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The National Women's Comrnittee
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BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
SUPPLEMENT ET C(3MPLEMENT
TOME PREMIER
TYPOGr.APHIE nnMIN-DinOT. — MKSML (ElRr
BIOGRAPHIi:
UNIVEliSELLE
DES MUSICIENS
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BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE
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PAR F.-J.'^1:^ETLS
SUPPLEAIENT ET COMPLEAIENT
Piihliés sous la direclinii de
AL ARTHUR POUGIN
TOME PREMIER
PARIS
LIUUAIKIE DE FIRMIN-DIDOT ET C'^
IMI'IÀI.MEUKS DE l'iNSTITUT, KUE JACOB, o6
1878
Tous droils réservés.
Music
Eeferenoe
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t2
PREFACE
Il y a quarante ans que Fétis publiait la première édition de sa
Biographie universelle des Musiciens ; il y en a dix-sept qu'il com-
mençait la publication delà seconde édition, qui constituait presque
un ouvrage nouveau, tellement le travail primitif s'était agrandi ,
amélioré, accru de toutes façons. Chacun sait le succès qui ac-
cueillit, non-seulement en France, mais dans toute l'Europe ar-
tiste et lettrée, ce livre si nouveau, si utile, et si colossalement im-
portant. L'auteur , après avoir passé vingt-cinq années de sa vie
à le faire, en avait employé vingt-cinq autres à le refaire; et je
ne sais trop si l'on trouverait, dans l'histoire de l'art, beaucoup
d'exemples d'un tel labeur et d'une telle persévérance, appliqués
au même ouvrage.
Cependant, un travail biographique général, consacré à toute
une classe d'individus, à toute une catégorie d'artistes, est fatale-
ment destiné à devenir, avec le temps, défectueux et incomplet.
L'esprit et le genre humains marchent sans cesse, l'art se poursuit
et se renouvelle, des hommes et des œuvres, hier inconnus, nais-
sent à la lumière, des artistes, les uns glorieux, les autres distin-
gués, ceux-là simplement honorables, disparaissent au contraire
de la scène du monde, des faits nouveaux se produisent, et chaque
jour, en apportant son contingent à l'histoire intellectuelle de
l'humanité, oblige cette histoire à se modifier et à se compléter.
Pour ne parler que de la musique, nous vivons précisément en
a
Mus l'a
Heference
91463
ii PREFACE.
un temps de troubles, nous traversons une période de transition
qui rendent les manifestations de cet art merveilleux non pas plus
importantes, plus éclatanles que' dans le passé, mais plus actives
parfois, plus militantes si l'on peut dire, et surtout, il faut bien le
reconnaître, plus nombreuses et plus diverses qu'elles n'ont ja-
mais été. On ne doit pas oublier, d'ailleurs, que le goût de la mu-
sique se propage chaque jour davantage et s'étend à toutes les
classes de la société, qu'il crée de nouveaux besoins pour le puJjlic,
et que pour satisfaire ces besoins, pour alimenter la curiosité gé-
nérale, devenue plus pressante, la production doit être activée par
un plus grand nombre d'artistes. Les compositeurs deviennent
donc sans cesse plus nombreux, leurs travaux se multiplient d'une
façon incalculable, et l'annaliste a fort à faire d'enregistrer soi-
gneusement, au jour le jour, chaque fait nouveau qui se présente
dans le domaine de l'art.
Un ouvrage tel que la Biographie universelle des Musiciens doit
donc, pour conserver sa force et son utilité, être remisa jour pério-
diquement. C'est ce que les éditeurs ont pensé, et ils ont voulu,
après quinze ans, livrer au public un Supplément important, qui
vint compléter cet ouvrage et le tenir au courant de tous les faits
qui se sont produits depuis sa dernière édition.
Je n'ai pas été, je l'avoue, médiocrement effrayé de l'importance
de la tâche qu'on me proposait lorsqu'on a bien voulu m'offrir de
me charger de la rédaction de ce Supplément. Peut-être cependant
étais-je mieux préparé qu'un autre à un travail de ce genre. Depuis
longtemps, en effet, je m'occupais de réunir des matériaux néces-
saires à un Dictionnaire biographique général des musiciens français,
ouvrage auquel je dois renoncer aujourd'hui, mais dont les élé-
ments ont naturellement trouvé leur emploi dans celui-ci ; d'autre
part, j'avais étudié avec une attention soutenue le mouvement
musical de l'Italie contemporaine , et enfin mes cartons étaient
pleins de notes et de documents sur les artistes importants qui
depuis vingt ans occupent l'Europe de leur personne et de leurs
œuvres.
Néanmoins, je le répète, j'étais effrayé de la responsabilité qui
allait peser sur moi, non-seulement à cause de l'immensité de la ta-
PRÉFACE. iij
che, mais aussi en raison de la rapidité avec laquelle elle devait être
accomplie. Je ne pouvais pas, on le comprend, travailler à loisir
et prendre tout mon temps ; il fallait me mettre à l'œuvre immé-
diatement, et procéder aussi vite que possible, afin que le Supplé-
ment qu'on me demandait fût bien à jour, et que le commence-
ment n'ait pas trop vieilli lorsque viendrait la fin.
C'est alors que j'eus l'idée, afin de presser le travail et de le
rendre à la fois plus complet, de m'adresser à quelques amis, à
quelques confrères de France et de l'étranger, et de les prier de
m' aider dans la mesure de leurs moyens, selon la spécialité qui
convenait le mieux à chacun. Je les remercie ici, du fond du cœur,
d'avoir répondu si cordialement à mon appel, et je constate avec
joie qu'aucun ne s'est dérobé à mes demandes, tous comprenant
qu'il s'agissait d'une œuvre absolument honorable et qui ne pou-
vait que gagner au concours de tous.
C'est ainsi que, en ce qui concerne l'étranger, M. Casamorata,
l'excellent président de l'Institut royal de musique de Florence, a
bien voulu me fournir un certain nombre de notices fort intéres-
santes sur quelques musiciens italiens contemporains ; que M. Joa-
quim de Vasconcellos, l'auteur d'un livre remarquable , Os musicus
poriuguezes, s'est chargé de tout ce qui avait trait aux artistes por-
tugais, ses compatriotes; que M. Edouard de Hartog, un des com^
positeurs néerlandais les plus distingués de ce temps, m'a confié
de nombreux articles sur les musiciens de son pays; que M. Félix
Delhasse, un érudit aussi obligeant qu'infatigable, a consenti à se
charger de beaucoup de notices relatives aux artistes belges, en mê-
me temps ([u'il me fournissait des notes, des documents et des maté-
riaux innombrables sur les artistes allemands contemporains (1). Ce
(1) Je ne saurais assez exprimer ici la reconnaissance que je dois à M. Del-
hasse, pour l'aide qu'il m'a apportée dans ce travail. Possesseur d'une riclie
bil)liotlicque, ayant accumulé depuis plus de tiuarante ans, avec la passion
éclairée d'un véritable artiste, une foule de notes et de documents précieux
sur tous les musiciens européens. M, Delhasse a mis libéralement tous ces
trésors à ma disposition, et, non content de cette obligeance, il s'est encore
astreint à relire toutes les épreuves de ce Supplément, me signalant avec une
ardeur et une bonté que je ne saurais trop louer toutes les erreurs, les
omissions et les lacunes que son intelligente expérience lui faisait découvrir.
iv PRÉFACE.
n'est pas tout, et je dois signaler aussi le respectable docteur
Abramo Basevi , de Florence , mes excellents confrères MM. Filippo
Filippi, de Milan, et Carlo Caputo, de Naples, M. Edouard Gre-
goir, d'Anvers, enfin M. Pena y Goni , de Madrid, qui ont bien
voulu, sinon me rédiger des notices , du moins me communiquer
sur les artistes de leurs pays respectifs des notes et des rensei-
gnements pleins d'intérêt et d'utilité.
Pour ce qui est de la France, il me faut remercier aussi les écri-
vains et les érudits qui m'ont prêté si obligeamment leur concours :
M. Weckerlin, à qui je dois surtout d'intéressants documents sur
quelques anciens musiciens; M. Gustave Bertrand, qui, connais-
sant parfaitement les compositeurs russes contemporains, a signé
d'excellentes notices sur quelques-uns d'entre eux; M.Jules Gallay
a fait de même pour quelques luthiers, la matière lui étant par-
ticulièrement connue; enfin MM. J. de Filippi, Adolphe JuUien,
Er. Thoinan, se sont occupés de certains artistes dont la vie
leur était familière. Ne voulant pas oublier les musiciens fran-
çais qui vivent loin de Paris et n'en sont pas moins méritants,
je me suis adressé à quelques confrères de province ; ils ont de
la façon la plus courtoise, répondu à mon appel : M. Alexis Rostand
s'est chargé de tout ce qui avait trait à Marseille et au sud-est de
la France; M. Anatole Loquin de tout ce qui concernait Bordeaux
et le sud-ouest; M. Jules Cariez de ce qui touchait la Norman-
die (1).
Ce Supplément est aussi un complément, comme l'indique son
litre. C'est-à-dire que je n'ai pas voulu me borner seulement à
retracer les faits qui se sont produits, à mentionner les artistes
nouveaux qui se sont fait connaître depuis la publication delà Bio-
graphie universelle des musiciens; mais que, faisant un retour sur
le passé, j'ai non-seulement corrigé un certain nombre des erreurs
inséparables d'un ouvrage de ce genre, mais encore augmenté
(I) Je dois ici des remercîraenls particuliers à la direction du secrétariat du
Conservatoire de Paris, qui a mis à ma disposition, de la façon la plus obli-
geante, les registres de cet établissement, et qui m'a prodigué, sur une foule
d'artistes français, les renseignements les plus abondants et les plus précis.
Je ne saurais troj) lui en exprinnîr ma gratitude.
PREFACE. V
cet ouvrage de notices sur des artistes intéressants qui n'y avaient
pas été mentionnés, et complété des notices que l'absence de do-
cuments positifs avait laissées forcément insuffisantes. On verra
d'ailleurs que toutes les fois que j'ai rencontré une œuvre, une date,
un fait nouveau sur tel ou tel artiste , je me suis fait un devoir
de les produire et de compléter ainsi les renseignements existants.
Un certain nombre de vides qui avaient été signalés dans la
Biographie se trouvent donc comblés, au moins en partie, dans le
présent Supplément, où des artistes méritants ont aujourd'hui leur
histoire. On remarquera , entre autres, pour l'ancien personnel
de l'Opéra, les noms d'Albert, Marie Aubry, Marie Brigogne, M"*" Che-
valier, Ghopelet, M'"^ Coupé, Cuvillier, M'"^ Desmàtins , M"« Duplant,
M"" Durancy, Gélin, M"" Grassari, Hardouin, M"^ Jawureck, Rosalie
Levasseur, M"'' Rousselois , M"" Saint-Christophe, Tribou; pour les
anciens artistes delaComédie-Italienne et derOpéra-Comique,M"'^Bil-
lioni, M Carline, M"'® Crétu, Darboville, Dozainville, Féréol,
M""' Laruette, M™^ Lemonnier, M"^ Lescot, Moreau-Sainti, M'"'' Mou-
linghem, Nainville, Narbonne; puis, pour les organistes, Carlos
Baguer, le P. Bréll , Cabo, Casanovas , le P. Coellio, Cuéllar y Al-
tarriba, Desmazures, Ferrer, les frères Miroir; pour les claveci-
nistes, deux membres inconnus de la famille Couperin, Duflitz,
Lindeman , Thomelin; pour les violonistes, lesDumanoir, Imbault,
Pérignon; pour les violoncellistes, Norblin;pour les luthistes, Bal-
lard, Falco; pour les luthiers et facteurs d'instruments, la famille
Banks, John et Edward Betts, les Calido, Carest, Davrainville ,
Dodd, Ducroquet, Fendt, Ferry, les Forster, Gand, Harris, les Henry,
D'iaine, Lafleur, Montai; pour les éditeurs de musique, Breitkopf
et Hœrtel, Ricordi, etc. etc.
Parmi les nombreux ouvrages que j'ai consultés, je citerai par-
ticulièrement les suivants : pour ceux publiés en France, les Mu-
siciens polonais et slaves, de M. Albert Sowinski ; V Histoire du Conser-
vatoire de musique et de déclamation, de Lassabathie; les Essais sur
la musique, de Laborde; le Parnasse françois, de Titon du ïillet;
VÉtat de la France; le Journal de Jean Hérouard; le Siècle littéraire
de Louis XV, de Daquin; la Revue des maîtres de chapelle et Musi-
ciens de la métropole de Rouen, de l'abbé Langlois; les Musiciens
vj PRÉFACE.
bourguignons, de M. Charles Poisot ; les Notes sur quelques musiciens
dans la Brie, de M. Th.Lhiiillier ; l'Histoire des artistes du départe-
ment du Gard, de M. Michel Nicolas ; les Feseurs et les Joueurs d'ins-
truments, de M. Vidal; le Puy de Musique érigé à Évreux, de
MM. Bonnin et Chassant; les Contemporains de Molière, de M. Victor
Fournel ; les Tablettes de renommée des Musiciens (1785); l'Art harmo-
nique, d'Ed. de Goussemaker; le Dictionnaire des artistes, de Charles
Gahet; le Guide-manuel de l'orphéoniste, de M. Poirson; le Catalogue
de la bibliothèque musicale du théâtre de l'Opéra, de M. Théodore de
Lajarte; le Mémorial du Théâtre-Lyrique et V Histoire des Bouffes-
Parisiens, de M. Albert de Lasalle ; De la littérature musicale en France,
de M. Arthur Poiigin; VÀlmanach de la musique, par «un Musicien» ;
V Annuaire des artistes français, de Guyot de Fère; le Dictionnaire
critique de biographie et dliistoire, de Jal ; le Grand Dictionnaire uni-
versel du XIX^ siècle , de Larousse; le Dictionnaire des contempo-
rains, de M. Vapereau,; le Dictionnaire général de biographie fran-
çaise et étrangère, de M. Adolphe Bitard ; la Biographie portative et
universelle des Contemporains
En ce qui concerne les ouvrages français publiés àTétrang-er, je
mentionnerai : V Histoire des sociétés chorales de Belgique, de M. Thys ;
la Musique aux Pays-Bas , de M. Vander Straeten; V Aperçu sur V an-
cienne corporation des Musiciens iiistrumenlistes d'Anvers et les Be-
cherches sur les facteurs de clavecins et les luthiers d'Anvers^ de
M. Léon de Burbure; la Biographie des artistes musiciens belges et les
Musiciens néerlandais, de M. Edouard Gregoir; le Panthéon musical
et les Documents historiques relatifs à l'art musical et aux artistes mu-
siciens, du même auteur; les Mattresde chant et organistes de Saint-Do-
natien et de Saint-Sauveur à Bruges, de M. Van de Casteele; Cinquante
ans de souvenirs, d'A. de Peellaert; le Manuel-annuaire des musiciens
de la ville de Liège; VAlmanach de la comédie française établie à
Bruxelles; les Tablettes du musicien; V Annuaire dramatique belge;
la Musique en Suisse, de M. George Becker ; V Orgue du Palais de
Vlndustrie d'Amsterdam, de M. Philbert.
Pour l'Italie, j'ai eu recours aux écrits suivants : Dizionario bio-
grafico, de Francesco Regli; Cenno storico sulla scuola musicale di
Napoli, de U. Francesco Florimo; Série cronologica de' principi
PRÉFACE. vij
deW Accademia de Filarmonici di Bologna; Atti delV Accademia del
R. Tstiluto musicale di Firenze; Storia del violino in Piemonte, de
Francesco Regli; gli Artisti da leatro, de M. A. Ghislanzoni; Bio-
grafe di scriltori e arlislimusicali, bergamasclii navili od oriundi, de
G. S.Mayr; Cenni storici delVinsegnamenlo délia musica in Lucca e de
più notabili maestri compositori chevi hanno fiorito^ par M. Agostino
Cerù; Memorie risguardanli la storia delV arle musicale in Bologna
alXVI sccolo, par M. Gaetano Gaspari (dans les Atli e Memorie délia
R. depulazione di sloria patriaper le provincie di Romagna) ; Cenni
storici sul R. Conservalorio di musica in Milano (de M. Lodovico
Melzi); Teatro alla Scala, cronologia di tutti gli spettacoli , par
M. Luigi Romani; Rappresentazioni date neireali teatri di 3Iilan0y
^775-'/S73,parM.PompeoCambiasi; Teatro Carlo Felice{àe Gênes),
relazione storico-esplicativa , par M. Cesare da Prato ; Cronistoria
dei teatri di Mof/ena, par Alessandro Gandin-i; Dell" arte e del teatro
di Padova, par M. G. Leoni; Annuario gene/ale délia musica , par
M. Carlo Caputo; Annuario musicale universale , par M. Giovanni
Paloschi.
On sait que l'Allemagne est, plus que tout autre pays, fertile en
bons et solides ouvrages sur la musique et les musiciens. J'ai sur-
tout consulté les publications générales importantes qui y ont été
faites dans ces dernières années : le Musikalisches-Conversations-
Lexicon d'Hermann Mendel, qu'une mort prématurée a empêché
cet artiste distingué de mener à terme, mais qui s'achève rapide-
ment sous la nouvelle direction de M. Reissmann; le Tonkunstler-
Lexicon, de Ledebur; le Theater-Lexicon, de Rlum ; enfin, le petit
manuel encyclopédique et biographique deJulius Schuberth, Klei-
nes musikalisches Conversations-Lexicon.
En ce qui concerne l'Espagne, qui, à l'encontre de l'Allemagne,
est le pays le moins riche de l'Europe en écrits relatifs à la musi-
que, j'ai pu cependant puiser de bons renseignements dans le Dic-
cionario hlografico-bibliografico de efemérides de mùsicos espanoles
de M. Raltasar Saldoni, en éprouvant le regret que la publication
d'un ouvrage si utile n'ait pu être continuée, et dans un opus-
cule substantiel du même auteur, Resena historica de la escolania
colegio di musica de la virgen de Montserrat; VAlmanaque mU'
viij PRÉFACE.
sical, de M. Obiols (1868), VAmanaqiie musical y de teatros {i8G8),
et le Caïendario historico musical, de M. Soriano Fuertes (1873),
m'ont fourni aussi quelques détails sur les compositeurs espagnols
contemporains; je ne citerai guère que pour mémoire le Biccîon-
ario tecnico, historico y biografico de la Musica, de M. José Parada y
Barreto, et les Biografias de los musicos mas distinguido de iodos los
paises , de M. Fargas y Soler, qui sont des ouvrages de seconde
main et dans lesquels on trouverait difficilement un seul rensei-
gnement nouveau, ua seul fait intéressant.
Il va sans dire que je n'ai pas négligé les monographies spécia-
les ou les publications intéressantes dont tant de grands artistes ont
été l'objet, depuis quinze ans, en France, en Allemagne ou en Italie ;
j'y ai trouvé souvent les éléments de rectifications importantes ou
d'utiles et nouveaux renseignements, comme on pourra s'en con-
vaincre aux noms d'Adam (Adolphe), Adam de la Halle, Auber, Bee-
thoven, Bellini,Boieldîeu,Cherubini, Donizetti, Gluck, Mendelssolin,
Pacini, Rossini, Schubert, Verdi, Weber, etc. Les journaux de mu-
sique des grandes villes de l'Europe m'ont été aussi fort utiles, et
parmi eux je citerai surtout la Revue et Gazette musicale de Paris ,
le Ménestrel , le Guide inusical de Bruxelles, la Gazzelta musicale de
Milan , la Esparia musical, le Musical World, le Musical Standard,
VEcho de Berlin, les Signale ei le Musikalisches Wochenblalt de Lei-
pzig, la. Neue Berliner Musikzeitung , le Musik-Theater und Literalur-
Journal de Vienne, Cxcilia et la Hollande musicale de La Haye.
Enfin, j'ai mis aussi à contribution, cela va de soi, les catalo-
gues des grandes maisons de publications musicales de l'Europe :
Breitkopf et Haertel, Ricordi, Lucca, Brandus, Lemoine, Heugel,
Flaxland, etc. , ainsi que ceux des grandes bibliothèques musica-
les particulières qui ont été vendues dans ces dernières années,
celles de Fétis, d'E. de Coussemaker, d'Adrien de la Fage, de Far-
renc, et autres. J'ai trouvé dans ces diverses publications la trace
de nombreuses œuvres musicales et d'écrits spéciaux que je ne con-
naissais pas, et qui n'étaient point mentionnés dans la Biographie
universelle des Musiciens.
On se fera une idée du travail que je me suis imposé, en consi-
PRÉFACE. ix
dérant que le Supplément que je présente à cet ouvrage ne com-
prend guère moins de cinq mille noms; cet ensemble formidable
me donne la presque assurance que je n'ai pu oublier qu'un bien
petit nombre d'artistes parmi ceux qui avaient droit à figurer dans
une publication de ce genre. Les jeunes écoles musicales française,
italienne et allemande y sont, j'en ai l'espoir, représentées de la fa-
çon la plus complète, et je crois pouvoir dire que parmi ceux qui
les composent, il en est beaucoup sur la vie desquels le public ne
connaissait rien jusqu'ici et dont la carrière lui est retracée pour
la première fois. Au nombre des artistes qui se sont ainsi mis en
relief dépuis un certain temps, il me suffira de citer, pour la France,
M'"^ de Grandval, MM. Georges Bizet, LéoDelibes, Théodore Dubois,
Alexandre Guilmant, Ernest Guiraud, Joncières, Charles Lecocq, Le-
nepveu, J. Massenet, Salvayre; pour l'Italie, MM. Auteri-Manzocchi,
ArrigoBoito, Gobati, Gomez, Filifpo Marchetti, Ponchielli; pour
l'Allemagne, MM. Abert, Max Bruch, Ignace Brttll, Hermann Gœtz,
Edouard Grieg, Heinrich Hofmann, Jensen , etc. Si je joins à ces
noms ceux de MM. Hamerick et Svendsen pour la Suède, Gui, Davi-
doff et Tchaïkowski pour la Russie, Pierre Benoit et Brassin pour
la Belgique, Gernsheim et Richard IIol pour les Pays-Bas, Barbieri,
Hernando et Obiols pour l'Espagne, Holmes, Brinley-Richards et
Arthur Sullivan pour l'Angleterre, Lysberg pour la Suisse, on verra
que j'ai fait en sorte de n'oublier aucun pays, et que j'ai tâché de
faire à chacun la part qui lui est due.
Pourtant je dois déclarer que, malgré mes soins, malgré mes
recherches minutieuses, malgré mon désir de ne laisser rien échap-
per, je ne me crois nullement à l'abri d'erreurs ou d'omissions in-
volontaires. La perfection n'est pas de ce monde, et dans un ou-
vrage tel que celui-ci, où la matière est à la fois si éparse et si
abondante, on ne peut, en dépit de tous les efforts, parvenir qu'à
être le moins inexact et le moins incomplet possible. Fétis, qui s'y
connaissait, le savait bien, et il l'a prouvé dans une lettre intéres-
sante, que je vais reproduire ici, et qu'il adressait il y a douze ans
à M. Weckerlin, l'excellent bibliothécaire actuel du Conservatoire
de Paris, en réponse à tout un envoi de renseignements que celui-ci
lui avait fait.
X PRÉFACE.
Voici cette lettre :
« Bruxelles, le 16 juillet 1865.
« Mon cher monsieur,
a Je saisis l'occasion d'un moment de repos pour répondre à votre
lettre de dimanche dernier et vous remercier du cadeau que vous
m'avez fait de vos Poèmes de la mer. Je n'ai guère l'espoir de les lire
avant la fin des concours du Conservatoire ; mais lorsque le temps des
vacances sera venu, ce sera une de mes premières occupations.
« Je vous remercie aussi des renseignements bibliographiques qui
remplissent la plus grande partie de votre lettre. Je connais depuis en-
viron 50 ans les volumes de la bibliothèque Impériale dont vous avez
bien voulu me donner l'indication, et j'en ai pris des notes avec tous
les premiers mots des chansons et des auteurs; mais d'une part, on
ne sait rien sur les personnes de ceux-ci, et de l'autre, tout cela est de
si peu de valeur, que j'ai un peu ,de regret d'être obligé de garder le
silence à leur égard. J'ai dépensé récemment quelques milliers de
francs pour l'acquisition de la plus considérable collection de chan-
sons en musique qui, je crois, a jamais été rassemblée, mais j'aurais
pu mieux employer mon argent. Par-ci par-là, je trouve certaines piè-
ces qui ont le mérite d'un sentiment naïf; mais, en général, tout cela
est vulgaire et assez mal écrit.
« Pour quelques noms de valeur qu'on trouve dans ces rarissimes
recueils d'Attaignant, de Jacques Moderne , de Nicolas Du Chenin, d'A-
drian Le Roy, des deux Phalèse, de Jean Bellère et des Ballard, il y a
des centaines de noms obscurs et très-dignes de l'être.
« Les personnes qui prennent la peine de signaler certaines omis-
sions, assez indifférentes, de la Biographie universelle des Musiciens,
ignorent qu'il existe environ 1,500 compositeurs allemands dont le plus
grand nombre ont un mérite réel, et qui néanmoins ne sont pas men-
tionnés dans les biographies musicales publiées dans leur pays. J'ai
dû souvent faire de grands efforts pour les tirer de l'oubli. Tout ce qui
a été publié en Italie sur les musiciens de ce pays fourmille d'erreurs
et d'inexactitudes que j'ai éclaircies et corrigées. Les musiciens belges
des XIV et XVP siècles représentent toute l'histoire de la musique
de ces époques; or, on ne les connaît que par leurs œuvres, ou plutôt
par leurs noms ; c'est la Biographie universelle des Musiciens qui , pour
la première fois, donne sur eux des renseignements complets et fait
connaître leur énorme influence dans toute l'Europe. En Espagne,
PRÉFACE. xj
on ne savait rien en quelque sorte sur les musiciens de cette contrée;
les maîtres de chapelle et les musiciens les plus remarquables de Bar-
celone, de Madrid, de Séville et de Cadix m'ont écrit que c'est par mon
livre qu'ils ont appris à connaître les gloires musicales de leur patrie.
a En France, on ne lit pas mêmes les livres qu'on a sous la main, et
je pose en fait qu'il n'y a pas dans ce pays trois personnes qui se dou-
tent des lumières répandues dans la Biographie universelle des Musiciens
sur toutes les questions importantes d'art, de science et de philosophie
du beau. Un journaliste priait un jour M. Farrenc de lui faire une liste
des principaux articles de ce livre, parce qu'il désirait les citer lors-
qu'il en parlerait dans son journal. « Qu'avez-vous besoin de cela, lui
« dit mon pauvre ami, puisque M. Fétis vous a donné son ouvrage? —
tt Oh ! je n'ai pas le temps de parcourir cette énorme bibliothèque mu-
te sicale. »
« Eh bien ! ce même journaliste, qui ne m'est pas hostile, écrivait
naguère cette phrase, à propos du même ouvrage: travail colossal, mais
incomplet! Qu'en sait-il?
« Un illustre philosophe m'a écrit à propos de ce travail et de mes
autres ouvrages : « L'attention que j'ai mise à vous lire m'a donné sur
« votre art des lumières que je cherchais depuis longtemps et que
« je n'espérais plus; mais cette lecture m'a attristé en songeant que
« vous êtes venu trop tard. La génération actuelle ne peut plus vous
« comprendre au point de vue élevé où vous vous êtes placé : elle est
« occupée d'autre chose, et l'art n'est plus pour elle qu'un amusement,
« dans les moments perdus où l'on ne peut pas s'occuper de sa for-
ce tune ou de sa ruine. Peut-être espérez-vous dans l'avenir? Hélas!
a je crains qu'il n'y ait pas d'avenir pour ce qui vous intéresse : la
« nature me paraît épuisée pour le beau, pour l'idéal chez les peuples
« européens. Si une génération nouvelle peut rentrer dans ce domaine,
(c dans l'avenir, elle viendra de l'Amérique ; mais cela est douteux. »
« Quoi qu'il en soit, il est hors de doute que la Biographie univer-
selle des Musiciens est imparfaite dans un certain nombre de faits et de
dates : je l'ai dit dans ma préface. Il en est nécessairement ainsi de
tous les ouvrages du même genre. Si dix personnes se mettaient à l'ou-
vrage pour faire disparaître ces imperfections, et si elles y employaient
dix années de recherches, il en resterait encore.
« Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus
distingués.
« FÉTIS. »
xij PRÉFACE.
Ces lignes de Fétis devraient être toujours présentes à Fespritde
tout écrivain qui s'occupe de travaux du genre de celui-ci : « Il
est hors de doute que la Biographie universelle des Musiciens est
imparfaite dans un certain nombre de faits et de dates lien
est nécessairement ainsi de toutes les ouvrages du même genre. Si
dix personnes se mettaient à V ouvrage pour faire disparaître ces im-
perfections, et si elles y employaient dix années de recherches^ il en
resterait encore. » J'insiste sur ce point pour qu'on ne croie pas
que j'aie eu la prétention, dans le temps relativement court qui
m'était accordé pour la rédaction de ce Supplément, de corriger
toutes les erreurs, de relever toutes les omissions qu'on pouvait
signaler dans l'ouvrage primitif ; je me tiens pour satisfait d'avoir
redressé quelques-unes des premières, d'avoir réparé un certain
nombre des autres. Ce n'était là, en somme, qu'une partie secon-
daire et absolument arbitraire du travail dont je m'étais chargé.
Quant à ce qui me concerne personnellement , c'est-à-dire la partie
nouvelle de ce travail ^ celle qui a trait aux artistes contemporains,
tous mes efforts ont tendu à ce qu'elle fût aussi exacte, aussi com-
plète, aussi exempte d'erreurs que possible; mais j'avoue que je
ne me tiens pas pour infaillible , et que si j'ai toujours tâché de
faire pour le mieux, j'ai assez d'expérience pour craindre de n'a-
voir pas toujours réussi.
J'appelle donc de tous mes vœux les rectifications , les éclaircis-
sements, les corrections auxquels cette publication pourrait donner
lieu. J'ai la conviction qu'en mettant au jour, si imparfaite qu'elle
puisse être, cette partie supplémentaire d'un ouvrage justement
célèbre, je rends un service signalé à tous mes confrères, artistes
ou écrivains, parce que j'apporte des éléments nouveaux à une
branche singulièrement active aujourd'hui des connaissances hu-
maines, que je viens renforcer, avec des faits encore inconnus,
l'histoire de l'art contemporain. Mais, je le répète , j'appelle de
tous mes vœux la critique de ces confrères, à quelque partie de
l'Europe qu'ils appartiennent, et je les supplie ici, dans l'intérêt
même de l'art, de ne pas négliger de me signaler les erreurs, les
omissions, les inexactitudes de toute sorte qu'ils trouveraient à re-
lever dans mon travail. Ils peuvent tenir pour certain que leurs
PREFACE.
XllJ
ol)servations ne seront pas perdues, que j'en tiendrai compte par la
suite, et que grâce à eux je ne cesserai d'améliorer une œuvre que
je considère comme indispensable à quelques-uns, et utile à tous.
Un dernier mot, et je termine. — Ce livre a été fait avec la plus
entière bonne foi;, et j'ai tâché que la passion en fût absolument
exclue; mon plus vif désir est qu'il soit apprécié de bonne foi et sans
passion.
Arthur Pougin.
SIGNATURES DES AUTEURS
DU PREMIER VOLUME.
MM.
A. L — N LoouiN (Anatole).
Ad. J — K JuLLiEN (Adolphe).
Al. R — D Rostand (Alexis).
Ed. de h Hartog (Edouard de).
Eit. ï TiioiNAN (Ernest).
F. D Delhasse (Félix).
G. R Rertrand (Gustave).
J.-R. W Wegkerlin (J.-B.).
J. G — z Garlez (Jules ).
J. D. F FiLippi (J. de).
J. DE V Vasconcellos (Joaquim de).
J. G Gallay (Jules).
L.-F. G ». . GASAiMORATA (L.-F.).
Y Anonyme.
Tous les articles non signés sont de M. Arthur Pougin.
Tous les noms précédés d'un astérisque sont ceux ([ue l'on trouve dans la Biographie
universelle des Musiciens, et dont les notices ont été rectifiées, corrigées ou complétées.
Les notices qui ne sont accompagnées d'aucun signe sont entièrement nouvelles.
BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
SUPPLEMENT
ABADIE (Louis), compositeur de musique
légère, s'est fait connaître par une innombrable
quantité de chansons et de romances dont quel-
ques-unes obtinrent , dans les années qui sui-
virent 1848, de véritables succès de popularité.
On peut citer surtout les Feuilles mortes , la
Fille à Jérdme, lesjdus Beaux Yeux de Cas-
tille , l'Amoureux de Pontoisé, D'où viens-
tu, beau nuage? etc., etc. Malgré la vogue de
quelques-unes de ces productions, Abadie,qui
chercha inutilement et pendant longtemps à se
produire au théâtre, finit par tomber dans la
misère et mourut à l'hôpital , vers 1860, lais-
sant trois enfants orphelins. Sept années après
sa mort, le 11 mai 1867, on représentait au
théâtre des Folies- Saint- Germain ie Danseur de
corde, opéra-comique eu deux actes dont il avait
écrit la musique, qui fut retouchée et orchestrée
par M. deViliebichot.
ABBADIA (Luigia), chanteuse fort re-
marquable, née à Gênes en 1821 , reçut d'abord
des leçons de son père, qui était maître de cha-
pelle, et d'un violoniste nommé Bianchi. Elle
était à peine âgée de quinze ans lorsqu'elle dé-
buta d'une façon très-heureuse à Sassari; elle
se rendit ensuite à Manloue, oii son succès fut
complet , et c'est alors qu'elle fut engagée par
Yimpresario Merelli , qui en peu de temps la
produisit dans un grand nombre de villes : No-
vare, Brescia, Monza, Bologne, Turin, Vienne,
Milan, Pailoue, Triesle, Plaisance, etc., où elle
excita l'enthousiasme et fut l'objet d'ovations
multipliées. Certains ouvrages lui étaient parti-
culièrement favorables, tels que Corrado d'Aï-
tam,ura, la Regina di Golconda , il Tem-
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. — SUPPL . —
plario, mais c'est surtout la Saf/o de Pacini qui
lui valut ses plus éclatants triomphes, non- seu-
lement comme chanteuse, mais comme tragé-
dienne. Douée par la nature d'une voix de
mezzo-soprano étendue, sympathique, puis-
sante, elle en doublait les effets par l'art
avec lequel elle la conduisait et par la gran-
deur de son sentiment dramatique. Un goût
parfait, une âme expansive, une ardeur brû-
lante, un rare enthousiasme , avec cela des élans
d'inspiration soudains et imprévus, telles étaient
les qualités nombreuses et peu communes qui
faisaient de cette cantatrice remarquable une
artiste exceptionnelle et de premier ordre. Elle
concourut puissamment au succès de Maria Pa-
dilla, que Donizetti écrivit expressément pour
elle, elle était sublime dans la Vestale, de Mer-
cadante, et elle trouvait, au dernier acte de
YErnani de Verdi, des accents d'une puissance
incomparable. Ceux qui ont entendu une fois la
vibration de ses notes inspirées, a dit un bio-
graphe, ne sauraient jamais l'oublier. Vers 1859,
celte grande artiste se rendit en Allemagne et se
fit entendre à Hambourg et à Berlin, où ses succès
ne furent pas moins grands que dans sa patrie.
J'ignore ce qu'elle est devenue depuis lors.
ABEL (Clamer-Heinrich) , musicien de la
chambre du duc George- Guillaume de Hanovre
et d'Ernest-Auguste de Brunswick. Cet artiste,
d'origine hessoise, a vécu dans la seconde
moitié du dix-septième siècle. Il a publié un
recueil de pièces instrumentales : allemandes ,
courantes, etc., sous ce titre : ErslUng musika-
lischer Blumen (Premières fleurs musicales).
.Y,
T. I. 1
ABELA — ABERT
ABELA (Don Placido). Le chevalier Caie-
taii Abela, issu d'une illustre famille sicilienne
originaire d'Espagne, colonel de cuirassiers au
service de la République française , étant à Na-
ples en 1814, eut un enfant qu'il appela Joseph-
Hilarion. Le chevalier Abela, envoyé en Sicile
contre les soldats des Bourbons, laissa son fils à
Naples chez les parents de son épouse, morte
peu après la naissance de l'enfant. — Celui-ci
montrant beaucoup de dispositions pour la musi-
que, on l'envoya étudier le solfège comme
externe au collège de musique , dans le ci-de-
vant couvent des Jésuites de San-Sebastiano, à
Naples. Lors delà translation du collège de San-
Sebastiano à San-Pietro a Majella, le jeune
Abela continua d'y étudier la musique, avec Pie-
tro Casella. Mais, en décembre 1826, son père, qui
lors de l'insurrection de la Sicile avait com-
mandé les guérillas des insurgés siciliens et, aban-
donné par les siens, était tombé entre les mains
des soldats des Bourbons, ayant été condamné
à mort et exécuté, le jeune Abela, âgé alors de
treize ans, fut mis par le roi de ISai)les François
1'"' dans le collège royal de Maddaloni, où il
étudia le piano sous un vieux prêtre, ancien
élève du collège de San-Onofrio à Naples. A
l'âge de seize ans il obtint du roi la permission
de se faire religieux dans l'ordre de Saint-Benoit,
au couvent de Monle-Cassino , où il reçut le
prénom de Placido, sous lequel on le connaît à
présent, et où il fitenlSBj sa profession reli-
gieuse. Il devint peu après organiste de l'église
de .Monte-Cassino, et commença à étudier de son
mieux la composition par lui-même. En 1851,
J.-B. de Vecchis, bon maître napolitain, ayant
été appelé à Monte-Cassino pour enseigner la
musique aux séminaristes et aux collégiens,
Abela eut de lui quelques leçons de contre-point ;
mais le soudain départ de de Vecchis vint in-
terrompre le cours de ses éludes, qu'il lui fal-
lut continuer par lui-même à l'aide de hvres,
jusqu'à ce que Philippe Ercolani, élève de Zin-
garelli, s'étant établi pour quelque temps à
San-Germano, au pied du mont sur lequel est
bâti Monte-Cassino, Abela put recevoir quel-
ques leçons même de ce maître. — Nonobstant
l'irrégularité de ses éludes , le père Abela, à
présent Prieur Cassinois [Priore Cassines),
aidé de sa bonne volonté et de ses dispositions
naturelles pour la musique, devint bon harmo-
niste et conlrepointislc, et il y a plusieurs mor-
ceaux de musique sacrée lie sa composition qui
sont très-dignes d'allcnlion. La plus grande
partie de ses œuvres , soit à voix seules , soit
avec accompagnement d'orgue^ a été pubUèe à
Naples par Girard et G". L. F. C.
ABERT (J.-J.), compositeur de sympho-
nies et d'opéras, est né en 1832 à Kacliowiiz,
en Bohême. Grâce à sa jolie voix de soprano,
Abert dut la faveur d'être admis au nombre des
enfants de chœur de l'église hospilalière de sa
ville natale, où il reçut sa première éducation et
apprit les éléments de la musique. 11 avait huit
ans à peine lorsque le prieur des Augustins ,
frappé de ses heureuses dispositions, le prit sous
sa protection et l'emmena , du consentement de
ses parents, dans son couvenl, où il lui lit don-
ner une instruction litléraire et musicale aussi
complète que le comportait le savoir des bons
pères Augustins. Les progrès d'Aberl furent ra-
pides, et ses connaissances musicales furent
bientôt assez étendues pour qu'on put lui contier
la direction de la chapelle du couvent. Il en
profila pour faire exécuter les pièces religieuses
qu'il composait dès cette époque, el pour passer
en revue tous les morceaux de maîtres que
renfermait la bibliothèque de la maîtrise.
Cependant, Abert touchait à sa quinzième
année, et son esprit d'indépendance ne tardait
pas à s'éveiller , en môme temps qu'il sentait
grandir son désir d'étendre le cercle de ses
éludes. Un beau jour il prit la poudre d'escam-
pette, sauta par-dessus les murs de sa piison et
courut se réfugier chez un de ses oncles qui ha-
bilait Prague. En dépit de son escapade d'éco-
lier, Abert fut reçu à bras ouverts, et grâce à la
protection de son oncle il ne tarda pas à entrer
au Conservatoire de Prague, dont il devint en
peu de temps un des plus brillants élèves. Après
trois ans d'études assidues, son éducation était
assez complète pour qu'il put faire exécuter, par
ses camarades, deux ouvertures de sa composi-
tion et une grande symphonie qui lui valut les
suffrages du maître de chapelle P. Lindpaintner.
C'est par la protection de cet artiste qu'Abert
entra en 1852 au service du roi de Wurtem-
berg, en qualité de contre^bassiste. Il occupa ce
poste modeste jusqu'en 1867, travaillant sans
relâche et profitant de tous les loisirs que lui
laissaient ses fonctions, pour se livrer à la com-
position. C'est ainsi qu'il produisit successive-
ment sa Symphonie en ut mineur, exécutée
pour la première fois à la Redoute de Stultgardt
en 1853, sa Symphonie en la majeur, écrite en
en 1 856, et une quantité de quatuors et de lieder.
C'est en 1859 seulement qu'il fit jouer au théâtre
de Stutlgardt son premier opéra : Anna von
Landskron, dont le succès très-honorable ne
dépassa pourtant pas les limites de la ville qui
l'avait vu naître. Son second ouvrage drama-
tique , le roi Enzio, joué en 1862, ne fut guère
plus heureux , mais son poëme symphonique
(
ABERT — AGHARD
Columbiis , écrit ea 1864, popularisa son nom
dans toute l'Allemagne et le lil connaître à Paris
même, lorsque M. Pasdeloup eut mis cette œuvre
intéressante au programme des Concerts populai-
res (1). Le troisième ouvrage dramatique d'Abert,
Astorga, représenté à Stutlgardt en 186G, béné-
iicia de la réputation que s'était faite son au-
teur, et réussit avec éclat sur les principales
scènes allemandes. H a été traduit en français
par M. Victor Wilder, et publié à Paris chez
les éditeurs Durand et Scliœnewerk. L'an-
née 18C7 eut sur la carrière d'Abert une in-
fluence décisive. Pendant la fermeture du théâtre
de Sluttgardt, une partie de la troupe se dirigea
sur Bade pour y donner quelques représenta-
lions. Abert accompagna les comédiens voya-
geurs , et prit la direction de l'orchestre. L'ha-
bileté dont il fit preuve dans ces nouvelles
fonctions lui valut la succession d'Eckert , un
des meilleurs chefs d'orchestre de l'Allemagne et
maître de chapelle du roi de Wurtemberg.
Eckert, à la suite de quelques différends avec son
directeur, ayant jugé à propos de se démettre de
ses fonctions, Aberl fut désigné, par l'opinion
unanime des musiciens, pour le remplacer. Il
troqua sans regret l'archet du contre- bassiste
contre le bâton du chef d'orchestre.
Comme si toutes les bonnes fortunes devaient
lui arriver à la fois, il obtint vers la même
époque la main d'une opulente héritière à qui
ses succès de compositeur avaient tourné la tête.
Depuis ce temps, la muse d'Abert s'estendormie ,
et sa veine productive semble s'être épuisée. On
promet cependant un nouvel ouvrage de lui :
^«:io , qu'il ne faut pas confondre avec son
deuxième ouvrage théâtral , portant à peu près
le même litre. Y.
AlîLXGDOiV (Lokd), amateur distingué de
musique, qui vivait à Londres dans la seconde
moitié (lu dix-huitième siècle , jouait fort bien
de lallùle et composait pour cet instrument. En
(I) La symphonie de Culumbiis faillit coûter la vie à
son auteur, dans les circonstances suivantes. On venait
de l'exécuter à Stuttgardt, où clic lui avait fait décerner
un véritable triomphe, l'rcsque aussitôt Invité àse rendre
à Lœwenberg pour en diriger une exécution à la cha-
pelle du prince, 11 se mit en route; mais, arrivé à une
lieue environ de 1 œwenberg, le cheval attelé à son traî-
neau (c'était au mois de février isg;) prit le mors aux
dents et entama une course folle. Le traîneau fut
bientôt renversé, et l'artiste, qui avait été singulièrement
maltraité par les premiers écarts du cheval, resta évanoui
sur la route, par un froid âpre et rigoureus. Un voya-
geur, l'ayant trouvé en cet état une heure après, s'em-
pressa de le faire conduire à Lœwenberg, ou It s soins d'un
médecin Unirent par le rappeler à la vie. Jlais ce n'esl
qu'au bout de quelques semaines que le compositeur fut
remis de cet accident. — A. P.
1783, il fut mis à la tête d'une grande entreprise
de concerts à laquelle on donna son nom, et dont
le compositeur allemand Frédéric-Hermann Graf
fut nommé chef d'orchestre et compositeur. Le
concert Abingdon était l'un des plus fameux de
toute l'Europe, tant par le grand nombre que par
la supériorité des arlisles qui venaient s'y faire
entendre.
* ABOS (Jérôme). A la liste des ouvrages
dramatiques de ce compositeur, il faut ajouter
deux opéras bouffés, l'un, le Due Zingare, re-
présenté au théâtre Nuovo, de Naples, en 1742;
l'autre, la Moglie gelosa, donné en 1745 au
théâtre des Fiorenlini , de la même ville.
ABRAHAMSOIV ( Werner-Hans-Frédé-
Kic), écrivain esthéticien , naquit à Schlesvvig le
10 avril 1744. Il a composé un assez grand nom-
bre de mélodies, dont plusieurs sont devenues
populaires en Danemark ; mais ce qui le re-
commande spécialement aux lecteurs de ce dic-
tionnaire, c'est la belle collection de Chansons po-
pulaires et guerrières du Danemark (5 volu-
mes, Copenhague, 1812-14), qu'il a publiées en
collaboration avec Nyerup et Ralibek. Abraham-
son est mort avant l'achèvement de ce petit mo-
nument national, le 22 septembre 1812.
Y.
* ABT (François). C'est le Paul Henrion
de l'Allemagne. Destiné par ses parents à l'état
ecclésiastique, il fréquenta pendant quelque
temps la Thomas-Schule de Leipzick. C'est là
qu'il trouva l'occasion d'achever son éducation
musicale. Après quelques années de séjour à
Zurich et à Brunswick, il fit, en 1872, une tour-
née musicale en Amérique , d'où il revint chargé
de dollars. Abt , revenu au pays natal , continue
de se livrer à la production non interrompue do
l'ieder et de chœurs qui ont popularisé son
nom. On a publié de lui à Paris un recueil de
quarante mélodies, avec paroles françaises , chez
Durand et Schœnewerk. Y.
ACEVES ( ), compositeur dramatique
espagnol de l'époque actuelle , s'est fait connaître
par la représentation de plusieurs zarzuelas qui
ont été très-bien accueillies du public, et qui
l'ont mis au rang des bons auteurs en ce genre.
Je ne connais que les suivantes : i" Dos comicos
de jrrovincia; 2" Sensïtiva , deux actes; 3° el
Manco de Lepanto, épisode historique en un
acte écrit pour l'anniversaire de la mort de Mi-
chel Cervantes, Madrid, th. du Cirque, 23 avril
1867 ; 4'' la Bola negra, un acte, 1872 ou 1873;
5" el Testamento azul, trois actes ( en société
avec MM. Barbieri et Oudrid), th. du Buen-
Reliro, 20 juillet 1874.
ACHARD.(Léon}, chanteur distingué, fils
4
AGHARD — ADAM DE LA HALE
d'un comédien qui se (il une grande réputation
au théâtre du Palais-Royal, avec M"e Déjazet, est
né à Lyon le t6 février 1831. Après avoir ap-
l>iis de bonne heure les premiers éléments de la
musique, M. Achard fit ses études littéraires au
collège Henri IV, où il eut pour condisciple
M. Victorien Saniou, puis suivit les cours de l'É-
cole de droit, et se (it recevoir licencié en 1852.
Il entra alors dans une élude d'avoué, et en même
temps devint élève de Bordogni au Conserva-
toire, Ayant obtenu, dans cet établissement, un
second accessit d'opéra-comique en 1853 et le
premier prix en 1854, il fut engagé aussitôt au
Théâtre-Lyrique, et débuta à ce théâtre, le 9 oc-
tobre, dans un opéra de M. Gevaert, le Billet
de Marguerite, qui servait aussi de début à
M™* Deligne-Lauters, devenue depuis M"* Guey-
mard. Fort bien accueilli par le public, M. Achard,
dont la jolie voix de ténor était fraiclie et pleine
de diarme, et chez qui l'on entrevoyait déjà les
qualités d'un bon comédien, (it successivement
plusieurs créations, dans les Charmeurs, de
M. Poise, le Muletier de Tolède, d'Adam, les
Compagnons de la Marjolaine, daM. llignard,
i Habit de noces, de Paul Cuzent, et joua aussi
plusieurs ouvrages du répertoire : le Barbier de
Séville, Ma Tante Aurore, Marie, la Si-
rène, etc.
En 1836, la mort de son père vint éloigner
momentanément M. Achard du théâtre (1). Pour-
tant, après un silence de quelques mois, le jeune
chanteur signa un engagement avec M. Halan-
zier, alors directeur du Grand-Théâtre de Lyon,
et alla tenir dans cette ville l'emploi des pre-
miers ténors légers, jusqu'à l'époque où M. Per-
rin l'appela à l'Opéra- Comique. Il débuta à ce
théâtre, le 4 octobre 1862, dans la Dame blan-
che , joua successivement lluydcc, le Songe
d'une nuit d^èté, le Domino noir, le Pré aux
Clercs, et créa des rôles importants dans le Ca-
(1) Pierre-Frédéric Achard, père du chanteur qui fait
l'objet de cette notice, était à tous ies points de vue un
artiste fort distingué. On s'en rendra compte par ce
seul fait. Fils d'un siii pie ouvrier tisseur en soles, Achard,
qui avait û'abord suivi la profession iiatcrnelle, était en-
suite devenu comédien, avait acquis fort Jeune une vé-
ritable renommée en province, et venait débuter, le 10
juillet 1834, au Palals-Royai, oii son succès n'était pas
douteui un seul Instant; mais, tandis qu'il tenait à ce
théâtre l'emploi des jeunes comiques, Achard, qui était
doué d'une très-jcilie voix et qui sentait le besoin de sa-
voir l'utiliser dans des rôles où le chant tenait alors une
place fort importante, n'hésita pas à se faire admettre au
Conservatoire, où il suivit les cours de vocalisaiion de
Bordogni, et ceux de Nourrit pour léchant proprement
dit. £n 1335, il obtenait le second prix de chant, et l'an-
née suivante 11 partageait le premier avt c ATzard. Né à
Lyon le 4 n ;vcn)bre ISOS, Achard mourut le 14 aoù"^ {%6.
pitaine Henriot, Fior d'Aliza, Mignon, et di-
vers autres ouvrages.
En 1871, M. Achard, qui avait étudié déjà le
chant italien, se rendit à Milan, reprit ces éludes
sous la direction d'un maître habile, puis, après
avoir signé un traité avec le théâtre de la Fenice,
de Venise, alla passer une saison en cette ville,
où il fut fort bien accueilli, et où il chanta, entre
autres ouvrages, Romeo e Giulietta de M. Mar-
chetti, et la traduction italienne de Mignon.
Bientôt .M. Halanzier, devenu directeur de l'O-
péra, l'engagea à ce théâtre pour créer le rôle
de Yorick dans la Coupe du roi de Thulé,
l'ouvrage couronné de M. Diaz (V. ce nom).
Après avoir établi ce rôle, M. Achard se montra
successivement dans les Huguenots , où il ob-
tint surtout du succès, dans \' Africaine, Faust,
Don Juan et la Favorite. Dei)uis lors il est
rentré à l'Opéra-Comique, où il a créé un rôle
important dans un ouvrage de M. Ernest Gui-
raud , Piccolino.
M. Achard a épousé, au mois de juillet 1864,
M'ie Le Poitevin, (ille du peintre de ce nom.
Un de ses frères, chanteur comme lui, est depuis
plusieurs années directeur du Conservatoire de
Dijon.
ACUJXZO (l^iLii'po), compositeur italien, est
l'auteur d'une farsa en un acte, \l Pittore d''un
viorto vivo, représentée à Trani au mois de fé-
vrier 1867.
*ADAM DE LA UALE ou DE LA
HALLE, surnommé le Bossu d'Aukas. —
M. de Coussemaker a élevé un monument à la
mémoire de ce trouvère fameux, qui peut être
considéré comme un novateur et un artiste de
génie, puisqu'il trouva une forme nouvelle de
l'art, que c'est à lui qu'on doit le premier essai
d'opéra comique connu (le Jeu de Robin et de
Marion), et qu'il écrivit tout à la fois les paroles
et la musique de cet ouvrage, qui, comme l'a
fort bien dit l'auteur de la Biographie univer-
selle des Muiiciens, << aurait dû suffire pour
l'immortaliser ». M. de Coussemaker, qui s'est
acquis ainsi de nouveaux titres à l'estime et à
l'affection de tous les amis de l'art, a entrepris
et su mener à bon terme une publication qui jus-
qu'ici, que je sache , n'avait point d'analogue ,
celle de toutes les productions, littéraires et
musicales, du célèbre trouvère artésien -.Œuvres
complètes du trouvère Adam de la Halle
(poésies et musique), publiées sous les auspices
de la Société des sciences, des lettres et des
arts de Lille, par E. de Coussemaker (Paris, Du-
rand et Pedone-Lauriel, 1872,in-4°deLXXIV-440
pages).
Celle édition des œuvres d'Adam de la Halle.
I
ADAM DE LA HALE
aussi pr(?cieuseen ce qui concerne les origines de
notre langue que relativement à celles de notre mu-
sique, est telle qu'on la pouvait attendre de la part
d'iinériiditcommeM.de Coussemaker. L'éditeur a
consulté tous les manuscrits connus pour conte-
nir des productions de notre trouvère, et il a eu
recours anx bibliothèques Nationale et de l'Arse-
nal, à Paris, à celle du Vatican, à Rome, à celles
d'Arras, de Cambrai, d'Aix (Provence), de Sienne
et d'Oxford. C'est ainsi qu'il a pu réunir, avec
une exactitude que la collation de textes multi-
ples rendait souvent difficile, trente-quatre chan-
sons, dix-sept jeux-partis, seize rondeaux, cinq
motets, la pièce de vers intitulée le Congé, le
fragment de poëme qui a pour titre le Roi de Si-
cile, et enfin le Jeu d'Adam, le Jeu de Robin
et de Marion, et le Jeu du Pèlerin (I). Les
chansons, jeux-partis, rondeaux et motets sont
reproduits non-seulement avec la musique, mais
avec une traduction en notation moderne, et il en
est de môme pour la pièce inappréciable de ce
recueil, le Jeu, de Robin et de Marion. J'avais
donc raison de dire que c'est là, à une distance
de six siècles, un véritable monument élevé à la
mémoire d'Adam de la Halle.
M. de Coussemaker a accompagné son édition
d'une esquisse biographique sur Adam , d'une
description sommaire des manuscrits dans les-
quels on retrouve quelques-unes de ses œuvres,
d'une indication des éditions partielles qui ont
été faites de celles-ci,'enfin d'une étude critique de
ses mélodies et de ses compositions harmoniques.
« En examinant, dit M. de Coussemaker, les poé-
sies chantées des trouvères, il est indispensable de
tenir compte de l'élément musical qui, avec toute
évidence, y exerçait une intluence déterminée.
Les œuvres d'Adam de la Halle surtout doivent
être étudiées à ce point de vue, car le trouvère
artésien était à la fois poète et musicien ; musi-
cien mélodiste et harmoniste. Il est même à re-
marquer qu'il a donné à l'harmonie une certaine
impulsion; ce qui semble témoigner qu'il a dû
faire, soit au monastère de Vaucelles, soit à l'U-
niversité de Paris, des études musicales compiè-
« tes et sérieuses... Ses rondeaux et ses motets
présentent un véritable intérêt historique pour
♦ l'art. Le trouvère d'Arras l'emporte souvent sur
ses contemporains par la manière facile et chan-
tante dont les parties sont agencées entre elles.
Mais en quoi il est supérieur, c'est dans les com-
positions mélodiques; quelques-unes offrent ime
originalité, une grâce, une naïveté et une fraî-
(1) Il n'est pas Inutile de faire remarquer que les chan-
sons, jeux-partis, rondeaux et moiets étalent restés Jus-
qu'Ici complètement inédits.
clieur telles, qu'elles sont devenues populaires et
se chantent encore aujourd'hui, sans qu'on sedoute
de leur origine. »
Plus loin, l'éditeur caractérise plus profondé-
ment le génie musical (je crois que le mot n'a rien
d'exagéré) d'Adam de la Halle, et donne les rai-
sons de la double tendance qui se remarque dans
ses œuvres : « Adam de la Halle doit être consi-
déré comme un des musiciens les plus distingués
du treizième siècle. Son mérite est pour le moins
égal à celui des meilleurs déchanteurs de celte épo-
que ; il est incontestablement supérieur à celui des
autres trouvères. Ses productions musicales peu-
vent se diviser endeux classes: lesunesmélodiques,
les autres harmoniques. A la première appartien-
nent ses chansons, ses jeux- partis et les airs dont
il a orné le Jeu de Robin et de Clarion : dans la
seconde se rangent ses rondeaux et ses motets.
Quand on examine les diverses mélodies d'Adam,
qu'on les analyse et les compare entre elles, on
remarque une différence sensible entre celles des
chansons et des jeux-partis et celles du Jeu de
Robin et de Mai-ion. Celles-ci sont naturelles,
faciles, chantantes; les autres, au contraire, sont
souvent maniérées, d'une forme difficile à rete-
nir. Cette différence provient de ce que les mé-
lodies du Jeu de Robin et de Marion sont le
résultat de l'inspiration spontanée, ce qui leur
donne un caractère tout à fait populaire, tandis
que les autres sont des compositions arlisliques,
c'est-à-dire soumises à des règles de convention.
Dans les premières, le musicien pouvait donner
libre carrière à son imagination ; l'inflexion to-
nale et le rhylhme étaient abandonnés à sa spon-
tanéité. Nulle contrainte, nulle obligation de se
renfermer dans un cadre convenu; liberté pleine
et entière dans le mouvement, dans les allures ;
de là le naturel, la facilité qu'on remarque dans
la tournure mélodique de ces airs; de là aussi la
popularité dont ils ont joui immédiatement et
longtemps après. Mais cette popularité tenait en-
core à une autre cause; elle tenait à leur tona-
lité. Pour bien comprendre ce fait particulier et
essentiel, il est nécessaire de remarquer que la
musique religieuse était, à cette époque, la seule
dont les bases fussent réglées par une théorie,
par des principes de tonalité; c'était la musique
artistique. La tonalité diatonique fixée par saint
Grégoire et adoptée par ses successeurs était la
tonalité officielle, si l'on peut s'exprimer ainsi.
Mais, à côté de cette tonalité calme, majestueuse,
si bien appropriée aux chants chrétiens, il en
existait une autre dont les allures et les inflexions
s'adaptaient mieux aux passions mondaines, à la
fougue populaire. Cette dernière est fort ancienne
et son origine semble être septentrionale... Ces
6
ADAM DE LA HALE — AERTS
cette tonalité qu'il est facile de reconnaître dans
les mélodies du Jeu de Robin et de Marion;
c'est encore celte tonalité qu'on remarque dans
plusieurs airs adaptés aux chansons et aux jeux-
partis d'Adam de la Halle... »
On voit que par la publication des oi-uvres d'A-
dam de la Halle, M. de Coussemaker a ouvert
un champ nouveau aux investigations des théori-
ciens, et, par suite, à celles des historiens de
l'art. Il a donc rendu un signalé service, non-
seulement aux admirateurs d'Adam de la Halle,
à ceux qui considèrent à juste titre ce trouvère
comme une des personnalités les plus originales
et les plus éclatantes de la musique française,
mais aussi à ceux qui voudront percer les obscu-
rités et les mystères qui enveloppent encore les
origines de cette musique. A ce double titre,
l'article complémentaire qui est ici consacré à
Adam de la Halle avait sa raison d'être.
*ADAM (AnoLPHE-CuAnLEs). A la liste, déjà
si nombreuse, des ouvrages de ce compositeur,
il faut ajouter les suivants : 1° les Mohicans,
ballet en deux actes, Opéra, 5 juillet 1837 ; 2°
Lambert Simnel (parlilion d'Hippolyte Monpou,
terminée par Adam), Opéra-Comique, 14 sep-
tembre 1843); 3° les Premiers Pas, prologue
pour l'inauguration de l'Opéra-Nafional (en so-
ciété avec Auber, Carafa et Halévy), 15 novem-
bre 1847 ; 4" Grisclidis, ou les Cinq Sens, ballet
en cinq actes. Opéra, 16 février 1S48; 5" les Aa-
tions, diverlis?ement-cantate , Opéra, 6 aoiM
1851; 6° la Fêle des Arts, cantate, Opéra-Comi-
que, 16 novembre 1852 ; 7° le Bijou perdu, trois
actes, Théâtre-Lyrique', fi octobre 1853; S^Cfunit
de Victoire, c^niate, Opéra-Comique et Théâtre-
Lyrique, 13 septembre 1855; 9° Cantate, Opéra,
17 mars 185G. Quant à la Faridondaine, ce n'é-
tait pas un opéra en un acte, comme on pourrait
le croire par la mention qui en a été faite, mais un
grand drame populaire en cinq actes, mêlé de mu-
sique, dans lequel M"'" Hébert-Massy, ancienne
cantatrice de rOpéra-Comique, remplissait un rôle
important. Ence qui concerne les ouvrages très-
nombreux et souvent très-considérables qu'Adam
fit jouer sur divers théâtres de genre (Gymnase,
Vaudeville, Nouveautés) avant d'aborder les
grandes scènes lyriques, je renvoie le lecteur cu-
rieux de les connaître au livre publié par moi :
Adolphe Adam, sa vie, sa carrière, ses Mé-
moires artistiques (Paris, Charpentier, 1876,
în-12). Je dois ajouter qu'on a publié sous ce
titre I : Derniers Souvenirs d'un musicien
(Paris, Lévy, 1859, in-12), un second volume
composé de différents travaux littéraires donnés
par Adam à divers journaux. Ce volume n'est
pas moins intéressant que le premier.
* ADAM (Charles-Ferdinand), composi-
teur, né en Saxe , est mort le 23 décembre 1867.
*ADAi\Il (HeiNRi-Joseph), écrivain musical,
est mort à Vienne le 2 octobre 1865.
ADELBURG (Auguste von), violoniste
et compositeur liongrois , est né à Conslanlino-
ple en 1833. Comme virtuose, il fut l'élève de
Mayseder, avec lequel il travailla à Vienne de
1850 à 1854. Comme compositeur, il a demandé
son instruction aux principaux Conservatoires
de l'Allemagne. Von Adelburg a écrit quatre
quatuors pour instruments à cordes, plusieurs
petites compositions, et un grand opéra sur pa-
roles hongroises, intitulé Zrynyi , qui fut joué
pour la première fois sur le théâtre national de
Pestli en 1866. Cet ouvrage, reçu avec un vé-
ritable enthousiasme par les compatriotes de
von Adelburg, est resté au répertoire. Y.
* ADRIEIV (RlAKTiN-JosEPn), ou plutôt An-
DRiEN. Cet artiste était né à Liège, non en 1766,
mais le 26 mai 1767. Il a écrit la musique d'un
mélodrame de Victor Ducange, Élodie, ou la
Vierge du Monastère, représenté au théâtre de
l'Ambigu-Comique le 10 janvier 1822.
ADYE (jWilket), écrivain anglais, est l'au-
teur d'un opuscule intitulé : Musical Notes
(Londres, Bentley, 1870, in-12 de 112 pp.).
Cet écrit, un peu superficiel et qui semble plutôt
destiné aux dilettantes et aux amateurs qu'aux
travailleurs et aux érudits, est divisé en trois
chapitres: {"les grands compositeurs; ")." les
violonistes et le violon ; 3° le violon et son his-
toire.
AELimECHTS (Jacques) , facteur de cla-
vecins à Anvers au milieu du seizième siècle,
était reçu dans la gilde de Saint-Luc en 1558. Son
fils, Luc Aelbrechts, exerça la même profession
et fut reçu dans la même corporation , comme
fils de maître, en 1588.
AERTS (F ), violoniste, 'professeur et
compositeur belge, né à Saint-Trond le 4 mai
1827, fit ses éludes musicales au Conservatoire
de Bruxelles , puis suivit un cours de composi-
tion sous la direction de C. Hanssens. Devenu
premier violon au théâtre de la Monnaie, il fut »
ensuite chet d'orchestre du théâtre de Tournai,
puisse fixa à Paris pendant plusieurs années.»
De retour en Belgique en 1862, M. Aerts obtint
au concours la place de professeur de musique
à l'École normale de Nivelles , qu'il occupe en-
core. Cet artiste a publié : 1° Méthode théo-
rique et pratique pour Vaccoyiipagnement du
plain-chant, précédée d'un Traité de l'har-
monie consonnante , Liège , Dessain ; 2" Ma-
miel théorique et pratique du plain-chant ,
conforme aux vrais principes du chant gré-
AERTS — AGUIAR
gorien, iM., M.; 3" Éléments complets de mu-
sique, et Solfège gradué, Bruxelles, Schoft;
4° Recueil de six litanies de la Sainte-Vierge
Marie, Liège , Dessain ; 5° [le Chansonnier des
écoles, Nivelles, Desprel ; 6° un grand nombre
de fantaisies pour orchestre , airs variés pour le
violon , romances, etc.
AFFANAJEFF (N ), musicien russe
contemporain , a publié chez l'éditeur Bessel , à
Saint-Pétersbourg , quatre morceaux pour vio-
lon et piano : 1" Allegro; 2" Variations russes;
3° Valse; 4° Adagio. Je n'ai pas d'autres rensei-
gnements sur cet artiste.
AGIVELLI (S\lv\tore), né à Palerme en
1817 , lit ses études musicales d'abord dans un
établissement de cette ville, puis au Conserva-
toire de Naples, où il eut successivement pour
professeur Furno, Zingarelli, Donizetti, et d'où
il sortit en 1834. Il tourna bientôt ses vues du
côté du théâtre, et fit représenter les ouvrages
suivants: 1° i Due Pedanti, (Naples, th.
Nuovo, 1834); 2° il Lazzarone napoUtano
(id., id., 1838); 3° Una Notte di Carnevnle,
opéra bouffe (Palerme, th. Carolino , 1838);
i°iDue Gemelli{\(\.,i(].,iS39);S"iDueForzati
(id., id., 1839); G° la Locandiera, deux actes
(Naples, th. Nuovo, 1839); 7° la Sentinella not-
turna (id., th. Parthenope, 1840); 8" l'Omi-
cido immaginario ( Naples , th. de la Fenice,
1841); g"? Due Pulcinelli simili (id., id., 1841);
10» il Fantasma (id., id., 1842). En 1840,
M. Agnelli vint se fixer à Marseille. Il fit repré-
.senter au Grand-Théâtre de cette ville la Jacqu-
rie, grand opéra en trois actes (22 avril 1849);
Léonore de Médicis, grand-opéra en quatre actes
(23 mars 1855); ^e.s Deux Avares, opéra-co-
mique en trois actes (22 mars 1860) ; la musique
de ce dernier ouvrage fut écrite sur le poëme qui
servit à Grétry pour son opéra du même nom ,
et l'auteur conserva dans sa partition (a Marche
célèbre de Grétry. Outre ces opéras, M. Agnelli
a écrit à Marseille la'mnsique de trois ballets : Ca-
l'isto, Blanche de Naples, la Rose. Cet artiste a
en portefeuille trois autres'opéras inédits : Crom-
welt, dont quelques fragments ont été entendus
il y a une dizaine d'années dans un salon de Paris ;
Stefanin , en trois actes ; et Sforza , en quatre
actes. Enfin il est encore l'auteur d'un Miserere à
double chœur, d'un Stabat Mater à plusieurs
voix avec orchestre, et d'une cantate, l'Apo-
théose de Napoléon l", qui a été exécutée en
1856 à Paris, par trois orchestres, dans le Jar-
din des Tuileries. Al. R-n.
