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"The search for truth even unto its innermost parts'
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The Gift of
SADYE RUBIN MARANTZ LEE
The National Women's Committee
of Brandeis University
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BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
TOME HUITIÈME
lYl'OCKAl'HIt DE H. FIHHIN U1DOT. — MB&NIL (EURE).
BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
ET
BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE
I
DEUXIEME EDITION
ENTIÈREMENT REFONDUE ET V (CM ENTÉE l>F. PLUS I>F MOITIÉ
PAR F'. J. FETIS
MAITRE DE CHAPELLE DU lfoi I)KS BKLGBS
directeur nu conservatoire royal de musique re druxem.es. itc
TOME HUITIÈME
PARIS
LIBRAIRIE DE F1RMIN D1DOT FRÈRES, FILS ET C
IMPRIMEURS DE L'iNSTITUT, RUE JACOB, 5fi
1867
Tou= droits réservé?;.
Musio
Eeferenoe
BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
s
SEBASTIAN I (Jean), mailrede chapelle
de l'électeur de Brandebourg, né à Weimar,
dans la première moilié du dix-septième
siècle, a publié de sa composition une Passion
à cinq voix et six instruments, avec basse con-
tinue, Kœnigsberg, 1672, in-fol. On connaît
aussi sous son nom un recueil de chansons
spirituelles et mondaines intitulé : Geist-und
weltliche Lieder in Melodien gesetzt ; Ham-
bourg, 1675, in-fol.
SEBASTIANI (Ferdinand), virtuose sur
la clarinette, est né à Naples, vers 1800. An-
cien élève du collège royal de musique de
cette ville, il y devint professeur de son
instrument, et occupa en même temps la place
de première clarinette solo du théâtre de
Saint-Charles. En 1828, il a fait un voyage à
Taris, et s'y est fait entendre avec succès. On a
gravé de sa composition : première et deuxième
fantaisies pour clarinette et piano, sur des
motifs d'opéra; Paris, Pacini ; Cavatine de
Norina, variée pour clarinette et piano ;
Milan, Ricordi.
SÉBASTIEN (Claude), de Metz, ainsi
désigné parce qu'il était né dans cette ville,
y était o.rganisle vers le milieu du seizième
siècle. Il n'est connu que comme auteur d'un
livre rare et singulier, intitulé : Bellum musi-
cale, inler plani et mensui-abilis cantus
reges, de principalu musicx provincia ob-
tinettdo contendentes; Argenlorati, exofllcina
Machœropœi, 1553, in-4° de vingt et une
feuilles. A la fin du frontispice, on lit : Habes,
candide leclor, in fwc bello musical», non
solum omnes controversias musicorum hinc
inde agitalos, verum eliam quidquid in
arlificium ipsius musices perlinet , opus suis
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. MM.
Mue""
Heference
91462
fiauris et notis illustratum, quale anlehac
neque visum neque audilum. Celte préten-
tion de Sébastien est assez mal fondée, car on
ne trouve rien dans son ouvrage, concernant
la musique mesurée, qui ne soit dans ceux de
plusieurs auteurs antérieurs, notamment dans
les livres de Gafori et d'Ornithoparcus (voyez
ces noms). Deux autres éditions, datées de
1565 et de 1568, in-4°, ont été publiées égale-
ment à Strasbourg. L'édition de 1563 est à la
Bibliothèque impériale de Paris. Quelques
exemplairesdecelle-ci portent la date de 1564.
Le livre de Sébastien est une plaisanterie sé-
rieuse sur les discussions agitées de son temps
concernante prééminencedu plain-chautetde
la musique mesurée. Ilsupposeque la musique
est un pays divisé en plusieurs provinces, dont
il décrit la situation, ainsi que la frugalité et
les mœurs des habitants. Deux frères régnent
l'un sur la province du plain-chant, l'autr.-
sur celle du chant figuré : généalogie de ces
princes. L'envie et l'ivrognerie brouillent les
deux frères. Chacun d'eux publie un manifeste
et se prépare à la guerre. Plusieurs nations
viennent au secours du roi du plain-chant ; le
pape, les cardinaux, évêques, abbés, cha-
noines, et même les ministres luthériens avec
leurs femmes, fournissent leur contingent. Les
paysans avec des fourches, des haches et des
faux, enfin une troupe de racleurs et de gens
qui chantentfaux se rangent sous les drapeaux
de la même armée. Celle du roi du chant figuré
est composée des mesures, des modes, des
temps, des prolations. Ces princes du sang
commandent chacun un corps de troupes com-
posé de notes rangées en ordre de bataille
suivant leur espèce. Les discanls (dessus),
1
SEBASTIEN — SECHTER
ténors et basses sonl les troupes auxiliaires.
Lamentation de tout le peuple musical à rap-
proche de la guerre. Dispositions des chefs
pour la bataille générale. Le combat s'en-
gage : quelques notes y reçoivent tant de con-
tusions, qu'elles deviennent toutes noires. Les
succès se balancent d'abord des deux côtés et
semblent un instant favoriser l'armée du
plain-chant; mais la victoire se décide enfin
pour le roi de la musique mesurée. Les deux
frères se réconcilient; des plénipotentiaires
sont nommés de part et d'autre; ils fixent les
limites de chaque royaume. L'ouvrage est ter-
miné (depuis le chapitre 29 e jusqu'au 50 e ) par
des définitions et explications des parties prin-
cipales de chacun des deux genres de musique,
que Sébastien a extraites en grande partie du
trailéd'Ornilhoparcus.Le livre est précédé par
une bonne et savante préface. Sébastien a eu
quelques imitateurs dans le genre de la plai-
santerie de son ouvrage. Voyez Sartoiuus
(Érasme) et B«iir (Jean).
SEBEIVICO(D.-Jean), professeur de chant,
bon ténor et compositeur, naquit à Venise vers
le milieu du dix-septième siècle. Il fut élève
de Legrenzi (voyez ce nom). Attaché d'abord
comme chanteur à la chapelle de Saint Marc,
il fut ensuite maître de chapelle à Cividale,
dans le Frioul. En 1692. il fil représenter au
théâtre S. Giovanni e Paolo, de Venise, son
opéra intitulé V Oppressa sollevato. Il a laissé
en manuscrit de la musique d'église.
SECANILLA (D.- François), compositeur
et écrivain espagnol sur la musique, naquit le
4 juin 1775, dans la petite ville de Corollera,
diocèse de Saragosse. Il fit son éducation mu-
sicale comme enfant de chœur à l'église
Notre-Dame del Pilar, de Saragosse, y eut
pour maître de chant José Gil de Palomas, et
apprit la composition sous la direction de
Xavier Garcia. En J797, il obtint au concours
la place de maître de chapelle de la cathédrale
d'Alfano, qu'il échangea, en 1800, pour celle
de la cathédrale de Calahorra,dans la province
de Logrono. Il yobtint un canonicat, en 1823,
et y mourut le 26 décembre 1852. Musicien
instruit, il a écrit beaucoup de messes,
hymnes, motets, Vilhancicos (chants de Noël).
M. Eslava (voyez ce nom) a publié une des
messes de Secanilla, dans la seconde série de
la Lira SacroHispana (dix-neuvième siècle).
Le chanoine Secanilla a laissé en manuscrit
divers traités de musique en langue espagnole,
à savoir : 1° Théorie générale de la formation
de l'harmonie, et, en particulier, de la pré-
paration et de la résolution des dissonances.
2° Des effets de la musique. 5" Tableau des
accords. 4° Méthode théorique et pratique
pour composer la musique dans le style
moderne.?)" Caractère de la musique d'église.
6° Traité des propriétés des modes, des voix
et des instruments. 7° Traité de la décadence
de la musique. 8° Opinion sur le système de
Guido (d'Arezzo). 9° Observations contre la
Génophonie de finies. 10" Notes curieuses
comme additions à la Escuela de. Musica du
P. Nassarc.
SECHTER (Simon), organiste de la cour
de Vienne, est né le 11 octobre 1788, à Fried-
berg, en Bohême. Il était déjà âgé de onze ans
lorsqu'il reçut les premières leçons de mu-
sique, et lorsqu'il fit ses premiers essais de
composition, il ignorait absolument la théorie
de l'harmonie. En 1804, il se rendit à Vienne,
où son compatriote Kozeluch, et Hartmann,
élève de Streicher, lui donnèrent quelques
leçons de piano. Après sept années d'une exis-
tence précaire et pénible, Sechter obtint la
place de maître de musique à l'institut des
aveugles; puis l'abbé Sladler, qui avait ap-
précié son mérite, le fit entrer à la chapelle
impériale, en qualité de surnuméraire. Dans
la suite il y obtint la place d'organiste, qu'il
occupa longtemps. Parmi les œuvres de
Sechter, on remarque : 1° Quatuor pour deux
\iolons, alto et basse; Vienne, Pennauer.
2° Les quatre tempéraments, plaisanterie
musicale pour deux violons, alto et basse, op. 6;
Vienne, Cappi. 5° Trois fugues pour piano ou
orgue, op. 1; ibid. 4" Trois idem, op 2; ibid.
5° Vingt-quatre versets pour l'orgue, op. 3,
ibid. 6° Trois fugues idem, op. 4, 5, ibid.
7° Six préludes idem, op. 8; ibid. 8° Trois
fugues idem, op 9; ibid. 9° Douze versets et
une fugue, idem, op. 12; ibid. 10° Prélude,
fugue, canon et rondo, op. 15; ibid. 11° Six
préludes, idem, livre II, op \4\ibid. 12° Ca-
nons idem, op. 15; Vienne, Mechelli. 13° Deux
thèmes de Mozart, traités en contrepoint,
op. 17; ibid. 14° Trois fugues, op. 20; Vienne,
Cappi. 15° Trois préludes, op. 21; Vienne,
Pennauer. 16° Trente-deux versets faciles pour
l'orgue, op. 22; Vienne, Cappi. 17° Deux
fugues sur la mélodie du cantique : Grosser
Gott, wir loben dich, op. 48; Vienne, Dia-
belli. 18° Vingt fugues sur des chants d'église,
op. 50; ibid. 19° Vingt-quatre préludes dans
tous les tons, op. 52; Vienne, Arlaria.
20° Fugue funéraire pour les obsèques de
l'abbé Stadler, op. 55; Vienne, Diahelli.
21° Deux préludes, dans le style de Palestrina,
op. 56; ibid. 22° Deux fugues, op. 61; Vienne,
SECHTER — SEDOTI
Mechelti. 2ô" Plusieurs cahiers de variations
pour le piano. 24° Messe brève à quatre voix,
petit orchestre et orgue, op. 1S(en fa); Vienne,
Cappi. 2!5° Messe avec un Tanlum errjo, gra-
duel et offertoire, pour soprano et alto avec
orgue, op. 54; Vienne, Diahelli. 20° Des
chants à plusieurs voix avec accompagnement.
27 n Wichtiger Beitrag zur Fingersetzung
bei dem Piano forte-spielp etc. (Essai impor-
tant sur le doigter et le jeu du piano, etc.),
op. 43] Vienne, Tresenlzky. Outre ses ouvrages
publiés, Sechter a en manuscrit environ vingt-
cinq messes avec les graduels et offertoires,
dont deux dans le mode phrygien, des gra-
duels, Te Deum, et beaucoup de pièces d'or-
gue, un concerto pour piano, etc. Sechter a
formé beaucoup d'élèves pour la composition
«t a publié un bon ouvrage intitulé : Die
Grundsxtze der musihalischen Komposilion
(Les principes purs de la composition musi-
cale); Leipsick, Breilkopf elllaîrlelj 1853-1854.
trois vol.gr. in 8°.
SECKEISDORF (Chaules-Sigismond, ba-
ron DE), ambassadeur du roi de Prusse au
cercle de Franconie, naquit à Erlangen, le
26 novembre 1744, et mourut à Anspach, le
26 avril 1785, peu de temps après sa nomina-
tion d'ambassadeur. II a fait imprimer à Wei-
mar trois recueils de chansons avec accompa-
gnement de piano, de sa composition, en 1779,
1780 et 1782. On connaît aussi sous son nom,
en manuscrit, six quatuors pour deux violons,
alto et basse.
J'ignore si madame Caroline de Seckendorf,
auteur de plusieurs compositions pour le piano
et le chant, est fille ou femme de ce seigneur.
On a gravé sous ce nom : 1° Variations sur
un air autrichien, pour piano seul; Berlin,
Concha. 2° Six chansons allemandes avec
accompagnement de piano; Augsbourg, Gom-
barf. 3° Douze idem; Leipsick, Breilkopf et
Hsertel.
SEDLAZEK (Jean), virtuose sur la flûte,
est né le 6 décembre 1789, à Ober-Glogau,
dans la Silésie. Fils d'un tailleur, il apprit
d'abord la profession de son père, et se livra à
l'étude de la flûte dans ses moments de loisir.
A l'âge de vingt et un ans, il se mit à voyager
comme garçon tailleur. A Troppau, il travailla
chez un maître qui lui procurait quelquefois le
plaisir d'aller au théâtre entendre les opéras
qu'on y représentait. De là il se rendit à 01-
mtltz, puis à Brunn, et enfin à Vienne, où il
commença à substituer la carrière de la mu-
sique à sa profession de tailleur, en se faisant
employer comme flûtiste dans des sérénades
et des bals. Son talent s'élanl développé par
l'exercice, il put entrer dans un orchestre, et
dès lors il renonça à toute antre occupation
que celles de sa nouvelle profession. Bientôt
son nom acquit de la célébrité, et son habileté
surla flûte ne fut plus contestée. Il commença,
en 1818, à parcourir l'Allemagne pour y
donner des concerts, puis visita l'Italie, joua
«levant les souverains rassemblés au congrès
de Vérone, et se rendit à Naples, en 1820.
Après trois années de séjour en celte ville, il
s'embarqua pour la Sicile, en 1823. Un trem-
blement de terre l'obligea à quitter Païenne
pour se rendre à Rome pendant la semaine
sainte. De retour à Naples, il s'y fit entendre
avec de brillants succès, ainsi qu'à Florence,
à Modène, à Parme, à Gênes, à Turin, à Ve-
nise, à Trieste et à Vienne, d'où il alla visiter
ses parents, dans sa ville natale. Puis il se
rendit à Paris, où il fit peu de sensation. En
1820, il s'est fixé à Londres, où je l'ai entendu,
en 1829. Il s'y est marié peu de temps après.
Sedlazek avait une grande volubilité dans les
traits brillants, mais il était inférieur aux ha-
biles flûtistes français pour la qualité du son et
pour le style. On n'a publié de Sedlazek que
des variations sur l'air God save t lie King, des
contredanses pour deux flûtes , et quelques
autres bagatelles.
SEDLEZKI (Jean-Balthazar), luthiste,
né à Augsbourg, en 1727, s'est fait connaître
par diverses compositions pour son instru-
ment, qu'on trouvait autrefois en manuscrit
chez Lotter à Augsbourg et chez Breilkopf.
Cet artiste vivait encore sans emploi à Augs-
bourg, en 1771. .
SEDMICK (....), bon fadeur d'orgues de
la Bohême, vivait à Prague dans la seconde
moitié du dix-huitième siècle. Ses principaux
ouvrages sont : 1° Le grand orgue des Domini-
cains, à Prague, qui, après la suppression du
couvent, fut transporté à Trautenau. 2° Un
bon orgue à l'église Saint-Laurent de Reichen-
berg, achevé en 1769.
SEDOTI (Joseph), habile sopraniste, né
en 1710, à Arpino, petite ville du royaume de
Naples, étudia dans l'école de D. Gizzi, et fut
compagnon «lu célèbre Gizziello. Après avoir
chanté à Rome, et sur les divers théâtres
d'Italie et en Angleterre, il se retira dans sa
pairie, où il mourut en 1780.
SEDOTI (le chevalier Philippe), proba-
blement de la même famille que îe précédent,
naquit à Arpino, en 1716, et mourut dans la
même ville, en 1784. Après avoir étudié le
chant sous D. Gizzi, il passa au service de Fré-
1.
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SEDOTI - SEEGR
déric le Grand, roi de Prusse, et resta attaché
à cette cour pendant vingt-neuf ans.
SEDULIUS (Caïus-C>ïlius), prêtre et
poète, vécut dans le cinquième siècle de l'ère
chrétienne. Trithème l'a fait naître en Irlande,
d'autres en Ecosse, et même en Espagne; mais
on ne possède aucun renseignement certain
sur son origine. On lui doit un poème sur les
miracles de Jésus-Christ, intitulé : Paschuh
Carmen, <|ui a été imprimé plusieurs fois. On
lui attribue aussi les paroles et le chant de
l'hymne J solis orlus cardine.
SEEIÎ.VCH (Jean-André), né àTiefenthal,
près d'Erfnrt, le 14 janvier 1777, montra
«lès son enfance d'heureuses dispositions pour
la musique, et en apprit avec facilité les élé-
ments, sous la direction de son père. A l'àgede
treize ans, il reçut des leçons d'orgue de
Killel {voyez ce nom); mais il ne put rester
longtemps sous la direction de cet excellent
maître, car au mois d'octobre 1791, il dut
entrer pour cinq ans chez le musicien de ville
Rose, à Ronnebourg. Admis, en qualité de cor,
à l'orchestre du théâtre de M.igdebourg, en
I79G, il y (il la connaissance de Pillerlin et de
Zacharie, qui lui enseignèrent l'harmonie et
le contrepoint. I>i 1799, Seebach fut nommé
organiste du couvent de Birge, et vers le mi-
lieu de 1815, il obtint la place d'organiste de
l'église Saint-Ulrich, à Magdehourg, et la con-
serva jusqu'à sa mort, arrivée le 28 juin 182-3.
Seebach était bon organiste, pianistedislingué,
et jouait bien du violon, <le l'alto et du violon-
celle; mais il brilla surtout comme directeur
d'orchestre dans les concerts de la loge des
francs-maçons. On ne connaît delà composi-
tion de cet artiste que quelques chorals, des
compositions maçonniques, et de petites pièces
d'orgue.
SEE3.ER (Nicolas), organiste et construc-
teur d'orgues à Rcehmhild, dans le duché de
Saxe-Meinungen, naquit à Hayna, près de
cette ville, en 1680. Après avoir fréquenté
l'école de son pays natal, depuis l'âge de cinq
ans jusqu'à onze, il reçut jusqu'à sa quinzième
année des leçons de l'organiste Jean-Gunlher
Harrass, pour le clavecin. Il se livra ensuite à
l'élude de la construction des orgues, et y de-
vint fort habile. En 170. v >, on lui offrit une
place d'organiste à Amsterdam, mais le duc
Henri de Rœhmhild lui ayant offerl à la même
époque la place de musicien de la cour, réunie
à celle d'organiste de la ville, il préféra celle
position, qui lui permettait de rester dans sa
patrie. II mourut à Rœhmhild, au mois d'avril
1739, laissant en manuscrit deux années com-
plèles de musique d'église. Comme facteur
d'orgues, il a construit cinquante-six instru-
ments dans le duché de Saxe-Meinungen ainsi
que dans les principautés de Wtlrzbourg, de
Bamberget de Hildburghausen.
SEEGK (Joseph), dont le nom a été défi-
guré en ceux de SEGEU, S.EGEU et ZE-
REHT, fut un des meilleurs organistes de
l'Europe, vers le milieu du dix-huitième siècle.
Il naquit en 1710, à Rzepin, près de Melnik,
en Bohême. Il apprit si jeune les éléments de
la musique, qu'il n'avait lui-même conservé
aucun souvenir de sa première éducation mu-
sicale. Il trouva dans cet art les ressources né-
cessaires pour aller faire ses éludes littéraires
à Prague, où il obtint le grade de bachelier es
lettres au collège des Jésuites. Après avoir
achevé ses humanités, il prit la résolution de
se livrer exclusivement à l'élude de l'orgue et
de la composition : son premier mailre fut
un franciscain, très-habile organiste, nommé
Bohuslaw Czernohorsky, qui lui communiqua
pour son instruction les livres de Fux et de
Berardi, ainsi que les compositions de Pales-
trina, Marcello et Caldara. Les partitions de
ces grands maîtres furent la source où Seegr
puisa les connaissances les plus solides dans
l'art d'écrire. Jeune encore, il était déjà l'or-
ganiste le plus remarquable de la Bohême. Il
avait obtenu une pi ace de second violon à l'église
Saint-Martin ; elle lui procura de fréquentes
occasions d'entendre l'excellent organiste
Zacb, qui était attaché à celle église. Lorsque
Zach s'éloigna de Prague, il déclara haute-
ment que Seegr était le seul organiste de cet le
ville qui pût le remplacer. Ce fut lui, en effet,
qu'on choisit pour cet emploi, et pendant cinq
ans il fut à la fois organiste de Saint-Martin,
et premier violon de l'église dans le Thein.
Pendant quarante et un ans il remplit ensuite
la place de premier organiste de celte der-
nière, à laquelle il joignit, pendant trente-sept
ans, celle d'organiste de l'église îles Frères de
la Croix. Lorsque l'empereur Joseph II visita
Prague, en 1781, il fut si charmé du talent de
Seeyr, qu'il voulut l'attacher à sa cour; mais
lorsque la nomination de l'artiste parvint à
Prague, Seegr avait cessé de vivre, le 22 avril
1782. à l'âge de soixanle-six ans. De magni-
fiques funérailles lui furent faites; lous les
artistes de la Bohême s'étaient fait un devoir
d'y assister : à leur tête se trouvaient ses élèves
Missliwezcck, Jean Rozeluch, Koprziwa, Ku-
charz, Skrydaneck, elc. Touie la colleclion de
musique de Seegr, ainsi que ses compositions,
devinrent l'héritage. de son gendre Fièbigj
SEEGR — SEGNI
mais le directeur «le concert Ernsl, «le Gotha,
lit rac(|iiisilion de toutes ses pièces d'orgue,
et les confia à Ttlrk (voyez ce nom), pour les
publier. Elles étaient en trop grand nombre
pour qu'on put les l'aire paraître toutes à la
fois; Ttirk fit un choix de huit loccates et fu-
gues, qu'il publia, en 1794, chez Breilkopf, à
Leipsick, comme un spécimen du talent de
Seegr, annonçant <|ue ce cahier serait suivi de
plusieurs autres. Les circonstances n'étaient [tas
favorables au moment de celle publication; elle
eut peu de succès, en sorte que les autres ca-
hiers neparurenlpas.Le mérilequi brille dans
les pièces de ce recueil fait vivement regretter
que les autres morceaux du même artiste
n'aient pas vu le .jour. On a cependant publié
à Prague, chez Berra, et à Leipsick, chez Hof-
nieister, un recueil de préludes d'orgue de cet
excellent artiste.
SEEE (Jacques), pasteur à Unterbrunn,
vécut dans la première moitié du dix-septième
siècle. Il a fait imprimer de sa composition le
quatrième psaume «le David, à huit voix ; Co-
bourg, 1631, in-4°.
SEELEIV (Jean-Heniu DE), savant philo-
logue, né le 8 août 1C88, à Asel, près de
Brème, fit de brillantes éludes au gymnase de
Stade, puis fui professeur de grec et de latin
dans le même collège. En 1713, la place de
recteur à Flensbourg lui fut confiée, et cinq
ans après il alla occuper le même posle à Lu-
heck, où il mourut, le 21 octobre 1762. Parmi
les nombreux écrits «le ce savant, on trouve
une dissertation intitulée: Programma Prin-
cipem Musicum, ex sacra et profana histo-
ria, exliibens; Flensbourg, 1715, in-4° de
trois feuilles. Cet écrit a été réimprimé par
Olaiis Moller dans ses Orationes de erudilis
musicis; Flensbourg, 17I5,in-4°. On le trouve
aussi dans les Miscellanea de Seelen (Luheek,
1756, in-8°, p. 540-581). On a aussi de ce sa-
vant une dissertation qui a pour litre : Jf/usa-
rum ac Musiez felix conjonctio illuslri
exemplo Auguslini antistitis Hipponensis
declarala; Lubeck, 1756, in-4°.
SEELMANN (Auguste), né à Dessau vers
1812, a fait ses éludes musicales sous la direc-
tion de Frédéric Schneider. A sa sortie de
l'école de ce maître, il a obtenu sa nomination
d'organiste «le l'église de la ville nouvelle et
de professeur de musique à la maison des or-
phelins. On connaît de sa composition :
1° Deux petites fugues pour l'orgue, publiées
par Kœrner, à Erfurl. 2° Quatre Lieder pour
un choeur d'hommes, op. 5; Magdebourg,
llciniiclisliol'en. 5° Le psaume 116" ,e (Pas
ist mir I.ieb, dass der Herr) pour quatre voix
d'hommes, op. 4; ibid. 4° Schutz und Trutz
(Protection et Alliance), chant pour quatre
voix d'hommes, op. 8 ; Leipsick, Siegel.
SEGER (Jean-Ernest), docteur et profes-
seur de théologie à Kœnigsberg, naquit dans
cette ville, le 2 janvier 1675. Il mourut, le
3 septembre 1719, avec le titre de pasteur de
la vieille ville, à Kœnigsberg. On a de lui un
livre intitulé : Pe ludis scenicis (Kœnigsberg,
1702, in-8°), où l'on trouve quelques détails
concernant la musique de théâtre chez les an-
ciens.
SEGNI (Jules), appelé communément
GIULIO DI MODENA, parce qu'il était
né à Modène, en 1498, fut organiste et clave-
ciniste célèbre, dans la première moitié du
seizième siècle. Vincent Lusignani (voyez ce
nom), son oncle, fut son instituteur dans
toutes les parties de la musique. Le 10 no-
vembre 1550, il fut nommé organiste du pre-
mier orgue à l'église ducale de Saint-Marc, à
Venise. Son nom est altéré, dans les registres
de celte église, en celui de Giulio Segnal.
Segni ne garda cette position que jusqu'au
29 mars 1555, ayant été appelé alors à Rome
par le cardinal de Santa-Fiora, qui l'aimait et
l'attacha à son service. Segni cessa de vivre à
Rome en 1561, à l'âge de soixante-trois ans.
Le cardinal, son patron, fit placer sur sa
tombe une épitaphe honorable, dans l'église
Saint-Biaise de la Strada Giulia. François
Doni cile «le cet artiste, dans sa Libreria
(p. 66) : Ricercati , intabolatura di organi
et di liuto, in Fenetia. Cosme Barloli parle
du talent de Segni avec les plus grands
éloges (1), et dit qu'il est plus remarquable
encore sur les clavecins, épinettes, etc., que
sur l'orgue : Raro e vayo, dit-il, è il suonare
di Julio, ma egli vale molto più in su gli
instrumenli da penna che in su gli organi.
Il ajoute à ces éloges diverses anecdotes qui
prouvent que le talent de cet artiste produisait
des effets extraordinaires sur les personnes
qui l'entendaient. Parmi ces anecdotes, celle-
ci surtout mérite d'être rapportée : « Le mar-
» quis del Fasto, arrivé en posle à Rome, se
» rendit chez le pape Clément VII, et sans
» prendre le temps d'ôter ses éperons, entra
» immédiatement en conversation sérieuse
» avec ce ponlife, le cardinal de Medicis et un
» secrétaire d'Élat, sur des affaires de la plus
» haute importance. Pendant que ces person-
» nages délibéraient, on entendit tout à coup
(1) Discorsi istorici universali, p. 271.
SEGNI - SEIDEL
» Segni, qui jouait du clavecin dans une autre
» chambre. Le charme de son jeu fit une si
» vive impression sur le pape et sur ses intër-
» locuteurs, que tous se levèrent, oubliant les
» affaires dont ils étaient occupés, et s'appro-
» chèrent du virtuose, pour avoir le plaisir de
» l'entendre. »
SEGOÏND (L.-A.), docteur en médecine et
sous-bibliothécaire de la Facullé de Paris, se-
crétaire de la Société de Biologie, et membre
de plusieurs sociétés médicales, s'est occupé
spécialement des organes de la voix. Lui-
même, doué d'une belle voix de ténor, avait
t'ait des études de chant sous la direction de
Manuel Garcia fils, pours'aider de la connais-
sance de l'art dans ses travaux de médecin et
d'analomiste. Le premier fruit de ses travaux
fut un livre intitulé : Hygiène du chanteur.
Influence du chant sur l'économie animale.
Causes principales de l'affaiblissement de la
voix et du développement de certaines mala-
dies chez les chanteurs; moyens de prévenir
ces maladies; Paris, Labé, 184G, un volume
in-12 de deux cent quarante-six pages. Après
la publication de cet ouvrage bien l'ail, M. Se-
gond a lu à diverses époques à l'Académie des
sciences de l'Institut de France plusieurs
Mémoires relatifs aux phénomènes de la pho-
nation. Ces Mémoires ont été réunis en un vo-
lume, qui a pour titre général : Mémoires
pour servir à l'histoire analomique et phy-
siologique de la phonation; Paris, Rignoux,
1849, un volume gr. in-8°. Les mémoires
contenus dans ce volume sont : 1° Mémoire
sur l'ossification des cartilages du larynx
i présenté à l'Académie des sciences, le 28 juin
1847), seize pages. 2° Recherches expérimen-
tales sur la phonation, trente-huit pages.
•> Mémoire sur la voix inspiratoire (pré-
senté à l'Académie des sciences, le 21 février
1S4S), seize pages. 4° Mémoire sur les modi-
fications du timbre de la voix, dix-huit
pages. '6° Note sur les mouvements de totalité
du larynx ( présentée à l'Académie des
sciences, le 17 juillet 1848), huit pages.6°y7/e-
moire sur la parole (présenté à l'Académie des
sciences, le 17 mai 1847)) vingt-quatre pages.
Beaucoup d'observations neuves sont répan-
dues dans ces opuscules.
SEGLRA (Théodore), violoniste, guita-
riste et compositeur, né à Lyon, se fixa à Pa-
ris, vers 1816, et s'y fit connaître par les com-
positions suivantes : 1° Air varié pour violon
principal et quatuor, op. 1 ; Paris, Schonen-
berger. 2° Idem, op. 2; Paris, Ph. Petit.
3" Réc t et air varié pour violon principal cl
quatuor ou piano, op. 7 ; ibid. 4" Thèmes va-
riés pour violon et piano, op. G, 10, 11 ; ibid.
5° Mélange d'airs russes et polonais, idem,
op. 12; ibid. 6° Six divertissements pour gui-
lare, op. 5; Paris, Meissonnier. 7° Fantaisie,
idem, op. 8; ibid. 8° Huit petites pièces fa-
ciles, op. 9 ; ibid. 9" Recueil de petites pièces,
idem, op. 1-5; ibid.
SEHLLXG (Joseph-Antoine), compositeur
distingué, naquit à Tiesing, en Bohème, vers
1G80. Après avoir l'ait ses études littéraires et
musicales à Prague, il entra dans la chapelle
du comte de Mozin, en qualité de chanteur et
de compositeur; plus lard, il joignit à celle
pi ace celle de directeur du chœur de l'église des
Barnabiles; enfin, il y réunit aussi les fonc-
tions de maître de chapelle de l'église métro-
politaine de Saint- Vilh. Il mourut a Prague, le
19 septembre 175G, dans un âge avancé. On
connaît de sa composition plusieurs messes,
offertoires, des messes pastorales et de Re-
quiem. Il a écrit aussi l'oratorio Filius pro-
digus, qui fut exécuté dans l'église des Barna-
biles, en 1739, et dans celle des Frères de la
Charité, en 1744, ainsi que deux opéras en
lingue latine, dont le dernier fut repré-
senté au collège des Jésuites de Prague, en
1751.
SEICIIERT (Laurent), bon chanteur et
violoniste distingué, né en Bohème, était déjà
attaché comme enfant de chœur à l'église des
Jésuites de Prague, en 1712. Il fut ensuite pre-
mier violon de la cathédrale de cette ville, et
mourut dans celle position, le 28 juin 1765,
laissant en manuscrit plusieurs concertos pour
son instrument.
SEIDEL (Ferdinand), violoniste et compo-
siteur, naquit à Falkenberg, en 1705, et y reçut
les premières leçons de musique. Plus tard, il
devint élève de Boselli, à Vienne. De retour en
Silésie, il entra dans la chapelle du comle Ze-
rotin, à Falkenberg, puis passa dans celle de
l'archevêque de Salzbourg, où il se trouvait
encore en 1757. Depuis celte époque, on n'a
plus de renseignements sur sa personne. Il a
écrit, pour le service des princes auxquels il'
fut attaché, beaucoup de symphonies, de con-
certos et de solos pour le violon, remarquables
par les difficultés d'exécution qui s'y trouvent.
Seidel n'a fait imprimer que douze menuets
pour violon, à Leipsick, 1753, in fol.; mais
douze grands solos pour cel instrument, de sa
composition, 'étaient en manuscrit chez Breil-
kopf, en 1790.
SEIDEL (Frédéric-Louis), né à Treuen-
briezen (Prusse), le 1 er juin 17G3, était fils du-
SEIDEL
maître d'école de ce lieu. Il y reçut les pre-
mières leçons de clavecin et d'orgue d'un or-
ganiste nommé Clans; puis il se rendit à
Berlin, où demeurait son frère aine, et con-
tinua ses études musicales sous la direction de
lteichardt, qu'il accompagna dans plusieurs
voyages. En. 1792, il obtint la place d'organiste
à l'église Sainte-Marie, de Berlin. Plus lard,
le maitre de chapelle Bernard-Anselme Weber
(voyez ce nom) le prit comme adjoint, pour la
direction de l'orchestre du théâtre royal.
Après la mort de ce maître, Seidel renonça à sa
place d'organiste pour celle de premier chef
d'orchestre de ce théâtre, qui lui fut offerte
par Ifïland. Il est mort à Chaiioltenbourg, le
5 mai 1831, à l'âge de soixante-six ans. Les
compositions principales de Seidel sont :
I. Oratorios, motets, etc. 1° Hymne à Dieu
(en allemand), oratorio exécuté à Berlin, le
18 avril 1797. 2° Der Unsterflighkeit (l'Im-
'morlalilé), oratorio, exécuté le 23 octobre
1797. 3° Plusieurs motels allemands composés
pour l'Académie de chant de Berlin. 4° JVissa
pro defunctis, exécutée à cette Académie, en
1819. 5° Des hymnes et des psaumes pour voix
solos, chœur et orchestre. II. Opéras. 6" Jery
et Bately,ùe Gœlhe, non représenté. 7" Héro
etLéandre, mélodramme. 8° Der Dorfbarbier
(le Barbier de village), représenté le 14 dé-
cembre 1817, au théâtre national de Berlin.
9° Die Abenteuer der Riller D. Quixotle de
la Mancha, etc. (les Aventures du chevalier
Don Quichotte de la Manche, etc.), drame bur-
lesque en cinq actes, avec une ouverture et
plusieurs morceaux de musique, représenté le
20 mai 1811, au même théâtre. 10° Lila,
opéra en quatre actes de Gœlhe, représenté au
même théâtre, le 9 décembre 1818. 11° Nabu-
chodonosor } grand opéra, non représenté.
12° Honorina, opéra comique, composé en
1817, mais non représenté. 13° Un grand
nombre de morceaux intercalés dans des tra-
gédies, des drames et des comédies. Outre ces
compositions , Seidel a publié beaucoup de
Lieder et de chants avec accompagnement de
piano. On connaît aussi de lui : 1° Le Retour
de Blucher, grande fantaisie pour le piano:
Berlin, Scblesinger. 2" Quelques œuvres de
variations pour le même* instrument; Berlin,
Coucha et Scblesinger. 3° Plusieurs recueils
dechanls et chansons à voix seule, avec accom-
pagnement de piano; Hambourg et Berlin.
SEIDEL (Charles), docteur en philo-
sophie, professeur et membre de plusieurs so-
ciétés savantes, né à Berlin, le 14 octobre
1757, est auteur d'un livre remarquable inti-
tulé : Charinomos. Beilr.rge zur Allr/e-
meinen Théorie und Geschichle der schœnen
Kunste (Lois du beau. Essais concernant la
théorie générale et l'histoire des beaux-arts) ;
Magdebourg, Rubach, 1825-1823, deux vol.
in-8°. Toute la seconde partie de cet ouvrage
traitede la poétique de l'art pur de la musique,
c'est-à-dire, de la musique instrumentale.
Seidel a fait insérer des articles dans la Ga-
zette musicale de Berlin (182G, n" s 48, 49),
sur l'opéra et la poésie de ce genre d'ouvrage,
sur l'esthétique de la musique, sur le chant de
l'église (1828), sur madame Catalani, sur Pa-
ganini, etc. Il est mort à Berlin, le 15 août
1844.
SEIDEL(Jean Jules), organiste à Breslau,
est né dans cette ville le 14 juillet 1810. Après
avoir reçu l'instruction élémentaire dans une
école primaire, il fréquenta le gymnase do
Sainte-Elisabeth et y fit ses humanités. A l'âge
de onze ans, il commença l'étude de la musi-
que et reçut pendant trois ans des leçons de
piano d'un bon professeur. Ses progrès furent
rapides; néanmoins son père ne voulut plus
lui fournir les moyens de perfectionner son
talent après qu'il eut atteint l'âge de quatorze
ans, et les seules ressources qui lui furent
données par quelques amis de sa famille con-
sistèrent en un vieux piano presque hors de
service et dont l'étendue du clavier n'était que
de quatre octaves et demie, de plus quelques so-
oatesde bons maîtres. Seidel avait un goût pas-
sionné pour l'orgue, et ses plus vives jouissan-
ces étaient d'entendre jouer les organistes des
diverses églises de Breslau. Berner et Neuge-
bauer étaient surtout ses artistes de prédilec-
tion. Il imitait chez lui, sur son misérable
piano, le style de leurs préludes et de leurs
fugues. Sans autre guide que ses souvenirs fu-
gitifs, il se préparait ainsi à devenir lui-même
un organiste distingué. Timide à l'excès, il
résista jusqu'à l'âge de dix-sept ans à son ar-
dent désir de s'adresser à un organiste de sa
ville natale, pour obtenir la permission de
s'essayersurson instrument, car il craignait ni:
refus. Il se hasarda pourtant d'en parler à
Neugebauer, qui, louché de son amour pour
l'art, lui permit de s'exercer sur l'orgue de
l'église de la madeleine. Plus lard, il fit la,
connaissance de Alze, organiste de Saint-
Christophe, et cet artiste, ayant apprécié les
heureuses dispositions de Seidel, et compre-
nant qu'il pourrait s'en faire aider dans sa
vieillesse, l'admit à jouer une partie du service
de l'église pour la première fois, le 23 sep-
tembre 1827, lui donna des leçons et lui coin-
SEIDEL — SE1DLER
muniqua (onle sa musique d'orgue. Dès ce mo-
ment, les éludes du jeune organiste devinrent
sérieuses et régulières. Vers le même temps,
Seidel fit la connaissance de Millier, fadeur
d'orgues distingué, et apprit, par la fréquen-
tation de ses ateliers, la théorie et la pratique
île la construction de ces instruments.
Atze mourut au commencement de 1837, à
Tàge de soixanle-dix-huit ans , et sa place
d'organiste de Saint-Christophe fut mise au
concours, le 16 mars de la même année :
Seidel se mit au nombre des aspirants, et son
talent vainquit ses compétiteurs. Mis immé-
diatement en possession de son emploi, il
entra en fonction le 1 er avril suivant. Peu de
temps après, la restauration de l'orgue de son
église fut faite sous sa direction; il y fit
preuve de la solidité de ses connaissances. En
1838, il se livra à la rédaction d'un' traité de
la construction des orgues, qui parut, en 1845,
chez Leuckart, à Breslau, sous ce titre : Die
Orgelund ihr Bau (l'Orgue et sa construc-
tion), un volume in-8°avec planches. Lesuccès
de cet ouvrage fut si grand en Allemagne,
qu'on en fit une deuxième édition au mois de
novembre de la même année. Depuis lors,
Seidel a été souvent appelé comme arbitre
pour la réception des orgues nouvelles dans la
Silésie, et même en Bohême. Il a écrit un
grand nombre de pièces pour l'orgue, consis-
tant en préludes, fugues, trios à trois claviers,
et variations sur des chorals. On connaît de
lui : des Lieder à voix seule, avec accompagne-
ment de piano; des chants pour des voix
d'hommes; et un motel funèbre pour un chœur
d'hommes, avec accompagnement d'instru-
ments à vent.
SEIDELMANN (Eugène), cherd'orchestre
et premier directeur de musique au théâtre de
Breslau, est né le 12 avril 1806, à Regensdorf,
près de Glatz (Silésie). Son père, instituteur
dans ce lieu, lui enseigna les éléments de la
musique, le piano, le violon, et les instruments
à vent dont l'usage est habituel. Dans le même
temps, le pasteur du village lui apprit les pre-
miers principes de l'harmonie et du contre-
point. En 1818, Sçidelmann alla fréquenter le
gymnase de Glatz. Pendant les deux premières
années, il continua l'élude du violon et com-
mença celle du violoncelle, cherchant toutes
les occasions favorables pour le perfectionne-
ment de ses connaissances en musique. Ce fui
aussi dans celle ville qu'il fit ses premiers
essais de composition. En 1826, il se rendit à
Breslau pour suivre à l'université le cours de
théologie, s'occupant moins toutefois de celte
science que de la musique. Les concerts d'hi-
ver, dirigés par Schnabel (voyez ce nom), la
musique qu'on exécutait dans les églises et
l'opéra absorbaient loule son attention. La di-
rection de l'Union académique de chant étant
devenue vacante en 1828, par la retraite de
Kahl, elle fut offerte à Seidelmann, qui l'ac-
cepta et y donna des preuves de capacité, par
la manière dont il conduisit l'exécution de
quelques grands ouvrages, au nombre desquels
étaient le Don Juan de Mozart, et Vlphiijénie
en Tauridede Gluck. L'habilelé dont il avait
fait preuve dans cette exécution le fit choi-
sir, en 1830, pour diriger la musique du
théâtre; il prit possession de ses fonctions
le 1 er mai de la même année. Cet artiste
recommandable a écrit pour le même théâtre,
en 1839, Virginie , grand opéra en trois
actes, et la Fête de Kenihcorth, en 1843;
ces ouvrages ont obtenu de brillants succès à
Breslau et ont été repris plusieurs fois. Une
ouverture de sa composition a élé exécutée
dans les concerts de celle ville. Ses ouvrages
de musique d'église sont: deux messes à quatre
voix, orchestre et orgue, un Requiem idem, un
Stabat Mater [tour 4 voix, deux violons, alto,
basse , deux bassons et orgue, des offertoires
et des graduels. Seidelmann a écrit des chœurs,
des chansons, des marches et de la musique
(tour plusieurs drames représentés au théâtre
de Breslau. On connaît aussi de lui des Lieder
avec accompagnement de piano.
SEIDELMANN (madame), femme de cet
artiste, connue d'abord sous les noms de
MARIE DECKMANN, est née à Elbing, le
5 novembre 1818. Douée d'une belle voix et
d'heureuses dispositions pour le chant drama-
tique, elle alla étudier à Berlin les éléments de
cet art et le piano, sous la direction de Charles
Nicolaï, puis elle reçut des leçons de chant de
Rellstah, et le 18 janvier 1857, elle débuta au
théâtre Kœnigstadl, dans l'opéra de Bellini
1 Capuleti ed i Montecchi. Accueillie avec
faveur par le public, elle fut bientôt engagée
pour le théâtre royal; puis elle passa au
théâtre royal de Hanovre où elle obtint de
brillants succès, et le 1 er février 1840, elle fut
engagée [tour les premiers rôles au théâtre de
la ville de Breslau, où ses succès dans tous les
grands ouvrages eurent beaucoup d'éclat. Le
27 septembre 1841, elle épousa Seidelmann,
et le 50 mai 1845, elle parut pour la dernière
fois au théâtre dans le rôle de Pamina de la
Flûte enchantée.
SEIDLEIl (Charles-Auguste), ou, selon
Gerber, CiiAïu.Es-FtnDiNAND, né à Berlin le
SEIDEER — SEJAN
lô septembre 1778, reçut les premières leçons
de violon du professeur Bernard. Encore en-
fairtj il fit un voyage en Allemagne et inspira
l'intérêt général par sa précoce habileté. De
retour à Berlin, il devint élève de Ilaak pour
son instrument, et ses progrès furent si ra-
pides, que le roi Frédéric-Guillaume II l'admit
dans la chapelle royale, en 1793 : jusqu'en
1796, il fit partie des quatuors exécutés à la
cour, en qualité de second violon. La chapelle
ayant été dissoute après les événements de la
guerre de 180G, Seidler voyagea et se rendit à
Vienne, où il obtint de brillants succès. Après
son retour à Berlin, il fut nommé maître de
concert et premier violon de la chapelle
royale. Il est mort dans cette ville le 27 février
1840. Seidler a été considéré, en Allemagne,
comme un des violonistes les plus distingués
de son temps. Il s'est fait aussi connaître
comme compositeur par quelques morceaux
pour son instrument et. par six ariettes pour
la guitare, publiées à Leipsick, en 1808.
SETDLEK (madame Caroline), femme du
précédent, l'épousa en 1812. Elle était fille
d'Antoine Wranilzki (voyez ce nom), et sœur
de madame Kraus-Wranitzki. Elle fui engagée
au théâtre royal de Berlin, en 1816, et fut en-
suite attachée au théâtre de la cour à Polsdam.
Elle chaula les premiers rôles à ces deux
théàlres. Retirée de la scène, en 1838, elle
donna la représentation à son bénéfice où elle
parut pour la dernière fois, le 26 mai de cette
année. Elle vivait encore à Berlin en 1860.
SEIFFERT (CHARLEs-TiiÉoDonEÏ, né le
16 novembre 1805, à Blumenrodc, près de
Neumark (Silésie), reçut les premièresleçonsde
musique de son père, qui était Cantor dans ce
village. En 1822, il se rendit à Breslau et y
continua ses éludes musicales sous la direction
de Berner; puis il alla à Berlin, où il reçut les
leçons de Bernard Klein, de Zelter, de W. Bach
et de Grell, pour l'orgue et la composition.
Son talent remarquable sur l'orgue l'a fait
appeler à Naumbourg, où le bel orgue de llil-
debrand a été réparé sous sa direction, en
1837. Depuis 1 8ô5, M. Seiflerl a établi dans cette
ville une société de chant qu'il dirige avec
beaucoup d'habileté. En 1845, il reçut sa
nomination de professeur de musique à l'école
royale de Pl'orle. On a gravé delà composition
de cet artiste : 1" Le choral Straf mich nicht,
avec variations pour l'orgue; Breslau, Leuc-
kart. 2"Eine Feste Burg ist unserGolt,\av\é
pour l'orgue ; Schleusingen, Glaser. 5" PréIndes
caractéristiques pour l'orgue; llildburghan-
sen, Kesselring. 4° Fantaisie pour l'orgue
en style d'orchestre ; ibid. 5° Pièces de con-
clusion (Nachspiele) en ut mineur et en sol ;
Erfurt, Kœrner. 6" Chants pour quatre voix
d'hommes ; Breslau, Lcuckart. 7° Liederk voix
seule, avec accompagnement de piano, op. 2;
Schleusingen, Glaser, idem op 5; Leipsick.
Whislling; op. 6; Schleusingen ; Glaser; idem
op. 8; Breslau, Leuckart; idem op 9; Berlin,
Traulwein ; idem op. 11; ibid. 8° Quelques
pièces pour le piano. Seiffert est considéré en
Allemagne comme un des meilleurs orga-
nistes de l'école allemande moderne. Il est un
des rédacteurs de VUrania, journal à l'usage
des organistes, publié par Kœrner, à Erfurt.
SEIPPELT (J.), chanteur du théâtre sur
la tienne, à Vienne, s'est fait connaître
comme compositeur par des recueils de chants
pour quatre voix d'hommes avec accompagne-
ment de piano ad libitum, op. 1, 2, 5, 4,
gravés à Vienne, chez Diabelli.
SEIIUTES, joueur de flûte, né en Nu-
midie, fut l'inventeur de la flûte courbe (pla-
giaulos), surnommée flûte libyenne, à cause
de la patrie de l'inventeur (vid.Athen. lib. 14.
C. 2. etPollux, lib. 4, C. 10. sect. 74).
SEIXAS (JoSEPH-AlNTOINF.-ClIAIU.ES), CllO-
valierde l'ordredu Christ, organistede l'église
Saint-Basile, à Lisbonne, naquit à Coïmbre,
en 1704, et mourut à Lisbonne, en 1742, à
l'âge de trente-huit ans. Compositeur distin-
gué, il a laissé en manuscrit : 1° Dix messes
à quatre et à huit voix avec orchestre. 2" Te
Deum à quatre chœurs. 5" Seize toccales pour
l'orgue. 4° Plusieurs motels à deux, trois et
quatre voix, avec ou sans instruments.
SEJAN (Nicolas), organiste qui a eu de la
célébrité en France, naquit à Paris, le 19 mars
1745. Son père, qui était négociant, le mit au
collège d'IIarcourt pour y faire ses études, bien
qu'il le destinât à l'exercice de sa profession ;
mais les occasions fréquentes (pie le jeune
Séjan avait d'entendre son oncle Forqueray
sur l'orgue, développèrent en lui un goût pas-
sionné pour cet instrument ; son parent lui
donna des leçons qui fructifièrent si bien,
qu'en peu de temps, l'élève égala le maître.
A. l'âge de treize ans, Séjan, qui avait pris
quelques leçons de Bordier pour l'harmonie,
improvisa, dit-on, un Te Deum dont l'audi-
toire fut émerveillé : il ne faut toutefois pas
prendre à la lettre des témoignages d'admi-
ration qui émanent d'un temps et d'un pays
o l'art élait peu florissant, comme le prouvent
le peu de monuments qui nous en restent.
Quoi qu'il en soit, Séjan obtint, en 1700, l'orgue
de Sainl-André-dcs Arts, bien qu'il ne fût alors
10
SEJAN — SELIGUAN'N
âgé que «Je quinze ans. Quatre ans après, il
débuta au Concert, spirituel par un concerto
d'orgue de sa composition qui obtint le suf-
frage des artistes. Ayant été nommé, en 1772,
un des quatre organistes île la cathédrale de
Paris, il se trouva ainsi, à l'âge de vingt-sept
ans, le collègue des organistes les plus célèbres
et les plus habiles qu'il y eût alors en France,
c'est-à-dire Daquin, Couperin et Balbàtre.
En 1781, Séjan fui choisi comme arbitre, avec
Couperin père, Balbàtre et Charpentier, pour
la réception de l'orgue de Sainl-Sulpice, qui
venait d'être construit par Clicquol : il y joua
de manière à exciter l'enthousiasme de l'audi-
toire, et son succès fut si brillant, que la place
d'organiste de cette église étant devenue va-
cante deux ans après, elle lui fui offerte sans
concours. A tant de témoignages honorables
de l'estime accordée à son talent, Séjan vit
ajouter, en 1789, la place d'organiste de la
chapelle du roi, et dans la môme année, il
reçut sa nomination de professeur d'orgue à
l'école royale de chant, fondée par le baron
de Breteuil. Un concours avait été ouvert pour
celle dernière place; mais aucun concurrent
n'osa entrer en lutte avec Séjan : il subit néan-
moins un examen devant un jury, et traita
avec talent le sujet de fugue qui lui avait été
donné : sa nomination fut faite à l'unanimité
des suffrages. Cependant il ne donna point de
leçons d'orgue dans l'école, parce (pie l'instru-
ment qui devait y être placé ne fut point achevé,
à cause des troubles de la révolution ; il n'y fut
employé que comme professeur de solTége.
La révolution fit perdre à Séjan tous ses em-
plois; mais en 1807, il reçut sa nomination
d'organiste de l'église des Invalides, et après
la restauration de 1814, il rentra dans ses an-
ciennes fondions d'organiste de la chapelle
royale. Une maladie de langueur mil fin à
i'honorable carrière de cet artiste : elle le con-
duisit au tombeau, le 16 mars 1819. Séjan
avait l'instinct d'un meilleur style de musique
d'orgue que celui de ses contemporains fran-
çais, et l'on peut dire qu'il fut le seid orga-
niste de talent qu'il y ait eu à Paris dans la
seconde moitié du dix-huitième siècle. Les
ouvrages de sa composition qui ont été publiés
sont : 1° Six sonates pour piano et violon ;
Paris, Bailleux. 2" Recueil de rondeaux et airs
pour piano seul; Paris, Boyer. ô" Trois trios i
pour piano, violon et basse; ibid. 4° Fugues j
et Noels pour l'orgue ou le piano; Paris, Le- !
moine aine.
SEJAN (Louis), fils du précédent, est né à j
Fans, en 17SG. Élève de son père, il lui a suc- |
cCAé dans l&s places d'organiste de l'église
Saint- Sulpice et des Invalides. En 1819,
il a obtenu celle d'organiste adjoint de la
chapelle du roi. On a gravé les composi-
tions de cet artiste dont les titres suivent :
1° Deux sonates pour piano seid, op. 5 et G;
Paris, Lemoine aine. 2° Deux sonates pour
harpe et piano ; ibid. 3° Nocturnes pour piano
et coi-, n os 1 et 2; Paris, Sieber. 4° Nocturne
pour piano et finie, op. 24 ; Paris, H. Lemoine.
o° Fantaisie pour piano sur les Folies d'Es-
pagne. 0° Variations faciles pour piano seul.
7° Rondolelto idem. S Neuf cahiers de ro-
mances ; Paris, Naderman, Leduc, etc.
SELICIIIUS (Daniel), compositeur alle-
mand, né à Wesenslein, en Saxe, dans la se-
conde moitié du seizième siècle, fut d'abord
Cantoren ce lieu, puis devint maître de cha-
pelle (\i\ duc de Brunswick, en 1625. On a im-
primédesa composition : \° Prodromus canli-
lenarum harmonicammexhibens puduanas.
intradas, galliurdas et courantes; Willen-
berg, 1G14, in-4". 2" Prodromus exercitatio-
iium musicarum de padnanes, galliardes,
entrades et courantes 4, 5 et 6 roc; ibid.,
IG1S, in-4°. VYallhcr pense que ces deux litres
indiquent le même ouvrage, bien que la date
soil différente. S Chant de Noël, souhait de
nouvel an à quelques conseillers d'Erfurt;
Jéna, 1619, in-4°. 4" Opus novutn, consistant
en vingt-quatre concerts el psaumes de Da-
vid, allemands et latins, à deux, trois, quatre
et douze voix; Hambourg, 1G2j, in-4°.
SELIGMAAN (UiPFOL-ïTE-PRosrEn), vir-
tuose violoncelliste, né à Paris, le 28 juillet
1817, suivant les registres du Conservatoire de
Paris, fut admis comme élève dans celle école
le 2 décembre 1829, et y suivit le cours de sol-
fège de M. Alkan, puis celui d'Amédée Lan-
neau. Le second prix de cette partie élémen-
taire de la musique lui fut décerné en 1830,
et il obtint le premier en 1831. Devenu
élève de Norblin pour le violoncelle, il eut le
second prix de cet instrument au concours de
1834; le premier lui fut décerné en 183G. Ce
fut dans cette même année qu'il entra dans la
classe d'Halévy pour la composition; il y resta
jusqu'au mois de juin 1838, et se relira sans
avoir pris part aux concours. M. Seligmann a
beaucoup voyagé : dans les années 1841 et
184j, il parcourut la France méridionale pour
y donner des concerts; en 1843, il était en
Italie et se fit entendre avec succè-. à Milan, à
Venise, à Naples, et dans plusieurs autres
villes; en 1847, il visita l'Espagne, l'Algérie,
et postérieurement, il a fait plusieurs voyages
SELIGMANN — SELLNER
11
en Belgique et en Allemagne. A Madrid, il a
joué à la cour avec le pianiste Schulhoff; à
Turin, le roi lui témoigna sa satisfaction
après l'avoir entendu dans plusieurs morceaux
de sa composition. L'instrument de cet artiste
estime basse de Nicolas Amati, grand patron,
de la plus belle qualité. Les compositions de
M. Seligmann sont, en général, des fantaisies,
divertissements et caprices sur des thèmes
d'opéras modernes; parmi ces ouvrages, on
remarque : 1° Divertissement sur le Domino
noir, pour violoncelle et piano, op. 5; Paris,
Brandus. 2° Sérénade sur le Lac des fées,
idem, op. 7; ibid. 3" Caprice sur les Chape-
rons blancs, idem, op. 9: ibid. 4° Troisième
divertissement sur Zanelta, idem, op. 21 ;
ibid. 11° Nocturne sentimental sur la Favorite,
idem, op. 22; ibid. 6° Quatrième divertisse-
ment espagnol sur le Guilarrero, op. 24;
ibid. 7° Cinquième divertissement sur les Dia-
mants delà couronne, op. 23; ibid. 8° Scène
élégiaque sur la Reine de Chypre, op. 29;
ibid. 9° Réminiscences d'Halévy, grande fan-
taisie, op. 4G; ibib. 10" Dlichelemma, souvenir
de NapIes,op. 47 ;ibid. 11 "Fantaisie pastorale
sur le J'ai d'Andorre, op. 49; ibid. 12" Six
études caractéristiques pour violoncelle et
piano, op. 40; Paris, Henri Lemoine. On a
aussi de M. Seligmann des chants à voix seule
et piano, particulièrement le recueil intitulé
Album algérien et l' Album de voyage, sou-
venirs d'Italie.
SELLE (Thomas), Cantor et directeur de
musique à l'église Sainle-Callierinc de Ham-
bourg, naquit à Zœrbig, en Saxe, le 23 mars
1599. Il fut d'abord recteur à "Weselbourg,
puis fut nommé Cantor à Ilzeboe, dans le
Holstein, en 1GÔG. De là, il se rendit à Ham-
bourg, en 1641, où il jouit de beaucoup d'es-
time jusqu'à sa mort, arrivée le 2 juillet 1GG3.
II légua par son testament sa bibliothèque à la
ville. Les ouvrages imprimés de ce savant mu-
sicien sont : 1° Concertaiio Castalidum,das
ist : lVusicalischer-Streit, etc., in 3 vocibus
componiret (Combat musical à trois voix, etc.);
Hambourg, 1G24, in-4°. 2° Delicix pastorum
Arcadia-, etc. (Pastorales à trois voix, en alle-
mand); Hambourg 1G24, in-4. 5° Hugio-deca-
melydria, oder zehn geistliche Concertlein
mit 1, 2, 5 und A Stimmen (Dix petits con-
certs spirituels pour une, deux, trois et quatre
voix) ; Hambourg, 1631, in-4". 4° fllonopho-
nia harmonica lalina, hoc est XVconcenlus
ecclesiastici de festis anniversariis, 2 aul 3
vocum; Hambourg, 1633, in-4". 5" Concen-
tuum binis vocibus ad bassuin continuum
concinendorum, etc.; Hambourg, 1634, in-4".
G" Decas prima amorum musicalium, oder
zehn neue amorœsische weltlîche Liedlein,
mit 3 Stimmen (Dix nouvelleschansons amou-
reuses et mondaines à trois voix); ibid., 1635,
in-4». 7° Concertuum trivocalium germa-
nico-sacrorum pentas (Cinq concerts spiri-
tuels à trois voix avec basse continue, etc., en
allemand); ibid., 16315, in-8". 8° Concertuum
latino- sacrorum, 2, 4 e 5 vocibus, ad bassum
continuum concinendorum liber primus;
Roslochii , 164G, in-4°. Le second livre de
cette collection a paru à Hambourg, en 1651,
in-4". Selle a composé aussi des mélodies poul-
ies cantiques de Risl; on en a fait plusieurs
éditions sous ce titre : Modi musici, adjecti
Joh. Ristii Sabbalischer Seelen-lust ; Lune-
bourg, 1651, in-8", et 16158, in-24. Il a laissé
en manuscrit dans la Bibliothèque publique de
Hambourg : Teutsche geistliche concerten ,
Madrinalien und Bloletten , mit 3 , 4,5,
6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14 und 16 Stimmen
(Concerts spirituels allemands, consistant en
madrigaux et motets à trois, quatre et seize
voix).
SELLETTI (Joseph), compositeur drama-
tique, né à Rome vers 1720, y a fait repré-
senter les opéras dont les litres suivent: 1° Ni-
locri, en 1753. 2° L'Argene, 1759. 5° La
Finla Pazza, 1765.
SELLI(Prosper), compositeur dramatique,
né à Vilerbe, vers 1810, a fait exécuter, dans
sa ville natale, en 1837, une grande cantate
religieuse. En 1840, il donna, à Turin, Elisa
di Franval , opéra en trois actes, qui fut joué
aussi à Rome dans la même année. En 1841,
il fit aussi représenter, dans cette dernière-*
ville, l'opéra intitulé Medca. Je n'ai pas
de renseignements sur Selli , après celle
époque.
SELM (Géiurd VAN), prédicateur à
Nieuweveer, en Hollande, vécut dans la seconde
moitié du dix-huitième siècle. Il a fait impri-
mer un discours sur le chant de l'office évan-,
gélique, à l'occasion d'un nouveau livre cho-
ral, sous ce litre : /Jet wel en Gode behagend
Zingen, etc. (Le chant agréable à Dieu, ex-
posé et loué dans un sermon, etc.) ; Amster-
dam, .1. Wessing "VVillemse, 1774.
SELL1NEU (Joseph), hautboïste distingué,
est né le 13 mars 1787, à Landau, dans le Pa-
latinat. Dès sa sixième année, il suivit son
père en Autriche, el y apprit à jouer delà
flûte, sous la direction d'un maître médiocre,
ce qui ne l'empêcha pas de faire de si rapides-
progrès, qu'il put se faire entendre en public
12
SELLNER - SEMMLER
à l'âge «le huit ans. Il apprit ensuite, presque
sans mailie, à jouer du violon et de la trom-
pette. A l'âge de quinze ans, il entra comme
trompette dans un régiment de cavalerie, fit
comme tel la campagne de 1805, et pendant
ce temps étudia le cor et la clarinette. En 1808,
il demanda son congé, et accepta, après un
court séjour à Prague, un engagement comme
chef d'une musique d'harmonie au service d'un
seigneur de la Hongrie. C'est alors qu'il se
livra à l'étude du hautbois et qu'il acquit un
talent remarquable sur cet instrument. En
1811, il en joua avec beaucoup île succès au
théâtre de Pesth, et deux ans après il accepta
la proposition qui lui fit Charles-Marie de
Weber de se fixer à Prague, pour y jouer le
premier hautbois au théâtre. Pendant un sé-
jour de dois ans dans celte ville, il s'attacha à
perfectionner son talent d'exécution sur le
hautbois, et fit des éludes sérieuses de compo-
sition avec Tomascheck {voyez ce nom). Il
s'éloigna de Prague en 1817, avec le dessein
de voyager en Italie; mais arrivé à Vienne, il
y reçut l'offre «le la place de premier hautbois
du théâtre de la cour, à laquelle il ajouta, en
1823, le même emploi dans la chapelle impé-
riale, et plus lard, celui de professeur de haut-
hois au Conservatoire. Il y a formé de bons
élèves, en leur offrant lemodèled'un beau son,
d'une grande justesse et d'un style à la fois
élégant et expressif. Depuis 1823, il s'est aussi
fait remarquer par son talent dans la direc-
tion de l'orchestre des élèves du Conserva-
toire. Sellner a composé plusieurs concerlos,
rondeaux, polonaises et variations pour le
hautbois ; maison n'a publié de lui que les ou-
.vrages suivants : 1° Introduction et polonaise
brillante pour la clarinette avec orchestre ou
quatuor; Vienne, Pennauer. 2" Trois polo-
naises pour deux guitares"; ibitil. 5" Sonate
brillante pour tliile et guitare ; ib. 4°Deuxième
idem: Vienne, Allai ia. o 1 Variations pour
deux guitares; Vienne, Leidesdorf. G" Sonate
pour guitare seule; Prague, Berra. 7° Plu-
sieurs cahiers de variations pour le même in-
strument. 8° Oboeschulc (Méthode de haut-
bois, en trois parties); Vienne, Leidesdorf.
Une traduction française de cet ouvrage a été
publiée à Paris, chez Richault.
SELVAGGI (Gaspard), né à Naples, le
15 janvier 1703, fil ses éludes dans celle ville,
\ et entra au séminaire pour être prêtre, dans
sa douzième année. A quatorze ans, le goût
de la musique se développa en lui; il com-
mença l'élude de la composition sous la direc-
tion de Zingarelli : mais après le départ de ce
mailre pour Rome, il devint élève de l'abbé
Alexandre Speranza, qui s'était formé dans
l'école de Durante. Arrivé à Paris, en 1794, il
y apporta une précieuse collection de livres et
de musique ancienne, où se trouvaient, entre
autres choses d'un haut intérêt, le manuscrit
complet de tous les traités de musique de Tinc-
loris, et un exemplaire du Melopeo,ùe Cérone,
lesquels, après avoir passé dans la possession
de Fayolle, puis de Perne, sont aujourd'hui
dans ma bibliothèque. Pendant un séjour de
dix-huit années dans la capitale de la France,
Selvaggi y vécut en donnant des leçons de chant
et d'harmonie ; il y publia deux recueils de six
romances chacun, chez Nadermann. Vers la fin
de 1811, il se rendit à Londres, y passa six
mois, puis fut rappelé à Naples, en qualité de
lecteur de la reine madame Mural. Depuis lors
il reprit ses anciennes fondions ecclésias-
tiques. Il fut membre de l'Académie royale
de Naples, dans la section «l'archéologie. Ses
travaux littéraires consistent en une gram-
maire générale cl philosophique, imprimée à
Naples, et en une traduction complète des tra-
gédies d'Euripide, qui est encore en manuscrit.
Son ouvrage le plus important, relatif à la mu-
sique, est un traité d'harmonie intitulé; Trut-
lato d'Armonia, ordinato con nuovo me-
tado, e corredato di tavole a dichiarasione
délie cose in esso esposte: Napoli. pressa Ilaf-
faele Miranda, 1823, in-8° de cent soixante-
neuf pages. Selvaggi est le premier auteur ita-
lien «|iii porta dans cette science la véritable
méthode d'exposition et d'analyse. Il a entrevu
le rôle important de la tonalité dans la mélodie
et l'harmonie, et a compris que la théorie des
accords ne peut être complète que parla con-
sidération de leur ordre de succession.il avait
en manuscrit beaucoup «le morceaux «le sa
composition, entre autres quatre grandes can-
tales. Selvaggi est mort à Naples. en 1847.
SEMILLI (Richard DE), poète et musi-
cien du treizième siècle, nous a laissé «jtiinze
chansons notées «le sa composition. Les manu-
scrits de la bibliothèque impériale «le Paris en
contiennent <|ualorze.
SE9ID1LER (Christophe), né à Halle, le
2 octobre 1069, passe pour avoir inventé un
métronome ou chronomètre. Il est connu par
un livre intitulé : JUdische Anliquitaeten der
ffeiligen-Schrift (Antiquités judaïques de
l'Écriture sainte); Halle, 1708, in-12. Il en
parut une troisième édition en 1730, in -8°.
Dans les quinzième et seizième chapitres de ce
livre, Semmler traite «le la musique vocale et
instrumentale des lévites dans le service divin.
SEMBLER — SENFEL
1«i
Ces deux chapitres ont été insérés par Mizler
dans sa Bibliothèque musicale, t. II, p. 71 -83.
Semmler eut le litre de diacre dans l'église
principale de Halle. Il mourut dans cette ville
en 1740.
SEPVAILLÉ (Jean-Baptiste), né à Paris,
dans la paroisse Saint-Germain -l'Auxerrois,
le 23 novembre 1687, était fils d'un hautbois
de l'Opéra. Il reçut les premières leçons de
violon de Queversin, un des vingt-quatre vio-
lons de la grande bande de Louis XIV, et fut
d'abord prévôt d'un maître à danser nommé
Bonnefons; puis il devint élève de Baptiste
Anel,et lit sous ce maître de si grands progrès,
qu'il l'ut considéré bientôt comme le plus
habile violoniste de France. Cependant la ré-
putation de supériorité qu'avaient alors quel-
fines violonistes italiens, détermina Scnaillé à
se rendre en Italie pour étudier leur manière;
mais arrivé à Modène, il y fit une impression
si vive par son talent, que l'entrepreneur du
théâtre lui fit la proposition de jouer dans son
orchestre pendant la saison, et marqua sa
place par un siège plus élevé que celui des au-
tres musiciens. De retour à Paris, en 171!),
Scnaillé fut attaché au service particulier du
duc d'Orléans, régent du royaume, à la recom-
mandation de la duchesse de Modène, fille de
ce prince. Senaillé mourut à Paris, le 29 avril
1730, à l'âge de quarante-deux ans et quelques
mois. On a gravé de sa composition, à Paris,
cinq livres de sonates de violon, avec accom-
pagnement de basse, où l'on remarque des
imitations de l'œuvre cinquième de Corelli.
SEIN'ECÉ ou SENEÇAI (Antoine BAU-
DEl\Or\ sieur DE), bel esprit de la cour de
Louis XIV, naquit à Màcon, le 13 octobre
1043. Il était petit-fils de Brice Baudron, sa-
vant médecin, et son père, lieutenant-général
au présidial de Màcon, avait le litre de con-
seiller d'Etat. Destiné au barreau, Senecé pré-
féra la culture des lettres. Un duel, qu'il avait
élé forcé d'accepter, l'obligea de se réfugier
en Savoie; un autre duel le fit s'éloigner de ce
pays pou relie relier un asile en Espagne. Rentré
ensuite en France, il acquit, en 1673,1a charge
de premier valet de chambre de la reine Marie-
Thérèse, femme de Louis XIV, et en exerça
les fonctions pendant dix ans. Après la mort
de celle princesse, il fut attaché à la personne
de la duchesse d'Angoulême, et demeura (rente
ans chez elle. La mort de sa protectrice le
laissa sans appui dans sa vieillesse ; il se relira
de la cour dans les modestes biens qu'il tenait
de sa famille, et y passa paisiblement, mais
non sans ennui, les vingt-quatre dernières
années de sa vie. Il mourut le 1 er janvier 1737,
à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Auteur
de plusieurs divertissements et morceaux de
circonstance que Lully avait mis en musique,
il eut à se plaindre de ses procédés, mais n'osa
point élever la voix contre lui, à cause de la fa-
veur dont le musicien jouissait à la cour. Après
la mort de celui-ci, il se vengea par une pièce
satirique qu'il fit imprimer sous le voile de
l'anonyme, et qui est intitulée : Lellre de
Clément Marot à M. de *** , louchant ce qui
s'est passé à l'arrivée de Jean-Baptiste de
Lully aux Champs-Elysées. A Cologne, chez
Pierre Marteau, 1688, in-12 de cent dix-neuf
pages. Il en a été fait une réimpression à
Lyon, en 1825, in-8° de cinquante-neuf pages.
(Voyez sur cet écrit la Biographie de Lully,
lome VI, page 201.)
SENESINO. L'oyez BERNAKDI (Fran-
çois).
SEISFEL ou SETSFL (Louis), un des plus
célèbres compositeurs allemands du seizième
siècle, vit le jour non pas à Zurich, comme le
dit Wallher, maisàBâle, suivant le témoignage
de son contemporain Simon Minervius, qui
nous donne à cet égard des renseignements
positifs, dans une lettre à BarlholoméSchrenk,
de Munich, imprimée en léte des odes d'Ho-
race mises en musique à huit parties par Sen-
fel, dont le recueil fut imprimé à Nuremberg,
en 1^54. Toutefois, il y a quelques difficultés
à cet égard, car Wallher a suivi l'autorité de
Glaréan, autre contemporain de Senfel, qui
joint à son nom l'épithèle de Tigurinus (De
Zurich), et qui l'appelle son concitoyen (Do-
decac, p. 221), quoique lui-même lut né dans
le canton de Glatis [voyez Glahéan). Miner-
vius paraît cependant avoir élé mieux informé,
parce qu'il tenait ses renseignements de Senfel
lui-même. Gerber avait copié Wallher quant
au lieu de naissance de Senfel, dans son pre-
mier Dictionnaire des musiciens ; mais il a
reconnu son erreur dans le second Lexique.
Choron elFayolle ont copié Wallher et Gerber,
dans leur Dictionnaire historique des mu-
siciens (t. II, p. 313), et ils y ont ajou;é la
faute de faire naître Senfel en 1530, ajoutant
que Sebald Heyden le qualifie in musica to-
lius Germants princeps, dans la préface de
son livre intitulé : Musical, id est arlis ca-
nendi libri duo. Leur méprise est évidente,
caria première édition du livre de Heyden fut
publiée en 1537, en sorle que Senfel aurait élé
le premier des musiciens de l'Allemagne, à
l'âge de sept ans! Au surplus, Sebald Heyden
J ne dit pas un mot de l'époque de la naissance
a
SENFEL
<lc Senfel. Lipowsky qui a reclifié le fait rela-
tif au lien de la naissance de l'arlisle, d'après
!a lettre de Minervius, dans son Diction-
naire des musiciens de la Bavière (p. 528),
a aussi adopté celle date de 1530, quoique
la lettre même citée par lui eût dû lui en
démontrer la fausseté, puisqu'il y est dit que
Senfel fut sopranislc de la chapelle de l'empe-
reur Maximilien I <r , mort le 12 janvier 1517.
Minervius dit qu'après avoir appris dès son
enfance la musique, dans sa ville natale, Senfel
entra dans la chapelle impériale comme enfant
de chœur, cl qu'il y recul des leçons de contre-
point d'Henri Isaak. Il ajoute que lui-même
ayant écrit à Isaak pour le prier de mettre en
musique les odes d'Horace, celui-ci lui ré-
pondit qu'il s'y était exercé dans sa jeunesse,
mais que, rebuté par les difficultés de ce tra-
vail, il l'avait abandonné. Il terminait sa
lcllre en priant Minervius de s'adresser à
quelque autre musicien mieux pénétré de l'es-
prit du poêle, et lui indiquait son élève Senfel
comme celui qui pouvait le mieux le satisfaire.
Malheureusement Minervius ne fait pas con-
naître l'époque de celte correspondance; mais
il est certain qu'elle est antérieure à 1517,
car Maximilien régnait encore lorsqu'elle eut
lieu. Ainsi non-seulement Senfel a élé sopra-
nislc delà chapelle impériale, antérieurement
à 1517, mais il était déjà un savant musicien,
cl un homme instruit dans la connaissance des
poêles latins; ce qui fait supposer qu'il avait
atteint l'âge d'environ vingt-cinq ans. En rap-
prochant ces circonstances, on voit que la dale .
de la naissance de Senfel ne peut élre fixée
plus tard qu'en 1492, ou 149Ô.
C'est encore Minervius qui nous apprend
qu'après la mort de Maximilien I er , le duc
Guillaume de Bavière ne négligea rien pour
attacher Senfel à son service, et qu'il réussit
dans sa négociation à ce sujet. L'arrivée du
compositeur à Munich semble donc devoir être
placée vers 1517 : toutefois il serait possible
qu'il fiil entré quelques années plus lard au
service du duc de Bavière, car Conrad Peû-
linger, parlant de lui dans la préface de sa
collection de motels publiée à Augsbourg, en
1520, ne l'ait mention que de sa position dans
la chapelle impériale : Voici ses paroles : Ab
prxclaro artis ipsius excultore Ludovico
Senfelio Helvetico illoqui musicam Cxsaris
Maximiliani capellam, post inclyli prx-
ceptoris sui Isaci, elc. Entré au service de la
cour de Bavière, il y passa le reste de ses
jours. Lipowsky, qui a fait des recherches à
ce sujet, croit qu'il mourut vers 1555. Il y a
lieu de croire toutefois que le décès de Senfel
arriva un peu plus tard, et qu'il précéda d;^
peu de temps les propositions qui furent laites
àLassus, en 1557, pour le fixera celle cour
(voyez Lassus).
Senfel a été considéré à juste titre comme
un des musiciens les plus remarquables de son
époque,- et ses contemporains lui ont accordé
des éloges exprimés en termes remplis d'admi-
ration. Luther avait la plus haute estime pour
son talent; il lui écrivit une lcllre remplie de
témoignages de celle estime, datée de Cohourg,
le 4 octobre 1530. Plusieurs auteurs ont assuré
qu'à la prière du réformateur, Senfel écrivit le
chant de plusieurs cantiques pour le nouveau
culte, el l'on cite, entre autres, celui qui com-
mence par ces mois : Non moriar,scd vivant;
mais il y a peu d'apparence que le maître de
chapelle de Guillaume de Bavière, de ce prince
catholique qui mit tous ses soins à empêcher
le culte réformé de pénétrer dans ses Étals, se
soit exposé à perdre la faveur du prince et sa
position en prêtant à ce même cnlle le secours
de son talent. On voit seulement, par la lettre
citée précédemment, que Luther le priait de
lui envoyer une copie de son cantique Tn part'
in idipsum. Voici ses paroles : « Ad te redeo
» et oro, si quid hanes exemplar istius canlici
» (In pace in idipsutti) mihi transcribi et
» mitti cures. Ténor enim isle a juventule me
» deleelavil, el nunc mullo magis, poslquam
» elverba intelligo. Non enim vidi eam anti-
» phonam vocibus pluribus compositam. Nolo
» aulem lé gravare componendi labore, sed
» pitCsumolehabere aliunde compositam (1).»
Au surplus, le nom de Senfel ne se trouve à
aucun des chants chorals des anciens livres à
l'usage du culle réformé.
Les collections spéciales des compositions
de Senfel sont rares et peu connues. La biblio-
thèque royale de Munich en contient un
grand nombre dans de beaux manuscrits dont
voici l'indication : 1° Codex /^, in-fol. : Quin-
que Missse quatuor, quinque et sex vocum
partim Petro De la Rue et Ludovico Sennfl
(sic), partim vero incerto autore. 2° Cod. X,
in-fol. Ce manuscrit renferme de Senfel les
cinq salutations de Jésus-Christ à quatre voix,
qui ont élé imprimées, comme on le verra plus
loin, un Miserere à cinq, un De profundisà
cinq, et sept motels à quatre et cinq voix.
(1) Voyez la lettre de Luther clans la colleelion pu-
bliée par Buclëe, pige 213, dans l'Almanach musical de
Forkcl, pour Tannée 1784, pages IG7 et suiv., et dans
le livre de Fr. Ad. lîcck, iutilulé : Dr M. Lulher's Ge-
daiikcu Hier die Musik. pages 08 et !i9.
SENFEL
5° Cod. XII , in-fol. On y trouve huit motels
à quatre, cinq et six voix. 4° Cod. XIX.
in-fol. Six motels à quatre, cinq et six voix, et
l'antienne Salve Iiegîna à quatre voix.
5° Cod. XXXVI. Ce manuscrit renferme de
beaux ouvrages de Senfel et de son maître
Isaak; on y trouve les offices complets de la
Pentecôte et de l'octave de celle fêle à quatre
voix, de la Trinité, à cinq voix, delà Féle-
Dieu, à quatre voix, de la Toussaint, à quatre
voix, e! celui «le la Dédicace, à quatre voix.
G Cod. XXXVII. Manuscrit d'un grand in-
térêt, qui renferme beaucoup d'inlroïts, de
graduels et de séquences à quatre voix, par
Senfel et Isaak, trois messes de Senfel à quatre
voix, suivies des Répons de la messe.
7° Cod. XXXVIII, in-fol., contenant les
offices de l'hiver à quatre, cinq et six voix,
par Senfel' et Isaak. Les pièces qui appartien-
nent à Senfel dans ce recueil sont des Nocls
[Galli canins in Nativitate Domini), à cinq
et six voix, pour la première messe; idem
pour la troisième messe, à quatre et cinq voix;
les offices de saint Etienne, saint Jean l'évan-
i^éliste, des Innocents, de l'octave de Noël, de
l'Epiphanie, de la Purification, de Pâques, à
cinq et six voix, et de l'Ascension, à quatre
voix. 8° Cod. XL VII, in-fol., renfermant
une messe dominicale à quatre voix de Senfr
(sic), et une messe fériale, également à quatre
voix. Les œuvres imprimés de Senfel sont les
suivants : 1° Quinque salutationes Domini
nostri Hiesu Christi, ex illustrissimi Prin-
cipe et Domini Wilkelmi Comitis Palatini
Rheni, utriusque Bavarix Ducis, etc., com-
missione a Ludovico Senflio ejusdem illust.
D. musico intonatore hnmillimo excussx
dic.atxque summis et studio ac obedientia
Xoribergx, 1526, in-fol. Les quatre parties de
ces motets sont imprimées en regard : je les ai
mis en partition. Le style en est simple : les
imitations sont larges, et la tonalité naturelle.
2 U Magnificat octo tonorum quatuor vocum,
auctore Ludovico Senflio; Noribergx, 1537,
in-4". 3° Melodix inodas Horatii et quxdam
alia carminum gênera octo vocum; Nori-
bergx, 1 557, in-4°. 3° (bis) Harmonix poeticx
Pauli Hofheimeri et Ludovici Senflii, mu-
sicorum prxstantiss. unâ cum selectis ad
hanc rem locis, è poetis accomodatioribus ,
seorsim tum decantandis, tumprxlcgendis,
quatuor vocum; Norimbergx apud Johan.
Petreium,ann. 1539. Beaucoup de collections
de motels et de chansons publiées dans le sei-
zième siècle renferment des pièces de ce
maître ; de ce nombre sont les suivants :
4° Liber seleclarum cantiohum quas vulgo
muletas appellant sex. quinque et quatuor
vocum; Augshourg, 1520, in-fol. max, sans
nom d'imprimeur. "On y trouve de Senfel le
molet à six voix Sancte Pater diousque decus .
le motet à cinq voix Gaude Marin Virgo, cl
enfin, les motels à quatre voix: Discubuit Jésus
cum discipulis; usque qui). Domine; Beuli
omnes qui tintent Dominant. Ces motels oui
élé inconnus à tous les historiens de la musi-
que. 4° (bis) Finkens (Henrici) Schœne aus-
serlesene Lieder sttmiiit àndern neuen Lie-
dern, von den furnehntsten dieser Kunst
gesetzt, lustig zu singen, etc. Nurnberg
durch ffeironymum Fovmschneider, 1 530,
i n-8" obi. Les .numéros 4fl, 48,49,50,51,52,
53, 54 et 55 de celle collection appartiennent
à Senfel. 5° Concenlus quatuor, quinque,
sex et octo vocum; Augshourg, 1545, in-4",
publié par Salblinger (voyez ce nom). G" Gla-
veani Dodecachordon, etc., Basilex per
ffenr. Pétri, 1547, in-fol. On trouve, dans cet
excellent ouvrage, un motet à quatre voix, de
Senfel, morceau curieux établi sur le thème
du solfège des divers intervalles, un Deus in
adjutorium meum intende à quatre voix, et
un canon énigmalique à trois voix avec l'in-
scription : Omne trinum perfectum. 7° Hun-
derl und fiinfftzehen guler newer Liedlein,
mit vier, fiinff, sechs Stimmen, vor nie in
Truck aussgangen, etc. (Cent quinze bonnes
et nouvelles chansons à quatre, cinq et six
voix, non encore publiées, etc.), dont Jean
Oit a été l'éditeur, à Nuremberg, en 1554. Les
autres anciens compositeurs allemands dont il
y a des pièces dans ce curieux recueil sont
Henri Isaak, Oswald Reyler, Thomas Stœlzer,
Jean Millier, Matthias Eckel, Élienne Mahu,
Guillaume Braytengasser, Arnold de Bruck,
Lupus Hellinck, Paminger, Sixte Dielrich cl
Jean Mannenmacher. 7° Psalmorum seleclo-
rum a prxstantissimis hujus nostri temporis
in arte musica artifteibus in harmon. qua-
tuor, quinque et sex vocum reductorum;
Nuremberg, 1542, in-4". Une deuxième édition
de ce recueil a élé publiée en 1553, dans la
même ville. On y trouve les psaumes Miserere,
et In exitu Israël, de Senfel. 8° Teutsche
Lieder mit vier und fiinff Stimmen (Chan-
sons allemandes à quatre el cinq voix); Nu-
remberg, 1534, in-4°. Ce recueil renferme des
chansons de Senfel, d'Arnold de Bruck et de
Braytengasser. 9° Contât. 2 vocum; Nurem-
berg, 1549'. 10° Forster (Georgii) Ausbund
scltœnen deutscher Liedlein zu singen, und
auf allerley Instrumentai zu gebrauchen,
10
SENFEL — SESNERT
sonder lich auserlesen. Von einem uberschen
und gebessert. 1, 2, 5, 4, 5 Theile (Recueil de
belles petites chansons allemandes à chanter,
et pour l'usage de toutes sortes d'instru-
ments, etc.); Nuremberg, Ulrich Nenber, 1550-
15G5, in-4". Dans la première partie de ce re-
cueil, on trouve quatre chants de Senfel; dans
la seconde, quatre; dans la troisième, sept;
dans la quatrième, neuf, et dans la cinquième,
onze. 1 1° Teutsche Lieder mit 4 und 5 Stim-
men (Chansons allemandes à quatre et cinq
voix); Strasbourg, 1545. 12° Officia Paschalia
de Resurrectione et Jscensione Dotnini;
U'ilebergx apud Georgium Rhaiv, 1539,
in-4°obl. Le psaume In Exitu Israël, à quatre
voix, se trouve dans ce volume. 13° Novum
opus musicum sex, qisinque et quatuor
vocum. Norimbergx, Hiergraphei, 1558,
in-4" obi. Dans ce recueil, publié par Jean Otl,
on trouve cinq cantiques à cinq et six voix par
Senfel. 14° Dipbona amena et floridu; No-
ribergx, in officina Joan. Montant et Ulrici
Neuberi, 1549, in-4°. Celte cofleclion de mu-
sique d'église, publiée par le Bavarois Erasme
llotenbocher, renferme trois Fragments de
Senfel. 15° Concentus octo, sex, quinque et
quatuor vocum . ominum jucundissimi ,
nuspiam antea sic xditi; Juguslx f inde-
licorum, per Philippum Uhlardum, 1545,
in-4"obl. Celte rarissime collection, dont Salh-
linger fut l'éditeur, renferme unmoletàcinq
voix par Senfel. 10° Stephani {démentis)
Triginta selectissimas cantiones, quinque,
sex. septem, oclo. duodecim et plurimum
vocum, sub quatuor tanlum arlificiose ,
musicis numeris a prxslantissimis Itujus
artis artifictbus ornatx ac compositx ; No-
rimbergx, in o/Jicini Ulrici Neuberi, 1568,
in-4". On trouve dans celle collection trois
motels de Senfel, à cinq et six voix. 17° Selec-
tissimx nccnon familiarissimx cantiones
ultra centum, varia idiomate vocum, tam
multiplicium quant eliam paucarum. Fugx
qunquc ut vocanlur, a sex usque ad duas
voces ; Augustx Vindelicorum f Melchiori
Kn'esstein excudebat, 1540, petit in-4° obi.
18° Psalmorum selcctorum a prxstanlis-
simis musicis in harmonias quatuor aut
quinque vocum redactarum. Tomi quatuor:
Norimbertjx apud Joli. Petreium, 15-38-
1542, in-4° obi. 19" Bicinia gallica, latina
cl germanica et quxdam fugx. Tomi duo;
J'ilebcrgx. apud Georg. Rhau, 1545, petit
in-4" obi. 20° figuli {Wolfgangi) Prima
pars Jmorum filii Dei domini noslri Jesu
Christi quatuor vocum; Vitebergx, 1574,
in-4" obi. Ce recueil contient vingt motets de
Figulus, et quelques autres écrits par des ar-
tistes plus anciens. Parmi ceux-ci on trouve
deux chants de Noël à quatre voix, par Senfel.
SEÏ>FF (Chaules-Samuel), prédicateur à
Slolpen, en Misnie, vers la fin du dix-seplième
siècle, est auteur d'une dissertation rare et
curieuse, intitulée : De Cantionibus fuuebri-
bus veterum; Leipsick, '089, in-4°.
SE^iFF (Charles-Frédéric), pasteur de
Saint-Maurice, à Halle, mort dans cette ville,
le 19. janvier 1814, a publié un sermon pro-
noncé à l'occasion de l'inauguration du nou-
vel orgue de son église, où il donne une notice
historique de sa construction. Cet écrit a pour
litre : Predigt bei der Einweihung der
neuerbaulen Orgel in der St.Morit'z Kirche
zu Halle, etc.; Halle, Gebauer, 1784, in-8°.
Il y a beaucoup d'autres écrils de ce savant
qui ne sont pas relatifs à la musique.
SEINGUERD (Walafrid), professeur de
philosophie et bibliothécaire à Leyde, vécut
dans la seconde moitié du dix-septième siècle
et au commencement du dix-huitième. On a
de lui une dissertation intitulée : Tractatus
de taranlula; Lugduni Batavorum, 1007,
in-4". Il en a été publié une deuxième édition
sous ce titre: Tractatus phgsicus de Tarait-
tula; Lugduni Batavorum, 1008, in-12°. Un
savant Danois, nommé Ager, a donné dans sa
langue une traduction de cet ouvrage intitulée :
Skrivt om de Jpuliske Edderlcoppe ; Copen-
hague, 1702, in-8° de quarante-huit pages,
avec une préface d'une feuille et demie. Sen-
gnerd traite dans cet opuscule des effets de la
musique pour la guérison de la morsure de la
tarentule.
SEISINEHT (Aivdré), savant orientaliste,
né à Willenberg, en 1000, s'appliqua, dés
l'âge de dix ans, à l'élude de l'hébreu et de ses
dérivés, sous la direction de 'Martin Trostius.
Après avoir fréquenté les principales univer-
sités de l'Allemagne et de la Hollande, il re-
tourna à Willenberg, et y fut nommé profes-
seur de langues orientales, en 1038. Il mou-
lut dans celte ville, le 22 décembre 1089, à
l'àgede quatre-vingt-trois ans. Parmises nom-
breux et savants ouvrages, on remarque deux
dissertations relatives à la musique des Hé-
breux; la première a pour litre: Dissertatio
de Musica quondam Hebrxorum. Elle se
trouve dans le cinquième volume des Thèses
soutenues à l'université de Willenberg pen-
dant le dix-seplième siècle. La deuxième dis-
sertation deSennert est intitulé : Dissertatio de
accenlis Hebrxorum; Willenberg, 1 070, in-4".
SÉPRÊS — SERASSI
17
SEPRÈS (Pierre-Yfres LA RAMEE
DE), né à Valenciennes, en 1797, s'esl l'ait le
disciple de Jacotot pour la méthode d'enseigne-
ment universel, en a fondé une école à An-
vers, en 1822, puis s'esl fixé à Paris, en 1828,
où il a établi un Lycée national pour la propa-
gation de la même mélhode. Il a publié un
grand nombre d'ouvrages concernant les arts
et les sciences, parmi lesquels on remarque
celui-ci : Instruction normale pour l'étude
de la musique, d'après l'enseignement uni-
versel, destinée aux personnes qui veulent
apprendre seules, et particulièrement aux
mères de famille; Paris, in-8°de vingt-quatre
pages.
SERAO (François), professeur de méde-
cine, à Naples, né à Anvers, en 1702, d'une
famille espagnole, mourut à Naples, en 1793.
On a de lui une brochure intitulée : Délia Ta-
rantola, o sia Falangio di Puglia; Naples,
1742, in-4°. Il y traite des effets de la musi-
que sur les personnes qui ont été piquées par
la tarentule.'
SERASSI (JosErn), célèbre fadeur d'or-
gues, issu d'une famille qui s'était distinguée
dans la construction de ces instruments, na-
quit à Bergame, au mois de novembre 1750.
Dès son enfance, il étudia les principes et le
mécanisme de son art dans les ateliers de son
père, et y fit de rapides progrès. Après avoir
terminé ses éludes scientifiques, littéraires et
musicales, il commença à se livrer à la facture
des instruments : son premier grand ouvrage
fut l'orgue double de Saint-Alexandre de Co-
lonne, à Bergame. Ces deux orgues sont pla-
cées en face l'un de l'autre, onl chacun deux
claviers et pédale, et forment ensemble quatre-
vingt-quatre registres, dont trente registres
de fond el de récit, et cinquante-quatre jeux
d'anches et de plein jeu. Elles peuvent être réu-
nies sous la main d'un seul organiste par un
mécanisme souterrain si parfait et si prompt
dans ses manœuvres, que les passages les plus
rapides sont exécutés avec l'ensemble le plus
exact par les deux instruments, quoiqu'ils
soient éloignés l'un de l'autre d'environ cin-
quante mètres. En 1792, Serassi construisit
dans l'église ducale deColorno un grand orgue
de quatre-vingt-deux registres, et y employa
pour la première fois de grands réservoirs de
venlqui empêchent lesondulalionsdel'airdans
les tuyaux. Huit ans après, fut achevé par Se-
rassi le bel orgue de l'église de V^nnunziata
de Como, un dés plus beaux ouvrages de cet
artiste. Il est composé de trois claviers, et de
quatre-vingt-six registres, avec beaucoup d'in-
EIOGK. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
ventions ingénieuses pour les accouplements.
Serassi donne lui-même la description de cet
instrument dans un petit écrit intitulé : Des-
crizione ed osservazioni pcl nuovo organo
posto nella chiesa dell' Annunziata diC'omo
(Description du nouvel orgue placé dans
l'église de l'Annonciation à Como) ; Como,
1808, in-8".Dans la même année, Serassi ter-
mina, avec son fils Charles, un orgue dans
l'église du Crucifix, à Milan. Un amateur de
cette ville en donna la description, intitulée :
Del nuovo organo, opéra de' Signori Serassi,
nel sanluario del Crocifisso; Milan, 1808,
in-8°. Dans sa description de l'orgue de Como,
Serassi dit que son aïeul perfectionna la qua-
lité de son des jeux de flûte, de hautbois el de
basson, et que ce fut lui qui inventa le (ira
lutta, registre par lequel on réunit d'un seul
coup lous les jeux de l'orgue. On cite comme
deux des meilleurs ouvrages de Serassi l'orgue
qu'il a construit, en 1812, dans l'église de
Saint-Eustorgue de Milan, el qui fut achevé le
G janvier 1812, bel instrument de trente-deux
pieds, et celui qu'il termina en 1815, dans
l'église Saint-Thomas, de la même ville. Sa
dernière production fut le plan d'un grand
orgue pour la cathédrale de Plaisance, qui au-
rait surpassé par sa dimension , cl par le
nombre de registres et d'inventions nouvelles,
tout ce qui avait été fait jusqu'alors. Il n'eut
pas le temps d'en entreprendre la construc-
tion, ayant cessé de vivre en 1817. Peu de
temps avant sa mort, il publia quatre lettres
sur les orgues en général el sur ses travaux en
particulier, sous ce litre : Sugli organi. Bcr-
gamo, nella sl-ampcria ISalali, 181 G, in-4 J
de soixante- treize pages.
SER-VSSI (Charles), aîné de trois fils de
Joseph, qui se sonl associés pour la construc-
tion des orgues, a acquis une célébrité égale
à celle de son père. Il est né à Bergame, vers
1786, et a étudié dès son enfance la construc-
tion des orgues sous la direction de son père,
qu'il a aidé depuis 1807 dans ses travaux, no-
tamment dans les orgues de Como et de Saint-
Thomas, à Milan. Les frères Serassi sont les
facteurs les plus renommés de l'Italie; leurs
ateliers sont établis sur la plus grande échelle;
on y construit à la fois douze ou quinze oi-
gnes, dont plusieurs de trente-deux pieds.
Leurs plus célèbres ouvrages sonl les orgues de
Saint-Philippe, à Turin, de Sainte-Marie del
Carminé, à Venise, de l'église des Jésuites à
Plaisance, de Sainte-Catherine martyre, a Bo-
logne, de VégVïsedelGesù à Rome, enfin l'orgue
double de Sainte- Marie Majeure, à Trente.
18
SERICUS — SEIOllSY
SERICES, organarius ou fabricant d'or-
gues hydrauliques, vivait à Rome, vers l'an
368 de l'ère chrétienne. Dans cette même
année, il fut impliqué dans une affaire d'em-
poisonnement, condamné et exécuté (voyez
Ammien Marcellin, liv. XXVIII, au com-
mencement). Ce nom est le seul qui soit par-
venu .jusqu'à nous d'un artisan dont la profes-
sion consistait à construire des hydraules ;
d'autre part, nous voyons, par ce qui concerne
Sericus, que ce genre d'instruments était en-
core en usage à Rome, dans la seconde moitié
du quatrième siècle.
SERII\G (Frédéric-Guillaume), organiste
et professeur de musique au séminaire évan-
géliqne des instituteurs, à Franzbourg (Pomé-
ranie), fit ses études musicales à Berlin, sous
la direction du professeur Marx. En 1851, il
fut nommé professeur de musique à Kœpenik,
près de Berlin ; deux ans après, il obtint ses
places à Franzbourg. On a de cet artiste :
1° Le psaume 72 pour un chœur de voix mêlées
avec accompagnement de piano, op. 5; Berlin,
E-slinger. 2° Le psaume 95 idem, op. 12 ;
ibid. 3° Le motet Uerr leite mich, idem,
op. 20; ibid. 4° L'entrée de Jésus-Christ à
Jérusalem, oratorio de VAvent pour voix
seules, chœur et orchestre; Magdebourg,
IL inrichshofen, 1800. 5° Un grand nombre
de Lieder à voix seule avec piano, en recueils
ou détachées; Berlin, Gaillard, Esslinger,
Bock, Schlesinger , etc. G" Des chants pour
quatre voix d'hommes; Erfurt, Kœrner.
7° Prélude et fugue à trois sujets pour orgue;
Berlin, Gaillard. 8° Deux Lieder sans paroles
pour piano; ibid. 9° Toccale (en mi bémol)
pour orgue, op. 15; Berlin, Bock. 10° Con-
certo (en ut mineur) pour orgue ; Erfurt, Kœr-
ner. 11° Introduction et fugue (en ut majeur)
idem, op. 21; ibid. 12° Méthode de chant pour
les écoles populaires; GUlersIob, Bertelsmann.
15° Méthode élémentaire de violon ; Magde-
bourg. Heinrichshofen.
SERIAI (Joseph), compositeur, né à Cré-
mone vers 1645, n'est connu que par le livret
d'un oratorio intitulé : // Getiio deluso , qui
fut exécuté dans la chapelle de l'impératrice
Éléonore, en 1680. Ce livret a été imprimé à
Venise, chez Pierre-Paul Viviano, dans la
même année.
SERVIES (François DE), pseudonyme du
P. MERSEKiI>E (voyez ce nom).
SERMISY (Claude DE), compositeur
français du seizième siècle, est désigné simple-
ment par le nom de CLAUDIIV dans les an-
ciens recueils où l'on trouve ses compositions.
; Ce musicien, homme de mérite, est un des
' moins connus de son époque, quoiqu'il ait été
un des plus considérables par son talent et par
sa position. J'ai trouvé les premiers rensei-
gnements positifs sur sa personne dans les
comptes de dépenses de la cour de France re-
latives à la musique, dont j'ai fait connaître
les curiosités dans une suite d'articles de la
Revue musicale (lom. XII, 18-52). Un de ces
comptes, dressé par maître Bénigne Sevré,
conseiller du roi et receveur général des
finances de la généralité de Languedoc, pour
l'année 1552, nous fait connaître que maître
Claude deSermisy était alors sous-maître de
la chapelle du roi et premier chantre ou direc-
teur de musique de ladite chapelle, aux ap-
pointements de quatre cents livres tournois;
que de plus il lui avait été payé mille quatre-
vingts livres pour la nourriture et l'entretien de
six enfants de chœur, et qu'enfin il avait reçu
deux cent cinquante livres tant pour l'entre-
tenement de la chapelle que pour envoyer
quérir des chantres (1). Après la mort de
François I <r , roi de France, en 1547, Claude
de Sermisy eut le litre de premier chantre de
Henri II, titre qui équivalait alors à celui de
maître de chapelle. Ce renseignement nous
est fourni par un compte des officiers domes-
tiques du roi Henri 11 ', depuis 1545 jusqu'en
1559 (époque où ce prince fut blessé mortelle-
ment dans un tournoi). Après cette dernière
époque, on ne trouve plus de renseignements
sur Claude de Sermisy, et son nom disparait
des comptes. Il y a donc lieu de croire qu'il
ne vécut pas longtemps après 1560, car ses
compositions étaient déjà imprimées dans les
recueils avec celles des musiciens les plus cé-
lèbres, en 1528, c'est-à-dire (rente-deux ans
auparavant. Cependant on pourrait croire
qu'il occupait encore sa place de maître de
chapelle du roi en 1508, car on lui donne ce
titre, conjointement à celui de chanoine de la
sainte chapelle du Palais (Reqio symphonia-
corum ordini piwfeclo, et in reyali pari-
siensis palalis sucello canonico), dans i\n
recueil de messes de sa composition publié par
Nicolas Duchemin.
Ainsi qu'on l'a vu plus haut, Claude «le Ser-
misy est désigné par le simple nom de Claudia
dans la plupart des recueils où l'on trouve
quelques pièces de sa composition ; il n'est
appelé du nom de Claudin de Sermisy que
dans le recueil de messes que je viens île
citer, et dans un autre recueil de trois messes
(I) Voyez la licruc musicale, tome XII, pnges 242
et '243.
SERMISY — SERRA
•10
publié en 1583. Le plus ancien recueil où j'ai
Irouvé îles pièces de ce musicien a yoiw litre :
1" Vingt-neuf chansons musicales à quatre
parties, imprimées à Paris par Pierre At~
taingnantf libraire, demourant en la rue de
la Harpe, près de l'église Saint-Cosme,
1528, in-8° obi. Une deuxième édition de ce
recueil a élé publiée par le même libraire en
1550. On y trouve quatorze chansons de Gan-
din, avec quelques autres pièces du mémo
genre par Jannequin, Jacotin, Passereau,
Consilium, Beaumont, etc. 2° Le troisième
livre de la même collection a pour titre :
Trente et une chansons musicales, etc.;
Paris, P. Attaingnant, 1829, in-8° obi. On y
trouve treize pièces de Gandin, 3° II y a aussi
quatre chansons à quatre parties, de Sermisy,
dans le septième livre de la même collection
publié par le même imprimeur, en 1530, in-8"
obi. Cette précieuse collection, divisée en onze
livres, renferme trois cent quarante-quatre
chansons françaises à quatre parties, com-
posées par les musiciens français les plus cé-
lèbres qui vécurent dans la première moitié
du seizième siècle : on la trouve complète à la
bibliothèque impériale (.e Paris, sous le n" V,
2G89, in-8° obi., quatre volumes. Claude de
Sermisy a beaucoup écrit pour l'église; on
trouve des motets de sa composition dans les
recueils suivants : 4° XII Motelz à quatre et
cinq voix composés par les autheurs cy des-
soubz escripts. Nagueres imprimés à Paris
par Pierre Attaignant demourant, etc.,
1529, in 8° obi. On y trouve les motets : Do-
mine quis habitabit, Michaele archangele,
Nativitas est hodie, et Preparate corda
veslra, de Gandin; les autres sont de Gom-
beit, Jean Mouton, Dorle et Deslouges.
5" Liber seplimus XXIITI trium, quatuor,
quinque, sex vocum jllodulos Dominici ad-
venlus, nativitalisque cjus, ac sanclorum
co tempore occurrentium habet. Parisiis in
vico Citharea apud Petrum Attaingnant
musicx calcographum, 1533, in-4° obi.,
gothique. On trouve dans ce recueil le motet
Da pacem de Gandin. G Liber decimus ;
Passiones Dominice in Ramis palmarum,
Veneris sancte (sic) , nec non lectiones
feriarum quinte, sexte, ac sabbati hebdo-
viade sancte .• multaque alla quadragesime
congruentia, ut palam videre licet. Parisiis
apud Petrum Attaingnant, 1554, in-4° obi.
; othique. Ce livre contient les Lamentations
de Jérémie pour le samedi saint par Gandin,
les Passions d'après saint Mathieu et saint
J.-an, et un Resurrexi par le même maître.
Les Lamentations de Jérémie ont élé réim-
primées dans un recueil publié à Nuremberg,
en 1549. 7" Liber undecimus XXVI musi-
cales habet modulos et quinque vocibus
editos. Parisiis, apud Petrum Attaingnant,
15-34, in-4° obi. gothique. On trouve dans ce
recueil dix motels à quatre et cinq voix, de
Gandin. 8° Miàsarum musicalium, cerla
vocum varietate secundum varios quos re-
ferunt modules distinctarum. Liber primus,
ex diversis iisdeinqueperitissimis auctoribus
collectas. Parisiis, ex (gpographia Nicolai
Du Chemin sub insignis Gryphonis ar-
gentei , 15G8, in-fol. Les diverses voix des
messes sont imprimées en regard. Les messes
de Gandin sont ici indiquées sous le nom de
Gandin de Sermisy; elles sont au nombre de
six, savoir : 1° Quare fremuerunt, à cinq
voix ; 2° Ab inilio, à quatre voix ; 5° Voulant
honneur, idem; 4° Tota pulchra es, idem.
5° Philomena jtrxvia, idem ; G Surgens
Jésus, idem. 7° JWssx très quatuor vocum
auctore Cl. de Sermisy. Parisiis, ex offre.
Ballardi, 1583, in-fol. max. On trouve des
morceaux de Claude de Sermisy dans les re-
cueils intitulés : 1° Selectissimx nec non fa-
miliarissimx cantiones ultra cenlum, etc.;
Augustx Vindelicorum , Melchior Kries
slein, 1540. 2° Cantiones septem, sex et
quinque vocum. Longe gravissimx, juxta
ac amœnissimx, etc., ibid., 1545. 3° Modu-
lationes aliquot quatuor vocum, quas vulgo
Modetas (sic) vocant a prxstantissimis mu-
sicis compositas, etc. Noribergx per Joh.
Petreium, 1538. 4° Tomus secundus Psal-
morum seleclorum quatuor et quinque vo-
cum; ibid., 1539. 5° Tomus tertius Psal-
morum,elc, ibid., 1542. G" Bicinia gallica,
latina et germanica, et quxdam fugx. Tomi
duo. Vitebergx, apud Georg. Rhav, 1545.
Une belle collection de chansons et de motets
à quatre voix, en manuscrit du seizième
siècle, qui a appartenu à madame la duchesse
d'Orléans, mère du roi Louis-Philippe, l'en-
ferme un grand nombre de pièces de Goudimel,
Jannequin, Arcadet, Jacotin, Mouton, Gom-
bert, Passereau, Mornable, Gandin, et d'au-
tres musiciens français de ce temps.
SERRA (Michel-Ange), prêtre et maître
de chapelle de l'église de Sainte-Marie del
Vado à Ferrare, naquit à Manloue, en 1571.
Les ouvrages connus de sa composition sont :
1° Complelorium Romanum 4 vocum; Ve-
nise, 1G03. 2° Missarum quatuor vocum
liber primus; Veneliis, apud Jac. Vincen-
tiuum, 1G0G, in-4". Dans l'année suivante,
2.
20
SERRA — SERRE
une réimpression de ce livre de messes parut
sous ce tilre : Missx quatuor vocum; Anvers.
1607, in-4°. On trouve à la fin de celte édition
une messe de morts de Clément surnommé
non papa. 3° M issarum quatuor vocum liber
secundus. Veneliis, apudJac. T'incentinum,
1615. 4° Motettx 4 vocum. Ce dernier ouvrage
est indiqué dans lecalaloguede la bibliothèque
du roi de Portugal, Jean IV, mais sans nom
de ville et sans date.
SEUI«A (Paul), chapelain chantre de la
chapelle pontificale, à Rome, naquit à Novi, et
fut agrégé au collège des chapelains chantres,
en 1753. On a de lui un livre intitulé : Intro-
duzione armonica sopra la nuova série de'
suoni modulati in oggidi, e modo di retta-
inente e più facilmenle inluonarla; Rome,
Giunchi, 1708, in-4°. C'est un nouveau sys-
tème de solfège au moyen de syllabes diffé-
rentes pour chaque ton et chaque mode.
SERIîA (Jean), compositeur, est né à
Gènes, en 1787. Élève de Gaétan Isola pour le
contrepoint, il s'est particulièrement formé
dans la connaissance des styles par l'élude des
partitions des grands maîtres. On connaît de
lui deux messes solennelles avec orchestre,
une messe de Requiem, une cajilale sur la
naissance du roi de Rome, exécutée au théâtre
de Gènes, des symphonies, quatuors, trios et
duos pour divers instruments.
SERRE (Jean- Ad ah), peintre, chimiste et
musicien, naquit à Genève, en 1704. Antago-
niste des systèmes d'harmonie imaginés par
Rameau et par Tarlini (voyez ces noms), il les
attaqua dans ses écrits en homme initié dans
l'art d'écrire en musique, et avec un esprit
d'analyse fort remarquable. Arrivé à Paris en
1751, il y débuta par des observations très-
justes sur le prétendu troisième mode que
Dlainville (voyez ce nom) croyait avoir décou-
vert. Elles parurent dans le Mercure de
France du mois de janvier 1742 (p. 160 et
suivantes), sous ce titre : Réflexions sur la
supposition d'un troisième mode en mu-
sique. L'année suivante, il publia ses Essais
sur les principes de l'harmonie, où l'oti
traite de la théorie de l'harmonie en général,
des droits respectifs de l'harmonie et de la
mélodie, delà basse fondamentale, et de l'ori-
gine du mode mineur ; Paris, Piault, 1753,
in-8" de cent cinquante-neuf pages. A la fin
du livre, les réflexions sur le troisième mode
sont reproduites. Quelques exemplaires de
l'édition de Paris ont un frontispice qui porte
la même date, avec l'indication de Genève.
Ecrivant à Taris, où régnait alors une admira-
tion sans bornes pour le système de la basse
fondamentale, Serre était obligé d'user de
beaucoup de précautions pour faire la critique
de celte théorie ; d'ailleurs, il croyait à la né-
cessité du phénomène de la résonnance mul-
tiple des corps sonores graves comme une des
bases d'une théorie véritable et complète de la
science (voyez les Essais, etc., p. 7, note VI);
mais il ne pensait pas que ce principe fut le
seul, et c'est sur ce point que porte en général
sa critique, faisant voir que les conséquences
rigoureuses que Rameau en lire le conduisent
à des résullals opposés aux faits établis dans
la pratique de l'an. Il démontre très- bien en-
suite qu'il peut y avoir une basse fondamentale
beaucoup meilleure que celle de Rameau. Dans
le troisième essai qui termine le livre, Serre
fait une critique fort juste des formules par
lesquelles Euler a exprimé les séries de sons
des gammes majeure et mineure (p. 133-155).
De retour à Genève, Serre se livra à l'exa-
men du système de Tarlini et en démontra la
faiblesse, ou plutôt la fausseté. Blessé du peu
de cas que d'Alembert semblait avoir fait de
ses Essais, etc., dans l'article Basse fonda-
mentale, il se livra à un examen sévère des
erreurs du célèbre géomètre en matière de
musique, et rétracta les éloges qu'il lui avait
accordés dans son premier ouvrage ; enfin, il
fil un troisième travail non moins juste que
sévère sur le mauvais livre de Geminiani
(voyez ce nom), intitulé: Guide harmonique.
Ces trois dissertations furent réunies par lui
dans un volume qui a pour tilre : Observa-
lions sur les principes de l'harmonie, occa-
sionnées par quelques écrits modernes sur ce
sujet, et particulièrement par l'article fon-
damental de M. d'Alembert dans V Encyclo-
pédie, le Traité de théorie musicale de
M . Tarlini , et le Guide harmonique de Jlf. Ge-
miniani; Genève, Gosse, 1763, in-8". Senne-
bier a confondu cet ouvrage avec le premier,
en lui donnant ce tilre : Essai sur les prin-
cipes de l'harmonie occasionné par quelques
écrits modernes, etc. (voyez Histoire litté-
raire de Genève, t. III, p. 326); puis, sous le
litre simple d'Observations sur les principes
de l'harmonie, il a supposé une édition faite à
Paris, en 1765, qui n'exisle pas; enfin, il a
aussi supposé un troisième ouvrage de Serre,
intitulé : Théorie de l'harmonie en général,
ou des observations sur la basse fondamen-
tale, l'origine du mode mineur, la basse fon-
damentale et les droits respectifs de la mélo-
die et del' harmonie, in-8°, 1753. Or, ce litre,
qui n'a point de sens, n'est qu'un mélange in-
SERRE
SERVAIS
21
cohérent de l'inlilulé «le quelques chapitres
des Essais sur les principes de l'harmo-
nie, elc., publiés à Paris, en 1753. Il est dif-
ficile d'accumuler plus d'erreurs à la fois:
celles-ci ont trompé M. Quérard, qui avait cru
pouvoir prendre Sennebier pour guide dans le
neuvième volume de la France littéraire
(p. 77).
SERRÉ (Jean DE), né à Rienx, petite
ville de la Haute-Garonne, vers la fin du dix-
septièrrre siècle, a écrit un poème en quatre
chanls intitulé : la Musique, qui fut publié à
Amsterdam, chez Roger, 1714, in- 12, puis à
Lyon, chez André Laurens, 1717, in-4", et
enfin, à La Haye, 1737, in-12. Ce poëme fut
réimprimé dans un recueil qui a pour titre :
Les Dons des enfants de Latone,la musique
et la chasse au cerf, poëmes, sans nom d'au-
teur; Paris, 1734, in-8°. Une nouvelle édition
du poème de Sérié sur !a musique a été don-
née par Cubières-Palmézeaux ; mais, par une
«le ces fraudes littéraires assez communes au-
trefois, l'ouvrage était attribué à Gresset, et
présenté comme inédit. Le recueil où se trouve
ce morceau est intitulé : Epître à Gresset, au
sujet de la reprise du Méchant, en 1804, sui-
vie de deux ouvrages de ce poète célèbre (le
Chien pécheur et lu Musique, poëmes), qui ne
sont dans aucune édition de ses œuvres, et
d'une épllre à un jeune provincial, intitulée :
l'Art de travailler aux journaux. Par l'ex-
révérend P. Ignace de Castelvedra, petit-
neveu du R. P. Brumoy (Cubières-Palmé-
zeaux); Paris, Moronval , 1812, in-8° de
quatre-vingt-treize pages. Tout est rempli de
faussetés dans celle publication, car le Chien
pécheur , ou le Barbet des cordeliers
d'Etampes, avait été publié, vers 1730, par
Hémard d'Anjouan.
SERVAIS (Adrien-François), célèbre vio-
loncelliste et professeur au Conservatoire
royal de Bruxelles, est né à Hal, petite ville
du Biabant, à trois lieues de Bruxelles, le
7 juin 1807. Fils d'un musicien attaché à
l'église de cette ville, il reçut de lui les pre-
mières leçons de musique et de violon. M. le
marquis de Sayve, amateur distingué qui pos-
sède une terre près de Hal, charmé des heu-
reuses dispositions du jeune Servais, leur
donna plus tard une meilleure direction, et le
confia aux soins de Van derPlancken, pre-
mier violon du théâtre de Bruxelles, et bon
professeur. Cependant Servais n'avait point
encore découvert quelle était sa véritable des-
tination, lorsque le hasard lui ayant procuré
l'occasion d'entendre exécuter un solo de vio-
loncelle par Platel (voyez ce nom), le plaisir
qu'il en ressentit fut si vif, que dès ce moment
il prit la résolution d'abandonner tout autre
instrument pour se livrer à l'étude de celui -là.
Admis au nombre des élèves du Conservatoire
de Bruxelles, il y reçut des leçons de ce même
Platel dont le talent l'avait charmé, et sous la
direction de ce mailre habile, le talent qu'il
avait reçu de la nature se développa avec ra-
pidité. En moins d'une année, il surpassa tous
ses condisciples, et obtint le premier prix au
concours. Devenu répétiteur du cours de
Plalel , il entra à l'orchestre du théâtre de
Bruxelles et y resta trois années, augmentant
chaque jour son talent par ses éludes, mais
ne parvenant pas à fixer sur lui l'attention
publique , parce qu'à cette époque le goul
de la musique était peu vif à Bruxelles. Ser-
vais consulta l'auteur de cette Biographie sur
la direction qu'il devait donner à sa carrière,
et celui-ci lui conseilla d'aller à Paris, et lui
donna des lettres de recommandation qui lui
procurèrent le moyen de se faire connaître
immédiatement. Ses succès dans les concerts
où il se fit entendre furent complets, et le pla-
cèrent au premier rang des violoncellistes,
quoiqu'il n'eut pas encore atteint la perfection
de mécanisme où ses éludes postérieures l'ont
conduit.
En 1834, Servais se rendit à Londres et y
joua dans les concerts de la société Philhar-
monique. De retour en Belgique, il s'y livra
pendant deux ans à de nouvelles études et s'ou-
vrit de nouvelles routes dans les difficultés de
mécanisme. C'est à cette époque surtout que
son talent atteignit un brillant, une hardiesse
dans les traits, qui n'ont été égalés par aucun
violoncelliste. Ses premières compositions
datent de ce même temps : elles se firent re-
marquer surtout par la nature des difficultés
nouvelles dont Servais s'était proposé le pro-
blème, et qu'il avait résolu. Au commencement
de 1836, il retourna à Paris et y joua dans plu-
sieurs concerts, puis revint en Belgique et
parcourut la Hollande, en 1837. Ce voyage fut
pour lui une suite de triomphes. Les journaux
de l'Allemagne commencèrent alors à faire
connaître son nom dans le Nord. Revenu dans
sa patrie, l'artiste se prépara, par de nouvelles
éludes, au voyage qu'il se proposait de faire en
Russie. Au commencement de 183'J, il partit
pour Pélersbourg, visitant Lubeck, Riga, et
partout faisant naître l'admiration pour son
incomparable habileté. L'enthousiasme fut à
son comble aux concerts qu'il donna dans la
capitale de la Russie. Après une année d'ab-
ir,q
SERVAIS — SESSI
sence, Servais revint à liai an mois d'avril
1840. Il se fit alors entendre à Bruxelles, à
Anvers, à Spa, et ne trouva pas moins de sym-
pathie parmi ses compatriotes que dans les
pays étrangers. Au mois de février 1841, il
entreprit un second voyage dans le Nord, et
visita -pour la deuxième fois Pélersbourg et
Moscou. Après la saison des concerts, il prit sa
roule par la Pologne, fit naître des transports
d'admiration à Varsovie, puis visita Prague et
Vienne. Les journaux de ces villes ont fait con-
naître la vive impression que son talent y a
produite. Plusieurs concerts purent à peine
satisfaire la curiosité des artistes et des ama-
teurs ; les avis n'y furent point partagés sur le
mérite de l'artiste : tout le monde s'accorda à
le saluer comme le premier violoncelliste de
son époque. Servais a fait un deuxième voyage
en Hollande, en 184ô. Dans l'année suivante,
il partit pour l'Allemagne, visita Berlin, Leip-
sick et Hambourg, excitant partout l'admira-
tion par son incomparable talent; puis il en-
treprit un troisième voyage en Russie, qu'il
parcourut jusqu'en Sibérie. Un des plus beaux
triomphes de Servais fut celui qu'il obtint à
Paris dans l'hiver de 1847. Depuis lors il a
visité le Danemark, la Suède, la Norwége, les
villes rhénanes, où il a é(é rappelé plusieurs fois,
ainsi que les villes principales de la France.
En 1848, il a été nommé professeur de violon-
celle au Conservatoire royal de Bruxelles,
où il a formé un grand nombre d'élèves dis-
tingués. Servais s'est marié à Pétersbourg,
en 1842. Nommé violoncelliste solo du roi des
Belges, il est officier de l'ordre de Léopold. Il
a publié trois concertos pour violoncelle;
seize fantaisies pour violoncelle et orchestre;
six études caprices pour cet instrument avec
piano. De plus, il a fait, en collaboration avec
J. Grégoire, quatorze duos pour piano et vio-
loncelle sur des motifs d'opéras; trois idem
pour violon et violoncelle avec Léonard, et un
idem avec H. Vieuxtemps. Tous ces ouvrages
ont été gravés à Mayence, chez Scholt.
SEUVEV (Jean), né à Orléans, vers 1 530,
s'établit à Lyon, en 1572, et y passa le reste
de sa vie. Il a composé : 1° Psalmes de •David,
à trois parties; Orléans, 1565, in-4° oblong.
2° Chansons à quatre, cinq, six et huit par-
ties; livres I et II, Lyon, Charles Posnot, 1578,
in-4° obi. ô" Psalmi Davidis à G. Bucha-
nano versibus expressi, nutic primum mo-
dulis 4, 5, G, 7 et 8 vocum decanlandi ; Lug-
duni, apud Carolum Posnot, 1579, in-4°
oblong.
SESE (Don Jla>), organiste de la chapelle
du roi d'Espagne, vécut à Madrid dans la se-
conde moitié du dix-huitième siècle. On a pu-
blié de sa composition : 1° Fcrsos de organo
para cl cantico del Magnificat y démos
Psalmos de la Iglesia,en sept livraisons ; Ma-
drid, Miguel Copin, 1774. 2° Six fugues pour
l'orgue ou le piano: ibid., 1774.
SESÉ Y BELTRAN (D. Basilio), né à
Saragosse, en 1656, y étudia la musique dès
l'âge de sept ans. Il fut organiste de l'église
des Carmes-Déchaussés royaux à Madrid. On
connaît de lui en Espagne quelques composi-
tions de mérite pour l'orgue, restées en ma-
nuscrit.
SESSI (Marianne), cantatrice, née à Rome,
en 1776, s'est particulièrement distinguée par
l'exécution la plus brillante des airs de bra-
voure, et la beauté de sa voix. Conduite par
son père en Allemagne, en 1792. elle débuta
l'année suivante à l'Opéra séria de Vienne.
En 1795, elle épousa un riche négociant
nommé Natorp, que quelques biographes ont
confondu avec le baron de Natorp. Depuis ce
temps elle a été connue sous le nom de Sessi-
Natorp, quoiqu'elle ait été plus lard séparée
de son mari. Après neuf années d'interruption
dans sa carrière théâtrale, elle se rendit en
Italie, chanta avec le plus grand succès à Ve-
nise, en 1805, et de là passa au théâtre de la
Scala ii Milan, où elle brilla en 1806. Entrée
au service de la reine d'Élrurie, vers la fin de
la même année, elle reçut une médaille d'or
d'honneur de l'Académie des beaux-arls de
Florence, en 1807. Une autre médaille lui fut
décernée à Livourne, où elle chanla dans le
même lemps; celle-ci portait pour inscription :
A MariannaSessi insigne contante. Livorno,
1807. Après avoir chanté, pendant le carnaval
de 1808, au théâtre de la Scala, à Milan, elle
se rendit à Naples, où elle brilla pendant deux
ans sur le théâtre Saint-Charles; puis elle se
rendit en Portugal et excita des transports
d'admiration à Lisbonne. Appelée à l'Opéra
italien de Londres, elle y causa aussi autant
de plaisir que d'élonnemciit. En 1816, elle
retourna en Allemagne, et se fit entendre à
Leipsick, à Dresde, à Berlin et à Hambourg,
pendant les années 1817 et 1818. De celle der-
nière ville, elle se rendit à Copenhague, où
elle demeura plusieurs années. Oubliée après
ce lemps, elle reparut tout à coup pour la troi-
sième fois en Allemagne, vers la fin de 1835,
et bien qu'âgée de soixante ans, elle chanla
dans l'année suivante à Hambourg le rôle de
Pggmalion, dans l'opéra de ce nom. Ce fut sa
dernière apparition sur la scène ; peu de lemps
SERRE — SEUFEERÏ
23
après elle se relira à Tienne, où elle est morte,
le 10 mars 1847. On a publié de la composition
de celte cantatrice : 1° Nocturne (Già la nolle
s'acvicina), à deux voix, avec accompagne-
ment de piano; Leipsick, Brcitkopf et HJerlel.
2» Tre ariette italiane; Paris, Pacini. 5" Tre
canzonette; Hambourg, Bœhme. 4° Dieci
canzonette ilaliane; Leipsick, Breilkopf et
Hœrtel.
SFSSI (Impératrice), sœur de la précé-
dente, naquit à Rome, en 1784. Conduite par
sa famille à Vienne dans son enfance, elle dé-
buta sur le théâtre italien de celte ville, et y
excita la plus vive admiration. Dans l'année
suivante, elle épousa le ma.jor de Natorp,
beau-frère de sa sœur, et elle se rendit ensuite
à Venise, où elle chanta avec le plus brillant
succès pendant le carnaval. Dans les années
180G et 1807, elle se fil admirer au théâtre de
la Scala. à Milan. De si brillants débuts sem-
blaient lui promettre une heureuse carrière:
mais elle mourut d'une maladie de poitrine, à
Florence, le 25 octobre 1808, à l'âge de viugt-
qualre ans et quelques mois.
Deux autres sœurs de celte famille d'artistes
ont brillé comme cantatrices en Allemagne.
La première (Anne-Marie Sessi) naquit à
Rome, en 1790, et commença sa carrière à
Vienne, en 1811, puis chanta au théâtre de
Peslh,en Hongrie, pendant l'année 1814, sous
le nom de Neumann- Sessi. Depuis ce temps,
elle a paru avec succès sur les théâtres de Mu-
nich, de Carlsruhe, de Francfort, de Hanovre,
de Hambourg, puis elle retourna à Vienne.
A la suite d'une longue et douloureuse maladie,
elle perdit la voix en 1823. Elle est morte
à Vienne, le 9 juin 18G4. La dernière des
sœurs de ce nom (Caroline Sessi) a chanté
pendant quelque temps au théâtre du Fonde-,
à Naples.
SESSI (Marie-Thérèse), cantatrice, n'est
pas de la même famille que les précédentes.
Elle commença sa earrière en 1805, au théâtre
<lc Parme; chanta, dans l'année suivante, au
théâtre de la Scala, à Milan, y reparut deux
ans après, puis se rendit à Vienne, et en der-
nier lieu en Pologne et en Russie. Dans les
années 1835 à 1837, elle a repara sur quelques
théâtres en Italie, mais n'y a point excité l'at-
tention du public.
SEUFFEIIT (Jean-Philippe), facteurd'or-
gues du prince de WUrzbourg, naquit en 1G73,
.à Gessenhcim, près de Carlsladt, en Bavière.
Dès son enfance il montra de si heureuses dis
positions pour la facture des orgues, que l'ha-
bile facteur Hol'inann lui o!TYit de le prendre
en apprentissage, ce qui fut accepté avec joie.
Seuffert suivit donc Hofmann à WUrzbourg, et
telle fut son assiduité au travail, qu'après les
sept années de son apprentissage, il fut con-
sidéré comme un excellent ouvrier. Il entrt-
pril alors de longs voyages, visita Vienne et les
principales villes de la Hongrie et de la Bo-
hême. Il était en Pologne lorsqu'il reçut une
lettre de son ancien maître Hoffmann qui le
rappelait à WUrzbourg, où il épousa la veuve
du facteur Hellenbrand. Son premier ouvrage
fut l'orgue de l'église de Hœchberg, dont les
qualités remarquables fixèrent sur lui l'atten-
tion publique. Bientôt il reçut de nombreuses
commandes qui l'obligèrent à donner de l'ex-
tension à sa fabrique. Le nombre des instru-
ments qu'il a construits s'élève à plus de deux
cents. Parmi les plus importants, on remar-
que : 1° Celui d'un couvent de Bénédictins en
Weslphalie, composé de trente-six jeux, avec
pédale de trente-deux pieds et quatre claviers
à la main. 2° Le grand orgue d'Eberach.
3° Celui du couvent de Bauz, en Bavière.
4° L'orgue de la chapelle de la cour à WUrz-
bourg. Seuffert mourut dans celle ville, en
1700, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
SEUFFERT (Jean-Ignace), fils aine du
précédent, né à WUrzbourg, en 1727, apprit
l'art de la construction des orgues sous la di-
rection de son père. Dans sa jeunesse, il alla
se fixer en Alsace, travailla quelque temps chez
le facteur d'orgues Dicpony, et l'aida dans la
construction de l'orgue du couvent de Kron-
weisenbourg. L'orgue de Reinigen, qu'il exé-
cuta seul ensuite, lui fit beaucoup d'honneur
et lui procura en peu de temps les demandes
de plus de trente orgues. Fixé plus tard à
Kirchweiler, il y établit des ateliers où plus de
cent instruments furent construits. Il y vivait
encore en 1807, âgé de quatre-vingts ans.
SEUFFEIIT (François-Ignace), second
fils de Jean-Philippe, naquit à WUrzbourg, en
1731. Élève de son père, il acheva de s'instruire
dans la facture des orgues par les voyages
qu'il fit dans les Pays-Bas, en France, dans la
Suisse et dans une partie de l'Allemagne. De
retour à WUrzbourg, en 1760, il n'y arriva
que pour recevoir les derniers embrassements
de son père, à qui il succéda dans la direc-
tion de la fabrique d'orgues. Il en construi-
sit environ quarante dans le territoire de
WUrzbourg, et plusieurs autres pour les
pays étrangers. Les plus remarquables de ses
ouvrages sont l'orgue de Saint-Pierre, à
Bruchsal ; celui de Kœnigsheim; celui de
Gracl'enrheinfcUl, cl enfin celui de l'église des
24
SEUFFERT — SEVERI
Franciscains de Wutzbourg, que l'abbé Vogler
cboisil à son passage dans celle ville pour le
concert d'orgue qu'il y donna. Seuffert était
aussi bon facteur de pianos. Il vivait encore à
Wurzbourg, en 1807, âgé de soixante-seize
ans. Ses deux fils se sont distingués dans la
même carrière. L'aîné (Jean-Philippe) était,
en 1807, facteur d'orgues à Wurzbourg et
contrebassiste de la cour. Parmi ses meilleurs
ouvrages, on remarque l'orgue de l'hôpital
Saint-Jules. Le second (François-Martin)
construisit aussi plusieurs instruments dans
son pays natal, puis il se fixa à Vienne, où il
établit en société une manufacture de pianos.
Ei\ 1845, il a obtenu la médaille d'or pour le
mérite de ses instruments, à l'exposition de
l'industrie de Vienne.
SEURIGT (Auguste), violoniste, entra
comme élève au Conservatoire de Paris, en
1808, et y reçut des leçons de Kreutzer aîné.
Il fut ensuite admis à l'orchestre de l'Opéra-
Comique, mais y resta peu de temps. Je crois
qu'il s'est fixé ensuite dans une ville de pro-
vince. On a gravé de sa composition : 1° Trois
duos concertants pour deux violons, op. 1 ;
Paris, Zelter. 2° Six duos faciles et progressifs,
sur des thèmes connus, pour deux violons;
Paris, Chanel.
SÉVELENGES ( Charles -Lotis DE),
chevalier de Saint-Louis, naquit à Amiens, en
1768, d'une famille originaire du Beaujolais.
Il fit ses études au collège de Juilly, d'où il
sortit en 1782, pour entrer à l'école d'artil-
lerie de Metz. Admis dans la gendarmerie du
roi, il suivit les princes français dans l'émigra-
tion, et ne rentra en France qu'en 1802. De-
puis lors il se livra à la culture des lettres, et
fournitbeaucoup d'articles aux journaux roya-
listes, tels que la Gazette de France, la Quo-
tidienne, le Pour et Contre, le Publiciste,
l'Oriflamme, etc. Il y écrivait particulière-
ment les atiicles concernant l'Opéra, l'Opéra-
Comique et le Théâtre Italien. Sévelinges est
mort à Paris, en 18Ô2. Au nombre de ses ou-
vrages, on remarque une critique vive et mor-
dante des auteurs dramatiques, des composi-
teurs, et des acteurs des théâtres de Paris,
intitulée : Le Rideau levé, ou Petite Revite
de nos grands théâtres; Paris, Maradan,
1818, in-8°. Il y attaquait en particulier l'ad-
ministration de l'Opéra italien dont madame
Catalani s'était chargée, conjointement avec
son mari, Yalabrègue. Celui-ci répondit à
l'écrit anonyme de Sévelinges par un exposé
de la situation du théâtre; mais Sévelinges fit
paraître une seconde édition de sa critique
augmentée de deux pièces intitulées : Réponse
au factum de M . F'alabrègue, et Réplique
d'un des chefs d'orchestre du Théàlre-Ilalien;
Paris, Delaunay, 1818, in-8". Deux critiques
de l'ouvrage de Sévelinges parurent, la pre-
mière sous le titre : Le Revers du rideau, par
G. N* ¥ * (Paris, Denlu, 1818, in-8° de quatre-
vingt-seize pages); l'antre, intitulée : La Co-
médiade , ou le Rideau levé, etc., par
M. Contre-Férule (pseudonyme); Paris, 1818,
in-8° de cinquante-quatre pages. Sévelinges
est aussi l'auteur d'une Notice biographique
sur Mozart, qu'on a placée en tête de l'édition
du Requiem de ce célèbre compositeur, publiée
au magasin «le musique du Conservaloire, en
1803. Enfin, il a donné aussi quelques biogra-
phies de musiciens, dans la Biographie uni-
verselle des frères Michaud.
SEVERI (François), chapelain chantre de
la chapelle pontificale, à Rome, naquit à Pé-
rouse, dans la seconde moitié du seizième
siècle, et fut agrégé à la chapelle, en qualité
de sopraniste,le 51 décembre 1G13. Il mourut
à Rome, le 25 décembre 1630, et fut enterré à
l'église Santa-fllaria d' Itria. Il était chan-
teur distingué, et bon compositeur. On voil,
dans la préface de l'ouvrage dont il sera parlé
tout à l'heure, que le maître de chant et de
composition de Severi fut Oltavio Catalani,
qui, après avoir occupé pendant quatorze ans
la place de maître de chapelle de Saint-Apol-
linaire, à Rome, fut directeur de la musique
du prince de Salmona, neveu du pape Paul V.
Le plus connu des ouvrages de Severi est un
curieux recueil de psaumes ornés de traits de
vocalisation de tout genre, lequel a pour litre:
Salmi passegiati per tutte le voci nella ma-
niera che si cantano in Roma, sopra i falsi
bordoni di tutt' i tuoni ecclesiastici du can-
tarsi nei vesperi delta domenica, e delli
giorni feslivi di tutto l'anno, con alcuni
versi del Miserere sopra il falso bordone del
Dentice. In Roma , da Nicolo Borboni ,
rrtnnolG15 ; petil in-4 u obL gravé. Une multi-
tude de broderies de tout genre et de traits ra-
pides orne dans ce recueil lechantdes psaumes.
Le goût de ces ornements, qui étaient exécutés
par une voix seule, avec accompagnement des
autres voix en faux-bourdon et d'orgue, avait
passé de la musique instrumentale dans celle
des voix. Pendant environ trente ans, au dix-
septième siècle, cette manière de chanter les
psaumes eut une vogue extraordinaire à Rome,
dit l'abbé Baini (dans ses Mémoires sur la
vie et les ouvrages de Palcslrina, t. I,
note 556, p. 200); mais, ainsi qu'il arrive du
SEVERI — SEYDELMANN
toute caricature, la mode en passa, et les
psaumes ornés tombèrent dans un profond
oubli.
SEVERG (Antoine), compositeur, né à
Lucques, dans la seconde moitié du dix-sep-
tième siècle, a fait exécuter à Rome, en
1700, son oratorio intitulé : 77 Martirio di
S. Erasmo, dans l'église de la confrérie de la
Pietà.
SEVERUS (Cassius), ou plutôt CAS-
SIUS-SEVERUS (Caïbs), poète latin du
siècle d'Auguste, surnommé PARMENSIS,
parce qu'il était né à Parme, n'était pas,
comme on voit, un savant inconnu du dix-
septième siècle, ainsi que le disent Gerber et
ses copistes. Républicain fougueux, il fut un
des meurtriers de César, et s'attacha au jeune
Pompée, puis à Marc-Antoine, qu'il seconda
en qualité de lieutenant. Après la bataille
d'Actium, il se relira à Athènes ; mais au lieu
d'y cacher son existence dans l'obscurité, il
attaqua Auguste avec tant de violence dans ses
écrits, que celui-ci donna l'ordre de le tuer.
On i 11 tt I i ns Varus, chargé de celte mission, le
trouva dans son cabinet occupé de la compo-
sition d'un poème, et lui donna la mort. Les
écrits de ce poète étaient si nombreux, qu'on
en forma son bûcher funéraire. On ne connais-
sait de lui que quelques épigrammes impri-
mées dans l'Anthologie, lorsque Pierre Vet-
lori découvrit un petit poème de dix-neuf vers
concernant l'élude delà musique, traduits en
latin par Cassius-Severus, d'après Orphée, et
le publia sous le litre : Orpheus ad infor-
mandos mores. Nalhaniel Chylrée en donna
une nouvelle édition avec un commentaire et
des recherches littéraires sur la vie de Cassius-
Severus : elle a pour titre : Cassii Severi Par-
inensiS; poetx inter epicos veteres eximii,
Orpheus, cum comment. N. Chytrxi; Franc-
fort, 1585, in-8". Une autre édition avec le
commentaire de Chylrée, non moins rare que
celle-ci, esl intitulée : De indus tria Orphxi
circa sludium musices, carmen; Francfort,
IG08, in-8°. Vossius et quelques autres criti-
ques pensent que les vers de Cassius sont sup-
posés, et qu'ils sont l'ouvrage d'Achille Slace,
écrivain portugais, qui les aurait imprimés
comme essai, sous un nom emprunté, dans ses
noies sur Suétone. Ce point d'histoire litté-
raire n'a point été éclairci jusqu'à ce jour.
SEVIIV (Julien), professeur de musique,
né au Mans, en 1812, est auteur d'un petit ou-
trage intitulé : Théorie musicale appliquée à
l'enseignement simultané; Paris, Duvcrgcr,
1841, in-8° de soixante-quatre pages.
SEYROTHIUS (Jean), poêle 'couronné et
recteur du gymnase de Rolenbourg-sur-la-
Tauber, mourut en 1061. On a de lui un livre
intitulé : Manuale philosophie theorico-prac-
ticum; Francfort-sur-le-Mein, 1658, in-8°.
Il y traite, en neuf chapitres, dans le premier
livre, de la musique théorique et pratique
d'après la méthode scientifique. Dans le
deuxième livre, on trouve deux pages sur le
chanl choral et figuré.
