce petit ouvrage, dit M. Casamorata, fut
publié d'abord en un volume in-12, sans date
et sans nom de lieu; mais la dédicace, ail'
Eminentissimo Tanara, fait connaître qu'il
a été imprimé à Sienne, en 1732. L'objet de
cet opuscule est de démontrer que le plain-
ebant est identique avec l'ancienne musique
grecque, el qu'il est supérieur et préférable à
la musique mesurée. Cette thèse s'est produite
plusieurs fois et a été reprise en dernier lieu
(voyez Clément (Félix), d'OitTicuE et IUtL-
i.Ani)). On peut voir aux articles ANSELME
DE FLAINDREvS et FRITELLI, de celte
Biographie universelle des musiciens , ce qui
y est dit d'une lettre écrite par Provedi, en
1748, concernant les systèmes de solmisation
parla méthode des muances et par la gamme
de sept notes.
PROVETVZALE (Fbasçois), un des plus
anciens maîtres des conservatoires de Naples,
brilla, vers le milieu du dix-septième siècle, par
son savoir et par le mérite de sa musique
d'église. Il occupa les positions honorables de
premier maître du Conservatoire de la Pt'età
deiTurchini et de maître de la chapelle pala-
tine. On conserve de lui des parti menti et des
fugues qu'il écrivit pour l'instruction des
élèves du Conservatoire. Ses compositions con-
nues sont : 1° Pange lingua à neuf voix avec
orchestre, et avec des ritournelles entre les
versets. 2° Tantum ergo et Genilori pour so-
prano solo et orgue avec chœur pieno, ou-
vrage d'une grande beauté, qu'on a toujours
exécuté dans l'église de Saint-Dominique-Ma-
jeur, pendant les quarante heures du carnaval,
depuis le lemps où il a été écril jusqu'à
l'époque actuelle, mais qui ne produit plus
aujourd'hui l'effet qu'il faisait autrefois, à
11) Ca-.tuo. musicale ili Milano (tS'J, il" 3!, p. i>'j3).
cause de l'absence des voix de castrais. 3° La
Colomba ferila, drame sacré, composé, en
1009, pour le monastère de Sanla-Rosalia.
4" La Geneviefa, oratorio. 5" L'/nfedeltà
ahbatluta, oratorio composé pour la petite
ville d'Assise, dans les Etats romains.
PRUDENT (Emile- REUNIE), pianiste
et compositeur pour son instrument-, naquit à
Angoulème, le 4 avril 1817. Il était âgé de
neuf ans lorsqu'il fut admis comme élève au
Conservatoire de Paris, le 12 juillet 1826. Ses
maîtres de solfège furent Larivière et M. Le-
couppey. Ses progrès furent assez lents dans
colle étude élémentaire, car après trois années
de fréquentation des classes, il n'obtint qu'un
second prix de lecture musicale au concours de
1829, el jamais il n'eut le premier. Le méca-
nisme du piano avait, sans doute, plus d'at-
trait pour lui, si l'on en juge par le peu de
lemps qu'il passa aux études préparatoires
dans la classe de Laurent, avant d'entrer dans
celle de Zimmerman. Le second prix de piano
lui fut décerné au concours de 18ôl ; il obtint
le premier en 1833. Après ce succès, il resta
dans l'école pour l'étude de l'harmonie et du
contrepoint; mais dans cette science, comme
dans le solfège, Prudent ne monda pas d'ap-
titude, et l'on voit en lui un des exemples de
celte anomalie d'un riche instinct dépourvu de
la faculté d'apprendre ; car un des registres du
Conservatoire porte, à la date du 1 er décembre
1835, ce mot, qui ne s'employait que pour
1'incapacilé : rayé. Il était, en effet, resté dans
les classes d'harmonie pendant près de quatre
années sans s'élever jusqu'à l'accessit dans
les concours. Prudent était pianisle-né, mais
non musicien. Il venait de sortir du Conserva-
toire et restait inaperçu dans la foule des
premiers prix de piano de cette institution,
lorsque Thalberg arriva à Paris, en 1836, et y
produisilune profonde impression parle beau
son qu'il lirait de l'instrument el par son nou-
veau genre de musique, où la mélodie est ac-
centuée au centre d'arpèges compliqués en ap-
parence et néanmoins assez faciles. Thalberg
fut pour Prudent ce qu'avait été Moschelès
pour Henri Herz, c'esl-à-dire la révélation
d'une école nouvelle, dont l'apparition était
saluée par des succès d'éclat. II se dit aussitôt
que là était tout son avenir et se condamna au
silence jusqu'à ce qu'il se fût assimilé le slyle
qui avait alors toutes les sympathies du public.
Le nom de Prudent retentit pour la première
fois dans les journaux en 1840, par le compte
rendu d'un concert qu'il avait dort né à Rennes,
cl dans lequel il avait produit une profonde
9.
132
PRUDENT — PRIME
sensation par la magie du nouveau genre de
musique de piano, encore inconnu dans la
Bretagne. Depuis lors, sa carrière de virtuose
voyageur ne lui offrit plus que des occasions
de succès. Son début à Paris se lit en 1842,
dans un concert donné à la salle Pleyel. Ren-
dant compte de ce concert, le critique Blan-
chard disait dans la Gazette musicale de Pa-
ris (n° 11) : « M. Emile Prudent est un élève
» de notre Conservatoire; il a cru devoir aller
a s'approvisionner de célébrité en province
•> et à l'étranger, célébrité qu'on est toujours
» forcé de venir faire sanctionner à Paris,
n M. Emile Prudent est un jeune pianiste à
» manière nette, chaleureuse en même temps
» que délicate; il s'est fait tout d'abord une
» place entre Thalberg et Dcehler. Peut-être
» ses composilronsetson exécution manquent-
» elles de largeur, de grandiose, de poésie;
» peut-être laissent-elles à désirer un peu
» plus d'inattendu, d'originalité; mais cela
» est bien phrasé, riche de détails charmants
» et pleins d'animation. »
Quelquefois Prudent faisait trêve à ses lon-
gues pérégrinations de donneur de concerts et
restait plus ou moins longtemps à Paris, où il
se livrait à l'enseignement et à la composition
de nouveaux morceaux, qui devenaient ses pro-
visions de soliste pour d'autres voyages. C'est
dans cette alternative que s'est écoulée son
existence, hélas! trop courte. Sa renommée
avait grandi d'année en année et presque tous
ses voyages étaient productifs. Sa musique de
concert et de salon se vendait et procurait des
bénéfices à ses éditeurs qui, par reconnais-
sance autant que par spéculation, lui prodi-
guaient des éloges dans leurs journaux. Au
nombre des arrangements de thèmes d'opéra
dont il faisait des fantaisies et des variations,
ainsi que dans ses morceaux d'invention, il
y a des choses d'un goût élégant et gracieux
qui ont obtenu un succès mérité. Parmi ces
œuvres légères avec lesquelles il s'est fait ap-
plaudir partout et qui ont été jouées par la
plupart des pianistes amateurs, on remarque
Y Hirondelle, étude, œuvre 11; Souvenir de
Beethoven, op. 9; Souvenir de Schubert,
op. 14; Ronde de nuit, op. 12; Grande fan-
taisie sur Guillaume Tell, op. 37 ; la Danse
des Fées, op. 41, etc., etc. Ses compositions
sérieuses sont : Un grand trio pour piano,
violon et violoncelle ; un concerto-symphonie
pour piano et orchestre, op. 35. Dans ses der-
nières années, Prudent s'était aperçu d'une
diminution d'élasticité dans ses doigts et de
son ancienne sûreté dans l'exécution des traits
rapides; par suite de celte observation, qu'il
cachaitavcc soin, il évitait dans ses morceaux
nouveaux les difficultés qui auraient pu le
compromettre dans ses concerts. 11 venait «l'en
donner un à Paris avec un brillant succès,
lorsque, le 5 juin 18G3, il fut saisi à l'impro-
v is te d'u ne a ngi ne couenneuse, dont les progrès
furent si rapides, qu'il expira dans la nuit
même, et que les journaux, qui préparaient le
compte rendu de son dernier triomphe,
reçurent en même temps la nouvelle de sa
mort.
PIIUME (Fiusçois-IltJBERT), virtuose vio-
loniste, né le 3 juin 181G, à Slavelot, petite
ville de la province de Liège (Belgique), où
son père était organiste, montra dès l'âge de
trois ans le désir de jouer du violon, et fit tant
de supplications pour obtenir un instrument
de celle espèce, que ses parents lui en ache-
tèrent un proportionné à sa taille, à la foire
d'une localité voisine. Quinze jours après, il
étonna sa famille en exécutant avec justesse
les airs qu'il avait entendu chanter par ses
sœurs. Parvenu à l'âge de cinq ans, cet en-
fant fut envoyé à Malmédy, pour y développer
ses dispositions par les leçons d'un violoniste
de quelque talent qui s'y trouvait. Deux ans
après, il revint dans sa ville natale et y donna
son premier concert, dans lequel il exécuta le
septième concerto de Rode. En 1827, la fon-
dation du Conservatoire de Liège fournit aux
parents du jeune Prume le moyen de faire in-
struire leur fils par un maître habile ; il passa
trois ans dans cette école, puis il partit pour
Paris, oii il fut admis au Conservatoire comme
élève d'Habcneck. Pendant deux ans, il reçut
les leçons de ce professeur et devint un de ses
meilleurs élèves. Ne pouvant prendre part
aux concours du Conservatoire, à cause de sa
qualité d'étranger, Prume reçut du comité
d'enseignement la déclaration que ses études
étaient terminées. De retour à Liège, à l'âge
de dix-sept ans, il fut nommé professeur de
violon au Conservatoire de cette ville. En
1839, profitant d'un congé de deux mois,
pendant les vacances de cette institution, il
entreprit un voyage en Allemagne, joua dans
un concert à Francfort avec un brillant
succès, puis visita Leipsick, Berlin, Prague,
Weimar, la Russie, la Suède, la Norvège, le
Danemark, donnant partout des concerts et
partout applaudi. Après trois années de
voyages, Prume revint dans le lieu de sa nais-
sance, qu'il n'avait pas revu depuis longtemps.
Il fit ensuite quelques voyages en Belgique,
joua à Bruxelles, à Cand et à Anvers. Vers la
PRUME - PSELLUS
155
môme époque, une maladie grave le mit aux
portes du tombeau; sa mort fut même an-
noncée dans quelques journaux ; mais quelque
temps après, il reparut à Francfort, où il
donna quatre concerts au théâtre, puis revit
Berlin, et joua à Dresde, à Hambourg, à Cas-
sel et dans plusieurs autres villes. A Gotha, il
donna avec Liszt un concert au profit des pau-
vres. En récompense de cet acte de générosité,
le duc de Saxe-Gotha le nomma son maître de
concert honoraire, et le décora de l'ordre d'Er-
nestine de Saxe. Au retour de ce second
voyage, Prume alla passer l'hiver à Paris et
s'y fit entendre avec succès, puis il consentit
à rentrer au Conservatoire de Liège en qualité
de professeur supérieur de violon. Une fièvre
nerveuse, du caractère le plus grave, l'ayant
atteint, les médecins lui conseillèrent d'es-
sayer de l'air natal ; il suivit leur avis, mais les
progrès du mal ne cessèrent pas, et le 14 juil-
let 1841), Prume mourut à Stavelot, à l'âge de
trente-trois ans. On connaît, sous le nom de
cet artiste : une pastorale intitulée la Mélan-
colie, pour violon et orchestre ou piano, op. 1 ;
Paris, Brandus; un Concertino idem, dédié
au duc de Saxe-Cobourg ; un Morceau de
concert, idem, dédié au roi de Suède; une
Grande Polonaise, idem, et six grandes
études, op. 2.
PRUMIER (Antoine), né à Paris, le
2 juillet 1794, reçut de sa mère, amateur de
harpe, des leçons de cet instrument dès l'âge
de neuf ans. 11 fit ses éludes littéraires au Ly-
cée Bonaparte et les termina en 1810, après y
avoir obtenu le premier prix de mathémati-
ques. Voulant perfectionner ses connaissances
musicales, il entra au Conservatoire, en 1811,
pour y suivre le cours d'harmonie de Catel,
obtint le second prix de cette science après un
an d'étude, et fut nommé répétiteur du cours,
l'année suivante. Appelé au service militaire
en 1815, il se présenta aux examens de l'École
polytechnique, et par suite de ses premières
éludes, il y fui admis trente-sixième sur deux
cent cinquante élèves reçus. Dans la même
année, il passa à l'École normale pour la partie
des sciences, et n'en sortit, à la fin de l'année
1814, qu'après avoir obtenu le diplôme de
licencié es sciences. A son entrée à l'École
normale, il avait été obligé de contracter un
engagement de dix ans avec l'université; le
changement de gouvernement, à la seconde
restauration, rendit cet engagement nul;
M. Prumieren profita pourreprendre ses études
musicales et rentra au Conservatoire, où il
reçut d'Elerdes leçons de contrepoint pendant
qu'il se livrait à l'enseignement particulier
des mathématiques, et plus tard à celui de la
harpe. Appelé à remplir les fonctions de har-
piste au Théâtre-Ilalien, il quitta cette posi-
tion pour entrer, en 1835, à l'orchestre de
l'Opéra-Comique, en la même qualité. Dans la
même année, il succéda à Naderman, au Con-
servatoire, comme professeur de harpe à
double mouvement. Depuis cette époque, ses
élèves ont obtenu, dans les divers concours,
plus de quarante distinctions. En 1840, il a
renoncé à sa place de harpiste de l'Opéra-
Comique en faveur de son fils, l'un de ses meil-
leurs élèves. En 1845, M. Prumier a été fait
chevalier de la Légion d'honneur. En 1848, il
fut élu membre du comité de l'Association des
artistes musiciens, et depuis 1850, il en est
vice-président. M. Prumier a publié soixante-
quatorze œuvres de fantaisies, de rondeaux
et de thèmes variés pour la harpe, chez les
différents éditeurs de musique de Paris.
PRITMV'E (Guillaume), jurisconsulte an-
glais, né à Swanswick, dans le comté de So-
merset, en 1G00, fit ses études à l'Université
d'Oxford, et au collège de jurisprudence de
Lincoln-Inn, à Londres. Entré dans la secte
des puritains, il en fut un des plus vigoureux
champions, et en même temps le martyr, car
le parti de la cour le fit condamner à d'énormes
amendes, à des. peines infamantes et à la
prison perpétuelle. Il subit ces mauvais trai-
tements avec un rare courage, recouvra sa
liberté après la révolution de 1640, fut
membre du parlement à deux reprises, mais
continua d'être en butte à d'autres persécu-
tions qui n'eurent de terme que sa mort, ar-
rivée le 24 octobre 1669. Il a écrit un nombre
immense de livres, ouvrages oubliés, parmi
lesquels on remarque celui qui a pour titre :
Histrio mastix (le Fouet des comédiens) ;
Londres, 1653, in-4° de mille pages, où il at-
taque avec violence la musique, et surtout le
chant des pièces de théâtre.
PRZIRIL (. . . .), compositeur de la Bohême,
vécut probablement dans la seconde moitié
du dix-septième siècle, et fut directeur du
chœur de l'église de Baudnitz, où l'on trouve
de sa composition six messes, quatre litanies,
un Salve Regina, un Ave Regina, et quatre
Aima Redemptoris en manuscrit.
Un autre musicien du même nom, actuelle-
ment vivant à Prague (186o), y a fait imprimer,
chez Berra, quelques œuvres pour la flûte.
PSELLUS (Michel), écrivain grec du
moyen âge, naquit à Constantinople, de pa-
rents consulaires, et vécut sous le règne de
1Ô4
PSELLUS — PTOLÉMÉE
Constantin Ducas, qui gouverna l'empire de-
puis l'an 105'J jusciu'en 1007. Cet empereur
le choisit pour précepteur de son (ils Michel
Ducas, qui régna <lc 1071 à 1078. Parmi Je
grand nomhre d'ouvrages qu'il écrivit el qui
sont indiqués par Gesner (Pibl.. p.G08)cl par
Allacci (de Pscllis, XXXIII, p. 25 ad 60),
on en trouve un intitulé Quadrivium, qui
traite des quatre sciences mathématiques,
l'arithmétique, la musique, la géométrie et
l'astronomie. Le traité de musique contient
une exposition des principes théoriques selon
le système de Pylhagore : il est remarquable
surtout par la clarté. Le texte grec de Psellns
lut publié pour la première fois par Arsenius,
archevêque de Mon imbasa, en Morée, sous ce
litre : Opus in quatuor mathemalicas disci-
plinas, arithmeticam, musicam, geome-
triatn et astronomiam, grxce; Venise, 1532,
in-8", et réimprimé à Paris, en 1545. La pre-
mière traduction latine, faite par Guillaume
Xylander, parut sous ce titre : Perspicuus
liber de quatuor mat lie mat ici s scientiis,
arilhmetica , musica, geometria et astrono-
mia, grxce et latine mine primum edilus;
Baie, 155G, in-8", el fut réimprimée à Leyde,
en 1C47. Il y a trois autres versions latines;
)a première, par Élie Yinel, contenant l'arith-
métique, la musique, la géométrie de Psellus,
et le Traité de la .sphère de Proclus, a été
publiée à Paris, en 1557, in-8°; la seconde,
sans nom d'auteur, et à laquelle on a joint le
texte grec, a paru à Willenberg, en 1500; et
la troisième, par Lambert Alard, prédicateur
a llrunsbuttel, se trouve à la fin de son traité
De veterum musicu , Schleusing, 1636, in-12.
Mizler a aussi donné une traduction alle-
mande de la musique de Psellus, avec les notes
de Xylander dans le tome III de sa Biblio-
thèque musicale ,part. 2, p. 171 . Le savant Mo-
relli, bibliothécaire de Saint-Marc, à Venise,, a
publié un opuscule inédit de Psellus, intitulé :
IIpo>Xafi6avôfi£va Etç , ri)'*pu6s*ix>]»e]tiç - rçMn;v avec
les éléments rhylhmiqûes d'Arisloxène ; Ve-
nise, 1785, in-8° (voyez Mahn, Diatribe de
Aristoxcno, page 15). C'est à tort que quel-
ques manuscrits attribuent à Pachymère
{voyez ce nom) le traité des quatre sciences
mathématiques qui appartient à Psellus.
PTOLEMEE (Claude), célèbre astronome
grec, n'est pas né à Pélnse, comme on le pense
communément; mais la critique, qui a dé-
montré l'erreur à cet égard, n'a pu fixer
exactement le lieu oit ce savant a vu le jour.
La même incertitude règne sur les événements
•le sa vie, car on ignore même où il a fait ses
observations astronomiques , si toutefois
celles dont il parle lui appartiennent. Tout ce
qu'on sait positivement, c'est qu'il vécut
après la dernière observation astronomique
consignée dans son Almagcste, et qui répond
au 22 mars 141 de notre ère. C'est donc par
ses ouvrages que Ptolémée est particulière-
ment connu, et bien que des doutes se soient
élevés à l'égard de ses droits sur quelques-
uns, on est maintenant persuadé que la plu-
part lui appartiennent. Ils lui ont fait une si
grande renommée, que ses successeurs immé-
diats lui ont donné le nom de Divin. Les
titres de celte renommée ont été savamment
discutés par des critiques modernes, el ce n'est
pas dans un livre du genre de celui-ci qu'ils
peuvent êlre examinés de nouveau : il n'y
peut être question que du traité de musique
connu sous le nom de Ptolémée. Ce traité,
dont la plupart de grandes bibliothèques ren -
ferment des manuscrits, a pour litre : KtauSlou
rj-co^éfiacou ApaovixâJv E.Qta T ( Les trois
livres des harmoniques de Claude Ptolémée).
Gogavin ou Gogava (voyez ce nom) est le pre-
mier qui publia cet ouvrage, non dans la
langue originale, mais dans une version laline
assez médiocre, qui parut en 1502, à Venise.
Meibom a fort maltraité celle traduction dans
la préface de son Aristoxcne, disant que celui
qni l'a faite ignorait la musique, n'avait
qu'une connaissance imparfaite du grec, et
manquait de jugement. Wallis a été plus in-
dulgent, el a rejeté une partie des fautes du
traducteur sur les manuscrits défectueux dont
il s'est servi. Kepler nous apprend, dans l'ap-
pendix de ses Ilavmimices Mundi, libri J~,
que vers lOOilil avait commencé une traduction
des Harmoniques de Ptolémée. d'après un ma-
nuscrit qu'il possédait, et qu'il l'avait poussée
jusqu'au septième chapitre du deuxième livre,
mais que ses autres travaux ne lui avaient pas
laissé le temps nécessaire pour achever celle
version. Il existe une traduction laline des
Harmoniques de Ptolémée plus ancienne que
celle «le Gogava : die a été l'aile par Nicolas
de Lorgnes, ainsi nommé de la petite ville de
la Provence où il était né (Leonics), pour
l'usage de Gafori. Le manuscrit original de
celle traduction, daté de 149'J, se trouve au
Muséum Britannique, dans les fonds de
llulcy, n" 3306. Le volume, petit in-foL sur
vélin, avec les armoiries de Gafori peintes au
commencement,' a pour titre : Cïaudii Pto-
lemei ffarmonicorum libri très, interprète
Nicoluo Leonices. Pies d'un siècle après Go-
gava, Marc Meibom (voyez ce nom) p Mnit,
PTOLEMEE
dans l.i préface de sa collection d'ailleurs
grecs sur la mii^ i»in o, de publier aussi le traité
ries Harmoniques de Ptolémée, mais il ne
tint pas cet engagement envers lepublic.Le sa-
vant géomètre anglais Wallis Ht enfin paraître
le texte grec de ce traité, avec une bonne tra-
duction latine, d'après onze manuscrits tirés
des bibliothèques d'Angleterre, ou qu'Isaac
Vossius lui avait envoyés de Leyde. L'ouvrage
accompagné de notes et d'un Jppendix de
Feierum Harmonica ad hodiernam compa-
rata, parut d'abord en un volume in-4°, sous
ce titre : Claudii Plolemxi Harmonicorum
libri très. Ex cod. Mss. undecim, nunc
primum grxce editus, Oxonii, 1G80; puis fut
réimprimé dans le troisième volume des
œuvres mathématiques de Wallis, avec le
commentaire de Porphyre sur le même ou-
vrage, et le traité de musique de Manuel
Aryenne, publiés pour la première fois en
grec et en latin (Oxford, 1G99, in-fol.).
Malgré le mérite incontestable de ces éditions,
il est à regretter que Wallis n'ait pu consulter
d'autres manuscrits que ceux dont il s'est
servi, car tous ceux-ci sont du seizième siècle
et sortent de la même source. Les manuscrits de
la bibliothèque impériale de Paris, particuliè-
rement le n" 2450, du quatorzième siècle, avec
des notes marginales et des scolies interli-
néaires, le n° 2451, du quinzième siècle, et le
n°245ô, bon manuscrit du commencement du
seizième avec des scolies, lui auraient fourni
en plusieurs endroits uu texte plus correct, et
des éclaircissements sur des passages qu'il n'a
pas bien entendus.
Plusieurs auteurs, parmi lesquels on re-
marque Bède (in Musica theorica, tome I, op.,
paye 346), et Meurs! us, dans ses notes sur Ni-
comaque (page 185), ont considéré Ploiémée
comme pythagoricien, à l'égard de sa doctrine
harmonique; mais Fabricius a fort bien re-
marqué (Biblioth. Grxc., t. III, page 440)
qu'il suffit de lire ses attaques contre Archylas
et les autres pythagoriciens, pour avoir la
preuve qu'il n'est point de leur école. Il me
semble que les premières phrases du Traité
des harmoniques démontrent que Ptolémée
s'est proposé de fonder une doctrine éclectique,
dans laquelle il faisait entier les principes
opposés de Pylhagore et d'Aristoxène, s'effor-
çant de démontrer que chacun avait un objet
et un mode d'action différents. Voici ses pa-
roles : « Les deux critériums de l'harmonie
» sont l'ouïe et la raison, agissant l'une et
» l'autre de manières différentes; car l'ouïe
? juge selon la matière et la sensation, et la
» raison, selon la forme et la cause (1). »
Celte doctrine, absolument différente de celle
de tous les autres écrivains grecs sur la mu-
sique, donne au livre de Ptolémée une impor-
tance considérable , indépendamment des
autres considérations qui en relèvent le mérite
à nos yeux. Porphyre a fait une sévère et sa-
vante critique de celle doctrine dans son long
Commentaire sur le premier chapitre du pre-
mier livre du Traité des harmoniques. : c'est
un morceau qui mérité d'être lu avec atten-
tion.
L'analyse de la critique que fait Plolémée
de la théorie des pythagoriciens pour la for-
mation et la classification des consonnances
(Harmon. lib. I, cap. 5 et G) ainsi que des
erreurs où il se laisse entraîner (cap. 7 et seq.)
serait trop étendue pour trouver place ici ion
la trouvera dans les notes de la première
partie de ma Philosophie de la musique.
Euler a fait à ce sujet de bonnes remarques,
dans les paragraphes 16, 17, 18 et 19 du qua-
trième chapitre de son Tentamen novx
theoricx musicx ; mais lui-même s'est égaré
par un autre faux principe. Ce qu'on ne peut
refuser à Ptolémée, et ce qui seul assurerait
une grande importance à ses travaux sur la
musique, c'est d'avoir introduit le premier les
nombres 5 cl 6 dans le calcul des intervalles,
et, par là, d'avoir donné la mesure des tierces
(lib. I, cap. 10); car on sait que les calculs de
Pylhagore n'embrassaient que les proportions
de l'oclave, 2 : 1 , de la quinte, 3 : 2, et de la
quarte, 5 : 4. Mais Ptolémée ne considéra les
intervalles de tierces majeure et mineure que
comme des dissonances, tandis qu'il fait une
classe intermédiaire entre les consonnances et
les dissonances pour le ton majeur, dont la
proportion, est comme on sait, 8 : 9 (cap. 7),
et par le ton mineur, représenté par la pro-
portion 9 : 10. Il est remarquable que depuis
Ptolémée jusqu'à Euler , aucun nouveau
nombre premier n'a été introduit dans la mu-
sique, comme l'expression d'un intervalle na-
turellement admissible dans l'harmonie : en-
core est il certain que les mémoires de ce
grand géomètre sur la nécessité de l'intro-
duction du nombre 7 dans La théorie de l'har-
monie moderne (2), n'ont pas été compris jus-
(i) Kai xprrr,pïa |isv àpu.ovfa;, àxo/] xccl Xôyoç.
Où xarà xàv a'JTÔv oè xpàitoy. AÀXàï) p.s.v àxor,,
r.ttpà t/jV u>.yjv xal là TiâOoç. '0 8k Aoyoç, Ttapi tô
eioo; xal tô <miov. Cl Piolem. llarm. Lib. I, cap. I.
(2) Conjecture sur ta raison de quelques dissonances
généralement reçues dans la musique. Mémoires de l'Aca-
démie de Berlin, 17G4-. Du véritable caractère de la «lit-
siqne moderne. Ibid.
136
PTOLÉMÉE - PUCCINI
qu'à celle heure. Les proportions de Plolémée,
adoptées au seizième siècle par Zarlino, sont
devenues les bases de la fausse théorie mathé-
matique de la musique, et n'ont trouvé d'ad-
versaires que dans les partisans de la progres-
sion arithmétique (voyez Lévens, Ballièhe,
Jamard, Sorce), et dans les abbés Roussier et
Requeno (voyez ces noms). De ceux-ci, le pre-
mier n'admettait de réel pour les proportions
des intervalles que le produit de la progression
triple, et l'autre, que la division égale des
douze demi-tons de l'octave , c'est-à-dire le
tempérament.
Le deuxième livre du traité de musique de
Plolémée a pour objet principal la constitution
de la tonalité de la musique grecque. Il y pro-
pose (chap. 9 et suiv.) la réforme de celie
tonalité, en réduisant à sept les quinze modes
de l'ancienne musique. Ces modes, placés
dans leur ordre, en commençant par le plus
grave, sont l'hypolydien, l'hypophrygien,
l'hypodorien,le dorien, le phrygien, le lydien,
le mixorydien, et suivant l'ordre de tons mo-
dernes, le dorien (la), l'hypolydien (si), l'hy-
pophrygien (ut), l'hypodorien (re), le mixoly-
dien (mi), te lydien (fa), et le phrygien (sol).
Nous ignorons l'opinion qu'on s'est faite de
celle réforme au temps de Plolémée, car le
Commentaire de Porphyre (voyez ce nom) sur
son Traité des harmoniques s'arrêle au sep-
tième chapitre, et le resle est perdu pour nous.
Boèce (De musica, lib. IV, cap. 17) émet
l'opinion que Ptolémée adopta plus tard un
huitième mode qui aurait été l'hypermixoly-
dien ; mais en cela il s'est trompé, car si Plo-
lémée parle de huit modes ou tons, au com-
mencement du dixième chapitre du second
livre de ses Harmoniques , c'est pour constater
que de son temps ces tons ou modes étaient
déjà réduils à huit, et non pour adopter ce
nombre, car il propose de le fixer à sept, pré-
cisément parce que le mode hypermixolydien
n'est que l'hypolydien transporté à une octave
supérieure. Franrois-IIaskins-Eyles Stiles, à
qui l'on doil un bon travail sur les modes de
l'ancienne musique grecque (Philosoph.
Transact., ann. 1700, tom. LI), a assez hien
compris la disposition tonale de ceux de Plo-
lémée; mais il en donne une fausse idée, en
attribuant à tous la même corde grave, au lieu
d'indiquer la note moderne correspondante à
Celle corde pour chaque mode. On trouve aussi
un bon morceau sur les modes de Plolémée
dans le livre de Charles Davy, intitulé Lellers
upon subjects of literalure (t. II, pages 415
et suiv.); mais parmi les modernes, Peine
(voyez ce nom) est celui qui a le mieux entendu
ce sujet, et qui l'a le mieux exposé.
La plus grande partie du troisième livre
des Harmoniques a élé employée parPtolémée
à l'exposition du système pythagoricien de
V Harmonie universelle ; il y traite (depuis le
chapitre neuvième jusqu'au seizième) des
concerts que forment entre eux les aslres.
L'illustre mathématicien et astronome Kepler,
séduit par la lecture de ce livre, a traité le
même sujet dans ses Harmonices mundi.
Dans l'appendice de cet ouvrage, il se félicite
d'avoir surpassé son modèle; et malgré les
erreurs où il s'est laissé entraîner, on ne peut
nier que sa prétention ne soit fondée, car c'est
dans ce livre qu'il a donné sa règle célèbre des
carrés des révolutions et des cubes des dis -
lances des planètes. Macrobe avoue, dans le
dix-neuvième chapitre du Commentaire sur le
Songe de Scipion, que ce qu'il dit de l'har-
monie universelle est emprunté à Plolémée.
Plusieurs savants ont démontré que les trois
derniers chapitres du troisième livre de ses
Harmoniques sont de Nicéphore Grégoire,
grec du quatorzième siècle. Ces trois chapitres
sont l'objet du Commentaire de Barlaam(uoi/e.ï
ce nom), publié pour la première fois dans
l'écrit de Frantz (voyez ce nom) sur les musi-
ciens grecs, q'ii a paru à Berlin, en 1840.
Meibom a reproché de l'obscurité au style
de Ptolémée (Epist. de Scriptor. variis mu-
sicis, apud Epist. Marg. Qudii, page 57),
qui manque en effet de clarté en plusieurs en-
droits. Wallis n'a pas toujours triomphé des
difficultés que lui offrait le texte des Harmo-
niques, particulièrement à l'égard des modes,
où il est tombé dans quelques erreurs considé-
rables. Bouillaud a rapporté quelques passages
de ce trailé dans des notes sur Théon de
Smyrne, et les a éclaircis. Son travail n'a pas
élé inutile à Wallis.
l'UCGUM (Jacques), né à Lacques, en
1712, étudia la musique à Bologne, sous la di-
rection de Caretli, maître de la basilique de
Saint- Pétrone. De retour dans sa ville natale,
en 1739, il y obtint le titre de maître de cha-
pelle de la république de Lucques. Il mourut,
en 1781, dans eette ville. Son talent sur
l'orgue et ses compositions pour l'église lui
firent une honorable réputation. On cite par-
ticulièrement avec éloge le service solennel
qu'il a écrit pour la fête de l'Exaltalion de la
sainte Croix.
PLCCINI (Antoine), fils du précédent,
naquit à Lucques, en 17-17, et fit, comme son
père, ses éludes musicales dans l'école de Ca-
PUCC1NI - PUGET
ir,7
relti, à Bologne. En 1781 , il succéda à son
père dans la place de maître de chapelle de la
république de Lucques. Parmi ses compositions
de musique religieuse, on remarque la messe
de Requiem qui fut exécutée, en 1789, pour
le service funèbre de l'empereur Joseph II. Il
a écrit aussi quelques opéras dont on n'a pas
conservé les titres.
PUCCIIM (Ange), violoniste, est né à Li-
vourne, en 1781. Son compatriote Vanacci fut
son premier maître; puis il alla continuer
l'étude du violon à Florence, sous la direction
de Tinti, et reçut dans la môme ville quelques
leçons de contrepoint de Zingarelli. De retour
à Livourne, il acheva de s'instruire dans la
composition chez Cecchi. On connaît, en
Italie, des concertos, des sonates et des duos
pour violon sous le nom de cet artiste.
PUCCITA (Vincent), compositeur drama-
tique, né à Rome, en 1778, entra au Conser-
vatoire de la Pietà, de Naples, à l'âge de
douze ans, et reçut des leçons de Fenaroli
pour l'accompagnement, et de Sala pour le
contrepoint. Ses études terminées, il écrivit
son premier opéra à Sinigaglia, en 1799 : on*
n'a pas conservé le titre de cet ouvrage. L'an-
née suivante, il donna, à Lucques, l'Amor
platonico qui eut du succès, et à l'automne
suivant, le IVozze senza sposa, à Parme. Ap-
pelé à Milan, en 1801, il y fil représenter//
Fuoruscilo, qui n'eut qu'un succès médiocre;
mais / due Prigionieri, joués à Rome peu de
temps après, commencèrent sa réputation, et
Il Puntiglio, écrit à Milan dans l'été de 1802,
acheva de le faire connaître avantageusement.
Teresa Wilk, la finta Pazza, et quelques
autres ouvrages joués à Venise, à Padoue, à
Gênes, furent aussi bien accueillis par le pu-
blic. En 1806, Puccita fut engagé pour écrire
un opéra sérieux à Lisbonne ; il y donna
VAndromacca, puis il se rendit à Londres,
en qualité de directeur de musique de l'Opéra.
Il y fit jouer la Vestale, opéra sérieux, consi-
déré comme son meilleur ouvrage, et écrivit,
en 1811, le Tre Sultane, pour madame Cata-
lani, et Laodicea, pour la même cantatrice,
en 1815. Devenu l'accompagnateur de cette
virtuose, qui chantait sa musique, il la suivit
dans ses voyages en Ecosse, en Irlande, dans
toute l'Angleterre, en Hollande, en Belgique
et dans l'Allemagne du Rhin. Lorsque ma-
dame Catalani prit la direction de l'Opéra
italien de Paris, en 1815, Puccita fut attaché
à ce théâtre, en qualité d'accompagnateur, et
y fit représenter l'Orgoglio avvilito ; en 1815,
la Cccciadi EnricolV,zn 1816, et laPrin-
cipessu in campugna, en 1817. Vers la On
de cette année , des altercations survenues
entre le compositeur et Valahrègue, mari de
madame Catalani, décidèrent Puccita à re-
tourner en Italie. En 1821, il a écrit à Rome,
où il s'était retiré, la Festa del Fillagio. Dix
ans après, il donna, à Venise, / Prigioneri,
et, en 1835, il fit jouer, à Milan, Adolfo e
Chiara. Depuis lors on n'a plus eu de rensei-
gnements sur sa personne. La musique de ce
compositeur est dépourvue d'invention, mais
elle est écrite avec facilité. Les titres de ses
ouvrages connus sont les suivants: 1° L'Amor
platonico, à Lucques, 1800. 2° Le Nozzc
senza sposa, Parme, 1800. 5° Il Fuoruscito,
dans l'été de 1801, à Milan. 4" / due Prigio-
nieri, 1 802, à Rome. 5° Il Puntiglio, 1 802,
à Milan. 6° Zelinda e Lindoro.7" Lo Sposo
di Lucca. 8° Teresa Wilk. 9° Lafinta Pazza.
10° La Lauretta. 11° TVerter e Carlotta.
12° L'Imbroglio délia Lettera. 13° Andro-
macca, opéra sérieux, à Lisbonne, 1806.
14° 77 Duello per complimento. 15° La Ves-
tale, Londres, 1809. 16° Le Tre Sultane,
ibid., 1811. 17° Laodicea, ibid. , 1813.
18° L'Orgoglio avvilito, à Paris, 1815.
19" La Caccia di Enrico IV, ibid., 1816.
20° La Principessa in campagna, ibid.,
1817. 21° La Festa del Villagio, à Rome.
22° L Prigioneri, à Venise, 1831. 23° Adolfo
e Chiara, à Milan, 1833.
PUERTO (Didier DEL), chapelain-
chantre de la chapelle de Sainl-Bartholomé,
et bénéficier de l'école de Salamanque, a écrit
un traité du plain-chant, intitulé : Arte de
canlo llano ; Salamanque, 1504, in-4°.
PUESDEIVA (François), compositeur es-
pagnol, maître de la chapelle royale de Na-
ples, vers la fin du dix-septième siècle, «fait
représenter à Venise, en 1692, un opéra de sa
composition intitulé : Gelidaura.
PUGliT (madame Loïsa LEMOINE ,
née), compositeur de romances, née à Paris,
d'une famille honorable, a eu de la célébrité
vers 1830 par ses mélodies, qu'elle chantait
dans ses concerts et dans les salons. Ces lé-
gères productions ont eu des succès de vogue
pendantenviron quinze ans, puis elles ont lait
place à des noms plus nouveaux. Les romances
de mademoiselle Puget ont de la tendresse, un
peu bourgeoise à la vérité, mais d'un tour
agréable; ses chansonnettes ont de l'entrain
et de la gaieté. Chaque année, elle publiait
des albums de ces petites choses qui se répan-
daient partout. On citait particulièrement la
Confession du brigand, le Mousquetaire, la
i.->,s
PLGLT — PUGNI
Somnambule, A la grâce de Dieu ^ Ave
Maria, la Bénédiction d'un père et le So-
leil de ma Bretagne. En 18-36, mademoiselle
Puget osa aborder un champ plus vaste, el lit
représenter, au théâtre de l'Opéra-Comique, un
ouvrage intitulé le Mauvais œil : il s'y trou-
vait un joli air, chanté d'une manière parfaite
par madame Damoreau, et un duo dont cette
cantatrice admirable et Ponchard faisaient
valoir lesdétails gracieux. Le reste était faible.
Mademoiselle Puget a épousé, en 1842,
M. Gustave Lemoine, spirituel auteur drama-
tique, auteur des paroles de la plupart ses
romances; depuis celle époque, elle a disparu
du monde musical.
PUG3iAl>I (Gaétan), chef d'une école de
violon, naquit à Turin, en 1727. Élève de'So-
mis, son compatriote, il reçut de lui les tra-
ditions de Corelli. Devenu habile sur son
instrument, il fit le voyage de Padoue pour
consulter Tarlini sur son jeu, et ne dédaigna
pas de se mettre sons sa direction, dans l'es-
poir de perfectionner son talent. Le roi de
Sardaigne le choisit, à l'âge de vingt-cinq ans,
pour occuper les places de premier violon de
sa chapelle et de directeur de ses concerts. En
1754, il obtint un congé pour se rendre à Pa-
ris; il y joua au Concert spirituel et obtint un
succès éclatant. Après un séjour de près d'une
année dans celte ville, il visita plusieurs con-
trées de l'Europe , s'arrêta longtemps à
Londres, et ne retourna à Turin qu'en 1770.
Ce fut alors que les fondions de chef d'or-
chestre du théâtre royal lui furent confiées, et
qu'il ouvrit une école de violon, devenue cé-
lèbre par la production de plusieurs grands
artistes, à la léle desquels on doit placer
Viotli. Pugnani montra aussi un rare talent
dans la direction de l'orchestre, et transmit ce
genre d'habileté à plusieurs de ses élèves, no-
tamment à Bruni, qui a dirigé l'Opéra italien
«le Paris, en 1801 et 1802. Compositeur dis-
tingué dans la musique instrumentale, il a
laissé des concertos, des trios, des duos et des
sonates de violon, considérés comme «les
oeuvres classiques : une partie de ces ouvrages
a été gravée pendant sa vie, et le reste esi en-
core en manuscrit. Pugnani a écrit aussi pour
l'église et pour le théâtre; dans ce dernier
genre, il a eu d'honorables succès. Ses dernières
années ont été troublées, à l'époque de l'inva-
sion de la Sardaigne par les armées françaises,
car l'éloignement «le la cour lui fit perdre ses
traitements et pensions. Il est mort à Turin,
en Iso.", ,i l'âge de soixante-seize ans. Pugnani
avait un maintien noble el aurait passé pour
bel homme, si la prodigieuse dimension de
son nez n'avait gâté la régularité des autres
traits de son visage. Son talent d'exécution se
faisait remarquer par un beau son, une ma-
nière à la fois large el chaleureuse, et beau-
coup de variété dans l'articulation de l'archet.
Son organisation le portait plus au grand style
«|u'aux choses gracieuses. Il a écrit pour le
théâtre: 1° Issea, cantate dramatique pour
les noces de la comtesse de Provence, en 1771 .
2° Tamas Koulikan, opéra sérieux, à Turin,
1772. 3° L'Aurora, cantate pour le mariage
du prince de Piémont, 1775. 4° Adone e Fe-
nere, opéra sérieux, à Naples, 1784. 5° Na-
nettae Lubino, opéra bouffe, à Turin, 1784.
0° Achille in Sciro, opéra sérieux, ibid.,
1785. 7° Demofoonte, ibid., 1788. 8° Deme-
trio aRodi, pour le mariage du duc d'Aosle,
1789.9° Coreso e Calliroe, ballet héroïque,
1792. On connaît neuf concertos de violon de
Pugnani, mais le premier seulement a été
gravé, chez Sieber, à Paris. Parmi ses autres
compositions instrumentales qui ont été pu-
bliées, on remarque : 1° Sonates pour violon
Seul, op. 1 et 5, Paris, Troupenas ; op. 0, Paris,
Frey ; op. 11, Paris, Sieber. Chacun de ces
«oeuvres est composé de six sonates. 2° Duos
pour deux violons, op. 2 el 13; Paris, Sieber.
3° Trios pour deux violons el basse, liv. I, II
et III; Londres, Preslon ; Paris, Bailleux.
4" Six qualuors pour deux violons, viole et
basse, op. 7 ; Londres, Preston. 5" Six
symphonies pour deux violons, viole, basse,
deux hautbois el deux cors, op. 4; ibid.
G" Six idem, op. 8; ibid. 7° Deux œuvres de
mx quintettes pour deux violons, deux flûtes.
cl basse; ibid.
l'IJGJM (Clsau), compositeur dramatique,
élève du conservatoire de Milan, né vers 1810,
a fait son début dans le monde musical par la
composition de quelques airs introduits dans
«les opéras d'autres compositeurs, tels <|iie
Fausla, de Donizelti,77 l'alegname di I.i-
vonia, de Pacini. Barbaja lui fit aussi écrire
la musique de plusieurs ballets, à Vienne. Au
printemps de 1832, il donna à Milan son pre-
mier opéra (la Fendetta), qui ne réussit pas,
parce qu'il fut très-mal chanté. Dans la même
année, Pugni écrivit l'opéra intitulé Ricciardo
di Edimburg, qui fut représenté à Triesle, au
mois de décembre, cl n'eut pas une plus longue
existence. Le jeune compositeur lui plus heu-
reux avec le Contrubundierc, qu'il fit jouer
à Milan, au printemps de 1833, et avec le
Diserlore Suizzvro, représenté dans la même
ville el dans la même année. Ce sont ses meil-
PUGNI - PUPPO
tna
leurs ouvrages el ceux dont le succès a été le
plus honorable. A la même époque, il (il aussi
une musique nouvelle polir V/mboscata, joué
sans succès au iliéâlre Canobbiana de Milan.
Wcigl avait écrit, en 181T), une partition sur
ce livret pour le théâtre de la Scala : il y avait
entre son ouvrage et celui de Pugni la dis-
tance d'un mailie à un écolier. En 18Ô4,
Pugni écrivit aussi pour le théâtre Canohhiana
l'opéra bouffe Un' Episodio di San Michèle,
pitoyable pot-pourri de contredanses et de
valses. Comme beaucoup de musiciens de sa
patrie, Pugni écrivait avec hâte et négligence,
ne pouvant se persuader que la musique est
un art qu'il faut prendre au sérieux. Cet
artiste a composé un grand nombre de ballets
dont les litres ne me sont pas tous connus;
je citerai seulement : 1° L'Jssedio di Calais.
2°Pelia Milelo. 5" Jgamennone. 4" Jdclaide
di Francia.5 Guglielmo Tell. 6° Esmeralda.
7° Catarina, ossia la figlia del Bandilo, avec
un autre compositeur de musique de ballets,
nommé Bajclli.
PUJOLÀS(J.), d'abord maître de musique
d'un régiment d'infanterie, puis violoniste et
professeur de musique à Orléans, mort en
1806, a fait graver de sa composition : l°Six
duos pour violon et flûte, op. 1 ; Paris, Im-
bault. 2° Sept marches pour musique mili-
taire, op. 2; ibid. 3" Six trios pour violon ou
flûte, alto el basse, op. 3, livres I et II ; ibid.
4° Six idem, op. 4; ibid. 5° Concerto pour
violon etorcheslre ; Paris, Pleyel. 6° Six duos
pour deux flûtes, op. 6; Orléans, Demar.
7° Six quatuors pour flûte, violon, alto et
basse, op. 8, livres I el II, ibid. Six duos pour
deux flûtes, op. 9 ; Paris, Bonjour. 9° Six duo*
pour deux violons, op. 10, livres I et II ;
Orléans, Demar.
PULIASCHI (Jean -Dominique), né à
Rome dans la seconde moitié du seizième
siècle, fut chanoine de Sainte -Marie in Cos-
medin, et entra dans la chapelle pontificale,
en qualité de chapelain chantre, le 3 mai
1612. Il a publié de sa composition : 1° Mu-
siche a voce sola; Rome, Zannelli, 1618.
2° Gemma musicale, dove si contengono ma-
drigali, arie, canzoni e sonetti a una voce
con il basso continuo per sonare; Rome,
161 8.
PULITE (François-Gabriel), de la famille
des PULITI, de Monte Pulciano, fut corde-
lier el maître de chapelle au couvent de Saint-
François de Pontremoli, dans les premières
années du dix-septième siècle. On connaît de
sa composition : 1° Sacra: modulations qua-
tuor et quinque vocibus ; Parme, Érasme
Vioti, 1600. 2° Integra omn. solemn. f'es-
pertina Psalmodia 5 vocum; Milan, Simon
Tini, 1602.
PUI'I-I (Pierre). Un compositeur de ce
nom, né à Naples, el qui vécut vers le milieu
du dix-huitième siècle, eut une certaine répu-
tation par le succès d'un opéra intitulé Cajo
Mario Coriolano , qu'il fil représenter au
théâtre Sainl-Charles, en 1745. Deux ans
après, le même ouvrage fut joué au théâtre
S. Cassiano, de Venise. Je n'ai pas d'autres
renseignements sur cet artiste.