AGIVESI ( Louis - Ferdinxnd - Léopold
AGNIEZ, dit), chanteur distingué, né à Erpent,
province dcNamur, le 17 juillet 1833, est mort
h Londres le 2 février 1S75. Admis do bonne
heure au Conservatoire de Bruxelles, il y étudia
l'harmonie avec M. Bosselet et le contre-point
avec Fétis, y obtint divers prix, et prit part aux
concours de Rome en 1853 et 1855. Devenu
maître de chapelle de l'église Sainte-Catherine et
directeur de l'Union chorale et de la société Lim-
nander, il s'essaya dans la composition dramati-
que parun opéra en deux actes, Harmold le Nor-
mand, qui fut joué au théâtre de la Monnaie le
10 mars 1858, et n'obtint qu'un médiocre suc-
cès. Agne.si se résolut alors à embrasser la car-
rière du chant. Doué d'une belle voix de basse
chantante, qu'il avait déjà travaillée, il vint à
Paris en 1861 pour se perfectionnera l'école de
M. Duprez, puis il s'engagea dans la compagnie
italienne dirigée par M. Merelli, et c'est alors qu'il
modifia son nom et se fit appeler Luigi Agnesi.
11 fit d'abord une grande tournée en Allemagne,
en Hollande et en Belgique, puis fut engagé au
Théâtre-Italien de Paris , ofi il resta plusiev-.rs
années, et où son talent sobre et sûr, quoique
manquant parfois un peu de distinction, fut fort
apprécié. Dans ces dernières années, Agnesi s'é-
tait fixé en Angleterre, où il chantait avec
succès, .soit au théâtre de la Reine, soit dans les
festivals, soit dans les grandes solennités musi-
cales des trois royaumes. Il était devenu un des
meilleurs interprètes des oratorios de Haendel.
Agnesi a écrit un assez grand nombre de mélo-
dies, de motets et de chœurs.
AGOLIi\I-UGOLlNI (G - A), écri-
vain italien, a publié l'ouvrage suivant : VAc-
cordo tra i fisici ed i musici, o nuova teoria
fisico-matematico - naturale délia musica
(Fermo, 1871 ).
AGOSTI ( ), compositeur russe du dix-
huitième siècle, est l'auteur d'un grand nombre
d'opéras-comiques dont la plupart sont encore
au répertoire. L'un d'eux : Une Aventure d^ au-
tomne, a passé avec succès sur les scènes alle-
mandes. Le dictionnaire de Mendel : Musikalis-
ches Conversations- Lexicon , auquel nous em-
pruntons cette courte notice , dit qu'on n'a au-
cun détail sur l'existence de cet artiste.
Y,
AGOSTIXÏ ( ). Un compositeur de ce
nom a fait représenter en 1864, sur le théâtre
de Valence (Espagne), un opéra italien intitulé
Una' Vendetta.
AGUIAR (Alexandre de), musicien portu-
gais, naquit à Porto , vers le milieu du seizième
siècle. Il faisait partie de la chapelle royale (jmm-
sico de caméra) du cardinal-roi D. Ilenrique,
et passa ensuite en Espagne, au service de
Philippe II, Son talent de chanteur était Irès-ap-
8
AGUIAR — ALARY
précié, tant h Lisbonne qu'à Madrid, mais ce
qui rendit sa réputation universelle dans les
Espagnes, ce fut son jeu admirable sur un instru-
ment appelé Viola de sete cordas (instrument
de la famille des luths et qui est encore très-ré-
pandu en Portugal). De retour de Madrid à Lis-
bonne en 1603, il périt d'une façon désastreuse
entre Talaverla et Lobon, snr le passage d'une
rivière, en compagnie d'autres gentilshommes
portugais. Ses LamentaçOes de Jeremias étaient
Irès-estimées à Lisbonne , oii on les chantait pen-
dant la semaine sainte. J.-de V.
AGUIRRE (Abfxino), compositeur drama-
tique espagnol, est l'auteur d'un opéra sérieux
italien, gli Amanti di Teruel, qui a été repré-
senté sur le théâtre principal de Valence le 16
décembre 1865.
AIILEFELDT (M"* la comtesse von),
célèbre pianiste allemande , vivait vers la fin du
siècle dernier. On connaît d'elle la musique d'un
opéra-ballet : Télémaq%ie et Calypso , qui
prouve des connaissances musicales solides.
Y.
AHLSTROEM, compositeur suédois de
la fin du dernier siècle, était attaché à la cour
de Stockholm. 11 a écrit beaucoup de musique
de chamlire et plusieurs opéras, auxquels ses
compatriotes accordent grand mérite. Ahlstrœm
a également composé beaucoup de chansons po-
pulaires suédoises, dont quelques-unes ont été
popularisées plus tard par la célèbre canta-
trice M""^ Jenny Lind. Y.
* AIBLINGER (Joseph-Gasparb), compo-
siteur, est mort à Munich au mois de mai 1867.
AIMOIV (Espkit), père de Léopold Aimon,
dont il est parlé dans l'article suivant , né à
Lisle (Vaucluse) en ITa'i, mort à Paris en 1828,
était un violoncelliste remarquable. Il dirigea
quelque temps la musique du comte de Ranizau,
ministre de Danemark, qui s'était établi dans
le Comtat; puis il vint se fixer à Marseille, où
il vécut plusieurs années. Cet artiste a com-
posé des quatuors et quintettes pour instruments
à cordes, et un opéra de circonstance, l'Aniel
de la Patrie, qu'il fit représenter à Marseille
pendant la Révolution. Al. R-n.
^AIMON (Pamphilk-Léopold-François) est
mort à Paris le 2 février 1866. A la liste de ses
œuvres, il faut ajouter : 1" la Fée Urgèle,
opéra-comique en un acte , joué au Gymnase
(1821) avec un très-grand succès; 2° les Syba-
rites de Florence, pastiche mêlé de musique
tirée de diverses œuvres de Weber, de Meyer-
beer et de Rossini et de musique nouvelle compo-
sée par Aimon et M. Barbereau, et représenté
aux Nouveautés le 8 novembre 1S3I ; 3" des
chœurs remarquables écrits pour une tragédie de
Casimir Deiavigne, le Paria, à la Comédie-
Française. La onzième édition de V Abécédaire
musical d'Aimon a été publiée en 1866 (Paris,
Heugel, in-12).
AIRETOIV (Edward), luthier anglais établi
à Londres dans la seconde moitié du dix-liui-
lième siècle, a produit en grand nombre des vio-
lons et violoncelles qui furent assez estimés. Il
copiait principalement les formes du grand lu-
thier Amati, et son vernis, tirant sur le jaune,
était d'ime belle qualité. Aireton mourut en 1807,
âgé de quatre-vingts ans,
*ALARD (Delphin). Cet excellent artiste a
pris sa retraite de professeur au Conservatoire au
mois d'octobre 1875. Sa classe, qui était une
des plus brillantes de cet établissement, a fourni
un grand nombre d'élèves remarquables, parmi
lesquels onpeut]surtout citer MM. Garcin (Voy.
ce nom), Lancien, Adolphe Blanc, White, Sara-
sate, Paul Martin, Accursi, Paul Jullien, M"'''
Bastin, Tayau, Pommereul, etc. Les dernières
séances de musique de chambre dans lesquelles
M. Alard s'est fait entendre, ont été données par
lui dans la grande salle du Conservatoire, en
1871 et 1872, en compagnie de son vieux par-
tenaire M. Franchomme, et de M. Francis Planté.
Elles produisirent un très-grand effet. Dans ces
dernières années, il a publié encore un grand
nombre de compositions pour son instrument,
consistant surtout en fantaisies sur des motifs
d'opéras célèbres. M. Alard était le gendre de
l'excellent luthier Yuillaume, mort récemment.
*ALARY ( Jcles-Eicène-Abraham). Je
trouve les renseignements suivants sur M. Alary
dans une note autobiographique publiée par lui
(4 pp. in-8'', Paris, imp. Kugelmann). M. Alary
est né en 1814, à Mantoue, de parents français;
élevé au Conservatoire de Milan, il arriva à
Paris en 1833, devint chef du chant au Casino-
Paganini en 1830, et en 1840 alla faire repré-
senter à Florence un opéra sérieux en 2 actes,
intitulé Rosmunda. De retour. aussitôt à Paris,
il acceptait, en 1841, les fonctions de chef du
chant et de bibliothécaire de la Société de mu-
sique religieuse et classique fondée par le prince
(le la Moskowa. En 1850, il faisait exécuter au
Tliéâtre-IlaIien7?e£/ew/j?îow, mystère en cinq par-
ties, et donnait au même théâtre, l'année sui-
vante, un opéra bouffe en trois actes, le TreNozze.
.\ppelé à Saint-Pétersbourg, en 1852, pour y faire
représenter un grand opéra en cinq actes, Sarda-
napale, il était nommé , dès son retour en
France en 1853, accompagnateur de la chapelle
impériale, fonctions qu'il conserva jusqu'à la
chute de l'empire, et en même temps devenait
ALARY
ALBERT
directeur de la musique au Tliéâlre-Italien. De-
puis lors, il a fait jouer les ouvrages suivants :
aux Bouffes-Parisiens (1856), V Orgue de Bar-
barie, opérette en un acte ; à l'Opéra-Coniique
(1861), la Beauté du diable, opéra-comique en
un acte ; au casino d'Ems (1861), le Brasseur
d'Amsterdam, opérette en un acte; à l'Opéra
(1861), laVoix humaine, opérA en deux actes;
enfin, au Théâtre-Italien (1866), Locanda gra-
tis, opéra -bouffe en un acte. Ces divers ouvra-
ges n'obtinrent aucun succès.
M. Alary a publié, soit en France, soit à l'é-
tranger, un grand nombre de compositions vo-
cales, scènes, airs, romances en langue française,
anglaise, italienne ou allemande, duos, trios,
quatuors, etc. Je citerai, parmi les plus impor-
tantes : Jane Shore, la Fille de Jeplité, Ma-
rie Stuart, le Vies irx, le Dernier Son de la
harpe, le Dernier Chant de Sapko, Stance à
l'immortalité, Sulla tomba di Bellini, Eloisa
nel Chiostro, la Preghiera, Paolo a Fran-
cesca da Rimini (duo), Ave Maria (duo), Se-
renata in gondola (duo), la Brigands italiens
(duo ), le Serment des Horaces (trio), la Spe-
ranza (trio en canon), il Brindisi (quatuor),
la Costanza (quatuor en canon).
ALBAIXESI (LuiGi), pianiste et composi-
teur, né à Rome le 3 mars 1821, était fils d'un
peintre en miniature qui voulait lui faire suivre
sa profession. L'enfant avait six ans lorsque, sa
famille étant allée s'établir à Naples , il com-
mença l'étude du piano sous la direction de son
frère et de sa sœur, élèves eux-mêmes d'un Al-
lemand nommé Senderacb, et reçut de sa mère
des leçons de latin. Toutefois, et par la volonté
des siens , la musique n'était pour lui qu'un
passe-temps, et à vingt ans le jeune Albanesi
était portraitiste. Mais à cet âge il voulut abso-
lument se faire musicien. Il reçut alors des con-
seils de M. Ernest Coop, pianiste fort distingué,
étudia riiarmonie avec Giuseppe Polidoro et
Salvatore Lavigna, et, abandonnant définitive-
ment la peinture, il se produisit activement
comme virtuose et se voua à l'enseignement du
piano. M. Albanesi s'est t;iit connaître aussi
comme compositeur, et a publié plus de cent
cinquante œuvres de musique de piano qui se
font remarquer par de réelles qualités. Dans un
genre plus sérieux , il a écrit deux messes, un
oratorio intitulé les Sept Paroles de Jésus-
Christ, et un grand nombre de motets, avec ac-
compagnement d'orgue, ou d'harmonium, ou de
piano avec quelques instruments. — Le fils de
cet artiste, M. Carlo Albanesi, né à Naples au
mois de novembre 1856, est déjà un pianiste
distingué. Élève de M. Sabino Falconi pour
l'harmonie et le contre- point, il a publié pour son
instrument un certain nombre de compositions,
entre autres un recueil intitulé Sei Fogli d'al-
bum, op. 13, Milan, Ricordi.
ALBANO, norn d'une famille assez nom-
breuse de musiciens napolitains. Le premier,
Michèle Albano, chanteur, avait étudié son art
au Conservatoire de la Pietà dei Turchini. —
Son fils aîné, Giuseppe Albano, né à Naples le 26
décembre 1813, étudia d'abord le chant avec
Mosé Tarquinio, castrat de la chapelle Palatine,
qui avait été le condisciple de son père, puis tra-
vailla la llùte avec Belpasso, Sergio Nigri et Giu-
seppe Capecelatro, et devint première flûte au théâ-
tre San-Carlo, puis au théâtre du Fondo, d'où il
revint au San-Carlo, où il se trouve encore au-
jourd'hui. 11 a publié dans sa jeunesse quelques
compositions pour son instrument. — Le frère
de cet artiste, M. Vincenzo Albano, né à Naples
le 22 juin 1S23, fut son élève pour la fiùte, puis,
à l'âge de 17 ans, abandonna cet instrument
pour la harpe, qu'il étudia avec la signora Va-
lérie, et qu'il enseigne depuis longues années,
après avoir fait partie de divers orchestres. On
lui doit la publication d'un grand nombre d'œu-
vres pour cet instrument. — M. Michèle Albano,
fils de M. Giuseppe Albano, né à Naples le 20
mars 18'il, est élève de son oncle Vincenzo
pour la harpe, et tint l'emploi de premier har-
piste au théâtre San-Carlo, de 1860 à 1866. Il
entreprit alors un long voyage, se fit entendre à
Paris, à Londres, à New-York, où il resta plu-
sieurs années, revint à Naples en 1872, passa
ensuite quelque temps à Salerne, puis à Milan
et à Plaisance , et est aujourd'hui à Buenos-
Ayres. Il a publié aussi un assez grand nombre
de morceaux pour la harpe. — Enfin, M. Fran-
cesco Albano, frère de ce dernier, né à Naples le
20 octobre 1853, élève de son père pour la flûte
et de M. B. Cesi pour le piano, se consacre à
l'enseignement.
ALBERli\I (Nicola), musicien italien, a
fait la musique de Don Saverio, opéra semi-sé-
rieuxen trois actes, paroles du comte César Cer-
roni, de Rome, représenté en cette capitale au
mois d'août 1875 avec un certain succès.
J. DE F.
ALBERT ( ), fut l'un des chanteurs les
plus estimés de l'Opéra dans la première moitié
du dix-huitième siècle. Il entra à ce théâtre en
1734, le quitta au mois de novembre 1736 pour
aller passer une saison à Lyon, y revint en
1737, et prit sa retraite en 1751, avec une pen-
sion de 1,000 livres. A partir de ce moment, il
occupa un emploi dans l'administration de l'O-
péra. Albert créa certains rôles importants dans
10
ALBERT - ALDAY
Castor et Poli ut, Zoïde, reine de Grenade,
Dardanns, Nifé/is , le Temple de Gnide, les
Amours de Racjonde, Jsbé, Don Qiiicholle
chez la Duchesse, les Caractcres de la Folie,
Zélindor, Zaïs, le Carnaoal du Parnasse,
Léandre et Héro, etc. On trouve les vers sui-
vants sur cet artiste dans le Calendrier histo-
rique des théâtres pour 1751 :
Albert, par son chant plein de griccs.
S'il n'efface point ses rlvaus.
Par des chemins toujours nouvcaut
Il marche du moins sur leurs traces.
Devenu contrôleur à l'ampliithëûtre de TOpéi-a,
Albert vivait encore en 1775.
ALBERT (Émii.e), pianiste distingué et com-
positeur, né à Montpellier en 1823, a publié pour le
piano une cinquantaine de morceaux de genre
d'une facture soignée et d'une aimable inspiration.
Il avait écrit aussi plusieurs œuvres plus impor-
tantes et d'un caractère plus élevé, des sympho-
nies, des trios pour piano, violon et violoncelle,
des sonates pour piano et violon, mais je crois
que rien de tout cela n'a vu le jour. Pendant
longues années il chercha à se produire à la
scène, sans pouvoir réussir même à forcer les
portes des théâtres secondaires; il avait fini
pourtant par faire recevoir aux Folies-Nouvelles,
en 18;")8, une opérette en un acte, qui, après
avoir été répétée pendant plusieurs semaines,
ne fut jamais jouée; enfin, il parvint à faire re-
présenter au théâtre Saint-Germain, aujourd'hui
Ihéûtre Ciuny, un autre petit ouvrage en un acte,
les Petits du premier (décembre 18G4), qui
fut repris au mois de mars suivant sur celiu' des
Bouffes-Parisiens. Las, découragé de l'inutilité
de ses efforts, cet artiste intelligent, dont l'am-
bition I<*gitime ne trouvait aucune issue, et dont
la santé était délicate, se voyait déjà, à cette
époque, atteint d'une grave affection de poitrine.
Obligé de se rendre dans le Midi pour essayer
d'y rétablir ses forces, il se fixa à Bagnères-de-
Bigorre; il y était à peine depuis quelques mois,
et s'occupait de la représentation, sur le théâ-
tre de celte ville, d'un petit opéra intitulé Jean
le Fol, lorsqu'il fut frappé par la mort, au mois
d'aoïM 186.5.
ALBERTI (C\nLo) , compositeur drama-
tique, né en 1848 ou 1849, a fait ses débuts en
donnant au théâtre des Fiorentini, de ISaples,
dont son père était directeur, un opéra intitulé
Armando e Maria, qui fut bien accueilli. Cet
ouvrage (it son apparition au mois de mai IRno,
l'auteur étant âgé de vingt ans environ. En fé-
vrier 1872, M. Carlo Allierti a fait représenter
au Politeama , de la même ville , son second
opéra, Oreste.
ALBIIM (Francesco-M.\ria), compositeur
italien, est l'auteur d'un opéia bouffe, un Giorno
di quarantena , représenté au théâtre Conta-
valli, de Bologne, le 6 mars 1806. Cet artiste a
écrit la musique d'un autre ouvrage intitulé
Lambcrto Malatcsta, mais je ne crois pas que
celui-ci ait encore été représenté.
*ALBOI\I (Marietta). Nous allons complé-
ter rapidement l'histoire de la carrière de celte
célèbre et admirable cantatrice.' — Lorsque,
après avoir fait une première apparition à
l'Opéra, M""^ Alboni eut été parcourir triom-
phalement l'Amérique, elle rentra au Théâtre-Ita-
lien de Paris pour y jouer la Aina de Coppola,
puis reparut à l'Opéra, où elle créa en 1854 (et
qon en 1851) Zerline ou la Corbeille d'oran-
ges, d'Auber. Elle chanta ensuite à Lisbonne, à
Barcelone, à Londres, à Rouen, puis fut attachée
de nouveau, pendant plusieurs années, à notre
Théâtre-Italien , en même temps qu'elle faisait
les saisons d'été à Londres; c'est alors qu'elle
chanta à Paris Eigoletio, il Giuramento, Maria,
un Ballo in Maschera, Cosi fan tutte, etc.
Vers 1863, au plus fort de ses succès, elle ré-
solut de se retirer, de quitter à jamais la scène,
et aucune instance ne put la faire revenir sur
cette décision. Cependant, en 1869, après la
mort de Rossini, M""" Alboni consentit à repa-
raître sur la scène du Théâtre-Italien pour faire
entendre la « Petite messe solennelle » du maî-
tre qui avait été son gnide et son ami, et fut
engagée par M. Slrakosch pour coopérer aux
exécutions de cette œuvre admirable qui étaient
organisées par lui à l'étranger. Depuis lors,
M'"" Alboni, définitivement fixée à Paris, n'a
pas quitté sa îetraite, et son incomparable talent
n'est plus, pour ceux qui ont eu le bonheur de
l'entendre , qu'un merveilleux souvenir. — On
a publié sur cette célèbre artiste : Marietla Al-
boni , célèbre contralto, biographie, par M""'
Élisa Aciocque, suivie d'une notice sur Fanny
Cerrito, ornée du portrait de M"" Alboni (Paris,
Moquet, 18^8, in-12 de 26 pp.).
*ALDAY ( ). C'est à l'un des deux
frères ainsi nommés, tous deux violonistes,
qu'est due la musique d'un ouvrage lyrique en
troisactes, Geneviève de Brabant, donnésousie
nom d'.Alday, au théâtre Louvois, en 1791. Un
annaliste du temps disait à ce sujet : « M. Alday a
un grand talent pour l'archet; mais il ne connaît
pas as.sez la scène pour composer des opéras. »
Celui des deux frères qui était allé s'établir à
Lyon eut un fils, qui plus tard se (it une grande
réputation comme professeur en cette ville et de-
vint violon-solo au Grand-Théâtre. Celui-ci eut
lui-même un fils violoniste, mais qui ne conti-
ALDAY
ALLEAUMES
i\
nua que rnérliocremenl les traditions de sa fa-
mille; il était, en 1800, attaché à l'orchestre de
l'Opéra-Comique.
ALDRED ( ), luthier anglais du sei-
zième siècle, fut un des premiers fabricants de
violes d'Angleterre, et jouissait d'une grande ré-
putation dans son pays vers l'an 1560.
ALEIX (Ramon), compositeur de musique
religieuse, fut pendant vingt ans maître de cha-
pelle de l'église de Santa-Maria del Mar, à Bar-
celone, et écrivit, pour l'usage de cette chapelle,
un certain nombre de compositions. On ignore
le lieu et la date de naissance de cet artiste,
qui mourut le 1" mai 1850, dans un âge avancé.
ALESSIO ( D'), compositeur italien, a
fait représenter au Politeama, de Naples, dans
les premiers mois de 1875, deux opéras bouffes,
dont l'un intitulé Elena in Troja, l'autre, le
Figlie di Binnca.
* ALEXAIVDRE ( Ciurles^Guillaume) ,
violoniste et compositeur. — Je crois que l'au-
teur de la Biograpliie universelle des Musi-
ciens a été trompé par de faux renseignements
lorsqu'il a dit que cet artiste avait fait recevoir
à l'Opéra, sans les y pouvoir faire jouer, les deux
ouvrages intitulés le Triomphe de Vamour
conjugal et la Conquête du Mogol. Ces deux
ouvrages n'étaient point des productions lyri-
ques, ne convenaient nullement à l'Opéra et ne
furent point écrits pour lui : c'étaient deux
pièces à machines, imaginées par le fameux mé-
canicien théâtral Servandoni, accompagnées d'une
musique descriptive écrite par Alexandre, et qui
furent représentées dans la grande salle des Tui-
leries. Dans son recueil chronologique : Opéras,
ballets et autres ouvrages lyriques, le duc de
la Vallière donne ainsi les titres de ces deux piè-
ces, qui, je l'ai dit, n'étaient nullement lyriques :
1" Le Triomphe de r Amour co7ijugal, ori l'His-
toire d'Admcte et d'Alceste, spectacle orné de
machines, animé d'acteurs pantomimes et accom-
pagné d'une musique quiiexprime les différentes
actions, représenté sur le grand théâtre du palais
des Thuilleries le 16 mars (1755); l'invention est
du S"' Servandoni, la musique du S"" Alexandre;
2° La Conquête du Mogol par Thomas Kouli-
lian, roi de Perse, et son triomphe , spectacle
de l'invention du S'' Servandoni, musique du
Sf Alexandre , représentée (sic) sur le théâtre
du palais des Thuilleries le 4 avril (1756).
ALEXANDRE père et fds, facteurs d'har-
moniums, se sont fait une réputation assez ra-
pide dans la falmcation des orgues de salon,
auxquels ils avaient donné le nom (Vorgues
Alexandre, et surtout par le bas prix auquel ils
donnaient une certaine catégorie de ces instru-
ments, baptisés dans le commerce : orgues à
cent francs. Alexandre père fondait en 1829
un établissement qui prenait bientôt une
grande extension, et plus tard lui et son fds se
rendaient acquéreurs des procédés brevetés de
M. Martin (de Provins), relatifs à un nouveau
système de percussion des orgues. La maison
Alexandre, après avoir sacrifié des sommes con-
sidérables pour employer et répandre ces pro-
cédés, prit part à l'Exposition universelle de
1S55, et obtint une médaille d'honneur. En
1858, MM. Alexandre fondèrent à Ivry, près
de Paris, une usine modèle, qui devint le centre
d'une colonie ouvrière , mais des spécula-
tions étrangères à leur industrie vinrent por-
ter un coup fatal à celle-ci. M. Alexandre fils,
qui avait été décoré en 1860, luttait contre la
mauvaise fortune lorsqu'il mourut, il y a quel-
ques années. La femme de celui-ci (M"'-" Char-
lotte Dreyfus) s'est fait depuis longtemps remar-
quer par son talent délicat et distingué sur l'har-
monium. M. Jacob Alexandre père est mort à
Paris le 11 juin 1876.
On a publié, sous le nom d'Alexandre, une
Méthode pour Vaccordéon (Paris, I8'i0), et
une Notice sur les orgues mélodium d^A-
lexandre et fils, inventeurs (Paris, 1844).
*ALFIERI (l'abbé PiF.ni'.E). On doit à ce sa-
vant musicien la publication d'un choix considé-
rable de compositions sacrées de Palestrina, mi-
ses en notation moderne (Rome, Sprilhover, 7
vol. in- f"), un ouvrage intitulé Prodromo suUa
restaurazione de' libri, di canto ecclesiastico
detto gregoriano (Rome, Monaldi, 1857), et un
opuscule biographique sur le célèbre composi-
teur Jommelli : Notizie biografiche di Nicolo
JommelU (Rome, 1845, in-S"). L'abbé Alfieri a
donné à la Gazzetta musicale de Milan un cer-
tain nombre d'articles biographiques intéressants
sur divers musiciens italiens, et il avait préparé
une collection de toutes les hymnes de l'église
catholique, traduites en notation moderne et me-
surées, avec accompagnement d'orgue; malheu-
reusement, ses ressources ne lui permirent pas
de livrer au public ce travail utile et important.
Comme compositeur, ii s'est fait connaître par la
publication de quelques morceaux de chant re-
ligieux, à voix seule, qui ne sont point sans mé-
rite. Cet artiste estimable et laborieux est mort
fou, il y a quelques années.
* ALIX (l'abbé Célestp:) est auteur d'un
Cours complet de chant ecclésiastique (Paris,
1853, in-S"). On lui doit aussi un Recueil de 15
Motets, avec accompagnement d'orgue ou d'har-
monium (Paris, Repos).'
ALLEAUMES (MoRiTz),violonisteallemand
12
ALLEAUMES — ALPHONSE
et composilenr pour son instrument, naquit
dans les dernières années du dix-liuitième siècle.
Longtemps attaché à la cour de Bavière, il fit
en 1835 un voyage à travers l'Allemagne, qui
lui valut une grande réputation. On ignore jla
date de sa mort, aussi bien que celle de sa nais-
sance. Y.
ALLU ( ), compositeur espagnol con-
temporain, a écrit, en société avec MM. Cepeda
et Oudrid , la musique d'un drame en trois actes
intitulé Dalila, et, seul, celle d'une sarsueZa
représentée sous le titre de la Cola del Diablo.
ALMAGRO (Antomo-Lopez), pianiste et
compositeur espagnol, né à Murcie le 17 sep-
tembre 1839, s'est fait connaître par la publica-
tion d'un certain nombre de compositions pour
le piano. 11 est aussi l'auteur d'une Nouvelle
Méthode complète d'harmonmm, orgue ex-
pressif ou viélodium, Madrid, Romero y An-
dia. Cet artiste a fait ses débuts de compositeur
dramatique en faisant représenter au mois d'oc-
tobre 1875, sur le théâtre de la Zarzuela, de
Madrid , une zarzuela en trois actes intitulée
el Hidalguillo de Fonda,
* ALMEIDA (Antonio de). Je crois que Fétis
s'est trompé en disant (t. I, p. 75), que Almeidaa
composé la musique d'un oratorio : la Humana
sarça abrazada, elGran Martyrs. Laurentio.
(Coimbre, 1556, in-4'', chez Tbomé Carvalho.)
Barbosa Machado , où Fétis a puisé ses rensei-
gnements, parle de son talent de poêle comique
(poêla comico) et cite à l'appui de son dire
l'ouvrage ci-dessus. Il se peut que Ainieida
ait été , en même temps que l'auteur des pa-
roles, celui de la musique , mais je ne saurais
le garantir. Les renseignements de Fétis sur
les autres compositeurs portugais de ce nom
ne sont pas tous exacts. Fr. Fernando de Al-
MEiDA fit profession en 1638 au couvent de
Tbomar, de l'Ordre du Christ (Fétis dit 1636, au
couvent de Saint-Thomas), appartenant à la ville
du même nom. Il mourut dans son couvent (et
non à Lisbonne), où on gardait encore la majeure
partie de ses compositions vers le milieu du dix-
huitième siècle. — Les quatuors de CarlosFran-
cisco de Almeida, publiés chez Pleyel, portent
probablement la date de 1798, car la Gazette
musicale de Leipzig en parle dans son l"^"" vo-
lume (1798, p. 555) avec éloges. Le titre en est :
Six Quatuors pour deux Violons, Alto et
Basse, par C. F. Almeyda, au service du roi
d'Espagne, Op. 2. Premier livre, à Pari?, chez
Pleyel, auteur, etc. Prix 7 livr. 10 s.
J. DE V.
ALMENR^DER (Charles), bassoniste,
compositeur et facteur d'instruments, naquit le
à octobre 1786 à Ronsdorf, près d'Elberfeld.
Parmi ses compositions, on cite quatre concertos
pour basson et un grand nombre de fantaisies
pour musique militaire. Depuis 1822 jusqu'à sa
mort, survenue le 13 septembre 18i3, il a été
placé à la tête de la fabrique d'instruments de
la maison Schott, deMayence. On doit à Almen-
rœder plusieurs perfectionnements dans la cons-
truction du basson.
Y.
ALMERI (GtOYANNi-PAOLo), musicien ita-
lien du dix-septième siècle, fut maître de cha-
pelle de Boccapaduli, nonce du pape à Venise. Il
a publié en cette ville (Gardano, 1654) un recueil
de Motetti a voce sola,
ALOYSIO (Antonio), musicien italien, est
l'auteur d'un nouveau système de notation mu-
sicale', qui renverse de fond en comble le sys-
tème usuel en supprimant tout d'abord la portée
et l'armure de la clef. Il a expliqué son système
dans l'écrit suivant : l^uovo Sistema di nota-
zione musicale, che tende a facilitare la
lettura, la esecuzione e la sfampa delta mu-
sica a tipi vwbili (Venise, Cecchini, 1872,
in^o de 18 pp., avec planches). Aloysio avait
aussi inventé toute une famille d'instruments
qu'il appelait métallicordes et qui, en somme,
n'étaient autre chose que nos instruments ordi-
naires à archet, un peu modifiés dans leur forme
et construits d'après le principe de la viole d'a-
mour, c'est-à-dire avec un jeu de cordes métal-
liques venant renforcer celui des cordes de boyau.
Kn obtenant de ses instruments un volume de
son plus considérable, il avait pour but de di-
minuer le nombre des musiciens d'un orchestre,
et il affirmait qu'un métallicorde soprano éga-
lait en puissance quatre violons ordinaires. Aloy-
sio, qui avait consacré trente ans de sa vie en
essais, en tâtonnements et en perfectionnements
de toutes sortes, n'avait pas obtenu, sous le rap-
port de la qualité du son, des résultats aussi .satis-
faisants qu'en ce qui concerne la quantité ; bien
loin de là. Cet arti.ste est mort à Venise, le 20
septembre 1874, à l'âge de 58 ans. Son frère,
M. Giuseppc Aloysio, musicien aussi, s'occupe,
depuis lors, de la facture et du perfectionnement
des métallicordes, pour lesquels un brevet a été
obtenu. Ces instruments sont d'ailleurs d'un
prix élevé, et on ne les vend pas moins de 300 à
500 francs.
ALPHONSE X, roi de Castille et de Léon,
surnommé le Sage en raison des grandes connais-
sances qu'il sut acquérir dans les sciences, dans
les arts et dans les lettres , élevé au trône en
1252, mort en 1284, se fit la renommée d'un ha-
bile musicien pour les nombreux cantiques qu'il
ALPHONSE — AMADEI
13
composa, et dont on trouve encore des copies
dans la bibliotlièque du palais de l'Escurial et
dans celle de l'église de Tolède. C'est à ce prince
qu'on doit la création, à l'université de Salaman-
que, de la première chaire musicale qui ait été
établie en Europe.
ALPHOIVSE DEL CASTILLO, docteur
de l'Université de Saiamanque , né au quinzième
siècle, a publié un traité intitulé i'/lri du plain-
chant, Saiamanque, 1505, in-4°.
ALSLEBi£I\ (Jules), pianiste, compositeur
et écrivain sur la musique, est né à Berlin le 24
mars 1832. Quoique destiné à la musique dès
son enfance, il lit des études universitaires
très-complètes. Après avoir obtenu le grade de
docteur en philosophie, Âlsleben s'adonna pen-
dant quelque temps à l'étude des langues orien-
tales ; mais il ne tarda pas à revenir à son art
favori, et se fit bientôt connaître dans les con-
certs comme virtuose-pianiste. On a de lui plu-
sieurs compositions pour le chant et pour le
piano, ainsi qu'une histoire de la musique, qui
n'est autre que le recueil de conférences faites
antérieurement par lui. Alsleben a contribué
pour une forte part à la fondation de la Société
des compositeurs de Berlin, dont il est aujour-
d'hui le président.
Y.
ALSTEDT (Jean-Henri), savant mathéma-
ticien et acousticien, est né à Herborn en 1588.
On a de lui deux ouvrages intéressant la musi-
que : r Admirandorum mathematicorum li-
bri IX (Herborn, 1613), dont le livre YII, consa-
cré à l'art des sons, traite : a) de Cantus natura
ùi génère, b) de Cantus natura in specie, c), de
Contrapiincto, d) de Musica instrumentait ;
T Elementalemathematicum{FTaindort, 16! 1),
qui renferme un elementale musicum traitant :
a) de Musica simplicl, b) de Musica harmo-
nica. Y.
ALT (Philippe-Samuel), organiste et compo-
siteur, naquit à Weimar, le 16 janvier 1689, et
mena de front la culture de la musique et la ju-
risprudence. Après avoir terminé ses études de
droit à l'université d'Iéna, il revint dans sa ville
natale, où il fut nommé avocat de la couret or-
ganiste de l'église Saint-Jacques. Dans les loisirs
que lui laissaient ses doubles fonctions, il se li-
vrait à la composition. Ses manuscrits, qui ne
sont pas sans valeur, paraît-il, sont aujourd'hui
à la bibliothèque grand-ducale de \Veimar.
Alt est mort en 1750.
Y.
* ALTÈS (Joseph-Henry), flûtiste et com-
positeur. Cet artiste, qui fait encore aujourd'hui
partie de l'orchestre de l'Opéra, a été appelé, au
mois de novembre 1868, à succéder à M. Dorus
comme professeur de flûte au Conservatoire. Les
compositions publiées par lui s'élèvent au chiffre
de quarante environ, parmi lesquelles un certain
nombre de transcriptions et de fantaisies sur des
motifs d'opéras célèbres.
* ALTES (Ernest-Eugène), violoniste, frère
du précédent. Depuis plusieurs années, cet ar-
tiste, qui est attaché comme premier violon à
l'orcliestre de la Société des Concerts du conser-
vatoire, est devenu second chef de celui de l'O-
péra. 11 a publié quelques fantaisies pour le
violon, avec accompagnement de piano.
ALVARO (...), compositeur portugais, vécut
vers le milieu du quinzième siècle. Il dédia au
roi D. Alfonso V un Officio en plain-chant, qui
célébrait la conquête de Arzilla (1472) : Ves-
perœ, Matutinum et Laudes cum Anti-
phonis et figuris musicis de inclyta ac mira-
culosa Victoria in Africa parle ad Arzillam.
Le manuscrit original de cet ouvrage existait
dans la bibliothèque du célèbre lufant D. Pedro,
qui péril à Alfarrobeira. On n'a pas d'autres ren-
seignements sur ce compositeur.
J. DE V.
ALVERA (Andréa), écrivain italien, est
l'auteur d'un recueil intéressant publié sous ce
tUrc : Canti popolari tradizionali Vicentini,
colla lora musica originaria a pianoforle,
raccoUi e annotati da Andréa Alverà (Vicence,
Longo, 1844).
AMADÉ (Ladislas, baron von), né à Kas-
cliau, en Hongrie, le 12 mars 1703, est l'auteur
d'un grand nombre de chansons nationales hon-
groises dont il d écrit à la fois les paroles et la
musique. Il est mort à Felbar le 22 décembie
1764.
Y.
AMADÉ (Thaddée, comte von), pianiste dis-
tingué, naquit à Presbourg le 10 janvier 1783.
Comme improvisateur, Amadé s'est mesuré avec
J.-N. Hummel, dont il balança longtemps la ré-
putation. Il a eu l'insigne honneur de former et
de révéler au monde le génie musical de Franz
Liszt. Amadé est mort à Vienne le. 17 mai
1845.
Y.
AMADEI (RoBERTo), compositeur et orga-
niste, né à Loreto, dans les Marches, le 29 no-
vembre 1840, a commencé l'étude de la musique
avec son père, après quoi il compléta son éduca-
tion avec le maître de chapelle de Loreto, Luigi
Vecchiotti. Celui-ci étant mort en 1863 et ayant
eu pour successeur M. Amadei père, le jeune
Amadei fut nommé organiste et succéda bientôt
lui-même à son père, qui prit sa retraite. Depuis
14
AMADEI — AMOUROUX
lois, et tout L'ii excluant ces fondions, il s'est
activemenl livré à la composition et à renseigne-
ment. Outre un grand nombre de compositions
religieuses, parmi lesquelles ua motet à 8 par-
lies réelles, en style rigoureux, qui a été cou-
ronné à l'un des concours de l'Institut musical
de Florence , il a publié de nombreux mor-
ceaux de piano et de chant. On lui doit aussi
deux opéras sérieux, l'un, Luchino Visconti, en
3 actes, représentéàLugo (1809), l'autre, Bianca
de' Jiossi, joué à Bari. Il a en porteleuille un
opéra-comique intitulé il BaccheCione.
AMAIXTIUS (B.vKTuoLOMii), né àLandsberg
(Bavièie), vers 1500, et mort en 1355, est l'au-
teur d'une liistoire de la musique que l'on trouve
dans son grand ouvrage intitulé : Flores celebrio-
rum sententiarum (Dilingà, 1556, in-folio).
Y.
* AiVlAT (Paul-Léopold), compositeur de
romances, né à Toulouse en 1814, vint à Paris
vers 1815, et commença aussitôt à s'y faire con-
naître en publiant un assez grand nombre de
romances, mélodies, nocturnes, chansonnetlcs,
dont quelques-unes étaient accueillies dans les
salons avec une faveur marquée. En 1850, Amat
se rendit à Alger, où il fonda une maison de com-
merce de musique ; cette entreprise n'ayant pas
réussi au gré de ses désirs, il revint à Paris, ob-
tint la direction du petit théâtre Beaumarchais en
1856, mais ne put donner suite à cette affaire,
faute des fonds nécessaires à l'exploitation. 11
continua alors de se livrer à la composition.
Outre les nombreuses mélodies vocales qu'il a
publiées, et parmi lesquelles on cite particulière-
ment la Feuille et le Serment, Tu m'oublie-
ras, la Fleur fanée, le Page et la Bachelette,
l'Étoile, Blonds Chérubins, Où vas-tu, petit
oiseau? etc., Amat a donné aux Bouffes-Pari-
siens, le 19 janvier 1856, une opérette en un
acte, intitulée Élodie ou le Forfait nocturne.
11 a fait exécuter aussi au Vaudeville, le 13 juin
1860, à la suite de la réunion de la Savoie et du
comté de Nice à la France, une cantate politi-
que : le Chant des Niçois, qui lui valut la déco-
ration de la Légion d'honneur. Amat est mort à
JNice, le 31 octobre 1872.
* AMBROS(Ai]gcste-Gl'/llalime). Dans une
autobiographie encore inédite, dont nous trou-
vons un court extrait dans le dictionnaire de
Mendel : Musikalisches Conversations- Lexi-
con, nous lisons cette phrase : « Il est assez
singulier de remarquer que Fétis parle avec dé-
tail de mes compositions musicales et ne souflle
mot de mes travaux historiques , tandis qu'en
Allemagne on ne connaît guère que mes travaux
historiques et pas du tout mes compositions. » |
L'observation! est juste. Le véritable mérite
d'Ambros est bien plutôt dans ses écrits ([ue
dans sa musique, qui n'est qu'un rellet de celle
de Schumann. Arnbros a publié : 1" Die Grenzen
der Poésie und Musik {les Limites de la poésie
et de la musique), Prague, 1850 ; 2" Die 3Iusi!c
als Culturmoment in der Geschichte {la Mu-
sique considérée comme élément de civilisa-
tion dans l'histoire); 3° Culturhistorischen
Bilder {Tableaux de civilisation historique),
Leipzig, Matthes ; 4° une grande Histoire de la mu-
sique, dont la publication a commencé en 1801.
Trois volumesde cetouvrageontparu ; on annonce
le quatrième, qui terminera l'histoire du dix-sep-
tième siècle. Ambros a été nonmié professeur de
tbéorie et d'histoire de la musique à l'Université
de Prague, au mois de septembre 1869. Depuis
18/2, il a passé en la même qualité à l'Univer-
sité de Vienne.
Y.
AMETLLER ( le Père Mauro), moine de
l'abbaye de Montserrat, dans la Catalogne, com-
positeur dans le genre religieux, naquit iiGérone
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle.
Doué d'un esprit très-ouvert et d'une intelligence
active, ce religieux se lit remarquer à la fois
comme musicien et comme naturaliste. Sa cel-
lule était comme un véritable musée d'histoire
naturelle , dont il allait chercher lui-même les
éléments dans les campagnes et sur les monta-
gnes environnantes , et qui faisait l'étonnement
de tous les étrangers qui visitaient le couvent.
En même temps il se distinguait comme com-
positeur , et on lui doit , sous ce rapport, plu-
sieurs hymmes remarquables à quatre voix,
ainsi que divers motets à deux chœurs avec
accompagnement d'orchestre. Il eut l'idée sin-
gulière de construire lui-môme un piano d'un
nouveau genre, qu'il a|)pelait Veta-cordio, et
qui affectait la forme d'une voile de navire. Le
roi Charles IV, ayant vu cet instrument dans sa
cellule pendant une visite qu'il faisait au cou-
vent , voulut récompenser son génie inventif en
lui faisant une pension de cinq réaux par jour.
On croit que cet instrument étrange est conser-
vé à Barcelone.
AMMERBACH (Eusèbe), célèbre orga-
niste du commencement du seizième siècle ,
était attaché à la cha[!elle de St-Ulrich d'Augs-
bourg, dont l'orgue renommé était son propre
ouvrage. Y.
AMOUROUX (Charles), compositeur,
organiste de la cathédrale de Bordeaux, s'est
fait connaître par plusieurs œuvres importantes
produites en cette ville. Au mois de novembre
1805, cet artiste faisait entendre , dans un salon.
AMOUROUX
la miisi(|ac d'un opéra en deux actes, la Reine
d'Ellore, ou Reine et Bergère ; le 28 mars 18G7,
il faisait représenter au lliéâtre du Gymnase un
opéra-comique en un acte intitulé : Il a été
perdu un Roi; en 1872, il obtenait une troi-
sième mention honorable au concours ouvert
par la Société de Sainte-Cécile de Bordeaux pour
la composition d'un Slabat Mater; et enfin, en
1873, il faisait exécuter à la cathédrale un At-
tende, Domine, composition fort hnportanle
pour soli, chœurs et orchestre.
AMPERE (Jean-Jacques-AiNTOine) , écri-
vain, membre de l'Institut, né à Lyon le 12
août 1800, est mort le 27 mars 1864. Lorsqu'un
décret en date du 13 septembre 1852 prescrivit
la .formation d'un Recueil des poésies populai-
res de la France et en confia la publication au
comité de la langue, de l'histoire et des arts de
la France, celui-ci publia d'abord sous ce litre :
Instructions relatives aux poésies populaires
de la France (Paris, Impr. impériale, 1853,
in-8° de 64 p.), une brochure substantielle des-
tinée à faire comprendre le but qu'il poursuivait,
et la façon dont il entendait procéder dans le
choix des poésies qu'il jugerait dignes d'intro-
duire dans le recueil projeté. Une note de cette
brochure , dans laquelle il est longuement parlé
des chansons populaiires de la France, apprend
au lecteur que « ces Instructions ont été rédi-
gées par M. Ampère, membre du comité ».
ANCESSY (Joseph- Jacques-Augustin), chef
d'orchestre, naquit à Paris le 25 avril 1800. Après
avoir été, en 1846, second chef d'orchestre aux
Spectacles-Concerts, petit théâtre établi dans les
sous-sols du bazar Bonne-Nouvelle, cet artiste
devint chef-d'orchestrc de l'Odéon, puis du
Théâtre-Français. De 1855 à 1859, il fit jouer au
gentil théâtre des Folies-Nouvelles les trois opé-
rettes suivantes : T Estelle et ISémorin ; 2" Jean
et Jeanne; 3° un Troc. Il a publié aussi, chez
l'éditeur Meissonnier, six sonatines pour violon,
avec accompagnement d'un second violon. L'é-
ducation musicale d'Ancessy était nulle , et ses
productions n'avaient aucune valeur. Il est mort à
Paris, pendant le siège de cette ville , le 2 jan-
vier 1871.
*.AIXDER ou A1\DERL(Je\n), composi-
teur et organiste , né en Bavière , est mort à
Jamnitz , en Moravie, le 19 août 1865, à l'âge
de soixante-dix-huit ans. J'ai lieu de croire que
cet artiste est le même que celui taentionné sous
ce nom : Andert (Q ) au l*'"^ volume de la
Biographie universelle des Musiciens. 11 eut un
fils, Aloys Ander, dont il fut le premier maître,
qui devint un ténor dramatique fort remarqua-
ble) et qui était le chanteur favori des Viennois:
ANDREVI
15
Celui ci, devenu presque complètement fou,
mourut quelques mois avant son père, le 11 dé-
cembre 1864, à Wartembcrg-les-Euux , où les
médecins l'avaient envoyé pour lui faire recou-
vrer la raison et la santé.
* AMDERS (Godefroid-Engelberl), est mort
à Paris le 22 septembre 1866. Ce littérateur mu-
sicien possédait une des plus belles bibliothè-
ques musicales qui se puissent réunir ; cette ri-
che collection a été vendue, à sa mort, à un ama-
teur russe habitant Paris. On assure qu'Anders
s'occupait, depuis longues années, de deux ou-
vrages importants : une Littérature générale de
la musique, et un Dictionnaire de musique
conçu d'après les plans de Wallher, et conte-
nant la technologie et la biographie. Étant don-
nées ses facultés philologiques et sa rare connais-
sance de la matière , nul mieux que lui n'eût pu
mener à bien deux projets aussi vastes, mais son
état de santé, et surtout son incurable paresse
lui interdisaient une tâche semblable. Ce que je
crois pouvoir affirmer, c'est qu'Anders, qui pas-
sait uniquement son temps à lire et à prendre
des notes , n'a pas écrit une seule ligne des deux
ouvrages en question. Cet être singulier avait
l'étrange manie de tracer ses notes personnelles
en caractères hiéroglyphiques que lui seul pou-
vait lire , de telle sorte qu'à sa mort, cet unique
fruit de ses recherches est resté stérile et inu-
tile.
AIXDOLFATI (Andréa), musicien italien ,
vivait au milieu du dix -huitième siècle, et fit
exécuter à Modène, au mois de février 1752,
une cantate intitulée la Gloria cd il Piacere.
ANDRÉ (le d'' Jules ) a publié une biogra-
phie de Hippolyte Duprat (Marseille, Barlatier,
1873, in-18 de 35 pp.) Al.-R—d.
* ANDREOZZI (Gaetano ). Dans son livre
sur les musiciens napolitains, M. Francesco Flo-
rimo mentionne les opéras suivants, qui doivent
prendre place dans le catalogue des œuvres
d'Andreozzi: 1° Arsinoe, opéra sérieux en deux
actes, Naples, th. San-Carlo, 1795; 2° Annida e
Rinaldo,\A., id., id., 1802 ; 3» Piramo e Tisbe,
id., id., id., 1803 ; 4" il Trionfo d'Alessandro,
opéra sérieux, id.,id., 1803; 5° il Finto Cieco,
Naples, th. Nuovo, 1791.
* ANDREVI (François). Dans son Diccio-
nario tecnico, historico y biografico de la
Musica, M. José Parada y Barreto fixe la date
de la naissance de cet artiste distingué au 16
novembre 1786, et celle de sa mort au 23 novem-
bre 1853. Andrevi, qui était prêtre, fut successi-
vement maître de chapelle de la cathédrale de
Ségorbe, de l'église de Santa -Maria del Mar, de
Barcelone, de la cathédrale de Valence, de
'i.,,
16
ANDREVI — ANGER
celle de Sévilie, et enûn devint maître de la
chapelle royale. Après s'être réfugié à Bordeaux,
par suite des événements politiques qui aflli-
geaient son pays, et y avoir occupé aussi les
fonctions de maître de chapelle de la cathé-
drale , il vint se fixer à Paris en 1845 , et enfin ,
en 1849, retourna en Espagne, et devint, à Bar-
celone, maître de chapelle de l'église de la Merci
et directeur de Vescolanie annexée a cette cha-
pelle. Parmi les œuvres les plus importantes de
cet artiste, on cite surtout un oratorio, le Juge-
ment dernier, une messe des morts; écrite.' pour
les funérailles du roi Ferdinand VII , et un
Stabat Mater composé pendant son séjour à
Bordeaux.
ANDREZ (Benoit), graveur de musique ,
qui vivait à Liège au milieu du dix-huitième
siècle , est l'un des premiers qui aient publié ,
dans les Pays-Bas, un recueil périodique de musi-
que. Celui qu'il mit au jour, en janvier 1758,
portait ce titre : VÉcho, ou Journal de musi-
que française, italienne, contenant des airs,
chansons, bninetles, duos tendres ou bachi-
ques, rondes, vaudevilles, contredanses, etc.
(A Liège, chez B. Andrez, derrière Saint-Thomas,
1758, in-i"). Ce recueil paraissait tous les mois,
par livraison de 24 pages, et le prix d'abonne-
ment annuel était de quinze livres de France.
ANDRIKS (JiiAN), violoniste et violoncel-
liste, compositeur, professeur et écrivain sur la
musique, né à Gand le 25 avril 1798 , est mort en
cette ville le 21 janvier 1872. Devenu en 1833
professeur de la classe de violon et des classes
d'ensemble instrumental au Conservatoire de
Gand, cet artiste succéda à Mengal , en 1851 ,
comme directeur de cet établissement, et joignit
alors, à l'enseignement qu'il y professait déjà,
celui de l'harmonie et de la composition. Sa
direction fut, dit-on, particulièrement profitable
à cette école ; pour s'y dévouer entièrement, An-
dries, qui occupait l'emploi de violon-solo au
Grand-Tlièàtre , résigna ces fonctions en 1855.
Cependant, dès l'année suivante il se voyait
obligé de prendre sa retraite, et reçut alors le
titre de directeur honoraire du Conservatoire.
Andries a écrit, pour le violon et pour le vio-
loncelle, un certain nombre de morceaux , qui ,
je crois, sont restés inédits. Comme écrivain
spécial , il a publié un Aperçu historique de
tous les instruments de musique actuelle-
ment en usage (Gand, in-8°), et un Précis de
l'histoire de la musique depuis les temps les
plus reculés, suivi de notices sur un grand
nombre d'écrivains didactiques et théoriciens
de l'art musical (Gand, Busscher, 1862, in-8o),
écrit dont le pian n'est pas très-rationnel et qui
pèche un peu par l'ampleur des vues, mais qui
renferme quelques renseignements intéressants.
Andries avait annoncé la prochaine publication
d'un Manuel des principes de l'harmonie; je
ne crois pas que cet ouvrage ait paru.
ANDRYSOWIC (Lazare), imprimeur po-
lonais, établi à Cracovie dans le milieu du sei-
zième siècle, donna un grand essor à la publi-
cation de la musique, et livra au public un grand
nombre de recueils de chants religieux.
AIVKT (Baptiste), violoniste distingué, or-
dinaire de la musique du roi, avait été élève de
Corelli. Il a publié en 1724 , chez Boiviu, un
Premier livre de sonates à violon seul et la
basse continue.
* Al^iFOSSI (Pascal). Les deux ouvrages
suivants, il Principe di Lagonegro, opéra , et
Sont ^Elena al Calvario, oratorio, doivent pren-
dre place dans la liste des œuvres de ce com-
positeur.
ANGtLI'^RI (Antonio), pianiste et profes-
.seur d'une grande renommée, considéré comme le
Nestor du piano en Italie, est né à Pieve del Cairo
(Piémont), le 26 décembre 1801. Élève du célèbre
Pollini, il a toujours su maintenir les saines et
pures traditions de son maître , aussi bien que
celles de Clementi et de Cramer; c'est dire qu'il
est constamment resté dans les voies du grand
style et de l'élégance classique. Nommé dès le
8 janvier 1829 professeur de piano au Conser-
vatoire de Milan , M. Angeleri ne prit sa retraite
qu'en 1870, et, durant ce long professorat de
quarante années, il donna à l'école de piano de
cet établissement un essor magnifique et une in-
contestable supériorité. On peut citer au nombre
de ses meilleurs élèves Adoifo et Disma Fuma-
galli, MM. Giulio Alary, Sangalli, Liugi Minoja,
Meiners, Fasanolti, etc., etc. L'un des plus dis-
tingués , M. Carlo Andreoli , lui a snccédé dans
sa classe, et continue aujourd'hui ses traditions.
M. Angeleri , qui était professeur au collège royal
de Milan en même temps qu'au Conservatoire,
a couronné sa carrière enseignante en publiant,
vers 1872, sous ce litre : il Piano- forte, un
manuel excellent relatif à la pose des mains sur
l'instrument et à la façon d'attaquer le son. Ce
livre, illustré de plusieurs eaux-fortes superbes,
a été édité avec le luxe et le bon goût que la
maison Ricordi apporte à ses moindres publica-
tions. — Un frère de M. Antonio Angeleri, M. Fi-
lippo Angeleri, est aussi pianiste et compositeur.
AJXGELOIM ( ), compositeur italien, a
fait représenter au mois de janvier 1871 , sur le
théâtre de Lucques, un opéra sérieux intitulé
Osrade degti Abencerraggi.
* AA'GER (Louis), pianiste, organiste et
ANGER — ANNUNGIAÇÂO
compositeur, est mort àLunebourgle 18 janvier
1870.
AIVGERMANIV ( ), célèbre organiste à
Altenburg, vivait vers 1740. 11 est cité par Mat-
theson dans son Arc de triomphe musical :
« Musikalischen Ehrenpforte, » comme un des
meilleurs compositeurs de son temps. Y.
ANGERMANN ( Frédékic) , professeur de
chant, né à Wusterhausen , a beaucoup écrit sur
son art dans les journaux de musique de Berlin
et publié un ouvrage tliéorique dont le titre
m'est inconnu. Il est mort le 13 mars 18.56.
Y.
ANGIOLIIVI ( ) , compositeur et cho-
régraphe italien , était attaché au théâtre de la
Scala, de Milan, comme maître de ballets , vers
la fin du dix-huitième siècle. On lui doit les
scénarios d'un grand nombre d'ouvrages de ce
genre, dont il écrivait parfois aussi la musique ,
ainsi qu'on peut le voir par le catalogue dressé
par M. Cambiasi sous ce titre : Rappresenta-
zioni date nei reali teatri di Milano, 1778-
1872. Voici la liste de ceux de ces ouvrages
dont il composa la musique : 1" Demofoonte,
1780; 2° Divertissement , 1780; 3° Solhnano,
1781 ; 4° gli Scherzi, 1781 ; 5° il Trionfo d'a-
more, 1782; &° il Diavolo a quatlro , 1782;
7" l'Amore al cimento, 1782; 8" Dorinna e
Vuomo ielvatico , 1789; 9" Amore e Psiche ,
1789.
*ANGLEBERT (Jean-Baptiste-Henri
d'), claveciniste de la chambre de Louis XIV,
naquit vers 1628, car il était âgé de soixante-
trois ans lorsqu'il mourut à Paris le 23 avril
1691. Il avait épousé le 12 octobre 1659 une
demoiselle Madeleine Champagne, qui lui donna
une fille et plusieurs fils, dont l'aîné portait les
mêmes prénoms que son père et eut Lully pour
parrain. D'Angleberl fut d'abord organiste du
duc d'Orléans , après quoi il devint « ordinaire
de la musique de la chambre du Roy pour le
clevecin » en même temps que « joueur d'épi-
nette de la chambre de Sa Majesté » en sur-
vivance (1).
AI\GLEBERT (Jean-Baptiste-Henri d'),
fils du précédent, naquit à Paris le 5 septembre
1661. Claveciniste comme son père, il fut sans
doute son élève, et lui succéda dans la charge
de claveciniste de la chambre du roi, qu'il occu-
pait encore en 1699. J'ignore la date de sa mort,
et je ne sais s'il a publié quelques compositions.
ANGLEBERT (Jean-Henri d'), frère ca-
(1) Ces renseignements sur la famille des d'Anglebcrt
sont extraits du Dictionnaire critique de biographie et
d'histoire de Jal, d'après les documents authentlquis
cités par cet écrivain.
BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. âUPPL, —
17
det du précédent , fut aussi claveciniste. Je ne
connais pas la date précise de sa naissance ,
mais il était âgé de quatre-vingts ans lorsqu'il
mourut à Paris le 9 mars 1747.
ArVGLOIS (LuiGi), musicien italien, né à
Turin le 25 octobre 1801, était fils d'un contre-
bassiste renommé, Giorgi Anglois, se fit lui-
même une grande réputation par son talent
d'exécution sur la contre-basse , et donna avec
succès des concerts à Paris, à Londres, à Lis-
bonne et en Amérique. Cet artiste, qui a laissé
une Méthode estimée pour son instrument, est
mort à Turin le 24 avril 1872.
AIVIGIllIM (Francesco), compositeur, pro-
fesseur à l'Institut royal de musique de Florence,
s'est fait remarquer à plusieurs reprises dans les
concours ouverts par M. le docteur Basevi pour
la composition d'oeuvres de musique de cham-
bre, principalement de quatuors pour instru-
ments à cordes. Plusieurs des quatuors présen-
tés par M. Anichini dans ces concours ont
obtenu des récompenses , mentions honorables,
seconds ou premiers prix (1862, 1863, 1865), et
l'un d'eux a été publié en partition par l'éditeur
M. Guiiii , de Florence, dans sa jolie collection
d'éditions de poche. M. Anichini a publié aussi
diverses autres compositions , entre autres un
Ave Maria à 4 voix (Milan, Ricordi), et un
Requiem à grand orchestre.
AI\JOS (DOS). Au compositeur portugais
de ce nom, Dionisio dos Anjos, mentionné dans
la Biographie universelle des Musiciens, il
faut ajouter Luiz dos Anjos et Simdo dos An-
jos. Le premier jouissait .d'une grande réputa-
tion à Lisbonne vers le commencement du dix-
liuitième siècle; le second fut un des disciples
distingués du célèbre Manoel Mendes.
J. de V.
ANNA (le P.DoMiNcos de SANT), com-
positeur portugais, né en 1722, était en 1755
Cantor-Mor du couvent de la Trinité à Lis-
bonne, et fut enseveli sous les ruines de ce cou-
vent lors du grand tremblement de terre qui
détruisit la ville (1755). On louait beaucoup son
talent sur la basse (rabecâo). Un autre religieux
du [même couvent , frère Joaquim de SanV
Anna, eut le même sort; il chantait fort bien,
et jouissait d'une grande réputation comme or-
ganiste. Les deux orgues du couvent de la Tri-
nilé^étaient des instruments magnifiques et n'é-
taient surpassées que par celles du couvent de
Notre-Dame de Grâce , qui en possédait trois.
Chacun de. ces instruments .n'avait pas coûté
moins_de 25,000 cruzados en 1569!
J. DE V.
* AMNUNCIAÇÂO (le Fr. Gabriel da ) ,
T. I. 2
18
ANNUNGIAÇÂO — APOLLOiNI
musicien portugais, né en 1G81 à Ovar, où il fit
ses études musicales , entra dans l'ordre de
S. François en 1706. Il acheva ses études à Lei-
via, et occupa ensuite des places importantes
dans les couvents de son ordre à Coimbre , à
Porto, et en dernier lieu à Lisbonne, où il vi-
vait encore en i'il. La Biographie univer-
selle des Musiciens n'a pas mentionné les com-
positions de cet artiste, qui sont tièsnom-
breuses, et qui comprennent des Mesies, des
Antiennes, des Motels, etc. Elle n'a pas cité non
plus son Mnnual e Cérémonial do Canto.
On itjnore , du reste, si cet ouvrage a été pu-
blié. (Pour le reste, \. Musicos Porttfguezes,
t. I'"", page 10.) Un autre musicien du môme
nom , Philippe da ÀnnuHCiaçào , vivait vers le
milieu du dix-huitième siècle à Coimbre, où il
exerçait les fonctions de chanoine dans le célè-
bre couvent de Santa- Cruz (S. Agostinho). Son
talent d'organiste était tiès-estimé. On a de cet
artiste : Acompanliainentos para Orydo ; de
llymnos, Missas, e ttido o mais que se cuuta
no coro dos Conegos Hcguhires Lateranenses
daCongr. Re/ormada deS. Cruz de Coimbra,
Compostas pelo R. D. Ph. da Anniinciacdo,
Conego regidar da mesma Congregaçào.
Anno de 17 j4, gr. in i". L'auteur de cette notice
possède le manuscrit original de cet ouvrage ,
qui n'a pas été imprimé. Les exemples en sont sa-
vamment écrits, et Ton y reconnaît l'inlluence du
stvie de Manuel Rodrigues Coeliio {yoijez ce
nom) et de ses Flores de Mtisica. J. nK V.
* ANSIAUX (Ji:\N-HLi$KiiT-JosF.r'ii). L'ou-
verture de l'Apothéose de Grélry, due à cet ar-
tiste, n'était i)as une simple ouverture de con-
cert; elle faisait partie d'un ouvrage lyrique en
un acte, portant ce titre, et dont la première
représentation eut lieu le jour de l'inauguration
•lu nouveau théâtre de Liège, en novembre
1820. Ansiaux est aussi l'auteur d'une cantate
intitulée la Fête de Sainte-Cécile , et il a écrit
un assez grand nombre de morceaux importants
pour orchestre et pour harmonie militaire.
ANTHIOME ( Elcknf.-JeanBu'tiste),
professeur et compositeur, est né à Lorient le
19 août 183ti. Admis au Conservatoire, d'abord
dans la classe d'harmonie écrite de M. Elwart,
puis dans la classe d'orgue de M. Benoist , il
obtint un second accessit d'harmonie au con-
cours de 1836. Devenu tui peu plus tard élève
de Carafa pour la fugue et la composition, il se
présenta en 1861 au concours de l'Institut et ob-
tint le premier second grand prix de composition.
Nommé en 1863 répétiteur d'une classe d'é-
tude du clavier au Conservatoire, M. An-
Ihiome , qui occupe encore aujourd'hui cet em-
ploi , a fait représenter au petit théâtre des Fan-
taisies-Parisiennes, le 6 mai 1866, une opérette
en un acte, intitulée : Semer pour récolter,
et le 3 février 1876, aux Folies -Bergère, un
autre petit ouvrage du même genre : le Dernier
des Chippeways. II a publié quelques compo-
sitions légères, entre autres une suite de mor-
ceau.\ de piano intitulés 6 Croquis d'album,
Paris, Grus.
AIV'TOLISEÏ ( ). compositeur italien,
n'est encore connu que par la musique de deux
farces en un acte qu'il a fait représenter, an
mois dejuilli't 1875. sur le théâtre de Cingoli.
I^'un de ces petits ouvrages était intitulé i Due
Metaslasiani , le second avait pour titre Li-
setla.
ANTOXIETTI { ), compositeur
italien, a fait représenter à Taganrog, au mois
de janvier 1872 , un opéra intitulé il Franco
Bersagliere.
AXÏOXIl (Giov\N.M-B.\TTisT\) , frère de
Pietra degli .Vutonii, fut un organiste renommé.
Élève de Giacomo Predieri , il a publié diverses
conqiositions juiur violoncelle et clavecin , vio-
lon et violoncelle, des ballets, courantes, gigues
pour trois instruments, et des ver.sets pour l'or-
gue. Va\ 108i, il fut admis au nombre des mem-
bres de l'Académie des Philharmoniques de Bo-
logne.
AKTOMO (le Fr. JosKDK SAMO), théo-
ritien portugais, a puldié un petit traité de mu-
sique : Elemenlos de Musica, Lisbonne, Antonio
Vicente da Silva (imprimeur ou éditeur?), 1761,
in-4" de 16 pages. Ce traité , qui est signé avec
l'anagramme de l'auteur -. Frazenio de Soyto
Jpnalon, est rare La Bibliothè(|ue du couvent
de Jésus , à Lisbonne , en possédait un exem-
plaire. J. DE V.
AOUST (le marquis Jlles d'), composi-
teur amateur, né vers 1825 , s'est fait connaître
par un certain nombre de mélodies vocales et
par la musique de deux opérettes en un acte :
l'Amour voleur, exécutée dans im salon en
1865, et la Ferme de Miramar, représentée
dans un concert donné .au théâtre de l'.Vfhénée le
11 avril 187'i.
* APOLLOXI (Gicseppe) , compositeur
dramatique italien, est né à Vicence, et non
dans le royaume de Naples, comme il a été dit
par erreur. Outre l'Ebreo et Pielro d'Albano,
cet artiste a fait re|!résenter plusieurs autres
opéras, parmi lesquels Adelchi (Venise , th. de
la Fenice, 1856 ou 57;, il Conte di Koenigs-
bcrg ( Florence, th. delà Pergola, 17 mars
1866), et Gustavo Wasa (Trieste, th. Com-
munal, décembre 1872). Bjen qu'ils aient été ac-
APOLLON! — AH.VUJO
i9
■cueillis avec assez de faveur, aucun de ces ou-
vrages n'a retrouvé le succès éclatant qui avait
signalé l'apparition de V Ebreo, et qui avait fait
faire à cet opéra le tour triomphal de l'Italie
entière. C'est que le public, qui avait été tout
à la fois étonné et charmé de la vigueur et de
labondauce d'inspiration qui distinguait cette
partition, n'a plus retrouvé ce Ilot mélodique
dans les œuvres que l'auteur lui offrit par la
suite ; et couinie M. Apolloni est surtout un mu-
sicien d'insîinct, dont le savoir est alsolument
•insuffisant et dont l'instruction manque de so-
lidité, il n'a pas pu renouveler son talent et s'est
vu dans riinpossihililé d'écrire, au point de vue
<le la forme et de la facture, une œuvre d'un mé-
rite sérieux et durable.
APTOALMAS , nom de deux harpistes an-
glais, tous deux compositeurs pour leuriuslru-
ment, nés à Bridgend , l'un en 1S26, l'autre en
1829. L'un d'eux a fait un voyage en Améri-
que, d'où il cU revenu à Londres en 1802; il
vint l'année suivanle à l'aris donner quelques
concerts, dans lesquels sou double talent de
viituose et de compositeur fut très-apprécié ,
rpuis il retourna à Londres, oii il retrouva ses
succès passés et continua de se livrer à l'ensei-
gnment. Le jeu de cet artiste, qui est élégant,
fm et plein de grâce , présente cette particula-
rité que le virtuose, au rebours des harpistes
ordinaires, exécute la partie de chant avec la
main gauche, et celle de la basse avec la main
droite.
ARAGO (M'"^ ViCTonu) , compositeur, s'est
fait connaître par la publication d'un certain
nombre de romances, dont plusieurs ont obtenu
du succès. Sous le règne de Louis-Philippe, à
l'époque où ce genre de compositions jouissait
encore de toute sa vogue, M""" Victoria Arago,
comme Clapisson, comme Masini, comme Fré-
déric Bérat, comme M. Pau! Ilenrion, publiait
chaque année, chez l'éditeur Meissonnier, un
albimi de romances que le public accueillait avec
faveur.
* ARAIVDA (Mathkis de), musicien por-
tugais ou espagnol, futnommé professeur de mu-
sique à l'Université du Coimbre par une résolu-
tion du 26 juillet 15'ii. La chaire de musique
date du temps même de la fondation de l'Univer-
sité (1290). Aranda était en même temps maître
de chapelle de la cathédrale de Coimbre. Il pa-
raît qu'il avait occupé auparavant les mêmes
fonctions à la Se (cathédrale) de Lisbonne. Il a pu-
blié un Tralado decantolluno ycontrupnuto
por Matheo de Aranda , Maestro de C'apiUa
de la Se de Lixhoa. Dirigido al illustrissimo
.seùor D. Alonso cardenal infante de Por-
tugal, Arçobispo de Lixboa y obispo de Eoora,
Comendulario de Alcobaça. Com priiilegio
real. Lisbonne 1533 , GermanGallarde, in-4" de,
1V-14j pages (non numérotées). La partie rela-
tive au c««/o;/«>io (plaiu-chant ) comprend 14-71
pages , celle relative au contrapunto 1Y-6G
pages. Toutes les deux sont impiiinées en ca-
ractères gothiques. Fétis n'a pas vu ce traité, qui
est excessivement rare, et le titre qu'il en donne
est incomplet ; d'ailleurs, il suppose qu'Aranda fut
un musicien espagnol , jugeant d'après le titre de
son ouvrage. On n'est pas encore fixé sur la na-
tionalité de cet artiste. J. de V.
