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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique"

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"The search for truth even unto its innermost parts' 
3n 43Uniimant 

The Gift of 
SADYE RUBIN MARANTZ LEE 



The National Women's Committee 
of Brandeis University 



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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



TOME HUITIÈME 



lYl'OCKAl'HIt DE H. FIHHIN U1DOT. — MB&NIL (EURE). 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



ET 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



I 



DEUXIEME EDITION 

ENTIÈREMENT REFONDUE ET V (CM ENTÉE l>F. PLUS I>F MOITIÉ 

PAR F'. J. FETIS 

MAITRE DE CHAPELLE DU lfoi I)KS BKLGBS 

directeur nu conservatoire royal de musique re druxem.es. itc 



TOME HUITIÈME 



PARIS 

LIBRAIRIE DE F1RMIN D1DOT FRÈRES, FILS ET C 

IMPRIMEURS DE L'iNSTITUT, RUE JACOB, 5fi 



1867 

Tou= droits réservé?;. 



Musio 
Eeferenoe 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



s 



SEBASTIAN I (Jean), mailrede chapelle 
de l'électeur de Brandebourg, né à Weimar, 
dans la première moilié du dix-septième 
siècle, a publié de sa composition une Passion 
à cinq voix et six instruments, avec basse con- 
tinue, Kœnigsberg, 1672, in-fol. On connaît 
aussi sous son nom un recueil de chansons 
spirituelles et mondaines intitulé : Geist-und 
weltliche Lieder in Melodien gesetzt ; Ham- 
bourg, 1675, in-fol. 

SEBASTIANI (Ferdinand), virtuose sur 
la clarinette, est né à Naples, vers 1800. An- 
cien élève du collège royal de musique de 
cette ville, il y devint professeur de son 
instrument, et occupa en même temps la place 
de première clarinette solo du théâtre de 
Saint-Charles. En 1828, il a fait un voyage à 
Taris, et s'y est fait entendre avec succès. On a 
gravé de sa composition : première et deuxième 
fantaisies pour clarinette et piano, sur des 
motifs d'opéra; Paris, Pacini ; Cavatine de 
Norina, variée pour clarinette et piano ; 
Milan, Ricordi. 

SÉBASTIEN (Claude), de Metz, ainsi 
désigné parce qu'il était né dans cette ville, 
y était o.rganisle vers le milieu du seizième 
siècle. Il n'est connu que comme auteur d'un 
livre rare et singulier, intitulé : Bellum musi- 
cale, inler plani et mensui-abilis cantus 
reges, de principalu musicx provincia ob- 
tinettdo contendentes; Argenlorati, exofllcina 
Machœropœi, 1553, in-4° de vingt et une 
feuilles. A la fin du frontispice, on lit : Habes, 
candide leclor, in fwc bello musical», non 
solum omnes controversias musicorum hinc 
inde agitalos, verum eliam quidquid in 
arlificium ipsius musices perlinet , opus suis 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. MM. 

Mue"" 
Heference 

91462 



fiauris et notis illustratum, quale anlehac 
neque visum neque audilum. Celte préten- 
tion de Sébastien est assez mal fondée, car on 
ne trouve rien dans son ouvrage, concernant 
la musique mesurée, qui ne soit dans ceux de 
plusieurs auteurs antérieurs, notamment dans 
les livres de Gafori et d'Ornithoparcus (voyez 
ces noms). Deux autres éditions, datées de 
1565 et de 1568, in-4°, ont été publiées égale- 
ment à Strasbourg. L'édition de 1563 est à la 
Bibliothèque impériale de Paris. Quelques 
exemplairesdecelle-ci portent la date de 1564. 
Le livre de Sébastien est une plaisanterie sé- 
rieuse sur les discussions agitées de son temps 
concernante prééminencedu plain-chautetde 
la musique mesurée. Ilsupposeque la musique 
est un pays divisé en plusieurs provinces, dont 
il décrit la situation, ainsi que la frugalité et 
les mœurs des habitants. Deux frères régnent 
l'un sur la province du plain-chant, l'autr.- 
sur celle du chant figuré : généalogie de ces 
princes. L'envie et l'ivrognerie brouillent les 
deux frères. Chacun d'eux publie un manifeste 
et se prépare à la guerre. Plusieurs nations 
viennent au secours du roi du plain-chant ; le 
pape, les cardinaux, évêques, abbés, cha- 
noines, et même les ministres luthériens avec 
leurs femmes, fournissent leur contingent. Les 
paysans avec des fourches, des haches et des 
faux, enfin une troupe de racleurs et de gens 
qui chantentfaux se rangent sous les drapeaux 
de la même armée. Celle du roi du chant figuré 
est composée des mesures, des modes, des 
temps, des prolations. Ces princes du sang 
commandent chacun un corps de troupes com- 
posé de notes rangées en ordre de bataille 
suivant leur espèce. Les discanls (dessus), 

1 



SEBASTIEN — SECHTER 



ténors et basses sonl les troupes auxiliaires. 
Lamentation de tout le peuple musical à rap- 
proche de la guerre. Dispositions des chefs 
pour la bataille générale. Le combat s'en- 
gage : quelques notes y reçoivent tant de con- 
tusions, qu'elles deviennent toutes noires. Les 
succès se balancent d'abord des deux côtés et 
semblent un instant favoriser l'armée du 
plain-chant; mais la victoire se décide enfin 
pour le roi de la musique mesurée. Les deux 
frères se réconcilient; des plénipotentiaires 
sont nommés de part et d'autre; ils fixent les 
limites de chaque royaume. L'ouvrage est ter- 
miné (depuis le chapitre 29 e jusqu'au 50 e ) par 
des définitions et explications des parties prin- 
cipales de chacun des deux genres de musique, 
que Sébastien a extraites en grande partie du 
trailéd'Ornilhoparcus.Le livre est précédé par 
une bonne et savante préface. Sébastien a eu 
quelques imitateurs dans le genre de la plai- 
santerie de son ouvrage. Voyez Sartoiuus 
(Érasme) et B«iir (Jean). 

SEBEIVICO(D.-Jean), professeur de chant, 
bon ténor et compositeur, naquit à Venise vers 
le milieu du dix-septième siècle. Il fut élève 
de Legrenzi (voyez ce nom). Attaché d'abord 
comme chanteur à la chapelle de Saint Marc, 
il fut ensuite maître de chapelle à Cividale, 
dans le Frioul. En 1692. il fil représenter au 
théâtre S. Giovanni e Paolo, de Venise, son 
opéra intitulé V Oppressa sollevato. Il a laissé 
en manuscrit de la musique d'église. 

SECANILLA (D.- François), compositeur 
et écrivain espagnol sur la musique, naquit le 
4 juin 1775, dans la petite ville de Corollera, 
diocèse de Saragosse. Il fit son éducation mu- 
sicale comme enfant de chœur à l'église 
Notre-Dame del Pilar, de Saragosse, y eut 
pour maître de chant José Gil de Palomas, et 
apprit la composition sous la direction de 
Xavier Garcia. En J797, il obtint au concours 
la place de maître de chapelle de la cathédrale 
d'Alfano, qu'il échangea, en 1800, pour celle 
de la cathédrale de Calahorra,dans la province 
de Logrono. Il yobtint un canonicat, en 1823, 
et y mourut le 26 décembre 1852. Musicien 
instruit, il a écrit beaucoup de messes, 
hymnes, motets, Vilhancicos (chants de Noël). 
M. Eslava (voyez ce nom) a publié une des 
messes de Secanilla, dans la seconde série de 
la Lira SacroHispana (dix-neuvième siècle). 
Le chanoine Secanilla a laissé en manuscrit 
divers traités de musique en langue espagnole, 
à savoir : 1° Théorie générale de la formation 
de l'harmonie, et, en particulier, de la pré- 
paration et de la résolution des dissonances. 



2° Des effets de la musique. 5" Tableau des 
accords. 4° Méthode théorique et pratique 
pour composer la musique dans le style 
moderne.?)" Caractère de la musique d'église. 
6° Traité des propriétés des modes, des voix 
et des instruments. 7° Traité de la décadence 
de la musique. 8° Opinion sur le système de 
Guido (d'Arezzo). 9° Observations contre la 
Génophonie de finies. 10" Notes curieuses 
comme additions à la Escuela de. Musica du 
P. Nassarc. 

SECHTER (Simon), organiste de la cour 
de Vienne, est né le 11 octobre 1788, à Fried- 
berg, en Bohême. Il était déjà âgé de onze ans 
lorsqu'il reçut les premières leçons de mu- 
sique, et lorsqu'il fit ses premiers essais de 
composition, il ignorait absolument la théorie 
de l'harmonie. En 1804, il se rendit à Vienne, 
où son compatriote Kozeluch, et Hartmann, 
élève de Streicher, lui donnèrent quelques 
leçons de piano. Après sept années d'une exis- 
tence précaire et pénible, Sechter obtint la 
place de maître de musique à l'institut des 
aveugles; puis l'abbé Sladler, qui avait ap- 
précié son mérite, le fit entrer à la chapelle 
impériale, en qualité de surnuméraire. Dans 
la suite il y obtint la place d'organiste, qu'il 
occupa longtemps. Parmi les œuvres de 
Sechter, on remarque : 1° Quatuor pour deux 
\iolons, alto et basse; Vienne, Pennauer. 
2° Les quatre tempéraments, plaisanterie 
musicale pour deux violons, alto et basse, op. 6; 
Vienne, Cappi. 5° Trois fugues pour piano ou 
orgue, op. 1; ibid. 4" Trois idem, op 2; ibid. 
5° Vingt-quatre versets pour l'orgue, op. 3, 
ibid. 6° Trois fugues idem, op. 4, 5, ibid. 
7° Six préludes idem, op. 8; ibid. 8° Trois 
fugues idem, op 9; ibid. 9° Douze versets et 
une fugue, idem, op. 12; ibid. 10° Prélude, 
fugue, canon et rondo, op. 15; ibid. 11° Six 
préludes, idem, livre II, op \4\ibid. 12° Ca- 
nons idem, op. 15; Vienne, Mechelli. 13° Deux 
thèmes de Mozart, traités en contrepoint, 
op. 17; ibid. 14° Trois fugues, op. 20; Vienne, 
Cappi. 15° Trois préludes, op. 21; Vienne, 
Pennauer. 16° Trente-deux versets faciles pour 
l'orgue, op. 22; Vienne, Cappi. 17° Deux 
fugues sur la mélodie du cantique : Grosser 
Gott, wir loben dich, op. 48; Vienne, Dia- 
belli. 18° Vingt fugues sur des chants d'église, 
op. 50; ibid. 19° Vingt-quatre préludes dans 
tous les tons, op. 52; Vienne, Arlaria. 
20° Fugue funéraire pour les obsèques de 
l'abbé Stadler, op. 55; Vienne, Diahelli. 
21° Deux préludes, dans le style de Palestrina, 
op. 56; ibid. 22° Deux fugues, op. 61; Vienne, 



SECHTER — SEDOTI 



Mechelti. 2ô" Plusieurs cahiers de variations 
pour le piano. 24° Messe brève à quatre voix, 
petit orchestre et orgue, op. 1S(en fa); Vienne, 
Cappi. 2!5° Messe avec un Tanlum errjo, gra- 
duel et offertoire, pour soprano et alto avec 
orgue, op. 54; Vienne, Diahelli. 20° Des 
chants à plusieurs voix avec accompagnement. 
27 n Wichtiger Beitrag zur Fingersetzung 
bei dem Piano forte-spielp etc. (Essai impor- 
tant sur le doigter et le jeu du piano, etc.), 
op. 43] Vienne, Tresenlzky. Outre ses ouvrages 
publiés, Sechter a en manuscrit environ vingt- 
cinq messes avec les graduels et offertoires, 
dont deux dans le mode phrygien, des gra- 
duels, Te Deum, et beaucoup de pièces d'or- 
gue, un concerto pour piano, etc. Sechter a 
formé beaucoup d'élèves pour la composition 
«t a publié un bon ouvrage intitulé : Die 
Grundsxtze der musihalischen Komposilion 
(Les principes purs de la composition musi- 
cale); Leipsick, Breilkopf elllaîrlelj 1853-1854. 
trois vol.gr. in 8°. 

SECKEISDORF (Chaules-Sigismond, ba- 
ron DE), ambassadeur du roi de Prusse au 
cercle de Franconie, naquit à Erlangen, le 
26 novembre 1744, et mourut à Anspach, le 
26 avril 1785, peu de temps après sa nomina- 
tion d'ambassadeur. II a fait imprimer à Wei- 
mar trois recueils de chansons avec accompa- 
gnement de piano, de sa composition, en 1779, 
1780 et 1782. On connaît aussi sous son nom, 
en manuscrit, six quatuors pour deux violons, 
alto et basse. 

J'ignore si madame Caroline de Seckendorf, 
auteur de plusieurs compositions pour le piano 
et le chant, est fille ou femme de ce seigneur. 
On a gravé sous ce nom : 1° Variations sur 
un air autrichien, pour piano seul; Berlin, 
Concha. 2° Six chansons allemandes avec 
accompagnement de piano; Augsbourg, Gom- 
barf. 3° Douze idem; Leipsick, Breilkopf et 
Hsertel. 

SEDLAZEK (Jean), virtuose sur la flûte, 
est né le 6 décembre 1789, à Ober-Glogau, 
dans la Silésie. Fils d'un tailleur, il apprit 
d'abord la profession de son père, et se livra à 
l'étude de la flûte dans ses moments de loisir. 
A l'âge de vingt et un ans, il se mit à voyager 
comme garçon tailleur. A Troppau, il travailla 
chez un maître qui lui procurait quelquefois le 
plaisir d'aller au théâtre entendre les opéras 
qu'on y représentait. De là il se rendit à 01- 
mtltz, puis à Brunn, et enfin à Vienne, où il 
commença à substituer la carrière de la mu- 
sique à sa profession de tailleur, en se faisant 
employer comme flûtiste dans des sérénades 



et des bals. Son talent s'élanl développé par 
l'exercice, il put entrer dans un orchestre, et 
dès lors il renonça à toute antre occupation 
que celles de sa nouvelle profession. Bientôt 
son nom acquit de la célébrité, et son habileté 
surla flûte ne fut plus contestée. Il commença, 
en 1818, à parcourir l'Allemagne pour y 
donner des concerts, puis visita l'Italie, joua 
«levant les souverains rassemblés au congrès 
de Vérone, et se rendit à Naples, en 1820. 
Après trois années de séjour en celte ville, il 
s'embarqua pour la Sicile, en 1823. Un trem- 
blement de terre l'obligea à quitter Païenne 
pour se rendre à Rome pendant la semaine 
sainte. De retour à Naples, il s'y fit entendre 
avec de brillants succès, ainsi qu'à Florence, 
à Modène, à Parme, à Gênes, à Turin, à Ve- 
nise, à Trieste et à Vienne, d'où il alla visiter 
ses parents, dans sa ville natale. Puis il se 
rendit à Paris, où il fit peu de sensation. En 
1820, il s'est fixé à Londres, où je l'ai entendu, 
en 1829. Il s'y est marié peu de temps après. 
Sedlazek avait une grande volubilité dans les 
traits brillants, mais il était inférieur aux ha- 
biles flûtistes français pour la qualité du son et 
pour le style. On n'a publié de Sedlazek que 
des variations sur l'air God save t lie King, des 
contredanses pour deux flûtes , et quelques 
autres bagatelles. 

SEDLEZKI (Jean-Balthazar), luthiste, 
né à Augsbourg, en 1727, s'est fait connaître 
par diverses compositions pour son instru- 
ment, qu'on trouvait autrefois en manuscrit 
chez Lotter à Augsbourg et chez Breilkopf. 
Cet artiste vivait encore sans emploi à Augs- 
bourg, en 1771. . 

SEDMICK (....), bon fadeur d'orgues de 
la Bohême, vivait à Prague dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. Ses principaux 
ouvrages sont : 1° Le grand orgue des Domini- 
cains, à Prague, qui, après la suppression du 
couvent, fut transporté à Trautenau. 2° Un 
bon orgue à l'église Saint-Laurent de Reichen- 
berg, achevé en 1769. 

SEDOTI (Joseph), habile sopraniste, né 
en 1710, à Arpino, petite ville du royaume de 
Naples, étudia dans l'école de D. Gizzi, et fut 
compagnon «lu célèbre Gizziello. Après avoir 
chanté à Rome, et sur les divers théâtres 
d'Italie et en Angleterre, il se retira dans sa 
pairie, où il mourut en 1780. 

SEDOTI (le chevalier Philippe), proba- 
blement de la même famille que îe précédent, 
naquit à Arpino, en 1716, et mourut dans la 
même ville, en 1784. Après avoir étudié le 
chant sous D. Gizzi, il passa au service de Fré- 

1. 



•i 



SEDOTI - SEEGR 



déric le Grand, roi de Prusse, et resta attaché 
à cette cour pendant vingt-neuf ans. 

SEDULIUS (Caïus-C>ïlius), prêtre et 
poète, vécut dans le cinquième siècle de l'ère 
chrétienne. Trithème l'a fait naître en Irlande, 
d'autres en Ecosse, et même en Espagne; mais 
on ne possède aucun renseignement certain 
sur son origine. On lui doit un poème sur les 
miracles de Jésus-Christ, intitulé : Paschuh 
Carmen, <|ui a été imprimé plusieurs fois. On 
lui attribue aussi les paroles et le chant de 
l'hymne J solis orlus cardine. 

SEEIÎ.VCH (Jean-André), né àTiefenthal, 
près d'Erfnrt, le 14 janvier 1777, montra 
«lès son enfance d'heureuses dispositions pour 
la musique, et en apprit avec facilité les élé- 
ments, sous la direction de son père. A l'àgede 
treize ans, il reçut des leçons d'orgue de 
Killel {voyez ce nom); mais il ne put rester 
longtemps sous la direction de cet excellent 
maître, car au mois d'octobre 1791, il dut 
entrer pour cinq ans chez le musicien de ville 
Rose, à Ronnebourg. Admis, en qualité de cor, 
à l'orchestre du théâtre de M.igdebourg, en 
I79G, il y (il la connaissance de Pillerlin et de 
Zacharie, qui lui enseignèrent l'harmonie et 
le contrepoint. I>i 1799, Seebach fut nommé 
organiste du couvent de Birge, et vers le mi- 
lieu de 1815, il obtint la place d'organiste de 
l'église Saint-Ulrich, à Magdehourg, et la con- 
serva jusqu'à sa mort, arrivée le 28 juin 182-3. 
Seebach était bon organiste, pianistedislingué, 
et jouait bien du violon, <le l'alto et du violon- 
celle; mais il brilla surtout comme directeur 
d'orchestre dans les concerts de la loge des 
francs-maçons. On ne connaît delà composi- 
tion de cet artiste que quelques chorals, des 
compositions maçonniques, et de petites pièces 
d'orgue. 

SEE3.ER (Nicolas), organiste et construc- 
teur d'orgues à Rcehmhild, dans le duché de 
Saxe-Meinungen, naquit à Hayna, près de 
cette ville, en 1680. Après avoir fréquenté 
l'école de son pays natal, depuis l'âge de cinq 
ans jusqu'à onze, il reçut jusqu'à sa quinzième 
année des leçons de l'organiste Jean-Gunlher 
Harrass, pour le clavecin. Il se livra ensuite à 
l'élude de la construction des orgues, et y de- 
vint fort habile. En 170. v >, on lui offrit une 
place d'organiste à Amsterdam, mais le duc 
Henri de Rœhmhild lui ayant offerl à la même 
époque la place de musicien de la cour, réunie 
à celle d'organiste de la ville, il préféra celle 
position, qui lui permettait de rester dans sa 
patrie. II mourut à Rœhmhild, au mois d'avril 
1739, laissant en manuscrit deux années com- 



plèles de musique d'église. Comme facteur 
d'orgues, il a construit cinquante-six instru- 
ments dans le duché de Saxe-Meinungen ainsi 
que dans les principautés de Wtlrzbourg, de 
Bamberget de Hildburghausen. 

SEEGK (Joseph), dont le nom a été défi- 
guré en ceux de SEGEU, S.EGEU et ZE- 
REHT, fut un des meilleurs organistes de 
l'Europe, vers le milieu du dix-huitième siècle. 
Il naquit en 1710, à Rzepin, près de Melnik, 
en Bohême. Il apprit si jeune les éléments de 
la musique, qu'il n'avait lui-même conservé 
aucun souvenir de sa première éducation mu- 
sicale. Il trouva dans cet art les ressources né- 
cessaires pour aller faire ses éludes littéraires 
à Prague, où il obtint le grade de bachelier es 
lettres au collège des Jésuites. Après avoir 
achevé ses humanités, il prit la résolution de 
se livrer exclusivement à l'élude de l'orgue et 
de la composition : son premier mailre fut 
un franciscain, très-habile organiste, nommé 
Bohuslaw Czernohorsky, qui lui communiqua 
pour son instruction les livres de Fux et de 
Berardi, ainsi que les compositions de Pales- 
trina, Marcello et Caldara. Les partitions de 
ces grands maîtres furent la source où Seegr 
puisa les connaissances les plus solides dans 
l'art d'écrire. Jeune encore, il était déjà l'or- 
ganiste le plus remarquable de la Bohême. Il 
avait obtenu une pi ace de second violon à l'église 
Saint-Martin ; elle lui procura de fréquentes 
occasions d'entendre l'excellent organiste 
Zacb, qui était attaché à celle église. Lorsque 
Zach s'éloigna de Prague, il déclara haute- 
ment que Seegr était le seul organiste de cet le 
ville qui pût le remplacer. Ce fut lui, en effet, 
qu'on choisit pour cet emploi, et pendant cinq 
ans il fut à la fois organiste de Saint-Martin, 
et premier violon de l'église dans le Thein. 
Pendant quarante et un ans il remplit ensuite 
la place de premier organiste de celte der- 
nière, à laquelle il joignit, pendant trente-sept 
ans, celle d'organiste de l'église îles Frères de 
la Croix. Lorsque l'empereur Joseph II visita 
Prague, en 1781, il fut si charmé du talent de 
Seeyr, qu'il voulut l'attacher à sa cour; mais 
lorsque la nomination de l'artiste parvint à 
Prague, Seegr avait cessé de vivre, le 22 avril 
1782. à l'âge de soixanle-six ans. De magni- 
fiques funérailles lui furent faites; lous les 
artistes de la Bohême s'étaient fait un devoir 
d'y assister : à leur tête se trouvaient ses élèves 
Missliwezcck, Jean Rozeluch, Koprziwa, Ku- 
charz, Skrydaneck, elc. Touie la colleclion de 
musique de Seegr, ainsi que ses compositions, 
devinrent l'héritage. de son gendre Fièbigj 



SEEGR — SEGNI 



mais le directeur «le concert Ernsl, «le Gotha, 
lit rac(|iiisilion de toutes ses pièces d'orgue, 
et les confia à Ttlrk (voyez ce nom), pour les 
publier. Elles étaient en trop grand nombre 
pour qu'on put les l'aire paraître toutes à la 
fois; Ttirk fit un choix de huit loccates et fu- 
gues, qu'il publia, en 1794, chez Breilkopf, à 
Leipsick, comme un spécimen du talent de 
Seegr, annonçant <|ue ce cahier serait suivi de 
plusieurs autres. Les circonstances n'étaient [tas 
favorables au moment de celle publication; elle 
eut peu de succès, en sorte que les autres ca- 
hiers neparurenlpas.Le mérilequi brille dans 
les pièces de ce recueil fait vivement regretter 
que les autres morceaux du même artiste 
n'aient pas vu le .jour. On a cependant publié 
à Prague, chez Berra, et à Leipsick, chez Hof- 
nieister, un recueil de préludes d'orgue de cet 
excellent artiste. 

SEEE (Jacques), pasteur à Unterbrunn, 
vécut dans la première moitié du dix-septième 
siècle. Il a fait imprimer de sa composition le 
quatrième psaume «le David, à huit voix ; Co- 
bourg, 1631, in-4°. 

SEELEIV (Jean-Heniu DE), savant philo- 
logue, né le 8 août 1C88, à Asel, près de 
Brème, fit de brillantes éludes au gymnase de 
Stade, puis fui professeur de grec et de latin 
dans le même collège. En 1713, la place de 
recteur à Flensbourg lui fut confiée, et cinq 
ans après il alla occuper le même posle à Lu- 
heck, où il mourut, le 21 octobre 1762. Parmi 
les nombreux écrits «le ce savant, on trouve 
une dissertation intitulée: Programma Prin- 
cipem Musicum, ex sacra et profana histo- 
ria, exliibens; Flensbourg, 1715, in-4° de 
trois feuilles. Cet écrit a été réimprimé par 
Olaiis Moller dans ses Orationes de erudilis 
musicis; Flensbourg, 17I5,in-4°. On le trouve 
aussi dans les Miscellanea de Seelen (Luheek, 
1756, in-8°, p. 540-581). On a aussi de ce sa- 
vant une dissertation qui a pour litre : Jf/usa- 
rum ac Musiez felix conjonctio illuslri 
exemplo Auguslini antistitis Hipponensis 
declarala; Lubeck, 1756, in-4°. 

SEELMANN (Auguste), né à Dessau vers 
1812, a fait ses éludes musicales sous la direc- 
tion de Frédéric Schneider. A sa sortie de 
l'école de ce maître, il a obtenu sa nomination 
d'organiste «le l'église de la ville nouvelle et 
de professeur de musique à la maison des or- 
phelins. On connaît de sa composition : 
1° Deux petites fugues pour l'orgue, publiées 
par Kœrner, à Erfurl. 2° Quatre Lieder pour 
un choeur d'hommes, op. 5; Magdebourg, 
llciniiclisliol'en. 5° Le psaume 116" ,e (Pas 



ist mir I.ieb, dass der Herr) pour quatre voix 
d'hommes, op. 4; ibid. 4° Schutz und Trutz 
(Protection et Alliance), chant pour quatre 
voix d'hommes, op. 8 ; Leipsick, Siegel. 

SEGER (Jean-Ernest), docteur et profes- 
seur de théologie à Kœnigsberg, naquit dans 
cette ville, le 2 janvier 1675. Il mourut, le 
3 septembre 1719, avec le titre de pasteur de 
la vieille ville, à Kœnigsberg. On a de lui un 
livre intitulé : Pe ludis scenicis (Kœnigsberg, 
1702, in-8°), où l'on trouve quelques détails 
concernant la musique de théâtre chez les an- 
ciens. 

SEGNI (Jules), appelé communément 
GIULIO DI MODENA, parce qu'il était 
né à Modène, en 1498, fut organiste et clave- 
ciniste célèbre, dans la première moitié du 
seizième siècle. Vincent Lusignani (voyez ce 
nom), son oncle, fut son instituteur dans 
toutes les parties de la musique. Le 10 no- 
vembre 1550, il fut nommé organiste du pre- 
mier orgue à l'église ducale de Saint-Marc, à 
Venise. Son nom est altéré, dans les registres 
de celte église, en celui de Giulio Segnal. 
Segni ne garda cette position que jusqu'au 
29 mars 1555, ayant été appelé alors à Rome 
par le cardinal de Santa-Fiora, qui l'aimait et 
l'attacha à son service. Segni cessa de vivre à 
Rome en 1561, à l'âge de soixante-trois ans. 
Le cardinal, son patron, fit placer sur sa 
tombe une épitaphe honorable, dans l'église 
Saint-Biaise de la Strada Giulia. François 
Doni cile «le cet artiste, dans sa Libreria 
(p. 66) : Ricercati , intabolatura di organi 
et di liuto, in Fenetia. Cosme Barloli parle 
du talent de Segni avec les plus grands 
éloges (1), et dit qu'il est plus remarquable 
encore sur les clavecins, épinettes, etc., que 
sur l'orgue : Raro e vayo, dit-il, è il suonare 
di Julio, ma egli vale molto più in su gli 
instrumenli da penna che in su gli organi. 
Il ajoute à ces éloges diverses anecdotes qui 
prouvent que le talent de cet artiste produisait 
des effets extraordinaires sur les personnes 
qui l'entendaient. Parmi ces anecdotes, celle- 
ci surtout mérite d'être rapportée : « Le mar- 
» quis del Fasto, arrivé en posle à Rome, se 
» rendit chez le pape Clément VII, et sans 
» prendre le temps d'ôter ses éperons, entra 
» immédiatement en conversation sérieuse 
» avec ce ponlife, le cardinal de Medicis et un 
» secrétaire d'Élat, sur des affaires de la plus 
» haute importance. Pendant que ces person- 
» nages délibéraient, on entendit tout à coup 

(1) Discorsi istorici universali, p. 271. 



SEGNI - SEIDEL 



» Segni, qui jouait du clavecin dans une autre 
» chambre. Le charme de son jeu fit une si 
» vive impression sur le pape et sur ses intër- 
» locuteurs, que tous se levèrent, oubliant les 
» affaires dont ils étaient occupés, et s'appro- 
» chèrent du virtuose, pour avoir le plaisir de 
» l'entendre. » 

SEGOÏND (L.-A.), docteur en médecine et 
sous-bibliothécaire de la Facullé de Paris, se- 
crétaire de la Société de Biologie, et membre 
de plusieurs sociétés médicales, s'est occupé 
spécialement des organes de la voix. Lui- 
même, doué d'une belle voix de ténor, avait 
t'ait des études de chant sous la direction de 
Manuel Garcia fils, pours'aider de la connais- 
sance de l'art dans ses travaux de médecin et 
d'analomiste. Le premier fruit de ses travaux 
fut un livre intitulé : Hygiène du chanteur. 
Influence du chant sur l'économie animale. 
Causes principales de l'affaiblissement de la 
voix et du développement de certaines mala- 
dies chez les chanteurs; moyens de prévenir 
ces maladies; Paris, Labé, 184G, un volume 
in-12 de deux cent quarante-six pages. Après 
la publication de cet ouvrage bien l'ail, M. Se- 
gond a lu à diverses époques à l'Académie des 
sciences de l'Institut de France plusieurs 
Mémoires relatifs aux phénomènes de la pho- 
nation. Ces Mémoires ont été réunis en un vo- 
lume, qui a pour titre général : Mémoires 
pour servir à l'histoire analomique et phy- 
siologique de la phonation; Paris, Rignoux, 
1849, un volume gr. in-8°. Les mémoires 
contenus dans ce volume sont : 1° Mémoire 
sur l'ossification des cartilages du larynx 
i présenté à l'Académie des sciences, le 28 juin 
1847), seize pages. 2° Recherches expérimen- 
tales sur la phonation, trente-huit pages. 
•> Mémoire sur la voix inspiratoire (pré- 
senté à l'Académie des sciences, le 21 février 
1S4S), seize pages. 4° Mémoire sur les modi- 
fications du timbre de la voix, dix-huit 
pages. '6° Note sur les mouvements de totalité 
du larynx ( présentée à l'Académie des 
sciences, le 17 juillet 1848), huit pages.6°y7/e- 
moire sur la parole (présenté à l'Académie des 
sciences, le 17 mai 1847)) vingt-quatre pages. 
Beaucoup d'observations neuves sont répan- 
dues dans ces opuscules. 

SEGLRA (Théodore), violoniste, guita- 
riste et compositeur, né à Lyon, se fixa à Pa- 
ris, vers 1816, et s'y fit connaître par les com- 
positions suivantes : 1° Air varié pour violon 
principal et quatuor, op. 1 ; Paris, Schonen- 
berger. 2° Idem, op. 2; Paris, Ph. Petit. 
3" Réc t et air varié pour violon principal cl 



quatuor ou piano, op. 7 ; ibid. 4" Thèmes va- 
riés pour violon et piano, op. G, 10, 11 ; ibid. 
5° Mélange d'airs russes et polonais, idem, 
op. 12; ibid. 6° Six divertissements pour gui- 
lare, op. 5; Paris, Meissonnier. 7° Fantaisie, 
idem, op. 8; ibid. 8° Huit petites pièces fa- 
ciles, op. 9 ; ibid. 9" Recueil de petites pièces, 
idem, op. 1-5; ibid. 

SEHLLXG (Joseph-Antoine), compositeur 
distingué, naquit à Tiesing, en Bohème, vers 
1G80. Après avoir l'ait ses études littéraires et 
musicales à Prague, il entra dans la chapelle 
du comte de Mozin, en qualité de chanteur et 
de compositeur; plus lard, il joignit à celle 
pi ace celle de directeur du chœur de l'église des 
Barnabiles; enfin, il y réunit aussi les fonc- 
tions de maître de chapelle de l'église métro- 
politaine de Saint- Vilh. Il mourut a Prague, le 
19 septembre 175G, dans un âge avancé. On 
connaît de sa composition plusieurs messes, 
offertoires, des messes pastorales et de Re- 
quiem. Il a écrit aussi l'oratorio Filius pro- 
digus, qui fut exécuté dans l'église des Barna- 
biles, en 1739, et dans celle des Frères de la 
Charité, en 1744, ainsi que deux opéras en 
lingue latine, dont le dernier fut repré- 
senté au collège des Jésuites de Prague, en 
1751. 

SEICIIERT (Laurent), bon chanteur et 
violoniste distingué, né en Bohème, était déjà 
attaché comme enfant de chœur à l'église des 
Jésuites de Prague, en 1712. Il fut ensuite pre- 
mier violon de la cathédrale de cette ville, et 
mourut dans celle position, le 28 juin 1765, 
laissant en manuscrit plusieurs concertos pour 
son instrument. 

SEIDEL (Ferdinand), violoniste et compo- 
siteur, naquit à Falkenberg, en 1705, et y reçut 
les premières leçons de musique. Plus tard, il 
devint élève de Boselli, à Vienne. De retour en 
Silésie, il entra dans la chapelle du comle Ze- 
rotin, à Falkenberg, puis passa dans celle de 
l'archevêque de Salzbourg, où il se trouvait 
encore en 1757. Depuis celte époque, on n'a 
plus de renseignements sur sa personne. Il a 
écrit, pour le service des princes auxquels il' 
fut attaché, beaucoup de symphonies, de con- 
certos et de solos pour le violon, remarquables 
par les difficultés d'exécution qui s'y trouvent. 
Seidel n'a fait imprimer que douze menuets 
pour violon, à Leipsick, 1753, in fol.; mais 
douze grands solos pour cel instrument, de sa 
composition, 'étaient en manuscrit chez Breil- 
kopf, en 1790. 

SEIDEL (Frédéric-Louis), né à Treuen- 
briezen (Prusse), le 1 er juin 17G3, était fils du- 



SEIDEL 



maître d'école de ce lieu. Il y reçut les pre- 
mières leçons de clavecin et d'orgue d'un or- 
ganiste nommé Clans; puis il se rendit à 
Berlin, où demeurait son frère aine, et con- 
tinua ses études musicales sous la direction de 
lteichardt, qu'il accompagna dans plusieurs 
voyages. En. 1792, il obtint la place d'organiste 
à l'église Sainte-Marie, de Berlin. Plus lard, 
le maitre de chapelle Bernard-Anselme Weber 
(voyez ce nom) le prit comme adjoint, pour la 
direction de l'orchestre du théâtre royal. 
Après la mort de ce maître, Seidel renonça à sa 
place d'organiste pour celle de premier chef 
d'orchestre de ce théâtre, qui lui fut offerte 
par Ifïland. Il est mort à Chaiioltenbourg, le 
5 mai 1831, à l'âge de soixante-six ans. Les 
compositions principales de Seidel sont : 
I. Oratorios, motets, etc. 1° Hymne à Dieu 
(en allemand), oratorio exécuté à Berlin, le 
18 avril 1797. 2° Der Unsterflighkeit (l'Im- 
'morlalilé), oratorio, exécuté le 23 octobre 
1797. 3° Plusieurs motels allemands composés 
pour l'Académie de chant de Berlin. 4° JVissa 
pro defunctis, exécutée à cette Académie, en 
1819. 5° Des hymnes et des psaumes pour voix 
solos, chœur et orchestre. II. Opéras. 6" Jery 
et Bately,ùe Gœlhe, non représenté. 7" Héro 
etLéandre, mélodramme. 8° Der Dorfbarbier 
(le Barbier de village), représenté le 14 dé- 
cembre 1817, au théâtre national de Berlin. 
9° Die Abenteuer der Riller D. Quixotle de 
la Mancha, etc. (les Aventures du chevalier 
Don Quichotte de la Manche, etc.), drame bur- 
lesque en cinq actes, avec une ouverture et 
plusieurs morceaux de musique, représenté le 
20 mai 1811, au même théâtre. 10° Lila, 
opéra en quatre actes de Gœlhe, représenté au 
même théâtre, le 9 décembre 1818. 11° Nabu- 
chodonosor } grand opéra, non représenté. 
12° Honorina, opéra comique, composé en 
1817, mais non représenté. 13° Un grand 
nombre de morceaux intercalés dans des tra- 
gédies, des drames et des comédies. Outre ces 
compositions , Seidel a publié beaucoup de 
Lieder et de chants avec accompagnement de 
piano. On connaît aussi de lui : 1° Le Retour 
de Blucher, grande fantaisie pour le piano: 
Berlin, Scblesinger. 2" Quelques œuvres de 
variations pour le même* instrument; Berlin, 
Coucha et Scblesinger. 3° Plusieurs recueils 
dechanls et chansons à voix seule, avec accom- 
pagnement de piano; Hambourg et Berlin. 

SEIDEL (Charles), docteur en philo- 
sophie, professeur et membre de plusieurs so- 
ciétés savantes, né à Berlin, le 14 octobre 
1757, est auteur d'un livre remarquable inti- 



tulé : Charinomos. Beilr.rge zur Allr/e- 
meinen Théorie und Geschichle der schœnen 
Kunste (Lois du beau. Essais concernant la 
théorie générale et l'histoire des beaux-arts) ; 
Magdebourg, Rubach, 1825-1823, deux vol. 
in-8°. Toute la seconde partie de cet ouvrage 
traitede la poétique de l'art pur de la musique, 
c'est-à-dire, de la musique instrumentale. 
Seidel a fait insérer des articles dans la Ga- 
zette musicale de Berlin (182G, n" s 48, 49), 
sur l'opéra et la poésie de ce genre d'ouvrage, 
sur l'esthétique de la musique, sur le chant de 
l'église (1828), sur madame Catalani, sur Pa- 
ganini, etc. Il est mort à Berlin, le 15 août 
1844. 

SEIDEL(Jean Jules), organiste à Breslau, 
est né dans cette ville le 14 juillet 1810. Après 
avoir reçu l'instruction élémentaire dans une 
école primaire, il fréquenta le gymnase do 
Sainte-Elisabeth et y fit ses humanités. A l'âge 
de onze ans, il commença l'étude de la musi- 
que et reçut pendant trois ans des leçons de 
piano d'un bon professeur. Ses progrès furent 
rapides; néanmoins son père ne voulut plus 
lui fournir les moyens de perfectionner son 
talent après qu'il eut atteint l'âge de quatorze 
ans, et les seules ressources qui lui furent 
données par quelques amis de sa famille con- 
sistèrent en un vieux piano presque hors de 
service et dont l'étendue du clavier n'était que 
de quatre octaves et demie, de plus quelques so- 
oatesde bons maîtres. Seidel avait un goût pas- 
sionné pour l'orgue, et ses plus vives jouissan- 
ces étaient d'entendre jouer les organistes des 
diverses églises de Breslau. Berner et Neuge- 
bauer étaient surtout ses artistes de prédilec- 
tion. Il imitait chez lui, sur son misérable 
piano, le style de leurs préludes et de leurs 
fugues. Sans autre guide que ses souvenirs fu- 
gitifs, il se préparait ainsi à devenir lui-même 
un organiste distingué. Timide à l'excès, il 
résista jusqu'à l'âge de dix-sept ans à son ar- 
dent désir de s'adresser à un organiste de sa 
ville natale, pour obtenir la permission de 
s'essayersurson instrument, car il craignait ni: 
refus. Il se hasarda pourtant d'en parler à 
Neugebauer, qui, louché de son amour pour 
l'art, lui permit de s'exercer sur l'orgue de 
l'église de la madeleine. Plus lard, il fit la, 
connaissance de Alze, organiste de Saint- 
Christophe, et cet artiste, ayant apprécié les 
heureuses dispositions de Seidel, et compre- 
nant qu'il pourrait s'en faire aider dans sa 
vieillesse, l'admit à jouer une partie du service 
de l'église pour la première fois, le 23 sep- 
tembre 1827, lui donna des leçons et lui coin- 



SEIDEL — SE1DLER 



muniqua (onle sa musique d'orgue. Dès ce mo- 
ment, les éludes du jeune organiste devinrent 
sérieuses et régulières. Vers le même temps, 
Seidel fit la connaissance de Millier, fadeur 
d'orgues distingué, et apprit, par la fréquen- 
tation de ses ateliers, la théorie et la pratique 
île la construction de ces instruments. 

Atze mourut au commencement de 1837, à 
Tàge de soixanle-dix-huit ans , et sa place 
d'organiste de Saint-Christophe fut mise au 
concours, le 16 mars de la même année : 
Seidel se mit au nombre des aspirants, et son 
talent vainquit ses compétiteurs. Mis immé- 
diatement en possession de son emploi, il 
entra en fonction le 1 er avril suivant. Peu de 
temps après, la restauration de l'orgue de son 
église fut faite sous sa direction; il y fit 
preuve de la solidité de ses connaissances. En 
1838, il se livra à la rédaction d'un' traité de 
la construction des orgues, qui parut, en 1845, 
chez Leuckart, à Breslau, sous ce titre : Die 
Orgelund ihr Bau (l'Orgue et sa construc- 
tion), un volume in-8°avec planches. Lesuccès 
de cet ouvrage fut si grand en Allemagne, 
qu'on en fit une deuxième édition au mois de 
novembre de la même année. Depuis lors, 
Seidel a été souvent appelé comme arbitre 
pour la réception des orgues nouvelles dans la 
Silésie, et même en Bohême. Il a écrit un 
grand nombre de pièces pour l'orgue, consis- 
tant en préludes, fugues, trios à trois claviers, 
et variations sur des chorals. On connaît de 
lui : des Lieder à voix seule, avec accompagne- 
ment de piano; des chants pour des voix 
d'hommes; et un motel funèbre pour un chœur 
d'hommes, avec accompagnement d'instru- 
ments à vent. 

SEIDELMANN (Eugène), cherd'orchestre 
et premier directeur de musique au théâtre de 
Breslau, est né le 12 avril 1806, à Regensdorf, 
près de Glatz (Silésie). Son père, instituteur 
dans ce lieu, lui enseigna les éléments de la 
musique, le piano, le violon, et les instruments 
à vent dont l'usage est habituel. Dans le même 
temps, le pasteur du village lui apprit les pre- 
miers principes de l'harmonie et du contre- 
point. En 1818, Sçidelmann alla fréquenter le 
gymnase de Glatz. Pendant les deux premières 
années, il continua l'élude du violon et com- 
mença celle du violoncelle, cherchant toutes 
les occasions favorables pour le perfectionne- 
ment de ses connaissances en musique. Ce fui 
aussi dans celle ville qu'il fit ses premiers 
essais de composition. En 1826, il se rendit à 
Breslau pour suivre à l'université le cours de 
théologie, s'occupant moins toutefois de celte 



science que de la musique. Les concerts d'hi- 
ver, dirigés par Schnabel (voyez ce nom), la 
musique qu'on exécutait dans les églises et 
l'opéra absorbaient loule son attention. La di- 
rection de l'Union académique de chant étant 
devenue vacante en 1828, par la retraite de 
Kahl, elle fut offerte à Seidelmann, qui l'ac- 
cepta et y donna des preuves de capacité, par 
la manière dont il conduisit l'exécution de 
quelques grands ouvrages, au nombre desquels 
étaient le Don Juan de Mozart, et Vlphiijénie 
en Tauridede Gluck. L'habilelé dont il avait 
fait preuve dans cette exécution le fit choi- 
sir, en 1830, pour diriger la musique du 
théâtre; il prit possession de ses fonctions 
le 1 er mai de la même année. Cet artiste 
recommandable a écrit pour le même théâtre, 
en 1839, Virginie , grand opéra en trois 
actes, et la Fête de Kenihcorth, en 1843; 
ces ouvrages ont obtenu de brillants succès à 
Breslau et ont été repris plusieurs fois. Une 
ouverture de sa composition a élé exécutée 
dans les concerts de celle ville. Ses ouvrages 
de musique d'église sont: deux messes à quatre 
voix, orchestre et orgue, un Requiem idem, un 
Stabat Mater [tour 4 voix, deux violons, alto, 
basse , deux bassons et orgue, des offertoires 
et des graduels. Seidelmann a écrit des chœurs, 
des chansons, des marches et de la musique 
(tour plusieurs drames représentés au théâtre 
de Breslau. On connaît aussi de lui des Lieder 
avec accompagnement de piano. 

SEIDELMANN (madame), femme de cet 
artiste, connue d'abord sous les noms de 
MARIE DECKMANN, est née à Elbing, le 
5 novembre 1818. Douée d'une belle voix et 
d'heureuses dispositions pour le chant drama- 
tique, elle alla étudier à Berlin les éléments de 
cet art et le piano, sous la direction de Charles 
Nicolaï, puis elle reçut des leçons de chant de 
Rellstah, et le 18 janvier 1857, elle débuta au 
théâtre Kœnigstadl, dans l'opéra de Bellini 
1 Capuleti ed i Montecchi. Accueillie avec 
faveur par le public, elle fut bientôt engagée 
pour le théâtre royal; puis elle passa au 
théâtre royal de Hanovre où elle obtint de 
brillants succès, et le 1 er février 1840, elle fut 
engagée [tour les premiers rôles au théâtre de 
la ville de Breslau, où ses succès dans tous les 
grands ouvrages eurent beaucoup d'éclat. Le 
27 septembre 1841, elle épousa Seidelmann, 
et le 50 mai 1845, elle parut pour la dernière 
fois au théâtre dans le rôle de Pamina de la 
Flûte enchantée. 

SEIDLEIl (Charles-Auguste), ou, selon 
Gerber, CiiAïu.Es-FtnDiNAND, né à Berlin le 



SEIDEER — SEJAN 







lô septembre 1778, reçut les premières leçons 
de violon du professeur Bernard. Encore en- 
fairtj il fit un voyage en Allemagne et inspira 
l'intérêt général par sa précoce habileté. De 
retour à Berlin, il devint élève de Ilaak pour 
son instrument, et ses progrès furent si ra- 
pides, que le roi Frédéric-Guillaume II l'admit 
dans la chapelle royale, en 1793 : jusqu'en 
1796, il fit partie des quatuors exécutés à la 
cour, en qualité de second violon. La chapelle 
ayant été dissoute après les événements de la 
guerre de 180G, Seidler voyagea et se rendit à 
Vienne, où il obtint de brillants succès. Après 
son retour à Berlin, il fut nommé maître de 
concert et premier violon de la chapelle 
royale. Il est mort dans cette ville le 27 février 
1840. Seidler a été considéré, en Allemagne, 
comme un des violonistes les plus distingués 
de son temps. Il s'est fait aussi connaître 
comme compositeur par quelques morceaux 
pour son instrument et. par six ariettes pour 
la guitare, publiées à Leipsick, en 1808. 

SETDLEK (madame Caroline), femme du 
précédent, l'épousa en 1812. Elle était fille 
d'Antoine Wranilzki (voyez ce nom), et sœur 
de madame Kraus-Wranitzki. Elle fui engagée 
au théâtre royal de Berlin, en 1816, et fut en- 
suite attachée au théâtre de la cour à Polsdam. 
Elle chaula les premiers rôles à ces deux 
théàlres. Retirée de la scène, en 1838, elle 
donna la représentation à son bénéfice où elle 
parut pour la dernière fois, le 26 mai de cette 
année. Elle vivait encore à Berlin en 1860. 

SEIFFERT (CHARLEs-TiiÉoDonEÏ, né le 
16 novembre 1805, à Blumenrodc, près de 
Neumark (Silésie), reçut les premièresleçonsde 
musique de son père, qui était Cantor dans ce 
village. En 1822, il se rendit à Breslau et y 
continua ses éludes musicales sous la direction 
de Berner; puis il alla à Berlin, où il reçut les 
leçons de Bernard Klein, de Zelter, de W. Bach 
et de Grell, pour l'orgue et la composition. 
Son talent remarquable sur l'orgue l'a fait 
appeler à Naumbourg, où le bel orgue de llil- 
debrand a été réparé sous sa direction, en 
1837. Depuis 1 8ô5, M. Seiflerl a établi dans cette 
ville une société de chant qu'il dirige avec 
beaucoup d'habileté. En 1845, il reçut sa 
nomination de professeur de musique à l'école 
royale de Pl'orle. On a gravé delà composition 
de cet artiste : 1" Le choral Straf mich nicht, 
avec variations pour l'orgue; Breslau, Leuc- 
kart. 2"Eine Feste Burg ist unserGolt,\av\é 
pour l'orgue ; Schleusingen, Glaser. 5" PréIndes 
caractéristiques pour l'orgue; llildburghan- 
sen, Kesselring. 4° Fantaisie pour l'orgue 



en style d'orchestre ; ibid. 5° Pièces de con- 
clusion (Nachspiele) en ut mineur et en sol ; 
Erfurt, Kœrner. 6" Chants pour quatre voix 
d'hommes ; Breslau, Lcuckart. 7° Liederk voix 
seule, avec accompagnement de piano, op. 2; 
Schleusingen, Glaser, idem op 5; Leipsick. 
Whislling; op. 6; Schleusingen ; Glaser; idem 
op. 8; Breslau, Leuckart; idem op 9; Berlin, 
Traulwein ; idem op. 11; ibid. 8° Quelques 
pièces pour le piano. Seiffert est considéré en 
Allemagne comme un des meilleurs orga- 
nistes de l'école allemande moderne. Il est un 
des rédacteurs de VUrania, journal à l'usage 
des organistes, publié par Kœrner, à Erfurt. 

SEIPPELT (J.), chanteur du théâtre sur 
la tienne, à Vienne, s'est fait connaître 
comme compositeur par des recueils de chants 
pour quatre voix d'hommes avec accompagne- 
ment de piano ad libitum, op. 1, 2, 5, 4, 
gravés à Vienne, chez Diabelli. 

SEIIUTES, joueur de flûte, né en Nu- 
midie, fut l'inventeur de la flûte courbe (pla- 
giaulos), surnommée flûte libyenne, à cause 
de la patrie de l'inventeur (vid.Athen. lib. 14. 
C. 2. etPollux, lib. 4, C. 10. sect. 74). 

SEIXAS (JoSEPH-AlNTOINF.-ClIAIU.ES), CllO- 

valierde l'ordredu Christ, organistede l'église 
Saint-Basile, à Lisbonne, naquit à Coïmbre, 
en 1704, et mourut à Lisbonne, en 1742, à 
l'âge de trente-huit ans. Compositeur distin- 
gué, il a laissé en manuscrit : 1° Dix messes 
à quatre et à huit voix avec orchestre. 2" Te 
Deum à quatre chœurs. 5" Seize toccales pour 
l'orgue. 4° Plusieurs motels à deux, trois et 
quatre voix, avec ou sans instruments. 

SEJAN (Nicolas), organiste qui a eu de la 
célébrité en France, naquit à Paris, le 19 mars 
1745. Son père, qui était négociant, le mit au 
collège d'IIarcourt pour y faire ses études, bien 
qu'il le destinât à l'exercice de sa profession ; 
mais les occasions fréquentes (pie le jeune 
Séjan avait d'entendre son oncle Forqueray 
sur l'orgue, développèrent en lui un goût pas- 
sionné pour cet instrument ; son parent lui 
donna des leçons qui fructifièrent si bien, 
qu'en peu de temps, l'élève égala le maître. 
A. l'âge de treize ans, Séjan, qui avait pris 
quelques leçons de Bordier pour l'harmonie, 
improvisa, dit-on, un Te Deum dont l'audi- 
toire fut émerveillé : il ne faut toutefois pas 
prendre à la lettre des témoignages d'admi- 
ration qui émanent d'un temps et d'un pays 
où l'art élait peu florissant, comme le prouvent 
le peu de monuments qui nous en restent. 
Quoi qu'il en soit, Séjan obtint, en 1700, l'orgue 
de Sainl-André-dcs Arts, bien qu'il ne fût alors 



10 



SEJAN — SELIGUAN'N 



âgé que «Je quinze ans. Quatre ans après, il 
débuta au Concert, spirituel par un concerto 
d'orgue de sa composition qui obtint le suf- 
frage des artistes. Ayant été nommé, en 1772, 
un des quatre organistes île la cathédrale de 
Paris, il se trouva ainsi, à l'âge de vingt-sept 
ans, le collègue des organistes les plus célèbres 
et les plus habiles qu'il y eût alors en France, 
c'est-à-dire Daquin, Couperin et Balbàtre. 
En 1781, Séjan fui choisi comme arbitre, avec 
Couperin père, Balbàtre et Charpentier, pour 
la réception de l'orgue de Sainl-Sulpice, qui 
venait d'être construit par Clicquol : il y joua 
de manière à exciter l'enthousiasme de l'audi- 
toire, et son succès fut si brillant, que la place 
d'organiste de cette église étant devenue va- 
cante deux ans après, elle lui fui offerte sans 
concours. A tant de témoignages honorables 
de l'estime accordée à son talent, Séjan vit 
ajouter, en 1789, la place d'organiste de la 
chapelle du roi, et dans la môme année, il 
reçut sa nomination de professeur d'orgue à 
l'école royale de chant, fondée par le baron 
de Breteuil. Un concours avait été ouvert pour 
celle dernière place; mais aucun concurrent 
n'osa entrer en lutte avec Séjan : il subit néan- 
moins un examen devant un jury, et traita 
avec talent le sujet de fugue qui lui avait été 
donné : sa nomination fut faite à l'unanimité 
des suffrages. Cependant il ne donna point de 
leçons d'orgue dans l'école, parce (pie l'instru- 
ment qui devait y être placé ne fut point achevé, 
à cause des troubles de la révolution ; il n'y fut 
employé que comme professeur de solTége. 
La révolution fit perdre à Séjan tous ses em- 
plois; mais en 1807, il reçut sa nomination 
d'organiste de l'église des Invalides, et après 
la restauration de 1814, il rentra dans ses an- 
ciennes fondions d'organiste de la chapelle 
royale. Une maladie de langueur mil fin à 
i'honorable carrière de cet artiste : elle le con- 
duisit au tombeau, le 16 mars 1819. Séjan 
avait l'instinct d'un meilleur style de musique 
d'orgue que celui de ses contemporains fran- 
çais, et l'on peut dire qu'il fut le seid orga- 
niste de talent qu'il y ait eu à Paris dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle. Les 
ouvrages de sa composition qui ont été publiés 
sont : 1° Six sonates pour piano et violon ; 
Paris, Bailleux. 2" Recueil de rondeaux et airs 
pour piano seul; Paris, Boyer. ô" Trois trios i 
pour piano, violon et basse; ibid. 4° Fugues j 
et Noels pour l'orgue ou le piano; Paris, Le- ! 
moine aine. 

SEJAN (Louis), fils du précédent, est né à j 
Fans, en 17SG. Élève de son père, il lui a suc- | 



cCAé dans l&s places d'organiste de l'église 
Saint- Sulpice et des Invalides. En 1819, 
il a obtenu celle d'organiste adjoint de la 
chapelle du roi. On a gravé les composi- 
tions de cet artiste dont les titres suivent : 
1° Deux sonates pour piano seid, op. 5 et G; 
Paris, Lemoine aine. 2° Deux sonates pour 
harpe et piano ; ibid. 3° Nocturnes pour piano 
et coi-, n os 1 et 2; Paris, Sieber. 4° Nocturne 
pour piano et finie, op. 24 ; Paris, H. Lemoine. 
o° Fantaisie pour piano sur les Folies d'Es- 
pagne. 0° Variations faciles pour piano seul. 
7° Rondolelto idem. S Neuf cahiers de ro- 
mances ; Paris, Naderman, Leduc, etc. 

SELICIIIUS (Daniel), compositeur alle- 
mand, né à Wesenslein, en Saxe, dans la se- 
conde moitié du seizième siècle, fut d'abord 
Cantoren ce lieu, puis devint maître de cha- 
pelle (\i\ duc de Brunswick, en 1625. On a im- 
primédesa composition : \° Prodromus canli- 
lenarum harmonicammexhibens puduanas. 
intradas, galliurdas et courantes; Willen- 
berg, 1G14, in-4". 2" Prodromus exercitatio- 
iium musicarum de padnanes, galliardes, 
entrades et courantes 4, 5 et 6 roc; ibid., 
IG1S, in-4°. VYallhcr pense que ces deux litres 
indiquent le même ouvrage, bien que la date 
soil différente. S Chant de Noël, souhait de 
nouvel an à quelques conseillers d'Erfurt; 
Jéna, 1619, in-4°. 4" Opus novutn, consistant 
en vingt-quatre concerts el psaumes de Da- 
vid, allemands et latins, à deux, trois, quatre 
et douze voix; Hambourg, 1G2j, in-4°. 

SELIGMAAN (UiPFOL-ïTE-PRosrEn), vir- 
tuose violoncelliste, né à Paris, le 28 juillet 
1817, suivant les registres du Conservatoire de 
Paris, fut admis comme élève dans celle école 
le 2 décembre 1829, et y suivit le cours de sol- 
fège de M. Alkan, puis celui d'Amédée Lan- 
neau. Le second prix de cette partie élémen- 
taire de la musique lui fut décerné en 1830, 
et il obtint le premier en 1831. Devenu 
élève de Norblin pour le violoncelle, il eut le 
second prix de cet instrument au concours de 
1834; le premier lui fut décerné en 183G. Ce 
fut dans cette même année qu'il entra dans la 
classe d'Halévy pour la composition; il y resta 
jusqu'au mois de juin 1838, et se relira sans 
avoir pris part aux concours. M. Seligmann a 
beaucoup voyagé : dans les années 1841 et 
184j, il parcourut la France méridionale pour 
y donner des concerts; en 1843, il était en 
Italie et se fit entendre avec succè-. à Milan, à 
Venise, à Naples, et dans plusieurs autres 
villes; en 1847, il visita l'Espagne, l'Algérie, 
et postérieurement, il a fait plusieurs voyages 



SELIGMANN — SELLNER 



11 



en Belgique et en Allemagne. A Madrid, il a 
joué à la cour avec le pianiste Schulhoff; à 
Turin, le roi lui témoigna sa satisfaction 
après l'avoir entendu dans plusieurs morceaux 
de sa composition. L'instrument de cet artiste 
estime basse de Nicolas Amati, grand patron, 
de la plus belle qualité. Les compositions de 
M. Seligmann sont, en général, des fantaisies, 
divertissements et caprices sur des thèmes 
d'opéras modernes; parmi ces ouvrages, on 
remarque : 1° Divertissement sur le Domino 
noir, pour violoncelle et piano, op. 5; Paris, 
Brandus. 2° Sérénade sur le Lac des fées, 
idem, op. 7; ibid. 3" Caprice sur les Chape- 
rons blancs, idem, op. 9: ibid. 4° Troisième 
divertissement sur Zanelta, idem, op. 21 ; 
ibid. 11° Nocturne sentimental sur la Favorite, 
idem, op. 22; ibid. 6° Quatrième divertisse- 
ment espagnol sur le Guilarrero, op. 24; 
ibid. 7° Cinquième divertissement sur les Dia- 
mants delà couronne, op. 23; ibid. 8° Scène 
élégiaque sur la Reine de Chypre, op. 29; 
ibid. 9° Réminiscences d'Halévy, grande fan- 
taisie, op. 4G; ibib. 10" Dlichelemma, souvenir 
de NapIes,op. 47 ;ibid. 11 "Fantaisie pastorale 
sur le J'ai d'Andorre, op. 49; ibid. 12" Six 
études caractéristiques pour violoncelle et 
piano, op. 40; Paris, Henri Lemoine. On a 
aussi de M. Seligmann des chants à voix seule 
et piano, particulièrement le recueil intitulé 
Album algérien et l' Album de voyage, sou- 
venirs d'Italie. 

SELLE (Thomas), Cantor et directeur de 
musique à l'église Sainle-Callierinc de Ham- 
bourg, naquit à Zœrbig, en Saxe, le 23 mars 
1599. Il fut d'abord recteur à "Weselbourg, 
puis fut nommé Cantor à Ilzeboe, dans le 
Holstein, en 1GÔG. De là, il se rendit à Ham- 
bourg, en 1641, où il jouit de beaucoup d'es- 
time jusqu'à sa mort, arrivée le 2 juillet 1GG3. 
II légua par son testament sa bibliothèque à la 
ville. Les ouvrages imprimés de ce savant mu- 
sicien sont : 1° Concertaiio Castalidum,das 
ist : lVusicalischer-Streit, etc., in 3 vocibus 
componiret (Combat musical à trois voix, etc.); 
Hambourg, 1G24, in-4°. 2° Delicix pastorum 
Arcadia-, etc. (Pastorales à trois voix, en alle- 
mand); Hambourg 1G24, in-4. 5° Hugio-deca- 
melydria, oder zehn geistliche Concertlein 
mit 1, 2, 5 und A Stimmen (Dix petits con- 
certs spirituels pour une, deux, trois et quatre 
voix) ; Hambourg, 1631, in-4". 4° fllonopho- 
nia harmonica lalina, hoc est XVconcenlus 
ecclesiastici de festis anniversariis, 2 aul 3 
vocum; Hambourg, 1633, in-4". 5" Concen- 
tuum binis vocibus ad bassuin continuum 



concinendorum, etc.; Hambourg, 1634, in-4". 
G" Decas prima amorum musicalium, oder 
zehn neue amorœsische weltlîche Liedlein, 
mit 3 Stimmen (Dix nouvelleschansons amou- 
reuses et mondaines à trois voix); ibid., 1635, 
in-4». 7° Concertuum trivocalium germa- 
nico-sacrorum pentas (Cinq concerts spiri- 
tuels à trois voix avec basse continue, etc., en 
allemand); ibid., 16315, in-8". 8° Concertuum 
latino- sacrorum, 2, 4 e 5 vocibus, ad bassum 
continuum concinendorum liber primus; 
Roslochii , 164G, in-4°. Le second livre de 
cette collection a paru à Hambourg, en 1651, 
in-4". Selle a composé aussi des mélodies poul- 
ies cantiques de Risl; on en a fait plusieurs 
éditions sous ce titre : Modi musici, adjecti 
Joh. Ristii Sabbalischer Seelen-lust ; Lune- 
bourg, 1651, in-8", et 16158, in-24. Il a laissé 
en manuscrit dans la Bibliothèque publique de 
Hambourg : Teutsche geistliche concerten , 
Madrinalien und Bloletten , mit 3 , 4,5, 
6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14 und 16 Stimmen 
(Concerts spirituels allemands, consistant en 
madrigaux et motets à trois, quatre et seize 
voix). 

SELLETTI (Joseph), compositeur drama- 
tique, né à Rome vers 1720, y a fait repré- 
senter les opéras dont les litres suivent: 1° Ni- 
locri, en 1753. 2° L'Argene, 1759. 5° La 
Finla Pazza, 1765. 

SELLI(Prosper), compositeur dramatique, 
né à Vilerbe, vers 1810, a fait exécuter, dans 
sa ville natale, en 1837, une grande cantate 
religieuse. En 1840, il donna, à Turin, Elisa 
di Franval , opéra en trois actes, qui fut joué 
aussi à Rome dans la même année. En 1841, 
il fit aussi représenter, dans cette dernière-* 
ville, l'opéra intitulé Medca. Je n'ai pas 
de renseignements sur Selli , après celle 
époque. 

SELM (Géiurd VAN), prédicateur à 
Nieuweveer, en Hollande, vécut dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. Il a fait impri- 
mer un discours sur le chant de l'office évan-, 
gélique, à l'occasion d'un nouveau livre cho- 
ral, sous ce litre : /Jet wel en Gode behagend 
Zingen, etc. (Le chant agréable à Dieu, ex- 
posé et loué dans un sermon, etc.) ; Amster- 
dam, .1. Wessing "VVillemse, 1774. 

SELL1NEU (Joseph), hautboïste distingué, 
est né le 13 mars 1787, à Landau, dans le Pa- 
latinat. Dès sa sixième année, il suivit son 
père en Autriche, el y apprit à jouer delà 
flûte, sous la direction d'un maître médiocre, 
ce qui ne l'empêcha pas de faire de si rapides- 
progrès, qu'il put se faire entendre en public 



12 



SELLNER - SEMMLER 



à l'âge «le huit ans. Il apprit ensuite, presque 
sans mailie, à jouer du violon et de la trom- 
pette. A l'âge de quinze ans, il entra comme 
trompette dans un régiment de cavalerie, fit 
comme tel la campagne de 1805, et pendant 
ce temps étudia le cor et la clarinette. En 1808, 
il demanda son congé, et accepta, après un 
court séjour à Prague, un engagement comme 
chef d'une musique d'harmonie au service d'un 
seigneur de la Hongrie. C'est alors qu'il se 
livra à l'étude du hautbois et qu'il acquit un 
talent remarquable sur cet instrument. En 
1811, il en joua avec beaucoup île succès au 
théâtre de Pesth, et deux ans après il accepta 
la proposition qui lui fit Charles-Marie de 
Weber de se fixer à Prague, pour y jouer le 
premier hautbois au théâtre. Pendant un sé- 
jour de dois ans dans celte ville, il s'attacha à 
perfectionner son talent d'exécution sur le 
hautbois, et fit des éludes sérieuses de compo- 
sition avec Tomascheck {voyez ce nom). Il 
s'éloigna de Prague en 1817, avec le dessein 
de voyager en Italie; mais arrivé à Vienne, il 
y reçut l'offre «le la place de premier hautbois 
du théâtre de la cour, à laquelle il ajouta, en 
1823, le même emploi dans la chapelle impé- 
riale, et plus lard, celui de professeur de haut- 
hois au Conservatoire. Il y a formé de bons 
élèves, en leur offrant lemodèled'un beau son, 
d'une grande justesse et d'un style à la fois 
élégant et expressif. Depuis 1823, il s'est aussi 
fait remarquer par son talent dans la direc- 
tion de l'orchestre des élèves du Conserva- 
toire. Sellner a composé plusieurs concerlos, 
rondeaux, polonaises et variations pour le 
hautbois ; maison n'a publié de lui que les ou- 
.vrages suivants : 1° Introduction et polonaise 
brillante pour la clarinette avec orchestre ou 
quatuor; Vienne, Pennauer. 2" Trois polo- 
naises pour deux guitares"; ibitil. 5" Sonate 
brillante pour tliile et guitare ; ib. 4°Deuxième 
idem: Vienne, Allai ia. o 1 Variations pour 
deux guitares; Vienne, Leidesdorf. G" Sonate 
pour guitare seule; Prague, Berra. 7° Plu- 
sieurs cahiers de variations pour le même in- 
strument. 8° Oboeschulc (Méthode de haut- 
bois, en trois parties); Vienne, Leidesdorf. 
Une traduction française de cet ouvrage a été 
publiée à Paris, chez Richault. 

SELVAGGI (Gaspard), né à Naples, le 
15 janvier 1703, fil ses éludes dans celle ville, 
\ et entra au séminaire pour être prêtre, dans 
sa douzième année. A quatorze ans, le goût 
de la musique se développa en lui; il com- 
mença l'élude de la composition sous la direc- 
tion de Zingarelli : mais après le départ de ce 



mailre pour Rome, il devint élève de l'abbé 
Alexandre Speranza, qui s'était formé dans 
l'école de Durante. Arrivé à Paris, en 1794, il 
y apporta une précieuse collection de livres et 
de musique ancienne, où se trouvaient, entre 
autres choses d'un haut intérêt, le manuscrit 
complet de tous les traités de musique de Tinc- 
loris, et un exemplaire du Melopeo,ùe Cérone, 
lesquels, après avoir passé dans la possession 
de Fayolle, puis de Perne, sont aujourd'hui 
dans ma bibliothèque. Pendant un séjour de 
dix-huit années dans la capitale de la France, 
Selvaggi y vécut en donnant des leçons de chant 
et d'harmonie ; il y publia deux recueils de six 
romances chacun, chez Nadermann. Vers la fin 
de 1811, il se rendit à Londres, y passa six 
mois, puis fut rappelé à Naples, en qualité de 
lecteur de la reine madame Mural. Depuis lors 
il reprit ses anciennes fondions ecclésias- 
tiques. Il fut membre de l'Académie royale 
de Naples, dans la section «l'archéologie. Ses 
travaux littéraires consistent en une gram- 
maire générale cl philosophique, imprimée à 
Naples, et en une traduction complète des tra- 
gédies d'Euripide, qui est encore en manuscrit. 
Son ouvrage le plus important, relatif à la mu- 
sique, est un traité d'harmonie intitulé; Trut- 
lato d'Armonia, ordinato con nuovo me- 
tado, e corredato di tavole a dichiarasione 
délie cose in esso esposte: Napoli. pressa Ilaf- 
faele Miranda, 1823, in-8° de cent soixante- 
neuf pages. Selvaggi est le premier auteur ita- 
lien «|iii porta dans cette science la véritable 
méthode d'exposition et d'analyse. Il a entrevu 
le rôle important de la tonalité dans la mélodie 
et l'harmonie, et a compris que la théorie des 
accords ne peut être complète que parla con- 
sidération de leur ordre de succession.il avait 
en manuscrit beaucoup «le morceaux «le sa 
composition, entre autres quatre grandes can- 
tales. Selvaggi est mort à Naples. en 1847. 

SEMILLI (Richard DE), poète et musi- 
cien du treizième siècle, nous a laissé «jtiinze 
chansons notées «le sa composition. Les manu- 
scrits de la bibliothèque impériale «le Paris en 
contiennent <|ualorze. 

SE9ID1LER (Christophe), né à Halle, le 
2 octobre 1069, passe pour avoir inventé un 
métronome ou chronomètre. Il est connu par 
un livre intitulé : JUdische Anliquitaeten der 
ffeiligen-Schrift (Antiquités judaïques de 
l'Écriture sainte); Halle, 1708, in-12. Il en 
parut une troisième édition en 1730, in -8°. 
Dans les quinzième et seizième chapitres de ce 
livre, Semmler traite «le la musique vocale et 
instrumentale des lévites dans le service divin. 



SEMBLER — SENFEL 



1«i 



Ces deux chapitres ont été insérés par Mizler 
dans sa Bibliothèque musicale, t. II, p. 71 -83. 
Semmler eut le litre de diacre dans l'église 
principale de Halle. Il mourut dans cette ville 
en 1740. 

SEPVAILLÉ (Jean-Baptiste), né à Paris, 
dans la paroisse Saint-Germain -l'Auxerrois, 
le 23 novembre 1687, était fils d'un hautbois 
de l'Opéra. Il reçut les premières leçons de 
violon de Queversin, un des vingt-quatre vio- 
lons de la grande bande de Louis XIV, et fut 
d'abord prévôt d'un maître à danser nommé 
Bonnefons; puis il devint élève de Baptiste 
Anel,et lit sous ce maître de si grands progrès, 
qu'il l'ut considéré bientôt comme le plus 
habile violoniste de France. Cependant la ré- 
putation de supériorité qu'avaient alors quel- 
fines violonistes italiens, détermina Scnaillé à 
se rendre en Italie pour étudier leur manière; 
mais arrivé à Modène, il y fit une impression 
si vive par son talent, que l'entrepreneur du 
théâtre lui fit la proposition de jouer dans son 
orchestre pendant la saison, et marqua sa 
place par un siège plus élevé que celui des au- 
tres musiciens. De retour à Paris, en 171!), 
Scnaillé fut attaché au service particulier du 
duc d'Orléans, régent du royaume, à la recom- 
mandation de la duchesse de Modène, fille de 
ce prince. Senaillé mourut à Paris, le 29 avril 
1730, à l'âge de quarante-deux ans et quelques 
mois. On a gravé de sa composition, à Paris, 
cinq livres de sonates de violon, avec accom- 
pagnement de basse, où l'on remarque des 
imitations de l'œuvre cinquième de Corelli. 

SEIN'ECÉ ou SENEÇAI (Antoine BAU- 
DEl\Or\ sieur DE), bel esprit de la cour de 
Louis XIV, naquit à Màcon, le 13 octobre 
1043. Il était petit-fils de Brice Baudron, sa- 
vant médecin, et son père, lieutenant-général 
au présidial de Màcon, avait le litre de con- 
seiller d'Etat. Destiné au barreau, Senecé pré- 
féra la culture des lettres. Un duel, qu'il avait 
élé forcé d'accepter, l'obligea de se réfugier 
en Savoie; un autre duel le fit s'éloigner de ce 
pays pou relie relier un asile en Espagne. Rentré 
ensuite en France, il acquit, en 1673,1a charge 
de premier valet de chambre de la reine Marie- 
Thérèse, femme de Louis XIV, et en exerça 
les fonctions pendant dix ans. Après la mort 
de celle princesse, il fut attaché à la personne 
de la duchesse d'Angoulême, et demeura (rente 
ans chez elle. La mort de sa protectrice le 
laissa sans appui dans sa vieillesse ; il se relira 
de la cour dans les modestes biens qu'il tenait 
de sa famille, et y passa paisiblement, mais 
non sans ennui, les vingt-quatre dernières 



années de sa vie. Il mourut le 1 er janvier 1737, 
à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Auteur 
de plusieurs divertissements et morceaux de 
circonstance que Lully avait mis en musique, 
il eut à se plaindre de ses procédés, mais n'osa 
point élever la voix contre lui, à cause de la fa- 
veur dont le musicien jouissait à la cour. Après 
la mort de celui-ci, il se vengea par une pièce 
satirique qu'il fit imprimer sous le voile de 
l'anonyme, et qui est intitulée : Lellre de 
Clément Marot à M. de *** , louchant ce qui 
s'est passé à l'arrivée de Jean-Baptiste de 
Lully aux Champs-Elysées. A Cologne, chez 
Pierre Marteau, 1688, in-12 de cent dix-neuf 
pages. Il en a été fait une réimpression à 
Lyon, en 1825, in-8° de cinquante-neuf pages. 
(Voyez sur cet écrit la Biographie de Lully, 
lome VI, page 201.) 

SENESINO. L'oyez BERNAKDI (Fran- 
çois). 

SEISFEL ou SETSFL (Louis), un des plus 
célèbres compositeurs allemands du seizième 
siècle, vit le jour non pas à Zurich, comme le 
dit Wallher, maisàBâle, suivant le témoignage 
de son contemporain Simon Minervius, qui 
nous donne à cet égard des renseignements 
positifs, dans une lettre à BarlholoméSchrenk, 
de Munich, imprimée en léte des odes d'Ho- 
race mises en musique à huit parties par Sen- 
fel, dont le recueil fut imprimé à Nuremberg, 
en 1^54. Toutefois, il y a quelques difficultés 
à cet égard, car Wallher a suivi l'autorité de 
Glaréan, autre contemporain de Senfel, qui 
joint à son nom l'épithèle de Tigurinus (De 
Zurich), et qui l'appelle son concitoyen (Do- 
decac, p. 221), quoique lui-même lut né dans 
le canton de Glatis [voyez Glahéan). Miner- 
vius paraît cependant avoir élé mieux informé, 
parce qu'il tenait ses renseignements de Senfel 
lui-même. Gerber avait copié Wallher quant 
au lieu de naissance de Senfel, dans son pre- 
mier Dictionnaire des musiciens ; mais il a 
reconnu son erreur dans le second Lexique. 
Choron elFayolle ont copié Wallher et Gerber, 
dans leur Dictionnaire historique des mu- 
siciens (t. II, p. 313), et ils y ont ajou;é la 
faute de faire naître Senfel en 1530, ajoutant 
que Sebald Heyden le qualifie in musica to- 
lius Germants princeps, dans la préface de 
son livre intitulé : Musical, id est arlis ca- 
nendi libri duo. Leur méprise est évidente, 
caria première édition du livre de Heyden fut 
publiée en 1537, en sorle que Senfel aurait élé 
le premier des musiciens de l'Allemagne, à 
l'âge de sept ans! Au surplus, Sebald Heyden 
J ne dit pas un mot de l'époque de la naissance 



a 



SENFEL 



<lc Senfel. Lipowsky qui a reclifié le fait rela- 
tif au lien de la naissance de l'arlisle, d'après 
!a lettre de Minervius, dans son Diction- 
naire des musiciens de la Bavière (p. 528), 
a aussi adopté celle date de 1530, quoique 
la lettre même citée par lui eût dû lui en 
démontrer la fausseté, puisqu'il y est dit que 
Senfel fut sopranislc de la chapelle de l'empe- 
reur Maximilien I <r , mort le 12 janvier 1517. 
Minervius dit qu'après avoir appris dès son 
enfance la musique, dans sa ville natale, Senfel 
entra dans la chapelle impériale comme enfant 
de chœur, cl qu'il y recul des leçons de contre- 
point d'Henri Isaak. Il ajoute que lui-même 
ayant écrit à Isaak pour le prier de mettre en 
musique les odes d'Horace, celui-ci lui ré- 
pondit qu'il s'y était exercé dans sa jeunesse, 
mais que, rebuté par les difficultés de ce tra- 
vail, il l'avait abandonné. Il terminait sa 
lcllre en priant Minervius de s'adresser à 
quelque autre musicien mieux pénétré de l'es- 
prit du poêle, et lui indiquait son élève Senfel 
comme celui qui pouvait le mieux le satisfaire. 
Malheureusement Minervius ne fait pas con- 
naître l'époque de celte correspondance; mais 
il est certain qu'elle est antérieure à 1517, 
car Maximilien régnait encore lorsqu'elle eut 
lieu. Ainsi non-seulement Senfel a élé sopra- 
nislc delà chapelle impériale, antérieurement 
à 1517, mais il était déjà un savant musicien, 
cl un homme instruit dans la connaissance des 
poêles latins; ce qui fait supposer qu'il avait 
atteint l'âge d'environ vingt-cinq ans. En rap- 
prochant ces circonstances, on voit que la dale . 
de la naissance de Senfel ne peut élre fixée 
plus tard qu'en 1492, ou 149Ô. 

C'est encore Minervius qui nous apprend 
qu'après la mort de Maximilien I er , le duc 
Guillaume de Bavière ne négligea rien pour 
attacher Senfel à son service, et qu'il réussit 
dans sa négociation à ce sujet. L'arrivée du 
compositeur à Munich semble donc devoir être 
placée vers 1517 : toutefois il serait possible 
qu'il fiil entré quelques années plus lard au 
service du duc de Bavière, car Conrad Peû- 
linger, parlant de lui dans la préface de sa 
collection de motels publiée à Augsbourg, en 
1520, ne l'ait mention que de sa position dans 
la chapelle impériale : Voici ses paroles : Ab 
prxclaro artis ipsius excultore Ludovico 
Senfelio Helvetico illoqui musicam Cxsaris 
Maximiliani capellam, post inclyli prx- 
ceptoris sui Isaci, elc. Entré au service de la 
cour de Bavière, il y passa le reste de ses 
jours. Lipowsky, qui a fait des recherches à 
ce sujet, croit qu'il mourut vers 1555. Il y a 



lieu de croire toutefois que le décès de Senfel 
arriva un peu plus tard, et qu'il précéda d;^ 
peu de temps les propositions qui furent laites 
àLassus, en 1557, pour le fixera celle cour 
(voyez Lassus). 

Senfel a été considéré à juste titre comme 
un des musiciens les plus remarquables de son 
époque,- et ses contemporains lui ont accordé 
des éloges exprimés en termes remplis d'admi- 
ration. Luther avait la plus haute estime pour 
son talent; il lui écrivit une lcllre remplie de 
témoignages de celle estime, datée de Cohourg, 
le 4 octobre 1530. Plusieurs auteurs ont assuré 
qu'à la prière du réformateur, Senfel écrivit le 
chant de plusieurs cantiques pour le nouveau 
culte, el l'on cite, entre autres, celui qui com- 
mence par ces mois : Non moriar,scd vivant; 
mais il y a peu d'apparence que le maître de 
chapelle de Guillaume de Bavière, de ce prince 
catholique qui mit tous ses soins à empêcher 
le culte réformé de pénétrer dans ses Étals, se 
soit exposé à perdre la faveur du prince et sa 
position en prêtant à ce même cnlle le secours 
de son talent. On voit seulement, par la lettre 
citée précédemment, que Luther le priait de 
lui envoyer une copie de son cantique Tn part' 
in idipsum. Voici ses paroles : « Ad te redeo 
» et oro, si quid hanes exemplar istius canlici 
» (In pace in idipsutti) mihi transcribi et 
» mitti cures. Ténor enim isle a juventule me 
» deleelavil, el nunc mullo magis, poslquam 
» elverba intelligo. Non enim vidi eam anti- 
» phonam vocibus pluribus compositam. Nolo 
» aulem lé gravare componendi labore, sed 
» pitCsumolehabere aliunde compositam (1).» 
Au surplus, le nom de Senfel ne se trouve à 
aucun des chants chorals des anciens livres à 
l'usage du culle réformé. 

Les collections spéciales des compositions 
de Senfel sont rares et peu connues. La biblio- 
thèque royale de Munich en contient un 
grand nombre dans de beaux manuscrits dont 
voici l'indication : 1° Codex /^, in-fol. : Quin- 
que Missse quatuor, quinque et sex vocum 
partim Petro De la Rue et Ludovico Sennfl 
(sic), partim vero incerto autore. 2° Cod. X, 
in-fol. Ce manuscrit renferme de Senfel les 
cinq salutations de Jésus-Christ à quatre voix, 
qui ont élé imprimées, comme on le verra plus 
loin, un Miserere à cinq, un De profundisà 
cinq, et sept motels à quatre et cinq voix. 

(1) Voyez la lettre de Luther clans la colleelion pu- 
bliée par Buclëe, pige 213, dans l'Almanach musical de 
Forkcl, pour Tannée 1784, pages IG7 et suiv., et dans 
le livre de Fr. Ad. lîcck, iutilulé : Dr M. Lulher's Ge- 
daiikcu Hier die Musik. pages 08 et !i9. 



SENFEL 



5° Cod. XII , in-fol. On y trouve huit motels 
à quatre, cinq et six voix. 4° Cod. XIX. 
in-fol. Six motels à quatre, cinq et six voix, et 
l'antienne Salve Iiegîna à quatre voix. 
5° Cod. XXXVI. Ce manuscrit renferme de 
beaux ouvrages de Senfel et de son maître 
Isaak; on y trouve les offices complets de la 
Pentecôte et de l'octave de celle fêle à quatre 
voix, de la Trinité, à cinq voix, delà Féle- 
Dieu, à quatre voix, de la Toussaint, à quatre 
voix, e! celui «le la Dédicace, à quatre voix. 
G Cod. XXXVII. Manuscrit d'un grand in- 
térêt, qui renferme beaucoup d'inlroïts, de 
graduels et de séquences à quatre voix, par 
Senfel et Isaak, trois messes de Senfel à quatre 
voix, suivies des Répons de la messe. 
7° Cod. XXXVIII, in-fol., contenant les 
offices de l'hiver à quatre, cinq et six voix, 
par Senfel' et Isaak. Les pièces qui appartien- 
nent à Senfel dans ce recueil sont des Nocls 
[Galli canins in Nativitate Domini), à cinq 
et six voix, pour la première messe; idem 
pour la troisième messe, à quatre et cinq voix; 
les offices de saint Etienne, saint Jean l'évan- 
i^éliste, des Innocents, de l'octave de Noël, de 
l'Epiphanie, de la Purification, de Pâques, à 
cinq et six voix, et de l'Ascension, à quatre 
voix. 8° Cod. XL VII, in-fol., renfermant 
une messe dominicale à quatre voix de Senfr 
(sic), et une messe fériale, également à quatre 
voix. Les œuvres imprimés de Senfel sont les 
suivants : 1° Quinque salutationes Domini 
nostri Hiesu Christi, ex illustrissimi Prin- 
cipe et Domini Wilkelmi Comitis Palatini 
Rheni, utriusque Bavarix Ducis, etc., com- 
missione a Ludovico Senflio ejusdem illust. 
D. musico intonatore hnmillimo excussx 
dic.atxque summis et studio ac obedientia 
Xoribergx, 1526, in-fol. Les quatre parties de 
ces motets sont imprimées en regard : je les ai 
mis en partition. Le style en est simple : les 
imitations sont larges, et la tonalité naturelle. 
2 U Magnificat octo tonorum quatuor vocum, 
auctore Ludovico Senflio; Noribergx, 1537, 
in-4". 3° Melodix inodas Horatii et quxdam 
alia carminum gênera octo vocum; Nori- 
bergx, 1 557, in-4°. 3° (bis) Harmonix poeticx 
Pauli Hofheimeri et Ludovici Senflii, mu- 
sicorum prxstantiss. unâ cum selectis ad 
hanc rem locis, è poetis accomodatioribus , 
seorsim tum decantandis, tumprxlcgendis, 
quatuor vocum; Norimbergx apud Johan. 
Petreium,ann. 1539. Beaucoup de collections 
de motels et de chansons publiées dans le sei- 
zième siècle renferment des pièces de ce 
maître ; de ce nombre sont les suivants : 



4° Liber seleclarum cantiohum quas vulgo 
muletas appellant sex. quinque et quatuor 
vocum; Augshourg, 1520, in-fol. max, sans 
nom d'imprimeur. "On y trouve de Senfel le 
molet à six voix Sancte Pater diousque decus . 
le motet à cinq voix Gaude Marin Virgo, cl 
enfin, les motels à quatre voix: Discubuit Jésus 
cum discipulis; usque qui). Domine; Beuli 
omnes qui tintent Dominant. Ces motels oui 
élé inconnus à tous les historiens de la musi- 
que. 4° (bis) Finkens (Henrici) Schœne aus- 
serlesene Lieder sttmiiit àndern neuen Lie- 
dern, von den furnehntsten dieser Kunst 
gesetzt, lustig zu singen, etc. Nurnberg 
durch ffeironymum Fovmschneider, 1 530, 
i n-8" obi. Les .numéros 4fl, 48,49,50,51,52, 
53, 54 et 55 de celle collection appartiennent 
à Senfel. 5° Concenlus quatuor, quinque, 
sex et octo vocum; Augshourg, 1545, in-4", 
publié par Salblinger (voyez ce nom). G" Gla- 
veani Dodecachordon, etc., Basilex per 
ffenr. Pétri, 1547, in-fol. On trouve, dans cet 
excellent ouvrage, un motet à quatre voix, de 
Senfel, morceau curieux établi sur le thème 
du solfège des divers intervalles, un Deus in 
adjutorium meum intende à quatre voix, et 
un canon énigmalique à trois voix avec l'in- 
scription : Omne trinum perfectum. 7° Hun- 
derl und fiinfftzehen guler newer Liedlein, 
mit vier, fiinff, sechs Stimmen, vor nie in 
Truck aussgangen, etc. (Cent quinze bonnes 
et nouvelles chansons à quatre, cinq et six 
voix, non encore publiées, etc.), dont Jean 
Oit a été l'éditeur, à Nuremberg, en 1554. Les 
autres anciens compositeurs allemands dont il 
y a des pièces dans ce curieux recueil sont 
Henri Isaak, Oswald Reyler, Thomas Stœlzer, 
Jean Millier, Matthias Eckel, Élienne Mahu, 
Guillaume Braytengasser, Arnold de Bruck, 
Lupus Hellinck, Paminger, Sixte Dielrich cl 
Jean Mannenmacher. 7° Psalmorum seleclo- 
rum a prxstantissimis hujus nostri temporis 
in arte musica artifteibus in harmon. qua- 
tuor, quinque et sex vocum reductorum; 
Nuremberg, 1542, in-4". Une deuxième édition 
de ce recueil a élé publiée en 1553, dans la 
même ville. On y trouve les psaumes Miserere, 
et In exitu Israël, de Senfel. 8° Teutsche 
Lieder mit vier und fiinff Stimmen (Chan- 
sons allemandes à quatre el cinq voix); Nu- 
remberg, 1534, in-4°. Ce recueil renferme des 
chansons de Senfel, d'Arnold de Bruck et de 
Braytengasser. 9° Contât. 2 vocum; Nurem- 
berg, 1549'. 10° Forster (Georgii) Ausbund 
scltœnen deutscher Liedlein zu singen, und 
auf allerley Instrumentai zu gebrauchen, 



10 



SENFEL — SESNERT 



sonder lich auserlesen. Von einem uberschen 

und gebessert. 1, 2, 5, 4, 5 Theile (Recueil de 
belles petites chansons allemandes à chanter, 
et pour l'usage de toutes sortes d'instru- 
ments, etc.); Nuremberg, Ulrich Nenber, 1550- 
15G5, in-4". Dans la première partie de ce re- 
cueil, on trouve quatre chants de Senfel; dans 
la seconde, quatre; dans la troisième, sept; 
dans la quatrième, neuf, et dans la cinquième, 
onze. 1 1° Teutsche Lieder mit 4 und 5 Stim- 
men (Chansons allemandes à quatre et cinq 
voix); Strasbourg, 1545. 12° Officia Paschalia 
de Resurrectione et Jscensione Dotnini; 
U'ilebergx apud Georgium Rhaiv, 1539, 
in-4°obl. Le psaume In Exitu Israël, à quatre 
voix, se trouve dans ce volume. 13° Novum 
opus musicum sex, qisinque et quatuor 
vocum. Norimbergx, Hiergraphei, 1558, 
in-4" obi. Dans ce recueil, publié par Jean Otl, 
on trouve cinq cantiques à cinq et six voix par 
Senfel. 14° Dipbona amena et floridu; No- 
ribergx, in officina Joan. Montant et Ulrici 
Neuberi, 1549, in-4°. Celte cofleclion de mu- 
sique d'église, publiée par le Bavarois Erasme 
llotenbocher, renferme trois Fragments de 
Senfel. 15° Concentus octo, sex, quinque et 
quatuor vocum . ominum jucundissimi , 
nuspiam antea sic xditi; Juguslx f inde- 
licorum, per Philippum Uhlardum, 1545, 
in-4"obl. Celte rarissime collection, dont Salh- 
linger fut l'éditeur, renferme unmoletàcinq 
voix par Senfel. 10° Stephani {démentis) 
Triginta selectissimas cantiones, quinque, 
sex. septem, oclo. duodecim et plurimum 
vocum, sub quatuor tanlum arlificiose , 
musicis numeris a prxslantissimis Itujus 
artis artifictbus ornatx ac compositx ; No- 
rimbergx, in o/Jicini Ulrici Neuberi, 1568, 
in-4". On trouve dans celle collection trois 
motels de Senfel, à cinq et six voix. 17° Selec- 
tissimx nccnon familiarissimx cantiones 
ultra centum, varia idiomate vocum, tam 
multiplicium quant eliam paucarum. Fugx 
qunquc ut vocanlur, a sex usque ad duas 
voces ; Augustx Vindelicorum f Melchiori 
Kn'esstein excudebat, 1540, petit in-4° obi. 
18° Psalmorum selcctorum a prxstanlis- 
simis musicis in harmonias quatuor aut 
quinque vocum redactarum. Tomi quatuor: 
Norimbertjx apud Joli. Petreium, 15-38- 
1542, in-4° obi. 19" Bicinia gallica, latina 
cl germanica et quxdam fugx. Tomi duo; 
J'ilebcrgx. apud Georg. Rhau, 1545, petit 
in-4" obi. 20° figuli {Wolfgangi) Prima 
pars Jmorum filii Dei domini noslri Jesu 
Christi quatuor vocum; Vitebergx, 1574, 



in-4" obi. Ce recueil contient vingt motets de 
Figulus, et quelques autres écrits par des ar- 
tistes plus anciens. Parmi ceux-ci on trouve 
deux chants de Noël à quatre voix, par Senfel. 

SEÏ>FF (Chaules-Samuel), prédicateur à 
Slolpen, en Misnie, vers la fin du dix-seplième 
siècle, est auteur d'une dissertation rare et 
curieuse, intitulée : De Cantionibus fuuebri- 
bus veterum; Leipsick, '089, in-4°. 

SE^iFF (Charles-Frédéric), pasteur de 
Saint-Maurice, à Halle, mort dans cette ville, 
le 19. janvier 1814, a publié un sermon pro- 
noncé à l'occasion de l'inauguration du nou- 
vel orgue de son église, où il donne une notice 
historique de sa construction. Cet écrit a pour 
litre : Predigt bei der Einweihung der 
neuerbaulen Orgel in der St.Morit'z Kirche 
zu Halle, etc.; Halle, Gebauer, 1784, in-8°. 
Il y a beaucoup d'autres écrils de ce savant 
qui ne sont pas relatifs à la musique. 

SEINGUERD (Walafrid), professeur de 
philosophie et bibliothécaire à Leyde, vécut 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle 
et au commencement du dix-huitième. On a 
de lui une dissertation intitulée : Tractatus 
de taranlula; Lugduni Batavorum, 1007, 
in-4". Il en a été publié une deuxième édition 
sous ce titre: Tractatus phgsicus de Tarait- 
tula; Lugduni Batavorum, 1008, in-12°. Un 
savant Danois, nommé Ager, a donné dans sa 
langue une traduction de cet ouvrage intitulée : 
Skrivt om de Jpuliske Edderlcoppe ; Copen- 
hague, 1702, in-8° de quarante-huit pages, 
avec une préface d'une feuille et demie. Sen- 
gnerd traite dans cet opuscule des effets de la 
musique pour la guérison de la morsure de la 
tarentule. 

SEISINEHT (Aivdré), savant orientaliste, 
né à Willenberg, en 1000, s'appliqua, dés 
l'âge de dix ans, à l'élude de l'hébreu et de ses 
dérivés, sous la direction de 'Martin Trostius. 
Après avoir fréquenté les principales univer- 
sités de l'Allemagne et de la Hollande, il re- 
tourna à Willenberg, et y fut nommé profes- 
seur de langues orientales, en 1038. Il mou- 
lut dans celte ville, le 22 décembre 1089, à 
l'àgede quatre-vingt-trois ans. Parmises nom- 
breux et savants ouvrages, on remarque deux 
dissertations relatives à la musique des Hé- 
breux; la première a pour litre: Dissertatio 
de Musica quondam Hebrxorum. Elle se 
trouve dans le cinquième volume des Thèses 
soutenues à l'université de Willenberg pen- 
dant le dix-seplième siècle. La deuxième dis- 
sertation deSennert est intitulé : Dissertatio de 
accenlis Hebrxorum; Willenberg, 1 070, in-4". 



SÉPRÊS — SERASSI 



17 



SEPRÈS (Pierre-Yfres LA RAMEE 
DE), né à Valenciennes, en 1797, s'esl l'ait le 
disciple de Jacotot pour la méthode d'enseigne- 
ment universel, en a fondé une école à An- 
vers, en 1822, puis s'esl fixé à Paris, en 1828, 
où il a établi un Lycée national pour la propa- 
gation de la même mélhode. Il a publié un 
grand nombre d'ouvrages concernant les arts 
et les sciences, parmi lesquels on remarque 
celui-ci : Instruction normale pour l'étude 
de la musique, d'après l'enseignement uni- 
versel, destinée aux personnes qui veulent 
apprendre seules, et particulièrement aux 
mères de famille; Paris, in-8°de vingt-quatre 
pages. 

SERAO (François), professeur de méde- 
cine, à Naples, né à Anvers, en 1702, d'une 
famille espagnole, mourut à Naples, en 1793. 
On a de lui une brochure intitulée : Délia Ta- 
rantola, o sia Falangio di Puglia; Naples, 
1742, in-4°. Il y traite des effets de la musi- 
que sur les personnes qui ont été piquées par 
la tarentule.' 

SERASSI (JosErn), célèbre fadeur d'or- 
gues, issu d'une famille qui s'était distinguée 
dans la construction de ces instruments, na- 
quit à Bergame, au mois de novembre 1750. 
Dès son enfance, il étudia les principes et le 
mécanisme de son art dans les ateliers de son 
père, et y fit de rapides progrès. Après avoir 
terminé ses éludes scientifiques, littéraires et 
musicales, il commença à se livrer à la facture 
des instruments : son premier grand ouvrage 
fut l'orgue double de Saint-Alexandre de Co- 
lonne, à Bergame. Ces deux orgues sont pla- 
cées en face l'un de l'autre, onl chacun deux 
claviers et pédale, et forment ensemble quatre- 
vingt-quatre registres, dont trente registres 
de fond el de récit, et cinquante-quatre jeux 
d'anches et de plein jeu. Elles peuvent être réu- 
nies sous la main d'un seul organiste par un 
mécanisme souterrain si parfait et si prompt 
dans ses manœuvres, que les passages les plus 
rapides sont exécutés avec l'ensemble le plus 
exact par les deux instruments, quoiqu'ils 
soient éloignés l'un de l'autre d'environ cin- 
quante mètres. En 1792, Serassi construisit 
dans l'église ducale deColorno un grand orgue 
de quatre-vingt-deux registres, et y employa 
pour la première fois de grands réservoirs de 
venlqui empêchent lesondulalionsdel'airdans 
les tuyaux. Huit ans après, fut achevé par Se- 
rassi le bel orgue de l'église de V^nnunziata 
de Como, un dés plus beaux ouvrages de cet 
artiste. Il est composé de trois claviers, et de 
quatre-vingt-six registres, avec beaucoup d'in- 

EIOGK. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



ventions ingénieuses pour les accouplements. 
Serassi donne lui-même la description de cet 
instrument dans un petit écrit intitulé : Des- 
crizione ed osservazioni pcl nuovo organo 
posto nella chiesa dell' Annunziata diC'omo 
(Description du nouvel orgue placé dans 
l'église de l'Annonciation à Como) ; Como, 
1808, in-8".Dans la même année, Serassi ter- 
mina, avec son fils Charles, un orgue dans 
l'église du Crucifix, à Milan. Un amateur de 
cette ville en donna la description, intitulée : 
Del nuovo organo, opéra de' Signori Serassi, 
nel sanluario del Crocifisso; Milan, 1808, 
in-8°. Dans sa description de l'orgue de Como, 
Serassi dit que son aïeul perfectionna la qua- 
lité de son des jeux de flûte, de hautbois el de 
basson, et que ce fut lui qui inventa le (ira 
lutta, registre par lequel on réunit d'un seul 
coup lous les jeux de l'orgue. On cite comme 
deux des meilleurs ouvrages de Serassi l'orgue 
qu'il a construit, en 1812, dans l'église de 
Saint-Eustorgue de Milan, el qui fut achevé le 
G janvier 1812, bel instrument de trente-deux 
pieds, et celui qu'il termina en 1815, dans 
l'église Saint-Thomas, de la même ville. Sa 
dernière production fut le plan d'un grand 
orgue pour la cathédrale de Plaisance, qui au- 
rait surpassé par sa dimension , cl par le 
nombre de registres et d'inventions nouvelles, 
tout ce qui avait été fait jusqu'alors. Il n'eut 
pas le temps d'en entreprendre la construc- 
tion, ayant cessé de vivre en 1817. Peu de 
temps avant sa mort, il publia quatre lettres 
sur les orgues en général el sur ses travaux en 
particulier, sous ce litre : Sugli organi. Bcr- 
gamo, nella sl-ampcria ISalali, 181 G, in-4 J 
de soixante- treize pages. 

SER-VSSI (Charles), aîné de trois fils de 
Joseph, qui se sonl associés pour la construc- 
tion des orgues, a acquis une célébrité égale 
à celle de son père. Il est né à Bergame, vers 
1786, et a étudié dès son enfance la construc- 
tion des orgues sous la direction de son père, 
qu'il a aidé depuis 1807 dans ses travaux, no- 
tamment dans les orgues de Como et de Saint- 
Thomas, à Milan. Les frères Serassi sont les 
facteurs les plus renommés de l'Italie; leurs 
ateliers sont établis sur la plus grande échelle; 
on y construit à la fois douze ou quinze oi- 
gnes, dont plusieurs de trente-deux pieds. 
Leurs plus célèbres ouvrages sonl les orgues de 
Saint-Philippe, à Turin, de Sainte-Marie del 
Carminé, à Venise, de l'église des Jésuites à 
Plaisance, de Sainte-Catherine martyre, a Bo- 
logne, de VégVïsedelGesù à Rome, enfin l'orgue 
double de Sainte- Marie Majeure, à Trente. 



18 



SERICUS — SEIOllSY 



SERICES, organarius ou fabricant d'or- 
gues hydrauliques, vivait à Rome, vers l'an 
368 de l'ère chrétienne. Dans cette même 
année, il fut impliqué dans une affaire d'em- 
poisonnement, condamné et exécuté (voyez 
Ammien Marcellin, liv. XXVIII, au com- 
mencement). Ce nom est le seul qui soit par- 
venu .jusqu'à nous d'un artisan dont la profes- 
sion consistait à construire des hydraules ; 
d'autre part, nous voyons, par ce qui concerne 
Sericus, que ce genre d'instruments était en- 
core en usage à Rome, dans la seconde moitié 
du quatrième siècle. 

SERII\G (Frédéric-Guillaume), organiste 
et professeur de musique au séminaire évan- 
géliqne des instituteurs, à Franzbourg (Pomé- 
ranie), fit ses études musicales à Berlin, sous 
la direction du professeur Marx. En 1851, il 
fut nommé professeur de musique à Kœpenik, 
près de Berlin ; deux ans après, il obtint ses 
places à Franzbourg. On a de cet artiste : 
1° Le psaume 72 pour un chœur de voix mêlées 
avec accompagnement de piano, op. 5; Berlin, 
E-slinger. 2° Le psaume 95 idem, op. 12 ; 
ibid. 3° Le motet Uerr leite mich, idem, 
op. 20; ibid. 4° L'entrée de Jésus-Christ à 
Jérusalem, oratorio de VAvent pour voix 
seules, chœur et orchestre; Magdebourg, 
IL inrichshofen, 1800. 5° Un grand nombre 
de Lieder à voix seule avec piano, en recueils 
ou détachées; Berlin, Gaillard, Esslinger, 
Bock, Schlesinger , etc. G" Des chants pour 
quatre voix d'hommes; Erfurt, Kœrner. 
7° Prélude et fugue à trois sujets pour orgue; 
Berlin, Gaillard. 8° Deux Lieder sans paroles 
pour piano; ibid. 9° Toccale (en mi bémol) 
pour orgue, op. 15; Berlin, Bock. 10° Con- 
certo (en ut mineur) pour orgue ; Erfurt, Kœr- 
ner. 11° Introduction et fugue (en ut majeur) 
idem, op. 21; ibid. 12° Méthode de chant pour 
les écoles populaires; GUlersIob, Bertelsmann. 
15° Méthode élémentaire de violon ; Magde- 
bourg. Heinrichshofen. 

SERIAI (Joseph), compositeur, né à Cré- 
mone vers 1645, n'est connu que par le livret 
d'un oratorio intitulé : // Getiio deluso , qui 
fut exécuté dans la chapelle de l'impératrice 
Éléonore, en 1680. Ce livret a été imprimé à 
Venise, chez Pierre-Paul Viviano, dans la 
même année. 

SERVIES (François DE), pseudonyme du 
P. MERSEKiI>E (voyez ce nom). 

SERMISY (Claude DE), compositeur 
français du seizième siècle, est désigné simple- 
ment par le nom de CLAUDIIV dans les an- 
ciens recueils où l'on trouve ses compositions. 



; Ce musicien, homme de mérite, est un des 
' moins connus de son époque, quoiqu'il ait été 
un des plus considérables par son talent et par 
sa position. J'ai trouvé les premiers rensei- 
gnements positifs sur sa personne dans les 
comptes de dépenses de la cour de France re- 
latives à la musique, dont j'ai fait connaître 
les curiosités dans une suite d'articles de la 
Revue musicale (lom. XII, 18-52). Un de ces 
comptes, dressé par maître Bénigne Sevré, 
conseiller du roi et receveur général des 
finances de la généralité de Languedoc, pour 
l'année 1552, nous fait connaître que maître 
Claude deSermisy était alors sous-maître de 
la chapelle du roi et premier chantre ou direc- 
teur de musique de ladite chapelle, aux ap- 
pointements de quatre cents livres tournois; 
que de plus il lui avait été payé mille quatre- 
vingts livres pour la nourriture et l'entretien de 
six enfants de chœur, et qu'enfin il avait reçu 
deux cent cinquante livres tant pour l'entre- 
tenement de la chapelle que pour envoyer 
quérir des chantres (1). Après la mort de 
François I <r , roi de France, en 1547, Claude 
de Sermisy eut le litre de premier chantre de 
Henri II, titre qui équivalait alors à celui de 
maître de chapelle. Ce renseignement nous 
est fourni par un compte des officiers domes- 
tiques du roi Henri 11 ', depuis 1545 jusqu'en 
1559 (époque où ce prince fut blessé mortelle- 
ment dans un tournoi). Après cette dernière 
époque, on ne trouve plus de renseignements 
sur Claude de Sermisy, et son nom disparait 
des comptes. Il y a donc lieu de croire qu'il 
ne vécut pas longtemps après 1560, car ses 
compositions étaient déjà imprimées dans les 
recueils avec celles des musiciens les plus cé- 
lèbres, en 1528, c'est-à-dire (rente-deux ans 
auparavant. Cependant on pourrait croire 
qu'il occupait encore sa place de maître de 
chapelle du roi en 1508, car on lui donne ce 
titre, conjointement à celui de chanoine de la 
sainte chapelle du Palais (Reqio symphonia- 
corum ordini piwfeclo, et in reyali pari- 
siensis palalis sucello canonico), dans i\n 
recueil de messes de sa composition publié par 
Nicolas Duchemin. 

Ainsi qu'on l'a vu plus haut, Claude «le Ser- 
misy est désigné par le simple nom de Claudia 
dans la plupart des recueils où l'on trouve 
quelques pièces de sa composition ; il n'est 
appelé du nom de Claudin de Sermisy que 
dans le recueil de messes que je viens île 
citer, et dans un autre recueil de trois messes 

(I) Voyez la licruc musicale, tome XII, pnges 242 
et '243. 



SERMISY — SERRA 



•10 



publié en 1583. Le plus ancien recueil où j'ai 
Irouvé îles pièces de ce musicien a yoiw litre : 
1" Vingt-neuf chansons musicales à quatre 
parties, imprimées à Paris par Pierre At~ 
taingnantf libraire, demourant en la rue de 
la Harpe, près de l'église Saint-Cosme, 

1528, in-8° obi. Une deuxième édition de ce 
recueil a élé publiée par le même libraire en 
1550. On y trouve quatorze chansons de Gan- 
din, avec quelques autres pièces du mémo 
genre par Jannequin, Jacotin, Passereau, 
Consilium, Beaumont, etc. 2° Le troisième 
livre de la même collection a pour titre : 
Trente et une chansons musicales, etc.; 
Paris, P. Attaingnant, 1829, in-8° obi. On y 
trouve treize pièces de Gandin, 3° II y a aussi 
quatre chansons à quatre parties, de Sermisy, 
dans le septième livre de la même collection 
publié par le même imprimeur, en 1530, in-8" 
obi. Cette précieuse collection, divisée en onze 
livres, renferme trois cent quarante-quatre 
chansons françaises à quatre parties, com- 
posées par les musiciens français les plus cé- 
lèbres qui vécurent dans la première moitié 
du seizième siècle : on la trouve complète à la 
bibliothèque impériale (.e Paris, sous le n" V, 
2G89, in-8° obi., quatre volumes. Claude de 
Sermisy a beaucoup écrit pour l'église; on 
trouve des motets de sa composition dans les 
recueils suivants : 4° XII Motelz à quatre et 
cinq voix composés par les autheurs cy des- 
soubz escripts. Nagueres imprimés à Paris 
par Pierre Attaignant demourant, etc., 

1529, in 8° obi. On y trouve les motets : Do- 
mine quis habitabit, Michaele archangele, 
Nativitas est hodie, et Preparate corda 
veslra, de Gandin; les autres sont de Gom- 
beit, Jean Mouton, Dorle et Deslouges. 
5" Liber seplimus XXIITI trium, quatuor, 
quinque, sex vocum jllodulos Dominici ad- 
venlus, nativitalisque cjus, ac sanclorum 
co tempore occurrentium habet. Parisiis in 
vico Citharea apud Petrum Attaingnant 
musicx calcographum, 1533, in-4° obi., 
gothique. On trouve dans ce recueil le motet 
Da pacem de Gandin. G Liber decimus ; 
Passiones Dominice in Ramis palmarum, 
Veneris sancte (sic) , nec non lectiones 
feriarum quinte, sexte, ac sabbati hebdo- 
viade sancte .• multaque alla quadragesime 
congruentia, ut palam videre licet. Parisiis 
apud Petrum Attaingnant, 1554, in-4° obi. 
; othique. Ce livre contient les Lamentations 
de Jérémie pour le samedi saint par Gandin, 
les Passions d'après saint Mathieu et saint 
J.-an, et un Resurrexi par le même maître. 



Les Lamentations de Jérémie ont élé réim- 
primées dans un recueil publié à Nuremberg, 
en 1549. 7" Liber undecimus XXVI musi- 
cales habet modulos et quinque vocibus 
editos. Parisiis, apud Petrum Attaingnant, 
15-34, in-4° obi. gothique. On trouve dans ce 
recueil dix motels à quatre et cinq voix, de 
Gandin. 8° Miàsarum musicalium, cerla 
vocum varietate secundum varios quos re- 
ferunt modules distinctarum. Liber primus, 
ex diversis iisdeinqueperitissimis auctoribus 
collectas. Parisiis, ex (gpographia Nicolai 
Du Chemin sub insignis Gryphonis ar- 
gentei , 15G8, in-fol. Les diverses voix des 
messes sont imprimées en regard. Les messes 
de Gandin sont ici indiquées sous le nom de 
Gandin de Sermisy; elles sont au nombre de 
six, savoir : 1° Quare fremuerunt, à cinq 
voix ; 2° Ab inilio, à quatre voix ; 5° Voulant 
honneur, idem; 4° Tota pulchra es, idem. 
5° Philomena jtrxvia, idem ; G Surgens 
Jésus, idem. 7° JWssx très quatuor vocum 
auctore Cl. de Sermisy. Parisiis, ex offre. 
Ballardi, 1583, in-fol. max. On trouve des 
morceaux de Claude de Sermisy dans les re- 
cueils intitulés : 1° Selectissimx nec non fa- 
miliarissimx cantiones ultra cenlum, etc.; 
Augustx Vindelicorum , Melchior Kries 
slein, 1540. 2° Cantiones septem, sex et 
quinque vocum. Longe gravissimx, juxta 
ac amœnissimx, etc., ibid., 1545. 3° Modu- 
lationes aliquot quatuor vocum, quas vulgo 
Modetas (sic) vocant a prxstantissimis mu- 
sicis compositas, etc. Noribergx per Joh. 
Petreium, 1538. 4° Tomus secundus Psal- 
morum seleclorum quatuor et quinque vo- 
cum; ibid., 1539. 5° Tomus tertius Psal- 
morum,elc, ibid., 1542. G" Bicinia gallica, 
latina et germanica, et quxdam fugx. Tomi 
duo. Vitebergx, apud Georg. Rhav, 1545. 
Une belle collection de chansons et de motets 
à quatre voix, en manuscrit du seizième 
siècle, qui a appartenu à madame la duchesse 
d'Orléans, mère du roi Louis-Philippe, l'en- 
ferme un grand nombre de pièces de Goudimel, 
Jannequin, Arcadet, Jacotin, Mouton, Gom- 
bert, Passereau, Mornable, Gandin, et d'au- 
tres musiciens français de ce temps. 

SERRA (Michel-Ange), prêtre et maître 
de chapelle de l'église de Sainte-Marie del 
Vado à Ferrare, naquit à Manloue, en 1571. 
Les ouvrages connus de sa composition sont : 
1° Complelorium Romanum 4 vocum; Ve- 
nise, 1G03. 2° Missarum quatuor vocum 
liber primus; Veneliis, apud Jac. Vincen- 
tiuum, 1G0G, in-4". Dans l'année suivante, 

2. 



20 



SERRA — SERRE 



une réimpression de ce livre de messes parut 
sous ce tilre : Missx quatuor vocum; Anvers. 
1607, in-4°. On trouve à la fin de celte édition 
une messe de morts de Clément surnommé 
non papa. 3° M issarum quatuor vocum liber 
secundus. Veneliis, apudJac. T'incentinum, 
1615. 4° Motettx 4 vocum. Ce dernier ouvrage 
est indiqué dans lecalaloguede la bibliothèque 
du roi de Portugal, Jean IV, mais sans nom 
de ville et sans date. 

SEUI«A (Paul), chapelain chantre de la 
chapelle pontificale, à Rome, naquit à Novi, et 
fut agrégé au collège des chapelains chantres, 
en 1753. On a de lui un livre intitulé : Intro- 
duzione armonica sopra la nuova série de' 
suoni modulati in oggidi, e modo di retta- 
inente e più facilmenle inluonarla; Rome, 
Giunchi, 1708, in-4°. C'est un nouveau sys- 
tème de solfège au moyen de syllabes diffé- 
rentes pour chaque ton et chaque mode. 

SERIîA (Jean), compositeur, est né à 
Gènes, en 1787. Élève de Gaétan Isola pour le 
contrepoint, il s'est particulièrement formé 
dans la connaissance des styles par l'élude des 
partitions des grands maîtres. On connaît de 
lui deux messes solennelles avec orchestre, 
une messe de Requiem, une cajilale sur la 
naissance du roi de Rome, exécutée au théâtre 
de Gènes, des symphonies, quatuors, trios et 
duos pour divers instruments. 

SERRE (Jean- Ad ah), peintre, chimiste et 
musicien, naquit à Genève, en 1704. Antago- 
niste des systèmes d'harmonie imaginés par 
Rameau et par Tarlini (voyez ces noms), il les 
attaqua dans ses écrits en homme initié dans 
l'art d'écrire en musique, et avec un esprit 
d'analyse fort remarquable. Arrivé à Paris en 
1751, il y débuta par des observations très- 
justes sur le prétendu troisième mode que 
Dlainville (voyez ce nom) croyait avoir décou- 
vert. Elles parurent dans le Mercure de 
France du mois de janvier 1742 (p. 160 et 
suivantes), sous ce titre : Réflexions sur la 
supposition d'un troisième mode en mu- 
sique. L'année suivante, il publia ses Essais 
sur les principes de l'harmonie, où l'oti 
traite de la théorie de l'harmonie en général, 
des droits respectifs de l'harmonie et de la 
mélodie, delà basse fondamentale, et de l'ori- 
gine du mode mineur ; Paris, Piault, 1753, 
in-8" de cent cinquante-neuf pages. A la fin 
du livre, les réflexions sur le troisième mode 
sont reproduites. Quelques exemplaires de 
l'édition de Paris ont un frontispice qui porte 
la même date, avec l'indication de Genève. 
Ecrivant à Taris, où régnait alors une admira- 



tion sans bornes pour le système de la basse 
fondamentale, Serre était obligé d'user de 
beaucoup de précautions pour faire la critique 
de celte théorie ; d'ailleurs, il croyait à la né- 
cessité du phénomène de la résonnance mul- 
tiple des corps sonores graves comme une des 
bases d'une théorie véritable et complète de la 
science (voyez les Essais, etc., p. 7, note VI); 
mais il ne pensait pas que ce principe fut le 
seul, et c'est sur ce point que porte en général 
sa critique, faisant voir que les conséquences 
rigoureuses que Rameau en lire le conduisent 
à des résullals opposés aux faits établis dans 
la pratique de l'an. Il démontre très- bien en- 
suite qu'il peut y avoir une basse fondamentale 
beaucoup meilleure que celle de Rameau. Dans 
le troisième essai qui termine le livre, Serre 
fait une critique fort juste des formules par 
lesquelles Euler a exprimé les séries de sons 
des gammes majeure et mineure (p. 133-155). 
De retour à Genève, Serre se livra à l'exa- 
men du système de Tarlini et en démontra la 
faiblesse, ou plutôt la fausseté. Blessé du peu 
de cas que d'Alembert semblait avoir fait de 
ses Essais, etc., dans l'article Basse fonda- 
mentale, il se livra à un examen sévère des 
erreurs du célèbre géomètre en matière de 
musique, et rétracta les éloges qu'il lui avait 
accordés dans son premier ouvrage ; enfin, il 
fil un troisième travail non moins juste que 
sévère sur le mauvais livre de Geminiani 
(voyez ce nom), intitulé: Guide harmonique. 
Ces trois dissertations furent réunies par lui 
dans un volume qui a pour tilre : Observa- 
lions sur les principes de l'harmonie, occa- 
sionnées par quelques écrits modernes sur ce 
sujet, et particulièrement par l'article fon- 
damental de M. d'Alembert dans V Encyclo- 
pédie, le Traité de théorie musicale de 
M . Tarlini , et le Guide harmonique de Jlf. Ge- 
miniani; Genève, Gosse, 1763, in-8". Senne- 
bier a confondu cet ouvrage avec le premier, 
en lui donnant ce tilre : Essai sur les prin- 
cipes de l'harmonie occasionné par quelques 
écrits modernes, etc. (voyez Histoire litté- 
raire de Genève, t. III, p. 326); puis, sous le 
litre simple d'Observations sur les principes 
de l'harmonie, il a supposé une édition faite à 
Paris, en 1765, qui n'exisle pas; enfin, il a 
aussi supposé un troisième ouvrage de Serre, 
intitulé : Théorie de l'harmonie en général, 
ou des observations sur la basse fondamen- 
tale, l'origine du mode mineur, la basse fon- 
damentale et les droits respectifs de la mélo- 
die et del' harmonie, in-8°, 1753. Or, ce litre, 
qui n'a point de sens, n'est qu'un mélange in- 



SERRE 



SERVAIS 



21 



cohérent de l'inlilulé «le quelques chapitres 
des Essais sur les principes de l'harmo- 
nie, elc., publiés à Paris, en 1753. Il est dif- 
ficile d'accumuler plus d'erreurs à la fois: 
celles-ci ont trompé M. Quérard, qui avait cru 
pouvoir prendre Sennebier pour guide dans le 
neuvième volume de la France littéraire 
(p. 77). 

SERRÉ (Jean DE), né à Rienx, petite 
ville de la Haute-Garonne, vers la fin du dix- 
septièrrre siècle, a écrit un poème en quatre 
chanls intitulé : la Musique, qui fut publié à 
Amsterdam, chez Roger, 1714, in- 12, puis à 
Lyon, chez André Laurens, 1717, in-4", et 
enfin, à La Haye, 1737, in-12. Ce poëme fut 
réimprimé dans un recueil qui a pour titre : 
Les Dons des enfants de Latone,la musique 
et la chasse au cerf, poëmes, sans nom d'au- 
teur; Paris, 1734, in-8°. Une nouvelle édition 
du poème de Sérié sur !a musique a été don- 
née par Cubières-Palmézeaux ; mais, par une 
«le ces fraudes littéraires assez communes au- 
trefois, l'ouvrage était attribué à Gresset, et 
présenté comme inédit. Le recueil où se trouve 
ce morceau est intitulé : Epître à Gresset, au 
sujet de la reprise du Méchant, en 1804, sui- 
vie de deux ouvrages de ce poète célèbre (le 
Chien pécheur et lu Musique, poëmes), qui ne 
sont dans aucune édition de ses œuvres, et 
d'une épllre à un jeune provincial, intitulée : 
l'Art de travailler aux journaux. Par l'ex- 
révérend P. Ignace de Castelvedra, petit- 
neveu du R. P. Brumoy (Cubières-Palmé- 
zeaux); Paris, Moronval , 1812, in-8° de 
quatre-vingt-treize pages. Tout est rempli de 
faussetés dans celle publication, car le Chien 
pécheur , ou le Barbet des cordeliers 
d'Etampes, avait été publié, vers 1730, par 
Hémard d'Anjouan. 

SERVAIS (Adrien-François), célèbre vio- 
loncelliste et professeur au Conservatoire 
royal de Bruxelles, est né à Hal, petite ville 
du Biabant, à trois lieues de Bruxelles, le 
7 juin 1807. Fils d'un musicien attaché à 
l'église de cette ville, il reçut de lui les pre- 
mières leçons de musique et de violon. M. le 
marquis de Sayve, amateur distingué qui pos- 
sède une terre près de Hal, charmé des heu- 
reuses dispositions du jeune Servais, leur 
donna plus tard une meilleure direction, et le 
confia aux soins de Van derPlancken, pre- 
mier violon du théâtre de Bruxelles, et bon 
professeur. Cependant Servais n'avait point 
encore découvert quelle était sa véritable des- 
tination, lorsque le hasard lui ayant procuré 
l'occasion d'entendre exécuter un solo de vio- 



loncelle par Platel (voyez ce nom), le plaisir 
qu'il en ressentit fut si vif, que dès ce moment 
il prit la résolution d'abandonner tout autre 
instrument pour se livrer à l'étude de celui -là. 
Admis au nombre des élèves du Conservatoire 
de Bruxelles, il y reçut des leçons de ce même 
Platel dont le talent l'avait charmé, et sous la 
direction de ce mailre habile, le talent qu'il 
avait reçu de la nature se développa avec ra- 
pidité. En moins d'une année, il surpassa tous 
ses condisciples, et obtint le premier prix au 
concours. Devenu répétiteur du cours de 
Plalel , il entra à l'orchestre du théâtre de 
Bruxelles et y resta trois années, augmentant 
chaque jour son talent par ses éludes, mais 
ne parvenant pas à fixer sur lui l'attention 
publique , parce qu'à cette époque le goul 
de la musique était peu vif à Bruxelles. Ser- 
vais consulta l'auteur de cette Biographie sur 
la direction qu'il devait donner à sa carrière, 
et celui-ci lui conseilla d'aller à Paris, et lui 
donna des lettres de recommandation qui lui 
procurèrent le moyen de se faire connaître 
immédiatement. Ses succès dans les concerts 
où il se fit entendre furent complets, et le pla- 
cèrent au premier rang des violoncellistes, 
quoiqu'il n'eut pas encore atteint la perfection 
de mécanisme où ses éludes postérieures l'ont 
conduit. 

En 1834, Servais se rendit à Londres et y 
joua dans les concerts de la société Philhar- 
monique. De retour en Belgique, il s'y livra 
pendant deux ans à de nouvelles études et s'ou- 
vrit de nouvelles routes dans les difficultés de 
mécanisme. C'est à cette époque surtout que 
son talent atteignit un brillant, une hardiesse 
dans les traits, qui n'ont été égalés par aucun 
violoncelliste. Ses premières compositions 
datent de ce même temps : elles se firent re- 
marquer surtout par la nature des difficultés 
nouvelles dont Servais s'était proposé le pro- 
blème, et qu'il avait résolu. Au commencement 
de 1836, il retourna à Paris et y joua dans plu- 
sieurs concerts, puis revint en Belgique et 
parcourut la Hollande, en 1837. Ce voyage fut 
pour lui une suite de triomphes. Les journaux 
de l'Allemagne commencèrent alors à faire 
connaître son nom dans le Nord. Revenu dans 
sa patrie, l'artiste se prépara, par de nouvelles 
éludes, au voyage qu'il se proposait de faire en 
Russie. Au commencement de 183'J, il partit 
pour Pélersbourg, visitant Lubeck, Riga, et 
partout faisant naître l'admiration pour son 
incomparable habileté. L'enthousiasme fut à 
son comble aux concerts qu'il donna dans la 
capitale de la Russie. Après une année d'ab- 



ir,q 



SERVAIS — SESSI 



sence, Servais revint à liai an mois d'avril 
1840. Il se fit alors entendre à Bruxelles, à 
Anvers, à Spa, et ne trouva pas moins de sym- 
pathie parmi ses compatriotes que dans les 
pays étrangers. Au mois de février 1841, il 
entreprit un second voyage dans le Nord, et 
visita -pour la deuxième fois Pélersbourg et 
Moscou. Après la saison des concerts, il prit sa 
roule par la Pologne, fit naître des transports 
d'admiration à Varsovie, puis visita Prague et 
Vienne. Les journaux de ces villes ont fait con- 
naître la vive impression que son talent y a 
produite. Plusieurs concerts purent à peine 
satisfaire la curiosité des artistes et des ama- 
teurs ; les avis n'y furent point partagés sur le 
mérite de l'artiste : tout le monde s'accorda à 
le saluer comme le premier violoncelliste de 
son époque. Servais a fait un deuxième voyage 
en Hollande, en 184ô. Dans l'année suivante, 
il partit pour l'Allemagne, visita Berlin, Leip- 
sick et Hambourg, excitant partout l'admira- 
tion par son incomparable talent; puis il en- 
treprit un troisième voyage en Russie, qu'il 
parcourut jusqu'en Sibérie. Un des plus beaux 
triomphes de Servais fut celui qu'il obtint à 
Paris dans l'hiver de 1847. Depuis lors il a 
visité le Danemark, la Suède, la Norwége, les 
villes rhénanes, où il a é(é rappelé plusieurs fois, 
ainsi que les villes principales de la France. 
En 1848, il a été nommé professeur de violon- 
celle au Conservatoire royal de Bruxelles, 
où il a formé un grand nombre d'élèves dis- 
tingués. Servais s'est marié à Pétersbourg, 
en 1842. Nommé violoncelliste solo du roi des 
Belges, il est officier de l'ordre de Léopold. Il 
a publié trois concertos pour violoncelle; 
seize fantaisies pour violoncelle et orchestre; 
six études caprices pour cet instrument avec 
piano. De plus, il a fait, en collaboration avec 
J. Grégoire, quatorze duos pour piano et vio- 
loncelle sur des motifs d'opéras; trois idem 
pour violon et violoncelle avec Léonard, et un 
idem avec H. Vieuxtemps. Tous ces ouvrages 
ont été gravés à Mayence, chez Scholt. 

SEUVEV (Jean), né à Orléans, vers 1 530, 
s'établit à Lyon, en 1572, et y passa le reste 
de sa vie. Il a composé : 1° Psalmes de •David, 
à trois parties; Orléans, 1565, in-4° oblong. 
2° Chansons à quatre, cinq, six et huit par- 
ties; livres I et II, Lyon, Charles Posnot, 1578, 
in-4° obi. ô" Psalmi Davidis à G. Bucha- 
nano versibus expressi, nutic primum mo- 
dulis 4, 5, G, 7 et 8 vocum decanlandi ; Lug- 
duni, apud Carolum Posnot, 1579, in-4° 
oblong. 

SESE (Don Jla>), organiste de la chapelle 



du roi d'Espagne, vécut à Madrid dans la se- 
conde moitié du dix-huitième siècle. On a pu- 
blié de sa composition : 1° Fcrsos de organo 
para cl cantico del Magnificat y démos 
Psalmos de la Iglesia,en sept livraisons ; Ma- 
drid, Miguel Copin, 1774. 2° Six fugues pour 
l'orgue ou le piano: ibid., 1774. 

SESÉ Y BELTRAN (D. Basilio), né à 
Saragosse, en 1656, y étudia la musique dès 
l'âge de sept ans. Il fut organiste de l'église 
des Carmes-Déchaussés royaux à Madrid. On 
connaît de lui en Espagne quelques composi- 
tions de mérite pour l'orgue, restées en ma- 
nuscrit. 

SESSI (Marianne), cantatrice, née à Rome, 
en 1776, s'est particulièrement distinguée par 
l'exécution la plus brillante des airs de bra- 
voure, et la beauté de sa voix. Conduite par 
son père en Allemagne, en 1792. elle débuta 
l'année suivante à l'Opéra séria de Vienne. 
En 1795, elle épousa un riche négociant 
nommé Natorp, que quelques biographes ont 
confondu avec le baron de Natorp. Depuis ce 
temps elle a été connue sous le nom de Sessi- 
Natorp, quoiqu'elle ait été plus lard séparée 
de son mari. Après neuf années d'interruption 
dans sa carrière théâtrale, elle se rendit en 
Italie, chanta avec le plus grand succès à Ve- 
nise, en 1805, et de là passa au théâtre de la 
Scala ii Milan, où elle brilla en 1806. Entrée 
au service de la reine d'Élrurie, vers la fin de 
la même année, elle reçut une médaille d'or 
d'honneur de l'Académie des beaux-arls de 
Florence, en 1807. Une autre médaille lui fut 
décernée à Livourne, où elle chanla dans le 
même lemps; celle-ci portait pour inscription : 
A MariannaSessi insigne contante. Livorno, 
1807. Après avoir chanté, pendant le carnaval 
de 1808, au théâtre de la Scala, à Milan, elle 
se rendit à Naples, où elle brilla pendant deux 
ans sur le théâtre Saint-Charles; puis elle se 
rendit en Portugal et excita des transports 
d'admiration à Lisbonne. Appelée à l'Opéra 
italien de Londres, elle y causa aussi autant 
de plaisir que d'élonnemciit. En 1816, elle 
retourna en Allemagne, et se fit entendre à 
Leipsick, à Dresde, à Berlin et à Hambourg, 
pendant les années 1817 et 1818. De celle der- 
nière ville, elle se rendit à Copenhague, où 
elle demeura plusieurs années. Oubliée après 
ce lemps, elle reparut tout à coup pour la troi- 
sième fois en Allemagne, vers la fin de 1835, 
et bien qu'âgée de soixante ans, elle chanla 
dans l'année suivante à Hambourg le rôle de 
Pggmalion, dans l'opéra de ce nom. Ce fut sa 
dernière apparition sur la scène ; peu de lemps 



SERRE — SEUFEERÏ 



23 



après elle se relira à Tienne, où elle est morte, 
le 10 mars 1847. On a publié de la composition 
de celte cantatrice : 1° Nocturne (Già la nolle 
s'acvicina), à deux voix, avec accompagne- 
ment de piano; Leipsick, Brcitkopf et HJerlel. 
2» Tre ariette italiane; Paris, Pacini. 5" Tre 
canzonette; Hambourg, Bœhme. 4° Dieci 
canzonette ilaliane; Leipsick, Breilkopf et 
Hœrtel. 

SFSSI (Impératrice), sœur de la précé- 
dente, naquit à Rome, en 1784. Conduite par 
sa famille à Vienne dans son enfance, elle dé- 
buta sur le théâtre italien de celte ville, et y 
excita la plus vive admiration. Dans l'année 
suivante, elle épousa le ma.jor de Natorp, 
beau-frère de sa sœur, et elle se rendit ensuite 
à Venise, où elle chanta avec le plus brillant 
succès pendant le carnaval. Dans les années 
180G et 1807, elle se fil admirer au théâtre de 
la Scala. à Milan. De si brillants débuts sem- 
blaient lui promettre une heureuse carrière: 
mais elle mourut d'une maladie de poitrine, à 
Florence, le 25 octobre 1808, à l'âge de viugt- 
qualre ans et quelques mois. 

Deux autres sœurs de celte famille d'artistes 
ont brillé comme cantatrices en Allemagne. 
La première (Anne-Marie Sessi) naquit à 
Rome, en 1790, et commença sa carrière à 
Vienne, en 1811, puis chanta au théâtre de 
Peslh,en Hongrie, pendant l'année 1814, sous 
le nom de Neumann- Sessi. Depuis ce temps, 
elle a paru avec succès sur les théâtres de Mu- 
nich, de Carlsruhe, de Francfort, de Hanovre, 
de Hambourg, puis elle retourna à Vienne. 
A la suite d'une longue et douloureuse maladie, 
elle perdit la voix en 1823. Elle est morte 
à Vienne, le 9 juin 18G4. La dernière des 
sœurs de ce nom (Caroline Sessi) a chanté 
pendant quelque temps au théâtre du Fonde-, 
à Naples. 

SESSI (Marie-Thérèse), cantatrice, n'est 
pas de la même famille que les précédentes. 
Elle commença sa earrière en 1805, au théâtre 
<lc Parme; chanta, dans l'année suivante, au 
théâtre de la Scala, à Milan, y reparut deux 
ans après, puis se rendit à Vienne, et en der- 
nier lieu en Pologne et en Russie. Dans les 
années 1835 à 1837, elle a repara sur quelques 
théâtres en Italie, mais n'y a point excité l'at- 
tention du public. 

SEUFFEIIT (Jean-Philippe), facteurd'or- 
gues du prince de WUrzbourg, naquit en 1G73, 
.à Gessenhcim, près de Carlsladt, en Bavière. 
Dès son enfance il montra de si heureuses dis 
positions pour la facture des orgues, que l'ha- 
bile facteur Hol'inann lui o!TYit de le prendre 



en apprentissage, ce qui fut accepté avec joie. 
Seuffert suivit donc Hofmann à WUrzbourg, et 
telle fut son assiduité au travail, qu'après les 
sept années de son apprentissage, il fut con- 
sidéré comme un excellent ouvrier. Il entrt- 
pril alors de longs voyages, visita Vienne et les 
principales villes de la Hongrie et de la Bo- 
hême. Il était en Pologne lorsqu'il reçut une 
lettre de son ancien maître Hoffmann qui le 
rappelait à WUrzbourg, où il épousa la veuve 
du facteur Hellenbrand. Son premier ouvrage 
fut l'orgue de l'église de Hœchberg, dont les 
qualités remarquables fixèrent sur lui l'atten- 
tion publique. Bientôt il reçut de nombreuses 
commandes qui l'obligèrent à donner de l'ex- 
tension à sa fabrique. Le nombre des instru- 
ments qu'il a construits s'élève à plus de deux 
cents. Parmi les plus importants, on remar- 
que : 1° Celui d'un couvent de Bénédictins en 
Weslphalie, composé de trente-six jeux, avec 
pédale de trente-deux pieds et quatre claviers 
à la main. 2° Le grand orgue d'Eberach. 
3° Celui du couvent de Bauz, en Bavière. 
4° L'orgue de la chapelle de la cour à WUrz- 
bourg. Seuffert mourut dans celle ville, en 
1700, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. 

SEUFFERT (Jean-Ignace), fils aine du 
précédent, né à WUrzbourg, en 1727, apprit 
l'art de la construction des orgues sous la di- 
rection de son père. Dans sa jeunesse, il alla 
se fixer en Alsace, travailla quelque temps chez 
le facteur d'orgues Dicpony, et l'aida dans la 
construction de l'orgue du couvent de Kron- 
weisenbourg. L'orgue de Reinigen, qu'il exé- 
cuta seul ensuite, lui fit beaucoup d'honneur 
et lui procura en peu de temps les demandes 
de plus de trente orgues. Fixé plus tard à 
Kirchweiler, il y établit des ateliers où plus de 
cent instruments furent construits. Il y vivait 
encore en 1807, âgé de quatre-vingts ans. 

SEUFFEIIT (François-Ignace), second 
fils de Jean-Philippe, naquit à WUrzbourg, en 
1731. Élève de son père, il acheva de s'instruire 
dans la facture des orgues par les voyages 
qu'il fit dans les Pays-Bas, en France, dans la 
Suisse et dans une partie de l'Allemagne. De 
retour à WUrzbourg, en 1760, il n'y arriva 
que pour recevoir les derniers embrassements 
de son père, à qui il succéda dans la direc- 
tion de la fabrique d'orgues. Il en construi- 
sit environ quarante dans le territoire de 
WUrzbourg, et plusieurs autres pour les 
pays étrangers. Les plus remarquables de ses 
ouvrages sont l'orgue de Saint-Pierre, à 
Bruchsal ; celui de Kœnigsheim; celui de 
Gracl'enrheinfcUl, cl enfin celui de l'église des 



24 



SEUFFERT — SEVERI 



Franciscains de Wutzbourg, que l'abbé Vogler 
cboisil à son passage dans celle ville pour le 
concert d'orgue qu'il y donna. Seuffert était 
aussi bon facteur de pianos. Il vivait encore à 
Wurzbourg, en 1807, âgé de soixante-seize 
ans. Ses deux fils se sont distingués dans la 
même carrière. L'aîné (Jean-Philippe) était, 
en 1807, facteur d'orgues à Wurzbourg et 
contrebassiste de la cour. Parmi ses meilleurs 
ouvrages, on remarque l'orgue de l'hôpital 
Saint-Jules. Le second (François-Martin) 
construisit aussi plusieurs instruments dans 
son pays natal, puis il se fixa à Vienne, où il 
établit en société une manufacture de pianos. 
Ei\ 1845, il a obtenu la médaille d'or pour le 
mérite de ses instruments, à l'exposition de 
l'industrie de Vienne. 

SEURIGT (Auguste), violoniste, entra 
comme élève au Conservatoire de Paris, en 
1808, et y reçut des leçons de Kreutzer aîné. 
Il fut ensuite admis à l'orchestre de l'Opéra- 
Comique, mais y resta peu de temps. Je crois 
qu'il s'est fixé ensuite dans une ville de pro- 
vince. On a gravé de sa composition : 1° Trois 
duos concertants pour deux violons, op. 1 ; 
Paris, Zelter. 2° Six duos faciles et progressifs, 
sur des thèmes connus, pour deux violons; 
Paris, Chanel. 

SÉVELENGES ( Charles -Lotis DE), 
chevalier de Saint-Louis, naquit à Amiens, en 
1768, d'une famille originaire du Beaujolais. 
Il fit ses études au collège de Juilly, d'où il 
sortit en 1782, pour entrer à l'école d'artil- 
lerie de Metz. Admis dans la gendarmerie du 
roi, il suivit les princes français dans l'émigra- 
tion, et ne rentra en France qu'en 1802. De- 
puis lors il se livra à la culture des lettres, et 
fournitbeaucoup d'articles aux journaux roya- 
listes, tels que la Gazette de France, la Quo- 
tidienne, le Pour et Contre, le Publiciste, 
l'Oriflamme, etc. Il y écrivait particulière- 
ment les atiicles concernant l'Opéra, l'Opéra- 
Comique et le Théâtre Italien. Sévelinges est 
mort à Paris, en 18Ô2. Au nombre de ses ou- 
vrages, on remarque une critique vive et mor- 
dante des auteurs dramatiques, des composi- 
teurs, et des acteurs des théâtres de Paris, 
intitulée : Le Rideau levé, ou Petite Revite 
de nos grands théâtres; Paris, Maradan, 
1818, in-8°. Il y attaquait en particulier l'ad- 
ministration de l'Opéra italien dont madame 
Catalani s'était chargée, conjointement avec 
son mari, Yalabrègue. Celui-ci répondit à 
l'écrit anonyme de Sévelinges par un exposé 
de la situation du théâtre; mais Sévelinges fit 
paraître une seconde édition de sa critique 



augmentée de deux pièces intitulées : Réponse 
au factum de M . F'alabrègue, et Réplique 
d'un des chefs d'orchestre du Théàlre-Ilalien; 
Paris, Delaunay, 1818, in-8". Deux critiques 
de l'ouvrage de Sévelinges parurent, la pre- 
mière sous le titre : Le Revers du rideau, par 
G. N* ¥ * (Paris, Denlu, 1818, in-8° de quatre- 
vingt-seize pages); l'antre, intitulée : La Co- 
médiade , ou le Rideau levé, etc., par 
M. Contre-Férule (pseudonyme); Paris, 1818, 
in-8° de cinquante-quatre pages. Sévelinges 
est aussi l'auteur d'une Notice biographique 
sur Mozart, qu'on a placée en tête de l'édition 
du Requiem de ce célèbre compositeur, publiée 
au magasin «le musique du Conservaloire, en 
1803. Enfin, il a donné aussi quelques biogra- 
phies de musiciens, dans la Biographie uni- 
verselle des frères Michaud. 

SEVERI (François), chapelain chantre de 
la chapelle pontificale, à Rome, naquit à Pé- 
rouse, dans la seconde moitié du seizième 
siècle, et fut agrégé à la chapelle, en qualité 
de sopraniste,le 51 décembre 1G13. Il mourut 
à Rome, le 25 décembre 1630, et fut enterré à 
l'église Santa-fllaria d' Itria. Il était chan- 
teur distingué, et bon compositeur. On voil, 
dans la préface de l'ouvrage dont il sera parlé 
tout à l'heure, que le maître de chant et de 
composition de Severi fut Oltavio Catalani, 
qui, après avoir occupé pendant quatorze ans 
la place de maître de chapelle de Saint-Apol- 
linaire, à Rome, fut directeur de la musique 
du prince de Salmona, neveu du pape Paul V. 
Le plus connu des ouvrages de Severi est un 
curieux recueil de psaumes ornés de traits de 
vocalisation de tout genre, lequel a pour litre: 
Salmi passegiati per tutte le voci nella ma- 
niera che si cantano in Roma, sopra i falsi 
bordoni di tutt' i tuoni ecclesiastici du can- 
tarsi nei vesperi delta domenica, e delli 
giorni feslivi di tutto l'anno, con alcuni 
versi del Miserere sopra il falso bordone del 
Dentice. In Roma , da Nicolo Borboni , 
rrtnnolG15 ; petil in-4 u obL gravé. Une multi- 
tude de broderies de tout genre et de traits ra- 
pides orne dans ce recueil lechantdes psaumes. 
Le goût de ces ornements, qui étaient exécutés 
par une voix seule, avec accompagnement des 
autres voix en faux-bourdon et d'orgue, avait 
passé de la musique instrumentale dans celle 
des voix. Pendant environ trente ans, au dix- 
septième siècle, cette manière de chanter les 
psaumes eut une vogue extraordinaire à Rome, 
dit l'abbé Baini (dans ses Mémoires sur la 
vie et les ouvrages de Palcslrina, t. I, 
note 556, p. 200); mais, ainsi qu'il arrive du 



SEVERI — SEYDELMANN 



toute caricature, la mode en passa, et les 
psaumes ornés tombèrent dans un profond 
oubli. 

SEVERG (Antoine), compositeur, né à 
Lucques, dans la seconde moitié du dix-sep- 
tième siècle, a fait exécuter à Rome, en 
1700, son oratorio intitulé : 77 Martirio di 
S. Erasmo, dans l'église de la confrérie de la 
Pietà. 

SEVERUS (Cassius), ou plutôt CAS- 
SIUS-SEVERUS (Caïbs), poète latin du 
siècle d'Auguste, surnommé PARMENSIS, 
parce qu'il était né à Parme, n'était pas, 
comme on voit, un savant inconnu du dix- 
septième siècle, ainsi que le disent Gerber et 
ses copistes. Républicain fougueux, il fut un 
des meurtriers de César, et s'attacha au jeune 
Pompée, puis à Marc-Antoine, qu'il seconda 
en qualité de lieutenant. Après la bataille 
d'Actium, il se relira à Athènes ; mais au lieu 
d'y cacher son existence dans l'obscurité, il 
attaqua Auguste avec tant de violence dans ses 
écrits, que celui-ci donna l'ordre de le tuer. 
On i 11 tt I i ns Varus, chargé de celte mission, le 
trouva dans son cabinet occupé de la compo- 
sition d'un poème, et lui donna la mort. Les 
écrits de ce poète étaient si nombreux, qu'on 
en forma son bûcher funéraire. On ne connais- 
sait de lui que quelques épigrammes impri- 
mées dans l'Anthologie, lorsque Pierre Vet- 
lori découvrit un petit poème de dix-neuf vers 
concernant l'élude delà musique, traduits en 
latin par Cassius-Severus, d'après Orphée, et 
le publia sous le litre : Orpheus ad infor- 
mandos mores. Nalhaniel Chylrée en donna 
une nouvelle édition avec un commentaire et 
des recherches littéraires sur la vie de Cassius- 
Severus : elle a pour titre : Cassii Severi Par- 
inensiS; poetx inter epicos veteres eximii, 
Orpheus, cum comment. N. Chytrxi; Franc- 
fort, 1585, in-8". Une autre édition avec le 
commentaire de Chylrée, non moins rare que 
celle-ci, esl intitulée : De indus tria Orphxi 
circa sludium musices, carmen; Francfort, 
IG08, in-8°. Vossius et quelques autres criti- 
ques pensent que les vers de Cassius sont sup- 
posés, et qu'ils sont l'ouvrage d'Achille Slace, 
écrivain portugais, qui les aurait imprimés 
comme essai, sous un nom emprunté, dans ses 
noies sur Suétone. Ce point d'histoire litté- 
raire n'a point été éclairci jusqu'à ce jour. 

SEVIIV (Julien), professeur de musique, 
né au Mans, en 1812, est auteur d'un petit ou- 
trage intitulé : Théorie musicale appliquée à 
l'enseignement simultané; Paris, Duvcrgcr, 
1841, in-8° de soixante-quatre pages. 