PUFTJTO (Jean). Voxjez STICH.
PUPPO (Joseph), violoniste, né à Lucques,
le 12 juin 1749, fit ses premières études au
Conservatoire de S. Onofrio, à Naples, et
s'adonna ensuite spécialement au violon, sur
lequel il acquit de l'habileté. Son jeu se faisait
particulièrement remarquer par une expres-
sion douce el mélancolique. Il se disait élève
deTartini; mais Laboussaye, qui avait pris
longtemps des leçons de ce maître, a toujours
affirmé que Puppo n'avait même pas élé à
Padoue. En 177o, il fit un premier séjour à
Paris, mais de courte durée, parce qu'il reçut
une invitation de se rendre en Espagne,
pour y faire de la musique avec un frère du
roi. De là il passa à Lisbonne, où il trouva
un protecteur zélé dans l'ambassadeur de
Venise, grand amateur de musiqne, qui le
présenta dans les maisons les plus opulentes.
Charmés par le talent de l'artiste, les maîtres
de ces maisons firent une souscription magni-
fique pour le concerl qu'il donna quelque-
temps après. Le produit de ce concert fut si
considérable, que Puppo crut être devenu un
riche capitaliste, et donnant en cette circons-
tance une preuve manifeste de la bizarrerie de
son caractère, il se rendit au port de Lisbonne,
sans avoir revu une seule personne de sa con-
naissance, et se jeta sur le premier vaisseau
qui partait, sans s'informer de sa destination.
Or, le navire sur lequel il se trouvait allait en
Angleterre. Arrivé à Londres, Puppo y vécut
en gentleman avec l'argent qu'il avait gagné
en Portugal, ne s'occupant pas plus de mu-
sique que s'il n'en eût jamais fait sa profession.
Cependant son trésor s'épuisa, et le violon
dut alors venir en aide à celui qui l'avait dé-
daigné. Heureusement il ne se trouvait alors
aucun violoniste de renom à Londres : n'ayant
pas à craindre de rivalité, Puppo devint bien-
tôt l'artiste à la mode et gagna beaucoup
d'argent. Il passa quelques années dans celle
agréable situation; mais l'inconstance de son
140
PUPPO
caractère lui fit quitter brusquement la capi-
tale de l'Angleterre, en 1784, pour retourner
à Paris, où il fit un séjour de vingt-sept années.
En 1790, ce fut lui que Violti choisit pour
premier violon et chef d'orchestre de l'Opéra
italien, au théâtre de Monsieur. Lorsque cet
opéra fut supprimé par les événements de la
révolution , Puppo resta attaché au théâtre
Feydeau pendant quelques années, puis il
entra au Théâtre français de la République
et en dirigea l'orchestre jusqu'en 1799; il
ne perdit cette place qu'après la réunion
des comédiens français de l'Odéon et de
la rue de Richelieu. Il s'était marié, pour la
troisième fois, avec la maîtresse de l'hôtel où il
était logé, afin de n'avoir plus de loyer à
payer. Il avait épousé autrefois une jeune Es-
pagnole, qui mourut dans un accouchement
laborieux; puis il avait contracté un second
mariage à Londres, avec une belle Anglaise,
qui ne put s'accoutumer aux bizarreries de
son mari, et qui divorça.
Puppo, qui possédait au plus haut degré le
talent d'accompagnateur, fut recherché par
les amateurs les plus distingués de cette épo-
que, au nombre desquels étaient madame Zoé
de La Rue, Eugénie de Reaumarchais, et ma-
dame Sophie Gay. Ces relations lui procurè-
rent beaucoup d'élèves; sa position paraissait
assurée, lorsque tout à coup, par un de ces
traits de folie qu'on remarqua dans toute sa
vie, il s'éloigna secrètement de Paris, en 1811,
abandonnant sa femme et ses enfants, dont il
ne s'informa plus jamais. S'étanl embarqué à
Marseille, il arriva à Naples, où il eut la bonne
fortune d'être employé comme premier violon
et second chef d'orchestre du théâtre Saint-
Charles. Quelques années se passèrent ainsi.
En 1817 était arrivé le moment où il devait
renouveler son engagement; Rarbaja lui en
envoya le modèle, dans lequel il avait ajouté
l'obligation pour l'artiste de diriger la mu-
sique des ballets. A la lecture de ce papier,
Puppo saisit une plume, écrit et signe celte
phrase : Famé e morte, si; ma ballo, no!
(la faim et la mort, oui ; mais la danse, non!)
Dans ce premier mouvement, il ne s'était pas
souvenu qu'il n'était plus jeune et qu'il avait
peu d'espoir de trouver ailleurs une bonne
position. Rientôt il se trouva sans ressource;
il se décida alors à retourner dans sa ville
natale; mais il n'y trouva plus une seule per-
sonne de sa famille, cl la petite ville de Luc-
ques lui offrit encore moins de ressources que
Naples. Il crut qu'il serait plus heureux à
Florence et s'y rendit. La fortune, en effet,
lui tendit encore la main, en lui faisant
trouver dans le chevalier Rernard Damiani,
amateur violoniste distingué, un protecteur
qui le recueillit dans sa maison et pourvut à
ses besoins pendant deux ans, puis lui procura
un revenu suffisant dans la petite ville de Pon-
tremoli, sous la condition d'y donner des
leçons de violon à un certain nombre d'élèves.
Puppo arriva dans cette ville, en 1820, et
d'abord tout alla au mieux; mais, toujours
incorrigible et ne pouvant s'accoutumer à sa
nouvelle position, il l'abandonna à la fin de la
seconde année et retourna à Florence. Alors il
eut une vie misérable et fut souventobligé d'im-
plorer l'assistance de ses amis. Enfin, grâce à
la générosité de M. Edouard Taylor, professeur
de musique au collège de Gresham, à Londres,
qui se trouvait alors à Florence, et qui paya
sa pension dans un hospice, Puppo y trouva
un asile dans l'hiver de 1826. Pour se sous-
traire aux atteintes du froid qui, celle année,
était rigoureux, il ne sortit plus de son lit. Ses
forces déclinèrent rapidement, et le 19 avril
1827, il expira à l'âge de soixanle-dix-huit
ans.
Puppo élait doué d'un esprit original qui se
manifestait dans ses paroles comme dans sa
conduite. Arrêté comme suspect en 1795, il
fut conduit au comité de salut public, où on
lui fit subir l'inlcrrogatoire suivant : a Votre
» nom? — Puppo. — Voire profession? — Je
» joue du violon. — Que faisiez-vons sous le
» règne du tyran? — Je jouais du violon. —
» Que faites-vous maintenant ? — Je joue du
» violon. — Mais si la République a besoin de
a vos services, que pouvez-vous pour elle? —
» Je jouerai du violon. » Le sérieux signifi-
catif des membres du comité ne tint pas contre
la singularité de ces réponses, faites d'un ton
ferme et bref : Puppo fut acquitté. Son com-
patriote Rlangini, voulant lui faire visite, à
son arrivée à Paris, et ayant découvert sa de-
meure, non sans peine, frappe à sa porte.
« Qui est là? — Ami. — Je n'ai point
» d'amis. » Et sa porte demeura close. On
connaît ce mot si jusle et si fin par lequel il a
caractérisé, de la manière la plus heureuse, le
talent de deux grands compositeurs : Boccfie-
rini, disait-il, est la femme de Haydn. Mal-
heureusement il aimait trop le vin, et ses fré-
quentes libations mettaient souvent sa bourse
à sec. Le confortable de son logement et de
son mobilier se ressentait de sa gène habi-
tuelle. Deux chaises, une table, un lit, com-
posaient tout son luxe. Il avait la manie de
changer souvent de gîte; mais ses déménage-
PUPPO - PURCELL
141
ments ne lui causaient aucun souci. Jamais il
ne retenait de chambre; ses préparatifs con-
sistaient à faire mettre les meubles dont il
vient d'être parlé sur une charrette à bras.
Lui-même portait son violon, marchant devant
la charetle et s'arrêlant devant chaque écri-
teau, jusqu'à ce qu'il eût Jrouvé une chambre
qui lui plût. Il s'y installait immédiatement,
et peu de temps après recommençait le même
manège.
On a gravé de la composition de cet artiste :
1° Trois duos pour deux violons; Paris,
Beaucé. 2° Deux concertos pour violon et or-
chestre; Paris, Bailleux. 5° Huit fantaisies ou
études pour le violon; Paris, Sieber. 4° Six
fantaisies pour le piano; Paris, Godefroy.
PURCELL (Henri), né à Londres, en
1658, était fils d'un musicien de la chapelle
de Charles II. Il y a peu de renseignements
sur son éducation musicale; cependant, son
père étant mort en 1664, lorsqu'il n'était âgé
que de six ans, on croit qu'il entra comme
enfant de chœur à la chapelle royale, où il
reçut des leçons de Cooke, puis de Pelham
Humphrey. Le docteur Blow fut ensuite son
maître de composition. Ses progrès furent si
rapides, qu'il composa plusieurs antiennes
pendant qu'il était encore enfant de chœur.
A l'âge de dix-huit ans, il fut choisi comme
organiste de l'abbaye de Westminster, et la
place d'organiste de la chapelle royale lui fut
accordée en 1684. C'est de cette époque que
datent ses meilleures compositions pour
l'église, et que sa réputation s'étendit dans
toute la Grande-Bretagne. La supériorité in-
contestable de sa musique sur tout ce qu'on
avait écrit depuis longtemps en Angleterre;
le caractère d'originalité qu'on y remarquait
et la variété des formes firent rechercher ses
ouvrages par tous les maîtres de chapelle. Dès
1677, il s'était aussi fait connaître au théâtre
par l'ouverture et les airs qu'il écrivit pour le
drame intitulé Abelazôr. Purcell fut le pre-
mier compositeur anglais qui introduisit les
instruments dans la musique d'église, car
avant lui on n'employait que l'orgue pour l'ac-
compagnement des voix; il montra dans son
instrumentation autant de conceptions nou-
velles que dans le caractère de sa musique vo-
cale. Parmi ses œuvres religieuses, son
Te Deum et son Jubilate sont particulière-
ment remarquables par la majesté du style;
mais pour apprécier le mérite de ces compo-
sitions, il est nécessaire de se reporter au
temps où l'auteur écrivit, et de leur comparer
la situation de l'art à cette époque en An-
gleterre. De nos jours, elles laissent désirer à
l'audition plus de suavité dans la mélodie, un
retour moins fréquent des mêmes cadences
harmoniques, et plus de variété dans les
rhylhmes. En cela, elles participent du style
de Carissimi, que Purcell paraît avoir étudié
avec soin. Il y a aussi de l'embarras dans le
mouvement des parties de son harmonie, et
celle-ci est souvent incorrecte. Quoi qu'il en
soit, il est certainement le plus grand musi-
cien qu'ait produit l'Angleterre. Il s'est
exercé dans tous les genres, et dans tous il
s'est montré artiste de génie : toutefois, il ne
faut pas adopter le jugement des écrivains an-
glais lorsqu'ils le comparent à Scarlatti, à
Keiser, et lui donner la préférence sous le rap-
portde l'invention : ceux-là furent des maîtres
sans reproche. Sa fécondité inspire de l'éton-
nement, lorsqu'on songe que son existence n'a
pas été an delà de la trente-septième année,
car il mourut le 21 novembre 1695.
Une partie des productions dramatiques de
Purcell a été publiée dans une collection qui
a pour titre : A Collection of ayres compo-
sed for the théâtre and on other occasions,
by the late M. Henry Purcell (Collection de
morceaux composés pour le théâtre et dans
d'autres occasions, par feu maître Henri Pur-
cell); Londres, 1697. Les drames et opéras
dont on trouve des morceaux dans ce recueil
sont ceux dont les titres suivent : 1° Abelazôr,
représenté en 1677. 2° The virtuous Wife (la
Femme vertueuse), 1680. 3° Indian Queen
(la Beine indienne), dont la première partie de
l'ouverture égale, suivant Burney, les meil-
leures productions de Hsendel. 4° Dioctétien
ou le Prophète, 1690. 5° King Arthur (le roi
Arthur), 1691. On ne connaissait cet ouvrage
que par les extraits de la collection citée plus
haut; mais M. Edouard Taylor en a retrouvé
la partition complète, et en a fait le sujet de
deux lectures publiques, à Londres, les 11 et
12 mai 1840. Suivant l'opinion de ce savant
professeur, leRoi Arthur est une composition
de l'ordre le plus élevé, eu égard au temps où
railleur vivait. Cet ouvrage a été publié dans
la collection anglaise des Antiquaires musi-
ciens. 6° Amphitryon , 1691. 7° Gordian
knot unlied (le Nœud gordien délié), 1691.
8° Distressed Innocence, or the Princess of
Persia (l'Innocence malheureuse, ou la Prin-
cesse de Perse), 1691. 9° The Fairy Queen
(la Beine des fées), 1692. lQ°Theold Bachelor
(le vieux Bachelier), 1693. 11° The Married
beautifull (le beau Marié), 1694.. 12° The
double Dealer (le Fourbe), 1694. 13° Bonduca,
142
PURCELL - PUSTKUCIll.N
1 095, une ries meilleures productions de Pùr-
cell, publiée dans la collection des Antiquaires
musiciens, 13° (bis) Dido and JEneas: ibid.
Parmi les compositions dramatiques de cet
artiste dont on ne trouve pas d'extrait dans
la collection citée plus haut, on remarque :
14" Timon d'Jlhènes, 1G78. 15° Theodosius,
or the Force ofLove (Théodose, ou la Force de
l'Amour), 1G80. 10° La Tempête, de Dryden,
1090. \l"Don O?nc/io«c,1 694. Purcell a publié
en partition, chez Playford, à Londres, les mor-
ceaux de musique qu'il avait composés pour
un divertissement théâtral, représenté en 1G8Ô,
et pour la tragédie iVŒdipe, en 1692. Il a
aussi publié lui-même, en 1684, sa musique
pour la fête de Sainte-Cécile, exécuté le 22 no-
vembre de l'année précédente, et, en 1691, la
partition de son opéra sérieux Dioclétien. Il
avait fait paraître, en 1685, douze sonates
pour deux violons et basse continue.
Quoique Purcell eût écrit beaucoup de mor-
ceaux détachés pour le chant, on n'en avait
publié qu'un petit nombre pendant sa vie; ils
avaient paru dans la collection de Playford,
intitulée : The Théâtre of music (Londres,
1G87). Après la mort de Purcell, sa veuve
réunit tout ce qu'il avait laissé en ce genre,
et en donna la collection sous le titre d'Or-
pheus britannicus (Londres, 169G). Cette
édition était remplie de fautes grossières ; il
en fut donné une meilleure en 1702; mais
elle ne contient pas toutes les pièces de la pre-
mière. Playford publia, dans la même année,
le deuxième volume de VOrpheus britanni-
cus. La veuve du compositeur fit aussi paraître
successivement : 1° Une suite de dix sonates
pour le clavecin, dont la neuvième est connue
sous le titre de Golden Sonata (Sonate d'or),
à cause de son mérite. 2" Leçons pour le cla-
vecin. 5° Les fameux Te Deum et Jubilale,
et quelques antiennes dans V Harmonia
sacra de Playford.
Une grande quantité de musique de Purcell
était restée en manuscrit; Vincent Novello
(voyez ce nom) l'a recueillie avec soin et
en a publié une belle édition complète, en
soixante-douze livraisons grand in-folio, pré-
cédées d'une notice sur la vie et les ouvrages
du compositeur (en quarante -quatre pages
in-."olio), et de son portrait. Celte collection a
pour titre : Purcell's sacred Music edited by
Pincent iYovello; Londres, 1820-1806.
PURCELL (Dahiel), frère du précédent,
fut pendant quelques années organiste du
Collège de la Madeleine, à Oxford, puis rem-
plit les mômes fondions à l'église Saint-An-
dré de Ilolborn. En 1697, il écrivit la musique
de Brutus àJlbe,ou le Triomphe d'Auguste,
qui fut représenté à Dorset-Garden. On cite
de lui un autre opéra intitulé : Love's Pa-
radise (le Paradis de l'Amour), et la Prin-
cesse d'Islande, qu'il composa en société avec
Leveridge. Purcell écrivit aussi quelques mor-
ceaux détachés pour des comédies. C'était un
musicien de peu de mérite.
PURIFICAM (Jean DE), chanoine régu-
lier et maître de chapelle du monastère de
Sainl-Éloi, à Lisbonne, naquit en cette ville et
mourut le 19 janvier.! 651. lia laissé en manu-
scrit beaucoup de compositions pour l'église.
PURMANN (Jean-Geouges), recteur du
collège de Francfoi l-sur-le-Mein, mort le
11 décembre 18Iô, est auteur d'une disserta-
lion intitulée : Antiquitates mnsicx; Franc-
fort, 1776, in-4°de vingt-quatre pages.
PUSCIIMANN (Auam), né en Silésie dans
la première moitié du seizième siècle, était
cordonnier de profession, mais avait appris la
musique. Vers 1570, il fut appelé à Gœrlitz,
en qualité de cantor. Dix ans après, il était
établi à Breslau,où il parait avoir terminé ses
jours. On a de lui un livre sur un sujet inté-
ressant, intitulé : Griindlicher Bericht des
deutschen jVeister-Gesœnge (Renseignements
précis sur l'art des maîtres chanteurs alle-
mands) ; Gœrlitz, 1571, in-4°. Forkel indique
une autre édition du même ouvrage (Allgem.
Litter. der Musik, p. 122), sous ce titre :
Traclalus von der edlrn Kunst der Meister-
Sxnger; Gœrlitz, 1572; enfin, M. de Slelten
en cite une troisième qui aurait été publiée en
1574, in-4° (Histoire de l'art, p. 551). Si
toutes ces éditions sont réelles, il y a eu peu
d'exemples d'un pareil succès à celle époque
reculée. M. Hoffmann indique (dans son Livre
sur les inusiciens de la Silésie) l'oratorio de
Jacob et Joseph, composé par Puschmann, et
dont il existe deux manuscrits dans les biblio-
thèques de Breslau.
PLSCiniAINN (Joseph), musicien au ser-
vice du prince de Schafgotsch, à Johannisherg,
en Silésie, vécut dans la seconde moitié du
dix-huitième siècle. Il a laissé en manuscrit :
1° Concerto pour violon. 2" Deux symphonies
à grand orchestre. -""Trois quatuors pour deux
clarinettes el deux cors. 4" Trois pièces en
harmonie pour deux clarinettes, deux cors et
deux bassons. 5° Quatre trios pour flûte
d'amour, ^ iole el basse.
IHiSTkl CHEIN (Antoimk-IIssbi), né le
lfj février 1761, •> Blomherg, dansle comté de
la Lippe, obtint, en 1790. les ph.ces de cantor,
PUSTKUCHEN — PUYLL01S
14."
d'organisle et professeur de musique au sémi-
naire de Detmold. Il est mort dans celle ville,
en 1830, après avoir rempli ses fonctions pen-
dant quarante ans. On a de ce musicien un
ouvrage élémentaire intitulé : Anleitung voie
Singechœre auf de m Lande zu bilden sind
(Instruction pour former des chœurs de clianls
à la campagne); Hanovre, 1810, in-8". Une
deuxième édition de ce livre a été publiée en
1815. Pustkuchen est aussi auteur d'un livre
choral pour le comté de la Lippe, publié à Ha-
novre, in-4°. Enfin, il a fait paraître des mor-
ceaux de chant et des chœurs, à l'usage des
écoles; Detmold, 1812, in-4°.
PUTIFil (Bartmolomé), chanteur distin-
gué, né en Italie vers 1750, fut attaché au
théâtre de la cour de Dresde pendant quelques
années, puis entra au service de l'empereur
de Russie, à l'époque de la guerre de sept
ans. Il se trouvait encore à Pétersbourg, en
1766.
PITTE (Henri VAN DE), dont le nom
latinisé est PUTEANUS, et que les biogra-
phes français appellent DUPUY, naquit à
Venloo, le 4 novembre 1574. Il fit ses huma-
nités à Dordrecht, étudia la philosophie à Co-
logne et le droit à Louvain, sous Juste Lipse,
avec qui il se lia d'une étroite amitié. Ce fut
aussi dans cette dernière ville qu'il se livra à
l'élude de la musique, conlre l'avis de Juste
Lipse, qui n'aimait point cet art. Van de
Putle se rendit ensuile en Italie, pour y visiter
les principales académies; il s'arrêta d'abord
à Milan, puis à Padoue, où il accepta une
chaire d'éloquence, en 1601. Presque dans le
même temps, il fut nommé historiographe du
roi d'Espagne, et deux ans après il reçut le
diplôme de citoyen romain, et fut agrégé doc-
leurà la facullé de droit. Ces distinclions flat-
leuses l'avaient déterminé à se fixer en Italie,
et il s'y était même marié (en 1604), lorsque
la chaire de belles-lettres à l'université de
Louvain lui ayant été offerte, après la mortde
Jusie Lipse (1606), il saisit celle occasion pour
se rapprocher de sa famille et de son pays.
L'archiduc Albert le nomma un de ses conseil-
lers, et lui confia le gouverncmentdu château
de Louvain, où il mourut le 17 septembre
1646.
L'imperfection de la méthode des hexa-
eordes attribuée à Guido d'Arezzo, et les dé-
fauts de la solmisation par les muances qui
en étaient le résultat, avaient été remar-
qués depuis longtemps; plusieurs musiciens
avaient même tenté de remédier à ces défauts,
proposant l'addition d'un septième nom de noie
aux six premiers. Van de Putte, revenant sili-
ce sujet, écrivit un livre pour démontrer la
nécessité d'une septième syllabe, qu'il appelle
6»'. L'ouvrage où il traite celle question est
inlilulé : Modulata Pallas,sive septem dis-
crimina vocum, ad hartnonicsê lectionis
usum aptala philologo quodafn fdo; Milan,
1599, in-8°. Il est divisé en vingt chapitres,
qui furent réduits à dix-sept dans la seconde
édition, publiée sous ce titre : JUusathena,
seunotarum heptas,ad harmonica; lectionis
novum et facilem tisum; Francfort, 1602,
in-12. C'est dans celle forme et sous ce litre
qu'il fut inséré dans le second volume des
oeuvres de Van de Pulte (p. 109-197), inti-
tulé : Amœnitatum humanarum dia-
triba XII , operum omnium, lomus sc-
enndus; Francfort, 1615, in-12. Van de
Putle avait donné précédemment un abrégé
de son livre, sous le tilre de Pleias musica;
Venise, 1600, in-12, dont il y a une seconde
édition intitulée : Iter Nonianum, seu dia-
logus, qui Musathena (1) epitomen compre-
hendit, ad clarissimum V. Ludov. Sevta-
lium , patricium et medicum mediol. ;
Francfort, 1601, in-12, et une troisième, pu-
bliée à Hanovre, 1602, in-8° de cinq feuilles
et demie. On le trouve aussi dans les Amœ-
nitat. humanar., p. 188-409. Cet abrégé est
un entrelien de l'auteur avec Arnold Cathius,
l'un de ses amis; Nonianum est le nom d'une
maison de campagne qu'ils allaient voir, et
qui avaient appartenu à Bembo.
PUYLLOIS (Jean), ou plutôt PULLOYS,
musicien belge du quinzième siècle, est cité par
Tincloris, dans le douzième chapitre du troi-
sième livre de son Proportionnaire de mu-
sique, pour une faute de notation proportion-
nelle que Le Rouge (communément appelé
Rubeis) et lui ont faite, le premier dans une
messe intitulée : Mon Cuer (cœur) pleure, et
Puyllois dans Vin terra pax de sa messe du
plagal du troisième ton irrégulier (2). Aucune
composition de ce musicien n'a été trouvée
jusqu'à ce jour; mais il se peut qu'on en dé-
couvre dans l'avenir : ce motif m'a fait prier
mon confrère et ami, M. le chevalier Léon de
Burbure, de vouloir bien faire des recherches
dans les archives de la cathédrale d'Anvers,
source précieuse de renseignements concer-
nant les artistes belges des quinzième et sei-
(1) Il semblerait, d'après ce litre, que la Musathena
avait eu une édition antérieure à celle de 1(Ï02.
(2) Quod licet faciant Le Rouge et Puyllois in missis
Mon cuer pleure, et in quodatn Et in terra pax plagalis
autlienli triti irregularis, tamen est intoleraljile {Tiw-
toris provortionule, tib. III, cap. 2).
^u
PUYLLOIS — PYTHAGORE
zième siècles. Avec la sagacilé et la patience
qui le distinguent, M. de Burbure a dépassé
mon attente dans ses découvertes, desquelles il
résulte : l°que le nom de l'artiste dont il s'agit
est écrit de ces différentes manières dans les
registres : Pylois , Puyllois , Pillois , Pul-
loys, et que celte dernière est préférable,
parce qu'elle coïncide avec la plupart des do-
cuments contemporains; 2° que cette forme
est aussi celle qui explique le mieux le sobriquet
flamand de Jean Kie (traduction de Jean
Poulet, ou Pulloys, pullus en latin), qu'on
parait lui avoir donné lorsqu'il n'était encore
qu'enfant de cliœur. Ce nom Joannes Kie ou
Kye figure dans les comptes des chapelains,
les premières années où Jean Pulloys prend
part aux services en déchant, c'est-à-dire en
1442 et 144o; mais dès 1444, il est remplacé
par le nom véritable de l'artiste; 3° que Pul-
loys n'était à celle époque ni chapelain, ni
prêtre, mais qu'il était simplement, comme
Okeghem, son condisciple, vicaire musicien
laïque; il ne reçut la prêtrise que plusieurs an-
nées après; 4° qu'il prit part aux offices en
musique de la collégiale jusqu'à la fin de
1447, mais qu'après la Noël de celle année, son
nom disparaît des listes de présence du corps
des chapelains; 5° que plus lard, mailre Jean
Pulloys fait partie de la chapelle du duc de
Bourgogne, où, en 1463, il occupait la place de
premier chapelain (primus capellanus Do-
mini Ducis), et qu'alors il est prêtre et quali-
fié de maître es arts; 6° qu'il revint la même
année à Anvers, où le chapitre lui donna un
canonicat dans l'église où il avait commencé
sa carrière musicale, et qu'il y retrouva Bar-
bireau, Wyngaert, Jacolïn (voyez ces noms)
et d'aulres excellents musiciens, ses anciens
amis; enfin, que depuis cette époque, Pulloys
ne quitta plus cette position; 7° et finalement,
que dans son testament, passé le 18 juin 1478,
il est qualifié de f'enerabilis vir Dominus
Johannes Pulloys, et qu'il mourut deux mois
après (2ô août 1478).
PYIlAT\UItE, musicien grec, cité par
Athénée (liv. XIV, c. 9), a écrit un Traité des
joueurs de flûte qui n'est pas venu jusqu'à
nous.
PYTHAGORE, philosophe illustre, na-
quit à Samos, dans la 49"" olympiade, c'est-à-
dire environ 580 ans avant l'ère chrétienne.
La vie de ce sage est environnée de ténèbres
et de fables : ce qui [tarait avoir quelque certi-
tude dans les faits qui le concernent se réduit
à ce qui suit : Son précepteur fut Ucrmndamus,
disciple de Créophilc, qui avait accordé l hos-
pitalité à Homère; plus lard il devint l'élève
de Phérécide. A l'âge de dix-huit ans, il quitta
sa patrie pour voyager en Phénicie et en
Egypte. Après un long séjour près des prêtres
d'Héliopolis et de Memphis, il retourna en
Grèce, visita Sparte pour s'instruire de ses
lois, arriva à Samos, alors gouvernée par le
tyran Polycrate, et enfin passa en Italie et se
fixa à Crolone, où il eut de nombreux disciples
qui se faisaient initier à une sorte de culte se-
cret, établi par le mailre. Ce qu'on rapporte
de l'institut fondé par Pylhagore est si rempli
de merveilleux, qu'il serait aujourd'hui à peu
près impossible d'y démêler la vérité ; on sait
seulement avec certitude qu'à la suite d'une
émeute, les Crotoniates attaquèrent les pytha-
goriciens réunis dans la maison de Milon, l'un
d'eux ; que la plupart périrent, et que Pytha -
gore lui-même n'échappa au danger que par
la fuite. Mais la persécution contre les pytha-
goriciens s'étant étendue dans les autres villes
d'Italie, il trouva la mort à Métaponte.
Il y a peu de certitude sur ce qu'on rapporte
de la doctrine de Pythagore, car il ne parait
pas avoir écrit, et la tradition qui l'a trans-
mise jusqu'aux écrivains les plus respectables
de l'antiquité, l'a sans doute modifiée et al-
térée. Ce qu'on en sait n'a de caractère
d'authenticité que par quelques fragments
de Philolaus, par le Timée de Platon, et par
cequ'Arisloteen rapporte; car celte doctrine
a subi de si importantes altérations dans
l'école d'Alexandrie et dans la philosophie
néoplatonicienne, qu'on ne peut accorder une
confiance entière aux asserlionsde Jamblique,
de Porphyre et de quelques autres. Ce qui pa-
rait certain et hors de toute discussion, c'est
que Pythagore et ses disciples immédiats con-
sidéraient le monde comme un tout harmo-
nieusement ordonné, en ce que des propor-
tions numériques établissaient des rapports
exacts entre le tout et ses parties. Les nombres
étaient donc considérés dans la doctrine py-
thagoricienne comme l'âme du monde; et la
perfection des rapports qu'ils établissaient
entre toutes choses constituait l'harmonie uni-
verselle, qui régissait les mouvements des
astres comme les moindres atomes de la créa-
tion. Suivant celte théorie, les astres, dans
leurs révolutions , formaient un concert
de consonnances analogue à celui que les sons
de la musique font entendre entre eux (voyez
sur ce sujet les articles de PiiilolaUs, Tuée
deLociies, Platon, Ptolémée, Machobe, Cen-
sonin et Kepler). La découverte des propor-
tions numériques de quelques-uns des inlcr-
PYTHAGORE — PYTHOCLIDE
1«
valles de la musique est attribuée à Pythagore.
Nicomaque rapporte à ce sujet une anecdote
dans son Traité de musique (p. 11, éd. Mei-
bom), qui a été répétée par beaucoup d'écri-
vains, sans faire remarquer que le fait en lui-
même porte la preuve de sa fausseté. Suivant
ce théoricien, Pythagore, passant devant
l'atelier d'un maréchal, fut étonné d'entendre
les marteaux des forgerons produire les con-
sonnances de l'octave, de la quinte, de la
quarte, et la dissonance du ton ou seconde
majeure. Cette singularité remarquable le fit
entrer dans la boutique du maréchal ; il pesa
les marteaux et vit que la différence des
sons provenait de celle de leurs poids. Alors il
prit quatre cordes de même matière, d'égale
longueur et grosseur, les tendit et y suspendit
des poids égaux à ceux des marteaux; il trouva
que la corde tendue par un poids de douze
livres sonnait l'octave de celle qui n'était
tendue que par un poids de six livres, d'où il
tira la proportion 2 : 1 pour celle de l'octave.
La corde tendue par un poids de huit livres
sonnait la quinte, d'où la proportion de 3 : 2.
La corde tendue par un poids de neuf livres
faisait entendre la quarte, d'où la proportion
4 : 5 ; enfin les cordes tendues par huit et par
neuf livres donnaient la proportion du ton
majeur. Ainsi se trouva expliqué lephénomène
qui avait frappé l'oreille de Pythagore à l'au-
dition des coups de marteaux des forgerons.
Il est pourtant évident que ce n'étaient point
les marteaux qui vibraient lorsqu'ils frappaient
le fer, mais l'enclume, eleonséquemment que
leurs poids ne pouvaient exercer d'influence
que sur l'intensité et non sur l'intonation des
sons. Quoi qu'il en soit, les proportions numé-
riques des intervalles d'octave, de quinte et
de quarte sont attribuées à Pythagore depuis
la plus haute antiquité, ainsi que le principe
qui lui faisait rejeter le témoignage de
l'oreille dans l'appréciation de la justesse de
ces intervalles, et n'admettait que le calcul
comme critérium de cette justesse. Longtemps
après, Aristoxène {voyez ce nom) soutint une
doctrine contraire.
Aristide Quintilien attribue à Pythagore
l'invention de la notation grecque de la mu-
sique en usage de son temps (De Jilusica,
lib. I, p. 28, apud flleibom.) ; mais celle qui
est connue sous son nom n'est qu'une modi-
fication d'une autre plus ancienne (voyez
à ce sujet un Mémoire de Perne, dans la
Revue musicale, t. III, pp. 433-441 , et les
planches).
PYTIIOCLIDE, joueur de flûte, fut l'in-
venteur du mode mixolydien. Arislote, cité
par Plularque(tn Pericl.,p. 280, lin. 5 e , edit.
Steph. Grxc.) } assure qu'il fut le maître de
musique de Périclès.
Binon. IIMV. DES MUSICIENS. T. \t\
IC
Q
QUADRI (Dominique), professeur de musi-
que, né à Vicence, dans les derniers mois de
1801, fit, dans sa jeunesse, de bonnes éludes lit-
téraires et scientifiques. La musique ne fut d'a-
bord pour lui qu'un objet d'agrément; mais plus
tard il résolut de se livrer sans réserve à la cul-
ture de cet art. La position de son père, con-
seiller-secrétaire du gouvernement à Venise, lui
fournit l'occasion de recevoir, dans cette ville, des
leçons du P. Marsand (voy. ce nom) ; puis Qua-
dri se rendit à Bologne, et y compléta son ins-
truction musicale sous la direction de Marchés!,
de Donelli et de Pilotti, tous élèves de Maltei
(voy. ce nom). L'esprit d'analyse, par où se
distinguait le jeune Quadri, lui fit bientôt aper-
cevoir les défauts de la métbode roufinièrede ses
maîtres : il leur demandait incessamment la rai-
son des règles ; mais l'autorité de l'école était la
seule qu'on lui donnât. La lecture de plusieurs ou-
vrages de tbéoi if, publies depuis peu en France,
lui fit concevoir le dessein d'écrire des éléments
d'harmonie appuyés sur une base plus solide que
l'enseignement traditionnel , lesquels pourraient
servir d'introduction à la science du contre-
point. Après plusieurs années passées à Bologne,
il partit pour Naples, où la méthode d'enseigne-
ment ne lui parut pas plus avancée qu'à Bologne.
En 1830, il entreprit de faire connaître ses
idées didactiques dans un ouvrage intitulé : La
Ragione armonica. Quadri s'était proposé d'y
donner des basses chiffrées ou partimenti de
Maltei , d'après son système de classification
des accords, assez semblable à celui de Langlé
(voy. ce nom), en ce qu'il procédait à la gén< ra-
tion des groupes fondamentaux de Bons par des
superpositions de tierces. Une vive opposition
se manifesta aussitôt contre cette théorie, parmi
la plupart des professeurs napolitains; et la pu-
blication de la Ragione armonica se trouva
arrêtée par le petit nombre des souscripteurs dès
la deuxième livraison.
Persuadé de la bonté de son système, Quadri
ne se découragea pas après ce premier échec.
En 1831, il ouvrit une école publique pour
l'enseignement de l'harmonie, et entreprit de ré-
futer dans ses leçons orales les objections qui lui
avaient été faites. La lutte recommença plus ar-
dente; toutefois l'avantage parut être du côté du
jeune professeur, homme d'esprit, plein de zèle
et de feu, qui s'exprimait avec élégance et clarté.
Parmi ses élèves se trouvaient quelques jeune*
compositeurs qui, depuis lors, se sont fait con-
naître par leurs ouvrages. En 1832, Quadri pu-
blia l'ensemble de son système dans un livre,
intitulé Lezioni d'armonia (Naples, Tramenler,
1 volume in-4°). Une deuxième édition de cet
ouvrage fut donnée à Borne, en 1835, par l'abbé
Alfieri, à la typographie des beaux-arts , et
l'auteur alla en publier une troisième, dans la
môme ville en 18'»l,en un volume in-4° de 95
pages, avec 44 pages d'exemples pratiques. Dans
l'automne de la même année, l'auteur de cette
notice trouva Quadri à Naples, et reconnut en
lui un musicien aussi instruit qu'intelligent. Sa
position n'était pas heureuse. Ne trouvant pas
dans ses leçons des moyens d'existence suffi-
sants , il était obligé d'accepter l'hospitalité
qu'on lui offrait dans les maisons de campagne
des environs de Naples, comme professeur de
solfège et de chant. Bientôt cette ressource vint
à lui manquer, et la nécessité l'obligea à retour-
ner en Lombardie. Arrivé a Milan au printemps
de 1842, il essaya d'y mettre en vogue son sys-
tème d'harmonie ; mais là comme à Naples il
QUADRI — QUANDT
147
eut des luttes à soutenir contre la critique. La
mauvaise fortane, qui l'avait maltraité depuis
sa jeunesse, avait porté atteinte à sa constitution.
Malade et découragé, il ne se sentit pas la force
de résister à ses adversaires ; son mal s'aggrava,
et le 29 avril 1843, il mourut à l'âge de quarante
et un ans.
QUADRIO (François-Xavier), littérateur
italien, né à Ponte, dans la Valteline, le 1 er dé-
cembre 1695 , entra dans la société des Jésuites
après avoir terminé ses études à l'université de
Pavie, enseigna à Padoue et à Bologne, séjourna
à Modène, à Rome, à Milan, et sortit en 1744
de chez les Jésuites. Ayant obtenu du pape la
permission de porter l'habit de prêtre séculier,
il vécut à Milan, occupé de travaux littéraires
et scientifiques. Dans ses dernières années il se
retira au couvent des Barnabites de cette ville ,
et y mourut le 21 novembre 1756. Au nombre
des ouvrages de ce savant se trouve colui qui a
pour titre : Délia storia e délia ragione d'o-
gni poesïa; Bologne et Milan, 1739-1759, 7 vol.
in-4°. Il y traite de divers objets relatifs à la
musique, à la cantate, à l'opéra et à l'oratorio,
dans les tomes 2 e et 3e.
QUAGL1A (Jean Baptiste), premier orga-
niste de l'église Sainte-Marie-Majeure, à Ber-
game, vécut dans la seconde moitié du dix-sep-
tième siècle. On a imprimé de sa composition :
Motetti a voce sola, libre- primo; Bologne,
Jacques Monli, 1668, in-8°.
QUAGLIA (Augustin), né à Milan en 1744,
lit ses études musicales sous la direction de
Fioroni et de Carlo Monza. Il succéda à ce der-
nier dans la place d'organiste de la cathédrale,
et en 1802 il obtint celle de maître de chapelle
de cette église. Il vivait encore à Milan en 1812.
Des copies manuscrites de ses compositions pour
l'église sont répandues en Italie. L'abbé San-
tini, de Borne, possède un Magnificat à 4 voix
sous son nom.
QUAGLIATI (Paul), compositeur de l'é-
cole romaine, fut considéré comme un des cla-
vecinistes les plus distingués, au commencement
du dix-septième siècle. Le catalogue de la mu-
sique de l'abbé Sautini lui donne le titre de
maître de chapelle de l'église Sainte-Marie Ma-
jeure, en 1612; cependant il ne figure pas parmi
les maîtres de cette chapelle, dont l'abbé Baini
a donné la liste dans ses Mémoires sur la vie et
les ouvrages de J. Pierluigi de Palestrina (note
440). Délia Valle prétend {Délia musica dell'
età nostra, dans les œuvres de J. B. Doni, t. II,
p. 251) que Qnagliati fut le premier qui intro-
duisit h Borne le chant dramatique, ou qui du
moins le traita avec grâce ; ruais il est évident
qu'Emilio del Cavalière eut ce mérite avant lui,
ou du moins en même temps. Le même Délia
Valle cite une sorte de drame à 5 voix et 5 ins-
truments composé par Quagliati en 1606, et qui
fut exécuté dans un char, au carnaval de cette
année; c'est sans doute ce même drame qui a
été publié sous ce titre : Carro di fedellà
d'Amore rappresentalo in Rotna da cinque
voci per cantar soli et insieme, con aggiunio
d'arie a iina, due e ire voci; Rome, 1611,
in-fol. On ne comprend pas ce que veulent dire
les auteurs du Dictionnaire historique des
musiciens (Paris, 1810-1811), lorsqu'ils écrivent
cette phrase : Il (Quagliati) est le premier qui
introduisit dans les églises le chant à plu-
sieurs parties. Cette absurde proposition est
démentie par les faits rapportés en cent endroits
de leur propre livre. L'abbé Santini, de Borne,
possède dix-neuf motets à huit voix, de Qua-
gliati, ainsi qu'un Dixit à douze voix. Ou trouve
des morceaux de Quagliati dans la collection
qui a pour titre : Canzonette alla romana di
diversi eccellentissimi musici romani a tre
voci ; Anvers, P. Phalèse, 1607, in-4° obi. On
connaît aussi de ce maître un ouvrage intitulé :
Motteti e dialoghi a 2, 3, 4, 5 e 8 voci; Roma,
appresso Roblelti, 1620.
QUAISAIN (Adrien), né à Paris, en 1766,
fut enfant de chœur à l'église Saint- Jacques
du Haut-Pas, et y apprit à chanter. Après la clô-
ture des églises, qui suivit les événements de la
révolution, il reçut de Beiton des leçons d'har-
monie. En 1797 il se fit acteur d'opéra, et débuta
au Théâtre des Amis des arts, autrement
théâtre Molière, rue Saint-Martin , dans un
opéra de sa composition intitulé Sylvain et Lu-
cette ou La Vendange , qui eut un succès
agréable. Au mois d'avril 1799 Quaisain fut
nommé chef d'orchestre du théâtre de l'Ambigu-
Comique. Il prit sa retraite de cet emploi en
1819, après vingt ans de service, et mourut le
15 mai 1828, à l'âge de soixante-deux ans. Il
composa la musique d'un grand nombre de
mélodrames, entre autres : Tekely , le Juge-
ment de Salomon, la Prise de Jérusalem, le
Fils banni, Jean de Calais, et le Belvédère
ou la Vallée de VEtna.
QUALEIVBERG (Jean-Michel), clarinet-
tiste de Vienne, entra au service de l'électeur
palatin en 1772, et mourut à Manheim en 1793.
Il a fait insérer dans la Correspondance musicale
de Spire (année 1791, p. 169) un morceau inti-
tulé : Histoire véritable d'un violon de Steiner
Qualenberg avait le titre de conseiller de cour de
l'électeur palatin.
QUANDT ( Chrétien-Frédéric) , écrivain
(0.
148
QUAND! — QUANTZ
sur la musique et acousticten, naquit à Hcrrnliut,
en Saxe, le 17 septembre 17GG. Après avoir fait
ses humanités au collège de Niesky , près de
Gccrlitz, il commença un cours de théologie ;
mais il abandonna cette science pour la méde-
cine, qu'il étudia à Jéna depuis 1788 jusqu'en
1791, où il reçut le grade de docteur. 1! lit alors
un voyage à Londres pour y étudier la médecine
expérimentale dans les hôpitaux. De retour à
Niesky, en 1793, il s'y livra à l'exercice de son
art. Son mérite le lit choisir en 1797, par la
société des arts de la Lusare supérieure, pour
un de ses membres. Il lui fournit plusieurs
morceaux intéressants pour ses mémoires; mais
une maladie de poitrine vint l'arrêter dans ses
travaux, et le conduisit au tombeau le 30 janvier
1806, et non le 6 octobre, comme le dit M. liec-
ker. Quandt s'est particulièrement fait connaître
par ses travaux sur la musique et sur l'acous-
tique. Depuis son enfance, il avait montré d'heu-
reuses dispositions pour cet art. Il jouait bien du
piano; mais l'acoustique appela particulièrement
son attention. Les écrits de Chladni lui avaient
fourni l'idée d'un instrument à frottement auquel
il donna, comme ce savant acousticien, le nom
tYEupkonc, mais qui était absolument différent
de celui de Chladni, sous le rapport de la cons-
truction. On lui doit aussi des essais de per-
fectionnement pour la harpe éolienne et pour
l'harmonica. Enfin il construisit deux pianos qui
obtinrent les éloges des connaisseurs. Il était
peintre distingué, et avait une rare habileté dans
l'équitation. Comme écrivain sur la musique,
Quandt s'est fait connaître par les morceaux
suivants : 1° Essais et observations sur la harpe
éolienne, dans le recueil mensuel de la Lusace
(Lausitzische Monatschrift, 1795, nov., n° 11),
et dans le Journal des modes (mars 1799). —
2° Sur l'Harmonica et les instruments du même
genre, avec des observations sur le son d'har-
monica en général ( Lausilz. Monatschrift ,
1797, mars, n° 2). — 3° Sur les sons qu'on tire
du verre et d'autres corps ( Gazette musicale de
Leipsick, 2 e année page 32l). — 4° Supplément
à la Dissertation de Kneclit sur l'harmonie ( Ga-
lette musicale de Leipsick, tome I, pages 346
et suiv.).
QUANTZ iJf.an-Joaciiim) ou QUANZ, flû-
tiste célèbre, naquit à Obersrhaden, dans le Ha-
novre, le 30 janvier 1697. Devenu orphelin à
l'âge de dix ans, il alla prendre des leçons de
musique chez son oncle, qu'il perdit au bout de
quelques mois, puis chez le musicien de ville qui
lui avait succédé. Il demeura sept ans et demi
chez celui-ci , cl apprit «à jouer du violon, du
hautbois et de la trompette. Kiesewctter, orga-
niste de quelque mérite, lui donna aussi des le-
çons de clavecin. Les compositions de Hoffman,
de Heinichen et de Telemann avaient été d'abord
les objets de ses études ; les chanteurs et les
virtuoses étrangers qu'il entendit ensuite dans la
chapelle du duc de Mersebourg commencèrent
à perfectionner son goût, et lui inspirèrent le
désir de voyager pour augmenter son savoir.
Dresde, où se trouvaient alors plusieurs artistes
distingués, lui parut le lieu le plus convenable
pour la réalisation de ses projets : il s'y rendit en
1714. Cependant les difficultés qu'il y rencontra
pour assurer sa subsistance l'obligèrent à s'en
éloigner, et la seule ressource qui s'offrit à lui
fut de se retirer à P.adeberg, chez le musicien de
la ville, qu'il aida dans s. s fonctions, en don-
nant, des leçons et jouant des danses dans les
fêtes de village. L'incendie qui réduisit en cen-
dres cette petite ville l'obligea à chercher asile
à Pirna, chez un autre musicien, qui lui com-
muniqua les concertos de Vivaldi, considérés
alors comme les meilleures compositions dans
leur genre, et qui devinrent les modèles de ses
premiers essais. La proximité de Pirna et de
Dresde lui permit de faire de fréquents voyages
dans cette dernière ville et d'y connaître Heine,
bon musicien de ville, qui consentit à le rece-
voir chez lui, en qualité de prévôt. Fixé dans
la capitale de la Saxe en 1716, il y puisa dans
la société de Pisendel , Veracini, Hebenstreit,
Weiss, Richter et Buffardin , le goût du beau,
et le sentiment d'une perfection relative qu'il
s'efforça d'atteindre. Dans l'année suivante,
le maître de chapelle Schmidt, après avoir en-
tendu Quantz jouer un concerto de trompette,
voulut l'attacher à la chapelle électorale pour
cet instrument; mais le jeune artiste préféra
la position de hautboïste qui lui était offerte
dans la chapelle royale de Varsovie : il se rendit
dans cette ville en 1718, et ce fut alors que,
désespérant de parvenir à l'habileté qu'il désirait
sur le violon et sur le hautbois , il s'attacha spé-
cialement à la flûte, sous la direction de Buf-
fardin et de Pisendel. Ses premiers essais de
composition consistèrent en quelques morceaux
pour cet instrument. Guidé par son instinct, il
les écrivit sens avoir étudié les règles de l'har-
monie; mais bientôt il sentit la nécessité de
connaître ces règles, et le compositeur bohème
Zelenka lui donna les premières leçons de con-
trepoint. La formation de l'excellent opéra de
Dresde amena au service du roi de Pologne, en
1719, des chanteurs de premier ordre, tels que
Senesino, Borselli, Durantasti et les cantatrices
Tesi et Faustina. En écoutant ces grands artistes,
Quantz comprit qu'il devait apprendre d'eux l'art
QUAINTZ
i i.r»
de chanter sur son instrument, et ils devinrent
ses modèles. Accompagné de Weiss et de Gratin,
i! se rendit à Prague en 1723, pour assister à
l'exécution de l'opéra de Fux , Costanza e For-
tezza, composé à l'occasion du couronnement de
l'empereur Charles VF, comme roi de Bohême.
