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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique. Supplément et complément"

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'The search for truth euen unto its innermost parts' 
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The Gift of 
SADYE RUBIN MARANTZ LEE 



The National Women's Comrnittee 
of Brandeis University 



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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



SUPPLEMENT ET C(3MPLEMENT 
TOME PREMIER 



TYPOGr.APHIE nnMIN-DinOT. — MKSML (ElRr 



BIOGRAPHIi: 

UNIVEliSELLE 



DES MUSICIENS 



KT 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



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PAR F.-J.'^1:^ETLS 



SUPPLEAIENT ET COMPLEAIENT 

Piihliés sous la direclinii de 

AL ARTHUR POUGIN 

TOME PREMIER 



PARIS 

LIUUAIKIE DE FIRMIN-DIDOT ET C'^ 

IMI'IÀI.MEUKS DE l'iNSTITUT, KUE JACOB, o6 

1878 

Tous droils réservés. 



Music 
Eeferenoe 

/y/- fôs' 

t2 






PREFACE 



Il y a quarante ans que Fétis publiait la première édition de sa 
Biographie universelle des Musiciens ; il y en a dix-sept qu'il com- 
mençait la publication delà seconde édition, qui constituait presque 
un ouvrage nouveau, tellement le travail primitif s'était agrandi , 
amélioré, accru de toutes façons. Chacun sait le succès qui ac- 
cueillit, non-seulement en France, mais dans toute l'Europe ar- 
tiste et lettrée, ce livre si nouveau, si utile, et si colossalement im- 
portant. L'auteur , après avoir passé vingt-cinq années de sa vie 
à le faire, en avait employé vingt-cinq autres à le refaire; et je 
ne sais trop si l'on trouverait, dans l'histoire de l'art, beaucoup 
d'exemples d'un tel labeur et d'une telle persévérance, appliqués 
au même ouvrage. 

Cependant, un travail biographique général, consacré à toute 
une classe d'individus, à toute une catégorie d'artistes, est fatale- 
ment destiné à devenir, avec le temps, défectueux et incomplet. 
L'esprit et le genre humains marchent sans cesse, l'art se poursuit 
et se renouvelle, des hommes et des œuvres, hier inconnus, nais- 
sent à la lumière, des artistes, les uns glorieux, les autres distin- 
gués, ceux-là simplement honorables, disparaissent au contraire 
de la scène du monde, des faits nouveaux se produisent, et chaque 
jour, en apportant son contingent à l'histoire intellectuelle de 
l'humanité, oblige cette histoire à se modifier et à se compléter. 

Pour ne parler que de la musique, nous vivons précisément en 

a 

Mus l'a 
Heference 



91463 



ii PREFACE. 

un temps de troubles, nous traversons une période de transition 
qui rendent les manifestations de cet art merveilleux non pas plus 
importantes, plus éclatanles que' dans le passé, mais plus actives 
parfois, plus militantes si l'on peut dire, et surtout, il faut bien le 
reconnaître, plus nombreuses et plus diverses qu'elles n'ont ja- 
mais été. On ne doit pas oublier, d'ailleurs, que le goût de la mu- 
sique se propage chaque jour davantage et s'étend à toutes les 
classes de la société, qu'il crée de nouveaux besoins pour le puJjlic, 
et que pour satisfaire ces besoins, pour alimenter la curiosité gé- 
nérale, devenue plus pressante, la production doit être activée par 
un plus grand nombre d'artistes. Les compositeurs deviennent 
donc sans cesse plus nombreux, leurs travaux se multiplient d'une 
façon incalculable, et l'annaliste a fort à faire d'enregistrer soi- 
gneusement, au jour le jour, chaque fait nouveau qui se présente 
dans le domaine de l'art. 

Un ouvrage tel que la Biographie universelle des Musiciens doit 
donc, pour conserver sa force et son utilité, être remisa jour pério- 
diquement. C'est ce que les éditeurs ont pensé, et ils ont voulu, 
après quinze ans, livrer au public un Supplément important, qui 
vint compléter cet ouvrage et le tenir au courant de tous les faits 
qui se sont produits depuis sa dernière édition. 

Je n'ai pas été, je l'avoue, médiocrement effrayé de l'importance 
de la tâche qu'on me proposait lorsqu'on a bien voulu m'offrir de 
me charger de la rédaction de ce Supplément. Peut-être cependant 
étais-je mieux préparé qu'un autre à un travail de ce genre. Depuis 
longtemps, en effet, je m'occupais de réunir des matériaux néces- 
saires à un Dictionnaire biographique général des musiciens français, 
ouvrage auquel je dois renoncer aujourd'hui, mais dont les élé- 
ments ont naturellement trouvé leur emploi dans celui-ci ; d'autre 
part, j'avais étudié avec une attention soutenue le mouvement 
musical de l'Italie contemporaine , et enfin mes cartons étaient 
pleins de notes et de documents sur les artistes importants qui 
depuis vingt ans occupent l'Europe de leur personne et de leurs 
œuvres. 

Néanmoins, je le répète, j'étais effrayé de la responsabilité qui 
allait peser sur moi, non-seulement à cause de l'immensité de la ta- 



PRÉFACE. iij 

che, mais aussi en raison de la rapidité avec laquelle elle devait être 
accomplie. Je ne pouvais pas, on le comprend, travailler à loisir 
et prendre tout mon temps ; il fallait me mettre à l'œuvre immé- 
diatement, et procéder aussi vite que possible, afin que le Supplé- 
ment qu'on me demandait fût bien à jour, et que le commence- 
ment n'ait pas trop vieilli lorsque viendrait la fin. 

C'est alors que j'eus l'idée, afin de presser le travail et de le 
rendre à la fois plus complet, de m'adresser à quelques amis, à 
quelques confrères de France et de l'étranger, et de les prier de 
m' aider dans la mesure de leurs moyens, selon la spécialité qui 
convenait le mieux à chacun. Je les remercie ici, du fond du cœur, 
d'avoir répondu si cordialement à mon appel, et je constate avec 
joie qu'aucun ne s'est dérobé à mes demandes, tous comprenant 
qu'il s'agissait d'une œuvre absolument honorable et qui ne pou- 
vait que gagner au concours de tous. 

C'est ainsi que, en ce qui concerne l'étranger, M. Casamorata, 
l'excellent président de l'Institut royal de musique de Florence, a 
bien voulu me fournir un certain nombre de notices fort intéres- 
santes sur quelques musiciens italiens contemporains ; que M. Joa- 
quim de Vasconcellos, l'auteur d'un livre remarquable , Os musicus 
poriuguezes, s'est chargé de tout ce qui avait trait aux artistes por- 
tugais, ses compatriotes; que M. Edouard de Hartog, un des com^ 
positeurs néerlandais les plus distingués de ce temps, m'a confié 
de nombreux articles sur les musiciens de son pays; que M. Félix 
Delhasse, un érudit aussi obligeant qu'infatigable, a consenti à se 
charger de beaucoup de notices relatives aux artistes belges, en mê- 
me temps ([u'il me fournissait des notes, des documents et des maté- 
riaux innombrables sur les artistes allemands contemporains (1). Ce 

(1) Je ne saurais assez exprimer ici la reconnaissance que je dois à M. Del- 
hasse, pour l'aide qu'il m'a apportée dans ce travail. Possesseur d'une riclie 
bil)liotlicque, ayant accumulé depuis plus de tiuarante ans, avec la passion 
éclairée d'un véritable artiste, une foule de notes et de documents précieux 
sur tous les musiciens européens. M, Delhasse a mis libéralement tous ces 
trésors à ma disposition, et, non content de cette obligeance, il s'est encore 
astreint à relire toutes les épreuves de ce Supplément, me signalant avec une 
ardeur et une bonté que je ne saurais trop louer toutes les erreurs, les 
omissions et les lacunes que son intelligente expérience lui faisait découvrir. 



iv PRÉFACE. 

n'est pas tout, et je dois signaler aussi le respectable docteur 
Abramo Basevi , de Florence , mes excellents confrères MM. Filippo 
Filippi, de Milan, et Carlo Caputo, de Naples, M. Edouard Gre- 
goir, d'Anvers, enfin M. Pena y Goni , de Madrid, qui ont bien 
voulu, sinon me rédiger des notices , du moins me communiquer 
sur les artistes de leurs pays respectifs des notes et des rensei- 
gnements pleins d'intérêt et d'utilité. 

Pour ce qui est de la France, il me faut remercier aussi les écri- 
vains et les érudits qui m'ont prêté si obligeamment leur concours : 
M. Weckerlin, à qui je dois surtout d'intéressants documents sur 
quelques anciens musiciens; M. Gustave Bertrand, qui, connais- 
sant parfaitement les compositeurs russes contemporains, a signé 
d'excellentes notices sur quelques-uns d'entre eux; M.Jules Gallay 
a fait de même pour quelques luthiers, la matière lui étant par- 
ticulièrement connue; enfin MM. J. de Filippi, Adolphe JuUien, 
Er. Thoinan, se sont occupés de certains artistes dont la vie 
leur était familière. Ne voulant pas oublier les musiciens fran- 
çais qui vivent loin de Paris et n'en sont pas moins méritants, 
je me suis adressé à quelques confrères de province ; ils ont de 
la façon la plus courtoise, répondu à mon appel : M. Alexis Rostand 
s'est chargé de tout ce qui avait trait à Marseille et au sud-est de 
la France; M. Anatole Loquin de tout ce qui concernait Bordeaux 
et le sud-ouest; M. Jules Cariez de ce qui touchait la Norman- 
die (1). 

Ce Supplément est aussi un complément, comme l'indique son 
litre. C'est-à-dire que je n'ai pas voulu me borner seulement à 
retracer les faits qui se sont produits, à mentionner les artistes 
nouveaux qui se sont fait connaître depuis la publication delà Bio- 
graphie universelle des musiciens; mais que, faisant un retour sur 
le passé, j'ai non-seulement corrigé un certain nombre des erreurs 
inséparables d'un ouvrage de ce genre, mais encore augmenté 

(I) Je dois ici des remercîraenls particuliers à la direction du secrétariat du 
Conservatoire de Paris, qui a mis à ma disposition, de la façon la plus obli- 
geante, les registres de cet établissement, et qui m'a prodigué, sur une foule 
d'artistes français, les renseignements les plus abondants et les plus précis. 
Je ne saurais troj) lui en exprinnîr ma gratitude. 



PREFACE. V 

cet ouvrage de notices sur des artistes intéressants qui n'y avaient 
pas été mentionnés, et complété des notices que l'absence de do- 
cuments positifs avait laissées forcément insuffisantes. On verra 
d'ailleurs que toutes les fois que j'ai rencontré une œuvre, une date, 
un fait nouveau sur tel ou tel artiste , je me suis fait un devoir 
de les produire et de compléter ainsi les renseignements existants. 

Un certain nombre de vides qui avaient été signalés dans la 
Biographie se trouvent donc comblés, au moins en partie, dans le 
présent Supplément, où des artistes méritants ont aujourd'hui leur 
histoire. On remarquera , entre autres, pour l'ancien personnel 
de l'Opéra, les noms d'Albert, Marie Aubry, Marie Brigogne, M"*" Che- 
valier, Ghopelet, M'"^ Coupé, Cuvillier, M'"^ Desmàtins , M"« Duplant, 
M"" Durancy, Gélin, M"" Grassari, Hardouin, M"^ Jawureck, Rosalie 
Levasseur, M"'' Rousselois , M"" Saint-Christophe, Tribou; pour les 
anciens artistes delaComédie-Italienne et derOpéra-Comique,M"'^Bil- 
lioni, M Carline, M"'® Crétu, Darboville, Dozainville, Féréol, 
M""' Laruette, M™^ Lemonnier, M"^ Lescot, Moreau-Sainti, M'"'' Mou- 
linghem, Nainville, Narbonne; puis, pour les organistes, Carlos 
Baguer, le P. Bréll , Cabo, Casanovas , le P. Coellio, Cuéllar y Al- 
tarriba, Desmazures, Ferrer, les frères Miroir; pour les claveci- 
nistes, deux membres inconnus de la famille Couperin, Duflitz, 
Lindeman , Thomelin; pour les violonistes, lesDumanoir, Imbault, 
Pérignon; pour les violoncellistes, Norblin;pour les luthistes, Bal- 
lard, Falco; pour les luthiers et facteurs d'instruments, la famille 
Banks, John et Edward Betts, les Calido, Carest, Davrainville , 
Dodd, Ducroquet, Fendt, Ferry, les Forster, Gand, Harris, les Henry, 
D'iaine, Lafleur, Montai; pour les éditeurs de musique, Breitkopf 
et Hœrtel, Ricordi, etc. etc. 

Parmi les nombreux ouvrages que j'ai consultés, je citerai par- 
ticulièrement les suivants : pour ceux publiés en France, les Mu- 
siciens polonais et slaves, de M. Albert Sowinski ; V Histoire du Conser- 
vatoire de musique et de déclamation, de Lassabathie; les Essais sur 
la musique, de Laborde; le Parnasse françois, de Titon du ïillet; 
VÉtat de la France; le Journal de Jean Hérouard; le Siècle littéraire 
de Louis XV, de Daquin; la Revue des maîtres de chapelle et Musi- 
ciens de la métropole de Rouen, de l'abbé Langlois; les Musiciens 



vj PRÉFACE. 

bourguignons, de M. Charles Poisot ; les Notes sur quelques musiciens 
dans la Brie, de M. Th.Lhiiillier ; l'Histoire des artistes du départe- 
ment du Gard, de M. Michel Nicolas ; les Feseurs et les Joueurs d'ins- 
truments, de M. Vidal; le Puy de Musique érigé à Évreux, de 
MM. Bonnin et Chassant; les Contemporains de Molière, de M. Victor 
Fournel ; les Tablettes de renommée des Musiciens (1785); l'Art harmo- 
nique, d'Ed. de Goussemaker; le Dictionnaire des artistes, de Charles 
Gahet; le Guide-manuel de l'orphéoniste, de M. Poirson; le Catalogue 
de la bibliothèque musicale du théâtre de l'Opéra, de M. Théodore de 
Lajarte; le Mémorial du Théâtre-Lyrique et V Histoire des Bouffes- 
Parisiens, de M. Albert de Lasalle ; De la littérature musicale en France, 
de M. Arthur Poiigin; VÀlmanach de la musique, par «un Musicien» ; 
V Annuaire des artistes français, de Guyot de Fère; le Dictionnaire 
critique de biographie et dliistoire, de Jal ; le Grand Dictionnaire uni- 
versel du XIX^ siècle , de Larousse; le Dictionnaire des contempo- 
rains, de M. Vapereau,; le Dictionnaire général de biographie fran- 
çaise et étrangère, de M. Adolphe Bitard ; la Biographie portative et 
universelle des Contemporains 

En ce qui concerne les ouvrages français publiés àTétrang-er, je 
mentionnerai : V Histoire des sociétés chorales de Belgique, de M. Thys ; 
la Musique aux Pays-Bas , de M. Vander Straeten; V Aperçu sur V an- 
cienne corporation des Musiciens iiistrumenlistes d'Anvers et les Be- 
cherches sur les facteurs de clavecins et les luthiers d'Anvers^ de 
M. Léon de Burbure; la Biographie des artistes musiciens belges et les 
Musiciens néerlandais, de M. Edouard Gregoir; le Panthéon musical 
et les Documents historiques relatifs à l'art musical et aux artistes mu- 
siciens, du même auteur; les Mattresde chant et organistes de Saint-Do- 
natien et de Saint-Sauveur à Bruges, de M. Van de Casteele; Cinquante 
ans de souvenirs, d'A. de Peellaert; le Manuel-annuaire des musiciens 
de la ville de Liège; VAlmanach de la comédie française établie à 
Bruxelles; les Tablettes du musicien; V Annuaire dramatique belge; 
la Musique en Suisse, de M. George Becker ; V Orgue du Palais de 
Vlndustrie d'Amsterdam, de M. Philbert. 

Pour l'Italie, j'ai eu recours aux écrits suivants : Dizionario bio- 
grafico, de Francesco Regli; Cenno storico sulla scuola musicale di 
Napoli, de U. Francesco Florimo; Série cronologica de' principi 



PRÉFACE. vij 

deW Accademia de Filarmonici di Bologna; Atti delV Accademia del 
R. Tstiluto musicale di Firenze; Storia del violino in Piemonte, de 
Francesco Regli; gli Artisti da leatro, de M. A. Ghislanzoni; Bio- 
grafe di scriltori e arlislimusicali, bergamasclii navili od oriundi, de 
G. S.Mayr; Cenni storici delVinsegnamenlo délia musica in Lucca e de 
più notabili maestri compositori chevi hanno fiorito^ par M. Agostino 
Cerù; Memorie risguardanli la storia delV arle musicale in Bologna 
alXVI sccolo, par M. Gaetano Gaspari (dans les Atli e Memorie délia 
R. depulazione di sloria patriaper le provincie di Romagna) ; Cenni 
storici sul R. Conservalorio di musica in Milano (de M. Lodovico 
Melzi); Teatro alla Scala, cronologia di tutti gli spettacoli , par 
M. Luigi Romani; Rappresentazioni date neireali teatri di 3Iilan0y 
^775-'/S73,parM.PompeoCambiasi; Teatro Carlo Felice{àe Gênes), 
relazione storico-esplicativa , par M. Cesare da Prato ; Cronistoria 
dei teatri di Mof/ena, par Alessandro Gandin-i; Dell" arte e del teatro 
di Padova, par M. G. Leoni; Annuario gene/ale délia musica , par 
M. Carlo Caputo; Annuario musicale universale , par M. Giovanni 
Paloschi. 

On sait que l'Allemagne est, plus que tout autre pays, fertile en 
bons et solides ouvrages sur la musique et les musiciens. J'ai sur- 
tout consulté les publications générales importantes qui y ont été 
faites dans ces dernières années : le Musikalisches-Conversations- 
Lexicon d'Hermann Mendel, qu'une mort prématurée a empêché 
cet artiste distingué de mener à terme, mais qui s'achève rapide- 
ment sous la nouvelle direction de M. Reissmann; le Tonkunstler- 
Lexicon, de Ledebur; le Theater-Lexicon, de Rlum ; enfin, le petit 
manuel encyclopédique et biographique deJulius Schuberth, Klei- 
nes musikalisches Conversations-Lexicon. 

En ce qui concerne l'Espagne, qui, à l'encontre de l'Allemagne, 
est le pays le moins riche de l'Europe en écrits relatifs à la musi- 
que, j'ai pu cependant puiser de bons renseignements dans le Dic- 
cionario hlografico-bibliografico de efemérides de mùsicos espanoles 
de M. Raltasar Saldoni, en éprouvant le regret que la publication 
d'un ouvrage si utile n'ait pu être continuée, et dans un opus- 
cule substantiel du même auteur, Resena historica de la escolania 
colegio di musica de la virgen de Montserrat; VAlmanaque mU' 



viij PRÉFACE. 

sical, de M. Obiols (1868), VAmanaqiie musical y de teatros {i8G8), 
et le Caïendario historico musical, de M. Soriano Fuertes (1873), 
m'ont fourni aussi quelques détails sur les compositeurs espagnols 
contemporains; je ne citerai guère que pour mémoire le Biccîon- 
ario tecnico, historico y biografico de la Musica, de M. José Parada y 
Barreto, et les Biografias de los musicos mas distinguido de iodos los 
paises , de M. Fargas y Soler, qui sont des ouvrages de seconde 
main et dans lesquels on trouverait difficilement un seul rensei- 
gnement nouveau, ua seul fait intéressant. 

Il va sans dire que je n'ai pas négligé les monographies spécia- 
les ou les publications intéressantes dont tant de grands artistes ont 
été l'objet, depuis quinze ans, en France, en Allemagne ou en Italie ; 
j'y ai trouvé souvent les éléments de rectifications importantes ou 
d'utiles et nouveaux renseignements, comme on pourra s'en con- 
vaincre aux noms d'Adam (Adolphe), Adam de la Halle, Auber, Bee- 
thoven, Bellini,Boieldîeu,Cherubini, Donizetti, Gluck, Mendelssolin, 
Pacini, Rossini, Schubert, Verdi, Weber, etc. Les journaux de mu- 
sique des grandes villes de l'Europe m'ont été aussi fort utiles, et 
parmi eux je citerai surtout la Revue et Gazette musicale de Paris , 
le Ménestrel , le Guide inusical de Bruxelles, la Gazzelta musicale de 
Milan , la Esparia musical, le Musical World, le Musical Standard, 
VEcho de Berlin, les Signale ei le Musikalisches Wochenblalt de Lei- 
pzig, la. Neue Berliner Musikzeitung , le Musik-Theater und Literalur- 
Journal de Vienne, Cxcilia et la Hollande musicale de La Haye. 
Enfin, j'ai mis aussi à contribution, cela va de soi, les catalo- 
gues des grandes maisons de publications musicales de l'Europe : 
Breitkopf et Haertel, Ricordi, Lucca, Brandus, Lemoine, Heugel, 
Flaxland, etc. , ainsi que ceux des grandes bibliothèques musica- 
les particulières qui ont été vendues dans ces dernières années, 
celles de Fétis, d'E. de Coussemaker, d'Adrien de la Fage, de Far- 
renc, et autres. J'ai trouvé dans ces diverses publications la trace 
de nombreuses œuvres musicales et d'écrits spéciaux que je ne con- 
naissais pas, et qui n'étaient point mentionnés dans la Biographie 
universelle des Musiciens. 

On se fera une idée du travail que je me suis imposé, en consi- 



PRÉFACE. ix 

dérant que le Supplément que je présente à cet ouvrage ne com- 
prend guère moins de cinq mille noms; cet ensemble formidable 
me donne la presque assurance que je n'ai pu oublier qu'un bien 
petit nombre d'artistes parmi ceux qui avaient droit à figurer dans 
une publication de ce genre. Les jeunes écoles musicales française, 
italienne et allemande y sont, j'en ai l'espoir, représentées de la fa- 
çon la plus complète, et je crois pouvoir dire que parmi ceux qui 
les composent, il en est beaucoup sur la vie desquels le public ne 
connaissait rien jusqu'ici et dont la carrière lui est retracée pour 
la première fois. Au nombre des artistes qui se sont ainsi mis en 
relief dépuis un certain temps, il me suffira de citer, pour la France, 
M'"^ de Grandval, MM. Georges Bizet, LéoDelibes, Théodore Dubois, 
Alexandre Guilmant, Ernest Guiraud, Joncières, Charles Lecocq, Le- 
nepveu, J. Massenet, Salvayre; pour l'Italie, MM. Auteri-Manzocchi, 
ArrigoBoito, Gobati, Gomez, Filifpo Marchetti, Ponchielli; pour 
l'Allemagne, MM. Abert, Max Bruch, Ignace Brttll, Hermann Gœtz, 
Edouard Grieg, Heinrich Hofmann, Jensen , etc. Si je joins à ces 
noms ceux de MM. Hamerick et Svendsen pour la Suède, Gui, Davi- 
doff et Tchaïkowski pour la Russie, Pierre Benoit et Brassin pour 
la Belgique, Gernsheim et Richard IIol pour les Pays-Bas, Barbieri, 
Hernando et Obiols pour l'Espagne, Holmes, Brinley-Richards et 
Arthur Sullivan pour l'Angleterre, Lysberg pour la Suisse, on verra 
que j'ai fait en sorte de n'oublier aucun pays, et que j'ai tâché de 
faire à chacun la part qui lui est due. 

Pourtant je dois déclarer que, malgré mes soins, malgré mes 
recherches minutieuses, malgré mon désir de ne laisser rien échap- 
per, je ne me crois nullement à l'abri d'erreurs ou d'omissions in- 
volontaires. La perfection n'est pas de ce monde, et dans un ou- 
vrage tel que celui-ci, où la matière est à la fois si éparse et si 
abondante, on ne peut, en dépit de tous les efforts, parvenir qu'à 
être le moins inexact et le moins incomplet possible. Fétis, qui s'y 
connaissait, le savait bien, et il l'a prouvé dans une lettre intéres- 
sante, que je vais reproduire ici, et qu'il adressait il y a douze ans 
à M. Weckerlin, l'excellent bibliothécaire actuel du Conservatoire 
de Paris, en réponse à tout un envoi de renseignements que celui-ci 
lui avait fait. 



X PRÉFACE. 

Voici cette lettre : 

« Bruxelles, le 16 juillet 1865. 
« Mon cher monsieur, 

a Je saisis l'occasion d'un moment de repos pour répondre à votre 
lettre de dimanche dernier et vous remercier du cadeau que vous 
m'avez fait de vos Poèmes de la mer. Je n'ai guère l'espoir de les lire 
avant la fin des concours du Conservatoire ; mais lorsque le temps des 
vacances sera venu, ce sera une de mes premières occupations. 

« Je vous remercie aussi des renseignements bibliographiques qui 
remplissent la plus grande partie de votre lettre. Je connais depuis en- 
viron 50 ans les volumes de la bibliothèque Impériale dont vous avez 
bien voulu me donner l'indication, et j'en ai pris des notes avec tous 
les premiers mots des chansons et des auteurs; mais d'une part, on 
ne sait rien sur les personnes de ceux-ci, et de l'autre, tout cela est de 
si peu de valeur, que j'ai un peu ,de regret d'être obligé de garder le 
silence à leur égard. J'ai dépensé récemment quelques milliers de 
francs pour l'acquisition de la plus considérable collection de chan- 
sons en musique qui, je crois, a jamais été rassemblée, mais j'aurais 
pu mieux employer mon argent. Par-ci par-là, je trouve certaines piè- 
ces qui ont le mérite d'un sentiment naïf; mais, en général, tout cela 
est vulgaire et assez mal écrit. 

« Pour quelques noms de valeur qu'on trouve dans ces rarissimes 
recueils d'Attaignant, de Jacques Moderne , de Nicolas Du Chenin, d'A- 
drian Le Roy, des deux Phalèse, de Jean Bellère et des Ballard, il y a 
des centaines de noms obscurs et très-dignes de l'être. 

« Les personnes qui prennent la peine de signaler certaines omis- 
sions, assez indifférentes, de la Biographie universelle des Musiciens, 
ignorent qu'il existe environ 1,500 compositeurs allemands dont le plus 
grand nombre ont un mérite réel, et qui néanmoins ne sont pas men- 
tionnés dans les biographies musicales publiées dans leur pays. J'ai 
dû souvent faire de grands efforts pour les tirer de l'oubli. Tout ce qui 
a été publié en Italie sur les musiciens de ce pays fourmille d'erreurs 
et d'inexactitudes que j'ai éclaircies et corrigées. Les musiciens belges 
des XIV et XVP siècles représentent toute l'histoire de la musique 
de ces époques; or, on ne les connaît que par leurs œuvres, ou plutôt 
par leurs noms ; c'est la Biographie universelle des Musiciens qui , pour 
la première fois, donne sur eux des renseignements complets et fait 
connaître leur énorme influence dans toute l'Europe. En Espagne, 



PRÉFACE. xj 

on ne savait rien en quelque sorte sur les musiciens de cette contrée; 
les maîtres de chapelle et les musiciens les plus remarquables de Bar- 
celone, de Madrid, de Séville et de Cadix m'ont écrit que c'est par mon 
livre qu'ils ont appris à connaître les gloires musicales de leur patrie. 

a En France, on ne lit pas mêmes les livres qu'on a sous la main, et 
je pose en fait qu'il n'y a pas dans ce pays trois personnes qui se dou- 
tent des lumières répandues dans la Biographie universelle des Musiciens 
sur toutes les questions importantes d'art, de science et de philosophie 
du beau. Un journaliste priait un jour M. Farrenc de lui faire une liste 
des principaux articles de ce livre, parce qu'il désirait les citer lors- 
qu'il en parlerait dans son journal. « Qu'avez-vous besoin de cela, lui 
« dit mon pauvre ami, puisque M. Fétis vous a donné son ouvrage? — 
tt Oh ! je n'ai pas le temps de parcourir cette énorme bibliothèque mu- 
te sicale. » 

« Eh bien ! ce même journaliste, qui ne m'est pas hostile, écrivait 
naguère cette phrase, à propos du même ouvrage: travail colossal, mais 
incomplet! Qu'en sait-il? 

« Un illustre philosophe m'a écrit à propos de ce travail et de mes 
autres ouvrages : « L'attention que j'ai mise à vous lire m'a donné sur 
« votre art des lumières que je cherchais depuis longtemps et que 
« je n'espérais plus; mais cette lecture m'a attristé en songeant que 
« vous êtes venu trop tard. La génération actuelle ne peut plus vous 
« comprendre au point de vue élevé où vous vous êtes placé : elle est 
« occupée d'autre chose, et l'art n'est plus pour elle qu'un amusement, 
« dans les moments perdus où l'on ne peut pas s'occuper de sa for- 
ce tune ou de sa ruine. Peut-être espérez-vous dans l'avenir? Hélas! 
a je crains qu'il n'y ait pas d'avenir pour ce qui vous intéresse : la 
« nature me paraît épuisée pour le beau, pour l'idéal chez les peuples 
« européens. Si une génération nouvelle peut rentrer dans ce domaine, 
(c dans l'avenir, elle viendra de l'Amérique ; mais cela est douteux. » 

« Quoi qu'il en soit, il est hors de doute que la Biographie univer- 
selle des Musiciens est imparfaite dans un certain nombre de faits et de 
dates : je l'ai dit dans ma préface. Il en est nécessairement ainsi de 
tous les ouvrages du même genre. Si dix personnes se mettaient à l'ou- 
vrage pour faire disparaître ces imperfections, et si elles y employaient 
dix années de recherches, il en resterait encore. 

« Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus 
distingués. 

« FÉTIS. » 



xij PRÉFACE. 

Ces lignes de Fétis devraient être toujours présentes à Fespritde 
tout écrivain qui s'occupe de travaux du genre de celui-ci : « Il 
est hors de doute que la Biographie universelle des Musiciens est 

imparfaite dans un certain nombre de faits et de dates lien 

est nécessairement ainsi de toutes les ouvrages du même genre. Si 
dix personnes se mettaient à V ouvrage pour faire disparaître ces im- 
perfections, et si elles y employaient dix années de recherches^ il en 
resterait encore. » J'insiste sur ce point pour qu'on ne croie pas 
que j'aie eu la prétention, dans le temps relativement court qui 
m'était accordé pour la rédaction de ce Supplément, de corriger 
toutes les erreurs, de relever toutes les omissions qu'on pouvait 
signaler dans l'ouvrage primitif ; je me tiens pour satisfait d'avoir 
redressé quelques-unes des premières, d'avoir réparé un certain 
nombre des autres. Ce n'était là, en somme, qu'une partie secon- 
daire et absolument arbitraire du travail dont je m'étais chargé. 
Quant à ce qui me concerne personnellement , c'est-à-dire la partie 
nouvelle de ce travail ^ celle qui a trait aux artistes contemporains, 
tous mes efforts ont tendu à ce qu'elle fût aussi exacte, aussi com- 
plète, aussi exempte d'erreurs que possible; mais j'avoue que je 
ne me tiens pas pour infaillible , et que si j'ai toujours tâché de 
faire pour le mieux, j'ai assez d'expérience pour craindre de n'a- 
voir pas toujours réussi. 

J'appelle donc de tous mes vœux les rectifications , les éclaircis- 
sements, les corrections auxquels cette publication pourrait donner 
lieu. J'ai la conviction qu'en mettant au jour, si imparfaite qu'elle 
puisse être, cette partie supplémentaire d'un ouvrage justement 
célèbre, je rends un service signalé à tous mes confrères, artistes 
ou écrivains, parce que j'apporte des éléments nouveaux à une 
branche singulièrement active aujourd'hui des connaissances hu- 
maines, que je viens renforcer, avec des faits encore inconnus, 
l'histoire de l'art contemporain. Mais, je le répète , j'appelle de 
tous mes vœux la critique de ces confrères, à quelque partie de 
l'Europe qu'ils appartiennent, et je les supplie ici, dans l'intérêt 
même de l'art, de ne pas négliger de me signaler les erreurs, les 
omissions, les inexactitudes de toute sorte qu'ils trouveraient à re- 
lever dans mon travail. Ils peuvent tenir pour certain que leurs 



PREFACE. 



XllJ 



ol)servations ne seront pas perdues, que j'en tiendrai compte par la 
suite, et que grâce à eux je ne cesserai d'améliorer une œuvre que 
je considère comme indispensable à quelques-uns, et utile à tous. 

Un dernier mot, et je termine. — Ce livre a été fait avec la plus 
entière bonne foi;, et j'ai tâché que la passion en fût absolument 
exclue; mon plus vif désir est qu'il soit apprécié de bonne foi et sans 
passion. 

Arthur Pougin. 



SIGNATURES DES AUTEURS 

DU PREMIER VOLUME. 



MM. 

A. L — N LoouiN (Anatole). 

Ad. J — K JuLLiEN (Adolphe). 

Al. R — D Rostand (Alexis). 

Ed. de h Hartog (Edouard de). 

Eit. ï TiioiNAN (Ernest). 

F. D Delhasse (Félix). 

G. R Rertrand (Gustave). 

J.-R. W Wegkerlin (J.-B.). 

J. G — z Garlez (Jules ). 

J. D. F FiLippi (J. de). 

J. DE V Vasconcellos (Joaquim de). 

J. G Gallay (Jules). 

L.-F. G ». . GASAiMORATA (L.-F.). 

Y Anonyme. 



Tous les articles non signés sont de M. Arthur Pougin. 



Tous les noms précédés d'un astérisque sont ceux ([ue l'on trouve dans la Biographie 
universelle des Musiciens, et dont les notices ont été rectifiées, corrigées ou complétées. 
Les notices qui ne sont accompagnées d'aucun signe sont entièrement nouvelles. 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



SUPPLEMENT 



ABADIE (Louis), compositeur de musique 
légère, s'est fait connaître par une innombrable 
quantité de chansons et de romances dont quel- 
ques-unes obtinrent , dans les années qui sui- 
virent 1848, de véritables succès de popularité. 
On peut citer surtout les Feuilles mortes , la 
Fille à Jérdme, lesjdus Beaux Yeux de Cas- 
tille , l'Amoureux de Pontoisé, D'où viens- 
tu, beau nuage? etc., etc. Malgré la vogue de 
quelques-unes de ces productions, Abadie,qui 
chercha inutilement et pendant longtemps à se 
produire au théâtre, finit par tomber dans la 
misère et mourut à l'hôpital , vers 1860, lais- 
sant trois enfants orphelins. Sept années après 
sa mort, le 11 mai 1867, on représentait au 
théâtre des Folies- Saint- Germain ie Danseur de 
corde, opéra-comique eu deux actes dont il avait 
écrit la musique, qui fut retouchée et orchestrée 
par M. deViliebichot. 

ABBADIA (Luigia), chanteuse fort re- 
marquable, née à Gênes en 1821 , reçut d'abord 
des leçons de son père, qui était maître de cha- 
pelle, et d'un violoniste nommé Bianchi. Elle 
était à peine âgée de quinze ans lorsqu'elle dé- 
buta d'une façon très-heureuse à Sassari; elle 
se rendit ensuite à Manloue, oii son succès fut 
complet , et c'est alors qu'elle fut engagée par 
Yimpresario Merelli , qui en peu de temps la 
produisit dans un grand nombre de villes : No- 
vare, Brescia, Monza, Bologne, Turin, Vienne, 
Milan, Pailoue, Triesle, Plaisance, etc., où elle 
excita l'enthousiasme et fut l'objet d'ovations 
multipliées. Certains ouvrages lui étaient parti- 
culièrement favorables, tels que Corrado d'Aï- 
tam,ura, la Regina di Golconda , il Tem- 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. — SUPPL . — 



plario, mais c'est surtout la Saf/o de Pacini qui 
lui valut ses plus éclatants triomphes, non- seu- 
lement comme chanteuse, mais comme tragé- 
dienne. Douée par la nature d'une voix de 
mezzo-soprano étendue, sympathique, puis- 
sante, elle en doublait les effets par l'art 
avec lequel elle la conduisait et par la gran- 
deur de son sentiment dramatique. Un goût 
parfait, une âme expansive, une ardeur brû- 
lante, un rare enthousiasme , avec cela des élans 
d'inspiration soudains et imprévus, telles étaient 
les qualités nombreuses et peu communes qui 
faisaient de cette cantatrice remarquable une 
artiste exceptionnelle et de premier ordre. Elle 
concourut puissamment au succès de Maria Pa- 
dilla, que Donizetti écrivit expressément pour 
elle, elle était sublime dans la Vestale, de Mer- 
cadante, et elle trouvait, au dernier acte de 
YErnani de Verdi, des accents d'une puissance 
incomparable. Ceux qui ont entendu une fois la 
vibration de ses notes inspirées, a dit un bio- 
graphe, ne sauraient jamais l'oublier. Vers 1859, 
celte grande artiste se rendit en Allemagne et se 
fit entendre à Hambourg et à Berlin, où ses succès 
ne furent pas moins grands que dans sa patrie. 
J'ignore ce qu'elle est devenue depuis lors. 

ABEL (Clamer-Heinrich) , musicien de la 
chambre du duc George- Guillaume de Hanovre 
et d'Ernest-Auguste de Brunswick. Cet artiste, 
d'origine hessoise, a vécu dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Il a publié un 
recueil de pièces instrumentales : allemandes , 
courantes, etc., sous ce titre : ErslUng musika- 
lischer Blumen (Premières fleurs musicales). 

.Y, 

T. I. 1 



ABELA — ABERT 



ABELA (Don Placido). Le chevalier Caie- 
taii Abela, issu d'une illustre famille sicilienne 
originaire d'Espagne, colonel de cuirassiers au 
service de la République française , étant à Na- 
ples en 1814, eut un enfant qu'il appela Joseph- 
Hilarion. Le chevalier Abela, envoyé en Sicile 
contre les soldats des Bourbons, laissa son fils à 
Naples chez les parents de son épouse, morte 
peu après la naissance de l'enfant. — Celui-ci 
montrant beaucoup de dispositions pour la musi- 
que, on l'envoya étudier le solfège comme 
externe au collège de musique , dans le ci-de- 
vant couvent des Jésuites de San-Sebastiano, à 
Naples. Lors delà translation du collège de San- 
Sebastiano à San-Pietro a Majella, le jeune 
Abela continua d'y étudier la musique, avec Pie- 
tro Casella. Mais, en décembre 1826, son père, qui 
lors de l'insurrection de la Sicile avait com- 
mandé les guérillas des insurgés siciliens et, aban- 
donné par les siens, était tombé entre les mains 
des soldats des Bourbons, ayant été condamné 
à mort et exécuté, le jeune Abela, âgé alors de 
treize ans, fut mis par le roi de ISai)les François 
1'"' dans le collège royal de Maddaloni, où il 
étudia le piano sous un vieux prêtre, ancien 
élève du collège de San-Onofrio à Naples. A 
l'âge de seize ans il obtint du roi la permission 
de se faire religieux dans l'ordre de Saint-Benoit, 
au couvent de Monle-Cassino , où il reçut le 
prénom de Placido, sous lequel on le connaît à 
présent, et où il fitenlSBj sa profession reli- 
gieuse. Il devint peu après organiste de l'église 
de .Monte-Cassino, et commença à étudier de son 
mieux la composition par lui-même. En 1851, 
J.-B. de Vecchis, bon maître napolitain, ayant 
été appelé à Monte-Cassino pour enseigner la 
musique aux séminaristes et aux collégiens, 
Abela eut de lui quelques leçons de contre-point ; 
mais le soudain départ de de Vecchis vint in- 
terrompre le cours de ses éludes, qu'il lui fal- 
lut continuer par lui-même à l'aide de hvres, 
jusqu'à ce que Philippe Ercolani, élève de Zin- 
garelli, s'étant établi pour quelque temps à 
San-Germano, au pied du mont sur lequel est 
bâti Monte-Cassino, Abela put recevoir quel- 
ques leçons même de ce maître. — Nonobstant 
l'irrégularité de ses éludes , le père Abela, à 
présent Prieur Cassinois [Priore Cassines), 
aidé de sa bonne volonté et de ses dispositions 
naturelles pour la musique, devint bon harmo- 
niste et conlrepointislc, et il y a plusieurs mor- 
ceaux de musique sacrée lie sa composition qui 
sont très-dignes d'allcnlion. La plus grande 
partie de ses œuvres , soit à voix seules , soit 
avec accompagnement d'orgue^ a été pubUèe à 
Naples par Girard et G". L. F. C. 



ABERT (J.-J.), compositeur de sympho- 
nies et d'opéras, est né en 1832 à Kacliowiiz, 
en Bohême. Grâce à sa jolie voix de soprano, 
Abert dut la faveur d'être admis au nombre des 
enfants de chœur de l'église hospilalière de sa 
ville natale, où il reçut sa première éducation et 
apprit les éléments de la musique. 11 avait huit 
ans à peine lorsque le prieur des Augustins , 
frappé de ses heureuses dispositions, le prit sous 
sa protection et l'emmena , du consentement de 
ses parents, dans son couvenl, où il lui lit don- 
ner une instruction litléraire et musicale aussi 
complète que le comportait le savoir des bons 
pères Augustins. Les progrès d'Aberl furent ra- 
pides, et ses connaissances musicales furent 
bientôt assez étendues pour qu'on put lui contier 
la direction de la chapelle du couvent. Il en 
profila pour faire exécuter les pièces religieuses 
qu'il composait dès cette époque, el pour passer 
en revue tous les morceaux de maîtres que 
renfermait la bibliothèque de la maîtrise. 

Cependant, Abert touchait à sa quinzième 
année, et son esprit d'indépendance ne tardait 
pas à s'éveiller , en môme temps qu'il sentait 
grandir son désir d'étendre le cercle de ses 
éludes. Un beau jour il prit la poudre d'escam- 
pette, sauta par-dessus les murs de sa piison et 
courut se réfugier chez un de ses oncles qui ha- 
bilait Prague. En dépit de son escapade d'éco- 
lier, Abert fut reçu à bras ouverts, et grâce à la 
protection de son oncle il ne tarda pas à entrer 
au Conservatoire de Prague, dont il devint en 
peu de temps un des plus brillants élèves. Après 
trois ans d'études assidues, son éducation était 
assez complète pour qu'il put faire exécuter, par 
ses camarades, deux ouvertures de sa composi- 
tion et une grande symphonie qui lui valut les 
suffrages du maître de chapelle P. Lindpaintner. 
C'est par la protection de cet artiste qu'Abert 
entra en 1852 au service du roi de Wurtem- 
berg, en qualité de contre^bassiste. Il occupa ce 
poste modeste jusqu'en 1867, travaillant sans 
relâche et profitant de tous les loisirs que lui 
laissaient ses fonctions, pour se livrer à la com- 
position. C'est ainsi qu'il produisit successive- 
ment sa Symphonie en ut mineur, exécutée 
pour la première fois à la Redoute de Stultgardt 
en 1853, sa Symphonie en la majeur, écrite en 
en 1 856, et une quantité de quatuors et de lieder. 
C'est en 1859 seulement qu'il fit jouer au théâtre 
de Stutlgardt son premier opéra : Anna von 
Landskron, dont le succès très-honorable ne 
dépassa pourtant pas les limites de la ville qui 
l'avait vu naître. Son second ouvrage drama- 
tique , le roi Enzio, joué en 1862, ne fut guère 
plus heureux , mais son poëme symphonique 



( 



ABERT — AGHARD 



Columbiis , écrit ea 1864, popularisa son nom 
dans toute l'Allemagne et le lil connaître à Paris 
même, lorsque M. Pasdeloup eut mis cette œuvre 
intéressante au programme des Concerts populai- 
res (1). Le troisième ouvrage dramatique d'Abert, 
Astorga, représenté à Stutlgardt en 186G, béné- 
iicia de la réputation que s'était faite son au- 
teur, et réussit avec éclat sur les principales 
scènes allemandes. H a été traduit en français 
par M. Victor Wilder, et publié à Paris chez 
les éditeurs Durand et Scliœnewerk. L'an- 
née 18C7 eut sur la carrière d'Abert une in- 
fluence décisive. Pendant la fermeture du théâtre 
de Sluttgardt, une partie de la troupe se dirigea 
sur Bade pour y donner quelques représenta- 
lions. Abert accompagna les comédiens voya- 
geurs , et prit la direction de l'orchestre. L'ha- 
bileté dont il fit preuve dans ces nouvelles 
fonctions lui valut la succession d'Eckert , un 
des meilleurs chefs d'orchestre de l'Allemagne et 
maître de chapelle du roi de Wurtemberg. 
Eckert, à la suite de quelques différends avec son 
directeur, ayant jugé à propos de se démettre de 
ses fonctions, Aberl fut désigné, par l'opinion 
unanime des musiciens, pour le remplacer. Il 
troqua sans regret l'archet du contre- bassiste 
contre le bâton du chef d'orchestre. 

Comme si toutes les bonnes fortunes devaient 
lui arriver à la fois, il obtint vers la même 
époque la main d'une opulente héritière à qui 
ses succès de compositeur avaient tourné la tête. 
Depuis ce temps, la muse d'Abert s'estendormie , 
et sa veine productive semble s'être épuisée. On 
promet cependant un nouvel ouvrage de lui : 
^«:io , qu'il ne faut pas confondre avec son 
deuxième ouvrage théâtral , portant à peu près 
le même litre. Y. 

AlîLXGDOiV (Lokd), amateur distingué de 
musique, qui vivait à Londres dans la seconde 
moitié (lu dix-huitième siècle , jouait fort bien 
de lallùle et composait pour cet instrument. En 



(I) La symphonie de Culumbiis faillit coûter la vie à 
son auteur, dans les circonstances suivantes. On venait 
de l'exécuter à Stuttgardt, où clic lui avait fait décerner 
un véritable triomphe, l'rcsque aussitôt Invité àse rendre 
à Lœwenberg pour en diriger une exécution à la cha- 
pelle du prince, 11 se mit en route; mais, arrivé à une 
lieue environ de 1 œwenberg, le cheval attelé à son traî- 
neau (c'était au mois de février isg;) prit le mors aux 
dents et entama une course folle. Le traîneau fut 
bientôt renversé, et l'artiste, qui avait été singulièrement 
maltraité par les premiers écarts du cheval, resta évanoui 
sur la route, par un froid âpre et rigoureus. Un voya- 
geur, l'ayant trouvé en cet état une heure après, s'em- 
pressa de le faire conduire à Lœwenberg, ou It s soins d'un 
médecin Unirent par le rappeler à la vie. Jlais ce n'esl 
qu'au bout de quelques semaines que le compositeur fut 
remis de cet accident. — A. P. 



1783, il fut mis à la tête d'une grande entreprise 
de concerts à laquelle on donna son nom, et dont 
le compositeur allemand Frédéric-Hermann Graf 
fut nommé chef d'orchestre et compositeur. Le 
concert Abingdon était l'un des plus fameux de 
toute l'Europe, tant par le grand nombre que par 
la supériorité des arlisles qui venaient s'y faire 
entendre. 

* ABOS (Jérôme). A la liste des ouvrages 
dramatiques de ce compositeur, il faut ajouter 
deux opéras bouffés, l'un, le Due Zingare, re- 
présenté au théâtre Nuovo, de Naples, en 1742; 
l'autre, la Moglie gelosa, donné en 1745 au 
théâtre des Fiorenlini , de la même ville. 

ABRAHAMSOIV ( Werner-Hans-Frédé- 
Kic), écrivain esthéticien , naquit à Schlesvvig le 
10 avril 1744. Il a composé un assez grand nom- 
bre de mélodies, dont plusieurs sont devenues 
populaires en Danemark ; mais ce qui le re- 
commande spécialement aux lecteurs de ce dic- 
tionnaire, c'est la belle collection de Chansons po- 
pulaires et guerrières du Danemark (5 volu- 
mes, Copenhague, 1812-14), qu'il a publiées en 
collaboration avec Nyerup et Ralibek. Abraham- 
son est mort avant l'achèvement de ce petit mo- 
nument national, le 22 septembre 1812. 

Y. 

* ABT (François). C'est le Paul Henrion 
de l'Allemagne. Destiné par ses parents à l'état 
ecclésiastique, il fréquenta pendant quelque 
temps la Thomas-Schule de Leipzick. C'est là 
qu'il trouva l'occasion d'achever son éducation 
musicale. Après quelques années de séjour à 
Zurich et à Brunswick, il fit, en 1872, une tour- 
née musicale en Amérique , d'où il revint chargé 
de dollars. Abt , revenu au pays natal , continue 
de se livrer à la production non interrompue do 
l'ieder et de chœurs qui ont popularisé son 
nom. On a publié de lui à Paris un recueil de 
quarante mélodies, avec paroles françaises , chez 
Durand et Schœnewerk. Y. 

ACEVES ( ), compositeur dramatique 

espagnol de l'époque actuelle , s'est fait connaître 
par la représentation de plusieurs zarzuelas qui 
ont été très-bien accueillies du public, et qui 
l'ont mis au rang des bons auteurs en ce genre. 
Je ne connais que les suivantes : i" Dos comicos 
de jrrovincia; 2" Sensïtiva , deux actes; 3° el 
Manco de Lepanto, épisode historique en un 
acte écrit pour l'anniversaire de la mort de Mi- 
chel Cervantes, Madrid, th. du Cirque, 23 avril 
1867 ; 4'' la Bola negra, un acte, 1872 ou 1873; 
5" el Testamento azul, trois actes ( en société 
avec MM. Barbieri et Oudrid), th. du Buen- 
Reliro, 20 juillet 1874. 

ACHARD.(Léon}, chanteur distingué, fils 



4 



AGHARD — ADAM DE LA HALE 



d'un comédien qui se (il une grande réputation 
au théâtre du Palais-Royal, avec M"e Déjazet, est 
né à Lyon le t6 février 1831. Après avoir ap- 
l>iis de bonne heure les premiers éléments de la 
musique, M. Achard fit ses études littéraires au 
collège Henri IV, où il eut pour condisciple 
M. Victorien Saniou, puis suivit les cours de l'É- 
cole de droit, et se (it recevoir licencié en 1852. 
Il entra alors dans une élude d'avoué, et en même 
temps devint élève de Bordogni au Conserva- 
toire, Ayant obtenu, dans cet établissement, un 
second accessit d'opéra-comique en 1853 et le 
premier prix en 1854, il fut engagé aussitôt au 
Théâtre-Lyrique, et débuta à ce théâtre, le 9 oc- 
tobre, dans un opéra de M. Gevaert, le Billet 
de Marguerite, qui servait aussi de début à 
M™* Deligne-Lauters, devenue depuis M"* Guey- 
mard. Fort bien accueilli par le public, M. Achard, 
dont la jolie voix de ténor était fraiclie et pleine 
de diarme, et chez qui l'on entrevoyait déjà les 
qualités d'un bon comédien, (it successivement 
plusieurs créations, dans les Charmeurs, de 
M. Poise, le Muletier de Tolède, d'Adam, les 
Compagnons de la Marjolaine, daM. llignard, 
i Habit de noces, de Paul Cuzent, et joua aussi 
plusieurs ouvrages du répertoire : le Barbier de 
Séville, Ma Tante Aurore, Marie, la Si- 
rène, etc. 

En 1836, la mort de son père vint éloigner 
momentanément M. Achard du théâtre (1). Pour- 
tant, après un silence de quelques mois, le jeune 
chanteur signa un engagement avec M. Halan- 
zier, alors directeur du Grand-Théâtre de Lyon, 
et alla tenir dans cette ville l'emploi des pre- 
miers ténors légers, jusqu'à l'époque où M. Per- 
rin l'appela à l'Opéra- Comique. Il débuta à ce 
théâtre, le 4 octobre 1862, dans la Dame blan- 
che , joua successivement lluydcc, le Songe 
d'une nuit d^èté, le Domino noir, le Pré aux 
Clercs, et créa des rôles importants dans le Ca- 



(1) Pierre-Frédéric Achard, père du chanteur qui fait 
l'objet de cette notice, était à tous ies points de vue un 
artiste fort distingué. On s'en rendra compte par ce 
seul fait. Fils d'un siii pie ouvrier tisseur en soles, Achard, 
qui avait û'abord suivi la profession iiatcrnelle, était en- 
suite devenu comédien, avait acquis fort Jeune une vé- 
ritable renommée en province, et venait débuter, le 10 
juillet 1834, au Palals-Royai, oii son succès n'était pas 
douteui un seul Instant; mais, tandis qu'il tenait à ce 
théâtre l'emploi des jeunes comiques, Achard, qui était 
doué d'une très-jcilie voix et qui sentait le besoin de sa- 
voir l'utiliser dans des rôles où le chant tenait alors une 
place fort importante, n'hésita pas à se faire admettre au 
Conservatoire, où il suivit les cours de vocalisaiion de 
Bordogni, et ceux de Nourrit pour léchant proprement 
dit. £n 1335, il obtenait le second prix de chant, et l'an- 
née suivante 11 partageait le premier avt c ATzard. Né à 
Lyon le 4 n ;vcn)bre ISOS, Achard mourut le 14 aoù"^ {%6. 



pitaine Henriot, Fior d'Aliza, Mignon, et di- 
vers autres ouvrages. 

En 1871, M. Achard, qui avait étudié déjà le 
chant italien, se rendit à Milan, reprit ces éludes 
sous la direction d'un maître habile, puis, après 
avoir signé un traité avec le théâtre de la Fenice, 
de Venise, alla passer une saison en cette ville, 
où il fut fort bien accueilli, et où il chanta, entre 
autres ouvrages, Romeo e Giulietta de M. Mar- 
chetti, et la traduction italienne de Mignon. 
Bientôt .M. Halanzier, devenu directeur de l'O- 
péra, l'engagea à ce théâtre pour créer le rôle 
de Yorick dans la Coupe du roi de Thulé, 
l'ouvrage couronné de M. Diaz (V. ce nom). 
Après avoir établi ce rôle, M. Achard se montra 
successivement dans les Huguenots , où il ob- 
tint surtout du succès, dans \' Africaine, Faust, 
Don Juan et la Favorite. Dei)uis lors il est 
rentré à l'Opéra-Comique, où il a créé un rôle 
important dans un ouvrage de M. Ernest Gui- 
raud , Piccolino. 

M. Achard a épousé, au mois de juillet 1864, 
M'ie Le Poitevin, (ille du peintre de ce nom. 
Un de ses frères, chanteur comme lui, est depuis 
plusieurs années directeur du Conservatoire de 
Dijon. 

ACUJXZO (l^iLii'po), compositeur italien, est 
l'auteur d'une farsa en un acte, \l Pittore d''un 
viorto vivo, représentée à Trani au mois de fé- 
vrier 1867. 

*ADAM DE LA UALE ou DE LA 
HALLE, surnommé le Bossu d'Aukas. — 
M. de Coussemaker a élevé un monument à la 
mémoire de ce trouvère fameux, qui peut être 
considéré comme un novateur et un artiste de 
génie, puisqu'il trouva une forme nouvelle de 
l'art, que c'est à lui qu'on doit le premier essai 
d'opéra comique connu (le Jeu de Robin et de 
Marion), et qu'il écrivit tout à la fois les paroles 
et la musique de cet ouvrage, qui, comme l'a 
fort bien dit l'auteur de la Biographie univer- 
selle des Muiiciens, << aurait dû suffire pour 
l'immortaliser ». M. de Coussemaker, qui s'est 
acquis ainsi de nouveaux titres à l'estime et à 
l'affection de tous les amis de l'art, a entrepris 
et su mener à bon terme une publication qui jus- 
qu'ici, que je sache , n'avait point d'analogue , 
celle de toutes les productions, littéraires et 
musicales, du célèbre trouvère artésien -.Œuvres 
complètes du trouvère Adam de la Halle 
(poésies et musique), publiées sous les auspices 
de la Société des sciences, des lettres et des 
arts de Lille, par E. de Coussemaker (Paris, Du- 
rand et Pedone-Lauriel, 1872,in-4°deLXXIV-440 
pages). 
Celle édition des œuvres d'Adam de la Halle. 



I 



ADAM DE LA HALE 



aussi pr(?cieuseen ce qui concerne les origines de 
notre langue que relativement à celles de notre mu- 
sique, est telle qu'on la pouvait attendre de la part 
d'iinériiditcommeM.de Coussemaker. L'éditeur a 
consulté tous les manuscrits connus pour conte- 
nir des productions de notre trouvère, et il a eu 
recours anx bibliothèques Nationale et de l'Arse- 
nal, à Paris, à celle du Vatican, à Rome, à celles 
d'Arras, de Cambrai, d'Aix (Provence), de Sienne 
et d'Oxford. C'est ainsi qu'il a pu réunir, avec 
une exactitude que la collation de textes multi- 
ples rendait souvent difficile, trente-quatre chan- 
sons, dix-sept jeux-partis, seize rondeaux, cinq 
motets, la pièce de vers intitulée le Congé, le 
fragment de poëme qui a pour titre le Roi de Si- 
cile, et enfin le Jeu d'Adam, le Jeu de Robin 
et de Marion, et le Jeu du Pèlerin (I). Les 
chansons, jeux-partis, rondeaux et motets sont 
reproduits non-seulement avec la musique, mais 
avec une traduction en notation moderne, et il en 
est de môme pour la pièce inappréciable de ce 
recueil, le Jeu, de Robin et de Marion. J'avais 
donc raison de dire que c'est là, à une distance 
de six siècles, un véritable monument élevé à la 
mémoire d'Adam de la Halle. 

M. de Coussemaker a accompagné son édition 
d'une esquisse biographique sur Adam , d'une 
description sommaire des manuscrits dans les- 
quels on retrouve quelques-unes de ses œuvres, 
d'une indication des éditions partielles qui ont 
été faites de celles-ci,'enfin d'une étude critique de 
ses mélodies et de ses compositions harmoniques. 
« En examinant, dit M. de Coussemaker, les poé- 
sies chantées des trouvères, il est indispensable de 
tenir compte de l'élément musical qui, avec toute 
évidence, y exerçait une intluence déterminée. 
Les œuvres d'Adam de la Halle surtout doivent 
être étudiées à ce point de vue, car le trouvère 
artésien était à la fois poète et musicien ; musi- 
cien mélodiste et harmoniste. Il est même à re- 
marquer qu'il a donné à l'harmonie une certaine 
impulsion; ce qui semble témoigner qu'il a dû 
faire, soit au monastère de Vaucelles, soit à l'U- 
niversité de Paris, des études musicales compiè- 
« tes et sérieuses... Ses rondeaux et ses motets 
présentent un véritable intérêt historique pour 
♦ l'art. Le trouvère d'Arras l'emporte souvent sur 
ses contemporains par la manière facile et chan- 
tante dont les parties sont agencées entre elles. 
Mais en quoi il est supérieur, c'est dans les com- 
positions mélodiques; quelques-unes offrent ime 
originalité, une grâce, une naïveté et une fraî- 



(1) Il n'est pas Inutile de faire remarquer que les chan- 
sons, jeux-partis, rondeaux et moiets étalent restés Jus- 
qu'Ici complètement inédits. 



clieur telles, qu'elles sont devenues populaires et 
se chantent encore aujourd'hui, sans qu'on sedoute 
de leur origine. » 

Plus loin, l'éditeur caractérise plus profondé- 
ment le génie musical (je crois que le mot n'a rien 
d'exagéré) d'Adam de la Halle, et donne les rai- 
sons de la double tendance qui se remarque dans 
ses œuvres : « Adam de la Halle doit être consi- 
déré comme un des musiciens les plus distingués 
du treizième siècle. Son mérite est pour le moins 
égal à celui des meilleurs déchanteurs de celte épo- 
que ; il est incontestablement supérieur à celui des 
autres trouvères. Ses productions musicales peu- 
vent se diviser endeux classes: lesunesmélodiques, 
les autres harmoniques. A la première appartien- 
nent ses chansons, ses jeux- partis et les airs dont 
il a orné le Jeu de Robin et de Clarion : dans la 
seconde se rangent ses rondeaux et ses motets. 
Quand on examine les diverses mélodies d'Adam, 
qu'on les analyse et les compare entre elles, on 
remarque une différence sensible entre celles des 
chansons et des jeux-partis et celles du Jeu de 
Robin et de Mai-ion. Celles-ci sont naturelles, 
faciles, chantantes; les autres, au contraire, sont 
souvent maniérées, d'une forme difficile à rete- 
nir. Cette différence provient de ce que les mé- 
lodies du Jeu de Robin et de Marion sont le 
résultat de l'inspiration spontanée, ce qui leur 
donne un caractère tout à fait populaire, tandis 
que les autres sont des compositions arlisliques, 
c'est-à-dire soumises à des règles de convention. 
Dans les premières, le musicien pouvait donner 
libre carrière à son imagination ; l'inflexion to- 
nale et le rhylhme étaient abandonnés à sa spon- 
tanéité. Nulle contrainte, nulle obligation de se 
renfermer dans un cadre convenu; liberté pleine 
et entière dans le mouvement, dans les allures ; 
de là le naturel, la facilité qu'on remarque dans 
la tournure mélodique de ces airs; de là aussi la 
popularité dont ils ont joui immédiatement et 
longtemps après. Mais cette popularité tenait en- 
core à une autre cause; elle tenait à leur tona- 
lité. Pour bien comprendre ce fait particulier et 
essentiel, il est nécessaire de remarquer que la 
musique religieuse était, à cette époque, la seule 
dont les bases fussent réglées par une théorie, 
par des principes de tonalité; c'était la musique 
artistique. La tonalité diatonique fixée par saint 
Grégoire et adoptée par ses successeurs était la 
tonalité officielle, si l'on peut s'exprimer ainsi. 
Mais, à côté de cette tonalité calme, majestueuse, 
si bien appropriée aux chants chrétiens, il en 
existait une autre dont les allures et les inflexions 
s'adaptaient mieux aux passions mondaines, à la 
fougue populaire. Cette dernière est fort ancienne 
et son origine semble être septentrionale... Ces 



6 



ADAM DE LA HALE — AERTS 



cette tonalité qu'il est facile de reconnaître dans 
les mélodies du Jeu de Robin et de Marion; 
c'est encore celte tonalité qu'on remarque dans 
plusieurs airs adaptés aux chansons et aux jeux- 
partis d'Adam de la Halle... » 

On voit que par la publication des oi-uvres d'A- 
dam de la Halle, M. de Coussemaker a ouvert 
un champ nouveau aux investigations des théori- 
ciens, et, par suite, à celles des historiens de 
l'art. Il a donc rendu un signalé service, non- 
seulement aux admirateurs d'Adam de la Halle, 
à ceux qui considèrent à juste titre ce trouvère 
comme une des personnalités les plus originales 
et les plus éclatantes de la musique française, 
mais aussi à ceux qui voudront percer les obscu- 
rités et les mystères qui enveloppent encore les 
origines de cette musique. A ce double titre, 
l'article complémentaire qui est ici consacré à 
Adam de la Halle avait sa raison d'être. 