AUAKGUREN (Josi:) , pianiste et profes-
seur espagnol, est né à Bilbao le 25 mai 1821.
Il étudia le solfège et le piano sous la direction
de Nicolas Ledesma , maître de chapelle et or-
ganiste en cette ville , et le violon avec Fausto
Sanz. En 18 i3, il se rendit à Madrid dans le but
d'y étudier la composition, et y devint^ de 1814
à 1848, l'élève de M. Hilarion lislava. M. Aran-
guren se livra ensuite à renseignement , et pu-
blia eu 18.55 une Métliode de piano dont on a
fait cinq éditions, en 1861 un l'ronluario para
los Gantantes é insirmnentistas , et un Traité
complet d'harmonie élémentaire. Ces divers
ouvrages ont paru chez l'éditeur Romero y An-
dia. M. Aranguren, à qui l'on doit encore un
grand nombre de compositions religieuses esti-
mées, est professeur auxiliaire d'harmonie au
conservatoire de Madrid depuis le 2 mars 1807.
* ARAUJO (Fkvncisco Coruêa de), orga-
niste remar(]uable et compositeur pour son ins-
trument. Son nom s'écrit aussi Arauxo; Araujo
en est la forme moderne. Presque tous les au-
teurs qui se sont occupés de cet artiste ont été
mal renseignés. C'est surtout à propos de son
ouvrage sur l'orgue que les erreurs se sont
multipliées; aucun n'en a donné le titre exact :
Libro de tlentos y discursos de musica prac-
tica y theorka de organe, inlilulado Factil-
tad organica : con el quai , y cpn moderado
estudio y perseverança qtcalquier mediano
tancdor puedc salir aventajado enella; sa-
bicndo dcslramenlc cautar, y sobreiodo te-
niendo bueii natural, Alcala, Antonio Ar-
nâo, 1020, in-fol. de Y-204 feuilles , dont 26
pour le texte et le reste en exemples de musi-
que. Cet ouvrage, aussi rare que celui de Coelho
(F. ce nom), et d'ailleurs très- bon , ne peut ce-
pendant lui être comp.iré. J'ai combattu ( Musi-
cos portugnezes, 1. 1, p. 13) l'opinion de M. Es-
\d\ai {Miiseo organico espaùol) à propos de la
nationalité de Correa de Araujo. Ces deux noms
sont portugais .Arauxo est la forme ancienned'A-
raujo, comme Corréa est la forme ancienne d«
20
ARAUJO — D'ARCAIS
Corieia; ces deux noms sont encore très en
usage en Portugal, tandis qu'ils sont fort rares en
Espagne. On a peu de renseignements sur fa vie
de cet artiste distingué ; il a été organiste de l'é-
glise de S. Salvador à Séville, remplit successi-
vement plusieurs fonctions importantes dans la
hiérarchie ecclésiastique , et.finit par occuper l'é-
vêché de Ségovie. Araujo appartenait à une fa-
mille très-distinguée; il naquit vers 1581 , et
mourut dans un âge avancé, en 1663. Araujo
avait écrit .deux ouvrages •• Casos morales de
la musica, et un Uvre : De Versos (probable-
ment un recueil de pièces variées ) dont il
parle dans son Libro de tientos ; mais ces ou-
vrages n'ont pas été publiés. Le premier exis-
tait en manuscrit dans la célèbre bibliothèque de
musique du roi D. Jean IV, ainsi qu'une quantité
àtPsalmos, Motetes t\ Vilhancicos.
J. bEV.
ARBAIV ( Joseph-Jevn-Baptiste-Laurent),
virtuose sur le cornet à pistons et chef d'orches-
tre, naquit à Lyon le 28 février 1825. Admis au
Conservatoire, dans la classe de trompette <le
Dauverné, au mois de décembre 1841, il obtint
le second prix de trompette au concours de
1844 et le premier l'année suivante. C'était l'é-
poque où le cornet à pistons faisait fureur ;
adoptant cet instrument, M. Arban se fit bientôt
remarquer dans les concerts par son jeu brillant
et facile, et obtenait surtout des succès par ses
triples coups de langue. Lors de la création
des concerts de M. Musard fils au boulevard des
Capucines, en 1856, sa vogue fui très-grande.
Peu de temps après, un entrepreneur, ayant fondé
le Casino-Cadet, confia à M. Arbau la direction
de l'orchestre de cet établissement, dans lequel
oB donnait alternativement des bals et des con-
certs de musique légère. Cet artiste se fit alors
une réputation de chef d'orchestres de bals, et
dirigea tour à tour ceux du Casino, de Valentino,
de Frascati, et même de l'Opéra, lors de la re-
traite de M. Strauss et jusqu'à l'incendie de la
salle de la rue Le Peletier.
Le 8 juin 1857, M. Arban avait été nommé
professeur de la classe de saxhorn ouverte au
Conservatoire pour les élèves militaires-, le
r'^ février 1869, une classe régulière de cornet à
pistons étant créée dans cet établissement, il en
fut nommé titulaire, et M. Maury le remplaça
dans celle de sax-horn. Depuis lors, il a donné
sa démission. M. Arban a publié une Grande
Méthode complète de cornet à pistons et de
sax-horn (Paris, Escudier), et un Extrait de
cette méthode (id., id.). On lui doit aussi un
grand nombre de fantaisies et morceaux de
concert pour le cornet à pistons (entre autres
quinze fantaisies sur les opéras de Verdi, publiées
chez l'éditeur Escudier), et une quantité consi-
dérable de morceaux de musique de danse,
polkas, polkas-mazurkas, schotischs, quadril-
les, etc., pour piano ou pour orchestre, presque
tous écrits sur des motifs d'opéras en vogue.
* ARCADELT (Jacques). Outre les éditions
citées du premier livre des madrigaux de ce grand
musicien, il en faut mentionner une, qui sérail
vraisemblablement la quatrième , puisqu'elle est
datée de 1544 : // primo libro de' Madrigali
d'Archadelt a quattro voci, con nuova gionta
xiltimamente impressi (Venetiis, apud Hiero-
nyrnum Scotum, 1544). Cette édition contient 56
madrigaux, c'est-à-dire trois de plus que les pré-
cédents ; les paroles de deux d'entre eux sont de
Michel-Ange ; aussi ces deux derniers ont-ils été
publiés de nouveau à Florence, en 1875, à l'oc-
casion des fêtes du centenaire de ce grand homme,
I)ar les soins et avec un commentaire de M. Leto
Pulili. (V. ce nom.)
ARCAIS (Francesco, marquis d'), critique
musical italien et compositeur, né vers 1830, est
issu d'une ancienne et noble famille de Sardaigne,
aujourd'hui déchue de sa splendeur passée. Il a
fait de bonnes éludes musicales, et depuis près
de vingt ans est chargé du feuilleton musical et
dramatique du journal politique ropiniowe, l'un
des plus estimés de toute l'Italie ; il a suivi ce
journal dans ses pérégrinations diverses , de
Turin à Florence, puis de Florence à Rome, et il
y donne tous les lundis un feuilleton très-lu, tout
en faisant chaque jour une petite chronique des
théâtres. Artiste délicat, homme instruit et de
bonne compagnie, M. d'Arcais a le talent de se
faire lire et comprendre de tout le monde ; ses
articles, écrits dans une langue claire et facile,
sont des modèles d'urbanité et de bon goût. Mal-
heureusement, le tempérament musical de
M. d'Arcais est un peu arriéré, et reste rebelle
non-seulement à toute manifestation artistique
im peu audacieuse, mais encore à toute espèce
de nouveauté et de progrès. Le critique est un
ultra-Italien, et un Italien du passé, un peu
confit dans ,les formules et dans les moules
classiques, et se laissant trop volontiers guider par
le courant paresseux de l'opinion, au lieu de cher-
cher à la guider lui-même et à lui inspirer l'amour
delà liberté et de la personnalité dansl'art . Partisan
acharné de la vieille école italienne, M. d'Arcais ne
s'est pas borné à faire à M. Richard Wagner et àses
œuvres une guerre sans merci, refusant au musi-
cien allemand toute espèce de qualité et de faculté
musicale ; il a encore pris à partie M. Gounod,
et a constamment nié la valeur de Faust, décla-
rant tout d'abord que l'œuvre n'était pas viable
D'ARCAIS — ARDITI
21
el s'obstinant dans son opinion, même quand
Faust, acclamé dans toute Tltalie, comme il l'a-
vait été en France et en Allemagne, eut été
joué partout, jusque dans les plus petites
Tilles de l'île de Sardaigne, sa patrie. En un
mol, M. d'Arcais, dont le jugement est très-
sain lorsqu'il n'a à s'exercer que sur les œuvres
italiennes dont le genre se rapporte à ses préfé-
rences, manque de cet éclectisme vigoureux,
large, ouvert, sans lequel la critique court le
risque de ne pas survivre au moment qui l'a vu
naître.
M. d'Arcais, qui est un des collaborateurs
actifs de la Gazzelta musicale, de Milan, s'est
essayé comme compositeur, et par trois fois,
mais sans succès, a abordé le théâtre, avec
de petits ouvrages bouffes: i Due Preccttorl,
représenté il y a une quinzaine d'années; Sga-
narello , donné au tbéâtre Re, de Milan, au
mois d'avril 1871 ; enfin, la Guerra amorosa,
petit opéra à deux personnages, joué à Florence.
Il a écrit aussi une messe funèbre, qui a été ac-
cueillie favorablement par la presse, et je crois
qu'il a publié quelques romances et mélodies
vocales. Parmi ces dernières, je signalerai sur-
tout une composition importante, PAddlo del
Condannato, scène dramatique pour voix de
baryton, dédiée au chanteur Aldighieri el publiée
à Turin, par les éditeurs Giudici etSlrada.
ARCIIAMBEAU (Jean-Michel d'), orga-
niste et compositeur belge, né à Hervé (province
de Liège), le 3 mars 1823, reçut d'abord des le-
çons de piano el de violon de son père, puis
devint élève de D. Goffin et de Joseph Massarf.
Il étudia ensuite l'harmonie et le contre-point
dans les traités de Cherubini, de Catel et de
Fétis, et à peine âgé de quinze ans il devint pro-
fesseur de musique au collège de sa ville natale.
Dix ans après, il fut nommé organiste à Petit-
Rechain,et il occupait encore ce poste en 1862.
M. d'Archambeau , qui a fait représenter en
1859, sur le théâtre du Gymnase de Liège, une
opérette dont j'ignore le titre, a publié plusieurs
compositions de divers genres : 2 messes solen-
nelles à 3 voix d'hommes, avec accompagnement
d'orgue ; 12 litanies ; 7 motets ; des romances
sans paroles pour piano, et beaucoup de mor-
ceaux de musique légère. — Le frère de cet
artiste, M. Edouard d''Ârchamb eau, né à Hervé
le 8 décembre 1834, commença l'étude du piano
avec son frère, puis devint, au Conservatoire de
Liège, élève de Ledent et de Wanson, et obtint,
en 1852, un premier prix de piano et un second
prix de violon. Il a publié quelques compositions
pour le piano.
ARDITI (le marquis Michèle), compositeur
italien, probablement amateur, naquit en 1745,
et fit représenter à Naples un opéra sérieux,
VOlimpiade, écrit sur le poème de Métastase qui
a servi à tant d'autres compositeurs. Je ne
connais pas d'autres œuvres de cet artiste, qui
est mort en 1838, âgé de quatre-vingt-treize ans.
ARDITI (Lligi), violoniste, chef d'orchestre
et compositeur, est né à Crescentino (Piémont),
le 22 juillet 1822. Il fit ses études musicales au
Conservatoire de Milan , où il entra le 17 mars
1836 et d'où il sortit le 6 septembre 1842, après
y avoir écrit et fait représenter un opéra en deux
actes intitulé i BrignnU. Il se produisit d'abord
comme virtuose, en donnant des concerts à Va-
lèse, à Novare, à Voghera, fut engagé ensuite
comme chef d'orchestre à Verceil, puis remplit
les mêmes fonctions à Milan et à Turin, et enfin
recommença à donner des concerts, en compa-
gnie du fameux contrebassiste Bottesini {voyez
ce nom), jusqu'au moment où il signa un enga-
gement comme chef d'orchestre et concertiste
pour le théâtre de la Havane. De la Havane il se
rendit à New York, où il devint chef d'orchestre
de l'Académie de musique, théâtre pour lequel il
écrivit un grand opéra sérieux, la Spia, qui fut
chanté par M"'° Anna de La Grange, MM. Brignoli
et Morelli, Après avoir passé quelques années en
Amérique, M. Arditi fut appelé à Constantinople,
puis, M. Lumiey l'ayant attiré à Londres, il prit
la direction de l'orchestre du Théâtre italien de
cette ville, où il obtint de grands succès. C'est à
Londres qu'il commença à publier toute une
série de mélodies vocales, qui furent accueillies
avec la plus grande faveur, entre autres celle
intitulée Oinaggio alla Bosio, et la fameuse
valse il Bacio, qui fut le triomphe de M'" Pic-
colomini, et que M""*^ Palti contiibua ensuite à
faire devenir populaire. Depuis lors, M. Arditi
n'a guère quitté Londres, où il se livre à l'en-
seignement, et où, dans ces dernières années,
il était directeur d'une grande enlreprisede con-
certs (1). Parmi les mélodies de M. Arditi qui
ont obtenu le plus de succès, il faut citer l'Orolo-
gio ; Kellog , valse chantée ; Capriccio-Ma-
zurka; VArdita, valse chantée; il Bacio, id.;
la Stella,ià.;la Farfalletta, mazurka chantée ;
Boléro ; la Tradita ; Forosetla, tarentelle chan-
tée; VIncontro, valse chantée; Tréma, o vil!
duo dramatique pour soprano et contralto ; Vuole
am,or un giovin cor, rondo, etc. M. Arditi a
publié aussi un certain nombre de compositions
pour le violon, parmi lesquelles je citerai : il
(i) Au moment oii cette notice est écrite (novembre
1875), M. Arditi dirige encore,autliéâtre deCovenl-Garden,
des promenades concerts qui;obticnnent un grand succès
22
ARDIÏI — D'AHNEIRO
Trovutore, fantaisie brillante, avec accompa-
gnement de piano ,■ Norma, caprice, id.; i Due
i*"05can, fantaisie, id.; Souvenir de Donizetli,
fantaisie, id.; sclierzo liriliant sur divers cliaiits
américains, id.; sclierzo brillant ponr deux vio-
lons, id., etc., etc.
A RENDS (Llopold), né le T"" décembie
1817 à Raliiski, dans le cercle de Wilna, est
connu dans le monde musical par un ouvrage
intitulé : Veber den Sprachgesang der VorzeU
und die llersidlbarkeit der allhebra'ischen
Vocalmusik : Du langage chanté des anciens
et de la restauration de l'ancienne inusique
vocale des Hébreux (Berlin, 1867).
Y.
* ARKTI.XUS (Pail). A la liste des com-
positions de cet arfi.ste, il faut joindre le recueil
suivant : Libro primo delli madrigali croma-
tici ci mcsser Paolo Aretino (Venetiis, apud
Hieronyinum Scufnin, 1 j'i9).
ARGILLIKRES (Rocn n), facteur d'or-
gues, vivait en .Normandie dans la seconde
moitié du seizième siècle. II fut l'un des fonda-
teurs (lu puy de musique érij;é à Évreux, en
1570, en rbonnour de Sainte-Cécile, et s'engagea
à « raccorder » les orgues à chaque solennité de
cette institution.
ARIE\ZO (Nicoi.A »'), compositeur distin-
gué, est né à Naples le '>'» décembre 1S43. Élève
de Pietro Labriola pour le piano et de Vincenzo
l'ioravanti pour l'iiarmonie et le contre-point, il
n'était âgé que de seize ans lorsqu'il lit ses débuts
de compositeur dramatique en donnant, au théâ-
tre Nuovo, au mois de juin ISGO. l'opéra bouffe
en dialecte napolitain intitulé : Monzù Gnozio
o la Fidanzata del Parrucchierp,qm fut tiès-
bien accueilli. -Au mois de février 18G4, il se pro-
duisait à la fois comme compositeur et comme
virtuose, en faisant entendre dans un des con-
certs du cercle Bonamici, un trio en ul majeur.
En février 18C6, il donnait au IhéAtre Bellini un
nouvel opéra en dialecte, avec dialogue, i due
Mariti, qui fut reiiroduit en 1871, au nouveau
théâtre Re de Milan, traduit en italien, avec des
récitatifs remplaçant le dialogue. Il lit représenter
ensuite le Rose LXaples, th. Bellini, février
1868) ijl Cacciatore délie Alpi (2 actes, Naples,
23 juin 1870) ; et il Cuoco (3 actes, Naples, th.
Rossini, Il juin 1873). M. d'Arienzo, qui est au-
jourd'liui professeur d'harmonie et de composi-
tion à YAlbergo de' Poveri et au collège de mu-
sique de San Pietro a Majella, de >'aplcs, s'est
fait connaître encore par diverses autres œuvres :
il a obtenu de la Società del Quartetto de Mi-
lan, en 181)9, un second prix pour quatre Noc-
turnes à *i, 3 et 4 voix ; il a fait exécuter à
Rome, en 1871, un Pensiero sinfonico, dont
une réduction pour le piano à 4 mains a été pu-
bliée à Milan, chez Lucca; enfin, il à publié un
grand nombre de compositions pour le chant,
ainsi qu'un manuel intitulé Elementi di letiura
musicale (Naples, Coftrau). 11 a en portefeuille
un opéra sérieux, Rita di Lister, écrit sur
un poème de son oncle, M. Marco d'Arienzo, un
opéra bouffe, i Viaggi, et une grande cantate
sacrée pour soli, chœur et orchestre, il Cristo
sulla croce.
ARMIA'GAUD (J ), violoni.ste fort dis-
tingué, né vers 1824, s'est acquis à Paris une
réputation méritée par le talent dont il a fait
preuve dans les séances de musique de chambre
qu'il donnait en compagnie de MM. Léon Jac-
quard, Edouard Lalo et Mas. Cette société de
quatuors, que M. .Vrmingaud organisa vers 18."Jà
et dans laquelle il tenait la partie de premier
violon, était certainement une des meilleures de
Paris au point de vue de l'ensemble et de la fer-
meté de l'exécution, et M. Armingaud y brillait
particulièrement par la grâce de son jeu, la soli-
dité de son style et la belle qualité de son qu'il
lirait de son instrument ; elle s'est augmentée
et transformée, par l'adjourtion de quelques
instruments à vent, et a pris depuis lors le titre
de Société classique. Cet artiste modeste et re-
marquable', qui s'est fait applaudir aussi dans
des concerts particuliers, a publié un certain
nombre de morceaux de violon, avec accompa-
gnement de piano : Aubade; Sérénade, op. 9,
Paris, Gérard; Villanelle, op. 10, id., id.;
Chanson vénitienne, id., id.; et différentes fan-
taisies sur des motifs d'opéras célèbres, ainsi que
quelques mélodies vocales.
* ARXAUD (l':TiENNE),est mort à Marseille
au mois de janvier 1863, des suites d'une Ihixion
de poitrine. Cet artiste avait publié plus de deux
cents romances, dont la plupart, empreintes d'un
joli sentiment, eurent de véritables succès.
ARiXElUO (Jo.si;-AuciSToI-ERRi:iRA VI£I-
GA, vicomte d'>, dileltanteet compositeur portu-
gais, appartient à une famille qui s'est distinguée
dans la musique. Ses frères sont des amateurs
plus ou moins habiles, fort bien vus dans les sa-
lons lie Lisbonne, et l'un d'eux, M. Joâo ler-
reira Veiga, a obtenu des succès sur plusieurs
scènes d'Italie; je l'ai entendu il y a quelques
années à Porto, et j'ai pu constater qu'il pos.sé-
dait une voix de baryton fort agréable, quoique
manquant un peu d'accent et d'énergie sur la
scène; son extrême embonpoint nuisait d'ailleurs
beaucoup à l'effet dramatique, et il a dû, [ilus
tard, renoncer au fhéâlre.
M. le vicomte d'Arneiro, fils d'un père Por-
D'AliXElRO
23
tugais el d'une mère Suédoise, est né à Macao,
en Chine, le 22 no\einbie 1838. Après avoir fait
et achevé ses études de droit à Coiinbre, il reprit
avec ardeur, en 1839, les éludes musicales qu'il
avait commencées à l'âge de huit ans : il appiit
l'harmonie avec le professeur ]\Ianoel Joaquim
tJolelho, artiste de l'orchestre du théâtre San-
Carlos, de Lisbonne, étudia le contre-point et la
fugue avec Vicente Schira, chef d'orchestre du
même théâtre, et eut pour maître de piano j'ha-
hile virtuose Antonio José Soares, maître de
chapelle de l'ancien Séminaire patriarcal. Le."! es-
sais de composition de M. d'Arneiro qui. datent
de celte épo(iue sont très-nombreux, el consis-
tent en pièces d'orchestre, entr'actes, morceaux,
romances, duos, auxquels il faut ajouter une
petite comédie : A Quesiâo do Oriente, jouée
avec succès sur le théâtre Académique , une
messe en sol majeur à quatre voix avec accom-
pagnement d'orgue, et plusieurs autres mor-
ceaux de musique religieuse. Lue partie de ces
travaux, notamment ceux qui datent d'a|)rès
1859, ont été enregistrés aux archives de la So-
ciété des auteurs et compositeurs dramatiques
de Paris. En mars 18G0, M. le vicomte d'Ar-
neiro fit représenter au lliéi\tre San-Carlos un
ballet fantastique en un acte et trois tableaux, in-
titulé G?.'m, dont le scénario lui avait été fourni
par M. Luigi Arcieri, et dont le principal lôle
était fort bien tenu par M»' Lamarre. La mu-
sique de cet ouvrage fut très-applaudie, el l'on y
remarqua, outre des idées originales et en maint
enilroit empreintes de poésie, ime facture soi-
gnée et un sentiment délicat des effets d'orches-
tre ; on jugea que c'était là, en somme, une œu-
vre de mérite, et. l'on attendit l'auteur à d'autres
épreuves plus décisives.
Ce fut seulement en 1871 que le compositeur
présenta son ouvrage le plus important, son
grand Te Z>eum, exécuté dans l'église de St-Paul,
à Lisbonne, lors de la fête de Notre-Dame de
la Conception. Malheureusement, l'exécution en
était confiée à une société d'amateurs, qui ne
sut pas faire ressortir toute la valeur de la parti-
tion, les difficultés de celle-ci étant d'ailleurs
très-grandes, tant pour l'orchestre que pour les
chœurs. Dos am.iteurs aussi étaient chargés des
soli, et un seul d'entre eux, le lénor Gazul
(alors premier Aiolon à l'orchestre du théâlre
San-Carlos), se distingua. TaCS chœurs surfout
furent très- faibles, car à Lisbonne, comme dans
tout le Portugal, tout enseignement choral fait
complètement défaut. L'orchestre, auquel étaient
mêlés quelques artistes de celui de San-Carlos,
se conduisit mieux. Plus lard, on reproduisit
dans un concert de bienfaisance donné à San-
Carlos (mai 1871) les pièces les plus iinporfanles
de ce grand Te Deum. Je ne puis parler de celte
seconde audition, n'y ayant pas assisté, mais j'ai
entendu dire qu'elle avait été [ilus satisfaisante.
Peu de temps après la première exécution, M. le
\icomte d'Arneiro me fit la bonne gi Ace de me
prêter .sa partition pour en rendre compte. Obligé
de quitter Lisbonne à l'improviste, je ne pus
alors m'acquitter de ma tSche ; mais je tiens à
rendre justice , ici, à son œuvre si remarquable,
et je n'exagérerai pas en disant que depuis Bon-
tempo on n'a lien produit en Portugal d'aussi
important que ce Te Deum. Après la mort de ce
maître illustre , les musiciens portugais sem-
blaient n'avoir d'autre préoccupalion que de ra-
baisser de |)lus en (dus la musique d'église ;
déjà, de son vivant, Casimiro et ses imitateurs
avaient donné le coup de grâce à cet art admira-
ble, et les canevas sur des thèmes d'opéras ita-
liens, les soli aux variations de petite llùte, les
duos, trios, etc., construits sur des thèmes de
contredanse, faisaient les délices des amateurs de
Lisboime. Chaque jour voyait naître de nou-
veaux imitateurs de Casimiro , qui se moquaient
à qui mieux mieux de Bontempo et de son
style sévère. Après la mort de Casimiro lui-
même on se tut, l'épuisement devint complet,
manifeste; c'est ainsi qu'en Portugal on a pres-
que oublié jusqu'à l'existence de la musique
religieuse, tant nationale qu'éfran;:,ère. Je n'ai
pas entendu les O'uvres de M. Miguel Angelo
Pereira , de Porto, auteur de YEnrico (V. ce
nom), qu'on dit très-sérieuses ; se sont les seules
dont on ait parlé avant l'audilion du Te Deum
de M. d'Arneiro. L'œuvre de celui ci, quoique
mal exécutée, a fait sensation à Lisbonne, et
l'on s'aperçut aussitôt qu'on avait affaire à un
talent remarquable. L'élévation des idées, l'ex-
pression profonde et énergique du dialogue vo-
cal, la richesse de l'orchestre, c'est à-dire l'at-
tention toute particulière accordée à chaque ins-
trument et l'entente rare dans leur emploi, le
caractère grandiose des chœui'S, tout cela pro-
duisit à Lisbonne un elfet dont on ne sut pas
d'abord se rendre compte. Les uns disaient que
c'était de la musique dramatique, d'autres en
parlaient comme d'une sorte d'oratorio, d'autres
encore y trouvaient des éléments symphoni-
ques. Le faites! que le Je Dnim de M. d'Arneiro
touche à tous ces genres divers, par le caractère
des morceaux dont il se compose ; on peut repro-
cher à lœuvre de manquer d'unité dans le style,
on peut dire à l'auteur que son éclectisme lui a fait
adopter et employer des procédés opposés entre
eux, par exemple ceux de l'école allemande pour
les chii'urs, ceux de l'école française (Halévy,
24
D'ARNEIRO — ARNOULD
Gotinod) pour l'oicliestre, enfin ceux de l'école
italienne pour le caractère des morceaux concer-
tants, et que tout cela nuit à l'ensemble de la
composition. Peut-être est-ce pour cela que
M. d'Arneiro a changé le titre de son œuvre lors-
qu'il l'a fait exécuter à Paris, et qu'il a; baptisé
alors son Te Deum Aa nom A& symphonie-can-
tate, titre qui en définissait mieux le caractère et
la portée. L'œuvre de M. d'Arneiro fut très-bien
reçue à Paris, et la critique lui fit un excellent
accueil. MM. Oscar Comettant, Victorin Jon-
cières, de Thémines, Gustave Bertrand et bien
d'autres en rendirent compte d'une manière
très-flatteuse ; quelques journaux anglais, alle-
mands et italiens s'en occupèrent aussi. Leur
opinion fut !a même'; on en parla comme dune
composition très-remarquable, qui dénote des
qualités précieuses chez l'auteur. Cependant
M. le comte d'Arneiro n'est pas encore par-
venu à s'assimiler les qualités de ses modèles à
ce point qu'il ait pu produire une œuvre d'un
style original, à lui. D'ailleurs on fera bien d'at-
tendre que le compositeur nous ait appris, dans
une seconde symphonie-cantate, ce qu'il en-
tend par ce nouveau genre, quelle est son es-
thétique musicale à ce sujet, s'il a en vue de
créer une forme nouvelle ou s'il reviendra tout
bonnement à la forme traditionnelle du Te Deum.
Le programme de l'exécution faite à Paris repro-
duisait les morceaux suivants : t"^' partie: Te
Deum, Tibi Omnes, Tibi Chérubin, Te Glorio-
sus; 2" partie : Pat rem immensx mojestatis,
Tu ad liberandum. Index creder'is ; 3* partie :
Salvum fac populum, Pcr singulos dies, Di-
gnare Domine, Miserere, In te Domine spe-
ravi. Les soli étaient confiés à M"" Mélanie
Reboux, M"" Amanda Hoimberg, MM. Miguel et
Léon Lafont ; les chœurs étaient conduits par
M. Léon Martin, et l'orchestre était placé sous la
direction de M. Danbé, chef d'orchestre des con-
certs du Grand-Hôtel. L'exécution fut bonne de
la part des chœurs et de l'orchestre, mais les
soli, dit-on, laissèrent parfois beaucoup à désirer.
Retourné en Portugal, M. d'Arneiro se remit au
travail ; un Scherzo en 7ni bémol, une Polonaise
de concert, un Recueil de morceaux caractéristi-
ques : Refrains du Printemps, et un opéra
semi-sérieux, EUsire di giovinezza, sont les
fruits de ses derniers travaux. Ce dernier ou-
vrage, qui est en 4 actes, et dont les paroles
ont été écrites par M. Jean-Jacques Magne, a été
mis à l'étude au théâtre San-Carlos, où il doit
être bientôt chanté parM™^ VitalietMM. Corsi,
Rota, Vidal et Rellini (1). J. de V.
(1) Cet ouvrage vient d'ctre représenté (mars i87fi) an
théâtre San Carlos. — A. P.
ARNOLD (YouryYON), compositeur et
écrivain sur la musique, est né à Saint-Péters-
bourg le 1*"^ novembre 1811. Ses parents, qui le
destinaient à la carrière diplomatique, lui firent
faire son droit, mais il ne tarda pas à quitter
cette carrière pour l'état militaire. Entré comme
porte-enseigne dans un régiment de cuirassiers,
il fit en 1831 la campagne de Pologne. Décoré de
l'ordre de Saint-Georges et promu au grade d'of-
ficier, il se retira du service en 1838 afin de s'a-
donner exclusivement à l'étude de la musique,
pour laquelle il avait un penchant qui datait de
ses premières années. Après avoir travaillé quel-
que temps avec Jean-Léopold Fuchs, il se sentit
assez fort pour aborder la composition d'un
opéra russe : la Bohémienne. En 1859, il rem-
porta le prix dans un concours ouvert par la
Société philharmonique de Saint-Pétersbourg
pour la composition de Swsctlana, grande bal-
lade de Schukovvsky. A dater de ce moment,
Youry von Arnold produisit assez rapidement
trois opéras russes et plusieurs petites composi-
tions au nombre desquelles il faut compter quel-
ques chœurs à quatre voix et environ cent vingt
lieder. Il a fait aussi à Saint-Pétersbourg et à
Moscou plusieurs conférences sur l'histoire de 'a
nuisique et sur la théorie musicale, qu'il a pu-
bliées. En 1863 il vint s'établir à Leipzig, où il
fonda un journal de musique intitulé : Allge-
meine neve Zeitschrift fur Theater und Musik
{Souvelle gazette générale pour le théâtre et
la musique), dont les tendances ultra-progres-
sistes ne trouvèrent qu'un écho bien faible dans
le public. Il publia vers la même époque plusieurs
écrits sur la musique. Depuis 1870, Youry von
Arnold est retourné dans sa patrie, ayant été
nommé au conservatoire de Moscou professeur
de la théorie du chant.
Y.
* ARA'OULD ( Madei.xine-Sopuie ) , chan-
teuse célèbre, est morte, non en 1803, comme il
a été dit par erreur, mais le 22 octobre 1802.
Deux écrits ont été publiés sur elle : 1° Arnol-
diana, ou Sophie Arnould et ses contempo-
rains, recueil choisi d'anecdotes piquantes, de
reparties et de bons mots de M'ic Arnould, pré-
cédé d'une notice sur sa vie et sur l'Académie
impériale de musique, par l'auteur du liiévriana
(Paris, Gérard, 1813, in-12 avec portrait); 2° So-
phie Arnould, d'après sa correspondance et ses
Mémoires inédits, par MM. Edmond et Jules de
Concourt (Paris, Poulet-Mahssis, 1857, in-12).
Sophie Arnould a été mise deux fois en scène
par les vaudevillistes, dans deux pièces, chacune
en 3 ai tes, qui portaient son nom : l'une, de
Barré, Radet et Desfontaines, jouée au Vaude-
ARNOULD — ARRIETA
25
ville en 1805 ; l'autre, de MM. de Leuven, de
Forges et Dnmanoir, donnée au Palais-Royal en
1833. Dans la première, Sopliie était personni-
fiée par l'aimable M"" Belmont, qui fit peu d'an-
nées après les beaux jours de l'Opéra-Comique;
c'est M"e Déjazet qui la représentait dans la se-
conde,
ARQUIiMBAU (Domingo), compositeur es-
pagnol , a joui dans sa patrie d'une certaine re-
nommée. On ignore également et la date de sa
naissance et celle de sa mort : on sait seulement
qu'après avoir été maître de chapelle de la ca-
thédrale de Gérone, il remplissait, en 1823, les
mêmes fonctiqns à celle de Séville. Ayant envoyé
une de ses compositions à l'Académie des Phil-
harmoniques de Bologne , cette compagnie s'en
montra tiès-satisfaite et l'admit au nombre de
ses membres.
*ARRESTI (Floruno), et non Aresti,é[ai'\t
fils de Jules-César Arresti. Sa naissance remonte
plus haut que la fin du dix-septième siècle, car
dès 1684 il était reçu membre de l'Académie des
Philharmoniques de Bologne, dont il devint
prince en 1715. Comme organiste, il avait été
élève de Bernardo Pasquini, et fit lui-même
d'excellents disciples.
*ARR1AGA Y BALZOLA (Juan Crisos-
tomo-Jacobo- Antonio), musicien espagnol, na-
quit à Bilbao le 27 janvier 1806. Je rétablis ici
d'une façon précise les noms, prénoms et date
de naissance de cet artiste intéressant, d'après
M- Baltazar Saldoni {Efemerides de musicos
espanoles), qui a eu sous les yeux son acte de
baptême.
*ARRIETA (D. Jian-Emilio), l'un descom-
positeurs dramatiques les plus actifs et les plus
estimés de l'Espagne contemporaine, est né à
Puenfe la Reina, dans la Navarre, le 21 octobre
1823. Il alla faire son éducation musicale en Ita-
lie, partit pour ce pays en 1838, fut admis au
Conservatoire de Milan le 3 janvier 1842, et de-
vint dans cet établissement, où il eut pour con-
disciple M. Antonio Cagnoni, l'élève de Vaccaj
pour la composition. Étant sorti du Conservatoire
après un peu moins de quatre ans d'études, le
3 septembre 1845, M. Arrieta eut la chance de
faire représenter sur un théâtre secondaire de
Milan son premier ouvrage dramatique, Ilde-
gonda, opéra semi-sérieux qui , s'il ne réussit
que médiocrement, donnait cependant de l'espoir
pour l'avenir du jeune compositeur.
Dès les premiers jours de l'année 1848, à la
première approche des événements politiques
qui troublèrent si profondément l'Italie à cette
époque, M. Arrieta revint dans sa patrie. Il son-
gea tout d'abord à y reprendre sa carrière de
compositeur dramatique, aussitôt interrompue
que commencée, et il écrivit la musique d'un
grand opéra espagnol en trois actes, Isabelle In
Catholique, ou la Conquête de Grenade, qui
fut joué avec succès en 1850, et repris en 1855.
On était alors à l'époque où un certain nombre
de jeunes écrivains et de jeunes musiciens, réu-
nissant leurs efforts pour une action commune,
avaient formé le projet de faire revivre et re-
fleurir la zarzuela, ou opéra-comique espagnol.
M. Arrieta vint se joindre à ce petit groupe en-
treprenant, actif et intelligent, dans lequel se
trouvaient déjà MM. Olona, Barbieri et Gaz-
tambide, et, grâce à l'initiative et au zèle de ces
jeunes artistes, le genre de la zarzuela, qui peut
être considéré comme un produit national, prit
un essor surprenant. Pour sa part, M. Arrieta a
écrit, depuis 1852 jusqu'à ce jour, environ qua-
rante ouvrages de ce genre, qui se font, dit-on,
remarquer par la jeunesse, la vivacité, la gaieté,
la véhémence et des qualités tout à fait parti-
culières, et dont quelques-uns, el Domino azul,
la Estrella de Madrid, Marina, el Gnimeie,
ont obtenu des succès retentissants et prolongés.
Voici, d'ailleurs, la liste des productions dra-
matiques de M. Arrieta, liste que je crois assez
près d'être complète : 1" Ildegonda, opéra ita-
lien, Milan, vers 1847; 2° Isabel la Catùlica,
6 sea la Conquista de Granada, grand opéra
espagnol, Madrid, 1850; 3° el Domino azul, 3
actes, 19 février 1853 ; 4° el Grumete, un acte,
17 juin 1853; 5" la Vuelta del Corsario (suite
et seconde partie à'el Grumete), I acte ; 6° Ma-
rina, 2 actes, 21 septembre 1855; 7" la Es-
trella de Madrid, 3 actes ; 8° De tal palo tal
astilla, 1 acte; 9° el Hombre /"eZ/s (monologue) ;
10" el Sonàmbulo, 1 acte, il octobre 1856; 11°
Guerra d muer te, 1 acte; \2° la Dama del
Rey, 1 acte; 13° Un Aijo para el niùo, 1 acte;
14° 1864 y 1865, 1 acte; 15° A Cadena perpé-
tua, 2 actes ; 16° cZ Conjura, un acte (en so-
ciété avec M. Lopez de Ayala), 24 novembre
1866; 17" Un sarao y una soirée, 2 actes, 12
décembre 1866; 18° Quien manda, manda, 2
actes ; 19° Llamada y tropa, 2 actes; 20° Azon
Visconti, 3 actes; 21° Cadenas de Oro, 3 ac-
tes ; 22° Dos Coronas, 3 actes ; 23° eZ CaxUivo en
Argel, 3 actes ; 24° el Capitan negrero, 3 actes;
25° el Agente de mairimonios, 3 actes; 26° el
Caudillo de Baza, 3 actes; 27" el Planeta Ve-
nus, 3ades; 28° el Toque de Animas, S actes; 29°
la Insula Barataria, 3 actes; 30° la Carceria
real, 3 actes ; 31° Zct Sxiegra del Diablo, 3 actes,
23 mars 1867 ; 32° la Tabernera de Londres,
3 actes; 33° las Circasianos, 3 actes; 34° un
Trono y un Desengono, 3 actes; 35° el Molin
26
ARRIEÏA — ARTOT
contra Esquilache, 3 actes. A tout cela il faut
ajouter une cantate pour rinauguralion du tlirà-
tre de la Zarzuela, qui eut lieu le 11 octobre
185C, une pari de collaboration dans le prologue
d'ouverture de ce tliéàtre, la Zarztida, donné
le même jour, et une Cantate à liossini, exécu-
tée en 18C4. — Professeur de composition au
Conservatoire de Madrid depuis le 14 déceiidire
1857, conseiller d'instruction publique depuis le
mois de novembre 1875, époque où M. Hilarion
P^slava donna sa démission de cette charge,
M. Arrieta est aujourd'hui directeur du Conser-
vatoire.
ARRIGO (Giuseppe), organiste et composi-
teur, est né à Mede, dans la Lomelline, le 9 sep-
tembre 1838. Klève de Domenico Cagnoni, puis
de Carlo Coccia, et enfin de M. Raimondo Bou-
cheron, il devint, à la suite d'un concours, or-
ganiste de la petite ville de Bardi, dans l'iimilie,
position qu'il échangea plus tard contre celle de
directeur <le l'école musicale de Cassine, qu'il
occupe encore aujourd'hui. M. .\rrigo a fondé
avec Giuseppe de Paoli et dirige seul mainte-
nant un grand recueil de musique sacrée pour
orgue qui, sous le litre de A7'pa Dnvidiça, est
publié depuis 18G9 à Milan par l'éditeur Vis-
mara, et qid a été l'objet d'appréciations élo-
gicusesdela i>art des critiques italiens. Ce recueil,
(jui contient quelques pages estimables, est ce-
pendant médiocre au point de vue général, et
les morceaux qui le composent sont loin d'at-
teindre ce qu'on peut considérer comme l'idéal
de la bonne musicjue d'orgue. M. Arrigo, à cpii
l'on doit aussi une brochure assez insignifiante
sur l'orgue et la musique sacrée, n'a pu réussir
encore à faire représenter un opéra bouffe, qu'il
a écrit sous le titre de Don Stazio.
ARROIVGE (Anoi.i'ui:), compositeur de mu-
sique, né le 8 mars 1838 à Hiimbourg, est l'au-
teur d'un gr.md nombre d'opéras-comiques et
d'opérettes au nombre desquelles on cite : Das
Gespenst (le l'antôme), et Der Zireile Jacob
(le Deuxième Jacob). Depuis 1868 il semble avoir
abandonné la carrière de compositeur draina-
tiqu<\ et s'être adonné plus spécialement à l'en-
seignement du chant. Y.
ARTOT (M.uiîi(;i;MOMAGNi:V,dit), né à
Gray (Haute-Saône) le 3 février 1772, servit sous
la République française comme nuisicien et chef
de musique, puis vint à Bruxelles comme pre-
mier cor au théâtre de la Monnaie, place qu'il
occupa pendant vingt ans; il fut aussi maître
de musique à l'église du Béguinage, professeur
de chant, de guitare et de violon, instrument
sur lequel il excellait ; il était surtout parfait
musicien. En 1811, lors du passage de Napo-
léon 1*^' et de Marie-Louise à Bruxelles, il se fil
entendre dans un concert donné à Laéken à cette
occasion, et l'empereur le nomma premier cor.
Il était marié à Thérèse-Ève Ries, fille d'A-
dam Ries, maître de chapelle du Dôme de Co-
logne, et cousine du célèbre compositeur l'erdi-
nand Ries. 11 est mort à Bruxelles le 8 janvier
1329. F. D.
ARTOT (Jevn-Dksiîié M0NT.\GNEY, dil),
né à Paris le 1er vendémiaire de l'an XII «le la
République (■?3 septembre 1803), fils de Maurice
Arlot, commença à l'âge de six ans son éducation
musicale sous la direction de son père, qui lui
enseigna le chant et le violon, et qui, lorsqu'il
eut atteint sa onzième année, lui donna ses
premières leçons de cor ; il fit de rn|)ides pro-
grès sur cet instrument, et en 1819 entra
comme premier cor au SI»" régiment suisse, sous
la direction de l'hab le chef de uuisique Jacques
Bender. En 1823, il cuira à l'orchestre du théâ-
tre royal de Bruxelles, et en 1829, à la mort de
son père, il fut nommé premier cor de la musi-
que particulière de S. M. le roi des Pays-Bas.
En 18!2, Valenlin Bender l'engagea comme
premier cor et sous-chef de musique au régi-
ment des guides, qu'il quitta en 1835 pour voya-
ger en Allemagne et en France. Revenu en Bel-
gi(iue, il rentra au théâtre de la Monnaie et au
régiment des guides, d'où il prit définitivement
son congé en 1852.
En 1813, il fut nommé professeur de cor au
Conservatoire royal de musique de Bruxelles.
Le 24 mars 1849, S. M. le roi Léopold l'' le
nomma premier cor .solo de sa musique paiti-
culière. Le 29 novembre 1873, il fut mis à la
pension après trente ans de professorat.
Artot s'e.'ît fait connaître comme compositeur
pour son instrument , et voici la liste de ses
(cuvres publiées : 1° Six fantaisies concertantes
pour cor chromatique , avec accompagnement
de piano (Bruxelles, Katto)-, 2" 48 études adop-
tées comme exercices par les Conservatoires et
écoles dcmusique de Belgique (Bruxelles, Scholt);
3" 18 mélodies pour cor ou \ioloncelle, avec
accompagnement.de piano [al., id.); 4° 12 qua-
tuors pour cors chrqmafiq'ies ou cornets à pis-
tons (irf., iil.); 5° 12 trios et 12 quatuors pour
les mêmes instruments {Ut., id.).
F. D.
ARTOT (Cnvni.ES Henri-Napoi.éon MOX-
TAGNEY, dit), frère du précédent, né le 12
avril 1810 à Bruxelles, est mort en celte] ville
le 4 mai 1854. Il s'était fait une réputation
comme tind^alier au théâtre de la Monnaie et
était excellent pianiste et organiste.
Une sœur de cet artiste et du précédent s'est
ARÏOT — ASGHER
27
distinguée comme cantatrice en Delgiqup, en
France, en Allemagne et en Angleterre, oii elle a
donné des concerts en société avec ses trois
frères Alexandre, Charles et Désiré. Elle est
morle, jeune encore, à Bngnères de Luclion.
F. 1).
*ARTOT (Alexandre- Joseph MONTA-
GNEY, dit), violoniste extrêmement remarqua-
ble, naquit à Bruxelles, non le 4 lévrier, mais
le 25 janvier 1815. Ce n'est pdint la croix de
la Légion d'honneur qu'il reçut (lo janvier 1845),
mais celle de l'ordre belge de Léopold (t).
F. D.
ARTOT (Maucuerite - Josépuine- DÉsinià:
MONTAGNEY, dite), cantatrice distinguée, fille
de M. Désiré Arlot, ancien professeur de cor au
conservaloire de Bruxelles, et nièce du fameux
violoniste belge Joseph-Alexandre Artot , naquit
à Paris, le 21 juillet 1835, pendant un voyage de
ses parents en cette ville. L'éducation musicale
de M'"^ Artol fut commencée de bonne heure dans
sa famille, mais sa voix ne se forma et ne se ca-
ractérisa qu'assez tardivement. Devenue élève
de M'"" Viardot, elle resia pendant deux an-
nées sous la direction de celte grande artiste,
et se fit entendre vers 1857, à Bruxelles, dans
quelques concerts oii elle fit sensation. Proté-
gée par iMeyerbeer, à qui M"" Yiardot l'avait
fait connaître, elle fut engagée à Paris, par la
direction de l'Opéra, et débula à ce théâtre,
au commencement de 1858, dans le rôle de Fi-
dès, du Prophète. Sa belle voix de rnezzo-so-
prano, puissante et corsée, ses accents pas-
sionnés, son talent déjà réel de cantatrice, liu
firent obtenir du public parisien un accueil |)ar-
ticulièrement favorable. Cependant, les tiraille-
ments qui se produisent volontiers sur notie
première scène lyrique à l'arrivée d'un nouveau
sujet décidèrent M'''' Artot à quitter rO|)éra
au bout de peu de temps, après y avoir chanté
plusieurs rôles du répertoire, et elle songea à
embrasser la carrière italienne. Avant de réa-
liser ce ])rojet, toutefois, elle alla donner dans
diverses villes de province, à Tîordeaux, à Lyon,
à Orléans, à Montpellier, puis en Belgique, à
Bruxelles, à Anvers, à Liège, à Gand, des re-
présentations qui excitèrent l'enthou-siasme. Elle
se fit entendre aussi en Hollande, à Amsterdam,
et enfin partit pour l'Italie, pour s'y perfection-
ner dans le chant italien.
C'est alors qu'elle fut engagée pour Berlin, et
que commença pour la jeune artiste une carrière
(i) On a VII, par ces'trois nnlicps, que i? nom véritable
do la famille Arlot est Montagnoj, et non VoutcKinij,
comme il a été Imprime par erreur dans la llioijrdiihie
7iniiersrlle des Miisii'iciis.
pleine de succès éclafaiilset de véritables triom-
phes. Après cinq ou six années passées à Ber-
lin, où elle chanta tour à tour en italien et en al-
lemand, elle se fit entendre dans presque toutes
les grandes villes d'Allemagne, puis à Pesth, à
Copenhague, à I.,ondres, sur les deux théâtres
de Covenl Garden et de HayMarkel, et enfin à
Yarsovie , à Sl-P( tershourg et à Moscou , oii
peut-être elle a obtenu ses plus grands succès.
Dans le cours de ses voyages, M"*^ Artot, qui ne
cessait de travailler et d'acquérir, sut donner
plus d'ampleur encore à sa voix et plus d'éten-
due, et, tout en conservant intactes ses belles^
notes du ii;édiuui et du regi.stre grave, lui faire
atteindre dans le haut plusieurs sons aigus qui
lui permirent d'aborder des lôles tels que ceux
de Yalentine des Huguenots et de Rachel ^\e■la
Juive, créés naguère par M»'' Falcon et dans
lesquels ses facultés passionnées pouvaient se
donner librement carrière.
L'existence artistique de M"' Artot a été des
plus brillantes, et cette cantatrice remarquable
n'a cessé jusqu'à ce jour de recevoir et <le mé-
riter les faveurs du public. En 1809, elle a
épousé M. Padilla, chanteur espagnol voué,
comme elle, au chant italien, et qui ne manque
ni de mérite ni de distinction.
AS.\i\TSCHK\VSKY (Micueld'), com^
positeur russe, est né à Moscou en 1838. Il a
séjourné pemlant quelque temps à Leipzig,
où il a terminé ses études musicales .sous la di-
rection de Hauptmann et de Uichfer. En 1806
il vint à Paris, où il fil l'acquisition de la bi-
bliothèque d'Anders , collection qu'il joignit à
la sienne, déjà très- nombreuse, pour l'offrir au
Conservatoire de St-Pétersbourg, dont il venait
d'être nommé le directeur, en remplacement
d'Antoine Rubinslein.
M.d'Asantschevvsky a écrit pour le piano, pour
le quatuor et pour l'orchestre plusieurs com-
positions estimées, Y.
*ASCHER (Joseph), pianiste et compositeur,
est mort à Londres en juin ou juillet 1809, à
la suite d'une maladie qui avait complètement
dérangé ses facultés mentales. Élève de Mendels-
sohn et de Moschelès, ami de Thalberg, Ascher
s'était lance dans la voie ouverte par ce der-
nier, et, avec un talent moins complet, mais
brillant et léger, il avait conquis une véritable
réputation. Ses compositions, dont le nombre
dépasse une centaine, furent un moment très-
recherchées, et l'on citait surtout : les Commè-
res , les Cloches ilu vitlaje , Marche de la
Reine, Sérénade vénitienne, Belle de nui!.,,
les Cont cm plut ions , Rapsodie polonaise ,
Chants de V Ukraine, le Sourire, la Fileuse
28
ASCHER — AUBER
la Prisç de voile, les Hirotidelles, les Gouttes
d'eau, Danse espagnole. Dans ma barque, le
Papillon, etc., etc.
ASIOLI (F ) , compositeur italien, a
fait représenter -sur le théâtre de la Scala, de
Milan, le 10 février 1859, un opéra sérieux inti-
tulé Maria de' Ricci. J'ignore si cet artiste est
un descendant du fameux compositeur et tliéo-
ricien Bonifazio Asioli.
*ASPA (Mario). Ce compositeur n'a pas
écrit et fait représenter moins de quarante-deux
opéras. Il m'a été malheureusement impossible
d'en dresser la liste complète , car beaucoup
déjà sont oubliés, et le seul qui soit resté vrai-
ment populaire et qui se maintienne au réper-
toire des théâtres d'Italie est celui qui a pour
titre : il Murât are di Napoli. Je n'en connais
que quatre parmi ceux qui n'ont pas été men-
tionnés dans la Biographie universelle des
Musiciens : Emo , Margherila d'Aragona,
Gustavo Wasa, et Piero di Calais.
*ASTAR1TA (Janvier). Ce compositeur a
fait représenter les trois opéras suivants, qui
manquent à la liste de ses œuvres : 1° Vlsola
disabdata; T le Cinesi ; Z" l'Imprésario in
scompiglio, farsa en un acte. Cette dernière a
été donnée au théâtre de la Canobbiana, de Mi-
lan, en 1791.
* ATYS ou ATIS ( ). On doit à cet ar-
tiste la publication suivante, qui n'est point la
première, puisqu'elle i)orte le n° 5 comme chif-
fre d'oeuvre -. Clef facile et méthodique pour
apprendre en peu de temps à battre la me-
sure, à distinguer les modulations, à préluder
et àphraser la musique, par le moyen de la
ponctuation grammaticale et typographique-,
ouvrage utile et intéressant pour les commen-
çants, suivi de 6 petites sonates méthodiques,
servant d'exemples pour l'intelligence et la
pratique de cette méthode { Paris, l'auteur).
Cet ouvrage fut publié en 1763, et le Mercure
de France, en l'annonçant, reproduisit l'intro-
duction placée en tête par l'auteur. Atys a en-
core publié une Première Suite de menuets en
symphonies ^ à sept parties, y compris vn
basson obligé ou violoncelle, qui ont été exé-
cutés à la Comédie-Italienne.
AUBE (Paul), compositeur amateur, a fait
représenter sur le grand théâtre de Toulon, au
mois de janvier 1875, un grand opéra en 4 ac-
tes, intitulé Gheysa.
*AUBER (Dahiel-Frasçois Esprit) , est
mort à Paris, le 12 mai 187 1, au plus fort de
l'épouvantable guerre civile qui désolait alors la
capitale de la France. Il était âgé de 89 ans,
étant né à Caen le 29 janvier 1782, ainsi que le
prouve son acte de baptême, publié pour la pre-
mière fois en 1873. C'est M. V. Legentil, qui,
dans un rapport adressé à la Société des Beaux-
Arts de Caen et inséré dans le Bulletin de
cette société, a le premier rendu public ce do-
cument, dont voici l'exacte reproduction :
« L'an mil sept cent quatre-vingt-deux , le
mercredi 30 janvier, nous, curé soussigné, avons
baptisé un fils né d'hier du légitime mariage
de Jean-Baptiste -Daniel Aiiber, officier des
chasses du roi, et de Françoise- Adélaïde-Esprit
Vincent, demeurante Paris, aux petites écuries
du Roi, faubourg Saint-Denis, à Paris, paroisse
Saint-Laurent, lequel a été nommé Daniel-Fran-
çois-Esprit par Daniel Auber, peintre du Roi,
assisté de Françoise-Sophie -Vincent, ledit" par-
rain représenté par J.-B. Normand, et ladite
marraine par Marie Duclos, qui ont conjointe-
ment signé avec nous.
« Desbordeaux,
" curé de Saint-Julien. »
Vn renseignement important, contenu dans
l'acte qui précède, est celui qui nous fait savoir
que le père d'Auber, à l'époque de la naissance
(le son fils, était officier des chasses du roi , et
non point marchand d'estampes, comme on l'a
dit; il ne le devint donc que plus tard, et sans
doute lorsque la Révolution lui eut fait perdre
son emploi. Ce qu'on ignorait encore, c'est que
le père d'Auber était peintre. J'en ai trouvé la
preuve dans le livret de 1808 de îa Société aca-
démique des Enfants d'Apollon, qui, dans la
liste de ses membres, porte ces deux mentions :
« Auber père, amateur de cbant et de violon,
peintre, reçu en 1784; » et « Auber fils, com-
positeur, reçu en 1806. » Ceci nous apprend
en outre que, .si Auber ne s'est produit que fort
tard au théâtre, il n'en fut pas moins musicien
de bonne heure, puisqu'il prenait la qualifica-
tion de compositeur, et se faisait recevoir à ce
titre dans une société artistique. D'autre part,
on peut affirmer que l'aïeul d'Auber était, dans
un autre genre, un artiste de talent. Dans la
Notice du mobilier dépendant de la succes-
sion de M. Auber, notice qui a servi à la vente
effectuée le 26 juillet 1871, on voit inscrits trois
objets d'art importants : 1" bas-relief en bois
sculpté, bouquet de fleurs dans un vase, signé :
Auber fecit, Mil; 2" petit bas-relief en bois
finement sculpté, représentant des fleurs et des
attributs de jardinage, exécuté par le même;
3° très-.beau baromètre en bois finement sculpté et
doré, à feuillages de laurier, guirlandes de fleurs
et médaillon, exécuté par le même. La Aotice,
AUBER
29
évidemment bien informée, ajoute : « Ces trois
objets, d'un rare mérite d'exécution, sont de
l'aïeul paternel de M. Auber. » Enfin, l'acte de
baptême du maître mentionne, comme parrain
de l'enfant, Daniel Auber, « peintre du roi. «
Qu'était celui-ci ? Sans doute un frère de son
père, c'est-à-dire un oncle à lui. Quoi qu il en
soit, on voit que si Auber ne naquit point dans
un milieu musical, il appartenait du moins à
une véritable famille d'artistes, et que ses pre-
mières années durent s'écouler dans une inces-
sante communion intellectuelle.
Je n'entreprendrai pas ici de tracer une ca-
ractéristique du génie d'Auber; un tel travail
excéderait de beaucoup les bornes que je dois
donner à cette notice complémentaire. Je m'en
tiendrai à quelques réflexions, et ferai remar-
quer tout d'abord que l'oeuvre du maître sembi»
se diviser en quatre parties principales, cor-
respondant chacune à quatre périodes distinctes
de sa manière. La première , s'étendant depuis
le Séjour militaire jusqu'h la ISeige (je passe
sous silence Vendôme en Espagne et les Trois
genres, œuvres de commande et de circonstance
écrites en collaboration, et sans valeur person-
nelle), comprend les œuvres de jeunesse, les pre-
miers essais, qui ne faisaient qu'indiquer et don-
ner le pressentiment d'une individualité future ;
avec le Concert à la cour, Léocadie, le Ma-
çon, Auber est entré en pleine possession de
lui-même, et celte seconde partie de sa carrière
se clôt par le succès éclatant, légitime et incon-
testé de la Muette, son début à l'Opéra, coup
d'essai qui put, ou jamais, passer pour un coup
de maître (il faut remarquer que la Muette est
la première œuvre importante et vigoureuse qui
vint après la Vestale et Fernand Cortez, et
qu'elle précéda Guillaume Tell , Roberl-le-
Diable et la Juive) ; viennent ensuite , avec
quelques autres productions moins heureuses,
quoique fort honorables, à l'Opéra, les vrais
chefs-d'œuvre d'Auber dans le genre de l'o-
péra-comique, la Fiancée, Fra Diavolo, Les-
tocq, le Cheval de bronze, le Domino noir,
Zaneita, dans lesquels le génie du maître a ac-
quis toute sa grâce, toute sa souplesse, tout son
charme séduisant ; enfin, avec les Diamants de
la couronne, il entre dans une voie nouvelle,
agrandit ce genre aimé par lui, et lui donne une
ampleur de forme, une grandeur de conception
dramatique, une puissance instrumentale en rap-
port avec les progrès introduits et réalisés dans
le grand drame lyrique ; à cette période ap-
partiennent la Part du Diable, la Sirène et
Haydée, l'une de ses œuvres les plus parfaites.
Quant à ses dernières productions, celles-là, il
faut bien le dire, ne sont plus dignes de lui, et
n'a|)partiennent à aucun classement. Il y a en-
core de jolies pages dans Manon Lescaut, dans
la Circassienneet même dans le Premier jour
de bonheur, mais la Fiancée du roi de Garbe
et /iêves d'amour ne sont autre chose que les
produits de la sénilité.
Quoi qu'il en soit, et quelle que puisse être
la valeur des réserves que l'on peut faire au
sujet de l'influence exercée par Auber sur l'é-
cole française pendant près d'un demi- siècle, on
ne peut nier que ce musicien extrêmement re-
marquable et si essentiellement français ne
tienne une place d'honneur dans les annales de
l'art national. A une fécondité rare, à une va-
riété d'accents que quelques-uns ont vainement
essayé de méconnaître, à un respect incontes-
table et trop peu commun de la langue dont il
s'est servi pendant tani d'années, il joignait des
qualités toutes personnelles et assez brillantes
pour que celui qui les possédait occupe une
place distinguée dans l'histoire de l'art. Cette
place lui sera faite, on n'en saurait douter, et
elle sera tout à l'honneur de- la France, qu'il a
illustrée.
Le répertoire d'Auber doit se compléter par
les ouvrages suivants : 1° Cantate exécutée à
Pau pour la fête d'inauguration de la statue
d'Henri IV (1); 2° les Premiers Pas, prologue
d'inauguration de l'Opéra National (en société
avec Adam, Carafa et Halévy), 15 novembre
1847 ; 3° Cantate en l'honneur de l'armée. Opéra,
12 janvier 1856-, tt° Marco Spada, ballet en 3
actes et 5 tableaux, Opéra, 1" avril 1857 ; b° le
Cheval de Bronze, opéra-ballet en 4 actes (ani -
plification de l'ouvrage donné sous le même titre
à l'Opéra-Comique), Opéra, 21 septembre 1857 ;
6" Magenta, cantate. Opéra, 6 juin 1859; 7° la
Circassienne, 3 actes, Opéra-Comique, 2 février
1861 ; 8" la Fiancée du roi de Garbe, Opéra-
Comique, 11 janvier 18G4 ; 9° le Premier jour
de bonheur, Opéra-Comique, 15 février 1868;
10° Rêves d'amour, 3 actes, Opéra-Comique,
20 décembre 1869.
On a publié sur Auber un certain nombre d'é-
crits. En voici la liste : 1° Auber (Paris, librai-
rie universelle, 1841, in-16, avec portrait), no-
(1) Cette composition est restée Jusqu'ici absolument
ignorée, et je n'en al retrouvé la trace que dans une
collection de programmes des concerts et sprctacles
donnés à la cour, dans les différentes résidences royales,
de 1840 à 1817. 1,'un de ces programmes, i la date du is
noverobie 1843. mentionnait celte cantate, dont l'exécu-
tion à Pau était récente sans doute, et dont les paroles
avalent été écrites par M. LIadères, officier d'ordonnance
du roi Louis- Phllippp, auteur dramatique, et naiif de
cette ville.
30
AUBER — AUBHY
tke comprise dans une série biographique ainsi
iulilulée : Écrivains et artistes vivants, fran-
çais et étrangers , et qui avait pour auteurs
MM. Xavier Eyma et Arliiur deLucj ; a^J»/. Aîc-
6er (Paris, 1842, in-lG, avec portrait), notice qui
fait partie de la collection biographique publiée
sous ce titre : « Galerie des contemporains
illustres, par un homme tle rien, w et dont l'au-
teur était M. Louis de Loménie; 3° Auber, par
Eugène de Mirecourt (Paris, Havard, 1857,
in- 18 avec portrait); 4" D.-F.-E. Auber, sa
vie et ses œuvres, par B. Jouvin (Paris, Heu-
gel, 1864, grand in 8" avec portiait et autogra-,
phes); 5° Une statue à Auber, par Y. Legentil
(Caen, typ. Le Blanc- Hanlel, 1873, gr. in-8");
C* Auber, ses commencements, les origines de
sa carrière, par Arthur Pougin (Paris, Pottier
de Lalaine, 1873, in- 12); 7° l'Œuvre d'Aube,
par Jules Cariez (Caen, lyp. Le Blanc-Hardel, 1874,
in-S°) ; 8" Auber, aperçu biographique et criti-
que, la statue projetée, la cavalcade du 3 juin
1875, par Jules Cariez (id., iil., 1875, in-18). Je
signalerai aussi, parce qu'ils contiennent des
détails intimes et inconnus, deux feuilletons pu-
bliés par l'auteur de la présente notice dans le
Charivari (3 et 6 février 1872), sous ce titre :
les Derniers jours d' Auber.
Je ne terminerai pas cette notice sans rappeler
doux faiis intéressants. Seul des membres de la
section de musique de l'Académie des Beaux -
Arts, Auber fut appelé à faire partie de la com-
mission instituée, en 1838, pour la souscription
«t l'érection du monument à élever à iMolière, à
l'angle de la rue Richelieu et de la rue alors Tra-
versière. — Dans ses dernières années, Auber
avaii formellement promis à la Société des con-
certs du Conservatoire, dont il était le président,
d'écrire une symphonie pour elle. Celle promesse
n'a jamais été réalisée. D'autre \)at[ , Auber a
composé, très-peu de temps avant de mourir,
c'est-à-dire pendant les jours funèbres de mars cl
avril 1871, plusieurs quatuors pour instruments
à cordes. Ces quatuors, d'une forme absolument
libre, ne reprodui^ent en aucune façon les allures
des compositions classiques di; ce genre, et se-
raient plutôt, à proprement dire, des morceaux
pour quatuor d'instruments à cordes. J'ignore ce
qu'ils sont devenus (1).
(1) Je rappellerai, en tcrni'.nniit, les litres de quelques-
unes des premières compnsitions vocales d'Aubcr ;
.4mour et Folie, scène; te Cri de la Charité, s'anccs;
le .Voine, barcarolle; la l'eUte CUinctise, cliansonnelte;
l'.-/sHe, nocturne à deux voix Il f^iut siynaler aussi la
Marche à grand orchestre éc; Itc par lui, en 1S61, pour
rEx|iosiilon de l.ondre<, et la mari lie funèbre compusi'e
pour les funèralllrs de Napoléon f» et exécutée à cette
cérémonie, ic 15 déceiubr* ISVo.
AUIîERT ( ). Un musicien de ce nom
qui pourrait bien être Jacques Aubcrt, surnommé
le Vieux, puisqu'il vivait précisément à l'époque
où celui-ci travaillait pour l'Opéra , a écrit des
divertissements pour les deux pièces suivantes,
représentées à l'Opéra-Comique : Arlequin gen-
tilhomme malgré lui (3 actes, 1716), et Arle-
quin huila ou la Femme répudiée [un acte,
1716).
AUBERT (l'abbé), organiste de la cathédrale
de teigne, est l'auteur d'une Méthode élémen-
taire de plain-chanf , accompagnée de quinze
tableaux, publiée il y a quelques années, à Paris,
par l'éditeur Repos.
AUBEllT DE VIT14Y (Fr\nçois-Ji;an-
l^jMLiri'E). Ua écrivain de ce nom a donné, dans
le Dictionnaire de la Conversation et de la
Lecture, quelques notices biographiques sur des
musiciens, entre autres sur Sacchini et Sarti.
Né à Paris le 2 avril I76j, Aubert de Yitry est
mort au mois de juin 1849.
*AUBi:UY DU liOULLEY (Pride.xt-
Lons), est mort à Veineuii, son pays natal, au
mois de février 1870. Une troisième édition du
grand ouvrage di<iacli(iue de cet artiste a été
faite sous ce titre : Grammaire musicale, ou,
Méthode analytique et raisonnée pour ap-
prendre et enseigner la lecture de la musi-
que, suivie d'observations sur les erreurs,
préjugés et fausses opinions concernant la
musique (Paris, Duvcrger et Richault, in-8").
Les compo.sitions musicalis d'Aubéry du Boulley
ne comportent pas moins dt; 156 numéios d'd'it-
vies, dont on trouve la liste complète et détail-
lée dans l'écrit qui porte ce titre : Société phil-
harmonique de VEurc, de l'Orne et d'Eure-
et-Loir, fondée en 1835 par P.-L. Aubëry du
Boulley (L'Aigle, impr. Ginoux, 1859, in-8° de
t)8 p.), où l'auteur a noyé les comptes-rendus de
cette société au milieu d'un véritable amas de
renseignements sur sa vie et ses ouvrages, lue
édition augmentée de cet écrit a été faite en
1806 (L'Aigle, impr. Ginoux, in-8 ' de 168 p.).
AUliÉRY DU liOULLEY (Émii.e), fils
du précédent, a publié un certain nombre de
compositions musicales, consistant .surtout en
morceaux de danses pour le piano (Paiis, Ri-
chault), et en fantaisies pour fanfare et harmonie
militaire. Il a écrit aussi, en société avec son
père, deux duos pour piano et violoncelle ou vio-
lon : le Départ et le lietour, et le Printemps
et l'Automne (Paris, Richault).