SEYDELUIAINIV (François), maître de
chapelle de la cour de Dresde , naquit dans
cette ville, le 8 octobre 1748. Weber, maître
de chapelle du roi de Pologne, dirigea ses
premières études musicales; puis il reçut de
Naumanndes leçons de contrepoint. En 1765,
il fit avec ce maître, et en compagnie de Schns-
ler (voyez ce nom) un voyage en Italie, où se
forma son goût dans l'ail du chant el dans la
composition. Après un séjour de sept ans dans
cette belle contrée, il retourna à Dresde, en
1772, et y fut nommé compositeur de la cour,
pour l'église et pour la chambre, conjointe-
ment avec Schuster, qui partagea avec lui la
direction de la musique de l'Opéra, alternati-
vement avec Naumann. En 1787, Seydelmann
eut le litre de maître de chapelle; il en rem-
plit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le
24 octobre 180G. La plus grande partie des
compositions de cet artiste esl restée en ma-
nuscrit. La liste «le ses ouvrages connus se
compose de ceux dont les titres suivent : 1° La
Beluliq liberala, oratorio. 2° Gioas, Re di
Giuda, idem. 3° Vingt-cinq messes avec or-
chestre. 4" Huit vêpres complètes. 5° Neuf
litanies. 6° Quatre Miserere. 7° Un Stabat
mater. 8° Un Requiem et plusieurs autres
compositions religieuses terminées en 1796.
Depuis lors, Seydelmann a écrit : 9 1 La Morte
d'Jbele, oratorio, en 1801. 10° Trois Salve
Regina. 11° Quatre Magnificat. Il adonné
au théâtre de Dresde : 12° Der lahme Husar
(le Hussard estropié). 15° Die schœne Arsène
(la belle Arsène), publiée en partition réduite
pour le piano, à Leipsick, chez Breilkopf.
14° Jl Capricioso corretto, dont on a publié,
à Dresde, un rondeau et une cavatine avec
accompagnement de piano. 15 tt Za Fillanella
di Misnia,en 1784, dont on a publié à Dresde
un rondeau, un chœur, un duo el une cavatine
avec piano. 10" Jl Mostro, en 1787. 17» Il
Tnrco in Italia, en 1788. 18° Amor per oro,
en 1790. 19° La Serva scaltra. 20° Circé,
cantate française. Dans la musiqueinstrumen-
lale de Seydelmann, on remarque : 21° Six so-
listes à quatre mains pour piano, op. 1 ; Leip-
SEYDELMANN — SEYFRIED
sick, Breilkopf, 1780. 22" Trois sonates pour
piano et flûte, op. 2; Dresde, Ililscher.
25" Trois sonates pour clavecin seul: Leip-
sick, Breilkopf. 24" Trois sonates pour clave-
cin et violon ; ibid., 1787. 25°Six sonates pour
clavecin seul, en manuscrit.
SEYDEOIANN (Ecgèue), né à Rengcrs-
dorf, en Silésie, en 1806, est fils d'un maître
d'école qui lui a enseigné les éléments de la
musique, du piano et de l'orgue. Plus tard, le
pasteur Wigang, élève d'Otio, organiste dis-
tingué, lui donna des leçons d'harmonie et de
contrepoint. A l'âge de treize ans, Seydel-
mann fréquenta le gymnase de Glalz, puis il
se rendit à Breslau, vers 182G, et s'y livra avec
ardeur à la composition. Il y obtint la place
de directeur tic musique du théâtre, et lit
preuve de talent dans l'exercice de ces fonc-
tions, qu'il remplissait encore en 18G0. Un de
ses meilleurs ouvrages, qu'il fit paraître peu
de temps après, est une grande cantate intitu-
lée : Dievier Menschenaller (les quatre Ages
de l'homme), pour huit voix en chœur et quatre
voix de solos, sans accompagnement. Au nom-
bre de ses compositions pour l'église, on
remarque une messe solennelle et un Re-
quiem. On connaît de cet artiste un opéra sé-
rieux dont le sujet est f'irginie, et qui a été
joué avec succès.
SEYFAÏITII (Jean-Gabriel) naquit en
171 1, à Reisdorf, dans les environs «le Wei-
mar. Wallber, organiste de celle ville, lui
donna les premières leçons de clavecin. Plus
lard, il se rendit à Zerbst, et y devint élève de
ILeok pour le violon, et de Fascli pour la com-
position. Après avoir achevé ses éludes, il en-
tra au service du prince Henri de Prusse, avec
le tilre de musicien de la chambre ; et lorsque
le roi Frédéric II organisa sa musique, en
1740, Sey failli y obtint une place de violoniste,
et fut chargé de la composition des ballets poul-
ie théâtre de l'Opéra de Berlin. Il en écrivit un
très-grand nombre, et composa beaucoup de
symphonies, de concertos, de symphonies con-
certantes, quatuors et trios pour violon. Quel-
ques-unes de ses symphonies ont été publiées
à Berlin et à Leipsick ; la plupart sont précé-
dées de préfaces dans lesquelles Seyfarlh ana-
lyse les sujets qu'il a voulu exprimer. On con-
naît aussi de lui des trios pour instruments à
archet, quelques solos de violon, et une sym-
phonie concertante pour cet instrument. Il
•est mort à Berlin, le 9 avril 179G, dans la
quatre-vingt-cinquième année de son âge.
SEYFEUT (Jean-Gaspard), né à Augs-
ihourg, en 1G97, reçut les premières leçons de
musique chez Krœuler, Canlor de l'église
luthérienne de cette ville. Il obtint ensuite des
secours des inspecteurs des écoles pour voya-
ger, et se rendit à Dresde, où il reçut des le-
çons de violon de Pisendel. S'élant livré à
l'étude du luth, il y acquit une grande habi-
leté. De retour dans sa ville natale, il succéda
à son maître Kraeuter, dans la place de canlor,
en 1741, et composa beaucoup d'oratorios, de
morceaux de musique d'église, et de sympho-
nies, qui sont restés en manuscrit. Il mourut
à Augsbourg, le 2G mai 17G7, à l'âge de plus
de soixante-dix ans.
SEYFERT (Jeah-Godefroi), fils du pré-
cédent, naquit à Augsbourg, en 1751. Élève de
son père, il n'était âgé que de seize ans lors-
qu'il composa un oratorio de la Passion qui
fut fort bien accueilli. Il prit ensuite des le-
çons d'harmonie et de contrepoint chez Leil-
dorfer, à Bayreulh ; mais le séjour qu'il fit à
Berlin forma surtout son goût, par les occa-
sions qu'il eut d'entendre les ouvrages de
Gratin, et par sa liaison avec Charles-Philippc-
Emmanue) Bach. Après la mort de son père,
il fut rappelé à Augsbourg pour le remplacer;
mais il ne lui survécut que peu d'années, étant
mort le 12 décembre 1772. On n'a publié de la
composition de cet artiste distingué que six
trios pour deux violons et basse (Leipsick,
17G2), et six sonates pour clavecin, violon et
violoncelle (ibid., 1704). Les magasins de mu-
sique et les bibliothèques d'Allemagne ren-
ferment beaucoup de ses ouvrages, tels que
vingt et une symphonies, des concertos de vio-
lon, l'oratorio intitulé: la Mort de Jésus, et
la grande cantate Der von Golt Deutschland
fjeschenhe Freide (la Paix donnée par Dieu à
l'Allemagne), composée en 17Gô.
SEYFRIED (Jean-Christophe), organiste
de la cour de Sehwarzboiirg-Rudolstadt, dans
la seconde moitié du dix-septième siècle, a pu-
blié deux suites de ballets, d'allemandes, de
courantes, de sarabandes et d'ariettes pour le
clavecin, dont la première parut à Francfort,
en 1056, et la seconde en 1G59.
SEYFRIED (Ignace-Xavier , chevalier
DE), naquit à Vienne, le 15 août 177G. Son
père, Joseph, chevalier deSeyfried, était con-
seiller de la cour du prince de Hohenlohe-
SclieHingsflirst. Dès son enfance, on remarqua
ses rares dispositions pour la musique. Mozart
et Kozeluch firent de lui un pianiste distingué,
et l'organiste Hayda lui enseigna les règles de
l'harmonie. Destiné au barreau par ses pa-
rents, il se prépara à l'étude du droit, en sui-
vant à Prague des cours de littérature cl de
SEYFR1ED
6)7
philosophie; il y fil la connaissance de Dionys
Weber, (ie Tomaschek et de Willasek (voyez
ces noms), qui encouragèrent son penchant
pour la musique. De retour à Vienne, il y sui-
vit des cours de droit qui ne l'empêchèrent
pas d'étudier avec zèle le contrepoint sous la
direction d'AIbrcchtsberger. Le séjour de
Win ter à Vienne, où il était allé écrire
les Ruines de Babylone, fournit au jeune
Seyfried l'occasion de s'instruire de tout ce
qui concerne la composition dramatique. Ce
fut par les avis de ce musicien célèbre que son
père consentit enfin à lui laisser suivie la car-
rière de l'art pour lequel il se sentait un pen-
chant irrésistible. Les recommandations de ce
maître lui firent aussi obtenir, à l'âge de
vingt et un ans, les litres de compositeur et de
directeur de musique du théâtre dirigé par
Schikaneder. Son premier opéra (Der Lcewen-
brunn) y fut représenté en 171)7. Dans lesan •
nées suivantes, il écrivit beaucoup de mor-
ceaux détachés pour divers opéras, un grand
nombre de mélodrames, parmi lesquels on re-
marque Montesuma, San!, Frédéric de
Minsky, la Citerne, Der Teufelssleg am Ri-
fffberg (le Chemin du diable au Higi), la
Forêt de Bondi. Faust, Die JVaise und der
Jtlccrdcr (l'Orpheline et le Meurtrier), les Ma-
chabées , l'Orpheline de Genève } Siu-
trame, elc. On a publié les ouvertures et les
partitions pour piano de quelques-uns de ces
ouvrages, qui sont les meilleurs de Seyfried.
Moins heureusement inspiré dans les opéras,
il en a cependant écrit un trop grand nombre
pour que tous les li tics en soient cités ici. Les
principaux sont : 1° Der TFundermann uni
Jlheinfali (l'Homme miraculeux à la chule du
Rhin), grand opéra, en 1799. 2° Les Druides,
idem, en 1801. 3° Cyrus, idem, eu 1803.
4" Les Samaritaines, idem, en 1806. 5° Ri-
chard Cœur de Lion, en 1810. G" La Rose
rouge et la Rose blanche, en 1810. 7" Zémire
et Azor, en 1818. Outre cela, il a composé-
la musique d'environ soixante-dix opéras-
comiques, pantomimes, pièces féeriques, bal-
lets, parodies et farces, des ouvertures et
cntr'acles pour plusieurs tragédies, telles que
Jules César, la Pucclle d'Orléans, At-
tila, etc. Tous ces ouvrages furent écrits dans
l'espace de trente ans. En 1828, Seyfried
donna sa démission de la place de directeur de
musique du théâtre, et depuis ce temps, il vé-
cut dans la retraite, sans interrompre toute-
fois ses travaux. Il a publié pour l'église :
1" Graduel (Cantate Domino), pour ténor
avec chœur et orchestre, n° 1 ; Vienne, Has-
linger. 2" Idem (Qui seminant in lacrymis)
à quatre voix, orchestre et orgue, n"2; ibid.
3" Idem (Domine, Dominus noster) à quatre
voix, deux violons, alto et basse, n" 3; ibid.
4° Libéra pour quatre voix d'hommes, com-
posé pour les obsèques de Beethoven; ibid.
5° Messe à quatre voix, orchestre et orgue,
n" 1 (en ut); ibid. G Idem, à quatre voix, or-
chestre et orgue (en si bémol), n° 2; ibid.
7° Idem (en mi bémol), n° 3; ibid. 8° Idem
(en sol mineur), n» 4; Leipsick, Hofmeisler.
9" Idem (en ut), n° I>; Vienne, Haslinger.
10° Grand /feçutem poui quatre voix d'hommes
et chœur, trois violoncelles, oontrebasse, deux
trompettes, timbales et orgue; ibid. 11 "Trois
motels pour chœur et orchestre, premier recueil;
Leipsick, Breitkopf et Ilœrtel. 12" Offertoire
(Te decet hymnus), pour voix de basse, chœur
et orchestre, n° 1 ; Vienne, Haslinger. 13° Idem
(Ave, maris Stella), à quatre voix, orchestre
et orgue, n° 2; ibid. 14" Idem (O mi Deus,
amor meus), à quatre voix, deux violons, alto
et basse, n° 3 ; ibid. 15° Idem (Stringor vin-
culis), pour voix de solo, chœur et orchestre,
n" 4; ibid. 16° Hymne (Domine judicium
tint m) , pour quatre voix et orchestre, n" 1;
ibid. 17" Idem (Salvum fae), idem, n" 2;
ibid. 18° Graduel, n" 4 (II ara, dies), pour
voix de solo, chœur et orchestre; ibid.
19° Idem, n° 5 (Mudus eram), pour voix de
basse, chœur et orchestre; ibid. 20° Offer-
toire, n" 5 (Cum sumpsisset), à quatre voix,
chœur et orchestre; ibid. 21" Deux Tanlum
ergo, à quatre voix et orgue; ibid. Il a laissé
en manuscrit : huit messes solennelles, deux
Requiem, l'oratorio intitulé: les Israélites
dans le désert, un Regina Cœli, deux F'eni
Sancte Spiritus, Ecce punis, Dlisererc, sept
Tanlum ergo, deux Te Deum, neuf graduels,
dix offertoires, plusieurs hymnes en langue
hébraïque, enfin, des psaumes et hymnes en
latin et en allemand. La musique d'église de
Seyfried est fort estimée en Autriche. Il a
écrit aussi des sonates, rondeaux et variations
pour piano, des quatuors pour violon, deux
symphonies, et des pièces pour divers instru-
ments.
Dépourvu d'originalité dans les idées et
dans la forme, mais infatigable dans ses tra-
vaux, Seyfried fut pendant plusieurs années
le rédacteur principal de la Gazette spéciale
de musique des Etats autrichiens; il a fourni
de bons articles à la Gazette musicale de
Leipsick, au recueil intitulé Çxcilia, et dans
d'autres journaux. Enfin, il a été l'éditeur des
œuvres théoriques d'AIbrcchtsberger (t'oye; ce
£S
SEYFRIED — SHIELD
nom), des études de composition «le Beethoven,
et des essais de Preindl (voyez ce nom) sur
l'harmonie et le contrepoint, recueillis et mis
en ordre sous le litre de Wiener Tonschule
(École de la musique viennoise). Cet artiste
cstimahlc était memhre des académies et so-
ciétés de musique des États autrichiens, de
Stockholm, de Paris, Giœlz, Leyhach, Nurem-
berg, Preshourg et Prague. Il est mort à
Vienne, le 27 août 1841, à l'âge de soixanle-
cinq ans.
SEYLER (Joseph-Antoine), né en 1778,
à Lauleibach, en Bohême, reçut de la nature
d'heureuses dispositions, et l'ut instruit liai-
son père, Joseph Seyler, recteur à Schœn-
feld, qui lui enseigna le chant, le violon, le
clavecin, l'harmonie et la composition. Après
ri ne son éducation musicale eut été terminée,
il occupa, pendant quelques années, la place
de chef de musique d'un régiment de l'empire
d'Autriche. En 1808, il fut nommé professeur
de musique et directeur du chœur de l'église
paroissiale à Ol'en. Il en remplit les fonctions
jusqu'en 1820; puis il fut appelé à Gran en
qualité de directeur du chœur de l'église mé-
tropolitaine; il occupa cette position pendant
vingt et un ans. Beliré, en 1841, il vivait
encore dans le repos au commencement de
1800. On connaît de la composition de cet
artiste une messe et un Requiem.
SEYLER (Charles), fils du précédent, né
à Ofen, en 1815, commença l'étude de la mu-
sique sous la direction de son père. En 1834,
il se rendit à Vienne et fut élève du chevalier
de Seyfried pour la composition. Pendant
quelques années, il fut attaché à l'orchestre du
théâtre de la Porte de Carinthie; il quitta cette
position, en 1841, pour succéder à son père
dans la place de directeur du chœur de l'église
de Gran. Au nombre de ses compositions, on
remarque plusieurs messes, des pièces de dif-
férents genres pour piano, et un trio pour
piano, violon et violoncelle.
SEYTKE (Charles-Félix), mécanicien de
Lyon, a obtenu, le 24 janvier 1842, un brevet
d'invention de cinq ans pour des orgues à
cylindre qui jouent des airs au moyen de
cartons percés. C'est le système deJacquart
substitué aux cylindres notés. Voici la des-
criplion qu'en donne M. Hamel (Nouveau
Manuel complet du facteur d'orgue, t. III,
p. 484) : « Un carton sans fin, d'une seule
» pièce, sans joints ni coulure, comme un
» manchon, est percé de trous carrés ou longs,
» d'autant plus allongés que la note qu'ils re-
» présentent a plus de durée. Ce carton passe
» entre quatre cylindres. Sur les deux bords,
» il y a, à des intervalles égaux, des trous
« ronds qui engrènent dans des chevilles pla-
» cées sur les deux cylindres inférieurs. La
» partie horizontale du carton glisse comme
» un registre d'orgue entre deux pièces de
» bois percées de trous correspondants aux
» gravures du sommier et sous lesquelles la
>•> soufflerie est comprimée. Lorsque la partie
» pleine du carton bouche les trous de ces
» pièces de bois, l'air ne peut s'échapper;
>' mais aussitôt que les trous des carions se
» trouvent vis-à-vis d'eux, l'air entre dans le
» sommier et fait parler les tuyaux. Ainsi lors-
■v qu'on a mis les cylindres en mouvement par
» une manivelle, les chevilles font avancer le
» carton, qui présente successivement ses
» trous sous ceux des gravureset l'ont entendre
» l'air qui y est noté. »
S1IAHP (Richard), contrebassiste et pro-
fesseur de piano, vécut à Londres dans la se-
conde moitié du dix-huitième siècle. On con-
naît sous son nom un œuvre de sonates de cla-
vecin (Londres, 1784), et un traité élémentaire
de musique et de piano intitulé : New Guide
di Musica, being a complète book of instruc-
tions for beginners of the piano forte, etc. ;
Londres, 1794, in-4°.
SHEPHAUD (Jean), contrepoinlisle an-
glais, vécut vers le milieu du seizième siècle.
Il avait fait ses études à l'université d'Oxford,
et y avait obtenu le grade de bachelier en mu-
sique, en 1554. Il a fait imprimer de sa com-
position des prières du malin et du soir, à
quatre voix, sous ce titre : Morning and
evening prayers and communion's for the
voice, in four parts, elc. ; imprinted at Lon- .
don, by John Day, 1565. Burney a tiré de ce
recueil un motetqu'il adonné dans ledeuxième
volume de son Histoire générale de la mu-
sique (p. 587 et 588).
SIIEIIARD (Jacques), pharmacien à Lon-
dres, dans la première moitié du dix-huitième
siècle, fut amateur de musique et violoniste
distingué. On a gravé de sa composition :
l°Douze sonates pour deux violons, violoncelle
et basse continue pour le clavecin, op. 1 ;
Amsterdam, Roger. 2° Douze idem, op. 2;
ibid.
SHIELD (William), fils d'un maître de
musique, naquit en 1754, à Smalwell, dans le
comté de Durham,en Angleterre. Dès l'âge de
six ans, il reçut de son père des leçons de sol-
fège, de violon et de clavecin. Trois ans après,
il perdit son père, qui laissa sa femme veuve
avec quatre enfants. Celle-ci, voulant lui don-
SIIIELD — SIIUTTLEWORTH
29
ner une profession qui put assurer son exis-
tence, lui laissa le choix entre celles de mate-
lot, de barbier ou de constructeur de bateaux.
Il se décida pour celte dernière, et fut mis en
apprentissage dans un atelier de Norih-
Shields; mais son maître lui permit de conti-
nuer ses études de musique. Lorsque son ap-
prentissage fut achevé, il se détermina à
suivre la carrière de musicien, et pria Avison
de lui donner des leçons d'harmonie et de
composition ; peu de temps après, il obtint un
engagement pour diriger l'orchestre du théâtre
de Scarborough et des concerts de celte ville.
L'intelligence donl il fit preuve dans ces fonc-
tions lui procura ensuile des positions sem-
blables au théâtre de Durham et aux concerts
de Newcaslle. De retour à Scarborough, il se
lia d'amitié avecBorgéet Fischer, qui l'enga-
gèrent à se fixer à Londres, el lui procurèrent
une place dans l'orchestre de l'Opéra. Bientôt
après, il fut chargé de la direction de la mu-
sique au théâtre de Haymarket. Il y donna son
premier ouvrage dramatique, donl le succès
lui procura le litre de compositeur du théâtre
de Covent-Garden, pour lequel il écrivit plu-
sieurs opéras depuis 1782 jusqu'en 1791. Des
discussions d'inlérêtqu'il eut avec l'entrepre-
neur du théâtre lui firent alors donner sa dé-
mission, et il prit la résolution de voyager en
Italie. Parti de Londres, au mois d'août de
celte année, il traversa la France, visita Bo-
logne et Florence, puis s'arrêta à Borne, où il
étudia l'art du chant sous la direction de quel-
ques bons mailres.
Le retour de Shield à Londres, vers la fin de
1792, marqua une seconde époque dans sa
carrière. On remarqua dans les opéras qu'il
écrivit depuis lors un goùl meilleur el un style
plus élégant. Il contracta un nouvel engage-
ment, en qualité de directeur de musique du
théâtre de Covent-Garden, et en remplit les
fonctions pendant quinze ans; mais de nou-
velles discussions lui firent prendre sa retraite
en 1807, et depuis lors il vécut à Londres sans
emploi. Il est mort dans celle ville au mois de
février 1829. Sa bibliothèque de musique, riche
en compositions anciennes el en livres histori-
ques et théoriques concernant cet art, a été
vendue aux enchères publiques, au mois de
juillet de la même année.
La liste de ses opéras et pantomimes ren-
ferme les litres suivants: 1° Flitch of bacon,
1778. 2° Lord mayor's day , pantomime,
1782.0° The poor Soldier, opéra -.comique,
1783. 4° Rosine, idem, 1783. 5" arlequin
moine, pantomime, 1783. G Robin Hood,
opéra-comique, 1784. 7° Noble pensant, id.,
1784. 8» Fontainebleau, idem, 1784. 9" La
Caverne magique, 1784. 10" Nunnery (le
Couvenl), opéra-comique, 1785. 11° Lave in
a camp (l'Amour dans un camp), 1785.
12" Ornai, farce musicale, 1785. 13° Enchan*
ted Castle (le Château enchanté), pantomime,
178C. 14° Marianne, intermède, 1788. 15" Zc
Prophète, opéra-comique, 1788. 16° La ('roi-
sude, fait historique, en 1790. 17° Picture of
Paris (le Tableau de Paris), pantomime, 1790.
18° The ÏFoodman (l'IIommedes bois), opéra-
comique, 1791 . 19° Hartford Bridge (le Poul
d'Hartrord), farce, 1792. 20° H arlequin' s mu-
séum (le Musée d'Arlequin), parlomime, 1792.
21° Midnight Wanderers (les Vagabonds noc-
turnes), opéra-comique, 1793. 22" Travellers
in Switzerland (les Voyageurs en Suisse),
opéra-comique, 1794. 23" Arrivai at Ports-
mouth (l'Arrivée à Porlsmoulh), intermède,
1794.24° Mysteries of the Castle (les Mys-
tères du château), opéra dramatique, 1795.
25° Lock and Key (la Serrure et la Clef), inter-
mède, 1796. 26" Abroad and at home (En ville
et à la maison), opéra-comique, 1796.27»/ta-
lian Villagers (les Villageois italiens), idem,
1797. 28" The Fariner (le Fermier), farce,
1798. 29" Two faces nnder a hood (Deux
télés sous un bonnet), opéra-comique, 1807.
Plusieurs morceaux détachés de ces ouvrages
onl été gravés avec accompagnement de p ; ano
On a publié aussi, sous le nom de Shield :
1° Six trios pour deux violons et basse; Lon-
dres, Longman, 1796. 2° Six duos pour deux
violons, op. 2; ibid. 3° Des chansons anglaises
avec accompagnement de piano. Ce musicien
n'est connu aujourd'hui qne par un livre élé-
mentaire concernant les règles de l'harmonie,
intitulé : Introduction to harmony; Lon-
dres, 1794, in-4°. La deuxième édition de cet
ouvrage a paru à Londres, chez Bobinson, en
1800, un volume grand in-4°. On a aussi de
Shield une méthode d'accompagnement qui a
pour litre : Rudiments of Thorough-Dass;
Londres (sans date), in-4°.
SIIUTTLEWORTH (Obadiaii), fils d'un
professeur de musique, naquit à Spitalfields,
vers la fin du dix-seplièine, siècle. Élève de
son père, il devint habile violoniste et or-
ganiste distingué. Fixé à Londres, il y di-
rigea longtemps les concerts de Swan-Tavern,
et mourut en 1735 , laissant en manuscrit
douze concertos et quelques sonates de sa
composition. On n'a gravé de lui que deux
concertos de violon, extraits des sonates de
Corelli.
so
S1BELLI — SICK
SIHEÏXI (Jean-Antoine), compositeur Po-
lonais, vécut dans la seconde moitié du dix-
septième siècle. En 1681, il fil représenter au
théâtre public de Bologne / Diporti d' A more
in Pilla; et en 108-1, il donna, au théâtre For-
magliari de la même ville, Elenaura fuyyi-
tiva.
Sfl5EI\(Ui!D,MX-GoDEFROiD),néàSclioi!dan,
enMisnie, le 15 décembre 1069, fil ses éludes
aux universités de Riel et de Wiltenberg.
Après avoir obtenu le grade de docteur en
théologie, il l'ut nommé, en 1698, recteur à
Schneeberg. En 1708, on l'appela à Leipsick,
en qualité de prédicateur. 11 mourut en cette
ville, le 15. juin 1741. Ce savant possédait bien
les langues latine, grecque et hébraïque, et
parlait le français, l'italien et l'espagnol. On a
de lui deux petits écrits intitulés : Historia
Melodorum yrœcortim et latinorum; Lip-
six, 1715, in-4°; et Hisloria Melodorum
ecclesiw grœcx eorumque theoloyia poetica
emenxis librisque îiturgicis ; Lipsiœ, 1714,
in-4°de vingt-six pages.
SIBIiM (Grégoire), moine au couvent
d'Amerbacb, près de Mittemberg, vécut dans
la seconde moitié du dix- huitième siècle. En
1784, il a fait graver à Francfort trois sonates
pour la harpe ou le clavecin, avec violon et
alto, op. 1, et La Chasse, pour clavecin et
violoncelle, op. 2.
• SI1ÎIIV (André), frère puîné du précédent,
a publié à Francfort, en 1784, trois quatuors
pour clavecin, violon, flûte et violoncelle.
SÏBIRE (l'abbé Antoine), né à Paris, en
1757, fit ses études au séminaire de Saint-Sul-
pice, puis entra dans la maison des missions
étrangères de la rue du Bac, et fut envoyé
comme missionnaire à Loango, dans la Gui-
née. De retour à Paris, vers 1787, il y obtint
la cure de Saint-François d'Assise, dont il fut
ensuite privé par la clôture des églises, pen-
dant les troubles de la révolution. Après le
rétablissement du culte, il fut attaché, en
qualité de simple ecclésiastique,- à la paroisse
Saint-Louis du Marais. Il vivait encore à Paris
en 1826, mais je crois qu'il est mort peu de
temps après. On a de lui quelques écrits poli-
tiques assez médiocres, et un livre qui a pour
titre : La Chélonomie, ou le parfait luthier,
Paris, 1806, in-12 de deux cent quatre-
vingt-huit pages. Amateur passionné du vio-
lon, dont il jouait fort mal, il fréquentait
assidûment l'atelier de Lupot [voyez ce nom),
luthier distingué de Paris, et s'y était épris
d'une admiration fanatique pour les instru-
ments des anciens luthiers de Crémone. Lupot
lui confia les noies et les observations manu-
scrites qu'il avait faites sur la facture de ces
artistes et sur les qualités de leurs instruments.
C'est sur ce. fond que l'abbé Sibire écrivit son
livre, qui n'eut point de succès, et dont les
exemplaires sont devenus très-rares. Le style
ampoulé dont il se sert pour les choses les
plus simples n'est pas exempt de ridicule,
mais les observations de Lupot renferment
d'excellentes choses qui ne sont pas assez
connues des facteurs d'instruments, et de ceux
qui sont chargés de la réparation des produits
delà lutherie ancienne.
SIBONI (Joseph), ténor distingué, naquit
à Bologne, en 1782, et y fit ses études musi-
cales. En 1802, il débuta au théâtre Commu-
nale de celle ville. En 1806, il chanta au
théâtre de la Scala, à Milan, puis il alla à
Venise, à Florence, et reparut à Milan, en
1810. Après avoir chanté à Londres pendant
deux saisons, il se rendit à Copenhague, où
le roi l'engagea à son service pour le reste de
ses jours. Une belle voix, une bonne méthode
distinguaient cet artiste, qui fut chargé delà
direction d'une école de chant attachée au
théâtre de Copenhague. Il est mort dans cette
ville, le 29 mars 1839.
SICARD (Laurent), musicien français, fut
attaché à la Sainte-Chapelle de Paris, comme
ténor, sous le règne de Louis XIII. On a im-
primé de sa composition : Huit livres d'airs
sérieux et à boire, à trois parties avec la basse
continue; Paris, Robert Ballard, 1662-1668,
in-8" obi.
SICCI (Anaceet), en latin SICCLS, sa-
vant ecclésiastique, né à Crémone vers 1590,
fut clerc régulier de Saint-Paul au couvent de
Bologne. On a de lui un bon ouvrage intitulé :
De ecclesiastica hymnodia libri très inqui-
bus de pr.vstantia , effeclibus et modo rili
psallendi in choro copiose agitur; Bononix,
apud Clementem Ferrarium, 1629, in-4°.
L'épîlre dédicaloire au cardinal Jérôme Vi-
demi est datée de Bologne, le 9 mars 1629.
Cette édition est la première; la seconde, im-
primée à Anvers, par Balthasar Morelus, en
1634, est in-8°.
SICHART (Laurent); organiste de l'église
Sainte-Marie, à Nuremberg, vers 1720, y a
publié : Sonata e fuya per il cembalo.
SICK (madame Anne-Ladre), pianiste dis-
tinguée, connue d'abord sous son nom de fa-
mille MAÎIIR, est née à Munich, le 10 juillet
1803. Son goiït passionné pour la musique lui
lit faire de rapides progrès dans cet art. La
sœur de Mozart lui donna les premières leçons
SICK - SIEBER
31
de pinno, et lui fit jouer de préférence les
œuvres de son frère; de là vint que madame
Sick exécutait la musique de ce grand homme
avec une rare perfection, et en faisait presque
son unique occupation. L'arrivée dé Moschelès
à Munich, en 1825, confirma cette jeune femme
dans la résolution de se vouer à la profession
d'artiste. Cédant à ses désirs, son père la con-
duisit à Vienne, où les leçons de Charles
Czcrny achevèrent de perfectionner son talent.
Elle y reçut aussi des leçons d'harmonie de
Fœrsler. En 1825, elle produisit une vive sen-
sation dans les concerts de cette ville ; puis elle
visita Pesth et Prague, où elle n'eut pas moins
de succès. De retour à Munich en 182G, elle
s'y fit applaudir avec enthousiasme,- elle passa
ensuite quelques mois à Augsbourg. Résolue de
se fixera Francfort et de s'y livrer à l'ensei-
gnement, elle s'y rendit en 1827 ; mais bientôt
elle reçut l'invitation d'aller à Stuttgard, en
qualité de pianiste de la cour et de maîtresse
de piano des princesses de la famille royale.
En 18ô4, elle a épousé M. Sick, assesseur de la
cour royale do cette ville, et depuis lors elle
ne s'est plus fait entendre en public. On a
publié de sa composition trois œuvres de va-
riations et un rondeau pastoral pour le piano.
SICRERMANN (Adrien), facteur d'or-
gues, à Camin, en Poméranie, vécut dans le
seizième siècle. Il était vraisemblablement fort
âgé lorsqu'il construisit, en 1600, l'orgue de
Webau.
SICRERMANN (Michel), fils du précé-
dent, naquit à Camin, vers le milieu du sei-
zième siècle. Élève de son père, il commença,
en 1574, à construire des instruments qui
furent considérés comme les meilleurs de celte
époque. On cite particulièrement l'orgue de
l'ancienne église de Kneiphof, à Cologne, qui
surpassait, pour la puissance du son et la va-
riété des jeux, l'orgue de l'église paroissiale
doDantzick, alors fort renommé. Sickermann
mourut en 1580, à. l'âge de trente ans.
SICKERMANN (Joacium), de la même
famille que les précédents, a construit l'orgue
de Friedland, en 1597.
SIDEL (Jean), collaborateur au collège de
Colloda, au commencement du dix-septième
siècle, a l'ait imprimer un motet à huit voix de
sa composition, à Erfurt, en 1G14.
SIERECK ( GusTAVE-IIeNRI-GoTTIRIED) ,
né à Eisleben, dans la Thuringe, le 4 juil-
let 1815, eut pour maîtres de musique,
d'orgue et de composition, Gtlnlersberg ,
A.-W. Bach et le professeur Marx, à Berlin.
Il fut d'abord professeur au séminaire d'Eis-
leben, puis il obtint, en 1S4G. la place de direc-
teur de musique à Géra. Dans l'année suivante,
il a l'ait exécuter une grande cantate à-la fêle
musicale de Weissenfeld. Les ouvrages pu-
bliés de cet artiste sont : Der Kirchliche San-
gerchor auf dem Lande und in Kleinen
Slazdten (Le chœur chantant de l'église à
l'usage de la campagne et des petites villes ;
collection des chants pour les fêles des églises
évangéliques, à Irois voix, soprano, contralto et
basse, en quatre suites); Eisleben, Reicbardl.
2° Cantiques spirituels pour un chœur à quatre
voix (soprano, contralto, ténor et basse), avec
orgue ou piano; en deux suites; op. 3; ibid.
3° Six chants pour un chœur de voix
d'hommes, op. 4; ibid. 4" Prélude et fugue-
(en sol) pour orgue; Erfurt, Rœrner. 5° Bei-
trag fur den Orgelfreund (Essai pour l'ami
de l'orgue); ibid.
SIEBECK (Augoste-David-IIenri), orga-
niste à Leipsick, vivait dans cette ville en
1834. Il fut ensuite organiste à Tuhingue.
C'est le seul renseignement que j'ai trouvé
sur cet artiste, de qui l'on a un ouvrage inti-
tulé : Forschlwge sur verbesseriutg des Ele-
mentarunterrichts im Klavierspiel (Exercices
préliminaires pour l'amélioration de l'ensei-
gnement élémentaire de l'art de jouer du
piano); Tubingue, Laupp.
SIEBER (Antoine), fadeur d'orgues à
Brtlnn, en Moravie, construisit, en 1722, un
orgue de trente et un jeux pour l'église du cou-
vent du Mont-Sacré à Olmiilz. Il répara l'or-
gue de l'église Saint-Michel, à Vienne, com-
posé de quarante jeux.
SIERER (Grégoire), vraisemblablement
parent du précédent, fut aussi facteur d'orgues
à Brttnn, et vécut vers le même temps. Ses
travaux ont été considérables, et l'on cite de
lui les orgues suivantes, qui sont de grande di-
mension : 1° Un orgue de trente-huit jeux,
trois claviers à la main et pédale, dans l'église
Saint-Thomas, à Brtlnn. 2° L'orgue de qua-
rante-cinq jeux, à Schweidnilz, en Silésie.
SIERER (Jean -Georges), professeur et
éditeur de musique à Paris, naquit en 1734,
dans un village de la Franconie, et se livra
dans sa jeunesse à l'étude du cor. Arrivé à
Paris, en 1758, après avoir fait un voyage à
Londres, il entra dans la musique des gardes
françaises, en 1758; mais quelques années
après, il obtint son congé et fut admis dans
l'orchestre de l'Opéra, en qualité de premier
cor, en 1765. Il fut le premier artiste qui eut
de la réputation en France pour cet instru-
ment. Siebcr jouait aussi de la harpe, et ce fut
32
SIEBER — S1EBIGK
lui qui fit entendre cet instrument pour la
première fois à l'Opéra, dans V Orphée de
Gluck. D'après les conseils de Chrétien Bach,
son ami, il se fit éditeur de musique, et l'activité
qu'il déploya dans ce commerce fui une des
causes des progrès du goût musical en France.
Ses relations en Allemagne lui procuraient les
manuscrits des artistes les plus célèbres. Ce
fui lui qui fil exécuter au concert des amateurs
la première symphonie de Haydn, en 1770, el
qui publia les premières éditions françaises de
toutes les œuvres de ce grand homme, ainsi
que les premières sonates de Mozart, les con-
certos de Viotli pour le violon, ceux de Punlo
pour le cor, les œuvres de Fiorillo, de dé-
menti, de Cramer, etc. Sieber a fait aussi
graver plusieurs concertos de cor etdes sonates
de piano de sa composition. Il est mort à
Paris, en 1815, à l'âge de quatre-vingt-un
ans.
SIEBER (Georges -Julien), fils du précé-
dent, né à Paris, en 1775, commença l'étude
de la musique à l'âge de six ans. II reçut des
leçons de piano de Nicodami, el apprit l'har-
monie au Conservatoire, sous la direction de
Berlon. Il a publié de sa composition : 1° Des
nocturnes pour piano et coi', n os 1, 2 et 5;
Paris, Sieber. 2° Six sonates faciles pour piano
seul, ibid. 3° Pots-pourris pour piano, n os 1,
2, 3. 4<> Thèmes variés idem, n l,s 1, 2, 3, 4, 5,
0, 7, ibid. 5° Contredanses idem, ibid. 6° La
Rose et la Croix, chant maçonnique, ibid.
Sieber a succédé à son père comme éditeur de
musique. Il est mort à Paris en 1 8-54.
SI l'ilirji (Ferdinand), chanteur el compo-
siteur, né à Vienne, le 5 décembre 1822, est
lils de Gaspard Sieber, chanteur dramatique
en voix de basse, né à Zurich, le 17 septembre
1796, lequel fui attaché aux théâtres de. Vienne,
de Berlin, de Cassel, el mourut dans cette der-
nière ville, le 3 mars 1827. Ferdinand Sieber,
après avoir fait dans son enfance un voyage en
Italie, puis habile Berlin el Cassel, fut con-
duit à Dresde, en 1831, et y reçut de Miksch
des leçons de chant. Ayant terminé ses éludes,
en 1842, il chanta pendant l'hiver suivant dans
les concerts de Dresde. En 1843, il fut engagé
comme basse chantante au théàlre de la cour
de Delmold. Après être resté dans celle posi-
tion pendant trois ans, il chanta aux théâtres
de Schwerin et de Hanovre, puis il se rendit
en Italie, et y fit de nouvelles éludes de chant
sous la direction de Girolamo Farini et de
Felice 'Ri.-Mopi. De retour en Allemagne, il
s'est fixé a Berlin, en 1854, en qualité de pro-
fesseur de chant dans l'Académie de musique
fondée par Th. Rullack. Il s'est fait connaître
aussi comme critique par les articles qu'il a
fournis au journal de musique publié à Berlin
sous le titre VEcho, au Neue Zeitschrift fur
Musik, de Leipsick, à la Blxtler fur Musik,
de Vienne, et à quelques autres journaux.
Comme compositeur, il a publié un grand
nombre de Lieder avec accompagnement de
piano. On a aussi de cet artiste : 1° Kurze An-
Icitung zum griindlichen Studium des Ge-
sanges (Brève introduction à l'élude nrrmale
de l'art du chant); Leipsick, Hinze, 1832, in -8"
de cinq feuilles. 2° Vollslxndiges Lehrbuch
der Gesang skuns t (Méthode complète de Pari
du chant) ; Magdebourg, Heinriehshofen, 1858,
in-4°.
SIEBIGR (Louis-Antoine-Léopoed), né
à Dessau, le 26 mars 1775, fut nommé, en
1797, inspecteur et professeur au Lycée Fré-
déric deBreslau; six ans après, il fut chargé
des fonctions de prédicateur adjoint de l'église
réformée de la même ville. En 1805, il reçut
sa nomination de troisième prédicateur à la
cathédrale de Halle. Il mourut à Dessau, le
12 avril 1807. Siebigk fut un amateur distin-
gué de musique : on a publié de sa composition
les ouvrages suivants : 1° Douze variations
pour le piano sur un thème connu, op. 1;
Breslau, 1797. 2° Douze idem, dédiées au prince
héréditaire d'Anhall-Dessau ; ibid. 3° Vingt-
cinq variations, idem; ibid. 4" Douze varia-
tions pour piano ou harpe; ibid. 5° Marche
pour piano ou harpe ; ibid. 6" Douze varia-
tions pour piano, op. 5; Leipsick, Breitkopf et
Hœrlel. 7° Douze idem, op. 6; ibid. Il avait
fait, à Breslau, en 1798, des lectures sur la
théorie de la musique, dont les résumés ontiélé
publiés dans les journaux de la Silésie, à celte
époque, particulièrement dans la feuille pr.o
vinciale (Provinzial-£lxtter), t. XXVI, p. 4
et 42: t. XXVIII, p. 1; t. XXIX, p. 420:
t. y XXXI, p. 295 et 441 ; t. XXXVI, p. 352.
Il y a de l'incertitude à .l'égard du nom de
Siebigk, car la nolice qu'on vient de lire e I
tirée du livre de Hoffmann sur les musiciens
de la Silésie, el cel écrivain parait avoir él
bien informé des circonstances de la vie et
des travaux du professeur dont il s'agit; ce
pendant, il a été publié un livre intitulé: /Un
seum deutscher Gelehrten und Kiinstler (Mu-
sée des savants et des artistes allemands)
dont le deuxième volume a pour tilre : Mu-
séum beriihmlen Tonkunstler in Kupfern,
und Schrifllichen Abrissen von Professa
C.-A. Siebigke (Musée des célèbres musi-
ciens, etc.) ; Breslau, Aug. Schall, 1801, in-8°
SIEBIGK — SIEGMEYER
33
Ici le nom est écrit Siebigke, et les initiales
des prénoms sont C. A. M. ; Ch. Feni. Becker,
d'après Gerber, substitue à ces initiales les
noms de Chrétien- Albrecht-Léopold (Syst.
Chr. Darstellung der Musik- Literatur ,
p. 109), et adopte les dates données pat-
Hoffmann pour Louis-Anloine-Léopold Sie-
bigk. D'autre part, il y a évidemment iden-
tité pour la qualité de professeur à Breslau
des deux personnages, à la même époque,
et Kayser, qui cile Siebigke (sans les pré-
noms) comme auteur du Musée des musiciens
célèbres, indique le 11 avril 1807 comme la
date de sa mort (Folstand. Bûcher- Lexikon,
cinquième partie, p. 244). Tout cela est fort
obscur. Quoi qu'il en soit, les notices conte-
nues dans le volume du Musée des musiciens
célèbres renferment les portraits et les notices
de J.-S. Bach, de J. Tlaydn, de Mozart, de
Zumsteg, de Clemenli et de Bust. On a du
même Siebigk une lettre sur l'état de la mu-
sique à Breslau, dans la Gazette musicale de
Leipsick, p. ô47, t. III.
SIEBOLD (Charles-G. DE),doc(euren mé-
decine et professeur d'analomie, naquit à Bam-
berg, le4 novembre 1730, exerça la chirurgie à
Nuremberg, puis à Wllrzbourg, et enfin se
fixa à Francfort-snr-le-Mein, vers 1798, et y
mourut, leô mai 1807. Parmi les dissertations
qu'il a publiées, concernant diverses opéra-
lions chirtirgircales, on remarque celle qui a
pour titre : Praktische Bemerkungen iiber
die Kastration (Observations sur la castra-
lion) ; Francforl-sur-le-Mein, 1802, gr. in-8°.
SIEBOLD (Jean-Barthel DE), peut-être
fils du précédent, docteur en médecine et pro-
fesseur de chirurgie à Wllrzbourg, né dans
celte ville, le 5 février 1774, mort le 28 jan-
vier 1814, est auteur de plusieurs ouvrages,
parmi lesquels on remarque sa TFiirzbourg
savante et artistique, insérée dans les n os 28
et suivants de la Chronique de Franconie.
On y trouve des notices sur trente musiciens
et compositeurs de celle ville. Siebold a fourni
aussi des notices sur beaucoup de musiciens
de la Franconie, dans l'écrit périodique inti-
tulé : Neue arlistisch-literarische Blxtler
von und fiir Franken; Wllrzbourg, 1808,
in-4°.
SIEBURG (Juste), facteur d'orgues à
Mulhausen, dans la Thuringe, vécut vers le
milieu du dix-septième siècle. Il construisit,
en 1669, l'orgue de Pulssnilz, composé de
vingt et un jeux.
SIEGEL (Daniei-Siegmever), organiste
à Annaberg, est né le 17 septembre 1774, à
BIOCR. UJilV. OES MUSICIENS. T. VIII.
Satzung, en Saxe. Il obtint sa place d'orga-
niste en 1798, et en remplil les fonctions jus-
qu'en 1848. Il fêla, dans cette dernière année,
son jubilé de cinquante ans d'activité dans
celle position. On a publié de sa composition
un grand nombre d'airs variés pour le piano
à Leipsick, Vienne, Offenbach, Breslau et
Meissen, œuvres 1 à 46 ; et quatre recueils de
chansons allemandes avec accompagnement
de piano, op. 20, 51 , 32 et 47 ; Leipsick, Hof-
meister, et Breslau, Forsler.
SIEGERT (Gottlob), cantor à l'église
Saint-Bernard de Breslau, est né le 6 mai 1789,
à Ernsdorf, près de Reichenbach. Admis, en
1802, au chœur de l'église Saint-Bernard de
Breslau, en qualité de sopraniste, il obtint la
permission de suivre les cours du collège de.
la jVIadelaine, et y termina ses études en 1808.
L'année suivante, il entra comme professeur à
l'Institut de Reich et Hichert, et en 1812, il
obtint la place de cantor à l'église Saint-Ber-
nard, quoiqu'il ne fût âgé que de vingt-trois
ans. Siegert vivait encore en 1848, car il diri-
gea dans cette même année une fête musicale
à Raulh (Silésie). Depuis 1816, il a écril :
1° Un recueil de chants à trois voix, intitulé :
66 Driestimmige Choralmelodien; Breslau,
Gros, 1820. La deuxième édition de ce recueil
contient cent morceaux. 2" Plusieurs suites de
morceaux à plusieurs voix pour les écoles.
5° Des cantates, un Te Deum, une messe et plu-
sieurs autres compositions pour l'église; mais
il ne parait avoir rien publié jusqu'à ce jour.
Siegert a fait insérer dans le dix-neuvièmè nu-
méro de l'écrit périodique Erziehungs und
Schulrath, une dissertation intitulée: JFas
hat man von der musikalischen Bildùng
des weiblichen Geschlechts zu erwarten (Que
peut-on espérer de l'organisation musicale des
femmes?).
SIEGMEYER, ou plutôt SIEGMEIER
(Jean-Gottlieb ou Théophile), secrétaire de
la direction générale des postes, à Berlin, est-
né le 12 novembre 1778, à Perilzsch, près
d'Eilenbourg, en Saxe. Amateur de musique,
il s'est fait connaître par un traité d'harmonie
et de composition intitulé : Théorie der Ton-
setzkunst (Théorie de la musique) ; Berlin, Lo-
gier, 1822, in-4° de deux cenl cinquante-deux
pages. La théorie de l'harmonie, qui forme la
première parliedecet ouvrage, est fausse dans
son principe, obscure et en désordre dans ses
développements. La partie qui concerne la mé-
lodie est superficielle, etdansl'espèce de trailé
de contrepoint qui termine l'ouvrage, le sujel
est à peine ébauché. M. Sicgmeier a aussi
o
34
S1EGMEYER — SIEVERS
donné une traduction allemande du volume in-
titulé : Mémoires pour servir à l'histoire de
la révolution opérée dans la musique par
M. le chevalier Gluck. Cette traduction a pour
titre : Ueber den Rilter Gluck und seine
Werke. Briefe von ihm und andern beriihm-
ten Mannern seiner Zeit ; Berlin, Voss, 1822,
in-8° de trois cent quatre-vingt-quatre pages.
En 1837, ce volume a été reproduit comme une
deuxième édition, quoique, en réalité, on n'ait
changé dans les exemplaires de la 'première
que le frontispice, et ajouté une préface nou-
velle à celte nouvelle édition supposée. Le nom
de M. Siegmeier est aussi connu en Allemagne
par des romans et par des livres sur l'adminis-
tration des postes.
SIESTO (Joseph), ténor et professeur de
chant, né à Naples,dans les premières années
du dix-neuvième siècle, fit ses éludes mu-
sicales au collège royal de musique de San
Pielro a Majella, et y reçut des leçons de
chant deBusti. Sorti de celte école, il chanla
pendant quelques années au théâtre Nuovo et
dans les églises, se livrant aussi à l'enseigne-
ment de son art. Engagé, en 1837, au service du
roi de Saxe en qualité^ de chanteur de la
chapelle et comme professeur de chant attaché
à la direction du Théâtre royal, il resta
dans celte position jusqu'à la fin de juillet
1841 ; il retourna ensuite à Naples et y fut at-
taché à quelques institutions particulières
pour l'enseignement du chant. Il a publié
dans celte ville un ouvrage intitulé : Studio
elementare di cunto poggiato sugl intervalli
stmplici e loro dimenzioni (sans date).
SIEVERS (Hesri-Jacqces). Voyez SI-
VERS.
SIEVERS (Jean-Frédérfc-Louis), né dans
le Hanovre, vers 1740, fut d'abord organiste à
l'église Saint-André, de Brunswick, puis obtint
une position semblableàla cathédrale de Mag-
debourg, en 1774. Il mourut dans celle ville,
en 1806. On a publié de sa composition :
1° Trois sonales pour le clavecin, op. I ; Ber-
lin, Hummel. 2" Symphonie pour le clavecin,
avec deux violons, deux flûtes, deux cors et
basse; Francfort. 3° Chansons tirées du roman
de Stewarl; Magdebourg, 1779.
SIEVERS (Georges-Locis-Pierre) , fils
du précédent, est né à Magdebourg en 1775.
Il reçut de son père des leçons de musique,
dès son enfance, quoiqu'il ne fût pas destiné à
la culture de cet art. Après avoir achevé ses
éludes littéraires et scientiquesà Magdebourg
et à Brunswick, il se fit connaître par quel-
ques essais de poésie, et écrivit pour la Ga-
zelle musicale de Leipsick ses premiers essais
sur les caractères de la musique italienne et
allemande (t. IX, p. 503, 677 et 693). Sievers
n'avait point alors de connaissances positives
assez étendues pour traiter ces sujets avec la
profondeur nécessaire; aussi fut -il attaqué
dans le même volume de la Gazette musicale
concernant les erreurs où il était lombé. Au
commencement de 1808, il se rendit à Cassel
où il prit part à la rédaction de plusieurs jour-
naux et publia des romans. II travailla ensuite
à Altenbourg à quelques grands ouvrages pu-
bliés par la librairie Brockhaus, et il lui four-
nit, entre autres choses, quelques biographies
de musiciens pour les premières éditions du
Conversation' s Lexikon ; puis il alla à
Vienne, el enfin il se rendit à Paris vers 1810.
Il y fut le correspondant de plusieurs jour-
naux allemands, particulièrement de la Ga-
zette musicale de Leipsick, à laquelle il four-
nit beaucoup d'articles concernant l'état de la
musique en France. Depuis, en 1824, il s'est
fixé à Borne, et y a continué sa correspondance
musicale avec divers journaux el recueils pé-
riodiques de l'Allemagne, entre autres avec
les rédacteurs de l'écrit sur la musique inti-
tulé C'xcilia, la Gazette musicale de Leip-
sick, le Morgenblatt, les Zeitgenossen, les
archives littéraires et théâtrales de Ham-
bourg, et la Gazette de littérature et d'art,
de Vienne.
On a de Sievers quelques brochures rela-
tives à la musique; elles ont pour titres :
1° Ueber Madame Catalani, als Sxngerin,
Schauspielerin , etc. (Sur madame Catalani
comme cantatrice, comme actrice, etc.); Leip-
sick, 1816, in-8°. Cet écrit avait paru précé-
demment dans les Zeitgenossen. 2° Mozart
und Sùssmayer, ein neues Plagiat, etc.
(Mozart et Sltssmayer, nouveau plagiat, elc);
Mayence, Scholt, 1829, grand in-8°. Sievers
écrivit ce morceau à l'occasion de la question
soulevée par Godefroid Weber relativement à
la part que Mozart avait prise à la composition
de la messe de Requiem connue sous son nom.
Parmi les meilleurs articles fournis par Sie-
vers aux journaux de musique, on remarque
les suivants : 1° Sur l'état de la musique en
Italie, particulièrement à Borne (dans la Cz-
cilia, t. I, p. 201-260). 2° Sur l'exécution
du Miserere d'Allegri dans la chapelle Sixtine
(ibid., t. II, p. 66 84). 3° Sur la musique à
Borne {ibid., t. VIII, p. 213-224). 4° Sur les
compositeurs de Borne (ibid., t. IX, p. 1-7).
5° Sur Pélat actuel de la musique en France,
particulièrement à Paris [Gazette musicale de
SIEVERS — SIGHICELLI
35
Leipsick, t. XIX, p. 77, 117, 141, 265, 281 et
297). G Sur la musique à Paris (Cxcilia, t. I,
p. 295-316). 7" Sur les deux séjours de Mozart
à Paris (ibid., t. IX, p. 208-216). 8° Sur
l'Opéra de Paris (ibid., t. X, p. 17-26). 9° Sut-
la nature de la musique d'église (ibid., t. X,
p. 8-17). 10° Sur les nouvelles améliorations
des instruments à archet de M. Chanot, à
Paris (Gazette musicale de Leipsick, t. XXII,
p. 85).
SIEWERT (Benjamin-Gottiiold), né à
Danlzick, vers 1740, fut d'abord négociant
dans cette ville ; mais des pertes considérables
<jui furent pour lui la suite du partage de la
Pologne, en 1772, l'obligèrent à renoncer au
commerce, et à chercher des ressources dans
la musique qu'il avait d'abord cultivée en
amateur. Ayant obtenu une place d'organiste
et de maître d'école à Gtiltland, il demeura
dans ce lieu jusqu'au mois de décembre 1781,
et succéda alors à Loehlein dans la place de
maître de chapelle de la première église pa-
roissiale de Dantzick. En 1783, il publia dans
cette ville un recueil de chansons allemandes
avec accompagnement de clavecin. Il a laissé
en manuscrit quelques compositions pour
l'église.
SIEWERT (Henri), professeur de musi-
que et compositeur à Berlin, né le 10 avril
1818, à Braunsberg (Prusse orientale), fit
ses premières études de musique à Dantzick,
chez l'organiste Markull (voyez ce nom). En
1840, il se rendit à Berlin et fut admis comme
élève à l'Académie royale de musique, où il
reçut des leçons de composition et d'orgue de
Rungenhagen et de A.-W. Bach. Après avoir
terminé ses études, il s'est livré dans cette
ville à l'enseignement de son art. Parmi les
ouvrages de sa composition, on remarque :
1° Sept poésies à voix seule avec accompagne-
ment de piano, op. 1; Berlin, Gultenlag.
2° Quatre idem, op. 2; Berlin, Challier.
3° Cinq idem, op. 6; ibid. 4° Motet à quatre
voix (Meine Seele harret aufden fferrn), pour
chœur et voix seule, avec accompagnement
de piano, op. 5; Berlin, Gaillard. 5° Quatre
poèmes à voix seule avec piano, op. 7; ibid.
6° Chants bohémiens variés pour piano, op. 8;
Berlin, Challier.
SIFACE (Jean-François), dont le nom vé-
ritable était GROSSI, fut un des plus grands
chanteurs du dix-septième siècle. Il naquit en
Toscane, vers 1666, et fut élève de Redi. Doué
de la voix la plus belle et la plus pénétrante, il
acquit par ses études un style large et plein
d'expression qui excita l'admiration de ses
contemporains. Le nom de SIFACE lui fut
donné à cause de la perfection qu'il mit dans
le rôle du personnage de ce nom qui se trouve
dans le Mitridate d'Alexandre Scarlatti. Ce
chanteur célèbre fut assassiné par le postil-
lon qui conduisait sa voilure sur la route de
Gênes à Turin, et qui voulait s'emparer de ses
bijoux et de son argent.
SIGER (Paul), musicien flamand, né à
Herenlhals, vers le milieu du seizième siècle,
vécut à Cologne. Il a fait imprimer un recueil
de psaumes à cinq voix, de sa composition,
sous ce litre : Psalmodia Davidica, Davids
teusche Psalmen mit 5 und weniger Stimmen
zugericht; Cologne, 1590, in-4°
SIGFRIED(Othon), musicien inconnu aux
bibliographes de la musique, est cité par Paul
Balduanus (Biblioth. philosoph., p. 180, éd.
Jenx, 1616), comme auteur d'un livre qui
a pour titre : Arlis musicx delineatio, doc-
trinam modorum in ipso concentu practico
demoustrans, cum introductione pro inci-
pientibus accomodata ; Franco furti } 1608,
in-4°.
SIGHICELLI, famille de violonistes ita-
liens. Le chef de cette famille, PhilippeSighi-
celli, naquit à San Cesario, dans le Modenais,
en 1686, et mourut à Modène, le 14 avril 1773,
à l'âge de quatre-vingt-sept ans. On voit, dans
les comptes de la cour de Modène, que Philippe
Sighicelli était, en 1760, premier violon au
serviced'Hercule d'Esté, prince héréditaire de
Modène, qui succéda au duc François III, son
père, en 1780.
Joseph Sighicelli, fils de Philippe, né à
Modène, en 1737, était premier violon et chef
d'orchestre au service d'Hercule d'Esté, ainsi
que le prouve l'alraanach de la cour deModène
pour l'année 1777. Il remplit cet emploi jus-
qu'au moment où le duc de Modène fut obligé
d'abandonner ses États, dont il fut dépouillé
par Napoléon 1 er . Il résulte d'un Mémoire du
comte François Ferrari Moreni , imprimé à
Modène, en 1852, que Joseph Sighicelli voya-
gea en Allemagne avec un riche seigneur, et
qu'il eut l'honneur d'accompagner à Berlin,
avec son violon, le roi de Prusse Frédéric II,
dans un duo pour la flûte. Distingué comme
chef d'orchestre et comme virtuose, cet artiste
mourut à Modène, le 8 novembre 1826, à l'âge
de quatre-vingt-neuf ans.
Charles Sighicelli, fils du précédent et son
élève pour le violon, naquit à Modène en 1772,
et mourut dans cette ville, le 7 avril 1806. Un
almanach de la cour de Modène, pour l'année
1796, fait voir que cet artiste était violoniste au
36
SIGHICELLÏ - SIGISMONDI
servi ce de. son prince, el qu'il avait la survivance
de son père pour la place de chef d'orchestre.
Antoine Sighicelli, fils de Charles, est né à
Modène, le 1 er juillet 1802. Ses professeurs de
violon furent son aïeul Joseph Sighicelli et
Jean Mari, de Modène, artiste de talent, mort
premier violon et chef d'orchestre de la cour
de Modène, le 26 juillet 1854. En 1821, An-
toine Sighicelli fut nommé premier violon et
chef d'orchestre de la ville de Cenlo (Élats de
l'Église). Le 8 juillet 1825, l'Académie des
Philharmoniques de Bologne l'admit au
nombre de ses membres. En 1834, il fut nommé
premier violon chef d'orcheslre du théâtre de
Ferrare: enfin, il fut appelé à remplir les
mêmes fonctions à la cour de Modène, le 6 no-
vembre 1835. Après que les événements poli-
tiques de 1859 eurent obligé le duc Fran-
çois V de s'éloigner de ses Élats, la position de
Sighicelli ne changea pas, parce que, par un
décret spécial , le roi d'Italie a maintenu dans
leurs emplois les artistes de la chapelle ducale.
Renommé comme un des meilleurs chefs d'or-
cheslre d'Italie, Antoine Sighicelli dirige au-
jourd'hui celui du théâtre de Modène. Il est
aussi premier violon directeur de la Société
de quatuors fondée dans cette ville, en 1861.
Ses compositions sont restées inédiles jusqu'à
ce jour.
Pincent Sighicelli, (ils d'Antoine, est né à
Cenlo, le 50 juillet 1830. D'abord élève de son
père pour le violon, il se rendit à Vienne, en
1847, pour étudier le contrepoint sous la di-
rection de Sechter, et reçut, dans la même
ville, des conseils des violonistes Ilellmesber-
ger et Mayseder. Dès le mois de janvier 1846,
Vincent Sighicelli avait été admis dans la cha-
pelle du duc de Modène, et le 29 janvier 1849,
un décret du duc l'appela au poste de direc-
teur adjoint et de violon solo de l'orchestre du-
cal. En 1855, cet artiste s'est rendu «à Paris, où
il s'est fixé. Il s'est fait entendre avec succès
dans ses voyages en Angleterre, en Alle-
magne, en Belgique, en Hollande et en Es-
pagne. Ses œuvres pour son instrument, au
nombre de vingt-quatre, ont été publiées à
Jlilan, chez Ricordi, à Paris, chez Richanlt,
et à Bruxelles, chez Schott. M. Sighicelli est
membre de l'Académie des Philharmoniques
de Bologne, de l'Académie de Sainte-Cécile, à
Rome, et de l'Académie philharmonique de
Florence. Il est décoré de l'ordre royal de
Charles III d'Espagne, et a reçu une médaille
de mérite du roi d'Italie.
SIGISMONDI ou SIGISMONDO (Jo-
skpii), né à Naples, le 13 novembre 1739j fit
ses éludes ati collège des jésuites. Il fut
d'abord avocat et cultiva la musique comme
amateur. Ses maîlres de chant avaient été Jo-
seph Geremia de Calane, ancien élève du Con-
servatoire de Lorelo, et Gennaro Capone, dis-
ciple deColumacci.
Ses liaisons avec les plus célèbres musi-
ciens de son temps lui firent ensuite aban-
donner le barreau pour .se livrer en liberté à la
culture de l'art. Sigismondi ne fit jamais
d'études sérieuses de composition ; sa manière
de s'instruire dans cet art fut toute pratique;
car ce fui surtout par la lecture des partitions
des maîtres célèbres qu'il apprit à écrire ses
propres idées. Son premier essai fut la musique
de YEndimione de Mélaslase, puis il écrivit
les oralorios YAssunzione délia Vergine,
Santa Anna, San Giuseppe eiSan Giovanni
di Dio. Son occupation principale fut l'ensei-
gnement de l'art du chant; parmi ses élèves,
le marquis de Villarosa cite (1) la reine Marie-
Caroline d'Autriche, Madeleine Pignalver, et
le professeur de chant Emmanuel Imhimbo
(voyez ce nom), qui, plus tard, se fixa «à Paris.
Après la réorganisation du Conservatoire de
Naples sous le règne de Mural, il fut nommé
bibliothécaire de cette école, et conserva sa
place jusqu'à sa mort, arrivée le 10 mai 1826,
après qu'il eut atteint l'âge de quatre-vingt-
sept ans. La Bibliothèque du Conservatoire de
Naples contient beaucoup de cantates qu'il a
composées depuis 1766 jusqu'en 1799. Ses
autres ouvrages sont ceux dont les litres
suivent : 1° Cantata per la Nascila di
N. S. G. C, composée en 1788. 2" Principii
di musica. 3° Sol feggi per soprano. 4° So-
nate per organo. 5" Toccale per Cembalo.
6° Esercizio di canto. Toutes ces productions
sont en manuscrit à la Bibliothèque du Conser-
vatoire royal de Naples. Sigismondo cultivait
aussi les lettres. Son goût passionné pour la
comédie, qu'il jouait dans sa maison avec
quelques amis, le conduisit à écrire beaucoup
de pièces, la plupart en dialecte napolitain, et
de canevas de proverbes à improviser. Il a pu-
blié une partie de ses productions de ce genre;
toutefois, il tirait peu de profil de tout cela ; il
fut même obligé d'accepter, pour vivre, une
place d'écrivain du tribunal civil, qu'il aban-
donna plus tard pour celle de greffier du juge
de paix ; mais dans ses dernières années, il se
borna à ses fondions de bibliothécaire. Sou-
vent retenu chez lui par la goutte, il visitait peu
le dépôt qui lui était confié et le laissait dans
(1) Memoric (Ici compositori di musica dcl rejno di
Napoli, p. 209.
S1GISM0NDI - SIKORSKI
37
tin grand désordre. Par les soins de M. Flo-
limo, son successeur, cette belle bibliothèque
est aujourd'hui dans le meilleur état et s'est
considérablement enrichie.
SIGISMUNDO D'IINDIA, chevalier de
Saint-Marcel gentilhomme du prince Maurice,
cardinal de Savoie, naquit à Palerme, en Si-
cile, dans la seconde moitié du seizième siècle,
et vécut d'abord à Florence, puis à Rome, et
enfin à Venise, où il se trouvait encore en 1030.
Amateur de musique distingué, compositeur et
poCle, il a fait imprimer : 1° Le Musiche da
cantate solo net clavicordo , chitarrone,
arpa doppia et allri istromenti simili. In
Milano, appresso l'herede di Simon Tini e
Filippo Lomazzo, 1609, in-fol. Recueil in-
téressant pour l'histoire des premiers temps
du chant à voix seule accompagné d'instru-
ments sur la basse chiffrée. 2" Il primo libro
délie villanelle alla napolilana ; in Vene-
tia, appresso A 'ngelo Gardano, 1610, in-4°.
3° Il primo libro di Ifladrigali a cinque
voci; in Roma, app. Robletli, 1624. Cette
édition est la seconde de ce livre; j'ignore la
date de la première. 4° Madrigali a cinque
voci, lib. 2; Venise, 1611, in-4°. 5° Idem,
lib. 5; ibid., 101 1, in-4 u . 6° Le Musiche del
Cavalier Sigismundo d'India, libri cinque;
Venise, 1625, in-fol. Cet ouvrage est composé
de cantates en style de récitatif, alors en
vogue: On y remarque le Lamenta di Didone,
le Lamenlo di Jasone, et le Lamento di
Olimpia. 7° Motetti a più voci; Venise,
1627, in-4". 8» L'Ottavo libro de' Madrigali
a cinque voci. con il basso continuo; in
Roma , app. Gio.-Baltisla Robletli, 1624,
in-4°. C'est une réimpression. Dans l'épitre
dédicaloire de ce livre à la princesse Isabelle
de Modène, Sigismondo dit que ces madrigaux
ont été composés lorsqu'il était au service de
la maison d'Esté.
SIGL - VESPERMAISIV ( Catherine ) .
foyez VESPERMAINN.
SIGNOltELLI (Pierre-Napoli), littéra-
teur, né à Naples, le 28 septembre 1751, fit
ses études chez les jésuites, et fut d'abord avo-
cat; mais plus tard, il renonça au barreau
pour suivre la carrière des lettres. Une pas-
sion malheureuse et des chagrins domestiques
lui firent abandonner sa patrie pour se rendre
en Espagne. Arrivé à Madrid, il y obtint la
place de garde du sceau de la lolerie; mais le
désirde revoir son pays l'y ramena au bout de
trois ans. Après un second voyage en Espagne,
il retourna à Naples, y eut la place de secré-
taire de l'Académie cl y publia son Histoire
littéraire du royaume des Deux-Siciles et
V Histoire des théâtres. En 1798, il prit part
à la révolution qui suivit l'envahissement du
royaume de Naples par l'armée française, et
fut obligé de se soustraire par la fuite aux con-
séquences de ce fait, lorsque le cardinal Ruffo
rentra dans la capitale en vainqueur. Retiré à
Milan, il y fut nommé professeur au Lycée de
Rrera, puis il obtint la chaire de droit naturel
et de philosophie à Pa vie, et enfin, celle de pro-
fesseur d'histoire et de diplomatique à Bologne.
Rentré à Naples, en 1800.il y vécutdans le repos,
et y mourut le 1 er avril 1815, des suites d'une
attaque d'apoplexie. Dans son livre intitulé :
Vicende délia collura délie Due Sicilie, o sia
Storia ragionata délie lettere, délie arti, etc.
{Naples, 1784, cinq volumes in-8"; 1810, huit
volumes in-8°), il donne beaucoup de rensei-
gnements concernant l'histoire de la musique
ancienne et moderne dans le royaume de Na-
ples. On a du même auteur une histoire cri-
tique des théâtres anciens et modernes (Storia
Critica de' teatri antichi e moderni, etc.j
Naples, 1787, six volumes in-8° ; ibid., 1815,
dix volumes in-8°) ; ouvrage médiocre, dans
lequel on trouve des anecdotes sur l'Opéra ita-
lien et sur quelques chanteurs. Signorelli a
aussi publié Lettera sullo spetlacolo musicale
de/1803; Naples, 1804, in-8°.
SIGIMOllETTI (Aurélien), né à Reggio,
fut maître de chapelle de la cathédrale de
celle ville. Il mourut dans celte position en
1655. On a imprimé de sa composition :
1° Canttis vespertinum omnium solemnita-
tum. Psalmodia quinis seu novenis vocibus
concinenda, una cum busso ad organum;
Veneliis, per Alessandrum l'icentinum,
1629, in-4°. 2° Il primo libro de' Motetti a
2, 5, 4, 5, 6 e 8 voci; ibid., 1615, in-4°. On
conserve en manuscrit dans les archives de la
cathédrale de Reggio des Magnificat à huit
voix, et des messes à seize voix en quatre
chœurs de la composition de cet artiste. Les
messes sont datées de 1 626.
SIGIVORETTI (Joseph), violoniste ita-
lien, fut élève de Tartini. Vers 1770, il se fixa
à Paris, et y publia deux œuvres de six qua-
tuors chacun, pour deux violons, alto et basse.
Il y vivait encore en 1786.
SIKORSKI (Joseph), littérateur-musi-
cien, critique et compositeur, né à Varsovie,
en 1815, fit ses premières études au lycée de
celle ville, dès l'âge de neuf ans. Il y apprit
les éléments de la musique sous la direction
du professeur Joseph Siefani (voyez ce nom).
Plus tard, Joseph Jawurck, professeur du Con-
S1K0RSKI - SILBERMANN
servatoirc, lui donna quelques leçons de piano;
mais la révolution polonaise de 18f30 interrom-
pit ses études. Quand la tranquillité eût été ré- !
taMie, Sjkorski travailla seul sur son instru-
ment, et les leçons qu'il en donna contribué- j
rent à ses propres. Son instruction dans l'har-
monie et dans la composition fut le résultai de j
la lecture assidue du volumineux ouvrage de
Marx {voyez ce nom); en sorte queSikorski ne
dut qu'à lui-même ce qu'il savait de l'art dans
lequel il s'est distingué. Ce fut aussi par ses
propres efforts qu'il apprit plusieurs langues,
particulièrement l'allemand, le français, et
qu'il acquit une élégance de style fort estimée
de ses compatriotes. Ii a fourni un grand
nombre d'articles de critique musicale aux di-
vers journaux de sa patrie, particulièrement à
la revue intitulée Bibliothèque de Farsovie et
à la Gazeta Codzienna. Lui-même a fondé
un journal spécial de musique, sous le titre :
Ruch Musyczny (Mouvement musical), dont
les premiers numéros ont paru en 1856. On a
de Sikorski une méthode de piano intitulée :
Nowa szkola na Fortepian; Varsovie, Rlu-
kowski. M. Sowinski, à qui j'emprunte ces dé-
tails, cite aussi une traduction de l'ouvrage al-
lemand de Busse, auquel il donne pour titre le
Maître de chant, mais dont la traduction
exacte est : Livre choral en chiffres pour les
écoles, ainsi qu'un Manuel de chant, publié à
Varsovie. Les compositions publiées du même
artiste sont : Nocturne et Tableau de village,
pour piano seul, dans V Album des composi-
teurs polonais, et deux airs à voix seule avec
piano. Il a en manuscrit: 1° Plusieurs messes,
sur le texte polonais, avec accompagnement
d'orgue. 2° La Cloche, de Schiller, traduite
par Minasowicz, en forme de mélodrame.
5° Alpcnhorn (le Cor des Alpes), pour voix
seules, choeur et orchestre. 4° Pièces fugitives
pour le piano. 5° Chants divers.
SILBER (maître Eicharius), imprimeur
à Rome, dans la dernière moitié du quinzième
siècle, parait être un des premiers typogra-
phes qui ont imprimé de la musique en carac-
tères mobiles, et avoir précédé de quelques
années les travaux de Petrucci de Fossom-
brone. Il existe dans la belle bibliothèque de
Christ-Church, à Oxford, un exemplaire, peut-
être unique, découvert par M. le docteur Rim-
banlt (voyez The Musical World, t. XIX,
p. 285) d'un drame intitulé : Hisloria Bœ-
tica, sans nom d'auteur. A la fin du volume,
on lit : Per magistrum Eucharium Silber.
1493, in-fol. Ce volume, dit M. Rimbault, est
terminé par deux airs et deux chœurs, qui
sont les plus anciens spécimens de musique
imprimée. S'il entend par ces paroles des ca-
ractères mobiles, son assertion parait exacte,
car les exemples de musique du livre de Bur-
tius, imprimé en 1487, sont gravés sur bois
d'une manière assez grossière. Quant aux
Flores musicx de Hugon de Reullingen, im-
primés à Strasbourg en 1488. les exemples de
musique paraissent avoir été fondus en une
seule pièce pour chaque portée, et les carac-
tères de notation gothique y sont bien faits.
SILBERMANN, nom d'une famille célèbre
dans la facture des instruments, qui a eu pour
chef André SILBERMANN. né à Frauen-
stein, en Saxe, le 19 mai 1078. Il était fils de
Michel Silbermann, charpentier. S'étant livré,
dès sa jeunesse, à l'élude de la construction
des orgues, il commença à voyager en 1700,
pour augmenter ses connaissances dans cet
art. Arrivé à Hanau en 1701, il s'y arrêta et y
travailla quelque temps; puis il se rendit à
Strasbourg, où il épousa, le 15 juin 1708,
Anne -Marie Schmid, qui le rendit père de
douze enfants, savoir : neuf garçons et trois
filles. Huit de ces enfants moururent en bas
âge. And ré Silbermann cessa de vivre le 10 mars
17ô4. Dans l'espace de vingt-sept ans, il avait
construit trente orgues, depuis son arrivée à
Strasbourg. En voici le catalogue : 1° L'orgue
de l'église Saint-Nicolas, à Strasbourg, en
1707. 2° Celui du couvent de Sainte-Margue-
rite, en 1700. 3° Celui du temple prosteslant
de Saint Pierre, 1707. 4" Celui de Marmou-
tier (Bas-Rhin), 1710. 5° Celui de la cathé-
drale de Baie, en 1711. 0° Un positif au cou-
vent des Guillelmines de Strasbourg, 1712.
7" L'orgue d'Oberenheim, 1713. 8° Celui de
Giedertheim, 1715. 9° Celui de la cathédrale
de Strasbourg, 1716. 10° Celui de l'église
Saint-Étienne, dans la même ville, 1716.
1 1» Un positif à Andlau (Bas-Rhin), en 1717.
12 u L'orgue du couvent de la Madelaine, à
Strasbourg, 1718. 13° Un positif à Ebersheim-
mtinster (Bas-Rhin), 1718. 14° L'orgue de
l'église Saint-Léonard, à Bàle, 1718. 15° Un
positif à Haguenau, 1719. 10" Un idem, à
Grendelbach, petit village du département du
Bas-Rhin, 1719. 17° Un idem, à Laulenbach
(Haut-Rhin), 1719. 18° Un orgue à l'église
Saint-Jean de Wissebourg, 1720. 19° Celui de
Saint-Léonard, près d'Oberenheim, 1721.
20° Celui d'Allenheim, près d'Offenbourg,
1722. 21" Un positif à Rolbshcim, 1722.
22" L'orgue de l'église des Dominicains, à Col-
mar, 1720. 23" Celui de l'église de Saint-Guil-
laume, à Strasbourg, 1728. 24° Celui de Bisch-
SILBERMANN
39
weiler, 1729. 25° Celui d'Alto rf (Bas-Rhin),
1750. 26° Celui d'Ebersheimmttiister (Bas-
Rhin), 1731. 27° Celui de l'abbaye d<: Kœnigs-
briik, près de Leutenheim (Bas-Rhin), 1752.
28" Celui de l'église de l'hôpital, à Col ma r,
1752. 29° Celui du temple protestant, dans la
même ville, 1732. 30° Celui de Rosheim, 1733,
dernier ouvrage de cet hahile facteur.
SILBERMANN (Godefroid), frère puîné
du précédent, né à Frauenslein, le 14 janvier
1683, apprit les éléments «le la facture des or-
gues chez son frère à Strasbourg, et donna,
dès 1714, une preuve de son habileté par la
construction de l'orgue de la cathédrale de
Freyherg, composé de quarante-cinq jeux. De
retour en Saxe, il s'était fixé dans cette ville,
et y avait établi des ateliers pour la construction
des instruments à clavier. Soit qu'il eùteucon-
naissancedes essais de Schrœter (voyez ce non.)
pour la construction des pianos, soit que les
travaux contemporains du facteur fiançais
Marins et de l'Italien Cristofali ou Crislofori,
lui eussent été signalés; soit enfin qu'il eût
trouvé lui-même le principe de cet instrument
dans letympanon, il est certain qu'il fut un
des premiers facteurs qui en fabriquèrent, et
que l'invention du piano lui fut généralement
attribuée en Allemagne. Schrœter n'en ré-
clama l'honneur qu'après la mort de Silher-
mann. Celui-ci, ayant construit deux de ces
instruments, les soumit à l'examen de Jean-
Sébastien Bach qui, donnant de justes éloges
à la nouveauté du mécanisme, trouva cepen-
dant le son faible dans les octaves supérieures.
Frappé de la justesse des observations de ce
grand artiste, Silbermann se livra en silence
à de nouvelles recherches, et cessa de mettre
de nouveaux instruments en vente jusqu'à ce
qu'il eût enfin trouvé le moyen de leur donner
un volume de son plus intense. Après beau-
coup d'essais et de dépenses, il put enfin faire
essayer un nouveau piano par J.-S. Bach, qui
le déclara sans défaut. Dès ce moment, les
pianos de Silbermann acquirent de la célé-
brité. Cet habile facteur fut aussi l'inventeur,
en 1740, du clavecin d'amour, instrument dont
les cordes avaient une longueur double, et re-
posaient vers les deux extrémités sur des che-
valets placés à égale distance, en sorte qu'étant
frappées par le milieu, elles rendaient un son
double à l'unisson. Hœhnel,de Meissen, a per-
fectionné cet instrument, dont les sons étaient
à la fois puissants et moelleux. Les orgues prin-
cipales construites parSilbermann sont lessui-
vantes : 1° L'orgue du château de Dresde, de
quarante-cinq jeux. 2° Celui de l'église Notre-
Dame, composé de quarante-trois jeux, dans la
même ville. 3°Celui de Sainte-Sophie; de trente
et un jeux, en 1722. 4" Celui de Saint-Pierre, à
Freiberg , de trente deux jeux. 5" Celui de
Pœnitz, près d'Altenbourg, composé de vingt-
sept jeux, en 1737. Dans l'espace de quarante-
cinq ans, c'est-à-dire depuis 1708 jusqu'en
1753, Silbermann avait construit quarante-
deux orgues. Cet artiste mourut à Dresde, le
4 août 1753.
SILBERMANN (Jean-André), fils aîné
d'André, naquit à Strasbourg, le 26 juin 1712.
Élève de son père, il jouit d'une grande célé-
brité comme facteur d'orgues, et de l'estime
de ses concitoyens pour ses qualités sociales.
Il mourut à Strasbourg, le 11 février 1783,
avec le litre de membre du conseil de celle
ville. Jean-André eut, d'un premier mariage
neuf enfants, dont sept moururent en bas
âge. Des deux fils qui lui restèrent, l'aîné
(Jean-Josias) fut aussi facteur d'orgues, et
mourut leôjuin 1786; le second (Jean-André),
qui était le neuvi me de ses enfants, fut négo-
ciant. Celui-ci eut deux fils (Jean-André et
Frédéric-Théodore), dont le dernier fil ses
études musicales au conservatoire de Paris,
devint habile violoncelliste, et mourut le5juin
1816. Depuis 1736 jusqu'en 1782, Jean-André
Silbermann, fils d'André, construisit cin-
quante-quatre orgues, dont les principales sont
celles de l'église Saint-Thomas, de Strasbourg,
du temple neuf de la même ville, de la collé-
giale de Colmar, des églises Saint-Élienne et
Saint-Théodore, à Bâle, etde l'abbaye de Saint-
Biaise, dans la Forêt-Noire. Ce dernier instru-
ment, le plus considérable de ceux qu'a con-
struits Silbermann, est aujourd'hui dans l'église
catholique de Carlsruhe. Jean-André Silber-
mann estaussi très-estimé à Strasbourg comme
auteur d'une bonne histoire de celte ville, la-
quelle a pour titre : Lokal-Geschichle der
Sladt Strasbourg ; Strasbourg, 1775.
SILBERMANN (Jean-Daniel), deuxième
fils d'André, né à Strasbourg, le 31 mars 1717,
fut aussi facteur d'orgues distingué. En 1751,
il se rendit à Freyherg auprès de son oncle
Godelïoid , qui l'avait demandé pour qu'il
l'aidât à terminer l'orgue de la chapelle de la
cour, à Dresde. Après la mort de son oncle, il
se fixa dans cette ville, et s'y livra avec succès
à la fabrication des clavecins et des pianos.
Il mourut à Leipsick, le 6 mai 1766, avec les
titres de fadeur d'orgues etde commissaire de
la cour de Saxe. Compositeur de quelque mé-
rite, il a laissé plusieurs ouvrages en manu-
scrit.
40
S1LBI£RMANN — SI1-VA
SILBERMANN (Jeah-Hemu), le plus
.jeune des fils d'André, naquit à Strasbourg, le
24 septembre 1727. La facture des pianos
l'occupa spécialement, et ses instruments
furent les premiers de ce genre qui se répan-
dirent en France, où ils eurent beaucoup de
réputation. Il mourut le 15 janvier 179!), lais-
sant deux fils, dont Painé (Jean-Frédéric), né
le21 juin 17C2,etmort le 8 mars 1817, fut à la
fois facteur de pianos, organiste de l'église
Saint-Thomas, à Strasbourg, et compositeur.
Il a laissé en manuscrit un Hymne à la paix,
des chansons allemandes, et plusieurs autres
ouvrages.
S1LBERSCHLAG (Jean-Tsaie), con-
seiller du consistoire et membre de l'académie
des sciences de Berlin, naquit à Aschersleben,
en Prusse, et mourut le 11 juillet 1790. Au
nombre de ses écrits, on remarque son sermon
à l'occasion du nouvel orgue de son église, in-
titulé : Einweihungspredigt einer neuen
Orgel in der Dreifultigkeitskirche; Berlin,
1775, in 8".
SILCIIER (Frédéric), directeur de mu-
sique à Tubingue, est né le 27 janvier 1789, à
Schnailb, près de Scborndorf, dans le royaume
de Wurtemberg. Dès son enfance, il montra
d'heureuses dispositions pour la musique et
pour le dessin, et cultiva ces deux arts avec
une ardeur égale. Il avait atteint sa quator-
zième année, lorsqu'il rencontra enfin un bon
maître de musique dans l'organiste Auberlen,
à Fellbach, près de Stuttgart. Les leçons qu'il
en reçut, et les progrès qu'il fit pendant ses
séjours à Scborndorf et à Louisbourg, le mi-
rent en état de s'établir à Stuttgart, où il se
livra à l'enseignement du chant. En 1817, il
écrivit, par ordre du sénat académique de Tu-
binge, une cantate pour le troisième jubilé sécu-
laire de la réformation, et l'exécution de cet
ouvrage lui procura sa nomination de direc-
teur de musique dans celte ville. Il en remplit
encore les fonctions (1864), et jouit de la répu-
tation de musicien instruit et plein de zèle. La
société de chant lui doit sa bonne organisation
et ses progrès. Il est chargé de l'enseignement
du chant et de la musique au séminaire évan-
gélique, et dirige les concerts. En 1825, il a été
désigné par le gouvernement pour prendre
part à la formation du nouveau livre choral à
quatre voix pour le royaume de Wurtemberg,
et il y a introduit de belles mélodies. Depuis
lors il a publié le livre de chant à trois voix,
dont le succès a été considérable. Les princi-
paux ouvrages de M. Silcher sont : 1° Six
hymnes à quatre voix; Tubingue, Laup. 2° Mé-
lodies du livre choral du Wurtemberg à trois
voix, première et deuxième parties; ibid.
3° Douze canons pour trois voix de dessus ou
trois voix d'hommes, à l'usage des écoles, ibid.
4° Six chansons allemandes à quatre voix
d'hommes; ibid. 5° Douze idem; ibid. 6° Deux
suites d'hymnes à quatre voix, à l'usage des
fêtes et dimanches ; ibid. 7° Chansons popu-
laires de la Souabe, de la Thuringe et de la
Franconie à quatre voix. Plusieurs cahiers,
ibid. 8° Beaucoup de chants à voix seule ou à
deux voix, avec accompagnement de piano;
Tubingue, Fues. M. Silcher a en manuscrit des
ouvertures et des divertissements pour l'or-
chestre, ainsi que des cantates d'église.
SILPH1N VOM WALDE (....), compo-
siteur à Budolsladt, y vivait en 1847. Les bio-
graphes allemands gardent le silence sur cet
ar'iste; on sait seulement qu'il a obtenu un
prix à Manheim, dans cette année, pour une
ouverture de concert à grand orchestre. Son ou-
verture dramatique intitulée les Gnomes et les
Elfes a été publiée à Budolstadt, chez Millier.
On connaît aussi de lui des trios de salon pour
piano, violon et violoncelle; Manheim, Heekel.
SILVA ou SYLVA (André DE), maître,
né dans la seconde moitié du quinzième siècle,
est sans doute le même musicien que celui dont
Glaréan a rapporté un Kyrie et un Hosanna à
trois voix (Dodecach., fol. 432 433), sous le
nom d'Andréas Sylvanus, et qui est un des
interlocuteurs du dialogue de Sébastien Vir-
dung(l)etdes deux premiers livres de la .Vu-
surgia d'Ollmar Nachlgall ou Luscinius (2).
Aucun renseignement n'a été découvert jus-
qu'à ce joui- sur la patrie de Silva, ni sur la
position qu'il occupa. Il n'était pas Français
et ne s'appelait pas Dubois (de Silva), car
l'éditeur Atlaingnant de Paris, son contem-
porain, conserva les noms des compositeurs
de sa nation dans tous les recueils qu'il pu-
blia, et parmi ceux dont il a imprimé les ou-
vrages figure De Silva et non Dubois. S'il
était Allemand, on pourraitcroire que son nom
de famille était Von Wald, ou que peut-être
(1) Ulusica getutscht und auszgezogen durcit Sebas-
tianum Virdung l'riesteis von Antberg, und ailes gesang
autz drnnoten in die tabulaturen diser [sic) benanleud ruer
Instrumente* der Orgeln : der Laulen : und der Fleetvn
transferrieren zu lemen karlzlich gemacht,etc. In-i" obi.
cinquante-six feuillets, sans date et sans nom de lieu
(Dâle, tbll).
(2) Musurgia den praxis M usine. Illins primo quœ
instrumentis agilur cerla rutiu, ab Oltomaru Luscinio
Argenlino duabus libris absuluta. Ejustdem Oltomari
Luseinii, de concernas polgphoni, id est cj: plurij'uriis
vocibus cotnpositi, càtwnilus, Libri to'idcni, Argentoiati
apud Johanneni Scltuttum, I > ''11, in-'f obi.
SILVA
41
il élnit né dans la Forêt-Noire, d'où on Pâmait
appelé De Sylva, ou Sylvanus (dans la liasse
latinité). Virdung semble en effet nous con-
duire à cette conjecture dans l'épitre dédica-
toire de son livre, datée de Bâle, 1511, où l'on
voit que Sylvanus était son ami et habitait le
même pays que lui. Il avait composé un grand
traité de musique, dont celui qu'il a publié
n'était qu'un abrégé : « Pour éviter des frais
» considérables, dit-il, j'ai préféré ne pas pu-
» blier mon grand livre, et faire cet extrait
» pour satisfaire au désir de mon ami Andréas
« Sylvanus. » Oltmar Luscinius, qui a traduit
une partie de l'ouvrage de Virdung, dans sa
Musurgia, ne fournit aucun éclaircissement
concernant la personne de Sylva ou Sylvanus.
Outre les deux morceaux conservés par Gla-
réan, on trouve des compositions d'André de
Sylva dans les recueils dont voici les titres :
1" Motetti de la Corona, libro primo; im-
pression Forosempronii per Octavianum
Petrulium, 1514, petit in-4° obi. 2° Motetti
del Frutlo aseivoci, liber primus (sic) 3 in
Fenetia nella stampa d'Antonio Gardane,
1539, in-4°. 3" Selectissimx neenon familia-
rissimx cantioties ultra centum etc.; a sex
iisque adduas voees ; Auguslœ Findelicorum,
Melchior Kriesstein excudebat, 1540, petit
in-4° obi. 4° Tomus secundus Psalmornm se-
lectorum quatuor et quinque vocibus; No-
rimbergx , apud Jo. Pelreium, 1539, petit
in-4° obi. 5" Liber terlius : Viqlnti musi-
cales quinque, sex, vel octo vocum motetos
habet, etc;Parisiis in vico Cithare apud Pe-
trum Attuingnant, 1534, petit in-4° obi.
G° Liber quartus idem; ibid., 1534. G Liber
duodecimus idem; ibid., 1535. 7° Motetti del
Fiore. Liber primus cum quatuor vocibus;
Lugduni per Jacobum Modernum, 1532,
petit in-4" obi. 8° Selectissimarum Sacrarum
cantionum quas vulgo Moteta vocant Flores,
trium vocum. Lovanii, ex Typographia
Pétri Phalesii, 15G9, in-4°. Jean-Georges
Schielen (in Bibliolh. enucleata, p. 328) et
Gesner (in Pandect, I. VII, tit. VI, fol. 83),
attribuent à Sylvanus un Compendium mu-
sicale, mais n'indiquent pas si l'ouvrage est
imprimé.
SILVA ou SYLVA (le Père Manuel-Nunes
DA), jésuite, né à Lisbonne, en 1678, fut
d'abord maître de chapelle de l'église Sainte-
Catherine, île cette ville, puis directeur du
chœur de l'église paroissiale de Sainle-Marie-
Madeleine, eten dernier lieu maître de chapelle
de la collégiale royale de Notre-Dame de la
Conception. Il occupait celle dernière position
en 1725. On a de lui un livre intitulé : Arte
Minima, que coin semi-brève prolacia m trata
em tempo brève, os modos de Muxima, et
longa sciencia da Musica; Lisbonne, Ant. 81a-
ncscal, 1725, un volume in-4°. Ce titre est un
jeu de mots sur les noms des signes «le l'an-
cienne notation mesurée, à savoir: la minime,
la semi-brève, la brève, la longue, la maxime,
les prolations, les temps et les modes. La si-
gnification de ce rébus est que l'ouvrage ensei-
gnera en peu de temps l'art de la musique, qui,
par lui-même, est difficile et exige de longues
études. Ce livre, dédié à la Vierge Marie, est di-
visé en trois parties qui ont une pagination par-
ticulière chacune. La première est relative à la
solmisation, à la notation proportionnelle et
aux éléments du contrepoint; la seconde ren-
ferme un traité de plain-chant (canto cliao);
dans la troisième se trouve l'analyse de toutes
les parties de la musique. Les exemplaires de
cet ouvrage se trouvent difficilement, même
en Portugal.
SILVA (Jean DE), écrivain napolitain,
n'est connu que par un éloge du compositeur
Caffaro, intitulé : Elogio di Pasquale Caf-
faro, detto Caffarelli; Naples, 1788.
SILVA (Poll DE), compositeur, est né le
28 mars 1834, à Saint-Esprit, près de Bayonne
(Basses-Pyrénées). Fils d'un négociant, il fit
ses premières éludes musicales sous la direc-
tion de sa mère et de sa grand'mèrc, qui
avaient été élèves des maîtres les plus distin-
gués de Paris. Dès l'âge de sept ou huit ans,
il était déjà initié à la connaissance des œuvres
classiques des meilleurs compositeurs et s'es-
sayait à écrire de petites choses sans aucune
notion des lois de l'harmonie. Sa famille
s'étant établie à Bordeaux, il reçut alors des
leçons de composition d'un Allemand, ancien
chef d'orchestre, nommé Funck, et lut avec
avidité quelques bons traités d'harmonie et de
contrepoint. Arrivé à Paris en 1854, il y prit
quelques leçons de Turhri (voyez ce nom) pour
la composition : Halévy, à qui il soumit plu-
sieurs de ses ouvrages, les approuva et voulut
faire entrer M. de Silva dans sa classe, au
Conservatoire; mais ce jeune artiste ne put
jouir de cet avantage, parce que sa mauvaise
vue, qui va presque jusqu'à la cécité, ne lui
permet pas une application suivie. Les ou-
vrages publiés par M. de Silva sont : 1° Deux
romances sans paroles pour violon ou violon-
celle; Paris, Benacci. 2° La Ronde des lutins,
caprice pour piano; Paris, Girod. 3" Polo-
naise pour piano; ibid. 4" Invocation pour
piano, harmonium, violon cl violoncelle;
42
SILVA — SIMON
Paris, Alexandre. 5° La Chasse aérienne,
rondo scherzo pour piano; Paris, Flaxland.
6° Quarante mélodies et nocturnes pour chant;
Paris, Richault. 7° Prière à la Vierge, à trois
voix de femmes; ibid. 8° Douze pensées mu-
sicales pour piano, divisées en quatre cahiers;
ibid. M. de Silva a en manuscrit trois opéras,
dont un est reçu à l'Opéra-Comique; plusieurs
quintettes, quatuors, trios et duos pour piano
et instruments à archet; deux symphonies
pour l'orchestre; une ouverture idem; une
barcarolle idem; plusieurs chœurs avec or-
chestre; musique religieuse, etc.
SILVANI (Joseph -Antoine), compositeur
de l'école de Bologne au commencement du
dix-huitième siècle, était, en 1720, maître de
chapelle à l'église Saint-Étienne de Bologne.
Il y publia alors un recueil de quatre messes à
quatre .voix, avec deux violons et orgue. Cet
ouvrage est indiqué comme l'œuvre onzième
de cet auteur; les autres productions de cet
artiste sont: 1° Litanie concertatea 4 vnci con
violini e senza, op. 1 ; Bologne, Ma ri no Si 1-
v ani .2" Lnni sacri per tutto V anno 7 a voce soin ,
con violini, op. 2; ibid., 1702. 5° Sacri Bcs-
ponsori délia seltimana santa a 4 voci, op. 5;
ibid., 1704. 4° lnni sacri per tutto Vanrio a
4 voci, op. 4; ibid., 17015. 5° Tre Misse so-
lenne a 4 voci con organo, op. 5 ; ibid., ]70'k
G" Stabat Mater, Benedictus , Miserere, Le
tre Alleluya con il tratto del Sabbato sanlo a
otto voci. op. 0; Bologne, 1708. 7" Messe a
quattro voci con organo, op. 7; ibid., 1709.
8" Motetti a otto voci pieni, con il Respon-
sorio di Santo Antonio, op. 8; Bologne, par
les héritiers de Silvani, 1711. 9" Motetti con
le quattro Antifone délia B. F. a voce sola,
op. 9. 10" Motetti a 2 e 3 voci con violini e
senza, op. 10 ; ibid., 1716.11° Sacri Lamen
tasioni délia settimana santa a voce sola,
op. 13; Bologne, chez l'auteur, 1720. 12° Se-
condo libro délie litanie délia Beata Firgine
a 4 voci concertait' , con violini e ripieni,
op. 14; ibib., 17215. 13 u Cantate morali e
spirituali a 1, 2 e 3 voci; ibid., 1727. Silvani
a laissé en manuscrit : 1° Quatre messes à
quatre voix avec orgue. 2° Trois messes solen-
nelles à quatre voix, avec orchestre.
SILVESTARI (Flobimond), compositeur,
né à Crémone, au commencement du dix-sep-
tième siècle, s'est fait connaître par un ou-
vrage intitulé : Cantiones sacrx 2, 3 et 4 vo-
cum: Fenetiis, apud Ficentinum,1649,\n-4°.
SIMON ou SYMON (Maîtke), d'Ypres,
était, en 1303, chef des ménétriers de celle
ville, et tenait une école de musique, suivant
le registre des maîtrises existant aux archives
d'Ypres.
SIMON (Simon), claveciniste et composi-
teur, naquit aux Vaux-de-Cernay, près de
Rambouillet, vers 1720. A l'âge de sept ans,
il fut envoyé près de Butel, son oncle, orga-
niste d'une abbaye près de Caen, qui lui donna
les premières leçons; mais il dut surtout à la
protection de la marquise delà Mésangère et
de M. de Saint-Saire, et aux leçons de clavecin
et de musique qu'ils lui donnèrent, ses progrès
el sa fortune. Arrivé à Paris, il y prit des le-
çons de composition de Dauvergne. Trois livres
de pièces de clavecin qu'il publia le firent con-
naître avantageusement, et lui firent obtenir
la survivance de la charge de maître de cla-
vecin descnfantsdeFrancc,dontil fut titulaire
après la retraite de Le Tourneur. Louis XV
lui accorda plus tard le brevet de maître de
clavecin de la reine et de la comtesse d'Artois.
Simon vivait encore à Versailles en 1780.
SIMON (Jean-Gaspard), très-bon orga-
niste, fut directeur de musique et cantor à
Nordlingue, vers le milieu du dix-huitième
siècle. Il a publié de sa composition : 1° Leichte
Pra'ludia und Fugen auf die Orgcl oder das
Clavier durch die sieben Durtœne. Erster
Theil (Préludes et fugues faciles pour l'orgue
ou le clavecin, dans les sept tons majeurs.
Première partie); Augsbourg, 1750. La
deuxième partie de cet œuvre contient les pré-
ludes et fugues dans les tons mineurs. 2° Ge-
iniithsvergnugende musikalische l\ r ebenstun-
den , in Galanteriestiicken auf Klavier
(Délassement musical de l'esprit, consistant
en pièces galantes pour le clavecin). Première
et deuxième parties; ibid. 3° Musikalisches
ABC in kleinen Fugetten fur die Or gel,
nebst einigen Fersetten (\ B C musical, qui
consiste en petites fugues pour l'orgue, avec
quelques versets) : ibid., 1754, in-4°. 4° Erster
Fersnch einiger variirlen und fugirten
Chorale (Premier essai de quelques chorals
variés el fugues); ibid. Je possède en manu-
scrit des pièces d'orgue d'un très-bon style,
composées par Simon.
SIMON (Jean Godefroid), musicien alle-
mand, fut attaché à la musique de l'électeur
de Saxe, vers 1764. Précédemment, il était
hautboïste dans la musique de la garde du roi
de Pologne. Également habile sur le hautbois,
la viole et le violon, il a laissé en manuscrit
quelques compositions pour ces instruments;
entre autres, dix-huit duos pour deux violons
cjui se trouvaient, en 1780, chez Breilkopf, à
Leipsick.
SIMON — SIMONOFF
43
SIMON (Louis-Victor), né à Melz, vers le
milieu du dix-liuilième siècle, vécut à Paris,
et s'y fit connaître, en 1790, par la chanson,
H pleut, il pleut, bergère, dont les paroles
étaient «le Fabre d'Eglanline, et qui obtint un
succès populaire longtemps prolongé. Devenu
premier violon, puis administrateur du théâtre
Montansier, en 1796, Simon garda ces posi-
tions jusqu'à la clôture forcée de ce théâtre,
en 1807. Il fit représenter au théâtre Montan-
sier, en 1797, un opéra-comique intitulé : La
double Récompense, dont il avait fait le livret
et la musique. On connaît aussi sous son nom :
1° Recueil d'airs et chansons, avec accompa-
gnement de clavecin ; Paris, 1789. 2" Six duos
pour deux violons, op. 2 ; Paris, 1796.
SIMON (C.-A.), professeur et éditeur de
musique à Posen, en Pologne, y est établi de-
puis 1806. Les biographies allemandes ne four-
nissent pas de renseignements sur sa personne.
On connaît de lui les ouvrages suivants :
1° Anweisung zum Generalbass (Inlvoduclion
à la basse continue); Posen, Simon. Il y a deux
éditions de cet ouvrage, qui est écrit en alle-
mand et en polonais. 2° Nanka grania na
Organach (Éléments de l'art de jouer de l'or-
gue); ibid., in-4°, en polonais.
SIMON (Jean-Henri), compositeur et né-
gociant, né à Anvers, en 179ô, fit ses éludes
musicales dans cette ville, puis se rendit à
Paris et y reçut des leçons d'harmonie et de
composition de Catel et de Lesueur. De retour
à Anvers, il partagea son temps entre les af-
faires et la musique, qu'il cultiva toujours avec
amour. Il jouait bien du violon et composait
avec facilité. Des revers de fortune altérèrent
sa santé et le mirent dans une situation gênée
jusqu'à la fin de ses jours. Il est mort à An-
vers, le 10 février 1861, laissant en manuscrit
trois messes avec orchestre, des symphonies,
des chœurs et des cantates qui ont été exé-
cutés dans les églises et dans les concerts de
sa ville natale.
SIMONELLI (Mathieu), chapelain chantre
de la chapelle pontificale, naquit à Rome, vers
le milieu du dix-septième siècle, et fut agrégé
à celle chapellele 15 décembre 1662. Grégoire
Allegri fut son premier maître de composition,
puis il passa dans l'école d'Horace Benevoli.
L'étude que Simonclli avait faite des ouvrages
de Paleslrina lui fut si profitable, qu'on le sur-
nomma le Palestrina du dix-septième siècle,
à cause de l'élégante et suave simplicité de son
style dans la musique d'église. Il fut maître de
chapelle de plusieurs églises à Rome. Ce compo-
siteur a laissé en manuscrit beaucoup de
psaumes, de motels et de messes, qui se trou-
vent en manuscrit dans les archives de la cha-
pelle pontificale, où l'on exécute encore plu-
sieurs de ses ouvrages, entre autres le motet :
Cantemus Domino gloriose enim magnifica-
tus est, à six voix, pour le quatrième dimanche
du carême. L'abbé Santini, de P.ome, possède
de Simonelli plusieurs motels à quatre et à
cinq voix, les motets à six voix Cantemus
Domino, et Ecce sacerdos, un Victimx pas-
chali à quatre, et un Stabat mater à cinq
voix, avec deux violons et orgue. Le portrait
de Simonelli, gravé à l'eau-forle, se trouve
dans le livre d'Adami de Bolsena, intitulé :
Osservazioni per ben regolare il coro délia
cappella pontificia (p. 208). L'élève le plus
distingué de ce savanl musicien fut Corelli.
SIMONET (François), fils d'un choriste
de la chapelle du roi, fut d'abord musicien au
régiment des gardes françaises, puis premier
cor du Théâtre-Français, en 1793. Il a fait
graver de sa composition : 1° Six duos pour
deux bassons, op. 1 ; Paris, 1791. 2° Six duos
pour cor en fa et clarinette en ut; ibid.
3" Trois trios pour clarinette, cor et basson;
ibid. 4° Suite de morceaux du Jockey, pour
ileux flûtes, deux clarinettes, deux cors et deux
bassons; ibid. 5" Six trios pour trois cors,
op. 10; Paris, Imbaull. Simonet vivait encore
à Paris en 1803.
SIMO^ETTO (Léonard), chanteur de la
chapelle de Saint-Marc, à Venise, vécut au
commencement du dix-seplième siècle. Il a
fait imprimer un recueil de motels de sa com-
position sous ce titre : Ghirlanda sacra di
motetti ; Venise, 1613, in-4". On trouve aussi
quelques-unes de ses compositions pour l'église
à la fin du recueil d'Alexandre Grandi, inti-
tulé : Celesti fiori, etc. ; Venise, 1619, in-4°.
SIMONIN, roijez POLLEÏ (Marie-Ni-
cole SIMONIN).
SIMONIS (Ferdinand), compositeur, né à
Parme, en 1773, eut pour maître de violon
Rolla, et Lanfranchi lui enseigna à jouer du
piano; puis il étudia le contrepoint sous la
direction de Ghiretti, et le chant dans l'école
deFortunati. Ses études terminées, il obtint
la place d'accompagnateur au piano et de di-
recteur de musique au théâtre de sa ville na-
tale. Il a écrit la musique de plusieurs ballets,
quelques messes, et des morceaux de musique
vocale et instrumentale, dont plusieurs ontété
publiés à Parme. Simonis est mort dans cette
ville, en 1837.
SIMONOFF (...), professeur à l'université
de Kazan, et membre de l'Académie des
44
SIMONOFF — SIMONS-CANDEII.LE
sciences de Pétersbourg, esl auteur d'un opus-
cule relatif à la théorie mathématique (le la
musique, intitulé : Mémoire sur les séries
des nombres aux puissances harmoniques;
Kazan, 1832, in-4° de trente-deux pages.
SUIONS CANDETLLE (Amélie-Julir),
on dernier lieu madame PEI11E, naquit à Pa-
ris, le 31 juillet 1767. Elle élait fille de Pierre-
Joseph Candeille (voyez ce nom). Élève de son
père, elle débuta au Concert spirituel à l'âge
«le treize ans, et se fit applaudir comme can-
tatrice, harpiste, pianiste et compositeur, dans
une cantate et dans un concerto qui lui étaient
attribués, mais où son père avait eu la plus
grande part. Éblouis parce succès, les parents
de mademoiselle Candeille la destinèrent au
théâtre: elle parut pour la première Ibis sur
celui de l'Opéra, an mois d'avril 1782, dans le
rôle (VJphigénie en Aulide, de Gluck, et fut
immédiatement reçue. L'année suivante, elle
joua Sangaride dans Atgs, opéra de Piccinni.
On rapporte diversement la cause qui lui fit
quitter l'Opéra au milieu de ses succès; quelle
qu'elle soit, il est certain qu'elle se relira en
1783. La situation de sa famille, après queson
père eut perdu son emploi au même théâtre,
l'obligea à remonter sur la scène, mais elle
choisit le Théâtre-Français, où les conseils de
Mole guidèrent ses premiers pas. En 1785, elle
débuta dans Hermione d' A ' ndromaque , puis
joua Roxane dans Bajazet, et Aménaïde dans
Tancrède. Bien qu'elle eut l'ait peu de sensa-
tion d3ns ces rôles, la protection du baron de
Brcleuil la fit recevoir an nombre des socié-
taires à quart de part. Il n'appartient point à
ce dictionnaire d'entrer dans les détails de sa
carrière dramatique ; je dirai seulement qu'elle
fit représenter, le 27 décembre 1792, sa comé-
die intitulée la Belle Fermière, où elle jouait
le rôle principal, et chantait deux airs et un
vaudeville de sa composition, s'accompagnant
tour à tour sur le piano et sur la harpe. Ba-
Ihilde, autre comédie qu'elle fit jouer le 1 G sep-
tembre 1793, lui fournit l'occasion de se faire
entendre dans un duo de piano et violon avec
Baptiste aîné. Retirée du Théâtre-Français en
1790, mademoiselle Candeille visita la Hol-
lande et la Belgique, et y donna des représen-
tations et des concerts. Arrivée à Bruxelles,
elle y fit la connaissance de Simons, carrossier
en renom dont les ouvrages étaient recherchés
dans toute l'Europe : il devint éperdument
amoureux d'elle, et l'ayant revue àParis, l'an-
née suivante, il l'épousa en 1798. La fortune,
qu'elle crut avoir fixée alors, n'était pourtant
pas aussi solide qu'elle l'avait imaginé, car le
départ de la cour de Bruxelles, et l'émigration
de toute la noblesse du pays, à l'époque de l'in-
vasion de la Belgique par l'armée française,
avaient jeté du désordre dans les affaires de
Simons, et quand madame Simons-Candeille
vint prendre possession de sa nouvelle maison,
ce fut pour en voir préparer la faillite, qui
s'accomplit en 1802. Les événements ne se
passèrent pas tout à fait comme ils sont rap-
portés dans h\ Biographie des contemporains
et dans le supplément de la Biographie uni-
verselle; mais il esl certain que madame Si-
mons ne montra pas, dans celle catastrophe,
l'avidité dont elle a été accusée par les fils de
son mari.
De retour à Paris, et séparée de son époux
par un consentement mutuel, madame Simons
se réunit à son père, et se fit institutrice pour
lui donner du pain. Pendant dix ans, elle
donna des leçons de musique et de littérature.
Le souvenir de son ancien succès de la Belle
Fermière lui lit espérer aussi qu'elle pourrait
trouver des ressources au théâtre; mais l'essai
qu'elle en fil, en 1807, dans l'opéra-comique
en deux actes intitulé Ida ou l'Orpheline de
Berlin, dont elle avait fait la musique et le
livret, lui ôla ses illusions. L'ouvrage fut sifflé
et n'eut que cinq ou six représentations. Une
dernière tentative faite dans un drame repré-
senté au Théâtre-Français, eu 1808, ne fut pas
plus heureuse, et dès ce moment, madame Si-
mons cessa de travailler pour le théâtre et
composa des romans, qui furent mieux accueil-
lis du public. Napoléon, qui n'aimait pas les
femmes auteurs, lui avait refusé des secours;
elle trouva plus de bienveillance dans la fa-
mille royale des Bourbons. Pendant les cent
jours, elle se réfugia à Londres et y donna des
concerts où Violli, Cramer et Lal'ont se firent
entendre; ils lui procurèrent d'abondantes
receltes. De retour à Paris, elle recul le brevet
d'une pension pour elle el pour son père, et
peu de temps après, le roi Louis XVIII lui en
accorda une antre de deux mille francs sur les
fonds de la liste civile. Veuve de Simons, au
mois d'avril 1821 , elle épousa l'année suivante
Périé, peintre médiocre, qui, par les démarches
actives de sa femme, obtint la place de direc-
teur du musée et de l'école de dessin de Nimes.
Madame Périé-Candeille suivit son mari dans
celle ville, en 1827. Frappée d'une attaque
d'apoplexie en 1831, au moment ou elle allait
faire la lecture d'un ouvrage achevédepuis peu
de jours, elle ne se rétablit qu'avec peine;
mais la mort imprévue de son mari, en 1833,
lui causa une rechute qui ne laissa plus d'es-
SIMONS-CANDEILLE — SIMPSON
43
poip. Transportée à Paris, où elle arriva an
mois de décembre, elle languit quelque temps
et mourut le 4 février 1854, dans la maison de
santé de M. Marjolin. Ainsi finit la carrière
agitée d'une femme qui, par ses talents, aurait
pu en espérer une plus heureuse.
Comme musicienne, elle mérite moins d'être
mentionnée pour son Ida, malencontreux
opéra -comique où il y avait peu de mérite, que
pour quelques œuvres de sonates de piano et
les romances qu'elle a publiées. En 1788, elle
fit paraître trois trios pour piano, violon et vio-
loncelle, op. 1, à Paris, chez Leduc. Cet ou-
vrage Tut suivi de ceux-ci : Sonale pour piano
à quatre mains, op. 2; Paris, Naderman. So-
nale pour deux pianos, op. 5; Paris, Cousi-
neau. Deux sonates pour piano seul, op. 4;
Paris, madame Joly. V Enfant fidèle, petite
fantaisie pour les élèves; Paris, Pacini.
Grande sonate pour piano seul, op. 6; Paris,
Momigny. Variations sur un thème portu-
gais ; Paris, Pacini. Grande fantaisie suivie de
variations sur l'air : Trempe ton pain, ibid.
Beaucoup de romances détachées, dont quel-
ques-unes ont eu du succès. Les airs de la Belle
Fermière, avec accompagnement de piano ou
harpe ; Paris, Leduc.
SIMPSON (Thomas), musicien anglais, et
violiste de la chapelle du prince de Holslein-
Schaumbourg, vers 1615, a publié, en Alle-
magne, les ouvrages suivants : 1° Opusculum
neuer Pavanen, Galliarden, Courantenund
Folten, etc. ; Francfort, 1610, in-4°. 2" Ta-
fel-Cunsort (conzerl), allerhand lustige Lie-
der von 4 Inslrumenten und General-bass;
Hambourg, 1621, in 4". Outre les composi-
tions de Simpson, cet œuvre conlientdes pièces
de Jean Grabbe, P. Philippi, Jean Dowland,
Christ. Tœpffer, Nie. Bleyer, Maurice Web-
ster, Jean Kroschpn, Alex. Chezam, Ro-
bert Johnson, Ed. Johnson et Joseph Sherley.
ô" Pavanen, Folten und Gaillarden; Franc-
fort, 1611, in-4°.
SIMPSON (Christophe), violiste habile et
bon musicien anglais du dix-septième siècle,
naquit vraisemblablement vers 1610, dans la
religion catholique, et parait avoir été attaché
dans sa jeunesse à quelque chapelle, peut-être
même à celle du roi Charles I er , car il prit
parti pour ce prince, et servit comme soldat
dans l'armée royale commandée parle duc de
Newcastle contre le parlement. Sa préface de
la deuxième édition de son traité de la viole,
publiée longtemps après, exprime des plaintes
amères contre la malheureuse situation où
l'usurpation de Cromwell l'avait réduit, ainsi
que beaucoup d'autres musiciens anglais.
Après la défaite des royalistes, sir Robert
Bolles, personnage distingué de ce parti, donna
un asile au pauvre Simpson dans son hôtel
pendant tout l'interrègne, et le chargea de
l'éducation musicale de son fils (John Bolles),
qui devint l'amateur le plus habile de son
temps sur la basse de viole, et mourut en 1676,
à Rome, où il fut inhumé au Panthéon. Après
la restauration, Simpson ayant recouvré quel-
ques avantages à la cour, se retira dans une
petite maison du quartier de Holborn, à Lon-
dres, et y mourut entre les années 1667 et
1670, époques où parurenlles deux premières
éditions de son Compendium de musique; il
publia la première, mais il ne vivait plus quand
la deuxième fut mise au jour.
Simpson avait écrit, pour l'instruction de
son élève John Bolles, un traité de la basse de
viole, concernant particulièrement les traits
lapides et ornements alors en usage, appelés
divisions en anglais; plus tard, it publia cet
ouvrage sous ce litre : The Division- Fiolist ,
or an Introduction to the plaging upon a
ground. Divided in tico parts, thefirst, di-
recting the hand, with other preparative
instructions; the second iaying open the
manner and melhqd ofplaying, or compo-
sing division lo aground (Le violiste-impro-
visateur, ou introduction à l'art de jouer sur
un thème, etc.); Londres, John Play lord, 1659,
in-fol. de soixante-sept pages. Une deuxième
édition, avec une traduction latine faite par
un certain William Murth, fut ensuite pu-
bliée sous le litre de : Chelys minuritionum
artificio exornata, sive minnritinnes ad Ba-
sin, etiam extempore modulandi ratio. In
très parles distributa, or the Division-Viol ;
Londres, 1667, un volume in-folio. Elle est
imprimée sur deux colonnes, dont l'une con-
tient le texte anglais, et l'autre la traduction
latine. Simpson était lié d'amitié avec les plus
célèbres musiciens anglais de son temps, par-
ticulièrement avec John Jenkins, Charles Col-
man et Mathieu Locke, qui qualifient son livre
^excellent dans des pièces de vers placées en
tête de cet ouvrage. On peut, en effet, le con-
sidérer comme le meilleur qui ait été fait sur
le même sujet.
En 1665, Simpson fit paraître aussi un livre
élémentaire sur la musique, intitulé : A Com-
pendium, or Introduction to practical mu-
sic (Abrégé, ou introduction à la musique pra-
tique); Londres, John Playford, 1665, petit
in-8". L'ouvrage est divisé en cinq parties,
dont la première traite des principes de la
46
SIMPSON — SINGER
musique et du solfège; la seconde, du contre-
point ; la troisième, de l'usagedes dissonances ;
la quatrième, des formes de la composition,
et la dernière, des canons. La deuxième édition
fut publiée en 1670, la troisième en 1678, la
quatrième en 1706, la cinquième en 1715, la
sixième en 1721 ; toutes imprimées à Londres,
in-8°. Je possède un exemplaire de la huitième
édition du même ouvrage, publiée à Londres,
chez W.Pearson,en 1752, in 8". Lesanciennes
clefs d'u< sont remplacées dans cette édition
par les clefs de sol et de fa, et les anciennes
valeurs de temps par les ligures de notes mo-
dernes. On connaît aussi de Christophe Simp-
son des notes sur le traité de composition de
Campion. Ces remarques se trouvent dans
l'édition intitulé : Art of discant, or Compo-
sing music in paris by Dr. Thom. Campion,
ivith annotations thereon by Mr. Christo-
pher Simpson; Londres, 1655, in-8°. Play-
ford a inséré le traité de Campion avec les
notes de Simpson dans la huitième édition de
son Introduction aux principes de la musique
(voyez Playfokd). Le portrait de Simpson se
trouve à la deuxième édition de son Traité de
la viole, et dans les premières éditions de son
Compendium.
SIMROCK (Nicolas)-, éditeur de musique
à Bonn, né dans celte ville en 1755, apprit à
jouer du cor dans sa jeunesse, et entra comme
corniste dans la musique de l'électeur de Co-
logne, en 1790. Après la dissolution delà mu-
sique du prince, qui suivit l'envahissement
des provinces rhénanes, Simrock établit à
Bonn une maison de commerce de musique
qui, par ses soins et son activité, est devenue
une des premières de l'Allemagne. Il a publié
de sa composition : 1° Dix-huit duos pour
deux cors, op., liv. I et II; Bonn, Simrock.
2° Plusieurs œuvres de duos pour deux flageo-
lets. 5° Des recueils de contredanses pourdivers
instruments.
SIMROCK (Henri), frère du précédent,
naquit à Bonn, vers 1760. Après avoir été
attaché comme violoniste à la chapelle du
prince électeur de Cologne, il se rendit à Pa-
ris, où il fut quelque temps attaché comme vio-
loniste au théâtre Montansier, et tint un dépôt
de la musique publiée à Bonn par son frère. Je
l'ai connu à Paris, en 1807; mais j'ignore s'il
y est mort, ou s'il est retourné à Bonn. Je
crois qu'il est auteur de deux livres de duos
pour violon et alto, publiés à Paris.
SURGELÉE (Jean-Baptiste), violoniste et
compositeur, né à Bruxelles, le 25 septembre
1812, montra dès ses premières années d'heu-
reuses dispositions pour la musique. Son frère
aine lui donna les premières leçons de violon.
En 1828, il fut admis à l'école royale de mu-
sique de Bruxelles, et y devint élève de
M. Wéry {voyez ce nom). Ses progrès furent si
rapides que le premier prix de son instrument
lui fut décerné au concours de l'année sui-
vante. Il se rendit alors à Paris et entra dans
l'orchestre d'un des théâtres secondaires. Peu
de temps après, le spectacle auquel on avait
donné le nom de Théâtre Nautique fut établi
dans la salle Ventadour; M. Ch.-L. Hanssens
en fut nommé chef d'orchestre, et choisit son
compatriote Singelée pour y tenir l'emploi de
premier violon solo. Ce théâtre n'était pas né
viable; l'entrepreneur ne tarda pas à être mis
en faillite, et Singelée, resté sans place, fut
obligé d'entrer à l'orchestre de l'Opéra-Comi-
que. De retour à Bruxelles quelques années
après, il fut un des premiers violons du Théâtre
Royal, et le 14 octobre 1839, il succéda à
Meerts (voyez ce nom), comme premier violon
solo. Pendant les seize années qu'il occupa cet
emploi, il composa un grand nombre de pas
qui furent intercalés dans les ballets repré-
sentés au théâtre de la Monnaie. Lui-même a
écrit la musique de deux ballets qui ont été
joués avec succès au même théâtre. Une jeune
fille qu'il avait adoptée et dont il avait fait
l'éducation de violoniste, ayant obtenu quel-
ques succès à Bruxelles, Singelée voyagea
avec elle, visita la France méridionale, et
s'arrêta à Marseille, où il remplit pendant
quelque temps les fonctions de chef d'orchestre
du théâtre. Après son retour en Belgique, il
a été nommé chef d'orchestre du théâtre et du
casino de Gand, en 1852. Singelée a composé
deux concertos de violon qu'il a exécutés
dans plusieurs concerts, et beaucoup de fan-
taisies avec accompagnement de piano, parmi
lesquelles on remarque: 1" Fantaisie élégante
sur le Pirate, op. 13; Mayence et Bruxelles,
Schott. 2° Idem sur Lucie de Lammermoor,
op. 14 ; ibid. 3° Idem sur la Part du Diable,
op. 16; ibid. 4° Idem sue la Sirène, op. 18;
ibid. 5° Idem sur les Mousquetaires de la
reine, op, 21 ; ibid. 6» Idem sur le Pré-aux-
Clercs, op. 24; ibid. 7° Idem sur le Val
d'Andorre, op. 25; ibid. On a aussi du même
artiste quelques morceaux pour divers instru-
ments, des ouvertures et de la musique de
danse.
SINGER (Jean), magisler à Nuremberg,
dans la première moitié du seizième siècle, est
connu par un petit ouvrage intitulé: Ein
Kurzer Ausszug der Jflusik, denjungen die
SINGER — S1RI
47
singen und auff den Instrumentent lernen
wôltengantz nutzlich (Précis de la musique,
utile pour enseigner à la jeunesse le chant et
les instruments); Nuremberg, Frédéric Prys-
sens, 1531, in-8°.
SINGEP. (Maurice), violoniste, né le 6 dé-
cembre 1808, à Colmar (Haut-Rhin), com-
mença l'élude «le la musique et du violon dans
cette ville. A l'âge de dix-huit ans, il se rendit
à Paris et fut admis au Conservatoire, le
12 juillet 1826. Il y fut élève d'Auguste
Kreulzer, pour le violon, et de Reicha, pour la
composition. Sorti de cette école, en 1829, il
entra à l'orchestre du théâtre italien, où il ob-
tint la place de violon solo. Il brilla pendant
plusieurs années dans les concerts et publia
des compositions d'un style facile et agréable,
qui rappelaient la manière de Mayseder.
Atteint d'une maladie de poitrine, il nfourut à
Paris, au mois de mai 1859, à l'âge de trente
ans et quelques mois.
SINGER (le P. Pierre), moine franciscain
du couvent de Salzbourg, inventa, en 1839, un
orgue mécanique auquel il donna le nom de
Pansymphonicon. Un instrument de ce genre
se trouvait à l'exposition internationale de
Londres, en 1862. Le P. Singer mérite surtout
d'être ici mentionné pour un livre intéressant
publié à Munich, en 1847, par les soins de
M. Georges Philipps, et qui a pour titre : Me-
taphysische Blicke in die Tomvelt. nebst
einem dadurch veranlassen nenen System
der Tonwissenschaft (Coup d'œil métaphysi-
que dans le monde des sons, suivi d'un nou-
veau système de la science musicale qui en est
déduit).
SINGER (Edmond), maître de concert à
Weimar, est né le 14 octobre 1*850, à Tottier
ou Totis, en Hongrie. Doué d'une organisation
toute musicale, il fut conduit à Pesth par ses
parents, à l'âge de sept ans, et confié aux soins
d'un violoniste nommé Ellinger, sons lequel il
fit de rapides progrès. Parvenu à sa neuvième
année, il entra au Conservatoire de Pesth, où
il devint élève de Ridley Rohne. Il fit ensuite
avec ce professeur un voyage d'artiste en Hon-
grie, puis il se rendit à Vienne, où le profes-
seur distingué Bœhm perfectionna son talent.
A l'âge de quatorze ans, il se rendit à Paris et
y passa trois années, incessamment occupé
d'études d'exécution el de composition. De
i 848 à 1 853, il voyagea en Allemagne et s'y fit
connaître avantageusement, particulièrement
à Leipsick où il joua aux concerts du Gewand-
haus avec un brillant succès. En 1853, Singer
eut le litre de virtuose de la chambre de la cour
de Weimar, et trois ans après, il obtint la
place de maître de concert de la même rési-
dence. Il a fait depuis lors plusieurs voyages
pour donner des concerts, particulièrement en
Hollande. Les compositions de cet artiste con-
sistent en fantaisies, caprices, pièces caracté-
ristiques et de salon pour son instrument.
SIINICO (Joseph), chanteuret compositeur,
né à Trieste, vers 1812, a fondé dans cette
ville une école dechantdonl il était directeur.
Il y a eu un ténor de ce nom qui a chanté à
Madrid, en 1841 , à Oporto, vers la même épo-
que, puis à Florence et à Milan : j'ignore s'il
y a identité. Sinico a fait représenter à Venise,
en 1842, l'opéra intitulé / Virtuosi a Bar-
cellona. On connaît aussi de lui des exercices
de chant, et des romances italiennes publiées
à Milan, chez Ricordi.
SIIVN (Christophe-Albert) , géomètre du
duc de Brunswick, fut employé dans la prin-
pauté de Blankenbourg, et dans le comté de
Stolberg, au commencement du dix-huitième
siècle. Il est auteur d'un trailé du tempéra-
ment des instruments à clavier, et particuliè-
rement de l'orgue, en douze demi-tons égaux.
Cet ouvrage a été publié avec une préface de
Gaspard Calvoer, sous ce titre : Die aus ma-
thematischen Grùnden richtig gestelle mu-
sikalische Temperatura practica, das ist :
Grundrichtige Vergleichung der 12 Semito-
niorum in der Octave, etc.; Wernigerode,
1717, in-4° de dix-sept feuilles, avec une pré-
face de six feuilles.
SIINZ1G (Georges-Louis), né en Bavière,
dans la seconde moitié du dix-septième siècle,
fut moine de l'ordre de Citeaux et maître de
chapelle au monastère de Kaisersheim, dans
le duché de Neuhourg, sur le Danube. Il a fait
imprimer de sa composition un recueil
d'hymnes des vêpres des dimanches et fêtes
de toute l'année, sons ce titre : Melpomene
hymnisona, producens hymnos de Domi-
nicis, et tempore, de proprio et communi
sanctorum, aliisque diversorum religioso-
rum ordinum principalioribus , per totius
anni decursum, in ofjicio vespertino decan-
tari solitos, à 1, 2, 3 et 4 voc, 2 violinis,
2 violis, fagottis et B. C. opus 1; Augsbourg,
1702, in-fol.
SIRI (Jacoues), né à Gênes, vers 1770, fit
ses études musicales à Turin, puis écrivit la
musique de quelques ballets pour le théâtre de
Milan. En 1791, il donna au théâtre Saint-
Charles de Naples Recimero, opéra sérieux en
deux actes. L'année suivante, il écrivit pour
le théâtre Del Fonde- , l'opéra bouffe intitulé :
48
SIRI — SIVERS
La Caccia inlerrotta, en un acte. On connaît
aussi de sa composition II Trionfo d'Alcione,
grande cantate avec orchestre. J'ignore si
l'auteur de ces ouvrages est le père d'un jeune
compositeur du même nom, élève du collège
royal de musique de San Pietro a Majella,
de Naples, qui a Tait représenter au théâtre
du Fondo, en 1839, l'opéra bouffe intitulé
Cento bugie, una verità; au mois de février
1841, Una in tre, au même théâtre, et dans
l'année suivante, La Fidanzata di Crossey,
au théâtre Nuovo. Ce dernier ouvrage eut une
chute complète.
SIRMEN (Louis DE), violoniste et maître
de chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, à Ber-
game, est connu par trois tries pour deux vio-
lons et basse, gravés à Paris, en 1709.
SIRMEN (Madeleine LOURARDINI
DE), femme du précédent, née à Venise, vers
le milieu de 1735, fut admise au conservatoire
des Mendicanti de cette ville, et y fit son édu-
cation musicale. Devenue cantatrice habile et
violoniste distinguée, elle ne sortit du conser-
vatoire que pour aller à Padoue perfectionner
son talent de violoniste, sons la direction de
Tartini. Elle brilla en Italie comme rivale de
Nardini, et se fil admirer aux concerts spiri-
tuels de Paris dans des concerlosde sa compo-
sition. En 1768, elle y .joua, avec son mari,
une symphonie concertante pour deux violons.
Arrivée à Londres, dans la même année, elle
y excita la plus vive sensation par l'énergie et
le brillant de son exécution; toutefois, il parait
que ses succès finirent par être moins pro-
ductifs dans celte ville, car elle consentit, en
1774, à chanter les rôles de seconde femme
dans quelques opéras sérieux. Huit ans après,
elle élait attachée comme cantatrice à la mu-
sique delà cour de Dresde. On n'a pas de ren-
seignements sur la fin de sa vie. On a gravé de
la composition de celte femme distinguée :
1° Six trios pour deux violons et violoncelle,
op. 1 ; Amsterdam. 2° Trois concertos pour
violon, op. 2; ibid. 3° Trois idem, op. 3;
ibid.
SIROTTI (François), compositeur dra-
matique, né à Reggio, vers le milieu du dix-
huitième siècle, a fait représenter au théâtre
Carcano, de Milan, en 1 793, 77 Pimmaglione,
en un acte. Rappelé dans sa ville natale pour
y occuper la place de maître de chapelle de la
cathédrale, Sirolli composa plusieurs messes,
vêpres et motels pour le service de celle église.
Il a écrit aussi la musique de VAristodemo,
cantate exécutée dans la salle de la société
philharmonique de Reggio, le 8 mars 1811.
La poésie de celle cantate, par Domenico Ber-
lolini, de Reggio, a été publiée chez Davolio,
en 1811, in-8°. J'ignore la date de la mort de
Sirolli.
SISTIISI (Théodore), musicien italien, né
à Monza (Lomhardie), fut organiste de l'église
Sainte-Marie, à Copenhague, au commence-
ment du dix-septième siècle. Il a publié :
Cantiones Irium vocum; Hambourg, 1000,
in-4°.
SITTER (André-Paul), professeur de mu-
sique, né en Allemagne, vers 1750, suivit à
Paris le baron de Bagge, dont il était secré-
taire. En 1792, il entra à l'orchestre de l'Opéra
comme alto et y resta jusqu'en 1817, où il eut
sa retraite, après vingt-cinq ans de service II
est mort à Passy, peu de temps après. On a
gravé de sa composition, vingt-quatre duos
pour deux violons, divisés en quatre œuvres;
Paris, Sieber; Offenbach, André.
SITTOGER (Conrad), moine de Saint-
Biaise, dans la Forêt-Noire, au quinzième
siècle, fut habile facteur d'orgues, et con-
struisit, en 1474, l'orgue du couvent de Trud-
bert, et en 1488, celui de l'abbaye de Saint-
Biaise.
SIVERS (Henri Jacques), professeur de
philosophie et second pasteur de l'église alle-
mande de Norkœping, en Suède, naquit à
Lùbeck, dans la seconde moitié du dix-sep-
tième siècle. Il fut membre de l'Académie des
sciences de Berlin. Appelé à Rostock, en qua-
lité de canlor , il y publia, en 1729, une
biographie de vingt musiciens, la plupart cé-
lèbres, et qui avaient rempli les fonctions de
cantor dans quelques villes de l'Allemagne.
Ce petit écrit a pour titre : Dissertatio can-
torum eruditorum décades ditas exhibens,
in-4° de trois feuilles. Matlheson en donna une
traduction allemande accompagnée de notes,
intitulée : M. H. J . Sivers geleltrler Cantor,
bey Gelegenheit einer zu Rostock gehaltenen
ffohs-Uebung , im zwanzig , ans den ge-
scln'chten der Gelelirsamkeit ansgesucliten
Exempeln, zur Probe, f'ertheidigung und
Naclifolge vorgesteltet , etc.; Hambourg,
1730, in-4° de trente-trois pages. Les cantors
donl Sivers a donné les biographies abrégées
sont Martin Arnold, Calvvilz, Michel Colet,
Cruger, Malhias Eluo, Daniel Friderici, Jean
kiilinau, Malhias Apelles de Lowenslein,
Fr. Oppermann, Jacques Pagcndarm, Printz,
Ouiersfeld, Georges Rhau, Jacques Roll, Sa-
muel Riiling, Érasme Sarlorius , Georges
Schicbel, Joachim et Wcslphal. L'éloge de Si-
vers, par Jean-IIcnri de Siclem, a été publié
SIVERS — S1V0RI
49
sous ce titre : EhrengeiLrchtniss H. Sivers
cantoris; Lubeck, 1736, in-fol.
SIVORI (Ernest-Camille), virtuose violo-
niste, est né à Gênes, le 6 juin 1817. Sa mère
était enceinte de lui lorsqu'elle entendit Paga-
nini au théâtre Sant' Jgostino ; l'émotion
profonde qu'elle en éprouva hâta la naissance
de son fils : le lendemain de ce concert, elle
donna le jour à Camille. Il n'était âgé que de
cinq ans lorsqu'un musicien, nommé Restano,
qui donnait des leçons de guitare à ses sœurs,
lui apprit à faire la gamme sur un petit violon
qu'on lui avait donné. Frappé de la juslessede
ses intonations, cet homme disait souvent au
père de son élève : On entendra parler de cet
enfant. A six ans, Sivori commença l'élude
régulière du violon sous la direction de Costa,
artiste de l'ancienne écoleclassique de l'Italie,
qui lui fit faire de rapides progrès. Revenu à
Gênes, vers le même temps, Paganini eut oc-
casion d'entendre le jeune violoniste, et recon-
naissant en lui des dispositions extraordinaires,
lui donna des leçons etcomposa pour lui six so-
nates avec accompagnement de guitare, d'alto
et de violoncelle, ainsi qu'un concertino, dont
Sivori a conservé les manuscrits originaux.
Paganini lui faisait jouer ces sonates dans
diverses réunions musicales, l'accompagnant
lui-même sur la guitare. Après le départ de
son illustre maître, Sivori, resté sans guide, se
proposa* pour modèle la manière du grand vio-
loniste génois, dont il est aujourd'hui le plus
habile imitateur. Arrivé à Paris, en 1827, le
virtuose enfant, alors âgé de dix ans, joua dans
plusieurs concerts et y fit admirer sa précoce
dextérité de la main gauche. Je l'entendis alors
et prédis, dans la Revue musicale, ses succès
futurs, bien que j'exprimasse le regret de l'ex-
ploitation prématurée d'un talent qui n'était
qu'à son aurore. De Paris, Sivori se rendit en
Angleterre, qu'il parcourut en donnant des
concerts. De retour à Gênes, il y reprit l'étude
sérieuscdeson instrument et de la composition.
Jean Serra, bon musicien (voyez ce nom), qui
cultivait avec succès les différents genres de mu-
sique, lui enseigna l'harmonie et le contrepoint.
Quelques années après, il recommença ses
voyages et visita les diverses parties de l'Italie.
Florence fut la première ville vers laquelle il se
dirigea : il y donna deux concerts en 18-59, le
premier au théâtre Standish, l'autre au théâtre
Cocomero. Après avoir parcouru la Toscane, il
fit le tour de l'Allemagne au bruit des applaudis-
sements, puis il se rendit à Moscou etàPéters-
bourg, où l'éclat deses succès ne s'est pas affaibli
dans le souvenir des artistes et des amateurs.
BIOGIÏ. «XIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
Arrivé à Bruxelles, dans l'hiver de 1841,
Sivori y donna plusieurs concerts où il obtint
de brillants succès, et dans lesquels je recon-
nus que je ne m'étais pas trompé lorsque, dans
son enfance, j'avais prévu qu'il serait un jour
un artiste d'élite. Après avoir parcouru la
Belgique, il se rendit en Hollande et y excita
partout une vive admiration. Depuis 1827, Si-
vori n'avait pas revu Paris; cependant, il com-
prenait la nécessité de s'y faire entendre;
parce que c'est de cette grande ville que
rayonne la renommée des artistes dans toute
l'Europe. Il y arriva au mois de décembre
1842, et, le 29 janvier 1843, il exécuta, dans
un concert de la Société du Conservatoire, la
première partie d'un concerto de sa composi-
tion. Son triomphe y fut complet, et l'impres-
sion qu'il y produisit se manifesta parles té-
moignages d'admiration de tout l'auditoire.
A[)rès ce succès d'éclat, la Société des con-
certs décerna à l'artiste une médaille d'hon-
neur. Ce fut aussi dans cette saison qu'il se fit
connaître par son rare talent dans l'exécution
de la musique de chambre de Haydn, de
Mozart et de Beethoven. Après cette expé-
rience si remarquable de son talent dans
la capitale de la France, Sivori partit pour
Londres, où ses succès n'eurent pas moins
d'éclat, particulièrement à cause des rapports
de sa manière avec celle de Paganini. Pendant
plus de deux années de séjour en Angleterre,
il en visita tontes les villes principales ainsi
que l'Irlande et l'Ecosse. En 1846, il se rendit
en Amérique, dont les Étals du Nord l'arrêtè-
rent longtemps. Il excita des transports d'en-
thousiasme qui surpassèrent tout ce qu'avait
produit jusqu'alors le talent des plus habiles
instrumentistes dans cette partie du nouveau
monde. Dans certaines villes, l'admiration des
habitants alla jusqu'à joncher de fleurs le
passage de l'artiste au retour de ses concerts.
Des États du Nord, Sivori se rendit au Mexique,
où le même accueil l'attendait. Toutefois, son
talent lui fil courir un danger assez sérieux
dans l'Amérique du Sud, car, traversant
l'isthme de Panama, il eut à franchir un
fleuve dans une barque conduite par quatre
nègres. Or, l'idée d'essayer l'effet de la mu-
sique sur ses rameurs lui étant venue, il tira
son violon de l'étui et se mit à improviser.
A l'instant même l'émotion de ces hommes fut
si vive, qu'ils poussèrent des cris féroces. Pre-
nant l'artiste pour un sorcier, ils se dispo-
saient à le jeter dans la rivière : ce ne fut pas
sans peine que, par une distribution de cigares
et d'eau-de-vic, il parvint à les calmer. Après
4
50
SIVORI
celte aventure, Sivori parcourut le Pérou et le
Chili, traversant les déserts à cheval, armé
d'un fusil, et toujours accompagné de son in-
strument. A Valparaiso, il trouva passage sur
une frégate anglaise qui le conduisit à Rio de
Janeiro. Il venait d'y donner plusieurs con-
certs avec le succès accoutumé, lorsqu'il fut
saisi par la fièvre jaune, qui faillit l'enlever
(1849). Lorsqu'il fut rétabli, il se rendit à
Buenos-Ayres, où il retrouva son premier
maître, Restano. De là. il alla à Montevideo, où
l'attendait un accueil enthousiaste. Enfin,
après huit années d'absence, l'ardent désir
qu'il éprouvait de revoir sa famille et sa patrie
le ramena à Gènes, dans l'été de 1850. Les ri-
chesses qu'il avait amassées dans ses lointaines
pérégrinations lui composaient une véritable
fortune; malheureusement, il se laissa per-
suader de placer tout ce qu'il possédait dans
une affaire industrielle; l'entreprise ne réus-
sit pas, et de tout son capital, il sauva à peine
la huitième partie. Après cet échec, ses projels
de repos durent être abandonnés, et l'artiste
fut obligé de recommencer sa carrière de vir-
tuose.