*ADAM (AnoLPHE-CuAnLEs). A la liste, déjà 
si nombreuse, des ouvrages de ce compositeur, 
il faut ajouter les suivants : 1° les Mohicans, 
ballet en deux actes, Opéra, 5 juillet 1837 ; 2° 
Lambert Simnel (parlilion d'Hippolyte Monpou, 
terminée par Adam), Opéra-Comique, 14 sep- 
tembre 1843); 3° les Premiers Pas, prologue 
pour l'inauguration de l'Opéra-Nafional (en so- 
ciété avec Auber, Carafa et Halévy), 15 novem- 
bre 1847 ; 4" Grisclidis, ou les Cinq Sens, ballet 
en cinq actes. Opéra, 16 février 1S48; 5" les Aa- 
tions, diverlis?ement-cantate , Opéra, 6 aoiM 
1851; 6° la Fêle des Arts, cantate, Opéra-Comi- 
que, 16 novembre 1852 ; 7° le Bijou perdu, trois 
actes, Théâtre-Lyrique', fi octobre 1853; S^Cfunit 
de Victoire, c^niate, Opéra-Comique et Théâtre- 
Lyrique, 13 septembre 1855; 9° Cantate, Opéra, 
17 mars 185G. Quant à la Faridondaine, ce n'é- 
tait pas un opéra en un acte, comme on pourrait 
le croire par la mention qui en a été faite, mais un 
grand drame populaire en cinq actes, mêlé de mu- 
sique, dans lequel M"'" Hébert-Massy, ancienne 
cantatrice de rOpéra-Comique, remplissait un rôle 
important. Ence qui concerne les ouvrages très- 
nombreux et souvent très-considérables qu'Adam 
fit jouer sur divers théâtres de genre (Gymnase, 
Vaudeville, Nouveautés) avant d'aborder les 
grandes scènes lyriques, je renvoie le lecteur cu- 
rieux de les connaître au livre publié par moi : 
Adolphe Adam, sa vie, sa carrière, ses Mé- 
moires artistiques (Paris, Charpentier, 1876, 
în-12). Je dois ajouter qu'on a publié sous ce 
titre I : Derniers Souvenirs d'un musicien 
(Paris, Lévy, 1859, in-12), un second volume 
composé de différents travaux littéraires donnés 
par Adam à divers journaux. Ce volume n'est 
pas moins intéressant que le premier. 



* ADAM (Charles-Ferdinand), composi- 
teur, né en Saxe , est mort le 23 décembre 1867. 

*ADAi\Il (HeiNRi-Joseph), écrivain musical, 
est mort à Vienne le 2 octobre 1865. 

ADELBURG (Auguste von), violoniste 
et compositeur liongrois , est né à Conslanlino- 
ple en 1833. Comme virtuose, il fut l'élève de 
Mayseder, avec lequel il travailla à Vienne de 
1850 à 1854. Comme compositeur, il a demandé 
son instruction aux principaux Conservatoires 
de l'Allemagne. Von Adelburg a écrit quatre 
quatuors pour instruments à cordes, plusieurs 
petites compositions, et un grand opéra sur pa- 
roles hongroises, intitulé Zrynyi , qui fut joué 
pour la première fois sur le théâtre national de 
Pestli en 1866. Cet ouvrage, reçu avec un vé- 
ritable enthousiasme par les compatriotes de 
von Adelburg, est resté au répertoire. Y. 

* ADRIEIV (RlAKTiN-JosEPn), ou plutôt An- 
DRiEN. Cet artiste était né à Liège, non en 1766, 
mais le 26 mai 1767. Il a écrit la musique d'un 
mélodrame de Victor Ducange, Élodie, ou la 
Vierge du Monastère, représenté au théâtre de 
l'Ambigu-Comique le 10 janvier 1822. 

ADYE (jWilket), écrivain anglais, est l'au- 
teur d'un opuscule intitulé : Musical Notes 
(Londres, Bentley, 1870, in-12 de 112 pp.). 
Cet écrit, un peu superficiel et qui semble plutôt 
destiné aux dilettantes et aux amateurs qu'aux 
travailleurs et aux érudits, est divisé en trois 
chapitres: {"les grands compositeurs; ")." les 
violonistes et le violon ; 3° le violon et son his- 
toire. 

AELimECHTS (Jacques) , facteur de cla- 
vecins à Anvers au milieu du seizième siècle, 
était reçu dans la gilde de Saint-Luc en 1558. Son 
fils, Luc Aelbrechts, exerça la même profession 
et fut reçu dans la même corporation , comme 
fils de maître, en 1588. 

AERTS (F ), violoniste, 'professeur et 

compositeur belge, né à Saint-Trond le 4 mai 
1827, fit ses éludes musicales au Conservatoire 
de Bruxelles , puis suivit un cours de composi- 
tion sous la direction de C. Hanssens. Devenu 
premier violon au théâtre de la Monnaie, il fut » 
ensuite chet d'orchestre du théâtre de Tournai, 
puisse fixa à Paris pendant plusieurs années.» 
De retour en Belgique en 1862, M. Aerts obtint 
au concours la place de professeur de musique 
à l'École normale de Nivelles , qu'il occupe en- 
core. Cet artiste a publié : 1° Méthode théo- 
rique et pratique pour Vaccoyiipagnement du 
plain-chant, précédée d'un Traité de l'har- 
monie consonnante , Liège , Dessain ; 2" Ma- 
miel théorique et pratique du plain-chant , 
conforme aux vrais principes du chant gré- 



AERTS — AGUIAR 



gorien, iM., M.; 3" Éléments complets de mu- 
sique, et Solfège gradué, Bruxelles, Schoft; 
4° Recueil de six litanies de la Sainte-Vierge 
Marie, Liège , Dessain ; 5° [le Chansonnier des 
écoles, Nivelles, Desprel ; 6° un grand nombre 
de fantaisies pour orchestre , airs variés pour le 
violon , romances, etc. 

AFFANAJEFF (N ), musicien russe 

contemporain , a publié chez l'éditeur Bessel , à 
Saint-Pétersbourg , quatre morceaux pour vio- 
lon et piano : 1" Allegro; 2" Variations russes; 
3° Valse; 4° Adagio. Je n'ai pas d'autres rensei- 
gnements sur cet artiste. 

AGIVELLI (S\lv\tore), né à Palerme en 
1817 , lit ses études musicales d'abord dans un 
établissement de cette ville, puis au Conserva- 
toire de Naples, où il eut successivement pour 
professeur Furno, Zingarelli, Donizetti, et d'où 
il sortit en 1834. Il tourna bientôt ses vues du 
côté du théâtre, et fit représenter les ouvrages 
suivants: 1° i Due Pedanti, (Naples, th. 
Nuovo, 1834); 2° il Lazzarone napoUtano 
(id., id., 1838); 3° Una Notte di Carnevnle, 
opéra bouffe (Palerme, th. Carolino , 1838); 
i°iDue Gemelli{\(\.,i(].,iS39);S"iDueForzati 
(id., id., 1839); G° la Locandiera, deux actes 
(Naples, th. Nuovo, 1839); 7° la Sentinella not- 
turna (id., th. Parthenope, 1840); 8" l'Omi- 
cido immaginario ( Naples , th. de la Fenice, 
1841); g"? Due Pulcinelli simili (id., id., 1841); 
10» il Fantasma (id., id., 1842). En 1840, 
M. Agnelli vint se fixer à Marseille. Il fit repré- 
.senter au Grand-Théâtre de cette ville la Jacqu- 
rie, grand opéra en trois actes (22 avril 1849); 
Léonore de Médicis, grand-opéra en quatre actes 
(23 mars 1855); ^e.s Deux Avares, opéra-co- 
mique en trois actes (22 mars 1860) ; la musique 
de ce dernier ouvrage fut écrite sur le poëme qui 
servit à Grétry pour son opéra du même nom , 
et l'auteur conserva dans sa partition (a Marche 
célèbre de Grétry. Outre ces opéras, M. Agnelli 
a écrit à Marseille la'mnsique de trois ballets : Ca- 
l'isto, Blanche de Naples, la Rose. Cet artiste a 
en portefeuille trois autres'opéras inédits : Crom- 
welt, dont quelques fragments ont été entendus 
il y a une dizaine d'années dans un salon de Paris ; 
Stefanin , en trois actes ; et Sforza , en quatre 
actes. Enfin il est encore l'auteur d'un Miserere à 
double chœur, d'un Stabat Mater à plusieurs 
voix avec orchestre, et d'une cantate, l'Apo- 
théose de Napoléon l", qui a été exécutée en 
1856 à Paris, par trois orchestres, dans le Jar- 
din des Tuileries. Al. R-n. 

AGIVESI ( Louis - Ferdinxnd - Léopold 

AGNIEZ, dit), chanteur distingué, né à Erpent, 
province dcNamur, le 17 juillet 1833, est mort 



h Londres le 2 février 1S75. Admis do bonne 
heure au Conservatoire de Bruxelles, il y étudia 
l'harmonie avec M. Bosselet et le contre-point 
avec Fétis, y obtint divers prix, et prit part aux 
concours de Rome en 1853 et 1855. Devenu 
maître de chapelle de l'église Sainte-Catherine et 
directeur de l'Union chorale et de la société Lim- 
nander, il s'essaya dans la composition dramati- 
que parun opéra en deux actes, Harmold le Nor- 
mand, qui fut joué au théâtre de la Monnaie le 

10 mars 1858, et n'obtint qu'un médiocre suc- 
cès. Agne.si se résolut alors à embrasser la car- 
rière du chant. Doué d'une belle voix de basse 
chantante, qu'il avait déjà travaillée, il vint à 
Paris en 1861 pour se perfectionnera l'école de 
M. Duprez, puis il s'engagea dans la compagnie 
italienne dirigée par M. Merelli, et c'est alors qu'il 
modifia son nom et se fit appeler Luigi Agnesi. 

11 fit d'abord une grande tournée en Allemagne, 
en Hollande et en Belgique, puis fut engagé au 
Théâtre-Italien de Paris , ofi il resta plusiev-.rs 
années, et où son talent sobre et sûr, quoique 
manquant parfois un peu de distinction, fut fort 
apprécié. Dans ces dernières années, Agnesi s'é- 
tait fixé en Angleterre, où il chantait avec 
succès, .soit au théâtre de la Reine, soit dans les 
festivals, soit dans les grandes solennités musi- 
cales des trois royaumes. Il était devenu un des 
meilleurs interprètes des oratorios de Haendel. 
Agnesi a écrit un assez grand nombre de mélo- 
dies, de motets et de chœurs. 

AGOLIi\I-UGOLlNI (G - A), écri- 
vain italien, a publié l'ouvrage suivant : VAc- 
cordo tra i fisici ed i musici, o nuova teoria 
fisico-matematico - naturale délia musica 
(Fermo, 1871 ). 

AGOSTI ( ), compositeur russe du dix- 
huitième siècle, est l'auteur d'un grand nombre 
d'opéras-comiques dont la plupart sont encore 
au répertoire. L'un d'eux : Une Aventure d^ au- 
tomne, a passé avec succès sur les scènes alle- 
mandes. Le dictionnaire de Mendel : Musikalis- 
ches Conversations- Lexicon , auquel nous em- 
pruntons cette courte notice , dit qu'on n'a au- 
cun détail sur l'existence de cet artiste. 

Y, 

AGOSTIXÏ ( ). Un compositeur de ce 

nom a fait représenter en 1864, sur le théâtre 
de Valence (Espagne), un opéra italien intitulé 
Una' Vendetta. 

AGUIAR (Alexandre de), musicien portu- 
gais, naquit à Porto , vers le milieu du seizième 
siècle. Il faisait partie de la chapelle royale (jmm- 
sico de caméra) du cardinal-roi D. Ilenrique, 
et passa ensuite en Espagne, au service de 
Philippe II, Son talent de chanteur était Irès-ap- 



8 



AGUIAR — ALARY 



précié, tant h Lisbonne qu'à Madrid, mais ce 
qui rendit sa réputation universelle dans les 
Espagnes, ce fut son jeu admirable sur un instru- 
ment appelé Viola de sete cordas (instrument 
de la famille des luths et qui est encore très-ré- 
pandu en Portugal). De retour de Madrid à Lis- 
bonne en 1603, il périt d'une façon désastreuse 
entre Talaverla et Lobon, snr le passage d'une 
rivière, en compagnie d'autres gentilshommes 
portugais. Ses LamentaçOes de Jeremias étaient 
Irès-estimées à Lisbonne , oii on les chantait pen- 
dant la semaine sainte. J.-de V. 

AGUIRRE (Abfxino), compositeur drama- 
tique espagnol, est l'auteur d'un opéra sérieux 
italien, gli Amanti di Teruel, qui a été repré- 
senté sur le théâtre principal de Valence le 16 
décembre 1865. 

AIILEFELDT (M"* la comtesse von), 
célèbre pianiste allemande , vivait vers la fin du 
siècle dernier. On connaît d'elle la musique d'un 
opéra-ballet : Télémaq%ie et Calypso , qui 
prouve des connaissances musicales solides. 

Y. 
AHLSTROEM, compositeur suédois de 
la fin du dernier siècle, était attaché à la cour 
de Stockholm. 11 a écrit beaucoup de musique 
de chamlire et plusieurs opéras, auxquels ses 
compatriotes accordent grand mérite. Ahlstrœm 
a également composé beaucoup de chansons po- 
pulaires suédoises, dont quelques-unes ont été 
popularisées plus tard par la célèbre canta- 
trice M""^ Jenny Lind. Y. 

* AIBLINGER (Joseph-Gasparb), compo- 
siteur, est mort à Munich au mois de mai 1867. 
AIMOIV (Espkit), père de Léopold Aimon, 
dont il est parlé dans l'article suivant , né à 
Lisle (Vaucluse) en ITa'i, mort à Paris en 1828, 
était un violoncelliste remarquable. Il dirigea 
quelque temps la musique du comte de Ranizau, 
ministre de Danemark, qui s'était établi dans 
le Comtat; puis il vint se fixer à Marseille, où 
il vécut plusieurs années. Cet artiste a com- 
posé des quatuors et quintettes pour instruments 
à cordes, et un opéra de circonstance, l'Aniel 
de la Patrie, qu'il fit représenter à Marseille 
pendant la Révolution. Al. R-n. 

^AIMON (Pamphilk-Léopold-François) est 
mort à Paris le 2 février 1866. A la liste de ses 
œuvres, il faut ajouter : 1" la Fée Urgèle, 
opéra-comique en un acte , joué au Gymnase 
(1821) avec un très-grand succès; 2° les Syba- 
rites de Florence, pastiche mêlé de musique 
tirée de diverses œuvres de Weber, de Meyer- 
beer et de Rossini et de musique nouvelle compo- 
sée par Aimon et M. Barbereau, et représenté 
aux Nouveautés le 8 novembre 1S3I ; 3" des 



chœurs remarquables écrits pour une tragédie de 
Casimir Deiavigne, le Paria, à la Comédie- 
Française. La onzième édition de V Abécédaire 
musical d'Aimon a été publiée en 1866 (Paris, 
Heugel, in-12). 

AIRETOIV (Edward), luthier anglais établi 
à Londres dans la seconde moitié du dix-liui- 
lième siècle, a produit en grand nombre des vio- 
lons et violoncelles qui furent assez estimés. Il 
copiait principalement les formes du grand lu- 
thier Amati, et son vernis, tirant sur le jaune, 
était d'ime belle qualité. Aireton mourut en 1807, 
âgé de quatre-vingts ans, 

*ALARD (Delphin). Cet excellent artiste a 
pris sa retraite de professeur au Conservatoire au 
mois d'octobre 1875. Sa classe, qui était une 
des plus brillantes de cet établissement, a fourni 
un grand nombre d'élèves remarquables, parmi 
lesquels onpeut]surtout citer MM. Garcin (Voy. 
ce nom), Lancien, Adolphe Blanc, White, Sara- 
sate, Paul Martin, Accursi, Paul Jullien, M"''' 
Bastin, Tayau, Pommereul, etc. Les dernières 
séances de musique de chambre dans lesquelles 
M. Alard s'est fait entendre, ont été données par 
lui dans la grande salle du Conservatoire, en 
1871 et 1872, en compagnie de son vieux par- 
tenaire M. Franchomme, et de M. Francis Planté. 
Elles produisirent un très-grand effet. Dans ces 
dernières années, il a publié encore un grand 
nombre de compositions pour son instrument, 
consistant surtout en fantaisies sur des motifs 
d'opéras célèbres. M. Alard était le gendre de 
l'excellent luthier Yuillaume, mort récemment. 

*ALARY ( Jcles-Eicène-Abraham). Je 
trouve les renseignements suivants sur M. Alary 
dans une note autobiographique publiée par lui 
(4 pp. in-8'', Paris, imp. Kugelmann). M. Alary 
est né en 1814, à Mantoue, de parents français; 
élevé au Conservatoire de Milan, il arriva à 
Paris en 1833, devint chef du chant au Casino- 
Paganini en 1830, et en 1840 alla faire repré- 
senter à Florence un opéra sérieux en 2 actes, 
intitulé Rosmunda. De retour. aussitôt à Paris, 
il acceptait, en 1841, les fonctions de chef du 
chant et de bibliothécaire de la Société de mu- 
sique religieuse et classique fondée par le prince 
(le la Moskowa. En 1850, il faisait exécuter au 
Tliéâtre-IlaIien7?e£/ew/j?îow, mystère en cinq par- 
ties, et donnait au même théâtre, l'année sui- 
vante, un opéra bouffe en trois actes, le TreNozze. 
.\ppelé à Saint-Pétersbourg, en 1852, pour y faire 
représenter un grand opéra en cinq actes, Sarda- 
napale, il était nommé , dès son retour en 
France en 1853, accompagnateur de la chapelle 
impériale, fonctions qu'il conserva jusqu'à la 
chute de l'empire, et en même temps devenait 



ALARY 



ALBERT 



directeur de la musique au Tliéâlre-Italien. De- 
puis lors, il a fait jouer les ouvrages suivants : 
aux Bouffes-Parisiens (1856), V Orgue de Bar- 
barie, opérette en un acte ; à l'Opéra-Coniique 
(1861), la Beauté du diable, opéra-comique en 
un acte ; au casino d'Ems (1861), le Brasseur 
d'Amsterdam, opérette en un acte; à l'Opéra 
(1861), laVoix humaine, opérA en deux actes; 
enfin, au Théâtre-Italien (1866), Locanda gra- 
tis, opéra -bouffe en un acte. Ces divers ouvra- 
ges n'obtinrent aucun succès. 

M. Alary a publié, soit en France, soit à l'é- 
tranger, un grand nombre de compositions vo- 
cales, scènes, airs, romances en langue française, 
anglaise, italienne ou allemande, duos, trios, 
quatuors, etc. Je citerai, parmi les plus impor- 
tantes : Jane Shore, la Fille de Jeplité, Ma- 
rie Stuart, le Vies irx, le Dernier Son de la 
harpe, le Dernier Chant de Sapko, Stance à 
l'immortalité, Sulla tomba di Bellini, Eloisa 
nel Chiostro, la Preghiera, Paolo a Fran- 
cesca da Rimini (duo), Ave Maria (duo), Se- 
renata in gondola (duo), la Brigands italiens 
(duo ), le Serment des Horaces (trio), la Spe- 
ranza (trio en canon), il Brindisi (quatuor), 
la Costanza (quatuor en canon). 

ALBAIXESI (LuiGi), pianiste et composi- 
teur, né à Rome le 3 mars 1821, était fils d'un 
peintre en miniature qui voulait lui faire suivre 
sa profession. L'enfant avait six ans lorsque, sa 
famille étant allée s'établir à Naples , il com- 
mença l'étude du piano sous la direction de son 
frère et de sa sœur, élèves eux-mêmes d'un Al- 
lemand nommé Senderacb, et reçut de sa mère 
des leçons de latin. Toutefois, et par la volonté 
des siens , la musique n'était pour lui qu'un 
passe-temps, et à vingt ans le jeune Albanesi 
était portraitiste. Mais à cet âge il voulut abso- 
lument se faire musicien. Il reçut alors des con- 
seils de M. Ernest Coop, pianiste fort distingué, 
étudia riiarmonie avec Giuseppe Polidoro et 
Salvatore Lavigna, et, abandonnant définitive- 
ment la peinture, il se produisit activement 
comme virtuose et se voua à l'enseignement du 
piano. M. Albanesi s'est t;iit connaître aussi 
comme compositeur, et a publié plus de cent 
cinquante œuvres de musique de piano qui se 
font remarquer par de réelles qualités. Dans un 
genre plus sérieux , il a écrit deux messes, un 
oratorio intitulé les Sept Paroles de Jésus- 
Christ, et un grand nombre de motets, avec ac- 
compagnement d'orgue, ou d'harmonium, ou de 
piano avec quelques instruments. — Le fils de 
cet artiste, M. Carlo Albanesi, né à Naples au 
mois de novembre 1856, est déjà un pianiste 
distingué. Élève de M. Sabino Falconi pour 



l'harmonie et le contre- point, il a publié pour son 
instrument un certain nombre de compositions, 
entre autres un recueil intitulé Sei Fogli d'al- 
bum, op. 13, Milan, Ricordi. 

ALBANO, norn d'une famille assez nom- 
breuse de musiciens napolitains. Le premier, 
Michèle Albano, chanteur, avait étudié son art 
au Conservatoire de la Pietà dei Turchini. — 
Son fils aîné, Giuseppe Albano, né à Naples le 26 
décembre 1813, étudia d'abord le chant avec 
Mosé Tarquinio, castrat de la chapelle Palatine, 
qui avait été le condisciple de son père, puis tra- 
vailla la llùte avec Belpasso, Sergio Nigri et Giu- 
seppe Capecelatro, et devint première flûte au théâ- 
tre San-Carlo, puis au théâtre du Fondo, d'où il 
revint au San-Carlo, où il se trouve encore au- 
jourd'hui. 11 a publié dans sa jeunesse quelques 
compositions pour son instrument. — Le frère 
de cet artiste, M. Vincenzo Albano, né à Naples 
le 22 juin 1S23, fut son élève pour la fiùte, puis, 
à l'âge de 17 ans, abandonna cet instrument 
pour la harpe, qu'il étudia avec la signora Va- 
lérie, et qu'il enseigne depuis longues années, 
après avoir fait partie de divers orchestres. On 
lui doit la publication d'un grand nombre d'œu- 
vres pour cet instrument. — M. Michèle Albano, 
fils de M. Giuseppe Albano, né à Naples le 20 
mars 18'il, est élève de son oncle Vincenzo 
pour la harpe, et tint l'emploi de premier har- 
piste au théâtre San-Carlo, de 1860 à 1866. Il 
entreprit alors un long voyage, se fit entendre à 
Paris, à Londres, à New-York, où il resta plu- 
sieurs années, revint à Naples en 1872, passa 
ensuite quelque temps à Salerne, puis à Milan 
et à Plaisance , et est aujourd'hui à Buenos- 
Ayres. Il a publié aussi un assez grand nombre 
de morceaux pour la harpe. — Enfin, M. Fran- 
cesco Albano, frère de ce dernier, né à Naples le 
20 octobre 1853, élève de son père pour la flûte 
et de M. B. Cesi pour le piano, se consacre à 
l'enseignement. 

ALBERli\I (Nicola), musicien italien, a 
fait la musique de Don Saverio, opéra semi-sé- 
rieuxen trois actes, paroles du comte César Cer- 
roni, de Rome, représenté en cette capitale au 
mois d'août 1875 avec un certain succès. 

J. DE F. 

ALBERT ( ), fut l'un des chanteurs les 

plus estimés de l'Opéra dans la première moitié 
du dix-huitième siècle. Il entra à ce théâtre en 
1734, le quitta au mois de novembre 1736 pour 
aller passer une saison à Lyon, y revint en 
1737, et prit sa retraite en 1751, avec une pen- 
sion de 1,000 livres. A partir de ce moment, il 
occupa un emploi dans l'administration de l'O- 
péra. Albert créa certains rôles importants dans 



10 



ALBERT - ALDAY 



Castor et Poli ut, Zoïde, reine de Grenade, 
Dardanns, Nifé/is , le Temple de Gnide, les 
Amours de Racjonde, Jsbé, Don Qiiicholle 
chez la Duchesse, les Caractcres de la Folie, 
Zélindor, Zaïs, le Carnaoal du Parnasse, 
Léandre et Héro, etc. On trouve les vers sui- 
vants sur cet artiste dans le Calendrier histo- 
rique des théâtres pour 1751 : 

Albert, par son chant plein de griccs. 
S'il n'efface point ses rlvaus. 
Par des chemins toujours nouvcaut 
Il marche du moins sur leurs traces. 

Devenu contrôleur à l'ampliithëûtre de TOpéi-a, 
Albert vivait encore en 1775. 

ALBERT (Émii.e), pianiste distingué et com- 
positeur, né à Montpellier en 1823, a publié pour le 
piano une cinquantaine de morceaux de genre 
d'une facture soignée et d'une aimable inspiration. 
Il avait écrit aussi plusieurs œuvres plus impor- 
tantes et d'un caractère plus élevé, des sympho- 
nies, des trios pour piano, violon et violoncelle, 
des sonates pour piano et violon, mais je crois 
que rien de tout cela n'a vu le jour. Pendant 
longues années il chercha à se produire à la 
scène, sans pouvoir réussir même à forcer les 
portes des théâtres secondaires; il avait fini 
pourtant par faire recevoir aux Folies-Nouvelles, 
en 18;")8, une opérette en un acte, qui, après 
avoir été répétée pendant plusieurs semaines, 
ne fut jamais jouée; enfin, il parvint à faire re- 
présenter au théâtre Saint-Germain, aujourd'hui 
Ihéûtre Ciuny, un autre petit ouvrage en un acte, 
les Petits du premier (décembre 18G4), qui 
fut repris au mois de mars suivant sur celiu' des 
Bouffes-Parisiens. Las, découragé de l'inutilité 
de ses efforts, cet artiste intelligent, dont l'am- 
bition I<*gitime ne trouvait aucune issue, et dont 
la santé était délicate, se voyait déjà, à cette 
époque, atteint d'une grave affection de poitrine. 
Obligé de se rendre dans le Midi pour essayer 
d'y rétablir ses forces, il se fixa à Bagnères-de- 
Bigorre; il y était à peine depuis quelques mois, 
et s'occupait de la représentation, sur le théâ- 
tre de celte ville, d'un petit opéra intitulé Jean 
le Fol, lorsqu'il fut frappé par la mort, au mois 
d'aoïM 186.5. 

ALBERTI (C\nLo) , compositeur drama- 
tique, né en 1848 ou 1849, a fait ses débuts en 
donnant au théâtre des Fiorentini, de ISaples, 
dont son père était directeur, un opéra intitulé 
Armando e Maria, qui fut bien accueilli. Cet 
ouvrage (it son apparition au mois de mai IRno, 
l'auteur étant âgé de vingt ans environ. En fé- 
vrier 1872, M. Carlo Allierti a fait représenter 
au Politeama , de la même ville , son second 
opéra, Oreste. 



ALBIIM (Francesco-M.\ria), compositeur 
italien, est l'auteur d'un opéia bouffe, un Giorno 
di quarantena , représenté au théâtre Conta- 
valli, de Bologne, le 6 mars 1806. Cet artiste a 
écrit la musique d'un autre ouvrage intitulé 
Lambcrto Malatcsta, mais je ne crois pas que 
celui-ci ait encore été représenté. 

*ALBOI\I (Marietta). Nous allons complé- 
ter rapidement l'histoire de la carrière de celte 
célèbre et admirable cantatrice.' — Lorsque, 
après avoir fait une première apparition à 
l'Opéra, M""^ Alboni eut été parcourir triom- 
phalement l'Amérique, elle rentra au Théâtre-Ita- 
lien de Paris pour y jouer la Aina de Coppola, 
puis reparut à l'Opéra, où elle créa en 1854 (et 
qon en 1851) Zerline ou la Corbeille d'oran- 
ges, d'Auber. Elle chanta ensuite à Lisbonne, à 
Barcelone, à Londres, à Rouen, puis fut attachée 
de nouveau, pendant plusieurs années, à notre 
Théâtre-Italien , en même temps qu'elle faisait 
les saisons d'été à Londres; c'est alors qu'elle 
chanta à Paris Eigoletio, il Giuramento, Maria, 
un Ballo in Maschera, Cosi fan tutte, etc. 
Vers 1863, au plus fort de ses succès, elle ré- 
solut de se retirer, de quitter à jamais la scène, 
et aucune instance ne put la faire revenir sur 
cette décision. Cependant, en 1869, après la 
mort de Rossini, M""" Alboni consentit à repa- 
raître sur la scène du Théâtre-Italien pour faire 
entendre la « Petite messe solennelle » du maî- 
tre qui avait été son gnide et son ami, et fut 
engagée par M. Slrakosch pour coopérer aux 
exécutions de cette œuvre admirable qui étaient 
organisées par lui à l'étranger. Depuis lors, 
M'"" Alboni, définitivement fixée à Paris, n'a 
pas quitté sa îetraite, et son incomparable talent 
n'est plus, pour ceux qui ont eu le bonheur de 
l'entendre , qu'un merveilleux souvenir. — On 
a publié sur cette célèbre artiste : Marietla Al- 
boni , célèbre contralto, biographie, par M""' 
Élisa Aciocque, suivie d'une notice sur Fanny 
Cerrito, ornée du portrait de M"" Alboni (Paris, 
Moquet, 18^8, in-12 de 26 pp.). 

*ALDAY ( ). C'est à l'un des deux 

frères ainsi nommés, tous deux violonistes, 
qu'est due la musique d'un ouvrage lyrique en 
troisactes, Geneviève de Brabant, donnésousie 
nom d'.Alday, au théâtre Louvois, en 1791. Un 
annaliste du temps disait à ce sujet : « M. Alday a 
un grand talent pour l'archet; mais il ne connaît 
pas as.sez la scène pour composer des opéras. » 

Celui des deux frères qui était allé s'établir à 
Lyon eut un fils, qui plus tard se (it une grande 
réputation comme professeur en cette ville et de- 
vint violon-solo au Grand-Théâtre. Celui-ci eut 
lui-même un fils violoniste, mais qui ne conti- 



ALDAY 



ALLEAUMES 



i\ 



nua que rnérliocremenl les traditions de sa fa- 
mille; il était, en 1800, attaché à l'orchestre de 
l'Opéra-Comique. 

ALDRED ( ), luthier anglais du sei- 
zième siècle, fut un des premiers fabricants de 
violes d'Angleterre, et jouissait d'une grande ré- 
putation dans son pays vers l'an 1560. 

ALEIX (Ramon), compositeur de musique 
religieuse, fut pendant vingt ans maître de cha- 
pelle de l'église de Santa-Maria del Mar, à Bar- 
celone, et écrivit, pour l'usage de cette chapelle, 
un certain nombre de compositions. On ignore 
le lieu et la date de naissance de cet artiste, 
qui mourut le 1" mai 1850, dans un âge avancé. 

ALESSIO ( D'), compositeur italien, a 

fait représenter au Politeama, de Naples, dans 
les premiers mois de 1875, deux opéras bouffes, 
dont l'un intitulé Elena in Troja, l'autre, le 
Figlie di Binnca. 

* ALEXAIVDRE ( Ciurles^Guillaume) , 
violoniste et compositeur. — Je crois que l'au- 
teur de la Biograpliie universelle des Musi- 
ciens a été trompé par de faux renseignements 
lorsqu'il a dit que cet artiste avait fait recevoir 
à l'Opéra, sans les y pouvoir faire jouer, les deux 
ouvrages intitulés le Triomphe de Vamour 
conjugal et la Conquête du Mogol. Ces deux 
ouvrages n'étaient point des productions lyri- 
ques, ne convenaient nullement à l'Opéra et ne 
furent point écrits pour lui : c'étaient deux 
pièces à machines, imaginées par le fameux mé- 
canicien théâtral Servandoni, accompagnées d'une 
musique descriptive écrite par Alexandre, et qui 
furent représentées dans la grande salle des Tui- 
leries. Dans son recueil chronologique : Opéras, 
ballets et autres ouvrages lyriques, le duc de 
la Vallière donne ainsi les titres de ces deux piè- 
ces, qui, je l'ai dit, n'étaient nullement lyriques : 
1" Le Triomphe de r Amour co7ijugal, ori l'His- 
toire d'Admcte et d'Alceste, spectacle orné de 
machines, animé d'acteurs pantomimes et accom- 
pagné d'une musique quiiexprime les différentes 
actions, représenté sur le grand théâtre du palais 
des Thuilleries le 16 mars (1755); l'invention est 
du S"' Servandoni, la musique du S"" Alexandre; 
2° La Conquête du Mogol par Thomas Kouli- 
lian, roi de Perse, et son triomphe , spectacle 
de l'invention du S'' Servandoni, musique du 
Sf Alexandre , représentée (sic) sur le théâtre 
du palais des Thuilleries le 4 avril (1756). 

ALEXANDRE père et fds, facteurs d'har- 
moniums, se sont fait une réputation assez ra- 
pide dans la falmcation des orgues de salon, 
auxquels ils avaient donné le nom (Vorgues 
Alexandre, et surtout par le bas prix auquel ils 
donnaient une certaine catégorie de ces instru- 



ments, baptisés dans le commerce : orgues à 
cent francs. Alexandre père fondait en 1829 
un établissement qui prenait bientôt une 
grande extension, et plus tard lui et son fds se 
rendaient acquéreurs des procédés brevetés de 
M. Martin (de Provins), relatifs à un nouveau 
système de percussion des orgues. La maison 
Alexandre, après avoir sacrifié des sommes con- 
sidérables pour employer et répandre ces pro- 
cédés, prit part à l'Exposition universelle de 
1S55, et obtint une médaille d'honneur. En 
1858, MM. Alexandre fondèrent à Ivry, près 
de Paris, une usine modèle, qui devint le centre 
d'une colonie ouvrière , mais des spécula- 
tions étrangères à leur industrie vinrent por- 
ter un coup fatal à celle-ci. M. Alexandre fils, 
qui avait été décoré en 1860, luttait contre la 
mauvaise fortune lorsqu'il mourut, il y a quel- 
ques années. La femme de celui-ci (M"'-" Char- 
lotte Dreyfus) s'est fait depuis longtemps remar- 
quer par son talent délicat et distingué sur l'har- 
monium. M. Jacob Alexandre père est mort à 
Paris le 11 juin 1876. 

On a publié, sous le nom d'Alexandre, une 
Méthode pour Vaccordéon (Paris, I8'i0), et 
une Notice sur les orgues mélodium d^A- 
lexandre et fils, inventeurs (Paris, 1844). 

*ALFIERI (l'abbé PiF.ni'.E). On doit à ce sa- 
vant musicien la publication d'un choix considé- 
rable de compositions sacrées de Palestrina, mi- 
ses en notation moderne (Rome, Sprilhover, 7 
vol. in- f"), un ouvrage intitulé Prodromo suUa 
restaurazione de' libri, di canto ecclesiastico 
detto gregoriano (Rome, Monaldi, 1857), et un 
opuscule biographique sur le célèbre composi- 
teur Jommelli : Notizie biografiche di Nicolo 
JommelU (Rome, 1845, in-S"). L'abbé Alfieri a 
donné à la Gazzetta musicale de Milan un cer- 
tain nombre d'articles biographiques intéressants 
sur divers musiciens italiens, et il avait préparé 
une collection de toutes les hymnes de l'église 
catholique, traduites en notation moderne et me- 
surées, avec accompagnement d'orgue; malheu- 
reusement, ses ressources ne lui permirent pas 
de livrer au public ce travail utile et important. 
Comme compositeur, ii s'est fait connaître par la 
publication de quelques morceaux de chant re- 
ligieux, à voix seule, qui ne sont point sans mé- 
rite. Cet artiste estimable et laborieux est mort 
fou, il y a quelques années. 

* ALIX (l'abbé Célestp:) est auteur d'un 
Cours complet de chant ecclésiastique (Paris, 
1853, in-S"). On lui doit aussi un Recueil de 15 
Motets, avec accompagnement d'orgue ou d'har- 
monium (Paris, Repos).' 

ALLEAUMES (MoRiTz),violonisteallemand 



12 



ALLEAUMES — ALPHONSE 



et composilenr pour son instrument, naquit 
dans les dernières années du dix-liuitième siècle. 
Longtemps attaché à la cour de Bavière, il fit 
en 1835 un voyage à travers l'Allemagne, qui 
lui valut une grande réputation. On ignore jla 
date de sa mort, aussi bien que celle de sa nais- 
sance. Y. 

ALLU ( ), compositeur espagnol con- 
temporain, a écrit, en société avec MM. Cepeda 
et Oudrid , la musique d'un drame en trois actes 
intitulé Dalila, et, seul, celle d'une sarsueZa 
représentée sous le titre de la Cola del Diablo. 

ALMAGRO (Antomo-Lopez), pianiste et 
compositeur espagnol, né à Murcie le 17 sep- 
tembre 1839, s'est fait connaître par la publica- 
tion d'un certain nombre de compositions pour 
le piano. 11 est aussi l'auteur d'une Nouvelle 
Méthode complète d'harmonmm, orgue ex- 
pressif ou viélodium, Madrid, Romero y An- 
dia. Cet artiste a fait ses débuts de compositeur 
dramatique en faisant représenter au mois d'oc- 
tobre 1875, sur le théâtre de la Zarzuela, de 
Madrid , une zarzuela en trois actes intitulée 
el Hidalguillo de Fonda, 

* ALMEIDA (Antonio de). Je crois que Fétis 
s'est trompé en disant (t. I, p. 75), que Almeidaa 
composé la musique d'un oratorio : la Humana 
sarça abrazada, elGran Martyrs. Laurentio. 
(Coimbre, 1556, in-4'', chez Tbomé Carvalho.) 
Barbosa Machado , où Fétis a puisé ses rensei- 
gnements, parle de son talent de poêle comique 
(poêla comico) et cite à l'appui de son dire 
l'ouvrage ci-dessus. Il se peut que Ainieida 
ait été , en même temps que l'auteur des pa- 
roles, celui de la musique , mais je ne saurais 
le garantir. Les renseignements de Fétis sur 
les autres compositeurs portugais de ce nom 
ne sont pas tous exacts. Fr. Fernando de Al- 
MEiDA fit profession en 1638 au couvent de 
Tbomar, de l'Ordre du Christ (Fétis dit 1636, au 
couvent de Saint-Thomas), appartenant à la ville 
du même nom. Il mourut dans son couvent (et 
non à Lisbonne), où on gardait encore la majeure 
partie de ses compositions vers le milieu du dix- 
huitième siècle. — Les quatuors de CarlosFran- 
cisco de Almeida, publiés chez Pleyel, portent 
probablement la date de 1798, car la Gazette 
musicale de Leipzig en parle dans son l"^"" vo- 
lume (1798, p. 555) avec éloges. Le titre en est : 
Six Quatuors pour deux Violons, Alto et 
Basse, par C. F. Almeyda, au service du roi 
d'Espagne, Op. 2. Premier livre, à Pari?, chez 
Pleyel, auteur, etc. Prix 7 livr. 10 s. 

J. DE V. 

ALMENR^DER (Charles), bassoniste, 
compositeur et facteur d'instruments, naquit le 



à octobre 1786 à Ronsdorf, près d'Elberfeld. 
Parmi ses compositions, on cite quatre concertos 
pour basson et un grand nombre de fantaisies 
pour musique militaire. Depuis 1822 jusqu'à sa 
mort, survenue le 13 septembre 18i3, il a été 
placé à la tête de la fabrique d'instruments de 
la maison Schott, deMayence. On doit à Almen- 
rœder plusieurs perfectionnements dans la cons- 
truction du basson. 

Y. 

ALMERI (GtOYANNi-PAOLo), musicien ita- 
lien du dix-septième siècle, fut maître de cha- 
pelle de Boccapaduli, nonce du pape à Venise. Il 
a publié en cette ville (Gardano, 1654) un recueil 
de Motetti a voce sola, 

ALOYSIO (Antonio), musicien italien, est 
l'auteur d'un nouveau système de notation mu- 
sicale', qui renverse de fond en comble le sys- 
tème usuel en supprimant tout d'abord la portée 
et l'armure de la clef. Il a expliqué son système 
dans l'écrit suivant : l^uovo Sistema di nota- 
zione musicale, che tende a facilitare la 
lettura, la esecuzione e la sfampa delta mu- 
sica a tipi vwbili (Venise, Cecchini, 1872, 
in^o de 18 pp., avec planches). Aloysio avait 
aussi inventé toute une famille d'instruments 
qu'il appelait métallicordes et qui, en somme, 
n'étaient autre chose que nos instruments ordi- 
naires à archet, un peu modifiés dans leur forme 
et construits d'après le principe de la viole d'a- 
mour, c'est-à-dire avec un jeu de cordes métal- 
liques venant renforcer celui des cordes de boyau. 
Kn obtenant de ses instruments un volume de 
son plus considérable, il avait pour but de di- 
minuer le nombre des musiciens d'un orchestre, 
et il affirmait qu'un métallicorde soprano éga- 
lait en puissance quatre violons ordinaires. Aloy- 
sio, qui avait consacré trente ans de sa vie en 
essais, en tâtonnements et en perfectionnements 
de toutes sortes, n'avait pas obtenu, sous le rap- 
port de la qualité du son, des résultats aussi .satis- 
faisants qu'en ce qui concerne la quantité ; bien 
loin de là. Cet arti.ste est mort à Venise, le 20 
septembre 1874, à l'âge de 58 ans. Son frère, 
M. Giuseppc Aloysio, musicien aussi, s'occupe, 
depuis lors, de la facture et du perfectionnement 
des métallicordes, pour lesquels un brevet a été 
obtenu. Ces instruments sont d'ailleurs d'un 
prix élevé, et on ne les vend pas moins de 300 à 
500 francs. 

ALPHONSE X, roi de Castille et de Léon, 
surnommé le Sage en raison des grandes connais- 
sances qu'il sut acquérir dans les sciences, dans 
les arts et dans les lettres , élevé au trône en 
1252, mort en 1284, se fit la renommée d'un ha- 
bile musicien pour les nombreux cantiques qu'il 



ALPHONSE — AMADEI 



13 



composa, et dont on trouve encore des copies 
dans la bibliotlièque du palais de l'Escurial et 
dans celle de l'église de Tolède. C'est à ce prince 
qu'on doit la création, à l'université de Salaman- 
que, de la première chaire musicale qui ait été 
établie en Europe. 

ALPHOIVSE DEL CASTILLO, docteur 
de l'Université de Saiamanque , né au quinzième 
siècle, a publié un traité intitulé i'/lri du plain- 
chant, Saiamanque, 1505, in-4°. 

ALSLEBi£I\ (Jules), pianiste, compositeur 
et écrivain sur la musique, est né à Berlin le 24 
mars 1832. Quoique destiné à la musique dès 
son enfance, il lit des études universitaires 
très-complètes. Après avoir obtenu le grade de 
docteur en philosophie, Âlsleben s'adonna pen- 
dant quelque temps à l'étude des langues orien- 
tales ; mais il ne tarda pas à revenir à son art 
favori, et se fit bientôt connaître dans les con- 
certs comme virtuose-pianiste. On a de lui plu- 
sieurs compositions pour le chant et pour le 
piano, ainsi qu'une histoire de la musique, qui 
n'est autre que le recueil de conférences faites 
antérieurement par lui. Alsleben a contribué 
pour une forte part à la fondation de la Société 
des compositeurs de Berlin, dont il est aujour- 
d'hui le président. 

Y. 

ALSTEDT (Jean-Henri), savant mathéma- 
ticien et acousticien, est né à Herborn en 1588. 
On a de lui deux ouvrages intéressant la musi- 
que : r Admirandorum mathematicorum li- 
bri IX (Herborn, 1613), dont le livre YII, consa- 
cré à l'art des sons, traite : a) de Cantus natura 
ùi génère, b) de Cantus natura in specie, c), de 
Contrapiincto, d) de Musica instrumentait ; 
T Elementalemathematicum{FTaindort, 16! 1), 
qui renferme un elementale musicum traitant : 
a) de Musica simplicl, b) de Musica harmo- 
nica. Y. 

ALT (Philippe-Samuel), organiste et compo- 
siteur, naquit à Weimar, le 16 janvier 1689, et 
mena de front la culture de la musique et la ju- 
risprudence. Après avoir terminé ses études de 
droit à l'université d'Iéna, il revint dans sa ville 
natale, où il fut nommé avocat de la couret or- 
ganiste de l'église Saint-Jacques. Dans les loisirs 
que lui laissaient ses doubles fonctions, il se li- 
vrait à la composition. Ses manuscrits, qui ne 
sont pas sans valeur, paraît-il, sont aujourd'hui 
à la bibliothèque grand-ducale de \Veimar. 
Alt est mort en 1750. 

Y. 

* ALTÈS (Joseph-Henry), flûtiste et com- 
positeur. Cet artiste, qui fait encore aujourd'hui 
partie de l'orchestre de l'Opéra, a été appelé, au 



mois de novembre 1868, à succéder à M. Dorus 
comme professeur de flûte au Conservatoire. Les 
compositions publiées par lui s'élèvent au chiffre 
de quarante environ, parmi lesquelles un certain 
nombre de transcriptions et de fantaisies sur des 
motifs d'opéras célèbres. 

* ALTES (Ernest-Eugène), violoniste, frère 
du précédent. Depuis plusieurs années, cet ar- 
tiste, qui est attaché comme premier violon à 
l'orcliestre de la Société des Concerts du conser- 
vatoire, est devenu second chef de celui de l'O- 
péra. 11 a publié quelques fantaisies pour le 
violon, avec accompagnement de piano. 

ALVARO (...), compositeur portugais, vécut 
vers le milieu du quinzième siècle. Il dédia au 
roi D. Alfonso V un Officio en plain-chant, qui 
célébrait la conquête de Arzilla (1472) : Ves- 
perœ, Matutinum et Laudes cum Anti- 
phonis et figuris musicis de inclyta ac mira- 
culosa Victoria in Africa parle ad Arzillam. 
Le manuscrit original de cet ouvrage existait 
dans la bibliothèque du célèbre lufant D. Pedro, 
qui péril à Alfarrobeira. On n'a pas d'autres ren- 
seignements sur ce compositeur. 

J. DE V. 

ALVERA (Andréa), écrivain italien, est 
l'auteur d'un recueil intéressant publié sous ce 
tUrc : Canti popolari tradizionali Vicentini, 
colla lora musica originaria a pianoforle, 
raccoUi e annotati da Andréa Alverà (Vicence, 
Longo, 1844). 

AMADÉ (Ladislas, baron von), né à Kas- 
cliau, en Hongrie, le 12 mars 1703, est l'auteur 
d'un grand nombre de chansons nationales hon- 
groises dont il d écrit à la fois les paroles et la 
musique. Il est mort à Felbar le 22 décembie 
1764. 

Y. 

AMADÉ (Thaddée, comte von), pianiste dis- 
tingué, naquit à Presbourg le 10 janvier 1783. 
Comme improvisateur, Amadé s'est mesuré avec 
J.-N. Hummel, dont il balança longtemps la ré- 
putation. Il a eu l'insigne honneur de former et 
de révéler au monde le génie musical de Franz 
Liszt. Amadé est mort à Vienne le. 17 mai 
1845. 

Y. 

AMADEI (RoBERTo), compositeur et orga- 
niste, né à Loreto, dans les Marches, le 29 no- 
vembre 1840, a commencé l'étude de la musique 
avec son père, après quoi il compléta son éduca- 
tion avec le maître de chapelle de Loreto, Luigi 
Vecchiotti. Celui-ci étant mort en 1863 et ayant 
eu pour successeur M. Amadei père, le jeune 
Amadei fut nommé organiste et succéda bientôt 
lui-même à son père, qui prit sa retraite. Depuis 



14 



AMADEI — AMOUROUX 



lois, et tout L'ii excluant ces fondions, il s'est 
activemenl livré à la composition et à renseigne- 
ment. Outre un grand nombre de compositions 
religieuses, parmi lesquelles ua motet à 8 par- 
lies réelles, en style rigoureux, qui a été cou- 
ronné à l'un des concours de l'Institut musical 
de Florence , il a publié de nombreux mor- 
ceaux de piano et de chant. On lui doit aussi 
deux opéras sérieux, l'un, Luchino Visconti, en 
3 actes, représentéàLugo (1809), l'autre, Bianca 
de' Jiossi, joué à Bari. Il a en porteleuille un 
opéra-comique intitulé il BaccheCione. 

AMAIXTIUS (B.vKTuoLOMii), né àLandsberg 
(Bavièie), vers 1500, et mort en 1355, est l'au- 
teur d'une liistoire de la musique que l'on trouve 
dans son grand ouvrage intitulé : Flores celebrio- 
rum sententiarum (Dilingà, 1556, in-folio). 

Y. 

* AiVlAT (Paul-Léopold), compositeur de 
romances, né à Toulouse en 1814, vint à Paris 
vers 1815, et commença aussitôt à s'y faire con- 
naître en publiant un assez grand nombre de 
romances, mélodies, nocturnes, chansonnetlcs, 
dont quelques-unes étaient accueillies dans les 
salons avec une faveur marquée. En 1850, Amat 
se rendit à Alger, où il fonda une maison de com- 
merce de musique ; cette entreprise n'ayant pas 
réussi au gré de ses désirs, il revint à Paris, ob- 
tint la direction du petit théâtre Beaumarchais en 
1856, mais ne put donner suite à cette affaire, 
faute des fonds nécessaires à l'exploitation. 11 
continua alors de se livrer à la composition. 

Outre les nombreuses mélodies vocales qu'il a 
publiées, et parmi lesquelles on cite particulière- 
ment la Feuille et le Serment, Tu m'oublie- 
ras, la Fleur fanée, le Page et la Bachelette, 
l'Étoile, Blonds Chérubins, Où vas-tu, petit 
oiseau? etc., Amat a donné aux Bouffes-Pari- 
siens, le 19 janvier 1856, une opérette en un 
acte, intitulée Élodie ou le Forfait nocturne. 
11 a fait exécuter aussi au Vaudeville, le 13 juin 
1860, à la suite de la réunion de la Savoie et du 
comté de Nice à la France, une cantate politi- 
que : le Chant des Niçois, qui lui valut la déco- 
ration de la Légion d'honneur. Amat est mort à 
JNice, le 31 octobre 1872. 

* AMBROS(Ai]gcste-Gl'/llalime). Dans une 
autobiographie encore inédite, dont nous trou- 
vons un court extrait dans le dictionnaire de 
Mendel : Musikalisches Conversations- Lexi- 
con, nous lisons cette phrase : « Il est assez 
singulier de remarquer que Fétis parle avec dé- 
tail de mes compositions musicales et ne souflle 
mot de mes travaux historiques , tandis qu'en 
Allemagne on ne connaît guère que mes travaux 
historiques et pas du tout mes compositions. » | 



L'observation! est juste. Le véritable mérite 
d'Ambros est bien plutôt dans ses écrits ([ue 
dans sa musique, qui n'est qu'un rellet de celle 
de Schumann. Arnbros a publié : 1" Die Grenzen 
der Poésie und Musik {les Limites de la poésie 
et de la musique), Prague, 1850 ; 2" Die 3Iusi!c 
als Culturmoment in der Geschichte {la Mu- 
sique considérée comme élément de civilisa- 
tion dans l'histoire); 3° Culturhistorischen 
Bilder {Tableaux de civilisation historique), 
Leipzig, Matthes ; 4° une grande Histoire de la mu- 
sique, dont la publication a commencé en 1801. 
Trois volumesde cetouvrageontparu ; on annonce 
le quatrième, qui terminera l'histoire du dix-sep- 
tième siècle. Ambros a été nonmié professeur de 
tbéorie et d'histoire de la musique à l'Université 
de Prague, au mois de septembre 1869. Depuis 
18/2, il a passé en la même qualité à l'Univer- 
sité de Vienne. 

Y. 

AMETLLER ( le Père Mauro), moine de 
l'abbaye de Montserrat, dans la Catalogne, com- 
positeur dans le genre religieux, naquit iiGérone 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. 
Doué d'un esprit très-ouvert et d'une intelligence 
active, ce religieux se lit remarquer à la fois 
comme musicien et comme naturaliste. Sa cel- 
lule était comme un véritable musée d'histoire 
naturelle , dont il allait chercher lui-même les 
éléments dans les campagnes et sur les monta- 
gnes environnantes , et qui faisait l'étonnement 
de tous les étrangers qui visitaient le couvent. 
En même temps il se distinguait comme com- 
positeur , et on lui doit , sous ce rapport, plu- 
sieurs hymmes remarquables à quatre voix, 
ainsi que divers motets à deux chœurs avec 
accompagnement d'orchestre. Il eut l'idée sin- 
gulière de construire lui-môme un piano d'un 
nouveau genre, qu'il a|)pelait Veta-cordio, et 
qui affectait la forme d'une voile de navire. Le 
roi Charles IV, ayant vu cet instrument dans sa 
cellule pendant une visite qu'il faisait au cou- 
vent , voulut récompenser son génie inventif en 
lui faisant une pension de cinq réaux par jour. 
On croit que cet instrument étrange est conser- 
vé à Barcelone. 

AMMERBACH (Eusèbe), célèbre orga- 
niste du commencement du seizième siècle , 
était attaché à la cha[!elle de St-Ulrich d'Augs- 
bourg, dont l'orgue renommé était son propre 
ouvrage. Y. 

AMOUROUX (Charles), compositeur, 
organiste de la cathédrale de Bordeaux, s'est 
fait connaître par plusieurs œuvres importantes 
produites en cette ville. Au mois de novembre 
1805, cet artiste faisait entendre , dans un salon. 



AMOUROUX 

la miisi(|ac d'un opéra en deux actes, la Reine 
d'Ellore, ou Reine et Bergère ; le 28 mars 18G7, 
il faisait représenter au lliéâtre du Gymnase un 
opéra-comique en un acte intitulé : Il a été 
perdu un Roi; en 1872, il obtenait une troi- 
sième mention honorable au concours ouvert 
par la Société de Sainte-Cécile de Bordeaux pour 
la composition d'un Slabat Mater; et enfin, en 
1873, il faisait exécuter à la cathédrale un At- 
tende, Domine, composition fort hnportanle 
pour soli, chœurs et orchestre. 

AMPERE (Jean-Jacques-AiNTOine) , écri- 
vain, membre de l'Institut, né à Lyon le 12 
août 1800, est mort le 27 mars 1864. Lorsqu'un 
décret en date du 13 septembre 1852 prescrivit 
la .formation d'un Recueil des poésies populai- 
res de la France et en confia la publication au 
comité de la langue, de l'histoire et des arts de 
la France, celui-ci publia d'abord sous ce litre : 
Instructions relatives aux poésies populaires 
de la France (Paris, Impr. impériale, 1853, 
in-8° de 64 p.), une brochure substantielle des- 
tinée à faire comprendre le but qu'il poursuivait, 
et la façon dont il entendait procéder dans le 
choix des poésies qu'il jugerait dignes d'intro- 
duire dans le recueil projeté. Une note de cette 
brochure , dans laquelle il est longuement parlé 
des chansons populaiires de la France, apprend 
au lecteur que « ces Instructions ont été rédi- 
gées par M. Ampère, membre du comité ». 

ANCESSY (Joseph- Jacques-Augustin), chef 
d'orchestre, naquit à Paris le 25 avril 1800. Après 
avoir été, en 1846, second chef d'orchestre aux 
Spectacles-Concerts, petit théâtre établi dans les 
sous-sols du bazar Bonne-Nouvelle, cet artiste 
devint chef-d'orchestrc de l'Odéon, puis du 
Théâtre-Français. De 1855 à 1859, il fit jouer au 
gentil théâtre des Folies-Nouvelles les trois opé- 
rettes suivantes : T Estelle et ISémorin ; 2" Jean 
et Jeanne; 3° un Troc. Il a publié aussi, chez 
l'éditeur Meissonnier, six sonatines pour violon, 
avec accompagnement d'un second violon. L'é- 
ducation musicale d'Ancessy était nulle , et ses 
productions n'avaient aucune valeur. Il est mort à 
Paris, pendant le siège de cette ville , le 2 jan- 
vier 1871. 

*.AIXDER ou A1\DERL(Je\n), composi- 
teur et organiste , né en Bavière , est mort à 
Jamnitz , en Moravie, le 19 août 1865, à l'âge 
de soixante-dix-huit ans. J'ai lieu de croire que 
cet artiste est le même que celui taentionné sous 

ce nom : Andert (Q ) au l*'"^ volume de la 

Biographie universelle des Musiciens. 11 eut un 
fils, Aloys Ander, dont il fut le premier maître, 
qui devint un ténor dramatique fort remarqua- 
ble) et qui était le chanteur favori des Viennois: 



ANDREVI 



15 



Celui ci, devenu presque complètement fou, 
mourut quelques mois avant son père, le 11 dé- 
cembre 1864, à Wartembcrg-les-Euux , où les 
médecins l'avaient envoyé pour lui faire recou- 
vrer la raison et la santé. 

* AMDERS (Godefroid-Engelberl), est mort 
à Paris le 22 septembre 1866. Ce littérateur mu- 
sicien possédait une des plus belles bibliothè- 
ques musicales qui se puissent réunir ; cette ri- 
che collection a été vendue, à sa mort, à un ama- 
teur russe habitant Paris. On assure qu'Anders 
s'occupait, depuis longues années, de deux ou- 
vrages importants : une Littérature générale de 
la musique, et un Dictionnaire de musique 
conçu d'après les plans de Wallher, et conte- 
nant la technologie et la biographie. Étant don- 
nées ses facultés philologiques et sa rare connais- 
sance de la matière , nul mieux que lui n'eût pu 
mener à bien deux projets aussi vastes, mais son 
état de santé, et surtout son incurable paresse 
lui interdisaient une tâche semblable. Ce que je 
crois pouvoir affirmer, c'est qu'Anders, qui pas- 
sait uniquement son temps à lire et à prendre 
des notes , n'a pas écrit une seule ligne des deux 
ouvrages en question. Cet être singulier avait 
l'étrange manie de tracer ses notes personnelles 
en caractères hiéroglyphiques que lui seul pou- 
vait lire , de telle sorte qu'à sa mort, cet unique 
fruit de ses recherches est resté stérile et inu- 
tile. 

AIXDOLFATI (Andréa), musicien italien , 
vivait au milieu du dix -huitième siècle, et fit 
exécuter à Modène, au mois de février 1752, 
une cantate intitulée la Gloria cd il Piacere. 

ANDRÉ (le d'' Jules ) a publié une biogra- 
phie de Hippolyte Duprat (Marseille, Barlatier, 
1873, in-18 de 35 pp.) Al.-R—d. 

* ANDREOZZI (Gaetano ). Dans son livre 
sur les musiciens napolitains, M. Francesco Flo- 
rimo mentionne les opéras suivants, qui doivent 
prendre place dans le catalogue des œuvres 
d'Andreozzi: 1° Arsinoe, opéra sérieux en deux 
actes, Naples, th. San-Carlo, 1795; 2° Annida e 
Rinaldo,\A., id., id., 1802 ; 3» Piramo e Tisbe, 
id., id., id., 1803 ; 4" il Trionfo d'Alessandro, 
opéra sérieux, id.,id., 1803; 5° il Finto Cieco, 
Naples, th. Nuovo, 1791. 

* ANDREVI (François). Dans son Diccio- 
nario tecnico, historico y biografico de la 
Musica, M. José Parada y Barreto fixe la date 
de la naissance de cet artiste distingué au 16 
novembre 1786, et celle de sa mort au 23 novem- 
bre 1853. Andrevi, qui était prêtre, fut successi- 
vement maître de chapelle de la cathédrale de 
Ségorbe, de l'église de Santa -Maria del Mar, de 
Barcelone, de la cathédrale de Valence, de 



'i.,, 



16 



ANDREVI — ANGER 



celle de Sévilie, et enûn devint maître de la 
chapelle royale. Après s'être réfugié à Bordeaux, 
par suite des événements politiques qui aflli- 
geaient son pays, et y avoir occupé aussi les 
fonctions de maître de chapelle de la cathé- 
drale , il vint se fixer à Paris en 1845 , et enfin , 
en 1849, retourna en Espagne, et devint, à Bar- 
celone, maître de chapelle de l'église de la Merci 
et directeur de Vescolanie annexée a cette cha- 
pelle. Parmi les œuvres les plus importantes de 
cet artiste, on cite surtout un oratorio, le Juge- 
ment dernier, une messe des morts; écrite.' pour 
les funérailles du roi Ferdinand VII , et un 
Stabat Mater composé pendant son séjour à 
Bordeaux. 

ANDREZ (Benoit), graveur de musique , 
qui vivait à Liège au milieu du dix-huitième 
siècle , est l'un des premiers qui aient publié , 
dans les Pays-Bas, un recueil périodique de musi- 
que. Celui qu'il mit au jour, en janvier 1758, 
portait ce titre : VÉcho, ou Journal de musi- 
que française, italienne, contenant des airs, 
chansons, bninetles, duos tendres ou bachi- 
ques, rondes, vaudevilles, contredanses, etc. 
(A Liège, chez B. Andrez, derrière Saint-Thomas, 
1758, in-i"). Ce recueil paraissait tous les mois, 
par livraison de 24 pages, et le prix d'abonne- 
ment annuel était de quinze livres de France. 

ANDRIKS (JiiAN), violoniste et violoncel- 
liste, compositeur, professeur et écrivain sur la 
musique, né à Gand le 25 avril 1798 , est mort en 
cette ville le 21 janvier 1872. Devenu en 1833 
professeur de la classe de violon et des classes 
d'ensemble instrumental au Conservatoire de 
Gand, cet artiste succéda à Mengal , en 1851 , 
comme directeur de cet établissement, et joignit 
alors, à l'enseignement qu'il y professait déjà, 
celui de l'harmonie et de la composition. Sa 
direction fut, dit-on, particulièrement profitable 
à cette école ; pour s'y dévouer entièrement, An- 
dries, qui occupait l'emploi de violon-solo au 
Grand-Tlièàtre , résigna ces fonctions en 1855. 
Cependant, dès l'année suivante il se voyait 
obligé de prendre sa retraite, et reçut alors le 
titre de directeur honoraire du Conservatoire. 
Andries a écrit, pour le violon et pour le vio- 
loncelle, un certain nombre de morceaux , qui , 
je crois, sont restés inédits. Comme écrivain 
spécial , il a publié un Aperçu historique de 
tous les instruments de musique actuelle- 
ment en usage (Gand, in-8°), et un Précis de 
l'histoire de la musique depuis les temps les 
plus reculés, suivi de notices sur un grand 
nombre d'écrivains didactiques et théoriciens 
de l'art musical (Gand, Busscher, 1862, in-8o), 
écrit dont le pian n'est pas très-rationnel et qui 



pèche un peu par l'ampleur des vues, mais qui 
renferme quelques renseignements intéressants. 
Andries avait annoncé la prochaine publication 
d'un Manuel des principes de l'harmonie; je 
ne crois pas que cet ouvrage ait paru. 