AUBRY (Marik), fut l'une des premières ac-
trices qui parurent sur la scène de l'Opéra. Fille
d'un maître paveur, elle faisait partie de la mu-
sique du duc Philippe d'Orléans lorsque Cambert
AUBllY — AUDLEY
31
lui confia un rôle dans sa pastoialc les Peines
et les Plaisirs de l'amour. Quand Lully fut
jiiiivenu à s'emparer de l'Opéra au détriment de
Cambert et de l'abbé Perrin, il la conserva dans
sa troupe aux appointements annuels de 1,500
livres. Elle se relira en 1G84, après avoir créé
d'une façon admirable, dil-on, le rôle d'Oriane
<lans Amaclii de Gaule ; elle avait établi aupa-
ravant, avec un véritable talent, ceux d'Io dans
Isis, de Proserpine dans l'opéra de ce nom,
d'Églé dans Thésée, de Sangaride dans A(ys, de
Pbilonoé dans ^eWero;>//on, et d'Andromède Jans
Persf'e. L'auteur anonyme de V Histoire de VA-
cadémie royale de musique publiée par le
Constitutionnel dit de Marie Aubry : « C'était
une des bonnes actrices qui aient paru sur ce
tbéàtre. Elle quitta l'Opéra en 1084, après avoir
joué au mieux le rôle d'Oriane. Ce ne fut point
l'âge qui lui fit quitter sa profession-, mais elle
était devenue d'une taille si prodigieuse qu'elle
ne pouvait marcher et qu'elle paraissait toute
ronde. Elle était petite, la peau blanche et les
cheveux noirs; elle mourut vers 1704. » Amie
intime de M">^ Brigogne, Marie Aubry se tiouva
mêlée, comme celle ci, au procès fameux que
Lully intenta à Giiichard, en l'accusant d'avoir
voulu l'empoisonner ; elle ne fut pas plus que sa
compagne ménagée par Guichard, qui, dans les
factums qu'il publia à cette occasion, en fit l'ob-
jet des hnjiutations les plus outrageantes et que
l'on peut croire les plus justifiées.
AUBRYET (Xavier), écrivain français, né
à Épernay (Marne) en 1827, s'est fait remarquer
par son goût pour la musique. l>ans un volume
de critique intitulé : les Jugements nouveaux
(Paris, librairie nouvelle, ISCO, in- 12), M. Au-
bryet a consacré quelques chapitres à divers
musiciens : Mozart, Hoieldieu, Hérold, Rossini,
Grisar, Donizetti, Weber, Adam. Les remarques
de l'écrivain au sujet de ;ces artistes , présentées
peut-être d'un ton un peu doctoral, que ne justi-
fie point la faiblesse ou plutôt l'absence de ses
connaissances musicales, n'en sont pas moins
celles d'un homme de goût et d'un esprit délicat.
AUDICHOIV (Henri d'), archiprêlre de
Lambégère, est l'auteur d'un recueil hitéressant
publié sous ce titre : Recueils de IS'oëls clioisis
sur les airs les plus agréables, les plus con-
nus et les plus en vogue dans la province de
Béarn (Ragnères, Dossun, in-32 de 96 p.).
*AUDIFFRET(Pierre-Hyaci>the Jacques-
Jean-Baptiste). Une erreur a été commise au
sujet de cet écrivain. Ce n'est point pour VAlma
nach des spectacles publié par Barba (de 1822
à 1838) qu'il fut le collaborateur deRagueneau,
mais pour VAnnuaire dramatique publié par
M"'e Cavanagh de 1805 à 1822. Il prit une part
importante à la rédaction des deux premiers vo-
lumes de ce recueil anonyme (180j et 1806) et
contribua aussi à celle de quelques-uns des sui-
vants. En 1809, il rédigea, seul, un Almanach
des Spectacles dont il ne parut que celte année
(Paris, Collin, in- 18).
* AUDIA'OT (Nicol.vsMéd.vrd). Cet artiste,
on le sait, a fait représenicr sous son nom une
comédie à ariettes , le Tonnelier, dont il a tou-
jours été censé avoir écrit les paroles et la mu-
sique. Fort intrigué de ce fait, n'ayant pu dé-
couvrir qu'Audinot eût jamais été réellement
musicien , j'avais longtemps cherché quel avait
|)u être sou colloborateur anonyme, lorsque je
trouvai dans ['Histoire anecdotique du théâtre
et de la littérature (t. I, p. 373) de Charles
Maurice, son contemporain , le petit récit sui-
vant : — » Le directeur de l'Ambigu -Comique
vient de mourir. Il était fils du fameux Audiaot,
fondateur de ce théâtre, et qui, étant acteur à
l'Opéra-Comique, y donna le Tonnelier. Le
mo)cn qu'il a pris pour produire cet ouvrage,
n'étant pas assez musicien pour en faire la par-
tition, fut très-original. Il in\ita tour à tour à
dîner un nombre do compositeurs égal à celui
des morceaux de chant (ju'il avait placés dans
sa pièce, et au desserf, sans paraître y attacher
plus d'importance qu'à un amusement, il de-
manda à chacun de mettre en musique les vers
qu'il lui avait secrètement destinés. De cette
façon, l'oeuvre se trouva complète. On la repré-
senta en septembre 1701, tout uniment sous le
nom d'Audinof, sans que les collaborateurs son-
geassent à revendiquer un travail que leur amitié
traitait volontiers de pure bagatelle. »
Le fait révélé ici par Charles Maurice n'a rien
que de vraisemblable, et le mystère de la compo-
sition du Tonnelier çonïTsAi bien être éclairci
par ces lignes.
Toutefois, on peut croire qu'Audinot, sans
être capable d'écrire une partition d'opéra, était
cependant un peu musicien , et le petit recueil
annuel intitulé les Étrennes de Polymnie a
donné, dnns son volume de 1785, quatre chan-
sons dont la musicjue est inscrite sous son nom.
La fille de cet artiste, chanteuse et claveci-
niste distinguée, se fit entendre à la cour dès
ses plus jeunes années, et fit partie du person-
nel de l'Opéra.
AUDLEY (M""* A.), écrivain musica', a inséré
dans le journal le Français, vers 1809, une sé-
rie d'articles sur le génie de Bcllini, et a publié
les deux ouvrages suivants : 1" Louis Van Bee-
thoven, sa vie et ses œuvres, d'après les plus ré^
cents documents (Paris, Didier, 1807, in-12);
32
ALDLEY — AUDRAN
Franz Schubert, sa vie et ses œuvres (iJ., h\.,
1871, in-12). Ces deux écrits ne peuvent, malheu-
reusement, être d'aucune utilité, car non-seule-
ment l'auteur n'a point fait preuve de sens criti-
que, n'y a point développé les qualités d'analyse
que l'on doit s'attendre à rencontrer dans des
travaux de ce genre, s'altaquant à de si grands
artistes, mais encore on n'y trouve, au point de
vue historique, aucun fait nouveau et aucun ren-
seignement important , parc* que l'écrivain, ne
remontant point aux sources, s'est borné à puiser
les éléments de ses récils dans les grandes publi-
cations faites précédemment. Or, dans létal de
jour en jour plus satisfaisant et plus intéressant
de la science historique en matière musicale, un
livre qui ne possède point quelqu'une des qua-
lités que nous venons d'énumérer à propos des
études superficielles de M™' Audley, nous semble
bien près d'être un livre inutile.
AUDRAN (Marius), chanteur distingué et
professeur au Conservatoire de Marseille, est ué
à Aix, le 26 septembre 181G. Deux ans après sa
naissance, ses parents vinrent se fixer à Mar-
seille, où il fut élevé. Son père, qui était maçon,
le destinait à l'état d'entrepreneur, et lui fit sui-
vre les cours de dessin et d'architecture au
Musée de cette ville. Mais, vers 1834, une cir-
constance foiluite décida autrement de son sort.
Il était alors employé à la construction d'un éta-
blissement de bains de mer : les propriétaires
de cet établissement, qui étaient grands ama-
teurs de musique, entendirent le jeune ouvrier
chanter en travaillant, et furent frappés de la
fraîcheur et du timbre de sa voix de ténor. Ils
l'engagèrent à la cultiver et s'intéressèrent à
lui. Peu de temps après, M. Audran faisait partie
d'un petit groupe d'amateurs qui jouait la co-
médie et l'opéra sur un théâtre de salon. Ce fut
dans une de ces représentations intimes qu'E-
tienne Arnaud le remarqua et se chargea de
lui apprendre le chant. Après un an d'études,
son maître l'envoya à Paris en le recommandant
à Panseron. M. Audran entra au Conservatoire en
qualité d'élève externe, et suivit toutes celles
des classes de l'école où il pouvait compléter son
éducation de musicien et de chanteur. Malheu-
reusement, l'année suivante, en 1836, le jeune
artiste ne put plus compter sur l'appui de sa fa-
mille, et dut solliciter son admission comme pen-
sionnaire. Cherubini, qui avait déjà réservé à
un autre la seule place vacante, repoussa dure-
ment la demande d'Audran, et lui donna le con-
seil d'abandonner une carrière où, disait-il, « il
ne ferait jamais rien. » Leborne, professeur
de solfège, appuya le sévère horoscope du maî-
tre. Panseron, seul, soutint qu'ils se trompaient
tous deux. Cependant M. Audran n'avait plus le
moyen de continuer ses études à Paris : il revint
à Marseille^ attristé, mais non découragé, et se
remit au travail sous la direction dévouée d'É-
tienne Arnaud. En même temps, il se préparait
à affronter le public et se créait des sympathies
et des appuis, en faisant entendre dans le monde
des fragments d'opéras nouveaux. Ces occasions
n'étaient pas rares : car c'était une époque où la
musique dramatique était très-aiméeet le véri-
table art du chant très-cultivé à Marseille. Enfin,
en 1837, M. Audran débuta au grand théâtre de
cette ville dans le Chalet, la Dame blanche et
le Pré aux clercs; il fut accueilli avec faveur
par le public. L'année suivante il eut une audi-
tion à rOpéra-Comique, et alla remplacer au
théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le ténor Thé-
nard qui venait de mourir. Le jeune chanteur
avait à ce moment une voix franche et sympa-
thique , une éducation musicale à peu près
achevée, et ime diction chaleureuse. Il eut beau-
coup de succès , surtout en établissant le rôle
d'Horace du Domino noir, et employa utile-
ment son année, jouant beaucoup , apprenant
sans cesse de nouveaux rôles, et achevant de
se rompre à la scène. L'année suivante, il chan-
tait à Bordeaux, puis en 1840 et 1841, à Lyon.
Il avait encore une saison à passer dans cette
ville, quand Crosnier, ayant entendu parler de
lui, le fit venir à Paris, l'apprécia, et l'engagea
pour trois ans à l'Opéra-Comique. Il débuta à
ce théâtre en mai 1842, en jouant successivement
la Dame blanche, les Diamants de la Cou-
ronne et le Chaperon rouge. Adolphe Adam,
qui avait beaucoup contribué à son engagement,
écrivit pour lui un rôle charmant dans le Roi
d'Yvetot. A ce moment, la prédiction de Che-
rubini se trouvait complètement démentie : Au-
dran était soliste à la Société des concerts du Con-
servatoire, et membre du jury à ce même Con-
servatoire d'où cinq ans auparavant il avait été
éloigné." 11 resta dix ans à l'Opéra-Comique, et y
fournit une brillante et laborieuse carrière. On
peut dire que son succès y a été interrompu.
Son rôle, déjà très-actif avant le départ de Ro-
ger, s'élargit encore quand cet artiste quitta l'O-
péra-Comique pour passer à l'Opéra, et son nom
est resté attaché à bien des créations qui ont
marqué dans l'art lyrique français. En voici la
liste : Le Roi dYvetot, d'Ad. Adam; Angé-
lique et Jfédor, d'Amb. Thomas ; le Ptiits d'A-
mour, de Balfe ; le Mousquetaire et le Con-
seiller, de Bousquet; Sultana, de Bourges; La
Sirène, d'Auber ; la Cachette, de Boulanger ; la
Charbonnière, de Montfort; la Sérafina, de
Clemenceau SI- Julien; le Bouquet de V Infante,
AUDRÀN — AUDUBERT
33
de Boieldieu fils ; Ne Touchez pas à la Reine,
de X. Boisselot; Haydée, d'Auber (rôle d'An-
dréa) ; le Val d'' Andorre, d'Halévy ; Gïralda,
d'Ad. Adam ; la Fée aux roses, d'Halévy ; Ma-
delon, de Bazin ; la Chanteuse voilée, de V.
Massé; Oreste et Pylade, do Thys; enfin (au
Théâtre-Lyrique, après sa sortie de l'Opéra-Co-
mique), la Demoiselle d'honneur, de Semet;
el Christophe Colomb, de Félicien David.
Le nombre des ouvrages qu'il reprit est si
grand qu'il est impossible de les mentionner
tous. On peut pourtant signaler parmi les plus
intéressants : Jean de Paris, Cendrillon, le
Chaperon rouge, Marie, une Folie, le Mule-
tier, Fra Diavolo , le Postillon de Lonju-
meau. Il joua ces deux derniers aussitôt après
Chollet.
En 1852, à la suite d'un désaccord avec la di-
rection Perrin, M. Audran quitta l'Opéra-Comique
et vint donner des représentations à Marseille,
où il fit monter la plupart des opéras qu'il avait
créés. De 1853 à 1856, il chanta à Marseille,
puis à Bordeaux, et, en 1857, retourna à Paris oii
il créa au Théâtre-Lyrique un rôle dans la De-
moiselle d^honneur, de Semet. Pendant les
quatre années qui suivirent, il fit de brillantes
tournées en province et à l'étranger, puis, à la
suite d'une sérieuse maladie, vint définitive-
ment se fixer à Marseille, en 1861. Deux ans
plus tard, il fut nommé professeur au Conserva-
toire de cette ville, où il est encore, et où il
dirige les classes de chant et de décl.nnlion
lyrique. Il a formé de nombreux élèves, parmi
lesquels on peut citer M"" Artot, Praud, Tri-
chon, MM. Mayot, Aumerat, Dauphin, qui ont
suivi la carrière dramatique, ou se sont voués à
l'enseignement.
Cet artiste distingué, qui a rendu tant de ser-
vices à l'art musical, comme chanteur et comme
professeur, a aussi composé beaucoup de mélodies
d'une inspiration gracieuse et facile. Les plus
connues sont : La Colombe du soldat, le Va-
gabond, Marguerite (avec P. Dupont), le
Guide des montagnes, Vous pleurez d'être
heureux, les Œufs de Pâques, l'Amandier
fleuri, etc., etc. Ces romances ont été publiées
à Paris, Bruxelles, Lyon et Marseille.
Al. R-d.
AUDRAN (Edmond), fils du précédent, est
né à Lyon le 11 avril 18 i2. Il fit ses études à
Paris jusqu'à l'âge de l'i ans, et les abandonna
pour entrer à l'École Niedermeyer qui venait
d'être fondée. Il y obtint successivement un ac-
cessit d'orgue, un accessit d'Iiarmonie, un piix
de piano, et, en 1859, le prix de composition. En
186 Ij il vint, avec son père, se fixer à M;irseille
BIOCR. VMV. DIÎS MUSICIENS. SLPPL.
T. r
où il réside encore, et où il est maître de cha-
pelle à l'église St-Joseph. En 1862, il fit jouer au
Grand-Théâtre de cette ville un petit opéra inti-
tulé l'Ours el le Pacha, dont le poëme n'était
autre que le vaudeville de Scribe transformé, et
qui eut cinq représentations. Deux ans après, il
donna au même théâtre la Chercheuse d''es-
prit, opéra en un acte d'après Favart, qui ob-
tint du succès, et où on remarqua notamment un
charmant duettino. Plusieurs morceaux de cet
ouvrage ont été publiés à Marseille par l'éditeur
Carbonel. A l'occasion de la mort de Meyerbeer,
i! écrivit une marche funèbre qui fut également
exécutée au Grand-Théâtre dans une solennité de
circonstance. En 1866, il fit représenter, toujours
à Marseille, mais cette fois, au Gymnase, la
Nivernaise, opéra en un acte, qui eut onze re-
présentations, puis, en 1868, le Petit Poucet,
opérette en trois actes , qui fut accueillie moins
favorablement par le public. En 1873, M. Ed. Au-
dran a faitentendre à l'église Saint-Joseph, à Mar-
seille, puis à Saint-Eustache, à Paris, une messe
pour soli, chœurs et orchestre qui dénote un
sensible progrès dans son talent. Il y a dans
certaines parties, le Kyrie, VAdoro te supplex,
VAgnus Dei, un sentiment mélodique distingué,
des harmonies ingénieuses, et l'entente des ef-
fets.
On connaît encore de cet artiste divers motets
inédits, une mazurka et une romance sans pa-
roles pour le piano, une valse chantée et une
romance rustique, publiées chez Carbonel, à Mar-
seille; 2 mélodies pour la voix, chez Sylvain
St-Étienne, à Paris ; une valse pour le piano, six
mélodies, chansons ou sérénades, chez Langlois ;
enfin chez Pépin frères, à Marseille, Petits Oi-
seaux, romance qu'il a écrite pour être inter-
calée dans une féerie et qui a eu de la vogue.
Al. R-d.
AUDUBERT (Jules), professeur de chant
à Paris, a publié récemment .sous ce titre : l'Arl
du chant, suivi d'un traité de maintien théâ-
tral, avec figures explicatives (Paris, Brandus,
1876, in-8), un ouvrage remarquable, neuf à
beaucoup de points de vue, et dans lequel on
regrette seulement que l'auteur semble vouloir
faire passer en seconde ligne, dans l'éducation
d'un chanteur, l'étude si absolument indispen-
sable du solfège. Cette remarque faite, on ne
peut que louer le professeur de ses excellents
préceptes et de son respect pour un art malheu-
reusement bien déchu aujourd'hui de son an-
cienne splendeur, et à la décadence duquel on
doit en partie la crise qui sévit depuis si long-
temps sur les scènes lyriques de l'Europe en-
tière.
3
34
AUER — AZEVEDO
AUEll (Léofold), violoniste liongrois fort
dislingup, né vers 1846, a fait son éducation
musicale à Vienne , et devint ensuite élève de
M. Joacliim. Dès 1863, il se (it entendre avec
grand succès à Londres, dans les concerts de
l'Union musicale, s'y produisit de nouveau l'an-
née suivante, et y retourna encore en 1873. Le
jeu de cet artiste se fait remarquer par une so-
norité puissante, un excellent mécanisme, beau-
coup de feu et d'expansion, enfin par un grand
sentiment passionné et une rare faculté d'ex-
pression. Depuis plusieurs années déjà M. Auer
est fixé à Saint-Pétersbourg, où il exerce Icsfonc.
lions de professeur au Conservatoire, de maître
de concert et de violon solo au tbéàlre impérial.
* AULETTA (Pierre). A la liste des ou-
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut
ajouter les deux opéras suivants : 1° Il Marchese
Sgrana, Napk's, Ib. Nuovo, 1738: 2" VAmor
costanle, iXaples, tb. des Fiorenlni, 1739.
AUiVE (Â.-J.-B.), instituteur et cliantre à
MaroUes (Calvados), a publié on ISGi une Mé-
thode pour apprendre facilement le nouveau
plain-chanl (Caen, Poisson, in-S"), bon ou-
Trage dont il a été fait plusieurs éditions.
J. C z.
AUTERl-MAXZOCCIII (Salvatore) ,
jeune compositeur italien, a débuté par un coup
d'éclat en donnant au tbéàlre de la Pergola, de
Florence, dans les premiers mois de 187.=i, un
opéra intitulé Dolores, qui a obtenu un très-
grand succès. Fils d'une cantatrice fameuse en
Italie, M"'" Manzoccbi , M. Auteri-Manzoccbi
n'avait d'abord cultivé lamusi(pie qu'en amateur,
et des revers de foitune l'ont seuls forcé à clier-
cber une ressource dans l'exercice d'un art qu'il
n'avait éludié que pour son agrément. Il tra-
vailla sérieusement alors, d'abord à Palerme, sous
la direction de M. Platania, puis à Florence,
avec M. Mabellini. C'est dans cette dernière
ville que devait être représenté son premier ou-
vrage, Hlarcellina, et celui-ci était en pleines
répétitions lorsque la maladie d'un artiste cbarj^é
d'un des rôles les plus importants en empêclia
l'apparition. M. Auleri, sans se décourager, s'at-
tacba alors à un second ouvrage, Dolores, dont
un de ses oncles, M. Micbele Auleri -Pomar, qui
est à la fois sculpteur de beaucoup de talent et
poète dramatique babile, lui avait confié le livret.
Le jeune compositeur donna connaissance du rôle
principal à une cantatrice de grande valeur et
de grand renom, M™^ Galletti-Gianoli, et celte
artiste voulut aussitôt s'en charger. Dolores fut
donc jouée à la Pergola, et l'œuvre^ charmante
par elle-même et rendue plus aimableencore par
le merveilleux talent de .«a principale interprète,
remporta un succès éclatant. Elle fut reproduite
aussitôt à Milan, à Palerme, et dans d'autres
villes, et partout rencontra la même fortune.
« M. Auteri, m'écrit- on d'Italie, est une des plus
belles promesses de la jeune école italienne. Sa-
musique est facile, bien faite, claire, et elle a
pour principales qualités la faculté mélodique,
l'expression sentimentale et passionnée. Sicilien
comme Bellini, M. Auteri est un des musiciens
qui ressemblent le plus à ce maître. » M. Auteri
travaille en ce moment à un nouvel opéra, ?/ A'c-
griero, dont son oncle lui a encore fourni le
livret.
AYOLIO (..........), compositeur napolitain,
est l'auteur d'un opéra bouffe en 3 actes, Rosetta
la Giardiniera, qui a été représenté avec quel-
que succès, sur le théâtre Rossini, de Naples, au
moi? d'avril 1872.
AZEVEDO (Alkxis-J\cob), critique et écri-
vain musical, est né à Bordeaux le 18 mars
1813. Après avoir acquis avec son père la con-
naissartce des premiers principes du solfège, il
enireprit l'étude du violon, puis celle de la llùte.
Au mois d'octobre 1832 il vint à Paris, et passa
quelque temps, au Conservatoire, dans la classe
de Tulou, tout en Aiisant partie de l'orchestre
de quelques théâtres secondaires, tels que l'Am-
bigu, le Cirque et les Folies-Dramatique.s. Bientôt
il quitta la musique pour les affiiires, puis y
revint, au bout <le quelques années, pour s'oc-
cuper de critique. Il donna d'abord quelques ar-
ticles au Siècle, à la France musicale, puis,
vers 1846, fonda lui-même un journal spécial, la
Critique musicale, qni n'eut qu'une existence
éphémère. Après avoir passé à la Presse, il
entra comme feuilletoniste musical à VOpinion
nationale, et y resta depuis 1859, époque de la
création de cette feuille, jusqu'en 1870. C'est là
surtout que M. Azevedo a donné carrière à son
tempérament batailleur, recherchant avec ardeur
les polémiques, frappant d'estoc et de taille, à
tort et à travers, et s'inquiétant peu d'avoir rai-
son pourvu qu'il criât fort et qu'il fit beaucoup
de bruit. Il serait injuste de ne pas convenir
pourtant que sur certains points de Ihistoire de
la musique il a souteuu avec succès quelques
discussions.
Malheureusement, et en ce qui concerne la-
critique des œuvres et des artistes, M. Azevedo
était doué de deux grands défauts : d'une part,
son instruction musicale était complètement in-
suffisante et le mettait dans l'impossibilité de
recourir à toute espèce d'éluile analytique, sans
laquelle il n'est point de critique sérieuse et va-
lable; de l'autre, passionné à l'excès, il ne re-
connaissait qu'un genre de musique, restait
AZEVEDO
35
complètement sourd aux beautés répandues
dans les œuvres qui ne procèdent point de l'é-
cole italienne, et considérait comme ennemi qui-
conque ne pensait pas comme lui. Pendant vingt
ans M. Azevedo a déversé l'injure sur de grands
artistes tels que Moyerbeer, Berlioz, Halévy,
M. Gounod, les traînant aux gémonies, et pré-
férant à leurs chefs-d'œuvre n'importe quelles
platitudes signées d'un nom ultramontain. En ce
qui concerne les productions musicales, aussi
bien que leur interprétation, quand M. Azevedo,
qui est un néologisle forcené, avait parlé de l'é-
cole du civet sans lièvre, du casserolage, de
la braillardocralie, etc., il croyait avoir tout
dit et trouvait superflu de donner les raisons de
son mépris.
Tout le monde ne juge pas que ce soit tout à
fait ainsi que doive s'exercer la critique ; quel-
ques-uns pensent qu'elle doit être instructive, et
qu'elle ne perd rien de sa valeur à revêtir des
formes courtoises. Or, M. Azevedo traitait dé
Turc à More tous ceux qui ne partageaient pas
sa fureur contre certains artistes, son adoration
irraisonnée pour Rossini, dont il estimait les po-
chades de jeunesse à l'égal de Guillaume Tell ou
du Barbier, ou qui osaient soutenir que le sys-
tème Chevé est à la notation musicale ce que le
dessin linéaire est à la peinture. Il est vrai qu'à
force d'exagérations de toutes sortes, M. Azevedo
perdit assez rapidement son crédit, et qu'aujour-
d'hui il n'est plus guère question de toutes les
grandes batailles qu'il a livrées.
Voici la liste des productions de cet écrivain -.
1" Sur le livre inlilvlé : Critique et littérature
musicales de M. P. Scudo (Paris, 1852, in-12)-,
2° Félicien David, sa vie et son œuvre (Paris,
Heugel, 1863, gr. in-8'^ avec portrait et autogra-
phes) ; 3° G. Rossi7ii,sa vie et ses œuvres (Pa-
ris, Heugel, 1865, grand in-S" avec portraits et
autographes) ; 4° Sur un nouveau signe proposé
pour remplacer les trois clefs de la notation
musicale (Paris, Escudier, 1868, in-8°); 5° Dic-
tionnaire musico-humoristique, par le doc-
teur Aldo, membre de la Fourchette harmo-
nique et de plusieurs autres sociétés savan-
tes, précédé dhm avertissement par Alexis
Azevedo (Paris, Gérard, 1870, in 12), écrit en-
tièrement dû à M. Azevedo ; 6° M. Aimé Paris
et ses inventions, trois feuilletons de M.Alexis
Azevedo dans VOpinion nationale, 25 août,
l«''et8 septembre 1863 (Dieppe, impr. Delevoye,
s. d. [186.'i], in-8'') ; 7° la Transposition par
les nombres (Paris, l'auteur, in-8°).
M. Azevedo a collaboié au Ménestrel (où il a
publié d'abord, sous forme d'articles, ses deux
études sur Rossini et M. Félicien David), à VArt
musical, à la Politique universelle, au Soleil,
à la Réforme musicale , et h la Méloma-
nie. En 1874, il a publié un petit recueil critique
périodique , « les Doubles-croches malades,
petite revue bi-mensuelle de critique musicale »,
rédigé par lui seul et dont il a paru douze nu-
méros (1). ^
(i; Au moment où Je corrige les épreuves décide no
ticp, on annon;e la mort de M Azevedo, à Paris (2i dé-
cembre 1873;.
B
B. (Madame J. DE). Sous ces initiales, une
dame a publié en 1863 un Annuaire spécial
des altistes musiciens, i" année, 1863 (Paris,
77, Faubourg Poissonnière, in-12), livre conçu
sur un plan absolument défectueux et incom-
plet.
BABIC (Benko) naquit à Raguse au com-
mencement (lu seizième siècle. Musicien et re-
lijjjeu.v dominicain, il introduisit le premier le
chant grégorien dans son ordre.
Y.
BxVCCE (DojiEiMCo), célèbre chanteur ita-
lien, naquit à Crémone le 27 janvier 1549.
Y.
BACCELLI (le P. Matteo), compositeur
de musique religieuse, né à Lucqnes vers 1680,
fut maître de musique au séminaire de San-Gio-
vanni. Les registres de la Compagnie de Sainte-
Cécile de cette ville attestent que, de 1717 à 1734,
cet artiste écrivit pour la fête de la patronne de
cette Société plusieurs services religieux consis-
tant en messes, graduels , motets et psaumes à
quatre voix concertantes. On trouve aussi, dans
les archives du séminaire de San-Martino, un
Domine, un Dixit et un Magnificat à 4 voix,
avec accompagnement instrumental, de sa com-
position. Baccelli mourut à Lucques en 1756.
BACCHIiVI (Ces\re), compositeur, est
né à Florence en 1846, et fut élève de M. Ani-
chini pour le piano et l'harmonie, de M. Gio-
vacchino Giovacchini pour le violon , et de
M. Mabellini pour la composition. Ce jeune ar-
tiste a fait représenter en 1871 , à Florence, un
opéra intitulé il Quadro parlante, qui fut assez
bien accueilli. L'année suivante , il écrivit, en
société avec plusieurs autres jeunes composi-
positeurs, MM. De Champs, Fehci, Gialdini,
Tacchinardi et Usigiio, la musique d'une bouf-
fonnerie, la Secchia rapita (Florence, th. Gol-
doni, avril 1872). Enfin, M. Bacchini a donné
au théâtre Pagliano, de la même ville, le l4 fé-
vrier 1874, un opéra sérieux, la Cacciata del
duca d'Atene, qui fut très-froidement accueilli
du public.
BACCIIM (Maria), célèbre chanteuse ita-
lienne, douée d'une belle voix de contralto, na-
quit vers 1750 et mourut à Brème en 1782.
Y.
BACH (Samuel). Foye; Ferrière-le-Vaïer
(le marquis DE).
BACH (Otto), compositeur, né à Vienne en
1833, est actuellement directeur du Mozarleum
de Salzbourg. 11 a écrit des symphonies , de la
musique de chambre et des opéras, parmi lesquels
on cite Sardanapale et die Liebesprobe {VÉ-
preuve amoureuse). Y.
BADABZEWSKA (Thécla), pianiste dis-
tinguée et compositeur, née à Varsovie en 1838,
est morte en 1862. Elle a écrit plusieurs com-
positions pour son instrument , notamment une
Prière à la Vierge qui a eu du succès et qui est
connue par toute l'Europe.
Y.
BADEB (Daniel) , facteur d'orgues et de
clavecins , né en Allemagne dans la seconde
moitié du seizième siècle^ s'établit à Anvers, où,
dès les premières années du dix-septième siècle,
il fut reçu dans la corporation de Saint-Luc.
* BADIA (CuARLES-AtGusTiN ). Trois ora-
torios doivent être ajoutés à la liste des œuvres
de ce compositeur, tous tiois exécutés à la cha-
pelle impériale de Vienne : 1° la Clemenza di
Davide, 1703; — 2" San Romoaldo, 1704;
- 3° Santa Teresa, 1706.
* BADIA (Louis). Cet artiste a donné au
théâtre de la Pergola, de Florence, en 1851, un
drame lyrique intitulé il Conte di Leicester.
C'est sans doute cet ouvrage qui a été men-
tionné comme n'ayant eu qu'une seule repré-
sentation.
* BADIALI (Cesare), chanteur renommé,
était né vers 1800, et mourut le 18 novem-
bre 1865. C'est sur les conseils de Rossini,
de Sampieri et de Tadolini qu'il avait aban-
donné la carrière administrative pour em-
brasser celle du théâtre. Il ne parcourut pas
seulement l'Autriche et l'Italie, l'Espagne et le
Portugal, mais se fit entendre encore avec suc-
cès à la Havane, à Mexico, à New- York, à Phi-
ladelphie, à Boston, à la Nouvelle-Orléans, à
Paris, à Londres , à Manchester, à Dublin, etc.
Il s'était, après plus de trente ans de triomphes,
retiré à Imola, mais avait consenti à quitter
momentanément sa retraite pour chanter à Pe-
saro, lors des fêtes qui eurent lieu en celte
ville pour l'inauguration de la statue de Rossini,
du vivant de celui-ci. Il mourut à Imola le 18
novembre 1865, et Rossini, en apprenant la mort
de son vieil ami Badiali, écrivit à son fils : «....
Vousavez perdu le meilleur des pères, et moi je
BADIALI — BAILLY
37
suis du même coup privé du plus cher de mes
amis, du plus vaillant de mes interprètes.... ->
B^DEKERL (Cu\rles), tromboniste,
mort à Berlin en 1849. On a de lui des danses
et des variations pour le trombone. Y.
ByENDER (Jean-Henri), virtuose sur le
basson et sur la contre-basse, né à Rœhrenfort,
dans la Hesse électorale, en 1785, a joui d'une
certaine réputation. Y.
B^UAIEL (Frédéric Henri) , violoniste
célèbre en son temps, né vers 1730 à Wurz-
bourg, mourut à Bamberg en 1796. Y.
BAGAUS (Charles), célèbre virtuose sur
la trompette, naquit à Berlin le 5 novembre
1799. On ignore l'époque de sa mort. Y.
BAGLIONCELLA (Francesca), musi-
cienne italienne, compositeur, naquit à Pérouse
et vivait au seizième siècle. Elle a écrit un grand
nombre de madrigaux. Y.
BAGUER (Carlos), compositeur et orga-
niste espagnol, surnommé Carlets par ses con-
temporains, était né vers 1768. Organiste de la
cathédrale de Barcelone, cet artiste , dont le ta-
lent paraît avoir été extraordinaire , a été oublié
par tous les biographes, de telle sorte que les
détails de sa vie sont absolument inconnus.
M. Baltasar Saldoni , le seul qui ait rappelé son
nom ( dans ses Efemérides de mûsicos espa-
fioles) , n'en a parlé que d'après les souvenirs
d'un de ses amis , Mateo Ferrer ( voij. ce nom ),
musicien fort distingué lui-même , qui avait été
l'élève de Baguer, et qui conservait pour lui une
admiration pleine d'enthousiasme. D'après Fer-
rer, Baguer était un organiste d'une nature et
d'une valeur absolument exceptionnelles , origi-
nal dans les idées , harmoniste accompli , fu-
guisle merveilleux , possédant une exécution ra-
pide et supérieure, et tirant de son cerveau
des mélodies enchanteresses , toujours emprein-
tes du plus pur sentiment religieux , en un mot
un artiste dont on ne pouvait expliquer et com-
prendre le talent sans l'avoir entendu , et supé-
rieur à tout ce qu'on pouvait imaginer. Je laisse,
bien entendu, à Ferrer, la responsabilité de ses
assertions ; mais, en admettant même que son
admiration fût quelque peu exagérée, on ne peut
considérer comme un artiste ordinaire celui qui
laisse une telle impression dans l'esprit de ceux
qui ont été à même de l'entendre et de l'appré-
cier. Il n'en est que plus regrettable de consta-
ter qu'un tel artiste n'ait laissé qu'un souvenir
fugitif, et que son nom soit pour ainsi dire perdu
pour l'histoire de l'art. Je crois qu'il ne reste
rien des œuvres composées pour l'orgue par Ba-
guer, que M. Soriano Fuertes, dans son Historia
de la Mûsica espaùola , dit être l'auteur d'un
oratorio intitulé la Muerte de Abel. Baguer
est mort à Barcelone , le 29 février 1808 , à l'âge
de quarante ans seulement.
BAILLE (Gabriel), compositeur, directeur
du Conservatoire de Perpignan, a publié pour
divers instruments des compositions dont le
nombre s'élève à plus de cinquante. Parmi ces
compositions se trouvent, outre divers morceaux
de genre pour piano, une série de pièces élé-
mentaires et progressives pour deux violons por-
tant pour titre École concertante de violon
(Paris, Brandus). M. Baille publie aussi un re-
cueil permanent, intitulé : Piccludium, recueil
de musique pour orgue. Cette collection, dont
il paraît chaque année deux livraisons, en compte
déjà sept.
BAILLET ( ) , est auteur d'un opus-
cule ainsi intitulé : Musique en lettres , idée
sur l'étude de la musique vocale, ou Exposé
d'une méthode nouvelle (Toulouse, 1864,
in- 8°).
'*^ BAILLOT (PierreM.\rieFr4nçois de
Sales). On a publié en 1872 un écrit posthume
de ce grand artiste, ainsi intitulé: Observations
relatives aux concours de violon du Conser-
vatoire de musique (Paris, Didot, in-8° de
34 pp. ). On doit signaler aussi les deux notices
suivantes, dont Baillot était l'objet : 1° Baillot ,
par Ad. Guéroult ( Paris, s. 1. n. d. [Extrait de
la Gazette musicale] , in-8° de 7 pp. ) ; 2° Hom-
mage à la mémoire de Baillot , discours pro-
noncé par M. D. Tajan-Rogé à la soirée musi-
cale qui a eu lieu dans la petite salle du Con-
servatoire national de musique le 4 avril 1872 ,
pour l'inauguration de la statuette en bronze de
Baillot (Paris, Le Chevalier, 1872, in-12). En-
fin il faut mentionner encore , pour ceux qui
voudraient se renseigner d'une façon complète
sur l'admirable violoniste, la notice publiée dans
les Annales de l'Académie des Beaux-Arts
(t. XII ) par M. Charles du Rozoir, et celle pu-
bliée en 1872, dans le Ménestrel, par M. Ar-
thur Pougin.
BAILLOT (René-Pacl), fils du précédent,
est né à Paris le 23 octobre 1813. Après avoir
travaillé le violon avec son père , il se livra à
l'étude du piano, sous la direction de Desor-
mery et de Pleyel. Use consacra ensuite à l'ensei-
gnement, et publia un certain nombre de compo-
sitions pour le piano. En 1848 , M. René Baillot
devint professeur de la classe d'ensemble ins-
trumental au Conservatoire , classe créée pour
lui , mais dont il ne fut pourtant nommé titu-
laire que le 1"" janvier 1851.
* BAILLY (Henri de), surintendant de la
musique de Louis XIII. On trouve des notes in-
38
BAILLY — BALBI
téressantes sur la famille de cet artiste dans
l'écrit de M. Tli. Lhuiliier : Note sur quelques
musiciens dans la Brie ( Meaiix , typ. Carro ,
1870, in 8°).
Je crois que cet artiste ne faisait qu'un avec
Bailly, chanteur et joueur de luth de Louis XIII
enfant, très fréquemment cité par JeanHéroard
dans son Journal sur Venfance et la jeunesse
de Louis XIII. BaiMy, qui jouait aussi de la lyre,
endormait le soir le jeune prince au son de sa
musique, que pourtant celui-ci écoutait avec un
vif plaisir.
* BAJETTI (Jean), compositeur, ancien
maestro concertaiore du théâtre de la Scala au
temps de la Pasta et de la Malibran, est mort à
Milan le 28 avril 1876. A la liste des ouvrages de
cet artiste, il faut joindre le ballet de Faust (Mi-
lan, Scala, 12 février 1848), dont il écrivit la
musique conjointement avec Coster et Panizza.
BALAIÎIREFF (M ), compositeur
russe contemporain , a écrit pour le drame de
Sliakspeare le Roi Lear une partition qui com
prend une ouverture, une marche et quatre
entr'actes, et qui a été publiée chez l'éditeur
Bessel, à Saint-Pétersbourg. M. Balakireff a pu-
blié aussi un arrangement pour deux pianos d'un
quatuor de Beethoven.
BALAR T (Gabkiei,), compositeur espagnol,
est né à Barcelone le 8 juin 1824. Il commença
l'étude de la musique dans sa patrie, dès ses
plus jeunes années, puis vint à Paris pour com-
pléter son éducation. De retour en Espagne en
1832 , il se fit connaître d'abord par la publica-
tion d'un certain nombre de pièces de musique
vocale et instrumentale, et écrivit aussi quelques
zarzuelas, qui furent généralement bien accueil-
lies. Parmi les ouvrages de ce genre de M. Ba-
lart, je citerai les suivants , qui seuls sont venus
à ma connaissance : 1° Uîi Rapacin de Can-
daSf un acte, Barcelone, août 18G6; 2" los Guar-
dias del Rey de Siam, id., id., 3" el Tulipan
de los Mares ; 4" Amor y Arte. M. Balart a été
chef d'orchestre des principaux théâtres de Bar-
celone et de quelques-uns de Madrid.
* BALBI (Melchioiî). L'auteur de la B/oyra-
phie universelle des Musiciens a été évidem-
ment trompé, au sujet de cet artiste, par de
faux renseignements. Voici ceux que je trouve sur
M. Baibi dans l'intéressant Annuario générale
delta Musica de M. Caputo ( voy. ce nom) pour
1875.
M. BaIbi est né à Venise, de famille pa-
tricienne, le 4 juin 1796. Son père s'étant ré-
fugié à Padoue' par suite des événements poli-
tiques, le jeune homme étudia le piano et
l'orgue d'abord avec Alessandro Nini, puis
avec Gaetano Valeri , el fit ensuite une élude
sévère des partimenti, de l'harmonie et de
la fugue avec Antonio Calegari. Nommé , en
1818, maestro concerlatore dans les deux
théâtres, il conserva cet emploi jusqu'en 1853,
époque à laquelle il fut nommé maître de cha-
pelle de la basilique de Sanl'Antonio. Élu , en
1868, académicien correspondant de l'Institut
musical de Florence , il écrivit trois Mémoires
sur la question posée par cette académie : « s'il
est possible et pratique d'inventer un système
d'harmonie fondé sur la division de l'octave en
douze demi-tons. » Aux trois Mémoires l'acadé-
mie répondit par trois délibérations dans les-
quelles elle félicitait M. BaIbi et l'encourageait
à poursuivre et à conduire à terme la tâche qu'il
avait entreprise. A la suite de ce fait , M. Balbi
fut nommé chevalier de la couronne d'Italie et
élu membre d'un grand nombre de sociétés ita-
liennes et étrangères.
Outre une messe solennelle et une messe de
Requiem exécutées à Saint-Antoine de Padoue ,
la première en 1831 , la seconde en 1869 ,
M. Balbi en a produit une troisième (le 8 dé-
cembre 1871), pour chœurs, orchestre , et qua-
tre orgues. Comme théoricien, cet artiste a pu-
blié : 1° Sistema armonico d'Antonio Calegari,
avec notes et appendice de Melchior Balbi ( Mi-
lan, Ricordi, 1829); 2° Grammatica ragionata
délia musica sotto Vaspetto di lingua (i845);
3° Auova Scuola basala sul sistema semi-
tonato equabile , T' partie ( Milan , Vismara ,
1872). Quanta l'ouvrage dont M. Balbi aurait
été l'éditeur posthume, Trattato armonico
di Antonio Calegari, Fétis a fait évidemment
à son sujet une double confusion , dont on peut
se rendre compte en lisant les trois noiices qu'il
a consacrées à François-Antoine Calegari,' k
Antoine Calegari et à M. Melchior Balbi.
Dans la première, il attribue cet ouvrage à
François-Antoine Calegari , et dit qu'il fut pu-
blié fort longtemps après sa mort, en 1829, par
M. Balbi ; dans la seconde, il fixe la mort d'An-
toine Calegari au 22 juillet 1828; enfin, dans la
troisième , il attribue le même ouvrage à
M. Balbi, qui aurait exposé lui-même la mé-
thode de son maître Antoine Calegari dans l'é-
crit en question, et qui l'aurait laissé manuscrit
à sa mort, arrivée en juillet 1828, de telle façon
qu'on l'aurait publié l'année suivante. Or, on peut
saisir la confusion par le rapprochement des
dates, dont une est fausse, puisque M. Balbi est
encore vivant. Voici ce qui me semble devoir
être la vérité -. le Trattato del sistema armonico
est d'Antoine Calegari et non de François-An-
toine Calegari; cet artiste l'aura laissé inédit à
BALBI — BALTHASAR-FLORENCE
39
-sa mort , le 22 juillet 1828 , en chargeant son
élève, M. Balbi , de le publier; enfin, celui-ci se
sera ponctuellement acquitté de ce si)in. On voit
combien la lumière est difficile à faire en ma-
tière d'histoire , et à quel point un faux rensei-
gnement peut engendrer d'erreurs.
BALDI (JoÂo-JosÉ), musicien portugais, est
né à Lisbonne de parents italiens établis depuis
longtemps en cette ville. En 1781, à peine âgé
de onze ans, il entra au séminaire patriarcal,
d'où il sorlit au mois de septembre 1789 pour
aller occuper la place de maître de chapelle à la
cathédrale de Guarda; il fui ensuite appelé à
Lisbonne, et nommé organiste de la chapelle
du palais royal de Bemposta. Il a écrit une grande
quantité de musique d'église , à laquelle on ac-
corde du mérite; on cite surtout une Litania
■en la , comme particulièrement remarquable.
J. DE V.
* BALFE (MicnEL-GmLLu:MEB.\LPH, dit)
est mort le 21 octobre 1870, à sa maison de cam-
pagne de Rowney-Abbey. Au répertoire drama-
tique de ce compositeur, si populaire en Angle-
terre , et qui d'ailleurs, s'il manquait d'originalité,
était loin de manquer de talent, il faut ajouter
les opéras suivants, représentés à Londres :
the PurUcui's daughter (1861), ihe Armurer
of Nantes iiS63), Blanche de Nevers (18G3),
la Rose de Casdlle, et Bianca, la Fiancée du
Bravo.
Une fille de cet artiste , cantatrice d'un talent
remarquable , élève de son père , avait débuté
avec succès à Londres, le 28 mai 1857, dans le
rôle d'Amina de la Sonnambula. Mariée, peu
d'années après, à sir John Crampton, dont elle
se sépara en 1863 à la suite d'un procès étrange
et qui eut un grand retentissement, elle épousa
en secondes noces un noble Espagnol , le duc
de Prias. La duchesse de Prias mourut jeune, à
Madrid, peu de mois après son père, en janvier
ou février 1871 (1).
BALIUS Y VILA(Jaisie), compositeur es-
pagnol, vivait dans la seconde moitié du dix-
huitième siècle. On ignoi e le lieu et la date de sa
mort, et l'on sait seulement que vers 1780 il rem-
plissait les fonctions de maître de chapelle de la
cathédrale de Gerona, fonctions qu'il occupa
plus tard à Cordoba et au monastère de l'Incar-
nation, de Madrid. Cet artiste s'est fait connaître
par de nombreuses composilions religieuses ,
parmi lesquelles on remarque surtout ses La-
mentations pour le jeudi-saint, ainsi queTliym-
(1) L;i veuve ducompnsi'eur Palfe a fait don an Bri-
Ush miiseiiin, de Londres, des manuscrits autographes
•de toutes les œuvres publiées de son raarl.
ne : Dcus tuorum militum, qu'il écrivit pour
le concours de la maîtrise de Cordoba.
BALLARD, joueur de lutli dislingui-, fut le
maître de Louis XIII, alors dauphin de Prancc,
pour cet instrument, ainsi qu'on le voit dans le
Journal de Jean Iléroard sur Venfance et
la jeunesse de Louis XIH, lequel dit, à la
dale du T"^ septembre 1612, en parlant du jeune
prince : « Il commence à apprendre à jouer du
luth par Ballard. » Il me semble que cet artiste
pourrait bien être Pierre Ballard, fils du chef
de la dynastie des imprimeurs de musique de ce
nom, qui succéda à son père comme seul impri-
meur de la musique de la chambre, chapelle
et menus-plaisirs du roi. On peut supposer
aussi qu'il est l'auteur ou du moins l'arrangeur
du recueil publié par lui, en 1617, sans nom
d'auteur et sous ce titre : Airs de différens
auteurs, mis en tablature de luth.
BALLICOl]RT( ),composileur et flû-
tiste français du dix-huitième siècle, a passé sa
vie en Angleterre , où son talent de virtuose
était estimé, ainsi que ses compositions.
Y.
BALTHASAR • FLORENCE ( Henri
Mathias BALTHASAR, dit), compositeur belge,
est né à Arlonle 21 octobre 1844. Musicien dès
l'âge le plus tendre, il se produisit pour la pre-
mière fois en public à neuf ans, comme pianiste,
dans sa ville natale. Admis en 1857 au Conser-
vatoire de Bruxelles , il y fut élève de M. Au-
guste Dupont pour le piano, de M. Lemmens
pour l'orgue, de M. Adolphe Samuel pour l'iiar-
monie , de Fétis pour le contre-point et la fugue,
et obtint successivement tous les premiers prix
des cours qu'il suivait avec ces professeurs.
Marié en 1863 à M"'' Clémence Plorence, fille
d'un facteur de pianos dont il ajouta le nom au
sien, il alla , quelques années plus tard, s'établir
à JNamur comme dépositaire des produits de la
fabrique de son beau-père, ce qui ne l'empêcha
pas de se livrer avec ardeur à la composition et
de se produire souvent comme virtuose dans les
concerts. En 1868, il faisait exécuter aux Con-
certs populaires de Bruxelles une grande ouver-
ture dramatique; peu après, il donnait au lliéàtre
de la Monnaie , de cette ville, un opéra-comique
intitulé Une Croyance bretonne, et au Casino des
GaleriesSaiut Hubert une opérette en un acte, le
Docteur Quinquina. En 1870, il fait entendre
aux Concerts populaires des fragments symphoni-
ques, et exécute dans une séance donnée au
théâtre de Namur un grand concerto sympho-
niquc pour piano et orchestre, qui lui vaut un
double succès de virtuose et de compositeur. En
1872, dans l'église du collège de la Paix, de la
40
BALTHASAR-FLORENCE — BANIÈRES
même ville, il produit une messe solennelle pour
chœur et orchestre , dont l'effet est très grand ,
et successivement il fait entendre deux Bénédic-
tions et un Landate Dommian, également pour
chœur et orchestre. M. Balthasar-Florence, dont
le talent est très-goûté en Belgique , a écrit en-
core la musique d'un ballet en deux actes, non
représenté jusqu'ici, divers morceaux de carac-
tère pour le piano, un concerto pour la trom-
pette, un quintette pour instruments à cordes,
des fantaisies pour violoncelle, pour cor, etc.
Lors de l'exécution de sa messe solennelle à Na-
mur, une appréciation très-élogieuse de cette
œuvre parut dans le journal VAmi de V Ordre,
de cette ville, et fut ensuite publiée sous forme
de brochure : Messe solennelle de Balthasar-
Florence par le R. P. Louis Girod, de la com-
pagnie de Jésus (Namur, impr. Doux tils, 1872,
in 8"). Enfin, en 187 j, la municipalité de Lille
ayant mis au concours une cantate en l'honneur
de Notre-Dame delà Treille, pourvoi/, chœurs
et orchestre, et M. Balthasar ayant pris part à
à ce concours, il en fut proclamé vainqueur. Son
œuvre fut exécutée à Lille avec un véritable
succès, et fut l'objet de grands éloges.
tt BALVAiXSKY ( ), compositeur hon-
grois, a vécu vers la fin du siècle dernier et le
commencement de celui-ci. Il a écrit des duos
pour piano et violon. Y.
* BAMBLXI (Félix). A la liste, assez peu
nombreuse d'ailleurs, des œuvres de cet artiste,
il faut ajouter Suzanne, oratorio exécuté avec
succès au Concert spirituel , et deux livres de
chacun trois sonates pour jnano et violon (Pa-
ris, Leduc). Banibini, dont la vie fut obscure et
la carrière peu brillante , avait été cependant une
sorte d'enfant prodige, et voici ce qu'en disait
J.-J. Rousseau , dans sa Lettre sur la musique
française, à l'époque où, son père étant direc-
teur de la troupe de bouffons italiens qui don-
nait des représentations à l'Opéra, le petit Bam-
bini était l'accompagnateur de cette troupe : —
« Vous ressouvenez- vous, monsieur, d'avoir en-
tendu quelquefois, dans les intermèdes qu'on
nous a donnés cette année, le fils de l'entrepre-
neur italien, jeune enfant de dix ans au plus ,
accompagner quelquefois à 1 Opéra? Nous fûmes
frappés, dès le premier jour, de l'effet que pro-
duisait sous ses petits doigts l'accompagnement
du clavecin; et tout le spectacle s'aperçut, à son
jeu précis et brillant, que ce n'était pas l'accom-
pagnement ordinaire.... »
* BA^'DERALI (David). Dans son His-
toire du Conservatoire, Lassabathie , qui écri-
vait d'après les registres de cet établissement ,
où Banderali a été professeur, fixe Palazzo et le
15 janvier 1789 comme lieu et date de la nais-
sance de cet artiste. Je me borne à mentionner
le fait, n'ayant pas les moyens d'établir laquelle
a raison, de V Histoire du Conservatoire ou de
la Biographie universelledes'TMusiciens. Je dois
constater cependant qu'un compatriote de Ban-
derali, le docteur Francesco Regli, dans son Di-
zionario biografico , le dit né à Palazzolo le
12 janvier 1789. — La fille de cet artiste, chan-
teuse de goût et de style qui s'est fait une réputcf-
tion dans les concerts parisiens, a épousé un com-
positeur distingué, M. Barthe. (Foy. ce nom.)
BANESTRE (Gilbert), contrcpoinliste an-
glais qui jouit d'une grande renommée, floris-
sait vers 1490. ; = Y.
BANEUX ( ), artiste qui semble de-
voir être le père et le grand-père des deux vir-
tuoses cornistes mentionnés dans la Biographie
universelle des Musiciens , a écrit , en so-
ciété avec Navoigille, la musique de trois dra-
mes-pantonimes représentés au théâtre du Pa-
lais : 1° Naissance de la Pantomime (un acte,
1798) ; 20 V Héroïne suisse, ou Amour et cou-
rage (Irois actes, 1798) ; 3" l'Empire de la Fo-
lie, ou la Mort et l'Apothéose de Don Qui-
c/io/^<? (trois actes, 1799).
BAi\K (Jean-Charles-Henri), organiste et
compositeur de lieder, a vécu dans la dernière
moitié du dix-huitième siècle. En 1806, il était
encore organiste du Domchor de Magdebourg.
Y,
BANKS (Benjamin), chef d'une famille de
luthiers anglais, naquit en 1727 et mourut en
1795. Il s'était établi à Salisbury, et produisit
beaucoup de violons et de violoncelles, réussis-
sant surtout ces derniers. Quelques-uns de ses
instruments sont marqués en plusieurs endroits
de ses initiales : B. B.; d'autres portent son éti-
quette , avec ses nom et prénom en toutes let-
tres et la date de leur fabrication. Benjamin
Banks , qui est considéré en Angleterre comme
un des premiers luthiers de ce pays, copiait prin-
cipalement Nicolas Amali. Son vernis, très-beau,
se reconnaît facilement.
BANKS (Benjamin), fils du précédent, na-
quit au mois de septembre 1754, et mourut en
1820. Il travailla longtemps avec son père à Sa-
lisbury, puis alla se fixer à Londres.
BANKS (James et Henry), second et troi-
sième fils de Benjamin Banks 1", continuèrent en-
semble les affaires de leur père après la mort de
celui-ci, et quittèrent plus tard Salisbury pour
aller s'établira Liverpool. Les instruments signés
de leurs deux noms sont estimés en Angleterre.
BANIÈRES (Jean), savant français, vivait
dans la première moitié du dix-huitième siècle.
BANIÈaES — BARBEDETTE
41
On a de lui un Traité physique de la lumière et
des couleurs, des sons et des différents tons,
qui a été inséré dans le Journal des Savants
de 1737. ^'•
BAPTISTA (leFr. Francisco), compositeur
portugais du dix-septième siècle, est né à Campo-
Maior, dans la province d'Alemtejo. Il eut pour
maître le célèbre Antonio Pinlieiro, et jouissait
vers lemilieu dudix septième siècle (1620-1G60)
d'une telle réputation qu'il fut appelé à Cor-
doba (Espagne) en qualité de maître de cha-
pelle d'un couvent de son ordre (Saint- Augus-
tin), Ses compositions, très-nombreuses, étaient
conservées dans la Bibliothèque de musique du
roi D. Jean IV.
J. DE V. i
BARBA (José), compositeur espagnol , na-
quit à Barcelone le 15 avril 1804. A l'âge de
huit ans il entra comme enfant de chœur dans
une église de sa ville natale , y fit toute son édu-
cation musicale sous la direction d'an artiste
nommé Francisco Sampera , et eut terminé ses
études au bout de dix années. En 182i, il devint
maître de chapelle de la cathédrale de Gerona ,
qu'il quitta , dans la même année, pour celle de
Valladolid , retournant bientôt à Gerona , où on
lui offrait un traitement plus considérable. En
1850, il passa en la même qualité à l'église de
de Santa-Maria del Mar de Barcelone, et con-
serva ses fonctions jusqu'en 1866. Cet artiste a
écrit un assez grand nombre de compositions re-
ligieuses pour les diverses chapelles qu'il a oc-
cupées.
BARBARA (Pierre-Henri), piani.ste et
compositeur de musique de piano, né à Orléans
(Loiret) le 28 avril 1823, mourut à Libourne (Gi-
ronde) le 9 mai 1S63.
Dès son enfance, le jeune Barbara ayant ma-
nifesté les plus heureuses dispositions pour le
piano, son père, luthier à Orléans, l'envoya à
Francfort-sur- le-Mein prendre des leçons d'Aloys
Schmitt, alors célèbre en Allemagne comme pro-
fesseur. Revenu dans sa ville natale en 1838,
Barbara y donna un concert qui lui procura de
suite de nombreux élèves de piano. Il continua
de suivre la carrière du professorat, fixant tour
à tour sa résidence à Montpellier, à Narbonne,
à Avignon , et finalement à Libourne où il réunit
une fort belle clientèle.
A partir de 1843^ Barbara commença à faire
paraître quelques morceaux de piano qui attirè-
rent de suite sur lui l'attention des dilettantes-,
une valse brillante (Bernard-Latte), Ondine,
étude de salon (Fleury), Amélie (Ravayre-Raver),
le Retour, et surtout Iduna, lêverie en forme
de valse (Colombier), obtinrent un succès de
vente considérable. Malheureusement , l'auteur
de ces œuvres distinguées, fort peu remuant de
sa nature, tout en composant toujours de temps
en temps , ne cherchait pas à publier ses pro-
ductions et à les faire valoir. Aussi n'a-t-il pas
paru de lui, en tout, plus de douze ou quinze mor-
ceaux de piano.
Henri Barbara était le frère cadet du roman-
cier Charles Barbara, l'auteur de VAssassinat
du Pont-Rouge et des Histoires émouvan-
tes (1). — Une notice étendue a été consacrée à
ce pianiste de talent dans le Progrès, Revue de
Bordeaux, q° du V mars 1867.
A. L— N.
BARBATI (Aniello), professeur et compo-
siteur, fils d'un riche commerçant, est né à Na-
ples le 4- septembre 1824, et n'étudia la musique
qu'au point de vue de son agrément , suivant un
cours d'harmonie avec Francesco Catugno , et
étudiant ensuite le contre-point et la composition
avec Salvatore Pappalardo. Des revers de fortune
vinrent l'obliger à utiliser des talents qu'il n'a-
vait acquis que par plaisir, et à vingt-deux ans
il se consacra à l'enseignement de, la théorie de
l'art. Cela ne l'empêcha pas d'écrire trois opéras,
qui furent représentés au théâtre Nuovo, de Na-
ples : la Bottega da caffè (1852), la Marchesa
e il Tamburino (mars 1857), el Maria la fioraia
(mai ! 859). On doit encore à M. Barbali un cer-
tain nombre de compositions jusqu'ici restées
inédites, ouvertures, messes, vêpres, etc., et ie
Quattro Stagioni , recueil de quatre soli pour
soprano, contralto , ténor et basse, avec accom-
pagnement de quatuor et de quelques autres ins-
truments obligés.
BARBEDETTE (H... ), amateur dis-
tingué de musique et écrivain musical , né vers
1825, a fait de fortes études littéraires et juridi-
ques, et n'a cultivé l'art qu'en vue de son agré-
ment. Devenu juge au tribunal de la Rochelle,
M. Barbedette , qui était en même temps prési-
dent de la Société philharmonique de cette ville
et à qui sa situation de fortune assurait l'indé-
pendance, s'est démis il y a quelques années de
ses fonctions de magistrat pour pouvoir se livrer
sans réserve à ses travaux favoris sur l'bistoire
de la musique et des grands hommes qui l'ont
illustrée. Pianiste exercé, il n'avait pas négligé
(1) Charles Barbara: qui était musicien lui-même, et
qui, dans ses Jeunes années, ava t appartenu à l'or-
chestre de différents théâtres de Paris, aimait beaucoup,
comme Hoffmann, à faire intervenir la musique dans ses
récits littéraires, ainsi qu'il le ûl notamment dans r.^j-
sassinat du Pont-Rouge et dans VEsquisse de la vie diin
virtuose. Né à Orléans en lS2ï,CUarlcs Barbini est
mori fou, à Paris, en 1?66. — A. P.
42
BARBEDETTE — BARBIER
l'élude de l'iiarmonie , et a mis au jour un cer-
tain nombre de compositions, parmi lesquelk's
un sextuor instrumental qui a été publié. De-
puis une quinzaine d'années, M. Barbedette a
publié dans le journal le Mcnesti\l plusieurs
•notices importantes sur de grands musiciens ,
particulièrement sur les maîtres de l'école alle-
mande, notices qui ont paru ensuite sous forme
de brochures. Dans ces travaux, M, Barbe-
dette a fait preuve d'un goût réel et d'un bon
sentiment musical ; on peut regretter toutefois
que les études qu'il a consacrées à d'illustres
artistes laissent à désirer, au point de vue bio-
graphique, en ce qui concerne l'abondance des
faits et la façon de les enchaîner. La littérature
allemande est si riche aujourd'hui en études bio-
graphiques, en recueils de correspondances, en
catalogues d'oeuvres publiées ou inédites , en
documents de toutes sortes sur les grands com-
positeurs d'outre-Rhin , que les écrivains étran-
gers à ce pays doivent se montrer particulière-
ment soucieux d'avoir recours à ces publications
si nombreuses, de puiser directement à ces
sources auxquelles on pourrait parfois reprociier
leur surabondance, mais dont il n'est pas permis
de ne tenir compte qu'à demi. Cette réserve
faite, on ne peut disconvenir que les travaux de
M. Barbedette sont intéressants. En voici la
liste: 1" Beethoven, esquisse musicale, la
Rochelle, Siret, 1859, in-S" [Beethoven, sa vie
et ses œuvres, 1'^ éAWÀKm, Paris, Heugel, 1870,
gr. in-8°avec portrait); 1" Chopin, essai de cri-
tique musicale, Paris, Lieber, '1861 , in- 8°
( f. Chopin, essai de critique musicale, V édi-
tion, Paris, Heugel, 1869, gr. in-8" avec portrait
et autographes) ; 3° Weber, essai de critique
musicale, Paris, Heugel, 1862, in 8° (Ch.-M.de
^yeber, sa vie et ses œuvres, 2'^ édition, Paris,
Heugel, 1874, gr. in 8° avec portrait et auto-
graphes) ; 40 F. Schubert, sa vie, ses œuvres,
son temps, Paris, Heugel, 1866, gr. in-8° avec
liortrait et autographes ; 5° Félix Mcndelssohn-
Bartholdy, sa vie et ses œuvres, Paris, Heu-
gel, 1869, gr. in-8'' avec portrait et autographes ;
6° Stephen Ueller, sa vie et ses œuvres, Pa-
ris, Malio, 1876, in-8 avec autographe.
Deux autres études de M. Barbedette, sur Haydn
et sur Gluck, insérées dans le Ménestrel , n'ont
pas encore été publiées à part.
* BARBELLA. (Emmanuel). Ce violoniste
fort distingué s'est essayé au mo'ms une fois
comme compo.siteur dramatique, et a écrit, en
société avec Logroscino , Elmira generosa,
opéra de demi-caractère qui fut représenté à Na-
<>Ies, sur le théâtre Nuovo, pendant le carnaval de
1753.
* BARBEUEAU ( Mathlrin-Augcste-
Balthasar), fut désigné après la mort d'Auber,
par M. Ambroise Thomas, le nouveau directeur
du Conservatoire, comme titulaire d'une des
classes de composition de cet établissement, mais
il échangea cette situation contre celle de pro-
fesseur de la chaire d'histoire musicale, qui ve-
nait d'être créée et dont il prit possession au
mois de février 1872. Malheureusement, il ne
réussit pas, malgré ses grandes et solides con-
naissances en cette matière, dans la lâche qui
lui était dévolue, le talent de la parole lui man-
quant absolument, et il dut céder la place à
M. Eugène Gautier, qui fut appelé à lui succéder.
Vers 1852 ou 1853, lorsque M. Seghers donna sa
démission de chef d'orchestre de la Société ^de
Sainte-Cécile, M. Barbereau le remplaça dans ses
fonctions, qu'il conserva jusqu'à la dissolution
de la Société. Je dois f.iire remarquer qu'avant
de remporter, en 1824, le premier grand prix de
composition musicale, M. Barbereau avait ob-
tenu le second prix en 1822, et une mention en
1820. En 1813, un second prix de violon lui
avait été décerné.
BARBIER (Frédéric-Etienne) , "composi-
teur, né à Metz (Moselle) le 15 novembre 1829,
fit ses études littéraires au collège de Bourges,
en même temps qu'il recevait des leçons de sol-
fège, de piano, d'harmonie et de contre-point de
Darondeau {V. ce nom), alors organiste de cette
ville. Son père, officier du génie, désirait le voir
entrer à l'École polytecbniqne, dont lui-même
avait été l'élève -, mais le gouvernement de 1848
ayant créé une nouvelle école, dite d'administra-
tion, le jeune Barbier préféra concourir pour
cette dernière, et y fut admis. Celte école ayant
été dissoute peu de mois après, il reçut comme
dédommagement des inscriptions de droit, et
commença ses éludes de droit. Mais la musique,
qu'il n'avait jamais abandonnée au milieu de
travaux d'un ordre bien différent, reprit bientôt
le dessus dans son esprit. M. Barbier, qui avait
déjà écrit et fait représenter à Bourges un petit
opéra- comique en un acte, le Mariage de Co-
lombine, songeait à se produire à Paris, sur
une scène musicale. Présenté par des person-
nages influents à [Séveste, alors directeur du
Théâtre-Lyrique, il fil à ce théâtre la connais-
sance d'Adolphe Adam, qui s'intéressa à lui, lui
donna d'abord des conseils, puis des leçons par-
ticulières, et enfin lui fit recevoir son premier
ouvrage, une Xuil à Séville, opéia-comique en
un acte joué au Théâtre-Lyrique le 14 septembre
1855 et très-favorablement accueilli. Deux mois
après, le 21 novembre, M. Barbier donnait au
même théâtre un nouvel ouvrage en un acte in-
BARBIER — BARBIERI
43
titulé Rose et Narcisse. Depuis lors, et dans
un espace de vingt années, il a fait représenter
sur toutes les petites scènes lyriques de Paris et
dans des cafés-concerts plus de soixante ou-
vrages plus ou moins importants, opéras-comi-
ques, opérettes ou ballets. On peut regretter que
M. Barbier, qui est bien doué au point de vue de
l'imagination, qui a de la verve et qui "sait
écrire, ait ainsi gaspillé ses forces sans profit
pour son nom, tandis qu'il aurait pu sans doute ,
avec un peu moins de fièvre et de hâte dans la
proluction, acquérir une situation plus en-
viable
Voici la liste des ouvrages dramatiques de ce
compositeur: Théâtre de Bourges. Le Mariage
de Colombine, un acte. — Théâtre-Lyrique.
Une Nuit à Sihille, un acte, 1855; Rose et
Narcisse, id., 1855. — Folies Nouvelles. Le
Pacha, un acte, 1858 ; Francastor, id.. M.; le
Page de 31>"e iMalbrough, id., id.; le Faux
Faust, parodie en trois actes, 1858 ; le Docteur
Tam-Tom, 1 acle, 1859. — Théâtre Déjazet.
Monsieur Deschalumeaux, deux actes, 1859; le
Grandroid'Yvetot,lrohac{es, 1851) ; le Loupet
V Agneau, un acte, 1869. ; Simon Terre-Neuve,
id., 18G3; Deux Permissions de dix heures,
id., 1864 ; Panneaux Airs, parodie en un acte.
— Théâtre DU Chalet des Iles (Bois de Boulo-
gne). Les Amours d'un shah, deux actes, 1861 ;
Flamberge au vent, un acte, 1861. — Folies-
Marigny. Versez, marquis, un acte, 1862; la
Cigale et la Fourmi, id., id.; la Gamine du
Village, id., 1863; les Trois Normandes, id.,
kl.; Achille chez Chiron, iil., 186i. — Théâ-
tre Saint-Germain. La Bouquetière de Tria-
non, deux actes, 1864. — Bouffes-Parisiens.
M>"e Pugmalion, un acte, 1863 ; Un Congrès de
modistes, un acte, 1865 ; Une Femme qui a
perdu sa clef, id., 1866. — Théâtre Interna-
tional (à l'Exposition de 1867). Gervaisc, un
acte, 1867. — Fantaisies Parisiennes. Les Oreil-
les de .Vidas, un acte, 1866 ; les Légendes de G a-
varni, trois actes, 1807 ; le Soldat malgré lui,
deux actes, 1868. —Folies-Bergère. ManVzelle
Pierrot, un acte, 1869. — Variétés, Mam'zelle
Rose, un acte, 1874.^ Concert de l'Eldorado.
Le Souper d'Arlequin ; Balladine et Casquen-
(cr ; un Mariage au gros sel ; Don Ferocio;
le Beau Chasseur; Fermé le dimanche; un
Procès en séparation; On demande îtn pi-
tre; un Souper chez la Contât; l'Acteur om-
nibus; un Lendemain de noce; la Bonne de
ma tante; une Cause célèbre; le Nez de car-
ton; le Coq est mort! la Nourrice d'Hercule;
Millionnaire ! les Points jaunes; M. l'Alcade;
Mam' Nicolas; le Champagne de ma tante
la Fermière et son garçon ; les deux Cho-
ristes ; Marion de rornje, parodie ; Lucrèce
d'Orgeat, id.; le Trésor de Cassandre, panto-
mime; les Cascades de Pierrot, id.; la Batte
enchantée, id. — Alcazar (Champs-Elysées).