Ce fut vers l'Angleterre qu'il se dirigea. Il
y fil un long séjour, la parcourut fout entière
à plusieurs reprises, ainsi que l'Irlande et
l'Ecosse. En 1853, Sivori quitta Londres pour
aller en Suisse, qu'il n'avait point encore visi-
tée. Il prit sa route par la France; mais au
moment où il croyait atteindre le but de son
voyage, un malheur vint le frapper: la voiture
qui le transportait versa sur la route de Ge-
nève, et l'artiste eut le poignet fracturé. Le
traitement ordinaire pour les accidents de celle
espèce lui fut administré par un médecin ha-
bile ; toutefois, Sivori attribue la rapidité de sa
guérison à l'emploi du magnétisme. Quoiqu'il
en soit, un mois suffit pour lui faire retrouver
l'usage de son bras, et par une sorte de mi-
racle, la souplesse de son archet ne s'est jamais
ressentie des suites de sa chute. Deux mois
après, le violon de Sivori charmait les habi-
tants des treize cantons. Après cette tournée,
il se rendit en Italie, où des ovations de tout
genre lui furent décernées. Après avoir joué,
le 15 décembre 1853, au théâtre de la Pergola
de Florence, il retourna à Gènes pour l'inau-
guration du théâtre d'Jpollon, puis il alla
charmer la France méridionale, qu'il parcou-
rut dans les deux directions, vers les Alpes et
vers les Pyrénées. Il serait impossible d'énu-
mérer dans celle notice l'immense qnanlité de
concerts qu'il y donna dans les années 1854
et 1855. Il serait également difficile de
suivre l'artiste dans ses voyages multipliés en
France, en Espagne, en Portugal, en Bel-
gique, en Hollande, dans les provinces rhé-
nanes et en Allemagne; mais je ne terminerai
pas ce récit abrégé sans mentionner une des
épreuves les plus dangereuses et les plus hono-
rables pour le talent du célèbre violoniste. Il
se trouvait à Paris, en 1802; on lui fit la pro-
position de jouer dans un grand concert orga-
nisé au profil des pauvres, sous le patronage du
comte Walewski , et dans lequel devait jouer
l'excellent violoniste Alard. C'était une idée
bizarre, déraisonable, car on ne doit jamais
mettre en comparaison immédiate deux talents
de même espèce, dont l'un ou l'autre peut se
trouver dans des conditions défavorableset être
mal jugé. Sivori fit des objections contre la de-
mande qui lui était faite, mais il dut céder à
l'insistance qu'on y mit. Alard joua le premier;
le morceau qu'il avait choisi était le concerto de
Mendelssohn; il y déploya le lalent qu'on lui
connaît et fut chaleureusement applaudi dans
tous les morceaux. Le concert était long, si long
même que lorsque ce fut le tour de Sivori de
se faire entendre dans le grand concerto de
Paganini en si mineur, il était plus de onze
heures du soir, et le public était aussi fatigué
que l'orchestre. Néanmoins, le majestueux
tutti du concei loeul bientôt réveillé l'attention
de l'assemblée, et Sivori se montra si grand
artiste dès le premier solo, que tout» la salle
éclata en applaudissements frénétiques. Ce
succès se soutint jusqu'à la fin du concerto de-
vant l'auditoire de quatre mille personnes
qui encombrait la salle du cirque Napoléon.
Sivori n'est pas seulement un des plus re-
marquables violonistes de l'époque actuelle
dans la musique de chambre, comme il est un
des plus étonnants virtuoses de concert ; il est
aussi grand lecteurà première vue: j'en ai eu la
preuve dans un de ses séjours à Bruxelles, lors-
que je lui présentai deux compositions nou
encore publiées et fort difficiles qu'il déchiffra
sans hésitation , entrant immédiatement dans
le caractère de la musique, avec la même sû-
reté que s'il l'eût étudiée. Parmi ses propres
compositions, on remarque: 1° Premier con-
certo (en mi bémol) pour violon et orchestre.
2° Deuxième concerto (en la) idem. 3" Fantai-
sie caprice (en mi majeur) pour violon et or-
chestre ou piano. 4° Deux duos concertants
pour piano et violon. 5° Tarentelle napoli-
taine pour violon et orchestre ou piano.
6° Fleurs de Naples, grande fantaisie, idem.
7° Variations sur le thème : Nel cor piu non
mi senlo, idem. 8° Variations sur le Pirate,
SIVORI — SLAMA
51
de Bellini, idem. 9° Variations sur un thème
de la Sonnanbula, pour la quatrième corde.
10°Fantaisie sur la Sonnanbula eu' Pur itani.
1 1° Fantaisie sur le Zapateado, air populaire
de Cadix. 12° Les Folies espagnoles, morceau
de genre imitatif. 15° Carnaval de Cuba.
14° Carnaval du Chili. 15° Carnaval amé-
ricain. 16° Trois romances sans paroles avec
piano. 17° Souvenir de Norma, avec quatuor
ou piano. 18° Fantaisie sur le Ballo in mas-
chera. 19° Fantaisie sur le Trouvère.
Sivori a été fait chevalier de l'ordre des
SS. Maurice et Lazare par le roi d'Italie, en
1855; chevalier de l'ordre de Charles III, par
la reine d'Espagne, en 1856, et chevalier de
Tordre du Christ, par le roi de Portugal, dans
la même année.
SIXT (Jean), dont le nom de famille était
DE LERCHENFELS , naquit à Prague,
vers le milieu du seizième siècle. Il fut d'ahord
attaché à la musique de Rodolphe II en qualité
de chanteur, puis il eut le titre de directeur de
musique de l'église des Jésuites, à Olmtllz, où
il fut honoré, en 1597, de la dignité de bache-
lier en philosophie. L'empereur lui accorda
successivement des canonicats à Bautzen, à
Bunzlau, et à Saint-With, au château de
Prague. Enfin, il eut la préfecture à Leitme-
ritz, où il mourut en 1G29, dans un âge très-
avancé. Il a publié à Prague, en 1626, un re-
cueil intitulé: Triomphus etvictoria Joannis
comitis Tilli, ligas calholicas ducis, in-folio.
On y trouve : 1» Un Te Deum à quatre voix,
dédié à l'empereur Ferdinand. 2° Un Magni-
ficat à quatre voix. 5°Sonetti italiani aAvoci
per sonare e cantare. 4°Sonetto a 4 voci délia
Battaglia di Praga.
SIXT (Jean Auguste), né à Geislingen,
dans le Wurtemberg, vers le milieu du dix-
huitième siècle, fut d'abord organiste à Heil-
bronn, puis fut attaché en la même qualité à
une des églises de Strasbourg ; mais il ne resta
pas longtemps dans cette position, car on le
retrouve à Lyon, comme professeur de piano,
vers 1780. Plus tard, il retourna en Allemagne,
et publia ses dernières compositions à Augs-
bourg, en 1800. On connaît de cet artiste :
1° Trois sonates, dont deux pour clavecin et
violon, et la troisième pour deux clavecins;
Lyon, 1780. 2° Douze Lieder, ou chansons
allemandes avec accompagnementdeclavecin ;
Bâle, 1791. 3° Sonate pour piano seul; Offen-
bach, André. 4° Six cantiques spirituels à
quatre voix ; Augsbourg, Gombart. 5° Trois
sonates pour clavecin, violon et basse, op. 8 ;
ibid.
SRIVA (Joseph), pianiste et composileur,
né en Hongrie vers 1812, a fait ses études
musicales au Conservatoire de Vienne, et s'est
fixé dans cette ville, après avoir fait un voyage
en Italie. Au nombre de ses productions pu-
bliées, on remarque : 1° Introduction et varia-
tions pour piano sur le Lied : Heil dir, mein
Vaterland; Vienne, Diabelli. 2° Fantaisie
sur des thèmes de Maria di Rohan, op. 12;
ibid. 3° Romance de Guido et Ginevra, variée
pour piano, op. 13; ibid. 4° Fantaisie sur l'air
favori : An meine Rosen, op. 16; ibid.
5" Poëme d'Amitié, andante, pour piano,
op. 17; ibid. 6° Impression de l'Italie, im-
promptu lyrique, pour piano, op. 18; ibid.
SKUAUP (Jean), compositeur, né en Bo-
hême, dans les premières années du dix-neu-
vième siècle, était second chef d'orchestre du
Théâtre-National de Prague, en 1830, et fut
premier chef au même théâtre quelques an-
nées après. Il a écrit pour cette scène plusieurs
opéras-comiques en langue bohème et en alle-
mand, au nombre desquels on cite : La Fian-
cée du gnome, représentée en 1836, et Udal-
richet Fozena, en 1833. On connaît aussi de
cet artiste des ouvertures de concert et des
symphonies exécutées à Prague, depuis 1838
jusqu'en 1845, des quatuors pour des instru-
ments à archet, et une messe (en ré mineur) à
quatre voix , orchestre et orgue, publiée à
Prague, chez Hoffmann.
SKRAUP (François), frère du précédent,
est pianiste et compositeur à Prague. On a pu-
blié de sa composition : 1° Trio pour piano,
clarinette et violoncelle, op: 27; Prague,
Hoffmann. 2° Trio pour piano, violon ou
flûte et violoncelle, op. 28; ibid. 3° Beaucoup
de petites pièces et de sonates pour piano
seul.
SK.RYDANECK (Joseph), organiste dis-
tingué, né à Melnick, en Bohême, vers 1760,
fit ses études au collège des Jésuites de Ma-
riœnschein, puis il alla suivre les coursde philo-
sophie à Prague, où il prit des leçons de Seegr
pour l'orgue et le clavecin. De retourà Melnick,
il y fut fait directeur de chœur; mais après
quelques années passées dans les fonctions de
cette place, il accepta celle d'organiste à Lann,
où il mourut à la fleur de l'âge. Cet artiste dis-
tingué, qui fut considéré comme un des meil-
leurs organistes de la Bohême, a laissé en
manuscrit six belles sonates pour le piano,
une sérénade, et plusieurs autres composi-
tions.
SLAMA (Antoine), excellent contre-
bassiste, est né à Prague, le 4 mai 1804.
4.
52
SLAMA — SLOPER
Admis au Conservatoire de celle ville dans
sa douzième année, il y apprit à jouer du
trombone sous la direction de François
AVeiss, puis devint élève du célèbre Wenzel-
Ilause pour la contrebasse, et fit honneur
à son maître par la rapidité de ses progrès.
Après six années d'études, Slama sortit du
Conservatoire de Prague, et fut employé au
théâtre de cette ville, d'abord comme trom-
pette, puis comme trombone. En 1824, il fut
engagé comme première contrebasse au
théâtre de Ikide, en Hongrie; cinq ans après,
on l'appela pour le même emploi à l'Opéra de
la cour de Vienne, puis il reçut sa nomination
de première contrebasse de la cathédrale de
celte capitale, et enfin celle de professeur au
Conservatoire. Il a écrit pour ses élèves une
bonne méthode de cet instrument, intitulée :
Contrebass Schule; Vienne, Haslinger, 1830.
SLAWJK (Joseph), violoniste, né le
l or mars 1806, à Ginelz, en Bohême, était
fils d'un maître d'école qui lui enseigna, dès
sa septième année, les éléments de la musique,
du violon, du piano et de l'orgue. A l'âge de
dix ans, il entra au Conservatoire de Prague,
et y devint élève de Pixis, professeur de violon
d'un mérite reconnu. Pendant son séjour dans
celte école, il composa un concerto de violon,
un quatuor pour cet instrument, et des varia-
tions. Au mois de février 1825, Slawjk se ren-
dit à Vienne, et y produisit une assez vive
sensation dans son premier concert. Son séjour
dans la capilale de l'Aulriche fut d'environ
quatre ans; ce fut dans la dernière année
qu'il entendit Paganini, dont le talent fantas-
tique fit sur lui une profonde impression. Dès
ce moment, il se le proposa pour modèle.
L'illustre violoniste s'intéressa au jeune ar-
lisle et lui donna des conseils. Après le départ
de Paganini, Slawjk se rendit à Paris, dans le
dessein d'y étudier la manière de Baillot; mais à
peine y était-il arrivé, qu'il y reçut sa nomi-
nation démembre titulaire de la chapelle im-
périale, ce qui l'obligea de retournera Vienne.
Après plusieurs années d'études, il reparut en
public, et y fit admirer son adresse dans ses
imitations de la manière de Paganini. Le
28 avril 1853, il donna son dernier concert à
Vienne, et partit pour un long voyage; mais
une fièvre nerveuse dont il fut saisi à Peslh, le
mit au tombeau le 50 mai suivant, à l'âge de
vingt-sept ans. Ce jeune artiste, enlevé pres-
que au début de sa carrière, a publié de sa
composition : 1° Grand pot-pourri pour violon
avec quatuor, op. 1 ; Vienne, Diabelli. 2° Fan-
taisie idem, ibid. II a laissé en manuscrit
trois concertos, quatre airs variés, un qua-
tuor, un rondeau.
SLEGEL (Valentin), musicien allemand,
vécut dans la seconde moitié du seizième siècle.
Il a publié de sa composition : 12 Lieder aus
der Heil. Sckrift komponirt (Douze cantiques
composés sur dus textes de l'Écriture sainte);
Mulhausen, 1578, in-4°. On trouve des exem-
plaires de cet ouvrage avec le titre latin : Duo-
decim cantilenx ex sacrosancta Scriplura
desumptx ac musicis numeris quant jucun-
dissime redditœ; Jî/ulhusii } per Georyium
Hantzsch, 1578, in-4° obi.
SLEVOGT (Théophile), docteur en droit
de l'université de Jéna, et avocat à Altenbourg,
au commencement du dix-huitième siècle, est
connu par un livre qui a pour litre : Grund-
liche Untersuchung von den Rechten der Al-
txre, Taufsteine , Beichlstiïlrfc , Predigt-
sliihle, Kirchstxnde , Gotteskaslcn,*Orgeln,
Kirchenmusik, Glocken, etc. (Examen appro-
fondi de ce qui concerne l'a u le), les fonts bap-
tismaux, le confessionnal, la chaire, les bancs
d'église, le tabernacle, les orgues, la musique
d'église, les cloches, etc.); Jéna, 1732, in-8°.
La septième division contient les questions de
droit relatives à la musique d'église, aux or-
gues, aux cloches, etc.
SLOCZYINSKI (Adalbert), maître de
chapelle de l'église métropolitaine de Saint-
Jean, à Varsovie, et compositeur de musique
religieuse, est né en 1808, à Leznisk (en Gal-
licie). Il fut d'abord exécutant sur le violon, la
clarinette, le piano, et commença sa carrière à
Pulavvy, sous la direction de Raszek. Après
avoir écrit trois messes à Pulavvy, il alla
d'abord à Lublin, puis il s'établit à Varsovie.
Appelé à la direction de la musique de la cathé-
drale de cette ville, il écrivit à quatre voix les
hymnes et les psaumes du dimanche de Pavent
qu'on chante à l'église Saint-Jean, ainsi qu'un
offertoire, sa messe n° 1, avec accompagne-
ment d'orgue, exécutée pour la première fois
en 1848, un Te Deum et une messe pastorale,
pour la fête de Noël, en 1850.
SLOPER (E.-H. LIIXDSAY), professeur
de piano et compositeur, est né à Londres, le
14 juin 1826. Aimant la musique, ses parents
le laissèrent suivre son penchant pour cet art.
Après avoir fait des éludes élémentaires de
piano sous un maître dont le nom n'est pas
connu, il reçut les leçons de Moschelès pen-
dant plusieurs années. D'après le conseil de
cet artiste célèbre, il se rendit sur le continent
en 1840, et s'établit d'abord à Francfort, où il
continua l'élude du piano sous la direction
SLOPER — SMITH
53
d'Aloys Schmitl; puis il alla à Heidelberg et y
fit un coins d'harmonie et de contrepoint chez
Charles Vollweiler (voyez ce nom). Arrivé à
Paris, en 1841, il y continua l'étude de la
composition sous la direction de Boisselot.
Pendant un séjour de plusieurs années dans
celte ville, M. Lindsay-Sloper se fit entendre
dans plusieurs concerts. De retour à Londres,
en 1840, il joua avec beaucoup de succès dans
une"des matinées musicales de la Musical
union. Depuis cette époque, il s'est adonné à
l'enseignement du piano. Ses compositions les
plus connues sont : 1° Czarlorinska, trois
mazurkes, op. 1. 2° Henriette, grande valse,
pour le piano, op. 2. 3° Vingt-quatre études
dédiées à Slephen Heller, op. 5. 4° Sérénade et
canzonette, op. 12. 5" Douze études de salon,
op. 13. G" Sonate pour piano et violon. 7° Six
chansons anglaises à voix seule avec accompa-
gnement de piano, op. 8. 8° Scène pour voix
de contralto avec orchestre.
SMETIIEUGELL (J.) , professeur de
piano à Londres, vécut dans cette ville, vers la
fin du dix-huitième siècle. Il s'est fait con-
naître par un traité de l'harmonie pratique in-
titulé : A Treatise on thorouglibass ; Lon-
dres, 1794, in-4°. On a aussi de sa composition :
1° Trois sonates pour le clavecin ou piano ;
Londres, Longman et Broderip. 2° Six ouver-
tures exécutées au jardin du "Waux-Hall, Lon-
dres, Preston. 3° Leçons pour le piano; Lon-
dres, Clementi. 4°Sonates idem, ihid. 5° Solos
faciles pour le violon ; ibid.
SMITH (Robert), professeur de physique,
de philosophie expérimentale et d'astronomie,
à l'université de Cambridge, naquit dans celle
ville, en 1689. Il était fort jeune lorsqu'il se
livra à l'élude des mathématiques et de la phy-
sique; ses progrès furent rapides, et bientôt
il fut en étatd'entendre les ouvrages de Newton
et d'en comprendre la valeur. Après la mort
de Coles, son parent et son ami, il lui succéda
dans la chaire de physique à l'université de
Cambridge. Il mourut dans cette ville, en 17C8,
à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Son grand
Traité d'optique, dont il y a plusieurs traduc-
tions françaises, a eu beaucoup de célébrité.
Smith n'est placé dans ce dictionnaire que
pour un fort bon livre qu'il a publié sous ce
litre : Harmonies, or the philosophy of mu-
sical sounds (Les harmoniques, ou philoso-
phiedessonsmusicaux); Cambridge, Benlham,
1749, un volume in-8° de deux cent quatre-
vingt-douze pages avec vingt-cinq planches.
La deuxième édition de cet ouvrage avec des
changements et des additions (much impro-
ved and augmented), a paru sous le même
titre, à Londres, chez Merrill, en 1759, un vo-
lume in-8° de deux cent quarante pages avec
vingt-huit planches. Il y a des exemplaires
de celle édition avec une addition concernant
un clavecin à intervalles variables de l'inven-
tion de l'auteur (Postscript upon the chan-
geable harpsichord): ils portent la date de
Londres, 1762. Smith avait déjà donné la des-
cription de cet instrument dans l'appendix de
la première édition (p. 244-280), avec des corol-
laires à diverses propositions de l'ouvrage. La
théorie des intervalles et des divers systèmes
de tempérament n'a été traitée dans aucun livre
avec plus de profondeur que dans celui de
Smith.
SMITH (Jean-Christophe), et non Jean-
Chrétien, comme l'ont appelé Gerber et ses
copisles, naquit à Anspach, en 1712. Son nom
véritable était SCHMID, mais il en changea
l'orthographe pendant son séjour en Angle-
terre. Son père, lié d'une intime amilié avec
Ilsendel, le suivit à Londres, et y fit venir sa
famille quelques années après. A l'âge de
treize ans, le jeune Smilh, animé d'un goût
passionné pour la musique, fut placé sous la
direction de Hsendel, pourses éludesdecompo-
sition ; c'est le seul élève que ce grand maître
ait formé. Pendant que Smith se livraitavecar-
deur au travail, une maladie sérieuse se déclara
et laissa peu d'espoir de guérison ; mais ce
fut une heureuse circonstance pour lui, car le
docteur Arbulhnot, dont l'habileté le sauva,
l'attira ensuite dans sa maison, et lui fit faire
la connaissance de Swift, Pope, Gray et Con-
greve, alors les plus célèbres littérateurs de
l'Angleterre. A l'âge de vingt ans, Smilh com-
posa son premier opéra (Teraminta), qui fut
représenté à la fin de 1732. En 1740, il ac-
cepta la proposition qui lui était faite par un
gentilhomme pour qu'il l'accompagnât dans
le midi de la France; il finit à Aix, en Pro-
vence, le dernier acte de son Dario, et com-
posa quelques scènes de VArtaserse, de Mêla-
stase, en 1748; puis ildemeura quelque temps
à Genève. De retour en Angleterre, Smilh y
trouva Haendel devenu aveugle, el fut obligé
d'écrire ses compositions sous sa dictée et de le
remplacera l'orgue pour l'exécution des ora-
torios. L'attachement filial qu'il eut pour son
illustre maître fut récompensé par le don que
celui-ci lui fit en mourant de tous ses manu-
scrits originaux. Après le décès de Heendel,
son élève continua l'entreprise de l'exéculion
annuelle des oratorios, et en écrivit plusieurs,
dans lesquels il a montré moins de génie que
54
SMITH
d'habileté à imiter le style de son maître. L'en-
treprise des oratorios cessa d'être productive
quelques années après la mort de Haendel, et
Smith, après avoir perdu ce qu'il avait gagné
d'abord, fut obligé d'abandonner cette spécu-
lation, et de se retirer dans une maison qu'il
possédait à Bath. Il y mourut en 1795.
Les meilleures compositions de Smith sont
ses opéras inlitutés : The Fairies, the Tem-
pest, ses leçons pour le clavecin, publiées à
Londres, et son oratorio le Paradis perdu.
Quelques airs de ses ouvrages inédits ont été
gravés à la suite du livre intitulé : Anecdotes
of George Frederick Handel andJohn-Chris-
topher Smith (Londres, 1799, grand in-fol.),
où l'on trouve un beau portrait de Smith. Voici
la liste complète des compositions de cet ar-
tiste : I. Opéras anglais : 1° Teraminta, en
trois actes, 1752. 2 P Ulysses, 1755. 2"(bis)Ro-
salinda, en trois actes, 1759. 5° The Fairies,
en trois actes, 1756. La partition de cet ou-
vrage a été publiée. 4° The Tempest (la Tem-
pête), en trois actes, 1756, partition gravée à
Londres. 5° Médée (non achevé). II. Opéras
italiens : 6° Dario, en trois actes, 1740.
7° Issipile, 174G. 8" Il Ciro riconosciuto, en
trois actes. III. Oratorios : 9° Paradise lost
(le Paradis perdu), en trois parties, 1758.
10° David' s lamentation over Sauland Jo-
nathan (Complainte de David sur la mort de
Saul et de Jonathan), 1758. 11" Nabal, 1764.
12° Gédéon, 1769. Une partie de cet ouvrage a
été prise dans les œuvres de Haendel. 15° Ju-
dith, en trois parties. 14 Q Josaphat, en deux
parties. Cet ouvrage n'a point été exécuté.
15° La Rédemption , en trois parties (inédit).
IV. Mélanges : 16° Service funèbre.
\1° Daphné, pastorale de Pope, 1746. 18° Les
Saisons, cantate en deux parties. 19° Fugues
pour l'orgue, composées en 1754 et 1756 (iné-
diles). 20° Leçons (sonates 1 , pour le clavecin,
publiées plusieurs fois à Londres. 21° Thame-
sis, Jsis et Protée, cantates composées pour le
prince de Galles. 22° Quelques scènes d'Arta-
serse, de Métastase.
SMITH (Amand ou Amédée- Guillaume),
docteur en médecine, vécut à Berlin, vers 1780,
puis à Vienne, et en dernier lieu en Hongrie.
On a de lui quelques ouvrages de médecine, et
un livre intitulé : Philosophische Fragmente
iiber die prahtische Musik (Fragments philo-
sophiques sur la musique pratique); Vienne,
1787, in-8° de cent soixante-quatre pages.
SMITH (T.), claveciniste et compositeur,
né vraisemblablement dans le Hanovre, vivait
à Berlin, dans la seconde moitié du dix-hui-
tième siècle. Il a fait imprimer dans celle
ville : 1° Trois sonates pour le piano à quatre
mains, op. 1. 2° Trois sonates pour piano seul,
op. 2. 3° Trois idem, op. 5. 4° Trois idem,
op. 4. 5° Trois concertos pour le clavecin.
SMITH (Jean STAFFORD), né à Glouces-
ter, vers 1750, était fils d'un organiste qui lui
enseigna les premiers principesde la'musique.
Smith fut ensuite envoyé à Londres pour y con-
tinuer ses études, sous la direction de Boyce.
La beaulé de sa voix lui fil obtenir une place
de chanteur à la chapelle royale, et, quelques
années après, il fut nommé organiste de cette
chapelle. Cet artiste est mort en 1826. Il a fait
graver à Londres beaucoup de glees à quatre
et cinq voix, et A collection of songs of va-
rious kinds for différent voices; Londres,
1785, in-fol. On lui doit une très-intéressante
collection d'ancienne musique d'église par des
compositeurs anglais, depuis le douzième
siècle jusqu'au dix-huitième, intitulée : Mu-
sica antiqua, a sélection of Music from the
tivelfth to the eighteenth century ; Londres,
1812, deux volumes in-fol.
SMITH (John SPEACER), docteur en
droit civil de l'université d'Oxford, membre de
la Société royale de Londres, et de plusieurs
autres sociétés savantes de l'Angleterre et de
la France, naquit à Londres, d'une famille ca-
tholique, le 11 septembre 1769, et mourut à
Caen (Normandie), où il s'était fixé, le 5 juin
1 845. Au nombre de ses écrits sur divers sujets,
on remarque : Mémoire sur la culture de la
musique dans la ville de Caen et dans Van-
tienne Basse- Normandie, lu à l'Académie de
Caen, le 10 novembre 1826, et imprimé dans
le recueil de cette société (années 1825-1828).
Il y a des tirés à part de ce mémoire; Caen,
T. Chalopin, 1828, in-8° de trente-six pages.
SMITH (Charles), né à Londres, en 1786,
montra dès son enfance d'heureuses disposi-
tions pour la musique, qui furent cultivées
d'abord par son père; puis il devint élève du
docteur Ayrlon. En 1809, il commença à écrire
pour le théâtre. Son premier ouvrage fut une
farce intitulée : Ves or no (Oui ou non). Cette
pièce fut suivie du mélodrame The Tourist
friends (les Voyageurs amis), de Any thing
new? (Rien de nouveau?), et de quelques au-
tres ouvrages dont plusieurs eurent de bril-
lants succès. En 1815, Smith épousa mademoi-
selle Booth, de Norwich, habile pianiste : dans
l'année suivante, tous deux se fixèrent àLiver-
pool, où ils habitaient encore en 1830. Depuis
cette époque, Smith a publié plusieurs morceaux
pour le piano et pour le chant.
SNEEDORF — SNEL
55
SNEEDORF (Frédéric), savant danois,
mort à Copenhague, en 1792, est auteur d'une
bonne dissertation intitulée : De hymnis ve-
teram Grxcorum. Accedunt très hymni
Dionysio adscripti. Hafnix, 1786, in-8° de
soixante-douze pages.
SNEGASS (Cyriac). l'oyez SCIINE-
GASS.
SNEL (Joseph-François), né à Bruxelles,
le 50 juillet 1795, fit voir, dès ses premières
années, que la nature l'avait organisé pour la
musique. Parvenu à l'âge de huit ans, au mo-
ment où le concordat entre la France et la
cour de Rome venait de faire rouvrir les tem-
ples au culte catholique, il devint enfant de
chœur à l'église Saint-Nicolas, où il reçut sa
première instruction musicale. Son intelligence
et sa jolie voix lui firent bientôt confier les
solos de soprano par le maître de chapelle, et
la foule se pressait dans l'église aux fêtes so-
lennelles pour entendre lepetit choral, comme
on l'appelait alors. Après ces premiers succès
de l'enfance, Snel, parvenu à saonzièmeannée,
montra d'heureuses dispositions pourleviolon,
et fut confié, pour l'étude de cet instrument,
aux soins de Corneille VanderPlanken, artiste
distingué et premier violon solo du Grand-
Théâtre de Bruxelles, dont il reçut les leçons
pendant cinq ans.
Snel était parvenu à l'âge de dix-huit ans,
et déjà il était compté parmi les meilleurs vio-
lonistes de sa ville natale, lorsqu'un amateur,
auquel il avait inspiré de l'intérêt, décida son
père à l'envoyer au Conservatoire de Paris,
pour y perfectionner son talent. Admis dans
cette école, au mois d'avril 1811, il y devint
élève du célèbre professeur Baillot, pour le
violon, et, dans le même temps, il étudia l'har-
monie sous la direction de Dourlen, qui, alors,
était suppléant au cours de Calel. Pendant
cette période des études de Snel, une place de
premier violon devint vacante au théâtre du
Vaudeville; elle fut mise au concours, et le
jeune violoniste belge l'emporta sur ses com-
pétiteurs par la manière brillante dont il lutet
exécuta, à première vue, le morceau qui lui fut
présenté.
Les désastres de la campagne de Russie,
suivis de ceux de 1813, avaient compromis le
sort de l'empire; déjà les armées alliées enva-
hissaient le territoire français, et tout annon-
çait que la Belgique en serait bientôt séparée ;
dans cette situation, la famille de Snel le rap-
pela à Bruxelles, où il arriva au mois de dé-
cembre 1813. Après la paix de Pannée suivante
et la fondation du royaume des Pays-Bas,
il obtint, dans la nouvelle organisation du
Grand-Théâtre, une des places de premiers
violons de l'orchestre, et commença sa répu-
tation de virtuose violoniste dans les concerts
de cette époque. Après la mort de Gensse, ar-
tiste de grand mérite, Snel lui succéda dans la
place de premier violon solo du Théâtre-Royal,
qu'il occupa avec distinction pendant dix
ans.
En 1818, le système d'enseignement de la
musique par la méthode du méloplaste, ima-
ginée par Galin, eut un grand retentissement
par les cours que faisait ce professeur à Paris.
Cette nouveauté fixa l'attention de Snel, qui,
de concert avec Mees, musicien instruit, établit
une école sous le titre d'Académie, où les
éléments de la musique et du chant étaient
enseignés d'après cette méthode. Snel la pro-
pagea également dans des cours qu'il ouvrit à
Y Athénée, où il était professeur de violon.
A la même époque, il faisait, à l'école de la rue
des Minimes, un cours de musique par la mé-
thode de l'enseignement mutuel et simultané
deWilhem; ce cours ne comptait pas moins
de quatre cents élèves. Sa prodigieuse activité
suffisait alors à une multitude d'occupations
de tout genre; car, non-seulement, il devait
assister à toutes les répétitions et représenta-
tions du théâtre, mais il faisait des cours à son
académie de musique, à l'Athénée, donnait
une immense quantité de leçons particulières,
dirigeait les concerts, était premier violon et
chef de la musique particulière du roi Guil-
laume I er , et, enfin, il écrivait un grand nombre
de compositions pour toutes les sociétés d'har-
monie de la Belgique; ce qui ne l'empêchait
pas de c< iposer pour le Théâtre-Royal la mu-
sique de plusieurs ballets, parmi lesquels on
remarque : Frisac, ou la double Noce, en
deux actes, représenté le 13 février 1825, dont
l'ouverture, arrangée pour piano à quatre
mains, a été gravée à Bruxelles ; le Page in-
constant, en trois actes, joué le 27 juin de la
même année ; le Cinq Juillet, en un acte,
éerit en collaboration avec M. Charles-Louis
Hanssens jeune, et joué le 9 juillet 1825;
Pourceaugnac, en trois actes, représenté le
3 février 1826; les Enchantements de Poli-
chinelle, le 8 mars 1829; les Barricades, en
un acte, 3 février 1830 ; et dans l'espace d'en-
viron dix ans, la musique de plusieurs mélo-
drames. En 1828, Snel fut nommé directeur de
l'école normale des chefs de musique de l'ar-
mée des Pays-Bas, en récompense d'une mé-
thode élémentaire de musique qu'il avait rédi-
gée pour les soldats ; en 1829, il reçut le titre
56
SNEL
d'inspecteur générai des écoles de musique
fondées près des différents corps de l'armée.
Devenu chef d'orchestre du Grand-Théâtre
de Bruxelles, après la révolution de 1850, Snel
fit preuve, dans celte nouvelle position, d'une
rare intelligence musicale et scénique, amé-
liora le personnel de l'orchestre par le choix
heureux de plusieurs artistes de talent, et ren-
dit l'exécution plus ferme et plus colorée dans
ses nuances. Deux fois, il a occupé le même
emploi, et deux fois il s'en est retiré lorsque
de nouveaux entrepreneurs voulaient faire des
économies aux dépens de la bonne composi-
tion de l'orchestre. Chargé de la direction de
celui de la Société de la Grande-Harmonie
depuis 1831, il mit également tout ses soins
à en améliorer l'organisation et le personnel.
Grâce à la bonne impulsion qu'il lui donna, cet
orchestre d'harmonie lit, en peu de temps, de
grands progrès, et ce fut à ses soins vigilants,
ainsi qu'à sa grande intelligence musicale, que
cette société fut redevable des brillants succès
qu'elle obtint dans tous les concours où elle se
présenta. Snel écrivit aussi pour elle beaucoup
de morceaux, dans lesquels il agrandit le style
de ce genre de musique et abandonna les
formes un peu surannées de la musique de ses
prédécesseurs.
Après avoir abandonné pour la seconde fois
la direction de l'orchestre du Théâtre Royal,
Snel accepta, le 15 juillet 18ôo, la place de
maître de chapelle de l'église des SS. Michel et
Gudnle, et, le 50 novembre 18-57, il y ajouta
le titre de chef de musique delà garde civique.
Infatigable, il écrivit alors des motels et des
antiennes pour la chapelle confiée à sa direc-
tion, et des marches et pas redoublés pour la
musique militaire. Parvenu, par la multipli-
cité de ses travaux, à la possession d'une
aisance suffisante, à laquelle des événements
imprévus ont malheureusement porté atteinte
plus tard, il abandonna successivement ses di-
verses positions de chef d'orchestre de la
Grande-Harmonie, de maître de chapelle et de
chef de musique de la garde civique, ne con-
servant que le litre de membre de la musique
particulière du Roi. Décoré pour son mérite et
ses utiles services des ordres de Léopold et de
la Couronne de chêne, il devint membre de la
classe des beaux-arts de l'Académie royale de
Belgique, en 1847, et, en celle qualité, fut un
des membres de la section permanente du jury
des grands concours de composition musicale
institués par le gouvernement. Assidu aux
séances de la classe à laquelle il appartenait,
et plein de zèle dans les missions qui lui
étaient confiées, il a pris une part active aux
travaux des commissions dont il faisait partie,
et a rédigé un grand nombre de rapports sur
les questions soumises à la classe.
Comme artiste exécutant, Snel a eu dans sa
jeunesse une brillante réputation, justifiée par
son talent. Comme professeur de violon, il a
formé de bons élèves, à la tête desquels se pla-
cent Joseph Artot et Théodore Hauman,
comptés tous deux parmi les virtuoses de leur
instrument. Libérale envers lui, la nature
l'avait doué de qualités précieuses pour la com-
position, qui auraient pu l'élever au rang des
illustrations de son temps, si, placé dans une
autresphère, et moins prodiguedu temps à des
choses accessoires et de simple pratique, il y
eût eu dans sa vie plus de calme et de médita-
tion; car on remarque un riche instinct mu-
sical et un sentiment distingué dans ses
productions publiées et manuscrites, parmi
lesquelles on peut citer : 1° Symphonie concer-
tante pour orchestre sur des motifs de Guido
et Ginevra. 2° Concertino pour clarinette et
orchestre. 5° Fantaisie concertantesur des mo-
tifs de Gustave ou le Bal masqué, pour mu-
sique militaire, à vingt-sept parties : Mayence,
Schott. 4° Grandes marches funèbres à vingt-
neuf parties; ibid. 5° Pot-pourri sur des mo-
tifs de Robert le Diable, pour harmonie mili-
taire; ibid. 6" Rebecca, sérénade pour voix
d'hommes et trois trombones ; ibid. 7° Séré-
nade espagnole, en quatuor, pour des instru-
ments à cordes ; Bruxelles, Terry. 8° Duos
pour piano et violon, n° 1 et 2; Paris, Bran-
dus ; Mayence, Schott. 9° Caprice et variations
brillantes pour musique militaire ; Mayence,
Schott. 10° Rondeau pour piano à quatre
mains; ibid. 1 1° Deux chants de fêle à quatre
voix, avec accompagnement de cors et de
trombones; Bruxelles, Terry. 12° Messe de re-
quiem surleplain-chant romain à quatre voix,
avec orgue et contrebasse; Bruxelles, Bie-
laerts. la" Tantum ergo et Genitori à quatre
voix, avec accompagnement de violoncelles,
contrebasse, trois trombones et orgue; ibid,
14° Deux fantaisies pour grande harmonie sur
les motifs des Huguenots. 15° Une fantaisie
idem sur des motifs du Domino noir. 10° Ca-
price concertant sur les mélodies de la Fille
du régiment. 17° Grande fantaisie idem sur
des mélodies anciennes etmodernes. 18° Idem
sur des thèmes des Martyrs. 19° Idem sur
des mélodies de Mercadante. 20° Concertino
pour cor à clefs avec orchestre d'harmonie.
21° Symphonie concertante pour cor à clefs et
trompette; idem. 22° Symphonie concertante
SNEL — SODY
57
pour trompette et trombone; idem. 25° Sym-
phonie concertante pour deux cors à clefs;
idem. 24° Idem pour deux cornets à pistons.
25°Fantaisie pour clarinette avec orchestre sur
des motifs de Norma. 26° Premier et deuxième
concertos pour clarinette et orchestre. 27° Con-
certo de violon, composé pour Joseph Artot.
28° Plusieurs antiennes, Ave verum, Ave Re-
gina cœloram et Tantum ergo pour deux,
trois et quatre voix, avec orgue, composés pour
l'église Sainte-Gudule. 29° Grande cantate pour
voix seules, chœur et orchestre, composée pour
l'installation de la Société de la Grande-Harmo-
nie dans son nouveau local, exécutée le 26 fé-
vrier 1842.
Pendant les dix dernières années qui suivi-
rent la retraite de Snel de tous ses emplois, il
écrivit une grande quantité de morceaux pour
des maisons religieuses, parmi lesquels on
compte environ quinze Tantum ergo, cinq
O salutaris, quatre Salve Regina, AeiwAve
verum, des psaumes et litanies, qui sont tous
restés en manuscrit, et dont il ne gardait pas
même de copies, les écrivant avec facilité et
n'y attachant pas d'importance.
Les dernières années de la vie deSnel furent
troublées par des chagrins domestiques et par
des revers de fortune; sa santé s'en altéra,
et ses confrères de l'Académie remarquèrent
avec peine la diminution progressive de ses
forces. Une maladie sérieuse se déclara, et le
10 mars 1801, il expira à Koekelberg, à l'âge
de près de soixante-huit ans, vivement re-
gretté par sa famille, dont il faisait le bon-
heur, par ses amis et par la classe des beaux-
arts de l'Académie.
SNEP (Jéah) 3 organiste à Zierikzée, dans
la Zélande, vers 1725, s'est fait connaître par
les ouvrages dont voici les titres : 1° Neder-
duytse Liederen met een en tivee stemmen en
B. C. (Chansons hollandaises à une et deux
voix avec basse continue) ; Amsterdam. 2° So-
nates, allemandes, courantes, sarabandes,
gigues, gavotes, etc., pour basse de viole, avec
basse continue; ibid.
SOAVES (Manuel), moine portugais, né à
Lisbonne, mourut dans la même ville, en
1756. Il a laissé en manuscrit un recueil de
psaumes à quatre voix, de sa composition.
SOBOLEWSKI ou SOBOLEWSKY
(Edouard), violoniste, compositeur et écrivain
sur la musique, naquit à Kœnigsberg, en 1804,
suivant les renseignements fournis par
M. Charles Gollmick (ffandlexicon der Ton-
kunst, p. 135). En 1850, il succéda à Dorn
dans la place de directeur de musique du
théâtre de Kœnigsberg; mais il se retira de
cette position, en 1830, pour se livrer en li-
berté à ladireclion d'une société de chantdont
i! avait été le fondateur dans cette ville. Trois
opéras de sa composition ont été représentés à
Kœnigsberg, à savoir: Imogène, en 1833,
Velleda, en 1830, et Salvator Rosa, en 1848.
Sobolewski a fait aussi exécuter, dans cette
ville, en 1840, son oratorio Johannes der
Taufer (Saint Jean-Baptiste), qui fut aussi en-
tendu à Berlin, en 1845, sous le titre: Die
Enthauptung Johannis (la Décollation de
Jean), et dont la partition réduite pour le
piano a été publiée à Kœnigsberg, chez
l'auteur, et à Leipsick, chez Hofmeister. Le
second oratorio du même artiste, intitulé :
Der Erlœser (le Sauveur), a été publié en par-
tition pour le piano; ibid. Sobolewski a écrit
aussi des symphonies, dont la première a été
exécutée à Kœnigsberg, en 1 829, 1 830 et 1 836,
et dont la seconde, dans le style pittoresque, a
pour titre : Le Sud et le Nord. Celle-ci a
obtenu du succès au concert du Gewandhaus
de Leipsick, et 1845. Enfin, on connaît du
même compositeur : des cantates avec or-
chestre, des hymnes, le mystère Ciel et Terre,
exécuté à Leipsick, en 1845, et des chants à
trois et à quatre voix pour des chœurs
d'hommes. Sobolewski a publié des articles de
critique dans plusieurs journaux de musique
de l'Allemagne.
SODY, ou plutôt SODI. Il y eut deux
frères de ce nom qui exercèrent, à Paris, la
profession de musicien. Us étaient nés à
Rome, vers 1715. L'aîné, Charles, fameux
joueur de mandoline, vint à Paris, en 1749 ; il
entra à l'orchestre de la Comédie Italienne
comme violoniste, et fut admis à la pension en
1765. Le talent de cet artiste sur la mandoline
était très-remarquable. lia paru dans plusieurs
pièces de la Comédie Italienne, où il jouait de
cet instrument, et son frère avait composé pour
lui un divertissement intitulé : les Blando-
/mes,dans lequel il se faisait toujours applau-
dir. Après sa retraite, il vécut pauvre et devint
aveugle. Il est mort au mois de septembre
1788. Charles Sodi fut le maître de musique de
madame Favart. Il avait composé la musique
d'une parodie intitulée : Baiocco e Serpilla,
qui fut jouée sans succès à la Comédie Ita-
lienne, en 1753. On a aussi de lui : le Charla-
tan, opéra comique en un acte, les Troqueurs
dupés, comédie à ariettes, et un divertisse-
ment intitulé : Cocagne, en 17G0. Ce fut Sodi
qui parodia la Donna superba, sous le litre
de la Femme orgueilleuse. Il y ajouta quel-
58
SODY — SOGNER
ques airs dont la mélodie ne manquait pas de
grâce. Un air italien, Quanlo mai felice siete,
qui eut dans le temps un succès de vogue,
était de Sodi. Son frère cadet, Pierre Sodi, qui
était harpiste et compositeur, vint en France,
en 1743. Il entra à l'Opéra, et mourut en 1764.
On a gravé à Paris, en 1760, six chansons pour
la harpe, de sa composition. Il excellait, dit-
on, dans la composition des pantomimes.
SOEREINSEN (Jean), docteur en médecine
et amateur de musique à Ebersdorf, dans la
principauté de Reuss, naquit, le 18 mai 1767,
à Gluckstadt, en Danemark. Dans sa jeunesse,
il reçut des leçons de musique de deux musi-
ciens anglais, nommés Gambold et La Trohe ;
plus tard, il alla suivre les cours de l'univer-
sité de Copenhague, et y devint élève de Schttlz
pour la composition. Fixé à Ebersdorf, en
qualité de médecin, depuis 1802, il s'y livra,
dans ses moments de loisir, à la composition de
chants en langues allemande et danoise. Déjà
il s'était essayé dans ce genre pendant son sé-
jour à Copenhague, et y avait publié plusieurs
recueils de chants où l'on remarquait une ex-
pression juste du sens des paroles. Les autres
recueils qu'il a donnés par la suite, au nombre
de huit, ont paru à Leipsick, chez Breitkopf et
Hœrlel. Sœrensen a écrit aussi beaucoup de
musique d'église à plusieurs voix, où il y a
de bonnes fugues ; mais il n'en a rien été pu-
blié. Cet amateur distingué est mort à Ebers-
dorf, en 1824.
SOLRGEL (Frédéric-Guillaume), direc-
teur de musique à Nordhausen, fut d'abord
attaché à l'orchestre du théâtre et donna des
leçons de piano. Ses premières compositions
furent publiées en 1819; depuis lors il a fait
paraître quelque ouvrage chaque année. Parmi
ses meilleures productions, on remarque :
1° Symphonie à grand orchestre, op. 27; Leip-
sick, Breitkopf et Haertel. 2° Ouverture idem,
op. 9; ibid. 5° Quatuors pour deux violons,
alto et basse, op. 11, 15,21; ibid. 4° Duos
pour deux violons, op. 7, 15, 26 - x ibid. 5° Qua-
tuor pour piano, violon, alto et basse, op. 20;
ibid. 6° Duos pour piano et violoncelle, ou
piano et violon, op. 14, 18 et 23; ibid. 7" Six
éludes pour piano, en forme de sonates,
op. 19; ibid. 8° Thèmes variés pour piano,
op. 1, 3, 30; Leipsick et Bonn.
SOGKA (Matiiias), organiste et violoniste
distingué, naquit en Bohême, vers 1755. En
1788, il était au service du comte Millesimo, à
Willimow, en Moravie. L'église de Raudniiz
possédait, en 1786, deux belles messes de sa
composition. 11 a laissé aussi en manuscrit plu-
sieurs symphonies, des quatuors, des concer-
tos et des sonates pour le violon et pour le
piano.
SOGINER (THOMAs\compositeur et profes-
seur de musique, naquit à Naples, vers le mi-
lieu du dix-huilième siècle, et fit ses éludes
au Conservatoire de la Pietà, sous la direction
de Sala, de Guglielmi et de Tritto. Son pre-
mier essai de musique dramatique fut la can-
tate Aci e Galatea, qui fut exécutée deux fois
devant la cour de Naples. Quelques années
après, il écrivit à Rome un opéra bouffe, qui
ne réussit pas. Il s'établit ensuite à Livourne,
où il était encore en 1812, maître de chapelle
d'une église, et professeur de chant et d'har-
monie. A l'époque de la formation de l'Insti-
tut des sciences et ans du royaume d'Italie, il
fut nommé membre de la section de musique
de cette société savante. Parmi les composi-
tions de cet artiste, pour l'église, on remarque
une messe et des vêpres à huit voix qu'il a
écrites à Rome, et un oratorio de la Passion,
sur le texte de Métastase. Sogner est aussi
connu par des quatuors pour violon, et trois
sonales pour le piano, gravées à Rome.
SOGNER (Pasouale), fils du précédent,
naquit à Naples, en 1793, et fut élève de son
père. A peine âgé de dix-neuf ans, il était déjà
maître au clavecin du théâtre impérial de Li-
vourne; mais vers la fin de 1813, il retourna à
Naples, où il écrivit pour divers théâtres des
opéras et des ballets, parmi lesquels on remar-
que : 1° Amore per finzione, opéra bouffe en
deux actes. 2° Due consigli di guerra in un
giorno, mélodrame semi-serio en un acte.
3° Quattro prigionieri ed un ciarlatano,
opéra bouffeen un acte, 1833. 4°Guerrinoagli
alberi del sole, en trois actes. 5" Margherila
di Fiandra, en deux actes. 6° Generosilà
e t'endetta, représenté au théâtre du Fondo,
à Naples, le 9 mars 1824. 7° La Cena aile
Montagne russe, ibid., en 1832. Cet artiste,
né avec du talent et de l'originalité dans les
idées, semblait destiné à se faire une bril-
lante réputation ; mais la débauche et l'ivro-
gnerie anéantirent les avantages de sa belle
organisation. Le peu de succès de quelques-
uns de ses ouvrages le fit se livrer à l'enseigne-
ment du chant et de la composition. Vers la
fin de sa vie, il était tombé dans une sorte
d'abrutissement, et avait perdu jusqu'au sen-
timent de son talent. Obligé de se retirer à
Nola, il y languit dans une profonde misère,
et mourut en 1839. Sogner était habile pia-
niste ci s'était fait connaître dans sa jeu-
nesse par trois duos pour piano et violoncelle,
SOGNER — SOLANO
59
des sonates pour piano seul et un concerto
avec orchestre.
SOHIER (Matthias), musicien français,
né dans les dernières années du quinzième
siècle, ou dans les premières du seizième, fut
maître des enfants de chœur de la cathédrale
de Paris, sous le règne de François I er . En
1540, il passa de cette position à celle de
maître de chapelle de la même église; il occu-
paitencore celle-ci en 1556. On connaît de ce
maître : 1° Deux Ave Regina Cœlorum, à
quatre voix, huit Regina Cœli, à quatre voix,
et sept Salve Regina, également à quatre
voix, dans le recueil qui a pour litre : Liber
duodecimX "F 1 1 musicales aàTirgines Chris-
tiparam selectiones habet ; Parhisiis, apud
Petrum Attaingnant musiez typographum,
mense aprili, 1554, in-4° obi. 2° Chansons
françaises dans le XI e livre conte-
nant XXVIII chansons à quatre parties
en un volume et en deux ; imprimées par
Pierre Attaingnant et Pierre lallet, à Paris,
1542, pet. in-4°obl. 5° Idemdans le X I I' e livre
contenant vingt - neuf chansons à quatre
parties; ibid., 1543, in-4° obi. 4° Missa cum
quinque vocibus ad imitationem moduli vidi
speciosam condita D. Matth. Sohier, prx-
fecto quondam symphoniacis ecclesix Pa-
risiensis, dans le recueil intitulé : Missarum
musicalium certa vocumvarietate secundum
varios quos referunt modulos et cantiones
distinctorum liber secundus, ex diversis iis-
demque peritissimis auctoribus collectus;
Parisiis,ex typographia Nicolai Duchemin,
1556, in-fol. max.
SOJOWSRY(Wenceslas), né en Bohême,
était attaché, en 1756, à l'église cathédrale de
Leitmeritz, en qualité de compositeur et de di-
recteur du chœur. Plus tard, il eut le titre
d'économe du chapitre de Worasyez , et
mourut dans cette position. Il a laissé en ma-
nuscritsixbelles messes à quatre voix et orgue,
pour le carême, et un Te Deum composé pour
l'église de Raudnilz.
SOLA (Charles-Michel-Alexis) , flûtiste
et guitariste, né à Turin, le 6 juin 1786, ap-
prit d'abord à jouer du violon, sous la direc-
tion dePugnani. Après la mort de ce maître,
Sola prit la résolution d'abandonner le violon
pour la flûte, et choisit pour ses maîtres Pi-
pino et Vondano, flûtistes distingués. Ses ra-
pides progrès lui procurèrent la place de se-
conde flûte au théâtre royal de Turin; mais
deux ans après, il abandonna cette position,
et s'engagea dans le 73 e régiment d'infanterie
française. Fatigué, au bout de quatre ans, de
la vie nomade d'un musicien militaire, il de-
manda son congé, l'obtint, et s'établit à Ge-
nève, en 1809, après avoir passé quelque
temps au château de Coppet, pour y enseigner
la musique et la flûte au fils de madame de
Staël. Il y donna des leçons de chant, de flûle
et de guitare. Bideau, ancien violoncelliste de
la Comédie Italienne et bon harmoniste, qui
s'était fixé à Genève, lui donna quelques leçons
décomposition. Vers la fin de 1810, Sola fit
un voyage à Paris, et y publia quelques-unes
de ses productions, puis il retourna à Genève
et y fit représenter, en 1816, un opéra fran-
çais intitulé le Tribunal. L'année suivante, il
se rendit en Angleterre et se fixa à Londres,
où je l'ai connu, en 1829, dans une situation
aisée et honorable. Il y avait publié beaucoup
de musique pour la flûte, la guitare et le piano,
ainsi que des chansons anglaises qui avaient
eu du succès, des arrangements pour divers
instruments de thèmes de Mozart, de Rossini
et de plusieurs autres compositeurs. Parmi ses
pricipaux ouvrages, on remarque : 1° Quatuor
pour flûte, violon, alto et basse, op. 18 ; Paris,
Leduc. 2° Quatuor pour flûte, clarinette, cor et
basson, op, 21 ; ibid. 3° Premier et deuxième
concertos pour flûte et orchestre; Genève.
4° Trios pour flûte, violon et basse, op. 15;
Paris, Leduc. 5° Plusieurs thèmes variés pour
flûte ; Milan, Ricordi, et Londres, Chappell.
6° Quatuor pour piano, flûte, clarinette et vio-
loncelle ou basson, op. 19; Paris, Leduc.
7° Grand trio pour piano, harpe et alto ; Milan,
Ricordi. 8°Diverlissement pour harpe et flûle;
Paris, Vaillant. 9° Deux recueils de romances
françaises; Paris, Leduc. 10" Des chansons an-
glaises et italiennes; Londres, Chappell.
11° Beaucoup de morceaux détachés pour gui-
tare et flûle, ou guitare seule ; Genève , et
Londres.
SOLANO ( François-Icnace ), musicien
portugais, né à Lisbonne, en 1727, est connu
principalement par le livre dont il sera parlé
tout à l'heure. Les circonstances de sa vie sont
ignorées ; on sait seulement, par une lettre
du célèbre compositeur David Perez (voyez ce
nom), qu'il vivait encore au mois de juillet
1763, et l'on voit, par le titre même de son ou-
vrage, qu'il était descendu dans la tombe en
1764, lorsque le livre parut. Ce livre a pour
titre : Nova instruçao musical, o theorica
pratica de musica rhythmica com a quai se
forma, e ordena sobre ses mas solidos fun-
damentos hum novo methodo, e verdadiero
systema para constituir hum intelligente sol-
fisla } et deslrissimo cantor, etc. (Nouvelle
60
SOLANO — SOLIÉ
instruction musicale, ou théorie pratique de
musique rhylhmique, par laquelle sont formés
et établis sur les plus solides bases une mé-
thode nouvelle, et un véritable système pour
l'instruction d'un musicien habile à solfier et
d'un chanteur très-expert, etc.); Lisbonne,
17G4, un volume in-4° de trois cent quarante
pages, avec un supplément de quarante-sept
pages concernant la valeur des signes de la
notation ancienne de la musique. Cet ouvrage
est le seul traité complet qui existe de la
solmisation par les muances appliquée à tous
les tons et à tous les signes accidentels de la
modulation de la musique moderne. La mé-
thode de l'auteur consiste à trouver par des
règles certaines quelles sont les noies mi et
fa, c'est-à-dire les notes du demi-ton ascen-
dant; mais ces règles sont en si grand nombre,
qu'elles démontrent invinciblement l'absurdité
de la solmisation par les muances dans la tona-
lité moderne.
SOLER (Antonio FARGAS Y), amateur
distingué de musique à Barcelone. J'ai dit par
erreur dans le troisième volume de cette édi-
tion de la Biographie universelle des musi-
ciens (p. 257, deuxième colonne), que l'auteur
de la traduction de mon livre intitulé : la Mu-
sique mise à la portée de tout le monde est
M. Soriano Fuertes; c'est M. Fargas y Soler
qui m'a fait l'honneur de traduire cet ouvrage
dans la langue espagnole.
SOLERA (Thémistocle), poète et composi-
teur milanais, a fait représenter au théâtre de
la Scala, de Milan, pendant le carnaval de
1840, Ildegonda, opéra dont il avait écrit le
livret et la musique. Cet ouvrage, chanté par
la Frezzolini et Moriani, fut vivement applaudi.
Le même artiste donna, au même théâtre, en
1842, Il Contadino d'Agliale, qui fut joué
dans l'année suivante, à Brescia, sons le litre :
la Fanciulla di Castel Gandoifo. En 1843,
M. Solera donna, au théâtre de Padoue, Genio
e Svenlura.
SOLÈRE(Étienne), clarinettiste et compo-
siteur, né au Mont-Louis, le 4 avril 1753, s'en-
gagea, à l'âge de quatorzeans, comme clarinei-
liste, dans la musique du régiment de Cham-
pagne (infanterie). Après douze ans de service
dans ce corps, il obtint son congé pour entrer
au service du duc d'Orléans, en qualité de pre-
mière clarinette de sa musique d'harmonie.
Devenu à cette époque élève de Michel Yost, il
fit sous sa direction de rapides progrès, eljoua
avec un brillant succès au Concert spirituel,
en 1784. Après la mort du duc d'Orléans, So-
lère fut admis dans la chapelle du roi en qua-
lité de première clarinette, puis fut professeur
de son inslrumenlauConservatoiredemusique,
à l'époque de sa fondation. Ayant été compris
dans la réforme de 1802, il trouva dans Le-
sueurun protecteur qui le fit entrer deux ans
après dans la musique de l'empereur Napoléon.
Après la mort de Chelard père, Solèrc lui suc-
céda comme seconde clarinette à l'orchestre de
l'Opéra. Il mourut dans cette position, en
1817. On a publié de la composition de cet ar-
tiste : 1° Symphonies concertantes pour deux
clarinettes, n os 1 et 2; Paris, Imbault. 2° Con-
certos pour clarinette, n os 1, 2, 3, 4, 5, G, 7 ■
Paris, Sieber et Imbault. 3 n Duos pour deux
clarinettes, œuvres 1 et 2 ; Paris, Michel Ozy
et Janet. 4°Fantaisies pour clarinelle et piano,
n os 1, 2, 3; Paris, Hentz- Jouve. 5° Airs variés
pour la clarinette, liv. I, II, III, IV, V; Pa-
ris, Sieber. 6° Soixante-quinze suites d'harmo-
nie militaire, marches, pas redoublés, etc.;
Paris, Boyer, Imbault, Leduc.
SOL1E (Jean -Pierre), dont le nom véri-
table était SOULIER, naquit à Nimcs, en
1755. Fils d'un violoncelliste du théâtre de
cette ville, il apprit la musique dès ses pre-
mières années, et entra comme enfant de
chœur à la cathédrale de cette ville. Devenu
bon musicien, et possédant une assez bonne
voix de ténor, il donna des leçons de chant
pour vivre, et fut attaché, comme violoncel-
liste, aux orchestres de plusieurs villes du midi
de la France. En 1778, il était à Avignon; on
devait y jouer la Rosière de Salenci, opéra-
comique de Grétry, alors dans sa nouveauté ;
mais l'acteur qui devait remplir le rôle du
meunier étant tombé malade, Solié consentit à
le remplacer, et chanta ce rôle avec tant de
succès qu'il fut immédiatement après engagé
comme ténor. Dès lors, il se voua entièrement
à la carrieredramatique.il chantait au théâtre
de Nancy, en 1782, lorsqu'il fut appelé à
l'Opéra-Comique de Paris, connu alors sous le
nom de Comédie Italienne ; mais ses débuts n'y
furent point heureux. Il retourna à Nancy,
puis se rendit à Lyon où il joua pendant trois
ans. Bon musicien, chanteur intelligent plutôt
qu'habile, acteur plus convenable que chaleu-
reux, il n'avait pointa la scène de ces brillants
succès d'entraînement qui n'appartiennent
qu'aux artistes prédestinés; mais il était estimé
pour la solidité de son mérite. Bappelé à Paris,
en 1787, il languit dans les emplois secon-
daires de l'Opéra-Comique pendant deux ans,
et peut-être allait-il dire adieu pour toujours
aux théâtres de la capitale de la France, lors-
que le hasard lui procura l'occasion de rem-
SOLIÉ — SOLIVA
61
placer à l'improvisle Clairval dans la Fausse
Paysanne, le 26 mars 1789. L'incontestable
supériorité de son chant sur celui du chef
d'emploi qu'il doublait, lui procura d'una-
nimes applaudissements, et dès ce moment sa
situation devint meilleure au théâtre. L'arri-
vée des célèbres chanteurs italiens dont on
forma la compagnie chantante du théâtre de
Monsieur lui fournil dans le même temps les
moyens d'étudier l'art du chant; il alla les
entendre souvent, et sut mettre à profit les
leçons pratiques qu'il en recevait. Ses éludes
ne purent lui faire acquérir la légèreté de
vocalisation; mais il apprit à bien poser le
son , et à phraser avec largeur. Son organe
vocal passa insensiblement du ténor au ba-
ryton, genre de voix inconnu jusqu'à lui à
l'Opéra-Comique : il en résulta que les com-
positeurs écrivirent spécialement pour lui, et
lui formèrent un emploi qui a pris son nom.
C'est ainsi qu'il créa les rôles d'Alibour, dans
Euphrosine, du médecin, dans Stratonice,
d'Albert, dans Une Folie, de Jacob, dans Jo-
seph, et beaucoup d'autres de cet emploi.
En 1790, une nouvelle carrière s'ouvrit pour
Solié : ce fut celle de compositeur dramatique.
Son premier essai consista en quelques airs
qu'il ajouta à l'opéra intitulé les Fous de Mé-
dine, particulièrement celui de la Clochette,
qui fit sensation. Malgré ce succès, l'auteur eut
quelque peine à obtenir un livret d'opéra;
mais enfin il fit représenter, en 1792, Jean et
Geneviève, pièce naïve qui fut fort applaudie,
et qu'on a reprise avec succès, vingt-huit ans
après. Une musique facile et d'une mélodie
quelque peu trivale, convenable pour les spec-
tateurs français de celte époque, caractérisait
celte première production de Solié; il ne s'est
jamais élevé beaucoup plus haut dans ses au-
tres ouvrages, dont voici la liste chronologi-
que : 1° Le Jockey, 1795.2° L'Entreprise folle,
1795. 5° Le Secret, en un acte, 1796. 4° La
Soubrette, en un acte, 1796. 5° Azeline, en
trois actes, 1796. 6° La Femme de quarante-
cinq ans, 1797. 7° La Rivale d'elle-même,
1798. 8° Le Chapitre second, en un acte, 1799.
8° (bis) L'Incertitude maternelle, en un acte,
1799. 9° La Pluie et le beau temps, en un
acte, 1800. 10° Une Matinée de Foliaire, ou
la Famille Calas à Paris, en un acte, 1800.
11° Oui, ou le Double rendez -vous, en un
acle, 1800. 12° Lisez Plutarque, en un acte,
1801. Henriette et Verseuil, en un acte, 1803.
14° L'Epoux généreux, en un acle, 1803.
15° Les Deux Oncles, en un acte, 1804. 16° Le
Malade par amour, en un acte, 1804. 17°67(a-
cunson tour, en un acte, 1805. 18° Le Diable
à quatre, en deux actes, 1806. 19° L'Opéra
de village, en un acle, 1807. 20° L'Amante
sans le savoir, en un acte, 1807. 21° Anna.
en un acte, 1808. 22° Le Hussard noir, en
un acte, 1808. 23° Mademoiselle de Guise, en
trois actes, 1808. 24° La Victime des arts,
1811. 25° Les Ménestrels, en trois actes, 1811.
La chute de ce dernier ouvrage, bientôt suivie
de la mort de l'ainé des fils de Solié, lui causa
un vif chagrin dont il chercha à se consoler
par des excès de table qui ruinèrent sa santé
et lui donnèrent la mort, le 6 août 1812, à
l'âge de cinquante-sept ans. On a gravé, à Pa-
ris, les parlititons du Jockey, du Secret, du
Chapitre second, du Diable à quatre, et de
Mademoiselle de Guise.
SOLIE (Emile), second fils du précédent, né
à Paris, le 9 avril 1801, s'est fixé à Ancenis,où
il vivait encore en 1853. On a de lui quelques
petits écrits intitulés : 1° Histoire du théâtre
de l'Opéra-Comique; Paris, 1847, in-12 de
52 pages. 2° Notice sur l'Opéra national;
Paris, 1847, in-8°de 16 pages. 3° Études bio-
graphiques, anecdotiques et esthétiques sur
les compositeurs qui ont illustré la scène fran-
çaise. Rameau; Ancenis, 1853, in-8°. J'ignore
si la notice de Rameau a été suivie d'autres
monographies de compositeurs français.
SOLIVA (Charles), compositeur italien,
né à Casal-Monferrato, vers 1792, a fait ses
études musicales au conservatoire de Milan, et
a débuté brillamment, en 1816, dans la car-
rière delà composition dramatique, par l'opéra
intitulé La Testa di bronzo, représenté au
théâtre de la Scala. A l'automne de l'année
suivante, il donna au même théâtre le Zin-
gare dell' Asluria, et pendant le carême de
1818, il fit représenter avec succès l'opéra sé-
rieux Giulia e Sesto Pompeo. Les ouvertures
de ces opéras ont été gravées à Milan, chez
Ricordi. Vers 1825, M. Soliva a fait un voyage
à Paris et y a fait publier plusieurs morceaux
de musique instrumentale et vocale, puis il est
retourné en Italie. J'ignore s'il a travaillé
pour la scène depuis cette époque. Il parait
aussi avoir fait un séjour à Vienne, où l'on a
gravé quelques-unes de ses compositions, puis
il s'est établi à Pétersbourg, comme professeur
de chant : il y était encore en 1843. Parmi les
principaux ouvrages de cet artiste, on remar-
que : 1° Sonate et variations pour le piano à
quatre mains; Vienne, Arlaria. 2° Plusieurs
suites de variations sur des thèmes de Mozart
etdeRossini; Milan, Ricordi. 5° Grand trio
pour piano, harpe et alto; ibid.
62
SOLNITZ — SONNENFELS
SOLNITZ (Antoine-Guillaume), musicien
allemand, passa la plus grande partie de sa.vie
à Amsterdam, où il mourut, en 1758, à l'âge
de trente-six ans. Compositeur distingué, il
aurait pu acquérir de la gloire, mais sa passion
pour les liqueurs fortes ruina sa santé et son
talent. Il a publié à Amsterdam : l°Six trios
pour deux flûtes ou violons et liasse, op. 1.
2° Douze quatuors pour deux violons, alto et
basse, op. 2. 3» Douze morceaux pour deux
clarinettes et deux cors.
SOLVAY (Théodore-Auguste), professeur
de piano à Bruxelles, est né en 1821, à Rebecq
(Brabanl méridional). Admis au Conservatoire
de Bruxelles, en 1834, il y obtint le second
prix de solfège et le second prix de piano aux
concours de 1837, et le premier prix de piano
lui fut décerné dans l'année suivante. Au con-
cours de 1840, il obtint également le premier
prix d'harmonie. Depuis cette époque, H. Sol-
vay s'est livré à l'enseignement de son instru-
ment. Plusieurs de ses compositions pour le
piano et des romances ont été publiées à
Bruxelles, chez Schott, Meynne et Kalto.
SOMA, musicien et poëte hindou, est au-
teur d'un traité fort ample sur la musique, en
langue sanscrite, intitulé Rafjavibodha (Doc-
trines des modes musicaux). Cet ouvrage est
excessivement rare, même dans l'Inde; le co-
lonel Polier en a découvert par hasard une
copie qui l'a peut-être préservé d'une entière
destruction. W. Jones, président de la société
Asiatique de Calcutta, le considérait comme
un trésor pour l'histoire de l'art. Le Ragavi-
bodha est divisé en quatre chapitres : le pre-
mier, le troisième et le quatrième traitent de
la doctrinedes sons, de leurs divisions, de leur
succession, de la diversité des gammes ou
échelles, et contiennent l'énuméralion des
modes; le deuxième chapitre renferme une
description des espèces diverses de l'instru-
ment de l'Inde appelé Vina, et de la manière
d'en jouer. (Voyez Asiatic Researches, t. III,
pag. 326 et suiv. de l'édition de Londres.)
SOMIS (Laurent), célèbre violoniste, né
dans le Piémont, vers la fin du dix-septième
siècle, visita dans sa jeunesse Rome et Venise,
pour entendre les virtuoses de celte époque,
notamment Vivaldi, qu'il parait avoir pris
pour modèle; puis il se fixa à Turin, où il eut
le litre de maître de chapelle du roi de Sar-
daigne. Bien qu'il appartienne à l'école de Co-
relli, dont il a imité le style en le moderni-
sant, il se fit cependant une manière propre
dont Giardini et Chabran ont eu la meilleure
tradition. Ce dernier était neveu de Somis. On
ne connaît de ce virtuose qu'un œuvre de so-
nates intitulé : Opéra prima di sonate a
violino e violoncello o cembalo; Rome, 1722,
in-fol. Somis vivait encore à Turin en 1735.
SOMMA (Louis), compositeur dramatique,
né à Catane (Sicile), vers 1810, commença ses
études musicales dans celte ville, et les acheva
au Conservatoire de Païenne. En 1832, il fit
exécuter une cantate de sa composition dans
sa ville natale; deux ans après, on représenta
à Palerme son opéra intitulé Adismano in
Scozia, et en 1835, il donna au théâtre de la
Scalajde Milan, Ildegonda e Rizzardo, qui
ne réussit pas. Depuis lors, le nom de ce com-
positeur a disparu du monde musical.
SOMMER (Jean), né dans le Holstein, vers
la fin du seizième siècle, était directeur de la
chapelle du duc son souverain, vers 1623. Il a
fait imprimer de sa composition un ouvrage
qui a pour titre : Der frœhlichen Sommerzeit ,
erster Theil, ans neuen Concerten zu singen
und zu spielen bestehend (Le Joyeux temps
d'été, première partie, consistant en nouveaux
concerts à chanter et à jouer); Oldenbourg,
1623, in-4°.
SOMMER (Michel-Conrad), né à Dozheim,
fut d'abord pasteur à Bierstadt, près deWïes-
baden, puis il obtint, en 1777, le titre d'inspec-
teur d'Idstein. Il a fait imprimer un discours
qu'il avait prononcé à l'occasion de l'érection
• d'un nouvel orgue dans l'église de la ville à
Idstein, sous ce titre : Die Freude der
Christen bey ihren œffentlichen Gottesdienst
: am XXI Sonntage nach Trinit. da die nene
■ Orgel in der Stadtkirche zu Idstein zum
j erstenmal beyin Gottesdienste gespielet
lourde: Wiesbaden, 1783, in-8°.
SOMMER (....), maître de concert à
Weimar, a inventé, en 1843, l'instrument à
frottement appelé Euphonion, avec lequel il
a voyagé et donné des séances musicales à
Francfort-sur-le-Mein, à Breslau et à Prague,
pendant les années 1844 et 1845.
SONNE (Jean-Michel), savant danois, est
auteur d'un petit écrit intitulé : Disserlatio
de musica Judœorum in sacris stante templo
adhibita; Hafnise, 1724, in-4° de seize
pages.
SONNENFELS (lechevalier Joseph), con-
seiller de régence de la Basse-Autriche), secré-
taire de l'Académie de peinture, à Vienne,
naquit en 1733, à Nickelsbourg, en Moravie,
et mourut à Vienne, le 26 avril 1817. Auteur
d'un grand nombre d'ouvrages concernant les
arts, la littérature et la politique, il a écrit des
lettres sur le théâtre de Vienne (Briefe ùber
SONNENFELS — SONNTAG
63
die JFienerische Schaubiihne, \ienne, 1768,
quatre volumes in-8 g ), où l'on trouve une dis-
sertation sur VAlceste de Gluck, que Hiller a
insérée dans ses Notices musicales (JFœchent-
liche Nachrichten, etc.).
SONINEIVRALK ( Jean-Frédéric-Guil-
lauihe), né dans le Hanovre, en 1729, l'ut
d'abord organiste à Herzherg, puis cantor et
directeur de musique à Dahm, où il mourut au
mois de janvier 1821 . On a de lui un pelitécrit
intitulé : Kurze Entscheidung der Fraye :
Jf'ie sollen die Prxludia eines Organisten
bei dem Gottesdienste beschafjen sein ?
(Courte solution de la question : Comment
doivent être les préludes d'un organiste dans
le service divin ? etc.) ; Torgau, 1756, in-4° de
vingt-huit pages.
SOIVINETTI (Jean-Jacqces), pseudonyme.
Voyez GOUDAR.
SONNLEITHNER (Christophe), doc-
teur en droit, avocat de la cour, et doyen de la
faculté de jurisprudence de Vienne, naquit le
28 mai 1754, à Szegedin, en Hongrie. Ayant
perdu ses parents avant l'âge de deux ans, il
fut confié aux soins d'un contrôleur du bureau
des contributions, à Vienne, et directeur du
chœur de l'église paroissiale de Leopoldsladt.
Celui-ci fit de son neveu un enfant de chœur,
et lui enseigna le chant et le violon. Après
avoir fait de bonnes éludes au collège des Jé-
suites, Sonnleithner suivit les cours de l'uni-
versité, et parvint au grade de docteur en
droit. Ses fonctions ne lui permirent de culti-
ver la musiqueque comme amateur; toutefois,
il composa plusieurs messes solennelles et de
Requiem, des graduels, offertoires, sympho-
nies, concertos, quatuors, trios pour violon, et
plusieurs autres ouvrages. Au nombre de ses
productions, on cite trente-six quatuors com-
posés pour l'empereur Joseph II, qui aimait
sa musique instrumentale. De toutes ses pro-
ductions, on n'a publié que trois quatuors
pour deux violons, allô et basse, à Vienne, en
1803. Sonnleithner mourut dans cette ville, le
25 décembre 1786, à l'âge de cinquante-deux
ans.
SOTSmEITHNER (Joseph), fils aîné du
précédent, né à Vienne, en 1765, fut d'abord
commissaire de district et secrétaire du théâtre
de la cour, puis conseiller de régence et che-
valier de l'ordre de Danebrog; il est mort à
Vienne, dans la nuit de Noël, en 1855, le jour
même où son père était décédé quarante-neuf
ans auparavant. Pendant qu'il remplissait les
fonctions de secrétaire du théâtre de la cour,
il publia un Almanach du théâtre de Vienne
[Wiener Theater Almanach) pour les an-
nées 1794, 1795 et 1796, trois volumes in-12.
On y trouve de bons renseignements concer-
nant la musique dramatique à Vienne, et des
notices biographiques intéressantes sur Mo-
zart, Gassmann et Salieri. Sonnleithner avait
conçu le projet d'une collection choisie d'œu-
vresdes plus illustres compositeurs de tous les
pays, accompagnées de biographies et de no-
tices en langues allemande, française, ita-
lienne et anglaise. Cette collection devait for-
mer soixante volumes in-folio. Forkel devait
être son principal collaborateur pour cette en-
treprise gigantesque (voyez Forkel, t. III de
cette Biographie universelle des musiciens,
p. 295). Sonnleithner voyagea pendant plu-
sieurs années pour en rassembler les maté-
riaux; mais il ne put réunir des souscriptions
suffisantes pour en couvrir la dépense, et l'en-
treprise n'eut pas de suite. De retour à Vienne,
il conçut les projets de la Société des amis de
la musique et du Conservatoire de la capitale
de l'Autriche; sa persévérance parvint à les
réaliser : jusqu'à la fin de sa vie, il fut secré-
taire de ces deux établissements. En mourant,
il laissa au premier sa collection d'instru-
ments, de portraits de musiciens et de ma-
nuscrits, parmi lesquels on remarque un re-
cueil de matériaux pour l'histoire de la musique,
en quarante-deux volumes, entièrement écrits
de sa main.
SONNOYS (André), né vers 1540, à
Mussy-l'Évêque, en Champagne, obtint au
concours du Puy de musique d'Évreux, en
1577, le prix de la flûte d'argent, pour la com-
position de la chanson française à plusieurs
voix, commençant par ces mots : J'ai un joli
cour tant (verger).
SONNTAG (Christophe), docteur et pro-
fesseur primaire de théologie à Altorf, naquit
à Weida, dans le Voigtland, le 28 janvier
1654, et mourut le 6 mars 1717. On a de lui
un livre intitulé : De titulis psalmorum ;
Silusix, 1687, in-4° de six cents pages. Il y
traite des instruments de musique des peuples
de l'antiquité, particulièrement des Hébreux.
SONNTAG ou SOINÏAG (Henriette),
plus tard comtesse de ROSSI , cantatrice
célèbre, naquit à Coblence, le 13 mai 1805.
Fille d'acteurs attachés aux théâtres de l'Al-
lemagne rhénane, elle fut destinée dès ses
premières années à la carrière dramatique; à
l'âge de six ans, elle parut pour la première
fois sur la scène, au théâtre de la cour de
Darmsladt, dans l'opéra intitulé : Donau
IVeibchen (la Petite Femme du Danube), où
(A
SONNTAG
elle remplissait le rôle de Salomé. On y admira
sa gentillesse, sa naïveté et la justesse par-
faite de sa voix. A l'âge de neuf ans, made-
moiselle Sontag perdit son père, et sa mère
la conduisit à Prague, où elle joua de petits
rôles d'enfant avec un succès qui acquérait de
l'intérêt à mesure qu'elle avançait en âge. De-
puis près de deux ans, elle se trouvait dans la
capitale de la Bohême, sans avoir pu entrer au
Conservatoire de musique, parce que les règle-
ments ne permettent pas d'y admettre d'élève
âgé de moins douze ans; par une exception
spéciale, et en faveur de sa belle organisation
musicale, il lui fut permis d'y fréquenter les
cours lorsqu'elleeut atteint sa onzième année.
Pendantquatre ans, sesétudes furent sérieuses,
elle devint habile dans la lecture de la musique
et dans le chant, quoique ses progrès sous ce
dernier rapport fussent plutôt dus à son heu-
reux instinct qu'à l'éducation vocale qu'on lui
avait donnée. Ayant à peine atteint sa quin-
zième année, elle fut obligée de chanter à
l'improviste le rôle de la princesse de Navarre
dans l'opéra intitulé : Jean de Paris, pendant
une maladie de la première actrice. L'émotion
qui l'agitait dans cette occasion ne nuisit point
à son succès, dont l'éclat décida de sa carrière.
Ce fut alors qu'elle sortit du Conservatoire, où
le maître de chapelle Tribensée lui avait en-
seigné les éléments de la musique, Pixis, le
piano, Bayer et madame Czezka, la vocalisa-
tion et le chant. Elle se rendit à Vienne, où les
fréquentes occasions qu'elle eut d'entendre
madame Mainvielle-Fodor lui furent plus pro-
fitables que les leçons qu'elle avait reçues pré-
cédemment. Pendant un séjour de quatre ans
dans cette ville, elle chanta alternativement
au Théâtre italien et à l'Opéra allemand, dé-
veloppant chaque jour son talent, sans pro-
duire toutefois de sensation bien vive sur le
public viennois.
En 1824, un engagement fut offerte made-
moiselle Sontag pour l'Opéra de Leipsick : elle
l'accepta, et se rendit dans cette ville avec sa
mère. Ici commence l'époque glorieuse de sa
vie d'artiste. Ses succès dans le Freyschiitz
et dans l'Eurianthe, de "Weber, eurent tant
d'éclat, qu'elle ne tarda point à être appelée à
Berlin, pour chanter au théâtre de Kœnig-
stœdt. Ses études à Vienne l'avaient surtout
préparée à chanter le répertoire des opéras de
Rossini; mais la musique de l'illustre maître,
qui jouissait de toute la faveur publique dans
la capitale de l'Autriche, n'était pas estimée à
Berlin à sa juste valeur. Quelques opéras alle-
mands, et des ouvrages traduits du français
étaient donc ceux où le talent de mademoiselle
Sontag devait s'exercer : elle y porta tant de
grâce et d'élégance, sa voix y parut si remar-
quable, par la justesse et l'égalité ; sa vocali-
sation, si facile et si pure, que bientôt sa répu-
tation s'étendit dans toute l'Allemagne, et
qu'elle fit la fortune du théâtre qui la possé-
dait. On dit que ses premières relations avec le
comte de Rossi, alors secrétaire de la légation
de Sardaigne à Berlin, devenu ensuite son
époux, remontent à cette époque, et que dès
lors le mariage fut projeté.
A la fin de mai 1826, mademoiselle Sontag
profita d'un congé qui lui était accordé pour
se rendre à Paris: elle y débuta le 15 juin sui-
vant dans le rôle de Rosine du Barbier de S é-
ville, et y produisit la plus vive sensation par
le fini de son chant, et le charme répandu
dans toute sa personne. Dans la leçon de chant
«lu second acte, elle exécuta les variations de
Rode, laissant bien loin d'elle madame Cata-
lani, qui avait abordé la première ce genre de
difficultés. L'enthousiasme du public fut à son
comble, et toutes les représentations qui sui-
virent ce premier essai eurent le même succès.
Après le Barbier de Séville, mademoiselle Son-
tag chanta dans la Donna del Lago et dans
Vltaliana in Alqieri, dont les principaux
morceaux avaient été transposés pour la voix
de soprano. Le 29 juillet , elle joua la dernière
des représentations pour lesquelles elle s'était
engagée, et retourna à Berlin pour achever
d'y remplir les engagements qu'elle avait con-
tractés. Les applaudissements qui lui avaient
été prodigués à Paris ne furent pas sans in-
fluence sur l'accueil qui lui fut fait au Théâtre
de Kœnigstaedt lorsqu'elle y reparut. Peut-être
même est-il permis de dire que son mérite ne
fut bien compris qu'alors par les habitants de
Berlin. Chacune de ses représentations devint
un triomphe, et ce fut avec de vifs regrets
qu'on vit s'éloigner de nouveau la charmante
cantatrice à la fin de 1827, pour aller remplir
un engagement de longue durée au Théâtre-
Italien de Paris. Le 2 janvier 1828, elle repa-
rut sur cette scène, par le rôle de Desdemona,
dans Oti'llo. Les qualités qu'on avait admirées
en elle deux ans auparavant s'étaient encore
perfectionnées ; mais elles étaient insuffisantes
pour un rôle tel que celui de Desdemona. Le
sentiment dramatique, l'accent expressif se
trouva faible en mademoiselle Sontag pour ce
beau rôle de Desdemona : elle le comprit, et
dès lors ses études se tournèrent vers la re-
cherche et le développement de ce sentiment,
condition première dans le chant de l'opéra
SONTAG
sérieux. Ses progrès surpassèrent à cet égard
tout ce qu'on pouvait attendre, et la manière
dont elle joua, dans les derniers temps de son
séjour à Paris, le rôle de donna Anna, dans
le Don Juan de Mozart, celui de Semiramidc,
et plusieurs autres, prouva qu'il y avait en
elle non moins de chaleureuse inspiration que
de goût et de grâce.
Au mois d'avril de la même année, cetle
charmante cantatrice se rendit à Londres, où
elle excita le plus vif enthousiasme par son ta-
lent, et l'intérêt de la haute société par l'agré-
ment de sa personne et la décence de ses ma-
nières. La représentation qu'elle y donna à son
bénéfice, à la fin de la saison, produisit la
somme énorme de deux mille livres sterling
(environ cinquante mille francs). De retour à
Paris, où le Théâlre Italien n'était point alors
fermé pendant l'été, elle y vit commencer
entre elle et madame Malibran une rivalité
qui, dans l'esprit ardent de celle-ci, prit un
caractère d'irritation et même de haine.
Comme il arrive toujours, les partisans des
deux cantatrices contribuèrent à donner à celle
rivalité un caractère d'aigreur plus prononcé
chaque jour. Il en résulta même des scènes
fâcheuses lorsqu'elles furent engagées toutes
deux au Théâtre Italien de Londres, pendant la
saison de 1829. Ce ne fut pas sans peine que
l'auteur de cette notice, qui se trouvait alors
dansla même ville, parvint à opérer entre elles
un rapprochement. Une circonstance imprévue
lui vint en aide dans celte entreprise : elles
avaient promis toutes deux de chanter dans un
concert qui devrait être donné dans l'hôtel de
Lord Saulton au bénéfice d'un musicien d'or-
chestre nommé Ella (devenu plus lard le fon-
dateur de la Musical union, et le rédacteur
des Miscellaneous records de celte société).
L'auteur de cette biographie, qui s'élait en-
gagé à y accompagner au piano mademoiselle
Sontag et madame Malibran, leur proposa d'y
chauler ensemble le beau duo de Semiramidc
et tfArsace, et parvint à les y déterminer.
C'était la première fois que leurs voix se trou-
vaient réunies : l'effet de ce morceau ne peut
se décrire, car ces deux grandes cantatrices,
cherchant à se surpasser mutuellement, par-
vinrent loules deux à un degré de perfection où
elles ne s'étaient pas encore élevées. Ce fut par
suite du succès de ce rapprochement que l'en-
trepreneur du Théâtre Italien de Paris conçut le
projet de faire jouer dans Semiramide et dans
Tancredi madame Malibran et mademoiselle
Sontag, dont la réunion offrit le modèle d'un
perfection qu'on n'entendra peut-être plus.
EIOGr.. t.Vir. DES MUSICIENS. T. VIII.
Depuis plus d'un an un hymen secret unis-
sait mademoiselle Sontag et le comte de Rossi :
des obstacles suscités par la famille de celui-ci
avaient empêché de déclarer ce mariage. Il
fut résolu, au commencement de 18Ô0, que la
célèbre cantatrice quitterait la scène. Elle ne
consentit point en effet au renouvellement de
son engagement à Paris, et le 18 janvier,
elle chanta pour la dernière fois dans Tan-
credi. Celte représentation fut pour elle un
de ces triomphes dont un artiste ne peut
perdre le souvenir, quelle que soit la position
où il se trouve ensuite. Avant de dire adieu
pour jamais à sa gloire et au public, made-
moiselle Sontag avait pris la résolution de faire
un grand voyage, où elle se proposait de ne
donner que des concerts; mais arrivée à Ber-
lin, elle céda au désir de ses amis, et reparut
sur la scène pour quelques représentations. Le
19 mai 1830, elle y joua pour la dernière fois,
el là se termina alors sa carrière dramatique.
Elle parlil ensuite pour la Russie, chanta à
Pétersbourg et à Moscou, puis revint par Ham-
bourg et par la Belgique, donnant partout des
concerts avec des succès d'enthousiasme. Arri-
vée à Bruxelles, elle cessa de paraître en pu-
blic, et son mariage ayant été déclaré, elle se
rendit à la résidence de son mari, à La Haye, y
vécut quelques années, puis alla à Francfort,
où le comte de Rossi avait été envoyé comme mi-
nistre plénipotentiaire. En 18ô7, M. de Rossi
fut envoyé à Pétersbourg, où le beau lalenl de
la célèbre cantatrice obtint encore des succès
d'enthousiasme chez elle el dans les salons de
la haute aristocratie où l'appelait sa nouvelle
position. Elle habita la Russie jusqu'en 1848 ;
mais alors, des dérangements de fortune lui
firent prendre la résolution de rentrer dans sa
carrière d'artiste. Arrivée à Bruxelles dans
l'hiver suivant, elle y donna des concerts où
l'on put remarquer un certain affaiblissement
de sa voix, mais non de son talent, dont la per-
fection ne laissait rien à désirer. De cetle ville,
elle se rendit à Paris, puis à Londres, où elle
retrouva l'enthousiasme qu'elle y avait excité
dans sa jeunesse. En 1852, elle partit pour
l'Amérique, qu'elle parcourut touL entière en
triomphatrice. Arrivée à Mexico, en 1854, elle
y fut attachée au Théâtre Italien avec des ap-
pointements énormes. Le 11 juin de la même
année, elle y chanta le rôle de Lucrezia Bor-
gia. Le soir même, elle fut saisie par le choléra,
contre lequel les secours de la médecine furent
impuissants, et le 17 du même mois, elle ex-
pira. Ainsi finit un des plus beaux talents de
cantatrice du dix-neuvième siècle.
5
€6
SOR — SORGE
SOR (Ferdinand), excellent guilarisle et
'compositeur, naquit à Barcelone, le 17 février
1780. Dès l'âge de cinq ans, il essaya quelques
accords sur la guitare et sur le violon de son
père, et, sans aucune connaissance de la mu-
sique, se mit à composer de petits airs. Ses
rares dispositions engagèrent ses parents à lui
donner un maître, puis il entra dans un cou-
vent, où un moine prit soin de son éducation
musicale et lui donna quelques leçons de com-
position. Sorti de ce monastère, il assista aux
représentations d'une troupe d'opéra italien
qui se trouvait à Barcelone, et y puisa ses pre-
mières connaissances dans l'art du chant et
dans l'instrumentation. Ayant trouvé dans la
'bibliothèque du théâtre un opéra intitulé Te-
lemacco, composé par un certain Cipalla, il y
adapta une musique nouvelle, qui fut exécutée
avec succès, quoiqu'il ne fût âgé que de dix-
sept ans. Dans la musique instrumentale,
Haydn et Pleyel étaient devenus ses modèles.
Quelque temps après, il se rendit à Madrid, et
y trouva une puissante prolectrice dans la du-
chesse d'Albe, qui l'engagea à écrire la mu-
sique d'un opéra bouffe ; mais la mort de celte
«lame le fil renoncer à ce travail. Le duc de
Tïïedina-Céli, qui prenait aussi intérêt au jeune
artiste, lui donna le conseil d'instrumenter
quelques oratorios ; puis Sor écrivit des sym-
phonies, trois quatuors pour des instruments
à cordes, un Salve, et beaucoup de chansons
espagnoles. Après la guerre d'Espagne, où il
servit avec le grade de capitaine, il fut obligé
de se réfugier en France avec les partisans du
roi Joseph. Charmé de ses talents, Méhul,
Chérubini et Berlon l'encouragèrent à rentrer
dans la carrière de l'art. Après un court séjour
à Paris, Sor se rendit en Angleterre, et ce fut
alors qu'il se fit connaître par son habileté
extraordinaire sur la guitare. Il composa
aussi pour divers théâtres de Londres la Foire
de Smyrne, opéra-comique, et la musique de
trois ballets, le Seigneur généreux, l'Amant
peintre et Cendrillon. Il parait que ces ou-
vrages ne lui procurèrent pas de moyens suf-
fisants d'existence, car il partit pour la Bussie
et fit représenter à Moscou son ballet de Cen-
drillon. Il écrivitune marche funèbre pour les
obsèques de l'empereur Alexandre, et composa
la musique du ballet Hercule et Ompkale, à
l'occasion de l'avènement au trône de l'empe-
reur Nicolas. De retour à Paris, il essaya vai-
nement de faire représenter un de ses ouvrages
dramatiques sur un des théâtres de cette ville.
Pressé par le besoin, il retourna à Londres, et
y composa la musique du ballet le Dormeur
éveillé, et plus tard l'opéra féerique la Belle
Arsène. Outre ces ouvrages, il avait écrit
aussi beaucoup de musique pour la guitare;
mais elle avait peu de succès, parce que son
habitude de composer presque toujours à
quatre parties, la rendait trop difficile pour
les amateurs. Bevenu à Paris, en 1828, pour
la dernière fois, il y fit paraître de nouvelles
productions, et après avoir langui pendant
onze ans dans une situation voisine de la mi-
sère, malgré l'estime qu'on avait pour son ta-
lent, il mourut le 8 juillet 1839, à la suite
d'une maladie aussi longue que douloureuse.
Parmi ses œuvres pour la guitare, on remar-
que : 1° Divertissements pour guitare seule,
op. 1, 2, 8, 15; Paris, Meissonnier. 2° Fan-
taisies, idem, op. 4, 7, 10, 12, 16; ibid. 3° Va-
riations, op. 5, 9, 11, 20; ibid. 4" Douze
études, op. 6; ibid. 5° Sonate, op. 15; ibid.
Le même éditeur a publié la collection des
œuvres complètes de Sor. Sa grande méthode
pour la guitare a été publiée à Londres, et à
Paris, chez l'auteur.
SORGE (Georges-André), organiste à Lo-
henstein, naquit à Mellenbach, dans la prin-
cipauté de Schwarzbourg, le 29 mars 1703.
Nicolas Walther et Gaspard Tischer, organistes
de ce lieu, furent ses premiers maîtres de mu-
sique. Lorsque ce dernier fut nommé orga-
niste à Schney, en Franconie, Sorge l'y suivit,
et se livra pendant deux ans avec beaucoup de
zèle à l'étude du clavecin. De retour dans son
pays, il y étudia les lettres et les sciences sous
la direction du second pasteur de Mellenbach.
La lecture des traités de composition partagea
aussi son temps, et ses progrès dans cet art
furent rapides. A dix ans, il avait déjà écrit
plusieurs morceaux de musique d'église; à
dix-neuf, il obtint la place d'organiste à Lo-
beùslein, et satisfait de cette humble position,
il y passa le reste de sa vie, uniquement oc-
cupé de son art et des sciences qui y sont rela-
tives. Il mourut à Lobenstein, le 4 avril 1778,
à l'âge de soixante-quinze ans, dont cinquante-
six s'écoulèrent dans le calme de cette petite
ville. Bien qu'on puisse regretter qu'un homme
de son mérite n'ait pu développer ses idées sur
un plus vaste théâtre, et dans les communica-
tions du monde, où la roideur de ses opinions
se serait assouplie, peut-être la vie monotone
et paisible qu'il connut seule fut-elle favorable
à ses travaux, qui furent considérables.
Comme artiste, il méritait d'être plus connu;
car il fut bon organiste, ainsi que le prouvent
les ouvrages suivants, publiés à Nuremberg :
1° Six sonates pour le clavecin, imprimées en
SORGE
67
1738. 2° Vingt-quatre préludes pour l'orgue,
suivis de fugues à deux sujets, dans les vingt-
quatre tons, deux parties in-fol. 5° Klavier
Uebung in 6 nach italixnischen gusto ge-
setzen Sonatinen (Exercices de clavecin con-
sistant en six petites sonates dans le goût ita-
lien), en trois parties. 4° TFohlgewurtzte
Klangspeizen in VI Parlhien (Nourriture
sonore bien assaisonnée, consistant en six
pièces, pour le clavecin). 5° Petites sonates
pour l'orgue. 6° Vingt-quatre préludes courts
pour l'orgue. 7° Nouvelles sonates pour l'or-
gue. 8° Six symphonies pour le clavecin.
9" Toccata per omnem circulum 24 modorum,
pour le clavecin avec un violon. 10° Douze me-
nuets pour clavecin. 11° Duos pour deux flûtes.
Sorge a laissé en manuscrit : 12° Musique
d'église pour une année entière, à quatre voix
et six instruments. 13" Beaucoup de cantates
pour diverses circonstances. 14" Pièces d'orgue
dans tous les tons. 15° Trois fugues sur les
quatre lettres du nom de Bach. 16" Soixante-
douze préludes pour l'orgue ou le clavecin.
17° Douze petites fugues faciles. 18° Douze
grandes fugues difficiles. 19" Douze trios pour
l'orgue, à deux claviers et pédale. 20° Qua-
rante-quatre préludes pour des cantiques, avec
pédale obligée.
Sorge est connu surtout comme théoricien
et écrivain didactique sur la musique. Beau-
coup d'instruction, particulièrement dans le
calcul, et l'originalité des idées, distinguent
ses ouvrages de la multitude de ceux qui paru-
rent de son temps en Allemagne. En voici la
liste : 1° Geneàlogia allegorica intervallorum
octav& diatonico-chromaticx , das ist : Ge-
schlechtregister der Intervallennach Anlei-
tung derKlxngedes grossen Waldhom; Hof,
1741, in-8°. Ce petit écrit, où Sorge examine
la nature de l'échelle chromatique formée par
les sons du cor, est le plus rare deses ouvrages.
2° Anweisung zur Stimmung und Tempera-
tur, in einen Gesprxche (Instruction pour
l'accord et le tempérament, en dialogues);
Hambourg, 1744, in-8°. 5° Gesprxch von
der Prxtorianischen, Prinzischen, Werk-
meisterischen,Neidhardtischen,Niedtschen,
und Silbermannischen Temperatur ,wieauch
vom neuen System Teleman's (Dialogue sur
les tempéraments de Prselorius, de Prinz, de
Werkmeister, de Neidhaerdt, de Niedt et de
Silbermann, ainsi que sur le nouveau système
de Telemann); Lobenstein , 1748, in-8°.
4° Ausfiihrliche und deutliche Anweisung
zur rational Rechnung, und der damit
verknupflïti Aussmessung und Abtheilung
desMonochords, etc. (Principes du calcul ra-
tionnel, de la mesure et de la division du mo-
nochorde); Lobenstein, 1749, in-8° de trois
cent huit pages. Savant ouvrage, un des meil-
leurs sur cette matière, et peut-être le meil-
leur de tous. 5° Griindliche Untersuchung,
ob die Schrœterischen Aïaviertemperaturen
Forgleischschwobend passiren kœnnen oder
nicht (Examen du tempérament du clavecin
de Schrœter, etc.); Lobenstein, 1754, in-8° de
trente-huit pages. 6° Verbesserter musikalis-
cher Cirkel (Cercle musical (des tons) perfec-
tionné), tableau in-fol'. 7° Vorgemach der
musikalischen Composition, oder ausfuhr-
liche, ordenlliche und vorheutige Praxin
hinlxngliche Anweisung zum Generalbass,
durcit, icelche ein Studiosus Musices zu einer
grilndlichen Erkenntniss aller in der Com-
position und Clavier vorkommenden con-
und dissonirenden Grund Sxtze und wie
mit denenselben Natur, Gehœrung, Kunst-
mœssig umzugehen, kommen, folglich nicht
nur ein gutes Clavier als ein Compositor
extemporaneus spielen lernen, etc. (Anti-
chambre de la composition musicale, ou in-
struction détaillée , régulière et suffisante
pour la pratique actuelle de la basse con-
tinue, etc.); Lobenstein, 1745-1747, trois
parties in-4°, formant ensemble quatre cent
trente-deux pages de texte et quarante pages
d'exemples. C'est dans cet ouvrage que Sorge
a établi un des principes fondamentaux de
l'harmonie; principe méconnu avant lui, sa-
voir, qu'un accord dissonant existe par lui-
môme dans la tonalité moderne, abstraction
faite d'aucune modification d'accord conson-
nant (1).8° Compendium Harmonicum,oder
kurzer Begrifj der Lehre von der Harmonie
von diejenigen, welche den Generalbass und
die Composition studieren,in der Ordnung,
welche die Natur des Klangs an die Hand
giebt (Idée abrégée de la science de l'har-
monie, etc.); Lobenstein, 1760. in-4° de cent
vingt et une pages et vingt-quatre planches de
musique. Une critique que Sorge fit dans cet
ouvrage de quelques principes de Marpurg, lui
suscita, de la part de celui-ci, de violentes atta-
ques {voyez Marpurg). 9° Anweisung Claviers
und Orgeln gehœrig zu lempcriren und zu
stimmen (Instruction pour accorder les orgues
et les clavecins); Lobenstein, 1758, in-4°.
Gerber cite une édition de cet ouvrage publiée
à Leipsick,en 1771; je doute de son existence.
10° Kurze Erklxrung des Canonis harmonici
(I) Vojez, sur ce sujet, mon Esquisse rie l'histoire de
| l harmonie (Paris, 1841, in-S°;, p. 122-124.
68
SORGE — SORIANO
(Courl éclaircissement du canon harmonique);
l.obenstein, 1763, in-fol. de quatre pages.
M Die Natur des Orgelhlangs (Sur la nature
.les sons de l'orgue); Ilof, 1711, in-8°. 12" Der
in der Rechen-und Messhunst loohlerfahrne
Orgelbaiimeister ,welcher die behœrige JFeite
nnd Lenge aller Orgelpfeiffen ihren erfor-
derlichen Raum, die nœthige Melalldicke,
die Grœsse der Cancellen und Canxle, etc.
(Le facteur d'orgue bien instruit dansles prin-
cipes du calcul et de la géométrie, etc.); Lo-
benstein, 1775, in-4° de soixante-huit pages,
avec cinq planches in-fol. 13» Anmerkiingen
iiber Quansens Dis und Eb Klappe (Remar-
ques sur les clefs de ré dièse et de si bémol
ajoutées par Quantz à la flûte). Ce morceau se
trouve dans le quatrième volume des Essais de
Marpurg. 14° Remarques sur le système d'in-
tervalles du professeur Euler, dans le qua-
trième volume des notices de Hitler. 15° An-
leitung zur Fantasie, oder in der schœnen
Kimst, das Clavier, wie auch andern In-
strumente ans dem Kopfe zu spielen; 7iacli
theorclischen und prahlischen Grund-
sxtzen (Introduction à la fantaisie, ou dans le
bel art de jouer (improviser) sur le clavecin,
ainsi que sur d'autres instruments, d'après
des principes théoriques et pratiques) ; Loben-
stein (sans date), in-4°de quatre-vingts pages,
avec dix-sept planches de musique. Serge a
laissé en manuscrit un ouvrage concernant
l'union de la mélodie avec l'harmonie.
SOftIAINO (François), savant compositeur
<le l'école romaine, naquit à Rome, en 1549.
A l'âge de quinze ans, il fut admis comme en-
fant de chœur à l'église de Saint-Jean-de-
Lalran, et y reçut sa première instruction dans
la musique d'Annihal Zoilo, puis de Bartho-
lomé Roy, maîtres de cette chapelle. Après
avoir perdu sa voix juvénile, il devint pendant
quelque temps élève de Jean-Baptiste Monla-
nari, maître peu connu, puis il entra dans
l'école de Jean-Marie Nanini, et eut en dernier
lien pour maître l'illustre Pierluigi de Paies-
trina. Legéniede l'art développé par des études
si sérieuses et si bien dirigées fit de François
Soriano un des plus remarquables musiciens
d'une école où l'on en comptait un grand nom-
bre d'un mérite très-élevé. En 1587, il obtint
la place de maître de chapelle de Sainle-Marie-
Majeure; mais il y renonça au mois d'août
1589, pour prendre une position semblable à
l'église Sainl-Louis-des-Français, par des
motifs qui sont inconnus. Soriano parait avoir
occupé, à deux époques différentes, la place de
maître de chapelle de Sainl-Louis-dcs-Fran-
çais, la première fois avant d'entrer à Sainle-
Marie-Majeure, c'est-à-dire avant 1581, ou,
du moins, au commencement de celte année,
car il y a de lui un ouvrage intitulé : Di Fran-
cesco Soriano Romano, maestro di cappella
di Santo Luigi, il primo libro di Madrigali
a einque voci, novamente da lui composti,
et dati in luce. In J'enetia appresso Angelo
Gardano, 1581, in-4". L'épitre dédicaloire, à
Guillaume de Gonzague, duc de Manloue et de
Monlferrat, est datéede Rome, le 20 avril 1581.
Ce fut donc pour la seconde fois qu'il fut ap-
pelé à l'église Sainl-Louis-des-Français, en
1588. Pendant dix ans, il remplit ses fondions
à celle-ci : puis il fut appelé en la même qua-
lité à Saint-Jean-de-Latran, en 1599: mais
l'année suivante, il rentra à la basilique de
Sainte-Marie-Majeure, avec le litre de béné-
ficier et y resta jusqu'en 1G05, où la place de
maître de chapelle de Saint-Pierre du Vatican
lui fut donnée. Ce savant compositeur mourut
au moisde janvier 1620, et fut inhuméà Sainte-
Marie-Majeure. Les œuvres connues de Soriano
sondes suivantes : 1° Il libro primo di Madri-
gali a 5 voci; Venise, Gardane, 1581, in-4°;
c'est l'ouvrage qui vient d'être cité. La pre-
mière édition avait été publiée à Rome, dans
la même année. 2° Il libro secondo di Madri-
gali a 5 voci ; Rotna, Coattino, 1792. 5° Mo-
telti a8 voci; Rotna, Mutio, 1597. 4° 77 libro
primo di Madrigali a quatlro voci; Roma,
pergli eredi del Mutin, 1601. 5° Il secondo
libro di Madrigali a 4 voci; ibid., 1602.
6° Missaruni liber primus; Roma, apud
Jo. Baptistam Roblcttum, anno 1609, in-fol.
On trouve dans ce recueil plusieurs messes à
quatre voix, deux à cinq voix, trois à six voix,
et la fameuse messe du pape Marcel, com-
posée à 6 voix, par Palcslrina, et arrangée
à huit voix par Soriano. 7" Canoni et obligln
di ccnlo et dieci sorte sopra l'Ave maris
Stella à 3, 4, 5, 6, 7, 8 voci ; Roma, Robletti,
1710, in-fol., chef-d'œuvre de science et de
facture élégante qui doit être considéré comme
le plus bel ouvrage de l'auteur. Zacconi (voyez
ce nom) a fait, en 1625, la résolution en par-
tition de tous les morceaux de cet œuvre : on
en trouve le manuscrit dans la bibliothèque du
lycée musical de Bologne. 8° // libro primo di
salmie molelti a 8, 12, 16 voci; Venise, Vin-
cenli, 1614. 9° Il secondo libro, idem; ibid.,
1616, in-4". 10° l'illanelle a trevoci; Venise,
Vincenti,16l7, in-4°. 1 ["Magnificat cl Passion
à quatre voix; Rome, Robletti, 1619, in-fol.
On trouve en tête de l'ouvrage le portrait de
Soriano, à l'âge de soixante-dix ans.
SORIANO-FUERTES — SORTI
69
SOIUANG-FIÏEUTES (D. Maiuano),
compositeur, littérateur et historien de la mu-
sique, est né en 18)7, à Mincie, chef-lieu fie
la province de ce nom (Espagne). Son père,
D. Indalecio Soriano-Fuerles, était composi-
teur et directeur de la musique de la chambre
du roi. Dirigé par lui dans ses éludes musi-
cales, le jeune Mariano fit en même temps
ses études littéraires et scientifiques. Lorsqu'il
eut atteint l'âge de quinze ans, il entra à la
direction de la loterie, comme employé. Après
qu'il eut passé quelque temps dans cette situa-
tion, son père ayant remarqué qu'il avait peu
de goût pour le travail des bureaux, prit la
résolution de le faire entrer dans l'étal mili-
taire et le fit admettre, en effet, comme cadet
dans le régiment de cavalerie dit de Reyna
Governadore. Telle n'était pas toutefois la
carrière qu'aurait choisie le jeune homme;
épris d'un goût passionné pour la musique, il
aurait voulu cultiver cet art et en faire sa pro-
fession. En vain son père lui répétait souvent
qu'en Espagne il n'y a ni honneur ni profit
pour un musicien : M. Soriano-Fuerles y
voyait la jouissance que donne l'art, et c'était
assez pour lui. Etre compositeur de musique
lui paraissait le sort le plus digne d'envie. De-
venu libre de donner à son existence une di-
rection qui répondit à ses goûts, il rentra dans
la vie civile el reprit ses études musicales. En
1841, il commença, avec un de ses amis, la pu-
blication du premier journal de musique qui
ail paru en Espagne; son litre était Iberiamu-
sicaly literaria. Le temps n'était pas venu où
une entreprise de ce genre pouvait prospérer
dans la patrie de l'auteur; après y avoir dé-
pensé de l'argent qui ne rentra pas, M. So-
riano-Fuerles dût cesser sa publication hebdo-
madaire. A la même époque, il était préoccupé
du désir de voir l'Espagne eh possession d'un
théâtre national de musique, qui n'avait jamais
eu jusqu'alors d'existence permanente. Vou-
lant prêcher d'exemple, il chercha ses sujets
de pièces dans les chants populaires, et écrivit
quelques-uns de ces petits opéras-comiques ap-
pelés Zarzuelas en Espagne, tels que Geroma
la Castanexa (Géroma la joueuse de cas-
tagnettes), en un acte, qui obtint un accueil
favprable à Madrid el dans les provinces,
El Ventozzillo de Alfarache, el la Fexia di
Santi- Ponce. Ayant été nommé professeur
de l'Institut espagnol, en 1843, il publia, dans
la même année, une méthode de solmisalion
pour ses élèves; cet ouvrage fut approuvé par
les artistes et par la presse périodique. En
1844, M. Soriano-Fuerles obtint sa nomination
de directeur du Lycée de Cordoue. Il y écrivit
un Stabat Mater, une messe de Requiem, et
la zarzuela intitulée : A Belan van los za-
gales. De Cordoue, il passa à Séville et de là à
Cadix, où il composa l'opéra-comique El Tio
canigitao. De retour à Séville, il y fui nommé
directeur de musique du grand théâtre de San-
Fernando, et écrivit l'opéra-comique la Fa~
brica de Tabacos de Séville, suivi d'un diver-
tissement. En quittant Séville une seconde fois,
il retourna à Cadix et y prit la direction du
théâlre principal, à laquelle il ajouta, en 1850,
la direction du théâlre de la Comédie. Il écri-
vit pour ces scènes plusieurs ouvrages, dont le
plus important est Lola la Gaditana (Lola la
bohémienne). En 1852, M. Soriano-Fuerles fut
nommé directeur de musique du grand théâtre
de Barcelone; depuis cette époque, il n'a plus
quitté celte ville. Il a publié diverses œuvres
littéraires dont l'objet n'appartient pas à
celle Biographie des musiciens; mais il est
auteur de deux ouvrages relatifs à la mu-
sique qui doivent être menlionnés ici. Le
premier a pour titre : Musica Araba-Espa-
nola, y conexion de la musica con la astro-
nomia,medicina y arquitectura ; Barcelona,
1853, in-8°de cent trenle-trois pages. L'autre
ouvrage, beaucoup plus important, est intitulé :
Historia de la Musica espanola desde la
Venda de los Fenicios hasla de anno de
1850 (Histoire de la musique espagnole depuis
l'arrivée des Phéniciens jusqu'à l'année 1850) ;
Madrid et Barcelone, 1855-1 859, quatre volumes
grand in 8°, avec un grand nombre de planches
de musique el le portrait de l'auteur. Bien
qu'un certain nombre de faits établis par
M. Soriano-Fuerles dans cet ouvrage soient
contestables, son livre n'en est pas moins très-
digne d'intérêt, car c'est la seule histoire qui
existe de la musique en Espagne ; histoire
d'ailleurs peu connue, même des Espagnols,
et qui a exigé beaucoup de recherches. Eu
1860, M. Soriano-Fuerles a fondé La Gaceta
musical Barcelonesa, parvenue aujourd'hui
(1864) à sa quatrième année. Cet artiste litté-
rateur est chevalier de l'ordre royal de
Charles III, de l'ordre militaire de première
classe de Saint-Ferdinand, honoré de la grande
médaille d'or de l'Institut espagnol , et
membre de plusieurs sociétés savantes et lit-
téraires, t
SORTI (Bartholomé), né à Padoue, vers
1540, est connu par un ouvrage intitulé : Il
primo libro de Madrigali a quattru et cinque
voci con due dialoqhia selle voci ; in Vene-
littjper i figlidiAnt. Gardano. 1573, in-4".
70
SOTO — SOUBRE
SOTO (François), né en 1534, à Langa,au
diocèse d'Osma, en Espagne, se rendit à Rome
dans sa jeunesse, et fui admis, en qualité de
chapelain-chantre, à la chapelle pontificale,
le 8 juin 1562. Ami de saint Philippe Neri, il
entra, le 17 décembre 1575, dans la congré-
gation de l'Oratoire fondée par ce saint, et y
eut la direction de la musique. Sincèrement
pieux, il fonda à Rome un couvent de carmé-
lites, le premier de cet ordre qui ait été établi
dans la ville sainte. Soto mourut le 25 sep-
tembre 1619, à l'âge de qualre-vingt-cinq ans.
II avait fait imprimer le troisième livre des
Laudi spirituali composés pour l'Oratoire par
Palestrina et autres maîtres, dont Animuccia
avait publié les deux premiers. Ce livre a pour
titre : Il terzo libro délie laudi spirituali a
îre e a quattro voci; Rome, Alexandre Gar-
dane, 1588. Plus tard, il réunit les trois livres
et les publia sous ce titre : Libro délie laudi
spirituali dove in uno sono compresi i tre
libri <jia stampati, e ristretta la musica a
piii brevitd e facilita, e con V agginnta di
moite laudi nuove ; Rome, Gardane, 1589.
Enfin, Soto fit paraître, en 1591, chez le même
imprimeur : Il quarto libro delk laudi spiri-
tuali a tre e quattro voci. Il n'a indiqué les
noms d'aucun des compositeurs de ces pièces;
mais on croit qu'il a usé de cette précaution
par humilité et pour ne pas se nommer lui-
même comme auteur des morceaux qui lui ap-
partenaient dans le recueil. Le portrait de
Soto se trouve dans le livre d'Adami de Bol-
sena (voyez ce nom).
SOTO (José), prêtre et organiste de la ca-
thédrale de Barcelone, né dans cette ville, vers
la seconde moitié du quinzième siècle, est au-
teur d'un livre fort rare intitulé,: Tractadode
Canto llano (Traité du plain-chant); Barce-
lone, 1512, in-4°.
SOTOS (André DE), professeur de gui-
tare à Madrid, né dans l'Estramadure, vers
1750, s'est fait connaître par un livre intitulé:
Arte para aprender com facilidad y sin
maestro a templar y taner rasgado la gui-
tarra de cinco ordenes, o chordas, y tambien
la de quatro, o seis ordines, llamadas gui-
tarra Espanola, banduria, y vandola; y
tambien el tiple , etc. (Méthode pour ap-
prendre avec facilité et sans maître à accorder
et jouer par accords arpégés avec le pouce, la
guitare à cinq cordes ainsi que celles à quatre
ou à six cordes, appelées guitare espagnole,
pandore et guitare à bandoulière (\), comme
(I) La bandoulière de la guitare était autrefois un
ruban ou cordon attaché d'un bout i la tète de l'instru-
aussi à y jouer le chant, etc.) ; Madrid, 1764,
in-12 de soixante-trois pages.
SOTTONA (Jean), musicien espagnol, et
professeur de musique à Valence, est auteur
d'un livre intitulé: Le Maître de musique,
ou Cours complet et raisonné de musique
élémentaire; Valence, madame Rippeurt,
1841, in-4".
SOUBIES (Pierre-François), né à Ba-
gnères de Bigorre, le 21 mai 1805, commença
l'élude de le musique en même temps que ses
humanités. Plus tard, ses parents l'envoyèrent
à Toulouse pour y suivre les cours de l'école
de droit ; il profita de son séjour dans cette
ville pour augmenter ses connaissances musi-
cales. En 1826, il y fit exécuter une scène ly-
rique, dans une représentation au bénéfice des
Grecs. Arrivé à Paris, pour y faire son stage
d'avocat, il sentit la nécessité de régulariser
son instruction dans l'harmonie et reçut pen-
dant un an les leçons de M. Vergnes, un des
meilleurs élèves de Reicha. Fixé ensuite dans
le ressort de la cour royale de Pau, il y exerça
sa profession avec distinction, sans négliger
l'art auquel il était redevable de ses plus
douces jouissances. En 1840, il obtint une mé-
daille au concours de composition de Tou-
louse, et, en 1845, il fil représenter, au théâtre
de cette ville, la Bohémienne, opéra en trois
actes, de sa composition, dont la musique ob-
tint un accueil favorable et qui eut plusieurs
représentations. Il a publié plusieurs œuvres
vocales, empreintes du caractère montagnard,
entre lesquelles on distingue le Chant des pâ-
tres pyrénéens, dédié à Rossini. Depuis 1848
jusqu'en 1852, M. Soubies fut détourné de ses
occupations favorites par les événements po-
litiques, comme préfet et comme représentant
du département des Hautes-Pyrénées. Bentré
dans sa ville natale, en 1852, il y a fondé des
écoles gratuites de musique, et une société
philharmonique qui contribue aux plaisirs des
baigneurs deceltelocalité thermale.
SOUBRE (Etienne-Joseph), directeur dit
Conservatoire de Liège, né dans celte ville, le
50 décembre 1815, a fait ses études musicales
au Conservatoire. Son premier instrument fut
le basson ; puis il reçut des leçons de piano de
Jalhaut, et M. Daussoigne-Méhul, alors direc-
teur du Conservatoire de Liège, fui son pro-
fesseur d'harmonie et de contrepoint. Après
ment, et de l'autre à l'extrémité opposée. Cette bandou-
lière passait sur l'épaule droite el sous le bras gauche
de l'exécutant; elle soutenait l'instrument lorsque la
main gauche abandonnait le manche pour faire, avec le-
poucc. l'office de cajio-duslro, ou siliet mobile.
SOUBRE — SOUHAITTY
71
avoir obtenu les premiers prix de ces dernières
parties de l'ait dans les concours de cette
école, il se présenta au grand concours de
composition institué par le gouvernement
belge, et le premier prix lui fut décerné, en
1841, pour la cantate intitulée Sardanapale,
qui fut exécutée solennellement dans un con-
cert du Conservatoire royal de Bruxelles. De-
venu pensionnaire de l'État en sa qualité de
lauréat, il voyagea alors en Italie, en Alle-
magne et passa environ six mois à Paris. De
retour dans sa pairie, M. Souhre se livra à
l'enseignement et à la composition, d'abord à
Liège, puis à Bruxelles. Ses premiers ouvrages
furent, des chants en chœur pour des voix
d'hommes entre lesquels on distingue son
Hymne à Godefroid de Bouillon, qui fut
exécuté par quinze cenls chanteurs et instru-
mentistes, au festival d'Anvers, en 1850. En
1853, il prit part au concours ouvert par l'Aca-
démie royale de Belgique, pour la composi-
tion d'une symphonie triomphale : son ou-
vrage fut exécuté, en 1854, dans un des
concerls du Conservatoire de Bruxelles. Son
grand opéra en trois actes, Isoline, ou les
Chaperons blancs, fut représenté au Théâtre-
Royal de Bruxelles, en 1855, et obtint un suc-
cès honorable. En 1856, M. Soubre écrivit la
musique de la cantate composée par M. André
Van Hasselt pour le vingt-cinquième anniver-
saire du règne du roi Léopold I er . A cette oc-
casion, il fut fait chevalier de l'ordre de Léo-
pold. Chargé par le gouvernement de composer
une messe de Requiem à grand orchestre pour
la première journée des fêles nationales, en
1860, M. Soubre produisit un bon ouvrage qui
fut exécuté le 25 septembre de la même année,
et que la Société Concordia, d'Aix la-Cha-
pelle, fit entendre de nouveau en 1861. Parmi
les autres productions de cet artiste, on compte
un Slabat Mater avec orchestre ; Ave verum
à cinq voix, idem; Ecce panis, avec orgue;
douze morceaux religieux pour voix de
femmes, sur des textes latins ; un recueil de
six hymnes à deux voix de soprano; des can-
tates ; ouvertures ; symphonies ; airs détachés ;
environ cinquante mélodies et petits duos;
enfin, un grand nombre de chœurs pour des
voix d'hommes qui ont été chantés par toutes
les sociétés chorales de la Belgique. M. Soubre
a dirigé la première société de chœurs
d'hommes instituée à Liège, depuis 1838 jus-
qu'en 1844 ; puis il fut chargé de la direction
de l'ancienne Réunion Lyrique, de Bruxelles.
Pendant plusieurs années, il fut chef d'or-
clicstrc de la Société Philharmonique , de
cette ville. En 1861, il fut chargé par le gou-
vernement de l'inspection des cours de mu-
sique dans les établissements de l'enseigne-
ment moyen; enfin, en 1862, il a succédé à
M. Daiissoigne-Méhul, dans la direction du
Conservatoire de Liège.
SOUHAITTY (le P. Jean- Jacques), reli-
gieux de l'observance de Saint-François, du
couvent de Paris, vécut vers le milieu du dix-
septième siècle. Ayant imaginé de substituer
des chiffres aux notes pour écrire la musique,
et particulièrement le plain-chant, ce moine
publia son système sous ce titre : Nouveaux
éléments du chant ou l'essai d'une nouvelle
découverte qu'on a faite dans l'art de chan-
ter, laquelle débarrasse entièrement le plain-
chant et la musique de clefs, de notes, de
muances, de guidons ou renvois, de lignes
et d'espaces, des bémol, bécarre, na-
ture, etc., en rend la pratique très-simple,
très-naturelle et très-facile à retenir, sans
y altérer rien dans la substance; et fournit
de plus une tablature générale, aisée et inva-
riable, pour tous les instruments de mu-
sique, etc. ; Paris, Pierre le Petit, 1677, in-4°
de cinquanle-six pages. La première édition,
publiée à Paris, en 1665, in-4°, avait simple-
ment pour titre : Nouvelle Méthode pour ap-
prendre le plain-chant et la musique. Il pa-
raît que la méthode du P. Souhailly fut l'objet
de quelques critiques, car il la reproduisildeux
ans après avec des réponses à ces critiques;
ce second ouvrage a pour titre : Essai du
chant de l'église par la nouvelle méthode des
nombres, contenant, outre la clef, les prin-
cipes et les tables de celte méthode. 1° Une
introduction à l'art de chanter parnombres.
2° Les réponses à toutes les objections qu'on
a faites. 5° Quelques avis pour bien prati-
quer le chant de l'église; Paris, Thomas Jolly,
1679, in-8° de vingt pages non numérotées,
et de quarante pages chiffrées. Le système du
P. Souhailly consiste à représenter les sons
ut, ré, mi, fa, sol, la, si, par 1, 2, 3, 4, 5,
6, 7. Il suppose l'étendue générale des voix et
des instruments renfermée dans quatre oc-
taves. La première octave est exprimée par
chiffres suivis d'une virgule ; la seconde, par
les chiffres simples, 1 -2 -3- 4, etc.; la troi-
sième, par les mêmes chiffres suivis d'un
point; et la quatrième, parles chiffres suivis
d'un point et virgule. L'objet principal du sys-
tème était le plain-chant, car, l'auteur avoue
(p. 21), qu'il était médiocrement musicien;
aussi n'a-t-il pensé qu'à représenter les demi-
tons du troisième au quatrième degré, et du
SOUHAITTY — SOUSSMANN
septième à la ionique, par un 3 et par un
7 barrés; quant aux dièses et aux bémols ac-
cidentels, il ne s'en est pas occupé. Pour ex-
primer la valeur des notes, le P. Sonhailly n'a
rien trouvé de mieux que de placer au-dessous
des chiffres les lettres a, b, c, d, e, f, g, h,
qui représentent de valeurs de temps décrois-
santes par 2, 4, 8, etc. A l'égard des décompo-
sitions de mesures, il n'en parle pas. Comme on
vient de le dire, celle méthode n'était réelle-
ment applicable qu'au plain-chant. L'auteur
en a reconnu lui-même l'insuffisance pour la
musique, car il dit (p. 20) : Voilà succincte-
ment ce que l'on peut dire, et toutes les in-
structions qu'on peut donner dans un essai
informe, tel qu'est celui-ci. En 1742,
J.-J. Rousseau (voyez ce nom) proposa aussi
un projet «le notation par les chiffres qu'il pré-
sentait comme préférable à ce qui est en usage.
Il développa depuis lors ce projet dans sa Dis-
sertation sur la musique moderne. Laborde
(Essai sur la musique, t. III, p. 688) assure
que la méthode de Rousseau n'est autre que celle
du Père Souhaitty, et qu'il s'en est emparé sans
indiquer la source où il l'avait prise. Il suffit
de jeter les yeux sur le système des signes du
philosophe de Genève pour voir qu'il diffère
essentiellement de celui du franciscain, quant
à l'ensemble de la conception, et qu'il n'y a
d'analogie entre eux que par la nature des
signes. Il est probable que Lahorde n'avait pas
vu le livre de Rousseau, et qu'il n'en a parlé
que d'après des notes inexactes. Au reste, le
P. Souhailly n'est, pas plus que Rousseau,
l'inventeur des chiffres employés pour la
notation de la musique; plusieurs anciennes
tablatures ont été faites au moyen de ces signes.
SOULLIER DE ROBLAIN (Ciiarles-
Si.uon-Pascal), né à Avignon (Vaucluse), le
16 avril 1797, fil ses éludes classiques jusqu'à
la rhétorique au Lycée de cette ville, et plus
tard se livra à l'élude de la musique, sous la
direction de Dubreuil, élève de Méhul. Destiné
au commerce, il s'en occupa dès l'âge de
dix-huit ans, sous la direction de son père,
négociant, puis agent de change; mais ses goûts
pour la littérature et les arts lui firent ensuite
abandonner les affaires. La plus grande partie
de la carrière de M. Soullier appartient aux
travaux littéraires étrangers à l'objet de cette
Biographie, oii il n'est mentionné que pour
ses productions musicales. Arrivé à Paris, il y
publia quelques romances avec accompagne-
ment de piano chez Pacini et chez Romagnesi,
parmi lesquelles on a remarqué : les Châteaux
en Espagne, l'Effet du regard, la f 'aise du
hameau, etc. Vers 1834, il fonda le journal de
chant intitulé :/e Troubadour normand, puis
la Gazette des Salons, journal de musique et
des modes. Après s'être marié à Paris, en 1835,
M. Soullier retourna à Avignon et s'y occupa
principalement de littérature. Parmi ses pro-
ductions en ce genre, on remarque particuliè-
ment sa Traduction en vers français des sa-
tires de Perse avec le texte en regard, etc. ;
Paris, Delaunay, 1837. De retour à Paris, en
1848, M. Soullier y a fondé plusieurs journaux
et publié divers ouvrages, au nombre desquels
est celui qui a pour litre : Nouveau Diction-
naire de musique illustré, élémentaire, théo-
rique , professionnel et complet; 'Paris,
F. Bagault, un volume gr. in-8°. En 1862, ce
littérateur musicien a fondé un journal de mu-
sique qui parait deux fois chaque mois sous le
titre : l'Union chorale de Paris, Revue mu-
sicale de la quinzaine, destinée aux sociétés
chorales ou philharmoniques de la France et
de l'étranger. Celte publication est parvenue
à sa seconde année (1864).
SOUSA-VILL ALOBOS (Mathias DE),
bachelier en droilde l'université de Coimbre,
et maître de chapelle à Elvas, en Portugal, na-
quit dans cette dernière ville, vers le milieu
du dix-septième siècle. Il a fait imprimer un
traité du plain-chant intitulé : Arle deCanto
chaô; Coimbre, 1688, in-4°.
SOUSSMANN (Henri), né à Berlin, le
23 janvier 1796, était fils d'un musicien de
cette ville, dont il reçut les premières leçons,
à l'âge de six ans, particulièrement pour le
violon ; puis il devint élève de Schrœck, bon
professeur de flûte, qui le dirigea jusqu'à l'âge
de seize ans. Par ses éludes et sa belle organi-
sation, il est devenu un des virtuoses les plus
remarquables de son temps. A l'âge de seize
ans, il entra dans la musique d'un régiment
d'infanterie, et pendant les années 1813 et
1814, il fit, en cette qualité, les campagnes
contre la France. Après avoir reçu son congé,
il voyagea pour donner des concerts, et se
rendit en Russie. Après avoir été longtemps
première flûte du Grand-Opéra de Péters-
bourg, il eut, en 1836, le titre de directeur de
musique du Théâtre-Impérial. Il est mort à
Pélersbourg, au mois de mai 1848. On a pu-
blié de sa composition : 1°Qualuorpourquatre
flùles, op. 5; Berlin, Lischke. 2° Thème varié
pour flùle avec quatuor, op. 3; Leipsick, Breit-
kopf et Hsertel. 5° Pot-pourri pour flûte et
violon, avec violon, alto et basse, op. 7; Ber-
lin, Lischke. 4° Duos concertants pour deux
flûtes, op. 2, 4 et 24; Berlin, Lischke; Lcip-
SOUSSMANN — SOWINSKI
sick, Breilkopf cl Haertel. 5° Sérénade pour
flûle et guitare, op. 6; ibid. 6°Concerlino pour
flûte et orchestre; Mayence, Schott. 7° Deux
quatuors pour quatre flûtes, Hambo.urg, Schu-
bert et Niemeyer. 8° Trio concertant pour
deux flûtes et piano, op. 30; L?ipsick, Hof-
meisler. 9° Grande fantaisie pour flûle et
piano, op. 28; Leipsick,Hofmeister. 10° Vingt-
quatre études pour flûte, dans tous les tons,
op. 55; Hambourg, Schubert. 11° Trente
grands exercices ou études dans tous les
tons, en deux parties; Mayence, Schott.
12° Méthode pratique de flûte en quatre ca-
hiers, op. 54; Hambourg, Schubert.
SOUTH (Robert)', chanoine de l'église du
Christ, à Oxford, naquit en 1633, à Hackney,
dans le Middlesex, et mourut le 8 juin 1716.
Tour à tour vendu à tous les partis qui, de son
temps, agitaient l'Angleterre, et les trahissant
après les avoir flattés, il a laissé une mémoire
peu honorée. Il était encore à l'université
d'Oxford, lorsqu'il publia un petit poème latin
intitulé : Musica incantans , sive poema
exprimons musicx vires; Oxonii, 1655,
in-4°.
SOWINSKI (Albert) , d'une noble et
ancienne famille polonaise, est né vers 1803,
à Ladyzyn, dans la partie méridionale de
l'Ukraine. Après avoir passé paisiblement les
premières années de sa jeunesse, occupé de
l'étude du piano, il se rendit à Vienne, et de-
vint élève de Charles Czerny et de Leides-
dorf pour cet instrument. Le chevalier de Sey-
fried lui donna des leçons de composition, et il
étudia l'instrumentation sous la direction de
Gyrowetz. L'amitié de Hummel, de Moscheles,
de Schubert et de l'abbé Stadler ne fut pas
étrangère à ses progrès, car il reçut de ces ar-
tistes distingués d'utiles conseils. Après deux
années de séjour dans la capitalede l'Autriche,
Sowinski partit pour l'Italie, visita Rome et
Naples, puis se rendit à Paris, où il arriva en
1830, et où il s'est fixé. Il s'y est fait entendre
dans plusieurs concerts, et y a publié beaucoup
de compositions pour son instrument. Pendant
plus de trente ans, il s'est livré à l'enseigne-
ment du piano dans cette grande ville, et y a
été compté parmi les meilleurs maîtres pour
cet instrument. En 1841, il a fait exécuter à
Paris une ouverture de sa composition, et dans
l'année suivante, une symphonie qui a pour
litre : la Fatalité. Dans l'été de 1842, il a fait
un voyage à Londres, et y a joué dans plusieurs
concerts. De retour à Paris, il s'y est livré de
nouveau à l'enseignement. M. Sowinski a pu-
blié beaucoup de compositions de différents
genre, dont les principales sont : 1° Six mor-
ceaux religieux à deux, trois et quatre voix
avec orgue, op. 57; Paris, Chaillot. 2° Messe
solennelle à trois parties et deux chœurs, avec
orgue, op. 61 ; ibid. 3° Feni Creator à trois
voix et orgue; Mayence, Schott. 4° Messe
brève à quatre voix avec orgue, op. 71 ; Paris,
Canaux. 5° Saint Adalbert, oratorio en trois
parties, à quatre voix, solos, chœurs et or-
chestre, op. 66. Partition de piano et de chant;
Paris, Rrandus. 6° Six motets à deux, trois et
quatre voix avec orgue, op. 80; Londres,
A. Novello. 7° Ouverture de la Reine Hed-
wige à grand orchestre; Paris, chez l'auteur.
8" Symphonie en me mineur à grand orchestre,
op. 62; en partition, chez l'auteur. 9° Ma-
zeppa, ouverture à grand orchestre, op. 75, à
Paris, chez l'auteur. 10° Grand rondo sur le
Maçon, pour piano et quatuor, op. 9; Paris,
Schœnenberger. 11" Variations de concert sur
un thème de Mayseder, avec orchestre, op. 14;
Paris, Pacini. 12" Grande polonaise pour
piano et quatuor, op. 16; Paris, Launer.
13" Air des Légions polonaises, piano, chant
et orchestre, op. 31; ibid. 14° Variations de
concert pour piano et orchestre sur le duo des
Puritains, op. 48. 15" Trio (en ré majeur)
pour piano, violon et violoncelle, op. 76.
16" Rondeau brillant sur un duo du Maçon,
d'Auber, op. 2; Vienne, Cappi. 17° Variations
sur un air favori de la Dame blanche; Vienne,
Leidesdorf. 18° Rondo pastoral sur une strophe
de Masaniello, op. 8 ; Milan, Ricordi. 19° Va-
riations brillantes sur un air polonais; ibid.
20° Vingt-quatre préludes et exercices dans
tous les tons majeurs et mineurs; Paris, Pa-
cini. 21° La Parisienne, marche nationale
variée, op. 25; Leipsick,Hofmeister. 22" Mor-
ceau de salon, variations et rondo sur un
thème original, op. 26; ibid. 23" Grand con-
certo pour piano et orchestre, op. 36; Paris,
Schlesinger. 24° Fantaisie sur une cavatine
chantée par Rubini, op. 34; Pacini. 25" Idem
sur un trio de la Juive, par Halévy, op. 40;
Paris, Schlesinger. 26° La Mer, fantaisie sur
la Prière du marin, dans l'Eclair, op. 45 ;
ibid. M. Sowinski a publié aussi beaucoup
d'autres morceaux détachés pour piano seul,
sur des thèmes d'opéras , douze grandes
éludes, op. 60; Paris, Chaillot, et de petits
morceaux de salon dans les formes de l'époque
actuelle. Il a beaucoup de compositions iné-
diles, parmi lesquelles on remarque: Lenore,
drame lyrique en deux actes, d'après la bal-
lade de Burger, et Le Modèle, opéra comique
en un acle, de M. de Saint-Georges, non re-
i-i
SOWINSKI — SPALLETTl
présenté. On a île cet artiste laborieux un ou-
vrage intitulé : les Musiciens polonais et
slaves anciens et modernes; Dictionnaire
biographique des compositeurs, chanteurs,
instrumentistes , luthiers , constructeurs
d'orgues, etc. ; précédé d'un résumé de l'his-
toire de la musique, etc.; Paris, Adrien Le-
clereel C e . 1 857 , un volume gr. in-8° de cinq
cent quatre-vingt-dix-neuf pages. J'ai tiré de
ce volume des renseignements utiles pour la
biographie de plusieurs artistes polonais. On
doit aussi à M. Sowinski la publication d'un
recueil de chants nationaux et populaires de la
Pologne; Paris, 18-30, des articles historiques
sur la musique dans le même pays, publiés
dans]a Revue musicale de l'auteur de cette no-
tice, et des recherches sur la musique popu-
laire et le théâtre en Pologne, insérées dans
la Pologne illustrée, de M. Chodzko.
SOZZI (François), violoniste, né à Flo-
rence, vers 1765, fut élève de Nardini. Après
avoir été attaché quelque temps à la chapelle du
grand-duc de Toscane, l'invasion de l'Italie
par les armées françaises l'obligea à s'en éloi-
gner pour aller chercher une position en Alle-
magne. En 1 80 1 , il était premier violon à Augs-
bourg. Il se rendit ensuite à Vienne, visita la
Hongrie, la Pologne et la Russie, puis retourna
en Allemagne, en 1811. Depuis celte époque,
on n'a plus eu de renseignements sur sa per-
sonne. On connaît de Sozzi les productions
suivantes : 1° Dix-huit variations sur trois airs
italiens, pour violon avec basse, op. 3; Augs-
bourg, Gombart. 2° Quatuor pour flûte, violon,
alto et basse, op. 4; ibid. 5 U Trois duos pour
deux violons, op. 6; ibid.
SPADA (Jacques-Philippe), prêtre véni-
tien, élève du maître Vol pe {voyez ce nom),
fut admis dans la chapelle ducale de Saint-
Marc, à Venise, en qualité de chanteur, le
fi septembre 1673. Le 16 janvier 1678, il suc-
céda à son maître, comme organiste du second
orgue, dans la même chapelle, et le 6 août 1690,
il passa au premier orgue. Il mourut à Venise,
en 1704. Aucune composition de cet artiste
n'est connue jusqu'à ce jour.
SP,ŒTH (Jean-Adam), facteur d'orgues,
de clavecins et de pianos, qui a eu de la celé
brité dans la seconde moitié du dix-huitième
siècle, vécut à Ratisbonne. Il a construit le bel
orgue de la cathédrale «le cette ville. Ses pianos
étaient exportés dans toute l'Europe, et luttaient
de réputation avec ceux de Stein. Spselh est mort
en 1816, dans un âge très-avancé.
SP/ETH (André), né le 9 octobre 1792, à
Kossach, près de Cobourg, apprit les éléments
de la musique dans l'école de ce lieu, et montra
de si heureuses dispositions pour cet art dans
son enfance, qu'il composait des cantates, des
motets et des chœurs, sans avoir reçu de leçons
d'harmonie d'aucun maître. En 1810, il entra
dans la chapelle du prince de Cobourg, et y
apprit la basse continue sous la direction de
Grumlich, musicien de la chambre du prince.
Pendant les années 1814 et 1815, Spœth s'oc-
cupa exclusivement de la composition de mar-
ches et de morceaux d'harmonie pour les corps
de musique militaire. En 1816, il suivit son
prince à Vienne, et y prit des leçons de com-
position de Riotte. De retour à Cobourg. il
publia des compositions de différents genres
chez André, d'Offenhach , et Scholt, de
Mayence. En 1822, il accepta la place d'orga-
niste à Morges, petite ville du canton de Vaud,
en Suisse, et l'occupa pendant onze ans; puis
il se rendit à Neuchâtel, en 1833, et depuis ce
temps il y a occupé les places de directeur de
musique, de professeur de chant au collège, et
d'organiste de la ville. Il est aujourd'hui maître
de chapelle de la cour de Saxe-Cobourg. Spseth
a écrit pour le théâtre de Cobourg : Ida de
Hosenau, représenté en 1821; Elise, en 1833;
l'Astrologue, à l'automne de 1837, et Omar
et Sullana, en 1842. Il a aussi composé la
musique de plusieurs ballets, les oratorios Die
Auferstehung (la Résurrection) Saint Pierre,
et Judas Iscariote, des psaumes, des cantates,
un Te Deum, et des chants pour des voix
d'hommes. Ses compositions instrumentales et
vocales sont au nombre de plus de cent ; dans
ce nombre, on remarque : l°Ses pièces d'har-
monie, œuvres 52, 54 et 93; Offenbach, André.