ANDRYSOWIC (Lazare), imprimeur po- 
lonais, établi à Cracovie dans le milieu du sei- 
zième siècle, donna un grand essor à la publi- 
cation de la musique, et livra au public un grand 
nombre de recueils de chants religieux. 

AIVKT (Baptiste), violoniste distingué, or- 
dinaire de la musique du roi, avait été élève de 
Corelli. Il a publié en 1724 , chez Boiviu, un 
Premier livre de sonates à violon seul et la 
basse continue. 

* Al^iFOSSI (Pascal). Les deux ouvrages 
suivants, il Principe di Lagonegro, opéra , et 
Sont ^Elena al Calvario, oratorio, doivent pren- 
dre place dans la liste des œuvres de ce com- 
positeur. 

ANGtLI'^RI (Antonio), pianiste et profes- 
.seur d'une grande renommée, considéré comme le 
Nestor du piano en Italie, est né à Pieve del Cairo 
(Piémont), le 26 décembre 1801. Élève du célèbre 
Pollini, il a toujours su maintenir les saines et 
pures traditions de son maître , aussi bien que 
celles de Clementi et de Cramer; c'est dire qu'il 
est constamment resté dans les voies du grand 
style et de l'élégance classique. Nommé dès le 
8 janvier 1829 professeur de piano au Conser- 
vatoire de Milan , M. Angeleri ne prit sa retraite 
qu'en 1870, et, durant ce long professorat de 
quarante années, il donna à l'école de piano de 
cet établissement un essor magnifique et une in- 
contestable supériorité. On peut citer au nombre 
de ses meilleurs élèves Adoifo et Disma Fuma- 
galli, MM. Giulio Alary, Sangalli, Liugi Minoja, 
Meiners, Fasanolti, etc., etc. L'un des plus dis- 
tingués , M. Carlo Andreoli , lui a snccédé dans 
sa classe, et continue aujourd'hui ses traditions. 
M. Angeleri , qui était professeur au collège royal 
de Milan en même temps qu'au Conservatoire, 
a couronné sa carrière enseignante en publiant, 
vers 1872, sous ce litre : il Piano- forte, un 
manuel excellent relatif à la pose des mains sur 
l'instrument et à la façon d'attaquer le son. Ce 
livre, illustré de plusieurs eaux-fortes superbes, 
a été édité avec le luxe et le bon goût que la 
maison Ricordi apporte à ses moindres publica- 
tions. — Un frère de M. Antonio Angeleri, M. Fi- 
lippo Angeleri, est aussi pianiste et compositeur. 

AJXGELOIM ( ), compositeur italien, a 

fait représenter au mois de janvier 1871 , sur le 
théâtre de Lucques, un opéra sérieux intitulé 
Osrade degti Abencerraggi. 

* AA'GER (Louis), pianiste, organiste et 



ANGER — ANNUNGIAÇÂO 



compositeur, est mort àLunebourgle 18 janvier 
1870. 

AIVGERMANIV ( ), célèbre organiste à 

Altenburg, vivait vers 1740. 11 est cité par Mat- 
theson dans son Arc de triomphe musical : 
« Musikalischen Ehrenpforte, » comme un des 
meilleurs compositeurs de son temps. Y. 

ANGERMANN ( Frédékic) , professeur de 
chant, né à Wusterhausen , a beaucoup écrit sur 
son art dans les journaux de musique de Berlin 
et publié un ouvrage tliéorique dont le titre 
m'est inconnu. Il est mort le 13 mars 18.56. 

Y. 

ANGIOLIIVI ( ) , compositeur et cho- 
régraphe italien , était attaché au théâtre de la 
Scala, de Milan, comme maître de ballets , vers 
la fin du dix-huitième siècle. On lui doit les 
scénarios d'un grand nombre d'ouvrages de ce 
genre, dont il écrivait parfois aussi la musique , 
ainsi qu'on peut le voir par le catalogue dressé 
par M. Cambiasi sous ce titre : Rappresenta- 
zioni date nei reali teatri di Milano, 1778- 
1872. Voici la liste de ceux de ces ouvrages 
dont il composa la musique : 1" Demofoonte, 
1780; 2° Divertissement , 1780; 3° Solhnano, 
1781 ; 4° gli Scherzi, 1781 ; 5° il Trionfo d'a- 
more, 1782; &° il Diavolo a quatlro , 1782; 
7" l'Amore al cimento, 1782; 8" Dorinna e 
Vuomo ielvatico , 1789; 9" Amore e Psiche , 
1789. 

*ANGLEBERT (Jean-Baptiste-Henri 
d'), claveciniste de la chambre de Louis XIV, 
naquit vers 1628, car il était âgé de soixante- 
trois ans lorsqu'il mourut à Paris le 23 avril 
1691. Il avait épousé le 12 octobre 1659 une 
demoiselle Madeleine Champagne, qui lui donna 
une fille et plusieurs fils, dont l'aîné portait les 
mêmes prénoms que son père et eut Lully pour 
parrain. D'Angleberl fut d'abord organiste du 
duc d'Orléans , après quoi il devint « ordinaire 
de la musique de la chambre du Roy pour le 
clevecin » en même temps que « joueur d'épi- 
nette de la chambre de Sa Majesté » en sur- 
vivance (1). 

AI\GLEBERT (Jean-Baptiste-Henri d'), 
fils du précédent, naquit à Paris le 5 septembre 
1661. Claveciniste comme son père, il fut sans 
doute son élève, et lui succéda dans la charge 
de claveciniste de la chambre du roi, qu'il occu- 
pait encore en 1699. J'ignore la date de sa mort, 
et je ne sais s'il a publié quelques compositions. 

ANGLEBERT (Jean-Henri d'), frère ca- 

(1) Ces renseignements sur la famille des d'Anglebcrt 
sont extraits du Dictionnaire critique de biographie et 
d'histoire de Jal, d'après les documents authentlquis 
cités par cet écrivain. 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. âUPPL, — 



17 

det du précédent , fut aussi claveciniste. Je ne 
connais pas la date précise de sa naissance , 
mais il était âgé de quatre-vingts ans lorsqu'il 
mourut à Paris le 9 mars 1747. 

ArVGLOIS (LuiGi), musicien italien, né à 
Turin le 25 octobre 1801, était fils d'un contre- 
bassiste renommé, Giorgi Anglois, se fit lui- 
même une grande réputation par son talent 
d'exécution sur la contre-basse , et donna avec 
succès des concerts à Paris, à Londres, à Lis- 
bonne et en Amérique. Cet artiste, qui a laissé 
une Méthode estimée pour son instrument, est 
mort à Turin le 24 avril 1872. 

AIVIGIllIM (Francesco), compositeur, pro- 
fesseur à l'Institut royal de musique de Florence, 
s'est fait remarquer à plusieurs reprises dans les 
concours ouverts par M. le docteur Basevi pour 
la composition d'oeuvres de musique de cham- 
bre, principalement de quatuors pour instru- 
ments à cordes. Plusieurs des quatuors présen- 
tés par M. Anichini dans ces concours ont 
obtenu des récompenses , mentions honorables, 
seconds ou premiers prix (1862, 1863, 1865), et 
l'un d'eux a été publié en partition par l'éditeur 
M. Guiiii , de Florence, dans sa jolie collection 
d'éditions de poche. M. Anichini a publié aussi 
diverses autres compositions , entre autres un 
Ave Maria à 4 voix (Milan, Ricordi), et un 
Requiem à grand orchestre. 

AI\JOS (DOS). Au compositeur portugais 
de ce nom, Dionisio dos Anjos, mentionné dans 
la Biographie universelle des Musiciens, il 
faut ajouter Luiz dos Anjos et Simdo dos An- 
jos. Le premier jouissait .d'une grande réputa- 
tion à Lisbonne vers le commencement du dix- 
liuitième siècle; le second fut un des disciples 
distingués du célèbre Manoel Mendes. 

J. de V. 

ANNA (le P.DoMiNcos de SANT), com- 
positeur portugais, né en 1722, était en 1755 
Cantor-Mor du couvent de la Trinité à Lis- 
bonne, et fut enseveli sous les ruines de ce cou- 
vent lors du grand tremblement de terre qui 
détruisit la ville (1755). On louait beaucoup son 
talent sur la basse (rabecâo). Un autre religieux 
du [même couvent , frère Joaquim de SanV 
Anna, eut le même sort; il chantait fort bien, 
et jouissait d'une grande réputation comme or- 
ganiste. Les deux orgues du couvent de la Tri- 
nilé^étaient des instruments magnifiques et n'é- 
taient surpassées que par celles du couvent de 
Notre-Dame de Grâce , qui en possédait trois. 
Chacun de. ces instruments .n'avait pas coûté 
moins_de 25,000 cruzados en 1569! 

J. DE V. 
* AMNUNCIAÇÂO (le Fr. Gabriel da ) , 
T. I. 2 



18 



ANNUNGIAÇÂO — APOLLOiNI 



musicien portugais, né en 1G81 à Ovar, où il fit 
ses études musicales , entra dans l'ordre de 
S. François en 1706. Il acheva ses études à Lei- 
via, et occupa ensuite des places importantes 
dans les couvents de son ordre à Coimbre , à 
Porto, et en dernier lieu à Lisbonne, où il vi- 
vait encore en i'il. La Biographie univer- 
selle des Musiciens n'a pas mentionné les com- 
positions de cet artiste, qui sont tièsnom- 
breuses, et qui comprennent des Mesies, des 
Antiennes, des Motels, etc. Elle n'a pas cité non 
plus son Mnnual e Cérémonial do Canto. 
On itjnore , du reste, si cet ouvrage a été pu- 
blié. (Pour le reste, \. Musicos Porttfguezes, 
t. I'"", page 10.) Un autre musicien du môme 
nom , Philippe da ÀnnuHCiaçào , vivait vers le 
milieu du dix-huitième siècle à Coimbre, où il 
exerçait les fonctions de chanoine dans le célè- 
bre couvent de Santa- Cruz (S. Agostinho). Son 
talent d'organiste était tiès-estimé. On a de cet 
artiste : Acompanliainentos para Orydo ; de 
llymnos, Missas, e ttido o mais que se cuuta 
no coro dos Conegos Hcguhires Lateranenses 
daCongr. Re/ormada deS. Cruz de Coimbra, 
Compostas pelo R. D. Ph. da Anniinciacdo, 
Conego regidar da mesma Congregaçào. 
Anno de 17 j4, gr. in i". L'auteur de cette notice 
possède le manuscrit original de cet ouvrage , 
qui n'a pas été imprimé. Les exemples en sont sa- 
vamment écrits, et Ton y reconnaît l'inlluence du 
stvie de Manuel Rodrigues Coeliio {yoijez ce 
nom) et de ses Flores de Mtisica. J. nK V. 

* ANSIAUX (Ji:\N-HLi$KiiT-JosF.r'ii). L'ou- 
verture de l'Apothéose de Grélry, due à cet ar- 
tiste, n'était i)as une simple ouverture de con- 
cert; elle faisait partie d'un ouvrage lyrique en 
un acte, portant ce titre, et dont la première 
représentation eut lieu le jour de l'inauguration 
•lu nouveau théâtre de Liège, en novembre 
1820. Ansiaux est aussi l'auteur d'une cantate 
intitulée la Fête de Sainte-Cécile , et il a écrit 
un assez grand nombre de morceaux importants 
pour orchestre et pour harmonie militaire. 

ANTHIOME ( Elcknf.-JeanBu'tiste), 
professeur et compositeur, est né à Lorient le 
19 août 183ti. Admis au Conservatoire, d'abord 
dans la classe d'harmonie écrite de M. Elwart, 
puis dans la classe d'orgue de M. Benoist , il 
obtint un second accessit d'harmonie au con- 
cours de 1836. Devenu tui peu plus tard élève 
de Carafa pour la fugue et la composition, il se 
présenta en 1861 au concours de l'Institut et ob- 
tint le premier second grand prix de composition. 
Nommé en 1863 répétiteur d'une classe d'é- 
tude du clavier au Conservatoire, M. An- 
Ihiome , qui occupe encore aujourd'hui cet em- 



ploi , a fait représenter au petit théâtre des Fan- 
taisies-Parisiennes, le 6 mai 1866, une opérette 
en un acte, intitulée : Semer pour récolter, 
et le 3 février 1876, aux Folies -Bergère, un 
autre petit ouvrage du même genre : le Dernier 
des Chippeways. II a publié quelques compo- 
sitions légères, entre autres une suite de mor- 
ceau.\ de piano intitulés 6 Croquis d'album, 
Paris, Grus. 

AIV'TOLISEÏ ( ). compositeur italien, 

n'est encore connu que par la musique de deux 
farces en un acte qu'il a fait représenter, an 
mois dejuilli't 1875. sur le théâtre de Cingoli. 
I^'un de ces petits ouvrages était intitulé i Due 
Metaslasiani , le second avait pour titre Li- 
setla. 

ANTOXIETTI { ), compositeur 

italien, a fait représenter à Taganrog, au mois 
de janvier 1872 , un opéra intitulé il Franco 
Bersagliere. 

AXÏOXIl (Giov\N.M-B.\TTisT\) , frère de 
Pietra degli .Vutonii, fut un organiste renommé. 
Élève de Giacomo Predieri , il a publié diverses 
conqiositions juiur violoncelle et clavecin , vio- 
lon et violoncelle, des ballets, courantes, gigues 
pour trois instruments, et des ver.sets pour l'or- 
gue. Va\ 108i, il fut admis au nombre des mem- 
bres de l'Académie des Philharmoniques de Bo- 
logne. 

AKTOMO (le Fr. JosKDK SAMO), théo- 
ritien portugais, a puldié un petit traité de mu- 
sique : Elemenlos de Musica, Lisbonne, Antonio 
Vicente da Silva (imprimeur ou éditeur?), 1761, 
in-4" de 16 pages. Ce traité , qui est signé avec 
l'anagramme de l'auteur -. Frazenio de Soyto 
Jpnalon, est rare La Bibliothè(|ue du couvent 
de Jésus , à Lisbonne , en possédait un exem- 
plaire. J. DE V. 

AOUST (le marquis Jlles d'), composi- 
teur amateur, né vers 1825 , s'est fait connaître 
par un certain nombre de mélodies vocales et 
par la musique de deux opérettes en un acte : 
l'Amour voleur, exécutée dans im salon en 
1865, et la Ferme de Miramar, représentée 
dans un concert donné .au théâtre de l'.Vfhénée le 
11 avril 187'i. 

* APOLLOXI (Gicseppe) , compositeur 
dramatique italien, est né à Vicence, et non 
dans le royaume de Naples, comme il a été dit 
par erreur. Outre l'Ebreo et Pielro d'Albano, 
cet artiste a fait re|!résenter plusieurs autres 
opéras, parmi lesquels Adelchi (Venise , th. de 
la Fenice, 1856 ou 57;, il Conte di Koenigs- 
bcrg ( Florence, th. delà Pergola, 17 mars 
1866), et Gustavo Wasa (Trieste, th. Com- 
munal, décembre 1872). Bjen qu'ils aient été ac- 



APOLLON! — AH.VUJO 



i9 



■cueillis avec assez de faveur, aucun de ces ou- 
vrages n'a retrouvé le succès éclatant qui avait 
signalé l'apparition de V Ebreo, et qui avait fait 
faire à cet opéra le tour triomphal de l'Italie 
entière. C'est que le public, qui avait été tout 
à la fois étonné et charmé de la vigueur et de 
labondauce d'inspiration qui distinguait cette 
partition, n'a plus retrouvé ce Ilot mélodique 
dans les œuvres que l'auteur lui offrit par la 
suite ; et couinie M. Apolloni est surtout un mu- 
sicien d'insîinct, dont le savoir est alsolument 
•insuffisant et dont l'instruction manque de so- 
lidité, il n'a pas pu renouveler son talent et s'est 
vu dans riinpossihililé d'écrire, au point de vue 
<le la forme et de la facture, une œuvre d'un mé- 
rite sérieux et durable. 

APTOALMAS , nom de deux harpistes an- 
glais, tous deux compositeurs pour leuriuslru- 
ment, nés à Bridgend , l'un en 1S26, l'autre en 
1829. L'un d'eux a fait un voyage en Améri- 
que, d'où il cU revenu à Londres en 1802; il 
vint l'année suivanle à l'aris donner quelques 
concerts, dans lesquels sou double talent de 
viituose et de compositeur fut très-apprécié , 
rpuis il retourna à Londres, oii il retrouva ses 
succès passés et continua de se livrer à l'ensei- 
gnment. Le jeu de cet artiste, qui est élégant, 
fm et plein de grâce , présente cette particula- 
rité que le virtuose, au rebours des harpistes 
ordinaires, exécute la partie de chant avec la 
main gauche, et celle de la basse avec la main 
droite. 

ARAGO (M'"^ ViCTonu) , compositeur, s'est 
fait connaître par la publication d'un certain 
nombre de romances, dont plusieurs ont obtenu 
du succès. Sous le règne de Louis-Philippe, à 
l'époque où ce genre de compositions jouissait 
encore de toute sa vogue, M""" Victoria Arago, 
comme Clapisson, comme Masini, comme Fré- 
déric Bérat, comme M. Pau! Ilenrion, publiait 
chaque année, chez l'éditeur Meissonnier, un 
albimi de romances que le public accueillait avec 
faveur. 

* ARAIVDA (Mathkis de), musicien por- 
tugais ou espagnol, futnommé professeur de mu- 
sique à l'Université du Coimbre par une résolu- 
tion du 26 juillet 15'ii. La chaire de musique 
date du temps même de la fondation de l'Univer- 
sité (1290). Aranda était en même temps maître 
de chapelle de la cathédrale de Coimbre. Il pa- 
raît qu'il avait occupé auparavant les mêmes 
fonctions à la Se (cathédrale) de Lisbonne. Il a pu- 
blié un Tralado decantolluno ycontrupnuto 
por Matheo de Aranda , Maestro de C'apiUa 
de la Se de Lixhoa. Dirigido al illustrissimo 
.seùor D. Alonso cardenal infante de Por- 



tugal, Arçobispo de Lixboa y obispo de Eoora, 
Comendulario de Alcobaça. Com priiilegio 
real. Lisbonne 1533 , GermanGallarde, in-4" de, 
1V-14j pages (non numérotées). La partie rela- 
tive au c««/o;/«>io (plaiu-chant ) comprend 14-71 
pages , celle relative au contrapunto 1Y-6G 
pages. Toutes les deux sont impiiinées en ca- 
ractères gothiques. Fétis n'a pas vu ce traité, qui 
est excessivement rare, et le titre qu'il en donne 
est incomplet ; d'ailleurs, il suppose qu'Aranda fut 
un musicien espagnol , jugeant d'après le titre de 
son ouvrage. On n'est pas encore fixé sur la na- 
tionalité de cet artiste. J. de V. 

AUAKGUREN (Josi:) , pianiste et profes- 
seur espagnol, est né à Bilbao le 25 mai 1821. 
Il étudia le solfège et le piano sous la direction 
de Nicolas Ledesma , maître de chapelle et or- 
ganiste en cette ville , et le violon avec Fausto 
Sanz. En 18 i3, il se rendit à Madrid dans le but 
d'y étudier la composition, et y devint^ de 1814 
à 1848, l'élève de M. Hilarion lislava. M. Aran- 
guren se livra ensuite à renseignement , et pu- 
blia eu 18.55 une Métliode de piano dont on a 
fait cinq éditions, en 1861 un l'ronluario para 
los Gantantes é insirmnentistas , et un Traité 
complet d'harmonie élémentaire. Ces divers 
ouvrages ont paru chez l'éditeur Romero y An- 
dia. M. Aranguren, à qui l'on doit encore un 
grand nombre de compositions religieuses esti- 
mées, est professeur auxiliaire d'harmonie au 
conservatoire de Madrid depuis le 2 mars 1807. 

* ARAUJO (Fkvncisco Coruêa de), orga- 
niste remar(]uable et compositeur pour son ins- 
trument. Son nom s'écrit aussi Arauxo; Araujo 
en est la forme moderne. Presque tous les au- 
teurs qui se sont occupés de cet artiste ont été 
mal renseignés. C'est surtout à propos de son 
ouvrage sur l'orgue que les erreurs se sont 
multipliées; aucun n'en a donné le titre exact : 
Libro de tlentos y discursos de musica prac- 
tica y theorka de organe, inlilulado Factil- 
tad organica : con el quai , y cpn moderado 
estudio y perseverança qtcalquier mediano 
tancdor puedc salir aventajado enella; sa- 
bicndo dcslramenlc cautar, y sobreiodo te- 
niendo bueii natural, Alcala, Antonio Ar- 
nâo, 1020, in-fol. de Y-204 feuilles , dont 26 
pour le texte et le reste en exemples de musi- 
que. Cet ouvrage, aussi rare que celui de Coelho 
(F. ce nom), et d'ailleurs très- bon , ne peut ce- 
pendant lui être comp.iré. J'ai combattu ( Musi- 
cos portugnezes, 1. 1, p. 13) l'opinion de M. Es- 
\d\ai {Miiseo organico espaùol) à propos de la 
nationalité de Correa de Araujo. Ces deux noms 
sont portugais .Arauxo est la forme ancienned'A- 
raujo, comme Corréa est la forme ancienne d« 



20 



ARAUJO — D'ARCAIS 



Corieia; ces deux noms sont encore très en 
usage en Portugal, tandis qu'ils sont fort rares en 
Espagne. On a peu de renseignements sur fa vie 
de cet artiste distingué ; il a été organiste de l'é- 
glise de S. Salvador à Séville, remplit successi- 
vement plusieurs fonctions importantes dans la 
hiérarchie ecclésiastique , et.finit par occuper l'é- 
vêché de Ségovie. Araujo appartenait à une fa- 
mille très-distinguée; il naquit vers 1581 , et 
mourut dans un âge avancé, en 1663. Araujo 
avait écrit .deux ouvrages •• Casos morales de 
la musica, et un Uvre : De Versos (probable- 
ment un recueil de pièces variées ) dont il 
parle dans son Libro de tientos ; mais ces ou- 
vrages n'ont pas été publiés. Le premier exis- 
tait en manuscrit dans la célèbre bibliothèque de 
musique du roi D. Jean IV, ainsi qu'une quantité 
àtPsalmos, Motetes t\ Vilhancicos. 

J. bEV. 

ARBAIV ( Joseph-Jevn-Baptiste-Laurent), 
virtuose sur le cornet à pistons et chef d'orches- 
tre, naquit à Lyon le 28 février 1825. Admis au 
Conservatoire, dans la classe de trompette <le 
Dauverné, au mois de décembre 1841, il obtint 
le second prix de trompette au concours de 
1844 et le premier l'année suivante. C'était l'é- 
poque où le cornet à pistons faisait fureur ; 
adoptant cet instrument, M. Arban se fit bientôt 
remarquer dans les concerts par son jeu brillant 
et facile, et obtenait surtout des succès par ses 
triples coups de langue. Lors de la création 
des concerts de M. Musard fils au boulevard des 
Capucines, en 1856, sa vogue fui très-grande. 
Peu de temps après, un entrepreneur, ayant fondé 
le Casino-Cadet, confia à M. Arbau la direction 
de l'orchestre de cet établissement, dans lequel 
oB donnait alternativement des bals et des con- 
certs de musique légère. Cet artiste se fit alors 
une réputation de chef d'orchestres de bals, et 
dirigea tour à tour ceux du Casino, de Valentino, 
de Frascati, et même de l'Opéra, lors de la re- 
traite de M. Strauss et jusqu'à l'incendie de la 
salle de la rue Le Peletier. 

Le 8 juin 1857, M. Arban avait été nommé 
professeur de la classe de saxhorn ouverte au 
Conservatoire pour les élèves militaires-, le 
r'^ février 1869, une classe régulière de cornet à 
pistons étant créée dans cet établissement, il en 
fut nommé titulaire, et M. Maury le remplaça 
dans celle de sax-horn. Depuis lors, il a donné 
sa démission. M. Arban a publié une Grande 
Méthode complète de cornet à pistons et de 
sax-horn (Paris, Escudier), et un Extrait de 
cette méthode (id., id.). On lui doit aussi un 
grand nombre de fantaisies et morceaux de 
concert pour le cornet à pistons (entre autres 



quinze fantaisies sur les opéras de Verdi, publiées 
chez l'éditeur Escudier), et une quantité consi- 
dérable de morceaux de musique de danse, 
polkas, polkas-mazurkas, schotischs, quadril- 
les, etc., pour piano ou pour orchestre, presque 
tous écrits sur des motifs d'opéras en vogue. 

* ARCADELT (Jacques). Outre les éditions 
citées du premier livre des madrigaux de ce grand 
musicien, il en faut mentionner une, qui sérail 
vraisemblablement la quatrième , puisqu'elle est 
datée de 1544 : // primo libro de' Madrigali 
d'Archadelt a quattro voci, con nuova gionta 
xiltimamente impressi (Venetiis, apud Hiero- 
nyrnum Scotum, 1544). Cette édition contient 56 
madrigaux, c'est-à-dire trois de plus que les pré- 
cédents ; les paroles de deux d'entre eux sont de 
Michel-Ange ; aussi ces deux derniers ont-ils été 
publiés de nouveau à Florence, en 1875, à l'oc- 
casion des fêtes du centenaire de ce grand homme, 
I)ar les soins et avec un commentaire de M. Leto 
Pulili. (V. ce nom.) 

ARCAIS (Francesco, marquis d'), critique 
musical italien et compositeur, né vers 1830, est 
issu d'une ancienne et noble famille de Sardaigne, 
aujourd'hui déchue de sa splendeur passée. Il a 
fait de bonnes éludes musicales, et depuis près 
de vingt ans est chargé du feuilleton musical et 
dramatique du journal politique ropiniowe, l'un 
des plus estimés de toute l'Italie ; il a suivi ce 
journal dans ses pérégrinations diverses , de 
Turin à Florence, puis de Florence à Rome, et il 
y donne tous les lundis un feuilleton très-lu, tout 
en faisant chaque jour une petite chronique des 
théâtres. Artiste délicat, homme instruit et de 
bonne compagnie, M. d'Arcais a le talent de se 
faire lire et comprendre de tout le monde ; ses 
articles, écrits dans une langue claire et facile, 
sont des modèles d'urbanité et de bon goût. Mal- 
heureusement, le tempérament musical de 
M. d'Arcais est un peu arriéré, et reste rebelle 
non-seulement à toute manifestation artistique 
im peu audacieuse, mais encore à toute espèce 
de nouveauté et de progrès. Le critique est un 
ultra-Italien, et un Italien du passé, un peu 
confit dans ,les formules et dans les moules 
classiques, et se laissant trop volontiers guider par 
le courant paresseux de l'opinion, au lieu de cher- 
cher à la guider lui-même et à lui inspirer l'amour 
delà liberté et de la personnalité dansl'art . Partisan 
acharné de la vieille école italienne, M. d'Arcais ne 
s'est pas borné à faire à M. Richard Wagner et àses 
œuvres une guerre sans merci, refusant au musi- 
cien allemand toute espèce de qualité et de faculté 
musicale ; il a encore pris à partie M. Gounod, 
et a constamment nié la valeur de Faust, décla- 
rant tout d'abord que l'œuvre n'était pas viable 



D'ARCAIS — ARDITI 



21 



el s'obstinant dans son opinion, même quand 
Faust, acclamé dans toute Tltalie, comme il l'a- 
vait été en France et en Allemagne, eut été 
joué partout, jusque dans les plus petites 
Tilles de l'île de Sardaigne, sa patrie. En un 
mol, M. d'Arcais, dont le jugement est très- 
sain lorsqu'il n'a à s'exercer que sur les œuvres 
italiennes dont le genre se rapporte à ses préfé- 
rences, manque de cet éclectisme vigoureux, 
large, ouvert, sans lequel la critique court le 
risque de ne pas survivre au moment qui l'a vu 
naître. 

M. d'Arcais, qui est un des collaborateurs 
actifs de la Gazzelta musicale, de Milan, s'est 
essayé comme compositeur, et par trois fois, 
mais sans succès, a abordé le théâtre, avec 
de petits ouvrages bouffes: i Due Preccttorl, 
représenté il y a une quinzaine d'années; Sga- 
narello , donné au tbéâtre Re, de Milan, au 
mois d'avril 1871 ; enfin, la Guerra amorosa, 
petit opéra à deux personnages, joué à Florence. 
Il a écrit aussi une messe funèbre, qui a été ac- 
cueillie favorablement par la presse, et je crois 
qu'il a publié quelques romances et mélodies 
vocales. Parmi ces dernières, je signalerai sur- 
tout une composition importante, PAddlo del 
Condannato, scène dramatique pour voix de 
baryton, dédiée au chanteur Aldighieri el publiée 
à Turin, par les éditeurs Giudici etSlrada. 

ARCIIAMBEAU (Jean-Michel d'), orga- 
niste et compositeur belge, né à Hervé (province 
de Liège), le 3 mars 1823, reçut d'abord des le- 
çons de piano el de violon de son père, puis 
devint élève de D. Goffin et de Joseph Massarf. 
Il étudia ensuite l'harmonie et le contre-point 
dans les traités de Cherubini, de Catel et de 
Fétis, et à peine âgé de quinze ans il devint pro- 
fesseur de musique au collège de sa ville natale. 
Dix ans après, il fut nommé organiste à Petit- 
Rechain,et il occupait encore ce poste en 1862. 
M. d'Archambeau , qui a fait représenter en 
1859, sur le théâtre du Gymnase de Liège, une 
opérette dont j'ignore le titre, a publié plusieurs 
compositions de divers genres : 2 messes solen- 
nelles à 3 voix d'hommes, avec accompagnement 
d'orgue ; 12 litanies ; 7 motets ; des romances 
sans paroles pour piano, et beaucoup de mor- 
ceaux de musique légère. — Le frère de cet 
artiste, M. Edouard d''Ârchamb eau, né à Hervé 
le 8 décembre 1834, commença l'étude du piano 
avec son frère, puis devint, au Conservatoire de 
Liège, élève de Ledent et de Wanson, et obtint, 
en 1852, un premier prix de piano et un second 
prix de violon. Il a publié quelques compositions 
pour le piano. 
ARDITI (le marquis Michèle), compositeur 



italien, probablement amateur, naquit en 1745, 
et fit représenter à Naples un opéra sérieux, 
VOlimpiade, écrit sur le poème de Métastase qui 
a servi à tant d'autres compositeurs. Je ne 
connais pas d'autres œuvres de cet artiste, qui 
est mort en 1838, âgé de quatre-vingt-treize ans. 
ARDITI (Lligi), violoniste, chef d'orchestre 
et compositeur, est né à Crescentino (Piémont), 
le 22 juillet 1822. Il fit ses études musicales au 
Conservatoire de Milan , où il entra le 17 mars 
1836 et d'où il sortit le 6 septembre 1842, après 
y avoir écrit et fait représenter un opéra en deux 
actes intitulé i BrignnU. Il se produisit d'abord 
comme virtuose, en donnant des concerts à Va- 
lèse, à Novare, à Voghera, fut engagé ensuite 
comme chef d'orchestre à Verceil, puis remplit 
les mêmes fonctions à Milan et à Turin, et enfin 
recommença à donner des concerts, en compa- 
gnie du fameux contrebassiste Bottesini {voyez 
ce nom), jusqu'au moment où il signa un enga- 
gement comme chef d'orchestre et concertiste 
pour le théâtre de la Havane. De la Havane il se 
rendit à New York, où il devint chef d'orchestre 
de l'Académie de musique, théâtre pour lequel il 
écrivit un grand opéra sérieux, la Spia, qui fut 
chanté par M"'° Anna de La Grange, MM. Brignoli 
et Morelli, Après avoir passé quelques années en 
Amérique, M. Arditi fut appelé à Constantinople, 
puis, M. Lumiey l'ayant attiré à Londres, il prit 
la direction de l'orchestre du Théâtre italien de 
cette ville, où il obtint de grands succès. C'est à 
Londres qu'il commença à publier toute une 
série de mélodies vocales, qui furent accueillies 
avec la plus grande faveur, entre autres celle 
intitulée Oinaggio alla Bosio, et la fameuse 
valse il Bacio, qui fut le triomphe de M'" Pic- 
colomini, et que M""*^ Palti contiibua ensuite à 
faire devenir populaire. Depuis lors, M. Arditi 
n'a guère quitté Londres, où il se livre à l'en- 
seignement, et où, dans ces dernières années, 
il était directeur d'une grande enlreprisede con- 
certs (1). Parmi les mélodies de M. Arditi qui 
ont obtenu le plus de succès, il faut citer l'Orolo- 
gio ; Kellog , valse chantée ; Capriccio-Ma- 
zurka; VArdita, valse chantée; il Bacio, id.; 
la Stella,ià.;la Farfalletta, mazurka chantée ; 
Boléro ; la Tradita ; Forosetla, tarentelle chan- 
tée; VIncontro, valse chantée; Tréma, o vil! 
duo dramatique pour soprano et contralto ; Vuole 
am,or un giovin cor, rondo, etc. M. Arditi a 
publié aussi un certain nombre de compositions 
pour le violon, parmi lesquelles je citerai : il 



(i) Au moment oii cette notice est écrite (novembre 
1875), M. Arditi dirige encore,autliéâtre deCovenl-Garden, 
des promenades concerts qui;obticnnent un grand succès 



22 



ARDIÏI — D'AHNEIRO 



Trovutore, fantaisie brillante, avec accompa- 
gnement de piano ,■ Norma, caprice, id.; i Due 
i*"05can, fantaisie, id.; Souvenir de Donizetli, 
fantaisie, id.; sclierzo liriliant sur divers cliaiits 
américains, id.; sclierzo brillant ponr deux vio- 
lons, id., etc., etc. 

A RENDS (Llopold), né le T"" décembie 
1817 à Raliiski, dans le cercle de Wilna, est 
connu dans le monde musical par un ouvrage 
intitulé : Veber den Sprachgesang der VorzeU 
und die llersidlbarkeit der allhebra'ischen 
Vocalmusik : Du langage chanté des anciens 
et de la restauration de l'ancienne inusique 
vocale des Hébreux (Berlin, 1867). 

Y. 

* ARKTI.XUS (Pail). A la liste des com- 
positions de cet arfi.ste, il faut joindre le recueil 
suivant : Libro primo delli madrigali croma- 
tici ci mcsser Paolo Aretino (Venetiis, apud 
Hieronyinum Scufnin, 1 j'i9). 

ARGILLIKRES (Rocn n), facteur d'or- 
gues, vivait en .Normandie dans la seconde 
moitié du seizième siècle. II fut l'un des fonda- 
teurs (lu puy de musique érij;é à Évreux, en 
1570, en rbonnour de Sainte-Cécile, et s'engagea 
à « raccorder » les orgues à chaque solennité de 
cette institution. 

ARIE\ZO (Nicoi.A »'), compositeur distin- 
gué, est né à Naples le '>'» décembre 1S43. Élève 
de Pietro Labriola pour le piano et de Vincenzo 
l'ioravanti pour l'iiarmonie et le contre-point, il 
n'était âgé que de seize ans lorsqu'il lit ses débuts 
de compositeur dramatique en donnant, au théâ- 
tre Nuovo, au mois de juin ISGO. l'opéra bouffe 
en dialecte napolitain intitulé : Monzù Gnozio 
o la Fidanzata del Parrucchierp,qm fut tiès- 
bien accueilli. -Au mois de février 18G4, il se pro- 
duisait à la fois comme compositeur et comme 
virtuose, en faisant entendre dans un des con- 
certs du cercle Bonamici, un trio en ul majeur. 
En février 18C6, il donnait au IhéAtre Bellini un 
nouvel opéra en dialecte, avec dialogue, i due 
Mariti, qui fut reiiroduit en 1871, au nouveau 
théâtre Re de Milan, traduit en italien, avec des 
récitatifs remplaçant le dialogue. Il lit représenter 
ensuite le Rose LXaples, th. Bellini, février 
1868) ijl Cacciatore délie Alpi (2 actes, Naples, 
23 juin 1870) ; et il Cuoco (3 actes, Naples, th. 
Rossini, Il juin 1873). M. d'Arienzo, qui est au- 
jourd'liui professeur d'harmonie et de composi- 
tion à YAlbergo de' Poveri et au collège de mu- 
sique de San Pietro a Majella, de >'aplcs, s'est 
fait connaître encore par diverses autres œuvres : 
il a obtenu de la Società del Quartetto de Mi- 
lan, en 181)9, un second prix pour quatre Noc- 
turnes à *i, 3 et 4 voix ; il a fait exécuter à 



Rome, en 1871, un Pensiero sinfonico, dont 
une réduction pour le piano à 4 mains a été pu- 
bliée à Milan, chez Lucca; enfin, il à publié un 
grand nombre de compositions pour le chant, 
ainsi qu'un manuel intitulé Elementi di letiura 
musicale (Naples, Coftrau). 11 a en portefeuille 
un opéra sérieux, Rita di Lister, écrit sur 
un poème de son oncle, M. Marco d'Arienzo, un 
opéra bouffe, i Viaggi, et une grande cantate 
sacrée pour soli, chœur et orchestre, il Cristo 
sulla croce. 

ARMIA'GAUD (J ), violoni.ste fort dis- 
tingué, né vers 1824, s'est acquis à Paris une 
réputation méritée par le talent dont il a fait 
preuve dans les séances de musique de chambre 
qu'il donnait en compagnie de MM. Léon Jac- 
quard, Edouard Lalo et Mas. Cette société de 
quatuors, que M. .Vrmingaud organisa vers 18."Jà 
et dans laquelle il tenait la partie de premier 
violon, était certainement une des meilleures de 
Paris au point de vue de l'ensemble et de la fer- 
meté de l'exécution, et M. Armingaud y brillait 
particulièrement par la grâce de son jeu, la soli- 
dité de son style et la belle qualité de son qu'il 
lirait de son instrument ; elle s'est augmentée 
et transformée, par l'adjourtion de quelques 
instruments à vent, et a pris depuis lors le titre 
de Société classique. Cet artiste modeste et re- 
marquable', qui s'est fait applaudir aussi dans 
des concerts particuliers, a publié un certain 
nombre de morceaux de violon, avec accompa- 
gnement de piano : Aubade; Sérénade, op. 9, 
Paris, Gérard; Villanelle, op. 10, id., id.; 
Chanson vénitienne, id., id.; et différentes fan- 
taisies sur des motifs d'opéras célèbres, ainsi que 
quelques mélodies vocales. 

* ARXAUD (l':TiENNE),est mort à Marseille 
au mois de janvier 1863, des suites d'une Ihixion 
de poitrine. Cet artiste avait publié plus de deux 
cents romances, dont la plupart, empreintes d'un 
joli sentiment, eurent de véritables succès. 

ARiXElUO (Jo.si;-AuciSToI-ERRi:iRA VI£I- 
GA, vicomte d'>, dileltanteet compositeur portu- 
gais, appartient à une famille qui s'est distinguée 
dans la musique. Ses frères sont des amateurs 
plus ou moins habiles, fort bien vus dans les sa- 
lons lie Lisbonne, et l'un d'eux, M. Joâo ler- 
reira Veiga, a obtenu des succès sur plusieurs 
scènes d'Italie; je l'ai entendu il y a quelques 
années à Porto, et j'ai pu constater qu'il pos.sé- 
dait une voix de baryton fort agréable, quoique 
manquant un peu d'accent et d'énergie sur la 
scène; son extrême embonpoint nuisait d'ailleurs 
beaucoup à l'effet dramatique, et il a dû, [ilus 
tard, renoncer au fhéâlre. 

M. le vicomte d'Arneiro, fils d'un père Por- 



D'AliXElRO 



23 



tugais el d'une mère Suédoise, est né à Macao, 
en Chine, le 22 no\einbie 1838. Après avoir fait 
et achevé ses études de droit à Coiinbre, il reprit 
avec ardeur, en 1839, les éludes musicales qu'il 
avait commencées à l'âge de huit ans : il appiit 
l'harmonie avec le professeur ]\Ianoel Joaquim 
tJolelho, artiste de l'orchestre du théâtre San- 
Carlos, de Lisbonne, étudia le contre-point et la 
fugue avec Vicente Schira, chef d'orchestre du 
même théâtre, et eut pour maître de piano j'ha- 
hile virtuose Antonio José Soares, maître de 
chapelle de l'ancien Séminaire patriarcal. Le."! es- 
sais de composition de M. d'Arneiro qui. datent 
de celte épo(iue sont très-nombreux, el consis- 
tent en pièces d'orchestre, entr'actes, morceaux, 
romances, duos, auxquels il faut ajouter une 
petite comédie : A Quesiâo do Oriente, jouée 
avec succès sur le théâtre Académique , une 
messe en sol majeur à quatre voix avec accom- 
pagnement d'orgue, et plusieurs autres mor- 
ceaux de musique religieuse. Lue partie de ces 
travaux, notamment ceux qui datent d'a|)rès 
1859, ont été enregistrés aux archives de la So- 
ciété des auteurs et compositeurs dramatiques 
de Paris. En mars 18G0, M. le vicomte d'Ar- 
neiro fit représenter au lliéi\tre San-Carlos un 
ballet fantastique en un acte et trois tableaux, in- 
titulé G?.'m, dont le scénario lui avait été fourni 
par M. Luigi Arcieri, et dont le principal lôle 
était fort bien tenu par M»' Lamarre. La mu- 
sique de cet ouvrage fut très-applaudie, el l'on y 
remarqua, outre des idées originales et en maint 
enilroit empreintes de poésie, ime facture soi- 
gnée et un sentiment délicat des effets d'orches- 
tre ; on jugea que c'était là, en somme, une œu- 
vre de mérite, et. l'on attendit l'auteur à d'autres 
épreuves plus décisives. 

Ce fut seulement en 1871 que le compositeur 
présenta son ouvrage le plus important, son 
grand Te Z>eum, exécuté dans l'église de St-Paul, 
à Lisbonne, lors de la fête de Notre-Dame de 
la Conception. Malheureusement, l'exécution en 
était confiée à une société d'amateurs, qui ne 
sut pas faire ressortir toute la valeur de la parti- 
tion, les difficultés de celle-ci étant d'ailleurs 
très-grandes, tant pour l'orchestre que pour les 
chœurs. Dos am.iteurs aussi étaient chargés des 
soli, et un seul d'entre eux, le lénor Gazul 
(alors premier Aiolon à l'orchestre du théâlre 
San-Carlos), se distingua. TaCS chœurs surfout 
furent très- faibles, car à Lisbonne, comme dans 
tout le Portugal, tout enseignement choral fait 
complètement défaut. L'orchestre, auquel étaient 
mêlés quelques artistes de celui de San-Carlos, 
se conduisit mieux. Plus lard, on reproduisit 
dans un concert de bienfaisance donné à San- 



Carlos (mai 1871) les pièces les plus iinporfanles 
de ce grand Te Deum. Je ne puis parler de celte 
seconde audition, n'y ayant pas assisté, mais j'ai 
entendu dire qu'elle avait été [ilus satisfaisante. 
Peu de temps après la première exécution, M. le 
\icomte d'Arneiro me fit la bonne gi Ace de me 
prêter .sa partition pour en rendre compte. Obligé 
de quitter Lisbonne à l'improviste, je ne pus 
alors m'acquitter de ma tSche ; mais je tiens à 
rendre justice , ici, à son œuvre si remarquable, 
et je n'exagérerai pas en disant que depuis Bon- 
tempo on n'a lien produit en Portugal d'aussi 
important que ce Te Deum. Après la mort de ce 
maître illustre , les musiciens portugais sem- 
blaient n'avoir d'autre préoccupalion que de ra- 
baisser de |)lus en (dus la musique d'église ; 
déjà, de son vivant, Casimiro et ses imitateurs 
avaient donné le coup de grâce à cet art admira- 
ble, et les canevas sur des thèmes d'opéras ita- 
liens, les soli aux variations de petite llùte, les 
duos, trios, etc., construits sur des thèmes de 
contredanse, faisaient les délices des amateurs de 
Lisboime. Chaque jour voyait naître de nou- 
veaux imitateurs de Casimiro , qui se moquaient 
à qui mieux mieux de Bontempo et de son 
style sévère. Après la mort de Casimiro lui- 
même on se tut, l'épuisement devint complet, 
manifeste; c'est ainsi qu'en Portugal on a pres- 
que oublié jusqu'à l'existence de la musique 
religieuse, tant nationale qu'éfran;:,ère. Je n'ai 
pas entendu les O'uvres de M. Miguel Angelo 
Pereira , de Porto, auteur de YEnrico (V. ce 
nom), qu'on dit très-sérieuses ; se sont les seules 
dont on ait parlé avant l'audilion du Te Deum 
de M. d'Arneiro. L'œuvre de celui ci, quoique 
mal exécutée, a fait sensation à Lisbonne, et 
l'on s'aperçut aussitôt qu'on avait affaire à un 
talent remarquable. L'élévation des idées, l'ex- 
pression profonde et énergique du dialogue vo- 
cal, la richesse de l'orchestre, c'est à-dire l'at- 
tention toute particulière accordée à chaque ins- 
trument et l'entente rare dans leur emploi, le 
caractère grandiose des chœui'S, tout cela pro- 
duisit à Lisbonne un elfet dont on ne sut pas 
d'abord se rendre compte. Les uns disaient que 
c'était de la musique dramatique, d'autres en 
parlaient comme d'une sorte d'oratorio, d'autres 
encore y trouvaient des éléments symphoni- 
ques. Le faites! que le Je Dnim de M. d'Arneiro 
touche à tous ces genres divers, par le caractère 
des morceaux dont il se compose ; on peut repro- 
cher à lœuvre de manquer d'unité dans le style, 
on peut dire à l'auteur que son éclectisme lui a fait 
adopter et employer des procédés opposés entre 
eux, par exemple ceux de l'école allemande pour 
les chii'urs, ceux de l'école française (Halévy, 



24 



D'ARNEIRO — ARNOULD 



Gotinod) pour l'oicliestre, enfin ceux de l'école 
italienne pour le caractère des morceaux concer- 
tants, et que tout cela nuit à l'ensemble de la 
composition. Peut-être est-ce pour cela que 
M. d'Arneiro a changé le titre de son œuvre lors- 
qu'il l'a fait exécuter à Paris, et qu'il a; baptisé 
alors son Te Deum Aa nom A& symphonie-can- 
tate, titre qui en définissait mieux le caractère et 
la portée. L'œuvre de M. d'Arneiro fut très-bien 
reçue à Paris, et la critique lui fit un excellent 
accueil. MM. Oscar Comettant, Victorin Jon- 
cières, de Thémines, Gustave Bertrand et bien 
d'autres en rendirent compte d'une manière 
très-flatteuse ; quelques journaux anglais, alle- 
mands et italiens s'en occupèrent aussi. Leur 
opinion fut !a même'; on en parla comme dune 
composition très-remarquable, qui dénote des 
qualités précieuses chez l'auteur. Cependant 
M. le comte d'Arneiro n'est pas encore par- 
venu à s'assimiler les qualités de ses modèles à 
ce point qu'il ait pu produire une œuvre d'un 
style original, à lui. D'ailleurs on fera bien d'at- 
tendre que le compositeur nous ait appris, dans 
une seconde symphonie-cantate, ce qu'il en- 
tend par ce nouveau genre, quelle est son es- 
thétique musicale à ce sujet, s'il a en vue de 
créer une forme nouvelle ou s'il reviendra tout 
bonnement à la forme traditionnelle du Te Deum. 
Le programme de l'exécution faite à Paris repro- 
duisait les morceaux suivants : t"^' partie: Te 
Deum, Tibi Omnes, Tibi Chérubin, Te Glorio- 
sus; 2" partie : Pat rem immensx mojestatis, 
Tu ad liberandum. Index creder'is ; 3* partie : 
Salvum fac populum, Pcr singulos dies, Di- 
gnare Domine, Miserere, In te Domine spe- 
ravi. Les soli étaient confiés à M"" Mélanie 
Reboux, M"" Amanda Hoimberg, MM. Miguel et 
Léon Lafont ; les chœurs étaient conduits par 
M. Léon Martin, et l'orchestre était placé sous la 
direction de M. Danbé, chef d'orchestre des con- 
certs du Grand-Hôtel. L'exécution fut bonne de 
la part des chœurs et de l'orchestre, mais les 
soli, dit-on, laissèrent parfois beaucoup à désirer. 
Retourné en Portugal, M. d'Arneiro se remit au 
travail ; un Scherzo en 7ni bémol, une Polonaise 
de concert, un Recueil de morceaux caractéristi- 
ques : Refrains du Printemps, et un opéra 
semi-sérieux, EUsire di giovinezza, sont les 
fruits de ses derniers travaux. Ce dernier ou- 
vrage, qui est en 4 actes, et dont les paroles 
ont été écrites par M. Jean-Jacques Magne, a été 
mis à l'étude au théâtre San-Carlos, où il doit 
être bientôt chanté parM™^ VitalietMM. Corsi, 
Rota, Vidal et Rellini (1). J. de V. 

(1) Cet ouvrage vient d'ctre représenté (mars i87fi) an 
théâtre San Carlos. — A. P. 



ARNOLD (YouryYON), compositeur et 
écrivain sur la musique, est né à Saint-Péters- 
bourg le 1*"^ novembre 1811. Ses parents, qui le 
destinaient à la carrière diplomatique, lui firent 
faire son droit, mais il ne tarda pas à quitter 
cette carrière pour l'état militaire. Entré comme 
porte-enseigne dans un régiment de cuirassiers, 
il fit en 1831 la campagne de Pologne. Décoré de 
l'ordre de Saint-Georges et promu au grade d'of- 
ficier, il se retira du service en 1838 afin de s'a- 
donner exclusivement à l'étude de la musique, 
pour laquelle il avait un penchant qui datait de 
ses premières années. Après avoir travaillé quel- 
que temps avec Jean-Léopold Fuchs, il se sentit 
assez fort pour aborder la composition d'un 
opéra russe : la Bohémienne. En 1859, il rem- 
porta le prix dans un concours ouvert par la 
Société philharmonique de Saint-Pétersbourg 
pour la composition de Swsctlana, grande bal- 
lade de Schukovvsky. A dater de ce moment, 
Youry von Arnold produisit assez rapidement 
trois opéras russes et plusieurs petites composi- 
tions au nombre desquelles il faut compter quel- 
ques chœurs à quatre voix et environ cent vingt 
lieder. Il a fait aussi à Saint-Pétersbourg et à 
Moscou plusieurs conférences sur l'histoire de 'a 
nuisique et sur la théorie musicale, qu'il a pu- 
bliées. En 1863 il vint s'établir à Leipzig, où il 
fonda un journal de musique intitulé : Allge- 
meine neve Zeitschrift fur Theater und Musik 
{Souvelle gazette générale pour le théâtre et 
la musique), dont les tendances ultra-progres- 
sistes ne trouvèrent qu'un écho bien faible dans 
le public. Il publia vers la même époque plusieurs 
écrits sur la musique. Depuis 1870, Youry von 
Arnold est retourné dans sa patrie, ayant été 
nommé au conservatoire de Moscou professeur 
de la théorie du chant. 

Y. 

* ARA'OULD ( Madei.xine-Sopuie ) , chan- 
teuse célèbre, est morte, non en 1803, comme il 
a été dit par erreur, mais le 22 octobre 1802. 
Deux écrits ont été publiés sur elle : 1° Arnol- 
diana, ou Sophie Arnould et ses contempo- 
rains, recueil choisi d'anecdotes piquantes, de 
reparties et de bons mots de M'ic Arnould, pré- 
cédé d'une notice sur sa vie et sur l'Académie 
impériale de musique, par l'auteur du liiévriana 
(Paris, Gérard, 1813, in-12 avec portrait); 2° So- 
phie Arnould, d'après sa correspondance et ses 
Mémoires inédits, par MM. Edmond et Jules de 
Concourt (Paris, Poulet-Mahssis, 1857, in-12). 
Sophie Arnould a été mise deux fois en scène 
par les vaudevillistes, dans deux pièces, chacune 
en 3 ai tes, qui portaient son nom : l'une, de 
Barré, Radet et Desfontaines, jouée au Vaude- 



ARNOULD — ARRIETA 



25 



ville en 1805 ; l'autre, de MM. de Leuven, de 
Forges et Dnmanoir, donnée au Palais-Royal en 
1833. Dans la première, Sopliie était personni- 
fiée par l'aimable M"" Belmont, qui fit peu d'an- 
nées après les beaux jours de l'Opéra-Comique; 
c'est M"e Déjazet qui la représentait dans la se- 
conde, 

ARQUIiMBAU (Domingo), compositeur es- 
pagnol , a joui dans sa patrie d'une certaine re- 
nommée. On ignore également et la date de sa 
naissance et celle de sa mort : on sait seulement 
qu'après avoir été maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Gérone, il remplissait, en 1823, les 
mêmes fonctiqns à celle de Séville. Ayant envoyé 
une de ses compositions à l'Académie des Phil- 
harmoniques de Bologne , cette compagnie s'en 
montra tiès-satisfaite et l'admit au nombre de 
ses membres. 

*ARRESTI (Floruno), et non Aresti,é[ai'\t 
fils de Jules-César Arresti. Sa naissance remonte 
plus haut que la fin du dix-septième siècle, car 
dès 1684 il était reçu membre de l'Académie des 
Philharmoniques de Bologne, dont il devint 
prince en 1715. Comme organiste, il avait été 
élève de Bernardo Pasquini, et fit lui-même 
d'excellents disciples. 

*ARR1AGA Y BALZOLA (Juan Crisos- 
tomo-Jacobo- Antonio), musicien espagnol, na- 
quit à Bilbao le 27 janvier 1806. Je rétablis ici 
d'une façon précise les noms, prénoms et date 
de naissance de cet artiste intéressant, d'après 
M- Baltazar Saldoni {Efemerides de musicos 
espanoles), qui a eu sous les yeux son acte de 
baptême. 

*ARRIETA (D. Jian-Emilio), l'un descom- 
positeurs dramatiques les plus actifs et les plus 
estimés de l'Espagne contemporaine, est né à 
Puenfe la Reina, dans la Navarre, le 21 octobre 
1823. Il alla faire son éducation musicale en Ita- 
lie, partit pour ce pays en 1838, fut admis au 
Conservatoire de Milan le 3 janvier 1842, et de- 
vint dans cet établissement, où il eut pour con- 
disciple M. Antonio Cagnoni, l'élève de Vaccaj 
pour la composition. Étant sorti du Conservatoire 
après un peu moins de quatre ans d'études, le 
3 septembre 1845, M. Arrieta eut la chance de 
faire représenter sur un théâtre secondaire de 
Milan son premier ouvrage dramatique, Ilde- 
gonda, opéra semi-sérieux qui , s'il ne réussit 
que médiocrement, donnait cependant de l'espoir 
pour l'avenir du jeune compositeur. 

Dès les premiers jours de l'année 1848, à la 
première approche des événements politiques 
qui troublèrent si profondément l'Italie à cette 
époque, M. Arrieta revint dans sa patrie. Il son- 
gea tout d'abord à y reprendre sa carrière de 



compositeur dramatique, aussitôt interrompue 
que commencée, et il écrivit la musique d'un 
grand opéra espagnol en trois actes, Isabelle In 
Catholique, ou la Conquête de Grenade, qui 
fut joué avec succès en 1850, et repris en 1855. 
On était alors à l'époque où un certain nombre 
de jeunes écrivains et de jeunes musiciens, réu- 
nissant leurs efforts pour une action commune, 
avaient formé le projet de faire revivre et re- 
fleurir la zarzuela, ou opéra-comique espagnol. 
M. Arrieta vint se joindre à ce petit groupe en- 
treprenant, actif et intelligent, dans lequel se 
trouvaient déjà MM. Olona, Barbieri et Gaz- 
tambide, et, grâce à l'initiative et au zèle de ces 
jeunes artistes, le genre de la zarzuela, qui peut 
être considéré comme un produit national, prit 
un essor surprenant. Pour sa part, M. Arrieta a 
écrit, depuis 1852 jusqu'à ce jour, environ qua- 
rante ouvrages de ce genre, qui se font, dit-on, 
remarquer par la jeunesse, la vivacité, la gaieté, 
la véhémence et des qualités tout à fait parti- 
culières, et dont quelques-uns, el Domino azul, 
la Estrella de Madrid, Marina, el Gnimeie, 
ont obtenu des succès retentissants et prolongés. 
Voici, d'ailleurs, la liste des productions dra- 
matiques de M. Arrieta, liste que je crois assez 
près d'être complète : 1" Ildegonda, opéra ita- 
lien, Milan, vers 1847; 2° Isabel la Catùlica, 
6 sea la Conquista de Granada, grand opéra 
espagnol, Madrid, 1850; 3° el Domino azul, 3 
actes, 19 février 1853 ; 4° el Grumete, un acte, 
17 juin 1853; 5" la Vuelta del Corsario (suite 
et seconde partie à'el Grumete), I acte ; 6° Ma- 
rina, 2 actes, 21 septembre 1855; 7" la Es- 
trella de Madrid, 3 actes ; 8° De tal palo tal 
astilla, 1 acte; 9° el Hombre /"eZ/s (monologue) ; 
10" el Sonàmbulo, 1 acte, il octobre 1856; 11° 
Guerra d muer te, 1 acte; \2° la Dama del 
Rey, 1 acte; 13° Un Aijo para el niùo, 1 acte; 
14° 1864 y 1865, 1 acte; 15° A Cadena perpé- 
tua, 2 actes ; 16° cZ Conjura, un acte (en so- 
ciété avec M. Lopez de Ayala), 24 novembre 
1866; 17" Un sarao y una soirée, 2 actes, 12 
décembre 1866; 18° Quien manda, manda, 2 
actes ; 19° Llamada y tropa, 2 actes; 20° Azon 
Visconti, 3 actes; 21° Cadenas de Oro, 3 ac- 
tes ; 22° Dos Coronas, 3 actes ; 23° eZ CaxUivo en 
Argel, 3 actes ; 24° el Capitan negrero, 3 actes; 
25° el Agente de mairimonios, 3 actes; 26° el 
Caudillo de Baza, 3 actes; 27" el Planeta Ve- 
nus, 3ades; 28° el Toque de Animas, S actes; 29° 
la Insula Barataria, 3 actes; 30° la Carceria 
real, 3 actes ; 31° Zct Sxiegra del Diablo, 3 actes, 
23 mars 1867 ; 32° la Tabernera de Londres, 
3 actes; 33° las Circasianos, 3 actes; 34° un 
Trono y un Desengono, 3 actes; 35° el Molin 



26 



ARRIEÏA — ARTOT 



contra Esquilache, 3 actes. A tout cela il faut 
ajouter une cantate pour rinauguralion du tlirà- 
tre de la Zarzuela, qui eut lieu le 11 octobre 
185C, une pari de collaboration dans le prologue 
d'ouverture de ce tliéàtre, la Zarztida, donné 
le même jour, et une Cantate à liossini, exécu- 
tée en 18C4. — Professeur de composition au 
Conservatoire de Madrid depuis le 14 déceiidire 
1857, conseiller d'instruction publique depuis le 
mois de novembre 1875, époque où M. Hilarion 
P^slava donna sa démission de cette charge, 
M. Arrieta est aujourd'hui directeur du Conser- 
vatoire. 

ARRIGO (Giuseppe), organiste et composi- 
teur, est né à Mede, dans la Lomelline, le 9 sep- 
tembre 1838. Klève de Domenico Cagnoni, puis 
de Carlo Coccia, et enfin de M. Raimondo Bou- 
cheron, il devint, à la suite d'un concours, or- 
ganiste de la petite ville de Bardi, dans l'iimilie, 
position qu'il échangea plus tard contre celle de 
directeur <le l'école musicale de Cassine, qu'il 
occupe encore aujourd'hui. M. .\rrigo a fondé 
avec Giuseppe de Paoli et dirige seul mainte- 
nant un grand recueil de musique sacrée pour 
orgue qui, sous le litre de A7'pa Dnvidiça, est 
publié depuis 18G9 à Milan par l'éditeur Vis- 
mara, et qid a été l'objet d'appréciations élo- 
gicusesdela i>art des critiques italiens. Ce recueil, 
(jui contient quelques pages estimables, est ce- 
pendant médiocre au point de vue général, et 
les morceaux qui le composent sont loin d'at- 
teindre ce qu'on peut considérer comme l'idéal 
de la bonne musicjue d'orgue. M. Arrigo, à cpii 
l'on doit aussi une brochure assez insignifiante 
sur l'orgue et la musique sacrée, n'a pu réussir 
encore à faire représenter un opéra bouffe, qu'il 
a écrit sous le titre de Don Stazio. 

ARROIVGE (Anoi.i'ui:), compositeur de mu- 
sique, né le 8 mars 1838 à Hiimbourg, est l'au- 
teur d'un gr.md nombre d'opéras-comiques et 
d'opérettes au nombre desquelles on cite : Das 
Gespenst (le l'antôme), et Der Zireile Jacob 
(le Deuxième Jacob). Depuis 1868 il semble avoir 
abandonné la carrière de compositeur draina- 
tiqu<\ et s'être adonné plus spécialement à l'en- 
seignement du chant. Y. 

ARTOT (M.uiîi(;i;MOMAGNi:V,dit), né à 
Gray (Haute-Saône) le 3 février 1772, servit sous 
la République française comme nuisicien et chef 
de musique, puis vint à Bruxelles comme pre- 
mier cor au théâtre de la Monnaie, place qu'il 
occupa pendant vingt ans; il fut aussi maître 
de musique à l'église du Béguinage, professeur 
de chant, de guitare et de violon, instrument 
sur lequel il excellait ; il était surtout parfait 
musicien. En 1811, lors du passage de Napo- 



léon 1*^' et de Marie-Louise à Bruxelles, il se fil 
entendre dans un concert donné à Laéken à cette 
occasion, et l'empereur le nomma premier cor. 
Il était marié à Thérèse-Ève Ries, fille d'A- 
dam Ries, maître de chapelle du Dôme de Co- 
logne, et cousine du célèbre compositeur l'erdi- 
nand Ries. 11 est mort à Bruxelles le 8 janvier 
1329. F. D. 