On avait réuni, pour cette exécution solennelle,
cent chanteurs et deux cents instrumentistes. Ce
fut là que Quantz entendit pour la première
fois Tartini, dont il admira le beau son et le mé-
canisme, quoiqu'il trouvât son style sec et dé-
pourvu de charme.
En 1724, Quantz obtint du roi la permission
d'accompagner à Rome le comte de Lagnasco,
ambassadeur de Pologne près du saint-siége. A
peine arrivé dans cette ville, il alla chez Gaspa-
rini, qui lui donna quelques leçons de contre-
point. L'année suivante il se rendit à Naples, où
il trouva Hasse, qui étudiait alors sous la direc-
tion d'Alexandre Scarlatti , et qui présenta son
compatriote à ce grand maître. Scarlatti n'ai-
mait pas les instruments à vent, parce qu'ils
étaient fort imparfaits de son temps ; mais lors-
qu'il entendit Quantz, il avoua qu'il ne croyait
pas qu'on pût tirer de !a flûte des intonations
si justes et de si beaux sons. Une aventure d'a-
mour, qui faillit coûter la vie au virtuose, l'o-
bligea de quitter Naples à l'improviste. De retour
à Rome, il y entendit le fameux Miserere d'Al-
legri pendant la semaine sainte, puis il visita les
principales villes d'Italie. A Venise, il se lia d'a-
mitié avec Vinci, Porpora et Vivaldi. Le 15
août 1726, il arriva à Paris. Le style de la mu-
sique française ne le satisfit point, et l'orchestre
de l'Opéra lui parut fort mauvais, quoiqu'il ac-
cordât des éloges à quelques artistes, particu-
lièrement à Forqueray, à Marais, pour la basse
de viole ; à Batiste, pour le violon ; à Blavet,
pour la flûte. Ce fut à Paris que Quantz fit un
premier essai de perfectionnement pour ce der-
nier instrument, en y ajoutant une deuxième
clef. Après huit mois de séjour dans cette ville,
il fut rappelé à Dresde, mais il voulut visiter
l'Anglelene avant d'y retourner, et arriva à Lon-
dres le 20 mars 1727. L'Opéra, dirigé parHœndel,
y était alors dans sa plus grande splendeur. On
y remarquait parmi les chanteurs Senesino, la
Cuzzoni et la Faustina ; l'orchestre, en grande
partie composé de musiciens allemands, était
excellent. Des offres avantageuses furent faites
à Quantz pour le retenir à Londres ; mais sa pa-
role était engagée avec la cour de Saxe, et il partit
pour Dresde, où il arriva le 23 juillet, après avoir
traversé la Hollande, le Hanovre et Brunswick.
La longue absence de Quantz, ses voyages,
ses relations avec les artistes célèbres en tout
genre, avaient mûri son talent. Il reparut à
Dresde avec éclat, et son traitement y fut dou-
blé par la cour. Dans la même année, il suivit
le roi à Berlin. La reine de Prusse, charmée de
son talent , lui fit offrir une place dans sa mu-
sique, avec des appointements de 800 écus;
mais le roi son maître ne permit pas qu'il quittât
son service. La seule chose qu'il lui accorda,
fut de faire un voyage chaque année pour don-
ner des leçons de flûte au prince royal, qui plus
tard fut roi de Prusse, sous le nom de Frédéric 1 1
Après la mort du roi de. Pologne (1733), son
successeur (Frédéric -Auguste), voulant garder
Quantz à son service, lui accorda un trai-
tement de huit cents thalers, et la permission
de faire deux voyages chaque année pour visiter
son royal élève. En 1734 Quantz publia ses pre-
mières sonates pour la flûte, lise maria en 1737
avec la veuve d'un musicien de la cour de
Dresde, nommé Schindler, et deux ans après il
établit une manufacture de flûtes, suivant son
nouveau système. Cette entreprise fut heureuse,
et l'artiste y gagna beaucoup d'argent. Frédé-
ric II, étant monté sur le trône en 1741, lui fit
offrir des appointements de 2,000 thalers (7,500
francs) avec promesse de lui payer chacune de
ses compositions, s'il consentait à se fixer à Ber-
lin. Ces propositions furent acceptées, et Quantz
s'éloigna de la cour de Dresde. Sa faveur auprès
de Frédéric fut sans bornes. Ses fonctions con-
sistaient à se rendre chaque jour chez le roi pour
jouer avec lui des duos de flûte, ou essayer de
nouveaux concertos , à écrire toute la musique
que Frédéric exécutait, enfin, à battre la mesure
des concertos aux concerts qui avaient lieu cha-
que soir dans les appartements du roi.
Indépendamment de la clef qu'il avait ajoutée
à la flûte, Quantz contribua à l'amélioration de
cet. instrument par l'invention de la pompe d'al-
longe pour la pièce supérieure, qui permet de
maintenir l'accord de l'instrument avec l'or-
chestre, lorsqu'il s'échauffe et tend à monter.
Cette invention n'a été introduite en France que
longtemps après. Cet artiste célèbre fit plus
encore pour l'art, en publiant son Essai d'une
méthode pour apprendre à jouer de la flûte
traversicre, dont les éditions et les traductions
se sont multipliées, et qui peut être encore lu
avec fruit, «nonobstant les progrès que l'art a
faits dans l'espace do plus d'un siècle écoulé
depuis la publication de ce livre. Après trente-
deux ans d'une existence heureuse et hono-
rable à la couf de Prusse, Quantz mourut
à Potsdam, le 13 juillet 1773, à l'âge de
soixante-seize ans. C'est à lui que l'art de jouer
de la llûte est redevable de ses progrès les plus
IÔO
QUANTZ — QUEISSER
considérables. Son activité fut prodigieuse, car il
a écrit pour le service du roi de Prusse près de
trois cents concertos pour flûte avec orchestre,
plus de deux cents morceaux à flûte seule, beau-
coup de duos, de quatuors et de trios, malgré
les soins qu'exigeaient sa manufacture de flûtes,
et son service quotidien à la cour. La plus grande
partie de cette musique est restée en manuscrit
chez le roi de Prusse, et le puhlicn'en a presque
rien connu. Quantz était encore à Dresde quand
il publia son premier œuvre intitulé : Sei sonate
a flauto traverso con basso per violonccîlo o
cembalo, op. 1. Dresde, 1739, in-fol. ohlong.
Son œuvre deuxième consiste en six duos pour
deux flûtes; Berlin, 1759. A l'égard de deux
œuvres de solos publiés à Amsterdam et à Paris,
sous son nom, ils ne sont pas de lui. Quelques
concertos manuscrits de Quantz sont indiqués
dans le catalogue de Westphal à Hambourg
( 1782 ). On a aussi de cet artiste des mélo-
dies pour les hymnes de Gellert, Berlin, 1760,
in-8°.
Quantz s'est fait connaître avantageusement
tomme écrivain par les ouvrages suivants :
1° Vcrsuch einer Anweisung die Flœte traver-
sière zu spielen mit verschiedenen zur Bcfœr-
derung des guten Gesmacks in der praktischen
Musik dienlichen Anmerkungen begleitet, und
mit Exempcln erlautert, Berlin, 1752, in-4°de
45 feuilles, avec 24 planches. La deuxième édition
de cet ouvrage a paru à Breslau, en 1780, in-4°. Il
y en a une troisième de 1789, à Breslau, chez Korn,
in-4°.ll en a été fait une traduction française qui
a été publiée sous ce titre : Essai d'une méthode
pour apprendre à jouer de la flûte traver-
siez, avec plusieurs remarques pour servir
au bon goût de la musique , le tout éclairci
par des exemples; Berlin, 175.2, iu-4° avec 24
planches. Lustig a publié aussi une bonne tra-
duction hollandaise de ce livre, avec des notes,
intitulée : Grondig onderwys van den Aardt en
de regte behandeling der Dwars/luit , etc. ;
Amsterdam, Olofsen, 1755, in-4°. — 2° Appli-
cation pour la flûte traversière avec deux
clefs ; Berlin ( sans date), in-fol. — 3° Jlcm J. J.
Quantzen Lebenslauf, von ihm selbst entuor-
l'en ( Notice sur la vie de M. J. J. Quantz, écrite
par lui-même); dans les Essais historiques et
sur la musique de Marpurg, t. I, p. 197-250.
Moldenit {voyez, ce nom) avait fait une critique
de l'Essai sur l'art de jouer de la Flûte, dans
une lettre intitulée : Schreibenan Ilm. Quantz-,
nebst einigen Anmerkungen ïtlirr dessen Ver-
such einer Anweisung die Flœte traversière
si* spielen (sans nom de lieu et sans date);
Quanti répondit à cette critique dans les Essais
historiques et critiques de Marpurg, t. IV,
p. 153-191.
QUATREMÈRE DE QUINCY (An-
toixe-Cw.ysostome ) est né à Paris, le 28 oc-
tobre 1755. Successivement représentant de la
commune de Paris, après la révolution de 1789,
membre de l'assemblée législative et du conseil
des Cinq-Cents, secrétaire général du départe*-
ment de la Seine (en 1800), membre de l'Insti-
tut (Académie des inscriptions), et secrétaire
perpétuel de l'Académie des beaux-arts, il a
donné sa démission de ce dernier emploi en 1 839,
pour vivre dans la retraite. Il est mort le 28
décembre 1849. On a de ce savant des écrits
estimés sur les arts et les antiquités. Amateur
passionné de musique italienne, il fut un des
soutiens du fameux théâtre des Bouffons qu'on
établit à Paris en 1789. A l'occasion de l'ins-
titution de ce spectacle, il lit alors insérer dans
le Mercure de France (année 1789, mars,
pages 124 et suiv. ), un morceau intitulé : De
la nature des opéras bouffons, et de l'union
de la comédie et de la musique dans ces
pièces. Il a été tiré des exemplaires séparés de
cette dissertation ; Paris, 1789, 2 feuilles in-8°.
On l'a- aussi réimprimée dans les Archives litté-
raires ( tome XVI, page 3). Le docteur Frédé-
ric-Auguste Weber a traduit en allemand cet écrit,
et l'a fait insérer par extraits dans la Correspon-
dance musicale de Spire (année 1792, pages 122,
149, 167, 197, 203, 209 ). En sa qualité de se-
crétaire perpétuel de l'Académie royaledes beaux-
arts, Quatremèrc de Quincy a prononcé dans les
séances publiques de cette académie et fait im-
primer : 1° Notice historique sur la vie et les
ouvrages de Paisiello; Paris, Didot, 1827, in-4°.
— 2° Notice historique sur la vie et les ou-
vrages de M. de Monsigny; Paris, Didot, 1818,
in-4°. — 3° Notice historique sur la vie et les
ouvrages de Méhul ; Paris, Didot, 1819, in-4°.
QUEDENFELD ( W. ), professeur de piano
à Dresde, a publié dans cette ville, chez Hils-
cher, en 1790, Trois sonates pour le clavecin.
QUEHL (Jacques), pasteur à Eisenacl: et en
dernier lieu à Georgenthal, dans le duché de
Saxe-Cobourg, a fait imprimer, à l'occasion de
la dédicace d'un orgue nouvellement érigé dans
ce village, un sermon intitulé : Von der edlen
Vocal-und l 'nst rumental-M vsik Vortrcflichkcit
und Nutzbarkeit (De l'excellence et de l'utilité
de la noble musique vocale et instrumentale),
Gotha, 1682, in-4°-
QUEISSER (Ciukles-Thaucott), excellent
tromboniste allemand, est né le 1 1 janvier 1800,
à Dœbcn, près de Grinuna, en Saxe, où son
père était aubergiste. Sans maître, il apprit les
QUEISSER — QUERCU
151
éléments de la musique, et montra de si heu-
reuses dispositions, que ses parents se décidèrent
à l'envoyer chez le musicien de ville Barth, à
Grimma. Il y apprit à jouer de tous les instru-
ments, suivant l'usage de l'éducation chez les
musiciens de ville, en Allemagne; et, chose re-
marquable, le trombone fut celui dont on lui
donna les plus faibles notions. Mais la nature
l'avait destinée devenir tromboniste , et,parses
études personnelles, il parvint au plus haut degré
d'habileté, tirant le plus beau son de l'instru-
ment, et se jouant des plus grandes difficultés.
En 1817, Queisser se rendit à Leipsick; il y fut
placé à l'orchestre du théâtre en 1821. Depuis
1824, il y joue de l'alto, et ne se fait entendre
comme tromboniste que dans de rares occasions.
Il s'est fait admirer par son talent à Francfort,
à Dresde et dans quelques autres villes. Son
frère Jean-Théophile, né à Dceben en 1808, est
aussi habile artiste sur le trombone. Il occupe
la place de tromboniste solo dans la chapelle
royale de Dresde. On ne connaît de la compo-
sition de Queisser que des danses allemandes
pour orchestre ; Leipsick, Dreilkopf et ïlaertel.
QUENSTEDT (Jean-André), docteur et
professeur en théologie, assesseur du consis-
toire, à Wittenberg, naquit à Quedlinbourg, le
13 août 1G17, et mourut à Wittenberg, le 22
mai 1688. On a de lui un écrit intitulé : De prœ-
cibus publias, psalmorum, necnon sacrorum
ordine, Wittenberg, 1686. Selon l'ancien lexique
de Gerber, cette dissertation se trouve aussi
dans un autre ouvrage du même auteur, intitulé
Antiquitates biblicœ et ecclesiasticx.
QUENTIN (Louis), violoniste de l'Opéra
de Paris, entra à l'orchestre de ce théâtre en
1706, et se retira en 1746 avec la pension, après
quarante ans de service. Il a publié, depuis 1713
jusqu'en 1737, quatre œuvres de sonates pour
le violon, et trois livres de trios pour deux vio-
lons et basse continue.
QUERCU (Simon DE), premier chantre ou
maître de chapelle de Louis Sforce, duc de Mi-
lan, naquit dans le Brabant, vers la seconde
moitié du quinzième siècle. Gruber pense que le
nom latin sous lequel il est connu est la traduc-
tion de Du Quesne, et Valère André, suivi par
Foppens, l'appelle Van der Eyken . Pacquot lui
conserve le nom de Quercu. Pour moi, je crois
que le nom véritable de cet artiste était Eiken-
hout, nom flamand de Duchesne ou Duchenc, si-
gnification exacte de de quercu. On ne sait sur
quelle autorité Gerber dit (1) que ce musicien
(i)Neueshistor. Biograph. Lexikonder Tonkiinstler,
tom 1", p. 783.
naquit à Bruxelles; de Quercu se qualifie sim-
plement de Brabançon au titre de l'ouvrage
dont il sera parlé tout à l'heure : per Simonem
Brabantinum de Quercu, cantorem ducum
Mediolanen. confectum. Je crois avoir lu
quelque part que l'artiste dont il s'agit était
de Bois-le-Duc; mais ce souvenir est vague. Les
deux jeunes ducs Maximilien et François-Marie
Sforce ayant été envoyés par leur père à Vienne,
auprès de l'empereur Maximilien, De Quercu
les y accompagna, et y publia un petit traité de
musique intitulé : Opusculum musices per
quam brevissimum de .Gregoriana et figura-
tiva atque contrapuncto simplici percom-
mode traclans : omnibus cantu observ antibus
utile ac necessarium, Vienne,Winterburger(l),
1509, in-4°. L'épître dédicatoire de eet opuscule
est datée de Milan, 1508. Les circonstances du
voyage de Quercu à Vienne sont rapportées par
lui-même dans sa préface. J'ai indiqué dans la
l' e édition de hBiographiedesMusiciens,commQ
la deuxième édition du même ouvrage, celle
qui fut publiée à Landshut en 1518; c'était une
erreur où m'avaient entraîné Forkel et Gerber;
la deuxième édition véritable, dont l'existence
me fut d'abord révélée par Georges Pray (2), et
dont j'ai acquis ensuite un exemplaire, porte
exactement le même titre : le frontispice est orné
d'une charmante gravure sur bois d'Albert Du-
rer, et porte au bas ces mots : Dtis Joan.
Weyssenburger Nurembergx impressit. Au
dernier feuillet, après le mot telos (fin), on lit:
ireyssenburgerus tenui me grammate pressit
A'omine Joannes cui labor iste placet,
1513, in-4 gothique de 34 feuillets non chiffrés.
Valère André, Foppens et Paquot n'ont pas connu
ces éditions. Walther (3) a cité, sous la date
de 1516, l'édition de Landshut, qui est la troi-
sième ; toutefois la date véritable est celle qui
est donnée par Conrad Gesner, sous ce titre
abrégé : Libellus de musica gregoriana ctfi-
gurafivaac contrapuncto simplici, cumexem-
plis; Landshut, 1518, in-8°. Valère André,
Foppens et Paquot ont altéré ce titre. Des exem-
plaires de la première édition et de la troisième
*
(1) Forkel, AUgemeine Litteratur der Musik, p. J9S,
écrit le nom de l'imprimeur Winterburg ; il a été copié
par Gerber, Becker, Lichtcnthal et tous les autres bio-
graphes et bibliographes; mais ce nom est Winterburger,
c'est-à-dire de Winterburg, parce que le typographe dont
il s'agit était né dans un petit village ainsi nommé et situé
près de Kreutznach (Bas-Rbin). Il fut imprimeur à Vienne
dans les dernières années du quinzième siècle et au
commencement du seizième.
(2) Index rarior. libror. ■Biblioth. Universit. régi»
Dudensis; Budx, 1781, part. Il, p. 8*7.
(3) Musikal. Lexikon, p. 508.
152
QUERCU — QUIGNARD
de cet opuscule sont à la Bibliothèque impériale
de Paris. Simon de Quercu se trouvait encore à
Vienne en 1513, car il y fut l'éditeur d'un vo-
lume contenant tout l'office des morts suivant
l'usage de Padoue, lequel est intitulé : VigiUi cum
Vesperis et erequiis mortuorum annexis can-
ticis eorundem et céleris in eisdempromore
subnotatis. A la fin du volume, on lit : Hune
emendatissimum Yigiliarum majorum et mi-
norum codicem : annexis caniieis : Vesperis:
et exequiis defunctorum secundum ritum
ecclesix Palavien. imjiressit Joh. Winterbr
civis Viennensis. Emendatore D. Simone de
Quercu Brabantino ; Vienne, 1513, petit in-foi.
QUERHAMER (Gaspard), bourgmestre à
Halle, en Saxe, mort le 19 mars 1557, a composé
quelques-unes des mélodies du livre des canti-
ques publié par Michel Vœh, à Halle, en 1537.
QUERhXI (le P. Jules-César), moine ser-
vite du couvent de Foligno, dans la seconde moi-
tié ilu dix-septième siècle, a composé la mu-
sique d'un ouvrage intitulé : 5. Fili/ipo Beniz-
zio, oratorio per musica recitato in occasione
di celebrarsi in città di Castello il Capitolo
de' Padri délia provincia di Borna delV or-
dîne de' Servi di Maria Virgine. L'exécution
de cet oratorio a eu lieu à Castello, en 1092,
ainsi que le prouve le livret imprimé à Foligno
dans celte année, in-8°.
QUERLOA t (Anne-Gabriel MEUSMER DE),
Itlératcur, né à Nantes, en 1705, acheva ses
•tudes à Paris, et fut attaché pendant huit ans à
a Bibliothèque royale pour la conservation des
nanuscrits. Plus tard il devint rédacteur de la
iazette de France et des Petites Affiches de
>rovincc. Vers la fin de sa vieil fut bibliothécaire
lu fermier général Beaujon. Il mourut à Paris
le 22 avril 1780, à Page de soixante-dix-huit
ans. Parmi les nombreux écrits de Qucrlon, on
remarque une plaisanterie intitulée : Code ly-
rique, ou Règlement pour l'Opéra de Paris,
Utopie (Paris), 1743, in- 12 de 68 pages. Il est
aussi l'auteur d'un pamphlet publié sous ce titre :
Réponse au faction de la demoiselle Petit,
ci-devant actrice à l'Opéra, pour Mademoi-
selle Jacquet, accusée d'imposture et de ca-
lomnie (sans date et sans nom de lieu), 1 feuille
in-4". Enfin on attribue à De Qucrlon le Mé-
moire historique sur la chanson en général,
et en particulier sur la chanson française,
qu'on trouve en tète du premier volume de
V Anthologie française, publiée par Monnet
{voyez ce nom)
QUKSDENA (François), compositeur sici-
lien, vécut dans les dernières années du dix-sep-
tième siècle. H a écrit la musique d'un opéra in-
titulé Gelidaura, lequel fut représenté, en 1692,
au théâtre SS. Giovanni e Paolo de Venise.
QUICHER AT (Louis), ancien professeur de
rhétorique, agrégé de l'université de France, est
né à Paris, en 1799. En 1847, il a été nommé
conservateur des manuscrits de la bibliothèque
Sainte Geneviève de cette ville. Auteur d'un bon
traité delà versification latine, dont la quinzième
édition a paru en 1858 ; il a donné aussi un Traité
de la versification franc aise , ouvrage intéres-
sant pour les compositeurs de musique, parce
que M. Quicherat y a développé les principes de
Scoppa (voyez ce nom) concernant les fonctions
de l'accent dans la poésie française. On doit au
même littérateur un Traité élémentaire de
musique; Paris, Hachette, 1833,1 vol. in-!2de
114 liages, dont la dernière édition a paru chez
le même, sous le titre, Principes raisonnes de
i la musique, 1846. 1 vol.in-8 . Enfin, M. Qui-
cherat a publié plusieurs écrits relatifs à la mu-
sique dans la Revue de V Instruction publique.
Pour ses autres travaux étrangers à cet art, on
peut consulter les ouvrages généraux de bio-
graphie et de bibliographie.
QUIDAiXT (Joseph), connu sous les noms
ô" Alfred Quidant, bien qu'Alfred ne soit pas
son prénom, est fils d'un marchand d'instruments
de Lyon. Il est né dans cette ville , le 7 décem-
bre 18 15, et y a fait ses premières études de
musique et de piano. Arrivé à Paris à l'âge de
seize ans, il entra au Conservatoire le 1" avril
1832; mais il y resta peu de temps, parce qu'il
fut attaché à la maison du célèbre facteur de
pianos Erard, pour faire entendre les instruments
aux amateurs qui visitaient les magasins. Son
talent de pianiste s'étant perfectionné par de
persévérantes études, c'est le même artifte qui
a fait briller les produits de cette grande maison,
pendant trente ans environ, dans toutes les ex-
positions de l'industrie, soit nationales, soit
universelles. M. Quidant s'est fait connaître
comme compositeur par un certain nombre de
légères productions pour le piano, parmi les-
quelles on remarque : 1° La Fête au village,
grande valse; Paris, Lemoine. — 2° Fantaisie,
en forme de valse chromatique; Paris, Colom-
bier. — 3° Cantique, ou Fantaisie de Salon, op.
13,; ibid. — 4° Mazrppa, grande étude-galop,
op. 21; ibid. — 5 J Les Mystères du cœur,
pièces de genre, en cinq numéros, op. 24, 27,
3u, 32, 33; ibid. — 6° Grande étude-valse, op.
29, ibid. — 7° La Marche -de l'Univers, fantai-
sie, op. 34, ibid. — 8» L'Horloge à musique,
caprice, op. 35, ibid., etc.
QUIGNARD (....), maître de musique de
la cathédrale de Soissons, en 1752, a publié de-
QUIGNARD — QUINZANI
153
puis 1746 jusqu'en 1754 la canlate d'Andro-
mède, lescantatilles Le Flambeau de l'Amour,
Le Retour du Roi, L'Isle d*s Plaisirs, La
Paix, et Daphnis et Chloê. On a aussi de lui
trois livres d'airs à chanter, trois livres de so-
nates pour deux flûtes et un livre de sonates en
trios pour deux violons et basse. Les auteurs du
Dictionnaire des musiciens (Paris, 1810-1811),
disent que le premier livre des sonates pour deux
flûtes de Quignard a paru en 1756; c'est une
erreur, car, dom Caffiaux cite les trois livres
dans son Histoire delà musique, qu'il acheva en
1754. Quignard a écrit aussi des messes et des
motets pour le service de la cathédrale de Sois-
sons; mais ces compositions sont restées en ma-
nuscrit.
QUILICI (Maximilien), directeur delà mu-
sique particulière du duc de Lucques, est né dans
la ville de ce nom, au commencement du dix-
neuvième siècle. Le premier ouvrage qui a fait
connaître cet artiste est l'opéra Francesca di
Rimini, qui fut représenté au théâtre ducal de
Lucques en 1829. Ce même opéra, joué au théâ-
tre de la Pergola à Florence, le 15 septembre 1831,
n'eut pasdesnccès et n'obtint que trois représenta-
tions. Une messe, composée par le maître Quilici,
tut exécutée à l'église Saint -Ferdinand de Luc-
ques, en 1843, et fut considérée alors comme un
bon ouvrage. Le même artiste a écrit des chœurs
et des cantates pour le service de la cour. Quel-
ques morceaux de la partition de Francesca di
Rimini ont été gravés avec accompagnement de
piano, à Milan, chez Ricordi, ainsi que six ariet-
tes à voix seule avec piano de M. Quilici. Lorsque
le Lycée musical de Lucques a été organisé,
en 1841, le maître Quilici y a été chargé de l'en-
seignement du chant, de l'accompagnement, de la
théorie de la musique et de l'esthétique.
QUILLET (Charles), amateur de musique,
né a Passy, près de Paris, en 1797, est fils d'un
chef de bureau du ministère de la guerre. ]1 s'est
fait connaître par un petit ouvrage qui a pour
titre -. Méthode pour connaître dans quel ton
l'on est, et pour savoir ce qu'il faut à la clé
(sic) dans tous les tons, Paris, Henri Lemoine,
1829, in-4°. Cette méthode, purement empirique,
n'est pas propre à faire distinguer le ton par les
élèves, lorsque la pièce de musique module.
QUINAULT (Jean - Baptiste - Maurice ) ,
connu sous le nom de Quinault aîné, fils d'un
acteur delà Comédie française, qui obtint du duc
d'Orléans, régent du royaume, des lettres de
noblesse, débuta le 6 mai 1712 au Théâtre-Fran-
çais, dans le rôle d'Hippolyte de Phèdre, fut
reçu le 27 juin suivant, et partagea avec son
frère (Qiiinault-Dufresne) les premiers rôles dans
la comédie, depuis 1718 jusqu'en 1733. Retiré
dans cette dernière année à Gien, il y mourut
en 1744. Quinault était bon musicien, chantait
avec goût dans les divertissements de la Comé-
die française, et composait la musique de la plu-
part des intermèdes qu'on exécutait à ce théâ-
tre. En 1729, il fit représenter à l'Opéra Les
Amours des Déesses, ballet-opéra en quatre
actes, dont la musique eut du succès. Quinault
était homme d'esprit et brillait par ses bons
mots dans la Société des gens de lettres.
QUINAULT (Makie-Anne), sœur du pré^
cèdent, débuta à l'Opéra en 1709, dans le Belle-
rophon de Lulli, et n'y eut qu'un succès mé-
diocre. En 1713 elle quitta ce théâtre, et deux
ans après elle fut reçue à la Comédie française,
d'où elle se retira en 1722. Douée d'une rare
beauté et de beaucoup d'esprit, elle fut la maî-
tresse du duc d'Orléans, régent du royaume,
puis du vieux duc de ISevers, père du duc de
Nivernais, qui passa même plus tard pour l'avoir
épousée en secret. La protection de ces hauts
personnages lui avait fait obtenir une pension
sur la cassette du roi, et un logement au Lou-
vre, dans le pavillon de l'Infante, qu'elle con-
serva pendant plus de soixante ans, et dans le-
quel elle était visitée par la plus haute noblesse.
Elle y mourut en 1793, à l'âge de plus de cent
ans. Élève de son père pour la musique, elle
composait des motets qu'elle faisait exécuter à
Versailles, dans la chapelle du roi. Un de ces
motets fut trouvé fort beau et lui fit obtenir,
grâce à la bienveillance du duc d'Orléans, le
grand cordon de l'ordre de Saint-Michel ; dis-
tinction qui n'avait jamais été accordée à une
femme, et qu'aucune autre n'a eue après made-
moiselle Quinault.
QUINTANELLA (Hyacinthe), mansion-
naire de la collégiale de Saint- Pétrone, à Bolo-
gne, et maître de chapelle de l'église Saint-
Étienne de la même ville, vécut dans la seconde
moitié du dix-septième siècle. Il fut académicien
philharmonique. On a imprimé de sa composi-
tion un ouvrage intitulé : Il primo libro de
Motetti a voce sola, op. 1, Bologne, Giac.
Monti, 1672, in-4°.
QUI1XZA1XI (Lucrezio), moine de Cîteaux
au monastère de la Cava, naquit à Crémone,
vers le milieu du seizième siècle. Il fut consi-
déré comme un des meilleurs musiciens de son
temps. On connaît de lui un ouvrage qui a pour
titre : lntroitus Missarum quatuor vocum,
Francfort-sur-le-Mein, 1585, in-4°. Celte édi-
tion est faite d'après une autre qui avait été
publiée en Italie (voy. Arisi, Cremona litteruta,
t. II, p. 455).
154
QUINTILLIEN — QU1TSCHREIBER
QULMTILLIEN (Aristide). Voyez ARIS-
TIDE QUINTILLIEN.
QU1RSFELD (Jean), né à Dresde, le 22
juillet 1642, lit ses études à Wittenberg, et y
obtint le grade de maître en philosophie. Après
qu'il eut quitté cette université, il fut nommé
cantor àPirna, puis diacre, et enfin archidiacre
dans cette ville, où il mourut le 18 juin 1686.
On lui doit un traité élémentaire de musique,
à l'usage des écoles, sous ce titre : Breviarium
musicum oder kurzer Begriff, me ein Knabe
leicht und bald zur Singe-Kunst, etc., erler-
nen kan (Abrégé de musique, ou court précis
dans lequel un garçon peut apprendre facilement
et en peu de temps l'art du chant); Pirna, 1675,
in-8° quatre feuilles et demie. Une 2 e édition,
augmentée d'exercices et de canons à deux voix,
dans les douze modes, a été publiée à Dresde,
chez Martin Gabriel Hubner, en 1683, 112 pages
in-8°, avec une préface de cet éditeur. La troi-
sième édition a été publiée chez le même en
1688, la quatrième en 1702, et la dernière en
1717, toutes in-8° de huit feuilles et demie.
Quirsfeld a aussi publié un livre choral inti-
tulé : Geistlicher Harfenklang auf zehn Sai-
ten, etc , in einem vollsisendigen Gezangbu-
chc, darinnenûbcr 1000 Lieder zu finden, etc.
(Son de la harpe spirituelle de dix cordes, con-
sistant en un livre choral complet, où se trou-
vent plus de mille chants, etc.) ; Leipsick, 1679,
in-8°. Corneille de Benjjhem cite aussi du
même auteur ( Bibliath. Mathcm., p. 108) un
livre intitulé : Aurifadina mathematica de
sono; Leipsick, 1675, in-8°.
QU1TSCHREIBER( Georges), né à Cra-
nichfeld, en Saxe, le 30 décembre 1569, fut
nommé, en 1594, par le comte deScbwarzbourg,
cantor et maître d'école à Rudolstadt. En 1598,
il obtint la place de cantor à Jéna;en 1614, il
eut la place de ministre à Heinichen, et en 1629,
il réunit en la même qualité les paroisses de
Magdala, Ottstedt et Mœina. Il mourut en ce
dernier endroit en 1638. On a de lui un livre
élémentaire concernant l'art du chant, intitulé
De canendi clegantia prxcepta ; Jéna, 1598,
in-4°. Il a aussi publié un traité qui parait être
destiné au même objet, et qui a pour titre :
Kurz Musikbuchlein , in teutschen und la-
teinischen Schulen fur die Jugend zu ge-
brauchen, mit Bericht voie man Gesunge
anstimmen solle (Petit livre de musique à
l'usage de la jeunesse dans les écoles allemandes
et latines, etc.), Leipsick, 1605, in-8°; Leipsick,
1605, et Jéna, 1607, in-8° de six feuilles. Comme
compositeur, Quitschreiber s'est fait connaître
par le recueil des psaumes à qualre voix imprimé
à Jéna, 1608, in-4°, par des chants religieux à
quatre voix, ibid., 1611, in-4°, et par le 4 me
psaume à six voix, ibid., 1622, in-4°.
li
R AAB (Léopold-Frédéric), né en 1721, à
Glogau, en Silésie, fit pendant plusieurs années
ses études an collège des jésuites de Breslau, et
y apprit aussi les éléments de la musique. Rau,
violoniste de cette ville, lui donna des leçons de
violon, puis Raab se rendit à Berlin où il devint
élève de François Benda. Le style de cet artiste
lui devint si familier, qu'on avait peine à distin-
guer ses compositions de celles de son maître. Il
fut successivement attaché à la musique du mar-
grave Charles et du prince Ferdinand, de la fa-
mille royale de Prusse. Il vivait encore à Berlin
en 1784. Ses concertos pour le violon sont restés
en manuscrit.
RAAB (Ernest-Henri-Otto), fils du précé-
dent, naquit à Berlin en 1750. Il fit ses études
musicales sous la direction de son père, et devint
un des violonistes allemands les plus distingués
de son temps. Admis en 1770 dans la musique
particulière du prince Ferdinand de Prusse, il
obtint, en 1784, un congé pour voyager en Al-
lemagne; puis il se rendit à Pétersbourg, où il
obtint une place de musicien de la cour. Il vivait
encore à Pétersbourg en 1801.
RABASSA (D. Pedro), compositeur espa-
gnol et licencié es arts, fut nommé maître de
chapelle de l'église métropolitaine de Valence en
1713, qu'il ne quitta que pour une position sem-
blable, à la cathédrale de Séville, en 1724. Il
mourut en 1760, à un âge très-avancé. Les œu-
vres musicales de cet artiste, particulièrement
pour la musique d'église, à 4, à 8 et à 12 voix,
sont en très-grand nombre. Il en existe une
partie à Valence, et une plus grande quantité à
Séville. M. Eslava (voyez ce nom) a inséré une
des compositions de Rabassa dans la seconde
série de sa collection intitulée Lira sacro.-his-
pana. Ce maître a laissé en manuscrit un grand
traité de contrepoint et de composition, en un
volume in folio de 516 pages, intitulé Guia
para los que quieran aprender composition
( Guide pour ceux qui veulent apprendre la
composition).
RACAIVI (Jean-Baptiste), maître de chapeile
de l'église Sainte-Marie Majeure, à Bergame,
dans la seconde moitié du seizième siècle, est
connu par les ouvrages suivants : 1° Ilprimo li-
bro de' Madrigali a cinque voci; Venise, 1581,
in-4°. — 2° Misse a quattro e cinque voci; Ve-
nise, 1588, in-4°.
RACHELLE (Pierre), premier violoncelle
de la cour ducale de Parme, s'est fait connaître
par un traité abrégé du violoncelle intitulé :
Brève metodo di violoncello compilato da t etc.;
Milan, Ricordi, in-fol de 37 pages gravées.
RACKNITZ (Joseph-Frédéric, baron DE),
maréchal de la maison du prince électeur de
Saxe, et chevalier de Malte, naquit à Dresde, le
3 novembre 1744. D'heureuses dispositions pour
la musique lui firent cultiver cet art avec succès
dès ses premières années. A l'âge de dix-sept
ans, il entra au service militaire ; mais il prit sa
retraite en 1769, futnommé chambellan en 1774,
et maréchal du palais en 1790. En 1802 l'opéra
de la cour et la chapelle du prince furent placés
sous sa direction. Cet amateur a publié de sa
composition : I e Trois sonates pour le clavecin;
Dresde, Hilscher, 1790 — 2° Douze chansons alle-
mandes et françaises , avec accompagnement de
piano; ibid., 1791. — 3° Douze entr'actes arrangés
pour le piano, ibid., 1795. Le baron de Racknitz
a laissé en manuscrit beaucoup d'autres compo-
sitions. Il est mort à Dresde, le 10 avril 1818.
RACKWITZ (....), facteur d'orgues sué.
150
RACKW1ÏZ — IIADLNO
dois, vivait à Stockholm en 1798. Ce fut lui qui
construisit pour l'abbé Vogler, et sur ses plans,
l'orchestrion et le piano que cet abbé appelait
organochordon.
RADECKE (Robert), né Ie31 octobre 1830,
à Dittmannsdorf, près de Waldenburg (Silésie),
apprit sous la direction de son père, organiste
et cantor dans ce lieu, les éléments du violon,
du piano et de l'orgue. Il était encore enfant
lorsqu'il joua du pianoavec succès dans quelques
concerts donnés dans les petites villes des envi-
rons. Pendant les années 1845 à 1848, il fréquenta
les classes du gymnase (collège) de Breslau. Dans
le même temps il reçut des leçons de piano et
d'orgue d'Ernest Koliler, et continua l'étude du
violon chez Lùstner, ainsi que celle de la com-
position sous la direction de Brosig. Entré au
conservatoire de Leipsick en 1S48, il y passa
deux années et y perfectionna son talent sur les
trois instruments qu'il avait étudiés depuis son
enfance. Lorsqu'il en sortit, il se livra à l'ensei-
gnement et fut directeur de l'académie de chant
jusqu'en 1853 : il obtint alors la place de chef
des chœurs du théâtre; mais il ne la conserva
pas longtemps, car dans la même année il fut
appelé pour le service militaire dans l'armée
prussienne. Arrivé à Berlin, il y fonda des soirées
de musique de chambre, après qu'il eut obtenu
son congé, et dans l'hiver de 1858-1859, il y
établit de grands concerts de musique d'orchestre
et de chœur, à l'imitation de ceux du Gewand-
haus de Leipsick. Comme compositeur, Radecke
a publié environ dix recueils de Lieder à voix
seule avec piano, plusieurs suites de chants pour
deux et trois voix de femmes, des pièces pour
le piano à deux et à quatre mains, des duos pour
piano et violon et pour piano et violoncelle ;
enfin, on connaît de lui une ouverture à grand
orchestre pour le drame de Shakespeare, Le Roi
Jean. Il a fait chanter à la Peter-Kirche de
Berlin, en 1856, le premier psaume pour un
chœur de voix de femmes; la cantate religieuse
intitulée Uer liebe Huldigung , pour voix seule
et chœur de femmes, exécutée le mai 1858;
le 13 e psaume, pour voix seule, chœur de
voix de femmes et orgue, exécuté le 4 juin
1859.
RADECKE (Rodolphe), frère du précé-
dent , né à Dittmannsdorf vit à Berlin, où il se
livre à l'enseignement. [I a publié des Lieder à
voix seule avec piano, des chants a 4 voix, et
quelques pièces pour le piano.
RADEKER (Henri), organiste et carillon-
neur de la grande église de Harlem, vers le
milieu du dix-huitième siècle, a fait graver de sa
composition : 1° Caprice pour le clavecin, Ams-
terdam, 1740. — 2° Concerto pour le clavecin,
ibid. — 3° Deux sonates idem, ibid.
RADEKER (Jean), (ils du précédent, naquit
à Harlem vers 1730. Élève de son père, il fut
d'abord organiste au village de Beverwyck, près
de Harlem, puis il succéda à Henri Radeker dans
ses places d'organiste et de carillonneur. Il a
publié en 1762, à Amsterdam, trois sonates pour
clavecin et violon ; mais il est connu principale-
ment par sa description historique du grand
orgue de Harlem, intitulée : Korte Beschryving
van het beroemde en prachtige. Orgel, in de
groole of Saint-Bavoos- Kerck te Haerlem;
Harlem, Enschede, 1775,32 pages in-8°.
RADICATI (Félix-Alexandre), professeur
de violon au lycée musical de Bologne, et di-
recteur de l'orchestre du théâtre de cette ville,
naquit à Turin, en 1778. Son père, Maurice de*
Radicati , appartenait à une famille noble , mais
peu favorisée de la fortune. Félix était encore
fort jeune lorsqu'il reçut des leçons de violon
de Pugnani (voyez ce nom). En 1816, Radicati
fit un voyage dans la Lombardie; deux ans
après, il était à Vienne. Il a fait représenter à
Bologne un opéra intitulé ■. Ricciardo Cuor di
Ir.one. Radicati avait épousé la cantatrice Thé-
rèse Bertinotti. Il est mort le 14 avril 1823,
par suite des blessures qu'il reçut dans la
chute d'une voiture où il se trouvait, et dont les
chevaux s'emportèrent. On a gravé de la com-
position de cet artiste : 1° Quintettes pour 2 vio-
lons, 2 altos et violoncelle, op. 17 ; Mayence,
Schott. — 2° Idem, op. 21 ; Vienne, Cappi. —
3" Quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 8,
11, 14 ; Vienne, Artaria; op. 15, Vienne, Weigl;
op. 16, Vienne, Artaria. — 4° Trios pour vio-
lon, alto et violoncelle, op. 7, 13; Vienne,
Weigl; op. 20; Milan, Ricordi. — 5° Duos pour
2 violons, op. 1,2, 3; Vienne, Cappi; op. 9, 10,
12, 19; Vienne, Artaria. — 6° Thèmes variés
pour violon et orchestre ou quatuor, op. 18, 22;
Milan, Ricordi. — 7° Ariettes italiennes, avec
ace. de piano, op. 3; Vienne, Weigl.
RADICCI1I (Joseph), compositeur drama-
tique, né à Rome vers le milieu du dix-huitième
siècle, a écrit à Venise, en 1778, l'opéra intitulé
Il Medonte.
RADINO (Jean-Marie), organiste de l'église
San-Qio-vanni in Vcrdara, à Padoue, dans la
seconde moitié du seizième siècle, est connu par
un livre de pièces pour le luth ou le clavecin,
lequel a pour titre : Il primo libro d'intavola-
tara di ballï d'arpicordo. In Vcnetia, oppressa
Giacomo Vincenti, 1592, petit in-4° obi. Rien
que le titre indique que les pièces contenuefl
dans le recueil sont en tablature, la notation esî
RADINO — RAFF
15)
ordinaire sur une portée de 5 lignes pour la
main droite, et la partie de la main gauche, qui
Tait l'harmonie, est notée sur une portée de 8
lignes.
RADOWITZ (Joseph-Marie), lieutenant
général au service de Prusse, et membre de l'A-
cadémie royale des sciences de Berlin, naquit
à Blanckenbourg, le 6 février 1797, et mourut à
Berlin le 25 décembre 1853. Le cinquième vo-
lume de ses œuvres complètes, imprimées à
Berlin chezReimer, renferme plusieurs morceaux
qui concernent la musique, particulièrement la
musique d'église, Jean-Jacques Rousseau comme
musicien, J.-S. Bach, les impressions produites
par la musique, la critique musicale, et l'opéra.
RADZIW1LL (le prince Antoine-Henri),
d'une illustre famille polonaise, est né dans le
duché de Posen, le 13 jaillet 1775. En 1815, le
roi de Prusse l'a nommé gouverneur du grand
duché de Posen. Amateur passionné de musique
et violoncelliste distingué, ce prince a publié des
romances françaises, avec accompagnement de
piano, des polonaises et plusieurs chants alle-
mands. En 1796, il épousa la princesse Louise-
Frédérique de Prusse, et le majorât de Nieswicz
et d'Olyka lui échut en partage, Ce prince mou-
rut à Berlin dans la nuit du 8 au 9 avril 1833.
Son œuvre la plus considérable est la musique
qu'il a composée sur le Faust de Gœthe, dont la
partition a été publiée en 1835, à Berlin, chez
Trautwein, par les soins de Rungenhagen, di-
recteur de l'Académie royale de chant de cette
ville, sous ce titre : Partiiur Aufgabe von
Fursten Antomj Radziwill compositionen, zu
den dramatischen Gedichten Faust, von Gœ-
the. La même partition, arrangée pour piano
seul, par J. P. Schmidt, a paru chez le même
éditeur, et il en fut fait une traduction en polonais,
qui a été publiée en 1844, à Wilna, chez Zu-
wadzki. Cet ouvrage remarquable a été repré-
senté avec succès à Dantzick, Cobourg, Hanovre,
Kœnigsberg, Leipsick, Potsdam , Prague et
Weimar. L'Académie royale de chant de Berlin
l'a exécuté souvent le jour anniversaire de la
mort du prince Radziwill.
H A EUT (Pierkin DE), musicien flamand
qui vécut au commencement du seizième siècle,
n'est connu que par une messe à 4 voix, intitulée
Quam dicunt homines, qui se trouve dans un
manuscrit de la bibliothèque de Cambrai,
n° 124), dont M. de Coussemaker a donné une
description complète dans sa Notice sur les
collections musicales de la bibliothèque de
Cambrai (pages 65-91). Le même savant a pu-
blié, à la fin de ce volume, le Sancius en par-
tition de la messe de Pierkin de Raedt (n° 9) ;
mais au lieu de la clef d'ut sur la deuxième ligne
qui se trouve à la partie de ténor, il faut
substituer la même clef sur la quatrième ligne,
sans laquelle le morceau n'aurait pas de sens
harmonique. La clef d'-ui sur la deuxième, ligne
n'est bien placée qu'à la partie du contratenor.
R/EUSCH (Charles), organiste distingué
à l'église principale de Rostock, est né àWismar,
vers 1810. Il s'est fait connaître d'une manière
avantageuse parles ouvrages suivants : 3 Pré-
ludes pour l'orgue, op. 1 ; Hambourg.Cranz; 2 pré-
bides pour un clavier et pédale d'orgue, op. 2 ,
ibid. ; Pièces faciles pour l'orgue, op. 4; Leipsick,
Hofmeister.
RAFAËL (Charles-Frédéric), né en Bo-
hême, fut conduit dans son enfance en Silésie,
et reçut son éducation musicale à Breslau. Eii
1816, il entra dans une troupe de comédiens am-
bulants, puis fut attaché au théâtre de Breslau.
En 1828, il quitta la scène pour se livrer à l'en-
seignement du chant, et depuis lors il a vécu
dans la capitale de la Silésie, en qualité de pro-
fesseur de cet art. Il y vivait encore en 1 840. Cet
artiste s'est fait connaître comme compositeur par
les ouvrages suivants: 1° Pater noster( en alle-
mand), à 4 voix, sans accompagnement; Bres-
lau, Leuckart. — 2° Wenn's weiter nichts ist,
chant allemand à qualre voix; Breslau, Fœrster.
— 3° Quolibet de Kudras à voix seule, avec ac
compagnement de piano; Breslau, Leuckart. —
4° Les quatre saisons, chants à 4 voix d'hom-
mes; Breslau, Fœrster.
RAFF (Antoine), né en 1714 à Gelsdorf,
dans le duché de Juliers, est considéré comme le
chanteur le plus habile qu'ait produit l'Allemagne
au dix-huitième siècle. Destiné à l'état ecclé-
siastique, il fit ses études chez les jésuites , à
Cologne. Déjà il était parvenu à l'âge de vingt
ans et il ne savait pas une noie de musique.