Le dernier de ces ouvrages est une scène pas-
torale suisse pour harmonie complète, dont le
mérite est remarquable. 2° Quatuors pour
deux violons, alto et basse, op. 95 et 107;
Mayence, Schott. 3° Symphonie concertante
pour deux clarinettes et orchestre. 4" Des
airs variés pour violon et clarinette, avec or-
chestre ou quatuor. 5° Nonetto pour in-
struments à cordes et à vent. 6° Beaucoup de
fantaisies et de variations pour le piano. Son
dernier ouvrage est une messe pour quatre
voix avec les instruments à vent, dédiée au
Conservatoire de Bruxelles.
SPALLETTl (Raphaël), compositeur na-
politain, élève de Sala, vécut dans la seconde
moitié du dix huitième siècle. On trouve de sa
composition dans la bibliothèque du conserva-
toire de Naples : 1° Caino ed Abele, oratorio.
2° Lamentazioni del giovedï santo per so-
prano, viole, violoncello e basso.
SPANGENBERG - SPARRE
SPANGENBERG (Jean), magister, puis
surintendant à Eisleben, naquit en 1484, à
Hardeysen, près de Gœtlingue, et devint
d'abord pasteur à Slollberg, puis prédicateur
de Saint-Biaise à Nordhausen. Il est mort
dans cette situation le 15 juin 1550. Il a
écrit un petit traité élémentaire de musique
pour l'usage de l'école de ce lieu , sous ce
titre : Quxstiones musicx in usum scholx
Northusianx collectai: Nuremberg, 1536,
in-12. Il y a une édition de ce livre publiée à
Wittenberg, chez G. Rhaw, sans date, petit
in-8° de cinq feuilles : c'est vraisemblablement
la première. Il y a aussi une édition imprimée
chez Georges Hentzch, à Leipsick, en 1555,
petit in 8° de cinq feuilles- Ce livre a été réim-
primé à "Wittenberg, en 1542, quatre-vingts
pages in-8»; à Leipsick, en 1544, 1547, 1561,
in-8°; à Cologne, 1579, in-8°, et dans la
même ville, 1592, in-12. Spangenberg est
le même que Gerber et Choron et Fayolle
ont nommé Spang , d'après le catalogue
des livres de musique de Breitkopf (p. 55).
Outre l'ouvrage cité ci-dessus , on a de
Spangenberg : 1° Kirchengesxnge auf aile
Sonntage und furnehmsten F este , nebst
Evangelien, Episteln und Collectai, etc.,
mit musikalischen Noten, lateinisch und
deutsch (Chants d'église pour tous les diman-
ches et jours de fête, etc.); Wittenberg, 1545.
2° Gedanken von allerhand geistlichen Kir-
chengesxngen; Wittenberg, 1545, in-8°.
5° Zwolff christliche Lobgesxnge und Leis-
sen {?), so man das Jar (sic) uber, inn der
Gemeine Goltes singt,auffskurtzteausgelegt.
Le même ouvrage a été réimprimé avec des
textes latins, sous ce titre : Hymni ecclesias -
tici duodecim, summis festivitatibus ab
ecclesia solemniter cantari soliti, annotatio-
nibus explanati . Auclore M. JohanneSpan-
genbergio. Recens è germanico sermone
latine redditi, per Reinardum Lorichium
Hadamarium ; Francofurli apud Chr. Ey-
molphum, 1550, petit in-8°.
SPANGENBEKG (Cyriac), fils du précé-
dent, théologien et historien, né à Nordhausen,
le 17 janvier 1528, mourut à Strasbourg, le
10 février 1604. Il a laissé en manuscrit un
ouvrage qui a pour titre : Von der edlen unnd
hochberiihmten Kunst der Musica, unnd de-
ren Annkunfft, Lob, Nutz unnd Wirckung ,
auch wie die Meistersinger auffkhommenn
volckhommener Bericht : zu dienst unnd
ehren der lœblichen unnd ehrsamen GeseU-
schaft der Meistersinger, in der lœblichen
freyenReichsstatt Slraszburg .geste! let durch
M. Cyriacum Spangenberg. im Jalir Christi
M. D. XCVIII. (Du noble et .célèbre art de
la musique, son origine, son éloge, son utilité,
ses effets, etc.). Ce manuscrit est dans la bi-
bliothèque de la ville de Strasbourg. Joechep
attribue cet ouvrage à Wohlfarth Spangenberg,
fils de Cyriac; mais le titre même du manu-
scrit prouve son erreur. Cet intéressant ou-
vrage, plein de recherches et d'érudition, a été'
publié en 1861, par les soins de M. Adalbert
de Relier, professeur ordinaire de l'université
de Tubinge, dans la bibliothèque de la société
littéraire de Stuttgart (Bibliothek von littera-
rischen Vereins in Stuttgart) n° lxii ; Stutt-
gart, Colla), sous ce titre : Cyriacus Span-
genberg von der Musica und den Meister-
sxngern, herausgegeben durch, etc. ; gr.
in-8° de cent soixante-douze pages. Il existe
aussi de Spangenberg un livre qui a pour
titre : Mag. Cyr. Spangenberg Cithara Lu-
theri. Erfurt, 1569, in-4°.
SPANHEIM (Ézéchiel), célèbre philo-
logue, né à Genève, le 7 décembre 1629, fit
ses éludes à Leyde, fut d'abord gouverneur du
fils de l'électeur Palatin, à Heidelberg, puis
il remplit des fonctions diplomatiques pour le
même prince, en Hollande et en Angleterre,
et pour l'électeur de Brandebourg, en France.
II mourut à Londres, avec le litre d'ambassa-
deur du roi de Prusse, le 7 novembre 1710.
Au nombre de ses savants ouvrages, on trouve
des notes sur Callimaque, insérées dans l'édi-
tion des œuvres de ce poëte, publiée par Grœ-
vius, à Utrecht, en 1697, en 2 volumes in-8°.
Elles renferment des recherches intéressantes
sur les instruments de musique des an-
ciens.
SPARACCIOIVI (Jean-Georges), né à
Monte-Cosaco, dans les dernières années du
seizième siècle, fut organiste de l'église Sainte-
Euphémie de Vérone. On connaît de sa com-
position : 1° Salmi per i Vespri a quattro
voci; in Venetia, app. Aless. Vincenti,
1625. 2° Brève corsi di Concerti o Mottetti a
una, due, tre et quattro voci, op. Z\ibid.,
1650, in -4°.
SPARONO (François), compositeur sici-
lien, vécut à Naples, vers 1780, et y fit repré-
senter, au théâtre du Fondo:\° D Ammalata
per apprensione, farce en un acte. 2° La
Nolte di carnavale, opéra bouffe en un acte.
5° Lo Stipo maggico, opéra bouffe en deux
3CtCS.
SPARRE (Nicolas), surnommé HIER-
SINGIUS, parce qu'il était né dans le vil-
lage de Hiersing, en Danemark, au commen-
SPARRE — SPATARO
cernent du <lix-huilième siècle, a pnlilié une
dissertation intitulée : De Musica ac Cilhara
Davidica e jusque effectu; Ha faix, 1753,
in-4° de dix pages.
SPAIlllY (FttANCOis), chanoine régulier,
né à Grœiz (Slyrie), le 28 avril 1715, apprit la
musique comme enfant de chœur chez les Bé-
nédictins d'Aimonl, où il fit aussi ses études
littéraires. En 1736, il entra au monastère de
Kremsmunster, et après un noviciat de sept
années, il y fut ordonné prêtre. Il obtint bien-
tôt après de ses supérieurs de se rendre en
Italie pour y perfectionner son talent de musi-
cien, et visita Milan, Venise, Naples et Rome,
qui l'intéressa surtout et où il fit un long sé-
jour. Il s'y livra à de sérieuses étudesde contre-
point et devint un savant composi leur. De retour
dans sa patrie, il écrivit un grand nombre de
morceaux d'église, dans les formes du contre-
point douhle, pour lesquelles il avait un pen-
chant décidé, un Pange Linqua d'un mérite
remarquable, une collection de cantiques, et
quelques airs pour le théâtre. Le P. Sparry
mourut dans son monastère, le 5 avril 1767.
SPATAIIO ou SPADARO, en latin
SPADAIUUS(jEA!*),né à Bologne, vers 1460,
eut pour premier métier celui de fabricant de
fourreaux d'épée, s'il faut en croire Gafori,
qui eut avec lui de vives discussions. Si l'on
considère toutefois l'instruction solide qui
brille dans les ouvrages de Spataro, non-seu-
lement en ce qui concerne la musique, mais
dans les mathématiques, la philosophie et la
langue latine, il est permis de révoquer en
doute ce fait, peut-être inventé par la haine.
Quoi qu'il en soit, Spalaro devint élève de
Ramis de Pareja (coyez ce nom), lorsque ce
théoricien espagnol alla ouvrir des cours de
musique à Bologne, en 1482, et fut par la suite
le plus ferme soutien de sa doctrine. Spalaro
ne fut sans doute pas moins hahile dans la
pratique de l'art que savant dans sa théorie,
car nous voyons (dans un catalogue chronolo-
gique des mailres de chapelle deSaint-Pélrone
de Bologne, tiré par l'abbé Baini des notices
manuscrites de Pitoni concernant les an-
ciens contrepointistes) qu'il occupa cette
position depuis 1512 jusqu'à sa mort, arrivée
en 1541.
La publication du livre de Ramis intitulé :
De Musica Traclalus, sive Musica practica
(Bologne, 1482, in-4°), avait donné naissance
au virulent pamphlet dirigé contre l'auteur
par Burci (voyez ce nom). Spataro crut devoir
prendre la défense de son maître; il le fit avec
autant! de force logique que de modération,
dans l'écrit intitulé : Ad reverendissimum in
Christo Patrem, et D. D. D. Antonium
Galeuz. de Bentivolis, sedis Apostolicx Pro-
tonolarium, M. Joannis Spatari in Musica
humillimi professons ejusdem prxceptoris
honesta defensio ; in Nicolai Burtii Par-
mensis opusculum. A la fin on lit : Impresso
de l'aima ed inclita città di Bologna per me
Plato de Benedicti, régnante lo inclito ed
illustre Signore S. Johanne de Bentivogli de
l'anno MCCCCLXXXXI, a di XVI de
Marzo, in-4°. Spataro démontre jusqu'à l'évi-
dence que Burci n'a rien compris à la question
des gammes, sur laquelle il avait attaqué parti-
culièrement Ramis, et il y traite avec pro-
fondeur de la théorie du tempérament, sou-
levée par son maître, et de la nécessité de la
modération des tierces lorsque les quintes et
les quartes sont justes. Gafori critiqua celte
théorie dans le trente-quatrième chapitre du
deuxième livre de son traité De harmonica
musicorum inslrumentorum ; mais Spataro
lui adressa, au mois de février 1518, une lettre
où il relevait ses erreurs à ce sujet. Une ré-
ponse «le Gafori, remplie d'amertume et
d'ironie, amena une seconde lettre plus sévère
de Spataro, au mois de marsdela même année.
J'ai dit, en parlant de Gafori (voyez ce nom),
commenlcetlequerelles'envenima etamena la
publication du pamphlet du vieux maître de
Milan, intitulé : Apologia Franchini Gafurii
advenus Joannem Spalarium et complices
musicos Bononienses. (Impressum Taurini
per magistrum Augustinum de Vicomer-
cato, anno Domini M. D. XX., in-fol. de
dix feuillets). Quelques mois après parut une
réponse de Spataro sous ce litre : Errori
di Franchino Gafurio da Lodi, da maestro
Joanne Spatario, musico bologncse, in sua
defensione, e del suo precettore Mro. Barto-
lomeo Ramis Hispano subtilmente dimos-
trati.On lit au dernier feuillet : Impressum
Bonotiix per Benedictum Hectoris, anno
Domini M. D. XXI, die XII januarii, petit
in-4° de cinquante-deux feuillets. Quoique le
litre soit en italien, l'ouvrage est écrit en
latin. Spalaro prétend démontrer, dans ce
pamphlet (divisé en cinq parties), cent onze
erreurs répandues dans les écrits de Gafori.
Tout le monde eut tort et raison dans cette
affaire, car Gafori prouvait très-bien la réalité
du comma 80-81, mais il avait tort de ne pas
admettre le tempérament égal pour l'accord
des instruments, !e seul dont l'usage soit ap-
plicable à tous les cas de la pratique. Le der-
nier ouvrage de Spalaro csl un traité de mu-
SPATERO - SPECH
17
siquc intitulé : Traclalo di musica, nelquale
si tracta de la perfectione de la sesquialtera
producta inla musica mensurata, in-fol. de
cinquante-huit feuillets non chiffrés. An der-
nier feuillet, on lit : Impressa in Vinegia
per maestro Bernardino de Vitali el di
octavo del mese di Oltobre M. D. XXXI.
Ce livre est de grande importance pour la so-
lution d'un certain nombre de cas difficiles de
la notation proportionnelle en usage dans les
quinzième et seizième siècles. La plus grande
partie de l'ouvrage est dirigée contre Ga-
fori.
SPAVEINTA(Scipion), chanoine de Velle-
tri, né dans la seconde moitié du seizième
siècle, à Sermoneta, bourg des Etats de l'Eglise,
s'est fait connaître par un œuvre qui a pour
litre: I Sogni pastorali a quatlro voci ; in
P'enetiti, appresso Giacomo Finçenli, 1608,
in-4°.
SPAZIAI\0 (Fhançois), éditeur de la plus
ancienne colleclion de chansons et de madri-
gaux qui se chantaient dans les rues de Flo-
rence, pendant le carnaval, au commencement
du seizième siècle. Celle colleclion a pour
litre-. Canti carnascialeschi; Florence, 1529,
in-4°.
SPAZIER (Jean-Ciiarles-Gottuebï, né à
Berlin, le 20 avril 17G1 , lit ses éludes aux uni-
versités de Halle et de Gœltingue, puis reçut
sa nomination de professeur de philosophie à
Giessen, mais n'accepta pas cetle position, et
préféra s'attacher à un noble personnage de
la Weslphalie, qu'il accompagna dans des
voyages en Allemagne, en Hollande, en Dane-
mark, en Suisse et dans une partie de l'Italie.
De retour dans sa patrie, il accepta les places
de professeur et de conseiller à Neuwied ; mais
après la mort du souverain de cette petite
principauté, il retourna à Berlin. En 1796, il
obtint le diplôme de docteur en philosophie à
l'université de Halle; puis il fut pendant quel-
que temps professeur el inspecteur de l'In-
stitut d'éducation à Dessau, vécut ensuite à
Berlin, el, enfin, mourut à Leipsick, le 19 jan-
vier 1805. Spazier s'est fait connaître comme
compositeur par des chansons à voix seule
a\ec accompagnement de piano, publiées à
Leipsick, en 1781, et dont il a donné une nou-
velle édition à Dessau trois ans après; par des
chœurs à quatre voix (Leipsick, 1785), et par
«les chansons joyeuses avec piano (Vienne,
1786). On a aussi de lui des mélodies pour le
recueil de chansons de Hartr.ng (Berlin, 1793).
Il est connu surtout par quelques écrits rela-
tifs à la musique, dor.l voici la liste : 1° Frei-
muthige Gedanken liber die Galles verehrun-
gen der Protestanten (Idées libres sur la
vénération religieuse des protestants); Gotha,
1788, in-8°. Il y traite du chant du culte évan-
gélique et de la musique d'église. 2° Einige
Gedanken, JViinsche und F'orschlxge zur
Einfiihrung eines neuen Gesangbuch (Quel-
ques idées, souhaits et propositions concernant
l'introduction d'un nouveau livre de chant);
Neuwied, 1790, in-8°. 3° Etwas iiber Gluc-
kische Musik und die Oper Iphigenia in
Tauris auf dem Berlinischen Nalional-
thealer (Sur la musique de Gluck et l'opéra
•Vlphigénie en Tauride au Théâtre-National
de Bei lin); Berlin, 1795", in-8°. 4° Cari Pilgers
Roman seines Lebens, von ihm selbst ge-
schreiben, elc. (Roman de la vie de Charles
Pilger, écrit par lui-même); Berlin, 1792-1796,
trois volumes in-8°. Ce roman a pour base les
événements de la vie de Spazier lui-même;
il est rempli de considérations sur la mu-
sique. 5° Berlinische musikalische Zeitung,
historischen und kritischen lnhalts (Ga-
zette musicale de Berlin, etc.); Berlin, 1794,
in-4" de deux cent dix pages. Ce journal n'a
pas élé continué. 6° Rechtfertigung Mar-
purg's und Erinnerung an seine Ferdienste.
Auf Feranlassung eines Aufsatzes des
Herm Schultz (Justification de Marpurg et
souvenir de son mérite, à l'occasion d'un écrit
de M. Schultz), dans la Gazette musicale de
Leipsick, t. II, p. 553, 569 et 59ô. 7° Ueber
den Folksgesang (Sur le chant populaire),
même journal, t. III, p. 78, 89 et 105. Spa-
zier a aussi traduit en allemand le premier vo
lume des Mémoires de Grélry sur la musique,
sous ce titre : Gretrg's f'ersuche iiber die
Musik; Leipsick, 1800, in-8°. Il a élé l'édi-
teur de la vie de Dilters de Diltersdorf (voyez
ce nom).
SPECH (Jean), pianiste et compositeur,
naquit à Presbourg le 6 juillet 1768. Après
avoir étudié les éléments de la musique à Ofen,
il se rendit à Vienne, où il recul des leçons de
bons maîtres pour le piano et la composition,
puis il se fixa à Festh, en 1804, en qualité dé-
maille de chapelle. Plus lard, il e-nlra au ser-
vice du baron de Pudmaniezky, dans la même
\ille. En 1816, il fit un voyage à Paris, y pu-
blia quelques-unes de ses compositions, puis
retourna dans sa pairie et se fixa à Vienne.
On a gravé de sa composition : 1° Quatuors
pour deux violons, allô et violoncelle, op. 2,
1.9 el 22, Vienne, Haslinger et Mollo. 2° So-
nates pour piano, violon et violoncelle, op. 1 ;
Vienne, Arlaria. 3° Trois fugues pour trois
SPECH - SPEER
violons, allô et violoncelle, op. 3; ibid. 4° So-
nates pour piano et violon, op. lOel 12; Vienne,
Haslinger. 5" Sonates pour piano seul, op. 4;
Vienne, ( Artaria.6 n Fantaisie etcaprice, idem,
op. 15; Vienne, Haslinger. 7° Thème avec va-
riations, op. 5; ibid. 8° Fugues à quatre mains;
ibid. 9" Chansons allemandes à deux et trois
voix, avec accompagnement de piano, -op. 7;
ibid. 1 0° Chants à quatre voix d'hommes, op. 37;
Vienne, Czerny. On connaît aussi de Spech
deux opéras allemands, quelques ouvertures,
un oratorio, des cantates d'église, une messe,
un Veni Scinde Spirilus, et quelques autres
compositions en manuscrit. J'ignore la date
de la mort de cet artiste ; il vivait encore à
Vienne, en 1834.
SPECK (Jean Guillaume Gu.nther), ama-
teur distingué, naquit à Sondershausen, le
16 juillet 1751. Attaché à la cour du prince de
Schwarzbourg par plusieurs emplois, il cultiva
la musique avec succès, et posséda une belle
collection d'œuvres pratiques des grands
maîtres, d'ouvrages d'histoire de l'art et de
critique, ainsi que plus de mille portraits de
musiciens. Il mourut à Sondershausen, le
8 décembre 1797, laissant en manuscrit un
livre en deux volumes in-4", intitulé: Archiv
der Tonuissenschafl (Archives de la science
musicale), qui n'a pas été publié.
SPECKHUIVS (Chrétien), musicien alle-
mand, vivait vers la fin du dix-septième siècle.
Il n'est connu que par les deux ouvrages sui-
vants : 1° Jnstructio generalis oder griind-
liclier Unterricht von dem Generalbass , in
2 Theils verfasset (Instruction fondamentale
sur la basse continue, etc.); Francfort, 1682.
2° J/armonischer Scelen-f rende, Erster Theil
bestehend in 12 geistliche Concerten, mit 1,
2, 3, A, 5 vocal Stimmen nebenst etlichen
Instrumentai (Joieharmoniquede l'âme, pre-
mière partie, consistant en douze concerts spi-
rituels à une, deux, trois, quatre et cinq
voix, etc.) ; ibid., 1682.
SPEE (Frédéric), cantor de l'église pro-
testante de Cologne, vers le milieu du dix-
septième siècle, est connu par un recueil de
mélodies pour les cantiques à l'usage de cette
église, qu'il a fait imprimer sous ce titre : Der
Trutz Nachtigall's (la Volière du rossignol);
Cologne, 1660, in -12. Ce recueil est devenu
fort rare.
SPEEll (Daniel), savant musicien, né à
Breslau, vers le milieu du dix-septième siècle,
fut d'abord fifre de la ville, puis fut appelé,
vers 1680, à Gœppingen, dans le duché de
Wurtemberg, en qualité de professeur sup-
pléant de l'école latine, et de cantor. Douze
ans après, il alla remplir les fonctions de can-
tor à Waiblingen. On ignore l'époque de sa
mort. Ce musicien a fait imprimer de sa com-
position un recueil de cantiques à cinq voix,
deux violons et basse continue, pour être chan-
lés depuis l'Avenl jusqu'à la Trinité, sous ce
titre : Evangelischen Seelen-Gedanken (Pen-
sées de l'âme évangélique); Stuttgart, 1681,
in-4°. On connaît aussi sous son nom :
1° Recens fabricatus labor, oder die luslige
Tafel-musik, mil 3 vocal, und 4 instrumen-
tal Stimmen (Musique joyeuse de table, à trois
voix et quatre instruments); Francfort, 1686,
in-fol. 2° Livre choral avec clavecin ou orgue;
Stuttgart, 1692, in-4°. 3° Jubilum Cœleste,ou
airs religieux, à deux voix de dessus et cinq
instruments; Stuttgart, 1692, in-4°. A Philo-
mela-Angelica, motels à deux voix et cinq in-
struments; ibid., 1693, in-4". Speer est connu
particulièrement par un traité général de mu-
sique dont la première édition a pour litre :
Grundrichtiger, kurz, leicht und nœthiger
Unterricht der musikalischen Kunst (Instruc-
tion exacte, concise, facile et nécessaire de
l'art musical); Ulm, 1687, in-8° de cent qua-
rante-quatre pages. Plus tard, il refondit en
entier cet ouvrage, et en publia une deuxième
édition intitulée : Grundrichtiger, kurz,
leicht und nœthiger, setz Wohl-vermehrter
Unterricht der musikalischen Kunst, oder
vierfaches musikalisches Kleeblatt ,tcorinnen
zu erschen, wie man fjiglich und in kurlzer
Zeit : \"Choral- und Figurai -Singen;%oDas
Clavier und Generalbass tractirèn; 3" Aller-
hand Instrumenta grei/fen und blasen
lernenkan; 4° Focaliter und Inslrumenta-
liter componiren soll lernen (Instruction
exacte, concise, facile, nécessaire et considé-
rablementaugmenléede Part musical, outrèfle
musical à quatre feuilles, par lequel on peut
apprendre en peu de temps : 1° Lechanl cho-
ral et figuré; 2° le clavecin et la basse conti-
nue; 3° toute espèce d'instruments à clavier, à
cordes et à vent; 4° à composer pour les voix et
pour les instruments); Ulm, 169", in -4° obi.
de deux cent quatre-vingt-neuf pages. La pre-
mière partie seule, concernant les éléments de
la musique, est à peu près semblable dans les
deux éditions; la seconde et la quatrième, re-
latives au clavecin, à la basse continue et à la
composition, sont absolument différentes, et la
troisième, où il est Irailé des instruments, est
enrichie, dans la seconde édition, d'un grand
nombre d'exemples qui manquent dans la pre-
mière. Le livré de Speer est une des meilleures
SPEER — SPERANZA
79
sources pour l'hisloire de la musique instru-
mentale au dix-septième siècle. Dans la
deuxième édition, il a donné ]les titres de six
recueils de compositions pour l'église qu'il se
proposait de publier, mais qui ne semblent pas
avoir été mis au jour.
SPEIDEL (Jean-Christophe), pasteur el
surintendant à Waiblingen, dans le "Wurtem-
berg, vécut au milieu du dix-huitième siècle.
Il est railleur d'un petit écrit intitulé : Un-
terwerfliche Spuren von der alten Davidi-
sclien Singhunst ?iacli ihren deutlich unter-
scheidenen Stimmen, Tœnen, Noten, Taht
und Rcpetilionem, mil eincn Exempel za
einer Probe, etc. (Recherches concernant
l'ancien art du chant de David, etc.); Stuttgart,
1740, in-4° de quarante-huit pages. L'auteur
y traite de la musique des Hébreux en sept
chapitres, et soutient l'opinion que léchant des
psaumes était à l'unisson et à l'octave. Il donne
en preuve de ses assertions sur la forme de la
mélodie, le rhylhme et la disposition des voix,
un exemple tiré du 46 e psaume à quatre par-
ties, qui a été rapporté par Forkel, dans le
premier volume de son Histoire de la musique
(liage 157). Tout cela n'a de fondement que
dans la tête de Speidel, assez ignorant d'ail-
leurs en ce qui concerne l'histoire de la mu-
sique.
SPEIER (Wilhelm), violoniste et compo-
siteur, fils d'un négociant de Francfort, naquit
dans cette ville en 1790. Ses maîtres de violon
furent Nenninger, à Mayence, puis Fraenzl,
et enfin Paul Thierrot, de Leipsick. Il apprit
la composition à Offenbach, chez André. Ayant
fait un voyage à Paris, il y reçut quelques le-
çons de Baillol, puis il devint élève de Spohr.
On a deSpeierenviron soixante-quinze œuvres,
dont le plus grand nombre se compose de
Lieder à voix seule avec accompagnement de
piano, ou de chants pour des choeurs d'hommes.
Dans sa musique instrumentale, on remarque
des duos pour piano et violon, fantaisies, ca-
prices, variations, quelques petites pièces pour
piano seul, el des duos pour flûte et violon.
Speier vivait encore à Francfort en 1856, et y
jouissait d'une certaine autorité musicale.
SPEIER f'oyez SPEYER.
SPENCER (Jean), ecclésiastique anglais,
né à Boclon, dans le comté de Kent, en 1630,
fit ses études à l'université de Cambridge, et
fut successivement recteur à Lundbeach ,
archidiacre à Sudbury et diacre de l'église
d'Ely. Il mourut à Cambridge, le27 mai 1695.
La première édition de son livre intitulé : De
Legibus Hebrœorum ritualibus cl earum ra-
lionibus libri très, parut à Cambridge, 1685.
On en a fait d'autres bonnes éditions à La
Haye, 1686, deux volumes in-4°, et à Leipsick,
1705, deux volumes in-4°. Spencer y a traité
de l'usage de la musique dans la célébration
de l'office divin chez les Hébreux (chapitre III e
du quatrième livre). Ce chapitre a été inséré
par Ugolini dans son Trésor des antiquités
sacrées (tome XXXII, pages 556-570).
SPENCER (Sarah). Sous ce nom d'une
dame inconnue, on a publié un livre élémen-
taire intitulé : An Introduction to Harmony
(Introduction à l'harmonie); Londres, 1810.
SPENCER (Charles), professeur de piano
et de chant à Londres, naquit dans cette ville,
en 1797, et y vivait en 1855. On a de lui un
livre intitulé : Eléments of pructical Music ;
Londres, 1829, in-8°.
SPENGLER (Lazare), né le 13 mars
1479, à Nuremberg, mourut dans la même
ville, le 7 septembre 1534. Il est compté parmi
les premiers compositeurs de mélodies des
livres chorals de l'Église réformée.
SPERANZA (Alexandre), abbé napoli-
tain, né à Palma, dans le diocèse de Nola, en
1728, fil ses études musicales au Conservatoire
de San-Onofrio, sous la direction de Durante,
puis il entra dans les ordres, et fut maîlre de
chapelle de plusieurs maisons religieuses de
Naples. Aussi bon maître de chant que de
contrepoint, il a formé des élèves distingués
au nombre desquels sont Zingarelli etSelvaggi.
L'abbé Speranza mourut à Naples, le 17 no-
vembre 1797. On trouve de sa composition
dans la bibliothèque du Conservatoire de
Naples : 1° Christus et Miserere, à quatre
voix avec basse continue. 2°LaPassion d'après
saintMathieu,à quatre voix et basse continue.
5° La Passion d'après saint Jean, idem. 4" Le-
çons pour le samedi saint, idem. 5° Solfèges
pour soprano el basse.
SPERANZA (Antoine), compositeur dra-
matique, né dans le Piémont, vers 1816, fit
ses éludes musicales au collège San Pietro à
Majella, de Naples. Son début dans la carrière
de compositeur eut lieu au mois de décembre
1836, au théâtre Nuovo, par l'opéra Gianni
di Parigi, dont le succès eut peu d'éclat, et
qui ne réussit pas mieux à Gênes, dans l'année
suivante. / due Figaro, opéra joué à Naples,
en 1838, obtint ensuite les honneurs de la re-
présentation sur la plupart des théâtres de
l'Italie, et même en Espagne et en Russie,
mais avec des chances diverses de succès et de
chutes. En 1840, Speranza écrivit à Turin
l'Aretino, qui ne réussit pas. En 1842, il
80
SPERANZA — SPETHEN
donna dans la même ville 77 Postiylione di
Lon jumeau, qui fut joué à Lucques quelques
mois après. Appelé à Florence, en 1844, il y
composa Saiïl, qui n'eut pas de succès ; puis
il alla écrire à Naples, en 1845, Amorasuon
di lamburo. Le dernier ouvrage de cet ar-
tiste dont j'aie connaissance est l'opéra II
Mantello, joué à Turin, en 1846.
SPER ATLS (Paul), doiïl le nom allemand
était SPRETTEN, fut un des plus anciens
compositeurs de mélodiesde cantiques du culte
réformé. Il naquit le 15 décembre 1484, de
l'ancienne famille des barons deSpretten,dans
la Souabe. Après avoir fait ses éludes en
France et en Italie, où il fut gradué docteur,
il retourna dans sa patrie. Son attachement à
la doctrine de Luther lui causa beaucoup de
persécutions; mais à la recommandation du
célèbre réformateur, le margrave Albert de
Prusse le nomma prédicateur de la cour à
Kœniçsberc;, et lui accorda plus tard d'autres
dignités ecclésiastiques. Speratus mourut à
Kœnigsberg, le 17 septembre 1554. Les an-
ciennes éditions des livres chorals renferment
beaucoup de cantiques composés par lui.
SPERDUTT (A:\gelina), surnommée LA
CELESTINA, naquit à Arpino, dans le
royaume de Naples, en 1728. Douée d'une
voix admirable, elle fut mise très-jeune sous
la direction de D. Gizzi, qui lui communiqua
son excellente méthode. A l'âge de dix-neuf
ans, elle passa en Angleterre, où son talent,
ses succès, sa beauté et la pureté de ses
mœurs charmèrent lord Oxford, qui l'épousa.
Quelques années après son mariage, elle fit
un voyage en Italie, et lors de son retour, elle
mourut à Calais, vers 17G0, à l'âge de trente-
deux ans.
SPERGER (Jean), contrebassiste de la
musique de la chambre et de la chapelle du
duc de Mecklembourg, vécut à Ludwigslust,
dans la seconde moitié du dix huitième siècle,
et s'y trouvait encore en 1800. Il a publié de
sa composition : 1° Trois quatuors pour deux
violons, alto et basse, op. 1 ; Berlin, Hummel,
1792. 2° Duos pour deux flûtes; Vienne, 1792.
3° Trios pour deux flûtes et violoncelle; ibid.
Le catalogue de 'Weslphal, de Hambourg, in-
dique plusieurs symphonies à grand orchestre
et des pièces d'harmonie en manuscrit, de cet
artiste ; le catalogue de Traeg, de Vienne, cite
aussi de lui un concerto pour violoncelle, et
six trios pour deux flûtes et violoncelle.
SPERLIN (Gaspard), facteur d'orgues à
Hambourg, vers 1720, a réparé l'orgue de
l'église de Saint Pierre de cette ville, el a
construit de nouveaux instruments à Quedlim-
bourg, Rostock el Stralsund.
SPERUNG(Otiion), antiquaire et numis-
mate, né à Bergen (Norwége), en 1634, fit ses
études aux universités deRiel et dellelmstadt.
Il exerça pendant quelque temps la profession
d'avocat à Hambourg, puis il fut professeur
d'éloquence et d'histoire à Copenhague, où il
mourut le 18 mars 1715, à l'âge de quatre-
vingt-un ans. Au nombre des ouvrages de
ce savant, on trouve une dissertation inti-
tulée : De numo Furix Sabinx Tranquillinx
Aug. Imp. Gordiani III uxoris; Amster-
dam, 1688, in-8°. Sperling y a rassemblé des
détails qui ne manquent pas d'intérêt concer-
nant la lyre des anciens, ainsi que sur les ri-
valités des cilharèdes et des joueurs de flûte.
SPERLING (Jean-Pierre-Gabriel ) ,
d'abord maître de philosophie et régent du
chœur à Baulzen, puis secrétaire du magistrat,
et directeur de musique, vécut au commence-
ment du dix-huitième siècle. Les ouvrages
qu'il a publiés ont pour titre : 1° Concentus
vespertinus seu Psalmi minores per annum
A voc. 2 violinis, 5 violis seu trombonis et
basso gênerait; Budissin , 1700, in-folio.
2° Principia musiez, das ist : Grundliche
Anweisung zur Musik,voie ein Musikscholar
vom anfang instruirel und nach der Ord-
nung der Kunst oder TFissensehaft der Fi-
guralmusik soll gefiïhret und gewiesen
werden (Principes de musique, ou instruction
élémentaire, etc.); ibid., 1705, in-4° obi. de
cent quarante-huit pages. 5° Porta musica,
das, ist : Eingang zur Musik, oder noth-
wendigste Griinde ivelche einem musiklie-
benden Discipelvor aller andern zur Musik
erforderlen lehre beigebraclit und an die
Hand gegeben werden miissen, durch Frag
undAntwort (Introduction à la musique, etc.);
Gœrlilz et Leipsick, 1708, in-8° de deux
feuilles.
SPETH (Balthazar), écrivain distingué de
la Bavière, fixé à Munich, est auteur d'un livre
intitulé : Die Kunst in Italien (L'art en
Italie); Munich, 1819-1823, trois volumes
in-8°. Il y traite (troisième volume, pag. 519-
451) de la musique en Italie.
SPETHEN (Jean), organiste de la cathé-
drale d'Augsbourg, vers la fin du dix-septième
siècle, naquit à Sprinshardt, dans le Haut-Pa-
lalinat. Il a élé l'éditeur d'une collection de
pièces d'orgue où l'on trouve quelques mor-
ceaux île sa composition. Ce recueil a pour
litre : Organiscli-Instrumentalischer Kunst-
Zier- und Lust-Garlen, in 10 Toccalen,
SPETHEN — SPINDLER
Si
8 Magnificat sammt darzu gehœrigen
Prxambulis, Versen und Clausulis, nebst
5 variirten Arien filr die Orgcl; Augsbourg,
1695, in-fol.
SPEUY (Henri), organiste de Dordrecht,
né en Hollande dans la seconde moitié du
seizième siècle, s'est fait connaître par un
ouvrage qui a pour litre : Psaumes de David
mis en Tabletnre sur l'instrument des Orgues
et de VEspinetle , à 2 parties , composés
par, etc.; Dordrecht, 1610, in-fol.
SPIESS(Jean-Martin), né en Bavière vers
1715, fut d'abord professeur de musique au
Gymnase de Heidelherg, directeur de musique
et organiste de l'église Saint-Pierre, de la
même ville, puis se fixa à Berne, où il était
encore en 1766. On a publié de sa composi-
tion : 1° David'* Harfenspiel in 150 Psal-
men auf 342 Liedermelodien (Le jeu de la
harpe de David, contenant cent cinquante
psaumes avec trois cent quarante-deux mélo-
dies chorales) ; Stuttgart, 1745,in-4°. ^"Geist-
liche Liebesposaune in 342 Liedermelodien
(Le trombone d'amour spirituel, contenant
trois cent quarante-deux mélodies de canti-
ques), deux parties ibid. 3° XXVI geistliche
Arien (Vingt-six airs spirituels), première
partie; Berne, 1761, in-4°.
SPIESS (Meinrad), prieur du couvent
d'Yrsée, dans la Souabe, né vers la fin du dix-
seplièmesiècle, vraisemblablement à Kempten,
en Bavière, paraît avoir fait ses vœux au cou-
ventdes Bénédictinsdecelte ville, puis il entra
à celui de Constance, et, enfin, il fut envoyé à
celui d'Yrsée, où il fut d'abord capitulaire et
sous-prieur. Il y vivait encore en 1774, dans
un âge très-avancé. Joseph-Antoine Bernabei
avait été son maître de contrepoint. Laborieux
compositeur et savant musicien, le P. Spiess
s'est fait connaître avantageusement par les
ouvrages suivants : 1° Antiphonarium Ma-
rianum, conlinens 26 Antiphonis, Aima
Redemptoris, Ave Regina, Regina Cœli,
Salve Regina, a canto vel alto solo, cum
2 violinis et organo, op. 1 ; Kempten, 1713.
2° Cithara Davidis noviter animata, hoc
est Psalmi vespertini 4 voçum, 2 violinis,
2 violis, violone et organo, op. 2; Constance,
1717, in-fol. 5° Philomela ecclesiaslica, hoc
est cantiones sacra?, a voce sola cantante et
2 viol, cum org.,op. 3; Augsbourg, 1718.
4° Cultus latrieutico-musicus , hoc est sex
Missx fest. una cum 2 Missis de Requiem,
4 voc. ord. 2 viol., 2 v. violone et organo,
op. 4; Constance, 1719. 5° Laus Dei in
Sanclis ejus, hoc est Offertoria XX de Coin-
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
muni Sanctorum, a 4 voc. ord. 2 viol., 2 v.
violone et organo, op. 5 ; Mindelheim, 1723.
6° Hgperdulia musica, hoc est Litanix Lau-
rentanx de B. M. V. a 4 voc. 2 viol., 2 v. et
org., op. 6; Augsbourg, 1726. 7° Sonate XII
a 2 viol, violone et organo, op. 7 ; Augsbourg,
1734, in-fol. 8° Tractatus musicus composi-
torio practicus, dus ist : Musicalischer
Tractât, in welchen aile gute und sichere
Fondamenta zur Musicalischen Composition
aus denen ait- und neuesten besten Aulori-
bus herausgezogen, etc. (Traité pratique de
composition musicale, dans lequel toutes les
règles bonnes et sûres de la composition de la
musique, extraites des meilleurs auteurs an-
ciens et modernes, Sont rassemblées, etc.):
Augsbourg, 1745, in-fol. de deux cent vingt
pages, et onze pages de supplément. Cet ou-
vrage contient de bonnes choses, particulière-
ment dans les exemples de contrepoint et de
fugues; malheureusement, il est si mal écrit,
que Hiller dit dans l'analyse qu'il en a faite,
qu'il faudrait le traduire de l'allemand en
allemand.
SPIÎVA (André), guitariste italien, fixé à
Vienne, y a publié quelques pièces pour son
instrument, au commencement du dix-neu-
vième siècle, et une méthode intitulée: Primi
elementi per la chilarra, con testo ilaliano e
tedesco; Vienne, Arlaria.
SPIJXACCINO (François), le plus ancien
luthiste italien dont le nom soit parvenu jus-
qu'à nous. On lui doit les deux premiers livres
de tablature de luth publiés, en 1507, parOc-
tavien Petrucci [voyez ce nom). On trouve
l'éloge du luthiste au troisième feuillet du pre-
mier livre de tablature, sous ce litre : Chris-
tophorus Pierius Gigas Forosemproniensis
in laudem Franeisci Spinaccini. Il parait,
d'après cette pièce, que Spinaccino était né à
Fossombrone, vers le milieu du quinzième
siècle. Ses recueils de pièces pour le luth ont
pour titre : Intabulalura de Lauto libro
primo. On litaucinquant-sixième feuillet :/nj-
pressum Veneliis, per Octavianum Petru-
tium Forosemproniensem, 1507. On trouve au
deuxième feuillet : Régula pro illis qui canere
,nesciunt. Ces préceptes sont en latin et en ita-
lien. Ledeuxième livre des pièces deSpinaccino
est intitulé : Intabulatura de Lauto libro se-
condo.Ce livre est aussi composé de cinquante-
six feuillets; on lit au dernier : Impressum
Veneliis, etc.
SPIIVDLER (François-Stanislas), acteur
et compositeur, naquit à Augsbourg, en 1759.
Il débuta à la scène en 1782; en 1787, il était
G
82
SP1NDLER - SP1TZEDER-VI0
attaché au théâtre d'Inspruck, puis il chanta
sur ceux de Breslau, en 1795, et de Vienne, en
1797. Décrivit pour ces diverses villes plu-
sieurs opéras et mélodrames, parmi lesquels
on cite: 1° Caïn et Abel, mélodrame. 2° Lu
Mort de Balder, opéra. 3° V Amour dans
l'Ukraine, opéra-comique. 4° Pijrame et
Thisbé, mélodrame. 5° L'Homme merveil-
leux, opéra, paroles et musique. 6° Le Repen-
tir avant le crime, opéra. 7° Les Voyages de
Vendredi. Il mourut à Strasbourg, en 1820.
SPIINDLER (Fritz ou Frédéric), compo-
siteur et pianiste, est né le 24 novembre 1816,
à Wurzbach, dans la principauté de Reuss-
Lobenstein. A l'âge de dix-huit ans, il se ren-
dit à Dessau et y fit ses études musicales sous
la direction de Frédéric Schneider. Après six
années passées dans l'école de ce maitre, il se
fixa à Dresde, à l'âge de vingt-quatre ans. Une
symphonie de sa composition a été exécutée
dans les concerts de Leipsick. On a publié de
lui un certain nombre d'oeuvres pour le piano,
parmi lesquels on remarque : l°Rondeau pour
le piano, op. 1 ; Leipsick, Whistling. 2° Diver-
tissement pour piano, op. 3; ibid. 3° Daheim .'
pièce pour piano, op. 4 ; ibid. 4" Pensées mé-
lancoliques pour piano; Dresde, Paul. 5° Éludes
pour le doigter du piano, op. 9, en deux par-
ties ; Leipsick, Whistling, et un grand nombre
de morceaux de genre sous des litres allemands
plus ou moins prétentieux et dépourvus de sens.
SPIRIDIONE (Berthold), carme au mo-
nastère de Saint-Théodore, à Bamberg, et or-
ganiste célèbre, vécut dans la seconde moitié
du dix-septième siècle. Il a été connu en
France sous le nom du Grand-Carme, par sa
collection des œuvres des compositeurs de
l'école romaine. On a de lui les ouvrages sui-
vants qui sont Tort importants : 1° Neue und
bisdato umbekante Unterweisung , wie man
in kurzer Zeit nicht alleitt zu wolkommenen
Orgel und Instrumentschlagen, sonder auch
zu der Kunst der Composition gonzlich ge-
langenmaeht (Nouvelle instruction pour ap-
prendre en peu de temps non-seulement à
toucher de l'orgue et autres instruments, mais
aussi l'art de la composition) ; Bamberg, 1670,
in-fol. 2° Seconde partie du même ouvrage
sous le titre de Nova instructio pro pulsandis
organis , spinettis , manuchordiis, etc.;
Bamberg, 1071, in-fol. de douze feuilles. Cette
seconde partie contient deux cent quarante
variations sur sept thèmes , cinq petites
loccates, deux gaillardes et quatre courantes.
3" Troisième et quatrième partie du même ou-
vrage ; ibid., 1079, in-fol. 4° La cinquième
partie est intitulée: Musicalisclie Erlzgrubeit
bestehendin 10 neu erfundenen Tabellen mit
5 Stimmen (La mine de musique, etc.) ; ibid.,
1683, in-fol. Un choix de pièces tirées de ce
grand recueil a été publié à Venise, en 1691,
sous ce titre: Toccate, Ricercari e Canzoni
francesi intavolati da Eertoldo Spiridione.
5" jVusica Romana D. D. Foggix .Carissimi ' ,
Gratiani , aliorumque excellentissimorum
authorum, hactenus tribus duntaxat vocibus
decantata et 2 viol; ibid., 1665, grand in-fol.
6° Musica Theoliturgica 5 vocurn et 2 viol, z
ibid. , 1668, in-fol. Le style de Spiridione pa-
raîtrait vieux aujourd'hui; mais sa manière
large et élevée peut être encore étudiée avec
finit par les organistes qui veulent donner à
leur musique la dignité convenable.
SPITZEDER (Joseph), une des meilleures
basses comiques de la scène allemande, na-
quit à Bonn, en 1795. Il était fils d'un acteur
du théâtre de cette ville. Ses premiers essais
sur la scène se firent à Weimar. Après un
court séjour à Vienne, il se rendit à Berlin, et
y fut engagé au théâtre de Rœnigsladt. Sa
verve comique, plus encore que le mérite de
son chant, lui lit obtenir de brillants succès.
Après la mort de sa première femme, chan-
teuse médiocre, il épousa la cantatrice Schil-
ler, et se rendit avec elle à Munich ; mais peiv
de temps après son arrivée en cette ville, il
mourut, en 1832, à la suite d'une maladie dou-
loureuse.
SPITZEDER (Henriette), première
femme du précédent, naquit le 18 mars 1800,
à Dessau. Son nom de famille était Schiller.
Elle chanta d'abord au théâtre sur la f ienne,
dans la capitale de l'Autriche, puis fut engagée
au théâtre de Rœnigsladt, avec son mari. Elle
est morte à Berlin, le 30 novembre 1828.
SPITZEDER -VIO (Betty), seconde
femme de Joseph, est une des cantatrices les
plus agréables de l'Allemagne. Lubeck est in-
diqué comme le lieu de sa naissance dans le
Lexique ztniversel de musique, publié par
Schilling. Après avoir étudié l'art du chant
en Italie, elle fut attachée à l'Opéra allemand
:1c Vienne, et s'y fit une brillante réputation
par la légèreté de sa vocalisation et la grâce
de son jeu. En 1828, elle donna des représen-
tations au théâtre Rœnigstadt de Berlin, et y
eut tant de succès, qu'elle y fut engagée im-
médiatement après. Dans l'année suivante,
elle épousa Spitzeder et le suivit à Munich. En
1837, elle se relira de la scène, épousa un cer-
tain M. Maurer, et s'établit, à Vienne, comme
aubergiste.
SPOHN — SPOHR
83
SPOHN (Charles-Louis), né en 1812, à
An, près de Carlsruhe, fit ses éludes musicales
dans celte ville chez Girshach, puis se rendit à
Munich, .en 1852. De retour à Carlsruhe, en
1838, il fut nommé professeur de musique des
écoles de la ville, et directeur de la société
Cascilia et de la Liederkrunz. Tl est mort
dans celle position, au mois de mai 1857. On a
publié de sa composition des Lieder avec ac-
compagnement de piano; des quatuors à quatre
voix, des chœurs, et une méthode de chant à
l'usage des écoles, sous le litre de Sing-
schule.
SPOHPi (Louis), premier maître de cha-
pelle de l'électeur de Hesse-Cassel, compositeur
et violoniste célèbre. Plusieurs erreurs se sont
répandues dans les recueils biographiques
concernant la date et le lieu de la naissance de
Spohr; moi-même je les ai répétées dans la
première édition de la Biographie universelle
des musiciens. Gerber nous a tous égarés par
la notice qu'il a donnée de ce célèbre maître,
dans son Nouveau Lexique des musiciens (1),
dont le dernier volume parut en 1814. Il y est
dit que Spohr naquit à Seesen, dans le duché
de Brunswick, vers 1783. Schilling est plus
précis dans son Encyclopédie des sciences
musicales (2), car il dit que l'artiste vit le jour
à Seesen, en 1783; il a été copié par Gassner,
dans son Lexique universel de musique (S).
Cependant, dès 1811. Fayolle avait donné une
noticeexacle sur Louis Spohr (4), parvenu alors
à sa vingt-septième année, etavaitditqu'ilétait
né à Brunswick, le 5 avril 1784. Cet écrivain
m'inspirait si peu de confiance, à cause de la
multitude d'erreurs répandues dans son livre,
que je n'hésitai pas à suivre la tradition des
biographes allemands, et dans ma notice sur
le célèbre violoniste et compositeur, je le fis
naître à Seesen, près de Brunswick, le 5 avril
1783. J'eus tort, car cette fois Fayolle était
bien informé, ainsi que le démontre Spohr lui-
même, dans son autobiographie (5). Il nous
y apprend que son père, Charles Henri Spohr,
docteur en médecine, épousa ErnestineHenke,
fille d'un prédicateur de Brunswick, le 26 no-
vembre 1782. Je suis, dil-il, le premier fruit
de cette union, et je naquis le 5 avril 1784 .•
(1) Nettes historisch-biographisches Lexikon der Ton-
kiinslUr, t. IV, p. 2S7.
(2) Encyclopédie der gesammlen musikaiischer Wis-
senschaften, oderUniversat Lexikon der Tonkunst, t. IV,
p. 446.
(3) Univcrsal-Lexicon der Tonkunst, p. 793.
(4) Dictionnaire historique des musiciens , tome II,
page 331.
(3) Louis Spohr' s Selbslbiographie, t. I, p. î.
deux ans après, mon père se rendit à Seesen,
en qualité de médecin (1).
Les premières années de l'enfance de Spohr se
passèrent dans celte petite ville. Son père, grand
amateur de musique, jouait fort bien de la
flûte; sa mère avait aussi du talent sur le cla-
vecin. Les concerts de société qui se donnaient
chez ses parents éveillèrent bientôt en Spohr
le sentiment de l'art : ses heureuses disposi-
tions firent prendre à son père la résolution
de le livrer à la culture de la musique. Il fut
envoyé à.Brunswick pour y recevoir des leçons
de Maucourt, bon violoniste de la chapelle du
prince, de qui l'on a des quatuors et des con-
certos qui ne sont pas sans valeur. Sous la di-
rection de ce mailre, les progrès de Spohr
furent si rapides, qu'à l'âge de douze ans, il se
fit entendre à la cour dans un concerto de
violon de sa composition. Le duc de Brunswick,
qui avait été violoniste habiledans sa jeunesse,
s'intéressa au sort du jeune artiste, et l'attacha
à la musique de sa chapelle, en 1798 : Spohr
était alors âgé de quatorze ans. Trois ans après,
il devint élève de François Eck, à cette épo-
que le violoniste le plus renommé de l'Alle-
magne. Lorsqu'il eut atteint sa dix-huitième
année, Spohr obtint du duc de Brunswick une
pension pour accompagner son maître en
Russie.
Après dix-huit mois de séjour à Pélers-
bourg et à Moscou, il retourna à Brunswick et
s'y prépara, par de nouvelles études, au voyage
qu'il entreprit, en 1804, pour poser les bases
de sa réputation. Il parcourut la Saxe, la
Prusse, et se fit partout applaudir, non-seule-
ment comme virtuose violoniste, mais comme
compositeur, bien qu'il ne fût âgé que de vingt
ans. Le brillant succès qu'il obtint à Gotha, en
1805, lui procura l'offre de la place de maître
de concert à cette cour : il l'accepta, après
avoir obtenu l'autorisation de son prolecteur,
le duc de Brunswick.
Bientôt après, Spohr épousa mademoiselle
Dorothée Scheidler, fille d'un musicien et d'une
cantatrice du théâtre de Gotha, et qui était
alors considérée comme l'artiste la plus remar-
quable de l'Allemagne sur la harpe. En 1807, il
entreprit avec elle une nouvelle excursion dans
l'Allemagne méridionale. Arrivé à Vienne, il
y produisit une vive impression par le carac-
tère brillant et solide de son exécution, ainsi
que par le mérite de ses ouvrages. Dès ce mo-
ment, sa réputation grandit chaque année et
(I) « Ich wardas selteste kind dieser Elic und wurde
» am 3 April geborcn; zwei Jahre naclilier ward mein
» Valer als Pliysicus nacli Seesen versclzt. »
G.
84
spohr
s'élendil non-seulement dans loule l'Alle-
magne, mais aussi à l'étranger. En 1813, on
lui offrit, dans la capitalede l'Autriche, la place
de chef d'orchestre, ou, comme on dit au delà
du Rhin, de maître de chapelle da théâtre sur la
Vienne {an der JFien) : il l'accepta et en
remplit les fonctions pendant quatre ans. Ce
fut pour ce théâtre qu'il écrivit l'opéra de
Faust, sa première grande composition drama-
tique. Cependant, par des causes peu connues,
l'ouvrage ne fut pas représenté à Vienne
pendant le séjour qu'y fit Spohr : l'ouverture
seule y fut exécutée dans un concert, en 1815.
Il parait que les difficultés opposées par
l'administration du théâtre sur la Vienne,
pour la mise en scène de cet opéra romantique,
furent causes de la résolution que prit Spohr
de quitter la direction de l'orchestre à la fin de
1816. Ce fut seulement en 1818 que l'ouvrage
fut. joué au théâtre de Francfort : le succès
qu'il y obtint décida de son sort à Vienne, où
il fut donné quelques mois après, aux applau-
dissements du public, nonobstant le penchant
décidé de l'aristocratie viennoise, à cette épo-
que, pour la musique italienne.
Après avoir quitté la direction de la musi-
que du théâtre de Vienne, Spohr fit avec sa
femme un voyage en Italie. Arrivé à Milan, il
y donna plusieurs concerts et s'y fit applaudir, i
A Venise, il joua, au mois de février 1817, une
symphonie concertante de sa composition avec
Paganini. De là il alla à Florence, puis à
Rome, et enfin à Naples, où il joua dans une
représentation gala, en présence de la cour,
au théâtre Saint-Charles. De retour en Alle-
magne par la Suisse, il donna des concerts à
Bâle, puis à Carlsruhe, où il reçut îles propo-
sitions pour prendre la direction du théâtre de
Francfort et les fonctions de maître de cha-
pelle. Il prit possession de ces emplois dans
les premiers jours de 1818. Ce moment est
celui où l'activité de Spohr dans la composi-
tion prit son plus grand essor.
Au commencement de 1819, cet artiste dis-
tingué fit un voyage à Paris, où il ne produisit
pas autant de sensation, comme violoniste, que
sa grande réputation le lui promettait. Ce fut
alors que je le connus, et que je pus apprécier
son mérite, en lui entendant exécuter ses qua-
tuors chez Rodolphe Kreutzer. Nos premiers
entretiens datent de cette époque : nous y
soutenions des thèses très-opposées. Lui,
calme, dogmatique et sententieux, émettait
l'opinion que la forme est le mérite le plus
considérable dans l'art; moi, ardent et pas-
sionné, je mettais l'inspiration au-dessus de
toutes clioses, bien que l'art d'écrire ait été de
tout temps l'objet sérieux de mes études. C'est
dans ce séjour à Paris que Spohr entendit
pour la première fois les œuvres de Bocche-
rini, lesquelles lui inspirèrent un mépris qu'il
ne dissimulait pas, tandis que j'en admirais
les pensées naïves et spontanées. A diverses
époques, Spohr et moi nous nous sommes
rencontrés, et toujours nous nous sommes re-
trouvés dans les mêmes dissentiments sur la
valeur des œuvres musicales.
En quittant Paris, au mois d'avril 1819,
Spohr se rendit à Londres. Plus heureux dans
celle ville que dans la capitale de la France, il
y joua deux fois aux concerts de la Société phil-
harmonique et y excita la plus vive admira-
lion par son talent sur le violon, ainsi que par
ses compositions. Les journaux anglais lui
accordèrent les plus grands éloges et le repré-
sentèrent, avec une exagération manifeste,
comme le premier des violonistes de son épo-
que. Ce premier voyage de Spohr en Angle-
terre fut une des circonstances les plus heu-
reuses de sa vie. Le bruit du succès qu'il y
avait obtenu se répandit en Allemagne et y
augmenta sa renommée. En 1822, il entra au
service du duc de Hesse-Cassel en qualité de
maître de chapelle; litre qui, plus tard, fut
changé en celui de directeur général de la
chapelle électorale. Pendant une longue suite
d'années, Spohr exerça une sorte de domina-
tion en Allemagne. Il y avait peu de grandes
fêtes musicales qu'il ne fut chargé de diriger.
On le trouve remplissant celle mission à Hal-
berstadt en 1828 et 1835, à Nordhausen en
1829, à Aix-la-Chapelle en 1840, à Lucerne
en 1841, à Brunswick en 1844, à Bonn, pour
les fêles de l'inauguration de la slalue de
Beethoven, en 1845, et en plusieurs autres
lieux, à des dates antérieures ou postérieures;
par exemple, à Norwich (Angleterre), en 1839,
à Manchester en 1845. En 1852, il fut appelé
à Londres une quatrième fois pour y diriger
la mise en scène de son Faust. Il y fut chargé
aussi de la direction des concerts de la Société
philharmonique. On reconnaissait en lui le
grand musicien lorsqu'il tenait le bâton de
mesure. Il imprimait à l'exécution beaucoup
de correction et d'ensemble, mais il y avait
dans son impulsion plus d'intelligence que de
sentiment, plus de puissance rhylhmique que
de délicatesse et de coloris.
Comme fondateur d'une école de violon,
Spohr mérite de grands éloges; car on peut
dire qu'avant lui l'Allemagne ne possédait que
celle de Benda, bien inférieure à la sienne sous
SPOHR
8c
les rapports de la sonorité et du mécanisme de
l'archet. Spohr fut, à certains égards, le con-
tinuateur de son professeur Eck ; mais il alla
beaucoup plus loin que lui. Il a formé un grand
nombre d'élèves, qui tous ont été ou sont en-
core des artistes distingués. Sa manière était
large et vigoureuse; il avait une justesse satis-
faisante, même dans les plus grandes diffi-
cultés; mais il laissait désirer plus île charme
et de grâce. Spohr a exposé les principes de
son école dans un bon ouvrage qui a pour
titre : École de violon en trois parties {Vio-
linschule, in drei Ablheilùngen); Vienne,
Haslinger, 1851, un volume gr. in-4° de deux
cent cinquante pages, avec le portrait de l'au-
teur. Cet ouvrage a été accueilli avec beaucoup
de faveur par tous les violonistes de l'Europe.
Les compositions de Spohr, la plupart de
grandes dimensions, sont au nombre de près
de cent soixante. Parmi les plus importâmes,
on remarque neuf opéras, à savoir : J \°Alruna )
qui fut écrit en 1816, mais dont l'ouverture
seulement est connue; elle fut exécutée en
différentes circonstances à Frankenhausen,
Cassel et Berlin. 2° Le Duel des Amants (Der
Zweikampf mit der Geleibten), représenté à
Francfort, en 1819. 5° Faust, opéra roman-
tique en trois actes, écrit à Vienne, en 1814,
représenté pour la première fois à Francfort,
en 1818, puis dans toutes les villes de l'Alle-
magne et à Londres. 4° Zémire et Azor, re-
présenté pour la première fois à Francfort, en
1819, avec peu de succès, mais qui fut joué
ensuite à Leipsick, à Vienne, à Munich, à Cas-
sel, à Amsterdam et dans plusieurs autres
villes. 5° Jessonda, joué à Cassel, en 1823, et
qui est considéré comme le meilleur ouvrage
dramatique de son auteur; son succès a été
populaire dans toute l'Allemagne, et partout
il a été repris plusieurs fois, 6° Der Berg-
geist (l'Esprit de la montagne), représenté
pour la première fois à Cassel, en 1825.
7" L'Alchimiste, à Cassel, en 1832. %"Pielro
d'Albano, dans la même ville, en 1854, mais
qui ne réussit pas. L'ouverture seule a été
exécutée à Leipsick, à Berlin et à Vienne.
9° Les Croisés (Die Krenzfahrer), grand opéra
en trois actes, de Kotzebue, écrit en 1858,
pour le théâtre de Cassel, mais représenté seu-
lement en 1845, et à Berlin, en 1848. 10° L'Al-
lemagne délivrée (I)as befreile DeiUschlaïul),
oratorio scénique. Quatre oratorios de Spohr
sont connus : les trois premiers ont été parti-
culièrement estimés en Allemagne. Le pre-
mier a pour titre : Dis letzlen Dinge (îa Fin
de toute Chose), composé pour Vienne et exé-
cuté dans cette ville en 1820, puis dans un
grand nombre de villes en Allemagne et dans
les fêtes musicales en Hollande, en Angle-
terre, à Danlzick et à Copenhague. Le deuxième
oratorio, intitulé : Des Ileilands letzte
Stunden (les Derniers moments du Sauveur),
a été exécuté pour la première fois à Cassel,
en 18ô5. La Chute de Babylone (Der Fall
Babylons), troisième oratorio, fut écrit pour
la même ville et exécuté en 1840. Je n'ai pas
la certitude que le Jugement dernier, indiqué
par des journaux allemands comme un autre
oratorio de Spohr, ne soit pas le premier, sous
un autre titre.
Des messes solennelles, des hymnes, des
psaumes, des cantates, et des chants à quatre
voix d'hommes sans accompagnement, ou à
voix seule avec piano, font aussi partie de
l'œuvre de Spohr. Les diverses séries de sa
musique instrumentale sont plus considéra-
bles encore: on y compte dix grandes sym-
phonies : n° 1 (en mi bémol); n° 2 (en ré mi-
neur); n° ô (en ut mineur); n° 4 connu sous le
litre: Die Weiheder Tœne (la Consécration de
la musique); n° 5 (en ul mineur), écrite pour
les concerts spirituels de Vienne et exécutée
dans celte ville, en 1 838 ; n° G (en sol), connue
sous le titre de Symphonie en style histori-
que; n°7, à deux orchestres (en uf)> qui a pour
litre : L'Elément terrestre et l'élément divin
dans la.vie humaine (Irdisches und Gœllli-
ches im IVIenschenleben) ; n° 8, intitulée : Les
Quatre Saisons; n os 9 et 10 (inédiles). Indé-
pendamment des ouvertures de ses opéras,
Spohr en a écrit quatre, dont trois pour les
concerts et une pour le drame de Macbeth.
De plus, on compte dans ses œuvres instru-
mentales : trente-trois quatuors pour des in-
struments à archet ; quatre doubles quatuors
pour quatre violons, deux altos et deux vio-
loncelles ; un sextuor pour deux violons, t\oi\x
altos et deux violoncelles; sept quintettes pour
des instruments à cordes; un nonetlo pour
violon, alto, violoncelle, flûte, hautbois, cla-
rinette, cor, basson et contrebasse; un ottelio
pour violon, deux altos, violoncelle, clari-
nette, deux cors el contrebasse; quinze con-
certos de violon avec orchestre ; deux concer-
tos pour clarinette et orchestre; un quintette
pour piano, flûte, clarinette, cor et basson;
un autre quintette pour piano, deux violons,
alto et violoncelle; un septuor pour piano,
violon, violoncelle, flûte, clarinette, cor et
basson; cinq trios pour piano, violon et vio-
loncelle; trois duos pour piano cl violon;
quatre pots-pourris pour violon et orchestre;
S6
SPOHR
des sonalcs pou i - harpe cl violon; des ron-
deaux idem; «les fantaisies pour la harpe
seule; trois cahiers de morceaux de salon
pour piano, et quelques bagatelles de diffé-
rents genres. Telle est l'immense production
<lu talent de Spohr ! La France, Paris surtout,
en ignore presque l'existence. On rapporte
que ce savant artiste, ayant fait, en 1843, un
second séjour à Paris, lorsqu'il serendailà Lon-
dres, y vit quelques artistes au nombre desquels
étaient Auber, Halévy et Habeneck, et laissa
percer dans sa conversation le regret de n'être
pas connu du public français. Chacun voulut
lui persuader qu'il se trompait à cet égard, et
l'idée vint aussitôt à Habeneck de lui prouver
que ses grandes compositions étaient non-
seulement connues, mais estimées à Paris, en
faisant exécuter devant lui, par l'orchestre du
Conservatoire, sa quatrième symphonie (la
Consécration de la musique). L'orchestre se
réunit et joua cet ouvrage pour l'auteur, seul
auditeur de l'exécution. A son cnlréedans la
salle, Spohr fut accueilli par les acclamations
de tous les artistes, el tous rivalisèrent de zèle
et de talent pour rendre avec toute la perfec-
tion possible les intentions du compositeur. Ce
fut pour lui une grande jouissance; un hom-
mage si flatteur rendu par l'élite des artistes
parisiens lui causa une vive émotion. Toute-
fois, il ne faut pas s'y tromper, cet hommage
était simplement un Irait d'exquisse politesse
française. Le fait est que la symphonie avait
été plusieurs fois mise en répétition, et que,
connaissant le goût des habitués des concerts
du Conservatoire, Habeneck n'avait pas osé la
le-ir faire entendre.
A quelle cause faut-il attribuer ces préven-
tions ou celte indifférence pour l'oeuvre d'un
grand musicien? Certes, on ne peut en accuser
la légèreté de goût si souvent reprochée à la
nation française ; car si l'éducation musicale
des masses a été longtemps négligée en
France, il s'y trouve assez d'intelligence de
l'art dans une partie de la société pour com-
prendre le mérite des productions sérieuses:
rien ne le prouve mieux que l'enthousiasme
qui se manifesta partout où les œuvres gécia-
les d'Haydn, de Mozart et de Beethoven sont
rendues avec le fini nécessaire. Mais là préci-
sément se trouve l'explication de la froideur
des artistes et des amateurs français pour la
musique de Spohr: comparée à celle des trois
grands hommes qui viennent d'être nommés,
elle ne peut occuper que le second rang ; or, il
est dans la nature de l'esprit français de ne point
admettre de second ordre dans les choses qui
aspirent aux honneurs classiques. Celle nation
accepte fort bien l'usage de choses d'un mérite
inférieur lorsqu'elles sont simplement destinées
à l'amuser, pourvu qu'elles atteignent leur
but ; mais ce qui prétend à une plus haute des-
tinée doit avoir, pour lui plaire, le charme des
idées, le cachet de l'originalité ou le caractère
de la grandeur. Le pédanlisme des formes
scientifiques, lorsqu'il ne se dissimule pas sous
le patronage de ces précieuses qualités, lui est
antipathique. En Allemagne, en Angleterre,
il n'en est pas de même, ou du moins il en a
été longtemps autrement : une certaine allure
scolastique y avait autrefois bon air, el la
forme y a toujours eu de nombreux partisans.
D'ailleurs, l'usage qu'on a constamment fait
sur le Rhin el au delà de la musique sérieuse,
depuis la chapelle princière jusqu'au plus mo-
I desle salon, y fait attacher du prix à la mulli-
j plicité ainsi qu'à la variété des œuvres. On y
j aime à tout connaître, et l'autorité des noms
basés sur les ouvrages de grande dimension
y est considérable.
Ce serait à toi l qu'on se persuaderait en
France que le talent de Spohr ne se recom-
mande pas parmi grand mérite; sans parler
de la forme qui, dans tous ses ouvrages, ac-
cuse une rare intelligence et une grande ex-
périence, on y trouve les qualités individuelles
du style. Cet artiste a sa manière person-
nelle; il n'est pas copiste el ne manque pas de
mélodie; ce qui lui fait défaut, c'est le trait
inattendu, aussi bien que la conception d'un
seui jet. On sent trop le travail dans sa mu-
sii|iie, et souvent le charme en est absent.
Toutefois, bien qu'il n'ait pas possédé un de
ces génies de premier ordre qui caractérisent
une époque de l'art, c'est un grand musicien,
qui a des instants heureux, el qui manie les voix
et les instruments avec une rare dextérité.
Spohr fut marié deux fois. Sa première
femme, Dorothée Scheidler, née à Gotha, le
2 décembre 1787, fut, comme on l'a vu pré-
cédemment, une artiste fort distinguée sur la
harpe, et brilla dans les concerts donnés par
elle et son mari à Berlin, à Dresde, à Vienne,
à Munich, à Francfort et dans d'autres villes.
Elle jouait aussi du piano avec beaucoup de
talent; elle se fit souvent entendre en public
sur cet instrument, après que sa mauvaise
santé l'eut obligée à cesser de jouer de la
harpe. C'est pour elle que Spohr a écrit son
quintette pour piano et instruments à vent,
œuvre 52 e . Elle mourut à Cassel, le 20 no-
vembre 1834.
La seconde femme de Spchr, née à Rudol-
SPOHR — SPONTINI
87
stadl, était aussi pianiste et s'est fait entendre
à Berlin, en 1845, et à Francfort, en 1847,
dans des compositions de son mari.
Honoré de toute l'Allemagne pour son ca-
ractère respectable, Spohr fut décoré de
l'ordre spécial du Mérite de Prusse, de celui
de la Branche Ernestine de Saxe et de l'Aigle
ronge. Il était membre correspondant de la
classe des beaux-arts de l'Académie royale de
Bruxelles, de l'Académie impériale de musique
de Vienne, des Sociétés de Sainte-Cécile, de
Rome, d'Euterpe, de Leipsick, et Néerlan-
daise, de Rotterdam, pour l'encouragement de
la musique. Spohr est décédé à Cassel, le _2
novembre 18159, à l'âge de soixante-quinze ans.
SPON (Jacques), médecin et antiquaire,
naquit à Lyon, en 1G47, vécut à Montpellier,
et lit un voyage intéressant en Orient et dans
la Grèce, dont il a publié la relation. Il mourut
à l'hôpital de Vevey, le 25 décembre 1085, à
l'âge de trente-huit ans. On a de lui un ou-
vrage intitulé : Recherches curieuses d'anti-
quités; Lyon, 1683, in -4°; Spon y a inséré
une Dissertation des cymbales, crotales et
auti-es instruments des anciens (pages 140-
158).
SPOMIOLZ (Adolphe Henri), organiste
de l'église Sainte-Marie, à lloslock, est né dans
celte ville, le 12 mars 1803. Dès son enfance,
il montra de rares dispositions pour la mu-
sique dans les concerts publics où il se fit en-
tendre; cependant la volonté de ses parents le
contraignit à négliger cet ait pour se livrer à
l'étude de la théologie. Après avoir passé les
examens, il prêcha fréquemment, et déjà il
était désigné comme pasteur, lorsqu'un dégoût
invincible pour les fonctions ecclésiastiques
lui fit abandonner tout à coup son état pour
ses instruments et ses livres de musique. Sa
première production, intitulée : Etudes carac-
téristiques pour le piano, indique du talent;
elle l'a fait connaître avantageusement, et les
ouvrages qu'il a publiés par la suite ont pro-
curé à Sponhclz la place d'organiste qu'il a
occupée jusqu'en 1851, époque de sa mort, et
lui ont acquis la sympathie de ses concitoyens.
Il s'occupait spécialement de composition pour
l'orchestre : on cite particulièrement une
symphonie en mi majeur qu'il a écrite dans
ses dernières années.
SPOASEL (Jean-Ulric), surintendant et
pasteur à Burgbernheim, dans l'électorat de
Brandebourg, naquit le 13 décembre 1721, à
Muggendorf, dans la principauté de Bayieuth,
et mourut'à Burgbernheim, le 5 janvier 1788.
Outre un très-grand nombre de sermons, et de
traités de théologie ou de commentaires sur
l'Écriture sainte, il a publie une histoire de
l'orgue (Orgelhistorie , Nuremberg, 1771,
in-8° de cent soixante-sept pages). C'est un
ouvrage médiocre.
SPO]\TI3îI (Louis Gaspard-Pacifique) (1),
comte de SAIVT'ANDREA , naquit le
14 novembre 1774, à Majolati, village situé
près de Jesi, petite ville des États romains,
dans la Marche d'Ancône. Il fut le second fils
de cultivateurs qui eurent cinq enfants : trois
de ses frères furent prêtres, et l'aîné occupa
pendant vingt-sept ans la position de curé à
Majolati. Destiné aussi au sacerdoce par ses
parents, Gaspard, dont la constitution était
délicate, fut confié à son oncle paternel, Jo-
seph Spontini, curé de la succursale de Jesi,
qui, dès l'âge de huit ans, lui fit commencer
lesétudes littéraires indispensables pour l'état
ecclésiastique; mais une circonstance impré-
vue fil connaître que telle n'était pas sa destina-
tion naturelle. Un facteur d'orgues de Reca-
nali, nommé Crudeli, avait été appelé à Jesi
pour la construction d'un instrument de celte
espèce dans l'église où l'oncle de Spontini
élait desservant. Pendant la durée de son tra-
vail, cet homme, logé chez le curé, jouait quel-
quefois d'un clavecin qu'il y avait fait trans-
porter. Ce fut une révélation pour Gaspard,
qui, toujours près de l'artiste lorsqu'il jouait
de cet instrument, l'écoutait avec une atten-
tion soutenue, et, pendant les absences de
Crudeli, essayait d'imiter ce qu'il avait en-
tendu. L'artiste eut bientôt compris qu'il y
avait, dans l'organisation de cet enfant, le
germe d'un talent qui ne tarderait pas à se
développer; il en parla au curé, qui ne par-
tagea pas son enthousiasme, et menaça son
neveu de le punir s'il ne consentait à prendre
l'habit ecclésiastique. Pour se soustraire au
châtiment qui lui était réservé, Spontini s'en-
fuit à Monte San Vito, château placé dans le
district d'Ancône, et où demeurait un frère de
sa mère, qui consentit à le recueillir, et qui,
plein de bonté pour lui, le mit sous la direction
de Q'iintiliani, maître de chapelle de ce lieu,
afin qu'il le guidât dans ses premières études
musicales.
Après une année passée dans cette situa-
tion, Spontini retourna chez son oncle Jo-
seph, qu'il affectionnait. Instruit par l'expé-
rience, son parent n'insista plus pour faire
(1) Celle notice est refaite d'après des documents
authentiques, d'après les journaux contemporains, et
d'après des notices et brochures relatives à Spontini .
comparées cl étudiées.
88
SPONTINI
de lui un prêtre et, voulant au contraire qu'il
s'occupât sérieusement de l'étude de la mu-
sique, il le confia aux soins du chanteur Ciaffo-
latli et de l'org3niste Menghini, pour qu'ils
l'instruisissent dans leur art. Plus tard, il le fit
entrer dans l'école de Bartoli, maître de la
chapelle de Jesi, d'où Spontini passa dans
celle du maître Bonanni, de la chapelle de Ma-
saccio. Préparé par ces maîtres, il fut admis
au conservatoire de la Pielà dei Turchini,
de Naples, lorsque ses parents l'envoyèrent
dans cette ville, en 1791. Sala et Tritla y fu-
rent ses maîtres de contrepoint (I) : ses pro-
grès furent rapides et hienlôt il eut le titre
de maeslrino qui répond à celui de répé-
titeur des conservatoires de France et de Bel-
gique. Ses premiers ouvrages fuient des can-
tates et des morceaux de musique d'église
qu'il allait faire exécuter dans les couvents de
Naples et des environs.
En 1796, un certain Sismondi, qui était un
des directeurs du théâtre Argentina, de
Rome, ayant entendu à Naples de la musique
de Spontini qui lui plut, l'engagea à écrire
une partition pour son théâtre, et lui proposa
de partir en secret du conservatoire et de l'ac-
compagner jusqu'à Rome, ce qui fut accepté,
parce que, à vingt deux ans, le désir le plus
vif d'un jeune compositeur est d'écrire un
opéra, et qu'on ne réfléchit guère à cet âge sur
lesconséquencesd'unedémarche inconsidérée.
L'ouvrage écrit avec rapidité par Spontini
avait pour titre I Puntigli délie donne : il eut
un brillant succès qui fil taire les rumeurs oc-
casionnées par sa fuite du conservatoire, et
Piccinni, qui se montra plein de bienveillance
en cette circonstance, fit rentrer le jeune ar-
tiste dans l'école, à son retour de Rome. Spon-
tini écrivit sons la direction de ce maître son
second opéra, intitulé l'Eroismo ridicolo, qui
fut représenté à Rome, en 1797. Il fut suivi
de II fin li) Pittore, dans la même ville, en
1798; Il Teseo riconosciuio, à Florence
(1798); l'Isola disabitata, ibid. (1798) ; Chi
pi h guarda men vede, ibid. (1798); VAmore
segreto,h Naples (1799); la Fuga in mas-
cftera, ibid. (1798); la Finla Filosofa, ibid.
(1799). Lorsque le royaume de Naples fut en-
vahi par l'armée française, après la déroute
de l'armée napolitaine, Spontini répondit à
l'appel de la cour et se rendit à Palerme, sur
(t) Plusieurs biographes ont suivi le Dictionnaire
historique des musiciens de Clioron cl l'ayolle, où il est
«lit qu'un des maures de Spontini au Conservatoire de
' Naples fut Traella, mort deux ans avant qu'il y arrivai ;
ces biographes ont confondu Tract'a avec Tritla.
le refus de Cimarosa, malade alors. Il y com-
posa les opéras I Quadri parlanli,Sofronia e
Olindo, Gli Elisi delusi, en 1800, et donna
des leçons de chant. Le dérangement de sa santé
l'obligea de quitter la Sicile, vers la fin delà
même année. En 1801, il écrivit à Rome Gli
Amanti in cimento, ossia il Geloso audace,
puis il fut appelé à Venise, .où il composa, pour
la célèbre cantatrice Morichelli, la Princi-
pessa d'Amalfi, dont le titre fut changé en
celui d'Adelina Senese, parce que, dans les
opinions de celte époque, il ne fallait plus
parler de princesses. Après ces ouvrages, il
donna dans la même ville le Metamorfosi di
Pasquali. De Venise, Spontini ramena son
père à Jesi, puis il retourna à Naples d'où il
s'embarqua pour Marseille avec une famille
dont il était devenu l'ami intime à Palerme.
Il séjourna quelque temps à Marseille, fré-
quentant les maisons de quelques banquiers et
négociants, qui lui donnèrent des lettres de
recommandation pour Barillon, Michel, Ré-
camier, et autres notabilités financières de
celte époque. Spontini arriva à Paris, en 1803 :
il y donna d'abord des leçons de chant. Je le
connus alors chez un facteur île pianos de se-
cond ordre qui demeurait rue Sainte-Avoye,
où il venait quelquefois. Il était plein de con-
fiance dans son avenir : la suite de sa carrière
prouva qu'il ne s'était pas trompé.
Un de ses premiers soins fut de faire repré-
senter au Théâtre Italien un de ses opéras
écrits en Italie : il fit choix de la Finta Filo-
sofa, qui avait été joué à Naples, en 1799. La
première représentation fut donnée au mois de
février 1804. Bien accueilli, cet opéra obtint
quelques représentations où brillèrent les ta-
lents de Nozzari et de madame Belloc. Spon-
tini fut moins heureux à l'Opéra-Comique, où
il fil représenter, vers la fin de mars de la
même année, l'opéra en un acte intitulé Julie.
Un faiseur de livrets, nommé Jars, était l'au-
teur de cette pièce dénuée d'intérêt et mal
faite. L'ouvrage tomba et disparut du réper-
loire; mais Spontini y fil faire des change-
ments, corrigea lui-même sa musique, el fit
reparaître la pièce, le 12 mars 1805, avec le
nouveau titre de Julie, ou le Pot de (leurs. Ce
l'ut alors qu'on en grava la partition, quoique
sa reprise n'eut pas été beaucoup plus heu-
reuse que sa première apparition. Quelque
peu importante que paraisse celte production
dans la carrière de l'auteur de la Vestale, elle
est néanmoins d'un grand intérêt, parce qu'en
l'absence de toutes les partitions d'opéras com-
posées par Spontini en Italie, qu'il serait dif-
SPONTINI
89
ficile de trouver aujourd'hui, elle permet de
connaître son point de départ, et d'apprécier
la prodigieuse transformation qui s'est opérée
tout à coup dans les facultés de cet homme
extraordinaire. A l'examen de la partition de
Julie, il est évident pour tout connaisseur que
le style est celui des opéras italiens écrits dans
les vingt-cinqdernièresannéesdu dix-huitième
siècle, et qu'on y trouve en abondance les
formes de la musique de Guglielmi, de Cima-
rosa et de Paisiello. Le sort peu fortuné de
Julie avait décidé Spontini à prendre une
prompte revanche dans un ouvrage plus im-
portant; il crut en avoir trouvé l'occasion dans
la Petite Maison, opéra-comique de Dieula-
foy et de Gersaint, dont le livret lui avait été
donné pour qu'il en fît la musique. La rapidité
qui s'était fait remarquer précédemment dans
ses travaux ne lui fit pas défaut dans cette cir-
constance, car les mois d'avril et de mai 1804
lui suffirent pour écrire la partition de cet ou-
vrage en trois actes, qui fut joué le 23 juin
de cette année. Malheureusement le sujet de
cette pièce était mal choisi pour celte époque,
car il présentait un tableau de mœurs licen-
cieuses en désaccord avec les idées de moralité
qui caractérisaient le temps du consulat. Dès
le premier acte, une opposition formidable se
manifesta contre la pièce (1). Elleviou, chargé
du rôle principal, ayant eu l'imprudence de
narguer le public, dans le jugement qu'il por-
tait de l'ouvrage, fit monter l'irritation du par-
terre jusqu'à la frénésie, et provoqua une des
scènes les plus tumultueuses qu'il y ait eu au
théâtre. L'ouvrage ne fut pas achevé.
L'époque où Spontini arriva à Paris était la
moins favorable pour ses débuts, car il y avait
alors parmi les musiciens français, et surtout
parmi les professeurs et élèves du conserva-
toire, une ligue sérieuse et forte contre les
compositeurs italiens et contre la musique de
leur école. Diverses circonstances avaient
amené cet état de choses. El d'abord, l'opéra-
comique avait été envahi depuis plusieurs an-
nées par Bruni, Tarchi, Délia Maria et Nicolo
lsouard, lesquels, n'ayant eu que de médiocres
succès dans leur patrie, étaient venus chercher
une meilleure Corinne à Paris, et qui, avec la
(1) Une noie manuscrite, que j'ai sous les yejx,
attribue cette opposition à une cabale du Conservatoire;
c'est une erreur, .l'étais ù la représentation, et quoique
je fusse sorti du Conservatoire depuis un an , après
avoir termine mes éludes de composition, je connaissais
tous les professeurs el la pluparl des élèves, et je ne les
aperçus pas dans celle soirée. L'opposition du Conser-
vatoire de Paris contre Spontini ne fut que trop réelle ;
mais elle se constitua un peu plus tard.
facilité traditionnelle des compositeurs de leur
école, improvisaient les partitions d'opéras, el
remplissaient une grande partie du répertoire.
D'autre pari, depuis 1801, un théâtre d'opéra
italien s'élait établi, faisant concurrence à
l'Opéra-Comiqueel même à l'Opéra. Ce théâtre
avait ses habitués qui exaltaient le mérite de
la musique italienne el dépréciaient les œuvres
des compositeurs français. Les anciennes que-
relles de la musique nationale et des Bouffons
de 1752 semblaient près de se renouveler.
Déjà Méhul avait donné le signal de l'opposi-
tion dans son opéra-comique de l'Trato, con-
sidéré alors comme une critique de la musique
italienne, à laquelle pourtant il ne ressemble
guère. Ce fut dans ces circonstances qu'arriva
Spontini : le parti des compositeurs nationaux
ne vit en lui qu'un de ces artistes ullramon-
tains dont la présence à Paris élait incommode
et nuisible. Geoffroi, dont le talent d'écrivain
et de critique brillait dans le Journal des Dé-
bats, et qui connaissait là musique par l'an-
cien opéra français, se montrait, dans ses
feuilletons, fort hostile à la musique des Ita-
liens. Son compte rendu de la représentation
de la Petite Maison ne fut pas moins désa-
gréable pour l'auteur de la musique que pour
ceux des paroles.
Peu de jours après cet échec, Spontini trouva
une large compensation dans le poème de la
Vestale, que lui remit Jouy. Ce poème, dont
Chérubini n'avait pas compris le mérite, et qu'il
avail rendu, après avoir longtemps hésité à le
mettre en musique, ce poème, dis-je, était pour
le jeune musicien la plus haute faveurqu'il pût
recevoir, car il allait lui fournir l'occasion de
mettre en évidence une puissance degénieque
lui-même ne croyait peut-être pas posséder.
Dès ce moment, une liaison intime s'établit
en Ire les deux au leurs. Elle eut pour premier ré-
sultat de les faire préluder à la mise en scène
du grand opéra par un ouvrage moins impor-
tant composé pour l'Opéra-Comique, et qui
fut représenté à la fin de décembre 1804. Cette
fois, Spontini fut plus heureux el sortit enfin de
la série de mésaventures qu'il avail éprouvées
au théâtre depuis son arrivée à Paris : Millon,
en un acte, obtint un brillant succès au théâtre
Feydeatt. En homme né pour être grand ar-
lisle, le compositeur avait tiré profil des atta-
ques de ses ennemis; son style avait pris plus
d'ampleur; sa manière avait acquis de la va-
riété, et son harmonie était devenue plus
nourrie et plus correcte. L'ouvrage, repris
plusieurs fois, a toujours élé entendu avec
plaisir, cl la traduction allemande que Spon-
co
SPONT1N1
tini en fit faire plus lard a élé jouée dans plu-
sieurs villes, notamment à Vienne, Dresde et
YVeimar.
Occupé sérieusement de sa carrière de com-
positeur dramatique, S pon tini avait abandon né
les leçons de chant. D'heureuses liaisons de so-
ciété lui avaient d'ailleurs procuré la place de
directeur de la musique de l'impérlarice Jo-
séphine, position incompatible avec celle
d'accompagnateur du théâtre. Ce fut cette po-
sition qui le fit triompher d'une multitude
d'obstacles dans l'entreprise la plus importante
de sa vie, à savoir la mise en scène de son
grand opéra la f-'estale; car il trouva dans
la bonté naturelle et active de l'impératrice
une protection sans laquelle son talent ne se-
rait peut-être pas parvenu à se faire connaître.
Il ne négligeait aucune occasion qui pouvait
fixer sur lui les regards de celle princesse déjà
disposée en sa faveur par une bienveillance
naturelle : il s'en présenta bientôt une qui lui
fut favorable. Tous les théâtres de Paris
s'étaient empressés de célébrer la gloire de
Napoléon après la victoire d'Austerlitz : à la
demande de Sponlini, Balocchi écrivit pour
lui la poésie d'une cantate intitulée l'Eccelsa
Gara, qui fut exécutée au théâtre Louvois, le
8 février 1806. Le sujet de celte cantate était
assez fade. Apollon et Minerve, descendus aux
champs Elysées, invitaient les plus célèbres
poètes de la Grèce, de Rome et de l'Italie, à
célébrer la gloire de la France ; Homère, Vir-
gile et le Tasse se disputaient cet honneur ;
mais Apollon les mettait d'accord en disant
que ce n'était pas trop de tout le Parnasse pour
chanter dignement le plus grand homme des
temps anciens et modernes; alors les muses
s'unissaient en choeur aux poètes pour chanter
des hymnes où toutes les hyperboles de la
louange étaient accumulées.
L'impératrice fut touchée de cet hommage
et des applaudissements que le public y
donna: Sponlini en fut récompensé par une
protection qui le fit triompher de la formi-
dable opposition organisée contre lui; oppo-
sition qu'il trouva à son poste lorsqu'il (il
exécuter un oratorio de sa composition dans
un des concerts spirituels donnés au théâtre
Louvois pendant la semaine sainte de l'année
1807. Les jeunes musiciens rassemblés au
parterre pendant l'exécution de cet ouvrage
mirent d'autant plus d'obstination à la trou-
bler, que les répétitions de la Vestale. étaient
commencées, et que tout annonçait la pro-
chaine mise en scène de ce grand opéra. Les
éclats de rire et les buées scandaleuses de ces
jeunes gens couvrirent la voix des chanteurs
et même la sonorité de l'orchestre, de telle
sorte, qu'il fut impossible d'apprécier le mé-
rite de la composition, et que l'exécution ne
fut pas même achevée.
Jusque-là, les ennemis de Sponlini sem-
blaient triompher parce qu'ils avaient formé
contre lui une coierie qu'ils se persuadaient
représenter l'opinion publique; erreur qu'on
voit souvent se reproduire dans les prédictions
de chutes ou de succès. Mais le jour qui de-
vait faire finir toutes ces intrigues, et mettre
en évidence la transforma lion du talent du
compositeur, approchait. Bien des difficultés
s'étaient élevées dans le sein même de l'admi-
nistration de l'Opéra. La priorité de représen-
tation avait été demandée pour la Mort
d' Adam, opéra de Lesueur, reçu depuis long-
temps, et l'empereur, à qui l'on avait appelé
d'un tour de faveur accordé à la Vestale sur
la demande de l'impératrice Joséphine, avail
décidé en faveur de l'auteur des Dardes. Ce-
pendant la partition de la Mort d'Adam ne se
trouva pas prête quand il fallut la donner au
copiste, et Sponlini sut profiler de cet incident
plus reconquérir son tour de représentation.
Les répétitions de l'ouvrage avaient com-
mencé ; mais là de nouvelles préventions
s'élevèrent, à cause de l'obscurité qui envi-
ronnait les premières pensées de l'auteur;
car cet homme, entièrement livré aux tradi-
tions de la musique italienne de son temps,
lorsqu'il était arrivé à Paris, cet homme, dis-
je, s'était tout à coup révélé à lui-même dans
ce qu'il y avait en lui d'original et de créa-
teur, et avait en quelque sorte changé de na-
ture le jour où il avait élé appelé à composer
une tragédie lyrique pour le grand opéra. Au
lieu de l'ancienne facilité qui lui avait fait im-
proviser ses opéras italiens et ses premiers
ouvrages français, il en était venu à une con-
ception profonde, mais laborieuse. Devenue
l'objet de ses méditations, l'expression forte et
vraie des sentiments dramatiques domina
toutes ses idées; mais l'inhabilude des formes
qui pouvaient réaliser cette expression était
cause que ce qui était senti avec énergie par
le compositeur ne se traduisait que d'une ma-
nière obscure dans le premier jet de sa pen-
sée. De là venait que sa vigoureuse inspira-
lion ne se présentait quelquefois que sous
l'aspect d'un travail péniblement élaboré.
C'est en cet état qu'il livrait aux copistes la
plupart des morceaux de sa Vestale. Mis à
l'étude, ces morceaux présentaient aux chan-
teurs et aux musiciens de l'orchestre de
SP0NT1NI
91
grandes difficultés; de là les sarcasmes des
exécutants mal disposés pour lui, et les bruits
défavorables à l'ouvrage qui se répandaient
de procbe en proche. Bien que Sponlini en re-
çût des impressions pénibles, il ne se laissait
point ébranler dans son sentiment intime.
Dès qu'il avait acquis la conviction des défauts
d'un morceau, il se remettait A l'œuvre, re-
voyait sa pensée primitive, l'éclaircissait, la
dégageait de son entourage hétérogène, res-
serrait les phrases ou leur donnait plus de dé-
veloppement, en améliorait le ihylbme et la
modulation, et par degrés il arrivait à la réa-
lisation du sentiment dramatique dont il était
animé. C'est ainsi que tour à tour les diverses
parties de la partition de la Vestale parvin-
rent à leur maturité. Celui qui écrit ces lignes
a été témoin oculaire de ce travail dont il sui-
vait les progrès dans l'intérieur même du
théâtre de l'Opéra; ce fut pour lui une étude
intéressante.
Les hommes du métier qui se livrèrent à
l'examen de la parlilion'de cet opéra, lors-
qu'elle fut publiée, n'en comprirent pas
d'abord le succès, parce qu'au lieu d'en saisir
le côté de l'originalité, de l'inspiration et de
l'expression sentimentale, ils s'attachèrent de
préférence au matériel de l'art d'écrire. Or, il
faut bien le dire, il y règne un certain em-
barras que tous les efforts de Sponlini n'ont
pu faire disparaître, parce que les procédés
ordinaires de l'art ne lui fournissaient pas de
moyens suffisants pour certains accents in-
times donl il avait conscience, sans en avoir
la conception parfaitement claire. Dans l'al-
lure des voix et des instruments, on trouve A
chaque instant des emprunts faits par une
partie à une autre, d'où résultent des pauvre-
tés d'unissons et d'octaves en séries d'autant
plus remarquables, que la partition est écrite
en général avec une certaine affectation de
combinaisons dans les dessins de voix et des
instruments. En divers endroits, les disso-
nances n'ont pas leur résolution normale; en-
fin, les modulations ne sont pas toujours as-
sises sur le point d'appui qui devrait faire
sentir la relation des tons qui se succèdent;
mais la concession faite de ces imperfections
de métier, que de beautés dans les accents mé-
lodiques, dramatiques, expressifs, et même
dans les effets de cette instrumentation dont
le premier aspect offre si peu de clarté! Que
de sentiments vrais et de véritable inspiration
dans l'hymne Fille du ciel, où la catastro-
phe d'un amour fatal se fait déjà pressentir;
dans ces complaintes si tendres, Helas,
l'Amour, et Licinius, je vais donc; dans
celte grande et magnifique scène, Impi-
toyables dieux! dans ce duo, Quel trouble,
quel transport! dans ce finale si énergique et
si riche d'émotions qui termine le second acte ;
dans celte prière , O des infortunés déesse
tutélaire; enfin, dans ce dernier chant,
Adieu, mes tendres sœurs! Voilà les qualités
essentielles qui émurent le public entassé
dans la vaste salle de l'Opéra, el portèrent son
enthousiasme jusqu'à l'exaltation, pendant la
première el solennelle représentation du liS dé-
cembre 1807 ; voilà ce qui a fait que ce même
ouvrage a rencontré la même sympathie chez
toutes les nations : voilà ce qui en a prolongé
le succès jusqu'à ce que les grands acteurs lui
eussent fait défaut, et que les traditions né-
cessaires à son exécution se fussent perdues.
Avec une Julia telle que madame Branchu,
une grande-prêtresse comme madame Mail-
lard, un Licinius doué de la chaleur entraî-
nante de Lainez; avec la belle el limpide voix
de Lays dans le rôle de Cinna ; enfin, avec
l'imposante figure, la diction admirable, les
gestes si nobles et les poses dramatiques de
Dérivis dans le grand-prêtre, l'effet de la
Vestale était irrésistible. Tel avait été cet
effet, que l'allention publique fut distraite par
le succès de la Vestale des grands événements
qui venaient de s'accomplir par la paix de Til-
sit, de l'invasion du Portugal par l'armée
française, et des préparatifs de la guerre d'Es-
pagne.
Le démenti donné par le succès universel de
l'œuvre de Sponlini à l'opinion de la plupart
des musiciens, ne ramena pas immédiatement
ceux-ci à des idées plus modérées sur le ta-
lent de l'auteur de la Vestale; ils se mirent au
contraire à faire de l'opposition systématique
au jugement du public, s'allachanl à démon-
trer les imperfections matérielles de l'ouvrage,
et fermant les yeux sur les beautés incontes-
tables qui font oublier ces taches pendant
l'exécution. Cependant l'époque fixée par Na-
poléon pour que l'Institut de France fil un
rapport sur les ouvrages jugés dignes des prix
décennaux, institués par son décret, était ar-
rivée, el les chefs de l'opposition se trouvaient
précisément parmi les juges du concours. La
situation étail embarrassante pour eux, car les
deux ouvrages qui, par l'éclat de leur succès,
pouvaient seuls prétendre à la distinction ac-
cordée par le gouvernement, étaient les
Bardes, de Lesueur , joués en 1804, et la
Vestale. Toutefois, les Bardes, nonobstant le
mérite d'originalité qui se faisait remarquer
9"2
SP0NT1NI
dans la partition, ne pouvaient balancer le
succès universel de l'œuvre de Spontini, ni sa
valeur réelle, au point de vue de l'effet drama-
tique. Lesueur s'était évidemment éloigné des
formes habituelles dans son ouvrage; mais sa
mélodie, son harmonie, ses modulations, cau-
saient plus d'étonnement, par leur élrangeté,
que de plaisir et d'entraînement. A vrai dire,
le succès des représentations de son opéra ne
s'était pas étendu au delà de l'enceinte «les
salles de spectacle; on n'en avait chanté les
airs ou les morceaux d'ensemble ni dans les
salons, ni dans les concerts. Enfin, après quel-
ques années, l'oubli et l'abandon avaient suc-
cédé à l'éclat des représentai ions des Bardes.
La musique de la Festale, au contraire, indé-
pendamment des effets entraînants de la
scène, conservait tons ses avantages au piano
et faisait briller les chanteurs dans les con-
certs. Comme celle des Bardes, elle avait un
caractère saisissant d'originalité; mais celle
originalité avait du charme et ne reposait pas
uniquement sur des formes insolites. Quelles
que fussent les préventions, il était impossible
que la section de musique de l'Institut de
France, chargée de prononcer entre les deux
ouvrages, ne donnât pas la préférence à celui
de Spontini. Bien qu'assez mal disposée pour
lui, elle n'avait cependant pas à son égard les
vieilles rancunes qui existaient entre elle et
Lesueur. Mébul, Gossec et Grétry, qui compo-
saient alors celle section de musique, désignè-
rent donc la Vestale pour le prix décennal
qui devait être accordé au grand opéra le plus
remarquable de cette époque, et la rédaction
du rapport, dont Mébul oui la tâche, s'ex-
prima en ces termes, consignés au Moniteur:
« Cet opéra (la Vestale) a obtenu un succès
» brillant et soutenu. Le compositeur a en
» l'avantage d'appliquer son talent à unecom-
» position intéressante cl vraiment tragique.
» Sa musique a de la verve, de l'éclat, souvent
» de la grâce. On y a constamment et avec
» raison applaudi deux grands airs d'un beau
» style et d'unehelle expression, deux chœurs
» d'un caractère religieux et louchant, et le
« finale du second acte, dont l'effet est à la
« fois tragique et agréable. Le mérite incon-
» tcslable et la supériorité du succès de la
» Vestale ne permettent pas au jury d'hésiter
» de proposer cet opéra comme digne du
» prix. » Après cette déclaration solennelle,
le pédanlismc d'école dut se taire, et l'opposi-
tion alla toujours s'affaiblissant.
Désormais Spontini tenait un rang distin-
gué parmi les compositeurs dramatiques qui
brillaient sur les théâtres de France. Son asso-
ciation avec Jouy ne fui pas moins heureuse
dans Fernand Corlez que dans la Vestale,
car cet opéra, joué pour la première fois le
28 novembre 1800, obtint aussi le pi lis bril-
lant succès. Le sujet de l'ouvrage a de l'inté-
rêt comme tout ce qui se rapporte à la décou-
verte et à la conquêlc de celte Amérique qui,
plus tard, a exercé une si grande influence sur
le sort dos populations européennes. Toutefois,
on a remarqué avec raison que l'enchaînement
des situations a été si faiblement établi par les
ailleurs du poème, que Jouy imagina, en
1810, d'intervertir l'ordre de succession des
actes, et que l'ouvrage en fut amélioré, parce
que, dans la première conception, le premier
acle, trop puissant d'intérêt et d'effet, affai-
blissait les autres. La musique, la beauté du
spectacle et le talent des acteurs, ont eu la
plus grande part dans le succès de l'ouvrage.
Sans atteindre à la hauteur de l'ensemble de
la f eslale, la partition de Fernand Corlez
renferme des beautés de premier ordre, au
point de vue de la mélodie, de l'expression et
de l'effet dramatique. Quelles (pie soient les
révolutions de goût réservées par l'avenir à la
musique de théâtre, quiconque aura le senti-
ment vrai de l'art ne pourra méconnaître le
charme répandu dans divers morceaux de
cette partition, l'originale conception de la
plupart et leur force dramatique. Le duo, Cher
Telasco, daigna m' entendre, l'hymne à trois
voix, Créateurs de ce nouveau monde, l'air,
/fêlas! elle n'est plus, l'autre air si plein
d'amour, arbitre de ma destinée, le dernier
duo, Un espoir nie reste, et enfin, l'admi-
rable scène de la révolte, qui commence parle
chœur : Quittons ces bords, se feront remar-
quer dans tous les temps par leurs beautés
beaucoup plus grandes que leurs défauts. On
peut citer encore, comme des morceaux de
grand mérite, l'ouverture, le finale du premier
acle, les airs de danse et des récitatifs d'une
grande vérité de déclamation. Le succès de
Fernand Corlez mit le sceau à la réputation
île Spontini, et lui donna dès lors une sorte
d'autorité sur les destinées de l'Opéra, laquelle
se maintint pendant plusieurs années.
La forlune semblait le conduire par la main.
Admis depuis plusieurs années dans la famille
des célèbres facteurs d'instruments Erard, où
les artistes de talent trouvaient toujours v.n
accueil bienveillant, il devint l'époux de la
fille de Jean-Baptiste Erard, nièce de Sélias-
lien. Celle union fut, pour Spontini, la source
la plus pure de son bonheur, car il trouva dans
SP0NT1NI
93
la compagne de sa vie une réunion de qua-
lités précieuses qui en firent le charme,
un esprit distingué, enfin, une bonté par-
faite qui consola l'artiste dans les chagrins
occasionnés par sa trop grande susceptibilité.
Par ses vertus, par son admirable dévoue-
ment, par l'agrément et la solidité de son
esprit, madame Spontini a toujours été l'objet
du respect et de l'affection de ceux qui l'ont
connue.
L'éclat des succès de Spontini lui fit obtenir,
en 1810, la direction de l'Opéra italien, qui
venait d'être placé au théâtre de l'Odéon, et
qui, réuni à la Comédie, sous la direction de
Duval, avait pris le nom de Théâtre de l'Im-
pératrice. Le début du nouveau directeur,
dans l'organisation du personnel chantant,
fut de bon augure, car il y réunit les deux ex-
cellents ténors Crivelli et Tacchinardi, mes-
dames Barilli et Festa, enfin, les basses Porto
et Angrisani, ainsi que Barilli, pour les rôles
de bouffe non chantant. Ce fut avec celte com-
pagnie remarquable qu'il fit entendre pour la
première fois à Paris, le Don Juan, de Mo-
zart, tel que l'a écrit l'illustre compositeur.
L'année 1811 fit honneur à l'intelligente di-
rection de Spontini ; il mit beaucoup d'activité
à varier le répertoire, donna une série de con-
certs qui furent bien accueillis, à cause des
artistes distingués qui s'y firent entendre, et
refit la plus grande partie de la Semiramide.
Plusieurs airs et morceaux d'ensemble, qu'il
écrivit pour cet ouvrage, eurent beaucoup de
succès. Malheureusement le sort de l'Opéra
italien était lié à celui du second théâtre fran-
çais, que l'administration d'Alexandre Duval
ne faisait pas prospérer. Les recettes faites
par les chanteurs servaient à combler les vides
de la caisse de la comédie ; de là des récrimi-
nations incessantes de part et d'autre. Spon -
lini ne dissimulait pas sa mauvaise humeur;
il en résulta des scènes désagréables entre les
administrateurs du Théâtre de l'Impératrice;
elles se terminèrent, en 1812, par une déci-
sion aussi injuste qu'inintelligente de M. de
Rémusat, surintendant des théâtres impé-
riaux qui, an lieu de donner un successeur à
Alexandre Duval, ôta la direction du Théâtre
italien à Spontini. En 1814, le ministre de la
maison du roi lui accorda le privilège du
Théâtre italien, en dédommagement de l'acte
arbitraire dont il avait été victime en 1812;
mais madame Catalani ayant sollicité ce pri-
vilège, et Paér s'élant uni à elle pour en faire
l'exploitation, Spontini, par des motifs qui ne
sont pas connus, prit le parti de se retirer,
moyennant une indemnité qui lui fut payée
par madame Catalani.
La chute de l'empire, en 1814, avait changé
la position de la plupart des artistes français;
quelques uns n'obtinrent pas immédiatement
les faveurs de la nouvelle cour: Spontini fut
de ce nombre, car il n'eut d'emploi ni comme
surintendant de la chapelle du roi, ni comme
directeur de la musique particulière. Lesueur
passa de la chapelle de l'empereur dans celle
du roi et en partagea la direction avec Mar-
tini, et Paër, après avoir dirigé les spectacles
et les concerts de la cour impériale, porta son
dévouement dans ceux de la royauté légitime.
De celte manière, toutes les places se trouvè-
rent remplies, et Spontini n'eut plus rien à
espérer que de son talent et de ses (ravaux
pour la scène. Néanmoins, il ne montra pas
de rancune, car il écrivit, dans l'esprit ci n nou-
vel ordre de choses, la musique de Pelage, ou
le Roi et la Paix, opéra en deux actes, qui fut
joué le 23 août 1814, et n'obtint que peu de
succès. Ainsi qu'il arrive presque toujours à
l'occasion de ces ouvrages de circonstance, ni
Jouy, ni Spontini, n'eurent d'inspiration pour
celui-là. Pour exciter la verve de ce composi-
teur, il fallait des sentiments énergiques ou
passionnés, dramatiques etscéniques; mais il
était l'homme le moins propre à chanter de
fades louanges. Sa part de travail dans les
Dieux rivaux n'eut pas plus d'importance.
Cet opéra-ballet, qu'il écrivit avec Persuis,
Berlon et Kreutzer, à l'occasion du mariage du
duc de Berry, fut représenté le 21 juin 1816,
et presque aussi vite oublié que Pelage. Mais
l'année suivante fut marquée par un véri-
table liiomple pour Spontini. Persuis venait
de remplacer Choron dans la direction de
l'Opéra; il avait à réparer les mauvais choix
d'ouvrages mis en scène par son prédécesseur,
et à faire oublier les chutes successives de la
triste Natalie, de Reicha, de la reprise de la
Pommier et le Moulin, de Lemoine, du ballet
des Sauvages, et de Roger, roi de Sicile, de
Berton. Convaincu de la nécessité d'employer
le talent de Sponlini comme la seule ressource
de l'Opéra, à cette époque, Persuis com-
mença par faire une reprise de Fernand Cor-
tez, à laquelle il donna beaucoup d'éclat et de
luxe. L'effet de l'ouvrage à la première repré-
sentation, donnée le 8 mai 1817, surpassa ce-
lui qu'il avait obtenu huit ans auparavant; ce
fut une véritable ovation pour le compositeur.
Le nouveau directeur de l'Opéra ne s'en tint
pas là ; car ayant résolu de remettre à la scène
les Danaïdes, de Saliéri, il chargea Sponlini
94
SPONTINI
d'en rajeunir la parlilion par quelques mor-
ceaux nouveaux, et l'engagea à écrire, sans
délai, la Colère d'Achille, dont le poëme
avait été reçu quelques mois auparavant, et
Olympie, dont le livret était l'ouvrage de
Briffant et de Dieulafoy. Les airs ajoutés par
Sponlini à la partition des Danaides, et sur-
tout une superbe bacchanale au troisième acte,
firent retrouver dans cet ouvrage le génie qui
avait produit la J'estale et Fernand Cortez;
on y remarqua même une main plus ferme,
une connaissance plus étendue des ressources
de l'instrumentation. Cet opéra fut joué au
mois d'octobre 1817; la beauté de la musique,
le talent admirablede madame Branchu, le jeu
intelligent et dramatique de Dérivis, la belle
voix de Nourrit père ; des ballets et divertisse-
ments pleins de mouvement, une mise en
scène très-bien entendue, et la belle décora-
tion de l'enfer, au dernier acte, procurèrent à
cet ouvrage un succès d'enthousiasme long-
temps soutenu.
Olympie, impatiemment attendue et jouée,
enfin, le 15 décembre 1819, ne réalisa pas les
espérances qu'avait données le nom du com-
positeur à ses nombreux admirateurs, et fut
pour lui-même une source de déceptions et de
chagrins. De tous les opéras qu'il avait fait re-
présenter jusqu'à celte époque; Olympie était
celui dont la conception avait été la plus labo-
rieuse. La pièce avait été mal faite par les au-
teurs; la marche en était languissante; les
situations dramatiques étaient péniblement
amenées ; les scènes, mal coupées pour îa mu-
sique, étaient en grande partie remplies par un
interminable récitatif; enfin, le compositeur
lui-même n'avait plus retrouvé, en écrivant
sa partition, la verve jeune et dramatique qui
brille dans la J'estale et dans Fernand Cor-
tez. Sombre et triste dans presque toute son
étendue, Olympie manquait de variété dans
le coloris. Les poètes avaient conservé beau-
coup de vers empruntés à la tragédie de Vol-
taire sur le même sujet, ce qui plaçait le mu-
sicien dans la nécessité de lulter à chaque
instant contre la mesure défavorable du vers
alexandrin. C'est ainsi qu'au lieu de l'air
final énergique et mouvementé qu'aurait dû
chanter Olympie, accompagnée par le chœur,
les poètes avaient terminé le rôle par un réci-
tatif sur ces vers :
Toi, l'époux d'Oljmpie, et qui ne dut pas l'être;
Toi, qui me conservas par un cruel secours;
Toi, par qui j'ai perdu les auteurs de mes jours;
Toi, qui m'a tant chérie, et pour qui ma faiblesse
Du plus fatal amour a senti la tendresse ;
Tu crois mes lâches feux de mon àme bannis :
Aprends... que je t'adore... et que je m'en punis..
Cendres deSlatira, recevez Olympie!
Ce langage peut être bon dans une tragédie;
mais cela est affreux à meltre en musique :
une scène d'opéra qui finit ainsi est nécessai-
rement sans effet. Olympie était un ouvrage
manqué, rempli de choses de ce genre. Spon-
tini avait trouvé île belles inspirations au pre-
mier acte ; mais l'opéra se refroidissait ensuite
jusqu'à la fin, et le talent de madame Branchu
ne parvint pas à ranimer l'intérêt.
Dès 1814, Sponlini avait été honoré de la
bienveillance du roi de Prusse : il composa
alors plusieurs morceaux pour la musique mi-
litaire de la garde prussienne. Lorsque Fré-
déric-Guillaume III entendit, en 1818, Fer-
nand ( y ortez, avec les changements faits dans
les dispositions de l'ouvrage, il en fut charmé
et prit la résolution d'attacher Sponlini à son
service. Le général de Wilzleben, premier
adjudant du roi, fut chargé de faire des pro-
positions au compositeur pour la réalisation de
ce projet; elles furent acceptées, et le contrat
fut signé au mois d'août 1819. D'après ce con-
trai, Sponlini devait partir immédiatement
après la représentation iVOlympie, qu'il es-
pérait donner à la fin du mois d'octobre; mais
les lenteurs ordinaires du service de l'Opéra
relardèrent la représentation jusqu'au 15 dé-
cembre. La saison d'hiver parut alors trop
avancée pour entreprendre le voyage de Paris
à Berlin qui, à cette époque, était long et pé-
nible : Sponlini obtint du roi de Prusse l'aulo-
risation de retarder son départ jusqu'au prin-
temps. Le compositeur employa ce délai à faire
des changements à son Olympie, et concur-
remment à jeter sur le papier les premières
idées pour un Louis IX, opéra qui avait été
demandé par le ministre de la maison du roi,
et auquel le roi Louis XVIII s'intéressait. Le
sujet plaisait à Sponlini, à cause du caractère
de saint Louis, et de l'opposition de coloris
qu'il entrevoyait entre le caractère des croisés
et celui des musulmans; mais quand vinl le
moment du départ pour Berlin , le poëme
n'était pas achevé, et le travail de celte pièce,
étant interrompu, ne fut plus repris.
Lorsque des propositions avaient été faites à
Sponlini pour l'attacher à la cour de Berlin,
l'auteur de la Festale n'accepta pas le titre
seul de maître de la chapelle royale, et de-
manda celui de directeur général de la mu-
sique, en tout ce qui tenait au service de la
cour; nonobstant l'opposition et le crédit du
comle de Briilil, intendant du théâtre royal c
SP0NTIN1
9è
«le la chapelle, ces conditions furent acceptées:
Le traitement attaché à la direction générale
de la musique fut, dit-on, fixé à dix mille écus
de Prusse (trente-sept mille cinq cents francs),
outre d'autres avantages assurés à Spontini.Sa
nouvelle position se composait de deux attri-
butions, à savoir, la charge de compositeur de
la cour, et la direction générale de la musique.
Celle-ci comprenait l'opéra et le ballet, la
musique de la chambre et les concerts, la mu-
sique militaire et la musique religieuse de la
chapelle. Jamais tant d'autorité n'avait été
donnée à un seul homme. Il est facile de com-
prendre que ce ne fut pas sans déplaisir que
les artistes allemands virent de si grandes fa-
veurs accordées à un étranger; cependant tout
ce qui dépendait immédiatement du roi, soit
dans la chapelle, soit à l'opéra, soit enfin dans
la musique militaire, se soumit au nouveau
pouvoir sans murmurer; mais une opposition
sérieuse lui fut faite par l'intendant des
théâtres, seul tout-puissant avant l'arrivée de
Spontini, et qui ne put voir sans un vif chagrin
une grande partie de son autorité passer en
d'autres mains. Déjà, avant que le maitre fût
arrivé à Berlin, l'intendantavait fait retentir la
pressesaxonnede sesdoléancesetde ses récla-
mations, sous des noms supposés. L'opposition
de ce personnage était d'autant plus redoutable
qu'il disposait des faveurs de la subvention.
Dès son entrée en fonctions, Spontini écrivit
une marche et un chant pour l'anniversaire de
la naissance du roi, exécutés leôaoûl 1820, par
un grand nombre de voix à l'unisson avec ac-
compagnement d'un corps complet de musique
militaire et des instruments à archet. L'exé-
cution de cet ouvrage fut dirigée par Spontini
lui-même, et son effet fut accueilli par des
transports d'enthousiasme : le roi, vivement
ému, témoigna au compositeur sa satisfaction
en termes affectueux (1). Déjà Spontini avait
donné aux artistes de Berlin une haute idée de
sa capacité comme directeur de musique, par
la manière dont il avait fait exécuter son opéra
t\e Fernand Cortez, le 28 juin précédent. La
délicatesse des nuances et la précision qu'il
donna à l'orchestre, ainsi qu'aux chanteurs et
aux choristes furent remarquées par tous les
spectateurs. Jamais l'Opéra de Berlin n'offrit
un ensemble aussi satisfaisant, une exécution
aussi parfaite, que sous la direction de l'auteur
de la Vestale : ses ennemis mêmes n'ont ja-
mais nié sa supériorité à cet égard.
(I) Ce chan!, devenir populaire, a élé publié sous ce
titre: Preussisclter Volksgesang mit Vollsland. tiirkisclier
Musik und d. Slreicltinstr. Berlin, Sclilesinger.
Spontini avait trouvé la Vestale montée et
au courant du répertoire du théâtre royal, à
son arrivée à Berlin : il lui tardait d'y faire
entendre son Olympie, et de prendre sa re-
vanche du peu de succès de cet ouvrage à
Paris. Il s'occupa immédiatement de le faire
traduire en allemand, et pour ce travail ingrat,
il jeta les yeux sur le célèbre écrivain humo-
riste Hoffmann qui, bon musicien, était en état
de bien appliquer les paroles à la musique.
Spontini avait reconnu la justesse de quelques
critiques faites à Paris de certains défauts de
son opéra, particulièrement dans le dernier
acte. Il fit refaire cet acte par Hoffmann sur
un plan nouveau : les flots de Champagne dont
il abreuvait son poëte triomphèrent de la pa-
resse de celui-ci. Spontini refit lui-même une
grande partie de la musique et en prépara le
succès par de nombreuses répétitions faites
avec soin. Le 14 mai 1821, l'ouvrage fut re-
présenté et bien chanté parBader, Blum, Hil-
lebrand, mesdames Milder et SchUtz. Un luxe
inaccoutumé de mise en scène, de costumes
et de décorations, ajouta au charme de l'exé-
cution, et des applaudissements unanimes fu-
rent prodigués à l'œuvre du compositeur.
Spontini triomphait de ce retour de la faveur
publique pour une partition qu'il affectionnait
peut être plus que la Vestale et que Fernand
Cortez, par cela même qu'elle lui avait coûté
plus de travail, et qu'elle avait été moins heu-
reuse à Paris.
Dans l'hiver de 1821 , il écrivit, pour les fêles
de la cour, à l'occasion de la présence dugrand-
duc Nicolas et de la grande-duchesse, son
épouse, à Berlin, l'opéra-ballelde LallaRookh,
dont le sujet avait été pris dans le poëme de
Thomas Moore. Plus lard, il se servit d'une ro-
mance, d'un petit chœur, d'une marche et de
deux airs de ballet de cet ouvrage dans son
opéra intitulé Nurmahal, ou la fête de la rose
de Cachemire, ouvrage en deux actes dont le
livret avait élé fait par M. Herklotz, d'après la
traduction allemande, très-estimée, que le bi-
bliothécaireSpicker avait faite de LallaRookh,
roman poétique de Moore. Cet opéra-ballet,
écrit en huit semaines, paroles et musique, eut
du succès et fut repris plus tard.
En 1822, Spontini usa du congé annuel sti-
pulé dans son contrat avec la cour de Prusse
pour visiter l'Italie et revoir le lieu de sa nais-
sance, où il n'avait pas été depuis vingt ans;
puis il se rendit à Paris. Le temps et ses succès
en Allemagne lui avaient fait oublier les an-
ciennes cabales de ses adversaires, et ce fut
avec un vif plaisir qu'il se retrouva dans celte
96
SPOiNTINI
grande ville, au sein de la famille à laquelle il
s'était allié et de quelques amis dévoués. Jouy
voulut profiter de son séjour à Paris et l'en-
gagea à s'occuper de son opéra les athé-
niennes, dont il avait écrit autrefois quelques
morceaux; mais nonobstant les changements
faits par M. Philarète Cliasles au poème de cet
ouvrage, en collaboration avec Jouy, jamais
la coutexlure du livret ne satisfit Spontini : le
dénoûment, en particulier, lui parut toujours
impossible et le découragea. Après sa mort,
on n'a retrouvé que quelques fragments de sa
musiquesur ce sujet. Au mois de janvier 1823,
il quitta Paris pour retourner à Berlin. Dans
le courant de 1824, le roi demanda à Spontini
un grand opéra pour fêter le mariage du prince
royal (depuis lors Frédéric Guillaume IV, roi
de Prusse). La difficulté consistait à trouver
un poème : plusieurs ouvrages allemands fu-
rent présentés au compositeur, mais aucun ne
l'ayant satisfait, il demanda au roi l'autorisa-
tion de faire venir un littérateur de Paris, ce
qui lui fil accordé. Celui qu'il avait en vue
n'ayant pu venir à Berlin, on lui envoya
Théaulon, qui, pointant, n'avait rien de prêt,
et qui même était à la recherche d'un sujet.
Spontini et lui finirent par découvrir celui
(VAlcidor dans un ancien livret d'opéra-féerie
français écrit par Rochon de Chabannes.
Théaulon se mil à l'ouvrage; mais Spontini
était rarement satisfait de ce qu'il lui appor-
tait. Il fallut souvent recommencer; l'ouvrage
n'avançait pas, et le temps s'écoulait. Enfin,
il devint évident qu'il serait impossible d'être
prêt pour le 5 octobre, date fixée pour la re-
présentation. On dut se borner à une cantate
suivie d'un ballet. Théaulon retourna à Paris,
laissant l'ouvrage seulement ébauché. Dans
son embarras, Spontini prit le parti de faire
lui-même le scénario rie la pièce ; un Français,
homme d'esprit appartenant à la société dis-
tinguée, lui vint en aide en faisant les vers, le
poète allemand Herklotz fit la traduction, et
l'opéra tVAlcidor fut représenté le 25 mai
1825, pour le mariage de la princesse Louise,
troisième fille du roi, avec le prince Frédéric
des Pays-Bas. Comme tous les sujets féeriques,
Alcidor péchait par le défaut d'intérêt dra-
matique, élément nécessaire pour le génie de
Spontini; sa musique était brillante; il s'y
trouvait de bons chœurs et un trio en canon
qui fut fort applaudi ; néanmoins c'était un
ouvrage faible comparé à ceux qui ont fait sa
gloire. Après huit représentations, il y eut
une interruption par le départ de madame
Ittilder, qui avait un congé. Alcidor fui repris
en 1829, en 1833 et en 1836, mats il n'eut
chaque fois qu'un petil nombre de représenta-
tions.
A l'occasion du couronnement de l'empereur
et de l'impératrice de Russie, la cour de Prusse
demanda au directeur général de musique un
hymne de fêle, dont il fit une composition
grandiose, exécutée le 18 janvier 1827,
et répétée le 9 mai de la même année
dans un concert. Ce fut aussi dans la même
année que Spontini fit exécuter, pour la fête
du roi, le premier acte de son opéra Agnès de
Hohenstaufen, dont Raupach avait fail le
livret. Il n'acheva cet ouvrage que deux ans
après et en refit de nouveau une grande partie
en 1837. La critique passionnée que fit Rell-
slab (voyez ce nom) du premier acte de cet ou-
vrageexcita l'indignation du composileurqui,
malheureusement, ne sut pas se contenir, et
qui se compromit par excès de sensibilité.
Rellstab, homme d'esprit plus que musicien
instruit, venait d'être chargé de la rédaction
de la Gazette de Voss, à laquelle il donna de
la popularité par le piquant de son style. Une
haine contre Spontini, dont les motifs ne sont
pas connus, la poussa à écrire de violents ar-
ticles contre ce maitre. Déjà il avait voulu
publier une brochure intitulée : Ueber die
Thealervertvaltung Sponlini's (Sur l'admi-
nistration théâtrale de Spontini), dans laquelle
il affirmait que le directeur général de la mu-
sique de la cour écartait de la scène tous les
ouvrages des compositeurs dont le talent lui
donnait de l'ombrage, et que lorsqu'il était
obligé d'en faire représenter un, il en négli-
geait la mise en scène, pour qu'il ne produisit
pas d'effet, réservant tous ses soins pour ses
propres opéras. La censure supprima cet écrit.
Le ressentiment qu'en eut Rellstab se traduisit
((ans une satire accueillie parles frères Scholt,
de Mayence, et qui parut dans le quatrième
volume de l'écrit périodique Cxcilia (p. 1 et
suiv.), sous le titre : Ans dent Nachlas eines
junger Kunstler (Extrait des papiers d'un
jeune artiste). Un peu plus lard parut, dans le
même recueil (tome VI, p. 1 et suiv.), une
nouvelle intitulée Julius, également dirigée
contre Spontini. Le nom du maitre ne parais-
sait jias dans ces libelles; mais lui-même y
était si bien peint par ses habitudes et par son
langage, que personne ne s'y trompa. Tout ce
qui pouvait blesser le cœur de l'artiste s'y
trouvait réuni et disposé avec habileté. Agnès
de Hohenstaufen fut une nouvelle occasion de
dénigrement pour les sentiments haineux «le
Rellstab : il la saisit pour attaquer le maitre
SPONTINI
97
avec violence dans la Gazelle de Foss. Dans
son amère critique, il osa mettre en doute que
l'auteur de Lalla Rookh, de Nurmahal, d'Al-
cidor et du dernier ouvrage fut celui de la
Festale et de Cortez. Blessé dans son honneur
comme dans ses sentiments d'artiste, Spontini
demanda à la justice réparation des outrages
du journaliste el de la diffamation de son ca-
ractère. Rellstab fut en effet condamné à
quelques mois de détention. Il faut le dire,
Spontini fui imprudent en celle circonstance;
car le procès qu'il fit à Rellstab donna de l'im-
portance aux attaques du journaliste. Autant
la critique savante, polie et consciencieuse est
respectable et a de portée, autant celle qui se
puise dans de mauvaises passions et emploie
les armes de la mauvaise foi est méprisée. Le
silence, le dédain sont les seules ressources de
l'artiste de mérite en bulle aux traits de celle-
ci. D'ailleurs Spontini aurait dû comprendre
queRellstab n'était pas isolé dans ses attaques,
et qu'il y avait derrière lui tout un parti d'en-
vieux dont le journaliste n'était que l'organe
responsable. Loin d'être abattu parla condam-
nation, ce parti ne devint que plus ardent à
poursuivre sa tâche de dénigrement et de ca-
lomnie. L'auteur de la Festale en vit bientôt
les effets dans une brochure piquante que
Rellstab fit paraître à Leipsick sous ce titre :
Ueber mein Ferhxltniss als Kritiker zu
Ilerrn Spontini als Componisten und Ge-
neral-Musik-Director in Berlin (Sur mes
rapports, comme critique, avec M. Spontini,
en sa qualité de compositeur et de directeur
général de musique à Berlin). En France, tout
le bruit d'une affaire de ce genre est fini en
huit jours; il n'en est pas ainsi en Allemagne :
les années se succèdent avant qu'on en ait
épuisé les commentaires. Les journaux s'occu-
pèrent de la brochure de Rellstab et l'analy-
sèrent rn raison des dispositions des rédac-
teurs. Les luttes de part et d'autre furent sans
doute bien ardentes, car l'affaire, commencée
en 1826, agitait encore Berlin en 1850, et
même longtemps après. On en a la preuve dans
la défense de Spontini que Dorn, alors direc-
teur de musique à Riga, et plus tard maître de
chapelle chargé de la direction du théâtre
royal de Berlin, publia en 18-30, sous le voile
de l'anonyme. Sa brochure avail pour litre :
Spontini in Deutschland oder unpartheiisclie
TFiirdigung seiner Leistungen wxrend
seines Jufenthalts dasselbst in der Letztcn
zehn Jahren (Spontini en Allemagne, ou ju-
gement impartial de ses travaux pendant les
dix années de son séjour dans ce pays). Le ton
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
sage et modéré de cet écrit et les connaissances
dont l'auteur y l'ail preuve produisirent une
impression favorable sur les esprits droits qui
ne se mêlent pas aux intérêts de partis, mais
n'imposèrent pas silence aux ennemis du
compositeur. Le vieux levain fermentait encore
en 183-3, lorsque Charles-Frédéric MUller de
Berlin publia un petit écrit sous le titre :
Spontini et Rellstab (Berlin, Bechlold, in-16).
L'auteur de cette brochure annonçait l'inten-
tion d'une grande impartialité : Je ne suis pas
plus l'ennemi de 31. Spontini que l'ami de
M. Rellstab, dit-il, et je veux, sans m'occuper
de ce qui est étranger à la cause, ne parler
que des faits. Malheureusement, la suite de
l'écrit ne justifie pas le début. M. Millier com-
mence par établir que Spontini est arlisle, et
que, comme tel, il ne peut se soustraire à la
critique; mais il oublie qu'autre chose est la
critique ou la diffamation. Il croit que la
vie privée seule doit être à l'abri des attaques
de la presse : mais la vie publique de l'artiste
ne doit pas être plus exposée aux fausses inter-
prétations. Ses ouvrages seuls sont justiciables
de la critique, si celle-ci a la capacité néces-
saire pour leur appréciation ; ce qui est fort
rare.
L'irritation éprouvée par Spontini de tant
de tracasseries s'augmenta malheureusement
chaque année; cette irritation fut plus tard
très-nuisible à ses intérêts. Cependant, il
étail bon, serviable, et plus généreux que ne
le sont la plupart des artistes de notre temps.
Au nombre de ses détracteurs et ennemis se-
crets se trouvaient beaucoup d'ingrats qu'il
avait protégés. C'était à lui qu'était due l'in-
stitution de la caisse de secours pour les ar-
tistes du Théâtre-Royal ; il en avait fourni les
premiers fonds, et donnait chaque année, pour
en accroître les ressources, le produit du con-
cert annuel qui était un des avantages dont il
jouissait comme en avaient joui tous les
maîtres de chapelle ses prédécesseurs. Il y
réunissait tout ce qui pouvait le rendre pro-
ductif. Beaucoup déjeunes gens qui se desti-
naient à l'art, ou qui commençaient à s'y dis-
tinguer, avaient reçu de lui des secours ou des
encouragements.
Les artistes du Théâtre-Royal de Berlin lui
furent aussi redevables de bons conseils pour
le développement et le perfectionnement de
leur talent. On sait que Pari du chant est peu
connu en Allemagne, et que les acteurs se font
plus remarquer parleur sentiment dramatique
que par la correction de leur vocalisation.
Spontini, dont l'éducation musicale avait com-
7
98
SPONTINI
mencé précisément par le chant, suivant l'an-
cienne méthode des écoles d'Italie, apprit à
madame Milder, à mademoiselle Schœtzel, à
Bader, à Blume,àtous les chanteurs qui furent
placés sous sa direction pendant vingt ans, à
poser le son, à respirer, à bien articuler le
chant, enfin à donner à leurs rôles le carac-
tère qui seul pouvait réaliser la pensée des
■compositeurs. Son orchestre, dans lequel il
avait réuni les meilleurs artistes, entre autres
Mœser, comme chef des premiers violons et
directeur de musique, les violoncellistes
Hannsmann et Ganz, Baermann pour le bas-
son, Hambuch pour le hautbois, Lenz pour le
cor, et beaucoup d'autres ; cet orchestre, dis-
je, avait appris de Sponlini l'art des nuances
délicates et d'une précision parfaite. A la tête
d'un grand orchestre et d'un chœur nom-
breux, l'auteur de la T'estale et de Cortez
était un héros. Son talent en ce genre était si
bien connu dans toute l'Allemagne, qu'il fut
souvent sollicité de prendre la direction des
fêtes musicales qui se donnaient dans diffé-
rentes villes. Au festival organisé à Halle par
Naue, directeur de musique à l'université, il
excita le plus vif enthousiasme par la chaleur
cl l'intelligence de sa direction. L'université
lui témoigna sa reconnaissance par le diplôme
de docteur en philosophie et beaux-arts. De-
puis que Sponlini s'est retiré de la direction
générale de la musique à Berlin, la décadence
dans la valeur des chanteurs et dans le fini de
l'exécution a fait voir qu'il était plus facile de
l'obliger à s'éloigner d'une position enviée que
de le remplacer.
Le premier engagement de Sponlini avec le
roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, avait
été contracté pour dix ans ; il était arrivé à son
terme le 28 mai 1830, mais il fut renouvelé
pour dix autres années. A cette occasion, le
roi lui accorda un congé pour visiter Paris
et sa famille. Il en obtint un autre, en 18-38,
lorsqu'il se présenta comme candidat pour la
place vacante à l'Académie des beaux-arts de
l'Institut, après la mort de Paër. L'engagement
qu'il prit alors de revenir à Paris lui fit obtenir
sans peine l'élection qu'il désirait. Il partit
d'abord pour l'Italie, se rendit à Jesi, et y fit
don à la ville d'une somme de trente mille
francs pour le rétablissement du monl-de-
piété, qui avait été pillé et détruit à l'époque
des conquêtes de l'armée française. Arrivé à
Rome vers le milieu de novembre, il y fut pré-
senté au pape par le cardinal Ostini,évêque de
Jesi, et s'entretint longtemps avec le Saint-
Père de la restauration de la musique d'église.
11 conçut aussi, ;i la môme époque, un plan
pour la publication d'une grande collection de
musique religieuse composée par les maîtres
anciens les plus célèbres. Le programme en
fut publié et les conditions de la souscription
répandues par les journaux; mais déjà à celle
époque, à l'exception de Baini, devenu vieux
et uniquement occupé de Palestrina, il n'exis-
tait personne qui pût diriger une semblable
entreprise, et celle-ci resta à l'état de projet.
Après avoir ensuite passé quelque temps à Na-
ples, Sponlini retourna à Paris. A l'expiration
de son congé, il partit pour Berlin. La mort
du roi Frédéric-Guillaume III, au mois de
juin 1840, fut pour lui la cause d'un profond
chagrin. Le 24 du même mois, les choeurs
réunis de l'Opéra, de la chapelle et des autres
institutions musicales exécutèrent, sous la di-
rection de Sponlini, dans le palais neuf, à Pols-
dam, le De Profundis, de Gluck, le Requiem,
de Mozart, et quelques morceaux choisis dans
les œuvres de Hœndel ; cette musique, par sa
beauté ainsi que par la perfection de l'exécu-
tion, produisit une profonde impression sur
le roi et sur la cour.
Le deuxième engagement de dix ans, con-
tracté par Spontini avec le feu roi était arrivé
à sa fin depuis le mois de mai 1840. Son in-
tention était de se retirer pour retourner à
Paris, suivant la promesse qu'il avait faite à
l'Académie des beaux-arts de l'Institut de
France. Le nouveau roi Frédéric - Guil-
laume IV avait l'intention de renouveler le
contrat; mais les dégoûts que faisait éprouver
à Spontini depuis quelque temps l'intendance
générale des théâtres royaux, pour ressaisir
ses anciennes attributions, lui fit prendre la
résolution de demander l'autorisation de re-
tourner en France. Le roi souscrivit à son dé-
sir ; mais il voulut que le directeur général de
sa musique conservât tous ses titres : il fixa
généreusementsa pension à lasomme annuelle
de seize mille francs. Spontini s'éloigna de
Berlin, dans le mois de juillet 1842, et se rendit
en Italie
De retour à Paris, au mois de mai 1845, il
fit des démarches auprès de l'administration
de l'Opéra pour faire reprendre ses anciens
ouvrages avec les soins et les études néces-
saires; mais il n'y trouva pas de bon vouloir.
Déjà, en 1841, il avait pu juger des mau-
vaises dispositions de cette administration
lorsque le directeur (M. Duponchel), pour sa-
tisfaire au cahier des charges qui l'obligeait à
remettre au répertoire d'anciens ouvrages, fit
choix de Fernand Cortez. Spontini lui fit of-
SPONTINI
99
frir de venir lui-même diriger les répétitions
à Paris, lui proposant en outre de substituer
au pitoyable dénoùment adopté à l'Opéra, ce-
lui qui avait été fait à Berlin, et demandant
rjue la représentation fût retardée jusqu'au
mois d'octobre, au lieu du mois d'août. Toutes
ces propositions furent repoussées par le di-
recteur de l'Opéra; alors Spontini lui fit faire
défense par huissier de jouer son ouvrage, ne
voulant pas qu'il fût mal jugé sur une reprise
sans étude et sans soins; l'affaire fut portée au
tribunal de commerce, qui donna gain «le
cause au compositeur. Sur l'appel interjeté
par le directeur, on représenta à la cour
royale que le droit accordé à un auteur de re-
tirer un ouvrage resté longtemps au réper-
toire serait un précédent fâcheux qui causerait
de grands embarras aux administrations de
théâtre; Spontini perdit son procès, et Fer-
nand Cortez fut représenté de la manière la
plus misérable. On comprend que, quelque
justes que fussent ses réclamations, il n'avait
rien à attendre d'une administration si mal
disposée. Elle lui opposait l'empire de lamode.
La mode! ce mot seul allumait la bile de l'au-
teur de la Vestale; il n'en voulait pas recon-
naître la puissance en ce qui concerne la va-
leur des ouvrages d'art. Certes, il avait raison
en ce sens, que le beau, caractérisé par ses
attributs incontestables, est de tous les temps;
«ar s'il pouvait cesser un jour d'être réelle-
ment le beau, il ne l'aurait jamais été. Mais
au théâtre, indépendamment des qualités es-
sentielles de l'ouvrage représenté, à savoir
l'inspiration et le sentiment, il y a des habi-
tudes, des conventions, des formes qui, tour
à tour, sont ou cessent d'être en usage, qu'on
finit par ne plus comprendre et qu'on ne sait
plus interpréter. N'avons nous pas vu naguère
YAlccste, de Gluck, travestie d'une manière
ridicule, faisant naître l'ennui dans la vaste
salle de l'Opéra, et appréciée à rebours du
bon sens par la presse? L'état moral des po-
pulations exerce sur les dispositions des spec-
tateurs des influences qui ne s'expliquent pas,
mais qui ne sont pas moins réelles. Aux géné-
rations fiévreuses, il faut des commotions; les
idylles, si belles, si parfaites qu'elles fussent,
ne leur donneraient que de l'ennui; or, on
sait comment se traduit l'ennui au théâtre.
Au piano, dans des concerts, dans des circon-
stances spéciales, on pourra exciter la plus
vive admiration pour des œuvres anciennes
qui ne seront pas dans les tendances du jour.
Spontini a vu lui-même un de ces élans spon-
tanés de toute une assemblée lorsque, le
15 avril 1845, des fragments de sa Vestale
furent exécutés dans un des concerts du Con-
servatoire de Paris; jamais l'expression du
plaisir et de l'admiration n'alla plus loin. Ré-
cemment encore le même effet s'est produit
dans le même lieu ; mais le public des con-
certs du Conservatoire est composé d'artistes
et d'amateurs instruits qui aiment l'art sé-
rieux; ce n'est pas lui qu'on rencontre au
théâtre. L'illustre maître, me parlant de la
musique qu'il entendait à l'Opéra depuis son
retour, la qualifia de féroce; sans discuter la
justesse de l'expression, on comprend que
cette musique lui était antipathique. Il aimait
l'art noble et ne pouvait se dissimuler qu'il
rapportait ce goût en France au milieu des
penchants démocratiques dont il avait hor-
reur.
Spontini retrouvait de temps en temps des
éclairs de son ancienne gloire; c'est ainsi que
des fragments de la Vestale, exécutés dans un
festival, à Cologne, en 1847, n'y ont pas fait
naître moins d'enthousiasme que des représen-
tations du même opéra, dirigées par l'auteur,
n'en avaient excité à Dresde, en 1844. A Co-
penhague, cet ouvrage avait fait éclater des
transports d'admiration, et le roi de Danemark
avait envoyé à Spontini, en témoignage de sa
satisfaction, la décoration de l'ordre de Dane-
brog. Enfin, lorsque l'illustre compositeur vi-
sita Berlin, quelques années après sa retraite,
le roi lui fit le meilleur accueil, lui exprima la
satisfaction qu'il éprouvait de le revoir, et lui
parla du plaisir qu'il se promettait d'entendre
ses ouvrages bien exécutés.
Dans les dernières années de Spontini, des
atteintes de surdité se firent sentir et sa mé-
moire s'affaiblit. L'espoir de retrouver ses
facultés intactes et la santé sous le beau ciel
qu'il l'avait vu naître lui fit prendre la résolu-
tion de se rendre dans les États romains. Jesi
le reçut avec des honneurs qu'on n'accorde
qu'aux têtes couronnées. Il y passa quelque
temps, puis il voulut revoir le village de Ma-
jolati, berceau de son enfance. Il s'y trouvait
depuis plusieurs mois lorsque, nonobstant un
rhume dont il souffrait, et malgré les instances
de sa femme, il voulut aller à l'église: le froid
l'y saisit, la fièvre survint, et le 24 janvier
1851, il expira dans les bras de son angélique
compagne.