ARTOT (Jevn-Dksiîié M0NT.\GNEY, dil), 
né à Paris le 1er vendémiaire de l'an XII «le la 
République (■?3 septembre 1803), fils de Maurice 
Arlot, commença à l'âge de six ans son éducation 
musicale sous la direction de son père, qui lui 
enseigna le chant et le violon, et qui, lorsqu'il 
eut atteint sa onzième année, lui donna ses 
premières leçons de cor ; il fit de rn|)ides pro- 
grès sur cet instrument, et en 1819 entra 
comme premier cor au SI»" régiment suisse, sous 
la direction de l'hab le chef de uuisique Jacques 
Bender. En 1823, il cuira à l'orchestre du théâ- 
tre royal de Bruxelles, et en 1829, à la mort de 
son père, il fut nommé premier cor de la musi- 
que particulière de S. M. le roi des Pays-Bas. 
En 18!2, Valenlin Bender l'engagea comme 
premier cor et sous-chef de musique au régi- 
ment des guides, qu'il quitta en 1835 pour voya- 
ger en Allemagne et en France. Revenu en Bel- 
gi(iue, il rentra au théâtre de la Monnaie et au 
régiment des guides, d'où il prit définitivement 
son congé en 1852. 

En 1813, il fut nommé professeur de cor au 
Conservatoire royal de musique de Bruxelles. 
Le 24 mars 1849, S. M. le roi Léopold l'' le 
nomma premier cor .solo de sa musique paiti- 
culière. Le 29 novembre 1873, il fut mis à la 
pension après trente ans de professorat. 

Artot s'e.'ît fait connaître comme compositeur 
pour son instrument , et voici la liste de ses 
(cuvres publiées : 1° Six fantaisies concertantes 
pour cor chromatique , avec accompagnement 
de piano (Bruxelles, Katto)-, 2" 48 études adop- 
tées comme exercices par les Conservatoires et 
écoles dcmusique de Belgique (Bruxelles, Scholt); 
3" 18 mélodies pour cor ou \ioloncelle, avec 
accompagnement.de piano [al., id.); 4° 12 qua- 
tuors pour cors chrqmafiq'ies ou cornets à pis- 
tons (irf., iil.); 5° 12 trios et 12 quatuors pour 
les mêmes instruments {Ut., id.). 

F. D. 

ARTOT (Cnvni.ES Henri-Napoi.éon MOX- 
TAGNEY, dit), frère du précédent, né le 12 
avril 1810 à Bruxelles, est mort en celte] ville 
le 4 mai 1854. Il s'était fait une réputation 
comme tind^alier au théâtre de la Monnaie et 
était excellent pianiste et organiste. 

Une sœur de cet artiste et du précédent s'est 



ARÏOT — ASGHER 



27 



distinguée comme cantatrice en Delgiqup, en 
France, en Allemagne et en Angleterre, oii elle a 
donné des concerts en société avec ses trois 
frères Alexandre, Charles et Désiré. Elle est 
morle, jeune encore, à Bngnères de Luclion. 

F. 1). 

*ARTOT (Alexandre- Joseph MONTA- 
GNEY, dit), violoniste extrêmement remarqua- 
ble, naquit à Bruxelles, non le 4 lévrier, mais 
le 25 janvier 1815. Ce n'est pdint la croix de 
la Légion d'honneur qu'il reçut (lo janvier 1845), 
mais celle de l'ordre belge de Léopold (t). 

F. D. 

ARTOT (Maucuerite - Josépuine- DÉsinià: 
MONTAGNEY, dite), cantatrice distinguée, fille 
de M. Désiré Arlot, ancien professeur de cor au 
conservaloire de Bruxelles, et nièce du fameux 
violoniste belge Joseph-Alexandre Artot , naquit 
à Paris, le 21 juillet 1835, pendant un voyage de 
ses parents en cette ville. L'éducation musicale 
de M'"^ Artol fut commencée de bonne heure dans 
sa famille, mais sa voix ne se forma et ne se ca- 
ractérisa qu'assez tardivement. Devenue élève 
de M'"" Viardot, elle resia pendant deux an- 
nées sous la direction de celte grande artiste, 
et se fit entendre vers 1857, à Bruxelles, dans 
quelques concerts oii elle fit sensation. Proté- 
gée par iMeyerbeer, à qui M"" Yiardot l'avait 
fait connaître, elle fut engagée à Paris, par la 
direction de l'Opéra, et débula à ce théâtre, 
au commencement de 1858, dans le rôle de Fi- 
dès, du Prophète. Sa belle voix de rnezzo-so- 
prano, puissante et corsée, ses accents pas- 
sionnés, son talent déjà réel de cantatrice, liu 
firent obtenir du public parisien un accueil |)ar- 
ticulièrement favorable. Cependant, les tiraille- 
ments qui se produisent volontiers sur notie 
première scène lyrique à l'arrivée d'un nouveau 
sujet décidèrent M'''' Artot à quitter rO|)éra 
au bout de peu de temps, après y avoir chanté 
plusieurs rôles du répertoire, et elle songea à 
embrasser la carrière italienne. Avant de réa- 
liser ce ])rojet, toutefois, elle alla donner dans 
diverses villes de province, à Tîordeaux, à Lyon, 
à Orléans, à Montpellier, puis en Belgique, à 
Bruxelles, à Anvers, à Liège, à Gand, des re- 
présentations qui excitèrent l'enthou-siasme. Elle 
se fit entendre aussi en Hollande, à Amsterdam, 
et enfin partit pour l'Italie, pour s'y perfection- 
ner dans le chant italien. 

C'est alors qu'elle fut engagée pour Berlin, et 
que commença pour la jeune artiste une carrière 

(i) On a VII, par ces'trois nnlicps, que i? nom véritable 
do la famille Arlot est Montagnoj, et non VoutcKinij, 
comme il a été Imprime par erreur dans la llioijrdiihie 
7iniiersrlle des Miisii'iciis. 



pleine de succès éclafaiilset de véritables triom- 
phes. Après cinq ou six années passées à Ber- 
lin, où elle chanta tour à tour en italien et en al- 
lemand, elle se fit entendre dans presque toutes 
les grandes villes d'Allemagne, puis à Pesth, à 
Copenhague, à I.,ondres, sur les deux théâtres 
de Covenl Garden et de HayMarkel, et enfin à 
Yarsovie , à Sl-P( tershourg et à Moscou , oii 
peut-être elle a obtenu ses plus grands succès. 
Dans le cours de ses voyages, M"*^ Artot, qui ne 
cessait de travailler et d'acquérir, sut donner 
plus d'ampleur encore à sa voix et plus d'éten- 
due, et, tout en conservant intactes ses belles^ 
notes du ii;édiuui et du regi.stre grave, lui faire 
atteindre dans le haut plusieurs sons aigus qui 
lui permirent d'aborder des lôles tels que ceux 
de Yalentine des Huguenots et de Rachel ^\e■la 
Juive, créés naguère par M»'' Falcon et dans 
lesquels ses facultés passionnées pouvaient se 
donner librement carrière. 

L'existence artistique de M"' Artot a été des 
plus brillantes, et cette cantatrice remarquable 
n'a cessé jusqu'à ce jour de recevoir et <le mé- 
riter les faveurs du public. En 1809, elle a 
épousé M. Padilla, chanteur espagnol voué, 
comme elle, au chant italien, et qui ne manque 
ni de mérite ni de distinction. 

AS.\i\TSCHK\VSKY (Micueld'), com^ 
positeur russe, est né à Moscou en 1838. Il a 
séjourné pemlant quelque temps à Leipzig, 
où il a terminé ses études musicales .sous la di- 
rection de Hauptmann et de Uichfer. En 1806 
il vint à Paris, où il fil l'acquisition de la bi- 
bliothèque d'Anders , collection qu'il joignit à 
la sienne, déjà très- nombreuse, pour l'offrir au 
Conservatoire de St-Pétersbourg, dont il venait 
d'être nommé le directeur, en remplacement 
d'Antoine Rubinslein. 

M.d'Asantschevvsky a écrit pour le piano, pour 
le quatuor et pour l'orchestre plusieurs com- 
positions estimées, Y. 

*ASCHER (Joseph), pianiste et compositeur, 
est mort à Londres en juin ou juillet 1809, à 
la suite d'une maladie qui avait complètement 
dérangé ses facultés mentales. Élève de Mendels- 
sohn et de Moschelès, ami de Thalberg, Ascher 
s'était lance dans la voie ouverte par ce der- 
nier, et, avec un talent moins complet, mais 
brillant et léger, il avait conquis une véritable 
réputation. Ses compositions, dont le nombre 
dépasse une centaine, furent un moment très- 
recherchées, et l'on citait surtout : les Commè- 
res , les Cloches ilu vitlaje , Marche de la 
Reine, Sérénade vénitienne, Belle de nui!.,, 
les Cont cm plut ions , Rapsodie polonaise , 
Chants de V Ukraine, le Sourire, la Fileuse 



28 



ASCHER — AUBER 



la Prisç de voile, les Hirotidelles, les Gouttes 
d'eau, Danse espagnole. Dans ma barque, le 
Papillon, etc., etc. 

ASIOLI (F ) , compositeur italien, a 

fait représenter -sur le théâtre de la Scala, de 
Milan, le 10 février 1859, un opéra sérieux inti- 
tulé Maria de' Ricci. J'ignore si cet artiste est 
un descendant du fameux compositeur et tliéo- 
ricien Bonifazio Asioli. 

*ASPA (Mario). Ce compositeur n'a pas 
écrit et fait représenter moins de quarante-deux 
opéras. Il m'a été malheureusement impossible 
d'en dresser la liste complète , car beaucoup 
déjà sont oubliés, et le seul qui soit resté vrai- 
ment populaire et qui se maintienne au réper- 
toire des théâtres d'Italie est celui qui a pour 
titre : il Murât are di Napoli. Je n'en connais 
que quatre parmi ceux qui n'ont pas été men- 
tionnés dans la Biographie universelle des 
Musiciens : Emo , Margherila d'Aragona, 
Gustavo Wasa, et Piero di Calais. 

*ASTAR1TA (Janvier). Ce compositeur a 
fait représenter les trois opéras suivants, qui 
manquent à la liste de ses œuvres : 1° Vlsola 
disabdata; T le Cinesi ; Z" l'Imprésario in 
scompiglio, farsa en un acte. Cette dernière a 
été donnée au théâtre de la Canobbiana, de Mi- 
lan, en 1791. 

* ATYS ou ATIS ( ). On doit à cet ar- 
tiste la publication suivante, qui n'est point la 
première, puisqu'elle i)orte le n° 5 comme chif- 
fre d'oeuvre -. Clef facile et méthodique pour 
apprendre en peu de temps à battre la me- 
sure, à distinguer les modulations, à préluder 
et àphraser la musique, par le moyen de la 
ponctuation grammaticale et typographique-, 
ouvrage utile et intéressant pour les commen- 
çants, suivi de 6 petites sonates méthodiques, 
servant d'exemples pour l'intelligence et la 
pratique de cette méthode { Paris, l'auteur). 
Cet ouvrage fut publié en 1763, et le Mercure 
de France, en l'annonçant, reproduisit l'intro- 
duction placée en tête par l'auteur. Atys a en- 
core publié une Première Suite de menuets en 
symphonies ^ à sept parties, y compris vn 
basson obligé ou violoncelle, qui ont été exé- 
cutés à la Comédie-Italienne. 

AUBE (Paul), compositeur amateur, a fait 
représenter sur le grand théâtre de Toulon, au 
mois de janvier 1875, un grand opéra en 4 ac- 
tes, intitulé Gheysa. 

*AUBER (Dahiel-Frasçois Esprit) , est 
mort à Paris, le 12 mai 187 1, au plus fort de 
l'épouvantable guerre civile qui désolait alors la 
capitale de la France. Il était âgé de 89 ans, 
étant né à Caen le 29 janvier 1782, ainsi que le 



prouve son acte de baptême, publié pour la pre- 
mière fois en 1873. C'est M. V. Legentil, qui, 
dans un rapport adressé à la Société des Beaux- 
Arts de Caen et inséré dans le Bulletin de 
cette société, a le premier rendu public ce do- 
cument, dont voici l'exacte reproduction : 

« L'an mil sept cent quatre-vingt-deux , le 
mercredi 30 janvier, nous, curé soussigné, avons 
baptisé un fils né d'hier du légitime mariage 
de Jean-Baptiste -Daniel Aiiber, officier des 
chasses du roi, et de Françoise- Adélaïde-Esprit 
Vincent, demeurante Paris, aux petites écuries 
du Roi, faubourg Saint-Denis, à Paris, paroisse 
Saint-Laurent, lequel a été nommé Daniel-Fran- 
çois-Esprit par Daniel Auber, peintre du Roi, 
assisté de Françoise-Sophie -Vincent, ledit" par- 
rain représenté par J.-B. Normand, et ladite 
marraine par Marie Duclos, qui ont conjointe- 
ment signé avec nous. 

« Desbordeaux, 

" curé de Saint-Julien. » 

Vn renseignement important, contenu dans 
l'acte qui précède, est celui qui nous fait savoir 
que le père d'Auber, à l'époque de la naissance 
(le son fils, était officier des chasses du roi , et 
non point marchand d'estampes, comme on l'a 
dit; il ne le devint donc que plus tard, et sans 
doute lorsque la Révolution lui eut fait perdre 
son emploi. Ce qu'on ignorait encore, c'est que 
le père d'Auber était peintre. J'en ai trouvé la 
preuve dans le livret de 1808 de îa Société aca- 
démique des Enfants d'Apollon, qui, dans la 
liste de ses membres, porte ces deux mentions : 
« Auber père, amateur de cbant et de violon, 
peintre, reçu en 1784; » et « Auber fils, com- 
positeur, reçu en 1806. » Ceci nous apprend 
en outre que, .si Auber ne s'est produit que fort 
tard au théâtre, il n'en fut pas moins musicien 
de bonne heure, puisqu'il prenait la qualifica- 
tion de compositeur, et se faisait recevoir à ce 
titre dans une société artistique. D'autre part, 
on peut affirmer que l'aïeul d'Auber était, dans 
un autre genre, un artiste de talent. Dans la 
Notice du mobilier dépendant de la succes- 
sion de M. Auber, notice qui a servi à la vente 
effectuée le 26 juillet 1871, on voit inscrits trois 
objets d'art importants : 1" bas-relief en bois 
sculpté, bouquet de fleurs dans un vase, signé : 
Auber fecit, Mil; 2" petit bas-relief en bois 
finement sculpté, représentant des fleurs et des 
attributs de jardinage, exécuté par le même; 
3° très-.beau baromètre en bois finement sculpté et 
doré, à feuillages de laurier, guirlandes de fleurs 
et médaillon, exécuté par le même. La Aotice, 



AUBER 



29 



évidemment bien informée, ajoute : « Ces trois 
objets, d'un rare mérite d'exécution, sont de 
l'aïeul paternel de M. Auber. » Enfin, l'acte de 
baptême du maître mentionne, comme parrain 
de l'enfant, Daniel Auber, « peintre du roi. « 
Qu'était celui-ci ? Sans doute un frère de son 
père, c'est-à-dire un oncle à lui. Quoi qu il en 
soit, on voit que si Auber ne naquit point dans 
un milieu musical, il appartenait du moins à 
une véritable famille d'artistes, et que ses pre- 
mières années durent s'écouler dans une inces- 
sante communion intellectuelle. 

Je n'entreprendrai pas ici de tracer une ca- 
ractéristique du génie d'Auber; un tel travail 
excéderait de beaucoup les bornes que je dois 
donner à cette notice complémentaire. Je m'en 
tiendrai à quelques réflexions, et ferai remar- 
quer tout d'abord que l'oeuvre du maître sembi» 
se diviser en quatre parties principales, cor- 
respondant chacune à quatre périodes distinctes 
de sa manière. La première , s'étendant depuis 
le Séjour militaire jusqu'h la ISeige (je passe 
sous silence Vendôme en Espagne et les Trois 
genres, œuvres de commande et de circonstance 
écrites en collaboration, et sans valeur person- 
nelle), comprend les œuvres de jeunesse, les pre- 
miers essais, qui ne faisaient qu'indiquer et don- 
ner le pressentiment d'une individualité future ; 
avec le Concert à la cour, Léocadie, le Ma- 
çon, Auber est entré en pleine possession de 
lui-même, et celte seconde partie de sa carrière 
se clôt par le succès éclatant, légitime et incon- 
testé de la Muette, son début à l'Opéra, coup 
d'essai qui put, ou jamais, passer pour un coup 
de maître (il faut remarquer que la Muette est 
la première œuvre importante et vigoureuse qui 
vint après la Vestale et Fernand Cortez, et 
qu'elle précéda Guillaume Tell , Roberl-le- 
Diable et la Juive) ; viennent ensuite , avec 
quelques autres productions moins heureuses, 
quoique fort honorables, à l'Opéra, les vrais 
chefs-d'œuvre d'Auber dans le genre de l'o- 
péra-comique, la Fiancée, Fra Diavolo, Les- 
tocq, le Cheval de bronze, le Domino noir, 
Zaneita, dans lesquels le génie du maître a ac- 
quis toute sa grâce, toute sa souplesse, tout son 
charme séduisant ; enfin, avec les Diamants de 
la couronne, il entre dans une voie nouvelle, 
agrandit ce genre aimé par lui, et lui donne une 
ampleur de forme, une grandeur de conception 
dramatique, une puissance instrumentale en rap- 
port avec les progrès introduits et réalisés dans 
le grand drame lyrique ; à cette période ap- 
partiennent la Part du Diable, la Sirène et 
Haydée, l'une de ses œuvres les plus parfaites. 
Quant à ses dernières productions, celles-là, il 



faut bien le dire, ne sont plus dignes de lui, et 
n'a|)partiennent à aucun classement. Il y a en- 
core de jolies pages dans Manon Lescaut, dans 
la Circassienneet même dans le Premier jour 
de bonheur, mais la Fiancée du roi de Garbe 
et /iêves d'amour ne sont autre chose que les 
produits de la sénilité. 

Quoi qu'il en soit, et quelle que puisse être 
la valeur des réserves que l'on peut faire au 
sujet de l'influence exercée par Auber sur l'é- 
cole française pendant près d'un demi- siècle, on 
ne peut nier que ce musicien extrêmement re- 
marquable et si essentiellement français ne 
tienne une place d'honneur dans les annales de 
l'art national. A une fécondité rare, à une va- 
riété d'accents que quelques-uns ont vainement 
essayé de méconnaître, à un respect incontes- 
table et trop peu commun de la langue dont il 
s'est servi pendant tani d'années, il joignait des 
qualités toutes personnelles et assez brillantes 
pour que celui qui les possédait occupe une 
place distinguée dans l'histoire de l'art. Cette 
place lui sera faite, on n'en saurait douter, et 
elle sera tout à l'honneur de- la France, qu'il a 
illustrée. 

Le répertoire d'Auber doit se compléter par 
les ouvrages suivants : 1° Cantate exécutée à 
Pau pour la fête d'inauguration de la statue 
d'Henri IV (1); 2° les Premiers Pas, prologue 
d'inauguration de l'Opéra National (en société 
avec Adam, Carafa et Halévy), 15 novembre 
1847 ; 3° Cantate en l'honneur de l'armée. Opéra, 
12 janvier 1856-, tt° Marco Spada, ballet en 3 
actes et 5 tableaux, Opéra, 1" avril 1857 ; b° le 
Cheval de Bronze, opéra-ballet en 4 actes (ani - 
plification de l'ouvrage donné sous le même titre 
à l'Opéra-Comique), Opéra, 21 septembre 1857 ; 
6" Magenta, cantate. Opéra, 6 juin 1859; 7° la 
Circassienne, 3 actes, Opéra-Comique, 2 février 
1861 ; 8" la Fiancée du roi de Garbe, Opéra- 
Comique, 11 janvier 18G4 ; 9° le Premier jour 
de bonheur, Opéra-Comique, 15 février 1868; 
10° Rêves d'amour, 3 actes, Opéra-Comique, 
20 décembre 1869. 

On a publié sur Auber un certain nombre d'é- 
crits. En voici la liste : 1° Auber (Paris, librai- 
rie universelle, 1841, in-16, avec portrait), no- 

(1) Cette composition est restée Jusqu'ici absolument 
ignorée, et je n'en al retrouvé la trace que dans une 
collection de programmes des concerts et sprctacles 
donnés à la cour, dans les différentes résidences royales, 
de 1840 à 1817. 1,'un de ces programmes, i la date du is 
noverobie 1843. mentionnait celte cantate, dont l'exécu- 
tion à Pau était récente sans doute, et dont les paroles 
avalent été écrites par M. LIadères, officier d'ordonnance 
du roi Louis- Phllippp, auteur dramatique, et naiif de 
cette ville. 



30 



AUBER — AUBHY 



tke comprise dans une série biographique ainsi 
iulilulée : Écrivains et artistes vivants, fran- 
çais et étrangers , et qui avait pour auteurs 
MM. Xavier Eyma et Arliiur deLucj ; a^J»/. Aîc- 
6er (Paris, 1842, in-lG, avec portrait), notice qui 
fait partie de la collection biographique publiée 
sous ce titre : « Galerie des contemporains 
illustres, par un homme tle rien, w et dont l'au- 
teur était M. Louis de Loménie; 3° Auber, par 
Eugène de Mirecourt (Paris, Havard, 1857, 
in- 18 avec portrait); 4" D.-F.-E. Auber, sa 
vie et ses œuvres, par B. Jouvin (Paris, Heu- 
gel, 1864, grand in 8" avec portiait et autogra-, 
phes); 5° Une statue à Auber, par Y. Legentil 
(Caen, typ. Le Blanc- Hanlel, 1873, gr. in-8"); 
C* Auber, ses commencements, les origines de 
sa carrière, par Arthur Pougin (Paris, Pottier 
de Lalaine, 1873, in- 12); 7° l'Œuvre d'Aube, 
par Jules Cariez (Caen, lyp. Le Blanc-Hardel, 1874, 
in-S°) ; 8" Auber, aperçu biographique et criti- 
que, la statue projetée, la cavalcade du 3 juin 
1875, par Jules Cariez (id., iil., 1875, in-18). Je 
signalerai aussi, parce qu'ils contiennent des 
détails intimes et inconnus, deux feuilletons pu- 
bliés par l'auteur de la présente notice dans le 
Charivari (3 et 6 février 1872), sous ce titre : 
les Derniers jours d' Auber. 

Je ne terminerai pas cette notice sans rappeler 
doux faiis intéressants. Seul des membres de la 
section de musique de l'Académie des Beaux - 
Arts, Auber fut appelé à faire partie de la com- 
mission instituée, en 1838, pour la souscription 
«t l'érection du monument à élever à iMolière, à 
l'angle de la rue Richelieu et de la rue alors Tra- 
versière. — Dans ses dernières années, Auber 
avaii formellement promis à la Société des con- 
certs du Conservatoire, dont il était le président, 
d'écrire une symphonie pour elle. Celle promesse 
n'a jamais été réalisée. D'autre \)at[ , Auber a 
composé, très-peu de temps avant de mourir, 
c'est-à-dire pendant les jours funèbres de mars cl 
avril 1871, plusieurs quatuors pour instruments 
à cordes. Ces quatuors, d'une forme absolument 
libre, ne reprodui^ent en aucune façon les allures 
des compositions classiques di; ce genre, et se- 
raient plutôt, à proprement dire, des morceaux 
pour quatuor d'instruments à cordes. J'ignore ce 
qu'ils sont devenus (1). 

(1) Je rappellerai, en tcrni'.nniit, les litres de quelques- 
unes des premières compnsitions vocales d'Aubcr ; 
.4mour et Folie, scène; te Cri de la Charité, s'anccs; 
le .Voine, barcarolle; la l'eUte CUinctise, cliansonnelte; 

l'.-/sHe, nocturne à deux voix Il f^iut siynaler aussi la 

Marche à grand orchestre éc; Itc par lui, en 1S61, pour 
rEx|iosiilon de l.ondre<, et la mari lie funèbre compusi'e 
pour les funèralllrs de Napoléon f» et exécutée à cette 
cérémonie, ic 15 déceiubr* ISVo. 



AUIîERT ( ). Un musicien de ce nom 

qui pourrait bien être Jacques Aubcrt, surnommé 
le Vieux, puisqu'il vivait précisément à l'époque 
où celui-ci travaillait pour l'Opéra , a écrit des 
divertissements pour les deux pièces suivantes, 
représentées à l'Opéra-Comique : Arlequin gen- 
tilhomme malgré lui (3 actes, 1716), et Arle- 
quin huila ou la Femme répudiée [un acte, 
1716). 

AUBERT (l'abbé), organiste de la cathédrale 
de teigne, est l'auteur d'une Méthode élémen- 
taire de plain-chanf , accompagnée de quinze 
tableaux, publiée il y a quelques années, à Paris, 
par l'éditeur Repos. 

AUBEllT DE VIT14Y (Fr\nçois-Ji;an- 
l^jMLiri'E). Ua écrivain de ce nom a donné, dans 
le Dictionnaire de la Conversation et de la 
Lecture, quelques notices biographiques sur des 
musiciens, entre autres sur Sacchini et Sarti. 
Né à Paris le 2 avril I76j, Aubert de Yitry est 
mort au mois de juin 1849. 

*AUBi:UY DU liOULLEY (Pride.xt- 
Lons), est mort à Veineuii, son pays natal, au 
mois de février 1870. Une troisième édition du 
grand ouvrage di<iacli(iue de cet artiste a été 
faite sous ce titre : Grammaire musicale, ou, 
Méthode analytique et raisonnée pour ap- 
prendre et enseigner la lecture de la musi- 
que, suivie d'observations sur les erreurs, 
préjugés et fausses opinions concernant la 
musique (Paris, Duvcrger et Richault, in-8"). 
Les compo.sitions musicalis d'Aubéry du Boulley 
ne comportent pas moins dt; 156 numéios d'd'it- 
vies, dont on trouve la liste complète et détail- 
lée dans l'écrit qui porte ce titre : Société phil- 
harmonique de VEurc, de l'Orne et d'Eure- 
et-Loir, fondée en 1835 par P.-L. Aubëry du 
Boulley (L'Aigle, impr. Ginoux, 1859, in-8° de 
t)8 p.), où l'auteur a noyé les comptes-rendus de 
cette société au milieu d'un véritable amas de 
renseignements sur sa vie et ses ouvrages, lue 
édition augmentée de cet écrit a été faite en 
1806 (L'Aigle, impr. Ginoux, in-8 ' de 168 p.). 

AUliÉRY DU liOULLEY (Émii.e), fils 
du précédent, a publié un certain nombre de 
compositions musicales, consistant .surtout en 
morceaux de danses pour le piano (Paiis, Ri- 
chault), et en fantaisies pour fanfare et harmonie 
militaire. Il a écrit aussi, en société avec son 
père, deux duos pour piano et violoncelle ou vio- 
lon : le Départ et le lietour, et le Printemps 
et l'Automne (Paris, Richault). 

AUBRY (Marik), fut l'une des premières ac- 
trices qui parurent sur la scène de l'Opéra. Fille 
d'un maître paveur, elle faisait partie de la mu- 
sique du duc Philippe d'Orléans lorsque Cambert 



AUBllY — AUDLEY 



31 



lui confia un rôle dans sa pastoialc les Peines 
et les Plaisirs de l'amour. Quand Lully fut 
jiiiivenu à s'emparer de l'Opéra au détriment de 
Cambert et de l'abbé Perrin, il la conserva dans 
sa troupe aux appointements annuels de 1,500 
livres. Elle se relira en 1G84, après avoir créé 
d'une façon admirable, dil-on, le rôle d'Oriane 
<lans Amaclii de Gaule ; elle avait établi aupa- 
ravant, avec un véritable talent, ceux d'Io dans 
Isis, de Proserpine dans l'opéra de ce nom, 
d'Églé dans Thésée, de Sangaride dans A(ys, de 
Pbilonoé dans ^eWero;>//on, et d'Andromède Jans 
Persf'e. L'auteur anonyme de V Histoire de VA- 
cadémie royale de musique publiée par le 
Constitutionnel dit de Marie Aubry : « C'était 
une des bonnes actrices qui aient paru sur ce 
tbéàtre. Elle quitta l'Opéra en 1084, après avoir 
joué au mieux le rôle d'Oriane. Ce ne fut point 
l'âge qui lui fit quitter sa profession-, mais elle 
était devenue d'une taille si prodigieuse qu'elle 
ne pouvait marcher et qu'elle paraissait toute 
ronde. Elle était petite, la peau blanche et les 
cheveux noirs; elle mourut vers 1704. » Amie 
intime de M">^ Brigogne, Marie Aubry se tiouva 
mêlée, comme celle ci, au procès fameux que 
Lully intenta à Giiichard, en l'accusant d'avoir 
voulu l'empoisonner ; elle ne fut pas plus que sa 
compagne ménagée par Guichard, qui, dans les 
factums qu'il publia à cette occasion, en fit l'ob- 
jet des hnjiutations les plus outrageantes et que 
l'on peut croire les plus justifiées. 

AUBRYET (Xavier), écrivain français, né 
à Épernay (Marne) en 1827, s'est fait remarquer 
par son goût pour la musique. l>ans un volume 
de critique intitulé : les Jugements nouveaux 
(Paris, librairie nouvelle, ISCO, in- 12), M. Au- 
bryet a consacré quelques chapitres à divers 
musiciens : Mozart, Hoieldieu, Hérold, Rossini, 
Grisar, Donizetti, Weber, Adam. Les remarques 
de l'écrivain au sujet de ;ces artistes , présentées 
peut-être d'un ton un peu doctoral, que ne justi- 
fie point la faiblesse ou plutôt l'absence de ses 
connaissances musicales, n'en sont pas moins 
celles d'un homme de goût et d'un esprit délicat. 

AUDICHOIV (Henri d'), archiprêlre de 
Lambégère, est l'auteur d'un recueil hitéressant 
publié sous ce titre : Recueils de IS'oëls clioisis 
sur les airs les plus agréables, les plus con- 
nus et les plus en vogue dans la province de 
Béarn (Ragnères, Dossun, in-32 de 96 p.). 

*AUDIFFRET(Pierre-Hyaci>the Jacques- 
Jean-Baptiste). Une erreur a été commise au 
sujet de cet écrivain. Ce n'est point pour VAlma 
nach des spectacles publié par Barba (de 1822 
à 1838) qu'il fut le collaborateur deRagueneau, 
mais pour VAnnuaire dramatique publié par 



M"'e Cavanagh de 1805 à 1822. Il prit une part 
importante à la rédaction des deux premiers vo- 
lumes de ce recueil anonyme (180j et 1806) et 
contribua aussi à celle de quelques-uns des sui- 
vants. En 1809, il rédigea, seul, un Almanach 
des Spectacles dont il ne parut que celte année 
(Paris, Collin, in- 18). 

* AUDIA'OT (Nicol.vsMéd.vrd). Cet artiste, 
on le sait, a fait représenicr sous son nom une 
comédie à ariettes , le Tonnelier, dont il a tou- 
jours été censé avoir écrit les paroles et la mu- 
sique. Fort intrigué de ce fait, n'ayant pu dé- 
couvrir qu'Audinot eût jamais été réellement 
musicien , j'avais longtemps cherché quel avait 
|)u être sou colloborateur anonyme, lorsque je 
trouvai dans ['Histoire anecdotique du théâtre 
et de la littérature (t. I, p. 373) de Charles 
Maurice, son contemporain , le petit récit sui- 
vant : — » Le directeur de l'Ambigu -Comique 
vient de mourir. Il était fils du fameux Audiaot, 
fondateur de ce théâtre, et qui, étant acteur à 
l'Opéra-Comique, y donna le Tonnelier. Le 
mo)cn qu'il a pris pour produire cet ouvrage, 
n'étant pas assez musicien pour en faire la par- 
tition, fut très-original. Il in\ita tour à tour à 
dîner un nombre do compositeurs égal à celui 
des morceaux de chant (ju'il avait placés dans 
sa pièce, et au desserf, sans paraître y attacher 
plus d'importance qu'à un amusement, il de- 
manda à chacun de mettre en musique les vers 
qu'il lui avait secrètement destinés. De cette 
façon, l'oeuvre se trouva complète. On la repré- 
senta en septembre 1701, tout uniment sous le 
nom d'Audinof, sans que les collaborateurs son- 
geassent à revendiquer un travail que leur amitié 
traitait volontiers de pure bagatelle. » 

Le fait révélé ici par Charles Maurice n'a rien 
que de vraisemblable, et le mystère de la compo- 
sition du Tonnelier çonïTsAi bien être éclairci 
par ces lignes. 

Toutefois, on peut croire qu'Audinot, sans 
être capable d'écrire une partition d'opéra, était 
cependant un peu musicien , et le petit recueil 
annuel intitulé les Étrennes de Polymnie a 
donné, dnns son volume de 1785, quatre chan- 
sons dont la musicjue est inscrite sous son nom. 

La fille de cet artiste, chanteuse et claveci- 
niste distinguée, se fit entendre à la cour dès 
ses plus jeunes années, et fit partie du person- 
nel de l'Opéra. 

AUDLEY (M""* A.), écrivain musica', a inséré 
dans le journal le Français, vers 1809, une sé- 
rie d'articles sur le génie de Bcllini, et a publié 
les deux ouvrages suivants : 1" Louis Van Bee- 
thoven, sa vie et ses œuvres, d'après les plus ré^ 
cents documents (Paris, Didier, 1807, in-12); 



32 



ALDLEY — AUDRAN 



Franz Schubert, sa vie et ses œuvres (iJ., h\., 
1871, in-12). Ces deux écrits ne peuvent, malheu- 
reusement, être d'aucune utilité, car non-seule- 
ment l'auteur n'a point fait preuve de sens criti- 
que, n'y a point développé les qualités d'analyse 
que l'on doit s'attendre à rencontrer dans des 
travaux de ce genre, s'altaquant à de si grands 
artistes, mais encore on n'y trouve, au point de 
vue historique, aucun fait nouveau et aucun ren- 
seignement important , parc* que l'écrivain, ne 
remontant point aux sources, s'est borné à puiser 
les éléments de ses récils dans les grandes publi- 
cations faites précédemment. Or, dans létal de 
jour en jour plus satisfaisant et plus intéressant 
de la science historique en matière musicale, un 
livre qui ne possède point quelqu'une des qua- 
lités que nous venons d'énumérer à propos des 
études superficielles de M™' Audley, nous semble 
bien près d'être un livre inutile. 

AUDRAN (Marius), chanteur distingué et 
professeur au Conservatoire de Marseille, est ué 
à Aix, le 26 septembre 181G. Deux ans après sa 
naissance, ses parents vinrent se fixer à Mar- 
seille, où il fut élevé. Son père, qui était maçon, 
le destinait à l'état d'entrepreneur, et lui fit sui- 
vre les cours de dessin et d'architecture au 
Musée de cette ville. Mais, vers 1834, une cir- 
constance foiluite décida autrement de son sort. 
Il était alors employé à la construction d'un éta- 
blissement de bains de mer : les propriétaires 
de cet établissement, qui étaient grands ama- 
teurs de musique, entendirent le jeune ouvrier 
chanter en travaillant, et furent frappés de la 
fraîcheur et du timbre de sa voix de ténor. Ils 
l'engagèrent à la cultiver et s'intéressèrent à 
lui. Peu de temps après, M. Audran faisait partie 
d'un petit groupe d'amateurs qui jouait la co- 
médie et l'opéra sur un théâtre de salon. Ce fut 
dans une de ces représentations intimes qu'E- 
tienne Arnaud le remarqua et se chargea de 
lui apprendre le chant. Après un an d'études, 
son maître l'envoya à Paris en le recommandant 
à Panseron. M. Audran entra au Conservatoire en 
qualité d'élève externe, et suivit toutes celles 
des classes de l'école où il pouvait compléter son 
éducation de musicien et de chanteur. Malheu- 
reusement, l'année suivante, en 1836, le jeune 
artiste ne put plus compter sur l'appui de sa fa- 
mille, et dut solliciter son admission comme pen- 
sionnaire. Cherubini, qui avait déjà réservé à 
un autre la seule place vacante, repoussa dure- 
ment la demande d'Audran, et lui donna le con- 
seil d'abandonner une carrière où, disait-il, « il 
ne ferait jamais rien. » Leborne, professeur 
de solfège, appuya le sévère horoscope du maî- 
tre. Panseron, seul, soutint qu'ils se trompaient 



tous deux. Cependant M. Audran n'avait plus le 
moyen de continuer ses études à Paris : il revint 
à Marseille^ attristé, mais non découragé, et se 
remit au travail sous la direction dévouée d'É- 
tienne Arnaud. En même temps, il se préparait 
à affronter le public et se créait des sympathies 
et des appuis, en faisant entendre dans le monde 
des fragments d'opéras nouveaux. Ces occasions 
n'étaient pas rares : car c'était une époque où la 
musique dramatique était très-aiméeet le véri- 
table art du chant très-cultivé à Marseille. Enfin, 
en 1837, M. Audran débuta au grand théâtre de 
cette ville dans le Chalet, la Dame blanche et 
le Pré aux clercs; il fut accueilli avec faveur 
par le public. L'année suivante il eut une audi- 
tion à rOpéra-Comique, et alla remplacer au 
théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le ténor Thé- 
nard qui venait de mourir. Le jeune chanteur 
avait à ce moment une voix franche et sympa- 
thique , une éducation musicale à peu près 
achevée, et ime diction chaleureuse. Il eut beau- 
coup de succès , surtout en établissant le rôle 
d'Horace du Domino noir, et employa utile- 
ment son année, jouant beaucoup , apprenant 
sans cesse de nouveaux rôles, et achevant de 
se rompre à la scène. L'année suivante, il chan- 
tait à Bordeaux, puis en 1840 et 1841, à Lyon. 
Il avait encore une saison à passer dans cette 
ville, quand Crosnier, ayant entendu parler de 
lui, le fit venir à Paris, l'apprécia, et l'engagea 
pour trois ans à l'Opéra-Comique. Il débuta à 
ce théâtre en mai 1842, en jouant successivement 
la Dame blanche, les Diamants de la Cou- 
ronne et le Chaperon rouge. Adolphe Adam, 
qui avait beaucoup contribué à son engagement, 
écrivit pour lui un rôle charmant dans le Roi 
d'Yvetot. A ce moment, la prédiction de Che- 
rubini se trouvait complètement démentie : Au- 
dran était soliste à la Société des concerts du Con- 
servatoire, et membre du jury à ce même Con- 
servatoire d'où cinq ans auparavant il avait été 
éloigné." 11 resta dix ans à l'Opéra-Comique, et y 
fournit une brillante et laborieuse carrière. On 
peut dire que son succès y a été interrompu. 
Son rôle, déjà très-actif avant le départ de Ro- 
ger, s'élargit encore quand cet artiste quitta l'O- 
péra-Comique pour passer à l'Opéra, et son nom 
est resté attaché à bien des créations qui ont 
marqué dans l'art lyrique français. En voici la 
liste : Le Roi dYvetot, d'Ad. Adam; Angé- 
lique et Jfédor, d'Amb. Thomas ; le Ptiits d'A- 
mour, de Balfe ; le Mousquetaire et le Con- 
seiller, de Bousquet; Sultana, de Bourges; La 
Sirène, d'Auber ; la Cachette, de Boulanger ; la 
Charbonnière, de Montfort; la Sérafina, de 
Clemenceau SI- Julien; le Bouquet de V Infante, 



AUDRÀN — AUDUBERT 



33 



de Boieldieu fils ; Ne Touchez pas à la Reine, 
de X. Boisselot; Haydée, d'Auber (rôle d'An- 
dréa) ; le Val d'' Andorre, d'Halévy ; Gïralda, 
d'Ad. Adam ; la Fée aux roses, d'Halévy ; Ma- 
delon, de Bazin ; la Chanteuse voilée, de V. 
Massé; Oreste et Pylade, do Thys; enfin (au 
Théâtre-Lyrique, après sa sortie de l'Opéra-Co- 
mique), la Demoiselle d'honneur, de Semet; 
el Christophe Colomb, de Félicien David. 

Le nombre des ouvrages qu'il reprit est si 
grand qu'il est impossible de les mentionner 
tous. On peut pourtant signaler parmi les plus 
intéressants : Jean de Paris, Cendrillon, le 
Chaperon rouge, Marie, une Folie, le Mule- 
tier, Fra Diavolo , le Postillon de Lonju- 
meau. Il joua ces deux derniers aussitôt après 
Chollet. 

En 1852, à la suite d'un désaccord avec la di- 
rection Perrin, M. Audran quitta l'Opéra-Comique 
et vint donner des représentations à Marseille, 
où il fit monter la plupart des opéras qu'il avait 
créés. De 1853 à 1856, il chanta à Marseille, 
puis à Bordeaux, et, en 1857, retourna à Paris oii 
il créa au Théâtre-Lyrique un rôle dans la De- 
moiselle d^honneur, de Semet. Pendant les 
quatre années qui suivirent, il fit de brillantes 
tournées en province et à l'étranger, puis, à la 
suite d'une sérieuse maladie, vint définitive- 
ment se fixer à Marseille, en 1861. Deux ans 
plus tard, il fut nommé professeur au Conserva- 
toire de cette ville, où il est encore, et où il 
dirige les classes de chant et de décl.nnlion 
lyrique. Il a formé de nombreux élèves, parmi 
lesquels on peut citer M"" Artot, Praud, Tri- 
chon, MM. Mayot, Aumerat, Dauphin, qui ont 
suivi la carrière dramatique, ou se sont voués à 
l'enseignement. 

Cet artiste distingué, qui a rendu tant de ser- 
vices à l'art musical, comme chanteur et comme 
professeur, a aussi composé beaucoup de mélodies 
d'une inspiration gracieuse et facile. Les plus 
connues sont : La Colombe du soldat, le Va- 
gabond, Marguerite (avec P. Dupont), le 
Guide des montagnes, Vous pleurez d'être 
heureux, les Œufs de Pâques, l'Amandier 
fleuri, etc., etc. Ces romances ont été publiées 
à Paris, Bruxelles, Lyon et Marseille. 

Al. R-d. 
AUDRAN (Edmond), fils du précédent, est 
né à Lyon le 11 avril 18 i2. Il fit ses études à 
Paris jusqu'à l'âge de l'i ans, et les abandonna 
pour entrer à l'École Niedermeyer qui venait 
d'être fondée. Il y obtint successivement un ac- 
cessit d'orgue, un accessit d'Iiarmonie, un piix 
de piano, et, en 1859, le prix de composition. En 
186 Ij il vint, avec son père, se fixer à M;irseille 

BIOCR. VMV. DIÎS MUSICIENS. SLPPL. 



T. r 



où il réside encore, et où il est maître de cha- 
pelle à l'église St-Joseph. En 1862, il fit jouer au 
Grand-Théâtre de cette ville un petit opéra inti- 
tulé l'Ours el le Pacha, dont le poëme n'était 
autre que le vaudeville de Scribe transformé, et 
qui eut cinq représentations. Deux ans après, il 
donna au même théâtre la Chercheuse d''es- 
prit, opéra en un acte d'après Favart, qui ob- 
tint du succès, et où on remarqua notamment un 
charmant duettino. Plusieurs morceaux de cet 
ouvrage ont été publiés à Marseille par l'éditeur 
Carbonel. A l'occasion de la mort de Meyerbeer, 
i! écrivit une marche funèbre qui fut également 
exécutée au Grand-Théâtre dans une solennité de 
circonstance. En 1866, il fit représenter, toujours 
à Marseille, mais cette fois, au Gymnase, la 
Nivernaise, opéra en un acte, qui eut onze re- 
présentations, puis, en 1868, le Petit Poucet, 
opérette en trois actes , qui fut accueillie moins 
favorablement par le public. En 1873, M. Ed. Au- 
dran a faitentendre à l'église Saint-Joseph, à Mar- 
seille, puis à Saint-Eustache, à Paris, une messe 
pour soli, chœurs et orchestre qui dénote un 
sensible progrès dans son talent. Il y a dans 
certaines parties, le Kyrie, VAdoro te supplex, 
VAgnus Dei, un sentiment mélodique distingué, 
des harmonies ingénieuses, et l'entente des ef- 
fets. 

On connaît encore de cet artiste divers motets 
inédits, une mazurka et une romance sans pa- 
roles pour le piano, une valse chantée et une 
romance rustique, publiées chez Carbonel, à Mar- 
seille; 2 mélodies pour la voix, chez Sylvain 
St-Étienne, à Paris ; une valse pour le piano, six 
mélodies, chansons ou sérénades, chez Langlois ; 
enfin chez Pépin frères, à Marseille, Petits Oi- 
seaux, romance qu'il a écrite pour être inter- 
calée dans une féerie et qui a eu de la vogue. 

Al. R-d. 

AUDUBERT (Jules), professeur de chant 
à Paris, a publié récemment .sous ce titre : l'Arl 
du chant, suivi d'un traité de maintien théâ- 
tral, avec figures explicatives (Paris, Brandus, 
1876, in-8), un ouvrage remarquable, neuf à 
beaucoup de points de vue, et dans lequel on 
regrette seulement que l'auteur semble vouloir 
faire passer en seconde ligne, dans l'éducation 
d'un chanteur, l'étude si absolument indispen- 
sable du solfège. Cette remarque faite, on ne 
peut que louer le professeur de ses excellents 
préceptes et de son respect pour un art malheu- 
reusement bien déchu aujourd'hui de son an- 
cienne splendeur, et à la décadence duquel on 
doit en partie la crise qui sévit depuis si long- 
temps sur les scènes lyriques de l'Europe en- 
tière. 

3 



34 



AUER — AZEVEDO 



AUEll (Léofold), violoniste liongrois fort 
dislingup, né vers 1846, a fait son éducation 
musicale à Vienne , et devint ensuite élève de 
M. Joacliim. Dès 1863, il se (it entendre avec 
grand succès à Londres, dans les concerts de 
l'Union musicale, s'y produisit de nouveau l'an- 
née suivante, et y retourna encore en 1873. Le 
jeu de cet artiste se fait remarquer par une so- 
norité puissante, un excellent mécanisme, beau- 
coup de feu et d'expansion, enfin par un grand 
sentiment passionné et une rare faculté d'ex- 
pression. Depuis plusieurs années déjà M. Auer 
est fixé à Saint-Pétersbourg, où il exerce Icsfonc. 
lions de professeur au Conservatoire, de maître 
de concert et de violon solo au tbéàlre impérial. 
* AULETTA (Pierre). A la liste des ou- 
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut 
ajouter les deux opéras suivants : 1° Il Marchese 
Sgrana, Napk's, Ib. Nuovo, 1738: 2" VAmor 
costanle, iXaples, tb. des Fiorenlni, 1739. 

AUiVE (Â.-J.-B.), instituteur et cliantre à 
MaroUes (Calvados), a publié on ISGi une Mé- 
thode pour apprendre facilement le nouveau 
plain-chanl (Caen, Poisson, in-S"), bon ou- 
Trage dont il a été fait plusieurs éditions. 

J. C z. 
AUTERl-MAXZOCCIII (Salvatore) , 
jeune compositeur italien, a débuté par un coup 
d'éclat en donnant au tbéàlre de la Pergola, de 
Florence, dans les premiers mois de 187.=i, un 
opéra intitulé Dolores, qui a obtenu un très- 
grand succès. Fils d'une cantatrice fameuse en 
Italie, M"'" Manzoccbi , M. Auteri-Manzoccbi 
n'avait d'abord cultivé lamusi(pie qu'en amateur, 
et des revers de foitune l'ont seuls forcé à clier- 
cber une ressource dans l'exercice d'un art qu'il 
n'avait éludié que pour son agrément. Il tra- 
vailla sérieusement alors, d'abord à Palerme, sous 
la direction de M. Platania, puis à Florence, 
avec M. Mabellini. C'est dans cette dernière 
ville que devait être représenté son premier ou- 
vrage, Hlarcellina, et celui-ci était en pleines 
répétitions lorsque la maladie d'un artiste cbarj^é 
d'un des rôles les plus importants en empêclia 
l'apparition. M. Auleri, sans se décourager, s'at- 
tacba alors à un second ouvrage, Dolores, dont 
un de ses oncles, M. Micbele Auleri -Pomar, qui 
est à la fois sculpteur de beaucoup de talent et 
poète dramatique babile, lui avait confié le livret. 
Le jeune compositeur donna connaissance du rôle 
principal à une cantatrice de grande valeur et 
de grand renom, M™^ Galletti-Gianoli, et celte 
artiste voulut aussitôt s'en charger. Dolores fut 
donc jouée à la Pergola, et l'œuvre^ charmante 
par elle-même et rendue plus aimableencore par 
le merveilleux talent de .«a principale interprète, 



remporta un succès éclatant. Elle fut reproduite 
aussitôt à Milan, à Palerme, et dans d'autres 
villes, et partout rencontra la même fortune. 
« M. Auteri, m'écrit- on d'Italie, est une des plus 
belles promesses de la jeune école italienne. Sa- 
musique est facile, bien faite, claire, et elle a 
pour principales qualités la faculté mélodique, 
l'expression sentimentale et passionnée. Sicilien 
comme Bellini, M. Auteri est un des musiciens 
qui ressemblent le plus à ce maître. » M. Auteri 
travaille en ce moment à un nouvel opéra, ?/ A'c- 
griero, dont son oncle lui a encore fourni le 
livret. 

AYOLIO (..........), compositeur napolitain, 

est l'auteur d'un opéra bouffe en 3 actes, Rosetta 
la Giardiniera, qui a été représenté avec quel- 
que succès, sur le théâtre Rossini, de Naples, au 
moi? d'avril 1872. 

AZEVEDO (Alkxis-J\cob), critique et écri- 
vain musical, est né à Bordeaux le 18 mars 
1813. Après avoir acquis avec son père la con- 
naissartce des premiers principes du solfège, il 
enireprit l'étude du violon, puis celle de la llùte. 
Au mois d'octobre 1832 il vint à Paris, et passa 
quelque temps, au Conservatoire, dans la classe 
de Tulou, tout en Aiisant partie de l'orchestre 
de quelques théâtres secondaires, tels que l'Am- 
bigu, le Cirque et les Folies-Dramatique.s. Bientôt 
il quitta la musique pour les affiiires, puis y 
revint, au bout <le quelques années, pour s'oc- 
cuper de critique. Il donna d'abord quelques ar- 
ticles au Siècle, à la France musicale, puis, 
vers 1846, fonda lui-même un journal spécial, la 
Critique musicale, qni n'eut qu'une existence 
éphémère. Après avoir passé à la Presse, il 
entra comme feuilletoniste musical à VOpinion 
nationale, et y resta depuis 1859, époque de la 
création de cette feuille, jusqu'en 1870. C'est là 
surtout que M. Azevedo a donné carrière à son 
tempérament batailleur, recherchant avec ardeur 
les polémiques, frappant d'estoc et de taille, à 
tort et à travers, et s'inquiétant peu d'avoir rai- 
son pourvu qu'il criât fort et qu'il fit beaucoup 
de bruit. Il serait injuste de ne pas convenir 
pourtant que sur certains points de Ihistoire de 
la musique il a souteuu avec succès quelques 
discussions. 

Malheureusement, et en ce qui concerne la- 
critique des œuvres et des artistes, M. Azevedo 
était doué de deux grands défauts : d'une part, 
son instruction musicale était complètement in- 
suffisante et le mettait dans l'impossibilité de 
recourir à toute espèce d'éluile analytique, sans 
laquelle il n'est point de critique sérieuse et va- 
lable; de l'autre, passionné à l'excès, il ne re- 
connaissait qu'un genre de musique, restait 



AZEVEDO 



35 



complètement sourd aux beautés répandues 
dans les œuvres qui ne procèdent point de l'é- 
cole italienne, et considérait comme ennemi qui- 
conque ne pensait pas comme lui. Pendant vingt 
ans M. Azevedo a déversé l'injure sur de grands 
artistes tels que Moyerbeer, Berlioz, Halévy, 
M. Gounod, les traînant aux gémonies, et pré- 
férant à leurs chefs-d'œuvre n'importe quelles 
platitudes signées d'un nom ultramontain. En ce 
qui concerne les productions musicales, aussi 
bien que leur interprétation, quand M. Azevedo, 
qui est un néologisle forcené, avait parlé de l'é- 
cole du civet sans lièvre, du casserolage, de 
la braillardocralie, etc., il croyait avoir tout 
dit et trouvait superflu de donner les raisons de 
son mépris. 

Tout le monde ne juge pas que ce soit tout à 
fait ainsi que doive s'exercer la critique ; quel- 
ques-uns pensent qu'elle doit être instructive, et 
qu'elle ne perd rien de sa valeur à revêtir des 
formes courtoises. Or, M. Azevedo traitait dé 
Turc à More tous ceux qui ne partageaient pas 
sa fureur contre certains artistes, son adoration 
irraisonnée pour Rossini, dont il estimait les po- 
chades de jeunesse à l'égal de Guillaume Tell ou 
du Barbier, ou qui osaient soutenir que le sys- 
tème Chevé est à la notation musicale ce que le 
dessin linéaire est à la peinture. Il est vrai qu'à 
force d'exagérations de toutes sortes, M. Azevedo 
perdit assez rapidement son crédit, et qu'aujour- 
d'hui il n'est plus guère question de toutes les 
grandes batailles qu'il a livrées. 

Voici la liste des productions de cet écrivain -. 



1" Sur le livre inlilvlé : Critique et littérature 
musicales de M. P. Scudo (Paris, 1852, in-12)-, 
2° Félicien David, sa vie et son œuvre (Paris, 
Heugel, 1863, gr. in-8'^ avec portrait et autogra- 
phes) ; 3° G. Rossi7ii,sa vie et ses œuvres (Pa- 
ris, Heugel, 1865, grand in-S" avec portraits et 
autographes) ; 4° Sur un nouveau signe proposé 
pour remplacer les trois clefs de la notation 
musicale (Paris, Escudier, 1868, in-8°); 5° Dic- 
tionnaire musico-humoristique, par le doc- 
teur Aldo, membre de la Fourchette harmo- 
nique et de plusieurs autres sociétés savan- 
tes, précédé dhm avertissement par Alexis 
Azevedo (Paris, Gérard, 1870, in 12), écrit en- 
tièrement dû à M. Azevedo ; 6° M. Aimé Paris 
et ses inventions, trois feuilletons de M.Alexis 
Azevedo dans VOpinion nationale, 25 août, 
l«''et8 septembre 1863 (Dieppe, impr. Delevoye, 
s. d. [186.'i], in-8'') ; 7° la Transposition par 
les nombres (Paris, l'auteur, in-8°). 

M. Azevedo a collaboié au Ménestrel (où il a 
publié d'abord, sous forme d'articles, ses deux 
études sur Rossini et M. Félicien David), à VArt 
musical, à la Politique universelle, au Soleil, 
à la Réforme musicale , et h la Méloma- 
nie. En 1874, il a publié un petit recueil critique 
périodique , « les Doubles-croches malades, 
petite revue bi-mensuelle de critique musicale », 
rédigé par lui seul et dont il a paru douze nu- 
méros (1). ^ 

(i; Au moment où Je corrige les épreuves décide no 
ticp, on annon;e la mort de M Azevedo, à Paris (2i dé- 
cembre 1873;. 



B 



B. (Madame J. DE). Sous ces initiales, une 
dame a publié en 1863 un Annuaire spécial 
des altistes musiciens, i" année, 1863 (Paris, 
77, Faubourg Poissonnière, in-12), livre conçu 
sur un plan absolument défectueux et incom- 
plet. 

BABIC (Benko) naquit à Raguse au com- 
mencement (lu seizième siècle. Musicien et re- 
lijjjeu.v dominicain, il introduisit le premier le 



chant grégorien dans son ordre. 



Y. 



BxVCCE (DojiEiMCo), célèbre chanteur ita- 
lien, naquit à Crémone le 27 janvier 1549. 

Y. 

BACCELLI (le P. Matteo), compositeur 
de musique religieuse, né à Lucqnes vers 1680, 
fut maître de musique au séminaire de San-Gio- 
vanni. Les registres de la Compagnie de Sainte- 
Cécile de cette ville attestent que, de 1717 à 1734, 
cet artiste écrivit pour la fête de la patronne de 
cette Société plusieurs services religieux consis- 
tant en messes, graduels , motets et psaumes à 
quatre voix concertantes. On trouve aussi, dans 
les archives du séminaire de San-Martino, un 
Domine, un Dixit et un Magnificat à 4 voix, 
avec accompagnement instrumental, de sa com- 
position. Baccelli mourut à Lucques en 1756. 

BACCHIiVI (Ces\re), compositeur, est 
né à Florence en 1846, et fut élève de M. Ani- 
chini pour le piano et l'harmonie, de M. Gio- 
vacchino Giovacchini pour le violon , et de 
M. Mabellini pour la composition. Ce jeune ar- 
tiste a fait représenter en 1871 , à Florence, un 
opéra intitulé il Quadro parlante, qui fut assez 
bien accueilli. L'année suivante , il écrivit, en 
société avec plusieurs autres jeunes composi- 
positeurs, MM. De Champs, Fehci, Gialdini, 
Tacchinardi et Usigiio, la musique d'une bouf- 
fonnerie, la Secchia rapita (Florence, th. Gol- 
doni, avril 1872). Enfin, M. Bacchini a donné 
au théâtre Pagliano, de la même ville, le l4 fé- 
vrier 1874, un opéra sérieux, la Cacciata del 
duca d'Atene, qui fut très-froidement accueilli 
du public. 

BACCIIM (Maria), célèbre chanteuse ita- 
lienne, douée d'une belle voix de contralto, na- 
quit vers 1750 et mourut à Brème en 1782. 

Y. 

BACH (Samuel). Foye; Ferrière-le-Vaïer 
(le marquis DE). 



BACH (Otto), compositeur, né à Vienne en 
1833, est actuellement directeur du Mozarleum 
de Salzbourg. 11 a écrit des symphonies , de la 
musique de chambre et des opéras, parmi lesquels 
on cite Sardanapale et die Liebesprobe {VÉ- 
preuve amoureuse). Y. 

BADABZEWSKA (Thécla), pianiste dis- 
tinguée et compositeur, née à Varsovie en 1838, 
est morte en 1862. Elle a écrit plusieurs com- 
positions pour son instrument , notamment une 
Prière à la Vierge qui a eu du succès et qui est 
connue par toute l'Europe. 

Y. 

BADEB (Daniel) , facteur d'orgues et de 
clavecins , né en Allemagne dans la seconde 
moitié du seizième siècle^ s'établit à Anvers, où, 
dès les premières années du dix-septième siècle, 
il fut reçu dans la corporation de Saint-Luc. 

* BADIA (CuARLES-AtGusTiN ). Trois ora- 
torios doivent être ajoutés à la liste des œuvres 
de ce compositeur, tous tiois exécutés à la cha- 
pelle impériale de Vienne : 1° la Clemenza di 
Davide, 1703; — 2" San Romoaldo, 1704; 
- 3° Santa Teresa, 1706. 

* BADIA (Louis). Cet artiste a donné au 
théâtre de la Pergola, de Florence, en 1851, un 
drame lyrique intitulé il Conte di Leicester. 
C'est sans doute cet ouvrage qui a été men- 
tionné comme n'ayant eu qu'une seule repré- 
sentation. 

* BADIALI (Cesare), chanteur renommé, 
était né vers 1800, et mourut le 18 novem- 
bre 1865. C'est sur les conseils de Rossini, 
de Sampieri et de Tadolini qu'il avait aban- 
donné la carrière administrative pour em- 
brasser celle du théâtre. Il ne parcourut pas 
seulement l'Autriche et l'Italie, l'Espagne et le 
Portugal, mais se fit entendre encore avec suc- 
cès à la Havane, à Mexico, à New- York, à Phi- 
ladelphie, à Boston, à la Nouvelle-Orléans, à 
Paris, à Londres , à Manchester, à Dublin, etc. 
Il s'était, après plus de trente ans de triomphes, 
retiré à Imola, mais avait consenti à quitter 
momentanément sa retraite pour chanter à Pe- 
saro, lors des fêtes qui eurent lieu en celte 
ville pour l'inauguration de la statue de Rossini, 
du vivant de celui-ci. Il mourut à Imola le 18 
novembre 1865, et Rossini, en apprenant la mort 
de son vieil ami Badiali, écrivit à son fils : «.... 
Vousavez perdu le meilleur des pères, et moi je 



BADIALI — BAILLY 



37 



suis du même coup privé du plus cher de mes 
amis, du plus vaillant de mes interprètes.... -> 

B^DEKERL (Cu\rles), tromboniste, 
mort à Berlin en 1849. On a de lui des danses 
et des variations pour le trombone. Y. 

ByENDER (Jean-Henri), virtuose sur le 
basson et sur la contre-basse, né à Rœhrenfort, 
dans la Hesse électorale, en 1785, a joui d'une 
certaine réputation. Y. 

B^UAIEL (Frédéric Henri) , violoniste 
célèbre en son temps, né vers 1730 à Wurz- 
bourg, mourut à Bamberg en 1796. Y. 

BAGAUS (Charles), célèbre virtuose sur 
la trompette, naquit à Berlin le 5 novembre 
1799. On ignore l'époque de sa mort. Y. 

BAGLIONCELLA (Francesca), musi- 
cienne italienne, compositeur, naquit à Pérouse 
et vivait au seizième siècle. Elle a écrit un grand 
nombre de madrigaux. Y. 

BAGUER (Carlos), compositeur et orga- 
niste espagnol, surnommé Carlets par ses con- 
temporains, était né vers 1768. Organiste de la 
cathédrale de Barcelone, cet artiste , dont le ta- 
lent paraît avoir été extraordinaire , a été oublié 
par tous les biographes, de telle sorte que les 
détails de sa vie sont absolument inconnus. 
M. Baltasar Saldoni , le seul qui ait rappelé son 
nom ( dans ses Efemérides de mûsicos espa- 
fioles) , n'en a parlé que d'après les souvenirs 
d'un de ses amis , Mateo Ferrer ( voij. ce nom ), 
musicien fort distingué lui-même , qui avait été 
l'élève de Baguer, et qui conservait pour lui une 
admiration pleine d'enthousiasme. D'après Fer- 
rer, Baguer était un organiste d'une nature et 
d'une valeur absolument exceptionnelles , origi- 
nal dans les idées , harmoniste accompli , fu- 
guisle merveilleux , possédant une exécution ra- 
pide et supérieure, et tirant de son cerveau 
des mélodies enchanteresses , toujours emprein- 
tes du plus pur sentiment religieux , en un mot 
un artiste dont on ne pouvait expliquer et com- 
prendre le talent sans l'avoir entendu , et supé- 
rieur à tout ce qu'on pouvait imaginer. Je laisse, 
bien entendu, à Ferrer, la responsabilité de ses 
assertions ; mais, en admettant même que son 
admiration fût quelque peu exagérée, on ne peut 
considérer comme un artiste ordinaire celui qui 
laisse une telle impression dans l'esprit de ceux 
qui ont été à même de l'entendre et de l'appré- 
cier. Il n'en est que plus regrettable de consta- 
ter qu'un tel artiste n'ait laissé qu'un souvenir 
fugitif, et que son nom soit pour ainsi dire perdu 
pour l'histoire de l'art. Je crois qu'il ne reste 
rien des œuvres composées pour l'orgue par Ba- 
guer, que M. Soriano Fuertes, dans son Historia 
de la Mûsica espaùola , dit être l'auteur d'un 



oratorio intitulé la Muerte de Abel. Baguer 
est mort à Barcelone , le 29 février 1808 , à l'âge 
de quarante ans seulement. 