Des motifs inconnus ne lui ayant pas permis
d'entrer dans les ordres, il fut obligé d'accepter
une place de précepteur dans le lieu de sa nais-
sance. C'est alors que la beauté de sa voix de
ténor lui suggéra le désir d'apprendre à lire la
musique ; mais privé du secours d'un maître, ce
ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il apprit seul
à déchiffrer des airs faciles. L'électeurde Cologne,
ayant entendu parler de la belle voix de l'insti-
tuteur de Gelsdorf, le fit venir à sa cour, et lui
fit chanter dans un oratorio des solos qu'un mu-
sicien de la cour lui avait appris. L'électeur de
Bavière l'ayant entendu, dans une visite qu'il
fit à Cologne en 1736, éprouva tant de plaisir à
l'audition de cette belle voix, qu'il engagea Raff
à son service et l'emmena à Munich. Le compo-
sileur Ferandini (voyez ce, nom), alors maîtie
158
RAFF
de chapelle de la cour de Bavière, fut chargé de
diriger l'éducation musicale du chanteur impro-
visé, et lui lit faire de rapides progrès; mais
bientôt lui-même comprit la nécessité de coulier
son élève aux soins d'un grand professeur de
chant, et, d'après ses conseils, Raff futenvoyé à
Bologne, dans l'excellente école de Bernacchi,
dont il devint un des élèves les plus distingués.
Après avoir reçu, pendant environ trois ans , les
leçons de ce maître célèbre, il débuta à Florence
avec succès; parut ensuite sur plusieurs théâ-
tres, et retourna à Munich en 1742. Il y chanta
dans les fêtes qui eurent lieu pour le mariage de
l'électeur Charles- Théodore, puis il se fit entendre
au couronnement de l'empereur à Francfort, et
enfin il chanta en 1749 à Vienne, dans la Didone
de Jomelli. Acleur médiocre, il rachetait par la
perfection du chant les défauts de son jeu. Dans
la même année, il retourna en Italie où son ta-
lent fut accueilli avec enthousiasme, particuliè-
rement à Naples. On rapporte comme une preuve
des émotions que Raff pouvait faire naître par
son chant l'anecdote suivante : La princesse
Belmonte-Pignatelli, après la mort de son mari,
était en proie à une douleur sombre et muette
(pii faisait craindre pour sa vie: un mois s'était
écoulé sans qu'elle proférât un mot ou versât une
larme. Chaque soir on la portait dans ses jar-
dins, les plus beaux de toutes les vidas qui en-
vironnent Naples; mais ni le [tins beau site, ni
le charme des soirées de cet heureux climat ne
produisaient on elle les émotions d'attendrisse-
ment qui seules pouvaient lui sauver la vie. Le
hasard conduisit Raff dans ces jardins au mo-
ment où la princesse y était couchée sur un lit
de repos ; on le pria d'essayer l'effet de sa belle
voix et de son talent sur les organes de la ma-
lade; il y consentit, s'approcha du bosquet où
reposait M me de Belmonte, et chanta la canzo-
nette deRolli :
Snlitario bosco ombroso;
tir.
La voix touchante de l'artiste, l'expression de
son chant, la mélodie simple et douce dfl la mu •
sique et le sens des paroles adapté aux circons
tances, aux lieux, à la personne, produisirent
une impression si puissante, un effet si salutaire,
que. la princesse versa des larmes qui ne s'ar-
rêtèrent point pendant plusieurs jours et qui la
sauvèrent d'une mort inévitable.
En 17.V> Raff se rendit a Lisbonne et y «liant.»
pendant trois ans. Appelé ensuite à Madrid, il y
débuta en I7.">;> avec un succès qui alla jusqu'à
l'enthousiasme. La mort du roi, arrivée quatre
ans après, ayant obligé laiinelli à s'éloigner de
l'Espagne et à retourner en Italie, Raff, devenu
son ami et son protégé, le suivit, et se lit en-
tendre [sur les principaux théâtres. A Rome, il
produisit une impression si vive, que le pape le
décora de l'ordre de l'Éperon d'or. En 1770, il
s'aperçut des atteintes portées par le temps à la
souplesse et au timbre de son organe vocal, et
prit la résolution de quitter la scène. De retour
à Manheim dans la même année, il y chanta, à
la demande de l'électeur palatin, dans l'opéra
intitulé Giinther von Schwarzbourg. En 1770
il fit un voyage à Paris, puis retourna à Man-
heim, et suivit la cour palatine à Munich,
en 1779. Alors il ouvrit, dans sa maison, une
école de chant; mais la sévérité des études ou
il voulait astreindre ses élèves les lui lit |>erdre
bientôt, dans un pays où l'art du chant véritable
n'était pas estimé à sa juste valeur. Alors le cé-
lèbre chanteur cessa de s'occu|>er de musique,
vendit le piano qui servait à l'accompagner,
donna la collection de ses airs à un ami, et se
livra aux exercices de dévotion, La lecture de
livres pieux et de médecine, interrompue seu-
lement par celle des poésies de Métastase et des
ouvrages de Cervantes , occupait ses loisirs. Il
mourut à Munich le 28 mai 1797, à l'âge de
quatre-vingt-trois ans.
RAFF (JoAcmM), pianiste, violoniste, et
compositeur, est né le -27 mai 1822 à Lacben, sur
le lac de Zurich (Suisse). La littérature et les
sciences occupèrent d'abord sa jeunesse, quoi-
qu'il eût étudié d'une manière sérieuse la musique
et le piano ; mais en 1843, il s'épril d'une passion
véritable pour cet art et publia en |>eu de temps
un certain nombre d'ouvrages pour le piano
dans les formes habituelles de cette époque, telles
que pièces caractéristiques, fantaisies brillantes,
caprices, rondos, romances sans paroles et autres
du même genre. Depuis 1850 il a résidé plus ou
moins longtemps dans quelques localités des
provinces rhénanes, s'y livrant en partie à l'en-
seignement du piano , à la composition et à la
critique musicale dans les journaux ; puis il se
rendit à Weiniar près île Lis/.t et écrivit, pour le
théâtre de cette ville, l'opéra intitulé Le Roi Al-
fred, qui y fut représenté sans succès. Devenu
aident admirateur des œuvres de R'chard Wa-
gner, il a écrit pour la glorification de ce nova-
teur un livre intitulé Die Woijnerfrage (la
question de Wagner). On connaît aussi, de la
composition de liait', une fantaisie pour violon
avec orchestre, des duos pour piano el violon-
celle et pour piano et violon , des Lieder et des
chants pour des voix d'hommes. Au moment où
cette notice est écrite ( 18(12), cet artiste littéra-
teur e^t établi à Wiesbaden.
RAFFAEL ( Icnace-Wenceslas ). Voyez
RAPHAËL.
RAFFANELLI (Louis), excellent bouffe
italien, né en 1752, dans un village de la pro-
vince de Lecce, au royaume de Naples, apprit
la musique chez un musicien attaché à la cathé-
drale de Lecce , et entra au théâtre à l'âge de
vingt-deux ans. Une voix de basse médiocre,
mais un talent naturel pour l'expression comi-
que le rendaient propre à l'emploi des rôles
bouffes , dans lesquels l'étude lui fit faire de
si grands progrès, qu'il put être plus tard con-
sidéré comme un modèle parfait en son genre.
Après avoir fait les délices des Napolitains au
petit théâtre des Fiorentini, pendant plusieurs
années, il se décida à paraître sur de plus grandes
scènes et fut engagé à Rome en 1779. Il joua en-
suite à Parme, à Padoue , à Venise, et enfin à
Milan, dans l'été et dans l'automne de 1784. Au
printemps de cette même année, il avait épousé
la cantatrice Julie Moroni, qui joua avec, lui sur
plusieurs grands théâtres. En 1789 Raffanelli fut
engagé par Viotti pour la fameuse troupe italienne
du théâtre de Monsieur, à Paris. On lui donna
dans cette ville le nom de Préville italien, à
cause de l'excellence de son jeu. Les événe-
ments du 10 août 1792 dispersèrent les acteurs
de cette troupe, et Raffanelli se rendit à
Vienne en 1793. L'année suivante il alla en Italie,
chanta à Trieste, à Padoue, à Turin, puis s'em-
barqua à Gênes pour l'Angleterre. Le premier
consul Bonaparte ayant fait organiser de nouveau
un Opéra italien à Paris, en 1802, Raffanelli fut
rappelé et s'y fit encore admirer. Dans l'automne
de 1804, il joua à Milan, et dix ans après on le
revit dans la même ville au petit théâtre Re;
mais, parvenu alors à l'âge de soixante-deux ans,
il n'était plus que l'ombre de lui-même. Peu de
temps après il a quitté la scène. On ignore où il
s'est retiré.
RAFFY, ou RAFY, facteur d'instruments
à vent, né à Lyon, vécut dans la première moitié
du XVIe siècle, sous le règne de François I er . Cet
artiste est connu par quelques vers de Clément
Marotet de Baïf : on y voit que ses instruments,
excellents pour son temps, étaient fort recher-
chés des amateurs.
Voici ce qu'en dit Marol , dans sa quatrième
complainte :
Pe moi auras un double chalumeau,
Fait de la main de Raffy I.yonnois;
Lequel à peine al eu pour un ci." reau,
Du bon pasteur Michau, que tu cognais.
Jamais encor n'en sonnay qu'une fois,
Et si le garde aussi cher que la vie.
RAFFAEL — RAGUENET 159
Baïf en parle ainsi dans Les Jeux, églogue du
Devis :
Apres tous ces propos, j'apporte une musette
Que Bafy, Lyonnois, à Marot avoit faite.
On ne connaît plus aujourd'hui d'instruments
fabriqués par Raffy.
RAGUÉ (Lodis-Cii arles), amateur distin-
gué, vécut à Paris depuis 1775 jusqu'aux événe-
ments de la révolution française, en 1792, puis
se retira à la campagne , dans les environs de
Moulins. En 1784 il fit représenter à ,1a Comédie
italienne Metnnon, opéra en trois actes, dont il
avait composé la musique et qui n'eut point de
succès. Deux ans après il donna au même théâtre
l'Amour filial, en deux actes, qui fut mieux
accueilli. Ragué avait du talent sur la barpe et
a publié de sa composition : 1° Sonates pour la
harpe, œuvres 2S 4e, 5e , 15e et 16«; ces deux
derniers extraits des œuvres de Pleyel ; Paris,
Cousineau. — - 2°Sonates pour harpe et violon,
op. 12 et 13, ibid. — 3° Duos pour deux harpes,
op. 1, 7, 8, 18, ibid. —4° Trios pour harpe,
violon et violoncelle, op. 9. ibid. — 5° Quatuors
pour harpe, violon, alto et basse, op. 19, ibid.
_ 6° Airs variés pour harpe seule, op. 3, ibid. —
7° Concerto pour barpe et orchestre, op. 6, Pa-
ris, Leduc. — 8° Trois symphonies pour orchestre,
op. 10, ibid. On n'a aucun renseignement sur
l'époque de la mort de Ragué.
R AGUENE AU-DE- LA - CHAIN AYE
(Armand-Henri), né à Paris, le 16 janvier 1777,
a publié divers ouvrages de facéties, des pièces
de théâtre , et un recueil intitulé ; Annuaire
dramatique, contenant l'indication du person-
nel des théâtres, les noms des directeurs, acteurs,
chanteurs, musiciens d'orchestre, etc., le réper-
toire des tragédies, comédies, opéras et ballets,
et des notices nécrologiques sur les auteurs,
chanteurs etc. ; Paris, 1804-1822, 17 vol. in 32.
Audiffrel a pris part à la rédaction de cet an-
nuaire, qui a paru sous le voile de l'anonyme. Le
dernier volume contient les années 1821 et 1822.
Ragueneau-de-la-Chainaye a été coopérateur de
l'Histoire critique des théâtres de Paris pen-
dant l'année 1821, avec Châlons-d'Argé.
RAGUENET (L'abbé François), littéra-
teur, naquit à Rouen vers 1660. Après avoir fait
ses études avec distinction, il embrassa l'état ec-
clésiastique et devint précepteur des neveux du
cardinalde Bouillon. En 1698, il accompagna ce
cardinal à Rome, et s'y livra à l'élude des mo-
numents d'art qui s'y trouvent. La musique ita-
lienne y devint aussi pour lui l'objet d'une ad-
miration enthousiaste. De retour en France, il
160
RAGUENET — RAICK
entreprit la comparaison de cette musique avec
celle de Lulli et des musiciens de son école, et
exalta le mérite de la première dans un livre inti-
tulé : Parallèle des Italiens et des Français,
en ce qui regarde la musique et les opéras (1),
Paris, 1702, in-12 ; Amsterdam , 1704, in-12 de
124 pages. Cet ouvrage a été traduit en anglais,
sons ce titre : A comparison between flie
Frenck and Italian music and opéras, Lon-
dres, 1709, in-8°. L'écrit de Raguenet souleva
l'indignation des partisans de la musique fran-
çaise, dont Lecerf-de-la-Vieville-de-Fresneuse
(voy. Leck.rf-de-la-Vieville) prit la défense
avec chaleur. Raguenet répondit à celui-ci par la
Défense du Parallèle des Italiens et des
Français, en ce qui regarde la musique et
les opéras, Paris, 1705, in-12 de 174 pages. Le
Journal des Savants entra dans la discussion,
à propos de ce dernier écrit , et se rangea
parmi les adversaires de Raguenet (ann. 1705,
p. 1194 etsuiv.). On trouve la liste des ouvrages
de .l'abbé Raguenet, lesquels n'ont pas de rap-
port' avec la musique, dans la France littéraire
de Quérard ( t. VU, p. 438 439) et dans les
recueils généraux de Biographies. On croit que
cet abbé mourut en 1722, dans une retraite
qu'il s'était choisie loin de Paris ; mais on rap-
porte diversement les circonstances de sa mort.
Trublet l'attribue à un suicide : « L'abbé Rague-
« net (dit-il) eut aussi son coin de folie, puis-
« qu'il finit par se couper la gorge avec un rasoir.»
(Mémoires pour servir à V histoire de la vie
et des ouvrages de M. de Fontenelle; Paris,
1700, in-12, p. 167).
RAGlISA (Vincent), moine franciscain,
naquit en Sicile le 7 février 1630, lit ses vœux
dans le couvent de Modica, et y passa toute sa
vie. Il y mourut le 24 mai 1703, laissant un
grand nombre de compositions pour l'église, qui
ont été conservées longtemps dans la bibliothèque
de son couvent.
Il A 11 LÈS (Ferdinand), né à Durcn, petite
ville de la Prusse rhénane, vers 1812. En 1839,
il y était directeur d'une société chorale, pour
laquelle il a écrit un grand nombre de chants à
4 voix. Il a publié aussi plusieurs recueils de
Lieder à voix seule avec accompagnement de
piano. En 1844, M. Rahles a fait à Cologne des
lectures publiques sur la musique, et dans Tannée
suivante il ouvrit un nouveau cours de ces lec-
tures à Coblence.
(1) Ce titre est rapporté d'une manière Ineiaclc dans le
Dtctionnuire historique det musiciens, par CboroD et
l'ayolle, et dans la liiouraphie universelle des Iréres Mi-
eband-
RAI ( Pietro) ; voy. RAJ.
RAICK (Dieudonné) (1), prêtre, organiste
et compositeur, naquit à Liège, dans les pre-
mières années du dix-huitième siècle. On voit
par les registres de la cathédrale d'Anvers qu'il
y entra comme enfant de chœur vers l'âge de
huit ans. Ce fut dans cette église qu'il fit son édu
cation musicale. Ce fut aussi à Anvers qu'il fi
ses humanités et ses premières études de théo
logie. La place d'organiste de la cathédrale et di
la confrérie du Saint-Sacrement étant devenm
vacante au mois de juillet 1721, par la mort d*
La Fosse, qui en était titulaire, Raick l'obtin
au concours dans le mois suivant. Il s'y fit re-
marquer par la distinction de son talent. H fut or-
donné prêtre par Pévéque d'Anvers, le 6 avril 1726.
Des difficultés qui survinrent dans cette année eu-
tre lui et la confrérie du Saint-Sacrement, ainsi que
d'autres discussions qu'il paraît avoir eues avec
les chanoines de la cathédrale, le décidèrent à
donner sa démission et à se rendre à Louvain,
où il fut nommé organiste de la collégiale de
Saint-Pierre en 1727. Pendant qu'il en remplis-
sait les fonctions, il continua à l'université ses
éludes de théologie et de jurisprudence, et fut
reçu licencié en droit civil et en droit canon.
Après avoir occupé la place d'organiste de Saint-
Pierre jusqu'en 1741 , il accepta celle d'orga-
niste de la catliédrale de Saint-Bavon, à Gand.
11 est vraisemblable que la brillante réputa-
tion que lui avait laite son talent dans cette
ville ainsi qu'à Louvain, avait donné des re-
grets aux chanoines de l'église Notre-Dame
d'Anvers, car après la mort de Chrétien de
Trazegnies, organiste de celte cathédrale, ils
conçurent le projet de le faire revenir, pour oc-
cuper la place où le souvenir de son talent ne
s'était pas effacé, quoique trente ans se fussent
écoulés depuis son départ. Des négociations eu-
rent lieu à ce sujet entre l'évêquc d'Anvers et
celui de Gand, et Raick rentra dans ses anciennes
fonctions le 25 décembre 1757, avec le titre de
chanoine de la deuxième fondation , ou de vi-
caire du chœur de musique. Il mourut dans celte
position le 29 ou 30 novembre 1764. On connaît
de sa composition : 1° Hix suites de clavecin,
dédiées a M lle la comtesse Rose , née comtesse
d'Harrach, composées par Dieudonné Raick,
prêtre, licencié es droit , organiste de l'é-
(1) J'entrais les faits de celte notice des annexes de la
notice publiée pir M. Xavier Van Klewyck. sons ce titrr :
Matthias f'anden r.ltet/n, le plus grand orijaniste et ra-
rillonneur belge du dix-huitième svcle ( l'aris, Bruxelles
et l.ouvain, 146!). Une partie de ces faits a été fourme a
M. Van Klewyck par le chevalier Léon de Bnrbure, avec
beaucoup de circonstances que J'ai cru devoir supprimer.
RAICK — RAIMOM)!
ICI
glise collégiale de Saint-Pierre, à Lointain.
Œuvre premier. Se vendent chez l'auteur à
Louvain. Bruxelles. J.-C. Rousselet, graveur.
— 2°Trois sonates pour le clavecin, à Ganil,
chez Wauters. Ces ouvrages sont d'un bon style.
D'autres pièces pour le clavecin, composées par
ce! ecclésiastique, se trouvent en manuscrit dissé-
minées à Gand, à Louvain et à Bruxelles. M. Van
Elewyek dit (dans sa notice sur Matthias Van
den Gheijn, p. 67 ) : « On a longtemps prétendu
que le fils de Bach était l'inventeur des sonales :
les œuvres de Baick détruisent complètement
cette supposition. » Le sentiment national qui a
dicté cette phrase est ici dans Terreur : on n'a
pas attribué l'invention des sonates àCh. Ph. Em.
Bach, car ce genre de pièces existait avant la (in
du dix-septième siècle ; ce qui appartient à Bach,
c'est la forme et le caractère de la sonate mo-
derne, devenus les modèles de toute la musique
instrumentale telle que symphonies, quatuors, etc.
D'ailleurs, le premier œuvre de sonales de Bach
a été publié à Nuremberg en 1742. Les ouvragas
de ce grand homme ont été répandus dans l'Eu-
rope; RaicK, au contraire, n'a publié ses so-
nates qu'après cette date, pendant son séjour à
Gand, et n'a été connu que d'un petit nombre de
ses compatriotes.
R A1ENTROPH ( Fortunato ) , compositeur
dramatique, né à Naples, de parents allemands,
fit ses études au collège royal de musique de
cette ville. Il y lit représenter en 1837, au théâtre
ftuovo, l'opéra intitulé 20 anni d'Esilio, dont la
musique légère et facile eut quelque succès.
VAstuccio d'Oro, son second ouvrage, fut joué
au même théâtre en 1839, et obtint quelques re-
présentations. En 1842, le même artiste donna La
Fit/lia del soldato, .qui ne réussit pas, et deux
ans après il fit représenter ho Zio Bat ista, qui
ne fut pas plus heureux. M. Raientroph avait à
Naples de la réputation comme professeur de
chant lorsque je visitai cette ville en 1841.
RAIGER(.... ), compositeur à Vienne, vers
les premières années du dix-neuvième siècle, ne
m'est signalé que par ses ouvrages, parmi lesquels
on remarque : 1° Quatuor pour llûte, violon, alto
et basse, op. 10; Vienne. Cappi. — 2° Grand trio
pour flùle, violon et violoncelle, op. 7, ibid, —
3° Trio pour piano, llûte et basse, op. 12, ibid.
— 4* Sonates pour piano et flûte, op. 11 et 13,
ibid. — 5° Sonates pour piano à quatre mains,
op; 8 et 14; ibid. — 6° Rondo pour piano, Vienne,
llaslinger. — 7° Variations, id., op. 15 ; tienne,
Cappi.
RAILLARD (L'abbé F.), membre du clergé
de Saint-Thomas d'Aquin , à Paris, est né eu 1804
à Montormentier, petit hameau du dioc se de
610CK. ONIV. DES MUSICIENS. — T. Vil.
Langres. Le goût de la musique était héréditaire
dans sa famille; son bisaïeul était d'une remar-
quable habileté sur le hautbois; son grand-père
et son père étaient violonistes, mais aucun d'eux
n'exerçait la profession de musicien. M. F.
Raillard lit ses études au séminaire de Langres et
y reçut les ordres ecclésiastiques. Son aptitude
pour les sciences le ht distinguer par ses supé-
rieurs, qui le choisirent pour les enseigner dès
1827, d'abord au grand séminaire où il venait
de terminer ses études idéologiques , puis au
grand et au petit séminaire de Pamiers, au col*
| lége de l'Assomption à Nîmes, et en dernier lieu
j au collège de Juilly. L'Académie des sciences de
I l'Institut de Fiance a accueilli avec faveur plu-
sieurs mémoires de M. l'abbé Raillard sur des
sujets de physique et d'astronomie , dont les
résumés ont été publiés dans le Cosmos, revue
scientifique rédigée par M. l'abbé Moigno. A l'oc-
casion des nouvelles éditions du Graduel et de
l'Autiphonaire romains pnbliées par une com-
mission d'ecclésiastiques de Reims et de Paris
( Paris, Lecoffre, 1852), M. i'abbé Raillard se
livra à des recherches dans les livres de chant
manuscrits du moyen âge, et publia le résultat
de ses études dans un livre, entièrement litho-
graphie, qui a pour titre : Explication des neu-
mes ou anciens signes de notation musicale,
pour servir à la restauration complète du
chant grégorien, avec des tableaux de compa-
raison et un recueil de chants religieux, ex-
traits d'un manuscrit du onzième siècle.
Paris, E. Repos (sans date), grand in-8°. L'a-
nalyse de cet important travail serait trop étendue
pour trouver place ici : ce sujet sera traité dans
mon Histoire générale de la musique. Les autres
ouvrages publiés par M. l'abbé Raillard sont :
Chant grégorien restauré; Paris, Périsse frères,
1861, 1 volume grand in 8°, gravé, de 106 pages,
et précédé d'explications et d'éclaircissements de
16 pages. — Sur V emploi du quart de ton
dans le chant grégorien, article publié dans la
Revue ardiéole gigue. — Sur les quarts de ton
du graduel Tibi Domine, dans la même Revue,
1861. — Mémoire sur la restauration du chant
grégorien; Paris, Périsse frères, 1862, gr. in-8°de
46 pages, avec un tableau des neumes. M. I'abbé
Raillant cultive la musique pratique et joue de
plusieurs instruments, particulièrement du vio-
lon , du violoncelle et delà contre-basse.
RALMONDI (Ignace), violoniste distin-
gué et compositeur, naquit vraisemblablement
à Naples dans la première moitié du dix-hui-
tième siècle, et reçut des leçons de Barbella, dont
il était le meilleur élève. Vers 1762, il se fixa à
Amsterdam, où il établit des concerts périodiques.
11
KÎ2
RAIMOISDI
Il y était encore en 1777 .; mais il parait s'en être
éloigné avant 1780, et l'on ignore ce qu'il est
devenu depuis cette époque. Le 15 janvier 1777,
il avait fait exécuter à Amsterdam une symphonie
imilative, intitulée tes .4 Tentures de Télémaque,
dont il est rendu compte dans ['Esprit des Jour-
naux (ann. 1777, p. 300). On a gravé de la
composition de Rairnondi : 1° Trois trios pour
violon, alto et violoncelle, Amsterdam et Berlin,
Hummel 2° Trois concertos pour violon, ibid.
— 3° Six quatuors pour 2 violons, allô et vio-
loncelle, ibid.
RAIMOIMDI (Pœtro), célèbre professeur
de contrepoint et compositeur, naquit à Rome
le 20 décembre 1786, de parents pauvres qui ne
lui léguèrent que l'indigence dans ses premières
années. A l'âge de onze ans, il perdit son père;
et sa mère qui prit un nouvel époux dans l'année
suivante, alla s'établir à Gênes, et l'abandonna
aux soins d'une sœur de son père dont le cœur
était heureusement meilleur, et qui jouissait
d'une certaine aisance. Cette bonne femme re-
cueillit son neveu et confia son éducation à un
prêtre, pour qu'il lui enseignât les éléments de
la langue latine et le préparât à enlrer dans l'état
ecclésiastique. Après deux années employées à
ces études, le jeune Rairnondi déclara résolument
à sa tante qu'il ne se sentait pas de vocation
pour l'église. Contrariée dans ses projets, elie ne
lui retira pas néanmoins sa protection , et lui
demanda ce qu'il voulait étie. «.Musicien, lui
« dii-il ; je ne me sens de goût que pour cette
« profession. — Eh bien ! soit; mais songe à être
« persévérant cette fois, et à profiter des sacri-
u (ices que je fais pour toi. » Sans perdre de
temps, elle le conduisit à Naples, et le fit entrer
au Conservatoire de la Pieta dei Turcliini, où
i4 fut placé sour, la direction du maître La Bar-
bara , pour le chant et l'accompagnement des
partimenti, ainsi que sous celle de Tritto, pour
le contrepoint. Pendant six années, Rairnondi
suivit avec ardeur les leçons de ces professeurs,
et acquit une connaissance complète des procédés
de l'art. A l'expiration de la dernière année, il re-
çut de sa tante une lettre par laquelle elle lui dé-
clarait qu'elle allait fixer son séjour à Florence, et
ne pouvait plus désormais pourvoir à son entre-
tien. Ne pouvant plus dès lors payer le prix de sa
pension au Conservatoire, il en sortit et prit la
résolution de retourner à Rome. Pour s'y rendre,
il dut faire le voyage à pied. En y arrivant, il
retrouva le frère de son père qui l'accueillit avec
affection, mais qui, trop pauvre lui-même pour
venir en aide au jeune musicien, l'envoya chez
sa tante à Florence. Lorsqu'il y arriva, il était
exténué de fatigue et malade. Le pauvre Rai-
rnondi ne retrouva plus dans son ancienne pro-
tectrice les mêmes sentiments : la seule marque
d'intérêt qu'elle lui donna, fut de le faire entrera
l'hôpital de Santa Maria Nuova ; Irisle situation
pour un jeune homme de vingt ans, qui, ju-qu'a-
lors, s'était bercé des illusions de la gloire à venir.
Grâce à sa bonne constitution, il triompha de la ma--
ladie, peut-être même de la médecine, et se re-
trouva dans la rue, respirant un air pur, et sans
autre souci que la difficulté de trouver un gîte et
d'apaiser sa faim. Il prit alors la résolution d'aller
près de sa mère à Gênes; bien qu'elle lui eût
montré peu de tendresse jusqu'alors, et sans
tarder, il prit à grands pas le chemin de la dé-
licieuse contrée connue sous le nom de Rivière
de Gênes, Les enchantements de cette vallée le
ramenèrent à ses rêves de bonheur. Pour la
première fois, il comprit alors quel était l'état
avancé de son instruction musicale et sentit qu'il
pouvait acquérir l'indépendance par sa propre
force.
Arrivé à Gênes, il s'y livra au travail et se fit
bientôt connaître comme artiste de mérite. Son
premier ouvrage, représente dans cette ville
en 1807, avait pour titre: Le Dizzarrie d' amore.
Dans l'année suivante, il donna au même théâ-
tre La Forza dell' imaginazione ossia il Bat-
tuto content o, puis le monudrame Ero e Lean-
dro. Appelé à Florence en 1810, Rairnondi y
écrivit pour le théâtre de La Pergola, l'opéra
bouffe inlitu'.é Eloisa U'erner. Le souvenir des
années heureuses qu'il avait passées au Con-
servatoire de Naples ne s'était pas effacé de son
esprit : il voulut revoir cette ville, et peu de temps
après son arrivée (en 1811), il y composa l'6>ra
colo di Delfo, pour le théâtre Saint-Charles. Ce
fut le premier ouvrage dans, lequel il mit en évi-
dence sa rare habileté dans l'art d'écrire pour
les voix et pour l'orchestre. Dans la même année,
il donna au théâtredu Fondo II Fanatico deluso.
En 1813, il écrivit à Rome Amurat secondo,
qui fut suivi de la I.avandaia, h Naples l,'o-
péra bouffe était celui dans lequel il réussissait
le mieux : les premiers ouvrages où il donna des
preuves de cette spécialité de son talent furent
// FanatiCO deluso, et Lo Sposo agitato. Son
chef-d'œuvre dans le même genre est son opéra
Il Ventaglio, joué à Naples en 1831, puis sur
tous les théâtres (l'Italie; ouvrage charmant où se
trouvent plusieurs morceaux d'une grande dis-
tinction, particulièrement un triode premier
ordre. Dans des circonstances plus favorables,
nul doute que l'attention publique ne se fût fixée
sur les productions de Rairnondi ; mais cet arti-t"
entrait dans la carrière précisément en même
temps que Rossini, dont le puissant génie s'em-
RAIMONDI
! (",:;
para immédiatement de tout l'intérêt du monde
musical, et plongea dans l'ombre les travaux de
tous les autres compositeurs de l'Italie. Toutefois,
il faut le reconnaître, lors môme que le géant de
Pesaro n'eût pas régné sans rival sur la scène
lyrique, le talent de Raimondi n'était pas de na-
ture à produire de grands effets dramatiques, car
c'est moins par le brillant de l'imagination et par
l'audace de la fantaisie que son nom s'est ajouté
à la liste des compositeurs illustres, que par le
génie de la combinaison des sons; génie en son
genre non moins rare que tout autre, et que cet
artiste a possédé au degré le plus éminenl.
Jusqu'en 1823, la plupart des opéras de Rai-
mondi furent écrits pour les tbéâtres de Naples,
pour Rome et pour la Sicile. Dans celte même
année 1823, il fut appelé à Milan pour y composer
Le Finie Amazzoni , ouvrage qui eut peu de
succès. Dans l'année suivante il devint directeur
de la musique des théâtres royaux de Naples. Déjà,
avant sa nomination à cette place il avait composé
pour le théâtre Saint-Charles, outre ses opéras, la
musique de beaucoup degrandsballets : le nombre
s'en élève à plus de vingt et un. Raimondi con-
serva la même position jusqu'en 1832 ; mais après
l'éclatant succès de son opéra II Ventaglio, il re-
çut sa nomination de professeur de composition au
Conservatoire de Païenne. Aucun choix ne pou-
vait être meilleur, car Raimondi était incontes-
tablement le musicien italien dont l'instruction
était la plus solide. 11 a été la gloire de cette ins-
titution pendant plus de dix-huit ans. Par ses
soins et ses leçons, plusieurs jeunes Siciliens ac-
quirent de l'habileté dans l'art d'écrire : parmi
les plus distingues, on cité les noms de Pittari,
Barbieri, Bonanno, Chiaramonle etCutreva, dont
le Solitario, joué au théâtre de Palerme en 1838,
donnait de grandes espérances, et qui , par des
circonstances inconnues , n'a pas poursuivi sa
carrière d'artiste.
La place de maître de chapeile de la basilique
de Saint- Pierre du Vatican étant devenue va-
cante au mois de mars 1850, par la mort de Ba-
silj, ce fut Raimondi qui l'obtint. Nul n'en était
plus digne, ou pour mieux dire, il n'y avait point
de compositeur en Italie qui pût entrer en com-
paraison avec lui pour l'étendue cl la profondeur
des connaissances dans l'art sérieux. A cette
époque, et dans l'espace de quarante et un ans
(1807 à 1848), Raimondi avait donné soixanle-
deux opéras sur les théâtres principaux de l'I-
talie, v ingl et un grands ballets en deux cl trois
actes; de plus, il avait écrit cinq oratorios, non
compris l'oratorio triple dont il sera parlé tout
à l'heure; quatre messes à grand orcher.tre;dsux
messes à deux chœurs réels, dans le style sévère
a capelld; deux messes de Requiem à grand
orchestre; une autre messe de Requiem à 8 et 16
voix réelles ; quatre vêpres complètes avec or-
chestre et orgue; des compiles; un Credo à 16
voix réelles; un Libéra, écrit pour les obsèques
de la reine Caroline de Naples ; un Te Deum à
4 voix ; trois Stabat Mater à 2 , 3 et 4 voix ;
trois Miserere à 4 et à 8 voix, dont un avec or-
chestre ; trois Tantum ergo ; deux litanies ;
plusieurs psaumes à 4 et à 8 voix, avec orches-
tre; les Sept paroles de J.-C. à 3 voix; deux sym-
phonies à grand orchestre, combinées pour être
exécutées ensemble; les cent-cinquante psaumes
de David à 4, 5, 6, 7 et 8 voix, dans le style
alla Vales.tr ma, formant une collection de 15
volumes; un recueil de basses remplies d'imi-
tations et fuguées pour l'étude de l'accompagne-
ment et de la composition, publié à Milan, chez
Ricordi, à Rome et à Naples ; un nouveau genre
de compositions scientifiques inventé par l'auteur,
et démontré en douze morceaux très-remarqua-
bles, ouvrage publié à Naples, chez P. Tramater;
deux fugues en une, bien que différentes de
forme, ouvrage divisé en dix exemples, et qui a
été imprimé i. Rome ; une collection de parti-
menti, composée de quatre-vingt-dix basses,
avec trois accompagnements différents sur cha-
cune, ouvrage élémentaire divisé en deux livres,
et publié à Naples, chez Clauselti ; quatre fu-
gues à 4 voix, écrites en des tons différents, mais
qui peuvent être réunies en une seule fugue à 16
voix ; ce chef-d'œuvre de combinaison a été im-
primé à la typographie Tiberina,<ie Rome; six
fugues à quatre voix, en des tons différents, réu-
nies en une seule fugue à 24 voix, publiées à Rome,
à la même 'typographie; une fugue à 04 voix
divisées en 16 chœurs; seize fugues à 4 voix;
enfin, vingt quatre fugues à 4, 5, 6, 7 el 8 voix.
Dans cet ouvrage, publié a Milan, chez Ricordi,
on trouve quatre et cinq fugues réunies en une
seule. On se sent l'esprit saisi de stupéfaction à
la seule énumération de pareils travaux.
L'auteur de toutes ces choses, où brillent beau-
coup d'inventions nouvelles, et surtout l'esprit
de combinaison le plus extraordinaire qui ait
jamais existé, voulut terminer sa carrière par un
effort plus surprenant encore de force de tôle.
Environ deux ans après son retour à Rome, en
qualité de maître de chapelle de Saint-Pierre, il
prépara Pexéculion de son dernier ouvrage, à
savoir l'oratorio de Joseph, œuvre colossale,
composée de trois oratorios susceptibles de cinq
combinaisons, que le poète sicilien, Joseph Sapio,
avait disposés pour le tour de force inouï du
compositeur. Celte œuvre immense est le fruit de
plusieurs années d'un travail environné de pro-
11
IG4
RAIMOiNDI
digieusesdifficultés. Il semble que de lelles choses
ne peuvent être comprises que par le très-petit
nombre de connaisseurs qui ont l'ait une étude
spéciale des difficultés des compositions scien-
tifiques ; toutefois lorsque l'assemblée qui en-
combrait la salle du théâtre Argeniina entendit
les trois orchestres, les troi3 choeurs et les chan-
teurs solistes des trois oratorios Putiphar, Pha-
raon et Jacob se réunir en un seul corps d'en-
viron quatre cents musiciens dans l'exécution si-
multanée de ces trois ouvrages ; saisie par la
majesté de cet ensemble, dont les détails con-
servaient toute leur clarté, celte assemblée fut
émue de la suprême force de tête qui avait com-
biné de pareils effets ; tout le monde se leva
spontanément, jetant des cris d'admiration ; une
agitation impossible à décrire régna dans toute
la salle; des battements de mains, des trépigne-
gnements, des hourras enthousiastes éclatèrent
de toutes parts, tandis que les femmes, penchées
sur le bord des loges, agitaient leurs mouchoirs.
Kaimondi avait pu contenir au dedans de lui-
même le sentiment de sa force jusqu'à l'âge de
soixante-six ans ; sa philosophie avait su se ré-
signer à l'obscurité relative dans laquelle il était
resté pour la plus grande partie de l'Europe ;
mais il ne put supporter l'émotion de l'incom-
parable succès qui venait couronner sa vieillesse :
il s'évanouit, et l'on fut obligé de l'emporter hors
de la scène el loin du bruit pour lui faire re-
prendre ses sens.
On comprend l'impossibilité de rencontrer
l'effet dramatique dans la combinaison de trois
sujets absolument difléients qui se développent
simultanément. Il est facile de comprendre aussi
que chacune des parties du grand tout ne peut
avoir la plénitude et l'intérêt d'une œuvre simple
dans laquelle le sentiment domine la conception.
Enfin, on ne doit pas se persuader qu'il puisse y
avoir dans une combinaison esthétique, telle que
l'oratorio de Joseph, l'originalité d'idées qui se
trouve quelquefois dans un opéra. Dans uneeom
position semblable, le compositeur, incessam-
ment occupé de la réunion totale des parties, est
nécessairement obligé de sacrifier dans chacune
de celles-ci des beautés qui ne pourraient entrer
dans la combinaison. De là vient que le premier
drame, intitulé Putiphar, n'a pas offert un grand
attrait de nouveauté à l'auditoire, dans la pre-
mière soirée, bien que plusieurs morceaux aient
été remarqués par les connaisseurs ; particullè
rement un chœur d'eunuques à voix blanches
d'un effet fort original, une prière de ténor bien
chantée par Acchi, un beau trio chanté par Adda,
femme rie Putiphar, Joseph et Pharaon, ainsi
qu'un ensemble agitato dans la troisième partie
de ce premier drame, dont l'exécution fut dirigée
par André Salesi,
Dans le second drame, intitulé Joseph , ou
Pharaon, l'introduction est un chœur de fête,
où le peuple de Memphis chante la gloire de Jo-
seph. Ce chœur est disposé en accords stacca i
et solto voce, pendant que les cors et trompette*
font entendre une mélodie harmonisée d'un bel
effet. Cette introduction fut fort applaudie. On
distingue aussi dans ce drame le beau chant,
Vieni, ah! vieni, o miodiletto, qui forme le
thème principal du finale de la deuxième partie,
et le finale de la troisième, Per quai via
d'infiniti portenti, avec une instrumentation
neuve et pittoresque.
Le Jacob est le même sujet sur lequel Méhul
a écrit un de ses plus beaux ouvrages. L'intro-
duction commence par un très-beau chœur de
ténors et de basses, lequel est suivi d'un chant
expressif et suave, sur les paroles : Ah! dipianto
et erno, dans lequel Colini fit preuve d'un grand
talent. Dans le finale de la première partie se
trouve un trio de Rachel et de Judas réunis à
Jacob, sur le beau chant, Deh! cessate o figli
miei. L'introduction de la deuxième partie
renferme un chœur du plus grand effet, accom-
pagné de harpes, sur ces paroles, Oriasventura!
O duol ! Dans toutes les exécutions du Joseph
qui se succédèrent depuis le 7 août 1852 jusqu'au
29 septembre, ce morceau excita un véritable
enthousiasme. Un beau trio et le finale de la
troisième partie ont aussi fait naître beaucoup
d'intérêt. Mais c'est surtout lorsque, après avoir
entendu et applaudi ces trois drames séparés,
sous les directions de Salesi, Battaglia et Ter-
ziani, l'exécution simultanée de ces ouvrages,
dirigée par Kaimondi en personue s'est fait en-
tendre; c'est alors, dis-je, que l'admiration pour
une si grande conception n'a plus eu de bornes.
Non-seulement aucune œuvre semblable n'avait
jamais été essayée, mais sa possibilité ne s'était
présentée à l'imagination d'aucun compositeur.
Au point de vue esthétique, il n'est pas désirable
que des tours de force de ce genre soient tentés;
mais on ne peut s'empêcher de rendre un éclatant
hommage au génie uniqueen son genre qui a pu
concevoir et i éaliser une entreprise si gigantesque.
L'existence de Raimondi ne se prolongea qu'une
année environ après son triomphe : il mourut à
Rome le 30 octobre 1853.
La liste des ouvrages dramatiques de ce labo-
rieux compositeur est classée de cette manière :
Première période, de 1807 à 1814 : i* Le Biz-
zarrie d'amore (Gênes) ; — 2° Il Battuto con-
trnto (idem); —3" Eroe Leandro (idem); —
4° F. loi sa Wcrncr (Florence) ; — 5 e L'Oracolo
RA1M0NDI — RAINPRUHTliR
1GS
di Delfo (Naples); — G 1 II Fanatico delnso
(idem);— TLo Sposo agi lato (idem); — S°Âmu-
rat secondo (Rome); — 9° La Lavandaja
(Naples). — Deuxième période, de 1815 à 1819 :
10° II Trionfo di Tito (Turin); — ll° Andro-
macca (Palerme); — M" Il Sacrifizio d'Abramo
(Naples); — 13° Radamisto e Zenobia (?) ; —
14° / Madianiti (Palerme); — ib°L'Esaltazione
di Mardocheo (Naples); — 16° Il Dissolut o
punito (Rome). — Troisième période, de 1820 à
1830 : 17° Ciro in Babilonia (Rome); — 18° Le
Nozze dei Sanniti (?) ; — 19° Le Finie Amaz-
zoni (Milan, Scala); — 20° La Donna Colo-
nclla (Naples); _ 21° La Caccia d'EnricoIV
(idem) ; — 22° Il Disertore (idem) ; — 23° Béré-
nice in Roma (ibid.) ; — 24° Il Morio in appa-
renza (ibid.); — 25° Ârgia (Milan), — 26° Il
Caslellino deifiori (Naples); _ 27° La Fidan-
zata del parruchiere (idem); — 28° Don
Anchise Campanone (ibid.); — 29° Il Principe
feudatario (Reggio) ; — 30° h'Infanzia accu-
satrice (Naples); — 31°/ Minât ori Scozzesi
(Messine). — Quatrième période, 1830 à 1840 :
32° Giuditta, oratorio (Naples); — 33° La Gioja
pubblica (idem) ; 34° A mezza notte (ibid) ;
— 35° Il Terno del lotto stornato (ibid.) ; —
36° Il Ventaglio (Naples et dans toute l'Italie);
— 37° Palmilella maritata, suite à' Il Venta-
glio (Naples) ; _ 38° UOrfana russa (idem) ;
— 39° La Vita d'un giocatoi e (ibid) ; — 40° I
parenti ridicoli (ibid.) ; — 41° Il Tramonto del
sole (ibid); — 42° Vinclinda (ibid.); —
43° Ruth, oratorio (ibid.) ; — 44° Isabella degli
Abenanti (ibid.) ; — 45° Il Présidente disgra-
ziato (ibid); — 46° Il trionfo dell'Amore;
— 47° Il nemico degli ammogliati ; —
48° Il Vendimento ; — 49° Rafaello d'Ur-
bino (Rome) ; — 50° Peggio il rimedio del
mole ( Naples) ; — 51° Il fauslo Arrivo ; —
52° Sueno primo; — 53° Il Caffetiere ;
— 54° Gli artifizi d'Amore (Naples). — Cin-
quième période, 1841 à 1848 : 55° Francesco
Donato (Paierme); —56° Il Trionfo délie
donne (idem) ; — 5"° Le Stanze da letto (ibid.) ;
— 58° Il Giudizio universale, oratoire, poésie
d'Onofrio Abbate, exécuté à Palerme, en 1843 ;
— 59° Mosè al Sinaï, oratorio (écrit à Palerme
en 1844; —60° Putifar ; — 61° Guiseppe
giuslo; — 62° Giacobbe. (Ouvrages dont il est
parlé précédemment. Raimondi commença cette
grande composition au mois d'octobre 1844, et
la termina dans les derniers mois de 1848).
Grands ballets composés pour le théâtre Saint-
Charles de Naples, depuis 1812 jusqu'en 1828 :
1° L'Orfano; — 2° Rosmanda; — 3° Laca-
duta de 1 Giganti; — 4° Otrante liberata;
— b° La Promcssa manferiutà; — 6° / Pazzi
perforza; — 7° Un' ora;— 8° Irène d'Ers-
tal ; — ■ 9° La Morte d'Ippolilto ; — 1 0° L'Orda
Selvaggia; — n° L'Orfanella di Ginevra;
— 12° La Morte d'Achille; — 13" Giafar; —
14° / Due Geni; — 15° Otlaviano in Egitto;
— 16° Pamile ; — 17° Giulio Sabino; —
18» L'Oracolo in Cantina; — 19" Délit lo et
punizione ; — 20° L'Isola délia Fortuna; —
21° Amina.
RAINPRUHTER (Georges- Joseph), fils,
d'un inspecteur des mines, naquit en 1728, à
Drafeier, en Stytïe. Après avoir reçu dans sa
jeunesse une bonne éducation littéraire et mu-
sicale, il alla suivre des cours de philosophie et
de droit à Salzbourg. Déjà bon musicien et habile
sur la harpe, la mandore, la basse de viole et le
violon, il commença dans cette ville des études
de composition chez Adelgasser, et les acheva
sous la direction d'Eberlin, maître de chapelle
du prince évêque. En 1750, il obtint le titre de
musicien delachauibre de l'électeur de Bavière,
et fut envoyé à Alleweiting, en qualité d'admi-
nistrateur des domaines. Le mérite des compo^
sitions qu'il écrivit dans cette résidence le lit
nommer maître de chapelle du même lieu, par
l'électeur Maximilien III ; Rainpruhter en remplit
honorablement les fonctions pendant plusieurs
années, et mourut en 1800, à l'âge de soixante-
douze ans. Il a laissé en manuscrit un grand
nombre de messes, de vêpres, de litanies, d'an-
tiennes et de cantates religieuses avec orches.
tre.
RAIIVPRUHTER ( Jean • Népomucène -
François-Séraphin), fils du précédent, naquit à
Altenœtting le 17 mai 1752. Après avoir fréquenté
le collège de Burghausen, il alla étudier la phi-
losophie et le droit à l'université d'Ingolstadt.