SEYROTHIUS (Jean), poêle 'couronné et 
recteur du gymnase de Rolenbourg-sur-la- 
Tauber, mourut en 1061. On a de lui un livre 
intitulé : Manuale philosophie theorico-prac- 
ticum; Francfort-sur-le-Mein, 1658, in-8°. 
Il y traite, en neuf chapitres, dans le premier 
livre, de la musique théorique et pratique 
d'après la méthode scientifique. Dans le 
deuxième livre, on trouve deux pages sur le 
chanl choral et figuré. 

SEYDELUIAINIV (François), maître de 
chapelle de la cour de Dresde , naquit dans 
cette ville, le 8 octobre 1748. Weber, maître 
de chapelle du roi de Pologne, dirigea ses 
premières études musicales; puis il reçut de 
Naumanndes leçons de contrepoint. En 1765, 
il fit avec ce maître, et en compagnie de Schns- 
ler (voyez ce nom) un voyage en Italie, où se 
forma son goût dans l'ail du chant el dans la 
composition. Après un séjour de sept ans dans 
cette belle contrée, il retourna à Dresde, en 
1772, et y fut nommé compositeur de la cour, 
pour l'église et pour la chambre, conjointe- 
ment avec Schuster, qui partagea avec lui la 
direction de la musique de l'Opéra, alternati- 
vement avec Naumann. En 1787, Seydelmann 
eut le litre de maître de chapelle; il en rem- 
plit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 
24 octobre 180G. La plus grande partie des 
compositions de cet artiste esl restée en ma- 
nuscrit. La liste «le ses ouvrages connus se 
compose de ceux dont les titres suivent : 1° La 
Beluliq liberala, oratorio. 2° Gioas, Re di 
Giuda, idem. 3° Vingt-cinq messes avec or- 
chestre. 4" Huit vêpres complètes. 5° Neuf 
litanies. 6° Quatre Miserere. 7° Un Stabat 
mater. 8° Un Requiem et plusieurs autres 
compositions religieuses terminées en 1796. 
Depuis lors, Seydelmann a écrit : 9 1 La Morte 
d'Jbele, oratorio, en 1801. 10° Trois Salve 
Regina. 11° Quatre Magnificat. Il adonné 
au théâtre de Dresde : 12° Der lahme Husar 
(le Hussard estropié). 15° Die schœne Arsène 
(la belle Arsène), publiée en partition réduite 
pour le piano, à Leipsick, chez Breilkopf. 
14° Jl Capricioso corretto, dont on a publié, 
à Dresde, un rondeau et une cavatine avec 
accompagnement de piano. 15 tt Za Fillanella 
di Misnia,en 1784, dont on a publié à Dresde 
un rondeau, un chœur, un duo el une cavatine 
avec piano. 10" Jl Mostro, en 1787. 17» Il 
Tnrco in Italia, en 1788. 18° Amor per oro, 
en 1790. 19° La Serva scaltra. 20° Circé, 
cantate française. Dans la musiqueinstrumen- 
lale de Seydelmann, on remarque : 21° Six so- 
listes à quatre mains pour piano, op. 1 ; Leip- 



SEYDELMANN — SEYFRIED 



sick, Breilkopf, 1780. 22" Trois sonates pour 
piano et flûte, op. 2; Dresde, Ililscher. 
25" Trois sonates pour clavecin seul: Leip- 
sick, Breilkopf. 24" Trois sonates pour clave- 
cin et violon ; ibid., 1787. 25°Six sonates pour 
clavecin seul, en manuscrit. 

SEYDEOIANN (Ecgèue), né à Rengcrs- 
dorf, en Silésie, en 1806, est fils d'un maître 
d'école qui lui a enseigné les éléments de la 
musique, du piano et de l'orgue. Plus tard, le 
pasteur Wigang, élève d'Otio, organiste dis- 
tingué, lui donna des leçons d'harmonie et de 
contrepoint. A l'âge de treize ans, Seydel- 
mann fréquenta le gymnase de Glalz, puis il 
se rendit à Breslau, vers 182G, et s'y livra avec 
ardeur à la composition. Il y obtint la place 
de directeur tic musique du théâtre, et lit 
preuve de talent dans l'exercice de ces fonc- 
tions, qu'il remplissait encore en 18G0. Un de 
ses meilleurs ouvrages, qu'il fit paraître peu 
de temps après, est une grande cantate intitu- 
lée : Dievier Menschenaller (les quatre Ages 
de l'homme), pour huit voix en chœur et quatre 
voix de solos, sans accompagnement. Au nom- 
bre de ses compositions pour l'église, on 
remarque une messe solennelle et un Re- 
quiem. On connaît de cet artiste un opéra sé- 
rieux dont le sujet est f'irginie, et qui a été 
joué avec succès. 

SEYFAÏITII (Jean-Gabriel) naquit en 
171 1, à Reisdorf, dans les environs «le Wei- 
mar. Wallber, organiste de celle ville, lui 
donna les premières leçons de clavecin. Plus 
lard, il se rendit à Zerbst, et y devint élève de 
ILeok pour le violon, et de Fascli pour la com- 
position. Après avoir achevé ses éludes, il en- 
tra au service du prince Henri de Prusse, avec 
le tilre de musicien de la chambre ; et lorsque 
le roi Frédéric II organisa sa musique, en 
1740, Sey failli y obtint une place de violoniste, 
et fut chargé de la composition des ballets poul- 
ie théâtre de l'Opéra de Berlin. Il en écrivit un 
très-grand nombre, et composa beaucoup de 
symphonies, de concertos, de symphonies con- 
certantes, quatuors et trios pour violon. Quel- 
ques-unes de ses symphonies ont été publiées 
à Berlin et à Leipsick ; la plupart sont précé- 
dées de préfaces dans lesquelles Seyfarlh ana- 
lyse les sujets qu'il a voulu exprimer. On con- 
naît aussi de lui des trios pour instruments à 
archet, quelques solos de violon, et une sym- 
phonie concertante pour cet instrument. Il 
•est mort à Berlin, le 9 avril 179G, dans la 
quatre-vingt-cinquième année de son âge. 

SEYFEUT (Jean-Gaspard), né à Augs- 
ihourg, en 1G97, reçut les premières leçons de 



musique chez Krœuler, Canlor de l'église 
luthérienne de cette ville. Il obtint ensuite des 
secours des inspecteurs des écoles pour voya- 
ger, et se rendit à Dresde, où il reçut des le- 
çons de violon de Pisendel. S'élant livré à 
l'étude du luth, il y acquit une grande habi- 
leté. De retour dans sa ville natale, il succéda 
à son maître Kraeuter, dans la place de canlor, 
en 1741, et composa beaucoup d'oratorios, de 
morceaux de musique d'église, et de sympho- 
nies, qui sont restés en manuscrit. Il mourut 
à Augsbourg, le 2G mai 17G7, à l'âge de plus 
de soixante-dix ans. 

SEYFERT (Jeah-Godefroi), fils du pré- 
cédent, naquit à Augsbourg, en 1751. Élève de 
son père, il n'était âgé que de seize ans lors- 
qu'il composa un oratorio de la Passion qui 
fut fort bien accueilli. Il prit ensuite des le- 
çons d'harmonie et de contrepoint chez Leil- 
dorfer, à Bayreulh ; mais le séjour qu'il fit à 
Berlin forma surtout son goût, par les occa- 
sions qu'il eut d'entendre les ouvrages de 
Gratin, et par sa liaison avec Charles-Philippc- 
Emmanue) Bach. Après la mort de son père, 
il fut rappelé à Augsbourg pour le remplacer; 
mais il ne lui survécut que peu d'années, étant 
mort le 12 décembre 1772. On n'a publié de la 
composition de cet artiste distingué que six 
trios pour deux violons et basse (Leipsick, 
17G2), et six sonates pour clavecin, violon et 
violoncelle (ibid., 1704). Les magasins de mu- 
sique et les bibliothèques d'Allemagne ren- 
ferment beaucoup de ses ouvrages, tels que 
vingt et une symphonies, des concertos de vio- 
lon, l'oratorio intitulé: la Mort de Jésus, et 
la grande cantate Der von Golt Deutschland 
fjeschenhe Freide (la Paix donnée par Dieu à 
l'Allemagne), composée en 17Gô. 

SEYFRIED (Jean-Christophe), organiste 
de la cour de Sehwarzboiirg-Rudolstadt, dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle, a pu- 
blié deux suites de ballets, d'allemandes, de 
courantes, de sarabandes et d'ariettes pour le 
clavecin, dont la première parut à Francfort, 
en 1056, et la seconde en 1G59. 

SEYFRIED (Ignace-Xavier , chevalier 
DE), naquit à Vienne, le 15 août 177G. Son 
père, Joseph, chevalier deSeyfried, était con- 
seiller de la cour du prince de Hohenlohe- 
SclieHingsflirst. Dès son enfance, on remarqua 
ses rares dispositions pour la musique. Mozart 
et Kozeluch firent de lui un pianiste distingué, 
et l'organiste Hayda lui enseigna les règles de 
l'harmonie. Destiné au barreau par ses pa- 
rents, il se prépara à l'étude du droit, en sui- 
vant à Prague des cours de littérature cl de 



SEYFR1ED 



6)7 



philosophie; il y fil la connaissance de Dionys 
Weber, (ie Tomaschek et de Willasek (voyez 
ces noms), qui encouragèrent son penchant 
pour la musique. De retour à Vienne, il y sui- 
vit des cours de droit qui ne l'empêchèrent 
pas d'étudier avec zèle le contrepoint sous la 
direction d'AIbrcchtsberger. Le séjour de 
Win ter à Vienne, où il était allé écrire 
les Ruines de Babylone, fournit au jeune 
Seyfried l'occasion de s'instruire de tout ce 
qui concerne la composition dramatique. Ce 
fut par les avis de ce musicien célèbre que son 
père consentit enfin à lui laisser suivie la car- 
rière de l'art pour lequel il se sentait un pen- 
chant irrésistible. Les recommandations de ce 
maître lui firent aussi obtenir, à l'âge de 
vingt et un ans, les litres de compositeur et de 
directeur de musique du théâtre dirigé par 
Schikaneder. Son premier opéra (Der Lcewen- 
brunn) y fut représenté en 171)7. Dans lesan • 
nées suivantes, il écrivit beaucoup de mor- 
ceaux détachés pour divers opéras, un grand 
nombre de mélodrames, parmi lesquels on re- 
marque Montesuma, San!, Frédéric de 
Minsky, la Citerne, Der Teufelssleg am Ri- 
fffberg (le Chemin du diable au Higi), la 
Forêt de Bondi. Faust, Die JVaise und der 
Jtlccrdcr (l'Orpheline et le Meurtrier), les Ma- 
chabées , l'Orpheline de Genève } Siu- 
trame, elc. On a publié les ouvertures et les 
partitions pour piano de quelques-uns de ces 
ouvrages, qui sont les meilleurs de Seyfried. 
Moins heureusement inspiré dans les opéras, 
il en a cependant écrit un trop grand nombre 
pour que tous les li tics en soient cités ici. Les 
principaux sont : 1° Der TFundermann uni 
Jlheinfali (l'Homme miraculeux à la chule du 
Rhin), grand opéra, en 1799. 2° Les Druides, 
idem, en 1801. 3° Cyrus, idem, eu 1803. 
4" Les Samaritaines, idem, en 1806. 5° Ri- 
chard Cœur de Lion, en 1810. G" La Rose 
rouge et la Rose blanche, en 1810. 7" Zémire 
et Azor, en 1818. Outre cela, il a composé- 
la musique d'environ soixante-dix opéras- 
comiques, pantomimes, pièces féeriques, bal- 
lets, parodies et farces, des ouvertures et 
cntr'acles pour plusieurs tragédies, telles que 
Jules César, la Pucclle d'Orléans, At- 
tila, etc. Tous ces ouvrages furent écrits dans 
l'espace de trente ans. En 1828, Seyfried 
donna sa démission de la place de directeur de 
musique du théâtre, et depuis ce temps, il vé- 
cut dans la retraite, sans interrompre toute- 
fois ses travaux. Il a publié pour l'église : 
1" Graduel (Cantate Domino), pour ténor 
avec chœur et orchestre, n° 1 ; Vienne, Has- 



linger. 2" Idem (Qui seminant in lacrymis) 
à quatre voix, orchestre et orgue, n"2; ibid. 
3" Idem (Domine, Dominus noster) à quatre 
voix, deux violons, alto et basse, n" 3; ibid. 
4° Libéra pour quatre voix d'hommes, com- 
posé pour les obsèques de Beethoven; ibid. 
5° Messe à quatre voix, orchestre et orgue, 
n" 1 (en ut); ibid. G Idem, à quatre voix, or- 
chestre et orgue (en si bémol), n° 2; ibid. 
7° Idem (en mi bémol), n° 3; ibid. 8° Idem 
(en sol mineur), n» 4; Leipsick, Hofmeisler. 
9" Idem (en ut), n° I>; Vienne, Haslinger. 
10° Grand /feçutem poui quatre voix d'hommes 
et chœur, trois violoncelles, oontrebasse, deux 
trompettes, timbales et orgue; ibid. 11 "Trois 
motels pour chœur et orchestre, premier recueil; 
Leipsick, Breitkopf et Ilœrtel. 12" Offertoire 
(Te decet hymnus), pour voix de basse, chœur 
et orchestre, n° 1 ; Vienne, Haslinger. 13° Idem 
(Ave, maris Stella), à quatre voix, orchestre 
et orgue, n° 2; ibid. 14" Idem (O mi Deus, 
amor meus), à quatre voix, deux violons, alto 
et basse, n° 3 ; ibid. 15° Idem (Stringor vin- 
culis), pour voix de solo, chœur et orchestre, 
n" 4; ibid. 16° Hymne (Domine judicium 
tint m) , pour quatre voix et orchestre, n" 1; 
ibid. 17" Idem (Salvum fae), idem, n" 2; 
ibid. 18° Graduel, n" 4 (II ara, dies), pour 
voix de solo, chœur et orchestre; ibid. 
19° Idem, n° 5 (Mudus eram), pour voix de 
basse, chœur et orchestre; ibid. 20° Offer- 
toire, n" 5 (Cum sumpsisset), à quatre voix, 
chœur et orchestre; ibid. 21" Deux Tanlum 
ergo, à quatre voix et orgue; ibid. Il a laissé 
en manuscrit : huit messes solennelles, deux 
Requiem, l'oratorio intitulé: les Israélites 
dans le désert, un Regina Cœli, deux F'eni 
Sancte Spiritus, Ecce punis, Dlisererc, sept 
Tanlum ergo, deux Te Deum, neuf graduels, 
dix offertoires, plusieurs hymnes en langue 
hébraïque, enfin, des psaumes et hymnes en 
latin et en allemand. La musique d'église de 
Seyfried est fort estimée en Autriche. Il a 
écrit aussi des sonates, rondeaux et variations 
pour piano, des quatuors pour violon, deux 
symphonies, et des pièces pour divers instru- 
ments. 

Dépourvu d'originalité dans les idées et 
dans la forme, mais infatigable dans ses tra- 
vaux, Seyfried fut pendant plusieurs années 
le rédacteur principal de la Gazette spéciale 
de musique des Etats autrichiens; il a fourni 
de bons articles à la Gazette musicale de 
Leipsick, au recueil intitulé Çxcilia, et dans 
d'autres journaux. Enfin, il a été l'éditeur des 
œuvres théoriques d'AIbrcchtsberger (t'oye; ce 



£S 



SEYFRIED — SHIELD 



nom), des études de composition «le Beethoven, 
et des essais de Preindl (voyez ce nom) sur 
l'harmonie et le contrepoint, recueillis et mis 
en ordre sous le litre de Wiener Tonschule 
(École de la musique viennoise). Cet artiste 
cstimahlc était memhre des académies et so- 
ciétés de musique des États autrichiens, de 
Stockholm, de Paris, Giœlz, Leyhach, Nurem- 
berg, Preshourg et Prague. Il est mort à 
Vienne, le 27 août 1841, à l'âge de soixanle- 
cinq ans. 

SEYLER (Joseph-Antoine), né en 1778, 
à Lauleibach, en Bohême, reçut de la nature 
d'heureuses dispositions, et l'ut instruit liai- 
son père, Joseph Seyler, recteur à Schœn- 
feld, qui lui enseigna le chant, le violon, le 
clavecin, l'harmonie et la composition. Après 
ri ne son éducation musicale eut été terminée, 
il occupa, pendant quelques années, la place 
de chef de musique d'un régiment de l'empire 
d'Autriche. En 1808, il fut nommé professeur 
de musique et directeur du chœur de l'église 
paroissiale à Ol'en. Il en remplit les fonctions 
jusqu'en 1820; puis il fut appelé à Gran en 
qualité de directeur du chœur de l'église mé- 
tropolitaine; il occupa cette position pendant 
vingt et un ans. Beliré, en 1841, il vivait 
encore dans le repos au commencement de 
1800. On connaît de la composition de cet 
artiste une messe et un Requiem. 

SEYLER (Charles), fils du précédent, né 
à Ofen, en 1815, commença l'étude de la mu- 
sique sous la direction de son père. En 1834, 
il se rendit à Vienne et fut élève du chevalier 
de Seyfried pour la composition. Pendant 
quelques années, il fut attaché à l'orchestre du 
théâtre de la Porte de Carinthie; il quitta cette 
position, en 1841, pour succéder à son père 
dans la place de directeur du chœur de l'église 
de Gran. Au nombre de ses compositions, on 
remarque plusieurs messes, des pièces de dif- 
férents genres pour piano, et un trio pour 
piano, violon et violoncelle. 

SEYTKE (Charles-Félix), mécanicien de 
Lyon, a obtenu, le 24 janvier 1842, un brevet 
d'invention de cinq ans pour des orgues à 
cylindre qui jouent des airs au moyen de 
cartons percés. C'est le système deJacquart 
substitué aux cylindres notés. Voici la des- 
criplion qu'en donne M. Hamel (Nouveau 
Manuel complet du facteur d'orgue, t. III, 
p. 484) : « Un carton sans fin, d'une seule 
» pièce, sans joints ni coulure, comme un 
» manchon, est percé de trous carrés ou longs, 
» d'autant plus allongés que la note qu'ils re- 
» présentent a plus de durée. Ce carton passe 



» entre quatre cylindres. Sur les deux bords, 
» il y a, à des intervalles égaux, des trous 
« ronds qui engrènent dans des chevilles pla- 
» cées sur les deux cylindres inférieurs. La 
» partie horizontale du carton glisse comme 
» un registre d'orgue entre deux pièces de 
» bois percées de trous correspondants aux 
» gravures du sommier et sous lesquelles la 
>•> soufflerie est comprimée. Lorsque la partie 
» pleine du carton bouche les trous de ces 
» pièces de bois, l'air ne peut s'échapper; 
>' mais aussitôt que les trous des carions se 
» trouvent vis-à-vis d'eux, l'air entre dans le 
» sommier et fait parler les tuyaux. Ainsi lors- 
■v qu'on a mis les cylindres en mouvement par 
» une manivelle, les chevilles font avancer le 
» carton, qui présente successivement ses 
» trous sous ceux des gravureset l'ont entendre 
» l'air qui y est noté. » 

S1IAHP (Richard), contrebassiste et pro- 
fesseur de piano, vécut à Londres dans la se- 
conde moitié du dix-huitième siècle. On con- 
naît sous son nom un œuvre de sonates de cla- 
vecin (Londres, 1784), et un traité élémentaire 
de musique et de piano intitulé : New Guide 
di Musica, being a complète book of instruc- 
tions for beginners of the piano forte, etc. ; 
Londres, 1794, in-4°. 

SHEPHAUD (Jean), contrepoinlisle an- 
glais, vécut vers le milieu du seizième siècle. 
Il avait fait ses études à l'université d'Oxford, 
et y avait obtenu le grade de bachelier en mu- 
sique, en 1554. Il a fait imprimer de sa com- 
position des prières du malin et du soir, à 
quatre voix, sous ce titre : Morning and 
evening prayers and communion's for the 
voice, in four parts, elc. ; imprinted at Lon- . 
don, by John Day, 1565. Burney a tiré de ce 
recueil un motetqu'il adonné dans ledeuxième 
volume de son Histoire générale de la mu- 
sique (p. 587 et 588). 

SIIEIIARD (Jacques), pharmacien à Lon- 
dres, dans la première moitié du dix-huitième 
siècle, fut amateur de musique et violoniste 
distingué. On a gravé de sa composition : 
l°Douze sonates pour deux violons, violoncelle 
et basse continue pour le clavecin, op. 1 ; 
Amsterdam, Roger. 2° Douze idem, op. 2; 
ibid. 

SHIELD (William), fils d'un maître de 
musique, naquit en 1754, à Smalwell, dans le 
comté de Durham,en Angleterre. Dès l'âge de 
six ans, il reçut de son père des leçons de sol- 
fège, de violon et de clavecin. Trois ans après, 
il perdit son père, qui laissa sa femme veuve 
avec quatre enfants. Celle-ci, voulant lui don- 



SIIIELD — SIIUTTLEWORTH 



29 



ner une profession qui put assurer son exis- 
tence, lui laissa le choix entre celles de mate- 
lot, de barbier ou de constructeur de bateaux. 
Il se décida pour celte dernière, et fut mis en 
apprentissage dans un atelier de Norih- 
Shields; mais son maître lui permit de conti- 
nuer ses études de musique. Lorsque son ap- 
prentissage fut achevé, il se détermina à 
suivre la carrière de musicien, et pria Avison 
de lui donner des leçons d'harmonie et de 
composition ; peu de temps après, il obtint un 
engagement pour diriger l'orchestre du théâtre 
de Scarborough et des concerts de celte ville. 
L'intelligence donl il fit preuve dans ces fonc- 
tions lui procura ensuile des positions sem- 
blables au théâtre de Durham et aux concerts 
de Newcaslle. De retour à Scarborough, il se 
lia d'amitié avecBorgéet Fischer, qui l'enga- 
gèrent à se fixer à Londres, el lui procurèrent 
une place dans l'orchestre de l'Opéra. Bientôt 
après, il fut chargé de la direction de la mu- 
sique au théâtre de Haymarket. Il y donna son 
premier ouvrage dramatique, donl le succès 
lui procura le litre de compositeur du théâtre 
de Covent-Garden, pour lequel il écrivit plu- 
sieurs opéras depuis 1782 jusqu'en 1791. Des 
discussions d'inlérêtqu'il eut avec l'entrepre- 
neur du théâtre lui firent alors donner sa dé- 
mission, et il prit la résolution de voyager en 
Italie. Parti de Londres, au mois d'août de 
celte année, il traversa la France, visita Bo- 
logne et Florence, puis s'arrêta à Borne, où il 
étudia l'art du chant sous la direction de quel- 
ques bons mailres. 

Le retour de Shield à Londres, vers la fin de 
1792, marqua une seconde époque dans sa 
carrière. On remarqua dans les opéras qu'il 
écrivit depuis lors un goùl meilleur el un style 
plus élégant. Il contracta un nouvel engage- 
ment, en qualité de directeur de musique du 
théâtre de Covent-Garden, et en remplit les 
fonctions pendant quinze ans; mais de nou- 
velles discussions lui firent prendre sa retraite 
en 1807, et depuis lors il vécut à Londres sans 
emploi. Il est mort dans celle ville au mois de 
février 1829. Sa bibliothèque de musique, riche 
en compositions anciennes el en livres histori- 
ques et théoriques concernant cet art, a été 
vendue aux enchères publiques, au mois de 
juillet de la même année. 

La liste de ses opéras et pantomimes ren- 
ferme les litres suivants: 1° Flitch of bacon, 
1778. 2° Lord mayor's day , pantomime, 
1782.0° The poor Soldier, opéra -.comique, 
1783. 4° Rosine, idem, 1783. 5" arlequin 
moine, pantomime, 1783. G Robin Hood, 



opéra-comique, 1784. 7° Noble pensant, id., 
1784. 8» Fontainebleau, idem, 1784. 9" La 
Caverne magique, 1784. 10" Nunnery (le 
Couvenl), opéra-comique, 1785. 11° Lave in 
a camp (l'Amour dans un camp), 1785. 
12" Ornai, farce musicale, 1785. 13° Enchan* 
ted Castle (le Château enchanté), pantomime, 
178C. 14° Marianne, intermède, 1788. 15" Zc 
Prophète, opéra-comique, 1788. 16° La ('roi- 
sude, fait historique, en 1790. 17° Picture of 
Paris (le Tableau de Paris), pantomime, 1790. 
18° The ÏFoodman (l'IIommedes bois), opéra- 
comique, 1791 . 19° Hartford Bridge (le Poul 
d'Hartrord), farce, 1792. 20° H arlequin' s mu- 
séum (le Musée d'Arlequin), parlomime, 1792. 
21° Midnight Wanderers (les Vagabonds noc- 
turnes), opéra-comique, 1793. 22" Travellers 
in Switzerland (les Voyageurs en Suisse), 
opéra-comique, 1794. 23" Arrivai at Ports- 
mouth (l'Arrivée à Porlsmoulh), intermède, 
1794.24° Mysteries of the Castle (les Mys- 
tères du château), opéra dramatique, 1795. 
25° Lock and Key (la Serrure et la Clef), inter- 
mède, 1796. 26" Abroad and at home (En ville 
et à la maison), opéra-comique, 1796.27»/ta- 
lian Villagers (les Villageois italiens), idem, 

1797. 28" The Fariner (le Fermier), farce, 

1798. 29" Two faces nnder a hood (Deux 
télés sous un bonnet), opéra-comique, 1807. 
Plusieurs morceaux détachés de ces ouvrages 
onl été gravés avec accompagnement de p ; ano 
On a publié aussi, sous le nom de Shield : 
1° Six trios pour deux violons et basse; Lon- 
dres, Longman, 1796. 2° Six duos pour deux 
violons, op. 2; ibid. 3° Des chansons anglaises 
avec accompagnement de piano. Ce musicien 
n'est connu aujourd'hui qne par un livre élé- 
mentaire concernant les règles de l'harmonie, 
intitulé : Introduction to harmony; Lon- 
dres, 1794, in-4°. La deuxième édition de cet 
ouvrage a paru à Londres, chez Bobinson, en 
1800, un volume grand in-4°. On a aussi de 
Shield une méthode d'accompagnement qui a 
pour litre : Rudiments of Thorough-Dass; 
Londres (sans date), in-4°. 

SIIUTTLEWORTH (Obadiaii), fils d'un 
professeur de musique, naquit à Spitalfields, 
vers la fin du dix-seplièine, siècle. Élève de 
son père, il devint habile violoniste et or- 
ganiste distingué. Fixé à Londres, il y di- 
rigea longtemps les concerts de Swan-Tavern, 
et mourut en 1735 , laissant en manuscrit 
douze concertos et quelques sonates de sa 
composition. On n'a gravé de lui que deux 
concertos de violon, extraits des sonates de 
Corelli. 



so 



S1BELLI — SICK 



SIHEÏXI (Jean-Antoine), compositeur Po- 
lonais, vécut dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle. En 1681, il fil représenter au 
théâtre public de Bologne / Diporti d' A more 
in Pilla; et en 108-1, il donna, au théâtre For- 
magliari de la même ville, Elenaura fuyyi- 

tiva. 

Sfl5EI\(Ui!D,MX-GoDEFROiD),néàSclioi!dan, 

enMisnie, le 15 décembre 1069, fil ses éludes 
aux universités de Riel et de Wiltenberg. 
Après avoir obtenu le grade de docteur en 
théologie, il l'ut nommé, en 1698, recteur à 
Schneeberg. En 1708, on l'appela à Leipsick, 
en qualité de prédicateur. 11 mourut en cette 
ville, le 15. juin 1741. Ce savant possédait bien 
les langues latine, grecque et hébraïque, et 
parlait le français, l'italien et l'espagnol. On a 
de lui deux petits écrits intitulés : Historia 
Melodorum yrœcortim et latinorum; Lip- 
six, 1715, in-4°; et Hisloria Melodorum 
ecclesiw grœcx eorumque theoloyia poetica 
emenxis librisque îiturgicis ; Lipsiœ, 1714, 
in-4°de vingt-six pages. 

SIBIiM (Grégoire), moine au couvent 
d'Amerbacb, près de Mittemberg, vécut dans 
la seconde moitié du dix- huitième siècle. En 
1784, il a fait graver à Francfort trois sonates 
pour la harpe ou le clavecin, avec violon et 
alto, op. 1, et La Chasse, pour clavecin et 
violoncelle, op. 2. 

• SI1ÎIIV (André), frère puîné du précédent, 
a publié à Francfort, en 1784, trois quatuors 
pour clavecin, violon, flûte et violoncelle. 

SÏBIRE (l'abbé Antoine), né à Paris, en 
1757, fit ses études au séminaire de Saint-Sul- 
pice, puis entra dans la maison des missions 
étrangères de la rue du Bac, et fut envoyé 
comme missionnaire à Loango, dans la Gui- 
née. De retour à Paris, vers 1787, il y obtint 
la cure de Saint-François d'Assise, dont il fut 
ensuite privé par la clôture des églises, pen- 
dant les troubles de la révolution. Après le 
rétablissement du culte, il fut attaché, en 
qualité de simple ecclésiastique,- à la paroisse 
Saint-Louis du Marais. Il vivait encore à Paris 
en 1826, mais je crois qu'il est mort peu de 
temps après. On a de lui quelques écrits poli- 
tiques assez médiocres, et un livre qui a pour 
titre : La Chélonomie, ou le parfait luthier, 
Paris, 1806, in-12 de deux cent quatre- 
vingt-huit pages. Amateur passionné du vio- 
lon, dont il jouait fort mal, il fréquentait 
assidûment l'atelier de Lupot [voyez ce nom), 
luthier distingué de Paris, et s'y était épris 
d'une admiration fanatique pour les instru- 
ments des anciens luthiers de Crémone. Lupot 



lui confia les noies et les observations manu- 
scrites qu'il avait faites sur la facture de ces 
artistes et sur les qualités de leurs instruments. 
C'est sur ce. fond que l'abbé Sibire écrivit son 
livre, qui n'eut point de succès, et dont les 
exemplaires sont devenus très-rares. Le style 
ampoulé dont il se sert pour les choses les 
plus simples n'est pas exempt de ridicule, 
mais les observations de Lupot renferment 
d'excellentes choses qui ne sont pas assez 
connues des facteurs d'instruments, et de ceux 
qui sont chargés de la réparation des produits 
delà lutherie ancienne. 

SIBONI (Joseph), ténor distingué, naquit 
à Bologne, en 1782, et y fit ses études musi- 
cales. En 1802, il débuta au théâtre Commu- 
nale de celle ville. En 1806, il chanta au 
théâtre de la Scala, à Milan, puis il alla à 
Venise, à Florence, et reparut à Milan, en 
1810. Après avoir chanté à Londres pendant 
deux saisons, il se rendit à Copenhague, où 
le roi l'engagea à son service pour le reste de 
ses jours. Une belle voix, une bonne méthode 
distinguaient cet artiste, qui fut chargé delà 
direction d'une école de chant attachée au 
théâtre de Copenhague. Il est mort dans cette 
ville, le 29 mars 1839. 

SICARD (Laurent), musicien français, fut 
attaché à la Sainte-Chapelle de Paris, comme 
ténor, sous le règne de Louis XIII. On a im- 
primé de sa composition : Huit livres d'airs 
sérieux et à boire, à trois parties avec la basse 
continue; Paris, Robert Ballard, 1662-1668, 
in-8" obi. 

SICCI (Anaceet), en latin SICCLS, sa- 
vant ecclésiastique, né à Crémone vers 1590, 
fut clerc régulier de Saint-Paul au couvent de 
Bologne. On a de lui un bon ouvrage intitulé : 
De ecclesiastica hymnodia libri très inqui- 
bus de pr.vstantia , effeclibus et modo rili 
psallendi in choro copiose agitur; Bononix, 
apud Clementem Ferrarium, 1629, in-4°. 
L'épîlre dédicaloire au cardinal Jérôme Vi- 
demi est datée de Bologne, le 9 mars 1629. 
Cette édition est la première; la seconde, im- 
primée à Anvers, par Balthasar Morelus, en 
1634, est in-8°. 

SICHART (Laurent); organiste de l'église 
Sainte-Marie, à Nuremberg, vers 1720, y a 
publié : Sonata e fuya per il cembalo. 

SICK (madame Anne-Ladre), pianiste dis- 
tinguée, connue d'abord sous son nom de fa- 
mille MAÎIIR, est née à Munich, le 10 juillet 
1803. Son goiït passionné pour la musique lui 
lit faire de rapides progrès dans cet art. La 
sœur de Mozart lui donna les premières leçons 



SICK - SIEBER 



31 



de pinno, et lui fit jouer de préférence les 
œuvres de son frère; de là vint que madame 
Sick exécutait la musique de ce grand homme 
avec une rare perfection, et en faisait presque 
son unique occupation. L'arrivée dé Moschelès 
à Munich, en 1825, confirma cette jeune femme 
dans la résolution de se vouer à la profession 
d'artiste. Cédant à ses désirs, son père la con- 
duisit à Vienne, où les leçons de Charles 
Czcrny achevèrent de perfectionner son talent. 
Elle y reçut aussi des leçons d'harmonie de 
Fœrsler. En 1825, elle produisit une vive sen- 
sation dans les concerts de cette ville ; puis elle 
visita Pesth et Prague, où elle n'eut pas moins 
de succès. De retour à Munich en 182G, elle 
s'y fit applaudir avec enthousiasme,- elle passa 
ensuite quelques mois à Augsbourg. Résolue de 
se fixera Francfort et de s'y livrer à l'ensei- 
gnement, elle s'y rendit en 1827 ; mais bientôt 
elle reçut l'invitation d'aller à Stuttgard, en 
qualité de pianiste de la cour et de maîtresse 
de piano des princesses de la famille royale. 
En 18ô4, elle a épousé M. Sick, assesseur de la 
cour royale do cette ville, et depuis lors elle 
ne s'est plus fait entendre en public. On a 
publié de sa composition trois œuvres de va- 
riations et un rondeau pastoral pour le piano. 

SICRERMANN (Adrien), facteur d'or- 
gues, à Camin, en Poméranie, vécut dans le 
seizième siècle. Il était vraisemblablement fort 
âgé lorsqu'il construisit, en 1600, l'orgue de 
Webau. 

SICRERMANN (Michel), fils du précé- 
dent, naquit à Camin, vers le milieu du sei- 
zième siècle. Élève de son père, il commença, 
en 1574, à construire des instruments qui 
furent considérés comme les meilleurs de celte 
époque. On cite particulièrement l'orgue de 
l'ancienne église de Kneiphof, à Cologne, qui 
surpassait, pour la puissance du son et la va- 
riété des jeux, l'orgue de l'église paroissiale 
doDantzick, alors fort renommé. Sickermann 
mourut en 1580, à. l'âge de trente ans. 

SICKERMANN (Joacium), de la même 
famille que les précédents, a construit l'orgue 
de Friedland, en 1597. 

SIDEL (Jean), collaborateur au collège de 
Colloda, au commencement du dix-septième 
siècle, a l'ait imprimer un motet à huit voix de 
sa composition, à Erfurt, en 1G14. 

SIERECK ( GusTAVE-IIeNRI-GoTTIRIED) , 

né à Eisleben, dans la Thuringe, le 4 juil- 
let 1815, eut pour maîtres de musique, 
d'orgue et de composition, Gtlnlersberg , 
A.-W. Bach et le professeur Marx, à Berlin. 
Il fut d'abord professeur au séminaire d'Eis- 



leben, puis il obtint, en 1S4G. la place de direc- 
teur de musique à Géra. Dans l'année suivante, 
il a l'ait exécuter une grande cantate à-la fêle 
musicale de Weissenfeld. Les ouvrages pu- 
bliés de cet artiste sont : Der Kirchliche San- 
gerchor auf dem Lande und in Kleinen 
Slazdten (Le chœur chantant de l'église à 
l'usage de la campagne et des petites villes ; 
collection des chants pour les fêles des églises 
évangéliques, à Irois voix, soprano, contralto et 
basse, en quatre suites); Eisleben, Reicbardl. 
2° Cantiques spirituels pour un chœur à quatre 
voix (soprano, contralto, ténor et basse), avec 
orgue ou piano; en deux suites; op. 3; ibid. 
3° Six chants pour un chœur de voix 
d'hommes, op. 4; ibid. 4" Prélude et fugue- 
(en sol) pour orgue; Erfurt, Rœrner. 5° Bei- 
trag fur den Orgelfreund (Essai pour l'ami 
de l'orgue); ibid. 

SIEBECK (Augoste-David-IIenri), orga- 
niste à Leipsick, vivait dans cette ville en 
1834. Il fut ensuite organiste à Tuhingue. 
C'est le seul renseignement que j'ai trouvé 
sur cet artiste, de qui l'on a un ouvrage inti- 
tulé : Forschlwge sur verbesseriutg des Ele- 
mentarunterrichts im Klavierspiel (Exercices 
préliminaires pour l'amélioration de l'ensei- 
gnement élémentaire de l'art de jouer du 
piano); Tubingue, Laupp. 

SIEBER (Antoine), fadeur d'orgues à 
Brtlnn, en Moravie, construisit, en 1722, un 
orgue de trente et un jeux pour l'église du cou- 
vent du Mont-Sacré à Olmiilz. Il répara l'or- 
gue de l'église Saint-Michel, à Vienne, com- 
posé de quarante jeux. 

SIERER (Grégoire), vraisemblablement 
parent du précédent, fut aussi facteur d'orgues 
à Brttnn, et vécut vers le même temps. Ses 
travaux ont été considérables, et l'on cite de 
lui les orgues suivantes, qui sont de grande di- 
mension : 1° Un orgue de trente-huit jeux, 
trois claviers à la main et pédale, dans l'église 
Saint-Thomas, à Brtlnn. 2° L'orgue de qua- 
rante-cinq jeux, à Schweidnilz, en Silésie. 

SIERER (Jean -Georges), professeur et 
éditeur de musique à Paris, naquit en 1734, 
dans un village de la Franconie, et se livra 
dans sa jeunesse à l'étude du cor. Arrivé à 
Paris, en 1758, après avoir fait un voyage à 
Londres, il entra dans la musique des gardes 
françaises, en 1758; mais quelques années 
après, il obtint son congé et fut admis dans 
l'orchestre de l'Opéra, en qualité de premier 
cor, en 1765. Il fut le premier artiste qui eut 
de la réputation en France pour cet instru- 
ment. Siebcr jouait aussi de la harpe, et ce fut 



32 



SIEBER — S1EBIGK 



lui qui fit entendre cet instrument pour la 
première fois à l'Opéra, dans V Orphée de 
Gluck. D'après les conseils de Chrétien Bach, 
son ami, il se fit éditeur de musique, et l'activité 
qu'il déploya dans ce commerce fui une des 
causes des progrès du goût musical en France. 
Ses relations en Allemagne lui procuraient les 
manuscrits des artistes les plus célèbres. Ce 
fui lui qui fil exécuter au concert des amateurs 
la première symphonie de Haydn, en 1770, el 
qui publia les premières éditions françaises de 
toutes les œuvres de ce grand homme, ainsi 
que les premières sonates de Mozart, les con- 
certos de Viotli pour le violon, ceux de Punlo 
pour le cor, les œuvres de Fiorillo, de dé- 
menti, de Cramer, etc. Sieber a fait aussi 
graver plusieurs concertos de cor etdes sonates 
de piano de sa composition. Il est mort à 
Paris, en 1815, à l'âge de quatre-vingt-un 
ans. 

SIEBER (Georges -Julien), fils du précé- 
dent, né à Paris, en 1775, commença l'étude 
de la musique à l'âge de six ans. II reçut des 
leçons de piano de Nicodami, el apprit l'har- 
monie au Conservatoire, sous la direction de 
Berlon. Il a publié de sa composition : 1° Des 
nocturnes pour piano et coi', n os 1, 2 et 5; 
Paris, Sieber. 2° Six sonates faciles pour piano 
seul, ibid. 3° Pots-pourris pour piano, n os 1, 
2, 3. 4<> Thèmes variés idem, n l,s 1, 2, 3, 4, 5, 
0, 7, ibid. 5° Contredanses idem, ibid. 6° La 
Rose et la Croix, chant maçonnique, ibid. 
Sieber a succédé à son père comme éditeur de 
musique. Il est mort à Paris en 1 8-54. 

SI l'ilirji (Ferdinand), chanteur el compo- 
siteur, né à Vienne, le 5 décembre 1822, est 
lils de Gaspard Sieber, chanteur dramatique 
en voix de basse, né à Zurich, le 17 septembre 
1796, lequel fui attaché aux théâtres de. Vienne, 
de Berlin, de Cassel, el mourut dans cette der- 
nière ville, le 3 mars 1827. Ferdinand Sieber, 
après avoir fait dans son enfance un voyage en 
Italie, puis habile Berlin el Cassel, fut con- 
duit à Dresde, en 1831, et y reçut de Miksch 
des leçons de chant. Ayant terminé ses éludes, 
en 1842, il chanta pendant l'hiver suivant dans 
les concerts de Dresde. En 1843, il fut engagé 
comme basse chantante au théàlre de la cour 
de Delmold. Après être resté dans celle posi- 
tion pendant trois ans, il chanta aux théâtres 
de Schwerin et de Hanovre, puis il se rendit 
en Italie, et y fit de nouvelles éludes de chant 
sous la direction de Girolamo Farini et de 
Felice 'Ri.-Mopi. De retour en Allemagne, il 
s'est fixé a Berlin, en 1854, en qualité de pro- 
fesseur de chant dans l'Académie de musique 



fondée par Th. Rullack. Il s'est fait connaître 
aussi comme critique par les articles qu'il a 
fournis au journal de musique publié à Berlin 
sous le titre VEcho, au Neue Zeitschrift fur 
Musik, de Leipsick, à la Blxtler fur Musik, 
de Vienne, et à quelques autres journaux. 
Comme compositeur, il a publié un grand 
nombre de Lieder avec accompagnement de 
piano. On a aussi de cet artiste : 1° Kurze An- 
Icitung zum griindlichen Studium des Ge- 
sanges (Brève introduction à l'élude nrrmale 
de l'art du chant); Leipsick, Hinze, 1832, in -8" 
de cinq feuilles. 2° Vollslxndiges Lehrbuch 
der Gesang skuns t (Méthode complète de Pari 
du chant) ; Magdebourg, Heinriehshofen, 1858, 
in-4°. 

SIEBIGR (Louis-Antoine-Léopoed), né 
à Dessau, le 26 mars 1775, fut nommé, en 
1797, inspecteur et professeur au Lycée Fré- 
déric deBreslau; six ans après, il fut chargé 
des fonctions de prédicateur adjoint de l'église 
réformée de la même ville. En 1805, il reçut 
sa nomination de troisième prédicateur à la 
cathédrale de Halle. Il mourut à Dessau, le 
12 avril 1807. Siebigk fut un amateur distin- 
gué de musique : on a publié de sa composition 
les ouvrages suivants : 1° Douze variations 
pour le piano sur un thème connu, op. 1; 
Breslau, 1797. 2° Douze idem, dédiées au prince 
héréditaire d'Anhall-Dessau ; ibid. 3° Vingt- 
cinq variations, idem; ibid. 4" Douze varia- 
tions pour piano ou harpe; ibid. 5° Marche 
pour piano ou harpe ; ibid. 6" Douze varia- 
tions pour piano, op. 5; Leipsick, Breitkopf et 
Hœrlel. 7° Douze idem, op. 6; ibid. Il avait 
fait, à Breslau, en 1798, des lectures sur la 
théorie de la musique, dont les résumés ontiélé 
publiés dans les journaux de la Silésie, à celte 
époque, particulièrement dans la feuille pr.o 
vinciale (Provinzial-£lxtter), t. XXVI, p. 4 
et 42: t. XXVIII, p. 1; t. XXIX, p. 420: 
t. y XXXI, p. 295 et 441 ; t. XXXVI, p. 352. 

Il y a de l'incertitude à .l'égard du nom de 
Siebigk, car la nolice qu'on vient de lire e I 
tirée du livre de Hoffmann sur les musiciens 
de la Silésie, el cel écrivain parait avoir él 
bien informé des circonstances de la vie et 
des travaux du professeur dont il s'agit; ce 
pendant, il a été publié un livre intitulé: /Un 
seum deutscher Gelehrten und Kiinstler (Mu- 
sée des savants et des artistes allemands) 
dont le deuxième volume a pour tilre : Mu- 
séum beriihmlen Tonkunstler in Kupfern, 
und Schrifllichen Abrissen von Professa 
C.-A. Siebigke (Musée des célèbres musi- 
ciens, etc.) ; Breslau, Aug. Schall, 1801, in-8° 



SIEBIGK — SIEGMEYER 



33 



Ici le nom est écrit Siebigke, et les initiales 
des prénoms sont C. A. M. ; Ch. Feni. Becker, 
d'après Gerber, substitue à ces initiales les 
noms de Chrétien- Albrecht-Léopold (Syst. 
Chr. Darstellung der Musik- Literatur , 
p. 109), et adopte les dates données pat- 
Hoffmann pour Louis-Anloine-Léopold Sie- 
bigk. D'autre part, il y a évidemment iden- 
tité pour la qualité de professeur à Breslau 
des deux personnages, à la même époque, 
et Kayser, qui cile Siebigke (sans les pré- 
noms) comme auteur du Musée des musiciens 
célèbres, indique le 11 avril 1807 comme la 
date de sa mort (Folstand. Bûcher- Lexikon, 
cinquième partie, p. 244). Tout cela est fort 
obscur. Quoi qu'il en soit, les notices conte- 
nues dans le volume du Musée des musiciens 
célèbres renferment les portraits et les notices 
de J.-S. Bach, de J. Tlaydn, de Mozart, de 
Zumsteg, de Clemenli et de Bust. On a du 
même Siebigk une lettre sur l'état de la mu- 
sique à Breslau, dans la Gazette musicale de 
Leipsick, p. ô47, t. III. 

SIEBOLD (Charles-G. DE),doc(euren mé- 
decine et professeur d'analomie, naquit à Bam- 
berg, le4 novembre 1730, exerça la chirurgie à 
Nuremberg, puis à Wllrzbourg, et enfin se 
fixa à Francfort-snr-le-Mein, vers 1798, et y 
mourut, leô mai 1807. Parmi les dissertations 
qu'il a publiées, concernant diverses opéra- 
lions chirtirgircales, on remarque celle qui a 
pour titre : Praktische Bemerkungen iiber 
die Kastration (Observations sur la castra- 
lion) ; Francforl-sur-le-Mein, 1802, gr. in-8°. 

SIEBOLD (Jean-Barthel DE), peut-être 
fils du précédent, docteur en médecine et pro- 
fesseur de chirurgie à Wllrzbourg, né dans 
celte ville, le 5 février 1774, mort le 28 jan- 
vier 1814, est auteur de plusieurs ouvrages, 
parmi lesquels on remarque sa TFiirzbourg 
savante et artistique, insérée dans les n os 28 
et suivants de la Chronique de Franconie. 
On y trouve des notices sur trente musiciens 
et compositeurs de celle ville. Siebold a fourni 
aussi des notices sur beaucoup de musiciens 
de la Franconie, dans l'écrit périodique inti- 
tulé : Neue arlistisch-literarische Blxtler 
von und fiir Franken; Wllrzbourg, 1808, 
in-4°. 

SIEBURG (Juste), facteur d'orgues à 
Mulhausen, dans la Thuringe, vécut vers le 
milieu du dix-septième siècle. Il construisit, 
en 1669, l'orgue de Pulssnilz, composé de 
vingt et un jeux. 

SIEGEL (Daniei-Siegmever), organiste 
à Annaberg, est né le 17 septembre 1774, à 

BIOCR. UJilV. OES MUSICIENS. T. VIII. 



Satzung, en Saxe. Il obtint sa place d'orga- 
niste en 1798, et en remplil les fonctions jus- 
qu'en 1848. Il fêla, dans cette dernière année, 
son jubilé de cinquante ans d'activité dans 
celle position. On a publié de sa composition 
un grand nombre d'airs variés pour le piano 
à Leipsick, Vienne, Offenbach, Breslau et 
Meissen, œuvres 1 à 46 ; et quatre recueils de 
chansons allemandes avec accompagnement 
de piano, op. 20, 51 , 32 et 47 ; Leipsick, Hof- 
meister, et Breslau, Forsler. 

SIEGERT (Gottlob), cantor à l'église 
Saint-Bernard de Breslau, est né le 6 mai 1789, 
à Ernsdorf, près de Reichenbach. Admis, en 
1802, au chœur de l'église Saint-Bernard de 
Breslau, en qualité de sopraniste, il obtint la 
permission de suivre les cours du collège de. 
la jVIadelaine, et y termina ses études en 1808. 
L'année suivante, il entra comme professeur à 
l'Institut de Reich et Hichert, et en 1812, il 
obtint la place de cantor à l'église Saint-Ber- 
nard, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-trois 
ans. Siegert vivait encore en 1848, car il diri- 
gea dans cette même année une fête musicale 
à Raulh (Silésie). Depuis 1816, il a écril : 
1° Un recueil de chants à trois voix, intitulé : 
66 Driestimmige Choralmelodien; Breslau, 
Gros, 1820. La deuxième édition de ce recueil 
contient cent morceaux. 2" Plusieurs suites de 
morceaux à plusieurs voix pour les écoles. 
5° Des cantates, un Te Deum, une messe et plu- 
sieurs autres compositions pour l'église; mais 
il ne parait avoir rien publié jusqu'à ce jour. 
Siegert a fait insérer dans le dix-neuvièmè nu- 
méro de l'écrit périodique Erziehungs und 
Schulrath, une dissertation intitulée: JFas 
hat man von der musikalischen Bildùng 
des weiblichen Geschlechts zu erwarten (Que 
peut-on espérer de l'organisation musicale des 
femmes?). 

SIEGMEYER, ou plutôt SIEGMEIER 
(Jean-Gottlieb ou Théophile), secrétaire de 
la direction générale des postes, à Berlin, est- 
né le 12 novembre 1778, à Perilzsch, près 
d'Eilenbourg, en Saxe. Amateur de musique, 
il s'est fait connaître par un traité d'harmonie 
et de composition intitulé : Théorie der Ton- 
setzkunst (Théorie de la musique) ; Berlin, Lo- 
gier, 1822, in-4° de deux cenl cinquante-deux 
pages. La théorie de l'harmonie, qui forme la 
première parliedecet ouvrage, est fausse dans 
son principe, obscure et en désordre dans ses 
développements. La partie qui concerne la mé- 
lodie est superficielle, etdansl'espèce de trailé 
de contrepoint qui termine l'ouvrage, le sujel 
est à peine ébauché. M. Sicgmeier a aussi 

o 



34 



S1EGMEYER — SIEVERS 



donné une traduction allemande du volume in- 
titulé : Mémoires pour servir à l'histoire de 
la révolution opérée dans la musique par 
M. le chevalier Gluck. Cette traduction a pour 
titre : Ueber den Rilter Gluck und seine 
Werke. Briefe von ihm und andern beriihm- 
ten Mannern seiner Zeit ; Berlin, Voss, 1822, 
in-8° de trois cent quatre-vingt-quatre pages. 
En 1837, ce volume a été reproduit comme une 
deuxième édition, quoique, en réalité, on n'ait 
changé dans les exemplaires de la 'première 
que le frontispice, et ajouté une préface nou- 
velle à celte nouvelle édition supposée. Le nom 
de M. Siegmeier est aussi connu en Allemagne 
par des romans et par des livres sur l'adminis- 
tration des postes. 

SIESTO (Joseph), ténor et professeur de 
chant, né à Naples,dans les premières années 
du dix-neuvième siècle, fit ses éludes mu- 
sicales au collège royal de musique de San 
Pielro a Majella, et y reçut des leçons de 
chant deBusti. Sorti de celte école, il chanla 
pendant quelques années au théâtre Nuovo et 
dans les églises, se livrant aussi à l'enseigne- 
ment de son art. Engagé, en 1837, au service du 
roi de Saxe en qualité^ de chanteur de la 
chapelle et comme professeur de chant attaché 
à la direction du Théâtre royal, il resta 
dans celte position jusqu'à la fin de juillet 
1841 ; il retourna ensuite à Naples et y fut at- 
taché à quelques institutions particulières 
pour l'enseignement du chant. Il a publié 
dans celte ville un ouvrage intitulé : Studio 
elementare di cunto poggiato sugl intervalli 
stmplici e loro dimenzioni (sans date). 

SIEVERS (Hesri-Jacqces). Voyez SI- 
VERS. 

SIEVERS (Jean-Frédérfc-Louis), né dans 
le Hanovre, vers 1740, fut d'abord organiste à 
l'église Saint-André, de Brunswick, puis obtint 
une position semblableàla cathédrale de Mag- 
debourg, en 1774. Il mourut dans celle ville, 
en 1806. On a publié de sa composition : 
1° Trois sonales pour le clavecin, op. I ; Ber- 
lin, Hummel. 2" Symphonie pour le clavecin, 
avec deux violons, deux flûtes, deux cors et 
basse; Francfort. 3° Chansons tirées du roman 
de Stewarl; Magdebourg, 1779. 

SIEVERS (Georges-Locis-Pierre) , fils 
du précédent, est né à Magdebourg en 1775. 
Il reçut de son père des leçons de musique, 
dès son enfance, quoiqu'il ne fût pas destiné à 
la culture de cet art. Après avoir achevé ses 
éludes littéraires et scientiquesà Magdebourg 
et à Brunswick, il se fit connaître par quel- 
ques essais de poésie, et écrivit pour la Ga- 



zelle musicale de Leipsick ses premiers essais 
sur les caractères de la musique italienne et 
allemande (t. IX, p. 503, 677 et 693). Sievers 
n'avait point alors de connaissances positives 
assez étendues pour traiter ces sujets avec la 
profondeur nécessaire; aussi fut -il attaqué 
dans le même volume de la Gazette musicale 
concernant les erreurs où il était lombé. Au 
commencement de 1808, il se rendit à Cassel 
où il prit part à la rédaction de plusieurs jour- 
naux et publia des romans. II travailla ensuite 
à Altenbourg à quelques grands ouvrages pu- 
bliés par la librairie Brockhaus, et il lui four- 
nit, entre autres choses, quelques biographies 
de musiciens pour les premières éditions du 
Conversation' s Lexikon ; puis il alla à 
Vienne, el enfin il se rendit à Paris vers 1810. 
Il y fut le correspondant de plusieurs jour- 
naux allemands, particulièrement de la Ga- 
zette musicale de Leipsick, à laquelle il four- 
nit beaucoup d'articles concernant l'état de la 
musique en France. Depuis, en 1824, il s'est 
fixé à Borne, et y a continué sa correspondance 
musicale avec divers journaux el recueils pé- 
riodiques de l'Allemagne, entre autres avec 
les rédacteurs de l'écrit sur la musique inti- 
tulé C'xcilia, la Gazette musicale de Leip- 
sick, le Morgenblatt, les Zeitgenossen, les 
archives littéraires et théâtrales de Ham- 
bourg, et la Gazette de littérature et d'art, 
de Vienne. 

On a de Sievers quelques brochures rela- 
tives à la musique; elles ont pour titres : 
1° Ueber Madame Catalani, als Sxngerin, 
Schauspielerin , etc. (Sur madame Catalani 
comme cantatrice, comme actrice, etc.); Leip- 
sick, 1816, in-8°. Cet écrit avait paru précé- 
demment dans les Zeitgenossen. 2° Mozart 
und Sùssmayer, ein neues Plagiat, etc. 
(Mozart et Sltssmayer, nouveau plagiat, elc); 
Mayence, Scholt, 1829, grand in-8°. Sievers 
écrivit ce morceau à l'occasion de la question 
soulevée par Godefroid Weber relativement à 
la part que Mozart avait prise à la composition 
de la messe de Requiem connue sous son nom. 
Parmi les meilleurs articles fournis par Sie- 
vers aux journaux de musique, on remarque 
les suivants : 1° Sur l'état de la musique en 
Italie, particulièrement à Borne (dans la Cz- 
cilia, t. I, p. 201-260). 2° Sur l'exécution 
du Miserere d'Allegri dans la chapelle Sixtine 
(ibid., t. II, p. 66 84). 3° Sur la musique à 
Borne {ibid., t. VIII, p. 213-224). 4° Sur les 
compositeurs de Borne (ibid., t. IX, p. 1-7). 
5° Sur Pélat actuel de la musique en France, 
particulièrement à Paris [Gazette musicale de 



SIEVERS — SIGHICELLI 



35 



Leipsick, t. XIX, p. 77, 117, 141, 265, 281 et 
297). G Sur la musique à Paris (Cxcilia, t. I, 
p. 295-316). 7" Sur les deux séjours de Mozart 
à Paris (ibid., t. IX, p. 208-216). 8° Sur 
l'Opéra de Paris (ibid., t. X, p. 17-26). 9° Sut- 
la nature de la musique d'église (ibid., t. X, 
p. 8-17). 10° Sur les nouvelles améliorations 
des instruments à archet de M. Chanot, à 
Paris (Gazette musicale de Leipsick, t. XXII, 
p. 85). 

SIEWERT (Benjamin-Gottiiold), né à 
Danlzick, vers 1740, fut d'abord négociant 
dans cette ville ; mais des pertes considérables 
<jui furent pour lui la suite du partage de la 
Pologne, en 1772, l'obligèrent à renoncer au 
commerce, et à chercher des ressources dans 
la musique qu'il avait d'abord cultivée en 
amateur. Ayant obtenu une place d'organiste 
et de maître d'école à Gtiltland, il demeura 
dans ce lieu jusqu'au mois de décembre 1781, 
et succéda alors à Loehlein dans la place de 
maître de chapelle de la première église pa- 
roissiale de Dantzick. En 1783, il publia dans 
cette ville un recueil de chansons allemandes 
avec accompagnement de clavecin. Il a laissé 
en manuscrit quelques compositions pour 
l'église. 

SIEWERT (Henri), professeur de musi- 
que et compositeur à Berlin, né le 10 avril 
1818, à Braunsberg (Prusse orientale), fit 
ses premières études de musique à Dantzick, 
chez l'organiste Markull (voyez ce nom). En 
1840, il se rendit à Berlin et fut admis comme 
élève à l'Académie royale de musique, où il 
reçut des leçons de composition et d'orgue de 
Rungenhagen et de A.-W. Bach. Après avoir 
terminé ses études, il s'est livré dans cette 
ville à l'enseignement de son art. Parmi les 
ouvrages de sa composition, on remarque : 
1° Sept poésies à voix seule avec accompagne- 
ment de piano, op. 1; Berlin, Gultenlag. 
2° Quatre idem, op. 2; Berlin, Challier. 
3° Cinq idem, op. 6; ibid. 4° Motet à quatre 
voix (Meine Seele harret aufden fferrn), pour 
chœur et voix seule, avec accompagnement 
de piano, op. 5; Berlin, Gaillard. 5° Quatre 
poèmes à voix seule avec piano, op. 7; ibid. 
6° Chants bohémiens variés pour piano, op. 8; 
Berlin, Challier. 

SIFACE (Jean-François), dont le nom vé- 
ritable était GROSSI, fut un des plus grands 
chanteurs du dix-septième siècle. Il naquit en 
Toscane, vers 1666, et fut élève de Redi. Doué 
de la voix la plus belle et la plus pénétrante, il 
acquit par ses études un style large et plein 
d'expression qui excita l'admiration de ses 



contemporains. Le nom de SIFACE lui fut 

donné à cause de la perfection qu'il mit dans 
le rôle du personnage de ce nom qui se trouve 
dans le Mitridate d'Alexandre Scarlatti. Ce 
chanteur célèbre fut assassiné par le postil- 
lon qui conduisait sa voilure sur la route de 
Gênes à Turin, et qui voulait s'emparer de ses 
bijoux et de son argent. 

SIGER (Paul), musicien flamand, né à 
Herenlhals, vers le milieu du seizième siècle, 
vécut à Cologne. Il a fait imprimer un recueil 
de psaumes à cinq voix, de sa composition, 
sous ce litre : Psalmodia Davidica, Davids 
teusche Psalmen mit 5 und weniger Stimmen 
zugericht; Cologne, 1590, in-4° 

SIGFRIED(Othon), musicien inconnu aux 
bibliographes de la musique, est cité par Paul 
Balduanus (Biblioth. philosoph., p. 180, éd. 
Jenx, 1616), comme auteur d'un livre qui 
a pour titre : Arlis musicx delineatio, doc- 
trinam modorum in ipso concentu practico 
demoustrans, cum introductione pro inci- 
pientibus accomodata ; Franco furti } 1608, 
in-4°. 

SIGHICELLI, famille de violonistes ita- 
liens. Le chef de cette famille, PhilippeSighi- 
celli, naquit à San Cesario, dans le Modenais, 
en 1686, et mourut à Modène, le 14 avril 1773, 
à l'âge de quatre-vingt-sept ans. On voit, dans 
les comptes de la cour de Modène, que Philippe 
Sighicelli était, en 1760, premier violon au 
serviced'Hercule d'Esté, prince héréditaire de 
Modène, qui succéda au duc François III, son 
père, en 1780. 

Joseph Sighicelli, fils de Philippe, né à 
Modène, en 1737, était premier violon et chef 
d'orchestre au service d'Hercule d'Esté, ainsi 
que le prouve l'alraanach de la cour deModène 
pour l'année 1777. Il remplit cet emploi jus- 
qu'au moment où le duc de Modène fut obligé 
d'abandonner ses États, dont il fut dépouillé 
par Napoléon 1 er . Il résulte d'un Mémoire du 
comte François Ferrari Moreni , imprimé à 
Modène, en 1852, que Joseph Sighicelli voya- 
gea en Allemagne avec un riche seigneur, et 
qu'il eut l'honneur d'accompagner à Berlin, 
avec son violon, le roi de Prusse Frédéric II, 
dans un duo pour la flûte. Distingué comme 
chef d'orchestre et comme virtuose, cet artiste 
mourut à Modène, le 8 novembre 1826, à l'âge 
de quatre-vingt-neuf ans. 

Charles Sighicelli, fils du précédent et son 
élève pour le violon, naquit à Modène en 1772, 
et mourut dans cette ville, le 7 avril 1806. Un 
almanach de la cour de Modène, pour l'année 
1796, fait voir que cet artiste était violoniste au 



36 



SIGHICELLÏ - SIGISMONDI 



servi ce de. son prince, el qu'il avait la survivance 
de son père pour la place de chef d'orchestre. 

Antoine Sighicelli, fils de Charles, est né à 
Modène, le 1 er juillet 1802. Ses professeurs de 
violon furent son aïeul Joseph Sighicelli et 
Jean Mari, de Modène, artiste de talent, mort 
premier violon et chef d'orchestre de la cour 
de Modène, le 26 juillet 1854. En 1821, An- 
toine Sighicelli fut nommé premier violon et 
chef d'orchestre de la ville de Cenlo (Élats de 
l'Église). Le 8 juillet 1825, l'Académie des 
Philharmoniques de Bologne l'admit au 
nombre de ses membres. En 1834, il fut nommé 
premier violon chef d'orcheslre du théâtre de 
Ferrare: enfin, il fut appelé à remplir les 
mêmes fonctions à la cour de Modène, le 6 no- 
vembre 1835. Après que les événements poli- 
tiques de 1859 eurent obligé le duc Fran- 
çois V de s'éloigner de ses Élats, la position de 
Sighicelli ne changea pas, parce que, par un 
décret spécial , le roi d'Italie a maintenu dans 
leurs emplois les artistes de la chapelle ducale. 
Renommé comme un des meilleurs chefs d'or- 
cheslre d'Italie, Antoine Sighicelli dirige au- 
jourd'hui celui du théâtre de Modène. Il est 
aussi premier violon directeur de la Société 
de quatuors fondée dans cette ville, en 1861. 
Ses compositions sont restées inédiles jusqu'à 
ce jour. 

Pincent Sighicelli, (ils d'Antoine, est né à 
Cenlo, le 50 juillet 1830. D'abord élève de son 
père pour le violon, il se rendit à Vienne, en 
1847, pour étudier le contrepoint sous la di- 
rection de Sechter, et reçut, dans la même 
ville, des conseils des violonistes Ilellmesber- 
ger et Mayseder. Dès le mois de janvier 1846, 
Vincent Sighicelli avait été admis dans la cha- 
pelle du duc de Modène, et le 29 janvier 1849, 
un décret du duc l'appela au poste de direc- 
teur adjoint et de violon solo de l'orchestre du- 
cal. En 1855, cet artiste s'est rendu «à Paris, où 
il s'est fixé. Il s'est fait entendre avec succès 
dans ses voyages en Angleterre, en Alle- 
magne, en Belgique, en Hollande et en Es- 
pagne. Ses œuvres pour son instrument, au 
nombre de vingt-quatre, ont été publiées à 
Jlilan, chez Ricordi, à Paris, chez Richanlt, 
et à Bruxelles, chez Schott. M. Sighicelli est 
membre de l'Académie des Philharmoniques 
de Bologne, de l'Académie de Sainte-Cécile, à 
Rome, et de l'Académie philharmonique de 
Florence. Il est décoré de l'ordre royal de 
Charles III d'Espagne, et a reçu une médaille 
de mérite du roi d'Italie. 

SIGISMONDI ou SIGISMONDO (Jo- 
skpii), né à Naples, le 13 novembre 1739j fit 



ses éludes ati collège des jésuites. Il fut 
d'abord avocat et cultiva la musique comme 
amateur. Ses maîlres de chant avaient été Jo- 
seph Geremia de Calane, ancien élève du Con- 
servatoire de Lorelo, et Gennaro Capone, dis- 
ciple deColumacci. 

Ses liaisons avec les plus célèbres musi- 
ciens de son temps lui firent ensuite aban- 
donner le barreau pour .se livrer en liberté à la 
culture de l'art. Sigismondi ne fit jamais 
d'études sérieuses de composition ; sa manière 
de s'instruire dans cet art fut toute pratique; 
car ce fui surtout par la lecture des partitions 
des maîtres célèbres qu'il apprit à écrire ses 
propres idées. Son premier essai fut la musique 
de YEndimione de Mélaslase, puis il écrivit 
les oralorios YAssunzione délia Vergine, 
Santa Anna, San Giuseppe eiSan Giovanni 
di Dio. Son occupation principale fut l'ensei- 
gnement de l'art du chant; parmi ses élèves, 
le marquis de Villarosa cite (1) la reine Marie- 
Caroline d'Autriche, Madeleine Pignalver, et 
le professeur de chant Emmanuel Imhimbo 
(voyez ce nom), qui, plus tard, se fixa «à Paris. 
Après la réorganisation du Conservatoire de 
Naples sous le règne de Mural, il fut nommé 
bibliothécaire de cette école, et conserva sa 
place jusqu'à sa mort, arrivée le 10 mai 1826, 
après qu'il eut atteint l'âge de quatre-vingt- 
sept ans. La Bibliothèque du Conservatoire de 
Naples contient beaucoup de cantates qu'il a 
composées depuis 1766 jusqu'en 1799. Ses 
autres ouvrages sont ceux dont les litres 
suivent : 1° Cantata per la Nascila di 
N. S. G. C, composée en 1788. 2" Principii 
di musica. 3° Sol feggi per soprano. 4° So- 
nate per organo. 5" Toccale per Cembalo. 
6° Esercizio di canto. Toutes ces productions 
sont en manuscrit à la Bibliothèque du Conser- 
vatoire royal de Naples. Sigismondo cultivait 
aussi les lettres. Son goût passionné pour la 
comédie, qu'il jouait dans sa maison avec 
quelques amis, le conduisit à écrire beaucoup 
de pièces, la plupart en dialecte napolitain, et 
de canevas de proverbes à improviser. Il a pu- 
blié une partie de ses productions de ce genre; 
toutefois, il tirait peu de profil de tout cela ; il 
fut même obligé d'accepter, pour vivre, une 
place d'écrivain du tribunal civil, qu'il aban- 
donna plus tard pour celle de greffier du juge 
de paix ; mais dans ses dernières années, il se 
borna à ses fondions de bibliothécaire. Sou- 
vent retenu chez lui par la goutte, il visitait peu 
le dépôt qui lui était confié et le laissait dans 

(1) Memoric (Ici compositori di musica dcl rejno di 
Napoli, p. 209. 



S1GISM0NDI - SIKORSKI 



37 



tin grand désordre. Par les soins de M. Flo- 
limo, son successeur, cette belle bibliothèque 
est aujourd'hui dans le meilleur état et s'est 
considérablement enrichie. 

SIGISMUNDO D'IINDIA, chevalier de 
Saint-Marcel gentilhomme du prince Maurice, 
cardinal de Savoie, naquit à Palerme, en Si- 
cile, dans la seconde moitié du seizième siècle, 
et vécut d'abord à Florence, puis à Rome, et 
enfin à Venise, où il se trouvait encore en 1030. 
Amateur de musique distingué, compositeur et 
poCle, il a fait imprimer : 1° Le Musiche da 
cantate solo net clavicordo , chitarrone, 
arpa doppia et allri istromenti simili. In 
Milano, appresso l'herede di Simon Tini e 
Filippo Lomazzo, 1609, in-fol. Recueil in- 
téressant pour l'histoire des premiers temps 
du chant à voix seule accompagné d'instru- 
ments sur la basse chiffrée. 2" Il primo libro 
délie villanelle alla napolilana ; in Vene- 
tia, appresso A 'ngelo Gardano, 1610, in-4°. 
3° Il primo libro di Ifladrigali a cinque 
voci; in Roma, app. Robletli, 1624. Cette 
édition est la seconde de ce livre; j'ignore la 
date de la première. 4° Madrigali a cinque 
voci, lib. 2; Venise, 1611, in-4°. 5° Idem, 
lib. 5; ibid., 101 1, in-4 u . 6° Le Musiche del 
Cavalier Sigismundo d'India, libri cinque; 
Venise, 1625, in-fol. Cet ouvrage est composé 
de cantates en style de récitatif, alors en 
vogue: On y remarque le Lamenta di Didone, 
le Lamenlo di Jasone, et le Lamento di 
Olimpia. 7° Motetti a più voci; Venise, 
1627, in-4". 8» L'Ottavo libro de' Madrigali 
a cinque voci. con il basso continuo; in 
Roma , app. Gio.-Baltisla Robletli, 1624, 
in-4°. C'est une réimpression. Dans l'épitre 
dédicaloire de ce livre à la princesse Isabelle 
de Modène, Sigismondo dit que ces madrigaux 
ont été composés lorsqu'il était au service de 
la maison d'Esté. 

SIGL - VESPERMAISIV ( Catherine ) . 
foyez VESPERMAINN. 

SIGNOltELLI (Pierre-Napoli), littéra- 
teur, né à Naples, le 28 septembre 1751, fit 
ses études chez les jésuites, et fut d'abord avo- 
cat; mais plus tard, il renonça au barreau 
pour suivre la carrière des lettres. Une pas- 
sion malheureuse et des chagrins domestiques 
lui firent abandonner sa patrie pour se rendre 
en Espagne. Arrivé à Madrid, il y obtint la 
place de garde du sceau de la lolerie; mais le 
désirde revoir son pays l'y ramena au bout de 
trois ans. Après un second voyage en Espagne, 
il retourna à Naples, y eut la place de secré- 
taire de l'Académie cl y publia son Histoire 



littéraire du royaume des Deux-Siciles et 
V Histoire des théâtres. En 1798, il prit part 
à la révolution qui suivit l'envahissement du 
royaume de Naples par l'armée française, et 
fut obligé de se soustraire par la fuite aux con- 
séquences de ce fait, lorsque le cardinal Ruffo 
rentra dans la capitale en vainqueur. Retiré à 
Milan, il y fut nommé professeur au Lycée de 
Rrera, puis il obtint la chaire de droit naturel 
et de philosophie à Pa vie, et enfin, celle de pro- 
fesseur d'histoire et de diplomatique à Bologne. 
Rentré à Naples, en 1800.il y vécutdans le repos, 
et y mourut le 1 er avril 1815, des suites d'une 
attaque d'apoplexie. Dans son livre intitulé : 
Vicende délia collura délie Due Sicilie, o sia 
Storia ragionata délie lettere, délie arti, etc. 
{Naples, 1784, cinq volumes in-8"; 1810, huit 
volumes in-8°), il donne beaucoup de rensei- 
gnements concernant l'histoire de la musique 
ancienne et moderne dans le royaume de Na- 
ples. On a du même auteur une histoire cri- 
tique des théâtres anciens et modernes (Storia 
Critica de' teatri antichi e moderni, etc.j 
Naples, 1787, six volumes in-8° ; ibid., 1815, 
dix volumes in-8°) ; ouvrage médiocre, dans 
lequel on trouve des anecdotes sur l'Opéra ita- 
lien et sur quelques chanteurs. Signorelli a 
aussi publié Lettera sullo spetlacolo musicale 
de/1803; Naples, 1804, in-8°. 

SIGIMOllETTI (Aurélien), né à Reggio, 
fut maître de chapelle de la cathédrale de 
celle ville. Il mourut dans celte position en 
1655. On a imprimé de sa composition : 
1° Canttis vespertinum omnium solemnita- 
tum. Psalmodia quinis seu novenis vocibus 
concinenda, una cum busso ad organum; 
Veneliis, per Alessandrum l'icentinum, 
1629, in-4°. 2° Il primo libro de' Motetti a 
2, 5, 4, 5, 6 e 8 voci; ibid., 1615, in-4°. On 
conserve en manuscrit dans les archives de la 
cathédrale de Reggio des Magnificat à huit 
voix, et des messes à seize voix en quatre 
chœurs de la composition de cet artiste. Les 
messes sont datées de 1 626. 

SIGIVORETTI (Joseph), violoniste ita- 
lien, fut élève de Tartini. Vers 1770, il se fixa 
à Paris, et y publia deux œuvres de six qua- 
tuors chacun, pour deux violons, alto et basse. 
Il y vivait encore en 1786. 

SIKORSKI (Joseph), littérateur-musi- 
cien, critique et compositeur, né à Varsovie, 
en 1815, fit ses premières études au lycée de 
celle ville, dès l'âge de neuf ans. Il y apprit 
les éléments de la musique sous la direction 
du professeur Joseph Siefani (voyez ce nom). 
Plus tard, Joseph Jawurck, professeur du Con- 



S1K0RSKI - SILBERMANN 



servatoirc, lui donna quelques leçons de piano; 
mais la révolution polonaise de 18f30 interrom- 
pit ses études. Quand la tranquillité eût été ré- ! 
taMie, Sjkorski travailla seul sur son instru- 
ment, et les leçons qu'il en donna contribué- j 
rent à ses propres. Son instruction dans l'har- 
monie et dans la composition fut le résultai de j 
la lecture assidue du volumineux ouvrage de 
Marx {voyez ce nom); en sorte queSikorski ne 
dut qu'à lui-même ce qu'il savait de l'art dans 
lequel il s'est distingué. Ce fut aussi par ses 
propres efforts qu'il apprit plusieurs langues, 
particulièrement l'allemand, le français, et 
qu'il acquit une élégance de style fort estimée 
de ses compatriotes. Ii a fourni un grand 
nombre d'articles de critique musicale aux di- 
vers journaux de sa patrie, particulièrement à 
la revue intitulée Bibliothèque de Farsovie et 
à la Gazeta Codzienna. Lui-même a fondé 
un journal spécial de musique, sous le titre : 
Ruch Musyczny (Mouvement musical), dont 
les premiers numéros ont paru en 1856. On a 
de Sikorski une méthode de piano intitulée : 
Nowa szkola na Fortepian; Varsovie, Rlu- 
kowski. M. Sowinski, à qui j'emprunte ces dé- 
tails, cite aussi une traduction de l'ouvrage al- 
lemand de Busse, auquel il donne pour titre le 
Maître de chant, mais dont la traduction 
exacte est : Livre choral en chiffres pour les 
écoles, ainsi qu'un Manuel de chant, publié à 
Varsovie. Les compositions publiées du même 
artiste sont : Nocturne et Tableau de village, 
pour piano seul, dans V Album des composi- 
teurs polonais, et deux airs à voix seule avec 
piano. Il a en manuscrit: 1° Plusieurs messes, 
sur le texte polonais, avec accompagnement 
d'orgue. 2° La Cloche, de Schiller, traduite 
par Minasowicz, en forme de mélodrame. 
5° Alpcnhorn (le Cor des Alpes), pour voix 
seules, choeur et orchestre. 4° Pièces fugitives 
pour le piano. 5° Chants divers. 

SILBER (maître Eicharius), imprimeur 
à Rome, dans la dernière moitié du quinzième 
siècle, parait être un des premiers typogra- 
phes qui ont imprimé de la musique en carac- 
tères mobiles, et avoir précédé de quelques 
années les travaux de Petrucci de Fossom- 
brone. Il existe dans la belle bibliothèque de 
Christ-Church, à Oxford, un exemplaire, peut- 
être unique, découvert par M. le docteur Rim- 
banlt (voyez The Musical World, t. XIX, 
p. 285) d'un drame intitulé : Hisloria Bœ- 
tica, sans nom d'auteur. A la fin du volume, 
on lit : Per magistrum Eucharium Silber. 
1493, in-fol. Ce volume, dit M. Rimbault, est 
terminé par deux airs et deux chœurs, qui 



sont les plus anciens spécimens de musique 
imprimée. S'il entend par ces paroles des ca- 
ractères mobiles, son assertion parait exacte, 
car les exemples de musique du livre de Bur- 
tius, imprimé en 1487, sont gravés sur bois 
d'une manière assez grossière. Quant aux 
Flores musicx de Hugon de Reullingen, im- 
primés à Strasbourg en 1488. les exemples de 
musique paraissent avoir été fondus en une 
seule pièce pour chaque portée, et les carac- 
tères de notation gothique y sont bien faits. 

SILBERMANN, nom d'une famille célèbre 
dans la facture des instruments, qui a eu pour 
chef André SILBERMANN. né à Frauen- 
stein, en Saxe, le 19 mai 1078. Il était fils de 
Michel Silbermann, charpentier. S'étant livré, 
dès sa jeunesse, à l'élude de la construction 
des orgues, il commença à voyager en 1700, 
pour augmenter ses connaissances dans cet 
art. Arrivé à Hanau en 1701, il s'y arrêta et y 
travailla quelque temps; puis il se rendit à 
Strasbourg, où il épousa, le 15 juin 1708, 
Anne -Marie Schmid, qui le rendit père de 
douze enfants, savoir : neuf garçons et trois 
filles. Huit de ces enfants moururent en bas 
âge. And ré Silbermann cessa de vivre le 10 mars 
17ô4. Dans l'espace de vingt-sept ans, il avait 
construit trente orgues, depuis son arrivée à 
Strasbourg. En voici le catalogue : 1° L'orgue 
de l'église Saint-Nicolas, à Strasbourg, en 
1707. 2° Celui du couvent de Sainte-Margue- 
rite, en 1700. 3° Celui du temple prosteslant 
de Saint Pierre, 1707. 4" Celui de Marmou- 
tier (Bas-Rhin), 1710. 5° Celui de la cathé- 
drale de Baie, en 1711. 0° Un positif au cou- 
vent des Guillelmines de Strasbourg, 1712. 
7" L'orgue d'Oberenheim, 1713. 8° Celui de 
Giedertheim, 1715. 9° Celui de la cathédrale 
de Strasbourg, 1716. 10° Celui de l'église 
Saint-Étienne, dans la même ville, 1716. 
1 1» Un positif à Andlau (Bas-Rhin), en 1717. 
12 u L'orgue du couvent de la Madelaine, à 
Strasbourg, 1718. 13° Un positif à Ebersheim- 
mtinster (Bas-Rhin), 1718. 14° L'orgue de 
l'église Saint-Léonard, à Bàle, 1718. 15° Un 
positif à Haguenau, 1719. 10" Un idem, à 
Grendelbach, petit village du département du 
Bas-Rhin, 1719. 17° Un idem, à Laulenbach 
(Haut-Rhin), 1719. 18° Un orgue à l'église 
Saint-Jean de Wissebourg, 1720. 19° Celui de 
Saint-Léonard, près d'Oberenheim, 1721. 
20° Celui d'Allenheim, près d'Offenbourg, 
1722. 21" Un positif à Rolbshcim, 1722. 
22" L'orgue de l'église des Dominicains, à Col- 
mar, 1720. 23" Celui de l'église de Saint-Guil- 
laume, à Strasbourg, 1728. 24° Celui de Bisch- 



SILBERMANN 



39 



weiler, 1729. 25° Celui d'Alto rf (Bas-Rhin), 
1750. 26° Celui d'Ebersheimmttiister (Bas- 
Rhin), 1731. 27° Celui de l'abbaye d<: Kœnigs- 
briik, près de Leutenheim (Bas-Rhin), 1752. 
28" Celui de l'église de l'hôpital, à Col ma r, 
1752. 29° Celui du temple protestant, dans la 
même ville, 1732. 30° Celui de Rosheim, 1733, 
dernier ouvrage de cet hahile facteur. 

SILBERMANN (Godefroid), frère puîné 
du précédent, né à Frauenslein, le 14 janvier 
1683, apprit les éléments «le la facture des or- 
gues chez son frère à Strasbourg, et donna, 
dès 1714, une preuve de son habileté par la 
construction de l'orgue de la cathédrale de 
Freyherg, composé de quarante-cinq jeux. De 
retour en Saxe, il s'était fixé dans cette ville, 
et y avait établi des ateliers pour la construction 
des instruments à clavier. Soit qu'il eùteucon- 
naissancedes essais de Schrœter (voyez ce non.) 
pour la construction des pianos, soit que les 
travaux contemporains du facteur fiançais 
Marins et de l'Italien Cristofali ou Crislofori, 
lui eussent été signalés; soit enfin qu'il eût 
trouvé lui-même le principe de cet instrument 
dans letympanon, il est certain qu'il fut un 
des premiers facteurs qui en fabriquèrent, et 
que l'invention du piano lui fut généralement 
attribuée en Allemagne. Schrœter n'en ré- 
clama l'honneur qu'après la mort de Silher- 
mann. Celui-ci, ayant construit deux de ces 
instruments, les soumit à l'examen de Jean- 
Sébastien Bach qui, donnant de justes éloges 
à la nouveauté du mécanisme, trouva cepen- 
dant le son faible dans les octaves supérieures. 
Frappé de la justesse des observations de ce 
grand artiste, Silbermann se livra en silence 
à de nouvelles recherches, et cessa de mettre 
de nouveaux instruments en vente jusqu'à ce 
qu'il eût enfin trouvé le moyen de leur donner 
un volume de son plus intense. Après beau- 
coup d'essais et de dépenses, il put enfin faire 
essayer un nouveau piano par J.-S. Bach, qui 
le déclara sans défaut. Dès ce moment, les 
pianos de Silbermann acquirent de la célé- 
brité. Cet habile facteur fut aussi l'inventeur, 
en 1740, du clavecin d'amour, instrument dont 
les cordes avaient une longueur double, et re- 
posaient vers les deux extrémités sur des che- 
valets placés à égale distance, en sorte qu'étant 
frappées par le milieu, elles rendaient un son 
double à l'unisson. Hœhnel,de Meissen, a per- 
fectionné cet instrument, dont les sons étaient 
à la fois puissants et moelleux. Les orgues prin- 
cipales construites parSilbermann sont lessui- 
vantes : 1° L'orgue du château de Dresde, de 
quarante-cinq jeux. 2° Celui de l'église Notre- 



Dame, composé de quarante-trois jeux, dans la 
même ville. 3°Celui de Sainte-Sophie; de trente 
et un jeux, en 1722. 4" Celui de Saint-Pierre, à 
Freiberg , de trente deux jeux. 5" Celui de 
Pœnitz, près d'Altenbourg, composé de vingt- 
sept jeux, en 1737. Dans l'espace de quarante- 
cinq ans, c'est-à-dire depuis 1708 jusqu'en 
1753, Silbermann avait construit quarante- 
deux orgues. Cet artiste mourut à Dresde, le 
4 août 1753. 

SILBERMANN (Jean-André), fils aîné 
d'André, naquit à Strasbourg, le 26 juin 1712. 
Élève de son père, il jouit d'une grande célé- 
brité comme facteur d'orgues, et de l'estime 
de ses concitoyens pour ses qualités sociales. 
Il mourut à Strasbourg, le 11 février 1783, 
avec le litre de membre du conseil de celle 
ville. Jean-André eut, d'un premier mariage 
neuf enfants, dont sept moururent en bas 
âge. Des deux fils qui lui restèrent, l'aîné 
(Jean-Josias) fut aussi facteur d'orgues, et 
mourut leôjuin 1786; le second (Jean-André), 
qui était le neuvième de ses enfants, fut négo- 
ciant. Celui-ci eut deux fils (Jean-André et 
Frédéric-Théodore), dont le dernier fil ses 
études musicales au conservatoire de Paris, 
devint habile violoncelliste, et mourut le5juin 
1816. Depuis 1736 jusqu'en 1782, Jean-André 
Silbermann, fils d'André, construisit cin- 
quante-quatre orgues, dont les principales sont 
celles de l'église Saint-Thomas, de Strasbourg, 
du temple neuf de la même ville, de la collé- 
giale de Colmar, des églises Saint-Élienne et 
Saint-Théodore, à Bâle, etde l'abbaye de Saint- 
Biaise, dans la Forêt-Noire. Ce dernier instru- 
ment, le plus considérable de ceux qu'a con- 
struits Silbermann, est aujourd'hui dans l'église 
catholique de Carlsruhe. Jean-André Silber- 
mann estaussi très-estimé à Strasbourg comme 
auteur d'une bonne histoire de celte ville, la- 
quelle a pour titre : Lokal-Geschichle der 
Sladt Strasbourg ; Strasbourg, 1775. 

SILBERMANN (Jean-Daniel), deuxième 
fils d'André, né à Strasbourg, le 31 mars 1717, 
fut aussi facteur d'orgues distingué. En 1751, 
il se rendit à Freyherg auprès de son oncle 
Godelïoid , qui l'avait demandé pour qu'il 
l'aidât à terminer l'orgue de la chapelle de la 
cour, à Dresde. Après la mort de son oncle, il 
se fixa dans cette ville, et s'y livra avec succès 
à la fabrication des clavecins et des pianos. 
Il mourut à Leipsick, le 6 mai 1766, avec les 
titres de fadeur d'orgues etde commissaire de 
la cour de Saxe. Compositeur de quelque mé- 
rite, il a laissé plusieurs ouvrages en manu- 
scrit. 



40 



S1LBI£RMANN — SI1-VA 



SILBERMANN (Jeah-Hemu), le plus 
.jeune des fils d'André, naquit à Strasbourg, le 
24 septembre 1727. La facture des pianos 
l'occupa spécialement, et ses instruments 
furent les premiers de ce genre qui se répan- 
dirent en France, où ils eurent beaucoup de 
réputation. Il mourut le 15 janvier 179!), lais- 
sant deux fils, dont Painé (Jean-Frédéric), né 
le21 juin 17C2,etmort le 8 mars 1817, fut à la 
fois facteur de pianos, organiste de l'église 
Saint-Thomas, à Strasbourg, et compositeur. 
Il a laissé en manuscrit un Hymne à la paix, 
des chansons allemandes, et plusieurs autres 
ouvrages. 

S1LBERSCHLAG (Jean-Tsaie), con- 
seiller du consistoire et membre de l'académie 
des sciences de Berlin, naquit à Aschersleben, 
en Prusse, et mourut le 11 juillet 1790. Au 
nombre de ses écrits, on remarque son sermon 
à l'occasion du nouvel orgue de son église, in- 
titulé : Einweihungspredigt einer neuen 
Orgel in der Dreifultigkeitskirche; Berlin, 
1775, in 8". 

SILCIIER (Frédéric), directeur de mu- 
sique à Tubingue, est né le 27 janvier 1789, à 
Schnailb, près de Scborndorf, dans le royaume 
de Wurtemberg. Dès son enfance, il montra 
d'heureuses dispositions pour la musique et 
pour le dessin, et cultiva ces deux arts avec 
une ardeur égale. Il avait atteint sa quator- 
zième année, lorsqu'il rencontra enfin un bon 
maître de musique dans l'organiste Auberlen, 
à Fellbach, près de Stuttgart. Les leçons qu'il 
en reçut, et les progrès qu'il fit pendant ses 
séjours à Scborndorf et à Louisbourg, le mi- 
rent en état de s'établir à Stuttgart, où il se 
livra à l'enseignement du chant. En 1817, il 
écrivit, par ordre du sénat académique de Tu- 
binge, une cantate pour le troisième jubilé sécu- 
laire de la réformation, et l'exécution de cet 
ouvrage lui procura sa nomination de direc- 
teur de musique dans celte ville. Il en remplit 
encore les fonctions (1864), et jouit de la répu- 
tation de musicien instruit et plein de zèle. La 
société de chant lui doit sa bonne organisation 
et ses progrès. Il est chargé de l'enseignement 
du chant et de la musique au séminaire évan- 
gélique, et dirige les concerts. En 1825, il a été 
désigné par le gouvernement pour prendre 
part à la formation du nouveau livre choral à 
quatre voix pour le royaume de Wurtemberg, 
et il y a introduit de belles mélodies. Depuis 
lors il a publié le livre de chant à trois voix, 
dont le succès a été considérable. Les princi- 
paux ouvrages de M. Silcher sont : 1° Six 
hymnes à quatre voix; Tubingue, Laup. 2° Mé- 



lodies du livre choral du Wurtemberg à trois 
voix, première et deuxième parties; ibid. 
3° Douze canons pour trois voix de dessus ou 
trois voix d'hommes, à l'usage des écoles, ibid. 
4° Six chansons allemandes à quatre voix 
d'hommes; ibid. 5° Douze idem; ibid. 6° Deux 
suites d'hymnes à quatre voix, à l'usage des 
fêtes et dimanches ; ibid. 7° Chansons popu- 
laires de la Souabe, de la Thuringe et de la 
Franconie à quatre voix. Plusieurs cahiers, 
ibid. 8° Beaucoup de chants à voix seule ou à 
deux voix, avec accompagnement de piano; 
Tubingue, Fues. M. Silcher a en manuscrit des 
ouvertures et des divertissements pour l'or- 
chestre, ainsi que des cantates d'église. 

SILPH1N VOM WALDE (....), compo- 
siteur à Budolsladt, y vivait en 1847. Les bio- 
graphes allemands gardent le silence sur cet 
ar'iste; on sait seulement qu'il a obtenu un 
prix à Manheim, dans cette année, pour une 
ouverture de concert à grand orchestre. Son ou- 
verture dramatique intitulée les Gnomes et les 
Elfes a été publiée à Budolstadt, chez Millier. 
On connaît aussi de lui des trios de salon pour 
piano, violon et violoncelle; Manheim, Heekel. 

SILVA ou SYLVA (André DE), maître, 
né dans la seconde moitié du quinzième siècle, 
est sans doute le même musicien que celui dont 
Glaréan a rapporté un Kyrie et un Hosanna à 
trois voix (Dodecach., fol. 432 433), sous le 
nom d'Andréas Sylvanus, et qui est un des 
interlocuteurs du dialogue de Sébastien Vir- 
dung(l)etdes deux premiers livres de la .Vu- 
surgia d'Ollmar Nachlgall ou Luscinius (2). 
Aucun renseignement n'a été découvert jus- 
qu'à ce joui- sur la patrie de Silva, ni sur la 
position qu'il occupa. Il n'était pas Français 
et ne s'appelait pas Dubois (de Silva), car 
l'éditeur Atlaingnant de Paris, son contem- 
porain, conserva les noms des compositeurs 
de sa nation dans tous les recueils qu'il pu- 
blia, et parmi ceux dont il a imprimé les ou- 
vrages figure De Silva et non Dubois. S'il 
était Allemand, on pourraitcroire que son nom 
de famille était Von Wald, ou que peut-être 

(1) Ulusica getutscht und auszgezogen durcit Sebas- 
tianum Virdung l'riesteis von Antberg, und ailes gesang 
autz drnnoten in die tabulaturen diser [sic) benanleud ruer 
Instrumente* der Orgeln : der Laulen : und der Fleetvn 
transferrieren zu lemen karlzlich gemacht,etc. In-i" obi. 
cinquante-six feuillets, sans date et sans nom de lieu 
(Dâle, tbll). 

(2) Musurgia den praxis M usine. Illins primo quœ 
instrumentis agilur cerla rutiu, ab Oltomaru Luscinio 
Argenlino duabus libris absuluta. Ejustdem Oltomari 
Luseinii, de concernas polgphoni, id est cj: plurij'uriis 
vocibus cotnpositi, càtwnilus, Libri to'idcni, Argentoiati 
apud Johanneni Scltuttum, I > ''11, in-'f obi. 



SILVA 



41 



il élnit né dans la Forêt-Noire, d'où on Pâmait 
appelé De Sylva, ou Sylvanus (dans la liasse 
latinité). Virdung semble en effet nous con- 
duire à cette conjecture dans l'épitre dédica- 
toire de son livre, datée de Bâle, 1511, où l'on 
voit que Sylvanus était son ami et habitait le 
même pays que lui. Il avait composé un grand 
traité de musique, dont celui qu'il a publié 
n'était qu'un abrégé : « Pour éviter des frais 
» considérables, dit-il, j'ai préféré ne pas pu- 
» blier mon grand livre, et faire cet extrait 
» pour satisfaire au désir de mon ami Andréas 
« Sylvanus. » Oltmar Luscinius, qui a traduit 
une partie de l'ouvrage de Virdung, dans sa 
Musurgia, ne fournit aucun éclaircissement 
concernant la personne de Sylva ou Sylvanus. 
Outre les deux morceaux conservés par Gla- 
réan, on trouve des compositions d'André de 
Sylva dans les recueils dont voici les titres : 
1" Motetti de la Corona, libro primo; im- 
pression Forosempronii per Octavianum 
Petrulium, 1514, petit in-4° obi. 2° Motetti 
del Frutlo aseivoci, liber primus (sic) 3 in 
Fenetia nella stampa d'Antonio Gardane, 
1539, in-4°. 3" Selectissimx neenon familia- 
rissimx cantioties ultra centum etc.; a sex 
iisque adduas voees ; Auguslœ Findelicorum, 
Melchior Kriesstein excudebat, 1540, petit 
in-4° obi. 4° Tomus secundus Psalmornm se- 
lectorum quatuor et quinque vocibus; No- 
rimbergx , apud Jo. Pelreium, 1539, petit 
in-4° obi. 5" Liber terlius : Viqlnti musi- 
cales quinque, sex, vel octo vocum motetos 
habet, etc;Parisiis in vico Cithare apud Pe- 
trum Attuingnant, 1534, petit in-4° obi. 
G° Liber quartus idem; ibid., 1534. G Liber 
duodecimus idem; ibid., 1535. 7° Motetti del 
Fiore. Liber primus cum quatuor vocibus; 
Lugduni per Jacobum Modernum, 1532, 
petit in-4" obi. 8° Selectissimarum Sacrarum 
cantionum quas vulgo Moteta vocant Flores, 
trium vocum. Lovanii, ex Typographia 
Pétri Phalesii, 15G9, in-4°. Jean-Georges 
Schielen (in Bibliolh. enucleata, p. 328) et 
Gesner (in Pandect, I. VII, tit. VI, fol. 83), 
attribuent à Sylvanus un Compendium mu- 
sicale, mais n'indiquent pas si l'ouvrage est 
imprimé. 

SILVA ou SYLVA (le Père Manuel-Nunes 
DA), jésuite, né à Lisbonne, en 1678, fut 
d'abord maître de chapelle de l'église Sainte- 
Catherine, île cette ville, puis directeur du 
chœur de l'église paroissiale de Sainle-Marie- 
Madeleine, eten dernier lieu maître de chapelle 
de la collégiale royale de Notre-Dame de la 
Conception. Il occupait celle dernière position 



en 1725. On a de lui un livre intitulé : Arte 
Minima, que coin semi-brève prolacia m trata 
em tempo brève, os modos de Muxima, et 
longa sciencia da Musica; Lisbonne, Ant. 81a- 
ncscal, 1725, un volume in-4°. Ce titre est un 
jeu de mots sur les noms des signes «le l'an- 
cienne notation mesurée, à savoir: la minime, 
la semi-brève, la brève, la longue, la maxime, 
les prolations, les temps et les modes. La si- 
gnification de ce rébus est que l'ouvrage ensei- 
gnera en peu de temps l'art de la musique, qui, 
par lui-même, est difficile et exige de longues 
études. Ce livre, dédié à la Vierge Marie, est di- 
visé en trois parties qui ont une pagination par- 
ticulière chacune. La première est relative à la 
solmisation, à la notation proportionnelle et 
aux éléments du contrepoint; la seconde ren- 
ferme un traité de plain-chant (canto cliao); 
dans la troisième se trouve l'analyse de toutes 
les parties de la musique. Les exemplaires de 
cet ouvrage se trouvent difficilement, même 
en Portugal. 

SILVA (Jean DE), écrivain napolitain, 
n'est connu que par un éloge du compositeur 
Caffaro, intitulé : Elogio di Pasquale Caf- 
faro, detto Caffarelli; Naples, 1788. 

SILVA (Poll DE), compositeur, est né le 
28 mars 1834, à Saint-Esprit, près de Bayonne 
(Basses-Pyrénées). Fils d'un négociant, il fit 
ses premières éludes musicales sous la direc- 
tion de sa mère et de sa grand'mèrc, qui 
avaient été élèves des maîtres les plus distin- 
gués de Paris. Dès l'âge de sept ou huit ans, 
il était déjà initié à la connaissance des œuvres 
classiques des meilleurs compositeurs et s'es- 
sayait à écrire de petites choses sans aucune 
notion des lois de l'harmonie. Sa famille 
s'étant établie à Bordeaux, il reçut alors des 
leçons de composition d'un Allemand, ancien 
chef d'orchestre, nommé Funck, et lut avec 
avidité quelques bons traités d'harmonie et de 
contrepoint. Arrivé à Paris en 1854, il y prit 
quelques leçons de Turhri (voyez ce nom) pour 
la composition : Halévy, à qui il soumit plu- 
sieurs de ses ouvrages, les approuva et voulut 
faire entrer M. de Silva dans sa classe, au 
Conservatoire; mais ce jeune artiste ne put 
jouir de cet avantage, parce que sa mauvaise 
vue, qui va presque jusqu'à la cécité, ne lui 
permet pas une application suivie. Les ou- 
vrages publiés par M. de Silva sont : 1° Deux 
romances sans paroles pour violon ou violon- 
celle; Paris, Benacci. 2° La Ronde des lutins, 
caprice pour piano; Paris, Girod. 3" Polo- 
naise pour piano; ibid. 4" Invocation pour 
piano, harmonium, violon cl violoncelle; 



42 



SILVA — SIMON 



Paris, Alexandre. 5° La Chasse aérienne, 
rondo scherzo pour piano; Paris, Flaxland. 
6° Quarante mélodies et nocturnes pour chant; 
Paris, Richault. 7° Prière à la Vierge, à trois 
voix de femmes; ibid. 8° Douze pensées mu- 
sicales pour piano, divisées en quatre cahiers; 
ibid. M. de Silva a en manuscrit trois opéras, 
dont un est reçu à l'Opéra-Comique; plusieurs 
quintettes, quatuors, trios et duos pour piano 
et instruments à archet; deux symphonies 
pour l'orchestre; une ouverture idem; une 
barcarolle idem; plusieurs chœurs avec or- 
chestre; musique religieuse, etc. 

SILVANI (Joseph -Antoine), compositeur 
de l'école de Bologne au commencement du 
dix-huitième siècle, était, en 1720, maître de 
chapelle à l'église Saint-Étienne de Bologne. 
Il y publia alors un recueil de quatre messes à 
quatre .voix, avec deux violons et orgue. Cet 
ouvrage est indiqué comme l'œuvre onzième 
de cet auteur; les autres productions de cet 
artiste sont: 1° Litanie concertatea 4 vnci con 
violini e senza, op. 1 ; Bologne, Ma ri no Si 1- 
v ani .2" Lnni sacri per tutto V anno 7 a voce soin , 
con violini, op. 2; ibid., 1702. 5° Sacri Bcs- 
ponsori délia seltimana santa a 4 voci, op. 5; 
ibid., 1704. 4° lnni sacri per tutto Vanrio a 
4 voci, op. 4; ibid., 17015. 5° Tre Misse so- 
lenne a 4 voci con organo, op. 5 ; ibid., ]70'k 
G" Stabat Mater, Benedictus , Miserere, Le 
tre Alleluya con il tratto del Sabbato sanlo a 
otto voci. op. 0; Bologne, 1708. 7" Messe a 
quattro voci con organo, op. 7; ibid., 1709. 
8" Motetti a otto voci pieni, con il Respon- 
sorio di Santo Antonio, op. 8; Bologne, par 
les héritiers de Silvani, 1711. 9" Motetti con 
le quattro Antifone délia B. F. a voce sola, 
op. 9. 10" Motetti a 2 e 3 voci con violini e 
senza, op. 10 ; ibid., 1716.11° Sacri Lamen 
tasioni délia settimana santa a voce sola, 
op. 13; Bologne, chez l'auteur, 1720. 12° Se- 
condo libro délie litanie délia Beata Firgine 
a 4 voci concertait' , con violini e ripieni, 
op. 14; ibib., 17215. 13 u Cantate morali e 
spirituali a 1, 2 e 3 voci; ibid., 1727. Silvani 
a laissé en manuscrit : 1° Quatre messes à 
quatre voix avec orgue. 2° Trois messes solen- 
nelles à quatre voix, avec orchestre. 

SILVESTARI (Flobimond), compositeur, 
né à Crémone, au commencement du dix-sep- 
tième siècle, s'est fait connaître par un ou- 
vrage intitulé : Cantiones sacrx 2, 3 et 4 vo- 
cum: Fenetiis, apud Ficentinum,1649,\n-4°. 
SIMON ou SYMON (Maîtke), d'Ypres, 
était, en 1303, chef des ménétriers de celle 
ville, et tenait une école de musique, suivant 



le registre des maîtrises existant aux archives 
d'Ypres. 

SIMON (Simon), claveciniste et composi- 
teur, naquit aux Vaux-de-Cernay, près de 
Rambouillet, vers 1720. A l'âge de sept ans, 
il fut envoyé près de Butel, son oncle, orga- 
niste d'une abbaye près de Caen, qui lui donna 
les premières leçons; mais il dut surtout à la 
protection de la marquise delà Mésangère et 
de M. de Saint-Saire, et aux leçons de clavecin 
et de musique qu'ils lui donnèrent, ses progrès 
el sa fortune. Arrivé à Paris, il y prit des le- 
çons de composition de Dauvergne. Trois livres 
de pièces de clavecin qu'il publia le firent con- 
naître avantageusement, et lui firent obtenir 
la survivance de la charge de maître de cla- 
vecin descnfantsdeFrancc,dontil fut titulaire 
après la retraite de Le Tourneur. Louis XV 
lui accorda plus tard le brevet de maître de 
clavecin de la reine et de la comtesse d'Artois. 
Simon vivait encore à Versailles en 1780. 

SIMON (Jean-Gaspard), très-bon orga- 
niste, fut directeur de musique et cantor à 
Nordlingue, vers le milieu du dix-huitième 
siècle. Il a publié de sa composition : 1° Leichte 
Pra'ludia und Fugen auf die Orgcl oder das 
Clavier durch die sieben Durtœne. Erster 
Theil (Préludes et fugues faciles pour l'orgue 
ou le clavecin, dans les sept tons majeurs. 
Première partie); Augsbourg, 1750. La 
deuxième partie de cet œuvre contient les pré- 
ludes et fugues dans les tons mineurs. 2° Ge- 
iniithsvergnugende musikalische l\ r ebenstun- 
den , in Galanteriestiicken auf Klavier 
(Délassement musical de l'esprit, consistant 
en pièces galantes pour le clavecin). Première 
et deuxième parties; ibid. 3° Musikalisches 
ABC in kleinen Fugetten fur die Or gel, 
nebst einigen Fersetten (\ B C musical, qui 
consiste en petites fugues pour l'orgue, avec 
quelques versets) : ibid., 1754, in-4°. 4° Erster 
Fersnch einiger variirlen und fugirten 
Chorale (Premier essai de quelques chorals 
variés el fugues); ibid. Je possède en manu- 
scrit des pièces d'orgue d'un très-bon style, 
composées par Simon. 

SIMON (Jean Godefroid), musicien alle- 
mand, fut attaché à la musique de l'électeur 
de Saxe, vers 1764. Précédemment, il était 
hautboïste dans la musique de la garde du roi 
de Pologne. Également habile sur le hautbois, 
la viole et le violon, il a laissé en manuscrit 
quelques compositions pour ces instruments; 
entre autres, dix-huit duos pour deux violons 
cjui se trouvaient, en 1780, chez Breilkopf, à 
Leipsick. 



SIMON — SIMONOFF 



43 



SIMON (Louis-Victor), né à Melz, vers le 
milieu du dix-liuilième siècle, vécut à Paris, 
et s'y fit connaître, en 1790, par la chanson, 
H pleut, il pleut, bergère, dont les paroles 
étaient «le Fabre d'Eglanline, et qui obtint un 
succès populaire longtemps prolongé. Devenu 
premier violon, puis administrateur du théâtre 
Montansier, en 1796, Simon garda ces posi- 
tions jusqu'à la clôture forcée de ce théâtre, 
en 1807. Il fit représenter au théâtre Montan- 
sier, en 1797, un opéra-comique intitulé : La 
double Récompense, dont il avait fait le livret 
et la musique. On connaît aussi sous son nom : 
1° Recueil d'airs et chansons, avec accompa- 
gnement de clavecin ; Paris, 1789. 2" Six duos 
pour deux violons, op. 2 ; Paris, 1796. 

SIMON (C.-A.), professeur et éditeur de 
musique à Posen, en Pologne, y est établi de- 
puis 1806. Les biographies allemandes ne four- 
nissent pas de renseignements sur sa personne. 
On connaît de lui les ouvrages suivants : 
1° Anweisung zum Generalbass (Inlvoduclion 
à la basse continue); Posen, Simon. Il y a deux 
éditions de cet ouvrage, qui est écrit en alle- 
mand et en polonais. 2° Nanka grania na 
Organach (Éléments de l'art de jouer de l'or- 
gue); ibid., in-4°, en polonais. 

SIMON (Jean-Henri), compositeur et né- 
gociant, né à Anvers, en 179ô, fit ses éludes 
musicales dans cette ville, puis se rendit à 
Paris et y reçut des leçons d'harmonie et de 
composition de Catel et de Lesueur. De retour 
à Anvers, il partagea son temps entre les af- 
faires et la musique, qu'il cultiva toujours avec 
amour. Il jouait bien du violon et composait 
avec facilité. Des revers de fortune altérèrent 
sa santé et le mirent dans une situation gênée 
jusqu'à la fin de ses jours. Il est mort à An- 
vers, le 10 février 1861, laissant en manuscrit 
trois messes avec orchestre, des symphonies, 
des chœurs et des cantates qui ont été exé- 
cutés dans les églises et dans les concerts de 
sa ville natale. 

SIMONELLI (Mathieu), chapelain chantre 
de la chapelle pontificale, naquit à Rome, vers 
le milieu du dix-septième siècle, et fut agrégé 
à celle chapellele 15 décembre 1662. Grégoire 
Allegri fut son premier maître de composition, 
puis il passa dans l'école d'Horace Benevoli. 
L'étude que Simonclli avait faite des ouvrages 
de Paleslrina lui fut si profitable, qu'on le sur- 
nomma le Palestrina du dix-septième siècle, 
à cause de l'élégante et suave simplicité de son 
style dans la musique d'église. Il fut maître de 
chapelle de plusieurs églises à Rome. Ce compo- 
siteur a laissé en manuscrit beaucoup de 



psaumes, de motels et de messes, qui se trou- 
vent en manuscrit dans les archives de la cha- 
pelle pontificale, où l'on exécute encore plu- 
sieurs de ses ouvrages, entre autres le motet : 
Cantemus Domino gloriose enim magnifica- 
tus est, à six voix, pour le quatrième dimanche 
du carême. L'abbé Santini, de P.ome, possède 
de Simonelli plusieurs motels à quatre et à 
cinq voix, les motets à six voix Cantemus 
Domino, et Ecce sacerdos, un Victimx pas- 
chali à quatre, et un Stabat mater à cinq 
voix, avec deux violons et orgue. Le portrait 
de Simonelli, gravé à l'eau-forle, se trouve 
dans le livre d'Adami de Bolsena, intitulé : 
Osservazioni per ben regolare il coro délia 
cappella pontificia (p. 208). L'élève le plus 
distingué de ce savanl musicien fut Corelli. 

SIMONET (François), fils d'un choriste 
de la chapelle du roi, fut d'abord musicien au 
régiment des gardes françaises, puis premier 
cor du Théâtre-Français, en 1793. Il a fait 
graver de sa composition : 1° Six duos pour 
deux bassons, op. 1 ; Paris, 1791. 2° Six duos 
pour cor en fa et clarinette en ut; ibid. 
3" Trois trios pour clarinette, cor et basson; 
ibid. 4° Suite de morceaux du Jockey, pour 
ileux flûtes, deux clarinettes, deux cors et deux 
bassons; ibid. 5" Six trios pour trois cors, 
op. 10; Paris, Imbaull. Simonet vivait encore 
à Paris en 1803. 

SIMO^ETTO (Léonard), chanteur de la 
chapelle de Saint-Marc, à Venise, vécut au 
commencement du dix-seplième siècle. Il a 
fait imprimer un recueil de motels de sa com- 
position sous ce titre : Ghirlanda sacra di 
motetti ; Venise, 1613, in-4". On trouve aussi 
quelques-unes de ses compositions pour l'église 
à la fin du recueil d'Alexandre Grandi, inti- 
tulé : Celesti fiori, etc. ; Venise, 1619, in-4°. 

SIMONIN, roijez POLLEÏ (Marie-Ni- 
cole SIMONIN). 

SIMONIS (Ferdinand), compositeur, né à 
Parme, en 1773, eut pour maître de violon 
Rolla, et Lanfranchi lui enseigna à jouer du 
piano; puis il étudia le contrepoint sous la 
direction de Ghiretti, et le chant dans l'école 
deFortunati. Ses études terminées, il obtint 
la place d'accompagnateur au piano et de di- 
recteur de musique au théâtre de sa ville na- 
tale. Il a écrit la musique de plusieurs ballets, 
quelques messes, et des morceaux de musique 
vocale et instrumentale, dont plusieurs ontété 
publiés à Parme. Simonis est mort dans cette 
ville, en 1837. 

SIMONOFF (...), professeur à l'université 
de Kazan, et membre de l'Académie des 



44 



SIMONOFF — SIMONS-CANDEII.LE 



sciences de Pétersbourg, esl auteur d'un opus- 
cule relatif à la théorie mathématique (le la 
musique, intitulé : Mémoire sur les séries 
des nombres aux puissances harmoniques; 
Kazan, 1832, in-4° de trente-deux pages. 

SUIONS CANDETLLE (Amélie-Julir), 
on dernier lieu madame PEI11E, naquit à Pa- 
ris, le 31 juillet 1767. Elle élait fille de Pierre- 
Joseph Candeille (voyez ce nom). Élève de son 
père, elle débuta au Concert spirituel à l'âge 
«le treize ans, et se fit applaudir comme can- 
tatrice, harpiste, pianiste et compositeur, dans 
une cantate et dans un concerto qui lui étaient 
attribués, mais où son père avait eu la plus 
grande part. Éblouis parce succès, les parents 
de mademoiselle Candeille la destinèrent au 
théâtre: elle parut pour la première Ibis sur 
celui de l'Opéra, an mois d'avril 1782, dans le 
rôle (VJphigénie en Aulide, de Gluck, et fut 
immédiatement reçue. L'année suivante, elle 
joua Sangaride dans Atgs, opéra de Piccinni. 
On rapporte diversement la cause qui lui fit 
quitter l'Opéra au milieu de ses succès; quelle 
qu'elle soit, il est certain qu'elle se relira en 
1783. La situation de sa famille, après queson 
père eut perdu son emploi au même théâtre, 
l'obligea à remonter sur la scène, mais elle 
choisit le Théâtre-Français, où les conseils de 
Mole guidèrent ses premiers pas. En 1785, elle 
débuta dans Hermione d' A ' ndromaque , puis 
joua Roxane dans Bajazet, et Aménaïde dans 
Tancrède. Bien qu'elle eut l'ait peu de sensa- 
tion d3ns ces rôles, la protection du baron de 
Brcleuil la fit recevoir an nombre des socié- 
taires à quart de part. Il n'appartient point à 
ce dictionnaire d'entrer dans les détails de sa 
carrière dramatique ; je dirai seulement qu'elle 
fit représenter, le 27 décembre 1792, sa comé- 
die intitulée la Belle Fermière, où elle jouait 
le rôle principal, et chantait deux airs et un 
vaudeville de sa composition, s'accompagnant 
tour à tour sur le piano et sur la harpe. Ba- 
Ihilde, autre comédie qu'elle fit jouer le 1 G sep- 
tembre 1793, lui fournit l'occasion de se faire 
entendre dans un duo de piano et violon avec 
Baptiste aîné. Retirée du Théâtre-Français en 
1790, mademoiselle Candeille visita la Hol- 
lande et la Belgique, et y donna des représen- 
tations et des concerts. Arrivée à Bruxelles, 
elle y fit la connaissance de Simons, carrossier 
en renom dont les ouvrages étaient recherchés 
dans toute l'Europe : il devint éperdument 
amoureux d'elle, et l'ayant revue àParis, l'an- 
née suivante, il l'épousa en 1798. La fortune, 
qu'elle crut avoir fixée alors, n'était pourtant 
pas aussi solide qu'elle l'avait imaginé, car le 



départ de la cour de Bruxelles, et l'émigration 
de toute la noblesse du pays, à l'époque de l'in- 
vasion de la Belgique par l'armée française, 
avaient jeté du désordre dans les affaires de 
Simons, et quand madame Simons-Candeille 
vint prendre possession de sa nouvelle maison, 
ce fut pour en voir préparer la faillite, qui 
s'accomplit en 1802. Les événements ne se 
passèrent pas tout à fait comme ils sont rap- 
portés dans h\ Biographie des contemporains 
et dans le supplément de la Biographie uni- 
verselle; mais il esl certain que madame Si- 
mons ne montra pas, dans celle catastrophe, 
l'avidité dont elle a été accusée par les fils de 
son mari. 

De retour à Paris, et séparée de son époux 
par un consentement mutuel, madame Simons 
se réunit à son père, et se fit institutrice pour 
lui donner du pain. Pendant dix ans, elle 
donna des leçons de musique et de littérature. 
Le souvenir de son ancien succès de la Belle 
Fermière lui lit espérer aussi qu'elle pourrait 
trouver des ressources au théâtre; mais l'essai 
qu'elle en fil, en 1807, dans l'opéra-comique 
en deux actes intitulé Ida ou l'Orpheline de 
Berlin, dont elle avait fait la musique et le 
livret, lui ôla ses illusions. L'ouvrage fut sifflé 
et n'eut que cinq ou six représentations. Une 
dernière tentative faite dans un drame repré- 
senté au Théâtre-Français, eu 1808, ne fut pas 
plus heureuse, et dès ce moment, madame Si- 
mons cessa de travailler pour le théâtre et 
composa des romans, qui furent mieux accueil- 
lis du public. Napoléon, qui n'aimait pas les 
femmes auteurs, lui avait refusé des secours; 
elle trouva plus de bienveillance dans la fa- 
mille royale des Bourbons. Pendant les cent 
jours, elle se réfugia à Londres et y donna des 
concerts où Violli, Cramer et Lal'ont se firent 
entendre; ils lui procurèrent d'abondantes 
receltes. De retour à Paris, elle recul le brevet 
d'une pension pour elle el pour son père, et 
peu de temps après, le roi Louis XVIII lui en 
accorda une antre de deux mille francs sur les 
fonds de la liste civile. Veuve de Simons, au 
mois d'avril 1821 , elle épousa l'année suivante 
Périé, peintre médiocre, qui, par les démarches 
actives de sa femme, obtint la place de direc- 
teur du musée et de l'école de dessin de Nimes. 
Madame Périé-Candeille suivit son mari dans 
celle ville, en 1827. Frappée d'une attaque 
d'apoplexie en 1831, au moment ou elle allait 
faire la lecture d'un ouvrage achevédepuis peu 
de jours, elle ne se rétablit qu'avec peine; 
mais la mort imprévue de son mari, en 1833, 
lui causa une rechute qui ne laissa plus d'es- 



SIMONS-CANDEILLE — SIMPSON 



43 



poip. Transportée à Paris, où elle arriva an 
mois de décembre, elle languit quelque temps 
et mourut le 4 février 1854, dans la maison de 
santé de M. Marjolin. Ainsi finit la carrière 
agitée d'une femme qui, par ses talents, aurait 
pu en espérer une plus heureuse. 

Comme musicienne, elle mérite moins d'être 
mentionnée pour son Ida, malencontreux 
opéra -comique où il y avait peu de mérite, que 
pour quelques œuvres de sonates de piano et 
les romances qu'elle a publiées. En 1788, elle 
fit paraître trois trios pour piano, violon et vio- 
loncelle, op. 1, à Paris, chez Leduc. Cet ou- 
vrage Tut suivi de ceux-ci : Sonale pour piano 
à quatre mains, op. 2; Paris, Naderman. So- 
nale pour deux pianos, op. 5; Paris, Cousi- 
neau. Deux sonates pour piano seul, op. 4; 
Paris, madame Joly. V Enfant fidèle, petite 
fantaisie pour les élèves; Paris, Pacini. 
Grande sonate pour piano seul, op. 6; Paris, 
Momigny. Variations sur un thème portu- 
gais ; Paris, Pacini. Grande fantaisie suivie de 
variations sur l'air : Trempe ton pain, ibid. 
Beaucoup de romances détachées, dont quel- 
ques-unes ont eu du succès. Les airs de la Belle 
Fermière, avec accompagnement de piano ou 
harpe ; Paris, Leduc. 

SIMPSON (Thomas), musicien anglais, et 
violiste de la chapelle du prince de Holslein- 
Schaumbourg, vers 1615, a publié, en Alle- 
magne, les ouvrages suivants : 1° Opusculum 
neuer Pavanen, Galliarden, Courantenund 
Folten, etc. ; Francfort, 1610, in-4°. 2" Ta- 
fel-Cunsort (conzerl), allerhand lustige Lie- 
der von 4 Inslrumenten und General-bass; 
Hambourg, 1621, in 4". Outre les composi- 
tions de Simpson, cet œuvre conlientdes pièces 
de Jean Grabbe, P. Philippi, Jean Dowland, 
Christ. Tœpffer, Nie. Bleyer, Maurice Web- 
ster, Jean Kroschpn, Alex. Chezam, Ro- 
bert Johnson, Ed. Johnson et Joseph Sherley. 
ô" Pavanen, Folten und Gaillarden; Franc- 
fort, 1611, in-4°. 

SIMPSON (Christophe), violiste habile et 
bon musicien anglais du dix-septième siècle, 
naquit vraisemblablement vers 1610, dans la 
religion catholique, et parait avoir été attaché 
dans sa jeunesse à quelque chapelle, peut-être 
même à celle du roi Charles I er , car il prit 
parti pour ce prince, et servit comme soldat 
dans l'armée royale commandée parle duc de 
Newcastle contre le parlement. Sa préface de 
la deuxième édition de son traité de la viole, 
publiée longtemps après, exprime des plaintes 
amères contre la malheureuse situation où 
l'usurpation de Cromwell l'avait réduit, ainsi 



que beaucoup d'autres musiciens anglais. 
Après la défaite des royalistes, sir Robert 
Bolles, personnage distingué de ce parti, donna 
un asile au pauvre Simpson dans son hôtel 
pendant tout l'interrègne, et le chargea de 
l'éducation musicale de son fils (John Bolles), 
qui devint l'amateur le plus habile de son 
temps sur la basse de viole, et mourut en 1676, 
à Rome, où il fut inhumé au Panthéon. Après 
la restauration, Simpson ayant recouvré quel- 
ques avantages à la cour, se retira dans une 
petite maison du quartier de Holborn, à Lon- 
dres, et y mourut entre les années 1667 et 
1670, époques où parurenlles deux premières 
éditions de son Compendium de musique; il 
publia la première, mais il ne vivait plus quand 
la deuxième fut mise au jour. 

Simpson avait écrit, pour l'instruction de 
son élève John Bolles, un traité de la basse de 
viole, concernant particulièrement les traits 
lapides et ornements alors en usage, appelés 
divisions en anglais; plus tard, it publia cet 
ouvrage sous ce litre : The Division- Fiolist , 
or an Introduction to the plaging upon a 
ground. Divided in tico parts, thefirst, di- 
recting the hand, with other preparative 
instructions; the second iaying open the 
manner and melhqd ofplaying, or compo- 
sing division lo aground (Le violiste-impro- 
visateur, ou introduction à l'art de jouer sur 
un thème, etc.); Londres, John Play lord, 1659, 
in-fol. de soixante-sept pages. Une deuxième 
édition, avec une traduction latine faite par 
un certain William Murth, fut ensuite pu- 
bliée sous le litre de : Chelys minuritionum 
artificio exornata, sive minnritinnes ad Ba- 
sin, etiam extempore modulandi ratio. In 
très parles distributa, or the Division-Viol ; 
Londres, 1667, un volume in-folio. Elle est 
imprimée sur deux colonnes, dont l'une con- 
tient le texte anglais, et l'autre la traduction 
latine. Simpson était lié d'amitié avec les plus 
célèbres musiciens anglais de son temps, par- 
ticulièrement avec John Jenkins, Charles Col- 
man et Mathieu Locke, qui qualifient son livre 
^excellent dans des pièces de vers placées en 
tête de cet ouvrage. On peut, en effet, le con- 
sidérer comme le meilleur qui ait été fait sur 
le même sujet. 

En 1665, Simpson fit paraître aussi un livre 
élémentaire sur la musique, intitulé : A Com- 
pendium, or Introduction to practical mu- 
sic (Abrégé, ou introduction à la musique pra- 
tique); Londres, John Playford, 1665, petit 
in-8". L'ouvrage est divisé en cinq parties, 
dont la première traite des principes de la 



46 



SIMPSON — SINGER 



musique et du solfège; la seconde, du contre- 
point ; la troisième, de l'usagedes dissonances ; 
la quatrième, des formes de la composition, 
et la dernière, des canons. La deuxième édition 
fut publiée en 1670, la troisième en 1678, la 
quatrième en 1706, la cinquième en 1715, la 
sixième en 1721 ; toutes imprimées à Londres, 
in-8°. Je possède un exemplaire de la huitième 
édition du même ouvrage, publiée à Londres, 
chez W.Pearson,en 1752, in 8". Lesanciennes 
clefs d'u< sont remplacées dans cette édition 
par les clefs de sol et de fa, et les anciennes 
valeurs de temps par les ligures de notes mo- 
dernes. On connaît aussi de Christophe Simp- 
son des notes sur le traité de composition de 
Campion. Ces remarques se trouvent dans 
l'édition intitulé : Art of discant, or Compo- 
sing music in paris by Dr. Thom. Campion, 
ivith annotations thereon by Mr. Christo- 
pher Simpson; Londres, 1655, in-8°. Play- 
ford a inséré le traité de Campion avec les 
notes de Simpson dans la huitième édition de 
son Introduction aux principes de la musique 
(voyez Playfokd). Le portrait de Simpson se 
trouve à la deuxième édition de son Traité de 
la viole, et dans les premières éditions de son 
Compendium. 

SIMROCK (Nicolas)-, éditeur de musique 
à Bonn, né dans celte ville en 1755, apprit à 
jouer du cor dans sa jeunesse, et entra comme 
corniste dans la musique de l'électeur de Co- 
logne, en 1790. Après la dissolution delà mu- 
sique du prince, qui suivit l'envahissement 
des provinces rhénanes, Simrock établit à 
Bonn une maison de commerce de musique 
qui, par ses soins et son activité, est devenue 
une des premières de l'Allemagne. Il a publié 
de sa composition : 1° Dix-huit duos pour 
deux cors, op., liv. I et II; Bonn, Simrock. 
2° Plusieurs œuvres de duos pour deux flageo- 
lets. 5° Des recueils de contredanses pourdivers 
instruments. 

SIMROCK (Henri), frère du précédent, 
naquit à Bonn, vers 1760. Après avoir été 
attaché comme violoniste à la chapelle du 
prince électeur de Cologne, il se rendit à Pa- 
ris, où il fut quelque temps attaché comme vio- 
loniste au théâtre Montansier, et tint un dépôt 
de la musique publiée à Bonn par son frère. Je 
l'ai connu à Paris, en 1807; mais j'ignore s'il 
y est mort, ou s'il est retourné à Bonn. Je 
crois qu'il est auteur de deux livres de duos 
pour violon et alto, publiés à Paris. 

SURGELÉE (Jean-Baptiste), violoniste et 
compositeur, né à Bruxelles, le 25 septembre 
1812, montra dès ses premières années d'heu- 



reuses dispositions pour la musique. Son frère 
aine lui donna les premières leçons de violon. 
En 1828, il fut admis à l'école royale de mu- 
sique de Bruxelles, et y devint élève de 
M. Wéry {voyez ce nom). Ses progrès furent si 
rapides que le premier prix de son instrument 
lui fut décerné au concours de l'année sui- 
vante. Il se rendit alors à Paris et entra dans 
l'orchestre d'un des théâtres secondaires. Peu 
de temps après, le spectacle auquel on avait 
donné le nom de Théâtre Nautique fut établi 
dans la salle Ventadour; M. Ch.-L. Hanssens 
en fut nommé chef d'orchestre, et choisit son 
compatriote Singelée pour y tenir l'emploi de 
premier violon solo. Ce théâtre n'était pas né 
viable; l'entrepreneur ne tarda pas à être mis 
en faillite, et Singelée, resté sans place, fut 
obligé d'entrer à l'orchestre de l'Opéra-Comi- 
que. De retour à Bruxelles quelques années 
après, il fut un des premiers violons du Théâtre 
Royal, et le 14 octobre 1839, il succéda à 
Meerts (voyez ce nom), comme premier violon 
solo. Pendant les seize années qu'il occupa cet 
emploi, il composa un grand nombre de pas 
qui furent intercalés dans les ballets repré- 
sentés au théâtre de la Monnaie. Lui-même a 
écrit la musique de deux ballets qui ont été 
joués avec succès au même théâtre. Une jeune 
fille qu'il avait adoptée et dont il avait fait 
l'éducation de violoniste, ayant obtenu quel- 
ques succès à Bruxelles, Singelée voyagea 
avec elle, visita la France méridionale, et 
s'arrêta à Marseille, où il remplit pendant 
quelque temps les fonctions de chef d'orchestre 
du théâtre. Après son retour en Belgique, il 
a été nommé chef d'orchestre du théâtre et du 
casino de Gand, en 1852. Singelée a composé 
deux concertos de violon qu'il a exécutés 
dans plusieurs concerts, et beaucoup de fan- 
taisies avec accompagnement de piano, parmi 
lesquelles on remarque: 1" Fantaisie élégante 
sur le Pirate, op. 13; Mayence et Bruxelles, 
Schott. 2° Idem sur Lucie de Lammermoor, 
op. 14 ; ibid. 3° Idem sur la Part du Diable, 
op. 16; ibid. 4° Idem sue la Sirène, op. 18; 
ibid. 5° Idem sur les Mousquetaires de la 
reine, op, 21 ; ibid. 6» Idem sur le Pré-aux- 
Clercs, op. 24; ibid. 7° Idem sur le Val 
d'Andorre, op. 25; ibid. On a aussi du même 
artiste quelques morceaux pour divers instru- 
ments, des ouvertures et de la musique de 
danse. 

SINGER (Jean), magisler à Nuremberg, 
dans la première moitié du seizième siècle, est 
connu par un petit ouvrage intitulé: Ein 
Kurzer Ausszug der Jflusik, denjungen die 



SINGER — S1RI 



47 



singen und auff den Instrumentent lernen 
wôltengantz nutzlich (Précis de la musique, 
utile pour enseigner à la jeunesse le chant et 
les instruments); Nuremberg, Frédéric Prys- 
sens, 1531, in-8°. 

SINGEP. (Maurice), violoniste, né le 6 dé- 
cembre 1808, à Colmar (Haut-Rhin), com- 
mença l'élude «le la musique et du violon dans 
cette ville. A l'âge de dix-huit ans, il se rendit 
à Paris et fut admis au Conservatoire, le 
12 juillet 1826. Il y fut élève d'Auguste 
Kreulzer, pour le violon, et de Reicha, pour la 
composition. Sorti de cette école, en 1829, il 
entra à l'orchestre du théâtre italien, où il ob- 
tint la place de violon solo. Il brilla pendant 
plusieurs années dans les concerts et publia 
des compositions d'un style facile et agréable, 
qui rappelaient la manière de Mayseder. 
Atteint d'une maladie de poitrine, il nfourut à 
Paris, au mois de mai 1859, à l'âge de trente 
ans et quelques mois. 

SINGER (le P. Pierre), moine franciscain 
du couvent de Salzbourg, inventa, en 1839, un 
orgue mécanique auquel il donna le nom de 
Pansymphonicon. Un instrument de ce genre 
se trouvait à l'exposition internationale de 
Londres, en 1862. Le P. Singer mérite surtout 
d'être ici mentionné pour un livre intéressant 
publié à Munich, en 1847, par les soins de 
M. Georges Philipps, et qui a pour titre : Me- 
taphysische Blicke in die Tomvelt. nebst 
einem dadurch veranlassen nenen System 
der Tonwissenschaft (Coup d'œil métaphysi- 
que dans le monde des sons, suivi d'un nou- 
veau système de la science musicale qui en est 
déduit). 

SINGER (Edmond), maître de concert à 
Weimar, est né le 14 octobre 1*850, à Tottier 
ou Totis, en Hongrie. Doué d'une organisation 
toute musicale, il fut conduit à Pesth par ses 
parents, à l'âge de sept ans, et confié aux soins 
d'un violoniste nommé Ellinger, sons lequel il 
fit de rapides progrès. Parvenu à sa neuvième 
année, il entra au Conservatoire de Pesth, où 
il devint élève de Ridley Rohne. Il fit ensuite 
avec ce professeur un voyage d'artiste en Hon- 
grie, puis il se rendit à Vienne, où le profes- 
seur distingué Bœhm perfectionna son talent. 
A l'âge de quatorze ans, il se rendit à Paris et 
y passa trois années, incessamment occupé 
d'études d'exécution el de composition. De 
i 848 à 1 853, il voyagea en Allemagne et s'y fit 
connaître avantageusement, particulièrement 
à Leipsick où il joua aux concerts du Gewand- 
haus avec un brillant succès. En 1853, Singer 
eut le litre de virtuose de la chambre de la cour 



de Weimar, et trois ans après, il obtint la 
place de maître de concert de la même rési- 
dence. Il a fait depuis lors plusieurs voyages 
pour donner des concerts, particulièrement en 
Hollande. Les compositions de cet artiste con- 
sistent en fantaisies, caprices, pièces caracté- 
ristiques et de salon pour son instrument. 

SIINICO (Joseph), chanteuret compositeur, 
né à Trieste, vers 1812, a fondé dans cette 
ville une école dechantdonl il était directeur. 
Il y a eu un ténor de ce nom qui a chanté à 
Madrid, en 1841 , à Oporto, vers la même épo- 
que, puis à Florence et à Milan : j'ignore s'il 
y a identité. Sinico a fait représenter à Venise, 
en 1842, l'opéra intitulé / Virtuosi a Bar- 
cellona. On connaît aussi de lui des exercices 
de chant, et des romances italiennes publiées 
à Milan, chez Ricordi. 

SIIVN (Christophe-Albert) , géomètre du 
duc de Brunswick, fut employé dans la prin- 
pauté de Blankenbourg, et dans le comté de 
Stolberg, au commencement du dix-huitième 
siècle. Il est auteur d'un trailé du tempéra- 
ment des instruments à clavier, et particuliè- 
rement de l'orgue, en douze demi-tons égaux. 
Cet ouvrage a été publié avec une préface de 
Gaspard Calvoer, sous ce titre : Die aus ma- 
thematischen Grùnden richtig gestelle mu- 
sikalische Temperatura practica, das ist : 
Grundrichtige Vergleichung der 12 Semito- 
niorum in der Octave, etc.; Wernigerode, 
1717, in-4° de dix-sept feuilles, avec une pré- 
face de six feuilles. 

SIINZ1G (Georges-Louis), né en Bavière, 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle, 
fut moine de l'ordre de Citeaux et maître de 
chapelle au monastère de Kaisersheim, dans 
le duché de Neuhourg, sur le Danube. Il a fait 
imprimer de sa composition un recueil 
d'hymnes des vêpres des dimanches et fêtes 
de toute l'année, sons ce titre : Melpomene 
hymnisona, producens hymnos de Domi- 
nicis, et tempore, de proprio et communi 
sanctorum, aliisque diversorum religioso- 
rum ordinum principalioribus , per totius 
anni decursum, in ofjicio vespertino decan- 
tari solitos, à 1, 2, 3 et 4 voc, 2 violinis, 
2 violis, fagottis et B. C. opus 1; Augsbourg, 
1702, in-fol. 

SIRI (Jacoues), né à Gênes, vers 1770, fit 
ses études musicales à Turin, puis écrivit la 
musique de quelques ballets pour le théâtre de 
Milan. En 1791, il donna au théâtre Saint- 
Charles de Naples Recimero, opéra sérieux en 
deux actes. L'année suivante, il écrivit pour 
le théâtre Del Fonde- , l'opéra bouffe intitulé : 



48 



SIRI — SIVERS 



La Caccia inlerrotta, en un acte. On connaît 
aussi de sa composition II Trionfo d'Alcione, 
grande cantate avec orchestre. J'ignore si 
l'auteur de ces ouvrages est le père d'un jeune 
compositeur du même nom, élève du collège 
royal de musique de San Pietro a Majella, 
de Naples, qui a Tait représenter au théâtre 
du Fondo, en 1839, l'opéra bouffe intitulé 
Cento bugie, una verità; au mois de février 
1841, Una in tre, au même théâtre, et dans 
l'année suivante, La Fidanzata di Crossey, 
au théâtre Nuovo. Ce dernier ouvrage eut une 
chute complète. 

SIRMEN (Louis DE), violoniste et maître 
de chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, à Ber- 
game, est connu par trois tries pour deux vio- 
lons et basse, gravés à Paris, en 1709. 

SIRMEN (Madeleine LOURARDINI 
DE), femme du précédent, née à Venise, vers 
le milieu de 1735, fut admise au conservatoire 
des Mendicanti de cette ville, et y fit son édu- 
cation musicale. Devenue cantatrice habile et 
violoniste distinguée, elle ne sortit du conser- 
vatoire que pour aller à Padoue perfectionner 
son talent de violoniste, sons la direction de 
Tartini. Elle brilla en Italie comme rivale de 
Nardini, et se fil admirer aux concerts spiri- 
tuels de Paris dans des concerlosde sa compo- 
sition. En 1768, elle y .joua, avec son mari, 
une symphonie concertante pour deux violons. 
Arrivée à Londres, dans la même année, elle 
y excita la plus vive sensation par l'énergie et 
le brillant de son exécution; toutefois, il parait 
que ses succès finirent par être moins pro- 
ductifs dans celte ville, car elle consentit, en 
1774, à chanter les rôles de seconde femme 
dans quelques opéras sérieux. Huit ans après, 
elle élait attachée comme cantatrice à la mu- 
sique delà cour de Dresde. On n'a pas de ren- 
seignements sur la fin de sa vie. On a gravé de 
la composition de celte femme distinguée : 
1° Six trios pour deux violons et violoncelle, 
op. 1 ; Amsterdam. 2° Trois concertos pour 
violon, op. 2; ibid. 3° Trois idem, op. 3; 
ibid. 

SIROTTI (François), compositeur dra- 
matique, né à Reggio, vers le milieu du dix- 
huitième siècle, a fait représenter au théâtre 
Carcano, de Milan, en 1 793, 77 Pimmaglione, 
en un acte. Rappelé dans sa ville natale pour 
y occuper la place de maître de chapelle de la 
cathédrale, Sirolli composa plusieurs messes, 
vêpres et motels pour le service de celle église. 
Il a écrit aussi la musique de VAristodemo, 
cantate exécutée dans la salle de la société 
philharmonique de Reggio, le 8 mars 1811. 



La poésie de celle cantate, par Domenico Ber- 
lolini, de Reggio, a été publiée chez Davolio, 
en 1811, in-8°. J'ignore la date de la mort de 
Sirolli. 

SISTIISI (Théodore), musicien italien, né 
à Monza (Lomhardie), fut organiste de l'église 
Sainte-Marie, à Copenhague, au commence- 
ment du dix-septième siècle. Il a publié : 
Cantiones Irium vocum; Hambourg, 1000, 
in-4°. 

SITTER (André-Paul), professeur de mu- 
sique, né en Allemagne, vers 1750, suivit à 
Paris le baron de Bagge, dont il était secré- 
taire. En 1792, il entra à l'orchestre de l'Opéra 
comme alto et y resta jusqu'en 1817, où il eut 
sa retraite, après vingt-cinq ans de service II 
est mort à Passy, peu de temps après. On a 
gravé de sa composition, vingt-quatre duos 
pour deux violons, divisés en quatre œuvres; 
Paris, Sieber; Offenbach, André. 

SITTOGER (Conrad), moine de Saint- 
Biaise, dans la Forêt-Noire, au quinzième 
siècle, fut habile facteur d'orgues, et con- 
struisit, en 1474, l'orgue du couvent de Trud- 
bert, et en 1488, celui de l'abbaye de Saint- 
Biaise. 

SIVERS (Henri Jacques), professeur de 
philosophie et second pasteur de l'église alle- 
mande de Norkœping, en Suède, naquit à 
Lùbeck, dans la seconde moitié du dix-sep- 
tième siècle. Il fut membre de l'Académie des 
sciences de Berlin. Appelé à Rostock, en qua- 
lité de canlor , il y publia, en 1729, une 
biographie de vingt musiciens, la plupart cé- 
lèbres, et qui avaient rempli les fonctions de 
cantor dans quelques villes de l'Allemagne. 
Ce petit écrit a pour titre : Dissertatio can- 
torum eruditorum décades ditas exhibens, 
in-4° de trois feuilles. Matlheson en donna une 
traduction allemande accompagnée de notes, 
intitulée : M. H. J . Sivers geleltrler Cantor, 
bey Gelegenheit einer zu Rostock gehaltenen 
ffohs-Uebung , im zwanzig , ans den ge- 
scln'chten der Gelelirsamkeit ansgesucliten 
Exempeln, zur Probe, f'ertheidigung und 
Naclifolge vorgesteltet , etc.; Hambourg, 
1730, in-4° de trente-trois pages. Les cantors 
donl Sivers a donné les biographies abrégées 
sont Martin Arnold, Calvvilz, Michel Colet, 
Cruger, Malhias Eluo, Daniel Friderici, Jean 
kiilinau, Malhias Apelles de Lowenslein, 
Fr. Oppermann, Jacques Pagcndarm, Printz, 
Ouiersfeld, Georges Rhau, Jacques Roll, Sa- 
muel Riiling, Érasme Sarlorius , Georges 
Schicbel, Joachim et Wcslphal. L'éloge de Si- 
vers, par Jean-IIcnri de Siclem, a été publié 






SIVERS — S1V0RI 



49 



sous ce titre : EhrengeiLrchtniss H. Sivers 
cantoris; Lubeck, 1736, in-fol. 

SIVORI (Ernest-Camille), virtuose violo- 
niste, est né à Gênes, le 6 juin 1817. Sa mère 
était enceinte de lui lorsqu'elle entendit Paga- 
nini au théâtre Sant' Jgostino ; l'émotion 
profonde qu'elle en éprouva hâta la naissance 
de son fils : le lendemain de ce concert, elle 
donna le jour à Camille. Il n'était âgé que de 
cinq ans lorsqu'un musicien, nommé Restano, 
qui donnait des leçons de guitare à ses sœurs, 
lui apprit à faire la gamme sur un petit violon 
qu'on lui avait donné. Frappé de la juslessede 
ses intonations, cet homme disait souvent au 
père de son élève : On entendra parler de cet 
enfant. A six ans, Sivori commença l'élude 
régulière du violon sous la direction de Costa, 
artiste de l'ancienne écoleclassique de l'Italie, 
qui lui fit faire de rapides progrès. Revenu à 
Gênes, vers le même temps, Paganini eut oc- 
casion d'entendre le jeune violoniste, et recon- 
naissant en lui des dispositions extraordinaires, 
lui donna des leçons etcomposa pour lui six so- 
nates avec accompagnement de guitare, d'alto 
et de violoncelle, ainsi qu'un concertino, dont 
Sivori a conservé les manuscrits originaux. 
Paganini lui faisait jouer ces sonates dans 
diverses réunions musicales, l'accompagnant 
lui-même sur la guitare. Après le départ de 
son illustre maître, Sivori, resté sans guide, se 
proposa* pour modèle la manière du grand vio- 
loniste génois, dont il est aujourd'hui le plus 
habile imitateur. Arrivé à Paris, en 1827, le 
virtuose enfant, alors âgé de dix ans, joua dans 
plusieurs concerts et y fit admirer sa précoce 
dextérité de la main gauche. Je l'entendis alors 
et prédis, dans la Revue musicale, ses succès 
futurs, bien que j'exprimasse le regret de l'ex- 
ploitation prématurée d'un talent qui n'était 
qu'à son aurore. De Paris, Sivori se rendit en 
Angleterre, qu'il parcourut en donnant des 
concerts. De retour à Gênes, il y reprit l'étude 
sérieuscdeson instrument et de la composition. 
Jean Serra, bon musicien (voyez ce nom), qui 
cultivait avec succès les différents genres de mu- 
sique, lui enseigna l'harmonie et le contrepoint. 
Quelques années après, il recommença ses 
voyages et visita les diverses parties de l'Italie. 
Florence fut la première ville vers laquelle il se 
dirigea : il y donna deux concerts en 18-59, le 
premier au théâtre Standish, l'autre au théâtre 
Cocomero. Après avoir parcouru la Toscane, il 
fit le tour de l'Allemagne au bruit des applaudis- 
sements, puis il se rendit à Moscou etàPéters- 
bourg, où l'éclat deses succès ne s'est pas affaibli 
dans le souvenir des artistes et des amateurs. 