BAILLE (Gabriel), compositeur, directeur 
du Conservatoire de Perpignan, a publié pour 
divers instruments des compositions dont le 
nombre s'élève à plus de cinquante. Parmi ces 
compositions se trouvent, outre divers morceaux 
de genre pour piano, une série de pièces élé- 
mentaires et progressives pour deux violons por- 
tant pour titre École concertante de violon 
(Paris, Brandus). M. Baille publie aussi un re- 
cueil permanent, intitulé : Piccludium, recueil 
de musique pour orgue. Cette collection, dont 
il paraît chaque année deux livraisons, en compte 
déjà sept. 

BAILLET ( ) , est auteur d'un opus- 
cule ainsi intitulé : Musique en lettres , idée 
sur l'étude de la musique vocale, ou Exposé 
d'une méthode nouvelle (Toulouse, 1864, 
in- 8°). 

'*^ BAILLOT (PierreM.\rieFr4nçois de 
Sales). On a publié en 1872 un écrit posthume 
de ce grand artiste, ainsi intitulé: Observations 
relatives aux concours de violon du Conser- 
vatoire de musique (Paris, Didot, in-8° de 
34 pp. ). On doit signaler aussi les deux notices 
suivantes, dont Baillot était l'objet : 1° Baillot , 
par Ad. Guéroult ( Paris, s. 1. n. d. [Extrait de 
la Gazette musicale] , in-8° de 7 pp. ) ; 2° Hom- 
mage à la mémoire de Baillot , discours pro- 
noncé par M. D. Tajan-Rogé à la soirée musi- 
cale qui a eu lieu dans la petite salle du Con- 
servatoire national de musique le 4 avril 1872 , 
pour l'inauguration de la statuette en bronze de 
Baillot (Paris, Le Chevalier, 1872, in-12). En- 
fin il faut mentionner encore , pour ceux qui 
voudraient se renseigner d'une façon complète 
sur l'admirable violoniste, la notice publiée dans 
les Annales de l'Académie des Beaux-Arts 
(t. XII ) par M. Charles du Rozoir, et celle pu- 
bliée en 1872, dans le Ménestrel, par M. Ar- 
thur Pougin. 

BAILLOT (René-Pacl), fils du précédent, 
est né à Paris le 23 octobre 1813. Après avoir 
travaillé le violon avec son père , il se livra à 
l'étude du piano, sous la direction de Desor- 
mery et de Pleyel. Use consacra ensuite à l'ensei- 
gnement, et publia un certain nombre de compo- 
sitions pour le piano. En 1848 , M. René Baillot 
devint professeur de la classe d'ensemble ins- 
trumental au Conservatoire , classe créée pour 
lui , mais dont il ne fut pourtant nommé titu- 
laire que le 1"" janvier 1851. 

* BAILLY (Henri de), surintendant de la 
musique de Louis XIII. On trouve des notes in- 



38 



BAILLY — BALBI 



téressantes sur la famille de cet artiste dans 
l'écrit de M. Tli. Lhuiliier : Note sur quelques 
musiciens dans la Brie ( Meaiix , typ. Carro , 
1870, in 8°). 

Je crois que cet artiste ne faisait qu'un avec 
Bailly, chanteur et joueur de luth de Louis XIII 
enfant, très fréquemment cité par JeanHéroard 
dans son Journal sur Venfance et la jeunesse 
de Louis XIII. BaiMy, qui jouait aussi de la lyre, 
endormait le soir le jeune prince au son de sa 
musique, que pourtant celui-ci écoutait avec un 
vif plaisir. 

* BAJETTI (Jean), compositeur, ancien 
maestro concertaiore du théâtre de la Scala au 
temps de la Pasta et de la Malibran, est mort à 
Milan le 28 avril 1876. A la liste des ouvrages de 
cet artiste, il faut joindre le ballet de Faust (Mi- 
lan, Scala, 12 février 1848), dont il écrivit la 
musique conjointement avec Coster et Panizza. 

BALAIÎIREFF (M ), compositeur 

russe contemporain , a écrit pour le drame de 
Sliakspeare le Roi Lear une partition qui com 
prend une ouverture, une marche et quatre 
entr'actes, et qui a été publiée chez l'éditeur 
Bessel, à Saint-Pétersbourg. M. Balakireff a pu- 
blié aussi un arrangement pour deux pianos d'un 
quatuor de Beethoven. 

BALAR T (Gabkiei,), compositeur espagnol, 
est né à Barcelone le 8 juin 1824. Il commença 
l'étude de la musique dans sa patrie, dès ses 
plus jeunes années, puis vint à Paris pour com- 
pléter son éducation. De retour en Espagne en 
1832 , il se fit connaître d'abord par la publica- 
tion d'un certain nombre de pièces de musique 
vocale et instrumentale, et écrivit aussi quelques 
zarzuelas, qui furent généralement bien accueil- 
lies. Parmi les ouvrages de ce genre de M. Ba- 
lart, je citerai les suivants , qui seuls sont venus 
à ma connaissance : 1° Uîi Rapacin de Can- 
daSf un acte, Barcelone, août 18G6; 2" los Guar- 
dias del Rey de Siam, id., id., 3" el Tulipan 
de los Mares ; 4" Amor y Arte. M. Balart a été 
chef d'orchestre des principaux théâtres de Bar- 
celone et de quelques-uns de Madrid. 

* BALBI (Melchioiî). L'auteur de la B/oyra- 
phie universelle des Musiciens a été évidem- 
ment trompé, au sujet de cet artiste, par de 
faux renseignements. Voici ceux que je trouve sur 
M. Baibi dans l'intéressant Annuario générale 
delta Musica de M. Caputo ( voy. ce nom) pour 
1875. 

M. BaIbi est né à Venise, de famille pa- 
tricienne, le 4 juin 1796. Son père s'étant ré- 
fugié à Padoue' par suite des événements poli- 
tiques, le jeune homme étudia le piano et 
l'orgue d'abord avec Alessandro Nini, puis 



avec Gaetano Valeri , el fit ensuite une élude 
sévère des partimenti, de l'harmonie et de 
la fugue avec Antonio Calegari. Nommé , en 
1818, maestro concerlatore dans les deux 
théâtres, il conserva cet emploi jusqu'en 1853, 
époque à laquelle il fut nommé maître de cha- 
pelle de la basilique de Sanl'Antonio. Élu , en 
1868, académicien correspondant de l'Institut 
musical de Florence , il écrivit trois Mémoires 
sur la question posée par cette académie : « s'il 
est possible et pratique d'inventer un système 
d'harmonie fondé sur la division de l'octave en 
douze demi-tons. » Aux trois Mémoires l'acadé- 
mie répondit par trois délibérations dans les- 
quelles elle félicitait M. BaIbi et l'encourageait 
à poursuivre et à conduire à terme la tâche qu'il 
avait entreprise. A la suite de ce fait , M. Balbi 
fut nommé chevalier de la couronne d'Italie et 
élu membre d'un grand nombre de sociétés ita- 
liennes et étrangères. 

Outre une messe solennelle et une messe de 
Requiem exécutées à Saint-Antoine de Padoue , 
la première en 1831 , la seconde en 1869 , 
M. Balbi en a produit une troisième (le 8 dé- 
cembre 1871), pour chœurs, orchestre , et qua- 
tre orgues. Comme théoricien, cet artiste a pu- 
blié : 1° Sistema armonico d'Antonio Calegari, 
avec notes et appendice de Melchior Balbi ( Mi- 
lan, Ricordi, 1829); 2° Grammatica ragionata 
délia musica sotto Vaspetto di lingua (i845); 
3° Auova Scuola basala sul sistema semi- 
tonato equabile , T' partie ( Milan , Vismara , 
1872). Quanta l'ouvrage dont M. Balbi aurait 
été l'éditeur posthume, Trattato armonico 
di Antonio Calegari, Fétis a fait évidemment 
à son sujet une double confusion , dont on peut 
se rendre compte en lisant les trois noiices qu'il 
a consacrées à François-Antoine Calegari,' k 
Antoine Calegari et à M. Melchior Balbi. 
Dans la première, il attribue cet ouvrage à 
François-Antoine Calegari , et dit qu'il fut pu- 
blié fort longtemps après sa mort, en 1829, par 
M. Balbi ; dans la seconde, il fixe la mort d'An- 
toine Calegari au 22 juillet 1828; enfin, dans la 
troisième , il attribue le même ouvrage à 
M. Balbi, qui aurait exposé lui-même la mé- 
thode de son maître Antoine Calegari dans l'é- 
crit en question, et qui l'aurait laissé manuscrit 
à sa mort, arrivée en juillet 1828, de telle façon 
qu'on l'aurait publié l'année suivante. Or, on peut 
saisir la confusion par le rapprochement des 
dates, dont une est fausse, puisque M. Balbi est 
encore vivant. Voici ce qui me semble devoir 
être la vérité -. le Trattato del sistema armonico 
est d'Antoine Calegari et non de François-An- 
toine Calegari; cet artiste l'aura laissé inédit à 



BALBI — BALTHASAR-FLORENCE 



39 



-sa mort , le 22 juillet 1828 , en chargeant son 
élève, M. Balbi , de le publier; enfin, celui-ci se 
sera ponctuellement acquitté de ce si)in. On voit 
combien la lumière est difficile à faire en ma- 
tière d'histoire , et à quel point un faux rensei- 
gnement peut engendrer d'erreurs. 

BALDI (JoÂo-JosÉ), musicien portugais, est 
né à Lisbonne de parents italiens établis depuis 
longtemps en cette ville. En 1781, à peine âgé 
de onze ans, il entra au séminaire patriarcal, 
d'où il sorlit au mois de septembre 1789 pour 
aller occuper la place de maître de chapelle à la 
cathédrale de Guarda; il fui ensuite appelé à 
Lisbonne, et nommé organiste de la chapelle 
du palais royal de Bemposta. Il a écrit une grande 
quantité de musique d'église , à laquelle on ac- 
corde du mérite; on cite surtout une Litania 
■en la , comme particulièrement remarquable. 

J. DE V. 

* BALFE (MicnEL-GmLLu:MEB.\LPH, dit) 
est mort le 21 octobre 1870, à sa maison de cam- 
pagne de Rowney-Abbey. Au répertoire drama- 
tique de ce compositeur, si populaire en Angle- 
terre , et qui d'ailleurs, s'il manquait d'originalité, 
était loin de manquer de talent, il faut ajouter 
les opéras suivants, représentés à Londres : 
the PurUcui's daughter (1861), ihe Armurer 
of Nantes iiS63), Blanche de Nevers (18G3), 
la Rose de Casdlle, et Bianca, la Fiancée du 
Bravo. 

Une fille de cet artiste , cantatrice d'un talent 
remarquable , élève de son père , avait débuté 
avec succès à Londres, le 28 mai 1857, dans le 
rôle d'Amina de la Sonnambula. Mariée, peu 
d'années après, à sir John Crampton, dont elle 
se sépara en 1863 à la suite d'un procès étrange 
et qui eut un grand retentissement, elle épousa 
en secondes noces un noble Espagnol , le duc 
de Prias. La duchesse de Prias mourut jeune, à 
Madrid, peu de mois après son père, en janvier 
ou février 1871 (1). 

BALIUS Y VILA(Jaisie), compositeur es- 
pagnol, vivait dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle. On ignoi e le lieu et la date de sa 
mort, et l'on sait seulement que vers 1780 il rem- 
plissait les fonctions de maître de chapelle de la 
cathédrale de Gerona, fonctions qu'il occupa 
plus tard à Cordoba et au monastère de l'Incar- 
nation, de Madrid. Cet artiste s'est fait connaître 
par de nombreuses composilions religieuses , 
parmi lesquelles on remarque surtout ses La- 
mentations pour le jeudi-saint, ainsi queTliym- 



(1) L;i veuve ducompnsi'eur Palfe a fait don an Bri- 
Ush miiseiiin, de Londres, des manuscrits autographes 
•de toutes les œuvres publiées de son raarl. 



ne : Dcus tuorum militum, qu'il écrivit pour 
le concours de la maîtrise de Cordoba. 

BALLARD, joueur de lutli dislingui-, fut le 
maître de Louis XIII, alors dauphin de Prancc, 
pour cet instrument, ainsi qu'on le voit dans le 
Journal de Jean Iléroard sur Venfance et 
la jeunesse de Louis XIH, lequel dit, à la 
dale du T"^ septembre 1612, en parlant du jeune 
prince : « Il commence à apprendre à jouer du 
luth par Ballard. » Il me semble que cet artiste 
pourrait bien être Pierre Ballard, fils du chef 
de la dynastie des imprimeurs de musique de ce 
nom, qui succéda à son père comme seul impri- 
meur de la musique de la chambre, chapelle 
et menus-plaisirs du roi. On peut supposer 
aussi qu'il est l'auteur ou du moins l'arrangeur 
du recueil publié par lui, en 1617, sans nom 
d'auteur et sous ce titre : Airs de différens 
auteurs, mis en tablature de luth. 

BALLICOl]RT( ),composileur et flû- 
tiste français du dix-huitième siècle, a passé sa 
vie en Angleterre , où son talent de virtuose 
était estimé, ainsi que ses compositions. 

Y. 

BALTHASAR • FLORENCE ( Henri 
Mathias BALTHASAR, dit), compositeur belge, 
est né à Arlonle 21 octobre 1844. Musicien dès 
l'âge le plus tendre, il se produisit pour la pre- 
mière fois en public à neuf ans, comme pianiste, 
dans sa ville natale. Admis en 1857 au Conser- 
vatoire de Bruxelles , il y fut élève de M. Au- 
guste Dupont pour le piano, de M. Lemmens 
pour l'orgue, de M. Adolphe Samuel pour l'iiar- 
monie , de Fétis pour le contre-point et la fugue, 
et obtint successivement tous les premiers prix 
des cours qu'il suivait avec ces professeurs. 
Marié en 1863 à M"'' Clémence Plorence, fille 
d'un facteur de pianos dont il ajouta le nom au 
sien, il alla , quelques années plus tard, s'établir 
à JNamur comme dépositaire des produits de la 
fabrique de son beau-père, ce qui ne l'empêcha 
pas de se livrer avec ardeur à la composition et 
de se produire souvent comme virtuose dans les 
concerts. En 1868, il faisait exécuter aux Con- 
certs populaires de Bruxelles une grande ouver- 
ture dramatique; peu après, il donnait au lliéàtre 
de la Monnaie , de cette ville, un opéra-comique 
intitulé Une Croyance bretonne, et au Casino des 
GaleriesSaiut Hubert une opérette en un acte, le 
Docteur Quinquina. En 1870, il fait entendre 
aux Concerts populaires des fragments symphoni- 
ques, et exécute dans une séance donnée au 
théâtre de Namur un grand concerto sympho- 
niquc pour piano et orchestre, qui lui vaut un 
double succès de virtuose et de compositeur. En 
1872, dans l'église du collège de la Paix, de la 



40 



BALTHASAR-FLORENCE — BANIÈRES 



même ville, il produit une messe solennelle pour 
chœur et orchestre , dont l'effet est très grand , 
et successivement il fait entendre deux Bénédic- 
tions et un Landate Dommian, également pour 
chœur et orchestre. M. Balthasar-Florence, dont 
le talent est très-goûté en Belgique , a écrit en- 
core la musique d'un ballet en deux actes, non 
représenté jusqu'ici, divers morceaux de carac- 
tère pour le piano, un concerto pour la trom- 
pette, un quintette pour instruments à cordes, 
des fantaisies pour violoncelle, pour cor, etc. 
Lors de l'exécution de sa messe solennelle à Na- 
mur, une appréciation très-élogieuse de cette 
œuvre parut dans le journal VAmi de V Ordre, 
de cette ville, et fut ensuite publiée sous forme 
de brochure : Messe solennelle de Balthasar- 
Florence par le R. P. Louis Girod, de la com- 
pagnie de Jésus (Namur, impr. Doux tils, 1872, 
in 8"). Enfin, en 187 j, la municipalité de Lille 
ayant mis au concours une cantate en l'honneur 
de Notre-Dame delà Treille, pourvoi/, chœurs 
et orchestre, et M. Balthasar ayant pris part à 
à ce concours, il en fut proclamé vainqueur. Son 
œuvre fut exécutée à Lille avec un véritable 
succès, et fut l'objet de grands éloges. 
tt BALVAiXSKY ( ), compositeur hon- 
grois, a vécu vers la fin du siècle dernier et le 
commencement de celui-ci. Il a écrit des duos 
pour piano et violon. Y. 

* BAMBLXI (Félix). A la liste, assez peu 
nombreuse d'ailleurs, des œuvres de cet artiste, 
il faut ajouter Suzanne, oratorio exécuté avec 
succès au Concert spirituel , et deux livres de 
chacun trois sonates pour jnano et violon (Pa- 
ris, Leduc). Banibini, dont la vie fut obscure et 
la carrière peu brillante , avait été cependant une 
sorte d'enfant prodige, et voici ce qu'en disait 
J.-J. Rousseau , dans sa Lettre sur la musique 
française, à l'époque où, son père étant direc- 
teur de la troupe de bouffons italiens qui don- 
nait des représentations à l'Opéra, le petit Bam- 
bini était l'accompagnateur de cette troupe : — 
« Vous ressouvenez- vous, monsieur, d'avoir en- 
tendu quelquefois, dans les intermèdes qu'on 
nous a donnés cette année, le fils de l'entrepre- 
neur italien, jeune enfant de dix ans au plus , 
accompagner quelquefois à 1 Opéra? Nous fûmes 
frappés, dès le premier jour, de l'effet que pro- 
duisait sous ses petits doigts l'accompagnement 
du clavecin; et tout le spectacle s'aperçut, à son 
jeu précis et brillant, que ce n'était pas l'accom- 
pagnement ordinaire.... » 

* BA^'DERALI (David). Dans son His- 
toire du Conservatoire, Lassabathie , qui écri- 
vait d'après les registres de cet établissement , 
où Banderali a été professeur, fixe Palazzo et le 



15 janvier 1789 comme lieu et date de la nais- 
sance de cet artiste. Je me borne à mentionner 
le fait, n'ayant pas les moyens d'établir laquelle 
a raison, de V Histoire du Conservatoire ou de 
la Biographie universelledes'TMusiciens. Je dois 
constater cependant qu'un compatriote de Ban- 
derali, le docteur Francesco Regli, dans son Di- 
zionario biografico , le dit né à Palazzolo le 
12 janvier 1789. — La fille de cet artiste, chan- 
teuse de goût et de style qui s'est fait une réputcf- 
tion dans les concerts parisiens, a épousé un com- 
positeur distingué, M. Barthe. (Foy. ce nom.) 

BANESTRE (Gilbert), contrcpoinliste an- 
glais qui jouit d'une grande renommée, floris- 
sait vers 1490. ; = Y. 

BANEUX ( ), artiste qui semble de- 
voir être le père et le grand-père des deux vir- 
tuoses cornistes mentionnés dans la Biographie 
universelle des Musiciens , a écrit , en so- 
ciété avec Navoigille, la musique de trois dra- 
mes-pantonimes représentés au théâtre du Pa- 
lais : 1° Naissance de la Pantomime (un acte, 
1798) ; 20 V Héroïne suisse, ou Amour et cou- 
rage (Irois actes, 1798) ; 3" l'Empire de la Fo- 
lie, ou la Mort et l'Apothéose de Don Qui- 
c/io/^<? (trois actes, 1799). 

BAi\K (Jean-Charles-Henri), organiste et 
compositeur de lieder, a vécu dans la dernière 
moitié du dix-huitième siècle. En 1806, il était 
encore organiste du Domchor de Magdebourg. 

Y, 

BANKS (Benjamin), chef d'une famille de 
luthiers anglais, naquit en 1727 et mourut en 
1795. Il s'était établi à Salisbury, et produisit 
beaucoup de violons et de violoncelles, réussis- 
sant surtout ces derniers. Quelques-uns de ses 
instruments sont marqués en plusieurs endroits 
de ses initiales : B. B.; d'autres portent son éti- 
quette , avec ses nom et prénom en toutes let- 
tres et la date de leur fabrication. Benjamin 
Banks , qui est considéré en Angleterre comme 
un des premiers luthiers de ce pays, copiait prin- 
cipalement Nicolas Amali. Son vernis, très-beau, 
se reconnaît facilement. 

BANKS (Benjamin), fils du précédent, na- 
quit au mois de septembre 1754, et mourut en 
1820. Il travailla longtemps avec son père à Sa- 
lisbury, puis alla se fixer à Londres. 

BANKS (James et Henry), second et troi- 
sième fils de Benjamin Banks 1", continuèrent en- 
semble les affaires de leur père après la mort de 
celui-ci, et quittèrent plus tard Salisbury pour 
aller s'établira Liverpool. Les instruments signés 
de leurs deux noms sont estimés en Angleterre. 

BANIÈRES (Jean), savant français, vivait 
dans la première moitié du dix-huitième siècle. 



BANIÈaES — BARBEDETTE 



41 



On a de lui un Traité physique de la lumière et 
des couleurs, des sons et des différents tons, 
qui a été inséré dans le Journal des Savants 

de 1737. ^'• 

BAPTISTA (leFr. Francisco), compositeur 
portugais du dix-septième siècle, est né à Campo- 
Maior, dans la province d'Alemtejo. Il eut pour 
maître le célèbre Antonio Pinlieiro, et jouissait 
vers lemilieu dudix septième siècle (1620-1G60) 
d'une telle réputation qu'il fut appelé à Cor- 
doba (Espagne) en qualité de maître de cha- 
pelle d'un couvent de son ordre (Saint- Augus- 
tin), Ses compositions, très-nombreuses, étaient 
conservées dans la Bibliothèque de musique du 
roi D. Jean IV. 

J. DE V. i 

BARBA (José), compositeur espagnol , na- 
quit à Barcelone le 15 avril 1804. A l'âge de 
huit ans il entra comme enfant de chœur dans 
une église de sa ville natale , y fit toute son édu- 
cation musicale sous la direction d'an artiste 
nommé Francisco Sampera , et eut terminé ses 
études au bout de dix années. En 182i, il devint 
maître de chapelle de la cathédrale de Gerona , 
qu'il quitta , dans la même année, pour celle de 
Valladolid , retournant bientôt à Gerona , où on 
lui offrait un traitement plus considérable. En 
1850, il passa en la même qualité à l'église de 
de Santa-Maria del Mar de Barcelone, et con- 
serva ses fonctions jusqu'en 1866. Cet artiste a 
écrit un assez grand nombre de compositions re- 
ligieuses pour les diverses chapelles qu'il a oc- 
cupées. 

BARBARA (Pierre-Henri), piani.ste et 
compositeur de musique de piano, né à Orléans 
(Loiret) le 28 avril 1823, mourut à Libourne (Gi- 
ronde) le 9 mai 1S63. 

Dès son enfance, le jeune Barbara ayant ma- 
nifesté les plus heureuses dispositions pour le 
piano, son père, luthier à Orléans, l'envoya à 
Francfort-sur- le-Mein prendre des leçons d'Aloys 
Schmitt, alors célèbre en Allemagne comme pro- 
fesseur. Revenu dans sa ville natale en 1838, 
Barbara y donna un concert qui lui procura de 
suite de nombreux élèves de piano. Il continua 
de suivre la carrière du professorat, fixant tour 
à tour sa résidence à Montpellier, à Narbonne, 
à Avignon , et finalement à Libourne où il réunit 
une fort belle clientèle. 

A partir de 1843^ Barbara commença à faire 
paraître quelques morceaux de piano qui attirè- 
rent de suite sur lui l'attention des dilettantes-, 
une valse brillante (Bernard-Latte), Ondine, 
étude de salon (Fleury), Amélie (Ravayre-Raver), 
le Retour, et surtout Iduna, lêverie en forme 
de valse (Colombier), obtinrent un succès de 



vente considérable. Malheureusement , l'auteur 
de ces œuvres distinguées, fort peu remuant de 
sa nature, tout en composant toujours de temps 
en temps , ne cherchait pas à publier ses pro- 
ductions et à les faire valoir. Aussi n'a-t-il pas 
paru de lui, en tout, plus de douze ou quinze mor- 
ceaux de piano. 

Henri Barbara était le frère cadet du roman- 
cier Charles Barbara, l'auteur de VAssassinat 
du Pont-Rouge et des Histoires émouvan- 
tes (1). — Une notice étendue a été consacrée à 
ce pianiste de talent dans le Progrès, Revue de 
Bordeaux, q° du V mars 1867. 

A. L— N. 

BARBATI (Aniello), professeur et compo- 
siteur, fils d'un riche commerçant, est né à Na- 
ples le 4- septembre 1824, et n'étudia la musique 
qu'au point de vue de son agrément , suivant un 
cours d'harmonie avec Francesco Catugno , et 
étudiant ensuite le contre-point et la composition 
avec Salvatore Pappalardo. Des revers de fortune 
vinrent l'obliger à utiliser des talents qu'il n'a- 
vait acquis que par plaisir, et à vingt-deux ans 
il se consacra à l'enseignement de, la théorie de 
l'art. Cela ne l'empêcha pas d'écrire trois opéras, 
qui furent représentés au théâtre Nuovo, de Na- 
ples : la Bottega da caffè (1852), la Marchesa 
e il Tamburino (mars 1857), el Maria la fioraia 
(mai ! 859). On doit encore à M. Barbali un cer- 
tain nombre de compositions jusqu'ici restées 
inédites, ouvertures, messes, vêpres, etc., et ie 
Quattro Stagioni , recueil de quatre soli pour 
soprano, contralto , ténor et basse, avec accom- 
pagnement de quatuor et de quelques autres ins- 
truments obligés. 

BARBEDETTE (H... ), amateur dis- 
tingué de musique et écrivain musical , né vers 
1825, a fait de fortes études littéraires et juridi- 
ques, et n'a cultivé l'art qu'en vue de son agré- 
ment. Devenu juge au tribunal de la Rochelle, 
M. Barbedette , qui était en même temps prési- 
dent de la Société philharmonique de cette ville 
et à qui sa situation de fortune assurait l'indé- 
pendance, s'est démis il y a quelques années de 
ses fonctions de magistrat pour pouvoir se livrer 
sans réserve à ses travaux favoris sur l'bistoire 
de la musique et des grands hommes qui l'ont 
illustrée. Pianiste exercé, il n'avait pas négligé 

(1) Charles Barbara: qui était musicien lui-même, et 
qui, dans ses Jeunes années, ava t appartenu à l'or- 
chestre de différents théâtres de Paris, aimait beaucoup, 
comme Hoffmann, à faire intervenir la musique dans ses 
récits littéraires, ainsi qu'il le ûl notamment dans r.^j- 
sassinat du Pont-Rouge et dans VEsquisse de la vie diin 
virtuose. Né à Orléans en lS2ï,CUarlcs Barbini est 
mori fou, à Paris, en 1?66. — A. P. 



42 



BARBEDETTE — BARBIER 



l'élude de l'iiarmonie , et a mis au jour un cer- 
tain nombre de compositions, parmi lesquelk's 
un sextuor instrumental qui a été publié. De- 
puis une quinzaine d'années, M. Barbedette a 
publié dans le journal le Mcnesti\l plusieurs 
•notices importantes sur de grands musiciens , 
particulièrement sur les maîtres de l'école alle- 
mande, notices qui ont paru ensuite sous forme 
de brochures. Dans ces travaux, M, Barbe- 
dette a fait preuve d'un goût réel et d'un bon 
sentiment musical ; on peut regretter toutefois 
que les études qu'il a consacrées à d'illustres 
artistes laissent à désirer, au point de vue bio- 
graphique, en ce qui concerne l'abondance des 
faits et la façon de les enchaîner. La littérature 
allemande est si riche aujourd'hui en études bio- 
graphiques, en recueils de correspondances, en 
catalogues d'oeuvres publiées ou inédites , en 
documents de toutes sortes sur les grands com- 
positeurs d'outre-Rhin , que les écrivains étran- 
gers à ce pays doivent se montrer particulière- 
ment soucieux d'avoir recours à ces publications 
si nombreuses, de puiser directement à ces 
sources auxquelles on pourrait parfois reprociier 
leur surabondance, mais dont il n'est pas permis 
de ne tenir compte qu'à demi. Cette réserve 
faite, on ne peut disconvenir que les travaux de 
M. Barbedette sont intéressants. En voici la 
liste: 1" Beethoven, esquisse musicale, la 
Rochelle, Siret, 1859, in-S" [Beethoven, sa vie 
et ses œuvres, 1'^ éAWÀKm, Paris, Heugel, 1870, 
gr. in-8°avec portrait); 1" Chopin, essai de cri- 
tique musicale, Paris, Lieber, '1861 , in- 8° 
( f. Chopin, essai de critique musicale, V édi- 
tion, Paris, Heugel, 1869, gr. in-8" avec portrait 
et autographes) ; 3° Weber, essai de critique 
musicale, Paris, Heugel, 1862, in 8° (Ch.-M.de 
^yeber, sa vie et ses œuvres, 2'^ édition, Paris, 
Heugel, 1874, gr. in 8° avec portrait et auto- 
graphes) ; 40 F. Schubert, sa vie, ses œuvres, 
son temps, Paris, Heugel, 1866, gr. in-8° avec 
liortrait et autographes ; 5° Félix Mcndelssohn- 
Bartholdy, sa vie et ses œuvres, Paris, Heu- 
gel, 1869, gr. in-8'' avec portrait et autographes ; 
6° Stephen Ueller, sa vie et ses œuvres, Pa- 
ris, Malio, 1876, in-8 avec autographe. 
Deux autres études de M. Barbedette, sur Haydn 
et sur Gluck, insérées dans le Ménestrel , n'ont 
pas encore été publiées à part. 

* BARBELLA. (Emmanuel). Ce violoniste 
fort distingué s'est essayé au mo'ms une fois 
comme compo.siteur dramatique, et a écrit, en 
société avec Logroscino , Elmira generosa, 
opéra de demi-caractère qui fut représenté à Na- 
<>Ies, sur le théâtre Nuovo, pendant le carnaval de 
1753. 



* BARBEUEAU ( Mathlrin-Augcste- 
Balthasar), fut désigné après la mort d'Auber, 
par M. Ambroise Thomas, le nouveau directeur 
du Conservatoire, comme titulaire d'une des 
classes de composition de cet établissement, mais 
il échangea cette situation contre celle de pro- 
fesseur de la chaire d'histoire musicale, qui ve- 
nait d'être créée et dont il prit possession au 
mois de février 1872. Malheureusement, il ne 
réussit pas, malgré ses grandes et solides con- 
naissances en cette matière, dans la lâche qui 
lui était dévolue, le talent de la parole lui man- 
quant absolument, et il dut céder la place à 
M. Eugène Gautier, qui fut appelé à lui succéder. 
Vers 1852 ou 1853, lorsque M. Seghers donna sa 
démission de chef d'orchestre de la Société ^de 
Sainte-Cécile, M. Barbereau le remplaça dans ses 
fonctions, qu'il conserva jusqu'à la dissolution 
de la Société. Je dois f.iire remarquer qu'avant 
de remporter, en 1824, le premier grand prix de 
composition musicale, M. Barbereau avait ob- 
tenu le second prix en 1822, et une mention en 
1820. En 1813, un second prix de violon lui 
avait été décerné. 

BARBIER (Frédéric-Etienne) , "composi- 
teur, né à Metz (Moselle) le 15 novembre 1829, 
fit ses études littéraires au collège de Bourges, 
en même temps qu'il recevait des leçons de sol- 
fège, de piano, d'harmonie et de contre-point de 
Darondeau {V. ce nom), alors organiste de cette 
ville. Son père, officier du génie, désirait le voir 
entrer à l'École polytecbniqne, dont lui-même 
avait été l'élève -, mais le gouvernement de 1848 
ayant créé une nouvelle école, dite d'administra- 
tion, le jeune Barbier préféra concourir pour 
cette dernière, et y fut admis. Celte école ayant 
été dissoute peu de mois après, il reçut comme 
dédommagement des inscriptions de droit, et 
commença ses éludes de droit. Mais la musique, 
qu'il n'avait jamais abandonnée au milieu de 
travaux d'un ordre bien différent, reprit bientôt 
le dessus dans son esprit. M. Barbier, qui avait 
déjà écrit et fait représenter à Bourges un petit 
opéra- comique en un acte, le Mariage de Co- 
lombine, songeait à se produire à Paris, sur 
une scène musicale. Présenté par des person- 
nages influents à [Séveste, alors directeur du 
Théâtre-Lyrique, il fil à ce théâtre la connais- 
sance d'Adolphe Adam, qui s'intéressa à lui, lui 
donna d'abord des conseils, puis des leçons par- 
ticulières, et enfin lui fit recevoir son premier 
ouvrage, une Xuil à Séville, opéia-comique en 
un acte joué au Théâtre-Lyrique le 14 septembre 
1855 et très-favorablement accueilli. Deux mois 
après, le 21 novembre, M. Barbier donnait au 
même théâtre un nouvel ouvrage en un acte in- 



BARBIER — BARBIERI 



43 



titulé Rose et Narcisse. Depuis lors, et dans 
un espace de vingt années, il a fait représenter 
sur toutes les petites scènes lyriques de Paris et 
dans des cafés-concerts plus de soixante ou- 
vrages plus ou moins importants, opéras-comi- 
ques, opérettes ou ballets. On peut regretter que 
M. Barbier, qui est bien doué au point de vue de 
l'imagination, qui a de la verve et qui "sait 
écrire, ait ainsi gaspillé ses forces sans profit 
pour son nom, tandis qu'il aurait pu sans doute , 
avec un peu moins de fièvre et de hâte dans la 
proluction, acquérir une situation plus en- 
viable 

Voici la liste des ouvrages dramatiques de ce 
compositeur: Théâtre de Bourges. Le Mariage 
de Colombine, un acte. — Théâtre-Lyrique. 
Une Nuit à Sihille, un acte, 1855; Rose et 
Narcisse, id., 1855. — Folies Nouvelles. Le 
Pacha, un acte, 1858 ; Francastor, id.. M.; le 
Page de 31>"e iMalbrough, id., id.; le Faux 
Faust, parodie en trois actes, 1858 ; le Docteur 
Tam-Tom, 1 acle, 1859. — Théâtre Déjazet. 
Monsieur Deschalumeaux, deux actes, 1859; le 
Grandroid'Yvetot,lrohac{es, 1851) ; le Loupet 
V Agneau, un acte, 1869. ; Simon Terre-Neuve, 
id., 18G3; Deux Permissions de dix heures, 
id., 1864 ; Panneaux Airs, parodie en un acte. 
— Théâtre DU Chalet des Iles (Bois de Boulo- 
gne). Les Amours d'un shah, deux actes, 1861 ; 
Flamberge au vent, un acte, 1861. — Folies- 
Marigny. Versez, marquis, un acte, 1862; la 
Cigale et la Fourmi, id., id.; la Gamine du 
Village, id., 1863; les Trois Normandes, id., 
kl.; Achille chez Chiron, iil., 186i. — Théâ- 
tre Saint-Germain. La Bouquetière de Tria- 
non, deux actes, 1864. — Bouffes-Parisiens. 
M>"e Pugmalion, un acte, 1863 ; Un Congrès de 
modistes, un acte, 1865 ; Une Femme qui a 
perdu sa clef, id., 1866. — Théâtre Interna- 
tional (à l'Exposition de 1867). Gervaisc, un 
acte, 1867. — Fantaisies Parisiennes. Les Oreil- 
les de .Vidas, un acte, 1866 ; les Légendes de G a- 
varni, trois actes, 1807 ; le Soldat malgré lui, 
deux actes, 1868. —Folies-Bergère. ManVzelle 
Pierrot, un acte, 1869. — Variétés, Mam'zelle 
Rose, un acte, 1874.^ Concert de l'Eldorado. 
Le Souper d'Arlequin ; Balladine et Casquen- 
(cr ; un Mariage au gros sel ; Don Ferocio; 
le Beau Chasseur; Fermé le dimanche; un 
Procès en séparation; On demande îtn pi- 
tre; un Souper chez la Contât; l'Acteur om- 
nibus; un Lendemain de noce; la Bonne de 
ma tante; une Cause célèbre; le Nez de car- 
ton; le Coq est mort! la Nourrice d'Hercule; 
Millionnaire ! les Points jaunes; M. l'Alcade; 
Mam' Nicolas; le Champagne de ma tante 



la Fermière et son garçon ; les deux Cho- 
ristes ; Marion de rornje, parodie ; Lucrèce 
d'Orgeat, id.; le Trésor de Cassandre, panto- 
mime; les Cascades de Pierrot, id.; la Batte 
enchantée, id. — Alcazar (Champs-Elysées). 
La Fe'te de M>ne Denis; un Scandale à l' Al- 
cazar; l'Orchestre des Danoises; les Piffe- 
rari, ballet. 

II. faut ajouter à tout cela : le Miroir, opé- 
rette en un acte, non représentée, publiée dans 
le Magasin des Demoiselles; la Veuve Om- 
phale, id., publiée chez l'éditeur M. Vieillot; la 
Chaumière indienne, opéra comique en un 
acle, reçu naguère à l'Opéra- Comique et non re- 
présenté ; Corinne, opéra-comique en trois actes, 
et les Incroyables, opéra bouffe en trois acles, 
non représenté; environ 300 duos, romances, 
mélodies vocales , chansonnettes , de nombreux 
morceaux de musique de danse pour le piano, 
des marches de concert et des fantaisies pour 
orchestre sur des motifs d'opéras, etc., etc. 
M. Frédéric Barbier a été, en 1867, chef d'or- 
chestre du Théâtre International, et il remplit 
aujourd'hui les mêmes fonctions au concert de 
l'Alcazar. Cet artiste s'est essiyé aussi dans la 
critique, et a collaboré à quelques petits jour- 
naux, enire autres r^ycnJr musical (1853), et 
l'Indépendance dramatique. 

BARBIERI (A.MERICO), théoricien, professeur 
et musicographe italien, né dans la première 
moitié de ce siècle, est mort à Milan au mois de 
juillet 1869. Auteur d'une Scïe?i:a nuovadeW 
armonia de' suoni, qui est plutôt un traité d'a- 
coustique que de musique et dans lequel, à côté 
d'aperçus assez heureux , d'idées parfois re- 
marquables, on rencontre mainte utopie ex- 
travagante, cet artiste avait entrepris la 
publication d'une grande encyclopédie musi- 
cale à laquelle il avait donné le titre suivant : 
Dizionario ar/istico scientifico-storico-iecno- 
logico -musicale, con nozioni di estetica, di 
poesia epica, lirica e drammatica, e di quanta 
collegasi colla nmsica (Miian, Giacomo Pirola, 
in-8°). Il avait fait paraître à peine quelques li- 
vraisons de cet ouvrage fort important, lorsqu'il 
fut surpris par la mort. Celui-ci dut être repris 
et continué par M. Giovanni Batlista Beretta. Je 
n'ai pu me procurer de renseignements biogra- 
phiques sur ce musicien instruit et laborieux. 

BARBIERI (GiROLAMo), organiste et com- 
positeur, né à Plaisance le 2 octobre 1808, étudia 
dans sa jeunesse plu.Ueurs instruments, et ac- 
quit une réelle habileté sur le piano et surtout 
sur l'orgue. Il se livra d'abord à l'enseignement, 
puis, à la suite d'un concours, devint organiste, 
maître de chapelle et directeur de l'école de 



BARBIERI 



chant de Caravaggio ; au bout de cinq années, 
et à la suite d'un autre concours, il passa en la 
même qualité à Crémone ,1842), et enfin, en 
1847, revint dans sa ville natale, où il se livra à la 
composition de nombreuses œuvres de musique 
religieuse et fit briller son beau talent d'organiste. 
Parmi ses compositions, assez faibles en général, il 
faut surtout citer le recueil qu'il a publié sous 
ce titre : le Mois de Mai dédié à Marie, qui 
renferme une suite de chansons spirituelles, mo- 
tets ellitanies pour chaque jour du mois, à une, 
deux et trois voix, avec accompagnement d'orgue 
ou piano. Cet artiste mourut à Plaisance, le 4 juin 
1871, à la suite d'une longue et douloureuse ma- 
ladie. M. Giovanni Bianclii a publié sur lui une 
notice biographique: Délia vita e délie operedi 
Girolamo Barbieri, Plaisance, 1871. 

* BARBIEIÎI (Charles, ou plutôt Louis de), 
compositeur italien , était né à Gènes en 1822, et 
avait été élève de Crescentini pour le chant et 
de Mercadaiite pour la composition. Chef d'or- 
chestre non-seulement à Berlin et à Vienne, mais 
encore à Hambourg, à Brème, à Bio-Janeiro et 
à Pesth, il avait fait jouer, outre Christophe Co- 
lomb, deux autres opéras: Perdita ti Arabella, 
et avait composé plusieurs messes. Ctt artiste 
est mort à.Pesth le 29 septembre 1867. 

* BARBIEIII (Francisco ASENJO),rundes 
compositeurs espagnols les plus féconds, les plus 
populaires et les plus distingués de l'époque ac- 
tuelle, est né à Madrid le 3 août 1823. Après 
avoir fait d'excellentes études littéraires et scien- 
tifiques, s'être familiarisé avec les mathémati- 
ques, la physique, la chimie, M. Barbieri, qui 
devait d'abord embrasser la carrière de méde- 
cin, puis celle d'ingénieur, se sentit pris un jour 
d'un goût passionné pour la musique, dont il 
avait commencé l'étude avec un musicien du 
théâtre de la Cruz, nommé José Mayorito. 11 
entra au Conservatoire de Marie-Christine, et là 
travailla simultanément le piano avec Pedro Al- 
beniz, la clarinette avec Ramon Broca, le chant 
avec M. Baltazar Saldoni, et plus tard la com- 
position avec Carnicer. 

Lorsqu'il eut terminé ses études, M. Barbieri 
se trouva seul à Madrid. Sa mère, veuve d'un 
courrier de cabinet qui s'était fait tuer, un jour 
de combat, en portant un pli important à un 
général de l'armée libérale, s'était remariée et 
avait quitté la capitale pour aller se fixer en 
province. Réduit aux seules ressources qu'il 
pourrait se procurer, le jeune musicien, qui avait 
déjà le goût et le désir de se produire au théâ- 
tre, dut commencer par chercher les moyens 
d'assurer son existence, ce qui ne lui fut pas d'a- 
bord très-facile. Premièrement, il s'engagea 



comme clarinettiste dans le 5' bataillon de la 
milice nationale ; mais, comme la solde n'était 
que de trois réaux par jour, il prit en même 
temps une place dans un théâtre, fit de la copie 
de musique, joua dans les bals, donna des le- 
çons de piano à dix sous le cachet, fit enfin ce 
que font tous les jeunes artistes qui doivent ga- 
gner leur vie tout en travaillant à leur avenir. 
Bientôt il publie quelquas chansons et romances, 
et devient choriste au théâtre du Cirque, où il 
supplée le chef de chœurs. C'est alors qu'il écrit 
le livret et la musique d'une zarzuela en ua 
acte, Felipa, qui devait être jouée dans une re- 
présentation extraordinaire donnée au bénéfice 
des choristes de ce théâtre, mais qu'il ne put 
terminer pour l'époque indiquée. Au bout de 
quelque temps, M. Barbieri quitte Madrid et 
s'engage comme chef de chœurs et souffleur 
d'une troupe d'opéra italien qui allait exploiter 
quelques villes du Nord de l'Espagne, Pampe- 
lune, Vittoria, Bilbao; c'est dans cette troupe 
qu'un jour, l'artiste qui devait jouer Basile du 
Barbier de Séville se trouvant indisposé, il se 
présente à sa place et chante le rôle à l'impro- 
viste. Après cette première campagne, il en fait 
d'autres dans les mêmes conditions, et visite 
Murcie, Carlhagène, Almeria, Alicante. 

De retour à Madrid en 1847, il écrit la mu- 
sique d'un opéra italien en deux actes, il Buon 
Tempo, qu'il fait recevoir an théâtre du Cirque, 
mais qu'il ne peut parvenir à faire jouer. Bientôt 
il est reçu dans une société qui se fonde dans le 
but de provoquer à Madrid la création d'une 
scène hrique espagnole, d'un théâtre de zarzue- 
las, devient secrétaire de cette société, et est 
chargé de la rédaction d'une foule de mémoires, 
de projets, de communications de toutes sortes. 
Intelligent, actif, laborieux, il était d'ailleurs 
toujours prêt à saisir l'occasion de se produire. 
C'est ainsi qu'il se charge de la traduction es- 
pagnole d'un opéra italien de M. Arrieta, Ilde- 
gonda, et qu'en 1849 il devient critique musical 
du journal la ïhistracion. Tout cela ne l'em- 
pêchait pas d'écrire de nombreux morceaux 
pour les orchesties civils et militaires, et de 
commencer sa réputation de professeur. 

Enfin, l'année 1850 voit ses débuts de compo- 
siteur dramatique. Il donne au théâtre des Va- 
riétés son premier ouvrage, Gloria y Peluca, 
zarzuela en un acte qui obtient un énorme suc- 
cès et devient aussitôt populaire. Il fait suivre 
cette aimable production de plusieurs petites 
pièces du même genre, et enfin fait représenter, 
le 6 octobre 1851, une grande zarzuela en trois 
actes, Ju'jar con fiiego, qui est accueillie avec 
enthousiasme et qui fait courir tout Madrid. 



BARBIERI 



45 



Celle fois le compositeur est lancé, son avenir 
artistique est assuré, et il devint l'un des zar- 
zuelerox les plus aimés du public et les plus 
recherchés des administrations. théâtrales. Dans 
l'espace de vingt-cinq ans, il donne ainsi 60 ou- 
vrage'^, dont 12 en coilaboration, ei écrit plus 
de cent actes d'opéra-comique. 

Voici la liste complète des productions drama- 
tiques de M. Barbieri : 1" Gloria y Peliica, un 
acte, th. des Variétés, 9 mars 1850 ; 2° Tramoya, 
un acte, 27 juin 1850 ; 3° Escenas de Cfiamberi, 
un acte ( en société avec MM. Oudrid, Her- 
nando et Gaztambide), Variétés, 19 novembre 

1850 ; 4° la Jacara , ballet en un acte avec 
chœurs, Cirque, 15 mars 1851 ; 5° la Picaresca, 
2 actes (avec Gaztambide), 29 mars 1851 ; 6" 
Jugar con fuego, 3 actes. Cirque, 6 octobre 

1851 ; 7° Por seguir à xma mujer, quatre actes 
(avec MM. Oudrid, Inzenga et Gaztambide), id., 
24 décembre 1851 ; 8'^ la Hechicera, trois actes, 
id., 24 avril 1852 ; 9" el Manzanares, un acte, 
id., 19 juin 1852; 10" Gracias à Bios que esta 
puesia la mesa, un acte, id., 24 décembre 

1852 ; il° la Espada de Bernardo, trois actes, 
id., 14 janvier 1853 ; 12° el Marqués de Cara- 
vaca, deux actes, id., 8 avril 1853 ; 13° Z>o?iSim- 
plicio Bobadilla, trois actes (avec Gaztambide, 
MM. Hernando et Inzenga), id., 7 mai t833; 14° 
Galanteos en Venecia, trois actes, id., 24 décem- 
bre 1853; 15° un Dia de reinado, trois actes 
(avec Gaztambide, MM. Inzenga et Oudrid), 
id., 11 février 1854 ; 16° Aventura de un can- 
iante, un acte, id., 16 avril 1854; 17° los 
Diamantes de la Corona, trois actes, id., 15 sep- 
tembre 1854 ; 18° Mis dos mujeres, trois actes, 
id., 26 mars 1855, 19° los Dos Ciegos, un acte, 
id., 25 octobre 1855 ; 20° el Vizconde, un acte, 
id., 1" décembre 1855; 21° el Sargento Fede- 
rico, quatreactes, id., 22 décembre 1855 ; 22° En- 
tre dosaguas, trois actes (avec Gaztambide), id., 

4 avril 1856; 23° Gato por liebre, un acte, id., 
21 juin 1856; 24° la Zarzuela, un acte (avec 
Gaztambide et M. Arrieta), th. de la Zarzuela 
(pour l'inauguration), 10 octobre 1856 ; 25° el 
Diabloen elpoder, trois actes, id., 11 décembre 
1856 ; 26° el Relampago, trois actes, id., 15 oc- 
tobre 1857 ; 27° Por Conquista, un acte, id., 

5 février 1858 ; 28" Amar sinconocer, trois actes 
(avec Gaztambide), id., 24 avril 1858 ; 29° wn 
Caballero particiilar, un acte, id., 28 juin 
1858 ; 30° el Robo de las Sabinas, deux actes, id . , 
17 février 1859; 31° el I\'ino, un acte, id., 15 
juin 1859; 32° Compromisos del no ver, un 
acte, id., 14 octobre 1859; 33° Entre mi mujer 
y el negro, deux actes, id., 14 octobre 1859 ; 34° 
un Tesoro escondido, trois actes, id., 12 novem- 



bre 1861; 35° los Herederos, un acte, id., 5 
juin 1862 ; 36° el Secrelo de una Dama, trois 
actes, id., 20 décembre 1862 ; 37° Dos Picho- 
nes del Turia, un acte, id., 28 novembre 1863; 
38° Pan y Toros, trois actes, id., 22 décembre 
1864; 39° et 40° Gibraltar en 1890, un acte, 
el Rabano parlas hojas, un acte, id., 22 jan- 
vier 1866; 41° Revista de un muerto, juicio 
del ano 1865, un acte (avec M. Rogel), 3 fé- 
vrier 1866; 42° De tejas arriba, un acte, th. 
des Variétés, 22 décembre 1866 ; 43° el Pavo 
de Aavidad, un acte, id., 24 décembre 1866; 
44° el Pan de la boda, deux actes. Cirque, 24 oc- 
tobre 1868; 45° el Soprano, un acte, Zarzuela, 
23 février 1869 ; 46" la Maya, trois actes, th. del 
Priiicipe, 12 octobre 1869, 47" 7îo6m.so«, trois ac- 
tes. Cirque, 18 mars 1870 ; 48» los Holgazanes, 
troisactes, Zarzuela, 25marsl871 ; 49''et50°Z)ort 
Pacifico, un acte, el Hombre es délil, un acte, 
id., 14 octobre 1871 ; 51° e^ Tribulo de lascien 
Doncellas, troisactes, id., 7 novembre 1872 ; 52° 
SMCûoscfeoro, troisactes, id., 21 décembre 1872 ; 
53° el Proceso de Can-can, deux actes, th. des 
jardins du Buen-Reliro, 10 juillet 1873; 54° los 
Comediantesde a?i;«/îo,deux actes, Zarzuela, 13 
février 1874; 55° la Despedida, monologue ly- 
rique, th. royal, mars 1874; 56° e^ Domador 
de fieras, un acte, Zarzuela, 14 avril 1874 ; 57" 
el Testamento azul, trois actes (avec MM. Ou- 
drid et Aceves), tli. du Buen-Retiro, 20 juillet 
1874; b%° el Barberillo de Lavapiés, trois actes, 
Zarzuela, 19 décembre 1874 ; 59° la Vuelta al 
munrfo, quatre actes (avec M. Rogel), Cirque, 18 
août 1875. 

Quelle qu'ait été sa fécondité à ce point de 
vue, et l'on voit qu'elle est remarquable, l'exis- 
tence artistique de M. Barbieri est loin de 
s'être concentrée dans la production de ses 
œuvres dramatiques. Esprit pénétrant et large, 
intelligence ouverte et vive, tempérament plein 
de souplesse et d'initiative, cet artiste .s'est 
trouvé mêlé d'une façon très-active à tous les 
essais, à toutes les tentatives intéressantes dont 
Madrid était le théâtre dans le domaine de l'art. 
En 1848, il fait partie de la société formée sous 
le nom de Lycée artistique et littéraire de Ma- 
drid, et en 1851 il devient l'un des membres les 
plus actifs de l'association de poètes et de com- 
positeurs qui s'organise pour l'exploitation du 
genre de la zarzuela au théâtre du Cirque, et 
ensuite au nouveau théâtre de la Zarzuela ; il est 
en même temps chef des chœurs, puis chef 
d'orchestre de l'entreprise. En 1857, il est 
nommé membre de la junte consultative du Con- 
servatoire, et l'année suivante il coopère à la 
fondation de la Société artistique et musicale de 



46 



BARBIERI — BARBIROLLI 



secours mutuels. En 1859, il organise au théâtre 
de la Zarzueia des concerts spirituels, qu'il dirige, 
à la tête de 200 exécutants. En 1863, il fait 
exécuter à IVglise de la Trinité, dans une céré- 
monie célébrée pour l'anniversaire de la mort de 
Cervantes, diverses compositions de musiciens 
espagnols des XVI« et XVII' siècles. En 1864, 
lors de l'inauguration du théâtre Rossini aux 
Champs-Elysées, il est chargé de la formation de 
la troupe, fait un voyage en France et en An- 
gleterre pour recruter des artistes , revient à 
Madrid, est nommé directeur artistique de l'en- 
treprise, monte avec un soin extrême Faust 
et Guillaume Tell tt dirige l'orchestre aux ap- 
plaudissements du public, puis organise et dirige 
dix-huit concerts en plein air, nouveauté qui 
obtient un immense succès. En 1866, il fonde 
et dirige les concerts de musique classique, dont 
il fait en 1867 la Société des concerts de Ma- 
drid, donne la première année vingt six, et la se- 
conde cinquante séances, dans lesquelles il fait 
exécuter les plus grandes œuvres instrumentales 
et vocales des grands maîtres de l'école alle- 
mande. En 1868, il est nommé simultanément 
professeur d'harmonie et d'histoire de l'art mu- 
sical au Conservatoire, et refuse d'accepter ces 
fonctions. Enfin, en i8r.9, il dirige l'orchestre du 
théâtre royal, et en 1873 est nommé membre 
de la section de musique de l'Académie des 
beaux-arts. 

Tout cela n'a pas emiiêché M. Barbieri d'é- 
crire, en dehors du théâtre, un grand nombre de 
compositions plus ou 'moins importantes : ou- 
vertures, marches triomphales, hymnes, motets, 
chansons espagnoles, fantaisies instrumenta- 
les, etc., etc., exécutées en diverses circons- 
tances, non plus que de prendre part à la ré- . 
daction d'une foule de journaux dans lesquels il 
s'occupait d'histoire, de littérature et de critique 
mu>icales : la Iluslracion, las Novedades, la 
Zarzueia, el Constilucional, la Gacela mu- 
sical Barcelonesa, la Espaùa, las ^îoticias, 
el Eco de Aragon, la IVacion, la lîevisia de 
Archivas, Bibliotecas y Museos, la Revistade 
Espnna, la Espaùa musical, la Revis ta Eu- 
ropea, et bien d'autres encore. Au reste, les 
questions historiques et critiques relatives à la 
musique ont toujours intéressé beaucoup M. Bar- 
bieri, qui les étudie avec ardeur, qui a fait à ce 
sujet plusieurs voyages en France , en Angle- 
terre, en Belgique et en Allemagne , et qui, 
dit-on, possède une bibliothèque musicale de 
premier ordre, réunie avec beaucoup de soins, 
contenant beaucoup de manuscrit^, et riche sur- 
tout en œuvres espagnoles. Enfin, comme détail 
curieux re'atif à la physionomie véritablement 



intéressante de cet artiste si distingué, je dirai 
que M. Barbieri est l'un des fondateurs de la 
Société des Bibliophiles espagnols, constituée 
en 1866 (I). 

B.\RBIERI-\I.\I (M™' Anna), cantatrice 
distinguée, née à Florence, fut élève de Ro- 
mani, et iicquit dans sa patrie une renommée 
considérable, qu'elle n'obtint pas cependant sans 
efforts. Douée d'un physique peu flatteur, man- 
quant de ce prestige que certaines artistes, 
grâce à leurs qualités extérieures, exercent im- 
médiatement sur le public, elle eut à vaincre de 
nombreux obstacles avant de conquérir la situa- 
tion à laquelle son talent lui donnait droit. Elle 
y parvint cependant, grâce à la puissance el à 
l'étendue de sa belle voix de soprano, à l'agilité 
qu'elle sut lui donner, au sentiment profond dont 
elle sut l'empreindre. Lorsqu'après plusieuis 
années passées dans une demi-obscurité, elle fut 
appelée à déployer ses brillantes et solides qua- 
lités sur la scène du théâtre de la Pergola, de 
Florence, elle eut enfin les succès qu'elle méri- 
tait, et bientôt excita chez ses compatriotes 
l'enlhousiasmc expansif et bruyant qui leur est 
habituel. Elle retrouva ces succès à Rome, à 
Venise, à la Scala, de Milan, à Barcelone, à Ma- 
drid et ailleurs. 

La Barbieri-Nini brillait surtout dans le genre 
dramatique, où elle trouvait des accents pathéti- 
ques, des élans passionnés qui transportaient 
ses auditeurs. Elle était surtout remarquable, 
dit on, ilans la Lucrezia Borgia, de Donizetti, 
où la puissance tragique était par elle poussée 
au comble. Plusieurs compositeurs travaillèrent 
expressément à son intention, et c'est pour elle 
q'ie Mabellini écrivit il Conte di Lavagna, Pa- 
cim Lorenzino de 'Medici, M, Xerd'i Macbeth , 
i Due Foscari et la Batfaglia di Legnano. 
M'"* Barbieri-Nini se fit entendre au Théâtre- 
Italien de Paris en 1851, mais je crois qu'elle n'y 
resta pas longtemps. 

Celte artiste fort distinguée épousa en premiè- 
res noces le comte Barbieri, de Sienne, dont elle 
eut deux fils , puis , devenue veuve , se remaria 
avec un pianiste autrichien, M. Léopold Hacken- 
sollner. Elle a renoncé depuis plusieurs années à 
h carrière dramatique, et demeure aujourd'hui 
à Florence. 

BARBIROLLi (Lorenzo), compositeur ita- 
lien, a fait représenter en 1837, au théâtre 



(t) J'ai tiré une grande partie des éléments de cet ar- 
ticle d'une notice vive et intéressante publiée récem- 
ment en Espagne : Barbieri, par M. Antonio Pciia y 
Goni (Sladrid, Ducaical, 1875, In-sodeei page.s.avcc por- 
trait). 



BARBIROLLI — BARBOT 



4T 



Apollo, de Venise, un opéra intitulé i Trojani in 
Laurento. 

BARBOT (Joseph Théodore-Dksirk), clian- 
teur et professeur, est né à Toulouse le \2 
avril 1824. Son éducation musicale se fit à la 
maîtrise de la cathédrale de Toulouse , et il 
commença par apprendre le violon, qu'il étudiait 
d'ailleurs sans enthousiasme. Pourtant, à cette 
époque, il ne songeait nullement à devenir un 
chanteur, car il n'avait que très peu de voix, et 
elle était d'un timbre défectueux. M. Barbot 
vint à Paris , et fut admis au Conservatoire 
comme élève d'harmonie, le 25 mars 1843, dans 
la classe de M. Elwart. Peu de jours api es, sur le 
conseil de ce dernier, il demandait à entrer dnns 
une classe de chant, et en effet, le 25 mars sui- 
vant, il devenait l'élève de Garcia, et un peu 
plus tard de Morin et de Moreau-Sainti 'pour 
l'opéracomique, et de Michelot pour l'opéra. De- 
venu pensionnaire en 1846, il ne prit part, je 
crois, à aucim concours, ce qui ne rem|)écha pas 
d'être engagé à l'Opéra à la fin de 1848, lorsqu'il 
quitta le Conservatoire. Chanteur remarquable à 
beaucoup d'égard«, quoique sa voix fût incom- 
plète, M. Barbot sut obtenir des succès, et l'un 
des plus brillants qu'il remporta lui fut procuré 
par le rôle de Faust, qu'il créa avec beaucoup de 
talent au Théâtre-Lyrique dans le chef-d'œuvre 
de M. Gounod. Mais la plus grande partie de .«a 
carrière active s'écoula à l'étranger, oii il avait 
abordé le genre italien, et qu'il parcourut pen- 
dant longues années avec sa femme. On n'en- 
tendait plus parler de l'î. Barbot, lor.squ'un ar- 
rêté du ministre des beaux-art'', en date du 
l" octobre 1875, le plaça à la tête de la classe 
de chant laissée vacante au Conservatoire par la 
démission de M""* Pauline Viardot. 

M'"' Caroline Barbot, femme de cet artiste, 
née à Paris vers 1830, est une cantatrice d'un 
talent remarquable. Élève de Delsarte et de son 
mari, elle a obtenu en France et à l'étranger de 
légitimes succès. Après avoir tenu l'emploi dos 
chanteuses légères, elle aborda le chant drama- 
tique, fut très-bien accueillie à l'Opéra, oii elle 
était en 1859, puis embrassa avec son mari la 
carrière italienne. Douée d'un beau physique, 
d'une voix ample, d'une grande énergie, d'un 
sentiment passionné, avec cela pourvue d'une 
éducation musicale très-sérieuse, enfin comé- 
dienne intelligente et chaleureuse, M'"' Barbot 
s'est fait vivement applaudir à Bologne, à Tu- 
rin, à Rom,^, à Milan, à Saint-Pétersbourg et 
dans beaucoup d'autres villes fort importan- 
tes. 

BARBOT (François Cécile-Paul), pianiste 
et compositeur, cousin des précédents, et né à 



Toulouse en 1828. Il commença l'étude du piano 
sous la direction de M"'* Rey, puis entra au Con- 
servatoire de Toulouse, d'oii il sortit en 1842 
avec un premier prix, ayant composé lui-même 
son morceau de concours avec accompagnement 
d'orchestre. A la fin de la même année il fut 
admis, au Conservatoire de Paris, dans la classe 
de Zimmermann ; mais bientôt, se voyant en 
possession d'une belle voix de fort ténor, il quitta 
cet établissement, et, au . mois de septembre 
1844, partit pour Naples, où il se fit recevoir 
au collège de musique de S. Pielro a Majella, et 
où il commença l'étude du chant sous la direction 
de Cresceiitiiii. Six mois après, le ténor Tam- 
berlick ayant rompu l'engagement qui le liait au 
théâtre du Fondo, M. Pau! Barbot fut engagé 
par Vimpresario Flaulo en qualité de premier 
ténor double, ayant pour chefs d'emploi Don- 
zelli et Fraschini, et débuta à ce théâtre dans 
le Cantatiici villane. Il travailla alors avec 
Donzelli, qui fut son véritable professeur, et 
|)assa l'année suivante au théâtre San-Carlo, où 
il fut lien accueilli et encouragé. 