La Fe'te de M>ne Denis; un Scandale à l' Al-
cazar; l'Orchestre des Danoises; les Piffe-
rari, ballet.
II. faut ajouter à tout cela : le Miroir, opé-
rette en un acte, non représentée, publiée dans
le Magasin des Demoiselles; la Veuve Om-
phale, id., publiée chez l'éditeur M. Vieillot; la
Chaumière indienne, opéra comique en un
acle, reçu naguère à l'Opéra- Comique et non re-
présenté ; Corinne, opéra-comique en trois actes,
et les Incroyables, opéra bouffe en trois acles,
non représenté; environ 300 duos, romances,
mélodies vocales , chansonnettes , de nombreux
morceaux de musique de danse pour le piano,
des marches de concert et des fantaisies pour
orchestre sur des motifs d'opéras, etc., etc.
M. Frédéric Barbier a été, en 1867, chef d'or-
chestre du Théâtre International, et il remplit
aujourd'hui les mêmes fonctions au concert de
l'Alcazar. Cet artiste s'est essiyé aussi dans la
critique, et a collaboré à quelques petits jour-
naux, enire autres r^ycnJr musical (1853), et
l'Indépendance dramatique.
BARBIERI (A.MERICO), théoricien, professeur
et musicographe italien, né dans la première
moitié de ce siècle, est mort à Milan au mois de
juillet 1869. Auteur d'une Scïe?i:a nuovadeW
armonia de' suoni, qui est plutôt un traité d'a-
coustique que de musique et dans lequel, à côté
d'aperçus assez heureux , d'idées parfois re-
marquables, on rencontre mainte utopie ex-
travagante, cet artiste avait entrepris la
publication d'une grande encyclopédie musi-
cale à laquelle il avait donné le titre suivant :
Dizionario ar/istico scientifico-storico-iecno-
logico -musicale, con nozioni di estetica, di
poesia epica, lirica e drammatica, e di quanta
collegasi colla nmsica (Miian, Giacomo Pirola,
in-8°). Il avait fait paraître à peine quelques li-
vraisons de cet ouvrage fort important, lorsqu'il
fut surpris par la mort. Celui-ci dut être repris
et continué par M. Giovanni Batlista Beretta. Je
n'ai pu me procurer de renseignements biogra-
phiques sur ce musicien instruit et laborieux.
BARBIERI (GiROLAMo), organiste et com-
positeur, né à Plaisance le 2 octobre 1808, étudia
dans sa jeunesse plu.Ueurs instruments, et ac-
quit une réelle habileté sur le piano et surtout
sur l'orgue. Il se livra d'abord à l'enseignement,
puis, à la suite d'un concours, devint organiste,
maître de chapelle et directeur de l'école de
BARBIERI
chant de Caravaggio ; au bout de cinq années,
et à la suite d'un autre concours, il passa en la
même qualité à Crémone ,1842), et enfin, en
1847, revint dans sa ville natale, où il se livra à la
composition de nombreuses œuvres de musique
religieuse et fit briller son beau talent d'organiste.
Parmi ses compositions, assez faibles en général, il
faut surtout citer le recueil qu'il a publié sous
ce titre : le Mois de Mai dédié à Marie, qui
renferme une suite de chansons spirituelles, mo-
tets ellitanies pour chaque jour du mois, à une,
deux et trois voix, avec accompagnement d'orgue
ou piano. Cet artiste mourut à Plaisance, le 4 juin
1871, à la suite d'une longue et douloureuse ma-
ladie. M. Giovanni Bianclii a publié sur lui une
notice biographique: Délia vita e délie operedi
Girolamo Barbieri, Plaisance, 1871.
* BARBIEIÎI (Charles, ou plutôt Louis de),
compositeur italien , était né à Gènes en 1822, et
avait été élève de Crescentini pour le chant et
de Mercadaiite pour la composition. Chef d'or-
chestre non-seulement à Berlin et à Vienne, mais
encore à Hambourg, à Brème, à Bio-Janeiro et
à Pesth, il avait fait jouer, outre Christophe Co-
lomb, deux autres opéras: Perdita ti Arabella,
et avait composé plusieurs messes. Ctt artiste
est mort à.Pesth le 29 septembre 1867.
* BARBIEIII (Francisco ASENJO),rundes
compositeurs espagnols les plus féconds, les plus
populaires et les plus distingués de l'époque ac-
tuelle, est né à Madrid le 3 août 1823. Après
avoir fait d'excellentes études littéraires et scien-
tifiques, s'être familiarisé avec les mathémati-
ques, la physique, la chimie, M. Barbieri, qui
devait d'abord embrasser la carrière de méde-
cin, puis celle d'ingénieur, se sentit pris un jour
d'un goût passionné pour la musique, dont il
avait commencé l'étude avec un musicien du
théâtre de la Cruz, nommé José Mayorito. 11
entra au Conservatoire de Marie-Christine, et là
travailla simultanément le piano avec Pedro Al-
beniz, la clarinette avec Ramon Broca, le chant
avec M. Baltazar Saldoni, et plus tard la com-
position avec Carnicer.
Lorsqu'il eut terminé ses études, M. Barbieri
se trouva seul à Madrid. Sa mère, veuve d'un
courrier de cabinet qui s'était fait tuer, un jour
de combat, en portant un pli important à un
général de l'armée libérale, s'était remariée et
avait quitté la capitale pour aller se fixer en
province. Réduit aux seules ressources qu'il
pourrait se procurer, le jeune musicien, qui avait
déjà le goût et le désir de se produire au théâ-
tre, dut commencer par chercher les moyens
d'assurer son existence, ce qui ne lui fut pas d'a-
bord très-facile. Premièrement, il s'engagea
comme clarinettiste dans le 5' bataillon de la
milice nationale ; mais, comme la solde n'était
que de trois réaux par jour, il prit en même
temps une place dans un théâtre, fit de la copie
de musique, joua dans les bals, donna des le-
çons de piano à dix sous le cachet, fit enfin ce
que font tous les jeunes artistes qui doivent ga-
gner leur vie tout en travaillant à leur avenir.
Bientôt il publie quelquas chansons et romances,
et devient choriste au théâtre du Cirque, où il
supplée le chef de chœurs. C'est alors qu'il écrit
le livret et la musique d'une zarzuela en ua
acte, Felipa, qui devait être jouée dans une re-
présentation extraordinaire donnée au bénéfice
des choristes de ce théâtre, mais qu'il ne put
terminer pour l'époque indiquée. Au bout de
quelque temps, M. Barbieri quitte Madrid et
s'engage comme chef de chœurs et souffleur
d'une troupe d'opéra italien qui allait exploiter
quelques villes du Nord de l'Espagne, Pampe-
lune, Vittoria, Bilbao; c'est dans cette troupe
qu'un jour, l'artiste qui devait jouer Basile du
Barbier de Séville se trouvant indisposé, il se
présente à sa place et chante le rôle à l'impro-
viste. Après cette première campagne, il en fait
d'autres dans les mêmes conditions, et visite
Murcie, Carlhagène, Almeria, Alicante.
De retour à Madrid en 1847, il écrit la mu-
sique d'un opéra italien en deux actes, il Buon
Tempo, qu'il fait recevoir an théâtre du Cirque,
mais qu'il ne peut parvenir à faire jouer. Bientôt
il est reçu dans une société qui se fonde dans le
but de provoquer à Madrid la création d'une
scène hrique espagnole, d'un théâtre de zarzue-
las, devient secrétaire de cette société, et est
chargé de la rédaction d'une foule de mémoires,
de projets, de communications de toutes sortes.
Intelligent, actif, laborieux, il était d'ailleurs
toujours prêt à saisir l'occasion de se produire.
C'est ainsi qu'il se charge de la traduction es-
pagnole d'un opéra italien de M. Arrieta, Ilde-
gonda, et qu'en 1849 il devient critique musical
du journal la ïhistracion. Tout cela ne l'em-
pêchait pas d'écrire de nombreux morceaux
pour les orchesties civils et militaires, et de
commencer sa réputation de professeur.
Enfin, l'année 1850 voit ses débuts de compo-
siteur dramatique. Il donne au théâtre des Va-
riétés son premier ouvrage, Gloria y Peluca,
zarzuela en un acte qui obtient un énorme suc-
cès et devient aussitôt populaire. Il fait suivre
cette aimable production de plusieurs petites
pièces du même genre, et enfin fait représenter,
le 6 octobre 1851, une grande zarzuela en trois
actes, Ju'jar con fiiego, qui est accueillie avec
enthousiasme et qui fait courir tout Madrid.
BARBIERI
45
Celle fois le compositeur est lancé, son avenir
artistique est assuré, et il devint l'un des zar-
zuelerox les plus aimés du public et les plus
recherchés des administrations. théâtrales. Dans
l'espace de vingt-cinq ans, il donne ainsi 60 ou-
vrage'^, dont 12 en coilaboration, ei écrit plus
de cent actes d'opéra-comique.
Voici la liste complète des productions drama-
tiques de M. Barbieri : 1" Gloria y Peliica, un
acte, th. des Variétés, 9 mars 1850 ; 2° Tramoya,
un acte, 27 juin 1850 ; 3° Escenas de Cfiamberi,
un acte ( en société avec MM. Oudrid, Her-
nando et Gaztambide), Variétés, 19 novembre
1850 ; 4° la Jacara , ballet en un acte avec
chœurs, Cirque, 15 mars 1851 ; 5° la Picaresca,
2 actes (avec Gaztambide), 29 mars 1851 ; 6"
Jugar con fuego, 3 actes. Cirque, 6 octobre
1851 ; 7° Por seguir à xma mujer, quatre actes
(avec MM. Oudrid, Inzenga et Gaztambide), id.,
24 décembre 1851 ; 8'^ la Hechicera, trois actes,
id., 24 avril 1852 ; 9" el Manzanares, un acte,
id., 19 juin 1852; 10" Gracias à Bios que esta
puesia la mesa, un acte, id., 24 décembre
1852 ; il° la Espada de Bernardo, trois actes,
id., 14 janvier 1853 ; 12° el Marqués de Cara-
vaca, deux actes, id., 8 avril 1853 ; 13° Z>o?iSim-
plicio Bobadilla, trois actes (avec Gaztambide,
MM. Hernando et Inzenga), id., 7 mai t833; 14°
Galanteos en Venecia, trois actes, id., 24 décem-
bre 1853; 15° un Dia de reinado, trois actes
(avec Gaztambide, MM. Inzenga et Oudrid),
id., 11 février 1854 ; 16° Aventura de un can-
iante, un acte, id., 16 avril 1854; 17° los
Diamantes de la Corona, trois actes, id., 15 sep-
tembre 1854 ; 18° Mis dos mujeres, trois actes,
id., 26 mars 1855, 19° los Dos Ciegos, un acte,
id., 25 octobre 1855 ; 20° el Vizconde, un acte,
id., 1" décembre 1855; 21° el Sargento Fede-
rico, quatreactes, id., 22 décembre 1855 ; 22° En-
tre dosaguas, trois actes (avec Gaztambide), id.,
4 avril 1856; 23° Gato por liebre, un acte, id.,
21 juin 1856; 24° la Zarzuela, un acte (avec
Gaztambide et M. Arrieta), th. de la Zarzuela
(pour l'inauguration), 10 octobre 1856 ; 25° el
Diabloen elpoder, trois actes, id., 11 décembre
1856 ; 26° el Relampago, trois actes, id., 15 oc-
tobre 1857 ; 27° Por Conquista, un acte, id.,
5 février 1858 ; 28" Amar sinconocer, trois actes
(avec Gaztambide), id., 24 avril 1858 ; 29° wn
Caballero particiilar, un acte, id., 28 juin
1858 ; 30° el Robo de las Sabinas, deux actes, id . ,
17 février 1859; 31° el I\'ino, un acte, id., 15
juin 1859; 32° Compromisos del no ver, un
acte, id., 14 octobre 1859; 33° Entre mi mujer
y el negro, deux actes, id., 14 octobre 1859 ; 34°
un Tesoro escondido, trois actes, id., 12 novem-
bre 1861; 35° los Herederos, un acte, id., 5
juin 1862 ; 36° el Secrelo de una Dama, trois
actes, id., 20 décembre 1862 ; 37° Dos Picho-
nes del Turia, un acte, id., 28 novembre 1863;
38° Pan y Toros, trois actes, id., 22 décembre
1864; 39° et 40° Gibraltar en 1890, un acte,
el Rabano parlas hojas, un acte, id., 22 jan-
vier 1866; 41° Revista de un muerto, juicio
del ano 1865, un acte (avec M. Rogel), 3 fé-
vrier 1866; 42° De tejas arriba, un acte, th.
des Variétés, 22 décembre 1866 ; 43° el Pavo
de Aavidad, un acte, id., 24 décembre 1866;
44° el Pan de la boda, deux actes. Cirque, 24 oc-
tobre 1868; 45° el Soprano, un acte, Zarzuela,
23 février 1869 ; 46" la Maya, trois actes, th. del
Priiicipe, 12 octobre 1869, 47" 7îo6m.so«, trois ac-
tes. Cirque, 18 mars 1870 ; 48» los Holgazanes,
troisactes, Zarzuela, 25marsl871 ; 49''et50°Z)ort
Pacifico, un acte, el Hombre es délil, un acte,
id., 14 octobre 1871 ; 51° e^ Tribulo de lascien
Doncellas, troisactes, id., 7 novembre 1872 ; 52°
SMCûoscfeoro, troisactes, id., 21 décembre 1872 ;
53° el Proceso de Can-can, deux actes, th. des
jardins du Buen-Reliro, 10 juillet 1873; 54° los
Comediantesde a?i;«/îo,deux actes, Zarzuela, 13
février 1874; 55° la Despedida, monologue ly-
rique, th. royal, mars 1874; 56° e^ Domador
de fieras, un acte, Zarzuela, 14 avril 1874 ; 57"
el Testamento azul, trois actes (avec MM. Ou-
drid et Aceves), tli. du Buen-Retiro, 20 juillet
1874; b%° el Barberillo de Lavapiés, trois actes,
Zarzuela, 19 décembre 1874 ; 59° la Vuelta al
munrfo, quatre actes (avec M. Rogel), Cirque, 18
août 1875.
Quelle qu'ait été sa fécondité à ce point de
vue, et l'on voit qu'elle est remarquable, l'exis-
tence artistique de M. Barbieri est loin de
s'être concentrée dans la production de ses
œuvres dramatiques. Esprit pénétrant et large,
intelligence ouverte et vive, tempérament plein
de souplesse et d'initiative, cet artiste .s'est
trouvé mêlé d'une façon très-active à tous les
essais, à toutes les tentatives intéressantes dont
Madrid était le théâtre dans le domaine de l'art.
En 1848, il fait partie de la société formée sous
le nom de Lycée artistique et littéraire de Ma-
drid, et en 1851 il devient l'un des membres les
plus actifs de l'association de poètes et de com-
positeurs qui s'organise pour l'exploitation du
genre de la zarzuela au théâtre du Cirque, et
ensuite au nouveau théâtre de la Zarzuela ; il est
en même temps chef des chœurs, puis chef
d'orchestre de l'entreprise. En 1857, il est
nommé membre de la junte consultative du Con-
servatoire, et l'année suivante il coopère à la
fondation de la Société artistique et musicale de
46
BARBIERI — BARBIROLLI
secours mutuels. En 1859, il organise au théâtre
de la Zarzueia des concerts spirituels, qu'il dirige,
à la tête de 200 exécutants. En 1863, il fait
exécuter à IVglise de la Trinité, dans une céré-
monie célébrée pour l'anniversaire de la mort de
Cervantes, diverses compositions de musiciens
espagnols des XVI« et XVII' siècles. En 1864,
lors de l'inauguration du théâtre Rossini aux
Champs-Elysées, il est chargé de la formation de
la troupe, fait un voyage en France et en An-
gleterre pour recruter des artistes , revient à
Madrid, est nommé directeur artistique de l'en-
treprise, monte avec un soin extrême Faust
et Guillaume Tell tt dirige l'orchestre aux ap-
plaudissements du public, puis organise et dirige
dix-huit concerts en plein air, nouveauté qui
obtient un immense succès. En 1866, il fonde
et dirige les concerts de musique classique, dont
il fait en 1867 la Société des concerts de Ma-
drid, donne la première année vingt six, et la se-
conde cinquante séances, dans lesquelles il fait
exécuter les plus grandes œuvres instrumentales
et vocales des grands maîtres de l'école alle-
mande. En 1868, il est nommé simultanément
professeur d'harmonie et d'histoire de l'art mu-
sical au Conservatoire, et refuse d'accepter ces
fonctions. Enfin, en i8r.9, il dirige l'orchestre du
théâtre royal, et en 1873 est nommé membre
de la section de musique de l'Académie des
beaux-arts.
Tout cela n'a pas emiiêché M. Barbieri d'é-
crire, en dehors du théâtre, un grand nombre de
compositions plus ou 'moins importantes : ou-
vertures, marches triomphales, hymnes, motets,
chansons espagnoles, fantaisies instrumenta-
les, etc., etc., exécutées en diverses circons-
tances, non plus que de prendre part à la ré- .
daction d'une foule de journaux dans lesquels il
s'occupait d'histoire, de littérature et de critique
mu>icales : la Iluslracion, las Novedades, la
Zarzueia, el Constilucional, la Gacela mu-
sical Barcelonesa, la Espaùa, las ^îoticias,
el Eco de Aragon, la IVacion, la lîevisia de
Archivas, Bibliotecas y Museos, la Revistade
Espnna, la Espaùa musical, la Revis ta Eu-
ropea, et bien d'autres encore. Au reste, les
questions historiques et critiques relatives à la
musique ont toujours intéressé beaucoup M. Bar-
bieri, qui les étudie avec ardeur, qui a fait à ce
sujet plusieurs voyages en France , en Angle-
terre, en Belgique et en Allemagne , et qui,
dit-on, possède une bibliothèque musicale de
premier ordre, réunie avec beaucoup de soins,
contenant beaucoup de manuscrit^, et riche sur-
tout en œuvres espagnoles. Enfin, comme détail
curieux re'atif à la physionomie véritablement
intéressante de cet artiste si distingué, je dirai
que M. Barbieri est l'un des fondateurs de la
Société des Bibliophiles espagnols, constituée
en 1866 (I).
B.\RBIERI-\I.\I (M™' Anna), cantatrice
distinguée, née à Florence, fut élève de Ro-
mani, et iicquit dans sa patrie une renommée
considérable, qu'elle n'obtint pas cependant sans
efforts. Douée d'un physique peu flatteur, man-
quant de ce prestige que certaines artistes,
grâce à leurs qualités extérieures, exercent im-
médiatement sur le public, elle eut à vaincre de
nombreux obstacles avant de conquérir la situa-
tion à laquelle son talent lui donnait droit. Elle
y parvint cependant, grâce à la puissance el à
l'étendue de sa belle voix de soprano, à l'agilité
qu'elle sut lui donner, au sentiment profond dont
elle sut l'empreindre. Lorsqu'après plusieuis
années passées dans une demi-obscurité, elle fut
appelée à déployer ses brillantes et solides qua-
lités sur la scène du théâtre de la Pergola, de
Florence, elle eut enfin les succès qu'elle méri-
tait, et bientôt excita chez ses compatriotes
l'enlhousiasmc expansif et bruyant qui leur est
habituel. Elle retrouva ces succès à Rome, à
Venise, à la Scala, de Milan, à Barcelone, à Ma-
drid et ailleurs.
La Barbieri-Nini brillait surtout dans le genre
dramatique, où elle trouvait des accents pathéti-
ques, des élans passionnés qui transportaient
ses auditeurs. Elle était surtout remarquable,
dit on, ilans la Lucrezia Borgia, de Donizetti,
où la puissance tragique était par elle poussée
au comble. Plusieurs compositeurs travaillèrent
expressément à son intention, et c'est pour elle
q'ie Mabellini écrivit il Conte di Lavagna, Pa-
cim Lorenzino de 'Medici, M, Xerd'i Macbeth ,
i Due Foscari et la Batfaglia di Legnano.
M'"* Barbieri-Nini se fit entendre au Théâtre-
Italien de Paris en 1851, mais je crois qu'elle n'y
resta pas longtemps.
Celte artiste fort distinguée épousa en premiè-
res noces le comte Barbieri, de Sienne, dont elle
eut deux fils , puis , devenue veuve , se remaria
avec un pianiste autrichien, M. Léopold Hacken-
sollner. Elle a renoncé depuis plusieurs années à
h carrière dramatique, et demeure aujourd'hui
à Florence.
BARBIROLLi (Lorenzo), compositeur ita-
lien, a fait représenter en 1837, au théâtre
(t) J'ai tiré une grande partie des éléments de cet ar-
ticle d'une notice vive et intéressante publiée récem-
ment en Espagne : Barbieri, par M. Antonio Pciia y
Goni (Sladrid, Ducaical, 1875, In-sodeei page.s.avcc por-
trait).
BARBIROLLI — BARBOT
4T
Apollo, de Venise, un opéra intitulé i Trojani in
Laurento.
BARBOT (Joseph Théodore-Dksirk), clian-
teur et professeur, est né à Toulouse le \2
avril 1824. Son éducation musicale se fit à la
maîtrise de la cathédrale de Toulouse , et il
commença par apprendre le violon, qu'il étudiait
d'ailleurs sans enthousiasme. Pourtant, à cette
époque, il ne songeait nullement à devenir un
chanteur, car il n'avait que très peu de voix, et
elle était d'un timbre défectueux. M. Barbot
vint à Paris , et fut admis au Conservatoire
comme élève d'harmonie, le 25 mars 1843, dans
la classe de M. Elwart. Peu de jours api es, sur le
conseil de ce dernier, il demandait à entrer dnns
une classe de chant, et en effet, le 25 mars sui-
vant, il devenait l'élève de Garcia, et un peu
plus tard de Morin et de Moreau-Sainti 'pour
l'opéracomique, et de Michelot pour l'opéra. De-
venu pensionnaire en 1846, il ne prit part, je
crois, à aucim concours, ce qui ne rem|)écha pas
d'être engagé à l'Opéra à la fin de 1848, lorsqu'il
quitta le Conservatoire. Chanteur remarquable à
beaucoup d'égard«, quoique sa voix fût incom-
plète, M. Barbot sut obtenir des succès, et l'un
des plus brillants qu'il remporta lui fut procuré
par le rôle de Faust, qu'il créa avec beaucoup de
talent au Théâtre-Lyrique dans le chef-d'œuvre
de M. Gounod. Mais la plus grande partie de .«a
carrière active s'écoula à l'étranger, oii il avait
abordé le genre italien, et qu'il parcourut pen-
dant longues années avec sa femme. On n'en-
tendait plus parler de l'î. Barbot, lor.squ'un ar-
rêté du ministre des beaux-art'', en date du
l" octobre 1875, le plaça à la tête de la classe
de chant laissée vacante au Conservatoire par la
démission de M""* Pauline Viardot.
M'"' Caroline Barbot, femme de cet artiste,
née à Paris vers 1830, est une cantatrice d'un
talent remarquable. Élève de Delsarte et de son
mari, elle a obtenu en France et à l'étranger de
légitimes succès. Après avoir tenu l'emploi dos
chanteuses légères, elle aborda le chant drama-
tique, fut très-bien accueillie à l'Opéra, oii elle
était en 1859, puis embrassa avec son mari la
carrière italienne. Douée d'un beau physique,
d'une voix ample, d'une grande énergie, d'un
sentiment passionné, avec cela pourvue d'une
éducation musicale très-sérieuse, enfin comé-
dienne intelligente et chaleureuse, M'"' Barbot
s'est fait vivement applaudir à Bologne, à Tu-
rin, à Rom,^, à Milan, à Saint-Pétersbourg et
dans beaucoup d'autres villes fort importan-
tes.
BARBOT (François Cécile-Paul), pianiste
et compositeur, cousin des précédents, et né à
Toulouse en 1828. Il commença l'étude du piano
sous la direction de M"'* Rey, puis entra au Con-
servatoire de Toulouse, d'oii il sortit en 1842
avec un premier prix, ayant composé lui-même
son morceau de concours avec accompagnement
d'orchestre. A la fin de la même année il fut
admis, au Conservatoire de Paris, dans la classe
de Zimmermann ; mais bientôt, se voyant en
possession d'une belle voix de fort ténor, il quitta
cet établissement, et, au . mois de septembre
1844, partit pour Naples, où il se fit recevoir
au collège de musique de S. Pielro a Majella, et
où il commença l'étude du chant sous la direction
de Cresceiitiiii. Six mois après, le ténor Tam-
berlick ayant rompu l'engagement qui le liait au
théâtre du Fondo, M. Pau! Barbot fut engagé
par Vimpresario Flaulo en qualité de premier
ténor double, ayant pour chefs d'emploi Don-
zelli et Fraschini, et débuta à ce théâtre dans
le Cantatiici villane. Il travailla alors avec
Donzelli, qui fut son véritable professeur, et
|)assa l'année suivante au théâtre San-Carlo, où
il fut lien accueilli et encouragé.
De retour en France en 1846, M. Barbot
éprouva, pendant la traversée, un accident qui
lui fit perdre à tout jamais la voix, et l'obligea à^
modifier sa carrière. Après une année de tâton-
nements et d'indécision, il reprit avec ardeur ses
études de piano et de composition, et se fixa
définitivement à Toulouse, où il se fit rapidement
une excellente position comme professeur et
comme exécutant. Bientôt il écrivit, sur le sujet
de l'École des Femmes, de Molière, les paroles
et la musique d'im opi'ra-bouffe avec récits à
l'italienne, qui , représenté à Toulouse, y obtint
un assez vif succès. Depuis lors, M. Barbot a
composé et publié plus de cent morceaux de
[)iano, 'parmi lesquels on peut surtout signaler
ceux dont les titres suivent : le Réveil-matin,
la Danse des Treilles, les Soirées d'' Espagne,
Souviens-toi, Fleur des Alpes, Pinson et
Fauvette, etc. Ces morceaux ont paru chez les
éditeurs Choudens, Heugel, Heu, Colombier^
Prilipp et Langlois. M. Paul Barbot, qui a fait
avec ses enfants (V. ci-après) des tournées artis-
tiques en Angleterre, en Hollande et en Belgique,
a organisé, à Toulouse, des soirées d'élèves d'un
genre nouveau, qui ont produit en cette ville une
grande impression, et dans lesquelles il faisait
exécuter par un orchestre composé de six pia-
nos, à vingt-quatre mains , les chefs-d'œuvre
symphoniques de Beethoven, de Weber, de
Meyerbeer, etc., spécialement arrangés par lui à
cet effet.
B.\RBOT (Je.vn-François-Gaston), pianiste
et violoncelliste, fils du précédent, est né à Tou-
48
BARBOT — BARONI
louse en 1847. Élève d'abord de son père pour
le piano, il fut admis au Conservatoire de sa
ville natale, dans la classe de M. Carreau, d'où
il sortit avec un brillant premier prix. Il vint
alors à Paris, entra an Conservatoire, où il devint
élève de ^M. Marmontel pour le piano, de
Franchomme pour le violoncelle, puis retourna à
Toulouse, où il est aujourd'hui fixé.
BARBOT (Madelaine-Philipplne -Andrée),
sœur du précédent, est née à Toulouse en 1854.
Douée d'une belle voix de mezzo- soprano, elle a
travaillé le chant avec son père, et Laget, alors
professeur au Conservatoire de Paris, l'ayant
fait entendre à l'Opéra, elle fut engagée à ce
théâtre pour trois ans et y débuta, dans le Trou-
vère, le 13 mars 1872. Quoique ce début ait été
bien accueilli, le père de M"° Barbot jugea qu'il
était prématuré, et s'entendit avec l'administra-
tion de l'Opéra pour faire chanter sa fille dans
plusieurs villes de la province et de l'étranger,
et la faire travailler encore avant de lui laisser
tenir son emploi sur notre première scène ly-
rique. C'est ainsi que M"« Barbot a été suc-
cessivement engagée et fort bien reçue à la
Haye, à Anvers, et enfin à Rouen, où elle se
trouve aujourd'hui (1875).
* BARCA (Francisco), compositeur portu-
gais, naquit à Evora vers 1603. Il entra en 1625
dans l'ordre militaire de S. Jacques, en faisant
profession dans le couvent de Palmella, où il
était entré en 1624. En 1640 il était maître de
chapelle de ce couvent , et remplit plus tard les
mêmes fonctions à l'hôpital royal de Todos os
Sancios , de Lisbonne, où il mourut. Tous ses
ouvrages étaient conservés, en manuscrit, dans
la bibliothèque de musique du roi D. Jean IV.
Dans sa notice sur ce musicien, Gerber a commis
plusieurs erreurs, qui ont été reproduites dans
la Biographie universelle des Musiciens.
J. DE V.
* BARCA (le Père Alexandre). On trouve
une notice intéressante sur ce théoricien dans le
recueil qui a été fait récemment des écrits de
Mayr : Biografie di scrittori e artisti musi-
cali Bergamaschi nativi od oriundi (Ber-
game, Pagnoncelli, 1875, in-4''). L'éditeur de ce
recueil, M. l'abbé Antonio Alessandri, y a joint
quelques notes fort utiles.
BARCELO.XA (le P. José de), composi-
teur espagnol, moine de Guadalupe, fit au com-
mencement de ce siècle ses études artistiques au
collège de musique de l'abbaye de Montserrat,
dans la Catalogne. On lui doit un certain nombre
d'œuvres de musique religieuse, parmi lesquelles
un office de vêpres pour la Vierge, avec accom-
pagnement d'orchestre et d'orgue obligé.
BARECHA(leP. Fr. Bernardo), musi-
cien espagnol, naquit à Vinacet, en Aragon, ou
ne sait en quelle année. Il était, en 1623 maître
de musique au collège établi au monastère fa-
meux de Montserrat, dans la Catalogne. Doué
d'une superbe voix de basse , il était premier
chanteur dans cette abbaye, et jouissait de la
réputation d'un excellent musicien.
BARECHA (le P. Fr. Miguel), sans doute
frère du précédent, naquit, comme lui, à Vina-
cet. Apiès avoir servi dans la marine sous les
ordres du prince de Savoie, il prit, en 1617,
l'habit de moine au monastère de Montserrat.
Musicien habile et laborieux, il écrivit un recueil
d'antiennes pour le service religieux de la Sep-
tuagésime jusqu'à Pâques. Cet artiste mourut en
1628.
BARGIEL (Woldemar), compositeur, est
né à Berlin le 3 octobre 1828. Il est le fils du
professeur de musique Auguste-Adolphe Bargiel,
qui épousa la femme divorcée de Frédéric Wieck,
père de M""' Clara Schumann. Il a écrit de la
musique de piano, de la musique de chambre
et d'orchestre. Dans ces derniers temps, il s'est
également essayé dans la musique vocale. Bar-
giel, dont les compositions sont très estimées
en Allemagne, suit les tendances de son beau-
frère Robert Si:humann, mais sans abdiquer
toutefois son individaalité. En 1859, Bargiel fut
attaché au Conservatoire de Cologne. Il a quitté
ce poste en 1865 pour prendre la direction de
l'école de musique de Rotterdam. Parmi ses
meilleures o'uvres, on cite ses ouvertures de
Médée et de Promélhée, une symphonie, et
trois trios pour piano, violon et violloncelle.
Y.
RARILLAULT { ), musicien vivant au
seizième siècle, était au service d'un sieur de
Roville. Il remporta en 1576, au concours du
puy de musique d'Évreux, le prix du triomphe,
pour une chanson française intitulée ; Bace de
royt.
BARIOKA (Madelka-Simon ), composi-
teur, vivait au seizième siècle. La bibliothèque
de Munich possède de lui : Sepiem Psahni pœ-
nitentiales 5 vocuin (Altorf, 1586).
Y.
BARIVABD (M"' Charles). Foye; Claribel.
BARNEVVITZ ( ), violoniste distingué,
est né à Berlin le 12 novembre 1800. C'est aussi,
dit-on, un compositeur de mérite. Y.
BARONI ( ), compositeur italien con-
temporain, a fait représenter il y a quinze ou
vingt ans, sur un théâtre de la Péninsule, un
opéra sérieux intitulé Bicciarda, dont le re-
tentissement a été médiocre.
BARRETT — BARTHE
49
BARRETT (Joh*«), luthier anglais, était
établi à Londres au commencement du dix-hui-
tième siècle. Ses instruments, imités de Stainer,
sont recherchés aujourd'hui dans son pays.
* BARROILHET (Paul), est mort à Paris,
au mois d'avril 1871. Pendant son séjour à Na-
ples, cet artiste remarquable avait créé les
rôles de baryton dans deux opéras de Merca-
dante, Elena da Felire et la Vestale , repré-
sentés au théâtre San-Carlo. C'est dans cette
ville qu'il connut Nourrit, avec qui il se lia d'une
vive amitié. Lorsque ce grand chanteur eut ter-
miné sa vie par un suicide, Barroiiheten conçut
un tel chagrin qu'il fit une maladie grave , par
laquelle ses jours furent mis en danger ; après
son rétablissement, il voulut à toute force quitter
Napleset revenir en France. Ce fut alors qu'il fut
engagé à l'Opéra, où il débuta , le 3 décembre
1840, par le rôle d'Alphonse de la Favorite, il
fut aussitôt accueilli par le public, et son succès
fut assuré par les reprises de Guillaume Tellel
de Don Juan. Il créa ensuite la Reine deChypre,
Charles F/ et le Lazzarone, d'Halévy, Dom
Sébastien de Portugal, de Donizetti, Richard
en Palestine, d'Adam , et Marie Stuart, de
Niedermeyer, puis se retira en 1847, par suite
de difficultés survenues entre lui et l'administra-
tion de l'Opéra. Il abandonna bientôt complète-
ment la carrière dramatique pour se livrer sans
réserve à ses goûts capricieux pour la peinture,
faisant, vendant, refaisant et revendant sans
cesse ses collections de tableaux. Barroilhet
mourut subitement à Paris , en jouant aux do-
minos. Par son testament olographe , il léguait
une somme de 800 francs « aux blessés de l'ar-
mée du Rhin natifs de Bayonne », et exprimait
le désir que son corps fût transporté à Bayonne,
sa ville natale.
M. Francis Roch a publié en 1845 , dans la
Revue générale biographique et nécrologi-
que , une Notice sur Barroilhet (Paris, ia-8°).
Je ne sache pas qu'on ait jusqu'ici relevé ce fait,
que Barroilhet avait composé et publié un cer-
tain nombre de romances.
RARSAiXTI (DoNATo), compositeur de mu-
sique religieuse, naquit auprès de Lucques le
18 septembre 1759, et fut élève du séminaire de
Saint-Michel. Doué d'un goût particulier pour la
musique, il l'étudia avec ardeur, sans négliger
aucunement l'étude des lettres , sous la direction
dePasquale Soffi, et se livra de bonne heure à
la composition. On connaît de lui un assez grand
nombre d'œuvres de musique religieuse, parmi
lesquelles une messe de Requiem, une autre
messe à quatre voix concertantes , une troisième
messe à deux chœurs , un grand motet à huit
BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. StPPL. — T.
voix, un autre à quatre voix : sacrum con-
vivium, des psaumes, etc. Encore jeune, Bar-
santi se retira dans une propriété qu'il possédait
auprès de Lucqnes , y ouvrit une sorte d'école
de musique vocale pour les paysans, et forma
ainsi une espèce de chapelle avec laquelle il allait
faire des exécutions de musique .religieuse dans
les églises voisines. A l'âge de soixante-quatre
ans, le !«' novembre 1823, il fut frappé mortel-
lement d'apoplexie.
* BARSOTTI (TH0MAS-GA.SPARD-F0HTrNÉ),
est mort à Marseille au mois d'avril 18G8. Depuis
le mois d'octobre 1852 il avait abandonné la
direction du Conservatoire de celte ville, fondé par
lui, et cette direction avait passé dans les mains
de M. Auguste Morel. (Voyez ce nom.)
BARTA (Joseph), organiste et compositeur,
naquit en Bohême l'an 1744. Il a écrit 6 so-
nates pour piano, 6 quatuors, des lieder et plu-
sieurs opéras italiens ou allemands, qu'il fit re-
présenter à Vienne, où il s'était établi dès 1778.
Parmi ses ouvrages dramatiques, on cite: il
Mercàto di Malmantile, Der adelige Tage-
lœhner {VOuvrier noble) et Die donnernde
Légion {la Légion tonnante). Barta est mort à
Vienne dans les premières années de ce siècle.
Y.
* BARTH (Henri), maître de chapelle à
Gand. Dans son Historique des sociétés cho-
rales de Belgique, M. Auguste Thys dit que ce
compositeur alla étudier en Italie sous la direc-
tion du fameux Durante, et donne sur lui les
détails suivants • « La vie de cet artiste fut
marquée par une particularité qui mérite d'être
mentionnée : étant devenu veuf, il embrassa
l'état ecclésiastique, et lors de la célébration de
sa premike messe ses deux ;fils remplirent l'of-
fice d'enfants de chœur assistants Avant de se
marier il avait été militaire. Henri Barth, suc-
cessivement musicien de profession et soldat,
père de famille, maître de chapelle et finale-
ment prêtre, a dû parcourir une carrière sinoR
agitée, au moins singulièrement variée. La ca-
thédrale de Gand conserve de Barth des vêpres
pour toutes les fêtes de l'année, compositions
qui s'exécutent encore aujourd'hui. Elle pos-
sède aussi les Lamentations de Jérémie et des
messes mises en musique par le même compo-
siteur. Mais ces dernières pièces sont dépa-
reillées. '>
BARTHE (Nicolas-Thomas), poëte dra.
matique, né à Marseille en 1734, fit leprestnler
à la Comédie-Française plusieurs comédies, dont
deux surtout, [la Mère jalouse et les Fausses
Infidélités, furent très-bien accueillies du pu-
blic. Il n'est cité ici que pour un poëme plai-i
I. 4
50
BARTHE — B A SEVI
sant, les Statuts de VOpéra, qu'il écrivit en
1777 et qui commençait ainsi :
Nous qui régnons sur des coulisses,
Et dans de magiques palais,
Nous, Juges de rorchestre, intendants des ballets,
Preinicrs inspecteurs des aetriccs :
A tous nos fldélcs sujets,
Vents, fantômes, démons, déesses infernales,
Dieui de l'Olympe et de la mer,
Habitants des bois et de l'air,
Monarques et bergers, satyres et vestales.
Salut, a notre avènement
Chargés d'un grand peuple à conduire,
De lois à réformer et d'abus à détruire,
Et voulant signaler notre gouvernement ;
Ouï notre conseil sur chaque cbangcmcnt
Que nous désirions introduire,
Nous avons rédigé ce nouveau règlement.
Conforme au bien de notre empire,
La plaisanterie se poursuivait sur le même
Ion, et les Statuts, divisés en vingt-deux ar-
ticles, se continuaient en deux cent cinquante
vers. Cette facétie eut un succès fou.
Barthe est mort à Paris, des suites d'une opé-
ration douloureuse, le 17 juin 1785.
BARTHE (Grat-Norbert , dit Adrien ),
compositeur, naquit à Bayonne le 7 juin 1828. Il se
livra d'abord à l'étude du piano, puis à celle de la
composition, et|devint, au Conservatoire de Paris,
élève de Lehorne pour la fugue. Il remporta en
1854 le premier grand prix de composition à
l'Institut, avec une cantate intitulée Francesca
de Rimini, écrite sur des paroles de M. Bou-
naure. Pendant la troisième année de son séjour
à Bome, M. Barthe ayant fait à l'Académie des
beaux-arts son envoi réglementaire, et cet envoi
consistant en un oratorio intitulé Judith , la
partition de cet ouvrage parut si remarquable à
l'Académie -que celle-ci décerna aussitôt au jeune
compositeur un des plus importants parmi les
prix mis à sa disposition par d'intelligentes
libéralités; le prix Edouard Bodrigues(l). L'année
piécédente, M. Barthe avait envoyé à l'Acadé-
mie un opéra intitulé Don Carlos, et le rapport
du secrétaire perpétuel (Halévy) constatait que,
(1 bien écrit, instrumenté avec soin, indiquant un
vif sentiment scénique, cet ouvrage, malgré
quelques parties un peu prétentieuses , donne
de véritables, espérances pour l'avenir de
M. Barthe. »
Cependant, à son retour de Rome, le jeune ar-
tiste faisait comme tant d'autres : il essayait
inutilement d'aborder le théâtre, et il se voyait
malgré lui réduitau silence, lorsqu'en 1864 un
U) Ce prix, d'une valeur de 1500 francs, a été institué
par son fondateur «pour le meilleur ouvrage ; dans le
style choral, tel que oratorio, messe ou motet, »
concours fut ouvert au Théâtre-Lyrique entre
tous les prix de Rome qui n'avaient eu encore
aucun ouvrage joué. Cinq concurrents s'étant
présentés, on leur remit le livret choisi, qui
était celui d'un opéra en trois actes, la Fiancée
d'Abydos, dû à M. Jules Adenis. M. Barthe sortit
vainqueur de la lutte, et son œuvre fOl produite,
le 30 décembre 186â, au Théâtre-Lyrique, Elle
n'obtint, un peu par la faute du poème , que ce
qu'on appelle un succès d'estime , et ne réussit
pas à se maintenir au répertoire. Depuis lors,
M. Barthe, qui avait sans doute espéré davan-
tage, semble [avoir renoncé complètement à la
carrière de compositeur, et s'être livré d'une
façon absolue à l'enseignen^ent. Cet artiste a
épousé une femme charmante, M"e Banderali,
(ille du chanteur de ce nom , qui s'est fait elle-
môine une réputation très-légitime et très-dis-
tinguée comme chanteuse de conceits.
BARTHOLOMLUS(J....-N ),musicien
hollandais contemporain, était, en 1864, orga-
niste et maître de chapelle de l'église Saint-
Servais, à Maestricht. Entre autres compositions
religieuses, on lui doit une messe solennelle à
trois voix, un Ave Maria (chœur à trois voix),
et un grand salut solennel comprenant quatre
motets.M. Bartholomeus a publié aussi à Bruxelles
(Meyne)et à Liège (Muraille) quelques morceaux
de genre et fantaisies légères pour le piano.
* BASE VI (le docteur Abramo), est né; à Li-
vourne au mois de décembre 1818. Depuis la
disparition , en 1859 , du journal VArmonia,
fondé par lui, il a collaboré activement au
lioccherini, feuille musicale appartenant à l'édi-
teur M. Guidi, et dont il a été pendant plusieurs
années le rédacteur en chef. En 1869, M. Basevi
a organisé à Florence des Matinées BeethO'
veniennes, qui furent le germe de la Socielà del
Quartetto, dans les séances de laquelle furent
exécutés les quatuors couronnés aux concours
institués par lui, à ses propres frais, à l'Institut
musical. Appelé à faire partie de la commission
nommée en 1859 par le gouvernement provi-
soire toscan dans lej but d'amener la création
de cet .Institut, M. Basevi publia à ce sujet une
brochure intéressante. En 1863, il provoqua la
fondation des concerts populaires de musique
classique, dont le premier fut donné au théâtre
Pagliano le 26 mars de cette année. Outre son
intéressant>uvrage : Studio suite opère di G.
Verdi, M. Basevi a publié : 1° Introduzione
ad un nuovo sistema d'armonia (Florence
Tofani, 1862, in- 8"), écrit dédié à Meyerbeer et
dont une traduction française a été faite par
M. Louis Delâtre (Florence, Guidi, 1865, in-8") ;
2° Stuc^ suW Armonia (id ,rid.,y;id.,;id.,)/
BASEVI — BATAILLÉ
M
S" Compendio délia Storia délia Musica (id.,
id,, 1866, in-12endeux parties). Depuis plusieurs
années, M. Basevi a abandonné ses études sur
la musique pour se livrer sans réserve à d'im-
portants travaux philosophiques. L'auteur de
cette notice doit cependant à son obligeance des
notes nombreuses et intéressantes qui lui ont
servi pour la rédaction de divers articles de ce
dictionnaire (1).
* BASLER (Charles). Une traduction fran-
çaise de la Méthode [d'harmonie de ce professeur
a été faite par M. Johannès Weber, sous ce titre :
Carie routière des modulations harmoniques,
ou Plan figuratif des relations des tons, Pa-
ris, Perrotin, 1850, in-folio de 11 pages avec
2 planches.
i * BASSANI (Jean-Baptiste). Il existe, des
Armonici Entusiasmi di Davide, une édition
antérieure aux deux éditions de 1695 et 1698,
mentionnées au nom de ce compositeur; celle-ci,
qui est probablement la première, est de Venise,
1690.
BASSINI (Achille BASSI, dit DE), cl»an-
teur fameux en Italie : par. sa belle voix de
basso contante et sentaient dramatique, naquit
à Milan en 1819. Il tit de bonnes études litté-
raires et philosophiques au lycée de Saint-
Alexandre de sa ville natale, puis devint l'é-
lève de l'ingénieur Paganini ; mais la musique,
qu'il avait étudiée pour son plaisir, l'attirait in-
vinciblement, et, après avoir pris des leçons de
chant pendant une année avec le compositeur
Perelli, il débutait en 1837, à Pavie, dans un
opéra de cet artiste, Manfredi. Dès ses pre-
miers pas dans la carrière, ses succès furent
éclatants, et ils se poursuivirent dans toutes
les villes qu'il parcourut, à Rome, à Milan, puis
à Vienne, à Londres et à Saint-Pétersbourg,
où il obtint de véritables triomphes. Artiste in-
telligent, plein d'âme et de feu, doué d'un beau
physique et d'un rare sentiment pathétique, ac-
teur non moins que chanteur, M. de Bassini, avec
un geste, un regard , un élan de voix inattendu
et opportun, excitait l'enthousiasme du public
et soulevait une salle entière , en produisant sur
les masses une impression indescriptible. Ses
compatriotes le surnommèrent il seconda Ron-
coni. Depuis quelques années il s'est retiré, fort
riche, dans une magnifique villa qu'il possède à
Portici.
*BASTIAA!XS (J....— G.,;,..), l'un des
meilleurs organistes néerlandais, né à Wilp
(1) Le litre d'un des opéras de M. Basevi a été Inexacte-
ment transcrit : ce n'est point Enrico Odoardo, mais
Enrico Howard.
(Gueldre), en 1812, prit d'abord des leçons de
musique d'un nommé Rohner, à Devenler, et se
rendit ensuite à Dessau, où il reçut des -leçons
de Fr. Schneider. De là, il fit un voyage à Leip-
zig, se fit présenter à Mendelssohn-Bavtholdy,
et fit auprès du célèbre maître une tentative
pour qu'il voulût consentir à ce qu'il pût
achever son éducation musicale auprès de lui.
Mendeissohn posa comme condition la composi-
tion d'une double fugue dans un délai déterminé,
et, quand Bastiaans lui apporta la fugue, Men-
deissohn l'accepta d'emblée comme élève.
Après avoir fini ses études à Leipzig, it vint se
fixer à Amsterdam , y fut nommé organiste du
Zuiderkerk, puis devint professeur d'orgue à
l'Institut des aveugles. En 1868, il quitta cette
ville pour aller résider à Harlem , où il obtint la
place d'organiste à l'église de Saint-Bavon, église
dans laquelle se trouve le plus bel orgue du
royaume des Pays-Bas, si fameux depuis long-
temps sous le nom de l'orgue d'Harlem. Bas-
tiaans demeura à Harlem jusqu'à l'époque de sa
mort (1874) ; il y forma de bons élèves comme
pianistes et comme organistes, et y donna aussi
des leçons d'harmonie et de contre-point.
II publia aussi quelques compositions , des
lieder (Amsterdam , Roolhaan), un recueil de
chorals à quatre parties ( Amsterdam , der
W'iel), et laissa en manuscrit un hymne pour
orgue, chœur et orchestre, des motets et des
pièces d'orgue (1).
Ed. de II.
* BASÏON (JosQuiis). On trouve plusieurs
chansons de cet artiste dans le recueil divisé
en six livres que Pierre Phalèse publia à Lou-
vain en 1555-1556, et dont le premier livre
parut sous ce titre -. Premier livre des chan-
sons à quatre parties, nouvellement composez
(sic) et mises en musique, convenables tant
aux instruments comme à la voix ( Louvain ,
1555, in-4°).
* BATAILLÉ (Gabriel), et non BATAILLE,
luthiste fort distingué, aurait été, d'après l'écrit
de M. Th. Lhuillier ( V. ce nom) : Note sur
quelques musiciens dans la Brie, surintendant
(1) Le 31 juillet 1S51, à l'occasion du 101* anniversaire
de la mort de Jean-Sébastien Bach, BasUaans donna à
Amsterdam un grand concert historique d'orgue, dans
lequel il fit entendre différentes œuvres du grand Cach
lui-même, de J.-L. Krebs, Guillaumc-Friedmann Bach,
J.-C. Kitte),M.-G. Fischer, Ch.-H. Rinck, Mendeissohn,
Kiihnistedt, Fr. Schneider, Jean Schneider, A. Rltlcr,
C.-F. Becker, J.-A. Van Eyken, et quelques-unes de ses
propres compositions.
La Dllcdecet artiste, M"* Marie Bastiaans, planiste
distinguée, née à Amsterdam et élève de son père, s'est
produite avantageusement dans les coq certs, — A. P.
52
BATAILLÉ — BATISTE
de lamusiqaede la reine Anne d'Autriche, etau-
raîteuunfilSjConimelui musicien distingué. « Les
anciens actes paroissiaux de Gtiérard, canton
de Coulommiers, dit M. LhuiHier, constatent que
le fameux compositeur des fêtes de Louis XIII
était pourvu de la surintendance de la musique
de la reine Anne d'Autriche, et qu'il habitait la
paroisse Saint-Paul à Paris. Il eut im fils qui fut
son élève et à qui Louis XIII avait accordé en
survivance la surintendance de sa musique;
aussi, à la mort de Bataillé, ce fils, tout jeune
encore , fut-il bien venu à la cour et réussit-il
pleinement dans l'exercice de sa charge, jus-
qu'au moment oîi la perte d'une personne qui
lui était chère le détermina subitement à se
vouer au culte du Seigneur. Gabriel Bataillé fils
avait quarante ans. Délaissant son emploi, ses
biens et plusieurs bénéfices qu'il avait obtenus,
il se lit ermite et se retira à Saint-Blandin, ora-
toire isolé situé sur la paroisse de Guérard,où il
est mort le 30 avril 1676, à l'âge de soixante ans.
L'ermite de Saiut-Blandin, qui faisait vœu de
chasteté, pauvreté et obéissance, n'était attaché
à aucun ordre religieux ; il se trouvait simple-
ment sous la dépendance de l'évêque de Meaux. »
M. Lhuiliier reproduit l'acte d'inhumation de
Bataillé fils, qui confirme les faits avancés par
lui : — « Ce premier may 1076, dit cet acte, a
« été inhumé en la chapelle de Saint-Blandin ,
« par moy curé soussigné , frère Gabriel Ba-
« taillé, décédé en l'hermitage le 30 avril etaagé
« de soixante ans ou environ , homme d'une
« haute vertu et singulière probité, lequel a
« esté admiré pandant sa vie, et regretté après
« sa mort de tous ceux qui le congnoissoient à
« à cause de ses rares qualité?.; il estoit naj
« en la paroisse de Saint-Paul de Paris; son
« père étoit maître Gabriel Bataillé, intendant
« de la musique de la reine Anne d'Autriche; 'sa
« mère s'api>eloit Catherine Carré. Il eust l'hon-
« neur d'estre reçu en la charge de son père en
« survivance par le Roy Louis treize, d'heureuse
« mémoire, immédiatement après son décès,
« quoy qu'il fut encore fort jeune; aymé de toute
« la cour à cause de son esprit et honesteté ,
« il a exercé cette charge avec honneur jusqu'au
K décès de sa bonne maîtresse, lequel arrivé, il
« songea à sa retraite, à cause de quoi il se dé-
« pouiila généreusement de tousses biens patri-
« moniaux et autres assez considérables, mesme
«d'un canonicatde la Sainte-Chapelle de Dijon,
■< d'un autre de Châteauvillain , ensemble de
K quelques prieurez simples, comme deJouarre
« et autres, desquels le Roy l'avoit bien voulu
o honorer, pour embrasser la vie bérémitique,
a laquelle il a exercée en toute simplicité et
« pauvreté, n'y ayant rien de si humilié que liiy ;
« il passa les dix derniers ans de sa vie en cest
« estai le plus abject de tous, après avoir res-
« pire l'air de la cour l'espace de 40 années con-
« sécutives. »
Il n'y a pas à douter des faits contenus dans
cet acte authentique. Il faut donc croire que le
poste de surintendant de la musique de la reine
Anne d'Autriche n'était pas dévolu à un seul in-
dividu, puisque, à l'époque oii Bataillé père et
fils l'exercèrent successivement, Cambert (F. ce
nom) en était aussi pourvu, et l'on doit supposer
que ces fonctions s'exerçaient , de même qu'à la
chapelle du roi, soit par quartiers, soit par se-
mestres.
BATISTE '(Antoine-Edouard), organiste H
professeur, né à Paris le 28 mars 1820, est le fils
de l'excellent chanteur et comédien de ce nom
qui jouit pendant si longtemps d'une grande re-
nommée à rOpéra-Comique. Admis au CJonser-
vatoire en 1828, comme page de la Chapelle
royale, il y fit de brillantes études et fut succes-
sivement élève de Leborne et de Bienaimé pour
le solfège, de M. Le Couppey, puis de Dourlen
pour l'harmonie et accompagnement, d'Haiévy
pour la composition, enfin de M. Benoist pour
l'orgue. Ses succès d'école furent tiès-grands, et
voici la liste des récompenses qu'il obtint : 2« prix
de solfège en 1832 et 1er prix en 1833; 2« prix
d'harmonie et accompagnement en 1836 et
1«' prix en 1837; 2« prix de contre-point et
fugue et 2« prix d'orgue en 1838 ; 1*' prix de con-
tre-point et fugue et 1«' prix d'orgue en 1839;
enfin, second grand prix de Rome en 1840.
M. Batiste n'a jamais quitté le Conservatoire,
où il était déjà professeur bien avant d'avoir ter-
miné ses études. En effet, de 1836 à 1838 il était
accompagnateur des classes de chant et de dé-
clamation lyrique; en 1836, il était nommé pro-
fesseur adjoint de solfège; en 1839, professeur
de la classe de chœurs (hommes) ; en 1850, pro-
fesseur de chant simultané, classe supprimée
en 1870, et qui, dans l'espace de vingt ans, avait
été fréquentée par 5,000 élèves; le 1<" octobre
1852, il devenait professeur de la classe de sol-
fège collectif, et, le 8 octobre 1872, il prenait
possession d'une classe d'harmonie et accompa-
gnement pour les femmes. Ses occupations de
professeur n'empêchaient pas M. Batiste de
suivre sa carrière d'organiste , et, après avoir
tenu, de 1842 à 1854 , l'orgue de l'église Saint-
Nicolas-desChamps, il devenait, le le' juillet de
cette dernière année, organiste du grand orgue
de Saint-Eustache. En même temps, M. Batiste
se livrait à la composition, publiait un nombre
considérable d'œuvres pour l'orgue, donnait une
BATISTE — BATTAILLE
53
nouvelle édition, en douze volumes, des Solfèges
du Conservatoire, annotée par lui, avec accom-
pagnement de piano ou orgue d'après la basse
chiffrée (Paris, Heugel), et enfin livrait au public
un Petit Solfège harmonique (id., id.), qui
éfait l'objet d'un rapport très-élogieux de la part
du comité des études du Conservatoire. La nou-
velle édition des Solfèges du Conservatoire et
Res ouvrages personnels sur l'enseignement ont
valu à M. Batiste, en 1867, une récompense
exceptionnelle : le jury de la classe 89, appré-
ciant le mérite de l'oeuvre, ne voulut point se
borner à accorder une médaille de première
classe à l'éditeur exposant, mais il décerna la
même récompensera l'auteur non-exposant.
* BATKA ( Jean-Népoml'Cène ), fils de Mi-
chel Batka, est mort à Pr(;sbourg le 13 août
1874.
* BATTA (Alexandre). Fixé depuis plu-
sieurs années à Versailles , cet artiste, qui a
donné danslun journal de cette ville, l'Union li-
bérale et démocratique de Seine- et-Oise , un
certain nombre d'articles de critique musicale, a
été nommé chevalier de la Légion d'honneur au
mois d'août 1875. Dans la série biographique
publiée sous ce titre : Écrivains et Artistes vi-
vants, français et étrangers, par MM. Xavier
Eyma et.Ârthur de Lucy, on a donné une notice
sur M. Alexandre Botta (Paris, Librairie uni-
verselle, 1840, in-16 avec portrait).
BATTAILLE (Charles-Amable), chanteur
distingué, naquit à Nantes le 30 septembre 1822.
Son père était médecin en cette ville , et résolut
de lui faire embrasser la même profession. Après
avoir été faire ses études à Caen et s'y être fait
recevoir docteur, Battaille revint donc s'établir
dans sa ville natale. Mais la clientèle n'arrivant
pas assez vite à son gré, il résista aux nouvelles
instances de son père, qui avait toujours con-
trarié son goût pour le théâtre, et s'en vint
tenter la fortune à Paris. Un biographe contem-
porain affirme qu'il fut refusé à l'unanimité , en
novembre 1845, aux examens d'admission du
Conservatoire. Ceci est évidemment inexact,
puisque, dès le concours de 1846, Battaille obte-
tenait un accessit de chant. En 1847, il rem-
portait simultanément les trois premiers prix de
chant, d'opéra et d'opéra-comique, et se voyait
couronner en même temps que Balanqué, Meillet
et M. Gueymard, et en compagnie d'une jeune
fille appelée à devenir l'une des premières
artistes de son temps. M"' Félix-Miolan, aujour-
d'hui M"* Carvalho. Au Conservatoire, Battaille
avait été l'élève de Manuel Garcia.
Il fut engagé presque aussitôt à l'Opéra -Comi-
que, où ses débuts, qui devaient avoir lieu le
23 février 1848, furent retardés par les événe-
ments. Ce n'est que le 22 juin suivant qu'il fit
son apparition sur la scène Favart, où il se
montra pour la première fois dans un rôle secon-
daire, celui de Sulpice de la Fille du Régi-
ment. Mais sa voix de basse chantante était
belle, guidée avec un goût remarquable, il mon-
trait déjà de l'intelligence comme comédien, et
Halévy, qui se connaissait en artistes et qui
s'apprêtait à donner son Val d'Andorre, n'hé-
sita pas à lui confier la création d'un des rôles
les plus importants de cet ouvrage, monté d'une
façon presque exceptionnelle, et qui était joué,
pour les autres personnages , parMM. Audran,
Jourdan, Mocker, M"«' Lavoye , Darcier et fié-
villy.
Le succès de Battaille fut complet dans ce rôle
de Jacques Sincère, le vieux chevrier, dont il
sut faire un type, et dans lequel il déploya des
qualités dramatiques vraiment remarquables.
Bientôt il montra toute la souplesse et la flexi-
bilité de son talent, en en jouant un autre d'un
caractère tout opposé, celui de don Belfior dans
le Toréador, d'Adolphe Adam.i Ici, Battaille
fut plein de rondeur, de bonhomie, de gaîté, fit
voir qu'au point de vue du chant il comprenait
aussi bien le genre bouffe que le genre dramati-
que, et réunit tous les suffrages. Je ne ferai que
donner les titres de ses autres créations, qui
sont les suivantes : la Fée aux Roses (Atalmuc),
le Songe d'une nuit d'Été (Falstaff), la Dame
dépique (Roskow), leCarillonneur de Bruges
(Malhéus), le Père Gaillard (Gaillard), Marco
Spada (Torrido), VÉtoile du Nord (Pierre), la
Cour de Célimène (le Commandeur), le Hus-
sard de Berchini (Gédéon), les Saisons (Ni-
colas), Valeniined'Aubigny (Gilbert), et Psyché
(Mercure).
Il faut avoir vu jouer à Battaille le Toréador
et VÉtoile du Nord pour se rendre bien compte
de la souplesse de son jeu comme comédien ; il
feut lui avoir entendu chanter la cavatine de
douBelflor: Oui, la vie n'est jolie et l'ad-
mirable romance du czar Pierre : Pour fuir
ton souvenir, qui semble mé poursuivre, pour
comprendre quelle était son intelligence des di-
vers styles musicaux et avec quelle aisance,
quelle facilité, quelle sûreté il passait de l'un à
l'autre. Sa belle voix de basso cantante, ronde,
pleine, bien timbrée, flatteuse et caressante par-
fois, énergique et puissante en d'autres cas, fai-
sait merveille dans les genres les plus opposés.
Vers la fin de 1857, je crois, l'excellent artiste,
atteint d'une grave affection de larynx, se crut
obligé de renoncer à une carrière dans laquelle
il n'avait rencontré que des succès. Pourtant,
54
BATTAILLE — BATTISTA
après avoir pris'iluelqtle repos,; il entra en 1860
au Théâtre-Lyrique, y reprit son rôle de Jacques
Sincère du Val d'Andorre, fit une de ses plus
importantes créations àansPhilémon etBaucis,
de M. Gounod , puis retourna pour un instant
sur la scène de ses premiers succès. Mais bientôt
il abandonnait définitivement le théâtre, bornant
son action artistique au professorat qu'il exerçait
au Conservatoire depuis le 1" février 1851.
Battailie s'était occupé d'études sur la cons-
truction, la nature et les facultés de l'appareil
vocal. Il publia sur ce sujet une brochure im-
portante, dont voici le titre complet : « Nou-
velles recherches sur la phonation, Mémoire
présenté etlu à l'Académie des sciences le 15 avril
I86I, par Ch. Battailie, ex-interne des hôpi-
taux, ex-prosecteur d'anatomie à l'École de
médecine de Nantes, professeur de chant au
Conservatoire impérial de musique et de décla-
mation (Paris, V. Masson, 1861, in-So avec
planches). » Ces recherches constituaient, comme
Il le disait lui-même dans le dernier chapilre,
« la première partie d'un ouvrage ayant pour
titre ; De l'enseignement du chant, lequel sera
publié incessamment en entier. » Deux ans après,
en effet, il lançait une nouvelle publication :
« De V enseignement du chant, 2« partie. De
la physiologie appliquée à l'étude du méca-
nisme vocal. » Mais tout cola ne formait pas un
corps d'ouvrage complet. Je ne sache pas pour-
tant que Battailie ait terminé cette publica-
tion.
Battailie aimait beaucoup à parler en public.
Sa belle tête, fière, fine et intelligente , couverte
de cheveux noirs, abondants et ondulés, son re-
gard fixe et scrutateur, bien qu'atteint de
myopie, sa parole élégante, facile et ornée, sa
grande habitude du public, lui donnait sur son
auditoire une autorité véritable. En 1865, 1866
et 1867, il fit, tantôt dans les salons de la rue de
la Paix ou dans ceux du Grand-Orient, tantôt
dans l'Amphithéâtre de l'École de médecine ou
à l'Association philotecbnique, un certain nombre
de conférences, qui furent remarquées : sur
la musique et ses transformations, sur le Don
Juan de iMozart, sur le Pré aux Clercs d'Hé-
rold, etc. Le texte d'un'de ces entretiens fut
même publié , dans les Conférences de VAsso'
dation philotechnique, année 1865 (Paris,
V. Masson, 1866, in- 12).
En réalité, Battailie fut un artiste extrêmement
distingué, auquel la perte précoce de sa voix ne
laissa pas le temps d'arriver à la célébrité, ni
même peut-être d'atteindre à l'apogée de son
talent, mais qui a laissé un nom honorable sous
tou9 les rapports, et qui a;;été à la fois chanteur
remarquable, comédien bien doué, professeur
accompli et théoricien distingué.
Une particularité de sa vie est assez curieuse :
Battailie, à la suite des événements du 4 sep-
tembre 1870, avait été nommé sous-préfet d'une
petite ville du département de la Loire-Infé-
rieure, Ancenis. Il professait d'ailleurs des opi-
nions libérales, et prit au sérieux son nouveau
rôle, mettant toute son] intelligence au service
de ses fonctions et déployant beaucoup de zèle
et d'activité dans l'organisation et l'armement
des corps levés dans son district. Il se signala
même d'une façon toute particulière , dans des
circonstances exceptionnelles : la petite- vérole
s'étant déclarée dans une commune des environs,
qui se trouvait cruellement ravagée par le fléau,
Battailie se souvint qu'il était médecin, se joignit
à ses confrères, et s'en allait chaque soir porter
ses soins aux malades, après avoir passé sa
journée à gérer les affaires de sa sous-préfecture.
Battailie est mort à Paris le 2 mai 1872, en-
levé en trois jours par une fièvre muqueuse.
* BATTISTA ('Vincent), compositeur dra-
matique, est mort à Kaples le 14 novembre
1873. Il était né en cette ville le 5 octobra
1823. Élevé au collège royal de musique de Na-
ples, Battista était seulement âgé de vingt ans,
lorsque, pendant le carême de 1844, il fit ses
débuts'd'une façon très-brillante en donnant au
théâtre San-Carlo sa partition d'Aniia la Prie,
qui obtint un très-vif succès et qui est restée
l'un de ses meilleurs titres à l'estime de ses
contemporains. Cet ouvrage était chanté par
Fraschini, Tamberlick, Beneventano et la Gruilz.
A l'exception de Rosvina de la Forest, donnée
à la Scala de Milan, toutes les productions dra-
matiques de Battista ont vu le jour dans sa villo
natale, la plupart au théâtre San-Carlo, les au»
très aujFondo ou au Nuovo. En voici, je crois,
la liste bien complète : 1" Anna la Prie, San
Carlo, 1844; 2° Margherita d'Aragona, id..
1845; 3° Rosvina delà Forest, Milan, Scala,
1845; 4° £mo, San Carlo, 1846; 5" Irène,
Fondo; 6° Leonora Dort, San Carlo, 7° Mu-
darra, id.; 8° il Corsaro, Nuovo, 1853 ; 9" Er^
melinda; 10» Giovannà di Castiglia, San
Carlo, 1863; 11 "Alba d'Oro, id., 1869. Tous
ces ouvrages sont du genre sérieux, et Battista
ne s'est jamais essayé dans la musique bouffe.
Cet artiste a laissé deux autres partitions com-.
plètement achevées, mais qui, je crois, sont ab-
solument inédites ; Maria Tudor et la Pentita.
Battista était estimé en Italie, et les Napolitains,
ses compatriotes, en faisaient grand cas. Il est
cependant mort, dit-OD, dans un état voisin de
la misère.
BATTMANN — BATTU
6S
BATTMANN (Jacques-Louis), organiste et
compositeur, est né à Massevaux (Haut-Rliin),
le 25 août 1818. 11 n'était point destiné à la car-
rière musicale , et fit ses études d'abord au col-
lège deBelfort, puis à l'École normale de Col-
mar, pour être instituteur. Il le devint en effet,
mais plus tard s'adonna complètement à la mu-
sique, qu'il avait cultivée dès sa plus tendre en-
fance. Il avait reçu ses premières leçons de
solfège, de piano et de violon de son grand-père
maternel, organiste à Belfort, et ensuite, à Col-
mar, travailla l'harmonie et la composition avec
Th. Schlosser, professeur de musique à l'École
normale, en même temps qu'il étudiait l'orgue
avec Martin Vogt, organiste de la cathédrale.
Un hasard, qui le mit en présence du célèbre
médecin Orfila, grand amateur de musique , fut
sur le point de l'amener à Paris, où ce dernier
voulait le faire entrer au Conservatoire ; mais,
au moment de quitter l'École normale, M. Batt-
mann vit pleurer son maître, qui l'aimait beau-
coup, et se refusa à parlir.
Ses études terminées , et son brevet obtenu,
M. Battmann fut envoyé comme instituteur à
Thann. Cette carrière lui plaisait peu , mais il
s'était résigné à la suivre pour obéir aux ins-
tances de son père, lorsqu'un nouveau hasard
vint le ramener à la musique. Il était à Thann
depuis dix-huit mois, quand un de ses amis,
apprenant que la place d'organiste à Belfort était
vacante, l'appelle en cette ville. Le jeune insti-
tuteur se présente, est mis en rapport avec le
curé, touche l'orgue à la messe, et un quart-
d'heure après est nommé organiste. C'était en
1840, Depuis lors, M. Battmann a été appelé à
remplir les mêmes fonctions à Vesoul, où il se
trouve encore aujourd'hui.