Jamais artiste ne fut comblé de plus d'hon-
neurs et de distinctions. Il était directeur gé-
néral de musique de la cour de Prusse; docteur
en philosophie et arts par diplôme de l'univer-
sité de Halle; membre de l'Académie des
100
SPONTINI - SPR1NG
beaux-arts de l'Institut de France ; membre
associé de la classe des beaux-aris de l'Acadé-
mie royale de Belgique, de la Société autri-
chienne des amis de la musique, de l'Académie
de Stockholm, de l'Académie de Sainte-Cécile,
de Rome, de la Société de Hollande pour les
progrès de la musique, et de plusieurs sociétés
savantes; -crée comte de Sant' Andréa par le
pape, décoré de l'ordre de Saint-Grégoire-le-
Grand, officier de la Légion d'honneur et de
l'ordre de Léopold de Belgique, chevalier de
l'ordre du Mérite de Prusse et de la troisième
classe de l'Aigle-Rouge, chevalier de l'ordre
de Danebrog de Danemark, de l'ordre de
François I er de Naples, commandeur de l'ordre
de Hesse-Darmstadt, etc., etc.
Les notices biographiques de Spontini qui
ont été publiées sont: 1° M. Spontini, par
un homme de rien (M. Louis de Loménie);
Paris, 1841, in-12. 2° Spontini (par Edouard-
Marie OEttinger); Leipsick, 1843, in-16.
Elogio del cavalière Gaspare Spontini, conte
di S. Andréa, letto nel 26 febbrajo 1851,
neila chiesa plebale di iïlajolati da G. Igna-
zio Monlanari (avec de nombreuses notes
biographiques et des pièces authentiques);
Ancona, dalla tipographia Aureli, 1851, de
cinquante-six pages. 4" Notice historique sur
la vie et les ouvrages de M. Spontini, par
Raoul-Rochette, secrétaire perpétuel de l'Aca-
démie des beaux-arts de l'Institut; Paris, Fir-
min Didot, 1852, in-4°.
SPOINTOI\I (Bartiiolomé) , compositeur
vénitien, vécut vers le milieu du seizième
siècle. On connaît de sa composition : 1° Ma-
drigali a cinque voci; Venise, 1504, in-4°.
Une deuxième édition du même recueil a été
publiée dans la même ville, en 158-3, in-4°.
2° Il secondo libro di Madrigali, a cinque
voci; 'MA. y 1507, in-4°. 5° Madrigali a cin-
que voci. Libro terzo; J'cnelia, app. Angelo
Gardano, 1583, in -4°. On trouve quelques
morceaux de ce musicien dans les recueils sui-
vants : 4° De' floridi virluosi d'Italia il terzo
libro de' madrigali a cinque voci nuovu-
mente composti e dati in luce; in Venezia,
pressa Giacomo Fincenti, 1586. 5° Sym-
phonia Angelica. Di diversi eccellentissimi
musici Madrigali a A, 5 et 6 voci, nuova-
mente raccolta per Huberlo Waelrant; in
Anversa, appresso Pietro Phalesio et Giov.
Bellero, 1594, in-4°. 6° Madrigali pastorali
a set voci descritti da diversi, e posti in mu-
sica da altrettanli musici; ibid., 1604, in-4°.
SPOINTOINI (Alexandre), compositeur, né
à Bologne, vers le milieu du seizième siècle,
fut maître de chapelle de la cathédrale de
Forli. Il est cité avec éloge par Cerreto, dans
sa Prattica musica. On connaît de ce musi-
cien : II primo libro de Madrigali a cinque e
sei voci; Venise, Angelo Gardano, 1585, in-4°.
Un autre compositeur du nom de Spontoni
(D. Luigi) n'est connu que par un ouvrage
intitulé : Il primo libro de Madrigali a cin-
que voci; Fenetia, app. Antonio Gardano r
1569, in-4° obi.
8POURNI, ou plutôt SPURNI (Chré-
tien), musicien allemand, né à Manheim, entra
comme contrebassiste à la Comédie italienne
de Paris, en 1763, et y resta jusqu'en 1770. Il
accepta dans cette année une place de contre-
basse au théâtre du roi, à Londres. Il passa le
reste de ses jours dans cette ville, où il pu-
blia, en 1783, six trios pour flûte, violon et
basse.
SPREI\GEL (Pierre-Natiumel), pasteur
à Grossmangelsdorff, près de Magdebourg,
naquit à Brandebourg, le 7 avril 1737, et mou-
rut le 1 er avril 1814. On a de lui une descrip-
tion des arts et métiers avec beaucoup de
planches, intitulée : Handvcerhe und Kilnste
in Tabellen; Berlin, 1767-1797. Dix-huit
livraisons in-8°. La onzième partie, publiée en
1773, contient : 1° la description des clavecins
et pianos (pages 240 à 270); 2° celle de la con-
struction des violons, altos, violoncelles, luths
et harpes (pages 271 à 290) ; 3° l'art de la fac-
ture des orgues (p. 291 et suivantes).
SPRENGEL (Mathieu -Chrétien), né à
Rostock, le 24 août 1746, fit ses études à l'uni-
versité de Gœltingue, fut nommé, en 1778,
professeur extraordinaire à la faculté de phi-
losophie de cette ville, et obtint, l'année sui-
vante, la chaire d'histoire à l'université de
Halle. Il mourut le 7 janvier 1803. Au nombre
de ses ouvrages, on remarque le quarante-
septième volume de l'Histoire universelle
allemande, contenant l'histoire d'Angleterre
et d'Irlande, jusqu'au temps de la grande
charte, sous ce titre : Geschichte von Gross-
britannien; Halle, 1783, un volume in-4°.
Sprengel y traite de la musique des habitants
du pays de Galles, dans les chapitres IV e et V e
(page 235, et pages 585-395).
SPRII\G (....), violoniste allemand, vivait
à Bonn, vers 1830. Il a publié de sa composi-
tion : 1° Fantaisie pour violon, avec quatuor;
Leipsick, Breitkopf et Hœrlel. 2» Deux qua-
tuors pour deux violons, alto et basse, op. 2;
Leipsick, Hofmeisler. 5° Quatuor idem;
Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 4° Ouverture à
grand orchestre; Bonn, Simrock.
SPRINGER — SSAFFI-EDD1N-ABD0LMUMIN
iûl
SPRINGER (Vincent), virtuose sur le cor
de bassette (sorte de clarinette alto courbée),
naquit à Jung-Bunzlau, près de Prague, vers
1700, Fils d'un directeur de musique, il apprit
dans sa jeunesse à jouer de la clarinette : mais
ayant fait un voyage en Hongrie, il y entendit
le cor de bassette, inventé peu de temps au-
paravant, et séduit par la qualité du son de cet
instrument, il se livra à son étude, et y acquit
une rare habileté. Vers 1782, il s'associa avec
David, autre virtuose sur le cor de bassette, et
voyagea avec lui pour donner des concerts. En
1787, il vivaitàBerlin,sans emploi, mais trois
ans après il fut engagé avec David pour la
chapelle du comte de Bentheim-Steinfurlh. Il
y a lieu de croire qu'il alla plus tard à Vienne,
où il a fait imprimer, chezSteiner, des marches
en harmonie militaire.
SPUNTONI (Charles), compositeur dra-
matique, né à Rome, vers 1760, a écrit à Flo-
rence, en 1784, le deuxième acte de l'opéra
bouffe intitulé : V Apparenza inganna. En
1790, il donna à Reggio La Liberazione di
Lilla, ballet; et l'année suivante, il fit repré-
senlre à Lugo Il Matrimonio , opéra bouffe.
SQUARCIALUPI (Antoink), ou
SCHUARCIALUPI, suivant d'anciens ma-
nuscrits cités par M. Casamorata (1), sur-
nommé ANTONIO DEGLI ORGANT, à
cause de son talent sur l'orgue, naquit à Flo-
rence, dans les dernières années du quator-
zième siècle, ou dans les premières du quin-
zième, d'une ancienne famille noble. Laurent
le Magnifique le prit à son service comme l'un
des plus fameux organistes, et peut être le plus
habile de son temps. Squarcialupi fut aussi or-
ganiste de l'église Santa Maria del Fiore, qui
est la cathédrale de Florence. Migliore, cité par
M. Casamorata (2), dit, dans sa Firenze illus-
trât a, que les étrangers venaient de toutes
parts à Florence pour avoir le plaisir d'enten-
dre cet artiste. J'ai dit, dans la première édi-
tion de cette Biographie, d'après Gérard Jean
Vossius (ô), que Squarcialupi mourut en 1430;
j'aurais dû reconnaître que cette date n'était
pas exacte, puisque Laurent le Magnifique ne
naquit qu'en 1448, et que l'église Santa Maria
del Fiore, dont Squarcialupi fut organiste, ne
fut consacrée, comme le dit M. Casamorata,
qu'en 1435. La date de la mort de l'artiste doit
être fixée au plus tôt en 1475. Le sénat de Flo-
rence honora la mémoire de l'artiste célèbre
(I) Gazeita musicale di Milano, 18i7, p. 378.
(■2) Loco cil.
(3) De unie. Math, natura et const. Cap. GO, S 14>
pag.33I.
en plaçant son buste avec une inscription ho-
norable, rapportée par Poccianti (1), et que
voici :
Mullum profeclo débet musiea Antonio Squarcialupo,
organistœ : is enim ita gratiam conjunxit, ut quartam
sibi viderentur Charités musicam adscivisse sororem.
Florenlia eivilas grati animi olh'cium rata ejus memo-
riam propagare, cujus manu saipe mortales in dulcem
admirationem adduxerat, civi suo monumenlum donavit.
Burney, qui visita Florence, en 1770, pré-
tend que le buste avait alors disparu, et qu'il
ne retrouva que l'inscription; mais M. Casa-
morata nous apprend que ce buste est encore
à sa place, à gauche, du côté septentrional de
l'église, à côté du portrait d'Arnolfo di Lapo,
premier architecte de celte église, en face de
celui de Brunellesco, architecte de la Coupole,
et de Giolto, qui construisit la tour. Le buste,
suivant Richa (IVotizie istoriche délie Chiese
di Firenze), cité par le même écrivain, serait
l'ouvrage de Benedetto da Majano, il aurait
été fait par ordre de Laurent de Médicis, qui
serait l'auteur de l'inscription. On n'a rien re-
trouvé, jusqu'à ce jour, des compositions de
cet artiste célèbre. Negri , dans son Istoria
de' Fiorentini scrittori (p. G9), dit qu'on con-
servait deson temps, dans la Bibliothèque Pa-
latine, à Florence, un manuscrit contenant de
la musique composée par Squarcialupi, ainsi
qu'un autre livre de compositions diverses à
sa louange; mais M. Casamorata, qui a re-
trouvé ce manuscrit dans la Bibliothèque Me-
dicéo-Laurentienne, sous le n° LXXXVII, a
constaté qu'il ne contient pas une note de
Squarcialupi, et que c'est un recueil de chan-
sons mises en musique par douze compositeurs
du quatorzième siècle, dont il donne les noms;
et par la description qu'il en fait, j'ai la
certitude que ce manuscrit est un double de
celui de la Bibliothèque impériale de Paris,
dont j'ai donné une ample description dans le
premier volume de la Revue musicale (Paris,
1827, p. 106-113), avec la traduction en nota-
tion moderne d'une chanson italienne à trois
voix, de Francesco Landino. Le manuscrit de
Florence a appartenu à Squarcialupi et porte
sur le premier feuillet, en grande écriture
gothique : Ouesto libro èdi Antonio Squar-
cialupi horganista in Sancta Maria del
Fiore; c'est ce qui a trompé Negri.
SSAFFI-EDDIN - ABDOLMUMIN
BEN FACHIR AL ORMEWI, surnommé
AL RAGDADI, parce qu'il était de Bagdad,
écrivain arabe sur la musique, vécut dans la
seconde moitié du treizième siècle. Son livre
(1) Calulog. Script. Florenliœ, p. 13.
102
SSAFFI-EDDIN-ABDOLMUMIN — STAD
est appelé le Traité Scherefidge parles auteurs
arabes et persans postérieurs, parce qu'il fut
écrit pour Scheref-Eddin, fils du vizir mongol
Scbemseddin. La doctrine de Ssaffi-Eddin est
basée sur la division de l'octave en dix-sept
intervalles, c'est-à-dire quinze tiers de ton
et deux demi-tons : elle est particulièrement
arithmétique. Cette doctrine a fait autorité
pour tons les théoriciens arabes depuis le qua-
torzième siècle. L'ouvrage de Ssaffi-Eddin-
Abdolmumin se trouve à la bibliothèque inr-
périale de Vienne, parmi les manuscrits orien-
taux de la collection Rzewusk, sous le n° 1 G4 .
STAAB (le P. Odon), moine bénédictin,
professeur de musique à l'université deFulde,
naquit à Fraustein, dans le Rbeingau, le
2o juillet 1745. Il est auteur d'un traité du
plain -chant intitulé : Aniveisung zum ein-
stimmigen Chorulgesang , aus der Lehre der
besten Meisler zusammengelragen (Instruc-
tion sur le chant cboral à voix seule, d'après
la doctrine des meilleurs maîtres); Fulde,
J.-Jac. Stacheb, 1799, in-8°.
STABILE (Annibal), bon compositeur de
l'école romaine, né dans la première moitié
du seizième siècle, fit ses études musicales sous
la direction de l'illustre Palcslrina. Il fut choisi
comme maître de chapelle de Saint-Jean de
Latran, au mois de septembre 1575; 'mais il
quitta cette place au mois de mai 157G, pour
prendre la même position à l'église du collège
allemand. Au mois de juillet 1576, il accepta
la place de maître de chapelle de Saint-Apol-
linaire, et le 6 février 1592, il fut appelé aux
mêmes fonctions à Sainte-Marie-Majeure. On
voit, parles registres de celle église, qu'il cessa
de les remplir en 1595 : il y a lieu de croire
que ce fut par son décès, car on ne voit plus
paraître son nom après cette époque. Stahile
a publié de sa composition : 1° Motetti a 5, 6
et 8 voci } libro primo; Venise, Gardane, 1584,
in-4°. 2° II secondo libro, idem ; ibid,, 1585,
in-4°. 5° Il terzo libro, idem; ibid., 1589,
j n -4° . 4° Madrigali a5 voci; ïhhi .,1572, in-4°.
Ladeuxième édition est de 1581, in-4°oblong.
La troisième édition a paru dans la même ville,
chez Angelo Gardano, en 1587, in-4°. 5° Il
secondo libro de' Madrigali a 5 voci; ibid.,
1584, in-4°. 6° Il terzo libro de' Madrigali
a 5 voci, novamente composti; in Fenelia,
appresso l'herede di Girolamo Scotlo, 1585,
in-4°. 7° Sacrarum modulationum, qux
qninis, senis et octonis vocibus concinuntitr,
liber secundus; Fenetiis, apud Angelum
Gardanum, 1586, in-4°. On trouve dans ce
recueil quelques madrigaux de Jean-3Iarie
Nanini. 8° Z^Yam'e a 4 voci; ibid., 1592, in-4°.
On trouve aussi des morceaux de sa compo-
sition dans les recueils dont les titres sui-
vent : 1° Dolci a/fetti] Madrigali a 5 voci di
diversi eccellentissimi musici di Borna; Ve-
nise, Alex. Gardane, 1568, in-4°. 2° Harmonia
céleste, di diversi eccellentissimi musici, a 4,
5, 6, 7 e 8 voci, etc.; Anvers,?. Phalèse, 1595,
in-4° obi. -5° Il Lauro verde, Madrigali a set
voci composti da diversi eccellentissimi
musici, etc.; Anvers, P. Phalèse, 1591, in-4°
oblong. 4° Il Trionfo di Dori descritto da
diversi e posti in musica da altreltanli au-
toria sei voci; Venise, Gardane, 1596, et An-
vers, Phalèse, 1601 et 1614, in-4°obl. 5° Pa-
radiso musicale di Madrigali e canzoni a
5 voci di diversi eccellentissimi autori; An-
vers, Phalèse, 1596, in-4° obi. Gerber a con-
fondu Annibal Stahile avec Ahnibal dePadoue.
STAHILE (François), compositeur napo-
litain du dix-neuvième siècle, a donné au
théâtre Saint-Charles : 1° Palmira, en deux
actes, le ô décembre 18Ô6. 2° Lo Sposo al
letto, opéra semi-seria, en deux actes.
STABINGERou STABIIXGHEB (Mat-
thias), musicien allemand, né vers 1750, vécut
à Paris en 1775, et se fit connaître d'abord
comme flûtiste. Il a publié dans celle ville, en
1776 : 1° Six duos pour deux flûtes, op. 1.
2° Six sonates pour deux flûtes et basse, op. 2.
Deux ans après, il se rendit à Milan, et y écrivit,
pour le théâtre de la Scala, la musique du
ballet intitulé : Calipso abbandonata, et en
1779, il donna au théâtre de la Canobbiana
les ballets la Sconfitla délie Amazoni, et te
Avventure d'Ircana. Appelé à Florence, en
1784, il y composa l'Astuzzia di Bettina,
opéra bouffe qui obtint du succès, et qui fut
joué ensuite à Gênes et â Dresde. On connaît
aussi de lui la Morte d'Arrigo, ballet repré-
senté à Bologne, 1784. Après avoir publié à
Naples un journal de musique pratique, Sta-
binger s'est fixé à Venise, où il paraît être dé-
cédé en 1815. On a gravé de sa composition en
Italie: 5° Six quatuors concertants pour flûte,
deux violons et basse, op. 4; Venise, 1792.
4° Sextuors concertants pour flûte, deux vio-
lons, basse et deux cors, op. 5; ibid., 1792.
5° Six duos pour deux flûtes, op. 7; ibid.
STAD (....), violoniste allemand, vécut à
Paris, vers 1765, et y fit imprimer six sonates
pour violon et basse, op. 1 ; Paris, Sieber. Cet
artiste fut ensuite premier violon du théâtre
de Strasbourg, puis il fit un voyage à Vienne,
en 1782, ety publia trente-sept variations pour
violon, avec accompagnement de basse.
STADE - STADELMAYER
io:
STADE (II.-B-), canlor et organiste à
Arnsladt, n'est mentionné par aucun biographe
allemand. Il paraît être né dans la Thuringe,
vers 1810. Il résulte des renseignements que
j'ai recueillis que cet artiste, homme de talent,
était, en 184", l'âme de la musique dans la
petite ville d'Arnsladt (principauté de Schwarz-
bourg-Sondershausen), et que son impulsion y
produisit de remarquables résultats. Le 25 juin
1840, il donna un concert d'orgue à Weissen-
fels et y fit admirer son habileté, particulière-
ment sur le clavier de pédale, ainsi que le style
d'une grande sonate d'orgue de sa composi-
tion. On a de cet organiste distingué un
ouvrage intitulé : Der Wohlvorbereitete
Organist, ein Prxludien- , choral- und
Postludienbuch, etc. (L'organiste bien in-
struit, livre de préludes, de chorals et de con-
clusions, etc.); deux volumes in-4°; Sonders-
hausen, Enpel. Cet ouvrage est l'œuvre 5 e de
l'auteur.
STADE (Frédéric-Guillaume), né à Halle,
en 1817, fut destiné par ses parents à l'élude
de la théologie et suivit les cours du collège;
mais douéd'heureuses dispositions pour la mu-
sique, il se livra plus tard exclusivement à la
culture de cet art, et se rendit à Dessau, où il
étudia l'harmonie et le contrepoint, sous la
direction de Frédéric Schneider. Sorti de chez
ce maître après trois ans d'études, il accepta
la place de directeur de musique de la troupe
d'opéra-comique de Belhmann, qui donnait
alternativement des représentations à Dessau
et à Halle. Stade remplit ces fonctions pendant
deux ans, puis il fut appelé à Jéna, en qualité
de directeur de musique de l'université. Dans
cette positionnes travaux prirent un caractère
plus sérieux : il dirigea plusieurs sociétés de
chant, s'occupa spécialement du chant choral,
écrivit des cantates de fête avec orchestre, des
symphonies, qui furent exécutées à Jéna, en
1846 et 1847, l'ouverture de la Fiancée de
Messine, des Liederh voix seule, avec accom-
pagnement de piano et des recueils de chants
pour des voix d'hommes. Stade se fit aussi
connaître comme pianiste à Jéna et publia
quelques petites pièces pour cet instrument.
En 1842, il dirigea la fêle musicale d'Arnsladt.
L'université de Jéna lui a conféré le doctorat
en philosophie et beaux-arts. En 1860, Stade
a été nommé organiste de la cour et maître de
concert à Altenbourg.
STADELMAYER ou STADLMAYEIl
(Jean), né à Freising, en Bavière, vers 1560,
entra d'abord au service de l'archiducMaximi-
lien d'Autriche, à Grselz, puis devint maître de
chapelle de l'empereur Rodolphe, à Prague. Il
occupait encore cette position en 1612. Plus
lard, il devint maître de chapelle de l'archidu-
chesse Claudia, grande duchesse de Toscane,,
comtesse du Tyrol, et vécut à Inspruck, d'où
l'épitre dédicaloire de ses Missx brèves
est datée le 24 janvier 1641. Les ouvrages
connus de ce musicien sonl : 1° Missx oclo
vocum cum dupl. B. gêner.; Pragx, 1593,
in -fol. 2° Missx oclo vocum; Augsbourg,
Krttger, 1596, in-4°. 3° Sacrum Beatissimx
T'irginis Marias canticum, 5, 6, 7 et 8 vo-
cum; Monachii, Jdamus Berg, 1603, in-4°.
Je possède celle édition. Il y a une deuxième
édition de cet ouvrage, intitulée : Super Ma-
gnificat symphonix varixS, G, 7 et S vocum;
Œniponli , excudebat Daniel Agricola ,
1614, in-4°. 3° (bis) Missx octo vocum cum
duplici'basso ad organum; Auguslx Vinde-
licorum apud Johannem Prxtorium, 1610 r
in-4°. 4 U Musica super cantum gregorianum
seu missx 6 voc. cum basso gêner.; Augs-
bourg, 1612, in-4°. 5» Missx concertatx 10 et
12 vocum in 2 c/ior. distribulx ; Augsbourg,
1616. Wallher cite une autre édition de ces
messes, publiées à Augsbourg, en 1610.
6° Hymni vesperlini cum 5 voc. et inslru-
mentis; Augsbourg, 1617, in-fol. Il y a une
deuxième édition de ces hymnes. 7° Appa-
ratus musieus sacrarum cantionum a 6, 7,
8, 9, 10 et 24 voc, et inslrumentis ; Augs-
bourg, 1619, in-fol. 8° Miserere mei Deus a
4, 5, 6, 7 et 8 t-oc. cum inslrumentis ad libi-
tum; Augsbourg, 1621, in-fol. Je crois qu'il
y a une deuxième édition de ce recueil.
8° (bis) Odx sacrx Jesu Christo servatori
hominum nalo et resurgenli cantatx , a 5
vocibus et tolidem inslrumentis si placet]
Œniponli, 1638, in-4°. Je possède cet ou-
vrage. 9° Salmi a due e tre voci con due vio*
Uni o cornetti; in Inspruch appresso Michael
Wagner, 1640, in-4 n .Je possède cet ouvrage.
10° Psalmus L. Davidis modis musicis com-
posilus 4, 5, 6, 7, 8 vocibus, cum seconda
choro et 6 instrumentissi placet ; Œniponti,
1646, in-4°. '\\ Missx brèves a 4 cum una
pro defunctis et alia 5 vue. concertatx;
Œniponli; typographo Michaele IF'agnero,
1641, in-4°. Je possède cette édilion. Il y en a
une autre publiée dans la même ville, en 1660,
in-4°. 11° Psalmi vesperlini omnes cum Ma-
gnificat, et offîcio divino de Sancto Norberto.
J'ignore la date de la publication de cet ou-
vrage. 13° Psalmi integri a quatuor vocibus
concertanlibus quatuor aliis accessoriis ad
libitum cum 2 cometis sive violinis; Œni-
104
STADELMAYER - STADEN
ponti, lypis Michaelis Wagner i, 1041 , in-4°.
Je possède cet ouvrage.
STADEN (Jean), organiste et composi-
teur, naquit à Nuremberg, en 1581. On voit
par le titre d'un de ses ouvrages imprimés
qu'il était organiste de la cour de l'électeur de
Brandebourg, en 1609. De là il passa à l'église
de Saint-Laurent, dans sa ville natale, en la
même qualité; enfin, en 1018, il devint orga-
niste de Saint-Sébald, dans la même ville, et
conserva celte place jusqu'à sa mort, arrivée
en 1030. Le magistrat de Nuremberg, pour
honorer sa mémoire, fit frapper une médaille
avec son portrait et celte inscription : Hans
Stadcn xt. s. 55. Le portrait de Sladen a été
gravé in-folio et in-4°. Wallher nous apprend,
dans son Lexique de musique, que Sladen a
laissé en manuscrit un traité abrégé de la com-
position, formant deux feuilles et' demie.
Gruber (Beytrxye zur Lilteratur der Musik,
page 70), copié par Forkel, Gerber, et ceux-ci
par Lichtenlhal et F. Becker, indique cet
ouvrage comme ayant élé imprimé en 165G,
sans nom de lieu, sous ce titre : Manuductio
fur die, so im Gencralbass unerfahren. Je
doute de la réalité de cette publication, qui
aurait élé faite vingt ans après la mort de
Staden.Les compositions de ce musicien sont :
1° Teutsclie Lieder nach Art der Villanellen
mit 3, 4 und 5 Slimmen (Chansons alle-
mandes dans la forme des villanelles, à trois,
quatre et cinq voix); Nuremberg, 1006, in-4 n .
2° Neive teutsche Lieder sumpt ellichen Gal-
liarden mit 4 Slimmen (Nouvelles chansons
allemandes, etc., à quatre voix); ibid., 1009,
in-4°. 3° Geistliche Gcsxng mit 3-7 Stitnmen
(Chants spirituels depuis trois jusqu'à sept
voix); ibid., 1009, in-4°. 4- L'enusKrxntzlein
ticiccr musikaltscher Gesxng, sowoltl auch
ctliche Galliarden, etc., mit 4 und 5 Slim-
men ;ib., 1611. 5° Harmonix sacrxpro festis
prxcipuis totiusanni 4, 5, 7 et 8 vocum, qui-
bus sub finem adjectx sunt aliquol novx in-
ventionis italicx cantionis 1 , 2, 5, 4 et 5 voc.
cum partilura ad organum . typis et sump-
tibns Pauli Kauffmanni, 1616, neuf parties
in-4°. 0° Jubila sancta Deo, per hymnum et
écho in ccclesia Noribergensium festum
Evangelico-Jubilxum 1 1 novemb. célébrante;
ibid., 1018. 7° Neue Paduanem, Galliarden ,
Curranlcn, Balletlen, Jntraden und Can-
zonen.etc, mit 4 und 5 Slimmen, fiirnehm-
lich von den instrumental Musicis fiiglich
zu gebrauchen (Nouvelles pavanes, gail-
lardes, courantes, ballets, entrées et chansons,
à quatre voix, etc.); ibid., 1018. 8° Conti- l
nuatio Harmoniarum sacrarum 1, 2, 4-12
vocum; ibid., 1021. 9° Harmonicx Medita-
tiones animx de amore Jesu reciproco 4 vo-
cum; ibid., 1622, in 4". 10° Hauss-Music
geistlicher Gesang, mit 4 Slimmen, ibid.,
1623. Il y a eu une deuxième édiliondece re-
cueil datée de 1646, et publiée par Michel
Rusmers, in-4°. C'est au litre de ce recueil
qu'on voit que Jean Staden élait organiste de
l'église Saint-Sébald, de Nuremberg, en 1625.
11° Erster Theil der Kirchen-Musik, enthxlt
15 geistliche Gesxnge und Psalmen auf die
furnehmsten Feste imjahrvonlbis 14 Slim-
men (Première partie de musique d'église,
contenant quinze cantiques et psaumes poul-
ies principales fêles de l'année, depuis deux
jusqu'à quatorze voix); ibid., 1625, in-4\
12° DerselbenSter Theil (Deuxième partie du
même ouvrage); ibid-, 1020, in-4°. 1û"Opus-
culum novum von Pavanen } Galliarden,
Jllcmanden, Couranten, Jntraden, l'ollen
und Canzonen samt einer Fantasia auf un-
terschiedenen Instrumentai zu gebrauchen
(Nouveau recueil de pavanes, gaillardes, alle-
mandes, etc.); ibid., 1025, in-4". 14° Her-
zentrosts-Musica geistlicher Meditationen
mit einer Stimme (Consolations de l'âme, ou
méditations spirituelles à une voix); ibid.,
1GÔ0, in-fol. 15° Harmonix variatx sacra-
rum cantionumvon 1, 2, 3-12 vocum; ibid.,
1632. Le style de Staden a de l'analogie avec
celui de Samuel Scheidt et de Schlllz; l'har-
monie en est vigoureuse et riche, mais le sys-
tème de sa modulation a quelquefois de la
dureté.
STADEN (Adam), fils de Jean Sladen, na-
quit à Nuremberg. Après avoir fait ses éludes
à Altorf, il revint dans sa ville natale, où il
enseigna la jurisprudence, et devint recteur.
Il était bon musicien et composait à plusieurs
parties. Le 25 janvier 1652, il prononça, à
l'université d'Allorf, un éloge de la musique,
qui a élé imprimé sous ce litre : 'Evxwiju'ov
fiouaîxrïç, hoc est Dissertaliuncula de digni-
tate, utilitate, et jucundilalc artis musicx;
Altorf, 1032.
STADEN (Sigismond-Théoiuiile), second
fils et élève de Jean Sladen, naquit à Nurem-
berg, en 1007. Après avoir terminé ses éludes,
il obtint, en 1035, à l'âge de vingt-huit ans,
la place d'organisle à l'église Saint-Laurent de
sa ville natale. Il l'occupa le reste de ses jours
et mourut à Nuremberg, en 1055. On a de cet
artiste un traité élémentaire de musique in-
titulé : Rudimentum musicum, dus ist :
kurze Unterwcisung des Singens, fur die
STADEN — STADLER
10c
liebe Jugend, etc. (Rudiment de musique, ou
courte instruction sur le chant, à l'usage de la
jeunesse, etc.); Nuremberg, 1636, in-8°. Une
deuxième édition a été publiée dans la même
ville, en 1648, deux feuilles in -12, et une troi-
sième en 1663. Suivant le catalogue manuscrit
des livres de musique delà Bibliothèque royale
de Berlin, l'édition de 1648 serait la troisième.
Les compositions publiées par Sladen sont :
1° Unterschiedlicher Poeten musikalische
Friedens-Gesxnge fur 3 Stimmen wid 3 Tn-
strumenten mit Generalbuss (Chants de paix
des meilleurs poètes, mis en musique à trois
voix et trois instruments avec basse continue);
Nuremberg, 1651, in- folio. 2° Grab-Lied
Frauen Sophia Margrxfin von Branden-
burg,etc. componirl (Chant funèbre, composé
sur la mort de madame Sophie, margrave -de
Brandebourg); Nuremberg, 1659, in-4". Sladen
a été aussi l'éditeur des psaumes et cantiques
à quatre voix de Léon Hassler {voyez ce nom),
publiés sous ce titre : Kirchengesxng , Psal-
men und geistliche Lieder, voji J . -L. Hassler
auf die gemeinen Melodien mit 4 Stimmen
simpliciter gesetzt, etc.; Nuremberg, 1637,
in-4". lia laisséen manuscritun livre sur l'ori-
gine, les progrès et l'état actuel (au milieu du
dix-septièmesiècle)de la musique. Gerber cite
aussi une histoire de la musique du même au-
teur, qui parait avoir été le même ouvrage.
STADLER. (l'abbé Maximilikn), né le
7 août 1748, à Mœlk, petite ville de la Basse-
Autriche, sur le Danube, était fils d'un bou-
langer qui aimait beaucoup la musique et qui
enseigna à son fils les éléments de cet art. A l'âge
de dix ans, il avait une bonne voix de soprano,
et chantait comme enfant de choeur à l'abbaye
<le Lilienfeld; déjà il jouait avec habileté de
l'orgue et du piano. Quelque temps après, il
fut envoyé à Vienne, pour faire ses éludes au
collège des Jésuites, et y remplit avec distinc-
tion les fonctions d'organiste du séminaire.
Après avoir passé ses examens de philosophie
et de théologie, il entra au couvent de béné-
dictins de Mœlk, où son mérite le fit nommer
ensuite professeur de théologie pour les no-
vices. Il en sortit dans sa vingt-quatrième an-
née, fut pendant dix ans curé d'une commune
voisine de Mœlk; puis l'empereur Joseph II,
qui avait eu occasion de l'entendre et avait
admiré son talent sur l'orgue et le piano, le
nomma, en 1786, abbé de Lilienfeld, et trois
ans après, abbé de Kremsmunsler. Nicolaï, dont
les voyages ont fourni tant de renseignements
intéressants sur beaucoup de musiciens dislin-
gués de l'Allemagne, connut Sladler, en 1786,
dans son abbaye de Lilienfeld, et le signala
comme un des organistes les plus remarqua-
bles de cette époque. Sladler avait perfec-
tionné son talent par les leçons de Conrad-
Michel Schneider. Il possédait surtout l'art
d'improviser dans le style fugué sur un thème
donné, et il avait, à cet égard, l'avantage de
mettre dans ses improvisations plus de feu et
de piquant qu'Albrechtsberger, son compa-
triote et son ami. Après s'être démis de son
litre d'abbé de Kremsmunsler, Sladler vécut
pendant douze ans dans l'indépendance à
Vienne, où il ne tarda pas à se faire remar-
quer par son double talent d'organiste et de
compositeur. La plupart des grands artistes
qui se trouvaient dans cette villedevinrenl ses
amis; parmi ceux-ci on remarque Haydn et
Mozart, qui eurent pour lui des senlimenls de
la plus tendre amitié, et pour qui il conserva
toujours de la vénération.
Ce fut l'attachement que l'abbé Sladler avait
pour la mémoire de ces grands hommes qui le
porta à sortir du silence modeste qu'il avait
gardé toule sa vie, pour prendre la défense de
Mozart dans la discussion élevée parGodefroid
Webersurla part que ce célèbre musicien a eue
dansleiief/utemqui porte son nom. Onsaitque
celle question fut soulevée dans une suite d'ar-
ticles qui parurent d'abord dans l'écrit pério-
dique Cxcilia, et qui furent réunis ensuite dans
une brochure ayant pour titre: Ergebnisseder
bisherigen Forschungeniiber die Echtheitdes
Mozartschen Requiem (Résultats des recher-
ches faites jusqu'ici sur l'authenticité (1) du
Requiem de Mozart); Mayence, 1826, in-8°.
Weber avait entrepris de démontrer, dans son
premier article, que l'ouvrage de Mozart, loin
d'êlre le chef-d'œuvre de l'auteur, comme ou
l'a souvent prétendu, était au-dessous de son
talent el de sa réputation, et il expliquait celte
infériorité en disant que Mozart n'avait laissé
qu'une esquisse plus ou moins imparfaite de
quelques morceaux, et qu'il était entièrement
étranger aux autres. Stadler, bien qu'il voulût
prendre pour devise dans celle discussion Ami-
cuspersonx ,inimicus causas , mil plus de viva-
cité dans sa réfutation de la critique de Weber
qu'on ne pouvait en attendre de son âge. Celle
réfutation parut sous le tilrede Verlheidigung
des Echtheit des Mozartschen Requiem (Dé-
fense de 1'aulhenlicité du Requiem de Mozarl);
Vienne, 1826, in-8°.
(1) Eehlhtil est un de ces mois allemands dont on ne
saurait donner une traduction exacte. Ce n'est pas seu-
lement ['authenticité de l'œuvre tjui était en question,
mais aussi son mérite.
406
STADLER
On ne peut nier qu'il n'y eût quelque fonde-
mcntà la thèse soutenue par Godefroid Weber,
et qu'il n'y eut, dans la réponse de Sladler,
plus d'amitié et de respect pour un grand
talent que de solide raison; mais c'était une
triste victoire que devait remporter son anta-
goniste : les paroles dévouées du vieillard
inspiraient à toute l'Allemagne bien plus d'in-
térêt que la froide et dure analyse du critique.
Les amis de Godefroid Weber désiraient que
celui-ci ne fît point de réplique; mais' son
amour-propre était engagé et lui dicta la rude
réponse qui parut contre l'écrit de Stadler
sous le litre de Weitere Nachrichten iiber die
Echtheit der Mozartschen Requiem (Plus am-
ples notices sur l'authenticité du Requiem de
Mozart). Le vieil ami du grand artiste ne se
tint pas pour ballu, car on vit paraître peu de
mois après tin nouvel écrit intitulé :Nachtraz
zur Fertheidigung des Echtheit des Mozart-
schen Requiem (Supplément à la défense de
l'authenticité du Requiem Ae Mozart) ; Vienne,
1827, in-8°. Ce fut son dernier effort dans
celte lulte, et les publications subséquentes de
Weber restèrent sans réponse.
J'ai dit que l'abbé Stadler se faisait égale-
ment remarquer et comme compositeur et
comme organiste. Un grand nombre de ses
productions pour l'église furent successive-
ment publiées et lui firent une réputation
méritée de musicien savant et d'homme de
goût. Ses messes, ses molets, ses fugues pour
l'orgue étaient mis en parallèle avec ce que
Haydn, Mozart et les musiciens les plus ha-
biles de l'Allemagne avaient écrit de meilleur.
Depuis longtemps il travaillait à un oratorio
de la Jérusalem délivrée; mais il avait près
de soixante ans quand il fit entendre à Vienne
pour la première fois ce grand ouvrage, dont le
succès fut tel qu'il pouvait le désirer. Tous les
.journaux de l'Allemagne donnèrent des éloges
à celle grande composition, où régnent un
sentiment élevé et un savoir profond. Plu-
sieurs fois, l'oratorio de Stadler fut choisi
pour être exécuté dans les grandes fêtes musi-
cales de l'Allemagne, et toujours il fut applaudi
comme un des meilleurs ouvrages de ce genre.
Sladler eut un autre genre de mérite fort
rare, et dont il tirait plus d'avantages pour
ses plaisirs que pour sa réputation : je veux
parler de ses connaissances étendues dans
l'histoire et la littérature de la musique. Ni-
colaï dit qu'il était peu de livres relatifs à cet
art ou de composition de quelque mérile qu'il
n'eût lus on consultés. Il s'était entouré d'une
belle collection de ces monuments de l'art et
de la science, et c'était au milieu de ces ri-
chesses intellectuelles qu'il passait la plus
grande partie de son temps.
En 1800, l'abbé Stadler fut nommé curé du
faubourgdeVienne^//£-£erc/«en/e/d;elqualre
ans après, il alla occuper une position sembla-
ble à Bœhmisch-Krant. En 1815, son grand
âge l'obligea à demander sa retraite et à
retourner à Vienne. Sa vie avait élé douce et
calme comme son âme ; on ne lui connut point
d'ennemis, et il ne fut celui de personne. De-
venu vieux, il se retira insensiblement du
monde, et finit par vivre dans un isolement
absolu. Il était âgé de plus de quatre-vingt-
cinq ans lorsqu'il mourut, le 8 novembre
1835, dans une petite maison d'un faubourg
de Vienne, où il s'était relire.
Bien qu'on n'ait publié que la moindre par-
tie des ouvrages composés par lui, le nombre
de ses productions qui ont vu le jour est assez
considérable. En voici une liste que je crois à
peu près complète. Musique d'église : 1° Messe
à quatre voix, deux violons, deux cors, con-
trebasse e( orgue (en sol)] Vienne, Haslinger.
2° Idem, n° 2 (en si bémol) ; ibid. 5° Messe à
quatre parties avec orgue ; ibid. 4° Messe de
Requiem à quatre voix, orchestre et orgue.
5° Aima Redemptoris pour quatre voix et
orgue; ibid. 6° Asperges me, à quatre voix
et orgue; ibid. 7° Ave Regina, idem, ibid.
S" Die Befrehtng Jerusalems (la Délivrance
de Jérusalem), oratorio à quatre voix avec
orchestre ; ibid. 9° Ecce sacerdos magmis,
pour quatre voix et orgue; ibid. 10' Libéra
me, Domine, idem ; ibid. 1 \° Miserere, idem ;
ibid. 12° Psaumes, graduels et offertoires,
pour quatre voix et orgue, savoir : Dixit Do-
minus, Confitebor , Beatus vir, Laudate
pueri, Laudate Dominum, Magnificat, Lœ-
talus sum, IYisi Dominus, Lauda Jérusa-
lem, Credidi ; ibid. 15" Regina cœli, à quatre
voix et orgue; ibid. 14" Salve, Regina, idem;
ibid. 15° Tanlum ergo, idem ; ibid. 16° Vidi
aquam, idem ; ibid. Chants a plusieurs voix :
17° An die Versxhnnng, pour quatre voix;
Vienne, Haslinger. 18° Beantwortung der
musilcalischen Abschiedskartevon J. Haydn,
pour deux voix et piano; Augsbourg; Gom-
bart. 19° Glaube, Liebe, Hoffnung, pour
quatre voix; Vienne, Haslinger. 20° Douze
psaumes traduitsen allemand parMendelssohn,
pour une et plusieurs voix ; deux parties divi-
sées chacune en quatre livraisons. 21° Douze
chansons de Gellert, avec mélodies et accom-
pagnement de piano; Vienne, 1785. 22° Dix
chansons avec accompagnement de clave-
STADLER — STADTFELD
107
cin; Vienne, Mollo, 1799. Musique instru-
mentale : 25° Trois fugues pour l'orgue ;
Vienne, Leidesdorf. 24° Fugue avec un pré-
lude pour le piano (n° 5 du Muséum pour la
musique de piano) ; Vienne, Haslinger. 25° Six
sonatines pour le clavecin; Vienne, Arlaria,
1796. 20° Une sonate pour le clavecin;
Vienne, 1799. 27° Deux sonates et une fugue
pour le piano, huitième cahier du répertoire
des clavecinistes; Zurich, Nœgeli.
Parmi les compositions de l'abbé Sladler
qui sont restées en manuscrit, on remarque :
28° Quatre messes brèves. 29° Douze psaumes
de Mendelssohn. 50° Beaucoup d'hymnes, an-
tiennes, offertoires et graduels. 51° Des lita-
nies. 52° Des répons pour la semaine sainte.
-53° Des cantates. 54" Les chœurs de Polixène,
tragédie de Collins. 55° Des odes de Klopstock
et autres poètes. 36° Des quatuors pour 2 vio-
lons, alto et basse. 57° Des trios idem. 38° Un
concerto de violoncelle. 39° Des sonates de
piano. 40" Des pièces d'orgue.
STADLER (Joseph), violoniste et compo-
siteur, né à Vienne, le 15 octobre 1796, a eu
pour maître de piano et de violon un de ses
parents, musicien à Vienne. A l'âge de seize
ans, il obtint une place de premier violon au
théâtre de Leopoldstadt, et quelque temps
après, il eut le même emploi à l'église métro-
politaine. La place de chef d'orchestre du
même théâtre lui fut donnée en 1819; et il
l'occupa jusqu'en 1831, époque où il se relira
pour toujours des orchestres. Il vécut ensuite
sans autre emploi que celui de premier violon
de l'église Saint-Élienne. Cet artiste a écrit la
musique de trois pantomimes, savoir : 1° Die
sonderbar Flaschen (la Bouteille miracu-
leuse). 2° Coreman der Bcese (Coreman le
malin). 3" Die Fermwhlung in Blumen-
reiche (le Mariage au royaume des fleurs). Il a
publié aussi à Vienne beaucoup de variations
pour divers instruments; trente études pour
le violon, des rondos, polonaises, des pièces
d'harmonie pour les instruments à vent, et
beaucoup de danses et de valses.
STADTFELD ( Chrétien- Josepii-Fran-
çois-Alexandre), compositeur, né à Wies-
baden (duché de Nassau), le 27 avril 1826,
était fils du chef de musique d'un régiment
d'infanterie, qui le destinait à sa profession et
qui lui enseigna les éléments de l'art musical.
Dans son enfance, Sladtfeld, après avoir joué
avec quelques jeunes garçons dans une prairie,
se coucha sur le gazon et s'endormit. Quand il
s'éveilla, la nuit était venue; il voulut se lever
pour retourner chez lui, mais l'une de ses
jambes était paralysée ; il fallut le transporter
dans son lit, où il passa trois ans sans pouvoir
retrouver l'usage du membre qui s'était atro-
phié, et il demeura boiteux le reste de sa vie.
Ses progrès dans la musique avaient été si ra-
pides que, à l'âge de neuf ans, il put se faire
entendre sur le piano dans des concerts pu-
blics. En 1839, le roi des Belges, Léopold I er ,
passa la saison d'été à Wiesbaden : Sladtfeld
lui fut présenté et eut l'honneur de jouer de-
vant Sa Majesté qui, touchée de sa situation
ainsi que de son talent naissant, prit cet en-
fant sous sa royale protection, lui accorda une
pension suffisante qui fut payée pendant plus
île dix ans, et le fit recommander à l'auteur de
celte notice, pour qu'il fût admis au Conser-
vatoire de Bruxelles. Doué d'une très-rare in-
telligence musicale, Sladtfeld s'avança à pas
de géant dans l'étude de toutes les parties de
l'art. Dès la première année, il eut au concours
le second prix de piano; le premier lui fut dé-
cerné l'année suivante(1841). Le premier prix
d'harmonie fut conquis par lui dans un con-
cours où s'étaient présentés des élèves distin-
gués, puis il fit pendant quatre ans un cours
sévère de contrepoint sous la direction de l'au-
teur de cette notice, et obtint le premier prix
de composition. Enfin, Sladtfeld n'était âgé
que de vingt-trois ans lorsqu'il obtint, en
1849, le grand prix de composition au con-
cours institué par le gouvernement de la Bel-
gique, et à ce titre, devint pensionnaire de
l'État pendant quatre ans, pour aller à l'étran-
ger étendre le cercle de ses connaissances.
Tout présageait une belle carrière à ce jeune
artiste. Doué d'un sentiment distingué dans
ses mélodies, ayant celle même distinction
dans son harmonie et possédant un instinct de
nouveauté dans l'instrumentation, il écrivait
avec une rare facilité. Dès 1845, ilavaitfait
entendre sa première symphonie (en ut mi-
neur) aux concerts du Conservatoire de
Bruxelles. L'année suivante, une ouverture de
sa composition fut exécutée dans la séance pu-
blique annuelle de la classe des beaux-arts de
l'Académie royale de Belgique. Après avoir été
proclamé lauréat du grand concours en 1849,
il se rendit àParis, où il trouva un accueil sym-
pathique chez plusieurs artistes d'élite. Il tra-
vaillait avec facilité et semblait improviser, car
une seconde symphonie(ens« bémol), une troi-
sième (en sol), une quatrième (en la mineur),
et beaucoup d'autres ouvrages furent produits
avec rapidité par sa plume. Une désir, com-
mun à tous les jeunes compositeurs, le désir de
produire un opéra, un grand opéra, l'agitait.
1C3
STADTFELD — STAES
A sa demande, un de ses amis (M. Jules Guil-
laume) avait transformé en livret lyrique
Vftamht de Shakespeare, et déjà, avant son
dépari pour Paris, une partie de la partition
était écrite. Après son arrivée à Paris, diverses
modifications assez considérables furent faites
au livret de son opéra, et lui-même refit une
partie de la musique de cet ouvrage, dont
l'ouverture fut exécutée plusieurs fois avec un
brillant succès aux concerts de la société de
Sainte-Cécile, sous la direction de M. Seghers.
M. Roqueplan, alors directeur de l'Opéra, pa-
rut s'intéresser à Stadlfeld; il fit copier les
rôles pour une audition d'Hamlet, les distri-
bua et fixa le jour de l'audition ; ce jour tant
désiré, et longtemps sollicité! Mais depuis
plusieurs années, S:adtfeld luttait à son insu
contre une maladie qui défie les secours de la
médecine : il était alleint de plilliisie. Au mo-
ment même où il semblait qu'il allait recueil-
lir les fruits de son talent, le mal faisait d'eT-
frayanls progrès. Les médecins jugèrent le
changement d'air indispensable; désespéré,
le jeune artiste s'éloigna de Paris, revint à
Bruxelles, et expira le 4 novembre 1853, à
l'âge de vingt-sept ans et quelques mois.
Outre les ouvrages cités précédemment, il a
laissé en manuscrit : 1° La Découverte de
l'Amérique, ouverture à grand orchestre.
2° Ouverture de concert (en mi). 3° Trio pour
piano, hautbois cl basson. 4° Premier concer-
tino pour piano et orchestre. 5° Deuxième
idem. C° Hymne pour chœur et orchestre.
7° Messe (en ré) à quatre voix et orcheslre.
8° TeDeum pour voix seules, chœur, orcheslre
et orgue, exéculé dans des circonstances solen-
nelles, à l'église SS. Michel et Gudule, à
Bruxelles. 9» Ave Maria, pour ténor et orgue.
10° Tantum ergo à quatre voix. 11° O glo-
riosa f'irginum, pour basse seule et orgue.
\^° L'Illusion, opéra-comique en un acte.
13° La Pedrina, opéra-comique en trois
actes. 14° Le Dernier Jour dv Marina Fa-
licro, scène lyrique. 15° La T'endetta, can-
tale avec orchestre. 16° Le Songe du jeune
Scipion, cantate couronnée. 17° Abou-Has-
san, opéra-comique en un acle. On a publié
de Stadlfeld : 18° Vingt chœurs pour des voix
d'hommes, la plupart sur des paroles alle-
mandes. 19° Recueil de mélodies à voix seule
avec piano ; Bruxelles, Katlo. 20° Premier
quatuor pour deux violons, alto et violoncelle;
ibid. A l'exception de quelques manuscrits
originaux de Stadlfeld qui se trouvent dans la
Bibliothèque du Conservatoire de Bruxelles,
tous ses ouvrages ont été remis à sa famille.
STAEIILE (Hugo), né à Cassel (Hesse-
Eleclorale), mort dans celle ville, le 29 mars
1848, à l'âge de vingt et un ans, fut un com-
positeur de beaucoup d'espérances. Il était alto
dans la chapelle du prince et avait fait ses
éludes sous la direction de'Spohr. Une ouver-
ture pour l'orchestre, qu'il écrivit à l'âge de
seize ans, fut exécutée à Cassel avec succès en
1844. Dans l'année suivante, sa première sym-
phonie reçut le même accueil, et, en 1847,
il fit représenter son opéra intitulé Arria,
dans lequel on remarqua de l'originalité ainsi
qu'un bon sentiment dramatique. Son dernier
ouvrage fut un hymne à la louange de Spohr,
qui ne fut exéculé que quelques jours après la
mort de l'auteur. On n'a publié de Staehle que
six Lieder pour soprano ou ténor avec accom-
pagnement de piano, op. 2; Hambourg, Schu-
berth; six Lieder pour baryton, op. 5; Cassel,
Luckhardl ; trois Scherzi pour le piano, op. 4 ;
ibid. ; et des valses pour cet instrument.
M. Bernsdorf n'a pas mentionné cet artiste
dans son Neues Universal-Lexikon der Ton-
kunst.
SX EHLIN-STOI\KSIîOUÏ\G (Jacques
DE), conseiller d'État de l'empereur de Rus-
sie, membre et secrétaire de l'Académie des
sciences de Pétersbourg, directeur du musée
de la même ville, naquit à Memmingen, en
Souabe, cl mourut à Pétersbourg, le 6 juillet
1785. Il est auteur de notices sur le théâtre en
Russie, et d'une histoire abrégée de la danse
et de la musique des Russes, qui ont été insé-
rées par Haigold dans son livre sur les modi-
fications progressives de la Russie {Neu Ver-
œnderten Russland; Riga, 17C7-17C8, deux
volumes in-8°). Hiller en a donné une ana-
lyse très-étendue dans ses notices hebdoma-
daires sur la musique (TFœchentlichcn Nach-
richten, 1770).
STAES (FEnDiNAND-PiiiLippr.-JosEPii), fils
d'un musicien de la chapelle de l'archiduc
Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas,
naquit à Bruxelles, le 16 décembre 1748. En
1780, il obtint la place d'organiste de la cour;
précédemment il était accompagnateur au
théâtre. Il mourut à Bruxelles, le 23 mats
1809, à l'âge de soixante ans. Staes fut un ar-
tiste de mérite qui aurait eu vraisemblable-
ment de la réputation, s'il se fut trouvé dans
un pays et dans des circonstances plus favo-
rables au développement de son (aient. Il a
publié à Bruxelles : 1° Sonates pour piano,
violon et basse, op. 1, 2, 5, 4, chacun de trois
sonates. 2° Trois concertos pour le clavecin,
op. 5. 3° Quatrième concerto pour piano, op. 0.
STAES - STAI1LKNECI1T
10.)
STAES (Guillaume), connu sous le nom
de STAES le jeune, frère du précédent, naquit
à Bruxelles, en 1751 . Il se fixa àParis, vers 178G,
s'y livra à l'enseignement du piano, et y pu-
blia : 1° Grande sonate pour piano, flûte ou
violon, et basson ou violoncelle, op. 1 ; Paris,
Sieber. 2° Deux grandes valses pour piano;
Paris, Naderman. 5° Contredanses idem;
Bruxelles, Plouvier. 4° Marche et quatre
grandes valses pour le piano.
STAFFA (Joseph), noble napolitain, né
en 1809, s'est livré à la composition comme
amateur, eta fait représenter au théâtre Saint-
Charles : 1° Prîamo alla tenda d'Achille, le
19 novembre 1828. 2° Francesca di Rimini,
le 12 mars 1831. 3° 77 Matrimonio per ra-
gione, en deux actes, au théâtre NuovoA" La
Battaglia di Navarino, à Saint-Charles, le
25 février 18-57. Le mauvais succès de ses
derniers ouvrages semble lui avoir fait prendre
la résolution de cesser d'écrire.
STAFFORD (William COOKE), écri-
vain anglais, est né à York,, où il habitait en
1830. Il est auteur d'une Histoire abrégée de la
musique intitulée : A Hislory of Music,
Edimbourg, Constable, 1830, un volume in-12
de trois cent quatre-vingt-sept pages. Madame
Fétis a publié une traduction de cet ouvrage,
sous le titre : Histoire de la musique, par
M. Stafford, traduite de l'anglais par ma-
dame Adèle Fétis, avec des notes, des cor-
rections et des additions par M. Fétis;
Paris, Paulin, 1832, un volume grand in-12
de (rois cent soixante-cinq pages. Les notes de
la traduction française sont de peu d'impor-
tance, et n'ont pour objet que de rectifier
quelques erreurs de l'auteur anglais. On ne
comprend donc pas ce qui a pu décider les
imitateurs allemands de la traduction française
à donner pour titre à leur travail ; Geschichte
der Blusik aller Nalionen, nach Fétis und
Stafford (Histoire de la musique de toutes les
nations, d'après Fétis et Stafford); Weimar,
1835,un volume in-8°dequatre cent quarante-
huit pages, avec des planches. Ce volume, où
les fautes d'impression abondent, et dans
lequel la plupart des noms sont défigurés, n'a
aucun rapport avec les travaux de l'auteur de
celle notice sur l'histoire de la musique : il
désavoue de la manière la plus formelle la
part que les auteurs allemands lui ont attri-
buée.
STAIILRTSECHT (A. -II.), directeur de
musique à Dessau, y vivait en 1851, puis il fut
professeur de musique à Chemnilz (1834), et
enfin directeur de la société de chant de celte
ville (1840). Je n'ai pas d'aulres renseigne-
ments surce musicien, qui n'est pas mentionné
par les biographes allemands. On a publié de
sa composition : 1° Six chants pour liasse avec
piano, op. 1 ; Leipsick, Pœnicke. 2"Six idem,
op. 9; ibid. 3° Six chants pour soprano ou
ténor, op. 2; ibid. 4° Six idem, deuxième re-
cueil ; ibid. 5° Six chants pour bariton avec
piano, op. 11 ; Leipsick, Rlemm.C La t'lian~
son du Rhin, de Becker, à voix seule avec
piano; Chemnilz, Hœcker. 7° Chant de fête
pour la naissance du roi de Prusse Frédéric-
Guillaume III, à quatre voix d'hommes, op. 3;
Leipsick, Pœnicke. 8° Six pas redoublés pour
un chœur de soldats, op. 4; ibid. 9" Six chants
pour un chœur d'hommes, op. C; Leipsick,
Schuberlh.
STAIILRIVECHT (Adolphe), musicien
de chambre de la cour de Prusse et violonisle
du théâtre royal de Berlin, né à Varsovie, le
18 juin 1813, est fils d'un musicien allemand
qui lui donna les premières leçons de violon.
Plus lard il se rendit à Breslau et y devint
élève du directeur de musique Luge; puis il
reçut des leçons des maîtres de concert JYIiih-
lenbruck et Léon de Saint-Lubin, à Berlin.
Il étudia la composition à l'Institut de l'aca-
démie royale des beaux-arts de cette ville,
et le 13 juin 1837, il obtint en prix la
grande médaille d'or. Dès 1831, il avait été
admis comme violoniste dans l'orchestre du
théâtre Kœnigstadt; en 1840, il eutletilrede
musicien de la chambre royale. Cet artiste a
fait beaucoup de voyages à Dresde, Prague,
Vienne, Pélersbourg,etc., avec son frère Jules
(voyez la notice suivante). En 1844, les deux
frères, réunis d'abord avec le pianiste Sleiffen-
sand, puis avec Lœschhorn, ont donné des
soirées de trios pour piano, violon et violon-
celle. Stahlknechtest considéré à Berlin comme
un bon compositeur : il a écrit deux opéras,
dont un a pour titre Casimir, roide Pologne :
l'ouverture de cet ouvrage a été exéculée à
Berlin dans un concert, en 1849. Ses autres com-
positions consistent en deux messes avec or-
chestre, deux psaumes, huit chanls liturgiques
pour le Domchor de Berlin, plusieurs fugues,
sept symphonies pour l'orchestre, vingt-cinq
quatuors ponr des instruments à cordes, cinq
trios pour piano, violon et violoncelle, trente-
six enlr'aclcs pour des drames, des sonales de
piano et un quintette pour des instruments
à archet; beaucoup de Lieder avec accom-
pagnement de piano. Plusieurs de ses com-
positions ont élé publiées à Leipsick, à Berlin
cl à Gollia.
•110
STAHLKNECHT - STAMATY
STAHLKNECHT (Jules), frère du pré-
cédent, musicien de la chambre et violoncel-
liste du théâtre royal de Berlin, est né le
17 mars 1817, à Posen. Les violoncellistes
Drews et Wranitzki de Berlin furent ses
maîtres. En 1838, il obtint sa nomination
de membre de la chapelle royale. On a
publié de sa composition : 1° Divertissement
pour violoncelle et piano sur les motifs de
la Fille du régiment, op. 5; Magdebourg,
Heinrichshofer. 2° Pièces faciles pour deux
violoncelles, op. 4; ibîd. 3° Trois Lieder
pour violoncelle et piano, op. 5; ibid.
A" Fantaisie pour piano et violoncelle, sur
Linda de Chamouny, op. 6 ; ibid. 5° Trois
morceaux pour violoncelle et piano, op. 8;
Berlin, Bock, 1862. G La Sérénade es-
pagnole, pour violoncelle et piano, op. 11-
Berlin, Trautwein.
STAMATY (Camilie-Marie), pianiste et
compositeur pour son instrument, est né à
Borne, le 23 mars 1811. Son père était consul
de France à Civila-Vecchia. Dès ses premières
années, M. Stamaty prit le goût de la musique
en écoutant sa mère, cantatrice amateur dis-
tinguée, dans l'exécution des œuvres de Mo-
zart, de Haydn et des psaumes de Marcello ;
cependant ses parents ne le destinaient pas à
la carrière d'artiste. En 1818, il perdit son père;
ce malheur ramena sa mère en France. Elle
s'établit d'abord à Dijon et ce fut dans cette ville
que l'éducation de M. Stamaty fut commencée;
puis il fut conduit à Paris, où les éludes litté-
raires l'occupèrent à l'exclusion de la musique.
A dix-sept ans, il fut reçu bachelier es lettres.
Jusqu'à l'âge de quatorze ans, il n'avait pas
eu de piano chez lui. Il était destiné à la car-
rière des.consulatsqu'avaitparcourueson père,
quoique son penchant pour les mathématiques
lui fit désirer d'entrer à l'école polytechnique;
des motifs de famille le firent renoncer à ces
deux projets, et au mois de janvier 1828, il
entra comme employé au cabinet du préfet
de la Seine. Ses occupations administratives
lui laissant du loisir, il en profita pour s'oc-
cuper de la musique, qu'il avait toujours aimée.
Déjà, à l'âge de quinze ans, il avait publié un
air varié difficile et brillant pour le piano, et
quelques quadrilles de contredanses qu'il
jouait dans le monde. Fessy {voyez ce nom),
de qui il avait reçu des leçons de piano, l'en-
couragea à cultiver l'art d'une manière plus
sérieuse qu'il n'avait fait jusqu'alors; il lui
procura l'entrée de tous les concerts dans les-
quels il remplissait les fonctions d'accompa-
gnateur, et lui fournit ainsi de fréquentes oc-
casions d'entendre les artistes de celte époque.
Au commencement de 1830, il fut entendu
lui-même de Baillot et de Kalkbrenner : ces
deux artistes éminents lui donnèrent des en-
couragements, et le second exprima le désir de
faire de lui son élève ; cette circonstance décida
de sa vocation. Dans les premiers temps où il
reçut les leçons de Kalkbrenner, il ne put
donner que peu de temps à ses études du
piano, parce qu'il avait conservé sa position à
la préfecture de la Seine; mais sur l'assurance
que lui donna Kalkbrenner de ses succès fu-
turs, il quitta définitivement l'administration
et se livra sans réserve à sa nouvelle carrière,
vers le milieu de 1831. Cependant une diffi-
culté sérieuse vint l'arrêter, peu de temps
après l'abandon de sa place. L'excès d'un tra-
vail dont il n'avait pas l'habitude détermina
dans ses mains une affection articulaire et
nerveuse qui le mit dans la nécessité de
suspendre ses leçons à plusieurs reprises, une
fois pendant dix mois, une autre fois pendant
huit, et souvent pendant plusieurs semaines.
Le chagrin qu'il en ressentit lui occasionna
une grande maladie. En dépit de ces obstacles,
toutefois, M. Stamaty atteignit son but comme
exécutant formé à une belle école de méca-
nisme; il fit publiquement son début dans un
concert qu'il donna au mois de mars 1835, et
dans lequel il fit entendre un concerto de sa
composition (op. 2). Cette époque est celle où
il s v adonna entièrement à l'enseignement du
piano. Le besoin de repos, pour se livrer à ses
propres études, lui fit prendre, en 1836, la
résolution de se rendre en Allemagne, où il
espérait trouver une liberté dont ne jouissent
pas les artistes à Paris. Il partit au mois de
septembre de cette année et s'établit à Leip-
sick, où il se lia avec Mendelssohn et Schu-
mann. Le premier de ees artistes lui fit faire
des études de composition qu'il ne continua
pas longtemps; car après trois mois passés
dans la ville saxonne, le mal du pays et les in-
stances de ses élèves le ramenèrent à Paris, au
mois de janvier 1837. Cette époque est celle
où M. Stamaty se livra à l'étude des œuvres
classiques de Bach, de Mozart, de Beethoven,
qu'il a fait entendre ensuite chez lui, dans des
séances périodiques et dans des concerts in-
times donnés avec Delsarte, au profit de la So-
ciété Saint-Vincent de Paul, dont ils étaient
membres tous deux.
Au nombre des meilleurs élèves de M. Sta-
maty, MM. Gottschalk et Saint-Saëns tiennent
le premier rang (voyez ces noms). Un très-
grand nombre d'autres pianistes ont été for-
STAMATY — STAM1TZ
111
mes à son école. La mort de sa mère vint, en
1846, faire fermer ses cours. La douleur qu'il
ressentit de cette perte le conduisit à Rome, où,
pendant une année entière, il vécut dans la
solitude. De retour, enfin, à Paris, il s'y maria
en 1848 et reprit son enseignement. Les
<jeuvresprincipalesde cetartistesonl : Concerto
pour piano et orchestre, op. 2 ; Paris, Prilipp ;
sonate pour piano seul (en fa mineur), op. 8;
Paris, Rrandus ; vingt-cinq grandes éludes
idem, op. 11 ; Paris, Gérard ; grand trio pour
piano, violon et violoncelle, op. 12; ibid.;
grande sonate pour piano seul (en ut mineur) ;
rondo caprice, idem, op. 14; Paris, Prilipp;
études caractéristiques sur Obéran, de We-
ber, op. 53; Paris, Heugel ; études progres-
sives en trois livres, op. 37, 38 et 39; ibid.;
Les Concertantes, études spéciales et pro-
gressives en deux livres, op. 46 et 47 ; des
thèmes variés, op. 5 et 19; des fantaisies sur
des thèmes d'opéras, op. 6, 7, 9, 10, 13; des
morceaux de genre dans la manière des pia-
nistes modernes; des transcriptions, etc.
STAMEGNA (Nicolas), prêtre et compo-
siteur, né à Spello, dans les États de l'Église,
vers 1620, fut d'abord maître de chapelle de
la cathédrale de Spolète, puis fut appelé à
Home et nommé maître de chapelle de Sainte-
Marie-Majeure, le 31 janvier 1659. Il occupa
cette place jusqu'en 1667 et obtint alors un
canonicat dans sa ville natale, où il se retira.
Un œuvre de sa composition a été publié sous
ce titre : Sacrarum modulationum seu Jlot-
tettorum 2, 5 et 4 vocibus liber primus;
Rome, PaulMasolli, 1637. On trouve à la Ri-
hlioihèque royale de Paris trois motets de ce
musicien, en manuscrit, entre autres, un
Jngredimini, pour la fête de Saint-Jac-
ques.
STAMITZ (Jean-Charles), célèbre violo-
niste et compositeur, naquit en 1719, à
Deutschhrod, et Rohème, où son père était
maître d'école. Ses éludes ne furent dirigées
par aucun maître distingué : il ne dut qu'à
lui-même son talent sur le violon et dans la
composition. Doué d'un génie original, il mit
dans sa musique plus de légèreté et de brillant
qu'on n'en trouvait dans les œuvres des com-
positeurs allemands de son temps. Ses sympho-
nies précédèrent celles de Haydn, et peut-être
ne furent-elles point inutiles au développe-
ment du génie de ce grand homme. Stamilz a
^crit aussi beaucoup de sonates de clavecin
qui sont d'un très-bon goût. Dans sa musique
de violon, et particulièrement dans ses con-
certos, on l'a comparé à Tarlinij mais s'il a
moins de clarté dans les idées mélodiques que
le célèbre violoniste italien, il lui est supé-
rieur pour la force et la variété de l'harmo-
nie. Son élude, formant un duo pour un seul
violon, prouve qu'il devait être d'une grande
habileté dans l'exécution. Stamilz entra au
service de l'électeur Palatin, à Manheim, vers
1745; il mourut dans celte ville en 1761, à
l'âge de quarante-deux ans. On a fait plusieurs
éditions des ouvrages suivants de cet artiste :
l°Six sonates choisies pour le clavecin avec
un violon, op. 1 ; Paris, Yenier. 2° Six sonates
pour violon et basse, op. 2; Manheim, 1760;
Paris, Lachevardière. 3° Six symphonies à huit
parties, op. 3; Paris, Lachevardière. 4° Con-
certos pour violon el orchestre, n os 1, 2, 3, 4,
5, 6 ; ibid. 5° Six Irios pour deux violons et
basse, op. 5; Paris, Venier. 6° Six sonates
pour violon et basse, op. 6; Paris, Lachevar-
dière. 7" Six symphonies à huit parties, op. 8;
Paris, Lachevardière. 8° Exercices imitant un
duo de deux violons ; Paris, Sieber. On connaît
aussi de Slamitz, en manuscrit, vingt et un
concertos pour violon, onze symphonies, neuf
solos de violon, deux concertos pour le clave-
cin, et beaucoup de sonates pour le même in-
strument.
Le frèrede Stamilz (Thaddée), né àDeulsch-
brod, en 1721, fut un violoncelliste très-dis-
tingué. 11 entra aussi au service de l'électeur
Palatin, à Manheim, mais ensuite il retourna
à Prague, se fit prêtre, el devint, vers la lin
de sa vie, grand vicaire de l'archevêque de
Prague, et chanoine à Runzlau. Il mourut le
23 août 1768.
STAM1TZ (Charles), fils aîné de Jean-
Charles, né à Manheim, le 7 mai 1746, fit ses .
premières éludes musicales sous la direction
de son père, puis devint élève de Cannabich.
En 1767, il fut admis dans la chapelle du
prince en qualité de vio'onisle, et trois ans
après il fit un voyage à Paris, où il fit admirer
son habileté sur la viole d'amour et sur l'alto.
Le duc de Noailles l'attacha à sa musique, et
Slamitz resta au service de ce prince jusqu'en
1785. Il retourna alors en Allemagne et se fit
entendre avec succès à Francfort, à Rerlin et
à Dresde. En 1787, il entra dans la chapelle
du prince de Hohenlohe-Schilling, et dans la
même année, il visita Prague, une partie de
l'Autriche, puis alla à Nuremberg, où il vécut
quelque temps sans emploi. Dans l'hiver de
1789 à 1790, il dirigea le concert des ama-
teurs à Cassel, puis il partit pour la Russie, et
vécut àPétersbourg pendant plusieurs années.
De retour en Allemagne, il dirigea, en 1800,
1J-2
STAM1TZ — STANLEY
le concert desétudiants à Jéna.el mourut dans
celte ville, en 1801. Également distingué
comme virtuose et comme compositeur, cet
artiste a publié : 1° Trois symphonies à huit
parties, op. 3; Paris, Lachevardière. 2° Six
symphonies à dix parties, op. 16; Paris, Sie-
ber. 5° La Chasse, symphonie pour deux vio-
lons, alto, basse, flûte, deux hautbois, deux
bassons, deux cors, et deux trompettes; ibid.
4° Symphonie concertante pour deux violons,
op. 14; Paris, Heyna, 177G. 5° Deuxième
idem; Paris, Sieber. 6° Troisième idem,
op. 17; ibid. 7° Quatrième idem; Paris, Na-
derman. 8° Concertos pour le violon, n os 1, 2,
3, 4,5,6,7; Paris, Bailleux. 9° Quatuors pour
ileux violons, alto et basse, op. 4, 7, 10, 13,
15; Paris, Bailleux, Boyer. 10° Six trios pour
deux violons et basse, op. 1 ; Offenbach, An-
dré. ll°Duos pour violon et violoncelle, op. 2 ;
Paris, Louis. 12° Duos pour deux violons,
op. 8; Paris, Boyer; op. 11, 18; Paris, Sieber.
13" Duos pour violon et alto, op. 1 9; Paris,
Louis. 14" Concerto pour allô (en sol)] Paris,
Bailleux. 15° Concerto pour le piano; Paris,
Naderman. Il existe aussi en Allemagne
beaucoup de morceaux pour divers instru-
ments composés par Stamitz. Il a écrit et fait
représenter à Francfort un petit opéra-comi-
que, intitulé : le Tuteur amoureux, dont la
musique est fort jolie. A Pétersbourg, il a com-
posé, pour l'impératrice, le grand opéra Dar-
danus.
STAMITZ (Antoine), second fils de Jean-
Charles, naquit à Manheim, en 1753. Excel-
lent violoniste comme son père et son frère , il
accompagna celui-ci dans son voyage à Paris.
On lit dans le Dictionnaire historique des
musiciens, par Choron et Fayolle, qu'il joua
longtemps à la chapelle du roi, à Versailles;
mais c'est une erreur, car son nom ne figure
sur aucun état de cette chapelle. Les événe-
ments de la vie de cet artiste sont complète-
ment inconnus, après son arrivée à Paris vers
1770; il parait seulement certain qu'il était
encore dans cette ville, en 1781, car YAlma-
nach musical de 1782 nous apprend qu'il y
publia alors six duos pour violon et violon-
celle. Ses œuvres connues sont : 1° Six qua-
tuors pour deux violons, alto et basse, op. 14;
Paris, Sieber. 2° Six idem, op. 22; ibid. 3° Six
trios pour deux violons et basse, op. 2; Paris,
Boyer. 4° Concerto pour violon, op. 27 ; ibid.
5° Six duos pour violon et violoncelle, op. 5;
ibid. 6° Six trios pour flûte, violon et basse,
op. 17; Paris, Sieber. 7° Nocturnes ou airs
variés pour violon et violoncelle; ibid. 8° Six
duos pour violon et flûte, op. 7; Paris, Boyer.
9° Concertos pour clavecin, n os 1 , 2, 3. 10° Des
concertos pour violoncelle, basson, etc.
STAMM (Pierre), vraisemblement pro-
fesseur ou recteur au gymnase Carolin de Stel-
tin, dans la seconde moitié du dix-septième
siècle, a fait imprimer un discours qu'il a pro-
noncé aux obsèques de Jean-Georges Eheling
(voyez ce nom), sous ce titre : Programma
funèbre in obitum J.-G. Ebelingii, Gym-
nasii Carol. Prof. Mus.; Stettin, 1676,
in-4°.
STANCARI (Victor-François), mathé-
maticien, né à Bologne, en 1678, fut l'ami et
l'élève de Manfredi. Reçu docteur en philoso-
phie dans l'année 1704, il obtint dans la même
année la direction de l'observatoire de Bo-
logne, et fut élu secrétaire perpétuel de l'Aca-
démie des Inquieti, présidée alors par Mor-
gagn.i. Les jésuites lui confièrent, à la même
époque, l'enseignement delà géographie et de
l'art militaire au collège des nobles. Ce savant
mourut, à l'âge de trente et un ans, d'une ma-
ladie de poitrine, le 18 mars 1709. Parmi ses
nombreux écrits, dont on trouve la liste dans
les Scrittori Bolognesi, de Fantuzzi (t. VIII,
p. 46), on remarque une dissertation De Sono
fixa inveniendo (Bologne, 1707, in-4'); sujet
sur lequel Sauveur avait récemment fixé l'at-
tention des mathématiciens.
STANHOPE (Charles, comte DE), pair
d'Angleterre et savant distingué, naquit le
5 août 1755, commença ses études au collège
d'Eton, et accompagna sa famille à Genève, à
l'âge de dix ans. Sous la direction d'un savant
genevois (G.-J. Lesage), il se livra avec ar-
deur à l'étude des sciences physiques et ma-
thématiques, dans lesquelles il fit de grands
progrès. Après la mort de son père, en 1786,
il entra dans la Chambre haute du parlement,
et plus tard, il s'y montra favorable aux idées
nées de la révolution française. Le peu de suc-
cès qu'il obtint à la tribune le ramena aux
sciences, qui lui doivent plusieurs découvertes.
Lord Stanhope mourut à Londres, le 13 sep-
tembre 1816, à l'âge de soixante-trois ans. La
plupart des travaux et des découvertes de lord
Stanhope n'appartiennent point à la musique,
mais il a proposé un nouveau système de tem-
pérament des instruments à clavier, sous ce
titre : Principles of tuning instruments
tvith fixed tones (Principes de l'accord des in-
struments à sons fixes); Londres, Wilson,
1806, in-8° de vingt-quatre pages.
STANLEY (Jean), bachelier en musique,
naquit à Londres, au mois de janvier 1715.
STANLEY — STARKE
113
A l'âge de trots ans, un accident lui fit perdre
la vue. A sept, il commença l'étude de la mu-
sique, dans laquelle il fit de rapides progrès.
Son premier matlre fut un organiste nommé
Reading, élève de Blow; mais plus lard il de-
vint élève du docteur Greenc. A l'âge de onze
ans, il obtint la place d'organiste d'une petite
église de Londres; en 1726, on lui confia celle
d'organiste de la paroisse de Saint-André, et
huit ans après, il y joignit les fonctions d'or-
ganiste du temple. Hsendel, qui estimait les
talents de Stanley, lui laissa, en mourant, une
partie de sa musique. Il s'associa à cette
époque avec Smith (voyez ce nom) pour la di-
rection des oratorios, et la conserva jusqu'en
1784. Deux ans auparavant, il avait remplacé
Weidemann comme chef d'orchestre de la cha-
pelle royale. Stanley mourut à Londres, le
19 mai 1786, laissant en manuscrit les orato-
rios de Jephté (exécuté en 1757), et de Zimri
(en 1760, à Covent-Garden), dont il avait com-
posé la musique. On a publié de sa composi-
tion : 1° Six concertos pour deux violons, deux
violes, violoncelle et basse continue. 2° Six
idem pour sept instruments, op. 2. 3° Huit
sonates pour flûte et basse, op. 1. 4°Sixsolos
pour flûte, op. 4.
STAISZEIV (Jean- Louis) , organiste de
Saint-Paul, à Hildesheim, occupa celte posi-
tion pendant les vingt dernières années du
dix-huitième siècle. Il a publié de sa composi-
tion : 1° Trois sonates pour clavecin et violon,
op. 1; Offenbach, 1793. 2° Sonates à quatre
mains, op. 2; ibid. 5° Sonates pour clavecin,
violon et basse, op. 4 ; ibid. 4° Grande sonale
pour clavecin, violon et basse, op. 5; ibid.,
1797. 5" Quatre marches caractéristiques poul-
ie clavecin, et un rondo à trois mains, op. 6;
Brunswick, 1797. 6° Chansons allemandes avec
accompagnement de clavecin, premier et se-
cond recueils; Cassel, 1782 et 1783.
STAPPEN (Corneille VAN), composi-
teur hollandais qui vécut vers la fin du quin-
zième siècle, n'est connu jusqu'à ce jour que
par trois morceaux écrits par lui et qui se trou-
vent dans le troisième livre du rarissime re-
cueil intitulé : Harmonice musices Odlicca-
lon, et dont le titre particulier est : CantiC.
n" Cenlo cinquanta (Impressum Veneliis
per Octavianum Petrutium forosempro-
niensem, l!î03). Le premier de ces morceaux
est la chanson française à quatre voix : De
tous biens plaine, dont le superius chante
l'antienne avec les paroles Beati pacifici. Le
second morceau est la chanson à quatre voix :
Gentil galans de guerra; et le troisième est
BIOGR. UNIV. DUS MUSICIENS. T. VIII.
le motet à quatre voix : Virlutum expulsus
terris chorus omnis abibit.
STARCK (Philippe-Guillaume), recteur
et organiste de l'école de la ville, à Wrilzen-
sur-1'Oder, au commencement du dix-hui-
tième siècle, est auteur d'un opuscule intitulé :
Orguni Wrigensis viadrani veteris de-
structi, et novi in lemplo majori extructi
descriptio, dus ist : Beschreibung der alten
abgerissenen und in der grossen R'irche zu
IFrilzen an der Oder neu-erbauten Or gel;
Berlin, 1727, in-4° de soixante pages.
STAR1CIUS (Jean), organiste de Saint-
Laurent, à Francfort -sur-le-Mein, au commen-
cement du dix-septième siècle, a fait imprimer
de sa composition : 1° Teutsche lustige Lie-
der und Tantz mit 4 Stimmen (Chansons
allemandes choisies et danses à quatre voix);
Francfort, 1609. 2° Newc teutsche weltliche
Lieder nach Art der ivelschen Madriga-
lien, etc. (Nouvelles chansons mondaines
allemandes dans le style des chansons fran-
çaises).
STARK (Frédéric-Théophile), cantor,
à Waldenbourg, en Silésie, né le 29 août
1742, s'estdistingué par son talent sur l'orgue
et par ses compositions. Il mourut à Walden-
bourg, le 20 mai 1807. On a publié de sacom-
position : 1° Die Gedanken und Fmpfin-
dungen beim Kreuze Jesu auf Golgotha
(Pensées et douleurs de Jésus sur la croix),
oratorio; Breslau, Gross etBarth, en partition.
2° Le Pharisien, oratorio, en 1794. 3° La
Passion, oratorio, en partition pour le piano;
ibid. On croit aussi qu'une collection de cent
soixante fugues (?) et préludes pour l'orgue,
publiée à Mayence, vers 1792, sous le nom de
Stark, appartient à cet artiste.
STARKE (Frédéric), né en 1774, à Elster-
werda, en Saxe, reçut les premières leçons de
piano de Ahner, organiste de ce lieu; puis il
alla continuer ses études à Grossenhayn, et
apprit à jouer de tous les instruments à cordes
et à vent chez le musicien de ville Gœrner,
particulièrement du cor, sur lequel il acquit
une certaine habileté. Après avoir achevé son
apprentissage, il visita Meissen, Wittenberg
etLeipsick, où il fit la connaissance de Hillcr
et de Millier. Ce fut à cette époque qu'il étudia
la composition dans les livres de Marpurg, de
Kirnberger et de Tlirk. Le désir de voyager lui
fit accepter un engagement de musicien dans
une troupe équestre qui parcourait l'Alle-
magne. Deux ans après, il entra à l'orchestre
de Salzbourg, puis il fut maître de piano de la-
comtesse Pilali, à Wels, passa deux années chez
8
114
SÏARKE — STECHER
celle dame, et, enfin, entra dans la musique
d'un régiment, avec lequel il fit toutes les cam-
pagnes en Suisse, sur le Rhin et en Autriche.
Arrivé à Vienne, il étudia la composition sous
la direction d'Albrechlsberger, et entra à l'or-
chestre du théâtre de la cour pour y jouer du
cor, après avoir obtenu un congé temporaire.
Plus lard, il fut obligé de rentrer dans son ré-
giment; mais ayant enfin obtenu son congé
définitif, il se retira àDœbling, près de Vienne,
et publia un journal mensuel de musique mi-
litaire, et un autre journal de fanfares pour
trompettes. Cet artiste laborieux est mort
après une courte maladie, le 18 décembre
1833. Parmi ses nombreux ouvrages, on re-
marque: 1° Journal de musique militaire;
Vienne, chez l'auteur : on y trouve plus de
trois cents morceaux de sa composition.
2° Journal de fanfares pour des trompettes
et trombones: environ cinquante numéros;
ibid. 3° Marches militaires à dix parties,
op. 14; Vienne, Arlaria. 4° Six marches pour
la musique turque, op. 48; Vienne, llaslinger.
5° Marche favorite d'Alexandre pour musique
militaire, op. 78; ibid. 6° Pièces d'évolutions
pour dix trompettes, deux cors et trombones;
Vienne, chez l'auteur. 7° Un grand nombre de
danses pour l'orchestre. 8° Variations et pots
pourris pour divers instruments. 9° Quatuor
pour piano, flûte, violon et violoncelle, op. 1 19;
Vienne, chez l'auteur. 10" Quatuor pour piano,
violon, alto et basse, op. 120; ibid. 11" Grande
sonate pour piano, cor et \ioloneelle obligés,
op. 7 ; Vienne, Weigl. 12" Beaucoup de pièces
détachées pour piano seul. 13" Trois messes
faciles à quatre voix et grand ou petit or-
chestre; Vienne, chez l'auteur. 14" Offertoire
pour soprano et ténor, chœur et orchestre ;
ibid. 15° Tantum ergo pourconlrallo et basse,
chœur et orchestre; ibid. 16" L'Ecole du
piano de Fienne, méthode en trois parties;
ibid., 1819 et 1820, deux volumes in-fol.
STAllSWOLSIil (Si.tion), historien et
biographe, polonais, vécut dans la première
moitié du dix-septième siècle. Il futprimicier
de la collégiale de Tarnow(Gallicie). Les nom-
breux ouvrages de ce savant n'appartiennent
lias à l'objet de ce dictionnaire biographique;
il n'y est mentionné que pour un traité élé-
mentaire de musique dont il est auteur, et qui
a pour titre : Nusiccs praclicx Erotemata,
in usum sludiosx juventutis breviter et ac-
curate collecta a Simone Starsvolsio ecclesix
collegistx Tarnociensis primicerio ; Craco-
■vix, ex ofjicina Francisai Cxsarei S. R. M.
typ., anno 1CI50, in-8°.
] STARZER (...), habile violoniste, a eu
longtemps de la célébrité comme compositeur
! de ballets, à Vienne. On ignore ses prénoms,
le lieu et la date de sa naissance, ainsi que les
premières circonstances de sa vie. Après avoir
occupé quelque temps la place de compositeur
! des ballets du Théâtre-Impérial à Vienne, il
fut appelé à Pétersbourg, en 1702, avec le titre
, de maître de concerts; mais dès 1770, il était
de retour à Vienne, où il reprit sa place an
théâtre dirigé par Noverre. Dans les dernières
années, son excessif embonpoint l'empêcha de
jouer du violon et de diriger lui-même ses ou-
| v rages. Il mourut à Vienne, en 1793. La mn-
i sique de Starzer était brillante, mélodieuse, et
bien adaptée à l'aclion dramatique. Les bal-
lets dont il a composé la musique sont : 1° Les
Trois Fermiers. 2" Les Braconniers. 3° Adé-
laide de Ponthieu. 4° Les Lforaces. 5° Les
Cinq Sultanes. G" Il Giudizio di Paride.
7" Diana ed Endimione. 8° Roger et Brada-
mante. 9" / /.'astori di Tempe. 10" La Pa-
rodie de Médée. 1 1° Agamemnon. 12" Le Cid.
15° JLontezuma. 14" Teseo in Creta. 15° Les
j}joissonneurs. 10" Les Muses. On connaît
aussi en manuscrit, de la composition de
Starzer , quelques symphonies pour l'or-
chestre, et l'oratorio la Passione di Gesù
Cristo.
STATiniIOIY (Cihiistoi-he) est cité par
Gessncr {Bibl. in Epit. rcd. append., p. 835)
comme auteur d'un petit poème intitulé :
De Laudibus musicx ad Joannem Fri-
siwn.
STECHAIML'S (Asork), magister et rec-
teur de l'école d'Arnstadt, dans la principauté
de Schwarzbourg, au commencement du dix-
septième siècle, a public un recueil de pièces
intitulé : Ouestioncs .Visccllx philosophico-
philologicx (Erfurt, 1(534, in-4"), où l'on
trouve deux thèses sur cette question : An mu-
tât io sit de nota prxoccupante , an vero mu-
tante ? Il s'agit, dans ces écrits, de la ques-
tion, alors fort controversée en Allemagne, de
la substitution des sept noms de noies de la
gamme à l'ancienne méthode des muances,
dans la solmisalion.
STECHER (Marias), pianiste et orga-
niste distingué, naquit à Manheim, vers 1700,
et y vivait encore en 1811. On a imprimé de
s,i composition : 1° Neuf pièces pour le clave-
cin; Manheim, 1793. 2° Grande sonate à
quatre mains; Leipsick, Breitkopf et llœrtcl.
5" Six fugues pour l'orgue; ibid., 1798.
4° Treize variations pour le clavecin, op. 5;
ibid., 1790. 15° Douze variations cl un rondo
STECHER — STEFANI
lu
pour le clavecin, op. 6 ; Munich, 1799. 6° Huit
fugues pour l'orgue ou le clavecin, 1802.
7° Trois sonates pour piano et flûte obligée,
op. 8, 1803.
STECIIERT (Charles), organiste de
l'église Sainte-Marie, à Wismar, né à Pots-
dam, en 1820, commença l'étude de la musi-
que sous la direction d'un maître nommé
Wiedemann, puisdevint élève de A. -W. Bach,
à l'Institut de l'Académie royale des beaux-
arts de Berlin. En 1843, il obtint la place d'or-
ganiste de l'église Saint-Nicolas, àSpandau, et
celle d'organiste de Sainte-Marie, à Wismar,
lui fut donnée en 18G2. Stechert est habile
pianiste et compositeur. Je n'ai trouvé, dans
les catalogues de musique del'Allemagne d'au-
tre indication de compositions de cet artiste
que celle de cet ouvrage : Le Retour pendant
l'orage, grande fantaisie pour piano, op. 8;
Berlin, Challier.
STEELE (JosuÉ), membre de la Société
royale de Londres, vécut dans celle ville pen-
dant la seconde moitié du dix-huitième siècle.
La lecture de V Essai sur l'origine des lan-
gues, de J.-J. Rousseau, le conduisit à la re-
cherche de signes d'intonations qui pussent
noter plus exactement les divers accents de la
déclamation qu'on ne peut le faire par les si-
gnes ordinaires delà musique, et il en inventa
un système complet qu'il a exposé dans l'ou-
vrage intitulé : An Essuy towards establish-
ing the melody and measure of speech to be
expressed and perpetualed by pcculiar sym-
bols (Essai concernant les moyens d'exprimer
et de perpétuer la mélodie et la mesure de la
parole par des signes particuliers) ; Londres,
J. Almon, 1775, grand in-4° de cent quatre-
vingt-treize pages. Les signes imaginés par
Sleele consistent, à l'égard de la notation, en
une large portée de cinq lignes, dont les
espaces sont subdivisés en quatre ou cinq de-
grés d'intonations moins déterminés que ceux
du chant, afin de donner aux accents de la dé-
clamation un caractère plus analogue à celui
de la parole. Des courbes etdes lignes obliques
dirigées à droite ou à gauche déterminent les
intonations par les points de la portée où elles
aboutissent; et des signes de durée, empruntés
à la notation de la musique, touchant par un
trait vertical à l'un des points de la courbe ou
de la ligne oblique, marquent l'accent au de-
gré d'intonation qui lui est propre, et en dé-
terminent la durée. Ce système est ingénieux :
on aurait pu l'employer utilement pour l'en-
seignement du débit oratoire; mais les exem-
plaires de l'ouvrage de Sleele sont si rares, que
celui qu'il avait envoyé à J.-J. Rousseau, main-
tenant en ma possession, et celui de la Biblio-
thèque impériale, à Paris, sont les seuls que
je connaisse. Le sujet de l'ouvrage de Steele a
été repris environ cinquante ans plus tard,
par le docteur J. Rush (voyez ce nom), et
traité d'une manière plus scientifique et plus
simple.
Sleele a aussi donné, dans les Transactions
philosophiques (t. LXV, année 1775), deux
morceaux relatifs à la musique. Le premier a
pour litre : Account ofa musical instrument,
ivhich was brought by Captain Furneaux
from the Isle of Amsterdam in the South
Sea to London in the year 1774 (Notice d'un
instrument de musique qui a été rapporté par
le capitaine Furneaux de l'île d'Amsterdam,
dans la mer du Sud, en 1774); le second mor-
ceau est instilulé : Remarks on alarge System
of reed piper from the Isle of Amsterdam,
with some observations on the nose flûte of
Otaheilee (Remarques sur la grande étendue
de la flûte à anches de l'île d'Amsterdam, avec
quelques observations sur la flûte nasale
d'Otahiti).
STEETZ (Guillaume), musicien allemand,
né à Hambourg, vers 1770, se fixa en Angle-
terre au commencement de ce siècle, et s'éta-
blit à Tiverton. On a de lui : Treatise on the
éléments of Music in a séries of letters to a
Lady (Traité sur les éléments de la musique
dans une série de lettres à une dame); Tiver-
ton, 1812, un volume in-4°.
STEEAINI (Giovanni), organiste de l'église
de la Grazia, à Vienne, dans la première moi-
tié du dix-septième siècle, est connu par les
ouvrages dont voici les litres : 1° Concerti
amorosi; terza parte délie Canzonette in
musica raccolte del dello Stefani; Venezia,
app.Aless. Vincenti, 1023, in-4°. 2° Affetli
amorosi : Canzonette adunavoce sola; ibid.,
1624. 3° Ariettte amorose a voce sola ; ibid.,
1G26.
STEFANI (Jean), violoniste et composi-
teur, naquit à Prague, en 1746. Au commen-
cement du règne de Stanislas- Auguste, il se
rendit en Pologne, et fut admis comme pre-
mier violon de l'orchestre de la cour et de ce-
lui du théâtre de Varsovie; plus tard, il diri-
gea celui de la cathédrale. Il mourut dans cette
ville, en 1819, à l'âge de quatre-vingt-trois
ans. En 1794, il écrivit, pour la troupe drama-
tique de Boguslawski, l'opéra intitulé le Mi-
racle ou les Krakoviens et les Gorales, dans
lequel il avait introduit des mélodies popu-
laires de la Pologne. Cet ouvrage fut accueilli
116
STEFANI — STEFFANI
avec enthousiasme par la nation tout entière
et obtint plus de deux cents représentations.
Les autres opéras de cet artiste sont : les Sujets
reconnaissants envers leur souverain, re-
présenté à Varsovie, en 1796; l'arbre en-
chanté, 1797; Frosine, 1806; le Reitmeister
Gorecki, 1807; la Polonaise, en trois actes,
1807; le Vieux Chasseur, 1808; Papirius,
1808. Stefani a écrit aussi un grand nombre
de polonaises et beaucoup de messes avec or-
chestre. Il eut deux fils et une fille. L'aîné,
Casimir Stefani, violon solo du théâtre de Var-
sovie, mourut en 1811, à l'âge de vingt ans;
son frère, Joseph Stefani, également violon
solo, n'était âgé que de dix-huit ans lorsque la
mort le frappa ; et Léonore Stefani , canlalrice
du même théâtre, fort aimée du public, fut
enlevée à la fleur de l'âge, en 1831. Tous
trois sont inhumés près de leur père, à Po-
wonzki.
STEFANI (Joseph), compositeur et pro-
fesseur de chant, né à Varsovie, en 1802, a
fait ses études musicales au Conservatoire de
celte ville, et a reçu des leçons de composition
d'Elsner (voyez ce nom). Sa première produc-
sion de quelque importance fut la musique du
ballet Apollon et Midas. Encouragé par le
succès de cet ouvrage, il composa la musique
de l'opéra la Leçon de botanique, d'après un
vaudeville français. Le bon vieux Temps,
autre opéra-comique de sa composition, fut
représenté, avec succès, en 1829. Les ma-
sonrkes, les polonaises et les chansonnettes
qu'il a publiées, ont rendu son nom populaire
en Pologne. Parmi ses œuvres de musique
religieuse, on remarque plusieurs messes à
quatre voix avec orgue; la messe n° ô (en mi
bémol), avec accompagnement d'instruments à
vent ; la messe n° 5, exécutée dans l'église des
Piarisles, sous la direction de l'auteur; la messe
pour la fête de saint Stanislas, dans la même
église; la messe n°7, exéculéedans l'église des
Visitandines, par les élèves du gymnase, sous
la direction de leur professeur Stefani; une
messe de Requiem, à trois voix d'hommes,
avec orgue ; la messe à quatre voix d'hommes,
avec accompagnement d'instruments à vent,
chantée dans l'église des Capucins; la messe
n° 13, exécutée chez les Bernardins ; Te Deum
avec orchestre, Offertoire; Ave Maria pour so-
prano avec violon solo ; O Salutaris et Pange
Lingua, avec orchestre; Benedictus à quatre
voix seules, avec choeur, exécuté dans l'église
des Piarisles, pour la fête de saint Stanislas,
le 8 mai 1841 ; Spiewy religijne (chants reli-
gieux); Varvosie, Zaleski, 1841.
STEFANINI (Jean-Baptiste), né à Mo-
dène, vers Î660, fut maître de chapelle de la
cathédrale de Turin ; il occupait cette position
dans les dernières années du dix-seplième
siècle. On connaît de lui des motets à six et à
huit voix, qui ont élé publiés sous ce litre :
Mottheta D. Joh.-Bapt. Slephanini Mutin,
in ecclesia metropolitana Taurinensi Mag.
ntusicx sex et octo vocibus. Liber primus;
Venetiis, 1694. Ldem, liber secundus ; ibid.,
1698.
STEFFAN (Joseph-Antoine), et non
STEPHAN, comme l'écrit Gerber, pianiste
eteompositeur, naquit à Kopidlno, en Bohême,
le 14 mars 1726. Après avoir appris les élé-
ments de la musique comme enfant de chœur,
il se rendit à Vienne et y devint élève de Wa-
genseil (voyez ce nom). Fixé depuis lors dans
la capitale de l'Autriche, il obtint le litre de
maître de clavecin de la cour impériale, et fut
chargé, en celle qualité, de donner des leçons
à la reine de France Marie-Antoinette, et à
l'archiduchesse Caroline, qui devint reine de
Naples. On n'a pas de renseignements concer-
nant l'époque de sa mort, mais on sait qu'il
vivait encore en 1781 . Les ouvrages imprimés
de cet artiste sont ceux-ci : 1° Sei Diverti-
menti per il cembalo, op. 1 ; Vienne. 2° So-
nate per il cembalo, op. 2; Vienne, 1756.
3° Idem, op. 3, l a parle; Vienne, 1763.
4° Idem, op. 5, 2 a parte; ibid., 1764. 5° Pre-
ludi per diversi tuoni ; Vienne, 1762.
6° Chansons allemandes pour le clavecin,
quatre suites; Vienne, 1778 à 1781. 7° Vingt-
cinq variations sur la chanson bohémienne :
Mug mily Janku; Prague, Haas, 1802. Il y a
une édition de ces variations publiée à Vienne,
chez Traeg, en 1797. Steffan a écrit aussi un
oratorio intitulé : Le Sauveur du monde in-
nocemment accusé, et condamné à la mort.
STEFFAN (Gaspard-Melchioiv et Michel).
l'oyez STEPHAN.
STEFFANI (Augustin), compositeur cé-
lèbre, naquit en 1655, à Castelfranco, dans
l'État de Venise. On ignore le nom des maîtres
qui dirigèrent sa première éducation musicale,
mais on sait que la beauté de sa voix l'avait
fait appeler à Venise pour le service de quel-
ques églises. Un noble allemand qui l'entendit
en éprouva tant de plaisir, qu'il fit au jeune
chanteur la proposilionde le suivre, lui promet-
tant de pourvoira ses besoins et d'assurer son
avenir. Celte offre ayant élé acceptée, l'étran-
ger conduisit Sletrani à Munich, et le confia
aux soins d'Hercule Bernabei (voyez ce nom).
Sous un tel maître, les progrès du jeune artiste
STEFFANI
117
furent rapides (]). Sleffani était entré au sé-
minaire : après y avoir l'ait ses études, il reçut
la tonsure et prit le litre d'abbé, qu'il a tou-
jours porté depuis lors. Devenu compositeur
distingué, il écrivit d'abord pour l'église, par-
ticulièrement plusieursmesses pour la chapelle
de l'électeur de Bavière. Il n'était âgé que de
dix-neuf ans lorsqu'il publia un recueil de
psaumes à huit voix où l'on remarque déjà
beaucoup d'habileté dans l'art d'écrire. Cet
œuvre fut suivi de sonates pour quatre instru-
ments, et de duos à deux voix avec basse con-
tinue, ouvrage du plus grand mérite, et qu'on
a mis souvent en parallèle avec les duos de
Clari : celui-ci semble les avoir pris pour mo-
dèle. Tous ces ouvrages, composés pour
l'usage de la cour de Munich, fuient récom-
pensés plus lard par le don de l'abbaye de
Lipsing, dont il prit le titre. En 1681, Sleffani
écrivit son premier opéra intitulé Marco-
Awelio .-le succès de cet ouvragelui fit obtenir
la place de directeur de la musique de la
chambre de l'électeur. Quatre ans après, il fut
chargé de la composition de Servio Tiillio,
opéra sérieux en Irois acles, pour le mariage
de l'électeur Maximilien- Emmanuel avec
l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche.
La beauté de cet ouvrage mit le sceau à sa ré-
putation, et lui fit faire des propositions par
plusieurs princes d'Allemagne qui désiraient
l'avoir pour maître de chapelle : Sleffani ac-
cepta celles de l'électeur de Brunswick, père
de Georges I er , roi d'Angleterre. Peu de
temps après la représentation du Servio
Tullio, et dans la même année, il donna à
Brunswick II Solone, opéra sérieux en trois
acles. Cet ouvrage Tut suivi de Jlarico in
Ballha, en 1687; de Enrico delto il Leone,
en 1689; VAlcide, en 1602; d'Alexandre
l'Orgueilleux, en 1695; de Roland, en 1696;
d'Alcibiade, en 1697; d'Atalante, en 1698,
et de // Trionfo del Falo, en 1699. Les cinq
derniers ouvrages furent traduits en allemand,
et représentés à Hambourg. Le duc de Bruns-
wick avait confié la direction de son théâtre à
Sleffani; mais les désagréments que lui cau-
saient les prétentions et les querelles des
chanteurs lui firent donner sa démission de
cet emploi; il ne conserva que la charge de
compositeur : mais il ne mit plus son nom à
(I) II y n une difficulté relativement aux études de
Sleffani sous la direction de Bcrnabei ; celui-ci n'arriva
à Munich qu'en 1073; cependant, Sleffani publia,
en 1074, des psaumes à huit voix de sa composition ; il
est donc vraisemblable qu'il avait eu un mailrc de
contrepoint avant que Bcrnabei le prit pour élève.
ses dernières productions, parce que le duc de
Brunswick l'employa dans des missions diplo-
matiques. Ses ouvrages portèrent souvent le
nom de Piva, son copiste.
Dès 1689, l'empereur Léopold I er , à la con-
vention des électeurs, à Augsbourg, avait fait
connaître son intention de créer un neuvième
électoral en faveur du duc de Brunswick et de
ses descendants ; celte déclaration n'avait pas
été reçue avec beaucoup de faveur par les
autres électeurs, et l'on craignait des diffi-
cultés. Sleffani, qui avait étudié le droit public
à Hanovre, et qui jouissait de toute la faveur
du prince, obtint qu'on le chargeât d'une
partie des négociations à ce sujet. Il y mit tant
d'adresse à écarter les obstacles, que l'empe-
reur accorda, en 1692, l'investiture de l'élec-
toral de Hanovre, et la dignité d'architrésorier
de l'empire au duc de Brunswick, avec la
Iransmission de ses droits et dignités à ses des-
cendants. Le prince donna des témoignages
éclatants de sa satisfaction à l'abbé Sleffani,
en obtenant pourlui la dignité de protonotaire
apostolique, puis celle d'évêque deSpiga,dans
les possessions espagnoles de l'Amérique, qui
lui fut conférée par le pape Innocent XII, et
enfin en lui accordant une pension de quinze
cenls éens. Comme certains artistes, Slef-
fani avait une autre ambition que celle de la
gloire qu'il pouvait trouver dans son art :
ayant pris un rang parmi les hommes politi-
ques, il se crut grandi, et après avoir com-
mencé par désavouer ses ouvrages, il quitta,
en 1710, ses places de maître de chapelle et de
directeur de musique, désignant Hsendel pour
son successeur; puis il vécut en homme de
cour, dans la société des grands. Après une
longue absence de sa patrie, Sleffani fit, en
1729, un voyage en Italie, passa l'hiver à
Rome, et y eut l'honneur d'être incessamment
dans la société du cardinal Ottoboni, qui
aimait à faire exécuter ses ouvrages dans son
palais. Peu de temps après son retour à Ha-
novre, Sleffani fut obligé de faire un voyage à
Francfort; mais à peine arrivé en cette ville,
il tomba malade, et mourut au bout de quel-
ques jours, en 1750, à l'âge de soixante-quinze
ans.
On ne connaît pas aujourd'hui tous les ou-
vrages de Sleffani, parce que le plus grand
nombre ayant été composés pour le service
spécial de la cour de Brunswick et de Ha-
novre, les copies ne s'en sont pas répandues,
et parce que plusieurs ne portent pas son nom.
On sait qu'il avait écrit plusieurs oratorios :
mais leurs titres sont ignorés. Outre les opéras
118
STEFFANI — STEGMANN
cités plus haut, les ouvrages de cet artiste,
parvenus jusqu'à nous, sont : 1° Psalmodia
vespertina octo plenis vocibus concinenda,
ab Auguslino Sleffano in lucem édita, glatis
sux anno XIX,Monachii, 1674, in-fol. C'est
par le titre de cet ouvrage qu'on a pu déter-
miner avec précision l'année de la naissance
de Steffani. 2° Janus Quadrifons tribus vo-
cibus vel duabus quolibet prxtermissa modu-
landus (motets à trois voix et b^sse continue);
Monachii, 1085, in-fol. 5° Sonate da caméra
a due violini, allô e continuo; Munich, 1679,
in-fol. 4° Duettida caméra a soprano e con-
tralto con il basso continuo; Munich, 1685.
5° Quanta certezza habbia da suoi principi
la musica (Quelle certitude il y a dans les
principes de la musique); Amsterdam, 1095,
in-8° de huit feuilles. Dans ce petit écrit, Stef-
fani soulève la question la plus importante de
la science de la musique; mais malgré le succès
qu'obtint son ouvrage, il est permis de dire
que ses vues ne sont pas assez élevées ni ses
connaissances assez profondes pour la solu-
tion d'un tel problème. Werckmeister a fait
une traduction allemandede l'écrit de Steffani,
sous ce titre : Sendschreiben , darinnen ent-
halten, ivie grosse Gewisslieit die Musih
habe, aus ihren Principiis und Gruttd-
sœlzer, etc.; Quedlinbourg, 1G99, in-8° de
sept feuilles. Jean-Laurent Albrecht a donné
une deuxième édition de cette traduction avec
une préface et des notes, à Mulhausen, en
1760, in-4° de quatre-vingt-deux pages, non
compris la préface.
STEFFANI (Christian). Voyez STE
PHANNO.
STEFFENS (Frédéric), directeur de
l'école de musique de l'hospice des orphelins
de militaires, à Potsdam, est né dans cette
ville, le 28 juillet 1797. A l'âge de dix ans, il
reçut les premières leçons de clarinette et de
violon chez son oncle, David Bensch, première
clarinette du corps de musique d'un régiment
de la garde ; puis il eut pour maître de violon
L. Maurer.En 1813, il entra comme trompette
dans un régiment de hussards : un an après,
il fut placé dans le premier régiment d'infan-
terie de la garde royale, pour y jouer de la
clarinette et du cor de bassette. En 1822, il
passa de ceiie position dans celle de hautboïste
du 21 e régiment en garnison àSlargard. De-
venu professeur de musique de la maison des
orphelins militaires de Potsdam, en 1841, il
en fut nommé directeur en 1848. En 1857, il
a été mis à la retraite avec une pension en
conservant son litre, et le roi de Prusse lui ac-
corda la décoration de l'ordre de l'Aigle rouge
de quatrième classe. Cet artiste laborieux a
composé une grande quantité de musique poul-
ies corps de musique militaire, pour les instru-
ments à vent et pour l'instruction des élèves
d'écoles de régiments : il ne parait pas qu'il
en ait été rien publié.
STEGEWY(A.C.),organisleet violoniste
àZwoll,dans l'Overyssel, vers le milieu du dix-
huitième siècle, a publié à Amsterdam, en
1760 : 1° Six sonates pour le violon. 2° Trois
sonates pour deux flûtes et basse. 5° Trois
idem pour flûte, violon et basse.
STEGMANN (Ch akles -David), né à
Dresde, en 1751, était fils d'une pauvre fa-
mille qui, à l'époque du siège de cette ville, se
réfugia dans le village de Staucha, près de
Meissen. Stegmann y commença l'élude de la
musique à l'âge de huit ans. De retour à
Dresde, en 1760, il devint élève de l'organiste
Zillich ; puis il entra à l'école de la Croix, lors-
qu'il eut atteint sa quinzième année, et y reçut
des leçons de composition d'IIomilius (voyez ce
nom). L'étude du violon, sous la direction de
Weisse, acheva son éducation musicale. Quel-
ques œuvres de musique vocale et instrumen-
tale le firent connaître avantageusement. Un
penchant irrésistible le fit débuter, en 1772,
au théâtre de Breslan, dans les rôles de ténor,
où il réussit plus par l'expression de son chant
que par la beauté de sa voix. L'année suivante
il fut engagé dans la troupe d'opéra deKœnigs-
berg, et obtint le titre de maître de concert du
prince-archevêque d'Ermeland. En 1774, il se
rendit à Dantzick, puis retourua à Rœnigs-
berg, et arriva à Gotha, vers la fin de l'année
1776. Deux ans après, il accepta un engage-
ment à Hambourg, s'y fixa avec sa famille, et
y dirigea l'orchestre du théâtre pendant vingt
ans. En 1798, il prit un intérêt dans la direc-
tion de ce théâtre et conserva la position de
co-directeur jusqu'en 1811. A cette époque, il
se retira à Bonn, chez son ami Simrock, où il
mourut au commencement de l'année 1826.
Stegmann a beaucoup écrit pour la scène;
au nombre de ses ouvrages on cite ceux-ci :
1° Der Kaufmann von Smyrna{Le marchand
de Smyrne); à Kcenigsberg, en 1773. 2° Das
redende Gemulde (Le portrait parlant). 3° Die
Recruten au f de m Lande (Les recrues en cam-
pagne), à Mittau, en 1775. 4° Apollon unter
den Birten (Apollon parmi les bergers).
5° Erwin et Elmire. 6° Clarisse. 7° Die her-
schaftliche K'ùche (La cuisine du seigneur).
8° Phi le mon et Baucis. 9° Macbeth. 10° Ou-
verture, chœurs et cntr'acles du Sultan
STEGMANN — STEIBELT
119
TFampum. 10° (bis) Henri le Lion (pour le
'Couronnement de l'empereur, à Francfort, en
1792). 11° Montgolfier (ballet avec chants et
chœurs). 12° Le Triomphe de l'amour.
15° Chants et chœurs pour le prologue
d'inauguration du théâtre de Hambourg .
14" Monologue de la Pucelle d'Orléans, de
Schiller. 15° Die Roseninsel (L'île des roses).
15° (bis) Chœurs, chanls et marches pour la
tragédie Achmet et Zenide. 16° Ldem pour la
mort de Rolla. 16° (bis) Ouverture, chœur et
marches pour Moïse, drame, gravé à Bonn,
chez Simrock. On connaît aussi de Slegmann :
17° Trois ouvertures caractéristiques pour
l'orchestre; Bonn, Simrock. 18° Polonaise et
marche pour le piano à quatre mains; Leip-
sick, llofmeister. 19° Polonaise et valses pour
piano seul ; Erl'urt et Mayence. 20° Chant de
guerre des Allemands, pour ténor, solo et
chœur; Bonn, Simrock. 21° Chansons de
francs-maçons pour plusieurs voix d'hommes,
avec accompagnement de piano; ibid. 22'' Des
deulsclten l'alerland, chant populaire pour
voix solo et chœur, avec piano; ibid. 23° Chants
populaires à plusieurs voix d'hommes pour les
habitants de la campagne; ibid. 24" Vingt-
quatre chants de francs-maçons à plusieurs
voix, deuxième recueil ; ibid. 25° Chansons
allemandes pour voix seule et piano; ibid. Ce
compositeur a laissé en manuscrit : 26° Douze-
symphonies pour l'orchestre. 27° Deux con-
certos pour clavecin. 2S° Un idem pour violon.
29° Un idem pour clarinette. 50° Un idem
pour trompette-. 31 "Six trios pour piano, violon
et basse. 32° Deux symphonies concertantes.
ô3° Un quatuor pour deux violons, alto et
basse. 54° Un trio pour violon, alto et basse.
35° Une symphonie concertante pour deux
pianos, violon et orchestre. 56° Six sonates
pour piano. 57° Six canons pour deux violons.
38° Deux rondos pour piano. 39° Un Te Deum
avec orchestre. 40" Plusieurs morceaux de
chant détachés. Slegmann a arrangé beaucoup
de morceaux de Haydn, Mozart et Beelhoven,
pour divers instruments.
STEGMAYER (Ferdinand), né à Vienne,
en 1804, y apprit la musique dès son en-
fance. Devenu bon violoniste et pianiste habile,
il eut pour maître de composition d'abord Al-
brechlsbergcr, puis le chevalier de Seyfried. Il
occupa primitivement la place de second chef
des chœurs au Théâtre-Impérial de Vienne.
En 1825, il se rendit à Berlin et y obtint la
position de directeur de musique du théâtre
Kœnîgslœdl. Lorsque Rœckel forma la troupe
■d'Opéra allemand qui obtint de grands succès
à Paris, en 1829 cl 1830, ce fut Slegmayer qu'il
choisit comme chef d'orchestre; celui-ci fit
preuve de beaucoup d'intelligence et d'aplomb
dans celte position. Lorsque Henri Dorn eut
quitté Leipsick, Slegmayer fut appelé dans
cette ville pour le remplacer en qualité de di-
recteur de musique du théâtre. En 1838, il
dirigeait l'orchestre de celui de Brème. Dans
l'année suivante, il était à Prague; puis il re-
tourna à Leipsick. On le retrouve, en 1847,
dans la position de professeur de chant à
Berlin. Il obtint sa nomination de professeur
au Conservatoire de Vienne, en 1852; enfin,
il était chef d'orchestre de Caris -Theater, en
1800. Comme compositeur, Slegmann s'est l'ait
connaître par deux graduels pour des voix
d'homme; Vienne, Gloggl ; un offertoire idem,
ibid., 1853; un grand nombre de Lieder pu-
bliés à Berlin et à Leipsick; une ouverture de
fête, exécutée au théâtre Kœnigsteedl, à Ber-
lin, en 1825, pour l'anniversaire de la nais-
sance du roi Frédéric-Guillaume III. Il a
publié des thèmes variés pour le piano, op. 1
et 2; Vienne, Haslinger; quelques cahiers de
menuets, polonaises et valses pour le même
instrument, ibid.; caprice et rondeau, idem,
op. 7; Vienne, Leidesdorf; des marches à
quatre mains; Berlin, Trautwein. Slegmayer
est mort à Vienne, le G mai 1863.
STEHLIN (Sébastien), né dans la Ligurie,
était, en 1840, chef du chœur dans l'église
ligurienne, à Vienne. On remarque une in-
slruclion très-solide de tout ce qui concerne la
tonalité dans l'ouvrage qu'il a publié sous ce
titre: Tonarten des Choralgesanges , nach
alten Urkunden, etc. (Les modes du chant
choral, d'après les anciens documents, etc.);
Vienne, Rohrmann, in-fol. de quinze pages,
et quatre- vingt-quatre pages de musique.
STEIBELT (Daniel), fils d'un facteur de
pianos de Berlin, naquit dans cette ville, non
en 1755, comme le disent la plupart des bio-
graphes, car je l'ai connu à Paris, en 1801, à
peine âgé de trente-six ans. Je crois que cet
artiste célèbre n'a pas dû naître avant 1764 ou
1765. Quoi qu'il en soit, dès ses premières
années, il montra tant d'aptitude pour la mu-
sique, que le roi de Prusse Frédéric-Guil-
laume II, alors prince royal, s'intéressa à son
sort, et lui donna Kirnberger pour maître de
clavecin et de composition; mais Steibelt
n'élait pas né pour régler son talent d'après
les conseils d'un maître; il ne fut élève que de
lui-même, comme exécutant et comme com-
positeur. Tous les journaux de musique et les
écrits du temps gardent le silence sur sa jeu-
120
STEIBELT
nesse el sur ses premiers succès : les événe-
ments de sa vie sont même moins connus en
Allemagne qu'en France. L'avertissement d'un
catalogue de l'éditeur Gnetz de Munich (1) m'a
fait découvrir que Steibelt était dans celte
ville, en 1788, et qu'il y publia les quatre pre-
miers œuvres de ses sonates pour piano et vio-
lon. Les numéros de ces œuvres prouvent
qu'il était alors à l'aurore de sa carrière.
Quelque temps après, André d'OfTenbach fit
paraître de nouvelles éditions de quelques-
unes de ces sonates détachées. Dans l'année
suivante, Steibelt donna des concerts dans plu-
sieurs villes de la Saxe et du Hanovre, ainsi
que le prouve une lettre de l'organiste West-
phal, qui est en ma possession; puis il alla à
Manheim, et arriva à Paris au commence-
ment de 1790. Les frères Naderman (voyez
ces noms) ont trouvé la preuve, dans les pa-
piers de Eoyer, leur prédécesseur, que cet édi-
teur avait accueilli le jeune virtuose, l'avait
logé dans sa maison, et lui avait procuré de
puissants protecteurs à la cour. Steibelt recon-
nut assez mal ses services, car il lui vendit
comme des ouvrages nouveaux ses œuvres de
sonates 1 et 2, dont il avait fait des trios, en y
ajoutant une partie de violoncelle non obligée.
La supercherie fut découverte peu de temps
après, et Steibelt ne put assoupir cette mé-
chante affaire qu'en donnant à Boyer ses deux
premiers concertos pour indemnité. Des faits
semblables se sont reproduits plusieurs fois
dans sa carrière.
L'arrivée de Steibelt à Paris fit sensation,
malgré les graves événements qui préoccu-
paient les esprits. A cette époque, Hermann
(voyez ce nom) y était considéré comme le
pianiste le plus habile : une lutte s'établit
entre les deux virtuoses; mais les qualités du
génie, qui brillaient dans la musique de Stei-
belt, lui donnèrent bientôt l'avantage sur son
rival, malgré la protection que la reine accor-
dait à celui-ci, et l'éloignement que ce même
Steibelt inspirait pour sa personne, par son ar-
rogance habituelle et par les vices de son édu-
cation. Sa musique eut beaucoup de vogue,
bien qu'on la trouvât alors difficile: son suc-
cès balança, près des amateurs d'une certaine
force, le succès populaire de la musique de
Pleyel. Au nombre des protecteurs de Steibelt
se trouvait le vicomte de Ségur qui, fort aimé
(I) Calaloyus der musicalisehen Werhe, welche in der
Pfahbairisclien privilegirlen Nolenfabrique und I/and-
lung bei J. M. Gœtz ztt Miinchen, Afannheim und
Dùssehtorf fur beiycsetze Preese n» haben sind. 1788,
in- 12.
des femmes, sut les intéresser aux succès de
son protégé. M. de Ségur avait écrit pour
l'Opéra le livret de Bornéo et Juliette, et lui
avait confié cet ouvrage pour en composer la
musique; mais la partition de Steibelt fut re-
fusée à l'Académie royale de musique, en 1792.
Piqués de ce refus, les auteurs supprimèrent
le récitatif, le remplacèrent par un dialogue
en prose, et firent représenter leur pièce au
théâtre Feydeau, qui jouissait alors de la
vogue. Secondés par le talent admirable de
madame Scio, ils obtinrent par cet opéra de
Roméo et Juliette, en 1793, un des plus beaux
et des plus légitimes succès qu'il y ait eu à la
scène française. Bien que la musique de Stei-
belt fût mal écrite pour les voix, et qu'on y
trouvât des longueurs qui refroidissent l'ac-
tion, l'originalité des formes, le charme de
la mélodie, et même la vigueur du sentiment
dramatique en quelques situations, ont l'ait à
juste titre considérer sa partition comme une
des meilleures productions de son époque, et
ont placé son auteur à un rang élevé parmi les
musiciens. Le succès de cet ouvrage mit Stei-
belt à la mode sous le gouvernement du direc-
toire; etbientôt il compta parmi ses élèves les
femmes les plus distinguées de ce temps, entre
autres mademoiselle de Beauharnais, devenue
plus tard reine de Hollande, Eugénie de Beau-
marchais, madame Zoé de la Rue, madame
Lioltier (plus tard madame Gay), et mademoi-
selle Schérer, fille du ministre de la guerre.
Recherché, malgré ses fantasques boutades et
le peu d'aménité de son caractère, il aurait pu
dès lors prendre une position honorableet tra-
vailler aussi utilement à sa fortune qu'à sa ré-
putation: mais de graves erreurs l'obligèrent
à s'éloigner de Paris, en 1798. Il se rendit
d'abord à Londres par la Hollande, y donna
des concerls, et s'y maria avec une jeune An-
glaise fort jolie ; puis il alla à Hambourg, et
y donna de brillants concerls; enfin, il visita
Dresde, Prague, Berlin, sa ville natale, et
Vienne, où il entra en lutte avec Beethoven.
D'abord, il parut avoir l'avantage dans l'opi-
nion d'un certain monde d'amateurs; mais il
fut vaincu par le génie du grand homme. Par-
tout les opinions se partagèrent sur son ta-
lent : s'il eut d'ardents admirateurs, il eut aussi
beaucoup de détracteurs. Ceux-ci lui repro-
chaient l'usage immodéré qu'il faisait du tré-
molo ; l'inégalité de son jeu, et la faiblesse de
sa main gauche étaient aussi les sujets de
beaucoup de critiques. C'est dans ces voyages
qu'il fil entendre pour la première fois des
fantaisies avec variations, genre de musique
STEIBELT
121
dont il avait inventé la forme, et dont on a
tant abusé depuis lors. Il joua aussi, dans ses
concerts à Prague, à Berlin et à Vienne, des
rondos brillants et des bacchanales, avec ac-
compagnement de tambourin, exécuté par sa
femme, formes musicales imaginées par lui,
et dont la première lui a survécu.
Dans l'automne de l'année 1800, Seibelt re-
tourna à Paris. Il y rapportait de Vienne la
partition de la Création du monde de Haydn,
qui venait de paraître, et dont il avait entendu
de belles exécutions dans la capitale de l'Au-
triche. L'idée d'exploiter cet ouvrage à son
profit le préoccupait: il en fit une traduction
en prose qui fut mise en vers par M. de Ségur,
puis il l'ajusta sur la partition de Haydn, et
traita avec l'administration de l'Opéra pour
l'exécution solennelle de l'ouvrage sous sa di-
rection. J'ai sous les yeux l'original des con-
ventions faites à ce sujet : les administrateurs
de l'Opéra s'y engagent à payer à Steibell trois
mille six cents francs pour son travail, et deux
mille quatre cents à M. de Ségur, et leur lais-
sent la propriété de leur partition traduite,
qui fut vendue quatre mille francs à Érard.
L'exécution de l'ouvrage ainsi arrangé eut
lieu à l'Opéra, le 5 nivôse an ix; ce fut en y
allant que Napoléon faillit périr par l'explo-
sion de la machine infernale. La paix
d'Amiens, qui fut signée peu de temps après,
permit à Sleibelt de retourner à Londres avec
sa femme; il saisit avec d'autant plus d'em-
pressement cette occasion de s'éloigner de
Paris, que les motifs qui lui avaient fait
quitter celte ville, en 1798, n'y étaient pas
oubliés, et lui avaient fait fermer toutes les
portes. Peu de temps avant son départ, il avait
écrit la musique du ballet intitulé : le Retour
de Zéphire, qui fut représenté l'Opéra, en
1802.
Arrivé à Londres, Sleibelt y donna deux
concerts brillants; mais son caractère peu
sociable ne plut pas à la haute société anglaise,
qui ne lui prêta pas d'appui; de là vient qu'il
ne put se plaire en Angleterre, ni y faire de
longs séjours. Pendant celui-ci, il composa la
musique des ballets de la Belle Laitière et du
Jugement de Paris, qui furent représentés
avec grand succès au théâtre du roi. Il publia
aussi dans le même temps , à Londres, un très-
grand nombre de bagatelles pour le piano,
que le besoin d'argent l'obligeait d'écrire à la
hâte et qui nuisirent beaucoup à sa réputation.
Au commencement de 1805, Sleibelt revint à
Paris, el y publia plusieurs fantaisies, des ca-
prices, des rondeaux, des éludes, et sa méthode
avec six sonates et de grands exercices : ce
dernier ouvrage, mal rédigé, n'eut pas de
succès. Au commencement de 1806, il donna
à l'Opéra la Fête de Mars, intermède pour le
retour de Napoléon, après la campagne d'Au-
sterlilz. Il se remit aussi à la composition de
la Princesse de Babylone, grand opéra en
trois actes, reçu depuis plusieurs années à
l'Académie royale de musique. Cet ouvrage
allait y être représenté, lorsque Steibelt partit
subitement pour la Russie, au mois d'octobre
1808. Dans sa route, il donna des concerts à
Francfort, à Leipsick, à Breslau et à Varsovie.
Arrivé à Saint-Pétersbourg, il y obtint de
l'empereur la place de directeur de musique de
l'Opéra français, en remplacement de Boieldieu.
C'est pour ce théâtre qu'il écrivit Cendrillon,
opéra en trois actes, Sargines, en trois actes, et
qu'il refit son ancienne partition de Roméo et
Juliette. Il y fit aussi représenter sa Prin-
cesse de Babylone. On n'a gravé de ces ou-
vrages que quelques airs avec piano: les par-
titions paraissent en être perdues. Steibelt
travaillait à son dernier ouvrage (le Jugement
de Midas), lorsqu'il mourut à Pétersbourg, Je
20 septembre 1825, avant d'avoir achevé celte
partition. Sa mort laissait sa famille sans res-
source; mais son protecteur le comte Milaro-
dowilsch la tira de celte fâcheuse position en
donnant à son bénéfice un concert par sous-
cription, qui produisit quarante mille roubles.
A voir le dédain qu'on affecte maintenant
pour la musique de Sleibelt, on ne se douterait
guère du succès prodigieux qu'elle eut pen-
dant vingt ans ; succès mérité par le génie qui
brille à chaque page. A la vérité, de grands
défauts s'y font remarquer. Le style en est
diffus; on y trouve des répétitions continuelles
el fastidieuses; les traits ont en général la
même physionomie, et le doigter en est très-
défectueux; mais la passion, la fantaisie, l'in-
dividualité s'y montrent à chaque instant. Les
débuts de pièces ont tous de la fougue, du
charme ou de la majesté; ses chants ont tou-
jours quelque chose de tendre et d'élégant; si
la liaison manque dans les idées, du moins
celles-ci sont abondantes. Au résumé, la mu-
sique de Sleibelt pèche presque toujours par le
plan et ressemble trop à l'improvisation ; mais
on y sent partout l'homme inspiré. Dans les
éloges que je lui accorde, j'excepte ses der-
niers ouvrages, indignes de sa plume et de sa
réputation. L'état de gêne el de discrédit où
sa mauvaise conduite l'avait fait tomber, ne
lui laissait plus le temps de soigner ce qu'il
écrivait pour les éditeurs de musique : alors il
1-2*
SÏE1BELT
abandonna les genres de la sonale et du con-
certo, qui avaient t'ait sa gloire, pour des ba-
gatelles qui ne lui coûtaient aucun travail, et
qu'il se donnait à peine le temps d'écrire.
A l'égard de sa musique de théâtre, elle n'est
connue (|ue par sa partition t\u Roméo et Ju-
liette ; mais celle-ci suffit pour démontrer que
la nature lui avait donné le génie dramatique
autant que l'originalité «les idées.
Comme exécutant, Steibelt méritait une
part égale de reproches et d'éloges. Dépourvu
«le toute instruction méthodique concernant
le mécanisme du piano, et n'ayant eu d'autre
maitre que lui-même, il s'était l'ait un doigter
fort incorrect. L'art d'attaquer la touche par
divers procédés pour modifier le son lui était
peu connu, parce que les instruments de son
temps, légers et brillants, mais maigres et
secs, se prêtaient peu à ces transformations de
la sonorité; néanmoins, il possédait à un haut
degré l'art d'émouvoir et d'entraîner un audi-
toire. Sa manière ne ressemblait à aucune
autre, parce qu'il ne s'était jamais donné la
peine d'en étudier une. Tout était chez lui
d'instinct, d'inspiration ; aussi n'élait-il pas
supportable lorsqu'il était mal disposé; mais
dès qu'il se sentait en verve, nul n'avait plus
que lui le talent d'intéresser pendant des
heures entières. Au beau temps de sa car-
rière, il passait pour exécuter des difficul-
tés excessives ; aujourd'hui ses tours de
force paraîtraient des enfantillages à nos
virtuoses ; mais tout artiste serait heureux
de posséder les qualités dont la nature l'avait
doué.
La liste exacte des productions de cet homme
bizarre serait fort difficile à faire, parce que
les mêmes œuvres ont été gravés sous des nu-
méros différents en France, en Allemagne, en
Angleterre. Voici ce que j'ai pu recueillir de
plus complet à cet égard. Je cite les éditions
originales : 1° Ouverture en symphonie; Pa-
lis, Naderman. 2° Idem de la Laitière; Pa-
ris, Érard. 5° Valses pour orchestre: Paris,
Schonenberger. 4° Trois quatuors pour deux
violons, alto et basse, op. 17; Paris, Boyer
(Naderman). 5° Trois idem, op. 49; ibid.
6° Concertos pour piano, n° 1 (en ut); ibid. ;
n° 2 (en mi mineur) ; ibid. ; n° 3 (l'Orage, en
mi majeur), op. 35; Leipsick, Breitkopf et
Haertel; n° 4 (en mi bémol); Paris, Érard;
n° 5 (en mi bémol) ; ibid. ; n° 6 (Foyage au
mont Saint-Bernard, ensoZmineur); Leipsick,
Pelers ; n° 7 (grand concerto militaire, avec
deux orchestres, en mi mineur); ibid.;
7° Quintettes pour piano, deux violons, alto et
basse, op. 28; n° 1 (en sol), n n 2 (en ré);
Paris, Imb.uill(Janct).8°Quatuor pour piano,
violon, alto et basse, op. 51 ; Paris, A. Leduc.
9" Trio pour piano, flûte et violoncelle, op. 51;
•Paris, Pleyel. 10° Sonates en trios pour piano,
violon et violoncelle, op. 57; Paris, Momigny;
op. 48; ibid.; op. G5 ; ibid. 11° Sonates pour
piano et violon, op. 1 ; Munich, Gœlz; op. 2,
ibid.; op. 4, Paris, Sieber; op. 11; Paris,
îîoyer ; op. 20, Paris, Imbaull; op. 27, ibid. ;
op. 50, Paris, Leduc; op. 35, Bonn, Simrock;
oïl 57, ibid.; op. 59, Londres, Goulding;
op. 40, Paris, Leduc; op. 41, Londres, Goul-
ding; op. 42 (faciles), Paris, Pleyel; op. 50
(grandes), Leipsick, Breitkopf et Haertel;
op. 68; Paris, madame Duhan (Schonenber-
ger); op. 69, Paris, Frey; op. 70, ibid.;
op. 71, Offenbach, André; op. 75, Paris,
Pleyel; op. 74, Paris, Sieber; op. 79, Paris,
Duhan; op. 80, ibid.; op. 81, Paris, Im-
bault; op. 85, ibid.; op. 84, Paris, Duhan;
ces œuvres forment ensemble soixante -cinq
sonates. 12° Duos pour piano et harpe, n° 1,
Paris, Leduc ; n os 2 et 5, Paris, Érard; 15° So-
nates pour piano seul, op. C, Paris, Nader-
man ; op. 7, ibid.; op. 9, Leipsick, Breitkopf
et Haertel ; op. 15, 10, Paris, Sieber; op. 25,
24, Leipsick, Breitkopf et Haertel ; op. 25
(l'amante disperala), Paris, Imbaull; op. 57,
Offenbach, André: op. 41, Leipsick, Breit-
l.opf et Haertel; op. 49, Paris, Érard; op. 59
(grande), ibid.; op. 61, Paris, Pleyel; op. 62,
Paris, Érard; op. 65, Paris, Imbault; op. 64,
Paris, Érard; op. 66, Paris, Leduc; op. 75,
Paris, Érard; op. 76 (grandes), Paris, Duhan ;
op. 77 (faciles), ibid.; op. 82 (sonate mar-
tiale), Paris, Pleyel; op. 85, ibid.; ces sonates
sont au nombre de quarante-six. 14° Pré-
ludes pour le piano, op. 5, Paris, Leduc; op. 25,
Paris, Imbault. 15° Divertissements, op. 9,
28, 56, Paris, Imbault. 16" Rondeaux, op. 29,
50, 55, 45, 57, 63, 05, Paris, Naderman,
Érard ; Offenbach, André. 17° Études et exer-
cices; liv. I, II, III, IV, V, Paris, Leduc, Du-
han; idem, tirés de la méthode, Paris, Im-
bault. 18° Pots-pourris, n os 1 à 20, chez tous
les éditeurs. 19° Environ quarante fantaisies
sur des thèmes d'opéras et autres, ibid. 20° Un
très-grand nombre d'airs variés, îTn'd. 21 "Cinq
cahiers de valses, ibid. 22° Six cahiers de bac-
chanales avec tambourin, ibid. 25° Plusieurs
cahiers de marches, ibid. 24° Romances d'Es-
telle, avec piano, Paris, Naderman. Dix ou
douze éditions de la plupart de ces ouvrages
ont été publiées en France, en Allemagne et
en Angleterre..
STEIFFENSANT — STEIN
123
STEIFFENSAND (Wilïielm ou Guil-
laume), pianiste et compositeur, né, je crois,
dans la Poméranie, vécut longtemps à Berlin,
où il fut élève de Delin pour l'harmonie et la
composition. En 1846, il a donné des séances
de musique de chambré avec les frères Slœhl-
knecht. En 1856, il s'est éloigné de Berlin,
mais on n'a pas de renseignements sur le lieu
où il a fixé sa résidence. Steiffensand est un
musicien sévère et d'une instruction solide :
ses compositions sonthien écrites et ne man-
quent pas d'originalité. Les ouvrages qu'il a
publiés sont en petit nombre. On y remarque :
1° Sonate pour piano (en ré mineur), op. 2;
Berlin, Slern. 2° Quatre pièces caractéristiques
pour piano; Berlin, Schlesinger. 5° Sonate
pour piano, op. 13; Leipsick, Breitkopf et
Hcerlel. 4" Sonate pour piano et violoncelle,
op. 15; Leipsick, Kislner. 5° Scherzo gracioso
pour piano ; Berlin, Stern. 6° Plusieurs re-
cueils de Lieder; Leipsick, Breitkopf et Haer-
tel; Berlin, Bock; Berlin, Slern, etc.
STEL>f (Jean-André), organiste de l'église
réformée d'Augsbourg et facteur de clavecins
et de pianos, naquit en 1728, à Heidelsheim,
dans le Palatinat. Élève de Silbermann pour
la construction des instruments, il n'était âgé
que de vingt-sept ans lorsqu'il commença, en
1755, le grand orgue des Cordeliers d'Augs-
bourg, ouvrage excellent qui l'ut achevé deux
ans après. Cet instrument est composé de
quarante-trois jeux, deux claviers à la main et
pédale. En 1758, Stein fit un voyage à Paris,
et y perfectionna son habileté dans la con-
struction des clavecins. Ce fut dans cette ville
qu'il conçut et exécuta son premier clavecin
organisé. De retour à Augsbourg, il y con-
struisit l'orgue de la cathédrale. Marchant sur
les traces de son maître pour la fabrication des
pianos, il en fit un grand nombre qui se ré-
pandirent en Allemagne, en France, dans les
Pays-Bas, et qui eurent de la réputation à
cette époque. Mozart les loue sans restriction
dans une lettre à son père, du 17 octobre 1777;
il les considérait comme supérieurs à ceux des
autres facteurs de son temps. Son mécanisme,
à pilote simple et à marteau léger suspendu
par une charnière en peau, fut adopté par les
facteurs anglais de cette époque, et par Érard,
dans ses premiers pianos. En 1770, Stein con-
struisit un instrument d'expression à clavier
auquel il donna le nom de Melodica. On en
donna une description dans la Bibliothèque
des Beaux- arts (Bibliothek der schœnen Wis-
senscliaflen, ann. 1772, tome XIII, pages 106-
116), et Stein fit paraître lui-même une
aulre notice intitulée : Beschrcibung meiner
Melodica (Description de ma Melodica); Augs-
bourg, 1775, in-8" de vingt-deux pages. Sui-
vant Forkel (Jllgem. Litteratur der Musik,
page 263), celle notice est de Jean-Chrétien
Ileckel, diacre à Augsbourg; mais Gerbe r as-
sure qu'elle a été écrite par Stein lui-même.
On cite aussi comme des inventions de ce fac-
teur, un clavicorde d'une espèce particulière
appelée Polgtoni-Clavicordium , dont la
description se trouve dans la feuille d'annonces
d'Augsbourg, du 5 octobre 1769; le grand
piano organisé qu'il construisit [tour le roi de
Suède, et un grand piano double appelé ris-
à-vis, pour le même prince; enfin, VHarmo-
nicon, instrument à clavier qui paraît être la
même chose, et dont un certain professeur
Clirislmann a donné une notice dans le n" 45
de la Gazette musicale de Spire, de 1789. An-
dré Stein mourut à Augsbourg, le 22 février
1792, des suites d'une hydropisie, à l'âge dé
soixante-quatre ans. Dans les dernières années
desa vie, sa fabrique d'instruments fut dirigée
par son fils, André Stein, et par sa fille Nanelle
Siein, connue plus lard sous le nom de ma-
dame Streicher.
STEIN(Nanette).F.STREICUER(M'» c ).
STEIN (Jean-Georges), bon facteur d'or-
gues, né à Berlslaedl, près d'Erfurt, vécut vers
le milieu du dix-huitième siècle. En 175Ô, il
construisit à l'église Sainte-Marié de Uelzen,
un inslrument.de trente-deux jeux, deux cla-
viers et pédale.
STEIN (Frédéric), le plus jeune des en-
fants de Jean-André Stein, habile pianiste et
compositeur, naquit à Augsbourg, en 1784, et
mourut à Vienne, le 5 mai 1809, à l'âge de
vingt-cinq ans. Il fut élève d'Albreclilsberger
pour l'harmonie et le contrepoint. On a im-
primé de sa composition pour le piano :
1° Bagatelles, op. I ; Vienne, Steiner. 2° Ron-
deau facile, op. 2; ibid. 3° Sonate pour piano
seul, op. ô ; Vienne, Mechetti. Il a écrit aussi
pour le théâtre de Léopold, à Vienne : 1° Der
KampfumMitternaclU (Le combat vers mi-
nuit). 2° La Fée Radiante.
Un aulre pianiste nommé Stein (Fr.), posté-
rieur au précédent, et qui paraît être fixé à
Vienne, a publié environ soixante-dix œuvres
de variations pour le piano, particulièrement
sur des thèmes des opéras de Rossini, des
contredanses et des chansons allemandes. Cet
artiste appartient vraisemblablement à la
famille d'André Slein : il n'en est pas parlé
dans le Lexique universel de musique, publié
par le docteur Schilling.
121
STE1N — STEINBART
STEEV (K.), pseudonyme sous lequel s'est
quelquefois caché KEFERSTEIN {voyez ce
nom).
STEIIV (Charles), directeur de musique et
organiste de la Sladlkirche, à Willenberg, est
né le2o octobre 1824, à Niemeck (Prusse). Dès
son enfance il montra d'heureuses dispositions
pour la musique. L'organiste Brandt, de ce
lieu, fut son premier guide dans cet art et lui
enseigna à jouer de l'orgue. Plus tard il entra
au séminaire des instituteurs, à Berlin, où il
devint élève de A.-W. Bach, de Grell et de
Killitschgy, puis il suivit les cours de l'Aca-
démie royale des beaux-arts et eut pour profes-
seur Rungenhagen et M. Marx. Après avoir
vécu quelque temps à Berlin, où il se livrait à
l'enseignement particulier, il ohtinlles places
d'organiste de l'église de la ville et de profes-
seur de musique au gymnase de Willenberg,
en 1850. Au nombre de ses ouvrages, on
compte l'oratorio la Naissance du Christ, le
Psaume 71 qui fut exécuté à la fêle musicale
de Wittenberg, en 1846, la cantate intitulée
Ein Abend in Neapel (Une soirée à Naples),
en 1848, et une symphonie (en mi mineur),
exécutée à Berlin. On a gravé de sa composition
des Lieder , le livre choral de "Willenberg,
Polsdam, Riegel, et quelques petites pièces
pour le piano.