BIOGIÏ. «XIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



Arrivé à Bruxelles, dans l'hiver de 1841, 
Sivori y donna plusieurs concerts où il obtint 
de brillants succès, et dans lesquels je recon- 
nus que je ne m'étais pas trompé lorsque, dans 
son enfance, j'avais prévu qu'il serait un jour 
un artiste d'élite. Après avoir parcouru la 
Belgique, il se rendit en Hollande et y excita 
partout une vive admiration. Depuis 1827, Si- 
vori n'avait pas revu Paris; cependant, il com- 
prenait la nécessité de s'y faire entendre; 
parce que c'est de cette grande ville que 
rayonne la renommée des artistes dans toute 
l'Europe. Il y arriva au mois de décembre 
1842, et, le 29 janvier 1843, il exécuta, dans 
un concert de la Société du Conservatoire, la 
première partie d'un concerto de sa composi- 
tion. Son triomphe y fut complet, et l'impres- 
sion qu'il y produisit se manifesta parles té- 
moignages d'admiration de tout l'auditoire. 
A[)rès ce succès d'éclat, la Société des con- 
certs décerna à l'artiste une médaille d'hon- 
neur. Ce fut aussi dans cette saison qu'il se fit 
connaître par son rare talent dans l'exécution 
de la musique de chambre de Haydn, de 
Mozart et de Beethoven. Après cette expé- 
rience si remarquable de son talent dans 
la capitale de la France, Sivori partit pour 
Londres, où ses succès n'eurent pas moins 
d'éclat, particulièrement à cause des rapports 
de sa manière avec celle de Paganini. Pendant 
plus de deux années de séjour en Angleterre, 
il en visita tontes les villes principales ainsi 
que l'Irlande et l'Ecosse. En 1846, il se rendit 
en Amérique, dont les Étals du Nord l'arrêtè- 
rent longtemps. Il excita des transports d'en- 
thousiasme qui surpassèrent tout ce qu'avait 
produit jusqu'alors le talent des plus habiles 
instrumentistes dans cette partie du nouveau 
monde. Dans certaines villes, l'admiration des 
habitants alla jusqu'à joncher de fleurs le 
passage de l'artiste au retour de ses concerts. 
Des États du Nord, Sivori se rendit au Mexique, 
où le même accueil l'attendait. Toutefois, son 
talent lui fil courir un danger assez sérieux 
dans l'Amérique du Sud, car, traversant 
l'isthme de Panama, il eut à franchir un 
fleuve dans une barque conduite par quatre 
nègres. Or, l'idée d'essayer l'effet de la mu- 
sique sur ses rameurs lui étant venue, il tira 
son violon de l'étui et se mit à improviser. 
A l'instant même l'émotion de ces hommes fut 
si vive, qu'ils poussèrent des cris féroces. Pre- 
nant l'artiste pour un sorcier, ils se dispo- 
saient à le jeter dans la rivière : ce ne fut pas 
sans peine que, par une distribution de cigares 
et d'eau-de-vic, il parvint à les calmer. Après 

4 



50 



SIVORI 



celte aventure, Sivori parcourut le Pérou et le 
Chili, traversant les déserts à cheval, armé 
d'un fusil, et toujours accompagné de son in- 
strument. A Valparaiso, il trouva passage sur 
une frégate anglaise qui le conduisit à Rio de 
Janeiro. Il venait d'y donner plusieurs con- 
certs avec le succès accoutumé, lorsqu'il fut 
saisi par la fièvre jaune, qui faillit l'enlever 
(1849). Lorsqu'il fut rétabli, il se rendit à 
Buenos-Ayres, où il retrouva son premier 
maître, Restano. De là. il alla à Montevideo, où 
l'attendait un accueil enthousiaste. Enfin, 
après huit années d'absence, l'ardent désir 
qu'il éprouvait de revoir sa famille et sa patrie 
le ramena à Gènes, dans l'été de 1850. Les ri- 
chesses qu'il avait amassées dans ses lointaines 
pérégrinations lui composaient une véritable 
fortune; malheureusement, il se laissa per- 
suader de placer tout ce qu'il possédait dans 
une affaire industrielle; l'entreprise ne réus- 
sit pas, et de tout son capital, il sauva à peine 
la huitième partie. Après cet échec, ses projels 
de repos durent être abandonnés, et l'artiste 
fut obligé de recommencer sa carrière de vir- 
tuose. 

Ce fut vers l'Angleterre qu'il se dirigea. Il 
y fil un long séjour, la parcourut fout entière 
à plusieurs reprises, ainsi que l'Irlande et 
l'Ecosse. En 1853, Sivori quitta Londres pour 
aller en Suisse, qu'il n'avait point encore visi- 
tée. Il prit sa route par la France; mais au 
moment où il croyait atteindre le but de son 
voyage, un malheur vint le frapper: la voiture 
qui le transportait versa sur la route de Ge- 
nève, et l'artiste eut le poignet fracturé. Le 
traitement ordinaire pour les accidents de celle 
espèce lui fut administré par un médecin ha- 
bile ; toutefois, Sivori attribue la rapidité de sa 
guérison à l'emploi du magnétisme. Quoiqu'il 
en soit, un mois suffit pour lui faire retrouver 
l'usage de son bras, et par une sorte de mi- 
racle, la souplesse de son archet ne s'est jamais 
ressentie des suites de sa chute. Deux mois 
après, le violon de Sivori charmait les habi- 
tants des treize cantons. Après cette tournée, 
il se rendit en Italie, où des ovations de tout 
genre lui furent décernées. Après avoir joué, 
le 15 décembre 1853, au théâtre de la Pergola 
de Florence, il retourna à Gènes pour l'inau- 
guration du théâtre d'Jpollon, puis il alla 
charmer la France méridionale, qu'il parcou- 
rut dans les deux directions, vers les Alpes et 
vers les Pyrénées. Il serait impossible d'énu- 
mérer dans celle notice l'immense qnanlité de 
concerts qu'il y donna dans les années 1854 
et 1855. Il serait également difficile de 



suivre l'artiste dans ses voyages multipliés en 
France, en Espagne, en Portugal, en Bel- 
gique, en Hollande, dans les provinces rhé- 
nanes et en Allemagne; mais je ne terminerai 
pas ce récit abrégé sans mentionner une des 
épreuves les plus dangereuses et les plus hono- 
rables pour le talent du célèbre violoniste. Il 
se trouvait à Paris, en 1802; on lui fit la pro- 
position de jouer dans un grand concert orga- 
nisé au profil des pauvres, sous le patronage du 
comte Walewski , et dans lequel devait jouer 
l'excellent violoniste Alard. C'était une idée 
bizarre, déraisonable, car on ne doit jamais 
mettre en comparaison immédiate deux talents 
de même espèce, dont l'un ou l'autre peut se 
trouver dans des conditions défavorableset être 
mal jugé. Sivori fit des objections contre la de- 
mande qui lui était faite, mais il dut céder à 
l'insistance qu'on y mit. Alard joua le premier; 
le morceau qu'il avait choisi était le concerto de 
Mendelssohn; il y déploya le lalent qu'on lui 
connaît et fut chaleureusement applaudi dans 
tous les morceaux. Le concert était long, si long 
même que lorsque ce fut le tour de Sivori de 
se faire entendre dans le grand concerto de 
Paganini en si mineur, il était plus de onze 
heures du soir, et le public était aussi fatigué 
que l'orchestre. Néanmoins, le majestueux 
tutti du concei loeul bientôt réveillé l'attention 
de l'assemblée, et Sivori se montra si grand 
artiste dès le premier solo, que tout» la salle 
éclata en applaudissements frénétiques. Ce 
succès se soutint jusqu'à la fin du concerto de- 
vant l'auditoire de quatre mille personnes 
qui encombrait la salle du cirque Napoléon. 

Sivori n'est pas seulement un des plus re- 
marquables violonistes de l'époque actuelle 
dans la musique de chambre, comme il est un 
des plus étonnants virtuoses de concert ; il est 
aussi grand lecteurà première vue: j'en ai eu la 
preuve dans un de ses séjours à Bruxelles, lors- 
que je lui présentai deux compositions nou 
encore publiées et fort difficiles qu'il déchiffra 
sans hésitation , entrant immédiatement dans 
le caractère de la musique, avec la même sû- 
reté que s'il l'eût étudiée. Parmi ses propres 
compositions, on remarque: 1° Premier con- 
certo (en mi bémol) pour violon et orchestre. 
2° Deuxième concerto (en la) idem. 3" Fantai- 
sie caprice (en mi majeur) pour violon et or- 
chestre ou piano. 4° Deux duos concertants 
pour piano et violon. 5° Tarentelle napoli- 
taine pour violon et orchestre ou piano. 
6° Fleurs de Naples, grande fantaisie, idem. 
7° Variations sur le thème : Nel cor piu non 
mi senlo, idem. 8° Variations sur le Pirate, 



SIVORI — SLAMA 



51 



de Bellini, idem. 9° Variations sur un thème 
de la Sonnanbula, pour la quatrième corde. 
10°Fantaisie sur la Sonnanbula eu' Pur itani. 
1 1° Fantaisie sur le Zapateado, air populaire 
de Cadix. 12° Les Folies espagnoles, morceau 
de genre imitatif. 15° Carnaval de Cuba. 
14° Carnaval du Chili. 15° Carnaval amé- 
ricain. 16° Trois romances sans paroles avec 
piano. 17° Souvenir de Norma, avec quatuor 
ou piano. 18° Fantaisie sur le Ballo in mas- 
chera. 19° Fantaisie sur le Trouvère. 

Sivori a été fait chevalier de l'ordre des 
SS. Maurice et Lazare par le roi d'Italie, en 
1855; chevalier de l'ordre de Charles III, par 
la reine d'Espagne, en 1856, et chevalier de 
Tordre du Christ, par le roi de Portugal, dans 
la même année. 

SIXT (Jean), dont le nom de famille était 
DE LERCHENFELS , naquit à Prague, 
vers le milieu du seizième siècle. Il fut d'ahord 
attaché à la musique de Rodolphe II en qualité 
de chanteur, puis il eut le titre de directeur de 
musique de l'église des Jésuites, à Olmtllz, où 
il fut honoré, en 1597, de la dignité de bache- 
lier en philosophie. L'empereur lui accorda 
successivement des canonicats à Bautzen, à 
Bunzlau, et à Saint-With, au château de 
Prague. Enfin, il eut la préfecture à Leitme- 
ritz, où il mourut en 1G29, dans un âge très- 
avancé. Il a publié à Prague, en 1626, un re- 
cueil intitulé: Triomphus etvictoria Joannis 
comitis Tilli, ligas calholicas ducis, in-folio. 
On y trouve : 1» Un Te Deum à quatre voix, 
dédié à l'empereur Ferdinand. 2° Un Magni- 
ficat à quatre voix. 5°Sonetti italiani aAvoci 
per sonare e cantare. 4°Sonetto a 4 voci délia 
Battaglia di Praga. 

SIXT (Jean Auguste), né à Geislingen, 
dans le Wurtemberg, vers le milieu du dix- 
huitième siècle, fut d'abord organiste à Heil- 
bronn, puis fut attaché en la même qualité à 
une des églises de Strasbourg ; mais il ne resta 
pas longtemps dans cette position, car on le 
retrouve à Lyon, comme professeur de piano, 
vers 1780. Plus tard, il retourna en Allemagne, 
et publia ses dernières compositions à Augs- 
bourg, en 1800. On connaît de cet artiste : 
1° Trois sonates, dont deux pour clavecin et 
violon, et la troisième pour deux clavecins; 
Lyon, 1780. 2° Douze Lieder, ou chansons 
allemandes avec accompagnementdeclavecin ; 
Bâle, 1791. 3° Sonate pour piano seul; Offen- 
bach, André. 4° Six cantiques spirituels à 
quatre voix ; Augsbourg, Gombart. 5° Trois 
sonates pour clavecin, violon et basse, op. 8 ; 
ibid. 



SRIVA (Joseph), pianiste et composileur, 
né en Hongrie vers 1812, a fait ses études 
musicales au Conservatoire de Vienne, et s'est 
fixé dans cette ville, après avoir fait un voyage 
en Italie. Au nombre de ses productions pu- 
bliées, on remarque : 1° Introduction et varia- 
tions pour piano sur le Lied : Heil dir, mein 
Vaterland; Vienne, Diabelli. 2° Fantaisie 
sur des thèmes de Maria di Rohan, op. 12; 
ibid. 3° Romance de Guido et Ginevra, variée 
pour piano, op. 13; ibid. 4° Fantaisie sur l'air 
favori : An meine Rosen, op. 16; ibid. 
5" Poëme d'Amitié, andante, pour piano, 
op. 17; ibid. 6° Impression de l'Italie, im- 
promptu lyrique, pour piano, op. 18; ibid. 

SKUAUP (Jean), compositeur, né en Bo- 
hême, dans les premières années du dix-neu- 
vième siècle, était second chef d'orchestre du 
Théâtre-National de Prague, en 1830, et fut 
premier chef au même théâtre quelques an- 
nées après. Il a écrit pour cette scène plusieurs 
opéras-comiques en langue bohème et en alle- 
mand, au nombre desquels on cite : La Fian- 
cée du gnome, représentée en 1836, et Udal- 
richet Fozena, en 1833. On connaît aussi de 
cet artiste des ouvertures de concert et des 
symphonies exécutées à Prague, depuis 1838 
jusqu'en 1845, des quatuors pour des instru- 
ments à archet, et une messe (en ré mineur) à 
quatre voix , orchestre et orgue, publiée à 
Prague, chez Hoffmann. 

SKRAUP (François), frère du précédent, 
est pianiste et compositeur à Prague. On a pu- 
blié de sa composition : 1° Trio pour piano, 
clarinette et violoncelle, op: 27; Prague, 
Hoffmann. 2° Trio pour piano, violon ou 
flûte et violoncelle, op. 28; ibid. 3° Beaucoup 
de petites pièces et de sonates pour piano 
seul. 

SK.RYDANECK (Joseph), organiste dis- 
tingué, né à Melnick, en Bohême, vers 1760, 
fit ses études au collège des Jésuites de Ma- 
riœnschein, puis il alla suivre les coursde philo- 
sophie à Prague, où il prit des leçons de Seegr 
pour l'orgue et le clavecin. De retourà Melnick, 
il y fut fait directeur de chœur; mais après 
quelques années passées dans les fonctions de 
cette place, il accepta celle d'organiste à Lann, 
où il mourut à la fleur de l'âge. Cet artiste dis- 
tingué, qui fut considéré comme un des meil- 
leurs organistes de la Bohême, a laissé en 
manuscrit six belles sonates pour le piano, 
une sérénade, et plusieurs autres composi- 
tions. 

SLAMA (Antoine), excellent contre- 
bassiste, est né à Prague, le 4 mai 1804. 

4. 



52 



SLAMA — SLOPER 



Admis au Conservatoire de celle ville dans 
sa douzième année, il y apprit à jouer du 
trombone sous la direction de François 
AVeiss, puis devint élève du célèbre Wenzel- 
Ilause pour la contrebasse, et fit honneur 
à son maître par la rapidité de ses progrès. 
Après six années d'études, Slama sortit du 
Conservatoire de Prague, et fut employé au 
théâtre de cette ville, d'abord comme trom- 
pette, puis comme trombone. En 1824, il fut 
engagé comme première contrebasse au 
théâtre de Ikide, en Hongrie; cinq ans après, 
on l'appela pour le même emploi à l'Opéra de 
la cour de Vienne, puis il reçut sa nomination 
de première contrebasse de la cathédrale de 
celte capitale, et enfin celle de professeur au 
Conservatoire. Il a écrit pour ses élèves une 
bonne méthode de cet instrument, intitulée : 
Contrebass Schule; Vienne, Haslinger, 1830. 
SLAWJK (Joseph), violoniste, né le 
l or mars 1806, à Ginelz, en Bohême, était 
fils d'un maître d'école qui lui enseigna, dès 
sa septième année, les éléments de la musique, 
du violon, du piano et de l'orgue. A l'âge de 
dix ans, il entra au Conservatoire de Prague, 
et y devint élève de Pixis, professeur de violon 
d'un mérite reconnu. Pendant son séjour dans 
celte école, il composa un concerto de violon, 
un quatuor pour cet instrument, et des varia- 
tions. Au mois de février 1825, Slawjk se ren- 
dit à Vienne, et y produisit une assez vive 
sensation dans son premier concert. Son séjour 
dans la capilale de l'Aulriche fut d'environ 
quatre ans; ce fut dans la dernière année 
qu'il entendit Paganini, dont le talent fantas- 
tique fit sur lui une profonde impression. Dès 
ce moment, il se le proposa pour modèle. 
L'illustre violoniste s'intéressa au jeune ar- 
lisle et lui donna des conseils. Après le départ 
de Paganini, Slawjk se rendit à Paris, dans le 
dessein d'y étudier la manière de Baillot; mais à 
peine y était-il arrivé, qu'il y reçut sa nomi- 
nation démembre titulaire de la chapelle im- 
périale, ce qui l'obligea de retournera Vienne. 
Après plusieurs années d'études, il reparut en 
public, et y fit admirer son adresse dans ses 
imitations de la manière de Paganini. Le 
28 avril 1853, il donna son dernier concert à 
Vienne, et partit pour un long voyage; mais 
une fièvre nerveuse dont il fut saisi à Peslh, le 
mit au tombeau le 50 mai suivant, à l'âge de 
vingt-sept ans. Ce jeune artiste, enlevé pres- 
que au début de sa carrière, a publié de sa 
composition : 1° Grand pot-pourri pour violon 
avec quatuor, op. 1 ; Vienne, Diabelli. 2° Fan- 
taisie idem, ibid. II a laissé en manuscrit 



trois concertos, quatre airs variés, un qua- 
tuor, un rondeau. 

SLEGEL (Valentin), musicien allemand, 
vécut dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Il a publié de sa composition : 12 Lieder aus 
der Heil. Sckrift komponirt (Douze cantiques 
composés sur dus textes de l'Écriture sainte); 
Mulhausen, 1578, in-4°. On trouve des exem- 
plaires de cet ouvrage avec le titre latin : Duo- 
decim cantilenx ex sacrosancta Scriplura 
desumptx ac musicis numeris quant jucun- 
dissime redditœ; Jî/ulhusii } per Georyium 
Hantzsch, 1578, in-4° obi. 

SLEVOGT (Théophile), docteur en droit 
de l'université de Jéna, et avocat à Altenbourg, 
au commencement du dix-huitième siècle, est 
connu par un livre qui a pour litre : Grund- 
liche Untersuchung von den Rechten der Al- 
txre, Taufsteine , Beichlstiïlrfc , Predigt- 
sliihle, Kirchstxnde , Gotteskaslcn,*Orgeln, 
Kirchenmusik, Glocken, etc. (Examen appro- 
fondi de ce qui concerne l'a u le), les fonts bap- 
tismaux, le confessionnal, la chaire, les bancs 
d'église, le tabernacle, les orgues, la musique 
d'église, les cloches, etc.); Jéna, 1732, in-8°. 
La septième division contient les questions de 
droit relatives à la musique d'église, aux or- 
gues, aux cloches, etc. 

SLOCZYINSKI (Adalbert), maître de 
chapelle de l'église métropolitaine de Saint- 
Jean, à Varsovie, et compositeur de musique 
religieuse, est né en 1808, à Leznisk (en Gal- 
licie). Il fut d'abord exécutant sur le violon, la 
clarinette, le piano, et commença sa carrière à 
Pulavvy, sous la direction de Raszek. Après 
avoir écrit trois messes à Pulavvy, il alla 
d'abord à Lublin, puis il s'établit à Varsovie. 
Appelé à la direction de la musique de la cathé- 
drale de cette ville, il écrivit à quatre voix les 
hymnes et les psaumes du dimanche de Pavent 
qu'on chante à l'église Saint-Jean, ainsi qu'un 
offertoire, sa messe n° 1, avec accompagne- 
ment d'orgue, exécutée pour la première fois 
en 1848, un Te Deum et une messe pastorale, 
pour la fête de Noël, en 1850. 

SLOPER (E.-H. LIIXDSAY), professeur 
de piano et compositeur, est né à Londres, le 
14 juin 1826. Aimant la musique, ses parents 
le laissèrent suivre son penchant pour cet art. 
Après avoir fait des éludes élémentaires de 
piano sous un maître dont le nom n'est pas 
connu, il reçut les leçons de Moschelès pen- 
dant plusieurs années. D'après le conseil de 
cet artiste célèbre, il se rendit sur le continent 
en 1840, et s'établit d'abord à Francfort, où il 
continua l'élude du piano sous la direction 



SLOPER — SMITH 



53 



d'Aloys Schmitl; puis il alla à Heidelberg et y 
fit un coins d'harmonie et de contrepoint chez 
Charles Vollweiler (voyez ce nom). Arrivé à 
Paris, en 1841, il y continua l'étude de la 
composition sous la direction de Boisselot. 
Pendant un séjour de plusieurs années dans 
celte ville, M. Lindsay-Sloper se fit entendre 
dans plusieurs concerts. De retour à Londres, 
en 1840, il joua avec beaucoup de succès dans 
une"des matinées musicales de la Musical 
union. Depuis cette époque, il s'est adonné à 
l'enseignement du piano. Ses compositions les 
plus connues sont : 1° Czarlorinska, trois 
mazurkes, op. 1. 2° Henriette, grande valse, 
pour le piano, op. 2. 3° Vingt-quatre études 
dédiées à Slephen Heller, op. 5. 4° Sérénade et 
canzonette, op. 12. 5" Douze études de salon, 
op. 13. G" Sonate pour piano et violon. 7° Six 
chansons anglaises à voix seule avec accompa- 
gnement de piano, op. 8. 8° Scène pour voix 
de contralto avec orchestre. 

SMETIIEUGELL (J.) , professeur de 
piano à Londres, vécut dans cette ville, vers la 
fin du dix-huitième siècle. Il s'est fait con- 
naître par un traité de l'harmonie pratique in- 
titulé : A Treatise on thorouglibass ; Lon- 
dres, 1794, in-4°. On a aussi de sa composition : 
1° Trois sonates pour le clavecin ou piano ; 
Londres, Longman et Broderip. 2° Six ouver- 
tures exécutées au jardin du "Waux-Hall, Lon- 
dres, Preston. 3° Leçons pour le piano; Lon- 
dres, Clementi. 4°Sonates idem, ihid. 5° Solos 
faciles pour le violon ; ibid. 

SMITH (Robert), professeur de physique, 
de philosophie expérimentale et d'astronomie, 
à l'université de Cambridge, naquit dans celle 
ville, en 1689. Il était fort jeune lorsqu'il se 
livra à l'élude des mathématiques et de la phy- 
sique; ses progrès furent rapides, et bientôt 
il fut en étatd'entendre les ouvrages de Newton 
et d'en comprendre la valeur. Après la mort 
de Coles, son parent et son ami, il lui succéda 
dans la chaire de physique à l'université de 
Cambridge. Il mourut dans cette ville, en 17C8, 
à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Son grand 
Traité d'optique, dont il y a plusieurs traduc- 
tions françaises, a eu beaucoup de célébrité. 
Smith n'est placé dans ce dictionnaire que 
pour un fort bon livre qu'il a publié sous ce 
litre : Harmonies, or the philosophy of mu- 
sical sounds (Les harmoniques, ou philoso- 
phiedessonsmusicaux); Cambridge, Benlham, 
1749, un volume in-8° de deux cent quatre- 
vingt-douze pages avec vingt-cinq planches. 
La deuxième édition de cet ouvrage avec des 
changements et des additions (much impro- 



ved and augmented), a paru sous le même 
titre, à Londres, chez Merrill, en 1759, un vo- 
lume in-8° de deux cent quarante pages avec 
vingt-huit planches. Il y a des exemplaires 
de celle édition avec une addition concernant 
un clavecin à intervalles variables de l'inven- 
tion de l'auteur (Postscript upon the chan- 
geable harpsichord): ils portent la date de 
Londres, 1762. Smith avait déjà donné la des- 
cription de cet instrument dans l'appendix de 
la première édition (p. 244-280), avec des corol- 
laires à diverses propositions de l'ouvrage. La 
théorie des intervalles et des divers systèmes 
de tempérament n'a été traitée dans aucun livre 
avec plus de profondeur que dans celui de 
Smith. 

SMITH (Jean-Christophe), et non Jean- 
Chrétien, comme l'ont appelé Gerber et ses 
copisles, naquit à Anspach, en 1712. Son nom 
véritable était SCHMID, mais il en changea 
l'orthographe pendant son séjour en Angle- 
terre. Son père, lié d'une intime amilié avec 
Ilsendel, le suivit à Londres, et y fit venir sa 
famille quelques années après. A l'âge de 
treize ans, le jeune Smilh, animé d'un goût 
passionné pour la musique, fut placé sous la 
direction de Hsendel, pourses éludesdecompo- 
sition ; c'est le seul élève que ce grand maître 
ait formé. Pendant que Smith se livraitavecar- 
deur au travail, une maladie sérieuse se déclara 
et laissa peu d'espoir de guérison ; mais ce 
fut une heureuse circonstance pour lui, car le 
docteur Arbulhnot, dont l'habileté le sauva, 
l'attira ensuite dans sa maison, et lui fit faire 
la connaissance de Swift, Pope, Gray et Con- 
greve, alors les plus célèbres littérateurs de 
l'Angleterre. A l'âge de vingt ans, Smilh com- 
posa son premier opéra (Teraminta), qui fut 
représenté à la fin de 1732. En 1740, il ac- 
cepta la proposition qui lui était faite par un 
gentilhomme pour qu'il l'accompagnât dans 
le midi de la France; il finit à Aix, en Pro- 
vence, le dernier acte de son Dario, et com- 
posa quelques scènes de VArtaserse, de Mêla- 
stase, en 1748; puis ildemeura quelque temps 
à Genève. De retour en Angleterre, Smilh y 
trouva Haendel devenu aveugle, el fut obligé 
d'écrire ses compositions sous sa dictée et de le 
remplacera l'orgue pour l'exécution des ora- 
torios. L'attachement filial qu'il eut pour son 
illustre maître fut récompensé par le don que 
celui-ci lui fit en mourant de tous ses manu- 
scrits originaux. Après le décès de Heendel, 
son élève continua l'entreprise de l'exéculion 
annuelle des oratorios, et en écrivit plusieurs, 
dans lesquels il a montré moins de génie que 



54 



SMITH 



d'habileté à imiter le style de son maître. L'en- 
treprise des oratorios cessa d'être productive 
quelques années après la mort de Haendel, et 
Smith, après avoir perdu ce qu'il avait gagné 
d'abord, fut obligé d'abandonner cette spécu- 
lation, et de se retirer dans une maison qu'il 
possédait à Bath. Il y mourut en 1795. 

Les meilleures compositions de Smith sont 
ses opéras inlitutés : The Fairies, the Tem- 
pest, ses leçons pour le clavecin, publiées à 
Londres, et son oratorio le Paradis perdu. 
Quelques airs de ses ouvrages inédits ont été 
gravés à la suite du livre intitulé : Anecdotes 
of George Frederick Handel andJohn-Chris- 
topher Smith (Londres, 1799, grand in-fol.), 
où l'on trouve un beau portrait de Smith. Voici 
la liste complète des compositions de cet ar- 
tiste : I. Opéras anglais : 1° Teraminta, en 
trois actes, 1752. 2 P Ulysses, 1755. 2"(bis)Ro- 
salinda, en trois actes, 1759. 5° The Fairies, 
en trois actes, 1756. La partition de cet ou- 
vrage a été publiée. 4° The Tempest (la Tem- 
pête), en trois actes, 1756, partition gravée à 
Londres. 5° Médée (non achevé). II. Opéras 
italiens : 6° Dario, en trois actes, 1740. 
7° Issipile, 174G. 8" Il Ciro riconosciuto, en 
trois actes. III. Oratorios : 9° Paradise lost 
(le Paradis perdu), en trois parties, 1758. 
10° David' s lamentation over Sauland Jo- 
nathan (Complainte de David sur la mort de 
Saul et de Jonathan), 1758. 11" Nabal, 1764. 
12° Gédéon, 1769. Une partie de cet ouvrage a 
été prise dans les œuvres de Haendel. 15° Ju- 
dith, en trois parties. 14 Q Josaphat, en deux 
parties. Cet ouvrage n'a point été exécuté. 
15° La Rédemption , en trois parties (inédit). 
IV. Mélanges : 16° Service funèbre. 
\1° Daphné, pastorale de Pope, 1746. 18° Les 
Saisons, cantate en deux parties. 19° Fugues 
pour l'orgue, composées en 1754 et 1756 (iné- 
diles). 20° Leçons (sonates 1 , pour le clavecin, 
publiées plusieurs fois à Londres. 21° Thame- 
sis, Jsis et Protée, cantates composées pour le 
prince de Galles. 22° Quelques scènes d'Arta- 
serse, de Métastase. 

SMITH (Amand ou Amédée- Guillaume), 
docteur en médecine, vécut à Berlin, vers 1780, 
puis à Vienne, et en dernier lieu en Hongrie. 
On a de lui quelques ouvrages de médecine, et 
un livre intitulé : Philosophische Fragmente 
iiber die prahtische Musik (Fragments philo- 
sophiques sur la musique pratique); Vienne, 
1787, in-8° de cent soixante-quatre pages. 

SMITH (T.), claveciniste et compositeur, 
né vraisemblablement dans le Hanovre, vivait 
à Berlin, dans la seconde moitié du dix-hui- 



tième siècle. Il a fait imprimer dans celle 
ville : 1° Trois sonates pour le piano à quatre 
mains, op. 1. 2° Trois sonates pour piano seul, 
op. 2. 3° Trois idem, op. 5. 4° Trois idem, 
op. 4. 5° Trois concertos pour le clavecin. 

SMITH (Jean STAFFORD), né à Glouces- 
ter, vers 1750, était fils d'un organiste qui lui 
enseigna les premiers principesde la'musique. 
Smith fut ensuite envoyé à Londres pour y con- 
tinuer ses études, sous la direction de Boyce. 
La beaulé de sa voix lui fil obtenir une place 
de chanteur à la chapelle royale, et, quelques 
années après, il fut nommé organiste de cette 
chapelle. Cet artiste est mort en 1826. Il a fait 
graver à Londres beaucoup de glees à quatre 
et cinq voix, et A collection of songs of va- 
rious kinds for différent voices; Londres, 
1785, in-fol. On lui doit une très-intéressante 
collection d'ancienne musique d'église par des 
compositeurs anglais, depuis le douzième 
siècle jusqu'au dix-huitième, intitulée : Mu- 
sica antiqua, a sélection of Music from the 
tivelfth to the eighteenth century ; Londres, 
1812, deux volumes in-fol. 

SMITH (John SPEACER), docteur en 
droit civil de l'université d'Oxford, membre de 
la Société royale de Londres, et de plusieurs 
autres sociétés savantes de l'Angleterre et de 
la France, naquit à Londres, d'une famille ca- 
tholique, le 11 septembre 1769, et mourut à 
Caen (Normandie), où il s'était fixé, le 5 juin 
1 845. Au nombre de ses écrits sur divers sujets, 
on remarque : Mémoire sur la culture de la 
musique dans la ville de Caen et dans Van- 
tienne Basse- Normandie, lu à l'Académie de 
Caen, le 10 novembre 1826, et imprimé dans 
le recueil de cette société (années 1825-1828). 
Il y a des tirés à part de ce mémoire; Caen, 
T. Chalopin, 1828, in-8° de trente-six pages. 

SMITH (Charles), né à Londres, en 1786, 
montra dès son enfance d'heureuses disposi- 
tions pour la musique, qui furent cultivées 
d'abord par son père; puis il devint élève du 
docteur Ayrlon. En 1809, il commença à écrire 
pour le théâtre. Son premier ouvrage fut une 
farce intitulée : Ves or no (Oui ou non). Cette 
pièce fut suivie du mélodrame The Tourist 
friends (les Voyageurs amis), de Any thing 
new? (Rien de nouveau?), et de quelques au- 
tres ouvrages dont plusieurs eurent de bril- 
lants succès. En 1815, Smith épousa mademoi- 
selle Booth, de Norwich, habile pianiste : dans 
l'année suivante, tous deux se fixèrent àLiver- 
pool, où ils habitaient encore en 1830. Depuis 
cette époque, Smith a publié plusieurs morceaux 
pour le piano et pour le chant. 



SNEEDORF — SNEL 



55 



SNEEDORF (Frédéric), savant danois, 
mort à Copenhague, en 1792, est auteur d'une 
bonne dissertation intitulée : De hymnis ve- 
teram Grxcorum. Accedunt très hymni 
Dionysio adscripti. Hafnix, 1786, in-8° de 
soixante-douze pages. 

SNEGASS (Cyriac). l'oyez SCIINE- 
GASS. 

SNEL (Joseph-François), né à Bruxelles, 
le 50 juillet 1795, fit voir, dès ses premières 
années, que la nature l'avait organisé pour la 
musique. Parvenu à l'âge de huit ans, au mo- 
ment où le concordat entre la France et la 
cour de Rome venait de faire rouvrir les tem- 
ples au culte catholique, il devint enfant de 
chœur à l'église Saint-Nicolas, où il reçut sa 
première instruction musicale. Son intelligence 
et sa jolie voix lui firent bientôt confier les 
solos de soprano par le maître de chapelle, et 
la foule se pressait dans l'église aux fêtes so- 
lennelles pour entendre lepetit choral, comme 
on l'appelait alors. Après ces premiers succès 
de l'enfance, Snel, parvenu à saonzièmeannée, 
montra d'heureuses dispositions pourleviolon, 
et fut confié, pour l'étude de cet instrument, 
aux soins de Corneille VanderPlanken, artiste 
distingué et premier violon solo du Grand- 
Théâtre de Bruxelles, dont il reçut les leçons 
pendant cinq ans. 

Snel était parvenu à l'âge de dix-huit ans, 
et déjà il était compté parmi les meilleurs vio- 
lonistes de sa ville natale, lorsqu'un amateur, 
auquel il avait inspiré de l'intérêt, décida son 
père à l'envoyer au Conservatoire de Paris, 
pour y perfectionner son talent. Admis dans 
cette école, au mois d'avril 1811, il y devint 
élève du célèbre professeur Baillot, pour le 
violon, et, dans le même temps, il étudia l'har- 
monie sous la direction de Dourlen, qui, alors, 
était suppléant au cours de Calel. Pendant 
cette période des études de Snel, une place de 
premier violon devint vacante au théâtre du 
Vaudeville; elle fut mise au concours, et le 
jeune violoniste belge l'emporta sur ses com- 
pétiteurs par la manière brillante dont il lutet 
exécuta, à première vue, le morceau qui lui fut 
présenté. 

Les désastres de la campagne de Russie, 
suivis de ceux de 1813, avaient compromis le 
sort de l'empire; déjà les armées alliées enva- 
hissaient le territoire français, et tout annon- 
çait que la Belgique en serait bientôt séparée ; 
dans cette situation, la famille de Snel le rap- 
pela à Bruxelles, où il arriva au mois de dé- 
cembre 1813. Après la paix de Pannée suivante 
et la fondation du royaume des Pays-Bas, 



il obtint, dans la nouvelle organisation du 
Grand-Théâtre, une des places de premiers 
violons de l'orchestre, et commença sa répu- 
tation de virtuose violoniste dans les concerts 
de cette époque. Après la mort de Gensse, ar- 
tiste de grand mérite, Snel lui succéda dans la 
place de premier violon solo du Théâtre-Royal, 
qu'il occupa avec distinction pendant dix 
ans. 

En 1818, le système d'enseignement de la 
musique par la méthode du méloplaste, ima- 
ginée par Galin, eut un grand retentissement 
par les cours que faisait ce professeur à Paris. 
Cette nouveauté fixa l'attention de Snel, qui, 
de concert avec Mees, musicien instruit, établit 
une école sous le titre d'Académie, où les 
éléments de la musique et du chant étaient 
enseignés d'après cette méthode. Snel la pro- 
pagea également dans des cours qu'il ouvrit à 
Y Athénée, où il était professeur de violon. 
A la même époque, il faisait, à l'école de la rue 
des Minimes, un cours de musique par la mé- 
thode de l'enseignement mutuel et simultané 
deWilhem; ce cours ne comptait pas moins 
de quatre cents élèves. Sa prodigieuse activité 
suffisait alors à une multitude d'occupations 
de tout genre; car, non-seulement, il devait 
assister à toutes les répétitions et représenta- 
tions du théâtre, mais il faisait des cours à son 
académie de musique, à l'Athénée, donnait 
une immense quantité de leçons particulières, 
dirigeait les concerts, était premier violon et 
chef de la musique particulière du roi Guil- 
laume I er , et, enfin, il écrivait un grand nombre 
de compositions pour toutes les sociétés d'har- 
monie de la Belgique; ce qui ne l'empêchait 
pas de c< iposer pour le Théâtre-Royal la mu- 
sique de plusieurs ballets, parmi lesquels on 
remarque : Frisac, ou la double Noce, en 
deux actes, représenté le 13 février 1825, dont 
l'ouverture, arrangée pour piano à quatre 
mains, a été gravée à Bruxelles ; le Page in- 
constant, en trois actes, joué le 27 juin de la 
même année ; le Cinq Juillet, en un acte, 
éerit en collaboration avec M. Charles-Louis 
Hanssens jeune, et joué le 9 juillet 1825; 
Pourceaugnac, en trois actes, représenté le 
3 février 1826; les Enchantements de Poli- 
chinelle, le 8 mars 1829; les Barricades, en 
un acte, 3 février 1830 ; et dans l'espace d'en- 
viron dix ans, la musique de plusieurs mélo- 
drames. En 1828, Snel fut nommé directeur de 
l'école normale des chefs de musique de l'ar- 
mée des Pays-Bas, en récompense d'une mé- 
thode élémentaire de musique qu'il avait rédi- 
gée pour les soldats ; en 1829, il reçut le titre 



56 



SNEL 



d'inspecteur générai des écoles de musique 
fondées près des différents corps de l'armée. 

Devenu chef d'orchestre du Grand-Théâtre 
de Bruxelles, après la révolution de 1850, Snel 
fit preuve, dans celte nouvelle position, d'une 
rare intelligence musicale et scénique, amé- 
liora le personnel de l'orchestre par le choix 
heureux de plusieurs artistes de talent, et ren- 
dit l'exécution plus ferme et plus colorée dans 
ses nuances. Deux fois, il a occupé le même 
emploi, et deux fois il s'en est retiré lorsque 
de nouveaux entrepreneurs voulaient faire des 
économies aux dépens de la bonne composi- 
tion de l'orchestre. Chargé de la direction de 
celui de la Société de la Grande-Harmonie 
depuis 1831, il mit également tout ses soins 
à en améliorer l'organisation et le personnel. 
Grâce à la bonne impulsion qu'il lui donna, cet 
orchestre d'harmonie lit, en peu de temps, de 
grands progrès, et ce fut à ses soins vigilants, 
ainsi qu'à sa grande intelligence musicale, que 
cette société fut redevable des brillants succès 
qu'elle obtint dans tous les concours où elle se 
présenta. Snel écrivit aussi pour elle beaucoup 
de morceaux, dans lesquels il agrandit le style 
de ce genre de musique et abandonna les 
formes un peu surannées de la musique de ses 
prédécesseurs. 

Après avoir abandonné pour la seconde fois 
la direction de l'orchestre du Théâtre Royal, 
Snel accepta, le 15 juillet 18ôo, la place de 
maître de chapelle de l'église des SS. Michel et 
Gudnle, et, le 50 novembre 18-57, il y ajouta 
le titre de chef de musique delà garde civique. 
Infatigable, il écrivit alors des motels et des 
antiennes pour la chapelle confiée à sa direc- 
tion, et des marches et pas redoublés pour la 
musique militaire. Parvenu, par la multipli- 
cité de ses travaux, à la possession d'une 
aisance suffisante, à laquelle des événements 
imprévus ont malheureusement porté atteinte 
plus tard, il abandonna successivement ses di- 
verses positions de chef d'orchestre de la 
Grande-Harmonie, de maître de chapelle et de 
chef de musique de la garde civique, ne con- 
servant que le litre de membre de la musique 
particulière du Roi. Décoré pour son mérite et 
ses utiles services des ordres de Léopold et de 
la Couronne de chêne, il devint membre de la 
classe des beaux-arts de l'Académie royale de 
Belgique, en 1847, et, en celle qualité, fut un 
des membres de la section permanente du jury 
des grands concours de composition musicale 
institués par le gouvernement. Assidu aux 
séances de la classe à laquelle il appartenait, 
et plein de zèle dans les missions qui lui 



étaient confiées, il a pris une part active aux 
travaux des commissions dont il faisait partie, 
et a rédigé un grand nombre de rapports sur 
les questions soumises à la classe. 

Comme artiste exécutant, Snel a eu dans sa 
jeunesse une brillante réputation, justifiée par 
son talent. Comme professeur de violon, il a 
formé de bons élèves, à la tête desquels se pla- 
cent Joseph Artot et Théodore Hauman, 
comptés tous deux parmi les virtuoses de leur 
instrument. Libérale envers lui, la nature 
l'avait doué de qualités précieuses pour la com- 
position, qui auraient pu l'élever au rang des 
illustrations de son temps, si, placé dans une 
autresphère, et moins prodiguedu temps à des 
choses accessoires et de simple pratique, il y 
eût eu dans sa vie plus de calme et de médita- 
tion; car on remarque un riche instinct mu- 
sical et un sentiment distingué dans ses 
productions publiées et manuscrites, parmi 
lesquelles on peut citer : 1° Symphonie concer- 
tante pour orchestre sur des motifs de Guido 
et Ginevra. 2° Concertino pour clarinette et 
orchestre. 5° Fantaisie concertantesur des mo- 
tifs de Gustave ou le Bal masqué, pour mu- 
sique militaire, à vingt-sept parties : Mayence, 
Schott. 4° Grandes marches funèbres à vingt- 
neuf parties; ibid. 5° Pot-pourri sur des mo- 
tifs de Robert le Diable, pour harmonie mili- 
taire; ibid. 6" Rebecca, sérénade pour voix 
d'hommes et trois trombones ; ibid. 7° Séré- 
nade espagnole, en quatuor, pour des instru- 
ments à cordes ; Bruxelles, Terry. 8° Duos 
pour piano et violon, n° 1 et 2; Paris, Bran- 
dus ; Mayence, Schott. 9° Caprice et variations 
brillantes pour musique militaire ; Mayence, 
Schott. 10° Rondeau pour piano à quatre 
mains; ibid. 1 1° Deux chants de fêle à quatre 
voix, avec accompagnement de cors et de 
trombones; Bruxelles, Terry. 12° Messe de re- 
quiem surleplain-chant romain à quatre voix, 
avec orgue et contrebasse; Bruxelles, Bie- 
laerts. la" Tantum ergo et Genitori à quatre 
voix, avec accompagnement de violoncelles, 
contrebasse, trois trombones et orgue; ibid, 
14° Deux fantaisies pour grande harmonie sur 
les motifs des Huguenots. 15° Une fantaisie 
idem sur des motifs du Domino noir. 10° Ca- 
price concertant sur les mélodies de la Fille 
du régiment. 17° Grande fantaisie idem sur 
des mélodies anciennes etmodernes. 18° Idem 
sur des thèmes des Martyrs. 19° Idem sur 
des mélodies de Mercadante. 20° Concertino 
pour cor à clefs avec orchestre d'harmonie. 
21° Symphonie concertante pour cor à clefs et 
trompette; idem. 22° Symphonie concertante 



SNEL — SODY 



57 



pour trompette et trombone; idem. 25° Sym- 
phonie concertante pour deux cors à clefs; 
idem. 24° Idem pour deux cornets à pistons. 
25°Fantaisie pour clarinette avec orchestre sur 
des motifs de Norma. 26° Premier et deuxième 
concertos pour clarinette et orchestre. 27° Con- 
certo de violon, composé pour Joseph Artot. 
28° Plusieurs antiennes, Ave verum, Ave Re- 
gina cœloram et Tantum ergo pour deux, 
trois et quatre voix, avec orgue, composés pour 
l'église Sainte-Gudule. 29° Grande cantate pour 
voix seules, chœur et orchestre, composée pour 
l'installation de la Société de la Grande-Harmo- 
nie dans son nouveau local, exécutée le 26 fé- 
vrier 1842. 

Pendant les dix dernières années qui suivi- 
rent la retraite de Snel de tous ses emplois, il 
écrivit une grande quantité de morceaux pour 
des maisons religieuses, parmi lesquels on 
compte environ quinze Tantum ergo, cinq 
O salutaris, quatre Salve Regina, AeiwAve 
verum, des psaumes et litanies, qui sont tous 
restés en manuscrit, et dont il ne gardait pas 
même de copies, les écrivant avec facilité et 
n'y attachant pas d'importance. 

Les dernières années de la vie deSnel furent 
troublées par des chagrins domestiques et par 
des revers de fortune; sa santé s'en altéra, 
et ses confrères de l'Académie remarquèrent 
avec peine la diminution progressive de ses 
forces. Une maladie sérieuse se déclara, et le 
10 mars 1801, il expira à Koekelberg, à l'âge 
de près de soixante-huit ans, vivement re- 
gretté par sa famille, dont il faisait le bon- 
heur, par ses amis et par la classe des beaux- 
arts de l'Académie. 

SNEP (Jéah) 3 organiste à Zierikzée, dans 
la Zélande, vers 1725, s'est fait connaître par 
les ouvrages dont voici les titres : 1° Neder- 
duytse Liederen met een en tivee stemmen en 
B. C. (Chansons hollandaises à une et deux 
voix avec basse continue) ; Amsterdam. 2° So- 
nates, allemandes, courantes, sarabandes, 
gigues, gavotes, etc., pour basse de viole, avec 
basse continue; ibid. 

SOAVES (Manuel), moine portugais, né à 
Lisbonne, mourut dans la même ville, en 
1756. Il a laissé en manuscrit un recueil de 
psaumes à quatre voix, de sa composition. 

SOBOLEWSKI ou SOBOLEWSKY 
(Edouard), violoniste, compositeur et écrivain 
sur la musique, naquit à Kœnigsberg, en 1804, 
suivant les renseignements fournis par 
M. Charles Gollmick (ffandlexicon der Ton- 
kunst, p. 135). En 1850, il succéda à Dorn 
dans la place de directeur de musique du 



théâtre de Kœnigsberg; mais il se retira de 
cette position, en 1830, pour se livrer en li- 
berté à ladireclion d'une société de chantdont 
i! avait été le fondateur dans cette ville. Trois 
opéras de sa composition ont été représentés à 
Kœnigsberg, à savoir: Imogène, en 1833, 
Velleda, en 1830, et Salvator Rosa, en 1848. 
Sobolewski a fait aussi exécuter, dans cette 
ville, en 1840, son oratorio Johannes der 
Taufer (Saint Jean-Baptiste), qui fut aussi en- 
tendu à Berlin, en 1845, sous le titre: Die 
Enthauptung Johannis (la Décollation de 
Jean), et dont la partition réduite pour le 
piano a été publiée à Kœnigsberg, chez 
l'auteur, et à Leipsick, chez Hofmeister. Le 
second oratorio du même artiste, intitulé : 
Der Erlœser (le Sauveur), a été publié en par- 
tition pour le piano; ibid. Sobolewski a écrit 
aussi des symphonies, dont la première a été 
exécutée à Kœnigsberg, en 1 829, 1 830 et 1 836, 
et dont la seconde, dans le style pittoresque, a 
pour titre : Le Sud et le Nord. Celle-ci a 
obtenu du succès au concert du Gewandhaus 
de Leipsick, et 1845. Enfin, on connaît du 
même compositeur : des cantates avec or- 
chestre, des hymnes, le mystère Ciel et Terre, 
exécuté à Leipsick, en 1845, et des chants à 
trois et à quatre voix pour des chœurs 
d'hommes. Sobolewski a publié des articles de 
critique dans plusieurs journaux de musique 
de l'Allemagne. 

SODY, ou plutôt SODI. Il y eut deux 
frères de ce nom qui exercèrent, à Paris, la 
profession de musicien. Us étaient nés à 
Rome, vers 1715. L'aîné, Charles, fameux 
joueur de mandoline, vint à Paris, en 1749 ; il 
entra à l'orchestre de la Comédie Italienne 
comme violoniste, et fut admis à la pension en 
1765. Le talent de cet artiste sur la mandoline 
était très-remarquable. lia paru dans plusieurs 
pièces de la Comédie Italienne, où il jouait de 
cet instrument, et son frère avait composé pour 
lui un divertissement intitulé : les Blando- 
/mes,dans lequel il se faisait toujours applau- 
dir. Après sa retraite, il vécut pauvre et devint 
aveugle. Il est mort au mois de septembre 
1788. Charles Sodi fut le maître de musique de 
madame Favart. Il avait composé la musique 
d'une parodie intitulée : Baiocco e Serpilla, 
qui fut jouée sans succès à la Comédie Ita- 
lienne, en 1753. On a aussi de lui : le Charla- 
tan, opéra comique en un acte, les Troqueurs 
dupés, comédie à ariettes, et un divertisse- 
ment intitulé : Cocagne, en 17G0. Ce fut Sodi 
qui parodia la Donna superba, sous le litre 
de la Femme orgueilleuse. Il y ajouta quel- 



58 



SODY — SOGNER 



ques airs dont la mélodie ne manquait pas de 
grâce. Un air italien, Quanlo mai felice siete, 
qui eut dans le temps un succès de vogue, 
était de Sodi. Son frère cadet, Pierre Sodi, qui 
était harpiste et compositeur, vint en France, 
en 1743. Il entra à l'Opéra, et mourut en 1764. 
On a gravé à Paris, en 1760, six chansons pour 
la harpe, de sa composition. Il excellait, dit- 
on, dans la composition des pantomimes. 

SOEREINSEN (Jean), docteur en médecine 
et amateur de musique à Ebersdorf, dans la 
principauté de Reuss, naquit, le 18 mai 1767, 
à Gluckstadt, en Danemark. Dans sa jeunesse, 
il reçut des leçons de musique de deux musi- 
ciens anglais, nommés Gambold et La Trohe ; 
plus tard, il alla suivre les cours de l'univer- 
sité de Copenhague, et y devint élève de Schttlz 
pour la composition. Fixé à Ebersdorf, en 
qualité de médecin, depuis 1802, il s'y livra, 
dans ses moments de loisir, à la composition de 
chants en langues allemande et danoise. Déjà 
il s'était essayé dans ce genre pendant son sé- 
jour à Copenhague, et y avait publié plusieurs 
recueils de chants où l'on remarquait une ex- 
pression juste du sens des paroles. Les autres 
recueils qu'il a donnés par la suite, au nombre 
de huit, ont paru à Leipsick, chez Breitkopf et 
Hœrlel. Sœrensen a écrit aussi beaucoup de 
musique d'église à plusieurs voix, où il y a 
de bonnes fugues ; mais il n'en a rien été pu- 
blié. Cet amateur distingué est mort à Ebers- 
dorf, en 1824. 

SOLRGEL (Frédéric-Guillaume), direc- 
teur de musique à Nordhausen, fut d'abord 
attaché à l'orchestre du théâtre et donna des 
leçons de piano. Ses premières compositions 
furent publiées en 1819; depuis lors il a fait 
paraître quelque ouvrage chaque année. Parmi 
ses meilleures productions, on remarque : 
1° Symphonie à grand orchestre, op. 27; Leip- 
sick, Breitkopf et Haertel. 2° Ouverture idem, 
op. 9; ibid. 5° Quatuors pour deux violons, 
alto et basse, op. 11, 15,21; ibid. 4° Duos 
pour deux violons, op. 7, 15, 26 - x ibid. 5° Qua- 
tuor pour piano, violon, alto et basse, op. 20; 
ibid. 6° Duos pour piano et violoncelle, ou 
piano et violon, op. 14, 18 et 23; ibid. 7" Six 
éludes pour piano, en forme de sonates, 
op. 19; ibid. 8° Thèmes variés pour piano, 
op. 1, 3, 30; Leipsick et Bonn. 

SOGKA (Matiiias), organiste et violoniste 
distingué, naquit en Bohême, vers 1755. En 
1788, il était au service du comte Millesimo, à 
Willimow, en Moravie. L'église de Raudniiz 
possédait, en 1786, deux belles messes de sa 
composition. 11 a laissé aussi en manuscrit plu- 



sieurs symphonies, des quatuors, des concer- 
tos et des sonates pour le violon et pour le 
piano. 

SOGINER (THOMAs\compositeur et profes- 
seur de musique, naquit à Naples, vers le mi- 
lieu du dix-huilième siècle, et fit ses éludes 
au Conservatoire de la Pietà, sous la direction 
de Sala, de Guglielmi et de Tritto. Son pre- 
mier essai de musique dramatique fut la can- 
tate Aci e Galatea, qui fut exécutée deux fois 
devant la cour de Naples. Quelques années 
après, il écrivit à Rome un opéra bouffe, qui 
ne réussit pas. Il s'établit ensuite à Livourne, 
où il était encore en 1812, maître de chapelle 
d'une église, et professeur de chant et d'har- 
monie. A l'époque de la formation de l'Insti- 
tut des sciences et ans du royaume d'Italie, il 
fut nommé membre de la section de musique 
de cette société savante. Parmi les composi- 
tions de cet artiste, pour l'église, on remarque 
une messe et des vêpres à huit voix qu'il a 
écrites à Rome, et un oratorio de la Passion, 
sur le texte de Métastase. Sogner est aussi 
connu par des quatuors pour violon, et trois 
sonales pour le piano, gravées à Rome. 

SOGNER (Pasouale), fils du précédent, 
naquit à Naples, en 1793, et fut élève de son 
père. A peine âgé de dix-neuf ans, il était déjà 
maître au clavecin du théâtre impérial de Li- 
vourne; mais vers la fin de 1813, il retourna à 
Naples, où il écrivit pour divers théâtres des 
opéras et des ballets, parmi lesquels on remar- 
que : 1° Amore per finzione, opéra bouffe en 
deux actes. 2° Due consigli di guerra in un 
giorno, mélodrame semi-serio en un acte. 
3° Quattro prigionieri ed un ciarlatano, 
opéra bouffeen un acte, 1833. 4°Guerrinoagli 
alberi del sole, en trois actes. 5" Margherila 
di Fiandra, en deux actes. 6° Generosilà 
e t'endetta, représenté au théâtre du Fondo, 
à Naples, le 9 mars 1824. 7° La Cena aile 
Montagne russe, ibid., en 1832. Cet artiste, 
né avec du talent et de l'originalité dans les 
idées, semblait destiné à se faire une bril- 
lante réputation ; mais la débauche et l'ivro- 
gnerie anéantirent les avantages de sa belle 
organisation. Le peu de succès de quelques- 
uns de ses ouvrages le fit se livrer à l'enseigne- 
ment du chant et de la composition. Vers la 
fin de sa vie, il était tombé dans une sorte 
d'abrutissement, et avait perdu jusqu'au sen- 
timent de son talent. Obligé de se retirer à 
Nola, il y languit dans une profonde misère, 
et mourut en 1839. Sogner était habile pia- 
niste ci s'était fait connaître dans sa jeu- 
nesse par trois duos pour piano et violoncelle, 



SOGNER — SOLANO 



59 



des sonates pour piano seul et un concerto 
avec orchestre. 

SOHIER (Matthias), musicien français, 
né dans les dernières années du quinzième 
siècle, ou dans les premières du seizième, fut 
maître des enfants de chœur de la cathédrale 
de Paris, sous le règne de François I er . En 
1540, il passa de cette position à celle de 
maître de chapelle de la même église; il occu- 
paitencore celle-ci en 1556. On connaît de ce 
maître : 1° Deux Ave Regina Cœlorum, à 
quatre voix, huit Regina Cœli, à quatre voix, 
et sept Salve Regina, également à quatre 
voix, dans le recueil qui a pour litre : Liber 
duodecimX "F 1 1 musicales aàTirgines Chris- 
tiparam selectiones habet ; Parhisiis, apud 
Petrum Attaingnant musiez typographum, 
mense aprili, 1554, in-4° obi. 2° Chansons 
françaises dans le XI e livre conte- 
nant XXVIII chansons à quatre parties 
en un volume et en deux ; imprimées par 
Pierre Attaingnant et Pierre lallet, à Paris, 
1542, pet. in-4°obl. 5° Idemdans le X I I' e livre 
contenant vingt - neuf chansons à quatre 
parties; ibid., 1543, in-4° obi. 4° Missa cum 
quinque vocibus ad imitationem moduli vidi 
speciosam condita D. Matth. Sohier, prx- 
fecto quondam symphoniacis ecclesix Pa- 
risiensis, dans le recueil intitulé : Missarum 
musicalium certa vocumvarietate secundum 
varios quos referunt modulos et cantiones 
distinctorum liber secundus, ex diversis iis- 
demque peritissimis auctoribus collectus; 
Parisiis,ex typographia Nicolai Duchemin, 
1556, in-fol. max. 

SOJOWSRY(Wenceslas), né en Bohême, 
était attaché, en 1756, à l'église cathédrale de 
Leitmeritz, en qualité de compositeur et de di- 
recteur du chœur. Plus tard, il eut le titre 
d'économe du chapitre de Worasyez , et 
mourut dans cette position. Il a laissé en ma- 
nuscritsixbelles messes à quatre voix et orgue, 
pour le carême, et un Te Deum composé pour 
l'église de Raudnilz. 

SOLA (Charles-Michel-Alexis) , flûtiste 
et guitariste, né à Turin, le 6 juin 1786, ap- 
prit d'abord à jouer du violon, sous la direc- 
tion dePugnani. Après la mort de ce maître, 
Sola prit la résolution d'abandonner le violon 
pour la flûte, et choisit pour ses maîtres Pi- 
pino et Vondano, flûtistes distingués. Ses ra- 
pides progrès lui procurèrent la place de se- 
conde flûte au théâtre royal de Turin; mais 
deux ans après, il abandonna cette position, 
et s'engagea dans le 73 e régiment d'infanterie 
française. Fatigué, au bout de quatre ans, de 



la vie nomade d'un musicien militaire, il de- 
manda son congé, l'obtint, et s'établit à Ge- 
nève, en 1809, après avoir passé quelque 
temps au château de Coppet, pour y enseigner 
la musique et la flûte au fils de madame de 
Staël. Il y donna des leçons de chant, de flûle 
et de guitare. Bideau, ancien violoncelliste de 
la Comédie Italienne et bon harmoniste, qui 
s'était fixé à Genève, lui donna quelques leçons 
décomposition. Vers la fin de 1810, Sola fit 
un voyage à Paris, et y publia quelques-unes 
de ses productions, puis il retourna à Genève 
et y fit représenter, en 1816, un opéra fran- 
çais intitulé le Tribunal. L'année suivante, il 
se rendit en Angleterre et se fixa à Londres, 
où je l'ai connu, en 1829, dans une situation 
aisée et honorable. Il y avait publié beaucoup 
de musique pour la flûte, la guitare et le piano, 
ainsi que des chansons anglaises qui avaient 
eu du succès, des arrangements pour divers 
instruments de thèmes de Mozart, de Rossini 
et de plusieurs autres compositeurs. Parmi ses 
pricipaux ouvrages, on remarque : 1° Quatuor 
pour flûte, violon, alto et basse, op. 18 ; Paris, 
Leduc. 2° Quatuor pour flûte, clarinette, cor et 
basson, op, 21 ; ibid. 3° Premier et deuxième 
concertos pour flûte et orchestre; Genève. 
4° Trios pour flûte, violon et basse, op. 15; 
Paris, Leduc. 5° Plusieurs thèmes variés pour 
flûte ; Milan, Ricordi, et Londres, Chappell. 
6° Quatuor pour piano, flûte, clarinette et vio- 
loncelle ou basson, op. 19; Paris, Leduc. 
7° Grand trio pour piano, harpe et alto ; Milan, 
Ricordi. 8°Diverlissement pour harpe et flûle; 
Paris, Vaillant. 9° Deux recueils de romances 
françaises; Paris, Leduc. 10" Des chansons an- 
glaises et italiennes; Londres, Chappell. 
11° Beaucoup de morceaux détachés pour gui- 
tare et flûle, ou guitare seule ; Genève , et 
Londres. 

SOLANO ( François-Icnace ), musicien 
portugais, né à Lisbonne, en 1727, est connu 
principalement par le livre dont il sera parlé 
tout à l'heure. Les circonstances de sa vie sont 
ignorées ; on sait seulement, par une lettre 
du célèbre compositeur David Perez (voyez ce 
nom), qu'il vivait encore au mois de juillet 

1763, et l'on voit, par le titre même de son ou- 
vrage, qu'il était descendu dans la tombe en 

1764, lorsque le livre parut. Ce livre a pour 
titre : Nova instruçao musical, o theorica 
pratica de musica rhythmica com a quai se 
forma, e ordena sobre ses mas solidos fun- 
damentos hum novo methodo, e verdadiero 
systema para constituir hum intelligente sol- 
fisla } et deslrissimo cantor, etc. (Nouvelle 



60 



SOLANO — SOLIÉ 



instruction musicale, ou théorie pratique de 
musique rhylhmique, par laquelle sont formés 
et établis sur les plus solides bases une mé- 
thode nouvelle, et un véritable système pour 
l'instruction d'un musicien habile à solfier et 
d'un chanteur très-expert, etc.); Lisbonne, 
17G4, un volume in-4° de trois cent quarante 
pages, avec un supplément de quarante-sept 
pages concernant la valeur des signes de la 
notation ancienne de la musique. Cet ouvrage 
est le seul traité complet qui existe de la 
solmisation par les muances appliquée à tous 
les tons et à tous les signes accidentels de la 
modulation de la musique moderne. La mé- 
thode de l'auteur consiste à trouver par des 
règles certaines quelles sont les noies mi et 
fa, c'est-à-dire les notes du demi-ton ascen- 
dant; mais ces règles sont en si grand nombre, 
qu'elles démontrent invinciblement l'absurdité 
de la solmisation par les muances dans la tona- 
lité moderne. 

SOLER (Antonio FARGAS Y), amateur 
distingué de musique à Barcelone. J'ai dit par 
erreur dans le troisième volume de cette édi- 
tion de la Biographie universelle des musi- 
ciens (p. 257, deuxième colonne), que l'auteur 
de la traduction de mon livre intitulé : la Mu- 
sique mise à la portée de tout le monde est 
M. Soriano Fuertes; c'est M. Fargas y Soler 
qui m'a fait l'honneur de traduire cet ouvrage 
dans la langue espagnole. 

SOLERA (Thémistocle), poète et composi- 
teur milanais, a fait représenter au théâtre de 
la Scala, de Milan, pendant le carnaval de 
1840, Ildegonda, opéra dont il avait écrit le 
livret et la musique. Cet ouvrage, chanté par 
la Frezzolini et Moriani, fut vivement applaudi. 
Le même artiste donna, au même théâtre, en 
1842, Il Contadino d'Agliale, qui fut joué 
dans l'année suivante, à Brescia, sons le litre : 
la Fanciulla di Castel Gandoifo. En 1843, 
M. Solera donna, au théâtre de Padoue, Genio 
e Svenlura. 

SOLÈRE(Étienne), clarinettiste et compo- 
siteur, né au Mont-Louis, le 4 avril 1753, s'en- 
gagea, à l'âge de quatorzeans, comme clarinei- 
liste, dans la musique du régiment de Cham- 
pagne (infanterie). Après douze ans de service 
dans ce corps, il obtint son congé pour entrer 
au service du duc d'Orléans, en qualité de pre- 
mière clarinette de sa musique d'harmonie. 
Devenu à cette époque élève de Michel Yost, il 
fit sous sa direction de rapides progrès, eljoua 
avec un brillant succès au Concert spirituel, 
en 1784. Après la mort du duc d'Orléans, So- 
lère fut admis dans la chapelle du roi en qua- 



lité de première clarinette, puis fut professeur 
de son inslrumenlauConservatoiredemusique, 
à l'époque de sa fondation. Ayant été compris 
dans la réforme de 1802, il trouva dans Le- 
sueurun protecteur qui le fit entrer deux ans 
après dans la musique de l'empereur Napoléon. 
Après la mort de Chelard père, Solèrc lui suc- 
céda comme seconde clarinette à l'orchestre de 
l'Opéra. Il mourut dans cette position, en 
1817. On a publié de la composition de cet ar- 
tiste : 1° Symphonies concertantes pour deux 
clarinettes, n os 1 et 2; Paris, Imbault. 2° Con- 
certos pour clarinette, n os 1, 2, 3, 4, 5, G, 7 ■ 
Paris, Sieber et Imbault. 3 n Duos pour deux 
clarinettes, œuvres 1 et 2 ; Paris, Michel Ozy 
et Janet. 4°Fantaisies pour clarinelle et piano, 
n os 1, 2, 3; Paris, Hentz- Jouve. 5° Airs variés 
pour la clarinette, liv. I, II, III, IV, V; Pa- 
ris, Sieber. 6° Soixante-quinze suites d'harmo- 
nie militaire, marches, pas redoublés, etc.; 
Paris, Boyer, Imbault, Leduc. 

SOL1E (Jean -Pierre), dont le nom véri- 
table était SOULIER, naquit à Nimcs, en 
1755. Fils d'un violoncelliste du théâtre de 
cette ville, il apprit la musique dès ses pre- 
mières années, et entra comme enfant de 
chœur à la cathédrale de cette ville. Devenu 
bon musicien, et possédant une assez bonne 
voix de ténor, il donna des leçons de chant 
pour vivre, et fut attaché, comme violoncel- 
liste, aux orchestres de plusieurs villes du midi 
de la France. En 1778, il était à Avignon; on 
devait y jouer la Rosière de Salenci, opéra- 
comique de Grétry, alors dans sa nouveauté ; 
mais l'acteur qui devait remplir le rôle du 
meunier étant tombé malade, Solié consentit à 
le remplacer, et chanta ce rôle avec tant de 
succès qu'il fut immédiatement après engagé 
comme ténor. Dès lors, il se voua entièrement 
à la carrieredramatique.il chantait au théâtre 
de Nancy, en 1782, lorsqu'il fut appelé à 
l'Opéra-Comique de Paris, connu alors sous le 
nom de Comédie Italienne ; mais ses débuts n'y 
furent point heureux. Il retourna à Nancy, 
puis se rendit à Lyon où il joua pendant trois 
ans. Bon musicien, chanteur intelligent plutôt 
qu'habile, acteur plus convenable que chaleu- 
reux, il n'avait pointa la scène de ces brillants 
succès d'entraînement qui n'appartiennent 
qu'aux artistes prédestinés; mais il était estimé 
pour la solidité de son mérite. Bappelé à Paris, 
en 1787, il languit dans les emplois secon- 
daires de l'Opéra-Comique pendant deux ans, 
et peut-être allait-il dire adieu pour toujours 
aux théâtres de la capitale de la France, lors- 
que le hasard lui procura l'occasion de rem- 



SOLIÉ — SOLIVA 



61 



placer à l'improvisle Clairval dans la Fausse 
Paysanne, le 26 mars 1789. L'incontestable 
supériorité de son chant sur celui du chef 
d'emploi qu'il doublait, lui procura d'una- 
nimes applaudissements, et dès ce moment sa 
situation devint meilleure au théâtre. L'arri- 
vée des célèbres chanteurs italiens dont on 
forma la compagnie chantante du théâtre de 
Monsieur lui fournil dans le même temps les 
moyens d'étudier l'art du chant; il alla les 
entendre souvent, et sut mettre à profit les 
leçons pratiques qu'il en recevait. Ses éludes 
ne purent lui faire acquérir la légèreté de 
vocalisation; mais il apprit à bien poser le 
son , et à phraser avec largeur. Son organe 
vocal passa insensiblement du ténor au ba- 
ryton, genre de voix inconnu jusqu'à lui à 
l'Opéra-Comique : il en résulta que les com- 
positeurs écrivirent spécialement pour lui, et 
lui formèrent un emploi qui a pris son nom. 
C'est ainsi qu'il créa les rôles d'Alibour, dans 
Euphrosine, du médecin, dans Stratonice, 
d'Albert, dans Une Folie, de Jacob, dans Jo- 
seph, et beaucoup d'autres de cet emploi. 

En 1790, une nouvelle carrière s'ouvrit pour 
Solié : ce fut celle de compositeur dramatique. 
Son premier essai consista en quelques airs 
qu'il ajouta à l'opéra intitulé les Fous de Mé- 
dine, particulièrement celui de la Clochette, 
qui fit sensation. Malgré ce succès, l'auteur eut 
quelque peine à obtenir un livret d'opéra; 
mais enfin il fit représenter, en 1792, Jean et 
Geneviève, pièce naïve qui fut fort applaudie, 
et qu'on a reprise avec succès, vingt-huit ans 
après. Une musique facile et d'une mélodie 
quelque peu trivale, convenable pour les spec- 
tateurs français de celte époque, caractérisait 
celte première production de Solié; il ne s'est 
jamais élevé beaucoup plus haut dans ses au- 
tres ouvrages, dont voici la liste chronologi- 
que : 1° Le Jockey, 1795.2° L'Entreprise folle, 
1795. 5° Le Secret, en un acte, 1796. 4° La 
Soubrette, en un acte, 1796. 5° Azeline, en 
trois actes, 1796. 6° La Femme de quarante- 
cinq ans, 1797. 7° La Rivale d'elle-même, 
1798. 8° Le Chapitre second, en un acte, 1799. 
8° (bis) L'Incertitude maternelle, en un acte, 
1799. 9° La Pluie et le beau temps, en un 
acte, 1800. 10° Une Matinée de Foliaire, ou 
la Famille Calas à Paris, en un acte, 1800. 
11° Oui, ou le Double rendez -vous, en un 
acle, 1800. 12° Lisez Plutarque, en un acte, 
1801. Henriette et Verseuil, en un acte, 1803. 
14° L'Epoux généreux, en un acle, 1803. 
15° Les Deux Oncles, en un acte, 1804. 16° Le 
Malade par amour, en un acte, 1804. 17°67(a- 



cunson tour, en un acte, 1805. 18° Le Diable 
à quatre, en deux actes, 1806. 19° L'Opéra 
de village, en un acle, 1807. 20° L'Amante 
sans le savoir, en un acte, 1807. 21° Anna. 
en un acte, 1808. 22° Le Hussard noir, en 
un acte, 1808. 23° Mademoiselle de Guise, en 
trois actes, 1808. 24° La Victime des arts, 
1811. 25° Les Ménestrels, en trois actes, 1811. 
La chute de ce dernier ouvrage, bientôt suivie 
de la mort de l'ainé des fils de Solié, lui causa 
un vif chagrin dont il chercha à se consoler 
par des excès de table qui ruinèrent sa santé 
et lui donnèrent la mort, le 6 août 1812, à 
l'âge de cinquante-sept ans. On a gravé, à Pa- 
ris, les parlititons du Jockey, du Secret, du 
Chapitre second, du Diable à quatre, et de 
Mademoiselle de Guise. 

SOLIE (Emile), second fils du précédent, né 
à Paris, le 9 avril 1801, s'est fixé à Ancenis,où 
il vivait encore en 1853. On a de lui quelques 
petits écrits intitulés : 1° Histoire du théâtre 
de l'Opéra-Comique; Paris, 1847, in-12 de 
52 pages. 2° Notice sur l'Opéra national; 
Paris, 1847, in-8°de 16 pages. 3° Études bio- 
graphiques, anecdotiques et esthétiques sur 
les compositeurs qui ont illustré la scène fran- 
çaise. Rameau; Ancenis, 1853, in-8°. J'ignore 
si la notice de Rameau a été suivie d'autres 
monographies de compositeurs français. 

SOLIVA (Charles), compositeur italien, 
né à Casal-Monferrato, vers 1792, a fait ses 
études musicales au conservatoire de Milan, et 
a débuté brillamment, en 1816, dans la car- 
rière delà composition dramatique, par l'opéra 
intitulé La Testa di bronzo, représenté au 
théâtre de la Scala. A l'automne de l'année 
suivante, il donna au même théâtre le Zin- 
gare dell' Asluria, et pendant le carême de 
1818, il fit représenter avec succès l'opéra sé- 
rieux Giulia e Sesto Pompeo. Les ouvertures 
de ces opéras ont été gravées à Milan, chez 
Ricordi. Vers 1825, M. Soliva a fait un voyage 
à Paris et y a fait publier plusieurs morceaux 
de musique instrumentale et vocale, puis il est 
retourné en Italie. J'ignore s'il a travaillé 
pour la scène depuis cette époque. Il parait 
aussi avoir fait un séjour à Vienne, où l'on a 
gravé quelques-unes de ses compositions, puis 
il s'est établi à Pétersbourg, comme professeur 
de chant : il y était encore en 1843. Parmi les 
principaux ouvrages de cet artiste, on remar- 
que : 1° Sonate et variations pour le piano à 
quatre mains; Vienne, Arlaria. 2° Plusieurs 
suites de variations sur des thèmes de Mozart 
etdeRossini; Milan, Ricordi. 5° Grand trio 
pour piano, harpe et alto; ibid. 



62 



SOLNITZ — SONNENFELS 



SOLNITZ (Antoine-Guillaume), musicien 
allemand, passa la plus grande partie de sa.vie 
à Amsterdam, où il mourut, en 1758, à l'âge 
de trente-six ans. Compositeur distingué, il 
aurait pu acquérir de la gloire, mais sa passion 
pour les liqueurs fortes ruina sa santé et son 
talent. Il a publié à Amsterdam : l°Six trios 
pour deux flûtes ou violons et liasse, op. 1. 
2° Douze quatuors pour deux violons, alto et 
basse, op. 2. 3» Douze morceaux pour deux 
clarinettes et deux cors. 

SOLVAY (Théodore-Auguste), professeur 
de piano à Bruxelles, est né en 1821, à Rebecq 
(Brabanl méridional). Admis au Conservatoire 
de Bruxelles, en 1834, il y obtint le second 
prix de solfège et le second prix de piano aux 
concours de 1837, et le premier prix de piano 
lui fut décerné dans l'année suivante. Au con- 
cours de 1840, il obtint également le premier 
prix d'harmonie. Depuis cette époque, H. Sol- 
vay s'est livré à l'enseignement de son instru- 
ment. Plusieurs de ses compositions pour le 
piano et des romances ont été publiées à 
Bruxelles, chez Schott, Meynne et Kalto. 

SOMA, musicien et poëte hindou, est au- 
teur d'un traité fort ample sur la musique, en 
langue sanscrite, intitulé Rafjavibodha (Doc- 
trines des modes musicaux). Cet ouvrage est 
excessivement rare, même dans l'Inde; le co- 
lonel Polier en a découvert par hasard une 
copie qui l'a peut-être préservé d'une entière 
destruction. W. Jones, président de la société 
Asiatique de Calcutta, le considérait comme 
un trésor pour l'histoire de l'art. Le Ragavi- 
bodha est divisé en quatre chapitres : le pre- 
mier, le troisième et le quatrième traitent de 
la doctrinedes sons, de leurs divisions, de leur 
succession, de la diversité des gammes ou 
échelles, et contiennent l'énuméralion des 
modes; le deuxième chapitre renferme une 
description des espèces diverses de l'instru- 
ment de l'Inde appelé Vina, et de la manière 
d'en jouer. (Voyez Asiatic Researches, t. III, 
pag. 326 et suiv. de l'édition de Londres.) 

SOMIS (Laurent), célèbre violoniste, né 
dans le Piémont, vers la fin du dix-septième 
siècle, visita dans sa jeunesse Rome et Venise, 
pour entendre les virtuoses de celte époque, 
notamment Vivaldi, qu'il parait avoir pris 
pour modèle; puis il se fixa à Turin, où il eut 
le litre de maître de chapelle du roi de Sar- 
daigne. Bien qu'il appartienne à l'école de Co- 
relli, dont il a imité le style en le moderni- 
sant, il se fit cependant une manière propre 
dont Giardini et Chabran ont eu la meilleure 
tradition. Ce dernier était neveu de Somis. On 



ne connaît de ce virtuose qu'un œuvre de so- 
nates intitulé : Opéra prima di sonate a 
violino e violoncello o cembalo; Rome, 1722, 
in-fol. Somis vivait encore à Turin en 1735. 
SOMMA (Louis), compositeur dramatique, 
né à Catane (Sicile), vers 1810, commença ses 
études musicales dans celte ville, et les acheva 
au Conservatoire de Païenne. En 1832, il fit 
exécuter une cantate de sa composition dans 
sa ville natale; deux ans après, on représenta 
à Palerme son opéra intitulé Adismano in 
Scozia, et en 1835, il donna au théâtre de la 
Scalajde Milan, Ildegonda e Rizzardo, qui 
ne réussit pas. Depuis lors, le nom de ce com- 
positeur a disparu du monde musical. 

SOMMER (Jean), né dans le Holstein, vers 
la fin du seizième siècle, était directeur de la 
chapelle du duc son souverain, vers 1623. Il a 
fait imprimer de sa composition un ouvrage 
qui a pour titre : Der frœhlichen Sommerzeit , 
erster Theil, ans neuen Concerten zu singen 
und zu spielen bestehend (Le Joyeux temps 
d'été, première partie, consistant en nouveaux 
concerts à chanter et à jouer); Oldenbourg, 
1623, in-4°. 

SOMMER (Michel-Conrad), né à Dozheim, 
fut d'abord pasteur à Bierstadt, près deWïes- 
baden, puis il obtint, en 1777, le titre d'inspec- 
teur d'Idstein. Il a fait imprimer un discours 
qu'il avait prononcé à l'occasion de l'érection 
• d'un nouvel orgue dans l'église de la ville à 
Idstein, sous ce titre : Die Freude der 
Christen bey ihren œffentlichen Gottesdienst 
: am XXI Sonntage nach Trinit. da die nene 
■ Orgel in der Stadtkirche zu Idstein zum 
j erstenmal beyin Gottesdienste gespielet 
lourde: Wiesbaden, 1783, in-8°. 

SOMMER (....), maître de concert à 
Weimar, a inventé, en 1843, l'instrument à 
frottement appelé Euphonion, avec lequel il 
a voyagé et donné des séances musicales à 
Francfort-sur-le-Mein, à Breslau et à Prague, 
pendant les années 1844 et 1845. 

SONNE (Jean-Michel), savant danois, est 
auteur d'un petit écrit intitulé : Disserlatio 
de musica Judœorum in sacris stante templo 
adhibita; Hafnise, 1724, in-4° de seize 
pages. 

SONNENFELS (lechevalier Joseph), con- 
seiller de régence de la Basse-Autriche), secré- 
taire de l'Académie de peinture, à Vienne, 
naquit en 1733, à Nickelsbourg, en Moravie, 
et mourut à Vienne, le 26 avril 1817. Auteur 
d'un grand nombre d'ouvrages concernant les 
arts, la littérature et la politique, il a écrit des 
lettres sur le théâtre de Vienne (Briefe ùber 






SONNENFELS — SONNTAG 



63 



die JFienerische Schaubiihne, \ienne, 1768, 
quatre volumes in-8 g ), où l'on trouve une dis- 
sertation sur VAlceste de Gluck, que Hiller a 
insérée dans ses Notices musicales (JFœchent- 
liche Nachrichten, etc.). 

SONINEIVRALK ( Jean-Frédéric-Guil- 
lauihe), né dans le Hanovre, en 1729, l'ut 
d'abord organiste à Herzherg, puis cantor et 
directeur de musique à Dahm, où il mourut au 
mois de janvier 1821 . On a de lui un pelitécrit 
intitulé : Kurze Entscheidung der Fraye : 
Jf'ie sollen die Prxludia eines Organisten 
bei dem Gottesdienste beschafjen sein ? 
(Courte solution de la question : Comment 
doivent être les préludes d'un organiste dans 
le service divin ? etc.) ; Torgau, 1756, in-4° de 
vingt-huit pages. 

SOIVINETTI (Jean-Jacqces), pseudonyme. 
Voyez GOUDAR. 

SONNLEITHNER (Christophe), doc- 
teur en droit, avocat de la cour, et doyen de la 
faculté de jurisprudence de Vienne, naquit le 
28 mai 1754, à Szegedin, en Hongrie. Ayant 
perdu ses parents avant l'âge de deux ans, il 
fut confié aux soins d'un contrôleur du bureau 
des contributions, à Vienne, et directeur du 
chœur de l'église paroissiale de Leopoldsladt. 
Celui-ci fit de son neveu un enfant de chœur, 
et lui enseigna le chant et le violon. Après 
avoir fait de bonnes éludes au collège des Jé- 
suites, Sonnleithner suivit les cours de l'uni- 
versité, et parvint au grade de docteur en 
droit. Ses fonctions ne lui permirent de culti- 
ver la musiqueque comme amateur; toutefois, 
il composa plusieurs messes solennelles et de 
Requiem, des graduels, offertoires, sympho- 
nies, concertos, quatuors, trios pour violon, et 
plusieurs autres ouvrages. Au nombre de ses 
productions, on cite trente-six quatuors com- 
posés pour l'empereur Joseph II, qui aimait 
sa musique instrumentale. De toutes ses pro- 
ductions, on n'a publié que trois quatuors 
pour deux violons, allô et basse, à Vienne, en 
1803. Sonnleithner mourut dans cette ville, le 
25 décembre 1786, à l'âge de cinquante-deux 
ans. 

SOTSmEITHNER (Joseph), fils aîné du 
précédent, né à Vienne, en 1765, fut d'abord 
commissaire de district et secrétaire du théâtre 
de la cour, puis conseiller de régence et che- 
valier de l'ordre de Danebrog; il est mort à 
Vienne, dans la nuit de Noël, en 1855, le jour 
même où son père était décédé quarante-neuf 
ans auparavant. Pendant qu'il remplissait les 
fonctions de secrétaire du théâtre de la cour, 
il publia un Almanach du théâtre de Vienne 



[Wiener Theater Almanach) pour les an- 
nées 1794, 1795 et 1796, trois volumes in-12. 
On y trouve de bons renseignements concer- 
nant la musique dramatique à Vienne, et des 
notices biographiques intéressantes sur Mo- 
zart, Gassmann et Salieri. Sonnleithner avait 
conçu le projet d'une collection choisie d'œu- 
vresdes plus illustres compositeurs de tous les 
pays, accompagnées de biographies et de no- 
tices en langues allemande, française, ita- 
lienne et anglaise. Cette collection devait for- 
mer soixante volumes in-folio. Forkel devait 
être son principal collaborateur pour cette en- 
treprise gigantesque (voyez Forkel, t. III de 
cette Biographie universelle des musiciens, 
p. 295). Sonnleithner voyagea pendant plu- 
sieurs années pour en rassembler les maté- 
riaux; mais il ne put réunir des souscriptions 
suffisantes pour en couvrir la dépense, et l'en- 
treprise n'eut pas de suite. De retour à Vienne, 
il conçut les projets de la Société des amis de 
la musique et du Conservatoire de la capitale 
de l'Autriche; sa persévérance parvint à les 
réaliser : jusqu'à la fin de sa vie, il fut secré- 
taire de ces deux établissements. En mourant, 
il laissa au premier sa collection d'instru- 
ments, de portraits de musiciens et de ma- 
nuscrits, parmi lesquels on remarque un re- 
cueil de matériaux pour l'histoire de la musique, 
en quarante-deux volumes, entièrement écrits 
de sa main. 

SONNOYS (André), né vers 1540, à 
Mussy-l'Évêque, en Champagne, obtint au 
concours du Puy de musique d'Évreux, en 
1577, le prix de la flûte d'argent, pour la com- 
position de la chanson française à plusieurs 
voix, commençant par ces mots : J'ai un joli 
cour tant (verger). 

SONNTAG (Christophe), docteur et pro- 
fesseur primaire de théologie à Altorf, naquit 
à Weida, dans le Voigtland, le 28 janvier 
1654, et mourut le 6 mars 1717. On a de lui 
un livre intitulé : De titulis psalmorum ; 
Silusix, 1687, in-4° de six cents pages. Il y 
traite des instruments de musique des peuples 
de l'antiquité, particulièrement des Hébreux. 

SONNTAG ou SOINÏAG (Henriette), 
plus tard comtesse de ROSSI , cantatrice 
célèbre, naquit à Coblence, le 13 mai 1805. 
Fille d'acteurs attachés aux théâtres de l'Al- 
lemagne rhénane, elle fut destinée dès ses 
premières années à la carrière dramatique; à 
l'âge de six ans, elle parut pour la première 
fois sur la scène, au théâtre de la cour de 
Darmsladt, dans l'opéra intitulé : Donau 
IVeibchen (la Petite Femme du Danube), où 



(A 



SONNTAG 



elle remplissait le rôle de Salomé. On y admira 
sa gentillesse, sa naïveté et la justesse par- 
faite de sa voix. A l'âge de neuf ans, made- 
moiselle Sontag perdit son père, et sa mère 
la conduisit à Prague, où elle joua de petits 
rôles d'enfant avec un succès qui acquérait de 
l'intérêt à mesure qu'elle avançait en âge. De- 
puis près de deux ans, elle se trouvait dans la 
capitale de la Bohême, sans avoir pu entrer au 
Conservatoire de musique, parce que les règle- 
ments ne permettent pas d'y admettre d'élève 
âgé de moins douze ans; par une exception 
spéciale, et en faveur de sa belle organisation 
musicale, il lui fut permis d'y fréquenter les 
cours lorsqu'elleeut atteint sa onzième année. 
Pendantquatre ans, sesétudes furent sérieuses, 
elle devint habile dans la lecture de la musique 
et dans le chant, quoique ses progrès sous ce 
dernier rapport fussent plutôt dus à son heu- 
reux instinct qu'à l'éducation vocale qu'on lui 
avait donnée. Ayant à peine atteint sa quin- 
zième année, elle fut obligée de chanter à 
l'improviste le rôle de la princesse de Navarre 
dans l'opéra intitulé : Jean de Paris, pendant 
une maladie de la première actrice. L'émotion 
qui l'agitait dans cette occasion ne nuisit point 
à son succès, dont l'éclat décida de sa carrière. 
Ce fut alors qu'elle sortit du Conservatoire, où 
le maître de chapelle Tribensée lui avait en- 
seigné les éléments de la musique, Pixis, le 
piano, Bayer et madame Czezka, la vocalisa- 
tion et le chant. Elle se rendit à Vienne, où les 
fréquentes occasions qu'elle eut d'entendre 
madame Mainvielle-Fodor lui furent plus pro- 
fitables que les leçons qu'elle avait reçues pré- 
cédemment. Pendant un séjour de quatre ans 
dans cette ville, elle chanta alternativement 
au Théâtre italien et à l'Opéra allemand, dé- 
veloppant chaque jour son talent, sans pro- 
duire toutefois de sensation bien vive sur le 
public viennois. 

En 1824, un engagement fut offerte made- 
moiselle Sontag pour l'Opéra de Leipsick : elle 
l'accepta, et se rendit dans cette ville avec sa 
mère. Ici commence l'époque glorieuse de sa 
vie d'artiste. Ses succès dans le Freyschiitz 
et dans l'Eurianthe, de "Weber, eurent tant 
d'éclat, qu'elle ne tarda point à être appelée à 
Berlin, pour chanter au théâtre de Kœnig- 
stœdt. Ses études à Vienne l'avaient surtout 
préparée à chanter le répertoire des opéras de 
Rossini; mais la musique de l'illustre maître, 
qui jouissait de toute la faveur publique dans 
la capitale de l'Autriche, n'était pas estimée à 
Berlin à sa juste valeur. Quelques opéras alle- 
mands, et des ouvrages traduits du français 



étaient donc ceux où le talent de mademoiselle 
Sontag devait s'exercer : elle y porta tant de 
grâce et d'élégance, sa voix y parut si remar- 
quable, par la justesse et l'égalité ; sa vocali- 
sation, si facile et si pure, que bientôt sa répu- 
tation s'étendit dans toute l'Allemagne, et 
qu'elle fit la fortune du théâtre qui la possé- 
dait. On dit que ses premières relations avec le 
comte de Rossi, alors secrétaire de la légation 
de Sardaigne à Berlin, devenu ensuite son 
époux, remontent à cette époque, et que dès 
lors le mariage fut projeté. 

A la fin de mai 1826, mademoiselle Sontag 
profita d'un congé qui lui était accordé pour 
se rendre à Paris: elle y débuta le 15 juin sui- 
vant dans le rôle de Rosine du Barbier de S é- 
ville, et y produisit la plus vive sensation par 
le fini de son chant, et le charme répandu 
dans toute sa personne. Dans la leçon de chant 
«lu second acte, elle exécuta les variations de 
Rode, laissant bien loin d'elle madame Cata- 
lani, qui avait abordé la première ce genre de 
difficultés. L'enthousiasme du public fut à son 
comble, et toutes les représentations qui sui- 
virent ce premier essai eurent le même succès. 
Après le Barbier de Séville, mademoiselle Son- 
tag chanta dans la Donna del Lago et dans 
Vltaliana in Alqieri, dont les principaux 
morceaux avaient été transposés pour la voix 
de soprano. Le 29 juillet , elle joua la dernière 
des représentations pour lesquelles elle s'était 
engagée, et retourna à Berlin pour achever 
d'y remplir les engagements qu'elle avait con- 
tractés. Les applaudissements qui lui avaient 
été prodigués à Paris ne furent pas sans in- 
fluence sur l'accueil qui lui fut fait au Théâtre 
de Kœnigstaedt lorsqu'elle y reparut. Peut-être 
même est-il permis de dire que son mérite ne 
fut bien compris qu'alors par les habitants de 
Berlin. Chacune de ses représentations devint 
un triomphe, et ce fut avec de vifs regrets 
qu'on vit s'éloigner de nouveau la charmante 
cantatrice à la fin de 1827, pour aller remplir 
un engagement de longue durée au Théâtre- 
Italien de Paris. Le 2 janvier 1828, elle repa- 
rut sur cette scène, par le rôle de Desdemona, 
dans Oti'llo. Les qualités qu'on avait admirées 
en elle deux ans auparavant s'étaient encore 
perfectionnées ; mais elles étaient insuffisantes 
pour un rôle tel que celui de Desdemona. Le 
sentiment dramatique, l'accent expressif se 
trouva faible en mademoiselle Sontag pour ce 
beau rôle de Desdemona : elle le comprit, et 
dès lors ses études se tournèrent vers la re- 
cherche et le développement de ce sentiment, 
condition première dans le chant de l'opéra 



SONTAG 



sérieux. Ses progrès surpassèrent à cet égard 
tout ce qu'on pouvait attendre, et la manière 
dont elle joua, dans les derniers temps de son 
séjour à Paris, le rôle de donna Anna, dans 
le Don Juan de Mozart, celui de Semiramidc, 
et plusieurs autres, prouva qu'il y avait en 
elle non moins de chaleureuse inspiration que 
de goût et de grâce. 

Au mois d'avril de la même année, cetle 
charmante cantatrice se rendit à Londres, où 
elle excita le plus vif enthousiasme par son ta- 
lent, et l'intérêt de la haute société par l'agré- 
ment de sa personne et la décence de ses ma- 
nières. La représentation qu'elle y donna à son 
bénéfice, à la fin de la saison, produisit la 
somme énorme de deux mille livres sterling 
(environ cinquante mille francs). De retour à 
Paris, où le Théâlre Italien n'était point alors 
fermé pendant l'été, elle y vit commencer 
entre elle et madame Malibran une rivalité 
qui, dans l'esprit ardent de celle-ci, prit un 
caractère d'irritation et même de haine. 
Comme il arrive toujours, les partisans des 
deux cantatrices contribuèrent à donner à celle 
rivalité un caractère d'aigreur plus prononcé 
chaque jour. Il en résulta même des scènes 
fâcheuses lorsqu'elles furent engagées toutes 
deux au Théâtre Italien de Londres, pendant la 
saison de 1829. Ce ne fut pas sans peine que 
l'auteur de cette notice, qui se trouvait alors 
dansla même ville, parvint à opérer entre elles 
un rapprochement. Une circonstance imprévue 
lui vint en aide dans celte entreprise : elles 
avaient promis toutes deux de chanter dans un 
concert qui devrait être donné dans l'hôtel de 
Lord Saulton au bénéfice d'un musicien d'or- 
chestre nommé Ella (devenu plus lard le fon- 
dateur de la Musical union, et le rédacteur 
des Miscellaneous records de celte société). 
L'auteur de cette biographie, qui s'élait en- 
gagé à y accompagner au piano mademoiselle 
Sontag et madame Malibran, leur proposa d'y 
chauler ensemble le beau duo de Semiramidc 
et tfArsace, et parvint à les y déterminer. 
C'était la première fois que leurs voix se trou- 
vaient réunies : l'effet de ce morceau ne peut 
se décrire, car ces deux grandes cantatrices, 
cherchant à se surpasser mutuellement, par- 
vinrent loules deux à un degré de perfection où 
elles ne s'étaient pas encore élevées. Ce fut par 
suite du succès de ce rapprochement que l'en- 
trepreneur du Théâtre Italien de Paris conçut le 
projet de faire jouer dans Semiramide et dans 
Tancredi madame Malibran et mademoiselle 
Sontag, dont la réunion offrit le modèle d'un 
perfection qu'on n'entendra peut-être plus. 

EIOGr.. t.Vir. DES MUSICIENS. T. VIII. 



Depuis plus d'un an un hymen secret unis- 
sait mademoiselle Sontag et le comte de Rossi : 
des obstacles suscités par la famille de celui-ci 
avaient empêché de déclarer ce mariage. Il 
fut résolu, au commencement de 18Ô0, que la 
célèbre cantatrice quitterait la scène. Elle ne 
consentit point en effet au renouvellement de 
son engagement à Paris, et le 18 janvier, 
elle chanta pour la dernière fois dans Tan- 
credi. Celte représentation fut pour elle un 
de ces triomphes dont un artiste ne peut 
perdre le souvenir, quelle que soit la position 
où il se trouve ensuite. Avant de dire adieu 
pour jamais à sa gloire et au public, made- 
moiselle Sontag avait pris la résolution de faire 
un grand voyage, où elle se proposait de ne 
donner que des concerts; mais arrivée à Ber- 
lin, elle céda au désir de ses amis, et reparut 
sur la scène pour quelques représentations. Le 
19 mai 1830, elle y joua pour la dernière fois, 
el là se termina alors sa carrière dramatique. 
Elle parlil ensuite pour la Russie, chanta à 
Pétersbourg et à Moscou, puis revint par Ham- 
bourg et par la Belgique, donnant partout des 
concerts avec des succès d'enthousiasme. Arri- 
vée à Bruxelles, elle cessa de paraître en pu- 
blic, et son mariage ayant été déclaré, elle se 
rendit à la résidence de son mari, à La Haye, y 
vécut quelques années, puis alla à Francfort, 
où le comte de Rossi avait été envoyé comme mi- 
nistre plénipotentiaire. En 18ô7, M. de Rossi 
fut envoyé à Pétersbourg, où le beau lalenl de 
la célèbre cantatrice obtint encore des succès 
d'enthousiasme chez elle el dans les salons de 
la haute aristocratie où l'appelait sa nouvelle 
position. Elle habita la Russie jusqu'en 1848 ; 
mais alors, des dérangements de fortune lui 
firent prendre la résolution de rentrer dans sa 
carrière d'artiste. Arrivée à Bruxelles dans 
l'hiver suivant, elle y donna des concerts où 
l'on put remarquer un certain affaiblissement 
de sa voix, mais non de son talent, dont la per- 
fection ne laissait rien à désirer. De cetle ville, 
elle se rendit à Paris, puis à Londres, où elle 
retrouva l'enthousiasme qu'elle y avait excité 
dans sa jeunesse. En 1852, elle partit pour 
l'Amérique, qu'elle parcourut touL entière en 
triomphatrice. Arrivée à Mexico, en 1854, elle 
y fut attachée au Théâtre Italien avec des ap- 
pointements énormes. Le 11 juin de la même 
année, elle y chanta le rôle de Lucrezia Bor- 
gia. Le soir même, elle fut saisie par le choléra, 
contre lequel les secours de la médecine furent 
impuissants, et le 17 du même mois, elle ex- 
pira. Ainsi finit un des plus beaux talents de 
cantatrice du dix-neuvième siècle. 

5 



€6 



SOR — SORGE 



SOR (Ferdinand), excellent guilarisle et 
'compositeur, naquit à Barcelone, le 17 février 
1780. Dès l'âge de cinq ans, il essaya quelques 
accords sur la guitare et sur le violon de son 
père, et, sans aucune connaissance de la mu- 
sique, se mit à composer de petits airs. Ses 
rares dispositions engagèrent ses parents à lui 
donner un maître, puis il entra dans un cou- 
vent, où un moine prit soin de son éducation 
musicale et lui donna quelques leçons de com- 
position. Sorti de ce monastère, il assista aux 
représentations d'une troupe d'opéra italien 
qui se trouvait à Barcelone, et y puisa ses pre- 
mières connaissances dans l'art du chant et 
dans l'instrumentation. Ayant trouvé dans la 
'bibliothèque du théâtre un opéra intitulé Te- 
lemacco, composé par un certain Cipalla, il y 
adapta une musique nouvelle, qui fut exécutée 
avec succès, quoiqu'il ne fût âgé que de dix- 
sept ans. Dans la musique instrumentale, 
Haydn et Pleyel étaient devenus ses modèles. 
Quelque temps après, il se rendit à Madrid, et 
y trouva une puissante prolectrice dans la du- 
chesse d'Albe, qui l'engagea à écrire la mu- 
sique d'un opéra bouffe ; mais la mort de celte 
«lame le fil renoncer à ce travail. Le duc de 
Tïïedina-Céli, qui prenait aussi intérêt au jeune 
artiste, lui donna le conseil d'instrumenter 
quelques oratorios ; puis Sor écrivit des sym- 
phonies, trois quatuors pour des instruments 
à cordes, un Salve, et beaucoup de chansons 
espagnoles. Après la guerre d'Espagne, où il 
servit avec le grade de capitaine, il fut obligé 
de se réfugier en France avec les partisans du 
roi Joseph. Charmé de ses talents, Méhul, 
Chérubini et Berlon l'encouragèrent à rentrer 
dans la carrière de l'art. Après un court séjour 
à Paris, Sor se rendit en Angleterre, et ce fut 
alors qu'il se fit connaître par son habileté 
extraordinaire sur la guitare. Il composa 
aussi pour divers théâtres de Londres la Foire 
de Smyrne, opéra-comique, et la musique de 
trois ballets, le Seigneur généreux, l'Amant 
peintre et Cendrillon. Il parait que ces ou- 
vrages ne lui procurèrent pas de moyens suf- 
fisants d'existence, car il partit pour la Bussie 
et fit représenter à Moscou son ballet de Cen- 
drillon. Il écrivitune marche funèbre pour les 
obsèques de l'empereur Alexandre, et composa 
la musique du ballet Hercule et Ompkale, à 
l'occasion de l'avènement au trône de l'empe- 
reur Nicolas. De retour à Paris, il essaya vai- 
nement de faire représenter un de ses ouvrages 
dramatiques sur un des théâtres de cette ville. 
Pressé par le besoin, il retourna à Londres, et 
y composa la musique du ballet le Dormeur 



éveillé, et plus tard l'opéra féerique la Belle 
Arsène. Outre ces ouvrages, il avait écrit 
aussi beaucoup de musique pour la guitare; 
mais elle avait peu de succès, parce que son 
habitude de composer presque toujours à 
quatre parties, la rendait trop difficile pour 
les amateurs. Bevenu à Paris, en 1828, pour 
la dernière fois, il y fit paraître de nouvelles 
productions, et après avoir langui pendant 
onze ans dans une situation voisine de la mi- 
sère, malgré l'estime qu'on avait pour son ta- 
lent, il mourut le 8 juillet 1839, à la suite 
d'une maladie aussi longue que douloureuse. 
Parmi ses œuvres pour la guitare, on remar- 
que : 1° Divertissements pour guitare seule, 
op. 1, 2, 8, 15; Paris, Meissonnier. 2° Fan- 
taisies, idem, op. 4, 7, 10, 12, 16; ibid. 3° Va- 
riations, op. 5, 9, 11, 20; ibid. 4" Douze 
études, op. 6; ibid. 5° Sonate, op. 15; ibid. 
Le même éditeur a publié la collection des 
œuvres complètes de Sor. Sa grande méthode 
pour la guitare a été publiée à Londres, et à 
Paris, chez l'auteur. 

SORGE (Georges-André), organiste à Lo- 
henstein, naquit à Mellenbach, dans la prin- 
cipauté de Schwarzbourg, le 29 mars 1703. 
Nicolas Walther et Gaspard Tischer, organistes 
de ce lieu, furent ses premiers maîtres de mu- 
sique. Lorsque ce dernier fut nommé orga- 
niste à Schney, en Franconie, Sorge l'y suivit, 
et se livra pendant deux ans avec beaucoup de 
zèle à l'étude du clavecin. De retour dans son 
pays, il y étudia les lettres et les sciences sous 
la direction du second pasteur de Mellenbach. 
La lecture des traités de composition partagea 
aussi son temps, et ses progrès dans cet art 
furent rapides. A dix ans, il avait déjà écrit 
plusieurs morceaux de musique d'église; à 
dix-neuf, il obtint la place d'organiste à Lo- 
beùslein, et satisfait de cette humble position, 
il y passa le reste de sa vie, uniquement oc- 
cupé de son art et des sciences qui y sont rela- 
tives. Il mourut à Lobenstein, le 4 avril 1778, 
à l'âge de soixante-quinze ans, dont cinquante- 
six s'écoulèrent dans le calme de cette petite 
ville. Bien qu'on puisse regretter qu'un homme 
de son mérite n'ait pu développer ses idées sur 
un plus vaste théâtre, et dans les communica- 
tions du monde, où la roideur de ses opinions 
se serait assouplie, peut-être la vie monotone 
et paisible qu'il connut seule fut-elle favorable 
à ses travaux, qui furent considérables. 
Comme artiste, il méritait d'être plus connu; 
car il fut bon organiste, ainsi que le prouvent 
les ouvrages suivants, publiés à Nuremberg : 
1° Six sonates pour le clavecin, imprimées en 



SORGE 



67 



1738. 2° Vingt-quatre préludes pour l'orgue, 
suivis de fugues à deux sujets, dans les vingt- 
quatre tons, deux parties in-fol. 5° Klavier 
Uebung in 6 nach italixnischen gusto ge- 
setzen Sonatinen (Exercices de clavecin con- 
sistant en six petites sonates dans le goût ita- 
lien), en trois parties. 4° TFohlgewurtzte 
Klangspeizen in VI Parlhien (Nourriture 
sonore bien assaisonnée, consistant en six 
pièces, pour le clavecin). 5° Petites sonates 
pour l'orgue. 6° Vingt-quatre préludes courts 
pour l'orgue. 7° Nouvelles sonates pour l'or- 
gue. 8° Six symphonies pour le clavecin. 
9" Toccata per omnem circulum 24 modorum, 
pour le clavecin avec un violon. 10° Douze me- 
nuets pour clavecin. 11° Duos pour deux flûtes. 
Sorge a laissé en manuscrit : 12° Musique 
d'église pour une année entière, à quatre voix 
et six instruments. 13" Beaucoup de cantates 
pour diverses circonstances. 14" Pièces d'orgue 
dans tous les tons. 15° Trois fugues sur les 
quatre lettres du nom de Bach. 16" Soixante- 
douze préludes pour l'orgue ou le clavecin. 
17° Douze petites fugues faciles. 18° Douze 
grandes fugues difficiles. 19" Douze trios pour 
l'orgue, à deux claviers et pédale. 20° Qua- 
rante-quatre préludes pour des cantiques, avec 
pédale obligée. 

Sorge est connu surtout comme théoricien 
et écrivain didactique sur la musique. Beau- 
coup d'instruction, particulièrement dans le 
calcul, et l'originalité des idées, distinguent 
ses ouvrages de la multitude de ceux qui paru- 
rent de son temps en Allemagne. En voici la 
liste : 1° Geneàlogia allegorica intervallorum 
octav& diatonico-chromaticx , das ist : Ge- 
schlechtregister der Intervallennach Anlei- 
tung derKlxngedes grossen Waldhom; Hof, 
1741, in-8°. Ce petit écrit, où Sorge examine 
la nature de l'échelle chromatique formée par 
les sons du cor, est le plus rare deses ouvrages. 
2° Anweisung zur Stimmung und Tempera- 
tur, in einen Gesprxche (Instruction pour 
l'accord et le tempérament, en dialogues); 
Hambourg, 1744, in-8°. 5° Gesprxch von 
der Prxtorianischen, Prinzischen, Werk- 
meisterischen,Neidhardtischen,Niedtschen, 
und Silbermannischen Temperatur ,wieauch 
vom neuen System Teleman's (Dialogue sur 
les tempéraments de Prselorius, de Prinz, de 
Werkmeister, de Neidhaerdt, de Niedt et de 
Silbermann, ainsi que sur le nouveau système 
de Telemann); Lobenstein , 1748, in-8°. 
4° Ausfiihrliche und deutliche Anweisung 
zur rational Rechnung, und der damit 
verknupflïti Aussmessung und Abtheilung 



desMonochords, etc. (Principes du calcul ra- 
tionnel, de la mesure et de la division du mo- 
nochorde); Lobenstein, 1749, in-8° de trois 
cent huit pages. Savant ouvrage, un des meil- 
leurs sur cette matière, et peut-être le meil- 
leur de tous. 5° Griindliche Untersuchung, 
ob die Schrœterischen Aïaviertemperaturen 
Forgleischschwobend passiren kœnnen oder 
nicht (Examen du tempérament du clavecin 
de Schrœter, etc.); Lobenstein, 1754, in-8° de 
trente-huit pages. 6° Verbesserter musikalis- 
cher Cirkel (Cercle musical (des tons) perfec- 
tionné), tableau in-fol'. 7° Vorgemach der 
musikalischen Composition, oder ausfuhr- 
liche, ordenlliche und vorheutige Praxin 
hinlxngliche Anweisung zum Generalbass, 
durcit, icelche ein Studiosus Musices zu einer 
grilndlichen Erkenntniss aller in der Com- 
position und Clavier vorkommenden con- 
und dissonirenden Grund Sxtze und wie 
mit denenselben Natur, Gehœrung, Kunst- 
mœssig umzugehen, kommen, folglich nicht 
nur ein gutes Clavier als ein Compositor 
extemporaneus spielen lernen, etc. (Anti- 
chambre de la composition musicale, ou in- 
struction détaillée , régulière et suffisante 
pour la pratique actuelle de la basse con- 
tinue, etc.); Lobenstein, 1745-1747, trois 
parties in-4°, formant ensemble quatre cent 
trente-deux pages de texte et quarante pages 
d'exemples. C'est dans cet ouvrage que Sorge 
a établi un des principes fondamentaux de 
l'harmonie; principe méconnu avant lui, sa- 
voir, qu'un accord dissonant existe par lui- 
môme dans la tonalité moderne, abstraction 
faite d'aucune modification d'accord conson- 
nant (1).8° Compendium Harmonicum,oder 
kurzer Begrifj der Lehre von der Harmonie 
von diejenigen, welche den Generalbass und 
die Composition studieren,in der Ordnung, 
welche die Natur des Klangs an die Hand 
giebt (Idée abrégée de la science de l'har- 
monie, etc.); Lobenstein, 1760. in-4° de cent 
vingt et une pages et vingt-quatre planches de 
musique. Une critique que Sorge fit dans cet 
ouvrage de quelques principes de Marpurg, lui 
suscita, de la part de celui-ci, de violentes atta- 
ques {voyez Marpurg). 9° Anweisung Claviers 
und Orgeln gehœrig zu lempcriren und zu 
stimmen (Instruction pour accorder les orgues 
et les clavecins); Lobenstein, 1758, in-4°. 
Gerber cite une édition de cet ouvrage publiée 
à Leipsick,en 1771; je doute de son existence. 
10° Kurze Erklxrung des Canonis harmonici 

(I) Vojez, sur ce sujet, mon Esquisse rie l'histoire de 
| l harmonie (Paris, 1841, in-S°;, p. 122-124. 



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SORGE — SORIANO 



(Courl éclaircissement du canon harmonique); 
l.obenstein, 1763, in-fol. de quatre pages. 
M Die Natur des Orgelhlangs (Sur la nature 
.les sons de l'orgue); Ilof, 1711, in-8°. 12" Der 
in der Rechen-und Messhunst loohlerfahrne 
Orgelbaiimeister ,welcher die behœrige JFeite 
nnd Lenge aller Orgelpfeiffen ihren erfor- 
derlichen Raum, die nœthige Melalldicke, 
die Grœsse der Cancellen und Canxle, etc. 
(Le facteur d'orgue bien instruit dansles prin- 
cipes du calcul et de la géométrie, etc.); Lo- 
benstein, 1775, in-4° de soixante-huit pages, 
avec cinq planches in-fol. 13» Anmerkiingen 
iiber Quansens Dis und Eb Klappe (Remar- 
ques sur les clefs de ré dièse et de si bémol 
ajoutées par Quantz à la flûte). Ce morceau se 
trouve dans le quatrième volume des Essais de 
Marpurg. 14° Remarques sur le système d'in- 
tervalles du professeur Euler, dans le qua- 
trième volume des notices de Hitler. 15° An- 
leitung zur Fantasie, oder in der schœnen 
Kimst, das Clavier, wie auch andern In- 
strumente ans dem Kopfe zu spielen; 7iacli 
theorclischen und prahlischen Grund- 
sxtzen (Introduction à la fantaisie, ou dans le 
bel art de jouer (improviser) sur le clavecin, 
ainsi que sur d'autres instruments, d'après 
des principes théoriques et pratiques) ; Loben- 
stein (sans date), in-4°de quatre-vingts pages, 
avec dix-sept planches de musique. Serge a 
laissé en manuscrit un ouvrage concernant 
l'union de la mélodie avec l'harmonie. 

SOftIAINO (François), savant compositeur 
<le l'école romaine, naquit à Rome, en 1549. 
A l'âge de quinze ans, il fut admis comme en- 
fant de chœur à l'église de Saint-Jean-de- 
Lalran, et y reçut sa première instruction dans 
la musique d'Annihal Zoilo, puis de Bartho- 
lomé Roy, maîtres de cette chapelle. Après 
avoir perdu sa voix juvénile, il devint pendant 
quelque temps élève de Jean-Baptiste Monla- 
nari, maître peu connu, puis il entra dans 
l'école de Jean-Marie Nanini, et eut en dernier 
lien pour maître l'illustre Pierluigi de Paies- 
trina. Legéniede l'art développé par des études 
si sérieuses et si bien dirigées fit de François 
Soriano un des plus remarquables musiciens 
d'une école où l'on en comptait un grand nom- 
bre d'un mérite très-élevé. En 1587, il obtint 
la place de maître de chapelle de Sainle-Marie- 
Majeure; mais il y renonça au mois d'août 
1589, pour prendre une position semblable à 
l'église Sainl-Louis-des-Français, par des 
motifs qui sont inconnus. Soriano parait avoir 
occupé, à deux époques différentes, la place de 
maître de chapelle de Sainl-Louis-dcs-Fran- 



çais, la première fois avant d'entrer à Sainle- 
Marie-Majeure, c'est-à-dire avant 1581, ou, 
du moins, au commencement de celte année, 
car il y a de lui un ouvrage intitulé : Di Fran- 
cesco Soriano Romano, maestro di cappella 
di Santo Luigi, il primo libro di Madrigali 
a einque voci, novamente da lui composti, 
et dati in luce. In J'enetia appresso Angelo 
Gardano, 1581, in-4". L'épitre dédicaloire, à 
Guillaume de Gonzague, duc de Manloue et de 
Monlferrat, est datéede Rome, le 20 avril 1581. 
Ce fut donc pour la seconde fois qu'il fut ap- 
pelé à l'église Sainl-Louis-des-Français, en 
1588. Pendant dix ans, il remplit ses fondions 
à celle-ci : puis il fut appelé en la même qua- 
lité à Saint-Jean-de-Latran, en 1599: mais 
l'année suivante, il rentra à la basilique de 
Sainte-Marie-Majeure, avec le litre de béné- 
ficier et y resta jusqu'en 1G05, où la place de 
maître de chapelle de Saint-Pierre du Vatican 
lui fut donnée. Ce savant compositeur mourut 
au moisde janvier 1620, et fut inhuméà Sainte- 
Marie-Majeure. Les œuvres connues de Soriano 
sondes suivantes : 1° Il libro primo di Madri- 
gali a 5 voci; Venise, Gardane, 1581, in-4°; 
c'est l'ouvrage qui vient d'être cité. La pre- 
mière édition avait été publiée à Rome, dans 
la même année. 2° Il libro secondo di Madri- 
gali a 5 voci ; Rotna, Coattino, 1792. 5° Mo- 
telti a8 voci; Rotna, Mutio, 1597. 4° 77 libro 
primo di Madrigali a quatlro voci; Roma, 
pergli eredi del Mutin, 1601. 5° Il secondo 
libro di Madrigali a 4 voci; ibid., 1602. 
6° Missaruni liber primus; Roma, apud 
Jo. Baptistam Roblcttum, anno 1609, in-fol. 
On trouve dans ce recueil plusieurs messes à 
quatre voix, deux à cinq voix, trois à six voix, 
et la fameuse messe du pape Marcel, com- 
posée à 6 voix, par Palcslrina, et arrangée 
à huit voix par Soriano. 7" Canoni et obligln 
di ccnlo et dieci sorte sopra l'Ave maris 
Stella à 3, 4, 5, 6, 7, 8 voci ; Roma, Robletti, 
1710, in-fol., chef-d'œuvre de science et de 
facture élégante qui doit être considéré comme 
le plus bel ouvrage de l'auteur. Zacconi (voyez 
ce nom) a fait, en 1625, la résolution en par- 
tition de tous les morceaux de cet œuvre : on 
en trouve le manuscrit dans la bibliothèque du 
lycée musical de Bologne. 8° // libro primo di 
salmie molelti a 8, 12, 16 voci; Venise, Vin- 
cenli, 1614. 9° Il secondo libro, idem; ibid., 
1616, in-4". 10° l'illanelle a trevoci; Venise, 
Vincenti,16l7, in-4°. 1 ["Magnificat cl Passion 
à quatre voix; Rome, Robletti, 1619, in-fol. 
On trouve en tête de l'ouvrage le portrait de 
Soriano, à l'âge de soixante-dix ans. 



SORIANO-FUERTES — SORTI 



69 



SOIUANG-FIÏEUTES (D. Maiuano), 
compositeur, littérateur et historien de la mu- 
sique, est né en 18)7, à Mincie, chef-lieu fie 
la province de ce nom (Espagne). Son père, 
D. Indalecio Soriano-Fuerles, était composi- 
teur et directeur de la musique de la chambre 
du roi. Dirigé par lui dans ses éludes musi- 
cales, le jeune Mariano fit en même temps 
ses études littéraires et scientifiques. Lorsqu'il 
eut atteint l'âge de quinze ans, il entra à la 
direction de la loterie, comme employé. Après 
qu'il eut passé quelque temps dans cette situa- 
tion, son père ayant remarqué qu'il avait peu 
de goût pour le travail des bureaux, prit la 
résolution de le faire entrer dans l'étal mili- 
taire et le fit admettre, en effet, comme cadet 
dans le régiment de cavalerie dit de Reyna 
Governadore. Telle n'était pas toutefois la 
carrière qu'aurait choisie le jeune homme; 
épris d'un goût passionné pour la musique, il 
aurait voulu cultiver cet art et en faire sa pro- 
fession. En vain son père lui répétait souvent 
qu'en Espagne il n'y a ni honneur ni profit 
pour un musicien : M. Soriano-Fuerles y 
voyait la jouissance que donne l'art, et c'était 
assez pour lui. Etre compositeur de musique 
lui paraissait le sort le plus digne d'envie. De- 
venu libre de donner à son existence une di- 
rection qui répondit à ses goûts, il rentra dans 
la vie civile el reprit ses études musicales. En 
1841, il commença, avec un de ses amis, la pu- 
blication du premier journal de musique qui 
ail paru en Espagne; son litre était Iberiamu- 
sicaly literaria. Le temps n'était pas venu où 
une entreprise de ce genre pouvait prospérer 
dans la patrie de l'auteur; après y avoir dé- 
pensé de l'argent qui ne rentra pas, M. So- 
riano-Fuerles dût cesser sa publication hebdo- 
madaire. A la même époque, il était préoccupé 
du désir de voir l'Espagne eh possession d'un 
théâtre national de musique, qui n'avait jamais 
eu jusqu'alors d'existence permanente. Vou- 
lant prêcher d'exemple, il chercha ses sujets 
de pièces dans les chants populaires, et écrivit 
quelques-uns de ces petits opéras-comiques ap- 
pelés Zarzuelas en Espagne, tels que Geroma 
la Castanexa (Géroma la joueuse de cas- 
tagnettes), en un acte, qui obtint un accueil 
favprable à Madrid el dans les provinces, 
El Ventozzillo de Alfarache, el la Fexia di 
Santi- Ponce. Ayant été nommé professeur 
de l'Institut espagnol, en 1843, il publia, dans 
la même année, une méthode de solmisalion 
pour ses élèves; cet ouvrage fut approuvé par 
les artistes et par la presse périodique. En 
1844, M. Soriano-Fuerles obtint sa nomination 



de directeur du Lycée de Cordoue. Il y écrivit 
un Stabat Mater, une messe de Requiem, et 
la zarzuela intitulée : A Belan van los za- 
gales. De Cordoue, il passa à Séville et de là à 
Cadix, où il composa l'opéra-comique El Tio 
canigitao. De retour à Séville, il y fui nommé 
directeur de musique du grand théâtre de San- 
Fernando, et écrivit l'opéra-comique la Fa~ 
brica de Tabacos de Séville, suivi d'un diver- 
tissement. En quittant Séville une seconde fois, 
il retourna à Cadix et y prit la direction du 
théâlre principal, à laquelle il ajouta, en 1850, 
la direction du théâlre de la Comédie. Il écri- 
vit pour ces scènes plusieurs ouvrages, dont le 
plus important est Lola la Gaditana (Lola la 
bohémienne). En 1852, M. Soriano-Fuerles fut 
nommé directeur de musique du grand théâtre 
de Barcelone; depuis cette époque, il n'a plus 
quitté celte ville. Il a publié diverses œuvres 
littéraires dont l'objet n'appartient pas à 
celle Biographie des musiciens; mais il est 
auteur de deux ouvrages relatifs à la mu- 
sique qui doivent être menlionnés ici. Le 
premier a pour titre : Musica Araba-Espa- 
nola, y conexion de la musica con la astro- 
nomia,medicina y arquitectura ; Barcelona, 
1853, in-8°de cent trenle-trois pages. L'autre 
ouvrage, beaucoup plus important, est intitulé : 
Historia de la Musica espanola desde la 
Venda de los Fenicios hasla de anno de 
1850 (Histoire de la musique espagnole depuis 
l'arrivée des Phéniciens jusqu'à l'année 1850) ; 
Madrid et Barcelone, 1855-1 859, quatre volumes 
grand in 8°, avec un grand nombre de planches 
de musique el le portrait de l'auteur. Bien 
qu'un certain nombre de faits établis par 
M. Soriano-Fuerles dans cet ouvrage soient 
contestables, son livre n'en est pas moins très- 
digne d'intérêt, car c'est la seule histoire qui 
existe de la musique en Espagne ; histoire 
d'ailleurs peu connue, même des Espagnols, 
et qui a exigé beaucoup de recherches. Eu 
1860, M. Soriano-Fuerles a fondé La Gaceta 
musical Barcelonesa, parvenue aujourd'hui 
(1864) à sa quatrième année. Cet artiste litté- 
rateur est chevalier de l'ordre royal de 
Charles III, de l'ordre militaire de première 
classe de Saint-Ferdinand, honoré de la grande 
médaille d'or de l'Institut espagnol , et 
membre de plusieurs sociétés savantes et lit- 
téraires, t 

SORTI (Bartholomé), né à Padoue, vers 
1540, est connu par un ouvrage intitulé : Il 
primo libro de Madrigali a quattru et cinque 
voci con due dialoqhia selle voci ; in Vene- 
littjper i figlidiAnt. Gardano. 1573, in-4". 



70 



SOTO — SOUBRE 



SOTO (François), né en 1534, à Langa,au 
diocèse d'Osma, en Espagne, se rendit à Rome 
dans sa jeunesse, et fui admis, en qualité de 
chapelain-chantre, à la chapelle pontificale, 
le 8 juin 1562. Ami de saint Philippe Neri, il 
entra, le 17 décembre 1575, dans la congré- 
gation de l'Oratoire fondée par ce saint, et y 
eut la direction de la musique. Sincèrement 
pieux, il fonda à Rome un couvent de carmé- 
lites, le premier de cet ordre qui ait été établi 
dans la ville sainte. Soto mourut le 25 sep- 
tembre 1619, à l'âge de qualre-vingt-cinq ans. 
II avait fait imprimer le troisième livre des 
Laudi spirituali composés pour l'Oratoire par 
Palestrina et autres maîtres, dont Animuccia 
avait publié les deux premiers. Ce livre a pour 
titre : Il terzo libro délie laudi spirituali a 
îre e a quattro voci; Rome, Alexandre Gar- 
dane, 1588. Plus tard, il réunit les trois livres 
et les publia sous ce titre : Libro délie laudi 
spirituali dove in uno sono compresi i tre 
libri <jia stampati, e ristretta la musica a 
piii brevitd e facilita, e con V agginnta di 
moite laudi nuove ; Rome, Gardane, 1589. 
Enfin, Soto fit paraître, en 1591, chez le même 
imprimeur : Il quarto libro delk laudi spiri- 
tuali a tre e quattro voci. Il n'a indiqué les 
noms d'aucun des compositeurs de ces pièces; 
mais on croit qu'il a usé de cette précaution 
par humilité et pour ne pas se nommer lui- 
même comme auteur des morceaux qui lui ap- 
partenaient dans le recueil. Le portrait de 
Soto se trouve dans le livre d'Adami de Bol- 
sena (voyez ce nom). 

SOTO (José), prêtre et organiste de la ca- 
thédrale de Barcelone, né dans cette ville, vers 
la seconde moitié du quinzième siècle, est au- 
teur d'un livre fort rare intitulé,: Tractadode 
Canto llano (Traité du plain-chant); Barce- 
lone, 1512, in-4°. 

SOTOS (André DE), professeur de gui- 
tare à Madrid, né dans l'Estramadure, vers 
1750, s'est fait connaître par un livre intitulé: 
Arte para aprender com facilidad y sin 
maestro a templar y taner rasgado la gui- 
tarra de cinco ordenes, o chordas, y tambien 
la de quatro, o seis ordines, llamadas gui- 
tarra Espanola, banduria, y vandola; y 
tambien el tiple , etc. (Méthode pour ap- 
prendre avec facilité et sans maître à accorder 
et jouer par accords arpégés avec le pouce, la 
guitare à cinq cordes ainsi que celles à quatre 
ou à six cordes, appelées guitare espagnole, 
pandore et guitare à bandoulière (\), comme 

(I) La bandoulière de la guitare était autrefois un 
ruban ou cordon attaché d'un bout i la tète de l'instru- 



aussi à y jouer le chant, etc.) ; Madrid, 1764, 
in-12 de soixante-trois pages. 

SOTTONA (Jean), musicien espagnol, et 
professeur de musique à Valence, est auteur 
d'un livre intitulé: Le Maître de musique, 
ou Cours complet et raisonné de musique 
élémentaire; Valence, madame Rippeurt, 
1841, in-4". 

SOUBIES (Pierre-François), né à Ba- 
gnères de Bigorre, le 21 mai 1805, commença 
l'élude de le musique en même temps que ses 
humanités. Plus tard, ses parents l'envoyèrent 
à Toulouse pour y suivre les cours de l'école 
de droit ; il profita de son séjour dans cette 
ville pour augmenter ses connaissances musi- 
cales. En 1826, il y fit exécuter une scène ly- 
rique, dans une représentation au bénéfice des 
Grecs. Arrivé à Paris, pour y faire son stage 
d'avocat, il sentit la nécessité de régulariser 
son instruction dans l'harmonie et reçut pen- 
dant un an les leçons de M. Vergnes, un des 
meilleurs élèves de Reicha. Fixé ensuite dans 
le ressort de la cour royale de Pau, il y exerça 
sa profession avec distinction, sans négliger 
l'art auquel il était redevable de ses plus 
douces jouissances. En 1840, il obtint une mé- 
daille au concours de composition de Tou- 
louse, et, en 1845, il fil représenter, au théâtre 
de cette ville, la Bohémienne, opéra en trois 
actes, de sa composition, dont la musique ob- 
tint un accueil favorable et qui eut plusieurs 
représentations. Il a publié plusieurs œuvres 
vocales, empreintes du caractère montagnard, 
entre lesquelles on distingue le Chant des pâ- 
tres pyrénéens, dédié à Rossini. Depuis 1848 
jusqu'en 1852, M. Soubies fut détourné de ses 
occupations favorites par les événements po- 
litiques, comme préfet et comme représentant 
du département des Hautes-Pyrénées. Bentré 
dans sa ville natale, en 1852, il y a fondé des 
écoles gratuites de musique, et une société 
philharmonique qui contribue aux plaisirs des 
baigneurs deceltelocalité thermale. 

SOUBRE (Etienne-Joseph), directeur dit 
Conservatoire de Liège, né dans celte ville, le 
50 décembre 1815, a fait ses études musicales 
au Conservatoire. Son premier instrument fut 
le basson ; puis il reçut des leçons de piano de 
Jalhaut, et M. Daussoigne-Méhul, alors direc- 
teur du Conservatoire de Liège, fui son pro- 
fesseur d'harmonie et de contrepoint. Après 

ment, et de l'autre à l'extrémité opposée. Cette bandou- 
lière passait sur l'épaule droite el sous le bras gauche 
de l'exécutant; elle soutenait l'instrument lorsque la 
main gauche abandonnait le manche pour faire, avec le- 
poucc. l'office de cajio-duslro, ou siliet mobile. 



SOUBRE — SOUHAITTY 



71 



avoir obtenu les premiers prix de ces dernières 
parties de l'ait dans les concours de cette 
école, il se présenta au grand concours de 
composition institué par le gouvernement 
belge, et le premier prix lui fut décerné, en 
1841, pour la cantate intitulée Sardanapale, 
qui fut exécutée solennellement dans un con- 
cert du Conservatoire royal de Bruxelles. De- 
venu pensionnaire de l'État en sa qualité de 
lauréat, il voyagea alors en Italie, en Alle- 
magne et passa environ six mois à Paris. De 
retour dans sa pairie, M. Souhre se livra à 
l'enseignement et à la composition, d'abord à 
Liège, puis à Bruxelles. Ses premiers ouvrages 
furent, des chants en chœur pour des voix 
d'hommes entre lesquels on distingue son 
Hymne à Godefroid de Bouillon, qui fut 
exécuté par quinze cenls chanteurs et instru- 
mentistes, au festival d'Anvers, en 1850. En 
1853, il prit part au concours ouvert par l'Aca- 
démie royale de Belgique, pour la composi- 
tion d'une symphonie triomphale : son ou- 
vrage fut exécuté, en 1854, dans un des 
concerls du Conservatoire de Bruxelles. Son 
grand opéra en trois actes, Isoline, ou les 
Chaperons blancs, fut représenté au Théâtre- 
Royal de Bruxelles, en 1855, et obtint un suc- 
cès honorable. En 1856, M. Soubre écrivit la 
musique de la cantate composée par M. André 
Van Hasselt pour le vingt-cinquième anniver- 
saire du règne du roi Léopold I er . A cette oc- 
casion, il fut fait chevalier de l'ordre de Léo- 
pold. Chargé par le gouvernement de composer 
une messe de Requiem à grand orchestre pour 
la première journée des fêles nationales, en 
1860, M. Soubre produisit un bon ouvrage qui 
fut exécuté le 25 septembre de la même année, 
et que la Société Concordia, d'Aix la-Cha- 
pelle, fit entendre de nouveau en 1861. Parmi 
les autres productions de cet artiste, on compte 
un Slabat Mater avec orchestre ; Ave verum 
à cinq voix, idem; Ecce panis, avec orgue; 
douze morceaux religieux pour voix de 
femmes, sur des textes latins ; un recueil de 
six hymnes à deux voix de soprano; des can- 
tates ; ouvertures ; symphonies ; airs détachés ; 
environ cinquante mélodies et petits duos; 
enfin, un grand nombre de chœurs pour des 
voix d'hommes qui ont été chantés par toutes 
les sociétés chorales de la Belgique. M. Soubre 
a dirigé la première société de chœurs 
d'hommes instituée à Liège, depuis 1838 jus- 
qu'en 1844 ; puis il fut chargé de la direction 
de l'ancienne Réunion Lyrique, de Bruxelles. 
Pendant plusieurs années, il fut chef d'or- 
clicstrc de la Société Philharmonique , de 



cette ville. En 1861, il fut chargé par le gou- 
vernement de l'inspection des cours de mu- 
sique dans les établissements de l'enseigne- 
ment moyen; enfin, en 1862, il a succédé à 
M. Daiissoigne-Méhul, dans la direction du 
Conservatoire de Liège. 

SOUHAITTY (le P. Jean- Jacques), reli- 
gieux de l'observance de Saint-François, du 
couvent de Paris, vécut vers le milieu du dix- 
septième siècle. Ayant imaginé de substituer 
des chiffres aux notes pour écrire la musique, 
et particulièrement le plain-chant, ce moine 
publia son système sous ce titre : Nouveaux 
éléments du chant ou l'essai d'une nouvelle 
découverte qu'on a faite dans l'art de chan- 
ter, laquelle débarrasse entièrement le plain- 
chant et la musique de clefs, de notes, de 
muances, de guidons ou renvois, de lignes 
et d'espaces, des bémol, bécarre, na- 
ture, etc., en rend la pratique très-simple, 
très-naturelle et très-facile à retenir, sans 
y altérer rien dans la substance; et fournit 
de plus une tablature générale, aisée et inva- 
riable, pour tous les instruments de mu- 
sique, etc. ; Paris, Pierre le Petit, 1677, in-4° 
de cinquanle-six pages. La première édition, 
publiée à Paris, en 1665, in-4°, avait simple- 
ment pour titre : Nouvelle Méthode pour ap- 
prendre le plain-chant et la musique. Il pa- 
raît que la méthode du P. Souhailly fut l'objet 
de quelques critiques, car il la reproduisildeux 
ans après avec des réponses à ces critiques; 
ce second ouvrage a pour titre : Essai du 
chant de l'église par la nouvelle méthode des 
nombres, contenant, outre la clef, les prin- 
cipes et les tables de celte méthode. 1° Une 
introduction à l'art de chanter parnombres. 
2° Les réponses à toutes les objections qu'on 
a faites. 5° Quelques avis pour bien prati- 
quer le chant de l'église; Paris, Thomas Jolly, 
1679, in-8° de vingt pages non numérotées, 
et de quarante pages chiffrées. Le système du 
P. Souhailly consiste à représenter les sons 
ut, ré, mi, fa, sol, la, si, par 1, 2, 3, 4, 5, 
6, 7. Il suppose l'étendue générale des voix et 
des instruments renfermée dans quatre oc- 
taves. La première octave est exprimée par 
chiffres suivis d'une virgule ; la seconde, par 
les chiffres simples, 1 -2 -3- 4, etc.; la troi- 
sième, par les mêmes chiffres suivis d'un 
point; et la quatrième, parles chiffres suivis 
d'un point et virgule. L'objet principal du sys- 
tème était le plain-chant, car, l'auteur avoue 
(p. 21), qu'il était médiocrement musicien; 
aussi n'a-t-il pensé qu'à représenter les demi- 
tons du troisième au quatrième degré, et du 



SOUHAITTY — SOUSSMANN 



septième à la ionique, par un 3 et par un 
7 barrés; quant aux dièses et aux bémols ac- 
cidentels, il ne s'en est pas occupé. Pour ex- 
primer la valeur des notes, le P. Sonhailly n'a 
rien trouvé de mieux que de placer au-dessous 
des chiffres les lettres a, b, c, d, e, f, g, h, 
qui représentent de valeurs de temps décrois- 
santes par 2, 4, 8, etc. A l'égard des décompo- 
sitions de mesures, il n'en parle pas. Comme on 
vient de le dire, celle méthode n'était réelle- 
ment applicable qu'au plain-chant. L'auteur 
en a reconnu lui-même l'insuffisance pour la 
musique, car il dit (p. 20) : Voilà succincte- 
ment ce que l'on peut dire, et toutes les in- 
structions qu'on peut donner dans un essai 
informe, tel qu'est celui-ci. En 1742, 
J.-J. Rousseau (voyez ce nom) proposa aussi 
un projet «le notation par les chiffres qu'il pré- 
sentait comme préférable à ce qui est en usage. 
Il développa depuis lors ce projet dans sa Dis- 
sertation sur la musique moderne. Laborde 
(Essai sur la musique, t. III, p. 688) assure 
que la méthode de Rousseau n'est autre que celle 
du Père Souhaitty, et qu'il s'en est emparé sans 
indiquer la source où il l'avait prise. Il suffit 
de jeter les yeux sur le système des signes du 
philosophe de Genève pour voir qu'il diffère 
essentiellement de celui du franciscain, quant 
à l'ensemble de la conception, et qu'il n'y a 
d'analogie entre eux que par la nature des 
signes. Il est probable que Lahorde n'avait pas 
vu le livre de Rousseau, et qu'il n'en a parlé 
que d'après des notes inexactes. Au reste, le 
P. Souhailly n'est, pas plus que Rousseau, 
l'inventeur des chiffres employés pour la 
notation de la musique; plusieurs anciennes 
tablatures ont été faites au moyen de ces signes. 
SOULLIER DE ROBLAIN (Ciiarles- 
Si.uon-Pascal), né à Avignon (Vaucluse), le 
16 avril 1797, fil ses éludes classiques jusqu'à 
la rhétorique au Lycée de cette ville, et plus 
tard se livra à l'élude de la musique, sous la 
direction de Dubreuil, élève de Méhul. Destiné 
au commerce, il s'en occupa dès l'âge de 
dix-huit ans, sous la direction de son père, 
négociant, puis agent de change; mais ses goûts 
pour la littérature et les arts lui firent ensuite 
abandonner les affaires. La plus grande partie 
de la carrière de M. Soullier appartient aux 
travaux littéraires étrangers à l'objet de cette 
Biographie, oii il n'est mentionné que pour 
ses productions musicales. Arrivé à Paris, il y 
publia quelques romances avec accompagne- 
ment de piano chez Pacini et chez Romagnesi, 
parmi lesquelles on a remarqué : les Châteaux 
en Espagne, l'Effet du regard, la f 'aise du 



hameau, etc. Vers 1834, il fonda le journal de 
chant intitulé :/e Troubadour normand, puis 
la Gazette des Salons, journal de musique et 
des modes. Après s'être marié à Paris, en 1835, 
M. Soullier retourna à Avignon et s'y occupa 
principalement de littérature. Parmi ses pro- 
ductions en ce genre, on remarque particuliè- 
ment sa Traduction en vers français des sa- 
tires de Perse avec le texte en regard, etc. ; 
Paris, Delaunay, 1837. De retour à Paris, en 
1848, M. Soullier y a fondé plusieurs journaux 
et publié divers ouvrages, au nombre desquels 
est celui qui a pour litre : Nouveau Diction- 
naire de musique illustré, élémentaire, théo- 
rique , professionnel et complet; 'Paris, 
F. Bagault, un volume gr. in-8°. En 1862, ce 
littérateur musicien a fondé un journal de mu- 
sique qui parait deux fois chaque mois sous le 
titre : l'Union chorale de Paris, Revue mu- 
sicale de la quinzaine, destinée aux sociétés 
chorales ou philharmoniques de la France et 
de l'étranger. Celte publication est parvenue 
à sa seconde année (1864). 

SOUSA-VILL ALOBOS (Mathias DE), 
bachelier en droilde l'université de Coimbre, 
et maître de chapelle à Elvas, en Portugal, na- 
quit dans cette dernière ville, vers le milieu 
du dix-septième siècle. Il a fait imprimer un 
traité du plain-chant intitulé : Arle deCanto 
chaô; Coimbre, 1688, in-4°. 

SOUSSMANN (Henri), né à Berlin, le 
23 janvier 1796, était fils d'un musicien de 
cette ville, dont il reçut les premières leçons, 
à l'âge de six ans, particulièrement pour le 
violon ; puis il devint élève de Schrœck, bon 
professeur de flûte, qui le dirigea jusqu'à l'âge 
de seize ans. Par ses éludes et sa belle organi- 
sation, il est devenu un des virtuoses les plus 
remarquables de son temps. A l'âge de seize 
ans, il entra dans la musique d'un régiment 
d'infanterie, et pendant les années 1813 et 
1814, il fit, en cette qualité, les campagnes 
contre la France. Après avoir reçu son congé, 
il voyagea pour donner des concerts, et se 
rendit en Russie. Après avoir été longtemps 
première flûte du Grand-Opéra de Péters- 
bourg, il eut, en 1836, le titre de directeur de 
musique du Théâtre-Impérial. Il est mort à 
Pélersbourg, au mois de mai 1848. On a pu- 
blié de sa composition : 1°Qualuorpourquatre 
flùles, op. 5; Berlin, Lischke. 2° Thème varié 
pour flùle avec quatuor, op. 3; Leipsick, Breit- 
kopf et Hsertel. 5° Pot-pourri pour flûte et 
violon, avec violon, alto et basse, op. 7; Ber- 
lin, Lischke. 4° Duos concertants pour deux 
flûtes, op. 2, 4 et 24; Berlin, Lischke; Lcip- 



SOUSSMANN — SOWINSKI 



sick, Breilkopf cl Haertel. 5° Sérénade pour 
flûle et guitare, op. 6; ibid. 6°Concerlino pour 
flûte et orchestre; Mayence, Schott. 7° Deux 
quatuors pour quatre flûtes, Hambo.urg, Schu- 
bert et Niemeyer. 8° Trio concertant pour 
deux flûtes et piano, op. 30; L?ipsick, Hof- 
meisler. 9° Grande fantaisie pour flûle et 
piano, op. 28; Leipsick,Hofmeister. 10° Vingt- 
quatre études pour flûte, dans tous les tons, 
op. 55; Hambourg, Schubert. 11° Trente 
grands exercices ou études dans tous les 
tons, en deux parties; Mayence, Schott. 
12° Méthode pratique de flûte en quatre ca- 
hiers, op. 54; Hambourg, Schubert. 

SOUTH (Robert)', chanoine de l'église du 
Christ, à Oxford, naquit en 1633, à Hackney, 
dans le Middlesex, et mourut le 8 juin 1716. 
Tour à tour vendu à tous les partis qui, de son 
temps, agitaient l'Angleterre, et les trahissant 
après les avoir flattés, il a laissé une mémoire 
peu honorée. Il était encore à l'université 
d'Oxford, lorsqu'il publia un petit poème latin 
intitulé : Musica incantans , sive poema 
exprimons musicx vires; Oxonii, 1655, 
in-4°. 

SOWINSKI (Albert) , d'une noble et 
ancienne famille polonaise, est né vers 1803, 
à Ladyzyn, dans la partie méridionale de 
l'Ukraine. Après avoir passé paisiblement les 
premières années de sa jeunesse, occupé de 
l'étude du piano, il se rendit à Vienne, et de- 
vint élève de Charles Czerny et de Leides- 
dorf pour cet instrument. Le chevalier de Sey- 
fried lui donna des leçons de composition, et il 
étudia l'instrumentation sous la direction de 
Gyrowetz. L'amitié de Hummel, de Moscheles, 
de Schubert et de l'abbé Stadler ne fut pas 
étrangère à ses progrès, car il reçut de ces ar- 
tistes distingués d'utiles conseils. Après deux 
années de séjour dans la capitalede l'Autriche, 
Sowinski partit pour l'Italie, visita Rome et 
Naples, puis se rendit à Paris, où il arriva en 
1830, et où il s'est fixé. Il s'y est fait entendre 
dans plusieurs concerts, et y a publié beaucoup 
de compositions pour son instrument. Pendant 
plus de trente ans, il s'est livré à l'enseigne- 
ment du piano dans cette grande ville, et y a 
été compté parmi les meilleurs maîtres pour 
cet instrument. En 1841, il a fait exécuter à 
Paris une ouverture de sa composition, et dans 
l'année suivante, une symphonie qui a pour 
litre : la Fatalité. Dans l'été de 1842, il a fait 
un voyage à Londres, et y a joué dans plusieurs 
concerts. De retour à Paris, il s'y est livré de 
nouveau à l'enseignement. M. Sowinski a pu- 
blié beaucoup de compositions de différents 



genre, dont les principales sont : 1° Six mor- 
ceaux religieux à deux, trois et quatre voix 
avec orgue, op. 57; Paris, Chaillot. 2° Messe 
solennelle à trois parties et deux chœurs, avec 
orgue, op. 61 ; ibid. 3° Feni Creator à trois 
voix et orgue; Mayence, Schott. 4° Messe 
brève à quatre voix avec orgue, op. 71 ; Paris, 
Canaux. 5° Saint Adalbert, oratorio en trois 
parties, à quatre voix, solos, chœurs et or- 
chestre, op. 66. Partition de piano et de chant; 
Paris, Rrandus. 6° Six motets à deux, trois et 
quatre voix avec orgue, op. 80; Londres, 
A. Novello. 7° Ouverture de la Reine Hed- 
wige à grand orchestre; Paris, chez l'auteur. 
8" Symphonie en me mineur à grand orchestre, 
op. 62; en partition, chez l'auteur. 9° Ma- 
zeppa, ouverture à grand orchestre, op. 75, à 
Paris, chez l'auteur. 10° Grand rondo sur le 
Maçon, pour piano et quatuor, op. 9; Paris, 
Schœnenberger. 11" Variations de concert sur 
un thème de Mayseder, avec orchestre, op. 14; 
Paris, Pacini. 12" Grande polonaise pour 
piano et quatuor, op. 16; Paris, Launer. 
13" Air des Légions polonaises, piano, chant 
et orchestre, op. 31; ibid. 14° Variations de 
concert pour piano et orchestre sur le duo des 
Puritains, op. 48. 15" Trio (en ré majeur) 
pour piano, violon et violoncelle, op. 76. 
16" Rondeau brillant sur un duo du Maçon, 
d'Auber, op. 2; Vienne, Cappi. 17° Variations 
sur un air favori de la Dame blanche; Vienne, 
Leidesdorf. 18° Rondo pastoral sur une strophe 
de Masaniello, op. 8 ; Milan, Ricordi. 19° Va- 
riations brillantes sur un air polonais; ibid. 
20° Vingt-quatre préludes et exercices dans 
tous les tons majeurs et mineurs; Paris, Pa- 
cini. 21° La Parisienne, marche nationale 
variée, op. 25; Leipsick,Hofmeister. 22" Mor- 
ceau de salon, variations et rondo sur un 
thème original, op. 26; ibid. 23" Grand con- 
certo pour piano et orchestre, op. 36; Paris, 
Schlesinger. 24° Fantaisie sur une cavatine 
chantée par Rubini, op. 34; Pacini. 25" Idem 
sur un trio de la Juive, par Halévy, op. 40; 
Paris, Schlesinger. 26° La Mer, fantaisie sur 
la Prière du marin, dans l'Eclair, op. 45 ; 
ibid. M. Sowinski a publié aussi beaucoup 
d'autres morceaux détachés pour piano seul, 
sur des thèmes d'opéras , douze grandes 
éludes, op. 60; Paris, Chaillot, et de petits 
morceaux de salon dans les formes de l'époque 
actuelle. Il a beaucoup de compositions iné- 
diles, parmi lesquelles on remarque: Lenore, 
drame lyrique en deux actes, d'après la bal- 
lade de Burger, et Le Modèle, opéra comique 
en un acle, de M. de Saint-Georges, non re- 



i-i 



SOWINSKI — SPALLETTl 



présenté. On a île cet artiste laborieux un ou- 
vrage intitulé : les Musiciens polonais et 
slaves anciens et modernes; Dictionnaire 
biographique des compositeurs, chanteurs, 
instrumentistes , luthiers , constructeurs 
d'orgues, etc. ; précédé d'un résumé de l'his- 
toire de la musique, etc.; Paris, Adrien Le- 
clereel C e . 1 857 , un volume gr. in-8° de cinq 
cent quatre-vingt-dix-neuf pages. J'ai tiré de 
ce volume des renseignements utiles pour la 
biographie de plusieurs artistes polonais. On 
doit aussi à M. Sowinski la publication d'un 
recueil de chants nationaux et populaires de la 
Pologne; Paris, 18-30, des articles historiques 
sur la musique dans le même pays, publiés 
dans]a Revue musicale de l'auteur de cette no- 
tice, et des recherches sur la musique popu- 
laire et le théâtre en Pologne, insérées dans 
la Pologne illustrée, de M. Chodzko. 

SOZZI (François), violoniste, né à Flo- 
rence, vers 1765, fut élève de Nardini. Après 
avoir été attaché quelque temps à la chapelle du 
grand-duc de Toscane, l'invasion de l'Italie 
par les armées françaises l'obligea à s'en éloi- 
gner pour aller chercher une position en Alle- 
magne. En 1 80 1 , il était premier violon à Augs- 
bourg. Il se rendit ensuite à Vienne, visita la 
Hongrie, la Pologne et la Russie, puis retourna 
en Allemagne, en 1811. Depuis celte époque, 
on n'a plus eu de renseignements sur sa per- 
sonne. On connaît de Sozzi les productions 
suivantes : 1° Dix-huit variations sur trois airs 
italiens, pour violon avec basse, op. 3; Augs- 
bourg, Gombart. 2° Quatuor pour flûte, violon, 
alto et basse, op. 4; ibid. 5 U Trois duos pour 
deux violons, op. 6; ibid. 

SPADA (Jacques-Philippe), prêtre véni- 
tien, élève du maître Vol pe {voyez ce nom), 
fut admis dans la chapelle ducale de Saint- 
Marc, à Venise, en qualité de chanteur, le 
fi septembre 1673. Le 16 janvier 1678, il suc- 
céda à son maître, comme organiste du second 
orgue, dans la même chapelle, et le 6 août 1690, 
il passa au premier orgue. Il mourut à Venise, 
en 1704. Aucune composition de cet artiste 
n'est connue jusqu'à ce jour. 