' P ndant les loisirs que lui laissaient ses fonc-
tions", M. Battmann s'est beaucoup occupé de
composition. Outre une Méthode d'harmonium
(une des premières qui aient paru), une Mé-
thode de piano et un grand Traité d''harmonie
spécialement appliquée l'étude de l'accompagne-
ment du plain-chant, cet artiste a publié jus-
qu'à ce jour un nombre d'oeuvres qui atteint
presque le chiffre de 400. Dans ce nombre il faut
distinguer : 1" Premières études pour le piano,
avec Préludes pour les petites mains, Paris,
Heugel; 2" 24 Études mélodiques pour les pe-
tites mains, op. 67, id., id.; 3° la Petite Cha-
pelle, 100 morceaux faciles pour orgue de salon
ou grand orgue, id., id.; 4° 25 Offertoires pour
orgue, id., id.; 5" le Trésor^ des organistes,
100 morceaux faciles pour orgue ou harmo-
nium, op. 240, Paris, Leduc; 6" 15 Études fa-
ciles pour harmonium , op. 68, Paris, Le-
moine; 7° 50 Leçons pour harmonium, id.,
id.; 8° 72 Morceaux faciles pour harmonium,
pouvant servir aux différentes parties du service
divin, op. 60, Paris, Colombier; 9° 400 Versets
courts et faciles, dans tous les tons, pour har-
monium, op. 88, id., id.; 10" 1'% 5e, 9«, 21% 24«
et 25» suites de l'Arène des organistes , op. 30,
43, 54, 85, 93 et 136, id., id. A tout cela, il faut
ajouter des motets, des messes, des choeurs re-
ligieux ou profanes, sans accompagnement, des
transcriptions et des arrangements pour piano et
pour harmonium, des duos et trios pour 2 et
3 violons, des morceaux de genre pour le piano,
enfin des romances, chansonnettes, et un nom-
bre infini de valses, polkas, mazurkas, quadril*
les, etc., etc.
* BATTU (Pantaléon), ancien second chef
d'orchestre à l'Opéra, d'où Jil {avait pris sa re-
traite depuis plusieurs années, estmort à Paris le
17 janvier 1870.
BAITU (M'i" Marie), fille du précédent,
chanteuse distinguée, est née vers 1840. Élevée
dans un milieu très- artistique , elle fut musi-
cienne de bonne heure, et fit ses études vocales
sous la direction de M. Duprez, qui sut lui don*
ner la noblesse d'accent et la grandeur de style
à l'aide desquelles il s'était créé lui-même une
renommée si considérable et si légitime. Son
éducation terminée, M"* Battu débuta d'une
façon très-heureuse au Théâtre-Italien de Paris,
le 12 janvier 1860, par le rôle d'Amina dans
la Sonnambula de Bellini. Douée d'une voix
mordante et corsée, d'une beauté régulière et
pure, d'une tournure élégante et aisée, elle
réussit à souhait, ses qualités musicales étant
rehaussées encore par une intelligence trcs-sftre
et un bon sentiment de la scène. Elle chanta
successivement, sur notre scène italienne, Eli-
setta d'iZ Matrimoniojegreto, Gilda de Rigo-
letto, le page d'un Ballo in maschera, Zerlina
de Don Giovanni, Ekonorad' il. Furioso, Despina
de Cosi fan tutte, puis, au bout de quelques
années, se décida, sur les conseils de Rossini,
à aborder la scène française. |
Engagée à l'Opéra , M"e Battu y parut poilr
la première fois, avec un très-grand succès, dans
la reprise de Moïse qui eut lieu le 7 décembre
1864. Sa belle voix sonore et pleine, ses voca-
lises légères et perlées, son trille parfait et serré,
son style nerveux et pur, toutes ses qualités
enfin produisirent sur le public la plus vive im-
pression, à ce point que son début fut presque
un triomphe. Moins de cinq mois après ce dé-
but, elle eut le bonheur de faire une création fort
importante, celle du fôled'Inès dam V Africaine,
qui lui fit beaucoup d'honneur. Elle se montra
56
BATTU — BAUMANN
ensuite dans Matliilde de Guillaume Tell, dans
la reine des Huguenots, et joua avec le mt e
succès la Zerline de D071 Juan, au moment où
M"« Patti el M™" Carvalho se faisaient applaudir
dans ce rôle, la première aux Italiens, la seconde
au Théâtre-Lyrique. Enfin, la reprise d'AlcesIc
vint la mettre tout à fait hors de pair, et la
plaça au premier rang des cantatrices de notre
première scène lyrique,'; elle ne craignit pas,
après cela, de reprendre le rôle de Lydia,"créé
dans Herculanum par M^e Gueymard, et celui
de Sélika, créé dans l'Africaine par M™» Marie
Sass. Cependant, si M"* Battu faisait toujours
preuve d'un très-grand talent dans l'art du chant
proprement dit, ces grands rôles inspiraient io
regret qu'elle ne fût pas douée de la qualité su-
prême sans laquelle il n'est pas de véritable can-
tatrice dramatique dans toute l'étendue de ce
mot ; je veux dire l'émotion. Toute artiste qu'elle
se montrât à beaucoup d'égards, M'" Battu res-
tait toujours un peu froide, un peu sèche, et ne
montrait en aucun cas cette expression de ten-
dresse qui émeut, ou ces élans de passion dé-
bordante qui soulèvent une salle et la tiennent
suspendue aux lèvres d'un chanteur. Cette cri-
tique pourtant ne doit pas être exagérée, et ne
saurait porter atteinte au talent très-réel, très-
correct et très-distingué de M'" Marie Battu.
Cependant la jeune artiste quitta l'Opéra au
bout de quelques années. Elle fit partie de la
compagnie qui, en province et à l'étranger, se
donna pour mission de faire connaître , après la
mort de Rossini , la messe du maître immortel,
puis alla tenir l'emploi de première chanteuse
au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles. Entre
temps, elle lit une courte apparition au théâtre
de rOpéra-Comique, où elle joua le rôle de la
comtesse dans les Noces de Figaro (février
1872). Depuis lors, on ne l'a plus entendue à
Paris.
BATZ( ), facteur d'orgues néerlandais,
artiste fort distingué, chef de la maison Bafz et
Witte, d'Utrecht, est l'auteur des orgues de la
cathédrale et de l'église de Zuider à Rotterdam,
ainsi que de celles d'Amsterdam, de la Haye et
d'Utrecht, qui sont particulièrement estimées.
MM. Batz et Witte portent le titre de facteurs
de S. M. le roi des Pays-Bas.
BAUDELAIRE (Charles-Pierre), poète et
critique, particulièrement connu pour sa traduc-
tion française des œuvres d'Edgar Poe, naquit à
Paris au mois d'avril 1821, et mourut dans la
même ville, au mois de septembre 1867, dans
une maison de santé où il avait dû être placé à
la suite d'une maladie qui avait atteint .ses fa-
cultés mentales. A l'époque de la représentation
à Paris du Tannhxuser de M. Richard Wagner,
Baudelaire publia, pour la défense de l'un et de
l'autre, une brochure intitulée : Richard Wagner
et Tannhxuser (Paris, Dentu, 1861, in-12 des
70 pages). Cet écrit absolument inutile ne peut
rien apprendre à ceux qu'intéresse la question,
et n'est qu'un plaidoyer entrepris en faveur de
l'œuvre par un avocat inhabile à en discuter la
valeur, c'est-à-dire ignorant jusqu'aux préceptes
les plus élémentaires de l'art.
BAUDOIIV (Jules). Un écrivain de ce nom
a publié, lors de la reprise i'Alceste qui eut lieu
à l'Opéra en 1861, une brochure ainsi intitulée :
l'Alceste de Gluck, étude déJiée à M"* Pau-
line Viardot (Paris, Lebigre-Duquesne, 1801,
iu-12 de 65 pp.). Cette étude, faite acte par acte,
est précédée d'une courte r« notice historique »
sur Gluck.
lîAUDlUiUOXT ( Alexandre-Edouard),
éminent chimiste et polygraphe remarquable. Né
à Compiègne (Oise) le 7 mai 1806, professeur
agrégé à la faculté de médecine de Paris, cheva-
lier de la Légion d'honneur, etc., M. Baudrimont
occupe, depuis de longues années, la chaire de
chimie à la faculté des sciences de Bordeaux. Il
a publié en 1869, chez Gounouiiliou (Bordeaux),
un résumé substantiel de ses Travaux et Pu-
blications, formant une brochure in-4'' de 86-X
pages.
D'après M. Baudrimont, « le son n'est pas
« produit seulement par les ondes qui, par-
« lies du corps sonore, vont frapper l'oreille, mais
« par une réaction de la sphère sonore sur elle-
K même, avant qu'elle atteigne cet organe. »
Les ouvrages sur la musique de M. Baudri-
mont sont les suivants : 1* Lois générales de
Y acoustique, analyse et discussion des princi-
paux phénomènes physiologiques qui s'y rappor-
tent, in- 4°, Paris, Paul Renouard, 128 pages
(sans date). — 1° Observations sur la produc-
tion du son, dans les comptes-rendus de V Aca-
démie des sciences, tome XXXIII, pages 428 et
suivantes. — 3° Conférence sur la théorie de la
musique, faite à la faculté des sciences de Bor-
deaux le 16 mars 1869, un volume grand În-S",
de 100 pages, avec planches et tableaux.
A. L-jy.
* BAUDRON (Antoine-Laurent). Parmi
les ouvrages pour lesquels cet artiste écrivit de
la musique, il faut citer le Roi de Cocagne,
comédie de Legrand, pour laquelle il composa un
divertissement (19 février 1781), et Pijrame et
Thisbé, scène lyrique dont les paroles avaient
pour auteur le célèbre comédien Larive (2 juin
1783).
B.\Ul\IAiVN (Louis), violoniste, né à Lille
BAUMANN — BAY (DE)
57
en 1789, fut d'abord soldat, et, après avoir ob-
tenu son congé, entra en 1815 au Conservatoire,
dans ia classe de Baillot. Après avoir obtenu un
premier prix en 1818, il alla se fixer à Lyon et
s'y livra à l'enseignement, maintenant intactes
et pures les belles traditions qu'il tenait de son
illustre maître. Baumann ne quitta plus Lyon
jusqu'à sa mort, arrivée au mois de mai 1861.
Cet artiste a écrit un concerto de violon dédié
à Baillot, et un recueil d'études remarquables.
BAUMAI\I\ (Joseph), flûtiste fameux, na-
quit àCarlsruhe le 16 décembre 1799. Il a écrit
pour son instrument des compositions esti-
mées.
Y.
BAUMAIVIX (Emmanuel), pianiste et com-
positeur français, né vers 1825, s'est fait con-
naître par la publication d'un certain nombre
d'agréables morceaux de genre pour le piano.
Cet artiste a fait jouer en [1874, à l'Alcazar de
Marseille, une opéiclte en un acte intitulée
Clairette Angot en Turquie.
BAUMER (Erdmanw), corniste de talent,
naquit à Cassel en 1734, et mourut en 1796.
Y.
BAUMER (Frédéric), compositeur de mu-
sique de piano et de musique de danse, frère du
précédent; né à Cassel en 1736, mourut en
1802.
Y,
BAU\IFELDER(FRÉnÉuic-AuGusTE-GuiL-
lauhe), compositeur de musique , est né le 28
mai 1836 à Dresde. Il a composé tour à tour
des pièces faciles et de la musiiiue sérieuse : sym-
phonies, ouvertures et concertos. Ce jeune mu-
sicien cherclie encore sa voie.
Y.
BAUMGART (Ernest rRÉDÉRic), profes-
seur d'orgue et de théorie de la musique à
l'Institut musical de Breslau, est né vei« 1800.
Il s'est fait connaître par une édition des œuvres
de clavecin de Philippe-Emmanuel Bach.
Y.
* BAUMGARTNER (Guillaume), direc-
teur de musique à Saint-Gall, est mort à Zurich,
au mois; de mars 1867, âgé de quarante-sept
ans.
BAUR ( ), compositeur, né à Parme, a
fait ses études musicales à Milan, devint ensuite
chef de musique du régiment des hussards de
Plaisance, et commença à se faire connaître par
de jolis airs de danse. Il a donné à Parme, sans
succès, un premier opéra don! j'ignore le titre, et
a l'ail représenter ensuite à Milan, en 1857, un
second ouvrage, mtitulé le Due Fidanzate, qui
fut mieux accueilli, et dont l'éditeur Canti pu-
blia quelques morceaux détachés avec accom-
pagnement de piano. M. Baur est surfout con-
sidéré, dans sa patrie, comme un compositeur de
ballabile fort distingué.
BAUWlilIVS (Jacques), musicien belge, né
à Bruges dans la seconde moitié du dix-huitième
siècle, fut maître de chapelle de l'église Saint-
Jacques de cette ville, et a composé un grand
nombre de messes et de motets qui, dit-on, ne
sont pas sans valeur.
BAUX (Léon) est auteur de] l'écrit suivant :
A la Musique, poëme, par Léon Baux, deChar-
leville (Charleville, l'auteur, 1854, in-32).
BAVIIM (Claude), musicien distingué et
compositeur de musique religieuse, fut maître
de chapelle de la cathédrale de Rouen de 1598 à
IGOl.
* BAWR(Alexandrine-Sophie GOURY DE
CHAMPGRAND, comtesse DE), fille dumarquis
de Champgrand et d'une actrice de l'Opéra, na-
quit, à Paris le 8 octobre 1773, et mourut en celte
ville le 31 décembre 1860, à l'âge de quatre-
vingt-sept ans. Cette femme intelligente, dont
les aptitudes artistiques étaient remarquables,
surtout par leur diversité, avait reçu dans sa
jeunesse des leçons de composition de Grétry,
en même temps qu'elle travaillait le chant avec
Boieldieu, EUeviou et Garât. Elle écrivit à celte
époque un certain nombre de romances, aux-
quelles ce dernier donna une grande vogue en les
chantant dans les salons fameux sous le consu-
lat. Dans un livre publié par elle : Mes Souve-
nirs (Paris, Passard, 1823, in- 12), on trouve
quelques détails utiles sur Grétry et plu-
sieurs autres artistes. On ignore assez générale-
ment que cette femme intéressante, avant de
devenir M™' de Bawr, avait épousé le comte de
St-Simon, le fondateur de la secte saint-simo-
nienne, de qui elle s'était ensuite séparée par le
divorce. Elle a été l'objet de la notice suivante,
pleine de renseignements précis à son sujet :
Madame de baior, élude biographique sur sa
vie et ses ouvrages, par M"" l'Ilise Gagne (Élise
Moreau), Paris, Didier, 1861, ùi-12 de 66 pages.
BAY (l'abbé DE), musicien du dix-huitième
siècle, était maître de chapelle de l'église métro-
politaine de Cambrai, et se fit une certaine ré-
putation comme compositeur de musique reli-
gieuse. Les événements révolutionnaires obligè-
rent- cet artiste à quitter Cambrai, et à se ré-
fugier dans un couvent de Paderborn (Bas-
Rhin). C'est là qu'il fit des recherches sur les lois
de l'harmonie, et qu'il établit une théorie basée
sur les faits que lui avaient livrés ces recherches.
M. Brun-Lavainne, apparenté à l'abbé de Bay, a
publié en 1844, dans la France musicale^ une
58
BAY (DE) — BAZZINI
étude détaillée de la théorie musicale de celui-ci.
BAZILLE (Augustr-Ernest), organiste et
compositeur, né à Paris le 27 mai 1828, a fait
son éducation musicale au Conservatoire de cette
ville, où il fut admis dès ses plus jeunes an-
nées, et- où il remporta les récompenses suivan-
tes ; en 1840, le second prix de solfège ; en
1841, le premier prix; en 1842, un accessit d'har-
irionie et accompagnement; en 1843, le second
prix ; en 1845 , le premier prix, avec un second
prix d'orgue ; en 1846, le premier prix de fugue ;
en 1847, le premier prix d'orgue. Ayant pris
part, en 1848, au concours de l'Institut, il obtint
le premier second grand prix de composition mu-
sicale. Peu de temps après il entrait à l'Opéra-
Comique en qualité d'accompagnateur ; il remplit
aujourd'hui les fonctions de premier chef du
chant à ce théâtre, en même temps qu'il est or-
ganiste du grand orgue à l'église Sainte-Élisa-
belh. M, Bazille a écrit naguère un certain
nombre de couplets pour les scènes de vaude-
ville, et il a publié quelques mélodies vocales.
On lui doit la réduction au piano d'un grand
nombre de partitions. Enfin, cet artiste distingué
a eu une part, avec Clapisson, MM. Gautier,
Gevaert, Jonas, Mangeant et Poise, dans la mu-
sique de la Poularde de Caux, opérette en un
acte représentée au théâtre du Palais-Royal.
* BAZI^J (François-Emmanuel- Joseph). Le
répertoire dramatique de ce compositeur se
complète par les deux ouvrages suivants : 1° le
Voyage enC/i2»e,opéra-comiqueen trois actes re-
présenté à rOpéra-Comique le 9 décembre 1865 ;
2° VOws et le Pacha, ancien vaudeville de
Scribe [arrangé en opéra-comique et représenté
îu même théâtre vers 1869. M. Bazin, qui a
écrit de) nombreux chœurs orphéoniques , est
jussi l'auteur d'une opérette non représentée,
Marianne, qui a été publiée dans le journal le
Magasin des Demoiselles. — Lorsque M. Am-
broise Thomas eut été nommé directeur du Con-
servatoire après la mortd'Auber (1871), M. Bazin
lui succéda comme professeur de composition,
et abandonna sa classe d'harmonie et accompa-
gnement. Après la mort de. Carafa, il fut élu
membre de l'Académie des beaux-arts en rem-
placement de cet artiste.
M. Bazin a en portefeuille les partitions de
3eux opéras-comiques, chacun en trois actes,
\m n'ont pas encore été représentés : Masca-
ille, et la Belle au bois dormant.
BAZZIIVI (Francesco et Natale), musiciens
taliens du dix-septième siècle, se firent remar-
quer par leur triple talent d'organistes, de
chanteurs et de compositeurs. Ces deux frères
étaient nés à Lovere. Natale raoufut à Bergarae
en 1639, et Francesco le 15 avril 1660. Ce der-
nier, dont la renommée semble avoir été la plus
brillante, peut-être parce qu'il a vécu plus long-
temps, a été successivement attaché aux cours
de Modène, de Vienne, de Venise, de Parme et
de Florence. En 1628, l'imprimeur Bartolomeo
Magni, de Venise, publiait les œuvres suivantes
de Natale Bazzini : 1° Messe, mottetii e diU'
loghi [a cinque, concertati ; 2° Libri due di
mottetti ad una, due, tre e quaitro voci;
3° Messe e salmi a tre, concertati; 4° Arie
nuove, e diverse. Francesco a, dit-on, composé
davantage, mais on ne connaît aujourd'hui de
lui que les œuvres suivantes : 1° La rappre-
sentazione di S. Orsola, con diversi stru-
inenti; 2° Suonate di trb a; 3* Canzonette
a voce sola.
M. Antonio Bazzini, l'admirable violoniste
dont il est parlé dans la notice suivante, descend
directement de ces deux musiciens, ainsi que
M. Alfredo Piatti, le violoncelliste renommé.
* BAZZIIVI (Antonio). C'est le 10 mars
1818, que ce grand artiste est né àBrescia. S'il
faut en croire un de ses biographes, Francesco
Regli, il avait à 'peine treize ans lorsqu'il publia
sa première composition, et à dix-sept ans il avait
déjà fait exécuter au théâtre de Brescia six ou-
vertures à grand orchestre. A cette époque, il
était maître de chapelle de l'église St-Philippe,
pour laquelle il écrivit une messe et des vêpres.
En 1836, il joua devant Paganini, qui, enchanté
de son talent, le pressa dans ses bras, et lui dit :
Voyagez vite! L'année suivante, il se rendit à
Milan, où il publia diverses compositions pour
le violon, et quelques romances, et où il se fit
entendre à plusieurs reprises avec un grand suc-
cès; dès ce moment, il manifesta sa prédilec-
tion pour la musique de chambre, et surfout son
admiration pour les chefs-d'œuvre de Beetho-
ven. En 1840, son parrain, l'avocat Buccelloni,
lui fournit les moyens d'entreprendre un grand
voyage artistique, et M. Bazzini se mit alors à
parcourir une partie de l'Europe, se faisant en-
tendre successivement à Venise, Trieste, Dresde,
Berlin, Vienne, Peslh, Copenhague, Varsovie,
Leipzig, etc., et se faisant applaudir à la fois
comme compositeur et comme virtuose. De re-
tour en Italie en 1846, il k parcourut en entier,
donnant des concerts à Turin, Gênes, Florence,
Rome, Naples, Palerme, Parme, et partout ex-
citant l'enthousiasme. 11 visita ensuite la France
et l'Espagne, se rendit à Marseille, Bordeaux,
Madrid, Séville, Cadix, Valence, Barcelone,
Malaga, puis, revenant sur ses pas, s'arrêta
enfin à Paris. [C'était vers 1852, et, outre les trois
auditions qu'il donna au Xhi^âtre-Italien, il se fit
BAZZINI — BEAULIEU
39
entendre une vingtaine de fois au Gymnase dra-
matique. Toi't jeune artiste alors, je faisais par-
tie de l'orchestre de ce tliéâtre, et je me rappelle
l'impression que le talent de M. Bazzini produi-
sit sur ma jeune imagination, l'admiration que
faisait naître en moi ce [style noble et lier, si
pur et si chaleureux, cet archet si solide et si
varié, ce jeu pathétique et passionné.
M. Bazzini est certainement l'un des ' plus
grands violonistes qu'ait produits l'Italie. Pour-
tant, depuis plusieurs 'années, il semble avoir
voulu modifier sa carrière. J'ai eu le plaisir de
le rencontrer à Milan en 1873, et j'ai vu qu'il ne
s'occupait plus guère que de composition. Il ve*
nait d'ailleurs d'être nommé professeur de con-
tre-point et de haute composition au Conserva-
toire de cetle ville. Au reste, et sous ce rap-
port, peu de musiciens en Italie peuvent lui être
comparés pour la profondeur et la pureté du
style. Ses Psaumes, parmi \Qsq\ie\s la Résurrec-
tion du Christ peut être considérée comme une
œuvre hors ligne, ses Symphonies-cantates, ses
ouvertures, surtout celle de Saiil (dont la par-
tition a été publiée à Florence, par l'éditeur
Guidi), le prouvent surabondamment, et cette
dernière œuvre , particulièrement, est pleine de
chaleur, de noblesse et de passion expansive. Si
l'opéra que M. Bazzini a donné il y a quelques
années à la Scala, Turandoû (13 janvier 1864) ,
n'a pas réussi, on en pourrait conclure seule-
ment que l'auteur ne possède peut-être pas le
véritable sentiment scénique ; ce n'est pas d'ail-
leurs sur un seul essai de ce genre qu'on peut
juger un compositeur, et M. Bazzini ne se croit
sans doute plus assez jeune pour renouveler une
telle épreuve. Il n'en est pas moins vrai que, à
quelque point de vue qu'on envisage son talent,
M. Bazzini est un très-grand.artiste, respectueux
de lui-même, ferme en ses principes, richement
doué par la nature, et qui n'a jamais sacrifié (au
mauvais goût et à la légèreté de la foule.
Parmi les compositions que M. Bazzini a
écrites pour son instrument, je citerai les sui-
vantes : 1° Deuxième fantaisie sur la Sonnam-
bula, op. 26 ; — 2" Fantaisie de concert sur il
Pira(a,op. 27 ; — 3" Le Carillon d'Arras, air
flamand varié, op. 36 ; — 4° Fantaisie sur la
Straniera, opAO ; — 5" Trois morceaux lyriques
{i, Nocturne, 2. Scherzo, 3. Berceuse), op. 41;
— 6" Concerto militaire, op. 42 ; ■— 7° Deux
morceaux fantastiques ( 1. Ballade, 2. Danse
des Gnomes), op. 43; — - 8° Trois morceaux en
forme de sonates (1. Allegro, 2. Romance, 3.
Finale), op. 44. On doit aussi à M. Bazzini
quelques compositions vocales : IlpoveroFan'
ciullo* Chi ami ? Ostriche del fusaro, etc.
BAZZONI (Je\n-Louis) , compositeur et
professeur italien qui a longtemps vécu en
France, était né à Milan en 1816. Il fit ses études
musicales et commença sa carrière dans sa ville
natale, où il donna d'abord, le 24 juin 1836, au
théâtre de la Canohbiana, une far sa intitulée
i Tre Mariti, qu'il fil suivre , le 27 juin de
l'année suivante, de Salvator Rosa, opéra sé-
rieux représenté au même théâtre avec un succès
absolument négatif. Quelques années après,
Bazzoni vint s'établir à Paris, où il se livra à
l'enseignement du chant et où, vers 1852, il se
vit chargé des fonctions de chef du chant au
Théâtre-Italien. Il publia alors un certain nombre
de mélodies vocales, le Naufrage, Seule au
inonde, la Fille de Vhdtesse, le Sommeil de
l'enfant, Basquinette , Voici la neige, V Hi-
rondelle, quelques morceaux de genre pour le
piano : Rimprovero, romance sans paroles , la
Farfalla, valse poétique, Lagrima d'addio,
rêverie, et une série de six duos italiens pour
chant : le Zingare, la Sera, il Brindisi, la
Costanza, la Pietà, la Fuga délia Schiava.
Vers 1858, Bazzoni fit représenter au petit théâ-
tre des Folies-Nouvelles une opérette en un acte,
le Quart-d'' heure de Rabelais, dont la musique
était loin d'être bonne ; quelques] années après,
il retournait en Italie, et faisait jouer sur le
théâtre Regio, de Turin, un opéra sérieux en 4
actes, il Rinnegato Fiorentino, dont la chute
fut lamentable et qui n'eut qu'une seule repré-
sentation. Cet artiste infortuné revint alors à
Paris, où il mourut, au mois de septembre 1871,
dans une situation misérable.
BEAUGOIS ( ) est auteur d'une Nou-
velle Méthode de plain-chant, de musique et
de serpent (Amiens, 1827, in-8°).
* BEAULIEU (Marie-Désiré-Martin), Cet
artiste distingué, dont le cœur, comme l'esprit)
était ouvert à tous les grands sentiments, est
mort au mois de décembre 1863. L'Association
musicale de l'Ouest, fondée par Beaulieu dans
le 'but de propager dans cette région de la
France, à l'aide de belles exécutions, le goût de
la grande musique classique, a été créée par lui
dans ,des conditions qu'il a fait connaître lui-
même par une lettre adressée à son ami Ha-
lévy. Possesseur d'une soixantaine de lettres
originales du Poussin, de son testament et de
nombreuses notes autographes sur les missions
dont le grand artiste avait été chargé pendant
son séjour en Italie par l'intendance générale des
beaux-arts en France, Beaulieu avait cru devoir
céder ces idocuments précieux à la Bibliothèque
impériale (vers 1859), moyennant une somme
de 5,000 francs, q^\ était loin de représenter
60
BEAULIEU — BEAUMARCHAIS
leur valeur; mais il ne voulut même pas profiter
personnellement de cette somme ni en grossir
son héritage, et il résolut d'en tirer parti, d'une
façon fort intelligente, pour le bien de l'art,
et d'en faire le point de départ delà fondation qu'il
rêvait. «Mes revenus ordinaires, disait-il dans sa
lettre, ne me permettant pas de donner suite à
ma pensée, je me suis décidé, non sans quelque
peine, à vendre ma portion du bien que m'a
laissé mon père, et, au moyen du capital que j'ai
retiré de cette vente, je puis, dès à présent, es-
sayer, étudier, réaliser même, au moins en
partie, mon projet Je ferai tous les frais de
ces séances, et le produit se partagera en deux
parts égales, dont l'une entrera dans la caisse
de l'Association des artistes musiciens, et l'autre
viendra s'ajouter au capital que je destine dès
aujourd'hui à continuer après moi mon entre-
prise. Ce capital est de 100,000 francs. De mon
vivant, je dois nécessairement prélever sur les
intérêts de cette somme l'équivalent de ce que
j'ai de moins en revenu territorial, mais le sur-
plus est, je crois, très-suffisant pour commen-
cer.... »
Beaulieu commença, en effet, dès 1860, et
Dientôt l'Association musicale de l'Ouest d'une
part, et, de l'autre, la Société de chant classique
à Paris, toutes deux fondées par lui, fonctionnè-
rent régulièrement. A sa mort, la somme de
100,000 francs annoncée par lui fut léguée à
lette double fondation, et son testament portait
que le produit des concerts donnés à Paris se-
rait partagé entre l'Association des artistes mu-
siciens et la Société de chant classique. Ce sont
les conditions de cette création à la fois artis-
tique et bienfaisante qui me faisaient dire que
le cœur, comme l'esprit de Beaulieu,, était ouvert
à tous les grands sentbnents.
Aux écrits sur la musique publiés par Beau-
lieu, il faut ajouter les deux suivants : 1" Mé-
moire sur quelques airs nationaux qui sont
ians la tonalité grégorienne (Niort, impr.
Favre, 1858, in-S") ; 2° Mémoire sur Vorigine
de la musique (Paris, 1859, in- 8° de 27 pp.).
On a publié à Niort (1865, in-8°) -Notices sur
Dés.-Marlin Beaulieu et Pierre-Th. Segré-
iain.
BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin CA-
RON DE), né à Paris le 24 janvier 1732, fut cé-
lèbre à divers titres, mais surtout pour les deux
chefs-d'œuvre qu'il donna à la scène française,
le Barbier de Sécille et 7e Mariage de Fi-
garo, qui plus tard enrichirent la scène lyrique,
grâce au génie de Mozart et à celui de Rossini. Il
n'est mentionné ici que pour la partie de ses
travaux qui se rapporte à la musique, car la
vaste intelligence de cet homme remarquable lu
permit de s'occuper des choses les plus diverses.
« Il fit d'excellentes études (dit l'auteur de la no-
tice qui lui est consacrée dans la Biographie
universelle et portative des Contemporains),
se livra à la littérature et aux mathématiques,
et fit de rapides progrès dans les sciences méca-
niques. L'horlogerie lui doit l'invention d'un
nouvel échappement approuvé par l'Académie des
sciences. Malgré ce succès, il quitta l'état de son
père, et se livra à l'étude de la musique, pour
laquelle il était passionné ; des compositions gra-
cieuses, et un talent supérieur sur la guitare et
sur la harpe, dont il avait perfectionné le méca-
nisme, fixèrent l'attention sur lui ; les filles de
Louis XV devinrent ses écolières, et l'admirent
dans leur société intime , dont son esprit le
rendait aussi digne que ses talents... «
Beaumarchais était en effet un excellent mu-
sicien, ne se bornant pas à être un virtuose sur
la harpe, mais s'occupant aussi de composition.
Il a écrit, on le sait, les paroles et la musique
d'un assez grand nombre de chansons et de ro-
mances; dans un voyage que M. Edouard Four-
nier fit à Londres vers 1862, cet écrivain fut
assez heureux pour acquérir, au compte de la
Comédie-Française, sept volumes de manuscrits
inédits de Beaumarchais, parmi lesquels se
trouve un volume de chansons, ^paroles et mu-
sique. Cette précieuse collection fait partie au-
jourd'hui des archives de notre grande scène lit-
téraire.
Une fois au moins, dans ses écrits, Beaumar-
chais s'est occupé directement de musique.': c'est
dans la préface de l'opéra de Tarare, représenté
en 1787, et dont il avait construit le poème pour
Salieri. Cette préface, qui ne compte pas moins
de 26 pages, et qui porte pour titre : Aux abon-
nés de VOpéra qui voudraient aimer l'opéra,
est une sorte de poétique du drame lyrique, tel
que le concevait et l'aurait voulu Beaumarchais.
Elle est un peu équivoque, un peu incohérente,
mais elle peut, au fond, se résumer dans ces quel-
ques lignes que Beaumarchais écrivait lui-même
dans la préface du Barbier de Séville : « Moi, qui
ai toujours chéri la musique, sans inconstance, et
même sans infidélité, souvent aux pièces qui
m'attachent le plus je me surprends à pousser
de l'épaule, à dire tout bas avec humeur : Va
donc, musique! Pourquoi tant répéter ? N'es-
tu pas assez lente? Au lieu de narrer vive-
ment, tu rabâches : au lieu de peindre la
passion, tu t'accroches oiseusement aux
mots ! » Il y a dans ces réflexions, relatives au
style musical alors en faveur 'pour l'opéra, un
fonds véritable de justesse.
BEAUMARCHAIS — BEAUVOIR
61
Beaumarchais l^mourut subitement, le 19 mai
1799. On dianta pendant longtemps à Paris une
de ses cliansons : Cœurs sensibles, cœurs fi-
dèles, dont l'air était, dit-on, charmant. Choron
et Fayolle, dans leur Dictionnaire historique
des Musiciens, disent que la musique de Beau-
marchais valait mieux que ses vers.
* BEAUMESNIL (Henriette-Adélaïde-
VILLARD DE). Cette artiste, plusieurs années
après qu'elle eut pris sa retraite à l'Opéra, écri-
vit la musique d'uà opéra-comique en 2 actes :
Plaire, c'est commander, qui fut représenté au
théâtre Montansier le 12 mai 1792.
BEAUMOIXT {......), compositeur aujour-
d'hui inconnu, qui vivait dans la première moitié
du seizième siècle, a fourni au recueil de chan-
sons françaises à quatre parties publié vers 1530
par l'imprimeur Pierre Attaignant, la musique de
la chanson : Ma povre bourse.,
BEAUPUIS (GiusEppE DE), compositeur
italien, dont le nom trahit une origine française,
est né à Napies le 5 mars ,1820. Dès sa plus
tendre jeunesse il s'appliqua à l'étude du violon,
et il avait à peine 17 ans lorsqu'il fut chargé des
fonctions de chef d'orchestre au petit théâtre de
la Fenice, fonctions qu'il remplit ensuite à Bari,
à Lecce, et dans diverses autres villes. C'est dans
ces commencements de sa carrière qu'il écrivit
et fit représenter quelques opérettes bouffes :
i Due Pedanti (Caserta), Monsieur des Cha-
lumeaux (Trani), Miss Baba (Napies, th. de
la Fenice), et qu'il composa aussi de nombreux
morceaux [pour musique militaire. De retour à
Napies, il entra comme violoniste à l'orchestre
du théâtre San-Carlo, mais en sortit bientôt,
après avoir vainement essayé de se produire
comme compositeur de ballets. C'est alors,
qu'ayant fait exécuter dans un couvent une
messe de Gloria, il devint maître de chapelle de
diverses maisons religieuses, et écrivit un grand
nombre de compositions de musique sacrée,
consistant en messes, motets, vêpres, etc.
Aujourd'hui, et depuis [dix ans environ, M. de
Beaupuis a tourné presque exclusivement ses ef-
forts du côté de l'enseignement. Cet artiste a
publié dans la Gazzetta musicale de Napies un
Mémoire divisé en 29 articles, sur la décadence
des études musicales au Conservatoire de cette
ville; iil a donné au journal Napoli musicale
(1871) plusieurs articles destinés à soutenir la
candidature de M. Lauro Rossi à la direction de
ce Conservatoire, et il a été collaborateur d'une
autre feuille, VArtista.
BEAUQUIER (Charles), écrivain français,
né vers 1830, s'occupa d'abord de politique et
prit part à la rédaction de plusieurs journau^:
de Paris ou de la province. Plus tard, et un
gofit prononcé le portant à s'occuper des choses
de la musique, il prit, comme on dit, le taureau
par les cornes, et, pour son coup d'essai en ces
matières, écrivit et publia une Philosophie de
la musique (Paris, Germer-Baillière, 1855,
in-12) (1). Je ne voudrais pas assurer que ce
titre ne soit un peu ambitieux, et que nous pos-
sédons aujourd'hui une véritable philosophie de
la musique ; un tel livre m'a toujours semblé
terriblement difficile à faire, et il me paraît que
pour le mener à bien il est besoin de connaissances
musicales plus étendues que celles que possède
M. Beauquier, connaissances qui donnent en
plus d'un endroit prise à la critique. Toutefois
ce livre, écrit avec soin par un homme intelli-
gent, qui sait ce qu'il veut dire et qui trouve
l'expression juste, est un essai qui n'est point
sans mérite. Peu de temps après sa publication,
l'auteur devint l'un des collaborateurs de la
Bévue et Gazette musicale de Paris. En 1870,
après la chute de l'empire, !M. Beauquier fut
nommé sous-préfet dans un de nos départements
de l'Est. Il ne conserva que peu de temps cette
situation, et a repris, depuis, ses travaux litté-
raires.'
C'est [M. Beauquier qui a écrit le livret de
Fiesque, opéra de M. Edouard Lalo (V. ce
nom) qui a obtenu une mention très-honorable
au concours ouvert au Théâtre- Lyrique en 1867.
* BEAÏJVAllLET- CHARPENTIER
(Jacques-Marie). Cet artiste a publié un petit
recueil de chansons et romances sans aciîompa-
gnement, comme il s'en faisait tant alors, ainsi
intitulé : le Troubadour, ou les Étrennesd'Ê-
rato, avec la musique des airs nouveaux, choisis
ou composés par M. Beauvarlet-Charpentier
(Paris, librairie économique, 1806, in- 18). Ce
recueil contenait en effet beaucoup d'airs écrits
par lui-même ; j'ignore s'il en a continué la
publication pendant plusieurs années.
BEAUVOIR (ÉDouARD-RoGER DE BULLY,
dit ROGER DE), écrivain français, né à Paris
le 28 novembre 1809, mourut en 1866. Parmi ses
nombreux écrits, nous avons à signaler les deux
suivants : 1° l'Opéra (Paris, Havard, 1854,
in-18), petit volume compris dans une publica-
tion qui portait pour titre général : Paris his-
torique, pittoresque et anecdotique ; 2° le Che-
valier de St-Georges (Paris, 1840, 4 vol.),
roman d'imagination dont le héros est ce fa-
meux mulâtre si j-echerché à Paris vers le milieu
du dix-huitième siècle, et qui se fit remarquer
(1) Le titre du volume porte ia U«te de 1865, et la
couverture celle de 1866,
62
BEAUVOIR ^ BECKER
comme violoniste et compositeur. Roger de
Beauvoir a tiré de ce roman une pièce qu'il fit
représenter sous le même titre et qu'il avait
écrite en société avec Mélesville.
BEAUX (J -J ), est auteur d'un écrit
publié sur ce sujet singulier : De l'influence de
la magnétisation sur le développement de la
voix et du goût en musique (Paris, 1855,
in-l2).î
BÈCHEFORT ou BOUCHEFORT ( ),
musicien aujourd'hui inconnu, qui vivait au
commencement du seizième siècle, a écrit la
musique de plusieurs des chansons à quatre
parties contenues dans le fameux recueil de
Pierre Attaignant (V. ce nom dans la Biogra-
phie), publié vers 1530. Son nom ee trouve
ainsi écrit, de deux manières, dans ce recueil,
auquel il a fourni la musique des chansons sui-
vantes : J'ay souhaité depuis trois mois, Ta
grand' beauté a tant, Tous compaignons qui
buvez, Tant que vivray en âge, Trop de re-
grets pour voîis. Trop longuement avez terni,
Trop se fier aux promesses.
J.-B. W.
BÉCHEM (Charles). Un écrivain de ce
nom a donné à la seconde édition du Diction-
naire de la Conversation et de la Lecture un
certain nombre d'articles sur la musique.
BECUEH (Joseph), compositeur, est né le
1*' août 1821 à Neukirchen, en Bavière. Il a
écrit beaucoup de musique religieuse : 12 messes
solennelles et 50 petites messes, 24 grandes et
13 petites litanies, 23 Requiem, 8 vêpres, 100
graduels et offertoires, sans compter plusieurs
Te Deum, hjmnes, motets, etc.
Y.
BECHSTEIN (Frédéric.Guillatjme-Char-
LEs), né à Gotha le I" juin 1826, est le fonda-
teur de la grande fabrique de pianos de Berlin
qui porte son nom. Après avoir passé comme
ouvrier dans les principales fabriques de l'Alle-
magne, il alla travailler à Londres et à Paris
dans les ateliers de Pape et de Kriegelstein, Sa
maison eut les origines les plus modestes. En
1850, il ouvrit ses ateliers avec une douzaine
d'ouvriers ; cinq ans plus tard, il en employait
déjà plus de 200. Les pianos de Bechstein, pa-
tronnés par Hans de Bûiow, Liszt, Tausig et
Dreyschock, ont figuré avec honneur aux expo-
sitions universelles de Londres et de Paris,;
Y.
BECK (Jean-NéI'Omucène), premier baryton
de l Opéra impérial de Vienne, est né à Pesth le
5 mai 1828. C'est un artiste doué d'une voix
puissante et duo remarquable talent de comé-
dien, ^y.
BECKER (Jêân-Tobias), compositeur de
musique d'église, né à Grulich, en Bohême, l'an
1G99 ou l'an 1700, est mort à Leldsberg, dans
la basse Autriche, le 5 juillet 1779.
Y.
BECKER (Vincent-Ernest), né en 1833 à
Wurzbourg, où il est regens chori, a composé
des lieder et des chœurs pour voix d'hommes,
devenus populaires.
Y.
BECKER (Jean), violoniste fort distingué et
brillant surtout dans l'exécution de la musique
de chambre, est né à Manheim le 11 mai 1836.
Il ùl son éducation musicale en cette ville, et
devint violon solo au théâtre. Après avoir fait
ensuite un séjour de deux années à Paris, sans,
je crois, s'y faire entendre, il se rendit à Lon-
dres, oii il se produisit avec un grand succès
dans les séances de l'Union mtisicale dirigée
par M. John Ella (1860;. Il retourna ensuite
dans sa patrie, et y commença sa réputation en
se présentant fréquemment dans les concerts,
après quoi il revint en France et demanda à Paris
la consécration de sa jeune renommée. Les suc-
cès qu'il. y obtint furent très-grands, et le public
parisien, toujours enthousiaste lorsqu'il se sent
en présence d'une grande individualité, ne mar-
chanda ni ses éloges ni ses bravos à un artisie
d'un talent vraiment exceptionnel , chez lequel
une imagination poétique autant que passionnée
et une inspiration incontestable venaient se
joindre à une instruction vaste et aux plus nobles
comme aux plus rares qualités du virtuose. M.
Becker alla s'établir en 1865 à Florence, à l'époque
où, grâce à l'initiative intelligentelde M, ledocteur
Basevi et aux efforts de la Società del Quar-
tetto, la musique de chambre pour instruments
à cordes prenait en cette ville une extension
étonnante. M. Becker y fonda une société de
quatuors qui se fit aussitôt remarquer par son
excellente exécution, et dont les succès furent
tels que, sous le nom de Quatuor florentin,
cette société entreprit une série de voyages artis-
tiques et se fit entendre dans les premières
villes de l'Europe au milieu da'pplaudissements
unanimes.
M. Jean Becker est non-seulement un vir-
tuose de premier ordre, mais un musicien solide,
dont le talent s'est nourri et fortifié aux sources
les plus pures de l'art, et qui est l'un des inter-
prètes les plus remarquables des chefs-d'œuvra
classiques des grands maîtres.
BECKER (George), musicographe suisse
est l'auteur d'un livre publié récemment sous ce
titre un peu trop ambitieux : la Musique en
Suisse, depuis les temps les plus reculés jus.
BEGKER — BEETHOVEN
63
qu'à la fin du dix-huitième siècle, — notices
historiques, biographiques et bibliographi-
ques (Genève, Richard, 1874, in.l2).Une partie
de ce livre avait paru, par fragments, dans dif-
férents journaux, et ces fragments ont été repro-
duits tels quels, avec quelques chapitres ajour
tés; c'est ce qui explique qu'il est conçu sans
plan ni méthode. La Musique en Suisse n'est
qu'une collection de notices recueillies et pu-
bliées non par époque, ce qui eût paru plus lo-
gique, mais par contrées et par localités, sys-
tème hostile à toute espèce de vues d'ensemble.
Encore ces notices sont-elles parfois tellement
incomplètes, qu'elles n'offrent qu'un bien mé-
diocre intérêt. En somme, le côté utile de ce
modeste volume peut être caractérisé ainsi : c'est
un recueil de documents pouvant servir plus
tard de base à un petit Dictionnaire biographique
des musiciens suisses. A ce titre, le travail de
M. George Becker est encore digne d'estime.
Cet artiste a publié quelques petits morceaux
de piano, qui se distinguent par d'aimables qua-
lités.
* BECQUIÉ DE PEYRE VILLE (Jean-
Marie), est mort à Paris, au mois de janvier
1876. Il avait été pendant de longues années at-
taché à l'orchestre du Théâtre-Italien, d'abord
comme premier violon, ensuite comme alto.
BEER (Jules), dilettante distingué, est le
propre neveu du grand homme qui fut Meyer-
beer. M. Jules Béer est un musicien amateur
dont l'ambition vise sans doute un peu trop
haut, mais qui, en somme,'a fait de bonnes étu-
des et qui a presque le droit d'être considéré
comme un artiste. Il s'était d'abord essayé en
écrivant la musique de deux opéras-comiques
en un acte, En état de siège et les Roses de
M. de Malesherbes, qu'il avait fait exécuter
chez lui, le premier en 1859, le second en 1861.
M. Béer voulut alors aborder une véritable
scène, etil fit représenter au Théâtre-Lyrique, le
23 avril 1862, un ouvrage en deux actes, inti-
tulé la Fille d'Egypte, qui n'obtint qu'un médio-
cre succès. Au mois de mars 1871, il donna à
Bruxelles, au théâtre de la Monnaie, un grand
opéra en quatre actes, Elisabeth de Hongrie,
qui fut accueilli avec la plus complète indiffé-
rence. M. Jules Béer a encore en portefeuille un
grand opéra, qui a pour titre le Paria, et qui
n'a pas encore été représenté. Il a mis aussi en
musique le psaume CXXXVII de David, vaste
composition pour soli, chœurs et orchestre,
qu'il a fait exécuter chez lui, le 23 janvier 1868,
avec M"' Mauduit, MM. Caron etWarot pour prin-
ïipaux interprètes. Enfin, M. Jules Béer a composé
UD cçrtaio nombre de mélod!Q3vocaks,dont quel-
ques-unes ont été publiées : A une jeune mère,
la Résurrection, la Chute des Feuilles, le
Chant du dimanche, Ballade orientale, la
Marguerite, Gondoline, les Plaintes de la
jeune fille, A une rose. Prière, etc.
* BEETHOVEN (Louis Van). Les livres et
les écrits relatifs à la vie et aux travaux de ce
grand homme se sont singulièrement multipliés
dans ces dernières années, et ont fini par former
comme une sorte de littérature spéciale, qui
n'est pas sans analogie avec celle qui s'est pro-
duite chez nous au sujet de Molière. Aux an-
ciennes biographies de Wegeler et Ries, de Schlos-
ser, de Schindier (traduite en anglais par Mos-
cheles, et dont une 2* édition allemande a été
faite à Miinster en 1845 et une 3° en 1860), de
Marx (dont une 2 édition a paru en 18C3), d'Où,
libicheff, il faut ajouter les ouvrages suivants ;
1° Biographie de Beethoven, par W. Neumann,
Cassel, 1834; 2° Beethovcn's Leben {Vie de Bee-
thoven), l" \o\. (ta jeunesse de Beethoven),
Vienne, 1864, 2' \o\. (Beethoven à l'âge viril),
Leipzig, 1867; S* vol. (Beethoven et ses
œuvres) , étude biographique et bibliographique
par O. Miihlbrecht, Leipzig, 1866; 4° Ludwirj
van Beethovcn's Leben (Vie de Louis Van
Beethoven), par A.-VV. Thayer, Berlin, 18G6,
(ouvrage commencé d'une façon remarquable,
qui doit comprendre trois volumes, mais dont le
premier seul a paru); 5" 83 Nouvelles Lettres
originales de Beethoven à {l'archiduc Rodol-
phe, publiées par L. de Kochel, Vienne, 1865 ;
&" Beethoven et Marie Pachler-Koschak, par
le docteur F. Pachler, Berlin, 1866 ; 1° les
Lettres de Beethoven à la comtesse Marie Er-
dôdy et à Madeleine Brauchle, publiées par le
docteur Alfred Schône, Leipzig, 1867 ; 8° les
Lettres de Beethoven avec quelques composi-
tions de circonstance non imprimées, extrai-
tes de son journal de notes et de ses lectures,
publiées par L. NohI, Stuttgard, 1868; 9° Étu-
des sur Beethoven, par G. Nottebohm, Leipzig,
1865; iO"^ Louis Van Beethoven comme com-
positeur dramatique, par C.-E. Alberti, Steftin,
1858; 11° les Symphonies de Beethoven et
d'autres maîtres célèbres, par F. deDùrenberg,
Leipzig, 1863; 12" les Sonates de Beethoven
expliquées, par E. d'Elterlein, 2* édition, Leip-
zig, 1857, 3*, Leipzig, 1866 ; 13° les Symphonies
de Beethoven d'après leur portée idéale, par
le même, 2*= édition, Dresde, 1858; U° Intro-
duction pour l'exécution des œuvres de piano
de Beethoven, par A.-B. Marx, Berlin, 1863;
1.5° les Sonates depianode Beethoven, ^ds un
impartial, Berlin, 1863. A ces divers ouvrages,
U faut ajouter eflcçre le volumineux catalogue
64
BEETHOVEN — BÉGUJN-SALOMON
critique de De Lenz (Hambourg, 1860), le Cata-
logue thématique avec des observations chro-
nologiques et biographiques de G. Nottebohm
(Leipzig, 1868), et le Catalogue chronologique
dressé par A.-W. Thayer (Berlin, 1868).
En France aussi, quelques notices et quelques
traductions de biographies allemandes ont été
publiées dans ces dernières années. En voici la
liste : 1" Beethoven, esquisse musicale, par H.
Barbedette , la Rochelle, Siret, 1859, in 8°
(2'= édition : Beethoven, sa vie et ses œuvres,
Paris, Heugel, 1870, in-8° avec portrait) ; 1" No-
tices biographiques sur L. Van Beethoven , par
le Dr F. -G. Wegeler et Ferdinand Ries, suivies
d'un supplément publié à l'occasion de l'inaugu-
ration de la statue de L.-V. Beethoven à Bonn,
sa ville natale, traduites de l'allemand par A. -F.
Legentil, Paris, Dentu, 1862, in-12 ; 3° Notice
sur Vorigine du célèbre compositeur Louis
Van Beethoven, suivi {sic) du testament de
l'illustre maître, par Edouard-G.-J.-Gregoir,
Anvers, impr. Jorssen, 1863, in-S"; 4° Histoire
de la vie et deV œuvre de Ludwig.Van Beetho-
ven, par Antoine Schindler, traduite par Albert
Sowinski, Paris, Garnicr, 1865, in-8° avec por-
trait; 5° Beethoven, sa vie, son caractère, sa
musique, par Edouard de Pompery, Paris, lib.
du Petit-Journal, 1865, in-12 de 50 pp.-, 6° Sur
le Beethoven de M. A. de Lemud, par M. Em.
Michel, Metz, Blanc, 1865,in-8° ; 7" Louis Van
Beethoven, sa vie et ses œuvres, d'après les
plus récents documents, par M"^ A. Audley,
Paris, Didier, 1867, in-12.
* BEFFROY DE REIGNY (Louis-Aef.l),
dit le Cousin- Jacques. Au répertoire dramati-
que de cet artiste excentrique, il faut ajouter les
3uvrages suivants : 1° la Fédération du Par-
nasse, un acte (paroles et musique), th. Beaujo-
lais, 1790; 2° Jean-Bête, « comédie en 3 actes,
avec ouverture nouvelle , ronde et vaudeville »
(paroles et musique), th. des Grands-Danseurs du
roi (Nicolet), 1790; 3° Louis XII, 3 actes,
« mêlés d'airs, » Délassements-Comiques,' 1790 ;
4" les Folies dansantes, 2 actes (paroles et
musique), Délassements-Comiques, 1790; 5° Al-
lons, ca va, on le Quaker en France, un acte
(paroles et musique), th. Feydeau, 1793 ; 6° Un
Rien, ou V Habit de noces, un acte (id.). Am-
bigu, 1798 ;7° le Grand Genre, un acte (id.),
Ambigu, 1799; 8° les Deux Charbonniers, 2
actes (id.), th. Montansier, 1799; 9" le Bon-
homme, ou PoiUot et Fanchon, un acte (iti.),
th. Montansier, 1799. Je ne sais s'il y avait de la
tousique dans le Retour dît Champ-de-Mars,
divertissement en un acte du Cousin-Jacques,
donné en 1790 au théâtre Beaujolais. Il a écrit
en effet plusieurs pièces sans musique, telles que
Démosthènes, Emilie ou les Caprices, les Ca-
pucins, de même qu'il lui est arrivé de faire
les paroles de deux opéras dont Leinoyne com-
posa la musique : le Compère Lue, ou les Dan-
gers de l'ivrognerie, et Toute la Grèce, ou Ce
que peut la Liberté. C'est aussi lui qui a fait
les compliments de clôture du théâtre Favart en
1787, 1788 et 1789, ainsi que le discours d'ou-
verture du théâtre Montansier. Quant à ses
écrits en dehors du théâtre, je ne puis que ren-
voyer à la très-substantielle et charmante notice
que M. Charles Monselet a consacrée au Cousin-
Jacques dans son excellent livre : les Oubliés
et les Dédaignés. Cette nolice est d'ailleur!
très-utile à lire, le musicien, dans le Cousin-Jac-
ques, s'enchevêtrant parfois singulièrement avec
l'écrivain. A tout prendre, cet artiste présente
une physionomie curieuse et intéressante à étu-
dier. Dans une notice publiée par moi sur De-
vienne (Paris, 1864), j'ai inséré une longue
lettre du Cousin-Jacques.
* BEGUEZ (PiERRE-lGN\CE), chanteui
belge, fixé à Londres depuis longues années,
est mort en cette ville le 13 décembre 1863,
peu de jours avant d'accomplir sa soixante-
seizième année. C'est en 1815 que cet artiste fut
attaché au Théâtre du Roi. de cette ville, en qua-
lité de premier ténor. Ses succès furent considé-
rables, non-seulement à ce théâtre, mais aussi
dans les salons de la haute aristocratie an-
glaise, qui l'avait pris en grande affection, el
qui ne lui marchandait ni les applaudissements
ni les guinées. Au bout de dix années environ,
il renonça complètement à la scène pour n€
plus chanter que dans les concerts publics ou
parliculiers, qui lui donnaient le succès et la
fortune. Il assura d'abord le bonheur de sa
famille, fit une pension à ,son vieux père, puis
maria ses deux sœurs en leur faisant des dots.
Il s'acheta ensuite un hôtel magnifique, et enfin
se donna le luxe d'un riche équipage. Sa vogue
était telle qu'elle portait préjudice aux succès
des autres artistes, même des plus justement
glorieux. On raconte à ce sujet que le dernier
concert donné à Londres (26 mai 1826) par We-
ber, alors mourant, n'attira personne, parce que,
ce jour-là même, Begrez chantait chez le duc de
Saint-Albans, et que toute l'aristocratie de h
grande métropole s'était donné rendez-vous poui
entendre son chanteur favori. Weber, l'immorte
auteur d'Oberon et du Freischutz, ne couvrit
même pas ses frais, tandis que Begrez, le chan-
teur à la mode, fit une recette de près de cinq
cents guinées !
BÉGUIN-SALOMON (Louise-Frédéri-
BÉGUIN — BELLAPART
65
QUE COHEN, dite SALOMON, épouse BÉGUIN,
connue sous le nom de M""'), pi.iniste et profes-
seur, née à Marseille le 9 août 1831, fut aiimise
le 7 juillet 1843 au Conservatoire de Paris, dans
la classe de clavier de M"'' Jousselin, et passa
ensuite dans la classe de piano de M'"<^ Farrenc,
dont elle est restée l'une des meilleures élèves.
Elle suivait aussi un cours de solfège, et, dès
l'année 1846, obtenait dans les concours un
premier prix de solfège et un accessit de piano ;
le second prix pour cet instrument lui était
décerné l'année suivante, et, après avoir rem-
porté en 1850 un second prix d'harmonie et ac-
compagnement, elle se voyait attribuer le pre-
mier en 1851. Ses études terminées, M™^ Bé-
guin-Salomon se consacra à l'enseignement, où
elle conquit rapidement une notoriété justifiée,
tandis qu'elle faisait fréquemment apprécier
dans les concerts un solide talent d'exécution,
rendu plus remarquable encore par ses rares
qualités de musicienne. C'est surtout, en effet,
dans l'interprétation des grandes œuvres clas-
siques que brillait tout à la fois le jeu net, élé-
gant et limpide de la jeune artiste, son style
ferme, sobre, mesuré, enfin son tempérament
empreint de grâce féminine et de passion ner-
veuse. M*"* Béguin-Salomon devint bientôt une
des meilleures pianistes de Paris, une des ar-
tistes les plus aimées du public et de celles dont
l'autorité s'impose à lattention. Il est juste
d'ajouter que chez elles les qualités de l'artiste
étaient complètes, en ce sens qu'elle était tou-
jours prête à mettre son talent à la disposition
des jeunes compositeurs, et à les aider à pro-
duire leurs œuvres. Plus d'un lui a dû ses pre-
miers succès, et j'en sais qui ont conservé pour
elle, à ce sujet, un sentiment de véritable re-
connaissance. M™* Béguin-Salomon, dont ;le re-
nom de professeur est très-grand à Paris, est
elle-même compositeur , et a publié pour son
instrument quelques morceaux de genre d'un
sentiment aimable et délicat.
* BEHREi\S ou BERENS (Hermanj»).
Cet artiste, né en Allemagne, est établi depuis
longues années à Stockholm, où, en 1860, il a
été nommé chef d'orchestre du second théâtre.
J'ignore quelle est aujourd'hui sa situation, et
je n'ai pu réunir .sur ce compositeur d'autres ren-
seignements que ceux qui se rapportent aux
opéras qu'il a fait représenter à Stockholm, et
qui, à ma connaissance, sont au nombre de
quatre : i» Violeda, grand opéra, dont l'effet
fut médiocre et qui n'obtint que ce qu'on appelle
un succès d'estime-, 2" Le Songe d'une iSuit
d'été, opéra-comique en 2 actes, qui fut accueilli
plus favorablement et qui obtint vingt représen-
BIOGR. CNIV. DES MUSICIENS. SUl'PL. — T.
talions consécutives ; 3" Lidly et Quinault,
opéra-comique en 2 actes , dont le succès fut
plus marqué encore, et dont le livret était imité
de celui que Nicolo mit naguère en musique
sous le même litre; celui-ci fut représenté au
mois dedécenibre 1859; 4" i?/cc«rdo, opéra en
3 actes, représenté au mois de février 1869; les
paroles de ce dernier, imitées d'un ouvrage de
Scribe, étaient l'œuvre d'un chanteur du théâtre
royal de Stockholm, M. Fr. Arlberg, qui rem-
plissait le principal rôle. M Behrens a publié
un certain nombre de morceaux de genre pour
le piano ; ces compositions se montent au chif-
fre de soixante environ , dont plusieurs ont été
éditées par la maison Schott (Mayence, Bruxelles
et Londres).
liEHREIVDT (NicoLAï), compositeur da-
nois, a fait représenter sur le théâtre royal de
Copenhague, au mois de novembre 1860, un
opéra qui avait pour titre l'Épreuve du cœur.
Je n'ai pas d'autres renseignements sur cet ar-
tiste.
REHKER (Jean-Henri), violoniste et orga-
niste néerlandais, né à Windschoken, dans la
province de Groningue, le 5 janvier 1826, fit ses
études à l'école de musique de La Haye, où il
reçut des leçons d'orgue de M. F. Smit, orga-
niste de la cour. Nommé en 1847 organiste à
Meppel, dans la province de Drenlhe , il devint
en 1851 maître de musique de la ville de Gouda.
Il a publié plusieurs cantates, des morceaux de
piano, entre autres trois sonatines, un recueil de
14 cliants d'enfants, etc. On connaît aussi de lui
deux ouvertures de concert, une marche triom-
phale pour orchestre, un hymne à 4 voix et dif-
férentes autres compositions.
BELARI (Emilio), chanteur italien, est l'au-
teur d'une brochure publiée sous ce titre : La
voix à tout le monde (Paris, 1875). Dans cet
opuscule, l'écrivain se flatte d'être possesseur
d'un secret merveilleux pour la découverte et la
culture de la voix chez les individus qui semblent
le plus complètement déshérilés^sous ce rapport.
Ce n'est pas la première fois que pareille utopie
aura été mise en cours, et ce ne sera vraisem-
blablement pas la dernière.
*BELCKE (Frédéric-Auguste), est mort à
Lncka, sa ville natale, le 10 décembre 1874.
BELLA (Jean-Léopold), compositeur, est
né à Saint-Nicolas, dans la haute Hongrie, en
1843. Il a principalement écrit de la musique
d'église, qu'on dit très-remarquable. Y.
BELLAPART (Francisco), musicien espa-
gnol, a fait exécuter le 10 avril 1868, en l'église
Saint- Augustin, de Barcelone, un Stabat Mater,
de sa composition,
f. 5
66
BELLASIS — ]3ELLL\I
BELLASIS (Edward), écrivain musical
anglais, est l'auteur d'un ouvrage publié sous ce
titre : Cherubini, memorïnls illustrative of
Jiis lifp, Londres, Burns et Oatcs, 1874, in-8".
BELLEIîMAMiV (Henri), fils de Jean-
Frédéric Bellerniann (V. Biographie univer-
selle des Musiciens, t. I'""), est né à Berlin le
10 mars 1832. Comme toute sa famille, il s'est
adonné à la musique ., et a spécialement étudié
celle du moyen âge. Depuis 1866, il est profes-
seur de musifjueà l'Université de Berlin, où il a
remplacé A. B. Marx. Il a publié plusieurs Ira-
vaux scientifiques, qui ont paru dans les Jahr-
bûcher fur niusikalische Wissenscha/l {An-
nuaïre de la science musicale) de Chrysander,
ou dans \' Allgemeinen musi kalischen Zeilung
(Gazelle générale de la musique de Leipzig). 11
a publié .séparément à Berlin, en 1S58 -. Die men
Sîiral Soten und Taclzeicfien des 15 und 16
Jahrhunderts {les signes de durée et de me-
sure du quinzième et du seizième siècle).lie\\er-
mann a également publié un ouvrage de théorie
sur le contre-point « Der Contrapunct » (Berlin,
1802) et écrit plusieurs compositions musicales :
oratorios, psaumes, motets, ouvertures, etc., sans
compter les chœurs et les mélodrames qu'il a
faits pour plusieurs tragédies de So|)hocle. — Y.
* BELLI (Jui.es). m. Brigidi a publié sur cet
artiste (Modène, 186.'i, in-8") une notice ainsi in-
titulée : Cenni sulla vita e sulle opère di Giu-
lio Belli, Longianese, maestro e scrittore di
musica del secolo XVI.
* BELLIXI (Vincent). Nous complétons ici
la liste des écrits publiés sur Beliini : 1" Osser->
vazionisul merito musicale dei maestri Bel-
Uni e Rossini, in risposta ad un parallelo tra
mcdesinilpiibblicato in Palermo (Bologna,1834,
in-8'');2" In morte di Vincenzo Beliini, da
Luigi Scovazzo (Napoli, s. d., in-8") ; 3" Dis-
corso e componimenti poetici inoccasione del
ritorno in patria delV esimio maestro di
musica Vincenzo Beliini, reàthW neWa gran sala
casa comunale di Catania, nel 18 marzo 1832
(Catania, 1832, in-8"} ; i" Rossini et Beliini,
réponse de M. le marquis de San-Jacinto à un
écrit publié à Palerme, revue, réimprimée à Bo-
logne et traduite en français par M. le Chevalier
de Ferrer (Paris, impr. Everat, 1835, in-8") ;
5 ' Vita di Vincenzo Beliini, scritta dall' avvo-
cato Filippo Cicconetti (Prato, lip. Alberghetti,
1859, in-12 avec portrait) ; 6" Beliini, par
M. Labat (Bordeaux, Gounouilhou, 1865, in-8);
T Beliini, sa vie, ses œuvres, par Arthur Pou-
gin (Paris, Hachette, 1868, in-12 avec portrait et
autographes).
On ne doit pas oublier de mentionner ici les
cérémonies grandioses qui eurent lieu en 1876
pour la translation des cendres de Beliini sur la
terre natale du maître. Beliini, on le sait, était
mort à Puteaux le 23 septembre 1835, et avait
été inhumé à Paris, dans le cimetière du Père-
Lachaise. Le gouvernement italien ayant fait
demander au gouvernement français la remise
de ses restes mortels, et celui-ci ayant aussitôt
consenti, une députation de la Tille de Catane se
rendit à Paris, où la cérémonie de l'exhumation
eut lieu le 15 septembre 1876; le corps fut
immédiatement dirigé sur l'Italie, où toutes les
villes par lesquelles passa le convoi lui firent
un accueil enthousiaste, et arriva à Catane le
'23 septembre, jour qui était le quarante et unième
anniversaire de la mort de Beliini. Là, de grandes
fêtes furent célébrées, et la cérémonie funèbre
fut entourée d'une pompe et d'un éclat indes-
criptibles. L'Italie entière fit aux mânes du
grand artiste un accueil digne d'elle et de lui.
A cette occasion plusieurs écrits furent encore
[lubliés, qui doivent être mentionnés ici : 1" Vin-
cenzo Beliini, scène intime in cinque parti,
da Nicola Argenti (Rome, Riccomanni, 1876);
T Parole su Vincenzo Beliini, dette da
Gaetano Ardizzeni nelpalazzo municipale di
Catania ildl2^ settembre 1876 (Catane, Ga-
latola, 1876);'}" Vincenzo Beliini, racconto
slorico di Carlo Zappalà Scammacca (Catane,
1876); y Ricordi délie fsste belliniane (Ca-
tane, 187G). Au moment même où les cendres
de Beliini arrivaient à Catane, un journal mu-
sical se fondait en cette ville, sous le titre de
Beliini (i).
* BELLIXI (Pio). Au nombre des ballets
dont cet artiste a écrit la musique pour le théâtre
de la Scala, de Milan, il faut citer la Duchessa
di Mazarino {I8'i~), et le Villanelle di Cham-
bèrtj (26 décembre 1846).
BELLllM (GiiNTi). Cet artiste a fait repré-
senter les ouvrages suivants : i" Le 15 Août en
Algérie, cantate, IFolies Sainl-Germain, 15 août
1865; 2° les Chevrons de Jeanne, opérette en
un acte, Folies-Marigny; 2 octobre 1865; 3" Gla-
ces et Coco, opérette en un acte, théâtre Saint-
Germain, 5 octobre 1865; 4" Raphaél, grand
opéra en cinq actes. Athénée, 28 mai 1873. Tout
cela était de la musique d'orgue de Barbaiie, et
le « grand opéra » intitulé Raphaël a obtenu
l'un des succès de fou-rire les plus complets que
(i) Sous ce lltrfi : Un dernier hommage à Beliini, J'ai
publié dans le journal le Meneslrel (!«' 8 et 15 octobre
1876) un compte-rendu itrè-i-complet et détaillé de la
cérémonie de l'exhumation des cendres de Beliini, de
leur transport en Italie et de leur arrivée à Catane.
BELLINl — BENDER
67
les annales du théâtre aient jamais eu à enre-
gistrer.
6ELLISI (FiLii'PO-C.vRLo), violoniste dis-
tingué et compositeur, né à Bologne vers le mi-
lieu du dix-septième siècle, a publié un certain
nombre de compositions consistant en ballets,
courantes, gigues, etc., à trois instruments. En
1685, il fut reçu à l'Académie des philharmoni-
ques de sa ville natale.
* BKLLOLI (Loiis). Cet artiste était attaché
en qualitéde premier cor à l'orchestre du Ihéàlre
de la Scala, de Milan.
* BELLOLI (Augustin), qui était peut-être
le frère, ou le fils du précédent, remplit, après
lui, l'emploi de premier cor au théâtre de la
Scala (1819-1829). A la liste des ballets dont il
écrivit la musique pour ce théâtre, il faut ajouter
les suivants : 1" Maometto , 11 juin 1822;
2° Gabriella di Vergy ( en société avec P. Ro-
mani), 24 août 1822 ; 3" Adelasia di Guesclino
(et non Adélaïde di Guesclino), 1 juin 1823 ;
4" / Baccanali aboliti, 23 août 1823; 5" la Ve-
dova spiritosa, 1823.