STEIN (Frédéric), professeur de musique
à Crefeld, s'est fait connaître par un petit ou-
vrage intitulé : Der erste Unterricht in dcr
Harmonielehre ( L'Enseignement primaire
dans la science de l'harmonie); Crefeld, 1845,
in-8°.
STEIIV (P.), professeur de musique aux
écoles populaires de Coblence, en 1840, a pu-
blié pour l'usage de ces écoles catholiques :
1° Der Gesangfreund (L'Ami du chant), re-
cueil de chants à deux, trois et quatre voix pour
les écoles populaires, première, deuxième et
troisième suites; Coblence, Blum. 2° Lieder
und Messgesxnge ans dem Gesangbuche fiir
der Diœzese Trier (Cantiques et chants me-
surés du livre choral du diocèse de Trêves,
pour les écoles d'adultes, arrangés à trois
voix); Coblence, Hoelscher. 3" Marienlieder
(Canliques île Marie), à trois voix; ibid.
4° Recueil de canliques à deux et trois voix
pour les classes des écoles populaires catholi-
ques; Coblence, Blum.
STEIIN (Albert-Gérion), curé de l'église
Sainte-Ursule, à Cologne, et professeur de
chant au séminaire clérical de l'archevêché,
né vers 1815, est auteur de divers ouvrages in-
titulés : 1° Kyricde sive Ordinarium fljissx
continens cantum gregorianum ad Kyrie,
Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei pro
diversitate temporis ac festorum per annum
juxla usum Metropolitanx Ecclesix Colo-
niensis , cui accedunt cantiones aliquot
sacrx in Mi$sa post elevationem cantandx
nec non modus respondendi ad versiculos
in Missa et cantandi Jte Missa est, etc.;
Colonix, ap. J.-P. Bachem, 1860, in-8°de
quatre-vingt-huit pages, quatrième édition.
2° Kœlnisches Gesang und Andachtsbuch
(Livre de prières dévotes et de chanls à l'usage
des congrégations catholiques, suivi d'un re-
cueil de canliques avec mélodies); Cologne,
J.-P. Bachem, 1860, huitième édition. Plus de
cent quinze mille exemplairesde ce recueil ont
été vendus jusqu'au moment où cette notice
est écrite. 5° Orgelbegleitung zu den Melo-
dieen des Kœlnischen Gesangbuches (Accom-
pagnement d'orgue pour les mélodies du livre
de chant de Cologne); ibid., petit in-4" de cent
cinquante-six pages. 4° Die Katolische Kir-
chenmusifc nach ihrer Bestimmung und
ihrer dermaligen Beschuffenheit dargestelll
(La musique d'église catholique , exposée
d'après sa nature et sa destination spéciale);
ibid., 1864, petit in-8° de cent vingt-six
pages.
STEINACKER (Charles), pianiste et
compositeur, né en 1789, était fds d'un libraire
deLeipsick. Il était employé dans la librairie
de Gœschen de cette ville, lorsqu'il abandonna
celle position pour aller achever ses études à
Vienne. Ses heureuses facultés musicales se
révélèrent dans quelques petits opéras, entre
autres Hass und Liebe (La haine et l'amour),
La Vedette, elc, ainsi que dans quelques
œuvres pour le piano, où l'on trouve un talent
réel. Malheureusement, la guerre de l'indépen-
dance de l'Allemagne l'obligea de servir
comme soldat. Il prit part aux campagnes de
1815 et 1814; lorsqu'il retourna en Allemagne,
il était atteint de la maladie dont il mourut le
18 janvier 1815. Parmi ses œuvres de piano,
on remarque une grande sonate, op. 10;
Vienne, Diahelli; des fantaisies, dont une sui-
des motifs de Don Juan; une ouverture mili-
taire à quatre mains, et plusieurs suites de
polonaises et de valses. On connaît aussi de
lui des chants pour plusieurs voix d'hommes.
STEIISBART (Gotthilf-Samuel), con-
seiller du consistoire, professeur de philosophie
à Francfort-sur l'Oder et directeur des écoles
publiques à Zullichau, naquit dans cette der-
nière ville, le 24 septembre 1758, et mourut à
Francfort, le 5 février 1809. Au nombre de ses
STE1NBART — STEINER
125
ouvrages, on remarque celui qui a pour titre :
Grundbegriffe zur Philosophie iïber den
Geschmach (Idées pour la philosophie du goût),
première partie; Zullichau, 1785, in-8° de
douze feuilles. Cette première partie, la seule
qui ail paru, renferme la théorie générale des
beaux-arts, et en particulier de la musique,
d'après les principes de Kirnberger.
STEINBEER (Frédéric-Albert), docteur
en médecine et en philosophie, né à Brande-
bourg, sur la Havel, en 1804, a fait ses études
à l'université de Berlin, et y a fait imprimer
une thèse intitulée : De Musices atque Poesos
vi salutari operis prodromus. Dissert,
inauguralis psychologico-medica ; Berolini,
1826, in-8° de quatre-vingt-seize pages.
STEINBERG (Chrétien - Gottlieb ou
Théophile), docteur en philosophie et pré-
dicateur à Breslau, né le 24 février 1758,
est mort dans cette ville, le 23 mai 1781.
Parmi ses nombreux écrits, on en remarque
"n, publié sous le voile de l'anonyme, qui
a pour titre : Ueber die Kirchen-Musik
(Sur la musique d'église); Breslau, 1766,
in-8°.
STEINBRECHER (Jacques), cantor à
Belgrana,.dans la Thuringe, vers la seconde
moitié du seizième siècle, est auteur d'un
traité élémentaire de musique, intitulé : De
arte canendi puerilia quxdam pedestri ora-
tione , tyronibus scholx Belgranx propo-
sita ; Mulhusii Duringorum excudebat Geor-
gius Hantzsch, 1571, petit in-8°de sept feuil-
lets non chiffrés.
STEINDOIIF (Jean-Martin), cantor à
Zwickau, naquit le 18 mars 1665, à Deutleben,
dans le duché de Weimar. Ses heureuses dis-
positions lui firent obtenir, à l'âge de treize
ans, une bourse dans le couvent de Rosleben,
où il acheva ses études préparatoires, en 1684.
Puis il se rendit à l'université de Jéna. En
1687, il obtint une place à Schœnenfels,etdeux
ans après, une autre à Grœtz. En 1691, il fut
appelé à Zwickau en qualité de cantor, y passa
le reste de ses jours, et y mourut en 1759. Il
avait étudié le contrepoint sous la direction de
David Fttnck. Un très-grand nombre de can-
tates pour des fêtes, deyi/aym/îca^detixannées
entières de musique d'église, l'oratorio inti-
tulé : Historia Resurrectionis Christi, qu'il
mit quatre fois en musique, quatre cantates, à
l'occasion du jubilé de 1735, et une musique
pour la'prestation du serment, dans la même
année, sont les principaux ouvrages de sa
composition : tous sont restés en manu-
scrit.
STEINER, ou plutôt STAINER (1)
(Jacques), naquit vers 1620, à Absom, village
du Tyrol, près d'Inspruck (2). Ses parents, qui
le destinaient à l'état ecclésiastique, lui firent
commencer ses études ; mais il y montra peu
d'aptitude, n'ayant de dispositions naturelles
que pour la facture des instruments de mu-
sique. Encore enfant, il fabriquait de gros-
siers violons. Une vocation si évidente décida
les parents de Steiner à envoyer leur fils à
Crémone travailler chez Nicolas Amati. Après
quelques années de travail dans les ateliers de
cet habile facteur d'instruments, il acquit lui-
même une habileté égale à celle de son maître.
Ce fut alors qu'il fabriqua des violons qu'on
dislingue comme ceux de sa première époque,
et qui sont de la plus grande perfection, mais,
malheureusement, de la plus grande rareté.
Les instruments de cette époque sont datés de
Crémone, et ont une étiquette écrite et signée
de la main de Steiner. On les reconnaît aux
signes suivants : les voûtes sont plus élevées
que celles des Amati; les § sont petites et
étroites; les volutes moinsallongées que celles
des violons des Amati, et plus larges dans la
partie antérieure. Le bois est à larges veines,
et le vernis estcelui des Amati. Le plus bel in-
strument connu de cette première époque de
Steiner avait passé de la succession de M. De-
sentelles, ancien intendant des menus-plaisirs
du roi, dans les mains de Gardel, premier
maître de ballets de l'Opéra, et amateur de
violon distingué. Il porte la date de 1644.
Steiner, ayant épousé une fille de son maître
Amati, alla s'établir avec elle à Absom. Il
règne une grande obscurité sur cette seconde
époque des travaux de Steiner ; les événements
sont rapportés de manières si contradictoires,
qu'en l'absence de documents authentiques,
on ne peut que s'abstenir. Suivant une de ces
traditions, forcé de beaucoup travailler pour
nourrir sa famille , il fabriqua des violons,
violes et basses de qualité très-inférieure à ses
premiers instruments. Obligé de colporter lui-
même les produits de sa fabrique, et obtenant
rarement de ses violons plus de six florins, il
devait suppléer par la rapidité de leur con-
(1) Cette orthographe n'est point allemande ; mais c'est
celle que Steiner avait adoptée par ignorance.
(2) Les renseignements que je fournis dans cette no-
tice sur le célèbre luthier Steiner ont été ignorés de
tous les biographes et historiens de la musique; je les
dois en parties aux recherches de Cartier (voyez ce nom)
pour son histoire du violon; aux notes manuscrites de
Boisgelou, et à un mémoire de Woldcmar (voyez ces
noms), ainsi qu'aux informations que j'ai prises près
des luthiers les plus instruits.
126
STEINER
struction au peu d'argent qu'il en tirait. Le
vernis des instruments de cette époque est
îougeàtre et opaque. Steiner demeura, dit-on,
quelque temps dans cette position ; mais dans
la suite, les artistes reconnurent le mérite de
ses instruments, et la réputation de ceux-
ci commença à s'étendre en Allemagne.
Plusieurs princes et seigneurs lui de-
mandèrent des violons, des violes et «les
basses: il les fabriqua avec beaucoup plus de
soin, prit des élèves et monta son atelier. Les
instruments qu'il fabriqua pour quelques-uns
des princes et seigneurs dont il vient d'être
parlé se reconnaissent aux têtes de lions, de
tigres on d'autres animaux dont il ornait les
volutes, et qu'il lirait des blasons de ces per-
sonnages. Dans la confection du grand nombre
d'instruments à archet qui sortirent alors de
ses ateliers, Steiner fut aidé par son frère Marc
Steiner, frère ermite, par les trois frères Klots
(Mathias, Georges et Sébastien), et par Al-
bani, tons ses élèves. Plus tard, on a quelque-
fois confondu les instruments que fabriquèrent
les Klots seuls avec ceux de Steiner de cette
époque; mais le vernis des Klots est d'un fond
noir avec des reflets jaunes, tandis que celui
de Steiner est d'un rouge d'acajou bruni par
le temps. Les instruments de la seconde
Époque de ce facteur sont datés d'Absom, de-
puis 1G50 jusqu'en 16G7. Le sapin des tables
d'harmonie est ordinairement à veines serrées;
le bois du tond, des éclisses et du manche est
à très-petites côtes serrées et unies. Les éti-
quettes de ces instruments sont imprimées. Le
violoniste Ropiquet, de Paris, qui fut un
grand connaisseur en instruments à archet, a
possédé, dit-on, un quintette composé de deux
violons, alto, violoncelle et contrebasse de la
plus grande beauté, avec des têtes de lions,
appartenant à cette époque: par une exception
fort rare, les violons étaient d'un très-grand
patron. A cette époque appartiennent aussi :
1° Un violon qu'a possédé le marquis de la
Rosa, grand d'Espagne, et qu'on a vu à Paris
entre les mains de Lupot (voyez ce nom).
2° Celui du comte de Marp, amateur de violon
à Paris. 3° Celui de Frey, ancien artiste de
l'orchestre de l'Opéra, et éditeur de musique.
4° Enfin, l'alto admirable qui a appartenu à
M. Matrôt de Préville, ancien gouverneur du
port de Lorient. Aujourd'hui, le célèbre vio-
loniste Alard en possède un de la plus grande
beauté. Beaucoup d'instruments attribués à
Steiner n'ont pas été faits dans son atelier.
Suivant la tradition, après la mort de sa
femme, Steiner se relira dans un couvent de
bénédictins, où il passa le reste de ses jours ;
mais, par une pensée digne d'un véritable ar-
tiste, il voulut terminer sa carrière mondaine
par une production qui mît le comble à sa
gloire. Par le crédit du supérieur de son cou-
vent, il parvint à se procurer des bois d'une
rare qualité, à ondes régulières et serrées,
dont il fit seize violons, modèles de toutes les
perfections réunies. Il en envoya un à chacun
des douze électeurs de l'empire, et donna les
quatre autres à l'empereur. Depuis lors, ces
instruments ont été connus sous le nom de
Stefner-électcur. Sons purs, métalliques, aé-
riens, semblables à ceux d'une belle voix de
femme; grâce, élégance dans la forme; fini
précieux dans les détails; vernis diaphane
d'une couleur dorée; telles sont les qualités
qui distinguent ces produits de la troisième et
dernière époque du talent de Steiner. Les éti-
quettes de ces instruments sont écrites et si-
gnées de la main de ce luthier célèbre. Trois
de ces instruments d'élite sont connus aujour-
d'hui ; le sort des autres est ignoré. Le premier
fut donné par l'impératrice Marie-Thérèse à
Kennis, violoniste de Liège (voyez la biogra-
phiede cet artiste). L'antre fut acheté,enl"7l,
pour la sommede troismillecinq cents florins,
en Allemagne, par le duc d'Orléans, aïeul du
roi de France, Louis-Philippe. Plus tard, ce
prince, ayant cessé de jouer du violon, donna
cet instrument à Navoigille jeune, un soir
qu'il avait eu beaucoup de plaisir à l'entendre
accompagner madame de Monlesson avec ce
même violon. Ce précieux instrument a passé
entre les mains de Cartier, en 1817. C'est chez
cet artiste que je l'ai vu et entendu. Le troi-
sième violon-électeur connu était dans le ca-
binet du roi de Prusse. Frédéric-Guillaume II.
La date de la mort de Steiner n'est pas
connue. Les instruments vrais de la première
et de la dernière époque de Steiner étaient
autrefois recherchés et avaient un haut prix;
la mode en est maintenant passée, et leur va-
leur commerciale est beaucoup diminuée. Le
célèbre luthier Yuilliaume en a possédé un de
très-belle qualité dont il avait fixé le prix à
400 Trancs.
STEINER (Jean-Louis), compositeur alle-
mand, vécut à Nuremberg, puis à Zurich, dans
la première moitié du dix-huitième siècle. Les
ouvrages connus de sa composition sont: \°Sei
sonate da caméra de' quali si espone presen-
tamente due a violoncello solo, col basso con-
tinuo; Nuremberg, 1731. 2° Des psaumes à
plusieurs voix avec basse continue ;ibid., 1734.
3° Un recueil de motets à deux voix de dessus
STE1NER — STEINMULLER
\ ç n
avec hasse continue; Zurich, 1759. 4° Kurz-
leicht-und griindlicher Noten- Buchlein,
oder Anleitnng zur edlen Sing- und kling-
hunst; etc. (Petit livre de principes faciles, ou
introduction au noble art du chant, etc.); Zu-
rich, 1728.
STEOER (...), chanoine de la cathédrale
de Breslau, fut grand amateur et connaisseur
en musique. En 1790, il fut nommé régent du
consistoire. Il mourut à Breslau, en 1817. On
a de lui un écrit intitulé : Uebe.r den deutschen
Kirchengesang (Sur le chant d'église alle-
mand), inséré dans la feuille du diocèse de
Breslau, première année, pages 507 et sui-
vantes.
STEÏNFELD (A. -Jacques), organiste à
Bergedorff, près de Hambourg, né en 1757,
est mort à Hambourg, en 1824. Il s'est fait
connaître par divers ouvrages de sa composi-
tion, dontGerber ne cite que ceux-ci : 1° Six
solos pour la flûte, op. 10; Berlin, 1784.
2° Trois sonates pour le clavecin; Lubeck,
1788. 5° Trois sonatines, idem; ibid., 1788.
4° Six rondos faciles pour le piano; Hambourg,
1797. 5° Douze chansons allemandes avec un
andante à quatre mains, varié pour le piano;
ibid., 1797. 6° Six quatuors pour deux clari-
nettes et deux cors, avec timbales ad libitum,
op. 20 ; Offenbach, André, 1802. 7° Odes poul-
ie chant avec piano; Hambourg, 1780. Le fils
de cet artiste (Jacques Steinfeld), né à Berge-
dorff, le 14 janvier 1788, a eu pour maître de
piano et de contrepoint le directeur de musique
Schwencke. Il est professeur de piano et de
chant à Hambourg.
STEINGUDETV (Constantin), frère mi-
neur, maître de chapelle à Constance, vers le
milieu du dix-septième siècle, est cité par
Prinlz, dans son histoire de la musique,
comme un des meilleurs compositeurs de son
temps. Son œuvre quatrième a pour titre :
Flores hyemales a 5, 4 vocibus cum instru-
mentis; Constance, 1666.
STEINRÙIILEU (Emile), pianiste, vio-
loniste et compositeur, né à Dusseldorf, le
1 2 mai 1824, commença, à l'âge de quatre ans,
l'étude de la musique et du piano sous la di-
rection de son père, et prit des leçons de violon
dès sa cinquième année. A dix ans, il donna
son premier concert au théâtre de Dusseldorf
et y exécuta deux morceaux de piano et deux
<le violon. Il fit ensuite avec son père un voyage
dans les provinces rhénanes. L'arrivée de
Mendelssohn à Dusseldorf fut un événement
heureux pour le jeune Steinkiihler, qui le prit
pour modèle dans ses études. A l'âge de seize
ans, il écrivit un premier opéra intitulé Die
Jlpenhutte (La chaumière des Alpes), ainsi
que ses premières compositions pour le piano
et pour l'orchestre. A dix-sept ans, il se rendit
à Francfort et y prit des leçons d'AloysSchmitt
pour perfectionner son talent de pianiste. Son
séjour dans celte ville se prolongea pendant
cinq ans, et dans cet intervalle il écrivit trois
symphonies, dont la première fut exécutée en
1845, des ouvertures, des chants pour quatre
voix d'hommes, et un opéra en trois actes
{Cesario) , qui fut représenté avec peu de
succès à Dusseldorf en 1848. Après avoir visité
Paris, M. Steinkiihler s'est fixé à Lille (Nord),
où il vit en ce moment (1864), en qualité de
professeur de son art et de directeur de musi-
que de la société chorale de Sainte-Cécile.
Parmi les ouvrages qu'il a publiés, on remar-
que un grand trio pour piano, violon et violon-
celle, op. 55; Paris, Richault; des morceaux
pour piano et violoncelle, op. 12et50;Maycnce,
Schott et Paris, Richault; des marches pour
piano, op. 4 et 51 ; Francfort, Hedler, Paris,
Richault; une ouverture de concert (en ré),
arrangée pour piano à quatre mains; ibid.;
des pièces de salon pour piano; ibid.; des
chants pour quatre voix d'hommes, op. 6;
Francfort, Hedler; des Lieder à voix seule
avec piano, et des romances.
STEII\MAJM\ (Christophe), organiste à
Voilsberg, près d'Erfurt, puis à Grossen-Nord-
hausen, village près de Weimar, vécut vers le
milieu du dix-septième siècle. Il a fait imprimer
de sa composition : 1° Motetten fur 8 Stim-
men (Motels à 8 voix); Jéna, 1659. 2° Rosen-
Kranzlein (Petite couronne de roses, collec-
tion de chansons à plusieurs voix); Erfurt,
1660, in -4".
STEIISMULLER. Trois frères de ce nom
(Jean, Joseph et Guillaume), excellents cor-
nistes, furent attachés à la chapelle du prince
Esterhazy, à l'époque où Haydn la dirigeait.
Ils voyagèrent en Allemagne pour y donner
des concerts, et se firent entendre à Hambourg,
en 1784. L'un d'eux vivait encore en 1798, et
fit alors imprimer à Brunswick son œuvre
douzième, consistant en un concerto pour cor
avec orchestre. Le catalogue de Westphal, de
Hambourg, indique, en manuscrit, quinze
solos pour cor, quatorze trios pour trois cors,
douze duos pour deux cors, et plusieurs autres
ouvrages de la composition de ces artistes.
Guillaume Steinmliller est auteur d'un petit
traité de musique intitulé : Der Musikschuler.
Ein handbuch fur Sanger und Instrumen-
lalisten (L'Écolier musicien. Manuel pour les
128
STE1NMULLER — STEPHAN
chanteurs etles instrumentistes); Cumersbacli,
1856, in-8°.
STEINICKE (Albert), cantor et orga-
niste à Slellin (1830-1845), n'est mentionné
par aucun biographe allemand, quoique deux
ouvrages que je connais de lui indiquent un
artiste de talent. Parmi ses compositions, on
remarque : 1° Motet pour quatre voix
d'hommes (TFie lieblich sind deine Woh-
nungen), en partition, op. 25 A; Stetlin,
Friese. 2" Motet à quatre voix (soprano, con-
tralto, ténor et basse), en partition, op. 25 B ;
ibid. 3° Psaume pour la fête du 15 octobre
(Singet frœlich vnserm Gutle), pour quatre
voix d'hommes, en partition, op. 26; ibid.
4° Cinquante préludes courts et faciles de
chorals pour orgue; Berlin, Traulwein.
STELLA (Joseph-Marie), moine de l'élroile
observance à Rome, né à Mirandola, dans le
duché dç Modène, au commencement du dix-
septième siècle, fut lecteur de théologie de son
ordre, prédicateur général et vicaire du chœur
d'Araccli, paroisse de Rome. Il a fait impri-
mer un petit traité du plain- chant intitulé :
Brève islruttione alli giovaniper imparare
cun ogni facilita il canto fermo, divisa in
dueparti ; in Roma, 1665, un volume in-4°
de cent quarante-neuf pages à la première
partie, et de cent onze à la seconde. Cet ou-
vrage est particulièrement relatif au chant
des moines de l'ordre de Saint-François. La
deuxième édition a pour titre : Brève islrut-
tione agli giovani per imparare il canto
fermo ; in Roma, 1675, in-4°.
Un compositeur napolitain, nommé Scipion
Stella, cité par Cerreto (Délia pratlica mu-
sica, lib. 3, p. 156), vivait à Naples, en 1601.
J.-B. Doni dit de ce musicien qu'il fut très-
savant compositeur, et qu'il entra dans l'ordre
des Théalins, où il mourut avant l'année 1635
(voyez Compend. del Trattato de' generi e
de' modi, p. 5).
STENDHAL. T'oyez BEYLE.
STENEKEN (Conrad), littérateur et ama-
teur de musique, né à Brème, dans la première
moitié du dix-septième siècle, a fait imprimer
de sa composition un recueil d'allemandes,
courantes et chansons pour deux violons, viole
et basse continue, sous le litre de Hortxdus
musicus, Brème, 1662.
STENGEL (Chrétien-Louis), né à Nauen,
le 17 août 1765, fut d'abord conseiller référen-
daire dans celte ville, puis obtint, en 1793, les
places de fiscal de la cour de Prusse, et de
commissaire de justice, à Berlin. Amateur de
musique, il s'est fait connaître comme écri-
vain sur cet ail, par une disserlation insérée
dans le Musikalisch Monatschrift de Berlin,
sous ce litre : Gedanken iiber den Vrsprung
und iiber den Gebrauch des Septimen Quart-
Secundenaccords (Idées sur l'origine et
l'usage de l'accord de septième et quarte),
ann. 1792, p. 126-129, et 145-150. On a aussi
de sa composition : 1° Cinq chanis religieux à
cinq voix ; Berlin, 1795. 2° Romance du Doc-
teur et V Apothicaire, variée pour le piano;
Berlin, Rellstab, 1795.
STENGEL (F. DE), bon flûtiste au service
de la cathédrale de Freysing, dans le Pala-
linal, vécut dans la seconde moitié du dix-
huitième siècle. Il a fait imprimer à Manheim,
vers 1780, un concerto de flùle de sa composi-
tion.
STENGEL (G.), bon chanteur allemand,
était attaché à l'Opéra de Vienne en 1800, et
y publia deux recueils d'arietles et de chants à
voix seule, avec accompagnement de piano,
œuvres 5 me et 6 me , chez Weigl. En 1805, il l'ut
engagé au Ihéàlre de Cassel. Il avait fait re-
présenter au théâtre de Hambourg, en 1798,
Amadis des Gaules, opéra de sa composi-
tion.
STENGER (Nicolas), docteur en philo-
sophie, professeur de théologie et de langues
orientales, et inspecteur du gymnase réformé,
à Erfui t, naquit dans celle ville, le 31 août
1609. Après avoir été organiste de l'église
Saint-Thomas, il fut deux fois recleur de l'uni-
versité, et mourut le 5 avril 1680. On a de lui
un traité de musique à l'usage des écoles, in-
titulé : Manuductio ad musicam theoreti-
cum, dast ist : Kurze Anleilung zur Singe-
Ininst, etc.; Erfurl, 1635, in-8° de six feuilles.
D'autres éditions de cet ouvrage ont été pu-
bliées dans la même ville, en 1653, 1660 et
1666. Il y en a aussi une imprimée à Hildes-
heim, en 1695, in-8°.
STENZEL (Georges-Frédéric), facteur
d'orgues à Giersdorf, en Silésie, vers le milieu
du dix-huitième siècle, a construit, en 1750,
à Wuslgiersdorf un orgue de vingt et un jeux.
STEPHAN, ou plutôt STEFFEN, père
et fils (Gaspard-Melchior, et Michel), bons
facteurs d'orgues à Breslau, dans la seconde
partie du quinzième siècle, ont construit, en
1483, le grand orgue de la cathédrale d'Er-
furt.
STEPHAN (Clément), né à Bucbau, dans
le Wurtemberg, vers 1520, fut cantor à Nu-
remberg; puis il se démit de ses fonctions, et
vécut sans emploi dans la même ville. Il a fait
imprimer de sa composition :1° Passio secun-
STEPHAN — STEPHENS
lï>9
dum Mallhxum , das ist das Lieden und
Sterben Jesu C'hrisli, etc. (La Passion de
Jésus-Christ, d'après saint Mathieu, à quatre
et cinq voix); Nuremberg, 1550, in-Tol.
2° Canliones sacrx A, 5 et 6 vocum, ibid.,
1560, in-4°. 3° XXXV cantiones 6, 7-12 et
plurimum vocum ; ibid., 1568. 4° Cantiones
quinque vocum; ibid., 1568. 5° Psalmus 128,
6, 5 et 4 vocum; ibid., 1569, in-4". Slephan a
été l'éditeur d'une collection intéressante de
morceaux d'anciens compositeurs, intitulée :
Harmonise suavissimœ 8, 5 et 4 vocum, a
prsslantissimis hujus artificibus compo-
site, etc., première partie, Nuremberg, 1567,
in-4°; deuxième partie, ibid., 1568,in-4°. La
première partie contient des ouvrages de
Senfel, Jean Heugel, Martin Agricola, Pierre
de Larue, Henri Fink, Hulderic Braetel, Chris-
tophe Cervius, Rogier, Benoît Ducis et Adrien
Willaert. Dans la deuxième partie, on trouve
des morceaux de Jean Walther, de Pierre
Massaini, d'André Schwarz, de Thomas Cré-
quillon et de Jacques de Wert.
STEPHAIVUS (Jean), savant danois, na-
quit vers 1550, dans l'île de Laaland,en Dane-
mark. En 1588, il fut nommé recteur de l'école
de Sorau ; neuf ans après, on lui confia la
chaire de logique à l'université de Copen-
hague, et dans l'année 1608, il obtint la pré-
sidence de l'école de Sorau, avec le litre d'his-
toriographe du roi de Danemark. Amateur de
musique distingué, il a laissé en manuscrit un
livre qui avait pour titre : Opéra plurima
anecdota de Arte musica. Cet ouvrage parait
être perdu. Gerber attribue à ce savant des
chants et des madrigaux allemands à quatre,
cinq, six et huit voix, publiés à Nuremberg,
en 1599, et réimprimés à Hambourg, en
1618; mais je crois que ce biographe a con-
fondu le savant danois avec Jean Stephan
(voyez ce nom), organiste de Lunebourg, son
contemporain.
STEPHANUS ou STEPHAN (Jean),
organiste à Lunebourg, dans les dernières
annéesdu seizièmesiècle, fut considéré comme
un des hommes les plus distingués de son
temps dans l'art de jouer de l'orgue, car il fut
un des organistes appelés à Groningue, en
1596, pour la réception du grand orgue de
cette ville, suivant le témoignage de Werk-
meister (Organ. Grunin. rediv., % II). Il
mourut peu de temps après la publication de
son dernier ouvrage, qui parut à Hambourg,
en 1619. On connaît sous son nom : 1° Newe
teusche Gesang nach Art der Madrigalicn,
mit 4 Stimmen componirt, pars I (Nouveaux
BIOGU. UNIV. DES MUSICIENS. T. Mil.
chants allemands, dans le style des madri-
gaux, à quatre voix) : Nuremberg, 1599, in-4».
2° Idem, pars II, 5, 6 und 8 Stimmen
(Deuxième partie du même ouvrage, à cinq,
six et huit voix); ibid., 1599, in-4°. Les deux
parties de cet ouvrage ont été réimprimées à
Hambourg, en 1618, in-4". ô° Neue teusche
weltliche Madrigalien und Ballelen soivokl
mit lebendigten Stimmen als auf allerhand
musikalischen Instrumenten zu gebrauchen,
mit 5 Stimmen componirt (Nouveaux madri-
gaux mondains allemands et ballets, propres
à être chantés ou joués avec les instruments,
à cinq voix); Hambourg, 1619, in-4°.
STÉPHEN DE LA MADELAINE, ou
plutôt LA MADELAINE (Stéphen), né
dans les premières années du dix-neuvième
siècle, professeur de chant et littérateur, à
Paris, ancien chanteur récitant delà cha-
pelle et de la musique particulière du roi de
France, Charles X, est devenu par la suite
chef de bureau dans la direction des beaux-
arts du ministère de l'intérieur. Il est auteur
des ouvrages dont voici les titres : 1° Physio-
logie du chant ; Paris, Desloges, 1840, un vo-
lume in-I2 de deux cent soixante-neuf pages.
2° Théories complètes du chant; Paris,
Amyot (sans date), un volume in-8° de quatre
cent douze pages. M. Stéphen de la Madelaine
a coopéré à la rédaction de plusieursjournaux
de musique, particulièrement à la Revue mu-
sicale, à la France musicale?- et a été chargé
pendant quelque temps du feuilleton musical
du Courrier français. Comme littérateur, il
a publié beaucoup de romans et de Nouvelles,
dont on trouve la liste dans la Littérature
française contemporaine , de MM. Félix
Bourquelotet Alfred Maury(t. IV, p. 462).
STEPHENS (Edouard), compositeur,
pianiste et organiste de l'église paroissiale de
Hampslead, est né à Londres, le 18 mars
1821. Il est neveu de la célèbre cantatrice
Miss Stephens, devenue comtesse douairière
d'Essex. Doué d'heureuses dispositions pour
la musique, il commença fort jeune l'étude de
cet art. Cypriani Potier fut son maître de
piano, Blagrove lui enseigna le violon, et il
étudia la composition sous la direction de Ha-
milton. On connaît de cet artiste trois ouver-
tures de concert, intitulées : 1° The Dreamof
happiness (Rêve de bonheur); 2° Vila d'in-
quietudine; 5° Recollection of the past
(Souvenir du passé). Sa symphonie en sol mi-
neur a été exécutée avec succès, sous la direc-
tion de Benedict, à Exeler-Hall, le 14 février
1854, dans un concert de la société connue
9
■130
STEPHENS — STERKEL
sous le litre : The Harmonie Union. M. Ste-
phens a écrit aussi des quatuors pour deux
violons, alto et basse, deux services complets
pour le culte protestant, beaucoup de musique
vocale de toute espèce, de la musique de piano
el des pièces pour l'orgue.
STERKEL (l'abbé Jeak-Fiunçois-Xa-
vier), compositeur agréable, naquit à Wttrz-
bourg, en Bavière, le 3 décembre 1750. Les
organistes Kelte et Weismantel, de celle ville,
commencèrent son éducation musicale. Ses
progrès furent rapides, quoique ses études lit-
téraires et scientifiques le détournassent de
son penchant pour la musique. Sorti du col-
lège, il se voua à l'état ecclésiastique et ob-
tint une place de vicaire à la paroisse de Neu-
mtlnsler, à laquelle on réunit, en sa faveur,
celle d'organiste. Dès son enfanoe, il s'était
essayé dans la composition : il cultiva plus tard
son talent naturel pour cet art, et commença
à écrire des symphonies d'un style facile el
agréable, qui a de l'analogie avec celui de
Pleyel (voyez ce nom). Il les faisait exécuter
à son égliseeldans des concerts, où elles obte-
naient de brillants succès. Son double talent
de pianiste et de compositeur le fit appeler, en
1778, à la cour du prince électoral, a Aschaf-
fenbourg, pour y remplir les fonctions de pro-
fesseur de piano et de chapelain. Dans l'année
suivante, le prince l'envoya en Italie, pour y
perfectionner son goût et son talent. Il visita
Plorence, Rome, Naples, Venise et plusieurs
autres grandes villes; partout il se fit entendre
avec succès sur le piano. A Naples, la reine
l'engagea à écrire un opéra, et il composa le
Fa m ace y que les Napolitains accueillirent
avec faveur en 1780. Rappelé à Mayence, en
1781, parle prince électoral, il y obtint un ca-
nonical; mais quels que fussent les avantages
qu'il trouvait dans sa carrière ecclésiastique,
ils ne le détournaient pas de son penchant pour
la musique. Ce fut alors qu'il commença à
écrire des chansons allemandes qui obtinrent
un succès d'enthousiasme. Ses œuvres instru-
mentales, particulièrement ses sonates de
piano, se multipliaient avec une prodigieuse
activité. Sa position de chanoine de la cathé-
drale ne l'empêchait pas de se livrer à l'ensei-
gnement du piano et du chant. Il forma plu-
sieurs élèves distingués, parmi lesquels on
remarque les compositeurs Hofmann et Zu-
lchner, et les ténors Grunbaum et Ktrsch-
baum.
En 1793, l'électeur de Mayence nomma
l'abbé Slerkel son maître de chapelle, après le
■départ deRighini pour Berlin. Dès ce moment,
il se livra exclusivement à la composition et
écrivit des messes et d'autres grands ouvrages
pour l'église. Ses travaux ne furent interrom-
pus que par les événements de la guerre qui
obligea l'électeur à s'éloigner de Mayence.
Slerkel se relira à Wllrzbourg, avec son titre
de maître de chapelle, mais sans conserver
d'activité dans ses fonctions. Toutefois, il y
composa quatre messes solennelles. C'est à
cette époque qu'il publia un très-grand
nombre de petits morceaux de piano pour les
amateurs, qui eurent un succès populaire et
dont on fit plusieurs éditions. En 1803, la
place de maître de chapelle du prince polonais
Choloniewski lui fut offerte, mais il la refusa,
el préféra la position de maître de chapelle du
prince primat, à Ratisbonne, dont il alla
prendre possession en 1805. Là, son activité
se réveilla. Voulant avoir de bons chanteurs
pour l'exécution de sa musique, il établit une
école chorale, et composa pour les élèves qu'i!
y avait rassemblés des chants à plusieurs voix,
dont quelques-uns ont été considérés comme
des modèles de grâce et de bonne harmonie.
Les événements de 1813 vinrent troubler la
fin de la carrière de cet artiste estimable.
Obligé de s'éloigner alors de Ratisbonne, il re-
vint pour la dernière fois dans sa ville natale,
y languit quelque temps, et y mourut le 21 oc-
tobre 1817, à l'âge de soixante-sept ans.
Slerkel ne peut être considéré comme un de
ces hommes de génie dont les productions
marquent une époque de l'histoire de l'art ;
mais sa musique abonde en mélodies agréa-
bles, accompagnées d'une harmonie pure et
correcte; enfin, le plan de ses ouvrages est
toujours sage et convenablement développé.
Sa fécondité fut singulière, car indépendam-
ment de beaucoup de grandes productions
pour l'église qui sont restées en manuscrit,
plus de cent œuvres de sa composition ont été
mis au jour. Parmi ses ouvrages, on remarque :
I. Musique instrumentale : 1° Quatre sym-
phonies pour l'orchestre, œuvre 7; Paris, Sie-
ber. 2° Quatre idem, op. 11 ; ibid. 3° Deux
idem, op. 35; Paris, Imbault. 4° Ouverture
idem (en fa)- Leipsick, Breitkopf et Haertel.
5° Idem, n° 2 (en sol) ; ibid. 6° Quintette pour
deux violons, deux altos et violoncelle ; Vienne,
1794. 7° Six trios pour deux violons et violon-
celle, op. 6; Paris, Sieber. 8° Six duos pour
violon et alto, op. 8; ibid. 9° Concertos pour
le piano, n° 1 (en ut)-, n° 2 (en ré); n° 3 (en
fa); n° 4 (en ut), Paris, Naderman; n°5 (en
si bémol), Vienne, Arlaria; n° 6 (en «0 ;
op. 40, Offenbach, André. 10° Sonates pour
STERKEL — STERN
131
piano, violon et basse, op. 17, Mayence,
Scholt; op. 34, OfTenhach, André; op. 45,
Mayence, Scholt; op. 47, Leipsick, Breilkopf
et Haertel; op. 48, Berlin, Schlesinger; œuvres
posthumes n os 1 et 2; Bonn, Simrock. 11° So-
nates pour piano et violon, op. 15, 16, 18, 19,
25; Mayence, Scholt; op. 27, 33, 41 , OfTen-
hach, André ; op. 44, Mayence, Scholt. 12° So-
nates pour piano à quatre mains; op. 14 et
15, Paris, Naderman ; op. 21, Berlin, Concha;
op. 23, Mayence, Scholt; op. 28, OfTenhach,
André. 13» Sonates pour piano seul, op. 5,
36,30, Mayence, Scholt; OfTenhach, André.
14° Beaucoup de petites pièces, divertisse-
ments, rondos et fantaisies. 15° Quelques
œuvres de variations. II. Musique vocale:
16° Dix recueils de chansons allemandes avec
accompagnement de piano, publiées à Vienne
cl à Mayence. 17°Trois recueils de canzonetles
italiennes; ibid. 18° Deux recueils de duos
italiens pour deux voix de soprano ; ibid.
19° Quelques scènes et airs détachés; ibid.
STER]\ (GeORGES-FrÉDÉRIC-ThÉOPHILE) ,
organiste et compositeur, né à Strasbourg, le
24 juillet 1803, est fils d'un habile ébéniste,
fort estimé dans cette ville. A l'âge de trois
ans, il perdit son père : sa mère, restée veuve
avec quatre enfants, fonda un pensionnat qui
prospéra pendant trente ans, et dans lequel
elle trouva des ressources pour élever sa fa-
mille. Elle fit faire à son fils de solides études.
Lorsqu'il eut atteint l'âge de onze ans,
M. Cramer, directeur de la Société des frères
moraves, lui donna des leçons de piano pen-
dant une année ; puis M. Stern devint élève de
Schmutz, ancien professeur de musique et au-
teur de quelques compositions pour le piano,
qui lui donna aussi les premières leçons d'har-
monie. Lorsqu'il eut atteint sa seizième année,
M. Stern fut nomméorganisle de l'église Saint-
Pierre le vieux, et commença à se livrer à
l'enseignement du piano. Pendant quelque
temps, il exerça aussi la profession d'accor-
deur : mais son penchant invincible pour la
culture de l'art lui fit abandonner cet état, au
bout de quelques années. Ce fut alors qu'il re-
çut des leçons de piano deConrad Berg, et qu'il
fit une étude sérieuse de l'harmonie et du con-
trepoint parla lecture des meilleurs ouvrages
de Ihéorie français et allemands. Une dame de
distinction, de Carlsruhe, qui se trouvait à
Strasbourg, ayant entendu M. Stern dans un
des concerls périodiques des élèves de Berg,
l'engagea à s'établir dans la capitale du duché
de Bade, pour y donner des leçons. Il suivit
son conseil. Son séjour dans celle ville lui fut
utile, parce qu'il lui procura de fréquentes oc-
casions d'entendre de bonne musique bien exé-
cutée. Après un certain temps passé dans cette
situation, il retourna à Strasbourg, en 1830.
Il y reprit possession de la place d'organiste
de l'église Saint-Nicolas, qu'il avait occupée
plusieurs années auparavant. C'est alors que
le talent d'organiste de M. Stern commença à
se modifier d'après l'expérience qu'il avait ac-
quise en Allemagne et la connaissance qu'il y
avait faile du véritable style de l'orgue. Il
abandonna dès ce moment les traditions de
lieux communs dans l'improvisation ; tradi-
tions répandues dans toute la France à cette
époque. Rink, Fischer et les autres organistes
allemands devinrent ses modèles pour tout ce
qu'il écrivit. Son influence se fit bientôt sentir
dans toute l'Alsace, tant par les élèves qu'il
formait que par sa musique. Lui-même s'éleva
progressivement par l'étude des œuvres de
Bach. Nommé, en 1841, organiste du Temple
Neuf de Strasbourg (culte protestant), il fit
paraître bientôt après un premier recueil de
pièces d'orgue de divers auteurs et de lui-
même : ces pièces sont faciles et le clavier de
pédales n'y esl pasemployé; carl'artdejouerde
la pédale, sans lequel il n'y a pas d'organiste
véritable, était alors complètement inconnu
en Alsace, comme chez tous les organistes
français. Le bon accueil fait à ce premier re-
cueil détermina son auteur à en publier un
second, en 1848, sous ce litre : Compositions
pour l'orgue à l'usage des deux cultes
(Strasbourg, Schmidt etGrticker); puis il en
parut un troisième recueil en 1853, et un qua-
trième en 1861. Un des premiers recueils de
ces pièces d'orgue a été l'objet d'un bel éloge
fait par M. Seifferl, organiste à Naumbourg,
dans le journal des organistes intitulé Urania
(Erfurt, Kœrner). Le dernier recueil publié
par M. Stern a pour titre : Trente morceaux
d'orgue pour le service divin, composés et
arrangés dans tous les tons les plus usités;
Strasbourg, Levrault et fils. La mission que cet
artiste s'est donnée, dans le milieu où il vit,
consiste à opposer au mauvais goût qui régnait
autour de lui dans la musique d'orgue, des
pièces d'un caractère grave, religieux, mélo-
dique, et d'une harmonie pure, bien écrite,
régulière et convenable pour l'objet auquel
elle est destinée. M. Stern a composé plusieurs
morceaux de piano, qu'il exécutait lui-même
dans les concerts; mais cette musique est
restée en manuscrit. Il a écrit aussi des Lieder
et une série décantâtes spirituelles pour des
voix récitantes et des chœurs avec accompa-
0.
132
STERN - STÉSICHORE
qnement d'orgue. Pour l'exécution de ces
morceaux il a formé une société de chant qui
s'est constituée régulièrement et qui, dans
plusieurs circonstances, a fait entendre les
grandes œuvres de Mozart, Spolir, Mendels-
sohn, N'enkomm et autres maîtres modernes.
STERN (Sigismond), professeur de musique
à Pétersbourg, né dans cette ville, en 1815, de
parents allemands, est auteur d'un livre qui a
pour titre : Manuel général de musique à
l'usage de renseignement élémentaire du
chant, des instruments et de la composition;
Paris, Brandus, 1850, un volume in-4°, avec
vingt et une planches lithographiées représen-
tant les portraits d'autantd'élèves lauréalsdes
concours du conservatoire de Paris, en 1849,
et de cinquante et une planches de musique
gravée. L'Académie des beaux-arts de l'Institut
de France, nui a approuvé cet ouvrage, sur le
rapport d'IIalévy, et le comité des études du
Conservatoire de Paris, qui l'a adopté pour
l'enseignement dans les classes de cette insli -
tution, ont montré plus que de l'indulgence,
car la valeur de ce livre est fort médiocre, pour
ne rien dire de plus.
STERN (Jules), violoniste, fondateur et
directeur d'une école de musique à Berlin, à
laquelle il a donné le nom de conservatoire,
est né à Breslau, le 8 aoiU 1820. Dès ses pre-
mières années on le mil à l'étude du violon, et
à l'âge de neuf ans il put se faireentendre dans
un concert. A douze ans, il accompagna son
père à Berlin, où il reçut des leçons de violon
de E. Maurer, de L. Ganz et de Léon de Saint-
Luhin. Admis, en 1834, dans l'Académie
royale de chant comme contralto du chœur, il
entra, vers le même temps, comme élève à
l'école de l'Académie royale des beaux-arts et
y fit des études de théorie de la musique sons
la direction de Bungenhagen. En 184ô, le roi
de Prusse lui accorda une pension pour
voyager dans le but de perfectionner ses con-
naissances musicales. Arrivé à Dresde, il y
étudia l'art du chant sous la direction du pro-
fesseur Miksch, puis il se rendit à Paris, où il
eut la direction du chœur allemand qui fit en-
tendre, au théâtre de l'Odéon, la musique que
Mendelssohn a composée pour VJntigone de
Sophocle. De retour à Berlin, en 1846, M. Stern
organisa, dans l'année suivante, une société
de chant qui, dix ans plus tard, était composée
de trois cent cinquante membres chantants.
En 1S50, il s'associa avec Th. Kullack pour
fonder une institution musicale qui eut d'abord
le simple titre de Berliner Musikschule
(École de musique de Berlin), et qui prit en-
suite celui de Conservatoire. Plusieurs artistes
de mérite y ont été attachés comme profes-
seurs. En 1855, M. Stern a organisé un or-
chestre destiné à donner des concerta pour y
faire entendre les œuvres de Wagner, Liszt,
Schiimann et Berlioz : cette entreprise n'a pas
réussi. Comme compositeur, M. Stern a publié
un grand nombre de Lieder à voix seule avec
accompagnement de piano et de chants à
quatre voix. On connaît aussi de lui : Caprice-
étude pour violon avec piano; Vienne, Has-
linger, et Ouverture spirituelle, pour or-
chestre, op. 9; Berlin, Schlesinger.
STERNBERG (Guillaume), amateur de
musique et littérateur à Schnepfenlhal, dans
le duché de Saxe-Gotha, y vivait encore en
1822. Au nombre de ses écrits, on remarque un
recueil d'anecdotes concernant beaucoup de
musiciensdislingués; cet ouvrage a pour litre :
Sammlung interessanter Anecdoten und
Erzxhlungen grœsstentheils aus dem Leben
beriihmter Tonkiinstler und ihrer Kunstver-
veand, etc.; Schnepfenlhal, 1810, in-8° de
deux cent vingt-six pages. Le même ouvrage a
été reproduit deux ans après comme une
deuxième édition, avec un nouveau fronti-
spice.
STERZING. Deux facteurs d'orgues de ce
nom ont vécu en Allemagne, au commence-
ment du dix-huilième siècle. Le premier est
connu par l'orgue de Saint-Pierre, à Erfurl,
composé de vingt-sept jeux, qui fut achevé en
1702, et surtout par le bel orgue de Saint-
Georges, àEisenach, achevé en 1707, et com-
posé de cinquante-huit jeux, quatre claviers et
pédale. Le second, qui paraît avoir vécu à
Cassel, a construit dans cette ville l'orgue de
l'église des Augustins, composé de trenle-neuf
jeux. Il a fait aussi, en 1706, sous la direction
de Jean-Nicolas Bach, l'orgue de l'église de la
ville, à Jéna, composé de quarante-quatre
jeux, trois claviers et pédale.
STÉSICHORE, poète et musicien célèbre
de l'antiquité, naquit à Himère, ville de Sicile,
dans la 37 me olympiade. Selon le calcul de
Dodwell {De xtat. Phalarid., page 59), il
pouvait avoir douze ans lorsque ïlomère mou-
rut. Son véritable nom était Tiscas; mais le
changement qu'il introduisit dans les chœurs
de musique et de danse pour les sacrifices lui
valut celui de Stésichore. Avant lui, ces
chœurs chantaient et dansaient autour de
l'autel, prenant leur marche par la droite (ce
qui s'appelait strophe), et, revenant ensuite
par la gauche à l'endroit d'où ils étaient partis
(ce qu'on nommait antistrophe), recommen-
STËSICI-IORE — STEUP
133
raient sur-le-champ un nouveau tour sans
s'arrêter. Slésichore termina chacune de ces
évolutions par une pause assez longue, pendant
laquelle le chœur, tourné vers la statue du
dieu, chantait un troisième couplet du canti-
que ou de l'ode, appelé Epode; et c'est préci-
sément cette pause, ou station du chœur, que
désigne le mot de Slésichore. Ce poète-musi-
cien mourut à Calane, dans la 56 me olympiade,
selon Suidas, et même plus tard, s'il est vrai,
comme l'assure Lucien, qu'il ait atteint l'âge
de quatre-vingt-cinq ans.
STETTEN (Paul DE), né à Augsbourg,
le 24 août 1751, étudia dans cette ville les
lettres, les arts et particulièrement la mu-
sique 5 puis il suivit des cours scientifiques à
Genève et à Altdorf, et voyagea dans les villes
principales de l'Allemagne. De retour à Augs-
bourg, il fut chargé de la conservation des
archives évangéliques, et après avoir rempli
divers emplois, il obtint le titre de conseiller
du roi de Bavière. Il mourut à Augsbourg, le
12 février 1808. On a de lui un livre intitulé :
Kunst-, Geiverb-und Handwerksgeschichte
der Stadt j4ugsburg (Histoire des arts et mé-
tiers de la ville d'Augsbourg); Augsbourg,
1778-1780, deux volumes in-4°. Il y est traité
de la typographie de la musique dans cette
ville (t. I, p. 42); de la construction des or-
gues (p. 158); du chant de l'église évangélique
(page 526); et des maîtres -chanteurs (p. 531).
Des extraits de cet ouvrage se trouvent dans la
correspondance musicale de Bossler, de 1791,
n os 5 et suiv. M. C.-Ferd. Becker a confondu
cet écrivain avec son père qui s'appelait
comme lui, Paul de Stetten, et qui est auteur
d'une histoire delà ville d'Augsbourg (Franc-
fort, 174-3-1758, deux volumes in-4°), où l'on
trouve aussi des renseignements sur la musi-
que. Dans la Biographie universelle de
MM. Michaud, on a fait deux frères de ces per-
sonnages.
STEUCCIUS (Henri) était étudiant à
Weissenfels, lorsqu'il publia de sa composi-
tion un recueil de chansons mondaines à cinq
voix, intitulé : Luslige weltliche Liedcr mit
5 Stimmen, pars 1 ; Wittenberg, 1602, in-4°.
La seconde partie parut dans la même ville,
en 1605, et la troisième en 1604.
STEUERLEEX (Jean), né à Schmalkalden
(liesse électorale), leS juillet 1546, futd'abord
secrétaire de la ville à Wasungen, puis obtint,
en 1580, la placedesecrétaire de la chancellerie
à Meinungen, et enfin fut fait prévôt de celte
ville, en 1004. Ilmourutle 5 mai 1613, avec les
titres de notaire public et de poète impérial
couronné. Amateur passionné de musique, il
cultiva la composition, et fit imprimer les ou-
vrages suivants : 1° Cantiones lalcinisch und
deutsch fitr 4 und 5 Stimmen (Motels latins
et allemands à 4 et 5 voix); Nuremberg, 1571.
2° Christlicher Morgen und Abendsegen auss
dem Catechismus Lutheri gezogen , etc.
(Prières chrétiennes du matin et du soir ex-
traites du catéchisme de Luther, et mises en
musique à quatre voix); Nuremberg, 1573,
in-8°. Ces prières ont été réimprimées avec
vingt et un chants spirituels de Steuerlein, en '
1574, à Erfurt, in-4°. 3° XXIV Weltliche Ge-
sœng mit 4 auch 5 Stimmen (Vingt quatre
chansons mondaines à quatre et cinq voix);
Erfurt, 1574, in-4° . 4° Teulsche Passion,
mit 4 Stimmen componirt (la Passion, en
allemand, composée à quatre voix) ; Erfurt,
1576,in-4°. 5° Cantiones quatuor et quinque
vocum; Nuremberg, 1578, in-4°. 6° Epitha-
lamia. Teutsche und lateinische geistliche
Hochzeitgesxng, zum Gebrauch in Kirchen
und Schulen, etc. (Épithalames. Chants spiri-
tuels de noces, latins et allemands, pour
l'usage des églises et des écoles, à quatre et un
plus grand nombre de voix); ibid., 1857, in-4°.
7° XXVII newe geistlicher Gesœng mit
4 Stimmen (Vingt-sept nouveaux chanls spi-
rituels à quatre voix); Erfurt, 1588, in-4°.
8° Der 150 Psalm : Laudate Dominumin
Sanctis ejus, von 4 Stimmen (le 150 mc psaume
à quatre voix); ibid., 1588, in-4°. 9° Le
117 mc psaume à quatre voix; ibid., 1599.
10° Christliche Gesanglein an S. Gregorxj der
Schider Festtag und sonsten zu gebrauchen,
mit 4 Stimmen (Petits chanls chrétiens à
l'usage du jour de Saint- Grégoire, fêle des
écoliers), à quatre voix ; Jéna, 1604, in-8°.
STEUP (H. -C), pianiste, compositeur et
marchand de musique à Amsterdam, est né
dans celte ville, vers 1775. On connaît sous
son nom beaucoup de compositions pour le
piano, le violon et la flûte, dont il a élé l'édi-
teur ; parmi ces ouvrages on remarque :
1° Quatuor pour piano, violon ou flûte, alto
et violoncelle, op. 1 ; Amsterdam, Steup.
2 3 Grand quintette pour deux violons, deux i
altos et violoncelle; Mayence, Schott. 3° Des 1
thèmes variés pour violon et pour flûte, avec
orchestre; Amsterdam, Stcup. 4° Sonatines
pour piano et violon, op. G, 9, 10; ibid. 5° So-
nate pour piano et cor obligé, op. 11 ; ibid.
6° Sonate pour piano à quatre mains; Bonn,
Simrock. 7° Sonatine pour piano seul; Am-
sterdam, Steup. 8° Thèmes variés pour piano,
op. 8 et 12; ibid. 9° Plusieurs cahiers de
134
STEUP — STEVENS
valses el écossaises; ibid. 10" Romances fran-
çaises avec accompagnement de piano; ibid.
Sleup est aussi l'auteur d'un petit ouvrage in-
titulé : Méthode pour accorder le piano-
forte; ibid.
STEVENIERS (Jacques), professeur de
musique classique de piano accompagnée au
Conservatoire royal de Bruxelles, est né à
Liège, en 1817. Admis comme élève dans cette
institution, en 1835, il y fut placé sous l'en-
seignement de M. Wéry pour le violon. Dans
l'année suivante, il obtint le second prix de
cet instrument au concours. Devenu ensuite
élève du professeur Meerts, il obtint le premier
prix en 1838. Au concert de la distribution
des prix, 11 juin 1840, il exécuta une fantaisie
de violon de son maître. Après avoir par-
couru la Hollande, où il.jotia dans les concerts,
en 1842, il se rendit en Allemagne, où il se fit
entendre dans plusieurs villes importantes,
notamment à Berlin, en 1843, puis il visita le
Danemark, la Suède et la Russie. En 1845, il
était à Paris, où il donna un concert dans la
salle Herz, puis il alla à Londres pendant la
saison. En 1847, M. Steveniers parcourut les
provinces rhénanes: à Ems, il donna un con-
cert avec Sowinski. Rentré à Bruxelles en
1848, il y inaugura, dans l'hiver suivant, des
séances de musique de chambre qu'il continua
pendant plusieurs années. En 1854, M. Steve-
niers a été nommé professeur de musique clas-
sique de piano au Conservatoire de musi-
que de cette ville. Parmi les œuvres pu-
bliées de cet artiste, on remarque : 1° La
Prière, mélodie religieuse pour violon et qua-
tuor ou piano, op. fi: Mayence et Bruxelles,
Seholl frères. 2" La Sirène, concertino pour
violon et orchestre ou piano, op. 9; ibid.
3° Souvenirs de Don Sébastien, morceau d~
salon pour violon et quatuor on piano, op. 10 ;
ibid. 4° Le Souvenir, mélodie pour violon et
piano, op. 4; ibid. 5° Le Rêve, fantaisie pour
violon et piano, op. 5; ibid. 0° Les Regrets,
solo dramatique pour violon et piano, op. 11 ;
ibid. 7" Erund Sie, récitatif et romance pour
voix seule et violon obligé avec accompagne-
ment de piano, op. 7; ibid. 8" Bergeronettc,
mélodie à voix seule avec piano ; ibid. M. Ste-
veniers a écrit la musique de plusieurs opéras -
comiques, particulièrement le Maréchal fer-
rant, en un acte, et les Satires de Boileau,
en un acte, représentés au théâtre du Parc
et à celui des Galeries Saint-Hubert, à
Bruxelles. Plusieurs ouvertures de sa compo-
sition ont été aussi exécutées dans ces salles
et dans plusieurs concerts.
STEVEÏVS (William S.), né dans le quar-
tier de Westminster, à Londres, en 1778, fit
ses études littéraires à Wallingford, dans le
Berkshire, puis il alla, à l'âge de treize ans, à
Luytonstone, dans le comté d'Essex, où il sui-
vit pendant deux ans des cours de mathémati-
ques. Son premier maître de musique fut Tho-
mas Smart, élève de Pepusch et de Boyce ; plus
tard, il continua l'étude de cet art sous la di-
rection du docteur Cook, à l'abbaye de West-
minster. Pendant plusieurs années, Stevens a
été accompagnateur au piano el chef des cho-
ristes du théâtre de llaymarket. Tl vivait en-
core à Londres en 1830. On a publié de cet
artiste des chansons anglaises, des glees, plu-
sieurs sonates de piano, ainsi que des caprices
pour cet instrument. Son traitésur l'expression
du piano (Treatise on piano- forte expresion)
a paru en 1812, à Londres, chez Jones, in-fol.
Stevens avait entrepris un journal concernant
la musique, intitulé : The grand musical
Magazine, qui a été abandonné après le hui-
tième numéro.
STEVEIN'S ( Nicolas - Josr.pn ) , né à
Bruxelles. le 8 juillet 1795, manifesta fort
jeune un goût très-vif pour les éludes lillé-
raires et musicales. Le maître de chapelle Du-
quesnoy lui enseigna le solfège, el Corneille
Vander Plancken, artiste de mérite, fut son
maître de violon. Les séances de quatuors, fré-
quentes alors à Bruxelles, comme partout, lui
inspirèrent dès sa jeunesse un penchant décidé
pour la musique sérieuse et classique. Appelé.
en 1818, à La Haye pour y remplir un emploi
dans l'administration, il y fut bientôt en rela-
tion avec les artistes et les amateurs de mu-
sique les plus distingués, et fonda avec eux
une société de musique religieuse qui, pen-
dant plusieurs années, fit entendre les œuvres
les plus remarquables en ce genre, dans une
des principales églises catholiques. Lors de la
création de la Société néerlandaise pour la
propagation de la musique, M. Stevens en fut
un des premiers membres et en devint plus
tard un desadministrateurs.il prit part aussi
à la rédaction du journal de musique hollan-
dais intitulé Ca'cilia, el donna beaucoup d'ar-
ticles concernant la musique et la littérature
au journal français de La Haye. De retour en
Belgique, ses intérêts le retinrent d'aljprd
quelque temps à Ilérenfhals, où il créa une so-
ciété de chant d'ensemble et fut président de
la Sociélé de l'Harmonie. Il y traduisit en fla-
mand et fil exécuter sous sa direction l'orato-
rio de Spohr, Die ktzten Dinge. Fixé en-
suite à Bruxelles, il y fut un des fondateurs de
STÉVENS — STEWECCHIUS
loi
Ja Société Union et Progrès, dont le but était
<ie ranimer en Belgique le goût de la musique
classique de chambre; il en fut nommé le di-
recteur et composa les programmes des con-
certs historiques qui y furent donnés avec suc-
cès. A diverses reprises, M. Stévens a siégé
comme membre du jury dans les concours de
violon du Conservatoire. On a publié de cet ama-
teur laborieux : 1" Esquisse iVun système rai-
sonné d'enseignement musical appliqué ait
piano; Bruxelles. C.-J.Deriîat, 1838, in-8°de
GO pages. 2° Souvenirs d'un musicien; Bru-
xelles, Parent, 1840, un volume in-12 île deux
cents pages. Sous la forme d'un roman, cet ou-
vrage est la peinture d'une éducation d'artiste.
STÉVENS (Jean-Baptiste), né à En-bien
(Belgique), en 1796, commença, dès ses pre-
mières années, l'étude du solfège et du violon,
sous la direction de J. Duval, alors chef de mu-
sique de cette ville. En 1810, il s'établit à
Mons d'où il ne s'éloigna, en 1822, que pour
se rendre à Paris, où il étudia l'harmonie et
la composition près de l'auteurde cette notice.
De retour à Mons, il s'y livra à l'enseigne-
ment. En 1837, il y fut nommé premier violon
solo du théâtre, et dans l'année suivante, la
Société des concerts le choisit pour diriger
l'orchestre. Il remplit ces fonctions .jusqu'en
1845. Professeur de violon et de chant à
l'école de musique de la ville depuis 1837,
M. Stévens a ajouté à ces titres ceux de profes-
seur à l'école primaire supérieure, en 1 84-3,
aux écoles communales, en 1844, à l'athénée
royal, en 1851, et à l'école moyenne, en 1853.
Les rares loisirs que laissait à l'artiste la mul-
tiplicité de ses occupations furent employés
par lui à la composition ; il a publié un grand
nombre de nocturnes, chansons et romances,
avec accompagnement de piano, dont plu-
sieurs ont paru dans les journaux de musique
intitulés le Répertoire musical et la Mo-
saïque. En 1828, M. Stévens a écrit une can-
tate à l'occasion de l'arrivée, à IVIons, du roi
des Pays-Bas Guillaume I er , et il en a composé
une autre, en 1850, lorsque le roi des Belges
Léopold I er a visité cette ville. Ces ouvrages,
dont l'exécution a élé satisfaisante, ont été re-
marqués et applaudis. En 1841, M. Stévens a
obtenu la médaille d'or au concours ouvert
par la Société des sciences, des arts et des let-
tres du Hainaut, pour la cantate intitulée
Roland de Lattre; cet ouvrage a élé exécuté
avec succès dans la même année. M. Stévens a
en manuscrit un grand nombre de chœurs
pourdes voix d'hommes, de motets, sérénades,
airs variés pour guitare, etc.
STEVENSON (Sir John), né en Irlande,
en 1772, fit ses études musicales sous la direc-
tion du docteur Murphy, à l'église Saint-Pa-
trick de Dublin. Fort jeune encore, il fut
chargé de la composition d'une nouvelle mu-
sique des anciens opéras The Son in law, et
The Agreahle Surprise, pour le théâtre de
celte ville. Ces ouvrages oblinrenl du succès et
furent souvent représentés. Stevenson a écrit
aussi, pour la scène irlandaise, The C'onlract,
et Love in a blaze. Arrivé à Londres, il se fit
connaître avantageusement par la composition
d'un grand nombre de chansons, de duos de
chant, et de morceaux de musique d'église,
publiés àT,ondres, chez J. Power. Le club de
VIlibernian Catch lui décerna une belle
coupe d'argent, en témoignage d'estime pour
son talent ; et, vers le même temps, il obtint le
litre de docteur en musique. On a réuni les
morceaux de musique d'église composés par
cet artiste, sous le litre de Séries of sacred
songs, duets and trios ; Londres, J. Power.
Stevenson a arrangé une colleclion de mélo-
dies irlandaises avec accompagnement de
piano et des refrains à plusieurs voix sur les
traductions en vers de Thomas Moore. Cette
collection a pour titre : A sélection of irish
mélodies, with symphonies and accompani-
ments, and caracteristic trords by Thomas
Moore; Londres, J. Power, six suiles in-fol.
formant ensemble cent treize pages, avec de-
belles gravures. Le défaut de celle colleclion,
comme de toutes celles du même genre, est
que la tonalité originale des mélodies est dé-
naturée par l'harmonie moderne de l'accom-
pagnement. Stevenson est mort à Londres, en
1842. (
STÉVIN (Simon), savant mathématicien,
né à Bruges, vers le milieu du seizième siècle,
s'établit en Hollande, y eut le titre de mathé-
maticien du prince Maurice de Nassau, et fut
créé ingénieur des digues. On ignore l'époque
de sa mort. Ses œuvres ont élé réunies et pu-
bliées en latin par Willebrod Snellius, qui n'a
point achevé son travail, et en français par
Albert-Girard; Leyde, Elzevier, 1634, in-fol.
Gérard-Jean Vossius nous apprend que Slëvin
a écrit un traité de la théorie de la musique,
qui n'a point été imprimé dans ses œuvres,
quoiqu'il eût été traduit en latin {De Scient.
Mathemat.jC. LX, p. 353).
STEWECCHIUS (Godesciialc), profes-
seur au collège de Pont-à-Mousson, naquit vers
1540, àlleusden,en Hollande.il a fait impri-
mer, en 1580, un commentaire sur le traité de
l'art militaire de Végèce où il traite (deuxième
136
STEWECCHIUS - ST1CH
livre, cliap. XXII, et troisième livre, cliap. V)
des trompettes des anciens appelées tuba et
buccina, ainsi que des musiciens qui jouaient
de ces instruments.
STIASNY, ou STIASTNY (Bernard-
Wenzei.), violoncelliste, fils de Jean Stiasny }
très-lion hautboïste du théâtre de Prague mort
en 1788, naquit dans celte ville, en 1770. Après
avoirétudié lathéoriedela musique et del'har-
monie sous la direction du célèbre organiste
Seegr, et le violoncelle, sous un maître in-
connu, il fut admis comme premier violoncel-
liste à l'orchestre du théâtre de Prague. Depuis
lors il s'est fait connaître par quelques compo-
sitions pour son instrument, entre autres
celles-ci : 1" Six sonates progressives et in-
structives pour deux violoncelles; Prague,
Berra. 2° Il Maestro e lo scolaro, 8 imita-
zioni e G pezzicon fughe per due violoncelli;
Bonn, Simrock. 3" Méthode de violoncelle (en
allemand et en français), divisée en deux par-
ties; Mayence, Scholt.
STIASNY (Jean), frère du précédent, na-
quit à Prague, en 1774. Comme son frère, il
se livra à l'étude du violoncelle : il le surpassa
en habileté. On croit qu'il entra à l'orchestre
de Prague vers 1800; mais on n'a pas de ren-
seignements sur la suite de sa carrière, Dla-
Iiacz ayant gardé le silence sur celte famille
de musiciens distingués, dans sou Diction-
naire des artistes de la Bohême. Il parait
certain toutefois que Jean Stiasny ou Sliaslny
vivait encore en 1820, mais non plus à Prague,
car il avait alors le titre de directeur de mu-
sique à Nuremberg, et dans la même année il
se rendit de celle ville à Manheim, où on le
perd de vue. On a publié de sa composition :
1° Concertino pour le violoncelle, op. 6; Bonn,
Simrock. 2° Divertissement pour violoncelle,
avec alto et basse, op. 5; Mayence, Scholt.
3° Andante et variations pour violoncelle avec
deux violons, flùle,alto et basse, op. 10; Bonn,
Simrock. 4° Rondo et variations pour violon-
celle avec quatuor, op. 12; Leipsick, Pelers.
5°Deux sonales pour violoncelle et basse, op. 2;
Bonn, Simrock. 6° Douze pièces faciles pour
deux violoncelles, op. 4; ibid. 7° Six pièces
faciles, idem, op. 5; ibid. 8° Duos pour deux
violoncelles, op. G et 8; ibid. 9° Six pièces
faciles pour violoncelle solo, op. 9; Leipsick,
Pelers. 10° Six solos pour violoncelle avec
basse, op. 11 ; Mayence, Scholt.
STIAVA (François-Marie), premier orga-
niste de la chapelle du roi de Sicile à Messine,
naquit à Lucques, vers le milieu du dix- sep-
tième siècle. Il a publié : Salmi concertati a
cinque voci con violini obligati e ripieni a
beneplacito, op. l a ; Bologne, 1694, in-4°.
STICIÏ, connu sous le nom de PUNTO (1 )
(Jean-Wenzel), le plus célèbre des cornistes,
naquit, en 1748, à Zchuzicz (près deCzasIau),
en Bohême, seigneurie appartenant au comte
de Thun. Après qu'il eut appris les principes
de la musique et du chant, le comte le prit à
son service, et lui donna pour premier maître
de son instrument Joseph Maliegka, corniste
renommé à Prague; puis il l'envoya à Munich,
étudier sous la direction de Ssindel'arz, autre
virtuose sur le cor, né en Bohême. Enfin Stich
acheva de perfectionner son talentà Dresde, par
les leçons de Hampel {voyez ce nom), et de son
compatriote Haudek, dont il habita la maison
pendant plusieurs années. Ses éludes terminées,
Stich relourna chez son prolecteur le comle de
Thun, et fut attaché à son service pendant trois
ans; mais le pressentimentde la renommée qu'il
devait acquérir lui rendantcette position insup-
portable, il s'éloigna de Prague en secret, et
parcourut l'Allemagne et la Hongrie, puis l'Ita-
lie (où il prit le nom de Punto), l'Espagne,
l'Angleterre, lesPays-Baset la France. Il était à
Paris en 1778. Partout son talent excita autant
d'étonnement que de plaisir, et toutes les na-
tions le déclarèrent sans rival. Mon père, qui
l'entendit en 1780, m'a dit qu'on ne peut ima-
giner de plus beau son que le sien, une sûreté
plus grande dans l'attaque, une manière de
chanter plus touchante, ni plus de précision
dans les traits. Il se servait d'un cor d'argent,
parce qu'il en trouvait le timbre plus pur et
plus pénétrant, préjugé partagé même par les
acousticiens, qui n'ont pas su, jusqu'à ce mo-
ment, que le timbre est donné, d'une part, en
raison des proportions de la colonne d'air con-
tenue dans le tube de l'instrument ; de l'autre,
par le mode d'ébranlement de cette colonne au
moyen du souffle vertical ou latéral, des em-
bouchures de diverses forces, des anches, etc.
De retour en Allemagne, vers 1781, Punto
reçut des propositions du prince évêque de
Wilrzbourg, et accepta une place dans sa
musique; mais bientôt des offres plus avan-
tageuses lui furent faites au nom du comte
d'Artois (depuis lors Charles X), qui, de
tous les instruments et de toule musique,
n'aimait que le cor. Une pension viagère était
garantie à l'artiste pour une sorte de sinécure,
dont il prit possession en 1782. En 1787, il
obtint un congé, et visita l'Allemagne du
(1) Stich est un mot allemand qui signifle piqûre,
point; de là le nom de Punto (point) qu'on donna à
l'artiste en Italie, et qui lui est reste
STICH - STIELER
137
Rhin, en passant par Nancy, Metz, Trêves et
Coblence. Il s'arrêta quelque temps dans ces
deux dernières villes. Après une absence d'en-
viron deux ans, il arrivait à Paris, vers le mois
d'août 1789, lorsqu'il apprit à la fois les pre-
miers événements de la révolution, et le dé-
part du comte d'Artois. Cependant il resta
dans cette ville, y publia plusieurs ouvrages,
et grâce au talent assez distingué qu'il pos-
sédait sur le violon, il trouva des ressources
dans la direction de l'orchestre du Théâtre
des Variétés amusantes , pendant le régime
de la terreur. En 1799, il quitta Paris pour
retourner en Allemagne, visita Munich dans
l'année suivante, et fit une vive impression
dans les concerts qu'il donna à Vienne. Beet-
hoven, enthousiasmé par la beauté de son ta-
lent, écrivit pour lui sa sonate de piano et
cor, œuvre 17.
Après trente- trois années d'absence, Punlo
arriva à Prague, et y donna, en 1801 , un con-
cert au Théâtre national, où sa prodigieuse
habileté fut admirée de tout l'auditoire. En
1802, Dussek arriva à Prague pour s'y faire
entendre; les deux artistes célèbres furent
bientôt liés d'amitié. Ils allèrent ensemble
donner un concert à Czaslau, le 16 septembre
de la même année : parmi les morceaux qu'ils
y firent entendre se trouvait la sonate de Beet-
hoven exécutée par Dussek et Punlo. De retour
à Prague, celui-ci se disposait à retourner à
Paris; mais une maladie se déclara et le mit
au tombeau le 16 février 1805, après cinq
mois de souffrances. Des obsèques magnifiques
lui furent faites par ses compatriotes : on y
exécuta le Requiem de Mozart, et l'on mit sur
sa tombe ce distique latin :
Omnp tulit punctum Punto, cui Musa Dohema
Ut plausit vivo, sic morientc gémit.
Punlo a publié de sa composition : 1° Con-
certos pour cor et orchestre; n os 1 (en mi),
2 (en mi), 5 (en fa), 4 (en fa), Paris, Sieber;
n° 5 (en fa), Paris, Pleyel ; n° s 6 (en ré), 7 (en
fa), Paris, Naderman; n os 8 (en mi b.), 9 (en
mi), Paris, Cochet; n os 10 (en fa), 11 (en mi),
Paris, Imbault; n ns 12 (en sol), pour second
cor, 13 (en mi b.), Paris, Leduc; n° 14, Paris,
Pleyel. 2° Quintette pour cor, flûte, violon,
alto et basse; Paris, Sieber. 5° Six quatuors
pour cor, violon, alto et basse, op. 1 ; ibid.
4° Six idem, op. 2; ibid. 5° Six idem, op. 5;
ibid. 6° Six idem, op. 18; Paris, Pleyel.
7° Vingt trios pour trois cors ; Paris, Imbault.
8° Duos pour deux cors, liv. 1 et 2; Paris,
Sieber. 9° Huit idem; Paris, Imbault. 10° Vingt
idem; Paris, Leduc. 11° Vingt-quatre idem;
ibid. 12° Trois duos pour cor et basson ; ibid.
13° Éludes et exercices; ibid. 14" Sextuor pour
cor, clarinette, basson, violon, alto et contre-
basse, op. 54; ibid. 15° Méthode pour ap-
prendre facilement les éléments des premier
et second cors aux jeunes élèves, dans laquelle
sont indiqués les coups de langue et les liai-
sons les plus nécessaires pour tirer de beaux
sons de cet instrument , composée par Ham-
pel et perfectionnée par Punto, son élève;
Paris, Leduc, 1798, in-4°. 16° Hymne à la li-
berté, avec orchestre; Paris, Naderman.
17° Trios pour violon, allô et basse, op. 7;
Paris, Louis. 18° Duos pour deux violons,
op. 5; Paris, Sieber.
STICRL (François), né à Dicssen, sur le
lac d'Ammer, vers la fin du dix-septième
siècle, apprit dans le monastère de ce lieu les
éléments des sciences et de la musique, puis
alla terminer ses études dans les universités de
Salzbourg et d'Ingolstadt. Il s'établit dans cette
dernière ville, en 1720, comme organiste. Plus
tard il ajouta à sa position le litre de procureur
du collège ducal. Il mourut en 1742. On a im-
primé de sa composition : 1° Psalmi vesper-
tini pro toto anno, a 4 voc. violino unisono
et continuo; Augsbourg, 1721, in-fol. 2° An-
glipolitana veneratio erga sunctissimam
crucis particulam, in academico B. V. spa-
ciosx templo cultui publico expositam, con-
stata VI Missis cantatis, à 4 vocibus con-
certantibus, nec non instrumentis variis ad
libitum adhibendis et concinato ac inclyto
magistratui A ' nglipolitano demississime
dedicata; Auguste Vindelicorum, 1727,
in-fol. 5° Psalmi vespertini pro toto anno
a 4 vocibus, violino unisono et continuo;
Auguste Vindelicorum, 1728. Peut être ce
dernier ouvrage n'est-il qu'une deuxième édi-
tion du premier.
STICKL (JosErH), fils du précédent, na-
quit à Ingolsladt, en 1724. Il y fit ses études,
et son père lui enseigna la musique et la com-
position. La place d'organiste à Weichering
étant devenue vacante, il l'obtint et en remplit
les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1778.
On connaît de sa composition, en manuscrit,
des préludes et des pièces d'oçgue.
STIELER (Charles-Auguste), professeur
de musique au gymnase de Stockholm, dans la
première moilié du dix-neuvième siècle, est
auteur d'un manuel des principes de la mu-
sique el du chant, en langue danoise, publié
sous ce titre : Lxrebok i de fœrste grunderne
for Musih och Sang ving ungdomens under-
138
STIELER - STOB/EUS
wisning Scolar och gymnasier; Stockholm,
1820, gr. in-4°.
STIEKLEIN (Jean-Christophe), musi-
cien allemand de la fin du dix-seplième siècle,
fut d'abord attaché à la musique de la cour de
Stuttgart; puis il eut le titre de second maître
de chapelle du duc de Wurtemberg. Il a fait
imprimer de sa composition les ouvrages sui-
vants : 1° Musihalische geistliche Zeitund
Ewigkeit Betrachtung, in 25 Arien von
einer Singstimmen und Generalbass (Le
temps et l'éternité, méditation musicale et spi-
rituelle en vingt-cinq airs à voix seule et basse
continue); Stuttgart, 1688, petit in-8° oblong.
2° Trifolium musicale consistens in musica
theorica, praclica et poetica, etc.; Stutt-
gart, 1691, ih-4° oblong de quarante-huit
pages, avec vingt-deux planches. C'est un
traité abrégé des éléments de la musique et
de la basse continue, par demandes et ré-
ponses.
STILES (Sir François HASKINS
EYLES), baronnet, fut mejnbre rie la Société
royale de Londres, vers le milieu du dix-hui-
tième siècle. lia publié dans les Transactions
philosophiques (vol. LI, part. II, p. 695-773)
une très-bonne dissertation intitulée .• An
Explanation of the modes or tones in tlie
ancient Grecian music (Explication des
modes ou tons de l'ancienne musique grec-
que). Celte dissertation se trouve aussi dans
l'abrégé des Transactions philosophiques
(année 1760, I. XI, p. 485).
ST1LLE (Jean), savant lianovrien, vécut
vers letjrnilieù du dix-septième siècle. Il ;i [ait
imprimer un recueil dedissei'lations sur divers
sujets, intitulé : Bisputàtio philosophica
continens Ouxstioncs miscellaneas ; Helm-
sladt, 1646, in-4° de quatre feuilles. Il exa-
mine, dans la seconde question, les opinions
diverses des harmonistes concernant la na-
ture consonnanle ou dissonante delà quarte;
et dans le troisième, les méthodes de solmisa-
tion en usage dans les écoles. Ces deux mor-
ceaux remplissent onze pages de son opus-
cule.
STILLINGFLEET (Benjamin), petit-ne-
veu de l'évêque de Worcesler, Edouard Stil-
lingfleet, naquit en 1702, commença ses éludes
à l'école de Norwicb, et les acheva avec succès
à l'université de Cambridge. Après avoir em-
ployé quatorze années à faire l'éducation d'un
gentilhomme anglais, et avoir voyagé avec lui
sur le continent, il retourna en Angleterre, en
174ô, et vécut d'une pension viagère que lui
faisait le père de son élève. Il s'occupa pen-
dant le reste de sa vie de botanique, d'agricul-
ture, de poésie et de musique. Il mourut à
Londres, le 15 décembre 1771. Stillingfleet
n'est cité dans celle biographie que pour une
sorte d'analyse ou d'abrégé du traité de mu-
sique de Tarlini qu'il a publié sous ce titre :
Principles and power of harmony (Traité
sur les principes et le pouvoir de l'harmonie);
Londres, 1771, in-4°. Les exemplaires de cel
ouvrage ne sont pas communs.
STIPIIELIUS (Laurent), cantor à
Naumbourg, au commencement du dix-sep-
tième siècle, a publié : Libelhis scholasticus
pro Senatoria? Numburgcnsium Scholx pue-
ris, continens Odus spiriluules, Responso-
ria. item christliche Beicht, Kirchen-und
Schul-gesxng } IJarmonias ad odas, et ip-
sius cantoris manuale; Jéna, 1607, in-4°.
On ignore si cet ouvrage, connu seulement
par une indication de la Bibliothèque clas-
sique de Dràudius , est le même que ce-
lui qui est cité par Forkel {AUgem. Litter.
der Mus., p. 271), sons le titre de Com-
pendium musicum ; Naumbourg, 1609, in-8°,
et dont il indique nue autre édition de Jéna,
1614. On ne peut présumer que Forkel n'ait
donné qu'un litre défiguré, car aux détails
qu'il fournil sur le livre et sur ce qu'il con-
tient, il est évident qu'il l'avait vu. Je pense
qu'il s'agit de deux ouvrages différents.
STIPPER (Jean-Daniel), savant allemand,
vécut à Leipsick, dans la première moitié du
dix-huitième siècle. Il a fait imprimer une
thèse qui a pour titre ; Programma de mu-
sica instrumentait tempore luclus publici
prohibita, quo lecliones hibernales incipien-
das publiée intimai >etc. ; Lipsix, 1727, in-4°
de quatre pages.
STIYORI (François), organiste à Monta-
gnana (États de Venise), dans la seconde moi-
tié du dix-seplième siècle, est connu par les
compositions dont les litres suivent: 1° Ma-
drigali a quattro voci, con un dialogo a
otlo, lib. I ; Venise, 1583, in-4 1 '. 2" Mottelti
a cinque voci; ibid., 1587, in-4°. 5° Quattro
libri Ai moletti a 6, 7 e 8 voci; ibid., 1596,
in-4".
STOByEUS (Jean), maître de chapelle à
Rœnigsberg, naquit à Graudenz, en Prusse,
dans les dernières années du seizième siècle,
et mourut en 1646. On connaît sous son nom
un recueil de motets intitulé : Cantiones sa-
crx4,5et 10 vocum; Francfort, 1624. Il a
aussi publié à Danlzick, en 1634, un autre re-
cueil de motels à cinq voix sur le plain -chant .
de l'église. Valcntin Thilo (voyez ce nom) a
STOB^US — STOCKIIAUSEN
!3i>
fait imprimer un éloge funèbre de ce musi-
cien, sous ce titre : Laudati'o funebris in
memoriam Joun. Stobxi, Graudentini-Bo-
russi, serenissimi electoris Brandenburgen-
sis in Borussia capellx magistri celeber-
rimi, musici excellentissimi. Regiomontani,
1646, in-4°.
STOCKFLET (Henri-Arnold), né à Ha-
novre, dans la première moitié du dix-septième
siècle, fut professeur de droit à Alldorf. Il est
auteur d'un traité de l'usage des cloches et des
carillons intitulé : Exercitium academicum
deCampanarum usu,in iUustri Noricorum
Altdorphina , concinnatum cwn indice
rerum et verborum aceuratissimo ; Alt-
dorffi , typis et sumptibus Joh. Henrici
Schœnnersstœdt , 1665, in-12 de XIII feuil-
lets et trois cent trente-quatre pages.
STOCKIIAUSEN ( Jean -Christophe) ,
surintendant et conseiller du consistoire, à
Hanau, naquit à Gladenbach, le 20 octobre
1725, et mourut à Hanau, le 4 septembre 1784.
11 est auteur d'un livre estimé qui a pour
titre : KritischerEntwurfeinerauserlesenen
Bibliothek, fiir den Licbhaber der Philo-
sophie und schœnen TF'issensthaften (Es-
quisse critique d'une bibliothèque choisie, à
l'usage des amateurs de la philosophie et des
belles-lettres); Berlin, 1758, in-4°, deuxième
édition. La troisième édition a paru en 1764,
et la quatrième en 1771, toutes in-4". On
trouve dans cet ouvrage l'esquisse d'une bi-
bliothèque de musique.
STOCKIIAUSEN (François), harpiste et
compositeur, né à Cologne, vers 1798, voyagea
vers 1825 en Suisse avec sa femme, jeune
cantatrice douée d'une voix légère, juste, et
qui se faisait remarquer par un goût élégant
et une bonne méthode. Stockhausen vécut
quelque temps à Genève, où il se livrait à l'en-
seignement de la harpe. Vers 1826, il se rendit
à Paris, et s'y fit entendre avec sa femme
dans quelques concerts, mais sans y obtenir
de succès, car son talent d'exécution ne pou-
vait briller dans une ville où il y avait alors
quelques harpistes de beaucoup de mérite.
Deux ans après il alla en Angleterre, et grâce
au talent de madame Stockhausen, il y donna
des concerts productifs. Parcourant les pro-
vinces du Royaume-Uni, puis l'Irlande et
l'Ecosse, il y recueillit les éléments de l'indé-
pendance dont il put jouir dans une retraite, à
Colmar. En 1849, M. Stockhausen s'est encore
fait entendre dans cette ville, dans un concert
que son fils (voyez la notice suivante) y donnait.
L'organe vocal de madame Stockhausen, fati-
gué par un trop fréquent exercice, s'est usé
avant le temps.
Stockhausen a publié à Paris environ trente
œuvres de sonates, duos, fantaisies, airs variés,
divertissements, nocturnes, exercices, contre-
danses et valses pour la harpe. Parmi ses ou-
vrages, on remarque une messe à quatre voix
avec deux harpes, quatre cors et basse, op. 6 ;
Paris, Pacini.
STOCKHAUSEN (Jules), fils du précé-
dent, est né à Paris, en 1826. Doué d'une belle
voix de baryton et d'une heureuse organisa-
tion musicale, il cultiva ces dons précieux
dans les classes de chant et de déclamation du
Conservatoire de Paris, puis se rendit à Lon-
dres, en 1845, et y reçut des leçons de Manuel
Garcia. En 1848, il débuta au théâtre italien
de cette ville et y obtint un brillant succès,
puis il voyagea en Suisse et produisit une vive
sensation à Genève. Pendant les années sui-
vantes il vécut au sein de sa famille à Colmar,
faisant seulement de temps en temps des ex-
cursions dans l'Allemagne rhénane, pour les
festivals, particulièrement à Strasbourg, où il
chanta les parties principales dans les exécu-
tions de YElie, de Mendelsohn, en 1852, et du
Paulus, en 1853. Arrivé à Paris, dans l'hiver
de 1854-1855, il y brilla dans les concerts par
sa belle voix, son excellente école et la variété
de son style. Dans l'été de 1855, il fil un
voyage en Italie, d'où il retourna par la Suisse
à Colmar. Au mois de mars 1856, il était à
Francfort et y donnait des concerts; puis il
visita "YVeimar, Berlin, et chanta au festival de
Dusseldorf. Engagé ensuite à Londres pour
chanter au concert de la Société philharmoni-
que, il retourna en Allemagne après cet en-
gagement, chanta le Maître de chapelle, de
Paer, au théâtre de Manheim, puis au festival
de Darmstadt. Le 7 novembre, il débuta au
théâtre de l'Opéra-Comique de Paris, dans le
rôle du Sénéchal de Jean de Paris. Ce fut une
faute que cet engagement d'un artiste de ta-
lent aussi sérieux, aussi pur que Stockhausen,
pour chanter l'ancien répertoire de Martin.
Bien plus grand chanteur que cet ancien acteur
de l'Opéra Comique, ne possédant pas comme
lui certaines qualités d'entrain qui sont à la
portée du public de ce théâtre, il n'obtint que
des demi-succès, et la presse se montra tout à
fait incapable de l'apprécier. Après avoir joué
Jean de Paris, la Fête du village voisin,
Jeannot et Colin, et le Valet de chambre,
Stockhausen rompit son engagement avec
l'Opéra-Comique et retrouva sa véritable des-
tination dans les festivals et les concerts de
140
STOCKHAUSEN - STOELZEL
l'Allemagne. Au moment où cette notice est
écrite (1864), il est directeur et chef d'orchestre
du théâtre de Hambourg.
STOEBER (Charles), pianiste et compo-
siteur, naquit à Presbourg, en 1806. Son père,
bon maître de piano, le guida dans ses études.
Arrivé fort jeune à Vienne, Slœber y eut de
brillants débuts par son talent d'exécution, et
se fit connaître avantageusement par ses ou-
vrages: mais une fièvre cérébrale le mit au
tombeau à Page de vingt-neuf ans, le 21 no-
vembre 1835. Les œuvres de cet artiste, au
nombre d'environ quarante, consistent en
fantaisies, variations et rondeaux pour piano
seul ou piano à quatre mains. Son œuvre
sixième est un quatuor pour piano, harpe,
clarinette et violoncelle, où il y a du mérite.
STOECKEL (le P. Boniface), bénédictin
de Mallersdorf, en Bavière, naquit le 27 no-
vembre 1747, à Piling, dans ce royaume, et
fit ses études à Salzbourg, où Léopold Mozart
lui enseigna la composition. Il entra dans son
ordre le 27 octobre 1771, et fut ordonné
prêtre le 18 juillet 1773. Son mérite comme
compositeur le fit choisir pour diriger la mu-
sique de son couvent, et dans l'exercice de ses
fonctions, il écrivit plusieurs messes, vêpres
complètes, litanies, etc., où l'on remarque un
bon style. Tous ses ouvrages sont restés en
manuscrit, à l'exception «le chants à quatre
voix sur les prières du malin et du soir, qui
ontété publiés àSalzbach, chezSiedel. Pendant
les années 1782 et 1783, le P. Stœckel en-
seigna la grammaire au gymnase d'Amberg;
il retourna à son couvent de Mallersdorf, au
commencement de 1784, et y mourut le 7 sep-
tembre de la même année.
STOECKEL (J.-G.-E.), cantor à Burg,
près de Magdebourg, vivait vers la fin du dix-
huitième siècle. Il inventa un chronomètre
musical dont il a donné la description, en
1796, dans le journal de l'Allemagne (Journal
fur Deutschland), puis dans le deuxième vo-
lume de la Gazette musicale de Leipsick
(pages 67 et 673).
STOECKL ou STOEREL (Clara). Voyez
IIEU\EFETTER (Clara).
STOEGER (le P. Antoine), religieux
franciscain du couvent de Pfaffenhofen , en
Bavière, naquit en 1727, à Grossmehring, près
d'Ingolstadt, et entra dans son ordre, en 1746.
Il fut bon organiste et se fit connaître avan-
tageusement par des pièces d'orgue et par
deux Requiem de sa composition. Il mourut à
rraffenhofen, en 1798.
STOELZEL (GoDr.rnoiD-IlENni), compo-
siteur, naquit le 13 janvier 1690, à Grlln-
stadt, dans les montagnes de la Saxe électo-
rale. Son père, organiste du lieu, lui donna
les premières leçons de musique et de cla-
vecin. A l'âge de treize ans, Stœlzel fut en-
voyé au lycée de Schneeberg, et mis en pen-
sion chez le cantor Umlauf, élève de Kulmau,
qui ne négligea rien pour en faire un musicien
instruit. En 1707, Stœlzel se rendit à l'uni-
versité de Leipsick : l'Opéra de cette ville lui
fournit l'occasion d'acquérir de nouvelles con-
naissances et de former son goût. Hoffmann,
alors directeur de musique de la nouvelle
église, lui fit bon accueil, et eut même la com-
plaisance de faire exécuter, sous son nom, les
premiers essais de Stœlzel, afin que les ar-
tistes leur accordassent l'attention qu'ils n'au-
raient pas prêtée aux tentatives d'un jeune
homme inconnu.
Après un séjour de trois ans à Leipsick,
Stœlzel se rendit à Breslau et y passa deux
années, se livrant à l'enseignement du chant
et du clavecin. Au nombre des ouvertures,
concertos et autres compositions de tout genre
qu'il y produisit, on remarque une sérénade à
l'occasion du couronnement de l'empereur
Charles VI, ainsi qu'une pièce dramatique in-
titulée Narcisse, dont il a composé le texte et
la musique pour la comtesse de Neidhardt.
La peinture séduisante qu'un de ses amis lui
fit alors de l'Italie lui fit prendre la résolution
d'y faire un voyage. Avant de s'y rendre, il
voulut revoir encore sa famille ; mais à son
passage en Saxe, il fut chargé par le maître de
chapelle Theile de composer un opéra pour la
foire de Naumbourg. Cet ouvrage, intitulé Va-
lérie, eut beaucoup de succès, et procura à
Stœlzel la demande de deux autres opéras
(Jrtémise et Orion) pour la foire suivante.
Le texte de ces dernières pièces lui apparte-
nait. De Naumbourg, il se rendit à Géra, où
il écrivit la partition de les Hoses et les épines
de l'amour, pastorale. Des places de maître
de chapelle lui furent offertes dans cette ville
et à Zeitz; mais il les refusa pour faire son
voyage, qu'il entreprit enfin, en 1713, en
passant par Hof, Bayreuth, Nuremberg et
Augsbourg, où la diète de l'Empire était
assemblée. Arrivé à Venise, il s'y lia d'amitié
avec Heinichen, son compatriote (voyez ce
nom), dont la conversation fut très-instruc-
tive pour lui. Ce fut avec lui qu'il visita les
quatre conservatoires qu'on trouvait alors
dans cette ville; il y connut Gasparini,
Vivaldi, Antoine Polarolo, Antoine Biffi, et
Vinaccesi (voyez ces noms), musiciens ce-
STOELZEL
141
lèbres, qui en étaient alors les inspecteurs et
professeurs. Ses liaisons avec ces hommes de
mérite et avec l'illustre Marcello lui ren-
dirent le séjour de Venise aussi agréable
qu'utile. De là il se rendit à Florence, où il
connut Ludwig, musicien de Berlin, et sa
femme, Vénitienne dont le talent sur le luth
était fort remarquable. Le duc Salviati, qui
logeait ces artistes dans son palais, présenta
Stœlzel à la princesse Eléonore de Guastalla,
qui était aussi fort habile sur le même instru-
ment. Au mois de septembre, Stœlzel partit
de Florence pour aller à Rome, où il connut
particulièrement Bononcini. Il ne paraît pas
qu'il ait compris ce qu'il y avait d'intéressant
pour lui dans cette capitale du monde chré-
tien, car il n'y resta qu'un mois. De retour à
Florence, il y entendit quelques opéras d'Or-
landini et de Gasparini qui lui plurent beau-
coup ; puis il reprit le chemin de l'Allemagne,
en passant par Bologne, Venise, Trente et
Inspruck. La cour du prince Palatin était
alors retirée dans cette ville du Tyrol.
Stœlzel y admira l'excellent ensemble des ar-
tistes de sa chapelle. D'Inspruck, il alla à
Prague, où le comte Logi et les barons de
Hartig et d'Adlersfeld le retinrent pendant
trois ans. II y composa les opéras Vénus et
Adonis, Acis et Galatée, la Fortune vaincue
par l'Amour, quelques oratorios latins, ita-
liens et allemands, parmi lesquels on cite Jé-
sus paliens, Caïno, ovvero II primo figlio
malvaggio, et Marie Madeleine; enfin, plu-
sieurs messes et des morceaux pour divers
instruments. D'après le conseil de ses amis, il
commença dès lors à donner des concerts où
il faisait exécuter ses compositions. Appelé à
Dresde au commencement de 1717, il ne s'y
rendit point, et préféra aller à Bayreuth, où il
écrivit plusieurs morceaux de musique solen-
nelle pour le second jubilé de la réformation
luthérienne. Il composa aussi dans cette ville
des sérénades pour la fête du Margrave, et
Diomedes, grand opéra allemand.
En 1719, Stœlzel entra au service du
comte de Géra ; quoiqu'il n'y soit demeuré que
six mois, il écrivit dans ce court espace
beaucoup de compositions instrumentales et
vocales. La place de maître de chapelle de la
courdeGolha, qu'il avait sollicitée, lui ayant
été accordée dans cette même année, il en prit
possession et l'occupa pendant trente ans, in-
cessamment occupé de compositions nouvelles.
Dans le nombre immense de ses ouvrages
écrits depuis cette époque, on compte huit an-
nées entières de musique d'église, où chaque
dimanche et chaque fêle ont deux compositions
différentes; quatorze Passions complètes;
autant de musiques complètes pour la fête de
Noël ; quatorze opéras, seize sérénades, plus
(le quatre-vingts morceaux de musique de
table, une quantité prodigieuse de morceaux
pour diverses circonstances, de messes, d'ou-
vertures, de symphonies, et de concertos pour
divers instruments. Toule cette musique,
restée en manuscrit, est maintenant peu
connue. Stœlzel mourut à Gotha, le 27 no-
vembre 1741), à l'âge de près de soixante ans.
Il ne nous reste qu'un spécimen de l'habileté
de ce savant musicien, dans un petit traité des
canons multiformes et perpétuels sur un seul
thème. Il fit imprimer cet écrit au nombre
d'environ cent exemplaires pour ses amis, et
ne le mit pas dans le commerce, en sorte qu'il
est devenu d'une rareté excessive. J'en possède
un exemplaire qui a beaucoup souffert par le
feu, où il paraît être tombé par accident :
toutefois le texte ni la musique n'en ont pas
été détruits. Ce petit ouvrage a pour litre :
Praktischer Beiveis , wie aus einem noch
dem wahren Fundamente solcher Noten-
Kiinsteleyeîi gesetzten Canone perpétua in
hypodiapente quatuor vocum, viel und
mancherley, Theils an Mélodie, Theils auch
an Harmonie unterschiedene Canones per-
peluiàA zumachen seyn, etc. (Démonstration
pratique pour faire, d'après les vrais prin-
cipes, et d'après un exemple, un canon per-
pétuel à la quinte inférieure, etc.), 1725, petit
in-4° de trois feuilles , sans nom de lieu.
L'exemple choisi par Stœlzel est fort ingénieux
et bien écrit.
Stœlzel a laissé en manuscrit quelques
traités relatifs à la musique qui se trouvaient
encore en 1760, entre les mains de son fils,
surintendant à Gotha. Ils consistaient :
1° En un traité de la musique des Grecs;
2° Un traité du récitatif, écrit pour la Société
musicale de Mizler, dont l'auteur était mem-
bre. Albrecht, de Mulhausen, avait promis,
en 17C2, de publier cet ouvrage; mais il n'a
pas tenu sa parole; 5° Une introduction à la
composition; 4" Une instruction snr le contre-
point.
STOELZEL (Henri), né vers 1780, à
Pleiss, dans la Haute-Silésie, étudia la mu-
sique et le cor dans sa jeunesse, puis entra
dans la chapelle du prince de Pleiss, et vécut
à Breslau pendant plusieurs années, en qua-
lité de musicien de chambre. En 1814, il se
signala par une invention qui a modifié toute
la famille des instruments de cuivre, en leur
142
STOELZEL - STOEPEL
fournissant des noies ouvertes sur tous les de-
grés de Téchelle chromatique. Cette invention
l'ut celle de deux pistons placés par Slœlzel sur
la pompe du cor, pour mettre en communica-
tion l'air avec des tubes ou\erls pour chaque
note, au lieu de ne produire ces notes en sons
bouchés que par la main dans le pavillon,
d'après le procédé inventé longtemps aupara-
vant par Hampel (voyez ce nom). Celle inven-
tion de Stœlzel fut signalée par Bierey, direc-
teur de musique à Breslau, dans une noie
insérée au n" 18 de la Gazette musicale de
Leipsick (ann. 1815), et le savant mailre de
chapelle Frédéric Schneider analysa dans le
même journal (26 novembre 1817) les avan-
tages de celle invention, et fit très-bien re-
marquer qu'ils consistent surtout à donner de
bonnes noies sonores dans l'octave basse du
cor, au lieu des notes sourdes cl sans effet que
produit le cor ordinaire. Au mois de décembre
1817, Slœlzel fit entendre son nouvel instru-
ment dans un concert à Leipsick. Dans l'an-
née suivante, il joua aussi à Berlin avec suc-
cès, et obtint du roi de Prusse un brevet pour
dix ans. A la même époque, il l'ut admis dans
la chapelle royale et dans la musique de la
chambre. Schlott, fabricant d'instruments de
cuivre à Berlin, entreprit de perfectionner
l'invention encore bien grossière de Stœlzel,
et plus tard, Schuster, autre facteur d'instru-
ments à Carlsruhe, modifia celle invention,
d'après l'invitation de Christophe Schuncke, en
«tant les pistons de la coulisse pour les placer
sur les branches de l'instrument. M. Meyfred,
professeur de cor à pistons au Conservatoire
de Paris, fit aussi des travaux pour améliorer
cet instrument; mais il était réservé à M. Sax
(voyez ce nom) de le porter à sa perfection.
L'invention de Stœlzel a conduit au cornet à
pislons, aux familles des Sax horns et Saxo-
tromba, à la trompette à cylindre, au trom-
bone à trois, quatre, cinq et six pistons, et aux
basses d'harmonie. Slœlzel a obtenu, en 1829,
sa pension de retraite; il est mort à Berlin,
en 1844.
STOEPEL (François-David- Christophe),
né le 14 novembre 1794, à Oberhelderungen,
en Prusse, était fils du cantor et maître d'école
de ce lieu. Destiné à l'état de son père, il fut
envoyé fort jeune au séminaire de Weissen-
fels. Dès sa dix-huitième année, il obtint une
place de mailre d'école à Frankenherg, en
Saxe; malheureusement son caractère incon-
stant, inquiet, commença dès lors à se mani-
fester, en lui faisant quitter cette position peu
de temps après l'avoir prise. Dévoré d'ambi-
tion, et ne possédant, pour la satisfaire, ni une
spécialité de laleuls, ni une instruction suffi-
sante, il vit commencer, dès le début de sa car-
rière, une lutte pénible entre ses désirs de re-
nommée et de bien-être, et la fortune qui le
trahissait. A son départ de la Saxe, Stœpel fit
un petit voyage dans le Holslein; puis il sévit
contraint d'accepter une place de précepteur
chez un baron Dunkclmann; mais il ne la
garda pas plus longtemps que celle de Fran-
kenberg. Après l'abandon de sa dernière place,
il y a une lacune de quelques années dans les
renseignements qu'on possède sur sa vie. On
ne retrouve Stœpel qu'à Berlin, en 1819 : il
était alors âgé de vingt-cinq ans. Alors, seule-
ment, il essaya d'appuyer son existence sur la
musique qu'il avait apprise dans sa jeunesse.
Il jouait un peu de piano et de violon, avait
quelque teinture de théorie, d'histoire et de
littérature musicale; mais tout cela était su-
perficiel. Toutefois, il ne s'effraya point à
l'idée de se mettre au grand jour dans une
ville aussi importante que Berlin, et il osa y
entreprendre un cours d'histoire de l'art, dans
le local de l'Académie royale des sciences : il
en a publié plus tard la première leçon dans
la Gazette musicale de Vienne (ann. 1822).
Ce fut aussi à celle occasion qu'il fit paraître
une sorte d'abrégé de l'histoire de la musique
moderne (Grundziige der Geschichle der mo-
dernenJlusik; Berlin, 1821, in-4° de quatre-
vingt-cinq pages), en forme de table chrono-
logique des principaux faits. Le cours et le
livre eurent peu de succès.
A cette époque, quelques musiciens français
et allemands se préoccupaient de la nouvelle
méthode d'enseignement du piano et de l'har-
monie imaginée par Logier (voyez ce nom), et
mise en pratique' par lui dans plusieurs villes
d'Angleterre avec beaucoup de succès : Stœpel
crut y entrevoir une source de fortune, et il
eut assez de protection pour obtenir du gou-
vernement la mission d'aller étudier cette mé-
thode à Londres, auprès de l'inventeur. De
retour à Berlin, il établit son école sous le pa-
tronage du roi ^ mais après un certain temps
d'essai, le résultat ne répondant point à ses
pompeuses promesses, le gouvernement fit
inviter Logier à se rendre à Berlin, pour diri-
ger lui-même l'organisation de l'école. A son
arrivée, de vives discussions éclatèrent entre
lui et Stœpel, et celui-ci s'éloigna, en 182ô,
pour aller fonder des écoles du même genre à
Potsdam, puis à Erfurt, Gotha el Meintingen.
Dans cette dernière ville, il obtint un secours
considérable du duc régnant. Il aurait pu s'y
STOEPEL — STOER
143
créer une honorable position ; mais l'instabilité
de ses goûts et de ses projets lui fit encore quitter
cette résidence pour aller à Hildburghausen,
d'où des motifs graves le firent partir. Il se
rendit alors à Francfort sur-le-Mein (en 1825),
y établit une école d'après son système, el y
entreprit un journal de musique (l).On ignore
les motifs qui lui firent quitter précipitam-
ment celte ville pour aller à Darmstadl, où le
grand duc de Hesse l'employa à donner des le-
çons de théorie aux musiciens de sa chapelle.
Schilling dit, dans son Lexique universel de
musique, que des motifs impérieux firent ces-
ser les leçons, et que Stœpel disparut. Peu de
temps auparavant, il avait obtenu de la fa-
culté de philosophie de l'université d'Erlang, le
diplôme de docteur es arts.
Au commencement de 1827, Stœpel arriva
à Munich, y établit une école et entreprit la
publication d'un nouveau journal de mu-
sique (2). Après deux années de séjour dan.;
cette ville, il en partit, el la difficulté de trou-
ver dès lors une position en Allemagne lui fit
prendre la résolution de se rendre à Paris. Il
y arriva au mois de mars 1829, sans recom-
mandation, et sans autre appui que celui de
l'auleur de celle biographie, avec qui il avait
eu des relations épislolaires pendant son séjour
à Munich. Celui-ci le recommanda au vicomte
de la Rochefoucauld, eloblint qu'il lui fùtdonné
des secours pour établir une école de musique
d'après le système de Logier. Malheureuse-
ment, la mode de cet enseignement, autrefois
florissant sous la direction de Zimmerman,
était passée. Les frais de loyer du local et des
pianos absorbèrent les produits de l'établisse-
ment de Stœpel : après quelques années d'une
existence languissante, celte école fut fermée,
et la position du professeur devint très-mal-
heureuse, quoiqu'il fût employé dans la rédac-
tion de la Gazette musicale de Paris, et qu'il
•eût ouvert des cours dans quelques pension-
nats. Le chagrin altéra sa santé, et le 19 dé-
cembre 1856, il mourut d'une maladie de
langueur.
Outre les ouvrages cités précédemment,
Stœpel a publié : 1° Ueber J.-B. Logier's
System der Musih- JFissenschaft (Sur le sys-
(1) Altgemeiner musikalischer Anzeiger (Le Moniteur
général de la musique). Francfort, Fischer, 1826, in-4».
Ce journal n'eut qu'une année d'existence. Stœpel en
commença une suite sous ce titré : Minerva, ein Ueiblall
zum Allyemeiner musikalisclter An-eiger (Minerve, con-
tinuation du Moniteur général de la musique). Franc-
fort, 1826-1827. II n'en parut que quatre numéros.
(2) Munchner Musikzeitung (Gazette musicale de Mu-
nich). Munich, Sidler, 1827 et 1828, in-4".
lème de la science musicale, par J.-B. Lo-
gier); Munich, 1827, in-8°. 2° Bcylrxge zur
// iirdigung der neuen Méthode der gleich-
zeitigen Unterricht einer Mehrzahl von
Schuleren im Piano- forte-Spiel und der Har-
monie, etc. (Essais d'appréciation de la nou-
velle méthode d'enseignement simultané à
l'égard de la plupart des élèves pour le piano
et l'harmonie); Gotha, 1823, in 8°. On a aussi
de sa composition : 1° Trois recueils de chants
allemands à voix seule avec piano, sous le
titre de Melodora : le premier a paru à Leip-
sick, chez llofmeister ; le second, à Ham-
bourg, chez Crisliani, et. le troisième, à Franc-
fort, chez Fischer. 2° Chants spirituels de
Gœlhe, Herder et Novalis à quatre voix, op. 11;
Francfort, Andréa. 5° Thèmes variés pour
piano, Hildburghausen, Kessel ring. 4° Neues
System dur Harmonielehre und des Unter-
richts in Piano- forte-Spiel; Francfort, An-
dréa, trois parties in-4°. 5° Méthode de chant:
Paris, Stœpel. 6° Méthode de piano; idem.,
ibid. 7° Collection de morceaux de piano pour
le cours; ibid. Stœpel a fourni beaucoup d'ar-
ticles à la Gazette musicale de Paris, et quel-
ques-uns à celle de Leipsick (t. XXIII et
XXVII).
STOEPPLER. (CnAULEs) , musicien de
la chambre du duc de Brunswick, né vers
1810, a l'ail représenter, au mois de décembre
1847, sur le théâtre de Brunswick, l'opéra en
trois actes intitulé Karl der Fiinfte vor Tu-
nis (Charles-Quint devant Tunis). Cet ouvrage
obtint un brillant succès, et le compositeur fut
appelé sur la scène à la fin de la représenta-
lion; honneur plus rare en Allemagne qu'en
Italie et en France. Le même artiste a publié
ipielques Lieder à voix seule avec piano, et le
chant à quatre voix d'hommes qui a pour litre:
Teulsches f'olkslied , gedichtet von Karl
Schiller, in D/usilc geselzt fiir A Mxnner-
stimmen; Brunswick, C. Weinholtz, 1841.
STOEII (I) (Charles), musicien au service
du grand-duc de Saxe-Weimar, est néle29juin
1814, à Stolberg, dans le Harz. Son père, mu-
sicien de la ville, lui donna les premières le-
çons de musique; ses progrès furent si ra-
pides, qu'à l'âge de sept ans, il put débuter
sur le violon dans les concerts. Lorsqu'il eut
atteint sa huitième année, il alla étudier sous
la direction de Taubert, à Halle. Après deux ans
de séjour dans cette ville, il retourna chez ses
parents et y resta jusqu'à sa douzième année.
Ayant fait un voyage à Weimar, il y eut tant
(1) Par une faute typographique, ce nom est écrit
Stoerl dans la première édition de celte biographie.
144
STOER — STOKEM
de succès, que le grand-duc l'engagea pour sa
chapelle. Depuis lors, il n'a plus quille celte
ville. Parmi ses compositions, on cite les bal-
lets qu'il a écrits pour le théâtre de Weimar,
remarquables par des idées brillantes de fraî-
cheur et d'originalité. Cn lui doit aussi plu-
sieurs morceaux pour l'orchestre et pour le
violon. En 1843, il a fait représenter, sur le
théâtre de la cour à Weimar, l'opéra intitulé
Die Flucht (la Fuile). Une ouverture de sa
composition y a été exécutée en 1842. Slœr a
été souvent appelé à Jéna pour y jouer dans
les concerts. En 1840, il a visité Leipsick et
Berlin, et s'y est fait entendre avec succès.
STQERL (Jean-Georges Chrétien), maître
de chapelle du duc de Wurtemberg, naquit en
1676, à Kirchberg, dans la principauté de Ho-
henlohe. A l'âge de douze ans, il entra comme
enfant de chœur à la chapelle de Stuttgart;
puis le prince l'envoya à Nuremberg étudier le
clavecin et le contrepoint chez le célèbre or-
ganiste Pachelbel. De retour à Stuttgart, il
reçut sa nomination de maître de chapelle. En
1701,Slœrl fit un voyage à Vienne, et pendant
un séjour d'une année dans cette ville, il
acheva de s'instruire dans la composition,
sous la direction de Ferdinand-Tobie Richter;
puis il fil un voyage à Venise, s'y lia d'amitié
avecPolarolo, et en fin il alla à Rome, où il passa
une année dans l'intimité de Pasquini et de
Corelli.Le duc de Wurtemberg l'ayant rappelé
à Stuttgart, il retourna dans sa patrie, et y
occupa la place de maître de la chapelle ducale
jusqu'en 1743, époque de sa mort. On a publié
de cet artiste un recueil de mélodies pour des
cantiques allemands, intitulé : Choral-Schlag-
buch vor alten und neuen, etc., à voix seule
et basse continue; Stuttgart, 1711, in-4°. Il y
en a eu deux autres éditions dans la même
ville, en 1721 et 1744. Stœrl a laissé en manu-
scrit une année entière de musique d'église,
et des cantates à voix seule et basse continue.
STOESSEL (Nicolas), chef de musique de
la garnison de Louisbourg, dans le Wurtem-
berg, est né le 17 mai 1793, à Hassfurt, en
Bavière. Fils d'un pauvre tisserand, qui était
en même temps musicien de guinguette, il
apprit la musique dès l'âge de cinq ans, chez
le cantor du lieu. Après avoir reçu des leçons
de piano, de chant et d'orgue, il commença à
seconder son maître à l'église, dès la deuxième
année. La nécessité d'aider aussi son père dans
les bals de villages, lui fît apprendre à jouer
de la flûte et du violon. Dans l'automne de
1806, il s'engagea dans le 13 me régiment de
chasseurs, qui se trouvait à Hassfurt, et fit
avec ce corps les campagnes de Prusse et d'Au-
triche. De retour dans sa ville natale, il prit
la résolution de se faire maître d'école, et entra
au séminaire de WUrzbourg. Frœhlich {voyez
ce nom), maître de musique de cet établisse-
ment, ayant remarqué ses heureuses disposi-
tions, lui donna des leçons de composition, et
Slœssel écrivit sous les yeux de ce maître des
messes et des symphonies. Ses éludes termi-
nées, il obtint une place de sous-maître à l'école
de Neustadt sur la Saale; mais son goût pas-
sionné pour la musique lui fit quitter cet em-
ploi, pour celui de chef de musique du 4 me ré-
giment de chevau-légers, en garnison à
Augsbourg. En peu de temps il fit de son corps
de musique un des meilleurs de l'armée bava-
roise, et composa beaucoup de morceaux de
musique militaire. En 1826, il reçut sa nomi-
nation de maître de musique au service du rot
de Wurtemberg, à Louisbourg; il en remplis-
sait encore les fonctions en 1844. La direction
supérieure de la musique de tous les régiments
qui composent cette garnison lui était confiée.
Stœssel a écrit pour le théâtre les opéras inti-
tulés Rodenstein (représenté à Stuttgart, en
1835), et Lichtenstein. On a gravé de sa com-
position : 1° Fanfares pour six trompettes,
quatre cors et deux trombones, op. 4; Augs-
bourg, Gombart. 2° Musique militaire pour
l'église, à treize trompettes, quatre cors et
deux trombones, op. 6; ibid. 3° Sérénade pour
guitare, violon et alto, op. 5; ibid. 4° Diver-
tissement pour piano, guitare et flûte, op. 13;
Mayence,Scholt.. 5° Pièces pour piano et flûte,
op. 8; ibid. 6° Grande sonate pour piano et
flûte, op. 9; Mayence, Schott. 7° Beaucoup de
danses pour divers instruments. 8° Des chan-
sons allemandes à voix seule, avec accompa-
gnement de piano; Augsbourg, Gombart.
STOHRIUS (Jean-Macrice), savant alle-
mand, naquit à Grimma, dans la Poméranie,
vers le milieu du dix-septième siècle. On a im-
primé sous son nom une dissertation intitulée :
Organum musicum historiée exstructum;
Leipsick, 1693, in-4°.
STORES! (Jean), musicien flamand, vécut
dans la seconde moitié du quinzième siècle.
On n'a jusqu'à ce jour aucun renseignement
sur le lieu et la date de sa naissance; la position
qu'il occupa est également ignorée; son nom
même n'était pas connu dans l'histoire de la
musique, lorsque le hasard a fait découvrir des
morceaux de sa composition dans deux livres
d'un recueil dont l'exemplaire est unique. Ce
recueil, monument le plus ancien de la typo-
graphie musicale inventée par Octavien Pe-
STOKEM — STOLZ
145
trucci deFossombrone (voyez Petrucci), a pour
titre Harmonice musices Odhecaton : il est
divisé en trois livres. Le premier, marqué A,
qui fut publié à Venise, en 1501, contient sept
chansons françaises de Jean Stokem, dont six à
quatre parties et une à trois. Les premiers mots
des chansons à quatre voix sont : 1° Brunette;
2° J'ay pris amours; 3° Por quoy ie ne puis
dire (Je ne puis dire pourquoi); 4° Mon mi-
gnault (Mon mignon); 5° Dit le Bourguy-
gnon; 6° Halas ce n'est pas. La chanson à trois
voix commence ainsi : Ha traytre amours.
Le troisième livre du même recueil, marqué
Canti C. } n° cento cinquanta, et publié à
Venise, en 1503, renferme trois chansons à
quatre voix de Slokem ; elles commencent par
ces mots : 1° Jaypris mon bourdon; 2° Ser-
viteur soye; 3° Je sut Dalemagne (Je suis
d'Allemagne). On trouve aussi un Et in terra
pax, tiré de la messe à quatre voix De Beata
Virgine, par Jean Stockem, dans le recueil
de fragments de messes (Fragmenta missa-
rum) publié par Petrucci, en 1509, petit in-4°
oblong.
STOLI (Antoine), chanoine romain, n'est
connu que par un écrit intitulé : Metodo gra-
fico di riduzzione délie note di musica in
cifre numeriche aduso dell' armonog raphia ,
dal canonico Stoli; in Roma, tipografia
Salviucci, 1841, in-8° avec planches litho-
graphiées.
STOLL (François de Paule), guitariste
distingué, est né le 26 avril 1807, au château
de Schœnbrunn, près de Vienne. Par inclina-
tion, il apprit dans sa jeunesse à jouer de la
guitare, et quoiqu'il ne fût alors qu'amateur,
il acquit sur cet instrument une habileté re-
marquable. Plus tard, il perfectionna son ta-
lent sous la direction de Giuliani, et Fœrster
lui donna des leçons de composition. Après
avoir parcouru avec succès l'Allemagne, la
Russie, la France et la Hollande, il s'est fixé à
Amsterdam, où il se trouvait en 1843. Sloll a
publié, dans celte ville et à Vienne, quelques
pièces pour son instrument, entre autres des
variations, op. 2, 7, 8, 9; Vienne, Pennauer;
des danses et des valses.
STOLLE (Philippe), téorbiste et composi-
teur allemand, né en Bohême, vécut vers le
milieu du dix-septième siècle. Après avoir été
attaché quelque temps au prince électoral de
Saxe, il obtint la place d'administrateur des
mines à Magdebourg.il occupait celle position
lorsqu'il publia l'ouvrage qui a pour titre :
David Schirmers singende Rosen, oder SU-
ten und Tugenlieder, in die Musik gebracht,
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
durch Ph. Stollen (les Roses chantantes de
David Schirmer, ou chansons morales et de
mœurs mises en musique par Ph. Stolle);
Dresde, 1654, in-fol.
STOLLE (Gotthard-Antoine), virtuose
sur le trombone, était moine du couvent de
Kœnigsal, en Bohême. Il naquit à Kunersdorf,
le 27 janvier 1739. Un franciscain, nommé
le père ffermolaiis, fut le maître qui lui en- _
seigna à jouer de son instrument. Après la
suppression de son monastère, il se retira à
Prague, et forma quelques bons élèves trom-
bonistes. Déjà âgé de cinquante-huit ans, le
P. Stolle se#fit entendre à la cour de Dresde, en
1797, et fut admiré comme un prodige. L'élec-
leurdeSaxe lui fit présent d'une tabatière d'or,
en lémoignagede sa satisfaction. Stolle mourut
à Prague, le 29 mai 1814, laissant en manu-
scrit douze concertos pour trombone et quel-
ques thèmes variés.
STOLLEWERK (Mademoiselle Nina),
compositeur, née à Vienne vers 1825, est élève
de Simon Sechter. Elle s'est particulièrement
distinguée, dès l'âge de seize ans, parle goût
et le charme de ses Lieder; mais elle a écrit
aussi de grandes et sérieuses compositions, an
nombre desquelles on remarque une messe (en
/"a), qui a été exécutée à Vienne, dans l'été de
1846, à l'église des Franciscains. Les œuvres
publiées par mademoiselle Stollewerk sont :
1° Eliza's erstes Begegnen (les Premières
rencontres d'Elisa), poëme à voix seule avec
piano; Vienne, Glœggl. 2° Grubenfahrt (la
Descende dans les mines), idem y op. 2; ibid.
4° Wo bist du? (Où es-tu?) idem, op. 3;
Vienne, Diabelli. 4° Trois Lieder idem, op. 4;
Leipsick, Ristner. 5° Deux poèmes idem,
op. 5 ; Vienne , Wilzendorf. 6° Jfunsch
und Gruss (Souhait et compliment), chan-
son de nourrice idem, op. 6; Vienne, Dia-
belli.
STOLLIUS (Jean), dont le nom allemand
était vraisemblablement STOLLE, naquit
vers 1560, àCalemberg, en Saxe. Après avoir
été quelque temps cantor à Reichenbach, il
alla remplir des fonctions semblables à Zwic-
kau,enl591; puis il fut appelé à Weimar, avec
le titre de maître de chapelle. On a de cet ar-
tiste : 1° Epicedia, oder Grab-Lieder beym
Tode Herzogs Johann, mit 4 und 8 Stitnmen
(Chant funèbre sur la mort du duc Jean de
Saxe, à quatre et à huit voix). 2° Motet de
noces sur le texte : ÏFer die Braut hat,
der ist den Brautigam, à six \o\x; ibid.,
1614.
STOLZ (Rosine), dont les noms véri-
10
146
STOLZ
tables, suivant M. Scudo (1), sont ROSE
NIVA, mais dont l'acte de naissance porte
ceux de VICTOROE IVOEB, est née à
Paris, le 15 février 1815. Jusqu'à l'âge de
onze ans, son éducation fut complètement né-
gligée, çt la misère dans laquelle languissait sa
mère, seul soutien de quatre enfants, fut cause
du peu de soins donnés à sa personne dans son
-enfance. Douée d'une voix de mezzo soprano
naturellement accentuée et d'une rare intelli-
gence, elle fut admise, en 1826, dans l'école
de musique dirigée par Choron, et, dirigée
dans ses éludes par un maître de celle insti-
tution, nommé Ramier , elle y développa ses
qualités instinctives pour le chant d'expression
auxquelles il manqua malheureusement tou-
jours un bon mécanisme de vocalisation. La
révolution de juillet 1830 ayant amené la sup-
pression de l'institution de musique religieuse
de Choron, Rose Niva, ou plutôt Fictorine
Noeb en sortit, après quatre ans et demi
d'études, et n'eut d'abord d'autre ressource
que de se faire choriste de théâtre. Arrivée à
Bruxelles, en 1832, sous le nom de madame
Ternaux, elle entra dans les chœurs du
Théâtre-Royal. Snel, alors chef d'orchestre et
directeur de musique de ce théâtre, frappé de
l'intelligence dramatique de cette jeune fille,
lui fit chanter quelques petits rôles. Dans la
même année, elle quitta cette position pour
aller à Spa, où elle fut engagée comme seconde
chanteuse pour la saison. Elle y débuta sous
le nom de mademoiselle Héloïse. Après la
clôture du théâtre de Spa, elle fut attachée
pendant quelques mois au théâtre d'Anvers,
où elle ne fut pas remarquée ; puis elle eut, en
1833, un engagement au théâtre de Lille, où
elle prit le nom de Slolz, qu'elle a conservé
depuis lors. Elle eut peu de succès dans cette
ville, où elle débuta par le rôle de Nicelte
dans le Pré aux CVercsd'Hérold.En 1834, elle
chant3 à Amsterdam, dans l'opéra fiançais; puis
elle retourna à Anvers, et quelques mois après,
elle rentra au théâtre de Bruxelles, comme
premier rôledu grand opéra. Ce fut alors que,
blessée par l'accueil peu bienveillant que lui
faisait le public, elle vint me demander mon
opinion sur sa voix et sur son talent. Je la fis
chanter et je fus immédiatement intéressé par
son accentuation dramatique et parla largeur
desonstlyejmaisje ne lui cachai pas les défauts
deson éducation vocale ainsi que l'inégalité de
quelques noies du médium de sa voix. Cassel,
élève de Garât et bon professeur de chant,
(I) Critique littéraire et musicale, p. 411.
était alors à Bruxelles; je conseillai à ma-
dame Slolz de prendre de lui quelques leçons
pour améliorer sa mise de voix, ce qu'elle
fit. Dans l'année suivante, Nourrit vint à
Bruxelles et choisit la Juive, d'Halévy, pour
un des ouvrages qu'il voulait chauler; je lui
recommandai la jeune femme qui devait chan-
ter le rôle de Rachel, et lui en parlai comme
d'une artiste douée de précieuses qualités.
Elle s'y révéla en effet et me donna la cer-
titude de ses succès futurs, lorsqu'on écrirait
pour elle des rôles où ses qualités personnelles
seràientmisesenévidence. Le2mars 1837, elle
épousa, à Bruxelles, M. Lescuyer, de Rouen,
régisseur du Théâtre-Royal de cette ville ;
bientôt après, elle partit pour Paris, avec une
lettre de recommandation que je lui donnai
pour M. Duponchel, directeur de l'Opéra, et, le
25 août de la même année, elle débuta dans
la Juive, pendant une absence de mademoi-
selle Falcon. Elle y réussit par ses qualités, en
dépit de ses défauts, qui furent constatés par
la critique. Suivant le conseil que je lui avais-
donné, elle prit un maître de vocalisation et
ses progrès furent remarqués dans le rôle du
page, du Comte Ory. Le premier ouvrage qu'on
écrivit pour elle fut la Xacarilla, de Mar-
liani, en 1830; elle y eut un brillant succès
dans le rôle du matelot. Ce fut surtout dans la
Favorite, de Donizelti, représentée le 29 no-
vembre 1840, que madame Slolz conquit une
position assurée dans l'opinion publique; son
chant y fut pur et large; son action drama-
tique, pleine de chaleur et de sensibilité. La
Reine de Chypre (décembre 1841), et le rôle
(VOdette, dans Charles FJ (mars 1843), ache-
vèrent de consolider la réputation de celle can-
tatrice, et démontrèrent que je ne m'étais pas
trompé lorsque j'avais jugé qu'elle ne pouvait
réussir que dans des ouvrages écrits pour elle;
car elle ne fut que médiocre dans les rôles de
l'ancien répertoire. Le Lazzarone, d'Halévy,
et Marie Stuart, de Niedermeyer (1844), lui
fournirent aussi des occasions de mettre en
relief ses qualités personnelles. Dans les an-
nées 1845 et 1846, sa voix subit de notables
altérations; elle ne réussit pas dans VEtoile
de Séville, écrite pour elle par Balle; et le
changement d'administration de l'Opéra l'obli-
gea de prendre sa retraite en 1847; car elle
avait abusé de son influence sur le directeur
auquel on venait de donner un successeur,
pour faire écarter de ce théâtre les artistes
dont le talent lui donnait de l'ombrage, tels
que Baroilhct et madame Dorus, voulant quê-
tons les éléments de succès fussent concentrés
STOLZ — STOLZER
14T
en elle seule. Après sa retraite, elle voyagea
pour donner des représentations dans les dé-
partements de la France et à l'étranger, jusqu'à
ce que la perte totale de son organe vocal l'eût
fait enfin disparaître de la scène. J'ignore quel
est le lieu de sa retraite. On a publié : 1° Ma-
dame Rosine Stolz ; souvenirs biographiques
et anecdotiques, par M. Julien Lamer; Paris,
1847, in-lG. 2° Les A dieux de madame Stolz;
sa retraite de l'Opéra, sa vie théâtrale, ses
concurrentes, son intérieur ,etc. } par M.Can-
tinjou; Paris, 1847, in-18.
STOLZE (Georges-Christophe), né le
17 mars 1762, à Erfurt, commença son éduca-
tion à l'école Saint-Michel de cette ville, et ap-
prit fort, jeune à jouer de l'orgue, sous la
direction de Georges-Henri Reichardt, orga-
niste de l'église des Négociants. Depuis 1770
jusqu'en 178G, il fréquenta le gymnase d'Er-
furt, et dans le même temps il remplit les fonc-
tions d'organiste à Saint-Thomas. Le 17 sep-
tembre 1786, il fut nommé cantor de l'église
Saint-Michel. Il employa le temps que lui lais-
saient les fonctions de cette place à écrire des
pièces d'orgue dans le style de son maître Rei-
chardt. En 1794, la place de cantor de l'église
des Prédicateurs lui fut donnée et dans l'an-
née suivante, il succéda à Georges-Pierre Wei-
mar comme directeur de musique de la même
église. Il conserva cette place jusqu'en 1828,
époque où il obtint sa pension de retraite,
après trente-quatre ans de service. Il mourut
à Erfurt, le "23 août 1830, à l'âge de soixante-
huit ans, laissant en manuscrit des mélodies
de cantiques et des pièces d'orgue qui ont été
publiées en partie, après sa mort, par son se-
cond fils.
STOLZE (Henri-Guillaume), deuxième
fils du précédent, est né le 1 er janvier 1801, à
Erfurt. L'excellent organiste Kiltel. fut son
premier maître de musique et de piano, mais
le jeune Stolze n'élaitâgé que de huit anslors-
que cet homme distingué mourut. Il resta dès
lors livré à ses propres efïbrts pour la direc-
tion de ses éludes. Plus tard, il reçut des le-
çons du directeur de musique Gebhardi pour
l'orgue et la composition, puis il devint élève
de Fischer, successeur de Kiltel, el apprit aussi
à jouer du violon. Pendant les années 1814 à
1821, où Stolze fréquenta le collège d'Erfurt,
il remplaça souvent son maître à l'orgue dans
le service divin. Le 19 juin 1824, il obtint la
place d'organiste à Clauslhal, dans le Harz, et
peu de temps après il devint organiste de la
ville et du château de Zelle, professeur du col-
lège et de l'école des jeunes filles. Il y orga-
nisa une société de chant et de concerts où il
lit exécuter les symphonies de Mozart, de
Beethoven, et ses propres compositions : lui-
même s'y fit remarquer par son talent sur le
piano. On a publié de cet artiste : 1° Des pe-
tites pièces de piano, à deux el à quatre mains,
avec ou sans accompagnement, à Erfurl, chez
Andréa. 2° Des danses pour l'orchestre, Wol-
fenbultel, chez Hartmann. 3° Des fugues pour
l'orgue, op. 3, 7 et 21 .4° Trente petites pièces fa-
ciles pour orgue, op. 22. 5° Le livre complet des
mélodies chorales pour la Thuringe (Allgem.
Choral melodieenbuch,elc.).G° Chants à quatre
voix d'hommes, op. 11, 26 et 47.7° Quatre
Lieder à voix seule avec piano, op. 11.8° In-
troduction, variations et finale pour piano à
quatre mains, op. 27 et 28. 9° Variations pour
violoncelle et piano, op. 6. 10° L'oratorio Die
Eroberung Jerusalems (la Prise de Jérusa-
lem), op. 40. 11° Cent Lieder à une, deux,
trois et quatre voix avec piano, op. 9, divisé en
trois parties ; ibid. 12° Un hymne à quatre voix
et orchestre, op. 3; ibid. 13° Des cantates et
motels avec et sans accompagnement. 14° Un
livre de mélodies chorales pour les églises du
Hanovre, en trois parties; Hanovre, Kruch-
wifz. Slolze a écrit aussi la musique de l'opéra
en trois actes Claudine de Fillabella, de
Gœlhe.
STOLZENBERG (Christophe), né à
Wertheim, en Saxe, le 21 février 1690, était
âgé de près de vingt ans lorsqu'il commença à
cultiver la musique pour en faire sa profes-
sion. En 1711, il fut nommé cantor à Sulz-
bach, et deux ans après, il entra au collège de
Ratisbonne, en qualité de professeur de chant.
En 1720, il avait déjà composé trois années
complètes de musique d'église, des canlates, et
des concertos pour divers instruments. Il vi-
vait encore à Ratisbonne, en 1741.
STOLZER (Thomas), fut un des musiciens
allemands les plus distingués qui vécurent au
commencement du seizième siècle. Il naquit à
Schweidnilz, en Silésie, vers 1490, et fut
maître de chapelle de Louis de Hongrie, qui
monta sur le trône en 1516. Slolzer mourut le
29 août 1526. Un poète de la Silésie a dit de
lui :
Stolcerus vngulis cerlans Syrenibus undas
Occupât; o vestrum turba canora decus:
HermannFink place Stolzer au nombre des
musiciens allemands les plus remarquables de
son temps. On trouve des morceaux de sa com-
position dans les recueils qui ont pour titres :
1° Hundert und fiinfflzehen guter newer
10.
143
STOLZER — STORCH
Liedlein, mitvier, filnff, sechs Stimmen, vor
nie im truck aussgangen, deutsch, frantzœ-
sisch , tvelsch und lateinisch, etc. (Cent quinze
nouvelles chansons à quatre, cinq, six voix, en
allemand, français, flamand et latin, non pré-
cédemment imprimées, etc.); Nuremberg,
Jean Otl, 1544, in-4°. 2° Novum et insigne
opus musiciim, sex, quinque et quatuor vo-
cum, cujus in Ger mania hactenus nihil si-
miléusquamcst editum, etc.; Noribergx ,arte
Hieronymi Graphxi etc., 1557, petit in-4°
oblong. 3° Tomus primas Psalmorum selec-
torum a prxstantissimis musicis in Har-
monias quatuor aut quinque vocum redac-
torum; Norimbergx, apud Joh. Petreium,
1538, petit in-4°obl. 4° Tomus secundus t elc;
ibid., 1559. 5° Symphonix jucundx atque
adeo brèves quatuor vocum; Fitebergx, 1558,
par Georg. Rhau. 6° Fesperarum precum
officia, psalmi feriarum, et dominicalium
dierum totius anni, etc.; Fitebergx, 1540,
apud G. Rav (sic). 7° Sacrorum hymnorum
liber primus. Centum et tringinta quatuor
hymnos continens,ex optimisquibusqueau-
thoribus musicis collectus inter quos primi
artifices in hac xditione sunt Thomas Stol-
zer, Henricus Finch. Arnoldus de Bruck, et
alii quidam; Fitebergx, apud Giorgium
Rhav, 1542, petit in-4° obi. 8° Bicinia gal-
lica, latina et germanica, et quxdam fugx.
Tomi duo ; Fitebergx, apud G. Rhav, 1543,
petit in -4° obi.
STOllACE (Anne-Céline), cantatrice dis-
tinguée, était fille d'un contrebassiste italien
qui s'était fixé en Angleterre. Elle naquit à
Londres, en 1761. Son père lui donna les pre-
mières leçons de musique, puis l'envoya au
Conservatoire de VOspedaletto, à Venise, où
elle devint élève de Sacchini pour le chant.
En 1780, elle débuta au théâtre de la Pergola,
à Florence, avec un brillant succès. L'année
suivante, elle chanta à Parme, et dans l'au-
tomne de 1782, elle brilla au théâtre de la
Scala, à Milan. En 1784, l'empereur Jo-
seph II la fit engager pour le théâtre impérial
de Viennent lui assura un traitementde mille
ducats, somme considérable pour cette époque.
Après le carnaval de 1787, elle quitta Vienne,
pour aller à Venise, et de là à Londres, où
elle arriva en 1788. Elle y fut bientôt mise au
rang des premières cantatrices de l'époque.
Elle chanta avec un prodigieux succès au fes-
tival de la commémoration de Hsendel, en
1790, puis elle s'engagea au théâtre de Drury-
Lane. Elle ne quitta ce théâtre qu'après la
niort de son frère, en 1796. Alors clic retourna
en Italie, chanta aux théâtres du Turin et de
Milan dans les années 1798 et 1799, et, enfin,
elle se retira, en 1801, dans une maison de
campagne près de Londres, où elle mourut
en 1814.
STOUACE (Etienne), frère de la canta-
trice de ce nom, naquit à Londres, en 1765.
Son père lui donna les premières leçons de mu-
sique et lui fit faire de si rapides progrès, qu'à
l'âge deonze ans, Storaceexécutait avec beau-
coup de correction les ouvrages les plus diffi-
ciles de Tartini. Vers cette époque, son père
l'envoya en Italie, où il étudia le clavecin, le
violon et le contrepoint. Il s'y lia d'amitié
avec le chanteur Kelly, qui, plus lard, lui fut
utile en Angleterre. De retour dans ce pays,
Slorace alla d'abord s'établir à Bath ; mais n'y
ayant pas trouvé plus d'occasions qu'à Lon-
dres d'y faire usage de ses talents en musique,
il fut obligé d'avoir recours à la peinture de
portraits, où il avait quelque habileté. Enfin,
Kelly lui procura un engagement au théâtre
de Drury-Lane, comme compositeur. Son pre-
mier ouvrage fut un brillant début qui lui fit
obtenir des éditeurs de musique un prix beau-
coup plus élevé pour les morceaux de ses opé-
ras que celui qu'on avait accordé précédem-
ment. Ses ouvrages se succédaient avec rapidité,
et sa réputation commençait à s'étendre, lors-
qu'une goutte remontée lui donna la mort à
l'âge de trente-trois ans, dans le mois de mars
1796. Il avait épousé la fille du célèbre gra-
veur Hull, et en avait eu plusieurs enfants.
Storace était un compositeur fécond en idées
originales, et traitait particulièrement avec
un rare talent les morceaux d'ensemble et les
finales de ses opéras. Voici la liste de ceux
qu'il a fait repréienter au théâtre de Drury-
Lane, à Londres : 1° Le Docteur et l'Apothi-
caire, en 1788. 2° Haunted toicer (la Tour
enchantée), opéra-comique, en 1789. 3° No
song, no supper (Point de chanson, point de
souper), 1790. 4° Le Siège de Belgrade,
opéra-comiqne, 1791. 5° L'Antre de Tro-
phonius, farce, 1791.6° Les Pirates, opéra
semi-seria, 1792. 7° Didon, opéra sérieux en
trois actes, 1792. 8" The Prize (le Prix),
intermède, 1795. 9° Le premier de juin,
idem, 1794. 10" Cherokee, opéra-comique,
1794. 11° Lodoïska, opéra-romantique, 1794.
12° My Grand-Mother (Ma Grand'Mère),
farce, 1795. 15" Mahmoud, opéra, 1796.
14" The iron Chesl (le Coffre de Fer), 1796.