Son père lui avait enseigné la musique, et dès
son séjour au collège de Burghausen, il avait
donné, dans de petites compositions, des preuves
de son aptitude pour cet art. Lorsqu'il quitta
Ingolstadt, il se rendit à Salzbourg, pour y pren-
dre des leçons de composition chez Léopold
Mozart. Ses premiers essais furent si remar^
quables, que Michel Haydn en fit publique-
ment l'éloge , et considéra leur auteur comme
un artiste distingué. Appelé à la direction du
chœur du couvent de Saint- Pierre, à Salzbourg,
Rainpruhier en remplit les fonctions avec talent :
il occupait encore cette position en 1812; mais
depuis lors on manque de renseignements sur sa
personne. On porte à plusieurs centaines ses
compositions, qui consistent en symphonies ,
concertos pour divers instruments, quatuors,,
trios, duos, sérénades, messes soleunelles, v£-
k;g
RAIjNPRUHTLR — BAMBURES
près, litanies, antiennes, cantates, etc.; tous ces
ouvrages sont restés en manuscrit.
RAISON (André), organiste de l'abbaye de
Sainte- Geneviève, à Paris, dans la seconde par-
tie du dix-septième siècle, eut pour maître Tile-
louse (voyez ce nom). On a gravé de sa compo-
Serofiono. L'orgue de Saint-Vigile, fait en 1800,
celui des Olivélains, en 1802, et celui do Sainte-
Martiie, en 1805, sont ceux qu'il a élevés à
Sienne. En 1804, il a fait celui de Saint-Augustin,
à Coitone, et en 1805, celui de la paroisse de
Caldana Tous ces instruments prouvent le talent
sition : Livre d'orgue contenant cinq messes j du facteur.
et une offerte sur le rétablissement durai, j RAAIAZZOTTi (Domitien), compositeur
Paris, 1088, in-fol. obi. Le second livre a paru | italien qui vivait dans la seconde moitié du
peu de temps après. 11 y a du talent dans ces
pièces, qui ont une grande supériorité sur ce
que les organistes français du siècle suivant ont
produit.
RAJ (Pierre), compositeur, né à Lodi, en
Lombardie, en 1773, étudia d'abord le piano et
l'orgue sous la direction de maîtres particulier,
seizième siècle, s'est fait connaître par un
recueil intitulé : Salmi lesperlini e Magnificat
a cinque rocl, Venise, 1567, in-4°.
RAMBACII (Auguste-Jacques), prédicateur
de l'église Saint-Jacques, à Hambourg, et célèbre
hyranologuo, était déjà connu en 1802 par ses
sermons, et vivait encore en 1832. On a de ce
puis entra, en 1793, au Conservatoire de la Pietà i savant un excellent recueil d'hymnes et de cau-
de' Turchini, à Naples, et y reçut des leçons
de Sala, puis de Piccinni. Ses éludes terminées,
il retourna à Lodi et y obtint la chapelle delta
Incoronaia. Plus tard il se fixa à Milan, où il
lut nommé professeur de composition du Con-
servatoire et vice-censeur de celte institution.
H a écrit beaucoup de musique d'église, entre
tiques de l'Eglise prolestante, depuis les pre-
miers temps de la réformation jusqu'à l'époque
actuelle, avec une introduction historique sur le
chant des églises réformées. Ce recueil est divisé
en deux parties dont la première renferme les
hymnes et cantiques anciens, et l'autre, les mo-
dernes. Ce recueil a pour titre : Anthologie
autres un oiatorio en deux parties sur l'agonie ! christ. Gesxnge aus allen Jahrh. der Kir-
et la mort de Jésus-Christ, qui fut exécuté pour
la première fois à Monxa, en 1807. Après la
campagne de Prusse, il (it exécuter, en 1808, une
cantate de circonstance an théâtre de la Scala,
intitulée Alessand.ro in Arménie, pour le retour
du prince Eugène et de l'armée italienne. Le.
9 juin 181 i, il lit exécuter, au palais du sénat ita-
lien, Vllalia esultantc, cantate composée à
l'occasion de la naissance du roi de Rome. De-
puis lors il a écrit plusieurs opéras, entre autres
Cli Spensierati, représenté au théâtre Re, de
Milan, en 1816. On a gravé de sa composition ;
1" Chiore et t'edeltà, cantate pour deux basses
et soprano, Milan, Ricordi. — 2° Alessandro
in Arménie, cantate à voix seule, ibid. Comme
professeur de l'art d'écrire en musique, Raj est
auteur d'un ouvrage qui a pour titre : Slùdio
Teorico-pratico di eontrappunto, compilât o
pe' suoi allicvi ; Milan, Ricordi. Cet artiste est
mort à Milan dans les derniers jours d'avril 1857,
à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
RAMAI (Jr.AN-lUi'risTK), habile construc-
teur d'orgues, né à Sienne en 1763, fut élève du
fameux constructeur Tronci, de Pistoie. Il ne
cke, etc. (Anthologie des chants chrétiens de
tous les siècles de l'Église, distribués dans l'ordre
chronologique et avec des remarques historiques);
Altona, 1816-1832, 5 vol. gr. in-8°. Les notes
qui accompagnent les diverses pièces contenues
dans ce recueil sont fort instructives. M. Ram-
bach a aussi publié un livre rempli d'intérêt,
sous ce titre : Ueber Dr. Martin Luthers Ver-
dienst umden Kirchengesang, oder Darstcl-
lung desjenigen, vas er aïs Litarg, als Lie-
derdichter und Tonsetzer zur Verbesserung
des œffentlichen Gottesdienstcs geleistct hat
(Sur le mérite de Martin Luther à l'égard du
chant de l'Église, ou exposé de ce qu'il a fait
pour l'amélioration du service divin, soit comme
auteur liturgique, soit comme poète et composi-
teur de chants) ; Hambourg, 1813, in-8° de 256
pages, avec un supplément de 92 pages. Enfin,
ce ministre évangélique est aussi auteur d'un
ouvrage intitulé : Ueber dass Bedurfniss eincr
verbesserten Einrichtung des Gottesdienstesin
den protestant ischen Kirchen mit besonderer
Hinsicht au f Hambourg (Sur la nécessité d'une
disposition améliorée du service divin dans les
s'est pas moins fait remarquer par le nombre de i églises protestantes, particulièrement en ce qui
ses instruments que par leur qualité. On lui doit
les orgues de la paroisse «le Monlel'oscoli , eu
1792, de celles de Peccioli. eu 1794, et de celles
de, Lajatico, en 1796. En 1797, il travailla à
l'orgue de Sainte-Marie in Monte, près de Pise,
et en 1799, il construisit celui de la collégiale de
concerne Hambourg) ; Hambourg, 1815, in-8".
RAMBURES (M. DE), propriétaire àVau-
drieourt, près ù'Abbeville (Somme), a inventé,
en 1846, un système de notation de la musique,
auquel il a donné le nom de Sténographie
musicale, et qui a été adopté par le comité
RAMBURKS — RAMKAU
t f>?
supérieur d'enseignement primaire d'Abbeville.
Son usage s'est répandu dans les école* et dans
les sociétés de chant de toute l'ancienne Picar-
die. Les bases du système de M. de Rambures
sont la ligne droite tantôt verticale, tantôt in-
clinée à droite ou à gauche, ou horizontale, et
des cous bes de diverses formes. Ces signes présen-
tent des variétés à chaque octave. A vrai dire,
ce système n'est pas une sténographie, car il
n'abrège pas la notation , ayant non-seulement
un signe pour chaque son , mais aussi poul-
ies durées , les altérations accidentelles;, etc.
M. de Rambures a cru prévenir les objec-
tions à cet égard par la possibilité de lier plu-
sieurs signes au moyen d'un seul trait ; mais
ce trait, devant suivre tous les contours des
signes particuliers, n'abrège pas en réalité. Il
résulte de ces observations que la notation dont
il s'agit est purement arbitraire, qu'elle, ne pré-
sente aucun avantage de simplification, et qu'elle
a de plus le très-grave inconvénient d'enseigner
une chose qui n'a aucun rapjwrt avec la musique
usuelle. M. de Rambures a publié, en ce qui con-
cerne son système: 1° Sténographie musicale
appliquée à l'enseignement de la musique;
Abbeviile, imprimerie de Jeunet, 1837, in-8°.
— 2° Tableaux lithographies pour lesinodèles
d'écriture de la notation sténographique ;
ibid. — 3° dotation musicale, rendue popu-
laire par la sténographie ; ibid., 1845, in- 16
de 56 pages.
RAMEAU (Jean Philippe), le plus célèbre
musicien français du dix-huitième siècle, naquit
à Dijon le 25 septembre 1683 (t). Fils d'un père
et d'une mère qui aimaient la musique, élevé
dès ses premières années dans la culture de cet
art, il y fit de si rapides progrès, qu'à l'âge de
sept ans il lisait et exécutait sur le clavecin, à
première vue, toute espèce de musique. Cepen-
dant ses parents, qui le destinaient à la ma-
gistrature, interrompirent ses études musicales
(1) Dans la première édition de la Biographie des mu-
siciens, j'ai donné, d'après La Borde (Essai sur la musi-
que, tome 111, p. 464), la date du 25 octobre pour celle
de la naissance de Rameau : mais Maret, secrétaire per-
pétuel de l'Académie de Dijon, fournit celle du 25 sep-
tembre 1683, dans son Éloge historique de Rameau, Di-
jon, n"0, in-S° : sans doute il se conforme en cela à
l'acte de naissance, car il indique l'heure même (quatre
heures du soir) à laquelle l'illustre musicien a vu le jour.
Il est à remarquer, au surplus, que cette date du 25sep-
embre avait ele déjà donnée par Chabanon, en 1764, dans
son Eloge de M. Rameau (Paris, Imprimerie de Lambert,
in-8 n ),et M. Farrenc dit avec raison [Notice biographi-
qve de Jean- Philippe Rameau, dans la première livraison
«lu Trésor des pianistes) , que la même date se trouve
dans l'Almanacb de Duchesoe (Us Spectacles de Paris)
pour l'anuée 1165, p. 6.1.
pour le faire entrer au collège des jésuites. Ra-
meau était ne musicien, et rien de plus. Son
indocilité et la violence de son caractère le ren-
daient peu propre à la discipline des classes, et
ses préoccupations de musique ne lui laissaient
pas donner assez d'attention au rudiment, pour
qu'il en tirât beaucoup de profit. Ses livres, ses
cahiers et ceux de ses camarades, étaient char-
gés par lui de traits de solfèges ou de fragments
de sonates. Les choses allèrent si loin, que la
présence d'un tel étudiant dans le collège parut
intolérable, et que ses parents furent priés de le
retirer. Il en sortit avant d'avoir achevé sa
quatrième, et depuis lors il ne fit plus d'études
et ne lut plus d'autres livres que des traités de
musique. Devenu libre et pouvant se livrer à
ses goûts sans contrainte, il ne s'occupa plus
que du mécanisme du clavecin, de l'orgue, dH
violon, et de quelques règles de contrepoint que
lui enseignaient, tant bien que mal, son père et
deux ou trois organistes de Dijon. Malheureu-
sement ceite ville, qui lui offrait des ressources
suffisantes pour l'exécution, ne possédait pas ies
mêmes avantages pour l'enseignement de l'art
d'écrire, alors fort négligé dans les provinces.
La faiblesse des études de Rameau dans cet
art exerça sur toute sa carrière une fâcheuse
influence -. son harmonie, bien que forte et riche
de modulations, fut toujours incorrecte, et ja-
mais il ne comprit bien les avantages de la
méthode pratique du contrepoint, ni ce qui sé-
parait celle-ci de la conception d'un système
d'harmonie.
L'amour que lui avait inspiré une jeuneveuve
du voisinage vint tout à coup l'arrêter dans ses
travaux. Être auprès de cette femme, ou lui
écrire lorsqu'il en était éloigné, étaient devenus
le seul emploi de son temps, et la musique avait
perdu son charme pour lui. Il y trouva pourtant
cet avantage, que celle qu'il aimait le fit rougir
de son ignorance, et obtint qu'il apprît au moins
sa langue. Cependant le père de Rameau, in-
quiet des suites de cette intrigue, se résolut à
envoyer son fils en Italie, dans l'espoir que la
musique qu'il y entendrait réveillerait son goùl
pour l'art, et lui ferait oublier l'objet de son
amour. Jean-Philippe se rendit en effet à Milan,
et y arriva en 1701, dans un âge où son oreille
semblait devoir être sensible au charme des
mélodies ausoniennes ; mais l'habitude d'enten-
dre la musique française l'avait déjà si bien fa-
çonné au style de cette musique, qu'il ne com-
prit rien à celui des opéras deScarlatti, de Lotti
et de Caldara (t). D'ailleurs, il ne pénétra pas
(il M. Maurice Bourges, dans une notice sur Rameau,
168
RAMEAU
au delà de la capitale de la Lombardie, et son
séjour à Milan ne fut pas assez long pour que
son oreille s'accoutumât aux nouveautés qui la
frappaient. Un directeur de spectacle, qui re-
crutait son orchestre pour donner des représen-
tations dans le midi de la France, l'engagea
dans sa troupe, en qualité de premier violon, et
l'emmena à Marseille, à Lyon, à Nîmes, à Alby
et dans d'autres villes, où il retourna à plusieurs
reprises, et commença sa réputation par son
talent sur l'orgue. A Montpellier, il rencontra un
musicien nommé Lacroix, qui lui enseigna la
règle de l'octave pour l'accompagnement du
clavecin; lui-même avouait cette circonstance
qui prouve le peu d'avancement de son instruc-
tion musicale à cette époque, en même temps
que l'excellence de l'organisation qui lui per-
mettait, avec une éducation si mal faite, de lixer
sur lui l'attention, comme organiste.
De retour à Dijon, après une absence de plu-
sieurs années, Rameau n'y fit qu'un court séjour,
malgré l'offre qu'il y reçut de la place d'orga-
niste delà Sainte-Chapelle, et qu'il refusa. Une
seule pensée l'occupait alors : c'était celle de la
gloire, qu'il croyait ne pouvoir trouver qu'à Pa-
ris» Paris était donc devenu le but unique vers
lequel tendait son imagination : il y arriva en
1717, déjà riche d'expérience, mais encore in-
connu et n'ayant rien produit , quoiqu'il fût âgé
de trente-quatre ans. Marchand (voyez ce nom)
était alors l'organiste le plus renommé de la ca-
pitale : lorsqu'il se faisait entendre à l'église des
Grands-Cordeliers, il y avait foule pour l'écouter.
Rameau, ne voulant perdre aucune occasion de
l'entendre et d'étudier sa manière, alla se loger
dans le voisinage du couvent. Accueilli avec
bienveillance par Marchand, il en reçut des pro-
messes de protection qui furent d'abord sincères,
car le maître donna quelques leçons à son nou-
vel ami, et le prit pour suppléant aux orgues des
Jésuites et des PP. de la Merci ; mais après que
Rameau lui eut montré quelques-unes de ses
pièces d'orgue, le zèle de Marchand pour son
protégé se refroidit, et bientôt celui-ci put se
convaincre de la difficulté qu'il éprouverait à
s'établir à Paris, en présence d'un tel adversaire.
Ses moyens d'existence étaient insuffisants ; une
place d'organiste dans une des paroisses pouvait
Insérée dans la Gazette musicale de Paris (ann. i339.
pag. S02), dit que le musicien français arriva en I.'.alic aa
moment où Gasparinl et Alex. Scarlatti faisaient place à
I.co, Porpora, Vinci, liasse, etc. ; mais Léo et Poi-pora
»e commencèrent a écrire pour le théâtre que plus de
quinze ans après le séjour <lc Hameau à Milan ; Masse et
Vinci «c donnèrent leurs premiers murages que vingt-
elaq, ans après son retour en France.
seule faire cesser ce qu'il y avait de précaire
dans sa situation: l'occasion se présenta pour
en obtenir une ; mais cette fois encore Rameau
retrouva dans Marchand l'arbitre de son sort ;
car c'était lui qu'on avait choisi pour juger le
concours ouverts entre Daqnin et le musicien de
Dijon pour la place d'organiste de Saint-Paul.
Les œuvres d'orgue et de clavecin que nous
avons des deux compositeurs ne laissent aucun
doute sur l'immense supériorité de Rameau, et
J j'ai dit ailleurs [voyez Daqcin) ce qu'on doit
penser de l'historiette rapportée à ce sujet : ce-
pendant le jugement fut en faveur de Daquin, et
son rival n'eut plus d'autre ressource que d'ac-
cepter l'orgue deSaînt-Étienne, à Lille. Il ne resta
pas longtemps dans cette ville, parce que son
frère (1) lui offrit la place d'organiste de la ca-
thédrale de Clermont, en Auvergne, qu'il laissait
vacante par sa retraite. Rameau accepta, el
consentit à souscrire un engagement à long
terme avec le chapitre.
Le silence d'une ville placée dans un pays de
montagnes, où les communications étaient diffi-
ciles , devait être favorable aux méditations de
Rameau. Depuis longtemps excitées parla lecture
des écrits de Zarlino, de Mersenne et de Descar-
tes, ces méditations allaient conduire l'organiste
de Clermont à la création du premier système
d'harmonie qui eût vu le jour; mais ce qui est
digne de remarque, c'est que ce silence, cette
vie calme et monotone d'une petite ville, tout
en favorisant les spéculations d'un esprit sérieux,
ne portèrent point atteinte à l'imagination de
l'artiste, et ne l'empêchèrent pas de produire
des motets, des cantates, des pièces de clavecin
qui, considérés an point de vue de leur époque,
attestent l'originalité de la pensée et la nouveauté
du style. Quatre années employées à ces tra-
vaux avaient permis à Rameau d'y mettre la der-
nière main : il comprit que le temps était venu
de réaliser ses projets et de se manifester au
inonde musical. Paris seul lui en offrait les
moyens : mais un engagement l'enchaînait à
Clermont, et ses démarches pour en obtenir la
résiliation avaient été sans résultat II dut alors
avoir recours à la ruse, et n'imagina pas de meil-
leur moyen que de déchirer l'oreille de l'evêque
et des chanoines par une musique si barbare,
qu'on finit par lui accorder la liberté qu'il récla-
mait. Cependant ne voulant pas laisser une fâ-
;l) Claude Rameau, frère <!c celui qui est l'objet de cet
article, fut un habile organiste attaché à l'abbaye de
I Saint-liénignect à la cathédrale de Dijon, et qui y mou-
rut eu 1761. Hameau eut aussi une sretir, nommée Cathe-
l rine, qui enseignait le clavecin à Dijon, ci qui y mourut
en no*.
RAMEAU
16»
chr-use impression sur son talent, il déploya (
loute son habileté le jour désigné pour le der-
nier de son service, et joua de manière à faire
naître les plus vifs regrets dans l'esprit de ceux
qui l'écoutaient. Arrivé à Paris en 1721 , il y
donna des soins à la publication de son traité
d'barmonie, qui parut dans l'année suivante. Cet
ouvrage ne fut pas compris; mais les critiques
qu'on en fit tournèrent au profit de son auteur,
en fixant sur lui l'attention du public. La publi-
cation de quelques cantates et de ses sonates de }
clavecin acheva de le faire connaître, et lui pro-
cura de bons élèves , qui devinrent ses admira-
teurs : déplus, il eutla place d'organiste de Sainte-
Croix-de-la-Bretonnerie. Le désir qu'il avait de tra-
vailler pour la scène l'engagea à faire des essais
dans des fragments de chants et de danses pour
des pièces de Piron représentées à l'Opéra-Comi-
que, telles que la Rose, le faux Prodige, V En-
rôlement d'Arlequin, etc. En 1726 parut son
Nouveau système de musique théorique, où le
système de la basse fondamentale , déjà indiqué
dans le Traité d'harmonie, trouvait une base dans
les phénomènes de résonnance de quelques corps
sonores. Ces deux ouvrages et la Dissertation
sur les différentes méthodes d'accompagne-
ment pour le clavecin et pour V orgue, qui
fut publiée en 1732, lui firent la réputation d'un
savant harmoniste , malgré les critiques des
journalistes et les insinuations malveillantes de
quelques envieux. Ni l'Académie des Sciences,
qui approuva les travaux de Rameau ( en 1737
et 1749), ni les littérateurs qui en faisaient la
critique, n'entendaient bien le sujet de la discus-
sion; mais c'est une chose remarquable que cette
science de l'harmonie, qui venait d'être créée
par Rameau , trouva tout le monde prêt à en
parler, comme s'il se fût agi de la chose la plus
simpie. Malgré les ennuis que lui suscitaient ces
débats, le savant musicien y trouvait de l'avan-
tage pour sa célébrité.
Cependant il n'était point satisfait encore;
car il se sentait appelé à parcourir la double car-
rière de théoricien et de compositeur dramatique.
En vain était-il cité comme le meilleur orga-
niste de France; en vain sa musique instrumen-
tale était-elle recherchée par tous les amateurs ;
Rameau se tourmentait de la pensée qu'il tou-
chait à sa cinquantième année sans avoir pu par-
venir jusqu'à la scène de l'Opéra, tandis que beau-
coup de musiciens médiocres y étaient arrivés
sans peine. Devenu maître de clavecin et d'accom-
pagnementdeM me laPopelinière, femmedu fermier
général, il trouva heureusement un Mécène dans
ce financier, qui entretenait un orchestre à son
service, et donnait des concerts dans son hôtel,
à Paris , ei dans sa belle maison de Passy. La
Popelinïère obtint de Voltaire, pour son protégé,
le livret d'un opéra dont Scmison était le sujet.
Rameau écrivit sa musique; l'ouvrage fut essayé
chez le fermier général et plut beaucoup à ceux
qui l'entendirent ; mais Thuret, alors directeur
de l'Académie royale de musique, peu séduit par
un sujet de la Bible, refusa l'œuvre de Voltaire
et de Rameau. Longtemps après , celui-ci em
ploya la musique de Samson dans son Zo-
roaslre. D'abord découragé, il semblait vouloir
renoncer au projet de se faire une réputation
de compositeur dramatique ; mais la Popelinière
tint bon, et finit par lui taire avoir de l'aLbé
Pellegrin le livret A'Uippolyteet Aricie, moyen-
nant une obligation de 500 livres donnée comme
garantie contre la chute de l'ouvrage. Quelque
temps après, le premier acte fut. essa5-é chez le fi-
nancier, et le bon abbé qui, comme on l'a dit,
dînait de l'autel et soupait du théâtre , char-
mé de ce qu'il entendait, déchira le billet, en
déclarant que de semblable musique n'avait
pas besoin de caution . Cependant le succès de
la représentation ne répondit pas d'abord 'aux
espérances du poète et des amis de Rameau.
L'ouvrage fut joué pour la première fois le 1 er oc-
tobre 1732, et les admirateurs de Lulli se réu-
nirent pour en condamner le style, qu'ils appe-
laient bizarre, baroque et dépourvu de mélodie.
On ne pouvait nier que le compositeur d'Hippo-
lyte et Aricie ne fût inférieur à celui é'Armide
dans le récitatif, et qu'il y eût moins de correc-
tion dans sa manière d'écrire; mais son harmo-
nie avait bien plus de force, ses modulations
étaient moins uniformes, ses chœurs avaient plus
d'effet et d'énergie; enfin, son instrumentation
était plus riche de formes et de détails. En un
mot, le nouvel opéra annonçait un génie d'une
autre trempe que tout ce qui avait suivi Lulli;
on pouvait discuter sur l'agrément de cette mu-
sique, mais non lui refuser le caractère de la
création. Depuis près de cinquante ans, il n'a-
vait été rien donné à l'Opéra de Paris qui eût ce
cachet de nouveauté. Tel fut néanmoins le mau-
vais accueil fait à cet ouvrage, qu'il fut à peine
permis de l'achever. L'abbé Desfontaines accusa
Rameau , dans son Nouvelliste du Parnasse,
de substituer les spéculations harmoniques aux
jouissances de l'oreille. Les pamphlets, les cou-
plets satiriques accablèrent le compositeur, et
l'on fit courir contre lui cette épigramme •
Si le difficile est le beau.
C'est un grand homme qne Rameau;
Mais si le beau, par aventure,
N'était que la simplenature,
Quel petit homme que Rameau!
(70
RAMEAU
Celte épigramme était une sottise de son auteur,
car le beau n'est pas la simple nature, qui n'a
rien à taire dans la musique. Le beau dans l'art
est la création pure du génie, et la nature y est
étrangère.
Rameau, étourdi de ces critiques, crut un mo-
ment s'eire trompé, et dit k ses amis : « J'ai
« cru que mon goût réussirait , et je vois qu'il
« n'en est rien ; mais je n'en ai point d'autre :
■- je ne ferai plus d'opéra. » Heureusement ceux
qui le protégeaient contre ses ennemis ne se lais-
sèrent point ébranler comme lui. Ils prirent sa
défense, ramenèrent insensiblement l'opinion pu-
blique, et finirent par fixer l'attention sur une
production qui avait été jugée avec légèreté.
Griinm, qui n'aimait pas Rameau, prétend que le
grand succès obtenu plus tard par la musique de
ce compositeur, ne fut que le résultat des cal-
culs des partisans de la musique française, en
baine de l'italienne (1). Quoi qu'il en soit de
cette assertion, il est certain que Rameau par-
vint à la plus brillante renommée en France par
ses compositions dramatiques, et qu'il fit preuve
d'une prodigieuse facilité dans ses travaux en ce
genre; car bien qu'il eût donné son premier
opéra à l'âge de cinquante ans, et qu'il fût pres-
que constamment occupé de la rédaction de
ses traités théoriques d'harmonie et 6c la polé-
mique qu'ils soulevaient , il fit représenter à
l'Opéra vingt-deux grands opéras ou opéras-
ballets dans l'espace de vingt-sept ans. Il était
âgé de soixante-dix-sept ans quand il lit jouer le
dernier. Les biographes modernes qui ont essayé
«'e faire l'appréciation de la musique de Rameau
et de la nature de son talent, me paraissent l'a-
voir fait au hasard et sans avoir étudié ses ou-
vrages; car ils le louent pour des qualités qui
ne sont point les siennes , et lui reprochent des
imitations de Lnlli qui ne sont pas fondées. Son
Castor et Pollux a été à juste titre considéré
comme son chef-d'œuvre. Tel était le mérite de
quelques morceaux de cet opéra, qu'il s'est sou-
tenu plusieurs années à côté môme des opéras de
Gluck. En 1791 , Candeilte refit la musique de cet
ouvrage ; mais désespérant de faire aussi bien
que Rameau la scène où se trouve l'air Tristes
lii « Tous ses ouvrages tombèrent d'abord, et s'ils se
relevèrent ensuite, ses partisans ne furent pas moins re-
gardés comme hérétiques et presque C M mauvais ci-
toyens. Lorsque ensuite la musique italienne lit des pro-
grès en France , lcs;cnncmis les plus violents de Hameau
passèrent (le leur acharnement à l'admiration la plus
aveugle, et ne pouvant, soutenir Lnlli, Ils opposèrent le nom
et la célébrité de Hameau aux partisans de ta musique
Italienne.» [Correspondance littéraire, octobre 118*,
tome v, page BO Édition de Paris, 1819.1
apprêts , paies flavibeaux, il la conserva telle
qu'elle est dans l'ancienne partition.
Si le début de Rameau dans sa carrière avait
été pénible, il en trouva la compensation dans
l'espèce de domination qu'il exerça sur la musique,
en France pendant les trente dernières années
de sa vie. Les discussions même qu'il eut à sou-
tenir contre plusieurs savants, et qu'il semblait
moins craindre que rechercher, augmentèrent
son autorité, et rendirent son nom populaire. Le
produit de ses leçons, de ses ouvrages et le re-
venu de ses places lui avaient assuré une aisance
augmentée par une sévère économie, qu'on l'ac-
cusait de pousser jusqu'à l'avarice la plus sordide.
Le roi avait créé pour lui la charge de composi-
teur de son cabinet ; plus lard, il lui accorda des
lettres de noblesse , et le nomma chevalier de
Saint-Michel. Grimm prétend qu'il ne voulut pas
faire enregistrer les titres de ces distinctions, et
se constituer en une dépense qui lui tenait
plus au cœur que la noblesse (1). Le même
écrivain ajoute que Rameau étail d'un naturel
dur, sauvage, étranger à tout sentiment d'huma-
nité. Diderot, dans le livre singulier intitulé le
Neveu de Rameau, a dit aussi de l'oncle, avec
sa manière originale : «C'est un philosophe dans
« son espèce : il ne pense qu'à lui ; le reste de
« l'univers lui est comme d'un clou à un souf-
« llet. Sa fille et sa femme n'ont qu'à mourir
« quand elles voudront; pourvu que les cloches
« de la paroisse qui sonneront pour elles conti-
« nuent de résonner la douzième et la dix-sep-
« tième (2), tout sera bien. » Il y a beaucoup
d'exagération dans ces paroles de deux hommes
qui n'aimaient ni Rameau ni la musique fran-
çaise, dont il était le représentant à cette époque,
et qui d'ailleurs conservaient contre lui de la
rancune, à cause de ses démêlés avec les ency-
clopédistes. Rameau paraît avoir aimé l'argent ,
(1) Je ne sais où Castll-BIaze a pris l'anecdote qu'il
raconte en ces termes : ■ Rameau reçoit des lettres de no-
« blesse, prélude nécessaire pour le rendre digne d'ac-
« cepter le cordon de Saint -Michel, que le roi lui desti-
« nait. Ce musicien se garde bien de faire enregistrer sa
<< patente nobiliaire. Louis XV pense que Rameau ne vent
« pas débourser les frais de chancellerie, et lut fait pro-
« poser de se charger lui-même de celte dépense. — Que Sa
« Majesté veuille m'en remettre l'argent, je saurai l'cm-
« ployer d'une manière plus avantageuse. A moi des lct-
« très de noblesse? Castor et llardanus me les ont de-
< puis longtemps paraphées.» {Théâtres lyriques ttcl'aris;
« Académie royule de musique, 1. 1, p. 18t.) Quelle que
fût la brusquerie du caractère de Rameau, il est impossi-
ble qu'il ait répondu par ce langage grossier a l'honneur
qui lui était fait.
(2) Allusion au système d'harmonie de Rameau, basé sur
la resimnanee de l'accord parfait majeur dans certains
corps sonores.
RAMEAU
171
penchant assez rare de son temps parmi les ar-
listes, et fort commun aujourd'hui ; mais il se-
rait injuste de prétendre que ce goût avait éteint
en lui tout sentiment d'humanité; car il paya
longtemps une pension à sa sœur infirme , et
l'on sait qu'il rendit des services pécuniaires au
compositeur Dauvergne et à l'organiste Balbâtre.
Plusieurs académies avaient ouvert leurs portes
à Rameau, sans qu'il recherchât ces honneurs.
Le magistrat de Dijon l'exempta à perpétuité, lui
et sa famille, de latailleet des autres droits mu-
nicipaux. Sa taille était fort grande et sa mai-
greur excessive ; mais quoique son extérieur eût
pu faire croire que sa santé était débile, il n'a-
vait jamais été malade. Le régime qu'il avait
adopté et sa sobriété le firent parvenir à un âge
avancé, et lui permirent de se livrer à de grands
travaux jusqu'à ses derniers jours. Sombre et
peu sociable, il fuyait le monde et gardait, même
avec sa famille , un silence presque absolu. Dans
ses promenades solitaires, il n'abordait ni ne
voyait personne. On le croyait absorbé dans de
profondes méditations : cependant Chabanon,
son ami, obtint de lui l'aveu que, dans ses vagues
rêveries , aucun objet ne l'occupait précisément ;
son esprit y était dans une sorte de somnolence,
et ses jambes seules conservaient de l'activité.
Lorsqu'on l'abordait, il semblait sortir d'une
extase, ne reconnaissait personne, et ses amis
les plus intimes étaient obligés de se nommer.
Ses panégyristes disent qu'il était naturellement
modeste: il paraît en effetqu'il parlait peu de lui,
lorsqu'il n'y était pas entraîné par la discussion ;
mais il supportait impatiemment la contradiction,
et quoiqu'il eût presque toujours tort dans les
polémiques où il s'engagea, comme je le ferai
voir plus loin, il prenait un ton dur et hautain,
même avec les savants les plus recommandables.
Ses théories harmoniques, dont il s'exagérait le
mérite et l'importance, l'occupèrent jusqu'à ses
derniers jours, et il mettait la dernière main à
un livre concernant les avantages que la musique
devait retirer de ce qu'il appelait ses découver-
tes, lorsqu'il mourut, à plus de quatre-vingts ans,
le 12 septembre 17G4. Des obsèques magnifiques
lui Turent faites à l'église Saint-Eustacho. La
direction de l'Opéra lui fit faire, à l'Oratoire, le
27 septembre, un service solennel, auquel tous les
musiciens de Paris prirent pari, et pendant plu-
sieurs années, l'anniversaire de son décès fut
céléhré avec pompe dans la même église. Un
second service fut célébré dans l'église des Car-
mes déchaussés, près du Luxembourg. La mu-
sique qu'on y exécuta était de Philidor. Un grand
concours de monde se pressa dans ces cérémo-
nies.
Rameau avait épousé une demoiselle Marie-
Louise Mangot, qui lui survécut. «Mme Rameau,
« dit Maret (loc. cit.), est une femme honnête,
« douce, aimable, qui a rendu son mari fort heu-
« reux : elle a beaucoup de talent pour la mu-
« sique, une fort jolie voix et un bon goût du
« chant. » Les enfants de Rameau fuient :
1° Claude-François Rameau , écuyer, valet de
chambre du roi. — 2° Marie-Louise, religieuse
au couvent de la Visitation de Sainte-Marie ,
a Montargis. — 3° Marie-Alexandrine, qui, après
la mort de son père , épousa un mousquetaire ,
nommé de Gauthier. On a fait plusieurs por-
traits de Rameau; le premier a été gravé par
Delattre, in-4° ; le deuxième et le plus beau a
été fait par Renoist , d'après Restout, in-fol. ;
le troisième a été gravé par Saint- Aubin, d'après
Caffieri. Le petit portrait en pied de Carmontelle
est plein d'esprit : c'est celui qui représente le
mieux l'aspect du grand musicien , quoique le
dessinaleur ait un peu cherché la caricature. On
trouve aussi le portrait de Rameau , gravé par
Masquelier, dans le deuxième volume de VEssai
sur la musique de La Rorde , au frontispice de
la 12 me année de la Gazette musicale de Leip-
sick, dans les Essais physiognomoniques de
Lavater, et dans plusieurs autres ouvrages.
Célèbre comme organiste, plus célèbre en-
core comme compositeur dramatique , Rameau
semble pourtant n'avoir voulu faire de ces titres
de gloire que l'accessoire de sa renommée , tant
il s'est élevé par la création de son système
d'harmonie, quels qu'en soient d'ailleurs les dé-
fauts. On a parlé diversement de ce système, et
l'on se fait en général une fausse idée de sa
portée et de son mérite. 1! n'est pas vrai, comme
l'ont prétendu plusieurs écrivains fiançais, qu'a-
vant Rameau il n'y eût dans la science de l'har-
monie et de la composition qu'un amas indi-
geste de règles arbitraires, sans liaison entre
elles, et souvent contradictoires. Il n'est pas
v^i non plus que toutes ces règles se soient éva-
nouies en présence de la basse fondamentale, ni
que celle-ci ait pu en tenir lieu ; car tous les
préceptes de l'art d'écrire formulés par les an-
ciens écrivains didactiques ont pour base les lois
éternelles de la tonalité , tandis que les règles
du système de la basse fondamentale sont sou-
vent en contradiction avec ces lois. Mais ce n'est
point là qu'est la gloire de Rameau, et ceux qui
l'ont vanté sous ce rapport n'ont pas compris
plus que lui le mérite de son œuvre. J'ai expli-
qué, dans mon Esquisse de l'histoire de l'har-
monie (l), quelle était la situation de la science
U) Gazette musicale de Paris, année 1840, ip» 35 ct4S>
172
RAMEAU
avant Rameau, et quels ont été les résultats
réels de ses travaux. L'exposé analytique de
ces choses est trop étendu pour trouver place ici,
et je suis obligé de renvoyer, pour les détails, à
cette partie de mon travail : je me bornerai à
indiquer les faits principaux.
L'art d'écrire la musique en harmonie avait
reçu dans le moyen âge le nom de contrepoint.
Les règles de cet art, perfectionnées par l'ob-
servation et par un sentiment plus exercé ,
avaient été puisées dans la conformation de la
gamme et dans la tonalité dont elle est la for-
mule. Deux accords consonnants (l'accord par-
fait et l'accord de sixte) et les dissonances intro-
duites dans ces accords par des moyens artificiels,
composaient tout le domaine harmonique de
ces premiers temps. Plus tard, on y introduisit
les accords dissonants, appelés naturels, parce
qu'ils sont les produits immédiats de la constitu-
tion de la tonalité. Les auteurs de traités de
contrepoint n'imaginèrent pas de rechercher l'o •
rigine des harmonies; mais ils constatèrent tout
ce qui, dans leurs successions, satisfaisait aux
exigences de la tonalité ou les blessait. De là les
règles formulées dans leurs écrits. Lorsque l'har-
monie desvoix cnusagejusqu'àla fin du seizième
siècle, eut fait place aux chants à voix seule, ac-
compagnés par i'orgue ou le clavecin, il fallut
indiquer aux accompagnateurs l'harmonie qu'ils
devaient faire entendre sur la basse écrite qu'on
leur donnait pour les guider; cette basse prit
le nom de basse continue , et l'on imagina de
placer au-dessus de ces notes certains chiffres et
signes qui faisaient connaître les principaux inter-
valles des accords qui devaient les accompagner.
Telle est l'origine de la science de l'harmonie.
Les travaux des harmonistes italiens et allemands
ajoutèrent des faits nouveaux aux faits primitifs
de cette science , pendant le dix-septième siècle
et au commencement du dix-huitième; ils s'atta-
chèrent surtout à perfectionner l'art de l'accom-
pagnement sur le clavier, qui était l'objet es-
sentiel de la basse continue ; mais, ainsi que les
auteurs de traités de contrepoint, ils se livrèrent
bien moins à des recherches sur la constitution
des accords qu'à l'analyse des circonstances har-
moniques et tonales de leur enchaînement. C'est
dans cet esprit que furent rédigés les livres de
Gaspariui.oe Printz, de Werckmeisler, de Niedt,
de Iloiniclien et même de Mattheson. Ce n'est pas
à dire pourtant que les règles contenues dans
leurs ouvrages ne soient, comme on l'a dit, dic-
tées que par une aveugle routine, car elles étaient
le produit de l'observation et les conséquences
nécessaires des lois de la tonalité , comme les
règles du contrepoint : seulement il y manquait le
point de vue scientifique , et la conception d'un
système de théorie.
C'est en cet état que Rameau trouva l'art.
Livré à la lecture des livres de Mersenne, de
Descartes et de Zarlino, dans sa solitude de Cler-
mont, il y puisa la connaissance des nombres
appliqués aux intervalles des sons. Une proposi-
tion de Descartes, où ce philosophe pose en fait
que l'oreille ne saisit naturellement que les inter-
valles représentés par les nombres 1 , 3 , 5 et
leurs multiples, le conduisit à considérer l'accord
parfait majeur, produit par la génération de ces
nombres, comme le type de toute harmonie,
i lui fournissait le son fondamental ; 1 , l'oc-
tave; 3, l'octave de la quinte; 4, la double oc-
tave du son fondamental , 5, la double octave de
la tierce, etc. Considérant les sons d'octaves
comme identiques avec les sons primitifs, il rap-
prochait les intervalles et y trouvait l'accord par-
fait. Pour la formation de tous les autres ac-
cords, il lui parut qu'il ne s'agissait plus que
d'ajouter d'antres sons à la tierce inférieure ou
supérieure des accords parfaits majeur, mineur,
ou d'en supprimer d'un côté pendant qu'en en
ajoutait de l'autre. C'est par ces additions de
tierces qu'il formait tous les accords de sep-
tièmes, de neuvièmes, etc. A l'égard des accords
où la sixte et la quarte étaient caractéristiques de
l'harmonie, il les obtenait parle renversement des
accords primitifs. Cette génération des accords,
qui obligeait Rameau à transposer l'accord par
fait pour trouver les autres intervalles nécessaires
à la formation des accords dissonants, ne lui per-
mettait pas de faire entrer dans son système les
considérations de tonalité, et tous les accords
étaient autant de faits isolés qui n'avaient plus
entre eux de rapport de succession. Dès lors
toutes les règles des anciens harmonistes s'éva-
nouissaient. Trop bon musicien pour ne pas
comprendre qu'après avoir rejeté ces règles de
succession et t de résolution des accords, incom-
patibles avec son système, il devait y suppléer
par des règles nouvelles qui n'y fussent pas con-
traires, il imagina sa théorie de la basse fonda-
mentale. Cette basse n'était qu'un moyen de
vérification de la régularité de l'harmonie, et
non une basse réelle : c'est pourquoi Rameau
l'ait remarquer dans son Traité d'harmonie
(p. 135), qu'on ne doit pas s'arrêter aux succes-
sions d'octaves et de quintes consécutives qu'elle
exige. Il prescrivit des règles pour la formation
de cetts basse, mais ii ne put les établir que
«l'une manière arbitraire : tout s'opposait à ce
qu'il en exposât une théorie rationnelle, basée
sur la nature môme de l'harmonie. Ces règles.
avaient le défaut d'être insuffisantes poui mie
RAMEAU
173
multitude de cas, et d'être fausses dans quel-
ques-uns. De plus, comme elles n'élaient qu'un
moyen de vérification des fautes qui pouvaient
échapper en écrivant, elles ne remplissaient pas
les mêmes fonctions que celles des anciens har-
monistes , dont l'objet était de faire éviter ces
fautes. Tel est le système exposé par Rameau
dans son Traité de fharmonie, publié en
1722. Nonobstant ses vices radicaux, qui ne vont
pas à moins qu'à l'anéantissement de la correc-
tion dans l'art d'écrire, ce système, le premier
où l'on a essayé de donner une base scientifi-
que à l'harmonie, est une création du génie. Il
renferme d'ailleurs une idée vraie, féconde, et
qui seule eût immortalisé son auteur : je veux
parler de la considération du renversement des
accords, qui appartient à Rameau et sans la-
quelle il n'y a pas de système d'harmonie possi-
ble. Si nous nous plaçons au point de vue de la
situation où se trouvait Rameau lorsqu'il con-
çut le sien , nous ne pourrons lui refuser notre
admiration pour la force de tête qui brille dans
cette conception.
Le phénomène de la production sensible des
harmoniques de l'accord parfait majeur dans cer-
tains corps sonores, avait été observé antérieu-
rement à la publication du Traité d'harmonie :
Rameau, en ayant eu connaissance, y vit une
confirmation manifeste de son système de l'har-
monie primitive, puisée dans la nature. Enthou-
siasmé par ce fait, dont la portée n'est pas ce quïl
supposait, il en développa les conséquences dans
son Nouveau système de musique théorique,
publié en 1726. C'est dans cet ouvrage qu'il
commença à se jeter dans un étalage de démons-
trations de physique et de calculs par lesquels il
espérait relever le mérite de sa théorie, mais qui
n'ont au fond que peu de valeur. Dès qu'il fut
entré dans cette voie, son esprit s'y abandonna
sans réserve ; le premier fruit de ses méditalions
géométriques fui la publication de son Traité de
la Génération harmonique , suivi de la Dé-
monstration du principe de Vharmonie, et
de plusieurs autres écrits où la manie du calcul
finit par conduire l'auteur du Traité d'iuirmonie
jusqu'à vouloir démontrer que tontes les sciences
ont leur origine dans les proportions fournies
par le corps sonore; car, dans l'ignoranee où l'on
étaitalors d'une multitude de phénomènes acous-
tiques, Rameau était persuadé quêtons les corps
sonores produisaient les mômes sons harmoni-
ques, quelles que fussent leurs formes, leurs di-
mensions et le mode d'action vibratoire qu'on
leur imprimât. L'Académie des sciences, et d'A-
lembert lui-même eurent le tort d'encourager Ra-
meau à persévérer dans cetle fausse direction,
par des rapports sur ces ouvrages où l'on trouve
des passages tels que celui-ci : « Ainsi l'har-
« monie, assujettie communément à des lois
« arbitraires ou suggérées par une expérience
« aveugle, est devenue, par le travail de Ra-
« meau, une science plus géométrique, et à
« laquelle les principes mathématiques peuvent
« s'appliquer avec une utilité plus réelle et plus
« sensible qu'ils ne l'ont été jusqu'ici (1). » Plus
tard, et lorsque Rameau eut déclaré la guerre
aux encyclopédistes dans son pamphlet inti-
tulé : Erreurs sur la musique dans l'Encyclo-
pédie (Paris, 1755), d'Alembert essaya de jeter
i quelque ridicule sur les prétentions du musicien
à passer pour un géomètre, et voulut lui dé-
montrer, dans une lettre imprimée en 1758, que
le corps sonore ne donne par lui-même aueune
notion des proportions des intervalles dont il fait
résonner les harmoniques; mais il avait affaire à
un rude jouteur, qui ne s'effrayait point s l'i'dée
d'entrer en discussion avec les plus savants,
n'ayant nul souci de leurs arguments, et se com-
plaisant aux siens. Il avait osé se mesurer avec
Eu 1er, dont il ne comprenait gnère l'Essai sur
une nouvelle théorie de l'harmonie; il ne recula
pas devant la nécessité de répondre à d'Alembert
sur des matières de physique et de calcul, comme
s'il ne se fût agi que d'une question de basse
fondamentale. Le savant géomètre français au-
rait dû être averti du danger qu'il y avait à en-
courager Rameau dans ses fantaisies de science,
par ce qui était arrivé au P. Castel. Ce jésuite
avait accueilli avec bienveillance l'organiste de
Clermont à son arrivée à Paris, en 1721 , et
bien que peu instruit dans la musiqnc à cette
époque, il avait fort goûté l'idée de sa basse
fondamentale, et l'avait engagé à continuer ses
travaux sur cette matière. Quatorze ans après,
le même P. Castel, dans la seconde partie de ses
Nouvelles expériences d'optique et d'acousti-
que, insérée parmi les Mémoires de Trévoux
(août 1735, p. 1635), ayant cité un passage de
la Musurgiaàe Kircher,qui semblait indiquer la
première idée de la basse fondamentale, Rameau
lui fit une rude réponse dans le même recueil
(juillet 1736, p. 1691 ), et n'y montra pas cette
modestie dont parlent ses panégyristes. Mais la
partie était trop forte pour lui : la réplique du
jésuite ne se fit pas attendre (septembre 1736,
p. 1999) (2) : elle fut catégorique. « J'ai toujours
(1) Rapport de 1749, imprimé à la fin de la Démonstra-
tion du principe de l'harmonie, pag. xiv. Le texte de
ce rapport est altéré dans la Biographie universelle de
M. Michaud, t. 37, pa(f. 32.
\t) M. Maurice Bourges s'est trompé sur l'objet de la
dispute, et sur les torts qu'il a attribués au I'. Castel
174
RAMEAU
« admiré ( «lit-il ) et j'admire encore quatre pen-
« sées sublimes de cet auteur ( Rameau ) sur son
« art : i° sa basse fondamentale; — 2° ses
« accords fondamentaux; — 3 P leur structure
« par tierces , — 4° leur renversement par sixtes,
« quartes, secondes, etc. Je ne m'en dédirai, je
« crois, jamais. Après cette protestation, M. Ra-
« meau doit voir que je suis fort éloigné de le
« chicaner et de le suivre même dans les chicanes
« qu'il fait à Kircher (p. 2003). Je lui dis...