De retour en France en 1846, M. Barbot 
éprouva, pendant la traversée, un accident qui 
lui fit perdre à tout jamais la voix, et l'obligea à^ 
modifier sa carrière. Après une année de tâton- 
nements et d'indécision, il reprit avec ardeur ses 
études de piano et de composition, et se fixa 
définitivement à Toulouse, où il se fit rapidement 
une excellente position comme professeur et 
comme exécutant. Bientôt il écrivit, sur le sujet 
de l'École des Femmes, de Molière, les paroles 
et la musique d'im opi'ra-bouffe avec récits à 
l'italienne, qui , représenté à Toulouse, y obtint 
un assez vif succès. Depuis lors, M. Barbot a 
composé et publié plus de cent morceaux de 
[)iano, 'parmi lesquels on peut surtout signaler 
ceux dont les titres suivent : le Réveil-matin, 
la Danse des Treilles, les Soirées d'' Espagne, 
Souviens-toi, Fleur des Alpes, Pinson et 
Fauvette, etc. Ces morceaux ont paru chez les 
éditeurs Choudens, Heugel, Heu, Colombier^ 
Prilipp et Langlois. M. Paul Barbot, qui a fait 
avec ses enfants (V. ci-après) des tournées artis- 
tiques en Angleterre, en Hollande et en Belgique, 
a organisé, à Toulouse, des soirées d'élèves d'un 
genre nouveau, qui ont produit en cette ville une 
grande impression, et dans lesquelles il faisait 
exécuter par un orchestre composé de six pia- 
nos, à vingt-quatre mains , les chefs-d'œuvre 
symphoniques de Beethoven, de Weber, de 
Meyerbeer, etc., spécialement arrangés par lui à 
cet effet. 

B.\RBOT (Je.vn-François-Gaston), pianiste 
et violoncelliste, fils du précédent, est né à Tou- 



48 



BARBOT — BARONI 



louse en 1847. Élève d'abord de son père pour 
le piano, il fut admis au Conservatoire de sa 
ville natale, dans la classe de M. Carreau, d'où 
il sortit avec un brillant premier prix. Il vint 
alors à Paris, entra an Conservatoire, où il devint 
élève de ^M. Marmontel pour le piano, de 
Franchomme pour le violoncelle, puis retourna à 
Toulouse, où il est aujourd'hui fixé. 

BARBOT (Madelaine-Philipplne -Andrée), 
sœur du précédent, est née à Toulouse en 1854. 
Douée d'une belle voix de mezzo- soprano, elle a 
travaillé le chant avec son père, et Laget, alors 
professeur au Conservatoire de Paris, l'ayant 
fait entendre à l'Opéra, elle fut engagée à ce 
théâtre pour trois ans et y débuta, dans le Trou- 
vère, le 13 mars 1872. Quoique ce début ait été 
bien accueilli, le père de M"° Barbot jugea qu'il 
était prématuré, et s'entendit avec l'administra- 
tion de l'Opéra pour faire chanter sa fille dans 
plusieurs villes de la province et de l'étranger, 
et la faire travailler encore avant de lui laisser 
tenir son emploi sur notre première scène ly- 
rique. C'est ainsi que M"« Barbot a été suc- 
cessivement engagée et fort bien reçue à la 
Haye, à Anvers, et enfin à Rouen, où elle se 
trouve aujourd'hui (1875). 

* BARCA (Francisco), compositeur portu- 
gais, naquit à Evora vers 1603. Il entra en 1625 
dans l'ordre militaire de S. Jacques, en faisant 
profession dans le couvent de Palmella, où il 
était entré en 1624. En 1640 il était maître de 
chapelle de ce couvent , et remplit plus tard les 
mêmes fonctions à l'hôpital royal de Todos os 
Sancios , de Lisbonne, où il mourut. Tous ses 
ouvrages étaient conservés, en manuscrit, dans 
la bibliothèque de musique du roi D. Jean IV. 
Dans sa notice sur ce musicien, Gerber a commis 
plusieurs erreurs, qui ont été reproduites dans 
la Biographie universelle des Musiciens. 

J. DE V. 

* BARCA (le Père Alexandre). On trouve 
une notice intéressante sur ce théoricien dans le 
recueil qui a été fait récemment des écrits de 
Mayr : Biografie di scrittori e artisti musi- 
cali Bergamaschi nativi od oriundi (Ber- 
game, Pagnoncelli, 1875, in-4''). L'éditeur de ce 
recueil, M. l'abbé Antonio Alessandri, y a joint 
quelques notes fort utiles. 

BARCELO.XA (le P. José de), composi- 
teur espagnol, moine de Guadalupe, fit au com- 
mencement de ce siècle ses études artistiques au 
collège de musique de l'abbaye de Montserrat, 
dans la Catalogne. On lui doit un certain nombre 
d'œuvres de musique religieuse, parmi lesquelles 
un office de vêpres pour la Vierge, avec accom- 
pagnement d'orchestre et d'orgue obligé. 



BARECHA(leP. Fr. Bernardo), musi- 
cien espagnol, naquit à Vinacet, en Aragon, ou 
ne sait en quelle année. Il était, en 1623 maître 
de musique au collège établi au monastère fa- 
meux de Montserrat, dans la Catalogne. Doué 
d'une superbe voix de basse , il était premier 
chanteur dans cette abbaye, et jouissait de la 
réputation d'un excellent musicien. 

BARECHA (le P. Fr. Miguel), sans doute 
frère du précédent, naquit, comme lui, à Vina- 
cet. Apiès avoir servi dans la marine sous les 
ordres du prince de Savoie, il prit, en 1617, 
l'habit de moine au monastère de Montserrat. 
Musicien habile et laborieux, il écrivit un recueil 
d'antiennes pour le service religieux de la Sep- 
tuagésime jusqu'à Pâques. Cet artiste mourut en 
1628. 

BARGIEL (Woldemar), compositeur, est 
né à Berlin le 3 octobre 1828. Il est le fils du 
professeur de musique Auguste-Adolphe Bargiel, 
qui épousa la femme divorcée de Frédéric Wieck, 
père de M""' Clara Schumann. Il a écrit de la 
musique de piano, de la musique de chambre 
et d'orchestre. Dans ces derniers temps, il s'est 
également essayé dans la musique vocale. Bar- 
giel, dont les compositions sont très estimées 
en Allemagne, suit les tendances de son beau- 
frère Robert Si:humann, mais sans abdiquer 
toutefois son individaalité. En 1859, Bargiel fut 
attaché au Conservatoire de Cologne. Il a quitté 
ce poste en 1865 pour prendre la direction de 
l'école de musique de Rotterdam. Parmi ses 
meilleures o'uvres, on cite ses ouvertures de 
Médée et de Promélhée, une symphonie, et 
trois trios pour piano, violon et violloncelle. 

Y. 

RARILLAULT { ), musicien vivant au 

seizième siècle, était au service d'un sieur de 
Roville. Il remporta en 1576, au concours du 
puy de musique d'Évreux, le prix du triomphe, 
pour une chanson française intitulée ; Bace de 
royt. 

BARIOKA (Madelka-Simon ), composi- 
teur, vivait au seizième siècle. La bibliothèque 
de Munich possède de lui : Sepiem Psahni pœ- 
nitentiales 5 vocuin (Altorf, 1586). 

Y. 

BARIVABD (M"' Charles). Foye; Claribel. 

BARNEVVITZ ( ), violoniste distingué, 

est né à Berlin le 12 novembre 1800. C'est aussi, 
dit-on, un compositeur de mérite. Y. 

BARONI ( ), compositeur italien con- 
temporain, a fait représenter il y a quinze ou 
vingt ans, sur un théâtre de la Péninsule, un 
opéra sérieux intitulé Bicciarda, dont le re- 
tentissement a été médiocre. 



BARRETT — BARTHE 



49 



BARRETT (Joh*«), luthier anglais, était 
établi à Londres au commencement du dix-hui- 
tième siècle. Ses instruments, imités de Stainer, 
sont recherchés aujourd'hui dans son pays. 

* BARROILHET (Paul), est mort à Paris, 
au mois d'avril 1871. Pendant son séjour à Na- 
ples, cet artiste remarquable avait créé les 
rôles de baryton dans deux opéras de Merca- 
dante, Elena da Felire et la Vestale , repré- 
sentés au théâtre San-Carlo. C'est dans cette 
ville qu'il connut Nourrit, avec qui il se lia d'une 
vive amitié. Lorsque ce grand chanteur eut ter- 
miné sa vie par un suicide, Barroiiheten conçut 
un tel chagrin qu'il fit une maladie grave , par 
laquelle ses jours furent mis en danger ; après 
son rétablissement, il voulut à toute force quitter 
Napleset revenir en France. Ce fut alors qu'il fut 
engagé à l'Opéra, où il débuta , le 3 décembre 
1840, par le rôle d'Alphonse de la Favorite, il 
fut aussitôt accueilli par le public, et son succès 
fut assuré par les reprises de Guillaume Tellel 
de Don Juan. Il créa ensuite la Reine deChypre, 
Charles F/ et le Lazzarone, d'Halévy, Dom 
Sébastien de Portugal, de Donizetti, Richard 
en Palestine, d'Adam , et Marie Stuart, de 
Niedermeyer, puis se retira en 1847, par suite 
de difficultés survenues entre lui et l'administra- 
tion de l'Opéra. Il abandonna bientôt complète- 
ment la carrière dramatique pour se livrer sans 
réserve à ses goûts capricieux pour la peinture, 
faisant, vendant, refaisant et revendant sans 
cesse ses collections de tableaux. Barroilhet 
mourut subitement à Paris , en jouant aux do- 
minos. Par son testament olographe , il léguait 
une somme de 800 francs « aux blessés de l'ar- 
mée du Rhin natifs de Bayonne », et exprimait 
le désir que son corps fût transporté à Bayonne, 
sa ville natale. 

M. Francis Roch a publié en 1845 , dans la 
Revue générale biographique et nécrologi- 
que , une Notice sur Barroilhet (Paris, ia-8°). 
Je ne sache pas qu'on ait jusqu'ici relevé ce fait, 
que Barroilhet avait composé et publié un cer- 
tain nombre de romances. 

RARSAiXTI (DoNATo), compositeur de mu- 
sique religieuse, naquit auprès de Lucques le 
18 septembre 1759, et fut élève du séminaire de 
Saint-Michel. Doué d'un goût particulier pour la 
musique, il l'étudia avec ardeur, sans négliger 
aucunement l'étude des lettres , sous la direction 
dePasquale Soffi, et se livra de bonne heure à 
la composition. On connaît de lui un assez grand 
nombre d'œuvres de musique religieuse, parmi 
lesquelles une messe de Requiem, une autre 
messe à quatre voix concertantes , une troisième 
messe à deux chœurs , un grand motet à huit 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. StPPL. — T. 



voix, un autre à quatre voix : sacrum con- 
vivium, des psaumes, etc. Encore jeune, Bar- 
santi se retira dans une propriété qu'il possédait 
auprès de Lucqnes , y ouvrit une sorte d'école 
de musique vocale pour les paysans, et forma 
ainsi une espèce de chapelle avec laquelle il allait 
faire des exécutions de musique .religieuse dans 
les églises voisines. A l'âge de soixante-quatre 
ans, le !«' novembre 1823, il fut frappé mortel- 
lement d'apoplexie. 

* BARSOTTI (TH0MAS-GA.SPARD-F0HTrNÉ), 

est mort à Marseille au mois d'avril 18G8. Depuis 
le mois d'octobre 1852 il avait abandonné la 
direction du Conservatoire de celte ville, fondé par 
lui, et cette direction avait passé dans les mains 
de M. Auguste Morel. (Voyez ce nom.) 

BARTA (Joseph), organiste et compositeur, 
naquit en Bohême l'an 1744. Il a écrit 6 so- 
nates pour piano, 6 quatuors, des lieder et plu- 
sieurs opéras italiens ou allemands, qu'il fit re- 
présenter à Vienne, où il s'était établi dès 1778. 
Parmi ses ouvrages dramatiques, on cite: il 
Mercàto di Malmantile, Der adelige Tage- 
lœhner {VOuvrier noble) et Die donnernde 
Légion {la Légion tonnante). Barta est mort à 
Vienne dans les premières années de ce siècle. 

Y. 

* BARTH (Henri), maître de chapelle à 
Gand. Dans son Historique des sociétés cho- 
rales de Belgique, M. Auguste Thys dit que ce 
compositeur alla étudier en Italie sous la direc- 
tion du fameux Durante, et donne sur lui les 
détails suivants • « La vie de cet artiste fut 
marquée par une particularité qui mérite d'être 
mentionnée : étant devenu veuf, il embrassa 
l'état ecclésiastique, et lors de la célébration de 
sa premike messe ses deux ;fils remplirent l'of- 
fice d'enfants de chœur assistants Avant de se 
marier il avait été militaire. Henri Barth, suc- 
cessivement musicien de profession et soldat, 
père de famille, maître de chapelle et finale- 
ment prêtre, a dû parcourir une carrière sinoR 
agitée, au moins singulièrement variée. La ca- 
thédrale de Gand conserve de Barth des vêpres 
pour toutes les fêtes de l'année, compositions 
qui s'exécutent encore aujourd'hui. Elle pos- 
sède aussi les Lamentations de Jérémie et des 
messes mises en musique par le même compo- 
siteur. Mais ces dernières pièces sont dépa- 
reillées. '> 

BARTHE (Nicolas-Thomas), poëte dra. 
matique, né à Marseille en 1734, fit leprestnler 
à la Comédie-Française plusieurs comédies, dont 
deux surtout, [la Mère jalouse et les Fausses 
Infidélités, furent très-bien accueillies du pu- 
blic. Il n'est cité ici que pour un poëme plai-i 
I. 4 



50 



BARTHE — B A SEVI 



sant, les Statuts de VOpéra, qu'il écrivit en 
1777 et qui commençait ainsi : 

Nous qui régnons sur des coulisses, 

Et dans de magiques palais, 
Nous, Juges de rorchestre, intendants des ballets, 

Preinicrs inspecteurs des aetriccs : 

A tous nos fldélcs sujets, 
Vents, fantômes, démons, déesses infernales, 

Dieui de l'Olympe et de la mer, 

Habitants des bois et de l'air, 
Monarques et bergers, satyres et vestales. 

Salut, a notre avènement 

Chargés d'un grand peuple à conduire, 
De lois à réformer et d'abus à détruire, 
Et voulant signaler notre gouvernement ; 
Ouï notre conseil sur chaque cbangcmcnt 

Que nous désirions introduire, 
Nous avons rédigé ce nouveau règlement. 

Conforme au bien de notre empire, 

La plaisanterie se poursuivait sur le même 
Ion, et les Statuts, divisés en vingt-deux ar- 
ticles, se continuaient en deux cent cinquante 
vers. Cette facétie eut un succès fou. 

Barthe est mort à Paris, des suites d'une opé- 
ration douloureuse, le 17 juin 1785. 

BARTHE (Grat-Norbert , dit Adrien ), 
compositeur, naquit à Bayonne le 7 juin 1828. Il se 
livra d'abord à l'étude du piano, puis à celle de la 
composition, et|devint, au Conservatoire de Paris, 
élève de Lehorne pour la fugue. Il remporta en 
1854 le premier grand prix de composition à 
l'Institut, avec une cantate intitulée Francesca 
de Rimini, écrite sur des paroles de M. Bou- 
naure. Pendant la troisième année de son séjour 
à Bome, M. Barthe ayant fait à l'Académie des 
beaux-arts son envoi réglementaire, et cet envoi 
consistant en un oratorio intitulé Judith , la 
partition de cet ouvrage parut si remarquable à 
l'Académie -que celle-ci décerna aussitôt au jeune 
compositeur un des plus importants parmi les 
prix mis à sa disposition par d'intelligentes 
libéralités; le prix Edouard Bodrigues(l). L'année 
piécédente, M. Barthe avait envoyé à l'Acadé- 
mie un opéra intitulé Don Carlos, et le rapport 
du secrétaire perpétuel (Halévy) constatait que, 
(1 bien écrit, instrumenté avec soin, indiquant un 
vif sentiment scénique, cet ouvrage, malgré 
quelques parties un peu prétentieuses , donne 
de véritables, espérances pour l'avenir de 
M. Barthe. » 

Cependant, à son retour de Rome, le jeune ar- 
tiste faisait comme tant d'autres : il essayait 
inutilement d'aborder le théâtre, et il se voyait 
malgré lui réduitau silence, lorsqu'en 1864 un 

U) Ce prix, d'une valeur de 1500 francs, a été institué 
par son fondateur «pour le meilleur ouvrage ; dans le 
style choral, tel que oratorio, messe ou motet, » 



concours fut ouvert au Théâtre-Lyrique entre 
tous les prix de Rome qui n'avaient eu encore 
aucun ouvrage joué. Cinq concurrents s'étant 
présentés, on leur remit le livret choisi, qui 
était celui d'un opéra en trois actes, la Fiancée 
d'Abydos, dû à M. Jules Adenis. M. Barthe sortit 
vainqueur de la lutte, et son œuvre fOl produite, 
le 30 décembre 186â, au Théâtre-Lyrique, Elle 
n'obtint, un peu par la faute du poème , que ce 
qu'on appelle un succès d'estime , et ne réussit 
pas à se maintenir au répertoire. Depuis lors, 
M. Barthe, qui avait sans doute espéré davan- 
tage, semble [avoir renoncé complètement à la 
carrière de compositeur, et s'être livré d'une 
façon absolue à l'enseignen^ent. Cet artiste a 
épousé une femme charmante, M"e Banderali, 
(ille du chanteur de ce nom , qui s'est fait elle- 
môine une réputation très-légitime et très-dis- 
tinguée comme chanteuse de conceits. 

BARTHOLOMLUS(J....-N ),musicien 

hollandais contemporain, était, en 1864, orga- 
niste et maître de chapelle de l'église Saint- 
Servais, à Maestricht. Entre autres compositions 
religieuses, on lui doit une messe solennelle à 
trois voix, un Ave Maria (chœur à trois voix), 
et un grand salut solennel comprenant quatre 
motets.M. Bartholomeus a publié aussi à Bruxelles 
(Meyne)et à Liège (Muraille) quelques morceaux 
de genre et fantaisies légères pour le piano. 

* BASE VI (le docteur Abramo), est né; à Li- 
vourne au mois de décembre 1818. Depuis la 
disparition , en 1859 , du journal VArmonia, 
fondé par lui, il a collaboré activement au 
lioccherini, feuille musicale appartenant à l'édi- 
teur M. Guidi, et dont il a été pendant plusieurs 
années le rédacteur en chef. En 1869, M. Basevi 
a organisé à Florence des Matinées BeethO' 
veniennes, qui furent le germe de la Socielà del 
Quartetto, dans les séances de laquelle furent 
exécutés les quatuors couronnés aux concours 
institués par lui, à ses propres frais, à l'Institut 
musical. Appelé à faire partie de la commission 
nommée en 1859 par le gouvernement provi- 
soire toscan dans lej but d'amener la création 
de cet .Institut, M. Basevi publia à ce sujet une 
brochure intéressante. En 1863, il provoqua la 
fondation des concerts populaires de musique 
classique, dont le premier fut donné au théâtre 
Pagliano le 26 mars de cette année. Outre son 
intéressant>uvrage : Studio suite opère di G. 
Verdi, M. Basevi a publié : 1° Introduzione 
ad un nuovo sistema d'armonia (Florence 
Tofani, 1862, in- 8"), écrit dédié à Meyerbeer et 
dont une traduction française a été faite par 
M. Louis Delâtre (Florence, Guidi, 1865, in-8") ; 
2° Stuc^ suW Armonia (id ,rid.,y;id.,;id.,)/ 



BASEVI — BATAILLÉ 



M 



S" Compendio délia Storia délia Musica (id., 
id,, 1866, in-12endeux parties). Depuis plusieurs 
années, M. Basevi a abandonné ses études sur 
la musique pour se livrer sans réserve à d'im- 
portants travaux philosophiques. L'auteur de 
cette notice doit cependant à son obligeance des 
notes nombreuses et intéressantes qui lui ont 
servi pour la rédaction de divers articles de ce 
dictionnaire (1). 

* BASLER (Charles). Une traduction fran- 
çaise de la Méthode [d'harmonie de ce professeur 
a été faite par M. Johannès Weber, sous ce titre : 
Carie routière des modulations harmoniques, 
ou Plan figuratif des relations des tons, Pa- 
ris, Perrotin, 1850, in-folio de 11 pages avec 
2 planches. 

i * BASSANI (Jean-Baptiste). Il existe, des 
Armonici Entusiasmi di Davide, une édition 
antérieure aux deux éditions de 1695 et 1698, 
mentionnées au nom de ce compositeur; celle-ci, 
qui est probablement la première, est de Venise, 
1690. 

BASSINI (Achille BASSI, dit DE), cl»an- 
teur fameux en Italie : par. sa belle voix de 
basso contante et sentaient dramatique, naquit 
à Milan en 1819. Il tit de bonnes études litté- 
raires et philosophiques au lycée de Saint- 
Alexandre de sa ville natale, puis devint l'é- 
lève de l'ingénieur Paganini ; mais la musique, 
qu'il avait étudiée pour son plaisir, l'attirait in- 
vinciblement, et, après avoir pris des leçons de 
chant pendant une année avec le compositeur 
Perelli, il débutait en 1837, à Pavie, dans un 
opéra de cet artiste, Manfredi. Dès ses pre- 
miers pas dans la carrière, ses succès furent 
éclatants, et ils se poursuivirent dans toutes 
les villes qu'il parcourut, à Rome, à Milan, puis 
à Vienne, à Londres et à Saint-Pétersbourg, 
où il obtint de véritables triomphes. Artiste in- 
telligent, plein d'âme et de feu, doué d'un beau 
physique et d'un rare sentiment pathétique, ac- 
teur non moins que chanteur, M. de Bassini, avec 
un geste, un regard , un élan de voix inattendu 
et opportun, excitait l'enthousiasme du public 
et soulevait une salle entière , en produisant sur 
les masses une impression indescriptible. Ses 
compatriotes le surnommèrent il seconda Ron- 
coni. Depuis quelques années il s'est retiré, fort 
riche, dans une magnifique villa qu'il possède à 
Portici. 

*BASTIAA!XS (J....— G.,;,..), l'un des 
meilleurs organistes néerlandais, né à Wilp 



(1) Le litre d'un des opéras de M. Basevi a été Inexacte- 
ment transcrit : ce n'est point Enrico Odoardo, mais 
Enrico Howard. 



(Gueldre), en 1812, prit d'abord des leçons de 
musique d'un nommé Rohner, à Devenler, et se 
rendit ensuite à Dessau, où il reçut des -leçons 
de Fr. Schneider. De là, il fit un voyage à Leip- 
zig, se fit présenter à Mendelssohn-Bavtholdy, 
et fit auprès du célèbre maître une tentative 
pour qu'il voulût consentir à ce qu'il pût 
achever son éducation musicale auprès de lui. 
Mendeissohn posa comme condition la composi- 
tion d'une double fugue dans un délai déterminé, 
et, quand Bastiaans lui apporta la fugue, Men- 
deissohn l'accepta d'emblée comme élève. 

Après avoir fini ses études à Leipzig, it vint se 
fixer à Amsterdam , y fut nommé organiste du 
Zuiderkerk, puis devint professeur d'orgue à 
l'Institut des aveugles. En 1868, il quitta cette 
ville pour aller résider à Harlem , où il obtint la 
place d'organiste à l'église de Saint-Bavon, église 
dans laquelle se trouve le plus bel orgue du 
royaume des Pays-Bas, si fameux depuis long- 
temps sous le nom de l'orgue d'Harlem. Bas- 
tiaans demeura à Harlem jusqu'à l'époque de sa 
mort (1874) ; il y forma de bons élèves comme 
pianistes et comme organistes, et y donna aussi 
des leçons d'harmonie et de contre-point. 

II publia aussi quelques compositions , des 

lieder (Amsterdam , Roolhaan), un recueil de 

chorals à quatre parties ( Amsterdam , der 

W'iel), et laissa en manuscrit un hymne pour 

orgue, chœur et orchestre, des motets et des 

pièces d'orgue (1). 

Ed. de II. 

* BASÏON (JosQuiis). On trouve plusieurs 
chansons de cet artiste dans le recueil divisé 
en six livres que Pierre Phalèse publia à Lou- 
vain en 1555-1556, et dont le premier livre 
parut sous ce titre -. Premier livre des chan- 
sons à quatre parties, nouvellement composez 
(sic) et mises en musique, convenables tant 
aux instruments comme à la voix ( Louvain , 
1555, in-4°). 

* BATAILLÉ (Gabriel), et non BATAILLE, 
luthiste fort distingué, aurait été, d'après l'écrit 
de M. Th. Lhuillier ( V. ce nom) : Note sur 
quelques musiciens dans la Brie, surintendant 



(1) Le 31 juillet 1S51, à l'occasion du 101* anniversaire 
de la mort de Jean-Sébastien Bach, BasUaans donna à 
Amsterdam un grand concert historique d'orgue, dans 
lequel il fit entendre différentes œuvres du grand Cach 
lui-même, de J.-L. Krebs, Guillaumc-Friedmann Bach, 
J.-C. Kitte),M.-G. Fischer, Ch.-H. Rinck, Mendeissohn, 
Kiihnistedt, Fr. Schneider, Jean Schneider, A. Rltlcr, 
C.-F. Becker, J.-A. Van Eyken, et quelques-unes de ses 
propres compositions. 

La Dllcdecet artiste, M"* Marie Bastiaans, planiste 
distinguée, née à Amsterdam et élève de son père, s'est 
produite avantageusement dans les coq certs, — A. P. 



52 



BATAILLÉ — BATISTE 



de lamusiqaede la reine Anne d'Autriche, etau- 
raîteuunfilSjConimelui musicien distingué. « Les 
anciens actes paroissiaux de Gtiérard, canton 
de Coulommiers, dit M. LhuiHier, constatent que 
le fameux compositeur des fêtes de Louis XIII 
était pourvu de la surintendance de la musique 
de la reine Anne d'Autriche, et qu'il habitait la 
paroisse Saint-Paul à Paris. Il eut im fils qui fut 
son élève et à qui Louis XIII avait accordé en 
survivance la surintendance de sa musique; 
aussi, à la mort de Bataillé, ce fils, tout jeune 
encore , fut-il bien venu à la cour et réussit-il 
pleinement dans l'exercice de sa charge, jus- 
qu'au moment oîi la perte d'une personne qui 
lui était chère le détermina subitement à se 
vouer au culte du Seigneur. Gabriel Bataillé fils 
avait quarante ans. Délaissant son emploi, ses 
biens et plusieurs bénéfices qu'il avait obtenus, 
il se lit ermite et se retira à Saint-Blandin, ora- 
toire isolé situé sur la paroisse de Guérard,où il 
est mort le 30 avril 1676, à l'âge de soixante ans. 
L'ermite de Saiut-Blandin, qui faisait vœu de 
chasteté, pauvreté et obéissance, n'était attaché 
à aucun ordre religieux ; il se trouvait simple- 
ment sous la dépendance de l'évêque de Meaux. » 
M. Lhuiliier reproduit l'acte d'inhumation de 
Bataillé fils, qui confirme les faits avancés par 
lui : — « Ce premier may 1076, dit cet acte, a 
« été inhumé en la chapelle de Saint-Blandin , 
« par moy curé soussigné , frère Gabriel Ba- 
« taillé, décédé en l'hermitage le 30 avril etaagé 
« de soixante ans ou environ , homme d'une 
« haute vertu et singulière probité, lequel a 
« esté admiré pandant sa vie, et regretté après 
« sa mort de tous ceux qui le congnoissoient à 
« à cause de ses rares qualité?.; il estoit naj 
« en la paroisse de Saint-Paul de Paris; son 
« père étoit maître Gabriel Bataillé, intendant 
« de la musique de la reine Anne d'Autriche; 'sa 
« mère s'api>eloit Catherine Carré. Il eust l'hon- 
« neur d'estre reçu en la charge de son père en 
« survivance par le Roy Louis treize, d'heureuse 
« mémoire, immédiatement après son décès, 
« quoy qu'il fut encore fort jeune; aymé de toute 
« la cour à cause de son esprit et honesteté , 
« il a exercé cette charge avec honneur jusqu'au 
K décès de sa bonne maîtresse, lequel arrivé, il 
« songea à sa retraite, à cause de quoi il se dé- 
« pouiila généreusement de tousses biens patri- 
« moniaux et autres assez considérables, mesme 
«d'un canonicatde la Sainte-Chapelle de Dijon, 
■< d'un autre de Châteauvillain , ensemble de 
K quelques prieurez simples, comme deJouarre 
« et autres, desquels le Roy l'avoit bien voulu 
o honorer, pour embrasser la vie bérémitique, 
a laquelle il a exercée en toute simplicité et 



« pauvreté, n'y ayant rien de si humilié que liiy ; 
« il passa les dix derniers ans de sa vie en cest 
« estai le plus abject de tous, après avoir res- 
« pire l'air de la cour l'espace de 40 années con- 
« sécutives. » 

Il n'y a pas à douter des faits contenus dans 
cet acte authentique. Il faut donc croire que le 
poste de surintendant de la musique de la reine 
Anne d'Autriche n'était pas dévolu à un seul in- 
dividu, puisque, à l'époque oii Bataillé père et 
fils l'exercèrent successivement, Cambert (F. ce 
nom) en était aussi pourvu, et l'on doit supposer 
que ces fonctions s'exerçaient , de même qu'à la 
chapelle du roi, soit par quartiers, soit par se- 
mestres. 

BATISTE '(Antoine-Edouard), organiste H 
professeur, né à Paris le 28 mars 1820, est le fils 
de l'excellent chanteur et comédien de ce nom 
qui jouit pendant si longtemps d'une grande re- 
nommée à rOpéra-Comique. Admis au CJonser- 
vatoire en 1828, comme page de la Chapelle 
royale, il y fit de brillantes études et fut succes- 
sivement élève de Leborne et de Bienaimé pour 
le solfège, de M. Le Couppey, puis de Dourlen 
pour l'harmonie et accompagnement, d'Haiévy 
pour la composition, enfin de M. Benoist pour 
l'orgue. Ses succès d'école furent tiès-grands, et 
voici la liste des récompenses qu'il obtint : 2« prix 
de solfège en 1832 et 1er prix en 1833; 2« prix 
d'harmonie et accompagnement en 1836 et 
1«' prix en 1837; 2« prix de contre-point et 
fugue et 2« prix d'orgue en 1838 ; 1*' prix de con- 
tre-point et fugue et 1«' prix d'orgue en 1839; 
enfin, second grand prix de Rome en 1840. 

M. Batiste n'a jamais quitté le Conservatoire, 
où il était déjà professeur bien avant d'avoir ter- 
miné ses études. En effet, de 1836 à 1838 il était 
accompagnateur des classes de chant et de dé- 
clamation lyrique; en 1836, il était nommé pro- 
fesseur adjoint de solfège; en 1839, professeur 
de la classe de chœurs (hommes) ; en 1850, pro- 
fesseur de chant simultané, classe supprimée 
en 1870, et qui, dans l'espace de vingt ans, avait 
été fréquentée par 5,000 élèves; le 1<" octobre 
1852, il devenait professeur de la classe de sol- 
fège collectif, et, le 8 octobre 1872, il prenait 
possession d'une classe d'harmonie et accompa- 
gnement pour les femmes. Ses occupations de 
professeur n'empêchaient pas M. Batiste de 
suivre sa carrière d'organiste , et, après avoir 
tenu, de 1842 à 1854 , l'orgue de l'église Saint- 
Nicolas-desChamps, il devenait, le le' juillet de 
cette dernière année, organiste du grand orgue 
de Saint-Eustache. En même temps, M. Batiste 
se livrait à la composition, publiait un nombre 
considérable d'œuvres pour l'orgue, donnait une 



BATISTE — BATTAILLE 



53 



nouvelle édition, en douze volumes, des Solfèges 
du Conservatoire, annotée par lui, avec accom- 
pagnement de piano ou orgue d'après la basse 
chiffrée (Paris, Heugel), et enfin livrait au public 
un Petit Solfège harmonique (id., id.), qui 
éfait l'objet d'un rapport très-élogieux de la part 
du comité des études du Conservatoire. La nou- 
velle édition des Solfèges du Conservatoire et 
Res ouvrages personnels sur l'enseignement ont 
valu à M. Batiste, en 1867, une récompense 
exceptionnelle : le jury de la classe 89, appré- 
ciant le mérite de l'oeuvre, ne voulut point se 
borner à accorder une médaille de première 
classe à l'éditeur exposant, mais il décerna la 
même récompensera l'auteur non-exposant. 

* BATKA ( Jean-Népoml'Cène ), fils de Mi- 
chel Batka, est mort à Pr(;sbourg le 13 août 
1874. 

* BATTA (Alexandre). Fixé depuis plu- 
sieurs années à Versailles , cet artiste, qui a 
donné danslun journal de cette ville, l'Union li- 
bérale et démocratique de Seine- et-Oise , un 
certain nombre d'articles de critique musicale, a 
été nommé chevalier de la Légion d'honneur au 
mois d'août 1875. Dans la série biographique 
publiée sous ce titre : Écrivains et Artistes vi- 
vants, français et étrangers, par MM. Xavier 
Eyma et.Ârthur de Lucy, on a donné une notice 
sur M. Alexandre Botta (Paris, Librairie uni- 
verselle, 1840, in-16 avec portrait). 

BATTAILLE (Charles-Amable), chanteur 
distingué, naquit à Nantes le 30 septembre 1822. 
Son père était médecin en cette ville , et résolut 
de lui faire embrasser la même profession. Après 
avoir été faire ses études à Caen et s'y être fait 
recevoir docteur, Battaille revint donc s'établir 
dans sa ville natale. Mais la clientèle n'arrivant 
pas assez vite à son gré, il résista aux nouvelles 
instances de son père, qui avait toujours con- 
trarié son goût pour le théâtre, et s'en vint 
tenter la fortune à Paris. Un biographe contem- 
porain affirme qu'il fut refusé à l'unanimité , en 
novembre 1845, aux examens d'admission du 
Conservatoire. Ceci est évidemment inexact, 
puisque, dès le concours de 1846, Battaille obte- 
tenait un accessit de chant. En 1847, il rem- 
portait simultanément les trois premiers prix de 
chant, d'opéra et d'opéra-comique, et se voyait 
couronner en même temps que Balanqué, Meillet 
et M. Gueymard, et en compagnie d'une jeune 
fille appelée à devenir l'une des premières 
artistes de son temps. M"' Félix-Miolan, aujour- 
d'hui M"* Carvalho. Au Conservatoire, Battaille 
avait été l'élève de Manuel Garcia. 

Il fut engagé presque aussitôt à l'Opéra -Comi- 
que, où ses débuts, qui devaient avoir lieu le 



23 février 1848, furent retardés par les événe- 
ments. Ce n'est que le 22 juin suivant qu'il fit 
son apparition sur la scène Favart, où il se 
montra pour la première fois dans un rôle secon- 
daire, celui de Sulpice de la Fille du Régi- 
ment. Mais sa voix de basse chantante était 
belle, guidée avec un goût remarquable, il mon- 
trait déjà de l'intelligence comme comédien, et 
Halévy, qui se connaissait en artistes et qui 
s'apprêtait à donner son Val d'Andorre, n'hé- 
sita pas à lui confier la création d'un des rôles 
les plus importants de cet ouvrage, monté d'une 
façon presque exceptionnelle, et qui était joué, 
pour les autres personnages , parMM. Audran, 
Jourdan, Mocker, M"«' Lavoye , Darcier et fié- 
villy. 

Le succès de Battaille fut complet dans ce rôle 
de Jacques Sincère, le vieux chevrier, dont il 
sut faire un type, et dans lequel il déploya des 
qualités dramatiques vraiment remarquables. 
Bientôt il montra toute la souplesse et la flexi- 
bilité de son talent, en en jouant un autre d'un 
caractère tout opposé, celui de don Belfior dans 
le Toréador, d'Adolphe Adam.i Ici, Battaille 
fut plein de rondeur, de bonhomie, de gaîté, fit 
voir qu'au point de vue du chant il comprenait 
aussi bien le genre bouffe que le genre dramati- 
que, et réunit tous les suffrages. Je ne ferai que 
donner les titres de ses autres créations, qui 
sont les suivantes : la Fée aux Roses (Atalmuc), 
le Songe d'une nuit d'Été (Falstaff), la Dame 
dépique (Roskow), leCarillonneur de Bruges 
(Malhéus), le Père Gaillard (Gaillard), Marco 
Spada (Torrido), VÉtoile du Nord (Pierre), la 
Cour de Célimène (le Commandeur), le Hus- 
sard de Berchini (Gédéon), les Saisons (Ni- 
colas), Valeniined'Aubigny (Gilbert), et Psyché 
(Mercure). 

Il faut avoir vu jouer à Battaille le Toréador 
et VÉtoile du Nord pour se rendre bien compte 
de la souplesse de son jeu comme comédien ; il 
feut lui avoir entendu chanter la cavatine de 
douBelflor: Oui, la vie n'est jolie et l'ad- 
mirable romance du czar Pierre : Pour fuir 
ton souvenir, qui semble mé poursuivre, pour 
comprendre quelle était son intelligence des di- 
vers styles musicaux et avec quelle aisance, 
quelle facilité, quelle sûreté il passait de l'un à 
l'autre. Sa belle voix de basso cantante, ronde, 
pleine, bien timbrée, flatteuse et caressante par- 
fois, énergique et puissante en d'autres cas, fai- 
sait merveille dans les genres les plus opposés. 

Vers la fin de 1857, je crois, l'excellent artiste, 
atteint d'une grave affection de larynx, se crut 
obligé de renoncer à une carrière dans laquelle 
il n'avait rencontré que des succès. Pourtant, 



54 



BATTAILLE — BATTISTA 



après avoir pris'iluelqtle repos,; il entra en 1860 
au Théâtre-Lyrique, y reprit son rôle de Jacques 
Sincère du Val d'Andorre, fit une de ses plus 
importantes créations àansPhilémon etBaucis, 
de M. Gounod , puis retourna pour un instant 
sur la scène de ses premiers succès. Mais bientôt 
il abandonnait définitivement le théâtre, bornant 
son action artistique au professorat qu'il exerçait 
au Conservatoire depuis le 1" février 1851. 

Battailie s'était occupé d'études sur la cons- 
truction, la nature et les facultés de l'appareil 
vocal. Il publia sur ce sujet une brochure im- 
portante, dont voici le titre complet : « Nou- 
velles recherches sur la phonation, Mémoire 
présenté etlu à l'Académie des sciences le 15 avril 
I86I, par Ch. Battailie, ex-interne des hôpi- 
taux, ex-prosecteur d'anatomie à l'École de 
médecine de Nantes, professeur de chant au 
Conservatoire impérial de musique et de décla- 
mation (Paris, V. Masson, 1861, in-So avec 
planches). » Ces recherches constituaient, comme 
Il le disait lui-même dans le dernier chapilre, 
« la première partie d'un ouvrage ayant pour 
titre ; De l'enseignement du chant, lequel sera 
publié incessamment en entier. » Deux ans après, 
en effet, il lançait une nouvelle publication : 
« De V enseignement du chant, 2« partie. De 
la physiologie appliquée à l'étude du méca- 
nisme vocal. » Mais tout cola ne formait pas un 
corps d'ouvrage complet. Je ne sache pas pour- 
tant que Battailie ait terminé cette publica- 
tion. 

Battailie aimait beaucoup à parler en public. 
Sa belle tête, fière, fine et intelligente , couverte 
de cheveux noirs, abondants et ondulés, son re- 
gard fixe et scrutateur, bien qu'atteint de 
myopie, sa parole élégante, facile et ornée, sa 
grande habitude du public, lui donnait sur son 
auditoire une autorité véritable. En 1865, 1866 
et 1867, il fit, tantôt dans les salons de la rue de 
la Paix ou dans ceux du Grand-Orient, tantôt 
dans l'Amphithéâtre de l'École de médecine ou 
à l'Association philotecbnique, un certain nombre 
de conférences, qui furent remarquées : sur 
la musique et ses transformations, sur le Don 
Juan de iMozart, sur le Pré aux Clercs d'Hé- 
rold, etc. Le texte d'un'de ces entretiens fut 
même publié , dans les Conférences de VAsso' 
dation philotechnique, année 1865 (Paris, 
V. Masson, 1866, in- 12). 

En réalité, Battailie fut un artiste extrêmement 
distingué, auquel la perte précoce de sa voix ne 
laissa pas le temps d'arriver à la célébrité, ni 
même peut-être d'atteindre à l'apogée de son 
talent, mais qui a laissé un nom honorable sous 
tou9 les rapports, et qui a;;été à la fois chanteur 



remarquable, comédien bien doué, professeur 
accompli et théoricien distingué. 

Une particularité de sa vie est assez curieuse : 
Battailie, à la suite des événements du 4 sep- 
tembre 1870, avait été nommé sous-préfet d'une 
petite ville du département de la Loire-Infé- 
rieure, Ancenis. Il professait d'ailleurs des opi- 
nions libérales, et prit au sérieux son nouveau 
rôle, mettant toute son] intelligence au service 
de ses fonctions et déployant beaucoup de zèle 
et d'activité dans l'organisation et l'armement 
des corps levés dans son district. Il se signala 
même d'une façon toute particulière , dans des 
circonstances exceptionnelles : la petite- vérole 
s'étant déclarée dans une commune des environs, 
qui se trouvait cruellement ravagée par le fléau, 
Battailie se souvint qu'il était médecin, se joignit 
à ses confrères, et s'en allait chaque soir porter 
ses soins aux malades, après avoir passé sa 
journée à gérer les affaires de sa sous-préfecture. 
Battailie est mort à Paris le 2 mai 1872, en- 
levé en trois jours par une fièvre muqueuse. 

* BATTISTA ('Vincent), compositeur dra- 
matique, est mort à Kaples le 14 novembre 
1873. Il était né en cette ville le 5 octobra 
1823. Élevé au collège royal de musique de Na- 
ples, Battista était seulement âgé de vingt ans, 
lorsque, pendant le carême de 1844, il fit ses 
débuts'd'une façon très-brillante en donnant au 
théâtre San-Carlo sa partition d'Aniia la Prie, 
qui obtint un très-vif succès et qui est restée 
l'un de ses meilleurs titres à l'estime de ses 
contemporains. Cet ouvrage était chanté par 
Fraschini, Tamberlick, Beneventano et la Gruilz. 
A l'exception de Rosvina de la Forest, donnée 
à la Scala de Milan, toutes les productions dra- 
matiques de Battista ont vu le jour dans sa villo 
natale, la plupart au théâtre San-Carlo, les au» 
très aujFondo ou au Nuovo. En voici, je crois, 
la liste bien complète : 1" Anna la Prie, San 
Carlo, 1844; 2° Margherita d'Aragona, id.. 
1845; 3° Rosvina delà Forest, Milan, Scala, 
1845; 4° £mo, San Carlo, 1846; 5" Irène, 
Fondo; 6° Leonora Dort, San Carlo, 7° Mu- 
darra, id.; 8° il Corsaro, Nuovo, 1853 ; 9" Er^ 
melinda; 10» Giovannà di Castiglia, San 
Carlo, 1863; 11 "Alba d'Oro, id., 1869. Tous 
ces ouvrages sont du genre sérieux, et Battista 
ne s'est jamais essayé dans la musique bouffe. 
Cet artiste a laissé deux autres partitions com-. 
plètement achevées, mais qui, je crois, sont ab- 
solument inédites ; Maria Tudor et la Pentita. 
Battista était estimé en Italie, et les Napolitains, 
ses compatriotes, en faisaient grand cas. Il est 
cependant mort, dit-OD, dans un état voisin de 
la misère. 



BATTMANN — BATTU 



6S 



BATTMANN (Jacques-Louis), organiste et 
compositeur, est né à Massevaux (Haut-Rliin), 
le 25 août 1818. 11 n'était point destiné à la car- 
rière musicale , et fit ses études d'abord au col- 
lège deBelfort, puis à l'École normale de Col- 
mar, pour être instituteur. Il le devint en effet, 
mais plus tard s'adonna complètement à la mu- 
sique, qu'il avait cultivée dès sa plus tendre en- 
fance. Il avait reçu ses premières leçons de 
solfège, de piano et de violon de son grand-père 
maternel, organiste à Belfort, et ensuite, à Col- 
mar, travailla l'harmonie et la composition avec 
Th. Schlosser, professeur de musique à l'École 
normale, en même temps qu'il étudiait l'orgue 
avec Martin Vogt, organiste de la cathédrale. 
Un hasard, qui le mit en présence du célèbre 
médecin Orfila, grand amateur de musique , fut 
sur le point de l'amener à Paris, où ce dernier 
voulait le faire entrer au Conservatoire ; mais, 
au moment de quitter l'École normale, M. Batt- 
mann vit pleurer son maître, qui l'aimait beau- 
coup, et se refusa à parlir. 

Ses études terminées , et son brevet obtenu, 
M. Battmann fut envoyé comme instituteur à 
Thann. Cette carrière lui plaisait peu , mais il 
s'était résigné à la suivre pour obéir aux ins- 
tances de son père, lorsqu'un nouveau hasard 
vint le ramener à la musique. Il était à Thann 
depuis dix-huit mois, quand un de ses amis, 
apprenant que la place d'organiste à Belfort était 
vacante, l'appelle en cette ville. Le jeune insti- 
tuteur se présente, est mis en rapport avec le 
curé, touche l'orgue à la messe, et un quart- 
d'heure après est nommé organiste. C'était en 
1840, Depuis lors, M. Battmann a été appelé à 
remplir les mêmes fonctions à Vesoul, où il se 
trouve encore aujourd'hui. 
' P ndant les loisirs que lui laissaient ses fonc- 
tions", M. Battmann s'est beaucoup occupé de 
composition. Outre une Méthode d'harmonium 
(une des premières qui aient paru), une Mé- 
thode de piano et un grand Traité d''harmonie 
spécialement appliquée l'étude de l'accompagne- 
ment du plain-chant, cet artiste a publié jus- 
qu'à ce jour un nombre d'oeuvres qui atteint 
presque le chiffre de 400. Dans ce nombre il faut 
distinguer : 1" Premières études pour le piano, 
avec Préludes pour les petites mains, Paris, 
Heugel; 2" 24 Études mélodiques pour les pe- 
tites mains, op. 67, id., id.; 3° la Petite Cha- 
pelle, 100 morceaux faciles pour orgue de salon 
ou grand orgue, id., id.; 4° 25 Offertoires pour 
orgue, id., id.; 5" le Trésor^ des organistes, 
100 morceaux faciles pour orgue ou harmo- 
nium, op. 240, Paris, Leduc; 6" 15 Études fa- 
ciles pour harmonium , op. 68, Paris, Le- 



moine; 7° 50 Leçons pour harmonium, id., 
id.; 8° 72 Morceaux faciles pour harmonium, 
pouvant servir aux différentes parties du service 
divin, op. 60, Paris, Colombier; 9° 400 Versets 
courts et faciles, dans tous les tons, pour har- 
monium, op. 88, id., id.; 10" 1'% 5e, 9«, 21% 24« 
et 25» suites de l'Arène des organistes , op. 30, 
43, 54, 85, 93 et 136, id., id. A tout cela, il faut 
ajouter des motets, des messes, des choeurs re- 
ligieux ou profanes, sans accompagnement, des 
transcriptions et des arrangements pour piano et 
pour harmonium, des duos et trios pour 2 et 
3 violons, des morceaux de genre pour le piano, 
enfin des romances, chansonnettes, et un nom- 
bre infini de valses, polkas, mazurkas, quadril* 
les, etc., etc. 

* BATTU (Pantaléon), ancien second chef 
d'orchestre à l'Opéra, d'où Jil {avait pris sa re- 
traite depuis plusieurs années, estmort à Paris le 
17 janvier 1870. 

BAITU (M'i" Marie), fille du précédent, 
chanteuse distinguée, est née vers 1840. Élevée 
dans un milieu très- artistique , elle fut musi- 
cienne de bonne heure, et fit ses études vocales 
sous la direction de M. Duprez, qui sut lui don* 
ner la noblesse d'accent et la grandeur de style 
à l'aide desquelles il s'était créé lui-même une 
renommée si considérable et si légitime. Son 
éducation terminée, M"* Battu débuta d'une 
façon très-heureuse au Théâtre-Italien de Paris, 
le 12 janvier 1860, par le rôle d'Amina dans 
la Sonnambula de Bellini. Douée d'une voix 
mordante et corsée, d'une beauté régulière et 
pure, d'une tournure élégante et aisée, elle 
réussit à souhait, ses qualités musicales étant 
rehaussées encore par une intelligence trcs-sftre 
et un bon sentiment de la scène. Elle chanta 
successivement, sur notre scène italienne, Eli- 
setta d'iZ Matrimoniojegreto, Gilda de Rigo- 
letto, le page d'un Ballo in maschera, Zerlina 
de Don Giovanni, Ekonorad' il. Furioso, Despina 
de Cosi fan tutte, puis, au bout de quelques 
années, se décida, sur les conseils de Rossini, 
à aborder la scène française. | 

Engagée à l'Opéra , M"e Battu y parut poilr 
la première fois, avec un très-grand succès, dans 
la reprise de Moïse qui eut lieu le 7 décembre 
1864. Sa belle voix sonore et pleine, ses voca- 
lises légères et perlées, son trille parfait et serré, 
son style nerveux et pur, toutes ses qualités 
enfin produisirent sur le public la plus vive im- 
pression, à ce point que son début fut presque 
un triomphe. Moins de cinq mois après ce dé- 
but, elle eut le bonheur de faire une création fort 
importante, celle du fôled'Inès dam V Africaine, 
qui lui fit beaucoup d'honneur. Elle se montra 



56 



BATTU — BAUMANN 



ensuite dans Matliilde de Guillaume Tell, dans 
la reine des Huguenots, et joua avec le mt e 
succès la Zerline de D071 Juan, au moment où 
M"« Patti el M™" Carvalho se faisaient applaudir 
dans ce rôle, la première aux Italiens, la seconde 
au Théâtre-Lyrique. Enfin, la reprise d'AlcesIc 
vint la mettre tout à fait hors de pair, et la 
plaça au premier rang des cantatrices de notre 
première scène lyrique,'; elle ne craignit pas, 
après cela, de reprendre le rôle de Lydia,"créé 
dans Herculanum par M^e Gueymard, et celui 
de Sélika, créé dans l'Africaine par M™» Marie 
Sass. Cependant, si M"* Battu faisait toujours 
preuve d'un très-grand talent dans l'art du chant 
proprement dit, ces grands rôles inspiraient io 
regret qu'elle ne fût pas douée de la qualité su- 
prême sans laquelle il n'est pas de véritable can- 
tatrice dramatique dans toute l'étendue de ce 
mot ; je veux dire l'émotion. Toute artiste qu'elle 
se montrât à beaucoup d'égards, M'" Battu res- 
tait toujours un peu froide, un peu sèche, et ne 
montrait en aucun cas cette expression de ten- 
dresse qui émeut, ou ces élans de passion dé- 
bordante qui soulèvent une salle et la tiennent 
suspendue aux lèvres d'un chanteur. Cette cri- 
tique pourtant ne doit pas être exagérée, et ne 
saurait porter atteinte au talent très-réel, très- 
correct et très-distingué de M'" Marie Battu. 

Cependant la jeune artiste quitta l'Opéra au 
bout de quelques années. Elle fit partie de la 
compagnie qui, en province et à l'étranger, se 
donna pour mission de faire connaître , après la 
mort de Rossini , la messe du maître immortel, 
puis alla tenir l'emploi de première chanteuse 
au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles. Entre 
temps, elle lit une courte apparition au théâtre 
de rOpéra-Comique, où elle joua le rôle de la 
comtesse dans les Noces de Figaro (février 
1872). Depuis lors, on ne l'a plus entendue à 
Paris. 

BATZ( ), facteur d'orgues néerlandais, 

artiste fort distingué, chef de la maison Bafz et 
Witte, d'Utrecht, est l'auteur des orgues de la 
cathédrale et de l'église de Zuider à Rotterdam, 
ainsi que de celles d'Amsterdam, de la Haye et 
d'Utrecht, qui sont particulièrement estimées. 
MM. Batz et Witte portent le titre de facteurs 
de S. M. le roi des Pays-Bas. 

BAUDELAIRE (Charles-Pierre), poète et 
critique, particulièrement connu pour sa traduc- 
tion française des œuvres d'Edgar Poe, naquit à 
Paris au mois d'avril 1821, et mourut dans la 
même ville, au mois de septembre 1867, dans 
une maison de santé où il avait dû être placé à 
la suite d'une maladie qui avait atteint .ses fa- 
cultés mentales. A l'époque de la représentation 



à Paris du Tannhxuser de M. Richard Wagner, 
Baudelaire publia, pour la défense de l'un et de 
l'autre, une brochure intitulée : Richard Wagner 
et Tannhxuser (Paris, Dentu, 1861, in-12 des 
70 pages). Cet écrit absolument inutile ne peut 
rien apprendre à ceux qu'intéresse la question, 
et n'est qu'un plaidoyer entrepris en faveur de 
l'œuvre par un avocat inhabile à en discuter la 
valeur, c'est-à-dire ignorant jusqu'aux préceptes 
les plus élémentaires de l'art. 

BAUDOIIV (Jules). Un écrivain de ce nom 
a publié, lors de la reprise i'Alceste qui eut lieu 
à l'Opéra en 1861, une brochure ainsi intitulée : 
l'Alceste de Gluck, étude déJiée à M"* Pau- 
line Viardot (Paris, Lebigre-Duquesne, 1801, 
iu-12 de 65 pp.). Cette étude, faite acte par acte, 
est précédée d'une courte r« notice historique » 
sur Gluck. 

lîAUDlUiUOXT ( Alexandre-Edouard), 
éminent chimiste et polygraphe remarquable. Né 
à Compiègne (Oise) le 7 mai 1806, professeur 
agrégé à la faculté de médecine de Paris, cheva- 
lier de la Légion d'honneur, etc., M. Baudrimont 
occupe, depuis de longues années, la chaire de 
chimie à la faculté des sciences de Bordeaux. Il 
a publié en 1869, chez Gounouiiliou (Bordeaux), 
un résumé substantiel de ses Travaux et Pu- 
blications, formant une brochure in-4'' de 86-X 
pages. 

D'après M. Baudrimont, « le son n'est pas 
« produit seulement par les ondes qui, par- 
« lies du corps sonore, vont frapper l'oreille, mais 
« par une réaction de la sphère sonore sur elle- 
K même, avant qu'elle atteigne cet organe. » 

Les ouvrages sur la musique de M. Baudri- 
mont sont les suivants : 1* Lois générales de 
Y acoustique, analyse et discussion des princi- 
paux phénomènes physiologiques qui s'y rappor- 
tent, in- 4°, Paris, Paul Renouard, 128 pages 
(sans date). — 1° Observations sur la produc- 
tion du son, dans les comptes-rendus de V Aca- 
démie des sciences, tome XXXIII, pages 428 et 
suivantes. — 3° Conférence sur la théorie de la 
musique, faite à la faculté des sciences de Bor- 
deaux le 16 mars 1869, un volume grand În-S", 
de 100 pages, avec planches et tableaux. 

A. L-jy. 

* BAUDRON (Antoine-Laurent). Parmi 
les ouvrages pour lesquels cet artiste écrivit de 
la musique, il faut citer le Roi de Cocagne, 
comédie de Legrand, pour laquelle il composa un 
divertissement (19 février 1781), et Pijrame et 
Thisbé, scène lyrique dont les paroles avaient 
pour auteur le célèbre comédien Larive (2 juin 
1783). 

B.\Ul\IAiVN (Louis), violoniste, né à Lille 



BAUMANN — BAY (DE) 



57 



en 1789, fut d'abord soldat, et, après avoir ob- 
tenu son congé, entra en 1815 au Conservatoire, 
dans ia classe de Baillot. Après avoir obtenu un 
premier prix en 1818, il alla se fixer à Lyon et 
s'y livra à l'enseignement, maintenant intactes 
et pures les belles traditions qu'il tenait de son 
illustre maître. Baumann ne quitta plus Lyon 
jusqu'à sa mort, arrivée au mois de mai 1861. 
Cet artiste a écrit un concerto de violon dédié 
à Baillot, et un recueil d'études remarquables. 

BAUMAI\I\ (Joseph), flûtiste fameux, na- 
quit àCarlsruhe le 16 décembre 1799. Il a écrit 
pour son instrument des compositions esti- 
mées. 

Y. 

BAUMAIVIX (Emmanuel), pianiste et com- 
positeur français, né vers 1825, s'est fait con- 
naître par la publication d'un certain nombre 
d'agréables morceaux de genre pour le piano. 
Cet artiste a fait jouer en [1874, à l'Alcazar de 
Marseille, une opéiclte en un acte intitulée 
Clairette Angot en Turquie. 

BAUMER (Erdmanw), corniste de talent, 
naquit à Cassel en 1734, et mourut en 1796. 

Y. 

BAUMER (Frédéric), compositeur de mu- 
sique de piano et de musique de danse, frère du 
précédent; né à Cassel en 1736, mourut en 
1802. 

Y, 

BAU\IFELDER(FRÉnÉuic-AuGusTE-GuiL- 
lauhe), compositeur de musique , est né le 28 
mai 1836 à Dresde. Il a composé tour à tour 
des pièces faciles et de la musiiiue sérieuse : sym- 
phonies, ouvertures et concertos. Ce jeune mu- 
sicien cherclie encore sa voie. 

Y. 

BAUMGART (Ernest rRÉDÉRic), profes- 
seur d'orgue et de théorie de la musique à 
l'Institut musical de Breslau, est né vei« 1800. 
Il s'est fait connaître par une édition des œuvres 
de clavecin de Philippe-Emmanuel Bach. 

Y. 

* BAUMGARTNER (Guillaume), direc- 
teur de musique à Saint-Gall, est mort à Zurich, 
au mois; de mars 1867, âgé de quarante-sept 
ans. 

BAUR ( ), compositeur, né à Parme, a 

fait ses études musicales à Milan, devint ensuite 
chef de musique du régiment des hussards de 
Plaisance, et commença à se faire connaître par 
de jolis airs de danse. Il a donné à Parme, sans 
succès, un premier opéra don! j'ignore le titre, et 
a l'ail représenter ensuite à Milan, en 1857, un 
second ouvrage, mtitulé le Due Fidanzate, qui 
fut mieux accueilli, et dont l'éditeur Canti pu- 



blia quelques morceaux détachés avec accom- 
pagnement de piano. M. Baur est surfout con- 
sidéré, dans sa patrie, comme un compositeur de 
ballabile fort distingué. 

BAUWlilIVS (Jacques), musicien belge, né 
à Bruges dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle, fut maître de chapelle de l'église Saint- 
Jacques de cette ville, et a composé un grand 
nombre de messes et de motets qui, dit-on, ne 
sont pas sans valeur. 

BAUX (Léon) est auteur de] l'écrit suivant : 
A la Musique, poëme, par Léon Baux, deChar- 
leville (Charleville, l'auteur, 1854, in-32). 

BAVIIM (Claude), musicien distingué et 
compositeur de musique religieuse, fut maître 
de chapelle de la cathédrale de Rouen de 1598 à 
IGOl. 

* BAWR(Alexandrine-Sophie GOURY DE 
CHAMPGRAND, comtesse DE), fille dumarquis 
de Champgrand et d'une actrice de l'Opéra, na- 
quit, à Paris le 8 octobre 1773, et mourut en celte 
ville le 31 décembre 1860, à l'âge de quatre- 
vingt-sept ans. Cette femme intelligente, dont 
les aptitudes artistiques étaient remarquables, 
surtout par leur diversité, avait reçu dans sa 
jeunesse des leçons de composition de Grétry, 
en même temps qu'elle travaillait le chant avec 
Boieldieu, EUeviou et Garât. Elle écrivit à celte 
époque un certain nombre de romances, aux- 
quelles ce dernier donna une grande vogue en les 
chantant dans les salons fameux sous le consu- 
lat. Dans un livre publié par elle : Mes Souve- 
nirs (Paris, Passard, 1823, in- 12), on trouve 
quelques détails utiles sur Grétry et plu- 
sieurs autres artistes. On ignore assez générale- 
ment que cette femme intéressante, avant de 
devenir M™' de Bawr, avait épousé le comte de 
St-Simon, le fondateur de la secte saint-simo- 
nienne, de qui elle s'était ensuite séparée par le 
divorce. Elle a été l'objet de la notice suivante, 
pleine de renseignements précis à son sujet : 
Madame de baior, élude biographique sur sa 
vie et ses ouvrages, par M"" l'Ilise Gagne (Élise 
Moreau), Paris, Didier, 1861, ùi-12 de 66 pages. 

BAY (l'abbé DE), musicien du dix-huitième 
siècle, était maître de chapelle de l'église métro- 
politaine de Cambrai, et se fit une certaine ré- 
putation comme compositeur de musique reli- 
gieuse. Les événements révolutionnaires obligè- 
rent- cet artiste à quitter Cambrai, et à se ré- 
fugier dans un couvent de Paderborn (Bas- 
Rhin). C'est là qu'il fit des recherches sur les lois 
de l'harmonie, et qu'il établit une théorie basée 
sur les faits que lui avaient livrés ces recherches. 
M. Brun-Lavainne, apparenté à l'abbé de Bay, a 
publié en 1844, dans la France musicale^ une 



58 



BAY (DE) — BAZZINI 



étude détaillée de la théorie musicale de celui-ci. 
BAZILLE (Augustr-Ernest), organiste et 
compositeur, né à Paris le 27 mai 1828, a fait 
son éducation musicale au Conservatoire de cette 
ville, où il fut admis dès ses plus jeunes an- 
nées, et- où il remporta les récompenses suivan- 
tes ; en 1840, le second prix de solfège ; en 
1841, le premier prix; en 1842, un accessit d'har- 
irionie et accompagnement; en 1843, le second 
prix ; en 1845 , le premier prix, avec un second 
prix d'orgue ; en 1846, le premier prix de fugue ; 
en 1847, le premier prix d'orgue. Ayant pris 
part, en 1848, au concours de l'Institut, il obtint 
le premier second grand prix de composition mu- 
sicale. Peu de temps après il entrait à l'Opéra- 
Comique en qualité d'accompagnateur ; il remplit 
aujourd'hui les fonctions de premier chef du 
chant à ce théâtre, en même temps qu'il est or- 
ganiste du grand orgue à l'église Sainte-Élisa- 
belh. M, Bazille a écrit naguère un certain 
nombre de couplets pour les scènes de vaude- 
ville, et il a publié quelques mélodies vocales. 
On lui doit la réduction au piano d'un grand 
nombre de partitions. Enfin, cet artiste distingué 
a eu une part, avec Clapisson, MM. Gautier, 
Gevaert, Jonas, Mangeant et Poise, dans la mu- 
sique de la Poularde de Caux, opérette en un 
acte représentée au théâtre du Palais-Royal. 