STORCH (Antoine-M.), compositeur et
corniste, fut d'abord membre de l'orchestre à
Posen (1830-1856), puisse rendit à Vienne, où
STORCH — STRADELLA
149
il devint directeur de musique d'une société
de chant d'hommes. En 1845, il fut nommé
chef d'orchestre du théâtre de la Porte de Ca-
rinlhie. Cet artiste s'est distingué par l'origi-
nalitédeses chants pour des chœurs d'hommes;
ses principaux ouvrages pour le chant sont:
1° Bas Vœgelein (le Petit Oiseau), poème à
voix seule avec piano, cor ou violoncelle;
Vienne, Witzendorf. 2° La Nonne, ballade à
voix seule avec piano, op. 11 ; ibid. 3° Chants
populaires de la Basse-Autriche, idem, op. 12;
ibid .4° Die Karthause (la Chartreuse), poème
à 4 voix d'hommes (solo et chœur), avec quatre
cors ad libitum, op. 15; Vienne, Mechetti.
5° Kriegers ffeimkehr (Retour du Guerrier),
poème pour deux ténors et trois basses (quin-
tette et chœur), op. 18; Vienne, Haslinger.
6° Griln (la Verdure), chant à quatre voix
d'hommes avec quatre cors, op. 19; ibid.
7° Morgengriisse (Salut du matin), chant pour
quatre voix d'hommes seules, op. 20; ibid.
8° Leben und Lied (Vie et Chant), double
chœur à huit voix, op. 21 ; Vienne, Glœggl.
9° For der Schlaclit (\\anl la Bataille), chant
pour des voix d'hommes, op. 22; ibid. 10° Chan-
son à boire pour quatre voix d'hommes,
op. 27; Vienne, Muller. 11° Après la Bataille,
poème pour des voix d'hommes ; Vienne, Wit-
zendorf. 12° Chant de Bohémiens pour quatre
basses et quatre cors ; Vienne, Millier. 1o° Of-
fertoire {Ave Regina), pour quatre voix
d'hommes; Vienne, Mechetti. 14° Miserere
mei Beus, idem; ibid. 15° Tantum ergo,
idem; Vienne, Mliller. Les biographes alle-
mands ne fournissent aucun renseignement
sur cet artiste, et ne le mentionnent même
pas.
STORIONI (Laurent) fut le dernier
luthier de quelque mérite qui travailla à Cré-
mone, et succéda aux Guarneri. Il naquit dans
cette ville, en 1751, et commença à travailler
sous son nom, en 1776, car on connaît des
violons de lui qui portent celte date. Il est vrai-
semblable qu'il mourut dans un âge peu
avancé, car ses derniers produits ne dépassent
pas 1795. Les violons et les basses de Slorioni
sont des imitations des instruments de Stra-
divari; mais les proportions ne sont pas tou-
jours exactement observées. Cependant, on
connaît de lui desviolons qui ne manquent pas
de qualité. Leur prix est celui des instruments
italiens de troisième ordre. Ses violoncelles
surtout se font remarquer par le volume du
son.
STRADELLA (Alexandre), célèbre com-
positeur et chanteur, naquit à Naples, vers
1645. Aucun renseignement n'est parvenu jus-
qu'à nous surla direction de ses études, le nom
de ses maîtres, et vraisemblablement la lou-
chante histoire de ses malheurs serait main-
tenant ignorée, malgré la réputation qu'il se
fit par ses talents, si le médecin Bourdelot, son
contemporain, ne nous l'avait transmise dans
les mémoires manuscrits qui ont servi de base
à l'informe histoire de la musique écrite par
son neveu Bonnet. Burney pense que Bourde-
lot s'est trompé en disant, au commencement
de cette histoire, que la république de Venise
avait invité Slradella à écrire pour les théâtres,
de celle ville, parce qu'aucune pièce de sa
composition ne parait dans le Catalogue des
opéras représentés à Venise dans le dix-sep-
tième siècle; toutefois, il serait possible qu'il
eût élé engagé pour quelque ouvrage de ce
genre, et que l'aventure qui le fit s'éloigner
précipitamment de Venise ne lui eût pas per-
mis de l'achever et de le faire représenler.
Quoi qu'il en soil, voici comment Bourdelot
rapporte celle aventure, et la fin malheureuse
de Stradella(l) :
« Un nommé Stradel (2), fameux musicien
» qui était à Venise gagé par la république,
» pour composer la musique des opéras, qui y
» sont si considérables pendant le cours du
» carnaval, ne charmait pas moins par sa voix
» que par sa composition. Un noble vénitien,
» nommé Pig... (5), avait une maîtresse qui
y> chantait assez proprement; il voulut que ce
» musicien lui donnât la perfection du chant
« et allât lui montrer chez elle, ce qui est assez
» contraire aux mœurs des Vénitiens dont la
» jalousie est'à l'excès; après quelques mois
» de leçons, l'écolière et le maître se trouvè-
» rent avoir tant de sympathie l'un pour
» l'autre, qu'ils résolurent de s'en aller en-
» semble à Rome, quand ils en trouveraient
.» l'occasion, qui n'arriva que trop tôt pour
» leur malheur ; ils s'embarquèrent une belle
» nuit pour Rome. Cette évasion mitaudéses-
» poir le noble vénitien, qui résolut, à quel-
» que prix que ce fût, de s'en venger par la
« mort de l'un et de l'autre; il envoya aussi-
» tôt chercher deux des plus célèbres assassins
» qui fussent alors dans Venise, avec lesquels
«> il convint d'une somme de trois cents pis-
» tôles pour aller assassiner Stradel et sa maî-
n tresse, et promit encore de les rembourser
« des frais du voyage, et leur donna la moitié
(1) Histoire de la musique et de ses effets (Paris, 1715,
p. 59 et suiv.
(2) C'est ainsi que Bourdelot appelle Slrudella.
(3) Pignaver?
150
STRÀDELLA
» «l'avance, avec un mémoire instructif pour
» l'exécution du meurtre. Ils prirent le chemin
» de Naples, où étant arrivés, ils apprirent
» que Stradel était à Rome avec sa maîtresse,
» qui passait poursa femme; ils en donnèrent
» avis au noble vénitien, et lui mandèrent
» qu'ils ne manqueraient pas leur coup, s'ils
» le trouvaient encore à Rome, et le prièrent
» de leur envoyer des lettres de recommanda-
» lion pour l'ambassadeur de Venise à Rome,
» afin d'être surs d'un asile. Étant arrivés,
» ils prirent langue, et surent que le lende-
» main Stradel devait donner un opéra spiri-
» tuel dans Saint-Jean de Latran, à cinq
« heures du soir, que les Italiens appellent
» oratorio, où les assassins ne manquèrent
» pas de se rendre, dans l'espérance défaire
» leur coup, quand Stradel s'en retournerait
>) le soir chez lui avec sa maltresse; mais l'ap-
« probalion que tout le peuple fit du concert
•» de ce grand musicien, jointe à l'impression
■» que la beauté de sa musique fit dans le
« coeur de ces assassins, changea comme par
« miracle leur fureur en pitié, et tous deux
» convinrent que c'était dommage d'ôter la
« vie à un homme dont le beau génie pour la
» musique faisait l'admiration de toute l'Italie;
» de sorte que frappés d'un même esprit, ils
» résolurent de lui sauver la vie plutôt que de
» la lui ôter; ils l'attendirent en sortant de
» l'église, et lui firent dans la rue un compli-
» ment sur son oratorio, et lui avouèrent le
» dessein qu'ils avaient eu de le poignarder
» avec sa maîtresse pour venger Pig..., noble
» vénitien, du rapt qu'il lui avait fait; mais
» que touchés des charmes de sa musique, ils
» avaient changé de résolution, et lui conseil-
» lèrent de partir dès le lendemain pour trou-
» ver un lieu de sûreté; et qu'ils allaient man-
ii der à Pig... qu'il était parti de Rome la
■n veille qu'ils étaient arrivés, afin de n'être
» pas soupçonnés de négligence. Stradel ne se
« le fit pas dire deux fois, il partit pour Turin
« avec sa maîtresse. Madame Royale d'aujour-
» d'hui était pour lors régente; ces assassins
« retournèrent à Venise et persuadèrent au
» noble vénitien que Stradel était parti de
» Rome, comme ils l'avaient mandé, pour s'en
» aller à Turin, où il est bien plus difficile de
» faire un meurtre d'importance que dans les
« autres villes d'Italie, à cause de la garnison
» et de la sévérité de la justice, qui n'a pas
» tant d'égard aux asiles qui servent de refuge
•i aux assassins, si ce n'est chez les ambassa-
■■> (leurs ; mais Stradel n'en fut pas quille, car
* le noble vénitien songea aux moyens d'exé-
« enter sa vengeance à Turin, et pour en être
>> plus sur, il y engagea le père de sa mai-
» tresse, lequel partit de Venise avec deux
» autres assassins pour aller poignarder sa
» fille et Stradel à Turin, ayant des lettres de
» recommandation de M. l'abbé d'Estrade,
» pour lors ambassadeur de France à Venise,
» adressées à M. le marquis de Villars aussi
» ambassadeur de France à Turin. M. l'abbé
» d'Estrade lui demandait sa protection pour
» trois négociants qui devaient faire quelque
a séjour à Turin, qui étaient ces assassins,
» lesquels faisaient régulièrement leur cour à
» M. l'ambasseur, en attendant l'occasion de
» pouvoir exécuter leur dessein avec sûreté ;
» mais madame la duchesse Royale, ayant ap-
» pris le sujet de l'évasion de Slradel , (it
» mettre sa maîtresse dans un couvent, con-
» naissant bien l'humeur des Vénitiens qui ne
» pardonnent jamais une pareille injure, et se
» servit du musicien pour sa musique, lequel
» s'allant promener un jour à six heures du
» soir sur les remparts de la ville de Turin, il
» y fut attaqué par ces trois assassins, qui lui
» donnèrent chacun un coup de stylet dans la
» poitrine, else sauvèrent chez l'ambassadeur
» de France, comme un asile certain pour
>j eux; l'action, vue de bien des gens qui se
» promenaient aussi sur les remparts, causa
» d'abord un si grand bruit que les portes de
» la ville furent fermées aussitôt; la nouvelle
» en étant venue à Madame Royale, elle or-
» donna la perquisition des assassins; on sut
» qu'ils étaient chez M. l'ambassadeur de
» France, auquel elle envoya les demander;
» mais il s'excusa de les rendre sans ordre de
» la cour, attendu les privilèges des hôtels des
» ambassadeurs pour les asiles. Cette affaire
» fit grand bruit par toute l'Italie. M. de Vil-
» lars voulut savoir la cause de l'assassinat,
» par ces meurtriers, qui lui déclarèrent le
» fait; il en écrivit à M. l'abbé d'Estrade, qui
» lui manda qu'il avait été surpris par Pig...,
» l'un des plus puissants nobles de Venise;
» mais comme Slradel ne mourut pas de ses
» blessures, M. de Villars fit évader les assas-
» sins, dont le père de la maîtresse du noble
» vénitien était le chef, laquelle il aurait poi-
» gnardée, s'il en avait trouvé l'occasion.
» Mais comme les Vénitiens sont irréconci-
» liables pour une trahison amoureuse, Stra-
» del n'échappa pas à la vengeance de son
» ennemi, qui laissa toujours des espions à
» Turin, pour suivre sa marche; de sorte
» qu'un an après sa guérison, il voulut par
» curiosité aller voir Gênes avec sa maîtresse,
STRADELLA
ir>i
» qu'il appelait Orlensia, que Madame Royale
» lui avait fait épouser dans sa convales-
» cence ; mais dès le lendemain qu'ils y
» furent arrivés, ils furent assassinés dans
« leur chambre, et les assassins se sauvèrent
» sur une barque qui les attendait dans le
» port de Gènes, de sorte qu'il n'en fut plus
» parlé depuis. Ainsi périt le plus excellent
» musicien de toute l'Italie, environ l'an
» 1670. »
Les circonstances de cette aventure sont
trop bien détaillées, et appuyées par des noms
qui étaient trop connus lorsque Bourdelot
'écrivait, pour qu'on n'accorde pas une en-
tière confiance à son récit. Mort en 1685, ce
médecin a été en quelque sorte le témoin du
fait qu'il rapporte. D'ailleurs, à cette époque,
si ce fait n'avait été notoire, l'écrivain n'au-
rait osé compromedre le nom d'une princesse
qui vivait encore à la cour de France, et ceux
<le deux ambassadeurs. Bourdelot ne s'est
trompé que sur la date de la mortde Stradella,
en la plaçant vers 1G70; mais la pre,uvemême
de son erreur à cet égard garantit son exacti-
tude dans le reste. Celte preuve se trouve dans
le livret d'un opéra intitulé : La Forza deW
amor paterno, imprimé à Gênes, en 1678.
A la fin de l'avertissement de l'éditeur de celte
pièce, on lit ces mots : Bastando il dirti,
cite il concerto di si perfctla melodia sia va-
lore d'un Alessandro, cioè del Signor Stra-
della, riconosciuto senza contrasto per il
primo Apollo délia musica (Il suffit de te
dire que le concert d'une mélodie si parfaite
est l'œuvre d'un Alexandre, c'est-à-dire de
M. Stradella, reconnu sanscontestalion comme
le premier Apollon de la musique). Celle cir-
constance explique le séjour de Stradella à
Gênes : il était allé y écrire un opéra ; et c'est
après la représentation de cet ouvrage qu'il
fut assassiné, mais il est à peu près impossible
dédire avec précision en quelle année; on sait
seulement, par la date d'un de ses ouvrages,
que Stradella vivait en 1681 . Cette production
est l'oratorio de Susanna, en deux parties,
pour cinq voix, chœur, violons et basse, dédié
à François II, duc de Modène, le 16 avril 1681.
L'oratorio que ce grand artiste avait écrit pré-
cédemment à Rome coïncide aussi avec le ré-
cit de Bourdelot, car il ne précéda que de deux
ans l'opéra de Gênes. Cet oratorio est intitulé :
Oratorio di S. Giov. Battista a 5 voci con
slromenti deW Alessandro Stradella. Bur-
ney,qui en possédait la partition manuscrite,
adjugée* à la venle de sa Bibliothèque pour
trois guinées, dit que cet ouvrage est daté de
Borne, en 1676. L'aventure de Borne se passa
dans cette année. Un charmant duo de cet
oratorio a été publié par le P. Martini dans le
deuxième volume de son Esemplare di con-
trappunto fugato (p. 17 et suiv.). Ce mor-
ceau se trouve aussi dans le quatrième volume
de VJ/isloire générale de la musique, par
Burney (p. 118).
Les copies des compositions de Stradella
sont rares, parce qu'on n'imprimait plus de
musique en Italie à l'époque où il écrivit; la
bibliothèque ducale de Modène en possède tou-
tefois un grand nombre qui, la plupart, ont été
composés pour la cour de Ferrare, et parmi
lesquels on remarque les opéras intitulés :
Corispero; Orazio Code sul ponte; Trespolo
tutore; Diante, drame dont une partie était
déclamée en prose, et dont le reste était en
musique. Ces renseignements sont donnés par
Giambatisla Dali' Olio, dans les notes de son
poëme de la Musica (page 65).
La Bibliothèque du Conservatoire de Naples
renferme un recueil des cantates de Stradella.
L'abbé Santini a quelques-uns de ses ma-
drigaux à cinq voix; j'en possède d'autres,
ainsi qu'un air d'église admirable pour voix
de ténor, avec deux viole da braccio, viola
di gamba, et violone, que j'ai fait exécu-
ter dans mes concerts historiques. La Bi-
bliothèque de Saint-Marc, de Venise, ren-
ferme un recueil de vingt et une cantates
du même compositeur, dont six ont été exécu-
tées et publiées à Paris, sous ce titre : Canti a
voce sola deW insigne A. Stradella legati
alla bibliotbeca {sic) San Marco di f enezia
dalla nobile famiglia Contarini. Accompa-
gnamenlo di piano da F. Halevy. Paris, Léon
| Escudier. On trouveà la Bibliothèque impériale
de Paris, dans un recueil in-4°obl. (VmU20),
deux duetti pour soprano et basse, et un autre
duo dans le recueil in 4° (Vm 1 175). La Biblio-
thèque du Conservatoire de Paris possède aussi
quelques morceaux de ce musicien , sous les
n os 4356 et 4337, et l'on en trouve d'autres au
Musée britannique de Londres, cod. 1265,
1272, 1273, et dans la Bibliothèque d'Oxford.
M. Angelo Catelani de Modène (voyez ce nom),
prépare une monographie de Stradella qui ne
[teut manquer d'offrir un grand intérêt, car on
connaît l'exactitude et les soins intelligents de
ce savant. M. Bichard, employé de la Biblio-
thèque impériale de Paris, en a écrilune autre,
d'après une correspondance authentique de
l'ambassadeur de France, à Turin, concernant
l'assassinat du célèbre musicien, dont il a fait
la découverte.
152
STRADIVARI
STRADIVARI (Antoine), en latin
STRADIVARIUS (1), le plus célèbre des
anciens luthiers italiens, naquit à Crémone.
L'excelleDt luthier M. Vuilliaume, qui a fait
plusieurs voyages en Italie pour réunir des
documents authentiques concernant cet habile
artiste, et n'a épargné ni dépense ni soins
pour atteindre son but, n'a pu découvrir la
date de sa naissance, parce qu'après la sup-
pression de plusieurs églises de Crémone,
leurs archives paraissent avoir été soustraites,
cachées, et peut-être anéanties. Heureusement,
un monument est resté, qui dissipe les doutes
sur l'année où est né le luthier célèbre. Dans
les notes de Carlo Carli, banquier à Milan,
s'est trouvé un inventaire des instruments qui
appartenaient au comte de Salabue, et dont il
était dépositaire. On y voit figurer un violon de
Stradivarius qui porte intérieurement une éti-
quette écrite de la main de l'auteur lui-même,
et dans laquelle on lit son nom, son âge
(quatre-vingt-douze ans), et la date 1756. Stra-
divarius était donc néen 1644.Élèvede Nicolas
Amati, il fabriqua dès 1667, c'est-à dire à l'âge
de vingt-trois ans, quelques violons qui n'é-
taient que la reproduction exacte des formes de
son maître, et dans lesquels il plaçait l'étiquette
de Nicolas. Ce ne fut qu'en 1670 qu'il com-
mença à signer ses instruments de son propre
nom. Dans les vingt années qui s'écoulèrent
jusqu'en 1690, il produisit peu. On serait
tenté de croire que l'artiste était alors plus
occupé d'essais et de méditations sur son art
que de travaux au point de vue du commerce.
1690 est une époque de transition dans le tra-
vail d'Antoine Stradivari. C'est alors qu'il
commença à donner plus d'ampleur à son mo-
dèle, à perfectionner les voûtes, et qu'il déter-
mina les épaisseurs d'une manière plus rigou-
reuse. Son vernis est plus coloré; en un mot,
ses produits ont pris un autre aspect ; cepen-
dant on y retrouve encore des traditions de
l'école de Nicolas Amati. Les luthiers de l'épo-
que actuelle les désignent sous le nom de
Stradivarius amatisé. En 1700, l'artiste est
parvenu à sa cinquante-sixième année. Son
talent est alors dans toute sa force, et depuis
cette époque jusqu'en 1725, les instruments
qui sortent de ses mains sont autant d'oeuvres
parfaites. II ne tâtonne plus : certain de ce
(I) Cette notice est extraite de mon livre intitulé:
Antoine Stradivari, luthier célèbre, connu sous le nom de
Stradivarius, précédé de recherches historiques et critiques
sur l'origine et les transformations des instruments à ar-
chet, etc.; Paris, Vuilliaume, luthier, rue de Nemours,
n°3,aux Tlicrnes, 1836, 1 vol. grand in-8".
qu'il fait, il porte dans les moindres détails le
fini le plus précieux. Son modèle a toute
l'ampleur désirable ; il en dessine les contours
avec un goût, une pureté qui, depuis un siècle
et demi, excitent l'admiration des connaisseurs.
Le bois, choisi avec le discernement le plus
fin, réunit à la richesse des nuances toutes les
conditions de sonorité. Pour le fond, comme
pour les éclisses, il change alors les disposi-
tions, le place sur maille, et non plus sur
couche. Les voûtes de ses instruments, sans
être trop élevées, s'abaissent en courbes
adoucies et régulières qui leur laissent toute la
flexibilité nécessaire. Les ouïes, coupées de
main de maitre, deviennent des modèles pour
tousses successeurs. La volute, qui a pris un
caractère plus sévère, est sculptée dans une
grande perfection. Les beaux tons chouds du
vernis de Stradivarius datent de cette époque :
la pâte en est fine et d'une grande souplesse.
A l'intérieur de l'instrument, le travail de
l'artiste n'offre pas moins de perfection : tout
y est fait avec le plus grand soin. Les épais-
seurs sont fixées d'une manière rationnelle et
se font remarquer par une précision qui n'a
pu être atteinte que par de longues études. Le
fond, la table et toutes les parties qui compo-
sent l'instrument sont dans un rapport par-
fait d'harmonie. Ce furent sans doute aussi des
essais réitérés et des observations persévé-
rantes qui le conduisirent à faire, dans toute
cette période de sa carrière productive, les tas-
seaux et les éclisses de ses violons en bois de
saule, dont la légèreté spécifiquesurpasse celle
de tous les autres bois. Au résumé, tout a été
prévu, calculé, déterminé d'une manière cer-
taine dans ces instruments admirables. La
barre seule est trop faible, par suite de l'élé-
vation progressive du diapason, depuis le com-
mencement du dix-huitième siècle, laquelle a
eu pour résultat inévitable une augmentation
considérable de tension, et une pression beau-
coup plus grande exercée sur la table. De là
est venue la nécessité de rebarrer tous les an-
ciens violons et violoncelles.
A la même époque où Stradivari était par-
venu à la perfection dont il vient d'être parlé,
et lorsqu'il travaillait avec la certitude des ré-
sultats, il s'est quelquefois écarté de son type
définitif pour satisfaire des fantaisies d'artistes
ou d'amateurs. C'est ainsi qu'il a fait des vio-
lons d'un patron plus allongé : leur aspect a
moins de grâce, mais les mêmes soins ont pré-
sidé à leur confection : tout y est proportionné
à cette modification de la forme polir main-
tenir l'équilibre dans les vibrations. Dansées
STRADIVARI
153
instruments, comme dans d'autres, sortis des
mains de l'artiste à cette période de sa vie, la
sonorité a celte puissance noble, ce brillant,
cette distinction qui ont assuré partout la
grande renommée de Stradivarius. Les instru-
ments produits par lui de 1725 à 1750 ont en-
core de la qualité; toutefois, le travail n'a pas
la même perfeotion. Les voûtes sont un peu
plus arrondies, d'où résulte un peu moins de
clarté dans le son; la délicatesse et le fini du
travail s'altèrent progressivement; le vernis
est plus brun. La fabrication paraît aussi se
ralentir; car on rencontre moinsd'instruments
de cette époque que de la précédente, propor-
tion gardée. En 1730, et même un peu avant,
le cachet du maître disparaît presque complè-
tement. Un œil exercé reconnaît que les in-
struments ont été faits par des mains moins
habiles. Lui-même en désigne plusieurs
comme ayant été faits simplement sous sa di-
rection : sub disciplina Stradivarii. Dans
d'autres, on reconnaît la main de Charles Ber-
gonzi et des fils de Slradivari, Omobono et
Francesco. Après la mort de cet homme cé-
lèbre, beaucoup d'instruments non terminés
existaient dans son atelier; ils furent achevés
par ses fils. La plupart portent son nom dans
l'étiquette imprimée : de là résultent l'incer-
titude et la confusion à l'égard des produits
des derniers temps.
Slradivari n'a fait qu'un petit nombre
d'altos : tous sont de grand format. Leur qua-
lité de son, pénétrante, noble, sympathique,
est de la plus grande beauté. Les violoncelles
sortis de ses mains sont en plus grande quan-
tité : on y remarque la même progression as-
cendante que dans les violons pour la perfec-
tion du travail et le fini précieux. Ces instru-
ments sont de deux dimensions, l'une grande,
à laquelle on donnait autrefois le nom de
basse; l'autre plus petite, qui est le violoncelle
proprement dit. A la première de ces catégo-
ries appartient la basse de M. Servais, profes-
seur au Conservatoire royal de Bruxelles, et
virtuose dont la renommée est universelle. La
sonorité de ce bel instrument a une puissance
extraordinaire, réunie au moelleux argentin.
Le violoncelle de l'artiste distingué M. Fran-
chomme est de l'autre patron; il appartint
autrefois à Duport : c'est un instrument du
plus grand prix. On préfère aujourd'hui ce
patron, dont les dimensions sont commodes
pour l'exécution des difficultés. Il faut la main
de Servais pour une basse aussi grande que la
sienne. Les violoncelles de Slradivari ont une
immense supériorité sur tous les instruments
du même genre : leur voix puissante a une
ampleur, une distinction de timbre et un bril-
lant que rien n'égale. Ces précieuses qual.ités
résultent, d'une part, du choix des bois, de
l'aulre, de la force des épaisseurs, qui sont
traitées d'une manière large, et enfin du rap-
port exact de toutes les parties du l'instru-
ment, lesquelles sont équilibrées pour que les
vibrations soient libres, énergiques et pro-
longées; ce qui assure la supériorité de ces in-
struments est, comme dans les violons, l'ap-
plication constante des lois de l'acoustique.
A l'époque où Stradivari travaillait, les
violes de toute espèce étaient encore en usage
dans les orchestres; lui-même en fabriqua
beaucoup de diverses formes et dimensions, à
six et à sept cordes, ainsi que des quinlons à
dos plat, avec des éclisses élevées et des tables
voûtées; enfin, des guitares, des luths et des
mandores. Un de ces derniers instruments,
construit par ce grand artiste, est la propriété
de M. Vuilliaume, célèbre luthier de Paris. La
finesse du travail et la beauté du vernis sont
très-remarquables ; les sculptures de la tête
sont d'une rare délicatesse, et, dans son
ensemble comme dans ses détails, ce joli in-
strument réunit tous les genres de perfec-
tions.
Deux choses sont également dignes d'atlen-
lion dans les travaux d'Antoine Slradivari, à
savoir, l'excellence de ses instruments elleur
nombre presque infini. Il est vrai que la mul-
tiplicité de ses produits s'explique par le grand
âge où il parvint et par sa persévérance au tra-
vail, qui se soutint jusqu'à ses derniers jours.
Slradivari fut du petit nombre de ces hommes
d'élite qui, se posant pour but la perfection,
autant qu'il est donné à l'humanité de l'at-
teindre, ne s'écartent pas de la roule qui peut
les y conduire, que rien ne distrait, que rien
ne détourne de leur objet; que les déceptions
ne découragent pas, et qui, pleins de foi dans
la valeur de cet objet, comme dans leurs facul-
tés pour le réaliser, recommencent incessam-
ment ce qu'ils ont bien fait, pour arriver au
mieux possible. Pour Slradivari, la lutherie
fut le monde tout entier; il y concentra toute
sa personnalité. C'est comme cela qu'on
s'élève, quand l'aptitude répond à la volonté.
La longue existence de quatre-vingt-treize
ans, qui fut celle de l'artiste objet de cette
notice, s'écoula tout entière dans un atelier,
en face d'un établi, le compas ou l'outil à la
main.
On a vu précédemment qu'Antoine Slradi-
vari termina un violon à l'âge de quatre-vingt-
loi
STRADIVARI
douze ans, en 1730. Déjà il s'élait préparé à
la mort depuis plusieurs années, car il avait
fait préparer son lom!>eaii dès 1729. On en a
la preuve dans l'extrait suivant du livre des
inscriptions de Crémone (Inscriptiones cre-
monenses universœ). Cet extrait est fait en
ces ternies :
« Finalement, dans le même volume, à la
» page CXXXII, n° 923, on lit l'épitaphe du
» tombeau du célèbre fabricant de violons,
» Antoine Stradivari, qui était autrefois dans
» le pavement, entièrement refait, de l'église
» de Saint-Dominique des PP. Dominicains,
» laquelle est la suivante :
» Sepulcuo. DI
» Antonio. Stiudivaiu
>< E. Stoi.EREDt. An. 1729.
» En foi de ce qui est ci-dessus;
» Crémone, le 18 septembre 1855.
» Le prélat primicier Antoine Dragoni, ex-
» vicaire général capilulaire de la ville et du
» diocèse de Crémone (1). »
La date de 1729, placée sur le tombeau de
Stradivari, avait fait croire qu'il était décédé à
cette époque; mais la découverte du violon de
1756, dans lequel l'artiste lui-même avait
consigné son âge de quatre-vingt-douze ans,
était venue renverser cette tradition. De nou-
velles recherches faites avec une persévérance
infatigable ont été, enfin, couronnées de suc-
cès, et ont fait connaître la date précise de la
mort de l'artiste célèbre. Dans un extrait au-
thentique des registres de la cathédrale de Cré-
mone, délivré à M. Vuilliaume et signé par
M. Jules Fuselli, vicaire de celte église, on a
la preuve qu'Antoine Stradivari fut inhumé
le 19 décembre 1737, et conséquemment qu'il
était décédé le 17ou le 18du même mois, à l'âge
de quatre vingt-treizeansaccomplis. Mais, par
une singularité inexplicable, ni ses restes, ni
ceux de ses enfants, ne furent déposés dans le
tombeau qu'il avait fait préparer ; car l'extrait
de l'acte mortuaire est ainsi conçu :
« Dans le livre intitulé Libro de' mord de.
» l'église Saint- Dominique, existant dans les
(1) Finalmente, nello stesso volume a pag. CXXXII,
n» 923, leggcsi la Epigrafe del Scpolcro del célèbre fa-
bricatore di violini Antonio Stradivari, clic erà già nel
parimento, interamente rifatto délia Chiesa di San Do-
nienico de Padri Domenicani ed é la seguente ;
Scpolcro di
Antonio. Stradivari
E. Suoi. Eredi. An. 1729.
In fcde di quanto sopra
Creinona, il 18 Scttembre 185a.
11 Piclalo Primiccrio Antonio Dragoni, etc.
» archives de celle paroisse, on trouve ce qui
» suit :
» Du 19 décembre 1737. Donné la sépulture
» à feu M. Antoine Stradivari, inhumédans le
» caveau de M. François Vitani, dans la cha-
» pelle du Rosaire, paroisse de Saint-Mat-
» thieu.
» De la cathédrale de Crémone, le 19 sep-
» lembre 1855. Certifié et signé : Fuselli
» (Jules), vicaire (1). »
Antoine Stradivari avait été marié, et avait
eu trois (ils et une fille. Les fils se nommaient
Francesco, Omobono et Paolo. Les deux pre-
miers travaillèrent dans l'atelier de leur père;
Paolo se livra au commerce. La vie d'Antoine
Stradivari fut calme autant que sa profession
était paisible. L'année 1702, seule, dut lui
causer d'assez rudes émotions lorsque pen-
dant la guerre de la succession, la ville de
Crémone fut prise par le maréchal de Villeroy
sur les Impériaux, reprise par le prince Eu-
gène, et, enfin, prise une troisième fois par
les Français; mais après celle époque, l'Italie
jouit d'uoe longue tranquillité, dans laquelle
s'écoula la vieillesse de l'artiste. On sait peu de
chose concernant celle existence dénuée d'évé-
nements. Polledro, ancien premier violon et
maître de la chapelle royale de Turin, mort
vers 1822, dans un âge avancé, rapportait que
son maître avait connu Stradivari dans ses
dernières années, et qu'il aimait à parler de
lui. Il était, disait-il, de haute stature et
maigre. Habituellement coiffé d'un bonnet de
laine blanche en hiver, et de colon en élé, il
portait sur ses vêtements un tablier de peau
blanche lorsqu'il travaillait, et comme il tra-
vaillait toujours, son costume ne variait guère.
Il avait acquis plus que de l'aisance par le
travail et l'économie, car les habitants de
Crémone avaient pour habitude de dire :
Riche comme Stradivari. Le vieux La Hous-
saie, que j'ai connu dans ma jeunesse, et qui
avait visité Crémone peu de temps après la
mort de Stradivari, m'a dil que le prix qu'il
avait fixé pour ses violons était quatre louis
d'or. Dans ces conditions, el à l'époque où il
vécut, il dut, en effet, acquérir quelques ri-
chesses. Bergonzi, petit-fils de Charles (le
meilleur élève de Stradivari, après Guarneri)
(i) Nel libro col titolo : Libro de' Mord nella Chiesa
di S. Domenico, esistante ncll' arcliivio di questa paroc-
chia trovasi quanto segue :
« Adi 19 décembre 1737. — Dato sepoltura al fù sig.
» Antonio Stradivari, sepolto nella sepoltura del sig.
» Francesco Vitani, nella Capella del Hosario, paroccbia
» di S. Matco. Dalla Cattedrale di Crcmona, le 19set-
tembre 1855. In fede : Signé : Fusetti Giulio, vie. »
STRADIVARI — STRAUSS
155
mort à Page de quatre-vingts ans, indiquait
l'endroit où travaillait le luthier célèbre, dans
la maison qui porte le n° 1239, sur la place
Saint-Dominique, en face de la porte Majeure.
STRADIVARI (Francesco et Omobono),
fils du précédent, ont travaillé longtemps dans
l'atelier de leur père. François a fait quelques
bons violons qui, depuis 1725 jusqu'en 1740,
portent son nom; maison en connaît d'autres
faits en collaboration avec Omobono, et qui
portent celle inscription : Solto la disciplina
d'A. Stradivarius, Cremona. Omobono Slra-
divari s'occupa plus particulièrement de la ré-
paration et de la monture des instruments que
de leur fabrication. Il mourut dans les pre-
miers jours de juin 1742, et fut inhumé le 9
du même mois, ainsi que le prouve un extrait
authentique des registres de l'église Saint-
Dominique de Crémone (1). Son frère Fran-
cesco ne lui survécut que onze mois, car il fut
enterré le 13 mai 1743, ainsi que le démontre
un extrait des mêmes registres (2). Tous deux
furent réunis dans le même tombeau avec leur
père.
STRAKOSCH (M.), pianiste et composi-
teur, né d'une famille hongroise en 1825, fit
son éducation musicale à Pesth et à Vienne. En
1846, il arriva à Naples, et y fit son débul,
comme virtuose pianiste, avec un brillant
succès; puis il parcourut l'Italie et s'arrêta
quelque temps à Milan, où il publia plusieurs
œuvres pour le piano, chez Ricordi. Vers
1851, il se rendit en Amérique et s'établit à
New-York, comme professeur de piano et de
chant. Il s'y est allié à la famille des canta-
trices Palli. De retour en Europe avec sa
belle-sœur (Adelina Patti), il a visité avec elle
toutes les capitales où elle a chanté. Ses com-
positions pour le piano consistent en fantaisies
sur des thèmes d'opéras, en caprices, en
transcriptions, suivant l'expression à la
mode, et en éludes. Dans le nombre de ces
morceaux, on remarque : La Willis, étude
fantastique pour piano, op. 33; Milan, Ricordi;
Il Fesuvio; Rimembranza di Napoli, pour
piano, op. 34; ibid.; Addio a l'Italia,
Album pour piano, composé d'une ballade,
d'une éludé, d'un hymne, d'une prière, d'un
(1) Adi9giugno 1742. — Dato sepoltura al fù sig.
Omobono Stradivari, sepolto nella Capella del Hosario,
nella sepollura del sig. Francesco Vilani, parocchia di
S. Matco. — In fcde, Fuselti Giulio vie».
(2) A di 13 Msggio 1743. — Dato sepollura al fù sig.
Francesco Stradivari, sepolto nella Capella del Rosario
nella sepoltura del sig. Francesco Vitani, paroccliia de
S. Maleo. — In fcde, Fusctti Giulio vie».
nocturne et d'un galop, op. 36; ibid., etc.
SXILEHLE (Daniel P.), savant auédois,
membre de l'Académie des sciences de Stock-
holm, vécut dans la seconde moitié du dix-
huilième siècle. Il a fait imprimer dans le
cinquième volume des Mémoires de celte Aca-
démie un Essai sur le tempérament de l'accord
des instruments de musique, intitulé : Versuch
einer gleichwebende Temperatur mecanisch
zu entwurfen.
STRAMROLI (Bartholomé), prêtre et
chantre de l'église de Saint-Marc, à Venise, au
commencement du dix-huitième siècle, a fait
imprimer un ouvrage de sa composition, inti-
tulé : Salmi vespertini a quattro voci, con
basso continua per l'organo; Venise, 1619,
in-4°. M. Caffi ne parle pas de ce musicien
dans son Histoire de la musique de la cha-
pelle Saint-Marc.
STRASSER (Jean-Georges), mécanicien
habile, né à Baden, près de Vienne, dans la
seconde moitié du dix-huitième siècle, se fixa
à Pétersbourg, en 1795, et y termina, en 1802,
une horloge à carillon avec deux orgues mé-
caniques à crescendo et decrescendo, qui exé-
cutaient les pièces les plus compliquées à grand
orchestre. Cet ouvrage fut mis en loterie à
celte époque, et gagné par la veuve d'un pré-
dicateur allemand, qui l'a vendu à l'empereur
de Bussie pour la somme de vingt-cinq mille
roubles, et une pension de mille roubles.
STRATTNER (Georges-Christophe), né
en Hongrie, vers 1650, fut d'abord attaché à
la chapelle du prince de Dourlach, puis obtint
une place de maître de chapelle à Francfort-
sur-le-Main. Dans les derniers temps de sa vie,
il remplit les fonctions de second maître de
chapelle à Weimar, où il mourut en 1705. Il
composa les mélodies avec basse continue pour
la cinquième des Blindes- und Himmels-
Liedern de Neander. On connaît aussi sous
son nom : Fier Aria novisstma, mit einer
Sing- undzwei Instrumental Stimmen,nebst
einen Generalbass; Francfort, 1685, in-fol.
STRAUBE (Rodolphe), virtuose sur le
clavecin et sur la guitare, naquit dans la Saxe,
vers 1720, et étudia le clavecin et la composi-
tion à l'école Saint-Thomas de Leipsick, sous
la direction de Jean Sébastien Bach. Il s'éta-
blit à Londres, vers 1754, et y publia un œuvre
de duos pour clavecin et guitare, et un autre
pour guitare et violon.
STRAUSS (Christophe), organiste de la
musique de l'empereur Malthias, vécut à
Vienne, au commencement du dix-septième
siècle. On a publié de sa composition : Can-
456
STRAUSS
tioties sacra; seu molctli 15-1 vocum; Vienne,
1613-
STRAUSS (Josr.rn), mailre de chapelle
du grand-duc de Bade, est né en 1795, à
Brlinn, en Moravie. Son père, autrefois maître
de concerts d'une petite cour italienne, ne le
destinait pas à la profession de musicien, mais
il lui fit enseigner à jouer du violon et du
piano. Devenu orphelin, Strauss fut conduit à
Vienne pour y faire ses études musicales.
A l'âge de douze ans, il joua un solo de violon
au théâtre sur la Vienne, dans un entr'acte.
L'empereur, qui assistait à cette représenta-
tion, accorda des éloges au jeu du jeune ar-
tiste, et celte circonstance fit engager celui-ci
pour l'orchestre du théâtre. Depuis celte
époque, il eut tour à tour pour maîtres de
violon Casimir Blumenthal (plus tard direc-
teur de musique à Zurich), DeUrbani (qui fut
postérieurement mailre de chapelle à Pesth),
et Schnppanzigh. Dans le même temps, le
maître de chapelle Joseph Teyber lui enseigna
l'harmonie, et Albrechtsherger lui donna quel-
ques leçons de contrepoint. Après avoir ob-
tenu du suceès dans plusieurs concerts à
Vienne, Strauss reçut des propositions pour
être directeur de musique à Lucerne, et violon
solo au théâtre de Pesth ; il accepta cette der-
nière position. Ce fut dans celte ville qu'il
écrivit ses premières grandes compositions,
entre autres l'ouverture et les enlr'actes d'une
pièce intitulée : Die Belegerung JFiens (le
Siège de Vienne), un petit opéra, un sextuor
pour harpe et instruments à vent, une cantate
en langue hébraïque, et des chœurs pour des
tragédies. En 1815, il fut engagé comme di-
recteur de musique à Temeswar, en Hongrie ;
mais il ne resta qu'un an dans cette ville,
ayant accepté, en 1814, la direction delà mu-
sique de l'opéra allemand dans la province de
Transylvanie, pour lequel il écrivit les opéras
Faust's Leben und Thattn (la Vie et les ac-
tions de Faust), et Die Sœhne des Waldes (les
Fils de la forêt). A celte époque de la vie de
l'artiste appartiennent aussi une messe, deux
cantates et plusieurs morceaux pour le
violon.
En 1817, Strauss se rendit à Brtlnn, et y
composa une messe pour l'inauguration de
l'évêque, plusieurs graduels et offertoires pour
l'église de Saint-Jacques, un concerto et quel-
ques autres morceaux pour le violon. Pendant
un court séjour à Prague, il se lia d'amitié
avec le maître de chapelle de la cathédrale
Wittasek, et avec le directeur du Conservatoire
D. Weber; puis il se fit entendre avec succès
comme violoniste à Leipsick, Dresde,' Halle,
Altenbourg, Magdebourg, Breslau, Cassel et
Francfort-sur-le-Mein. Arrivé à Manheim, il
s'y arrêta et s'y occupa de plusieurs compo-
sitions importantes ; puis il fit un petit voyage
en Suisse, et donna des concerts à Bàle, Berne
et Zurich. A cette époque (1822), il reçut l'in-
vitation d'organiser l'Opéra allemand de
Strasbourg, et y fit exécuter Don Juan, Fi-
delio, Freischiitz et Médée. De retour à Man-
heim, il y fut chargé (au mois d'octobre 1823)
des fonctions de directeur de musique du
théâtre de la cour, et mit en scène \eFernand
Cortezde Sponlini. Satisfait de la parfaite exé-
cution de cet opéra, le grand-duc de Bade
nomma immédiatement Strauss directeur des
concerts de la cour, et après la mort de Danzi
lui donna le titre et les fonctions de son maître
de chapelle. M. Strauss occupait encore cette
place en 1860. Je l'ai visité à Carlsruhe, en
1838, et j'ai trouvé en lui un homme aussi
aimable que modeste. La manière dont il a
organisé l'orchestre de celle cour, et son ta-
lent dans sa direction méritent beaucoup
d'éloges. Peude temps auparavant, unegrande
symphonie de sa composition avait été exécu-
tée au concours de Vienne pour ce genre de
composition, et avait obtenu le deuxième prix.
En 1840, M. Strauss a dirigé l'Opéra allemand
à Londres, et y a fait exécuter sa symphonie
couronnée. Une deuxième symphonie lui a été
demandée à cette époque pour la Société phil-
harmonique de celte ville. M. Strauss a écrit
aussi pour le théâtre de Carlsruhe les opéras
Armiodan, Zélide, Berlhold le pleureur, et
Der JFœhrwolf (le Loup-Garbu),qui a été re-
présenté plus de cinquante fois à Vienne.
On a publié de la composition de cet artiste
estimable : 1° Variations brillantes pour vio-
lon et orchestre, op. 9; Manheim, Hcckel.
2° Quatuor brillant pour deux violons, alto et
basse, op. 5; Leipsick, Hofmeister. 3° Pots-
pourris pour violon, avec un second violon,
alto et basse, op. 5 et 6; ibid. 4° Douze
variations pour violon, avec un second violon
et basse, op. 4; Leipsick, Breilkopf et Hœrlel.
5° Variations sur un menuet milanais pour
violon et piano, op. 3; ibid. 6° Plusieurs suites
de chansons allemandes avec piano; Prague,
Enders; Leipsick, Hofmeister.
STRAUSS (Jean), célèbre compositeur de
danses allemandes et de valses, est né à
Vienne, le 14 mars 1804. Ses parents le desti-
naient à être relieur de livres, et il apprit, en
effet, cet état; mais entraîné par un goût pas-
sionné pour la musique, il apprit à jouer du
STRAUSS — STREICHER
157
violon, et, par des études persévérantes, ac-
quit assez d'habileté sur cet instrument pour
être employé, à l'âge de dix-neuf ans, dans
l'excellent orchestre de Lanner (voyez ce
nom). La nature l'avait doué du génie de
la musique de danse; ses premières valses
eurent un succès de vogue. Pour les exécuter,
il forma un orchestre qu'il dirigea lui-même,
à l'imitation de Lanner, et hientôt il devint
un rival redoutable pour ce rénovateur de la
danse allemande. Secondé par son éditeur Has-
linger, qui sut exploiter ses productions avec
intelligence, il acquit en peu de temps une re-
nommée universelle, que son inépuisable fé-
condité a soutenue jusqu'à sa mort. Des criti-
ques allemands le placent au-dessous de
Lanner commecomposileur, comme violoniste,
et comme directeur d'orchestre; toutefois, il
est certain que la popularité de son nom l'em-
porte sur celle de son rival. Le nombre des ca-
hiers de valses et de galops qu'il a publiés
s'élève à plus de cent cinquante, et l'on a fait
de la plupart de nombreuses éditions. Strauss
a voyagé avec son orchestre en Allemagne, en
Belgique, en France et en Angleterre: partout
il a excité le plus vif intérêt. Cet artiste remar-
quable est mort à Vienne, le 21 septembre
1849, après une courte maladie. On a publié
sur lui : Slrauss's Ankunft im Elysiam (Ar-
rivée de Strauss dans l'Elysée), en vers, par
Charles Meisl; Vienne, 1849, in-8°, et Jo-
hann Strauss's musikalische JVanderung
durch das Lcben (Voyage musical de Strauss
dans la vie); Vienne, 1850, in-8°. Un chef
d'orchestre de danse a exploité à Paris le nom
de Strauss; mais il n'y aucun rapport entre
lui et son célèbre homonyme.
STREBEXGER ( Matthias ) est né, le
17 janvier 1807, à la seigneurie de Weikers-
dorf, dans la Basse-Autriche. Fils d'un vigne-
ron, il apprit la musique et le piano chez le
maître d'école de Baden, près de Vienne. Le
chef d'orchestre du théâtre de ce lieu lui en-
seigna le violon, et Strebinger l'accompagna
à Presbourg, où il se fit entendre en public à
l'âge de douze ans. Helmesberger, professeur
au Conservatoire de Vienne, le prit comme
élève en 1820, et lui fit obtenir, deux ans
après, une place de violoniste au théâtre de la
cour. Il y remplaça quelquefois Mayseder dans
les solos; dès lors sa réputation s'étendit, et il
joua avec succès dans les concerts. Depuis
1834, il est un des membres titulaires de la
chapelle impériale. Le maître de chapelle
Dreschler lui a enseigné la composition. Stre-
binger a composé pour son instrument deux
concertos, plusieurs concertinos, et a publié à
Vienne plusieurs thèmes variés avecorclieslre,
d'autres thèmes variés avec quatuor, un qua-
tuor brillant, op. 1, des duos de violon, des
rondos, divertissements et pots-pourris. Il a
écrit aussi plusieurs solos avec orchestre pour
des ballets.
STREICHER (Jean-André), naquit à
Stuttgart, le 13 décembre 1761 . La mort de son
père l'obligea à entrer fort jeune dans la Mai-
son des orphelins. Ce ne fut que dans sa dix-
septième année qu'il lui fut permis de se livrer
à son goût pour le piano : un vieux maître
d'école lui enseigna à jouer de cet instrument,
sur lequel il fit de rapides progrès. Streicher
avait ensuite formé le projet d'aller à Ham-
bourgétudier la composition, sous la direction
d'Emmanuel Bach; mais entraîné par son
amitié pour le célèbre poëte Schiller, il l'ac-
compagna à Manheim et à Francfort, et dé-
pensa l'argent destiné à son voyage. Il prit
alors la résolution d'aller à Munich, où il se
livra à l'enseignement du piano. Il y publia
aussi ses premières compositions, et devint
l'associé d'un marchand de musique. Quelques
voyages qu'il fit à Augsbourg le lièrent
d'amitié avec le célèbre facteur d'instruments
Stein, dont il épousa la fille. Après son ma-
riage, il alla se fixer à Vienne, où sa femme
établit une fabrique de pianos, tandis qu'il
continuait à cultiver l'art comme pianiste et
comme compositeur. Mais bientôt sa fabrique
de pianos acquit trop d'importance pour qu'il
en laissât la direction à sa femme seule; il
commença à s'occuper de la construction de
ces instruments, y introduisit quelques modi-
fications, et finit par en changer le système
ordinaire, en plaçant le mécanisme des mar-
teaux au-dessus des cordes. M. Pape (voyez ce
nom), qui adopta ensuite ce système à Paris,
l'a beaucoup perfectionné. La mort de la
femme de Streicher le plongea dans la dou-
leur; il céda sa maison et ses affaires à son
fils, et mourut quatre mois après à Vienne, le
25 mai 1833, à l'âge de soixante et onze ans.
Streicher a publié de sa composition : 1° Ron-
deau ou caprice avec huit variations pour
piano sur l'air anglais : The Lass of Rich-
mond's Hill; Munich, Falter. 2° Douze varia-
tions pour piano; Manheim, Heckel.
STREICHER (Marie-Anne ou Nanette),
femme du précédent, et fille du facteur d'in-
struments Jean-André Stein, naquit à Augs-
bourg, le 2 janvier 17G0. Élève de son père,
elle devint habile pianiste, et joua avec succès
dans un concert, en 1787, un concerto de
1S8
STREICHER — STRIGGIO
piano. En 179", elle devint la femme de Slrei-
cher, et dans l'année suivante, elle alla établir
à Vienne une fabrique de pianos, dont son
frère dirigea les travaux. Les instruments
sortis de ses ateliers eurentde la réputation en
Allemagne. Madame Streicher est morte à
Vienne, le 16. janvier 1833.
STREIT (Guillelmine), dont le nom de
famille est SCIILTZ, cantatrice distinguée
du théâtre allemand, est née à Berlin, en 1806.
Dans son enfance, elle fut conduite par ses
parents à Carlsruhe, et y joua de petits rôles.
Le compositeur Fesca s'intéressa àcelte enfant
et lui donna des leçons de chant qui furent
continuées par la cantatrice Gervais. Ayant
débuté avec succès dans quelques opéras de
Mozart et de Paër, elle donna des représenta-
tions à Darmstadt, Cassel, Brunswick et Ham-
bourg, et puis accepta des engagements à Ha-
novre, à Francfort et à Leipsick. C'est dans
celte dernière ville qu'elle s'est mariée et que
sa réputation s'est établie. En 1829, le grand-
duc de Saxe-Weimar l'a fait engager à vie
pour le théâtre de la cour. Elle était le plus
bel ornement de ce théâtre, en 1836, et y jouait
avec succès les premiers rôles de son emploi.
Madame Streit s'est retirée de la scène, vers
1848, avec une pension du grand-duc.
STREITWOLFF (Jean-Henri-Gottlieb
ou Théophile), habile facteur d'instruments, à
Gœllingue, naquit dans cette ville, le 17 no-
vembre 1779. Ayant appris la musique dans
sa jeunesse, il fut d'abord guitariste, puis vio-
loncelliste. En 1809, il se livra à la facture des
instruments à vent, bien qu'il n'eût fait au-
cune étude préliminaire des principes de leur
construction; mais son intelligence suppléa
au défaut des connaissances, et ses essais fu-
rent couronnés de succès. Sa réputation com-
mença par ses flûtes, qui passaient en Alle-
magne pour excellentes. Il fut un des premiers
qui adoptèrent les principes de Muller pour la
construction de la clarinette. Son cor basse
chromatique, exécuté en 1820, d'après l'idée
première de Stœlzel qu'il avait perfectionnée,
lui fit beaucoup d'honneur. En 1828, il fit
aussi une clarinette basse dont les journaux
de musique ont parlé avec éloge, mais que
l'instrument du même genre fait par Adolphe
Sax a fait oublier. Slreitwolff mourut d'une
maladie de poitrine, à Gœttingue, le 14 février
1837. Il a publié quelques compositions pour
la flûte, la guitare et le violoncelle, à Bruns-
wick et à Hambourg.
STREPPONI (Félix), compositeur, né à
Milan, fut maître de chapelle à Monza. Il
mourut à Trieste, au printemps de 1832. Son
opéra Gli Illinesi fut représenté à Trieste, au
mois d'octobre 1829. En 1830, il donna, à Tu-
rin, Amoree mistero, et dans l'année suivante
il écrivit Ullà di Bassora.
STREPPOI\I (Joséphine), fille du précé-
dent et cantatrice distinguée, naquit à Monza.
Ayant été admise au conservatoire de Milan,
elle y fit ses études de chant. En 1835, elle dé-
buta avec succès au théâtre de Trieste, et dans
la même année, elle fut engagée à l'opéra
italien de Vienne. En 1836, elle chanta à Ve-
nise, à Brescia et à Mantoue. Rappelée à
Trieste en 1837, elle y excita l'enthousiasme,
et dans la même année, elle brilla à Bologne.
En 1838, elle chanta à Rome, à Livourne et à
Florence. Chaque année, sa réputation acqué-
rait plus d'éclat. Je l'entendis, en 1841, à
Bergame, où elle chanta pendant la saison de
la foire avec Salvi et Colelti : je lui trouvai la
voix bien posée, le style large et expressif dans
le Marino Faliero de Donizetti. Celte époque
fut celle où Verdi obtint ses premiers succès :
la musique de ce maître mit en vogue le chant
déclamé et la funeste tradition des sons
poussés avec effort; la Strepponi s'y aban-
donna sans réserve : elle en éprouva bientôt
les effets; car, en 1846, elle n'était déjà plus
que l'ombre d'elle-même. Dans un voyage que
je fis en Italie, en 1850, elle avait déjà disparu
de la scène.
STUÏCKER (Augustin-Reinijakdt), mu-
sicien de la chambre, compositeur et ténor au
service de Frédéric I er , roi de Prusse, fut en-
gagé à cette cour en 1702. Suivant VHisloire
de l'Opéra, de L. Schneider, Stricker était en-
core au service de cette cour en 1712 ; mais
M. de Ledebur prouve que le fait n'est pas
exact, le nom de cet artiste ne se trouvant pas
dans le Calendrier des adresses de Berlin, de
celle année. De Berlin, Stricker se rendit à
Cœlhen, où il entra au service du prince d'An-
halt. Il s'est fait connaître comme composi-
teur par les ouvrages suivants : 1° Der Sieg
der Schœnheit iiber die Helden (le Triomphe
de la beauté sur les héros), opéra, en collabo-
ration avec Finger et Volumier, représenté à
Berlin, en 1706, pour le mariage du prince
royal Frédéric-Guillaume I er . 2° Le Mariage
d'Alexandre et de Roxane, opéra, représenté,
en 1708, pour le mariage en secondes noces de
Frédéric I er . 3° Six cantales italiennes à voix
seule avec accompagnement de violon ou haut-
bois solo, op. 1 ; Cœlhen, Antoine Lœfflern,
1715.
STRIGGIO (Alexandre), gentilhomme do
STRIGGIO — STRINASACCHI
1K9
Manloue, né vers 1535, fui d'abord attaché an
service de Cosme de Médicis, et devint ensuite
maître de chapelle de la cour de Manloue. Il
vivait encore dans cette ville en 1584. Outre
son talent de composileur, il possédait aussi
celui de jouer supérieurement du luth et jouis-
sait de la réputation d'un des meilleurs or-
ganistes de son temps. Striggio fut un des
premiers musiciens qui essayèrent de compo-
ser des intermèdes pour le théâtre, et l'on cite
de lui un ouvrage de ce genre intitulé l'Amico
fido, composé vers 15G5, ainsi que les deux
premiers actes de Psyché, qui fut représenté à
Florence pour les noces de François de Médi-
cis et de l'archiduchesse Jeanne d'Autriche.
Il a mis aussi en musique les vers qui se trou-
vent dans l'opuscule intitulé : Descrittione
deW intermezzi fatti nel felicissimo Palazzo
del gran duca Cosimo (7°), et del suo illus-
triss. figliuolo Principe de Firenze et di
Siena, perhonorarla illustriss. presenza Al-
tezza dello Eccellentissimo Archiducad' Aus-
tria, il primo giorno di maggio l'nnno
MDLXIX. In Fiorenza, appresso Barthol.
Sermartelli. On lit dans les préliminaires : Il
vertuoso (sic) M. Alessandro Strigio, fiobi-
liss. gentilhuomo Mantova nefece lemusiche
sopra le canzoni. Enfin, Striggio composa,
avec Pierre Strozzi, Jules Caccini et Claude de
Correggio, la musique pour les fêtes qui eurent
lieu à Florence, en 1579, à l'occasion du
mariage de François I er de Médicis avec la
fameuse Bianca Cappello. Ses œuvres impri-
més sont : 1° Madrigali a 6 voci, lib. 1;
.Venise, 15C6. 2° Il seconda libro de' madri-
gali a 6 voci; Venetia, Antonio Gardano,
in-4° obi., 1566. Une deuxième édition de ces
deux recueils, dont je possède un exemplaire, a
été publiée dans la même ville, en 1569. 3° Il
primo libro de' madrigali a 5 voci nuova-
mente con nuova giunta ristampato e cor-
relto; ibid., 1560. Je possède cette édition,
qui est fort rare. Il y en a d'autres imprimées
par le même et par Geronimo Scotto, en 1566,
1569, 1571, 1585 et 1592, toutes in-4°oblong.
Je ne connais du second livre de madrigaux
à cinq voix de Striggio que les éditions don-
nées, en 1583 et 1585, par les héritiers de Jé-
rôme Scotto, mais il y en a certainement d'an-
térieures. Le catalogue de la Bibliothèque mu-
sicale du roi de Portugal, Jean IV, contient
l'indication des livres II, III et IV de madri-
gaux à cinq voix, mais sans nom de ville ni
date. 4° Madrigali a sei voci, lib. III; Ve-
nise, 1582. 5° Il Cicalamento délie donne al
buccalo, e la caccia a 4, 5 e 7 voci, con il
giuoco di primeria a 5 voci; Venise, 1584,
in-4°. Je possèdeune édition plus ancienne de
cet ouvrage, laquelle a pour titre : Il Cicala-
mento délie donne al buccato, e la caccia di
Alessandro Striggio, con un lamento di Di-
done ad Enea, per la sua partenza, di Ci-
priano Rore,a quattro, cinque, et selte voci.
Di nouo poste in luce per Giulio Bonagionta
da San Genesi, musico délia illust. Signoria
di Fenezia in S. Marco et con ogni diligen-
tia corrette; in f'inegia, 1567, appresso Gi-
rolamo Scotto, iri-4°. On voit que celte édi-
lion n'est pas la première. 6° Di Hettore
Fidue e d' Alessandro Striggio e d' altri
eccellentissimi musici MadrignliaS eG voci;
Venise, 1566. Les autres auteurs dont on
trouve des madrigaux dans ce recueil sont
Franc. Russello, Gio. Contino, Jos. Ferretti,
Leandro Mira, Jos. Zarlino, Silao de Luc-
ques, et Franc. Londariti. On trouve aussi un
madrigal à huit voix de Striggio dans la col-
lection de madrigaux de divers auteurs inti-
tulée : Il lauro verde, Anvers, 1591, in-4°.
Enfin, des compositions de Striggio ont été in-
sérées dans les recueils intitulés : 1° Musica
divina di XIX aulori illustri a 4, 5, 6 et 7
voci; Anvers, P. Phalèse, 1595, in-4°. 2°//a?-
monia céleste, di diversi eccellentissimi mu-
sici a 4, 5, 6, 7 et 8 voci, etc. ; ibid., 1593,
in-4° obi. 3° Melodia Olympica di diversi
eccellentissimi musici a 4,5,6 et 8 voci, ibid.,
1594, in-4°. 4° Il Trionfo di Dori , etc.,
6 voci, etc. ; Venise, Gardane, 1596, in-4°.
Jacques Paix a arrangé un madrigal du même
musicien dans son livre de Tablature d'orgue
(Orgel-Tabulatur Buch); Lauingen, 1583,
iu-l'ol. Le talent de Striggio consistait princi-
palement dans l'art d'exprimer la parole par
le chant: lui, Péri, Caccini et Monleverde
peuvent être considérés comme les premiers
qui ont essayé ce moyen d'effet si puissant :
leurs prédécesseurs, et même leurs contempo-
rains n'avaient eu pour but que l'élégance des
procédés mécaniques de l'art.
STRINASACCHI (Thérèse), cantatrice
distinguée, naquit à Rome, en 1768, et apprit
l'art du chant d'un abbé de la chapelle de
Sainte-Marie-Majeure. Au printemps de 1787,
elle débuta comme seconda donna dans le due
Contesse de Paisiello, au théâtre de Manloue.
Dans les années suivantes, elle chanta à Plai-
sance, à Trieste, à Florence, en 1796, à
Vienne, à Venise, en 1797, dans Vlntrigo
délia lettera, de Mayr, et dans la même ville,
en 1798; à Rome, au carnaval de l'année sui-
vante, puis, de nouveau à Venise, en 1799, où
160
STRINASACCHI — STROBEL
elle chanta, au théâtre San Benedetto , les
opéras bouffes de Mayr, l'jévaro et Labino c
Carlot ta; enfin, à Paris, en 1801, dans la pre-
mière troupe d'opéra italien qu'on y organisa
sous le Consulat et qui fit son début au petit
théâtre de la rue de la Victoire, le 51 mai de
cette année. Madame Strinasacchi y chanta
d'abord dans Furberia e Puntiglio, de Mar-
cello de Capua, et dans Non irritar le donne,
de Portogallo. Elle y obtint un succès d'en-
thousiasme dans le Matrimonio segreto de
Cimarosa, quoiqu'elle fût inégale et qu'elle ne
chantât pas toujours avec justesse; lorsqu'elle
était bien disposée, elle était quelquefois admi-
rable d'inspiration.
Les affaires de l'entrepreneur de l'opéra
bouffe du théâtre de la rue de la Victoire
n'ayant pas prospéré, ce théâtre fut fermé au
commencement de 1805; la dernière repré-
sentation qui y fut donnée, ou du moins dont
on trouve l'indication, eut lieu le 15 janvier
de cette année : on y joua II Matrimonio
segreto, et Thérèse Strinasacchi y chanta le
rôle de Carolina. Une nouvelle administra-
tion s'élant formée pour l'organisation d'un
opéra italien, qui fit son début au théâtre Fa-
vart, le 14 mai 1803, madame Strinasacchi n'y
fut pas engagée et fut remplacée par madame
Georgi-Belloc, comme prima donna. Elle y
rentra, toutefois, le 10 septembre de la même
année, par son rôle favori de Carolina, du
Matrimonio segreto. Elle y resta jusqu'au
17juin 1805, et chanta ce jour-là, pour la clô-
ture du théâtre de l'opéra bouffe, // Mercato
di Malmantile, dePaisiello; après quoi elle
s'éloigna de Paris et retourna en Italie.
En 1806, elle était à Milan et chantait au
théâtre Carcano. Engagée ensuite à Venise,
elle chanta, pendant la saison d'automne, au
théâtre San-Mosè, La Sorpresa, de Pavesi.
J'ai dit, dans la première édition de cette bio-
graphie, que je ne trouvais plus de renseigne-
ments sur la Strinasacchi après cette époque;
M. Farrenc, à qui je suis redevable des détails
qu'on vient de lire, m'a appris aussi que cette
cantatrice reparut au Théâtre Italien de Paris
le 8 mai 1816, et qu'elle y fit sa rentrée dans
le Matrimonio segreto. Elle avait alors qua-
rante-hyit ans et paraissait être plus âgée.
Sa petite taille, son embonpoint excessif, le
peu d'agrément de sa figure et sa voix fatiguée
ne pouvaient réussir près des dilettanli pari-
siens : elle dut bientôt se retirer. Le célèbre
hautboïste Vogt (voyez ce nom) la retrouva à
Londres, en 1825; trois ans après, il retourna
dans celte ville et apprit que madame Strina-
sacchi y vivait encore dans une profonde mi-
sère. On sait qu'elle y est morte, maison ignore
la date de son décès.
Thérèse Strinasacchi eut une sœur aînée,
nommée Anna, cantatrice comme elle, qui
chanta à Mantoue comme prima donna, en
1787, mais qui mourut jeune.
STRJXAJD(l) (Gaspard), facteur d'instru-
ments, naquit en Bohême, vers 1750, et se
fixa à Prague, où il fabriqua beaucoup de bons
violons et violoncelles depuis 1781 jusqu'en
1793. Ses guitares sont aussi fort estimées.
STROBACH (Jean), luthiste et composi-
teur, né en Bohême, vers le milieu du dix-sep-
tième siècle, fut attaché au service de l'empe-
reur Léopold I er . Il a publié des concerts
très-curieux pour clavecin, luth, mandoline,
viole d'amour et basse de viole, à Prague, en
1698, in -fol. J'ai fait entendre un de ces mor-
ceaux dans un de mes concerts historiques, au
mois de mars 1833. Le célèbre guitariste Sor
avait eu la patience de faire une étude spéciale
du luth pour exécuter la partie obligée de cet
instrument, dont je lui avais traduit la tabla-
ture; Carcassi jouait la mandoline, Urhan la
viole d'amour, Franchomme la basse de viole,
et moi le clavecin.
STROBACH (Joseph), directeur de l'or-
chestre de l'Opéra de Prague, et violoniste de
talent, naquit le 2 décembre 1731, à Zwillau,
dans la seigneurie de Birkstein, en Bohême.
Destiné à l'état ecclésiastique, il fit ses études
à Liegnilz et à l'université de Breslau, puis il
suivit à Prague les cours de philosophie et de
théologie. Un goût passionné pour la musique
le fit ensuite renoncera la carrière qu'il s'était
préparée, pourse livrer exclusivemenlà la cul-
ture de cet art. Après avoir été attaché pen-
dant treize ans comme violoniste à l'église des
chanoines réguliers de la croix, il occupa la
position dedirecteur de musique aux églises de
Saint-Paul, de Saint-Gall, de Saint-Wenceslas
et de Saint-Nicolas, et dirigea en même temps
l'orchestre du théâtre avec beaucoup de talent.
Il mourut le 10 septembre 1794, laissant en
manuscrit des concertos, des sonates et des
caprices pour le violon.
STROBEL (Valentin), luthiste célèbre et
compositeur, vécut à Strasbourg, vers le milieu
du dix-septième siècle. Il a publié de sa com-
position : 1° Mélodies pour des chansons alle-
mandes, avec accompagnement de deux vio-
lons et basse; Strasbourg, 1652. 2° Symphonie
pour Irois luths et une mandoline, et pour
(I) Ce nom bolicraien se prononce Stygnad.
STROBEL — STRUNGK
161
quatre lutlis, par-dessus de viole et basse de
violon ; ibid., 1654.
STROMEYER (Charles), basse chan-
(anle, célèbre en Allemagne, est né à Slol-
Iierg, en 1780. Moins remarquable par l'habi-
leté de la vocalisation que par le volume et
l'étendue extraordinaire de sa voix, il descen-
dait avec facilité jusqu'au contre-wt grave, et
montaitau so/du ténor. Après avoir été quelque
temps attaché à la musique du duc de Saxe-
Gollia, il fut engagé pour le théâtre de
Wèimar,où il resta pendant toute la durée de sa
carrière théâtrale. Lorsque sa voix fut sur son
déclin, il fut fait régisseur général du théâtre;
mais il montra peu d'habileté dans celle
place. Après la mort du grand-duc Charles-
Auguste, en 1828, Stromeyer fut mis à la re-
traite avec une pension de mille écus. Il est
mort àWeimar, le 11 novembre 1845.
STROZZI (Pierre), de l'illustre famille
florentine de ce nom, vécut dans la seconde
moitié du seizième siècle et cultiva la mu-
sique comme amateur. En 1595, il mit en
musique la Mascarade des aveuglés (Mas-
curada dcgli accecali), dont la poésie élait
d'Oclave Rinuccini , auteur des célèbres
drames de la Dafné et de VEuridice. Celte
mascarade se fil avec un grand nombre de
masques à cheval, le 25 février : les musi-
ciens étaient sur un char. Adrien De la Fage
a tiré ces renseignements d'un manuscrit du
commencement du dix-septième siècle qui se
trouve à la bibliothèque Magliabecchiana de
Florence (voyez Gazelta musicale di Milano,
anno VI, a» 22).
STROZZI (le P. Berardo), prédicateur
général de l'ordre des franciscains, à Rome,
au commencement du dix-septième siècle,
cultiva la musique avec succès, et fit im-
primer de sa composition : 1° Motetti a
cinque voci; Venise, 1618, in-4°. 2» //
sccondo libro de' Motetti a cinque voci;
ibid., 1022. Il y a une deuxième édition de
ces deux livres, à Venise, en 1629. 5° Sacri
concentus, messe, salmi, sinfonie, motetti,
compiete et antifone a 1, 2, 5, 4, 5, 6, 7 et 8
voci, con basso continuo; ibid. 4° Salmi,
magnificat , et concerté a 2 et 3 voci, con
B. C.;ibid. 5° Concerti, motetti et salmi a 2,5
ci 4 voci, con B. C. ; ibid. 6° Concerti, ibid.
messe, salmi, magnificat a 1 , 2, 3 et 4 voci;
STROZZI (Barbara), noble vénitienne,
vécut vers le milieu du dix-septième siècle, et
publia des compositions vocales, sous ce titre :
1° Il primo libro de' Madrigali a 2, ô, 4 e 5
voci; Venezia, app. Jlessandro Vincenti,
BIOCR. USIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
1644, in-4 n . 2° Cantate, ariette e duetti ;
Venise, 1G53, in-4°. ô° ariette a voce sola;
Fenezia, app. Bart. Magni, 1658, in-4".
4° Cantate a voce sola, op. 7 ; ibid., in-4°.
STROZZI (D. Grégoire), abbé, docteur
en droit canon et protonotaire apostolique,
naquit à Naples et vécut dans cette ville vers
la seconde moitié du dix-seplième siècle. On a
imprimé de sa composition : 1° Elementarum
musicx praxis, utilis non tantum incipien-
tibus, sed proficientibus et pcrfectis; Nea-
poli, 1683, in-4°. Cet ouvrage renferme des
canons à deux voix (soprano et ténor) destinés
à servir d'exercices de solfège. 2° Capricci da
sonare sopra cembali ed organi, op. quarto;
in Napoli, 1687, per Novello de Bonis,
in-fol. Ces caprices, d'un bon style, sont à
quatre parties, en partition.
STRUCR (Jean-Baptiste). Voyez BA-
TISTE*.
STRUCK (Paul), compositeur viennois, a
passé pour élève de Haydn, sans doute à cause
de l'imitation du style de ce maître qu'on re-
marque dans ses ouvrages. Les premières pro-
ductions de Struck parurent vers 1797 : on n'a
pas d'autres renseignements sur sa personne.
Cet artiste a publié de sa composition :
1° Trois sonates pour clavecin, violon et
basse, op. 1; Offenbach, André. 2° Quatuor
pour deux violons, alto et basse, op. 2; ibid.
5° Grand trio pour clavecin, violon et basse,
op. 3; ibid. 4° Trois sonates pour clavecin,
flûte ou violon et basse, op. 4; ibid. 5° Me-
nuet et trio pour piano à quatre mains;
Vienne, Kozeluch. 6° Quatuor pour piano,
flûte et deux cors, ou deux altos, op. 5;
Vienne , Mollo. 7° Symphonie à grand
orchestre, op. 10 ; Offenbach, André.
8° Quatuor pour clarinette, violon, alto et
violoncelle, op. 12; Vienne, Artaria. 9° So-
nate pour piano, clarinette et deux cors,
op. 17; Leipsick, Breitkopf et Hserlel.
10° Des marches et autres petites pièces
pour piano. 11° Cantate funèbre avec or-
chestre, op. 16; Vienne, Weigl. 12° Chants
allemands à trois voix, op. 6; ibid. 13° Chan-
sons allemandes pour voix seule avec piano,
op. 11 et 15; ibid.
STRUIVGR (Delpiiin), né à Brunswick.en
1601, fut organiste à Wolfenbultel pendant les
années 1630-1632, puis à Zelle (Hanovre), en
1639-1645, et, enfin, à Brunswick, sa patrie,
où il remplit les places d'organiste dans cinq
églises différentes. Il mourut en 1694, à l'âge de
qualre-vingt-treize ans, laissant en manuscrit
des pièces d'orgue en tablature.
11
162
STRUNZ
STRUNGK (Nicoi.as-Adam), fils aîné du
précédent, né en 1640, à Zelle, où son père
était alors organiste, fut un des plus célèbres
violonistes de l'Allemagne. A l'âge de douze
ans, il obtint la place d'organiste à l'église
Saint-Magnus de Brunswick. Il continua en
même temps ses études, qu'il alla terminer à
l'université de Helmstadt. Ce fut dans celte
ville que se développèrent ses dispositions
pour le violon. Son premier maître pour cet
instrument fut un habile artiste de Lubeck,
nommé Schnittelbach. Ses progrès furent ra-
pides, car à l'âge de vingt ans, il obtint la
place de premier violon de la chapelle du duc
de Wolfenbutlel. Il la quitta peu de temps
après pour accepter une position plus avanta-
geuse chez le duc de Zelle. Ayant fait un
voyage à Vienne, avec l'autorisation de ce
prince, il joua devant l'empereur, qui lui té-
moigna sa satisfaction en lui faisant présent
«l'une chaîne avec une médaille à son effigie.
Après la mort du duc de Zelle, Strungk entra
au service de l'électeur de Hanovre, d'où il fut
appelé peu de temps après à Hambourg, pour
diriger la musique du théâtre. Il y composa,
jusqu'en 1685, les opéras intitulés: 1° La For-
tune et la chute de Séjan, en 1 G78. 2» Eslher;
3° Do ris; 4° Les Filles de Cécrops, 5" Al-
ceste; 6° Thésée; 7° Sémiramis ; 8° Floretto.
Frédéric -Guillaume , électeur de Brande-
bourg, qui visita Hambourg à cette époque,
ayant été témoin des succès de Strungk, désira
l'avoir à son service, le demanda au magistral,
et le nomma son maître de chapelle; mais le
duc de Hanovre ayant appris le prochain dé-
part de Slrungk pour Berlin, le réclama
comme son vassal. Pour le dédommager des
avantages dont il le privait, il lui accorda la
place d'organiste de sa musique particulière,
et l'emmena eo^ Italie, où Strungk demeura
plusieurs années. De retour en Allemagne, et
passant à Vienne, il s'y fit entendre une se-
conde fois de l'empereur, qui lui donna de
nouvelles marques de sa munificence. De
Vienne, Slrungk se rendit à Dresde, et y fut
nommé second mailre de chapelle de la cour.
En 1692, il succéda à Bernhardl en qualité de
premier maître, et remplit les fonctions de
cette place jusqu'en 1696. Plus tard, il se fixa
à Leipsick, où il mourut le 20 septembre 1700,
à l'âge de soixante ans. Parmi les morceaux
de sa composition pour le clavecin on remar-
que : 1° Ricercare, sur la mort de sa mère,
écrit à Venise, le 20 décembre 1685. 2° Exer-
cices pour le violon ou la basse de viole, con-
sistant en sonates, cliaconnes, clc, avec ac-
compagnement de deux violons et basse con-
tinue; Dresde, 1691, in-fol,
STRUNZ (Jacques), compositeur, né en
1783. à Pappenheim, en Bavière, a reçu les
premières leçons de musique du maître de cha-
pelle Metzger, à Munich, et plus tard est devenu
élève de Winter. Dès l'âge de quatorze ans, il
était attaché à la chapelle royale; mais une
imprudence de jeunesse l'ayant exposé au res-
sentiment d'une famille puissante, il dut
s'éloigner de la capitale de la Bavière. Il
parcourut alors l'Allemagne, la Hollande et
l'Angleterre, en donnant des concerts pour
vivre. Arrivé en France, en 1800, il accepta la
place de chef de musique d'un régiment, qui
lui fut offerte, et fil en celte qualité, à l'âge
de dix-sept ans, la campagne d'Italie qui se
termina par la bataille de Marengo. Après la
paix, son régiment alla tenir garnison à An-
vers. Il y commit un acte de grave insubordi-
nation envers son colonel, et n'échappa à une
condamnation capitale que par l'intervention
de puissants amis. Ayant obtenu sa démission,
Strunz s'établit à Anvers, comme professeur de
musique, et y écrivit plusieurs concertos pour
la flûte, le cor et le violoncelle, une messe so-
lennelle pour la cathédrale, et Bouffarelli, ou
le Prévôt de Milan, opéra-comique, qui fut
représenté au théâtre de Bruxelles, avec quel-
que succès. Napoléon ayant visité la Belgique
et particulièrement Anvers, en 1807, Strunz
fut chargé par l'administration municipale de
composer une cantate héroïque pour une fête
que la ville donnait à l'empereur. Napoléon
fut si satisfait de cet ouvrage, qu'il fil remettre
une somme de six mille francs au compositeur.
Quelque temps après, Strunz se rendit àParis,
pouf s'y livrer à l'enseignement et à la com-
position. Il y publia beaucoup de musique in-
strumentale dans l'espace de dix ans. En 1818,
il fit jouer au théâtre Feydeau Les Courses de
New-Market, opéra-comique en un acte qui
ne réussit pas, ce qui n'empêcha pas Strunz
d'écrire un autre ouvrage en trois actes, dont il
ne put obtenir la représentation. Découragé,
après cinq ans d'attente vaine, il abandonna
la culture de la musique pour une place d'in-
specteur des subsistances militaires dans la
guerre d'Espagne, en 1823. Après la paix, il
resta longtemps à Barcelone, puis parcourut
l'Espagne, la Grèce, une partie de l'Asie,
l'Egypte, les îles Baléares, et né revint à Paris
qu'en 1851. Vers cette époque, le fruit de ses
économies lui fut enlevé par une banqueroute,
et cet événement l'obligea à chercher de nou-
veau des ressources dans la musique. Il ar-
STRUNZ — STUMPF
163
Tangea beaucoup de morceaux d'opéras pour
divers instruments à vent, et composa pour le
théâtre Nautique, en 1834, la musique des
ballets les Nymphes des eaux, et Guillaume
Tell, en cinq actes; mais le succès de ces ou-
vrages ne put retarder la ruine de ce théâtre.
L'entrepreneur espérait relever ses affaires
au moyen d'une troupe d'opéra allemand :
Strunz fut chargé d'aller en Allemagne engager
«les acteurs; mais pendant son voyage, il ap-
prit la clôture du théâtre et retourna à Paris.
Sa situation précaire dans cette ville l'obligea
ensuite à accepter la place de chef du bureau
de copie de l'Opéra-Comique; puis il quitta
cette position pour la direction de la musique
du théâtre de la Renaissance, et écrivit pour le
drame de Victor Hugo, Ruy Blas, une ouver-
ture et des entr'actes. Malheureusement l'exis-
tence de ce nouveau théâtre ne fut pas plus
longue que celle du théâtre Nautique. Strunz
reprit, dans les derniers temps, sa position
de chef du bureau de copie à l'Opéra-Comique.
Homme de talent, bien élevé, modeste, et plein
d'aménité dans ses relations du monde, il mé-
ritait un meilleur sort. On a gravé de sa com-
position : 1° Trois quatuors chantants pour
deux violons, alto et basse; Paris, Pacini.
2° Concerto pour la flûte (en sol); Paris,
Sieher. o" Quintettes pour instruments à vent.
4° Quelques œuvres de duos pour deux flûtes;
Paris, Sieber, Pleyel. 5° Concerto pour le cor;
Paris, Pleyel. 6° Beaucoup d'arrangements
pour divers instruments. 7° Des romances
françaises, avec accompagnement de piano;
Paris, Schlesinger. En 1849, j'ai retrouvé
Strunz à Munich, où il s'était retiré : un héri-
tage qu'il avait fait quelques années aupara-
vant l'avait placé dans une position aisée.
STRZOSKY (Manswet), violoniste, pia-
niste et compositeur, naquit le 11 décembre
1753, à Geyersberg, en Bohême. Admis chez
les serviles de Krulich, comme enfant de
chœur, il y fit ses premières études, puis alla
les achever à Prague. La musique devint ensuite
sa principale occupation. En 1799, il était em-
ployé comme violoniste à l'église de Strahow ;
plus tard il eut un emploi semblable à la cathé-
drale de Prague, et entra à l'orchestre de
l'Opéra. ïl mourut en cette ville le 8 mai 1807,
laissant en manuscrit des quintettes, quatuors
et trios pour instruments à cordes, et un O sa-
lutaris, composé, en 1800, pour l'église de
Strahow, et qui fut considéré comme un bon
morceau de musique religieuse.
STUCK (Jean-Guillaume), né à Zurich, le
21 mai 1542, fut professeur de théologie dans
cette ville, et y mourut le 3 septembre 1607.
On a de lui un livre intitulé : Antiquitatum
convivalium libri III, imprimé à Zurich, en
1597, in-fol. Il y traite, au 20 e chapitre du
septième livre, De musicx divisione, vi, uti-
litate ac suavitate, etc.
STUDZI1XSKI (Vincent), compositeur,
violoniste et professeur de piano, naquit à
Cracovie, en 1815. Professeur de violon à l'in-
stitut technique de cette ville, il dirigea pen-
dant quelques années l'orchestre du théâtre.
Il est mort d'une maladie de poitrine, en 1854.
La plupart des ouvrages de cet artiste sont
restés en manuscrit ; on y remarque quatre
quatuors pour deux violons, alto et basse; va-
riations pour violon principal avec accompa-
gnement de quatuor; caprice pour violon sur
une krakowiak avec accompagnement de
piano; trois fantaisies idem sur des krakowiaks
et desmazourkes; le Marinier, ballade pour
violon, avec accompagnement de piano; Elégie
idem; trois nocturnes idem; variations idem
sur des thèmes de Bianca e Fernando, de
Bellini ; Mes Rêveries, six fantaisies pour vio-
lon et piano; le Rêve, idem; Moment de
gaieté, rondeau pour violon avec accompagne-
ment de piano; Mazourkes de concert idem;
la Danse des fantômes, idem ; scènes fantas-
tiques pour deux chœurs et orchestre; polo-
naises, etc. On n'a publié de Studzinski que deux
livraisons de Mazourkes, en 1853 et 1854. Une
notice biographique surcetarliste, en langue po-
lonaise^ été publiée en 1853, par M.Radwanski.
Trois frères de Studzinski, Charles, Pierre
et Gaétan, cultivent la musique et en font leur
profession : Pierre est auteur de la musique de
Lobzowianie, opéra-comique représenté avec
succès à Varsovie.
STUMM (Henri), fut un bon facteur d'or-
gues allemand, vers la fin du dix- huitième
siècle. Il vivait, en 1780, à Rauhen-Sulz-
bach, près de Rien, dans les montagnes du
Hundsrlick. Aidé par ses fils, il construisit
l'orgue de trente-six jeux dans l'église du culte
réformée Bockenheim, en 1768, et le grand
orgue de l'église Sainte-Catherine de Francfort,
composé de quarante et un jeux, trois claviers
et pédale, en 1779.
STUMPF (Jean-Chrétien), bassoniste alle-
mand, vécut à Paris, vers 1785, et y publia
plusieurs compositions; puis il fut attaché à
l'orchestre d'Altona jusqu'en 1798; enfin, il
eut le titre de second répétiteur au théâtre de
Francfort-surle-Mein. Il mourut dans cette
ville, en 1801. On a imprimé de la composition
de cet artiste : 1° Entr'actes pour des pièces de
11.
164
STUMPF — SUARI)
théâlre, à grand orchestre, livres 1 à 4; OfTen-
bach, André. 2° Pièces d'harmonie pour deux
clarinettes, deux cors et deux bassons, livres
1 à 4; ibid. 5° Concerto pour flûte, op. 15;
Augsbourg, Gombart. 4° Duos pour deux cla-
rinettes, op. 18; Paris, Naderman. 5° Con-
certos pour le basson, n os 1, 2, 5,4; Bonn,
Simrock. 6° Quatuor pour basson, violon, alto
et basse; ibid. 7° Duos pour deux bassons,
liv. 1 et 2; Paris, Leduc. 8° Sonates en duos
pour violon et violoncelle, op. 1 et 2; ibid.
9° Duos pour deux violoncelles, op. 16 et 17;
Paris, Sieber. 10° Quelques œuvres de duos et
de trios pour le violon; ib/d.Slumpf a arrangé
pour divers instruments à vent plusieurs opéras
de Mozart, Salieri, Paer et Wranilzky.
STUÏNZ (Joseph-Hartmann), maître de la
chapelle royale à Munich, né à Arlesheim, en
Suisse (canton de Bâle), le 23 juillet 1793, fit
ses études décomposition dans la capitale de
la Bavière, sous la direction de Winler. En
1819, il se rendit en Italie et fut engagé pour
écrire l'opéra laRappresaglia, pour le théâtre
de la Scala, à Milan. Cet ouvrage, représenté
avec succès le 2 septembre de la même année,
l'ut joué ensuite sur plusieurs théâtres, et fit ob-
tenir au compositeur un nouvel engagement
pour celui de la Fenice, à Venise. Costantino
était le titre de ce second opéra, qui, accueilli
avec beaucoup de faveur, au mois de février
1820, malgré les préventions des Italiens de
cette époque contre les compositeurs étrangers,
fut joué aussi avec succès à Padoue et au
théâtre italien de Munich. Rappelé à Milan, en
1821, Stunz y donna, au mois de juin, sur le
théâlre de la Scala, son opéra Elvira c Lu-
cindo } et alla, dans l'année suivante, écrire à
Turin Argent ed Almira, qui réussit égale-
ment. Après quatre essais heureux sur des
scènes qui tiennent le premier rang en Italie,
la carrière du compositeur semblait tracée;
mais rappelé à Munich pour y prendre la di-
rection du chant et des chœurs du théâtre alle-
mand, Stunz se laissa séduire par l'appât d'une
position stable, à l'abri des éventualités capri-
cieuses du théâtre, et accepta les propositions
qui lui étaient faites. Déjà il avait donné à Mu-
nich l'opéra allemand Henri IF à Givry. En
1824, il écrivit Caribald, dont l'introduction
et le finale furent remarqués, et deux ans après
il donna à Vienne Schloss Lowinshj (Le châ-
teau deLowinsky). Ses derniers ouvrages pour
le théâtre sont la musique du ballet Alasmun
el Balsora, représentée Munich, en 1831, et
Rosa, opéra composé pour la même ville, en
18-515. Il avait succédé à Frsenzel, en 1824,
dans la direction de l'Opéra allemand. Après
la mort de Winter, en 1826, il obtint la
place de maître de la chapelle royale. Le trai-
tement attaché à cette place n'était que de
mille deux cents florins (moins de trois mille
francs); c'était bien peu. J'ai trouvé à Munich,
en 1849, le pauvre Stunz fort découragé : il se
sentait éteindre dans un pays dont la popula-
tion ne prend quelque intérêt qu'à la musique
de théâtre. L'objet principal de ses travaux,
depuis sa nomination à la place de maître île
chapelle, fut la musique d'église. 11 a écrit
plusieurs messes solennelles avec orchestre ;
d'autres pour les voix avec orgue, des motels,
des offertoires, un très-beau Stabat Mater,
composé pour Vienne, en 1822, des chants en
chœur, des symphonies, une cantate pour
l'entrée de l'empereur d'Autriche à Munich, et
une autre pour l'inauguration du JTalhalla.
Stunz est mort à Munich, le 18 juin 1859. Outre
les ouvrages cités ci-dessus, ses autres produc-
tions consistent en deux ouvertures, op. 7 et 9;
Leipsick, Breilkopf et Hœrlel ; un quatuor
pour deux violons, alto et basse, op. 8; Augs-
bourg, Gombart; des nocturnes à deux voix;
le chœur Der wilde Jager (Le chasseur sau-
vage), qui a obtenu un succès d'enthousiasme,
en 1837, et le Chant des héros à Walhalla,
pour quatre voix d'hommes avec des instru-
ments de cuivre, publié à Munich, chez Falter.
STYLES (François-!! atkins-Eyles). f 'oyez
STILES.
SUARD (Jean-Baptiste Antoine), membre
de l'Académie française, né à Besançon, le
15 janvier 1734, mourut à Paris, '.e 20 juillet
1817, à l'âge de quatre-vingt-six ans. L'his-
toire de sa vie et de ses travaux littéraires n'ap-
partient pas à ce dictionnaire biographique;
il n'y est cité que pour la part qu'il prit, avec
l'abbé Arnaud, aux querelles des gluckistes
et des piccinnistes. Partisan déclaré de la mu-
sique de Gluck, il écrivit dans le Journal de
Paris et dans le Mercure de France, sous le
nom de V Anonyme de Vaugirard, quelques
articles piquants contre ses antagonistes. Ces
morceaux ont été réunis dans les Mémoires
pour servir à l'histoire de la révolution
opérée dans la musique par M. le chevalier
Gluck (Paris, 1781, un volume in-8 r ), et dans
les Mélanges de littérature île Suard, Paris,
Dentu, 1804-1805, cinq volumes in-8°, avec
quelques autres écrits relatifs à la musique.
Suard a fait insérer dans le premier volume
des Variétés littéraires (Paris, Lacomoe,
1770. quatre volumes in-12), une Lettre sur
un ouvrage italien, intitulé II Tcalio alla
SUARD — SUDRE
165
moda (de Marcello), p. 192-220. Il est aussi
fauteur du supplément de VEssai sur la mu-
sique, de Lahorde (tome IV, pages 457-474).
Enfin, il a fourni quelques articles au Diction-
naire de musique de V Encyclopédie métho-
dique.
SUDRE (JEAN-FaàNçois), né à Alby (Tarn),
le 15 août 1787, apprit la musique dès son en-
fance, et fut envoyé comme élève au Conser-
vatoire de Paris, où il fut admis le 12 mai
180G. Il y reçut des leçons de violon d'Habe-
neck, et Catel lui enseigna l'harmonie. De
retour dans le Midi de la France, il enseigna
d'abord le chant, la guitare et le violon à So-
rèze; mais, en 1818, il s'établit à Toulouse, et
y fonda une école d'enseignement mutuel pour
Ta musique. Vers le même temps, il publia
quelques romances avec accompagnement de
piano et de guitare, des nocturnes, des trios et
des quatuors de chant, avec ou sans accompa-
gnement. En 1822, Sudre se rendit à Paris, où
il ouvrit un magasin de musique, qu'il aban-
donna quelques années après. Depuis 1817,
il s'était préoccupé de la possibilité de for-
mer un système de signes par les sons des
instruments de musique, et de le faire servir à
établir avec rapidité des communications loin-
laines. Celle idée première mûrit lentement
dans l'esprit de l'inventeur. Au mois de jan-
vier 1828, il crut que sa langue musicale était
assez bien combinée pour être soumise à l'exa-
men de l'Institut de France. Une commission,
composée de Prony, Arago, Fourier, Baoul-
Rochetle, Cherubini, Lesueur, Berlon, Catel
et Boieldieu, donna des éloges à cette décou-
verte, et termina son rapport par ces mots :
La commission croit que ce nouveau moyen
de communication de la pensée peut o/frir
de grands avantages, et que le système de
M. Sudre renferme en lui tous les germes
d'une découverte ingénieuse et utile. Des ex-
périences faites ensuite au Champ-de-Mars,
par ordre du ministre de la guerre, en présence
de plusieurs officiers généraux, démontrèrent
*pie l'application de cette langue musicale dans
les opérations militaires, au moyen de signaux
donnés par un clairon, pouvait faire parvenir
des ordres à de grandes distances, et donner
le retour du message dans l'espace de quinze
secondes. Le rapport des généraux au ministre
de la guerre donna des éloges sans restriction
au nouveau moyen de communication, que
Sudre appela depuis lors Téléphonie. Il en
fut de même du rapport d'un comité de la
marine. En 1833, l'inventeur de la téléphonie
commença à donner des séances publiques
dans lesquelles il excita vivement la curiosité
par la traduction instantanée de phrases
dictées, au moyen de trois notes d'un cornet
ou d'un clairon, diversement combinées dans
les intonations ou dans la mesure et le
rhylhme. Tous les journaux signalèrent l'in-
térêt de ces séances dans des analyses élo-
gieuses. Un nouveau rapport de toutes les aca-
démies de l'Institut de France approuva, le
14 septembre 1833, les perfectionnements pro-
gressifs introduits par Sudre dans sa langue
musicale. Dans ses voyages en France, en Bel-
gique, en Angleterre, partout, enfin, il a été
accueilli avec intérêt et comblé d'éloges. Lui-
même a recueilli dans une brochure de
soixante-deux pages in-8° les rapports officiels
dont son invention a élé l'objet, ainsi que les
opinions des journaux ; cette brochure a pour
litre : Rapports sur la langue musicale in-
ventée par M. F. Sudre, approuvée par Vin-
stitut royal de France , et opinion de la
presse française, belge et anglaise, stir les
différentes applications de cette science;
Paris, 1838, in-8°. Les derniers perfectionne-
ments de la langue musicale imaginés par
Sudre onl consisté à faire disparaître la néces-
sité de l'intonation et du son, en la formant
simplement d'éléments rhylhmiques, en faveur
d'une classe d'infortunés, heureusement peu
nombreuse, qui sont à la fois aveugles, sourds
et muets. Par des attouchements rhylhmiques
des mains, toutes les idées et les faits peuvent
être communiqués immédiatement. La section
de musique du jury de l'exposition internatio-
nale de Londres, en 1862, fut appelée à juger
la valeur de ces perfectionnements, et dans la
séance consacrée à cet objet, nous dictâmes
par écrit plusieurs phrases qui, lues par Sudre,
furent transmises par lui à la personne qui
devait les traduire, sans aucune autre commu-
nication que le contact des mains. Toutes les
traductions furent instantanées et d'une exac-
titude parfaite, entre autres celle phrase, qui
fut rendue mot pour mot : Nous allons nous
séparer ; qu'on fasse approcher des voitures
pour chacun de nous. Déjà le jury de l'expo-
sition universelle de Paris, en 1855, avait voté
une récompense de dix mille francs pour l'in-
venteur de lalanguemusicale : celle somme fut
payée à Sudre par le gouvernement français. Le
jury de l'exposition internationale de Londres,
à qui Sudre communiqua la grammaire et le
vocabulaire de la Téléphonie, qui n'ont point
encore élé publiés, a demandé au même gou-
vernement qu'une pension viagère fut accordée
à son inventeur. Celle demande fut accueillie;
166
SUDRE — SULZER
mais Sudre ne jouit pas longtemps de cette
amélioration de sa position, car il mourut à
Paris, le 3 octobre 1862. Il a composé et pu-
blié quelques solos de violon avec orchestre ou
piano, des romances, des nocturnes à deux et
trois voix, et les chants patriotiques la Co-
lonne et le Champ d'Asile, dont il a été fait
plusieurs éditions.
SUEVUS (Gaspard), recteur du collège de
Lowenberg, en Silésie, naquit dans cette ville,
en 1577, et mourut le 21 octobre 1625. Il fit
imprimer en 1612, un programme académique
in Fest. Gregor. Schola? Leoburgensis, qui
contient l'éloge de la musique.
SUEVUS (Félicien), gardien du couvent
des capucins de Strasbourg, vers 1650, .passa
ensuite au couvent d'Inspruck, où il était en-
core en 1661. Il a publié de sa composition :
\"Cithara patientis Jobi versa in luctum,
motets à trois voix, deux violons et basse con-
tinue; Strasbourg, 1647. 2° Magnificat seu
Faticinium Dei Parentis, semper Virginia,
cum hymno Ambrosiano et falsi bordoni
Avocibus, adjuncto choro secundo cum vio-
lonis et symphoniis non necessariis ; In-
spruck, 1651, in-4°. 3° Psalmi vespertini
5 voc; ibid., 1651, in-4°. 4° Fasciculus mu-
sicits sacrorum concentuum, trium vocum
tam instrumentorum quam vocalium, etc. ;
ibid., 1656, in-4°. 5° Lilania B. M. f'irginis
Laurelanx von 2 oder 3, oder 5 Stimmen,
ibid., 1661, in-4°. 6° Sacra Ercmus piarum
cantionum 2 et 3 foc. cum 2 violinis. 7° Mo-
tettia 2, o, 4 et 5 voci cum violini. 8° Tuba
sacra, seu converti a 1,2, 3 voci. 9 9 Magni-
ficat a 3 voci.
SUIRE (Robert-Martin LE), ou LE-
SUIRE, littérateur, né à Rouen, en 1737, se
rendit à Paris après avoir achevé ses éludes, et
y obtint la place de lecteur du duc de Parme.
Il suivit son élève en Italie, puis fit plusieurs
voyages en Angleterre. De retour à Paris, il
s'y mit aux gages de libraires et publia des
poésies et des compilations médiocres, de mau-
vais romans et quelques morceaux de polémi-
que. Échappé aux orages de la révolution, il
fut nommé professeur de législation à l'école
centrale de Moulins, perdit celte place à l'épo-
que de l'organisation des lycées, et revint à
Paris, où il mourut le 27 avril 1815. Ce liltéra-
leur n'est cité dans la Biographie 'universelle
des musiciens que pour un pamphlet pseudo-
nyme concernant la musique des opéras de
Gluck, intitulé : Lettre de M. Camille Trillo,
fausset de la cathédrale d'Auch, sur la mu-
sique dramatique; Paris, 1777, in-12.
SLLTZRERGER (Jean-Ulrich), direc-
teur de musique et virtuose sur le zink (1), à
Berne, au commencement du dix-huitième
siècle, a mis en musique à quatre parties, en
contrepoint simple de note contre note, les
Psaumes de David traduits en vers allemands
par Ambroise Lobwasser. Cet ouvrage a été
publié sous ce litre : Fierstimmiger Psalmen-
buch; das ist, Psalmen David' s, durch
D. Ambr. Lobwasser in teutsche Reymen
gebracht, worinn die hochclevierten Psal-
men transponierty etc.; Berne, Daniel Tschif-
felt, 1727, petit in-8° de six cent quarante et
une pages. On trouve en tète du volume des
principes abrégés de musique.
SULZER (Jean-Georges), littérateur et
membre de l'Académie royale des sciences de
Berlin, naquit à "VYinterthur, en 1719. Après
avoir fait ses études dans sa ville natale et à
Zurich, il remplit pendant quelque temps des
fonctions pastorales dans un village, puis fut
instituteur à Magdebourg, et, enfin, profes-
seur de mathématiques à Berlin. Il fut admis
à l'Académie des sciences de cette ville, en
1750, et plus tard y eut le titre de directeur de
la section de philosophie. Il mourut à Berlin,
le 27 février 1779. Au nombrede ses ouvrages,
on trouve celui qu'il publia en français sous ce
litre : Pensées sur l'origine et les différents
emplois des sciences et des beaux-arts, dis-
cours prononcé dans rassemblée royale des
sciences et des belles-lettres, le 27 de janvier
1757, Berlin, in-8° de quarante-huit pages~
C'est le fond de cet écrit qui est devenu la
base de celui que Sulzer a publié plus tard en
allemand, et qui est intitulé : Die Schœnen
Kiinste in ihrem Ursprunge, ihrer wahren
Natur und besten Amcendung betrachtet;
Leipsick, 1772, in-8° de huit feuilles. Mais
l'ouvrage qui a rendu célèbre le nom de Sul-
zer est son encyclopédie des arts intitulée :
Allgemeine Théorie der schœnen Kiinste in
einzeln, nach alphabetischer Ordnung der
Kunstivœrter auf einander folgenden Arti-
keln abgehandelt (Théorie générale desbeaux-
arls dans leur spécialité, en forme de diction-
naire par ordre alphabétique, etc.), dont la
première édition parut à Leipsick, en 1772,
deux volumes in-4°, et dont la dernière, aug-
mentée de beaucoup d'articles, a été publiée
dans la même Tille, en 1792-1794, quatre vo-
lumes in-8°. Agricola, Kirnberger et Jean-
Ci) Sorte de cornet en bois, courbé et percé de trous,
le plus ancien des instruments à vent du moyen âge,
resté en usage dans quelques parties de la Suisse et de
l'Allemagne.
SULZER — SUPPÉ
167
Abraham-Pierre Scbltlz ont fourni les arlicles
de musique pour ce livre; les meilleurs sont
ceux de Schtilz. Blankenburg, qui a publié la
dernière édition du livre de Sulzer, en a donné
un supplément très-utile intitulé : Littera-
rische Zusxtze zu Johann George Sulzers
allgemeiner Théorie der schœnen Riinste 7 etc;
Leipsick, 1796-1798, trois volumes in-8°. Le
Dictionnaire des Beaux-Arts, de Millin, ren-
ferme la traduction des principaux arlicles de
l'ouvrage de Sulzer. Parmi les morceaux que
ce savant a fait insérer dans les Mémoires de
l'Académie de Berlin , on trouve celui-ci :
Description d'un instrument fait pour noter
les pièces de musique, à mesure qu'on les
exécute sur le clavecin (ann. 1771).
SULZER (François-Joseph), auditeur mi-
litaire à Vienne, naquit à Laufenbourg, dans
le Brisgau, et mourut à Vienne, en 1790. On
a de lui un livre intitulé : Geschichte des
transalpin. Daciens, etc. (Histoire de la Da-
cie-transalpine, c'est-à-dire de la Valachie, de
la Moldavie et de la Bessarabie); Vienne,
1781 et 1782, trois volumes in-8". Il y donne
une notice très-détaillée de la musique des
Turcs et des Grecs modernes.
SULZER (Jean-Antoine), docteur en droit,
et bailli de l'abbaye de Kreuzlingen, s'est fait
connaître, dès 1782, comme compositeur et
comme auteur d'écrits sur la philosophie et la
morale. Il vivait encore à Sulzbach en 1827.
Ses œuvres musicales sont : 1° Quatre sonates
pour clavecin avec un violon, op. 1 ; Man-
heim. 2° Quatre idem, op. 2; Spire. 5° Quatre
solos pour violon, op. o; Spire. 4° Chansons
de Lavater, premieret deuxième recueils; Zu-
rich.
SULZER (Salomon), né en 1804àHohen-
ems, en Autriche, de parents israéliles, a fait
de bonnes études dans sa jeunesse, et a cultivé
particulièrement la littérature hébraïque. Un
goût passionné pour la musique le fit se livrer
avec ardeur à l'étude du chant, et ses progrès
dans cet art furent si rapides, qu'à l'âge de
dix-sept ans, il était déjà premier chantre de
la synagogue de sa ville natale. Quelques an-
nées après, il fut appelé en qualité de chantre
supérieur de la nouvelle et belle synagogue de
Vienne. Il y forma un excellent chœur qui,
sous sa direction, exécute avec perfection les
choses les plus difficiles. Sulzer, élève de Sey-
fried pour la composition, a écrit pour le ser-
vice de sa synagogue des hymnes remarquables
par l'originalité et la fantaisie.
SU!>DELII\ (Augustin), clarinettiste et
compositeur de danses allemandes à Berlin,
membre de la musique de la chambre du roi
de Prusse, fut pensionné de la cour, après
vingt-cinq ans de service, et mourut le 6 sep-
tembre 1842, à Berlin. Il s'est fait connaître
par la publication de quelques cahiers de
danses et de valses ainsi que par des Lieder,
et surtout par deux ouvrages didactiques in-
titulés : 1° Die Instrumentirung fur das
Orchestre, oder Nachweisungen iiber aile bei
demselben gebrauchliche Instrumente , etc.
(L'instrumentation pour l'orchestre, ou ren-
seignements sur tous les instruments qui y
sonten usage, etc.); Berlin, 1828, Wagenfuhr,
in-4°. 2° Die Instrumentirung fur sœmmt-
liche Militar-Musik-Chaere, etc. (L'instru-
mentation pour tous les corps de musique
militaire, etc.); ibid., 1828, in-4°.
SUI\DELII\ (Charles), docteur en méde-
cine et professeur à Berlin, vraisemblablement
frère du précédent, est auteur de beaucoup
d'ouvrages relatifs à la médecine et à la chi-
mie, parmi lesquels on remarque un opuscule
intitulé : Aerzttîchen Rathgeber fiir Musik-
treibende. Nach den Angaber des kœnigl.
Preussischen pensionnirten Kammermusi-
kus Auguste Sundelin zusammengetragen
(Conseils médicaux pour les musiciens de pro-
fession, d'après les vues du musicien de chambre
pensionné du roi de Prusse, Augustin Sunde-
lin) ; Berlin, 1852, Grœbenschulz, in-8° de
cinquante-huit pages.
SUPPÉ (FrantzDE), né le 18 avril 1820,
à Spalalro, en Dalmalie, était encore enfant
lorsqu'il fit des premiers essais de composi-
tion, sans aucune connaissance des règles de
l'art d'écrire. En 1859, il se rendit à Vienne
avec le projet de fréquenter les cours de l'uni-
versité; mais bientôt il abandonna l'élude des
sciences pour se livrer exclusivement à la cul-
ture de la musique. Il apprit à jouer de plu-
sieurs instruments à vent, particulièrement de
la flûte ; et le chevalier de Sey fried lui enseigna
la composition. Après avoir occupé pendant
quelque temps la place de chef d'orchestre du
théâtre Josephstadt, il passa, en la même qua-
lité, au théâtre An der Wien (Sur la Vienne),
où ilremplitencoresesfonctions(1864). Cetar-
tisle a composé la musique de plusieurs opéras,
au nombre desquels on remarque : Das Mxd-
chen vom Lande, joué à Vienne, en 1847; des
vaudevilles, donlDie Mùllerin von Burgos (la
Meunière de Burgos) ; des ouvertures, des en-
ir'actespourdes drames, et quelques morceaux
de musique d'église. On connaît aussi sous son
nom plusieurs symphonies, des quatuors pour
des instruments à cordes, et beaucoup de
168
SUPPÉ — SUSATO
Lieder. Il y a de la fantaisie el du talent dans
plusieurs de ces œuvres.
SUREMAIN DE MISSERY (Awtoise),
ancien officier d'artillerie, membre de la So-
ciété des sciences de Paris, et de l'Académie
de Dijon, naquit dans celle ville, le 25 janvier
17C7. Depuis 1797, il était fixé à Beaune. Au-
teur de plusieurs ouvragesde philosophie et de
mathématiques, il a publié un livre intitulé :
Théorie acoustico-musicale, ou De la doc-
trine des sons rapportée aux principes de
leurs combinaisons ; Paris, Didot, 1793, un
volume in-8° de quatre cent quatre pages. Bien
que celte théorie n'aboutisse point à la forma-
tion rationnel le d'un système de tonalité, comme
le croyaient l'auteur et l'Académie royale
des sciences qui approuva son ouvrage, elle
n'en est pas moins digne d'estime par l'ana-
lyse rigoureuse d'une multitude de faits inté-
ressants, et par la réfutation victorieuse de
beaucoup d'erreurs auparavant émises. Vingt-
trois ans après la publication de son livre,
Suremain de Missery revint à l'examen de
la théorie des intervalles des sons par un
écrit intitulé : Méprises d'un géomètre de
l'Institut, manifestées par un provincial;
ou Observations critiques sur le traité de
physique expérimentale et mathématique de
M. Biot, en ce qui concerne certains points
d'acoustique et de musique; Paris, Denlu,
1810, in-8 n de soixanle-qualorze pages de
texte, et de XXIV pages de préface. Celle pré-
face nous apprend que Suremain de Missery a
composé un traité de la Géométrie des sons,
ou Principes d'acoustique pure et de musique
scient ifique, donl son premier ouvrage n'élait,
dil-il, que le prélude et une ébauche informe.
Venu à Paris, en 1816, pour obtenir un rap-
port de l'Académie des sciences sur cet impor-
tant travail, on lui donna pour commissaires
chargés de l'examiner, Prony, HaUy el Biot.
Celui-ci venait de publier son nouveau Traité
de physique expérimentale et mathématique,
dans lequel il a reproduit toutes les anciennes
erreurs concernant la formation de la gamme
par les proportions arithmétiques des inter-
valles des sons. Éclairé trop tard sur sa fausse
théorie par le travail manuscrit de Suremain
de Missery, il aurait, suivant la préface de ce
savant, élevé des difficultés contre l'ouvrage,
feint de prendre le change sur le sens de la
théorie qui y était contenue, et refusé de s'ex-
pliquer avec clarté contre elle, parce qu'il ne
pouvait 1'allaquer par de bons arguments. Le
résultat fut qu'il n'y eut pas de rapport, et que
Suremain de Missery ne crut pas devoir publier
son travail; mais il attaqua, dans la brochure
dont il vient d'être parié, les erreurs de calcul
et de doclrine émises par Biot dans son Traité
de physique expérimentale, et l'on est obligé
d'avouer que ses arguments analytiques sont
accablants pour l'académicien. M. Brossard,
juge au tribunal de Chalon-sur-Saône (voyez
ce nom),etami de Suremain de Missery, ayant
eu communication de l'ouvrage inédit de ce
savant, fut autorisé à publier un exposé de la
nouvelle doctrine mathématique qui y est con-
tenue, en ce qui concerne les proportions des
intervalles des sons. On y voit que les rapports
numériques adoptés par les géomètres ne con-
stituent pas la gamme de la tonalité moderne;
que ces rapports sont variables dans les ten-
dances attractives des accords, et que le nombre
des intonations résultantes des variétés d'al-
traclions, dans les modulations, s'élève à
quarante-huit dans l'étenduede l'octave. Dans
le cours de philosophie et d'histoire de la mu-
sique, que j'ai professé à Paris, en 1832, j'ai
présenté l'exposé d'une théorie analogue, ba-
sée sur des considérations psychologiques. Su-
remain de Missery a fourni la plupart des
articles d'acoustique contenus dans le Dic-
tionnaire de musique de l'Encyclopédie mé-
thodique. Il est mort à Beaune, le 13 avril 1852.
SUSATO (Tylman ou Tyleman). l'oijnz
TYLMAKÏ SUSATO.
SUSATO (Jean DE), ainsi nommé vrai-
semblablement du lieu de sa naissance, ^o?*^
ville fortifiée de la AVeslphalie, dont le nom
latin est Susatum. Il fut docteur en médecine,
savant dans la musique, el vécut vers le mi-
lieu du quinzième siècle ; enfin, il avaiteessé
de vivre avant 1511, car Sébastien Virdung,
qui nous fournit ces renseignements, dans son
livre intitulé : Musica getutsch vnd ausge-
zogen, lequel fut imprimé à Bàle dans celte
année, en parle en ces termes : « J'ai vu cet
» instrument dans un grand livre en parche-
» min où se trouvaient les dessins et les des-
» criptions de plusieurs instruments par feu
a mon maître Jean de Zusato, docteur en
» médecine. Ce livre est composé et écrit par
» lui-même (1). » L'ouvrage et son auteur ont
été inconnus à tous les biographes el biblio-
graphes.
(1) Icli habderselhen instrument such etlieh g'malel
vnd beschreiben gesetzen, durch meynen nteister seligen
iohannen de zusato, doctor drsartzney, in einen grossen
beigamenen bueb, das er selb componiert vnd geschrei-
ben liât. (Celte orthographe est eel le du livre de Virdung,
el les substantifs n'y sont pas distingués par des capi-
tales.)
SUSSMAYER - SYVELINCK
1C9
SUSSMAYER (François-Xavier), com-
positeur de mérite, naquit en 17CG, à Steyer,
petite ville de la Haute-Autriche. Ayant été
admis comme enfant de chœur dans la célèbre
ahhayedes Bénédictins de Kremsmunster, il y
fit ses éludes littéraires, et y apprit la théorie
de la musique sous la direction de Paslerwilz.
Fort jeune encore, il s'essaya avec succès dans
tous les genres de composition, et écrivit des
chants à plusieurs voix, des symphonies, des
messes, des psaumes, motets, cantates, qui lui
donnèrent de bonne heure beaucoup d'expé-
rience dans l'art d'écrire. Arrivé à Vienne, il
acheva de s'instruire dans le chant et dans la
composition par les leçons de Salieri, et se lia
d'une intime amitié avec Mozart, qui lui donna
aussi des conseils. A son lit de mort, ce grand
compositeur lui confia la tâche d'achever sa
messe de Reqttiem, et lui donna des instructions
pour ce travail presque jusqu'au moment où il
expira. On sait que la veuve de ce grand homme,
pleine de confiance dans le talent de Sllss-
mayer, lui remit en effet la partition du fameux
Requiem de son mari pour la terminer. En
1792, ce jeune compositeur obtint la place de
chef d'orchestre au théâtre national de Vienne,
et deuxans après il joignit à celle position celle
de second chef de l'orchestre du théâtre de la
cour. Les premiers ouvrages de SUssmayer
pour la scène furent : 1° Moïse, petit opéra
composé pour le théâtre de Schikaneder, en
1792. 2° Die schœne Schuslerin (La belle cor-
donnière), petit opéra; ibid. 5° L'Incanto
superato, opéra bouffe, au théâtre de la cour,
à Vienne, en 1793. 4" Dcr Spiegel ans Arka-
dien (Le tableau d'Aicadie), en deux actes, à
Vienne, en 1794. Cet ouvrage a élé publié à
Vienne sous le litre : Die neuen Arcadier
{Les modernes Arcadicns). Dans celte même
année, il fit un voyage à Prague, et y fit re-
présenter, pour l'anniversaire de la naissance
de l'empereur, son opéra le Turc à Naples,
qui eut un brillant succès. Il écrivit aussi, pour
celle circonstance, une cantate qui fut exé-
cutée à l'université, et qu'on a publiée à
Prague.
De retour à Vienne, SUssmayer y donna, en
1795, Die edle Rache (La noble vengeance),
■opéra-comique. Cet ouvrage fut suivi de / due
Gobbi, opéra bouffe, composé pour le théâtre
de la cour, en 1790; Die Freywilligen (Les
volontaires), drame avec chant pour lequel
SUssmayer reçut de l'empereur une tabatière
d'or(179G); Der JFildfang (La chasse), opéra-
comique, en 1798; Der Marktschrcyer (Le sal-
timbanque), opéra-comique, en 1799; Soliman
der Zweyte, oder die beyden Sullanninnen
(Soliman II, ou les deux Sultanes), opéra-
comique, 1800; Gulnare, opéra bouffe pour le
théâtre de la cour, en 1800; Liebe macht
kurzen Prozess (l'Amour termine vile un pro-
cès), opéra-comique, en 1801; Phasma,
opéra-comique, en 1801. On a gravé les parti-
tions pour piano des Nouveaux Arcadiens
(Vienne, Artaria), de la Chasse, ibid., de So-
liman II, de Phasina, et de la canlale pour
l'archiduc Charles. Divers morceaux des autres
opéras de SUssmayer et quelques-unes de ses
cantates ont élé publiés. Ce compositeur dis-
tingué mourut à Vienne, le 17 septemhre 1805,
à l'âge de trente-sept ans.
On sait que Godefroid Weber a attribué à
SUssmayer la plus grande partie de la partition
de la messe de Requiem publiée sous le nom de
Mozart, et que celle allégation a soulevé une
vive polémique en Allemagne; mais SUssmayer
lui-même a expliqué, dans une lettre datée d'il
8 septembre 1800, et insérée dans la Gazette
musicale de Leipsick (octobre 1801), la pari
qu'il a [irise à cet ouvrage ; les quatre derniers
morceaux du Dies ira:, le Sanctus, le Bene-
dictus ei VAgnus Dei lui appartiennent, et il
a instrumenté tout le reste d'après la basse
chiffrée el quelques indications manuscrites de
Mozart. (Voyez Mozart.)
SUTOR (Guillaume), né à Munich, vers
1780, reçut des leçons de chant de Valesi,
chanteur de la cour, el apprit aussi à jouer du
piano, du violon, ainsi que les règles de l'har-
monie et du contrepoint. Après avoir élé at-
taché pendant quelques années au service du
prince-évêque d'Eichstadt, en qualité de chan-
teur, il fut appelé à Stuttgart avec le titre de
mailie de chapelle, et chargé de la direction
de l'Opéra. En 1816, il accepta la place de
maître de chapelle à Hanovre, et la conserva
jusqu'à sa mort, arrivée en 1828. Sutor a écrit
à Stuttgart deux symphonies à grand or-
chestre, qui sont restées en manuscrit, ainsi
que la musique pour le drame de Macbeth. Il
a publié quelques compositions pour la flûte,
des ouvertures pour piano à quatre mains,
quelques autres morceaux pour le même in-
strument, plusieurs cahiers de chants pour
quatre voix d'hommes, et des chansons alle-
mandes à voix seule avec accompagnement de
piano. La plupart de ces ouvrages ont paru à
Hanovre, chez Bachmann.
SWELINCK (Jean-Piehhe), ou SWE-
LIHG, ou, enfin, SWEELINCR (1), orga-
(I) La première orthographe de ce nom est celle qui se
trouve sur les éditions desouvrages de l'artiste, publiées
170
SWELINCK - SYFERT
niste à l'église principale «l'Amsterdam, naquit
à Deventer, vers 1540. Doué d'un génie heu-
reux pour la musique, il s'y adonna «le bonne
heure, et par un travail assidu, acquit dès sa
jeunesse une grande habileté sur l'orgue et
sur les instruments à clavier alors en usage.
Désirant étudier les principes de la composi-
tion, il se rendit à Venise, en 1557, et se mit
sous la direction de Zarlino. De retour dans sa
pairie, il ne larda point à s'y faire une grande
réputation : on le considéra comme le plus
grand organiste du monde : il était, en effet,
l'un des plus habiles. On lui conféra la place
d'organiste de l'église principale d'Amster-
dam : lorsqu'il jouait, les habitants accouraient
en foule pour l'entendre. On doit considérer
Swelinck comme le fondateur et le père de la
grande école des organistes allemands, car il
eut pour élèves Melchior Schild, de Hanovre,
Paul Syffert, «le Dantzick, Samuel Scheidt, de
Halle, Jacques Schultz ou Piœlorius et Henri
Scheidmann, maître de Jean-Adam Reinke et
«le toute l'école de Hambourg. Lorsqu'on songe
que de tous les noms que je viens de citer, il
n'en est aucun qui n'ait acquis le plus haut
«legré de célébrité, on doit en conclure que
Swelinck avait à la fois une méthode «l'exécu-
tion supérieure et l'art de la communiquer.
Quelques négociants d'Amsterdam, admira-
teurs de son talent, désirant assurer son exis-
tence dans sa vieillesse, lui empruntèrent deux
cents florins, pour les faire valoir dans leurs
entreprises, à condition «|u'ils supporteraient
seuls les pertes, et que Swelinck profiterait des
bénéfices. Ce capital modique produisit, au
bout «le «iiiebiues années, la somme considé-
rable de quarante mille florins, «iiit mit le vieil
artiste dans l'aisance. Il mourut en 1622. Ses
compositions connues sont : 1° Psaumes en
hollandais, traduits par Lobivasser , à
quatre et huit voix. 2° Chansons françaises
à quatre et cinq voix; Anvers, 1592, in-4°.
5° Chansons à cinq parties; ibid., 1593, in-4°.
A" Niew Chyterboeck (Nouveau livre de Gui-
tare); Amsterdam, 1602, in-4°. 5° Rimes
françaises et italiennes, mises en musique à
deux et trois parties avec une chanson à
quatre; Leyde, 1612, in-4°. 6° Psaumes mis
en musique à quatre, cinq, six, sept et huit
parties, liv. 2; ibid., 1613, in-4°. 7° Idem,
liv. 5; ibid., 1614,in-4°. $° Des iveitberiihmter
à Amsterdam, à Leyde et à Anvers, chez Pierre Phalésc;
la seconde se lit dans les recueils de Tjlman Susato,
publiés à Anvers; la troisième est au titre des Psaumes
à 4 voix, <le Swelinck, imprimes à Berlin, par Georges
Kungcr, en 1610, iu-i».
MusiciundOrganisten zu Amsterdam vier-
stimmige Psalmen, auss dem l s,en , 2 tcn und
3 tcn Theil. ,elc; (Psaumes à 4 voix des anciens
musiciens et organistes d'Amsterdam, pre-
mière, deuxième et troisième parties). Berlin
et Francfort-sur-l'Oder, 1616. 9° Livre
deuxième et troisième des Psaumes^ nouvelle-
ment mis en musique à quatre et à huit par-
ties; Amsterdam, 1618. 10° Livre quatrième et
dernier des Psaumes, etc.; Amsterdam, 1622.
11° Cantiones sacrx cum basso continua,
5 vocum; Anvers, 1623. 12° Quelques pièces
d'orgue de Swelinck se trouvent dans un re-
cueil manuscrit de tablature pour cet instru-
ment in-fol., daté de 1673, contenant aussi des
compositions de Frescobaldi, de Galli, de
Froberger, de Hammerschmidt, de Strunck
et de Melchior Schild. Ce recueil est à la bi-
bliothèque royale de Strasbourg. On attribue à
Swelinck une traduction hollandaise des Insti-
tutions harmoniques de Zarlino.
SWIETEIY (Godefuoid, baron VAN).
l 'oyez VAN SWIETEN.
SWOBODA (Thomas), bon organiste et
«iirecteur «le musique à l'église de Pelgrim, en
Bohême, mourut dans cette ville, le 17 mai
1727. Il a laissé en manuscrit quelques messes,
des motets et offertoires.
SWOBODA (Auguste), professeur de mu-
sique à Vienne, né en Bohême, en 1787, fut
d'abord attaché à l'orchestre du comte Pachta,
à Prague, en qualité de clarinettiste, puis fut
chef de musique d'un régiment d'infanterie,
et, enfin, s'établit à Vienne, en qualité de
professeur de musique. Dans sa vieillesse, il
se retira à Prague, où il est décédé, le 17 mai
1856. II s'est fait connaître avantageusement
par les ouvrages suivants : 1° Allgemeine
Théorie des Tonkunst (Théorie générale de la
musique); Vienne, Ant. Strauss, 1826, in-8".
2° Hurmonielehre (Science de l'harmonie);
Vienne, 1828-1829. Deux parties in-8°. La
première partie renferme les éléments de
l'harmonie. La deuxième ceux du contrepoint.
Cette seconde partie a pour litre : Anleilung
zum einfachen und doppelten Contrapuncte
(Introduction au contrepoint simple et double);
Vienne, 1829, in-4" de X et cent douze pages.
Ces ouvrages ont été publiés pour les cours
faits par l'auteur, à Vienne. 3° Instrumenti-
rungslehre(An de l'instrumentation); Vienne,
1832, in-folio obi. de trente pages, avec cinq
morceaux de musique en partition.
SYEEB.T (Paul), organiste de l'église
Sainte-Marie, à Dantzick, naquità Dresde, dans
les dernières années du seizième siècle, et alla
SYFERT — SZYMANOWSKA
171
faire ses éludes musicales à Amsterdam, sous la
direction deSwelinckfuo^es ce nom). De retour
à Dresde, il y publia une collection des anciens
motetsde divers auteurs, à trois, quatre et cinq
voix, dont le titre et la date sont sortis de ma
mémoire. Syfert entra dans sa jeunesse à la
chapelle du roi de Pologne Sigismond III.
En 1620, il fut nommé organiste à Dantzick;
il occupait encore cette place en 1645. Ayant
publié un recueil de psaumes de sa composi-
tion, sous le titre de Trilicum Syfertinum,
il fut vivement critiqué dans un pamphlet de
Scacchi {voyez ce nom), auquel celui-ci avait
donné le titre, de Cribrum musicum ad tri-
ticum Syfertinum, etc. Syfert répondit à son
antagoniste par V Anticribralio musica, ad
avenant Scacchianam, hoc est ocularis de-
monstratio crassissimorum errorum quos
Marcus Scacchius auctor Ubri, ann. 1643
Veneliis edili, quem Cribrum musicum ad
trilicum Syfertinum baptizavit ,passim in eo
commisit, cum annexa Syferti juxta defen-
sione honoris acbonx famx , adversus ampul-
las et falsilates Scacchianas,in usum studio-
sorum musices, et defensionum innocentix
autoris, public.v luci commissa; Dantzick,
1645, in-folio de neuf feuilles. Voyez, poul-
ies suites de cette affaire, la biographie de
Scacchi.
SYLVA (Manuel-Ncnez DE), prédicateur
à Lisbonne, dans les dernières années du dix-
septième siècle, fut d'abord professeur du col-
légedel'égliseSainte-Catherine de cette villeel
directeur du chœur de l'église Sainte-Marie-Ma-
deleinejendernierlieu il fut maitredechapelle
de la collégiale Notre-Dame de la Conception
du Christ. Il a publié un traité des proportions
de l'ancienne notation delà musique, intitulé :
Arte minima que cum semi-brève recopilaçao
trata em tempo brève os modos da maxima,
e longa sciencia da musica; Lisbonne, Jean
Galrao, 1685, in-4°. Une deuxième édition de
cet ouvrage a été publiée dans la même ville,
en 1704, in-4°, et une troisième a paru en
1725, un volume in-4" de cent trente-six pages.
SZARVADY (madame Wilhelmine
CLAUSS), pianiste distinguée, née à Prague,
en 1834, est fille d'un commerçant de cette
ville. Son heureuse organisation musicale se
manifesta dès ses premières années. Joseph
Procksch, artiste de mérite, fut le professeur
à qui elle fut confiée. Il découvrit bientôt les
rares dispositions de son élève, la prit en af-
fection et lui donna tous ses soins. Les progrès
de mademoiselleClauss furent si rapides, qu'en
1849, son éducation musicale fut terminée, et
que, dès l'âge de quinze ans, elle put entre-
prendre un voyage d'artiste avec sa mère et
frapper d'étonnement le public et les connais-
seurs. A Dresde, elle joua à la cour avec un
brillant succès. A Leipsick, Liszt, Spohr et
Schumann lui prédirent une belle carrière.
Brunswick, Cassel, Francfort et Hambourg lui
prodiguèrent aussi leurs applaudissements.
Elle arriva à Paris dans les derniers jours de
1852 : son début s'y fit dans un concert de-
Berlioz, où elle exécuta le premier concerto de
Beethoven. Toute la presse musicale n'eut
qu'une voix pour louer ce jeune talent, aussi
remarquable parle brillant que par la délica-
tesse. Un grand malheur vint frapper made-
moiselle Clauss au milieu de ses triomphes,
car elle perdit sa mère, morte presque subi-
tement, en confiant son enfant à la protection
de madame Ungher-Sabatier et de M. Szarvady,
qui devint son mari quelques années après.
A la suite de ce triste événement, la jeune ar-
tiste passa près d'une année entière dans la
retraite; puis elle continua ses voyages, visita
Londres, l'Allemagne méridionale et la Hon-
grie pendant quatre ans. De retour à Paris, en
1857, madame Szarvady s'y est fixée définiti-
vement. Son talent, perfectionné pardes éludes
constantes et par la méditation, a pris une part
active à la réaction qui s'est opérée dans le
goût des amateurs, en les ramenant au culle
des œuvres classiques des grands maîtres,
dont elfe a même fait publier quelques mor-
ceaux inconnus ou tombés dans l'oubli : au
nombre de ces précieuses reliques du grand
art d'autrefois se trouve un admirable concerta
inédit (en fa mineur) de Charles-Philippe-
Emmanuel Bach pour clavecin, deux violons,
alto et basse, arrangé par madame Szarvady
pour piano seul; Leipsick, Baiih.Senff; Paris,
J. Maho.
SZYMANOWSKA (Marie), née WO-
LOWSRI, pianiste distinguée, naquit en
Pologne, vers 1790, et fut élève de Field, à
Moscou. Elle brilla à Varsovie de 1815 à 1830,
puis elle fit plusieurs voyages à Leipsick, à
Vienne, à Berlin, à Hambourg et à Péters-
bourg, où elle se fit entendre avec succès. Elle
mourut jeune encore dans cette dernière ville,
en 1831. On a gravé de sa composition : v
1° Cotillon en forme de rondeau pour le piano;
Hambourg, Christiani. 2° Douze exercices
pour le piano; Leipsick, Breilkopf et Ilsertel.
3° Variations sur une romance; Posen, Simon.
4° Mazurkes, danses nationales de Pologne;
Leipsick, Breitkopf et Hœrtel. 5° Chants histo-
riques et autres sur les poésies de Micklcwicz.
T
TABOROWSRI (Stanislas), né en 1830,
près de Krzemieniça, en Wolhynie, descend
d'une ancienne famille de celle province.
Obligé de se retirer à Odessa, son père ne né-
gligea rien pour lui donner une éducation dis-
tinguée. Fenz et Bille, artistes de celte ville,
lui enseignèrent le violon. En 1847, M. Tabo-
rowski obtint de ses parents Paulorisalion de
se rendre à Pétersbourg, pour y suivre les
cours de l'université. Il y continua ses études
musicales; puis, encouragé et protégé par le
général Adam Rzewuski et par le comte Ma-
thieu 'Wielhorski, généreux mécène des ar-
tistes, il donna un conce il, en 1853, et y obtint
du succès. Cet heureux début lui fil prendre
la résolution de voyager pour se faire con-
naître. Il parcourut la Pologne, la Wolhynie,
la Podolie et l'Ukraine, donnant partout des
concerts. De retour à Pétersbourg, il obtint un
passe-poil pour se rendre à Bruxelles, afin d'y
perfectionner son talent sous la direction de
Léonard, qui me le présenta. Je l'admis au
Conservatoire, où il continua ses études pen-
dant trois ans. En 1858, il obtint le second
prix île violon au concours, el dans l'année
suivante, il partagea le premier prix avec le
remarquable violoniste florentin Frédéric
Consolo. Rentré à Pétersbourg à la fin de 1859,
M. Taborowski y a obtenu de brillants succès.
Pendant son séjour à Bruxelles, il reçut des
leçons de composition de M. Damke. Si je suis
bien informé, il est maintenant fixé à Moscou.
Il a publié à Pétersbourg plusieurs morceaux
pour son instrument.
TABOUIXOT (Jean), chanoine de Langres,
naquit à Dijon, en 1519, et mourut à Langres,
en 1595. Sous le pseudonyme de Thoinot-Ar-
beau, cet ecclésiastique a publié un livre très-
curieux sur la danse, intitulé Orchesograpliie.
Cet ouvrage contient beaucoup d'airs de danse
du seizième siècle. La première édition fui im-
primée à Langres, en 1589, par J. Despreys,
in-4° de cent quatre feuillets. Une deuxième
édition parut dans la même ville, en 1596,
in-4°.
TACCIIINAUDI (Nicolas), chanteur dis-
tingué, est né à Florence, le 10 septembre
177C. Destiné' à l'état ecclésiastique, il fit
d'abord quelques études littéraires, qu'il
abandonna pour le dessin et la peinture. Dès
sa onzième année, il apprit aussi la musique,
le chanl et le violon. A l'âge de dix-sept ans,
il entra à l'orchestre du théâtre de Florence,
en qualité de violoniste, et pendant cinq ans,
il occupa celle place ; mais sa voix s'étant dé-
veloppée et ayant acquis le timbre d'un beau
ténor, il commença à chanter dans les églises
el dans les concerts avec beaucoup de succès.
Plus tard il s'essaya sur des théàtree d'ama-
teurs, et prit pour modèle le célèbre ténor Ba-
bini. Enfin, en 1804, Tacchinardi débuta sur
les théâtres de Livourne et de Pisc, puis
chanta à Florence, à Venise, el y fit admirer la
pureté de son goût et l'excellent mécanisme de
son chant. Appelé à Milan l'année suivante,
à l'occasion du couronnement de Napoléon,
comme roi d'Italie, il brilla sur le théâtre de
la Sculn à côté de madame Festa, et en 1800,
sur le théâtre Carcano, avec la Slriti3sacchi.
Il chanta, dans la même année, à la foire de
Bergame, puis se rendit à Rome, où il excita
l'enthousiasme du public pendant cinq ans,
succès sans exemple dans celle ville. Lié
d'amilié avec Canova, il fréquenta son ate-
lier, y reprit le goût des arts du dessin, et cul-
tiva la sculpture avec quelque succès. Il est du
petit nombre d'artistes dont Canova a fait le
buste.
Appelé à Paris en 1811, Tacchinardi parut
pour la première fois au théâtre de l'Odéon, le
4 mai, dans la Dislruzionc di Gerusalemme,
de Zingarelli. Son entrée en scène causa une
sorte de rumeur dans la salle, parce qu'il avait
la tête enfoncée dans les épaules, el que
celles-ci étaient assez proéminentes pour
justifier cette exclamation qui passait de
bouche en bouche : II est bossu! mais bientôt
le talent de l'artiste effaça cette impression.
On admira la pureté de son style, sa facilité à
passer de la voix de poitrine à la voix de tête
sans que la différence des timbres fût sensible;
enfin, son goût dans le choix des fioritures et
des traits dont il était prodigue, et qu'il exé-
cutait avec une merveilleuse facilité. Sous ce
dernier aspect, son talent était absolument dif-
férent de celui de Crivelli, qui partageait alors
avec lui l'emploi de premier ténor à l'Opéra
italien, et dont le chant expressif el large était,
TACCHINARDI - TADOLINI
173
à celle époque, rarement orné de fioritures.
Dans Adolfo e Chiara, mauvais opéra de Pu-
cilla, le succès que Tacchinardi avait obtenu à
son début fut compromis, parce que les défauts
de son extérieur, et sa nullité comme acteur,
lui donnaient trop de désavantage dans la
comparaison établie entre lui et Elleviou,
charmant dans l'opéra français sur le même
sujet. Il prit sa revanche dans la Molinara,
de Paisiello, et dès ce moment il devint l'idole
des habitués du théâtre de l'Odéon. Après les
événements de 1814, il retourna en Italie, et
chanta avec succès sur les principaux théâtres
de sa patrie. Le grand-duc de Toscane le
nomma premier chanleur de sa musique, en
1822, mais en lui laissant la liberté de con-
tinuer sa carrière dramatique. Tacchinardi
chanta à Vienne l'année suivante, puis se
rendit en Espagne et se fit encore admirer sur
le théàlre de Barcelone, bien qu'il fut âgé de
près de cinquante ans. Après 1831, il renonça
à paraître sur la scène, et ne conserva que son
emploi de chanteur du grand duc de- Toscane.
Il s'est aussi livré à l'enseignement du chant,
et a formé plusieurs élèves distingués, au pre-
mier rang desquels brillèrent sa fille (madame
Persiani) et la Frezzolini. Pour habituer ses
élèves à l'action dramatique, Tacchinardi fit
faire un petit théâtre dans une maison de cam-
pagne qu'il possédait près de Florence. Il a
composé beaucoup d'exercices de chant et de
vocalises, et a publié un opuscule intitulé :
Dell' Opéra in musi'ca sul leatro italiano, e
de' suoi difetti. Ce petit ouvrage, imprimé à
Florence, a eu deux éditions. Une deuxième
fille deTacchinardi(Élisa), pianiste distinguée,
a publié à Florence, chez Cipriani, des varia-
tions pour le piano sur un thème de Merca-
danle. Tacchinardi est mort à Florence, au
mois dejanvier 1860.
TADOLINI (Jean), né à Bologne, en 1 79Ô,
montra dès son enfance d'heureuses disposi-
tions pour la musique. Après avoir appris les
éléments de cet art sous la direction d'un
maître obscur, il devint élève de Matlei pour la
composition, et du célèbre ténor Babini pour
le chant. Ses progrès furent si rapides, qu'à
l'âge de seize ans il fut engagé au théâtre ita-
lien de Paris pour succéder à Mosca en qualité
d'accompagnateur au piano, et pour diriger
les choristes. Spontini était alors directeur de
la musique de ce théâtre. Tadolini y remplit
ses fonctions pendant les années 1811, 1812 et
. 1813, et retourna en Italie, après l'invasion de
Paris par les armées alliées, en 1814. Agé
alors de vingt ans, il écrivit à Venise l'opéra
intitulé : La Fata Ahina, qui fut chanté par
Rubini, Zamboni, la Marcolini, et obtint un
brillant succès. Plus tard, et toujours avec
bonheur, il écrivit La Principcssa di Na-
varra, à Bologne; Ll Credulo deluso, à Rome,
dont le succès lui fit obtenir le litre de maître
de chapelle de la cathédrale de Bologne; 11
Tamerlano, dans cette ville; Moctar, à Mi-
lan ; 11 Mitridate, au théâtre de la Fcnice. à
Venise, elAlmanzor, àTrieste. Il était dans
celle ville avec sa femme, jeune cantatrice «le
talent, lorsqu'ils furent appelés tous deux à
Paris, en 1830, pour le théâtre italien. Tado-
lini y repril ses anciennes fonctions d'accom-
pagnateur et de directeur de ïa musique. Il oc-
cupa celle position pendant neuf ans. Dans
l'été de 1839, il retourna à Bologne. Artiste
modeste, aussi estimé pour ses qualités sociales
que pour son talent, Tadolini n'est pas seule-
ment connu par ses travaux pour le théâtre,
car il a aussi publié des cantates, des romances,
des canzonette, entre autres la mélodie l'Eco
di Scozia, avec cor obligé, qui a été chantée
dans plusieurs concerts par Rubini. On a aussi
de cet artiste : 1° Trio pour piano, hautbois
et basson; Florence, Cipriani. 2° Rondo pour
piano et flûte; ibid.
TADOLINI (Eugénie), femme du précé-
dent, dont le nom de famille était SAVO-
RINI, naquit en 1809, à Forli, dans la Ro-
magne-Supérieure. Ses premiers maîtres dans
l'art du chant furent Fani et Grilli ; celui-ci
était mailre de chapelle dans celle ville. Tado-
lini perfectionnaensuite son talent et l'épousa.
Elle débuta à Parme, en 1829, puis fut enga-
gée au Théâtre-Ilalien de Paris, où elle fut
peu remarquée, parce qu'à cette époque ma-
dame Malibran et mademoiselle Sonlag bril-
laient de lout l'éclat de leur talent et obte-
naient des succès d'enthousiasme. De retour
en Italie, madame Tadolini chanta à Venise
dans l'hiver de 1833-1834, où sa voix pure et
son talent correct, mais un peu froid, reçu-
rent un accueil sympathique. Appelée ensuite
à Milan, puis à Padoue, elle y eut aussi du
succès. En 1835, elle chanta à Trieste, à
Vienne, à la foire de Sinigaglia et à Turin.