« que son grand objet devait être «IVclaircir et
« <l'étendre ses premières vues, et de fixer sur-
« tout la modulation. 11 en jugea autrement. Il
« prit quelques arrangements du côlé de la géo-
« métrie, comme on le voit par son second ou-
« vrage sous le nom, je crois, d'Introduction ou
« de supplément au Traité de l'harmonie, et
« nous donna dans cet ouvrage quelques ta-
« blés de nombres harmoniques qui ne vont
« à rien (p. 2020). » Il est assez remarquable
que le P. Castel, auteur d'une analyse fort louan-
geuse delà basse fondamentale, publiée dans les
Mémoires de Trévoux, et d'Alembert, qui s'é-
tait donné la peine d'extraire ses Éléments de
musique des œuvres de Rameau , dans le des-
sein de rendre plus populaire cette même basse
fondamentale, finirent tous deux par s'en «lé- !
goûter, et firent de très-solides objections contre
cet objet de leur ancienne admiration, le premier
tlans les mômes Mémoires de Trévoux (août
173.">), l'autre «lans une polémique qui parut
en 1700. Lu somme la gloire de Rameau, comme
théoricien, réside dans îe Traité d'harmonie;
ce qu'il publia dans la suite n'y ajouta rien; mais
tous ces livres et ces pamphlets occupèrent le
public de la basse fondamentale, et lui procurè-
rent une vogue dont il n'y eut jamais d'exempte
à l'occasion d'une science nouvelle, et oui dura
près «le quatre-vingts ans. Le règne «le la basse
fondamentale n'était pas encore passé au com-
mencement «lu dix-neuvième siècle, car on voit
dans les procès-verbaux des séances du Conser-
vatoire, pour la détermination d'une théorie «le i
l'harmonie ( 2 et 5 juin 1801 ), que le système
«le Rameau fut tour à tour attaque et défendu; |
mais l'adoption «le la théorie <lc Catcl ni bientôt ■
oublier celle de la basse fondamentale. Grimm, I
«lont la mauvaise foi égale l'ignorance «les faits, !
assure que les écoles d'Italie et d'Allemagne n'ont
jamais entendu parler des livres de Rameau con-
cernant L'harmonie (Corresp. lillér., octobre
1764, tome 4, page 81) : or, il e>t précisément
démontré que ces ouvrages ont fait naître les
lorsqu'il » « 1 1 r qu'après h r«'pon<c <lr Hameau, le f CttS'
tri )«<• tou/flu mot {Canette mu uvale ,u< Paru, pag. t *>
, premières idées de théorie d'harmonie en Alle-
magne et en Italie, comme ils donnèrent naissance
à des multitudes de systèmes chez les Français.
La seule pensée de la possibilité «l'une théorie
scientifique de l'harmonie fut un trait de génie
qui remua le monde musical et qui même encore
aujourd'hui exerce son influence. Le Traité de
Vharmonie a été l'origine du Tentamenà''E\\\er,
et du système de Tartini ; ce fut le système de
la basse fondamentale modifié que Marpurg in-
troduisit en Allemagne dans son Manuel de la
basse, continue, et dans la traduction «les Élé-
ments «le musique de d'Alembert; Sorge, bien qu'il
eût fait choix d ; un autre principe, se rallia à l'i-
dée émise par Rameau de la nécessité d'une base
scientifique pour la théorie des accords; Matthe-
son lui-même, dans ses grossières injures contre
l'auteur du Traité d'harmonie, prouve qu'il
était vivement préoccupé de cet ouvrage; Martini,
dès 1757, discutait, dans le premier volume de
son Histoire générale de la musique, les opinions
de Rameau, et l'appelait célèbre scriltore di
mxisica tcorica c pralica de' nostri giorni ,•
enfin, la formation des accords dissonants par des
additions de tierces , et l'extension du principe
de renversement des accords ont été les sources
du système de Vaiotti et de Sabbatini. Il est donc
certain que, loin de mériter les dédains de Grimm,
les livres de Rameau, malgré leurs énormes dé-
fauts, ont eu plus de succès et ont exercé une
influence plus universelle «juaucun antre traité
«le musique.
Voici la liste des ouvrages de Rameau, con-
cernant la tbéorie de la musique et de l'harmo-
nie : 1° Traité de l'harmonie réduite à ses
principes naturels; divisé en quatre livres,
[.ivre I : Du rapport des raisons et propor-
tions harmoniques. Livre II : De la nature
et de la propriété des accords, et de tout ce
qui peut servir à rendre xine musique par-
faite. Livre III : Principes de composition.
Livre IV : Principes d?accompagnement, Pa-
ri-;, J.-IJ. -Christ. Ballard, 1722, 1 vol. in-4° <!<>
432 pages, avec un supplément de 17 pages,
l.'r.e traduction anglaise du Traité de l'Har-
monie a élé faite par Griffith Joncs ; elle a pour
titre : Treatise. on Ilarmonij, in u/iick the
l'rïnciples of accompaniment are fully ex-
plaincd and illustrutcd by a varietij of
examplcs, translatai from the French. Lon-
dres, mfol. (sans date), il existe aussi une
version anglaise «lu troisième livie de cet ou-
vrage, intitulée : ,1 Treatise of Music.contain-
ing the principes of composition^ Londres,
J. Ii.ncb, sans date ( 1737), k''- i" •«" «le !SO
l>ag<«. Une deuxième édition «le cette traduction
RAMEAU
1-75
a été publiée à Londres, chez Murroy, en 1752,
in 4° de 176 pages, — 2° Nouveau système de
musique théorique, où l'on découvre le prin-
cipe de toutes les règles nécessaires à la pra-
tique, pour servir d'introduction au Traité
d'harmonie, Paris, J.-B.-Clir. Ballard, 1726,
in-4° de 114 pages. — 3o Plan abrégé d'une
méthode nouvelle d'accompagnement pour
le clavecin ( dans le Mercure de France, mars
1730). Cet écrit était destiné à annoncer l'ou-
vrage suivant : — 4° Dissertation sur les dif-
férentes méthodes d'accompagnement pour
le clavecin ou pour l'orgue: avec le plan
d'une nouvelle méthode établie sur une mé-
canique des doigts que fournit la succession
fondamentale de l'harmonie ; et à l'aide
de laquelle on peut devenir savant com-
positeur et habile accoinpagnateur, même
sans savoir lire la musique (!), Paris, Boivin ,
1732, in-4° de 63 pages. Une deuxième édition
de cet écrit a été publiée en 1742. — 5° Lettre
au P. Castel, au sujet de quelques nouvelles
réflexions sur la musique (dans les Mémoires
de Trévoux, juillet 1736, p. 1691 et suivantes).
— 6" Génération harmonique, ou Traité de
musique théorique et pratique, Paris, Prault,
1737, in-8° de 201 pages, avec des plancbes. —
" a Démonstration du principe de l'harmonie,
servant de base à tout l'art musical; Paris,
Durand, 1750, in-8* de 112 pages, avec le rap-
port des membres de l'Académie royale des
sciences en xlvii pages. — 8° Nouvelles ré-
flexions sur la Démonstration du principe
de l'harmonie, servant de base à tout l'art
musical, Paris 1752, in-8° de 80 pages. — 9° Ré-
flexions de M. Rameau sur la manière de
former la voix, d'apprendre la musique, ci
sur nos facultés pour les arts d'exercice
(dans le Mercure de France, octobre 1752. Il
a été lire quelques exemplaires séparés de cet
écrit. — 10" Extrait d'une réponse de M. Ra-
meau à M. Euler sur l'Identité des octaves,
d'où résultent des vérités d'autani plus cu-
rieuses qu'elles n'ont pas encore été soupçon-
nées; Paris, Durand, 1753, in-8° de 41 pages.
— 11° Observations sur notre instinct pour
la musique et sur son principe ; Paris, Prault,
1754, iu-8°de 125 pages. — 12° Erreurs sur la
musique dans l'Encyclopédie: Paris, S. Jorry.
1755, in-8° de 124 pages. — 1-3° Suite des Er-
reurs sur la musique dans l'Encyclopédie;
Paris, S. Jorry, 1756, in- 8° de 39 pages. — 14° Ré-
ponse de M. Rameau à MM. les éditeurs de
l'Encyclopédie sur leur dernier avertissement ;
Paris, S. Jorry, 1757, in-8° de 54 page?. —
15° Lettre de M. d'Alembcrt à M. Rameau
concernai:! te corps sonore, avec la réponse
de M. Hameau; Paris, sans date ( 1758), in-8"
de 36 pages. — 16" Prospectus du code de
musique; Paris, Durand, sans date (1759),
une feuille in-s". — 17° Code de musique pra-
tique, ou Méthodes pour apprendre la mu-
sique, même à des aveugles, pour former la-
voix et l'oreille, pour la position de la main
avec une mécanique des doigts sur le clavecin
et l'orgue, pour l'accompagnement sur tous
les instruments qui en sont susceptibles, et.
pour le prélude : avec de nouvelles réflexions
sur le principe sonore; Paris, de l'Imprimerie
royale, 1760, in-4"de 237 pages, avec des plan-
cbes. — 18° Origine des sciences, suivie d'une
controverse sur le même sujet, Paris, 1761
in-4°. — 19° Lettre aux philosophes, concer-
nant le corps sonore et la sympathie des tons
(dans les Mémoires de Trévoux, 1762, p. 465-477).
Rameau a laissé en mauuscrit : — 20° Traité
de composition des canons en musique,
avec beaucoup d'exemples. — 21° Vérités in-
téressantes peu connues jusqu'à nos jours. —
22° Des avantages que la musique doit reti-
rer des nouvelles découvertes (inachevé). Une
analyse générale des théories de Rameau a été
publiée, sous ce litre : Réflexions sur divers
ouvrages de M. Rameau, par M. du Char-
ger, de Dijon, Rennes, 17G1, in-12.
Les opéras, ballets et divertissements de Ra-
meau sont ceux dont les titres suivent : 1° Di-
vertissements Atl'Endriague, comédie de Piron,
pour l'Opéra-Comique de la foire Saint Germain,
en 1727. — 2° Idem pour la Rose, au même
théâtre, 1728. — 3° Idem pour le Faux pro-
dige , au même théâtre. — 4° Idem pour V En-
rôlement d'Arlequin , au même théâtre. —
5 1 ' Idem pour les Courses de Tempe, au Théâ-
tre français, 1734. — 6° Samson, tragédie lyri-
que de Voltaire, non représentée, 1732. —
7° Hippolyte et Aride, idem, représentée en
1733. — 8° Les Indes galantes , opéra-ballet,
1735. — 9° Castor et Pollux, tragédie lyrique,
1737. -- 10° Les Talents lyriques, opéra-ballet,
1739. — 11° Dardanus, tragédie lyrique 1739.
— 12° Les Fêtes de Polymnie, opéra-ballet,
1745. — 13° La Princesse de Navarre, comédie
avec intermèdes, 1745. — 14° Le Temple de
la Gloire, opéra-ballet, 1745. — 15° Les Fêles
de l'Hymen et de l'Amour, idem, 1747. —
16° ZeCis, opéra-ballet, 1748. — 17° Pygmalion,
idem, 1748.— l8°A"Gfe,idem,1749.— i9° Platée,
opéra bouffon, 1749. —20° Zoroaslre, tragédie
lyrique, 1749. — 21° Acante et Céphise, pas-
torale héroïque, 1751. — 22° La Guirlande,
ira ballet, 1751. — 23° DaphnéetÉglé, idem,
I7G
RAMEAU — RAMIS
1753. — 24° Lysis et Délie, idem, 1753. —
— 25° La Naissance d'Osiris, idem, 1764. —
— 26° Anacréon, idem, 1754. 27° Zéphire,
idem. — 28° Nélée et Mirthis, idem. — 29° lo,
idem. — 30° Le Retour (TAslrée , prologue,
1757. — 31° Les Surprises de l'Amour, opéra-
ballet, 1759. — 32° Les Sybarites, idem, 1759.
— 33° Les Paladins, idem, 1760. — 3i° Abaris
ou les Boréades , tragédie lyrique, non repré-
sentée. — 35° Linus, idem. — 36° Le Procureur
dupé, opéra-comique, non représenté. Les par-
titions des principaux de ces opéras ont été im-
primées, mais seulement avec les parties chan-
tantes, la basse, les ritournelles et la pariie de
premier violon (1). Rameau a. laisse en manuscrit
les motets avec chœurs : lnconvertendo ; Quam
dilecia; Deus nosler refugium , et quelques
autres. Le motet Laboravi , à 5 voix et orgue,
est imprimé dans le troisième livre du Traité
d'harmonie. On a aussi de ce compositeur des
pièces de clavecin d'un mérite très-remarquable.
Elles ont paru sous les titres suivants : 1° Pièces
de clavecin avec une table pour les agréments,
Paris, 1731, in-fol. obi M. Farrenc cite, dans
sa Notice, une édition de ce premier livre de
pièces sous la date de 173!, Paris, in-fol. obi.
J'en possède un exemplaire dont le titre, im-
primé en caractères mobiles, a été vraisembla-
blement renouvelé, et porte la date de 173G. —
4° Nouvelles suites de pièces de clavecin, avec
des remarques sur les différents genres de
musique, ibid. (sans date), in-fol. obi. Ces der-
nières pièces sont fort belles. — 5° Pièces de
clavecin en concerts (cinq) , avec un violon
ou une flûte , et une viole ou un deuxième
violon ; Paris, Leclerc, 1741, in-fol. M. Farrenc
en possède un exemplaire qui porte la date de
1752. Il a été fait une édition de ces pièces à
Londres. On est redevable à M. Farrenc d'une
nouvelle et excellente édition des deux suites de
pièces de clavecin de Hameau, insérée dans la
(1) Les opéras de Rameau ont donné lieu aui pamphlets
suivants : 1° /Mire de M. de'" à M" ,c '", sur les opéras
de i'i;:ir -luii, Ilippulylc et Arlcle; Paris, 1743, in-8°. —
2° Lettre à l'auteur de la lettre de M. de'" à M""'",
s ur les opéras, etc. (Dans le Journal littéraire intitulé :
Observations sur les écrits modernes, 3 mars 1743. —
3" Réponse de fauteur de ia lettre de M. de"-', etc., à la-
lettre qui lui a été adressée dans les Observations sur les
écrits modernes; Paris, 1743, Une feuille in-'j. — 4° Lettre,
Critique sur l'opcra de Castor et Pollux (dans le Mercure
de i-'rance, avril 1172). — 5° Réponse à la critique de
l'opcra de. Castor, et observations sur la musique; Paris,
1773, ln-12. — 6° Lettre de M. le baron delà Vieille- Croche,
au sujet de topera de Castor et Pollm, donne à Ver-
sailles le 10 mal 1777, Paris. 1777, ln-8». — T> Le For-
geron musicien. Lettre critique sur la musique des
Indes galantes; Paris (sans datc),in-12
première livraison de sa précieuse et sptendide
collection intitulée Le Trésor des pianistes.
Enfin Rameau a laissé en manuscrit des pièces
d'orgue.
Maret , de l'académie de Dijon, a publié un
Éloge historique de Hameau ; Paris , 1706 ,
in-8°. Cet éloge se trouve aussi dans le recueil
de l'académie de Dijon. Il en a été fait une
deuxième édition, à Dijon, en 1770, in-8°. Chaba-
non avait déjà* publié un éloge de ce grand artiste,
Paris, 1764,in-l>. Palissot en a donné un autre
dan:; le Nécrologe des hommes célèbres pour
l'année 1765. Le Mercure de France contient
aussi un Essai d'éloge historique de feu
M. Rameau (année 1765 , tome l* r ). Enfin il
s'en trouve un autre dans l'écrit intitulé Ordre
chronologique des deuils de cour, pour Van-
née 1764. Gautier- Dagoty fils (Jean-Raptiste), a
donné, en 1771, dans la Galerie française,
in-fol., la vie de Rameau avec son portrait
gravé par Bénolst, d'après Restout. On trouve aussi
une notice sur la vie et les ouvrages de ce mu-
sicien, dans l'Ami des Arts, par de Croix (Paris,
1776, in- 1.1, p. 95-124); M. Maurice Rourges
en a donné une autre dans la Gazette musicale
de Paris (année 1839, p. 201-205, 228-230); et
M. Farrenc a donné aussi, dans la première li-
vraison du Trésor des pianistes, une Notice
biographique de Jean-Philippe Rameau.
Enfin, M. Solié, (ils de l'ancien acteur de l'Opéra-
Comique, a publié : Études biographiques sur
les compositeurs qui ont illustré la scène
française :. Rameau, Ancenis, 1853, in-8°. Jean-
François Rameau, neveu du compositeur, a pu-
blié un poème en cinq chants, intitulé la Ra-
méide (Paris, 1766, in-8*), dont la vie et les
travaux de son oncle sont le sujet. On en a fait,
dans la même année, une parodie qui a pour
titre la Nouvelle Ramé[de, in-8° de 30 pages.
RAMERlïV, ou RAMERINO (Jacques),
Florentin, vécut au dix -septième siècle. Il est
cité par Jean-Raptiste Doni , son compatriote et
son contempor&in comme le premier inventeur du
clavecin transposileur, dans son Traité de la
matière des tons, en français (p. 111 -du ma-
nuscrit original de la Rililirjthèque impériale de
Paris, n° 1089, fonds de l'abbaye de Saint-Ger-
main-des-Prés). Voici le passage de Doni : « Enfin,
« la diversité des tons que l'on entend au cla-
« vecin fabriqué par Jacques Ramerin, Florentin,
« auquel, par le changement de ressorts, le
« même clavier sert à divers tons différents, par
» degrés semi-toniques. »
RAMIS ou RAMOS DE PAREJA ou
PERE J A (IUhtiiolome), professeur de mu-
sique, naquit à Baeza , dans l'Andalousie, vers
RAMIS
177
1440. Bumey dit, dans son Histoire générale de
la musique, que Ramis fut professeur de musique
à Tolède; mais son erreur est manifeste, car
Ramis nous apprend lui-môme, dans un passage
du livre dont il sera parlé tout à l'heure, qu'a-
vant de se tendre à Bologne, il avait enseigné la
musique à Salamanque, qu'il y avait soutenu
une doctrine contraire à celle d'un certain maître
Osmcno, Espagnol, et qu'il y avait fait imprimer
un traité de musique dans sa langue mater-
nelle (i). Cette .publication a été faite antérieure-
ment à 1480, car suivant l'abbé Xavier Lam-
pillas ('2), Ramis avait quitté alors Salamanque
pour se rendre en Italie; et nous voyons en effel
qu'antérieurement au mois de mai 1482, il en-
seignait à Bologne, et y avait déjà formé des
élèves, parmi lesquels était J. Spataro ivotj. ce
nom). Dans une notice sur Jlamos de Pareja
insérée dans la Biographie universelle de Mi-
chaud (notice qu'on peut appeler un roman )
Bocous fait naître ce musicien à Salamanque, vers
1535, le fait appeler à Bologne en 1582 par le
pape Nicolas V,pour y occuper une chaire de
musique qui venait d'y être fondée, lui fait pu-
blier son traité de musique (dent il ne sait pas
le titre) en 1596, à Bologne, et le fait mourir
dans cette ville en 1611. Or le pape Nicolas V
monta sur le siège apostolique en 1447 et mou-
rut en 1455, c'est-à-dire cent vingt-sept ans
avant l'époque où Bocous prétend qu'il fit
venir Ramis à Bologne. A l'égard de la date vé-
ritable du séjour de celui-ci dans cette ville,
elle se prouve par celle de la publication de son
livre , par la critique que fit Burci de cet ou-
vrage (voy. Burci), par la défense de Ramis
écrite par son élève Spataro, et par d'autres té-
moignages contemporains. Ainsi il est démontré
que Rainis de Pareja vécut un siècle plus tôt
qu'il n'est dit dans la Biographie universelle
(tome 37, p. 54 et 55).
Bartholomé Ramis nous apprend (dans le se-
cond traité de son livre, concernant les propor-
tions de la notation), que son maître fut un
musicien nommé Jean de Monte, contempo-
rain de Busnois et d'Okeghem. Aaron a cité ce
passage dans le 38 me chapitre du premier livre
de son Toscanello in musica. La date de la
mort de Ramis est inconnue; il paraît qu'il vi-
vait encore en 1521, lorsque Spataro ou Spadaro
|1) Cure in studio legeremus Salmantino présente et co-
ram eo redarguimus, et in tractatui quem ibi in hac fa-
cultate lingua materna composuimus, Ipsi in omnibus
eontradiximus, etc. (Raml, De Musica. 'Tract. 2, Part. 1,
Cap. 6 )
(2) Saggio storico-apologetico délia letteratura spa-
•jtiwlu, t. Il, part. 2, p. 380.
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. — T. VU.
publia ses Errori de Franchino Gcfurio da
Bodi, dal maestro Joanne Spatario, musico
bolognese; in sua defensione , et del suo pre-
cetiore maestro Bartolomeo Ramis Hispano,
subtilmente demonstrati ; car aucune phrase
de celte polémique n'indique que le maître de
l'écrivain fût décédé.
Ramis fit imprimer les leçons de musique qu'il
avait données publiquement à Bologne dans un
livre intitulé : De Musica Tractatus, sive mu-
sica practica. Bononia (sic), dum eam ibid.
publiée legeret, impressa XI Maij 1482, in-4°.
Par des motifs inconnus, à peine cette édition
fut-elle mise au jour, qu'elle fut supprimée par
l'auteur, et remplacée par des exemplaires avec
des cartons qui portent ces roots au frontispice :
Editio altéra aliquant. mutata. Bononia die
5 junii 1482. Le P. Martini a possédé un exem-
plaire de chacun des deux tirages de ce livre ;
ils sont aujourd'hui dans la Bibliothèquedu Ly.cée
communal de musique , à Bologne. Celui de la
première édition est chargé de notes manus-
crites d'un auteur inconnu et d'Hercule Bottrigari.
Cet exemplaire est peut-être le seul que l'on con-
naisse aujourd'hui. Ceux de la seconde édition
sont aussi fort rares; je n'ai pu m'en procurer ua
qu'après dix ans de recherches dans les villes
principales de l'Italie. Gerber, sur une indication
incomplète du traité de musique publié à Sala-
manque par Ramis, puisée par de Murr dans les
Annales typographiques de Panzer, déclare dans
son nouveau Lexique des musiciens , que les
éditions de Bologne, citées par Forkel d'après le
P. Martini , n'existent pas. Or Panzer (Annal,
typog., t. IV, p. 417), d'après Caballero (Délia
typographia espanola , page 96) cite le traité
de musique en langue espagnole, publié à Sala-
manque, et non le traité latin qui parut à Bologne.
Le traité de Ramis est sans titre dans les deux
tirages de l'édition de 1482. La première page
porte en tête Prologus , et commence par ces
mots : Boetii musices disciplina quinque vo-
luminibus comprehensa, etc. Ce livre est com-
posé de 81 feuillets non chiffrés, mais avec des
signatures aux trois premières feuilles a, b, c.
L'ouvrage est divisé en trois traités. Les deux
tirages sont exactement semblables jusqu'au
commencement du septième chapitre de la pre-
mière partie, au feuillet signé b 3 ; mais la demi-
feuille signée b 3 a été entièrement réimprimée
pour le second tirage, ainsi que le commence
ment du huitième chapitre, pour des change-
ments de peu d'importance, et surtout pour faire
disparaître les abréviations trop nombreuses du
premier tirage. Dans le second, l'imprimeur a
oublié de marquer le commencement du huitième
12
178
RAMIS
chapitre. Le feuillet qui vient après cette demi-
feuille est semblable dans les deux tirages, ainsi
que tout le reste de l'ouvrage jusqu'au dernier
feuillet qui aété réimprimé. A la fin de l'Épilogue,
verso du feuillet 81, on lit dans les exemplaires
du second tirage : Explicit féliciter prima pars
musice egregie et fatnosi musici domini Bar-
tolomei Parea Hispani dum pubiice musica
Bononie legeret, in qua iota praciice can-
torum perlraclat. Impressa vero opéra et in-
dustriel ac expensis magistri Baltasaris de
Hiriberis, anno Domini M. CCCC. LXXXII.
die 5 iunii. Puis vient le registre des 3 pre-
mières feuilles. Dans le premier tirage, on lit à
la même place : Explicit musica practica Bar-
tolomei Rami de Pareia Hispani ex Betica
provincia et civitale Baeza Bien, dioces.
vel sufragaoriundi. Aime urbis Bononie dum
eam ibidem publiée legeret. Impressa anno
Domini millesimo quadringentesimo octo-
gesimo secundo, quarto idus maji.
Le livre de Ramis est divisé en trois traités
qui sont eux-mêmes subdivisés en deux ou en
trois parties. Le premier est relatif à l'éclielle
musicale et à la constitution des tons ; le second,
à la notation, à ses proportions et au contre-
point; le troisième, à la nature des intervalles et
à leurs proportions. Dans le premier, il critique
assez rudement les bexacordes du système at-
tribué à Guido, non à cause de la difficulté des
muances, mais parce qu'ils ne représentent que
des échelles incomplètes. Cette critique lui attira
de violentes attaques de Burci (voy. ce nom),
son contemporain. Dans la troisième partie du
troisième traité, il aborde la question de la réalité
sensible du comma 80 : 81, et propose de le faire
disparaître au moyen du tempérament. Il est
remarquable que Marchettode Padoue, Tinctoris,
Gafori, Burci, et après eux Pierre Aaron, Etienne
Vanneo et Glaréan, affirmaient la réalité sensible
du comma dans la théorie, mais n'en tenaient
pas compte dans la pratique. Salinas a fort bien
remarqué ( De musica, lib. 4, cap. 30, p. 223-
224) les contradictions de Gafori à ce sujet. Cet
écrivain, en effet, suit la théorie pure de Pytha-
gore et de Boèce dans son livre intitulé : 4?»-
gelicum ac divinum opus musicx (tract. I,
cap. 17), à l'égard de la quarle, contre les opi-
nions de Ptolémée, et dans le même livre, il adopte
la sesquiquarte et la sesquiquinte de ce der-
nier, contrairement à la doctrine de Boèce et des
pythagoriciens ; enfin il critique vivement, dans
le trente-quatrième chapitre du deuxième livre
de son traité De Harmonica musicorum ins-
trumentorum, la modération des tierces proposée
par Ramis, comme une conséquence nécessaire
des quintes et quartes justes. Mais Ramis fait un
très-bon raisonnement lorsqu'il propose son tem-
pérament pour faire disparaître le comma qui
donne lieu à ces contradictions manifestes : car
dit-il, ou le comma est sensible à l'oreille, ou
il ne l'est pas; dans le premier cas, il faut
faire une division générale des intervalles telle,
que la différence soit répartie sur tous ; dans
l'autre, il ne doit point apparaître dans la théorie.
Toutefois si Ramis est dans le vrai en ce qui
concerne la nécessité du tempérament, non dans
les voix, mais dans les instruments à sons fixes,
il se trompe en croyant le réaliser par les demi-
tons majeurs, dans la proportion de 15 : 16, et
faisant le ton d'ut à ré égal à 9 : 10, c'est-à-dire
un ton mineur, et le ton de ré à mi égal à 8 : 9,
proportion du ton majeur; car ces proportions ne
constituent pas un tempérament véritable : c'est
simplement le système diatonique synton de.
Didyme ivoy. ce nom) ; système dont Fogliani a
fait plus tard la base de sa théorie de la musique
{Musica theor. sect. 2, cap. 15, et sect. .",
cap. l , ) et qui a été reproduit par Yicentinn
( L'anlica Musica rid. alla moderna prat.
lib. I, cap. 25, p. 22), par Salinas (De Musica,
lib. II, cap. Il), et par Galilei ( Dial. delta
Musica, p. 33). L'erreur de Ramis consiste à
n'avoir pas vu que le diatonique synton de Di-
dyme n'est pas plus un tempérament que
celui de Ptolémée, qui en est la disposition in-
verse, en ce que, dans celui ci, ut et ré forment
un ton majeur égal à 8 : 9, et que réel mi sont
entre eux à la distance d'un ton mineur, égal
à 9 : 10; système adopté par Zarlino (Inst.it.
harmon.part.il, cap. 39), et qui est devenu la
base de la théorie numérique de la musique chez
la plupart des géomètres modernes. Le tempé-
rament, que cherchait Ramis, ne peut exister
que dans la division irrationnelle du ton en deux
demi-tons égaux; division de laquelle résulte le
tempérament égal, c'est-à-dire celui de la for-
mation de l'échelle chromatique en douze demi-
tons égaux dans l'étendue de l'octave; car c'est le
seul qui puisse être appliqué aux instruments à
sons fixes.
Ainsi qu'on le voit, Ramis abandonne dans son
Traité la doctrine de Boèce, qui avait été celle de
tous les musiciens du moyen âge; de plus, son
nouveau système l'oblige à entrer dans la consi-
dération de l'octave, avec laquelle le système des
bexacordes attribué à Guido d'Arezzoest incom-
patible. De là ses critiques contre les deux lu-
mières de la théorie de la musique de son temps;
mais ces critiques ne purent se produire sans
échauffer la bile des partisans de l'ancien système.
Nicolas Burci, do Panne, prêtre connu sous le
ÏIAMIS — RAMJUELSBERG
179
nom latinisé de Burtius , attaqua Ramis avec
violence dans un traité de musique publié à 'Bo-
logne en 1487 (voij. Bunci). Spataro, élève du
théoricien espagnol, prit la défense de son maître
dans un écrit qui parut en 1491 (voy. Spataro),
et la polémique sur les questions de proportions
des intervalles des sons et de tempérament se
renouvela avec ardeur quelques années après,
et se continua pendant une grande partie du
seizième siècle.
La Bibliothèque royale de Berlin possède un
précieux manuscrit du fonds de Pœlchau , qui
conlient un traité de musique attribué à Bartho-
lomé Ramis, écrit vraisemblablement dans les der-
nières années du quinzième siècle, et qui a tous
les caractères d'un manuscrit autographe. Cet
ouvrage, entièrement différent de celui qui a été
imprimée Bologne, en 1482, fut acheté à Catane,
en Sicile, le 3 décembre 1817, par Jean-Chrétien
Niemeyer, qui le céda à Pœlchau, dont la riche
bibliothèque musicale a été acquise par le roi de
Prusse. L'ouvrage est divisé en deux livres, et
le deuxième livre est subdivisé en quatre parties.
Les six chapitres du premier livre traitent de
la connaissance des noies et de leur distinction,
de l'échelle générale des notes dans le genre
diatonique, des modes et des tons, enfin, de la
solmisation. La doctrine qui y est développée est
basée uniquement sur le sentiment musical, c'est-
à-dire sur les sensations qui naissent des rap-
ports perceptibles des sons. Le second livre ren-
ferme la théorie arithmétique des proportions des
intervalles , et de leurs dispositions dans les
gammes des tons. L'auteur dit lui-même, au
commencement de son ouvrage : Ilunc nostrum
librutn musicse in duos partiales libros divi-
dimus ; primas de modis musicis sensuatiter
deprehensis; secundus rationis investigation
nem doccbit.
Primus liber : De parte judiciali musicse
quoad sensum videlicet et adsingula ad hune
modum requisita. La théorie exposée par Ramis
dans le second livre le ramène à son idée favo-
rite de ce qu'il considérait comme le vrai tempé-
rament propre à constituer la justesse approxi-
mative des intervalles.
A l'égard du traité rédigé à Salamanque par
Ramis en langue espagnole, on n'en a pas re-
trouvé de copie jusque ce jour; peut-être le
manuscrit dont il vient d'être parlé en est-il la
traduction latine.
RAMLER (Charles-Guillaume), professeur
de belles lettres à Berlin, naquit en 1725 à Cul-
berlen, dans la Poméranie, et fut placé dans la
maison des Orphelins de Stetlin, puis à celle de
Halle. Après avoir fréquenté l'université de cette
dernière ville, il se livra à la poésie, pour la-
quelle il avait reçu du talent de la nature. Fixé
plus tard à Berlin , il y fut nommé professeur au
corps des cadets. Frédéric 11 lui confia, de
moitié avec Engel , la direction du théâtre na-
tional ; mais sa santé l'obligea d'abandonner
cette position en 1796: toutefois on lui en con-
serva les appointements. Ramier mourut à
Berlin, le 11 avril 1798. Ses poésies jouissent
d'une haute estime en Allemagne. On a aussi
de lui quelques traductions d'ouvrages français
relatifs à la musique, entre autres Les Beaux-
arts réduits à un seul principe, de l'abbé
Batteux, Leipsick, 1758, in-8°, la Défense de
l'opéra français, dans les Essais historiques de
Marpurg (tome 2, pages 84-92), et la Disser-
tation sur le même sujet, par Rémond de Saint-
Mard (Essais historiques de Marpurg, t. 2, pages
181-194).
RAMM (Frédéric) , célèbre hautboïste, na-
quit à Manheim, le 18 r.ovembre 1744. Slark,
hautboïste du corps de musique militaire du
Palatinat, fut son maître et lui lit faire de si ra-
pides progrès, qu'à l'âge de quatorze ans il fut
admis dans la musique de la cour à Manheim.
En 1760, il entreprit son premier voyage, et se
rendit à Francfort, où il joua avec succès dans
un concert public. Puis il parcourut la Hollande
et fut partout accueilli avec faveur. De retour à
Manheim en 1761, il y resta jusqu'en 1772. A
cette époque, il visita Vienne, et joua à la cour,
devant l'empereur Joseph H et l'impératrice
Marie-Thérèse. En 1778, il se rendit à Paris et
excita l'admiration dans les concerts spirituels ;
puis il visita l'Italie, l'Angleterre et Berlin. Le roi
de Prusse lui offrit une position avantageuse
dans sa chapelle ; mais Ramm, engagé au service
de l'électeur de Bavière, ne voulut pas aban-
donner sa place. En 1807, il fit un troisième
voyage en Italie, et donna un concert à Milan.
De retour à Munich, il y fit son jubilé de 50 ans,
en 1809, et le roi de Bavière lui accorda son
traitement entier comme pension de retraite
après cinquante ans de service. Cet excellent
artiste, qui n'a jamais été surpassé pour la beauté
du son, la délicatesse et l'élégance du style, n'a
pas fait graver de compositions pour son ins-
trument. Je n'ai pas de renseignements sur l'é-
poque de sa mort : elle n'est pas indiquée dans
les Lexiques de Gassner et de Bernsdorff.
RAMMELSRERG (Jules), musicien de la
chambre du roi de Prusse, et violoniste de l'or-
chestre de l'opéra à Berlin, est né dans cette ville le
10 juin 1816. Les premières leçons de musique
et de violon lui furent données par Spiess,
membre de la chapelle royale, puis il devint
12.
180
RAMMELSBERG — RANDHARTINGER
élève de Hubert Ries, et Grell lui enseigna l'har-
monie. Cet artiste est considéré à Berlin comme
un bon violoniste, particulièrement pour l'exécution
des quatuors. Ses compositions consistent en un
trio pour piano, violon et violoncelle, plusieurs
morceaux pour violon et orchestre, trois sonates
pour piano et violon , environ 50 Licder et un
psaume; mais il n'a publié jusqu'à ce jour (1862)
qu'une sonate pour piano et violon, à Berlin,
chez Spiedler.
RAMOiXEDA (Ignace), moine espagnol,
directeur de la musique du couvent de Saint-
Laurent, à l'Escurial , près de Madrid, dans la
seconde moitié du dix-huitième siècle, s'est fait
connaître par la publication d'un traité de plain-
chant, intitulé : Arte de canio llano en com-
pendio brève, y vietodo muy facil para que
los particulares, qui debcn saperlo, adquiron
cou brevidad y poco trabajo la intclUgencia,
y destreza conveniente , Madrid, P. Marin,
1778, in-4" de 216 pages.
RAMOUX (L'abbé Gilles-Jcseph-Evrard),
rié à Liège, le 21 janvier 1750, fit de brillantes
études au collège des jésuites établi dans cette
ville, puis entra dans les ordres. Après la sup-
pression des jésuites par le pape Clément XIV,
l'évoque de Liège établit un collège communal
dont l'abbé Ramoux, bien jeune encore, fut
nommé professeur de rhétorique. En 1784, il
abandonna la carrière de l'enseignement pour
la cure de Glons, près de Liège, qui lui avait été
offerte. Il y passa le reste de ses jours, occupé
du soin d'améliorer le sort de ses paroissiens et
leur venant incessamment en aide. Ce digne ec-
clésiastique mourut à Glons le 8 janvier 1826, à
l'Age de 76 ans. 11 avait été l'un des fondateurs
de la Société d'émulation de Liège en 1779. L'abbé
Ramonx est, dit-on, l'auteur des paroles et de
la mélodie d'un chant national devenu populaire
dans le pays de Liège, et qui commence par ces
mots : Yaleurevx Liégeois .'
Un neveu de cet ecclésiastique, Michel-Jo-
seph Ramoux, qui fut président de la société
d'Orphée, de Liège, a fourni à plusieurs jour-
naux des articles de critique musicale et a tra-
duit de l'allemand les paroles de beaucoup de
chants en chœur. Un fils de celui-ci, Alphonse
Ramoux, né a Jemeppe-sur-Meuse, le 5 juil-
let 1817, eut one organisation toute musicale
qui se développa rapidement dans ses études au
Conservatoire de Liège. Déjà il se faisait remar-
quer dans les concerts par son habileté précote sur
le piano, et ses premières rtompositions indi-
quaient »n avenir d'artiste d'élite, lorsqu'une
fièvre cérébrale le mit au tombeau, le 14 septem-
bre 1835.
RAMP1AI (Jacques), maître de chapelle de
la cathédrale de Padoue, naquit dans cette ville
vers 1680. Il fit représenter au théâtre de Ve-
nise les opéras suivants : 1° Armida, en 1711.
— 2° La Gloria trionfante d'amore, 1712.
— 3° Ercole sul Termodonie, 1715.-4° Il
Trionfo délia costanza, 1717. Ce maître a
laissé en manuscrit beaucoup de musique d'église.
R AMPOLIIXI(Matteo), musicien florentin,
vécut dans la première moitié du seizième siècle
et fut attaché au service de Cosme de Médicis.
H fut un des compositeurs chargés d'écrire la
musique pour les fêtes qui eurent lieu à l'occa-
sion du mariage de ce prince avec Léonore de
Tolède, en 1539. Ses collaborateurs pour ces tra-
vaux étaient François Corteccia, Constant Eesta,
Masaconi et Moscbini. Les chants à quatre et cinq
voix qu'ils écrivirent pour ces fêtes ont été pu-
bliés sous ce titre : Musiche faite nelle nozze
Uello illustrissùno Duca di Firenze il Siqjwr
i Cosimo de Medici et délia illuslrissima Con-
sorte suaMad. Leonora da Tolleto. In Vene-
tia, nella stampa d'Antonio Gardano, nelV
anno del Signore 1539, nel mese di Agosto ,
petit in-4°oblong. Des exemplaires de cet ou-
vrage rare sont à la Bibliothèque impériale de
Vienne, et à la Bibliothèque de Saint-Marc, à
Venise.
RAAIPONT (Mansuès-François), docteur
en médecine de la faculté de Paris, médecin de
la grande armée , à l'époque du premier Empire
français, et membre de plusieurs sociétés médi-
cales, est né à Vadonville (Meuse), le 3 septem-
bre 1777. Au nombre de ses ouvrages, on trouve
un écrit intitulé De la voix et de la parole;
Paris 1803, 1 vol. in-S°. de 151 pages. Il y a
de bonnes observations mêlées à quelques erreurs
dans ce petit ouvrage : celles-ci concernent par-
ticulièrement la production simultanée du chant
et de la parole : l'auteur s'est persuadé que
dans cette réunion il y a uue double phonation
par le larynx, tandis qu'il est de toute évidence
qu'il n'y a qu'un son produit, avec uue articula-
tion de la langue, des lèvres et des dents, pour le
modifier. Kampont n'est pas seulement instruit
ddiis son art, car il a des connaissances en beau-
coup de choses. Il aime assez à traiter de haut
certaines questions de son livre et à entrer
dans le domaine de la philosophie , mais au
point de\ue purement sensualiste de l'époque
à laquelle il appartient. Condillac, Cabanis, et
même Helvétius, sont ses oracles.
RA\DHARTL\GER (Benedict), compo-
siteur et professeur de piano à Vienne, né le
27 juillet 1802 à Reprechtshofca (Autriche),
reçut de son père, maître d'école dans ce lieu, sou
RAINDÏÏARTINGER — RAOUL DE BEAUVES
181
instruction dans les éléments de ia musique. Sa
belle voix le fit admettre à i'âge de dix ans dans
l'institution de Vienne appelée Staats-Convict,
el dans les trois dernières années qu'il y passa,
il reçut de Salieri des leçons de chant et de com-
position . En 1832 ; i! entra comme ténor à la cha-
pelle impériale; en 1844 , il en devint le second
maître de chapelle. En 1840, il avait été nommé
chef d'orchestre du théâtre de la porte de Carin-
thie. On a quelques compositions de cet artiste
pour le piano, et beaucoup de Lieder. Rand-
hartingeraéerit aussi des symphonies,des mor-
ceaux de concert pour divers instruments , et l'o-
péra intitulé Kœnig Enzio. En 1843, ilal'ait exé-
cuter une messe solennelle desa composition, avec
orchestre, à l'église Saint-Étienne de Vienne.
RA1XGO (Conrad-Tibukce ) , professeur de
théologie à Greilswalde , surintendant général
de la Poméranie antérieure et de l'île de Rugen,
naquit à Colberg, en Poméranie, le 9 août 1C39.
Il mit une préface au livre choral de Jean Krtiger,
publié à Stettin en 1675. Ce morceau a été réim-
primé à la suite d'une lettre du môme auteur
sur la musique des cantiques anciens et nou-
veaux, intitulée : Senschreiben von der Mu-
sica, altcn und neuen Liedern, Greifswalde,
1694, in-4°.
RANGONI (Jean-Baptiste), littérateur ita-
lien et amateur de musique, a publié un opus-
cule concernant le style en musique et le carac-
tère du talent des trois violonistes célèbres Nar-
dini , Lolli et Pngnani. Cet écrit a pour titre :
Soggio sul guslo délia musica, col caratlere.
de' (re eelebri suonatori di viofino Nardini,
Lolli e Pvgnani,L\\6i\Tne, 1790, in-8°. Il y a
une deuxième édition de cet écrit, avec le titre
français : Essai sur le goût de la musique ,
avec le caractère des trois célèbres joueurs
de violon Nardini, Lolli et Pugnani, Livourne,
Tommaso Masi, in-8° de vu et 91 pages. L'ou-
vrage est en français et en italien.
RAXGOUSE (Jean), conseiller au parle-
ment de Toulouse, naquit dans cette ville en
1534. Poète et musicien, il écrivit un grand
nombre de ballades , de chants royaux, de
chansons et de pastourelles, et en composa les
airs, qu'on a chantés longtemps. Rémi Belleau
lui fournissait des paroles. Dans un voyage que
Rangousefit à Paris, il se lia avec Ronsard, qui
l'engagea à mettre en musique ses poésies ga-
lantes, et le musicien gascon s'acquitta de celle
lâche avec succès. L'amour vint rompre l'amitié
qui les unissait. On sait que Ronsard avait choisi
Hélène de Sugères, fille d'honneur de ia reine,
pour la dame de ses vers; Rangouse, devenu
amoureux de cette dame, lui proposa un ma-
riage secret et fut favorablement écoulé; mais
Ronsard , averti du coup qui le menaçait, pro-
posa à son rival un combat que celui-ci n'accepta
pas. Le magistrat musicien se retira dans sa pro-
vince et y mourut en 1569, à l'âge de trente-
cinq ans. A l'aurore de la révolution de 1789, on
voyait encore son tombeau dans le cloître de
Saint-Saturnin.
RANISCH (Christophe), né à Dresde en
1595, fut premier organiste de la eour de Geor-
ges 1 er , électeur de Saxe. Après avoir beaucoup
voyagé, il s'arrêta à Stockheim, où la place d'or-
ganiste lui fut donnée. Il y mourut à l'âge de
quarante-deux ans, en 1638. Ranisch était con-
sidéré comme un des plus grands organistes et
clavecinistes de son temps»
RANS (Nicolas De); Voyez NICOLAS
DE RANS.
RAIXTZIUS (Melchior), compositeur, né
en Silésie vers 1570, a publié les ouvrages sui-
vants ; i" Musikalische Bergreyen in Contra-
punlo colorato, da der Ténor intonierl, mit
vier Stimmen ( Mines musicales en contrepoint
fleuri à quatre voix sur le chant du ténor) ; Nu-
remberg, 1602, in-4° — 2° Farrago oder Ver-
mischung allerley Lieder da eine Stimme der
andern allzeit respondirt mit G Stimmen,
ibid., 1602, in-4°.
RAOUL DE LAON, frère du célèbre An-
selme, qui enseignait avec éclat à Lann, vers le
milieu du onzième siècle, fut lui-même un sa-
vant professeur dans les sciences et dans les lettres,
bien qu'Abailard le traite assez mal dans une de
ses épîtres. Raoul a laissé un traité de semito-
nio, dont le manuscrit existait autrefois dans la
bibliothèque du couvent de Saint-Victor, à Pa-
ris, sous le n° 758, et se trouve aujourd'hui à la
Bibliothèque impériale de cette ville, n° 534 du
supplément latin. Les auteurs de l'Histoire litté-
raire de la France disent (t. 7, p. 143) que l'ou-
vrage de Raoul de Laon , ainsi que celui de
Tbeolger, évoque de Metz, traitent du demi-ton,
qui est comme l'âme du chant, et en forme
les différences suivant sa situation. Ce pas-
sage donne lieu à deux remarques assez curieu-
ses : la première, que le traité de musique de
Tbeotger ( V. ce nom ) n'a pas le demi-ton pour
objet; l'autre, que La Borde ayant copié ce pas-
sage, une faute, d'impression a fait mettre dans
son livre Vaine du chant au lieu de Vdme du
chant; et sans être arrêtés par le non-sens de
cette phrase, Gerber, Forkel, Choron et Fayolle,
Lichtentbal, M. Beckcr et tous les autres com-
pilateurs l'ont copiée.
RAOUL DE BEAUVES, trouvère, était
ainsi nommé parce qu'il naquit à Beauvais, au
182
RAOUL DE BEAUVES — RAPICCIA
commencement du treizième siècle. H nous reste
cinq chansons notées de sa composition dans le
manuscrit de la Bibliothèque impériale, n° 65
(fonds de Cangé).
RAOUL, surnommé DE FERRIÈRES, parce
qu'il était né au bourg de ce nom, en Normandie,
fut poète et musicien. Il vivait en 1250. On a
de lui neuf chansons notées ; les manuscrits de
la Bibliothèque impériale, cotés 65 (fonds de
Cangé) et 7222 (ancien fonds) en contiennent
six.
RAOUL, comte de Soissons, de l'ancienne
maison de Nesle, était contemporain de saint
Louis, et ami de Thibault IV, roi de Navarre,
qui lui donne dans ses chansons le titre de Sire
de Vertus. Ce comte cultivait la poésie et la
musique. Les manuscrits de la Bibliothèque im-
périale nous ont transmis quatre chansons notées
de sa composition.