SP,ŒTH (Jean-Adam), facteur d'orgues, 
de clavecins et de pianos, qui a eu de la celé 
brité dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle, vécut à Ratisbonne. Il a construit le bel 
orgue de la cathédrale «le cette ville. Ses pianos 
étaient exportés dans toute l'Europe, et luttaient 
de réputation avec ceux de Stein. Spselh est mort 
en 1816, dans un âge très-avancé. 

SP/ETH (André), né le 9 octobre 1792, à 
Kossach, près de Cobourg, apprit les éléments 



de la musique dans l'école de ce lieu, et montra 
de si heureuses dispositions pour cet art dans 
son enfance, qu'il composait des cantates, des 
motets et des chœurs, sans avoir reçu de leçons 
d'harmonie d'aucun maître. En 1810, il entra 
dans la chapelle du prince de Cobourg, et y 
apprit la basse continue sous la direction de 
Grumlich, musicien de la chambre du prince. 
Pendant les années 1814 et 1815, Spœth s'oc- 
cupa exclusivement de la composition de mar- 
ches et de morceaux d'harmonie pour les corps 
de musique militaire. En 1816, il suivit son 
prince à Vienne, et y prit des leçons de com- 
position de Riotte. De retour à Cobourg. il 
publia des compositions de différents genres 
chez André, d'Offenhach , et Scholt, de 
Mayence. En 1822, il accepta la place d'orga- 
niste à Morges, petite ville du canton de Vaud, 
en Suisse, et l'occupa pendant onze ans; puis 
il se rendit à Neuchâtel, en 1833, et depuis ce 
temps il y a occupé les places de directeur de 
musique, de professeur de chant au collège, et 
d'organiste de la ville. Il est aujourd'hui maître 
de chapelle de la cour de Saxe-Cobourg. Spseth 
a écrit pour le théâtre de Cobourg : Ida de 
Hosenau, représenté en 1821; Elise, en 1833; 
l'Astrologue, à l'automne de 1837, et Omar 
et Sullana, en 1842. Il a aussi composé la 
musique de plusieurs ballets, les oratorios Die 
Auferstehung (la Résurrection) Saint Pierre, 
et Judas Iscariote, des psaumes, des cantates, 
un Te Deum, et des chants pour des voix 
d'hommes. Ses compositions instrumentales et 
vocales sont au nombre de plus de cent ; dans 
ce nombre, on remarque : l°Ses pièces d'har- 
monie, œuvres 52, 54 et 93; Offenbach, André. 
Le dernier de ces ouvrages est une scène pas- 
torale suisse pour harmonie complète, dont le 
mérite est remarquable. 2° Quatuors pour 
deux violons, alto et basse, op. 95 et 107; 
Mayence, Schott. 3° Symphonie concertante 
pour deux clarinettes et orchestre. 4" Des 
airs variés pour violon et clarinette, avec or- 
chestre ou quatuor. 5° Nonetto pour in- 
struments à cordes et à vent. 6° Beaucoup de 
fantaisies et de variations pour le piano. Son 
dernier ouvrage est une messe pour quatre 
voix avec les instruments à vent, dédiée au 
Conservatoire de Bruxelles. 

SPALLETTl (Raphaël), compositeur na- 
politain, élève de Sala, vécut dans la seconde 
moitié du dix huitième siècle. On trouve de sa 
composition dans la bibliothèque du conserva- 
toire de Naples : 1° Caino ed Abele, oratorio. 
2° Lamentazioni del giovedï santo per so- 
prano, viole, violoncello e basso. 



SPANGENBERG - SPARRE 



SPANGENBERG (Jean), magister, puis 
surintendant à Eisleben, naquit en 1484, à 
Hardeysen, près de Gœtlingue, et devint 
d'abord pasteur à Slollberg, puis prédicateur 
de Saint-Biaise à Nordhausen. Il est mort 
dans cette situation le 15 juin 1550. Il a 
écrit un petit traité élémentaire de musique 
pour l'usage de l'école de ce lieu , sous ce 
titre : Quxstiones musicx in usum scholx 
Northusianx collectai: Nuremberg, 1536, 
in-12. Il y a une édition de ce livre publiée à 
Wittenberg, chez G. Rhaw, sans date, petit 
in-8° de cinq feuilles : c'est vraisemblablement 
la première. Il y a aussi une édition imprimée 
chez Georges Hentzch, à Leipsick, en 1555, 
petit in 8° de cinq feuilles- Ce livre a été réim- 
primé à "Wittenberg, en 1542, quatre-vingts 
pages in-8»; à Leipsick, en 1544, 1547, 1561, 
in-8°; à Cologne, 1579, in-8°, et dans la 
même ville, 1592, in-12. Spangenberg est 
le même que Gerber et Choron et Fayolle 
ont nommé Spang , d'après le catalogue 
des livres de musique de Breitkopf (p. 55). 
Outre l'ouvrage cité ci-dessus , on a de 
Spangenberg : 1° Kirchengesxnge auf aile 
Sonntage und furnehmsten F este , nebst 
Evangelien, Episteln und Collectai, etc., 
mit musikalischen Noten, lateinisch und 
deutsch (Chants d'église pour tous les diman- 
ches et jours de fête, etc.); Wittenberg, 1545. 
2° Gedanken von allerhand geistlichen Kir- 
chengesxngen; Wittenberg, 1545, in-8°. 
5° Zwolff christliche Lobgesxnge und Leis- 
sen {?), so man das Jar (sic) uber, inn der 
Gemeine Goltes singt,auffskurtzteausgelegt. 
Le même ouvrage a été réimprimé avec des 
textes latins, sous ce titre : Hymni ecclesias - 
tici duodecim, summis festivitatibus ab 
ecclesia solemniter cantari soliti, annotatio- 
nibus explanati . Auclore M. JohanneSpan- 
genbergio. Recens è germanico sermone 
latine redditi, per Reinardum Lorichium 
Hadamarium ; Francofurli apud Chr. Ey- 
molphum, 1550, petit in-8°. 

SPANGENBEKG (Cyriac), fils du précé- 
dent, théologien et historien, né à Nordhausen, 
le 17 janvier 1528, mourut à Strasbourg, le 
10 février 1604. Il a laissé en manuscrit un 
ouvrage qui a pour titre : Von der edlen unnd 
hochberiihmten Kunst der Musica, unnd de- 
ren Annkunfft, Lob, Nutz unnd Wirckung , 
auch wie die Meistersinger auffkhommenn 
volckhommener Bericht : zu dienst unnd 
ehren der lœblichen unnd ehrsamen GeseU- 
schaft der Meistersinger, in der lœblichen 
freyenReichsstatt Slraszburg .geste! let durch 



M. Cyriacum Spangenberg. im Jalir Christi 
M. D. XCVIII. (Du noble et .célèbre art de 
la musique, son origine, son éloge, son utilité, 
ses effets, etc.). Ce manuscrit est dans la bi- 
bliothèque de la ville de Strasbourg. Joechep 
attribue cet ouvrage à Wohlfarth Spangenberg, 
fils de Cyriac; mais le titre même du manu- 
scrit prouve son erreur. Cet intéressant ou- 
vrage, plein de recherches et d'érudition, a été' 
publié en 1861, par les soins de M. Adalbert 
de Relier, professeur ordinaire de l'université 
de Tubinge, dans la bibliothèque de la société 
littéraire de Stuttgart (Bibliothek von littera- 
rischen Vereins in Stuttgart) n° lxii ; Stutt- 
gart, Colla), sous ce titre : Cyriacus Span- 
genberg von der Musica und den Meister- 
sxngern, herausgegeben durch, etc. ; gr. 
in-8° de cent soixante-douze pages. Il existe 
aussi de Spangenberg un livre qui a pour 
titre : Mag. Cyr. Spangenberg Cithara Lu- 
theri. Erfurt, 1569, in-4°. 

SPANHEIM (Ézéchiel), célèbre philo- 
logue, né à Genève, le 7 décembre 1629, fit 
ses éludes à Leyde, fut d'abord gouverneur du 
fils de l'électeur Palatin, à Heidelberg, puis 
il remplit des fonctions diplomatiques pour le 
même prince, en Hollande et en Angleterre, 
et pour l'électeur de Brandebourg, en France. 
II mourut à Londres, avec le litre d'ambassa- 
deur du roi de Prusse, le 7 novembre 1710. 
Au nombre de ses savants ouvrages, on trouve 
des notes sur Callimaque, insérées dans l'édi- 
tion des œuvres de ce poëte, publiée par Grœ- 
vius, à Utrecht, en 1697, en 2 volumes in-8°. 
Elles renferment des recherches intéressantes 
sur les instruments de musique des an- 
ciens. 

SPARACCIOIVI (Jean-Georges), né à 
Monte-Cosaco, dans les dernières années du 
seizième siècle, fut organiste de l'église Sainte- 
Euphémie de Vérone. On connaît de sa com- 
position : 1° Salmi per i Vespri a quattro 
voci; in Venetia, app. Aless. Vincenti, 
1625. 2° Brève corsi di Concerti o Mottetti a 
una, due, tre et quattro voci, op. Z\ibid., 
1650, in -4°. 

SPARONO (François), compositeur sici- 
lien, vécut à Naples, vers 1780, et y fit repré- 
senter, au théâtre du Fondo:\° D Ammalata 
per apprensione, farce en un acte. 2° La 
Nolte di carnavale, opéra bouffe en un acte. 
5° Lo Stipo maggico, opéra bouffe en deux 

3CtCS. 

SPARRE (Nicolas), surnommé HIER- 
SINGIUS, parce qu'il était né dans le vil- 
lage de Hiersing, en Danemark, au commen- 



SPARRE — SPATARO 



cernent du <lix-huilième siècle, a pnlilié une 
dissertation intitulée : De Musica ac Cilhara 
Davidica e jusque effectu; Ha faix, 1753, 
in-4° de dix pages. 

SPAIlllY (FttANCOis), chanoine régulier, 
né à Grœiz (Slyrie), le 28 avril 1715, apprit la 
musique comme enfant de chœur chez les Bé- 
nédictins d'Aimonl, où il fit aussi ses études 
littéraires. En 1736, il entra au monastère de 
Kremsmunster, et après un noviciat de sept 
années, il y fut ordonné prêtre. Il obtint bien- 
tôt après de ses supérieurs de se rendre en 
Italie pour y perfectionner son talent de musi- 
cien, et visita Milan, Venise, Naples et Rome, 
qui l'intéressa surtout et où il fit un long sé- 
jour. Il s'y livra à de sérieuses étudesde contre- 
point et devint un savant composi leur. De retour 
dans sa patrie, il écrivit un grand nombre de 
morceaux d'église, dans les formes du contre- 
point douhle, pour lesquelles il avait un pen- 
chant décidé, un Pange Linqua d'un mérite 
remarquable, une collection de cantiques, et 
quelques airs pour le théâtre. Le P. Sparry 
mourut dans son monastère, le 5 avril 1767. 

SPATAIIO ou SPADARO, en latin 
SPADAIUUS(jEA!*),né à Bologne, vers 1460, 
eut pour premier métier celui de fabricant de 
fourreaux d'épée, s'il faut en croire Gafori, 
qui eut avec lui de vives discussions. Si l'on 
considère toutefois l'instruction solide qui 
brille dans les ouvrages de Spataro, non-seu- 
lement en ce qui concerne la musique, mais 
dans les mathématiques, la philosophie et la 
langue latine, il est permis de révoquer en 
doute ce fait, peut-être inventé par la haine. 
Quoi qu'il en soit, Spalaro devint élève de 
Ramis de Pareja (coyez ce nom), lorsque ce 
théoricien espagnol alla ouvrir des cours de 
musique à Bologne, en 1482, et fut par la suite 
le plus ferme soutien de sa doctrine. Spalaro 
ne fut sans doute pas moins hahile dans la 
pratique de l'art que savant dans sa théorie, 
car nous voyons (dans un catalogue chronolo- 
gique des mailres de chapelle deSaint-Pélrone 
de Bologne, tiré par l'abbé Baini des notices 
manuscrites de Pitoni concernant les an- 
ciens contrepointistes) qu'il occupa cette 
position depuis 1512 jusqu'à sa mort, arrivée 
en 1541. 

La publication du livre de Ramis intitulé : 
De Musica Traclalus, sive Musica practica 
(Bologne, 1482, in-4°), avait donné naissance 
au virulent pamphlet dirigé contre l'auteur 
par Burci (voyez ce nom). Spataro crut devoir 
prendre la défense de son maître; il le fit avec 
autant! de force logique que de modération, 



dans l'écrit intitulé : Ad reverendissimum in 
Christo Patrem, et D. D. D. Antonium 
Galeuz. de Bentivolis, sedis Apostolicx Pro- 
tonolarium, M. Joannis Spatari in Musica 
humillimi professons ejusdem prxceptoris 
honesta defensio ; in Nicolai Burtii Par- 
mensis opusculum. A la fin on lit : Impresso 
de l'aima ed inclita città di Bologna per me 
Plato de Benedicti, régnante lo inclito ed 
illustre Signore S. Johanne de Bentivogli de 
l'anno MCCCCLXXXXI, a di XVI de 
Marzo, in-4°. Spataro démontre jusqu'à l'évi- 
dence que Burci n'a rien compris à la question 
des gammes, sur laquelle il avait attaqué parti- 
culièrement Ramis, et il y traite avec pro- 
fondeur de la théorie du tempérament, sou- 
levée par son maître, et de la nécessité de la 
modération des tierces lorsque les quintes et 
les quartes sont justes. Gafori critiqua celte 
théorie dans le trente-quatrième chapitre du 
deuxième livre de son traité De harmonica 
musicorum inslrumentorum ; mais Spataro 
lui adressa, au mois de février 1518, une lettre 
où il relevait ses erreurs à ce sujet. Une ré- 
ponse «le Gafori, remplie d'amertume et 
d'ironie, amena une seconde lettre plus sévère 
de Spataro, au mois de marsdela même année. 
J'ai dit, en parlant de Gafori (voyez ce nom), 
commenlcetlequerelles'envenima etamena la 
publication du pamphlet du vieux maître de 
Milan, intitulé : Apologia Franchini Gafurii 
advenus Joannem Spalarium et complices 
musicos Bononienses. (Impressum Taurini 
per magistrum Augustinum de Vicomer- 
cato, anno Domini M. D. XX., in-fol. de 
dix feuillets). Quelques mois après parut une 
réponse de Spataro sous ce litre : Errori 
di Franchino Gafurio da Lodi, da maestro 
Joanne Spatario, musico bologncse, in sua 
defensione, e del suo precettore Mro. Barto- 
lomeo Ramis Hispano subtilmente dimos- 
trati.On lit au dernier feuillet : Impressum 
Bonotiix per Benedictum Hectoris, anno 
Domini M. D. XXI, die XII januarii, petit 
in-4° de cinquante-deux feuillets. Quoique le 
litre soit en italien, l'ouvrage est écrit en 
latin. Spalaro prétend démontrer, dans ce 
pamphlet (divisé en cinq parties), cent onze 
erreurs répandues dans les écrits de Gafori. 
Tout le monde eut tort et raison dans cette 
affaire, car Gafori prouvait très-bien la réalité 
du comma 80-81, mais il avait tort de ne pas 
admettre le tempérament égal pour l'accord 
des instruments, !e seul dont l'usage soit ap- 
plicable à tous les cas de la pratique. Le der- 
nier ouvrage de Spalaro csl un traité de mu- 



SPATERO - SPECH 



17 



siquc intitulé : Traclalo di musica, nelquale 
si tracta de la perfectione de la sesquialtera 
producta inla musica mensurata, in-fol. de 
cinquante-huit feuillets non chiffrés. An der- 
nier feuillet, on lit : Impressa in Vinegia 
per maestro Bernardino de Vitali el di 
octavo del mese di Oltobre M. D. XXXI. 
Ce livre est de grande importance pour la so- 
lution d'un certain nombre de cas difficiles de 
la notation proportionnelle en usage dans les 
quinzième et seizième siècles. La plus grande 
partie de l'ouvrage est dirigée contre Ga- 
fori. 

SPAVEINTA(Scipion), chanoine de Velle- 
tri, né dans la seconde moitié du seizième 
siècle, à Sermoneta, bourg des Etats de l'Eglise, 
s'est fait connaître par un œuvre qui a pour 
litre: I Sogni pastorali a quatlro voci ; in 
P'enetiti, appresso Giacomo Finçenli, 1608, 
in-4°. 

SPAZIAI\0 (Fhançois), éditeur de la plus 
ancienne colleclion de chansons et de madri- 
gaux qui se chantaient dans les rues de Flo- 
rence, pendant le carnaval, au commencement 
du seizième siècle. Celle colleclion a pour 
litre-. Canti carnascialeschi; Florence, 1529, 
in-4°. 

SPAZIER (Jean-Ciiarles-Gottuebï, né à 
Berlin, le 20 avril 17G1 , lit ses éludes aux uni- 
versités de Halle et de Gœltingue, puis reçut 
sa nomination de professeur de philosophie à 
Giessen, mais n'accepta pas cetle position, et 
préféra s'attacher à un noble personnage de 
la Weslphalie, qu'il accompagna dans des 
voyages en Allemagne, en Hollande, en Dane- 
mark, en Suisse et dans une partie de l'Italie. 
De retour dans sa patrie, il accepta les places 
de professeur et de conseiller à Neuwied ; mais 
après la mort du souverain de cette petite 
principauté, il retourna à Berlin. En 1796, il 
obtint le diplôme de docteur en philosophie à 
l'université de Halle; puis il fut pendant quel- 
que temps professeur el inspecteur de l'In- 
stitut d'éducation à Dessau, vécut ensuite à 
Berlin, el, enfin, mourut à Leipsick, le 19 jan- 
vier 1805. Spazier s'est fait connaître comme 
compositeur par des chansons à voix seule 
a\ec accompagnement de piano, publiées à 
Leipsick, en 1781, et dont il a donné une nou- 
velle édition à Dessau trois ans après; par des 
chœurs à quatre voix (Leipsick, 1785), et par 
«les chansons joyeuses avec piano (Vienne, 
1786). On a aussi de lui des mélodies pour le 
recueil de chansons de Hartr.ng (Berlin, 1793). 
Il est connu surtout par quelques écrits rela- 
tifs à la musique, dor.l voici la liste : 1° Frei- 



muthige Gedanken liber die Galles verehrun- 
gen der Protestanten (Idées libres sur la 
vénération religieuse des protestants); Gotha, 
1788, in-8°. Il y traite du chant du culte évan- 
gélique et de la musique d'église. 2° Einige 
Gedanken, JViinsche und F'orschlxge zur 
Einfiihrung eines neuen Gesangbuch (Quel- 
ques idées, souhaits et propositions concernant 
l'introduction d'un nouveau livre de chant); 
Neuwied, 1790, in-8°. 3° Etwas iiber Gluc- 
kische Musik und die Oper Iphigenia in 
Tauris auf dem Berlinischen Nalional- 
thealer (Sur la musique de Gluck et l'opéra 
•Vlphigénie en Tauride au Théâtre-National 
de Bei lin); Berlin, 1795", in-8°. 4° Cari Pilgers 
Roman seines Lebens, von ihm selbst ge- 
schreiben, elc. (Roman de la vie de Charles 
Pilger, écrit par lui-même); Berlin, 1792-1796, 
trois volumes in-8°. Ce roman a pour base les 
événements de la vie de Spazier lui-même; 
il est rempli de considérations sur la mu- 
sique. 5° Berlinische musikalische Zeitung, 
historischen und kritischen lnhalts (Ga- 
zette musicale de Berlin, etc.); Berlin, 1794, 
in-4" de deux cent dix pages. Ce journal n'a 
pas élé continué. 6° Rechtfertigung Mar- 
purg's und Erinnerung an seine Ferdienste. 
Auf Feranlassung eines Aufsatzes des 
Herm Schultz (Justification de Marpurg et 
souvenir de son mérite, à l'occasion d'un écrit 
de M. Schultz), dans la Gazette musicale de 
Leipsick, t. II, p. 553, 569 et 59ô. 7° Ueber 
den Folksgesang (Sur le chant populaire), 
même journal, t. III, p. 78, 89 et 105. Spa- 
zier a aussi traduit en allemand le premier vo 
lume des Mémoires de Grélry sur la musique, 
sous ce titre : Gretrg's f'ersuche iiber die 
Musik; Leipsick, 1800, in-8°. Il a élé l'édi- 
teur de la vie de Dilters de Diltersdorf (voyez 
ce nom). 

SPECH (Jean), pianiste et compositeur, 
naquit à Presbourg le 6 juillet 1768. Après 
avoir étudié les éléments de la musique à Ofen, 
il se rendit à Vienne, où il recul des leçons de 
bons maîtres pour le piano et la composition, 
puis il se fixa à Festh, en 1804, en qualité dé- 
maille de chapelle. Plus lard, il e-nlra au ser- 
vice du baron de Pudmaniezky, dans la même 
\ille. En 1816, il fit un voyage à Paris, y pu- 
blia quelques-unes de ses compositions, puis 
retourna dans sa pairie et se fixa à Vienne. 
On a gravé de sa composition : 1° Quatuors 
pour deux violons, allô et violoncelle, op. 2, 
1.9 el 22, Vienne, Haslinger et Mollo. 2° So- 
nates pour piano, violon et violoncelle, op. 1 ; 
Vienne, Arlaria. 3° Trois fugues pour trois 



SPECH - SPEER 



violons, allô et violoncelle, op. 3; ibid. 4° So- 
nates pour piano et violon, op. lOel 12; Vienne, 
Haslinger. 5" Sonates pour piano seul, op. 4; 
Vienne, ( Artaria.6 n Fantaisie etcaprice, idem, 
op. 15; Vienne, Haslinger. 7° Thème avec va- 
riations, op. 5; ibid. 8° Fugues à quatre mains; 
ibid. 9" Chansons allemandes à deux et trois 
voix, avec accompagnement de piano, -op. 7; 
ibid. 1 0° Chants à quatre voix d'hommes, op. 37; 
Vienne, Czerny. On connaît aussi de Spech 
deux opéras allemands, quelques ouvertures, 
un oratorio, des cantates d'église, une messe, 
un Veni Scinde Spirilus, et quelques autres 
compositions en manuscrit. J'ignore la date 
de la mort de cet artiste ; il vivait encore à 
Vienne, en 1834. 

SPECK (Jean Guillaume Gu.nther), ama- 
teur distingué, naquit à Sondershausen, le 
16 juillet 1751. Attaché à la cour du prince de 
Schwarzbourg par plusieurs emplois, il cultiva 
la musique avec succès, et posséda une belle 
collection d'œuvres pratiques des grands 
maîtres, d'ouvrages d'histoire de l'art et de 
critique, ainsi que plus de mille portraits de 
musiciens. Il mourut à Sondershausen, le 
8 décembre 1797, laissant en manuscrit un 
livre en deux volumes in-4", intitulé: Archiv 
der Tonuissenschafl (Archives de la science 
musicale), qui n'a pas été publié. 

SPECKHUIVS (Chrétien), musicien alle- 
mand, vivait vers la fin du dix-septième siècle. 
Il n'est connu que par les deux ouvrages sui- 
vants : 1° Jnstructio generalis oder griind- 
liclier Unterricht von dem Generalbass , in 
2 Theils verfasset (Instruction fondamentale 
sur la basse continue, etc.); Francfort, 1682. 
2° J/armonischer Scelen-f rende, Erster Theil 
bestehend in 12 geistliche Concerten, mit 1, 
2, 3, A, 5 vocal Stimmen nebenst etlichen 
Instrumentai (Joieharmoniquede l'âme, pre- 
mière partie, consistant en douze concerts spi- 
rituels à une, deux, trois, quatre et cinq 
voix, etc.) ; ibid., 1682. 

SPEE (Frédéric), cantor de l'église pro- 
testante de Cologne, vers le milieu du dix- 
septième siècle, est connu par un recueil de 
mélodies pour les cantiques à l'usage de cette 
église, qu'il a fait imprimer sous ce titre : Der 
Trutz Nachtigall's (la Volière du rossignol); 
Cologne, 1660, in -12. Ce recueil est devenu 
fort rare. 

SPEEll (Daniel), savant musicien, né à 
Breslau, vers le milieu du dix-septième siècle, 
fut d'abord fifre de la ville, puis fut appelé, 
vers 1680, à Gœppingen, dans le duché de 
Wurtemberg, en qualité de professeur sup- 



pléant de l'école latine, et de cantor. Douze 
ans après, il alla remplir les fonctions de can- 
tor à Waiblingen. On ignore l'époque de sa 
mort. Ce musicien a fait imprimer de sa com- 
position un recueil de cantiques à cinq voix, 
deux violons et basse continue, pour être chan- 
lés depuis l'Avenl jusqu'à la Trinité, sous ce 
titre : Evangelischen Seelen-Gedanken (Pen- 
sées de l'âme évangélique); Stuttgart, 1681, 
in-4°. On connaît aussi sous son nom : 
1° Recens fabricatus labor, oder die luslige 
Tafel-musik, mil 3 vocal, und 4 instrumen- 
tal Stimmen (Musique joyeuse de table, à trois 
voix et quatre instruments); Francfort, 1686, 
in-fol. 2° Livre choral avec clavecin ou orgue; 
Stuttgart, 1692, in-4°. 3° Jubilum Cœleste,ou 
airs religieux, à deux voix de dessus et cinq 
instruments; Stuttgart, 1692, in-4°. A Philo- 
mela-Angelica, motels à deux voix et cinq in- 
struments; ibid., 1693, in-4". Speer est connu 
particulièrement par un traité général de mu- 
sique dont la première édition a pour litre : 
Grundrichtiger, kurz, leicht und nœthiger 
Unterricht der musikalischen Kunst (Instruc- 
tion exacte, concise, facile et nécessaire de 
l'art musical); Ulm, 1687, in-8° de cent qua- 
rante-quatre pages. Plus tard, il refondit en 
entier cet ouvrage, et en publia une deuxième 
édition intitulée : Grundrichtiger, kurz, 
leicht und nœthiger, setz Wohl-vermehrter 
Unterricht der musikalischen Kunst, oder 
vierfaches musikalisches Kleeblatt ,tcorinnen 
zu erschen, wie man fjiglich und in kurlzer 
Zeit : \"Choral- und Figurai -Singen;%oDas 
Clavier und Generalbass tractirèn; 3" Aller- 
hand Instrumenta grei/fen und blasen 
lernenkan; 4° Focaliter und Inslrumenta- 
liter componiren soll lernen (Instruction 
exacte, concise, facile, nécessaire et considé- 
rablementaugmenléede Part musical, outrèfle 
musical à quatre feuilles, par lequel on peut 
apprendre en peu de temps : 1° Lechanl cho- 
ral et figuré; 2° le clavecin et la basse conti- 
nue; 3° toute espèce d'instruments à clavier, à 
cordes et à vent; 4° à composer pour les voix et 
pour les instruments); Ulm, 169", in -4° obi. 
de deux cent quatre-vingt-neuf pages. La pre- 
mière partie seule, concernant les éléments de 
la musique, est à peu près semblable dans les 
deux éditions; la seconde et la quatrième, re- 
latives au clavecin, à la basse continue et à la 
composition, sont absolument différentes, et la 
troisième, où il est Irailé des instruments, est 
enrichie, dans la seconde édition, d'un grand 
nombre d'exemples qui manquent dans la pre- 
mière. Le livré de Speer est une des meilleures 



SPEER — SPERANZA 



79 



sources pour l'hisloire de la musique instru- 
mentale au dix-septième siècle. Dans la 
deuxième édition, il a donné ]les titres de six 
recueils de compositions pour l'église qu'il se 
proposait de publier, mais qui ne semblent pas 
avoir été mis au jour. 

SPEIDEL (Jean-Christophe), pasteur el 
surintendant à Waiblingen, dans le "Wurtem- 
berg, vécut au milieu du dix-huitième siècle. 
Il est railleur d'un petit écrit intitulé : Un- 
terwerfliche Spuren von der alten Davidi- 
sclien Singhunst ?iacli ihren deutlich unter- 
scheidenen Stimmen, Tœnen, Noten, Taht 
und Rcpetilionem, mil eincn Exempel za 
einer Probe, etc. (Recherches concernant 
l'ancien art du chant de David, etc.); Stuttgart, 
1740, in-4° de quarante-huit pages. L'auteur 
y traite de la musique des Hébreux en sept 
chapitres, et soutient l'opinion que léchant des 
psaumes était à l'unisson et à l'octave. Il donne 
en preuve de ses assertions sur la forme de la 
mélodie, le rhylhme et la disposition des voix, 
un exemple tiré du 46 e psaume à quatre par- 
ties, qui a été rapporté par Forkel, dans le 
premier volume de son Histoire de la musique 
(liage 157). Tout cela n'a de fondement que 
dans la tête de Speidel, assez ignorant d'ail- 
leurs en ce qui concerne l'histoire de la mu- 
sique. 

SPEIER (Wilhelm), violoniste et compo- 
siteur, fils d'un négociant de Francfort, naquit 
dans cette ville en 1790. Ses maîtres de violon 
furent Nenninger, à Mayence, puis Fraenzl, 
et enfin Paul Thierrot, de Leipsick. Il apprit 
la composition à Offenbach, chez André. Ayant 
fait un voyage à Paris, il y reçut quelques le- 
çons de Baillol, puis il devint élève de Spohr. 
On a deSpeierenviron soixante-quinze œuvres, 
dont le plus grand nombre se compose de 
Lieder à voix seule avec accompagnement de 
piano, ou de chants pour des choeurs d'hommes. 
Dans sa musique instrumentale, on remarque 
des duos pour piano et violon, fantaisies, ca- 
prices, variations, quelques petites pièces pour 
piano seul, el des duos pour flûte et violon. 
Speier vivait encore à Francfort en 1856, et y 
jouissait d'une certaine autorité musicale. 

SPEIER f'oyez SPEYER. 

SPENCER (Jean), ecclésiastique anglais, 
né à Boclon, dans le comté de Kent, en 1630, 
fit ses études à l'université de Cambridge, et 
fut successivement recteur à Lundbeach , 
archidiacre à Sudbury et diacre de l'église 
d'Ely. Il mourut à Cambridge, le27 mai 1695. 
La première édition de son livre intitulé : De 
Legibus Hebrœorum ritualibus cl earum ra- 



lionibus libri très, parut à Cambridge, 1685. 
On en a fait d'autres bonnes éditions à La 
Haye, 1686, deux volumes in-4°, et à Leipsick, 
1705, deux volumes in-4°. Spencer y a traité 
de l'usage de la musique dans la célébration 
de l'office divin chez les Hébreux (chapitre III e 
du quatrième livre). Ce chapitre a été inséré 
par Ugolini dans son Trésor des antiquités 
sacrées (tome XXXII, pages 556-570). 

SPENCER (Sarah). Sous ce nom d'une 
dame inconnue, on a publié un livre élémen- 
taire intitulé : An Introduction to Harmony 
(Introduction à l'harmonie); Londres, 1810. 

SPENCER (Charles), professeur de piano 
et de chant à Londres, naquit dans cette ville, 
en 1797, et y vivait en 1855. On a de lui un 
livre intitulé : Eléments of pructical Music ; 
Londres, 1829, in-8°. 

SPENGLER (Lazare), né le 13 mars 
1479, à Nuremberg, mourut dans la même 
ville, le 7 septembre 1534. Il est compté parmi 
les premiers compositeurs de mélodies des 
livres chorals de l'Église réformée. 

SPERANZA (Alexandre), abbé napoli- 
tain, né à Palma, dans le diocèse de Nola, en 
1728, fil ses études musicales au Conservatoire 
de San-Onofrio, sous la direction de Durante, 
puis il entra dans les ordres, et fut maîlre de 
chapelle de plusieurs maisons religieuses de 
Naples. Aussi bon maître de chant que de 
contrepoint, il a formé des élèves distingués 
au nombre desquels sont Zingarelli etSelvaggi. 
L'abbé Speranza mourut à Naples, le 17 no- 
vembre 1797. On trouve de sa composition 
dans la bibliothèque du Conservatoire de 
Naples : 1° Christus et Miserere, à quatre 
voix avec basse continue. 2°LaPassion d'après 
saintMathieu,à quatre voix et basse continue. 
5° La Passion d'après saint Jean, idem. 4" Le- 
çons pour le samedi saint, idem. 5° Solfèges 
pour soprano el basse. 

SPERANZA (Antoine), compositeur dra- 
matique, né dans le Piémont, vers 1816, fit 
ses éludes musicales au collège San Pietro à 
Majella, de Naples. Son début dans la carrière 
de compositeur eut lieu au mois de décembre 
1836, au théâtre Nuovo, par l'opéra Gianni 
di Parigi, dont le succès eut peu d'éclat, et 
qui ne réussit pas mieux à Gênes, dans l'année 
suivante. / due Figaro, opéra joué à Naples, 
en 1838, obtint ensuite les honneurs de la re- 
présentation sur la plupart des théâtres de 
l'Italie, et même en Espagne et en Russie, 
mais avec des chances diverses de succès et de 
chutes. En 1840, Speranza écrivit à Turin 
l'Aretino, qui ne réussit pas. En 1842, il 



80 



SPERANZA — SPETHEN 



donna dans la même ville 77 Postiylione di 
Lon jumeau, qui fut joué à Lucques quelques 
mois après. Appelé à Florence, en 1844, il y 
composa Saiïl, qui n'eut pas de succès ; puis 
il alla écrire à Naples, en 1845, Amorasuon 
di lamburo. Le dernier ouvrage de cet ar- 
tiste dont j'aie connaissance est l'opéra II 
Mantello, joué à Turin, en 1846. 

SPER ATLS (Paul), doiïl le nom allemand 
était SPRETTEN, fut un des plus anciens 
compositeurs de mélodiesde cantiques du culte 
réformé. Il naquit le 15 décembre 1484, de 
l'ancienne famille des barons deSpretten,dans 
la Souabe. Après avoir fait ses éludes en 
France et en Italie, où il fut gradué docteur, 
il retourna dans sa patrie. Son attachement à 
la doctrine de Luther lui causa beaucoup de 
persécutions; mais à la recommandation du 
célèbre réformateur, le margrave Albert de 
Prusse le nomma prédicateur de la cour à 
Kœniçsberc;, et lui accorda plus tard d'autres 
dignités ecclésiastiques. Speratus mourut à 
Kœnigsberg, le 17 septembre 1554. Les an- 
ciennes éditions des livres chorals renferment 
beaucoup de cantiques composés par lui. 

SPERDUTT (A:\gelina), surnommée LA 
CELESTINA, naquit à Arpino, dans le 
royaume de Naples, en 1728. Douée d'une 
voix admirable, elle fut mise très-jeune sous 
la direction de D. Gizzi, qui lui communiqua 
son excellente méthode. A l'âge de dix-neuf 
ans, elle passa en Angleterre, où son talent, 
ses succès, sa beauté et la pureté de ses 
mœurs charmèrent lord Oxford, qui l'épousa. 
Quelques années après son mariage, elle fit 
un voyage en Italie, et lors de son retour, elle 
mourut à Calais, vers 17G0, à l'âge de trente- 
deux ans. 

SPERGER (Jean), contrebassiste de la 
musique de la chambre et de la chapelle du 
duc de Mecklembourg, vécut à Ludwigslust, 
dans la seconde moitié du dix huitième siècle, 
et s'y trouvait encore en 1800. Il a publié de 
sa composition : 1° Trois quatuors pour deux 
violons, alto et basse, op. 1 ; Berlin, Hummel, 
1792. 2° Duos pour deux flûtes; Vienne, 1792. 
3° Trios pour deux flûtes et violoncelle; ibid. 
Le catalogue de 'Weslphal, de Hambourg, in- 
dique plusieurs symphonies à grand orchestre 
et des pièces d'harmonie en manuscrit, de cet 
artiste ; le catalogue de Traeg, de Vienne, cite 
aussi de lui un concerto pour violoncelle, et 
six trios pour deux flûtes et violoncelle. 

SPERLIN (Gaspard), facteur d'orgues à 
Hambourg, vers 1720, a réparé l'orgue de 
l'église de Saint Pierre de cette ville, el a 



construit de nouveaux instruments à Quedlim- 
bourg, Rostock el Stralsund. 

SPERUNG(Otiion), antiquaire et numis- 
mate, né à Bergen (Norwége), en 1634, fit ses 
études aux universités deRiel et dellelmstadt. 
Il exerça pendant quelque temps la profession 
d'avocat à Hambourg, puis il fut professeur 
d'éloquence et d'histoire à Copenhague, où il 
mourut le 18 mars 1715, à l'âge de quatre- 
vingt-un ans. Au nombre des ouvrages de 
ce savant, on trouve une dissertation inti- 
tulée : De numo Furix Sabinx Tranquillinx 
Aug. Imp. Gordiani III uxoris; Amster- 
dam, 1688, in-8°. Sperling y a rassemblé des 
détails qui ne manquent pas d'intérêt concer- 
nant la lyre des anciens, ainsi que sur les ri- 
valités des cilharèdes et des joueurs de flûte. 
SPERLING (Jean-Pierre-Gabriel ) , 
d'abord maître de philosophie et régent du 
chœur à Baulzen, puis secrétaire du magistrat, 
et directeur de musique, vécut au commence- 
ment du dix-huitième siècle. Les ouvrages 
qu'il a publiés ont pour titre : 1° Concentus 
vespertinus seu Psalmi minores per annum 
A voc. 2 violinis, 5 violis seu trombonis et 
basso gênerait; Budissin , 1700, in-folio. 
2° Principia musiez, das ist : Grundliche 
Anweisung zur Musik,voie ein Musikscholar 
vom anfang instruirel und nach der Ord- 
nung der Kunst oder TFissensehaft der Fi- 
guralmusik soll gefiïhret und gewiesen 
werden (Principes de musique, ou instruction 
élémentaire, etc.); ibid., 1705, in-4° obi. de 
cent quarante-huit pages. 5° Porta musica, 
das, ist : Eingang zur Musik, oder noth- 
wendigste Griinde ivelche einem musiklie- 
benden Discipelvor aller andern zur Musik 
erforderlen lehre beigebraclit und an die 
Hand gegeben werden miissen, durch Frag 
undAntwort (Introduction à la musique, etc.); 
Gœrlilz et Leipsick, 1708, in-8° de deux 
feuilles. 

SPETH (Balthazar), écrivain distingué de 
la Bavière, fixé à Munich, est auteur d'un livre 
intitulé : Die Kunst in Italien (L'art en 
Italie); Munich, 1819-1823, trois volumes 
in-8°. Il y traite (troisième volume, pag. 519- 
451) de la musique en Italie. 

SPETHEN (Jean), organiste de la cathé- 
drale d'Augsbourg, vers la fin du dix-septième 
siècle, naquit à Sprinshardt, dans le Haut-Pa- 
lalinat. Il a élé l'éditeur d'une collection de 
pièces d'orgue où l'on trouve quelques mor- 
ceaux île sa composition. Ce recueil a pour 
litre : Organiscli-Instrumentalischer Kunst- 
Zier- und Lust-Garlen, in 10 Toccalen, 



SPETHEN — SPINDLER 



Si 



8 Magnificat sammt darzu gehœrigen 
Prxambulis, Versen und Clausulis, nebst 
5 variirten Arien filr die Orgcl; Augsbourg, 
1695, in-fol. 

SPEUY (Henri), organiste de Dordrecht, 
né en Hollande dans la seconde moitié du 
seizième siècle, s'est fait connaître par un 
ouvrage qui a pour litre : Psaumes de David 
mis en Tabletnre sur l'instrument des Orgues 
et de VEspinetle , à 2 parties , composés 
par, etc.; Dordrecht, 1610, in-fol. 

SPIESS(Jean-Martin), né en Bavière vers 
1715, fut d'abord professeur de musique au 
Gymnase de Heidelherg, directeur de musique 
et organiste de l'église Saint-Pierre, de la 
même ville, puis se fixa à Berne, où il était 
encore en 1766. On a publié de sa composi- 
tion : 1° David'* Harfenspiel in 150 Psal- 
men auf 342 Liedermelodien (Le jeu de la 
harpe de David, contenant cent cinquante 
psaumes avec trois cent quarante-deux mélo- 
dies chorales) ; Stuttgart, 1745,in-4°. ^"Geist- 
liche Liebesposaune in 342 Liedermelodien 
(Le trombone d'amour spirituel, contenant 
trois cent quarante-deux mélodies de canti- 
ques), deux parties ibid. 3° XXVI geistliche 
Arien (Vingt-six airs spirituels), première 
partie; Berne, 1761, in-4°. 

SPIESS (Meinrad), prieur du couvent 
d'Yrsée, dans la Souabe, né vers la fin du dix- 
seplièmesiècle, vraisemblablement à Kempten, 
en Bavière, paraît avoir fait ses vœux au cou- 
ventdes Bénédictinsdecelte ville, puis il entra 
à celui de Constance, et, enfin, il fut envoyé à 
celui d'Yrsée, où il fut d'abord capitulaire et 
sous-prieur. Il y vivait encore en 1774, dans 
un âge très-avancé. Joseph-Antoine Bernabei 
avait été son maître de contrepoint. Laborieux 
compositeur et savant musicien, le P. Spiess 
s'est fait connaître avantageusement par les 
ouvrages suivants : 1° Antiphonarium Ma- 
rianum, conlinens 26 Antiphonis, Aima 
Redemptoris, Ave Regina, Regina Cœli, 
Salve Regina, a canto vel alto solo, cum 
2 violinis et organo, op. 1 ; Kempten, 1713. 
2° Cithara Davidis noviter animata, hoc 
est Psalmi vespertini 4 voçum, 2 violinis, 
2 violis, violone et organo, op. 2; Constance, 
1717, in-fol. 5° Philomela ecclesiaslica, hoc 
est cantiones sacra?, a voce sola cantante et 
2 viol, cum org.,op. 3; Augsbourg, 1718. 
4° Cultus latrieutico-musicus , hoc est sex 
Missx fest. una cum 2 Missis de Requiem, 
4 voc. ord. 2 viol., 2 v. violone et organo, 
op. 4; Constance, 1719. 5° Laus Dei in 
Sanclis ejus, hoc est Offertoria XX de Coin- 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



muni Sanctorum, a 4 voc. ord. 2 viol., 2 v. 
violone et organo, op. 5 ; Mindelheim, 1723. 
6° Hgperdulia musica, hoc est Litanix Lau- 
rentanx de B. M. V. a 4 voc. 2 viol., 2 v. et 
org., op. 6; Augsbourg, 1726. 7° Sonate XII 
a 2 viol, violone et organo, op. 7 ; Augsbourg, 
1734, in-fol. 8° Tractatus musicus composi- 
torio practicus, dus ist : Musicalischer 
Tractât, in welchen aile gute und sichere 
Fondamenta zur Musicalischen Composition 
aus denen ait- und neuesten besten Aulori- 
bus herausgezogen, etc. (Traité pratique de 
composition musicale, dans lequel toutes les 
règles bonnes et sûres de la composition de la 
musique, extraites des meilleurs auteurs an- 
ciens et modernes, Sont rassemblées, etc.): 
Augsbourg, 1745, in-fol. de deux cent vingt 
pages, et onze pages de supplément. Cet ou- 
vrage contient de bonnes choses, particulière- 
ment dans les exemples de contrepoint et de 
fugues; malheureusement, il est si mal écrit, 
que Hiller dit dans l'analyse qu'il en a faite, 
qu'il faudrait le traduire de l'allemand en 
allemand. 

SPIÎVA (André), guitariste italien, fixé à 
Vienne, y a publié quelques pièces pour son 
instrument, au commencement du dix-neu- 
vième siècle, et une méthode intitulée: Primi 
elementi per la chilarra, con testo ilaliano e 
tedesco; Vienne, Arlaria. 

SPIJXACCINO (François), le plus ancien 
luthiste italien dont le nom soit parvenu jus- 
qu'à nous. On lui doit les deux premiers livres 
de tablature de luth publiés, en 1507, parOc- 
tavien Petrucci [voyez ce nom). On trouve 
l'éloge du luthiste au troisième feuillet du pre- 
mier livre de tablature, sous ce litre : Chris- 
tophorus Pierius Gigas Forosemproniensis 
in laudem Franeisci Spinaccini. Il parait, 
d'après cette pièce, que Spinaccino était né à 
Fossombrone, vers le milieu du quinzième 
siècle. Ses recueils de pièces pour le luth ont 
pour titre : Intabulalura de Lauto libro 
primo. On litaucinquant-sixième feuillet :/nj- 
pressum Veneliis, per Octavianum Petru- 
tium Forosemproniensem, 1507. On trouve au 
deuxième feuillet : Régula pro illis qui canere 
,nesciunt. Ces préceptes sont en latin et en ita- 
lien. Ledeuxième livre des pièces deSpinaccino 
est intitulé : Intabulatura de Lauto libro se- 
condo.Ce livre est aussi composé de cinquante- 
six feuillets; on lit au dernier : Impressum 
Veneliis, etc. 

SPIIVDLER (François-Stanislas), acteur 
et compositeur, naquit à Augsbourg, en 1759. 
Il débuta à la scène en 1782; en 1787, il était 

G 



82 



SP1NDLER - SP1TZEDER-VI0 



attaché au théâtre d'Inspruck, puis il chanta 
sur ceux de Breslau, en 1795, et de Vienne, en 
1797. Décrivit pour ces diverses villes plu- 
sieurs opéras et mélodrames, parmi lesquels 
on cite: 1° Caïn et Abel, mélodrame. 2° Lu 
Mort de Balder, opéra. 3° V Amour dans 
l'Ukraine, opéra-comique. 4° Pijrame et 
Thisbé, mélodrame. 5° L'Homme merveil- 
leux, opéra, paroles et musique. 6° Le Repen- 
tir avant le crime, opéra. 7° Les Voyages de 
Vendredi. Il mourut à Strasbourg, en 1820. 

SPIINDLER (Fritz ou Frédéric), compo- 
siteur et pianiste, est né le 24 novembre 1816, 
à Wurzbach, dans la principauté de Reuss- 
Lobenstein. A l'âge de dix-huit ans, il se ren- 
dit à Dessau et y fit ses études musicales sous 
la direction de Frédéric Schneider. Après six 
années passées dans l'école de ce maitre, il se 
fixa à Dresde, à l'âge de vingt-quatre ans. Une 
symphonie de sa composition a été exécutée 
dans les concerts de Leipsick. On a publié de 
lui un certain nombre d'oeuvres pour le piano, 
parmi lesquels on remarque : l°Rondeau pour 
le piano, op. 1 ; Leipsick, Whistling. 2° Diver- 
tissement pour piano, op. 3; ibid. 3° Daheim .' 
pièce pour piano, op. 4 ; ibid. 4" Pensées mé- 
lancoliques pour piano; Dresde, Paul. 5° Éludes 
pour le doigter du piano, op. 9, en deux par- 
ties ; Leipsick, Whistling, et un grand nombre 
de morceaux de genre sous des litres allemands 
plus ou moins prétentieux et dépourvus de sens. 

SPIRIDIONE (Berthold), carme au mo- 
nastère de Saint-Théodore, à Bamberg, et or- 
ganiste célèbre, vécut dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. Il a été connu en 
France sous le nom du Grand-Carme, par sa 
collection des œuvres des compositeurs de 
l'école romaine. On a de lui les ouvrages sui- 
vants qui sont Tort importants : 1° Neue und 
bisdato umbekante Unterweisung , wie man 
in kurzer Zeit nicht alleitt zu wolkommenen 
Orgel und Instrumentschlagen, sonder auch 
zu der Kunst der Composition gonzlich ge- 
langenmaeht (Nouvelle instruction pour ap- 
prendre en peu de temps non-seulement à 
toucher de l'orgue et autres instruments, mais 
aussi l'art de la composition) ; Bamberg, 1670, 
in-fol. 2° Seconde partie du même ouvrage 
sous le titre de Nova instructio pro pulsandis 
organis , spinettis , manuchordiis, etc.; 
Bamberg, 1071, in-fol. de douze feuilles. Cette 
seconde partie contient deux cent quarante 
variations sur sept thèmes , cinq petites 
loccates, deux gaillardes et quatre courantes. 
3" Troisième et quatrième partie du même ou- 
vrage ; ibid., 1079, in-fol. 4° La cinquième 



partie est intitulée: Musicalisclie Erlzgrubeit 
bestehendin 10 neu erfundenen Tabellen mit 
5 Stimmen (La mine de musique, etc.) ; ibid., 
1683, in-fol. Un choix de pièces tirées de ce 
grand recueil a été publié à Venise, en 1691, 
sous ce titre: Toccate, Ricercari e Canzoni 
francesi intavolati da Eertoldo Spiridione. 
5" jVusica Romana D. D. Foggix .Carissimi ' , 
Gratiani , aliorumque excellentissimorum 
authorum, hactenus tribus duntaxat vocibus 
decantata et 2 viol; ibid., 1665, grand in-fol. 
6° Musica Theoliturgica 5 vocurn et 2 viol, z 
ibid. , 1668, in-fol. Le style de Spiridione pa- 
raîtrait vieux aujourd'hui; mais sa manière 
large et élevée peut être encore étudiée avec 
finit par les organistes qui veulent donner à 
leur musique la dignité convenable. 

SPITZEDER (Joseph), une des meilleures 
basses comiques de la scène allemande, na- 
quit à Bonn, en 1795. Il était fils d'un acteur 
du théâtre de cette ville. Ses premiers essais 
sur la scène se firent à Weimar. Après un 
court séjour à Vienne, il se rendit à Berlin, et 
y fut engagé au théâtre de Rœnigsladt. Sa 
verve comique, plus encore que le mérite de 
son chant, lui lit obtenir de brillants succès. 
Après la mort de sa première femme, chan- 
teuse médiocre, il épousa la cantatrice Schil- 
ler, et se rendit avec elle à Munich ; mais peiv 
de temps après son arrivée en cette ville, il 
mourut, en 1832, à la suite d'une maladie dou- 
loureuse. 

SPITZEDER (Henriette), première 
femme du précédent, naquit le 18 mars 1800, 
à Dessau. Son nom de famille était Schiller. 
Elle chanta d'abord au théâtre sur la f ienne, 
dans la capitale de l'Autriche, puis fut engagée 
au théâtre de Rœnigsladt, avec son mari. Elle 
est morte à Berlin, le 30 novembre 1828. 

SPITZEDER -VIO (Betty), seconde 
femme de Joseph, est une des cantatrices les 
plus agréables de l'Allemagne. Lubeck est in- 
diqué comme le lieu de sa naissance dans le 
Lexique ztniversel de musique, publié par 
Schilling. Après avoir étudié l'art du chant 
en Italie, elle fut attachée à l'Opéra allemand 
:1c Vienne, et s'y fit une brillante réputation 
par la légèreté de sa vocalisation et la grâce 
de son jeu. En 1828, elle donna des représen- 
tations au théâtre Rœnigstadt de Berlin, et y 
eut tant de succès, qu'elle y fut engagée im- 
médiatement après. Dans l'année suivante, 
elle épousa Spitzeder et le suivit à Munich. En 
1837, elle se relira de la scène, épousa un cer- 
tain M. Maurer, et s'établit, à Vienne, comme 
aubergiste. 



SPOHN — SPOHR 



83 



SPOHN (Charles-Louis), né en 1812, à 
An, près de Carlsruhe, fit ses éludes musicales 
dans celte ville chez Girshach, puis se rendit à 
Munich, .en 1852. De retour à Carlsruhe, en 
1838, il fut nommé professeur de musique des 
écoles de la ville, et directeur de la société 
Cascilia et de la Liederkrunz. Tl est mort 
dans celle position, au mois de mai 1857. On a 
publié de sa composition des Lieder avec ac- 
compagnement de piano; des quatuors à quatre 
voix, des chœurs, et une méthode de chant à 
l'usage des écoles, sous le litre de Sing- 
schule. 

SPOHPi (Louis), premier maître de cha- 
pelle de l'électeur de Hesse-Cassel, compositeur 
et violoniste célèbre. Plusieurs erreurs se sont 
répandues dans les recueils biographiques 
concernant la date et le lieu de la naissance de 
Spohr; moi-même je les ai répétées dans la 
première édition de la Biographie universelle 
des musiciens. Gerber nous a tous égarés par 
la notice qu'il a donnée de ce célèbre maître, 
dans son Nouveau Lexique des musiciens (1), 
dont le dernier volume parut en 1814. Il y est 
dit que Spohr naquit à Seesen, dans le duché 
de Brunswick, vers 1783. Schilling est plus 
précis dans son Encyclopédie des sciences 
musicales (2), car il dit que l'artiste vit le jour 
à Seesen, en 1783; il a été copié par Gassner, 
dans son Lexique universel de musique (S). 
Cependant, dès 1811. Fayolle avait donné une 
noticeexacle sur Louis Spohr (4), parvenu alors 
à sa vingt-septième année, etavaitditqu'ilétait 
né à Brunswick, le 5 avril 1784. Cet écrivain 
m'inspirait si peu de confiance, à cause de la 
multitude d'erreurs répandues dans son livre, 
que je n'hésitai pas à suivre la tradition des 
biographes allemands, et dans ma notice sur 
le célèbre violoniste et compositeur, je le fis 
naître à Seesen, près de Brunswick, le 5 avril 
1783. J'eus tort, car cette fois Fayolle était 
bien informé, ainsi que le démontre Spohr lui- 
même, dans son autobiographie (5). Il nous 
y apprend que son père, Charles Henri Spohr, 
docteur en médecine, épousa ErnestineHenke, 
fille d'un prédicateur de Brunswick, le 26 no- 
vembre 1782. Je suis, dil-il, le premier fruit 
de cette union, et je naquis le 5 avril 1784 .• 

(1) Nettes historisch-biographisches Lexikon der Ton- 
kiinslUr, t. IV, p. 2S7. 

(2) Encyclopédie der gesammlen musikaiischer Wis- 
senschaften, oderUniversat Lexikon der Tonkunst, t. IV, 
p. 446. 

(3) Univcrsal-Lexicon der Tonkunst, p. 793. 

(4) Dictionnaire historique des musiciens , tome II, 
page 331. 

(3) Louis Spohr' s Selbslbiographie, t. I, p. î. 



deux ans après, mon père se rendit à Seesen, 
en qualité de médecin (1). 

Les premières années de l'enfance de Spohr se 
passèrent dans celte petite ville. Son père, grand 
amateur de musique, jouait fort bien de la 
flûte; sa mère avait aussi du talent sur le cla- 
vecin. Les concerts de société qui se donnaient 
chez ses parents éveillèrent bientôt en Spohr 
le sentiment de l'art : ses heureuses disposi- 
tions firent prendre à son père la résolution 
de le livrer à la culture de la musique. Il fut 
envoyé à.Brunswick pour y recevoir des leçons 
de Maucourt, bon violoniste de la chapelle du 
prince, de qui l'on a des quatuors et des con- 
certos qui ne sont pas sans valeur. Sous la di- 
rection de ce mailre, les progrès de Spohr 
furent si rapides, qu'à l'âge de douze ans, il se 
fit entendre à la cour dans un concerto de 
violon de sa composition. Le duc de Brunswick, 
qui avait été violoniste habiledans sa jeunesse, 
s'intéressa au sort du jeune artiste, et l'attacha 
à la musique de sa chapelle, en 1798 : Spohr 
était alors âgé de quatorze ans. Trois ans après, 
il devint élève de François Eck, à cette épo- 
que le violoniste le plus renommé de l'Alle- 
magne. Lorsqu'il eut atteint sa dix-huitième 
année, Spohr obtint du duc de Brunswick une 
pension pour accompagner son maître en 
Russie. 

Après dix-huit mois de séjour à Pélers- 
bourg et à Moscou, il retourna à Brunswick et 
s'y prépara, par de nouvelles études, au voyage 
qu'il entreprit, en 1804, pour poser les bases 
de sa réputation. Il parcourut la Saxe, la 
Prusse, et se fit partout applaudir, non-seule- 
ment comme virtuose violoniste, mais comme 
compositeur, bien qu'il ne fût âgé que de vingt 
ans. Le brillant succès qu'il obtint à Gotha, en 
1805, lui procura l'offre de la place de maître 
de concert à cette cour : il l'accepta, après 
avoir obtenu l'autorisation de son prolecteur, 
le duc de Brunswick. 

Bientôt après, Spohr épousa mademoiselle 
Dorothée Scheidler, fille d'un musicien et d'une 
cantatrice du théâtre de Gotha, et qui était 
alors considérée comme l'artiste la plus remar- 
quable de l'Allemagne sur la harpe. En 1807, il 
entreprit avec elle une nouvelle excursion dans 
l'Allemagne méridionale. Arrivé à Vienne, il 
y produisit une vive impression par le carac- 
tère brillant et solide de son exécution, ainsi 
que par le mérite de ses ouvrages. Dès ce mo- 
ment, sa réputation grandit chaque année et 

(I) « Ich wardas selteste kind dieser Elic und wurde 
» am 3 April geborcn; zwei Jahre naclilier ward mein 
» Valer als Pliysicus nacli Seesen versclzt. » 

G. 



84 



spohr 



s'élendil non-seulement dans loule l'Alle- 
magne, mais aussi à l'étranger. En 1813, on 
lui offrit, dans la capitalede l'Autriche, la place 
de chef d'orchestre, ou, comme on dit au delà 
du Rhin, de maître de chapelle da théâtre sur la 
Vienne {an der JFien) : il l'accepta et en 
remplit les fonctions pendant quatre ans. Ce 
fut pour ce théâtre qu'il écrivit l'opéra de 
Faust, sa première grande composition drama- 
tique. Cependant, par des causes peu connues, 
l'ouvrage ne fut pas représenté à Vienne 
pendant le séjour qu'y fit Spohr : l'ouverture 
seule y fut exécutée dans un concert, en 1815. 
Il parait que les difficultés opposées par 
l'administration du théâtre sur la Vienne, 
pour la mise en scène de cet opéra romantique, 
furent causes de la résolution que prit Spohr 
de quitter la direction de l'orchestre à la fin de 
1816. Ce fut seulement en 1818 que l'ouvrage 
fut. joué au théâtre de Francfort : le succès 
qu'il y obtint décida de son sort à Vienne, où 
il fut donné quelques mois après, aux applau- 
dissements du public, nonobstant le penchant 
décidé de l'aristocratie viennoise, à cette épo- 
que, pour la musique italienne. 

Après avoir quitté la direction de la musi- 
que du théâtre de Vienne, Spohr fit avec sa 
femme un voyage en Italie. Arrivé à Milan, il 
y donna plusieurs concerts et s'y fit applaudir, i 
A Venise, il joua, au mois de février 1817, une 
symphonie concertante de sa composition avec 
Paganini. De là il alla à Florence, puis à 
Rome, et enfin à Naples, où il joua dans une 
représentation gala, en présence de la cour, 
au théâtre Saint-Charles. De retour en Alle- 
magne par la Suisse, il donna des concerts à 
Bâle, puis à Carlsruhe, où il reçut îles propo- 
sitions pour prendre la direction du théâtre de 
Francfort et les fonctions de maître de cha- 
pelle. Il prit possession de ces emplois dans 
les premiers jours de 1818. Ce moment est 
celui où l'activité de Spohr dans la composi- 
tion prit son plus grand essor. 

Au commencement de 1819, cet artiste dis- 
tingué fit un voyage à Paris, où il ne produisit 
pas autant de sensation, comme violoniste, que 
sa grande réputation le lui promettait. Ce fut 
alors que je le connus, et que je pus apprécier 
son mérite, en lui entendant exécuter ses qua- 
tuors chez Rodolphe Kreutzer. Nos premiers 
entretiens datent de cette époque : nous y 
soutenions des thèses très-opposées. Lui, 
calme, dogmatique et sententieux, émettait 
l'opinion que la forme est le mérite le plus 
considérable dans l'art; moi, ardent et pas- 
sionné, je mettais l'inspiration au-dessus de 



toutes clioses, bien que l'art d'écrire ait été de 
tout temps l'objet sérieux de mes études. C'est 
dans ce séjour à Paris que Spohr entendit 
pour la première fois les œuvres de Bocche- 
rini, lesquelles lui inspirèrent un mépris qu'il 
ne dissimulait pas, tandis que j'en admirais 
les pensées naïves et spontanées. A diverses 
époques, Spohr et moi nous nous sommes 
rencontrés, et toujours nous nous sommes re- 
trouvés dans les mêmes dissentiments sur la 
valeur des œuvres musicales. 

En quittant Paris, au mois d'avril 1819, 
Spohr se rendit à Londres. Plus heureux dans 
celle ville que dans la capitale de la France, il 
y joua deux fois aux concerts de la Société phil- 
harmonique et y excita la plus vive admira- 
lion par son talent sur le violon, ainsi que par 
ses compositions. Les journaux anglais lui 
accordèrent les plus grands éloges et le repré- 
sentèrent, avec une exagération manifeste, 
comme le premier des violonistes de son épo- 
que. Ce premier voyage de Spohr en Angle- 
terre fut une des circonstances les plus heu- 
reuses de sa vie. Le bruit du succès qu'il y 
avait obtenu se répandit en Allemagne et y 
augmenta sa renommée. En 1822, il entra au 
service du duc de Hesse-Cassel en qualité de 
maître de chapelle; litre qui, plus tard, fut 
changé en celui de directeur général de la 
chapelle électorale. Pendant une longue suite 
d'années, Spohr exerça une sorte de domina- 
tion en Allemagne. Il y avait peu de grandes 
fêtes musicales qu'il ne fut chargé de diriger. 
On le trouve remplissant celle mission à Hal- 
berstadt en 1828 et 1835, à Nordhausen en 
1829, à Aix-la-Chapelle en 1840, à Lucerne 
en 1841, à Brunswick en 1844, à Bonn, pour 
les fêles de l'inauguration de la slalue de 
Beethoven, en 1845, et en plusieurs autres 
lieux, à des dates antérieures ou postérieures; 
par exemple, à Norwich (Angleterre), en 1839, 
à Manchester en 1845. En 1852, il fut appelé 
à Londres une quatrième fois pour y diriger 
la mise en scène de son Faust. Il y fut chargé 
aussi de la direction des concerts de la Société 
philharmonique. On reconnaissait en lui le 
grand musicien lorsqu'il tenait le bâton de 
mesure. Il imprimait à l'exécution beaucoup 
de correction et d'ensemble, mais il y avait 
dans son impulsion plus d'intelligence que de 
sentiment, plus de puissance rhylhmique que 
de délicatesse et de coloris. 

Comme fondateur d'une école de violon, 
Spohr mérite de grands éloges; car on peut 
dire qu'avant lui l'Allemagne ne possédait que 
celle de Benda, bien inférieure à la sienne sous 






SPOHR 



8c 



les rapports de la sonorité et du mécanisme de 
l'archet. Spohr fut, à certains égards, le con- 
tinuateur de son professeur Eck ; mais il alla 
beaucoup plus loin que lui. Il a formé un grand 
nombre d'élèves, qui tous ont été ou sont en- 
core des artistes distingués. Sa manière était 
large et vigoureuse; il avait une justesse satis- 
faisante, même dans les plus grandes diffi- 
cultés; mais il laissait désirer plus île charme 
et de grâce. Spohr a exposé les principes de 
son école dans un bon ouvrage qui a pour 
titre : École de violon en trois parties {Vio- 
linschule, in drei Ablheilùngen); Vienne, 
Haslinger, 1851, un volume gr. in-4° de deux 
cent cinquante pages, avec le portrait de l'au- 
teur. Cet ouvrage a été accueilli avec beaucoup 
de faveur par tous les violonistes de l'Europe. 
Les compositions de Spohr, la plupart de 
grandes dimensions, sont au nombre de près 
de cent soixante. Parmi les plus importâmes, 
on remarque neuf opéras, à savoir : J \°Alruna ) 
qui fut écrit en 1816, mais dont l'ouverture 
seulement est connue; elle fut exécutée en 
différentes circonstances à Frankenhausen, 
Cassel et Berlin. 2° Le Duel des Amants (Der 
Zweikampf mit der Geleibten), représenté à 
Francfort, en 1819. 5° Faust, opéra roman- 
tique en trois actes, écrit à Vienne, en 1814, 
représenté pour la première fois à Francfort, 
en 1818, puis dans toutes les villes de l'Alle- 
magne et à Londres. 4° Zémire et Azor, re- 
présenté pour la première fois à Francfort, en 
1819, avec peu de succès, mais qui fut joué 
ensuite à Leipsick, à Vienne, à Munich, à Cas- 
sel, à Amsterdam et dans plusieurs autres 
villes. 5° Jessonda, joué à Cassel, en 1823, et 
qui est considéré comme le meilleur ouvrage 
dramatique de son auteur; son succès a été 
populaire dans toute l'Allemagne, et partout 
il a été repris plusieurs fois, 6° Der Berg- 
geist (l'Esprit de la montagne), représenté 
pour la première fois à Cassel, en 1825. 
7" L'Alchimiste, à Cassel, en 1832. %"Pielro 
d'Albano, dans la même ville, en 1854, mais 
qui ne réussit pas. L'ouverture seule a été 
exécutée à Leipsick, à Berlin et à Vienne. 
9° Les Croisés (Die Krenzfahrer), grand opéra 
en trois actes, de Kotzebue, écrit en 1858, 
pour le théâtre de Cassel, mais représenté seu- 
lement en 1845, et à Berlin, en 1848. 10° L'Al- 
lemagne délivrée (I)as befreile DeiUschlaïul), 
oratorio scénique. Quatre oratorios de Spohr 
sont connus : les trois premiers ont été parti- 
culièrement estimés en Allemagne. Le pre- 
mier a pour titre : Dis letzlen Dinge (îa Fin 
de toute Chose), composé pour Vienne et exé- 



cuté dans cette ville en 1820, puis dans un 
grand nombre de villes en Allemagne et dans 
les fêtes musicales en Hollande, en Angle- 
terre, à Danlzick et à Copenhague. Le deuxième 
oratorio, intitulé : Des Ileilands letzte 
Stunden (les Derniers moments du Sauveur), 
a été exécuté pour la première fois à Cassel, 
en 18ô5. La Chute de Babylone (Der Fall 
Babylons), troisième oratorio, fut écrit pour 
la même ville et exécuté en 1840. Je n'ai pas 
la certitude que le Jugement dernier, indiqué 
par des journaux allemands comme un autre 
oratorio de Spohr, ne soit pas le premier, sous 
un autre titre. 

Des messes solennelles, des hymnes, des 
psaumes, des cantates, et des chants à quatre 
voix d'hommes sans accompagnement, ou à 
voix seule avec piano, font aussi partie de 
l'œuvre de Spohr. Les diverses séries de sa 
musique instrumentale sont plus considéra- 
bles encore: on y compte dix grandes sym- 
phonies : n° 1 (en mi bémol); n° 2 (en ré mi- 
neur); n° ô (en ut mineur); n° 4 connu sous le 
litre: Die Weiheder Tœne (la Consécration de 
la musique); n° 5 (en ul mineur), écrite pour 
les concerts spirituels de Vienne et exécutée 
dans celte ville, en 1 838 ; n° G (en sol), connue 
sous le titre de Symphonie en style histori- 
que; n°7, à deux orchestres (en uf)> qui a pour 
litre : L'Elément terrestre et l'élément divin 
dans la.vie humaine (Irdisches und Gœllli- 
ches im IVIenschenleben) ; n° 8, intitulée : Les 
Quatre Saisons; n os 9 et 10 (inédiles). Indé- 
pendamment des ouvertures de ses opéras, 
Spohr en a écrit quatre, dont trois pour les 
concerts et une pour le drame de Macbeth. 
De plus, on compte dans ses œuvres instru- 
mentales : trente-trois quatuors pour des in- 
struments à archet ; quatre doubles quatuors 
pour quatre violons, deux altos et deux vio- 
loncelles ; un sextuor pour deux violons, t\oi\x 
altos et deux violoncelles; sept quintettes pour 
des instruments à cordes; un nonetlo pour 
violon, alto, violoncelle, flûte, hautbois, cla- 
rinette, cor, basson et contrebasse; un ottelio 
pour violon, deux altos, violoncelle, clari- 
nette, deux cors el contrebasse; quinze con- 
certos de violon avec orchestre ; deux concer- 
tos pour clarinette et orchestre; un quintette 
pour piano, flûte, clarinette, cor et basson; 
un autre quintette pour piano, deux violons, 
alto et violoncelle; un septuor pour piano, 
violon, violoncelle, flûte, clarinette, cor et 
basson; cinq trios pour piano, violon et vio- 
loncelle; trois duos pour piano cl violon; 
quatre pots-pourris pour violon et orchestre; 



S6 



SPOHR 



des sonalcs pou i - harpe cl violon; des ron- 
deaux idem; «les fantaisies pour la harpe 
seule; trois cahiers de morceaux de salon 
pour piano, et quelques bagatelles de diffé- 
rents genres. Telle est l'immense production 
<lu talent de Spohr ! La France, Paris surtout, 
en ignore presque l'existence. On rapporte 
que ce savant artiste, ayant fait, en 1843, un 
second séjour à Paris, lorsqu'il serendailà Lon- 
dres, y vit quelques artistes au nombre desquels 
étaient Auber, Halévy et Habeneck, et laissa 
percer dans sa conversation le regret de n'être 
pas connu du public français. Chacun voulut 
lui persuader qu'il se trompait à cet égard, et 
l'idée vint aussitôt à Habeneck de lui prouver 
que ses grandes compositions étaient non- 
seulement connues, mais estimées à Paris, en 
faisant exécuter devant lui, par l'orchestre du 
Conservatoire, sa quatrième symphonie (la 
Consécration de la musique). L'orchestre se 
réunit et joua cet ouvrage pour l'auteur, seul 
auditeur de l'exécution. A son cnlréedans la 
salle, Spohr fut accueilli par les acclamations 
de tous les artistes, el tous rivalisèrent de zèle 
et de talent pour rendre avec toute la perfec- 
tion possible les intentions du compositeur. Ce 
fut pour lui une grande jouissance; un hom- 
mage si flatteur rendu par l'élite des artistes 
parisiens lui causa une vive émotion. Toute- 
fois, il ne faut pas s'y tromper, cet hommage 
était simplement un Irait d'exquisse politesse 
française. Le fait est que la symphonie avait 
été plusieurs fois mise en répétition, et que, 
connaissant le goût des habitués des concerts 
du Conservatoire, Habeneck n'avait pas osé la 
le-ir faire entendre. 

A quelle cause faut-il attribuer ces préven- 
tions ou celte indifférence pour l'oeuvre d'un 
grand musicien? Certes, on ne peut en accuser 
la légèreté de goût si souvent reprochée à la 
nation française ; car si l'éducation musicale 
des masses a été longtemps négligée en 
France, il s'y trouve assez d'intelligence de 
l'art dans une partie de la société pour com- 
prendre le mérite des productions sérieuses: 
rien ne le prouve mieux que l'enthousiasme 
qui se manifesta partout où les œuvres gécia- 
les d'Haydn, de Mozart et de Beethoven sont 
rendues avec le fini nécessaire. Mais là préci- 
sément se trouve l'explication de la froideur 
des artistes et des amateurs français pour la 
musique de Spohr: comparée à celle des trois 
grands hommes qui viennent d'être nommés, 
elle ne peut occuper que le second rang ; or, il 
est dans la nature de l'esprit français de ne point 
admettre de second ordre dans les choses qui 



aspirent aux honneurs classiques. Celle nation 
accepte fort bien l'usage de choses d'un mérite 
inférieur lorsqu'elles sont simplement destinées 
à l'amuser, pourvu qu'elles atteignent leur 
but ; mais ce qui prétend à une plus haute des- 
tinée doit avoir, pour lui plaire, le charme des 
idées, le cachet de l'originalité ou le caractère 
de la grandeur. Le pédanlisme des formes 
scientifiques, lorsqu'il ne se dissimule pas sous 
le patronage de ces précieuses qualités, lui est 
antipathique. En Allemagne, en Angleterre, 
il n'en est pas de même, ou du moins il en a 
été longtemps autrement : une certaine allure 
scolastique y avait autrefois bon air, el la 
forme y a toujours eu de nombreux partisans. 
D'ailleurs, l'usage qu'on a constamment fait 
sur le Rhin el au delà de la musique sérieuse, 
depuis la chapelle princière jusqu'au plus mo- 
I desle salon, y fait attacher du prix à la mulli- 
j plicité ainsi qu'à la variété des œuvres. On y 
j aime à tout connaître, et l'autorité des noms 
basés sur les ouvrages de grande dimension 
y est considérable. 

Ce serait à toi l qu'on se persuaderait en 
France que le talent de Spohr ne se recom- 
mande pas parmi grand mérite; sans parler 
de la forme qui, dans tous ses ouvrages, ac- 
cuse une rare intelligence et une grande ex- 
périence, on y trouve les qualités individuelles 
du style. Cet artiste a sa manière person- 
nelle; il n'est pas copiste el ne manque pas de 
mélodie; ce qui lui fait défaut, c'est le trait 
inattendu, aussi bien que la conception d'un 
seui jet. On sent trop le travail dans sa mu- 
sii|iie, et souvent le charme en est absent. 
Toutefois, bien qu'il n'ait pas possédé un de 
ces génies de premier ordre qui caractérisent 
une époque de l'art, c'est un grand musicien, 
qui a des instants heureux, el qui manie les voix 
et les instruments avec une rare dextérité. 

Spohr fut marié deux fois. Sa première 
femme, Dorothée Scheidler, née à Gotha, le 
2 décembre 1787, fut, comme on l'a vu pré- 
cédemment, une artiste fort distinguée sur la 
harpe, et brilla dans les concerts donnés par 
elle et son mari à Berlin, à Dresde, à Vienne, 
à Munich, à Francfort et dans d'autres villes. 
Elle jouait aussi du piano avec beaucoup de 
talent; elle se fit souvent entendre en public 
sur cet instrument, après que sa mauvaise 
santé l'eut obligée à cesser de jouer de la 
harpe. C'est pour elle que Spohr a écrit son 
quintette pour piano et instruments à vent, 
œuvre 52 e . Elle mourut à Cassel, le 20 no- 
vembre 1834. 

La seconde femme de Spchr, née à Rudol- 



SPOHR — SPONTINI 



87 



stadl, était aussi pianiste et s'est fait entendre 
à Berlin, en 1845, et à Francfort, en 1847, 
dans des compositions de son mari. 

Honoré de toute l'Allemagne pour son ca- 
ractère respectable, Spohr fut décoré de 
l'ordre spécial du Mérite de Prusse, de celui 
de la Branche Ernestine de Saxe et de l'Aigle 
ronge. Il était membre correspondant de la 
classe des beaux-arts de l'Académie royale de 
Bruxelles, de l'Académie impériale de musique 
de Vienne, des Sociétés de Sainte-Cécile, de 
Rome, d'Euterpe, de Leipsick, et Néerlan- 
daise, de Rotterdam, pour l'encouragement de 
la musique. Spohr est décédé à Cassel, le _2 
novembre 18159, à l'âge de soixante-quinze ans. 

SPON (Jacques), médecin et antiquaire, 
naquit à Lyon, en 1G47, vécut à Montpellier, 
et lit un voyage intéressant en Orient et dans 
la Grèce, dont il a publié la relation. Il mourut 
à l'hôpital de Vevey, le 25 décembre 1085, à 
l'âge de trente-huit ans. On a de lui un ou- 
vrage intitulé : Recherches curieuses d'anti- 
quités; Lyon, 1683, in -4°; Spon y a inséré 
une Dissertation des cymbales, crotales et 
auti-es instruments des anciens (pages 140- 
158). 

SPOMIOLZ (Adolphe Henri), organiste 
de l'église Sainte-Marie, à lloslock, est né dans 
celte ville, le 12 mars 1803. Dès son enfance, 
il montra de rares dispositions pour la mu- 
sique dans les concerts publics où il se fit en- 
tendre; cependant la volonté de ses parents le 
contraignit à négliger cet ait pour se livrer à 
l'étude de la théologie. Après avoir passé les 
examens, il prêcha fréquemment, et déjà il 
était désigné comme pasteur, lorsqu'un dégoût 
invincible pour les fonctions ecclésiastiques 
lui fit abandonner tout à coup son état pour 
ses instruments et ses livres de musique. Sa 
première production, intitulée : Etudes carac- 
téristiques pour le piano, indique du talent; 
elle l'a fait connaître avantageusement, et les 
ouvrages qu'il a publiés par la suite ont pro- 
curé à Sponhclz la place d'organiste qu'il a 
occupée jusqu'en 1851, époque de sa mort, et 
lui ont acquis la sympathie de ses concitoyens. 
Il s'occupait spécialement de composition pour 
l'orchestre : on cite particulièrement une 
symphonie en mi majeur qu'il a écrite dans 
ses dernières années. 

SPOASEL (Jean-Ulric), surintendant et 
pasteur à Burgbernheim, dans l'électorat de 
Brandebourg, naquit le 13 décembre 1721, à 
Muggendorf, dans la principauté de Bayieuth, 
et mourut'à Burgbernheim, le 5 janvier 1788. 
Outre un très-grand nombre de sermons, et de 



traités de théologie ou de commentaires sur 
l'Écriture sainte, il a publie une histoire de 
l'orgue (Orgelhistorie , Nuremberg, 1771, 
in-8° de cent soixante-sept pages). C'est un 
ouvrage médiocre. 

SPO]\TI3îI (Louis Gaspard-Pacifique) (1), 
comte de SAIVT'ANDREA , naquit le 
14 novembre 1774, à Majolati, village situé 
près de Jesi, petite ville des États romains, 
dans la Marche d'Ancône. Il fut le second fils 
de cultivateurs qui eurent cinq enfants : trois 
de ses frères furent prêtres, et l'aîné occupa 
pendant vingt-sept ans la position de curé à 
Majolati. Destiné aussi au sacerdoce par ses 
parents, Gaspard, dont la constitution était 
délicate, fut confié à son oncle paternel, Jo- 
seph Spontini, curé de la succursale de Jesi, 
qui, dès l'âge de huit ans, lui fit commencer 
lesétudes littéraires indispensables pour l'état 
ecclésiastique; mais une circonstance impré- 
vue fil connaître que telle n'était pas sa destina- 
tion naturelle. Un facteur d'orgues de Reca- 
nali, nommé Crudeli, avait été appelé à Jesi 
pour la construction d'un instrument de celte 
espèce dans l'église où l'oncle de Spontini 
élait desservant. Pendant la durée de son tra- 
vail, cet homme, logé chez le curé, jouait quel- 
quefois d'un clavecin qu'il y avait fait trans- 
porter. Ce fut une révélation pour Gaspard, 
qui, toujours près de l'artiste lorsqu'il jouait 
de cet instrument, l'écoutait avec une atten- 
tion soutenue, et, pendant les absences de 
Crudeli, essayait d'imiter ce qu'il avait en- 
tendu. L'artiste eut bientôt compris qu'il y 
avait, dans l'organisation de cet enfant, le 
germe d'un talent qui ne tarderait pas à se 
développer; il en parla au curé, qui ne par- 
tagea pas son enthousiasme, et menaça son 
neveu de le punir s'il ne consentait à prendre 
l'habit ecclésiastique. Pour se soustraire au 
châtiment qui lui était réservé, Spontini s'en- 
fuit à Monte San Vito, château placé dans le 
district d'Ancône, et où demeurait un frère de 
sa mère, qui consentit à le recueillir, et qui, 
plein de bonté pour lui, le mit sous la direction 
de Q'iintiliani, maître de chapelle de ce lieu, 
afin qu'il le guidât dans ses premières études 
musicales. 

Après une année passée dans cette situa- 
tion, Spontini retourna chez son oncle Jo- 
seph, qu'il affectionnait. Instruit par l'expé- 
rience, son parent n'insista plus pour faire 

(1) Celle notice est refaite d'après des documents 
authentiques, d'après les journaux contemporains, et 
d'après des notices et brochures relatives à Spontini . 
comparées cl étudiées. 



88 



SPONTINI 



de lui un prêtre et, voulant au contraire qu'il 
s'occupât sérieusement de l'étude de la mu- 
sique, il le confia aux soins du chanteur Ciaffo- 
latli et de l'org3niste Menghini, pour qu'ils 
l'instruisissent dans leur art. Plus tard, il le fit 
entrer dans l'école de Bartoli, maître de la 
chapelle de Jesi, d'où Spontini passa dans 
celle du maître Bonanni, de la chapelle de Ma- 
saccio. Préparé par ces maîtres, il fut admis 
au conservatoire de la Pielà dei Turchini, 
de Naples, lorsque ses parents l'envoyèrent 
dans cette ville, en 1791. Sala et Tritla y fu- 
rent ses maîtres de contrepoint (I) : ses pro- 
grès furent rapides et hienlôt il eut le titre 
de maeslrino qui répond à celui de répé- 
titeur des conservatoires de France et de Bel- 
gique. Ses premiers ouvrages fuient des can- 
tates et des morceaux de musique d'église 
qu'il allait faire exécuter dans les couvents de 
Naples et des environs. 

En 1796, un certain Sismondi, qui était un 
des directeurs du théâtre Argentina, de 
Rome, ayant entendu à Naples de la musique 
de Spontini qui lui plut, l'engagea à écrire 
une partition pour son théâtre, et lui proposa 
de partir en secret du conservatoire et de l'ac- 
compagner jusqu'à Rome, ce qui fut accepté, 
parce que, à vingt deux ans, le désir le plus 
vif d'un jeune compositeur est d'écrire un 
opéra, et qu'on ne réfléchit guère à cet âge sur 
lesconséquencesd'unedémarche inconsidérée. 
L'ouvrage écrit avec rapidité par Spontini 
avait pour titre I Puntigli délie donne : il eut 
un brillant succès qui fil taire les rumeurs oc- 
casionnées par sa fuite du conservatoire, et 
Piccinni, qui se montra plein de bienveillance 
en cette circonstance, fit rentrer le jeune ar- 
tiste dans l'école, à son retour de Rome. Spon- 
tini écrivit sons la direction de ce maître son 
second opéra, intitulé l'Eroismo ridicolo, qui 
fut représenté à Rome, en 1797. Il fut suivi 
de II fin li) Pittore, dans la même ville, en 
1798; Il Teseo riconosciuio, à Florence 
(1798); l'Isola disabitata, ibid. (1798) ; Chi 
pi h guarda men vede, ibid. (1798); VAmore 
segreto,h Naples (1799); la Fuga in mas- 
cftera, ibid. (1798); la Finla Filosofa, ibid. 
(1799). Lorsque le royaume de Naples fut en- 
vahi par l'armée française, après la déroute 
de l'armée napolitaine, Spontini répondit à 
l'appel de la cour et se rendit à Palerme, sur 

(t) Plusieurs biographes ont suivi le Dictionnaire 

historique des musiciens de Clioron cl l'ayolle, où il est 

«lit qu'un des maures de Spontini au Conservatoire de 

' Naples fut Traella, mort deux ans avant qu'il y arrivai ; 

ces biographes ont confondu Tract'a avec Tritla. 



le refus de Cimarosa, malade alors. Il y com- 
posa les opéras I Quadri parlanli,Sofronia e 
Olindo, Gli Elisi delusi, en 1800, et donna 
des leçons de chant. Le dérangement de sa santé 
l'obligea de quitter la Sicile, vers la fin delà 
même année. En 1801, il écrivit à Rome Gli 
Amanti in cimento, ossia il Geloso audace, 
puis il fut appelé à Venise, .où il composa, pour 
la célèbre cantatrice Morichelli, la Princi- 
pessa d'Amalfi, dont le titre fut changé en 
celui d'Adelina Senese, parce que, dans les 
opinions de celte époque, il ne fallait plus 
parler de princesses. Après ces ouvrages, il 
donna dans la même ville le Metamorfosi di 
Pasquali. De Venise, Spontini ramena son 
père à Jesi, puis il retourna à Naples d'où il 
s'embarqua pour Marseille avec une famille 
dont il était devenu l'ami intime à Palerme. 
Il séjourna quelque temps à Marseille, fré- 
quentant les maisons de quelques banquiers et 
négociants, qui lui donnèrent des lettres de 
recommandation pour Barillon, Michel, Ré- 
camier, et autres notabilités financières de 
celte époque. Spontini arriva à Paris, en 1803 : 
il y donna d'abord des leçons de chant. Je le 
connus alors chez un facteur île pianos de se- 
cond ordre qui demeurait rue Sainte-Avoye, 
où il venait quelquefois. Il était plein de con- 
fiance dans son avenir : la suite de sa carrière 
prouva qu'il ne s'était pas trompé. 

Un de ses premiers soins fut de faire repré- 
senter au Théâtre Italien un de ses opéras 
écrits en Italie : il fit choix de la Finta Filo- 
sofa, qui avait été joué à Naples, en 1799. La 
première représentation fut donnée au mois de 
février 1804. Bien accueilli, cet opéra obtint 
quelques représentations où brillèrent les ta- 
lents de Nozzari et de madame Belloc. Spon- 
tini fut moins heureux à l'Opéra-Comique, où 
il fil représenter, vers la fin de mars de la 
même année, l'opéra en un acte intitulé Julie. 
Un faiseur de livrets, nommé Jars, était l'au- 
teur de cette pièce dénuée d'intérêt et mal 
faite. L'ouvrage tomba et disparut du réper- 
loire; mais Spontini y fil faire des change- 
ments, corrigea lui-même sa musique, el fit 
reparaître la pièce, le 12 mars 1805, avec le 
nouveau titre de Julie, ou le Pot de (leurs. Ce 
l'ut alors qu'on en grava la partition, quoique 
sa reprise n'eut pas été beaucoup plus heu- 
reuse que sa première apparition. Quelque 
peu importante que paraisse celte production 
dans la carrière de l'auteur de la Vestale, elle 
est néanmoins d'un grand intérêt, parce qu'en 
l'absence de toutes les partitions d'opéras com- 
posées par Spontini en Italie, qu'il serait dif- 



SPONTINI 



89 



ficile de trouver aujourd'hui, elle permet de 
connaître son point de départ, et d'apprécier 
la prodigieuse transformation qui s'est opérée 
tout à coup dans les facultés de cet homme 
extraordinaire. A l'examen de la partition de 
Julie, il est évident pour tout connaisseur que 
le style est celui des opéras italiens écrits dans 
les vingt-cinqdernièresannéesdu dix-huitième 
siècle, et qu'on y trouve en abondance les 
formes de la musique de Guglielmi, de Cima- 
rosa et de Paisiello. Le sort peu fortuné de 
Julie avait décidé Spontini à prendre une 
prompte revanche dans un ouvrage plus im- 
portant; il crut en avoir trouvé l'occasion dans 
la Petite Maison, opéra-comique de Dieula- 
foy et de Gersaint, dont le livret lui avait été 
donné pour qu'il en fît la musique. La rapidité 
qui s'était fait remarquer précédemment dans 
ses travaux ne lui fit pas défaut dans cette cir- 
constance, car les mois d'avril et de mai 1804 
lui suffirent pour écrire la partition de cet ou- 
vrage en trois actes, qui fut joué le 23 juin 
de cette année. Malheureusement le sujet de 
cette pièce était mal choisi pour celte époque, 
car il présentait un tableau de mœurs licen- 
cieuses en désaccord avec les idées de moralité 
qui caractérisaient le temps du consulat. Dès 
le premier acte, une opposition formidable se 
manifesta contre la pièce (1). Elleviou, chargé 
du rôle principal, ayant eu l'imprudence de 
narguer le public, dans le jugement qu'il por- 
tait de l'ouvrage, fit monter l'irritation du par- 
terre jusqu'à la frénésie, et provoqua une des 
scènes les plus tumultueuses qu'il y ait eu au 
théâtre. L'ouvrage ne fut pas achevé. 

L'époque où Spontini arriva à Paris était la 
moins favorable pour ses débuts, car il y avait 
alors parmi les musiciens français, et surtout 
parmi les professeurs et élèves du conserva- 
toire, une ligue sérieuse et forte contre les 
compositeurs italiens et contre la musique de 
leur école. Diverses circonstances avaient 
amené cet état de choses. El d'abord, l'opéra- 
comique avait été envahi depuis plusieurs an- 
nées par Bruni, Tarchi, Délia Maria et Nicolo 
lsouard, lesquels, n'ayant eu que de médiocres 
succès dans leur patrie, étaient venus chercher 
une meilleure Corinne à Paris, et qui, avec la 

(1) Une noie manuscrite, que j'ai sous les yejx, 
attribue cette opposition à une cabale du Conservatoire; 
c'est une erreur, .l'étais ù la représentation, et quoique 
je fusse sorti du Conservatoire depuis un an , après 
avoir termine mes éludes de composition, je connaissais 
tous les professeurs el la pluparl des élèves, et je ne les 
aperçus pas dans celle soirée. L'opposition du Conser- 
vatoire de Paris contre Spontini ne fut que trop réelle ; 
mais elle se constitua un peu plus tard. 



facilité traditionnelle des compositeurs de leur 
école, improvisaient les partitions d'opéras, el 
remplissaient une grande partie du répertoire. 
D'autre pari, depuis 1801, un théâtre d'opéra 
italien s'élait établi, faisant concurrence à 
l'Opéra-Comiqueel même à l'Opéra. Ce théâtre 
avait ses habitués qui exaltaient le mérite de 
la musique italienne el dépréciaient les œuvres 
des compositeurs français. Les anciennes que- 
relles de la musique nationale et des Bouffons 
de 1752 semblaient près de se renouveler. 
Déjà Méhul avait donné le signal de l'opposi- 
tion dans son opéra-comique de l'Trato, con- 
sidéré alors comme une critique de la musique 
italienne, à laquelle pourtant il ne ressemble 
guère. Ce fut dans ces circonstances qu'arriva 
Spontini : le parti des compositeurs nationaux 
ne vit en lui qu'un de ces artistes ullramon- 
tains dont la présence à Paris élait incommode 
et nuisible. Geoffroi, dont le talent d'écrivain 
et de critique brillait dans le Journal des Dé- 
bats, et qui connaissait là musique par l'an- 
cien opéra français, se montrait, dans ses 
feuilletons, fort hostile à la musique des Ita- 
liens. Son compte rendu de la représentation 
de la Petite Maison ne fut pas moins désa- 
gréable pour l'auteur de la musique que pour 
ceux des paroles. 

Peu de jours après cet échec, Spontini trouva 
une large compensation dans le poème de la 
Vestale, que lui remit Jouy. Ce poème, dont 
Chérubini n'avait pas compris le mérite, et qu'il 
avail rendu, après avoir longtemps hésité à le 
mettre en musique, ce poème, dis-je, était pour 
le jeune musicien la plus haute faveurqu'il pût 
recevoir, car il allait lui fournir l'occasion de 
mettre en évidence une puissance degénieque 
lui-même ne croyait peut-être pas posséder. 
Dès ce moment, une liaison intime s'établit 
en Ire les deux au leurs. Elle eut pour premier ré- 
sultat de les faire préluder à la mise en scène 
du grand opéra par un ouvrage moins impor- 
tant composé pour l'Opéra-Comique, et qui 
fut représenté à la fin de décembre 1804. Cette 
fois, Spontini fut plus heureux el sortit enfin de 
la série de mésaventures qu'il avail éprouvées 
au théâtre depuis son arrivée à Paris : Millon, 
en un acte, obtint un brillant succès au théâtre 
Feydeatt. En homme né pour être grand ar- 
lisle, le compositeur avait tiré profil des atta- 
ques de ses ennemis; son style avait pris plus 
d'ampleur; sa manière avait acquis de la va- 
riété, et son harmonie était devenue plus 
nourrie et plus correcte. L'ouvrage, repris 
plusieurs fois, a toujours élé entendu avec 
plaisir, cl la traduction allemande que Spon- 



co 



SPONT1N1 



tini en fit faire plus lard a élé jouée dans plu- 
sieurs villes, notamment à Vienne, Dresde et 
YVeimar. 

Occupé sérieusement de sa carrière de com- 
positeur dramatique, S pon tini avait abandon né 
les leçons de chant. D'heureuses liaisons de so- 
ciété lui avaient d'ailleurs procuré la place de 
directeur de la musique de l'impérlarice Jo- 
séphine, position incompatible avec celle 
d'accompagnateur du théâtre. Ce fut cette po- 
sition qui le fit triompher d'une multitude 
d'obstacles dans l'entreprise la plus importante 
de sa vie, à savoir la mise en scène de son 
grand opéra la f-'estale; car il trouva dans 
la bonté naturelle et active de l'impératrice 
une protection sans laquelle son talent ne se- 
rait peut-être pas parvenu à se faire connaître. 
Il ne négligeait aucune occasion qui pouvait 
fixer sur lui les regards de celle princesse déjà 
disposée en sa faveur par une bienveillance 
naturelle : il s'en présenta bientôt une qui lui 
fut favorable. Tous les théâtres de Paris 
s'étaient empressés de célébrer la gloire de 
Napoléon après la victoire d'Austerlitz : à la 
demande de Sponlini, Balocchi écrivit pour 
lui la poésie d'une cantate intitulée l'Eccelsa 
Gara, qui fut exécutée au théâtre Louvois, le 
8 février 1806. Le sujet de celte cantate était 
assez fade. Apollon et Minerve, descendus aux 
champs Elysées, invitaient les plus célèbres 
poètes de la Grèce, de Rome et de l'Italie, à 
célébrer la gloire de la France ; Homère, Vir- 
gile et le Tasse se disputaient cet honneur ; 
mais Apollon les mettait d'accord en disant 
que ce n'était pas trop de tout le Parnasse pour 
chanter dignement le plus grand homme des 
temps anciens et modernes; alors les muses 
s'unissaient en choeur aux poètes pour chanter 
des hymnes où toutes les hyperboles de la 
louange étaient accumulées. 

L'impératrice fut touchée de cet hommage 
et des applaudissements que le public y 
donna: Sponlini en fut récompensé par une 
protection qui le fit triompher de la formi- 
dable opposition organisée contre lui; oppo- 
sition qu'il trouva à son poste lorsqu'il (il 
exécuter un oratorio de sa composition dans 
un des concerts spirituels donnés au théâtre 
Louvois pendant la semaine sainte de l'année 
1807. Les jeunes musiciens rassemblés au 
parterre pendant l'exécution de cet ouvrage 
mirent d'autant plus d'obstination à la trou- 
bler, que les répétitions de la Vestale. étaient 
commencées, et que tout annonçait la pro- 
chaine mise en scène de ce grand opéra. Les 
éclats de rire et les buées scandaleuses de ces 



jeunes gens couvrirent la voix des chanteurs 
et même la sonorité de l'orchestre, de telle 
sorte, qu'il fut impossible d'apprécier le mé- 
rite de la composition, et que l'exécution ne 
fut pas même achevée. 

Jusque-là, les ennemis de Sponlini sem- 
blaient triompher parce qu'ils avaient formé 
contre lui une coierie qu'ils se persuadaient 
représenter l'opinion publique; erreur qu'on 
voit souvent se reproduire dans les prédictions 
de chutes ou de succès. Mais le jour qui de- 
vait faire finir toutes ces intrigues, et mettre 
en évidence la transforma lion du talent du 
compositeur, approchait. Bien des difficultés 
s'étaient élevées dans le sein même de l'admi- 
nistration de l'Opéra. La priorité de représen- 
tation avait été demandée pour la Mort 
d' Adam, opéra de Lesueur, reçu depuis long- 
temps, et l'empereur, à qui l'on avait appelé 
d'un tour de faveur accordé à la Vestale sur 
la demande de l'impératrice Joséphine, avail 
décidé en faveur de l'auteur des Dardes. Ce- 
pendant la partition de la Mort d'Adam ne se 
trouva pas prête quand il fallut la donner au 
copiste, et Sponlini sut profiler de cet incident 
plus reconquérir son tour de représentation. 
Les répétitions de l'ouvrage avaient com- 
mencé ; mais là de nouvelles préventions 
s'élevèrent, à cause de l'obscurité qui envi- 
ronnait les premières pensées de l'auteur; 
car cet homme, entièrement livré aux tradi- 
tions de la musique italienne de son temps, 
lorsqu'il était arrivé à Paris, cet homme, dis- 
je, s'était tout à coup révélé à lui-même dans 
ce qu'il y avait en lui d'original et de créa- 
teur, et avait en quelque sorte changé de na- 
ture le jour où il avait élé appelé à composer 
une tragédie lyrique pour le grand opéra. Au 
lieu de l'ancienne facilité qui lui avait fait im- 
proviser ses opéras italiens et ses premiers 
ouvrages français, il en était venu à une con- 
ception profonde, mais laborieuse. Devenue 
l'objet de ses méditations, l'expression forte et 
vraie des sentiments dramatiques domina 
toutes ses idées; mais l'inhabilude des formes 
qui pouvaient réaliser cette expression était 
cause que ce qui était senti avec énergie par 
le compositeur ne se traduisait que d'une ma- 
nière obscure dans le premier jet de sa pen- 
sée. De là venait que sa vigoureuse inspira- 
lion ne se présentait quelquefois que sous 
l'aspect d'un travail péniblement élaboré. 
C'est en cet état qu'il livrait aux copistes la 
plupart des morceaux de sa Vestale. Mis à 
l'étude, ces morceaux présentaient aux chan- 
teurs et aux musiciens de l'orchestre de 



SP0NT1NI 



91 



grandes difficultés; de là les sarcasmes des 
exécutants mal disposés pour lui, et les bruits 
défavorables à l'ouvrage qui se répandaient 
de procbe en proche. Bien que Sponlini en re- 
çût des impressions pénibles, il ne se laissait 
point ébranler dans son sentiment intime. 
Dès qu'il avait acquis la conviction des défauts 
d'un morceau, il se remettait A l'œuvre, re- 
voyait sa pensée primitive, l'éclaircissait, la 
dégageait de son entourage hétérogène, res- 
serrait les phrases ou leur donnait plus de dé- 
veloppement, en améliorait le ihylbme et la 
modulation, et par degrés il arrivait à la réa- 
lisation du sentiment dramatique dont il était 
animé. C'est ainsi que tour à tour les diverses 
parties de la partition de la Vestale parvin- 
rent à leur maturité. Celui qui écrit ces lignes 
a été témoin oculaire de ce travail dont il sui- 
vait les progrès dans l'intérieur même du 
théâtre de l'Opéra; ce fut pour lui une étude 
intéressante. 

Les hommes du métier qui se livrèrent à 
l'examen de la parlilion'de cet opéra, lors- 
qu'elle fut publiée, n'en comprirent pas 
d'abord le succès, parce qu'au lieu d'en saisir 
le côté de l'originalité, de l'inspiration et de 
l'expression sentimentale, ils s'attachèrent de 
préférence au matériel de l'art d'écrire. Or, il 
faut bien le dire, il y règne un certain em- 
barras que tous les efforts de Sponlini n'ont 
pu faire disparaître, parce que les procédés 
ordinaires de l'art ne lui fournissaient pas de 
moyens suffisants pour certains accents in- 
times donl il avait conscience, sans en avoir 
la conception parfaitement claire. Dans l'al- 
lure des voix et des instruments, on trouve A 
chaque instant des emprunts faits par une 
partie à une autre, d'où résultent des pauvre- 
tés d'unissons et d'octaves en séries d'autant 
plus remarquables, que la partition est écrite 
en général avec une certaine affectation de 
combinaisons dans les dessins de voix et des 
instruments. En divers endroits, les disso- 
nances n'ont pas leur résolution normale; en- 
fin, les modulations ne sont pas toujours as- 
sises sur le point d'appui qui devrait faire 
sentir la relation des tons qui se succèdent; 
mais la concession faite de ces imperfections 
de métier, que de beautés dans les accents mé- 
lodiques, dramatiques, expressifs, et même 
dans les effets de cette instrumentation dont 
le premier aspect offre si peu de clarté! Que 
de sentiments vrais et de véritable inspiration 
dans l'hymne Fille du ciel, où la catastro- 
phe d'un amour fatal se fait déjà pressentir; 
dans ces complaintes si tendres, Helas, 



l'Amour, et Licinius, je vais donc; dans 
celte grande et magnifique scène, Impi- 
toyables dieux! dans ce duo, Quel trouble, 
quel transport! dans ce finale si énergique et 
si riche d'émotions qui termine le second acte ; 
dans celte prière , O des infortunés déesse 
tutélaire; enfin, dans ce dernier chant, 
Adieu, mes tendres sœurs! Voilà les qualités 
essentielles qui émurent le public entassé 
dans la vaste salle de l'Opéra, el portèrent son 
enthousiasme jusqu'à l'exaltation, pendant la 
première el solennelle représentation du liS dé- 
cembre 1807 ; voilà ce qui a fait que ce même 
ouvrage a rencontré la même sympathie chez 
toutes les nations : voilà ce qui en a prolongé 
le succès jusqu'à ce que les grands acteurs lui 
eussent fait défaut, et que les traditions né- 
cessaires à son exécution se fussent perdues. 
Avec une Julia telle que madame Branchu, 
une grande-prêtresse comme madame Mail- 
lard, un Licinius doué de la chaleur entraî- 
nante de Lainez; avec la belle el limpide voix 
de Lays dans le rôle de Cinna ; enfin, avec 
l'imposante figure, la diction admirable, les 
gestes si nobles et les poses dramatiques de 
Dérivis dans le grand-prêtre, l'effet de la 
Vestale était irrésistible. Tel avait été cet 
effet, que l'allention publique fut distraite par 
le succès de la Vestale des grands événements 
qui venaient de s'accomplir par la paix de Til- 
sit, de l'invasion du Portugal par l'armée 
française, et des préparatifs de la guerre d'Es- 
pagne. 

Le démenti donné par le succès universel de 
l'œuvre de Sponlini à l'opinion de la plupart 
des musiciens, ne ramena pas immédiatement 
ceux-ci à des idées plus modérées sur le ta- 
lent de l'auteur de la Vestale; ils se mirent au 
contraire à faire de l'opposition systématique 
au jugement du public, s'allachanl à démon- 
trer les imperfections matérielles de l'ouvrage, 
et fermant les yeux sur les beautés incontes- 
tables qui font oublier ces taches pendant 
l'exécution. Cependant l'époque fixée par Na- 
poléon pour que l'Institut de France fil un 
rapport sur les ouvrages jugés dignes des prix 
décennaux, institués par son décret, était ar- 
rivée, el les chefs de l'opposition se trouvaient 
précisément parmi les juges du concours. La 
situation étail embarrassante pour eux, car les 
deux ouvrages qui, par l'éclat de leur succès, 
pouvaient seuls prétendre à la distinction ac- 
cordée par le gouvernement, étaient les 
Bardes, de Lesueur , joués en 1804, et la 
Vestale. Toutefois, les Bardes, nonobstant le 
mérite d'originalité qui se faisait remarquer 



9"2 



SP0NT1NI 



dans la partition, ne pouvaient balancer le 
succès universel de l'œuvre de Spontini, ni sa 
valeur réelle, au point de vue de l'effet drama- 
tique. Lesueur s'était évidemment éloigné des 
formes habituelles dans son ouvrage; mais sa 
mélodie, son harmonie, ses modulations, cau- 
saient plus d'étonnement, par leur élrangeté, 
que de plaisir et d'entraînement. A vrai dire, 
le succès des représentations de son opéra ne 
s'était pas étendu au delà de l'enceinte «les 
salles de spectacle; on n'en avait chanté les 
airs ou les morceaux d'ensemble ni dans les 
salons, ni dans les concerts. Enfin, après quel- 
ques années, l'oubli et l'abandon avaient suc- 
cédé à l'éclat des représentai ions des Bardes. 
La musique de la Festale, au contraire, indé- 
pendamment des effets entraînants de la 
scène, conservait tons ses avantages au piano 
et faisait briller les chanteurs dans les con- 
certs. Comme celle des Bardes, elle avait un 
caractère saisissant d'originalité; mais celle 
originalité avait du charme et ne reposait pas 
uniquement sur des formes insolites. Quelles 
que fussent les préventions, il était impossible 
que la section de musique de l'Institut de 
France, chargée de prononcer entre les deux 
ouvrages, ne donnât pas la préférence à celui 
de Spontini. Bien qu'assez mal disposée pour 
lui, elle n'avait cependant pas à son égard les 
vieilles rancunes qui existaient entre elle et 
Lesueur. Mébul, Gossec et Grétry, qui compo- 
saient alors celle section de musique, désignè- 
rent donc la Vestale pour le prix décennal 
qui devait être accordé au grand opéra le plus 
remarquable de cette époque, et la rédaction 
du rapport, dont Mébul oui la tâche, s'ex- 
prima en ces termes, consignés au Moniteur: 
« Cet opéra (la Vestale) a obtenu un succès 
» brillant et soutenu. Le compositeur a en 
» l'avantage d'appliquer son talent à unecom- 
» position intéressante cl vraiment tragique. 
» Sa musique a de la verve, de l'éclat, souvent 
» de la grâce. On y a constamment et avec 
» raison applaudi deux grands airs d'un beau 
» style et d'unehelle expression, deux chœurs 
» d'un caractère religieux et louchant, et le 
« finale du second acte, dont l'effet est à la 
« fois tragique et agréable. Le mérite incon- 
» tcslable et la supériorité du succès de la 
» Vestale ne permettent pas au jury d'hésiter 
» de proposer cet opéra comme digne du 
» prix. » Après cette déclaration solennelle, 
le pédanlismc d'école dut se taire, et l'opposi- 
tion alla toujours s'affaiblissant. 

Désormais Spontini tenait un rang distin- 
gué parmi les compositeurs dramatiques qui 



brillaient sur les théâtres de France. Son asso- 
ciation avec Jouy ne fui pas moins heureuse 
dans Fernand Corlez que dans la Vestale, 
car cet opéra, joué pour la première fois le 
28 novembre 1800, obtint aussi le pi lis bril- 
lant succès. Le sujet de l'ouvrage a de l'inté- 
rêt comme tout ce qui se rapporte à la décou- 
verte et à la conquêlc de celte Amérique qui, 
plus tard, a exercé une si grande influence sur 
le sort dos populations européennes. Toutefois, 
on a remarqué avec raison que l'enchaînement 
des situations a été si faiblement établi par les 
ailleurs du poème, que Jouy imagina, en 
1810, d'intervertir l'ordre de succession des 
actes, et que l'ouvrage en fut amélioré, parce 
que, dans la première conception, le premier 
acle, trop puissant d'intérêt et d'effet, affai- 
blissait les autres. La musique, la beauté du 
spectacle et le talent des acteurs, ont eu la 
plus grande part dans le succès de l'ouvrage. 
Sans atteindre à la hauteur de l'ensemble de 
la f eslale, la partition de Fernand Corlez 
renferme des beautés de premier ordre, au 
point de vue de la mélodie, de l'expression et 
de l'effet dramatique. Quelles (pie soient les 
révolutions de goût réservées par l'avenir à la 
musique de théâtre, quiconque aura le senti- 
ment vrai de l'art ne pourra méconnaître le 
charme répandu dans divers morceaux de 
cette partition, l'originale conception de la 
plupart et leur force dramatique. Le duo, Cher 
Telasco, daigna m' entendre, l'hymne à trois 
voix, Créateurs de ce nouveau monde, l'air, 
/fêlas! elle n'est plus, l'autre air si plein 
d'amour, arbitre de ma destinée, le dernier 
duo, Un espoir nie reste, et enfin, l'admi- 
rable scène de la révolte, qui commence parle 
chœur : Quittons ces bords, se feront remar- 
quer dans tous les temps par leurs beautés 
beaucoup plus grandes que leurs défauts. On 
peut citer encore, comme des morceaux de 
grand mérite, l'ouverture, le finale du premier 
acle, les airs de danse et des récitatifs d'une 
grande vérité de déclamation. Le succès de 
Fernand Corlez mit le sceau à la réputation 
île Spontini, et lui donna dès lors une sorte 
d'autorité sur les destinées de l'Opéra, laquelle 
se maintint pendant plusieurs années. 

La forlune semblait le conduire par la main. 
Admis depuis plusieurs années dans la famille 
des célèbres facteurs d'instruments Erard, où 
les artistes de talent trouvaient toujours v.n 
accueil bienveillant, il devint l'époux de la 
fille de Jean-Baptiste Erard, nièce de Sélias- 
lien. Celle union fut, pour Spontini, la source 
la plus pure de son bonheur, car il trouva dans 



SP0NT1NI 



93 



la compagne de sa vie une réunion de qua- 
lités précieuses qui en firent le charme, 
un esprit distingué, enfin, une bonté par- 
faite qui consola l'artiste dans les chagrins 
occasionnés par sa trop grande susceptibilité. 
Par ses vertus, par son admirable dévoue- 
ment, par l'agrément et la solidité de son 
esprit, madame Spontini a toujours été l'objet 
du respect et de l'affection de ceux qui l'ont 
connue. 

L'éclat des succès de Spontini lui fit obtenir, 
en 1810, la direction de l'Opéra italien, qui 
venait d'être placé au théâtre de l'Odéon, et 
qui, réuni à la Comédie, sous la direction de 
Duval, avait pris le nom de Théâtre de l'Im- 
pératrice. Le début du nouveau directeur, 
dans l'organisation du personnel chantant, 
fut de bon augure, car il y réunit les deux ex- 
cellents ténors Crivelli et Tacchinardi, mes- 
dames Barilli et Festa, enfin, les basses Porto 
et Angrisani, ainsi que Barilli, pour les rôles 
de bouffe non chantant. Ce fut avec celte com- 
pagnie remarquable qu'il fit entendre pour la 
première fois à Paris, le Don Juan, de Mo- 
zart, tel que l'a écrit l'illustre compositeur. 
L'année 1811 fit honneur à l'intelligente di- 
rection de Spontini ; il mit beaucoup d'activité 
à varier le répertoire, donna une série de con- 
certs qui furent bien accueillis, à cause des 
artistes distingués qui s'y firent entendre, et 
refit la plus grande partie de la Semiramide. 
Plusieurs airs et morceaux d'ensemble, qu'il 
écrivit pour cet ouvrage, eurent beaucoup de 
succès. Malheureusement le sort de l'Opéra 
italien était lié à celui du second théâtre fran- 
çais, que l'administration d'Alexandre Duval 
ne faisait pas prospérer. Les recettes faites 
par les chanteurs servaient à combler les vides 
de la caisse de la comédie ; de là des récrimi- 
nations incessantes de part et d'autre. Spon - 
lini ne dissimulait pas sa mauvaise humeur; 
il en résulta des scènes désagréables entre les 
administrateurs du Théâtre de l'Impératrice; 
elles se terminèrent, en 1812, par une déci- 
sion aussi injuste qu'inintelligente de M. de 
Rémusat, surintendant des théâtres impé- 
riaux qui, an lieu de donner un successeur à 
Alexandre Duval, ôta la direction du Théâtre 
italien à Spontini. En 1814, le ministre de la 
maison du roi lui accorda le privilège du 
Théâtre italien, en dédommagement de l'acte 
arbitraire dont il avait été victime en 1812; 
mais madame Catalani ayant sollicité ce pri- 
vilège, et Paér s'élant uni à elle pour en faire 
l'exploitation, Spontini, par des motifs qui ne 
sont pas connus, prit le parti de se retirer, 



moyennant une indemnité qui lui fut payée 
par madame Catalani. 

La chute de l'empire, en 1814, avait changé 
la position de la plupart des artistes français; 
quelques uns n'obtinrent pas immédiatement 
les faveurs de la nouvelle cour: Spontini fut 
de ce nombre, car il n'eut d'emploi ni comme 
surintendant de la chapelle du roi, ni comme 
directeur de la musique particulière. Lesueur 
passa de la chapelle de l'empereur dans celle 
du roi et en partagea la direction avec Mar- 
tini, et Paër, après avoir dirigé les spectacles 
et les concerts de la cour impériale, porta son 
dévouement dans ceux de la royauté légitime. 
De celte manière, toutes les places se trouvè- 
rent remplies, et Spontini n'eut plus rien à 
espérer que de son talent et de ses (ravaux 
pour la scène. Néanmoins, il ne montra pas 
de rancune, car il écrivit, dans l'esprit ci n nou- 
vel ordre de choses, la musique de Pelage, ou 
le Roi et la Paix, opéra en deux actes, qui fut 
joué le 23 août 1814, et n'obtint que peu de 
succès. Ainsi qu'il arrive presque toujours à 
l'occasion de ces ouvrages de circonstance, ni 
Jouy, ni Spontini, n'eurent d'inspiration pour 
celui-là. Pour exciter la verve de ce composi- 
teur, il fallait des sentiments énergiques ou 
passionnés, dramatiques etscéniques; mais il 
était l'homme le moins propre à chanter de 
fades louanges. Sa part de travail dans les 
Dieux rivaux n'eut pas plus d'importance. 
Cet opéra-ballet, qu'il écrivit avec Persuis, 
Berlon et Kreutzer, à l'occasion du mariage du 
duc de Berry, fut représenté le 21 juin 1816, 
et presque aussi vite oublié que Pelage. Mais 
l'année suivante fut marquée par un véri- 
table liiomple pour Spontini. Persuis venait 
de remplacer Choron dans la direction de 
l'Opéra; il avait à réparer les mauvais choix 
d'ouvrages mis en scène par son prédécesseur, 
et à faire oublier les chutes successives de la 
triste Natalie, de Reicha, de la reprise de la 
Pommier et le Moulin, de Lemoine, du ballet 
des Sauvages, et de Roger, roi de Sicile, de 
Berton. Convaincu de la nécessité d'employer 
le talent de Sponlini comme la seule ressource 
de l'Opéra, à cette époque, Persuis com- 
mença par faire une reprise de Fernand Cor- 
tez, à laquelle il donna beaucoup d'éclat et de 
luxe. L'effet de l'ouvrage à la première repré- 
sentation, donnée le 8 mai 1817, surpassa ce- 
lui qu'il avait obtenu huit ans auparavant; ce 
fut une véritable ovation pour le compositeur. 
Le nouveau directeur de l'Opéra ne s'en tint 
pas là ; car ayant résolu de remettre à la scène 
les Danaïdes, de Saliéri, il chargea Sponlini 



94 



SPONTINI 



d'en rajeunir la parlilion par quelques mor- 
ceaux nouveaux, et l'engagea à écrire, sans 
délai, la Colère d'Achille, dont le poëme 
avait été reçu quelques mois auparavant, et 
Olympie, dont le livret était l'ouvrage de 
Briffant et de Dieulafoy. Les airs ajoutés par 
Sponlini à la partition des Danaides, et sur- 
tout une superbe bacchanale au troisième acte, 
firent retrouver dans cet ouvrage le génie qui 
avait produit la J'estale et Fernand Cortez; 
on y remarqua même une main plus ferme, 
une connaissance plus étendue des ressources 
de l'instrumentation. Cet opéra fut joué au 
mois d'octobre 1817; la beauté de la musique, 
le talent admirablede madame Branchu, le jeu 
intelligent et dramatique de Dérivis, la belle 
voix de Nourrit père ; des ballets et divertisse- 
ments pleins de mouvement, une mise en 
scène très-bien entendue, et la belle décora- 
tion de l'enfer, au dernier acte, procurèrent à 
cet ouvrage un succès d'enthousiasme long- 
temps soutenu. 

Olympie, impatiemment attendue et jouée, 
enfin, le 15 décembre 1819, ne réalisa pas les 
espérances qu'avait données le nom du com- 
positeur à ses nombreux admirateurs, et fut 
pour lui-même une source de déceptions et de 
chagrins. De tous les opéras qu'il avait fait re- 
présenter jusqu'à celte époque; Olympie était 
celui dont la conception avait été la plus labo- 
rieuse. La pièce avait été mal faite par les au- 
teurs; la marche en était languissante; les 
situations dramatiques étaient péniblement 
amenées ; les scènes, mal coupées pour îa mu- 
sique, étaient en grande partie remplies par un 
interminable récitatif; enfin, le compositeur 
lui-même n'avait plus retrouvé, en écrivant 
sa partition, la verve jeune et dramatique qui 
brille dans la J'estale et dans Fernand Cor- 
tez. Sombre et triste dans presque toute son 
étendue, Olympie manquait de variété dans 
le coloris. Les poètes avaient conservé beau- 
coup de vers empruntés à la tragédie de Vol- 
taire sur le même sujet, ce qui plaçait le mu- 
sicien dans la nécessité de lulter à chaque 
instant contre la mesure défavorable du vers 
alexandrin. C'est ainsi qu'au lieu de l'air 
final énergique et mouvementé qu'aurait dû 
chanter Olympie, accompagnée par le chœur, 
les poètes avaient terminé le rôle par un réci- 
tatif sur ces vers : 

Toi, l'époux d'Oljmpie, et qui ne dut pas l'être; 
Toi, qui me conservas par un cruel secours; 
Toi, par qui j'ai perdu les auteurs de mes jours; 
Toi, qui m'a tant chérie, et pour qui ma faiblesse 
Du plus fatal amour a senti la tendresse ; 



Tu crois mes lâches feux de mon àme bannis : 
Aprends... que je t'adore... et que je m'en punis.. 
Cendres deSlatira, recevez Olympie! 

Ce langage peut être bon dans une tragédie; 
mais cela est affreux à meltre en musique : 
une scène d'opéra qui finit ainsi est nécessai- 
rement sans effet. Olympie était un ouvrage 
manqué, rempli de choses de ce genre. Spon- 
tini avait trouvé île belles inspirations au pre- 
mier acte ; mais l'opéra se refroidissait ensuite 
jusqu'à la fin, et le talent de madame Branchu 
ne parvint pas à ranimer l'intérêt. 

Dès 1814, Sponlini avait été honoré de la 
bienveillance du roi de Prusse : il composa 
alors plusieurs morceaux pour la musique mi- 
litaire de la garde prussienne. Lorsque Fré- 
déric-Guillaume III entendit, en 1818, Fer- 
nand ( y ortez, avec les changements faits dans 
les dispositions de l'ouvrage, il en fut charmé 
et prit la résolution d'attacher Sponlini à son 
service. Le général de Wilzleben, premier 
adjudant du roi, fut chargé de faire des pro- 
positions au compositeur pour la réalisation de 
ce projet; elles furent acceptées, et le contrat 
fut signé au mois d'août 1819. D'après ce con- 
trai, Sponlini devait partir immédiatement 
après la représentation iVOlympie, qu'il es- 
pérait donner à la fin du mois d'octobre; mais 
les lenteurs ordinaires du service de l'Opéra 
relardèrent la représentation jusqu'au 15 dé- 
cembre. La saison d'hiver parut alors trop 
avancée pour entreprendre le voyage de Paris 
à Berlin qui, à cette époque, était long et pé- 
nible : Sponlini obtint du roi de Prusse l'aulo- 
risation de retarder son départ jusqu'au prin- 
temps. Le compositeur employa ce délai à faire 
des changements à son Olympie, et concur- 
remment à jeter sur le papier les premières 
idées pour un Louis IX, opéra qui avait été 
demandé par le ministre de la maison du roi, 
et auquel le roi Louis XVIII s'intéressait. Le 
sujet plaisait à Sponlini, à cause du caractère 
de saint Louis, et de l'opposition de coloris 
qu'il entrevoyait entre le caractère des croisés 
et celui des musulmans; mais quand vinl le 
moment du départ pour Berlin , le poëme 
n'était pas achevé, et le travail de celte pièce, 
étant interrompu, ne fut plus repris. 

Lorsque des propositions avaient été faites à 
Sponlini pour l'attacher à la cour de Berlin, 
l'auteur de la Festale n'accepta pas le titre 
seul de maître de la chapelle royale, et de- 
manda celui de directeur général de la mu- 
sique, en tout ce qui tenait au service de la 
cour; nonobstant l'opposition et le crédit du 
comle de Briilil, intendant du théâtre royal c 



SP0NTIN1 



9è 



«le la chapelle, ces conditions furent acceptées: 
Le traitement attaché à la direction générale 
de la musique fut, dit-on, fixé à dix mille écus 
de Prusse (trente-sept mille cinq cents francs), 
outre d'autres avantages assurés à Spontini.Sa 
nouvelle position se composait de deux attri- 
butions, à savoir, la charge de compositeur de 
la cour, et la direction générale de la musique. 
Celle-ci comprenait l'opéra et le ballet, la 
musique de la chambre et les concerts, la mu- 
sique militaire et la musique religieuse de la 
chapelle. Jamais tant d'autorité n'avait été 
donnée à un seul homme. Il est facile de com- 
prendre que ce ne fut pas sans déplaisir que 
les artistes allemands virent de si grandes fa- 
veurs accordées à un étranger; cependant tout 
ce qui dépendait immédiatement du roi, soit 
dans la chapelle, soit à l'opéra, soit enfin dans 
la musique militaire, se soumit au nouveau 
pouvoir sans murmurer; mais une opposition 
sérieuse lui fut faite par l'intendant des 
théâtres, seul tout-puissant avant l'arrivée de 
Spontini, et qui ne put voir sans un vif chagrin 
une grande partie de son autorité passer en 
d'autres mains. Déjà, avant que le maitre fût 
arrivé à Berlin, l'intendantavait fait retentir la 
pressesaxonnede sesdoléancesetde ses récla- 
mations, sous des noms supposés. L'opposition 
de ce personnage était d'autant plus redoutable 
qu'il disposait des faveurs de la subvention. 

Dès son entrée en fonctions, Spontini écrivit 
une marche et un chant pour l'anniversaire de 
la naissance du roi, exécutés leôaoûl 1820, par 
un grand nombre de voix à l'unisson avec ac- 
compagnement d'un corps complet de musique 
militaire et des instruments à archet. L'exé- 
cution de cet ouvrage fut dirigée par Spontini 
lui-même, et son effet fut accueilli par des 
transports d'enthousiasme : le roi, vivement 
ému, témoigna au compositeur sa satisfaction 
en termes affectueux (1). Déjà Spontini avait 
donné aux artistes de Berlin une haute idée de 
sa capacité comme directeur de musique, par 
la manière dont il avait fait exécuter son opéra 
t\e Fernand Cortez, le 28 juin précédent. La 
délicatesse des nuances et la précision qu'il 
donna à l'orchestre, ainsi qu'aux chanteurs et 
aux choristes furent remarquées par tous les 
spectateurs. Jamais l'Opéra de Berlin n'offrit 
un ensemble aussi satisfaisant, une exécution 
aussi parfaite, que sous la direction de l'auteur 
de la Vestale : ses ennemis mêmes n'ont ja- 
mais nié sa supériorité à cet égard. 

(I) Ce chan!, devenir populaire, a élé publié sous ce 
titre: Preussisclter Volksgesang mit Vollsland. tiirkisclier 
Musik und d. Slreicltinstr. Berlin, Sclilesinger. 



Spontini avait trouvé la Vestale montée et 
au courant du répertoire du théâtre royal, à 
son arrivée à Berlin : il lui tardait d'y faire 
entendre son Olympie, et de prendre sa re- 
vanche du peu de succès de cet ouvrage à 
Paris. Il s'occupa immédiatement de le faire 
traduire en allemand, et pour ce travail ingrat, 
il jeta les yeux sur le célèbre écrivain humo- 
riste Hoffmann qui, bon musicien, était en état 
de bien appliquer les paroles à la musique. 
Spontini avait reconnu la justesse de quelques 
critiques faites à Paris de certains défauts de 
son opéra, particulièrement dans le dernier 
acte. Il fit refaire cet acte par Hoffmann sur 
un plan nouveau : les flots de Champagne dont 
il abreuvait son poëte triomphèrent de la pa- 
resse de celui-ci. Spontini refit lui-même une 
grande partie de la musique et en prépara le 
succès par de nombreuses répétitions faites 
avec soin. Le 14 mai 1821, l'ouvrage fut re- 
présenté et bien chanté parBader, Blum, Hil- 
lebrand, mesdames Milder et SchUtz. Un luxe 
inaccoutumé de mise en scène, de costumes 
et de décorations, ajouta au charme de l'exé- 
cution, et des applaudissements unanimes fu- 
rent prodigués à l'œuvre du compositeur. 
Spontini triomphait de ce retour de la faveur 
publique pour une partition qu'il affectionnait 
peut être plus que la Vestale et que Fernand 
Cortez, par cela même qu'elle lui avait coûté 
plus de travail, et qu'elle avait été moins heu- 
reuse à Paris. 

Dans l'hiver de 1821 , il écrivit, pour les fêles 
de la cour, à l'occasion de la présence dugrand- 
duc Nicolas et de la grande-duchesse, son 
épouse, à Berlin, l'opéra-ballelde LallaRookh, 
dont le sujet avait été pris dans le poëme de 
Thomas Moore. Plus lard, il se servit d'une ro- 
mance, d'un petit chœur, d'une marche et de 
deux airs de ballet de cet ouvrage dans son 
opéra intitulé Nurmahal, ou la fête de la rose 
de Cachemire, ouvrage en deux actes dont le 
livret avait élé fait par M. Herklotz, d'après la 
traduction allemande, très-estimée, que le bi- 
bliothécaireSpicker avait faite de LallaRookh, 
roman poétique de Moore. Cet opéra-ballet, 
écrit en huit semaines, paroles et musique, eut 
du succès et fut repris plus tard. 

En 1822, Spontini usa du congé annuel sti- 
pulé dans son contrat avec la cour de Prusse 
pour visiter l'Italie et revoir le lieu de sa nais- 
sance, où il n'avait pas été depuis vingt ans; 
puis il se rendit à Paris. Le temps et ses succès 
en Allemagne lui avaient fait oublier les an- 
ciennes cabales de ses adversaires, et ce fut 
avec un vif plaisir qu'il se retrouva dans celte 



96 



SPOiNTINI 



grande ville, au sein de la famille à laquelle il 
s'était allié et de quelques amis dévoués. Jouy 
voulut profiter de son séjour à Paris et l'en- 
gagea à s'occuper de son opéra les athé- 
niennes, dont il avait écrit autrefois quelques 
morceaux; mais nonobstant les changements 
faits par M. Philarète Cliasles au poème de cet 
ouvrage, en collaboration avec Jouy, jamais 
la coutexlure du livret ne satisfit Spontini : le 
dénoûment, en particulier, lui parut toujours 
impossible et le découragea. Après sa mort, 
on n'a retrouvé que quelques fragments de sa 
musiquesur ce sujet. Au mois de janvier 1823, 
il quitta Paris pour retourner à Berlin. Dans 
le courant de 1824, le roi demanda à Spontini 
un grand opéra pour fêter le mariage du prince 
royal (depuis lors Frédéric Guillaume IV, roi 
de Prusse). La difficulté consistait à trouver 
un poème : plusieurs ouvrages allemands fu- 
rent présentés au compositeur, mais aucun ne 
l'ayant satisfait, il demanda au roi l'autorisa- 
tion de faire venir un littérateur de Paris, ce 
qui lui fil accordé. Celui qu'il avait en vue 
n'ayant pu venir à Berlin, on lui envoya 
Théaulon, qui, pointant, n'avait rien de prêt, 
et qui même était à la recherche d'un sujet. 
Spontini et lui finirent par découvrir celui 
(VAlcidor dans un ancien livret d'opéra-féerie 
français écrit par Rochon de Chabannes. 
Théaulon se mil à l'ouvrage; mais Spontini 
était rarement satisfait de ce qu'il lui appor- 
tait. Il fallut souvent recommencer; l'ouvrage 
n'avançait pas, et le temps s'écoulait. Enfin, 
il devint évident qu'il serait impossible d'être 
prêt pour le 5 octobre, date fixée pour la re- 
présentation. On dut se borner à une cantate 
suivie d'un ballet. Théaulon retourna à Paris, 
laissant l'ouvrage seulement ébauché. Dans 
son embarras, Spontini prit le parti de faire 
lui-même le scénario rie la pièce ; un Français, 
homme d'esprit appartenant à la société dis- 
tinguée, lui vint en aide en faisant les vers, le 
poète allemand Herklotz fit la traduction, et 
l'opéra tVAlcidor fut représenté le 25 mai 
1825, pour le mariage de la princesse Louise, 
troisième fille du roi, avec le prince Frédéric 
des Pays-Bas. Comme tous les sujets féeriques, 
Alcidor péchait par le défaut d'intérêt dra- 
matique, élément nécessaire pour le génie de 
Spontini; sa musique était brillante; il s'y 
trouvait de bons chœurs et un trio en canon 
qui fut fort applaudi ; néanmoins c'était un 
ouvrage faible comparé à ceux qui ont fait sa 
gloire. Après huit représentations, il y eut 
une interruption par le départ de madame 
Ittilder, qui avait un congé. Alcidor fui repris 



en 1829, en 1833 et en 1836, mats il n'eut 
chaque fois qu'un petil nombre de représenta- 
tions. 

A l'occasion du couronnement de l'empereur 
et de l'impératrice de Russie, la cour de Prusse 
demanda au directeur général de musique un 
hymne de fêle, dont il fit une composition 
grandiose, exécutée le 18 janvier 1827, 
et répétée le 9 mai de la même année 
dans un concert. Ce fut aussi dans la même 
année que Spontini fit exécuter, pour la fête 
du roi, le premier acte de son opéra Agnès de 
Hohenstaufen, dont Raupach avait fail le 
livret. Il n'acheva cet ouvrage que deux ans 
après et en refit de nouveau une grande partie 
en 1837. La critique passionnée que fit Rell- 
slab (voyez ce nom) du premier acte de cet ou- 
vrageexcita l'indignation du composileurqui, 
malheureusement, ne sut pas se contenir, et 
qui se compromit par excès de sensibilité. 
Rellstab, homme d'esprit plus que musicien 
instruit, venait d'être chargé de la rédaction 
de la Gazette de Voss, à laquelle il donna de 
la popularité par le piquant de son style. Une 
haine contre Spontini, dont les motifs ne sont 
pas connus, la poussa à écrire de violents ar- 
ticles contre ce maitre. Déjà il avait voulu 
publier une brochure intitulée : Ueber die 
Thealervertvaltung Sponlini's (Sur l'admi- 
nistration théâtrale de Spontini), dans laquelle 
il affirmait que le directeur général de la mu- 
sique de la cour écartait de la scène tous les 
ouvrages des compositeurs dont le talent lui 
donnait de l'ombrage, et que lorsqu'il était 
obligé d'en faire représenter un, il en négli- 
geait la mise en scène, pour qu'il ne produisit 
pas d'effet, réservant tous ses soins pour ses 
propres opéras. La censure supprima cet écrit. 
Le ressentiment qu'en eut Rellstab se traduisit 
((ans une satire accueillie parles frères Scholt, 
de Mayence, et qui parut dans le quatrième 
volume de l'écrit périodique Cxcilia (p. 1 et 
suiv.), sous le titre : Ans dent Nachlas eines 
junger Kunstler (Extrait des papiers d'un 
jeune artiste). Un peu plus lard parut, dans le 
même recueil (tome VI, p. 1 et suiv.), une 
nouvelle intitulée Julius, également dirigée 
contre Spontini. Le nom du maitre ne parais- 
sait jias dans ces libelles; mais lui-même y 
était si bien peint par ses habitudes et par son 
langage, que personne ne s'y trompa. Tout ce 
qui pouvait blesser le cœur de l'artiste s'y 
trouvait réuni et disposé avec habileté. Agnès 
de Hohenstaufen fut une nouvelle occasion de 
dénigrement pour les sentiments haineux «le 
Rellstab : il la saisit pour attaquer le maitre 






SPONTINI 



97 



avec violence dans la Gazelle de Foss. Dans 
son amère critique, il osa mettre en doute que 
l'auteur de Lalla Rookh, de Nurmahal, d'Al- 
cidor et du dernier ouvrage fut celui de la 
Festale et de Cortez. Blessé dans son honneur 
comme dans ses sentiments d'artiste, Spontini 
demanda à la justice réparation des outrages 
du journaliste el de la diffamation de son ca- 
ractère. Rellstab fut en effet condamné à 
quelques mois de détention. Il faut le dire, 
Spontini fui imprudent en celle circonstance; 
car le procès qu'il fit à Rellstab donna de l'im- 
portance aux attaques du journaliste. Autant 
la critique savante, polie et consciencieuse est 
respectable et a de portée, autant celle qui se 
puise dans de mauvaises passions et emploie 
les armes de la mauvaise foi est méprisée. Le 
silence, le dédain sont les seules ressources de 
l'artiste de mérite en bulle aux traits de celle- 
ci. D'ailleurs Spontini aurait dû comprendre 
queRellstab n'était pas isolé dans ses attaques, 
et qu'il y avait derrière lui tout un parti d'en- 
vieux dont le journaliste n'était que l'organe 
responsable. Loin d'être abattu parla condam- 
nation, ce parti ne devint que plus ardent à 
poursuivre sa tâche de dénigrement et de ca- 
lomnie. L'auteur de la Festale en vit bientôt 
les effets dans une brochure piquante que 
Rellstab fit paraître à Leipsick sous ce titre : 
Ueber mein Ferhxltniss als Kritiker zu 
Ilerrn Spontini als Componisten und Ge- 
neral-Musik-Director in Berlin (Sur mes 
rapports, comme critique, avec M. Spontini, 
en sa qualité de compositeur et de directeur 
général de musique à Berlin). En France, tout 
le bruit d'une affaire de ce genre est fini en 
huit jours; il n'en est pas ainsi en Allemagne : 
les années se succèdent avant qu'on en ait 
épuisé les commentaires. Les journaux s'occu- 
pèrent de la brochure de Rellstab et l'analy- 
sèrent rn raison des dispositions des rédac- 
teurs. Les luttes de part et d'autre furent sans 
doute bien ardentes, car l'affaire, commencée 
en 1826, agitait encore Berlin en 1850, et 
même longtemps après. On en a la preuve dans 
la défense de Spontini que Dorn, alors direc- 
teur de musique à Riga, et plus tard maître de 
chapelle chargé de la direction du théâtre 
royal de Berlin, publia en 18-30, sous le voile 
de l'anonyme. Sa brochure avail pour litre : 
Spontini in Deutschland oder unpartheiisclie 
TFiirdigung seiner Leistungen wxrend 
seines Jufenthalts dasselbst in der Letztcn 
zehn Jahren (Spontini en Allemagne, ou ju- 
gement impartial de ses travaux pendant les 
dix années de son séjour dans ce pays). Le ton 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



sage et modéré de cet écrit et les connaissances 
dont l'auteur y l'ail preuve produisirent une 
impression favorable sur les esprits droits qui 
ne se mêlent pas aux intérêts de partis, mais 
n'imposèrent pas silence aux ennemis du 
compositeur. Le vieux levain fermentait encore 
en 183-3, lorsque Charles-Frédéric MUller de 
Berlin publia un petit écrit sous le titre : 
Spontini et Rellstab (Berlin, Bechlold, in-16). 
L'auteur de cette brochure annonçait l'inten- 
tion d'une grande impartialité : Je ne suis pas 
plus l'ennemi de 31. Spontini que l'ami de 
M. Rellstab, dit-il, et je veux, sans m'occuper 
de ce qui est étranger à la cause, ne parler 
que des faits. Malheureusement, la suite de 
l'écrit ne justifie pas le début. M. Millier com- 
mence par établir que Spontini est arlisle, et 
que, comme tel, il ne peut se soustraire à la 
critique; mais il oublie qu'autre chose est la 
critique ou la diffamation. Il croit que la 
vie privée seule doit être à l'abri des attaques 
de la presse : mais la vie publique de l'artiste 
ne doit pas être plus exposée aux fausses inter- 
prétations. Ses ouvrages seuls sont justiciables 
de la critique, si celle-ci a la capacité néces- 
saire pour leur appréciation ; ce qui est fort 
rare. 

L'irritation éprouvée par Spontini de tant 
de tracasseries s'augmenta malheureusement 
chaque année; cette irritation fut plus tard 
très-nuisible à ses intérêts. Cependant, il 
étail bon, serviable, et plus généreux que ne 
le sont la plupart des artistes de notre temps. 
Au nombre de ses détracteurs et ennemis se- 
crets se trouvaient beaucoup d'ingrats qu'il 
avait protégés. C'était à lui qu'était due l'in- 
stitution de la caisse de secours pour les ar- 
tistes du Théâtre-Royal ; il en avait fourni les 
premiers fonds, et donnait chaque année, pour 
en accroître les ressources, le produit du con- 
cert annuel qui était un des avantages dont il 
jouissait comme en avaient joui tous les 
maîtres de chapelle ses prédécesseurs. Il y 
réunissait tout ce qui pouvait le rendre pro- 
ductif. Beaucoup déjeunes gens qui se desti- 
naient à l'art, ou qui commençaient à s'y dis- 
tinguer, avaient reçu de lui des secours ou des 
encouragements. 

Les artistes du Théâtre-Royal de Berlin lui 
furent aussi redevables de bons conseils pour 
le développement et le perfectionnement de 
leur talent. On sait que Pari du chant est peu 
connu en Allemagne, et que les acteurs se font 
plus remarquer parleur sentiment dramatique 
que par la correction de leur vocalisation. 
Spontini, dont l'éducation musicale avait com- 

7 



98 



SPONTINI 



mencé précisément par le chant, suivant l'an- 
cienne méthode des écoles d'Italie, apprit à 
madame Milder, à mademoiselle Schœtzel, à 
Bader, à Blume,àtous les chanteurs qui furent 
placés sous sa direction pendant vingt ans, à 
poser le son, à respirer, à bien articuler le 
chant, enfin à donner à leurs rôles le carac- 
tère qui seul pouvait réaliser la pensée des 
■compositeurs. Son orchestre, dans lequel il 
avait réuni les meilleurs artistes, entre autres 
Mœser, comme chef des premiers violons et 
directeur de musique, les violoncellistes 
Hannsmann et Ganz, Baermann pour le bas- 
son, Hambuch pour le hautbois, Lenz pour le 
cor, et beaucoup d'autres ; cet orchestre, dis- 
je, avait appris de Sponlini l'art des nuances 
délicates et d'une précision parfaite. A la tête 
d'un grand orchestre et d'un chœur nom- 
breux, l'auteur de la T'estale et de Cortez 
était un héros. Son talent en ce genre était si 
bien connu dans toute l'Allemagne, qu'il fut 
souvent sollicité de prendre la direction des 
fêtes musicales qui se donnaient dans diffé- 
rentes villes. Au festival organisé à Halle par 
Naue, directeur de musique à l'université, il 
excita le plus vif enthousiasme par la chaleur 
cl l'intelligence de sa direction. L'université 
lui témoigna sa reconnaissance par le diplôme 
de docteur en philosophie et beaux-arts. De- 
puis que Sponlini s'est retiré de la direction 
générale de la musique à Berlin, la décadence 
dans la valeur des chanteurs et dans le fini de 
l'exécution a fait voir qu'il était plus facile de 
l'obliger à s'éloigner d'une position enviée que 
de le remplacer. 

Le premier engagement de Sponlini avec le 
roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, avait 
été contracté pour dix ans ; il était arrivé à son 
terme le 28 mai 1830, mais il fut renouvelé 
pour dix autres années. A cette occasion, le 
roi lui accorda un congé pour visiter Paris 
et sa famille. Il en obtint un autre, en 18-38, 
lorsqu'il se présenta comme candidat pour la 
place vacante à l'Académie des beaux-arts de 
l'Institut, après la mort de Paër. L'engagement 
qu'il prit alors de revenir à Paris lui fit obtenir 
sans peine l'élection qu'il désirait. Il partit 
d'abord pour l'Italie, se rendit à Jesi, et y fit 
don à la ville d'une somme de trente mille 
francs pour le rétablissement du monl-de- 
piété, qui avait été pillé et détruit à l'époque 
des conquêtes de l'armée française. Arrivé à 
Rome vers le milieu de novembre, il y fut pré- 
senté au pape par le cardinal Ostini,évêque de 
Jesi, et s'entretint longtemps avec le Saint- 
Père de la restauration de la musique d'église. 



11 conçut aussi, ;i la môme époque, un plan 
pour la publication d'une grande collection de 
musique religieuse composée par les maîtres 
anciens les plus célèbres. Le programme en 
fut publié et les conditions de la souscription 
répandues par les journaux; mais déjà à celle 
époque, à l'exception de Baini, devenu vieux 
et uniquement occupé de Palestrina, il n'exis- 
tait personne qui pût diriger une semblable 
entreprise, et celle-ci resta à l'état de projet. 
Après avoir ensuite passé quelque temps à Na- 
ples, Sponlini retourna à Paris. A l'expiration 
de son congé, il partit pour Berlin. La mort 
du roi Frédéric-Guillaume III, au mois de 
juin 1840, fut pour lui la cause d'un profond 
chagrin. Le 24 du même mois, les choeurs 
réunis de l'Opéra, de la chapelle et des autres 
institutions musicales exécutèrent, sous la di- 
rection de Sponlini, dans le palais neuf, à Pols- 
dam, le De Profundis, de Gluck, le Requiem, 
de Mozart, et quelques morceaux choisis dans 
les œuvres de Hœndel ; cette musique, par sa 
beauté ainsi que par la perfection de l'exécu- 
tion, produisit une profonde impression sur 
le roi et sur la cour. 

Le deuxième engagement de dix ans, con- 
tracté par Spontini avec le feu roi était arrivé 
à sa fin depuis le mois de mai 1840. Son in- 
tention était de se retirer pour retourner à 
Paris, suivant la promesse qu'il avait faite à 
l'Académie des beaux-arts de l'Institut de 
France. Le nouveau roi Frédéric - Guil- 
laume IV avait l'intention de renouveler le 
contrat; mais les dégoûts que faisait éprouver 
à Spontini depuis quelque temps l'intendance 
générale des théâtres royaux, pour ressaisir 
ses anciennes attributions, lui fit prendre la 
résolution de demander l'autorisation de re- 
tourner en France. Le roi souscrivit à son dé- 
sir ; mais il voulut que le directeur général de 
sa musique conservât tous ses titres : il fixa 
généreusementsa pension à lasomme annuelle 
de seize mille francs. Spontini s'éloigna de 
Berlin, dans le mois de juillet 1842, et se rendit 
en Italie 

De retour à Paris, au mois de mai 1845, il 
fit des démarches auprès de l'administration 
de l'Opéra pour faire reprendre ses anciens 
ouvrages avec les soins et les études néces- 
saires; mais il n'y trouva pas de bon vouloir. 
Déjà, en 1841, il avait pu juger des mau- 
vaises dispositions de cette administration 
lorsque le directeur (M. Duponchel), pour sa- 
tisfaire au cahier des charges qui l'obligeait à 
remettre au répertoire d'anciens ouvrages, fit 
choix de Fernand Cortez. Spontini lui fit of- 



SPONTINI 



99 



frir de venir lui-même diriger les répétitions 
à Paris, lui proposant en outre de substituer 
au pitoyable dénoùment adopté à l'Opéra, ce- 
lui qui avait été fait à Berlin, et demandant 
rjue la représentation fût retardée jusqu'au 
mois d'octobre, au lieu du mois d'août. Toutes 
ces propositions furent repoussées par le di- 
recteur de l'Opéra; alors Spontini lui fit faire 
défense par huissier de jouer son ouvrage, ne 
voulant pas qu'il fût mal jugé sur une reprise 
sans étude et sans soins; l'affaire fut portée au 
tribunal de commerce, qui donna gain «le 
cause au compositeur. Sur l'appel interjeté 
par le directeur, on représenta à la cour 
royale que le droit accordé à un auteur de re- 
tirer un ouvrage resté longtemps au réper- 
toire serait un précédent fâcheux qui causerait 
de grands embarras aux administrations de 
théâtre; Spontini perdit son procès, et Fer- 
nand Cortez fut représenté de la manière la 
plus misérable. On comprend que, quelque 
justes que fussent ses réclamations, il n'avait 
rien à attendre d'une administration si mal 
disposée. Elle lui opposait l'empire de lamode. 
La mode! ce mot seul allumait la bile de l'au- 
teur de la Vestale; il n'en voulait pas recon- 
naître la puissance en ce qui concerne la va- 
leur des ouvrages d'art. Certes, il avait raison 
en ce sens, que le beau, caractérisé par ses 
attributs incontestables, est de tous les temps; 
«ar s'il pouvait cesser un jour d'être réelle- 
ment le beau, il ne l'aurait jamais été. Mais 
au théâtre, indépendamment des qualités es- 
sentielles de l'ouvrage représenté, à savoir 
l'inspiration et le sentiment, il y a des habi- 
tudes, des conventions, des formes qui, tour 
à tour, sont ou cessent d'être en usage, qu'on 
finit par ne plus comprendre et qu'on ne sait 
plus interpréter. N'avons nous pas vu naguère 
YAlccste, de Gluck, travestie d'une manière 
ridicule, faisant naître l'ennui dans la vaste 
salle de l'Opéra, et appréciée à rebours du 
bon sens par la presse? L'état moral des po- 
pulations exerce sur les dispositions des spec- 
tateurs des influences qui ne s'expliquent pas, 
mais qui ne sont pas moins réelles. Aux géné- 
rations fiévreuses, il faut des commotions; les 
idylles, si belles, si parfaites qu'elles fussent, 
ne leur donneraient que de l'ennui; or, on 
sait comment se traduit l'ennui au théâtre. 
Au piano, dans des concerts, dans des circon- 
stances spéciales, on pourra exciter la plus 
vive admiration pour des œuvres anciennes 
qui ne seront pas dans les tendances du jour. 
Spontini a vu lui-même un de ces élans spon- 
tanés de toute une assemblée lorsque, le 



15 avril 1845, des fragments de sa Vestale 
furent exécutés dans un des concerts du Con- 
servatoire de Paris; jamais l'expression du 
plaisir et de l'admiration n'alla plus loin. Ré- 
cemment encore le même effet s'est produit 
dans le même lieu ; mais le public des con- 
certs du Conservatoire est composé d'artistes 
et d'amateurs instruits qui aiment l'art sé- 
rieux; ce n'est pas lui qu'on rencontre au 
théâtre. L'illustre maître, me parlant de la 
musique qu'il entendait à l'Opéra depuis son 
retour, la qualifia de féroce; sans discuter la 
justesse de l'expression, on comprend que 
cette musique lui était antipathique. Il aimait 
l'art noble et ne pouvait se dissimuler qu'il 
rapportait ce goût en France au milieu des 
penchants démocratiques dont il avait hor- 
reur. 