* BAZI^J (François-Emmanuel- Joseph). Le 
répertoire dramatique de ce compositeur se 
complète par les deux ouvrages suivants : 1° le 
Voyage enC/i2»e,opéra-comiqueen trois actes re- 
présenté à rOpéra-Comique le 9 décembre 1865 ; 
2° VOws et le Pacha, ancien vaudeville de 
Scribe [arrangé en opéra-comique et représenté 
îu même théâtre vers 1869. M. Bazin, qui a 
écrit de) nombreux chœurs orphéoniques , est 
jussi l'auteur d'une opérette non représentée, 
Marianne, qui a été publiée dans le journal le 
Magasin des Demoiselles. — Lorsque M. Am- 
broise Thomas eut été nommé directeur du Con- 
servatoire après la mortd'Auber (1871), M. Bazin 
lui succéda comme professeur de composition, 
et abandonna sa classe d'harmonie et accompa- 
gnement. Après la mort de. Carafa, il fut élu 
membre de l'Académie des beaux-arts en rem- 
placement de cet artiste. 

M. Bazin a en portefeuille les partitions de 
3eux opéras-comiques, chacun en trois actes, 
\m n'ont pas encore été représentés : Masca- 
ille, et la Belle au bois dormant. 

BAZZIIVI (Francesco et Natale), musiciens 
taliens du dix-septième siècle, se firent remar- 
quer par leur triple talent d'organistes, de 
chanteurs et de compositeurs. Ces deux frères 
étaient nés à Lovere. Natale raoufut à Bergarae 



en 1639, et Francesco le 15 avril 1660. Ce der- 
nier, dont la renommée semble avoir été la plus 
brillante, peut-être parce qu'il a vécu plus long- 
temps, a été successivement attaché aux cours 
de Modène, de Vienne, de Venise, de Parme et 
de Florence. En 1628, l'imprimeur Bartolomeo 
Magni, de Venise, publiait les œuvres suivantes 
de Natale Bazzini : 1° Messe, mottetii e diU' 
loghi [a cinque, concertati ; 2° Libri due di 
mottetti ad una, due, tre e quaitro voci; 
3° Messe e salmi a tre, concertati; 4° Arie 
nuove, e diverse. Francesco a, dit-on, composé 
davantage, mais on ne connaît aujourd'hui de 
lui que les œuvres suivantes : 1° La rappre- 
sentazione di S. Orsola, con diversi stru- 
inenti; 2° Suonate di trb a; 3* Canzonette 
a voce sola. 

M. Antonio Bazzini, l'admirable violoniste 
dont il est parlé dans la notice suivante, descend 
directement de ces deux musiciens, ainsi que 
M. Alfredo Piatti, le violoncelliste renommé. 
* BAZZIIVI (Antonio). C'est le 10 mars 
1818, que ce grand artiste est né àBrescia. S'il 
faut en croire un de ses biographes, Francesco 
Regli, il avait à 'peine treize ans lorsqu'il publia 
sa première composition, et à dix-sept ans il avait 
déjà fait exécuter au théâtre de Brescia six ou- 
vertures à grand orchestre. A cette époque, il 
était maître de chapelle de l'église St-Philippe, 
pour laquelle il écrivit une messe et des vêpres. 
En 1836, il joua devant Paganini, qui, enchanté 
de son talent, le pressa dans ses bras, et lui dit : 
Voyagez vite! L'année suivante, il se rendit à 
Milan, où il publia diverses compositions pour 
le violon, et quelques romances, et où il se fit 
entendre à plusieurs reprises avec un grand suc- 
cès; dès ce moment, il manifesta sa prédilec- 
tion pour la musique de chambre, et surfout son 
admiration pour les chefs-d'œuvre de Beetho- 
ven. En 1840, son parrain, l'avocat Buccelloni, 
lui fournit les moyens d'entreprendre un grand 
voyage artistique, et M. Bazzini se mit alors à 
parcourir une partie de l'Europe, se faisant en- 
tendre successivement à Venise, Trieste, Dresde, 
Berlin, Vienne, Peslh, Copenhague, Varsovie, 
Leipzig, etc., et se faisant applaudir à la fois 
comme compositeur et comme virtuose. De re- 
tour en Italie en 1846, il k parcourut en entier, 
donnant des concerts à Turin, Gênes, Florence, 
Rome, Naples, Palerme, Parme, et partout ex- 
citant l'enthousiasme. 11 visita ensuite la France 
et l'Espagne, se rendit à Marseille, Bordeaux, 
Madrid, Séville, Cadix, Valence, Barcelone, 
Malaga, puis, revenant sur ses pas, s'arrêta 
enfin à Paris. [C'était vers 1852, et, outre les trois 
auditions qu'il donna au Xhi^âtre-Italien, il se fit 



BAZZINI — BEAULIEU 



39 



entendre une vingtaine de fois au Gymnase dra- 
matique. Toi't jeune artiste alors, je faisais par- 
tie de l'orchestre de ce tliéâtre, et je me rappelle 
l'impression que le talent de M. Bazzini produi- 
sit sur ma jeune imagination, l'admiration que 
faisait naître en moi ce [style noble et lier, si 
pur et si chaleureux, cet archet si solide et si 
varié, ce jeu pathétique et passionné. 

M. Bazzini est certainement l'un des ' plus 
grands violonistes qu'ait produits l'Italie. Pour- 
tant, depuis plusieurs 'années, il semble avoir 
voulu modifier sa carrière. J'ai eu le plaisir de 
le rencontrer à Milan en 1873, et j'ai vu qu'il ne 
s'occupait plus guère que de composition. Il ve* 
nait d'ailleurs d'être nommé professeur de con- 
tre-point et de haute composition au Conserva- 
toire de cetle ville. Au reste, et sous ce rap- 
port, peu de musiciens en Italie peuvent lui être 
comparés pour la profondeur et la pureté du 
style. Ses Psaumes, parmi \Qsq\ie\s la Résurrec- 
tion du Christ peut être considérée comme une 
œuvre hors ligne, ses Symphonies-cantates, ses 
ouvertures, surtout celle de Saiil (dont la par- 
tition a été publiée à Florence, par l'éditeur 
Guidi), le prouvent surabondamment, et cette 
dernière œuvre , particulièrement, est pleine de 
chaleur, de noblesse et de passion expansive. Si 
l'opéra que M. Bazzini a donné il y a quelques 
années à la Scala, Turandoû (13 janvier 1864) , 
n'a pas réussi, on en pourrait conclure seule- 
ment que l'auteur ne possède peut-être pas le 
véritable sentiment scénique ; ce n'est pas d'ail- 
leurs sur un seul essai de ce genre qu'on peut 
juger un compositeur, et M. Bazzini ne se croit 
sans doute plus assez jeune pour renouveler une 
telle épreuve. Il n'en est pas moins vrai que, à 
quelque point de vue qu'on envisage son talent, 
M. Bazzini est un très-grand.artiste, respectueux 
de lui-même, ferme en ses principes, richement 
doué par la nature, et qui n'a jamais sacrifié (au 
mauvais goût et à la légèreté de la foule. 

Parmi les compositions que M. Bazzini a 
écrites pour son instrument, je citerai les sui- 
vantes : 1° Deuxième fantaisie sur la Sonnam- 
bula, op. 26 ; — 2" Fantaisie de concert sur il 
Pira(a,op. 27 ; — 3" Le Carillon d'Arras, air 
flamand varié, op. 36 ; — 4° Fantaisie sur la 
Straniera, opAO ; — 5" Trois morceaux lyriques 
{i, Nocturne, 2. Scherzo, 3. Berceuse), op. 41; 
— 6" Concerto militaire, op. 42 ; ■— 7° Deux 
morceaux fantastiques ( 1. Ballade, 2. Danse 
des Gnomes), op. 43; — - 8° Trois morceaux en 
forme de sonates (1. Allegro, 2. Romance, 3. 
Finale), op. 44. On doit aussi à M. Bazzini 
quelques compositions vocales : IlpoveroFan' 
ciullo* Chi ami ? Ostriche del fusaro, etc. 



BAZZONI (Je\n-Louis) , compositeur et 
professeur italien qui a longtemps vécu en 
France, était né à Milan en 1816. Il fit ses études 
musicales et commença sa carrière dans sa ville 
natale, où il donna d'abord, le 24 juin 1836, au 
théâtre de la Canohbiana, une far sa intitulée 
i Tre Mariti, qu'il fil suivre , le 27 juin de 
l'année suivante, de Salvator Rosa, opéra sé- 
rieux représenté au même théâtre avec un succès 
absolument négatif. Quelques années après, 
Bazzoni vint s'établir à Paris, où il se livra à 
l'enseignement du chant et où, vers 1852, il se 
vit chargé des fonctions de chef du chant au 
Théâtre-Italien. Il publia alors un certain nombre 
de mélodies vocales, le Naufrage, Seule au 
inonde, la Fille de Vhdtesse, le Sommeil de 
l'enfant, Basquinette , Voici la neige, V Hi- 
rondelle, quelques morceaux de genre pour le 
piano : Rimprovero, romance sans paroles , la 
Farfalla, valse poétique, Lagrima d'addio, 
rêverie, et une série de six duos italiens pour 
chant : le Zingare, la Sera, il Brindisi, la 
Costanza, la Pietà, la Fuga délia Schiava. 
Vers 1858, Bazzoni fit représenter au petit théâ- 
tre des Folies-Nouvelles une opérette en un acte, 
le Quart-d'' heure de Rabelais, dont la musique 
était loin d'être bonne ; quelques] années après, 
il retournait en Italie, et faisait jouer sur le 
théâtre Regio, de Turin, un opéra sérieux en 4 
actes, il Rinnegato Fiorentino, dont la chute 
fut lamentable et qui n'eut qu'une seule repré- 
sentation. Cet artiste infortuné revint alors à 
Paris, où il mourut, au mois de septembre 1871, 
dans une situation misérable. 

BEAUGOIS ( ) est auteur d'une Nou- 
velle Méthode de plain-chant, de musique et 
de serpent (Amiens, 1827, in-8°). 

* BEAULIEU (Marie-Désiré-Martin), Cet 
artiste distingué, dont le cœur, comme l'esprit) 
était ouvert à tous les grands sentiments, est 
mort au mois de décembre 1863. L'Association 
musicale de l'Ouest, fondée par Beaulieu dans 
le 'but de propager dans cette région de la 
France, à l'aide de belles exécutions, le goût de 
la grande musique classique, a été créée par lui 
dans ,des conditions qu'il a fait connaître lui- 
même par une lettre adressée à son ami Ha- 
lévy. Possesseur d'une soixantaine de lettres 
originales du Poussin, de son testament et de 
nombreuses notes autographes sur les missions 
dont le grand artiste avait été chargé pendant 
son séjour en Italie par l'intendance générale des 
beaux-arts en France, Beaulieu avait cru devoir 
céder ces idocuments précieux à la Bibliothèque 
impériale (vers 1859), moyennant une somme 
de 5,000 francs, q^\ était loin de représenter 



60 



BEAULIEU — BEAUMARCHAIS 



leur valeur; mais il ne voulut même pas profiter 
personnellement de cette somme ni en grossir 
son héritage, et il résolut d'en tirer parti, d'une 
façon fort intelligente, pour le bien de l'art, 
et d'en faire le point de départ delà fondation qu'il 
rêvait. «Mes revenus ordinaires, disait-il dans sa 
lettre, ne me permettant pas de donner suite à 
ma pensée, je me suis décidé, non sans quelque 
peine, à vendre ma portion du bien que m'a 
laissé mon père, et, au moyen du capital que j'ai 
retiré de cette vente, je puis, dès à présent, es- 
sayer, étudier, réaliser même, au moins en 

partie, mon projet Je ferai tous les frais de 

ces séances, et le produit se partagera en deux 
parts égales, dont l'une entrera dans la caisse 
de l'Association des artistes musiciens, et l'autre 
viendra s'ajouter au capital que je destine dès 
aujourd'hui à continuer après moi mon entre- 
prise. Ce capital est de 100,000 francs. De mon 
vivant, je dois nécessairement prélever sur les 
intérêts de cette somme l'équivalent de ce que 
j'ai de moins en revenu territorial, mais le sur- 
plus est, je crois, très-suffisant pour commen- 
cer.... » 

Beaulieu commença, en effet, dès 1860, et 
Dientôt l'Association musicale de l'Ouest d'une 
part, et, de l'autre, la Société de chant classique 
à Paris, toutes deux fondées par lui, fonctionnè- 
rent régulièrement. A sa mort, la somme de 
100,000 francs annoncée par lui fut léguée à 
lette double fondation, et son testament portait 
que le produit des concerts donnés à Paris se- 
rait partagé entre l'Association des artistes mu- 
siciens et la Société de chant classique. Ce sont 
les conditions de cette création à la fois artis- 
tique et bienfaisante qui me faisaient dire que 
le cœur, comme l'esprit de Beaulieu,, était ouvert 
à tous les grands sentbnents. 

Aux écrits sur la musique publiés par Beau- 
lieu, il faut ajouter les deux suivants : 1" Mé- 
moire sur quelques airs nationaux qui sont 
ians la tonalité grégorienne (Niort, impr. 
Favre, 1858, in-S") ; 2° Mémoire sur Vorigine 
de la musique (Paris, 1859, in- 8° de 27 pp.). 
On a publié à Niort (1865, in-8°) -Notices sur 
Dés.-Marlin Beaulieu et Pierre-Th. Segré- 
iain. 

BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin CA- 
RON DE), né à Paris le 24 janvier 1732, fut cé- 
lèbre à divers titres, mais surtout pour les deux 
chefs-d'œuvre qu'il donna à la scène française, 
le Barbier de Sécille et 7e Mariage de Fi- 
garo, qui plus tard enrichirent la scène lyrique, 
grâce au génie de Mozart et à celui de Rossini. Il 
n'est mentionné ici que pour la partie de ses 
travaux qui se rapporte à la musique, car la 



vaste intelligence de cet homme remarquable lu 
permit de s'occuper des choses les plus diverses. 
« Il fit d'excellentes études (dit l'auteur de la no- 
tice qui lui est consacrée dans la Biographie 
universelle et portative des Contemporains), 
se livra à la littérature et aux mathématiques, 
et fit de rapides progrès dans les sciences méca- 
niques. L'horlogerie lui doit l'invention d'un 
nouvel échappement approuvé par l'Académie des 
sciences. Malgré ce succès, il quitta l'état de son 
père, et se livra à l'étude de la musique, pour 
laquelle il était passionné ; des compositions gra- 
cieuses, et un talent supérieur sur la guitare et 
sur la harpe, dont il avait perfectionné le méca- 
nisme, fixèrent l'attention sur lui ; les filles de 
Louis XV devinrent ses écolières, et l'admirent 
dans leur société intime , dont son esprit le 
rendait aussi digne que ses talents... « 

Beaumarchais était en effet un excellent mu- 
sicien, ne se bornant pas à être un virtuose sur 
la harpe, mais s'occupant aussi de composition. 
Il a écrit, on le sait, les paroles et la musique 
d'un assez grand nombre de chansons et de ro- 
mances; dans un voyage que M. Edouard Four- 
nier fit à Londres vers 1862, cet écrivain fut 
assez heureux pour acquérir, au compte de la 
Comédie-Française, sept volumes de manuscrits 
inédits de Beaumarchais, parmi lesquels se 
trouve un volume de chansons, ^paroles et mu- 
sique. Cette précieuse collection fait partie au- 
jourd'hui des archives de notre grande scène lit- 
téraire. 

Une fois au moins, dans ses écrits, Beaumar- 
chais s'est occupé directement de musique.': c'est 
dans la préface de l'opéra de Tarare, représenté 
en 1787, et dont il avait construit le poème pour 
Salieri. Cette préface, qui ne compte pas moins 
de 26 pages, et qui porte pour titre : Aux abon- 
nés de VOpéra qui voudraient aimer l'opéra, 
est une sorte de poétique du drame lyrique, tel 
que le concevait et l'aurait voulu Beaumarchais. 
Elle est un peu équivoque, un peu incohérente, 
mais elle peut, au fond, se résumer dans ces quel- 
ques lignes que Beaumarchais écrivait lui-même 
dans la préface du Barbier de Séville : « Moi, qui 
ai toujours chéri la musique, sans inconstance, et 
même sans infidélité, souvent aux pièces qui 
m'attachent le plus je me surprends à pousser 
de l'épaule, à dire tout bas avec humeur : Va 
donc, musique! Pourquoi tant répéter ? N'es- 
tu pas assez lente? Au lieu de narrer vive- 
ment, tu rabâches : au lieu de peindre la 
passion, tu t'accroches oiseusement aux 
mots ! » Il y a dans ces réflexions, relatives au 
style musical alors en faveur 'pour l'opéra, un 
fonds véritable de justesse. 



BEAUMARCHAIS — BEAUVOIR 



61 



Beaumarchais l^mourut subitement, le 19 mai 
1799. On dianta pendant longtemps à Paris une 
de ses cliansons : Cœurs sensibles, cœurs fi- 
dèles, dont l'air était, dit-on, charmant. Choron 
et Fayolle, dans leur Dictionnaire historique 
des Musiciens, disent que la musique de Beau- 
marchais valait mieux que ses vers. 

* BEAUMESNIL (Henriette-Adélaïde- 
VILLARD DE). Cette artiste, plusieurs années 
après qu'elle eut pris sa retraite à l'Opéra, écri- 
vit la musique d'uà opéra-comique en 2 actes : 
Plaire, c'est commander, qui fut représenté au 
théâtre Montansier le 12 mai 1792. 

BEAUMOIXT {......), compositeur aujour- 
d'hui inconnu, qui vivait dans la première moitié 
du seizième siècle, a fourni au recueil de chan- 
sons françaises à quatre parties publié vers 1530 
par l'imprimeur Pierre Attaignant, la musique de 
la chanson : Ma povre bourse., 

BEAUPUIS (GiusEppE DE), compositeur 
italien, dont le nom trahit une origine française, 
est né à Napies le 5 mars ,1820. Dès sa plus 
tendre jeunesse il s'appliqua à l'étude du violon, 
et il avait à peine 17 ans lorsqu'il fut chargé des 
fonctions de chef d'orchestre au petit théâtre de 
la Fenice, fonctions qu'il remplit ensuite à Bari, 
à Lecce, et dans diverses autres villes. C'est dans 
ces commencements de sa carrière qu'il écrivit 
et fit représenter quelques opérettes bouffes : 
i Due Pedanti (Caserta), Monsieur des Cha- 
lumeaux (Trani), Miss Baba (Napies, th. de 
la Fenice), et qu'il composa aussi de nombreux 
morceaux [pour musique militaire. De retour à 
Napies, il entra comme violoniste à l'orchestre 
du théâtre San-Carlo, mais en sortit bientôt, 
après avoir vainement essayé de se produire 
comme compositeur de ballets. C'est alors, 
qu'ayant fait exécuter dans un couvent une 
messe de Gloria, il devint maître de chapelle de 
diverses maisons religieuses, et écrivit un grand 
nombre de compositions de musique sacrée, 
consistant en messes, motets, vêpres, etc. 
Aujourd'hui, et depuis [dix ans environ, M. de 
Beaupuis a tourné presque exclusivement ses ef- 
forts du côté de l'enseignement. Cet artiste a 
publié dans la Gazzetta musicale de Napies un 
Mémoire divisé en 29 articles, sur la décadence 
des études musicales au Conservatoire de cette 
ville; iil a donné au journal Napoli musicale 
(1871) plusieurs articles destinés à soutenir la 
candidature de M. Lauro Rossi à la direction de 
ce Conservatoire, et il a été collaborateur d'une 
autre feuille, VArtista. 

BEAUQUIER (Charles), écrivain français, 
né vers 1830, s'occupa d'abord de politique et 
prit part à la rédaction de plusieurs journau^: 



de Paris ou de la province. Plus tard, et un 
gofit prononcé le portant à s'occuper des choses 
de la musique, il prit, comme on dit, le taureau 
par les cornes, et, pour son coup d'essai en ces 
matières, écrivit et publia une Philosophie de 
la musique (Paris, Germer-Baillière, 1855, 
in-12) (1). Je ne voudrais pas assurer que ce 
titre ne soit un peu ambitieux, et que nous pos- 
sédons aujourd'hui une véritable philosophie de 
la musique ; un tel livre m'a toujours semblé 
terriblement difficile à faire, et il me paraît que 
pour le mener à bien il est besoin de connaissances 
musicales plus étendues que celles que possède 
M. Beauquier, connaissances qui donnent en 
plus d'un endroit prise à la critique. Toutefois 
ce livre, écrit avec soin par un homme intelli- 
gent, qui sait ce qu'il veut dire et qui trouve 
l'expression juste, est un essai qui n'est point 
sans mérite. Peu de temps après sa publication, 
l'auteur devint l'un des collaborateurs de la 
Bévue et Gazette musicale de Paris. En 1870, 
après la chute de l'empire, !M. Beauquier fut 
nommé sous-préfet dans un de nos départements 
de l'Est. Il ne conserva que peu de temps cette 
situation, et a repris, depuis, ses travaux litté- 
raires.' 

C'est [M. Beauquier qui a écrit le livret de 
Fiesque, opéra de M. Edouard Lalo (V. ce 
nom) qui a obtenu une mention très-honorable 
au concours ouvert au Théâtre- Lyrique en 1867. 

* BEAÏJVAllLET- CHARPENTIER 
(Jacques-Marie). Cet artiste a publié un petit 
recueil de chansons et romances sans aciîompa- 
gnement, comme il s'en faisait tant alors, ainsi 
intitulé : le Troubadour, ou les Étrennesd'Ê- 
rato, avec la musique des airs nouveaux, choisis 
ou composés par M. Beauvarlet-Charpentier 
(Paris, librairie économique, 1806, in- 18). Ce 
recueil contenait en effet beaucoup d'airs écrits 
par lui-même ; j'ignore s'il en a continué la 
publication pendant plusieurs années. 

BEAUVOIR (ÉDouARD-RoGER DE BULLY, 
dit ROGER DE), écrivain français, né à Paris 
le 28 novembre 1809, mourut en 1866. Parmi ses 
nombreux écrits, nous avons à signaler les deux 
suivants : 1° l'Opéra (Paris, Havard, 1854, 
in-18), petit volume compris dans une publica- 
tion qui portait pour titre général : Paris his- 
torique, pittoresque et anecdotique ; 2° le Che- 
valier de St-Georges (Paris, 1840, 4 vol.), 
roman d'imagination dont le héros est ce fa- 
meux mulâtre si j-echerché à Paris vers le milieu 
du dix-huitième siècle, et qui se fit remarquer 



(1) Le titre du volume porte ia U«te de 1865, et la 
couverture celle de 1866, 



62 



BEAUVOIR ^ BECKER 



comme violoniste et compositeur. Roger de 
Beauvoir a tiré de ce roman une pièce qu'il fit 
représenter sous le même titre et qu'il avait 
écrite en société avec Mélesville. 

BEAUX (J -J ), est auteur d'un écrit 

publié sur ce sujet singulier : De l'influence de 
la magnétisation sur le développement de la 
voix et du goût en musique (Paris, 1855, 
in-l2).î 

BÈCHEFORT ou BOUCHEFORT ( ), 

musicien aujourd'hui inconnu, qui vivait au 
commencement du seizième siècle, a écrit la 
musique de plusieurs des chansons à quatre 
parties contenues dans le fameux recueil de 
Pierre Attaignant (V. ce nom dans la Biogra- 
phie), publié vers 1530. Son nom ee trouve 
ainsi écrit, de deux manières, dans ce recueil, 
auquel il a fourni la musique des chansons sui- 
vantes : J'ay souhaité depuis trois mois, Ta 
grand' beauté a tant, Tous compaignons qui 
buvez, Tant que vivray en âge, Trop de re- 
grets pour voîis. Trop longuement avez terni, 
Trop se fier aux promesses. 

J.-B. W. 

BÉCHEM (Charles). Un écrivain de ce 
nom a donné à la seconde édition du Diction- 
naire de la Conversation et de la Lecture un 
certain nombre d'articles sur la musique. 

BECUEH (Joseph), compositeur, est né le 
1*' août 1821 à Neukirchen, en Bavière. Il a 
écrit beaucoup de musique religieuse : 12 messes 
solennelles et 50 petites messes, 24 grandes et 
13 petites litanies, 23 Requiem, 8 vêpres, 100 
graduels et offertoires, sans compter plusieurs 
Te Deum, hjmnes, motets, etc. 

Y. 

BECHSTEIN (Frédéric.Guillatjme-Char- 
LEs), né à Gotha le I" juin 1826, est le fonda- 
teur de la grande fabrique de pianos de Berlin 
qui porte son nom. Après avoir passé comme 
ouvrier dans les principales fabriques de l'Alle- 
magne, il alla travailler à Londres et à Paris 
dans les ateliers de Pape et de Kriegelstein, Sa 
maison eut les origines les plus modestes. En 
1850, il ouvrit ses ateliers avec une douzaine 
d'ouvriers ; cinq ans plus tard, il en employait 
déjà plus de 200. Les pianos de Bechstein, pa- 
tronnés par Hans de Bûiow, Liszt, Tausig et 
Dreyschock, ont figuré avec honneur aux expo- 
sitions universelles de Londres et de Paris,; 

Y. 
BECK (Jean-NéI'Omucène), premier baryton 
de l Opéra impérial de Vienne, est né à Pesth le 
5 mai 1828. C'est un artiste doué d'une voix 
puissante et duo remarquable talent de comé- 
dien, ^y. 



BECKER (Jêân-Tobias), compositeur de 
musique d'église, né à Grulich, en Bohême, l'an 
1G99 ou l'an 1700, est mort à Leldsberg, dans 
la basse Autriche, le 5 juillet 1779. 

Y. 

BECKER (Vincent-Ernest), né en 1833 à 
Wurzbourg, où il est regens chori, a composé 
des lieder et des chœurs pour voix d'hommes, 
devenus populaires. 

Y. 

BECKER (Jean), violoniste fort distingué et 
brillant surtout dans l'exécution de la musique 
de chambre, est né à Manheim le 11 mai 1836. 
Il ùl son éducation musicale en cette ville, et 
devint violon solo au théâtre. Après avoir fait 
ensuite un séjour de deux années à Paris, sans, 
je crois, s'y faire entendre, il se rendit à Lon- 
dres, oii il se produisit avec un grand succès 
dans les séances de l'Union mtisicale dirigée 
par M. John Ella (1860;. Il retourna ensuite 
dans sa patrie, et y commença sa réputation en 
se présentant fréquemment dans les concerts, 
après quoi il revint en France et demanda à Paris 
la consécration de sa jeune renommée. Les suc- 
cès qu'il. y obtint furent très-grands, et le public 
parisien, toujours enthousiaste lorsqu'il se sent 
en présence d'une grande individualité, ne mar- 
chanda ni ses éloges ni ses bravos à un artisie 
d'un talent vraiment exceptionnel , chez lequel 
une imagination poétique autant que passionnée 
et une inspiration incontestable venaient se 
joindre à une instruction vaste et aux plus nobles 
comme aux plus rares qualités du virtuose. M. 
Becker alla s'établir en 1865 à Florence, à l'époque 
où, grâce à l'initiative intelligentelde M, ledocteur 
Basevi et aux efforts de la Società del Quar- 
tetto, la musique de chambre pour instruments 
à cordes prenait en cette ville une extension 
étonnante. M. Becker y fonda une société de 
quatuors qui se fit aussitôt remarquer par son 
excellente exécution, et dont les succès furent 
tels que, sous le nom de Quatuor florentin, 
cette société entreprit une série de voyages artis- 
tiques et se fit entendre dans les premières 
villes de l'Europe au milieu da'pplaudissements 
unanimes. 

M. Jean Becker est non-seulement un vir- 
tuose de premier ordre, mais un musicien solide, 
dont le talent s'est nourri et fortifié aux sources 
les plus pures de l'art, et qui est l'un des inter- 
prètes les plus remarquables des chefs-d'œuvra 
classiques des grands maîtres. 

BECKER (George), musicographe suisse 
est l'auteur d'un livre publié récemment sous ce 
titre un peu trop ambitieux : la Musique en 
Suisse, depuis les temps les plus reculés jus. 



BEGKER — BEETHOVEN 



63 



qu'à la fin du dix-huitième siècle, — notices 
historiques, biographiques et bibliographi- 
ques (Genève, Richard, 1874, in.l2).Une partie 
de ce livre avait paru, par fragments, dans dif- 
férents journaux, et ces fragments ont été repro- 
duits tels quels, avec quelques chapitres ajour 
tés; c'est ce qui explique qu'il est conçu sans 
plan ni méthode. La Musique en Suisse n'est 
qu'une collection de notices recueillies et pu- 
bliées non par époque, ce qui eût paru plus lo- 
gique, mais par contrées et par localités, sys- 
tème hostile à toute espèce de vues d'ensemble. 
Encore ces notices sont-elles parfois tellement 
incomplètes, qu'elles n'offrent qu'un bien mé- 
diocre intérêt. En somme, le côté utile de ce 
modeste volume peut être caractérisé ainsi : c'est 
un recueil de documents pouvant servir plus 
tard de base à un petit Dictionnaire biographique 
des musiciens suisses. A ce titre, le travail de 
M. George Becker est encore digne d'estime. 

Cet artiste a publié quelques petits morceaux 
de piano, qui se distinguent par d'aimables qua- 
lités. 

* BECQUIÉ DE PEYRE VILLE (Jean- 
Marie), est mort à Paris, au mois de janvier 
1876. Il avait été pendant de longues années at- 
taché à l'orchestre du Théâtre-Italien, d'abord 
comme premier violon, ensuite comme alto. 

BEER (Jules), dilettante distingué, est le 
propre neveu du grand homme qui fut Meyer- 
beer. M. Jules Béer est un musicien amateur 
dont l'ambition vise sans doute un peu trop 
haut, mais qui, en somme,'a fait de bonnes étu- 
des et qui a presque le droit d'être considéré 
comme un artiste. Il s'était d'abord essayé en 
écrivant la musique de deux opéras-comiques 
en un acte, En état de siège et les Roses de 
M. de Malesherbes, qu'il avait fait exécuter 
chez lui, le premier en 1859, le second en 1861. 
M. Béer voulut alors aborder une véritable 
scène, etil fit représenter au Théâtre-Lyrique, le 
23 avril 1862, un ouvrage en deux actes, inti- 
tulé la Fille d'Egypte, qui n'obtint qu'un médio- 
cre succès. Au mois de mars 1871, il donna à 
Bruxelles, au théâtre de la Monnaie, un grand 
opéra en quatre actes, Elisabeth de Hongrie, 
qui fut accueilli avec la plus complète indiffé- 
rence. M. Jules Béer a encore en portefeuille un 
grand opéra, qui a pour titre le Paria, et qui 
n'a pas encore été représenté. Il a mis aussi en 
musique le psaume CXXXVII de David, vaste 
composition pour soli, chœurs et orchestre, 
qu'il a fait exécuter chez lui, le 23 janvier 1868, 
avec M"' Mauduit, MM. Caron etWarot pour prin- 
ïipaux interprètes. Enfin, M. Jules Béer a composé 
UD cçrtaio nombre de mélod!Q3vocaks,dont quel- 



ques-unes ont été publiées : A une jeune mère, 
la Résurrection, la Chute des Feuilles, le 
Chant du dimanche, Ballade orientale, la 
Marguerite, Gondoline, les Plaintes de la 
jeune fille, A une rose. Prière, etc. 

* BEETHOVEN (Louis Van). Les livres et 
les écrits relatifs à la vie et aux travaux de ce 
grand homme se sont singulièrement multipliés 
dans ces dernières années, et ont fini par former 
comme une sorte de littérature spéciale, qui 
n'est pas sans analogie avec celle qui s'est pro- 
duite chez nous au sujet de Molière. Aux an- 
ciennes biographies de Wegeler et Ries, de Schlos- 
ser, de Schindier (traduite en anglais par Mos- 
cheles, et dont une 2* édition allemande a été 
faite à Miinster en 1845 et une 3° en 1860), de 
Marx (dont une 2 édition a paru en 18C3), d'Où, 
libicheff, il faut ajouter les ouvrages suivants ; 
1° Biographie de Beethoven, par W. Neumann, 
Cassel, 1834; 2° Beethovcn's Leben {Vie de Bee- 
thoven), l" \o\. (ta jeunesse de Beethoven), 
Vienne, 1864, 2' \o\. (Beethoven à l'âge viril), 
Leipzig, 1867; S* vol. (Beethoven et ses 
œuvres) , étude biographique et bibliographique 
par O. Miihlbrecht, Leipzig, 1866; 4° Ludwirj 
van Beethovcn's Leben (Vie de Louis Van 
Beethoven), par A.-VV. Thayer, Berlin, 18G6, 
(ouvrage commencé d'une façon remarquable, 
qui doit comprendre trois volumes, mais dont le 
premier seul a paru); 5" 83 Nouvelles Lettres 
originales de Beethoven à {l'archiduc Rodol- 
phe, publiées par L. de Kochel, Vienne, 1865 ; 
&" Beethoven et Marie Pachler-Koschak, par 
le docteur F. Pachler, Berlin, 1866 ; 1° les 
Lettres de Beethoven à la comtesse Marie Er- 
dôdy et à Madeleine Brauchle, publiées par le 
docteur Alfred Schône, Leipzig, 1867 ; 8° les 
Lettres de Beethoven avec quelques composi- 
tions de circonstance non imprimées, extrai- 
tes de son journal de notes et de ses lectures, 
publiées par L. NohI, Stuttgard, 1868; 9° Étu- 
des sur Beethoven, par G. Nottebohm, Leipzig, 
1865; iO"^ Louis Van Beethoven comme com- 
positeur dramatique, par C.-E. Alberti, Steftin, 
1858; 11° les Symphonies de Beethoven et 
d'autres maîtres célèbres, par F. deDùrenberg, 
Leipzig, 1863; 12" les Sonates de Beethoven 
expliquées, par E. d'Elterlein, 2* édition, Leip- 
zig, 1857, 3*, Leipzig, 1866 ; 13° les Symphonies 
de Beethoven d'après leur portée idéale, par 
le même, 2*= édition, Dresde, 1858; U° Intro- 
duction pour l'exécution des œuvres de piano 
de Beethoven, par A.-B. Marx, Berlin, 1863; 
1.5° les Sonates depianode Beethoven, ^ds un 
impartial, Berlin, 1863. A ces divers ouvrages, 
U faut ajouter eflcçre le volumineux catalogue 



64 



BEETHOVEN — BÉGUJN-SALOMON 



critique de De Lenz (Hambourg, 1860), le Cata- 
logue thématique avec des observations chro- 
nologiques et biographiques de G. Nottebohm 
(Leipzig, 1868), et le Catalogue chronologique 
dressé par A.-W. Thayer (Berlin, 1868). 

En France aussi, quelques notices et quelques 
traductions de biographies allemandes ont été 
publiées dans ces dernières années. En voici la 
liste : 1" Beethoven, esquisse musicale, par H. 
Barbedette , la Rochelle, Siret, 1859, in 8° 
(2'= édition : Beethoven, sa vie et ses œuvres, 
Paris, Heugel, 1870, in-8° avec portrait) ; 1" No- 
tices biographiques sur L. Van Beethoven , par 
le Dr F. -G. Wegeler et Ferdinand Ries, suivies 
d'un supplément publié à l'occasion de l'inaugu- 
ration de la statue de L.-V. Beethoven à Bonn, 
sa ville natale, traduites de l'allemand par A. -F. 
Legentil, Paris, Dentu, 1862, in-12 ; 3° Notice 
sur Vorigine du célèbre compositeur Louis 
Van Beethoven, suivi {sic) du testament de 
l'illustre maître, par Edouard-G.-J.-Gregoir, 
Anvers, impr. Jorssen, 1863, in-S"; 4° Histoire 
de la vie et deV œuvre de Ludwig.Van Beetho- 
ven, par Antoine Schindler, traduite par Albert 
Sowinski, Paris, Garnicr, 1865, in-8° avec por- 
trait; 5° Beethoven, sa vie, son caractère, sa 
musique, par Edouard de Pompery, Paris, lib. 
du Petit-Journal, 1865, in-12 de 50 pp.-, 6° Sur 
le Beethoven de M. A. de Lemud, par M. Em. 
Michel, Metz, Blanc, 1865,in-8° ; 7" Louis Van 
Beethoven, sa vie et ses œuvres, d'après les 
plus récents documents, par M"^ A. Audley, 
Paris, Didier, 1867, in-12. 

* BEFFROY DE REIGNY (Louis-Aef.l), 
dit le Cousin- Jacques. Au répertoire dramati- 
que de cet artiste excentrique, il faut ajouter les 
3uvrages suivants : 1° la Fédération du Par- 
nasse, un acte (paroles et musique), th. Beaujo- 
lais, 1790; 2° Jean-Bête, « comédie en 3 actes, 
avec ouverture nouvelle , ronde et vaudeville » 
(paroles et musique), th. des Grands-Danseurs du 
roi (Nicolet), 1790; 3° Louis XII, 3 actes, 
« mêlés d'airs, » Délassements-Comiques,' 1790 ; 
4" les Folies dansantes, 2 actes (paroles et 
musique), Délassements-Comiques, 1790; 5° Al- 
lons, ca va, on le Quaker en France, un acte 
(paroles et musique), th. Feydeau, 1793 ; 6° Un 
Rien, ou V Habit de noces, un acte (id.). Am- 
bigu, 1798 ;7° le Grand Genre, un acte (id.), 
Ambigu, 1799; 8° les Deux Charbonniers, 2 
actes (id.), th. Montansier, 1799; 9" le Bon- 
homme, ou PoiUot et Fanchon, un acte (iti.), 
th. Montansier, 1799. Je ne sais s'il y avait de la 
tousique dans le Retour dît Champ-de-Mars, 
divertissement en un acte du Cousin-Jacques, 
donné en 1790 au théâtre Beaujolais. Il a écrit 



en effet plusieurs pièces sans musique, telles que 
Démosthènes, Emilie ou les Caprices, les Ca- 
pucins, de même qu'il lui est arrivé de faire 
les paroles de deux opéras dont Leinoyne com- 
posa la musique : le Compère Lue, ou les Dan- 
gers de l'ivrognerie, et Toute la Grèce, ou Ce 
que peut la Liberté. C'est aussi lui qui a fait 
les compliments de clôture du théâtre Favart en 
1787, 1788 et 1789, ainsi que le discours d'ou- 
verture du théâtre Montansier. Quant à ses 
écrits en dehors du théâtre, je ne puis que ren- 
voyer à la très-substantielle et charmante notice 
que M. Charles Monselet a consacrée au Cousin- 
Jacques dans son excellent livre : les Oubliés 
et les Dédaignés. Cette nolice est d'ailleur! 
très-utile à lire, le musicien, dans le Cousin-Jac- 
ques, s'enchevêtrant parfois singulièrement avec 
l'écrivain. A tout prendre, cet artiste présente 
une physionomie curieuse et intéressante à étu- 
dier. Dans une notice publiée par moi sur De- 
vienne (Paris, 1864), j'ai inséré une longue 
lettre du Cousin-Jacques. 

* BEGUEZ (PiERRE-lGN\CE), chanteui 
belge, fixé à Londres depuis longues années, 
est mort en cette ville le 13 décembre 1863, 
peu de jours avant d'accomplir sa soixante- 
seizième année. C'est en 1815 que cet artiste fut 
attaché au Théâtre du Roi. de cette ville, en qua- 
lité de premier ténor. Ses succès furent considé- 
rables, non-seulement à ce théâtre, mais aussi 
dans les salons de la haute aristocratie an- 
glaise, qui l'avait pris en grande affection, el 
qui ne lui marchandait ni les applaudissements 
ni les guinées. Au bout de dix années environ, 
il renonça complètement à la scène pour n€ 
plus chanter que dans les concerts publics ou 
parliculiers, qui lui donnaient le succès et la 
fortune. Il assura d'abord le bonheur de sa 
famille, fit une pension à ,son vieux père, puis 
maria ses deux sœurs en leur faisant des dots. 
Il s'acheta ensuite un hôtel magnifique, et enfin 
se donna le luxe d'un riche équipage. Sa vogue 
était telle qu'elle portait préjudice aux succès 
des autres artistes, même des plus justement 
glorieux. On raconte à ce sujet que le dernier 
concert donné à Londres (26 mai 1826) par We- 
ber, alors mourant, n'attira personne, parce que, 
ce jour-là même, Begrez chantait chez le duc de 
Saint-Albans, et que toute l'aristocratie de h 
grande métropole s'était donné rendez-vous poui 
entendre son chanteur favori. Weber, l'immorte 
auteur d'Oberon et du Freischutz, ne couvrit 
même pas ses frais, tandis que Begrez, le chan- 
teur à la mode, fit une recette de près de cinq 
cents guinées ! 
BÉGUIN-SALOMON (Louise-Frédéri- 



BÉGUIN — BELLAPART 



65 



QUE COHEN, dite SALOMON, épouse BÉGUIN, 
connue sous le nom de M""'), pi.iniste et profes- 
seur, née à Marseille le 9 août 1831, fut aiimise 
le 7 juillet 1843 au Conservatoire de Paris, dans 
la classe de clavier de M"'' Jousselin, et passa 
ensuite dans la classe de piano de M'"<^ Farrenc, 
dont elle est restée l'une des meilleures élèves. 
Elle suivait aussi un cours de solfège, et, dès 
l'année 1846, obtenait dans les concours un 
premier prix de solfège et un accessit de piano ; 
le second prix pour cet instrument lui était 
décerné l'année suivante, et, après avoir rem- 
porté en 1850 un second prix d'harmonie et ac- 
compagnement, elle se voyait attribuer le pre- 
mier en 1851. Ses études terminées, M™^ Bé- 
guin-Salomon se consacra à l'enseignement, où 
elle conquit rapidement une notoriété justifiée, 
tandis qu'elle faisait fréquemment apprécier 
dans les concerts un solide talent d'exécution, 
rendu plus remarquable encore par ses rares 
qualités de musicienne. C'est surtout, en effet, 
dans l'interprétation des grandes œuvres clas- 
siques que brillait tout à la fois le jeu net, élé- 
gant et limpide de la jeune artiste, son style 
ferme, sobre, mesuré, enfin son tempérament 
empreint de grâce féminine et de passion ner- 
veuse. M*"* Béguin-Salomon devint bientôt une 
des meilleures pianistes de Paris, une des ar- 
tistes les plus aimées du public et de celles dont 
l'autorité s'impose à lattention. Il est juste 
d'ajouter que chez elles les qualités de l'artiste 
étaient complètes, en ce sens qu'elle était tou- 
jours prête à mettre son talent à la disposition 
des jeunes compositeurs, et à les aider à pro- 
duire leurs œuvres. Plus d'un lui a dû ses pre- 
miers succès, et j'en sais qui ont conservé pour 
elle, à ce sujet, un sentiment de véritable re- 
connaissance. M™* Béguin-Salomon, dont ;le re- 
nom de professeur est très-grand à Paris, est 
elle-même compositeur , et a publié pour son 
instrument quelques morceaux de genre d'un 
sentiment aimable et délicat. 

* BEHREi\S ou BERENS (Hermanj»). 
Cet artiste, né en Allemagne, est établi depuis 
longues années à Stockholm, où, en 1860, il a 
été nommé chef d'orchestre du second théâtre. 
J'ignore quelle est aujourd'hui sa situation, et 
je n'ai pu réunir .sur ce compositeur d'autres ren- 
seignements que ceux qui se rapportent aux 
opéras qu'il a fait représenter à Stockholm, et 
qui, à ma connaissance, sont au nombre de 
quatre : i» Violeda, grand opéra, dont l'effet 
fut médiocre et qui n'obtint que ce qu'on appelle 
un succès d'estime-, 2" Le Songe d'une iSuit 
d'été, opéra-comique en 2 actes, qui fut accueilli 
plus favorablement et qui obtint vingt représen- 

BIOGR. CNIV. DES MUSICIENS. SUl'PL. — T. 



talions consécutives ; 3" Lidly et Quinault, 
opéra-comique en 2 actes , dont le succès fut 
plus marqué encore, et dont le livret était imité 
de celui que Nicolo mit naguère en musique 
sous le même litre; celui-ci fut représenté au 
mois dedécenibre 1859; 4" i?/cc«rdo, opéra en 
3 actes, représenté au mois de février 1869; les 
paroles de ce dernier, imitées d'un ouvrage de 
Scribe, étaient l'œuvre d'un chanteur du théâtre 
royal de Stockholm, M. Fr. Arlberg, qui rem- 
plissait le principal rôle. M Behrens a publié 
un certain nombre de morceaux de genre pour 
le piano ; ces compositions se montent au chif- 
fre de soixante environ , dont plusieurs ont été 
éditées par la maison Schott (Mayence, Bruxelles 
et Londres). 

liEHREIVDT (NicoLAï), compositeur da- 
nois, a fait représenter sur le théâtre royal de 
Copenhague, au mois de novembre 1860, un 
opéra qui avait pour titre l'Épreuve du cœur. 
Je n'ai pas d'autres renseignements sur cet ar- 
tiste. 

REHKER (Jean-Henri), violoniste et orga- 
niste néerlandais, né à Windschoken, dans la 
province de Groningue, le 5 janvier 1826, fit ses 
études à l'école de musique de La Haye, où il 
reçut des leçons d'orgue de M. F. Smit, orga- 
niste de la cour. Nommé en 1847 organiste à 
Meppel, dans la province de Drenlhe , il devint 
en 1851 maître de musique de la ville de Gouda. 
Il a publié plusieurs cantates, des morceaux de 
piano, entre autres trois sonatines, un recueil de 
14 cliants d'enfants, etc. On connaît aussi de lui 
deux ouvertures de concert, une marche triom- 
phale pour orchestre, un hymne à 4 voix et dif- 
férentes autres compositions. 

BELARI (Emilio), chanteur italien, est l'au- 
teur d'une brochure publiée sous ce titre : La 
voix à tout le monde (Paris, 1875). Dans cet 
opuscule, l'écrivain se flatte d'être possesseur 
d'un secret merveilleux pour la découverte et la 
culture de la voix chez les individus qui semblent 
le plus complètement déshérilés^sous ce rapport. 
Ce n'est pas la première fois que pareille utopie 
aura été mise en cours, et ce ne sera vraisem- 
blablement pas la dernière. 

*BELCKE (Frédéric-Auguste), est mort à 
Lncka, sa ville natale, le 10 décembre 1874. 

BELLA (Jean-Léopold), compositeur, est 
né à Saint-Nicolas, dans la haute Hongrie, en 
1843. Il a principalement écrit de la musique 
d'église, qu'on dit très-remarquable. Y. 

BELLAPART (Francisco), musicien espa- 
gnol, a fait exécuter le 10 avril 1868, en l'église 
Saint- Augustin, de Barcelone, un Stabat Mater, 
de sa composition, 
f. 5 



66 



BELLASIS — ]3ELLL\I 



BELLASIS (Edward), écrivain musical 
anglais, est l'auteur d'un ouvrage publié sous ce 
titre : Cherubini, memorïnls illustrative of 
Jiis lifp, Londres, Burns et Oatcs, 1874, in-8". 

BELLEIîMAMiV (Henri), fils de Jean- 
Frédéric Bellerniann (V. Biographie univer- 
selle des Musiciens, t. I'""), est né à Berlin le 
10 mars 1832. Comme toute sa famille, il s'est 
adonné à la musique ., et a spécialement étudié 
celle du moyen âge. Depuis 1866, il est profes- 
seur de musifjueà l'Université de Berlin, où il a 
remplacé A. B. Marx. Il a publié plusieurs Ira- 
vaux scientifiques, qui ont paru dans les Jahr- 
bûcher fur niusikalische Wissenscha/l {An- 
nuaïre de la science musicale) de Chrysander, 
ou dans \' Allgemeinen musi kalischen Zeilung 
(Gazelle générale de la musique de Leipzig). 11 
a publié .séparément à Berlin, en 1S58 -. Die men 
Sîiral Soten und Taclzeicfien des 15 und 16 
Jahrhunderts {les signes de durée et de me- 
sure du quinzième et du seizième siècle).lie\\er- 
mann a également publié un ouvrage de théorie 
sur le contre-point « Der Contrapunct » (Berlin, 
1802) et écrit plusieurs compositions musicales : 
oratorios, psaumes, motets, ouvertures, etc., sans 
compter les chœurs et les mélodrames qu'il a 
faits pour plusieurs tragédies de So|)hocle. — Y. 

* BELLI (Jui.es). m. Brigidi a publié sur cet 
artiste (Modène, 186.'i, in-8") une notice ainsi in- 
titulée : Cenni sulla vita e sulle opère di Giu- 
lio Belli, Longianese, maestro e scrittore di 
musica del secolo XVI. 

* BELLIXI (Vincent). Nous complétons ici 
la liste des écrits publiés sur Beliini : 1" Osser-> 
vazionisul merito musicale dei maestri Bel- 
Uni e Rossini, in risposta ad un parallelo tra 
mcdesinilpiibblicato in Palermo (Bologna,1834, 
in-8'');2" In morte di Vincenzo Beliini, da 
Luigi Scovazzo (Napoli, s. d., in-8") ; 3" Dis- 
corso e componimenti poetici inoccasione del 
ritorno in patria delV esimio maestro di 
musica Vincenzo Beliini, reàthW neWa gran sala 
casa comunale di Catania, nel 18 marzo 1832 
(Catania, 1832, in-8"} ; i" Rossini et Beliini, 
réponse de M. le marquis de San-Jacinto à un 
écrit publié à Palerme, revue, réimprimée à Bo- 
logne et traduite en français par M. le Chevalier 
de Ferrer (Paris, impr. Everat, 1835, in-8") ; 
5 ' Vita di Vincenzo Beliini, scritta dall' avvo- 
cato Filippo Cicconetti (Prato, lip. Alberghetti, 
1859, in-12 avec portrait) ; 6" Beliini, par 
M. Labat (Bordeaux, Gounouilhou, 1865, in-8); 
T Beliini, sa vie, ses œuvres, par Arthur Pou- 
gin (Paris, Hachette, 1868, in-12 avec portrait et 
autographes). 

On ne doit pas oublier de mentionner ici les 



cérémonies grandioses qui eurent lieu en 1876 
pour la translation des cendres de Beliini sur la 
terre natale du maître. Beliini, on le sait, était 
mort à Puteaux le 23 septembre 1835, et avait 
été inhumé à Paris, dans le cimetière du Père- 
Lachaise. Le gouvernement italien ayant fait 
demander au gouvernement français la remise 
de ses restes mortels, et celui-ci ayant aussitôt 
consenti, une députation de la Tille de Catane se 
rendit à Paris, où la cérémonie de l'exhumation 
eut lieu le 15 septembre 1876; le corps fut 
immédiatement dirigé sur l'Italie, où toutes les 
villes par lesquelles passa le convoi lui firent 
un accueil enthousiaste, et arriva à Catane le 
'23 septembre, jour qui était le quarante et unième 
anniversaire de la mort de Beliini. Là, de grandes 
fêtes furent célébrées, et la cérémonie funèbre 
fut entourée d'une pompe et d'un éclat indes- 
criptibles. L'Italie entière fit aux mânes du 
grand artiste un accueil digne d'elle et de lui. 
A cette occasion plusieurs écrits furent encore 
[lubliés, qui doivent être mentionnés ici : 1" Vin- 
cenzo Beliini, scène intime in cinque parti, 
da Nicola Argenti (Rome, Riccomanni, 1876); 
T Parole su Vincenzo Beliini, dette da 
Gaetano Ardizzeni nelpalazzo municipale di 
Catania ildl2^ settembre 1876 (Catane, Ga- 
latola, 1876);'}" Vincenzo Beliini, racconto 
slorico di Carlo Zappalà Scammacca (Catane, 
1876); y Ricordi délie fsste belliniane (Ca- 
tane, 187G). Au moment même où les cendres 
de Beliini arrivaient à Catane, un journal mu- 
sical se fondait en cette ville, sous le titre de 
Beliini (i). 

* BELLIXI (Pio). Au nombre des ballets 
dont cet artiste a écrit la musique pour le théâtre 
de la Scala, de Milan, il faut citer la Duchessa 
di Mazarino {I8'i~), et le Villanelle di Cham- 
bèrtj (26 décembre 1846). 

BELLllM (GiiNTi). Cet artiste a fait repré- 
senter les ouvrages suivants : i" Le 15 Août en 
Algérie, cantate, IFolies Sainl-Germain, 15 août 
1865; 2° les Chevrons de Jeanne, opérette en 
un acte, Folies-Marigny; 2 octobre 1865; 3" Gla- 
ces et Coco, opérette en un acte, théâtre Saint- 
Germain, 5 octobre 1865; 4" Raphaél, grand 
opéra en cinq actes. Athénée, 28 mai 1873. Tout 
cela était de la musique d'orgue de Barbaiie, et 
le « grand opéra » intitulé Raphaël a obtenu 
l'un des succès de fou-rire les plus complets que 



(i) Sous ce lltrfi : Un dernier hommage à Beliini, J'ai 
publié dans le journal le Meneslrel (!«' 8 et 15 octobre 
1876) un compte-rendu itrè-i-complet et détaillé de la 
cérémonie de l'exhumation des cendres de Beliini, de 
leur transport en Italie et de leur arrivée à Catane. 



BELLINl — BENDER 



67 



les annales du théâtre aient jamais eu à enre- 
gistrer. 

6ELLISI (FiLii'PO-C.vRLo), violoniste dis- 
tingué et compositeur, né à Bologne vers le mi- 
lieu du dix-septième siècle, a publié un certain 
nombre de compositions consistant en ballets, 
courantes, gigues, etc., à trois instruments. En 
1685, il fut reçu à l'Académie des philharmoni- 
ques de sa ville natale. 

* BKLLOLI (Loiis). Cet artiste était attaché 
en qualitéde premier cor à l'orchestre du Ihéàlre 
de la Scala, de Milan. 

* BELLOLI (Augustin), qui était peut-être 
le frère, ou le fils du précédent, remplit, après 
lui, l'emploi de premier cor au théâtre de la 
Scala (1819-1829). A la liste des ballets dont il 
écrivit la musique pour ce théâtre, il faut ajouter 
les suivants : 1" Maometto , 11 juin 1822; 
2° Gabriella di Vergy ( en société avec P. Ro- 
mani), 24 août 1822 ; 3" Adelasia di Guesclino 
(et non Adélaïde di Guesclino), 1 juin 1823 ; 
4" / Baccanali aboliti, 23 août 1823; 5" la Ve- 
dova spiritosa, 1823. 

BELLOUR (Ferdinand). Un écrivain de ce 
■nom a publié une brochure ainsi intitulée : 
Explication des applications du gammomètre 
universel transpo'siteur, ou la Science de 
l'art musical expliquée et appliquée par 
tout le inonde (Paris, 1865, in-4" de 23 pp., 
avec facsimile d'une lettre de Rossini adressée 
à l'auteur). 

* BELOSËLSKY (le prince Alexandre). 
Une confusion s'est produite dans la notice con- 
sacrée à cet écrivain par l'auteur de la Biogra- 
phie universelle des Musiciens. Loin d'injurier 
Gluck, le prince Beloselsky fait au contraire en 
assez bon termes, dans sa brochure : De la Mu- 
sique en Italie, l'éloge du grand com|)ositeur, 
tout en ne lui consacrant que vingt-cinq lignes. 
Ce n'est point dans l'écrit du prince russe que se 
trouve le jugement textuellement rapporté par 
Fétis, et voici l'expiicalion de ce malentendu 
singulier. 

Marmontel, on le sait, fit dans le Mercure de 
Jî'rance de juillet 1778 une analyse delà brochure 
de Beloselsky, et il en profita pour dire que le 
P. Martini n'était pas aussi enthousiaste de Gluck 
que les partisans de celui-ci voulaient le faire 
croire. Suard répondit à Marmontel dans le 
Mercure d'août, et s'exprima ainsi, après avoir 
cité les passages de Martini ayant trait à Gluck : 
« Il n'y a certainement point d'excès dans ces 
éloges; mais encore ne sont-ils pas si éloignés 
de l'enthousiasme des admirateurs de M. Gluck, 
que du mépris impitoyable avec lequel il a été 
raité par ses détracteurs. Le Père Martini est 



bien loin de penser que ce soit un barbare qui 
eût fallu renvoyer dans les forêts de la Germa- 
nie ; que ceux qui l'applaudissent sont des bar- 
bares ; qu'il a reculé l'art d'un siècle; qu'il n'a ni 
chant, ni mélodie, etc., etc. » On le voit, les pa- 
roles injurieuses attribuées à tort à Beloselsky ne 
sont nullement de lui, et appartiennent au con- 
traire à un défenseur de Gluck, qui les prête au 
figuré aux détracteurs du maître. Marmontel 
répondit à Suard dans le Mercure du 5 septem- 
bre 1778, et ce dernier répliqua une seconde fois 
et assez longuement dans le numéro du 5 octobre 
suivant du même journal. {Voyez Gluck.) 

Er. t. 
BENDAZZl (LuiGiA), chanteuse fort dis- 
tinguée, qui s'est fait en Italie une réputation 
solide et rapide, est née à Ravenne en 1833. 
Après avoir travaillé avec M. Piacenti à Milan, 
puisa Bologne avec M. Dallara, elle débuta en 
1850 au théâtre San-Benedetto, de Venise; ses 
qualités de style, son sentiment pathétique, et 
en même temps la nature de sa voix, remarqua- 
ble par un rare velouté et par une puissance 
étonnante, lui valurent aussitôt de très-grands 
succès, qui se reproduisirent dans les diverses 
villes où elle se fit entendre par la suite : Ro- 
vigo, Trieste, Naples, Florence, Parme, Vienne, 
Rome, Bergame, Gênes, Bologne , etc. Pendant 
plusieurs années, cette cantatrice fut l'idole du 
public, qui l'accueillait toujours avec enthou- 
siasme. Elle a épousé un musicien piémontais, 
M. Benedelto Secchi. 

* BENDEL (Charles), compositeur, est né à 
Prague le 16avrill838. Il a composé des messes, 
des chœurs, et environ 200 mélodies pour voix 
seule, qui sont populaires par toute la Bohême. 
Il a également abordé le théâtre, et l'on connaît de 
lui un opéra romantique, Lejlo, représenté avec 
grand succès sur le théâtre national de Prague, 
le 4 janvier 1868. Un autre drame musical de sa 
composition porte le titre de Bretislav. Y. 

BEXDEL (François), pianiste et composi- 
teur, est né en Bohême le 3 mars 1833. C'est un 
des virtuoses les plus remarquables de notre 
époque. Il a écrit une messe, et une foule de 
compositions pour son instrument. Il est actuel- 
lement fixé à Berlin. Y. 

* BEIVDEK (Jean-Valentin), inspecteur des 
musiques de l'armée belge, directeur de la mu- 
sique de la maison militaire du roi et de celle du 
régiment des guides, est mort à Bruxelles le 
14 avril 1873. Il était né à Bechtheim (Hesse- 
Darmstadt) non en 1800, mais le 19 septembre 
1801, et avait été naturalisé Belge en 1842. — 
Un neveu de cet artiste, Adam Bender, fils de 
Jacques Bender, est mort au mois de septembre 



68 



BENDER — BÉNÉDJT 



1873, à Hasselt ; c'était, ainsi que son père et son 
oncle, un clarinettiste distingué, et il avait dirigé 
pendant quelque temps l'orchestre du casino des 
Galeries-Saint-Hubert de Bruxelles, ainsi que la 
société ï Harmonie royale de Vilvorde; il était 
en dernier lieu chef de musique du 11» régi- 
ment des grenadiers. — Un frère de celui-ci , 
M. Constantin Bcnder, est chef de musique du 
régiment des grenadiers. 

BEI\DIX (Charles), compositeur, est né à 
Stockholm en 1818. On connaît de lui un opéra, 
la Fée du Rhin, qui a brillamment réussi sur 
les scènes suédoises. Y. 

BEIXEDETTI (Giovanin-i-Fr.\ncesco), com- 
positeur de musique religieuse, né à Lucques , 
fut maître de musique au service de la cour de 
Mantoue , et publia à Venise, un recueil de 
psaumes à quatre voix concertantes, avec accom- 
pagnement de violons. On connaît aussi de lui 
une messe concertée à quatre voix avec instru- 
ments. Cet artiste est mort vers le milieu du 
dix-huitième siècle. 