BELLOUR (Ferdinand). Un écrivain de ce
■nom a publié une brochure ainsi intitulée :
Explication des applications du gammomètre
universel transpo'siteur, ou la Science de
l'art musical expliquée et appliquée par
tout le inonde (Paris, 1865, in-4" de 23 pp.,
avec facsimile d'une lettre de Rossini adressée
à l'auteur).
* BELOSËLSKY (le prince Alexandre).
Une confusion s'est produite dans la notice con-
sacrée à cet écrivain par l'auteur de la Biogra-
phie universelle des Musiciens. Loin d'injurier
Gluck, le prince Beloselsky fait au contraire en
assez bon termes, dans sa brochure : De la Mu-
sique en Italie, l'éloge du grand com|)ositeur,
tout en ne lui consacrant que vingt-cinq lignes.
Ce n'est point dans l'écrit du prince russe que se
trouve le jugement textuellement rapporté par
Fétis, et voici l'expiicalion de ce malentendu
singulier.
Marmontel, on le sait, fit dans le Mercure de
Jî'rance de juillet 1778 une analyse delà brochure
de Beloselsky, et il en profita pour dire que le
P. Martini n'était pas aussi enthousiaste de Gluck
que les partisans de celui-ci voulaient le faire
croire. Suard répondit à Marmontel dans le
Mercure d'août, et s'exprima ainsi, après avoir
cité les passages de Martini ayant trait à Gluck :
« Il n'y a certainement point d'excès dans ces
éloges; mais encore ne sont-ils pas si éloignés
de l'enthousiasme des admirateurs de M. Gluck,
que du mépris impitoyable avec lequel il a été
raité par ses détracteurs. Le Père Martini est
bien loin de penser que ce soit un barbare qui
eût fallu renvoyer dans les forêts de la Germa-
nie ; que ceux qui l'applaudissent sont des bar-
bares ; qu'il a reculé l'art d'un siècle; qu'il n'a ni
chant, ni mélodie, etc., etc. » On le voit, les pa-
roles injurieuses attribuées à tort à Beloselsky ne
sont nullement de lui, et appartiennent au con-
traire à un défenseur de Gluck, qui les prête au
figuré aux détracteurs du maître. Marmontel
répondit à Suard dans le Mercure du 5 septem-
bre 1778, et ce dernier répliqua une seconde fois
et assez longuement dans le numéro du 5 octobre
suivant du même journal. {Voyez Gluck.)
Er. t.
BENDAZZl (LuiGiA), chanteuse fort dis-
tinguée, qui s'est fait en Italie une réputation
solide et rapide, est née à Ravenne en 1833.
Après avoir travaillé avec M. Piacenti à Milan,
puisa Bologne avec M. Dallara, elle débuta en
1850 au théâtre San-Benedetto, de Venise; ses
qualités de style, son sentiment pathétique, et
en même temps la nature de sa voix, remarqua-
ble par un rare velouté et par une puissance
étonnante, lui valurent aussitôt de très-grands
succès, qui se reproduisirent dans les diverses
villes où elle se fit entendre par la suite : Ro-
vigo, Trieste, Naples, Florence, Parme, Vienne,
Rome, Bergame, Gênes, Bologne , etc. Pendant
plusieurs années, cette cantatrice fut l'idole du
public, qui l'accueillait toujours avec enthou-
siasme. Elle a épousé un musicien piémontais,
M. Benedelto Secchi.
* BENDEL (Charles), compositeur, est né à
Prague le 16avrill838. Il a composé des messes,
des chœurs, et environ 200 mélodies pour voix
seule, qui sont populaires par toute la Bohême.
Il a également abordé le théâtre, et l'on connaît de
lui un opéra romantique, Lejlo, représenté avec
grand succès sur le théâtre national de Prague,
le 4 janvier 1868. Un autre drame musical de sa
composition porte le titre de Bretislav. Y.
BEXDEL (François), pianiste et composi-
teur, est né en Bohême le 3 mars 1833. C'est un
des virtuoses les plus remarquables de notre
époque. Il a écrit une messe, et une foule de
compositions pour son instrument. Il est actuel-
lement fixé à Berlin. Y.
* BEIVDEK (Jean-Valentin), inspecteur des
musiques de l'armée belge, directeur de la mu-
sique de la maison militaire du roi et de celle du
régiment des guides, est mort à Bruxelles le
14 avril 1873. Il était né à Bechtheim (Hesse-
Darmstadt) non en 1800, mais le 19 septembre
1801, et avait été naturalisé Belge en 1842. —
Un neveu de cet artiste, Adam Bender, fils de
Jacques Bender, est mort au mois de septembre
68
BENDER — BÉNÉDJT
1873, à Hasselt ; c'était, ainsi que son père et son
oncle, un clarinettiste distingué, et il avait dirigé
pendant quelque temps l'orchestre du casino des
Galeries-Saint-Hubert de Bruxelles, ainsi que la
société ï Harmonie royale de Vilvorde; il était
en dernier lieu chef de musique du 11» régi-
ment des grenadiers. — Un frère de celui-ci ,
M. Constantin Bcnder, est chef de musique du
régiment des grenadiers.
BEI\DIX (Charles), compositeur, est né à
Stockholm en 1818. On connaît de lui un opéra,
la Fée du Rhin, qui a brillamment réussi sur
les scènes suédoises. Y.
BEIXEDETTI (Giovanin-i-Fr.\ncesco), com-
positeur de musique religieuse, né à Lucques ,
fut maître de musique au service de la cour de
Mantoue , et publia à Venise, un recueil de
psaumes à quatre voix concertantes, avec accom-
pagnement de violons. On connaît aussi de lui
une messe concertée à quatre voix avec instru-
ments. Cet artiste est mort vers le milieu du
dix-huitième siècle.
* BÉNÉDICT (JiLEs). Le temps n'a fait
que consolider et rendre plus brillante la situation
presque exceptionnelle que cet artiste fort dis-
tingué a su se créer à Londres. En 1859, il était
tout à la fois chef d'orchestre du théâtre italien
de Covent-Garden , chef-directeur de la Vocal
Association, et directeur des Concerts populaires
du lundi {Monday popular Concerts), en même
temps qu'il était chargé de la direction des fa-
meux festivals de Norwich , si célèbres en Angle-
terre. En 1865, une souscription fut ouverte pour
offrir à M. Bénédict un magnifique testimonial
à l'occasion de la trentième année de son séjour en
Angleterre. Les œuvres suivantes doivent être
ajoutées à la liste des compositions importantes
de cet artiste : 1° Undine, légende lyrique,
exécutée au festival triennal de Norwich , en
septembre 1860; — 2" Le Lac de Glenaston,
opéra représenté avec grand succès au théâtre
de Covent-Garden, en février 1862; —3° The
Lilly of Killerney (Le lys deKillerney), opéra
joué vers la même époque à l'Opéra anglais, et
qui n'obtint pas moins de soixante représenta-
tions; joué ensuite en Allemagne sous le titre de
la Rose d'Erin, cet ouvrage, traduit en fran-
çais par MM. D'Enneryet Hector Crémieux, de-
vait être représenté à Paris, au Théâtre-Lyrique,
en 1865, avec M™' Carvalho comme principale
interprète ; — 4° The Bride of Song, opéra en
un acte, joué au théâtre de Covent-Gar den le
3 décembre 1864 ; — 5" Richard Cœur-de-Lion,
oantale exécutée avec un énorme succès au fes-
tival triennal de Norwich, en septembre 1863 ; —
6» Sainte-Cécile, cantate exécutée au festival
triennal de Norwich, en novembre 1866 (chantée
à l'Opéra de Paris, quelques années plus tard,
par M"^ Christine Niisson); — 7" Saint-Peter,
oratorio , exécuté au festival triennal de Nor-
wich, en 1872; — 8"Symphnoie en sol mineur,
exécutée au même festival ; 9° Cantate pour les
fêtes du retour du prince de Galles de son
voyage aux Indes, Porismouth, 11 mai 1876;
— 10" concerto de piano (nouveau), avec ac-
compagnement d'orchestre, exécuté par l'auteur
en 1863; — 11" Sonate pour piano et violon, op.
88. M. Bénédict a écrit des récitatifs pour la
version italienne de VOberon de AYeber, qu'il fit
exécuter au théâtredeDrury-Lane en 1859 ou 1860,
BÉIVÉDIT (Pierre-Gustave), né à Marseille
le 7 avril 1802, apprit la musique à la maîtrise
des Pénitents-bleus de cette ville. Ayant perdu
de bonne heure son père , capitaine au long
cours, il tenta d'abord la carrière commerciale.
Il y renonça vers l'âge de vingt ans, et se rendit
à Paris, où il entra au Conservatoire pour com-
pléter son éducation musicale. Il en sortit en
1827, avec le premier prix de déclamation lyrique
et un accessit de vocalisation. Il ht aussitôt après
son début réglementaire à l'Odéon dans le rôle
de « Figaro » du Barbier, en même temps que
Duprez qui jouait « .\linaviva ». Acteur lourd et
sans verve, il eut le bon esprit de sentir lui-
même ses défauts, et renonça au théâtre. De
retour dans sa ville natale, il se mêla activement au
mouvement politique et littéraire qui se produi-
sit vers la fin de la Restauration. Il fut journaliste
militant, et écrivit des satires politiques en vers
français. Quelque temps employé à la préfecture
des Bouches-du-Rhône, en 1830, il devint bientôt
définitivementprofesseurde chant et critique dra-
matique musical. 11 prit une part suivie comme
chanteur soliste aux concerts Thubaneau, qui
exerçaient une grande influence sur le mouve-
ment musical à Marseille. Nommé professeur de
chant. et de déclamation au Conservatoire de
cette ville, il conserva ces fonctions jusqu'à sa
mort, et forma de nombreux élèves , qui ont
marqué dans la carrière dramatique : la liste en
serait trop longue pour quelle puisse être rappor-
tée ici. Enfin , comme critique musical , il rédigea
également jusqu'à sa mort le feuilleton musical
du journal le» Sémaphore », dans lequel il avait
acquis une réelle autorité. Plusieurs de ses ar-
ticles, écrits avec sagacité sur la question du
diapason, ont été réunis et publiés en brochure
sous le titre : le Diapason nortnal (Marseille,
impr. Barlatier, 1860, in- 18). Il mourut le 8 dé-
cembre 1870, laissant d'unanimes regrets, que
lui valaient la bonté de son cœur et la loyauté
de son caractère.
BÉNÉDIT — BENOIST
69
Les véritables titres de Bénédit à la notoriété
sont ses poèmes en patois provençal : il a laissé
dans ce genre de petits chefs-d'œuvre, notam-
ment le Chichois, peinture spirituelle et exacte
des mœurs populaires provençales. En français,
Bénédit perdait une bonne part de sa verve et de
son esprit : ses feuilletons sont écrits lourde-
ment et non sans une certaine alTectation pé-
dantesque. Il était en outre assez ignorant de
tout ce qui en musique sortait du domaine pu-
rement dramatique. Son jugement n'était pas
éclairé par des connaissances techniques suffi-
santes : il connaissait mal la'musique de cham-
bre et les chefs-d'œuvre symphoniques. Mais il
jugeait très- sainement les choses du théâtre
dont il avait l'expérience. Comme professeur il
a rendu de longs et réels services. — Al. R — d.
BEIMTO (CosjieDE), violoncelliste espagnol
contemporain, a publié chez l'éditeur Romeo y
Andia, à Madrid , une Nouvelle Méthode élé-
mentaire de violoncelle.
* BENiXETT (William STEKADALE).
Cet artiste remarquable est mort à Londres le l"
février 1875, à l'âge de cinquante-neuf ans. Il s'était
fait une grande situation en Angleterre, et ce qui le
prouve, c'est que c'est lui qui fut choisi pour mettre
en musique l'ode de M. Tennyson destinée à être
exécutée lors de la cérémonie de l'inauguration
de l'Exposition universelle de Londres en 1802,
inauguration pour laquelle trois compositions
instrumentales avaient été demandées à Meyer-
beer, à Auber et à M. Verdi. M. Bennett était
donc considéré, en cette circonstance, comme le
champion de l'école musicale anglaise, les écoles
allemande, française et italienne étant repré-
sentées par les trois compositeurs qui viennent
d'être nommés. Bennett, qui était à cette époque
principal (directeur) de la Rotjal Acadenvj of
music, chef d'orchestre de la Philharmonie-
Society etde \a Bach-Society, se vitconférer dans
la grande salle du sénat de l'Université de Cam-
bridge, le 31 octobre 1867, le grade de Mastcr
of Arts. Il était professeur de musique à cette
Université depuis 1856. En 1871, la reine d'An-
gleterre l'avait créé baronnet, en même temps que
deux autres musiciens, M. Julius Benedict et le
docteur Elvey.
La ville de Londres fit à Bennett des funérailles
splendides, et son corps fut déposé dans l'abbaye
de Westminster, ce panthéon des hommes illus-
tres de l'Angleterre. Au mois de décembre 1875,
son buste, œuvre du sculpteur Malampré, fut
inauguré dans la belle salle de concert de Shef-
field, et sur le piédestal fut placée l'inscription
suivante -. « Sir William Sterndale Bennett,
docteur en musique, professeur de musique à
l'Université de Cambridge, et principal de
V Académie royale de musique, né à Sheffield
le 13 avril 1816, mort le f*^ février 1875,
inhumé à l'abbaye de Westminster. »
Parmi les œuvres de Bennett, il faut signaler,
outre celles qui ont été mentionnées dans la Bio-
graphie universelle des Musiciens : 1° Sym-
phonie en mi mineur; 2° Symphonie en sol mi-
neur, considérée comme son chef-d'œuvre : 3° la
Femme de Samarie, oratorio exécuté en 1867
au festival de Birmingham-, 4° Ouverture du Pa-
radis et la Péri ; 5° Ouverture, chœurs et mar-
che funèbre à'Ajax; 6° de nombreuses mélodies
vocales, entre autres les suivantes : Musing on
the roaring océan, May dew, Forget me not.
Ta Chloe, the Past, Gentle zéphyr, formant le
recueil op. 23; Indian love, Winter's gone,
Dawn, gentle Jlower, Castle gorden. As lone-
some through the ivoods, Sing, maiden, sing
formant le recueil op. 35 ; Maiden mine, Sun-
set, Dancing lightly, Staymy, charmer, for-
mant le recueil posthume op. 47.
BEMXEWITZ (WiLHELM), compositeur al-
lemand contemporain, a fait représenter sur le
tliéâtre de Chemnitz, le 24 mars 1876, un opéra
intitulé Die Rose von Woodstock.
* BENOIST (François), professeur d'orgue
au Conservatoire de Paris, est né à Nantes le
10 septembre 1794 (et non 1795, comme il a été
dit par erreur). C'est le 1" avril 1819 qu'il fut
nommé professeur de la classe d'orgue au Conser-
vatoire, classe qui n'existait pas et qui fut créée
pour lui. Il a pris sa retraite au mois de février
ou de mars 1872, après cinquante-trois années
d'exercice, seul exemple d'une aussi longue car-
rière dans cet établissement. Ses principaux élè-
ves ont été, pendantce long professorat, Adolphe
Adam, Fessy, Lefébure-Wély, Alexis de Ga-
raudé, Vauthrot, Chauvet, MM. Edouard Batiste,
Renaud de Vilbac, Alkan aîné, Bazin, Edmond
Hocmelle, Duvernoy, Bazille, César et Joseph
Franck, Georges Bizet, Charles Colin , Deslan-
dres, Salomé, Théodore Dubois, Paladilhe,
Henri Fissot, Lavignac.
Le répertoire dramatique de M. Benoist, d'ail-
leurs peu nombreux, se compose des ouvrages
suivants : 1" Léonore et Félix, un acte, Opéra-
Comique, 1821 ; 2° la Gipsy, ballet en trois actes,
en société avec Marliani et M. Ambroise Tho-
mas, Opéra, 1839; 3" le Diable amoureux,
ballet, en société avec M. Henri Reber, Opéra,
1840; 4" l'Apparition, opéra en 2 actes. Opéra,
1848; 5" Nisida. ou les Amazones des Açores,
ballet en deux actes. Opéra, 1848; 6" Pâquerette,
ballet. Opéra, 1851. Eu dehors de ses travaux de
compositeur et de professeur, M. Benoist a su
70
BENOIST — BENOIT
trouver le temps de se mêler aussi à la littéra-
ture musicale , ce qu'aucun biographe n'a re-
marqué jusqu'ici. Il a collaboré pendant assez
longtemps à la Gazelle musicale, et j'ai noté,
dans le Dictionnaire de la Conversation et
de la Lecture, les mots suivants, qui sont signés
de lui : Consonnance, Da Capo, Déchiffrer,
Decrescendo, Délia ilia/'ia (biographie), Des-
sus, Détonner, Diatonique, Dissonance,
Do, Doigter, Enharmonique. Cet artiste ho-
norable et distingué est chevalier de la Légion
d'honneur depuis le 18 novembre 1851. Il a été,
pendant plusieurs années, chef des chœurs à
l'Opéra.
* BEIXOIT (Pierre-Lkoard-Léopold), com-
positeur, directeur de l'école flamande de inusi
que d'Anvers (1). Cet artiste très-actii et très-bien
doué s'est fait en Belgique une situation parti-
culière et considérable, grâce à son talent d'a-
bord , talent sérieux et inconteslable , ensuite
grâce à l'habileté qu'il a mise à se placer à la
tête du parti musical flamand, parti que ses ten-
dances portent du côté de l'Allemagne et qui
considère l'art français avec une sorte de com-
misération dédaigneuse. Ce n'est pas ici le lieu
d'établir une discussion de principes à ce sujet.
En rendant l'hommage le plus complet aux
grandes et nobles traditions de l'Allemagne mu-
sicale, en constatant les immenses services que
ce pays a rendus à l'art, nous ne serons pas
sans doute taxé d'outrecuidance en affirmant
que la France n'a pas été tout à fait étrangère à
la grande évolution qui s'est produite dans la
musique depuis un siècle, évolution que les
artistes étrangers sont venus opérer chez nous,
sachant que notre public était plus prêt que le
leur à les écouter, à les comprendre et à les
admirer. Nous croyons donc pouvoir dire que la
France n'a jamais été en arrière du progrès mu-
sical, qu'elle l'a, au contraire, plus accéléré
peut-être que les autres pays, en acceptant d'être
le champ-clos oii les étrangers viendraient se
mesurer entre eux et produire leurs plus grands
chefs-d'œuvre.
Ceci dit, il nous sera permis de trouver étran-
ges les idées et les prétentions d'une certaine
école belge à vouloir fonder un art prétendu
flamand, dont l'existence nous paraît impos-
sible et chimérique. Cette école, en effet, n in-
nove rien au point de vue purement musical;
son génie l'éloignant de l'esprit français, elle
(1) Le nom du pa;s natal de M. Benoit a été défiguré à
l'impression dans le !«'' volume de la Biographie iiiii-
verselle des Musiciens. C'est à Ilarlebeke qu'est né cet
artiste.
cherche à se rapprocher le plus possible de l'es-
prit allemand. Ceci est affaire de tempérament,
et de telles tendances sont absolument indiscu-
tables. Quelle est donc la théorie de l'école néo-
flamande, et quel moyen entend-elle employer
pour devenir un art national, un art suigeneris,
un art flamand en un mot ? Ce moyen est bien
simple, et consiste uniquement à écrire de la
musique sur des paroles flamandes ! Voilà,
en vérité, une jolie découverte, et l'on peut se
demander si les qualités purement musicales de
l'art belge seront transformées coiume par en-
chantement parce que certains musiciens abju-
reront la langue française pour composer sur un
idiome différent.
A supposer que les tendances de l'école dont
M. Benoit est aujourd'hui le chef le plus accré-
dité viennent à prévaloir, qu'arrivera-t-il en
Belgique en ce qui concerne la musique drama-
tique, c'est-à-dire celle qui ne peut se passer du
secours d'un texte écrit? Il arrivera que les
compositeurs, travaillant pour un public extrê-
mement restreint et dont la langue n'est com-
piise nulle part, travailleront en jiurc perte , ne
laisseront à leurs œuvres la possibilité d'aucune
e\i)ansion, et les condamneront à un éternel
oubli. Est-ce là ce qu'ils veulent? Ce n'est pas
supposabie. SiGrétry, siGossec,siGrisar avaient
voulu s'astreindre à n'écrire (lue sur des paroles
flamandes, ils ne seraient point devenus célè-
bres, et depuis longtemps leurs œuvres seraient
tombées dans l'oubli; pour mieux dire même, la
plupart de ces œuvres n'existeraient pas. Il faut
bien que les artistes belges se rendent exacte-
ment compte qu'ils ne peuvent rien par eux-
mêmes, c'est-à-dire par leur i)ays, dont le peu
d'étendue les condamne à une notoriété toute
locale et sans rayonnement possible; si, au point
de vue musical, ils veulent la gloire, la renom-
mée, la foi tune, il faut, de toute nécessité, qu'ils
les aillent chercher à l'étranger, comme plusieurs
l'ont déjà fait, car, encore un coup, leur pays est
inhabile à les leur procurer. Pour ce qui est de
la musique dramatique, ils n'ont que deux
partis à prendre , selon que leur tempérament les
porte de l'un ou de l'autre côté : faire des opé-
ras allemands , ou faire des opéras français.
Quant à l'opéra flamand , à l'opéra prétendu na-
tional , c'est une pure utopie.
Ces réflexions n'étaient pas inutiles du moment
qu'il s'agissait de faire connaître l'œuvre et la
carrière de M. Benoit, le champion le plus
décidé de l'art flamand et l'un des musiciens les
plus remarquables delà Belgique contemporaine.
Or, si M. Benoit, malgré sa grande valeur, n'est
pas parvenu à faire percer son nom au-delà des
BENOIT
71
frontières de son pays, s'il est resté inconnu du
public allemand comme du public français (je
dis : du public, parce que si la critique instruite
et éclairée connaît l'artiste, la masse ignore jusqu'à
son nom), c'est que M. Benoit a voulu précisé-
ment se confiner dans l'art flamand , qui ne pou-
vait le mener à rien. Si M. Gevaert avait fait
comme lui, il n'occuperait pas aujourd'hui , en
dépit de ses grandes facultés, la haute position
qu'il a conquise.
Et cependant l'activité de M. Benoit ne s'est
jamais démentie, et son talent, quelques réserves
qu'on ait pu faire au sujet de telle ou telle œuvre,
n'a jamais été contesté. Après de grands succès
d'école, il fit un voyage en Allemagne, d'où il
envoya à l'Académie royale de Belgique un écrit
intitulé : De l'École de musique flamande et de
son avenir, et une Petite cantate de Noël, que
Daussoigne-Méliul , dans son rapport à ce sujet,
qualifiait de » composition remarquable à plus
d'un titre». A son retour en Belgique, il fit exé-
cuter, à Bruxelles et à Gand , une messe solen-
nelle, « grande composition, disait à son tour
Fétis, digne de fixer l'attention sous les deux
points de vue qui embrassent toute la valeur
d'une œuvre d'art, à savoir, la pensée et sa réa-
lisation ». C'est encore Fétis qui disait : « Ce qui
frappe au premier abord dans la musique du
jeune compositeur, c'est l'accord du style avec
l'objet religieux de l'œuvre. Ce style est grave.
Mais ce n'est pas dire que ce soit celui de la
musique d'église des maîtres qui ont écrit dans
la seconde moitié du dix-huilième siècle ni dans
la première moitié du dix-iieu\ième, car le jeune
artiste marche dans une voie qui est la sienne ,
et n'accepte pas l'autorité de la tradition. »
C'est après ce premier succès obtenu dans son
pays que M. Benoit vint à Paris (18G1) avec
l'espoir d'y faire jouer un opéra en trois actes ,
le Roi des Aulnes, qui, dit-on , fut reçu au
Théâtre-Lyrique , mais ne fut jamais représenté.
En attendant la mise à la scène de cet ouvrage,
il accepta — qui le croirait aujourd'hui ! — la
place de chef d'orchestre aux Bouffes-Parisiens
(avril 18'J2), et remplit pendant quelque temps
ces fonctions, dont le seul souvenir doit lui être
singulièrement amer! Mais bientôt il retourna
à Bruxelles, et reprit ses travaux de composition
avec une activité qui depuis lors ne s'est ja-
mais ralentie. C'est de cette époque que da-
tent ses tendances ultra-flamandes, et ce sont
ces tendances qui le firent choisir, en 1867, pour
occuper le poste de directeur de l'école flamande
de musique d'Anvers, qu'il a conservé jusqu'à
ce jour.
La liste des œuvres de M. Benoit est très-
fournie, et la fécondité du musicien est d'autant
plus remarquable que ces œuvres sont, pour la
plupart, fort importantes. En voici la nomencla-
ture, que je crois bien près d'être complète (1) :
1" Petite cantate de Noël, 1860; — 2" Messe so-
lennelle, exécutée à Bruxelles et à Gand, 1862 ;
— 3" Te Deum, 1863 ; — 4° Messe de Requiem.
1863; — 5" Quadriloyie, exécutée à Anvers au
mois d'avril 1861; cette œuvre, divisée en
quatre parties, n'était que la réunion des quatre
compositions précédentes , formant une sorte de
vaste oratorio; elle obtint un grand succès ; —
6" Concerto de piano, avec accompagnement
d'orchestre, exécuté à Bruxelles eu 1866; —
7" Concerto de flûte, avec orchestre, exécuté à
Bruxelles en 1866; — 8" Lucifer, oratorio fla-
mand, Bruxelles, 30 septembre 1866; — 9" Isa,
opéra flamand en trois actes, Bruxelles, théâtre
flamand, 24 février 1867 ; — 10" l'Escaut, ora-
torio flamand, 1869; — 11" Cantate, 1869; —
12" l'Église militante, souffrante et triom-
phante, drame religieux pour soli et chœurs
avec orgue, violoncelles, contre-basses, trom-
pettes et trombones, exécuté à Anvers en 1871 ;
cet ouvrage a dorme lieu à une brochure pseu-
donyme de M. Goovaerts ( Voyez- ce nom), publiée
sous ce titre : Une nouvelle œuvre de Pierre
Benoit analysée par Pierre Phalèse (Anvers,
Sermon, 1871, in-8" de 19 pp.), et qui a paru aussi
en flamand. — 13" De Oorlog {la Guerre), sorte
de grand oratorio-cantate, exécuté à Anvers le
16 août 1873 , et peu de temps après à Bruxelles ;
— 14" ;« Colonne du Congrès, cantate, Bruxel-
les; — 15" Cantate en trois parties, Liège ; —
16" P/'o?«(^^^ée, oratorio, Gand; — 17° Hymne
à l'Harmonie, Anvers ; — 18° Chant de la Lys,
cantate exécutée dans une représentation de gala
donnée à Courtrai en présence du roi (1875); —
19° Les Faucheurs, symphonie chorale; — 20°
Musique pour Charlotte Corday, drame his-
torique en S tableaux, de M. Ernest 'Van der
Yen, représenté au théâtre flamand d'Anvers
le 18 mars 1876.
La plupart des ouvrages qui viennent d'être
mentionnés se distinguent par une grande puis-
sance de conception, de réelles qualités d'inspi-
ration, une science rare de l'orchestre et de
l'emploi des grandes masses. Il est certain que le
talent de M. Benoit fait honneur au pays qui l'a
vu naître, mais il n'est pas moins certain que ,
par suite de la singularité que je signalais au
commencement de cette notice, ce talent se con-
fine volontairement dans un milieu trop étroit et
(I) En y ajoutant celles qui sont déjà citées dans la
Biographie universelle des Musiciens.
72
BENOIT — BÉRARD
se condamne à l'obscuiité de propos délibéré.
Les convictions flamandes de M. Benoit sont
telles, du reste, qu'il a abjuré le prénom de
Pierre, sous lequel il avait toujours été connu, et
que depuis quelques années il est devenu M. Pe-
ter Benoit.
Aux œuvres dont on vient de lire les titres, il
faut ajouter deux opéras français inédits, le Bol
des Aulnes, dont l'auteur a fait exécuter parfois
l'ouverture, et l'Amour mendiant; puis des
ballades, des lieder et un certain nombre de
chœurs sans accompagnement, un recueil de
20 motets avec accompagnement d'orgue
(Bruxelles, Scliott), etc. M. Benoit s'est produit
aussi comme écrivain spécial, et a fourni des ar-
ticles à divers journaux et recueils publiés à
Bruxelles : le Messager des arts ( revue fla-
mande), le Guide musical et VArt universel.
M. Benoit est officier de l'ordre de Léopold.
BEIVSA ( ), jeune compositeur italien, a
ait représenter sur le théâtre de la Pergola, de
Florence, au mois d'avril 1872, un opéra inlitulé
Asiolfo Cavalcanti, qui n'a obtenu qu'un mé-
ocre succès.
BEi\TAYOUX (Frédéric), compositeur,
est né à Bordeaux le 14 juin 1840. Admis au
Conservatoire de Paiis au mois de décembre
1853, dans la classe de piano de M. Marmontel,
puis dans celle de M. Emile Durand pour le sol-
fège, il obtint un premier accessit de solfège en
1855, le second prix en 1856, un troisième
accessit de piano en 1857, et un second accessit
en 1S59. Devenu élève de M. Colin , puis de
M. Bazin, pour l'Iiarmonie et l'accompagnement,
il entra ensuite dans la classe décomposition de
Carafa. A peine sorti du Conservatoire, M. Ben-
t;iyou\ (qui écrit son nom Ben-Tayoux, sans
doute pour lui donner quelque étrangeté) se li-
vra à la composition, et écrivit une foule de
morceaux de piano d'une valeur médiocre, ainsi
que de nombreuses romances et chansons que
volontiers il faisait entendre lui-même en public.
Cet artiste a fait représenter les trois opérettes
suivantes, toutes trois en un acte : i° Patchou-ly,
Folies-Bergère, 1875; 2" le Dompteur de Bou-
glval, Folies-Marigny, 1875 ; 3" Bobine, Folies-
Bergère, 1876.
BEiXVENUTI (ToMJiASo), compositeur ita-
lien, né vers 1832, a fait représenter en 1856,
au théâtre social de IVIantoue, un drame lyrique
en quatre actes intitulé Valenzia Candiano,
C'était, je crois, son début au théâtre. A cet ou-
vrage succédait un second opéra sérieux, Sha-
kespeare, que le jeune musicien produisait au
théâtre de Parme en 1861, et quelques années
après M. Benvenuti écrivait son troisième opéra.
la Stella di Toledo, dont le livret avait été tiré
par M. Ghislanzoni du Don Juan d'Autriche de
Casimir Delavigne, car on sait que les librettistes
italiens puisent rarement leurs sujets dans leur
propre fond et mettent incessamment notre
théâtre à contribution. La Stella di Toledo de-
vait être représentée à la Scala, de Milan, mais
le jeune compositeur se vit en butte à toutes
sortes d'ennuis ; l'administration de la Scala
préférant à son ouvrage, on ne sait pourquoi, une
œuvre posthume de notre compatriote Chelard ,
le Aquile romane, qui du reste n'eut aucun
succès, l'obligea à se rabattre sur une scène de
second ordre, celle de la Canobbiana, dont la
troupe, déplorablement faible à ce moment, n'of-
frait aucun élément suffissaut d''exécution. C'est
cependant dans ces conditions très-fâcheuses,
avec des interprètes impossibles , avec une mise
en scène ridicule et sordide, que M. Benvenuti
se vit forcé, en 1864, d'affronter le jugement du
public. 11 n'eut pas à s'en repentir; en dépit de
tout, comme sa partition, malgré des défauts de
forme et un manque évident d'expérience, con-
tenait .de fort beaux morceaux, et que le compo-
siteur y avait fait preuve de jeunesse, de vail-
lance et d'inspiration , le succès fut très-grand
et retentit bientôt au delà de Milan même. Pour-
tant, malgré ce succès très-sincère, M. Benve-
nuti n'a pas reparu depuis lors à la scène, et n'a
plus fait parler de lui.
BExXZ (JEAx-BAi'TiSTE),"compositeur de mu-
sique religieuse , est né à Lauehheim, dans le
Wurtemberg, le 17 juin 1807. Outre plusieurs
mcssesj motets, etc., il a publié une Harmonia
sacra qui renferme les principaux chorals du
culte catholique, avec accompagnement d'orgue.
Y.
BEAZAîV (Siegfried), musicien danois, est
né dans le Schleswig septentrional en 1793. Il a
composé des", duos, des quatuors , des sonates,
des variations , et une foule de petites pièces de
différents genres. En- 1823 il est parti pour l'A-
mérique, et depuis lors on a perdu sa trace.
Y.
* BÉRARD (Jean- Baptiste), ténor de l'O-
péra d'abord en 1733, puis de 1736 à 1745, n'é-
tait pas seulement chanteur, mais était aussi
virtuose distingué sur le violoncelle, sur la gui-
tare et sur la harpe, et faisait grand plaisir
quand il chantait en s'accompagnant lui-même.
Il composait aussi, et a publié plusieurs livres
de brunettes avec accompagnement de harpe
et guitare. Son fils unique devint en 1762 pre-
mier violoncelle à la Comédie-Italienne , et occu-
pait encore cet emploi en 1785; il avait épousé
une excellente actrice de ce théâtre, M'"' Des-
BÉRARD — BERETTA
73
champs, qui avait appartenu d'abord à l'Opéra-
Comique, et qui prit sa retraite en 1776.
BÉRAT (Iïlstache), auteur de ctiansons
dont quelques-unes sont devenues très-popu-
laires, était le troisième des sept fils d'un négo-
ciant de Rouen, oii il naquit le 4 décembre 1791.
Frère aîné de Frédéric Bérat , il composait,
comme lui, les paroles et la musique de ses
chansons. Il étudia le violon dans sa jeunesse,
puis l'abandonna pour la guitare , sur la-
quelle il acquit un talent étonnant et bizarre ;
il écrivit pour cet instrument un certain nombre
de morceaux qui furent publiés^à Paris, mais il
employait un doigté si étrange et si diflicile que
ces morceaux étaient injouables pour d'autres
que lui. La renommée d'Eustache Bérat comme
chansonnier a été absorbée par celle de son
frère, à qui même on a attribué à tort quel-
ques-unes de ses compositions, entre autres la
chanson : J'ai perdu mon coutiau , dont le
succès fut énorme il y a quarante ans. Il pu-
blia ainsi un assez grand nombre de romances et
de chansonnettes , dont quelques-unes d'un co-
mique achevé, et qu'il chantait volontiers lui-
même, dans le monde, avec une verve prodi-
gieuse : la Lanterne magique, Tac-Tac, le
Rieur, la Musette, f Amour ménétrier, les
Souvenirs d'enfance, Babet, Ma Colette, l'A-
mour marchand de meubles, etc., etc. J'ai
connu Eustache Bérat vers 1SG5; il avait quitté
Rouen depuis une dizaine d'années, et vivait
paisiblement retiré à Neuilly, près de Paris. Il
songeait alors à la publication d'un recueil de
poésies légères , mais ce projet n'a pas eu de
suites. Je crois que cet excellent homme, qui
avait conservé de son frère un souvenir attendri,
est mort dans ces dernières années. Il a été
l'objet de deux notices biographiques : 1" Eus-
tache Bérat,' par C. Boissière (S.l. n. d. [Dar-
nétal, impr. Frucharl], in-8" de 11 pp.); 2° Eus-
tache Bérat, ou le Moderne Trouvère,é\n\.xQ à
M. le marquis de R. par le docteur Prosper Yiro
(Paris, impr. Tbunot, 1861, ia-S" avec portrait).
Le sculpteur Dantan fit la charge d'Eustache
Bérat, et son portrait a été gravé par Gelée, an-
cien prix de Rome , d'après Melotte, peintre
rouennais. Il est juste de remarquer que, des
deux frères, c'est Eustache qui se produisit le
premier comme chansonnier, el que Frédéric,
qui devait en quelque sorte l'éclipser, ne fit
pourtant que suivre son aîné dans cette voie.
* BERAT (Frédéric), naquit le 11 mars
1801. Une notice biographique a été publiée
sur cet aimable chansonnier : Frédéric Bérat,
par C. Boissière (S. 1. n. d. [Dainétal, impr.
Fruchart, 1857], in-8° de 11 pp.). On en trouve
une aussi dans la Galerie de la presse, de
la littérature el des beaux-arts. Un choix
de ses chansons, fait par lui, a été publié sous
ce titre; : Chansons, paroles et musique de
Frédéric Bérat (Paris, Curmer, s. d., in- 8° avec
portrait et vignettes) ; il serait injuste de ne pas
reconnaître que dans ces productions légères,
mais parfois émues , on rencontre de la poésie,
de la mélancolie et une certaine élégance : le
Berger normand, Jean le Postillon, le Mar-
chand de chansons, la Lisette de Béranger,
Bérénice, Ma Petite Toinette, sont d'heureuses
inspirations, tant au point, de vue mélodique
qu'au point de vue poétique. — Après la mort de
Bérat, le conseil municipal de Rouen lit exécuter
son buste en marbre et le plaça au musée de la ville.
* BERE\S(Hermann). Yogez BEHREMS
(Herm\nn).
BERETTA (Giovanni-B.\ttista ), théori-
cien, professeur et musicographe italien , ancien
directeur du Lycée musical de Bologne, membre
correspondant de l'Institut royal de musique de
Florence, naquit à Vérone d'une famille liche,
étudia la musique en amateur, et s'adonna tout
d'abord à la critique et à l'histoire de l'art. Ayant
perdu d'un coup toute sa fortune, il se vit obligé
de demander à cet art qu'il aimait les ressources
nécessaires à son existence. Ce fut alors qu'il
se vit appelé [à la direction du Lycée musical de
Bologne, où il ne demeura pas longtemps, ces
fonctions ne lui laissant pas assez de temps
pour ses études de prédilection. Il préféra vivre
pauvre à Milan, où on lui confia bientôt la con-
tinuation d'un grand ouvrage encyclopédique en-
trepiispar Americo Barberi, et dont la publica-
tion menaçait d'être interrompue par la mort de
celui-ci. Cet ouvrage porte le titre suivant :
Dizionario artistico- scient ifico-stor ico-tecno-
logico-musicale, con noùoni di estelica, di
pocsia epica, lirica e drammatica, e di
quanta collegasi colla musica, incominciato
suite tracce délie più accreditate opère aii-
tiche e moderne dal de/unto professore Ame-
rico Barberi, e'conlinuato, dalla pagina 177
inpoi, dal Giovanni Battista Bcretta, con-
sidtando {specialmente per la compilazione
degli articoli sugli strumenii musicali anti-
chi, sulla tragedia, sulla co)nmedia, sul ballo
slorico, suite danze, sulla mimica, sulle mas-
chere e suite feste popolari) opère diligente-
mente citate in apposite schede dal signor
Carlo Molossi (Milano, Giacomo Pirola, in-8").
Ce dictionnaire très-considérable, dont la moitié
à peine a été publiée, devait former au moins
trois volumes de 1000 pages cliacun. Malheu-
reusement Beretta lui-même est mort le 28 avril
74
BERETTA — BÉRIOT
1876, en le laissant à son tour inachevé, la pu-
blication n'étant parvenue qu'à la lettre G.
Cet artiste s'est fait connaître comme compo-
siteur par quelques messes et divers fragments
de musique religieuGe. Il a laissé plusieurs tra-
vaux inédits, entre autres un grand traité d'ins-
trumentation.
■■• BEBETTl ( ). Un compositeur de ce
nom a mis en musique et fait exécuter, dans la
première moitié du dix-liuitièrne siècle, lora-
torio de Métastase intitulé Gioas.
BERGAKCiMI (Joseph), artiste dont le
nom indique une origine italienne, a publié le
petit traité suivant : La Basse raisonnée , ou
Abrégé dViarmome pour la composition ou
contre-point, composé et dédié à M'" Henriette
de Montmorency, op. 1. Paris, chez l'auteur,
in-4° oblong de 26 pages.
BERGER ( ), violoniste et composi-
teur, né en 1827, fut nommé professeur-adjoint
de solfège et de violon au Conservatoire de Metz
le 1*' octobre 1858, et professeur titulaire le
11 février 1860. 11 a î^ fait 'représenter sur le
théâtre de Metz, au mois de mars 1867, un opéra-
comique en quatre actes, intitulé Anita.
* BER(U«REEi\ (A^DRÉ-PIERRE), composi-
teur et musicographe danois, est né à Copenha-
gue, le 2 mars 180). Il s'adonna de bonne heure
à l'étude de la musique, et dès l'âge de quatorze
ans se livrait à des travaux de composition qui
ne virent le jour que plus tard ; c'est ainsi qu'il
écrivit toute une collection de Chaiits avec ac-
compagnement de guitare, qui fut publiée
seulement en 1822 et 1823. Ses parents ayant
désiré lui voir étudier le droit, il se rendit à
leurs instances, mais revint bientôt à la pratique
de la musique, pour laquelle son penchant était
irrésistible. 11 se livra alors avec ardeur à la
composition, et devint en 1838 organislede l'é-
glise de la Trinité, de Copenbague, et en 1843
maître de chapelle de l'église métropolitaine de
cette ville .M. Berggreen a publié successive-
ment : 1° Bomances, Copenhague, 1823; ï' Bal-
lades et Bomances, 1824; 3" Thèmes variés
pour la guitare, 1825; 4° Chantsà Vusage
des écoles, 1 83 't- 1839, 7 parties in-4";ô" Chants
populaires et Mélodies nationales et étrayi-
gères, pour le piano, 1842-1847,4 vol. in-4" ;
6" 12 Chants suédois, 1846; 7" Chants natio-
naux, 1848 ; 8" 27 Chants sur des paroles de
Bellmann, 1850 ; 9" 6 Chants suédois de J.-L.
Runeberg, 1852; 10° enfin, M. Berggreen a
écrit la musique de diverses cantates d'Œlilens-
chlager, de Blicher et d'Ingemann, ainsi que des
mélodies pour un nouveau psautier. En 1854,
M. Berggreen a entrepris la publication d une
feuille musicale rédigée par lui, Heimdal, qui
n'a eu qu'une courte existence.
BERGMAI\I\ (Charles), pianiste et violon-
celliste, est né en 1821 à Ebersbach , dans la
Saxe. Il est parti en 1850 pour les États-Unis, où
il est devenu successivement directeur de la so-
ciété Germania et de la société Arion. — Y.
BERGMAIXiV (Joseph), compositeur^ est
né à Cernochov, en Bohême, le 26 juillet 1822.
Il a écrit de la musique de piano et de la mu-
sique vocale , entre autres des mélodies natio-
nales qui ont beaucoup de caractère. Y.
* BERGSOIV (Michel), compositeur et pia-
niste, n'a quitté Paris, où il était fixé depuis assez
longtemps , qu'en 1863, pour aller prendre au
Conservatoire de Genève la direction de la
classe supérieure de piano. Peu de temps après,
il devenait directeur de cet établissement, mais
au bout de quelques années il allait se fixer à
Londres, où il se livre encore aujourd hui à
l'enseignement. Pendant son séjour à Paris,
M. Bergson fit jouer, dans un concert, une opé-
rette en un acte. Qui va à la chasse perd sa
place (1859), et en*1861 il faisait recevoir au
Théâtre-Lyrique un opéra-comique en deux actes
qui pourtant n'a pas été représenté. Parmi les
nombreuses compositions pour piano de M. Berg-
son, je signalerai : un concerto en mi mineur;
les Nouvelles Études caractéristiques ,• Jadis,
menuet ; Genève, grande valse ; Études de
style et de mécanisme; puis, quelques mor-
ceaux de genre, un Orage dans les lagunes,
la Tatamaque, la Zingara, Berceuse, Bar-
carolle, Stgrienne, Sicilienne, Danse hava-
naise, etc., et enfin quelques mélodies, laPéche
aux fiancés, la Fioraja, etc.
* BÉRIOT(Charles-Augcste DE). Ce vio-
loniste justement célèbre est mort à Bruxelles
le 8 avril 1870, à l'âge de .soixante-huit ans.
Il était devenu complètement aveugle depuis
plus de quinze ans, et, dans ses dernières an-
nées, une paralysie du bras gauche vint lui in-
terdire complètement l'exercice du violon. On
sait que de Bériot avait épousé en 1835 la Ma-
libran, et que de ce mariage était né un enfant
unique, M. Charles- Wiifrid de Bériot, aujour-
d'hui pianiste distingué. Plus tard, il avait épou.sé
en secondes noces une sœur deTlialberg'; (;elle-ci
lui avait donné un autre fils, qui mourut quel-
ques années avant son père, officier dans l'armée
belge. Peu de jours après la mort de ce grand
artiste, un journal de Bruxelles publiait sur lui
les détails suivants : « De Bériot avait une ac-
tivité en quelque sorte universelle. Son génie em-
brassait les sujets les plus variés. Il a laissé des
dessins tout à fait remarquables. 11 s'est fait
BÉRIOT — BERLIOZ
75
aussi sculpteur une fois dans sa vie, et il a bril-
lamment réussi du premier coup. C'est lui, en
effet, qui a modelé le busfe , très-ressemblant,
de sa première femme, M"" de Bériot-Malibran,
buste qui orne le théâtre des Italiens à Paris. Il
était au besoin artisan habile. Il a fabriqué de
ses propres mains, sans le concours d'aucun ou-
vrier, un violon imité de Magini. Ce violon
avait des propriétés excellentes. Il fait aujour-
d'hui partie, à Pétersbourg, des collections du
prince Youssoupoff, dont de Bériot fut l'ami.
Alors qu'il était aveugle, et que la nécessité de
dicter au violon lui rendait très-difficile la com-
position musicale, il imagina plusieurs appareils
pour fixer ses idées. El enfin, quand la paralysie
de la main l'empêcha de se servir de son cher
violon, il consacra ses loisirs forcés à écrire, sur
des sujets philosophiques ou religieux, des pages
éloquentes et profondes, que sa famille a [)ieu-
sement recueillies (I) »
BÉRIOT (Charles-Wilfrid DE), pianiste
distingué et compositeur, fils du précédent et de
Marielta Garcia-Malibran, est né à Paris le 12 fé-
vrier 1833. Héritier du talent musical de ses
illustres parents, M. de Bériot, qui est un artiste
de style et qui se fait remarquer dans l'exécution
de la musique classique, était à peine âgé de
dix ans lorsqu'il débutait, comme pianiste, dans
un concert donné à Louvain. Cependant, il
était bientôt envoyé à Paris, au collège Louis-
le-Grand, pour y faire ses études , et il y resta
jusqu'à la révolution de 1848. I! partit alors pour
Bruxelles, où en 1850 il était reçu à l'école mi-
litaire (armes spéciales); mais cette carrière ne
[louvait lui convenir, et il se remit bientôt à l'é-
tude du piano et de la composition. Son œuvre
comprend, à l'heure actuelle : deux concertos
de piano avec accompagnement d'orchestre, une
trentaine de morceaux de genre pour le même
instrument (parmi lesquels : Tarentelle , Rê-
veuse, Fantaisie, Polonaise, VAmiUé,Serchzo,
Valse-caprice, Fantaisie de concert, etc.),
deux fragments symphoniques, un trio, et enfin
(1) Le Guide musical de Bruxelles a rappelé que de
Bériot,» par arrêté royal du 16 avril 18o3, avait obtenu
reconnaissance de noblesse. Ses armes étaient d'or àtrois
tèles de renard de gueules. — Cimier : une tète de renard
de l'écu. » Le même journal a fait connaître que, lors
delà révolution belge, de Bériot avait miscn musique
« la Marche des Belges , chant patriotique, paroles de
Bocquet, dédié aui braves défenseurs de la liberté (Ma-
yence, Anvers et Bruxelles, chez lesfils de B. Schott). De
Bériot tenait discrètement dans l'ombre cet acte de sa
vie, qui iui valut la croix de fer qu'il ne porta ja-
mais. » Rappelons, à ce propos, que de Bériot, qui n'a
jamais abordé le théâtre, a écrit une cantate qui fut exé-
cutée à l'Opéra, le 16 juin 185G, à l'occasion du buptôine
du prince impérial.
un grand nombre de mélodies pour léchant (1).
J. D. F.
BÉRIOT (FraiNz DE), frère du précédent, fils
issu du second mariage de Charles de Bériot,
était élève de son père et avait acquis sur le
violon un talent qui semblait promettre pour
l'avenir un virtuose remarquable. Cet artiste est
mort à la tleur de l'âge, quelques années avant
son père, au mois d'octobre 1865.
* BERLIOZ (Hector), est mort à Paris le
8 mars 1869. La postérité a commencé pour ce
grand artiste, et, il faut le dire à sa louange, elle
est plus juste pour lui que ne l'ont été ses con-
tem[)orains, fatigués du reste, on ne saurait le
méconnaître, par son tempérament batailleur,
par l'àprelé de sa critique, par ses allures cas-
santes et son mépris affecté du public. Il n'en
est pas moins vrai que Berlioz était un artiste
d'une rare envergure, d'une trempe peu com-
mune, d'un génie inégal et déréglé sans doute,
mais grandiose, poétique, varié, et d'une origi-
nalité qu'il est bien rare de rencontrer à un
pareil degré. Que de pages tantôt magnifiques
et superbes, tantôt étincelantes et vives, tantôt
émues et frissonnantes, que d'épisodes admirables
ne rencontre-ton pas dans la plupart de ses
œuvres ! Le public s'est tenu longtemps en garde
et en défiance contre ses sympathies, mais un
revirement considérable s'est pi'oduit en ces der-
nières années, et la foule accourt aujourd'hui aux
auditions des œuvres de Berlioz, qu'elles se
produisent aux Concerts populaires, aux concerts
du Chàtelet, ou même au Conservatoire. Quoi de
plus suave, en effet, et de plus touchant que
cette adorable Enfance du Christ, dont quel-
ques-uns ont vainement essayéde nier le charme
exquis et pénétrant.' Quoi de plus poignant et
de plus pathétique que certaines pages de
Roméo et Juliette, de Béatrice et Eénédict et
de la Symphonie fantastique ? Quoi de plus poé-
tique, de plus tendre, de plus rêveur que cer-
tains tableaux de la Damnation de Faust?
Quoi déplus fier, de plus hardi, de plus éclatant,
de plus chevaleresque que les grands épisodes
iVHarold, des Troijens, que les fulgurantes
ouvertures du Roi Lear et du Carnaval ro-
main ?
Longtemps avant que la France ne lui eût
(1) M. de Bériot a publié avec son père les deux ou-
vrages suivants : 1° Méthode d'accompagnement pour
piano et violon ; exercices chantants en forme de diiet-
tini. Paris, Heugel ; 2° L' Art de l'accompagnement ap-
pliqué au piano , méthode pour apprendre aux chan-
teurs à s'accompagner, id., id. Sous le titre : Opéras
sans paroles, M. de Bériot a écrit aussi, en société avec
son père, toute une série de duosconcertants pour piano
et violon.
76
BERLIOZ
rendu justice, la renommée de Berlioz s'était
établie à l'étranger. On sait les succès, ou, pour
mieux dire, les triomphes qu'il remporta en
Allemagne et en Angleterre. En 1867, deux ans
avant sa mort, il fit en Allemagne un dernier
voyage «lui mit le comble à sa gloire, et, pous-
sant jusqu'en Russie, il donna à Saint-Péters-
bourg et à Moscou une série de concerts qui ne
réunissaient pas moins de dix à douze mille
auditeurs et dans lesquels l'enthousiasme du
public était porté à son comble.
Mais les jours de Berlioz étaient comptés.
Sa santé, depuis longtemps délabrée, ne put ré-
sister à l'écliec immérité que reçurent ses
Troyens au Théâtre-Lyrique, et depuis lors il
ne fit que décliner et dépérir. Il travaillait
depuis plusieurs années à cet ouvrage lorsqu'il
donna, sur le théâtre cosmopolite de Bade, en
1862, un joli opéra en deux actes, dont il avait
tiré lui-même le livret de la jolie comédie de
Shakespeare: Beaucoup de bru il pour rien.
Cet opéra avait pour titre Béatrice et Bénédicl,
et fut accueilli avec la plus grande faveur. Berlioz
songea alors à offrir au public la première
partie de ses Troyens, qui formaient deux ou-
vrages, l'un intitulé les Troyens à Cartilage,
l'autre la^Prise de Troie. 11 proposa à M. Car-
valho, là cette époque directeur du Théâtre-
Lyrique, de monter les Troyens à Carthuge;
celui-ci y consentit, monta la pièce avec un
grand luxe, confia le rôle d'Énée à M. Mont-
jauze, celui de Didon à la belle M"» Charton-
Demeur, l'amie éprouvée du compositeur, qui
fut engagée spécialement pour cette création, et
les Troyens virent le jour le 4 novembre 1863.
Mais, outre que le public n'était pas encore mûr
pour une musique si mâle, si hardie et si auda-
cieuse, Berlioz s'était créé de nombreux enne-
mis, et son œuvre, admirée par quelques-uns,
conspuée par d'autres, discutée par le plus
grand nombre, fut reçue avec une rigueur exces-
sive. Bref, le succès fut négatif, et au bout de
vingt et une représentations les Troyens dispa-
rurent du répertoire (1).
Ce fut un coup terrible pour Berlioz, qui
espérait, avec cet ouvrage, établir définitivement
sa renommée dans sa patrie, jusqualors rebelle
à son génie. 11 crut devoir, à la suite de cet
(i) Berliozn'avait épargné personne ; on ne lui épargna,
en celle occasion, ni les critiques anières, ni les sarcasmes
cruels. Voici un échantillon des nombreuses épigramnies
qui lui furent adressées au sujet des Troyens :
La race des Troyens aux Uectors est funeste ;
L'un périt en héros sans pouvoir les sauver.
L'autre tombeétouffé î-ans les plis d'une veste
En voulant les ressusciter.
échec, briser sa plume de critique, et aban-
donna le feuilleton musical du Journal des
Débats, qui passa aux mains de son admirateur
et de son ami, M. Ernest Reyer. Mais bientôt
de cruelles douleurs, des chagrins domestiques
vinrent envenimer la blessure qu'il avait reçue :
Berlioz perdit sa femme, et peu après son fils
unique, jeune officier de marine, qu'il aimait à la
folie. 11 ne put résister à tant de secousses; sa
santé, déjà fortement ébranlée, vint à s'altérer tout
à coup, et à la suite de longues souffrances, le
8 mars 1869, Berlioz rendait le dernier soupir.
Au lendemain de cet événement, M. Ernest
Reyer, rendant au maître l'hommage qui lui était
dû, écrivait dans le Journal des Débats ces
lignes émues et éloquentes, (émoignage de jus-
lice et de réparation envers l'admirable artiste
qui venait de disparaître :
« Le bronze n'a pas tonné, les cloches n'ont
pas fait entendre leur carillon funèbre, les jour-
naux de musique qui paraîtront demain ne se-
ront même pas encadrés de noir en signe de
deuil. Et pourtant un grand artiste vient de
mourir, un artiste de génie qu'ont poursuivi les
haines les plus violentes, qu'ont entouré les té-
moignages de l'admiration la plus vive. Si le
nom de Berlioz n'était pas de ceux que la foule
a appris à saluer, il n'en est pas moins illustre,
et la postérité l'inscrira parmi les noms des plus
grands maîtres. Son o'uvre est immense, l'in-
tluence qu'il a exercée sur le mouvement musical
de son époque est plus considérable qu'on ne le
croit aujourd'hui. Laissez faire le temps et la
justice des hommes. 'L'Allemagne le considérait
comme une de ses gloires; dans la patrie de
Beethoven, on l'appelait le Beethoven français,
et il était allé à Vienne, à Weimar ou à Berlin,
pour oublier les outrages que ses compatriotes
ne lui épargnaient guère. 11 vous racontera lui-
mêmejlans ses Mémoires posthumes ses chutes
les plus imméiitées et ses triomphes les plus
éclatants; il vous dira avec -le même accent de
naïveté sincère : Telle oîuvre fut siftlée à Paris,
et à Vienne elle excita de tels transports, que
les musiciens de l'orchestre baisaient les pans
de mon habit.
<( Je ne saurais aujourd'hui, tant ma douleur
est profonde, écrire quoi que ce soit qui res-
semblât à une étude sur le rôle joué par Berlioz
et sur ses œuvres impérissables; l'admiration
que j'avais pour l'artiste égalait mon affection
pour l'ami dont les défauts m'attachaient autant
que les qualités. Je l'ai vu mourir, et pas une
plainte ne s'est échappée de ses lèvres avant
qu'elles ne fussent glacées par les premières
approches de la mort. Il s'est éteint doucement.
BERLIOZ — BERLYN
77
ayant perdu, pendant les dernières heures, l'u-
sage de ses facultés. Aux quelques amis qui sont
venus lui serrer la main, il n'a même pu ré-
pondre par une étreinte, par un regard ; mais
c'était presque une consolation pour ceux qui
pleuraient à son chevet que cette expression de
douleur vaincue et de sérénité répandue sur son
beau visage. La mort a donc été douce pour ce
grand artiste, dont la vie avait été traversée par
de si dures épreuves. »
Pour compléter la liste des œuvres musicales
de Berlioz, telle qu'elle a été donnée par Fétis,
il faut ajouter les ouvrages suivants : 1" Béa-
trice et Bénédict, opéra en 2 actes (partition
au piano, Paris, in-S"); 2" les Troyens à
Cartilage, opéra en 5 actes et un prologue (id.,
Paris, Choudens) ; 3° la Prise de Troie, opéra
en 3 actes (id., Paris,\Choudens); 4" Vlmpé-
riale, cantate avec chœurs et orchestre; 5" Huit
scènes de Faust, tragédie de Gœthe (ouvrage
qu'il ne faut pas confondre avec la Damnation
de Faust, et dont la grande partition manus-
crite se trouve au Conservatoire de Paris)-, e^Ze
Temple universel, chœur à quatre voix d'hom-
mes. Prière du matin, chant à deux voix avec
accompagnement de piano, la Belle Isabeau,
conte pendant l'orage, avec chœur, le Chasseur
danois, air pour voix de basse (1); 7" Récitatifs
pour le Freischiitz de W'eber, lors de la re-
présentation de cet ouvrage à l'Opéra. De plus,
Berlioz a écrit un accompagnement d'orchestre
pour la fameuse ballade de Schubert, le Hoi
des Aulnes, et un accompagnement de petit
orchestre pour la romance célèbre de Martini,
Plaisir d'amour. La bibliothèque du Conser-
vatoire, à qui Berlioz avait légué tous ses ma-
nuscrits, possède encore de lui les morceaux
suivants, qui constituent les envois réglemen-
taires qu'il fit à l'Académie des Beaux-Arts,
comme prix de Rome, lors de son séjour en
cette ville : Resurrexit et iterum venturus,
grands chœurs avec orchestre (Rome, 1831);
Quartetto e Coro dei Maggi, pour voix mixtes,
avec^orchestre (Rome, 1832); Intrata di Rob-
Roy Mac Gregor (Rome, 1832).
D'autre part, on doit joindre, aux productions
Littéraires déjà signalées de Berlioz, les écrits
suivants : 1° les Grotesques de la musique, Paris,
librairie nouvelle, 1859, in-12 (ce livre avait paru
précédemment, par fragments, dans un journal
dirigé par Jules Lecorate, la Chronique pari-
(1) Ces quatre compositions ont été indiquées par
M. Mattiieu de Monter dans la longue étude que cet eeri-
vain a publiée sur Berlioz dausla Bévue et Gazette mu-
sicale de Paris (1870-1871); J'ignore si elles ne font pas
partie d'un de ses recueils de chœurs et de mélodies.
sienne) ; 2" A travers chants, Paris, Michel
Lévy, 1862, in-12 (volume formé d'articles ou
de fragments d'articles publiés dans le Journal
des Débats); 3" Mémoires d'Hector Berlioz,
comprenant ses voyages en Italie, en Alle-
magne, en Russie et en Angleterre, 1803 -1865,
Paris, Michel Lévy, 1870, gr. in-8° avec por-
trait (des fragments de ces Mémoires avaient été
publiés, du vivant de l'auteur, dans le journal le
Monde illustré) ; 4" le Retour à la vie, mélo-
logue faisant suite à la symphonie fantastique
intitulée Épisode de la vie d'un artiste, iParis,
Schlesinger, 1832, in-8" de 20 pp. (c'est le livret
de cet ouvrage, dont Berlioz avait écrit les pa-
roles et la musique) ; 5" la Damnation de
Faust, légende en 4 parties (les paroles de ce
livret, publiées sans nom d'auteur, étaient de
Gérard de Nerval, A. Gaudonnière et Berlioz) ;
6° les Troyens à Cartilage, opéra en 5 actes,
avec un prologue (Berhoz avait écrit aussi le
livret de cet opéra).
Les écrits suivants ont été publiés sur Berlioz :
i\, Berlioz {àjxm une galerie biographique inti-
tulée : Écrivains et artistes vivants, fran-
çais et étrangers, biographies avec portraits,
par Xavier £yma et Arthur de Lucy), Paris,
Librairie universelle, 1840, in-16; 2" Ber-
lioz, par Eugène de Mirecourt, Paris, Havard,
1850, in-32 avec portrait et autographe; 3° L'o-
péra les Troyens au Père-Lachaise, lettre de
feu Nantho, ex-timbalier soliste, ex-membre
de la société des Buccinophiles et autres so-
ciétés savantes {M. }Lr. Thoinan), Paris, Towne,
1863, in-8"; 4" Berlioz, son œuvre, par Georges
de Massougnes, Paris, Richault et Dentu, 1870,
in-8".
BERLIOZE (Victor). Sous ce pseudonyme,
M. Emile Badoche a publié une notice biogra-
phique sur une jeune chanteuse russe qui s'est
produite avec succès au Théâtre-Italien de Paris,
pendant la courte direction de M. Strakosch -.
Anna de Belocca (Paris, Librairie nouvelle,
1874, gr. in-8'' avec poi trait ).
* BERLYIX (A -\V....), compositeur
néerlandais, né à Amsterdam le 2 mai 1817, est
mort en cette ville le 10 janvier 1870. Il avait
reçu, dès ses plus jeunes années, des leçons de
piano et de violon d'un artiste nommé Bernard
Koch, étudia ensuite la composition avec Louis
Erck, et fut aussi l'élève du docteur Finck, ha-
bile contre-pointiste, rédacteur de la Gazette gé-
nérale delà musique, qu'il connut à Leipzig. Son
éducation musicale se comi)léta par un grand
voyage qu'il fit dans quelques-unes des villes
les plus importantes de l'Allemagne, Berlin,
Dresde, Hambourg, etc. Il m'a été impossible
78
BERLYN — BERNARDI
de trouver la liste complète des œuvres de Ber-
lyo, dont la fécondité était vraiment exagérée,
et qui paraît avoir joui de plus de facilité que
d'inspiration véritable. Cet artiste a écrit un
nombre incalculable doperas, oratorios, ballets,
cantates , symphonies , concertos , ouvertures,
cliœurs, fantaisies d'orchestre, quatuors d'ins-
truments, nocturnes, etc. Toute cette musique,
assez pure au point de vue de la forme, manque
essentiellement d'originalité. L'existence artis-
tique de Berlyn a néanmoins été des plus heu-
reuses : il eut des relations pleines de cordialité
avec plusieurs grands artistes, Mendeissohn,
Liszt, Ch. deBériot, Kalliwoda, ses succès dans
sa patrie furent considérables, il reçut des témoi-
gnages de bienveillance de plusieurs souverains,
et enfin il fut nommé membre de diverses so-
ciétés artistiques importantes , entre autres de
l'Académie de Sainte-Cécile, de Rome. Berlyn
fut pendant quelque temps chef d'orchestre du
théâtre royal d'Amsterdam , et il s'occupa un peu,
dit-on, de littérature musicale.
BEUIVARD (Paul), compositeur, professeur
et critique musical, né à Poitiers le 4 octobre
1827, a fait à Paris son éducation artistique.
Élève, pour le piano, de Gambaro et de Thalberg,
il entra en 1843 au Conservatoire, dans la classe
d'harmonie de M. Elwart, d'où il passa, en 1845,
dans la classe de fugue et de composition d'Ha-
lévy. Après avoir pris part, en 1847, au con-
cours de Rome, il ne put renouveler une se-
conde fois cette épreuve, s'élant marié au mois
d'avril de l'année suivante. M. Paul Bernard,
qui s'était fait entendre avec succès dans les
concerts, s'adonna alors au professoral, et se fit
dans cette carrière un nom honorable tandis
qu'il se distinguait aussi, comme compositeur,
par la publication de nombreuses œuvres pour
le piano, qui ont dépassé aujourd'hui le chiffre
de cent. Il a écrit encore les paroles et la musique
d'un assez grand nombre de mélodies vocales, et
fait exécuter quelques opéras de salon. Loin du
bruit, V Accord parfait, etc., dans lesquels on a
remarqué d'heureuses qualités d'inspiration et de
facture. Les circonstances de sa vie artistique ne
lui ont pourtant pas permis de se produire au
théâtre. M. Paul Bernard , auquel on doit d'a-
gréables articles de critique publiés depuis une
quinzaine d'années dans le Ménestrel et dans la
Revue et Gazette musicale, a vu son nom at-
taché à la fondation du concours Cressent (Foy.
ce nom), dont il a été, d'après la volonté expresse
du donateur, auquel le liait une amitié frater-
nelle, l'un des principaux organisateurs.
BER!\ARD (Joseph-Ferdinand), chanteur,
a tenu l'emploi des ténorsgdans quelques villes
de province et de l'étranger, puis s'est fixé à
Paris comme professeur de chant, et y a publié
l'opuscule suivant : Manuel d'hygiène. La
Gymnastique pulmonaire, ori Vart de respi-
rer dans tous les actes de la vie physique. Je
ne connais de cet écrit que la 4' édition (Paris,
Baillière, 1875, in-8° de 70 pp.), « revue et cor-
rigée et contenant des exercices spéciaux pour
développer et perfectionner les organes de la
respiration et de la voix. « Une note de cette
4* édition porte que la T'a paru en 1868, la
2e en 1869 et la 3= en 1871. Par surcroît de pré-
caution, l'auteur annonce que " la 5* édition du
présqnt ouvrage contiendra le Thermomètre de
la vie et de, la mort, avec planches anatomi-
ques reproduisant la marche ascendante et des-
cendante du mouvement respiratoire et la trans-
formation de l'air en ondes sonores, dans la
production de la voix. »
BERX ARDEL ( Auguste -Sébastien-Phi -
lipi'e), luthier français, naquit à Mirecourt, le
12 Janvier 1802, fit son apprentissage dans sa
ville natale, puis vint à Paris et entra comme
ouvrier d'abord dans l'atelier de Nicolas Lupot,
puis dans celui de Gand père. Après six années
passéesainsi, il s'établit à son compte en 1826,
et commença à se faire une réputation honorable
par la bonne facture de ses instruments (1). Bien-
tôt il s'attacha à la reproduction de violons, al-
tos, basses et contrebasses des anciennes écoles,
et inventa un genre de cordes en double trait
pour la contrebasse à quatre cordes. Il prit part à
diverses expositions, et obtint successivement
une médaille de bronze (Paris, 1839), une médaille
d'argent (Paris, 1844), une médaille d'or (Paris,
1849), et enfin une médaille de prix à l'exposi-
tion universelle de Londres en 1851. En 1859,
il s'associa ses deux fils aînés, Ernest-Auguste et
Gustave- Adolphe, et se retira en 1866. Il mou-
rut le 6 août 1870, à Bougival. Ses deux fils s'as-
socièrent alors avec M. Eugène Gand, et les deux
maisons Gand et Bernardel n'en formèrent plus
qu'une seule, sous la raison sociale Gand et
Bernardel frères. Un troisième fils de Bernar-
del, M. Anatole Bernardel , est professeur de
piano et a publié quelques compositions pour cet
instrument.
BER.\ARDI (Enrico), chef d'orchestre et
compositeur italien, s'est fait connaître par la
musique de quelques ballets, entre autres Ze-
liska, représenté à la Scala, de Milan, en 1860,
(1) Dans son livre : Les Instruments à archet, M. Vidal
a reproduit, en môme temps que le portrait de Bernardel,
l'étiquette d'un de ses premiers violons, écrite de sa pro-
pre main: Bernardel,luthier, ex ouvrier du sieur Lui-
pot, rue CoquiUiére, n" 44, « Paris, l'an 1826.
BERNARDI
Marco Viscond, joué au théâtre Regio, de Turin,
au mois de décembre 18G2, Ilda et Don Pa-
checo, donnés au théâtre communal de Trieste en
janvier 1868, enfin Ate, joué au théâtre Castelli,
de Milan, en avril 1876. II est aussi l'auteur d'une
opérette bouffe, il Granduca di Gerolstein,
donnée en 1871 sur un petit théâtre de Milan.
Cet artiste a publié un certain nombre de mor-
ceaux de musique de danse pour le piano. Il
était, en 1876, maestro concertatore et chef
d'orchestre au théâtre Dal Verme, de Milan.