Spontini retrouvait de temps en temps des 
éclairs de son ancienne gloire; c'est ainsi que 
des fragments de la Vestale, exécutés dans un 
festival, à Cologne, en 1847, n'y ont pas fait 
naître moins d'enthousiasme que des représen- 
tations du même opéra, dirigées par l'auteur, 
n'en avaient excité à Dresde, en 1844. A Co- 
penhague, cet ouvrage avait fait éclater des 
transports d'admiration, et le roi de Danemark 
avait envoyé à Spontini, en témoignage de sa 
satisfaction, la décoration de l'ordre de Dane- 
brog. Enfin, lorsque l'illustre compositeur vi- 
sita Berlin, quelques années après sa retraite, 
le roi lui fit le meilleur accueil, lui exprima la 
satisfaction qu'il éprouvait de le revoir, et lui 
parla du plaisir qu'il se promettait d'entendre 
ses ouvrages bien exécutés. 

Dans les dernières années de Spontini, des 
atteintes de surdité se firent sentir et sa mé- 
moire s'affaiblit. L'espoir de retrouver ses 
facultés intactes et la santé sous le beau ciel 
qu'il l'avait vu naître lui fit prendre la résolu- 
tion de se rendre dans les États romains. Jesi 
le reçut avec des honneurs qu'on n'accorde 
qu'aux têtes couronnées. Il y passa quelque 
temps, puis il voulut revoir le village de Ma- 
jolati, berceau de son enfance. Il s'y trouvait 
depuis plusieurs mois lorsque, nonobstant un 
rhume dont il souffrait, et malgré les instances 
de sa femme, il voulut aller à l'église: le froid 
l'y saisit, la fièvre survint, et le 24 janvier 
1851, il expira dans les bras de son angélique 
compagne. 

Jamais artiste ne fut comblé de plus d'hon- 
neurs et de distinctions. Il était directeur gé- 
néral de musique de la cour de Prusse; docteur 
en philosophie et arts par diplôme de l'univer- 
sité de Halle; membre de l'Académie des 



100 



SPONTINI - SPR1NG 



beaux-arts de l'Institut de France ; membre 
associé de la classe des beaux-aris de l'Acadé- 
mie royale de Belgique, de la Société autri- 
chienne des amis de la musique, de l'Académie 
de Stockholm, de l'Académie de Sainte-Cécile, 
de Rome, de la Société de Hollande pour les 
progrès de la musique, et de plusieurs sociétés 
savantes; -crée comte de Sant' Andréa par le 
pape, décoré de l'ordre de Saint-Grégoire-le- 
Grand, officier de la Légion d'honneur et de 
l'ordre de Léopold de Belgique, chevalier de 
l'ordre du Mérite de Prusse et de la troisième 
classe de l'Aigle-Rouge, chevalier de l'ordre 
de Danebrog de Danemark, de l'ordre de 
François I er de Naples, commandeur de l'ordre 
de Hesse-Darmstadt, etc., etc. 

Les notices biographiques de Spontini qui 
ont été publiées sont: 1° M. Spontini, par 
un homme de rien (M. Louis de Loménie); 
Paris, 1841, in-12. 2° Spontini (par Edouard- 
Marie OEttinger); Leipsick, 1843, in-16. 
Elogio del cavalière Gaspare Spontini, conte 
di S. Andréa, letto nel 26 febbrajo 1851, 
neila chiesa plebale di iïlajolati da G. Igna- 
zio Monlanari (avec de nombreuses notes 
biographiques et des pièces authentiques); 
Ancona, dalla tipographia Aureli, 1851, de 
cinquante-six pages. 4" Notice historique sur 
la vie et les ouvrages de M. Spontini, par 
Raoul-Rochette, secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie des beaux-arts de l'Institut; Paris, Fir- 
min Didot, 1852, in-4°. 

SPOINTOI\I (Bartiiolomé) , compositeur 
vénitien, vécut vers le milieu du seizième 
siècle. On connaît de sa composition : 1° Ma- 
drigali a cinque voci; Venise, 1504, in-4°. 
Une deuxième édition du même recueil a été 
publiée dans la même ville, en 158-3, in-4°. 
2° Il secondo libro di Madrigali, a cinque 
voci; 'MA. y 1507, in-4°. 5° Madrigali a cin- 
que voci. Libro terzo; J'cnelia, app. Angelo 
Gardano, 1583, in -4°. On trouve quelques 
morceaux de ce musicien dans les recueils sui- 
vants : 4° De' floridi virluosi d'Italia il terzo 
libro de' madrigali a cinque voci nuovu- 
mente composti e dati in luce; in Venezia, 
pressa Giacomo Fincenti, 1586. 5° Sym- 
phonia Angelica. Di diversi eccellentissimi 
musici Madrigali a A, 5 et 6 voci, nuova- 
mente raccolta per Huberlo Waelrant; in 
Anversa, appresso Pietro Phalesio et Giov. 
Bellero, 1594, in-4°. 6° Madrigali pastorali 
a set voci descritti da diversi, e posti in mu- 
sica da altrettanli musici; ibid., 1604, in-4°. 

SPOINTOINI (Alexandre), compositeur, né 
à Bologne, vers le milieu du seizième siècle, 



fut maître de chapelle de la cathédrale de 
Forli. Il est cité avec éloge par Cerreto, dans 
sa Prattica musica. On connaît de ce musi- 
cien : II primo libro de Madrigali a cinque e 
sei voci; Venise, Angelo Gardano, 1585, in-4°. 

Un autre compositeur du nom de Spontoni 
(D. Luigi) n'est connu que par un ouvrage 
intitulé : Il primo libro de Madrigali a cin- 
que voci; Fenetia, app. Antonio Gardano r 
1569, in-4° obi. 

8POURNI, ou plutôt SPURNI (Chré- 
tien), musicien allemand, né à Manheim, entra 
comme contrebassiste à la Comédie italienne 
de Paris, en 1763, et y resta jusqu'en 1770. Il 
accepta dans cette année une place de contre- 
basse au théâtre du roi, à Londres. Il passa le 
reste de ses jours dans cette ville, où il pu- 
blia, en 1783, six trios pour flûte, violon et 
basse. 

SPREI\GEL (Pierre-Natiumel), pasteur 
à Grossmangelsdorff, près de Magdebourg, 
naquit à Brandebourg, le 7 avril 1737, et mou- 
rut le 1 er avril 1814. On a de lui une descrip- 
tion des arts et métiers avec beaucoup de 
planches, intitulée : Handvcerhe und Kilnste 
in Tabellen; Berlin, 1767-1797. Dix-huit 
livraisons in-8°. La onzième partie, publiée en 
1773, contient : 1° la description des clavecins 
et pianos (pages 240 à 270); 2° celle de la con- 
struction des violons, altos, violoncelles, luths 
et harpes (pages 271 à 290) ; 3° l'art de la fac- 
ture des orgues (p. 291 et suivantes). 

SPRENGEL (Mathieu -Chrétien), né à 
Rostock, le 24 août 1746, fit ses études à l'uni- 
versité de Gœltingue, fut nommé, en 1778, 
professeur extraordinaire à la faculté de phi- 
losophie de cette ville, et obtint, l'année sui- 
vante, la chaire d'histoire à l'université de 
Halle. Il mourut le 7 janvier 1803. Au nombre 
de ses ouvrages, on remarque le quarante- 
septième volume de l'Histoire universelle 
allemande, contenant l'histoire d'Angleterre 
et d'Irlande, jusqu'au temps de la grande 
charte, sous ce titre : Geschichte von Gross- 
britannien; Halle, 1783, un volume in-4°. 
Sprengel y traite de la musique des habitants 
du pays de Galles, dans les chapitres IV e et V e 
(page 235, et pages 585-395). 

SPRII\G (....), violoniste allemand, vivait 
à Bonn, vers 1830. Il a publié de sa composi- 
tion : 1° Fantaisie pour violon, avec quatuor; 
Leipsick, Breitkopf et Hœrlel. 2» Deux qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, op. 2; 
Leipsick, Hofmeisler. 5° Quatuor idem; 
Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 4° Ouverture à 
grand orchestre; Bonn, Simrock. 






SPRINGER — SSAFFI-EDD1N-ABD0LMUMIN 



iûl 



SPRINGER (Vincent), virtuose sur le cor 
de bassette (sorte de clarinette alto courbée), 
naquit à Jung-Bunzlau, près de Prague, vers 
1700, Fils d'un directeur de musique, il apprit 
dans sa jeunesse à jouer de la clarinette : mais 
ayant fait un voyage en Hongrie, il y entendit 
le cor de bassette, inventé peu de temps au- 
paravant, et séduit par la qualité du son de cet 
instrument, il se livra à son étude, et y acquit 
une rare habileté. Vers 1782, il s'associa avec 
David, autre virtuose sur le cor de bassette, et 
voyagea avec lui pour donner des concerts. En 
1787, il vivaitàBerlin,sans emploi, mais trois 
ans après il fut engagé avec David pour la 
chapelle du comte de Bentheim-Steinfurlh. Il 
y a lieu de croire qu'il alla plus tard à Vienne, 
où il a fait imprimer, chezSteiner, des marches 
en harmonie militaire. 

SPUNTONI (Charles), compositeur dra- 
matique, né à Rome, vers 1760, a écrit à Flo- 
rence, en 1784, le deuxième acte de l'opéra 
bouffe intitulé : V Apparenza inganna. En 
1790, il donna à Reggio La Liberazione di 
Lilla, ballet; et l'année suivante, il fit repré- 
senlre à Lugo Il Matrimonio , opéra bouffe. 

SQUARCIALUPI (Antoink), ou 
SCHUARCIALUPI, suivant d'anciens ma- 
nuscrits cités par M. Casamorata (1), sur- 
nommé ANTONIO DEGLI ORGANT, à 
cause de son talent sur l'orgue, naquit à Flo- 
rence, dans les dernières années du quator- 
zième siècle, ou dans les premières du quin- 
zième, d'une ancienne famille noble. Laurent 
le Magnifique le prit à son service comme l'un 
des plus fameux organistes, et peut être le plus 
habile de son temps. Squarcialupi fut aussi or- 
ganiste de l'église Santa Maria del Fiore, qui 
est la cathédrale de Florence. Migliore, cité par 
M. Casamorata (2), dit, dans sa Firenze illus- 
trât a, que les étrangers venaient de toutes 
parts à Florence pour avoir le plaisir d'enten- 
dre cet artiste. J'ai dit, dans la première édi- 
tion de cette Biographie, d'après Gérard Jean 
Vossius (ô), que Squarcialupi mourut en 1430; 
j'aurais dû reconnaître que cette date n'était 
pas exacte, puisque Laurent le Magnifique ne 
naquit qu'en 1448, et que l'église Santa Maria 
del Fiore, dont Squarcialupi fut organiste, ne 
fut consacrée, comme le dit M. Casamorata, 
qu'en 1435. La date de la mort de l'artiste doit 
être fixée au plus tôt en 1475. Le sénat de Flo- 
rence honora la mémoire de l'artiste célèbre 

(I) Gazeita musicale di Milano, 18i7, p. 378. 
(■2) Loco cil. 

(3) De unie. Math, natura et const. Cap. GO, S 14> 
pag.33I. 



en plaçant son buste avec une inscription ho- 
norable, rapportée par Poccianti (1), et que 
voici : 

Mullum profeclo débet musiea Antonio Squarcialupo, 
organistœ : is enim ita gratiam conjunxit, ut quartam 
sibi viderentur Charités musicam adscivisse sororem. 
Florenlia eivilas grati animi olh'cium rata ejus memo- 
riam propagare, cujus manu saipe mortales in dulcem 
admirationem adduxerat, civi suo monumenlum donavit. 

Burney, qui visita Florence, en 1770, pré- 
tend que le buste avait alors disparu, et qu'il 
ne retrouva que l'inscription; mais M. Casa- 
morata nous apprend que ce buste est encore 
à sa place, à gauche, du côté septentrional de 
l'église, à côté du portrait d'Arnolfo di Lapo, 
premier architecte de celte église, en face de 
celui de Brunellesco, architecte de la Coupole, 
et de Giolto, qui construisit la tour. Le buste, 
suivant Richa (IVotizie istoriche délie Chiese 
di Firenze), cité par le même écrivain, serait 
l'ouvrage de Benedetto da Majano, il aurait 
été fait par ordre de Laurent de Médicis, qui 
serait l'auteur de l'inscription. On n'a rien re- 
trouvé, jusqu'à ce jour, des compositions de 
cet artiste célèbre. Negri , dans son Istoria 
de' Fiorentini scrittori (p. G9), dit qu'on con- 
servait deson temps, dans la Bibliothèque Pa- 
latine, à Florence, un manuscrit contenant de 
la musique composée par Squarcialupi, ainsi 
qu'un autre livre de compositions diverses à 
sa louange; mais M. Casamorata, qui a re- 
trouvé ce manuscrit dans la Bibliothèque Me- 
dicéo-Laurentienne, sous le n° LXXXVII, a 
constaté qu'il ne contient pas une note de 
Squarcialupi, et que c'est un recueil de chan- 
sons mises en musique par douze compositeurs 
du quatorzième siècle, dont il donne les noms; 
et par la description qu'il en fait, j'ai la 
certitude que ce manuscrit est un double de 
celui de la Bibliothèque impériale de Paris, 
dont j'ai donné une ample description dans le 
premier volume de la Revue musicale (Paris, 
1827, p. 106-113), avec la traduction en nota- 
tion moderne d'une chanson italienne à trois 
voix, de Francesco Landino. Le manuscrit de 
Florence a appartenu à Squarcialupi et porte 
sur le premier feuillet, en grande écriture 
gothique : Ouesto libro èdi Antonio Squar- 
cialupi horganista in Sancta Maria del 
Fiore; c'est ce qui a trompé Negri. 

SSAFFI-EDDIN - ABDOLMUMIN 
BEN FACHIR AL ORMEWI, surnommé 
AL RAGDADI, parce qu'il était de Bagdad, 
écrivain arabe sur la musique, vécut dans la 
seconde moitié du treizième siècle. Son livre 

(1) Calulog. Script. Florenliœ, p. 13. 



102 



SSAFFI-EDDIN-ABDOLMUMIN — STAD 



est appelé le Traité Scherefidge parles auteurs 
arabes et persans postérieurs, parce qu'il fut 
écrit pour Scheref-Eddin, fils du vizir mongol 
Scbemseddin. La doctrine de Ssaffi-Eddin est 
basée sur la division de l'octave en dix-sept 
intervalles, c'est-à-dire quinze tiers de ton 
et deux demi-tons : elle est particulièrement 
arithmétique. Cette doctrine a fait autorité 
pour tons les théoriciens arabes depuis le qua- 
torzième siècle. L'ouvrage de Ssaffi-Eddin- 
Abdolmumin se trouve à la bibliothèque inr- 
périale de Vienne, parmi les manuscrits orien- 
taux de la collection Rzewusk, sous le n° 1 G4 . 
STAAB (le P. Odon), moine bénédictin, 
professeur de musique à l'université deFulde, 
naquit à Fraustein, dans le Rbeingau, le 
2o juillet 1745. Il est auteur d'un traité du 
plain -chant intitulé : Aniveisung zum ein- 
stimmigen Chorulgesang , aus der Lehre der 
besten Meisler zusammengelragen (Instruc- 
tion sur le chant cboral à voix seule, d'après 
la doctrine des meilleurs maîtres); Fulde, 
J.-Jac. Stacheb, 1799, in-8°. 

STABILE (Annibal), bon compositeur de 
l'école romaine, né dans la première moitié 
du seizième siècle, fit ses études musicales sous 
la direction de l'illustre Palcslrina. Il fut choisi 
comme maître de chapelle de Saint-Jean de 
Latran, au mois de septembre 1575; 'mais il 
quitta cette place au mois de mai 157G, pour 
prendre la même position à l'église du collège 
allemand. Au mois de juillet 1576, il accepta 
la place de maître de chapelle de Saint-Apol- 
linaire, et le 6 février 1592, il fut appelé aux 
mêmes fonctions à Sainte-Marie-Majeure. On 
voit, parles registres de celle église, qu'il cessa 
de les remplir en 1595 : il y a lieu de croire 
que ce fut par son décès, car on ne voit plus 
paraître son nom après cette époque. Stahile 
a publié de sa composition : 1° Motetti a 5, 6 
et 8 voci } libro primo; Venise, Gardane, 1584, 
in-4°. 2° II secondo libro, idem ; ibid,, 1585, 
in-4°. 5° Il terzo libro, idem; ibid., 1589, 
j n -4° . 4° Madrigali a5 voci; ïhhi .,1572, in-4°. 
Ladeuxième édition est de 1581, in-4°oblong. 
La troisième édition a paru dans la même ville, 
chez Angelo Gardano, en 1587, in-4°. 5° Il 
secondo libro de' Madrigali a 5 voci; ibid., 
1584, in-4°. 6° Il terzo libro de' Madrigali 
a 5 voci, novamente composti; in Fenelia, 
appresso l'herede di Girolamo Scotlo, 1585, 
in-4°. 7° Sacrarum modulationum, qux 
qninis, senis et octonis vocibus concinuntitr, 
liber secundus; Fenetiis, apud Angelum 
Gardanum, 1586, in-4°. On trouve dans ce 
recueil quelques madrigaux de Jean-3Iarie 



Nanini. 8° Z^Yam'e a 4 voci; ibid., 1592, in-4°. 
On trouve aussi des morceaux de sa compo- 
sition dans les recueils dont les titres sui- 
vent : 1° Dolci a/fetti] Madrigali a 5 voci di 
diversi eccellentissimi musici di Borna; Ve- 
nise, Alex. Gardane, 1568, in-4°. 2° Harmonia 
céleste, di diversi eccellentissimi musici, a 4, 
5, 6, 7 e 8 voci, etc.; Anvers,?. Phalèse, 1595, 
in-4° obi. -5° Il Lauro verde, Madrigali a set 
voci composti da diversi eccellentissimi 
musici, etc.; Anvers, P. Phalèse, 1591, in-4° 
oblong. 4° Il Trionfo di Dori descritto da 
diversi e posti in musica da altreltanli au- 
toria sei voci; Venise, Gardane, 1596, et An- 
vers, Phalèse, 1601 et 1614, in-4°obl. 5° Pa- 
radiso musicale di Madrigali e canzoni a 
5 voci di diversi eccellentissimi autori; An- 
vers, Phalèse, 1596, in-4° obi. Gerber a con- 
fondu Annibal Stahile avec Ahnibal dePadoue. 
STAHILE (François), compositeur napo- 
litain du dix-neuvième siècle, a donné au 
théâtre Saint-Charles : 1° Palmira, en deux 
actes, le ô décembre 18Ô6. 2° Lo Sposo al 
letto, opéra semi-seria, en deux actes. 

STABINGERou STABIIXGHEB (Mat- 
thias), musicien allemand, né vers 1750, vécut 
à Paris en 1775, et se fit connaître d'abord 
comme flûtiste. Il a publié dans celle ville, en 
1776 : 1° Six duos pour deux flûtes, op. 1. 
2° Six sonates pour deux flûtes et basse, op. 2. 
Deux ans après, il se rendit à Milan, et y écrivit, 
pour le théâtre de la Scala, la musique du 
ballet intitulé : Calipso abbandonata, et en 
1779, il donna au théâtre de la Canobbiana 
les ballets la Sconfitla délie Amazoni, et te 
Avventure d'Ircana. Appelé à Florence, en 
1784, il y composa l'Astuzzia di Bettina, 
opéra bouffe qui obtint du succès, et qui fut 
joué ensuite à Gênes et â Dresde. On connaît 
aussi de lui la Morte d'Arrigo, ballet repré- 
senté à Bologne, 1784. Après avoir publié à 
Naples un journal de musique pratique, Sta- 
binger s'est fixé à Venise, où il paraît être dé- 
cédé en 1815. On a gravé de sa composition en 
Italie: 5° Six quatuors concertants pour flûte, 
deux violons et basse, op. 4; Venise, 1792. 
4° Sextuors concertants pour flûte, deux vio- 
lons, basse et deux cors, op. 5; ibid., 1792. 
5° Six duos pour deux flûtes, op. 7; ibid. 

STAD (....), violoniste allemand, vécut à 
Paris, vers 1765, et y fit imprimer six sonates 
pour violon et basse, op. 1 ; Paris, Sieber. Cet 
artiste fut ensuite premier violon du théâtre 
de Strasbourg, puis il fit un voyage à Vienne, 
en 1782, ety publia trente-sept variations pour 
violon, avec accompagnement de basse. 






STADE - STADELMAYER 



io: 



STADE (II.-B-), canlor et organiste à 
Arnsladt, n'est mentionné par aucun biographe 
allemand. Il paraît être né dans la Thuringe, 
vers 1810. Il résulte des renseignements que 
j'ai recueillis que cet artiste, homme de talent, 
était, en 184", l'âme de la musique dans la 
petite ville d'Arnsladt (principauté de Schwarz- 
bourg-Sondershausen), et que son impulsion y 
produisit de remarquables résultats. Le 25 juin 
1840, il donna un concert d'orgue à Weissen- 
fels et y fit admirer son habileté, particulière- 
ment sur le clavier de pédale, ainsi que le style 
d'une grande sonate d'orgue de sa composi- 
tion. On a de cet organiste distingué un 
ouvrage intitulé : Der Wohlvorbereitete 
Organist, ein Prxludien- , choral- und 
Postludienbuch, etc. (L'organiste bien in- 
struit, livre de préludes, de chorals et de con- 
clusions, etc.); deux volumes in-4°; Sonders- 
hausen, Enpel. Cet ouvrage est l'œuvre 5 e de 
l'auteur. 

STADE (Frédéric-Guillaume), né à Halle, 
en 1817, fut destiné par ses parents à l'élude 
de la théologie et suivit les cours du collège; 
mais douéd'heureuses dispositions pour la mu- 
sique, il se livra plus tard exclusivement à la 
culture de cet art, et se rendit à Dessau, où il 
étudia l'harmonie et le contrepoint, sous la 
direction de Frédéric Schneider. Sorti de chez 
ce maître après trois ans d'études, il accepta 
la place de directeur de musique de la troupe 
d'opéra-comique de Belhmann, qui donnait 
alternativement des représentations à Dessau 
et à Halle. Stade remplit ces fonctions pendant 
deux ans, puis il fut appelé à Jéna, en qualité 
de directeur de musique de l'université. Dans 
cette positionnes travaux prirent un caractère 
plus sérieux : il dirigea plusieurs sociétés de 
chant, s'occupa spécialement du chant choral, 
écrivit des cantates de fête avec orchestre, des 
symphonies, qui furent exécutées à Jéna, en 
1846 et 1847, l'ouverture de la Fiancée de 
Messine, des Liederh voix seule, avec accom- 
pagnement de piano et des recueils de chants 
pour des voix d'hommes. Stade se fit aussi 
connaître comme pianiste à Jéna et publia 
quelques petites pièces pour cet instrument. 
En 1842, il dirigea la fêle musicale d'Arnsladt. 
L'université de Jéna lui a conféré le doctorat 
en philosophie et beaux-arts. En 1860, Stade 
a été nommé organiste de la cour et maître de 
concert à Altenbourg. 

STADELMAYER ou STADLMAYEIl 
(Jean), né à Freising, en Bavière, vers 1560, 
entra d'abord au service de l'archiducMaximi- 
lien d'Autriche, à Grselz, puis devint maître de 



chapelle de l'empereur Rodolphe, à Prague. Il 
occupait encore cette position en 1612. Plus 
lard, il devint maître de chapelle de l'archidu- 
chesse Claudia, grande duchesse de Toscane,, 
comtesse du Tyrol, et vécut à Inspruck, d'où 
l'épitre dédicaloire de ses Missx brèves 
est datée le 24 janvier 1641. Les ouvrages 
connus de ce musicien sonl : 1° Missx oclo 
vocum cum dupl. B. gêner.; Pragx, 1593, 
in -fol. 2° Missx oclo vocum; Augsbourg, 
Krttger, 1596, in-4°. 3° Sacrum Beatissimx 
T'irginis Marias canticum, 5, 6, 7 et 8 vo- 
cum; Monachii, Jdamus Berg, 1603, in-4°. 
Je possède celle édition. Il y a une deuxième 
édition de cet ouvrage, intitulée : Super Ma- 
gnificat symphonix varixS, G, 7 et S vocum; 
Œniponli , excudebat Daniel Agricola , 
1614, in-4°. 3° (bis) Missx octo vocum cum 
duplici'basso ad organum; Auguslx Vinde- 
licorum apud Johannem Prxtorium, 1610 r 
in-4°. 4 U Musica super cantum gregorianum 
seu missx 6 voc. cum basso gêner.; Augs- 
bourg, 1612, in-4°. 5» Missx concertatx 10 et 
12 vocum in 2 c/ior. distribulx ; Augsbourg, 
1616. Wallher cite une autre édition de ces 
messes, publiées à Augsbourg, en 1610. 
6° Hymni vesperlini cum 5 voc. et inslru- 
mentis; Augsbourg, 1617, in-fol. Il y a une 
deuxième édition de ces hymnes. 7° Appa- 
ratus musieus sacrarum cantionum a 6, 7, 
8, 9, 10 et 24 voc, et inslrumentis ; Augs- 
bourg, 1619, in-fol. 8° Miserere mei Deus a 
4, 5, 6, 7 et 8 t-oc. cum inslrumentis ad libi- 
tum; Augsbourg, 1621, in-fol. Je crois qu'il 
y a une deuxième édition de ce recueil. 
8° (bis) Odx sacrx Jesu Christo servatori 
hominum nalo et resurgenli cantatx , a 5 
vocibus et tolidem inslrumentis si placet] 
Œniponli, 1638, in-4°. Je possède cet ou- 
vrage. 9° Salmi a due e tre voci con due vio* 
Uni o cornetti; in Inspruch appresso Michael 
Wagner, 1640, in-4 n .Je possède cet ouvrage. 
10° Psalmus L. Davidis modis musicis com- 
posilus 4, 5, 6, 7, 8 vocibus, cum seconda 
choro et 6 instrumentissi placet ; Œniponti, 
1646, in-4°. '\\ Missx brèves a 4 cum una 
pro defunctis et alia 5 vue. concertatx; 
Œniponli; typographo Michaele IF'agnero, 
1641, in-4°. Je possède cette édilion. Il y en a 
une autre publiée dans la même ville, en 1660, 
in-4°. 11° Psalmi vesperlini omnes cum Ma- 
gnificat, et offîcio divino de Sancto Norberto. 
J'ignore la date de la publication de cet ou- 
vrage. 13° Psalmi integri a quatuor vocibus 
concertanlibus quatuor aliis accessoriis ad 
libitum cum 2 cometis sive violinis; Œni- 



104 



STADELMAYER - STADEN 



ponti, lypis Michaelis Wagner i, 1041 , in-4°. 
Je possède cet ouvrage. 

STADEN (Jean), organiste et composi- 
teur, naquit à Nuremberg, en 1581. On voit 
par le titre d'un de ses ouvrages imprimés 
qu'il était organiste de la cour de l'électeur de 
Brandebourg, en 1609. De là il passa à l'église 
de Saint-Laurent, dans sa ville natale, en la 
même qualité; enfin, en 1018, il devint orga- 
niste de Saint-Sébald, dans la même ville, et 
conserva celte place jusqu'à sa mort, arrivée 
en 1030. Le magistrat de Nuremberg, pour 
honorer sa mémoire, fit frapper une médaille 
avec son portrait et celte inscription : Hans 
Stadcn xt. s. 55. Le portrait de Sladen a été 
gravé in-folio et in-4°. Wallher nous apprend, 
dans son Lexique de musique, que Sladen a 
laissé en manuscrit un traité abrégé de la com- 
position, formant deux feuilles et' demie. 
Gruber (Beytrxye zur Lilteratur der Musik, 
page 70), copié par Forkel, Gerber, et ceux-ci 
par Lichtenlhal et F. Becker, indique cet 
ouvrage comme ayant élé imprimé en 165G, 
sans nom de lieu, sous ce titre : Manuductio 
fur die, so im Gencralbass unerfahren. Je 
doute de la réalité de cette publication, qui 
aurait élé faite vingt ans après la mort de 
Staden.Les compositions de ce musicien sont : 
1° Teutsclie Lieder nach Art der Villanellen 
mit 3, 4 und 5 Slimmen (Chansons alle- 
mandes dans la forme des villanelles, à trois, 
quatre et cinq voix); Nuremberg, 1006, in-4 n . 
2° Neive teutsche Lieder sumpt ellichen Gal- 
liarden mit 4 Slimmen (Nouvelles chansons 
allemandes, etc., à quatre voix); ibid., 1009, 
in-4°. 3° Geistliche Gcsxng mit 3-7 Stitnmen 
(Chants spirituels depuis trois jusqu'à sept 
voix); ibid., 1009, in-4°. 4- L'enusKrxntzlein 
ticiccr musikaltscher Gesxng, sowoltl auch 
ctliche Galliarden, etc., mit 4 und 5 Slim- 
men ;ib., 1611. 5° Harmonix sacrxpro festis 
prxcipuis totiusanni 4, 5, 7 et 8 vocum, qui- 
bus sub finem adjectx sunt aliquol novx in- 
ventionis italicx cantionis 1 , 2, 5, 4 et 5 voc. 
cum partilura ad organum . typis et sump- 
tibns Pauli Kauffmanni, 1616, neuf parties 
in-4°. 0° Jubila sancta Deo, per hymnum et 
écho in ccclesia Noribergensium festum 
Evangelico-Jubilxum 1 1 novemb. célébrante; 
ibid., 1018. 7° Neue Paduanem, Galliarden , 
Curranlcn, Balletlen, Jntraden und Can- 
zonen.etc, mit 4 und 5 Slimmen, fiirnehm- 
lich von den instrumental Musicis fiiglich 
zu gebrauchen (Nouvelles pavanes, gail- 
lardes, courantes, ballets, entrées et chansons, 
à quatre voix, etc.); ibid., 1018. 8° Conti- l 



nuatio Harmoniarum sacrarum 1, 2, 4-12 
vocum; ibid., 1021. 9° Harmonicx Medita- 
tiones animx de amore Jesu reciproco 4 vo- 
cum; ibid., 1622, in 4". 10° Hauss-Music 
geistlicher Gesang, mit 4 Slimmen, ibid., 
1623. Il y a eu une deuxième édiliondece re- 
cueil datée de 1646, et publiée par Michel 
Rusmers, in-4°. C'est au litre de ce recueil 
qu'on voit que Jean Staden élait organiste de 
l'église Saint-Sébald, de Nuremberg, en 1625. 
11° Erster Theil der Kirchen-Musik, enthxlt 
15 geistliche Gesxnge und Psalmen auf die 
furnehmsten Feste imjahrvonlbis 14 Slim- 
men (Première partie de musique d'église, 
contenant quinze cantiques et psaumes poul- 
ies principales fêles de l'année, depuis deux 
jusqu'à quatorze voix); ibid., 1625, in-4\ 
12° DerselbenSter Theil (Deuxième partie du 
même ouvrage); ibid-, 1020, in-4°. 1û"Opus- 
culum novum von Pavanen } Galliarden, 
Jllcmanden, Couranten, Jntraden, l'ollen 
und Canzonen samt einer Fantasia auf un- 
terschiedenen Instrumentai zu gebrauchen 
(Nouveau recueil de pavanes, gaillardes, alle- 
mandes, etc.); ibid., 1025, in-4". 14° Her- 
zentrosts-Musica geistlicher Meditationen 
mit einer Stimme (Consolations de l'âme, ou 
méditations spirituelles à une voix); ibid., 
1GÔ0, in-fol. 15° Harmonix variatx sacra- 
rum cantionumvon 1, 2, 3-12 vocum; ibid., 
1632. Le style de Staden a de l'analogie avec 
celui de Samuel Scheidt et de Schlllz; l'har- 
monie en est vigoureuse et riche, mais le sys- 
tème de sa modulation a quelquefois de la 
dureté. 

STADEN (Adam), fils de Jean Sladen, na- 
quit à Nuremberg. Après avoir fait ses éludes 
à Altorf, il revint dans sa ville natale, où il 
enseigna la jurisprudence, et devint recteur. 
Il était bon musicien et composait à plusieurs 
parties. Le 25 janvier 1652, il prononça, à 
l'université d'Allorf, un éloge de la musique, 
qui a élé imprimé sous ce litre : 'Evxwiju'ov 
fiouaîxrïç, hoc est Dissertaliuncula de digni- 
tate, utilitate, et jucundilalc artis musicx; 
Altorf, 1032. 

STADEN (Sigismond-Théoiuiile), second 
fils et élève de Jean Sladen, naquit à Nurem- 
berg, en 1007. Après avoir terminé ses éludes, 
il obtint, en 1035, à l'âge de vingt-huit ans, 
la place d'organisle à l'église Saint-Laurent de 
sa ville natale. Il l'occupa le reste de ses jours 
et mourut à Nuremberg, en 1055. On a de cet 
artiste un traité élémentaire de musique in- 
titulé : Rudimentum musicum, dus ist : 
kurze Unterwcisung des Singens, fur die 



STADEN — STADLER 



10c 



liebe Jugend, etc. (Rudiment de musique, ou 
courte instruction sur le chant, à l'usage de la 
jeunesse, etc.); Nuremberg, 1636, in-8°. Une 
deuxième édition a été publiée dans la même 
ville, en 1648, deux feuilles in -12, et une troi- 
sième en 1663. Suivant le catalogue manuscrit 
des livres de musique delà Bibliothèque royale 
de Berlin, l'édition de 1648 serait la troisième. 
Les compositions publiées par Sladen sont : 
1° Unterschiedlicher Poeten musikalische 
Friedens-Gesxnge fur 3 Stimmen wid 3 Tn- 
strumenten mit Generalbuss (Chants de paix 
des meilleurs poètes, mis en musique à trois 
voix et trois instruments avec basse continue); 
Nuremberg, 1651, in- folio. 2° Grab-Lied 
Frauen Sophia Margrxfin von Branden- 
burg,etc. componirl (Chant funèbre, composé 
sur la mort de madame Sophie, margrave -de 
Brandebourg); Nuremberg, 1659, in-4". Sladen 
a été aussi l'éditeur des psaumes et cantiques 
à quatre voix de Léon Hassler {voyez ce nom), 
publiés sous ce titre : Kirchengesxng , Psal- 
men und geistliche Lieder, voji J . -L. Hassler 
auf die gemeinen Melodien mit 4 Stimmen 
simpliciter gesetzt, etc.; Nuremberg, 1637, 
in-4". lia laisséen manuscritun livre sur l'ori- 
gine, les progrès et l'état actuel (au milieu du 
dix-septièmesiècle)de la musique. Gerber cite 
aussi une histoire de la musique du même au- 
teur, qui parait avoir été le même ouvrage. 

STADLER. (l'abbé Maximilikn), né le 
7 août 1748, à Mœlk, petite ville de la Basse- 
Autriche, sur le Danube, était fils d'un bou- 
langer qui aimait beaucoup la musique et qui 
enseigna à son fils les éléments de cet art. A l'âge 
de dix ans, il avait une bonne voix de soprano, 
et chantait comme enfant de choeur à l'abbaye 
<le Lilienfeld; déjà il jouait avec habileté de 
l'orgue et du piano. Quelque temps après, il 
fut envoyé à Vienne, pour faire ses éludes au 
collège des Jésuites, et y remplit avec distinc- 
tion les fonctions d'organiste du séminaire. 
Après avoir passé ses examens de philosophie 
et de théologie, il entra au couvent de béné- 
dictins de Mœlk, où son mérite le fit nommer 
ensuite professeur de théologie pour les no- 
vices. Il en sortit dans sa vingt-quatrième an- 
née, fut pendant dix ans curé d'une commune 
voisine de Mœlk; puis l'empereur Joseph II, 
qui avait eu occasion de l'entendre et avait 
admiré son talent sur l'orgue et le piano, le 
nomma, en 1786, abbé de Lilienfeld, et trois 
ans après, abbé de Kremsmunsler. Nicolaï, dont 
les voyages ont fourni tant de renseignements 
intéressants sur beaucoup de musiciens dislin- 
gués de l'Allemagne, connut Sladler, en 1786, 



dans son abbaye de Lilienfeld, et le signala 
comme un des organistes les plus remarqua- 
bles de cette époque. Sladler avait perfec- 
tionné son talent par les leçons de Conrad- 
Michel Schneider. Il possédait surtout l'art 
d'improviser dans le style fugué sur un thème 
donné, et il avait, à cet égard, l'avantage de 
mettre dans ses improvisations plus de feu et 
de piquant qu'Albrechtsberger, son compa- 
triote et son ami. Après s'être démis de son 
litre d'abbé de Kremsmunsler, Sladler vécut 
pendant douze ans dans l'indépendance à 
Vienne, où il ne tarda pas à se faire remar- 
quer par son double talent d'organiste et de 
compositeur. La plupart des grands artistes 
qui se trouvaient dans cette villedevinrenl ses 
amis; parmi ceux-ci on remarque Haydn et 
Mozart, qui eurent pour lui des senlimenls de 
la plus tendre amitié, et pour qui il conserva 
toujours de la vénération. 

Ce fut l'attachement que l'abbé Sladler avait 
pour la mémoire de ces grands hommes qui le 
porta à sortir du silence modeste qu'il avait 
gardé toule sa vie, pour prendre la défense de 
Mozart dans la discussion élevée parGodefroid 
Webersurla part que ce célèbre musicien a eue 
dansleiief/utemqui porte son nom. Onsaitque 
celle question fut soulevée dans une suite d'ar- 
ticles qui parurent d'abord dans l'écrit pério- 
dique Cxcilia, et qui furent réunis ensuite dans 
une brochure ayant pour titre: Ergebnisseder 
bisherigen Forschungeniiber die Echtheitdes 
Mozartschen Requiem (Résultats des recher- 
ches faites jusqu'ici sur l'authenticité (1) du 
Requiem de Mozart); Mayence, 1826, in-8°. 
Weber avait entrepris de démontrer, dans son 
premier article, que l'ouvrage de Mozart, loin 
d'êlre le chef-d'œuvre de l'auteur, comme ou 
l'a souvent prétendu, était au-dessous de son 
talent el de sa réputation, et il expliquait celte 
infériorité en disant que Mozart n'avait laissé 
qu'une esquisse plus ou moins imparfaite de 
quelques morceaux, et qu'il était entièrement 
étranger aux autres. Stadler, bien qu'il voulût 
prendre pour devise dans celle discussion Ami- 
cuspersonx ,inimicus causas , mil plus de viva- 
cité dans sa réfutation de la critique de Weber 
qu'on ne pouvait en attendre de son âge. Celle 
réfutation parut sous le tilrede Verlheidigung 
des Echtheit des Mozartschen Requiem (Dé- 
fense de 1'aulhenlicité du Requiem de Mozarl); 
Vienne, 1826, in-8°. 

(1) Eehlhtil est un de ces mois allemands dont on ne 
saurait donner une traduction exacte. Ce n'est pas seu- 
lement ['authenticité de l'œuvre tjui était en question, 
mais aussi son mérite. 



406 



STADLER 



On ne peut nier qu'il n'y eût quelque fonde- 
mcntà la thèse soutenue par Godefroid Weber, 
et qu'il n'y eut, dans la réponse de Sladler, 
plus d'amitié et de respect pour un grand 
talent que de solide raison; mais c'était une 
triste victoire que devait remporter son anta- 
goniste : les paroles dévouées du vieillard 
inspiraient à toute l'Allemagne bien plus d'in- 
térêt que la froide et dure analyse du critique. 
Les amis de Godefroid Weber désiraient que 
celui-ci ne fît point de réplique; mais' son 
amour-propre était engagé et lui dicta la rude 
réponse qui parut contre l'écrit de Stadler 
sous le litre de Weitere Nachrichten iiber die 
Echtheit der Mozartschen Requiem (Plus am- 
ples notices sur l'authenticité du Requiem de 
Mozart). Le vieil ami du grand artiste ne se 
tint pas pour ballu, car on vit paraître peu de 
mois après tin nouvel écrit intitulé :Nachtraz 
zur Fertheidigung des Echtheit des Mozart- 
schen Requiem (Supplément à la défense de 
l'authenticité du Requiem Ae Mozart) ; Vienne, 
1827, in-8°. Ce fut son dernier effort dans 
celte lulte, et les publications subséquentes de 
Weber restèrent sans réponse. 

J'ai dit que l'abbé Stadler se faisait égale- 
ment remarquer et comme compositeur et 
comme organiste. Un grand nombre de ses 
productions pour l'église furent successive- 
ment publiées et lui firent une réputation 
méritée de musicien savant et d'homme de 
goût. Ses messes, ses molets, ses fugues pour 
l'orgue étaient mis en parallèle avec ce que 
Haydn, Mozart et les musiciens les plus ha- 
biles de l'Allemagne avaient écrit de meilleur. 
Depuis longtemps il travaillait à un oratorio 
de la Jérusalem délivrée; mais il avait près 
de soixante ans quand il fit entendre à Vienne 
pour la première fois ce grand ouvrage, dont le 
succès fut tel qu'il pouvait le désirer. Tous les 
.journaux de l'Allemagne donnèrent des éloges 
à celle grande composition, où régnent un 
sentiment élevé et un savoir profond. Plu- 
sieurs fois, l'oratorio de Stadler fut choisi 
pour être exécuté dans les grandes fêtes musi- 
cales de l'Allemagne, et toujours il fut applaudi 
comme un des meilleurs ouvrages de ce genre. 

Sladler eut un autre genre de mérite fort 
rare, et dont il tirait plus d'avantages pour 
ses plaisirs que pour sa réputation : je veux 
parler de ses connaissances étendues dans 
l'histoire et la littérature de la musique. Ni- 
colaï dit qu'il était peu de livres relatifs à cet 
art ou de composition de quelque mérile qu'il 
n'eût lus on consultés. Il s'était entouré d'une 
belle collection de ces monuments de l'art et 



de la science, et c'était au milieu de ces ri- 
chesses intellectuelles qu'il passait la plus 
grande partie de son temps. 

En 1800, l'abbé Stadler fut nommé curé du 
faubourgdeVienne^//£-£erc/«en/e/d;elqualre 
ans après, il alla occuper une position sembla- 
ble à Bœhmisch-Krant. En 1815, son grand 
âge l'obligea à demander sa retraite et à 
retourner à Vienne. Sa vie avait élé douce et 
calme comme son âme ; on ne lui connut point 
d'ennemis, et il ne fut celui de personne. De- 
venu vieux, il se retira insensiblement du 
monde, et finit par vivre dans un isolement 
absolu. Il était âgé de plus de quatre-vingt- 
cinq ans lorsqu'il mourut, le 8 novembre 
1835, dans une petite maison d'un faubourg 
de Vienne, où il s'était relire. 

Bien qu'on n'ait publié que la moindre par- 
tie des ouvrages composés par lui, le nombre 
de ses productions qui ont vu le jour est assez 
considérable. En voici une liste que je crois à 
peu près complète. Musique d'église : 1° Messe 
à quatre voix, deux violons, deux cors, con- 
trebasse e( orgue (en sol)] Vienne, Haslinger. 
2° Idem, n° 2 (en si bémol) ; ibid. 5° Messe à 
quatre parties avec orgue ; ibid. 4° Messe de 
Requiem à quatre voix, orchestre et orgue. 
5° Aima Redemptoris pour quatre voix et 
orgue; ibid. 6° Asperges me, à quatre voix 
et orgue; ibid. 7° Ave Regina, idem, ibid. 
S" Die Befrehtng Jerusalems (la Délivrance 
de Jérusalem), oratorio à quatre voix avec 
orchestre ; ibid. 9° Ecce sacerdos magmis, 
pour quatre voix et orgue; ibid. 10' Libéra 
me, Domine, idem ; ibid. 1 \° Miserere, idem ; 
ibid. 12° Psaumes, graduels et offertoires, 
pour quatre voix et orgue, savoir : Dixit Do- 
minus, Confitebor , Beatus vir, Laudate 
pueri, Laudate Dominum, Magnificat, Lœ- 
talus sum, IYisi Dominus, Lauda Jérusa- 
lem, Credidi ; ibid. 15" Regina cœli, à quatre 
voix et orgue; ibid. 14" Salve, Regina, idem; 
ibid. 15° Tanlum ergo, idem ; ibid. 16° Vidi 
aquam, idem ; ibid. Chants a plusieurs voix : 
17° An die Versxhnnng, pour quatre voix; 
Vienne, Haslinger. 18° Beantwortung der 
musilcalischen Abschiedskartevon J. Haydn, 
pour deux voix et piano; Augsbourg; Gom- 
bart. 19° Glaube, Liebe, Hoffnung, pour 
quatre voix; Vienne, Haslinger. 20° Douze 
psaumes traduitsen allemand parMendelssohn, 
pour une et plusieurs voix ; deux parties divi- 
sées chacune en quatre livraisons. 21° Douze 
chansons de Gellert, avec mélodies et accom- 
pagnement de piano; Vienne, 1785. 22° Dix 
chansons avec accompagnement de clave- 



STADLER — STADTFELD 



107 



cin; Vienne, Mollo, 1799. Musique instru- 
mentale : 25° Trois fugues pour l'orgue ; 
Vienne, Leidesdorf. 24° Fugue avec un pré- 
lude pour le piano (n° 5 du Muséum pour la 
musique de piano) ; Vienne, Haslinger. 25° Six 
sonatines pour le clavecin; Vienne, Arlaria, 
1796. 20° Une sonate pour le clavecin; 
Vienne, 1799. 27° Deux sonates et une fugue 
pour le piano, huitième cahier du répertoire 
des clavecinistes; Zurich, Nœgeli. 

Parmi les compositions de l'abbé Sladler 
qui sont restées en manuscrit, on remarque : 
28° Quatre messes brèves. 29° Douze psaumes 
de Mendelssohn. 50° Beaucoup d'hymnes, an- 
tiennes, offertoires et graduels. 51° Des lita- 
nies. 52° Des répons pour la semaine sainte. 
-53° Des cantates. 54" Les chœurs de Polixène, 
tragédie de Collins. 55° Des odes de Klopstock 
et autres poètes. 36° Des quatuors pour 2 vio- 
lons, alto et basse. 57° Des trios idem. 38° Un 
concerto de violoncelle. 39° Des sonates de 
piano. 40" Des pièces d'orgue. 

STADLER (Joseph), violoniste et compo- 
siteur, né à Vienne, le 15 octobre 1796, a eu 
pour maître de piano et de violon un de ses 
parents, musicien à Vienne. A l'âge de seize 
ans, il obtint une place de premier violon au 
théâtre de Leopoldstadt, et quelque temps 
après, il eut le même emploi à l'église métro- 
politaine. La place de chef d'orchestre du 
même théâtre lui fut donnée en 1819; et il 
l'occupa jusqu'en 1831, époque où il se relira 
pour toujours des orchestres. Il vécut ensuite 
sans autre emploi que celui de premier violon 
de l'église Saint-Élienne. Cet artiste a écrit la 
musique de trois pantomimes, savoir : 1° Die 
sonderbar Flaschen (la Bouteille miracu- 
leuse). 2° Coreman der Bcese (Coreman le 
malin). 3" Die Fermwhlung in Blumen- 
reiche (le Mariage au royaume des fleurs). Il a 
publié aussi à Vienne beaucoup de variations 
pour divers instruments; trente études pour 
le violon, des rondos, polonaises, des pièces 
d'harmonie pour les instruments à vent, et 
beaucoup de danses et de valses. 

STADTFELD ( Chrétien- Josepii-Fran- 
çois-Alexandre), compositeur, né à Wies- 
baden (duché de Nassau), le 27 avril 1826, 
était fils du chef de musique d'un régiment 
d'infanterie, qui le destinait à sa profession et 
qui lui enseigna les éléments de l'art musical. 
Dans son enfance, Sladtfeld, après avoir joué 
avec quelques jeunes garçons dans une prairie, 
se coucha sur le gazon et s'endormit. Quand il 
s'éveilla, la nuit était venue; il voulut se lever 
pour retourner chez lui, mais l'une de ses 



jambes était paralysée ; il fallut le transporter 
dans son lit, où il passa trois ans sans pouvoir 
retrouver l'usage du membre qui s'était atro- 
phié, et il demeura boiteux le reste de sa vie. 
Ses progrès dans la musique avaient été si ra- 
pides que, à l'âge de neuf ans, il put se faire 
entendre sur le piano dans des concerts pu- 
blics. En 1839, le roi des Belges, Léopold I er , 
passa la saison d'été à Wiesbaden : Sladtfeld 
lui fut présenté et eut l'honneur de jouer de- 
vant Sa Majesté qui, touchée de sa situation 
ainsi que de son talent naissant, prit cet en- 
fant sous sa royale protection, lui accorda une 
pension suffisante qui fut payée pendant plus 
île dix ans, et le fit recommander à l'auteur de 
celte notice, pour qu'il fût admis au Conser- 
vatoire de Bruxelles. Doué d'une très-rare in- 
telligence musicale, Sladtfeld s'avança à pas 
de géant dans l'étude de toutes les parties de 
l'art. Dès la première année, il eut au concours 
le second prix de piano; le premier lui fut dé- 
cerné l'année suivante(1841). Le premier prix 
d'harmonie fut conquis par lui dans un con- 
cours où s'étaient présentés des élèves distin- 
gués, puis il fit pendant quatre ans un cours 
sévère de contrepoint sous la direction de l'au- 
teur de cette notice, et obtint le premier prix 
de composition. Enfin, Sladtfeld n'était âgé 
que de vingt-trois ans lorsqu'il obtint, en 
1849, le grand prix de composition au con- 
cours institué par le gouvernement de la Bel- 
gique, et à ce titre, devint pensionnaire de 
l'État pendant quatre ans, pour aller à l'étran- 
ger étendre le cercle de ses connaissances. 
Tout présageait une belle carrière à ce jeune 
artiste. Doué d'un sentiment distingué dans 
ses mélodies, ayant celle même distinction 
dans son harmonie et possédant un instinct de 
nouveauté dans l'instrumentation, il écrivait 
avec une rare facilité. Dès 1845, ilavaitfait 
entendre sa première symphonie (en ut mi- 
neur) aux concerts du Conservatoire de 
Bruxelles. L'année suivante, une ouverture de 
sa composition fut exécutée dans la séance pu- 
blique annuelle de la classe des beaux-arts de 
l'Académie royale de Belgique. Après avoir été 
proclamé lauréat du grand concours en 1849, 
il se rendit àParis, où il trouva un accueil sym- 
pathique chez plusieurs artistes d'élite. Il tra- 
vaillait avec facilité et semblait improviser, car 
une seconde symphonie(ens« bémol), une troi- 
sième (en sol), une quatrième (en la mineur), 
et beaucoup d'autres ouvrages furent produits 
avec rapidité par sa plume. Une désir, com- 
mun à tous les jeunes compositeurs, le désir de 
produire un opéra, un grand opéra, l'agitait. 



1C3 



STADTFELD — STAES 



A sa demande, un de ses amis (M. Jules Guil- 
laume) avait transformé en livret lyrique 
Vftamht de Shakespeare, et déjà, avant son 
dépari pour Paris, une partie de la partition 
était écrite. Après son arrivée à Paris, diverses 
modifications assez considérables furent faites 
au livret de son opéra, et lui-même refit une 
partie de la musique de cet ouvrage, dont 
l'ouverture fut exécutée plusieurs fois avec un 
brillant succès aux concerts de la société de 
Sainte-Cécile, sous la direction de M. Seghers. 
M. Roqueplan, alors directeur de l'Opéra, pa- 
rut s'intéresser à Stadlfeld; il fit copier les 
rôles pour une audition d'Hamlet, les distri- 
bua et fixa le jour de l'audition ; ce jour tant 
désiré, et longtemps sollicité! Mais depuis 
plusieurs années, S:adtfeld luttait à son insu 
contre une maladie qui défie les secours de la 
médecine : il était alleint de plilliisie. Au mo- 
ment même où il semblait qu'il allait recueil- 
lir les fruits de son talent, le mal faisait d'eT- 
frayanls progrès. Les médecins jugèrent le 
changement d'air indispensable; désespéré, 
le jeune artiste s'éloigna de Paris, revint à 
Bruxelles, et expira le 4 novembre 1853, à 
l'âge de vingt-sept ans et quelques mois. 

Outre les ouvrages cités précédemment, il a 
laissé en manuscrit : 1° La Découverte de 
l'Amérique, ouverture à grand orchestre. 
2° Ouverture de concert (en mi). 3° Trio pour 
piano, hautbois cl basson. 4° Premier concer- 
tino pour piano et orchestre. 5° Deuxième 
idem. C° Hymne pour chœur et orchestre. 
7° Messe (en ré) à quatre voix et orcheslre. 
8° TeDeum pour voix seules, chœur, orcheslre 
et orgue, exéculé dans des circonstances solen- 
nelles, à l'église SS. Michel et Gudule, à 
Bruxelles. 9» Ave Maria, pour ténor et orgue. 
10° Tantum ergo à quatre voix. 11° O glo- 
riosa f'irginum, pour basse seule et orgue. 
\^° L'Illusion, opéra-comique en un acte. 
13° La Pedrina, opéra-comique en trois 
actes. 14° Le Dernier Jour dv Marina Fa- 
licro, scène lyrique. 15° La T'endetta, can- 
tale avec orchestre. 16° Le Songe du jeune 
Scipion, cantate couronnée. 17° Abou-Has- 
san, opéra-comique en un acle. On a publié 
de Stadlfeld : 18° Vingt chœurs pour des voix 
d'hommes, la plupart sur des paroles alle- 
mandes. 19° Recueil de mélodies à voix seule 
avec piano ; Bruxelles, Katlo. 20° Premier 
quatuor pour deux violons, alto et violoncelle; 
ibid. A l'exception de quelques manuscrits 
originaux de Stadlfeld qui se trouvent dans la 
Bibliothèque du Conservatoire de Bruxelles, 
tous ses ouvrages ont été remis à sa famille. 



STAEIILE (Hugo), né à Cassel (Hesse- 
Eleclorale), mort dans celle ville, le 29 mars 
1848, à l'âge de vingt et un ans, fut un com- 
positeur de beaucoup d'espérances. Il était alto 
dans la chapelle du prince et avait fait ses 
éludes sous la direction de'Spohr. Une ouver- 
ture pour l'orchestre, qu'il écrivit à l'âge de 
seize ans, fut exécutée à Cassel avec succès en 
1844. Dans l'année suivante, sa première sym- 
phonie reçut le même accueil, et, en 1847, 
il fit représenter son opéra intitulé Arria, 
dans lequel on remarqua de l'originalité ainsi 
qu'un bon sentiment dramatique. Son dernier 
ouvrage fut un hymne à la louange de Spohr, 
qui ne fut exéculé que quelques jours après la 
mort de l'auteur. On n'a publié de Staehle que 
six Lieder pour soprano ou ténor avec accom- 
pagnement de piano, op. 2; Hambourg, Schu- 
berth; six Lieder pour baryton, op. 5; Cassel, 
Luckhardl ; trois Scherzi pour le piano, op. 4 ; 
ibid. ; et des valses pour cet instrument. 
M. Bernsdorf n'a pas mentionné cet artiste 
dans son Neues Universal-Lexikon der Ton- 
kunst. 

SX EHLIN-STOI\KSIîOUÏ\G (Jacques 
DE), conseiller d'État de l'empereur de Rus- 
sie, membre et secrétaire de l'Académie des 
sciences de Pétersbourg, directeur du musée 
de la même ville, naquit à Memmingen, en 
Souabe, cl mourut à Pétersbourg, le 6 juillet 
1785. Il est auteur de notices sur le théâtre en 
Russie, et d'une histoire abrégée de la danse 
et de la musique des Russes, qui ont été insé- 
rées par Haigold dans son livre sur les modi- 
fications progressives de la Russie {Neu Ver- 
œnderten Russland; Riga, 17C7-17C8, deux 
volumes in-8°). Hiller en a donné une ana- 
lyse très-étendue dans ses notices hebdoma- 
daires sur la musique (TFœchentlichcn Nach- 
richten, 1770). 

STAES (FEnDiNAND-PiiiLippr.-JosEPii), fils 
d'un musicien de la chapelle de l'archiduc 
Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas, 
naquit à Bruxelles, le 16 décembre 1748. En 
1780, il obtint la place d'organiste de la cour; 
précédemment il était accompagnateur au 
théâtre. Il mourut à Bruxelles, le 23 mats 
1809, à l'âge de soixante ans. Staes fut un ar- 
tiste de mérite qui aurait eu vraisemblable- 
ment de la réputation, s'il se fut trouvé dans 
un pays et dans des circonstances plus favo- 
rables au développement de son (aient. Il a 
publié à Bruxelles : 1° Sonates pour piano, 
violon et basse, op. 1, 2, 5, 4, chacun de trois 
sonates. 2° Trois concertos pour le clavecin, 
op. 5. 3° Quatrième concerto pour piano, op. 0. 






STAES - STAI1LKNECI1T 



10.) 



STAES (Guillaume), connu sous le nom 
de STAES le jeune, frère du précédent, naquit 
à Bruxelles, en 1751 . Il se fixa àParis, vers 178G, 
s'y livra à l'enseignement du piano, et y pu- 
blia : 1° Grande sonate pour piano, flûte ou 
violon, et basson ou violoncelle, op. 1 ; Paris, 
Sieber. 2° Deux grandes valses pour piano; 
Paris, Naderman. 5° Contredanses idem; 
Bruxelles, Plouvier. 4° Marche et quatre 
grandes valses pour le piano. 

STAFFA (Joseph), noble napolitain, né 
en 1809, s'est livré à la composition comme 
amateur, eta fait représenter au théâtre Saint- 
Charles : 1° Prîamo alla tenda d'Achille, le 
19 novembre 1828. 2° Francesca di Rimini, 
le 12 mars 1831. 3° 77 Matrimonio per ra- 
gione, en deux actes, au théâtre NuovoA" La 
Battaglia di Navarino, à Saint-Charles, le 
25 février 18-57. Le mauvais succès de ses 
derniers ouvrages semble lui avoir fait prendre 
la résolution de cesser d'écrire. 

STAFFORD (William COOKE), écri- 
vain anglais, est né à York,, où il habitait en 
1830. Il est auteur d'une Histoire abrégée de la 
musique intitulée : A Hislory of Music, 
Edimbourg, Constable, 1830, un volume in-12 
de trois cent quatre-vingt-sept pages. Madame 
Fétis a publié une traduction de cet ouvrage, 
sous le titre : Histoire de la musique, par 
M. Stafford, traduite de l'anglais par ma- 
dame Adèle Fétis, avec des notes, des cor- 
rections et des additions par M. Fétis; 
Paris, Paulin, 1832, un volume grand in-12 
de (rois cent soixante-cinq pages. Les notes de 
la traduction française sont de peu d'impor- 
tance, et n'ont pour objet que de rectifier 
quelques erreurs de l'auteur anglais. On ne 
comprend donc pas ce qui a pu décider les 
imitateurs allemands de la traduction française 
à donner pour titre à leur travail ; Geschichte 
der Blusik aller Nalionen, nach Fétis und 
Stafford (Histoire de la musique de toutes les 
nations, d'après Fétis et Stafford); Weimar, 
1835,un volume in-8°dequatre cent quarante- 
huit pages, avec des planches. Ce volume, où 
les fautes d'impression abondent, et dans 
lequel la plupart des noms sont défigurés, n'a 
aucun rapport avec les travaux de l'auteur de 
celle notice sur l'histoire de la musique : il 
désavoue de la manière la plus formelle la 
part que les auteurs allemands lui ont attri- 
buée. 

STAIILRTSECHT (A. -II.), directeur de 
musique à Dessau, y vivait en 1851, puis il fut 
professeur de musique à Chemnilz (1834), et 
enfin directeur de la société de chant de celte 



ville (1840). Je n'ai pas d'aulres renseigne- 
ments surce musicien, qui n'est pas mentionné 
par les biographes allemands. On a publié de 
sa composition : 1° Six chants pour liasse avec 
piano, op. 1 ; Leipsick, Pœnicke. 2"Six idem, 
op. 9; ibid. 3° Six chants pour soprano ou 
ténor, op. 2; ibid. 4° Six idem, deuxième re- 
cueil ; ibid. 5° Six chants pour bariton avec 
piano, op. 11 ; Leipsick, Rlemm.C La t'lian~ 
son du Rhin, de Becker, à voix seule avec 
piano; Chemnilz, Hœcker. 7° Chant de fête 
pour la naissance du roi de Prusse Frédéric- 
Guillaume III, à quatre voix d'hommes, op. 3; 
Leipsick, Pœnicke. 8° Six pas redoublés pour 
un chœur de soldats, op. 4; ibid. 9" Six chants 
pour un chœur d'hommes, op. C; Leipsick, 
Schuberlh. 

STAIILRIVECHT (Adolphe), musicien 
de chambre de la cour de Prusse et violonisle 
du théâtre royal de Berlin, né à Varsovie, le 
18 juin 1813, est fils d'un musicien allemand 
qui lui donna les premières leçons de violon. 
Plus lard il se rendit à Breslau et y devint 
élève du directeur de musique Luge; puis il 
reçut des leçons des maîtres de concert JYIiih- 
lenbruck et Léon de Saint-Lubin, à Berlin. 
Il étudia la composition à l'Institut de l'aca- 
démie royale des beaux-arts de cette ville, 
et le 13 juin 1837, il obtint en prix la 
grande médaille d'or. Dès 1831, il avait été 
admis comme violoniste dans l'orchestre du 
théâtre Kœnigstadt; en 1840, il eutletilrede 
musicien de la chambre royale. Cet artiste a 
fait beaucoup de voyages à Dresde, Prague, 
Vienne, Pélersbourg,etc., avec son frère Jules 
(voyez la notice suivante). En 1844, les deux 
frères, réunis d'abord avec le pianiste Sleiffen- 
sand, puis avec Lœschhorn, ont donné des 
soirées de trios pour piano, violon et violon- 
celle. Stahlknechtest considéré à Berlin comme 
un bon compositeur : il a écrit deux opéras, 
dont un a pour titre Casimir, roide Pologne : 
l'ouverture de cet ouvrage a été exéculée à 
Berlin dans un concert, en 1849. Ses autres com- 
positions consistent en deux messes avec or- 
chestre, deux psaumes, huit chanls liturgiques 
pour le Domchor de Berlin, plusieurs fugues, 
sept symphonies pour l'orchestre, vingt-cinq 
quatuors ponr des instruments à cordes, cinq 
trios pour piano, violon et violoncelle, trente- 
six enlr'aclcs pour des drames, des sonales de 
piano et un quintette pour des instruments 
à archet; beaucoup de Lieder avec accom- 
pagnement de piano. Plusieurs de ses com- 
positions ont élé publiées à Leipsick, à Berlin 
cl à Gollia. 



•110 



STAHLKNECHT - STAMATY 



STAHLKNECHT (Jules), frère du pré- 
cédent, musicien de la chambre et violoncel- 
liste du théâtre royal de Berlin, est né le 
17 mars 1817, à Posen. Les violoncellistes 
Drews et Wranitzki de Berlin furent ses 
maîtres. En 1838, il obtint sa nomination 
de membre de la chapelle royale. On a 
publié de sa composition : 1° Divertissement 
pour violoncelle et piano sur les motifs de 
la Fille du régiment, op. 5; Magdebourg, 
Heinrichshofer. 2° Pièces faciles pour deux 
violoncelles, op. 4; ibîd. 3° Trois Lieder 
pour violoncelle et piano, op. 5; ibid. 
A" Fantaisie pour piano et violoncelle, sur 
Linda de Chamouny, op. 6 ; ibid. 5° Trois 
morceaux pour violoncelle et piano, op. 8; 
Berlin, Bock, 1862. G La Sérénade es- 
pagnole, pour violoncelle et piano, op. 11- 
Berlin, Trautwein. 

STAMATY (Camilie-Marie), pianiste et 
compositeur pour son instrument, est né à 
Borne, le 23 mars 1811. Son père était consul 
de France à Civila-Vecchia. Dès ses premières 
années, M. Stamaty prit le goût de la musique 
en écoutant sa mère, cantatrice amateur dis- 
tinguée, dans l'exécution des œuvres de Mo- 
zart, de Haydn et des psaumes de Marcello ; 
cependant ses parents ne le destinaient pas à 
la carrière d'artiste. En 1818, il perdit son père; 
ce malheur ramena sa mère en France. Elle 
s'établit d'abord à Dijon et ce fut dans cette ville 
que l'éducation de M. Stamaty fut commencée; 
puis il fut conduit à Paris, où les éludes litté- 
raires l'occupèrent à l'exclusion de la musique. 
A dix-sept ans, il fut reçu bachelier es lettres. 
Jusqu'à l'âge de quatorze ans, il n'avait pas 
eu de piano chez lui. Il était destiné à la car- 
rière des.consulatsqu'avaitparcourueson père, 
quoique son penchant pour les mathématiques 
lui fit désirer d'entrer à l'école polytechnique; 
des motifs de famille le firent renoncer à ces 
deux projets, et au mois de janvier 1828, il 
entra comme employé au cabinet du préfet 
de la Seine. Ses occupations administratives 
lui laissant du loisir, il en profita pour s'oc- 
cuper de la musique, qu'il avait toujours aimée. 
Déjà, à l'âge de quinze ans, il avait publié un 
air varié difficile et brillant pour le piano, et 
quelques quadrilles de contredanses qu'il 
jouait dans le monde. Fessy {voyez ce nom), 
de qui il avait reçu des leçons de piano, l'en- 
couragea à cultiver l'art d'une manière plus 
sérieuse qu'il n'avait fait jusqu'alors; il lui 
procura l'entrée de tous les concerts dans les- 
quels il remplissait les fonctions d'accompa- 
gnateur, et lui fournit ainsi de fréquentes oc- 



casions d'entendre les artistes de celte époque. 
Au commencement de 1830, il fut entendu 
lui-même de Baillot et de Kalkbrenner : ces 
deux artistes éminents lui donnèrent des en- 
couragements, et le second exprima le désir de 
faire de lui son élève ; cette circonstance décida 
de sa vocation. Dans les premiers temps où il 
reçut les leçons de Kalkbrenner, il ne put 
donner que peu de temps à ses études du 
piano, parce qu'il avait conservé sa position à 
la préfecture de la Seine; mais sur l'assurance 
que lui donna Kalkbrenner de ses succès fu- 
turs, il quitta définitivement l'administration 
et se livra sans réserve à sa nouvelle carrière, 
vers le milieu de 1831. Cependant une diffi- 
culté sérieuse vint l'arrêter, peu de temps 
après l'abandon de sa place. L'excès d'un tra- 
vail dont il n'avait pas l'habitude détermina 
dans ses mains une affection articulaire et 
nerveuse qui le mit dans la nécessité de 
suspendre ses leçons à plusieurs reprises, une 
fois pendant dix mois, une autre fois pendant 
huit, et souvent pendant plusieurs semaines. 
Le chagrin qu'il en ressentit lui occasionna 
une grande maladie. En dépit de ces obstacles, 
toutefois, M. Stamaty atteignit son but comme 
exécutant formé à une belle école de méca- 
nisme; il fit publiquement son début dans un 
concert qu'il donna au mois de mars 1835, et 
dans lequel il fit entendre un concerto de sa 
composition (op. 2). Cette époque est celle où 
il s v adonna entièrement à l'enseignement du 
piano. Le besoin de repos, pour se livrer à ses 
propres études, lui fit prendre, en 1836, la 
résolution de se rendre en Allemagne, où il 
espérait trouver une liberté dont ne jouissent 
pas les artistes à Paris. Il partit au mois de 
septembre de cette année et s'établit à Leip- 
sick, où il se lia avec Mendelssohn et Schu- 
mann. Le premier de ees artistes lui fit faire 
des études de composition qu'il ne continua 
pas longtemps; car après trois mois passés 
dans la ville saxonne, le mal du pays et les in- 
stances de ses élèves le ramenèrent à Paris, au 
mois de janvier 1837. Cette époque est celle 
où M. Stamaty se livra à l'étude des œuvres 
classiques de Bach, de Mozart, de Beethoven, 
qu'il a fait entendre ensuite chez lui, dans des 
séances périodiques et dans des concerts in- 
times donnés avec Delsarte, au profit de la So- 
ciété Saint-Vincent de Paul, dont ils étaient 
membres tous deux. 

Au nombre des meilleurs élèves de M. Sta- 
maty, MM. Gottschalk et Saint-Saëns tiennent 
le premier rang (voyez ces noms). Un très- 
grand nombre d'autres pianistes ont été for- 



STAMATY — STAM1TZ 



111 



mes à son école. La mort de sa mère vint, en 
1846, faire fermer ses cours. La douleur qu'il 
ressentit de cette perte le conduisit à Rome, où, 
pendant une année entière, il vécut dans la 
solitude. De retour, enfin, à Paris, il s'y maria 
en 1848 et reprit son enseignement. Les 
<jeuvresprincipalesde cetartistesonl : Concerto 
pour piano et orchestre, op. 2 ; Paris, Prilipp ; 
sonate pour piano seul (en fa mineur), op. 8; 
Paris, Rrandus ; vingt-cinq grandes éludes 
idem, op. 11 ; Paris, Gérard ; grand trio pour 
piano, violon et violoncelle, op. 12; ibid.; 
grande sonate pour piano seul (en ut mineur) ; 
rondo caprice, idem, op. 14; Paris, Prilipp; 
études caractéristiques sur Obéran, de We- 
ber, op. 53; Paris, Heugel ; études progres- 
sives en trois livres, op. 37, 38 et 39; ibid.; 
Les Concertantes, études spéciales et pro- 
gressives en deux livres, op. 46 et 47 ; des 
thèmes variés, op. 5 et 19; des fantaisies sur 
des thèmes d'opéras, op. 6, 7, 9, 10, 13; des 
morceaux de genre dans la manière des pia- 
nistes modernes; des transcriptions, etc. 

STAMEGNA (Nicolas), prêtre et compo- 
siteur, né à Spello, dans les États de l'Église, 
vers 1620, fut d'abord maître de chapelle de 
la cathédrale de Spolète, puis fut appelé à 
Home et nommé maître de chapelle de Sainte- 
Marie-Majeure, le 31 janvier 1659. Il occupa 
cette place jusqu'en 1667 et obtint alors un 
canonicat dans sa ville natale, où il se retira. 
Un œuvre de sa composition a été publié sous 
ce titre : Sacrarum modulationum seu Jlot- 
tettorum 2, 5 et 4 vocibus liber primus; 
Rome, PaulMasolli, 1637. On trouve à la Ri- 
hlioihèque royale de Paris trois motets de ce 
musicien, en manuscrit, entre autres, un 
Jngredimini, pour la fête de Saint-Jac- 
ques. 

STAMITZ (Jean-Charles), célèbre violo- 
niste et compositeur, naquit en 1719, à 
Deutschhrod, et Rohème, où son père était 
maître d'école. Ses éludes ne furent dirigées 
par aucun maître distingué : il ne dut qu'à 
lui-même son talent sur le violon et dans la 
composition. Doué d'un génie original, il mit 
dans sa musique plus de légèreté et de brillant 
qu'on n'en trouvait dans les œuvres des com- 
positeurs allemands de son temps. Ses sympho- 
nies précédèrent celles de Haydn, et peut-être 
ne furent-elles point inutiles au développe- 
ment du génie de ce grand homme. Stamilz a 
^crit aussi beaucoup de sonates de clavecin 
qui sont d'un très-bon goût. Dans sa musique 
de violon, et particulièrement dans ses con- 
certos, on l'a comparé à Tarlinij mais s'il a 



moins de clarté dans les idées mélodiques que 
le célèbre violoniste italien, il lui est supé- 
rieur pour la force et la variété de l'harmo- 
nie. Son élude, formant un duo pour un seul 
violon, prouve qu'il devait être d'une grande 
habileté dans l'exécution. Stamilz entra au 
service de l'électeur Palatin, à Manheim, vers 
1745; il mourut dans celte ville en 1761, à 
l'âge de quarante-deux ans. On a fait plusieurs 
éditions des ouvrages suivants de cet artiste : 
l°Six sonates choisies pour le clavecin avec 
un violon, op. 1 ; Paris, Yenier. 2° Six sonates 
pour violon et basse, op. 2; Manheim, 1760; 
Paris, Lachevardière. 3° Six symphonies à huit 
parties, op. 3; Paris, Lachevardière. 4° Con- 
certos pour violon el orchestre, n os 1, 2, 3, 4, 
5, 6 ; ibid. 5° Six Irios pour deux violons et 
basse, op. 5; Paris, Venier. 6° Six sonates 
pour violon et basse, op. 6; Paris, Lachevar- 
dière. 7" Six symphonies à huit parties, op. 8; 
Paris, Lachevardière. 8° Exercices imitant un 
duo de deux violons ; Paris, Sieber. On connaît 
aussi de Slamitz, en manuscrit, vingt et un 
concertos pour violon, onze symphonies, neuf 
solos de violon, deux concertos pour le clave- 
cin, et beaucoup de sonates pour le même in- 
strument. 

Le frèrede Stamilz (Thaddée), né àDeulsch- 
brod, en 1721, fut un violoncelliste très-dis- 
tingué. 11 entra aussi au service de l'électeur 
Palatin, à Manheim, mais ensuite il retourna 
à Prague, se fit prêtre, el devint, vers la lin 
de sa vie, grand vicaire de l'archevêque de 
Prague, et chanoine à Runzlau. Il mourut le 
23 août 1768. 

STAM1TZ (Charles), fils aîné de Jean- 
Charles, né à Manheim, le 7 mai 1746, fit ses . 
premières éludes musicales sous la direction 
de son père, puis devint élève de Cannabich. 
En 1767, il fut admis dans la chapelle du 
prince en qualité de vio'onisle, et trois ans 
après il fit un voyage à Paris, où il fit admirer 
son habileté sur la viole d'amour et sur l'alto. 
Le duc de Noailles l'attacha à sa musique, et 
Slamitz resta au service de ce prince jusqu'en 
1785. Il retourna alors en Allemagne et se fit 
entendre avec succès à Francfort, à Rerlin et 
à Dresde. En 1787, il entra dans la chapelle 
du prince de Hohenlohe-Schilling, et dans la 
même année, il visita Prague, une partie de 
l'Autriche, puis alla à Nuremberg, où il vécut 
quelque temps sans emploi. Dans l'hiver de 
1789 à 1790, il dirigea le concert des ama- 
teurs à Cassel, puis il partit pour la Russie, et 
vécut àPétersbourg pendant plusieurs années. 
De retour en Allemagne, il dirigea, en 1800, 



1J-2 



STAM1TZ — STANLEY 



le concert desétudiants à Jéna.el mourut dans 
celte ville, en 1801. Également distingué 
comme virtuose et comme compositeur, cet 
artiste a publié : 1° Trois symphonies à huit 
parties, op. 3; Paris, Lachevardière. 2° Six 
symphonies à dix parties, op. 16; Paris, Sie- 
ber. 5° La Chasse, symphonie pour deux vio- 
lons, alto, basse, flûte, deux hautbois, deux 
bassons, deux cors, et deux trompettes; ibid. 
4° Symphonie concertante pour deux violons, 
op. 14; Paris, Heyna, 177G. 5° Deuxième 
idem; Paris, Sieber. 6° Troisième idem, 
op. 17; ibid. 7° Quatrième idem; Paris, Na- 
derman. 8° Concertos pour le violon, n os 1, 2, 
3, 4,5,6,7; Paris, Bailleux. 9° Quatuors pour 
ileux violons, alto et basse, op. 4, 7, 10, 13, 
15; Paris, Bailleux, Boyer. 10° Six trios pour 
deux violons et basse, op. 1 ; Offenbach, An- 
dré. ll°Duos pour violon et violoncelle, op. 2 ; 
Paris, Louis. 12° Duos pour deux violons, 
op. 8; Paris, Boyer; op. 11, 18; Paris, Sieber. 
13" Duos pour violon et alto, op. 1 9; Paris, 
Louis. 14" Concerto pour allô (en sol)] Paris, 
Bailleux. 15° Concerto pour le piano; Paris, 
Naderman. Il existe aussi en Allemagne 
beaucoup de morceaux pour divers instru- 
ments composés par Stamitz. Il a écrit et fait 
représenter à Francfort un petit opéra-comi- 
que, intitulé : le Tuteur amoureux, dont la 
musique est fort jolie. A Pétersbourg, il a com- 
posé, pour l'impératrice, le grand opéra Dar- 
danus. 

STAMITZ (Antoine), second fils de Jean- 
Charles, naquit à Manheim, en 1753. Excel- 
lent violoniste comme son père et son frère , il 
accompagna celui-ci dans son voyage à Paris. 
On lit dans le Dictionnaire historique des 
musiciens, par Choron et Fayolle, qu'il joua 
longtemps à la chapelle du roi, à Versailles; 
mais c'est une erreur, car son nom ne figure 
sur aucun état de cette chapelle. Les événe- 
ments de la vie de cet artiste sont complète- 
ment inconnus, après son arrivée à Paris vers 
1770; il parait seulement certain qu'il était 
encore dans cette ville, en 1781, car YAlma- 
nach musical de 1782 nous apprend qu'il y 
publia alors six duos pour violon et violon- 
celle. Ses œuvres connues sont : 1° Six qua- 
tuors pour deux violons, alto et basse, op. 14; 
Paris, Sieber. 2° Six idem, op. 22; ibid. 3° Six 
trios pour deux violons et basse, op. 2; Paris, 
Boyer. 4° Concerto pour violon, op. 27 ; ibid. 
5° Six duos pour violon et violoncelle, op. 5; 
ibid. 6° Six trios pour flûte, violon et basse, 
op. 17; Paris, Sieber. 7° Nocturnes ou airs 
variés pour violon et violoncelle; ibid. 8° Six 



duos pour violon et flûte, op. 7; Paris, Boyer. 
9° Concertos pour clavecin, n os 1 , 2, 3. 10° Des 
concertos pour violoncelle, basson, etc. 

STAMM (Pierre), vraisemblement pro- 
fesseur ou recteur au gymnase Carolin de Stel- 
tin, dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle, a fait imprimer un discours qu'il a pro- 
noncé aux obsèques de Jean-Georges Eheling 
(voyez ce nom), sous ce titre : Programma 
funèbre in obitum J.-G. Ebelingii, Gym- 
nasii Carol. Prof. Mus.; Stettin, 1676, 
in-4°. 

STANCARI (Victor-François), mathé- 
maticien, né à Bologne, en 1678, fut l'ami et 
l'élève de Manfredi. Reçu docteur en philoso- 
phie dans l'année 1704, il obtint dans la même 
année la direction de l'observatoire de Bo- 
logne, et fut élu secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie des Inquieti, présidée alors par Mor- 
gagn.i. Les jésuites lui confièrent, à la même 
époque, l'enseignement delà géographie et de 
l'art militaire au collège des nobles. Ce savant 
mourut, à l'âge de trente et un ans, d'une ma- 
ladie de poitrine, le 18 mars 1709. Parmi ses 
nombreux écrits, dont on trouve la liste dans 
les Scrittori Bolognesi, de Fantuzzi (t. VIII, 
p. 46), on remarque une dissertation De Sono 
fixa inveniendo (Bologne, 1707, in-4'); sujet 
sur lequel Sauveur avait récemment fixé l'at- 
tention des mathématiciens. 

STANHOPE (Charles, comte DE), pair 
d'Angleterre et savant distingué, naquit le 
5 août 1755, commença ses études au collège 
d'Eton, et accompagna sa famille à Genève, à 
l'âge de dix ans. Sous la direction d'un savant 
genevois (G.-J. Lesage), il se livra avec ar- 
deur à l'étude des sciences physiques et ma- 
thématiques, dans lesquelles il fit de grands 
progrès. Après la mort de son père, en 1786, 
il entra dans la Chambre haute du parlement, 
et plus tard, il s'y montra favorable aux idées 
nées de la révolution française. Le peu de suc- 
cès qu'il obtint à la tribune le ramena aux 
sciences, qui lui doivent plusieurs découvertes. 
Lord Stanhope mourut à Londres, le 13 sep- 
tembre 1816, à l'âge de soixante-trois ans. La 
plupart des travaux et des découvertes de lord 
Stanhope n'appartiennent point à la musique, 
mais il a proposé un nouveau système de tem- 
pérament des instruments à clavier, sous ce 
titre : Principles of tuning instruments 
tvith fixed tones (Principes de l'accord des in- 
struments à sons fixes); Londres, Wilson, 
1806, in-8° de vingt-quatre pages. 

STANLEY (Jean), bachelier en musique, 
naquit à Londres, au mois de janvier 1715. 



STANLEY — STARKE 



113 



A l'âge de trots ans, un accident lui fit perdre 
la vue. A sept, il commença l'étude de la mu- 
sique, dans laquelle il fit de rapides progrès. 
Son premier matlre fut un organiste nommé 
Reading, élève de Blow; mais plus lard il de- 
vint élève du docteur Greenc. A l'âge de onze 
ans, il obtint la place d'organiste d'une petite 
église de Londres; en 1726, on lui confia celle 
d'organiste de la paroisse de Saint-André, et 
huit ans après, il y joignit les fonctions d'or- 
ganiste du temple. Hsendel, qui estimait les 
talents de Stanley, lui laissa, en mourant, une 
partie de sa musique. Il s'associa à cette 
époque avec Smith (voyez ce nom) pour la di- 
rection des oratorios, et la conserva jusqu'en 
1784. Deux ans auparavant, il avait remplacé 
Weidemann comme chef d'orchestre de la cha- 
pelle royale. Stanley mourut à Londres, le 
19 mai 1786, laissant en manuscrit les orato- 
rios de Jephté (exécuté en 1757), et de Zimri 
(en 1760, à Covent-Garden), dont il avait com- 
posé la musique. On a publié de sa composi- 
tion : 1° Six concertos pour deux violons, deux 
violes, violoncelle et basse continue. 2° Six 
idem pour sept instruments, op. 2. 3° Huit 
sonates pour flûte et basse, op. 1. 4°Sixsolos 
pour flûte, op. 4. 

STAISZEIV (Jean- Louis) , organiste de 
Saint-Paul, à Hildesheim, occupa celte posi- 
tion pendant les vingt dernières années du 
dix-huitième siècle. Il a publié de sa composi- 
tion : 1° Trois sonates pour clavecin et violon, 
op. 1; Offenbach, 1793. 2° Sonates à quatre 
mains, op. 2; ibid. 5° Sonates pour clavecin, 
violon et basse, op. 4 ; ibid. 4° Grande sonale 
pour clavecin, violon et basse, op. 5; ibid., 
1797. 5" Quatre marches caractéristiques poul- 
ie clavecin, et un rondo à trois mains, op. 6; 
Brunswick, 1797. 6° Chansons allemandes avec 
accompagnement de clavecin, premier et se- 
cond recueils; Cassel, 1782 et 1783. 

STAPPEN (Corneille VAN), composi- 
teur hollandais qui vécut vers la fin du quin- 
zième siècle, n'est connu jusqu'à ce jour que 
par trois morceaux écrits par lui et qui se trou- 
vent dans le troisième livre du rarissime re- 
cueil intitulé : Harmonice musices Odlicca- 
lon, et dont le titre particulier est : CantiC. 
n" Cenlo cinquanta (Impressum Veneliis 
per Octavianum Petrutium forosempro- 
niensem, l!î03). Le premier de ces morceaux 
est la chanson française à quatre voix : De 
tous biens plaine, dont le superius chante 
l'antienne avec les paroles Beati pacifici. Le 
second morceau est la chanson à quatre voix : 
Gentil galans de guerra; et le troisième est 

BIOGR. UNIV. DUS MUSICIENS. T. VIII. 



le motet à quatre voix : Virlutum expulsus 
terris chorus omnis abibit. 

STARCK (Philippe-Guillaume), recteur 
et organiste de l'école de la ville, à Wrilzen- 
sur-1'Oder, au commencement du dix-hui- 
tième siècle, est auteur d'un opuscule intitulé : 
Orguni Wrigensis viadrani veteris de- 
structi, et novi in lemplo majori extructi 
descriptio, dus ist : Beschreibung der alten 
abgerissenen und in der grossen R'irche zu 
IFrilzen an der Oder neu-erbauten Or gel; 
Berlin, 1727, in-4° de soixante pages. 

STAR1CIUS (Jean), organiste de Saint- 
Laurent, à Francfort -sur-le-Mein, au commen- 
cement du dix-septième siècle, a fait imprimer 
de sa composition : 1° Teutsche lustige Lie- 
der und Tantz mit 4 Stimmen (Chansons 
allemandes choisies et danses à quatre voix); 
Francfort, 1609. 2° Newc teutsche weltliche 
Lieder nach Art der ivelschen Madriga- 
lien, etc. (Nouvelles chansons mondaines 
allemandes dans le style des chansons fran- 
çaises). 

STARK (Frédéric-Théophile), cantor, 
à Waldenbourg, en Silésie, né le 29 août 
1742, s'estdistingué par son talent sur l'orgue 
et par ses compositions. Il mourut à Walden- 
bourg, le 20 mai 1807. On a publié de sacom- 
position : 1° Die Gedanken und Fmpfin- 
dungen beim Kreuze Jesu auf Golgotha 
(Pensées et douleurs de Jésus sur la croix), 
oratorio; Breslau, Gross etBarth, en partition. 
2° Le Pharisien, oratorio, en 1794. 3° La 
Passion, oratorio, en partition pour le piano; 
ibid. On croit aussi qu'une collection de cent 
soixante fugues (?) et préludes pour l'orgue, 
publiée à Mayence, vers 1792, sous le nom de 
Stark, appartient à cet artiste. 

STARKE (Frédéric), né en 1774, à Elster- 
werda, en Saxe, reçut les premières leçons de 
piano de Ahner, organiste de ce lieu; puis il 
alla continuer ses études à Grossenhayn, et 
apprit à jouer de tous les instruments à cordes 
et à vent chez le musicien de ville Gœrner, 
particulièrement du cor, sur lequel il acquit 
une certaine habileté. Après avoir achevé son 
apprentissage, il visita Meissen, Wittenberg 
etLeipsick, où il fit la connaissance de Hillcr 
et de Millier. Ce fut à cette époque qu'il étudia 
la composition dans les livres de Marpurg, de 
Kirnberger et de Tlirk. Le désir de voyager lui 
fit accepter un engagement de musicien dans 
une troupe équestre qui parcourait l'Alle- 
magne. Deux ans après, il entra à l'orchestre 
de Salzbourg, puis il fut maître de piano de la- 
comtesse Pilali, à Wels, passa deux années chez 

8 



114 



SÏARKE — STECHER 



celle dame, et, enfin, entra dans la musique 
d'un régiment, avec lequel il fit toutes les cam- 
pagnes en Suisse, sur le Rhin et en Autriche. 
Arrivé à Vienne, il étudia la composition sous 
la direction d'Albrechlsberger, et entra à l'or- 
chestre du théâtre de la cour pour y jouer du 
cor, après avoir obtenu un congé temporaire. 
Plus lard, il fut obligé de rentrer dans son ré- 
giment; mais ayant enfin obtenu son congé 
définitif, il se retira àDœbling, près de Vienne, 
et publia un journal mensuel de musique mi- 
litaire, et un autre journal de fanfares pour 
trompettes. Cet artiste laborieux est mort 
après une courte maladie, le 18 décembre 
1833. Parmi ses nombreux ouvrages, on re- 
marque: 1° Journal de musique militaire; 
Vienne, chez l'auteur : on y trouve plus de 
trois cents morceaux de sa composition. 
2° Journal de fanfares pour des trompettes 
et trombones: environ cinquante numéros; 
ibid. 3° Marches militaires à dix parties, 
op. 14; Vienne, Arlaria. 4° Six marches pour 
la musique turque, op. 48; Vienne, llaslinger. 
5° Marche favorite d'Alexandre pour musique 
militaire, op. 78; ibid. 6° Pièces d'évolutions 
pour dix trompettes, deux cors et trombones; 
Vienne, chez l'auteur. 7° Un grand nombre de 
danses pour l'orchestre. 8° Variations et pots 
pourris pour divers instruments. 9° Quatuor 
pour piano, flûte, violon et violoncelle, op. 1 19; 
Vienne, chez l'auteur. 10" Quatuor pour piano, 
violon, alto et basse, op. 120; ibid. 11" Grande 
sonate pour piano, cor et \ioloneelle obligés, 
op. 7 ; Vienne, Weigl. 12" Beaucoup de pièces 
détachées pour piano seul. 13" Trois messes 
faciles à quatre voix et grand ou petit or- 
chestre; Vienne, chez l'auteur. 14" Offertoire 
pour soprano et ténor, chœur et orchestre ; 
ibid. 15° Tantum ergo pourconlrallo et basse, 
chœur et orchestre; ibid. 16" L'Ecole du 
piano de Fienne, méthode en trois parties; 
ibid., 1819 et 1820, deux volumes in-fol. 

STAllSWOLSIil (Si.tion), historien et 
biographe, polonais, vécut dans la première 
moitié du dix-septième siècle. Il futprimicier 
de la collégiale de Tarnow(Gallicie). Les nom- 
breux ouvrages de ce savant n'appartiennent 
lias à l'objet de ce dictionnaire biographique; 
il n'y est mentionné que pour un traité élé- 
mentaire de musique dont il est auteur, et qui 
a pour titre : Nusiccs praclicx Erotemata, 
in usum sludiosx juventutis breviter et ac- 
curate collecta a Simone Starsvolsio ecclesix 
collegistx Tarnociensis primicerio ; Craco- 
■vix, ex ofjicina Francisai Cxsarei S. R. M. 
typ., anno 1CI50, in-8°. 



] STARZER (...), habile violoniste, a eu 
longtemps de la célébrité comme compositeur 

! de ballets, à Vienne. On ignore ses prénoms, 
le lieu et la date de sa naissance, ainsi que les 
premières circonstances de sa vie. Après avoir 
occupé quelque temps la place de compositeur 

! des ballets du Théâtre-Impérial à Vienne, il 
fut appelé à Pétersbourg, en 1702, avec le titre 

, de maître de concerts; mais dès 1770, il était 
de retour à Vienne, où il reprit sa place an 
théâtre dirigé par Noverre. Dans les dernières 
années, son excessif embonpoint l'empêcha de 
jouer du violon et de diriger lui-même ses ou- 

| v rages. Il mourut à Vienne, en 1793. La mn- 

i sique de Starzer était brillante, mélodieuse, et 
bien adaptée à l'aclion dramatique. Les bal- 
lets dont il a composé la musique sont : 1° Les 
Trois Fermiers. 2" Les Braconniers. 3° Adé- 
laide de Ponthieu. 4° Les Lforaces. 5° Les 
Cinq Sultanes. G" Il Giudizio di Paride. 
7" Diana ed Endimione. 8° Roger et Brada- 
mante. 9" / /.'astori di Tempe. 10" La Pa- 
rodie de Médée. 1 1° Agamemnon. 12" Le Cid. 
15° JLontezuma. 14" Teseo in Creta. 15° Les 
j}joissonneurs. 10" Les Muses. On connaît 
aussi en manuscrit, de la composition de 
Starzer , quelques symphonies pour l'or- 
chestre, et l'oratorio la Passione di Gesù 
Cristo. 

STATiniIOIY (Cihiistoi-he) est cité par 
Gessncr {Bibl. in Epit. rcd. append., p. 835) 
comme auteur d'un petit poème intitulé : 
De Laudibus musicx ad Joannem Fri- 
siwn. 

STECHAIML'S (Asork), magister et rec- 
teur de l'école d'Arnstadt, dans la principauté 
de Schwarzbourg, au commencement du dix- 
septième siècle, a public un recueil de pièces 
intitulé : Ouestioncs .Visccllx philosophico- 
philologicx (Erfurt, 1(534, in-4"), où l'on 
trouve deux thèses sur cette question : An mu- 
tât io sit de nota prxoccupante , an vero mu- 
tante ? Il s'agit, dans ces écrits, de la ques- 
tion, alors fort controversée en Allemagne, de 
la substitution des sept noms de noies de la 
gamme à l'ancienne méthode des muances, 
dans la solmisalion. 

STECHER (Marias), pianiste et orga- 
niste distingué, naquit à Manheim, vers 1700, 
et y vivait encore en 1811. On a imprimé de 
s,i composition : 1° Neuf pièces pour le clave- 
cin; Manheim, 1793. 2° Grande sonate à 
quatre mains; Leipsick, Breitkopf et llœrtcl. 
5" Six fugues pour l'orgue; ibid., 1798. 
4° Treize variations pour le clavecin, op. 5; 
ibid., 1790. 15° Douze variations cl un rondo 



STECHER — STEFANI 



lu 



pour le clavecin, op. 6 ; Munich, 1799. 6° Huit 
fugues pour l'orgue ou le clavecin, 1802. 
7° Trois sonates pour piano et flûte obligée, 
op. 8, 1803. 

STECIIERT (Charles), organiste de 
l'église Sainte-Marie, à Wismar, né à Pots- 
dam, en 1820, commença l'étude de la musi- 
que sous la direction d'un maître nommé 
Wiedemann, puisdevint élève de A. -W. Bach, 
à l'Institut de l'Académie royale des beaux- 
arts de Berlin. En 1843, il obtint la place d'or- 
ganiste de l'église Saint-Nicolas, àSpandau, et 
celle d'organiste de Sainte-Marie, à Wismar, 
lui fut donnée en 18G2. Stechert est habile 
pianiste et compositeur. Je n'ai trouvé, dans 
les catalogues de musique del'Allemagne d'au- 
tre indication de compositions de cet artiste 
que celle de cet ouvrage : Le Retour pendant 
l'orage, grande fantaisie pour piano, op. 8; 
Berlin, Challier. 

STEELE (JosuÉ), membre de la Société 
royale de Londres, vécut dans celle ville pen- 
dant la seconde moitié du dix-huitième siècle. 
La lecture de V Essai sur l'origine des lan- 
gues, de J.-J. Rousseau, le conduisit à la re- 
cherche de signes d'intonations qui pussent 
noter plus exactement les divers accents de la 
déclamation qu'on ne peut le faire par les si- 
gnes ordinaires delà musique, et il en inventa 
un système complet qu'il a exposé dans l'ou- 
vrage intitulé : An Essuy towards establish- 
ing the melody and measure of speech to be 
expressed and perpetualed by pcculiar sym- 
bols (Essai concernant les moyens d'exprimer 
et de perpétuer la mélodie et la mesure de la 
parole par des signes particuliers) ; Londres, 
J. Almon, 1775, grand in-4° de cent quatre- 
vingt-treize pages. Les signes imaginés par 
Sleele consistent, à l'égard de la notation, en 
une large portée de cinq lignes, dont les 
espaces sont subdivisés en quatre ou cinq de- 
grés d'intonations moins déterminés que ceux 
du chant, afin de donner aux accents de la dé- 
clamation un caractère plus analogue à celui 
de la parole. Des courbes etdes lignes obliques 
dirigées à droite ou à gauche déterminent les 
intonations par les points de la portée où elles 
aboutissent; et des signes de durée, empruntés 
à la notation de la musique, touchant par un 
trait vertical à l'un des points de la courbe ou 
de la ligne oblique, marquent l'accent au de- 
gré d'intonation qui lui est propre, et en dé- 
terminent la durée. Ce système est ingénieux : 
on aurait pu l'employer utilement pour l'en- 
seignement du débit oratoire; mais les exem- 
plaires de l'ouvrage de Sleele sont si rares, que 



celui qu'il avait envoyé à J.-J. Rousseau, main- 
tenant en ma possession, et celui de la Biblio- 
thèque impériale, à Paris, sont les seuls que 
je connaisse. Le sujet de l'ouvrage de Steele a 
été repris environ cinquante ans plus tard, 
par le docteur J. Rush (voyez ce nom), et 
traité d'une manière plus scientifique et plus 
simple. 

Sleele a aussi donné, dans les Transactions 
philosophiques (t. LXV, année 1775), deux 
morceaux relatifs à la musique. Le premier a 
pour litre : Account ofa musical instrument, 
ivhich was brought by Captain Furneaux 
from the Isle of Amsterdam in the South 
Sea to London in the year 1774 (Notice d'un 
instrument de musique qui a été rapporté par 
le capitaine Furneaux de l'île d'Amsterdam, 
dans la mer du Sud, en 1774); le second mor- 
ceau est instilulé : Remarks on alarge System 
of reed piper from the Isle of Amsterdam, 
with some observations on the nose flûte of 
Otaheilee (Remarques sur la grande étendue 
de la flûte à anches de l'île d'Amsterdam, avec 
quelques observations sur la flûte nasale 
d'Otahiti). 

STEETZ (Guillaume), musicien allemand, 
né à Hambourg, vers 1770, se fixa en Angle- 
terre au commencement de ce siècle, et s'éta- 
blit à Tiverton. On a de lui : Treatise on the 
éléments of Music in a séries of letters to a 
Lady (Traité sur les éléments de la musique 
dans une série de lettres à une dame); Tiver- 
ton, 1812, un volume in-4°. 

STEEAINI (Giovanni), organiste de l'église 
de la Grazia, à Vienne, dans la première moi- 
tié du dix-septième siècle, est connu par les 
ouvrages dont voici les litres : 1° Concerti 
amorosi; terza parte délie Canzonette in 
musica raccolte del dello Stefani; Venezia, 
app.Aless. Vincenti, 1023, in-4°. 2° Affetli 
amorosi : Canzonette adunavoce sola; ibid., 
1624. 3° Ariettte amorose a voce sola ; ibid., 
1G26. 

STEFANI (Jean), violoniste et composi- 
teur, naquit à Prague, en 1746. Au commen- 
cement du règne de Stanislas- Auguste, il se 
rendit en Pologne, et fut admis comme pre- 
mier violon de l'orchestre de la cour et de ce- 
lui du théâtre de Varsovie; plus tard, il diri- 
gea celui de la cathédrale. Il mourut dans cette 
ville, en 1819, à l'âge de quatre-vingt-trois 
ans. En 1794, il écrivit, pour la troupe drama- 
tique de Boguslawski, l'opéra intitulé le Mi- 
racle ou les Krakoviens et les Gorales, dans 
lequel il avait introduit des mélodies popu- 
laires de la Pologne. Cet ouvrage fut accueilli 



116 



STEFANI — STEFFANI 



avec enthousiasme par la nation tout entière 
et obtint plus de deux cents représentations. 
Les autres opéras de cet artiste sont : les Sujets 
reconnaissants envers leur souverain, re- 
présenté à Varsovie, en 1796; l'arbre en- 
chanté, 1797; Frosine, 1806; le Reitmeister 
Gorecki, 1807; la Polonaise, en trois actes, 
1807; le Vieux Chasseur, 1808; Papirius, 
1808. Stefani a écrit aussi un grand nombre 
de polonaises et beaucoup de messes avec or- 
chestre. Il eut deux fils et une fille. L'aîné, 
Casimir Stefani, violon solo du théâtre de Var- 
sovie, mourut en 1811, à l'âge de vingt ans; 
son frère, Joseph Stefani, également violon 
solo, n'était âgé que de dix-huit ans lorsque la 
mort le frappa ; et Léonore Stefani , canlalrice 
du même théâtre, fort aimée du public, fut 
enlevée à la fleur de l'âge, en 1831. Tous 
trois sont inhumés près de leur père, à Po- 
wonzki. 

STEFANI (Joseph), compositeur et pro- 
fesseur de chant, né à Varsovie, en 1802, a 
fait ses études musicales au Conservatoire de 
celte ville, et a reçu des leçons de composition 
d'Elsner (voyez ce nom). Sa première produc- 
sion de quelque importance fut la musique du 
ballet Apollon et Midas. Encouragé par le 
succès de cet ouvrage, il composa la musique 
de l'opéra la Leçon de botanique, d'après un 
vaudeville français. Le bon vieux Temps, 
autre opéra-comique de sa composition, fut 
représenté, avec succès, en 1829. Les ma- 
sonrkes, les polonaises et les chansonnettes 
qu'il a publiées, ont rendu son nom populaire 
en Pologne. Parmi ses œuvres de musique 
religieuse, on remarque plusieurs messes à 
quatre voix avec orgue; la messe n° ô (en mi 
bémol), avec accompagnement d'instruments à 
vent ; la messe n° 5, exécutée dans l'église des 
Piarisles, sous la direction de l'auteur; la messe 
pour la fête de saint Stanislas, dans la même 
église; la messe n°7, exéculéedans l'église des 
Visitandines, par les élèves du gymnase, sous 
la direction de leur professeur Stefani; une 
messe de Requiem, à trois voix d'hommes, 
avec orgue ; la messe à quatre voix d'hommes, 
avec accompagnement d'instruments à vent, 
chantée dans l'église des Capucins; la messe 
n° 13, exécutée chez les Bernardins ; Te Deum 
avec orchestre, Offertoire; Ave Maria pour so- 
prano avec violon solo ; O Salutaris et Pange 
Lingua, avec orchestre; Benedictus à quatre 
voix seules, avec choeur, exécuté dans l'église 
des Piarisles, pour la fête de saint Stanislas, 
le 8 mai 1841 ; Spiewy religijne (chants reli- 
gieux); Varvosie, Zaleski, 1841. 



STEFANINI (Jean-Baptiste), né à Mo- 
dène, vers Î660, fut maître de chapelle de la 
cathédrale de Turin ; il occupait cette position 
dans les dernières années du dix-seplième 
siècle. On connaît de lui des motets à six et à 
huit voix, qui ont élé publiés sous ce litre : 
Mottheta D. Joh.-Bapt. Slephanini Mutin, 
in ecclesia metropolitana Taurinensi Mag. 
ntusicx sex et octo vocibus. Liber primus; 
Venetiis, 1694. Ldem, liber secundus ; ibid., 
1698. 

STEFFAN (Joseph-Antoine), et non 
STEPHAN, comme l'écrit Gerber, pianiste 
eteompositeur, naquit à Kopidlno, en Bohême, 
le 14 mars 1726. Après avoir appris les élé- 
ments de la musique comme enfant de chœur, 
il se rendit à Vienne et y devint élève de Wa- 
genseil (voyez ce nom). Fixé depuis lors dans 
la capitale de l'Autriche, il obtint le litre de 
maître de clavecin de la cour impériale, et fut 
chargé, en celle qualité, de donner des leçons 
à la reine de France Marie-Antoinette, et à 
l'archiduchesse Caroline, qui devint reine de 
Naples. On n'a pas de renseignements concer- 
nant l'époque de sa mort, mais on sait qu'il 
vivait encore en 1781 . Les ouvrages imprimés 
de cet artiste sont ceux-ci : 1° Sei Diverti- 
menti per il cembalo, op. 1 ; Vienne. 2° So- 
nate per il cembalo, op. 2; Vienne, 1756. 
3° Idem, op. 3, l a parle; Vienne, 1763. 
4° Idem, op. 5, 2 a parte; ibid., 1764. 5° Pre- 
ludi per diversi tuoni ; Vienne, 1762. 
6° Chansons allemandes pour le clavecin, 
quatre suites; Vienne, 1778 à 1781. 7° Vingt- 
cinq variations sur la chanson bohémienne : 
Mug mily Janku; Prague, Haas, 1802. Il y a 
une édition de ces variations publiée à Vienne, 
chez Traeg, en 1797. Steffan a écrit aussi un 
oratorio intitulé : Le Sauveur du monde in- 
nocemment accusé, et condamné à la mort. 

STEFFAN (Gaspard-Melchioiv et Michel). 
l'oyez STEPHAN. 

STEFFANI (Augustin), compositeur cé- 
lèbre, naquit en 1655, à Castelfranco, dans 
l'État de Venise. On ignore le nom des maîtres 
qui dirigèrent sa première éducation musicale, 
mais on sait que la beauté de sa voix l'avait 
fait appeler à Venise pour le service de quel- 
ques églises. Un noble allemand qui l'entendit 
en éprouva tant de plaisir, qu'il fit au jeune 
chanteur la proposilionde le suivre, lui promet- 
tant de pourvoira ses besoins et d'assurer son 
avenir. Celte offre ayant élé acceptée, l'étran- 
ger conduisit Sletrani à Munich, et le confia 
aux soins d'Hercule Bernabei (voyez ce nom). 
Sous un tel maître, les progrès du jeune artiste 



STEFFANI 



117 



furent rapides (]). Sleffani était entré au sé- 
minaire : après y avoir l'ait ses études, il reçut 
la tonsure et prit le litre d'abbé, qu'il a tou- 
jours porté depuis lors. Devenu compositeur 
distingué, il écrivit d'abord pour l'église, par- 
ticulièrement plusieursmesses pour la chapelle 
de l'électeur de Bavière. Il n'était âgé que de 
dix-neuf ans lorsqu'il publia un recueil de 
psaumes à huit voix où l'on remarque déjà 
beaucoup d'habileté dans l'art d'écrire. Cet 
œuvre fut suivi de sonates pour quatre instru- 
ments, et de duos à deux voix avec basse con- 
tinue, ouvrage du plus grand mérite, et qu'on 
a mis souvent en parallèle avec les duos de 
Clari : celui-ci semble les avoir pris pour mo- 
dèle. Tous ces ouvrages, composés pour 
l'usage de la cour de Munich, fuient récom- 
pensés plus lard par le don de l'abbaye de 
Lipsing, dont il prit le titre. En 1681, Sleffani 
écrivit son premier opéra intitulé Marco- 
Awelio .-le succès de cet ouvragelui fit obtenir 
la place de directeur de la musique de la 
chambre de l'électeur. Quatre ans après, il fut 
chargé de la composition de Servio Tiillio, 
opéra sérieux en Irois acles, pour le mariage 
de l'électeur Maximilien- Emmanuel avec 
l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche. 
La beauté de cet ouvrage mit le sceau à sa ré- 
putation, et lui fit faire des propositions par 
plusieurs princes d'Allemagne qui désiraient 
l'avoir pour maître de chapelle : Sleffani ac- 
cepta celles de l'électeur de Brunswick, père 
de Georges I er , roi d'Angleterre. Peu de 
temps après la représentation du Servio 
Tullio, et dans la même année, il donna à 
Brunswick II Solone, opéra sérieux en trois 
acles. Cet ouvrage Tut suivi de Jlarico in 
Ballha, en 1687; de Enrico delto il Leone, 
en 1689; VAlcide, en 1602; d'Alexandre 
l'Orgueilleux, en 1695; de Roland, en 1696; 
d'Alcibiade, en 1697; d'Atalante, en 1698, 
et de // Trionfo del Falo, en 1699. Les cinq 
derniers ouvrages furent traduits en allemand, 
et représentés à Hambourg. Le duc de Bruns- 
wick avait confié la direction de son théâtre à 
Sleffani; mais les désagréments que lui cau- 
saient les prétentions et les querelles des 
chanteurs lui firent donner sa démission de 
cet emploi; il ne conserva que la charge de 
compositeur : mais il ne mit plus son nom à 

(I) II y n une difficulté relativement aux études de 
Sleffani sous la direction de Bcrnabei ; celui-ci n'arriva 
à Munich qu'en 1073; cependant, Sleffani publia, 
en 1074, des psaumes à huit voix de sa composition ; il 
est donc vraisemblable qu'il avait eu un mailrc de 
contrepoint avant que Bcrnabei le prit pour élève. 



ses dernières productions, parce que le duc de 
Brunswick l'employa dans des missions diplo- 
matiques. Ses ouvrages portèrent souvent le 
nom de Piva, son copiste. 

Dès 1689, l'empereur Léopold I er , à la con- 
vention des électeurs, à Augsbourg, avait fait 
connaître son intention de créer un neuvième 
électoral en faveur du duc de Brunswick et de 
ses descendants ; celte déclaration n'avait pas 
été reçue avec beaucoup de faveur par les 
autres électeurs, et l'on craignait des diffi- 
cultés. Sleffani, qui avait étudié le droit public 
à Hanovre, et qui jouissait de toute la faveur 
du prince, obtint qu'on le chargeât d'une 
partie des négociations à ce sujet. Il y mit tant 
d'adresse à écarter les obstacles, que l'empe- 
reur accorda, en 1692, l'investiture de l'élec- 
toral de Hanovre, et la dignité d'architrésorier 
de l'empire au duc de Brunswick, avec la 
Iransmission de ses droits et dignités à ses des- 
cendants. Le prince donna des témoignages 
éclatants de sa satisfaction à l'abbé Sleffani, 
en obtenant pourlui la dignité de protonotaire 
apostolique, puis celle d'évêque deSpiga,dans 
les possessions espagnoles de l'Amérique, qui 
lui fut conférée par le pape Innocent XII, et 
enfin en lui accordant une pension de quinze 
cenls éens. Comme certains artistes, Slef- 
fani avait une autre ambition que celle de la 
gloire qu'il pouvait trouver dans son art : 
ayant pris un rang parmi les hommes politi- 
ques, il se crut grandi, et après avoir com- 
mencé par désavouer ses ouvrages, il quitta, 
en 1710, ses places de maître de chapelle et de 
directeur de musique, désignant Hsendel pour 
son successeur; puis il vécut en homme de 
cour, dans la société des grands. Après une 
longue absence de sa patrie, Sleffani fit, en 
1729, un voyage en Italie, passa l'hiver à 
Rome, et y eut l'honneur d'être incessamment 
dans la société du cardinal Ottoboni, qui 
aimait à faire exécuter ses ouvrages dans son 
palais. Peu de temps après son retour à Ha- 
novre, Sleffani fut obligé de faire un voyage à 
Francfort; mais à peine arrivé en cette ville, 
il tomba malade, et mourut au bout de quel- 
ques jours, en 1750, à l'âge de soixante-quinze 
ans. 

On ne connaît pas aujourd'hui tous les ou- 
vrages de Sleffani, parce que le plus grand 
nombre ayant été composés pour le service 
spécial de la cour de Brunswick et de Ha- 
novre, les copies ne s'en sont pas répandues, 
et parce que plusieurs ne portent pas son nom. 
On sait qu'il avait écrit plusieurs oratorios : 
mais leurs titres sont ignorés. Outre les opéras 



118 



STEFFANI — STEGMANN 



cités plus haut, les ouvrages de cet artiste, 
parvenus jusqu'à nous, sont : 1° Psalmodia 
vespertina octo plenis vocibus concinenda, 
ab Auguslino Sleffano in lucem édita, glatis 
sux anno XIX,Monachii, 1674, in-fol. C'est 
par le titre de cet ouvrage qu'on a pu déter- 
miner avec précision l'année de la naissance 
de Steffani. 2° Janus Quadrifons tribus vo- 
cibus vel duabus quolibet prxtermissa modu- 
landus (motets à trois voix et b^sse continue); 
Monachii, 1085, in-fol. 5° Sonate da caméra 
a due violini, allô e continuo; Munich, 1679, 
in-fol. 4° Duettida caméra a soprano e con- 
tralto con il basso continuo; Munich, 1685. 
5° Quanta certezza habbia da suoi principi 
la musica (Quelle certitude il y a dans les 
principes de la musique); Amsterdam, 1095, 
in-8° de huit feuilles. Dans ce petit écrit, Stef- 
fani soulève la question la plus importante de 
la science de la musique; mais malgré le succès 
qu'obtint son ouvrage, il est permis de dire 
que ses vues ne sont pas assez élevées ni ses 
connaissances assez profondes pour la solu- 
tion d'un tel problème. Werckmeister a fait 
une traduction allemandede l'écrit de Steffani, 
sous ce titre : Sendschreiben , darinnen ent- 
halten, ivie grosse Gewisslieit die Musih 
habe, aus ihren Principiis und Gruttd- 
sœlzer, etc.; Quedlinbourg, 1G99, in-8° de 
sept feuilles. Jean-Laurent Albrecht a donné 
une deuxième édition de cette traduction avec 
une préface et des notes, à Mulhausen, en 
1760, in-4° de quatre-vingt-deux pages, non 
compris la préface. 

STEFFANI (Christian). Voyez STE 
PHANNO. 

STEFFENS (Frédéric), directeur de 
l'école de musique de l'hospice des orphelins 
de militaires, à Potsdam, est né dans cette 
ville, le 28 juillet 1797. A l'âge de dix ans, il 
reçut les premières leçons de clarinette et de 
violon chez son oncle, David Bensch, première 
clarinette du corps de musique d'un régiment 
de la garde ; puis il eut pour maître de violon 
L. Maurer.En 1813, il entra comme trompette 
dans un régiment de hussards : un an après, 
il fut placé dans le premier régiment d'infan- 
terie de la garde royale, pour y jouer de la 
clarinette et du cor de bassette. En 1822, il 
passa de ceiie position dans celle de hautboïste 
du 21 e régiment en garnison àSlargard. De- 
venu professeur de musique de la maison des 
orphelins militaires de Potsdam, en 1841, il 
en fut nommé directeur en 1848. En 1857, il 
a été mis à la retraite avec une pension en 
conservant son litre, et le roi de Prusse lui ac- 



corda la décoration de l'ordre de l'Aigle rouge 
de quatrième classe. Cet artiste laborieux a 
composé une grande quantité de musique poul- 
ies corps de musique militaire, pour les instru- 
ments à vent et pour l'instruction des élèves 
d'écoles de régiments : il ne parait pas qu'il 
en ait été rien publié. 

STEGEWY(A.C.),organisleet violoniste 
àZwoll,dans l'Overyssel, vers le milieu du dix- 
huitième siècle, a publié à Amsterdam, en 
1760 : 1° Six sonates pour le violon. 2° Trois 
sonates pour deux flûtes et basse. 5° Trois 
idem pour flûte, violon et basse. 

STEGMANN (Ch akles -David), né à 
Dresde, en 1751, était fils d'une pauvre fa- 
mille qui, à l'époque du siège de cette ville, se 
réfugia dans le village de Staucha, près de 
Meissen. Stegmann y commença l'élude de la 
musique à l'âge de huit ans. De retour à 
Dresde, en 1760, il devint élève de l'organiste 
Zillich ; puis il entra à l'école de la Croix, lors- 
qu'il eut atteint sa quinzième année, et y reçut 
des leçons de composition d'IIomilius (voyez ce 
nom). L'étude du violon, sous la direction de 
Weisse, acheva son éducation musicale. Quel- 
ques œuvres de musique vocale et instrumen- 
tale le firent connaître avantageusement. Un 
penchant irrésistible le fit débuter, en 1772, 
au théâtre de Breslan, dans les rôles de ténor, 
où il réussit plus par l'expression de son chant 
que par la beauté de sa voix. L'année suivante 
il fut engagé dans la troupe d'opéra deKœnigs- 
berg, et obtint le titre de maître de concert du 
prince-archevêque d'Ermeland. En 1774, il se 
rendit à Dantzick, puis retourua à Rœnigs- 
berg, et arriva à Gotha, vers la fin de l'année 
1776. Deux ans après, il accepta un engage- 
ment à Hambourg, s'y fixa avec sa famille, et 
y dirigea l'orchestre du théâtre pendant vingt 
ans. En 1798, il prit un intérêt dans la direc- 
tion de ce théâtre et conserva la position de 
co-directeur jusqu'en 1811. A cette époque, il 
se retira à Bonn, chez son ami Simrock, où il 
mourut au commencement de l'année 1826. 

Stegmann a beaucoup écrit pour la scène; 
au nombre de ses ouvrages on cite ceux-ci : 
1° Der Kaufmann von Smyrna{Le marchand 
de Smyrne); à Kcenigsberg, en 1773. 2° Das 
redende Gemulde (Le portrait parlant). 3° Die 
Recruten au f de m Lande (Les recrues en cam- 
pagne), à Mittau, en 1775. 4° Apollon unter 
den Birten (Apollon parmi les bergers). 
5° Erwin et Elmire. 6° Clarisse. 7° Die her- 
schaftliche K'ùche (La cuisine du seigneur). 
8° Phi le mon et Baucis. 9° Macbeth. 10° Ou- 
verture, chœurs et cntr'acles du Sultan 



STEGMANN — STEIBELT 



119 



TFampum. 10° (bis) Henri le Lion (pour le 
'Couronnement de l'empereur, à Francfort, en 
1792). 11° Montgolfier (ballet avec chants et 
chœurs). 12° Le Triomphe de l'amour. 
15° Chants et chœurs pour le prologue 
d'inauguration du théâtre de Hambourg . 
14" Monologue de la Pucelle d'Orléans, de 
Schiller. 15° Die Roseninsel (L'île des roses). 
15° (bis) Chœurs, chanls et marches pour la 
tragédie Achmet et Zenide. 16° Ldem pour la 
mort de Rolla. 16° (bis) Ouverture, chœur et 
marches pour Moïse, drame, gravé à Bonn, 
chez Simrock. On connaît aussi de Slegmann : 
17° Trois ouvertures caractéristiques pour 
l'orchestre; Bonn, Simrock. 18° Polonaise et 
marche pour le piano à quatre mains; Leip- 
sick, llofmeister. 19° Polonaise et valses pour 
piano seul ; Erl'urt et Mayence. 20° Chant de 
guerre des Allemands, pour ténor, solo et 
chœur; Bonn, Simrock. 21° Chansons de 
francs-maçons pour plusieurs voix d'hommes, 
avec accompagnement de piano; ibid. 22'' Des 
deulsclten l'alerland, chant populaire pour 
voix solo et chœur, avec piano; ibid. 23° Chants 
populaires à plusieurs voix d'hommes pour les 
habitants de la campagne; ibid. 24" Vingt- 
quatre chants de francs-maçons à plusieurs 
voix, deuxième recueil ; ibid. 25° Chansons 
allemandes pour voix seule et piano; ibid. Ce 
compositeur a laissé en manuscrit : 26° Douze- 
symphonies pour l'orchestre. 27° Deux con- 
certos pour clavecin. 2S° Un idem pour violon. 
29° Un idem pour clarinette. 50° Un idem 
pour trompette-. 31 "Six trios pour piano, violon 
et basse. 32° Deux symphonies concertantes. 
ô3° Un quatuor pour deux violons, alto et 
basse. 54° Un trio pour violon, alto et basse. 
35° Une symphonie concertante pour deux 
pianos, violon et orchestre. 56° Six sonates 
pour piano. 57° Six canons pour deux violons. 
38° Deux rondos pour piano. 39° Un Te Deum 
avec orchestre. 40" Plusieurs morceaux de 
chant détachés. Slegmann a arrangé beaucoup 
de morceaux de Haydn, Mozart et Beelhoven, 
pour divers instruments. 

STEGMAYER (Ferdinand), né à Vienne, 
en 1804, y apprit la musique dès son en- 
fance. Devenu bon violoniste et pianiste habile, 
il eut pour maître de composition d'abord Al- 
brechlsbergcr, puis le chevalier de Seyfried. Il 
occupa primitivement la place de second chef 
des chœurs au Théâtre-Impérial de Vienne. 
En 1825, il se rendit à Berlin et y obtint la 
position de directeur de musique du théâtre 
Kœnîgslœdl. Lorsque Rœckel forma la troupe 
■d'Opéra allemand qui obtint de grands succès 



à Paris, en 1829 cl 1830, ce fut Slegmayer qu'il 
choisit comme chef d'orchestre; celui-ci fit 
preuve de beaucoup d'intelligence et d'aplomb 
dans celte position. Lorsque Henri Dorn eut 
quitté Leipsick, Slegmayer fut appelé dans 
cette ville pour le remplacer en qualité de di- 
recteur de musique du théâtre. En 1838, il 
dirigeait l'orchestre de celui de Brème. Dans 
l'année suivante, il était à Prague; puis il re- 
tourna à Leipsick. On le retrouve, en 1847, 
dans la position de professeur de chant à 
Berlin. Il obtint sa nomination de professeur 
au Conservatoire de Vienne, en 1852; enfin, 
il était chef d'orchestre de Caris -Theater, en 
1800. Comme compositeur, Slegmann s'est l'ait 
connaître par deux graduels pour des voix 
d'homme; Vienne, Gloggl ; un offertoire idem, 
ibid., 1853; un grand nombre de Lieder pu- 
bliés à Berlin et à Leipsick; une ouverture de 
fête, exécutée au théâtre Kœnigsteedl, à Ber- 
lin, en 1825, pour l'anniversaire de la nais- 
sance du roi Frédéric-Guillaume III. Il a 
publié des thèmes variés pour le piano, op. 1 
et 2; Vienne, Haslinger; quelques cahiers de 
menuets, polonaises et valses pour le même 
instrument, ibid.; caprice et rondeau, idem, 
op. 7; Vienne, Leidesdorf; des marches à 
quatre mains; Berlin, Trautwein. Slegmayer 
est mort à Vienne, le G mai 1863. 

STEHLIN (Sébastien), né dans la Ligurie, 
était, en 1840, chef du chœur dans l'église 
ligurienne, à Vienne. On remarque une in- 
slruclion très-solide de tout ce qui concerne la 
tonalité dans l'ouvrage qu'il a publié sous ce 
titre: Tonarten des Choralgesanges , nach 
alten Urkunden, etc. (Les modes du chant 
choral, d'après les anciens documents, etc.); 
Vienne, Rohrmann, in-fol. de quinze pages, 
et quatre- vingt-quatre pages de musique. 

STEIBELT (Daniel), fils d'un facteur de 
pianos de Berlin, naquit dans cette ville, non 
en 1755, comme le disent la plupart des bio- 
graphes, car je l'ai connu à Paris, en 1801, à 
peine âgé de trente-six ans. Je crois que cet 
artiste célèbre n'a pas dû naître avant 1764 ou 
1765. Quoi qu'il en soit, dès ses premières 
années, il montra tant d'aptitude pour la mu- 
sique, que le roi de Prusse Frédéric-Guil- 
laume II, alors prince royal, s'intéressa à son 
sort, et lui donna Kirnberger pour maître de 
clavecin et de composition; mais Steibelt 
n'élait pas né pour régler son talent d'après 
les conseils d'un maître; il ne fut élève que de 
lui-même, comme exécutant et comme com- 
positeur. Tous les journaux de musique et les 
écrits du temps gardent le silence sur sa jeu- 



120 



STEIBELT 



nesse el sur ses premiers succès : les événe- 
ments de sa vie sont même moins connus en 
Allemagne qu'en France. L'avertissement d'un 
catalogue de l'éditeur Gnetz de Munich (1) m'a 
fait découvrir que Steibelt était dans celte 
ville, en 1788, et qu'il y publia les quatre pre- 
miers œuvres de ses sonates pour piano et vio- 
lon. Les numéros de ces œuvres prouvent 
qu'il était alors à l'aurore de sa carrière. 
Quelque temps après, André d'OfTenbach fit 
paraître de nouvelles éditions de quelques- 
unes de ces sonates détachées. Dans l'année 
suivante, Steibelt donna des concerts dans plu- 
sieurs villes de la Saxe et du Hanovre, ainsi 
que le prouve une lettre de l'organiste West- 
phal, qui est en ma possession; puis il alla à 
Manheim, et arriva à Paris au commence- 
ment de 1790. Les frères Naderman (voyez 
ces noms) ont trouvé la preuve, dans les pa- 
piers de Eoyer, leur prédécesseur, que cet édi- 
teur avait accueilli le jeune virtuose, l'avait 
logé dans sa maison, et lui avait procuré de 
puissants protecteurs à la cour. Steibelt recon- 
nut assez mal ses services, car il lui vendit 
comme des ouvrages nouveaux ses œuvres de 
sonates 1 et 2, dont il avait fait des trios, en y 
ajoutant une partie de violoncelle non obligée. 
La supercherie fut découverte peu de temps 
après, et Steibelt ne put assoupir cette mé- 
chante affaire qu'en donnant à Boyer ses deux 
premiers concertos pour indemnité. Des faits 
semblables se sont reproduits plusieurs fois 
dans sa carrière. 

L'arrivée de Steibelt à Paris fit sensation, 
malgré les graves événements qui préoccu- 
paient les esprits. A cette époque, Hermann 
(voyez ce nom) y était considéré comme le 
pianiste le plus habile : une lutte s'établit 
entre les deux virtuoses; mais les qualités du 
génie, qui brillaient dans la musique de Stei- 
belt, lui donnèrent bientôt l'avantage sur son 
rival, malgré la protection que la reine accor- 
dait à celui-ci, et l'éloignement que ce même 
Steibelt inspirait pour sa personne, par son ar- 
rogance habituelle et par les vices de son édu- 
cation. Sa musique eut beaucoup de vogue, 
bien qu'on la trouvât alors difficile: son suc- 
cès balança, près des amateurs d'une certaine 
force, le succès populaire de la musique de 
Pleyel. Au nombre des protecteurs de Steibelt 
se trouvait le vicomte de Ségur qui, fort aimé 

(I) Calaloyus der musicalisehen Werhe, welche in der 
Pfahbairisclien privilegirlen Nolenfabrique und I/and- 
lung bei J. M. Gœtz ztt Miinchen, Afannheim und 
Dùssehtorf fur beiycsetze Preese n» haben sind. 1788, 
in- 12. 



des femmes, sut les intéresser aux succès de 
son protégé. M. de Ségur avait écrit pour 
l'Opéra le livret de Bornéo et Juliette, et lui 
avait confié cet ouvrage pour en composer la 
musique; mais la partition de Steibelt fut re- 
fusée à l'Académie royale de musique, en 1792. 
Piqués de ce refus, les auteurs supprimèrent 
le récitatif, le remplacèrent par un dialogue 
en prose, et firent représenter leur pièce au 
théâtre Feydeau, qui jouissait alors de la 
vogue. Secondés par le talent admirable de 
madame Scio, ils obtinrent par cet opéra de 
Roméo et Juliette, en 1793, un des plus beaux 
et des plus légitimes succès qu'il y ait eu à la 
scène française. Bien que la musique de Stei- 
belt fût mal écrite pour les voix, et qu'on y 
trouvât des longueurs qui refroidissent l'ac- 
tion, l'originalité des formes, le charme de 
la mélodie, et même la vigueur du sentiment 
dramatique en quelques situations, ont l'ait à 
juste titre considérer sa partition comme une 
des meilleures productions de son époque, et 
ont placé son auteur à un rang élevé parmi les 
musiciens. Le succès de cet ouvrage mit Stei- 
belt à la mode sous le gouvernement du direc- 
toire; etbientôt il compta parmi ses élèves les 
femmes les plus distinguées de ce temps, entre 
autres mademoiselle de Beauharnais, devenue 
plus tard reine de Hollande, Eugénie de Beau- 
marchais, madame Zoé de la Rue, madame 
Lioltier (plus tard madame Gay), et mademoi- 
selle Schérer, fille du ministre de la guerre. 
Recherché, malgré ses fantasques boutades et 
le peu d'aménité de son caractère, il aurait pu 
dès lors prendre une position honorableet tra- 
vailler aussi utilement à sa fortune qu'à sa ré- 
putation: mais de graves erreurs l'obligèrent 
à s'éloigner de Paris, en 1798. Il se rendit 
d'abord à Londres par la Hollande, y donna 
des concerls, et s'y maria avec une jeune An- 
glaise fort jolie ; puis il alla à Hambourg, et 
y donna de brillants concerls; enfin, il visita 
Dresde, Prague, Berlin, sa ville natale, et 
Vienne, où il entra en lutte avec Beethoven. 
D'abord, il parut avoir l'avantage dans l'opi- 
nion d'un certain monde d'amateurs; mais il 
fut vaincu par le génie du grand homme. Par- 
tout les opinions se partagèrent sur son ta- 
lent : s'il eut d'ardents admirateurs, il eut aussi 
beaucoup de détracteurs. Ceux-ci lui repro- 
chaient l'usage immodéré qu'il faisait du tré- 
molo ; l'inégalité de son jeu, et la faiblesse de 
sa main gauche étaient aussi les sujets de 
beaucoup de critiques. C'est dans ces voyages 
qu'il fil entendre pour la première fois des 
fantaisies avec variations, genre de musique 



STEIBELT 



121 



dont il avait inventé la forme, et dont on a 
tant abusé depuis lors. Il joua aussi, dans ses 
concerts à Prague, à Berlin et à Vienne, des 
rondos brillants et des bacchanales, avec ac- 
compagnement de tambourin, exécuté par sa 
femme, formes musicales imaginées par lui, 
et dont la première lui a survécu. 

Dans l'automne de l'année 1800, Seibelt re- 
tourna à Paris. Il y rapportait de Vienne la 
partition de la Création du monde de Haydn, 
qui venait de paraître, et dont il avait entendu 
de belles exécutions dans la capitale de l'Au- 
triche. L'idée d'exploiter cet ouvrage à son 
profit le préoccupait: il en fit une traduction 
en prose qui fut mise en vers par M. de Ségur, 
puis il l'ajusta sur la partition de Haydn, et 
traita avec l'administration de l'Opéra pour 
l'exécution solennelle de l'ouvrage sous sa di- 
rection. J'ai sous les yeux l'original des con- 
ventions faites à ce sujet : les administrateurs 
de l'Opéra s'y engagent à payer à Steibell trois 
mille six cents francs pour son travail, et deux 
mille quatre cents à M. de Ségur, et leur lais- 
sent la propriété de leur partition traduite, 
qui fut vendue quatre mille francs à Érard. 
L'exécution de l'ouvrage ainsi arrangé eut 
lieu à l'Opéra, le 5 nivôse an ix; ce fut en y 
allant que Napoléon faillit périr par l'explo- 
sion de la machine infernale. La paix 
d'Amiens, qui fut signée peu de temps après, 
permit à Sleibelt de retourner à Londres avec 
sa femme; il saisit avec d'autant plus d'em- 
pressement cette occasion de s'éloigner de 
Paris, que les motifs qui lui avaient fait 
quitter celte ville, en 1798, n'y étaient pas 
oubliés, et lui avaient fait fermer toutes les 
portes. Peu de temps avant son départ, il avait 
écrit la musique du ballet intitulé : le Retour 
de Zéphire, qui fut représenté l'Opéra, en 
1802. 

Arrivé à Londres, Sleibelt y donna deux 
concerts brillants; mais son caractère peu 
sociable ne plut pas à la haute société anglaise, 
qui ne lui prêta pas d'appui; de là vient qu'il 
ne put se plaire en Angleterre, ni y faire de 
longs séjours. Pendant celui-ci, il composa la 
musique des ballets de la Belle Laitière et du 
Jugement de Paris, qui furent représentés 
avec grand succès au théâtre du roi. Il publia 
aussi dans le même temps , à Londres, un très- 
grand nombre de bagatelles pour le piano, 
que le besoin d'argent l'obligeait d'écrire à la 
hâte et qui nuisirent beaucoup à sa réputation. 
Au commencement de 1805, Sleibelt revint à 
Paris, el y publia plusieurs fantaisies, des ca- 
prices, des rondeaux, des éludes, et sa méthode 



avec six sonates et de grands exercices : ce 
dernier ouvrage, mal rédigé, n'eut pas de 
succès. Au commencement de 1806, il donna 
à l'Opéra la Fête de Mars, intermède pour le 
retour de Napoléon, après la campagne d'Au- 
sterlilz. Il se remit aussi à la composition de 
la Princesse de Babylone, grand opéra en 
trois actes, reçu depuis plusieurs années à 
l'Académie royale de musique. Cet ouvrage 
allait y être représenté, lorsque Steibelt partit 
subitement pour la Russie, au mois d'octobre 
1808. Dans sa route, il donna des concerts à 
Francfort, à Leipsick, à Breslau et à Varsovie. 
Arrivé à Saint-Pétersbourg, il y obtint de 
l'empereur la place de directeur de musique de 
l'Opéra français, en remplacement de Boieldieu. 
C'est pour ce théâtre qu'il écrivit Cendrillon, 
opéra en trois actes, Sargines, en trois actes, et 
qu'il refit son ancienne partition de Roméo et 
Juliette. Il y fit aussi représenter sa Prin- 
cesse de Babylone. On n'a gravé de ces ou- 
vrages que quelques airs avec piano: les par- 
titions paraissent en être perdues. Steibelt 
travaillait à son dernier ouvrage (le Jugement 
de Midas), lorsqu'il mourut à Pétersbourg, Je 
20 septembre 1825, avant d'avoir achevé celte 
partition. Sa mort laissait sa famille sans res- 
source; mais son protecteur le comte Milaro- 
dowilsch la tira de celte fâcheuse position en 
donnant à son bénéfice un concert par sous- 
cription, qui produisit quarante mille roubles. 
A voir le dédain qu'on affecte maintenant 
pour la musique de Sleibelt, on ne se douterait 
guère du succès prodigieux qu'elle eut pen- 
dant vingt ans ; succès mérité par le génie qui 
brille à chaque page. A la vérité, de grands 
défauts s'y font remarquer. Le style en est 
diffus; on y trouve des répétitions continuelles 
el fastidieuses; les traits ont en général la 
même physionomie, et le doigter en est très- 
défectueux; mais la passion, la fantaisie, l'in- 
dividualité s'y montrent à chaque instant. Les 
débuts de pièces ont tous de la fougue, du 
charme ou de la majesté; ses chants ont tou- 
jours quelque chose de tendre et d'élégant; si 
la liaison manque dans les idées, du moins 
celles-ci sont abondantes. Au résumé, la mu- 
sique de Sleibelt pèche presque toujours par le 
plan et ressemble trop à l'improvisation ; mais 
on y sent partout l'homme inspiré. Dans les 
éloges que je lui accorde, j'excepte ses der- 
niers ouvrages, indignes de sa plume et de sa 
réputation. L'état de gêne el de discrédit où 
sa mauvaise conduite l'avait fait tomber, ne 
lui laissait plus le temps de soigner ce qu'il 
écrivait pour les éditeurs de musique : alors il 



1-2* 



SÏE1BELT 



abandonna les genres de la sonale et du con- 
certo, qui avaient t'ait sa gloire, pour des ba- 
gatelles qui ne lui coûtaient aucun travail, et 
qu'il se donnait à peine le temps d'écrire. 
A l'égard de sa musique de théâtre, elle n'est 
connue (|ue par sa partition t\u Roméo et Ju- 
liette ; mais celle-ci suffit pour démontrer que 
la nature lui avait donné le génie dramatique 
autant que l'originalité «les idées. 

Comme exécutant, Steibelt méritait une 
part égale de reproches et d'éloges. Dépourvu 
«le toute instruction méthodique concernant 
le mécanisme du piano, et n'ayant eu d'autre 
maitre que lui-même, il s'était l'ait un doigter 
fort incorrect. L'art d'attaquer la touche par 
divers procédés pour modifier le son lui était 
peu connu, parce que les instruments de son 
temps, légers et brillants, mais maigres et 
secs, se prêtaient peu à ces transformations de 
la sonorité; néanmoins, il possédait à un haut 
degré l'art d'émouvoir et d'entraîner un audi- 
toire. Sa manière ne ressemblait à aucune 
autre, parce qu'il ne s'était jamais donné la 
peine d'en étudier une. Tout était chez lui 
d'instinct, d'inspiration ; aussi n'élait-il pas 
supportable lorsqu'il était mal disposé; mais 
dès qu'il se sentait en verve, nul n'avait plus 
que lui le talent d'intéresser pendant des 
heures entières. Au beau temps de sa car- 
rière, il passait pour exécuter des difficul- 
tés excessives ; aujourd'hui ses tours de 
force paraîtraient des enfantillages à nos 
virtuoses ; mais tout artiste serait heureux 
de posséder les qualités dont la nature l'avait 
doué. 

La liste exacte des productions de cet homme 
bizarre serait fort difficile à faire, parce que 
les mêmes œuvres ont été gravés sous des nu- 
méros différents en France, en Allemagne, en 
Angleterre. Voici ce que j'ai pu recueillir de 
plus complet à cet égard. Je cite les éditions 
originales : 1° Ouverture en symphonie; Pa- 
lis, Naderman. 2° Idem de la Laitière; Pa- 
ris, Érard. 5° Valses pour orchestre: Paris, 
Schonenberger. 4° Trois quatuors pour deux 
violons, alto et basse, op. 17; Paris, Boyer 
(Naderman). 5° Trois idem, op. 49; ibid. 
6° Concertos pour piano, n° 1 (en ut); ibid. ; 
n° 2 (en mi mineur) ; ibid. ; n° 3 (l'Orage, en 
mi majeur), op. 35; Leipsick, Breitkopf et 
Haertel; n° 4 (en mi bémol); Paris, Érard; 
n° 5 (en mi bémol) ; ibid. ; n° 6 (Foyage au 
mont Saint-Bernard, ensoZmineur); Leipsick, 
Pelers ; n° 7 (grand concerto militaire, avec 
deux orchestres, en mi mineur); ibid.; 
7° Quintettes pour piano, deux violons, alto et 



basse, op. 28; n° 1 (en sol), n n 2 (en ré); 
Paris, Imb.uill(Janct).8°Quatuor pour piano, 
violon, alto et basse, op. 51 ; Paris, A. Leduc. 
9" Trio pour piano, flûte et violoncelle, op. 51; 
•Paris, Pleyel. 10° Sonates en trios pour piano, 
violon et violoncelle, op. 57; Paris, Momigny; 
op. 48; ibid.; op. G5 ; ibid. 11° Sonates pour 
piano et violon, op. 1 ; Munich, Gœlz; op. 2, 
ibid.; op. 4, Paris, Sieber; op. 11; Paris, 
îîoyer ; op. 20, Paris, Imbaull; op. 27, ibid. ; 
op. 50, Paris, Leduc; op. 35, Bonn, Simrock; 
oïl 57, ibid.; op. 59, Londres, Goulding; 
op. 40, Paris, Leduc; op. 41, Londres, Goul- 
ding; op. 42 (faciles), Paris, Pleyel; op. 50 
(grandes), Leipsick, Breitkopf et Haertel; 
op. 68; Paris, madame Duhan (Schonenber- 
ger); op. 69, Paris, Frey; op. 70, ibid.; 
op. 71, Offenbach, André; op. 75, Paris, 
Pleyel; op. 74, Paris, Sieber; op. 79, Paris, 
Duhan; op. 80, ibid.; op. 81, Paris, Im- 
bault; op. 85, ibid.; op. 84, Paris, Duhan; 
ces œuvres forment ensemble soixante -cinq 
sonates. 12° Duos pour piano et harpe, n° 1, 
Paris, Leduc ; n os 2 et 5, Paris, Érard; 15° So- 
nates pour piano seul, op. C, Paris, Nader- 
man ; op. 7, ibid.; op. 9, Leipsick, Breitkopf 
et Haertel ; op. 15, 10, Paris, Sieber; op. 25, 
24, Leipsick, Breitkopf et Haertel ; op. 25 
(l'amante disperala), Paris, Imbaull; op. 57, 
Offenbach, André: op. 41, Leipsick, Breit- 
l.opf et Haertel; op. 49, Paris, Érard; op. 59 
(grande), ibid.; op. 61, Paris, Pleyel; op. 62, 
Paris, Érard; op. 65, Paris, Imbault; op. 64, 
Paris, Érard; op. 66, Paris, Leduc; op. 75, 
Paris, Érard; op. 76 (grandes), Paris, Duhan ; 
op. 77 (faciles), ibid.; op. 82 (sonate mar- 
tiale), Paris, Pleyel; op. 85, ibid.; ces sonates 
sont au nombre de quarante-six. 14° Pré- 
ludes pour le piano, op. 5, Paris, Leduc; op. 25, 
Paris, Imbault. 15° Divertissements, op. 9, 
28, 56, Paris, Imbault. 16" Rondeaux, op. 29, 
50, 55, 45, 57, 63, 05, Paris, Naderman, 
Érard ; Offenbach, André. 17° Études et exer- 
cices; liv. I, II, III, IV, V, Paris, Leduc, Du- 
han; idem, tirés de la méthode, Paris, Im- 
bault. 18° Pots-pourris, n os 1 à 20, chez tous 
les éditeurs. 19° Environ quarante fantaisies 
sur des thèmes d'opéras et autres, ibid. 20° Un 
très-grand nombre d'airs variés, îTn'd. 21 "Cinq 
cahiers de valses, ibid. 22° Six cahiers de bac- 
chanales avec tambourin, ibid. 25° Plusieurs 
cahiers de marches, ibid. 24° Romances d'Es- 
telle, avec piano, Paris, Naderman. Dix ou 
douze éditions de la plupart de ces ouvrages 
ont été publiées en France, en Allemagne et 
en Angleterre.. 



STEIFFENSANT — STEIN 



123 



STEIFFENSAND (Wilïielm ou Guil- 
laume), pianiste et compositeur, né, je crois, 
dans la Poméranie, vécut longtemps à Berlin, 
où il fut élève de Delin pour l'harmonie et la 
composition. En 1846, il a donné des séances 
de musique de chambré avec les frères Slœhl- 
knecht. En 1856, il s'est éloigné de Berlin, 
mais on n'a pas de renseignements sur le lieu 
où il a fixé sa résidence. Steiffensand est un 
musicien sévère et d'une instruction solide : 
ses compositions sonthien écrites et ne man- 
quent pas d'originalité. Les ouvrages qu'il a 
publiés sont en petit nombre. On y remarque : 
1° Sonate pour piano (en ré mineur), op. 2; 
Berlin, Slern. 2° Quatre pièces caractéristiques 
pour piano; Berlin, Schlesinger. 5° Sonate 
pour piano, op. 13; Leipsick, Breitkopf et 
Hcerlel. 4" Sonate pour piano et violoncelle, 
op. 15; Leipsick, Kislner. 5° Scherzo gracioso 
pour piano ; Berlin, Stern. 6° Plusieurs re- 
cueils de Lieder; Leipsick, Breitkopf et Haer- 
tel; Berlin, Bock; Berlin, Slern, etc. 