RAOUL (Jf,an-M\rie), amateur de musi-
que et violoncelliste distingué, né à Paris en
176G, fut d'abord avocat aux conseils du roi,
puis à la cour de cassation : plus tard il fut
longtemps employé dans les administrations
de l'État, et mourut à Paris en 1S37, à l'âge de
soixante et onze ans. Il a publié de sa com-
position : 1° Trois sonates pour violoncelle et
basse, op. 1 ; Paris, Pleyel. — 2° Airs variés
ou éludes ; ibid, — 3° Méthode de violoncelle,
contenant une nouvelle exposition des principes
de cet instrument, op. 4 ; ibid. — 3° Trois noc-
turnes à deux voix avec accompagnement de
piano; ib. — 5° Trois romances avec piano; Pa-
ris, Momigny. Vers 1810, Raoul conçut le pro-
jet de tirer la basse de viole de l'oubli où elle
était tombée. Devenu possesseur d'un excellent
instrument de ce genre, construit en 1521 par
Duiffoprugcar, pour le roi de France François !<*,
laquelle a passé ensuite dans la possession de
M. Vuillauine, il se livra à l'élude de son manche
et de son doigter; mais la faible sonorité de cette
basse lui fit comprendre la nécessité d'en changer
les proportions, et de les rapprocher de celles du
violoncelle moderne. Ce fut d'après cette idée
que M. Vuillaume, célèbre luthier de Paris, con-
struisit pour lui, en 1H';,7, une basse de viole d'un
nouveau modèle, montée de sept cordes , et qui
parut à l'exposition des produits de l'industrie
de cette même année, sous le nom iVheptacorde.
Les sept cordes de cet instrument, dont la plus
grave sonnait une tierce au-dessous de Yut du
violoncelle, étaient accordées de cette manière,
rn montant . la, ré, sol, ut, mi, la, ré. Raoul
a donné une notice sur cette variété de la basse
de viole dans 'la Revue musicale (tome II,
pages jC-01 ).
RAOUL ROCHETTE; voy. RO-
CHETTE.
RAOUX (....), facteur d'instruments de
cuivre , descendant d'une famille où la fabrica-
tion de ces instruments avait été pratiquée
pendant près d'un siècle, fut un des premiers
arlistes qui perfectionnèrent le système de
construction des cors. Il en fabriqua en argent
pourPuntoet pour Turschmidt, en 1778 et 1781.
Ce dernier a souvent déclaré que Raoux était
l'homme le plus habile de sa profession qu'il eût
rencontré.
Les fils de cet artiste lui ont succédé dans la
fabrication des cors, des trompettes et des autres
instruments de cuivre. L'aîné, élève de Danprat
pour le cor, a été attaché comme second cor à
l'orchestre du Théâtre italien depuis'1822. Vers
1850, les frères Raoux se sont retirés et ont cédé
leur établissement.
RAPHAËL ( Ignace-Wencesias ) , né à
Mûnchengraelz le 16 octobre 1762, apprit la mu-
sique en commençant ses études littéraires, et
reçut à Prague des leçons de plusieurs artistes,
pendant qu'il y suivait les cours de l'université.
En 1784 il commença, à se faire connaître avan-
tageusement par sa belle voix et par son talent
sur l'orgue. Appelé ensuite à Pesth, il y fut atta-
ché à l'orchestre du théâtre, et demeura plusieurs
années dans cette situation; puis il alla à Vienne,
s'y lia avec quelques artistes célèbres, et y pu-
blia quelques-unes de ses compositions. Les pro-
tections qu'il y trouva le tirent entrer dans la
chambre des comptes, où il eut un bon emploi.
La mort l'enleva dans sa trente-septième année,
le 23 avril 1799. Les ouvrages connus de Raphaël
sont : 1° Pater noster, à 4 quatre voix et or-
chestre. — 2° Te Deum , idem. Ces ouvrages,
exécutés à Vienne , y ont été considérés comme
excellents. — 3" La Fête des violettes, ballet
représenté à Vienne en 1795, avec un succès
édatant. — 4° Pygmalion, ballet, dont la mu-
sique fut considérée comme un modèle d'expres-
sion mimique. — 5° Virginie, mélodrame dont
il n'y a qu'une partie composée par Raphaël. —
6" Trois airs variés pour le piano, op. l, Offen-
bacli, André. — 7" Six variations, idem ; Vienne,
Mollo, 1796. — 8° Six idem; Vienne, Artaria.
— 9 & Marche pour la garde bourgeoise de Vienne,
pour piano; Augsbourg, Gombart. — 10° Marche
des volontaires «le la basse Autriche, idem; ibid. —
1 1° Six canons à 3 et 4 voix avec orgue ; Vienne,
— 12 u Chansons allemandes.
RAPICCIA (Honaventure), cordelier à
Castro Allier:, au diocèse d'Asti , dans le Pié-
mont, vécut dans la seconde moitié du seizième
siècle. On a de lui un livre intitulé : Dialoguai
RAPICCIA - RASTRELLl
183
de rubricis breviarii et missalis, adjunctis
aliquot observationibus canins Gregoriani;
Vercellis, apud Franc. Bonatum. 1592, in-4°.
RAPP( Jean-Dietkicu ou Tiiiekky), virtuose
sur la flûte, né dans le duché de Courlande,,
vers 1746 , suivit les cours de l'université de
Leipsick, et y étudia la théologie. Vers 1770, il
fui choisi comme musicien de ville à Mittau, et
pendant près de quarante ans il en remplit les
fonctions. Il mourut dans cette ville en 1813. On
connaît de sa composition : 1° Six trios pour
2 flûtes et basse ; Riga, 1789. — 2° Sixduos pour
2 flûtes ; ibid.
RASCH (Jean), compositeur de musique
d'église, vivait a Munich dans la seconde moitié
du seizième siècle. On a imprimé de sa com-
position : 1° Cantiunculx paschales; Munich ,
Adam Berg, 1572. — 2° Cantiones ecclesiasticx
de nativitate Çhristi, 4 vocum; ibid., 1572,
in-4°. — 3° In monte Olivarum quatuor vo-
cum, ibid., 1572, in-4°. — 4° Salve Regina,
G voc, ibid., 1572, in-4° obi.
RASEL ou RASELIUS (André), né à
Amberg, vers le milieu du seizième siècle, fut
nommé, en 1583, professeur à l'école normale de
Heidelberg, puis obtint, le 19 mai 1584, les li-
tres de cantor et de professeur au gymnase poé-
tique de Ratisbonne. Il y signa, en 1590, la fa-
meuse formula concordix. L'aménité de son
caractère et ses talents lui avaient fait des amis
parmi les catholiques aussi bien que parmi les
protestants. En 1G0O, l'électeur palatin le rap-
pela à Heidelberg, et le nomma son maître de
chapelle. Il mourut dans cette ville en 1014.
On a de sa composition : 1° Un recueil de mo-
tets allemands à 5 voix, imprimé à Nuremberg,
1594, in-4°. — 2° Cantiones sacrx cum 5, f>,
8 et 9 vocibus concinendx; Nuremberg, 1595,
in-4° — 3° Regensburgischer Kirchen Contra-
punkt, Ratisbonne, 1599, in-8° Il a aussi fait
imprimer un recueil de six queslions avec les
réponses concernant quelques-uns des objets
principaux delà musique pratique, sous ce titre :
Hexachordum, seu quxstiones musicx prac-
ticx, sex capitibus comprehensx , qux conti-
nent perspicua methodo ad praxim, ut kodie
est necessaria. etc, Nuremberg, 1589, in-8°. Une
deuxième édition a été publiée, sous le même
titre, à Nuremberg, en 1591,in-8° de 11 feuilles.
Cet ouvrage contient beaucoup de canons à deux
voix donnés pour exemples. L'auteur, partisan
du système des douze modes, expose à ce sujet
la doctrine de Glaréan. Enfin Valentin-Barthé-
letni Hausmann, organiste à Schafstsedt, possé-
dait vers 1720 trois autres ouvrages manuscrits
de Rasel, sous les titres suivants : 1° Tractatus
primus de subjecto musices. — 2° Tractatus
secundus de systemate musico , etc. — 3° An-
leitung zum Generalbass.
RASETTI (Amédée); voy. RAZETTI.
RASI (François), amateur de musique,
! chanteur, poète et compositeur, naquit à Arezzo
I (Toscane), d'une noble famille, dans la seconde
! moitié du seizième siècle. Il a écrit des chants à
j voix seule, avec basse continue, qui ont été publiés
| sous ce titre : Madrigali di diversi autori posti
in musica da Franc. Rasi, nobile aretino; Flo-
rence, 1610, in-fol. de 21 pages. Les paroles
de ce recueil sont de Pétrarque, J. B. Strozzi,
Guarini, Chiabrera, Ang. Capponi, et de Rasi
lui-même. On voit dans la préface de la Dafne,
de Marco de Gagliano, que Rasi fut un des chan-
teurs qui exécutèrent cet ouvrage à Mantoue,
en 1008, et qu'il y brilla à l'égal de la cantatrice
Catherine Martinelli.
RASSMA3I (Chrétien-Frédéric), littérateur
fécond<et médiocre, né en 1772, dans un village
de la Westphalie, lit ses études à Halberstadt,
et passa la plus grande partie de sa vie à Muns-
ter, où il est mort dans sa cinquante-neuvième
année, le 9 avril 183 1. Ses nombreux travaux
furent vraisemblablement peu productifs, car il
vécut dans un état voisin de la misère. Au nom-
bre de ses ouvrages, on en remarque un qui a
pour titre : Panthéon der Tonkunstler, oder
Gallerie aller bekannten, verstorbenen und
lebenden Tonsetzer, Virtuosen, Musiklehrer,
musikaliscken Schriftsteller, etc. (Panthéon
des musiciens, ou Galerie de tous les musiciens
connus, morts et vivants, virtuoses, professeurs de
| musique, écrivains surcetart, etc.), Quedlinbourg
et Leipsick, 1831, 1 volume in-8° de 280 pages.
Ce livre est rempli d'erreurs et de méprises ; ce-
pendant on y trouve quelques renseignements
utiles dont les auteurs du Lexique universel de
musique publié par Schilling n'ont point pro-
fité. On peut aussi consulter, pour la littérature
de la musique, le dictionnaire des écrivains du ter-
ritoire de Munster, intitulé : Munsierlandis-
chen Schriftsteller Lexïkon, Munster, 1814-
1824, '2 parties, in-8* avec trois suppléments,
et le dictionnaire des écrivains pseddonymes
de l'Allemagne, du même auteur, publié sous ce
titre : Kurzfasstes Lexïkon deutscher pseu-
donymer Schriftsteller, von den altern bis
auf die jungste Zeit aus allen Fxchem d.
Wissenschaftcu; Leipsick, 1830, grand in-8\
Rassmann est auteur de poésies, de romans,
et éditeur de recueils d'anciennes chansons et
ballades allemandes.
RASTRELL1 (Vincent), né à Fano, en
1760, apprit la musique dans son enfance, et,.)
184
RASTRELLI — RATHE
fit de si rapides progrès, que dans sa dix-hui-
tième année il était déjà le professeur de chant
le plus recherché dans sa ville natale. Vers
1780, il se rendit à Bologne , et y fit des études
de contrepoint, sous la direction du P. Mattei.
Six ans après, ses études étaut achevées, il fut
nommé membre de l'Académie des Philharmo-
niques, honneur alors moins prodigué que de nos
jours. De retour à Fano, Rastrelli y obtint l'em-
ploi de maître de chapelle de la cathédrale. Ce
fut peu de temps après que l'électeur de Saxe le
/•rit à son service et le nomma compositeur de
sa chapelle : il en remplit les fonctions jusqu'en
1802. Des propositions lui ayant été faites alors
pour se rendre en Russie, il quitta Dresde, se
rendit à Moscou, et y resta quatre ans. Vers la
fin de 1S06, il fit un voyage en Italie, mais bien-
tôt après il fut rappelé à Dresde. Ayant demandé,
en 1814, l'autorisation de faire un nouveau voyage
en Italie, il ne put l'obtenir du gouvernement
provisoire russe, alors établi à Dresde : le dé-
labrement de ss santé, qui rendait ce voyage
nécessaire, le détermina à donner sa démission,
et sa place fut donnée à François Schubert. Plus
tard, lorsque Rastrelli retourna à Dresde, il n'y
trouva plus d'autre emploi que celui de profes-
seur de chant de la cour; mais en 1824, sa
place de compositeur de la chapelle lui fui ren-
due. Son grand âge lui fit obtenir sa retraite
avec une pension en 1831, et son emploi lut
supprimé. Rastrelli a beaucoup écrit pour l'é-
glise : on conserve, dans les archives de la cha-
pelle de Dresde, dix messes de sa composition, et
trois vêpres complètes, dont une à 8 voix. On
tonnait aussi de lui un oratorio de Tobie, des
canzoncttes, des airs, des duos, etc. Toutes ces
œuvres sont médiocres. Rastrelli ne s'est dis-
tingué que comme maître de chant. 11 est mort
à Dresde , le 20 mars 1839.
RASTRELLI (Joseph), fils du précédent, est
né aDresde, le 13 avril 1799. Ses dispositions pour
la musique furent si précoces, qu'à l'âge de six ans
il exécuta un concerto de violon au concert des
Nobles à Moscou. De retour à Dresde, il y reçut
des leçons de Poland pour son instrument, et s'y
fit entendre en public à l'âge de dix ans. L'or-
ganiste Feidler lui donna les premières leçons
d'harmonie, mais en 1814, il suivit son père en
Italie, et alla étudier à Bologne le contrepoint
sous la direction de Mattei. Appelé à Ancône, en
1810, il y écrivit l'opéra intitulé la Distruzione
di Gerusalemme, qui obtint quelque succès,
quoiqu'il ne fut alors âgé que de dix-sept ans.
Kn 1817, il retourna près de son père, à Dresde.
Trois ans après, il obtint une place de violoniste
dans la chapelle du roi de Saxe. Vers ce même
temps, il écrivit son deuxième opéra (la Schiava
Circassa), qui obtint un brillant succès au théâ-
tre de Dresde. Cet ouvrage fut suivi de l'opéra
bouffe intitulé le Donne curiose, représenté en
1821, et de Velleda qui fut moins heureux que les
ouvrages précédents, quoique la musique en fût
travaillée avec plus de soin. Le roi, satisfait de
son travail, lui procura les moyens de faire un
second voyage en Italie. : Rastrelli profita de
son séjour à Milan pour faire représenter à la
Scala. le 16 mars 1824, le drame musical inti-
tulé A mina. Rentré à la chapelle de Dresde, il
se livra à la composition de la musique d'église,
et produisit 3 messes, dont une à 8 voix et les
deux autres à 4 ; trois vêpres, un Miserere, un
Salve Jîegina, etc. Le pape lui envoya la déco-
ration de l'ordre de chevalier de l'Éperon d'or
pour deux motels à 8 voix qu'il avait écrits pour
la chapelle Sixtine. Devenu pianiste habile et
bon maître dechant, il fut choisi, en 1829, comme
second maître de musique du théâtre delà cour,
et l'année suivante il eut le titre de chef d'or-
chestre de la chapelle royale, et en remplit les fonc-
tions jusqu'à sa mort. En 1832, il lit représenter
à Dresde Salvator Rosa, son premier opéra al-
lemand, et trois ans après il donna au môme
théâtre Derthe de Bretagne, opéra sérieux. Ces
compositions sont considérées comme ce qu'il
a écrit de meilleur pour le théâtre. On lui doit
aussi la musique de la tragédie de Macbeth, le
ballet der Raub Zetulbeus (l'enlèvement de
Zétulbé), et des morceaux intercalés dans di-
verses pièces. Rastrelli a fait graver pour le
piano un rondeau intitu lé lesCh armes de Dresde;
Dresde, Paul. 11 est mort à Dresde le 14 novem-
bre 1842.
RASZEI» (Louis), compositeur polonais de
musique d'église et professeur de piano, vécut à
Pula\\'5 et s'y livra à l'enseignement de la mu-
sique. Il est mort dans cette ville en 1848. Il a
laissé en manuscrit beaucoup de messes et de
motets qui sont répandus dans les églises de la
Pologne. On a aussi de lui un grand nombre de
morceaux détachés pour le piano, parmi lesquels
on remarque des polonaises, qui ont eu du
succès.
RATHBODE, évoque d'Ulrecbt, au dixième
siècle, mort en 917, fut un des plus savants
hommes de l'Église de son temps. Il a composé
le chant de plusieurs hymnes pour les fêtes des
saints, et l'office complet de saint Martin.
RATHE (....), virtuose sur la clarinette, se
fit entendre avec succès au concert spirituel de
Paris, en 1780, dans un concerto de sa compo-
sition. On admira la beauté des sons qu'il tirait
de. toute l'étendue de son instrument.
RATIIGEBER — RATTWITZ
185
RATHGEBER (VAlhsïw), bénédictin de
Saint-Pierre et Saint-Denis, à lîantheln, dans la
Franconie, naquit à Ober Elsbach, vers H'90. 11
vivait encore dans son couvent en 1744. Ce
moine fut un des musiciens les plus féconds de
son temps, particulièrement pour la musique
d'église. Voici la liste de ses ouvrages, telle
qu'on la trouve dans les Lexiques de Walther
et de Gerber : 1° Octava musica clavium octo
musicarum.in missis octo musicalibus, cum
appendice duarum missarum de Requiem, a
4 roc. 2 viol, et duplo basso continua, op. 1,
Augsbourg, Lotter. — 2° Cornucopix hoc est
6 vesperx integrx de Dominica , etc ,op. 2, ibid.,
1723. — 3° Missx IX principales, a 4 voc,
1 viol.,1 clar., etc., op. 3, ib., 1725, in-fol. —
4° XXIV Offertoria de Tempore et Sanctis, a
4 roc, 2viol., 2 tubis, etc., op. 4, 1726, in-fol.
— 5° Litanlœ 6 laurelanx de Bcata V. cum
andphonis. etc., op. 5, ibid., 1727, in-fol. —
6° Chelis sonora : constans 24 concertationi-
bus,etc, op. 6, ibid., 1728, in-fol. Cet œuvre
contient des concertos et des symphonies con-
certantes pour divers instruments. — 7° 10 Misses
solomnes, etc., a 4 voc, 2 viol., op. 7, ibid,
1730, in-fol. — 8° G Missœ de Requiem et
1 Libéra, a 4 voc. ac instrum., op. 8, ibid.,
1731, in-fol. — 9° 4 Vesperx integrx de Do-
minica, B. V. Mar. et Apostol., a 4 voc,
2 viol., 2 clar., org. ac violonc, op. 9, ibid.,
1732, in-fol. — 10° 16 Arix, in duas partes
divisx, latine et gcrmanic'c, a voce sola cum
instr., -op. 10, ib., 1732, in-fol. — 11° 36 Hgmni
a 4 voc. et instrum., op. 11, ibid., 1732,
in-folio. — 12° 6 Missx civilis, a 3 vel 4 voc.
cum instrum., op. 12, part. I, ibid., 1733, in-
fol. — 13° 6 Missx rurales cum 2 de Requiem,
a 1 vel 2 voc, necessariis cum aliis voc. ad
lib. et instrum., op. 12, part. 2, ibid., 1733, in-
fol. — 14° Miserere cum adj. 6 Tanlum crgo ;
a 4 voc. et instrum., op. 13, ib., 1734. —
15° 60 Offortoria festivalia per annum, a 4
voc. cum instrum., etc., op. 14, ibid., in-fol.,
3 part. — 16° 50 Offertoria pro omnibus et
singulis Do?ninicis,a kvoc. ac instr., op. 15,
ibid. — 17° 24 Antiphonx Marianx, a 4 voc,
instr. ac org., op. 16, ib. — 18° 4 Vesperx
rurales cum bpsalmis, etc., op. 17, ibid., 1736, j
in-fol. •— 19° Litanix lauretanx 6 de B. V. M. ,
a 4 voc. cum instr., op. 18, ibid., 1736. — |
20° 4 Missx solemnes, a 4 voc cum. instr., I
op, 19, ibid., 1738, in-fol. —21° 30 Offertoria j
ruralia, a 4 voc. ac instr., op. 20, ibid., 1739,
in-foi. — 22° 2 Missx de Requiem, a 4 voc. I
mm instr., op. 21, ibid., — 23° Musikaliscker \
lieitvcrveib auf dem Clavier, etc., op. 22,
ibid., 1743, 2e édition, ibid., 1751. Ce recueil
[ renferme des pièces de clavecin. — 24° Vcs-
j perx rurales 4, a 2 vocib. et org. obi., etc.,
i ibid.
RATIISMANN (Jean), cantor et institu-
teur à Lewen, dans le comté de Glatz (Silésie),
est né le 29 juin 1803 à Oberschwedelsdorf, près
deGlalz, où son père était menuisier. Après
avoir étudié la musique sous divers maîtres plus
ou moins obscurs, il entra à l'école normale de
Scblegel, pour se préparera l'enseignement. 11
était âgé de 24 ans lorsqu'il fut nommé, en 1827,
cantor à Lewen. Il a écrit un grand nombre de
compositions, particulièrement pour l'église;
mais la plupart sont restées en manuscrit. Ses
ouvrages pour le piano et pour l'orgue ont été
publiés à Breslau, chez Leuckart, et chez C.
Cranz.
RATTI (BARTnoLOMÉ), maître de chapelle à
l'église du Saint, à Padoue, dans les premières
années du dix-septième siècle. On a imprimé de
sa composition : Brevi salmi a 5 voci; Venise,
1605, in-4°.
RATTI (Laurent), maître de chapelle de
l'église de Loretle, né à Pérouse, dans la seconde
moitié du seizième siècle, fit ses études à Rome,
sous la direction de son oncle, Vincent Ugolini
(voyez ce nom). Après avoir été maître de cha-
pelle du séminaire romain, il remplit les mêmes
fonctions au collège allemand, puis à l'église de
Lorette. Il mourut en cette ville, jeune encore,
en 1630. On a de lui : 1° Il primo libro de 1 via-
drigali a cinque voci; Venise, Vincenti, 1615,
in-4°. — 2" Il secondo libro; idem, ibid.,
1616, in-4°. — 3° Mollecta Laurentii Rattiin
romano seminario musicx prxfectis duabus,
tribus, quatuor et quinque vocibus ad orga-
num accomodato; Rome, Zanetli, 1617
4° Motiecta idem, lib. 2, ibid., 1617. — 5" Mo-
tetti délia cantica a 2, 3, 4, 5 voci; Rome,
Zanetti, 1619. — 6° Motetti a 1, 2, 3, 4. 5,
6 voci: Venise, 1620.— 7' Litanie délia Beata
Virgineab-\2 voci; Venise,Vincenti, 1626, in-4°.
— 8° Graduels et offertoires pour toute l'année,
intitulés : Sacrx rnodulationes, seu Graduait
et Offert orii 1-12 vocum. Part. 1,2, 3; Ve-
nise, Vincenti, 1628. — 9° Cantica Salomonis
binis, ternis, quaternis ac quinis vocibus con-
cinenda, una cum basso ad organum. Pars
prima; Veneliis, apud Vicentmum, 1632, in-
4°. Pitoni, cité par l'abbé Baini, affirme, dans
ses notices sur les contrepointistes, qu'on con-
serve beaucoup de compositions latines et ita-
liennes de Ratti chez les PP. de l'oratoire de
Saint-Philippe, a Pérouse.
RATTWITZ (Charles-Frédéric), avocat
186
RATTWITZ — RAUCHFUSS
à Leipsick, né à Camenz, mort en 1829, a fait
imprimer des recherches historiques pleine*
d'intérêt concernant l'impression de la musique
en caractères mohiles; son ouvrage a pour titre :
Dissertatio de dcscriplione typis confeclatum
in génère, tum quoad signa musiccs inspecte,
médit ado nés quxdam ex naturali potissi-
mum jure deduclx; Leipsick, 1828, in-i° de
28 pages.
RAU(Hbribert), littérateur allemand, vivant
actuellement (1803) à Berlin, est auteur d'un
roman historique et musical intitulé : Mozart.
Ein Kunstlerleben (Mozart; vie d'artiste).
Francfort (sur le Mein), 1858, 6 volumes, petit
in-8". La troisième édition a paru à Berlin, chez
Otto Janke, en 18G3, 3 vol. in-8° compactes. Si
je suis hien informe, l'auteur de cet ouvrage est
(ils du célèbre économiste Charles-David-Henri
Ran, professeur de l'université de Heidelherg.
Le livre a de l'intérêt : les faits, pris dans les
monographies de Nissen, d'Oulibicheff et d'Otto
Jahn, sont exacts et la forme romancière a de l'é-
légance et du charme.
RAUCH (Woi.fc.anc), musicien au service
du duc de Wurtemberg, dans la seconde moitié
du seizième siècle, n'est connu que par deux,
épitaphes à 2 et à 6 voix qui se trouvent dans un
petit volume intitulé : Martini. Crusii, grxco-
latini ctoratorii inAcad. Tybingensi (zic)pro-
fcssoris, Oralio de Rom. Augusta frena, vel
Maria grxca, Philippi Suevi, quondam Ro-
tnani Cxsaris, charissima uxore; Tubingx,
apudGcorgium Gruppenbaghium, 1593,111-4".
La première épitaphe a pour titre : Epitaphium
Imp. Philippi, sex vocibus, Wolf. Rauchi mu-
<ici apud illustr/ssimum principem Wirlem*
berg. I). Ludovicum. 20 Aug.1589. L'autre est
intitulée : Epitaphium Augusta: Irenx Ifohen-
staufx li08,xtatis eirciter 36 anno dcfunclx,
quinque vocibus Wolf. Rauchi, 7 Julii 1589.
R AUC1I ( André ) , né à Potendorf, en Au-
triche, vers la lin du seizième siècle, fut d'abord
organiste du temple réformé à llernals, près de
Vienne, puis obtint, vers 1030, la place d'orga-
niste a Ëdenbourg, dans la basse Hongrie. Il a
publié de sa composition -. 1° Thymiaterium
musicale, das ist oiusïkalisches Rauchfass-
Ici h, oder Gebeltein viit 4, 5, o, 7 und 8
stimmen, sanvmtden B. C. ( Encensoir musi-
cal, ou petites prières à 4, 5, 6, 7 et 8 voix avec
liasse continue) ; Nuremberg, 1625, in-4°. —
2° Concentus volivus ; Vienne, chez Grégoire
Gelbhaar, io.iï. Cet œuvre contient une musique
triomphale pour' l'entrée de l'empereur Ferdi-
nand Il à Ëdenbourg. — 3° Motets et messe en
allemand, à 3 et 4 voix avec violon» — Cuv-
rus triumphalis musicus, 1048. Printz accorde
beaucoup d'éloges au style de cet artiste, dans
son Histoire de la musique ( page 144).
RAUCH ( Christophe ), né en Bavière, fut
d'abord professeur de philosophie, dans sa patrie,
puis entra en qualité de chanteur au théâtre de
Hambourg, vers 1080. Les attaques de Reiser
{voyez ce nom) contre l'opéra, dans sa Thca-
tromania, décidèrent Ranch à les réfuter ; il le
fit dans son écrit intitulé : Thealrophania,
entgegen gezetget der so gênant en Schrifft
Theatromania-zur Verthxdigung der Christ-
lichen, vornemlich aber deren musikalischen
Operen, etc. (Antipathie; du théâtre pour la dé-
fense de l'opéra en musique, principalement au
point de vue chrétien, contre l'écrit intitulé :
Thédtromanie, etc.); Hanovre, 1682, in-8" en
2 parties, de 150 pages.
RAUCH [ Jean-Georges ), né à Sulz, en Al-
sace, vers le milieu du dix -septième siècle, fut
organiste de la cathédrale de Strasbourg , et oc-
cupait encore ce poste en 1700. On connaît de
lui : r Novae sirènes sacrx harmonix tam
instruments quam vocibus tantuvi concer-
tantes a 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8, recens in lucem
editx; Augsbourg, 1688. —2° Cilhara Orphei
duodecim sonatarum, etc., op. 4; Strasbourg,
1097, in-4°.
RAUCH (Jacques), luthier de la cour de
l'électeur palatin , vécut à Manheim vers le mi-
lieu du dix-huitième siècle. La plus grande acti-
vité de ses ateliers se trouve entre 1730 et 1740.
Ses violons, dont la qualité de son a du rapport
avec ceux de Steiner, sont recherchés en Alle-
magne. Il a fait aussi de bons altos, violoncelles
et contrebasses.
RAUCH (Sébastien), autre luthier de beau-
coup de mérite, vécut à Leitmeritz, en Oohéme,
depuis 1742 jusqu'en 17G3, ainsi que l'indiquent
les dates de ses instruments. On croit qu'il était
fils d'un très-bon facteur de luths qui avait tra-
vaillé à Nuremberg chez Schelle, et qui était à
Prague en 172* (voyez les recherches de Baron
sur le luth, page 97 ).
RAUCHENSTEIN (Bernard), maître de
chapelle de l'église de Constance , dans les pre-
mières années du dix-huitième siècle, était né
à Friboorg (Suisse), et y avait fait ses études. H
a lait imprimer de sa composition un recueil
d'offertoires, de graduels et de messes, sons ce
titre : Luscinia sacra ludens et lugens, sen
offertoria et gradualie muni tempore usur-
panda cum tribus messis (sic) ex sequalibus
4 etb vocibus cum instrum.; Constantix, 1702,
in-4°.
RAUCHFUSS (Puilut-e-Chrétien), avo-
RAUCHFUSS ~ RAUPACH
187
cat et organiste à l'église principale de la haute-
ville à Mulhausen, en Thuringe, y vivait vers
le milieu du dix-huitième siècle. Il a publié six
sonates faciles pour le clavecin, à Nuremberg,
en 17f>0.
RAUFFUF( Sébastien), compositeur né à
Freystadt (Silésie) , dans la seconde moitié du
seizième siècle, s'est fait connaître par un recueil
de onze messes à quatre, cinq et six voix, lequel
a pour titre : Sebastiani Rauffufii Frcid&tad.
Siles. mus. Missx super optima ouctomm
bonorum cantica a quatuor, sex atque quin-
que vocibus, planx novx, omniumque selec-
tissimse, nec anle vulgatx, recens sed editx,
ad nominis divini honorent et gloriam ec-
clesiarum exinde ad usos publicos, etc. Auc-
tore impensis, typis Dorfferii in opphlo Be-
thania Calcographi, 1G12, in-4°. Les parties
de ténor de ces onze messes sont tirées des œuvres
deMeiland, Lassus, Handl et Scandelli.
RAULT (Félix), flûtiste habile, né à Bor-
deaux, en 1736, était fils de Charles Rault, bas-
son de la musique du roi et de l'Opéra de Paris.
Élève de Blavet, il acquit en peu de temps un
talent remarquable. En 1753, il entra à l'or-
chestre de l'Opéra, et quelques années après, il
eut le titre de première flûte solo pour l'accom-
pagnement. Admis dans la musique du roi en
17GS, il y resta jusqu'à la dissolution de la cha-
pelle, en 1792. Depuis 1776, il avait obtenu sa
pension de retraite à l'Opéra. La suppression de
toutes ses pensions le mit dans une situation peu
fortunée pendant le règne de la terreur, et l'obli-
gea à entrer à l'orchestre du théâtre de la Cité,
où il était encore en 1800. La clôture de ce
théâtre le plongea de nouveau dans la misère, et
Rault mourut peu de temps après. Cet artiste a
publié de sa composition : 1° Trois duos pour
2 flûtes, op. 1 ; Paris, Pleyel. — 2° Trois id.,
op. 2 ;ibid. — 3°Concertos pour flûte et orchestre,
n« s 1 et 2 ; Paris, Imbault. — 4° Six duos faciles
pour 2 flûtes, op. b ; Offenbach, André. — 5° Six
idem, op. 6 ; Paris, Pleyel. — 6° Six idem,
op. 7;ibid. — 7° Six duos concertants, op. 8 ; liv.
1 et2,ibid. — 8° Recueils d'airs pour 2 flûtes, nos i
à 1 ; Paris, Frère. — 9° Trios pour 2 flûtes et bas-
son, op. 25; Paris, Pleyel. — 10° Six idem pour
flûte, violon et alto, op. 26 ; ibid. — 11° Sonates
pour flûte et basse, liv. 1 et 2 ; Paris, Naderman.
RAUMER (Frédékic), docteur en philoso-
phie, professeur ordinaire de l'université de Ber-
lin et membre de l'Académie des sciences de
cette ville, est né à Waertitz le 14 mai 1781.
Dans s.i jeunesse, il reçut des leçons de musique
de Turk, à Halle, et de Forkel, à Gœtlingue.
Amateur et connaisseur de cet art, il a été un
des fondateurs de l'Académie de chant de Berlin,
et en était encore membre en 1860. Divers écrits
•relatifs à la musique , que ce savant a publiés
dans le Dictionnaire de la Conversation et dans
plusieurs journaux, ont été réunis dans le troi-
sième volume de ses œuvres mêlées (Leipsick,
Brockhaus, 1854), pages 270 à 399. Les
articles principaux concernent les œuvres de
Gluck, Haydn, Beethoven, Spontini, le Don Juan
de Mozart, Balthasar et le Messie de Hœndel,
Ali-Baba de Cherubini, les Huguenots de
Meyerbeer, la messe en si mineur de J. - S.
Bach, etc.
RAUPACH (Christophe) naquit à Tun-
dern, dans le duché de Schleswig, le 5 juillet 1686.
Son père, organiste de cette ville, lui enseigna
les éléments de la musique, le clavecin, l'orgue
et le violon. A l'âge de treize ans, il avait déjà fait
assez de progrès pour accompagner la basse con-
tinue, et exécuter les pièces declavecin et les fu-
gues de Froberger, deBuxtehudeetde Pachelbel.
La lecture de quelques écrits sur la musique dé-
cida sa vocation pour l'étude sérieuse de son
art. Après la mort de son père, arrivée en 1700,
il se rendit à Hambourg, et s'y mit sous la di-
rection de Bronner, organiste de l'église du Saint-
Esprit et artiste de mérite, qui lui fit connaître
les beautés de la musique de Keiser, et perfec-
tionna son savoir dans le contrepoint. Après
deux ans de séjour près de ce maître , les res-
sources pécuniaires de l'élève se trouvèrent
épuisées. Dans ce moment critique, son frère,
qui demeurait à Rostock , l'invita à se rendre
près de lui, afin d'aller ensuite concourir pour la
place d'organiste de l'église Saint-Nicolas de
Stralsnnd. Il accepta cette invitation et partit
de Hambourg au mois d'avril 1703. Au nombre
des amis qu'il rencontra à Rostock se trouvait
Fischer, maître de chapelle du duc de Mecklem-
bourg, qui lui donna des lettres de recomman-
dation pour Stralsund. Le concours fut ouvert
peu de jours après son arrivée dans cette ville.
Raupach improvisa des variations sur huit chants
chorals qu'on lui présenta, accompagna sur la
basse chiffrée une pièce avec orchestre, et fit
exécuter quelques morceaux de sa composition.
A la suite de ces épreuves, il l'emporta sur ses
rivaux, quoiqu'il ne fût âgé que de dix-sept ans.
Sa nomination ne ralentit pas l'ardeur qu'il por-
tait dans ses études. Il se livra au travail, et
composa beaucoup de pièces de circonstance
pour diverses fêtes, des oratorios, des cantiques,
plusieurs morceaux pour l'anniversaire de la ré-
formation en 1717, des concertos pour instru-
ments, et des suites de pièces de clavecin. On
trouve la liste de ces ouvrages, restés en ma-
188
RAUPACH — RAUZZLNI
nuscrit, dans VEhrcnpfortc de Mattlieson
(pages 286-257). Raupacli s'était marié en 1707,
et avait eu plusieurs enfants. II vivait encore à
Stralsund en 1740. On n'a pas de renseigne-
ments sur le reste de sa vie. Cet artiste n'est
connu que par un écrit sur la musique, que
Mattlieson a fait imprimer à la suite, de la troi-
sième partie du livre de Niedt intitulé: M usU
kalisches Handleitung , etc. (Guide musi-
cal, etc, ); il a pour titre : Veritophili deutliche
Beweis-Grunde, ivoraufder redite Gebrauch
der Musik,beydes in den Kirchen, alsausser
denselben, beruhet (Arguments clairs d'un ami
delà vérité, d'après lesquels le bon usage de la
musique , tant dans l'église qu'au dehors , est
évident); Hambourg, Benjamin Schiller, 1717,
in-4" oblong de 56 pages, avec une préface de
deux feuilles par Mattlieson. Il y a du savoir dans
cet écrit, et plus de raison qu'on n'en trouve
dans les livres sur le même sujet qui ont paru
vers l'époque où Raupach écrivait. On trouve
des exemplaires de son ouvrage séparés de celui
de Niedt.
RAUPACH (Hermann-Frédéric), fils du
précédent, naquit à Stralsund en 1728. Élève de
son père, il fit de rapides progrès dans la mu-
sique et devint un claveciniste distingué. Dans
un voyage qu'il fit en Russie, vers 1756, l'impé-
ratrice le choisit pour chef d'orchestre de l'O-
péra. Il y donna en 1759 Alceste, opéra séiieux
en langue russe, et l'année suivante Siroe, en
italien. Plus tard il se rendit à Paris, et y publia
des œuvres de sonates pour clavecin et violon,
en 1780, et un œuvre de trios pour clavecin,
violon et violoncelle. On n'a point de renseigne-
ments sur la fin de la carrière de cet artiste.
RAUPPE (Jean-Georges), né à Stettin , le
7 juillet 1762, se livra dans sa jeunesse à l'étude
du violoncelle, et reçut à Berlin des leçons de
Duport l'aîné. Lorsqu'il sortit de chez ce maître,
il voyagea dans l'Allemagne septentrionale, en
Suède et en Danemark, et se fit admirer dans
ses concerts par la beauté du son qu'il tirait de
l'instrument et par son exécution vigoureuse.
En 1786, il se fixa à Amsterdam et y obtint l'em-
ploi de premier violoncelle du théâtre allemand
et des concerts. Il mourut en celte ville, le 15
juin 1814, dans une situation peu aisée, laissant
deux enfants en bas âge. On ne connaît pas
de composition sous le nom de cet artiste.
RAUSCIIE ( ), professeur de piano, à
Hambourg, dans les premières années du dix-
neuvième siècle, a publié de sa composition :
i° Polonaises pour le piano, liv, 1, 2, 3 et 4;
Hambourg, Bœlimc 2° Pièces,ficilesà4 mains,
op. 3 ; ibid. — 3° Sonate pour piano seul, op. 12,
Hambourg, Cranz. — 4° Rondeau mignon, idem,
op. 11; ibid. — 5° Trois divertissements en
forme de valses, idem, op. 13; ib. — 6° Valses,
idem, op. 10 et 14; ibid. — "° Étrennes pour
mes élèves, op. 15, ibid.
RAUSCHELBACH (Juste-Théodore),
pianiste et compositeur, vraisemblablement né à
Hambourg, fut élève de Ch.-Ph.-Em. Bach. Ses
études terminées, il fut instituteur à Otterndorf,
puis il obtint, en 1790, la place d'organiste à la
cathédrale de Brème. Il vivait encore dans cette
ville en 1805. Il a publié à Leipsick, en 1789,
deux sonates de clavecin, avec accompagnement
de deux violons et violoncelle. En 1797, il a fait
paraître dans la même ville, chez Kùhnel, deux
grandes sonates pour piano et violon. Cet
artiste a laissé aussi en manuscrit des cantates
et des symphonies.
RAUSCHER (Jacques), excellent ténor du
théâtre de Hanovre, est né en 1800 dans un vil-
lage près de Vienne, et a fait ses études musi-
cales dans cette ville. 11 débuta sur la scène à
Vienne en 1821. En 1832, il donna des représen-
tations à Dresde, et en 1833, à Berlin, avec un
brillant succès. Le roi de Wurtemberg l'attacha
au théâtre de Stuttgard en 1840. Sept ans après
il donna des représentations à Hambourg. Ce
chanteur distingué a obtenu sa retraite vers
1855.
RAUT (Jean ) , luthier français, né en Bre-
tagne, travailla à Rennes jusqu'en 1790. Ses
violons, en petit nombre, sont faits sur le mo-
dèle de ceux de Guarnerius, et sont estimés.
RAUTENBERG (Jean), cantor et com-
positeur à Landsberg sur la Warthe ( Prusse),
au commencement du dix-septième siècle, s'est
fait connaître par un recueil de chants spiri-
tuels intitulé ■. Norcm verbeux sacrx , oder
6 geistliche Krceutcr vnd B lumen (Neuf ra-
meaux sacrés, ou neuf plantes et fleurs spiri-
tuelles); Berlin, 1629, in-4°.
RALTENSTEIN ( Jules-Ernest) , com-
positeur du dix-septième siècle, était organiste à
Quedlinbourg, vers 1637, puis il occupa un poste
semblable au Vieux-Stettin. Il a fait imprimer un
recueil de chants funèbres sous le titre de Lcidi-
ien Arien, en I6.ss.
RAUWE (Jean), pasteur à Wetter, vers
| la fin du seizième siècle, a fait imprimer le livre
des cantiques de Martin Luther, mis à 4 voix,
Francfort, 1589, in 12.
RAUZZ1M (Venanzio), né à Rome en 1747,
reçut des leçons de chant et de composition d'un
chapelain-chantre de la chapelle pontificale. Il
débuta à l'âge de dix-huit ans au théâtre Valle, à
Rome, dans un rôle de femme, parce que lescan-
RAUZZINI — RAVAL
189
tatrices ne pouvaient paraître alors sur les théâtres
de cette ville. Sa beauté était si remarquable, que
plusieurs femmes titrées s'éprirent d'amour pour
lui, et qu'une dame du plus haut rang se com-
promit publiquement à Munich, en lui faisant
connaître sa passion. Cette aventure fut cause
du congé donné à Rauzzini par l'électeur de
Bavière. Ce lut alors qu'il alla se fixer en An-
gleterre. (Voyez les Réminiscences of Michael
Kelly, t. I, p. 10.) Guadagni, qui l'avait entendu,
lui procura un engagement à Munich, en 1767.
En passant à Vienne, Rauzzini s'y fil entendre
dans quelques représentations du théâtre de la
cour, et y obtint un brillant succès par l'excel-
lence de sa méthode. Burney le trouva à Munich
en 1772, cl fut charmé de son talent. Après un
séjour de sept ans à la cour de l'électeur, et après
y avoir fait représenter qualre opéras de sa
composition, il se rendit à Londres, et y succéda
à Millico dans l'emploi de premier ténor. 11
parut pour la première fois sur le théâtre du
roi, au mois de novembre 1774, dans l'Aies-
sandro neW Indie , de Corn. Burney, qui l'en-
tendit alors, dit (« General History of Music,
tome IV, page 51) qu'il était non-seulement fort
bel homme, mais excellent acteur, musicien pro-
fond, et aussi instruit dans la composition qu'ha-
bile dans l'art du chant. Sa voix, dit-il, était
douce, timbrée, flexible, bien posée, et d'une
étendue de plus de deux octaves. L'historien de
la musique dit qu'il était d'une hat>ileté remar-
quable sur le clavecin, et qu'il écrivait bien
pour cet instrument. Après avoir rempli pen-
dant trois ans l'emploi de premier ténor à l'O-
péra italien de Londres, Rauzzini quitta la scène
pour se livrer à l'enseignement du chant, qui lui
offrait de grands avantages dans cette ville. Mais
la chute de son opéra la Vestale, en 1 787, le
dégoûta du séjour de Londres, et il se retira à
Bath. Il y continua ses cours de chant, et y éta-
blit des concerts publics, qui eurent un brillant
succès. Le reste de sa vie s'écoula paisiblement
dans cette agréable ville, où il mourut le 8 avril
1810, à l'âge de soixante-deux ans et quelques
mois. Au nombre des bons élèves qu'il a formés,
on remarque Braham, Incledon et M ,ne Slorace.
Les opéras de Rauzzini dont les litres sont con-
nus sont : 1° Piramo c Tisbe, à Munich, 1769.
Il y chanta le rôle principal. — 2° L'Ali d'A-
inore, 1770, ib. — 3" L'Eroe cinese, ibid.,
1770. — 4° Astarto, 1772, ibid. — 5° La Re-
gina di Golconda, à Londres, 1775. — 6° Ar-
inida, 1778, idem. — 7° Creusa inDelfo, 1782,
ibid. — 8° La Vestale, 1787, ibid. Parmi ses
œuvres de musique instrumentale, on remarque :
1° Quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 2,
5 et 7 ; Londres. — 2° Quatuors pour piano ,
violon, alto et violoncelle, op. 1, Offenbach,
André. — 3° Sonates pour piano et violon,
opp. 3, 6 et 9, Londres, Pearsall. —4° Sonates
pour piano à 4 mains, op. 4 et 12, ibid. — 5° Des
airs et des duos italiens , Londres, démenti. —
6° Des chansons anglaises, ibid.
RAUZZINI (Mathieu), frère du précédent,
naquit à Rome en 1754. A l'âge de seize ans, il
suivit son frère à Munich, et en 1772, il débuta
comme chanteur dans le Finie Gemelli, opéra
bouffe de sa composition où l'on remarque un
style agréable. En 1774, Rauzzini suivit son frère
en Angleterre, et peu de temps après il entra
au théâtre de Dublin. Il y fit représenter, en
1784, Il Re pastore. Devenu professeur de chant
en cette ville, il mourut jeune, en 1791. On con-
naît, sous son nom, un recueil d'exercices pour
le chant.
RAVAGNAN (L'abbé Jérôme), professeur
de rhétorique et d'éloquence de la chaire au sé-
minaire de l'évèché de Cbioggia, dans l'État de
Venise, est né en cette ville, dans la seconde
moitié du dix-huitième siècle. A la reprise des
études du séminaire, il prononça, le 30 mars
1.818, l'éloge de Zarlino, qui fut publié dans le
Mercurio filosofico e letterario , par Zirletti, à
Venise. Peu de temps après, cet éloge fut réim-
primé séparément, sous ce titre : Elogio diGiu*
seppe Zarlino di Chioggia célèbre ristaura-
tore délia musica nel secolo XVI. Prolasione
pel riaprimento deglistudi del seminario ves-
coviledi Chioggia nel di 30 marzo 1818 ; Ve-
nise, 1819, 79 pages, petit in-8°. Cet éloge et
les notes qui l'accompagnent renferment des ma-
tériaux utiles pour la biographie du célèbre mu-
sicien.
RAVAL (Sébastien), compositeur espagnol,
brilla dans les dernières années du seizième
siècle et au commencement du dix -septième. Il
était chapelain agrégé de l'ordre de Saint- Jean-
Baptiste de Jérusalem, et maître de chapelle du
duc d'Urbin, lorsqu'il fut désigné par le duc de
Maquedo, vice-roi de Sicile, comni£ maître de
chapelle de la cathédrale de Païenne. En passant
par Rome pour se rendre à son nouveau posle,
ce musicien, dont le savoir incontestable était
cependant moins grand que l'orgueil, se vanla
d'être le plus habile de tous lescontrepointistes,
et de n'avoir jamais rencontré d'égal. Pour sou-
tenir cette jactance, il défia Jean-Marie Nanini
et Soriano de concourir avec lui sur un thème
qu'il choisit lui-même. Ces grands maîtres ayant
accepté le défi, ils improvisèrent tous trois un
morceau à plusieurs parties sur le thème de
Raval; mais lorsque Nanini et Soriano eurent
190
RAY AL — RAVETS
présenté leurs compositions ornées de tous les
artifices du contrepoint, et en même temps
admirables par l'élégance du style et la clarté des
dispositions, Raval, frappé de terreur, fut obligé
de s'avouer vaincu, et , suivant les conventions,
se rendit à l'école de ses adversaires et les ap-
pela humblement ses maîtres. Cette aventure se
passait en 1593. C'est à la même époque que
Raval publia un de ses ouvrages intitulé: Il primo
libro di canzonetlc a quattro voci, composte
péril signor Sebastiano Raval, gentWhuomo
delVordine di ubidicenlia di San Gio-Bat-
lista Gicrosolimitano . In Venetia, appresso
Giacomo Vincent i, 1595, in-4°. L'épîlVe dédi-
catoire à Marc-Antoine Colonna, duc de Taglia-
cozzo, etc., est datée de Rome, le 24 mars 1593.