En 1836, elle était à Florence, d'où elle re-
tourna à Vienne, puis à Milan. En 1837, elle
brilla à Venise, où les progrès de son talent
furent remarqués par les connaisseurs. Dans
l'année suivante, on l'entendit de nouveau à
Sinigaglia, puis elle chanla à Lucques, à
Vienne, pour la troisième fois, à Milan et à
Brescia. En 1839, elle se fit entendre à Gènes,
à Florence, à Sienne et à Rome. Dans l'année
m
TAD0L1NI — TAEGLICHSBECK
suivante, à Faenza, à Reggïo, à Bergame et à
Trieste. Vienne est la ville où elle fut rappelée
le plus souvent, car on l'y retrouve en 1841,
en 1843, en 1846 et 1847. Celte année fut la
dernière de sa carrière théâtrale. Parmi ses
plus beaux succès, on doit citer ceux qu'elle
obtint à Naples, lorsque Mercadante et Doni-
zelli eurent écrit pour elle. En 1842, elle y
excitait l'enthousiasme, et était considérée
comme la meilleure cantatrice de l'Italie à
cette époque. Depuis 1854, elle était séparée
de son mari.
TAEGLICHSBECK (Thomas), maître
de chapelle du prince de Hohenzollern-
Hechingen, est né le 31 décembre 1799, à
Ansbach,en Bavière. Lorsqu'il eut atteint l'âge
de quatre ans, son père lui enseigna la musi-
que; plus tard, il choisit le violon pour son
instrument, et les leçons de Rovelli qu'il reçut
à Munich, en 1816, achevèrent de développer
son talent. Il devint aussi, dans celle ville,
élève de Grœlz, pour la composition. En 1817,
il écrivit une messe qui fut exécutée et lui
procura une place de violoniste au théâtre de
Munich. Lindpaintner, alors directeur de mu-
sique de ce théâtre, distingua bientôt le mérile
de ce jeune homme, et se fil remplacer par lui
lorsqu'il demanda un congé d'une année pour
voyager; mais ce maître ne retourna plus à
Munich, et les preuves de talent que Taeglichs-
beck avait données pendant sa direction de
l'orchestre, le firent choisir pour son succes-
seur. Les changements que subit le théâtre,
en 1822, décidèrent le jeunearlisle à accepter
«ne place de violoniste à la chapelle royale de
Bavière. L'année suivante, il fit représenter,
au théâtre de Munich, un petit opéra intitulé :
Tf'eber's Bild (L'image de Weher), qui eut
quelque succès. Après un court voyage en Ba-
vière, il se rendit en Suisse et visita Stuttgart,
Francfort, Manheim et Carlsruhe. Partout il
fut bien accueilli comme violoniste. Ses pre-
mières compositions pour le violon furent pu-
bliées en 1825. Deux ans après, il fut nommé
maître de chapelle de la cour de Hechingen.
Depuis celte époque, il a fait plusieurs voyages
à Vienne, à Berlin, à Munich, à Leipsick, en
Hollande, en Danemark et en Suède, el y a
fait applaudir son talent sur le violon. Jusque-
là, il n'avait écrit que pour son instrument;
mais, en 1833, il s'est fail connaître comme
compositeur par quatre symphonies et d'autres
grands ouvrages qui lui font honneur. La pre-
mière de ces symphonies fut exécutée aux con-
certs du Conservatoire de Paris, pendant un
séjour que Taeglichsbeck fit dans cetleville,en
1835. L'accueil favorable qu'elle reçut en fit
demander une deuxième à l'auteur, qui fit un
second voyage à Paris, en 1837, pour la faire
entendre. Au retour de son voyage en Hol-
lande, il passa par Bruxelles, où il s'arrêta
quelque temps sans y donner de concert. Par
suite de la révolution badoise, en 1848, la cha-
pelle du prince de Hohenzollern-Hechingen
ayant été dispersée, Taeglichsbeckfut appelé à
Strasbourg pour dirigerl'orchestre du théâtre;
mais le prince, qui continuait à lui faire payer
son traitement, ayant manifesté son mécon-
tentement du séjour de l'artiste en France, ce-
lui-ci se démit de ses fonctions de chef d'or-
chestre, et retourna à Hechingen. En 1852, il
vécut quelque temps à Lœwenberg, en Silésie,
puis il se rendit à Dresde, où il se trouvait
encore, sans emploi, en 1857. Les productions
de cet artiste sont celles-ci : 1° Variations sur
un thème de la Gazza Ladra. pour violon et
orchestre ou piano, op. 1 ; Offenbach, André.
2° Variations sur un thème de Léocadie, pour
piano et violon, op. 2; Augsbourg, Gombart.
3° Polonaise pour le violon et orchestre ou
piano, op. 3 ; Offenbach, André. 4° Variations
sur un thème original, pour violon et quatuor
ou piano, op. 4; Munich, Aibl. 5° /dem pour
piano et violon {Ahnalied), op. 5; Leipsick,
Breilkopf et Hserlel. 6" Six chansons alle-
mandes avec piano, op. 6: Munich, Falter.
7° Valses pour piano, op. 6; ibid. 8° Concerto
militaire pour violon et orchestre ou piano,
op. 8 ; Leipsick, Hofmeister. 9° Divertissement
pour piano et violon sur des motifs du Bal
masqué, op. 9; Munich, Falter. 10° Première
symphonie pour orchestre, op. 10; Paris,
Richault. 11° Trois duos pour deux violons,
op. M \ ibid. 12° Variations pour violon sur
un air slyrien, op. 12; Leipsick, Wander.
13° Fantaisie idem sur des airs polonais,
op. 13; Stuttgart. 14° Concertino pour violon
et orchestre, op. 14; Leipsick, Hofmeister.
15° Fantaisie pour violon et orchestre sur des
airs souabes, op. 15; Carlsruhe, Cranzbaucr.
16° Sonate pour piano et violon; Paris, Ri-
chault. 17° Variations pour violon et orchestre,
op. 17; Leipsick, Hofmeister. 18° Lieder
pour quatre voix d'hommes, op. 18; Hof,
Grau. 19° Divertissements pour violon et or-
chestre, sur des motifs de la Sonnanbula,
op. 19; Leipsick, Hofmeister. 20° Idem pour
piano et violon, sur des motifs de la Chaste
Suzanne, op. 20; Paris, Richault. 21° Rondo
pour cor chromatique et. piano, op. 21 ; ibid.
22° Six Liedtr pour quatre voix d'hommes;
Stuttgart, Gœpel. 23° Six Lieder à voix seule
TAEGLTCHSBECK — TAG
475
et piano, op. 22; ibid. 24" Quatre Lieder
iwiir soprano, conlralto, ténor et basse, op. 2-î;
ibid. 25° Messe solennelle avec orchestre,
op. 25; Munich, Faller. 26° Trio pour piano,
violon, et violoncelle, op. 2G; Hambourg,
Schuhcrth. 27° Lieder à voix seule avec piano,
op. 27 et 28; Stuttgart, Gœpel. 28° Cinq Lie-
der pour soprano, contralto, ténor et basse
avec piano ou huit instruments de cuivre,
op. 29 ; Munich, Faller. 29° Trois sonates pro-
gressives pour piano et violon, op. 50; Ham-
bourg, Schubertli. 30° Le 67 e psaume à quatre
voix sans accompagnement; Vienne, Gloegg.
51° Lieder pour quatre voix d'hommes,
op. 52 et 33; Stuttgart, Gœpel. Taeglichsbeck
a en manuscrit des symphonies et des qua-
tuors d'instruments à cordes.
TAFALLA (le P. Pedro), musicien espa-
gnol, né dans la ville d'où il a pris son nom,
à la fin du seizième siècle, fit ses vœux, en
1623, au monastère de l'Escurial. Il était si
estimé des autres moines, que, ne voulant pas
se séparer de sa mère, il obtint qu'on la reçût
dans une habitation contigue' au couvent, où
elle finit ses, jours. Les œuvres musicales de ce
religieux sont nombreuses ; elles se trouvent
toutes à l'Escurial; on y remarque un carac-
tère religieux et la forme scientifique. Le
P. Tafalla mourut à l'Escurial, dans un âge
avancé. M. Eslava a publié, dans la Lira sa-
cro-hispana, un répons à huit voix {Libéra
me Domine) de ce moine.
TAFFIN (M.-J.-D.), prêtre, né dans le
département du Nord, au commencement du
dix-neuvième siècle, fit ses études au sémi-
naire de Cambrai. Après avoir été ordonné
prêtre, il fut vicaire d'une des églises de Lille
jusqu'en 1839, puis ilfutnommécuréàLandre-
cies. Il est auteur des ouvrages dont les litres
suivent : 1° Méthode complète et raisonnée
de chant ecclésiastique, offerte aux jeunes
séminaristes ; Lille, Lefort, 1835, un volume
in-8° de cent soixante-huit pages. Le système
exposé par l'abbé Taffin dans cet ouvrage est
celui du plain-chant musical, c'est -à-dire du
chant ecclésiastique mesuré, rhythmé elorné;
monstrueuse conception qui a eu de la vogue
dans quelques parties de la France, de 1830 à
1845, mais qui, depuis lors, a été générale-
ment repoussée. 2° Fade-mecum du bon
chantre, ou recueil de plus de cent pièces de
chant ecclésiastique, telles que messes, faux-
bourdons très-nombreux et très-variés, qua-
tuors, trios, duos, motets à voix seule, Li-
tanies avec chœur, Stabat, etc.; Lille, Lefort,
un volume in-8° de trois cent vingt-six pages.
TAG (CiritÉTiEX-GoTTiiiLF), organiste et
claveciniste célèbre, naquit en 1735, à Bayer-
feld, en Saxe, où son père était maître d'école
et organiste. Celui-ci dirigea les premières
études de son fils, et lui fit faire de rapides pro-
grès dans les lettres et dans la musique. Tag
ayant atteint sa treizième année, le juge de
Ginnhaym voulut en faire son commis; mais
cette position ne convenait pas à la vivaciléde
son esprit; il se rendit secrètement à Dresde,
et s'y présenta chez le recteur Schoelgen et
chez le cantor Homilius, demandant à être
admis comme élève dans l'école de la Croix.
L'examen qu'on lui fit subir lui ayant été fa-
vorable, il y entra et fit ses éludes complètes
depuis 1749 jusqu'en 1755. L'excellente mu-
sique qu'il entendait à l'église et au théâtre
forma son goût et lui servit de modèle pour
les chants et les pièces d'orgue qu'il écrivit
pendant ses cours. Ses éludes persévérantes
l'avaient rendu fort habile sur cet instrument,
sur le clavecin et sur la harpe. Les livres de
Marpurg, de Kirnberger et de Schllllz le gui-
daient dans l'art d'écrire. Décidé à se rendre à
l'université de Leipsick, il se mit en route à
pied, suivant l'usage des étudiants de l'Alle-
magne; mais arrivé à Hohenslein, et s'élant
arrêté dans une auberge, il y fit la connais-
sance d'un bourgeois de cette petite ville, qui,
charmé de son instruction et de ses manières
douces et polies, lui fit obtenir sur-le-champ les
places vacantes de cantor et de collègue dans
l'école du lieu. Un an après, il se maria, et,
complètement heureux dans sa nouvelle posi-
tion, il y vécut cinquante-frois ans, refusant
toutes les offres brillantes qui lui furent faites
pour se fixer à Hirschberg, en Silésie, et plus
tard à Dresde, à Leipsick et à Hambourg. Tag
conserva toute l'activité de son esprit jusqu'en
1807; mais la mort de sa femme, au mois de
juillet de cette année, lui causa tant d'affliction,
que ses facultés s'en affaiblirent : il perdit la
mémoire et fut obligé de donner sa démission.
Alors il se retira chez sa fille, devenue la
femme du pasteur de Niederzwœnilz, et y
mourut le 19 juillet 1811, à l'âge de soixante-
dix-sept ans.
Bien que cet homme distingué ait été occupé,
pendant plus de cinquante ans, à donner cha-
que jour douze heures de leçons publiques et
particulières, il a écrit une très-grande quan-
tité de compositions de différents genres, dont
on a imprimé : 1° Six préludes pour l'orgue,
avec un trio alla brève, Leipsick, Breilkopf,
1783. 2° Douze préludes faciles pour l'orgue ;
ibid., 1795. 3° Soix*nte-dix variations pour le
17G
TAG — TAGLIETTI
clavecin sur le thème d'un andantino; ibid.,
1785. 4" Chansons avec accompagnement de
clavecin, premier recueil; ibid., 1783. 5° Se-
cond recueil, idem, avec une cantate mélo-
dramatique; ibid., 1785. 6° Der Glaube (La
foi), mélodie avec orgue; ibid., 1795.
7° Chansons de Mallhisson et de Burde, ibid.,
1793. 8» Vingt-quatre chansons suivies d'un
hymne à quatre voix avec accompagnement de
clavecin; ibid., 1798. 9° Naumann, cantate
funèbre pour le chant et le clavecin; ibid.,
1802. 10° TFœrlitz, ode pour le chant et le
clavecin; Berlin, 1803. 11° Mélodie pour le
Pater noster et pour les commandements de
Dieu, avec orgue; Penig, 1805. Quelques
pièces de clavecin composées par Tag ont été
insérées dans les Notices hebdomadaires de
Ililier. Parmi ses œuvres restées en manuscrit,
on remarque : 1° Une année entière de musi-
que d'église pour les dimanches et fêles, ren-
fermant soixante-dix cantates de différents
genres, dont quelques-unes sont à deux ou
trois chœurs avec grand orchestre. 2° Onze
messes et hymnes. 3° Vingt-deux motets faciles
à quatre voix. 4° Trente sept airs d'église fa-
ciles à quatre voix. 5° Six dialogues faciles.
G Cinq motets de Noël. 7° Vingt airs de Noël.
S» Dix motets de Pâques. 9° Six motets pour la
Passion. 10° Six airs pour la Passion.
11° Trois motels de louanges et de remerct-
ments, et un Éloge de la musique, à quatre
voix et neuf instruments. 12° Vingt chants de
noces avec clarinettes, hautbois, cors et bas-
sons. 15° Soixante-huit chants catholiques à
troix voix. 14° Vingt-deux préludes pour l'or-
gue à deux claviers et pédale. 15° Seize idem
pour un seul clavier. 16° Trois rondeaux pour
l'orgue. 17° Quatre symphonies pour l'orgue.
18° Huit préludes libres idem. 19° Quatre pré-
ludes de chorals à deux chœurs pour orgue,
deux clarinettes, deux cors et deux bassons.
20° Une symphonie pour l'orchestre. 21° Un
quatuor pour des instruments à cordes. 22°Six
divertissements pour le clavecin. 23° Six idem
plus petits.
TAGLIA (Pierre), compositeur milanais,
qui vivait vers le milieu du seizième siècle, a
publié : Madrigali a quattro voci. Lib. 1 ;
Milan, 1555.
TAGLIA (Charles), docteur et professeur
de philosophie à l'université de Pise, vers le
milieu du dix-huitième siècle, est connu par
un livre qui a pour titre : Lettere scientifiche
sopra vari dilettevoli argomenli di Fisica;
Florence, 1747, in-4°, avec le portrait de l'au-
teur. La première de ces lettres, adressée au
marquis Gabriel Riccardi di Seorra, a pour
objet d'examiner comment un violon peut
produire en si grande quantité des sons
agréables : elle occupe trente-six pages du
volume. La troisième est relative au chant mé-
lodieux du pinson marin : elle remplit les
pages 95 à 124.
TAGLIAPIETRA (Joannino), musicien
vénitien du quatorzième siècle, fut nommé
organiste de Ja chapelle ducale de Saint-Marc,
le 12 mars 1379, et eut pour successeurs deux
moines servîtes, le 10 juillet 1589. On ne con-
naît pas jusqu'à ce jour (1864) de compositions
de cet artiste, qui fut le quatrième organiste
de la même église.
TAGLIETTI (Jules), compositeur, né à
Brescia, vers 1660, fut maître du collège noble
de Saint-Antoine, dans sa ville natale. Il se
distingua dans la musique instrumentale et ne
fut pas élranger à l'agrandissement de ses
formes, vers la fin du dix-septième siècle. Ses
œuvres connues sont: 1° Sonate dacamera
a tre, due violini e violoncello, op. 1» , Bo-
logne, 1697, in-folio. C'est une réimpression.
2° Sei concerti a quattro e sinfonie a tre,
2 violini, violone e cembalo, op. 2 a ; Venise,
1696, in-4 n . Il y a une édition de cet ouvrage
publiée à Amsterdam. 5° Arie da suonare
col violoncello e spinetta o violone ad uso di
arie cantabili le quali finite, si torna da
capo, op. 5 a . 4° Concerti o capricci a quat-
tro, due violini e viola e basso continuo,
op. 4; Venise, 1699, in-4°. 5° Sonate da ca-
méra a 3, 2 violini e basso continuo, op. 5.
6° Pensieri musicali ad uso d'arie cantabili
a violino e violone in partitura col basso
continuo, op. 6; in Venezia, Bartoli, 1709.
7° Concerti a 4 violini, viola col violoncello,
violone e basso continuo, op. 7. 8° Sonate a
violino e basso, op. 8. 9° Sonate da caméra a
2 violini, violoncello, violone eclavicembalo,
op. 9. 10° Arie ad uso délie cantabili da suo-
nare col violino, violoncello e violone o cla-
vicembalo, op. 10. 11° Concerti a 4, con suoi
rinforzi, op. 11. 12° Pensieri da caméra a
2 violini e basso, op. 12.
TAGLIETTI (Louis), compositeur italien,
vécut vers la fin du dix-septième siècle. Il
était vraisemblablement parent du précédent,
et, comme lui, il naquit à Brescia. On ne con-
naît de lui que les compositions instrumen-
tales suivantes : 1° Sonate per violino e vio-
loncello, con basso continuo, op. 4 ; Venise.
2° Concerlini epreludi con diversi pensieri e
divertimenti a cinque.op. 5; ibidem. 5° Con-
certi a A e sinfonie a Z } op. 6; ibid. Une
TAGLIETTI — TALABARDON
177
deuxième édition de ce dernier ouvrage a élé
faite à Amsterdam, chez Roger. 4° Sonate a
violino e basso, op. 7; ibid. 5° Sonate da
caméra a tre, due violini, viohmcello, vio-
ione o cîavecino (sic), op. 9; ibid. 6° Arie ad
uso délie cantabili da sonarc col violino,
violoncello e violone o cîavecino, op. 10;
ibid. 7° Pensieri da caméra a tre, due vio-
lini ebasso, op. 12; ibid.
TAILLARD ( Constant ) , surnommé
l'aîné, flûtiste français, attaché au Concert
spirituel dès 1752, était fils d'un cromorne
delà grand écurie du roi. Il vivait encore en
1780 ; mais il était mort avant 1788. Il a pu-
blié treize recueils de Pièces françaises et
italiennes, petits airs, menuets, etc., avec
•des variations accommodées pour deux
/7«J/es. Le treizième de ces recueils a paru en
1782. Dans la même année, il fit paraître
aussi : Méthode pour apprendre à jouer de
ta flilte traversière et à lire la musique, à
Paris, chez l'auteur.
TAILLASSON ( Gaillard ) , dit M A-
THAL1TY ou MATHELIN, naquit à Tou-
louse, en 1580. Dès son enfance, il se livra à
l'étude delà musique, et devint habile sur le
violon. Le bruit de son talent étant parvenu
jusqu'à Paris , Claude-Guillaume Nyon , dit
la Foundy, roi des violons et ménétriers de
France, consentit à lui concéder une partie de
son autorité sur les musiciens des provinces,
et par acte passé devant Descolermaux et Mar-
cheville, notaires à Paris, le 21 août 1008, le
déclara son lieutenant à Toulouse, lui don-
riant le droit de recevoir tous maîtres,
joueurs d'instruments, tant audit Toulouse
que dans les villes du ressort de cette cité;
comme aussi de faire toutes corrections ou
punitions qu'il appartiendra contre toute
personne qui entreprendra sur ledit art sans
son congé et licence. Il paraît que les préro-
gatives du roi des violons n'avaient point été
exercées jusque-là à Toulouse; les ménétriers
«t les musiciens de cette ville refusèrent de s'y
soumettre, nonobstant les lettres royaux dont
Taillasson était pourvu ; ils protestèrent,
nommèrent pour leur syndic le musicien
Pierre Villète, et l'affaire fut portée au parle-
ment. La cause des musiciens fut confiée aux
avocats Disponia et Laforgue, et le syndic fut
en outre représenté par Vaisse; Marmicsse et
Madrat défendirent Mathelin. L'affaire fut
plaidée en audience solennelle, et l'avocat gé-
néral de Belloy porta la parole. L'arrêt qui
intervint le 26 mars 1609donna gain de cause
à Maihelln, et celui-ci exerça désormais son
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
autorité sans obstacle. Il avait à ses ordres
une bande de violons avec laquelle il jouait
aux fêtes et aux processions. Les Étals de la
province de Languedoc s'étant assemblés en
1639, une gratification de trente livres fut ac-
cordée à Mathelin et à sa bande pour avoir
joué à la procession desdits États. Mathelin
avait à Toulouse un rival qui balançait sa ré-
putation; il se nommait Poncet. Tous deux
allaient en concurrence aux cérémonies d'ap-
parat et aux processions, et là, chacun avec sa
bande, luttait d'habileté et cherchait à surpas-
ser son compétiteur. Les poêles en langue
moundine (toulousaine) ont chanté ces deux
artistes : Auger Gaillard, de Rabaslens, en
Albigeois, nomme Mathelin et Poncet dans ses
vers patois, et semble les mettre sur la même
ligne, notamment dans l'épitre dédicatoire de
ses œuvres qu'il adressa au sieur de Séré. Il a
aussi composé un Dialogue sur l'abus que se
coumet à las dansas, dans lequel il se donne
Mathelin pour interlocuteur et lui fait dé-
fendre le plaisir de la danse que lui Auger
attaque par des raisons tirées de l'Écriture et
de l'histoire. Mathelin parait se convertir, à la
fin. Après la mort de Nyon, ce musicien exerça
la dignité burlesque de roi des violons de
France , par lettres patentes signées de
Louis XIII; il en remplit les fonctions jusqu'à
sa mort qui arriva en 1647. Mathelin avait été
lié d'amitié avec le célèbre poêle languedocien
Godolin ou Goudelin ; il composait les airs des
chansons de celui-ci ; plusieurs de ces airs sont
encore chantés par le peuple de Toulouse et
dans le Languedoc.
TAILLERUS (Simon), moine de l'ordre
deSainl-Dominique, naquit en Ecosse, vers les
premières années du treizième siècle, et écri-
vit divers ouvrages concernant la musique,
vers 1240. Tanner, qui le cite dans sa Biblio-
thèque britannique, l'appelle Tailler; mais
les PP. Quétif et Échard pensent (1) que son
nom véritable a pu être Taylor. Quoi qu'il en
seit, ces écrivains et Fabricius (dans sa Biblio-
thèque latine du moyen âge) attribuent à ce
moine un livre De canlu ecclesiastico refor-
mando, un autre De tenore musicali, un
troisième intitulé Telrachordum, et un der-
nier qui a pour titre Penlachardum. Je n'ai
trouvé l'indication de ces ouvrages dans au-
cun catalogue de manuscrits.
TALABARDON (Pascal), professeur de
musique, n'est connu que par les ouvrages
intitulés : 1° Traité théorico pratique de l'ar-
(l)Scriptores ordinis praedicatorum, tome I, fol. 111.
1"2
178
TALABARDON — TAMBURIM
ticulation musicale, avec des observations
stir les sons de la langue française et sur la
théorie des intervalles; Paris, Sclionenberger,
1841, in-4°. 2° Cours de musique vocale. In-
troduction à toutes les méthodes de chant ,
deuxième édition; ibid., 1843, un volume
in-12, avec trente -quatre pages de musique.
TALA1NDERIUS (Petrus). Voyez. TAL-
HANDIER.
TALESIO (Pierre), musicien portugais,
vécut à Coïmbre, au commencement du dix-
septième siècle. Il est auteur d'un traité du
plain-chant intitulé : Artede canto chaô com
huma brève inslruçao para os Sacerdotos,
J)iaconos, e Subdiaconos, e moços do coro,
conforme o uso romano; Coïmbre, 1617,
in-4°. Une deuxième édition de cet ouvrage a
été publiée dans la même ville, en 1628, in-4°.
La deuxième partie traite de la musique me-
surée.
TALHANDIER (Pierre), en latin TA-
LAÏVDERIUS, auteur fiançais d'un traité
compilé de divers ouvrages sur le plain-chant
et sur la musique mesurée, dont le manuscrit
est à la Bibliothèque du Vatican, sous le
n°5129. Ce traité a pour titre : Leclura tam
super canin menstirabili, quam super im-
mensurabili. On y trouve à la fin trois cha-
pitres intéressants intitulés : 1° Qualiler dé-
bet cantari a duobus planus cantus. 2° Pro
faciendo planum cantum.ô" Adnolanduni
planum cantum. Dans ce dernier chapitre,
l'auteur dit que, suivant les bonnes traditions,
la note à queue ne signifie pas une durée plus
longue dans le plain-chant, mais seulement la
note accentuée. Le manuscrit est du quinzième
siècle.
TALLIS (Thomas), célèbre musicien an-
glais du seizième siècle, fut attaché à la cha-
pelle des rois d'Angleterre Henri VIII ,
Edouard VI, des reines Marie et Elisabeth:
il y remplit les fonctions d'organiste, conjoin-
tement avec son élève Bird (voyez ce nom).
Tailis mourut le 23 novembre 1585, et fut in-
humé dans le chœur de l'église paroissiale de
Greenwich. En 1575, il avait obtenu, ainsi
que Bird, des le'.lres patentes qui leur accor-
daient le droit exclusif d'imprimer leur propre
musique pendant l'espace de vingt et un ans,
et qui faisaient défense à toute autre personne
d'imprimer aucune espèce de musique, soit an-
glaise, soit étrangère, ou même du papier ré-
glé, sous peine d'une amende de quarante
shellings pour chaque objet vendu. Tailis et
Bird profitèrent de ieur privilège en publiant
une collection intitulée : Canliones qux ab
argumenta sacrx vocantur, quinque et sex
partium, autoribus Thomx Tallisio et Gu-
lielmo Dirdo, Anylis, etc. ; Londres, Vau-
trollier, 1575, in-4°. Précédemment on avait
publié quelques morceaux de Tailis dans une
collection devenue très- rare, et qui a pour
titre : Morning and evening prayer and
communion, set forthe in 4 parts, to be song
in churches, both for men and children,
with dyvers olher godly prayers and an-
thems, of sundry men' s doyngs. Imprinled
at London by John Day, 1565, in-4°. La
composition la plus remarquable de Tailis est
le chant à quarante voix, savoir : huit so-
prani,huit mezzo-soprani, huit contra-ténors,
huit ténors et huit basses. Ce morceau se
trouve en manuscrit à la Bibliothèque de
l'église du Christ, à Oxford ; Burney en possé-
dait deux copies qui ont été vendues après sa
mort. Boyce a inséré quelques morceaux de
ce compositeur dans sa collection de musique
d'église, publiée en 1760; il y en a aussi plu-
sieurs dans le First Book of selected church-
music de John Bainard (Londres, 1648). Haw-
kins a donné en partition des motets elcanons
de Tailis dans son Histoire de la musique (t. III,
p. 267-278, et t. V, p. 450-452), et Burney en
a aussi publié deux morceaux (a General
History of music, tome III, pages 27-28 et
77-79).
TALOINI (Geronimo), compositeur de
l'école romaine, et maître de chapelle de la
cathédrale d'Albano, au commencement du
dix-septième siècle, a fait imprimer de sa com-
position : Mottetti, Salnvj. di Vespri e com-
pléta, con le Antifone a tre e quattro voci,
op. 2; Borne, Masotti, 1629, iu-4°.
TAMBOLINI (Raphaël), célèbre chan-
teur en voix de soprano, naquit à Fermo,dans
les Étals de l'Église, vers le milieu du dix-
huitième siècle. En 1776, il débuta àNapIes
avec un brillant succès. Engagé, en 1782, au
service de la cour de Prusse, il chanta au
Théâtre italien de Berlin jusqu'en 1809. Re-
tiré alors de la scène, il resta attaché à la
même cour, en qualité de chanteur de concert.
Il obtint la pension en 1817, et se fixa à Char-
loltenbourg,oùil mourut fortàgé,le27 octobre
1839.
TAMBURIÎM (Antoine), basse chantante
très-distinguée, est né le 28 mars 1800, à
Faenza. Son père, Pasquale Tamburini, était
professeur de musique dans cette ville, et jouait
de la clarinette, du cor et de la trompette.
Appelé à Fossombrone, dans la marche d'Au-
cune, pour diriger le corps de musique mili-
TAMBURINI — TAMITIUS
179
faire entretenu par l'autorité municipale, il
s'y rendit accompagné de son fils, et apprit à
celui-ci à. jouer du cor, dès qu'il eut atteint
l'âge de neuf ans; mais une maladie dont le
jeune Tamburini fut frappé, par la fatigue que
lui causait cet instrument, décida son père à
lui donner une autre direction pour ses éludes
musicales. Confié aux soins d'Aldobrando
Bossi , maître de chapelle à Fossombrone, il
apprit sous sa direction le solfège et le chant.
A l'âge de douze ans, Tamburini retourna à
Faenza, et fut engagé pour chanter dans les
choeurs de l'opéra pendant la saison de la
foire; il eut occasion d'y entendre Mombelli
père, Davide, Donzelli, mesdames Pisaroni
et Mombelli; son instinct sut mettre à profit
les leçons pratiques de chant qu'il en rece-
vait. Chantant tour à tour dans toutes les
églises du pays, il atteignit ainsi l'âge où sa
voix de contralto se changea en voix de basse.
Parvenu à l'âge de dix-huit ans, il quitta fur-
tivement la maison paternelle et se rendit à
Bologne, où un directeur de spectacles l'en-
gagea pour la petite ville de Cento. Malgré sa
jeunesse et son inexpérience, la beauté, la
flexibilité naturelle de son organe lui procura
des applaudissements dans laContessa diCol-
Erboso, de Generali. Ces témoignages de la
faveur publique furent confirmés à IMirandola,
puis à Correggio, où la troupe ambulante
s'était rendue. Bologne ne fut pas plus sévère
pour le jeune débutant, et le succès qu'il y
obtint lui procura un engagement avantageux
à Plaisance, pour le carnaval de 1819. Il y
parut avec tant d'avantages dans la Ceneren-
tola, l'Italiana in JUjeri, et Gli Jssassini,
de Trento, qu'il fut immédiatement engagé
iwnr le théâtre Niiovo de Naples. Accueilli
d'abord avec quelque froideur dans cette ville,
il sut ensuite conquérir la faveur publique, et
y renouvela son engagement pour l'année
suivante; mais les troubles de 1820 firent
fermer les théâtres de Naples, et Tamburini
se rendit à Florence, où il eut peu de succès,
à cause d'une grave indisposition qui le faisait
chanter au-dessous du ton. Appelé à Livourne
pour le carnaval, il y retrouva tous ses avan-
tages, et y prit une revanche complète de sa
chute à Florence. De là il alla à Turin pour le
printemps, et à l'automne de 1822, il parut
avec éclat sur la scène de la Scala, à Milan.
Engagé à Trieste pour le carnaval, il entra à
Venise pour visiter cette ville singulière, se
proposant de partir le lendemain pour sa des-
tination; mais un ordre des souverains qui y
étaient alors réunis le retint pour quelques re-
présentations. Il y brilla au théâtre de fa Fe-
nice, et surtout dans un concert donné à la
cour, où Rossini était au piano. Après avoir
achevé la saison à Trieste, Tamburini alla à
Rome, où il fut retenu pendant deux ans; puis
il alla chanter leMosè au théâtre dclaFenice,
à Venise, avec Davide et madame Méric-
Lalande. Il ne quitta cette ville que pour 3ller
à Palerme, où la direction du théâtre le retint
pendant deux ans. Ce fut là qu'il reçut un en-
gagement de Barbaja , entrepreneur des
théâtres de Naples, de Milan et de Vienne,
pour quatre années. Tour à tour il chanta dans
ces villes, et toujours avec le même succès. Au
printemps de 1828, il alla à Gênes pour l'ou-
verture du théâtre Carlo Felice; mais à peine
arrivé dans celte ville, il y reçut un nouvel
engagement de Barbaja pour deux années,
pendant lesquelles il parut sur les théâtres de
Naples et de Milan. Enfin, il arriva à Paris au
mois d'octobre 1832, et débuta au IhéâVfe ita-
lien, le 7 du même mois, dans le rôle de Dan-
dini de la Cenerentola. La beauté de sa voix,
sa facile vocalisation, et l'expression de ses
accents dans les mouvements lents, lui procu-
rèrent un brillant succès. Ces qualités se trou-
vaient à la vérité balancées par quelques dé-
fauts; mais ces défauts sont ceu,\ de l'époque
actuelle, et appartiennent à tous les chanteurs.
Pendant plus de dix ans, Tamburini a joui à
Paris de la faveur d'un public éclairé, et a
tenu un rang distingué dans le bel ensemble
formé par Rubini, Lablache, mesdames Per-
siani, Grisi, Viardot et lui. Dans les derniers
temps, sa voix avait perdu de son timbre; De
retour en Italie, il chanta à Milan, en 1841, à
Lucques et Sinigaglia en 1842, et se rendit en
Russie dans l'année suivante. Il chanta à Pé-
tersbourg et à Moscou jusqu'en 1852, en dépit
de l'altération de sa voix, puis il alla à Lon-
dres, où il ne retrouva plus ses anciens succès.
En 1855, il donna des représentations en
Hollande avec madame Persiani et le ténor
Gardoni; puis il se rendit à Paris, où il reparut
au théâtre italien pendant la saison de 1854.
On le retrouve à Londres en 1855 : ce fut la
fin de sa carrière théâtrale trop prolongée.
TAMITIUS (André), facteur d'orgues de
la cour de Saxe, vécut à Dresde, vers la fin du
dix-septième siècle. Un de ses plus beaux ou-
vrages, l'orgue de l'église de Saint-Pierre et
Saint-Paul de Gœrlilz, construit en 1G83, et
composé de quaranle-sspt jeux, avec trois cla-
viers et pédale, fut la proie des flammes en
169!.
TAMITIUS (Jean-Théophile), fils du
12.
-ISO
TAMIT1US - TAPIA
précédent, s'établit à Zillau, où il vivait en
1754. Il s'est distingué par quelques bons ou-
vrages.
Son fils, facteur d'orgues et d'instruments à
claviers comme lui, vivait encore à Ziltau dans
les premières années du dix-neuvième siècle.
Il a construit quelques orgues dans la Lusace
et dans la Silésie.
TAMPLINI (Giuseppe), virtuose basso-
niste au théâtre de la Scula de Milan, vers
1840, a publié de sa composition : 1° Capriccio
sopra l'Elisire d'amore, per Fagntto con
piano forte; Milan, Ricordi. 2° Reminiscenza
delV Opéra Roberto il Diavolo di Meyerbeer.
Fantasia per Fagotto con accompagna-
mento di piano forte; ibid. 5° Souvenir de
JSellini. Fantasia per Fagotto con accompa-
gnamentodi piano forte; ibid. 4° Melodia
dell' Opéra i Lombardi alla prima Crociata
di Verdi, trascritte e variale per Fagotto
con accompagnamento di piano forte ; ibid.
TAACIOIM (Eugenio), compositeur, né à
Pérouse, vers 1812, a fait jouera Corfou, en
1859, l'opéra intitulé : La Soflitta dcgli ar-
tisti. On connaît aussi de lui des mélodies à
voix seule, avec piano, publiées chez Ricordi,
à Milan.
TATVSUR (Guillaume), musicien anglais,
naquit en 1699, non à Leicesler, comme il est
dit dans la première édition de cette Biogra-
phie, mais à Barns, dans le comté de Surrey, où
il était organiste en 1757, ainsi qu'on le voit
par la collection des Proverbes de Salomon
et du Cantique des Cantiques, à deux, trois et
quatre voix, publiée sous le titre de Heaven
on eurth. En 1739, il fut appelé à Leicester et
y passa le reste sa vie, à l'exception de quel-
ques voyages qu'il fit à Londres. Il y vivait en-
core en 1 770, à l'âge de soixante dix ans, ainsi
que le prouve son portrait gravé dans cette
année par E. Newton. Il eut un fils, qui fut
choriste à Cambridge, et qui vivait encore en
1811. Ce musicien est connu par les ouvrages
suivants : \° A complète melody, or the Har-
viony of Sion, in three volumes; the first
containing an Introduction to vocal and
instrumental Music ; the second comprising
the psalms, tvith new mélodies; and the
third being composed of part song (Mélodie
complète, ou l'harmonie de Sion, en trois vo-
lumes; le premier contenant une introduction
à la musique vocale et instrumentale; le se-
cond renfermant les psaumes avec de nouvelles
mélodies, et le troisième, composé de chan-
sons); Londres, 1735. 2' The universal Har-
mony containing the whole book of psalms i
newly set in four parts (L'harmonie univer-
selle, contenant tout le livre des psaumes nou-
vellement mis à quatre parties); Londres,
1743. 3° A New musical Grammar : or the
Harmonical Spectator, containing ail the
usefv.l theoretical, poetical, and technical
parts of Musick (Nouvelle Grammaire musi-
cale, ou le Spectateur harmonique; contenant
toutes les parties théoriques, pratiques et tech-
niques delà musique, etc.); Londres, 1746,
in-4°. La seconde édition a paru dans la même
ville, en 1753, in-4° de cent cinquante pages;
la troisième, en 1756; laquatrième, qui a pour
titre A New musical Grammar and Dictio-
nary, est datée de 1767, in-8". Ce traité élé-
mentaire de musique n'est pas dépourvu de
mérite. J'ignore si l'on doit considérer comme
une cinquième édition de la Grammaire mu-
sicale de Tansurl'ouvrage dont le titre suit,
ou s'il indique un livre différent : Eléments
of Musick displayd, or its Grammar, or
ground-TFork made easy ; rudimental ,
praclical, philosophical , historical and
technical; Londres, 1772, in-8°. La septième
édition de la Grammaire est intitulée : Musi-
cal grammar and Dictionary, or a gênerai
Introduction of the whole art of Music;
Londres, 1829, in-8°. A la fin de la deuxième
édition de sa grammaire musicale, Tansur an-
nonçait son intention de publier un livre inti-
tulé : The excellency of divine Musick; con-
taining the original use of every portion
included in the book of psalms, etc.; il ne pa-
rait pas que cet ouvrage ait été imprimé. Dans
une liste de traités de musique imprimés en
Angleterée pendant le dix-huitième siècle,
donnée par Burney, dans le quatrième volume
de son Histoire générale de la musique
(p. 687), on voit, avec le nom de Tansur un
livre intitulé Sound anatomised : cet ouvrage
n'appartient pas à Tansur, mais à Turner
(voyez ce nom).
TAPIA (Martin DE), musicien espagnol,
né à Soria, dans la Haute-Castille, vers 1540,
fut bachelier de l'église de Burgos. Il a écrit
un traité de musique sous ce titre : Vergel de
musica espiritual, especulativa y activa,
donde se tractan los artes del canto llano, y
contrapunto, en summa y en theorica ;
Ossuna, 1570, in-4°. Ce livre est fort rare,
même en Espagne. M. Brunet cite, dans la
quatrième édition de son Manuel du libraire
(t. IV, p. 394) un exemplaire de cet ouvrage,
vendu à Paris en 1831, avec ces noms de lieu
et de libraire : En Burgos de Osmas, D. Fer-
nando deCordoba; 1570, in-4°. I! faudrait
TAPIA — TARCHI
181
pouvoir comparer des exemplaires de ces deux
villes pour décider s'il y a eu deux éditions
dans la même année, ou si le frontispice de
celle d'Ossuna a seulement été changé.
TAPIA (Jean DE), prêtre espagnol et pro-
tonolaire apostolique, fixé à Naples, vers le
commencement du seizième siècle, a fondé dans
cette ville, en 1537, le premier conservatoire de
musique connu, sous le titre de Conservatorio
délia madonadi Loreto, au moyen d'aumônes
et de souscriptions qu'il recueillait lui-même
en allant de porte en porte. Cette école a été le
modèle de toutes celles du même genre qui se
sont établies dans la même ville, à Venise, et
ailleurs. Tapia mourut, à Naples, au moisdedé-
cembre 1543, suivant son épilaphe rapportée
par le marquis de Villarosa (1), d'après la Na-
pali sacra de César d'Engcnio (Naples, 1624).
TAPItAY (Jean-Fkahçois), fils, de Jean
Tapray, organiste de la collégiale de Gray,
naquit dans cette ville, en 1758. Dès l'âge de
quatorze ans, il était organiste et maître de
musique àDôle; à vingt-cinq ans, il devint
organiste de la cathédrale de Besançon. En
1768, il quitta ce poste pour aller à Paris y
remplir les mêmes fonctions à l'école mili-
taire, et pour s'y livrer à l'enseignement du
clavecin. Depuis celte époque jusqu'en 1801,
il a composé et publié vingt-huit oeuvres de
sonates pour le piano et de chansons avec ac-
compagnement ; toutes ces compositions sont
faibles de style et d'invention. En 1802, Ta-
pray s'est retiré à Fontainebleau, où il a vécu
jusqu'en 1819. On a aussi sous son nom une
Méthode de piano, Paris, Pleyel, 1800. Les
biographes qui le font naître à Naples et lui
donnent pour maître Dominique Scarlatli ont
été induits en erreur.
TAIlADE (....), bon violoniste, né dans un
village près de Château -Thierry, entra à l'or-
chestre de l'Opéra en 1749, et y resta jus-
qu'en 1776. A cette époque, il prit sa retraite
et alla vivre en province. On ignore l'époque
de sa mort; mais on sait qu'il vivait encore en
1788. Il a composé un opéra-comique intitulé:
la Réconciliation villageoise qui fut repré-
senté, le 15 juillet 1765, à la Comédie ita-
lienne. Sa musique fut goûtée et l'on demanda
l'auteur; mais quand on le vit paraître avec sa
partition sous le bras, chacun sj mit à rire, et
Taradese relira déconcerté.
TARCHI (Ascelo), compositeur drama-
tique, et professeur de chant, naquit à Na-
ples, en 1760, et fil ses éludes musicales au
(I) Memorie dei Compositori di Musica del regno di
Napoli (pref. p. xi.)
Conservatoire de la Pietù, sous la direction
de Taranlino pour le chant, et de Sala pour la
composition. Il demeura treize ans dans cette
école etyétaitencore lorsqu'il écrivit, en 1781,
son premier opéra, intitulé l'Architetlo, qui
fut chanté par les élèves du Conservatoire, et
que le roi de Naples fit ensuite représenter sur
le théâlrede la cour,àCaserle.I)eux ans après,
il composa, pour le théâtre Nnovo, (a Caccia
di Enrico IV, opéra-bouffe; qui fut bien ac-
cueilli par les Napolitains. Peu de temps après,
il sortit du Conservatoire. Après avoir donné
au théâtre du Fondo quelques opéras dont les
litres sont maintenant oubliés, il partit pour
Rome et y écrivit, pour le théâtre Capranica ,
l'opéra bouffe intitulé I duc Fratelli Pappa-
mosca, qui fut suivi de Don Fallopio, au
théâtre Valle, en 1784. De Home, il alla à
Milan et y écrivit Y Ademira pour le théâtre
de la Canobbiana. Appelé à Turin, en 1785,
il y composa Arianna e Bacco, et dans l'au-
tomne de la même année, il donna, à Venise,
Jfigenia in Tauride. Pendant l'année 1786,
Tarchi fournit un de ces exemples de fécondité
qu'on ne connaît qu'en Italie, car il écrivit
dans l'espace de neuf mois, et dans quatre
villes différentes, quatre opéras sérieux en
trois actes chacun, savoir : V Ariarate, pour
le carnaval, à Milan; Pitblio, pour le prin-
temps, à Florence; Arminio, dans l'été, à
Manloue, et enfin, Demofoonte, pour la foire
de Crema. Puis il alla composer à Turin, pour
le carnaval de 1787, 77 Trionfo di Clelia,
opéra sérieux, et donna au printemps de la
même année, à Milan, Il Conte di Salda-
gna(i), qui fut joué avec succès à Paris, en
1790, par les fameux bouffonsde la foire Saint-
Germain. Dans l'été, Tarchi alla écrire à Man-
loue VArtaserse, et à l'automne, il donna, à
Venise, Paolo e Virginia. A peine ce dernier
ouvrage eut-il été représenté, qu'il courut à
Rome pour y écrire le Due llivali, opéra
bouffe, pour le carnaval. Au printemps de
1788, il donna, dans la même ville, le Mitri-
dale, une de ses meilleures partitions, puis il
se rendit, à Miian, et y composa VAntioco.
Au commencement de 1789, Tarchi, dont
les succès avaient étendu ia réputation en peu
de temps, fut appelé à Londres pour y écrire
Il Disertore, qui fut suivi de VAlessandro
nelV Indie. De retour à Milan, il écrivit, pour
. !e pelil théâtre de Monza, près de celle ville,
un opéra bouffe, inUlu'ô Lo Spazza-camino.
(1) V Indice tealrale de 17SS prouve que les biographes
se sont trompés en plaçant cet ouvrage une année pins
tard.
182
TARCHI — TARDITI
En 1790, il donna, à Venise, l'Apoteose
d'Ercole ; à Vicence, VEzio ; à Rome, VOlim-
piade.TLn 1791, à Turin, Giulio Sabino; à
Paris, où le succès du Conte di Salda<jna
l'avait fait appeler, il écrivit Don Chisciotto;
puis il retourna à Milan pour y donner
VAdrasto, opéra sérieux, au carnaval de
1792. Dans la même année, il écrivit, à Man-
toue, Isacco, oratorio; à Florence, Ester;
à Venise, la Morte di Nerone. En 1793, à
Turin, VAlessandro nell' Jndie, avec une
nouvelle musique; à Bergame, pour la foire,
Lo Stravagante, opéra-bouffe. Pendant un
voyage qu'il fit à Naples, après la représenta-
tion de cet opéra, il fut atteint d'une maladie
grave qui lui fit suspendre ses travaux pendant
la plus grande partie de l'année 1794. Au
mois de septembre, il se rendit à Milan, et y
écrivit le Danaidi. qui furent représentées le
20 décembre. A l'automne de 1795, il donna
dans la même ville l'Impostura dura poco.
En 1796, il écrivit pour Plaisance, Il Ciro ri-
conosciuto. Son dernier ouvrage composé en
Italie fut la Congiura Pisoniana, jouée à
Milan pendant le carême de 1797. La guerre,
qui désolait alors ce pays, ayant ruiné toutes
les entreprises de théâtre, Tarchi prit la réso-
lution d'aller chercher à Paris d'autres res-
sources pour son talent. Il y arriva dans l'été
de 1797, cl composa, pour l'Opéra-Ccmiquc
et pour le théâtre Feydeau, les ouvrages sui-
vants : 1° Le Cabriolet jaune, en un acte,
joué en 1798, et qui ne réussit pas. 2° Le
Trente et Quarante, en 1799, jolie pièce de
Duval dont la musique était très -faible et qui
dutsurtout son succès au jeu d'Elleviou et de
Martin (voyez ces noms). 5° Aurore de Gus-
man, en 1799, tombée à la première repré-
sentation 4° D'auberge en auberge, en trois
actes, jouée au théâtre Feydeau, en 1800, le
meilleur ouvrage fiançais de Tarchi. 5° Une
Aventure de Saint-Foix, en un acte, 1802,
tombée à la première représentation. 0° As-
tolphe et Alba, en deux actes, 1802, qui ne
réussit pas. Bientôt dégoûté de travailler dans
une langue dont il ne saisissait pas le carac-
tère lyrique, Tarchi borna le reste de sa car-
rière à l'enseignement du chant et de la com-
position. Il mourut à Paris, le 19 août 1814,
complètement oublié de ses compatriotes
comme du public français. On trouve en ma-
nuscrit, dans la Bibliothèque du Conservatoire
de Naples, une messe à quatre voix et orchestre
pour le dimanche de Lœtare, et un Credo à
quatre voix avec instruments, de la composi-
tion de Tarchi. L'abbé Sanlini, de Rome, pos-
sède un Stabat mater en italien, pour deux
sopranos ôt instruments, composé par Tarchi.
Les partitions de Trente et Quarante et D'au-
berge en auberge ont été publiées à Paris. Ce
dernier ouvrage a été traduit en allemand, et
publié en partition pour le piano, sous le litre:
Von Gaslhof zu Gasthof; Hambourg, Cranz,
et à Vienne, avec le litre les Deux Postes
{Die zwei Foslen).
TAHDITI (Paijl) , compositeur, né à
Rome, dans la seconde moitié du seizième
siècle, fut maître de chapelle de Saint-Jac-
ques-des-Espagnols, dans cette ville, et occu-
pait encore cette place en 1020. Le 20 janvier
1010, il avait été nommé maître de chapelle
de Sainte-Marie Majeure, mais il n'avait point
accepté cet emploi. M. l'abbé Santini, de
Rome, possède beaucoup de compositions de
ce maître pour l'église, à huit voix. On a pu-
blié de sa composition P'illotc alla padovana
a quattro voci; Venelia, appresso Angelo
Gardano, 1597, in-4°. Tarditi fut un des pre-
miers maîtres romains qui adoptèrent le style
recilalivo mis en vogue à Florence et à Man-
touc par Péri, Caccini et Monleverde. Il n'eut
de prédécesseur en ce genre à Rome que Paul
Quagliali (voyez le discours de P. Délia Valle,
intitulé : Délia musica dell' elù nostra, dans
le deuxième volume des œuvres de J.-B. Doni,
p. 251).
TARDITI (Horace), compositeur de l'école
romaine, fut d'abord maître de chapelle de la
cathédrale de Forli, dans les États romains;
il occupait celte place en 1039 ; puis il eut une
position semblable à la cathédrale de Faenza.
Il vivait encore dans cette ville en 1070. La
biblioihèquedel'écolecoinmunale de musique
de Bologne, provenant du P. Martini, possède
les ouvrages de la composition de cet artiste
dont voici la liste : 1° Messe a quattro e
cinque voci in concerto, con una Laudate
in fine concertata a tre voci, due violini e un'
chitarone; in Venelia, app. Aless. Vin-
centi, 1039, in-4". 2° Messa e Salmi concer-
tât i a quattro voci, op. 1G; ibid., 1040.
5° Messe a cinque voci concertate, parle con
stromenti, parla senza, con alcuni Salmi a
3, 4 e 5 voci concertati, op. 27 ; ibid., 1048,
in-4°. 4° Messe a tre e quattro voci in con-
certo; libro terzo, op. 32 ; ibid., 1050, in -4°.
5° Messa e Salmi a 2 voci, op. 39 ; Eologna,
Jac. Monti, 1GG8, in-4". 0° Il secondo libro
di Mottctli concertati a 1,2, 3, 4 e 5 voci
co'l basso per i'organo, con una Messa e
Salmi a 5 voci in concerto; Vcnelia, Aless.
Vincenli, 1025. 7° Il terzo libro de' Moitetti
TARDITI — TARTIM
4S5
«2eô voci in concerto, op. 7; ibid., 1638
{c'est une réimpression). 8° Il quarto libro
de'Mottetti a 2, 5 e 4 voci m concerto, con le
Litanie délia B. F . a 4 voce concertati.
op. 15; <&id., 1637. 9° Motetti a 2 e 5 voc*
concertati, libro sesto, op. 51 ; ibid., I Go 1
(c'est une réimpression). 10" Mottetti e Salmi
a 2 e 3 voci concertati co'l basso per l'organo,
op. 22; «oe'd., 1645. 11° Mottetti, Salmi e
Jnni a una voce e a 2 o 3 voa concertati.
parte con violini e tiorba, e parte sema,
op. 30; Fenetia, Gardante, 1650. 12 u jVof-
<•«"[*« a 2 e 3 voci, libro 10", op. 51 ; Fenetia,
app. Mess. Vincenli, 1G51. 13° Mottetti e
Salmi a 3 e 4 voci concertati, parte con vio-
lini e parte senza, con una Messa a 4 voci
ed tin Laudate pueri a voce sola con due vio-
lini, op. 33; ibid., 1652. 14° 77 decimo terzo
libro de'Mottetti a 3 voci concertati, op. 34 ;
ibid., 1654. 15° Il decimo quinto libro de'
Mottetti a 2 e 5 voci con violini, eduna
Messa concertata aô voci co'l basso per Vor-
■gano , op. 36; ibid., 1663. 16° Mottetti a
voce sola con violini, op. 41 ; Bologna, Gia-
como Monti, 1670. 17° 77 secondo libro de'
Mottetti a voce sola con violini, op. 43;
ibid., 1670. J'ai vu citer clans des catalogues
le troisième et le quatrième livre de motets à
voix seule, mais sans indication de lieu et de
<late. 18° Concerto a musiche da chiesa,
Mottetti a 2, 3, 4 c 5 voci, Salmi a 5 voci, Li-
tanie délia B. V. a 5 voci; Fenetia, Fin-
■centi, 1641. 19° Salmi a 8 voci co'l organo,
op. 28; ibid', 1649. 20° Salmi di compietà e
Litanie délia B. F. ah voci, con le quattro
Antifone a 3 voci, op. 24; ibid., 1647.
21° Litanie délia B. F. a 3, 4 e 5 voci con-
certati, con le quattro Antifone a tre voci e
2 violini, alcuni Mottetti a 3 voci, eTeDeum
concertato a 4 voci; ibid., 1644. 22° Madri-
<jali a 5 voci con alcuni a 5 in fine, op. 14 ;
ibid., 1639. 23° Canzonette amorose a 2 e 3
voci ; ibid., 1647.
TARE3i]\E (Georges), littérateur français,
vécut à la fin du dix-huitième siècle et au
commencement du dix-neuvième. Au nombre
de ses ouvrages, on en trouve un <(ui a pour
titre : Recherches sur le Ranz des vaches,
avec musique; Paris, Louis, 1813, in-8° de
soixante-douze pages.
TARNOWSKI (Alexandre), violoniste
^?t compositeur, né à Wilna (Lilhuanie), en
1812, eut pour maître de violon un professeur
<le cette ville, nommé Reutt. En 1852, il se
rendit à Paris et y reçut quelques leçons
d'IIabcncck. Fixé ensuite à Clermont Ferrand,
il y vit encore (1864), et y a formé de bons
élèves. Lié d'amitié avec le compositeur Ons-
low, M. Tarnowski était chargé par lui de la
partie de premier violon dans l'exécution de
ses nouveaux ouvrages. On a publié de cet ar-
tiste : 1° Fantaisie pour violon sur une ro-
mance de Guido et Ginevra. 2° Fantaisie sur
les motifs d'77 Trovatore. 5° Fantaisie sur les
motifs de VEtoile du Nord. 4° Polka pour
piano. 5° Grande valse idem. M. Tarnowski
dirige l'orchestre de la Société philharmonique
deClermont-Ferrand.
TAROIVI (Antoine), chanoine de l'église
Sainte-Barbe, à Jlantoue, et compositeur, vers
le milieu du dix-septième sièele, est connu
par les ouvrages dont voici les litres : 1° Ma-
drigalia 5 voci; Venise, 1612. 2° Messe a
capella a 5 voci; ibid., 1646. Entre deux pro-
ductions publiées à des dates si éloignées, il
en a paru sans doute d'autres qui me sont in-
connues.
TARTAGLOI (Hippolite), né à Modène,
en 1539, fut organiste de Saint-Pierre et de
plusieurs autres églises de Rome. Il fut élu
maître de chapelle de Sainte-Marie-Majeure,
le 10 octobre 1575. La protection du cardinal
Farnèse lui fit obtenir la qualité de citoyen
romain. Ce fut aussi à ce prélat qu'il dut l'hon-
neur d'être décoré du titre de chevalier de
l'Éperon d'or. Appelé à Naples vers la fin de
1577, il y fut mis en possession de la place de
maître de chapelle de la cathédrale. Il y mou-
rut en 1580, à l'âge de quarante et un ans.
"Cet artiste fut considéré comme un des musi-
ciens les plus distingués de son temps. Il passe
pour avoir été un des premiers auteurs de
messes et de motets à trois et à quatre chœurs.
On trouve un madrigal à cinq voix de la com-
position de Tarlaglini dans le recueil inti-
tulé : Dolci A/fetti, Madrigali a 5 voci di
diversi eccellenti musici di Roma; Rome,
Alexandre Gardane, 1585. Tarlaglini publia
un livre de Madrigaux à Rome, chez le même
imprimeur, en 1576. I! y en a eu une seconde
édition en 1588. .
TARTINI (Joseph), né à Pirano, en
Islrie, le 12 avril 1692, commença ses études
chez les oratoriens de sa ville natale, et fort
jeune encore fut envoyé à Capo-d'Islria, pour
les achever au collège appelé Dei Padri délie
scuole. Il y reçut les premières leçons de mu-
sique et de violon, et acquit dans l'art de l'es-
crime une habileté remarquable. Ses parenls
le destinaient à entrer dans un couvent de
franciscains; mais rien ne put vaincre la ré-
pugnance de Tarlini pour cet étal. Déjà il
184
TARTINI
avait atteint sa dix-huitième année lorsqu'on
prit le parti de l'envoyer à l'université de Pa-
doue pour y étudier la jurisprudence. Sa rare
intelligence lui rendit cette étude si facile,
qu'il lui restait beaucoup de temps pour se
livrer à son goût passionné pour l'escrime. Mal-
heureusement sa fréquentation habituelle des
salles d'armes, et sa confiance dans son habi-
leté, lui donnèrent l'humeur querelleuse, et
lui attirèrent quelques duels qui eurent du re-
tentissement. Dégoûté d'études sérieuses, il
avait pris la résolution d'aller s'établir à Paris
ou à Naples, et d'y faire sa profession de l'art
des armes; l'amour que lui inspira une jeune
demoiselle de Padoue, parente du cardinal
Georges Cornaro, évêque de cette ville, le fil
ensuite renoncera ce projet. Il l'avait épousée
en secret; mais bientôt cette union fut connue;
les parents de Tartini, irrités de sa conduite,
lui retirèrent les secours qu'ils lui accordaient
précédemment; et pour comble de maux, le
cardinal mit la justice à sa poursuite, sous l'ac-
cusation de séduction et de rapt. Prévenu à
temps du danger qui le menaçait, Tartini s'en-
fuit vers Rome, laissant sa femme à Padoue,
sans l'informer du lieu de sa retraite. Arrivé à
Assise, il y rencontra un moine de Pirano, son
proche parent, qui était sacristain du couvent
des minorités de cette ville, et qui, touché de
ses malheurs, consentit à lui donner un asile
dans le monastère. Tartini resta caché pendant
deuv ans, mettant à profit sa retraite forcée
par une étude incessante du violon. Le Père
Boemo, excellent organiste du couvent, lui
donna des leçons d'accompagnement et de
composition qui complétèrent son éducation
musicale. Ces douces occupations, le calme qui
régnait autour de lui, enfin les pratiques reli-
gieuses auxquelles il prenait part, opérèrent
alors une heureuse révolution dans le carac-
tère de Tartini, et de violent qu'il était, le
rendirent doux et modeste.
Un événement imprévu vint tout à coup
mettre un terme à sa retraite forcée, et le
rendre à sa famille. Un jour de fêle, il exécu-
tait un solo de violon, dans le choeur de l'église,
lorsqu'un coup de vent dérangea le rideau qui
le dérobait aux regards du public. Un habitant
de Padoue, qui se trouvait dans l'église, le re-
connut et divulgua le secret du lieu où il s'était
retiré. Mais dans l'espace de deux années, les
dispositions de l'évêque de Padoue avaient
changea l'égard de Tartini; il fut permis à
l'artiste de retourner dans celle ville et de se
réunir à sa femme. Peu de temps après, il
partit avec elle pour Venise, où il entendit le
célèbre violoniste Veracini, de Florence. Le jeu
hardi et rempli de nouveautés de ce virtuose
l'élonna et lui fit apercevoir de nouvelles res-
sources pour son instrument. Ne voulant pas
entrer en lutte avec cet artiste, dont il ne pou-
vait se dissimuler la supériorité, il s'éloigna
de Venise le lendemain, envoya sa femme cher
son frère, à Pirano, et se retira à Ancône, où
il se livra avec ardeur à de nouvelles études.
Depuis cette époque (1714), il se fit une ma-
nière nouvelle, et par de constantes observa-
tions établit les principes fondamentaux du
maniement de l'archet qui, depuis lors, ont
servi de base à toutes les écoles de violonistes
d'Italie et de France. Ce fut alors qu'il fit la
découverte du phénomène du troisième son,
ainsi appelé parce que des tierces parfaitement
justes exécutées sur le violon font entendre un
son grave à la tierce inférieure de la note la
plus basse des deux, qui forme avec elles un ac-
cord parfait. C'est ce phénomène qu'il prit
plus tard pour base d'un nouveau système
d'harmonie.
En 1721, Tartini fut nommé violon solo et
chef d'orchestre de la chapelle de Saint-Antoine
de Padoue. Cette chapelle était alors composée
de seize chanteurs et vingt-quatre instrumen-
tistes : elle passait pour une des meilleures de
l'Italie. Deux ans après, le virtuose fut appelé
à Prague pour les fêtes du couronnement de
l'empereur Charles VI; il s'y rendit avec le
violoncelliste Antoine Vandini, son ami, et tous
deux acceptèrent les offres avantageuses qui
leur furent faites par le comte de Kinsky, pour
qu'ils entrassent à son service. Ils y restèrent
pendant trois ans, puis ils retournèrent à Pa-
doue. Depuis ce temps, rien n'a pu décider
Tartini à s'éloigner de cette ville : il refusa
toujours les propositions avantageuses qui lui
furent faites pour qu'il entrât au service de-
princes étrangers. Le reste de sa longue car-
rière s'écoula paisiblement dans l'étude, la
composition et renseignement. En 1728, il
avait établi à Padoue une école de violon qui
devint célèbre dans toute l'Europe, et d'où sor-
tirent une multitude de violonistes distingués,
parmi lesquels on cite Nardini, Pasqualino-
Bini, Alberghi, Dominique Ferrari, Carminali,
Capuzzi, madame deSirmen, et les violonistes
français Pagin et Lahoussaye. Le caractère
acariâtre de sa femme ne le rendait pas heu-
reux ; mais il eut toujours avec elle une pa-
tience, une douceur inaltérables. Depuis 1722
jusqu'à sa mort, c'est-à-dire dans l'espace de
quarante-huit ans, il conserva sa place «le pre-
mier violon à l'église Saint-Antoine de Pa-
TARTINI
185
doue; mais dans les dernières années, il n'en
remplissait plus les fonctions. Cette place ne
lui rapportait que quatre cents ducats (environ
seize cents francs) ; mais il n'était obligé de
jouerqu'àquelquesgrandes fêtes, chaqueannée.
Celle place, le produit de ses leçons, et quelques
biens qu'il tenait de sa famille, lui compo-
saient un revenu suffisant pour vivre dans l'ai-
sance. A l'âge de soixante-dix-huit ans, il fut
atteint du scorbut : à la première nouvelle de
cet accident; Nardini, son élève favori, partit
de Livourne pour se rendre auprès de lui; il
îui prodigua ses soins pendant sa maladie;
mais le mal était incurable, etTartini mourut
le 16 février 1770. Il fut inhumé dans l'église
Sainte-Catherine. Jules Meneghini, son suc-
cesseur comme chef d'orchestre, lui fit faire
un service funèbre dans l'église des Serviles,
où l'abbé Fanzago prononça son éloge, et la
chapelle de Saint-Antoine exécuta en son hon-
neur un Bequiem composée par le P. Valotti.
Tartini n'a pas moins contribué au perfec-
tionnement de l'art déjouer du violon par ses
compositions pour cet instrument, que par
les élèves qu'il a formés. Son style est en gé-
néral élevé, et ses idées ont de la variété. Son
harmonie a de la pureté sans sécheresse. Au-
cun instrumentiste célèbre n'a montré autant
de fécondité que lui. Son premier ouvrage pa-
rut, en 17-54, à Amsterdam, chez Roger; il
consiste en douze concertos pour violon, avec
accompagnement de deux violons, viole, vio-
loncelle et basse continue pour le clavecin, di-
visés en deux livres, et a pour titre : Sei con-
certi composii e mandait da G. Tartini a
Gaapari Visconti. Opéra l a . Lib. 1 e2. Trois
concertos extraits de cet œuvre ont été publiés
quelques années après à Paris, sous ce titre :
Tre concerti a cinque voci da Gins. Tartini.
Lifo. l n . Illainville (voyez ce nom) a tiré aussi
de ce même œuvre trois autres concertos, en
y ajoutant deux parties de viole, d'après la
basse continue chiffrée, et les a publiés à Pa-
ris sous le titre de : Concerti grossi, composli
dell' Opéra prima di Gins. Tartini. Il existe
un autre ouvrage de Tartini qui porte le nu-
méro d'œuvre premier; il a pour litre Sonate
(XII) a violino, e violoncello o cembalo de-
dicate a sua Eccellenza il signor Girolamo
Ascanio Giustiniani di Giuseppe Tartini.
Opéra prima; Paris, Leclere, chez madame
Boivin (gravé par Hue). En général, il ne faut
pas attacher trop d'importance aux numéros
d'œuvres des anciens auteurs, parce qu'ils
étaient souvent classés arbitrairement par les
éditeurs ou contrefacteurs. Ce désordre est
surtout remarquable dans la multitude d'édi-
tions des œuvres de Haydn. En ce qui concerne
Tartini, on voit que la série des œuvres publiés
à Paris, chez Leclere, se rapporte particulière-
ment aux sonates. Les douze sonates citées ci-
dessus sont aussi publiées à Amsterdam, chez
Le Cène, comme œuvre premier. Le second
œuvre de Tartini, formé de six sonates pour
violon, avec violoncelle ou basse continue pour
le clavecin, a été gravé à Rome, en 1745. Ces
sonates ont été gravées à Paris et à Amster-
dam sous le même numéro. Or, ces mêmes
sonaies,dédiéesparTartinià£î<r7Zie/mo/e<7m',
sont réunies à six autres, avec la même dédi-
cace, et publiées comme œuvre troisième, sous
ce titre :• XI T Sonate a violino e basso (la basse
n'est pas chiffrée), dedicate al Signor Gugliel-
mo Fegerida Giuseppe Tartini. Opéra terza;
Paris, Leclere, etc. L'œuvre quatrième a été
publié à Paris, chez Venier, sous ce titre :
Sei concerti a violino solo, due violini, viola
e violoncello o cembalo di concerto, op. 4a.
Ce même numéro d'œuvre quatrième est donné
à PI sonates à violon seul avec la basse con-
tinue, composées par M. Giuseppe Tartini di
Padoa, dédiées àM.Pagin. OEuvre IV; Paris,
Leclere, etc. L'œuvre cinquième, composé de
six sonates à violon seul et basse continue, dé-
diées aussi à Pagin, a paru à Paris, chez Le-
clere, en 1747. L'œuvre sixième, formé de six
sonates semblables, a été publié à Paris, aux
mêmes adress.es et au bureau du Journal de
musique, en 1770. Six autres sonates, formant
l'œuvre septième, et, enfin, six autres du même
genre, œuvre neuvième, ont été gravées à Paris,
par mademoiselle Berlin. L'œuvre huitième a
pour litre: Sei Sonate a tre, due violini col basso
del sig. Giuseppe Tartini di Padoa; op. VIII.
Gravé par mademoiselle Berlin; Paris, chez
M. Meaupelil, l'éditeur, etc., madame Boivin,
M. Leclere, mademoiselle Castagneri. Ces so-
nates sontlrès-petiles. On connaît aussi de Tar-
tini un recueil pour le violon publié à Amster-
dam, sous le titre de VArte delV arco, dont
Cartier a publié, à Paris, une nouvelle édition
intitulée : V Art de l'archet. A l'égard des édi-
tions publiéesdes concerlosdeTarlini, M. Far-
renc a bien voulu me fournir les indications
suivantes : 1° Concert" (III) a cinque con vio-
lino obligatodel Sig. Giuseppe Tartini. Li-
6rol°; Paris, chez madame Boivin, M. Leclere,
M. Castagneri, M. Laine. Au bas du frontispice,
on lit : In Urbino nella slamperia di Carlo
Gio Francesco Tessarini. 2" VI concerti a
olto slromcnti, a violino principale, violino
primo, violino secondo, violino primo di ri-
1SG
ÏARTINI
pieno, violino secondo di ripieno, alto-viola,
organo e violoncello obligalo, del S. Giuseppe
Tartini di Padoa. Opéra seconda; Stam-
pato a spese di Gerhardo Frederico Witvogél
a Amsterdam. 3° Sei concerli a cinque stro-
menti, a violino principale, violino primo e
secondo, alto-viola, organo e violoncello,
composli e mandati per il Signor Giuseppe
Tartini di Padoa. Opéra prima, libro se-
condo; Amsterdam a spese di Michèle Carlo
Le Cène. 4° Sei concerli a cinque stromenti,
a violino principale, violino primo e se-
condo, alto-viola, organo e violoncello del
Sig. Giuseppe Tartini e Gasparo Fisconti.
Opéra prima, libro terzo; Amsterdam a
spese di Michèle Carlo Le Cène.
Indépendamment de ces compositions ,
Tartini laissa en manuscrit, à sa mort, qua-
rante-huit sonates pour violon et basse,
un trio pour deux violons et basse, et cent
vingt-sept concertos pour violon solo, deux
violons, viole et basse continue d'accompagne-
ment. La Bibliothèque du Conservatoire de
Paris possède des copies manuscrites d'une
grande partie de ces ouvrages. Parmi ces com-
positions se trouve la fameuse Sonate du
Diable, dont on a publié plusieurs éditions
depuis environ 1805. L'astronome Lalande
•tenait de Tartini lui-même l'anecdote de l'ori-
gine de celte sonate, et l'a rapportée en ces
termes dans la relation de son voyage en Ita-
lie (t. IX, p. 55) : « Une nuit, en 1715, medit-
>> il, je révais que j'avais fait un pacte, et que
» le diable était à mon service ; tout me réus-
» sissait à souhait, mes volontés étaient lou-
» jours prévenues, et mes désirs toujours sur-
» passés par les services de mon nouveau
» domestique. J'imaginai de lui donner mon
« violon pourvoir s'il parviendrait à me jouer
» de beaux airs : mais quel fut mon élonne-
» ment, lorsque j'entendis une sonate si sin-
» gulière et si belle, exécutée avec tant de su-
3> périorité et d'intelligence, que je n'avais
» même rien conçu qui pût entrer en paral-
» lèle! J'éprouvais tant de surprise, de ravis-
» sèment, de plaisir, que j'en perdais la respi-
»» ration : je fus réveillé par cette violente
» sensation; je pris à l'instant mon violon,
» espérant de retrouver une partie de ce que
» je venais d'entendre; mais ce fut en vain :
» la pièce que je composai alors est à la vérité
» la meilleure que j'aie jamais faite, et je l'ap-
» pelle encore la Sonate du Diable; mais elle
» est si fort au-dessous de ce qui m'avait
» frappé, que j'eusse brisé mon violon et
j> abandonné pour toujours la musique, si
» j'eusse été en état de m'en passer. » Celte
anecdote a fourni à Panseron ( voyez ce
nom) le sujet d'une pièce de chant avec violon
obligé, intitulée : le Songe de Tartini, qui a
eu beaucoup de succès. Tartini composa un
Miserere concerté à quatre et à cinq voix,
avec le dernier verset à huit voix, qui fut exé-
cuté à la chapelle pontificale de Rome, le
mercredi saint de l'année 17C8, devant le pape
Clément XIII ; mais loin de mériter les
louanges que le baron Augustin Forno de Pa-
lerme lui a données dans l'éloge de Tartini, ce
morceau fut trouvé si faible, qu'on résolut
unanimement de ne plus l'exécuter, et qu'il
n'a plus été entendu depuis lors.
Tartini s'est beaucoup occupé de la théorie
delà musique et particulièrement de l'harmo-
nie. Le phénomène du troisième son, qui
l'avait frappé en 1714, et qui a été remarqué
plus tard par Romieu et par Sorge (voyez ces
noms), était devenu l'objet de ses méditations,
et le conduisit à la création d'un système d'har-
monie qu'il exposa dans un livre intitulé :
Trattato di musica secondo la vera scienza
dell' armonia (Padoue, 1754, in-4° de cent
soixante-quinze pages). Ce livre est divisé en
six chapitres dont le contenu est : 1° Des phé-
nomènes harmoniques, de leur nature et de
leur usage; 2° du cercle, de sa nature et de
son usage ; 5° du système musical, des conson-
nances, des dissonances, leur nature, leur dé-
finition; 4" de l'échelle diatonique, du genre
musical pratique, de son origine, de son usage
et de ses conséquences; 5° des modes et des
tons anciens et modernes ; 6° des intervalles
et des modulations de la musique moderne.
Un des phénomènes les plus remarquables
des inconséquences de l'esprit humain se
manifeste dans ce livre; car on y voit un
homme, initié à tous les secrets de son art,
chercher en dehors de la constitution de cet
art les principes qui lui servent de base, et
s'épuiser en efforts infructueux pour les abs-
traire d'une physique incertaine et de cal-
culs dont i! ignorait le mécanisme. Rebutés
par l'obscurité qui règne dans tout l'ouvrage,
les critiques ont reproché à Tarlini de n'avoir
pas présenté ses idées d'une manière assez In-
cident ontattribué le défaut de clarlé qu'ils y
remarquaient aux formes de son style. Avec
plus d'attention, ils auraient vu que l'obscu-
rité est dans les idées mêmes, et que si les
aperçus ingénieux ne manquent pas dans le
système que l'auteur s'est efforcé de coordon-
ner, la liaison rigoureuse n'existe pas entre
eux, enfin, que les conséquences qu'il en tire
TARTINI
187
n'ont point de solidité (1). Le système de
Tarlini est précisément l'opposé de celui de
Rameau, car il part des harmoniques pour re-
monter au son grave, au moyen du phénomène
du troisième son. tandis que l'harmoniste fran-
çais suit une marche inverse. II suit delà que
le système de Tartini manque de base pour la
génération des accords, et qu'il ne peut par-
venir à la belle théorie du renversement, dé-
couverte par Rameau. Cette seule considéra-
tion démontre la supériorité des travaux de
celui-ci, sous le rapport de la didactique pra-
tique : elle n'a point été aperçue par
J.-J. Rousseau, dans l'analyse erronée qu'il a
faite de la théorie de Tartini, à l'article Sys-
tème de son Dictionnaire de musique, ni par
d'Alembert, dans son article Fondamental,
de l'Encyclopédie (2).
Prony a donné l'explication suivante du
phénomène du troisième son découvert par
Tartini, et de l'erreur où il est tombé à ce su-
jet : « Tarlini a remarqué qu'en faisant en-
« tendre ensemble deux sons voisins quelcon-
« ques pris parmi ceux que rendaient les sous-
» divisions 1/2, 1/5, 1/4, 1/5, etc., d'une
» corde, sous une tension constante, on enlen-
» dail en même temps un troisième son, en-
» gendre par les deux autres, et qu'il a jugé
» être le son 1/2. Tartini a été trompé par
« l'identité des octaves, et a pris pour le son 1
« de la corde entière, le son 1/2 de sa moitié,
« qui est l'octave du précédent. La production
» tle ce troisième son a pour cause infiniment
» probable les coïncidences des vibrations des
» deux sons générateurs; coïncidences qui,
« pendant un temps donné, sont en nombre
» égal à celui des vibrations de la corde 1, pen-
» dant le même temps. » (Mécanique analyti-
que, deuxième partie, §1257.) Cette explication
est conforme à celle queLagrange a donnée du
même phénomène dans les Mémoires de l'Aca-
démie de Turin (ann. 1759, t. I, p. 105). Cet
illustre géomètre a démontré dans le même
mémoire que le phénomène de la production
des sons harmoniques, par la résonnance d'un
corps sonore grave, et celui de la production
(1) Voyez l'analyse du système de Tartini dans mon
Esquisse de l'histoire de l'harmonie (Paris, 1841, p. 93-
102, et dans la Revue et Gazette musicale de Paris,
année 1840, pages 53S-S38).
Ci) Le prince de la Tour et Taxis a fait voir que Rous-
seau n'a rien entendu au système de Tartini, dans un
•écrit intitule : Risposta di un anonimo al célèbre Signor
Rousseau circa il suo sentimento in proposito d'aleune
proposizioni del Sig. G. Tartini. In Venezia, 17G9,
uppresso Antonio di Castro, alla libreria délia Costanza,
in-8° de quinze pages.
d'un son grave par la résonnance de deux sons
aigus, sont identiques par leur principe, qui
n'est autre que la coïncidence des nombres
harmoniques des vibrations.
Serre, de Genève, a fait une très-bonne cri-
tique du livredeTartini dans les Observations
sur le principe de l'harmonie (peges 109-
1G9), et a démontré à la fois la fausseté
des principes du système, et l'impossibilité
de leur application dans la pratique. Soit
que Tarlini eût eu dès lors connaissance de
cette critique, soit qu'il l'ignorât encore, il
essaya d'expliquer les points de son sys-
tème dont l'obscurité ou l'incohérence
avaient été signalées, et fit paraître dans ce
dessein un écrit qui a pour titre : De' princi-
pii dell' armonia musicale contenuta nel
diatonico génère (Padova, 1767, in-4° décent
vingt pages). Toutefois, ses efforts n'aboutis-
sent pas dans cet ouvrage à l'objet qu'il s'était
proposé, car l'obscurité n'y est pas moins
grande que dans le premier traité, et les con-
tradictions n'y sont pas moins fréquentes.
C'est dans cette dissertation qu'il réclame
(p. 56) la priorité de la découverte du troisième
son, contre les prétentions de Romieu (voyez
ce nom). Au reste, dès 1700, Sauveur (voyez
ce nom) en avait trouvé le principe, comme
celui de tous les phénomènes harmoniques du
même genre. Dans la même année, Tartini fit
paraître une faible réfutation de la critique de
Serre, dans un écrit intitulé : Risposta di
Giuseppe Tarlini alla critica del di lui Trat-
lato di musica di Mons. Le Serre di Gine-
vra, in Venezia, 1767, in-8° de soixante-
quatorze pages. L'ensemble du système de
Tartini a été l'objet d'une réfutation algé-
brique dans le discours préliminaire du nou-
veau système de Mercadier de Belestat (voyez
ce nom). Une analyse de ce même système se
trouve dans les Notices heldomadaires de Hil-
ler (ann. 1767, p. 68, 75 et 81), et Scheibe en
a donné une autre dans son Traité de la com-
position musicale (p. 565-579). Ce dernier
assure que, dans l'impossibilité de rédiger ses
idées et de les mettre en ordre, Tarlini s'est
servi de la plume de P. Colombo, professeur
de physique à l'université de Padoue;mais il a
confondu le traité de musique avec un livre
sur les raisons des nombres et les proportions
numériques des intervalles dont il sera parlé
plus loin. Tartini, à la demande de son élève,
mademoiselle Lombardini, connue plus lard
sous le nom de madame de Sirmen (voyez ce
nom), lui écrivit une lettre concernant les
principes de l'art de jouer du violon, qui a été
188
TARTINI — TASKIN
publiée quelques mois après sa mort dans
l'Europa lelteraria (année 1770 , tome V,
part. II, p. 74 et suiv.), sous ce litre : Let-
tera alla signora Maddalena Lombardini ,
inserviente ad una importante lezione péri
suonatori di violino. Ce petit écrit fut publié
séparément dans la même année, à Venise,
une demi-feuille in-8°. Burney en a donné
une nouvelle édition à Londres, en 1771, avec
une traduction anglaise, sous ce litre : Tar-
tini' s Letter to signora Lombardini (afler-
wards Signora Syrmen) ; published as an
important Lesson to performers on the vio-
lin; Londres, in-8°. Il a paru une deuxième
édition de cette traduction, avec le lexle ita-
lien, à Londres, chez R. Bremner, 1779, deux
feuilles in-4°. Fayolle l'a fait réimprimer à la
suite de sa notice sur Tartini, avec une tra-
duction française, dans ses Notices sur Corelli,
Tartini, Gaviniès, Pugnani et Fiolti (Pa-
ris, 1810, in-8°). Henri-Léopold Rohrmann,
d'abord organiste au monastère d'Isenhageu,
près de Celle, puis organiste à Hanovre, en a
publié une traduction allemande intitulée :
Brief an Magdelein Lombardini enlhaltend
eine ivichlige Lection fur die Fiolinspieler;
Hanovre, 1786, in-4" de douze pages); mais,
par une singularité qui n'a point élé expli-
quée, cette traduction est la même qui se
trouve dans la notice de Tartini que Hiller
avait donnée, en 1784, dans ses Lebens-
beschreibungen beriilimter Musikgelehrten
und Tonkiinstler, etc. (p. 278-285).
Tartini avait composé pour ses élèves une
sorte de Irai té praliquedesornemenls employés
de son temps dans la musique de violon; c'est
cet ouvrage que l'abbé Fanzago a cité dans la
note 24 (page 54) de la première édition de
son éloge de Tartini, sous ce litre : Lezioni
pratiche pel violino; mais le litre véritable de
cet ouvrage est celui qu'on trouve dans le ca-
talogue de Joseph Benzon (Venise, 1818,
page 4) : Tratlato délie appoggialure si as-
cendenti che discendenti per il violino, corne
pure il trillo, trémolo, mor dente, ed allro,
con dichiarazione délie cadenze naturali e
composte. La Houssaye, élève de Tartini,
avait apporté à Paris une copie de cet ouvrage,
d'après laquelle Pielro Denis {voyez ce nom)
en a donné une traduction française intitulée :
Traité des agréments de la musique, conte-
nant l'origine de la petite note, sa valeur,
la manière de la placer, toutes les différentes
espèces de cadences, etc.; Paris, de la Che-
vardière, 1782, in-8° de quatre-vingt-quatorze
pages. Tartini avait en manuscrit un ouvrage
intitulé : Délie ragioni e délie proporzioni
libri sei, qu'il avait légué au P. Colombo, son
ami, pour le revoir et le publier ; mais ce pro-
fesseur mourut avant d'avoir accompli sa
tâche. On ignore où se trouve en ce moment le
manuscrit original.
On a publié les éloges et notices de Tartini
dont voici l'indication : 1° Orazione délie lodi
di Giuseppe Tartini, recilata nella chiesa
de' RR. PP. Servili in Padova li ôl di
marzo l'anno 1770, par l'abbé Fanzago
(voyez ce nom), in Padova, 1770, in-4° de
quarante-huit pages. Cet éloge a été réim-
primé avec celui du P. Vallolli sous ce titre :
Elogi di Giuseppe Tartini primo violonista
nella cappella del Santo, etc.; in Padova.
C. Conzatti, 1792, in-8° de quatre-vingt-dix-
neuf pages. 2° Notice sur Joseph Tartini par
J.-A. Hiller, dans ses Lebensbesclireibungen
beriihmter Musikgelehrten und Tonkiinstler
neuerer Zeit (leipsick, 1784, un volume
in-8°, pages 267-285). ô° Elogio di Tartini,
par Augustin Forno, de Palerme. Cel éloge se
trouve dans les œuvres complètes de l'auteur
(Naples, 1792, deux volumes in-12). A" Giu-
seppe Tartini, sua vita, notice insérée dans
le livre de Camille Ugoni intitulé : Délia lette-
teratura italiana nella seconda meta del se-
colo XVLLL (Brescia, per Nie. Bettoni,
1802 (tome I, pages 1-28). 5° Notice sur la vie
elles ouvrages de Joseph Tartini, par Fayolle
(dans l'ouvrage cité plus haut). Charles Cal-
cinoto, de Padoue, a gravé le portrait de Tar-
tini, in-4*, pour l'éloge de cet artiste par
l'abbé Fanzago; un autre portrait a élé gravé
à Londres, par Scheener, en 1787. et Fayolle
en a fait graverun troisième, en 1810, d'après
un dessin de Guérin.
TASKIN (Pascal), très-habile facteur de
clavecins, né à Liège, vers 1730, se rendit
jeune à Paris, et devint élève de François-
Élienne Blanchet (voyez ce nom), dont il fut le
successeur. En 1768, il substitua à la plume
des sautereaux du clavecin etdel'épinette,dont
l'usage était encore général en France, la peau
de buffle, qui produisait un son moins sec. On
trouve dans VEssai sur la musique de La-
borde (t. I, pages 546 et suivantes) un éloge
emphatique de celle amélioration. Pascal Tas-
kin eut le titre de garde des instruments du
roi, depuis 1781 jusqu'à la chute delà royauté.
En 1776, il construisit, à l'imitation des petits
pianos anglais, un piano en forme de clavecin,
sur lequel Vandermonde, Hatiy et le baron de
Dietrich firent un rapport à l'Académie des
sciences. Taskin mourut à Paris, en 1793.
TASKIN - TAUBERT
189
TASKIN (Henri-Joseph), fils de Joseph
Taskin, neveu du précédent, et accordeur de
clavecins de la cour, naqnil à Versailles, en
1779. Dès l'âge le plus tendre, il se livra à
l'élude du piano et de la composition. Plus
tard, il fut connu comme un bon maître de
piano à Paris, où il mourut en 1837. On con-
naît de sa composition seize œuvres parmi les-
quels on remarque : 1° Concerto pour piano et
orchestre, op, 2; Paris, chez l'auteur. 2° Trois
trios pour piano, violon et violoncelle, op. 5 ;
ibid. 3° Caprice pour piano et violon; ibid.
4° Fantaisies pour piano seul, op. 5, 6; ibid.
5° Des thèmes variés idem.
TAUBER ou TAUBERT (J.-F.), flûtiste
et compositeur, naquit en 1750, à Naumbourg,
en Saxe, et fit ses études musicales sous la di-
rection de Gœlze, à Dresde. Après avoir été
quelque temps à l'Académie de Gœttingue, il
entra au service du prince de Bernbourg. Une
maladie de poitrine l'obligea, en 1801 , à cesser
de jouer de son instrument ; il se relira à Bal-
lensladt, où il mourut au mois de mai 1803.
On a gravé de sa composition : 1° Concertos
pour la flûte, n os 1 et 2; Leipsick, Peters.
2° Thèmes variés avec orchestre, op. 2, 3, 4;
Manheim, Heckel.
TAUBER (Jean-Henri), savant danois,
professeur, puis directeur de l'Académie de
Sorau, vécut vers la fin du dix-huilième
siècle. II a écrit en langue danoise une disser-
tation sur les arts du chant et du dessin, con-
sidérés comme des moyens de civilisation pour
la jeunesse, en général, et en particulier pour
les étudiants. Ce petit ouvrage a été imprimé
séparément, et dans le même temps a élé in-
séré dans l'Iris y journal littéraire publié par
Paulsen (2 me année, 1792, t. IV).
TAUBER DE TAUBERFURT (Char-
les, baron DE), conseiller de l'empereur
d'Autriche au gouvernement de Graelz, mort
le 6 janvier 1814, est auteur d'un livre inti-
tulé : Ueber meine Fioline (Sur mon violon);
Vienne, Rurzbœck, 1780, un volume in-8° de
cent quatre-vingt-huit pages. Cet ouvrage est
une fantaisie sur divers sujets de musique, de
politique, de philosophie, d'esthétique, etc. On
y trouve trois cent cinquante-deux réflexions
d'unmailredechapelledans lestyledidaclique.
TAUBEUT(Charles-Gottfried-Wiliielm,
ou Godefroid-Guillaume), chef d'orchestre de
l'Opéra de Berlin, membre de l'Académie
royale des beaux-arts de cette ville, membre
honoraire de la Société des Pays-Bas pour les
progrès de la musique, chevalier de plusieurs
ordres, né à Berlin, le 23 mars 1811, est fils
d'un ancien musicien de régiment, qui fut en-
suite employé dans les bureaux du ministère
de la guerre. Dès ses premières années, il
s'exerça à jouer des airs populaires sur une
petite flûle que possédait son père et fit con-
naître ainsi ses dispositions pour la musique.
A l'âge de huit ans, il reçut de Neithardt
(voyez ce nom) les premières leçons de piano,
sans cesser loulefois de cultiver la flûte et le
violon. A l'âge de douze ans, il devint élève de
Louis Berger pour le piano, et pendant plu-
sieurs années il reçut les leçons de cet artiste
distingué. Vers le même temps, il entra au
gymnase Frédéric-Guillaume pour y faire ses
études littéraires. A l'âge de quatorze ans, il
joua pour la première fois en public un con-
certo de Dussek eldes variations de son maître
sur l'air allemand Schœne Minka : ce premier
essai de son talent fut heureux. Après avoir
atteint sa seizième année, il quitta le gymnase
et suivit les cours de l'université pendant cinq
ans, bien qu'il fût résolu à ne point avoir
d'autre carrière que celle d'artiste musicien.
Ce fut aussi à la même époque qu'il étudia la
théorie de l'harmonie et de la composition,
sous la direction de Bernard Klein. Il se faisait
entendre souvent en public, particulièrement
dans les soirées musicales de Mœser, où il exé-
culait les concertos de Mozart et de Beethoven
avec une délicatesse remarquable, qui est le ca-
ractère dislinctif de son talent. Il donnait
aussi beaucoup de leçons et son enseignement
forma de bons élèves, parmi lesquels on remar-
que Th. Kullak, Alexandre Fesca, G. Schu-
mann et L. Schlottermann. Plus tard, ses pro-
pres travaux de compositeur et la multiplicité
de ses occupations dans les positions qu'il
occupa l'obligèrent à cesser de se livrer à l'en-
seignement. Après quelques petites excursions
en Poméranie et à Cassel, il visita Francforl-
sur-1'Oder, en 1828, et y donna un concert,
dans lequel il reçut un accueil sympathique
du public. Vers 1830, Taubert publia ses pre-
mières compositions (œuvres 1 à 6), chez
Biilggemann,à Halberstadt.Ses Lieder eurent
particulièrement du succès à cause de la
fraîcheur mélodique des idées. Sa première
symphonie (en ut majeur), fut exécutée le
30 mars 1851, dans un concert périodique de
Mœser. Le bon accueil fait à cet ouvrage dé-
termina Devrient à écrire, pour le jeune com-
positeur, le livret de l'opéra intitulé la Ker-
messe, qui, représenté le 25 janvier 1832, fut
bien reçu du public et s'est maintenu sur la
scène allemande. Au mois de janvier 1833,
Taubert fit un voyage à Leipsick et à Dresde.
190
TAUBERT
Son concerto de piano (oeuvre 18, en mi ma-
jeur) obtint un brillant succès dans la première
de ces villes : il y fit entendre aussi plusieurs
ouvertures. A Dresde, il fit entendre la musi-
que qu'il avait composée pour le drame Das
graue Mannlein (le Petit homme gris). En
1854, l'Académie des beaux-arts de Berlin
nomma Tauberl l'un de ses membres effectifs.
Le 19 septembre de la même année, il fit re-
présenter au théâtre royal son opéra roman-
tique intitulé Der Zigeuner (le Bohémien). Le
compositeur dirigea lui-même son ouvrage et
ce fut son premier essai de la direction d'un
orchestre : il y montra de l'habileté et reçut
les félicitations de Mendelssohn. Le 30 novem-
bre suivant, il épousa la sœur de la célèbre
cantatrice Nanelte Schechner. En 1836, Tau-
bert fit un voyage en Angleterre, en Ecosse, en
Hollande et sur le Rhin : sous l'impression
que lui avait laissée ce voyage, il écrivit son
premier trio pour piano, violon et violoncelle
(op. 32), ainsi que ses Souvenirs d'Ecosse.
En 1859, il fit un second voyage en Bavière et
obtint à Munich un succès d'enthousiasme,
en exécutant, dans un concert, le cinquième
concerto de Beethoven (en mi bémol), et la
Campanella, l'une de ses propres composi-
tions les plus réussies.
Au mois de juin 1841, Taubert fut nommé
chef-d'orchestrje du Théâtre royal de Berlin.
Il y fitreprésenter, au mois de février suivant,
son opéra Marquis und Dieb (Marquis et vo-
leur), et le succès de cet ouvrage lui fit obtenir
la position de directeur de musique du même
théâtre et de la chapelle royale; il entra en pos-
session de ces nouvelles et honorables fonctions,
le31 mai 1841 . Dans la même année, il composa
des cantates pour la fête duroidePrusseetpour
le centième anniversaire de l'Opéra de Berlin,
et dans l'hiver suivant, il organisa les concerts
de symphoniede la chapelle royale qui, depuis,
ont acquis de la célébrité. Pendant les trois
premières années, il en partagea la direction
avec Mendelssohn et C.-W. Heuning; mais
ensuite il les dirigea seul. Les bénéfices de ces
concerts, pour la caisse des veuves des musi-
ciens de la chapelle, s'élevaient déjà, en 1861,
à la somme considérable de cent mille thalers.
En 1845, Taubert fut chargé par le roi de
composer des chœurs pour la Médée, d'Eu-
ripide, Mendelssohn n'ayant pas accepté cette
lâche. Plusieurs morceaux de celte composi-
tion ont été exécutés avec succès à Berlin,
dans d'autres villes de l'Allemagne, et à Co-
penhague, en 1852. En 1844, Taubert fit
exécuter son arrangement musical et humo-
ristique du Chat botté de Tieck. Au mois de
janvier 1845, il fut nommé maître de chapelle
du roi. Sa symphonie en la, exécutée à Ber-
lin, en 1840, n'y avait pas été goûtée; il n'en
fut pas de même de sa symphonie en fa majeur,
qu'il fit entendre le 9 février 1846, car celle-
ci fut très-favorablement accueillie. Elle
réussit également aux concerts du Gewand-
haus de Leipsick, sous la direction de l'au-
teur. Au mois de mai de la même année, Tau-
bert se rendit à Vienne, où il se fit entendre
comme pianiste. Il y dirigea aussi trois repré-
sentations iluFreyschiitz, dans lesquelles chan-
tait Jenny Lind, alors à l'aurore de sa grande
renommée. Diverses compositions du même
artiste remplirent les années suivantes, parti-
culièrement sa symphonie en si mineur, qui
fut exécutée le 6 mars 1850; son Paternoster,
de Klopslock, qu'il dirigea à l'Académie de
chant, au mois de janvier 1852, et son opéra
intitulé Joggeli, joué sans succès le 9 octobre
1853, et qu'il fallut retirer après cinq repré-
sentations. Le 17 mars 1855, il fit entendre
pour la première fois, dans le centième con-
cert de la chapelle royale, sa symphonie en ut
mineur, et dans la même année, il donna à
Munich sa musique composée pour la Tempête
de Shakespeare. A cette occasion, le roi de
Bavière le félicita et lui envoya la croix de
première classe de l'ordre de Saint-Michel. Le
dernier opéra de Taubert (jusqu'en 1861) est
Macbeth, représenté à Berlin, le 16 novembre
1857.
Les ouvrages principaux de cet artiste dis-
tingué sont : I. Musique d'église. 1° Les
psaumes23et 143, pour voix de mezzo soprano
avec orgue ou piano, op. 65; Berlin, Traut-
wein. 2° Le psaume 123 pour un chœur de
voix diverses, op. 86, en partition; ibid.
5» Vater unser (Pater noster), pour chœur,
voix seule et orchestre, publié en partition
pour le piano; ibid. II. Opéras. 4° La Ker-
messe, op. 7, partition réduite pour piano;
Berlin, Trautwein. 5° Der Ziegeuner (le Bo-
hémien), en quatre actes. 6° Marquis und
Dieb (Marquis et voleur), en un acte; partition
pour piano; ibid. 7° Féie théâtrale pour le
centième anniversaire du théâtre royal de
l'opéra (7 décembre 1842); ibid. 8° Joggeli,
opéra en trois actes, op. 100, partition ; Berlin,
Bock. 9° Fête théâtrale pour le mariage du
prince de Prusse (12 juin 1854). 10° Macbeth,
opéra en cinq actes, en partition pour le piano;
Berlin, Bock. III. Musique pour des drames.
11° Ouverture pour l'Otello de Shakespeare,
exécutée dans des concerts. 12° Le petit
TAUBERT — TAUSCII
191
Homme gris, drame en cinq actes deDevrient.
13° Ouverture, chants el chœurs pourlayVetJee,
d'Euripide, en partition pour le piano; Berlin.
Trautwein. 14° Musique pour le Chat botté,
deTieck. 15° Idem pour la Barbe bleue, drame
en cinq actes du même poêle, en partition pour
le piano; Berlin, Bock. 16° Ouverture pour
Macbeth, tragédie de Shakespeare. 17° La
Tempête, drame de Shakespeare. 18° Quelques
chœurs et chants pour différentes pièces.
IV. Cantates. 19° Cantate pour la tète de la
naissance du roi Frédéric-Guillaume IV.
19° Cantate pour une fêle de Thorwaldsen,
avec accompagnement d'instruments à vent et
harpe, exécutée à l'Académie de chant de
Berlin, le 1 er juin 1844. 20° Cantate à la
louange du célèbre sculpteur Rauch, pour
chœur el orchestre, exécutée à l'Académie de
chant, le 21 mars 1838. 21° Ode de fêle pour
le cinquantième anniversaire de l'Université
de Berlin, pour un chœur d'hommes avec ac-
compagnement d'instruments, exécutée dans
l'église Saint-Nicolas, le 16 octobre 1860.
V. Lieder.22° Un très-grand nombre de pièces
de ce genre, en recueils et détachés. VI. Mu-
sique instrumentale. 23" Cinq symphonies
pour l'orchestre, dont on a gravé la première
(en ut majeur), op. 51; Berlin, Schiesinger;
la troisième (en /a), op. 69; Berlin, Trautwein;
la quatrième (en si mineur), op. 80; Berlin,
Bock, et la cinquième (en ut mineur), op. 113:
Leipsick, Kistner. 24° Concerto pour piano et
orchestre (en mi majeur), op. 18; Berlin,
Schiesinger. 25° Quatuor pour piano, violon,
alto et violoncelle, op. 19 ; ibid. 26° Trios pour
piano, violon et violoncelle, op. 52, 38; Berlin,
Bock. 27° Sonate pour piano et violon, op. 1 ;
Leipsick, Hofmeister; op. 15, Leipsick, Breit-
kopf et Itserlel; op. 104, Leipsick, Hofmeister.
28° Duo à quatre mains pour piano, op. 11;
ibid. 29° Sonates pour piano seul, op. 4, ibid.;
op. 20, ibid.; op. 21, ibid., op. 35, Berlin,
Bock; op. 44, Breslau, Leuckart; op. 114,
Leipsick, Hofmeister. 50° Un très- grand
nombre de pièces de tout genre pour le piano,
rondos, variations, éludes, caprices, chants
sans paroles, marches, pièces de fantaisie, etc.
51° Premier quatuor pour deux violons, alto
et violoncelle, op. 75; Leipsick, Peters.
32° Deuxième idem, op. 93; Leipsick, Breit-
kopf et Haertel. 33° Trois quatuors pour deux
violons, alto et violoncelle, op. 130; Leipsick,
Kistner.
TAUBFJER (Antoine-Maur:n), bon orga-
niste de la Bohême, fut attaché comme violo-
niste à la chapelle du prince de Lobkowitz. Il
dirigeait aussi la musique des églises des
Ursulines et de Saint-Jean Népomucène, à
Prague. Cet artiste vécut vers le milieu du dix-
huitième siècle. On connaît de lui en manu-
scrit, à Prague, des messes, offertoires, motels
et les oratorios dont les titres suivent : 1° Ra-
phidion humecté, ou le rocher Horeb frappé
par la verge de Moïse, etc., oratorio, 1741.
2° La maison de Jacob souillée sept fois, etc.,
idem, 1746. 3" Le Fiancé délaissé dans la
vigne d'Engaddi, etc., idem, 1747. 4° La
Justification inadmissible des frères de Jo-
seph, fils de Jacob, idem, 1748. 5° Les Noces
de V Agneau, etc., idem, 1754. 6" Le Tombeau
du Sauveur, etc., idem, 1758.
TAUBNER ( Jean - Charles- Frédéric) ,
magister et pasteur à AVolkenslein, étudiait à
l'université de Leipsick, en 1809. On a de lui
une description du nouvel orgue placé dans
l'église principale de Wolkenstein, en 1818;
ce petit ouvrage a pour titre .• Nachricht von
der neuen Orgel und der damit verbundenen
/"erschœnerung der Hauptki relie zu Wolken-
stein im Jahre 1818; Annaberg, Hasper,
1818, vingt-deux pages in-8°.
TAUSCII (François), clarinettiste distin-
gué, naquit à Heidelberg, le 26 décembre
1762. Son père, Jacques Tausch, alors simple
musicien à l'église de Heidelberg, entra deux
ans après dans la chapelle électorale, à Man-
heim. Il fut le seul maître de son fils pour la
musique et pour les instruments. Dès l'âge de
quatre ans, le jeune Tausch apprit à jouer du
violon; à huit, il se lit entendre en présence
de l'électeur, dans un solo de clarinette, et dès
ce moment il fut admis dans la chapelle. En
1777, il suivit la cour à Munich. Trois ans plus
lard il accompagna Winter à Vienne, et pen-
dant un séjour de six mois dans cette capitale,
il perfectionna son talent; puis il retourna à
Munich. Il y resta jusqu'en 1789, et ne quitta
le service de l'électeur de Bavière que pour
accepter les propositions du roi de Prusse, qui
voulait le fixer à Berlin. En 1796, il fit un
voyage à Hambourg, et y obtint un succès
d'enthousiasme. De retour à Berlin, il y établit
une société de musique qu'il dirigea pendant
plusieurs années. Cet artiste estimable vivait
encore en 1826, mais je n'ai pas de renseigne-
ments sur sa personne depuis celte époque.
Dans les derniers temps, son embonpointéiait
devenu excessif. Tausch fut par son talent
d'exécution le rival de Béer et de Stadlcr,
ses contemporains; il y avait même plus dé
charme, de moelleux dans son jeu que dans
celui de ces deux artistes. On a de sa composi-
192
TAUSCH — TAVARES
lion : 1° Concerto pour clarinette principale,
if 1 ; Berlin, Hummel. 2° Idem, n" 2 (en mi
bémol); Cffenbach, André. 5° Amiante et po-
lonaise, idem; Leipsick, Pelers. -i Symphonies
concertantes pour deux clarinettes, op. 2G
et 27; Berlin, Schlesinger. 5° Duos pour deux
clarinettes ; ibid. G° Trois idem pour clari-
nette et basson, op. 21 ; ibid. 7° Six quatuors
pour deux cors de bassetle et deux bassons,
avec deux cors ad libitum, op. 5; Berlin,
Dunker. 8° Six marches pour la garde prus-
sienne, à 10 parties; Berlin, Schlesinger.
9° Cinq idem et un choral pour la garde russe;
ibid.
TAUSCH (Jules), né à Dessau, le 15 avril
1827, y eut pour maître de piano un artiste
nommé Louis Fritech. En 1842, il entra dans
l'école de Frédéric Schneider et y resta jus-
qu'en 1844. Il se rendit alors à Leipsick, où il
devint élève du Conservatoire. Ses éludes étant
terminées en 184G, il alla s'établir à Dussel-
dorf, où il se livra à l'enseignement du piano.
En 1856, il fut nommé directeur de musique
d'une société chorale de cette ville. Une ou-
verture de sa composition y a été exécutée. Il
a publié des Lieder et plusieurs morceaux de
piano.
TAUSCHER (Jean-Gottlif.b), fut d'abord
directeur de la justice à Walden bourg, puis
bailli à Lœssnilz, et mourut dans celle der-
nière place, en 1787. On lui attribue un petit
ouvrage anonyme, intitulé : f'ersuch einer
Anleilung zu Disposition der Orgelstimmen
nacli riclitigenGrundsaUzenund zu f'erbes-
serung der Orgeln iiberhaupt (Eassi d'une in-
struction sur la disposition îles jeux de l'orgue
d'après les meilleurs principes, et sur le per-
fectionnement de l'orgue en général); Wal-
denbourg, 1778, in-8° de soixante-dix-huil
pages. On y trouve ladescription d'un nouveau
soufflet inventé par les frères Wagner, facteurs
d'orgues à Schmiedefeld, près de Suhîa.
TAUSIG (Aloys), pianiste et compositeur,
né à Prague, en 1820, n'était âgé que de neuf
ans lorsqu'il fixa sur lui l'attention par son
habileté précoce sur scn instrument. Ayantélé
conduit à Vienne, en 1831, il y reçut des le-
çons de Thalberg et fil de rapides progrès sous
la direction de ce virtuose. En 1857, il fit un
voyage en Allemagne et laissa, dans plusieurs
villes de celte contrée, une impression très-
favorable par l'élégance de son talent, par-
ticulièrement à Berlin, à Dessau et à Breslau.
En 1838, il visita aussi Pétersbourg. De retour
à Prague, il s'y livra à l'enseignement. Fixé à
Varsovie, en 1840, il s'y maria dans la même
année, et y devint un des professeurs de piano
les plus recherchés. Plusieurs ouvrages de sa
composition ont été publiés à Leipsick et à
Varsovie. Parmi ces productions, on remarque:
lo Deux morceaux de salon pour le piano,
op. 1; Leipsick, Breitkopf et Ilœrlel. 2° La
Sirène, grande étude pour le piano, op. G;
ibid. 5° Grande fantaisie idem, op. 7; ibid.
4° La Berceuse, idem, op. 8; Varsovie, Fricd-
lein.
Charles Tausig, fils de cet artiste, né
à Varsovie, en 1841, et élève de son père,
était déjà considéré, en 1858, comme un pia-
niste d'une rare habileté. Il a publié une
grande fantaisie pour le piano, sous le litre
allemand Bas Geislerschiff.
TAUWITZ (Edouard), né à Glatz(Silésic),
en 1814, filsesétudcs littéraires augymnase de
celte ville, puis il alla suivre les cours de droit
à Breslau. Dès ses premières années, il avait
montré un goût décidé pour la musique, et
s'était livré à son étude au gymnase ainsi qu'à
l'université. Il était encore éludiantà Breslau,
lorsqu'il devint direcleurd'uncsociétédechant.
Son amour pour l'art finit par lui faire aban-
donner la jurisprudence et lui fit accepter une
place de professeur de musique à Wilna. En
1850, il fut appelé à Prague en qualité de chef
d'orchestre du théâtre, et depuis lors, il s'est
fixé dans celle ville. En 1844, il avait fait
représenter, à Riga, Bradamante, opéra en
trois actes, cl deux ans après, il donna, dans
la même ville, un opéra -comique intitulé
Schmolke und Bakel, dont la partition pour le
piano a été publiée à Breslau, chez Leuckart.
On a de lui des Lieder pour qnalre voix
d'hommes, op. G; ibid.; six idem, deuxième
recueil, ibid.; trois idem, op. 9, ibid.; (rois
idem, op. 1 1 , ibid.; chanson de dragons idem,
op. 13; ibid. ; douze chansons de soldats pour
un chœur d'hommes à quatre et cinq parties,
op. 22; ibid.; des Lieder à voix seule avec
piano, op. 8, 10, 15, 17 et 18, ibid.
TAVARES (Manuel), compositeur, né à
Porlalègre, en Portugal, y vivait vers 1G25. Il
fut d'abord chanteur dans la chapelle du roi
Jean III. puis maître de chapelle à Mincie, en
Espagne, et en dernier lieu à Cuença, où il
mourut. Au temps où Machado écrivit sa Bi-
bliotheca Lusitana, on conservait encore des
messes, psaumes et motels en manuscrit, de la
composition de Tavares, dans la Bibliothèque
du roi de Portugal.
TAVARES (Nicolas), autre musicien
portugais, né comme le précédent à Porla-
lègre, vécut dans le même temps. Il fut
TAVARES - TAYBER
193
d'abord maître de chapelle à Cadix, puis à
Cuença,où il mourut. Ses compositions étaient
conservées dans la Bibliothèque du roi de Por-
tugal, avant le tremblement de terre de Lis-
bonne.
TAVELLI (Louis), compositeur vénitien,
vécut dans la première moitié du dix-huitième
siècle. On ne connaît de lui qu'un opéra inti-
tulé : Amor et Sdegno, représenté, en 1726,
au théâtre Cassiano, de Venise. Cet ouvrage
fut joué d'abord sous le titre Ottone Amante.
Deux autres musiciens du nom de Tavelli,
et probablement de la même famille, ont été
attachés à la musique de la chapelle de Saint-
Marc, à Venise; le premier, Alvise Tavelli,
jirêtre, fut organiste du second orgue, depuis
1707 jusqu'à 1720; l'autre, François Tavelli,
fut ténor du chœur, à la même époque.
TAVERNER (Jean), organiste à Boston,
dans le comlé de Lincoln, en Angleterre, était
en même temps choriste à l'église du Cardi-
nal (maintenant l'église du Christ), à Oxford.
Il vécut dans la première moitié du seizième
siècle. Son attachement pour la religion pro-
testante, alors nouvelle, le fit emprisonner,
avec John Frith et quelques autres adhérents
à la réforme, dans un souterrain qui servait à
conserver du poisson salé. L'air qu'on respi-
rait dans ce souterrain était si pernicieux,
qu'un des prisonniers en fut asphyxié. Frith
fut condamné au feu et brûlé à Smithfield, en
1533; mais Taverner, moins exalté que ses
compagnons, et seulement accusé d'avoir ca-
ché quelques livres hérétiques sur les tablettes
de l'école où il enseignait, protégé d'ailleurs
par sa réputation de musicien très-habile, fut
rendu à la liberté. On n'a point d'autres ren-
seignements sur la vie de cet organiste, qu'il
ne faut pas confondre avec un autre Jean Ta-
verner, professeur au collège de Gresham, qui
vécut dans le même temps et prit à Oxford ses
degrés en musique, mais qui n'a rien produit
de relatif à cet art. L'organiste de Boston a
laissé de sa composition plusieurs messes et
motets qui se trouvent en manuscrit dans
l'école de musique d'Oxford, parmi d'autres
compositions de musiciens antérieurs au temps
de la réformation, et qui vécurent sous le règne
de Henri VII. Burney en a extrait le motet
Dum transisset à cinq voix sur le plain-chant,
qu'il a publié dans son Histoire générale de
la musique (tome II, pages 557-559), ainsi
qu'un canon à trois voix, pris dans la messe de
Taverner : O Michael (ibid., pages 560-562).
Hawkins a aussi publié l'antienne à trois voix :
O splendor gloriœ, du même musicien (Ge-
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. T. VIII.
neral Historu ofthe science and practice of
music, tome II, page 513). On trouvedes mo-
tels de Taverner dans des recueils manuscrits
du Muséum britannique, à Londres, cotés
179, 226 et 227.
TAYBER (Antoine), né à Vienne, le
8 septembre 1754, passa sa jeunesse dans la
chapelle électorale de Dresde. Après son retour
dans la capitale de l'Autriche, il obtint, en
1792, la place de claveciniste et d'adjoint de
Salieri au théâtre de la cour. L'année suivante,
il fut nommé compositeur de la chambre im-
périale, et eut le titre de maître de musique
des archiducs et archiduchesses. Le cardinal-
archiduc Bodolphe, et les impératrices de
France et d.i Brésil sont au nombre de ses
élèves. Cet artiste estimable est mort à
Vienne, le 18 novembre 1822. Au nombre de
ses compositions, on cite le mélodrame Serbes
et Mirabelle, l'oratorio la Passion de Jésus-
Christ, la Conquête de Belgrade, tableau
musical, trois quatuors pour deux violons, alto
et basse, six marches, des menuets et danses
allemandes, et quelques chansons.
TAYBER (François), organiste et compo-
siteur, né à Vienne, le 15 novembre 1756,
parcourut dans sa jeunesse la Suisse, la Ba-
vière et la Souabe, donnant partout des con-
certs ; puis il s'attacha, en qualité de maître
de musique, à la troupe ambulante d'Opéra
dirigée par Schikaneder. Fatigué de cette vie
nomade, il retourna à Vienne et y prit la direc-
tion de la musique du théâtre sur la Vienne,
que le même Schikaneder venait d'y fonder.
Compositeur actif et doué d'une grande faci-
lité, il écrivit pour ce théâtre et pour celui
de Léopolstadt un très-grand nombre d'airs,
duos, chœurs, finales, ouvertures, airs de
danse, et les opéras : Alexandre , Der Schlaf-
trunck (Le Narcotique), Scherodin und Al-
manzor , le Télégraphe, Pfxndung und
personnal-Arrest (La Saisie et l'Arrestation),
Der Zerstreute (Le Distrait), Das Spinner-
Jcreuz am Wienerberg (La croix du fileur à la
montagne de Vienne), Arragio de Bene-
vent, etc. Antérieurement à son retour à
Vienne, il avait donné aux théâtres de Batis-
bonne, de Freysing et d'Augsbourg, plusieurs
petits opéras parmi lesquels on remarque :
Charles d'Eichenhorst, et Laura Rosetti.
L'oratorio de Jésus mourant a été un de ses
derniers ouvrages. Tayber était considéré
comme l'émule d'Albrechlsberger par son ta-
lent sur l'orgue; son mérite en ce genre fut
récompensé par sa nomination d'organiste de
la cour impériale, le 13 août 1810; mais il ne
13
194
TAYBER — TAYLOR
jouit pas longtemps des avantages de cette po-
sition, car il mourut le 22 octobre de la même
année.
TAYLOR (Brook), célèbre mathématicien
anglais, naquit le 18 août 1685, à Edmonlon,
dans le comté de Middlesex, près de Londres,
et mourut le 29 décembre 1731, à l'âge de
quarante-six ans. L'histoire de la vie et des
travaux de ce savant n'appartient pas à ce dic-
tionnaire. Je dirai seulement que la musique
occupa une partie de sa jeunesse, qu'il s'y dis-
tingua et qu'il y trouva des consolations dans
ses dernières années. Le plus connu de ses
ouvrages est le livre qui a pour titre : Mctho-
dus incrementorum directa et inversa (Lon-
dres, 1715 et 1717, in-4°). On y trouve le
célèbre théorème connu sous le nom de son
auteur, et que Lagrange a appelé le principal
fondement du calcul différentiel, dégagé
de toute considération d'infiniment petits
ou de limites {Journal de l'Ecole polytechni-
que, neuvième cahier, p. 5). C'est aussi dans
ce même ouvrage que Taylor a donné (Propos.
XXII, probl. XVII, page 86) une solution du
problème de la corde vibrante, plus complète
et plus satisfaisante que les solutions proposées
avant la sienne. Mais les recherches de La-
grange (voyez ce nom), consignées dans les
Mémoires de V Académie de Turin (ann. 1759
et 17C2), et surtout dans sa Mécanique ana-
lytique, ont rendu inutile la solution de Tay-
lor, trop arbitraire dans sa seconde partie.
Taylor a aussi fourni un Mémoire sur le pro-
blème de la corde vibrante dans le 28 e volume
des Transactions philosophiques (pag. 26 et
suiv.).
TAYLOR (Jean), né près de Lancastre, en
1694, fit ses études à l'université de Cambridge,
et y obtint le doctorat en théologie. Il fut en-
suite pasteur à Norwich, puis recteur d'une
école à Warrington, où il mourut en 1761. Le
G juillet 1730, il prononça, à Cambridge, un
discours sur le langage musical, qui a été pu-
blié sous ce titre : The Music speech, Londres,
1730, in-8°. On a aussi de lui un livre d'an-
tiennes en musique avec des observations con-
cernant l'exécution delà psalmodie, intitulé :
A Collection of tunes in various airs; with a
scheme for supporting the spirit and practice
of psalmody in congrégations; Londres,
1750, in-8».
TAYLOR (Richard), né à Chester, en
1758, fut attaché à la chapelle calviniste de
Londres. Il mourut dans cette ville au mois de
février 1813. On a de ce musicien un recueil
d'hymnes de Noël intitulé : The Christmas
Ilymn, Londres, Longmann et Broderip, et
une collection d'antiennes qui a pour titre :
C'hurch Music for 3 voices, ibid. Le catalogue
de Preslon (Londres, 1795) indique sous le nom
de ce musicien : Beaulies of sacred verse,
selected principally from the works of the
Rev. Dr. Watts, Wesley, Dodridge and
others eminent divine authors, with entire
new Music, suited for the voice, organ,
piano forte, etc., livres 1 et 2. Taylor a publié
aussi un traité élémentaire de musique inti-
tulé : The principles of Music at one view ;
Londres, 1791, in-8°. Il a été fait plusieurs
éditions de ce petit ouvrage.
TAYLOR (Jacques), professeur de musi-
que à Norwich, né dans cette ville, vers 1770,
s'est fait connaître avantageusement par
quelques morceaux relatifs à la musique, qui
ont paru dans le Quarterly musical Review.
Le premier, intitulé : Remarks on the minor
key (Remarques sur le mode mineur), est in-
séré dans le premier volume de cet écrit pério-
dique (tome I, page 141); le second : On Mo-
dulation (Sur la modulation, ibid., page 304);
et le troisième sur les suites d'octaves et de
quintes (t. II, p. 271). Taylor vivaitencore en
1824; après cette époque, je n'ai point de
renseignements sur sa personne.
TAYLOR (Edouard), arrière-petit-fils du
docteur Jean Taylor, célèbre philologue et
théologien anglais, est né à Norwich, le 22 jan-
vier 1784. Dès sa première jeunesse, il fit des
études grecques et latines; mais son goût do-
minant fut toujours celui delà musique. Les
éléments de cet art lui furent enseignés par
Charles Smyth, musicien plus renommé par
ses excentricités que par ses talents; mais ce
fut surtoutcomme enfantde chœur de la cathé-
drale qu'il fit sa première éducation musi-
cale, sous la direction du docteur de musique
Beckwith. Quant aux connaissances qu'il acquit
dans la théorie et l'histoire de la musique,
ainsi que dans les langues et littératures
allemande et italienne, il ne les dut qu'à ses
études persévérantes et solitaires. La profes-
sion de Taylor fut d'abord celle de marchand
de fer, mais elle ne l'empêchait pas de cultiver
le chant, pour lequel il avait une véritable
passion. Doué d'une très-bonne voix de basse,
il prenait part, comme amateur, aux concerts,
à la musique religieuse de TheoctogonChapel,
et était un des membres les plus actifs du Glee
Club de Norwich. Son instrument principal
était le basson, mais il jouait aussi de l'orgue
et pouvait faire sa partie, dans les concert^,
sur le hautbois et sur la flûte. Un chœur de sa
TAYLOR — TEDESCO
19:
composilion, inlilulé Sound the Tymbal, fut
exécuté à Hall-Concerts. Il fut un des princi-
paux organisateurs du grand festival de Nor-
wich, en 1824, et traduisit en anglais, pour
cette circonstance, de grandes compositions de
Spohr, Fr. Schneider, Mozart et Graun. Arrivé
à Londres, en 1825, il s'y fit d'abord connaître
comme basse chantante; mais ses connais-
sances étendues dans la théorie et dans l'his-
toire de la musique le firent choisir, après la
mort de Stevens,pour remplir les fonctions de
professeur de musique au collège deGresham.
Son élection eut lieu en 1857. Dans l'année
suivante, il publia ses trois premières lectures
«l'installation dans cette place, sous le litre de
Three inaugural Lectures, in-8°, où l'on
trouve beaucoup de recherches et d'aperçus
concernant la musique et dont la forme d'ex-
position est d'une remarquable élégance. En
1845, il publia, dans le recueil British and
Foreign Review, un long article intitulé The
English Cathedral Service, ils glory, Us
décline, and its designed extinction (Le ser-
vice anglais de musique d'église; sa gloire, son
déclin et son anéantissement probable). Publi
ensuite séparément en un volume in-8°, cei
écrit fit une vive sensation en Angleterre.
Ta y loi" fut le fondateur et le président du Purcell
€kib, et fonda avec MM. le docteur Rimbault
et Chappell la Musical antiquarian Society.
11 fut aussi membre des sociétés de Glees, de
Madrigaux et d'autres réunions musicales. En
1840, pendant les mois d'avril, de mai et de
juin, il a fait au collège de Gresham et à
l'Institution royale de la Grande-Bretagne (Al-
I)emarle streel) un cours de lectures fort inté-
ressant, concernant l'histoire de la mnsique
dramatique en Angleterre. C'est aussi lui qui
a fait établir au collège de Gresham une bi-
bliothèque publique de musique. Il a publié à
•ce sujet : An address from the Gresham pro-
fesser ofmusic to the patrons and lovers of
the art, etc., une feuille imprimée à Londres,
le 28 juillet 1858. Ses compositions consistent
principalement en glees et chansons anglaises.
Taylor a traduit en anglais les Quatre sai-
sons de Haydn ; laMort de Jésus, de Graun,
les oratorios de Spohr; le Dernier jugement,
la Passion, la Chute de Babxjlone, le Dé-
ZujedeSchneider et d'autres ouvrages du même
genre. On lui doit aussi une collection d'airs
populaires des provinces rhénanes, dont il a
traduit les paroles en anglais, sous le litre
Airs of the Rhine, avec une préface contenant
une esquisse de la musique allemande; mor-
ceau d'un style agréable. En 1826, il avait fait
un voyage en Italie; deux ans après, il visita
l'Allemagne. Cet homme estimable et zélé
pour l'art est mort le 12 mars 1803, à Brent-
wood, près de Londres, laissant une intéres-
sante bibliothèque musicale, qui a été vendue
à l'encan à Londres, en 18G4.
TAYSNER. (Zacharie), fadeur d'orgues,
naquit à Lobezin, dans la seconde moitié du
dix-septième siècle, et s'établit à Mersebourg,
où il vivait encore en 1702. Ses ouvrages
principaux sont l'orgue de la cathédrale de
Mersebourg, celui de la collégiale de Jéna,
qu'il dut réparer quatre ans après l'avoir con-
struit, et celui de Naumbourg. Les imperfec-
tions de celui-ci lui en firent substituer un
autre, quarante-trois ans après qu'il eut été
achevé.
TEDESCHI (Jean), surnommé AMA-
DORI, fut un des meilleurs chanteurs for-
més dans l'école de Bernacchi, à Bologne^
vers 1740 (1). Pendant plusieurs années, il fut
attaché au service du roi de Naples, et eut en
même temps l'entreprise du théâtre Saint-
Charles. Pendant les années 1754 et 1755, il
chanta à Berlin dans les opéras de Graun. De
retour en Italie vers la fin de celte dernière
année, il se fixa à Rome, et y fonda une école
de chant. Il y vivait encore en 1775.
TEDESCO (L.-C.-A.), né de parents ita-
liens, à Luxembourg, vers 1807, étudia la mé-
decine à l'université de Louvain, pendant les
années 1827-1829, et y soutint, dans la der-
nière année, une thèse sur l'emploi de la mu-
sique dans la médecine, qui a été imprimée
sous ce titre : De musica iatrica; Lovanii,
1829, in-8° de vingt-sept pages.
TEDESCO (Ignace-Amédée), pianiste et
compositeur, né à Prague, en 1817, commença
dans ses premières années l'étude du piano
sons la direction de son père. Ses progrès sur
cet instrument furent rapides, et les leçons
qu'il reçut ensuite du maître de chapelle Trie-
bensée le mirent en étal de se faire entendre
en public dès l'âge de douze ans. A treize ans,
il joua à Vienne avec succès ; puis il retourna
à Prague, où il devint élève de Tomaschek
pour le piano et la composition. En 1855, il
visitaVienne pour la secondefois, y donna des
concerts, et dans l'aimée suivante, il entreprit
un voyage en Allemagne. Arrivé à Leipsick,
il se fit entendre au concert du Geivandhaus,
et fit admirer la délicatesse de son jeu. De re-
(I) C'est parerreurqu',4wM</or((Joseph), compositeur
qui vivait au commencement du dix-huiliéme siècle, a
été confondu avec Ce chanteur, comme élève de Ber-
nacchi. L'école de celui-ci n'existait pas alors
13.
19G
TEDESCO — TELEMANN
tour à Prague, en 1840, il ne s'y arrêta que
peu de temps, ayant pris la résolution de
voyager dans le sud de la Russie. A Lemberg,
à Czernowilz et à Jassy, il donna de brillants
concerts; puis il s'arrêta à Odessa, où il se li-
vra à l'enseignement du piano jusqu'en 1847.
Dans le cours de' cette année, il retourna à
Prague, puis voyagea en Hongrieetdonna «les
concerts à Presbourg. Arrivé à Hambourg, en
1848, il y séjourna quelque temps; puis il re-
tourna à Odessa. Suivant le Handlexikon der
Tonkunst de Charles Gollmick, Tedesco était
à Londres en 1856. Cet artiste a publié un con-
certo pour le piano avec orchestre qu'il a fait
entendre dans ses voyages, des caprices de
concert, un grand nombre de pièces de salon,
tellesque mazurkes, nocturnes, grandes valses,
rhapsodies, transcriptions, chansons bohé-
miennes variées, etc.
TEGHI (Pierre DE), célèbre luthiste de
Padoue, vécut dans la première moitié du sei-
zième siècle. Il est connu par les ouvrages
inslilulés : 1° Carminum ad testudinis vsum
compositorum liber tertius ab excellenlis-
simo artifice Petro Teghio Patauino ele-
gantissime concinnatus; Lovanii, apud
Petrum Phalesium bibliopolam juratum,
anno Domini 1547. 2° Des chansons et Mo-
telz reduicts en tabvlatvre de Luc (sic) a
quatre, cinqueetsixparties, livre troisiesme.
Composées par lexcellent maistre Pierre di
Teghi Paduan; A Lovvain , par Pierre
• Phaleys libraire iure, nel an de grâce 1547.
Avec grâce et priuilege a trois ans.
TEICHM CILLER (K.-W.), violoniste,
flûtiste, guitariste et professeur de musique à
Brunswick, vers 1850, s'est fait particulière-
ment remarquer par son talent sur la guim-
barde (Mundharmonicà). On a gravé de sa
composition : 1° Andanie varié pour violon,
avec un second violon ad libitum; Ham-
bourg, Cranz. 2° Variations pour guitare,
violon et flûte, op. 3; Leipsick, Breitkopf et
llpertel. 3° Polonaise pour violon ou flûte et
guitare, op. 4; ibid. 4° Variations pour vio-
lon, flûte et guitare, op. 6; Brunswick, Spehr.
5° Pot-pourri pour flûte et guitare, op. 7;
Leipsick, Breitkopf et Hsertel. 6° Premier noc-
turne pour guitare, violon et flûte.
TEIXIDOR (Don José), organiste de la
chapelle royale de Madrid, né à Ceros, en Ca-
talogne, fut nommé organiste et vice-maitre de
celte chapelle, le 4 août 1778, en remplacement
de Nebra. Il mourut à la fin de 1814ou au com-
mencement de 1815. On a conservé dans les
archives de cette chapelle une messe à huit voix
intitulée Eripe me Domine ab homine malo,
datée de 1779; une autre, également à huit
voix, sous le litre : Soli Deo honor et glovia,
écrite en 1780, et des vêpres à huit voix com-
posée en 1781, toutes de la composition de ce
mailre, de qui l'on a aussi le premier volume
de l'ouvrage intitulé : Discursos sobre la his-
toria universal de la musica ; Madrid ,
1804, un vol. in-4°.
TEIXEIUA (Antoine), compositeur por-
tugais, naquit à Lisbonne, en 1707, et fut en-
voyé à Rome, dans sa neuvième année, pour y
étudier le chant et le contrepoint. De retour
à Lisbonne, en 1728, il y obtint les titres de
premier chantre et d'examinateur «les chan-
teurs à l'église patriarcale. Parmi ses compo-
sitions, restées en manuscrit, on remarque :
1° Te Deum laudamus à vingt voix avec in-
struments, qui fut exécuté en 1734. 2° Te
Deum à neuf voix. 3° Psaumes, offertoires,,
lamentations et motets à quatre et huit voix,
avec et sans instruments. 4° Miserere à huit
voix, avec accompagnement. 5° Plusieurs opé-
ras. 6° Messe à huit voix. 7° Messe à quatre
voix. 8" Psaumes des vêpres à quatre voix
pour l'église portugaise de Saint-Antoine, à
Rome.
TELEÎWAIVIV (Georges-Philippe), compo-
siteur célèbre, naquit à Magdebourg , le
14 mars 1681, et fit ses éludes, jusqu'en 1700,
aux écoles de celle ville, et à celles de Zeller-
feldt et de Hildeshcim. Il avait appris, dans la
première, les éléments de la musique; mais-
loulcson éducation musicale fut bornée à ces
connaissances préliminaires; il ne dut qu'à
lui-même et à la lecture des ouvrages des meil-
leurs compositeurs l'habileté qu'il acquit par
la suile. Dès l'âge de douze ans, il avait écrit
un opéra, dont une partition de Lully avail été
le modèle; car, à celle époque, la musique
dramatique était peu avancée en Allemagne r
son ouvrage fut représenté sur les théâtres de
Magdebourg et de Hildeshcim. En 1700, Tele-
mann se rendit à Leipsick pour y suivre les
cours de l'université, et y apprit les langues
française, italienne et anglaise, qu'il parlait
encore fort bien quarante ans après. En 1701,
on lui avait confié les places de directeur de
musique et d'organiste de la nouvelle église;
toutefois, lesoccupalionsqu'elles lui donnaient,
ne le détournèrent point de ses éludes. La
place de maître de chapelle du comte de Proni-
nitz, à Sorau, lui ayant été offerte en 1704, if
l'accepta. Arrivé dans cette ville, il s'y lia
d'une intime amitié avec Printz (voyez ce
nom), qui y remplissait alors les fondions de.
TELEMANN
197
cantor. Ce fut parles conseils de ce savant mu-
sicien que Telemann se livra avec ardeur à
l'élude du style de Lully et des autres compo-
siteurs de l'école française. Un voyage qu'il fit
à Paris, en 1707, et son séjour dans cette ville
pendant huit mois, achevèrent de donner à
son goût la direction de cette école. Toutefois,
il le modifia par une tendance vers une harmo-
nie plus forte, et par des modulations plus pi-
quantes dont il reçut l'impulsion à Berlin, où
il demeura quelque temps. Appelé à Eisenach,
en 1708, en qualité de maître de concert, il y
succéda plus tard à Hebenslreit (voyez ce nom)
dans la place de maître de chapelle. Trois ans
après, il reçut sa double nomination de maître
de chapelle de l'église des Récollets et de celle
. de Sainte-Catherine, àFiancfort-sur-le-Mein.
Il se rendit dans cette ville, conservant toute-
fois le titre et les émoluments de maître de
chapelle de la cour d'Eisenach, à la condition
d'y envoyer chaque année un certain nombre
de compositions nouvelles. Après quatre an-
nées de séjour à Francfort, Telemann céda aux
instances du margrave de Bayreuth, et prit la
direction de sa chapelle, sans perdre son titre
à Eisenach. Enfin, en 1721, une place dedirec-
teur de musique lui fut offerte à Hambourg;
il l'accepta et en remplit les fonctions pendant
quarante-six ans, conservant toujours celles
de maître de chapelle des cours d'Eisenach et
de Bayreuth. Dans cette longue carrière, il
déploya une prodigieuse activité, et produisit
une si grande quantité d'ouvrages, qu'il est
peu de compositeurs allemands qu'on puisse
lui comparer pour la fécondité. Il grava lui-
même à l'eau-forte et au burin une partie de
•ses productions sur les planches de cuivre ou
■d'élain, et fit imprimer' les autres avec les an-
ciens types de Hambourg. Il mourut danscelte
■ville, le 25 juin 1707, à l'âge de quatre-vingt-
six ans.
Le nombre des compositions de Telemann
était si considérable, que lui-même n'en pou-
vait indiquer tous les titres. Dans celles qu'on
connaît, on remarque: 1° Plus de douze années
entières de musique d'église pour tous les di-
manches et fêtes, formant environ trois mille
morceaux avec orchestre ou orgue. 2° Qua-
rante-quatre musiques pour la Passion, de-
puis 1722 jusqu'en 1707. 5° Trente-deux mu-
siques inaugurales pour des installations de
prédicateurs, depuis 1728 jusqu'en 1706.
4" Trente-trois solennités musicales, appelées
à Hambourg musique de capitaine, composées
d'une sonate pour instruments et d'une can-
tate avec accompagnement, depuis 1724 jus-
qu'en 1765. 5° Vingt musiques complètes de
jubilé, de couronnement et d'inauguration
pour plusieurs voix et instruments, depuis
1723 jusqu'en 1704.6° Douze services funèbres
complets pour des empereurs, des rois et pour
des personnages distingués de Hambourg.
7° Quatorze musiques de mariage. 8° Beaucoup
d'oratorios, parmi lesquels se trouvent la Mort
de Jésus, de Ramier, la Résurrection, par le
même, la Résurrection de Zacharie, les Ber-
gers à Bethléem, Israël délivré, une partie du
Messie, le Jour du jugement, et le psaume 71
en latin. 9° Plusieurs sérénades, telles que le
Mai, par Ramier, Bon Quichotte, etc.
10° Quarante quatre opéras pour les théâtres
de Hambourg, d'Eisenach et de Bayreuth.
11° Plus de six cents ouvertures et symphonies.
Toutes ces compositions sont restées en manu-
scrit. De plus, Telemann a écrit un nombre
immense de morceaux de chant et d'instru-
ments, dont il a publié les suivants : 12° Six
sonates pour violon seul avec accompagnement
de basse continue pour le clavecin ; Francfort,
1715, in-fol. 13° Bie Kleine Kammermu-
sik, etc. (Petite musique de chambre), consis-
tant en six suites pour violon, flûte traversière,
hautbois et clavecin ; ibid., 1710. 14° Six so-
natines pour violon et clavecin; Leipsick, 1718.
15" Six trios pour divers instruments, ibid.,
1718. 10° Harmonischer Gottesdienst, oder
yeistliche Cantaten,elc.(Le service divin har-
monique, ou cantates spirituelles sur les
épîlres des dimanches et fêtes, à voix seule et
violon, flûte ou hautbois et basse continue);
Hambourg, 1725, un volume in-fol. de près de
cinq cents pages. Bel ouvrage rempli d'idées
neuves pour le temps, et intéressant par les
modulations. Ce volume renferme soixante-
quatorze cantates. 17° Auszug derjenigen
musikalischen und auf die gewœhnlichen
Evangelia gerichtete Arien, etc. (Extraits
d'airs musicaux sur les évangiles, etc., à voix
seule et basse continue); Hambourg, 1727,
in-fol. 18° Ber Getreue Musilc-Meister, etc.
(Le maître de musique fidèle, etc.); Hambourg,
1728, in fol. Sous ce litre, Telemann a recueilli
des airs, duos, trios, etc., pour différentes
voix, des sonates, ouvertures, contrepoints,
fugues et canons, pour divers instruments, di-
visés en quatorze leçons ou journées. 19° So-
nates pour deux flûtes traversières ou deux
violons sans basse; Amsterdam. 20° Das All-
gemeine evangelische musikalische Lieder-
buch (Le livre complet du chant évangélique,
contenant cinq cents mélodies, parmi les-
quelles se trouvent beaucoup d'anciens cho-
498
TELEMANN
rais, elc, suivi d'une instruction sur la com-
position à quatre voix, avec basse continue);
Hambourg, 1750, in-4°. 21° Trois trios mélo-
diques et trois scherzi pour deux violons ou
flûtes et basse continue; Hambourg, 1731.
22° Cantates sur des poésies joyeuses pour so-
prano, deux violons, alto et basse continue.
23° Six sonatines nouvelles qu'on peut jouer
sur le clavecin seul, ou avec un violon ou flûte
et basse continue. 24° Scherzi melodichi, per
divertimento dicoloro che prendono V acque
minerali in Pirmonte, con ariette semplici e
facili, a violino, viola e fondamento ; Ham-
bourg, 1754. 25° Siebenmal Sieben und eine
Menuet, etc. (Cinquante menuets pour le cla-
vecin, et autres instruments). 26° Helden-
Musik, oder 12 Marches, elc. (Musique héroï-
que, ou douze marches pour deux hautbois ou
violons et basse, dont six peuvent être accom-
pagnées par la trompette, et trois par deux
cors). 27° Deuxième suite de cinquante me-
nuets qui peuvent être joués aussi sur la flûte
à bec. 28° Ouverture avec sa suite pour deu <
violons ou hautbois, deux violes et basse con-
tinue. 29°Six quatuors pour violon, flûte, basse
de viole et basse continue. 50° Piombine, ou
le Mariage mal assorti, intermède à deux
voix, deux violons et basse continue. ôl°Singe-
Spiel-und Generalbass-Uebungen (Exercices
pour le chant et les instruments avec basse
continue); Hambourg et Leipsick, 1740, in-4
de quarante-huit pages. 52° Jubel-Musik, etc.
(Musique de jubilé, consistant en deui can-
tates dont la première est pour une voix, et la
seconde pour deux, avec accompagnement de
deux violons, viole et violoncelle); Hambourg,
1755.55°À7eùie Fugen fiir die Orgel (Petites
fugues pour l'orgue ou le clavecin). 54° Sonates
méthodiques pour violon ou flûte, avec basse
continue. 55° Deuxième suite de sonates mé-
thodiques. 5G° Trois suites de fantaisies pour
le clavecin, composées chacune de douze mor-
ceaux. 57° Tafel-Musik, etc. (Musique de
table, renfermant trois ouvertures, trois con-
certos, trois symphonies, trois quatuors, trois
trios çt trois solos). Les neuf premiers mor-
ceaux sont écrits pour sept instruments.
58° Quatuors ou trios, pour deux flûtes ou
violons et deux violoncelles, dont on peut
supprimer un. Tous ces ouvrages avaient
para avant 1735. Telemann en possédait
alors beaucoup d'autres qu'il se proposait de
publier. Par une circonstance heureuse, je
suis devenu possesseur d'un grand nombre
de compositions manuscrites de Telemann
pour l'église, que l'incendie de Hambourg
a peut-être rendues très-difficiles à trouver.
Au talent de compositeur, Telemann unis-
sait celui de poète, car il avait fait les poèmes
de plusieurs opéras et cantates qu'il mit en
musique. En 1759, il se fit admettre au nombre
des membres de la société musicale fondée par
Mizler. Il fournit à l'écrit périodique de celui-
ci, intitulé Musikàlische Bibliothek, un nou-
veau système des intervalles et du tempéra-
ment, qui a paru dans le troisième volume de
cet ouvrage (en 1752, page 713). Ce morceau a
été publié de nouveau dans ]es amusements de
Hambourg {Hamburger Unterhaltungen y
1707, t. 3, avril, n° 4), sous le titre de Der-
nières occupations de G.-Ph. Telemann. Le
système d'intervalles et de tempérament de ce
maître a été analysé par Sorge dans l'écrit
intitulé : Gesprxch zivischen einem Musico
Theoretico utid einem Studioso musices, etc.
(pages 54-G4). Le portrait de Telemann a été
gravé par Preisler, en 1750, in