STEL>f (Jean-André), organiste de l'église 
réformée d'Augsbourg et facteur de clavecins 
et de pianos, naquit en 1728, à Heidelsheim, 
dans le Palatinat. Élève de Silbermann pour 
la construction des instruments, il n'était âgé 
que de vingt-sept ans lorsqu'il commença, en 
1755, le grand orgue des Cordeliers d'Augs- 
bourg, ouvrage excellent qui l'ut achevé deux 
ans après. Cet instrument est composé de 
quarante-trois jeux, deux claviers à la main et 
pédale. En 1758, Stein fit un voyage à Paris, 
et y perfectionna son habileté dans la con- 
struction des clavecins. Ce fut dans cette ville 
qu'il conçut et exécuta son premier clavecin 
organisé. De retour à Augsbourg, il y con- 
struisit l'orgue de la cathédrale. Marchant sur 
les traces de son maître pour la fabrication des 
pianos, il en fit un grand nombre qui se ré- 
pandirent en Allemagne, en France, dans les 
Pays-Bas, et qui eurent de la réputation à 
cette époque. Mozart les loue sans restriction 
dans une lettre à son père, du 17 octobre 1777; 
il les considérait comme supérieurs à ceux des 
autres facteurs de son temps. Son mécanisme, 
à pilote simple et à marteau léger suspendu 
par une charnière en peau, fut adopté par les 
facteurs anglais de cette époque, et par Érard, 
dans ses premiers pianos. En 1770, Stein con- 
struisit un instrument d'expression à clavier 
auquel il donna le nom de Melodica. On en 
donna une description dans la Bibliothèque 
des Beaux- arts (Bibliothek der schœnen Wis- 
senscliaflen, ann. 1772, tome XIII, pages 106- 
116), et Stein fit paraître lui-même une 



aulre notice intitulée : Beschrcibung meiner 
Melodica (Description de ma Melodica); Augs- 
bourg, 1775, in-8" de vingt-deux pages. Sui- 
vant Forkel (Jllgem. Litteratur der Musik, 
page 263), celle notice est de Jean-Chrétien 
Ileckel, diacre à Augsbourg; mais Gerbe r as- 
sure qu'elle a été écrite par Stein lui-même. 
On cite aussi comme des inventions de ce fac- 
teur, un clavicorde d'une espèce particulière 
appelée Polgtoni-Clavicordium , dont la 
description se trouve dans la feuille d'annonces 
d'Augsbourg, du 5 octobre 1769; le grand 
piano organisé qu'il construisit [tour le roi de 
Suède, et un grand piano double appelé ris- 
à-vis, pour le même prince; enfin, VHarmo- 
nicon, instrument à clavier qui paraît être la 
même chose, et dont un certain professeur 
Clirislmann a donné une notice dans le n" 45 
de la Gazette musicale de Spire, de 1789. An- 
dré Stein mourut à Augsbourg, le 22 février 
1792, des suites d'une hydropisie, à l'âge dé 
soixante-quatre ans. Dans les dernières années 
desa vie, sa fabrique d'instruments fut dirigée 
par son fils, André Stein, et par sa fille Nanelle 
Siein, connue plus lard sous le nom de ma- 
dame Streicher. 

STEIN(Nanette).F.STREICUER(M'» c ). 

STEIN (Jean-Georges), bon facteur d'or- 
gues, né à Berlslaedl, près d'Erfurt, vécut vers 
le milieu du dix-huitième siècle. En 175Ô, il 
construisit à l'église Sainte-Marié de Uelzen, 
un inslrument.de trente-deux jeux, deux cla- 
viers et pédale. 

STEIN (Frédéric), le plus jeune des en- 
fants de Jean-André Stein, habile pianiste et 
compositeur, naquit à Augsbourg, en 1784, et 
mourut à Vienne, le 5 mai 1809, à l'âge de 
vingt-cinq ans. Il fut élève d'Albreclilsberger 
pour l'harmonie et le contrepoint. On a im- 
primé de sa composition pour le piano : 
1° Bagatelles, op. I ; Vienne, Steiner. 2° Ron- 
deau facile, op. 2; ibid. 3° Sonate pour piano 
seul, op. ô ; Vienne, Mechetti. Il a écrit aussi 
pour le théâtre de Léopold, à Vienne : 1° Der 
KampfumMitternaclU (Le combat vers mi- 
nuit). 2° La Fée Radiante. 

Un aulre pianiste nommé Stein (Fr.), posté- 
rieur au précédent, et qui paraît être fixé à 
Vienne, a publié environ soixante-dix œuvres 
de variations pour le piano, particulièrement 
sur des thèmes des opéras de Rossini, des 
contredanses et des chansons allemandes. Cet 
artiste appartient vraisemblablement à la 
famille d'André Slein : il n'en est pas parlé 
dans le Lexique universel de musique, publié 
par le docteur Schilling. 



121 



STE1N — STEINBART 



STEEV (K.), pseudonyme sous lequel s'est 
quelquefois caché KEFERSTEIN {voyez ce 
nom). 

STEIIV (Charles), directeur de musique et 
organiste de la Sladlkirche, à Willenberg, est 
né le2o octobre 1824, à Niemeck (Prusse). Dès 
son enfance il montra d'heureuses dispositions 
pour la musique. L'organiste Brandt, de ce 
lieu, fut son premier guide dans cet art et lui 
enseigna à jouer de l'orgue. Plus tard il entra 
au séminaire des instituteurs, à Berlin, où il 
devint élève de A.-W. Bach, de Grell et de 
Killitschgy, puis il suivit les cours de l'Aca- 
démie royale des beaux-arts et eut pour profes- 
seur Rungenhagen et M. Marx. Après avoir 
vécu quelque temps à Berlin, où il se livrait à 
l'enseignement particulier, il ohtinlles places 
d'organiste de l'église de la ville et de profes- 
seur de musique au gymnase de Willenberg, 
en 1850. Au nombre de ses ouvrages, on 
compte l'oratorio la Naissance du Christ, le 
Psaume 71 qui fut exécuté à la fêle musicale 
de Wittenberg, en 1846, la cantate intitulée 
Ein Abend in Neapel (Une soirée à Naples), 
en 1848, et une symphonie (en mi mineur), 
exécutée à Berlin. On a gravé de sa composition 
des Lieder , le livre choral de "Willenberg, 
Polsdam, Riegel, et quelques petites pièces 
pour le piano. 

STEIN (Frédéric), professeur de musique 
à Crefeld, s'est fait connaître par un petit ou- 
vrage intitulé : Der erste Unterricht in dcr 
Harmonielehre ( L'Enseignement primaire 
dans la science de l'harmonie); Crefeld, 1845, 
in-8°. 

STEIIV (P.), professeur de musique aux 
écoles populaires de Coblence, en 1840, a pu- 
blié pour l'usage de ces écoles catholiques : 
1° Der Gesangfreund (L'Ami du chant), re- 
cueil de chants à deux, trois et quatre voix pour 
les écoles populaires, première, deuxième et 
troisième suites; Coblence, Blum. 2° Lieder 
und Messgesxnge ans dem Gesangbuche fiir 
der Diœzese Trier (Cantiques et chants me- 
surés du livre choral du diocèse de Trêves, 
pour les écoles d'adultes, arrangés à trois 
voix); Coblence, Hoelscher. 3" Marienlieder 
(Canliques île Marie), à trois voix; ibid. 
4° Recueil de canliques à deux et trois voix 
pour les classes des écoles populaires catholi- 
ques; Coblence, Blum. 

STEIIN (Albert-Gérion), curé de l'église 
Sainte-Ursule, à Cologne, et professeur de 
chant au séminaire clérical de l'archevêché, 
né vers 1815, est auteur de divers ouvrages in- 
titulés : 1° Kyricde sive Ordinarium fljissx 



continens cantum gregorianum ad Kyrie, 
Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei pro 
diversitate temporis ac festorum per annum 
juxla usum Metropolitanx Ecclesix Colo- 
niensis , cui accedunt cantiones aliquot 
sacrx in Mi$sa post elevationem cantandx 
nec non modus respondendi ad versiculos 
in Missa et cantandi Jte Missa est, etc.; 
Colonix, ap. J.-P. Bachem, 1860, in-8°de 
quatre-vingt-huit pages, quatrième édition. 
2° Kœlnisches Gesang und Andachtsbuch 
(Livre de prières dévotes et de chanls à l'usage 
des congrégations catholiques, suivi d'un re- 
cueil de canliques avec mélodies); Cologne, 
J.-P. Bachem, 1860, huitième édition. Plus de 
cent quinze mille exemplairesde ce recueil ont 
été vendus jusqu'au moment où cette notice 
est écrite. 5° Orgelbegleitung zu den Melo- 
dieen des Kœlnischen Gesangbuches (Accom- 
pagnement d'orgue pour les mélodies du livre 
de chant de Cologne); ibid., petit in-4" de cent 
cinquante-six pages. 4° Die Katolische Kir- 
chenmusifc nach ihrer Bestimmung und 
ihrer dermaligen Beschuffenheit dargestelll 
(La musique d'église catholique , exposée 
d'après sa nature et sa destination spéciale); 
ibid., 1864, petit in-8° de cent vingt-six 
pages. 

STEINACKER (Charles), pianiste et 
compositeur, né en 1789, était fds d'un libraire 
deLeipsick. Il était employé dans la librairie 
de Gœschen de cette ville, lorsqu'il abandonna 
celle position pour aller achever ses études à 
Vienne. Ses heureuses facultés musicales se 
révélèrent dans quelques petits opéras, entre 
autres Hass und Liebe (La haine et l'amour), 
La Vedette, elc, ainsi que dans quelques 
œuvres pour le piano, où l'on trouve un talent 
réel. Malheureusement, la guerre de l'indépen- 
dance de l'Allemagne l'obligea de servir 
comme soldat. Il prit part aux campagnes de 
1815 et 1814; lorsqu'il retourna en Allemagne, 
il était atteint de la maladie dont il mourut le 
18 janvier 1815. Parmi ses œuvres de piano, 
on remarque une grande sonate, op. 10; 
Vienne, Diahelli; des fantaisies, dont une sui- 
des motifs de Don Juan; une ouverture mili- 
taire à quatre mains, et plusieurs suites de 
polonaises et de valses. On connaît aussi de 
lui des chants pour plusieurs voix d'hommes. 

STEIISBART (Gotthilf-Samuel), con- 
seiller du consistoire, professeur de philosophie 
à Francfort-sur l'Oder et directeur des écoles 
publiques à Zullichau, naquit dans cette der- 
nière ville, le 24 septembre 1758, et mourut à 
Francfort, le 5 février 1809. Au nombre de ses 



STE1NBART — STEINER 



125 



ouvrages, on remarque celui qui a pour titre : 
Grundbegriffe zur Philosophie iïber den 
Geschmach (Idées pour la philosophie du goût), 
première partie; Zullichau, 1785, in-8° de 
douze feuilles. Cette première partie, la seule 
qui ail paru, renferme la théorie générale des 
beaux-arts, et en particulier de la musique, 
d'après les principes de Kirnberger. 

STEINBEER (Frédéric-Albert), docteur 
en médecine et en philosophie, né à Brande- 
bourg, sur la Havel, en 1804, a fait ses études 
à l'université de Berlin, et y a fait imprimer 
une thèse intitulée : De Musices atque Poesos 
vi salutari operis prodromus. Dissert, 
inauguralis psychologico-medica ; Berolini, 
1826, in-8° de quatre-vingt-seize pages. 

STEINBERG (Chrétien - Gottlieb ou 
Théophile), docteur en philosophie et pré- 
dicateur à Breslau, né le 24 février 1758, 
est mort dans cette ville, le 23 mai 1781. 
Parmi ses nombreux écrits, on en remarque 
"n, publié sous le voile de l'anonyme, qui 
a pour titre : Ueber die Kirchen-Musik 
(Sur la musique d'église); Breslau, 1766, 
in-8°. 

STEINBRECHER (Jacques), cantor à 
Belgrana,.dans la Thuringe, vers la seconde 
moitié du seizième siècle, est auteur d'un 
traité élémentaire de musique, intitulé : De 
arte canendi puerilia quxdam pedestri ora- 
tione , tyronibus scholx Belgranx propo- 
sita ; Mulhusii Duringorum excudebat Geor- 
gius Hantzsch, 1571, petit in-8°de sept feuil- 
lets non chiffrés. 

STEINDOIIF (Jean-Martin), cantor à 
Zwickau, naquit le 18 mars 1665, à Deutleben, 
dans le duché de Weimar. Ses heureuses dis- 
positions lui firent obtenir, à l'âge de treize 
ans, une bourse dans le couvent de Rosleben, 
où il acheva ses études préparatoires, en 1684. 
Puis il se rendit à l'université de Jéna. En 
1687, il obtint une place à Schœnenfels,etdeux 
ans après, une autre à Grœtz. En 1691, il fut 
appelé à Zwickau en qualité de cantor, y passa 
le reste de ses jours, et y mourut en 1759. Il 
avait étudié le contrepoint sous la direction de 
David Fttnck. Un très-grand nombre de can- 
tates pour des fêtes, deyi/aym/îca^detixannées 
entières de musique d'église, l'oratorio inti- 
tulé : Historia Resurrectionis Christi, qu'il 
mit quatre fois en musique, quatre cantates, à 
l'occasion du jubilé de 1735, et une musique 
pour la'prestation du serment, dans la même 
année, sont les principaux ouvrages de sa 
composition : tous sont restés en manu- 
scrit. 



STEINER, ou plutôt STAINER (1) 
(Jacques), naquit vers 1620, à Absom, village 
du Tyrol, près d'Inspruck (2). Ses parents, qui 
le destinaient à l'état ecclésiastique, lui firent 
commencer ses études ; mais il y montra peu 
d'aptitude, n'ayant de dispositions naturelles 
que pour la facture des instruments de mu- 
sique. Encore enfant, il fabriquait de gros- 
siers violons. Une vocation si évidente décida 
les parents de Steiner à envoyer leur fils à 
Crémone travailler chez Nicolas Amati. Après 
quelques années de travail dans les ateliers de 
cet habile facteur d'instruments, il acquit lui- 
même une habileté égale à celle de son maître. 
Ce fut alors qu'il fabriqua des violons qu'on 
dislingue comme ceux de sa première époque, 
et qui sont de la plus grande perfection, mais, 
malheureusement, de la plus grande rareté. 
Les instruments de cette époque sont datés de 
Crémone, et ont une étiquette écrite et signée 
de la main de Steiner. On les reconnaît aux 
signes suivants : les voûtes sont plus élevées 
que celles des Amati; les § sont petites et 
étroites; les volutes moinsallongées que celles 
des violons des Amati, et plus larges dans la 
partie antérieure. Le bois est à larges veines, 
et le vernis estcelui des Amati. Le plus bel in- 
strument connu de cette première époque de 
Steiner avait passé de la succession de M. De- 
sentelles, ancien intendant des menus-plaisirs 
du roi, dans les mains de Gardel, premier 
maître de ballets de l'Opéra, et amateur de 
violon distingué. Il porte la date de 1644. 

Steiner, ayant épousé une fille de son maître 
Amati, alla s'établir avec elle à Absom. Il 
règne une grande obscurité sur cette seconde 
époque des travaux de Steiner ; les événements 
sont rapportés de manières si contradictoires, 
qu'en l'absence de documents authentiques, 
on ne peut que s'abstenir. Suivant une de ces 
traditions, forcé de beaucoup travailler pour 
nourrir sa famille , il fabriqua des violons, 
violes et basses de qualité très-inférieure à ses 
premiers instruments. Obligé de colporter lui- 
même les produits de sa fabrique, et obtenant 
rarement de ses violons plus de six florins, il 
devait suppléer par la rapidité de leur con- 

(1) Cette orthographe n'est point allemande ; mais c'est 
celle que Steiner avait adoptée par ignorance. 

(2) Les renseignements que je fournis dans cette no- 
tice sur le célèbre luthier Steiner ont été ignorés de 
tous les biographes et historiens de la musique; je les 
dois en parties aux recherches de Cartier (voyez ce nom) 
pour son histoire du violon; aux notes manuscrites de 
Boisgelou, et à un mémoire de Woldcmar (voyez ces 
noms), ainsi qu'aux informations que j'ai prises près 
des luthiers les plus instruits. 



126 



STEINER 



struction au peu d'argent qu'il en tirait. Le 
vernis des instruments de cette époque est 
îougeàtre et opaque. Steiner demeura, dit-on, 
quelque temps dans cette position ; mais dans 
la suite, les artistes reconnurent le mérite de 
ses instruments, et la réputation de ceux- 
ci commença à s'étendre en Allemagne. 
Plusieurs princes et seigneurs lui de- 
mandèrent des violons, des violes et «les 
basses: il les fabriqua avec beaucoup plus de 
soin, prit des élèves et monta son atelier. Les 
instruments qu'il fabriqua pour quelques-uns 
des princes et seigneurs dont il vient d'être 
parlé se reconnaissent aux têtes de lions, de 
tigres on d'autres animaux dont il ornait les 
volutes, et qu'il lirait des blasons de ces per- 
sonnages. Dans la confection du grand nombre 
d'instruments à archet qui sortirent alors de 
ses ateliers, Steiner fut aidé par son frère Marc 
Steiner, frère ermite, par les trois frères Klots 
(Mathias, Georges et Sébastien), et par Al- 
bani, tons ses élèves. Plus tard, on a quelque- 
fois confondu les instruments que fabriquèrent 
les Klots seuls avec ceux de Steiner de cette 
époque; mais le vernis des Klots est d'un fond 
noir avec des reflets jaunes, tandis que celui 
de Steiner est d'un rouge d'acajou bruni par 
le temps. Les instruments de la seconde 
Époque de ce facteur sont datés d'Absom, de- 
puis 1G50 jusqu'en 16G7. Le sapin des tables 
d'harmonie est ordinairement à veines serrées; 
le bois du tond, des éclisses et du manche est 
à très-petites côtes serrées et unies. Les éti- 
quettes de ces instruments sont imprimées. Le 
violoniste Ropiquet, de Paris, qui fut un 
grand connaisseur en instruments à archet, a 
possédé, dit-on, un quintette composé de deux 
violons, alto, violoncelle et contrebasse de la 
plus grande beauté, avec des têtes de lions, 
appartenant à cette époque: par une exception 
fort rare, les violons étaient d'un très-grand 
patron. A cette époque appartiennent aussi : 
1° Un violon qu'a possédé le marquis de la 
Rosa, grand d'Espagne, et qu'on a vu à Paris 
entre les mains de Lupot (voyez ce nom). 
2° Celui du comte de Marp, amateur de violon 
à Paris. 3° Celui de Frey, ancien artiste de 
l'orchestre de l'Opéra, et éditeur de musique. 
4° Enfin, l'alto admirable qui a appartenu à 
M. Matrôt de Préville, ancien gouverneur du 
port de Lorient. Aujourd'hui, le célèbre vio- 
loniste Alard en possède un de la plus grande 
beauté. Beaucoup d'instruments attribués à 
Steiner n'ont pas été faits dans son atelier. 

Suivant la tradition, après la mort de sa 
femme, Steiner se relira dans un couvent de 



bénédictins, où il passa le reste de ses jours ; 
mais, par une pensée digne d'un véritable ar- 
tiste, il voulut terminer sa carrière mondaine 
par une production qui mît le comble à sa 
gloire. Par le crédit du supérieur de son cou- 
vent, il parvint à se procurer des bois d'une 
rare qualité, à ondes régulières et serrées, 
dont il fit seize violons, modèles de toutes les 
perfections réunies. Il en envoya un à chacun 
des douze électeurs de l'empire, et donna les 
quatre autres à l'empereur. Depuis lors, ces 
instruments ont été connus sous le nom de 
Stefner-électcur. Sons purs, métalliques, aé- 
riens, semblables à ceux d'une belle voix de 
femme; grâce, élégance dans la forme; fini 
précieux dans les détails; vernis diaphane 
d'une couleur dorée; telles sont les qualités 
qui distinguent ces produits de la troisième et 
dernière époque du talent de Steiner. Les éti- 
quettes de ces instruments sont écrites et si- 
gnées de la main de ce luthier célèbre. Trois 
de ces instruments d'élite sont connus aujour- 
d'hui ; le sort des autres est ignoré. Le premier 
fut donné par l'impératrice Marie-Thérèse à 
Kennis, violoniste de Liège (voyez la biogra- 
phiede cet artiste). L'antre fut acheté,enl"7l, 
pour la sommede troismillecinq cents florins, 
en Allemagne, par le duc d'Orléans, aïeul du 
roi de France, Louis-Philippe. Plus tard, ce 
prince, ayant cessé de jouer du violon, donna 
cet instrument à Navoigille jeune, un soir 
qu'il avait eu beaucoup de plaisir à l'entendre 
accompagner madame de Monlesson avec ce 
même violon. Ce précieux instrument a passé 
entre les mains de Cartier, en 1817. C'est chez 
cet artiste que je l'ai vu et entendu. Le troi- 
sième violon-électeur connu était dans le ca- 
binet du roi de Prusse. Frédéric-Guillaume II. 
La date de la mort de Steiner n'est pas 
connue. Les instruments vrais de la première 
et de la dernière époque de Steiner étaient 
autrefois recherchés et avaient un haut prix; 
la mode en est maintenant passée, et leur va- 
leur commerciale est beaucoup diminuée. Le 
célèbre luthier Yuilliaume en a possédé un de 
très-belle qualité dont il avait fixé le prix à 
400 Trancs. 

STEINER (Jean-Louis), compositeur alle- 
mand, vécut à Nuremberg, puis à Zurich, dans 
la première moitié du dix-huitième siècle. Les 
ouvrages connus de sa composition sont: \°Sei 
sonate da caméra de' quali si espone presen- 
tamente due a violoncello solo, col basso con- 
tinuo; Nuremberg, 1731. 2° Des psaumes à 
plusieurs voix avec basse continue ;ibid., 1734. 
3° Un recueil de motets à deux voix de dessus 



STE1NER — STEINMULLER 



\ ç n 



avec hasse continue; Zurich, 1759. 4° Kurz- 
leicht-und griindlicher Noten- Buchlein, 
oder Anleitnng zur edlen Sing- und kling- 
hunst; etc. (Petit livre de principes faciles, ou 
introduction au noble art du chant, etc.); Zu- 
rich, 1728. 

STEOER (...), chanoine de la cathédrale 
de Breslau, fut grand amateur et connaisseur 
en musique. En 1790, il fut nommé régent du 
consistoire. Il mourut à Breslau, en 1817. On 
a de lui un écrit intitulé : Uebe.r den deutschen 
Kirchengesang (Sur le chant d'église alle- 
mand), inséré dans la feuille du diocèse de 
Breslau, première année, pages 507 et sui- 
vantes. 

STEÏNFELD (A. -Jacques), organiste à 
Bergedorff, près de Hambourg, né en 1757, 
est mort à Hambourg, en 1824. Il s'est fait 
connaître par divers ouvrages de sa composi- 
tion, dontGerber ne cite que ceux-ci : 1° Six 
solos pour la flûte, op. 10; Berlin, 1784. 
2° Trois sonates pour le clavecin; Lubeck, 
1788. 5° Trois sonatines, idem; ibid., 1788. 
4° Six rondos faciles pour le piano; Hambourg, 
1797. 5° Douze chansons allemandes avec un 
andante à quatre mains, varié pour le piano; 
ibid., 1797. 6° Six quatuors pour deux clari- 
nettes et deux cors, avec timbales ad libitum, 
op. 20 ; Offenbach, André, 1802. 7° Odes poul- 
ie chant avec piano; Hambourg, 1780. Le fils 
de cet artiste (Jacques Steinfeld), né à Berge- 
dorff, le 14 janvier 1788, a eu pour maître de 
piano et de contrepoint le directeur de musique 
Schwencke. Il est professeur de piano et de 
chant à Hambourg. 

STEINGUDETV (Constantin), frère mi- 
neur, maître de chapelle à Constance, vers le 
milieu du dix-septième siècle, est cité par 
Prinlz, dans son histoire de la musique, 
comme un des meilleurs compositeurs de son 
temps. Son œuvre quatrième a pour titre : 
Flores hyemales a 5, 4 vocibus cum instru- 
mentis; Constance, 1666. 

STEINRÙIILEU (Emile), pianiste, vio- 
loniste et compositeur, né à Dusseldorf, le 
1 2 mai 1824, commença, à l'âge de quatre ans, 
l'étude de la musique et du piano sous la di- 
rection de son père, et prit des leçons de violon 
dès sa cinquième année. A dix ans, il donna 
son premier concert au théâtre de Dusseldorf 
et y exécuta deux morceaux de piano et deux 
<le violon. Il fit ensuite avec son père un voyage 
dans les provinces rhénanes. L'arrivée de 
Mendelssohn à Dusseldorf fut un événement 
heureux pour le jeune Steinkiihler, qui le prit 
pour modèle dans ses études. A l'âge de seize 



ans, il écrivit un premier opéra intitulé Die 
Jlpenhutte (La chaumière des Alpes), ainsi 
que ses premières compositions pour le piano 
et pour l'orchestre. A dix-sept ans, il se rendit 
à Francfort et y prit des leçons d'AloysSchmitt 
pour perfectionner son talent de pianiste. Son 
séjour dans celte ville se prolongea pendant 
cinq ans, et dans cet intervalle il écrivit trois 
symphonies, dont la première fut exécutée en 
1845, des ouvertures, des chants pour quatre 
voix d'hommes, et un opéra en trois actes 
{Cesario) , qui fut représenté avec peu de 
succès à Dusseldorf en 1848. Après avoir visité 
Paris, M. Steinkiihler s'est fixé à Lille (Nord), 
où il vit en ce moment (1864), en qualité de 
professeur de son art et de directeur de musi- 
que de la société chorale de Sainte-Cécile. 
Parmi les ouvrages qu'il a publiés, on remar- 
que un grand trio pour piano, violon et violon- 
celle, op. 55; Paris, Richault; des morceaux 
pour piano et violoncelle, op. 12et50;Maycnce, 
Schott et Paris, Richault; des marches pour 
piano, op. 4 et 51 ; Francfort, Hedler, Paris, 
Richault; une ouverture de concert (en ré), 
arrangée pour piano à quatre mains; ibid.; 
des pièces de salon pour piano; ibid.; des 
chants pour quatre voix d'hommes, op. 6; 
Francfort, Hedler; des Lieder à voix seule 
avec piano, et des romances. 

STEII\MAJM\ (Christophe), organiste à 
Voilsberg, près d'Erfurt, puis à Grossen-Nord- 
hausen, village près de Weimar, vécut vers le 
milieu du dix-septième siècle. Il a fait imprimer 
de sa composition : 1° Motetten fur 8 Stim- 
men (Motels à 8 voix); Jéna, 1659. 2° Rosen- 
Kranzlein (Petite couronne de roses, collec- 
tion de chansons à plusieurs voix); Erfurt, 
1660, in -4". 

STEIISMULLER. Trois frères de ce nom 
(Jean, Joseph et Guillaume), excellents cor- 
nistes, furent attachés à la chapelle du prince 
Esterhazy, à l'époque où Haydn la dirigeait. 
Ils voyagèrent en Allemagne pour y donner 
des concerts, et se firent entendre à Hambourg, 
en 1784. L'un d'eux vivait encore en 1798, et 
fit alors imprimer à Brunswick son œuvre 
douzième, consistant en un concerto pour cor 
avec orchestre. Le catalogue de Westphal, de 
Hambourg, indique, en manuscrit, quinze 
solos pour cor, quatorze trios pour trois cors, 
douze duos pour deux cors, et plusieurs autres 
ouvrages de la composition de ces artistes. 
Guillaume Steinmliller est auteur d'un petit 
traité de musique intitulé : Der Musikschuler. 
Ein handbuch fur Sanger und Instrumen- 
lalisten (L'Écolier musicien. Manuel pour les 



128 



STE1NMULLER — STEPHAN 



chanteurs etles instrumentistes); Cumersbacli, 
1856, in-8°. 

STEINICKE (Albert), cantor et orga- 
niste à Slellin (1830-1845), n'est mentionné 
par aucun biographe allemand, quoique deux 
ouvrages que je connais de lui indiquent un 
artiste de talent. Parmi ses compositions, on 
remarque : 1° Motet pour quatre voix 
d'hommes (TFie lieblich sind deine Woh- 
nungen), en partition, op. 25 A; Stetlin, 
Friese. 2" Motet à quatre voix (soprano, con- 
tralto, ténor et basse), en partition, op. 25 B ; 
ibid. 3° Psaume pour la fête du 15 octobre 
(Singet frœlich vnserm Gutle), pour quatre 
voix d'hommes, en partition, op. 26; ibid. 
4° Cinquante préludes courts et faciles de 
chorals pour orgue; Berlin, Traulwein. 

STELLA (Joseph-Marie), moine de l'élroile 
observance à Rome, né à Mirandola, dans le 
duché dç Modène, au commencement du dix- 
septième siècle, fut lecteur de théologie de son 
ordre, prédicateur général et vicaire du chœur 
d'Araccli, paroisse de Rome. Il a fait impri- 
mer un petit traité du plain- chant intitulé : 
Brève islruttione alli giovaniper imparare 
cun ogni facilita il canto fermo, divisa in 
dueparti ; in Roma, 1665, un volume in-4° 
de cent quarante-neuf pages à la première 
partie, et de cent onze à la seconde. Cet ou- 
vrage est particulièrement relatif au chant 
des moines de l'ordre de Saint-François. La 
deuxième édition a pour titre : Brève islrut- 
tione agli giovani per imparare il canto 
fermo ; in Roma, 1675, in-4°. 

Un compositeur napolitain, nommé Scipion 
Stella, cité par Cerreto (Délia pratlica mu- 
sica, lib. 3, p. 156), vivait à Naples, en 1601. 
J.-B. Doni dit de ce musicien qu'il fut très- 
savant compositeur, et qu'il entra dans l'ordre 
des Théalins, où il mourut avant l'année 1635 
(voyez Compend. del Trattato de' generi e 
de' modi, p. 5). 

STENDHAL. T'oyez BEYLE. 

STENEKEN (Conrad), littérateur et ama- 
teur de musique, né à Brème, dans la première 
moitié du dix-septième siècle, a fait imprimer 
de sa composition un recueil d'allemandes, 
courantes et chansons pour deux violons, viole 
et basse continue, sous le litre de Hortxdus 
musicus, Brème, 1662. 

STENGEL (Chrétien-Louis), né à Nauen, 
le 17 août 1765, fut d'abord conseiller référen- 
daire dans celte ville, puis obtint, en 1793, les 
places de fiscal de la cour de Prusse, et de 
commissaire de justice, à Berlin. Amateur de 
musique, il s'est fait connaître comme écri- 



vain sur cet ail, par une disserlation insérée 
dans le Musikalisch Monatschrift de Berlin, 
sous ce litre : Gedanken iiber den Vrsprung 
und iiber den Gebrauch des Septimen Quart- 
Secundenaccords (Idées sur l'origine et 
l'usage de l'accord de septième et quarte), 
ann. 1792, p. 126-129, et 145-150. On a aussi 
de sa composition : 1° Cinq chanis religieux à 
cinq voix ; Berlin, 1795. 2° Romance du Doc- 
teur et V Apothicaire, variée pour le piano; 
Berlin, Rellstab, 1795. 

STENGEL (F. DE), bon flûtiste au service 
de la cathédrale de Freysing, dans le Pala- 
linal, vécut dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle. Il a fait imprimer à Manheim, 
vers 1780, un concerto de flùle de sa composi- 
tion. 

STENGEL (G.), bon chanteur allemand, 
était attaché à l'Opéra de Vienne en 1800, et 
y publia deux recueils d'arietles et de chants à 
voix seule, avec accompagnement de piano, 
œuvres 5 me et 6 me , chez Weigl. En 1805, il l'ut 
engagé au Ihéàlre de Cassel. Il avait fait re- 
présenter au théâtre de Hambourg, en 1798, 
Amadis des Gaules, opéra de sa composi- 
tion. 

STENGER (Nicolas), docteur en philo- 
sophie, professeur de théologie et de langues 
orientales, et inspecteur du gymnase réformé, 
à Erfui t, naquit dans celle ville, le 31 août 
1609. Après avoir été organiste de l'église 
Saint-Thomas, il fut deux fois recleur de l'uni- 
versité, et mourut le 5 avril 1680. On a de lui 
un traité de musique à l'usage des écoles, in- 
titulé : Manuductio ad musicam theoreti- 
cum, dast ist : Kurze Anleilung zur Singe- 
Ininst, etc.; Erfurl, 1635, in-8° de six feuilles. 
D'autres éditions de cet ouvrage ont été pu- 
bliées dans la même ville, en 1653, 1660 et 
1666. Il y en a aussi une imprimée à Hildes- 
heim, en 1695, in-8°. 

STENZEL (Georges-Frédéric), facteur 
d'orgues à Giersdorf, en Silésie, vers le milieu 
du dix-huitième siècle, a construit, en 1750, 
à Wuslgiersdorf un orgue de vingt et un jeux. 

STEPHAN, ou plutôt STEFFEN, père 
et fils (Gaspard-Melchior, et Michel), bons 
facteurs d'orgues à Breslau, dans la seconde 
partie du quinzième siècle, ont construit, en 
1483, le grand orgue de la cathédrale d'Er- 
furt. 

STEPHAN (Clément), né à Bucbau, dans 
le Wurtemberg, vers 1520, fut cantor à Nu- 
remberg; puis il se démit de ses fonctions, et 
vécut sans emploi dans la même ville. Il a fait 
imprimer de sa composition :1° Passio secun- 



STEPHAN — STEPHENS 



lï>9 



dum Mallhxum , das ist das Lieden und 
Sterben Jesu C'hrisli, etc. (La Passion de 
Jésus-Christ, d'après saint Mathieu, à quatre 
et cinq voix); Nuremberg, 1550, in-Tol. 
2° Canliones sacrx A, 5 et 6 vocum, ibid., 
1560, in-4°. 3° XXXV cantiones 6, 7-12 et 
plurimum vocum ; ibid., 1568. 4° Cantiones 
quinque vocum; ibid., 1568. 5° Psalmus 128, 
6, 5 et 4 vocum; ibid., 1569, in-4". Slephan a 
été l'éditeur d'une collection intéressante de 
morceaux d'anciens compositeurs, intitulée : 
Harmonise suavissimœ 8, 5 et 4 vocum, a 
prsslantissimis hujus artificibus compo- 
site, etc., première partie, Nuremberg, 1567, 
in-4°; deuxième partie, ibid., 1568,in-4°. La 
première partie contient des ouvrages de 
Senfel, Jean Heugel, Martin Agricola, Pierre 
de Larue, Henri Fink, Hulderic Braetel, Chris- 
tophe Cervius, Rogier, Benoît Ducis et Adrien 
Willaert. Dans la deuxième partie, on trouve 
des morceaux de Jean Walther, de Pierre 
Massaini, d'André Schwarz, de Thomas Cré- 
quillon et de Jacques de Wert. 

STEPHAIVUS (Jean), savant danois, na- 
quit vers 1550, dans l'île de Laaland,en Dane- 
mark. En 1588, il fut nommé recteur de l'école 
de Sorau ; neuf ans après, on lui confia la 
chaire de logique à l'université de Copen- 
hague, et dans l'année 1608, il obtint la pré- 
sidence de l'école de Sorau, avec le litre d'his- 
toriographe du roi de Danemark. Amateur de 
musique distingué, il a laissé en manuscrit un 
livre qui avait pour titre : Opéra plurima 
anecdota de Arte musica. Cet ouvrage parait 
être perdu. Gerber attribue à ce savant des 
chants et des madrigaux allemands à quatre, 
cinq, six et huit voix, publiés à Nuremberg, 
en 1599, et réimprimés à Hambourg, en 
1618; mais je crois que ce biographe a con- 
fondu le savant danois avec Jean Stephan 
(voyez ce nom), organiste de Lunebourg, son 
contemporain. 

STEPHANUS ou STEPHAN (Jean), 
organiste à Lunebourg, dans les dernières 
annéesdu seizièmesiècle, fut considéré comme 
un des hommes les plus distingués de son 
temps dans l'art de jouer de l'orgue, car il fut 
un des organistes appelés à Groningue, en 
1596, pour la réception du grand orgue de 
cette ville, suivant le témoignage de Werk- 
meister (Organ. Grunin. rediv., % II). Il 
mourut peu de temps après la publication de 
son dernier ouvrage, qui parut à Hambourg, 
en 1619. On connaît sous son nom : 1° Newe 
teusche Gesang nach Art der Madrigalicn, 
mit 4 Stimmen componirt, pars I (Nouveaux 

BIOGU. UNIV. DES MUSICIENS. T. Mil. 



chants allemands, dans le style des madri- 
gaux, à quatre voix) : Nuremberg, 1599, in-4». 
2° Idem, pars II, 5, 6 und 8 Stimmen 
(Deuxième partie du même ouvrage, à cinq, 
six et huit voix); ibid., 1599, in-4°. Les deux 
parties de cet ouvrage ont été réimprimées à 
Hambourg, en 1618, in-4". ô° Neue teusche 
weltliche Madrigalien und Ballelen soivokl 
mit lebendigten Stimmen als auf allerhand 
musikalischen Instrumenten zu gebrauchen, 
mit 5 Stimmen componirt (Nouveaux madri- 
gaux mondains allemands et ballets, propres 
à être chantés ou joués avec les instruments, 
à cinq voix); Hambourg, 1619, in-4°. 

STÉPHEN DE LA MADELAINE, ou 
plutôt LA MADELAINE (Stéphen), né 
dans les premières années du dix-neuvième 
siècle, professeur de chant et littérateur, à 
Paris, ancien chanteur récitant delà cha- 
pelle et de la musique particulière du roi de 
France, Charles X, est devenu par la suite 
chef de bureau dans la direction des beaux- 
arts du ministère de l'intérieur. Il est auteur 
des ouvrages dont voici les titres : 1° Physio- 
logie du chant ; Paris, Desloges, 1840, un vo- 
lume in-I2 de deux cent soixante-neuf pages. 
2° Théories complètes du chant; Paris, 
Amyot (sans date), un volume in-8° de quatre 
cent douze pages. M. Stéphen de la Madelaine 
a coopéré à la rédaction de plusieursjournaux 
de musique, particulièrement à la Revue mu- 
sicale, à la France musicale?- et a été chargé 
pendant quelque temps du feuilleton musical 
du Courrier français. Comme littérateur, il 
a publié beaucoup de romans et de Nouvelles, 
dont on trouve la liste dans la Littérature 
française contemporaine , de MM. Félix 
Bourquelotet Alfred Maury(t. IV, p. 462). 

STEPHENS (Edouard), compositeur, 
pianiste et organiste de l'église paroissiale de 
Hampslead, est né à Londres, le 18 mars 
1821. Il est neveu de la célèbre cantatrice 
Miss Stephens, devenue comtesse douairière 
d'Essex. Doué d'heureuses dispositions pour 
la musique, il commença fort jeune l'étude de 
cet art. Cypriani Potier fut son maître de 
piano, Blagrove lui enseigna le violon, et il 
étudia la composition sous la direction de Ha- 
milton. On connaît de cet artiste trois ouver- 
tures de concert, intitulées : 1° The Dreamof 
happiness (Rêve de bonheur); 2° Vila d'in- 
quietudine; 5° Recollection of the past 
(Souvenir du passé). Sa symphonie en sol mi- 
neur a été exécutée avec succès, sous la direc- 
tion de Benedict, à Exeler-Hall, le 14 février 
1854, dans un concert de la société connue 

9 



■130 



STEPHENS — STERKEL 



sous le litre : The Harmonie Union. M. Ste- 
phens a écrit aussi des quatuors pour deux 
violons, alto et basse, deux services complets 
pour le culte protestant, beaucoup de musique 
vocale de toute espèce, de la musique de piano 
el des pièces pour l'orgue. 

STERKEL (l'abbé Jeak-Fiunçois-Xa- 
vier), compositeur agréable, naquit à Wttrz- 
bourg, en Bavière, le 3 décembre 1750. Les 
organistes Kelte et Weismantel, de celle ville, 
commencèrent son éducation musicale. Ses 
progrès furent rapides, quoique ses études lit- 
téraires et scientifiques le détournassent de 
son penchant pour la musique. Sorti du col- 
lège, il se voua à l'état ecclésiastique et ob- 
tint une place de vicaire à la paroisse de Neu- 
mtlnsler, à laquelle on réunit, en sa faveur, 
celle d'organiste. Dès son enfanoe, il s'était 
essayé dans la composition : il cultiva plus tard 
son talent naturel pour cet art, et commença 
à écrire des symphonies d'un style facile el 
agréable, qui a de l'analogie avec celui de 
Pleyel (voyez ce nom). Il les faisait exécuter 
à son égliseeldans des concerts, où elles obte- 
naient de brillants succès. Son double talent 
de pianiste et de compositeur le fit appeler, en 
1778, à la cour du prince électoral, a Aschaf- 
fenbourg, pour y remplir les fonctions de pro- 
fesseur de piano et de chapelain. Dans l'année 
suivante, le prince l'envoya en Italie, pour y 
perfectionner son goût et son talent. Il visita 
Plorence, Rome, Naples, Venise et plusieurs 
autres grandes villes; partout il se fit entendre 
avec succès sur le piano. A Naples, la reine 
l'engagea à écrire un opéra, et il composa le 
Fa m ace y que les Napolitains accueillirent 
avec faveur en 1780. Rappelé à Mayence, en 
1781, parle prince électoral, il y obtint un ca- 
nonical; mais quels que fussent les avantages 
qu'il trouvait dans sa carrière ecclésiastique, 
ils ne le détournaient pas de son penchant pour 
la musique. Ce fut alors qu'il commença à 
écrire des chansons allemandes qui obtinrent 
un succès d'enthousiasme. Ses œuvres instru- 
mentales, particulièrement ses sonates de 
piano, se multipliaient avec une prodigieuse 
activité. Sa position de chanoine de la cathé- 
drale ne l'empêchait pas de se livrer à l'ensei- 
gnement du piano et du chant. Il forma plu- 
sieurs élèves distingués, parmi lesquels on 
remarque les compositeurs Hofmann et Zu- 
lchner, et les ténors Grunbaum et Ktrsch- 
baum. 

En 1793, l'électeur de Mayence nomma 
l'abbé Slerkel son maître de chapelle, après le 
■départ deRighini pour Berlin. Dès ce moment, 



il se livra exclusivement à la composition et 
écrivit des messes et d'autres grands ouvrages 
pour l'église. Ses travaux ne furent interrom- 
pus que par les événements de la guerre qui 
obligea l'électeur à s'éloigner de Mayence. 
Slerkel se relira à Wllrzbourg, avec son titre 
de maître de chapelle, mais sans conserver 
d'activité dans ses fonctions. Toutefois, il y 
composa quatre messes solennelles. C'est à 
cette époque qu'il publia un très-grand 
nombre de petits morceaux de piano pour les 
amateurs, qui eurent un succès populaire et 
dont on fit plusieurs éditions. En 1803, la 
place de maître de chapelle du prince polonais 
Choloniewski lui fut offerte, mais il la refusa, 
el préféra la position de maître de chapelle du 
prince primat, à Ratisbonne, dont il alla 
prendre possession en 1805. Là, son activité 
se réveilla. Voulant avoir de bons chanteurs 
pour l'exécution de sa musique, il établit une 
école chorale, et composa pour les élèves qu'i! 
y avait rassemblés des chants à plusieurs voix, 
dont quelques-uns ont été considérés comme 
des modèles de grâce et de bonne harmonie. 
Les événements de 1813 vinrent troubler la 
fin de la carrière de cet artiste estimable. 
Obligé de s'éloigner alors de Ratisbonne, il re- 
vint pour la dernière fois dans sa ville natale, 
y languit quelque temps, et y mourut le 21 oc- 
tobre 1817, à l'âge de soixante-sept ans. 

Slerkel ne peut être considéré comme un de 
ces hommes de génie dont les productions 
marquent une époque de l'histoire de l'art ; 
mais sa musique abonde en mélodies agréa- 
bles, accompagnées d'une harmonie pure et 
correcte; enfin, le plan de ses ouvrages est 
toujours sage et convenablement développé. 
Sa fécondité fut singulière, car indépendam- 
ment de beaucoup de grandes productions 
pour l'église qui sont restées en manuscrit, 
plus de cent œuvres de sa composition ont été 
mis au jour. Parmi ses ouvrages, on remarque : 
I. Musique instrumentale : 1° Quatre sym- 
phonies pour l'orchestre, œuvre 7; Paris, Sie- 
ber. 2° Quatre idem, op. 11 ; ibid. 3° Deux 
idem, op. 35; Paris, Imbault. 4° Ouverture 
idem (en fa)- Leipsick, Breitkopf et Haertel. 
5° Idem, n° 2 (en sol) ; ibid. 6° Quintette pour 
deux violons, deux altos et violoncelle ; Vienne, 
1794. 7° Six trios pour deux violons et violon- 
celle, op. 6; Paris, Sieber. 8° Six duos pour 
violon et alto, op. 8; ibid. 9° Concertos pour 
le piano, n° 1 (en ut)-, n° 2 (en ré); n° 3 (en 
fa); n° 4 (en ut), Paris, Naderman; n°5 (en 
si bémol), Vienne, Arlaria; n° 6 (en «0 ; 
op. 40, Offenbach, André. 10° Sonates pour 



STERKEL — STERN 



131 



piano, violon et basse, op. 17, Mayence, 
Scholt; op. 34, OfTenhach, André; op. 45, 
Mayence, Scholt; op. 47, Leipsick, Breilkopf 
et Haertel; op. 48, Berlin, Schlesinger; œuvres 
posthumes n os 1 et 2; Bonn, Simrock. 11° So- 
nates pour piano et violon, op. 15, 16, 18, 19, 
25; Mayence, Scholt; op. 27, 33, 41 , OfTen- 
hach, André ; op. 44, Mayence, Scholt. 12° So- 
nates pour piano à quatre mains; op. 14 et 
15, Paris, Naderman ; op. 21, Berlin, Concha; 
op. 23, Mayence, Scholt; op. 28, OfTenhach, 
André. 13» Sonates pour piano seul, op. 5, 
36,30, Mayence, Scholt; OfTenhach, André. 
14° Beaucoup de petites pièces, divertisse- 
ments, rondos et fantaisies. 15° Quelques 
œuvres de variations. II. Musique vocale: 
16° Dix recueils de chansons allemandes avec 
accompagnement de piano, publiées à Vienne 
cl à Mayence. 17°Trois recueils de canzonetles 
italiennes; ibid. 18° Deux recueils de duos 
italiens pour deux voix de soprano ; ibid. 
19° Quelques scènes et airs détachés; ibid. 

STER]\ (GeORGES-FrÉDÉRIC-ThÉOPHILE) , 

organiste et compositeur, né à Strasbourg, le 
24 juillet 1803, est fils d'un habile ébéniste, 
fort estimé dans cette ville. A l'âge de trois 
ans, il perdit son père : sa mère, restée veuve 
avec quatre enfants, fonda un pensionnat qui 
prospéra pendant trente ans, et dans lequel 
elle trouva des ressources pour élever sa fa- 
mille. Elle fit faire à son fils de solides études. 
Lorsqu'il eut atteint l'âge de onze ans, 
M. Cramer, directeur de la Société des frères 
moraves, lui donna des leçons de piano pen- 
dant une année ; puis M. Stern devint élève de 
Schmutz, ancien professeur de musique et au- 
teur de quelques compositions pour le piano, 
qui lui donna aussi les premières leçons d'har- 
monie. Lorsqu'il eut atteint sa seizième année, 
M. Stern fut nomméorganisle de l'église Saint- 
Pierre le vieux, et commença à se livrer à 
l'enseignement du piano. Pendant quelque 
temps, il exerça aussi la profession d'accor- 
deur : mais son penchant invincible pour la 
culture de l'art lui fit abandonner cet état, au 
bout de quelques années. Ce fut alors qu'il re- 
çut des leçons de piano deConrad Berg, et qu'il 
fit une étude sérieuse de l'harmonie et du con- 
trepoint parla lecture des meilleurs ouvrages 
de Ihéorie français et allemands. Une dame de 
distinction, de Carlsruhe, qui se trouvait à 
Strasbourg, ayant entendu M. Stern dans un 
des concerls périodiques des élèves de Berg, 
l'engagea à s'établir dans la capitale du duché 
de Bade, pour y donner des leçons. Il suivit 
son conseil. Son séjour dans celle ville lui fut 



utile, parce qu'il lui procura de fréquentes oc- 
casions d'entendre de bonne musique bien exé- 
cutée. Après un certain temps passé dans cette 
situation, il retourna à Strasbourg, en 1830. 
Il y reprit possession de la place d'organiste 
de l'église Saint-Nicolas, qu'il avait occupée 
plusieurs années auparavant. C'est alors que 
le talent d'organiste de M. Stern commença à 
se modifier d'après l'expérience qu'il avait ac- 
quise en Allemagne et la connaissance qu'il y 
avait faile du véritable style de l'orgue. Il 
abandonna dès ce moment les traditions de 
lieux communs dans l'improvisation ; tradi- 
tions répandues dans toute la France à cette 
époque. Rink, Fischer et les autres organistes 
allemands devinrent ses modèles pour tout ce 
qu'il écrivit. Son influence se fit bientôt sentir 
dans toute l'Alsace, tant par les élèves qu'il 
formait que par sa musique. Lui-même s'éleva 
progressivement par l'étude des œuvres de 
Bach. Nommé, en 1841, organiste du Temple 
Neuf de Strasbourg (culte protestant), il fit 
paraître bientôt après un premier recueil de 
pièces d'orgue de divers auteurs et de lui- 
même : ces pièces sont faciles et le clavier de 
pédales n'y esl pasemployé; carl'artdejouerde 
la pédale, sans lequel il n'y a pas d'organiste 
véritable, était alors complètement inconnu 
en Alsace, comme chez tous les organistes 
français. Le bon accueil fait à ce premier re- 
cueil détermina son auteur à en publier un 
second, en 1848, sous ce litre : Compositions 
pour l'orgue à l'usage des deux cultes 
(Strasbourg, Schmidt etGrticker); puis il en 
parut un troisième recueil en 1853, et un qua- 
trième en 1861. Un des premiers recueils de 
ces pièces d'orgue a été l'objet d'un bel éloge 
fait par M. Seifferl, organiste à Naumbourg, 
dans le journal des organistes intitulé Urania 
(Erfurt, Kœrner). Le dernier recueil publié 
par M. Stern a pour titre : Trente morceaux 
d'orgue pour le service divin, composés et 
arrangés dans tous les tons les plus usités; 
Strasbourg, Levrault et fils. La mission que cet 
artiste s'est donnée, dans le milieu où il vit, 
consiste à opposer au mauvais goût qui régnait 
autour de lui dans la musique d'orgue, des 
pièces d'un caractère grave, religieux, mélo- 
dique, et d'une harmonie pure, bien écrite, 
régulière et convenable pour l'objet auquel 
elle est destinée. M. Stern a composé plusieurs 
morceaux de piano, qu'il exécutait lui-même 
dans les concerts; mais cette musique est 
restée en manuscrit. Il a écrit aussi des Lieder 
et une série décantâtes spirituelles pour des 
voix récitantes et des chœurs avec accompa- 

0. 



132 



STERN - STÉSICHORE 



qnement d'orgue. Pour l'exécution de ces 
morceaux il a formé une société de chant qui 
s'est constituée régulièrement et qui, dans 
plusieurs circonstances, a fait entendre les 
grandes œuvres de Mozart, Spolir, Mendels- 
sohn, N'enkomm et autres maîtres modernes. 
STERN (Sigismond), professeur de musique 
à Pétersbourg, né dans cette ville, en 1815, de 
parents allemands, est auteur d'un livre qui a 
pour titre : Manuel général de musique à 
l'usage de renseignement élémentaire du 
chant, des instruments et de la composition; 
Paris, Brandus, 1850, un volume in-4°, avec 
vingt et une planches lithographiées représen- 
tant les portraits d'autantd'élèves lauréalsdes 
concours du conservatoire de Paris, en 1849, 
et de cinquante et une planches de musique 
gravée. L'Académie des beaux-arts de l'Institut 
de France, nui a approuvé cet ouvrage, sur le 
rapport d'IIalévy, et le comité des études du 
Conservatoire de Paris, qui l'a adopté pour 
l'enseignement dans les classes de cette insli - 
tution, ont montré plus que de l'indulgence, 
car la valeur de ce livre est fort médiocre, pour 
ne rien dire de plus. 

STERN (Jules), violoniste, fondateur et 
directeur d'une école de musique à Berlin, à 
laquelle il a donné le nom de conservatoire, 
est né à Breslau, le 8 aoiU 1820. Dès ses pre- 
mières années on le mil à l'étude du violon, et 
à l'âge de neuf ans il put se faireentendre dans 
un concert. A douze ans, il accompagna son 
père à Berlin, où il reçut des leçons de violon 
de E. Maurer, de L. Ganz et de Léon de Saint- 
Luhin. Admis, en 1834, dans l'Académie 
royale de chant comme contralto du chœur, il 
entra, vers le même temps, comme élève à 
l'école de l'Académie royale des beaux-arts et 
y fit des études de théorie de la musique sons 
la direction de Bungenhagen. En 184ô, le roi 
de Prusse lui accorda une pension pour 
voyager dans le but de perfectionner ses con- 
naissances musicales. Arrivé à Dresde, il y 
étudia l'art du chant sous la direction du pro- 
fesseur Miksch, puis il se rendit à Paris, où il 
eut la direction du chœur allemand qui fit en- 
tendre, au théâtre de l'Odéon, la musique que 
Mendelssohn a composée pour VJntigone de 
Sophocle. De retour à Berlin, en 1846, M. Stern 
organisa, dans l'année suivante, une société 
de chant qui, dix ans plus tard, était composée 
de trois cent cinquante membres chantants. 
En 1S50, il s'associa avec Th. Kullack pour 
fonder une institution musicale qui eut d'abord 
le simple titre de Berliner Musikschule 
(École de musique de Berlin), et qui prit en- 



suite celui de Conservatoire. Plusieurs artistes 
de mérite y ont été attachés comme profes- 
seurs. En 1855, M. Stern a organisé un or- 
chestre destiné à donner des concerta pour y 
faire entendre les œuvres de Wagner, Liszt, 
Schiimann et Berlioz : cette entreprise n'a pas 
réussi. Comme compositeur, M. Stern a publié 
un grand nombre de Lieder à voix seule avec 
accompagnement de piano et de chants à 
quatre voix. On connaît aussi de lui : Caprice- 
étude pour violon avec piano; Vienne, Has- 
linger, et Ouverture spirituelle, pour or- 
chestre, op. 9; Berlin, Schlesinger. 

STERNBERG (Guillaume), amateur de 
musique et littérateur à Schnepfenlhal, dans 
le duché de Saxe-Gotha, y vivait encore en 
1822. Au nombre de ses écrits, on remarque un 
recueil d'anecdotes concernant beaucoup de 
musiciensdislingués; cet ouvrage a pour litre : 
Sammlung interessanter Anecdoten und 
Erzxhlungen grœsstentheils aus dem Leben 
beriihmter Tonkiinstler und ihrer Kunstver- 
veand, etc.; Schnepfenlhal, 1810, in-8° de 
deux cent vingt-six pages. Le même ouvrage a 
été reproduit deux ans après comme une 
deuxième édition, avec un nouveau fronti- 
spice. 

STERZING. Deux facteurs d'orgues de ce 
nom ont vécu en Allemagne, au commence- 
ment du dix-huilième siècle. Le premier est 
connu par l'orgue de Saint-Pierre, à Erfurl, 
composé de vingt-sept jeux, qui fut achevé en 
1702, et surtout par le bel orgue de Saint- 
Georges, àEisenach, achevé en 1707, et com- 
posé de cinquante-huit jeux, quatre claviers et 
pédale. Le second, qui paraît avoir vécu à 
Cassel, a construit dans cette ville l'orgue de 
l'église des Augustins, composé de trenle-neuf 
jeux. Il a fait aussi, en 1706, sous la direction 
de Jean-Nicolas Bach, l'orgue de l'église de la 
ville, à Jéna, composé de quarante-quatre 
jeux, trois claviers et pédale. 

STÉSICHORE, poète et musicien célèbre 
de l'antiquité, naquit à Himère, ville de Sicile, 
dans la 37 me olympiade. Selon le calcul de 
Dodwell {De xtat. Phalarid., page 59), il 
pouvait avoir douze ans lorsque ïlomère mou- 
rut. Son véritable nom était Tiscas; mais le 
changement qu'il introduisit dans les chœurs 
de musique et de danse pour les sacrifices lui 
valut celui de Stésichore. Avant lui, ces 
chœurs chantaient et dansaient autour de 
l'autel, prenant leur marche par la droite (ce 
qui s'appelait strophe), et, revenant ensuite 
par la gauche à l'endroit d'où ils étaient partis 
(ce qu'on nommait antistrophe), recommen- 



STËSICI-IORE — STEUP 



133 



raient sur-le-champ un nouveau tour sans 
s'arrêter. Slésichore termina chacune de ces 
évolutions par une pause assez longue, pendant 
laquelle le chœur, tourné vers la statue du 
dieu, chantait un troisième couplet du canti- 
que ou de l'ode, appelé Epode; et c'est préci- 
sément cette pause, ou station du chœur, que 
désigne le mot de Slésichore. Ce poète-musi- 
cien mourut à Calane, dans la 56 me olympiade, 
selon Suidas, et même plus tard, s'il est vrai, 
comme l'assure Lucien, qu'il ait atteint l'âge 
de quatre-vingt-cinq ans. 

STETTEN (Paul DE), né à Augsbourg, 
le 24 août 1751, étudia dans cette ville les 
lettres, les arts et particulièrement la mu- 
sique 5 puis il suivit des cours scientifiques à 
Genève et à Altdorf, et voyagea dans les villes 
principales de l'Allemagne. De retour à Augs- 
bourg, il fut chargé de la conservation des 
archives évangéliques, et après avoir rempli 
divers emplois, il obtint le titre de conseiller 
du roi de Bavière. Il mourut à Augsbourg, le 
12 février 1808. On a de lui un livre intitulé : 
Kunst-, Geiverb-und Handwerksgeschichte 
der Stadt j4ugsburg (Histoire des arts et mé- 
tiers de la ville d'Augsbourg); Augsbourg, 
1778-1780, deux volumes in-4°. Il y est traité 
de la typographie de la musique dans cette 
ville (t. I, p. 42); de la construction des or- 
gues (p. 158); du chant de l'église évangélique 
(page 526); et des maîtres -chanteurs (p. 531). 
Des extraits de cet ouvrage se trouvent dans la 
correspondance musicale de Bossler, de 1791, 
n os 5 et suiv. M. C.-Ferd. Becker a confondu 
cet écrivain avec son père qui s'appelait 
comme lui, Paul de Stetten, et qui est auteur 
d'une histoire delà ville d'Augsbourg (Franc- 
fort, 174-3-1758, deux volumes in-4°), où l'on 
trouve aussi des renseignements sur la musi- 
que. Dans la Biographie universelle de 
MM. Michaud, on a fait deux frères de ces per- 
sonnages. 

STEUCCIUS (Henri) était étudiant à 
Weissenfels, lorsqu'il publia de sa composi- 
tion un recueil de chansons mondaines à cinq 
voix, intitulé : Luslige weltliche Liedcr mit 
5 Stimmen, pars 1 ; Wittenberg, 1602, in-4°. 
La seconde partie parut dans la même ville, 
en 1605, et la troisième en 1604. 

STEUERLEEX (Jean), né à Schmalkalden 
(liesse électorale), leS juillet 1546, futd'abord 
secrétaire de la ville à Wasungen, puis obtint, 
en 1580, la placedesecrétaire de la chancellerie 
à Meinungen, et enfin fut fait prévôt de celte 
ville, en 1004. Ilmourutle 5 mai 1613, avec les 
titres de notaire public et de poète impérial 



couronné. Amateur passionné de musique, il 
cultiva la composition, et fit imprimer les ou- 
vrages suivants : 1° Cantiones lalcinisch und 
deutsch fitr 4 und 5 Stimmen (Motels latins 
et allemands à 4 et 5 voix); Nuremberg, 1571. 
2° Christlicher Morgen und Abendsegen auss 
dem Catechismus Lutheri gezogen , etc. 
(Prières chrétiennes du matin et du soir ex- 
traites du catéchisme de Luther, et mises en 
musique à quatre voix); Nuremberg, 1573, 
in-8°. Ces prières ont été réimprimées avec 
vingt et un chants spirituels de Steuerlein, en ' 
1574, à Erfurt, in-4°. 3° XXIV Weltliche Ge- 
sœng mit 4 auch 5 Stimmen (Vingt quatre 
chansons mondaines à quatre et cinq voix); 
Erfurt, 1574, in-4° . 4° Teulsche Passion, 
mit 4 Stimmen componirt (la Passion, en 
allemand, composée à quatre voix) ; Erfurt, 
1576,in-4°. 5° Cantiones quatuor et quinque 
vocum; Nuremberg, 1578, in-4°. 6° Epitha- 
lamia. Teutsche und lateinische geistliche 
Hochzeitgesxng, zum Gebrauch in Kirchen 
und Schulen, etc. (Épithalames. Chants spiri- 
tuels de noces, latins et allemands, pour 
l'usage des églises et des écoles, à quatre et un 
plus grand nombre de voix); ibid., 1857, in-4°. 
7° XXVII newe geistlicher Gesœng mit 
4 Stimmen (Vingt-sept nouveaux chanls spi- 
rituels à quatre voix); Erfurt, 1588, in-4°. 
8° Der 150 Psalm : Laudate Dominumin 
Sanctis ejus, von 4 Stimmen (le 150 mc psaume 
à quatre voix); ibid., 1588, in-4°. 9° Le 
117 mc psaume à quatre voix; ibid., 1599. 
10° Christliche Gesanglein an S. Gregorxj der 
Schider Festtag und sonsten zu gebrauchen, 
mit 4 Stimmen (Petits chanls chrétiens à 
l'usage du jour de Saint- Grégoire, fêle des 
écoliers), à quatre voix ; Jéna, 1604, in-8°. 

STEUP (H. -C), pianiste, compositeur et 
marchand de musique à Amsterdam, est né 
dans celte ville, vers 1775. On connaît sous 
son nom beaucoup de compositions pour le 
piano, le violon et la flûte, dont il a élé l'édi- 
teur ; parmi ces ouvrages on remarque : 
1° Quatuor pour piano, violon ou flûte, alto 
et violoncelle, op. 1 ; Amsterdam, Steup. 
2 3 Grand quintette pour deux violons, deux i 
altos et violoncelle; Mayence, Schott. 3° Des 1 
thèmes variés pour violon et pour flûte, avec 
orchestre; Amsterdam, Stcup. 4° Sonatines 
pour piano et violon, op. G, 9, 10; ibid. 5° So- 
nate pour piano et cor obligé, op. 11 ; ibid. 
6° Sonate pour piano à quatre mains; Bonn, 
Simrock. 7° Sonatine pour piano seul; Am- 
sterdam, Steup. 8° Thèmes variés pour piano, 
op. 8 et 12; ibid. 9° Plusieurs cahiers de 



134 



STEUP — STEVENS 



valses el écossaises; ibid. 10" Romances fran- 
çaises avec accompagnement de piano; ibid. 
Sleup est aussi l'auteur d'un petit ouvrage in- 
titulé : Méthode pour accorder le piano- 
forte; ibid. 

STEVENIERS (Jacques), professeur de 
musique classique de piano accompagnée au 
Conservatoire royal de Bruxelles, est né à 
Liège, en 1817. Admis comme élève dans cette 
institution, en 1835, il y fut placé sous l'en- 
seignement de M. Wéry pour le violon. Dans 
l'année suivante, il obtint le second prix de 
cet instrument au concours. Devenu ensuite 
élève du professeur Meerts, il obtint le premier 
prix en 1838. Au concert de la distribution 
des prix, 11 juin 1840, il exécuta une fantaisie 
de violon de son maître. Après avoir par- 
couru la Hollande, où il.jotia dans les concerts, 
en 1842, il se rendit en Allemagne, où il se fit 
entendre dans plusieurs villes importantes, 
notamment à Berlin, en 1843, puis il visita le 
Danemark, la Suède et la Russie. En 1845, il 
était à Paris, où il donna un concert dans la 
salle Herz, puis il alla à Londres pendant la 
saison. En 1847, M. Steveniers parcourut les 
provinces rhénanes: à Ems, il donna un con- 
cert avec Sowinski. Rentré à Bruxelles en 
1848, il y inaugura, dans l'hiver suivant, des 
séances de musique de chambre qu'il continua 
pendant plusieurs années. En 1854, M. Steve- 
niers a été nommé professeur de musique clas- 
sique de piano au Conservatoire de musi- 
que de cette ville. Parmi les œuvres pu- 
bliées de cet artiste, on remarque : 1° La 
Prière, mélodie religieuse pour violon et qua- 
tuor ou piano, op. fi: Mayence et Bruxelles, 
Seholl frères. 2" La Sirène, concertino pour 
violon et orchestre ou piano, op. 9; ibid. 
3° Souvenirs de Don Sébastien, morceau d~ 
salon pour violon et quatuor on piano, op. 10 ; 
ibid. 4° Le Souvenir, mélodie pour violon et 
piano, op. 4; ibid. 5° Le Rêve, fantaisie pour 
violon et piano, op. 5; ibid. 0° Les Regrets, 
solo dramatique pour violon et piano, op. 11 ; 
ibid. 7" Erund Sie, récitatif et romance pour 
voix seule et violon obligé avec accompagne- 
ment de piano, op. 7; ibid. 8" Bergeronettc, 
mélodie à voix seule avec piano ; ibid. M. Ste- 
veniers a écrit la musique de plusieurs opéras - 
comiques, particulièrement le Maréchal fer- 
rant, en un acte, et les Satires de Boileau, 
en un acte, représentés au théâtre du Parc 
et à celui des Galeries Saint-Hubert, à 
Bruxelles. Plusieurs ouvertures de sa compo- 
sition ont été aussi exécutées dans ces salles 
et dans plusieurs concerts. 



STEVEÏVS (William S.), né dans le quar- 
tier de Westminster, à Londres, en 1778, fit 
ses études littéraires à Wallingford, dans le 
Berkshire, puis il alla, à l'âge de treize ans, à 
Luytonstone, dans le comté d'Essex, où il sui- 
vit pendant deux ans des cours de mathémati- 
ques. Son premier maître de musique fut Tho- 
mas Smart, élève de Pepusch et de Boyce ; plus 
tard, il continua l'étude de cet art sous la di- 
rection du docteur Cook, à l'abbaye de West- 
minster. Pendant plusieurs années, Stevens a 
été accompagnateur au piano el chef des cho- 
ristes du théâtre de llaymarket. Tl vivait en- 
core à Londres en 1830. On a publié de cet 
artiste des chansons anglaises, des glees, plu- 
sieurs sonates de piano, ainsi que des caprices 
pour cet instrument. Son traitésur l'expression 
du piano (Treatise on piano- forte expresion) 
a paru en 1812, à Londres, chez Jones, in-fol. 
Stevens avait entrepris un journal concernant 
la musique, intitulé : The grand musical 
Magazine, qui a été abandonné après le hui- 
tième numéro. 

STEVEIN'S ( Nicolas - Josr.pn ) , né à 
Bruxelles. le 8 juillet 1795, manifesta fort 
jeune un goût très-vif pour les éludes lillé- 
raires et musicales. Le maître de chapelle Du- 
quesnoy lui enseigna le solfège, el Corneille 
Vander Plancken, artiste de mérite, fut son 
maître de violon. Les séances de quatuors, fré- 
quentes alors à Bruxelles, comme partout, lui 
inspirèrent dès sa jeunesse un penchant décidé 
pour la musique sérieuse et classique. Appelé. 
en 1818, à La Haye pour y remplir un emploi 
dans l'administration, il y fut bientôt en rela- 
tion avec les artistes et les amateurs de mu- 
sique les plus distingués, et fonda avec eux 
une société de musique religieuse qui, pen- 
dant plusieurs années, fit entendre les œuvres 
les plus remarquables en ce genre, dans une 
des principales églises catholiques. Lors de la 
création de la Société néerlandaise pour la 
propagation de la musique, M. Stevens en fut 
un des premiers membres et en devint plus 
tard un desadministrateurs.il prit part aussi 
à la rédaction du journal de musique hollan- 
dais intitulé Ca'cilia, el donna beaucoup d'ar- 
ticles concernant la musique et la littérature 
au journal français de La Haye. De retour en 
Belgique, ses intérêts le retinrent d'aljprd 
quelque temps à Ilérenfhals, où il créa une so- 
ciété de chant d'ensemble et fut président de 
la Sociélé de l'Harmonie. Il y traduisit en fla- 
mand et fil exécuter sous sa direction l'orato- 
rio de Spohr, Die ktzten Dinge. Fixé en- 
suite à Bruxelles, il y fut un des fondateurs de 



STÉVENS — STEWECCHIUS 



loi 



Ja Société Union et Progrès, dont le but était 
<ie ranimer en Belgique le goût de la musique 
classique de chambre; il en fut nommé le di- 
recteur et composa les programmes des con- 
certs historiques qui y furent donnés avec suc- 
cès. A diverses reprises, M. Stévens a siégé 
comme membre du jury dans les concours de 
violon du Conservatoire. On a publié de cet ama- 
teur laborieux : 1" Esquisse iVun système rai- 
sonné d'enseignement musical appliqué ait 
piano; Bruxelles. C.-J.Deriîat, 1838, in-8°de 
GO pages. 2° Souvenirs d'un musicien; Bru- 
xelles, Parent, 1840, un volume in-12 île deux 
cents pages. Sous la forme d'un roman, cet ou- 
vrage est la peinture d'une éducation d'artiste. 
STÉVENS (Jean-Baptiste), né à En-bien 
(Belgique), en 1796, commença, dès ses pre- 
mières années, l'étude du solfège et du violon, 
sous la direction de J. Duval, alors chef de mu- 
sique de cette ville. En 1810, il s'établit à 
Mons d'où il ne s'éloigna, en 1822, que pour 
se rendre à Paris, où il étudia l'harmonie et 
la composition près de l'auteurde cette notice. 
De retour à Mons, il s'y livra à l'enseigne- 
ment. En 1837, il y fut nommé premier violon 
solo du théâtre, et dans l'année suivante, la 
Société des concerts le choisit pour diriger 
l'orchestre. Il remplit ces fonctions .jusqu'en 
1845. Professeur de violon et de chant à 
l'école de musique de la ville depuis 1837, 
M. Stévens a ajouté à ces titres ceux de profes- 
seur à l'école primaire supérieure, en 1 84-3, 
aux écoles communales, en 1844, à l'athénée 
royal, en 1851, et à l'école moyenne, en 1853. 
Les rares loisirs que laissait à l'artiste la mul- 
tiplicité de ses occupations furent employés 
par lui à la composition ; il a publié un grand 
nombre de nocturnes, chansons et romances, 
avec accompagnement de piano, dont plu- 
sieurs ont paru dans les journaux de musique 
intitulés le Répertoire musical et la Mo- 
saïque. En 1828, M. Stévens a écrit une can- 
tate à l'occasion de l'arrivée, à IVIons, du roi 
des Pays-Bas Guillaume I er , et il en a composé 
une autre, en 1850, lorsque le roi des Belges 
Léopold I er a visité cette ville. Ces ouvrages, 
dont l'exécution a élé satisfaisante, ont été re- 
marqués et applaudis. En 1841, M. Stévens a 
obtenu la médaille d'or au concours ouvert 
par la Société des sciences, des arts et des let- 
tres du Hainaut, pour la cantate intitulée 
Roland de Lattre; cet ouvrage a élé exécuté 
avec succès dans la même année. M. Stévens a 
en manuscrit un grand nombre de chœurs 
pourdes voix d'hommes, de motets, sérénades, 
airs variés pour guitare, etc. 



STEVENSON (Sir John), né en Irlande, 
en 1772, fit ses études musicales sous la direc- 
tion du docteur Murphy, à l'église Saint-Pa- 
trick de Dublin. Fort jeune encore, il fut 
chargé de la composition d'une nouvelle mu- 
sique des anciens opéras The Son in law, et 
The Agreahle Surprise, pour le théâtre de 
celte ville. Ces ouvrages oblinrenl du succès et 
furent souvent représentés. Stevenson a écrit 
aussi, pour la scène irlandaise, The C'onlract, 
et Love in a blaze. Arrivé à Londres, il se fit 
connaître avantageusement par la composition 
d'un grand nombre de chansons, de duos de 
chant, et de morceaux de musique d'église, 
publiés àT,ondres, chez J. Power. Le club de 
VIlibernian Catch lui décerna une belle 
coupe d'argent, en témoignage d'estime pour 
son talent ; et, vers le même temps, il obtint le 
litre de docteur en musique. On a réuni les 
morceaux de musique d'église composés par 
cet artiste, sous le litre de Séries of sacred 
songs, duets and trios ; Londres, J. Power. 
Stevenson a arrangé une colleclion de mélo- 
dies irlandaises avec accompagnement de 
piano et des refrains à plusieurs voix sur les 
traductions en vers de Thomas Moore. Cette 
collection a pour titre : A sélection of irish 
mélodies, with symphonies and accompani- 
ments, and caracteristic trords by Thomas 
Moore; Londres, J. Power, six suiles in-fol. 
formant ensemble cent treize pages, avec de- 
belles gravures. Le défaut de celle colleclion, 
comme de toutes celles du même genre, est 
que la tonalité originale des mélodies est dé- 
naturée par l'harmonie moderne de l'accom- 
pagnement. Stevenson est mort à Londres, en 
1842. ( 

STÉVIN (Simon), savant mathématicien, 
né à Bruges, vers le milieu du seizième siècle, 
s'établit en Hollande, y eut le titre de mathé- 
maticien du prince Maurice de Nassau, et fut 
créé ingénieur des digues. On ignore l'époque 
de sa mort. Ses œuvres ont élé réunies et pu- 
bliées en latin par Willebrod Snellius, qui n'a 
point achevé son travail, et en français par 
Albert-Girard; Leyde, Elzevier, 1634, in-fol. 
Gérard-Jean Vossius nous apprend que Slëvin 
a écrit un traité de la théorie de la musique, 
qui n'a point été imprimé dans ses œuvres, 
quoiqu'il eût été traduit en latin {De Scient. 
Mathemat.jC. LX, p. 353). 

STEWECCHIUS (Godesciialc), profes- 
seur au collège de Pont-à-Mousson, naquit vers 
1540, àlleusden,en Hollande.il a fait impri- 
mer, en 1580, un commentaire sur le traité de 
l'art militaire de Végèce où il traite (deuxième 



136 



STEWECCHIUS - ST1CH 



livre, cliap. XXII, et troisième livre, cliap. V) 
des trompettes des anciens appelées tuba et 
buccina, ainsi que des musiciens qui jouaient 
de ces instruments. 

STIASNY, ou STIASTNY (Bernard- 
Wenzei.), violoncelliste, fils de Jean Stiasny } 
très-lion hautboïste du théâtre de Prague mort 
en 1788, naquit dans celte ville, en 1770. Après 
avoirétudié lathéoriedela musique et del'har- 
monie sous la direction du célèbre organiste 
Seegr, et le violoncelle, sous un maître in- 
connu, il fut admis comme premier violoncel- 
liste à l'orchestre du théâtre de Prague. Depuis 
lors il s'est fait connaître par quelques compo- 
sitions pour son instrument, entre autres 
celles-ci : 1" Six sonates progressives et in- 
structives pour deux violoncelles; Prague, 
Berra. 2° Il Maestro e lo scolaro, 8 imita- 
zioni e G pezzicon fughe per due violoncelli; 
Bonn, Simrock. 3" Méthode de violoncelle (en 
allemand et en français), divisée en deux par- 
ties; Mayence, Scholt. 

STIASNY (Jean), frère du précédent, na- 
quit à Prague, en 1774. Comme son frère, il 
se livra à l'étude du violoncelle : il le surpassa 
en habileté. On croit qu'il entra à l'orchestre 
de Prague vers 1800; mais on n'a pas de ren- 
seignements sur la suite de sa carrière, Dla- 
Iiacz ayant gardé le silence sur celte famille 
de musiciens distingués, dans sou Diction- 
naire des artistes de la Bohême. Il parait 
certain toutefois que Jean Stiasny ou Sliaslny 
vivait encore en 1820, mais non plus à Prague, 
car il avait alors le titre de directeur de mu- 
sique à Nuremberg, et dans la même année il 
se rendit de celle ville à Manheim, où on le 
perd de vue. On a publié de sa composition : 
1° Concertino pour le violoncelle, op. 6; Bonn, 
Simrock. 2° Divertissement pour violoncelle, 
avec alto et basse, op. 5; Mayence, Scholt. 
3° Andante et variations pour violoncelle avec 
deux violons, flùle,alto et basse, op. 10; Bonn, 
Simrock. 4° Rondo et variations pour violon- 
celle avec quatuor, op. 12; Leipsick, Pelers. 
5°Deux sonales pour violoncelle et basse, op. 2; 
Bonn, Simrock. 6° Douze pièces faciles pour 
deux violoncelles, op. 4; ibid. 7° Six pièces 
faciles, idem, op. 5; ibid. 8° Duos pour deux 
violoncelles, op. G et 8; ibid. 9° Six pièces 
faciles pour violoncelle solo, op. 9; Leipsick, 
Pelers. 10° Six solos pour violoncelle avec 
basse, op. 11 ; Mayence, Scholt. 

STIAVA (François-Marie), premier orga- 
niste de la chapelle du roi de Sicile à Messine, 
naquit à Lucques, vers le milieu du dix- sep- 
tième siècle. Il a publié : Salmi concertati a 



cinque voci con violini obligati e ripieni a 
beneplacito, op. l a ; Bologne, 1694, in-4°. 

STICIÏ, connu sous le nom de PUNTO (1 ) 
(Jean-Wenzel), le plus célèbre des cornistes, 
naquit, en 1748, à Zchuzicz (près deCzasIau), 
en Bohême, seigneurie appartenant au comte 
de Thun. Après qu'il eut appris les principes 
de la musique et du chant, le comte le prit à 
son service, et lui donna pour premier maître 
de son instrument Joseph Maliegka, corniste 
renommé à Prague; puis il l'envoya à Munich, 
étudier sous la direction de Ssindel'arz, autre 
virtuose sur le cor, né en Bohême. Enfin Stich 
acheva de perfectionner son talentà Dresde, par 
les leçons de Hampel {voyez ce nom), et de son 
compatriote Haudek, dont il habita la maison 
pendant plusieurs années. Ses éludes terminées, 
Stich relourna chez son prolecteur le comle de 
Thun, et fut attaché à son service pendant trois 
ans; mais le pressentimentde la renommée qu'il 
devait acquérir lui rendantcette position insup- 
portable, il s'éloigna de Prague en secret, et 
parcourut l'Allemagne et la Hongrie, puis l'Ita- 
lie (où il prit le nom de Punto), l'Espagne, 
l'Angleterre, lesPays-Baset la France. Il était à 
Paris en 1778. Partout son talent excita autant 
d'étonnement que de plaisir, et toutes les na- 
tions le déclarèrent sans rival. Mon père, qui 
l'entendit en 1780, m'a dit qu'on ne peut ima- 
giner de plus beau son que le sien, une sûreté 
plus grande dans l'attaque, une manière de 
chanter plus touchante, ni plus de précision 
dans les traits. Il se servait d'un cor d'argent, 
parce qu'il en trouvait le timbre plus pur et 
plus pénétrant, préjugé partagé même par les 
acousticiens, qui n'ont pas su, jusqu'à ce mo- 
ment, que le timbre est donné, d'une part, en 
raison des proportions de la colonne d'air con- 
tenue dans le tube de l'instrument ; de l'autre, 
par le mode d'ébranlement de cette colonne au 
moyen du souffle vertical ou latéral, des em- 
bouchures de diverses forces, des anches, etc. 
De retour en Allemagne, vers 1781, Punto 
reçut des propositions du prince évêque de 
Wilrzbourg, et accepta une place dans sa 
musique; mais bientôt des offres plus avan- 
tageuses lui furent faites au nom du comte 
d'Artois (depuis lors Charles X), qui, de 
tous les instruments et de toule musique, 
n'aimait que le cor. Une pension viagère était 
garantie à l'artiste pour une sorte de sinécure, 
dont il prit possession en 1782. En 1787, il 
obtint un congé, et visita l'Allemagne du 

(1) Stich est un mot allemand qui signifle piqûre, 
point; de là le nom de Punto (point) qu'on donna à 
l'artiste en Italie, et qui lui est reste 



STICH - STIELER 



137 



Rhin, en passant par Nancy, Metz, Trêves et 
Coblence. Il s'arrêta quelque temps dans ces 
deux dernières villes. Après une absence d'en- 
viron deux ans, il arrivait à Paris, vers le mois 
d'août 1789, lorsqu'il apprit à la fois les pre- 
miers événements de la révolution, et le dé- 
part du comte d'Artois. Cependant il resta 
dans cette ville, y publia plusieurs ouvrages, 
et grâce au talent assez distingué qu'il pos- 
sédait sur le violon, il trouva des ressources 
dans la direction de l'orchestre du Théâtre 
des Variétés amusantes , pendant le régime 
de la terreur. En 1799, il quitta Paris pour 
retourner en Allemagne, visita Munich dans 
l'année suivante, et fit une vive impression 
dans les concerts qu'il donna à Vienne. Beet- 
hoven, enthousiasmé par la beauté de son ta- 
lent, écrivit pour lui sa sonate de piano et 
cor, œuvre 17. 

Après trente- trois années d'absence, Punlo 
arriva à Prague, et y donna, en 1801 , un con- 
cert au Théâtre national, où sa prodigieuse 
habileté fut admirée de tout l'auditoire. En 
1802, Dussek arriva à Prague pour s'y faire 
entendre; les deux artistes célèbres furent 
bientôt liés d'amitié. Ils allèrent ensemble 
donner un concert à Czaslau, le 16 septembre 
de la même année : parmi les morceaux qu'ils 
y firent entendre se trouvait la sonate de Beet- 
hoven exécutée par Dussek et Punlo. De retour 
à Prague, celui-ci se disposait à retourner à 
Paris; mais une maladie se déclara et le mit 
au tombeau le 16 février 1805, après cinq 
mois de souffrances. Des obsèques magnifiques 
lui furent faites par ses compatriotes : on y 
exécuta le Requiem de Mozart, et l'on mit sur 
sa tombe ce distique latin : 

Omnp tulit punctum Punto, cui Musa Dohema 
Ut plausit vivo, sic morientc gémit. 

Punlo a publié de sa composition : 1° Con- 
certos pour cor et orchestre; n os 1 (en mi), 
2 (en mi), 5 (en fa), 4 (en fa), Paris, Sieber; 
n° 5 (en fa), Paris, Pleyel ; n° s 6 (en ré), 7 (en 
fa), Paris, Naderman; n os 8 (en mi b.), 9 (en 
mi), Paris, Cochet; n os 10 (en fa), 11 (en mi), 
Paris, Imbault; n ns 12 (en sol), pour second 
cor, 13 (en mi b.), Paris, Leduc; n° 14, Paris, 
Pleyel. 2° Quintette pour cor, flûte, violon, 
alto et basse; Paris, Sieber. 5° Six quatuors 
pour cor, violon, alto et basse, op. 1 ; ibid. 
4° Six idem, op. 2; ibid. 5° Six idem, op. 5; 
ibid. 6° Six idem, op. 18; Paris, Pleyel. 
7° Vingt trios pour trois cors ; Paris, Imbault. 
8° Duos pour deux cors, liv. 1 et 2; Paris, 
Sieber. 9° Huit idem; Paris, Imbault. 10° Vingt 



idem; Paris, Leduc. 11° Vingt-quatre idem; 
ibid. 12° Trois duos pour cor et basson ; ibid. 
13° Éludes et exercices; ibid. 14" Sextuor pour 
cor, clarinette, basson, violon, alto et contre- 
basse, op. 54; ibid. 15° Méthode pour ap- 
prendre facilement les éléments des premier 
et second cors aux jeunes élèves, dans laquelle 
sont indiqués les coups de langue et les liai- 
sons les plus nécessaires pour tirer de beaux 
sons de cet instrument , composée par Ham- 
pel et perfectionnée par Punto, son élève; 
Paris, Leduc, 1798, in-4°. 16° Hymne à la li- 
berté, avec orchestre; Paris, Naderman. 
17° Trios pour violon, allô et basse, op. 7; 
Paris, Louis. 18° Duos pour deux violons, 
op. 5; Paris, Sieber. 

STICRL (François), né à Dicssen, sur le 
lac d'Ammer, vers la fin du dix-septième 
siècle, apprit dans le monastère de ce lieu les 
éléments des sciences et de la musique, puis 
alla terminer ses études dans les universités de 
Salzbourg et d'Ingolstadt. Il s'établit dans cette 
dernière ville, en 1720, comme organiste. Plus 
tard il ajouta à sa position le litre de procureur 
du collège ducal. Il mourut en 1742. On a im- 
primé de sa composition : 1° Psalmi vesper- 
tini pro toto anno, a 4 voc. violino unisono 
et continuo; Augsbourg, 1721, in-fol. 2° An- 
glipolitana veneratio erga sunctissimam 
crucis particulam, in academico B. V. spa- 
ciosx templo cultui publico expositam, con- 
stata VI Missis cantatis, à 4 vocibus con- 
certantibus, nec non instrumentis variis ad 
libitum adhibendis et concinato ac inclyto 
magistratui A ' nglipolitano demississime 
dedicata; Auguste Vindelicorum, 1727, 
in-fol. 5° Psalmi vespertini pro toto anno 
a 4 vocibus, violino unisono et continuo; 
Auguste Vindelicorum, 1728. Peut être ce 
dernier ouvrage n'est-il qu'une deuxième édi- 
tion du premier. 

STICKL (JosErH), fils du précédent, na- 
quit à Ingolsladt, en 1724. Il y fit ses études, 
et son père lui enseigna la musique et la com- 
position. La place d'organiste à Weichering 
étant devenue vacante, il l'obtint et en remplit 
les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1778. 
On connaît de sa composition, en manuscrit, 
des préludes et des pièces d'oçgue. 

STIELER (Charles-Auguste), professeur 
de musique au gymnase de Stockholm, dans la 
première moilié du dix-neuvième siècle, est 
auteur d'un manuel des principes de la mu- 
sique el du chant, en langue danoise, publié 
sous ce titre : Lxrebok i de fœrste grunderne 
for Musih och Sang ving ungdomens under- 



138 



STIELER - STOB/EUS 



wisning Scolar och gymnasier; Stockholm, 
1820, gr. in-4°. 

STIEKLEIN (Jean-Christophe), musi- 
cien allemand de la fin du dix-seplième siècle, 
fut d'abord attaché à la musique de la cour de 
Stuttgart; puis il eut le titre de second maître 
de chapelle du duc de Wurtemberg. Il a fait 
imprimer de sa composition les ouvrages sui- 
vants : 1° Musihalische geistliche Zeitund 
Ewigkeit Betrachtung, in 25 Arien von 
einer Singstimmen und Generalbass (Le 
temps et l'éternité, méditation musicale et spi- 
rituelle en vingt-cinq airs à voix seule et basse 
continue); Stuttgart, 1688, petit in-8° oblong. 
2° Trifolium musicale consistens in musica 
theorica, praclica et poetica, etc.; Stutt- 
gart, 1691, ih-4° oblong de quarante-huit 
pages, avec vingt-deux planches. C'est un 
traité abrégé des éléments de la musique et 
de la basse continue, par demandes et ré- 
ponses. 

STILES (Sir François HASKINS 
EYLES), baronnet, fut mejnbre rie la Société 
royale de Londres, vers le milieu du dix-hui- 
tième siècle. lia publié dans les Transactions 
philosophiques (vol. LI, part. II, p. 695-773) 
une très-bonne dissertation intitulée .• An 
Explanation of the modes or tones in tlie 
ancient Grecian music (Explication des 
modes ou tons de l'ancienne musique grec- 
que). Celte dissertation se trouve aussi dans 
l'abrégé des Transactions philosophiques 
(année 1760, I. XI, p. 485). 

ST1LLE (Jean), savant lianovrien, vécut 
vers letjrnilieù du dix-septième siècle. Il ;i [ait 
imprimer un recueil dedissei'lations sur divers 
sujets, intitulé : Bisputàtio philosophica 
continens Ouxstioncs miscellaneas ; Helm- 
sladt, 1646, in-4° de quatre feuilles. Il exa- 
mine, dans la seconde question, les opinions 
diverses des harmonistes concernant la na- 
ture consonnanle ou dissonante delà quarte; 
et dans le troisième, les méthodes de solmisa- 
tion en usage dans les écoles. Ces deux mor- 
ceaux remplissent onze pages de son opus- 
cule. 

STILLINGFLEET (Benjamin), petit-ne- 
veu de l'évêque de Worcesler, Edouard Stil- 
lingfleet, naquit en 1702, commença ses éludes 
à l'école de Norwicb, et les acheva avec succès 
à l'université de Cambridge. Après avoir em- 
ployé quatorze années à faire l'éducation d'un 
gentilhomme anglais, et avoir voyagé avec lui 
sur le continent, il retourna en Angleterre, en 
174ô, et vécut d'une pension viagère que lui 
faisait le père de son élève. Il s'occupa pen- 



dant le reste de sa vie de botanique, d'agricul- 
ture, de poésie et de musique. Il mourut à 
Londres, le 15 décembre 1771. Stillingfleet 
n'est cité dans celle biographie que pour une 
sorte d'analyse ou d'abrégé du traité de mu- 
sique de Tarlini qu'il a publié sous ce titre : 
Principles and power of harmony (Traité 
sur les principes et le pouvoir de l'harmonie); 
Londres, 1771, in-4°. Les exemplaires de cel 
ouvrage ne sont pas communs. 

STIPIIELIUS (Laurent), cantor à 
Naumbourg, au commencement du dix-sep- 
tième siècle, a publié : Libelhis scholasticus 
pro Senatoria? Numburgcnsium Scholx pue- 
ris, continens Odus spiriluules, Responso- 
ria. item christliche Beicht, Kirchen-und 
Schul-gesxng } IJarmonias ad odas, et ip- 
sius cantoris manuale; Jéna, 1607, in-4°. 
On ignore si cet ouvrage, connu seulement 
par une indication de la Bibliothèque clas- 
sique de Dràudius , est le même que ce- 
lui qui est cité par Forkel {AUgem. Litter. 
der Mus., p. 271), sons le titre de Com- 
pendium musicum ; Naumbourg, 1609, in-8°, 
et dont il indique nue autre édition de Jéna, 
1614. On ne peut présumer que Forkel n'ait 
donné qu'un litre défiguré, car aux détails 
qu'il fournil sur le livre et sur ce qu'il con- 
tient, il est évident qu'il l'avait vu. Je pense 
qu'il s'agit de deux ouvrages différents. 

STIPPER (Jean-Daniel), savant allemand, 
vécut à Leipsick, dans la première moitié du 
dix-huitième siècle. Il a fait imprimer une 
thèse qui a pour titre ; Programma de mu- 
sica instrumentait tempore luclus publici 
prohibita, quo lecliones hibernales incipien- 
das publiée intimai >etc. ; Lipsix, 1727, in-4° 
de quatre pages. 

STIYORI (François), organiste à Monta- 
gnana (États de Venise), dans la seconde moi- 
tié du dix-seplième siècle, est connu par les 
compositions dont les litres suivent: 1° Ma- 
drigali a quattro voci, con un dialogo a 
otlo, lib. I ; Venise, 1583, in-4 1 '. 2" Mottelti 
a cinque voci; ibid., 1587, in-4°. 5° Quattro 
libri Ai moletti a 6, 7 e 8 voci; ibid., 1596, 
in-4". 

STOByEUS (Jean), maître de chapelle à 
Rœnigsberg, naquit à Graudenz, en Prusse, 
dans les dernières années du seizième siècle, 
et mourut en 1646. On connaît sous son nom 
un recueil de motets intitulé : Cantiones sa- 
crx4,5et 10 vocum; Francfort, 1624. Il a 
aussi publié à Danlzick, en 1634, un autre re- 
cueil de motels à cinq voix sur le plain -chant . 
de l'église. Valcntin Thilo (voyez ce nom) a 



STOB^US — STOCKIIAUSEN 



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fait imprimer un éloge funèbre de ce musi- 
cien, sous ce titre : Laudati'o funebris in 
memoriam Joun. Stobxi, Graudentini-Bo- 
russi, serenissimi electoris Brandenburgen- 
sis in Borussia capellx magistri celeber- 
rimi, musici excellentissimi. Regiomontani, 
1646, in-4°. 

STOCKFLET (Henri-Arnold), né à Ha- 
novre, dans la première moitié du dix-septième 
siècle, fut professeur de droit à Alldorf. Il est 
auteur d'un traité de l'usage des cloches et des 
carillons intitulé : Exercitium academicum 
deCampanarum usu,in iUustri Noricorum 
Altdorphina , concinnatum cwn indice 
rerum et verborum aceuratissimo ; Alt- 
dorffi , typis et sumptibus Joh. Henrici 
Schœnnersstœdt , 1665, in-12 de XIII feuil- 
lets et trois cent trente-quatre pages. 

STOCKIIAUSEN ( Jean -Christophe) , 
surintendant et conseiller du consistoire, à 
Hanau, naquit à Gladenbach, le 20 octobre 
1725, et mourut à Hanau, le 4 septembre 1784. 
11 est auteur d'un livre estimé qui a pour 
titre : KritischerEntwurfeinerauserlesenen 
Bibliothek, fiir den Licbhaber der Philo- 
sophie und schœnen TF'issensthaften (Es- 
quisse critique d'une bibliothèque choisie, à 
l'usage des amateurs de la philosophie et des 
belles-lettres); Berlin, 1758, in-4°, deuxième 
édition. La troisième édition a paru en 1764, 
et la quatrième en 1771, toutes in-4". On 
trouve dans cet ouvrage l'esquisse d'une bi- 
bliothèque de musique. 

STOCKIIAUSEN (François), harpiste et 
compositeur, né à Cologne, vers 1798, voyagea 
vers 1825 en Suisse avec sa femme, jeune 
cantatrice douée d'une voix légère, juste, et 
qui se faisait remarquer par un goût élégant 
et une bonne méthode. Stockhausen vécut 
quelque temps à Genève, où il se livrait à l'en- 
seignement de la harpe. Vers 1826, il se rendit 
à Paris, et s'y fit entendre avec sa femme 
dans quelques concerts, mais sans y obtenir 
de succès, car son talent d'exécution ne pou- 
vait briller dans une ville où il y avait alors 
quelques harpistes de beaucoup de mérite. 
Deux ans après il alla en Angleterre, et grâce 
au talent de madame Stockhausen, il y donna 
des concerts productifs. Parcourant les pro- 
vinces du Royaume-Uni, puis l'Irlande et 
l'Ecosse, il y recueillit les éléments de l'indé- 
pendance dont il put jouir dans une retraite, à 
Colmar. En 1849, M. Stockhausen s'est encore 
fait entendre dans cette ville, dans un concert 
que son fils (voyez la notice suivante) y donnait. 
L'organe vocal de madame Stockhausen, fati- 



gué par un trop fréquent exercice, s'est usé 
avant le temps. 

Stockhausen a publié à Paris environ trente 
œuvres de sonates, duos, fantaisies, airs variés, 
divertissements, nocturnes, exercices, contre- 
danses et valses pour la harpe. Parmi ses ou- 
vrages, on remarque une messe à quatre voix 
avec deux harpes, quatre cors et basse, op. 6 ; 
Paris, Pacini. 

STOCKHAUSEN (Jules), fils du précé- 
dent, est né à Paris, en 1826. Doué d'une belle 
voix de baryton et d'une heureuse organisa- 
tion musicale, il cultiva ces dons précieux 
dans les classes de chant et de déclamation du 
Conservatoire de Paris, puis se rendit à Lon- 
dres, en 1845, et y reçut des leçons de Manuel 
Garcia. En 1848, il débuta au théâtre italien 
de cette ville et y obtint un brillant succès, 
puis il voyagea en Suisse et produisit une vive 
sensation à Genève. Pendant les années sui- 
vantes il vécut au sein de sa famille à Colmar, 
faisant seulement de temps en temps des ex- 
cursions dans l'Allemagne rhénane, pour les 
festivals, particulièrement à Strasbourg, où il 
chanta les parties principales dans les exécu- 
tions de YElie, de Mendelsohn, en 1852, et du 
Paulus, en 1853. Arrivé à Paris, dans l'hiver 
de 1854-1855, il y brilla dans les concerts par 
sa belle voix, son excellente école et la variété 
de son style. Dans l'été de 1855, il fil un 
voyage en Italie, d'où il retourna par la Suisse 
à Colmar. Au mois de mars 1856, il était à 
Francfort et y donnait des concerts; puis il 
visita "YVeimar, Berlin, et chanta au festival de 
Dusseldorf. Engagé ensuite à Londres pour 
chanter au concert de la Société philharmoni- 
que, il retourna en Allemagne après cet en- 
gagement, chanta le Maître de chapelle, de 
Paer, au théâtre de Manheim, puis au festival 
de Darmstadt. Le 7 novembre, il débuta au 
théâtre de l'Opéra-Comique de Paris, dans le 
rôle du Sénéchal de Jean de Paris. Ce fut une 
faute que cet engagement d'un artiste de ta- 
lent aussi sérieux, aussi pur que Stockhausen, 
pour chanter l'ancien répertoire de Martin. 
Bien plus grand chanteur que cet ancien acteur 
de l'Opéra Comique, ne possédant pas comme 
lui certaines qualités d'entrain qui sont à la 
portée du public de ce théâtre, il n'obtint que 
des demi-succès, et la presse se montra tout à 
fait incapable de l'apprécier. Après avoir joué 
Jean de Paris, la Fête du village voisin, 
Jeannot et Colin, et le Valet de chambre, 
Stockhausen rompit son engagement avec 
l'Opéra-Comique et retrouva sa véritable des- 
tination dans les festivals et les concerts de 



140 



STOCKHAUSEN - STOELZEL 



l'Allemagne. Au moment où cette notice est 
écrite (1864), il est directeur et chef d'orchestre 
du théâtre de Hambourg. 

STOEBER (Charles), pianiste et compo- 
siteur, naquit à Presbourg, en 1806. Son père, 
bon maître de piano, le guida dans ses études. 
Arrivé fort jeune à Vienne, Slœber y eut de 
brillants débuts par son talent d'exécution, et 
se fit connaître avantageusement par ses ou- 
vrages: mais une fièvre cérébrale le mit au 
tombeau à Page de vingt-neuf ans, le 21 no- 
vembre 1835. Les œuvres de cet artiste, au 
nombre d'environ quarante, consistent en 
fantaisies, variations et rondeaux pour piano 
seul ou piano à quatre mains. Son œuvre 
sixième est un quatuor pour piano, harpe, 
clarinette et violoncelle, où il y a du mérite. 

STOECKEL (le P. Boniface), bénédictin 
de Mallersdorf, en Bavière, naquit le 27 no- 
vembre 1747, à Piling, dans ce royaume, et 
fit ses études à Salzbourg, où Léopold Mozart 
lui enseigna la composition. Il entra dans son 
ordre le 27 octobre 1771, et fut ordonné 
prêtre le 18 juillet 1773. Son mérite comme 
compositeur le fit choisir pour diriger la mu- 
sique de son couvent, et dans l'exercice de ses 
fonctions, il écrivit plusieurs messes, vêpres 
complètes, litanies, etc., où l'on remarque un 
bon style. Tous ses ouvrages sont restés en 
manuscrit, à l'exception «le chants à quatre 
voix sur les prières du malin et du soir, qui 
ontété publiés àSalzbach, chezSiedel. Pendant 
les années 1782 et 1783, le P. Stœckel en- 
seigna la grammaire au gymnase d'Amberg; 
il retourna à son couvent de Mallersdorf, au 
commencement de 1784, et y mourut le 7 sep- 
tembre de la même année. 

STOECKEL (J.-G.-E.), cantor à Burg, 
près de Magdebourg, vivait vers la fin du dix- 
huitième siècle. Il inventa un chronomètre 
musical dont il a donné la description, en 
1796, dans le journal de l'Allemagne (Journal 
fur Deutschland), puis dans le deuxième vo- 
lume de la Gazette musicale de Leipsick 
(pages 67 et 673). 

STOECKL ou STOEREL (Clara). Voyez 
IIEU\EFETTER (Clara). 

STOEGER (le P. Antoine), religieux 
franciscain du couvent de Pfaffenhofen , en 
Bavière, naquit en 1727, à Grossmehring, près 
d'Ingolstadt, et entra dans son ordre, en 1746. 
Il fut bon organiste et se fit connaître avan- 
tageusement par des pièces d'orgue et par 
deux Requiem de sa composition. Il mourut à 
rraffenhofen, en 1798. 

STOELZEL (GoDr.rnoiD-IlENni), compo- 



siteur, naquit le 13 janvier 1690, à Grlln- 
stadt, dans les montagnes de la Saxe électo- 
rale. Son père, organiste du lieu, lui donna 
les premières leçons de musique et de cla- 
vecin. A l'âge de treize ans, Stœlzel fut en- 
voyé au lycée de Schneeberg, et mis en pen- 
sion chez le cantor Umlauf, élève de Kulmau, 
qui ne négligea rien pour en faire un musicien 
instruit. En 1707, Stœlzel se rendit à l'uni- 
versité de Leipsick : l'Opéra de cette ville lui 
fournit l'occasion d'acquérir de nouvelles con- 
naissances et de former son goût. Hoffmann, 
alors directeur de musique de la nouvelle 
église, lui fit bon accueil, et eut même la com- 
plaisance de faire exécuter, sous son nom, les 
premiers essais de Stœlzel, afin que les ar- 
tistes leur accordassent l'attention qu'ils n'au- 
raient pas prêtée aux tentatives d'un jeune 
homme inconnu. 

Après un séjour de trois ans à Leipsick, 
Stœlzel se rendit à Breslau et y passa deux 
années, se livrant à l'enseignement du chant 
et du clavecin. Au nombre des ouvertures, 
concertos et autres compositions de tout genre 
qu'il y produisit, on remarque une sérénade à 
l'occasion du couronnement de l'empereur 
Charles VI, ainsi qu'une pièce dramatique in- 
titulée Narcisse, dont il a composé le texte et 
la musique pour la comtesse de Neidhardt. 
La peinture séduisante qu'un de ses amis lui 
fit alors de l'Italie lui fit prendre la résolution 
d'y faire un voyage. Avant de s'y rendre, il 
voulut revoir encore sa famille ; mais à son 
passage en Saxe, il fut chargé par le maître de 
chapelle Theile de composer un opéra pour la 
foire de Naumbourg. Cet ouvrage, intitulé Va- 
lérie, eut beaucoup de succès, et procura à 
Stœlzel la demande de deux autres opéras 
(Jrtémise et Orion) pour la foire suivante. 
Le texte de ces dernières pièces lui apparte- 
nait. De Naumbourg, il se rendit à Géra, où 
il écrivit la partition de les Hoses et les épines 
de l'amour, pastorale. Des places de maître 
de chapelle lui furent offertes dans cette ville 
et à Zeitz; mais il les refusa pour faire son 
voyage, qu'il entreprit enfin, en 1713, en 
passant par Hof, Bayreuth, Nuremberg et 
Augsbourg, où la diète de l'Empire était 
assemblée. Arrivé à Venise, il s'y lia d'amitié 
avec Heinichen, son compatriote (voyez ce 
nom), dont la conversation fut très-instruc- 
tive pour lui. Ce fut avec lui qu'il visita les 
quatre conservatoires qu'on trouvait alors 
dans cette ville; il y connut Gasparini, 
Vivaldi, Antoine Polarolo, Antoine Biffi, et 
Vinaccesi (voyez ces noms), musiciens ce- 



STOELZEL 



141 



lèbres, qui en étaient alors les inspecteurs et 
professeurs. Ses liaisons avec ces hommes de 
mérite et avec l'illustre Marcello lui ren- 
dirent le séjour de Venise aussi agréable 
qu'utile. De là il se rendit à Florence, où il 
connut Ludwig, musicien de Berlin, et sa 
femme, Vénitienne dont le talent sur le luth 
était fort remarquable. Le duc Salviati, qui 
logeait ces artistes dans son palais, présenta 
Stœlzel à la princesse Eléonore de Guastalla, 
qui était aussi fort habile sur le même instru- 
ment. Au mois de septembre, Stœlzel partit 
de Florence pour aller à Rome, où il connut 
particulièrement Bononcini. Il ne paraît pas 
qu'il ait compris ce qu'il y avait d'intéressant 
pour lui dans cette capitale du monde chré- 
tien, car il n'y resta qu'un mois. De retour à 
Florence, il y entendit quelques opéras d'Or- 
landini et de Gasparini qui lui plurent beau- 
coup ; puis il reprit le chemin de l'Allemagne, 
en passant par Bologne, Venise, Trente et 
Inspruck. La cour du prince Palatin était 
alors retirée dans cette ville du Tyrol. 
Stœlzel y admira l'excellent ensemble des ar- 
tistes de sa chapelle. D'Inspruck, il alla à 
Prague, où le comte Logi et les barons de 
Hartig et d'Adlersfeld le retinrent pendant 
trois ans. II y composa les opéras Vénus et 
Adonis, Acis et Galatée, la Fortune vaincue 
par l'Amour, quelques oratorios latins, ita- 
liens et allemands, parmi lesquels on cite Jé- 
sus paliens, Caïno, ovvero II primo figlio 
malvaggio, et Marie Madeleine; enfin, plu- 
sieurs messes et des morceaux pour divers 
instruments. D'après le conseil de ses amis, il 
commença dès lors à donner des concerts où 
il faisait exécuter ses compositions. Appelé à 
Dresde au commencement de 1717, il ne s'y 
rendit point, et préféra aller à Bayreuth, où il 
écrivit plusieurs morceaux de musique solen- 
nelle pour le second jubilé de la réformation 
luthérienne. Il composa aussi dans cette ville 
des sérénades pour la fête du Margrave, et 
Diomedes, grand opéra allemand. 

En 1719, Stœlzel entra au service du 
comte de Géra ; quoiqu'il n'y soit demeuré que 
six mois, il écrivit dans ce court espace 
beaucoup de compositions instrumentales et 
vocales. La place de maître de chapelle de la 
courdeGolha, qu'il avait sollicitée, lui ayant 
été accordée dans cette même année, il en prit 
possession et l'occupa pendant trente ans, in- 
cessamment occupé de compositions nouvelles. 
Dans le nombre immense de ses ouvrages 
écrits depuis cette époque, on compte huit an- 
nées entières de musique d'église, où chaque 



dimanche et chaque fêle ont deux compositions 
différentes; quatorze Passions complètes; 
autant de musiques complètes pour la fête de 
Noël ; quatorze opéras, seize sérénades, plus 
(le quatre-vingts morceaux de musique de 
table, une quantité prodigieuse de morceaux 
pour diverses circonstances, de messes, d'ou- 
vertures, de symphonies, et de concertos pour 
divers instruments. Toule cette musique, 
restée en manuscrit, est maintenant peu 
connue. Stœlzel mourut à Gotha, le 27 no- 
vembre 1741), à l'âge de près de soixante ans. 
Il ne nous reste qu'un spécimen de l'habileté 
de ce savant musicien, dans un petit traité des 
canons multiformes et perpétuels sur un seul 
thème. Il fit imprimer cet écrit au nombre 
d'environ cent exemplaires pour ses amis, et 
ne le mit pas dans le commerce, en sorte qu'il 
est devenu d'une rareté excessive. J'en possède 
un exemplaire qui a beaucoup souffert par le 
feu, où il paraît être tombé par accident : 
toutefois le texte ni la musique n'en ont pas 
été détruits. Ce petit ouvrage a pour litre : 
Praktischer Beiveis , wie aus einem noch 
dem wahren Fundamente solcher Noten- 
Kiinsteleyeîi gesetzten Canone perpétua in 
hypodiapente quatuor vocum, viel und 
mancherley, Theils an Mélodie, Theils auch 
an Harmonie unterschiedene Canones per- 
peluiàA zumachen seyn, etc. (Démonstration 
pratique pour faire, d'après les vrais prin- 
cipes, et d'après un exemple, un canon per- 
pétuel à la quinte inférieure, etc.), 1725, petit 
in-4° de trois feuilles , sans nom de lieu. 
L'exemple choisi par Stœlzel est fort ingénieux 
et bien écrit. 

Stœlzel a laissé en manuscrit quelques 
traités relatifs à la musique qui se trouvaient 
encore en 1760, entre les mains de son fils, 
surintendant à Gotha. Ils consistaient : 
1° En un traité de la musique des Grecs; 
2° Un traité du récitatif, écrit pour la Société 
musicale de Mizler, dont l'auteur était mem- 
bre. Albrecht, de Mulhausen, avait promis, 
en 17C2, de publier cet ouvrage; mais il n'a 
pas tenu sa parole; 5° Une introduction à la 
composition; 4" Une instruction snr le contre- 
point. 

STOELZEL (Henri), né vers 1780, à 
Pleiss, dans la Haute-Silésie, étudia la mu- 
sique et le cor dans sa jeunesse, puis entra 
dans la chapelle du prince de Pleiss, et vécut 
à Breslau pendant plusieurs années, en qua- 
lité de musicien de chambre. En 1814, il se 
signala par une invention qui a modifié toute 
la famille des instruments de cuivre, en leur 



142 



STOELZEL - STOEPEL 



fournissant des noies ouvertes sur tous les de- 
grés de Téchelle chromatique. Cette invention 
l'ut celle de deux pistons placés par Slœlzel sur 
la pompe du cor, pour mettre en communica- 
tion l'air avec des tubes ou\erls pour chaque 
note, au lieu de ne produire ces notes en sons 
bouchés que par la main dans le pavillon, 
d'après le procédé inventé longtemps aupara- 
vant par Hampel (voyez ce nom). Celle inven- 
tion de Stœlzel fut signalée par Bierey, direc- 
teur de musique à Breslau, dans une noie 
insérée au n" 18 de la Gazette musicale de 
Leipsick (ann. 1815), et le savant mailre de 
chapelle Frédéric Schneider analysa dans le 
même journal (26 novembre 1817) les avan- 
tages de celle invention, et fit très-bien re- 
marquer qu'ils consistent surtout à donner de 
bonnes noies sonores dans l'octave basse du 
cor, au lieu des notes sourdes cl sans effet que 
produit le cor ordinaire. Au mois de décembre 
1817, Slœlzel fit entendre son nouvel instru- 
ment dans un concert à Leipsick. Dans l'an- 
née suivante, il joua aussi à Berlin avec suc- 
cès, et obtint du roi de Prusse un brevet pour 
dix ans. A la même époque, il l'ut admis dans 
la chapelle royale et dans la musique de la 
chambre. Schlott, fabricant d'instruments de 
cuivre à Berlin, entreprit de perfectionner 
l'invention encore bien grossière de Stœlzel, 
et plus tard, Schuster, autre facteur d'instru- 
ments à Carlsruhe, modifia celle invention, 
d'après l'invitation de Christophe Schuncke, en 
«tant les pistons de la coulisse pour les placer 
sur les branches de l'instrument. M. Meyfred, 
professeur de cor à pistons au Conservatoire 
de Paris, fit aussi des travaux pour améliorer 
cet instrument; mais il était réservé à M. Sax 
(voyez ce nom) de le porter à sa perfection. 
L'invention de Stœlzel a conduit au cornet à 
pislons, aux familles des Sax horns et Saxo- 
tromba, à la trompette à cylindre, au trom- 
bone à trois, quatre, cinq et six pistons, et aux 
basses d'harmonie. Slœlzel a obtenu, en 1829, 
sa pension de retraite; il est mort à Berlin, 
en 1844. 

STOEPEL (François-David- Christophe), 
né le 14 novembre 1794, à Oberhelderungen, 
en Prusse, était fils du cantor et maître d'école 
de ce lieu. Destiné à l'état de son père, il fut 
envoyé fort jeune au séminaire de Weissen- 
fels. Dès sa dix-huitième année, il obtint une 
place de mailre d'école à Frankenherg, en 
Saxe; malheureusement son caractère incon- 
stant, inquiet, commença dès lors à se mani- 
fester, en lui faisant quitter cette position peu 
de temps après l'avoir prise. Dévoré d'ambi- 



tion, et ne possédant, pour la satisfaire, ni une 
spécialité de laleuls, ni une instruction suffi- 
sante, il vit commencer, dès le début de sa car- 
rière, une lutte pénible entre ses désirs de re- 
nommée et de bien-être, et la fortune qui le 
trahissait. A son départ de la Saxe, Stœpel fit 
un petit voyage dans le Holslein; puis il sévit 
contraint d'accepter une place de précepteur 
chez un baron Dunkclmann; mais il ne la 
garda pas plus longtemps que celle de Fran- 
kenberg. Après l'abandon de sa dernière place, 
il y a une lacune de quelques années dans les 
renseignements qu'on possède sur sa vie. On 
ne retrouve Stœpel qu'à Berlin, en 1819 : il 
était alors âgé de vingt-cinq ans. Alors, seule- 
ment, il essaya d'appuyer son existence sur la 
musique qu'il avait apprise dans sa jeunesse. 
Il jouait un peu de piano et de violon, avait 
quelque teinture de théorie, d'histoire et de 
littérature musicale; mais tout cela était su- 
perficiel. Toutefois, il ne s'effraya point à 
l'idée de se mettre au grand jour dans une 
ville aussi importante que Berlin, et il osa y 
entreprendre un cours d'histoire de l'art, dans 
le local de l'Académie royale des sciences : il 
en a publié plus tard la première leçon dans 
la Gazette musicale de Vienne (ann. 1822). 
Ce fut aussi à celle occasion qu'il fit paraître 
une sorte d'abrégé de l'histoire de la musique 
moderne (Grundziige der Geschichle der mo- 
dernenJlusik; Berlin, 1821, in-4° de quatre- 
vingt-cinq pages), en forme de table chrono- 
logique des principaux faits. Le cours et le 
livre eurent peu de succès. 

A cette époque, quelques musiciens français 
et allemands se préoccupaient de la nouvelle 
méthode d'enseignement du piano et de l'har- 
monie imaginée par Logier (voyez ce nom), et 
mise en pratique' par lui dans plusieurs villes 
d'Angleterre avec beaucoup de succès : Stœpel 
crut y entrevoir une source de fortune, et il 
eut assez de protection pour obtenir du gou- 
vernement la mission d'aller étudier cette mé- 
thode à Londres, auprès de l'inventeur. De 
retour à Berlin, il établit son école sous le pa- 
tronage du roi ^ mais après un certain temps 
d'essai, le résultat ne répondant point à ses 
pompeuses promesses, le gouvernement fit 
inviter Logier à se rendre à Berlin, pour diri- 
ger lui-même l'organisation de l'école. A son 
arrivée, de vives discussions éclatèrent entre 
lui et Stœpel, et celui-ci s'éloigna, en 182ô, 
pour aller fonder des écoles du même genre à 
Potsdam, puis à Erfurt, Gotha el Meintingen. 
Dans cette dernière ville, il obtint un secours 
considérable du duc régnant. Il aurait pu s'y 



STOEPEL — STOER 



143 



créer une honorable position ; mais l'instabilité 
de ses goûts et de ses projets lui fit encore quitter 
cette résidence pour aller à Hildburghausen, 
d'où des motifs graves le firent partir. Il se 
rendit alors à Francfort sur-le-Mein (en 1825), 
y établit une école d'après son système, el y 
entreprit un journal de musique (l).On ignore 
les motifs qui lui firent quitter précipitam- 
ment celte ville pour aller à Darmstadl, où le 
grand duc de Hesse l'employa à donner des le- 
çons de théorie aux musiciens de sa chapelle. 
Schilling dit, dans son Lexique universel de 
musique, que des motifs impérieux firent ces- 
ser les leçons, et que Stœpel disparut. Peu de 
temps auparavant, il avait obtenu de la fa- 
culté de philosophie de l'université d'Erlang, le 
diplôme de docteur es arts. 

Au commencement de 1827, Stœpel arriva 
à Munich, y établit une école et entreprit la 
publication d'un nouveau journal de mu- 
sique (2). Après deux années de séjour dan.; 
cette ville, il en partit, el la difficulté de trou- 
ver dès lors une position en Allemagne lui fit 
prendre la résolution de se rendre à Paris. Il 
y arriva au mois de mars 1829, sans recom- 
mandation, et sans autre appui que celui de 
l'auleur de celle biographie, avec qui il avait 
eu des relations épislolaires pendant son séjour 
à Munich. Celui-ci le recommanda au vicomte 
de la Rochefoucauld, eloblint qu'il lui fùtdonné 
des secours pour établir une école de musique 
d'après le système de Logier. Malheureuse- 
ment, la mode de cet enseignement, autrefois 
florissant sous la direction de Zimmerman, 
était passée. Les frais de loyer du local et des 
pianos absorbèrent les produits de l'établisse- 
ment de Stœpel : après quelques années d'une 
existence languissante, celte école fut fermée, 
et la position du professeur devint très-mal- 
heureuse, quoiqu'il fût employé dans la rédac- 
tion de la Gazette musicale de Paris, et qu'il 
•eût ouvert des cours dans quelques pension- 
nats. Le chagrin altéra sa santé, et le 19 dé- 
cembre 1856, il mourut d'une maladie de 
langueur. 

Outre les ouvrages cités précédemment, 
Stœpel a publié : 1° Ueber J.-B. Logier's 
System der Musih- JFissenschaft (Sur le sys- 

(1) Altgemeiner musikalischer Anzeiger (Le Moniteur 
général de la musique). Francfort, Fischer, 1826, in-4». 
Ce journal n'eut qu'une année d'existence. Stœpel en 
commença une suite sous ce titré : Minerva, ein Ueiblall 
zum Allyemeiner musikalisclter An-eiger (Minerve, con- 
tinuation du Moniteur général de la musique). Franc- 
fort, 1826-1827. II n'en parut que quatre numéros. 

(2) Munchner Musikzeitung (Gazette musicale de Mu- 
nich). Munich, Sidler, 1827 et 1828, in-4". 



lème de la science musicale, par J.-B. Lo- 
gier); Munich, 1827, in-8°. 2° Bcylrxge zur 
// iirdigung der neuen Méthode der gleich- 
zeitigen Unterricht einer Mehrzahl von 
Schuleren im Piano- forte-Spiel und der Har- 
monie, etc. (Essais d'appréciation de la nou- 
velle méthode d'enseignement simultané à 
l'égard de la plupart des élèves pour le piano 
et l'harmonie); Gotha, 1823, in 8°. On a aussi 
de sa composition : 1° Trois recueils de chants 
allemands à voix seule avec piano, sous le 
titre de Melodora : le premier a paru à Leip- 
sick, chez llofmeister ; le second, à Ham- 
bourg, chez Crisliani, et. le troisième, à Franc- 
fort, chez Fischer. 2° Chants spirituels de 
Gœlhe, Herder et Novalis à quatre voix, op. 11; 
Francfort, Andréa. 5° Thèmes variés pour 
piano, Hildburghausen, Kessel ring. 4° Neues 
System dur Harmonielehre und des Unter- 
richts in Piano- forte-Spiel; Francfort, An- 
dréa, trois parties in-4°. 5° Méthode de chant: 
Paris, Stœpel. 6° Méthode de piano; idem., 
ibid. 7° Collection de morceaux de piano pour 
le cours; ibid. Stœpel a fourni beaucoup d'ar- 
ticles à la Gazette musicale de Paris, et quel- 
ques-uns à celle de Leipsick (t. XXIII et 
XXVII). 

STOEPPLER. (CnAULEs) , musicien de 
la chambre du duc de Brunswick, né vers 
1810, a l'ail représenter, au mois de décembre 
1847, sur le théâtre de Brunswick, l'opéra en 
trois actes intitulé Karl der Fiinfte vor Tu- 
nis (Charles-Quint devant Tunis). Cet ouvrage 
obtint un brillant succès, et le compositeur fut 
appelé sur la scène à la fin de la représenta- 
lion; honneur plus rare en Allemagne qu'en 
Italie et en France. Le même artiste a publié 
ipielques Lieder à voix seule avec piano, et le 
chant à quatre voix d'hommes qui a pour litre: 
Teulsches f'olkslied , gedichtet von Karl 
Schiller, in D/usilc geselzt fiir A Mxnner- 
stimmen; Brunswick, C. Weinholtz, 1841. 

STOEII (I) (Charles), musicien au service 
du grand-duc de Saxe-Weimar, est néle29juin 
1814, à Stolberg, dans le Harz. Son père, mu- 
sicien de la ville, lui donna les premières le- 
çons de musique; ses progrès furent si ra- 
pides, qu'à l'âge de sept ans, il put débuter 
sur le violon dans les concerts. Lorsqu'il eut 
atteint sa huitième année, il alla étudier sous 
la direction de Taubert, à Halle. Après deux ans 
de séjour dans cette ville, il retourna chez ses 
parents et y resta jusqu'à sa douzième année. 
Ayant fait un voyage à Weimar, il y eut tant 

(1) Par une faute typographique, ce nom est écrit 
Stoerl dans la première édition de celte biographie. 



144 



STOER — STOKEM 



de succès, que le grand-duc l'engagea pour sa 
chapelle. Depuis lors, il n'a plus quille celte 
ville. Parmi ses compositions, on cite les bal- 
lets qu'il a écrits pour le théâtre de Weimar, 
remarquables par des idées brillantes de fraî- 
cheur et d'originalité. Cn lui doit aussi plu- 
sieurs morceaux pour l'orchestre et pour le 
violon. En 1843, il a fait représenter, sur le 
théâtre de la cour à Weimar, l'opéra intitulé 
Die Flucht (la Fuile). Une ouverture de sa 
composition y a été exécutée en 1842. Slœr a 
été souvent appelé à Jéna pour y jouer dans 
les concerts. En 1840, il a visité Leipsick et 
Berlin, et s'y est fait entendre avec succès. 

STQERL (Jean-Georges Chrétien), maître 
de chapelle du duc de Wurtemberg, naquit en 
1676, à Kirchberg, dans la principauté de Ho- 
henlohe. A l'âge de douze ans, il entra comme 
enfant de chœur à la chapelle de Stuttgart; 
puis le prince l'envoya à Nuremberg étudier le 
clavecin et le contrepoint chez le célèbre or- 
ganiste Pachelbel. De retour à Stuttgart, il 
reçut sa nomination de maître de chapelle. En 
1701,Slœrl fit un voyage à Vienne, et pendant 
un séjour d'une année dans cette ville, il 
acheva de s'instruire dans la composition, 
sous la direction de Ferdinand-Tobie Richter; 
puis il fil un voyage à Venise, s'y lia d'amitié 
avecPolarolo, et en fin il alla à Rome, où il passa 
une année dans l'intimité de Pasquini et de 
Corelli.Le duc de Wurtemberg l'ayant rappelé 
à Stuttgart, il retourna dans sa patrie, et y 
occupa la place de maître de la chapelle ducale 
jusqu'en 1743, époque de sa mort. On a publié 
de cet artiste un recueil de mélodies pour des 
cantiques allemands, intitulé : Choral-Schlag- 
buch vor alten und neuen, etc., à voix seule 
et basse continue; Stuttgart, 1711, in-4°. Il y 
en a eu deux autres éditions dans la même 
ville, en 1721 et 1744. Stœrl a laissé en manu- 
scrit une année entière de musique d'église, 
et des cantates à voix seule et basse continue. 

STOESSEL (Nicolas), chef de musique de 
la garnison de Louisbourg, dans le Wurtem- 
berg, est né le 17 mai 1793, à Hassfurt, en 
Bavière. Fils d'un pauvre tisserand, qui était 
en même temps musicien de guinguette, il 
apprit la musique dès l'âge de cinq ans, chez 
le cantor du lieu. Après avoir reçu des leçons 
de piano, de chant et d'orgue, il commença à 
seconder son maître à l'église, dès la deuxième 
année. La nécessité d'aider aussi son père dans 
les bals de villages, lui fît apprendre à jouer 
de la flûte et du violon. Dans l'automne de 
1806, il s'engagea dans le 13 me régiment de 
chasseurs, qui se trouvait à Hassfurt, et fit 



avec ce corps les campagnes de Prusse et d'Au- 
triche. De retour dans sa ville natale, il prit 
la résolution de se faire maître d'école, et entra 
au séminaire de WUrzbourg. Frœhlich {voyez 
ce nom), maître de musique de cet établisse- 
ment, ayant remarqué ses heureuses disposi- 
tions, lui donna des leçons de composition, et 
Slœssel écrivit sous les yeux de ce maître des 
messes et des symphonies. Ses éludes termi- 
nées, il obtint une place de sous-maître à l'école 
de Neustadt sur la Saale; mais son goût pas- 
sionné pour la musique lui fit quitter cet em- 
ploi, pour celui de chef de musique du 4 me ré- 
giment de chevau-légers, en garnison à 
Augsbourg. En peu de temps il fit de son corps 
de musique un des meilleurs de l'armée bava- 
roise, et composa beaucoup de morceaux de 
musique militaire. En 1826, il reçut sa nomi- 
nation de maître de musique au service du rot 
de Wurtemberg, à Louisbourg; il en remplis- 
sait encore les fonctions en 1844. La direction 
supérieure de la musique de tous les régiments 
qui composent cette garnison lui était confiée. 
Stœssel a écrit pour le théâtre les opéras inti- 
tulés Rodenstein (représenté à Stuttgart, en 
1835), et Lichtenstein. On a gravé de sa com- 
position : 1° Fanfares pour six trompettes, 
quatre cors et deux trombones, op. 4; Augs- 
bourg, Gombart. 2° Musique militaire pour 
l'église, à treize trompettes, quatre cors et 
deux trombones, op. 6; ibid. 3° Sérénade pour 
guitare, violon et alto, op. 5; ibid. 4° Diver- 
tissement pour piano, guitare et flûte, op. 13; 
Mayence,Scholt.. 5° Pièces pour piano et flûte, 
op. 8; ibid. 6° Grande sonate pour piano et 
flûte, op. 9; Mayence, Schott. 7° Beaucoup de 
danses pour divers instruments. 8° Des chan- 
sons allemandes à voix seule, avec accompa- 
gnement de piano; Augsbourg, Gombart. 

STOHRIUS (Jean-Macrice), savant alle- 
mand, naquit à Grimma, dans la Poméranie, 
vers le milieu du dix-septième siècle. On a im- 
primé sous son nom une dissertation intitulée : 
Organum musicum historiée exstructum; 
Leipsick, 1693, in-4°. 

STORES! (Jean), musicien flamand, vécut 
dans la seconde moitié du quinzième siècle. 
On n'a jusqu'à ce jour aucun renseignement 
sur le lieu et la date de sa naissance; la position 
qu'il occupa est également ignorée; son nom 
même n'était pas connu dans l'histoire de la 
musique, lorsque le hasard a fait découvrir des 
morceaux de sa composition dans deux livres 
d'un recueil dont l'exemplaire est unique. Ce 
recueil, monument le plus ancien de la typo- 
graphie musicale inventée par Octavien Pe- 



STOKEM — STOLZ 



145 



trucci deFossombrone (voyez Petrucci), a pour 
titre Harmonice musices Odhecaton : il est 
divisé en trois livres. Le premier, marqué A, 
qui fut publié à Venise, en 1501, contient sept 
chansons françaises de Jean Stokem, dont six à 
quatre parties et une à trois. Les premiers mots 
des chansons à quatre voix sont : 1° Brunette; 
2° J'ay pris amours; 3° Por quoy ie ne puis 
dire (Je ne puis dire pourquoi); 4° Mon mi- 
gnault (Mon mignon); 5° Dit le Bourguy- 
gnon; 6° Halas ce n'est pas. La chanson à trois 
voix commence ainsi : Ha traytre amours. 
Le troisième livre du même recueil, marqué 
Canti C. } n° cento cinquanta, et publié à 
Venise, en 1503, renferme trois chansons à 
quatre voix de Slokem ; elles commencent par 
ces mots : 1° Jaypris mon bourdon; 2° Ser- 
viteur soye; 3° Je sut Dalemagne (Je suis 
d'Allemagne). On trouve aussi un Et in terra 
pax, tiré de la messe à quatre voix De Beata 
Virgine, par Jean Stockem, dans le recueil 
de fragments de messes (Fragmenta missa- 
rum) publié par Petrucci, en 1509, petit in-4° 
oblong. 

STOLI (Antoine), chanoine romain, n'est 
connu que par un écrit intitulé : Metodo gra- 
fico di riduzzione délie note di musica in 
cifre numeriche aduso dell' armonog raphia , 
dal canonico Stoli; in Roma, tipografia 
Salviucci, 1841, in-8° avec planches litho- 
graphiées. 

STOLL (François de Paule), guitariste 
distingué, est né le 26 avril 1807, au château 
de Schœnbrunn, près de Vienne. Par inclina- 
tion, il apprit dans sa jeunesse à jouer de la 
guitare, et quoiqu'il ne fût alors qu'amateur, 
il acquit sur cet instrument une habileté re- 
marquable. Plus tard, il perfectionna son ta- 
lent sous la direction de Giuliani, et Fœrster 
lui donna des leçons de composition. Après 
avoir parcouru avec succès l'Allemagne, la 
Russie, la France et la Hollande, il s'est fixé à 
Amsterdam, où il se trouvait en 1843. Sloll a 
publié, dans celte ville et à Vienne, quelques 
pièces pour son instrument, entre autres des 
variations, op. 2, 7, 8, 9; Vienne, Pennauer; 
des danses et des valses. 

STOLLE (Philippe), téorbiste et composi- 
teur allemand, né en Bohême, vécut vers le 
milieu du dix-septième siècle. Après avoir été 
attaché quelque temps au prince électoral de 
Saxe, il obtint la place d'administrateur des 
mines à Magdebourg.il occupait celle position 
lorsqu'il publia l'ouvrage qui a pour titre : 
David Schirmers singende Rosen, oder SU- 
ten und Tugenlieder, in die Musik gebracht, 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



durch Ph. Stollen (les Roses chantantes de 
David Schirmer, ou chansons morales et de 
mœurs mises en musique par Ph. Stolle); 
Dresde, 1654, in-fol. 

STOLLE (Gotthard-Antoine), virtuose 
sur le trombone, était moine du couvent de 
Kœnigsal, en Bohême. Il naquit à Kunersdorf, 
le 27 janvier 1739. Un franciscain, nommé 
le père ffermolaiis, fut le maître qui lui en- _ 
seigna à jouer de son instrument. Après la 
suppression de son monastère, il se retira à 
Prague, et forma quelques bons élèves trom- 
bonistes. Déjà âgé de cinquante-huit ans, le 
P. Stolle se#fit entendre à la cour de Dresde, en 
1797, et fut admiré comme un prodige. L'élec- 
leurdeSaxe lui fit présent d'une tabatière d'or, 
en lémoignagede sa satisfaction. Stolle mourut 
à Prague, le 29 mai 1814, laissant en manu- 
scrit douze concertos pour trombone et quel- 
ques thèmes variés. 

STOLLEWERK (Mademoiselle Nina), 
compositeur, née à Vienne vers 1825, est élève 
de Simon Sechter. Elle s'est particulièrement 
distinguée, dès l'âge de seize ans, parle goût 
et le charme de ses Lieder; mais elle a écrit 
aussi de grandes et sérieuses compositions, an 
nombre desquelles on remarque une messe (en 
/"a), qui a été exécutée à Vienne, dans l'été de 
1846, à l'église des Franciscains. Les œuvres 
publiées par mademoiselle Stollewerk sont : 
1° Eliza's erstes Begegnen (les Premières 
rencontres d'Elisa), poëme à voix seule avec 
piano; Vienne, Glœggl. 2° Grubenfahrt (la 
Descende dans les mines), idem y op. 2; ibid. 
4° Wo bist du? (Où es-tu?) idem, op. 3; 
Vienne, Diabelli. 4° Trois Lieder idem, op. 4; 
Leipsick, Ristner. 5° Deux poèmes idem, 
op. 5 ; Vienne , Wilzendorf. 6° Jfunsch 
und Gruss (Souhait et compliment), chan- 
son de nourrice idem, op. 6; Vienne, Dia- 
belli. 

STOLLIUS (Jean), dont le nom allemand 
était vraisemblablement STOLLE, naquit 
vers 1560, àCalemberg, en Saxe. Après avoir 
été quelque temps cantor à Reichenbach, il 
alla remplir des fonctions semblables à Zwic- 
kau,enl591; puis il fut appelé à Weimar, avec 
le titre de maître de chapelle. On a de cet ar- 
tiste : 1° Epicedia, oder Grab-Lieder beym 
Tode Herzogs Johann, mit 4 und 8 Stitnmen 
(Chant funèbre sur la mort du duc Jean de 
Saxe, à quatre et à huit voix). 2° Motet de 
noces sur le texte : ÏFer die Braut hat, 
der ist den Brautigam, à six \o\x; ibid., 
1614. 

STOLZ (Rosine), dont les noms véri- 

10 



146 



STOLZ 



tables, suivant M. Scudo (1), sont ROSE 
NIVA, mais dont l'acte de naissance porte 
ceux de VICTOROE IVOEB, est née à 

Paris, le 15 février 1815. Jusqu'à l'âge de 
onze ans, son éducation fut complètement né- 
gligée, çt la misère dans laquelle languissait sa 
mère, seul soutien de quatre enfants, fut cause 
du peu de soins donnés à sa personne dans son 
-enfance. Douée d'une voix de mezzo soprano 
naturellement accentuée et d'une rare intelli- 
gence, elle fut admise, en 1826, dans l'école 
de musique dirigée par Choron, et, dirigée 
dans ses éludes par un maître de celle insti- 
tution, nommé Ramier , elle y développa ses 
qualités instinctives pour le chant d'expression 
auxquelles il manqua malheureusement tou- 
jours un bon mécanisme de vocalisation. La 
révolution de juillet 1830 ayant amené la sup- 
pression de l'institution de musique religieuse 
de Choron, Rose Niva, ou plutôt Fictorine 
Noeb en sortit, après quatre ans et demi 
d'études, et n'eut d'abord d'autre ressource 
que de se faire choriste de théâtre. Arrivée à 
Bruxelles, en 1832, sous le nom de madame 
Ternaux, elle entra dans les chœurs du 
Théâtre-Royal. Snel, alors chef d'orchestre et 
directeur de musique de ce théâtre, frappé de 
l'intelligence dramatique de cette jeune fille, 
lui fit chanter quelques petits rôles. Dans la 
même année, elle quitta cette position pour 
aller à Spa, où elle fut engagée comme seconde 
chanteuse pour la saison. Elle y débuta sous 
le nom de mademoiselle Héloïse. Après la 
clôture du théâtre de Spa, elle fut attachée 
pendant quelques mois au théâtre d'Anvers, 
où elle ne fut pas remarquée ; puis elle eut, en 
1833, un engagement au théâtre de Lille, où 
elle prit le nom de Slolz, qu'elle a conservé 
depuis lors. Elle eut peu de succès dans cette 
ville, où elle débuta par le rôle de Nicelte 
dans le Pré aux CVercsd'Hérold.En 1834, elle 
chant3 à Amsterdam, dans l'opéra fiançais; puis 
elle retourna à Anvers, et quelques mois après, 
elle rentra au théâtre de Bruxelles, comme 
premier rôledu grand opéra. Ce fut alors que, 
blessée par l'accueil peu bienveillant que lui 
faisait le public, elle vint me demander mon 
opinion sur sa voix et sur son talent. Je la fis 
chanter et je fus immédiatement intéressé par 
son accentuation dramatique et parla largeur 
desonstlyejmaisje ne lui cachai pas les défauts 
deson éducation vocale ainsi que l'inégalité de 
quelques noies du médium de sa voix. Cassel, 
élève de Garât et bon professeur de chant, 

(I) Critique littéraire et musicale, p. 411. 



était alors à Bruxelles; je conseillai à ma- 
dame Slolz de prendre de lui quelques leçons 
pour améliorer sa mise de voix, ce qu'elle 
fit. Dans l'année suivante, Nourrit vint à 
Bruxelles et choisit la Juive, d'Halévy, pour 
un des ouvrages qu'il voulait chauler; je lui 
recommandai la jeune femme qui devait chan- 
ter le rôle de Rachel, et lui en parlai comme 
d'une artiste douée de précieuses qualités. 
Elle s'y révéla en effet et me donna la cer- 
titude de ses succès futurs, lorsqu'on écrirait 
pour elle des rôles où ses qualités personnelles 
seràientmisesenévidence. Le2mars 1837, elle 
épousa, à Bruxelles, M. Lescuyer, de Rouen, 
régisseur du Théâtre-Royal de cette ville ; 
bientôt après, elle partit pour Paris, avec une 
lettre de recommandation que je lui donnai 
pour M. Duponchel, directeur de l'Opéra, et, le 
25 août de la même année, elle débuta dans 
la Juive, pendant une absence de mademoi- 
selle Falcon. Elle y réussit par ses qualités, en 
dépit de ses défauts, qui furent constatés par 
la critique. Suivant le conseil que je lui avais- 
donné, elle prit un maître de vocalisation et 
ses progrès furent remarqués dans le rôle du 
page, du Comte Ory. Le premier ouvrage qu'on 
écrivit pour elle fut la Xacarilla, de Mar- 
liani, en 1830; elle y eut un brillant succès 
dans le rôle du matelot. Ce fut surtout dans la 
Favorite, de Donizelti, représentée le 29 no- 
vembre 1840, que madame Slolz conquit une 
position assurée dans l'opinion publique; son 
chant y fut pur et large; son action drama- 
tique, pleine de chaleur et de sensibilité. La 
Reine de Chypre (décembre 1841), et le rôle 
(VOdette, dans Charles FJ (mars 1843), ache- 
vèrent de consolider la réputation de celle can- 
tatrice, et démontrèrent que je ne m'étais pas 
trompé lorsque j'avais jugé qu'elle ne pouvait 
réussir que dans des ouvrages écrits pour elle; 
car elle ne fut que médiocre dans les rôles de 
l'ancien répertoire. Le Lazzarone, d'Halévy, 
et Marie Stuart, de Niedermeyer (1844), lui 
fournirent aussi des occasions de mettre en 
relief ses qualités personnelles. Dans les an- 
nées 1845 et 1846, sa voix subit de notables 
altérations; elle ne réussit pas dans VEtoile 
de Séville, écrite pour elle par Balle; et le 
changement d'administration de l'Opéra l'obli- 
gea de prendre sa retraite en 1847; car elle 
avait abusé de son influence sur le directeur 
auquel on venait de donner un successeur, 
pour faire écarter de ce théâtre les artistes 
dont le talent lui donnait de l'ombrage, tels 
que Baroilhct et madame Dorus, voulant quê- 
tons les éléments de succès fussent concentrés 



STOLZ — STOLZER 



14T 



en elle seule. Après sa retraite, elle voyagea 
pour donner des représentations dans les dé- 
partements de la France et à l'étranger, jusqu'à 
ce que la perte totale de son organe vocal l'eût 
fait enfin disparaître de la scène. J'ignore quel 
est le lieu de sa retraite. On a publié : 1° Ma- 
dame Rosine Stolz ; souvenirs biographiques 
et anecdotiques, par M. Julien Lamer; Paris, 
1847, in-lG. 2° Les A dieux de madame Stolz; 
sa retraite de l'Opéra, sa vie théâtrale, ses 
concurrentes, son intérieur ,etc. } par M.Can- 
tinjou; Paris, 1847, in-18. 

STOLZE (Georges-Christophe), né le 
17 mars 1762, à Erfurt, commença son éduca- 
tion à l'école Saint-Michel de cette ville, et ap- 
prit fort, jeune à jouer de l'orgue, sous la 
direction de Georges-Henri Reichardt, orga- 
niste de l'église des Négociants. Depuis 1770 
jusqu'en 178G, il fréquenta le gymnase d'Er- 
furt, et dans le même temps il remplit les fonc- 
tions d'organiste à Saint-Thomas. Le 17 sep- 
tembre 1786, il fut nommé cantor de l'église 
Saint-Michel. Il employa le temps que lui lais- 
saient les fonctions de cette place à écrire des 
pièces d'orgue dans le style de son maître Rei- 
chardt. En 1794, la place de cantor de l'église 
des Prédicateurs lui fut donnée et dans l'an- 
née suivante, il succéda à Georges-Pierre Wei- 
mar comme directeur de musique de la même 
église. Il conserva cette place jusqu'en 1828, 
époque où il obtint sa pension de retraite, 
après trente-quatre ans de service. Il mourut 
à Erfurt, le "23 août 1830, à l'âge de soixante- 
huit ans, laissant en manuscrit des mélodies 
de cantiques et des pièces d'orgue qui ont été 
publiées en partie, après sa mort, par son se- 
cond fils. 

STOLZE (Henri-Guillaume), deuxième 
fils du précédent, est né le 1 er janvier 1801, à 
Erfurt. L'excellent organiste Kiltel. fut son 
premier maître de musique et de piano, mais 
le jeune Stolze n'élaitâgé que de huit anslors- 
que cet homme distingué mourut. Il resta dès 
lors livré à ses propres efïbrts pour la direc- 
tion de ses éludes. Plus tard, il reçut des le- 
çons du directeur de musique Gebhardi pour 
l'orgue et la composition, puis il devint élève 
de Fischer, successeur de Kiltel, el apprit aussi 
à jouer du violon. Pendant les années 1814 à 
1821, où Stolze fréquenta le collège d'Erfurt, 
il remplaça souvent son maître à l'orgue dans 
le service divin. Le 19 juin 1824, il obtint la 
place d'organiste à Clauslhal, dans le Harz, et 
peu de temps après il devint organiste de la 
ville et du château de Zelle, professeur du col- 
lège et de l'école des jeunes filles. Il y orga- 



nisa une société de chant et de concerts où il 
lit exécuter les symphonies de Mozart, de 
Beethoven, et ses propres compositions : lui- 
même s'y fit remarquer par son talent sur le 
piano. On a publié de cet artiste : 1° Des pe- 
tites pièces de piano, à deux el à quatre mains, 
avec ou sans accompagnement, à Erfurl, chez 
Andréa. 2° Des danses pour l'orchestre, Wol- 
fenbultel, chez Hartmann. 3° Des fugues pour 
l'orgue, op. 3, 7 et 21 .4° Trente petites pièces fa- 
ciles pour orgue, op. 22. 5° Le livre complet des 
mélodies chorales pour la Thuringe (Allgem. 
Choral melodieenbuch,elc.).G° Chants à quatre 
voix d'hommes, op. 11, 26 et 47.7° Quatre 
Lieder à voix seule avec piano, op. 11.8° In- 
troduction, variations et finale pour piano à 
quatre mains, op. 27 et 28. 9° Variations pour 
violoncelle et piano, op. 6. 10° L'oratorio Die 
Eroberung Jerusalems (la Prise de Jérusa- 
lem), op. 40. 11° Cent Lieder à une, deux, 
trois et quatre voix avec piano, op. 9, divisé en 
trois parties ; ibid. 12° Un hymne à quatre voix 
et orchestre, op. 3; ibid. 13° Des cantates et 
motels avec et sans accompagnement. 14° Un 
livre de mélodies chorales pour les églises du 
Hanovre, en trois parties; Hanovre, Kruch- 
wifz. Slolze a écrit aussi la musique de l'opéra 
en trois actes Claudine de Fillabella, de 
Gœlhe. 

STOLZENBERG (Christophe), né à 
Wertheim, en Saxe, le 21 février 1690, était 
âgé de près de vingt ans lorsqu'il commença à 
cultiver la musique pour en faire sa profes- 
sion. En 1711, il fut nommé cantor à Sulz- 
bach, et deux ans après, il entra au collège de 
Ratisbonne, en qualité de professeur de chant. 
En 1720, il avait déjà composé trois années 
complètes de musique d'église, des canlates, et 
des concertos pour divers instruments. Il vi- 
vait encore à Ratisbonne, en 1741. 

STOLZER (Thomas), fut un des musiciens 
allemands les plus distingués qui vécurent au 
commencement du seizième siècle. Il naquit à 
Schweidnilz, en Silésie, vers 1490, et fut 
maître de chapelle de Louis de Hongrie, qui 
monta sur le trône en 1516. Slolzer mourut le 
29 août 1526. Un poète de la Silésie a dit de 
lui : 

Stolcerus vngulis cerlans Syrenibus undas 
Occupât; o vestrum turba canora decus: 

HermannFink place Stolzer au nombre des 
musiciens allemands les plus remarquables de 
son temps. On trouve des morceaux de sa com- 
position dans les recueils qui ont pour titres : 
1° Hundert und fiinfflzehen guter newer 

10. 