BERNARDI (Antonio), compositeur, a fait
jouer sur le théâtre de Spa, le 20 août 1862, un
opéra-comique en un acte, intitulé Llndamire.
BERJXARDIIV (Bekn.\rd COURTOIS, dit),
violoniste et chef d'orchestre, né vers 1826, ob-
tint uu second pri\ de violon au Conservatoire,
au concours de 1841, et s'acquit aussitôt une
sorte de réputation en jouant dans les concerts
Devenu plus tard second chef d'orchestre au
Vaudeville, il fut ensuite choisi par M. Hervé
pour remplir les fonctions de premier chef au
petit théâtre des Folies-Concertantes, qui chan-
gea bientôt son nom en celui de Folies-Nou-
velles, puis de théâtre Déjazet. Bernardin ne
possédait aucune instruction musicale, mais il
avait les qualités pratiques du chef d'orchestre,
et il dirigeait avec goût l'exécution des opéret-
tes et des petits ballets que l'on jouait à ce
théâtre mignon. Il fut successivement chef d'or-
chestre de plusieurs théâtres du même genre,
les Bouffes Parisiens, l'Athénée, et enfin les Fo-
lies-Dramatiques. Il écrivit la musique, — sans
conséquence — de quelques petites pochades mu-
sicales : 1° Polkette, Folies-Nouvelles, 1856; 2°
Nous n'irons plus au bois , id., 1857 ;VP'titfi,
p'tit mignon, id.; 4° i\'îCrt/se, Bouffes-Parisiens,
1867 ; ainsi que de quelques pantomimes, entre
autres celles intitulées : une Razzia galante , et
Après la noce. Il a publié aussi, chez l'édi-
teur Meissonnier, une Fantaisie pour violon,
avec accompagnement de piano, sur deux ro-
mances de M"*^ Loïsa Puget. Bernardin est
mort à Paris, pendant le siège de cette ville, à
la fin de 1870 ou au commencement de 1871.
BERNARDIIVI (Andréa), amateur distin-
gué, né à Buti (Toscane), étudia la musique dès son
jeune âge avec Meliani, di Calcinaja, et Naldi, de
Pescia. C'est dans cette petite ville, oii il dirigea
pendant quelque temps la musique communale,
qu'en 1846 il produisit sa première messe. Se
rendant ensuite aux conseils de Pacini, il alla
perfectionner ses études à Bologne, où Rossini,
qui dirigeait alors le Lycée musical de cette ville,
s'intéressa à lui et l'aida de ses conseils. La mort
de son père le, rappela dans son pays, et les af-
BERR
79
faires lui firent négliger durant quelque temps
la musique, jusqu'au jour où, sur les instances
réitérées de Pacini, son ami personnel, il com-
posa un Credo, que le même Pacini, directeur
de la chapelle ducale de Lucques, fit exécuter
par les musiciens de cette chapelle. L'heureuse
réussite de ce Credo lui procura un engagement
pour composer, en 1808, une grand'messe pour
la fête patronale de la ville de Lucques. Dès ce
moment, Bernardini continua à produire de ses
compositions aux fêtes sacrées, soit à Lucques,
soit à Pescia, et toujours avec beaucoup de
succès. Il est fâcheux que Bernardini, occupé
dans le petit pays qui l'a vu naître à administrer
son riche patrimoine^ ne tire pas tout le profit
qu'il pourrait du talent distingué dont il est
doué, en s'élançant hors des étroites limites de
sa province. L. F. C.
BER\'ICAT (Firmin), compositeur, a écrit
la musique de quelques opérettes ou saynètes
représentées sur de petits théâtres ou dans des
cafés concerts : Derix à deux, un acte, Tertulia,
1872 ; la Queue du Diable, id., id., 1873 ; Ali !
c't Indien, id., Folies-Bergère, 1874; Parla
fenêtre, id., id., 1874; Ali pot d'rfium, ii.;
les Deux Omar, id., Fantaisies-Oller, 1876; le
Voyage du petit Marquis, id., id., 1876; la
Jeunesse de Béranger, Eldorado, 1877.
* BERNIER (Nicolas), a publié chez Ballard
une cantate intitulée les ISymphes de Diane.
* BERR (Frédéric). La date de la mort de
cet artiste est le 24 septembre 1838.
Voici ce qu'un recueil spécial {l'Agenda mu-
sical pour 1837) disait de lui et du Gymnase
musical militaire à l'époque où cet utile établis-
sement, aujourd'hui disparu, venait d'être fondé,
et où la direction venait de lui en être confiée :
— « Dans les premiers temps de la fondation du
Conservatoire, cet établissement fournissait pen-
dant les guerres presque tous les musiciens né-
cessaires au service de quatorze armées, mais
les grands développements qu'on a donnés de-
puis à l'instruction musicale l'éloignèrent du but
pi'imilif; tandis qu'on formait des sujets pour le
théâtre lyrique, les musiques militaires se re-
crutaient dans les régiments mêmes, où les exi-
gences du service ne laissent point au chef de
musique le temps de former de bons élèves. Il y
a plus, tous ces chefs ne sont pas capables ; et
l'on explique ainsi pourquoi, lors des inspec-
tions, plusieurs colonels ont demandé la sup-
pression de leur musique. C'est d'après des
rapports circonstanciés que M. le ministre a
formé le projet de fonder une école dans la-
quelle de jeunes soldats déjà musiciens et de-
vant encore plusieurs années de service, vien-
80
BERR — BERTHELEMON
dront pendant deux ans, dans le Gymnase mili-
taire, pour se perfectionner sur un instrument et
y étudier l'art si difficile de conduire les orclies-
tres, et retourneront ensuite à leur corps jusqu'à
l'expiration de leur engagement pour y enseigner
et propager les bons principes qu'ils auront
reçus. Ils pourront former des élèves et les pro-
poser pour le Gymnase musical. Ce projet aura
pour résultat d'améliorer les harmonies mili-
taires, et en outre d'offrir aux jeunes soldats
qui auront acquis un talent spécial une carrière
qu'ils ne pouvaient jamais espérer de suivre.
M. le ministre a choisi M. Berr pour diriger le
Gymnase musical. On ne peut qu'applaudir à un
pareil choix. Depuis plus de vingt ans, cet ar-
tiste s'est distingué par ses oeuvres de musique
militaire et d'harmonie. Son talent de composi-
teur et une longue expérience dans l'enseigne-
ment offrent toutes les garanties qu'on avait
droit d'exiger d'un homme chargé d'une sembla-
ble direction. ■>>
BERRC (Ferdinand;, compositeur belge, né
le 5 février 18'i3 à Ganshoren, près de Bruxelles,
commença l'étude de la musique sous la direction
de M. Godineau, et à l'âge de vingt ans suivit un
coursde composition avec M. Bosselet fils. Il avait
déjà, à cette époque, écrit plusieurs morceaux de
violon, et publié quelques mélodies vocales. Après
avoir fondé, à Bruxelles, le Cercle symphonique
et dramatique, il y fit jouer deux ouvrages de sa
composition : V Orage au moulin, opéra-comi-
que en un acte, 1867 (joué avec paroles flaman-
des, sous ce titre : Hlarliies op Jacht, le 12 oc-
tobre de la même année, au théâtre du Cirque),
et le Couteau de Castille, opéra-bouffe en un
acte, qui fut donné ensuite, le 22 avril 18G8, au
théâtre des Galeries Saint-Hubert. M. Berré, qui
a publié à Bruxelles, chez Schott, une cinquan-
taine de romances, a en portefeuille quatre autres
ouvrages dramatiques : le Dernier des Mohi-
cans, 3 actes; Madame Putiphar, 3 actes; les
Poltrons, un acte; et Lowely, grand opéra en 3
actes.
BERTAUD ou BERTEAU ( ). Un ar-
tiste de ce nom a fait représenter au théâtre
Favart, en 1800, unopéra-comiqueenun acte, le
Voisinage, dont il avait écrit la musique en so-
ciété avec Dugazon fils, Dubuat,Pradberet Qui-
nebaud. L'année suivante, il donnait à l'Ambigu,
seul cette fois, un autre petit ouvrage en un
acte, intitidé le Mari d''emprunt.
BERTELMAIX (J -G ), professeur de
piano, d'harmonie et de contrepoint à l'École
royale de musique d'Amsterdam, est né en cette
ville en 1782 et mort eu 1854, à l'âge de soixante-
douze ans. La carrière de cet artiste, qui fut l'un
des musiciens néerlandais les plus sérieux du
dix neuvième siècle, fut très-honorablement
remplie, très-laborieuse et tout entière consacrée
à l'art qu'il affectionnait. Comme compositeur, il
manqua d'idées et d'originalité dans ses ouvra-
ge>, qui sont nombreux; mais il avait le travail
facile, beaucoup de savoir-faire, et possédait son
contrepoint sur le bout des doigts. 11 forma
d'excellents élèves, entre autres MM. Van Brée,
Ed. de Hartog, Richard Hol, etc.
Il était chevalier de l'ordre du Lion Néerlan-
dais, membre de l'Académie de Sainte-Cécile de
Rome et membre d'honneur de la Société pour
l'encouragement de l'art musical dans les Pays-
Bas, qui publia à ses frais l'une de ses meilleures
partitions, une messe à quatre voix et chœur.
Un grand nombre de ses ouvrages sont gravés.
Les meilleurs sont un Bequiem (Amsterdam,
Tlioune), une cantate avec orchestre (id., id.),et
un quatuor pour instruments à cordes (Paris,
Richault). Il a laissé en manuscrit une quantité
de compositions, entre autres un Traité d'harmo-
nie, deux ouvertures, deux quatuors, un con-
certo de clarinette, des motets, et des chorals
harmonisés. Ed. de H.
* BERTELSMANN ( Chari.es-Alcuste ) ,
professeur de musique à Amsterdam et composi-
teur, est mort en celte ville le 20 novembre 1861 .
Les compositions de cet artiste sont nombreuses
et se montent à plus de cinquante œuvres.
BERTHA (Alexandre DE), compositeur,
est né à Pesth, en Hongrie. Son irrésistible pen-
chant pour la musique lui fit abandonner de
bonne heure les carrières juridique et politique,
dans lesquelles plusieurs membres de sa famille
s'étaient particulièrement distingués. Son père
appartenait à la haute magistrature, et Fr. Déàk
était de ses parents. Il commença ses études mu-
sicales à Pesth, sous les auspices de M. Mosouyi
et de M. A. Feley, et les acheva à Leipzig et à
Berlin près de Hauptmann, le célèbre conlra-
pimtiste, de Moschelès et de Hans de Biilow. Il
se fixa ensuite à Paris pour y épurer son goût
et y faire connaître la musique hongroise, dont
certains motifs pleins de verve et d'originalité
ont, par une étrange loi des contrastes, le carac-
tère rêveur des mélodies du Nord et la couleur
d'une œuvre orientale. Nous citerons parmi ses
principales productions : une symphonie, en ré,
des quatuors, des sonates et particulièrement
des Hongroises et des Palotas (danses mouve-
mentées de son pays) qui font ressouvenir heu-
reusement des Polonaises. M. de Bertha a aussi
composé un Hymne national, qui lui a valu
une médailled'or de l'empereur d'Autriche.
BERTHELEMON (FrançoisHippolyte),
BERTHELEMON — BERTINI
81
cortipositeiir dramatique dont le nom semble in-
diquer une origine française, vivait en Italie dans
la seconde moitié du di\-liuitième siècle. On a
représenté de lui , à Londres , un opéra intitulé
Pelopida, et à Florence on a exécuté un orato-
rio, Jefte in Mas fa.
BERTHÉLEMY (F....-C ), liautboïste
distingué, fit ses études au Conservatoire de Pa-
ris, où il obtint un accessit de hautbois en
1847, le second prix en 1848 et le premier prix
en 1850. Il fit partie des orcliestres de l'Opéra et
de la Société des concerts, et au mois de juillet
1867 fut nommé professeur de hautbois au Con-
servatoire, où il remplaça son ancien maître Trie-
bert. 11 ne remplit que peu de temps ces fonc-
tions, car il mourut subitement le li février
1868, en faisant son cours au collège Louis-le-
Grand, où il était aussi professeur.
BERTHOLD (Cuarles-Frédéiuc-Théo-
DOREj, musicien saxon, est né à Dresde le 18 dé-
cembre 1815. Depuis 1849 cet artiste réside en
Russie, où il a fondé une Société chorale qui donne
périodiquement des exécutions d'oratorios. Il a
écrit des messes, une symphonie et un oratorio
intitulé Petrus, plus différentes compositions re-
ligieuses de moins longue haleine. — Y.
*BERTIi\ (Ml"" LoDiSE-ANGÉLrQUE), a publié
nn recueil de Six Ballades {\ . le Matelot; i.
laFleur; 3.1a 3Iule;i.le Page;à. laChasse;
G. le Soir], et un trio pour piano, violon et vio-
loncelle. Parmi ses compositions inédites, nous
signalerons cinq symplionies de chambre, et un
assez grand nombre de chœurs : Prière, Hymne
à Apollon, VEnfant des Fées, les Esprits, le
Retour d'Agamemnon, les Chasseurs, les Juifs,
la Chasse et la Guerre, le Départ du comte,
Ronde de jeunes filles, etc. L'ouvrage que
j\iue Berlin a fait représenter à l'Opéra avait
pour titre £'smera/c/a, et non pas Notre-Dame
de Paris; écrit d"abord en cinq actes, il fut
joué en quatre, car on en supprima un avant la
représentation. M''« Berlin s'est occupée aussi
de poésie : elle a publié un volume de \evs,\les
Glanes (Paris, 1842), qui fut couronné par l'A-
«atiémie française, et un second volume intitulé
Nouvelles Glanes (Paris, Charpentier, 1876,
in-12).
* BERTINI (Henri-Jérôme), pianiste et
compositeur français, est mort le 1'^'^ octobre
1876 dans la propriété qu'il possédait à Meylan,
près Grenoble (1). Il setaitretiré dans cette pro-
priété depuis plus de vingt ans, et, quoique ne
(1) Le prénom de yerô/n*', omisdanslalnoticcde la Bio-
iiraphie universelle des Musiciens, est inscrit sur les let-
tres de décès de Bcriini.
BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. SUPPL. — T.
composant plus pour le public, il avait encore
écrit pour une société orphéonique, dont il était
le président, quelques messes et des chœurs que
l'on dit charmants.
Les œuvres publiées de Bertini s'élèvent à
près de deux cents, parmi lesquelles il faut sur-
tout citer : 1°25 Études, op. 29; — 2" 25 Étu-
des, op. 32 ; — 3" Études caractéri.stiques, dé-
diées au' Conservatoire de musique, op. 66; —
4° 25 Caprices-Études, op. 94 ; — 5° Éludes
musicales à 4 mains, op. 97 ; — 6" 23 Études fa-
ciles, op. 100; — 1° 24 Leçons mélodiques, op.
101 ; — 8"^ 25 Études artistiques de première
force, op. 122; — 9" 25 Études, op. 134,— 10°
25 Études musicales à 4 mains, op. 135; — 11"'
25 Études élémentaires, op. 137 ; — 12° 50 Étu-
des et Préludes mélodiques, op. 141 et 142; —
13° 25 Études très-faciles, op. 149; — 15° 25
Études faciles, op. 150; — 15° V Art de la me-
sure, 25 leçons en partition, op. 160; — 16° 25
Études priÈiaires pour les petites mains, op. 166;
— t7° 25 Etudes préparatoires, op. 175; — 18° 25
Études intermédiaires, op. 176; — 19° 25 Éludes
spéciales de la vélocité, du trille et de la main
gauche, op. 177; — 20° 25 Études normales et
classiques, op. 178; — 21° 25 Études, op. 179;
22° Rudiment, ou réunion des exercices les
plus indispensables pour acquérir un mécanisme
parfait, op. 84 ; — 23° École de la musique
d'ensemble, études spéciales du style élevé, de
la mesure et de toutes les combinaisons les plus
difficiles du rhythme, collection des fugues et
préludes de Sébastien Bach, arrangés à 4 main* ,
— 24° La Semaine du pianiste, études journa-
lières de la gamme dans tous les tons ; — 25"
Premières leçons doigtées et arrangées pour les
petites mains; — 26° Leçons progressives, suite
aux précédentes; — 27° Leçons récréatives,
suite aux précédentes ; — 28° Méthode élémen-
taire et facile de piano, dédiée aux élèves; —
29° Méthode complète et progressive de piano,
dédiée aux professeurs, etc., etc.
A ces œuvres, depuis longtemps connues et
appréciées , il faut ajouter un grand nombre de
compositions restées jusqu'à ce jour inédites, et
que le gendre de Bertini, M. Nickiès, organiste
de St-Eloi à Bordeaux, doit livrer prochainement
à la publicité ; on cite , parmi ces dernières :
1° 3 Nonettos pour piano et instruments à vent ;
2° 3 Symphonies pour piano et orchestre; 3°
deux livres d'Études à quatre mains; 4° une
série d'Études spéciales pour le double-dièze et
le double-bémol; 5° une vingtaine de morceaux
pour piano seul ; 6" des Études de solfège pour
neuf voix d'hommes ; 7° un Pie Jesu que Ber-
tini avait composé pour ses propres funérailles,
6
82
BERTINl — BERTON
et qui, par les soins de son gendre, a été exécuté
à Bordeaux pour le service funèl^re célébré en
son honneur.
On assure que Bertini avait refusé, sous le
gouvernement de juillet, la décoration de la Lé
gion d'iionneur, qui lui avait été offerte.
BERTIiXI (DOME-Mco), compositeur et pro-
fesseur, né à Lucques le 26 juin 1829, est issu
d'une famille dans laquelle la musique était tenue
en grande affection. Ses frères et ses sœurs cul-
tivaient tous la musique pour leur plaisir, sa
mère possédait un véritable talent de chanteuse
amateur, et son père, directeur du journal offi-
ciel du duché de Lucques, lui lit apprendre dès
sou plus jeune âge les premiers principes de l'art.
Doué d'une fort jolie voix, chantant avec ex-
pression, il fui à douze ans reçu à l'Institut mu-
sical de sa ville natale, alors dirigé par Giovanni
Pacini, et y remporta successivement tous les
premiers prix.
En 1848, lors du soulèvement naticyal de l'I-
talie, il s'engagea comme volontaire, se battit
dans plusieurs rencontres, et se distingua tout
particulièrement dans la journée du 29 mai. Mais
après la restauration des princes, et lorsque les
Autrichiens eurent envahi le pays, il dut se re-
tirer à la campagne pour se mettre en sûreté.
C'est alors qu'il reprit ses études musicales, cette
fois sous la direction de Michèle Puccini. Il les
mena avec assez d'activité pour être en état de
faire exécuter, le 25 juillet 1850, une mes.se et
une cantate de sa composition, et deux ans après,
le 22 novembre 1852, un Magnificat à 4 voix
avec accompagnement d'orchestre. Nommé en
1853 maître décomposition de la congrégation de
Sainte- Cécile de Lucques et maestro concerta-
tore au théâtre, il devint, en 1857, directeur de
l'Institut musical de Massa-Carrara et maître de
chapelle. Enfin, en 1862, il alla se fixer à Flo-
rence, où depuis lors il n'a cessé de se. livrer à
l'enseignement du chant, et où il est devenu di-
recteur de la Société Cherubini.
M. Bertini a fait paraître en 1866 un manuel
musical conçu d'après un nouveau système, sys-
tème mis en usage par lui et qui a produit, pa-
raît-il, d'excellents résultats; cet ouvrage a pour
titre : Compendlo di principii di musica se-
conda un nnovo sïstema, et a été approuvé par
MM. Mercadante, alors directeur du Conserva-
toire de Naples, Lauro Rossi, directeur de celui
de Milan, Platania, directeur de celui de Palerme,
et Gaetano Gaspari. M. Bertini est l'auteur de
deux opéras, Non ti scordar di me et Cinzica
Sismondi, qui n'ont point été représentés jus-
qu'ici (1876;, mais dont l'éditeur Morandi, de
Florence, a publié quelques morceaux, et il a
livré au public quelques compositions moins im-
portantes, entre autres un sonnet écrit sur des
vers de Michel-Ange à l'occasion du quatrième
centenaire de ce grand homme, et qui passe pour
une de ses meilleures productions. M. Bertini,
qui s'occupe aussi de littérature musicale, prend
part à la rédaction des journaux la Scena, de
Venise, et le Boccherini, de Florence, et il a
exercé les fonctions de critique dans une grande
feuille politique, VEpoca, pendant tout le temps
qu'a duré sa publication.
BERTII\I (Ernesto), compositeur drama-
tique, né à Macerata, a fait représenter sur le
théâtre de celte ville, il y a quelques années, un
drame lyrique intitulé Caterïna di Francia.
BERTIIXI (Natale), chef d'orchestre et
compositeur dramatique, né à Palerme, a fait
représenter en celte ville, sur le théâtre Belliui,
le 4 avril 1867, un opéra sérieux en trois actes,
intitulé Elrira da Fiesole. En 1872, cet artiste
était chef d'orchestre et maestro concerlaiore
au théâtre impérial d'Odessa.
* BERTIA^OTTI (Tni:i!i;sE), cantatrice re-
marquable, née à Savigliano en 1776 et non en
1780, est morte à Bologne le 12 février 1864.
BERTO\ (Pierre MONTAN-). Cet artiste
distingué s'était donné, à l'Opéra, une sorte de
spécialité : celle de rafraîchir, par l'aiijonction
de quelques morceaux nouveaux, les opéras an-
ciens que l'on jugeait à propos de remettre à la'
scène. C'est ainsi qu'il écrivit des airs, des
scènes, des airs de ballet pour Camille, reine
des Yolsques de Campra, pour Iphigénie en
Tauride de Campra et Desmarets, pour Castor
et Pollux et Dardaniis de Rameau, etc. Cela
lui donna l'occasion de publier (1762) un Recueil
de différents airs à grande symphonie,
composés et ajoutés dans plusieurs opéras et
exécutés au concert français des Tuileries
(Paris, La Chevardière). J'ignore si plusieurs
volumes de ce recueil ont paru, mais le premier
portait cette mention : « On donnera incessam-
ment le second et le troisième recueil. »
Berton mourut le 14 mai 1780.
*BERTOIX (Henri MONTAN-). Un assez
grand nombre d'erreurs s'étant produites' au sujet
des œuvres de ce compositeur célèbre', je crois
utile de reconstituer ici, par ordre chronologique,
son répertoire dramatique, en l'accompagnant
de quelques observations ; je ne m'occuperai ni
des oratorios exécutés au Concert spirituel, ni
des opéras restés inédits, mais seulement des
ouvrages représentés. En voici la liste :
1" Les Promesses de mariage, suite de l'É-
preuve villageoise, 2 actes, Comédie-Italienne,
4 juillet 1787 ; 2° l'Amant à l'épreuve, 2 actes.
BERTON
83
id., 5 décembre 1787 ; 3" les Brouilleries, 3
actes, id., 1" mars 1790 ; 4" les Rigueurs du
Cloître, 2 actes, id., 23 août 1790; ^y" le Nou-
veau d'Assas, 1 acte, id., octobre 1790; 6" les
Deux Sentinelles, un acte. Th. Favart (ex-Co-
médie-Italienne), 27 mars 1791 ; 7° Eugène, 3
actes, th. Feydeau, 11 mars 1793; 8° le Con-
grès des Rois, 3 actes (en société avec Blasius,
Cherubini, Dalayrac, Deshayes, Devienne, Gré-
try, Jadin, Kreutzer, MéhuI, Solié et Trial fils),
th. Favart, 26 février 1794 (cet ouvrage n'est
point cité par Fétis) ; 9" Agj'icole Viala ou le
Héros de la Durance,vin acte, th. Feydeau, 9
octobre 179i ; 10° Ponce de Léon, 3 actes, th.
Favart, mars 1797 (paroles et musique de Ber-
ton);ir le Rendez-Vous supposé ou le Souper
de famille, 2 actes, th. Favart, 5 août 179S
(ouvrage représenté précédenunent, le 11 no-
vembre 1788, sous forme de comédie et sous ce
titre : les Dangers de V absence, ou le Souper
de famille); 12° Montana et Stéphanie, 3 ac-
tes, tb. Favart, mars ou avril 1799 (ouvrage
défendu par la police après sa première repré-
sentation, joué pour la seconde fois le 20 avril,
et repris le 4 mai 1800 avec un troisième acte
nouveau); 13° la Nouvelle au camp de l'as-
sassinat des ministres français à Rastadt,
« scène patriotique, » Opéra, 14 juin 1799; 14°
l'Amour bizarre, ou les Projets dérangés, 3
actes, th. Favart, 30 août 1799 ; 15" le Délire,
ou les Suites d'une erreur, un acte, th. Favart,
6 décembre 1799 ; 16° le Grand Deuil, un acte,
th. Favart, 20 janvier 1801 ; 17" les Deux sous-
lieutenants o\i le C^cert interrompu, un acte,
th. Feydeau, 29 mai 1802 (Fétis a fait ici con-
fusion et a cru voir dans cet opéra deux ou-
vrages distincts, dont l'un aurait été représenté
sous ce titre : les Deux sous-lieutenants,
1 autre sous celui-ci : le Concert interrompu:
cette pièce avait été représentée précédemment
au th. Favart, le 19 mai 1792, sous forme de
comédie); 18° Aline, reine de Golconde, 3
actes, Opéra-Comique, 3 septembre 1803 ; 19° la
Romance, un acte, id., 2i janvier 1804; 20°,
Trusibule, " cantate scénique, » exécutée à
l'Hôtel de Ville (et non au Théâtre-Olympique,
comme l'a dit Fétis), le 16 décembre 1804; 21°
le Vaisseau-Amiral ou Forbin et Delville, un
acte, Opéra-Comique, 1'=' avril 1803 ; 22° Délia
et Verdikan, un acte, id., 8 mai 1805 (les pa-
roles de ce petit ouvrage étaient du chanteur
EUeviou) ; 23° les Maris garçons, un acte, id.,
15 juillet 1806; 24° le Chant du retour, can-
tate, id., 28 juillet 1807; 25° le Chevalier de
Sénanges, 3 actes, id., 23 juillet 1808; 26°
Ninon chez M>»e de Se vigne, un acte, id., 26
septembre 1808; 27° Françoise de Foix, 3
actes, id., 28 janvier 1809 ; 28° le Charme de
la Voix, un acte, id., 24 janvier 1811 ; 29° la
Victime des Arts ou la Fête de Famille, 2
actes (en société avec Nicolo et Solié), id., 28
février 1811 ; 30° V Enlèvement des Sabines,
ballet en 3 actes, représenté au palais impérial
de Fontainebleau le 4 novembre 1810, et à
l'Opéra le 25 juin 1811 ; W l Enfant prodigue,
ballet en 3 actes. Opéra, 28 avril 1812; 32° le
Laboureur chinois, pastiche en un acte, avec
récitatifs de Berton, Opéra, 5 février 1813 ; 33°
Valentin ou le Paysan romanesque, 3 actes,
Opéra-Comique, 13 septembre 1813 (repris et
réduit en 2 actes le 4 décembre 1819); 34°
/' Oriflamme, un acte (en société avec Kreut-
zer, Méhul et Paër), Opéra, r' février 1814;
35" l'Heureux Retour, ballet en un acte, id.,
25 juillet 1815 ; 36° les Dieux rivaux ou la
Fête de Cythère, opéra-ballet en un acte (en
société avec Kreutzer), Persuiset Spontini), id.,
21 juin 1816; 37° Féodor on le Batelier du
Don, un acte, Opéra-Cornique, 15 octobre 1816 ;
38° Roger de Sicile ou le Roi troubadour, 3
actes. Opéra, 4 mars 1817 ; 39° Corisandre ou
la Rose magique, 3 actes, Opéra-Cornique, 29
juillet 1820; 40° Blanche de Provence ou la
Cour des Fées, un acte (en société avec Boiel-
dieu, Cherubini, Kreutzer et Paër), représenté
à la cour le 1" mai et à l'Opéra le 3 mai 1821 ;
41° Virginie ou les Décemvirs, 3 actes. Opéra,
11 juin 1823 ; 42" les Deux Mousquetaires ou
la Robe de chambre, uu acte, Opéra-Comique,
22 décendire 1824; 4.3° Pharamond, 3 actes
( en société avec Boieldieu et Kreutzer), Opéra,
10 juin 1825 ; 44" les Créoles, 3 actes, Opéra-
Comique, 14 octobre 1826 (ouvrage non men-
tionné par Fétis) ; 45° les Petits Appartements,
un acte, Opéra-Comique, 9 juillet 1327 ; 46° la
Marqtiise de Brinvilliers, 3 actes (en société
avec Auber, Batton, Blangini. Boieldieu. Carafa,
Cherubini, Hérold et Paër), Opéra-Comique, 31
octobre 1831 (non mentionne par Fétis en ce
qui concerne Berton).
Il faut ajouter que Berton a modifié et ar-
rangé un ouvrage de Gluck et un de Grétry
pour deux reprises qui en furent faites à l'Opéra
et à l'Opéra-Comique. Écho et Narcisse, de
Gluck, ainsi remanié par lui, fut repris à l'O-
péra le 25 mars 1806, et Guillaume Tell, de Gré-
try, fut donné à l'Opéra-Comique le 24 mai 1828.
■* BERTOIV (Henri), fils du précédent (1).
Aux ouvrages dramatiques de ce compositeur, il
faut joindre le Présent de noces ou le Pari,
(t) Et non François, comme il a élc dit par erreur, i
84
BERTON — BERTRAND
ouvrage en un acte qui fut représenté à l'Opéra-
Cornique le 2 janvier 1810. Quant au Château
d'Urtuby (et non d'iturbide, comme il a été
dit), il fut donné au même théâtre le 14 jan-
vier 1834, dix-huit mois après la mort du com-
positeur, qui fut l'ime des premières viclimes
de l'épidémie cholérique de 1832. En lête du
livret de cette pièce, les auteurs, MM. de Lu-
rieu et Raoul, ont placé une pièce de vers « aux
mânes de Henri Berton fils, » pièce de vers qui
fut lue sur la scène, le jour de la première re-
présentation, et qu'il ne me semble pas inutile
de reproduire ici :
Un fléau d'jffreiise mémoire
Naguère époiivantait Paris;
Vertus, beauté, talens et gloire,
Rien ne put le fléchir : il fut sourd à nos cris....
Henri Beuton, tenant la lyre.
Tomba foudroyé sous ses coups;
I,c.s derniers chants, enfans de son délire,
L'infortuné les modulait pour vous.
Bientôt vous allez les entendre.
l,ui seul, hélas! il manque au rendez-vous.
Qu'il eût été joyeux d'être au milieu de nous!...
Ses amis empressés seraient venus lui prendre
La main, en lui disant : « C'est bien. »
Cotte main s'e t glacée... Et de ce cœur si digne.
De ce feu créateur, il ne reste plus rien....
Ces chants pleins d'avenir étaient le chant du cygne.
Vous les adopterez, oui, messieurs, car son nom
Du succès fut toujours le gage;
Oui, son aïeul, Pierre Berton,
Par ses accords, enivrant un autre âge.
De Gluck lui-même obtenait le suffrage.
Plus fier, plus maïc en ses accens,
De son CIs le brillant génie
Grandit encore avec les ans,
Et dans la France enlière on répète les chants
Et i'Jline et de Stéphanie.
Ainsi la gloire, aimant à proclamer ce nom,
Sur ses tables d'airain grava trois fois : Berton.
Henri, console-toi, puisqu'en mourant tu bisses
Pour héritage à tes enfans.
Trois générations de talens;
C'est la plus belle des noblesses.
De ses travaux lorsqu'il n'a pu jouir,
Pour un artiste qui succombe,
C'est, hélas! bien plus que mourir.
Ce fut le sort d'Henri... Grâce à vous, sur sa tombe,
Que ses enfans, quand ils iront prier.
Puissent porter demain quelques brins de laurier.
Fétis a été trompé par un faux renseignement
lorsqu'en parlant du fils de cet arlisfe, Adolphe
Berton, mort en 1857, il a dit : « En lui s'est
éteinte la quatrième génération d'une famille qui
s'était illustrée dans la musique. » La famille
était loin d'être éteinte, car Adolphe laissait un
frère, Charles-Francisque Montan-Berton, qui,
né à Paris le 16 septembre 1820 , embrassa la
carrière théâtrale, entra au Conservatoire dans la
classe de Samson, et devint l'un des premiers
comédiens de ce temps. Celui-ci épousa une fille
de son maître, M'^' Caroline Samson, qui s'est fait
connaître comme écrivain par des romans et des
pièces de théâtre, et il appartint successivement
au personnel de la Comédie-Française,du Vaude-
ville, des théâtres de Vienne et de St-Pétersbourg,
et plus tard de ceux du Gymnase, delà Gaîté, de
rodéon et de laPorte Saint-Martin. Charles-Fran-
cisque Berton est mort fou, le 18 janvier 1874,
laissant un fils, M. Pierre Berton, comédien fort
distingué lui-même et auteur dramatique, qui
s*est fait applaudir au Gymnase et à la Comédie-
Française et qui a fait représenter^quelques pièces
agréables, entre autres les Jurons de Cadillac,
la Vertu de ma femme, etc.
* BERTOiM (Ferdinand-Josepii). Aux ou-
vrages dramaliques de ce compositeur, il faut
ajouter Antigono.
lîERTRAXD (H -G ), violoniste et
compositeur français ou belge, a publié à Liège,
en 1768, un recueil de Sir. trios de violon,
op. 1.
BERTRAXD (JE.\iN- Gustave), écrivain mu-
sical distingué, est né à Vaugirard (Paris) le 24
décembre 1834. Bon helléniste, et, à ce titre,
membre de la Société d'encouragement des études
grecques, M. Bertrand, après avoir fait d'excel-
lentes études au lycée Louis le Grand, suivit les
cours de l'école ,des Chartes et sortit de cette
institution avec le diplôme d'archiviste-paléo-
giaphe. Sa thèse portait sur un point d'archéo-
logie musicale : l'Histoire de l'orgue dans
l'antiquité et au moyen âge, et des fragments
eu furent publiés dans le journal la Maîtrise.
L'auteur avait travaillé seul la théorie musicale
et l'harmonie.
Devenu en 1859 rédacteur en ' chef d'une
feuille théâtrale, M. Bertrand se vit bientôt
chargé de la critique musicale à la Revue ger-
manique (plus tard Revue moderne), puis, en
1862, prit possession du feuilleton dramatique
et musical du journal le Nord. Il a collaboré
successivement à la Revue et Gazette musi-
cale, au Ménestrel, au Moniteur universel,
au Journal des Débais, à la Patrie, au Soir,
au Journal de Paris, à l'Ami de la France, au
Journal officiel, etc.
Membre du comité des travaux historiques
(section d'archéologie), M. G. Bertrand fut, pen-
dant plusieurs années, chargé par le ministère
de l'instruction publique de missions scientifi-
ques en Russie, et en profita pour étudier,
avec l'intérêt qu'il mérite, l'art musical de ce
pays, si peu connu dans l'Europe occidentale.
Il prépare une histoire de l'Opéra national russe.
Ses observations, jointes à celles qu'il avait rap-
portées de ses précédents voyages en Allemagne
BERTRAND — BEST
85
et en Ilalie, lui permirent de publier un livre à
la fois très-ingénieux et très-substantiel : les
Aationalités musicales étudiées dans le
drame lyrique, livre dans lequel on rencontre
des aperçus neufs et des remarques fort utiles.
La crifiijue de M. Gustave Bertrand se fait d'ail-
leurs remarquer par une grande élévation de
pensée, des connaissances solides, et en même
temps par une urbanité de formes qu'on vou-
drait toujours retrouver sous la plume des écri-
vains dignes de ce nom.
Les écrits de M. G. Bertrand relatifs à la mu-
sique sont les suivants : \" Histoire ecclésias-
tique de l'Orgue (Paris, Cli. de Mourgues,
1859, in 8°); 2° Essai sxir la musique dans
l'antiquité [Pdirh, Didot, s. d., in-8"), tirage à
part d'un article fort important publié dans le
Complément de l Encijclopédie moderne; 3"
les Origines de Vharmonie (s. 1. n. d.), tirage
à part d'un article inséré dans la Reiue mo-
derne, du f"" septembre 1866 ; 4" de la Réforme
des études du chant au Conservatoire (Paris,
Heiigel, 1871, in-8"), travail plein d'intérêt,
écrit par l'auteur à la suite de visites faites par
lui aux conservatoires de Naples, de Milan, de
St-Pétersbourg et de Bruxelles ; 5° les Nationa-
lités musiccdes étudiées dans le drame ly-
rique (Paris, Didier, 1872, in-12). La publica-
tion de ces divers ouvrages a créé à leur auteur
une situation très-solide dans la critique, et lui
a donné une autorité incontestable. M. Bertrand
est l'un des collaborateurs du Supplément de la
Biographie universelle des Musiciens. Tout ré-
cemment il a pris posses-sion, sous le nom de
Jean Bertrand, du feuilleton dramatique et
musical du journal la République française.
*BERWALD (Je\n-Fkédéric), est mort
au mois de septembre 1861.
BEllWALD ( ). Un artiste de ce nom
a fait représenter à Stockholm , au mois d'avril
1862, un opéra intitulé Estrella de Soria, qui
a été très-favorablement accueilli par le public.
J'ignore, quoique cela paraisse probable , si cet
artiste appartient à la famille du précédent.
* BESAKZOAJ (Ferdinand). Cet artiste,
qui s'était établi à Paris, où il demeura plusieurs
années, fit représenter à l'Opéra-Comique , eu
1856, un petit ouvrage en un acte, intitulé te
Chercheur d'esprit, qui passa complètement
inaperçu et n'obtint qu'un petit nombre de re-
présentations. Besanzoni est mort à Venise, le
5 décembre 1868.
BESEKIRSKIJ (Vasil-Vasilevic), violo-
niste russe, membre de la chapelle impériale,
est né à Moscou en 1836. Cet artiste a complété
son éducation au Conservatoire de Bruxelles ,
sous la direction de M. Léonard. Après s'être fait
entendre à Bruxelles et à Paris, il retourna en
1860 dans sa patrie, où il a fondé une société
de quatuors. Il a écrit pour son instrument plu-
sieurs compositions qui ont été publiées en Alle-
magne. Y.
* BESSEj\1S (Antoine-Acgust&), violoniste
et compositeur, né à Anvers et fixé à Paris de-
puis 1852, est mort en celte dernière ville le 19
octobre 1868.
BESSOIV (Gustave- Auguste), facteur d'ins-
truments de musique en cuivre et l'un des in-
dustriels français les plus renommés en ce
genre, est né à Paris en 1820, et étudia fort
jeune loutes les questions relatives à la cons-
truction et au mécanisme de ces instruments :
cors, trompettes, trombones, cornets à pistons,
bugles, etc. Fort jeune encore, il présenta à
l'exposition de 1844 plusieurs produits qui fu-
rent récompensés, et depuis lors il n'a guère
laissé passer de solennités de ce genre sans y
prendre part et sans y obtenir des succès. Il a
été récompensé par une médaille de prix à l'Ex-
position universelle de Londres (1831) et par une
médaille de première classe à celle de Paris
(1855).
BEST (W -T \ organiste fameux en
Angleterre, et actuellement considéré comme le
premier de ce pays, est titulaire des grandes et
des plus belles orgues de concert du royaume,
celles de Royal-Albert- Hatl, à Londres, de
Saint- George' s- Hall, à Liverpool, enfin de la
nouvelle et superbe salle de Shelfield. Il a été,
je crois, organiste dune des plus importantes
églises de Birmingham. M. Best, qui est
âgé aujourd'hui d'environ cinquante ans, et qui
est considéré par ses compatriotes comme le pre-
mier organiste de l'Angleterre, est cependant
inférieur à plusieurs de ses confrères, et parti-
culièrement à M. Henry Smart, l'aveugle, artiste
extrêmement distingué. Très-habile au point de
vue du mécanisme comme exécutant, très-rompu
à la pratique comme compositeur, avec cela fort
instruit, M. Best possède un talent véritable,
mais un talent sans charme et qui n'est pas
échauffé par l'inspiration. On le voit parfois,
assis devant son instrument , s'arrêter au beau
milieu d'une phrase pour disposer et arranger
ses registres, prendre longuement son temps, puis
poursuivre ensuite tranquillement son petit dis-
cours interrompu. D'autre part, M. Best, quia
transcrit un certain nombre de concertos de Ilaîn-
del pour orgue et orchestre, n'a pas reculé devant
ce sacrilège de changer, quand cela lui convenait,
l'harmonie du maître. On voit ce qu'il faut pen-
ser d'un artiste qui en prend ainsi à son aise
86
BEST — BEZDECR
dans l'exercice d'un art qui exige le plus profond
respect de lui-même et du public. Il est certain
que la valeur de M. Best a été singulièrement
exagérée dans son pays , et qu'elle reste de
beaucoup au-dessous de sa renommée.
M. Best, qui s'est fait entendre plusieurs fois
à Paris dans les séances intimes d'orgue données
cbez nos grands facteurs , a publié un nombre
incalculable de transcri|jtions des diefs-d'œiivre
des grands maîtres. On lui doit des compositions
originales dont la valeur est mince, entre autres
une Collection of organe pièces, en plusieurs
livres.
* BÉTIIISY (Jea!s-Laure\t DE). L'Enlè-
vement d'Europe, tragédie-opéra dont cet ar-
tiste avait écrit tout à la fois les paroles et la
musique, fut jouée à Versailles, an concert de
la reine , au commencement du mois de juin
1739.
BETTS (John), lutbier anglais de la fin du
dix-huitième et du commencement du dix-neu-
vième siècle, naquit à StamTord en 1755 et mou-
rut en 1823. Établi à Londres, il y lit, dit-on,
d'importantes affaires, mais c'était plutôt un
marchand d'instruments qu'un lutbier véritable,
car on assure qu'il travaillait peu par lui-même.
Un luthier nommé John Carter, qui habitait
Londres en 1789, lui .fabriqua un grand nombre
d'instruments.
BETTS (Edward), luthier anglais de la fin
du dix-huitième siècle, fut élève du luthier Ri-
chard Duke [Voyez ce nom), fameux dans son
pays, et qu'il sut imiter habilement. Cependant,
les instruments sortis de ses mains, très-soignés
ettrès-finis dans leurs détails, laissaient, dit-on,
à désirer au point de vue de l'ensemble.
BETZ (I'rançois), premier baryton de l'Opéra
impérial de Berlin, est né à Mayence le 19
mars 1835. C'est un des chanteurs favoris de
M. Richard Wagner, et il faisait partie de
ceux qui ont chanté la fameuse tétralogie de
ce compositeur à Bayreuth, en 1876. Aussi
distingué, dit-on, comme comédien que comme
virtuose, il s'est fait surtout remarquer en Al-
lemagne dans le rôle de Hans Sachs des Maî-
tres chanteurs , dont il a fait une création
pleine de puissance et d'originalité , puis dans
le FreischiUz, Lohengrin, Tristan et Isolde,
Ipliigénie en Tauride, Hamlet , Aida, etc.
M. Betz s'est fait entendre parfois à l'Opéra
impérial de Vienne.
BEULE (Charles-Ernest), archéologue,
écrivain et homme politique français, né à Sau-
mur le 29 juin 1826, mort à Paris le 4 avril 1874,
n'est mentionné ici que pour les « éloges » con-
sacrés par lui à quelques musiciens en sa qua-
lité de secrétaire perpétuel de l'Académie des
beaux-arts. Il avait succédé sous ce rapport à
Halévy, et il eut ainsi l'occasion de lire à l'A-
cadémie des notices sur Halévy lui-même , sur
Meyerbeer et sur Rossini. Ces notices ont été
publiées à la librairie Firmin-Didot , en 1862,
1865 et 1869.
BEUMEB (Henri), violoniste et composi-
teur pour son instnmient, né à Leuwarden
(Pays-Bas), en 1831, fit -ses études musicales
sous la direction de son père, qui était chef de
musique de la 2*^ division d'infanterie. Dès l'âge
de douze ans il se faisait entendre avec succès
dans les concerts, et en 1849, ayant eu l'occasion
de se produire à Spa, devant Charles de Bériot,
ce maître le complimenta et lui proposa d'entrer
dans la classe supérieure de violon dont il était
titulaire au Conservatoire de Bruxelles. M. Beu-
mer accepta cette offre, entra au Conservatoire,
et au bout de deux années y remporta le prix
(l'honneur. Peu de temps après il devenait lui-
même professeur dans cet établissement, en
même temps que violon-solo au théâtre de la
Monnaie. Cet artiste s'est aussi livré à la com-
position; il a écrit la musique d'un ballet repré-
senté au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles, et
a publié, entre autres œuvres : 6 études pro-
gressives pour le violon; 50 études pour le
\iolon, dédiées 'à Charles de Bériot; Caprice
pour le violon, sur le God save the Quren ;
12 romances; une ouverture ; quatre fantaisies
pour orchestre , etc.
BE'VIGNAIXI (Enrico), chef d'orchestre et
compositeur dramatique, a fait représenter en
1802, sur un théâtre deNaples, un opéra inti-
tulé Caterina Blum. En 1872, M. Bevignani
était, conjointement avec M. Liiigi Arditi, chef
d'orchestre des théâtres italiens de Saint-Pé-
tersbourg et de Moscou, et en 1876, il remplissait
les mêmes fonctions au lliéâtre italien de Cu-
vent Garden, à Londres.
* BEYER (Ferdinand). Cet infatigable fa-
bricant de musique plus que médiocre, né à
Querfurt, dans la Prusse saxonne, le 25 juillet
1805, est mort à Mayence le 14 mai 1863.
Néanmoins, son commerce était tellement
florissant, qu'il s'est trouvé un artiste assez
avisé pour recueillir sa succession et prendre la
suite de ses affaires. Un compositeur de musi-
quette de piano a en effet adopté le pseudonyme
de Beyer, pour satisfaire le public amateur des
morceaux de ce dernier. H a seulement changé
l'initiale du prénom ; au lieu de F. Beyer, on
met sur le titre S. Beyer, et tout est dit.
BEZDECK (Frédéric-Wenzel), violoniste,
est né le 24 septembre 1804, à Prague. On a de
BEZDECK — BIÂGI
87
lui (\es quatuors pour instruments à cordes,
(les lieder et des morceaux de piano. Y.
BIAGGI (Gerolvmo-Alessandro), critique
et historien musical italien, est né vers 1815 à
Milan et fit ses études musicales au Conserva-
toire de cette ville, oii il entra le 2i octobre
1829 pour en sortir le 16 février 1839, après
avoir suivi les cours de violon et de composi-
tion. Bien que pourvu d'une instruction musicale
sérieuse et solide, M. Biaggi ne songea pas un
instant, dit-on, à suivre la carrière de compo-
siteur, et se livra aussitôt à son gortt pour la
critique, la littérature et lliistoire musicales.
Esprit élevé et indépendant, quoique imbu de
certains préjugés et un peu trop immobilisé dians
l'admiration du passé, il s'est fait dans son pays
une renomuiée véritable , méritée d'ailleurs à
beaucoup d'égards. En 1857, à la suite de lon-
gues méditations sur l'état de décadence dans
lequel se trouvait l'art musical religieux en Ita-
lie, il publia un écrit ainsi intitulé : Délia Mu-
sica religiosa e délie questioni inerenti, dis-
corso i\\i\An, Lucca, 1857, in-8"). Ce discours
de plus de 200 pages donne des preuves d'une
érudition solide, et quoique je sois loin de
partager toutes les idées exprimées par l'auteur,
je n'en dois pas moins rendre hommage à l'élé-
vation de son esprit et à son grand sentiment de
l'art.
C'est, je crois, à l'époque où il publia ce
livre, que M. Biaggi dirigeait à Milan une feuille
spéciale, Vltalia musicale, publiée par l'éditeur
Francesco Lucca. Peu d'années après il quittnit
Milan pour aller se fixer à Florence, où il deve-
nait bientôt le feuilletoniste musical de l'excel-
lent journal politique la jYffi;io?ie, et où, lors de
la création de l'Institut royal de musique, il fut
nommé professeur d'esthétique musicale et d'his-
toire de l'art dans cet établissement. M. Biaggi
est aussi cbargé de la critique musicale à la
Gazzella d'ItaUa, où il signe ses articles du
pseudonyme Ippolito d'Albano, et c'est encore
lui qui fait les revues musicales du grand recueil
littéraire qui a pour titre /a JSuova Aniologia,
lequel tient en Italie la place que la Revue des
Deux-Mondes occupe en France.
La situation littéraire de M. Biaggi, on le voit,
est considérable, et pourtant il est peut-être
juste de remarquer que, malgré l'estime qu'on
fait de son talent et de son caractère, l'autorité
qui s'attache à ses jugements n'est pas à la
hauteur de celte situation. M. Biaggi est consi-
déré comme un érudit, comme un savant, comme
un musicien de premier ordre, ses travaux,
«crits dans une langue élégante et claire, sont
tplus et recherchés, et néanmoins l'on ne peut pas
dire que l'écrivain tienne l'oreille du public et
entraîne ses lecteurs à sa suite. C'est que,
comme je le faisais entrevoir plus haut, M. Biaggi
est un peu trop confiné dans le passé, un passé
brillant et glorieux à la vérité, mais qui, étant
donné le progrès constant et le renouvellement
incessant de l'art, ne satisfait plus le besoin de
l'intelligence humaine. M. Biaggi en est resté à
Rossini ; on pourrait assurément plus mal choisir
son dieu, mais enfin Rossini, qui a été lui-même
un révolutionnaire en musique, a été suivi par
d'autres novateurs qui ont à leur tour renouvelé
ou tout au moins modifié profondément les
formes de l'art, et des travaux desquels il faut
absolument tenir compte. En un mot, M. Biaggi
ne croit qu'aux morts, et professe l'horreur la
plus profonde pour la musique île sou temps.
J'admets parfaitement que l'Italie ne possède
pas en ce moment un seul arliste de la trempe
de Ciraarosa ou de Paisiello, mais est-ce en dé-
courageant les jeunes producteurs qu'on par-
viendra à leur inspirer des chefs-d'œuvre"? Je
ne le crois pas. En tout cas, M. Biaggi pousse
certainement trop loin l'aniiuosité contre
i\I. Verdi, qui est sa bête noire, lorsqu'il traîne
aux gémonies des œuvres aussi mâles, aussi
puissantes qu'.4?fZaet la messe de Requiem. Je
suis fort loin d'admirer, pour ma part, tout ce
qu'a fait M. "Verdi, et je reconnais tout ce que
son génie a d'inégal, de sauvage et de désordonné.
Mais en présence des deux œuvres que je viens
de nommer, mon sentiment se modifie, et si la
critique ne perd pas complètement ses droits, du
moins peut-elle laisser une bonne part à la louange.
En résumé, M. Biaggi est un arliste fort distin-
gué, fort instruit, remarquable à plus d'un titre,
mais qui paraît vivre dans un temps qui n'est pas le
sien, etdont l'esprit est trop sensiblement éloigné,
par des idées surannées, du courant qui emporte
incessamment l'humanité vers l'éternel progrès.
BIAGI (Al\m\nno), excellent violoniste et
compositeur (1), naquit à Florence, le 20 décem-
bre 1800, fit sesétudes musicales dans les classes
de l'académie des beaux-arts de cette ville, et
devint un des meilleurs directeurs d'orchestre de
son temps. C'est en cette qualité qu'il fit long-
te mps partie de la musique de chambre et de
la chapelle de la cour grand-ducale de Toscane.
Il composa dans tous les genres, sauf le genre
théâtral, ce qui paraît tant soit peu étrange,
(1) Trompé par la simililude des noms, l'auteur de la
Biographie universelle des Musiciens a confondu en
une seule personnalité trois artistes distincts : 1\I. Ala-
manno Biagi, M. Alessandro Biagi, son frère, et M. riiio-
lamo Alessandro Biaggi. Nous rétablissons ici les faits
relativement à ees trois artistes. — a. -p.
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BIÂGI - BIANGHLXI
puisquen sa qualité de chef d'orchestre il passa
la plus grande partie de sa vie au théâtre. Du
reste, ses nombreuses compositions lui auraient
valu, sans doute, la réputation à laquelle il
avait droit, si elles n'étaient restées presque
toutes inédites. Parmi ses compositions instru-
mentales, on ne doit pas passer sous silence un
très-beau quatuor pour deux violons, alto et
violoncelle, qu il présenta peu de temps avant
sa mort à l'un des concours dus à la libéralité de
M. le D"' A. Basevi. Le quatuor obtint le prix,
mais au moment où le jugement était rendu,
l'auteur était déjà mort. A. Biagi a. laissé bon
nombre de motets, psaumes, messes, dont cinq
des morts ; une seule a été imprimée à Florence
par F. Lorenzi. Si, dans la musique sacrée de
A. Biagi, on remarque parfois quelque sécheresse
en ce qui concerne la mélodie, on rencontre
aussi constamment une harmonie pure, une fac-
ture habile, une belle orchestration et surtout
une remarquable noblesse de conception.
Le gouvernement de la Toscane, qui par un
décret du 15 mars 1860 fonda l'Institut royal
de musique de Florence, appela A. Biagi à en
faire partie en qualité de conseiller censeur. Il
collabora avec MM. le D' A. Basevi et L.-F. Ca-
samorata à la rédaction des statuts de l'Institut,
mais il n'eut pas la satisfaction d'assister à son
inauguration, qui eut lieu vers la fin de 1861, car
il était mort le 20 juin de la même année dans
toute la force de l'âge, à la suite d'une longue et
douloureuse maladie. L.-F. C.
BiAGI (Alessandro), compositeur, pianiste
et professeur, est né à Florence le 20 janvier
1819. A 1 âge de dix ans, il commença l'étude
du piano sous la direction d'un de ses frères,
M. Ludovico Biagi, qui devint plus tard un ocu-
liste remarquable, et un an après il entra, à
l'académie des beaux-arts, dans la classe de
Geremia Sboici, puis dans celle de Palafuti. Il
obtint la première médaille au concours, et en
1836 la même récompense lui fut accordée au
concours de contrepoint, qu'il avait étudié avec
Nencini. Ses études terminées, il se consacra à
l'enseignement du piano, et fut appelé, en 1857,
à succéder à son maître Palafuti dans sa
classe de l'académie, devenue plus tard l'Institut
musical. M. Alessandro Biagi jouit d'une grande
notoriété conmie professeur, et ses compositions
pour le chant et pour le piano sont fort estimées.
Il ne s'en est pas tenu, d'ailleurs, à des compo-
sitions instrinnentales, et il a abordé par deux
fois le théâtre, en faisant représenter la Secchia
rapila, opéra-bouffe (Florence, th. de la Per-
gola, 1839), et Gonzalvo di Cordova, opéra
sérieux (id., th. National, 1857), qui tous deux
reçurent du public un heureux accueil. On con-
naît encore, entre beaucoup d'autres moins im-
portantes, deux grandes compositions de AI. Ales-
sandro Biagi : un Cantico di Zaccaria (18.i8),
à 4 voix, chœur et orcliestre, qui a obtenu la
médaille d'or dans un concours académique, et
un Padre Aostro, écrit sur des vers du Dante,
qui a été exécuté par la Société de musique
clas.sique lors des fêtes qui ont été célébrées en
l'honneur de ce grand homme.
BIAL (Charles), pianiste et compositeur ,
est né le 14 juillet 1833 à Habelschwerdt, dans
le comté de Glatz. II a composé de la musique
de piano et des lieder. Y.
BIAL (R ), musicien allemand contempo-
rain, s'est produit plusieurs fois au théâtre, avec
les ouvrages suivants : 1° Monsieur de Papil-
lon, opéra-comique en un acte, Berlin, th.
Wallner, janvier 1870; 2° dei- Liebesring {rAn-
neau d'amour) , opéra-bouffe en trois actes,
Berlin, th. Friedrich-Willielmstadt, 4 décembre
1875; 3° Un homme prudent, opérette, jan-
vier 1876. On a annoncé une opérette de cet
artiste. Pferffepring, comme devant être re-
présentée sur le théâtre Kroll, de Berlin; mais
je ne sais si elle a été jouée jusqu'ici.
* BIA^'CHI (Françoise M. le docteur Ba-
sevi, de Florence , possède de cet artiste le
manuscrit d'un ouvrage ainsi intitulé : De VAt-
fraclion harmonique, ou Système physico-
mathématique de l'harmonie, fondé szcr l'a-
nalyse desphénoinhies que présente la corde
sonore, suivi d'un traité théor'ico-pratique de
contrepoint et de composition idéale. Peut-
être est-ce là le traité théorique sur la nmsique
dont l'auteur de la B'iograplûe universelle des
Musiciens a parlé au nom de François Bian-
chi, et dont la Quarterhj musical Review, de
Londres, aurait donné naguère quelques ex-
traits. En ce qui concerne le catalogue des ou-
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut y
ajouter les deux suivants : Venere e Adone,
représenté à Florence en 1781, et Seleuco, donné
à Livourne en 1792.
BIAXCHI (Eliodouo), compositeur italien,
a fait représenter sur le théâtre de Bari, au
mois de juillet 1873, une f'arsa en un acte inti-
tulée Gara d'amore; cet ouvrage obtint un
véritable succès, et, le soir de la première re-
présentation, les spectateurs firent recommencer
l'ouverture. Je n'ai pas d'autres renseignements
sur M. Blanchi, sinon que cet artiste était, pres-
que à la même époque, maestro concerlatore
au théâtre d'Alexandrie.
BIAACHIA'l (Giiski'pe), compositeur, né à
Rome, a fait représenter dans le cours du dix-
BIANCHINI — BIGNAMI
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huitième siècle un opéra séïieux intitulé Anti-
gona.
BICKIA'G (Alfred), chanteur et composi-
teur, né à Berlin en 1840, avait commencé ses
études musicales dans son pays, puis était allé
en Italie perfectionner son double talent de vir-
tuose et de compositeur. Au commencement de
1864 il faisait représenter, sur le théâtre de la
petite ville de Teramo, un opéra sérieux, Ven-
ceslao, qui était bien accueilli du public; mais
bientôt le jeune artiste, éprouvant les premiers
symptômes d'une maladie grave, crut devoir
quitter l'Italie pour retourner à Berlin, au mi-
lieu de sa famille. Il eut à peine le temps d'y
arriver, et mourut vers le milieu du mois d'août
1864, à peine âgé de 24 ans.
BIDELLI (Matteo), maître de musique et
compositeur, né à Lucques, vivait dans la pre-
mière moilié du dix-septième siècle. Il a publié
plusieurs messes à quatre voix, dont deux so-
pranos et deux ténors, et une Psalmodia ves-
pertina, imprimée à Lucques en 1617. On ignore
la date de la mort de cet artiste.
Des mémoires manuscrits conservés à la bi-
bliothèque publique de Lucques constatent que
dans le courant du seizième siècle existait en
cette ville un nommé Pellegrino Bidelli, qui était
à la fois imprimeur de musique et constructeur
d'orgues. Peut-être était-ce le père de l'artiste
dont il est ici question? En tous cas, il parait
probable que tous deux devaient appartenir à la
même famille.
* BIENAIMÉ (Paul-Emile), est mort subite-
ment le 17 janvier 1869, en donnant une leçon
de musique dans un lycée de Paris : d'après les
registres mêmes du Conservatoire, il était né à
Paris le 6 et non le 7 juillet 1802, comme il a
été dit par erreur. D'abord répétiteur au Conser-
vatoire, puis nommé en 1828 professeur de sol-
fège, enfin professeur d'harmonie et d'accom-
pagnement pratique pour les femmes le 10 juil-
let 1838, Bienaimé n'avait pris sa retraite que
peu d'années avant de mourir, et c'est en tra-
vaillant encore qu'il se reposait d'une existence
toute de labeur commencée en obtenant à vingf-
quatre ans, en 1826, le second grand prix de
l'Institut. De son long séjour au Conservatoire,
Bienaimé avait gardé et transmettait à ses élèves
un vif sentiment de reconnaissance pour Cheru-
bini, une profonde admiration pour le composi-
teur et une grande estime pour l'homme. L'au-
teur de celte notice, qui fut son élève, se rap-
pelle encore avec quelle animation indignée
Bienaimé comparait cette direction si sévère et
.si impartiale à celle qui suivit, et les résultats
produits par ces deux systèmes d'instruction. Au
milieu de ses leçons, Bienaimé avait trouvé le
temps de composer plusieurs messes solennelles
à grand orchestre-, il laisse, publiés ou inédits,
de nombreux morceaux, tant de musique reli-
gieuse que de salon ou de concert, parmi lesquels
plusieurs furent exécutés aux concerts du Con-
servatoire, que Bienaimé contribua à fonder, ou
aux séances publiques de la Société philotech-
niques et delà Société libre des beaux-arts, dont
il était membre. Il ay.iit entrepris dans les der-
niers temps une longue étude qui reste malheu-
reusement inachevée sur l'Histoire du piano
depuis son origine jusqu'à nos jours; mais
sou ouvrage le plus considérable est l'École de
l'harmonie moderne , traité complet de la
théorie et de la pratique de cette science de-
puis ses notions les plus élémentaires jusqu'à
ses derniers développements (3 vol. grand
in 8", Paris, Harand, 1863). Il avait mis vingt
ans à composer ce vaste travail, qui restera le
témoignage le plus sérieux de son solide savoir.
Ad. J — N.
BIFETTO (Francesco), musicien italien, né
à Bergame dans la première moilié du seizième
siècle, a publié le recueil suivant : Madrigali
a Quattro roci,7iovamente postiin lace. Libro
primo (Venise, Gardano, 1547).
BIGl ( ), est auteur d'un écrit sur
Claude Merulo et les organistes de son temps :
Di Claudio Merulo da Correggio, principe
dei contrappuntisti, e degli organisti del XVI
secolo (Parme, 1861, avec portrait).
BIGLIAIM (ViNCENzo), prêtre et composi-
teur italien, né à Alexandrie en 1801, mourut
à Turin au mois d'août 1870. Il avait fait de bon-
nes études au séminaire de sa ville natale, et,
avant de prendre les ordres, avait été professeur
de rhétorique dans un collège et professeur de
littérature à l'Académie militaiie de Turin, dont
il devint plus tard le chapelain tout en conser-
vant sou cours. Bigliani avait étudié la musique
dans sa jeunesse, et ne cessa de la cultiver jus-
qu'à sa mort; il se fit connaître comme compo-
siteur, surtout dans le genre sacré, et l'on cite
parmi se.s œuvres une messe funèbre à 3 voix
d'hommes avec accompagnement d'orchestre,
une ode lyrique intitulée la Gnerra, quelques
Canti Urico-morali, et plusieurs quatuors. On
doit aussi à Bigliani, qui fut l'un des collabora-
teurs àii\AGazzctta musicale de Milan, un pe-
tit livre intitulé la Messa in musica (l'iorence,
1872).
BIGXAMi ( ), compositeur italien, a
fait leprésenter sur le théâtre Paganini, de Gênes,
au mois de novembre 1872, un opéra intitulé
Anna Rasa.
90
BIGNON
BILLEMA
BIGiXOX (Locis), organiste, né à Paris le
12 juillet 1827, est mort à Marseille vers la fin
de l'année 187i. Il apprit la musique à la maî-
trise de Notre-Dame de Paris, où il était enfant
de chœur, et reçut des leçons d'orgue de M. Dan-
jou. En 1847, il fut jugé assez habile pour
suppléer son maître à Saint-Eustache, pendant
un long voyage que M. Danjou fit en Italie, dans
le but de recueillir des documents sur l'histoire
de la musique. Lonis Bignon avait été également
organiste suppléant à Notre-Dame. En octobre
18i7, il vint se fixer à Marseille et fut peu de
temps après nommé organiste de l'église Notre-
Dame-dii-Mont. En 1859, une classe d'harmonie
ayant été créée au Conservatoire de Marseille, il
fut appelé à la diriger. Il a conservé ces fonctions
jusqu'à sa mort. On a de cet artiste une Mé-
thode pratique d' accompagnement du plain-
chant, éditée par Bianchet, à Paris , un rra»7é
d'harmonie à l'usage de ses élèves, qui n'a
pas été publié et qui est conçu d'après le sys-
tème de Fétis, des leçons à réaliser, etc.
Al. R— d.
lîIGOXGIARl (Marco), compositeur, né à
Lucques au commencement du dix-septième siè-
cle, fut maiire de chapelle de l'église collégiale
de San Michèle inforo. On connaît de lui une
messe à huit voix, et deux actions dramatiques
composées en 1654 et 1657 et représentées à
l'occasion de la fête des Comices. Cet artiste
mourut en 1080.
BIGOIVGIAIll (Le P. Giovanni), probable-
ment frère du précédent, né dans le même temps
à Lucques, fut maître de chapelle de l'archevê-
ché de cette ville, où il mourut en 1692. On n'a
connaissance d'aucune composition sortie de sa
lilume.
UIHARI (Jean), violoniste tsigane, de Hon-
grie, naquit en 1769, à Gross-Abonz, dans le
comté de Presbourg. C'est un des instrumentis-
tes les plus habiles qui aient existé dans ce genre.
La bande musicale qu'il avait formée a eu grande
réputation, et n'a guère été surpassée. Bihari est
mort en 1828 à Pesth, oii l'on conserve au mu-
sée son portrait et son violon. Y.
BILBERGFl (Jean), écrivain Scandinave,
naquit à MarienstadI, en Suède, et mourut à
Strœgnœs, en 1717. On a de lui un ouvrage in-
titulé : De orchestra (Upsal, 1685). Y.
BILETTA (Emanuele), compositeur italien,
est né à Casai, dans la province de Montferrat,
le 20 décembre 1825. Pour premier maître il eut
son père, et à quatorze ans il était déjà pianiste
assez habile pour se faire entendre en public avec
succès. Il étudia ensuite l'harmonie et le contre-
point avec M. Turina, élève lui-même de Reicha,
et avant d'avoir atteint sa dix-huitième année il
avait écrit des messes, diverses autres compo-
sitions religieuses et des pièces de musique ins-
trumentale. Il alla passer alors trois années à
Bologne , oii il eut le bonheur de recevoir des
conseils de Rossini, et où, au milieu d'autres
compositions, il écrivit un opéra, Marco Vis-
conti, qui ne fut point représenté, et un Salve
Regina à quatre voix, avec chœur, qui fut très-
bien accueilli , et qui lui valut le diplôme de
membre de la Société philharmonique de Bolo-
gne. M. Biletta quitta cette ville pour venir à Pa-
ris, y publia un assez grand nombre de mor-
ceaux de piano, puis partit pour Londres, où
l'appelait un engagement de compositeur de bal-
lets pour le théâtre Covent-Garden (1848). Il
écrivit en effet, en cette ville, la musique de deux
grands ballets : les Cinq Sens et la Lutine, et
celle d'un opéra intitulé White Magie [la Ma-
gic blanche), qui fut chantée par la célèbre
M^^Louisa Pyne, miss Suzanne Pyne, MM. Har-
risson et Waiss.
De retour en Italie au bout de quelques an-
nées, M. Biletta donnait au théâtre ducal de
Parme son second opéi-a, l'Abbazia di Kelso
(1853); il revenait ensuite à Paris, faisait repré-
senter à l'Opéra un ouvrage en deux actes, la
Rose de Florence (1856), puis retournait à Lon-
dres pour y faire représenter une opérette inti-
tulée Caiight and Caged (1859). Je crois que
depuis lors cet artiste s'est fixé en cette ville, où
il s'est livré à l'enseignement et où il a publié une
Méthode de chant dont on dit beaucoup de
bien. T.L Biletta a composé plus de trois cents
œuvres de tout genre : ouvertures, morceaux de
piano, canzonettes, airs, madrigaux, pièces à une,
deux, trois et quatre voix, etc.
Au mois de septembre 1375, on a donné à Flo-
rence une version italienne de l'ouvrage que
M. Biletta avait fait représenter naguère à Paris,
la Rose de Florence, avec MM. Roger et Bonne-
trée pour principaux interprètes. Cette traduction
a obtenu un très-grand succès, et M. Biletta, en-
couragé par ce résultat, s'est mis aussitôt à écrire
un nouvel opéra, qui doit être prochainement
représenté. Cet artiste a publié, tant à Paris
qu'à Londres et à Milan, toute une collection de
mélodies vocales qui se font remarquer par l'é-
légance de la forme et le tour plein de charme
de l'idée musicale.
BILLEMA (Raphaël et Charles), pianistes
et compositeurs, fils d'un musicien napolitain et
tous deux nés à Naples, vinrent fort jeunes se
fixer en Francs, où ils publièrent un grand nom-
bre de compositions pour le piano à deux, à
quatre et à six mains, qu'ils écrivaient la plu-
i
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BILLEMA — BINGHAM
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part du