Raval y dit qu'il a été attaché autrefois au ser-
vice de l'aïeul du duc, lequel était vice-roi de
Sicile, puis à celui du cardinal Ascanio Co-
louna. Arrivé à Palerme, il ne fit pas voir plus
de modestie qu'a Rome dans le défi qu'il porta à
Achille Falcone. On peut voir, à l'article qui con-
cerne celui-ci, tous les détails de cette dispute.
On connaît de Raval un recueil de motets inti-
tulé : Libro de Motetti a 3, 4, 5, 6, 8 voci di
Sebastiano Raval, maestro délia regia cap-
pella di Palermo, Palerme, Franceschi, 1601 ,
et Madrigali a 5 voci, libro primo ; in Venetia
appresso Giac. Vincenti, 1585, in-4".
RAVALIÈRE (Pierre-Alexandre LE-
VESQUE DE LA). Voyez LÉVESQUE DE LA
RAVALIÈRE.
RAVANiYI (Gaétan), chanteur distingué,
naquit à Brescia, le 7 août 1744. Élève de son
compatriote Pinetti, il développa sous sa direction
les qualités de sa belle voix de contralto. Il n'était
Agéque dequinzeans quand il chanta pour la pre-
mière fois, en 1759, un rôle de femme dans un
opéra représenté à Brescia. L'année suivante, il
fut engagé à Parme, et en 1701, il partit sur le
théâtre San-Benedetto, à Venise. Ses succès dans
ces villes, et ceux qu'il obtint ensuite sur les
théâtres de Bologne et de Vérone, lui procu-
rèrent un engagement avantageux à Munich,
en 1704. Il y eut le titre cl le traitement de
chanteur de la cour. En 1772,Burney l'entendit
plusieurs fois , particulièrement dans un trio
chanté par lui , Guadagni et lUiuzzini ; la réu-
nion de ces trois grands chanteurs dans ce mor-
ceau lui parut un modèle de perfeclfon. Les
électeurs qui se succédèrent, et le roi de Bavière
Maximi lien-Joseph, continuèrent à Ravanni les
avantages dont il jouissait, et le dernier de ces
primes lui donna, en 180i, son traitement pour
pension de retraite, après quarante ans de ser-
vice. Ce chanteur vivait encore à Munich en
1812, mais depuis lors on n'a plus eu de ren-
seignements sur sa personne.
RAVENSCROFT (Thomas), bachelier en
musique de l'université d'Oxford, lut dirigé dans
ses études de musique, vers 1590, par Edouard
Pearee, maître des enfants de chœur de l'église
Saint-Paul de Londres. Devenu lui-même pro-
fesseur, puis marchand de musique, il se fit con-
naître par la publication d'une collection de chan-
sons à 4 et 5 voix, intitulée : Mclismata; mu-
sical phansies, fitting the court, cilié, and
country humours, to three , four and pZve
voyces , Londres, 1611. Partisan de l'ancienne
notation et de ses proportions, perfections, im-
perfections, etc., qu'on abandonnait avec raison
depuis plusieurs années , il écrivit sur ce sujet
un opuscule intitulé : A brief discourse of the
true but neglected ttse of cliaracterising the
degreesby their perfection, imperfection and
diminution in viemurable musiefte, against
the common praexice and custome of thèse
Urnes, Londres, 1614, in-4°. On doit aussi à
Ravenscroft une des plus belles collections de
psaumes à quatre parties qui aient été publiées
en Angleterre;' elle est intitulée : The whole
book of psalms with the hymns evangelical
and songs spiritual composed mto four parts
by sundry auth ors, Londres, 1621-1623, in-8°.
On trouve dans cette collection beaucoup de mé-
lodies composées par Ravenscroft. Ce musicien
est mort à Londres, en 1035.
RAVENSCROFT (Jean), musicien an-
glais, vécut à Londres dans la première moitié
du dix-huitième siècle. Engagé comme violoniste
au théâtre de Goodmansfield, il s'y fit entendre
plusieurs fois dans les concertos de Corelli. Le
talent principal de cet artiste consistait à jouer
de la cornemuse (hornpipe ) avec une habileté
supérieure à tout ce qu'on avait entendu avant
lui. Il a laissé quelques compositions pour cet
instrument. On place l'époque de sa mort vers
1 ?'.:>.
RAVETS ou RAVITS (Antoine-Guil-
laume), né à Louvain, vers 1758, fit ses études
musicales sous la direction de l'excellent orga-
niste et compositeur Mathias Vanden Gbeyn
(voy. ce nom), et fut organiste de l'église Saint-
Jacques, dans sa ville natale. Plus tard, il aban-
donna cette position pour celle d'organiste de
l'église des Augustins à Anvers. Il est mort dans
cette ville en 1827. Ravets a laissé en manuscrit
des préludes pour l'orgue, et un grand nombre de
motets avec orchestre qui ont en de la réputation
en Belgique. Parmi ces compositions, on remarque
celles-ci : 1° De profundis, à 2 voix, orgue et
orchestre. — 2° Jesu, Corona virginum. —
RAVETS — RAYMOiND
191
3° Confitcantur. — 4° Verbum supemum. —
5° Tecum principum. — 6° Juravit Dominus,
pour soprano, ténor et .basse. 7° Quis sicut
Dominus. On connaît aussi de cet artiste une
inesse de Requiem à 4 voix et petit orchestre.
RAVINA (Jean-Henri), pianiste et compo-
siteur, né à Bordeaux, le 20 mai 1818, fut admis
comme élève au Conservatoire de Paris, le 10
octobre 1831, y reçut d'abord des leçons de
M. Laurent, professeur adjoint, puis devint élève
de Zimmerman. Le second prix lui fut décerné
en 1832; il obtint le premier au concours de
1834, et, deux ans après, le premier prix d'har-
monie et d'accompagnement pratique; enfin il
compléta son instruction musicale par l'étude du
contrepoint sous la direction de Reicba, puis
de M. Leborne. Sorti du Conservatoire, Ravina
se fit entendre avec succès dans les concerts,
et se livra à l'enseignement. Il a publié un
grand nombre d'œuvres pour le piano dans les
formes de son époque ; celles qu'on a remar-
quées sont : 1° 12 Études de concerts, en 2 li-
vres, dédiées à Zimmerman; Paris, Lemoine. —
2° 25 études caractéristiques; ibid. — 3° Mor-
ceau de concert pour piano etorcbestre, op. 8;
ibid. — 4° Rondo élégant, op. 4 ; ibid. — 5° Fan-
taisie de salon sur deux airs napolitains, op. 5 ;
ibid. — 6° Divertissements brillants, op. 10 et 16;
ibid. — 7° Nocturne, op. 13; ibid. — 8° Rê-
verie, op. 19; ibid., etc. Cet artiste est mort à
Paris en 1862, à l'âge de 44 ans.
RAWL1IYGS (Thomas), fils de Robert Raw-
lings, organiste de Chelsea, né en 1775, apprit
de son père les premiers éléments de la musique.
A l'âge de treize ans, il fut mis sous la direction
d'un maîlre allemand nommé Dittenbofer, qui
lui enseigna le piano, le violon, le violoncelle et
les éléments de l'harmonie. Après sept années d'é-
tudes sous ce maître, il composa quelques mor-
ceaux qui furent exécutés au Professional con-
cert. Depuis lors il s'est livré à l'enseignement,
et a été employé dans les orchestres de plusieurs
théâtres, comme violoniste et comme violon-
celliste. J'ai connu cet artiste à Londres, en
1829. Ses principales compositions, gravées chez
Chappell, sont : l° Concerto da caméra pour
piano, flûte, deux violons, alto et basse. —
2° Duo pour harpe et piano. — 3° Mélodies na-
tionales pour le piano. — 4° Sérénade pour plu-
sieurs instruments. — 5° Airs anglais.
RAWLIIXS (Jean) , ecclésiastique anglais,
vécut dans la seconde moitié du dix-huitième
siècle. Il fut recteur à Leigh, dans le comté de
Worcester, ministre à Bodsey, puis à Wickam-
ford , et enfin chapelain de lord Archer. A l'oc-
casion du festival de musique des trois chœurs
réunis de Worcester, de Hereford et de Glocester,
il prononça un sermon qui fut publié sous ce
titre : The power of mxisick, and the parti-
cular influence of church musick (Le pou-
voir de la musique, et l'influence paiticuliète de
la musique d'église); Ravington , 1773, in-8".
RAYMANN (Jacqees), luthier anglais, tra-
vaillait à Londres vers 1650. 11 se distinguait
surtout par la bonne qualité de ses violes. On
cite aussi un violon fait par lui qui se trouvait
dans l'héritage de Britton (voyez ce nom).
RAYMOND (Georres-Makie), né à Cham-
béry, en 1769, fut d'abord employé du cadastre,
et obtint, en 1794, la place de secrétaire général
«lu département du Mont-Blanc. Ayant ensuite
perdu cet emploi , il accepta celui de professeur
d'histoire à l'école centrale de ce département, et
fut ensuite professeur de mathématiques à Ge-
nève. En 18fl, il devint principal du collège de
Chamb'éry. Litlérateur laborieux et amateur de
musique, il a publié beaucoup de livres, de
brochures et d'articles de journaux littéraires sur
toutes sortes de sujets, particulièrement sur la
musique. La liste de ceux-ci renferme les ou-
vrages suivants : 1° De la musique dans les
églises, considérée dans ses rapports avec
l'objet des cérémonies religieuses ( Mémoire
inséré dans le Magasin Encyclopédique, août
1809). — 2° Lettre à M. Millin sur l'utilité du
rétablissement desmailrises de chapelle dans
les cathédrales de France (dans le même re-
cueil, mai 1810) 3° Seconde lettre à M. Mil-
Un sur l'usage delà musique dans les églises
(dans le môme recueil, août 1810). Ces deux
morceaux ont été publiés séparément sous ce
titre : Lettres à M. Millin, membre de l'Insti-
tut, etc., sur l'usage de la musique dans les
églises, Chambéiy, Cléaz, 1811, in-8°. — 4° Ré-
futation d'un système sur le caractère attri-
bué à chacun des sons de la gamme, et sur
les sources de l'expression musicale (dans la
Décade philosophique, an x (1802) n os 22
et 23). Ces quatre opuscules ont été réunis avec
le suivant, en un volume intitulé : 5° Lettre
à M. Villoteau, touchant ses vues sur la
possibilité et l'utilité d'une théorie exacte des
principes naturels de la musique; suivie d'un
mémoire et de quelques opuscules sur l'usage
de la musique dans les églises , etc., Paris,
Courcier, 1811 , in-8° de 261 pages. A l'exception
d'une assez bonne réfutation des erreurs de
l'abbé Roussier, concernant les proportions des
intervalles de la tonalité moderne et la forma-
tion de la gamme , le sujet de la lettre de Ray-
mond à Villoteau y est traité d'une manière
superficielle : on aurait dû s'attendre à trouver
192
RAYMOND
un langage plus rigoureux dans l'écrit d'un
musicien géomètre. Le professeur de mathéma-
tiques se retrouve davantage dans l'écrit suivant,
qui n'est qu'un remaniement du même sujet,
mais sans vues nouvelles : — 6 e Essai sur la
détermination des bases physico-mathéma-
tiques de l'art musical; Paris, V e Courcier,
1813, in-8° de 79 pages. L'Académie des sciences
de l'Institut de France, a qui ce mémoire avait
élé soumis , n'y trouva à louer que le zèle de
l'auteur pour les progrès de la théorie de la mu-
sique. Raymond cherche à y démontrer que la
constitution organique de l'homme et celle des
corps sonores qui lui sont analogues, fournissent
immédiatement les éléments physiques de l'art et
le principe de l'harmonie. Cette erreur du dix-
huitième siècle a pour résultat inévitable de ma-
térialiser un art qui n'a sa source que dans la
combinaison de la sensibilité, du sentiment et de
l'intelligence. — 7° Des principaux systèmes
de notation musicale usités ou proposés chez
divers peuples tant anciens que modernes, ou
Examen de cette question -. L'écriture mu-
sicale généralement usitée en Europe est-
elle vicieuse au point qu'une réforme com-
plète soit devenue indispensable? Turin, de
l'imprimerie royale, 1824 , un volume in-4°de
154 pages avec une planche. Ce mémoire est
inséré en entier dans le trentième volume des
mémoires de l'Académie royale des sciences de
Turin, dont Raymond était membre. Son travail
est divisé en deux parties : la première est relative
aux notations de l'antiquité, du moyen âge et
de l'Orient ; l'autre renferme l'exposé et l'examen
des systèmes de notation deSouhailty, Brossard,
Lancelot, Sauveur, de Motz, Boigclou, J.-J. Rous-
seau, de l'Aulnaye, R. Patterson , de l'abbé Fey-
tou , de la Sallelte , de Riebesthal et de Bertini.
L'auteur de cet ouvrage n'avait pas les connais-
sances nécesaires pour traiter la première partie
de son livre; la deuxième est plus satisfaisante,
bien qu'elle ne donne pas la solution de la ques-
tion posée au frontispice. — 8° Mémoire sur la
musique religieuse, à l'occasion de l'établis-
sement d'un bas-chœur et d'une maîtrise de
chapelle dans l'église métropolitaine de Cham-
béry. Ce mémoire, lu à l'Académie royale de
Savoie, le 7 mars 1828, a été inséré dans le troi-
sième volume des mémoires de cette société. Il
en a été tiré des exemplaires séparés (iu-8 u de
35 pages), sans date et sans nom de lieu. Ray-
mond a laissé en manuscrit : Principes éléittcn-
taircs d'harmonie, de contrepoint et de com-
position musicale. Il est mort à Chambéry, le
24 avril 1839.
RAYMOND (Edouard), violoniste et com-
positeur à Breslau , est fils d'un faDricant d'ins-
truments de cette ville. Il est né le 27 septembre
1812, et, à peine âgé de sept ans. a commencé
l'étude du violon , sous la direction du profes-
seur Charles Luge {voyez ce nom). Ses progrès
furent rapides : à l'âge de quatorze ans, il joua
avec son maître, au ihéàlre, la symphonie concer-
tante de Kreutzer pour deux violons, et y ht re-
marquer la souplesse de son archet ainsi que la
justesse de ses intonations. Depuis cette époque,
il a brillé dans les concerts, soit à Breslau, soit
dans d'autres villes de l'Allemagne. Entré en 1834
dans l'orchestre du théâtre de sa ville natale, en
qualité de premier violon, il n'y resta que jus-
qu'en 1838, parce que les leçons qu'il donnait à
un nombre considérable d'élèves l'occupaient
incessamment. Devenu chef d'orchestre de la
société musicale Lxtitia, en 1839, il abandonna
celte position, cinq ans après, pour celle de di-
recteur des concerts de la Société du dimanche,
où les symphonies des grands maîtres sont bien
exécutées par un bon orchestre. Raymond oc-
cupait encore cette position en 1853. Le goût de
cet artiste et son expérience se sont formés dans
les voyages qu'il a faits à Berlin, Dresde, Vienne,
Leipsick, Francfort et Cologne. On a publié de
sa composition : 1° Introduction et polonaise
pour violon et piano; Breslau, Fœrsler. —
2°. Adagio et rondeau brillant avec accompa-
gnement de quatuor ou de piano ; Breslau, Ed.
Pelz. — 3° Le Russe, petit rondeau agréable et
facile pour violon et piano ; ibid. — 4° Grande
fantaisie pour violou et orchestre ou piano sur
des motifs deLucia di Lammermoor ; Breslau,
Schuicann. — 5° Première symphonie, arrangée
pour piano à 4 mains; Breslau, Weinholdl —
6° Romances sans paroles pour piano; Breslau,
Schumann. — 7 8 Grande polonaise pour orches-
tre ou piano ; Berlin, Bote et Bock. Beaucoup
d'autres petites compositions pour violon ou
pour piano. Raymond a en manuscrit : Le Maes-
tro, opéra non représenté : la Tempête, idem ;
la Fiancée de Rubezahl,idem; Première sym-
phonie ( en la mineur ) , à grand orchestre ,
exécutée dans les concerts de la Société du
dimanche; Deuxième symphonie (en sot),
idem; Première ouverture de concert (en ut),
idem; Deuxième ouverture (en si mineur), idem;
Nocturne pour violon, alto, violoncelle, contre-
basse, flûte, clarinette, basson et cor, idem;
Grande polonaise pour piano à quatre mains.
RAYMOND (Joseph), connu sous le nom de
liaymondi, littérateur et amateur de musique,
vivait à Paris de 1840 à 1850. Il a proposé un
nouveau système de notation de la musique dans
deux ouvrages dont voici les titres: 1° Essai de sim-
RAYMOND — REBEL
193
plification musicographiquc , avec un précis
analytique des principaux systèmes de nota-
tion musicale proposés pendant le XIX e siè-
cle; Paris, Bernard Latte, 1843, in-8° de quatre
feuilles, avec 2 planches. — 2° Nouveau sys-
tème de notation musicale, suivi du Rapport
fait au congrès scientifique de France sur le
premier essai de simplification musicogra-
phique ; Paris, imprimerie de Uiière, 1846, in-is°
de 100 pages avec 3 planches. Les éléments du
système de notation de M. Raymond sont pris
dans l'alphabet hébraïque. Ce système a eu le
sort de tous ceux du môme genre. Les artistes
ni le public n'y ont accordé aucune attention.
On a du môme littérateur un ouvrage philosophi-
que intitulé : Fantaisies morales, ou senti-
ments, vices et vertus; Paris, Amyot, 1846-47,
in-8°.
RAYMONT (Henri), souffleur et répétiteur
de musique au théâtre de Beaujolais vers 1765,
a fait les paroles et la musique des pièces sui-
vantes représentées à ce théâtre : 1° L'Amateur
de musique. — 2° V Amant écho. — 3° Ana-
créon. —4° V Armoire. — 5° Le Chevalier de
Lerigny. — 6° Le Braconnier.
RAZETTI ( Amédée ) , fils d'un violoniste
piémontais, naquit à Turin en 1754. Sa mère,
femme aimable et galante, dont l'aventurier
Casanova parle dans ses mémoires , vint s'éta-
blir à Paris vers 1761, et confia son fils au
claveciniste Clément, qui, trouvant en lui d'heu-
reuses dispositions, en fit un artiste distingué.
Razetti eut de la réputation à Paris comme maî-
tre de piano et comme compositeur. Dans les
œuvres qu'il a publiées pour le piano, il y a de
l'originalité. Ses trios pour piano, violon et
violoncelle ont eu un succès de vogue vers
1800. Razetti est mort d'une maladie de poitrine
en 1799. On a de lui les productions suivan-
tes : 1° Concerto arabe pour piano et orclkestre,
op. 14 ; Paris, Naderman. — 2°Trio pour piano,
violon et violoncelle, op. 12 ; Paris, Pleyel. —
3° Trois idem, op. 13, n» s 1 , 2 et 3, Paris,
Sieber. — 4° Six sonates pour piano et violon,
op. 1 ; Paris, Bailleux. — 5° Sonates pour cla-
vecinseul, op. 2, 3 et 6 ; Paris, Boyer. — 6° Six
sonates pour le clavecin dans les styles d'Eckai t
(voyez ce nom), Haydn, démenti, Cramer, Stei-
beltet Mozart, op. 7, part, 1 et 2 ; Paris, Boyer.
— 7° Trois sonates pour le clavecin ; la l re pour
clavecin seul; la 2«> e avec violon et basse; la
dernière avec deux violons, alto et basse, op. 10;
Paris, Consineau. — 8° Premier recueil de ro-
mances avec ace. de piano, op. 8; ibid. — 9° Pre-
mier pot-pourri pour le piano, op. 9 ; ibid. —
1.0° Deuxième recueil de romances, op. 11.
UIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. —T. VU.
READIJVG (Jean), organiste, né à Londres,
dans les dernières années du dix septième
siècle, étudia la musique sons la direction de
Blow. Ses études terminées, il obtint la place
de sous-maître des enfants de chœur de la ca-
thédrale de Lincoln. Il ne la quitta que pour celle
d'organiste de l'église paroissiale de Hackney. Plus
tard il fut organiste de l'église de SaintDunstan ,
et en dernier lieu il remplit les mômes fonctions à
Sainte-Marie de Woolnolh, à Londres. Il mourut
dans cette position en 1766. Reading a publié
de sa composition un livre d'antiennes avec basse
continue pour l'orgue ou le clavecin, sous ce
titre : A Book of new anthems , containing
a hundred plates fairly engraved, with a
thorough-bassfigured for the organ or harp-
sichord with proper ritornels; Londres, 1742,
in-fol .
REALI (Jean), musicien vénitien, vécut
dans la première moitié du dix-huitième siècle,
et fut maître de chapelle à Guastella, dans le
duché de ce aom. Il n'est connu que par le
! titre de l'opéra II Begno galante, dont il avait
| composé la musique , et qui fut représenté en,
1727, au théâtre San-Mose de Venise.
REBEL (Jean-Ferry), né à Paris dans la
seconde moitié du dix -septième siècle, fut un
des vingt-quatre violons de la grande bande du
roi de France, et compositeur de la chambre,
Entré à l'Opéra en 1699, en qualité de premier
violon, il en devint chef d'orchestre en 1707.
On le voit encore figurer sur l'état de cet orches-
treen 1737, avec des appointements de 1,200 li-
vres ; mais on ignore l'époque de sa mort, an-
térieure toutefois à l'état des pensionnaires dressé
en Ï751, car son nom n'y paraît pas. Rebel a eu
un fils qui fut directeur de l'Opéra (voyez l'article
suivant). Durey de Noinville a induit en erreur
La Borde, Choron et Fayolle, ainsi que tous les*
autres compilateurs, en disant que la femme du
compositeur Lalande (voyez ce aom) fut la fille
de Rebel, car elle était sa sœur aînée. Rebpl a
donné à l'Opéra, en 1703, Ulysse, tragédie
lyrique en cinq actes, qui eut peu de suecès. 11
a publié un livre de sonates de violon en duos,
et un livre de trios pour deux violons et basse
continue pour le clavecin. Ses airs de danse inti-
tulés Caprice, Boutade et Caractères de la
danse, ont eu beaucoup de réputation.
REBEL (François), fils du précédent, na-
quit à Paris le 19 juin 1701. Élève de son père,
il fut admis à l'orchestre de l'Opéra en 1714,
quoiqu'il ne fût âgé que de treize ans. En 1738,
il occupait encore la môme position, et son trai-
tement n'était que de 600 livres; mais chaque
année, depuis 1735, il recevait une gratificatiuB
13
194
REBEL — REBEYBOL
de 500 francs. Lié d'amitié avec Francœur (V. ce
nom), violoniste comme lui à l'orchestre de
l'Opéra, il le prit pour collaborateur dans la plu-
part des opéras qu'il composa, et l'eut pour as-
socié dans la direction de l'Académie royale de
musique. D'abord inspecteurs de ce spectacle,
ils en prirent la direction en 1751, et la conser-
vèrent jusqu'en 1767. Louis XV avait fait Rebel
chevalier de l'ordre de Saint-Michel, et lui avait
accordé une des places de surintendant de sa
musique. En 1772, il le nomma aussi adminis-
trateur général de l'Opéra; mais l'artiste, par-
venu à l'âge avancé de soixante-quatorze ans,
se retira le l e r avril 1775. Il ne jouit pas long-
temps du repos acquis au prix de si longs ser-
vices, car il mourut le 7 novembre de la même
année. Rebel a composé en société avec Fran-
cœur les opéras suivants : 1° Pyrameet Thisbé,
représenté en 1726. — 2° Tharsis et Zélie, en
1728. — 3° Scanderberg, en 1735. — 5° Le
Ballet de la Paix, en 1738. — 5° Les Angus-
lalcs, prologue, en 1744. — 6° Zélindor et Is-
mene, en 1745. — 7° Les Génies tutélaires, en
1751. — 8° Le Prince de Aoisy,en 1760. Re-
bel a écrit aussi un Te Deum et un De profun-
dis qui ont été exécutés avec succès au Concert
spirituel.
REBELLO (Jean-Laurent), excellent com-
positeur portugais, naquit en 1609, à Caminha,
et entra, à l'âge de quinze ans, au service de la
maison de Bragance, à Lisbonne, où il eut l'oc-
casion d'étudier la composition et de développer
le talent qu'il avait reçu de la nature. Il mourut
près de Lisbonne, en 1661, avec la réputation
d'un des musiciens les plus distingnés du Por-
tugal. Les écrivains de sa nation lui accordent
de grands éloges. 11 parait qu'il lit un voyage en
Italie peu de temps avant sa mort, car il y a
publié des Psaumes, Magnificat, Lamentations
et Miserere à seize voix et basse continue,
sous ce titre : Psalmi tum resperarum, tum
complétant. Item Magnificat, Lamentationes
et Miserere. Romse, typis Maufitii et Amadœi
Bclmonliarum , 1657, in*4° max. Beaucoup de
compositions de lîebello étaient en manuscrit
dans la bibliothèque royale de Lisbonne au com-
mencement du dix-huitième siècle.
REBELLO (Manuel), compositeur portu-
gais, maître de chapelle à Evora, né à A\iz,
dans la province d'Alentajo, vient vers 1625.
Ses compositions se trouvaient dans la biblio-
thèque royale de Lisbonne, au commencement
du dix-huitième siècle.
REBER (Nai'oléon-Henri), compositeur dis-
tingué, professeur d'harmonie au Conservatoire
de Paris et membre de l'Institut, est né à Mulhouse
(Haut-Rhin), le 2 1 octobrel807. Sa première édu-
cation fut dirigée vers l'étude des sciences appli-
quées à l'industrie ; mais son penchant pour la mu-
sique lui inspira tant de dégoût pour la profession
qu'on lui destinait, qu'il prit la résolution de se
livrer sans réserve à la culture de cet ai t. Il avait
appris à jouer de la flûte et du piano, et avait
mis beaucoup de persévérance à lire les traités
de composition qui lui étaient tombés sous la
main; mais chaque jour il acquérait la conviction
de l'insuffisance de ces ouvrages pour compléter
une éducation pratique. En 1828, il se rendit à
Paris, et le 16 octobre de la même année, il
fut admis au Conservatoire pour y apprendre le
contrepoint et la fugue, sous la direction de
Jelensperger et Seuriot, professeurs adjoints
de la chaire de Reicha. Au mois d'octobre 1829,
il devint élève de Lesueur , qui dirigea ses
éludes de composition dramatique. Depuis 1S35,
M. Reber s'est fait d'abord connaître par des
ceuvres de musique instrumentale et vocale
qui indiquent un talent distingué, sons le rap-
port de la forme et d'une certaine naïveté gra-
cieuse. Il a publié en ce genre : 1° Quintette
pour 2 violons, 2 altos et violoncelle, op. 1 ; Pa-
ris, Richault. — 2° 1"" grand quatuor pour 2 vio-
lons, alto et basse, op. 4; ibid. — 3° 2 mc idem,
op. 5; ibid, — 4° 3 me idem, op. 7; ibid. —
5° Trio pour piano, violon et violoncelle, op. 8;
ibid. — 6° 2 me idem; ibid. — 7" Pensée musi-
cale pour piano seul, op. 3; ibid. — 8° Varia-
tions sur un air suisse, idem, op. 6; ibid. —
9° Quelques mélodies charmantes à voix seule
et piano, parmi lesquelles on remarque le Voile
de la châtelaine, la Captive, liai luli, la
Chanson du pays. — 10° Des valses pour
piano et pour piano et violon, d'un caractère
original, etc. M. Reber a compose aussi des sym-
phonies qui ont été exécutées aux concerts delà
société de Sainte-Cécile, et dont une a été en-
tendue dans ceux du Conservatoire. Comme
compositeur dramatique, il a donné: 1° La
Nuit de ISoel, en 3 actes, au théâtre de l'O-
péra-Comique, le 11 février 1848. — 2'' Le Père
Gaillard, en 3 actes, au même théâtre, le
7 septembre 1852. — 3° Les Papillotes de
M. Jienoisf, en un acte, au même théâtre, le
28 décembre 1853. — 4° Les Dinars capitaines,
en 3 aeles, au même théâtre, 3 juin 1857. M. Ke-
ber a écrit aussi pour l'Opéra un grand ouvrage
intitulé Nalm, qui n'a pas été représente, mais
dont l'ouverture a été exéculée dans les con-
certs de Paris. On a du même artiste un Traite
d'harmonie; Paris, Colombier, 1862, l vol. gr.
in-8°.
REBEYBOL (Pierre), né à Nanles en
REBEYROL — REDIN
195
1798, entra comme élève au Conservatoire de
l'aris en 1818, et y devint élève de Lefebvre
pour la clarinette. Le premier prix de cet ins-
trumentlui fut décerné au concours de 1820.
Dans la même année, il entra sous la direction
de Reicha pour la composition. De retour à
Nantes, il a été nommé, en 1834, par le conseil
municipal, professeur de musique de l'école
primaire supérieure. Cet artiste a publié plusieurs
œuvres de quatuors et de quintettes pour des
instruments à cordes. Il a fait aussi entendre
dans les concerts des symphonies et d'autres
morceaux de sa composition.
REBS (CnuÉTiEN-GoTTLon), docteur en phi-
losophie, cantor et directeur de musique de
l'église Saint-Michel, à Zeitz, est né le 23
août 1771 à Rossleben. On a gravé de sa coin-
position : 1° Deux sonatines avec des ron-
deaux variés pour piano seul, op. 5; Leipsick,
Hofmeister. — 2° Variations sur un thème du
Preischiiiz; ibid. — 3° Variations sur l'air alle-
mand : Wir ivinden dir den J., op. 11, ibid.
— 4° Six chansons allemandes à voix seule,
avec accomp. de piano ; Leipsick, Breitkopf et
Hœrtel ; et plusieurs autres petites productions.
Rebs s'est fait connaître comme critique musical
par des articles publiés dans divers journaux, et
il a donné dans la Gazette générale de musique
de Leipsick (1841) une série de questions et de
réponses concernant la construction des orgues.
Il a publié une notice sur sa vie sous le titre de
Erinncrungcn ans mein Leben; Zeitz, 1839,
in-S° de 132 pages.
RECHEiXBERG (Ernest), professeur de
musique et compositeur à Berlin, estné le 12 oc-
tobre 1800 à Friedersdorf sur laQueis, dans la
régence de Liegnitz. Après avoir terminé ses
études littéraires et musicales, il se rendit à
Berlin en 1822, et fut admis dans l'Institut pour
la musique d'église, où il reçut des leçons de
Bernard Klein pour, la composition. A sa sortie
de cette institution, Rechenberg s'est livré à
l'enseignement. Au nombre de ses élèves, on
remarque Charles Eckert (voyez ce nom). Ses
compositions consistent en musique d'église dont
il n'apubîié que le psaume Golt ist miser Ueil,
à plusieurs voix, orchestre et orgue (Berlin,
Schmidt), beaucoup de Lieder à voix seule et à
quatre voix, et des pièces pour piano seul. On
a aussi de cet artiste un livre choral (Allge-
meines Ckoralbuch, Berlin, Challier), avec des
préludes et des conclusions pour l'orgue, tirés
des œuvres de J.-S. Bach, Hesse, Kûhn, Kuli-
nau, Natorp, etc., à l'usage des organistes des
petites villes.
RÊDERM (Guillaume-Frédéric, comte DE),
conseiller intime et chambellan du roi de Prusse,
intendant général de la musique de la cour, et
membre de l'Académie royale des beaux -arts de
Berlin, est né dans cette ville le 9 décembre
1802. Après avoir terminé ses études de droit à
l'université, il entra dans le conseil d'État en
1823, et deux ans après, il devint chambellan de
la princesse royale Elisabeth, depuis lors reine
de Prusse. Amateur passionné de musique qu'il
cultivait avec succès, M. de Redern fut chargé,
en 1842, de l'intendance générale de la musique
de la cour. Le premier ouvrage qui le fit con-
naître comme compositeur fut une ouverture
pour l'orchestre, écrite à l'âge de dix-huit ans,
et qui fut exécutée à Berlin en 1820. Parmi ses
compositions, on remarque : 1° Liturgie, chœur
à4 voix; Berlin, Schlesinger. — 2° Musica saera
(l e r volume) : Agnus Dei; Adoramus; Veni
Sancle Spiritus; Sanctus-Dominus, 1856. _
3° Musica sacra (2e volume) : Nunc dimitis ,-
Hyninus angelicus ; Christus fortis est, 1857.
— 4° Cantate ( haut tœne miser Lobgesang ) ,
pour voix solo, chœur et orchestre, pour le jour
de naissance du roi Frédéric-Guillaume IV, exé-
cutée le 12 janvier 1858. — 5° Christine, grand
opéra en trois actes, représenté au théâtre royal
de Berlin, le 17 janvier 1860, gravé en partition
pour le piano; Berlin, Bote et Bock. — 6° Mar-
che triomphale à grand orchestre pour la tragé-
die L'Empereur Frédéric III, arrangée pour
piano; Berlin, Schlesinger. — 7° Ouverture de
concert pour orchestre; Berlin, Bote et Bock.
— 8° Pièces pour musique de cavalerie, ibid. —
9° Pas redoublé pour musique militaire, ibid.
— 10° Plusieurs recueils de quadrilles et de
valses pour piano.
REDIN ou REDEIIV (Jean-François) (1),
violoniste et compositeur belge, ne naquit pas à
Liège, comme il est dit dans la première édition
de cette Biographie, car il vit le jour à Anvers,
et fut baptisé à la cathédrale de cette ville le
5 novembre 1748. Il était le troisième fils de Jo-
seph Redin, bourgeois de cette ville, et de
Jeanne-Françoise-Hansewyck (2). Il est vrai-
semblable que Jean-François Redin reçut sa pre-
mière éducation musicale comme enfant de
chœur. Cependant on ne possède aucun rensei-
gnement à cet égard; on ignore également le nom
du maître de violon de cet artiste, et l'on ne sait
qu'il fut premier violon de la cathédrale d'Anvers
que par le titre d'un de ses ouvrages. J'ai dit, dans
(1) Ce nom est écrit de plusieurs manières dans les ac-
tes de l'état civil, à Anvers.
(2) Je suis redevable de ces renseignements authenti-
ques aux soins obligeants de M. le chevalier Léon de Rur-
bure, qui, à ma prière, a bien voulu faire des recherches.
13.
196
REDIN — REEVE
la notice de la première édition de ce livre que
Hcdin entra au service du prince Charles de
Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, et qu'il
mourut à Bruxelles : ces faits sont inexacts, car
son nom ne figure pas dans les états de la cha-
pelle de ce prince, et l'on verra tout à l'heure
qu'il cessa de vivre dans le lieu même où il était
né. Son œuvre quatrième ayant été publiéà Lon-
dres en 1789, tout porte à croire qu'il y habitait
alors. II resta célibataire, ainsi que le prouve
l'acte de son décès, et mourut à Anvers à l'âge
de cinquante-trois ans, le 8 ventôse an X (24
février 1802). On voit dans les registres de l'é-
tal civil que la déclaration de la mort de J. F.
Redein, musicien, est faite, non par des per-
sonnes de sa famille, mais par deux voisins, dont
un est qualifié ^hospitalier. Les ouvrages pu-
bliés par Redin sont estimables et ont eu du
succès dans leur nouveauté ; ils ont pour titres :
1° Six duos pour 2 violons, œuvre 1 er ; Bruxelles,
Van Ypen. — 2° Six sonates pour 2 violons,
dédiés au chevalier J. F. Van Ertborn, et com-
posées par J. F. Redin, 1 er violon de la cathé-
drale d'Anvers, œuvre 2, ibid. — 3° Six sym-
phonies pour 2 violons, alto, basse, 2 hautbois
et 2 cors, op. 3; Paris, Bailleux, 1786. — 4° Six
quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 4;
Londres, Preston, 1789.
REDI (D. Thomas), né à Sienne dans la se-
conde moitié du dix-septième siècle , fut maître
de chapelle à Lorette pendant près de quarante,
ans, et mourut vers 1735. On peut voir, dans les
Mémoires de l'abbé Baini sur la vie et les
ouvrages de Palestrina (tome I, note 195), le
récit d'une discussion survenue entre Redi et
le P. Martini, à l'occasion de la résolution d'un
canon d'Animuecia. Redi a laissé beaucoup de
musique d'église en manuscrit : je possède de
lui quatre psaumes à huit voix, où se trouvent de
belies fugues.
REDI (François), excellent professeur de
chant et maître de chapelle à Florence, dans la
première moitié du dix-huitième siècle, établit,
en 1716, une école de chant où la célèbre can-
tatrice Victoire Tesi a reçu sa première éduca-
tion vocale. Beaucoup d'autres chanteurs re-
nommés se sont aussi formés dans l'école de
Redi.
REDSLOB (Gustave-Maurice), littérateur
allemand, né à Querfurt, en Saxe , a fait im-
primer une dissertation académique intitulée :
Dissertatio de prœceptomusico (Lauenaceacii
al haccitith) in inscriptionibus psalmorum
VIII, LXXXI et LXXXLV, consp4cuus; Leip-
sick, 1831, in-8° de 43 pages. Ce titre, mêlé de
latiu et d'hébreu, signifie : Dissertation sur le
précepte musical (pour chanter sur le Githith (1),
qui se voit dans les inscriptions des psaumes
8, 81 et 84.
REEVE (Guillaume), professeur de musique
et compositeur, naquit à Londres en 1757. Des-
tiné au barreau, il fréquenta d'abord le cabinet
d'un procureur; mais bientôt il abandonna l'é-
tude de la jurisprudence pour celle de la musi-
que, sous la direction de Richardson, organiste
de Saint-Jacques, dans Westminster. En 1781,
Reeve accepta une place d'organiste àTottness,
dans le Devonshire. Il en remplit les fonctions
pendant deux anc ; mais vers la fin de 178Î les
frères Ashlcy lui offrirent un engagement pour
écrire la musique des pantomimes et des drames
qu'ils faisaient représenter à leur théâtre, et
leurs propositions le ramenèrent à Londres. Non-
seuiement il composa un très-grand nombre de
pantomimes, de ballets et d'opéras, niais il pa-
rut aussi sur plusieurs théâtres comme acteur et
comme chanteur, particulièrement à Covent-Gar-
denetà Haymarket. En 1792, il avait été nommé
organiste de Saint-Martin, dans le quartier de
Ludgate; mais il ne garda pas longtemps cet
emploi. Reeve vivait encore à Londres en
1829, âgé de soixante-dix ans, et jouissait d'une
honnête aisance acquise par ses travaux. Il a
été un des compositeurs dramatiques anglais les
plus renommés de son temps. Il réussissait par-
ticulièrement dans le style comique. Quelques-
uns de ses ouvrages ont été faits en société avec
Mazzinghi (voy. ce nom). On ne connaît point
aujourd'hui les titres de toutes les pièces de
théâtre pour lesquelles Recveaécrit de la musique;
elles sont au nombre de plus de cent. Celles qui
ont eu le plus de succès sont les suivantes :
Oscar et Malvina, pantomime en 1791. —
2° Orphée etEuridice, ballet, 1792.-3° L'Ap-
parition, drame musical, 1794. — 4° liritish
Fortiiude (la Bravoure anglaise, 1794. — 5° Her-
cule et Ompkale, pantomime, 1794. — 6° The
Purse (la Bourse), drame musical, 1794. —
7° Merry Sherwood, 1795. — 8° Arlequin et
Oberon. 1796. — 9 e Baniry Jiay (la Baie de
Bantrv), opéra, 1797. — IC" Raymond cl Agnès,
ballet sérieux, 1797. — 11° Round Toicer (la
Tour ronde), 1797. — 12° Jeanne d'Arc, bal-
let historique, 1798. — 13° L'Embarcation ,
opérette, 1799. — 14° Thomas et Suzanne,
opéra, 1799. — 15° La Caravane, idem, 1803.
— - lf»° The Dash (la Rixe), opéra bouffe, ISOi.
— 71° Jf'hitc Plume Qe Panache blanc), opéra,
(0 Le lïithith etnlt vniiseirblablement, d'après le rap-
port de noru avec le qytharah des Arabes, un Instru-
uuut ,'i cordes pincées.
REEVE — REEVES
197
1806. Reeve a composé en société avec Mazzin-
ghi. — 18° Ramah-Droog, grand opéra, 1798.
— 19° The Turnpike gâte (la Barrière), opéra-
comique, 1799. — 20° Paul et Virginie, 1800.
— 21° Blind Girl (la Fille aveugle). Enfin, il a
pris part à la composition de beaucoup d'autres
pièces, jusqu'en 1811. Reevp a publié un ouvrage
élémentaire pour le piano, intitulé : The juvénile
preceptor, or enterlaining inslruclor ; a com-
plète introduction to the piano forte, Londres,
démenti, in-folio.
REEVES (Suis), le plus célèbre ténor de
l'Angleterre, est né à Woolwich en 1821. Dès
son enfance , il montra les plus heureuses dis-
positions pour la musique, et son père, musicien
de profession, entreprit de les cultiver et de les
développer. Les progrès du jeune Reevcs furent
si rapides, qu'ayant à peine atteint l'âge de qua-
torze ans, il possédait déjà une remarquable ha-
bileté sur plusieurs instruments, était excellent
lecteur, et connaissait la théorie de l'harmonie.
Son instruction dans la musique d'église était
dès lors si étendue, qu'il fut choisi comme or-
ganiste et directeur du chœur à Norlh-Croy, dans
le comté de Kent. Ce fut à cette époque qu'il
fit ses premiers essais de compositions dans
quelques antiennes pour le service de son église.
Après avoir quitté cette position, il se rendit à
Londres et reçut quelques leçons de piano de
Jean-Baptiste Cramer. La beaué «le sa voix
s'était manifestée pendant qu'il dirigeait le chœur
de North-Croy, et son père lui avait donné un
professeur de chant, qui, par une erreur qui
n'est pas sans exemple, se trompa sur le carac-
tère de la voix de son élève, la prit pour un
baryton, et ne cultiva que les notes comprises
dans l'étendue de ce genre de voix. Sims Reeves
débuta en effet à l'âge de dix-neuf ans comme
baryton au théâtre de Newcastle, et y chanta les
rôles de Rodolphe dans la Sonnanbula , et de
Dandini , dans la Cenerentola; il y obtint de
brillants succès qui se soutinrent dans les villes
de l'Irlande et de l'Ecosse où il se fit entendre.
Comprenant toutefois qu'il ne possédait pas les
vrais principes de l'art du chant, il prit la réso-
lution de se rendre à Paris et de prendre des
leçons de Bordogni. Ce fut alors que ce profes-
seur lui découvrit l'erreur de son premier maî-
tre, et lui démontra qu'il possédait un ténor de
la plus grande puissance et de la plus rare
étendue dans les sons de l'octave aiguë. De re-
tour en Angleterre, Sims Reeves continua de
chanter dans les provinces et en Irlande, car au-
cune proposition ne lui fut faite alors par les
directeurs des théâtres de Londres. Toujours
désireux de perfectionner son talent, il fil un
voyage en Italie. Arrivé à Milan , il y prit des
leçons de Mazzucato, et compléta, 6C-us la di-
rection de cet excellent maître, son éducation
vocale. Avant de s'éloigner de cette ville, il
chanta, au théâtre de laScala, le rôle d'Edgardo
dans Lucia di Lammermoor, avec une puis-
sance d'effet qui n'avait été égalée par aucun
chanteur. Il fut ensuite engagé pour d'autre?
théâtres de l'Italie, et partout applaudi chaleu-
reusement.
Au moment du retour de Sims Reeves à Lon-
dres, Jnllien venait de se charger de l'entreprise
du théâtre de Drury-Lane : il offrit au jeune
chanteur un engagement qui fut accepté, et le
G décembre 1847, le début de Reeves se fit par le
ïùXeA'Edgard, qui lui avait fait une brillante ré-
putation en Italie. Par diverses circonstances
dont le détail serait trop long, il n'y produisit
pas l'effet qu'on pouvait attendre de son talent
et de son admirable voix. Engagé par M. Lum-
ley pour le Théâtre de la Reine en 1848, il y dé-
buta le 20 mai par le rôle de Carlo dans Linda
di Chamountjt et son succès égala celui des
meilleurs chanteurs italiens de ce théâtre; néan-
moins il y resta peu de temps, parce que le rôle
à'Edgard ayant été donné à un autre artiste,
Sims Reeves rompit immédiatement son engage-
ment. Ce fut dans l'automne de la même année
1848 que le talent de ce chanteur fut placé dans
sa sphère propre par l'engagement qu'il reçut
pour chanter la partie de ténor soJo dans le Fes-
tival de Norwich, car depuis lors il n'a pas eu
de rival dans la grande musique classique et
religieuse, particulièrement dans les centres de
Hœndel, dont il a saisi admiraLlement le carac-
tère, et dans lesquelles la puissance exception-
nelle de son organe fait ressortir tous ses avan-
tages. Dans l'année suivante (1849), il fut engagé
au théâtre de Covent-Garden et y chanta dans
la Sonnanbula et dans la Donna del Lago;
puis, dans l'hiver suivant, il chanta au même
théâtre dans l'opéra anglais. Pendant ce temps,
il était devenu l'étoile des concerts de Londres.
En 1850, il retourna au Théâtre de la Reine et y
chanta dans Ernani et dans Lucia di Lammer-
moor, avec M ile Hayes et M'ne Sontag. En 1851,
il accepta un engagement au Théâtre Italien de
Paris et y débuta dans Ernani le même jour
que Sophie Cruvelli. Toute l'attention du pu-
blic s'était portée sur cette cantatrice, qui émut
l'assemblée jusqu'à l'enthousiasme; il en résulta
que le talent de Sims Reeves fut peu remarqué;
mécontent de n'avoir pas produit l'effet qu'il
avait espéré, il retourna à Londres sans attendre
la lin de la saison. A diverses époques, il accepta
encore des engagements de théâtres; mais ce
198
REEVES — RÉGINON
n'est pas dans celte voie qu'il a obtenu ses plus
beaux succès : les grands festivals de l'Angle-
terre, les oratorios d'Exeter-JIall et de Cristal-
Palace, enfin les concerts où il dit avec un
cbarme inexprimable les mélodies écossaises et
anglaises, voilà son véritable domaine; c'est là
qu'il excite au plus liant degré l'enthousiasme
de ses compatriotes. Sims Reeves a fini par le
comprendre, car, depuis 1S50, il n'a plus, que
je sache, paru sur aucun théâtre.
REGART (D. Salvador-Maria), musicien
espagnol du dix-neuvième siècle (1840-18G0),
est auteur d'un livre qui a pour titre : Piuevo sis-
lema musical. Tratado elemental de musica,
à sea Nuevo melodo para aprender la musica
flgurada, ù canto profano ; Madrid (sansdate).
REGGIO (Pierre), luthiste célèbre du oix-
septième siècle, né à Gênes, fut d'abord attaché
à la musique de la reine Christine de Suède;
mais, après l'abdication de celte princesse, il se
rendit en Angleterre, et s'établit à Oxford, où il
publia un livre intitulé : A Treatisetosing well
any song whatsoever. (Traité pour apprendre
à bien chanter quelque air que ce soit), Ox-
ford, 1077. Quelque temps après la publication de
ce livre, Rcggio s'établit à Londres, où il mourut
le 23 juillet 1083. On a de la composition de cet
artiste les chansons amoureuses de Cowley,
mises en musique à voix seule avec basse con-
tinue.
RÉGINON, abbé de Prum, monastère de
bénédictins dans le diocèse de Trêves, naquit en
Allemagne, vraisemblablement vers Tannée 840.
Distingué par ses connaissances en théologie,
en histoire, et dans les scienc