143 



STOLZER — STORCH 



Liedlein, mitvier, filnff, sechs Stimmen, vor 
nie im truck aussgangen, deutsch, frantzœ- 
sisch , tvelsch und lateinisch, etc. (Cent quinze 
nouvelles chansons à quatre, cinq, six voix, en 
allemand, français, flamand et latin, non pré- 
cédemment imprimées, etc.); Nuremberg, 
Jean Otl, 1544, in-4°. 2° Novum et insigne 
opus musiciim, sex, quinque et quatuor vo- 
cum, cujus in Ger mania hactenus nihil si- 
miléusquamcst editum, etc.; Noribergx ,arte 
Hieronymi Graphxi etc., 1557, petit in-4° 
oblong. 3° Tomus primas Psalmorum selec- 
torum a prxstantissimis musicis in Har- 
monias quatuor aut quinque vocum redac- 
torum; Norimbergx, apud Joh. Petreium, 
1538, petit in-4°obl. 4° Tomus secundus t elc; 
ibid., 1559. 5° Symphonix jucundx atque 
adeo brèves quatuor vocum; Fitebergx, 1558, 
par Georg. Rhau. 6° Fesperarum precum 
officia, psalmi feriarum, et dominicalium 
dierum totius anni, etc.; Fitebergx, 1540, 
apud G. Rav (sic). 7° Sacrorum hymnorum 
liber primus. Centum et tringinta quatuor 
hymnos continens,ex optimisquibusqueau- 
thoribus musicis collectus inter quos primi 
artifices in hac xditione sunt Thomas Stol- 
zer, Henricus Finch. Arnoldus de Bruck, et 
alii quidam; Fitebergx, apud Giorgium 
Rhav, 1542, petit in-4° obi. 8° Bicinia gal- 
lica, latina et germanica, et quxdam fugx. 
Tomi duo ; Fitebergx, apud G. Rhav, 1543, 
petit in -4° obi. 

STOllACE (Anne-Céline), cantatrice dis- 
tinguée, était fille d'un contrebassiste italien 
qui s'était fixé en Angleterre. Elle naquit à 
Londres, en 1761. Son père lui donna les pre- 
mières leçons de musique, puis l'envoya au 
Conservatoire de VOspedaletto, à Venise, où 
elle devint élève de Sacchini pour le chant. 
En 1780, elle débuta au théâtre de la Pergola, 
à Florence, avec un brillant succès. L'année 
suivante, elle chanta à Parme, et dans l'au- 
tomne de 1782, elle brilla au théâtre de la 
Scala, à Milan. En 1784, l'empereur Jo- 
seph II la fit engager pour le théâtre impérial 
de Viennent lui assura un traitementde mille 
ducats, somme considérable pour cette époque. 
Après le carnaval de 1787, elle quitta Vienne, 
pour aller à Venise, et de là à Londres, où 
elle arriva en 1788. Elle y fut bientôt mise au 
rang des premières cantatrices de l'époque. 
Elle chanta avec un prodigieux succès au fes- 
tival de la commémoration de Hsendel, en 
1790, puis elle s'engagea au théâtre de Drury- 
Lane. Elle ne quitta ce théâtre qu'après la 
niort de son frère, en 1796. Alors clic retourna 



en Italie, chanta aux théâtres du Turin et de 
Milan dans les années 1798 et 1799, et, enfin, 
elle se retira, en 1801, dans une maison de 
campagne près de Londres, où elle mourut 
en 1814. 

STOUACE (Etienne), frère de la canta- 
trice de ce nom, naquit à Londres, en 1765. 
Son père lui donna les premières leçons de mu- 
sique et lui fit faire de si rapides progrès, qu'à 
l'âge deonze ans, Storaceexécutait avec beau- 
coup de correction les ouvrages les plus diffi- 
ciles de Tartini. Vers cette époque, son père 
l'envoya en Italie, où il étudia le clavecin, le 
violon et le contrepoint. Il s'y lia d'amitié 
avec le chanteur Kelly, qui, plus lard, lui fut 
utile en Angleterre. De retour dans ce pays, 
Slorace alla d'abord s'établir à Bath ; mais n'y 
ayant pas trouvé plus d'occasions qu'à Lon- 
dres d'y faire usage de ses talents en musique, 
il fut obligé d'avoir recours à la peinture de 
portraits, où il avait quelque habileté. Enfin, 
Kelly lui procura un engagement au théâtre 
de Drury-Lane, comme compositeur. Son pre- 
mier ouvrage fut un brillant début qui lui fit 
obtenir des éditeurs de musique un prix beau- 
coup plus élevé pour les morceaux de ses opé- 
ras que celui qu'on avait accordé précédem- 
ment. Ses ouvrages se succédaient avec rapidité, 
et sa réputation commençait à s'étendre, lors- 
qu'une goutte remontée lui donna la mort à 
l'âge de trente-trois ans, dans le mois de mars 
1796. Il avait épousé la fille du célèbre gra- 
veur Hull, et en avait eu plusieurs enfants. 
Storace était un compositeur fécond en idées 
originales, et traitait particulièrement avec 
un rare talent les morceaux d'ensemble et les 
finales de ses opéras. Voici la liste de ceux 
qu'il a fait repréienter au théâtre de Drury- 
Lane, à Londres : 1° Le Docteur et l'Apothi- 
caire, en 1788. 2° Haunted toicer (la Tour 
enchantée), opéra-comique, en 1789. 3° No 
song, no supper (Point de chanson, point de 
souper), 1790. 4° Le Siège de Belgrade, 
opéra-comiqne, 1791. 5° L'Antre de Tro- 
phonius, farce, 1791.6° Les Pirates, opéra 
semi-seria, 1792. 7° Didon, opéra sérieux en 
trois actes, 1792. 8" The Prize (le Prix), 
intermède, 1795. 9° Le premier de juin, 
idem, 1794. 10" Cherokee, opéra-comique, 
1794. 11° Lodoïska, opéra-romantique, 1794. 
12° My Grand-Mother (Ma Grand'Mère), 
farce, 1795. 15" Mahmoud, opéra, 1796. 
14" The iron Chesl (le Coffre de Fer), 1796. 

STORCH (Antoine-M.), compositeur et 
corniste, fut d'abord membre de l'orchestre à 
Posen (1830-1856), puisse rendit à Vienne, où 



STORCH — STRADELLA 



149 



il devint directeur de musique d'une société 
de chant d'hommes. En 1845, il fut nommé 
chef d'orchestre du théâtre de la Porte de Ca- 
rinlhie. Cet artiste s'est distingué par l'origi- 
nalitédeses chants pour des chœurs d'hommes; 
ses principaux ouvrages pour le chant sont: 
1° Bas Vœgelein (le Petit Oiseau), poème à 
voix seule avec piano, cor ou violoncelle; 
Vienne, Witzendorf. 2° La Nonne, ballade à 
voix seule avec piano, op. 11 ; ibid. 3° Chants 
populaires de la Basse-Autriche, idem, op. 12; 
ibid .4° Die Karthause (la Chartreuse), poème 
à 4 voix d'hommes (solo et chœur), avec quatre 
cors ad libitum, op. 15; Vienne, Mechetti. 
5° Kriegers ffeimkehr (Retour du Guerrier), 
poème pour deux ténors et trois basses (quin- 
tette et chœur), op. 18; Vienne, Haslinger. 
6° Griln (la Verdure), chant à quatre voix 
d'hommes avec quatre cors, op. 19; ibid. 
7° Morgengriisse (Salut du matin), chant pour 
quatre voix d'hommes seules, op. 20; ibid. 
8° Leben und Lied (Vie et Chant), double 
chœur à huit voix, op. 21 ; Vienne, Glœggl. 
9° For der Schlaclit (\\anl la Bataille), chant 
pour des voix d'hommes, op. 22; ibid. 10° Chan- 
son à boire pour quatre voix d'hommes, 
op. 27; Vienne, Muller. 11° Après la Bataille, 
poème pour des voix d'hommes ; Vienne, Wit- 
zendorf. 12° Chant de Bohémiens pour quatre 
basses et quatre cors ; Vienne, Millier. 1o° Of- 
fertoire {Ave Regina), pour quatre voix 
d'hommes; Vienne, Mechetti. 14° Miserere 
mei Beus, idem; ibid. 15° Tantum ergo, 
idem; Vienne, Mliller. Les biographes alle- 
mands ne fournissent aucun renseignement 
sur cet artiste, et ne le mentionnent même 
pas. 

STORIONI (Laurent) fut le dernier 
luthier de quelque mérite qui travailla à Cré- 
mone, et succéda aux Guarneri. Il naquit dans 
cette ville, en 1751, et commença à travailler 
sous son nom, en 1776, car on connaît des 
violons de lui qui portent celte date. Il est vrai- 
semblable qu'il mourut dans un âge peu 
avancé, car ses derniers produits ne dépassent 
pas 1795. Les violons et les basses de Slorioni 
sont des imitations des instruments de Stra- 
divari; mais les proportions ne sont pas tou- 
jours exactement observées. Cependant, on 
connaît de lui desviolons qui ne manquent pas 
de qualité. Leur prix est celui des instruments 
italiens de troisième ordre. Ses violoncelles 
surtout se font remarquer par le volume du 
son. 

STRADELLA (Alexandre), célèbre com- 
positeur et chanteur, naquit à Naples, vers 



1645. Aucun renseignement n'est parvenu jus- 
qu'à nous surla direction de ses études, le nom 
de ses maîtres, et vraisemblablement la lou- 
chante histoire de ses malheurs serait main- 
tenant ignorée, malgré la réputation qu'il se 
fit par ses talents, si le médecin Bourdelot, son 
contemporain, ne nous l'avait transmise dans 
les mémoires manuscrits qui ont servi de base 
à l'informe histoire de la musique écrite par 
son neveu Bonnet. Burney pense que Bourde- 
lot s'est trompé en disant, au commencement 
de cette histoire, que la république de Venise 
avait invité Slradella à écrire pour les théâtres, 
de celle ville, parce qu'aucune pièce de sa 
composition ne parait dans le Catalogue des 
opéras représentés à Venise dans le dix-sep- 
tième siècle; toutefois, il serait possible qu'il 
eût élé engagé pour quelque ouvrage de ce 
genre, et que l'aventure qui le fit s'éloigner 
précipitamment de Venise ne lui eût pas per- 
mis de l'achever et de le faire représenler. 
Quoi qu'il en soil, voici comment Bourdelot 
rapporte celle aventure, et la fin malheureuse 
de Stradella(l) : 

« Un nommé Stradel (2), fameux musicien 
» qui était à Venise gagé par la république, 
» pour composer la musique des opéras, qui y 
» sont si considérables pendant le cours du 
» carnaval, ne charmait pas moins par sa voix 
» que par sa composition. Un noble vénitien, 
» nommé Pig... (5), avait une maîtresse qui 
y> chantait assez proprement; il voulut que ce 
» musicien lui donnât la perfection du chant 
« et allât lui montrer chez elle, ce qui est assez 
» contraire aux mœurs des Vénitiens dont la 
» jalousie est'à l'excès; après quelques mois 
» de leçons, l'écolière et le maître se trouvè- 
» rent avoir tant de sympathie l'un pour 
» l'autre, qu'ils résolurent de s'en aller en- 
» semble à Rome, quand ils en trouveraient 
.» l'occasion, qui n'arriva que trop tôt pour 
» leur malheur ; ils s'embarquèrent une belle 
» nuit pour Rome. Cette évasion mitaudéses- 
» poir le noble vénitien, qui résolut, à quel- 
» que prix que ce fût, de s'en venger par la 
« mort de l'un et de l'autre; il envoya aussi- 
» tôt chercher deux des plus célèbres assassins 
» qui fussent alors dans Venise, avec lesquels 
«> il convint d'une somme de trois cents pis- 
» tôles pour aller assassiner Stradel et sa maî- 
n tresse, et promit encore de les rembourser 
« des frais du voyage, et leur donna la moitié 

(1) Histoire de la musique et de ses effets (Paris, 1715, 
p. 59 et suiv. 

(2) C'est ainsi que Bourdelot appelle Slrudella. 

(3) Pignaver? 



150 



STRÀDELLA 



» «l'avance, avec un mémoire instructif pour 
» l'exécution du meurtre. Ils prirent le chemin 
» de Naples, où étant arrivés, ils apprirent 
» que Stradel était à Rome avec sa maîtresse, 
» qui passait poursa femme; ils en donnèrent 
» avis au noble vénitien, et lui mandèrent 
» qu'ils ne manqueraient pas leur coup, s'ils 
» le trouvaient encore à Rome, et le prièrent 
» de leur envoyer des lettres de recommanda- 
» lion pour l'ambassadeur de Venise à Rome, 
» afin d'être surs d'un asile. Étant arrivés, 
» ils prirent langue, et surent que le lende- 
» main Stradel devait donner un opéra spiri- 
» tuel dans Saint-Jean de Latran, à cinq 
« heures du soir, que les Italiens appellent 
» oratorio, où les assassins ne manquèrent 
» pas de se rendre, dans l'espérance défaire 
» leur coup, quand Stradel s'en retournerait 
>) le soir chez lui avec sa maltresse; mais l'ap- 
« probalion que tout le peuple fit du concert 
•» de ce grand musicien, jointe à l'impression 
■» que la beauté de sa musique fit dans le 
« coeur de ces assassins, changea comme par 
« miracle leur fureur en pitié, et tous deux 
» convinrent que c'était dommage d'ôter la 
« vie à un homme dont le beau génie pour la 
» musique faisait l'admiration de toute l'Italie; 
» de sorte que frappés d'un même esprit, ils 
» résolurent de lui sauver la vie plutôt que de 
» la lui ôter; ils l'attendirent en sortant de 
» l'église, et lui firent dans la rue un compli- 
» ment sur son oratorio, et lui avouèrent le 
» dessein qu'ils avaient eu de le poignarder 
» avec sa maîtresse pour venger Pig..., noble 
» vénitien, du rapt qu'il lui avait fait; mais 
» que touchés des charmes de sa musique, ils 
» avaient changé de résolution, et lui conseil- 
» lèrent de partir dès le lendemain pour trou- 
» ver un lieu de sûreté; et qu'ils allaient man- 
ii der à Pig... qu'il était parti de Rome la 
■n veille qu'ils étaient arrivés, afin de n'être 
» pas soupçonnés de négligence. Stradel ne se 
« le fit pas dire deux fois, il partit pour Turin 
« avec sa maîtresse. Madame Royale d'aujour- 
» d'hui était pour lors régente; ces assassins 
« retournèrent à Venise et persuadèrent au 
» noble vénitien que Stradel était parti de 
» Rome, comme ils l'avaient mandé, pour s'en 
» aller à Turin, où il est bien plus difficile de 
» faire un meurtre d'importance que dans les 
« autres villes d'Italie, à cause de la garnison 
» et de la sévérité de la justice, qui n'a pas 
» tant d'égard aux asiles qui servent de refuge 
•i aux assassins, si ce n'est chez les ambassa- 
■■> (leurs ; mais Stradel n'en fut pas quille, car 
* le noble vénitien songea aux moyens d'exé- 



« enter sa vengeance à Turin, et pour en être 
>> plus sur, il y engagea le père de sa mai- 
» tresse, lequel partit de Venise avec deux 
» autres assassins pour aller poignarder sa 
» fille et Stradel à Turin, ayant des lettres de 
» recommandation de M. l'abbé d'Estrade, 
» pour lors ambassadeur de France à Venise, 
» adressées à M. le marquis de Villars aussi 
» ambassadeur de France à Turin. M. l'abbé 
» d'Estrade lui demandait sa protection pour 
» trois négociants qui devaient faire quelque 
a séjour à Turin, qui étaient ces assassins, 
» lesquels faisaient régulièrement leur cour à 
» M. l'ambasseur, en attendant l'occasion de 
» pouvoir exécuter leur dessein avec sûreté ; 
» mais madame la duchesse Royale, ayant ap- 
» pris le sujet de l'évasion de Slradel , (it 
» mettre sa maîtresse dans un couvent, con- 
» naissant bien l'humeur des Vénitiens qui ne 
» pardonnent jamais une pareille injure, et se 
» servit du musicien pour sa musique, lequel 
» s'allant promener un jour à six heures du 
» soir sur les remparts de la ville de Turin, il 
» y fut attaqué par ces trois assassins, qui lui 
» donnèrent chacun un coup de stylet dans la 
» poitrine, else sauvèrent chez l'ambassadeur 
» de France, comme un asile certain pour 
>j eux; l'action, vue de bien des gens qui se 
» promenaient aussi sur les remparts, causa 
» d'abord un si grand bruit que les portes de 
» la ville furent fermées aussitôt; la nouvelle 
» en étant venue à Madame Royale, elle or- 
» donna la perquisition des assassins; on sut 
» qu'ils étaient chez M. l'ambassadeur de 
» France, auquel elle envoya les demander; 
» mais il s'excusa de les rendre sans ordre de 
» la cour, attendu les privilèges des hôtels des 
» ambassadeurs pour les asiles. Cette affaire 
» fit grand bruit par toute l'Italie. M. de Vil- 
» lars voulut savoir la cause de l'assassinat, 
» par ces meurtriers, qui lui déclarèrent le 
» fait; il en écrivit à M. l'abbé d'Estrade, qui 
» lui manda qu'il avait été surpris par Pig..., 
» l'un des plus puissants nobles de Venise; 
» mais comme Slradel ne mourut pas de ses 
» blessures, M. de Villars fit évader les assas- 
» sins, dont le père de la maîtresse du noble 
» vénitien était le chef, laquelle il aurait poi- 
» gnardée, s'il en avait trouvé l'occasion. 

» Mais comme les Vénitiens sont irréconci- 
» liables pour une trahison amoureuse, Stra- 
» del n'échappa pas à la vengeance de son 
» ennemi, qui laissa toujours des espions à 
» Turin, pour suivre sa marche; de sorte 
» qu'un an après sa guérison, il voulut par 
» curiosité aller voir Gênes avec sa maîtresse, 



STRADELLA 



ir>i 



» qu'il appelait Orlensia, que Madame Royale 
» lui avait fait épouser dans sa convales- 
» cence ; mais dès le lendemain qu'ils y 
» furent arrivés, ils furent assassinés dans 
« leur chambre, et les assassins se sauvèrent 
» sur une barque qui les attendait dans le 
» port de Gènes, de sorte qu'il n'en fut plus 
» parlé depuis. Ainsi périt le plus excellent 
» musicien de toute l'Italie, environ l'an 
» 1670. » 

Les circonstances de cette aventure sont 
trop bien détaillées, et appuyées par des noms 
qui étaient trop connus lorsque Bourdelot 
'écrivait, pour qu'on n'accorde pas une en- 
tière confiance à son récit. Mort en 1685, ce 
médecin a été en quelque sorte le témoin du 
fait qu'il rapporte. D'ailleurs, à cette époque, 
si ce fait n'avait été notoire, l'écrivain n'au- 
rait osé compromedre le nom d'une princesse 
qui vivait encore à la cour de France, et ceux 
<le deux ambassadeurs. Bourdelot ne s'est 
trompé que sur la date de la mortde Stradella, 
en la plaçant vers 1G70; mais la pre,uvemême 
de son erreur à cet égard garantit son exacti- 
tude dans le reste. Celte preuve se trouve dans 
le livret d'un opéra intitulé : La Forza deW 
amor paterno, imprimé à Gênes, en 1678. 
A la fin de l'avertissement de l'éditeur de celte 
pièce, on lit ces mots : Bastando il dirti, 
cite il concerto di si perfctla melodia sia va- 
lore d'un Alessandro, cioè del Signor Stra- 
della, riconosciuto senza contrasto per il 
primo Apollo délia musica (Il suffit de te 
dire que le concert d'une mélodie si parfaite 
est l'œuvre d'un Alexandre, c'est-à-dire de 
M. Stradella, reconnu sanscontestalion comme 
le premier Apollon de la musique). Celle cir- 
constance explique le séjour de Stradella à 
Gênes : il était allé y écrire un opéra ; et c'est 
après la représentation de cet ouvrage qu'il 
fut assassiné, mais il est à peu près impossible 
dédire avec précision en quelle année; on sait 
seulement, par la date d'un de ses ouvrages, 
que Stradella vivait en 1681 . Cette production 
est l'oratorio de Susanna, en deux parties, 
pour cinq voix, chœur, violons et basse, dédié 
à François II, duc de Modène, le 16 avril 1681. 
L'oratorio que ce grand artiste avait écrit pré- 
cédemment à Rome coïncide aussi avec le ré- 
cit de Bourdelot, car il ne précéda que de deux 
ans l'opéra de Gênes. Cet oratorio est intitulé : 
Oratorio di S. Giov. Battista a 5 voci con 
slromenti deW Alessandro Stradella. Bur- 
ney,qui en possédait la partition manuscrite, 
adjugée* à la venle de sa Bibliothèque pour 
trois guinées, dit que cet ouvrage est daté de 



Borne, en 1676. L'aventure de Borne se passa 
dans cette année. Un charmant duo de cet 
oratorio a été publié par le P. Martini dans le 
deuxième volume de son Esemplare di con- 
trappunto fugato (p. 17 et suiv.). Ce mor- 
ceau se trouve aussi dans le quatrième volume 
de VJ/isloire générale de la musique, par 
Burney (p. 118). 

Les copies des compositions de Stradella 
sont rares, parce qu'on n'imprimait plus de 
musique en Italie à l'époque où il écrivit; la 
bibliothèque ducale de Modène en possède tou- 
tefois un grand nombre qui, la plupart, ont été 
composés pour la cour de Ferrare, et parmi 
lesquels on remarque les opéras intitulés : 
Corispero; Orazio Code sul ponte; Trespolo 
tutore; Diante, drame dont une partie était 
déclamée en prose, et dont le reste était en 
musique. Ces renseignements sont donnés par 
Giambatisla Dali' Olio, dans les notes de son 
poëme de la Musica (page 65). 

La Bibliothèque du Conservatoire de Naples 
renferme un recueil des cantates de Stradella. 
L'abbé Santini a quelques-uns de ses ma- 
drigaux à cinq voix; j'en possède d'autres, 
ainsi qu'un air d'église admirable pour voix 
de ténor, avec deux viole da braccio, viola 
di gamba, et violone, que j'ai fait exécu- 
ter dans mes concerts historiques. La Bi- 
bliothèque de Saint-Marc, de Venise, ren- 
ferme un recueil de vingt et une cantates 
du même compositeur, dont six ont été exécu- 
tées et publiées à Paris, sous ce titre : Canti a 
voce sola deW insigne A. Stradella legati 
alla bibliotbeca {sic) San Marco di f enezia 
dalla nobile famiglia Contarini. Accompa- 
gnamenlo di piano da F. Halevy. Paris, Léon 
| Escudier. On trouveà la Bibliothèque impériale 
de Paris, dans un recueil in-4°obl. (VmU20), 
deux duetti pour soprano et basse, et un autre 
duo dans le recueil in 4° (Vm 1 175). La Biblio- 
thèque du Conservatoire de Paris possède aussi 
quelques morceaux de ce musicien , sous les 
n os 4356 et 4337, et l'on en trouve d'autres au 
Musée britannique de Londres, cod. 1265, 
1272, 1273, et dans la Bibliothèque d'Oxford. 
M. Angelo Catelani de Modène (voyez ce nom), 
prépare une monographie de Stradella qui ne 
[teut manquer d'offrir un grand intérêt, car on 
connaît l'exactitude et les soins intelligents de 
ce savant. M. Bichard, employé de la Biblio- 
thèque impériale de Paris, en a écrilune autre, 
d'après une correspondance authentique de 
l'ambassadeur de France, à Turin, concernant 
l'assassinat du célèbre musicien, dont il a fait 
la découverte. 



152 



STRADIVARI 



STRADIVARI (Antoine), en latin 
STRADIVARIUS (1), le plus célèbre des 
anciens luthiers italiens, naquit à Crémone. 
L'excelleDt luthier M. Vuilliaume, qui a fait 
plusieurs voyages en Italie pour réunir des 
documents authentiques concernant cet habile 
artiste, et n'a épargné ni dépense ni soins 
pour atteindre son but, n'a pu découvrir la 
date de sa naissance, parce qu'après la sup- 
pression de plusieurs églises de Crémone, 
leurs archives paraissent avoir été soustraites, 
cachées, et peut-être anéanties. Heureusement, 
un monument est resté, qui dissipe les doutes 
sur l'année où est né le luthier célèbre. Dans 
les notes de Carlo Carli, banquier à Milan, 
s'est trouvé un inventaire des instruments qui 
appartenaient au comte de Salabue, et dont il 
était dépositaire. On y voit figurer un violon de 
Stradivarius qui porte intérieurement une éti- 
quette écrite de la main de l'auteur lui-même, 
et dans laquelle on lit son nom, son âge 
(quatre-vingt-douze ans), et la date 1756. Stra- 
divarius était donc néen 1644.Élèvede Nicolas 
Amati, il fabriqua dès 1667, c'est-à dire à l'âge 
de vingt-trois ans, quelques violons qui n'é- 
taient que la reproduction exacte des formes de 
son maître, et dans lesquels il plaçait l'étiquette 
de Nicolas. Ce ne fut qu'en 1670 qu'il com- 
mença à signer ses instruments de son propre 
nom. Dans les vingt années qui s'écoulèrent 
jusqu'en 1690, il produisit peu. On serait 
tenté de croire que l'artiste était alors plus 
occupé d'essais et de méditations sur son art 
que de travaux au point de vue du commerce. 
1690 est une époque de transition dans le tra- 
vail d'Antoine Stradivari. C'est alors qu'il 
commença à donner plus d'ampleur à son mo- 
dèle, à perfectionner les voûtes, et qu'il déter- 
mina les épaisseurs d'une manière plus rigou- 
reuse. Son vernis est plus coloré; en un mot, 
ses produits ont pris un autre aspect ; cepen- 
dant on y retrouve encore des traditions de 
l'école de Nicolas Amati. Les luthiers de l'épo- 
que actuelle les désignent sous le nom de 
Stradivarius amatisé. En 1700, l'artiste est 
parvenu à sa cinquante-sixième année. Son 
talent est alors dans toute sa force, et depuis 
cette époque jusqu'en 1725, les instruments 
qui sortent de ses mains sont autant d'oeuvres 
parfaites. II ne tâtonne plus : certain de ce 

(I) Cette notice est extraite de mon livre intitulé: 
Antoine Stradivari, luthier célèbre, connu sous le nom de 
Stradivarius, précédé de recherches historiques et critiques 
sur l'origine et les transformations des instruments à ar- 
chet, etc.; Paris, Vuilliaume, luthier, rue de Nemours, 
n°3,aux Tlicrnes, 1836, 1 vol. grand in-8". 



qu'il fait, il porte dans les moindres détails le 
fini le plus précieux. Son modèle a toute 
l'ampleur désirable ; il en dessine les contours 
avec un goût, une pureté qui, depuis un siècle 
et demi, excitent l'admiration des connaisseurs. 
Le bois, choisi avec le discernement le plus 
fin, réunit à la richesse des nuances toutes les 
conditions de sonorité. Pour le fond, comme 
pour les éclisses, il change alors les disposi- 
tions, le place sur maille, et non plus sur 
couche. Les voûtes de ses instruments, sans 
être trop élevées, s'abaissent en courbes 
adoucies et régulières qui leur laissent toute la 
flexibilité nécessaire. Les ouïes, coupées de 
main de maitre, deviennent des modèles pour 
tousses successeurs. La volute, qui a pris un 
caractère plus sévère, est sculptée dans une 
grande perfection. Les beaux tons chouds du 
vernis de Stradivarius datent de cette époque : 
la pâte en est fine et d'une grande souplesse. 
A l'intérieur de l'instrument, le travail de 
l'artiste n'offre pas moins de perfection : tout 
y est fait avec le plus grand soin. Les épais- 
seurs sont fixées d'une manière rationnelle et 
se font remarquer par une précision qui n'a 
pu être atteinte que par de longues études. Le 
fond, la table et toutes les parties qui compo- 
sent l'instrument sont dans un rapport par- 
fait d'harmonie. Ce furent sans doute aussi des 
essais réitérés et des observations persévé- 
rantes qui le conduisirent à faire, dans toute 
cette période de sa carrière productive, les tas- 
seaux et les éclisses de ses violons en bois de 
saule, dont la légèreté spécifiquesurpasse celle 
de tous les autres bois. Au résumé, tout a été 
prévu, calculé, déterminé d'une manière cer- 
taine dans ces instruments admirables. La 
barre seule est trop faible, par suite de l'élé- 
vation progressive du diapason, depuis le com- 
mencement du dix-huitième siècle, laquelle a 
eu pour résultat inévitable une augmentation 
considérable de tension, et une pression beau- 
coup plus grande exercée sur la table. De là 
est venue la nécessité de rebarrer tous les an- 
ciens violons et violoncelles. 

A la même époque où Stradivari était par- 
venu à la perfection dont il vient d'être parlé, 
et lorsqu'il travaillait avec la certitude des ré- 
sultats, il s'est quelquefois écarté de son type 
définitif pour satisfaire des fantaisies d'artistes 
ou d'amateurs. C'est ainsi qu'il a fait des vio- 
lons d'un patron plus allongé : leur aspect a 
moins de grâce, mais les mêmes soins ont pré- 
sidé à leur confection : tout y est proportionné 
à cette modification de la forme polir main- 
tenir l'équilibre dans les vibrations. Dansées 



STRADIVARI 



153 



instruments, comme dans d'autres, sortis des 
mains de l'artiste à cette période de sa vie, la 
sonorité a celte puissance noble, ce brillant, 
cette distinction qui ont assuré partout la 
grande renommée de Stradivarius. Les instru- 
ments produits par lui de 1725 à 1750 ont en- 
core de la qualité; toutefois, le travail n'a pas 
la même perfeotion. Les voûtes sont un peu 
plus arrondies, d'où résulte un peu moins de 
clarté dans le son; la délicatesse et le fini du 
travail s'altèrent progressivement; le vernis 
est plus brun. La fabrication paraît aussi se 
ralentir; car on rencontre moinsd'instruments 
de cette époque que de la précédente, propor- 
tion gardée. En 1730, et même un peu avant, 
le cachet du maître disparaît presque complè- 
tement. Un œil exercé reconnaît que les in- 
struments ont été faits par des mains moins 
habiles. Lui-même en désigne plusieurs 
comme ayant été faits simplement sous sa di- 
rection : sub disciplina Stradivarii. Dans 
d'autres, on reconnaît la main de Charles Ber- 
gonzi et des fils de Slradivari, Omobono et 
Francesco. Après la mort de cet homme cé- 
lèbre, beaucoup d'instruments non terminés 
existaient dans son atelier; ils furent achevés 
par ses fils. La plupart portent son nom dans 
l'étiquette imprimée : de là résultent l'incer- 
titude et la confusion à l'égard des produits 
des derniers temps. 

Slradivari n'a fait qu'un petit nombre 
d'altos : tous sont de grand format. Leur qua- 
lité de son, pénétrante, noble, sympathique, 
est de la plus grande beauté. Les violoncelles 
sortis de ses mains sont en plus grande quan- 
tité : on y remarque la même progression as- 
cendante que dans les violons pour la perfec- 
tion du travail et le fini précieux. Ces instru- 
ments sont de deux dimensions, l'une grande, 
à laquelle on donnait autrefois le nom de 
basse; l'autre plus petite, qui est le violoncelle 
proprement dit. A la première de ces catégo- 
ries appartient la basse de M. Servais, profes- 
seur au Conservatoire royal de Bruxelles, et 
virtuose dont la renommée est universelle. La 
sonorité de ce bel instrument a une puissance 
extraordinaire, réunie au moelleux argentin. 
Le violoncelle de l'artiste distingué M. Fran- 
chomme est de l'autre patron; il appartint 
autrefois à Duport : c'est un instrument du 
plus grand prix. On préfère aujourd'hui ce 
patron, dont les dimensions sont commodes 
pour l'exécution des difficultés. Il faut la main 
de Servais pour une basse aussi grande que la 
sienne. Les violoncelles de Slradivari ont une 
immense supériorité sur tous les instruments 



du même genre : leur voix puissante a une 
ampleur, une distinction de timbre et un bril- 
lant que rien n'égale. Ces précieuses qual.ités 
résultent, d'une part, du choix des bois, de 
l'aulre, de la force des épaisseurs, qui sont 
traitées d'une manière large, et enfin du rap- 
port exact de toutes les parties du l'instru- 
ment, lesquelles sont équilibrées pour que les 
vibrations soient libres, énergiques et pro- 
longées; ce qui assure la supériorité de ces in- 
struments est, comme dans les violons, l'ap- 
plication constante des lois de l'acoustique. 

A l'époque où Stradivari travaillait, les 
violes de toute espèce étaient encore en usage 
dans les orchestres; lui-même en fabriqua 
beaucoup de diverses formes et dimensions, à 
six et à sept cordes, ainsi que des quinlons à 
dos plat, avec des éclisses élevées et des tables 
voûtées; enfin, des guitares, des luths et des 
mandores. Un de ces derniers instruments, 
construit par ce grand artiste, est la propriété 
de M. Vuilliaume, célèbre luthier de Paris. La 
finesse du travail et la beauté du vernis sont 
très-remarquables ; les sculptures de la tête 
sont d'une rare délicatesse, et, dans son 
ensemble comme dans ses détails, ce joli in- 
strument réunit tous les genres de perfec- 
tions. 

Deux choses sont également dignes d'atlen- 
lion dans les travaux d'Antoine Slradivari, à 
savoir, l'excellence de ses instruments elleur 
nombre presque infini. Il est vrai que la mul- 
tiplicité de ses produits s'explique par le grand 
âge où il parvint et par sa persévérance au tra- 
vail, qui se soutint jusqu'à ses derniers jours. 
Slradivari fut du petit nombre de ces hommes 
d'élite qui, se posant pour but la perfection, 
autant qu'il est donné à l'humanité de l'at- 
teindre, ne s'écartent pas de la roule qui peut 
les y conduire, que rien ne distrait, que rien 
ne détourne de leur objet; que les déceptions 
ne découragent pas, et qui, pleins de foi dans 
la valeur de cet objet, comme dans leurs facul- 
tés pour le réaliser, recommencent incessam- 
ment ce qu'ils ont bien fait, pour arriver au 
mieux possible. Pour Slradivari, la lutherie 
fut le monde tout entier; il y concentra toute 
sa personnalité. C'est comme cela qu'on 
s'élève, quand l'aptitude répond à la volonté. 
La longue existence de quatre-vingt-treize 
ans, qui fut celle de l'artiste objet de cette 
notice, s'écoula tout entière dans un atelier, 
en face d'un établi, le compas ou l'outil à la 
main. 

On a vu précédemment qu'Antoine Slradi- 
vari termina un violon à l'âge de quatre-vingt- 



loi 



STRADIVARI 



douze ans, en 1730. Déjà il s'élait préparé à 
la mort depuis plusieurs années, car il avait 
fait préparer son lom!>eaii dès 1729. On en a 
la preuve dans l'extrait suivant du livre des 
inscriptions de Crémone (Inscriptiones cre- 
monenses universœ). Cet extrait est fait en 
ces ternies : 

« Finalement, dans le même volume, à la 
» page CXXXII, n° 923, on lit l'épitaphe du 
» tombeau du célèbre fabricant de violons, 
» Antoine Stradivari, qui était autrefois dans 
» le pavement, entièrement refait, de l'église 
» de Saint-Dominique des PP. Dominicains, 
» laquelle est la suivante : 

» Sepulcuo. DI 

» Antonio. Stiudivaiu 

>< E. Stoi.EREDt. An. 1729. 

» En foi de ce qui est ci-dessus; 

» Crémone, le 18 septembre 1855. 

» Le prélat primicier Antoine Dragoni, ex- 
» vicaire général capilulaire de la ville et du 
» diocèse de Crémone (1). » 

La date de 1729, placée sur le tombeau de 
Stradivari, avait fait croire qu'il était décédé à 
cette époque; mais la découverte du violon de 
1756, dans lequel l'artiste lui-même avait 
consigné son âge de quatre-vingt-douze ans, 
était venue renverser cette tradition. De nou- 
velles recherches faites avec une persévérance 
infatigable ont été, enfin, couronnées de suc- 
cès, et ont fait connaître la date précise de la 
mort de l'artiste célèbre. Dans un extrait au- 
thentique des registres de la cathédrale de Cré- 
mone, délivré à M. Vuilliaume et signé par 
M. Jules Fuselli, vicaire de celte église, on a 
la preuve qu'Antoine Stradivari fut inhumé 
le 19 décembre 1737, et conséquemment qu'il 
était décédé le 17ou le 18du même mois, à l'âge 
de quatre vingt-treizeansaccomplis. Mais, par 
une singularité inexplicable, ni ses restes, ni 
ceux de ses enfants, ne furent déposés dans le 
tombeau qu'il avait fait préparer ; car l'extrait 
de l'acte mortuaire est ainsi conçu : 

« Dans le livre intitulé Libro de' mord de. 
» l'église Saint- Dominique, existant dans les 

(1) Finalmente, nello stesso volume a pag. CXXXII, 
n» 923, leggcsi la Epigrafe del Scpolcro del célèbre fa- 
bricatore di violini Antonio Stradivari, clic erà già nel 
parimento, interamente rifatto délia Chiesa di San Do- 
nienico de Padri Domenicani ed é la seguente ; 
Scpolcro di 
Antonio. Stradivari 
E. Suoi. Eredi. An. 1729. 
In fcde di quanto sopra 
Creinona, il 18 Scttembre 185a. 
11 Piclalo Primiccrio Antonio Dragoni, etc. 



» archives de celle paroisse, on trouve ce qui 
» suit : 

» Du 19 décembre 1737. Donné la sépulture 
» à feu M. Antoine Stradivari, inhumédans le 
» caveau de M. François Vitani, dans la cha- 
» pelle du Rosaire, paroisse de Saint-Mat- 
» thieu. 

» De la cathédrale de Crémone, le 19 sep- 
» lembre 1855. Certifié et signé : Fuselli 
» (Jules), vicaire (1). » 

Antoine Stradivari avait été marié, et avait 
eu trois (ils et une fille. Les fils se nommaient 
Francesco, Omobono et Paolo. Les deux pre- 
miers travaillèrent dans l'atelier de leur père; 
Paolo se livra au commerce. La vie d'Antoine 
Stradivari fut calme autant que sa profession 
était paisible. L'année 1702, seule, dut lui 
causer d'assez rudes émotions lorsque pen- 
dant la guerre de la succession, la ville de 
Crémone fut prise par le maréchal de Villeroy 
sur les Impériaux, reprise par le prince Eu- 
gène, et, enfin, prise une troisième fois par 
les Français; mais après celle époque, l'Italie 
jouit d'uoe longue tranquillité, dans laquelle 
s'écoula la vieillesse de l'artiste. On sait peu de 
chose concernant celle existence dénuée d'évé- 
nements. Polledro, ancien premier violon et 
maître de la chapelle royale de Turin, mort 
vers 1822, dans un âge avancé, rapportait que 
son maître avait connu Stradivari dans ses 
dernières années, et qu'il aimait à parler de 
lui. Il était, disait-il, de haute stature et 
maigre. Habituellement coiffé d'un bonnet de 
laine blanche en hiver, et de colon en élé, il 
portait sur ses vêtements un tablier de peau 
blanche lorsqu'il travaillait, et comme il tra- 
vaillait toujours, son costume ne variait guère. 
Il avait acquis plus que de l'aisance par le 
travail et l'économie, car les habitants de 
Crémone avaient pour habitude de dire : 
Riche comme Stradivari. Le vieux La Hous- 
saie, que j'ai connu dans ma jeunesse, et qui 
avait visité Crémone peu de temps après la 
mort de Stradivari, m'a dil que le prix qu'il 
avait fixé pour ses violons était quatre louis 
d'or. Dans ces conditions, el à l'époque où il 
vécut, il dut, en effet, acquérir quelques ri- 
chesses. Bergonzi, petit-fils de Charles (le 
meilleur élève de Stradivari, après Guarneri) 

(i) Nel libro col titolo : Libro de' Mord nella Chiesa 
di S. Domenico, esistante ncll' arcliivio di questa paroc- 
chia trovasi quanto segue : 

« Adi 19 décembre 1737. — Dato sepoltura al fù sig. 
» Antonio Stradivari, sepolto nella sepoltura del sig. 
» Francesco Vitani, nella Capella del Hosario, paroccbia 
» di S. Matco. Dalla Cattedrale di Crcmona, le 19set- 
tembre 1855. In fede : Signé : Fusetti Giulio, vie. » 



STRADIVARI — STRAUSS 



155 



mort à Page de quatre-vingts ans, indiquait 
l'endroit où travaillait le luthier célèbre, dans 
la maison qui porte le n° 1239, sur la place 
Saint-Dominique, en face de la porte Majeure. 

STRADIVARI (Francesco et Omobono), 
fils du précédent, ont travaillé longtemps dans 
l'atelier de leur père. François a fait quelques 
bons violons qui, depuis 1725 jusqu'en 1740, 
portent son nom; maison en connaît d'autres 
faits en collaboration avec Omobono, et qui 
portent celle inscription : Solto la disciplina 
d'A. Stradivarius, Cremona. Omobono Slra- 
divari s'occupa plus particulièrement de la ré- 
paration et de la monture des instruments que 
de leur fabrication. Il mourut dans les pre- 
miers jours de juin 1742, et fut inhumé le 9 
du même mois, ainsi que le prouve un extrait 
authentique des registres de l'église Saint- 
Dominique de Crémone (1). Son frère Fran- 
cesco ne lui survécut que onze mois, car il fut 
enterré le 13 mai 1743, ainsi que le démontre 
un extrait des mêmes registres (2). Tous deux 
furent réunis dans le même tombeau avec leur 
père. 

STRAKOSCH (M.), pianiste et composi- 
teur, né d'une famille hongroise en 1825, fit 
son éducation musicale à Pesth et à Vienne. En 
1846, il arriva à Naples, et y fit son débul, 
comme virtuose pianiste, avec un brillant 
succès; puis il parcourut l'Italie et s'arrêta 
quelque temps à Milan, où il publia plusieurs 
œuvres pour le piano, chez Ricordi. Vers 
1851, il se rendit en Amérique et s'établit à 
New-York, comme professeur de piano et de 
chant. Il s'y est allié à la famille des canta- 
trices Palli. De retour en Europe avec sa 
belle-sœur (Adelina Patti), il a visité avec elle 
toutes les capitales où elle a chanté. Ses com- 
positions pour le piano consistent en fantaisies 
sur des thèmes d'opéras, en caprices, en 
transcriptions, suivant l'expression à la 
mode, et en éludes. Dans le nombre de ces 
morceaux, on remarque : La Willis, étude 
fantastique pour piano, op. 33; Milan, Ricordi; 
Il Fesuvio; Rimembranza di Napoli, pour 
piano, op. 34; ibid.; Addio a l'Italia, 
Album pour piano, composé d'une ballade, 
d'une éludé, d'un hymne, d'une prière, d'un 

(1) Adi9giugno 1742. — Dato sepoltura al fù sig. 
Omobono Stradivari, sepolto nella Capella del Hosario, 
nella sepollura del sig. Francesco Vilani, parocchia di 
S. Matco. — In fcde, Fuselti Giulio vie». 

(2) A di 13 Msggio 1743. — Dato sepollura al fù sig. 
Francesco Stradivari, sepolto nella Capella del Rosario 
nella sepoltura del sig. Francesco Vitani, paroccliia de 
S. Maleo. — In fcde, Fusctti Giulio vie». 



nocturne et d'un galop, op. 36; ibid., etc. 

SXILEHLE (Daniel P.), savant auédois, 
membre de l'Académie des sciences de Stock- 
holm, vécut dans la seconde moitié du dix- 
huilième siècle. Il a fait imprimer dans le 
cinquième volume des Mémoires de celte Aca- 
démie un Essai sur le tempérament de l'accord 
des instruments de musique, intitulé : Versuch 
einer gleichwebende Temperatur mecanisch 
zu entwurfen. 

STRAMROLI (Bartholomé), prêtre et 
chantre de l'église de Saint-Marc, à Venise, au 
commencement du dix-huitième siècle, a fait 
imprimer un ouvrage de sa composition, inti- 
tulé : Salmi vespertini a quattro voci, con 
basso continua per l'organo; Venise, 1619, 
in-4°. M. Caffi ne parle pas de ce musicien 
dans son Histoire de la musique de la cha- 
pelle Saint-Marc. 

STRASSER (Jean-Georges), mécanicien 
habile, né à Baden, près de Vienne, dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle, se fixa 
à Pétersbourg, en 1795, et y termina, en 1802, 
une horloge à carillon avec deux orgues mé- 
caniques à crescendo et decrescendo, qui exé- 
cutaient les pièces les plus compliquées à grand 
orchestre. Cet ouvrage fut mis en loterie à 
celte époque, et gagné par la veuve d'un pré- 
dicateur allemand, qui l'a vendu à l'empereur 
de Bussie pour la somme de vingt-cinq mille 
roubles, et une pension de mille roubles. 

STRATTNER (Georges-Christophe), né 
en Hongrie, vers 1650, fut d'abord attaché à 
la chapelle du prince de Dourlach, puis obtint 
une place de maître de chapelle à Francfort- 
sur-le-Main. Dans les derniers temps de sa vie, 
il remplit les fonctions de second maître de 
chapelle à Weimar, où il mourut en 1705. Il 
composa les mélodies avec basse continue pour 
la cinquième des Blindes- und Himmels- 
Liedern de Neander. On connaît aussi sous 
son nom : Fier Aria novisstma, mit einer 
Sing- undzwei Instrumental Stimmen,nebst 
einen Generalbass; Francfort, 1685, in-fol. 

STRAUBE (Rodolphe), virtuose sur le 
clavecin et sur la guitare, naquit dans la Saxe, 
vers 1720, et étudia le clavecin et la composi- 
tion à l'école Saint-Thomas de Leipsick, sous 
la direction de Jean Sébastien Bach. Il s'éta- 
blit à Londres, vers 1754, et y publia un œuvre 
de duos pour clavecin et guitare, et un autre 
pour guitare et violon. 

STRAUSS (Christophe), organiste de la 
musique de l'empereur Malthias, vécut à 
Vienne, au commencement du dix-septième 
siècle. On a publié de sa composition : Can- 



456 



STRAUSS 



tioties sacra; seu molctli 15-1 vocum; Vienne, 
1613- 

STRAUSS (Josr.rn), mailre de chapelle 
du grand-duc de Bade, est né en 1795, à 
Brlinn, en Moravie. Son père, autrefois maître 
de concerts d'une petite cour italienne, ne le 
destinait pas à la profession de musicien, mais 
il lui fit enseigner à jouer du violon et du 
piano. Devenu orphelin, Strauss fut conduit à 
Vienne pour y faire ses études musicales. 
A l'âge de douze ans, il joua un solo de violon 
au théâtre sur la Vienne, dans un entr'acte. 
L'empereur, qui assistait à cette représenta- 
tion, accorda des éloges au jeu du jeune ar- 
tiste, et celte circonstance fit engager celui-ci 
pour l'orchestre du théâtre. Depuis celte 
époque, il eut tour à tour pour maîtres de 
violon Casimir Blumenthal (plus tard direc- 
teur de musique à Zurich), DeUrbani (qui fut 
postérieurement mailre de chapelle à Pesth), 
et Schnppanzigh. Dans le même temps, le 
maître de chapelle Joseph Teyber lui enseigna 
l'harmonie, et Albrechtsherger lui donna quel- 
ques leçons de contrepoint. Après avoir ob- 
tenu du suceès dans plusieurs concerts à 
Vienne, Strauss reçut des propositions pour 
être directeur de musique à Lucerne, et violon 
solo au théâtre de Pesth ; il accepta cette der- 
nière position. Ce fut dans celte ville qu'il 
écrivit ses premières grandes compositions, 
entre autres l'ouverture et les enlr'actes d'une 
pièce intitulée : Die Belegerung JFiens (le 
Siège de Vienne), un petit opéra, un sextuor 
pour harpe et instruments à vent, une cantate 
en langue hébraïque, et des chœurs pour des 
tragédies. En 1815, il fut engagé comme di- 
recteur de musique à Temeswar, en Hongrie ; 
mais il ne resta qu'un an dans cette ville, 
ayant accepté, en 1814, la direction delà mu- 
sique de l'opéra allemand dans la province de 
Transylvanie, pour lequel il écrivit les opéras 
Faust's Leben und Thattn (la Vie et les ac- 
tions de Faust), et Die Sœhne des Waldes (les 
Fils de la forêt). A celte époque de la vie de 
l'artiste appartiennent aussi une messe, deux 
cantates et plusieurs morceaux pour le 
violon. 

En 1817, Strauss se rendit à Brtlnn, et y 
composa une messe pour l'inauguration de 
l'évêque, plusieurs graduels et offertoires pour 
l'église de Saint-Jacques, un concerto et quel- 
ques autres morceaux pour le violon. Pendant 
un court séjour à Prague, il se lia d'amitié 
avec le maître de chapelle de la cathédrale 
Wittasek, et avec le directeur du Conservatoire 
D. Weber; puis il se fit entendre avec succès 



comme violoniste à Leipsick, Dresde,' Halle, 
Altenbourg, Magdebourg, Breslau, Cassel et 
Francfort-sur-le-Mein. Arrivé à Manheim, il 
s'y arrêta et s'y occupa de plusieurs compo- 
sitions importantes ; puis il fit un petit voyage 
en Suisse, et donna des concerts à Bàle, Berne 
et Zurich. A cette époque (1822), il reçut l'in- 
vitation d'organiser l'Opéra allemand de 
Strasbourg, et y fit exécuter Don Juan, Fi- 
delio, Freischiitz et Médée. De retour à Man- 
heim, il y fut chargé (au mois d'octobre 1823) 
des fonctions de directeur de musique du 
théâtre de la cour, et mit en scène \eFernand 
Cortezde Sponlini. Satisfait de la parfaite exé- 
cution de cet opéra, le grand-duc de Bade 
nomma immédiatement Strauss directeur des 
concerts de la cour, et après la mort de Danzi 
lui donna le titre et les fonctions de son maître 
de chapelle. M. Strauss occupait encore cette 
place en 1860. Je l'ai visité à Carlsruhe, en 
1838, et j'ai trouvé en lui un homme aussi 
aimable que modeste. La manière dont il a 
organisé l'orchestre de celle cour, et son ta- 
lent dans sa direction méritent beaucoup 
d'éloges. Peude temps auparavant, unegrande 
symphonie de sa composition avait été exécu- 
tée au concours de Vienne pour ce genre de 
composition, et avait obtenu le deuxième prix. 
En 1840, M. Strauss a dirigé l'Opéra allemand 
à Londres, et y a fait exécuter sa symphonie 
couronnée. Une deuxième symphonie lui a été 
demandée à cette époque pour la Société phil- 
harmonique de celte ville. M. Strauss a écrit 
aussi pour le théâtre de Carlsruhe les opéras 
Armiodan, Zélide, Berlhold le pleureur, et 
Der JFœhrwolf (le Loup-Garbu),qui a été re- 
présenté plus de cinquante fois à Vienne. 

On a publié de la composition de cet artiste 
estimable : 1° Variations brillantes pour vio- 
lon et orchestre, op. 9; Manheim, Hcckel. 
2° Quatuor brillant pour deux violons, alto et 
basse, op. 5; Leipsick, Hofmeister. 3° Pots- 
pourris pour violon, avec un second violon, 
alto et basse, op. 5 et 6; ibid. 4° Douze 
variations pour violon, avec un second violon 
et basse, op. 4; Leipsick, Breilkopf et Hœrlel. 
5° Variations sur un menuet milanais pour 
violon et piano, op. 3; ibid. 6° Plusieurs suites 
de chansons allemandes avec piano; Prague, 
Enders; Leipsick, Hofmeister. 

STRAUSS (Jean), célèbre compositeur de 
danses allemandes et de valses, est né à 
Vienne, le 14 mars 1804. Ses parents le desti- 
naient à être relieur de livres, et il apprit, en 
effet, cet état; mais entraîné par un goût pas- 
sionné pour la musique, il apprit à jouer du 



STRAUSS — STREICHER 



157 



violon, et, par des études persévérantes, ac- 
quit assez d'habileté sur cet instrument pour 
être employé, à l'âge de dix-neuf ans, dans 
l'excellent orchestre de Lanner (voyez ce 
nom). La nature l'avait doué du génie de 
la musique de danse; ses premières valses 
eurent un succès de vogue. Pour les exécuter, 
il forma un orchestre qu'il dirigea lui-même, 
à l'imitation de Lanner, et hientôt il devint 
un rival redoutable pour ce rénovateur de la 
danse allemande. Secondé par son éditeur Has- 
linger, qui sut exploiter ses productions avec 
intelligence, il acquit en peu de temps une re- 
nommée universelle, que son inépuisable fé- 
condité a soutenue jusqu'à sa mort. Des criti- 
ques allemands le placent au-dessous de 
Lanner commecomposileur, comme violoniste, 
et comme directeur d'orchestre; toutefois, il 
est certain que la popularité de son nom l'em- 
porte sur celle de son rival. Le nombre des ca- 
hiers de valses et de galops qu'il a publiés 
s'élève à plus de cent cinquante, et l'on a fait 
de la plupart de nombreuses éditions. Strauss 
a voyagé avec son orchestre en Allemagne, en 
Belgique, en France et en Angleterre: partout 
il a excité le plus vif intérêt. Cet artiste remar- 
quable est mort à Vienne, le 21 septembre 
1849, après une courte maladie. On a publié 
sur lui : Slrauss's Ankunft im Elysiam (Ar- 
rivée de Strauss dans l'Elysée), en vers, par 
Charles Meisl; Vienne, 1849, in-8°, et Jo- 
hann Strauss's musikalische JVanderung 
durch das Lcben (Voyage musical de Strauss 
dans la vie); Vienne, 1850, in-8°. Un chef 
d'orchestre de danse a exploité à Paris le nom 
de Strauss; mais il n'y aucun rapport entre 
lui et son célèbre homonyme. 

STREBEXGER ( Matthias ) est né, le 
17 janvier 1807, à la seigneurie de Weikers- 
dorf, dans la Basse-Autriche. Fils d'un vigne- 
ron, il apprit la musique et le piano chez le 
maître d'école de Baden, près de Vienne. Le 
chef d'orchestre du théâtre de ce lieu lui en- 
seigna le violon, et Strebinger l'accompagna 
à Presbourg, où il se fit entendre en public à 
l'âge de douze ans. Helmesberger, professeur 
au Conservatoire de Vienne, le prit comme 
élève en 1820, et lui fit obtenir, deux ans 
après, une place de violoniste au théâtre de la 
cour. Il y remplaça quelquefois Mayseder dans 
les solos; dès lors sa réputation s'étendit, et il 
joua avec succès dans les concerts. Depuis 
1834, il est un des membres titulaires de la 
chapelle impériale. Le maître de chapelle 
Dreschler lui a enseigné la composition. Stre- 
binger a composé pour son instrument deux 



concertos, plusieurs concertinos, et a publié à 
Vienne plusieurs thèmes variés avecorclieslre, 
d'autres thèmes variés avec quatuor, un qua- 
tuor brillant, op. 1, des duos de violon, des 
rondos, divertissements et pots-pourris. Il a 
écrit aussi plusieurs solos avec orchestre pour 
des ballets. 

STREICHER (Jean-André), naquit à 
Stuttgart, le 13 décembre 1761 . La mort de son 
père l'obligea à entrer fort jeune dans la Mai- 
son des orphelins. Ce ne fut que dans sa dix- 
septième année qu'il lui fut permis de se livrer 
à son goût pour le piano : un vieux maître 
d'école lui enseigna à jouer de cet instrument, 
sur lequel il fit de rapides progrès. Streicher 
avait ensuite formé le projet d'aller à Ham- 
bourgétudier la composition, sous la direction 
d'Emmanuel Bach; mais entraîné par son 
amitié pour le célèbre poëte Schiller, il l'ac- 
compagna à Manheim et à Francfort, et dé- 
pensa l'argent destiné à son voyage. Il prit 
alors la résolution d'aller à Munich, où il se 
livra à l'enseignement du piano. Il y publia 
aussi ses premières compositions, et devint 
l'associé d'un marchand de musique. Quelques 
voyages qu'il fit à Augsbourg le lièrent 
d'amitié avec le célèbre facteur d'instruments 
Stein, dont il épousa la fille. Après son ma- 
riage, il alla se fixer à Vienne, où sa femme 
établit une fabrique de pianos, tandis qu'il 
continuait à cultiver l'art comme pianiste et 
comme compositeur. Mais bientôt sa fabrique 
de pianos acquit trop d'importance pour qu'il 
en laissât la direction à sa femme seule; il 
commença à s'occuper de la construction de 
ces instruments, y introduisit quelques modi- 
fications, et finit par en changer le système 
ordinaire, en plaçant le mécanisme des mar- 
teaux au-dessus des cordes. M. Pape (voyez ce 
nom), qui adopta ensuite ce système à Paris, 
l'a beaucoup perfectionné. La mort de la 
femme de Streicher le plongea dans la dou- 
leur; il céda sa maison et ses affaires à son 
fils, et mourut quatre mois après à Vienne, le 
25 mai 1833, à l'âge de soixante et onze ans. 
Streicher a publié de sa composition : 1° Ron- 
deau ou caprice avec huit variations pour 
piano sur l'air anglais : The Lass of Rich- 
mond's Hill; Munich, Falter. 2° Douze varia- 
tions pour piano; Manheim, Heckel. 

STREICHER (Marie-Anne ou Nanette), 
femme du précédent, et fille du facteur d'in- 
struments Jean-André Stein, naquit à Augs- 
bourg, le 2 janvier 17G0. Élève de son père, 
elle devint habile pianiste, et joua avec succès 
dans un concert, en 1787, un concerto de 



1S8 



STREICHER — STRIGGIO 



piano. En 179", elle devint la femme de Slrei- 
cher, et dans l'année suivante, elle alla établir 
à Vienne une fabrique de pianos, dont son 
frère dirigea les travaux. Les instruments 
sortis de ses ateliers eurentde la réputation en 
Allemagne. Madame Streicher est morte à 
Vienne, le 16. janvier 1833. 

STREIT (Guillelmine), dont le nom de 
famille est SCIILTZ, cantatrice distinguée 
du théâtre allemand, est née à Berlin, en 1806. 
Dans son enfance, elle fut conduite par ses 
parents à Carlsruhe, et y joua de petits rôles. 
Le compositeur Fesca s'intéressa àcelte enfant 
et lui donna des leçons de chant qui furent 
continuées par la cantatrice Gervais. Ayant 
débuté avec succès dans quelques opéras de 
Mozart et de Paër, elle donna des représenta- 
tions à Darmstadt, Cassel, Brunswick et Ham- 
bourg, et puis accepta des engagements à Ha- 
novre, à Francfort et à Leipsick. C'est dans 
celte dernière ville qu'elle s'est mariée et que 
sa réputation s'est établie. En 1829, le grand- 
duc de Saxe-Weimar l'a fait engager à vie 
pour le théâtre de la cour. Elle était le plus 
bel ornement de ce théâtre, en 1836, et y jouait 
avec succès les premiers rôles de son emploi. 
Madame Streit s'est retirée de la scène, vers 
1848, avec une pension du grand-duc. 

STREITWOLFF (Jean-Henri-Gottlieb 
ou Théophile), habile facteur d'instruments, à 
Gœllingue, naquit dans cette ville, le 17 no- 
vembre 1779. Ayant appris la musique dans 
sa jeunesse, il fut d'abord guitariste, puis vio- 
loncelliste. En 1809, il se livra à la facture des 
instruments à vent, bien qu'il n'eût fait au- 
cune étude préliminaire des principes de leur 
construction; mais son intelligence suppléa 
au défaut des connaissances, et ses essais fu- 
rent couronnés de succès. Sa réputation com- 
mença par ses flûtes, qui passaient en Alle- 
magne pour excellentes. Il fut un des premiers 
qui adoptèrent les principes de Muller pour la 
construction de la clarinette. Son cor basse 
chromatique, exécuté en 1820, d'après l'idée 
première de Stœlzel qu'il avait perfectionnée, 
lui fit beaucoup d'honneur. En 1828, il fit 
aussi une clarinette basse dont les journaux 
de musique ont parlé avec éloge, mais que 
l'instrument du même genre fait par Adolphe 
Sax a fait oublier. Slreitwolff mourut d'une 
maladie de poitrine, à Gœttingue, le 14 février 
1837. Il a publié quelques compositions pour 
la flûte, la guitare et le violoncelle, à Bruns- 
wick et à Hambourg. 

STREPPONI (Félix), compositeur, né à 
Milan, fut maître de chapelle à Monza. Il 



mourut à Trieste, au printemps de 1832. Son 
opéra Gli Illinesi fut représenté à Trieste, au 
mois d'octobre 1829. En 1830, il donna, à Tu- 
rin, Amoree mistero, et dans l'année suivante 
il écrivit Ullà di Bassora. 

STREPPOI\I (Joséphine), fille du précé- 
dent et cantatrice distinguée, naquit à Monza. 
Ayant été admise au conservatoire de Milan, 
elle y fit ses études de chant. En 1835, elle dé- 
buta avec succès au théâtre de Trieste, et dans 
la même année, elle fut engagée à l'opéra 
italien de Vienne. En 1836, elle chanta à Ve- 
nise, à Brescia et à Mantoue. Rappelée à 
Trieste en 1837, elle y excita l'enthousiasme, 
et dans la même année, elle brilla à Bologne. 
En 1838, elle chanta à Rome, à Livourne et à 
Florence. Chaque année, sa réputation acqué- 
rait plus d'éclat. Je l'entendis, en 1841, à 
Bergame, où elle chanta pendant la saison de 
la foire avec Salvi et Colelti : je lui trouvai la 
voix bien posée, le style large et expressif dans 
le Marino Faliero de Donizetti. Celte époque 
fut celle où Verdi obtint ses premiers succès : 
la musique de ce maître mit en vogue le chant 
déclamé et la funeste tradition des sons 
poussés avec effort; la Strepponi s'y aban- 
donna sans réserve : elle en éprouva bientôt 
les effets; car, en 1846, elle n'était déjà plus 
que l'ombre d'elle-même. Dans un voyage que 
je fis en Italie, en 1850, elle avait déjà disparu 
de la scène. 

STUÏCKER (Augustin-Reinijakdt), mu- 
sicien de la chambre, compositeur et ténor au 
service de Frédéric I er , roi de Prusse, fut en- 
gagé à cette cour en 1702. Suivant VHisloire 
de l'Opéra, de L. Schneider, Stricker était en- 
core au service de cette cour en 1712 ; mais 
M. de Ledebur prouve que le fait n'est pas 
exact, le nom de cet artiste ne se trouvant pas 
dans le Calendrier des adresses de Berlin, de 
celle année. De Berlin, Stricker se rendit à 
Cœlhen, où il entra au service du prince d'An- 
halt. Il s'est fait connaître comme composi- 
teur par les ouvrages suivants : 1° Der Sieg 
der Schœnheit iiber die Helden (le Triomphe 
de la beauté sur les héros), opéra, en collabo- 
ration avec Finger et Volumier, représenté à 
Berlin, en 1706, pour le mariage du prince 
royal Frédéric-Guillaume I er . 2° Le Mariage 
d'Alexandre et de Roxane, opéra, représenté, 
en 1708, pour le mariage en secondes noces de 
Frédéric I er . 3° Six cantales italiennes à voix 
seule avec accompagnement de violon ou haut- 
bois solo, op. 1 ; Cœlhen, Antoine Lœfflern, 
1715. 
STRIGGIO (Alexandre), gentilhomme do 



STRIGGIO — STRINASACCHI 



1K9 



Manloue, né vers 1535, fui d'abord attaché an 
service de Cosme de Médicis, et devint ensuite 
maître de chapelle de la cour de Manloue. Il 
vivait encore dans cette ville en 1584. Outre 
son talent de composileur, il possédait aussi 
celui de jouer supérieurement du luth et jouis- 
sait de la réputation d'un des meilleurs or- 
ganistes de son temps. Striggio fut un des 
premiers musiciens qui essayèrent de compo- 
ser des intermèdes pour le théâtre, et l'on cite 
de lui un ouvrage de ce genre intitulé l'Amico 
fido, composé vers 15G5, ainsi que les deux 
premiers actes de Psyché, qui fut représenté à 
Florence pour les noces de François de Médi- 
cis et de l'archiduchesse Jeanne d'Autriche. 
Il a mis aussi en musique les vers qui se trou- 
vent dans l'opuscule intitulé : Descrittione 
deW intermezzi fatti nel felicissimo Palazzo 
del gran duca Cosimo (7°), et del suo illus- 
triss. figliuolo Principe de Firenze et di 
Siena, perhonorarla illustriss. presenza Al- 
tezza dello Eccellentissimo Archiducad' Aus- 
tria, il primo giorno di maggio l'nnno 
MDLXIX. In Fiorenza, appresso Barthol. 
Sermartelli. On lit dans les préliminaires : Il 
vertuoso (sic) M. Alessandro Strigio, fiobi- 
liss. gentilhuomo Mantova nefece lemusiche 
sopra le canzoni. Enfin, Striggio composa, 
avec Pierre Strozzi, Jules Caccini et Claude de 
Correggio, la musique pour les fêtes qui eurent 
lieu à Florence, en 1579, à l'occasion du 
mariage de François I er de Médicis avec la 
fameuse Bianca Cappello. Ses œuvres impri- 
més sont : 1° Madrigali a 6 voci, lib. 1; 
.Venise, 15C6. 2° Il seconda libro de' madri- 
gali a 6 voci; Venetia, Antonio Gardano, 
in-4° obi., 1566. Une deuxième édition de ces 
deux recueils, dont je possède un exemplaire, a 
été publiée dans la même ville, en 1569. 3° Il 
primo libro de' madrigali a 5 voci nuova- 
mente con nuova giunta ristampato e cor- 
relto; ibid., 1560. Je possède cette édition, 
qui est fort rare. Il y en a d'autres imprimées 
par le même et par Geronimo Scotto, en 1566, 
1569, 1571, 1585 et 1592, toutes in-4°oblong. 
Je ne connais du second livre de madrigaux 
à cinq voix de Striggio que les éditions don- 
nées, en 1583 et 1585, par les héritiers de Jé- 
rôme Scotto, mais il y en a certainement d'an- 
térieures. Le catalogue de la Bibliothèque mu- 
sicale du roi de Portugal, Jean IV, contient 
l'indication des livres II, III et IV de madri- 
gaux à cinq voix, mais sans nom de ville ni 
date. 4° Madrigali a sei voci, lib. III; Ve- 
nise, 1582. 5° Il Cicalamento délie donne al 
buccalo, e la caccia a 4, 5 e 7 voci, con il 



giuoco di primeria a 5 voci; Venise, 1584, 
in-4°. Je possèdeune édition plus ancienne de 
cet ouvrage, laquelle a pour titre : Il Cicala- 
mento délie donne al buccato, e la caccia di 
Alessandro Striggio, con un lamento di Di- 
done ad Enea, per la sua partenza, di Ci- 
priano Rore,a quattro, cinque, et selte voci. 
Di nouo poste in luce per Giulio Bonagionta 
da San Genesi, musico délia illust. Signoria 
di Fenezia in S. Marco et con ogni diligen- 
tia corrette; in f'inegia, 1567, appresso Gi- 
rolamo Scotto, iri-4°. On voit que celte édi- 
lion n'est pas la première. 6° Di Hettore 
Fidue e d' Alessandro Striggio e d' altri 
eccellentissimi musici MadrignliaS eG voci; 
Venise, 1566. Les autres auteurs dont on 
trouve des madrigaux dans ce recueil sont 
Franc. Russello, Gio. Contino, Jos. Ferretti, 
Leandro Mira, Jos. Zarlino, Silao de Luc- 
ques, et Franc. Londariti. On trouve aussi un 
madrigal à huit voix de Striggio dans la col- 
lection de madrigaux de divers auteurs inti- 
tulée : Il lauro verde, Anvers, 1591, in-4°. 
Enfin, des compositions de Striggio ont été in- 
sérées dans les recueils intitulés : 1° Musica 
divina di XIX aulori illustri a 4, 5, 6 et 7 
voci; Anvers, P. Phalèse, 1595, in-4°. 2°//a?- 
monia céleste, di diversi eccellentissimi mu- 
sici a 4, 5, 6, 7 et 8 voci, etc. ; ibid., 1593, 
in-4° obi. 3° Melodia Olympica di diversi 
eccellentissimi musici a 4,5,6 et 8 voci, ibid., 
1594, in-4°. 4° Il Trionfo di Dori , etc., 
6 voci, etc. ; Venise, Gardane, 1596, in-4°. 
Jacques Paix a arrangé un madrigal du même 
musicien dans son livre de Tablature d'orgue 
(Orgel-Tabulatur Buch); Lauingen, 1583, 
iu-l'ol. Le talent de Striggio consistait princi- 
palement dans l'art d'exprimer la parole par 
le chant: lui, Péri, Caccini et Monleverde 
peuvent être considérés comme les premiers 
qui ont essayé ce moyen d'effet si puissant : 
leurs prédécesseurs, et même leurs contempo- 
rains n'avaient eu pour but que l'élégance des 
procédés mécaniques de l'art. 

STRINASACCHI (Thérèse), cantatrice 
distinguée, naquit à Rome, en 1768, et apprit 
l'art du chant d'un abbé de la chapelle de 
Sainte-Marie-Majeure. Au printemps de 1787, 
elle débuta comme seconda donna dans le due 
Contesse de Paisiello, au théâtre de Manloue. 
Dans les années suivantes, elle chanta à Plai- 
sance, à Trieste, à Florence, en 1796, à 
Vienne, à Venise, en 1797, dans Vlntrigo 
délia lettera, de Mayr, et dans la même ville, 
en 1798; à Rome, au carnaval de l'année sui- 
vante, puis, de nouveau à Venise, en 1799, où 



160 



STRINASACCHI — STROBEL 



elle chanta, au théâtre San Benedetto , les 
opéras bouffes de Mayr, l'jévaro et Labino c 
Carlot ta; enfin, à Paris, en 1801, dans la pre- 
mière troupe d'opéra italien qu'on y organisa 
sous le Consulat et qui fit son début au petit 
théâtre de la rue de la Victoire, le 51 mai de 
cette année. Madame Strinasacchi y chanta 
d'abord dans Furberia e Puntiglio, de Mar- 
cello de Capua, et dans Non irritar le donne, 
de Portogallo. Elle y obtint un succès d'en- 
thousiasme dans le Matrimonio segreto de 
Cimarosa, quoiqu'elle fût inégale et qu'elle ne 
chantât pas toujours avec justesse; lorsqu'elle 
était bien disposée, elle était quelquefois admi- 
rable d'inspiration. 

Les affaires de l'entrepreneur de l'opéra 
bouffe du théâtre de la rue de la Victoire 
n'ayant pas prospéré, ce théâtre fut fermé au 
commencement de 1805; la dernière repré- 
sentation qui y fut donnée, ou du moins dont 
on trouve l'indication, eut lieu le 15 janvier 
de cette année : on y joua II Matrimonio 
segreto, et Thérèse Strinasacchi y chanta le 
rôle de Carolina. Une nouvelle administra- 
tion s'élant formée pour l'organisation d'un 
opéra italien, qui fit son début au théâtre Fa- 
vart, le 14 mai 1803, madame Strinasacchi n'y 
fut pas engagée et fut remplacée par madame 
Georgi-Belloc, comme prima donna. Elle y 
rentra, toutefois, le 10 septembre de la même 
année, par son rôle favori de Carolina, du 
Matrimonio segreto. Elle y resta jusqu'au 
17juin 1805, et chanta ce jour-là, pour la clô- 
ture du théâtre de l'opéra bouffe, // Mercato 
di Malmantile, dePaisiello; après quoi elle 
s'éloigna de Paris et retourna en Italie. 
En 1806, elle était à Milan et chantait au 
théâtre Carcano. Engagée ensuite à Venise, 
elle chanta, pendant la saison d'automne, au 
théâtre San-Mosè, La Sorpresa, de Pavesi. 
J'ai dit, dans la première édition de cette bio- 
graphie, que je ne trouvais plus de renseigne- 
ments sur la Strinasacchi après cette époque; 
M. Farrenc, à qui je suis redevable des détails 
qu'on vient de lire, m'a appris aussi que cette 
cantatrice reparut au Théâtre Italien de Paris 
le 8 mai 1816, et qu'elle y fit sa rentrée dans 
le Matrimonio segreto. Elle avait alors qua- 
rante-hyit ans et paraissait être plus âgée. 
Sa petite taille, son embonpoint excessif, le 
peu d'agrément de sa figure et sa voix fatiguée 
ne pouvaient réussir près des dilettanli pari- 
siens : elle dut bientôt se retirer. Le célèbre 
hautboïste Vogt (voyez ce nom) la retrouva à 
Londres, en 1825; trois ans après, il retourna 
dans celte ville et apprit que madame Strina- 



sacchi y vivait encore dans une profonde mi- 
sère. On sait qu'elle y est morte, maison ignore 
la date de son décès. 

Thérèse Strinasacchi eut une sœur aînée, 
nommée Anna, cantatrice comme elle, qui 
chanta à Mantoue comme prima donna, en 
1787, mais qui mourut jeune. 

STRJXAJD(l) (Gaspard), facteur d'instru- 
ments, naquit en Bohême, vers 1750, et se 
fixa à Prague, où il fabriqua beaucoup de bons 
violons et violoncelles depuis 1781 jusqu'en 
1793. Ses guitares sont aussi fort estimées. 

STROBACH (Jean), luthiste et composi- 
teur, né en Bohême, vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle, fut attaché au service de l'empe- 
reur Léopold I er . Il a publié des concerts 
très-curieux pour clavecin, luth, mandoline, 
viole d'amour et basse de viole, à Prague, en 
1698, in -fol. J'ai fait entendre un de ces mor- 
ceaux dans un de mes concerts historiques, au 
mois de mars 1833. Le célèbre guitariste Sor 
avait eu la patience de faire une étude spéciale 
du luth pour exécuter la partie obligée de cet 
instrument, dont je lui avais traduit la tabla- 
ture; Carcassi jouait la mandoline, Urhan la 
viole d'amour, Franchomme la basse de viole, 
et moi le clavecin. 

STROBACH (Joseph), directeur de l'or- 
chestre de l'Opéra de Prague, et violoniste de 
talent, naquit le 2 décembre 1731, à Zwillau, 
dans la seigneurie de Birkstein, en Bohême. 
Destiné à l'état ecclésiastique, il fit ses études 
à Liegnilz et à l'université de Breslau, puis il 
suivit à Prague les cours de philosophie et de 
théologie. Un goût passionné pour la musique 
le fit ensuite renoncera la carrière qu'il s'était 
préparée, pourse livrer exclusivemenlà la cul- 
ture de cet art. Après avoir été attaché pen- 
dant treize ans comme violoniste à l'église des 
chanoines réguliers de la croix, il occupa la 
position dedirecteur de musique aux églises de 
Saint-Paul, de Saint-Gall, de Saint-Wenceslas 
et de Saint-Nicolas, et dirigea en même temps 
l'orchestre du théâtre avec beaucoup de talent. 
Il mourut le 10 septembre 1794, laissant en 
manuscrit des concertos, des sonates et des 
caprices pour le violon. 

STROBEL (Valentin), luthiste célèbre et 
compositeur, vécut à Strasbourg, vers le milieu 
du dix-septième siècle. Il a publié de sa com- 
position : 1° Mélodies pour des chansons alle- 
mandes, avec accompagnement de deux vio- 
lons et basse; Strasbourg, 1652. 2° Symphonie 
pour Irois luths et une mandoline, et pour 

(I) Ce nom bolicraien se prononce Stygnad. 



STROBEL — STRUNGK 



161 



quatre lutlis, par-dessus de viole et basse de 
violon ; ibid., 1654. 

STROMEYER (Charles), basse chan- 
(anle, célèbre en Allemagne, est né à Slol- 
Iierg, en 1780. Moins remarquable par l'habi- 
leté de la vocalisation que par le volume et 
l'étendue extraordinaire de sa voix, il descen- 
dait avec facilité jusqu'au contre-wt grave, et 
montaitau so/du ténor. Après avoir été quelque 
temps attaché à la musique du duc de Saxe- 
Gollia, il fut engagé pour le théâtre de 
Wèimar,où il resta pendant toute la durée de sa 
carrière théâtrale. Lorsque sa voix fut sur son 
déclin, il fut fait régisseur général du théâtre; 
mais il montra peu d'habileté dans celle 
place. Après la mort du grand-duc Charles- 
Auguste, en 1828, Stromeyer fut mis à la re- 
traite avec une pension de mille écus. Il est 
mort àWeimar, le 11 novembre 1845. 

STROZZI (Pierre), de l'illustre famille 
florentine de ce nom, vécut dans la seconde 
moitié du seizième siècle et cultiva la mu- 
sique comme amateur. En 1595, il mit en 
musique la Mascarade des aveuglés (Mas- 
curada dcgli accecali), dont la poésie élait 
d'Oclave Rinuccini , auteur des célèbres 
drames de la Dafné et de VEuridice. Celte 
mascarade se fil avec un grand nombre de 
masques à cheval, le 25 février : les musi- 
ciens étaient sur un char. Adrien De la Fage 
a tiré ces renseignements d'un manuscrit du 
commencement du dix-septième siècle qui se 
trouve à la bibliothèque Magliabecchiana de 
Florence (voyez Gazelta musicale di Milano, 
anno VI, a» 22). 

STROZZI (le P. Berardo), prédicateur 
général de l'ordre des franciscains, à Rome, 
au commencement du dix-septième siècle, 
cultiva la musique avec succès, et fit im- 
primer de sa composition : 1° Motetti a 
cinque voci; Venise, 1618, in-4°. 2» // 
sccondo libro de' Motetti a cinque voci; 
ibid., 1022. Il y a une deuxième édition de 
ces deux livres, à Venise, en 1629. 5° Sacri 
concentus, messe, salmi, sinfonie, motetti, 
compiete et antifone a 1, 2, 5, 4, 5, 6, 7 et 8 
voci, con basso continuo; ibid. 4° Salmi, 
magnificat , et concerté a 2 et 3 voci, con 
B. C.;ibid. 5° Concerti, motetti et salmi a 2,5 
ci 4 voci, con B. C. ; ibid. 6° Concerti, ibid. 
messe, salmi, magnificat a 1 , 2, 3 et 4 voci; 

STROZZI (Barbara), noble vénitienne, 
vécut vers le milieu du dix-septième siècle, et 
publia des compositions vocales, sous ce titre : 
1° Il primo libro de' Madrigali a 2, ô, 4 e 5 
voci; Venezia, app. Jlessandro Vincenti, 

BIOCR. USIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



1644, in-4 n . 2° Cantate, ariette e duetti ; 
Venise, 1G53, in-4°. ô° ariette a voce sola; 
Fenezia, app. Bart. Magni, 1658, in-4". 
4° Cantate a voce sola, op. 7 ; ibid., in-4°. 

STROZZI (D. Grégoire), abbé, docteur 
en droit canon et protonotaire apostolique, 
naquit à Naples et vécut dans cette ville vers 
la seconde moitié du dix-seplième siècle. On a 
imprimé de sa composition : 1° Elementarum 
musicx praxis, utilis non tantum incipien- 
tibus, sed proficientibus et pcrfectis; Nea- 
poli, 1683, in-4°. Cet ouvrage renferme des 
canons à deux voix (soprano et ténor) destinés 
à servir d'exercices de solfège. 2° Capricci da 
sonare sopra cembali ed organi, op. quarto; 
in Napoli, 1687, per Novello de Bonis, 
in-fol. Ces caprices, d'un bon style, sont à 
quatre parties, en partition. 

STRUCR (Jean-Baptiste). Voyez BA- 
TISTE*. 

STRUCK (Paul), compositeur viennois, a 
passé pour élève de Haydn, sans doute à cause 
de l'imitation du style de ce maître qu'on re- 
marque dans ses ouvrages. Les premières pro- 
ductions de Struck parurent vers 1797 : on n'a 
pas d'autres renseignements sur sa personne. 
Cet artiste a publié de sa composition : 
1° Trois sonates pour clavecin, violon et 
basse, op. 1; Offenbach, André. 2° Quatuor 
pour deux violons, alto et basse, op. 2; ibid. 
5° Grand trio pour clavecin, violon et basse, 
op. 3; ibid. 4° Trois sonates pour clavecin, 
flûte ou violon et basse, op. 4; ibid. 5° Me- 
nuet et trio pour piano à quatre mains; 
Vienne, Kozeluch. 6° Quatuor pour piano, 
flûte et deux cors, ou deux altos, op. 5; 
Vienne , Mollo. 7° Symphonie à grand 
orchestre, op. 10 ; Offenbach, André. 
8° Quatuor pour clarinette, violon, alto et 
violoncelle, op. 12; Vienne, Artaria. 9° So- 
nate pour piano, clarinette et deux cors, 
op. 17; Leipsick, Breitkopf et Hserlel. 
10° Des marches et autres petites pièces 
pour piano. 11° Cantate funèbre avec or- 
chestre, op. 16; Vienne, Weigl. 12° Chants 
allemands à trois voix, op. 6; ibid. 13° Chan- 
sons allemandes pour voix seule avec piano, 
op. 11 et 15; ibid. 

STRUIVGR (Delpiiin), né à Brunswick.en 
1601, fut organiste à Wolfenbultel pendant les 
années 1630-1632, puis à Zelle (Hanovre), en 
1639-1645, et, enfin, à Brunswick, sa patrie, 
où il remplit les places d'organiste dans cinq 
églises différentes. Il mourut en 1694, à l'âge de 
qualre-vingt-treize ans, laissant en manuscrit 
des pièces d'orgue en tablature. 

11 



162 



STRUNZ 



STRUNGK (Nicoi.as-Adam), fils aîné du 
précédent, né en 1640, à Zelle, où son père 
était alors organiste, fut un des plus célèbres 
violonistes de l'Allemagne. A l'âge de douze 
ans, il obtint la place d'organiste à l'église 
Saint-Magnus de Brunswick. Il continua en 
même temps ses études, qu'il alla terminer à 
l'université de Helmstadt. Ce fut dans celte 
ville que se développèrent ses dispositions 
pour le violon. Son premier maître pour cet 
instrument fut un habile artiste de Lubeck, 
nommé Schnittelbach. Ses progrès furent ra- 
pides, car à l'âge de vingt ans, il obtint la 
place de premier violon de la chapelle du duc 
de Wolfenbutlel. Il la quitta peu de temps 
après pour accepter une position plus avanta- 
geuse chez le duc de Zelle. Ayant fait un 
voyage à Vienne, avec l'autorisation de ce 
prince, il joua devant l'empereur, qui lui té- 
moigna sa satisfaction en lui faisant présent 
«l'une chaîne avec une médaille à son effigie. 
Après la mort du duc de Zelle, Strungk entra 
au service de l'électeur de Hanovre, d'où il fut 
appelé peu de temps après à Hambourg, pour 
diriger la musique du théâtre. Il y composa, 
jusqu'en 1685, les opéras intitulés: 1° La For- 
tune et la chute de Séjan, en 1 G78. 2» Eslher; 
3° Do ris; 4° Les Filles de Cécrops, 5" Al- 
ceste; 6° Thésée; 7° Sémiramis ; 8° Floretto. 
Frédéric -Guillaume , électeur de Brande- 
bourg, qui visita Hambourg à cette époque, 
ayant été témoin des succès de Strungk, désira 
l'avoir à son service, le demanda au magistral, 
et le nomma son maître de chapelle; mais le 
duc de Hanovre ayant appris le prochain dé- 
part de Slrungk pour Berlin, le réclama 
comme son vassal. Pour le dédommager des 
avantages dont il le privait, il lui accorda la 
place d'organiste de sa musique particulière, 
et l'emmena eo^ Italie, où Strungk demeura 
plusieurs années. De retour en Allemagne, et 
passant à Vienne, il s'y fit entendre une se- 
conde fois de l'empereur, qui lui donna de 
nouvelles marques de sa munificence. De 
Vienne, Slrungk se rendit à Dresde, et y fut 
nommé second mailre de chapelle de la cour. 
En 1692, il succéda à Bernhardl en qualité de 
premier maître, et remplit les fonctions de 
cette place jusqu'en 1696. Plus tard, il se fixa 
à Leipsick, où il mourut le 20 septembre 1700, 
à l'âge de soixante ans. Parmi les morceaux 
de sa composition pour le clavecin on remar- 
que : 1° Ricercare, sur la mort de sa mère, 
écrit à Venise, le 20 décembre 1685. 2° Exer- 
cices pour le violon ou la basse de viole, con- 
sistant en sonates, cliaconnes, clc, avec ac- 



compagnement de deux violons et basse con- 
tinue; Dresde, 1691, in-fol, 

STRUNZ (Jacques), compositeur, né en 
1783. à Pappenheim, en Bavière, a reçu les 
premières leçons de musique du maître de cha- 
pelle Metzger, à Munich, et plus tard est devenu 
élève de Winter. Dès l'âge de quatorze ans, il 
était attaché à la chapelle royale; mais une 
imprudence de jeunesse l'ayant exposé au res- 
sentiment d'une famille puissante, il dut 
s'éloigner de la capitale de la Bavière. Il 
parcourut alors l'Allemagne, la Hollande et 
l'Angleterre, en donnant des concerts pour 
vivre. Arrivé en France, en 1800, il accepta la 
place de chef de musique d'un régiment, qui 
lui fut offerte, et fil en celte qualité, à l'âge 
de dix-sept ans, la campagne d'Italie qui se 
termina par la bataille de Marengo. Après la 
paix, son régiment alla tenir garnison à An- 
vers. Il y commit un acte de grave insubordi- 
nation envers son colonel, et n'échappa à une 
condamnation capitale que par l'intervention 
de puissants amis. Ayant obtenu sa démission, 
Strunz s'établit à Anvers, comme professeur de 
musique, et y écrivit plusieurs concertos pour 
la flûte, le cor et le violoncelle, une messe so- 
lennelle pour la cathédrale, et Bouffarelli, ou 
le Prévôt de Milan, opéra-comique, qui fut 
représenté au théâtre de Bruxelles, avec quel- 
que succès. Napoléon ayant visité la Belgique 
et particulièrement Anvers, en 1807, Strunz 
fut chargé par l'administration municipale de 
composer une cantate héroïque pour une fête 
que la ville donnait à l'empereur. Napoléon 
fut si satisfait de cet ouvrage, qu'il fil remettre 
une somme de six mille francs au compositeur. 
Quelque temps après, Strunz se rendit àParis, 
pouf s'y livrer à l'enseignement et à la com- 
position. Il y publia beaucoup de musique in- 
strumentale dans l'espace de dix ans. En 1818, 
il fit jouer au théâtre Feydeau Les Courses de 
New-Market, opéra-comique en un acte qui 
ne réussit pas, ce qui n'empêcha pas Strunz 
d'écrire un autre ouvrage en trois actes, dont il 
ne put obtenir la représentation. Découragé, 
après cinq ans d'attente vaine, il abandonna 
la culture de la musique pour une place d'in- 
specteur des subsistances militaires dans la 
guerre d'Espagne, en 1823. Après la paix, il 
resta longtemps à Barcelone, puis parcourut 
l'Espagne, la Grèce, une partie de l'Asie, 
l'Egypte, les îles Baléares, et né revint à Paris 
qu'en 1851. Vers cette époque, le fruit de ses 
économies lui fut enlevé par une banqueroute, 
et cet événement l'obligea à chercher de nou- 
veau des ressources dans la musique. Il ar- 



STRUNZ — STUMPF 



163 



Tangea beaucoup de morceaux d'opéras pour 
divers instruments à vent, et composa pour le 
théâtre Nautique, en 1834, la musique des 
ballets les Nymphes des eaux, et Guillaume 
Tell, en cinq actes; mais le succès de ces ou- 
vrages ne put retarder la ruine de ce théâtre. 
L'entrepreneur espérait relever ses affaires 
au moyen d'une troupe d'opéra allemand : 
Strunz fut chargé d'aller en Allemagne engager 
«les acteurs; mais pendant son voyage, il ap- 
prit la clôture du théâtre et retourna à Paris. 
Sa situation précaire dans cette ville l'obligea 
ensuite à accepter la place de chef du bureau 
de copie de l'Opéra-Comique; puis il quitta 
cette position pour la direction de la musique 
du théâtre de la Renaissance, et écrivit pour le 
drame de Victor Hugo, Ruy Blas, une ouver- 
ture et des entr'actes. Malheureusement l'exis- 
tence de ce nouveau théâtre ne fut pas plus 
longue que celle du théâtre Nautique. Strunz 
reprit, dans les derniers temps, sa position 
de chef du bureau de copie à l'Opéra-Comique. 
Homme de talent, bien élevé, modeste, et plein 
d'aménité dans ses relations du monde, il mé- 
ritait un meilleur sort. On a gravé de sa com- 
position : 1° Trois quatuors chantants pour 
deux violons, alto et basse; Paris, Pacini. 
2° Concerto pour la flûte (en sol); Paris, 
Sieher. o" Quintettes pour instruments à vent. 
4° Quelques œuvres de duos pour deux flûtes; 
Paris, Sieber, Pleyel. 5° Concerto pour le cor; 
Paris, Pleyel. 6° Beaucoup d'arrangements 
pour divers instruments. 7° Des romances 
françaises, avec accompagnement de piano; 
Paris, Schlesinger. En 1849, j'ai retrouvé 
Strunz à Munich, où il s'était retiré : un héri- 
tage qu'il avait fait quelques années aupara- 
vant l'avait placé dans une position aisée. 

STRZOSKY (Manswet), violoniste, pia- 
niste et compositeur, naquit le 11 décembre 
1753, à Geyersberg, en Bohême. Admis chez 
les serviles de Krulich, comme enfant de 
chœur, il y fit ses premières études, puis alla 
les achever à Prague. La musique devint ensuite 
sa principale occupation. En 1799, il était em- 
ployé comme violoniste à l'église de Strahow ; 
plus tard il eut un emploi semblable à la cathé- 
drale de Prague, et entra à l'orchestre de 
l'Opéra. ïl mourut en cette ville le 8 mai 1807, 
laissant en manuscrit des quintettes, quatuors 
et trios pour instruments à cordes, et un O sa- 
lutaris, composé, en 1800, pour l'église de 
Strahow, et qui fut considéré comme un bon 
morceau de musique religieuse. 

STUCK (Jean-Guillaume), né à Zurich, le 
21 mai 1542, fut professeur de théologie dans 



cette ville, et y mourut le 3 septembre 1607. 
On a de lui un livre intitulé : Antiquitatum 
convivalium libri III, imprimé à Zurich, en 
1597, in-fol. Il y traite, au 20 e chapitre du 
septième livre, De musicx divisione, vi, uti- 
litate ac suavitate, etc. 

STUDZI1XSKI (Vincent), compositeur, 
violoniste et professeur de piano, naquit à 
Cracovie, en 1815. Professeur de violon à l'in- 
stitut technique de cette ville, il dirigea pen- 
dant quelques années l'orchestre du théâtre. 
Il est mort d'une maladie de poitrine, en 1854. 
La plupart des ouvrages de cet artiste sont 
restés en manuscrit ; on y remarque quatre 
quatuors pour deux violons, alto et basse; va- 
riations pour violon principal avec accompa- 
gnement de quatuor; caprice pour violon sur 
une krakowiak avec accompagnement de 
piano; trois fantaisies idem sur des krakowiaks 
et desmazourkes; le Marinier, ballade pour 
violon, avec accompagnement de piano; Elégie 
idem; trois nocturnes idem; variations idem 
sur des thèmes de Bianca e Fernando, de 
Bellini ; Mes Rêveries, six fantaisies pour vio- 
lon et piano; le Rêve, idem; Moment de 
gaieté, rondeau pour violon avec accompagne- 
ment de piano; Mazourkes de concert idem; 
la Danse des fantômes, idem ; scènes fantas- 
tiques pour deux chœurs et orchestre; polo- 
naises, etc. On n'a publié de Studzinski que deux 
livraisons de Mazourkes, en 1853 et 1854. Une 
notice biographique surcetarliste, en langue po- 
lonaise^ été publiée en 1853, par M.Radwanski. 

Trois frères de Studzinski, Charles, Pierre 
et Gaétan, cultivent la musique et en font leur 
profession : Pierre est auteur de la musique de 
Lobzowianie, opéra-comique représenté avec 
succès à Varsovie. 

STUMM (Henri), fut un bon facteur d'or- 
gues allemand, vers la fin du dix- huitième 
siècle. Il vivait, en 1780, à Rauhen-Sulz- 
bach, près de Rien, dans les montagnes du 
Hundsrlick. Aidé par ses fils, il construisit 
l'orgue de trente-six jeux dans l'église du culte 
réformée Bockenheim, en 1768, et le grand 
orgue de l'église Sainte-Catherine de Francfort, 
composé de quarante et un jeux, trois claviers 
et pédale, en 1779. 

STUMPF (Jean-Chrétien), bassoniste alle- 
mand, vécut à Paris, vers 1785, et y publia 
plusieurs compositions; puis il fut attaché à 
l'orchestre d'Altona jusqu'en 1798; enfin, il 
eut le titre de second répétiteur au théâtre de 
Francfort-surle-Mein. Il mourut dans cette 
ville, en 1801. On a imprimé de la composition 
de cet artiste : 1° Entr'actes pour des pièces de 

11. 



164 



STUMPF — SUARI) 



théâlre, à grand orchestre, livres 1 à 4; OfTen- 
bach, André. 2° Pièces d'harmonie pour deux 
clarinettes, deux cors et deux bassons, livres 
1 à 4; ibid. 5° Concerto pour flûte, op. 15; 
Augsbourg, Gombart. 4° Duos pour deux cla- 
rinettes, op. 18; Paris, Naderman. 5° Con- 
certos pour le basson, n os 1, 2, 5,4; Bonn, 
Simrock. 6° Quatuor pour basson, violon, alto 
et basse; ibid. 7° Duos pour deux bassons, 
liv. 1 et 2; Paris, Leduc. 8° Sonates en duos 
pour violon et violoncelle, op. 1 et 2; ibid. 
9° Duos pour deux violoncelles, op. 16 et 17; 
Paris, Sieber. 10° Quelques œuvres de duos et 
de trios pour le violon; ib/d.Slumpf a arrangé 
pour divers instruments à vent plusieurs opéras 
de Mozart, Salieri, Paer et Wranilzky. 

STUÏNZ (Joseph-Hartmann), maître de la 
chapelle royale à Munich, né à Arlesheim, en 
Suisse (canton de Bâle), le 23 juillet 1793, fit 
ses études décomposition dans la capitale de 
la Bavière, sous la direction de Winler. En 

1819, il se rendit en Italie et fut engagé pour 
écrire l'opéra laRappresaglia, pour le théâtre 
de la Scala, à Milan. Cet ouvrage, représenté 
avec succès le 2 septembre de la même année, 
l'ut joué ensuite sur plusieurs théâtres, et fit ob- 
tenir au compositeur un nouvel engagement 
pour celui de la Fenice, à Venise. Costantino 
était le titre de ce second opéra, qui, accueilli 
avec beaucoup de faveur, au mois de février 

1820, malgré les préventions des Italiens de 
cette époque contre les compositeurs étrangers, 
fut joué aussi avec succès à Padoue et au 
théâtre italien de Munich. Rappelé à Milan, en 

1821, Stunz y donna, au mois de juin, sur le 
théâlre de la Scala, son opéra Elvira c Lu- 
cindo } et alla, dans l'année suivante, écrire à 
Turin Argent ed Almira, qui réussit égale- 
ment. Après quatre essais heureux sur des 
scènes qui tiennent le premier rang en Italie, 
la carrière du compositeur semblait tracée; 
mais rappelé à Munich pour y prendre la di- 
rection du chant et des chœurs du théâtre alle- 
mand, Stunz se laissa séduire par l'appât d'une 
position stable, à l'abri des éventualités capri- 
cieuses du théâtre, et accepta les propositions 
qui lui étaient faites. Déjà il avait donné à Mu- 
nich l'opéra allemand Henri IF à Givry. En 
1824, il écrivit Caribald, dont l'introduction 
et le finale furent remarqués, et deux ans après 
il donna à Vienne Schloss Lowinshj (Le châ- 
teau deLowinsky). Ses derniers ouvrages pour 
le théâtre sont la musique du ballet Alasmun 
el Balsora, représentée Munich, en 1831, et 
Rosa, opéra composé pour la même ville, en 
18-515. Il avait succédé à Frsenzel, en 1824, 



dans la direction de l'Opéra allemand. Après 
la mort de Winter, en 1826, il obtint la 
place de maître de la chapelle royale. Le trai- 
tement attaché à cette place n'était que de 
mille deux cents florins (moins de trois mille 
francs); c'était bien peu. J'ai trouvé à Munich, 
en 1849, le pauvre Stunz fort découragé : il se 
sentait éteindre dans un pays dont la popula- 
tion ne prend quelque intérêt qu'à la musique 
de théâtre. L'objet principal de ses travaux, 
depuis sa nomination à la place de maître île 
chapelle, fut la musique d'église. 11 a écrit 
plusieurs messes solennelles avec orchestre ; 
d'autres pour les voix avec orgue, des motels, 
des offertoires, un très-beau Stabat Mater, 
composé pour Vienne, en 1822, des chants en 
chœur, des symphonies, une cantate pour 
l'entrée de l'empereur d'Autriche à Munich, et 
une autre pour l'inauguration du JTalhalla. 
Stunz est mort à Munich, le 18 juin 1859. Outre 
les ouvrages cités ci-dessus, ses autres produc- 
tions consistent en deux ouvertures, op. 7 et 9; 
Leipsick, Breilkopf et Hœrlel ; un quatuor 
pour deux violons, alto et basse, op. 8; Augs- 
bourg, Gombart; des nocturnes à deux voix; 
le chœur Der wilde Jager (Le chasseur sau- 
vage), qui a obtenu un succès d'enthousiasme, 
en 1837, et le Chant des héros à Walhalla, 
pour quatre voix d'hommes avec des instru- 
ments de cuivre, publié à Munich, chez Falter. 

STYLES (François-!! atkins-Eyles). f 'oyez 
STILES. 

SUARD (Jean-Baptiste Antoine), membre 
de l'Académie française, né à Besançon, le 
15 janvier 1734, mourut à Paris, '.e 20 juillet 
1817, à l'âge de quatre-vingt-six ans. L'his- 
toire de sa vie et de ses travaux littéraires n'ap- 
partient pas à ce dictionnaire biographique; 
il n'y est cité que pour la part qu'il prit, avec 
l'abbé Arnaud, aux querelles des gluckistes 
et des piccinnistes. Partisan déclaré de la mu- 
sique de Gluck, il écrivit dans le Journal de 
Paris et dans le Mercure de France, sous le 
nom de V Anonyme de Vaugirard, quelques 
articles piquants contre ses antagonistes. Ces 
morceaux ont été réunis dans les Mémoires 
pour servir à l'histoire de la révolution 
opérée dans la musique par M. le chevalier 
Gluck (Paris, 1781, un volume in-8 r ), et dans 
les Mélanges de littérature île Suard, Paris, 
Dentu, 1804-1805, cinq volumes in-8°, avec 
quelques autres écrits relatifs à la musique. 
Suard a fait insérer dans le premier volume 
des Variétés littéraires (Paris, Lacomoe, 
1770. quatre volumes in-12), une Lettre sur 
un ouvrage italien, intitulé II Tcalio alla 



SUARD — SUDRE 



165 



moda (de Marcello), p. 192-220. Il est aussi 
fauteur du supplément de VEssai sur la mu- 
sique, de Lahorde (tome IV, pages 457-474). 
Enfin, il a fourni quelques articles au Diction- 
naire de musique de V Encyclopédie métho- 
dique. 

SUDRE (JEAN-FaàNçois), né à Alby (Tarn), 
le 15 août 1787, apprit la musique dès son en- 
fance, et fut envoyé comme élève au Conser- 
vatoire de Paris, où il fut admis le 12 mai 
180G. Il y reçut des leçons de violon d'Habe- 
neck, et Catel lui enseigna l'harmonie. De 
retour dans le Midi de la France, il enseigna 
d'abord le chant, la guitare et le violon à So- 
rèze; mais, en 1818, il s'établit à Toulouse, et 
y fonda une école d'enseignement mutuel pour 
Ta musique. Vers le même temps, il publia 
quelques romances avec accompagnement de 
piano et de guitare, des nocturnes, des trios et 
des quatuors de chant, avec ou sans accompa- 
gnement. En 1822, Sudre se rendit à Paris, où 
il ouvrit un magasin de musique, qu'il aban- 
donna quelques années après. Depuis 1817, 
il s'était préoccupé de la possibilité de for- 
mer un système de signes par les sons des 
instruments de musique, et de le faire servir à 
établir avec rapidité des communications loin- 
laines. Celle idée première mûrit lentement 
dans l'esprit de l'inventeur. Au mois de jan- 
vier 1828, il crut que sa langue musicale était 
assez bien combinée pour être soumise à l'exa- 
men de l'Institut de France. Une commission, 
composée de Prony, Arago, Fourier, Baoul- 
Rochetle, Cherubini, Lesueur, Berlon, Catel 
et Boieldieu, donna des éloges à cette décou- 
verte, et termina son rapport par ces mots : 
La commission croit que ce nouveau moyen 
de communication de la pensée peut o/frir 
de grands avantages, et que le système de 
M. Sudre renferme en lui tous les germes 
d'une découverte ingénieuse et utile. Des ex- 
périences faites ensuite au Champ-de-Mars, 
par ordre du ministre de la guerre, en présence 
de plusieurs officiers généraux, démontrèrent 
*pie l'application de cette langue musicale dans 
les opérations militaires, au moyen de signaux 
donnés par un clairon, pouvait faire parvenir 
des ordres à de grandes distances, et donner 
le retour du message dans l'espace de quinze 
secondes. Le rapport des généraux au ministre 
de la guerre donna des éloges sans restriction 
au nouveau moyen de communication, que 
Sudre appela depuis lors Téléphonie. Il en 
fut de même du rapport d'un comité de la 
marine. En 1833, l'inventeur de la téléphonie 
commença à donner des séances publiques 



dans lesquelles il excita vivement la curiosité 
par la traduction instantanée de phrases 
dictées, au moyen de trois notes d'un cornet 
ou d'un clairon, diversement combinées dans 
les intonations ou dans la mesure et le 
rhylhme. Tous les journaux signalèrent l'in- 
térêt de ces séances dans des analyses élo- 
gieuses. Un nouveau rapport de toutes les aca- 
démies de l'Institut de France approuva, le 
14 septembre 1833, les perfectionnements pro- 
gressifs introduits par Sudre dans sa langue 
musicale. Dans ses voyages en France, en Bel- 
gique, en Angleterre, partout, enfin, il a été 
accueilli avec intérêt et comblé d'éloges. Lui- 
même a recueilli dans une brochure de 
soixante-deux pages in-8° les rapports officiels 
dont son invention a élé l'objet, ainsi que les 
opinions des journaux ; cette brochure a pour 
litre : Rapports sur la langue musicale in- 
ventée par M. F. Sudre, approuvée par Vin- 
stitut royal de France , et opinion de la 
presse française, belge et anglaise, stir les 
différentes applications de cette science; 
Paris, 1838, in-8°. Les derniers perfectionne- 
ments de la langue musicale imaginés par 
Sudre onl consisté à faire disparaître la néces- 
sité de l'intonation et du son, en la formant 
simplement d'éléments rhylhmiques, en faveur 
d'une classe d'infortunés, heureusement peu 
nombreuse, qui sont à la fois aveugles, sourds 
et muets. Par des attouchements rhylhmiques 
des mains, toutes les idées et les faits peuvent 
être communiqués immédiatement. La section 
de musique du jury de l'exposition internatio- 
nale de Londres, en 1862, fut appelée à juger 
la valeur de ces perfectionnements, et dans la 
séance consacrée à cet objet, nous dictâmes 
par écrit plusieurs phrases qui, lues par Sudre, 
furent transmises par lui à la personne qui 
devait les traduire, sans aucune autre commu- 
nication que le contact des mains. Toutes les 
traductions furent instantanées et d'une exac- 
titude parfaite, entre autres celle phrase, qui 
fut rendue mot pour mot : Nous allons nous 
séparer ; qu'on fasse approcher des voitures 
pour chacun de nous. Déjà le jury de l'expo- 
sition universelle de Paris, en 1855, avait voté 
une récompense de dix mille francs pour l'in- 
venteur de lalanguemusicale : celle somme fut 
payée à Sudre par le gouvernement français. Le 
jury de l'exposition internationale de Londres, 
à qui Sudre communiqua la grammaire et le 
vocabulaire de la Téléphonie, qui n'ont point 
encore élé publiés, a demandé au même gou- 
vernement qu'une pension viagère fut accordée 
à son inventeur. Celle demande fut accueillie; 



166 



SUDRE — SULZER 



mais Sudre ne jouit pas longtemps de cette 
amélioration de sa position, car il mourut à 
Paris, le 3 octobre 1862. Il a composé et pu- 
blié quelques solos de violon avec orchestre ou 
piano, des romances, des nocturnes à deux et 
trois voix, et les chants patriotiques la Co- 
lonne et le Champ d'Asile, dont il a été fait 
plusieurs éditions. 

SUEVUS (Gaspard), recteur du collège de 
Lowenberg, en Silésie, naquit dans cette ville, 
en 1577, et mourut le 21 octobre 1625. Il fit 
imprimer en 1612, un programme académique 
in Fest. Gregor. Schola? Leoburgensis, qui 
contient l'éloge de la musique. 

SUEVUS (Félicien), gardien du couvent 
des capucins de Strasbourg, vers 1650, .passa 
ensuite au couvent d'Inspruck, où il était en- 
core en 1661. Il a publié de sa composition : 
\"Cithara patientis Jobi versa in luctum, 
motets à trois voix, deux violons et basse con- 
tinue; Strasbourg, 1647. 2° Magnificat seu 
Faticinium Dei Parentis, semper Virginia, 
cum hymno Ambrosiano et falsi bordoni 
Avocibus, adjuncto choro secundo cum vio- 
lonis et symphoniis non necessariis ; In- 
spruck, 1651, in-4°. 3° Psalmi vespertini 
5 voc; ibid., 1651, in-4°. 4° Fasciculus mu- 
sicits sacrorum concentuum, trium vocum 
tam instrumentorum quam vocalium, etc. ; 
ibid., 1656, in-4°. 5° Lilania B. M. f'irginis 
Laurelanx von 2 oder 3, oder 5 Stimmen, 
ibid., 1661, in-4°. 6° Sacra Ercmus piarum 
cantionum 2 et 3 foc. cum 2 violinis. 7° Mo- 
tettia 2, o, 4 et 5 voci cum violini. 8° Tuba 
sacra, seu converti a 1,2, 3 voci. 9 9 Magni- 
ficat a 3 voci. 

SUIRE (Robert-Martin LE), ou LE- 
SUIRE, littérateur, né à Rouen, en 1737, se 
rendit à Paris après avoir achevé ses éludes, et 
y obtint la place de lecteur du duc de Parme. 
Il suivit son élève en Italie, puis fit plusieurs 
voyages en Angleterre. De retour à Paris, il 
s'y mit aux gages de libraires et publia des 
poésies et des compilations médiocres, de mau- 
vais romans et quelques morceaux de polémi- 
que. Échappé aux orages de la révolution, il 
fut nommé professeur de législation à l'école 
centrale de Moulins, perdit celte place à l'épo- 
que de l'organisation des lycées, et revint à 
Paris, où il mourut le 27 avril 1815. Ce liltéra- 
leur n'est cité dans la Biographie 'universelle 
des musiciens que pour un pamphlet pseudo- 
nyme concernant la musique des opéras de 
Gluck, intitulé : Lettre de M. Camille Trillo, 
fausset de la cathédrale d'Auch, sur la mu- 
sique dramatique; Paris, 1777, in-12. 



SLLTZRERGER (Jean-Ulrich), direc- 
teur de musique et virtuose sur le zink (1), à 
Berne, au commencement du dix-huitième 
siècle, a mis en musique à quatre parties, en 
contrepoint simple de note contre note, les 
Psaumes de David traduits en vers allemands 
par Ambroise Lobwasser. Cet ouvrage a été 
publié sous ce litre : Fierstimmiger Psalmen- 
buch; das ist, Psalmen David' s, durch 
D. Ambr. Lobwasser in teutsche Reymen 
gebracht, worinn die hochclevierten Psal- 
men transponierty etc.; Berne, Daniel Tschif- 
felt, 1727, petit in-8° de six cent quarante et 
une pages. On trouve en tète du volume des 
principes abrégés de musique. 

SULZER (Jean-Georges), littérateur et 
membre de l'Académie royale des sciences de 
Berlin, naquit à "VYinterthur, en 1719. Après 
avoir fait ses études dans sa ville natale et à 
Zurich, il remplit pendant quelque temps des 
fonctions pastorales dans un village, puis fut 
instituteur à Magdebourg, et, enfin, profes- 
seur de mathématiques à Berlin. Il fut admis 
à l'Académie des sciences de cette ville, en 
1750, et plus tard y eut le titre de directeur de 
la section de philosophie. Il mourut à Berlin, 
le 27 février 1779. Au nombrede ses ouvrages, 
on trouve celui qu'il publia en français sous ce 
litre : Pensées sur l'origine et les différents 
emplois des sciences et des beaux-arts, dis- 
cours prononcé dans rassemblée royale des 
sciences et des belles-lettres, le 27 de janvier 
1757, Berlin, in-8° de quarante-huit pages~ 
C'est le fond de cet écrit qui est devenu la 
base de celui que Sulzer a publié plus tard en 
allemand, et qui est intitulé : Die Schœnen 
Kiinste in ihrem Ursprunge, ihrer wahren 
Natur und besten Amcendung betrachtet; 
Leipsick, 1772, in-8° de huit feuilles. Mais 
l'ouvrage qui a rendu célèbre le nom de Sul- 
zer est son encyclopédie des arts intitulée : 
Allgemeine Théorie der schœnen Kiinste in 
einzeln, nach alphabetischer Ordnung der 
Kunstivœrter auf einander folgenden Arti- 
keln abgehandelt (Théorie générale desbeaux- 
arls dans leur spécialité, en forme de diction- 
naire par ordre alphabétique, etc.), dont la 
première édition parut à Leipsick, en 1772, 
deux volumes in-4°, et dont la dernière, aug- 
mentée de beaucoup d'articles, a été publiée 
dans la même Tille, en 1792-1794, quatre vo- 
lumes in-8°. Agricola, Kirnberger et Jean- 
Ci) Sorte de cornet en bois, courbé et percé de trous, 
le plus ancien des instruments à vent du moyen âge, 
resté en usage dans quelques parties de la Suisse et de 
l'Allemagne. 






SULZER — SUPPÉ 



167 



Abraham-Pierre Scbltlz ont fourni les arlicles 
de musique pour ce livre; les meilleurs sont 
ceux de Schtilz. Blankenburg, qui a publié la 
dernière édition du livre de Sulzer, en a donné 
un supplément très-utile intitulé : Littera- 
rische Zusxtze zu Johann George Sulzers 
allgemeiner Théorie der schœnen Riinste 7 etc; 
Leipsick, 1796-1798, trois volumes in-8°. Le 
Dictionnaire des Beaux-Arts, de Millin, ren- 
ferme la traduction des principaux arlicles de 
l'ouvrage de Sulzer. Parmi les morceaux que 
ce savant a fait insérer dans les Mémoires de 
l'Académie de Berlin , on trouve celui-ci : 
Description d'un instrument fait pour noter 
les pièces de musique, à mesure qu'on les 
exécute sur le clavecin (ann. 1771). 

SULZER (François-Joseph), auditeur mi- 
litaire à Vienne, naquit à Laufenbourg, dans 
le Brisgau, et mourut à Vienne, en 1790. On 
a de lui un livre intitulé : Geschichte des 
transalpin. Daciens, etc. (Histoire de la Da- 
cie-transalpine, c'est-à-dire de la Valachie, de 
la Moldavie et de la Bessarabie); Vienne, 
1781 et 1782, trois volumes in-8". Il y donne 
une notice très-détaillée de la musique des 
Turcs et des Grecs modernes. 

SULZER (Jean-Antoine), docteur en droit, 
et bailli de l'abbaye de Kreuzlingen, s'est fait 
connaître, dès 1782, comme compositeur et 
comme auteur d'écrits sur la philosophie et la 
morale. Il vivait encore à Sulzbach en 1827. 
Ses œuvres musicales sont : 1° Quatre sonates 
pour clavecin avec un violon, op. 1 ; Man- 
heim. 2° Quatre idem, op. 2; Spire. 5° Quatre 
solos pour violon, op. o; Spire. 4° Chansons 
de Lavater, premieret deuxième recueils; Zu- 
rich. 

SULZER (Salomon), né en 1804àHohen- 
ems, en Autriche, de parents israéliles, a fait 
de bonnes études dans sa jeunesse, et a cultivé 
particulièrement la littérature hébraïque. Un 
goût passionné pour la musique le fit se livrer 
avec ardeur à l'étude du chant, et ses progrès 
dans cet art furent si rapides, qu'à l'âge de 
dix-sept ans, il était déjà premier chantre de 
la synagogue de sa ville natale. Quelques an- 
nées après, il fut appelé en qualité de chantre 
supérieur de la nouvelle et belle synagogue de 
Vienne. Il y forma un excellent chœur qui, 
sous sa direction, exécute avec perfection les 
choses les plus difficiles. Sulzer, élève de Sey- 
fried pour la composition, a écrit pour le ser- 
vice de sa synagogue des hymnes remarquables 
par l'originalité et la fantaisie. 

SU!>DELII\ (Augustin), clarinettiste et 
compositeur de danses allemandes à Berlin, 



membre de la musique de la chambre du roi 
de Prusse, fut pensionné de la cour, après 
vingt-cinq ans de service, et mourut le 6 sep- 
tembre 1842, à Berlin. Il s'est fait connaître 
par la publication de quelques cahiers de 
danses et de valses ainsi que par des Lieder, 
et surtout par deux ouvrages didactiques in- 
titulés : 1° Die Instrumentirung fur das 
Orchestre, oder Nachweisungen iiber aile bei 
demselben gebrauchliche Instrumente , etc. 
(L'instrumentation pour l'orchestre, ou ren- 
seignements sur tous les instruments qui y 
sonten usage, etc.); Berlin, 1828, Wagenfuhr, 
in-4°. 2° Die Instrumentirung fur sœmmt- 
liche Militar-Musik-Chaere, etc. (L'instru- 
mentation pour tous les corps de musique 
militaire, etc.); ibid., 1828, in-4°. 

SUI\DELII\ (Charles), docteur en méde- 
cine et professeur à Berlin, vraisemblablement 
frère du précédent, est auteur de beaucoup 
d'ouvrages relatifs à la médecine et à la chi- 
mie, parmi lesquels on remarque un opuscule 
intitulé : Aerzttîchen Rathgeber fiir Musik- 
treibende. Nach den Angaber des kœnigl. 
Preussischen pensionnirten Kammermusi- 
kus Auguste Sundelin zusammengetragen 
(Conseils médicaux pour les musiciens de pro- 
fession, d'après les vues du musicien de chambre 
pensionné du roi de Prusse, Augustin Sunde- 
lin) ; Berlin, 1852, Grœbenschulz, in-8° de 
cinquante-huit pages. 

SUPPÉ (FrantzDE), né le 18 avril 1820, 
à Spalalro, en Dalmalie, était encore enfant 
lorsqu'il fit des premiers essais de composi- 
tion, sans aucune connaissance des règles de 
l'art d'écrire. En 1859, il se rendit à Vienne 
avec le projet de fréquenter les cours de l'uni- 
versité; mais bientôt il abandonna l'élude des 
sciences pour se livrer exclusivement à la cul- 
ture de la musique. Il apprit à jouer de plu- 
sieurs instruments à vent, particulièrement de 
la flûte ; et le chevalier de Sey fried lui enseigna 
la composition. Après avoir occupé pendant 
quelque temps la place de chef d'orchestre du 
théâtre Josephstadt, il passa, en la même qua- 
lité, au théâtre An der Wien (Sur la Vienne), 
où ilremplitencoresesfonctions(1864). Cetar- 
tisle a composé la musique de plusieurs opéras, 
au nombre desquels on remarque : Das Mxd- 
chen vom Lande, joué à Vienne, en 1847; des 
vaudevilles, donlDie Mùllerin von Burgos (la 
Meunière de Burgos) ; des ouvertures, des en- 
ir'actespourdes drames, et quelques morceaux 
de musique d'église. On connaît aussi sous son 
nom plusieurs symphonies, des quatuors pour 
des instruments à cordes, et beaucoup de 



168 



SUPPÉ — SUSATO 



Lieder. Il y a de la fantaisie el du talent dans 
plusieurs de ces œuvres. 
SUREMAIN DE MISSERY (Awtoise), 

ancien officier d'artillerie, membre de la So- 
ciété des sciences de Paris, et de l'Académie 
de Dijon, naquit dans celle ville, le 25 janvier 
17C7. Depuis 1797, il était fixé à Beaune. Au- 
teur de plusieurs ouvragesde philosophie et de 
mathématiques, il a publié un livre intitulé : 
Théorie acoustico-musicale, ou De la doc- 
trine des sons rapportée aux principes de 
leurs combinaisons ; Paris, Didot, 1793, un 
volume in-8° de quatre cent quatre pages. Bien 
que celte théorie n'aboutisse point à la forma- 
tion rationnel le d'un système de tonalité, comme 
le croyaient l'auteur et l'Académie royale 
des sciences qui approuva son ouvrage, elle 
n'en est pas moins digne d'estime par l'ana- 
lyse rigoureuse d'une multitude de faits inté- 
ressants, et par la réfutation victorieuse de 
beaucoup d'erreurs auparavant émises. Vingt- 
trois ans après la publication de son livre, 
Suremain de Missery revint à l'examen de 
la théorie des intervalles des sons par un 
écrit intitulé : Méprises d'un géomètre de 
l'Institut, manifestées par un provincial; 
ou Observations critiques sur le traité de 
physique expérimentale et mathématique de 
M. Biot, en ce qui concerne certains points 
d'acoustique et de musique; Paris, Denlu, 
1810, in-8 n de soixanle-qualorze pages de 
texte, et de XXIV pages de préface. Celle pré- 
face nous apprend que Suremain de Missery a 
composé un traité de la Géométrie des sons, 
ou Principes d'acoustique pure et de musique 
scient ifique, donl son premier ouvrage n'élait, 
dil-il, que le prélude et une ébauche informe. 
Venu à Paris, en 1816, pour obtenir un rap- 
port de l'Académie des sciences sur cet impor- 
tant travail, on lui donna pour commissaires 
chargés de l'examiner, Prony, HaUy el Biot. 
Celui-ci venait de publier son nouveau Traité 
de physique expérimentale et mathématique, 
dans lequel il a reproduit toutes les anciennes 
erreurs concernant la formation de la gamme 
par les proportions arithmétiques des inter- 
valles des sons. Éclairé trop tard sur sa fausse 
théorie par le travail manuscrit de Suremain 
de Missery, il aurait, suivant la préface de ce 
savant, élevé des difficultés contre l'ouvrage, 
feint de prendre le change sur le sens de la 
théorie qui y était contenue, et refusé de s'ex- 
pliquer avec clarté contre elle, parce qu'il ne 
pouvait 1'allaquer par de bons arguments. Le 
résultat fut qu'il n'y eut pas de rapport, et que 
Suremain de Missery ne crut pas devoir publier 



son travail; mais il attaqua, dans la brochure 
dont il vient d'être parié, les erreurs de calcul 
et de doclrine émises par Biot dans son Traité 
de physique expérimentale, et l'on est obligé 
d'avouer que ses arguments analytiques sont 
accablants pour l'académicien. M. Brossard, 
juge au tribunal de Chalon-sur-Saône (voyez 
ce nom),etami de Suremain de Missery, ayant 
eu communication de l'ouvrage inédit de ce 
savant, fut autorisé à publier un exposé de la 
nouvelle doctrine mathématique qui y est con- 
tenue, en ce qui concerne les proportions des 
intervalles des sons. On y voit que les rapports 
numériques adoptés par les géomètres ne con- 
stituent pas la gamme de la tonalité moderne; 
que ces rapports sont variables dans les ten- 
dances attractives des accords, et que le nombre 
des intonations résultantes des variétés d'al- 
traclions, dans les modulations, s'élève à 
quarante-huit dans l'étenduede l'octave. Dans 
le cours de philosophie et d'histoire de la mu- 
sique, que j'ai professé à Paris, en 1832, j'ai 
présenté l'exposé d'une théorie analogue, ba- 
sée sur des considérations psychologiques. Su- 
remain de Missery a fourni la plupart des 
articles d'acoustique contenus dans le Dic- 
tionnaire de musique de l'Encyclopédie mé- 
thodique. Il est mort à Beaune, le 13 avril 1852. 

SUSATO (Tylman ou Tyleman). l'oijnz 
TYLMAKÏ SUSATO. 

SUSATO (Jean DE), ainsi nommé vrai- 
semblablement du lieu de sa naissance, ^o?*^ 
ville fortifiée de la AVeslphalie, dont le nom 
latin est Susatum. Il fut docteur en médecine, 
savant dans la musique, el vécut vers le mi- 
lieu du quinzième siècle ; enfin, il avaiteessé 
de vivre avant 1511, car Sébastien Virdung, 
qui nous fournit ces renseignements, dans son 
livre intitulé : Musica getutsch vnd ausge- 
zogen, lequel fut imprimé à Bàle dans celte 
année, en parle en ces termes : « J'ai vu cet 
» instrument dans un grand livre en parche- 
» min où se trouvaient les dessins et les des- 
» criptions de plusieurs instruments par feu 
a mon maître Jean de Zusato, docteur en 
» médecine. Ce livre est composé et écrit par 
» lui-même (1). » L'ouvrage et son auteur ont 
été inconnus à tous les biographes el biblio- 
graphes. 

(1) Icli habderselhen instrument such etlieh g'malel 
vnd beschreiben gesetzen, durch meynen nteister seligen 
iohannen de zusato, doctor drsartzney, in einen grossen 
beigamenen bueb, das er selb componiert vnd geschrei- 
ben liât. (Celte orthographe est eel le du livre de Virdung, 
el les substantifs n'y sont pas distingués par des capi- 
tales.) 



SUSSMAYER - SYVELINCK 



1C9 



SUSSMAYER (François-Xavier), com- 
positeur de mérite, naquit en 17CG, à Steyer, 
petite ville de la Haute-Autriche. Ayant été 
admis comme enfant de chœur dans la célèbre 
ahhayedes Bénédictins de Kremsmunster, il y 
fit ses éludes littéraires, et y apprit la théorie 
de la musique sous la direction de Paslerwilz. 
Fort jeune encore, il s'essaya avec succès dans 
tous les genres de composition, et écrivit des 
chants à plusieurs voix, des symphonies, des 
messes, des psaumes, motets, cantates, qui lui 
donnèrent de bonne heure beaucoup d'expé- 
rience dans l'art d'écrire. Arrivé à Vienne, il 
acheva de s'instruire dans le chant et dans la 
composition par les leçons de Salieri, et se lia 
d'une intime amitié avec Mozart, qui lui donna 
aussi des conseils. A son lit de mort, ce grand 
compositeur lui confia la tâche d'achever sa 
messe de Reqttiem, et lui donna des instructions 
pour ce travail presque jusqu'au moment où il 
expira. On sait que la veuve de ce grand homme, 
pleine de confiance dans le talent de Sllss- 
mayer, lui remit en effet la partition du fameux 
Requiem de son mari pour la terminer. En 
1792, ce jeune compositeur obtint la place de 
chef d'orchestre au théâtre national de Vienne, 
et deuxans après il joignit à celle position celle 
de second chef de l'orchestre du théâtre de la 
cour. Les premiers ouvrages de SUssmayer 
pour la scène furent : 1° Moïse, petit opéra 
composé pour le théâtre de Schikaneder, en 
1792. 2° Die schœne Schuslerin (La belle cor- 
donnière), petit opéra; ibid. 5° L'Incanto 
superato, opéra bouffe, au théâtre de la cour, 
à Vienne, en 1793. 4" Dcr Spiegel ans Arka- 
dien (Le tableau d'Aicadie), en deux actes, à 
Vienne, en 1794. Cet ouvrage a élé publié à 
Vienne sous le litre : Die neuen Arcadier 
{Les modernes Arcadicns). Dans celte même 
année, il fit un voyage à Prague, et y fit re- 
présenter, pour l'anniversaire de la naissance 
de l'empereur, son opéra le Turc à Naples, 
qui eut un brillant succès. Il écrivit aussi, pour 
celle circonstance, une cantate qui fut exé- 
cutée à l'université, et qu'on a publiée à 
Prague. 

De retour à Vienne, SUssmayer y donna, en 
1795, Die edle Rache (La noble vengeance), 
■opéra-comique. Cet ouvrage fut suivi de / due 
Gobbi, opéra bouffe, composé pour le théâtre 
de la cour, en 1790; Die Freywilligen (Les 
volontaires), drame avec chant pour lequel 
SUssmayer reçut de l'empereur une tabatière 
d'or(179G); Der JFildfang (La chasse), opéra- 
comique, en 1798; Der Marktschrcyer (Le sal- 
timbanque), opéra-comique, en 1799; Soliman 



der Zweyte, oder die beyden Sullanninnen 

(Soliman II, ou les deux Sultanes), opéra- 
comique, 1800; Gulnare, opéra bouffe pour le 
théâtre de la cour, en 1800; Liebe macht 
kurzen Prozess (l'Amour termine vile un pro- 
cès), opéra-comique, en 1801; Phasma, 
opéra-comique, en 1801. On a gravé les parti- 
tions pour piano des Nouveaux Arcadiens 
(Vienne, Artaria), de la Chasse, ibid., de So- 
liman II, de Phasina, et de la canlale pour 
l'archiduc Charles. Divers morceaux des autres 
opéras de SUssmayer et quelques-unes de ses 
cantates ont élé publiés. Ce compositeur dis- 
tingué mourut à Vienne, le 17 septemhre 1805, 
à l'âge de trente-sept ans. 

On sait que Godefroid Weber a attribué à 
SUssmayer la plus grande partie de la partition 
de la messe de Requiem publiée sous le nom de 
Mozart, et que celle allégation a soulevé une 
vive polémique en Allemagne; mais SUssmayer 
lui-même a expliqué, dans une lettre datée d'il 
8 septembre 1800, et insérée dans la Gazette 
musicale de Leipsick (octobre 1801), la pari 
qu'il a [irise à cet ouvrage ; les quatre derniers 
morceaux du Dies ira:, le Sanctus, le Bene- 
dictus ei VAgnus Dei lui appartiennent, et il 
a instrumenté tout le reste d'après la basse 
chiffrée el quelques indications manuscrites de 
Mozart. (Voyez Mozart.) 

SUTOR (Guillaume), né à Munich, vers 
1780, reçut des leçons de chant de Valesi, 
chanteur de la cour, el apprit aussi à jouer du 
piano, du violon, ainsi que les règles de l'har- 
monie et du contrepoint. Après avoir élé at- 
taché pendant quelques années au service du 
prince-évêque d'Eichstadt, en qualité de chan- 
teur, il fut appelé à Stuttgart avec le titre de 
mailie de chapelle, et chargé de la direction 
de l'Opéra. En 1816, il accepta la place de 
maître de chapelle à Hanovre, et la conserva 
jusqu'à sa mort, arrivée en 1828. Sutor a écrit 
à Stuttgart deux symphonies à grand or- 
chestre, qui sont restées en manuscrit, ainsi 
que la musique pour le drame de Macbeth. Il 
a publié quelques compositions pour la flûte, 
des ouvertures pour piano à quatre mains, 
quelques autres morceaux pour le même in- 
strument, plusieurs cahiers de chants pour 
quatre voix d'hommes, et des chansons alle- 
mandes à voix seule avec accompagnement de 
piano. La plupart de ces ouvrages ont paru à 
Hanovre, chez Bachmann. 

SWELINCK (Jean-Piehhe), ou SWE- 
LIHG, ou, enfin, SWEELINCR (1), orga- 

(I) La première orthographe de ce nom est celle qui se 
trouve sur les éditions desouvrages de l'artiste, publiées 



170 



SWELINCK - SYFERT 



niste à l'église principale «l'Amsterdam, naquit 
à Deventer, vers 1540. Doué d'un génie heu- 
reux pour la musique, il s'y adonna «le bonne 
heure, et par un travail assidu, acquit dès sa 
jeunesse une grande habileté sur l'orgue et 
sur les instruments à clavier alors en usage. 
Désirant étudier les principes de la composi- 
tion, il se rendit à Venise, en 1557, et se mit 
sous la direction de Zarlino. De retour dans sa 
pairie, il ne larda point à s'y faire une grande 
réputation : on le considéra comme le plus 
grand organiste du monde : il était, en effet, 
l'un des plus habiles. On lui conféra la place 
d'organiste de l'église principale d'Amster- 
dam : lorsqu'il jouait, les habitants accouraient 
en foule pour l'entendre. On doit considérer 
Swelinck comme le fondateur et le père de la 
grande école des organistes allemands, car il 
eut pour élèves Melchior Schild, de Hanovre, 
Paul Syffert, «le Dantzick, Samuel Scheidt, de 
Halle, Jacques Schultz ou Piœlorius et Henri 
Scheidmann, maître de Jean-Adam Reinke et 
«le toute l'école de Hambourg. Lorsqu'on songe 
que de tous les noms que je viens de citer, il 
n'en est aucun qui n'ait acquis le plus haut 
«legré de célébrité, on doit en conclure que 
Swelinck avait à la fois une méthode «l'exécu- 
tion supérieure et l'art de la communiquer. 
Quelques négociants d'Amsterdam, admira- 
teurs de son talent, désirant assurer son exis- 
tence dans sa vieillesse, lui empruntèrent deux 
cents florins, pour les faire valoir dans leurs 
entreprises, à condition «|u'ils supporteraient 
seuls les pertes, et que Swelinck profiterait des 
bénéfices. Ce capital modique produisit, au 
bout «le «iiiebiues années, la somme considé- 
rable de quarante mille florins, «iiit mit le vieil 
artiste dans l'aisance. Il mourut en 1622. Ses 
compositions connues sont : 1° Psaumes en 
hollandais, traduits par Lobivasser , à 
quatre et huit voix. 2° Chansons françaises 
à quatre et cinq voix; Anvers, 1592, in-4°. 
5° Chansons à cinq parties; ibid., 1593, in-4°. 
A" Niew Chyterboeck (Nouveau livre de Gui- 
tare); Amsterdam, 1602, in-4°. 5° Rimes 
françaises et italiennes, mises en musique à 
deux et trois parties avec une chanson à 
quatre; Leyde, 1612, in-4°. 6° Psaumes mis 
en musique à quatre, cinq, six, sept et huit 
parties, liv. 2; ibid., 1613, in-4°. 7° Idem, 
liv. 5; ibid., 1614,in-4°. $° Des iveitberiihmter 

à Amsterdam, à Leyde et à Anvers, chez Pierre Phalésc; 
la seconde se lit dans les recueils de Tjlman Susato, 
publiés à Anvers; la troisième est au titre des Psaumes 
à 4 voix, <le Swelinck, imprimes à Berlin, par Georges 
Kungcr, en 1610, iu-i». 



MusiciundOrganisten zu Amsterdam vier- 
stimmige Psalmen, auss dem l s,en , 2 tcn und 
3 tcn Theil. ,elc; (Psaumes à 4 voix des anciens 
musiciens et organistes d'Amsterdam, pre- 
mière, deuxième et troisième parties). Berlin 
et Francfort-sur-l'Oder, 1616. 9° Livre 
deuxième et troisième des Psaumes^ nouvelle- 
ment mis en musique à quatre et à huit par- 
ties; Amsterdam, 1618. 10° Livre quatrième et 
dernier des Psaumes, etc.; Amsterdam, 1622. 
11° Cantiones sacrx cum basso continua, 
5 vocum; Anvers, 1623. 12° Quelques pièces 
d'orgue de Swelinck se trouvent dans un re- 
cueil manuscrit de tablature pour cet instru- 
ment in-fol., daté de 1673, contenant aussi des 
compositions de Frescobaldi, de Galli, de 
Froberger, de Hammerschmidt, de Strunck 
et de Melchior Schild. Ce recueil est à la bi- 
bliothèque royale de Strasbourg. On attribue à 
Swelinck une traduction hollandaise des Insti- 
tutions harmoniques de Zarlino. 

SWIETEIY (Godefuoid, baron VAN). 
l 'oyez VAN SWIETEN. 

SWOBODA (Thomas), bon organiste et 
«iirecteur «le musique à l'église de Pelgrim, en 
Bohême, mourut dans cette ville, le 17 mai 
1727. Il a laissé en manuscrit quelques messes, 
des motets et offertoires. 

SWOBODA (Auguste), professeur de mu- 
sique à Vienne, né en Bohême, en 1787, fut 
d'abord attaché à l'orchestre du comte Pachta, 
à Prague, en qualité de clarinettiste, puis fut 
chef de musique d'un régiment d'infanterie, 
et, enfin, s'établit à Vienne, en qualité de 
professeur de musique. Dans sa vieillesse, il 
se retira à Prague, où il est décédé, le 17 mai 
1856. II s'est fait connaître avantageusement 
par les ouvrages suivants : 1° Allgemeine 
Théorie des Tonkunst (Théorie générale de la 
musique); Vienne, Ant. Strauss, 1826, in-8". 
2° Hurmonielehre (Science de l'harmonie); 
Vienne, 1828-1829. Deux parties in-8°. La 
première partie renferme les éléments de 
l'harmonie. La deuxième ceux du contrepoint. 
Cette seconde partie a pour litre : Anleilung 
zum einfachen und doppelten Contrapuncte 
(Introduction au contrepoint simple et double); 
Vienne, 1829, in-4" de X et cent douze pages. 
Ces ouvrages ont été publiés pour les cours 
faits par l'auteur, à Vienne. 3° Instrumenti- 
rungslehre(An de l'instrumentation); Vienne, 
1832, in-folio obi. de trente pages, avec cinq 
morceaux de musique en partition. 

SYEEB.T (Paul), organiste de l'église 
Sainte-Marie, à Dantzick, naquità Dresde, dans 
les dernières années du seizième siècle, et alla 



SYFERT — SZYMANOWSKA 



171 



faire ses éludes musicales à Amsterdam, sous la 
direction deSwelinckfuo^es ce nom). De retour 
à Dresde, il y publia une collection des anciens 
motetsde divers auteurs, à trois, quatre et cinq 
voix, dont le titre et la date sont sortis de ma 
mémoire. Syfert entra dans sa jeunesse à la 
chapelle du roi de Pologne Sigismond III. 
En 1620, il fut nommé organiste à Dantzick; 
il occupait encore cette place en 1645. Ayant 
publié un recueil de psaumes de sa composi- 
tion, sous le titre de Trilicum Syfertinum, 
il fut vivement critiqué dans un pamphlet de 
Scacchi {voyez ce nom), auquel celui-ci avait 
donné le titre, de Cribrum musicum ad tri- 
ticum Syfertinum, etc. Syfert répondit à son 
antagoniste par V Anticribralio musica, ad 
avenant Scacchianam, hoc est ocularis de- 
monstratio crassissimorum errorum quos 
Marcus Scacchius auctor Ubri, ann. 1643 
Veneliis edili, quem Cribrum musicum ad 
trilicum Syfertinum baptizavit ,passim in eo 
commisit, cum annexa Syferti juxta defen- 
sione honoris acbonx famx , adversus ampul- 
las et falsilates Scacchianas,in usum studio- 
sorum musices, et defensionum innocentix 
autoris, public.v luci commissa; Dantzick, 
1645, in-folio de neuf feuilles. Voyez, poul- 
ies suites de cette affaire, la biographie de 
Scacchi. 

SYLVA (Manuel-Ncnez DE), prédicateur 
à Lisbonne, dans les dernières années du dix- 
septième siècle, fut d'abord professeur du col- 
légedel'égliseSainte-Catherine de cette villeel 
directeur du chœur de l'église Sainte-Marie-Ma- 
deleinejendernierlieu il fut maitredechapelle 
de la collégiale Notre-Dame de la Conception 
du Christ. Il a publié un traité des proportions 
de l'ancienne notation delà musique, intitulé : 
Arte minima que cum semi-brève recopilaçao 
trata em tempo brève os modos da maxima, 
e longa sciencia da musica; Lisbonne, Jean 
Galrao, 1685, in-4°. Une deuxième édition de 
cet ouvrage a été publiée dans la même ville, 
en 1704, in-4°, et une troisième a paru en 
1725, un volume in-4" de cent trente-six pages. 

SZARVADY (madame Wilhelmine 
CLAUSS), pianiste distinguée, née à Prague, 
en 1834, est fille d'un commerçant de cette 
ville. Son heureuse organisation musicale se 
manifesta dès ses premières années. Joseph 
Procksch, artiste de mérite, fut le professeur 
à qui elle fut confiée. Il découvrit bientôt les 
rares dispositions de son élève, la prit en af- 
fection et lui donna tous ses soins. Les progrès 
de mademoiselleClauss furent si rapides, qu'en 
1849, son éducation musicale fut terminée, et 



que, dès l'âge de quinze ans, elle put entre- 
prendre un voyage d'artiste avec sa mère et 
frapper d'étonnement le public et les connais- 
seurs. A Dresde, elle joua à la cour avec un 
brillant succès. A Leipsick, Liszt, Spohr et 
Schumann lui prédirent une belle carrière. 
Brunswick, Cassel, Francfort et Hambourg lui 
prodiguèrent aussi leurs applaudissements. 
Elle arriva à Paris dans les derniers jours de 
1852 : son début s'y fit dans un concert de- 
Berlioz, où elle exécuta le premier concerto de 
Beethoven. Toute la presse musicale n'eut 
qu'une voix pour louer ce jeune talent, aussi 
remarquable parle brillant que par la délica- 
tesse. Un grand malheur vint frapper made- 
moiselle Clauss au milieu de ses triomphes, 
car elle perdit sa mère, morte presque subi- 
tement, en confiant son enfant à la protection 
de madame Ungher-Sabatier et de M. Szarvady, 
qui devint son mari quelques années après. 
A la suite de ce triste événement, la jeune ar- 
tiste passa près d'une année entière dans la 
retraite; puis elle continua ses voyages, visita 
Londres, l'Allemagne méridionale et la Hon- 
grie pendant quatre ans. De retour à Paris, en 
1857, madame Szarvady s'y est fixée définiti- 
vement. Son talent, perfectionné pardes éludes 
constantes et par la méditation, a pris une part 
active à la réaction qui s'est opérée dans le 
goût des amateurs, en les ramenant au culle 
des œuvres classiques des grands maîtres, 
dont elfe a même fait publier quelques mor- 
ceaux inconnus ou tombés dans l'oubli : au 
nombre de ces précieuses reliques du grand 
art d'autrefois se trouve un admirable concerta 
inédit (en fa mineur) de Charles-Philippe- 
Emmanuel Bach pour clavecin, deux violons, 
alto et basse, arrangé par madame Szarvady 
pour piano seul; Leipsick, Baiih.Senff; Paris, 
J. Maho. 

SZYMANOWSKA (Marie), née WO- 
LOWSRI, pianiste distinguée, naquit en 
Pologne, vers 1790, et fut élève de Field, à 
Moscou. Elle brilla à Varsovie de 1815 à 1830, 
puis elle fit plusieurs voyages à Leipsick, à 
Vienne, à Berlin, à Hambourg et à Péters- 
bourg, où elle se fit entendre avec succès. Elle 
mourut jeune encore dans cette dernière ville, 
en 1831. On a gravé de sa composition : v 
1° Cotillon en forme de rondeau pour le piano; 
Hambourg, Christiani. 2° Douze exercices 
pour le piano; Leipsick, Breilkopf et Ilsertel. 
3° Variations sur une romance; Posen, Simon. 
4° Mazurkes, danses nationales de Pologne; 
Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. 5° Chants histo- 
riques et autres sur les poésies de Micklcwicz. 



T 



TABOROWSRI (Stanislas), né en 1830, 
près de Krzemieniça, en Wolhynie, descend 
d'une ancienne famille de celle province. 
Obligé de se retirer à Odessa, son père ne né- 
gligea rien pour lui donner une éducation dis- 
tinguée. Fenz et Bille, artistes de celte ville, 
lui enseignèrent le violon. En 1847, M. Tabo- 
rowski obtint de ses parents Paulorisalion de 
se rendre à Pétersbourg, pour y suivre les 
cours de l'université. Il y continua ses études 
musicales; puis, encouragé et protégé par le 
général Adam Rzewuski et par le comte Ma- 
thieu 'Wielhorski, généreux mécène des ar- 
tistes, il donna un conce il, en 1853, et y obtint 
du succès. Cet heureux début lui fil prendre 
la résolution de voyager pour se faire con- 
naître. Il parcourut la Pologne, la Wolhynie, 
la Podolie et l'Ukraine, donnant partout des 
concerts. De retour à Pétersbourg, il obtint un 
passe-poil pour se rendre à Bruxelles, afin d'y 
perfectionner son talent sous la direction de 
Léonard, qui me le présenta. Je l'admis au 
Conservatoire, où il continua ses études pen- 
dant trois ans. En 1858, il obtint le second 
prix île violon au concours, el dans l'année 
suivante, il partagea le premier prix avec le 
remarquable violoniste florentin Frédéric 
Consolo. Rentré à Pétersbourg à la fin de 1859, 
M. Taborowski y a obtenu de brillants succès. 
Pendant son séjour à Bruxelles, il reçut des 
leçons de composition de M. Damke. Si je suis 
bien informé, il est maintenant fixé à Moscou. 
Il a publié à Pétersbourg plusieurs morceaux 
pour son instrument. 

TABOUIXOT (Jean), chanoine de Langres, 
naquit à Dijon, en 1519, et mourut à Langres, 
en 1595. Sous le pseudonyme de Thoinot-Ar- 
beau, cet ecclésiastique a publié un livre très- 
curieux sur la danse, intitulé Orchesograpliie. 
Cet ouvrage contient beaucoup d'airs de danse 
du seizième siècle. La première édition fui im- 
primée à Langres, en 1589, par J. Despreys, 
in-4° de cent quatre feuillets. Une deuxième 
édition parut dans la même ville, en 1596, 
in-4°. 

TACCIIINAUDI (Nicolas), chanteur dis- 
tingué, est né à Florence, le 10 septembre 
177C. Destiné' à l'état ecclésiastique, il fit 
d'abord quelques études littéraires, qu'il 



abandonna pour le dessin et la peinture. Dès 
sa onzième année, il apprit aussi la musique, 
le chanl et le violon. A l'âge de dix-sept ans, 
il entra à l'orchestre du théâtre de Florence, 
en qualité de violoniste, et pendant cinq ans, 
il occupa celle place ; mais sa voix s'étant dé- 
veloppée et ayant acquis le timbre d'un beau 
ténor, il commença à chanter dans les églises 
el dans les concerts avec beaucoup de succès. 
Plus tard il s'essaya sur des théàtree d'ama- 
teurs, et prit pour modèle le célèbre ténor Ba- 
bini. Enfin, en 1804, Tacchinardi débuta sur 
les théâtres de Livourne et de Pisc, puis 
chanta à Florence, à Venise, el y fit admirer la 
pureté de son goût et l'excellent mécanisme de 
son chant. Appelé à Milan l'année suivante, 
à l'occasion du couronnement de Napoléon, 
comme roi d'Italie, il brilla sur le théâtre de 
la Sculn à côté de madame Festa, et en 1800, 
sur le théâtre Carcano, avec la Slriti3sacchi. 
Il chanta, dans la même année, à la foire de 
Bergame, puis se rendit à Rome, où il excita 
l'enthousiasme du public pendant cinq ans, 
succès sans exemple dans celle ville. Lié 
d'amilié avec Canova, il fréquenta son ate- 
lier, y reprit le goût des arts du dessin, et cul- 
tiva la sculpture avec quelque succès. Il est du 
petit nombre d'artistes dont Canova a fait le 
buste. 

Appelé à Paris en 1811, Tacchinardi parut 
pour la première fois au théâtre de l'Odéon, le 
4 mai, dans la Dislruzionc di Gerusalemme, 
de Zingarelli. Son entrée en scène causa une 
sorte de rumeur dans la salle, parce qu'il avait 
la tête enfoncée dans les épaules, el que 
celles-ci étaient assez proéminentes pour 
justifier cette exclamation qui passait de 
bouche en bouche : II est bossu! mais bientôt 
le talent de l'artiste effaça cette impression. 
On admira la pureté de son style, sa facilité à 
passer de la voix de poitrine à la voix de tête 
sans que la différence des timbres fût sensible; 
enfin, son goût dans le choix des fioritures et 
des traits dont il était prodigue, et qu'il exé- 
cutait avec une merveilleuse facilité. Sous ce 
dernier aspect, son talent était absolument dif- 
férent de celui de Crivelli, qui partageait alors 
avec lui l'emploi de premier ténor à l'Opéra 
italien, et dont le chant expressif el large était, 



TACCHINARDI - TADOLINI 



173 



à celle époque, rarement orné de fioritures. 
Dans Adolfo e Chiara, mauvais opéra de Pu- 
cilla, le succès que Tacchinardi avait obtenu à 
son début fut compromis, parce que les défauts 
de son extérieur, et sa nullité comme acteur, 
lui donnaient trop de désavantage dans la 
comparaison établie entre lui et Elleviou, 
charmant dans l'opéra français sur le même 
sujet. Il prit sa revanche dans la Molinara, 
de Paisiello, et dès ce moment il devint l'idole 
des habitués du théâtre de l'Odéon. Après les 
événements de 1814, il retourna en Italie, et 
chanta avec succès sur les principaux théâtres 
de sa patrie. Le grand-duc de Toscane le 
nomma premier chanleur de sa musique, en 
1822, mais en lui laissant la liberté de con- 
tinuer sa carrière dramatique. Tacchinardi 
chanta à Vienne l'année suivante, puis se 
rendit en Espagne et se fit encore admirer sur 
le théàlre de Barcelone, bien qu'il fut âgé de 
près de cinquante ans. Après 1831, il renonça 
à paraître sur la scène, et ne conserva que son 
emploi de chanteur du grand duc de- Toscane. 
Il s'est aussi livré à l'enseignement du chant, 
et a formé plusieurs élèves distingués, au pre- 
mier rang desquels brillèrent sa fille (madame 
Persiani) et la Frezzolini. Pour habituer ses 
élèves à l'action dramatique, Tacchinardi fit 
faire un petit théâtre dans une maison de cam- 
pagne qu'il possédait près de Florence. Il a 
composé beaucoup d'exercices de chant et de 
vocalises, et a publié un opuscule intitulé : 
Dell' Opéra in musi'ca sul leatro italiano, e 
de' suoi difetti. Ce petit ouvrage, imprimé à 
Florence, a eu deux éditions. Une deuxième 
fille deTacchinardi(Élisa), pianiste distinguée, 
a publié à Florence, chez Cipriani, des varia- 
tions pour le piano sur un thème de Merca- 
danle. Tacchinardi est mort à Florence, au 
mois dejanvier 1860. 

TADOLINI (Jean), né à Bologne, en 1 79Ô, 
montra dès son enfance d'heureuses disposi- 
tions pour la musique. Après avoir appris les 
éléments de cet art sous la direction d'un 
maître obscur, il devint élève de Matlei pour la 
composition, et du célèbre ténor Babini pour 
le chant. Ses progrès furent si rapides, qu'à 
l'âge de seize ans il fut engagé au théâtre ita- 
lien de Paris pour succéder à Mosca en qualité 
d'accompagnateur au piano, et pour diriger 
les choristes. Spontini était alors directeur de 
la musique de ce théâtre. Tadolini y remplit 
ses fonctions pendant les années 1811, 1812 et 
. 1813, et retourna en Italie, après l'invasion de 
Paris par les armées alliées, en 1814. Agé 
alors de vingt ans, il écrivit à Venise l'opéra 



intitulé : La Fata Ahina, qui fut chanté par 
Rubini, Zamboni, la Marcolini, et obtint un 
brillant succès. Plus tard, et toujours avec 
bonheur, il écrivit La Principcssa di Na- 
varra, à Bologne; Ll Credulo deluso, à Rome, 
dont le succès lui fit obtenir le litre de maître 
de chapelle de la cathédrale de Bologne; 11 
Tamerlano, dans cette ville; Moctar, à Mi- 
lan ; 11 Mitridate, au théâtre de la Fcnice. à 
Venise, elAlmanzor, àTrieste. Il était dans 
celle ville avec sa femme, jeune cantatrice «le 
talent, lorsqu'ils furent appelés tous deux à 
Paris, en 1830, pour le théâtre italien. Tado- 
lini y repril ses anciennes fonctions d'accom- 
pagnateur et de directeur de ïa musique. Il oc- 
cupa celle position pendant neuf ans. Dans 
l'été de 1839, il retourna à Bologne. Artiste 
modeste, aussi estimé pour ses qualités sociales 
que pour son talent, Tadolini n'est pas seule- 
ment connu par ses travaux pour le théâtre, 
car il a aussi publié des cantates, des romances, 
des canzonette, entre autres la mélodie l'Eco 
di Scozia, avec cor obligé, qui a été chantée 
dans plusieurs concerts par Rubini. On a aussi 
de cet artiste : 1° Trio pour piano, hautbois 
et basson; Florence, Cipriani. 2° Rondo pour 
piano et flûte; ibid. 

TADOLINI (Eugénie), femme du précé- 
dent, dont le nom de famille était SAVO- 
RINI, naquit en 1809, à Forli, dans la Ro- 
magne-Supérieure. Ses premiers maîtres dans 
l'art du chant furent Fani et Grilli ; celui-ci 
était mailre de chapelle dans celle ville. Tado- 
lini perfectionnaensuite son talent et l'épousa. 
Elle débuta à Parme, en 1829, puis fut enga- 
gée au Théâtre-Ilalien de Paris, où elle fut 
peu remarquée, parce qu'à cette époque ma- 
dame Malibran et mademoiselle Sonlag bril- 
laient de lout l'éclat de leur talent et obte- 
naient des succès d'enthousiasme. De retour 
en Italie, madame Tadolini chanta à Venise 
dans l'hiver de 1833-1834, où sa voix pure et 
son talent correct, mais un peu froid, reçu- 
rent un accueil sympathique. Appelée ensuite 
à Milan, puis à Padoue, elle y eut aussi du 
succès. En 1835, elle chanta à Trieste, à 
Vienne, à la foire de Sinigaglia et à Turin. 
En 1836, elle était à Florence, d'où elle re- 
tourna à Vienne, puis à Milan. En 1837, elle 
brilla à Venise, où les progrès de son talent 
furent remarqués par les connaisseurs. Dans 
l'année suivante, on l'entendit de nouveau à 
Sinigaglia, puis elle chanla à Lucques, à 
Vienne, pour la troisième fois, à Milan et à 
Brescia. En 1839, elle se fit entendre à Gènes, 
à Florence, à Sienne et à Rome. Dans l'année 



m 



TAD0L1NI — TAEGLICHSBECK 



suivante, à Faenza, à Reggïo, à Bergame et à 
Trieste. Vienne est la ville où elle fut rappelée 
le plus souvent, car on l'y retrouve en 1841, 
en 1843, en 1846 et 1847. Celte année fut la 
dernière de sa carrière théâtrale. Parmi ses 
plus beaux succès, on doit citer ceux qu'elle 
obtint à Naples, lorsque Mercadante et Doni- 
zelli eurent écrit pour elle. En 1842, elle y 
excitait l'enthousiasme, et était considérée 
comme la meilleure cantatrice de l'Italie à 
cette époque. Depuis 1854, elle était séparée 
de son mari. 

TAEGLICHSBECK (Thomas), maître 
de chapelle du prince de Hohenzollern- 
Hechingen, est né le 31 décembre 1799, à 
Ansbach,en Bavière. Lorsqu'il eut atteint l'âge 
de quatre ans, son père lui enseigna la musi- 
que; plus tard, il choisit le violon pour son 
instrument, et les leçons de Rovelli qu'il reçut 
à Munich, en 1816, achevèrent de développer 
son talent. Il devint aussi, dans celle ville, 
élève de Grœlz, pour la composition. En 1817, 
il écrivit une messe qui fut exécutée et lui 
procura une place de violoniste au théâtre de 
Munich. Lindpaintner, alors directeur de mu- 
sique de ce théâtre, distingua bientôt le mérile 
de ce jeune homme, et se fil remplacer par lui 
lorsqu'il demanda un congé d'une année pour 
voyager; mais ce maître ne retourna plus à 
Munich, et les preuves de talent que Taeglichs- 
beck avait données pendant sa direction de 
l'orchestre, le firent choisir pour son succes- 
seur. Les changements que subit le théâtre, 
en 1822, décidèrent le jeunearlisle à accepter 
«ne place de violoniste à la chapelle royale de 
Bavière. L'année suivante, il fit représenter, 
au théâtre de Munich, un petit opéra intitulé : 
Tf'eber's Bild (L'image de Weher), qui eut 
quelque succès. Après un court voyage en Ba- 
vière, il se rendit en Suisse et visita Stuttgart, 
Francfort, Manheim et Carlsruhe. Partout il 
fut bien accueilli comme violoniste. Ses pre- 
mières compositions pour le violon furent pu- 
bliées en 1825. Deux ans après, il fut nommé 
maître de chapelle de la cour de Hechingen. 
Depuis celte époque, il a fait plusieurs voyages 
à Vienne, à Berlin, à Munich, à Leipsick, en 
Hollande, en Danemark et en Suède, el y a 
fait applaudir son talent sur le violon. Jusque- 
là, il n'avait écrit que pour son instrument; 
mais, en 1833, il s'est fail connaître comme 
compositeur par quatre symphonies et d'autres 
grands ouvrages qui lui font honneur. La pre- 
mière de ces symphonies fut exécutée aux con- 
certs du Conservatoire de Paris, pendant un 
séjour que Taeglichsbeck fit dans cetleville,en 



1835. L'accueil favorable qu'elle reçut en fit 
demander une deuxième à l'auteur, qui fit un 
second voyage à Paris, en 1837, pour la faire 
entendre. Au retour de son voyage en Hol- 
lande, il passa par Bruxelles, où il s'arrêta 
quelque temps sans y donner de concert. Par 
suite de la révolution badoise, en 1848, la cha- 
pelle du prince de Hohenzollern-Hechingen 
ayant été dispersée, Taeglichsbeckfut appelé à 
Strasbourg pour dirigerl'orchestre du théâtre; 
mais le prince, qui continuait à lui faire payer 
son traitement, ayant manifesté son mécon- 
tentement du séjour de l'artiste en France, ce- 
lui-ci se démit de ses fonctions de chef d'or- 
chestre, et retourna à Hechingen. En 1852, il 
vécut quelque temps à Lœwenberg, en Silésie, 
puis il se rendit à Dresde, où il se trouvait 
encore, sans emploi, en 1857. Les productions 
de cet artiste sont celles-ci : 1° Variations sur 
un thème de la Gazza Ladra. pour violon et 
orchestre ou piano, op. 1 ; Offenbach, André. 
2° Variations sur un thème de Léocadie, pour 
piano et violon, op. 2; Augsbourg, Gombart. 
3° Polonaise pour le violon et orchestre ou 
piano, op. 3 ; Offenbach, André. 4° Variations 
sur un thème original, pour violon et quatuor 
ou piano, op. 4; Munich, Aibl. 5° /dem pour 
piano et violon {Ahnalied), op. 5; Leipsick, 
Breilkopf et Hserlel. 6" Six chansons alle- 
mandes avec piano, op. 6: Munich, Falter. 
7° Valses pour piano, op. 6; ibid. 8° Concerto 
militaire pour violon et orchestre ou piano, 
op. 8 ; Leipsick, Hofmeister. 9° Divertissement 
pour piano et violon sur des motifs du Bal 
masqué, op. 9; Munich, Falter. 10° Première 
symphonie pour orchestre, op. 10; Paris, 
Richault. 11° Trois duos pour deux violons, 
op. M \ ibid. 12° Variations pour violon sur 
un air slyrien, op. 12; Leipsick, Wander. 
13° Fantaisie idem sur des airs polonais, 
op. 13; Stuttgart. 14° Concertino pour violon 
et orchestre, op. 14; Leipsick, Hofmeister. 
15° Fantaisie pour violon et orchestre sur des 
airs souabes, op. 15; Carlsruhe, Cranzbaucr. 
16° Sonate pour piano et violon; Paris, Ri- 
chault. 17° Variations pour violon et orchestre, 
op. 17; Leipsick, Hofmeister. 18° Lieder 
pour quatre voix d'hommes, op. 18; Hof, 
Grau. 19° Divertissements pour violon et or- 
chestre, sur des motifs de la Sonnanbula, 
op. 19; Leipsick, Hofmeister. 20° Idem pour 
piano et violon, sur des motifs de la Chaste 
Suzanne, op. 20; Paris, Richault. 21° Rondo 
pour cor chromatique et. piano, op. 21 ; ibid. 
22° Six Liedtr pour quatre voix d'hommes; 
Stuttgart, Gœpel. 23° Six Lieder à voix seule 



TAEGLTCHSBECK — TAG 



475 



et piano, op. 22; ibid. 24" Quatre Lieder 
iwiir soprano, conlralto, ténor et basse, op. 2-î; 
ibid. 25° Messe solennelle avec orchestre, 
op. 25; Munich, Faller. 26° Trio pour piano, 
violon, et violoncelle, op. 2G; Hambourg, 
Schuhcrth. 27° Lieder à voix seule avec piano, 
op. 27 et 28; Stuttgart, Gœpel. 28° Cinq Lie- 
der pour soprano, contralto, ténor et basse 
avec piano ou huit instruments de cuivre, 
op. 29 ; Munich, Faller. 29° Trois sonates pro- 
gressives pour piano et violon, op. 50; Ham- 
bourg, Schubertli. 30° Le 67 e psaume à quatre 
voix sans accompagnement; Vienne, Gloegg. 
51° Lieder pour quatre voix d'hommes, 
op. 52 et 33; Stuttgart, Gœpel. Taeglichsbeck 
a en manuscrit des symphonies et des qua- 
tuors d'instruments à cordes. 

TAFALLA (le P. Pedro), musicien espa- 
gnol, né dans la ville d'où il a pris son nom, 
à la fin du seizième siècle, fit ses vœux, en 
1623, au monastère de l'Escurial. Il était si 
estimé des autres moines, que, ne voulant pas 
se séparer de sa mère, il obtint qu'on la reçût 
dans une habitation contigue' au couvent, où 
elle finit ses, jours. Les œuvres musicales de ce 
religieux sont nombreuses ; elles se trouvent 
toutes à l'Escurial; on y remarque un carac- 
tère religieux et la forme scientifique. Le 
P. Tafalla mourut à l'Escurial, dans un âge 
avancé. M. Eslava a publié, dans la Lira sa- 
cro-hispana, un répons à huit voix {Libéra 
me Domine) de ce moine. 

TAFFIN (M.-J.-D.), prêtre, né dans le 
département du Nord, au commencement du 
dix-neuvième siècle, fit ses études au sémi- 
naire de Cambrai. Après avoir été ordonné 
prêtre, il fut vicaire d'une des églises de Lille 
jusqu'en 1839, puis ilfutnommécuréàLandre- 
cies. Il est auteur des ouvrages dont les litres 
suivent : 1° Méthode complète et raisonnée 
de chant ecclésiastique, offerte aux jeunes 
séminaristes ; Lille, Lefort, 1835, un volume 
in-8° de cent soixante-huit pages. Le système 
exposé par l'abbé Taffin dans cet ouvrage est 
celui du plain-chant musical, c'est -à-dire du 
chant ecclésiastique mesuré, rhythmé elorné; 
monstrueuse conception qui a eu de la vogue 
dans quelques parties de la France, de 1830 à 
1845, mais qui, depuis lors, a été générale- 
ment repoussée. 2° Fade-mecum du bon 
chantre, ou recueil de plus de cent pièces de 
chant ecclésiastique, telles que messes, faux- 
bourdons très-nombreux et très-variés, qua- 
tuors, trios, duos, motets à voix seule, Li- 
tanies avec chœur, Stabat, etc.; Lille, Lefort, 
un volume in-8° de trois cent vingt-six pages. 



TAG (CiritÉTiEX-GoTTiiiLF), organiste et 
claveciniste célèbre, naquit en 1735, à Bayer- 
feld, en Saxe, où son père était maître d'école 
et organiste. Celui-ci dirigea les premières 
études de son fils, et lui fit faire de rapides pro- 
grès dans les lettres et dans la musique. Tag 
ayant atteint sa treizième année, le juge de 
Ginnhaym voulut en faire son commis; mais 
cette position ne convenait pas à la vivaciléde 
son esprit; il se rendit secrètement à Dresde, 
et s'y présenta chez le recteur Schoelgen et 
chez le cantor Homilius, demandant à être 
admis comme élève dans l'école de la Croix. 
L'examen qu'on lui fit subir lui ayant été fa- 
vorable, il y entra et fit ses éludes complètes 
depuis 1749 jusqu'en 1755. L'excellente mu- 
sique qu'il entendait à l'église et au théâtre 
forma son goût et lui servit de modèle pour 
les chants et les pièces d'orgue qu'il écrivit 
pendant ses cours. Ses éludes persévérantes 
l'avaient rendu fort habile sur cet instrument, 
sur le clavecin et sur la harpe. Les livres de 
Marpurg, de Kirnberger et de Schllllz le gui- 
daient dans l'art d'écrire. Décidé à se rendre à 
l'université de Leipsick, il se mit en route à 
pied, suivant l'usage des étudiants de l'Alle- 
magne; mais arrivé à Hohenslein, et s'élant 
arrêté dans une auberge, il y fit la connais- 
sance d'un bourgeois de cette petite ville, qui, 
charmé de son instruction et de ses manières 
douces et polies, lui fit obtenir sur-le-champ les 
places vacantes de cantor et de collègue dans 
l'école du lieu. Un an après, il se maria, et, 
complètement heureux dans sa nouvelle posi- 
tion, il y vécut cinquante-frois ans, refusant 
toutes les offres brillantes qui lui furent faites 
pour se fixer à Hirschberg, en Silésie, et plus 
tard à Dresde, à Leipsick et à Hambourg. Tag 
conserva toute l'activité de son esprit jusqu'en 
1807; mais la mort de sa femme, au mois de 
juillet de cette année, lui causa tant d'affliction, 
que ses facultés s'en affaiblirent : il perdit la 
mémoire et fut obligé de donner sa démission. 
Alors il se retira chez sa fille, devenue la 
femme du pasteur de Niederzwœnilz, et y 
mourut le 19 juillet 1811, à l'âge de soixante- 
dix-sept ans. 

Bien que cet homme distingué ait été occupé, 
pendant plus de cinquante ans, à donner cha- 
que jour douze heures de leçons publiques et 
particulières, il a écrit une très-grande quan- 
tité de compositions de différents genres, dont 
on a imprimé : 1° Six préludes pour l'orgue, 
avec un trio alla brève, Leipsick, Breilkopf, 
1783. 2° Douze préludes faciles pour l'orgue ; 
ibid., 1795. 3° Soix*nte-dix variations pour le 



17G 



TAG — TAGLIETTI 



clavecin sur le thème d'un andantino; ibid., 
1785. 4" Chansons avec accompagnement de 
clavecin, premier recueil; ibid., 1783. 5° Se- 
cond recueil, idem, avec une cantate mélo- 
dramatique; ibid., 1785. 6° Der Glaube (La 
foi), mélodie avec orgue; ibid., 1795. 
7° Chansons de Mallhisson et de Burde, ibid., 
1793. 8» Vingt-quatre chansons suivies d'un 
hymne à quatre voix avec accompagnement de 
clavecin; ibid., 1798. 9° Naumann, cantate 
funèbre pour le chant et le clavecin; ibid., 
1802. 10° TFœrlitz, ode pour le chant et le 
clavecin; Berlin, 1803. 11° Mélodie pour le 
Pater noster et pour les commandements de 
Dieu, avec orgue; Penig, 1805. Quelques 
pièces de clavecin composées par Tag ont été 
insérées dans les Notices hebdomadaires de 
Ililier. Parmi ses œuvres restées en manuscrit, 
on remarque : 1° Une année entière de musi- 
que d'église pour les dimanches et fêles, ren- 
fermant soixante-dix cantates de différents 
genres, dont quelques-unes sont à deux ou 
trois chœurs avec grand orchestre. 2° Onze 
messes et hymnes. 3° Vingt-deux motets faciles 
à quatre voix. 4° Trente sept airs d'église fa- 
ciles à quatre voix. 5° Six dialogues faciles. 
G Cinq motets de Noël. 7° Vingt airs de Noël. 
S» Dix motets de Pâques. 9° Six motets pour la 
Passion. 10° Six airs pour la Passion. 
11° Trois motels de louanges et de remerct- 
ments, et un Éloge de la musique, à quatre 
voix et neuf instruments. 12° Vingt chants de 
noces avec clarinettes, hautbois, cors et bas- 
sons. 15° Soixante-huit chants catholiques à 
troix voix. 14° Vingt-deux préludes pour l'or- 
gue à deux claviers et pédale. 15° Seize idem 
pour un seul clavier. 16° Trois rondeaux pour 
l'orgue. 17° Quatre symphonies pour l'orgue. 
18° Huit préludes libres idem. 19° Quatre pré- 
ludes de chorals à deux chœurs pour orgue, 
deux clarinettes, deux cors et deux bassons. 
20° Une symphonie pour l'orchestre. 21° Un 
quatuor pour des instruments à cordes. 22°Six 
divertissements pour le clavecin. 23° Six idem 
plus petits. 

TAGLIA (Pierre), compositeur milanais, 
qui vivait vers le milieu du seizième siècle, a 
publié : Madrigali a quattro voci. Lib. 1 ; 
Milan, 1555. 

TAGLIA (Charles), docteur et professeur 
de philosophie à l'université de Pise, vers le 
milieu du dix-huitième siècle, est connu par 
un livre qui a pour titre : Lettere scientifiche 
sopra vari dilettevoli argomenli di Fisica; 
Florence, 1747, in-4°, avec le portrait de l'au- 
teur. La première de ces lettres, adressée au 



marquis Gabriel Riccardi di Seorra, a pour 
objet d'examiner comment un violon peut 
produire en si grande quantité des sons 
agréables : elle occupe trente-six pages du 
volume. La troisième est relative au chant mé- 
lodieux du pinson marin : elle remplit les 
pages 95 à 124. 

TAGLIAPIETRA (Joannino), musicien 
vénitien du quatorzième siècle, fut nommé 
organiste de Ja chapelle ducale de Saint-Marc, 
le 12 mars 1379, et eut pour successeurs deux 
moines servîtes, le 10 juillet 1589. On ne con- 
naît pas jusqu'à ce jour (1864) de compositions 
de cet artiste, qui fut le quatrième organiste 
de la même église. 

TAGLIETTI (Jules), compositeur, né à 
Brescia, vers 1660, fut maître du collège noble 
de Saint-Antoine, dans sa ville natale. Il se 
distingua dans la musique instrumentale et ne 
fut pas élranger à l'agrandissement de ses 
formes, vers la fin du dix-septième siècle. Ses 
œuvres connues sont: 1° Sonate dacamera 
a tre, due violini e violoncello, op. 1» , Bo- 
logne, 1697, in-folio. C'est une réimpression. 
2° Sei concerti a quattro e sinfonie a tre, 
2 violini, violone e cembalo, op. 2 a ; Venise, 
1696, in-4 n . Il y a une édition de cet ouvrage 
publiée à Amsterdam. 5° Arie da suonare 
col violoncello e spinetta o violone ad uso di 
arie cantabili le quali finite, si torna da 
capo, op. 5 a . 4° Concerti o capricci a quat- 
tro, due violini e viola e basso continuo, 
op. 4; Venise, 1699, in-4°. 5° Sonate da ca- 
méra a 3, 2 violini e basso continuo, op. 5. 
6° Pensieri musicali ad uso d'arie cantabili 
a violino e violone in partitura col basso 
continuo, op. 6; in Venezia, Bartoli, 1709. 
7° Concerti a 4 violini, viola col violoncello, 
violone e basso continuo, op. 7. 8° Sonate a 
violino e basso, op. 8. 9° Sonate da caméra a 
2 violini, violoncello, violone eclavicembalo, 
op. 9. 10° Arie ad uso délie cantabili da suo- 
nare col violino, violoncello e violone o cla- 
vicembalo, op. 10. 11° Concerti a 4, con suoi 
rinforzi, op. 11. 12° Pensieri da caméra a 
2 violini e basso, op. 12. 

TAGLIETTI (Louis), compositeur italien, 
vécut vers la fin du dix-septième siècle. Il 
était vraisemblablement parent du précédent, 
et, comme lui, il naquit à Brescia. On ne con- 
naît de lui que les compositions instrumen- 
tales suivantes : 1° Sonate per violino e vio- 
loncello, con basso continuo, op. 4 ; Venise. 
2° Concerlini epreludi con diversi pensieri e 
divertimenti a cinque.op. 5; ibidem. 5° Con- 
certi a A e sinfonie a Z } op. 6; ibid. Une 



TAGLIETTI — TALABARDON 



177 



deuxième édition de ce dernier ouvrage a élé 
faite à Amsterdam, chez Roger. 4° Sonate a 
violino e basso, op. 7; ibid. 5° Sonate da 
caméra a tre, due violini, viohmcello, vio- 
ione o cîavecino (sic), op. 9; ibid. 6° Arie ad 
uso délie cantabili da sonarc col violino, 
violoncello e violone o cîavecino, op. 10; 
ibid. 7° Pensieri da caméra a tre, due vio- 
lini ebasso, op. 12; ibid. 

TAILLARD ( Constant ) , surnommé 
l'aîné, flûtiste français, attaché au Concert 
spirituel dès 1752, était fils d'un cromorne 
delà grand écurie du roi. Il vivait encore en 
1780 ; mais il était mort avant 1788. Il a pu- 
blié treize recueils de Pièces françaises et 
italiennes, petits airs, menuets, etc., avec 
•des variations accommodées pour deux 
/7«J/es. Le treizième de ces recueils a paru en 
1782. Dans la même année, il fit paraître 
aussi : Méthode pour apprendre à jouer de 
ta flilte traversière et à lire la musique, à 
Paris, chez l'auteur. 

TAILLASSON ( Gaillard ) , dit M A- 
THAL1TY ou MATHELIN, naquit à Tou- 
louse, en 1580. Dès son enfance, il se livra à 
l'étude delà musique, et devint habile sur le 
violon. Le bruit de son talent étant parvenu 
jusqu'à Paris , Claude-Guillaume Nyon , dit 
la Foundy, roi des violons et ménétriers de 
France, consentit à lui concéder une partie de 
son autorité sur les musiciens des provinces, 
et par acte passé devant Descolermaux et Mar- 
cheville, notaires à Paris, le 21 août 1008, le 
déclara son lieutenant à Toulouse, lui don- 
riant le droit de recevoir tous maîtres, 
joueurs d'instruments, tant audit Toulouse 
que dans les villes du ressort de cette cité; 
comme aussi de faire toutes corrections ou 
punitions qu'il appartiendra contre toute 
personne qui entreprendra sur ledit art sans 
son congé et licence. Il paraît que les préro- 
gatives du roi des violons n'avaient point été 
exercées jusque-là à Toulouse; les ménétriers 
«t les musiciens de cette ville refusèrent de s'y 
soumettre, nonobstant les lettres royaux dont 
Taillasson était pourvu ; ils protestèrent, 
nommèrent pour leur syndic le musicien 
Pierre Villète, et l'affaire fut portée au parle- 
ment. La cause des musiciens fut confiée aux 
avocats Disponia et Laforgue, et le syndic fut 
en outre représenté par Vaisse; Marmicsse et 
Madrat défendirent Mathelin. L'affaire fut 
plaidée en audience solennelle, et l'avocat gé- 
néral de Belloy porta la parole. L'arrêt qui 
intervint le 26 mars 1609donna gain de cause 
à Maihelln, et celui-ci exerça désormais son 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



autorité sans obstacle. Il avait à ses ordres 
une bande de violons avec laquelle il jouait 
aux fêtes et aux processions. Les Étals de la 
province de Languedoc s'étant assemblés en 
1639, une gratification de trente livres fut ac- 
cordée à Mathelin et à sa bande pour avoir 
joué à la procession desdits États. Mathelin 
avait à Toulouse un rival qui balançait sa ré- 
putation; il se nommait Poncet. Tous deux 
allaient en concurrence aux cérémonies d'ap- 
parat et aux processions, et là, chacun avec sa 
bande, luttait d'habileté et cherchait à surpas- 
ser son compétiteur. Les poêles en langue 
moundine (toulousaine) ont chanté ces deux 
artistes : Auger Gaillard, de Rabaslens, en 
Albigeois, nomme Mathelin et Poncet dans ses 
vers patois, et semble les mettre sur la même 
ligne, notamment dans l'épitre dédicatoire de 
ses œuvres qu'il adressa au sieur de Séré. Il a 
aussi composé un Dialogue sur l'abus que se 
coumet à las dansas, dans lequel il se donne 
Mathelin pour interlocuteur et lui fait dé- 
fendre le plaisir de la danse que lui Auger 
attaque par des raisons tirées de l'Écriture et 
de l'histoire. Mathelin parait se convertir, à la 
fin. Après la mort de Nyon, ce musicien exerça 
la dignité burlesque de roi des violons de 
France , par lettres patentes signées de 
Louis XIII; il en remplit les fonctions jusqu'à 
sa mort qui arriva en 1647. Mathelin avait été 
lié d'amitié avec le célèbre poêle languedocien 
Godolin ou Goudelin ; il composait les airs des 
chansons de celui-ci ; plusieurs de ces airs sont 
encore chantés par le peuple de Toulouse et 
dans le Languedoc. 

TAILLERUS (Simon), moine de l'ordre 
deSainl-Dominique, naquit en Ecosse, vers les 
premières années du treizième siècle, et écri- 
vit divers ouvrages concernant la musique, 
vers 1240. Tanner, qui le cite dans sa Biblio- 
thèque britannique, l'appelle Tailler; mais 
les PP. Quétif et Échard pensent (1) que son 
nom véritable a pu être Taylor. Quoi qu'il en 
seit, ces écrivains et Fabricius (dans sa Biblio- 
thèque latine du moyen âge) attribuent à ce 
moine un livre De canlu ecclesiastico refor- 
mando, un autre De tenore musicali, un 
troisième intitulé Telrachordum, et un der- 
nier qui a pour titre Penlachardum. Je n'ai 
trouvé l'indication de ces ouvrages dans au- 
cun catalogue de manuscrits. 

TALABARDON (Pascal), professeur de 
musique, n'est connu que par les ouvrages 
intitulés : 1° Traité théorico pratique de l'ar- 

(l)Scriptores ordinis praedicatorum, tome I, fol. 111. 

1"2 



178 



TALABARDON — TAMBURIM 



ticulation musicale, avec des observations 
stir les sons de la langue française et sur la 
théorie des intervalles; Paris, Sclionenberger, 
1841, in-4°. 2° Cours de musique vocale. In- 
troduction à toutes les méthodes de chant , 
deuxième édition; ibid., 1843, un volume 
in-12, avec trente -quatre pages de musique. 

TALA1NDERIUS (Petrus). Voyez. TAL- 
HANDIER. 

TALESIO (Pierre), musicien portugais, 
vécut à Coïmbre, au commencement du dix- 
septième siècle. Il est auteur d'un traité du 
plain-chant intitulé : Artede canto chaô com 
huma brève inslruçao para os Sacerdotos, 
J)iaconos, e Subdiaconos, e moços do coro, 
conforme o uso romano; Coïmbre, 1617, 
in-4°. Une deuxième édition de cet ouvrage a 
été publiée dans la même ville, en 1628, in-4°. 
La deuxième partie traite de la musique me- 
surée. 

TALHANDIER (Pierre), en latin TA- 
LAÏVDERIUS, auteur fiançais d'un traité 
compilé de divers ouvrages sur le plain-chant 
et sur la musique mesurée, dont le manuscrit 
est à la Bibliothèque du Vatican, sous le 
n°5129. Ce traité a pour titre : Leclura tam 
super canin menstirabili, quam super im- 
mensurabili. On y trouve à la fin trois cha- 
pitres intéressants intitulés : 1° Qualiler dé- 
bet cantari a duobus planus cantus. 2° Pro 
faciendo planum cantum.ô" Adnolanduni 
planum cantum. Dans ce dernier chapitre, 
l'auteur dit que, suivant les bonnes traditions, 
la note à queue ne signifie pas une durée plus 
longue dans le plain-chant, mais seulement la 
note accentuée. Le manuscrit est du quinzième 
siècle. 

TALLIS (Thomas), célèbre musicien an- 
glais du seizième siècle, fut attaché à la cha- 
pelle des rois d'Angleterre Henri VIII , 
Edouard VI, des reines Marie et Elisabeth: 
il y remplit les fonctions d'organiste, conjoin- 
tement avec son élève Bird (voyez ce nom). 
Tailis mourut le 23 novembre 1585, et fut in- 
humé dans le chœur de l'église paroissiale de 
Greenwich. En 1575, il avait obtenu, ainsi 
que Bird, des le'.lres patentes qui leur accor- 
daient le droit exclusif d'imprimer leur propre 
musique pendant l'espace de vingt et un ans, 
et qui faisaient défense à toute autre personne 
d'imprimer aucune espèce de musique, soit an- 
glaise, soit étrangère, ou même du papier ré- 
glé, sous peine d'une amende de quarante 
shellings pour chaque objet vendu. Tailis et 
Bird profitèrent de ieur privilège en publiant 
une collection intitulée : Canliones qux ab 



argumenta sacrx vocantur, quinque et sex 
partium, autoribus Thomx Tallisio et Gu- 
lielmo Dirdo, Anylis, etc. ; Londres, Vau- 
trollier, 1575, in-4°. Précédemment on avait 
publié quelques morceaux de Tailis dans une 
collection devenue très- rare, et qui a pour 
titre : Morning and evening prayer and 
communion, set forthe in 4 parts, to be song 
in churches, both for men and children, 
with dyvers olher godly prayers and an- 
thems, of sundry men' s doyngs. Imprinled 
at London by John Day, 1565, in-4°. La 
composition la plus remarquable de Tailis est 
le chant à quarante voix, savoir : huit so- 
prani,huit mezzo-soprani, huit contra-ténors, 
huit ténors et huit basses. Ce morceau se 
trouve en manuscrit à la Bibliothèque de 
l'église du Christ, à Oxford ; Burney en possé- 
dait deux copies qui ont été vendues après sa 
mort. Boyce a inséré quelques morceaux de 
ce compositeur dans sa collection de musique 
d'église, publiée en 1760; il y en a aussi plu- 
sieurs dans le First Book of selected church- 
music de John Bainard (Londres, 1648). Haw- 
kins a donné en partition des motets elcanons 
de Tailis dans son Histoire de la musique (t. III, 
p. 267-278, et t. V, p. 450-452), et Burney en 
a aussi publié deux morceaux (a General 
History of music, tome III, pages 27-28 et 
77-79). 

TALOINI (Geronimo), compositeur de 
l'école romaine, et maître de chapelle de la 
cathédrale d'Albano, au commencement du 
dix-septième siècle, a fait imprimer de sa com- 
position : Mottetti, Salnvj. di Vespri e com- 
pléta, con le Antifone a tre e quattro voci, 
op. 2; Borne, Masotti, 1629, iu-4°. 

TAMBOLINI (Raphaël), célèbre chan- 
teur en voix de soprano, naquit à Fermo,dans 
les Étals de l'Église, vers le milieu du dix- 
huitième siècle. En 1776, il débuta àNapIes 
avec un brillant succès. Engagé, en 1782, au 
service de la cour de Prusse, il chanta au 
Théâtre italien de Berlin jusqu'en 1809. Re- 
tiré alors de la scène, il resta attaché à la 
même cour, en qualité de chanteur de concert. 
Il obtint la pension en 1817, et se fixa à Char- 
loltenbourg,oùil mourut fortàgé,le27 octobre 
1839. 

TAMBURIÎM (Antoine), basse chantante 
très-distinguée, est né le 28 mars 1800, à 
Faenza. Son père, Pasquale Tamburini, était 
professeur de musique dans cette ville, et jouait 
de la clarinette, du cor et de la trompette. 
Appelé à Fossombrone, dans la marche d'Au- 
cune, pour diriger le corps de musique mili- 



TAMBURINI — TAMITIUS 



179 



faire entretenu par l'autorité municipale, il 
s'y rendit accompagné de son fils, et apprit à 
celui-ci à. jouer du cor, dès qu'il eut atteint 
l'âge de neuf ans; mais une maladie dont le 
jeune Tamburini fut frappé, par la fatigue que 
lui causait cet instrument, décida son père à 
lui donner une autre direction pour ses éludes 
musicales. Confié aux soins d'Aldobrando 
Bossi , maître de chapelle à Fossombrone, il 
apprit sous sa direction le solfège et le chant. 
A l'âge de douze ans, Tamburini retourna à 
Faenza, et fut engagé pour chanter dans les 
choeurs de l'opéra pendant la saison de la 
foire; il eut occasion d'y entendre Mombelli 
père, Davide, Donzelli, mesdames Pisaroni 
et Mombelli; son instinct sut mettre à profit 
les leçons pratiques de chant qu'il en rece- 
vait. Chantant tour à tour dans toutes les 
églises du pays, il atteignit ainsi l'âge où sa 
voix de contralto se changea en voix de basse. 
Parvenu à l'âge de dix-huit ans, il quitta fur- 
tivement la maison paternelle et se rendit à 
Bologne, où un directeur de spectacles l'en- 
gagea pour la petite ville de Cento. Malgré sa 
jeunesse et son inexpérience, la beauté, la 
flexibilité naturelle de son organe lui procura 
des applaudissements dans laContessa diCol- 
Erboso, de Generali. Ces témoignages de la 
faveur publique furent confirmés à IMirandola, 
puis à Correggio, où la troupe ambulante 
s'était rendue. Bologne ne fut pas plus sévère 
pour le jeune débutant, et le succès qu'il y 
obtint lui procura un engagement avantageux 
à Plaisance, pour le carnaval de 1819. Il y 
parut avec tant d'avantages dans la Ceneren- 
tola, l'Italiana in JUjeri, et Gli Jssassini, 
de Trento, qu'il fut immédiatement engagé 
iwnr le théâtre Niiovo de Naples. Accueilli 
d'abord avec quelque froideur dans cette ville, 
il sut ensuite conquérir la faveur publique, et 
y renouvela son engagement pour l'année 
suivante; mais les troubles de 1820 firent 
fermer les théâtres de Naples, et Tamburini 
se rendit à Florence, où il eut peu de succès, 
à cause d'une grave indisposition qui le faisait 
chanter au-dessous du ton. Appelé à Livourne 
pour le carnaval, il y retrouva tous ses avan- 
tages, et y prit une revanche complète de sa 
chute à Florence. De là il alla à Turin pour le 
printemps, et à l'automne de 1822, il parut 
avec éclat sur la scène de la Scala, à Milan. 
Engagé à Trieste pour le carnaval, il entra à 
Venise pour visiter cette ville singulière, se 
proposant de partir le lendemain pour sa des- 
tination; mais un ordre des souverains qui y 
étaient alors réunis le retint pour quelques re- 



présentations. Il y brilla au théâtre de fa Fe- 
nice, et surtout dans un concert donné à la 
cour, où Rossini était au piano. Après avoir 
achevé la saison à Trieste, Tamburini alla à 
Rome, où il fut retenu pendant deux ans; puis 
il alla chanter leMosè au théâtre dclaFenice, 
à Venise, avec Davide et madame Méric- 
Lalande. Il ne quitta cette ville que pour 3ller 
à Palerme, où la direction du théâtre le retint 
pendant deux ans. Ce fut là qu'il reçut un en- 
gagement de Barbaja , entrepreneur des 
théâtres de Naples, de Milan et de Vienne, 
pour quatre années. Tour à tour il chanta dans 
ces villes, et toujours avec le même succès. Au 
printemps de 1828, il alla à Gênes pour l'ou- 
verture du théâtre Carlo Felice; mais à peine 
arrivé dans celte ville, il y reçut un nouvel 
engagement de Barbaja pour deux années, 
pendant lesquelles il parut sur les théâtres de 
Naples et de Milan. Enfin, il arriva à Paris au 
mois d'octobre 1832, et débuta au IhéâVfe ita- 
lien, le 7 du même mois, dans le rôle de Dan- 
dini de la Cenerentola. La beauté de sa voix, 
sa facile vocalisation, et l'expression de ses 
accents dans les mouvements lents, lui procu- 
rèrent un brillant succès. Ces qualités se trou- 
vaient à la vérité balancées par quelques dé- 
fauts; mais ces défauts sont ceu,\ de l'époque 
actuelle, et appartiennent à tous les chanteurs. 
Pendant plus de dix ans, Tamburini a joui à 
Paris de la faveur d'un public éclairé, et a 
tenu un rang distingué dans le bel ensemble 
formé par Rubini, Lablache, mesdames Per- 
siani, Grisi, Viardot et lui. Dans les derniers 
temps, sa voix avait perdu de son timbre; De 
retour en Italie, il chanta à Milan, en 1841, à 
Lucques et Sinigaglia en 1842, et se rendit en 
Russie dans l'année suivante. Il chanta à Pé- 
tersbourg et à Moscou jusqu'en 1852, en dépit 
de l'altération de sa voix, puis il alla à Lon- 
dres, où il ne retrouva plus ses anciens succès. 
En 1855, il donna des représentations en 
Hollande avec madame Persiani et le ténor 
Gardoni; puis il se rendit à Paris, où il reparut 
au théâtre italien pendant la saison de 1854. 
On le retrouve à Londres en 1855 : ce fut la 
fin de sa carrière théâtrale trop prolongée. 

TAMITIUS (André), facteur d'orgues de 
la cour de Saxe, vécut à Dresde, vers la fin du 
dix-septième siècle. Un de ses plus beaux ou- 
vrages, l'orgue de l'église de Saint-Pierre et 
Saint-Paul de Gœrlilz, construit en 1G83, et 
composé de quaranle-sspt jeux, avec trois cla- 
viers et pédale, fut la proie des flammes en 
169!. 

TAMITIUS (Jean-Théophile), fils du 

12. 



-ISO 



TAMIT1US - TAPIA 



précédent, s'établit à Zillau, où il vivait en 
1754. Il s'est distingué par quelques bons ou- 
vrages. 

Son fils, facteur d'orgues et d'instruments à 
claviers comme lui, vivait encore à Ziltau dans 
les premières années du dix-neuvième siècle. 
Il a construit quelques orgues dans la Lusace 
et dans la Silésie. 

TAMPLINI (Giuseppe), virtuose basso- 
niste au théâtre de la Scula de Milan, vers 
1840, a publié de sa composition : 1° Capriccio 
sopra l'Elisire d'amore, per Fagntto con 
piano forte; Milan, Ricordi. 2° Reminiscenza 
delV Opéra Roberto il Diavolo di Meyerbeer. 
Fantasia per Fagotto con accompagna- 
mento di piano forte; ibid. 5° Souvenir de 
JSellini. Fantasia per Fagotto con accompa- 
gnamentodi piano forte; ibid. 4° Melodia 
dell' Opéra i Lombardi alla prima Crociata 
di Verdi, trascritte e variale per Fagotto 
con accompagnamento di piano forte ; ibid. 
TAACIOIM (Eugenio), compositeur, né à 
Pérouse, vers 1812, a fait jouera Corfou, en 
1859, l'opéra intitulé : La Soflitta dcgli ar- 
tisti. On connaît aussi de lui des mélodies à 
voix seule, avec piano, publiées chez Ricordi, 
à Milan. 

TATVSUR (Guillaume), musicien anglais, 
naquit en 1699, non à Leicesler, comme il est 
dit dans la première édition de cette Biogra- 
phie, mais à Barns, dans le comté de Surrey, où 
il était organiste en 1757, ainsi qu'on le voit 
par la collection des Proverbes de Salomon 
et du Cantique des Cantiques, à deux, trois et 
quatre voix, publiée sous le titre de Heaven 
on eurth. En 1739, il fut appelé à Leicester et 
y passa le reste sa vie, à l'exception de quel- 
ques voyages qu'il fit à Londres. Il y vivait en- 
core en 1 770, à l'âge de soixante dix ans, ainsi 
que le prouve son portrait gravé dans cette 
année par E. Newton. Il eut un fils, qui fut 
choriste à Cambridge, et qui vivait encore en 
1811. Ce musicien est connu par les ouvrages 
suivants : \° A complète melody, or the Har- 
viony of Sion, in three volumes; the first 
containing an Introduction to vocal and 
instrumental Music ; the second comprising 
the psalms, tvith new mélodies; and the 
third being composed of part song (Mélodie 
complète, ou l'harmonie de Sion, en trois vo- 
lumes; le premier contenant une introduction 
à la musique vocale et instrumentale; le se- 
cond renfermant les psaumes avec de nouvelles 
mélodies, et le troisième, composé de chan- 
sons); Londres, 1735. 2' The universal Har- 
mony containing the whole book of psalms i 



newly set in four parts (L'harmonie univer- 
selle, contenant tout le livre des psaumes nou- 
vellement mis à quatre parties); Londres, 
1743. 3° A New musical Grammar : or the 
Harmonical Spectator, containing ail the 
usefv.l theoretical, poetical, and technical 
parts of Musick (Nouvelle Grammaire musi- 
cale, ou le Spectateur harmonique; contenant 
toutes les parties théoriques, pratiques et tech- 
niques delà musique, etc.); Londres, 1746, 
in-4°. La seconde édition a paru dans la même 
ville, en 1753, in-4° de cent cinquante pages; 
la troisième, en 1756; laquatrième, qui a pour 
titre A New musical Grammar and Dictio- 
nary, est datée de 1767, in-8". Ce traité élé- 
mentaire de musique n'est pas dépourvu de 
mérite. J'ignore si l'on doit considérer comme 
une cinquième édition de la Grammaire mu- 
sicale de Tansurl'ouvrage dont le titre suit, 
ou s'il indique un livre différent : Eléments 
of Musick displayd, or its Grammar, or 
ground-TFork made easy ; rudimental , 
praclical, philosophical , historical and 
technical; Londres, 1772, in-8°. La septième 
édition de la Grammaire est intitulée : Musi- 
cal grammar and Dictionary, or a gênerai 
Introduction of the whole art of Music; 
Londres, 1829, in-8°. A la fin de la deuxième 
édition de sa grammaire musicale, Tansur an- 
nonçait son intention de publier un livre inti- 
tulé : The excellency of divine Musick; con- 
taining the original use of every portion 
included in the book of psalms, etc.; il ne pa- 
rait pas que cet ouvrage ait été imprimé. Dans 
une liste de traités de musique imprimés en 
Angleterée pendant le dix-huitième siècle, 
donnée par Burney, dans le quatrième volume 
de son Histoire générale de la musique 
(p. 687), on voit, avec le nom de Tansur un 
livre intitulé Sound anatomised : cet ouvrage 
n'appartient pas à Tansur, mais à Turner 
(voyez ce nom). 

TAPIA (Martin DE), musicien espagnol, 
né à Soria, dans la Haute-Castille, vers 1540, 
fut bachelier de l'église de Burgos. Il a écrit 
un traité de musique sous ce titre : Vergel de 
musica espiritual, especulativa y activa, 
donde se tractan los artes del canto llano, y 
contrapunto, en summa y en theorica ; 
Ossuna, 1570, in-4°. Ce livre est fort rare, 
même en Espagne. M. Brunet cite, dans la 
quatrième édition de son Manuel du libraire 
(t. IV, p. 394) un exemplaire de cet ouvrage, 
vendu à Paris en 1831, avec ces noms de lieu 
et de libraire : En Burgos de Osmas, D. Fer- 
nando deCordoba; 1570, in-4°. I! faudrait 



TAPIA — TARCHI 



181 



pouvoir comparer des exemplaires de ces deux 
villes pour décider s'il y a eu deux éditions 
dans la même année, ou si le frontispice de 
celle d'Ossuna a seulement été changé. 

TAPIA (Jean DE), prêtre espagnol et pro- 
tonolaire apostolique, fixé à Naples, vers le 
commencement du seizième siècle, a fondé dans 
cette ville, en 1537, le premier conservatoire de 
musique connu, sous le titre de Conservatorio 
délia madonadi Loreto, au moyen d'aumônes 
et de souscriptions qu'il recueillait lui-même 
en allant de porte en porte. Cette école a été le 
modèle de toutes celles du même genre qui se 
sont établies dans la même ville, à Venise, et 
ailleurs. Tapia mourut, à Naples, au moisdedé- 
cembre 1543, suivant son épilaphe rapportée 
par le marquis de Villarosa (1), d'après la Na- 
pali sacra de César d'Engcnio (Naples, 1624). 

TAPItAY (Jean-Fkahçois), fils, de Jean 
Tapray, organiste de la collégiale de Gray, 
naquit dans cette ville, en 1758. Dès l'âge de 
quatorze ans, il était organiste et maître de 
musique àDôle; à vingt-cinq ans, il devint 
organiste de la cathédrale de Besançon. En 
1768, il quitta ce poste pour aller à Paris y 
remplir les mêmes fonctions à l'école mili- 
taire, et pour s'y livrer à l'enseignement du 
clavecin. Depuis celte époque jusqu'en 1801, 
il a composé et publié vingt-huit oeuvres de 
sonates pour le piano et de chansons avec ac- 
compagnement ; toutes ces compositions sont 
faibles de style et d'invention. En 1802, Ta- 
pray s'est retiré à Fontainebleau, où il a vécu 
jusqu'en 1819. On a aussi sous son nom une 
Méthode de piano, Paris, Pleyel, 1800. Les 
biographes qui le font naître à Naples et lui 
donnent pour maître Dominique Scarlatli ont 
été induits en erreur. 

TAIlADE (....), bon violoniste, né dans un 
village près de Château -Thierry, entra à l'or- 
chestre de l'Opéra en 1749, et y resta jus- 
qu'en 1776. A cette époque, il prit sa retraite 
et alla vivre en province. On ignore l'époque 
de sa mort; mais on sait qu'il vivait encore en 
1788. Il a composé un opéra-comique intitulé: 
la Réconciliation villageoise qui fut repré- 
senté, le 15 juillet 1765, à la Comédie ita- 
lienne. Sa musique fut goûtée et l'on demanda 
l'auteur; mais quand on le vit paraître avec sa 
partition sous le bras, chacun sj mit à rire, et 
Taradese relira déconcerté. 

TARCHI (Ascelo), compositeur drama- 
tique, et professeur de chant, naquit à Na- 
ples, en 1760, et fil ses éludes musicales au 

(I) Memorie dei Compositori di Musica del regno di 
Napoli (pref. p. xi.) 



Conservatoire de la Pietù, sous la direction 
de Taranlino pour le chant, et de Sala pour la 
composition. Il demeura treize ans dans cette 
école etyétaitencore lorsqu'il écrivit, en 1781, 
son premier opéra, intitulé l'Architetlo, qui 
fut chanté par les élèves du Conservatoire, et 
que le roi de Naples fit ensuite représenter sur 
le théâlrede la cour,àCaserle.I)eux ans après, 
il composa, pour le théâtre Nnovo, (a Caccia 
di Enrico IV, opéra-bouffe; qui fut bien ac- 
cueilli par les Napolitains. Peu de temps après, 
il sortit du Conservatoire. Après avoir donné 
au théâtre du Fondo quelques opéras dont les 
litres sont maintenant oubliés, il partit pour 
Rome et y écrivit, pour le théâtre Capranica , 
l'opéra bouffe intitulé I duc Fratelli Pappa- 
mosca, qui fut suivi de Don Fallopio, au 
théâtre Valle, en 1784. De Home, il alla à 
Milan et y écrivit Y Ademira pour le théâtre 
de la Canobbiana. Appelé à Turin, en 1785, 
il y composa Arianna e Bacco, et dans l'au- 
tomne de la même année, il donna, à Venise, 
Jfigenia in Tauride. Pendant l'année 1786, 
Tarchi fournit un de ces exemples de fécondité 
qu'on ne connaît qu'en Italie, car il écrivit 
dans l'espace de neuf mois, et dans quatre 
villes différentes, quatre opéras sérieux en 
trois actes chacun, savoir : V Ariarate, pour 
le carnaval, à Milan; Pitblio, pour le prin- 
temps, à Florence; Arminio, dans l'été, à 
Manloue, et enfin, Demofoonte, pour la foire 
de Crema. Puis il alla composer à Turin, pour 
le carnaval de 1787, 77 Trionfo di Clelia, 
opéra sérieux, et donna au printemps de la 
même année, à Milan, Il Conte di Salda- 
gna(i), qui fut joué avec succès à Paris, en 
1790, par les fameux bouffonsde la foire Saint- 
Germain. Dans l'été, Tarchi alla écrire à Man- 
loue VArtaserse, et à l'automne, il donna, à 
Venise, Paolo e Virginia. A peine ce dernier 
ouvrage eut-il été représenté, qu'il courut à 
Rome pour y écrire le Due llivali, opéra 
bouffe, pour le carnaval. Au printemps de 
1788, il donna, dans la même ville, le Mitri- 
dale, une de ses meilleures partitions, puis il 
se rendit, à Miian, et y composa VAntioco. 

Au commencement de 1789, Tarchi, dont 
les succès avaient étendu ia réputation en peu 
de temps, fut appelé à Londres pour y écrire 
Il Disertore, qui fut suivi de VAlessandro 
nelV Indie. De retour à Milan, il écrivit, pour 
. !e pelil théâtre de Monza, près de celle ville, 
un opéra bouffe, inUlu'ô Lo Spazza-camino. 

(1) V Indice tealrale de 17SS prouve que les biographes 
se sont trompés en plaçant cet ouvrage une année pins 
tard. 



182 



TARCHI — TARDITI 



En 1790, il donna, à Venise, l'Apoteose 
d'Ercole ; à Vicence, VEzio ; à Rome, VOlim- 
piade.TLn 1791, à Turin, Giulio Sabino; à 
Paris, où le succès du Conte di Salda<jna 
l'avait fait appeler, il écrivit Don Chisciotto; 
puis il retourna à Milan pour y donner 
VAdrasto, opéra sérieux, au carnaval de 
1792. Dans la même année, il écrivit, à Man- 
toue, Isacco, oratorio; à Florence, Ester; 
à Venise, la Morte di Nerone. En 1793, à 
Turin, VAlessandro nell' Jndie, avec une 
nouvelle musique; à Bergame, pour la foire, 
Lo Stravagante, opéra-bouffe. Pendant un 
voyage qu'il fit à Naples, après la représenta- 
tion de cet opéra, il fut atteint d'une maladie 
grave qui lui fit suspendre ses travaux pendant 
la plus grande partie de l'année 1794. Au 
mois de septembre, il se rendit à Milan, et y 
écrivit le Danaidi. qui furent représentées le 
20 décembre. A l'automne de 1795, il donna 
dans la même ville l'Impostura dura poco. 
En 1796, il écrivit pour Plaisance, Il Ciro ri- 
conosciuto. Son dernier ouvrage composé en 
Italie fut la Congiura Pisoniana, jouée à 
Milan pendant le carême de 1797. La guerre, 
qui désolait alors ce pays, ayant ruiné toutes 
les entreprises de théâtre, Tarchi prit la réso- 
lution d'aller chercher à Paris d'autres res- 
sources pour son talent. Il y arriva dans l'été 
de 1797, cl composa, pour l'Opéra-Ccmiquc 
et pour le théâtre Feydeau, les ouvrages sui- 
vants : 1° Le Cabriolet jaune, en un acte, 
joué en 1798, et qui ne réussit pas. 2° Le 
Trente et Quarante, en 1799, jolie pièce de 
Duval dont la musique était très -faible et qui 
dutsurtout son succès au jeu d'Elleviou et de 
Martin (voyez ces noms). 5° Aurore de Gus- 
man, en 1799, tombée à la première repré- 
sentation 4° D'auberge en auberge, en trois 
actes, jouée au théâtre Feydeau, en 1800, le 
meilleur ouvrage fiançais de Tarchi. 5° Une 
Aventure de Saint-Foix, en un acte, 1802, 
tombée à la première représentation. 0° As- 
tolphe et Alba, en deux actes, 1802, qui ne 
réussit pas. Bientôt dégoûté de travailler dans 
une langue dont il ne saisissait pas le carac- 
tère lyrique, Tarchi borna le reste de sa car- 
rière à l'enseignement du chant et de la com- 
position. Il mourut à Paris, le 19 août 1814, 
complètement oublié de ses compatriotes 
comme du public français. On trouve en ma- 
nuscrit, dans la Bibliothèque du Conservatoire 
de Naples, une messe à quatre voix et orchestre 
pour le dimanche de Lœtare, et un Credo à 
quatre voix avec instruments, de la composi- 
tion de Tarchi. L'abbé Sanlini, de Rome, pos- 



sède un Stabat mater en italien, pour deux 
sopranos ôt instruments, composé par Tarchi. 
Les partitions de Trente et Quarante et D'au- 
berge en auberge ont été publiées à Paris. Ce 
dernier ouvrage a été traduit en allemand, et 
publié en partition pour le piano, sous le litre: 
Von Gaslhof zu Gasthof; Hambourg, Cranz, 
et à Vienne, avec le litre les Deux Postes 
{Die zwei Foslen). 

TAHDITI (Paijl) , compositeur, né à 
Rome, dans la seconde moitié du seizième 
siècle, fut maître de chapelle de Saint-Jac- 
ques-des-Espagnols, dans cette ville, et occu- 
pait encore cette place en 1020. Le 20 janvier 
1010, il avait été nommé maître de chapelle 
de Sainte-Marie Majeure, mais il n'avait point 
accepté cet emploi. M. l'abbé Santini, de 
Rome, possède beaucoup de compositions de 
ce maître pour l'église, à huit voix. On a pu- 
blié de sa composition P'illotc alla padovana 
a quattro voci; Venelia, appresso Angelo 
Gardano, 1597, in-4°. Tarditi fut un des pre- 
miers maîtres romains qui adoptèrent le style 
recilalivo mis en vogue à Florence et à Man- 
touc par Péri, Caccini et Monleverde. Il n'eut 
de prédécesseur en ce genre à Rome que Paul 
Quagliali (voyez le discours de P. Délia Valle, 
intitulé : Délia musica dell' elù nostra, dans 
le deuxième volume des œuvres de J.-B. Doni, 
p. 251). 

TARDITI (Horace), compositeur de l'école 
romaine, fut d'abord maître de chapelle de la 
cathédrale de Forli, dans les États romains; 
il occupait celte place en 1039 ; puis il eut une 
position semblable à la cathédrale de Faenza. 
Il vivait encore dans cette ville en 1070. La 
biblioihèquedel'écolecoinmunale de musique 
de Bologne, provenant du P. Martini, possède 
les ouvrages de la composition de cet artiste 
dont voici la liste : 1° Messe a quattro e 
cinque voci in concerto, con una Laudate 
in fine concertata a tre voci, due violini e un' 
chitarone; in Venelia, app. Aless. Vin- 
centi, 1039, in-4". 2° Messa e Salmi concer- 
tât i a quattro voci, op. 1G; ibid., 1040. 
5° Messe a cinque voci concertate, parle con 
stromenti, parla senza, con alcuni Salmi a 
3, 4 e 5 voci concertati, op. 27 ; ibid., 1048, 
in-4°. 4° Messe a tre e quattro voci in con- 
certo; libro terzo, op. 32 ; ibid., 1050, in -4°. 
5° Messa e Salmi a 2 voci, op. 39 ; Eologna, 
Jac. Monti, 1GG8, in-4". 0° Il secondo libro 
di Mottctli concertati a 1,2, 3, 4 e 5 voci 
co'l basso per i'organo, con una Messa e 
Salmi a 5 voci in concerto; Vcnelia, Aless. 
Vincenli, 1025. 7° Il terzo libro de' Moitetti 



TARDITI — TARTIM 



4S5 



«2eô voci in concerto, op. 7; ibid., 1638 
{c'est une réimpression). 8° Il quarto libro 
de'Mottetti a 2, 5 e 4 voci m concerto, con le 
Litanie délia B. F . a 4 voce concertati. 
op. 15; <&id., 1637. 9° Motetti a 2 e 5 voc* 
concertati, libro sesto, op. 51 ; ibid., I Go 1 
(c'est une réimpression). 10" Mottetti e Salmi 
a 2 e 3 voci concertati co'l basso per l'organo, 
op. 22; «oe'd., 1645. 11° Mottetti, Salmi e 
Jnni a una voce e a 2 o 3 voa concertati. 
parte con violini e tiorba, e parte sema, 
op. 30; Fenetia, Gardante, 1650. 12 u jVof- 
<•«"[*« a 2 e 3 voci, libro 10", op. 51 ; Fenetia, 
app. Mess. Vincenli, 1G51. 13° Mottetti e 
Salmi a 3 e 4 voci concertati, parte con vio- 
lini e parte senza, con una Messa a 4 voci 
ed tin Laudate pueri a voce sola con due vio- 
lini, op. 33; ibid., 1652. 14° 77 decimo terzo 
libro de'Mottetti a 3 voci concertati, op. 34 ; 
ibid., 1654. 15° Il decimo quinto libro de' 
Mottetti a 2 e 5 voci con violini, eduna 
Messa concertata aô voci co'l basso per Vor- 
■gano , op. 36; ibid., 1663. 16° Mottetti a 
voce sola con violini, op. 41 ; Bologna, Gia- 
como Monti, 1670. 17° 77 secondo libro de' 
Mottetti a voce sola con violini, op. 43; 
ibid., 1670. J'ai vu citer clans des catalogues 
le troisième et le quatrième livre de motets à 
voix seule, mais sans indication de lieu et de 
<late. 18° Concerto a musiche da chiesa, 
Mottetti a 2, 3, 4 c 5 voci, Salmi a 5 voci, Li- 
tanie délia B. V. a 5 voci; Fenetia, Fin- 
■centi, 1641. 19° Salmi a 8 voci co'l organo, 
op. 28; ibid', 1649. 20° Salmi di compietà e 
Litanie délia B. F. ah voci, con le quattro 
Antifone a 3 voci, op. 24; ibid., 1647. 
21° Litanie délia B. F. a 3, 4 e 5 voci con- 
certati, con le quattro Antifone a tre voci e 
2 violini, alcuni Mottetti a 3 voci, eTeDeum 
concertato a 4 voci; ibid., 1644. 22° Madri- 
<jali a 5 voci con alcuni a 5 in fine, op. 14 ; 
ibid., 1639. 23° Canzonette amorose a 2 e 3 
voci ; ibid., 1647. 

TARE3i]\E (Georges), littérateur français, 
vécut à la fin du dix-huitième siècle et au 
commencement du dix-neuvième. Au nombre 
de ses ouvrages, on en trouve un <(ui a pour 
titre : Recherches sur le Ranz des vaches, 
avec musique; Paris, Louis, 1813, in-8° de 
soixante-douze pages. 

TARNOWSKI (Alexandre), violoniste 
^?t compositeur, né à Wilna (Lilhuanie), en 
1812, eut pour maître de violon un professeur 
<le cette ville, nommé Reutt. En 1852, il se 
rendit à Paris et y reçut quelques leçons 
d'IIabcncck. Fixé ensuite à Clermont Ferrand, 



il y vit encore (1864), et y a formé de bons 
élèves. Lié d'amitié avec le compositeur Ons- 
low, M. Tarnowski était chargé par lui de la 
partie de premier violon dans l'exécution de 
ses nouveaux ouvrages. On a publié de cet ar- 
tiste : 1° Fantaisie pour violon sur une ro- 
mance de Guido et Ginevra. 2° Fantaisie sur 
les motifs d'77 Trovatore. 5° Fantaisie sur les 
motifs de VEtoile du Nord. 4° Polka pour 
piano. 5° Grande valse idem. M. Tarnowski 
dirige l'orchestre de la Société philharmonique 
deClermont-Ferrand. 

TAROIVI (Antoine), chanoine de l'église 
Sainte-Barbe, à Jlantoue, et compositeur, vers 
le milieu du dix-septième sièele, est connu 
par les ouvrages dont voici les litres : 1° Ma- 
drigalia 5 voci; Venise, 1612. 2° Messe a 
capella a 5 voci; ibid., 1646. Entre deux pro- 
ductions publiées à des dates si éloignées, il 
en a paru sans doute d'autres qui me sont in- 
connues. 

TARTAGLOI (Hippolite), né à Modène, 
en 1539, fut organiste de Saint-Pierre et de 
plusieurs autres églises de Rome. Il fut élu 
maître de chapelle de Sainte-Marie-Majeure, 
le 10 octobre 1575. La protection du cardinal 
Farnèse lui fit obtenir la qualité de citoyen 
romain. Ce fut aussi à ce prélat qu'il dut l'hon- 
neur d'être décoré du titre de chevalier de 
l'Éperon d'or. Appelé à Naples vers la fin de 
1577, il y fut mis en possession de la place de 
maître de chapelle de la cathédrale. Il y mou- 
rut en 1580, à l'âge de quarante et un ans. 
"Cet artiste fut considéré comme un des musi- 
ciens les plus distingués de son temps. Il passe 
pour avoir été un des premiers auteurs de 
messes et de motets à trois et à quatre chœurs. 
On trouve un madrigal à cinq voix de la com- 
position de Tarlaglini dans le recueil inti- 
tulé : Dolci A/fetti, Madrigali a 5 voci di 
diversi eccellenti musici di Roma; Rome, 
Alexandre Gardane, 1585. Tarlaglini publia 
un livre de Madrigaux à Rome, chez le même 
imprimeur, en 1576. I! y en a eu une seconde 
édition en 1588. . 

TARTINI (Joseph), né à Pirano, en 
Islrie, le 12 avril 1692, commença ses études 
chez les oratoriens de sa ville natale, et fort 
jeune encore fut envoyé à Capo-d'Islria, pour 
les achever au collège appelé Dei Padri délie 
scuole. Il y reçut les premières leçons de mu- 
sique et de violon, et acquit dans l'art de l'es- 
crime une habileté remarquable. Ses parenls 
le destinaient à entrer dans un couvent de 
franciscains; mais rien ne put vaincre la ré- 
pugnance de Tarlini pour cet étal. Déjà il 



184 



TARTINI 



avait atteint sa dix-huitième année lorsqu'on 
prit le parti de l'envoyer à l'université de Pa- 
doue pour y étudier la jurisprudence. Sa rare 
intelligence lui rendit cette étude si facile, 
qu'il lui restait beaucoup de temps pour se 
livrer à son goût passionné pour l'escrime. Mal- 
heureusement sa fréquentation habituelle des 
salles d'armes, et sa confiance dans son habi- 
leté, lui donnèrent l'humeur querelleuse, et 
lui attirèrent quelques duels qui eurent du re- 
tentissement. Dégoûté d'études sérieuses, il 
avait pris la résolution d'aller s'établir à Paris 
ou à Naples, et d'y faire sa profession de l'art 
des armes; l'amour que lui inspira une jeune 
demoiselle de Padoue, parente du cardinal 
Georges Cornaro, évêque de cette ville, le fil 
ensuite renoncera ce projet. Il l'avait épousée 
en secret; mais bientôt cette union fut connue; 
les parents de Tartini, irrités de sa conduite, 
lui retirèrent les secours qu'ils lui accordaient 
précédemment; et pour comble de maux, le 
cardinal mit la justice à sa poursuite, sous l'ac- 
cusation de séduction et de rapt. Prévenu à 
temps du danger qui le menaçait, Tartini s'en- 
fuit vers Rome, laissant sa femme à Padoue, 
sans l'informer du lieu de sa retraite. Arrivé à 
Assise, il y rencontra un moine de Pirano, son 
proche parent, qui était sacristain du couvent 
des minorités de cette ville, et qui, touché de 
ses malheurs, consentit à lui donner un asile 
dans le monastère. Tartini resta caché pendant 
deuv ans, mettant à profit sa retraite forcée 
par une étude incessante du violon. Le Père 
Boemo, excellent organiste du couvent, lui 
donna des leçons d'accompagnement et de 
composition qui complétèrent son éducation 
musicale. Ces douces occupations, le calme qui 
régnait autour de lui, enfin les pratiques reli- 
gieuses auxquelles il prenait part, opérèrent 
alors une heureuse révolution dans le carac- 
tère de Tartini, et de violent qu'il était, le 
rendirent doux et modeste. 

Un événement imprévu vint tout à coup 
mettre un terme à sa retraite forcée, et le 
rendre à sa famille. Un jour de fêle, il exécu- 
tait un solo de violon, dans le choeur de l'église, 
lorsqu'un coup de vent dérangea le rideau qui 
le dérobait aux regards du public. Un habitant 
de Padoue, qui se trouvait dans l'église, le re- 
connut et divulgua le secret du lieu où il s'était 
retiré. Mais dans l'espace de deux années, les 
dispositions de l'évêque de Padoue avaient 
changea l'égard de Tartini; il fut permis à 
l'artiste de retourner dans celle ville et de se 
réunir à sa femme. Peu de temps après, il 
partit avec elle pour Venise, où il entendit le 



célèbre violoniste Veracini, de Florence. Le jeu 
hardi et rempli de nouveautés de ce virtuose 
l'élonna et lui fit apercevoir de nouvelles res- 
sources pour son instrument. Ne voulant pas 
entrer en lutte avec cet artiste, dont il ne pou- 
vait se dissimuler la supériorité, il s'éloigna 
de Venise le lendemain, envoya sa femme cher 
son frère, à Pirano, et se retira à Ancône, où 
il se livra avec ardeur à de nouvelles études. 
Depuis cette époque (1714), il se fit une ma- 
nière nouvelle, et par de constantes observa- 
tions établit les principes fondamentaux du 
maniement de l'archet qui, depuis lors, ont 
servi de base à toutes les écoles de violonistes 
d'Italie et de France. Ce fut alors qu'il fit la 
découverte du phénomène du troisième son, 
ainsi appelé parce que des tierces parfaitement 
justes exécutées sur le violon font entendre un 
son grave à la tierce inférieure de la note la 
plus basse des deux, qui forme avec elles un ac- 
cord parfait. C'est ce phénomène qu'il prit 
plus tard pour base d'un nouveau système 
d'harmonie. 

En 1721, Tartini fut nommé violon solo et 
chef d'orchestre de la chapelle de Saint-Antoine 
de Padoue. Cette chapelle était alors composée 
de seize chanteurs et vingt-quatre instrumen- 
tistes : elle passait pour une des meilleures de 
l'Italie. Deux ans après, le virtuose fut appelé 
à Prague pour les fêtes du couronnement de 
l'empereur Charles VI; il s'y rendit avec le 
violoncelliste Antoine Vandini, son ami, et tous 
deux acceptèrent les offres avantageuses qui 
leur furent faites par le comte de Kinsky, pour 
qu'ils entrassent à son service. Ils y restèrent 
pendant trois ans, puis ils retournèrent à Pa- 
doue. Depuis ce temps, rien n'a pu décider 
Tartini à s'éloigner de cette ville : il refusa 
toujours les propositions avantageuses qui lui 
furent faites pour qu'il entrât au service de- 
princes étrangers. Le reste de sa longue car- 
rière s'écoula paisiblement dans l'étude, la 
composition et renseignement. En 1728, il 
avait établi à Padoue une école de violon qui 
devint célèbre dans toute l'Europe, et d'où sor- 
tirent une multitude de violonistes distingués, 
parmi lesquels on cite Nardini, Pasqualino- 
Bini, Alberghi, Dominique Ferrari, Carminali, 
Capuzzi, madame deSirmen, et les violonistes 
français Pagin et Lahoussaye. Le caractère 
acariâtre de sa femme ne le rendait pas heu- 
reux ; mais il eut toujours avec elle une pa- 
tience, une douceur inaltérables. Depuis 1722 
jusqu'à sa mort, c'est-à-dire dans l'espace de 
quarante-huit ans, il conserva sa place «le pre- 
mier violon à l'église Saint-Antoine de Pa- 



TARTINI 



185 



doue; mais dans les dernières années, il n'en 
remplissait plus les fonctions. Cette place ne 
lui rapportait que quatre cents ducats (environ 
seize cents francs) ; mais il n'était obligé de 
jouerqu'àquelquesgrandes fêtes, chaqueannée. 
Celle place, le produit de ses leçons, et quelques 
biens qu'il tenait de sa famille, lui compo- 
saient un revenu suffisant pour vivre dans l'ai- 
sance. A l'âge de soixante-dix-huit ans, il fut 
atteint du scorbut : à la première nouvelle de 
cet accident; Nardini, son élève favori, partit 
de Livourne pour se rendre auprès de lui; il 
îui prodigua ses soins pendant sa maladie; 
mais le mal était incurable, etTartini mourut 
le 16 février 1770. Il fut inhumé dans l'église 
Sainte-Catherine. Jules Meneghini, son suc- 
cesseur comme chef d'orchestre, lui fit faire 
un service funèbre dans l'église des Serviles, 
où l'abbé Fanzago prononça son éloge, et la 
chapelle de Saint-Antoine exécuta en son hon- 
neur un Bequiem composée par le P. Valotti. 
Tartini n'a pas moins contribué au perfec- 
tionnement de l'art déjouer du violon par ses 
compositions pour cet instrument, que par 
les élèves qu'il a formés. Son style est en gé- 
néral élevé, et ses idées ont de la variété. Son 
harmonie a de la pureté sans sécheresse. Au- 
cun instrumentiste célèbre n'a montré autant 
de fécondité que lui. Son premier ouvrage pa- 
rut, en 17-54, à Amsterdam, chez Roger; il 
consiste en douze concertos pour violon, avec 
accompagnement de deux violons, viole, vio- 
loncelle et basse continue pour le clavecin, di- 
visés en deux livres, et a pour titre : Sei con- 
certi composii e mandait da G. Tartini a 
Gaapari Visconti. Opéra l a . Lib. 1 e2. Trois 
concertos extraits de cet œuvre ont été publiés 
quelques années après à Paris, sous ce titre : 
Tre concerti a cinque voci da Gins. Tartini. 
Lifo. l n . Illainville (voyez ce nom) a tiré aussi 
de ce même œuvre trois autres concertos, en 
y ajoutant deux parties de viole, d'après la 
basse continue chiffrée, et les a publiés à Pa- 
ris sous le titre de : Concerti grossi, composli 
dell' Opéra prima di Gins. Tartini. Il existe 
un autre ouvrage de Tartini qui porte le nu- 
méro d'œuvre premier; il a pour litre Sonate 
(XII) a violino, e violoncello o cembalo de- 
dicate a sua Eccellenza il signor Girolamo 
Ascanio Giustiniani di Giuseppe Tartini. 
Opéra prima; Paris, Leclere, chez madame 
Boivin (gravé par Hue). En général, il ne faut 
pas attacher trop d'importance aux numéros 
d'œuvres des anciens auteurs, parce qu'ils 
étaient souvent classés arbitrairement par les 
éditeurs ou contrefacteurs. Ce désordre est 



surtout remarquable dans la multitude d'édi- 
tions des œuvres de Haydn. En ce qui concerne 
Tartini, on voit que la série des œuvres publiés 
à Paris, chez Leclere, se rapporte particulière- 
ment aux sonates. Les douze sonates citées ci- 
dessus sont aussi publiées à Amsterdam, chez 
Le Cène, comme œuvre premier. Le second 
œuvre de Tartini, formé de six sonates pour 
violon, avec violoncelle ou basse continue pour 
le clavecin, a été gravé à Rome, en 1745. Ces 
sonates ont été gravées à Paris et à Amster- 
dam sous le même numéro. Or, ces mêmes 
sonaies,dédiéesparTartinià£î<r7Zie/mo/e<7m', 
sont réunies à six autres, avec la même dédi- 
cace, et publiées comme œuvre troisième, sous 
ce titre :• XI T Sonate a violino e basso (la basse 
n'est pas chiffrée), dedicate al Signor Gugliel- 
mo Fegerida Giuseppe Tartini. Opéra terza; 
Paris, Leclere, etc. L'œuvre quatrième a été 
publié à Paris, chez Venier, sous ce titre : 
Sei concerti a violino solo, due violini, viola 
e violoncello o cembalo di concerto, op. 4a. 
Ce même numéro d'œuvre quatrième est donné 
à PI sonates à violon seul avec la basse con- 
tinue, composées par M. Giuseppe Tartini di 
Padoa, dédiées àM.Pagin. OEuvre IV; Paris, 
Leclere, etc. L'œuvre cinquième, composé de 
six sonates à violon seul et basse continue, dé- 
diées aussi à Pagin, a paru à Paris, chez Le- 
clere, en 1747. L'œuvre sixième, formé de six 
sonates semblables, a été publié à Paris, aux 
mêmes adress.es et au bureau du Journal de 
musique, en 1770. Six autres sonates, formant 
l'œuvre septième, et, enfin, six autres du même 
genre, œuvre neuvième, ont été gravées à Paris, 
par mademoiselle Berlin. L'œuvre huitième a 
pour litre: Sei Sonate a tre, due violini col basso 
del sig. Giuseppe Tartini di Padoa; op. VIII. 
Gravé par mademoiselle Berlin; Paris, chez 
M. Meaupelil, l'éditeur, etc., madame Boivin, 
M. Leclere, mademoiselle Castagneri. Ces so- 
nates sontlrès-petiles. On connaît aussi de Tar- 
tini un recueil pour le violon publié à Amster- 
dam, sous le titre de VArte delV arco, dont 
Cartier a publié, à Paris, une nouvelle édition 
intitulée : V Art de l'archet. A l'égard des édi- 
tions publiéesdes concerlosdeTarlini, M. Far- 
renc a bien voulu me fournir les indications 
suivantes : 1° Concert" (III) a cinque con vio- 
lino obligatodel Sig. Giuseppe Tartini. Li- 
6rol°; Paris, chez madame Boivin, M. Leclere, 
M. Castagneri, M. Laine. Au bas du frontispice, 
on lit : In Urbino nella slamperia di Carlo 
Gio Francesco Tessarini. 2" VI concerti a 
olto slromcnti, a violino principale, violino 
primo, violino secondo, violino primo di ri- 



1SG 



ÏARTINI 



pieno, violino secondo di ripieno, alto-viola, 
organo e violoncello obligalo, del S. Giuseppe 
Tartini di Padoa. Opéra seconda; Stam- 
pato a spese di Gerhardo Frederico Witvogél 
a Amsterdam. 3° Sei concerli a cinque stro- 
menti, a violino principale, violino primo e 
secondo, alto-viola, organo e violoncello, 
composli e mandati per il Signor Giuseppe 
Tartini di Padoa. Opéra prima, libro se- 
condo; Amsterdam a spese di Michèle Carlo 
Le Cène. 4° Sei concerli a cinque stromenti, 
a violino principale, violino primo e se- 
condo, alto-viola, organo e violoncello del 
Sig. Giuseppe Tartini e Gasparo Fisconti. 
Opéra prima, libro terzo; Amsterdam a 
spese di Michèle Carlo Le Cène. 

Indépendamment de ces compositions , 
Tartini laissa en manuscrit, à sa mort, qua- 
rante-huit sonates pour violon et basse, 
un trio pour deux violons et basse, et cent 
vingt-sept concertos pour violon solo, deux 
violons, viole et basse continue d'accompagne- 
ment. La Bibliothèque du Conservatoire de 
Paris possède des copies manuscrites d'une 
grande partie de ces ouvrages. Parmi ces com- 
positions se trouve la fameuse Sonate du 
Diable, dont on a publié plusieurs éditions 
depuis environ 1805. L'astronome Lalande 
•tenait de Tartini lui-même l'anecdote de l'ori- 
gine de celte sonate, et l'a rapportée en ces 
termes dans la relation de son voyage en Ita- 
lie (t. IX, p. 55) : « Une nuit, en 1715, medit- 
>> il, je révais que j'avais fait un pacte, et que 
» le diable était à mon service ; tout me réus- 
» sissait à souhait, mes volontés étaient lou- 
» jours prévenues, et mes désirs toujours sur- 
» passés par les services de mon nouveau 
» domestique. J'imaginai de lui donner mon 
« violon pourvoir s'il parviendrait à me jouer 
» de beaux airs : mais quel fut mon élonne- 
» ment, lorsque j'entendis une sonate si sin- 
» gulière et si belle, exécutée avec tant de su- 
3> périorité et d'intelligence, que je n'avais 
» même rien conçu qui pût entrer en paral- 
» lèle! J'éprouvais tant de surprise, de ravis- 
» sèment, de plaisir, que j'en perdais la respi- 
»» ration : je fus réveillé par cette violente 
» sensation; je pris à l'instant mon violon, 
» espérant de retrouver une partie de ce que 
» je venais d'entendre; mais ce fut en vain : 
» la pièce que je composai alors est à la vérité 
» la meilleure que j'aie jamais faite, et je l'ap- 
» pelle encore la Sonate du Diable; mais elle 
» est si fort au-dessous de ce qui m'avait 
» frappé, que j'eusse brisé mon violon et 
j> abandonné pour toujours la musique, si 



» j'eusse été en état de m'en passer. » Celte 
anecdote a fourni à Panseron ( voyez ce 
nom) le sujet d'une pièce de chant avec violon 
obligé, intitulée : le Songe de Tartini, qui a 
eu beaucoup de succès. Tartini composa un 
Miserere concerté à quatre et à cinq voix, 
avec le dernier verset à huit voix, qui fut exé- 
cuté à la chapelle pontificale de Rome, le 
mercredi saint de l'année 17C8, devant le pape 
Clément XIII ; mais loin de mériter les 
louanges que le baron Augustin Forno de Pa- 
lerme lui a données dans l'éloge de Tartini, ce 
morceau fut trouvé si faible, qu'on résolut 
unanimement de ne plus l'exécuter, et qu'il 
n'a plus été entendu depuis lors. 

Tartini s'est beaucoup occupé de la théorie 
delà musique et particulièrement de l'harmo- 
nie. Le phénomène du troisième son, qui 
l'avait frappé en 1714, et qui a été remarqué 
plus tard par Romieu et par Sorge (voyez ces 
noms), était devenu l'objet de ses méditations, 
et le conduisit à la création d'un système d'har- 
monie qu'il exposa dans un livre intitulé : 
Trattato di musica secondo la vera scienza 
dell' armonia (Padoue, 1754, in-4° de cent 
soixante-quinze pages). Ce livre est divisé en 
six chapitres dont le contenu est : 1° Des phé- 
nomènes harmoniques, de leur nature et de 
leur usage; 2° du cercle, de sa nature et de 
son usage ; 5° du système musical, des conson- 
nances, des dissonances, leur nature, leur dé- 
finition; 4" de l'échelle diatonique, du genre 
musical pratique, de son origine, de son usage 
et de ses conséquences; 5° des modes et des 
tons anciens et modernes ; 6° des intervalles 
et des modulations de la musique moderne. 
Un des phénomènes les plus remarquables 
des inconséquences de l'esprit humain se 
manifeste dans ce livre; car on y voit un 
homme, initié à tous les secrets de son art, 
chercher en dehors de la constitution de cet 
art les principes qui lui servent de base, et 
s'épuiser en efforts infructueux pour les abs- 
traire d'une physique incertaine et de cal- 
culs dont i! ignorait le mécanisme. Rebutés 
par l'obscurité qui règne dans tout l'ouvrage, 
les critiques ont reproché à Tarlini de n'avoir 
pas présenté ses idées d'une manière assez In- 
cident ontattribué le défaut de clarlé qu'ils y 
remarquaient aux formes de son style. Avec 
plus d'attention, ils auraient vu que l'obscu- 
rité est dans les idées mêmes, et que si les 
aperçus ingénieux ne manquent pas dans le 
système que l'auteur s'est efforcé de coordon- 
ner, la liaison rigoureuse n'existe pas entre 
eux, enfin, que les conséquences qu'il en tire 



TARTINI 



187 



n'ont point de solidité (1). Le système de 
Tarlini est précisément l'opposé de celui de 
Rameau, car il part des harmoniques pour re- 
monter au son grave, au moyen du phénomène 
du troisième son. tandis que l'harmoniste fran- 
çais suit une marche inverse. II suit delà que 
le système de Tartini manque de base pour la 
génération des accords, et qu'il ne peut par- 
venir à la belle théorie du renversement, dé- 
couverte par Rameau. Cette seule considéra- 
tion démontre la supériorité des travaux de 
celui-ci, sous le rapport de la didactique pra- 
tique : elle n'a point été aperçue par 
J.-J. Rousseau, dans l'analyse erronée qu'il a 
faite de la théorie de Tartini, à l'article Sys- 
tème de son Dictionnaire de musique, ni par 
d'Alembert, dans son article Fondamental, 
de l'Encyclopédie (2). 

Prony a donné l'explication suivante du 
phénomène du troisième son découvert par 
Tartini, et de l'erreur où il est tombé à ce su- 
jet : « Tarlini a remarqué qu'en faisant en- 
« tendre ensemble deux sons voisins quelcon- 
« ques pris parmi ceux que rendaient les sous- 
» divisions 1/2, 1/5, 1/4, 1/5, etc., d'une 
» corde, sous une tension constante, on enlen- 
» dail en même temps un troisième son, en- 
» gendre par les deux autres, et qu'il a jugé 
» être le son 1/2. Tartini a été trompé par 
« l'identité des octaves, et a pris pour le son 1 
« de la corde entière, le son 1/2 de sa moitié, 
« qui est l'octave du précédent. La production 
» tle ce troisième son a pour cause infiniment 
» probable les coïncidences des vibrations des 
» deux sons générateurs; coïncidences qui, 
« pendant un temps donné, sont en nombre 
» égal à celui des vibrations de la corde 1, pen- 
» dant le même temps. » (Mécanique analyti- 
que, deuxième partie, §1257.) Cette explication 
est conforme à celle queLagrange a donnée du 
même phénomène dans les Mémoires de l'Aca- 
démie de Turin (ann. 1759, t. I, p. 105). Cet 
illustre géomètre a démontré dans le même 
mémoire que le phénomène de la production 
des sons harmoniques, par la résonnance d'un 
corps sonore grave, et celui de la production 

(1) Voyez l'analyse du système de Tartini dans mon 
Esquisse de l'histoire de l'harmonie (Paris, 1841, p. 93- 
102, et dans la Revue et Gazette musicale de Paris, 
année 1840, pages 53S-S38). 

Ci) Le prince de la Tour et Taxis a fait voir que Rous- 
seau n'a rien entendu au système de Tartini, dans un 
•écrit intitule : Risposta di un anonimo al célèbre Signor 
Rousseau circa il suo sentimento in proposito d'aleune 
proposizioni del Sig. G. Tartini. In Venezia, 17G9, 
uppresso Antonio di Castro, alla libreria délia Costanza, 
in-8° de quinze pages. 



d'un son grave par la résonnance de deux sons 
aigus, sont identiques par leur principe, qui 
n'est autre que la coïncidence des nombres 
harmoniques des vibrations. 

Serre, de Genève, a fait une très-bonne cri- 
tique du livredeTartini dans les Observations 
sur le principe de l'harmonie (peges 109- 
1G9), et a démontré à la fois la fausseté 
des principes du système, et l'impossibilité 
de leur application dans la pratique. Soit 
que Tarlini eût eu dès lors connaissance de 
cette critique, soit qu'il l'ignorât encore, il 
essaya d'expliquer les points de son sys- 
tème dont l'obscurité ou l'incohérence 
avaient été signalées, et fit paraître dans ce 
dessein un écrit qui a pour titre : De' princi- 
pii dell' armonia musicale contenuta nel 
diatonico génère (Padova, 1767, in-4° décent 
vingt pages). Toutefois, ses efforts n'aboutis- 
sent pas dans cet ouvrage à l'objet qu'il s'était 
proposé, car l'obscurité n'y est pas moins 
grande que dans le premier traité, et les con- 
tradictions n'y sont pas moins fréquentes. 
C'est dans cette dissertation qu'il réclame 
(p. 56) la priorité de la découverte du troisième 
son, contre les prétentions de Romieu (voyez 
ce nom). Au reste, dès 1700, Sauveur (voyez 
ce nom) en avait trouvé le principe, comme 
celui de tous les phénomènes harmoniques du 
même genre. Dans la même année, Tartini fit 
paraître une faible réfutation de la critique de 
Serre, dans un écrit intitulé : Risposta di 
Giuseppe Tarlini alla critica del di lui Trat- 
lato di musica di Mons. Le Serre di Gine- 
vra, in Venezia, 1767, in-8° de soixante- 
quatorze pages. L'ensemble du système de 
Tartini a été l'objet d'une réfutation algé- 
brique dans le discours préliminaire du nou- 
veau système de Mercadier de Belestat (voyez 
ce nom). Une analyse de ce même système se 
trouve dans les Notices heldomadaires de Hil- 
ler (ann. 1767, p. 68, 75 et 81), et Scheibe en 
a donné une autre dans son Traité de la com- 
position musicale (p. 565-579). Ce dernier 
assure que, dans l'impossibilité de rédiger ses 
idées et de les mettre en ordre, Tarlini s'est 
servi de la plume de P. Colombo, professeur 
de physique à l'université de Padoue;mais il a 
confondu le traité de musique avec un livre 
sur les raisons des nombres et les proportions 
numériques des intervalles dont il sera parlé 
plus loin. Tartini, à la demande de son élève, 
mademoiselle Lombardini, connue plus lard 
sous le nom de madame de Sirmen (voyez ce 
nom), lui écrivit une lettre concernant les 
principes de l'art de jouer du violon, qui a été 



188 



TARTINI — TASKIN 



publiée quelques mois après sa mort dans 
l'Europa lelteraria (année 1770 , tome V, 
part. II, p. 74 et suiv.), sous ce litre : Let- 
tera alla signora Maddalena Lombardini , 
inserviente ad una importante lezione péri 
suonatori di violino. Ce petit écrit fut publié 
séparément dans la même année, à Venise, 
une demi-feuille in-8°. Burney en a donné 
une nouvelle édition à Londres, en 1771, avec 
une traduction anglaise, sous ce litre : Tar- 
tini' s Letter to signora Lombardini (afler- 
wards Signora Syrmen) ; published as an 
important Lesson to performers on the vio- 
lin; Londres, in-8°. Il a paru une deuxième 
édition de cette traduction, avec le lexle ita- 
lien, à Londres, chez R. Bremner, 1779, deux 
feuilles in-4°. Fayolle l'a fait réimprimer à la 
suite de sa notice sur Tartini, avec une tra- 
duction française, dans ses Notices sur Corelli, 
Tartini, Gaviniès, Pugnani et Fiolti (Pa- 
ris, 1810, in-8°). Henri-Léopold Rohrmann, 
d'abord organiste au monastère d'Isenhageu, 
près de Celle, puis organiste à Hanovre, en a 
publié une traduction allemande intitulée : 
Brief an Magdelein Lombardini enlhaltend 
eine ivichlige Lection fur die Fiolinspieler; 
Hanovre, 1786, in-4" de douze pages); mais, 
par une singularité qui n'a point élé expli- 
quée, cette traduction est la même qui se 
trouve dans la notice de Tartini que Hiller 
avait donnée, en 1784, dans ses Lebens- 
beschreibungen beriilimter Musikgelehrten 
und Tonkiinstler, etc. (p. 278-285). 

Tartini avait composé pour ses élèves une 
sorte de Irai té praliquedesornemenls employés 
de son temps dans la musique de violon; c'est 
cet ouvrage que l'abbé Fanzago a cité dans la 
note 24 (page 54) de la première édition de 
son éloge de Tartini, sous ce litre : Lezioni 
pratiche pel violino; mais le litre véritable de 
cet ouvrage est celui qu'on trouve dans le ca- 
talogue de Joseph Benzon (Venise, 1818, 
page 4) : Tratlato délie appoggialure si as- 
cendenti che discendenti per il violino, corne 
pure il trillo, trémolo, mor dente, ed allro, 
con dichiarazione délie cadenze naturali e 
composte. La Houssaye, élève de Tartini, 
avait apporté à Paris une copie de cet ouvrage, 
d'après laquelle Pielro Denis {voyez ce nom) 
en a donné une traduction française intitulée : 
Traité des agréments de la musique, conte- 
nant l'origine de la petite note, sa valeur, 
la manière de la placer, toutes les différentes 
espèces de cadences, etc.; Paris, de la Che- 
vardière, 1782, in-8° de quatre-vingt-quatorze 
pages. Tartini avait en manuscrit un ouvrage 



intitulé : Délie ragioni e délie proporzioni 
libri sei, qu'il avait légué au P. Colombo, son 
ami, pour le revoir et le publier ; mais ce pro- 
fesseur mourut avant d'avoir accompli sa 
tâche. On ignore où se trouve en ce moment le 
manuscrit original. 

On a publié les éloges et notices de Tartini 
dont voici l'indication : 1° Orazione délie lodi 
di Giuseppe Tartini, recilata nella chiesa 
de' RR. PP. Servili in Padova li ôl di 
marzo l'anno 1770, par l'abbé Fanzago 
(voyez ce nom), in Padova, 1770, in-4° de 
quarante-huit pages. Cet éloge a été réim- 
primé avec celui du P. Vallolli sous ce titre : 
Elogi di Giuseppe Tartini primo violonista 
nella cappella del Santo, etc.; in Padova. 
C. Conzatti, 1792, in-8° de quatre-vingt-dix- 
neuf pages. 2° Notice sur Joseph Tartini par 
J.-A. Hiller, dans ses Lebensbesclireibungen 
beriihmter Musikgelehrten und Tonkiinstler 
neuerer Zeit (leipsick, 1784, un volume 
in-8°, pages 267-285). ô° Elogio di Tartini, 
par Augustin Forno, de Palerme. Cel éloge se 
trouve dans les œuvres complètes de l'auteur 
(Naples, 1792, deux volumes in-12). A" Giu- 
seppe Tartini, sua vita, notice insérée dans 
le livre de Camille Ugoni intitulé : Délia lette- 
teratura italiana nella seconda meta del se- 
colo XVLLL (Brescia, per Nie. Bettoni, 
1802 (tome I, pages 1-28). 5° Notice sur la vie 
elles ouvrages de Joseph Tartini, par Fayolle 
(dans l'ouvrage cité plus haut). Charles Cal- 
cinoto, de Padoue, a gravé le portrait de Tar- 
tini, in-4*, pour l'éloge de cet artiste par 
l'abbé Fanzago; un autre portrait a élé gravé 
à Londres, par Scheener, en 1787. et Fayolle 
en a fait graverun troisième, en 1810, d'après 
un dessin de Guérin. 

TASKIN (Pascal), très-habile facteur de 
clavecins, né à Liège, vers 1730, se rendit 
jeune à Paris, et devint élève de François- 
Élienne Blanchet (voyez ce nom), dont il fut le 
successeur. En 1768, il substitua à la plume 
des sautereaux du clavecin etdel'épinette,dont 
l'usage était encore général en France, la peau 
de buffle, qui produisait un son moins sec. On 
trouve dans VEssai sur la musique de La- 
borde (t. I, pages 546 et suivantes) un éloge 
emphatique de celle amélioration. Pascal Tas- 
kin eut le titre de garde des instruments du 
roi, depuis 1781 jusqu'à la chute delà royauté. 
En 1776, il construisit, à l'imitation des petits 
pianos anglais, un piano en forme de clavecin, 
sur lequel Vandermonde, Hatiy et le baron de 
Dietrich firent un rapport à l'Académie des 
sciences. Taskin mourut à Paris, en 1793. 



TASKIN - TAUBERT 



189 



TASKIN (Henri-Joseph), fils de Joseph 
Taskin, neveu du précédent, et accordeur de 
clavecins de la cour, naqnil à Versailles, en 
1779. Dès l'âge le plus tendre, il se livra à 
l'élude du piano et de la composition. Plus 
tard, il fut connu comme un bon maître de 
piano à Paris, où il mourut en 1837. On con- 
naît de sa composition seize œuvres parmi les- 
quels on remarque : 1° Concerto pour piano et 
orchestre, op, 2; Paris, chez l'auteur. 2° Trois 
trios pour piano, violon et violoncelle, op. 5 ; 
ibid. 3° Caprice pour piano et violon; ibid. 
4° Fantaisies pour piano seul, op. 5, 6; ibid. 
5° Des thèmes variés idem. 

TAUBER ou TAUBERT (J.-F.), flûtiste 
et compositeur, naquit en 1750, à Naumbourg, 
en Saxe, et fit ses études musicales sous la di- 
rection de Gœlze, à Dresde. Après avoir été 
quelque temps à l'Académie de Gœttingue, il 
entra au service du prince de Bernbourg. Une 
maladie de poitrine l'obligea, en 1801 , à cesser 
de jouer de son instrument ; il se relira à Bal- 
lensladt, où il mourut au mois de mai 1803. 
On a gravé de sa composition : 1° Concertos 
pour la flûte, n os 1 et 2; Leipsick, Peters. 
2° Thèmes variés avec orchestre, op. 2, 3, 4; 
Manheim, Heckel. 

TAUBER (Jean-Henri), savant danois, 
professeur, puis directeur de l'Académie de 
Sorau, vécut vers la fin du dix-huilième 
siècle. II a écrit en langue danoise une disser- 
tation sur les arts du chant et du dessin, con- 
sidérés comme des moyens de civilisation pour 
la jeunesse, en général, et en particulier pour 
les étudiants. Ce petit ouvrage a été imprimé 
séparément, et dans le même temps a élé in- 
séré dans l'Iris y journal littéraire publié par 
Paulsen (2 me année, 1792, t. IV). 

TAUBER DE TAUBERFURT (Char- 
les, baron DE), conseiller de l'empereur 
d'Autriche au gouvernement de Graelz, mort 
le 6 janvier 1814, est auteur d'un livre inti- 
tulé : Ueber meine Fioline (Sur mon violon); 
Vienne, Rurzbœck, 1780, un volume in-8° de 
cent quatre-vingt-huit pages. Cet ouvrage est 
une fantaisie sur divers sujets de musique, de 
politique, de philosophie, d'esthétique, etc. On 
y trouve trois cent cinquante-deux réflexions 
d'unmailredechapelledans lestyledidaclique. 

TAUBEUT(Charles-Gottfried-Wiliielm, 
ou Godefroid-Guillaume), chef d'orchestre de 
l'Opéra de Berlin, membre de l'Académie 
royale des beaux-arts de cette ville, membre 
honoraire de la Société des Pays-Bas pour les 
progrès de la musique, chevalier de plusieurs 
ordres, né à Berlin, le 23 mars 1811, est fils 



d'un ancien musicien de régiment, qui fut en- 
suite employé dans les bureaux du ministère 
de la guerre. Dès ses premières années, il 
s'exerça à jouer des airs populaires sur une 
petite flûle que possédait son père et fit con- 
naître ainsi ses dispositions pour la musique. 
A l'âge de huit ans, il reçut de Neithardt 
(voyez ce nom) les premières leçons de piano, 
sans cesser loulefois de cultiver la flûte et le 
violon. A l'âge de douze ans, il devint élève de 
Louis Berger pour le piano, et pendant plu- 
sieurs années il reçut les leçons de cet artiste 
distingué. Vers le même temps, il entra au 
gymnase Frédéric-Guillaume pour y faire ses 
études littéraires. A l'âge de quatorze ans, il 
joua pour la première fois en public un con- 
certo de Dussek eldes variations de son maître 
sur l'air allemand Schœne Minka : ce premier 
essai de son talent fut heureux. Après avoir 
atteint sa seizième année, il quitta le gymnase 
et suivit les cours de l'université pendant cinq 
ans, bien qu'il fût résolu à ne point avoir 
d'autre carrière que celle d'artiste musicien. 
Ce fut aussi à la même époque qu'il étudia la 
théorie de l'harmonie et de la composition, 
sous la direction de Bernard Klein. Il se faisait 
entendre souvent en public, particulièrement 
dans les soirées musicales de Mœser, où il exé- 
culait les concertos de Mozart et de Beethoven 
avec une délicatesse remarquable, qui est le ca- 
ractère dislinctif de son talent. Il donnait 
aussi beaucoup de leçons et son enseignement 
forma de bons élèves, parmi lesquels on remar- 
que Th. Kullak, Alexandre Fesca, G. Schu- 
mann et L. Schlottermann. Plus tard, ses pro- 
pres travaux de compositeur et la multiplicité 
de ses occupations dans les positions qu'il 
occupa l'obligèrent à cesser de se livrer à l'en- 
seignement. Après quelques petites excursions 
en Poméranie et à Cassel, il visita Francforl- 
sur-1'Oder, en 1828, et y donna un concert, 
dans lequel il reçut un accueil sympathique 
du public. Vers 1830, Taubert publia ses pre- 
mières compositions (œuvres 1 à 6), chez 
Biilggemann,à Halberstadt.Ses Lieder eurent 
particulièrement du succès à cause de la 
fraîcheur mélodique des idées. Sa première 
symphonie (en ut majeur), fut exécutée le 
30 mars 1851, dans un concert périodique de 
Mœser. Le bon accueil fait à cet ouvrage dé- 
termina Devrient à écrire, pour le jeune com- 
positeur, le livret de l'opéra intitulé la Ker- 
messe, qui, représenté le 25 janvier 1832, fut 
bien reçu du public et s'est maintenu sur la 
scène allemande. Au mois de janvier 1833, 
Taubert fit un voyage à Leipsick et à Dresde. 



190 



TAUBERT 



Son concerto de piano (oeuvre 18, en mi ma- 
jeur) obtint un brillant succès dans la première 
de ces villes : il y fit entendre aussi plusieurs 
ouvertures. A Dresde, il fit entendre la musi- 
que qu'il avait composée pour le drame Das 
graue Mannlein (le Petit homme gris). En 
1854, l'Académie des beaux-arts de Berlin 
nomma Tauberl l'un de ses membres effectifs. 
Le 19 septembre de la même année, il fit re- 
présenter au théâtre royal son opéra roman- 
tique intitulé Der Zigeuner (le Bohémien). Le 
compositeur dirigea lui-même son ouvrage et 
ce fut son premier essai de la direction d'un 
orchestre : il y montra de l'habileté et reçut 
les félicitations de Mendelssohn. Le 30 novem- 
bre suivant, il épousa la sœur de la célèbre 
cantatrice Nanelte Schechner. En 1836, Tau- 
bert fit un voyage en Angleterre, en Ecosse, en 
Hollande et sur le Rhin : sous l'impression 
que lui avait laissée ce voyage, il écrivit son 
premier trio pour piano, violon et violoncelle 
(op. 32), ainsi que ses Souvenirs d'Ecosse. 
En 1859, il fit un second voyage en Bavière et 
obtint à Munich un succès d'enthousiasme, 
en exécutant, dans un concert, le cinquième 
concerto de Beethoven (en mi bémol), et la 
Campanella, l'une de ses propres composi- 
tions les plus réussies. 

Au mois de juin 1841, Taubert fut nommé 
chef-d'orchestrje du Théâtre royal de Berlin. 
Il y fitreprésenter, au mois de février suivant, 
son opéra Marquis und Dieb (Marquis et vo- 
leur), et le succès de cet ouvrage lui fit obtenir 
la position de directeur de musique du même 
théâtre et de la chapelle royale; il entra en pos- 
session de ces nouvelles et honorables fonctions, 
le31 mai 1841 . Dans la même année, il composa 
des cantates pour la fête duroidePrusseetpour 
le centième anniversaire de l'Opéra de Berlin, 
et dans l'hiver suivant, il organisa les concerts 
de symphoniede la chapelle royale qui, depuis, 
ont acquis de la célébrité. Pendant les trois 
premières années, il en partagea la direction 
avec Mendelssohn et C.-W. Heuning; mais 
ensuite il les dirigea seul. Les bénéfices de ces 
concerts, pour la caisse des veuves des musi- 
ciens de la chapelle, s'élevaient déjà, en 1861, 
à la somme considérable de cent mille thalers. 
En 1845, Taubert fut chargé par le roi de 
composer des chœurs pour la Médée, d'Eu- 
ripide, Mendelssohn n'ayant pas accepté cette 
lâche. Plusieurs morceaux de celte composi- 
tion ont été exécutés avec succès à Berlin, 
dans d'autres villes de l'Allemagne, et à Co- 
penhague, en 1852. En 1844, Taubert fit 
exécuter son arrangement musical et humo- 



ristique du Chat botté de Tieck. Au mois de 
janvier 1845, il fut nommé maître de chapelle 
du roi. Sa symphonie en la, exécutée à Ber- 
lin, en 1840, n'y avait pas été goûtée; il n'en 
fut pas de même de sa symphonie en fa majeur, 
qu'il fit entendre le 9 février 1846, car celle- 
ci fut très-favorablement accueillie. Elle 
réussit également aux concerts du Gewand- 
haus de Leipsick, sous la direction de l'au- 
teur. Au mois de mai de la même année, Tau- 
bert se rendit à Vienne, où il se fit entendre 
comme pianiste. Il y dirigea aussi trois repré- 
sentations iluFreyschiitz, dans lesquelles chan- 
tait Jenny Lind, alors à l'aurore de sa grande 
renommée. Diverses compositions du même 
artiste remplirent les années suivantes, parti- 
culièrement sa symphonie en si mineur, qui 
fut exécutée le 6 mars 1850; son Paternoster, 
de Klopslock, qu'il dirigea à l'Académie de 
chant, au mois de janvier 1852, et son opéra 
intitulé Joggeli, joué sans succès le 9 octobre 
1853, et qu'il fallut retirer après cinq repré- 
sentations. Le 17 mars 1855, il fit entendre 
pour la première fois, dans le centième con- 
cert de la chapelle royale, sa symphonie en ut 
mineur, et dans la même année, il donna à 
Munich sa musique composée pour la Tempête 
de Shakespeare. A cette occasion, le roi de 
Bavière le félicita et lui envoya la croix de 
première classe de l'ordre de Saint-Michel. Le 
dernier opéra de Taubert (jusqu'en 1861) est 
Macbeth, représenté à Berlin, le 16 novembre 
1857. 

Les ouvrages principaux de cet artiste dis- 
tingué sont : I. Musique d'église. 1° Les 
psaumes23et 143, pour voix de mezzo soprano 
avec orgue ou piano, op. 65; Berlin, Traut- 
wein. 2° Le psaume 123 pour un chœur de 
voix diverses, op. 86, en partition; ibid. 
5» Vater unser (Pater noster), pour chœur, 
voix seule et orchestre, publié en partition 
pour le piano; ibid. II. Opéras. 4° La Ker- 
messe, op. 7, partition réduite pour piano; 
Berlin, Trautwein. 5° Der Ziegeuner (le Bo- 
hémien), en quatre actes. 6° Marquis und 
Dieb (Marquis et voleur), en un acte; partition 
pour piano; ibid. 7° Féie théâtrale pour le 
centième anniversaire du théâtre royal de 
l'opéra (7 décembre 1842); ibid. 8° Joggeli, 
opéra en trois actes, op. 100, partition ; Berlin, 
Bock. 9° Fête théâtrale pour le mariage du 
prince de Prusse (12 juin 1854). 10° Macbeth, 
opéra en cinq actes, en partition pour le piano; 
Berlin, Bock. III. Musique pour des drames. 
11° Ouverture pour l'Otello de Shakespeare, 
exécutée dans des concerts. 12° Le petit 



TAUBERT — TAUSCII 



191 



Homme gris, drame en cinq actes deDevrient. 
13° Ouverture, chants el chœurs pourlayVetJee, 
d'Euripide, en partition pour le piano; Berlin. 
Trautwein. 14° Musique pour le Chat botté, 
deTieck. 15° Idem pour la Barbe bleue, drame 
en cinq actes du même poêle, en partition pour 
le piano; Berlin, Bock. 16° Ouverture pour 
Macbeth, tragédie de Shakespeare. 17° La 
Tempête, drame de Shakespeare. 18° Quelques 
chœurs et chants pour différentes pièces. 

IV. Cantates. 19° Cantate pour la tète de la 
naissance du roi Frédéric-Guillaume IV. 
19° Cantate pour une fêle de Thorwaldsen, 
avec accompagnement d'instruments à vent et 
harpe, exécutée à l'Académie de chant de 
Berlin, le 1 er juin 1844. 20° Cantate à la 
louange du célèbre sculpteur Rauch, pour 
chœur el orchestre, exécutée à l'Académie de 
chant, le 21 mars 1838. 21° Ode de fêle pour 
le cinquantième anniversaire de l'Université 
de Berlin, pour un chœur d'hommes avec ac- 
compagnement d'instruments, exécutée dans 
l'église Saint-Nicolas, le 16 octobre 1860. 

V. Lieder.22° Un très-grand nombre de pièces 
de ce genre, en recueils et détachés. VI. Mu- 
sique instrumentale. 23" Cinq symphonies 
pour l'orchestre, dont on a gravé la première 
(en ut majeur), op. 51; Berlin, Schiesinger; 
la troisième (en /a), op. 69; Berlin, Trautwein; 
la quatrième (en si mineur), op. 80; Berlin, 
Bock, et la cinquième (en ut mineur), op. 113: 
Leipsick, Kistner. 24° Concerto pour piano et 
orchestre (en mi majeur), op. 18; Berlin, 
Schiesinger. 25° Quatuor pour piano, violon, 
alto et violoncelle, op. 19 ; ibid. 26° Trios pour 
piano, violon et violoncelle, op. 52, 38; Berlin, 
Bock. 27° Sonate pour piano et violon, op. 1 ; 
Leipsick, Hofmeister; op. 15, Leipsick, Breit- 
kopf et Itserlel; op. 104, Leipsick, Hofmeister. 
28° Duo à quatre mains pour piano, op. 11; 
ibid. 29° Sonates pour piano seul, op. 4, ibid.; 
op. 20, ibid.; op. 21, ibid., op. 35, Berlin, 
Bock; op. 44, Breslau, Leuckart; op. 114, 
Leipsick, Hofmeister. 50° Un très- grand 
nombre de pièces de tout genre pour le piano, 
rondos, variations, éludes, caprices, chants 
sans paroles, marches, pièces de fantaisie, etc. 
51° Premier quatuor pour deux violons, alto 
et violoncelle, op. 75; Leipsick, Peters. 
32° Deuxième idem, op. 93; Leipsick, Breit- 
kopf et Haertel. 33° Trois quatuors pour deux 
violons, alto et violoncelle, op. 130; Leipsick, 
Kistner. 

TAUBFJER (Antoine-Maur:n), bon orga- 
niste de la Bohême, fut attaché comme violo- 
niste à la chapelle du prince de Lobkowitz. Il 



dirigeait aussi la musique des églises des 
Ursulines et de Saint-Jean Népomucène, à 
Prague. Cet artiste vécut vers le milieu du dix- 
huitième siècle. On connaît de lui en manu- 
scrit, à Prague, des messes, offertoires, motels 
et les oratorios dont les titres suivent : 1° Ra- 
phidion humecté, ou le rocher Horeb frappé 
par la verge de Moïse, etc., oratorio, 1741. 
2° La maison de Jacob souillée sept fois, etc., 
idem, 1746. 3" Le Fiancé délaissé dans la 
vigne d'Engaddi, etc., idem, 1747. 4° La 
Justification inadmissible des frères de Jo- 
seph, fils de Jacob, idem, 1748. 5° Les Noces 
de V Agneau, etc., idem, 1754. 6" Le Tombeau 
du Sauveur, etc., idem, 1758. 

TAUBNER ( Jean - Charles- Frédéric) , 
magister et pasteur à AVolkenslein, étudiait à 
l'université de Leipsick, en 1809. On a de lui 
une description du nouvel orgue placé dans 
l'église principale de Wolkenstein, en 1818; 
ce petit ouvrage a pour titre .• Nachricht von 
der neuen Orgel und der damit verbundenen 
/"erschœnerung der Hauptki relie zu Wolken- 
stein im Jahre 1818; Annaberg, Hasper, 
1818, vingt-deux pages in-8°. 

TAUSCII (François), clarinettiste distin- 
gué, naquit à Heidelberg, le 26 décembre 
1762. Son père, Jacques Tausch, alors simple 
musicien à l'église de Heidelberg, entra deux 
ans après dans la chapelle électorale, à Man- 
heim. Il fut le seul maître de son fils pour la 
musique et pour les instruments. Dès l'âge de 
quatre ans, le jeune Tausch apprit à jouer du 
violon; à huit, il se lit entendre en présence 
de l'électeur, dans un solo de clarinette, et dès 
ce moment il fut admis dans la chapelle. En 
1777, il suivit la cour à Munich. Trois ans plus 
lard il accompagna Winter à Vienne, et pen- 
dant un séjour de six mois dans cette capitale, 
il perfectionna son talent; puis il retourna à 
Munich. Il y resta jusqu'en 1789, et ne quitta 
le service de l'électeur de Bavière que pour 
accepter les propositions du roi de Prusse, qui 
voulait le fixer à Berlin. En 1796, il fit un 
voyage à Hambourg, et y obtint un succès 
d'enthousiasme. De retour à Berlin, il y établit 
une société de musique qu'il dirigea pendant 
plusieurs années. Cet artiste estimable vivait 
encore en 1826, mais je n'ai pas de renseigne- 
ments sur sa personne depuis celte époque. 
Dans les derniers temps, son embonpointéiait 
devenu excessif. Tausch fut par son talent 
d'exécution le rival de Béer et de Stadlcr, 
ses contemporains; il y avait même plus dé 
charme, de moelleux dans son jeu que dans 
celui de ces deux artistes. On a de sa composi- 



192 



TAUSCH — TAVARES 



lion : 1° Concerto pour clarinette principale, 
if 1 ; Berlin, Hummel. 2° Idem, n" 2 (en mi 
bémol); Cffenbach, André. 5° Amiante et po- 
lonaise, idem; Leipsick, Pelers. -i Symphonies 
concertantes pour deux clarinettes, op. 2G 
et 27; Berlin, Schlesinger. 5° Duos pour deux 
clarinettes ; ibid. G° Trois idem pour clari- 
nette et basson, op. 21 ; ibid. 7° Six quatuors 
pour deux cors de bassetle et deux bassons, 
avec deux cors ad libitum, op. 5; Berlin, 
Dunker. 8° Six marches pour la garde prus- 
sienne, à 10 parties; Berlin, Schlesinger. 
9° Cinq idem et un choral pour la garde russe; 
ibid. 

TAUSCH (Jules), né à Dessau, le 15 avril 
1827, y eut pour maître de piano un artiste 
nommé Louis Fritech. En 1842, il entra dans 
l'école de Frédéric Schneider et y resta jus- 
qu'en 1844. Il se rendit alors à Leipsick, où il 
devint élève du Conservatoire. Ses éludes étant 
terminées en 184G, il alla s'établir à Dussel- 
dorf, où il se livra à l'enseignement du piano. 
En 1856, il fut nommé directeur de musique 
d'une société chorale de cette ville. Une ou- 
verture de sa composition y a été exécutée. Il 
a publié des Lieder et plusieurs morceaux de 
piano. 

TAUSCHER (Jean-Gottlif.b), fut d'abord 
directeur de la justice à Walden bourg, puis 
bailli à Lœssnilz, et mourut dans celle der- 
nière place, en 1787. On lui attribue un petit 
ouvrage anonyme, intitulé : f'ersuch einer 
Anleilung zu Disposition der Orgelstimmen 
nacli riclitigenGrundsaUzenund zu f'erbes- 
serung der Orgeln iiberhaupt (Eassi d'une in- 
struction sur la disposition îles jeux de l'orgue 
d'après les meilleurs principes, et sur le per- 
fectionnement de l'orgue en général); Wal- 
denbourg, 1778, in-8° de soixante-dix-huil 
pages. On y trouve ladescription d'un nouveau 
soufflet inventé par les frères Wagner, facteurs 
d'orgues à Schmiedefeld, près de Suhîa. 

TAUSIG (Aloys), pianiste et compositeur, 
né à Prague, en 1820, n'était âgé que de neuf 
ans lorsqu'il fixa sur lui l'attention par son 
habileté précoce sur scn instrument. Ayantélé 
conduit à Vienne, en 1831, il y reçut des le- 
çons de Thalberg et fil de rapides progrès sous 
la direction de ce virtuose. En 1857, il fit un 
voyage en Allemagne et laissa, dans plusieurs 
villes de celte contrée, une impression très- 
favorable par l'élégance de son talent, par- 
ticulièrement à Berlin, à Dessau et à Breslau. 
En 1838, il visita aussi Pétersbourg. De retour 
à Prague, il s'y livra à l'enseignement. Fixé à 
Varsovie, en 1840, il s'y maria dans la même 



année, et y devint un des professeurs de piano 
les plus recherchés. Plusieurs ouvrages de sa 
composition ont été publiés à Leipsick et à 
Varsovie. Parmi ces productions, on remarque: 
lo Deux morceaux de salon pour le piano, 
op. 1; Leipsick, Breitkopf et Ilœrlel. 2° La 
Sirène, grande étude pour le piano, op. G; 
ibid. 5° Grande fantaisie idem, op. 7; ibid. 
4° La Berceuse, idem, op. 8; Varsovie, Fricd- 
lein. 

Charles Tausig, fils de cet artiste, né 
à Varsovie, en 1841, et élève de son père, 
était déjà considéré, en 1858, comme un pia- 
niste d'une rare habileté. Il a publié une 
grande fantaisie pour le piano, sous le litre 
allemand Bas Geislerschiff. 

TAUWITZ (Edouard), né à Glatz(Silésic), 
en 1814, filsesétudcs littéraires augymnase de 
celte ville, puis il alla suivre les cours de droit 
à Breslau. Dès ses premières années, il avait 
montré un goût décidé pour la musique, et 
s'était livré à son étude au gymnase ainsi qu'à 
l'université. Il était encore éludiantà Breslau, 
lorsqu'il devint direcleurd'uncsociétédechant. 
Son amour pour l'art finit par lui faire aban- 
donner la jurisprudence et lui fit accepter une 
place de professeur de musique à Wilna. En 
1850, il fut appelé à Prague en qualité de chef 
d'orchestre du théâtre, et depuis lors, il s'est 
fixé dans celle ville. En 1844, il avait fait 
représenter, à Riga, Bradamante, opéra en 
trois actes, cl deux ans après, il donna, dans 
la même ville, un opéra -comique intitulé 
Schmolke und Bakel, dont la partition pour le 
piano a été publiée à Breslau, chez Leuckart. 
On a de lui des Lieder pour qnalre voix 
d'hommes, op. G; ibid.; six idem, deuxième 
recueil, ibid.; trois idem, op. 9, ibid.; (rois 
idem, op. 1 1 , ibid.; chanson de dragons idem, 
op. 13; ibid. ; douze chansons de soldats pour 
un chœur d'hommes à quatre et cinq parties, 
op. 22; ibid.; des Lieder à voix seule avec 
piano, op. 8, 10, 15, 17 et 18, ibid. 

TAVARES (Manuel), compositeur, né à 
Porlalègre, en Portugal, y vivait vers 1G25. Il 
fut d'abord chanteur dans la chapelle du roi 
Jean III. puis maître de chapelle à Mincie, en 
Espagne, et en dernier lieu à Cuença, où il 
mourut. Au temps où Machado écrivit sa Bi- 
bliotheca Lusitana, on conservait encore des 
messes, psaumes et motels en manuscrit, de la 
composition de Tavares, dans la Bibliothèque 
du roi de Portugal. 

TAVARES (Nicolas), autre musicien 
portugais, né comme le précédent à Porla- 
lègre, vécut dans le même temps. Il fut 



TAVARES - TAYBER 



193 



d'abord maître de chapelle à Cadix, puis à 
Cuença,où il mourut. Ses compositions étaient 
conservées dans la Bibliothèque du roi de Por- 
tugal, avant le tremblement de terre de Lis- 
bonne. 

TAVELLI (Louis), compositeur vénitien, 
vécut dans la première moitié du dix-huitième 
siècle. On ne connaît de lui qu'un opéra inti- 
tulé : Amor et Sdegno, représenté, en 1726, 
au théâtre Cassiano, de Venise. Cet ouvrage 
fut joué d'abord sous le titre Ottone Amante. 

Deux autres musiciens du nom de Tavelli, 
et probablement de la même famille, ont été 
attachés à la musique de la chapelle de Saint- 
Marc, à Venise; le premier, Alvise Tavelli, 
jirêtre, fut organiste du second orgue, depuis 
1707 jusqu'à 1720; l'autre, François Tavelli, 
fut ténor du chœur, à la même époque. 

TAVERNER (Jean), organiste à Boston, 
dans le comlé de Lincoln, en Angleterre, était 
en même temps choriste à l'église du Cardi- 
nal (maintenant l'église du Christ), à Oxford. 
Il vécut dans la première moitié du seizième 
siècle. Son attachement pour la religion pro- 
testante, alors nouvelle, le fit emprisonner, 
avec John Frith et quelques autres adhérents 
à la réforme, dans un souterrain qui servait à 
conserver du poisson salé. L'air qu'on respi- 
rait dans ce souterrain était si pernicieux, 
qu'un des prisonniers en fut asphyxié. Frith 
fut condamné au feu et brûlé à Smithfield, en 
1533; mais Taverner, moins exalté que ses 
compagnons, et seulement accusé d'avoir ca- 
ché quelques livres hérétiques sur les tablettes 
de l'école où il enseignait, protégé d'ailleurs 
par sa réputation de musicien très-habile, fut 
rendu à la liberté. On n'a point d'autres ren- 
seignements sur la vie de cet organiste, qu'il 
ne faut pas confondre avec un autre Jean Ta- 
verner, professeur au collège de Gresham, qui 
vécut dans le même temps et prit à Oxford ses 
degrés en musique, mais qui n'a rien produit 
de relatif à cet art. L'organiste de Boston a 
laissé de sa composition plusieurs messes et 
motets qui se trouvent en manuscrit dans 
l'école de musique d'Oxford, parmi d'autres 
compositions de musiciens antérieurs au temps 
de la réformation, et qui vécurent sous le règne 
de Henri VII. Burney en a extrait le motet 
Dum transisset à cinq voix sur le plain-chant, 
qu'il a publié dans son Histoire générale de 
la musique (tome II, pages 557-559), ainsi 
qu'un canon à trois voix, pris dans la messe de 
Taverner : O Michael (ibid., pages 560-562). 
Hawkins a aussi publié l'antienne à trois voix : 
O splendor gloriœ, du même musicien (Ge- 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII. 



neral Historu ofthe science and practice of 
music, tome II, page 513). On trouvedes mo- 
tels de Taverner dans des recueils manuscrits 
du Muséum britannique, à Londres, cotés 
179, 226 et 227. 

TAYBER (Antoine), né à Vienne, le 
8 septembre 1754, passa sa jeunesse dans la 
chapelle électorale de Dresde. Après son retour 
dans la capitale de l'Autriche, il obtint, en 
1792, la place de claveciniste et d'adjoint de 
Salieri au théâtre de la cour. L'année suivante, 
il fut nommé compositeur de la chambre im- 
périale, et eut le titre de maître de musique 
des archiducs et archiduchesses. Le cardinal- 
archiduc Bodolphe, et les impératrices de 
France et d.i Brésil sont au nombre de ses 
élèves. Cet artiste estimable est mort à 
Vienne, le 18 novembre 1822. Au nombre de 
ses compositions, on cite le mélodrame Serbes 
et Mirabelle, l'oratorio la Passion de Jésus- 
Christ, la Conquête de Belgrade, tableau 
musical, trois quatuors pour deux violons, alto 
et basse, six marches, des menuets et danses 
allemandes, et quelques chansons. 

TAYBER (François), organiste et compo- 
siteur, né à Vienne, le 15 novembre 1756, 
parcourut dans sa jeunesse la Suisse, la Ba- 
vière et la Souabe, donnant partout des con- 
certs ; puis il s'attacha, en qualité de maître 
de musique, à la troupe ambulante d'Opéra 
dirigée par Schikaneder. Fatigué de cette vie 
nomade, il retourna à Vienne et y prit la direc- 
tion de la musique du théâtre sur la Vienne, 
que le même Schikaneder venait d'y fonder. 
Compositeur actif et doué d'une grande faci- 
lité, il écrivit pour ce théâtre et pour celui 
de Léopolstadt un très-grand nombre d'airs, 
duos, chœurs, finales, ouvertures, airs de 
danse, et les opéras : Alexandre , Der Schlaf- 
trunck (Le Narcotique), Scherodin und Al- 
manzor , le Télégraphe, Pfxndung und 
personnal-Arrest (La Saisie et l'Arrestation), 
Der Zerstreute (Le Distrait), Das Spinner- 
Jcreuz am Wienerberg (La croix du fileur à la 
montagne de Vienne), Arragio de Bene- 
vent, etc. Antérieurement à son retour à 
Vienne, il avait donné aux théâtres de Batis- 
bonne, de Freysing et d'Augsbourg, plusieurs 
petits opéras parmi lesquels on remarque : 
Charles d'Eichenhorst, et Laura Rosetti. 
L'oratorio de Jésus mourant a été un de ses 
derniers ouvrages. Tayber était considéré 
comme l'émule d'Albrechlsberger par son ta- 
lent sur l'orgue; son mérite en ce genre fut 
récompensé par sa nomination d'organiste de 
la cour impériale, le 13 août 1810; mais il ne 

13 



194 



TAYBER — TAYLOR 



jouit pas longtemps des avantages de cette po- 
sition, car il mourut le 22 octobre de la même 
année. 

TAYLOR (Brook), célèbre mathématicien 
anglais, naquit le 18 août 1685, à Edmonlon, 
dans le comté de Middlesex, près de Londres, 
et mourut le 29 décembre 1731, à l'âge de 
quarante-six ans. L'histoire de la vie et des 
travaux de ce savant n'appartient pas à ce dic- 
tionnaire. Je dirai seulement que la musique 
occupa une partie de sa jeunesse, qu'il s'y dis- 
tingua et qu'il y trouva des consolations dans 
ses dernières années. Le plus connu de ses 
ouvrages est le livre qui a pour titre : Mctho- 
dus incrementorum directa et inversa (Lon- 
dres, 1715 et 1717, in-4°). On y trouve le 
célèbre théorème connu sous le nom de son 
auteur, et que Lagrange a appelé le principal 
fondement du calcul différentiel, dégagé 
de toute considération d'infiniment petits 
ou de limites {Journal de l'Ecole polytechni- 
que, neuvième cahier, p. 5). C'est aussi dans 
ce même ouvrage que Taylor a donné (Propos. 
XXII, probl. XVII, page 86) une solution du 
problème de la corde vibrante, plus complète 
et plus satisfaisante que les solutions proposées 
avant la sienne. Mais les recherches de La- 
grange (voyez ce nom), consignées dans les 
Mémoires de V Académie de Turin (ann. 1759 
et 17C2), et surtout dans sa Mécanique ana- 
lytique, ont rendu inutile la solution de Tay- 
lor, trop arbitraire dans sa seconde partie. 
Taylor a aussi fourni un Mémoire sur le pro- 
blème de la corde vibrante dans le 28 e volume 
des Transactions philosophiques (pag. 26 et 
suiv.). 

TAYLOR (Jean), né près de Lancastre, en 
1694, fit ses études à l'université de Cambridge, 
et y obtint le doctorat en théologie. Il fut en- 
suite pasteur à Norwich, puis recteur d'une 
école à Warrington, où il mourut en 1761. Le 
G juillet 1730, il prononça, à Cambridge, un 
discours sur le langage musical, qui a été pu- 
blié sous ce titre : The Music speech, Londres, 
1730, in-8°. On a aussi de lui un livre d'an- 
tiennes en musique avec des observations con- 
cernant l'exécution delà psalmodie, intitulé : 
A Collection of tunes in various airs; with a 
scheme for supporting the spirit and practice 
of psalmody in congrégations; Londres, 
1750, in-8». 

TAYLOR (Richard), né à Chester, en 
1758, fut attaché à la chapelle calviniste de 
Londres. Il mourut dans cette ville au mois de 
février 1813. On a de ce musicien un recueil 
d'hymnes de Noël intitulé : The Christmas 



Ilymn, Londres, Longmann et Broderip, et 
une collection d'antiennes qui a pour titre : 
C'hurch Music for 3 voices, ibid. Le catalogue 
de Preslon (Londres, 1795) indique sous le nom 
de ce musicien : Beaulies of sacred verse, 
selected principally from the works of the 
Rev. Dr. Watts, Wesley, Dodridge and 
others eminent divine authors, with entire 
new Music, suited for the voice, organ, 
piano forte, etc., livres 1 et 2. Taylor a publié 
aussi un traité élémentaire de musique inti- 
tulé : The principles of Music at one view ; 
Londres, 1791, in-8°. Il a été fait plusieurs 
éditions de ce petit ouvrage. 

TAYLOR (Jacques), professeur de musi- 
que à Norwich, né dans cette ville, vers 1770, 
s'est fait connaître avantageusement par 
quelques morceaux relatifs à la musique, qui 
ont paru dans le Quarterly musical Review. 
Le premier, intitulé : Remarks on the minor 
key (Remarques sur le mode mineur), est in- 
séré dans le premier volume de cet écrit pério- 
dique (tome I, page 141); le second : On Mo- 
dulation (Sur la modulation, ibid., page 304); 
et le troisième sur les suites d'octaves et de 
quintes (t. II, p. 271). Taylor vivaitencore en 
1824; après cette époque, je n'ai point de 
renseignements sur sa personne. 

TAYLOR (Edouard), arrière-petit-fils du 
docteur Jean Taylor, célèbre philologue et 
théologien anglais, est né à Norwich, le 22 jan- 
vier 1784. Dès sa première jeunesse, il fit des 
études grecques et latines; mais son goût do- 
minant fut toujours celui delà musique. Les 
éléments de cet art lui furent enseignés par 
Charles Smyth, musicien plus renommé par 
ses excentricités que par ses talents; mais ce 
fut surtoutcomme enfantde chœur de la cathé- 
drale qu'il fit sa première éducation musi- 
cale, sous la direction du docteur de musique 
Beckwith. Quant aux connaissances qu'il acquit 
dans la théorie et l'histoire de la musique, 
ainsi que dans les langues et littératures 
allemande et italienne, il ne les dut qu'à ses 
études persévérantes et solitaires. La profes- 
sion de Taylor fut d'abord celle de marchand 
de fer, mais elle ne l'empêchait pas de cultiver 
le chant, pour lequel il avait une véritable 
passion. Doué d'une très-bonne voix de basse, 
il prenait part, comme amateur, aux concerts, 
à la musique religieuse de TheoctogonChapel, 
et était un des membres les plus actifs du Glee 
Club de Norwich. Son instrument principal 
était le basson, mais il jouait aussi de l'orgue 
et pouvait faire sa partie, dans les concert^, 
sur le hautbois et sur la flûte. Un chœur de sa 



TAYLOR — TEDESCO 



19: 



composilion, inlilulé Sound the Tymbal, fut 
exécuté à Hall-Concerts. Il fut un des princi- 
paux organisateurs du grand festival de Nor- 
wich, en 1824, et traduisit en anglais, pour 
cette circonstance, de grandes compositions de 
Spohr, Fr. Schneider, Mozart et Graun. Arrivé 
à Londres, en 1825, il s'y fit d'abord connaître 
comme basse chantante; mais ses connais- 
sances étendues dans la théorie et dans l'his- 
toire de la musique le firent choisir, après la 
mort de Stevens,pour remplir les fonctions de 
professeur de musique au collège deGresham. 
Son élection eut lieu en 1857. Dans l'année 
suivante, il publia ses trois premières lectures 
«l'installation dans cette place, sous le litre de 
Three inaugural Lectures, in-8°, où l'on 
trouve beaucoup de recherches et d'aperçus 
concernant la musique et dont la forme d'ex- 
position est d'une remarquable élégance. En 
1845, il publia, dans le recueil British and 
Foreign Review, un long article intitulé The 
English Cathedral Service, ils glory, Us 
décline, and its designed extinction (Le ser- 
vice anglais de musique d'église; sa gloire, son 
déclin et son anéantissement probable). Publi 
ensuite séparément en un volume in-8°, cei 
écrit fit une vive sensation en Angleterre. 
Ta y loi" fut le fondateur et le président du Purcell 
€kib, et fonda avec MM. le docteur Rimbault 
et Chappell la Musical antiquarian Society. 
11 fut aussi membre des sociétés de Glees, de 
Madrigaux et d'autres réunions musicales. En 
1840, pendant les mois d'avril, de mai et de 
juin, il a fait au collège de Gresham et à 
l'Institution royale de la Grande-Bretagne (Al- 
I)emarle streel) un cours de lectures fort inté- 
ressant, concernant l'histoire de la mnsique 
dramatique en Angleterre. C'est aussi lui qui 
a fait établir au collège de Gresham une bi- 
bliothèque publique de musique. Il a publié à 
•ce sujet : An address from the Gresham pro- 
fesser ofmusic to the patrons and lovers of 
the art, etc., une feuille imprimée à Londres, 
le 28 juillet 1858. Ses compositions consistent 
principalement en glees et chansons anglaises. 
Taylor a traduit en anglais les Quatre sai- 
sons de Haydn ; laMort de Jésus, de Graun, 
les oratorios de Spohr; le Dernier jugement, 
la Passion, la Chute de Babxjlone, le Dé- 
ZujedeSchneider et d'autres ouvrages du même 
genre. On lui doit aussi une collection d'airs 
populaires des provinces rhénanes, dont il a 
traduit les paroles en anglais, sous le litre 
Airs of the Rhine, avec une préface contenant 
une esquisse de la musique allemande; mor- 
ceau d'un style agréable. En 1826, il avait fait 



un voyage en Italie; deux ans après, il visita 
l'Allemagne. Cet homme estimable et zélé 
pour l'art est mort le 12 mars 1803, à Brent- 
wood, près de Londres, laissant une intéres- 
sante bibliothèque musicale, qui a été vendue 
à l'encan à Londres, en 18G4. 

TAYSNER. (Zacharie), fadeur d'orgues, 
naquit à Lobezin, dans la seconde moitié du 
dix-septième siècle, et s'établit à Mersebourg, 
où il vivait encore en 1702. Ses ouvrages 
principaux sont l'orgue de la cathédrale de 
Mersebourg, celui de la collégiale de Jéna, 
qu'il dut réparer quatre ans après l'avoir con- 
struit, et celui de Naumbourg. Les imperfec- 
tions de celui-ci lui en firent substituer un 
autre, quarante-trois ans après qu'il eut été 
achevé. 

TEDESCHI (Jean), surnommé AMA- 
DORI, fut un des meilleurs chanteurs for- 
més dans l'école de Bernacchi, à Bologne^ 
vers 1740 (1). Pendant plusieurs années, il fut 
attaché au service du roi de Naples, et eut en 
même temps l'entreprise du théâtre Saint- 
Charles. Pendant les années 1754 et 1755, il 
chanta à Berlin dans les opéras de Graun. De 
retour en Italie vers la fin de celte dernière 
année, il se fixa à Rome, et y fonda une école 
de chant. Il y vivait encore en 1775. 

TEDESCO (L.-C.-A.), né de parents ita- 
liens, à Luxembourg, vers 1807, étudia la mé- 
decine à l'université de Louvain, pendant les 
années 1827-1829, et y soutint, dans la der- 
nière année, une thèse sur l'emploi de la mu- 
sique dans la médecine, qui a été imprimée 
sous ce titre : De musica iatrica; Lovanii, 
1829, in-8° de vingt-sept pages. 

TEDESCO (Ignace-Amédée), pianiste et 
compositeur, né à Prague, en 1817, commença 
dans ses premières années l'étude du piano 
sons la direction de son père. Ses progrès sur 
cet instrument furent rapides, et les leçons 
qu'il reçut ensuite du maître de chapelle Trie- 
bensée le mirent en étal de se faire entendre 
en public dès l'âge de douze ans. A treize ans, 
il joua à Vienne avec succès ; puis il retourna 
à Prague, où il devint élève de Tomaschek 
pour le piano et la composition. En 1855, il 
visitaVienne pour la secondefois, y donna des 
concerts, et dans l'aimée suivante, il entreprit 
un voyage en Allemagne. Arrivé à Leipsick, 
il se fit entendre au concert du Geivandhaus, 
et fit admirer la délicatesse de son jeu. De re- 

(I) C'est parerreurqu',4wM</or((Joseph), compositeur 
qui vivait au commencement du dix-huiliéme siècle, a 
été confondu avec Ce chanteur, comme élève de Ber- 
nacchi. L'école de celui-ci n'existait pas alors 

13. 



19G 



TEDESCO — TELEMANN 



tour à Prague, en 1840, il ne s'y arrêta que 
peu de temps, ayant pris la résolution de 
voyager dans le sud de la Russie. A Lemberg, 
à Czernowilz et à Jassy, il donna de brillants 
concerts; puis il s'arrêta à Odessa, où il se li- 
vra à l'enseignement du piano jusqu'en 1847. 
Dans le cours de' cette année, il retourna à 
Prague, puis voyagea en Hongrieetdonna «les 
concerts à Presbourg. Arrivé à Hambourg, en 
1848, il y séjourna quelque temps; puis il re- 
tourna à Odessa. Suivant le Handlexikon der 
Tonkunst de Charles Gollmick, Tedesco était 
à Londres en 1856. Cet artiste a publié un con- 
certo pour le piano avec orchestre qu'il a fait 
entendre dans ses voyages, des caprices de 
concert, un grand nombre de pièces de salon, 
tellesque mazurkes, nocturnes, grandes valses, 
rhapsodies, transcriptions, chansons bohé- 
miennes variées, etc. 

TEGHI (Pierre DE), célèbre luthiste de 
Padoue, vécut dans la première moitié du sei- 
zième siècle. Il est connu par les ouvrages 
inslilulés : 1° Carminum ad testudinis vsum 
compositorum liber tertius ab excellenlis- 
simo artifice Petro Teghio Patauino ele- 
gantissime concinnatus; Lovanii, apud 
Petrum Phalesium bibliopolam juratum, 
anno Domini 1547. 2° Des chansons et Mo- 
telz reduicts en tabvlatvre de Luc (sic) a 
quatre, cinqueetsixparties, livre troisiesme. 
Composées par lexcellent maistre Pierre di 
Teghi Paduan; A Lovvain , par Pierre 
• Phaleys libraire iure, nel an de grâce 1547. 
Avec grâce et priuilege a trois ans. 

TEICHM CILLER (K.-W.), violoniste, 
flûtiste, guitariste et professeur de musique à 
Brunswick, vers 1850, s'est fait particulière- 
ment remarquer par son talent sur la guim- 
barde (Mundharmonicà). On a gravé de sa 
composition : 1° Andanie varié pour violon, 
avec un second violon ad libitum; Ham- 
bourg, Cranz. 2° Variations pour guitare, 
violon et flûte, op. 3; Leipsick, Breitkopf et 
llpertel. 3° Polonaise pour violon ou flûte et 
guitare, op. 4; ibid. 4° Variations pour vio- 
lon, flûte et guitare, op. 6; Brunswick, Spehr. 
5° Pot-pourri pour flûte et guitare, op. 7; 
Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 6° Premier noc- 
turne pour guitare, violon et flûte. 

TEIXIDOR (Don José), organiste de la 
chapelle royale de Madrid, né à Ceros, en Ca- 
talogne, fut nommé organiste et vice-maitre de 
celte chapelle, le 4 août 1778, en remplacement 
de Nebra. Il mourut à la fin de 1814ou au com- 
mencement de 1815. On a conservé dans les 
archives de cette chapelle une messe à huit voix 



intitulée Eripe me Domine ab homine malo, 
datée de 1779; une autre, également à huit 
voix, sous le litre : Soli Deo honor et glovia, 
écrite en 1780, et des vêpres à huit voix com- 
posée en 1781, toutes de la composition de ce 
mailre, de qui l'on a aussi le premier volume 
de l'ouvrage intitulé : Discursos sobre la his- 
toria universal de la musica ; Madrid , 
1804, un vol. in-4°. 

TEIXEIUA (Antoine), compositeur por- 
tugais, naquit à Lisbonne, en 1707, et fut en- 
voyé à Rome, dans sa neuvième année, pour y 
étudier le chant et le contrepoint. De retour 
à Lisbonne, en 1728, il y obtint les titres de 
premier chantre et d'examinateur «les chan- 
teurs à l'église patriarcale. Parmi ses compo- 
sitions, restées en manuscrit, on remarque : 
1° Te Deum laudamus à vingt voix avec in- 
struments, qui fut exécuté en 1734. 2° Te 
Deum à neuf voix. 3° Psaumes, offertoires,, 
lamentations et motets à quatre et huit voix, 
avec et sans instruments. 4° Miserere à huit 
voix, avec accompagnement. 5° Plusieurs opé- 
ras. 6° Messe à huit voix. 7° Messe à quatre 
voix. 8" Psaumes des vêpres à quatre voix 
pour l'église portugaise de Saint-Antoine, à 
Rome. 

TELEÎWAIVIV (Georges-Philippe), compo- 
siteur célèbre, naquit à Magdebourg , le 
14 mars 1681, et fit ses éludes, jusqu'en 1700, 
aux écoles de celle ville, et à celles de Zeller- 
feldt et de Hildeshcim. Il avait appris, dans la 
première, les éléments de la musique; mais- 
loulcson éducation musicale fut bornée à ces 
connaissances préliminaires; il ne dut qu'à 
lui-même et à la lecture des ouvrages des meil- 
leurs compositeurs l'habileté qu'il acquit par 
la suile. Dès l'âge de douze ans, il avait écrit 
un opéra, dont une partition de Lully avail été 
le modèle; car, à celle époque, la musique 
dramatique était peu avancée en Allemagne r 
son ouvrage fut représenté sur les théâtres de 
Magdebourg et de Hildeshcim. En 1700, Tele- 
mann se rendit à Leipsick pour y suivre les 
cours de l'université, et y apprit les langues 
française, italienne et anglaise, qu'il parlait 
encore fort bien quarante ans après. En 1701, 
on lui avait confié les places de directeur de 
musique et d'organiste de la nouvelle église; 
toutefois, lesoccupalionsqu'elles lui donnaient, 
ne le détournèrent point de ses éludes. La 
place de maître de chapelle du comte de Proni- 
nitz, à Sorau, lui ayant été offerte en 1704, if 
l'accepta. Arrivé dans cette ville, il s'y lia 
d'une intime amitié avec Printz (voyez ce 
nom), qui y remplissait alors les fondions de. 



TELEMANN 



197 



cantor. Ce fut parles conseils de ce savant mu- 
sicien que Telemann se livra avec ardeur à 
l'élude du style de Lully et des autres compo- 
siteurs de l'école française. Un voyage qu'il fit 
à Paris, en 1707, et son séjour dans cette ville 
pendant huit mois, achevèrent de donner à 
son goût la direction de cette école. Toutefois, 
il le modifia par une tendance vers une harmo- 
nie plus forte, et par des modulations plus pi- 
quantes dont il reçut l'impulsion à Berlin, où 
il demeura quelque temps. Appelé à Eisenach, 
en 1708, en qualité de maître de concert, il y 
succéda plus tard à Hebenslreit (voyez ce nom) 
dans la place de maître de chapelle. Trois ans 
après, il reçut sa double nomination de maître 
de chapelle de l'église des Récollets et de celle 
. de Sainte-Catherine, àFiancfort-sur-le-Mein. 
Il se rendit dans cette ville, conservant toute- 
fois le titre et les émoluments de maître de 
chapelle de la cour d'Eisenach, à la condition 
d'y envoyer chaque année un certain nombre 
de compositions nouvelles. Après quatre an- 
nées de séjour à Francfort, Telemann céda aux 
instances du margrave de Bayreuth, et prit la 
direction de sa chapelle, sans perdre son titre 
à Eisenach. Enfin, en 1721, une place dedirec- 
teur de musique lui fut offerte à Hambourg; 
il l'accepta et en remplit les fonctions pendant 
quarante-six ans, conservant toujours celles 
de maître de chapelle des cours d'Eisenach et 
de Bayreuth. Dans cette longue carrière, il 
déploya une prodigieuse activité, et produisit 
une si grande quantité d'ouvrages, qu'il est 
peu de compositeurs allemands qu'on puisse 
lui comparer pour la fécondité. Il grava lui- 
même à l'eau-forte et au burin une partie de 
•ses productions sur les planches de cuivre ou 
■d'élain, et fit imprimer' les autres avec les an- 
ciens types de Hambourg. Il mourut danscelte 
■ville, le 25 juin 1707, à l'âge de quatre-vingt- 
six ans. 

Le nombre des compositions de Telemann 
était si considérable, que lui-même n'en pou- 
vait indiquer tous les titres. Dans celles qu'on 
connaît, on remarque: 1° Plus de douze années 
entières de musique d'église pour tous les di- 
manches et fêtes, formant environ trois mille 
morceaux avec orchestre ou orgue. 2° Qua- 
rante-quatre musiques pour la Passion, de- 
puis 1722 jusqu'en 1707. 5° Trente-deux mu- 
siques inaugurales pour des installations de 
prédicateurs, depuis 1728 jusqu'en 1706. 
4" Trente-trois solennités