* BÉNÉDICT (JiLEs). Le temps n'a fait 
que consolider et rendre plus brillante la situation 
presque exceptionnelle que cet artiste fort dis- 
tingué a su se créer à Londres. En 1859, il était 
tout à la fois chef d'orchestre du théâtre italien 
de Covent-Garden , chef-directeur de la Vocal 
Association, et directeur des Concerts populaires 
du lundi {Monday popular Concerts), en même 
temps qu'il était chargé de la direction des fa- 
meux festivals de Norwich , si célèbres en Angle- 
terre. En 1865, une souscription fut ouverte pour 
offrir à M. Bénédict un magnifique testimonial 
à l'occasion de la trentième année de son séjour en 
Angleterre. Les œuvres suivantes doivent être 
ajoutées à la liste des compositions importantes 
de cet artiste : 1° Undine, légende lyrique, 
exécutée au festival triennal de Norwich , en 
septembre 1860; — 2" Le Lac de Glenaston, 
opéra représenté avec grand succès au théâtre 
de Covent-Garden, en février 1862; —3° The 
Lilly of Killerney (Le lys deKillerney), opéra 
joué vers la même époque à l'Opéra anglais, et 
qui n'obtint pas moins de soixante représenta- 
tions; joué ensuite en Allemagne sous le titre de 
la Rose d'Erin, cet ouvrage, traduit en fran- 
çais par MM. D'Enneryet Hector Crémieux, de- 
vait être représenté à Paris, au Théâtre-Lyrique, 
en 1865, avec M™' Carvalho comme principale 
interprète ; — 4° The Bride of Song, opéra en 
un acte, joué au théâtre de Covent-Gar den le 
3 décembre 1864 ; — 5" Richard Cœur-de-Lion, 
oantale exécutée avec un énorme succès au fes- 
tival triennal de Norwich, en septembre 1863 ; — 
6» Sainte-Cécile, cantate exécutée au festival 



triennal de Norwich, en novembre 1866 (chantée 
à l'Opéra de Paris, quelques années plus tard, 
par M"^ Christine Niisson); — 7" Saint-Peter, 
oratorio , exécuté au festival triennal de Nor- 
wich, en 1872; — 8"Symphnoie en sol mineur, 
exécutée au même festival ; 9° Cantate pour les 
fêtes du retour du prince de Galles de son 
voyage aux Indes, Porismouth, 11 mai 1876; 
— 10" concerto de piano (nouveau), avec ac- 
compagnement d'orchestre, exécuté par l'auteur 
en 1863; — 11" Sonate pour piano et violon, op. 
88. M. Bénédict a écrit des récitatifs pour la 
version italienne de VOberon de AYeber, qu'il fit 
exécuter au théâtredeDrury-Lane en 1859 ou 1860, 
BÉIVÉDIT (Pierre-Gustave), né à Marseille 
le 7 avril 1802, apprit la musique à la maîtrise 
des Pénitents-bleus de cette ville. Ayant perdu 
de bonne heure son père , capitaine au long 
cours, il tenta d'abord la carrière commerciale. 
Il y renonça vers l'âge de vingt ans, et se rendit 
à Paris, où il entra au Conservatoire pour com- 
pléter son éducation musicale. Il en sortit en 
1827, avec le premier prix de déclamation lyrique 
et un accessit de vocalisation. Il ht aussitôt après 
son début réglementaire à l'Odéon dans le rôle 
de « Figaro » du Barbier, en même temps que 
Duprez qui jouait « .\linaviva ». Acteur lourd et 
sans verve, il eut le bon esprit de sentir lui- 
même ses défauts, et renonça au théâtre. De 
retour dans sa ville natale, il se mêla activement au 
mouvement politique et littéraire qui se produi- 
sit vers la fin de la Restauration. Il fut journaliste 
militant, et écrivit des satires politiques en vers 
français. Quelque temps employé à la préfecture 
des Bouches-du-Rhône, en 1830, il devint bientôt 
définitivementprofesseurde chant et critique dra- 
matique musical. 11 prit une part suivie comme 
chanteur soliste aux concerts Thubaneau, qui 
exerçaient une grande influence sur le mouve- 
ment musical à Marseille. Nommé professeur de 
chant. et de déclamation au Conservatoire de 
cette ville, il conserva ces fonctions jusqu'à sa 
mort, et forma de nombreux élèves , qui ont 
marqué dans la carrière dramatique : la liste en 
serait trop longue pour quelle puisse être rappor- 
tée ici. Enfin , comme critique musical , il rédigea 
également jusqu'à sa mort le feuilleton musical 
du journal le» Sémaphore », dans lequel il avait 
acquis une réelle autorité. Plusieurs de ses ar- 
ticles, écrits avec sagacité sur la question du 
diapason, ont été réunis et publiés en brochure 
sous le titre : le Diapason nortnal (Marseille, 
impr. Barlatier, 1860, in- 18). Il mourut le 8 dé- 
cembre 1870, laissant d'unanimes regrets, que 
lui valaient la bonté de son cœur et la loyauté 
de son caractère. 



BÉNÉDIT — BENOIST 



69 



Les véritables titres de Bénédit à la notoriété 
sont ses poèmes en patois provençal : il a laissé 
dans ce genre de petits chefs-d'œuvre, notam- 
ment le Chichois, peinture spirituelle et exacte 
des mœurs populaires provençales. En français, 
Bénédit perdait une bonne part de sa verve et de 
son esprit : ses feuilletons sont écrits lourde- 
ment et non sans une certaine alTectation pé- 
dantesque. Il était en outre assez ignorant de 
tout ce qui en musique sortait du domaine pu- 
rement dramatique. Son jugement n'était pas 
éclairé par des connaissances techniques suffi- 
santes : il connaissait mal la'musique de cham- 
bre et les chefs-d'œuvre symphoniques. Mais il 
jugeait très- sainement les choses du théâtre 
dont il avait l'expérience. Comme professeur il 
a rendu de longs et réels services. — Al. R — d. 

BEIMTO (CosjieDE), violoncelliste espagnol 
contemporain, a publié chez l'éditeur Romeo y 
Andia, à Madrid , une Nouvelle Méthode élé- 
mentaire de violoncelle. 

* BENiXETT (William STEKADALE). 
Cet artiste remarquable est mort à Londres le l" 
février 1875, à l'âge de cinquante-neuf ans. Il s'était 
fait une grande situation en Angleterre, et ce qui le 
prouve, c'est que c'est lui qui fut choisi pour mettre 
en musique l'ode de M. Tennyson destinée à être 
exécutée lors de la cérémonie de l'inauguration 
de l'Exposition universelle de Londres en 1802, 
inauguration pour laquelle trois compositions 
instrumentales avaient été demandées à Meyer- 
beer, à Auber et à M. Verdi. M. Bennett était 
donc considéré, en cette circonstance, comme le 
champion de l'école musicale anglaise, les écoles 
allemande, française et italienne étant repré- 
sentées par les trois compositeurs qui viennent 
d'être nommés. Bennett, qui était à cette époque 
principal (directeur) de la Rotjal Acadenvj of 
music, chef d'orchestre de la Philharmonie- 
Society etde \a Bach-Society, se vitconférer dans 
la grande salle du sénat de l'Université de Cam- 
bridge, le 31 octobre 1867, le grade de Mastcr 
of Arts. Il était professeur de musique à cette 
Université depuis 1856. En 1871, la reine d'An- 
gleterre l'avait créé baronnet, en même temps que 
deux autres musiciens, M. Julius Benedict et le 
docteur Elvey. 

La ville de Londres fit à Bennett des funérailles 
splendides, et son corps fut déposé dans l'abbaye 
de Westminster, ce panthéon des hommes illus- 
tres de l'Angleterre. Au mois de décembre 1875, 
son buste, œuvre du sculpteur Malampré, fut 
inauguré dans la belle salle de concert de Shef- 
field, et sur le piédestal fut placée l'inscription 
suivante -. « Sir William Sterndale Bennett, 
docteur en musique, professeur de musique à 



l'Université de Cambridge, et principal de 
V Académie royale de musique, né à Sheffield 
le 13 avril 1816, mort le f*^ février 1875, 
inhumé à l'abbaye de Westminster. » 

Parmi les œuvres de Bennett, il faut signaler, 
outre celles qui ont été mentionnées dans la Bio- 
graphie universelle des Musiciens : 1° Sym- 
phonie en mi mineur; 2° Symphonie en sol mi- 
neur, considérée comme son chef-d'œuvre : 3° la 
Femme de Samarie, oratorio exécuté en 1867 
au festival de Birmingham-, 4° Ouverture du Pa- 
radis et la Péri ; 5° Ouverture, chœurs et mar- 
che funèbre à'Ajax; 6° de nombreuses mélodies 
vocales, entre autres les suivantes : Musing on 
the roaring océan, May dew, Forget me not. 
Ta Chloe, the Past, Gentle zéphyr, formant le 
recueil op. 23; Indian love, Winter's gone, 
Dawn, gentle Jlower, Castle gorden. As lone- 
some through the ivoods, Sing, maiden, sing 
formant le recueil op. 35 ; Maiden mine, Sun- 
set, Dancing lightly, Staymy, charmer, for- 
mant le recueil posthume op. 47. 

BEMXEWITZ (WiLHELM), compositeur al- 
lemand contemporain, a fait représenter sur le 
tliéâtre de Chemnitz, le 24 mars 1876, un opéra 
intitulé Die Rose von Woodstock. 

* BENOIST (François), professeur d'orgue 
au Conservatoire de Paris, est né à Nantes le 
10 septembre 1794 (et non 1795, comme il a été 
dit par erreur). C'est le 1" avril 1819 qu'il fut 
nommé professeur de la classe d'orgue au Conser- 
vatoire, classe qui n'existait pas et qui fut créée 
pour lui. Il a pris sa retraite au mois de février 
ou de mars 1872, après cinquante-trois années 
d'exercice, seul exemple d'une aussi longue car- 
rière dans cet établissement. Ses principaux élè- 
ves ont été, pendantce long professorat, Adolphe 
Adam, Fessy, Lefébure-Wély, Alexis de Ga- 
raudé, Vauthrot, Chauvet, MM. Edouard Batiste, 
Renaud de Vilbac, Alkan aîné, Bazin, Edmond 
Hocmelle, Duvernoy, Bazille, César et Joseph 
Franck, Georges Bizet, Charles Colin , Deslan- 
dres, Salomé, Théodore Dubois, Paladilhe, 
Henri Fissot, Lavignac. 

Le répertoire dramatique de M. Benoist, d'ail- 
leurs peu nombreux, se compose des ouvrages 
suivants : 1" Léonore et Félix, un acte, Opéra- 
Comique, 1821 ; 2° la Gipsy, ballet en trois actes, 
en société avec Marliani et M. Ambroise Tho- 
mas, Opéra, 1839; 3" le Diable amoureux, 
ballet, en société avec M. Henri Reber, Opéra, 
1840; 4" l'Apparition, opéra en 2 actes. Opéra, 
1848; 5" Nisida. ou les Amazones des Açores, 
ballet en deux actes. Opéra, 1848; 6" Pâquerette, 
ballet. Opéra, 1851. Eu dehors de ses travaux de 
compositeur et de professeur, M. Benoist a su 



70 



BENOIST — BENOIT 



trouver le temps de se mêler aussi à la littéra- 
ture musicale , ce qu'aucun biographe n'a re- 
marqué jusqu'ici. Il a collaboré pendant assez 
longtemps à la Gazelle musicale, et j'ai noté, 
dans le Dictionnaire de la Conversation et 
de la Lecture, les mots suivants, qui sont signés 
de lui : Consonnance, Da Capo, Déchiffrer, 
Decrescendo, Délia ilia/'ia (biographie), Des- 
sus, Détonner, Diatonique, Dissonance, 
Do, Doigter, Enharmonique. Cet artiste ho- 
norable et distingué est chevalier de la Légion 
d'honneur depuis le 18 novembre 1851. Il a été, 
pendant plusieurs années, chef des chœurs à 
l'Opéra. 

* BEIXOIT (Pierre-Lkoard-Léopold), com- 
positeur, directeur de l'école flamande de inusi 
que d'Anvers (1). Cet artiste très-actii et très-bien 
doué s'est fait en Belgique une situation parti- 
culière et considérable, grâce à son talent d'a- 
bord , talent sérieux et inconteslable , ensuite 
grâce à l'habileté qu'il a mise à se placer à la 
tête du parti musical flamand, parti que ses ten- 
dances portent du côté de l'Allemagne et qui 
considère l'art français avec une sorte de com- 
misération dédaigneuse. Ce n'est pas ici le lieu 
d'établir une discussion de principes à ce sujet. 
En rendant l'hommage le plus complet aux 
grandes et nobles traditions de l'Allemagne mu- 
sicale, en constatant les immenses services que 
ce pays a rendus à l'art, nous ne serons pas 
sans doute taxé d'outrecuidance en affirmant 
que la France n'a pas été tout à fait étrangère à 
la grande évolution qui s'est produite dans la 
musique depuis un siècle, évolution que les 
artistes étrangers sont venus opérer chez nous, 
sachant que notre public était plus prêt que le 
leur à les écouter, à les comprendre et à les 
admirer. Nous croyons donc pouvoir dire que la 
France n'a jamais été en arrière du progrès mu- 
sical, qu'elle l'a, au contraire, plus accéléré 
peut-être que les autres pays, en acceptant d'être 
le champ-clos oii les étrangers viendraient se 
mesurer entre eux et produire leurs plus grands 
chefs-d'œuvre. 

Ceci dit, il nous sera permis de trouver étran- 
ges les idées et les prétentions d'une certaine 
école belge à vouloir fonder un art prétendu 
flamand, dont l'existence nous paraît impos- 
sible et chimérique. Cette école, en effet, n in- 
nove rien au point de vue purement musical; 
son génie l'éloignant de l'esprit français, elle 



(1) Le nom du pa;s natal de M. Benoit a été défiguré à 
l'impression dans le !«'' volume de la Biographie iiiii- 
verselle des Musiciens. C'est à Ilarlebeke qu'est né cet 
artiste. 



cherche à se rapprocher le plus possible de l'es- 
prit allemand. Ceci est affaire de tempérament, 
et de telles tendances sont absolument indiscu- 
tables. Quelle est donc la théorie de l'école néo- 
flamande, et quel moyen entend-elle employer 
pour devenir un art national, un art suigeneris, 
un art flamand en un mot ? Ce moyen est bien 
simple, et consiste uniquement à écrire de la 
musique sur des paroles flamandes ! Voilà, 
en vérité, une jolie découverte, et l'on peut se 
demander si les qualités purement musicales de 
l'art belge seront transformées coiume par en- 
chantement parce que certains musiciens abju- 
reront la langue française pour composer sur un 
idiome différent. 

A supposer que les tendances de l'école dont 
M. Benoit est aujourd'hui le chef le plus accré- 
dité viennent à prévaloir, qu'arrivera-t-il en 
Belgique en ce qui concerne la musique drama- 
tique, c'est-à-dire celle qui ne peut se passer du 
secours d'un texte écrit? Il arrivera que les 
compositeurs, travaillant pour un public extrê- 
mement restreint et dont la langue n'est com- 
piise nulle part, travailleront en jiurc perte , ne 
laisseront à leurs œuvres la possibilité d'aucune 
e\i)ansion, et les condamneront à un éternel 
oubli. Est-ce là ce qu'ils veulent? Ce n'est pas 
supposabie. SiGrétry, siGossec,siGrisar avaient 
voulu s'astreindre à n'écrire (lue sur des paroles 
flamandes, ils ne seraient point devenus célè- 
bres, et depuis longtemps leurs œuvres seraient 
tombées dans l'oubli; pour mieux dire même, la 
plupart de ces œuvres n'existeraient pas. Il faut 
bien que les artistes belges se rendent exacte- 
ment compte qu'ils ne peuvent rien par eux- 
mêmes, c'est-à-dire par leur i)ays, dont le peu 
d'étendue les condamne à une notoriété toute 
locale et sans rayonnement possible; si, au point 
de vue musical, ils veulent la gloire, la renom- 
mée, la foi tune, il faut, de toute nécessité, qu'ils 
les aillent chercher à l'étranger, comme plusieurs 
l'ont déjà fait, car, encore un coup, leur pays est 
inhabile à les leur procurer. Pour ce qui est de 
la musique dramatique, ils n'ont que deux 
partis à prendre , selon que leur tempérament les 
porte de l'un ou de l'autre côté : faire des opé- 
ras allemands , ou faire des opéras français. 
Quant à l'opéra flamand , à l'opéra prétendu na- 
tional , c'est une pure utopie. 

Ces réflexions n'étaient pas inutiles du moment 
qu'il s'agissait de faire connaître l'œuvre et la 
carrière de M. Benoit, le champion le plus 
décidé de l'art flamand et l'un des musiciens les 
plus remarquables delà Belgique contemporaine. 
Or, si M. Benoit, malgré sa grande valeur, n'est 
pas parvenu à faire percer son nom au-delà des 



BENOIT 



71 



frontières de son pays, s'il est resté inconnu du 
public allemand comme du public français (je 
dis : du public, parce que si la critique instruite 
et éclairée connaît l'artiste, la masse ignore jusqu'à 
son nom), c'est que M. Benoit a voulu précisé- 
ment se confiner dans l'art flamand , qui ne pou- 
vait le mener à rien. Si M. Gevaert avait fait 
comme lui, il n'occuperait pas aujourd'hui , en 
dépit de ses grandes facultés, la haute position 
qu'il a conquise. 

Et cependant l'activité de M. Benoit ne s'est 
jamais démentie, et son talent, quelques réserves 
qu'on ait pu faire au sujet de telle ou telle œuvre, 
n'a jamais été contesté. Après de grands succès 
d'école, il fit un voyage en Allemagne, d'où il 
envoya à l'Académie royale de Belgique un écrit 
intitulé : De l'École de musique flamande et de 
son avenir, et une Petite cantate de Noël, que 
Daussoigne-Méliul , dans son rapport à ce sujet, 
qualifiait de » composition remarquable à plus 
d'un titre». A son retour en Belgique, il fit exé- 
cuter, à Bruxelles et à Gand , une messe solen- 
nelle, « grande composition, disait à son tour 
Fétis, digne de fixer l'attention sous les deux 
points de vue qui embrassent toute la valeur 
d'une œuvre d'art, à savoir, la pensée et sa réa- 
lisation ». C'est encore Fétis qui disait : « Ce qui 
frappe au premier abord dans la musique du 
jeune compositeur, c'est l'accord du style avec 
l'objet religieux de l'œuvre. Ce style est grave. 
Mais ce n'est pas dire que ce soit celui de la 
musique d'église des maîtres qui ont écrit dans 
la seconde moitié du dix-huilième siècle ni dans 
la première moitié du dix-iieu\ième, car le jeune 
artiste marche dans une voie qui est la sienne , 
et n'accepte pas l'autorité de la tradition. » 

C'est après ce premier succès obtenu dans son 
pays que M. Benoit vint à Paris (18G1) avec 
l'espoir d'y faire jouer un opéra en trois actes , 
le Roi des Aulnes, qui, dit-on , fut reçu au 
Théâtre-Lyrique , mais ne fut jamais représenté. 
En attendant la mise à la scène de cet ouvrage, 
il accepta — qui le croirait aujourd'hui ! — la 
place de chef d'orchestre aux Bouffes-Parisiens 
(avril 18'J2), et remplit pendant quelque temps 
ces fonctions, dont le seul souvenir doit lui être 
singulièrement amer! Mais bientôt il retourna 
à Bruxelles, et reprit ses travaux de composition 
avec une activité qui depuis lors ne s'est ja- 
mais ralentie. C'est de cette époque que da- 
tent ses tendances ultra-flamandes, et ce sont 
ces tendances qui le firent choisir, en 1867, pour 
occuper le poste de directeur de l'école flamande 
de musique d'Anvers, qu'il a conservé jusqu'à 
ce jour. 

La liste des œuvres de M. Benoit est très- 



fournie, et la fécondité du musicien est d'autant 
plus remarquable que ces œuvres sont, pour la 
plupart, fort importantes. En voici la nomencla- 
ture, que je crois bien près d'être complète (1) : 
1" Petite cantate de Noël, 1860; — 2" Messe so- 
lennelle, exécutée à Bruxelles et à Gand, 1862 ; 

— 3" Te Deum, 1863 ; — 4° Messe de Requiem. 
1863; — 5" Quadriloyie, exécutée à Anvers au 
mois d'avril 1861; cette œuvre, divisée en 
quatre parties, n'était que la réunion des quatre 
compositions précédentes , formant une sorte de 
vaste oratorio; elle obtint un grand succès ; — 
6" Concerto de piano, avec accompagnement 
d'orchestre, exécuté à Bruxelles eu 1866; — 
7" Concerto de flûte, avec orchestre, exécuté à 
Bruxelles en 1866; — 8" Lucifer, oratorio fla- 
mand, Bruxelles, 30 septembre 1866; — 9" Isa, 
opéra flamand en trois actes, Bruxelles, théâtre 
flamand, 24 février 1867 ; — 10" l'Escaut, ora- 
torio flamand, 1869; — 11" Cantate, 1869; — 
12" l'Église militante, souffrante et triom- 
phante, drame religieux pour soli et chœurs 
avec orgue, violoncelles, contre-basses, trom- 
pettes et trombones, exécuté à Anvers en 1871 ; 
cet ouvrage a dorme lieu à une brochure pseu- 
donyme de M. Goovaerts ( Voyez- ce nom), publiée 
sous ce titre : Une nouvelle œuvre de Pierre 
Benoit analysée par Pierre Phalèse (Anvers, 
Sermon, 1871, in-8" de 19 pp.), et qui a paru aussi 
en flamand. — 13" De Oorlog {la Guerre), sorte 
de grand oratorio-cantate, exécuté à Anvers le 
16 août 1873 , et peu de temps après à Bruxelles ; 

— 14" ;« Colonne du Congrès, cantate, Bruxel- 
les; — 15" Cantate en trois parties, Liège ; — 
16" P/'o?«(^^^ée, oratorio, Gand; — 17° Hymne 
à l'Harmonie, Anvers ; — 18° Chant de la Lys, 
cantate exécutée dans une représentation de gala 
donnée à Courtrai en présence du roi (1875); — 
19° Les Faucheurs, symphonie chorale; — 20° 
Musique pour Charlotte Corday, drame his- 
torique en S tableaux, de M. Ernest 'Van der 
Yen, représenté au théâtre flamand d'Anvers 
le 18 mars 1876. 

La plupart des ouvrages qui viennent d'être 
mentionnés se distinguent par une grande puis- 
sance de conception, de réelles qualités d'inspi- 
ration, une science rare de l'orchestre et de 
l'emploi des grandes masses. Il est certain que le 
talent de M. Benoit fait honneur au pays qui l'a 
vu naître, mais il n'est pas moins certain que , 
par suite de la singularité que je signalais au 
commencement de cette notice, ce talent se con- 
fine volontairement dans un milieu trop étroit et 



(I) En y ajoutant celles qui sont déjà citées dans la 
Biographie universelle des Musiciens. 



72 



BENOIT — BÉRARD 



se condamne à l'obscuiité de propos délibéré. 
Les convictions flamandes de M. Benoit sont 
telles, du reste, qu'il a abjuré le prénom de 
Pierre, sous lequel il avait toujours été connu, et 
que depuis quelques années il est devenu M. Pe- 
ter Benoit. 

Aux œuvres dont on vient de lire les titres, il 
faut ajouter deux opéras français inédits, le Bol 
des Aulnes, dont l'auteur a fait exécuter parfois 
l'ouverture, et l'Amour mendiant; puis des 
ballades, des lieder et un certain nombre de 
chœurs sans accompagnement, un recueil de 
20 motets avec accompagnement d'orgue 
(Bruxelles, Scliott), etc. M. Benoit s'est produit 
aussi comme écrivain spécial, et a fourni des ar- 
ticles à divers journaux et recueils publiés à 
Bruxelles : le Messager des arts ( revue fla- 
mande), le Guide musical et VArt universel. 
M. Benoit est officier de l'ordre de Léopold. 

BEIVSA ( ), jeune compositeur italien, a 

ait représenter sur le théâtre de la Pergola, de 
Florence, au mois d'avril 1872, un opéra inlitulé 
Asiolfo Cavalcanti, qui n'a obtenu qu'un mé- 

ocre succès. 

BEi\TAYOUX (Frédéric), compositeur, 
est né à Bordeaux le 14 juin 1840. Admis au 
Conservatoire de Paiis au mois de décembre 
1853, dans la classe de piano de M. Marmontel, 
puis dans celle de M. Emile Durand pour le sol- 
fège, il obtint un premier accessit de solfège en 
1855, le second prix en 1856, un troisième 
accessit de piano en 1857, et un second accessit 
en 1S59. Devenu élève de M. Colin , puis de 
M. Bazin, pour l'Iiarmonie et l'accompagnement, 
il entra ensuite dans la classe décomposition de 
Carafa. A peine sorti du Conservatoire, M. Ben- 
t;iyou\ (qui écrit son nom Ben-Tayoux, sans 
doute pour lui donner quelque étrangeté) se li- 
vra à la composition, et écrivit une foule de 
morceaux de piano d'une valeur médiocre, ainsi 
que de nombreuses romances et chansons que 
volontiers il faisait entendre lui-même en public. 
Cet artiste a fait représenter les trois opérettes 
suivantes, toutes trois en un acte : i° Patchou-ly, 
Folies-Bergère, 1875; 2" le Dompteur de Bou- 
glval, Folies-Marigny, 1875 ; 3" Bobine, Folies- 
Bergère, 1876. 

BEiXVENUTI (ToMJiASo), compositeur ita- 
lien, né vers 1832, a fait représenter en 1856, 
au théâtre social de IVIantoue, un drame lyrique 
en quatre actes intitulé Valenzia Candiano, 
C'était, je crois, son début au théâtre. A cet ou- 
vrage succédait un second opéra sérieux, Sha- 
kespeare, que le jeune musicien produisait au 
théâtre de Parme en 1861, et quelques années 
après M. Benvenuti écrivait son troisième opéra. 



la Stella di Toledo, dont le livret avait été tiré 
par M. Ghislanzoni du Don Juan d'Autriche de 
Casimir Delavigne, car on sait que les librettistes 
italiens puisent rarement leurs sujets dans leur 
propre fond et mettent incessamment notre 
théâtre à contribution. La Stella di Toledo de- 
vait être représentée à la Scala, de Milan, mais 
le jeune compositeur se vit en butte à toutes 
sortes d'ennuis ; l'administration de la Scala 
préférant à son ouvrage, on ne sait pourquoi, une 
œuvre posthume de notre compatriote Chelard , 
le Aquile romane, qui du reste n'eut aucun 
succès, l'obligea à se rabattre sur une scène de 
second ordre, celle de la Canobbiana, dont la 
troupe, déplorablement faible à ce moment, n'of- 
frait aucun élément suffissaut d''exécution. C'est 
cependant dans ces conditions très-fâcheuses, 
avec des interprètes impossibles , avec une mise 
en scène ridicule et sordide, que M. Benvenuti 
se vit forcé, en 1864, d'affronter le jugement du 
public. 11 n'eut pas à s'en repentir; en dépit de 
tout, comme sa partition, malgré des défauts de 
forme et un manque évident d'expérience, con- 
tenait .de fort beaux morceaux, et que le compo- 
siteur y avait fait preuve de jeunesse, de vail- 
lance et d'inspiration , le succès fut très-grand 
et retentit bientôt au delà de Milan même. Pour- 
tant, malgré ce succès très-sincère, M. Benve- 
nuti n'a pas reparu depuis lors à la scène, et n'a 
plus fait parler de lui. 

BExXZ (JEAx-BAi'TiSTE),"compositeur de mu- 
sique religieuse , est né à Lauehheim, dans le 
Wurtemberg, le 17 juin 1807. Outre plusieurs 
mcssesj motets, etc., il a publié une Harmonia 
sacra qui renferme les principaux chorals du 
culte catholique, avec accompagnement d'orgue. 

Y. 

BEAZAîV (Siegfried), musicien danois, est 
né dans le Schleswig septentrional en 1793. Il a 
composé des", duos, des quatuors , des sonates, 
des variations , et une foule de petites pièces de 
différents genres. En- 1823 il est parti pour l'A- 
mérique, et depuis lors on a perdu sa trace. 

Y. 

* BÉRARD (Jean- Baptiste), ténor de l'O- 
péra d'abord en 1733, puis de 1736 à 1745, n'é- 
tait pas seulement chanteur, mais était aussi 
virtuose distingué sur le violoncelle, sur la gui- 
tare et sur la harpe, et faisait grand plaisir 
quand il chantait en s'accompagnant lui-même. 
Il composait aussi, et a publié plusieurs livres 
de brunettes avec accompagnement de harpe 
et guitare. Son fils unique devint en 1762 pre- 
mier violoncelle à la Comédie-Italienne , et occu- 
pait encore cet emploi en 1785; il avait épousé 
une excellente actrice de ce théâtre, M'"' Des- 



BÉRARD — BERETTA 



73 



champs, qui avait appartenu d'abord à l'Opéra- 
Comique, et qui prit sa retraite en 1776. 

BÉRAT (Iïlstache), auteur de ctiansons 
dont quelques-unes sont devenues très-popu- 
laires, était le troisième des sept fils d'un négo- 
ciant de Rouen, oii il naquit le 4 décembre 1791. 
Frère aîné de Frédéric Bérat , il composait, 
comme lui, les paroles et la musique de ses 
chansons. Il étudia le violon dans sa jeunesse, 
puis l'abandonna pour la guitare , sur la- 
quelle il acquit un talent étonnant et bizarre ; 
il écrivit pour cet instrument un certain nombre 
de morceaux qui furent publiés^à Paris, mais il 
employait un doigté si étrange et si diflicile que 
ces morceaux étaient injouables pour d'autres 
que lui. La renommée d'Eustache Bérat comme 
chansonnier a été absorbée par celle de son 
frère, à qui même on a attribué à tort quel- 
ques-unes de ses compositions, entre autres la 
chanson : J'ai perdu mon coutiau , dont le 
succès fut énorme il y a quarante ans. Il pu- 
blia ainsi un assez grand nombre de romances et 
de chansonnettes , dont quelques-unes d'un co- 
mique achevé, et qu'il chantait volontiers lui- 
même, dans le monde, avec une verve prodi- 
gieuse : la Lanterne magique, Tac-Tac, le 
Rieur, la Musette, f Amour ménétrier, les 
Souvenirs d'enfance, Babet, Ma Colette, l'A- 
mour marchand de meubles, etc., etc. J'ai 
connu Eustache Bérat vers 1SG5; il avait quitté 
Rouen depuis une dizaine d'années, et vivait 
paisiblement retiré à Neuilly, près de Paris. Il 
songeait alors à la publication d'un recueil de 
poésies légères , mais ce projet n'a pas eu de 
suites. Je crois que cet excellent homme, qui 
avait conservé de son frère un souvenir attendri, 
est mort dans ces dernières années. Il a été 
l'objet de deux notices biographiques : 1" Eus- 
tache Bérat,' par C. Boissière (S.l. n. d. [Dar- 
nétal, impr. Frucharl], in-8" de 11 pp.); 2° Eus- 
tache Bérat, ou le Moderne Trouvère,é\n\.xQ à 
M. le marquis de R. par le docteur Prosper Yiro 
(Paris, impr. Tbunot, 1861, ia-S" avec portrait). 
Le sculpteur Dantan fit la charge d'Eustache 
Bérat, et son portrait a été gravé par Gelée, an- 
cien prix de Rome , d'après Melotte, peintre 
rouennais. Il est juste de remarquer que, des 
deux frères, c'est Eustache qui se produisit le 
premier comme chansonnier, el que Frédéric, 
qui devait en quelque sorte l'éclipser, ne fit 
pourtant que suivre son aîné dans cette voie. 

* BERAT (Frédéric), naquit le 11 mars 
1801. Une notice biographique a été publiée 
sur cet aimable chansonnier : Frédéric Bérat, 
par C. Boissière (S. 1. n. d. [Dainétal, impr. 
Fruchart, 1857], in-8° de 11 pp.). On en trouve 



une aussi dans la Galerie de la presse, de 
la littérature el des beaux-arts. Un choix 
de ses chansons, fait par lui, a été publié sous 
ce titre; : Chansons, paroles et musique de 
Frédéric Bérat (Paris, Curmer, s. d., in- 8° avec 
portrait et vignettes) ; il serait injuste de ne pas 
reconnaître que dans ces productions légères, 
mais parfois émues , on rencontre de la poésie, 
de la mélancolie et une certaine élégance : le 
Berger normand, Jean le Postillon, le Mar- 
chand de chansons, la Lisette de Béranger, 
Bérénice, Ma Petite Toinette, sont d'heureuses 
inspirations, tant au point, de vue mélodique 
qu'au point de vue poétique. — Après la mort de 
Bérat, le conseil municipal de Rouen lit exécuter 
son buste en marbre et le plaça au musée de la ville. 
* BERE\S(Hermann). Yogez BEHREMS 
(Herm\nn). 

BERETTA (Giovanni-B.\ttista ), théori- 
cien, professeur et musicographe italien , ancien 
directeur du Lycée musical de Bologne, membre 
correspondant de l'Institut royal de musique de 
Florence, naquit à Vérone d'une famille liche, 
étudia la musique en amateur, et s'adonna tout 
d'abord à la critique et à l'histoire de l'art. Ayant 
perdu d'un coup toute sa fortune, il se vit obligé 
de demander à cet art qu'il aimait les ressources 
nécessaires à son existence. Ce fut alors qu'il 
se vit appelé [à la direction du Lycée musical de 
Bologne, où il ne demeura pas longtemps, ces 
fonctions ne lui laissant pas assez de temps 
pour ses études de prédilection. Il préféra vivre 
pauvre à Milan, où on lui confia bientôt la con- 
tinuation d'un grand ouvrage encyclopédique en- 
trepiispar Americo Barberi, et dont la publica- 
tion menaçait d'être interrompue par la mort de 
celui-ci. Cet ouvrage porte le titre suivant : 
Dizionario artistico- scient ifico-stor ico-tecno- 
logico-musicale, con noùoni di estelica, di 
pocsia epica, lirica e drammatica, e di 
quanta collegasi colla musica, incominciato 
suite tracce délie più accreditate opère aii- 
tiche e moderne dal de/unto professore Ame- 
rico Barberi, e'conlinuato, dalla pagina 177 
inpoi, dal Giovanni Battista Bcretta, con- 
sidtando {specialmente per la compilazione 
degli articoli sugli strumenii musicali anti- 
chi, sulla tragedia, sulla co)nmedia, sul ballo 
slorico, suite danze, sulla mimica, sulle mas- 
chere e suite feste popolari) opère diligente- 
mente citate in apposite schede dal signor 
Carlo Molossi (Milano, Giacomo Pirola, in-8"). 
Ce dictionnaire très-considérable, dont la moitié 
à peine a été publiée, devait former au moins 
trois volumes de 1000 pages cliacun. Malheu- 
reusement Beretta lui-même est mort le 28 avril 



74 



BERETTA — BÉRIOT 



1876, en le laissant à son tour inachevé, la pu- 
blication n'étant parvenue qu'à la lettre G. 

Cet artiste s'est fait connaître comme compo- 
siteur par quelques messes et divers fragments 
de musique religieuGe. Il a laissé plusieurs tra- 
vaux inédits, entre autres un grand traité d'ins- 
trumentation. 

■■• BEBETTl ( ). Un compositeur de ce 

nom a mis en musique et fait exécuter, dans la 
première moitié du dix-liuitièrne siècle, lora- 
torio de Métastase intitulé Gioas. 

BERGAKCiMI (Joseph), artiste dont le 
nom indique une origine italienne, a publié le 
petit traité suivant : La Basse raisonnée , ou 
Abrégé dViarmome pour la composition ou 
contre-point, composé et dédié à M'" Henriette 
de Montmorency, op. 1. Paris, chez l'auteur, 
in-4° oblong de 26 pages. 

BERGER ( ), violoniste et composi- 
teur, né en 1827, fut nommé professeur-adjoint 
de solfège et de violon au Conservatoire de Metz 
le 1*' octobre 1858, et professeur titulaire le 
11 février 1860. 11 a î^ fait 'représenter sur le 
théâtre de Metz, au mois de mars 1867, un opéra- 
comique en quatre actes, intitulé Anita. 

* BER(U«REEi\ (A^DRÉ-PIERRE), composi- 
teur et musicographe danois, est né à Copenha- 
gue, le 2 mars 180). Il s'adonna de bonne heure 
à l'étude de la musique, et dès l'âge de quatorze 
ans se livrait à des travaux de composition qui 
ne virent le jour que plus tard ; c'est ainsi qu'il 
écrivit toute une collection de Chaiits avec ac- 
compagnement de guitare, qui fut publiée 
seulement en 1822 et 1823. Ses parents ayant 
désiré lui voir étudier le droit, il se rendit à 
leurs instances, mais revint bientôt à la pratique 
de la musique, pour laquelle son penchant était 
irrésistible. 11 se livra alors avec ardeur à la 
composition, et devint en 1838 organislede l'é- 
glise de la Trinité, de Copenbague, et en 1843 
maître de chapelle de l'église métropolitaine de 
cette ville .M. Berggreen a publié successive- 
ment : 1° Bomances, Copenhague, 1823; ï' Bal- 
lades et Bomances, 1824; 3" Thèmes variés 
pour la guitare, 1825; 4° Chantsà Vusage 
des écoles, 1 83 't- 1839, 7 parties in-4";ô" Chants 
populaires et Mélodies nationales et étrayi- 
gères, pour le piano, 1842-1847,4 vol. in-4" ; 
6" 12 Chants suédois, 1846; 7" Chants natio- 
naux, 1848 ; 8" 27 Chants sur des paroles de 
Bellmann, 1850 ; 9" 6 Chants suédois de J.-L. 
Runeberg, 1852; 10° enfin, M. Berggreen a 
écrit la musique de diverses cantates d'Œlilens- 
chlager, de Blicher et d'Ingemann, ainsi que des 
mélodies pour un nouveau psautier. En 1854, 
M. Berggreen a entrepris la publication d une 



feuille musicale rédigée par lui, Heimdal, qui 
n'a eu qu'une courte existence. 

BERGMAI\I\ (Charles), pianiste et violon- 
celliste, est né en 1821 à Ebersbach , dans la 
Saxe. Il est parti en 1850 pour les États-Unis, où 
il est devenu successivement directeur de la so- 
ciété Germania et de la société Arion. — Y. 

BERGMAIXiV (Joseph), compositeur^ est 
né à Cernochov, en Bohême, le 26 juillet 1822. 
Il a écrit de la musique de piano et de la mu- 
sique vocale , entre autres des mélodies natio- 
nales qui ont beaucoup de caractère. Y. 

* BERGSOIV (Michel), compositeur et pia- 
niste, n'a quitté Paris, où il était fixé depuis assez 
longtemps , qu'en 1863, pour aller prendre au 
Conservatoire de Genève la direction de la 
classe supérieure de piano. Peu de temps après, 
il devenait directeur de cet établissement, mais 
au bout de quelques années il allait se fixer à 
Londres, où il se livre encore aujourd hui à 
l'enseignement. Pendant son séjour à Paris, 
M. Bergson fit jouer, dans un concert, une opé- 
rette en un acte. Qui va à la chasse perd sa 
place (1859), et en*1861 il faisait recevoir au 
Théâtre-Lyrique un opéra-comique en deux actes 
qui pourtant n'a pas été représenté. Parmi les 
nombreuses compositions pour piano de M. Berg- 
son, je signalerai : un concerto en mi mineur; 
les Nouvelles Études caractéristiques ,• Jadis, 
menuet ; Genève, grande valse ; Études de 
style et de mécanisme; puis, quelques mor- 
ceaux de genre, un Orage dans les lagunes, 
la Tatamaque, la Zingara, Berceuse, Bar- 
carolle, Stgrienne, Sicilienne, Danse hava- 
naise, etc., et enfin quelques mélodies, laPéche 
aux fiancés, la Fioraja, etc. 

* BÉRIOT(Charles-Augcste DE). Ce vio- 
loniste justement célèbre est mort à Bruxelles 
le 8 avril 1870, à l'âge de .soixante-huit ans. 
Il était devenu complètement aveugle depuis 
plus de quinze ans, et, dans ses dernières an- 
nées, une paralysie du bras gauche vint lui in- 
terdire complètement l'exercice du violon. On 
sait que de Bériot avait épousé en 1835 la Ma- 
libran, et que de ce mariage était né un enfant 
unique, M. Charles- Wiifrid de Bériot, aujour- 
d'hui pianiste distingué. Plus tard, il avait épou.sé 
en secondes noces une sœur deTlialberg'; (;elle-ci 
lui avait donné un autre fils, qui mourut quel- 
ques années avant son père, officier dans l'armée 
belge. Peu de jours après la mort de ce grand 
artiste, un journal de Bruxelles publiait sur lui 
les détails suivants : « De Bériot avait une ac- 
tivité en quelque sorte universelle. Son génie em- 
brassait les sujets les plus variés. Il a laissé des 
dessins tout à fait remarquables. 11 s'est fait 



BÉRIOT — BERLIOZ 



75 



aussi sculpteur une fois dans sa vie, et il a bril- 
lamment réussi du premier coup. C'est lui, en 
effet, qui a modelé le busfe , très-ressemblant, 
de sa première femme, M"" de Bériot-Malibran, 
buste qui orne le théâtre des Italiens à Paris. Il 
était au besoin artisan habile. Il a fabriqué de 
ses propres mains, sans le concours d'aucun ou- 
vrier, un violon imité de Magini. Ce violon 
avait des propriétés excellentes. Il fait aujour- 
d'hui partie, à Pétersbourg, des collections du 
prince Youssoupoff, dont de Bériot fut l'ami. 
Alors qu'il était aveugle, et que la nécessité de 
dicter au violon lui rendait très-difficile la com- 
position musicale, il imagina plusieurs appareils 
pour fixer ses idées. El enfin, quand la paralysie 
de la main l'empêcha de se servir de son cher 
violon, il consacra ses loisirs forcés à écrire, sur 
des sujets philosophiques ou religieux, des pages 
éloquentes et profondes, que sa famille a [)ieu- 

sement recueillies (I) » 

BÉRIOT (Charles-Wilfrid DE), pianiste 
distingué et compositeur, fils du précédent et de 
Marielta Garcia-Malibran, est né à Paris le 12 fé- 
vrier 1833. Héritier du talent musical de ses 
illustres parents, M. de Bériot, qui est un artiste 
de style et qui se fait remarquer dans l'exécution 
de la musique classique, était à peine âgé de 
dix ans lorsqu'il débutait, comme pianiste, dans 
un concert donné à Louvain. Cependant, il 
était bientôt envoyé à Paris, au collège Louis- 
le-Grand, pour y faire ses études , et il y resta 
jusqu'à la révolution de 1848. I! partit alors pour 
Bruxelles, où en 1850 il était reçu à l'école mi- 
litaire (armes spéciales); mais cette carrière ne 
[louvait lui convenir, et il se remit bientôt à l'é- 
tude du piano et de la composition. Son œuvre 
comprend, à l'heure actuelle : deux concertos 
de piano avec accompagnement d'orchestre, une 
trentaine de morceaux de genre pour le même 
instrument (parmi lesquels : Tarentelle , Rê- 
veuse, Fantaisie, Polonaise, VAmiUé,Serchzo, 
Valse-caprice, Fantaisie de concert, etc.), 
deux fragments symphoniques, un trio, et enfin 



(1) Le Guide musical de Bruxelles a rappelé que de 
Bériot,» par arrêté royal du 16 avril 18o3, avait obtenu 
reconnaissance de noblesse. Ses armes étaient d'or àtrois 
tèles de renard de gueules. — Cimier : une tète de renard 
de l'écu. » Le même journal a fait connaître que, lors 
delà révolution belge, de Bériot avait miscn musique 
« la Marche des Belges , chant patriotique, paroles de 
Bocquet, dédié aui braves défenseurs de la liberté (Ma- 
yence, Anvers et Bruxelles, chez lesfils de B. Schott). De 
Bériot tenait discrètement dans l'ombre cet acte de sa 
vie, qui iui valut la croix de fer qu'il ne porta ja- 
mais. » Rappelons, à ce propos, que de Bériot, qui n'a 
jamais abordé le théâtre, a écrit une cantate qui fut exé- 
cutée à l'Opéra, le 16 juin 185G, à l'occasion du buptôine 
du prince impérial. 



un grand nombre de mélodies pour léchant (1). 

J. D. F. 

BÉRIOT (FraiNz DE), frère du précédent, fils 
issu du second mariage de Charles de Bériot, 
était élève de son père et avait acquis sur le 
violon un talent qui semblait promettre pour 
l'avenir un virtuose remarquable. Cet artiste est 
mort à la tleur de l'âge, quelques années avant 
son père, au mois d'octobre 1865. 

* BERLIOZ (Hector), est mort à Paris le 
8 mars 1869. La postérité a commencé pour ce 
grand artiste, et, il faut le dire à sa louange, elle 
est plus juste pour lui que ne l'ont été ses con- 
tem[)orains, fatigués du reste, on ne saurait le 
méconnaître, par son tempérament batailleur, 
par l'àprelé de sa critique, par ses allures cas- 
santes et son mépris affecté du public. Il n'en 
est pas moins vrai que Berlioz était un artiste 
d'une rare envergure, d'une trempe peu com- 
mune, d'un génie inégal et déréglé sans doute, 
mais grandiose, poétique, varié, et d'une origi- 
nalité qu'il est bien rare de rencontrer à un 
pareil degré. Que de pages tantôt magnifiques 
et superbes, tantôt étincelantes et vives, tantôt 
émues et frissonnantes, que d'épisodes admirables 
ne rencontre-ton pas dans la plupart de ses 
œuvres ! Le public s'est tenu longtemps en garde 
et en défiance contre ses sympathies, mais un 
revirement considérable s'est pi'oduit en ces der- 
nières années, et la foule accourt aujourd'hui aux 
auditions des œuvres de Berlioz, qu'elles se 
produisent aux Concerts populaires, aux concerts 
du Chàtelet, ou même au Conservatoire. Quoi de 
plus suave, en effet, et de plus touchant que 
cette adorable Enfance du Christ, dont quel- 
ques-uns ont vainement essayéde nier le charme 
exquis et pénétrant.' Quoi de plus poignant et 
de plus pathétique que certaines pages de 
Roméo et Juliette, de Béatrice et Eénédict et 
de la Symphonie fantastique ? Quoi de plus poé- 
tique, de plus tendre, de plus rêveur que cer- 
tains tableaux de la Damnation de Faust? 
Quoi déplus fier, de plus hardi, de plus éclatant, 
de plus chevaleresque que les grands épisodes 
iVHarold, des Troijens, que les fulgurantes 
ouvertures du Roi Lear et du Carnaval ro- 
main ? 

Longtemps avant que la France ne lui eût 

(1) M. de Bériot a publié avec son père les deux ou- 
vrages suivants : 1° Méthode d'accompagnement pour 
piano et violon ; exercices chantants en forme de diiet- 
tini. Paris, Heugel ; 2° L' Art de l'accompagnement ap- 
pliqué au piano , méthode pour apprendre aux chan- 
teurs à s'accompagner, id., id. Sous le titre : Opéras 
sans paroles, M. de Bériot a écrit aussi, en société avec 
son père, toute une série de duosconcertants pour piano 
et violon. 



76 



BERLIOZ 



rendu justice, la renommée de Berlioz s'était 
établie à l'étranger. On sait les succès, ou, pour 
mieux dire, les triomphes qu'il remporta en 
Allemagne et en Angleterre. En 1867, deux ans 
avant sa mort, il fit en Allemagne un dernier 
voyage «lui mit le comble à sa gloire, et, pous- 
sant jusqu'en Russie, il donna à Saint-Péters- 
bourg et à Moscou une série de concerts qui ne 
réunissaient pas moins de dix à douze mille 
auditeurs et dans lesquels l'enthousiasme du 
public était porté à son comble. 

Mais les jours de Berlioz étaient comptés. 
Sa santé, depuis longtemps délabrée, ne put ré- 
sister à l'écliec immérité que reçurent ses 
Troyens au Théâtre-Lyrique, et depuis lors il 
ne fit que décliner et dépérir. Il travaillait 
depuis plusieurs années à cet ouvrage lorsqu'il 
donna, sur le théâtre cosmopolite de Bade, en 
1862, un joli opéra en deux actes, dont il avait 
tiré lui-même le livret de la jolie comédie de 
Shakespeare: Beaucoup de bru il pour rien. 
Cet opéra avait pour titre Béatrice et Bénédicl, 
et fut accueilli avec la plus grande faveur. Berlioz 
songea alors à offrir au public la première 
partie de ses Troyens, qui formaient deux ou- 
vrages, l'un intitulé les Troyens à Cartilage, 
l'autre la^Prise de Troie. 11 proposa à M. Car- 
valho, là cette époque directeur du Théâtre- 
Lyrique, de monter les Troyens à Carthuge; 
celui-ci y consentit, monta la pièce avec un 
grand luxe, confia le rôle d'Énée à M. Mont- 
jauze, celui de Didon à la belle M"» Charton- 
Demeur, l'amie éprouvée du compositeur, qui 
fut engagée spécialement pour cette création, et 
les Troyens virent le jour le 4 novembre 1863. 
Mais, outre que le public n'était pas encore mûr 
pour une musique si mâle, si hardie et si auda- 
cieuse, Berlioz s'était créé de nombreux enne- 
mis, et son œuvre, admirée par quelques-uns, 
conspuée par d'autres, discutée par le plus 
grand nombre, fut reçue avec une rigueur exces- 
sive. Bref, le succès fut négatif, et au bout de 
vingt et une représentations les Troyens dispa- 
rurent du répertoire (1). 

Ce fut un coup terrible pour Berlioz, qui 
espérait, avec cet ouvrage, établir définitivement 
sa renommée dans sa patrie, jusqualors rebelle 
à son génie. 11 crut devoir, à la suite de cet 



(i) Berliozn'avait épargné personne ; on ne lui épargna, 
en celle occasion, ni les critiques anières, ni les sarcasmes 
cruels. Voici un échantillon des nombreuses épigramnies 
qui lui furent adressées au sujet des Troyens : 

La race des Troyens aux Uectors est funeste ; 
L'un périt en héros sans pouvoir les sauver. 
L'autre tombeétouffé î-ans les plis d'une veste 
En voulant les ressusciter. 



échec, briser sa plume de critique, et aban- 
donna le feuilleton musical du Journal des 
Débats, qui passa aux mains de son admirateur 
et de son ami, M. Ernest Reyer. Mais bientôt 
de cruelles douleurs, des chagrins domestiques 
vinrent envenimer la blessure qu'il avait reçue : 
Berlioz perdit sa femme, et peu après son fils 
unique, jeune officier de marine, qu'il aimait à la 
folie. 11 ne put résister à tant de secousses; sa 
santé, déjà fortement ébranlée, vint à s'altérer tout 
à coup, et à la suite de longues souffrances, le 
8 mars 1869, Berlioz rendait le dernier soupir. 
Au lendemain de cet événement, M. Ernest 
Reyer, rendant au maître l'hommage qui lui était 
dû, écrivait dans le Journal des Débats ces 
lignes émues et éloquentes, (émoignage de jus- 
lice et de réparation envers l'admirable artiste 
qui venait de disparaître : 

« Le bronze n'a pas tonné, les cloches n'ont 
pas fait entendre leur carillon funèbre, les jour- 
naux de musique qui paraîtront demain ne se- 
ront même pas encadrés de noir en signe de 
deuil. Et pourtant un grand artiste vient de 
mourir, un artiste de génie qu'ont poursuivi les 
haines les plus violentes, qu'ont entouré les té- 
moignages de l'admiration la plus vive. Si le 
nom de Berlioz n'était pas de ceux que la foule 
a appris à saluer, il n'en est pas moins illustre, 
et la postérité l'inscrira parmi les noms des plus 
grands maîtres. Son o'uvre est immense, l'in- 
tluence qu'il a exercée sur le mouvement musical 
de son époque est plus considérable qu'on ne le 
croit aujourd'hui. Laissez faire le temps et la 
justice des hommes. 'L'Allemagne le considérait 
comme une de ses gloires; dans la patrie de 
Beethoven, on l'appelait le Beethoven français, 
et il était allé à Vienne, à Weimar ou à Berlin, 
pour oublier les outrages que ses compatriotes 
ne lui épargnaient guère. 11 vous racontera lui- 
mêmejlans ses Mémoires posthumes ses chutes 
les plus imméiitées et ses triomphes les plus 
éclatants; il vous dira avec -le même accent de 
naïveté sincère : Telle oîuvre fut siftlée à Paris, 
et à Vienne elle excita de tels transports, que 
les musiciens de l'orchestre baisaient les pans 
de mon habit. 

<( Je ne saurais aujourd'hui, tant ma douleur 
est profonde, écrire quoi que ce soit qui res- 
semblât à une étude sur le rôle joué par Berlioz 
et sur ses œuvres impérissables; l'admiration 
que j'avais pour l'artiste égalait mon affection 
pour l'ami dont les défauts m'attachaient autant 
que les qualités. Je l'ai vu mourir, et pas une 
plainte ne s'est échappée de ses lèvres avant 
qu'elles ne fussent glacées par les premières 
approches de la mort. Il s'est éteint doucement. 



BERLIOZ — BERLYN 



77 



ayant perdu, pendant les dernières heures, l'u- 
sage de ses facultés. Aux quelques amis qui sont 
venus lui serrer la main, il n'a même pu ré- 
pondre par une étreinte, par un regard ; mais 
c'était presque une consolation pour ceux qui 
pleuraient à son chevet que cette expression de 
douleur vaincue et de sérénité répandue sur son 
beau visage. La mort a donc été douce pour ce 
grand artiste, dont la vie avait été traversée par 
de si dures épreuves. » 

Pour compléter la liste des œuvres musicales 
de Berlioz, telle qu'elle a été donnée par Fétis, 
il faut ajouter les ouvrages suivants : 1" Béa- 
trice et Bénédict, opéra en 2 actes (partition 
au piano, Paris, in-S"); 2" les Troyens à 
Cartilage, opéra en 5 actes et un prologue (id., 
Paris, Choudens) ; 3° la Prise de Troie, opéra 
en 3 actes (id., Paris,\Choudens); 4" Vlmpé- 
riale, cantate avec chœurs et orchestre; 5" Huit 
scènes de Faust, tragédie de Gœthe (ouvrage 
qu'il ne faut pas confondre avec la Damnation 
de Faust, et dont la grande partition manus- 
crite se trouve au Conservatoire de Paris)-, e^Ze 
Temple universel, chœur à quatre voix d'hom- 
mes. Prière du matin, chant à deux voix avec 
accompagnement de piano, la Belle Isabeau, 
conte pendant l'orage, avec chœur, le Chasseur 
danois, air pour voix de basse (1); 7" Récitatifs 
pour le Freischiitz de W'eber, lors de la re- 
présentation de cet ouvrage à l'Opéra. De plus, 
Berlioz a écrit un accompagnement d'orchestre 
pour la fameuse ballade de Schubert, le Hoi 
des Aulnes, et un accompagnement de petit 
orchestre pour la romance célèbre de Martini, 
Plaisir d'amour. La bibliothèque du Conser- 
vatoire, à qui Berlioz avait légué tous ses ma- 
nuscrits, possède encore de lui les morceaux 
suivants, qui constituent les envois réglemen- 
taires qu'il fit à l'Académie des Beaux-Arts, 
comme prix de Rome, lors de son séjour en 
cette ville : Resurrexit et iterum venturus, 
grands chœurs avec orchestre (Rome, 1831); 
Quartetto e Coro dei Maggi, pour voix mixtes, 
avec^orchestre (Rome, 1832); Intrata di Rob- 
Roy Mac Gregor (Rome, 1832). 

D'autre part, on doit joindre, aux productions 
Littéraires déjà signalées de Berlioz, les écrits 
suivants : 1° les Grotesques de la musique, Paris, 
librairie nouvelle, 1859, in-12 (ce livre avait paru 
précédemment, par fragments, dans un journal 
dirigé par Jules Lecorate, la Chronique pari- 

(1) Ces quatre compositions ont été indiquées par 
M. Mattiieu de Monter dans la longue étude que cet eeri- 
vain a publiée sur Berlioz dausla Bévue et Gazette mu- 
sicale de Paris (1870-1871); J'ignore si elles ne font pas 
partie d'un de ses recueils de chœurs et de mélodies. 



sienne) ; 2" A travers chants, Paris, Michel 
Lévy, 1862, in-12 (volume formé d'articles ou 
de fragments d'articles publiés dans le Journal 
des Débats); 3" Mémoires d'Hector Berlioz, 
comprenant ses voyages en Italie, en Alle- 
magne, en Russie et en Angleterre, 1803 -1865, 
Paris, Michel Lévy, 1870, gr. in-8° avec por- 
trait (des fragments de ces Mémoires avaient été 
publiés, du vivant de l'auteur, dans le journal le 
Monde illustré) ; 4" le Retour à la vie, mélo- 
logue faisant suite à la symphonie fantastique 
intitulée Épisode de la vie d'un artiste, iParis, 
Schlesinger, 1832, in-8" de 20 pp. (c'est le livret 
de cet ouvrage, dont Berlioz avait écrit les pa- 
roles et la musique) ; 5" la Damnation de 
Faust, légende en 4 parties (les paroles de ce 
livret, publiées sans nom d'auteur, étaient de 
Gérard de Nerval, A. Gaudonnière et Berlioz) ; 
6° les Troyens à Cartilage, opéra en 5 actes, 
avec un prologue (Berhoz avait écrit aussi le 
livret de cet opéra). 

Les écrits suivants ont été publiés sur Berlioz : 
i\, Berlioz {àjxm une galerie biographique inti- 
tulée : Écrivains et artistes vivants, fran- 
çais et étrangers, biographies avec portraits, 
par Xavier £yma et Arthur de Lucy), Paris, 
Librairie universelle, 1840, in-16; 2" Ber- 
lioz, par Eugène de Mirecourt, Paris, Havard, 
1850, in-32 avec portrait et autographe; 3° L'o- 
péra les Troyens au Père-Lachaise, lettre de 
feu Nantho, ex-timbalier soliste, ex-membre 
de la société des Buccinophiles et autres so- 
ciétés savantes {M. }Lr. Thoinan), Paris, Towne, 
1863, in-8"; 4" Berlioz, son œuvre, par Georges 
de Massougnes, Paris, Richault et Dentu, 1870, 
in-8". 

BERLIOZE (Victor). Sous ce pseudonyme, 
M. Emile Badoche a publié une notice biogra- 
phique sur une jeune chanteuse russe qui s'est 
produite avec succès au Théâtre-Italien de Paris, 
pendant la courte direction de M. Strakosch -. 
Anna de Belocca (Paris, Librairie nouvelle, 
1874, gr. in-8'' avec poi trait ). 

* BERLYIX (A -\V....), compositeur 

néerlandais, né à Amsterdam le 2 mai 1817, est 
mort en cette ville le 10 janvier 1870. Il avait 
reçu, dès ses plus jeunes années, des leçons de 
piano et de violon d'un artiste nommé Bernard 
Koch, étudia ensuite la composition avec Louis 
Erck, et fut aussi l'élève du docteur Finck, ha- 
bile contre-pointiste, rédacteur de la Gazette gé- 
nérale delà musique, qu'il connut à Leipzig. Son 
éducation musicale se comi)léta par un grand 
voyage qu'il fit dans quelques-unes des villes 
les plus importantes de l'Allemagne, Berlin, 
Dresde, Hambourg, etc. Il m'a été impossible 



78 



BERLYN — BERNARDI 



de trouver la liste complète des œuvres de Ber- 
lyo, dont la fécondité était vraiment exagérée, 
et qui paraît avoir joui de plus de facilité que 
d'inspiration véritable. Cet artiste a écrit un 
nombre incalculable doperas, oratorios, ballets, 
cantates , symphonies , concertos , ouvertures, 
cliœurs, fantaisies d'orchestre, quatuors d'ins- 
truments, nocturnes, etc. Toute cette musique, 
assez pure au point de vue de la forme, manque 
essentiellement d'originalité. L'existence artis- 
tique de Berlyn a néanmoins été des plus heu- 
reuses : il eut des relations pleines de cordialité 
avec plusieurs grands artistes, Mendeissohn, 
Liszt, Ch. deBériot, Kalliwoda, ses succès dans 
sa patrie furent considérables, il reçut des témoi- 
gnages de bienveillance de plusieurs souverains, 
et enfin il fut nommé membre de diverses so- 
ciétés artistiques importantes , entre autres de 
l'Académie de Sainte-Cécile, de Rome. Berlyn 
fut pendant quelque temps chef d'orchestre du 
théâtre royal d'Amsterdam , et il s'occupa un peu, 
dit-on, de littérature musicale. 

BEUIVARD (Paul), compositeur, professeur 
et critique musical, né à Poitiers le 4 octobre 
1827, a fait à Paris son éducation artistique. 
Élève, pour le piano, de Gambaro et de Thalberg, 
il entra en 1843 au Conservatoire, dans la classe 
d'harmonie de M. Elwart, d'où il passa, en 1845, 
dans la classe de fugue et de composition d'Ha- 
lévy. Après avoir pris part, en 1847, au con- 
cours de Rome, il ne put renouveler une se- 
conde fois cette épreuve, s'élant marié au mois 
d'avril de l'année suivante. M. Paul Bernard, 
qui s'était fait entendre avec succès dans les 
concerts, s'adonna alors au professoral, et se fit 
dans cette carrière un nom honorable tandis 
qu'il se distinguait aussi, comme compositeur, 
par la publication de nombreuses œuvres pour 
le piano, qui ont dépassé aujourd'hui le chiffre 
de cent. Il a écrit encore les paroles et la musique 
d'un assez grand nombre de mélodies vocales, et 
fait exécuter quelques opéras de salon. Loin du 
bruit, V Accord parfait, etc., dans lesquels on a 
remarqué d'heureuses qualités d'inspiration et de 
facture. Les circonstances de sa vie artistique ne 
lui ont pourtant pas permis de se produire au 
théâtre. M. Paul Bernard , auquel on doit d'a- 
gréables articles de critique publiés depuis une 
quinzaine d'années dans le Ménestrel et dans la 
Revue et Gazette musicale, a vu son nom at- 
taché à la fondation du concours Cressent (Foy. 
ce nom), dont il a été, d'après la volonté expresse 
du donateur, auquel le liait une amitié frater- 
nelle, l'un des principaux organisateurs. 

BER!\ARD (Joseph-Ferdinand), chanteur, 
a tenu l'emploi des ténorsgdans quelques villes 



de province et de l'étranger, puis s'est fixé à 
Paris comme professeur de chant, et y a publié 
l'opuscule suivant : Manuel d'hygiène. La 
Gymnastique pulmonaire, ori Vart de respi- 
rer dans tous les actes de la vie physique. Je 
ne connais de cet écrit que la 4' édition (Paris, 
Baillière, 1875, in-8° de 70 pp.), « revue et cor- 
rigée et contenant des exercices spéciaux pour 
développer et perfectionner les organes de la 
respiration et de la voix. « Une note de cette 
4* édition porte que la T'a paru en 1868, la 
2e en 1869 et la 3= en 1871. Par surcroît de pré- 
caution, l'auteur annonce que " la 5* édition du 
présqnt ouvrage contiendra le Thermomètre de 
la vie et de, la mort, avec planches anatomi- 
ques reproduisant la marche ascendante et des- 
cendante du mouvement respiratoire et la trans- 
formation de l'air en ondes sonores, dans la 
production de la voix. » 

BERX ARDEL ( Auguste -Sébastien-Phi - 
lipi'e), luthier français, naquit à Mirecourt, le 
12 Janvier 1802, fit son apprentissage dans sa 
ville natale, puis vint à Paris et entra comme 
ouvrier d'abord dans l'atelier de Nicolas Lupot, 
puis dans celui de Gand père. Après six années 
passéesainsi, il s'établit à son compte en 1826, 
et commença à se faire une réputation honorable 
par la bonne facture de ses instruments (1). Bien- 
tôt il s'attacha à la reproduction de violons, al- 
tos, basses et contrebasses des anciennes écoles, 
et inventa un genre de cordes en double trait 
pour la contrebasse à quatre cordes. Il prit part à 
diverses expositions, et obtint successivement 
une médaille de bronze (Paris, 1839), une médaille 
d'argent (Paris, 1844), une médaille d'or (Paris, 
1849), et enfin une médaille de prix à l'exposi- 
tion universelle de Londres en 1851. En 1859, 
il s'associa ses deux fils aînés, Ernest-Auguste et 
Gustave- Adolphe, et se retira en 1866. Il mou- 
rut le 6 août 1870, à Bougival. Ses deux fils s'as- 
socièrent alors avec M. Eugène Gand, et les deux 
maisons Gand et Bernardel n'en formèrent plus 
qu'une seule, sous la raison sociale Gand et 
Bernardel frères. Un troisième fils de Bernar- 
del, M. Anatole Bernardel , est professeur de 
piano et a publié quelques compositions pour cet 
instrument. 

BER.\ARDI (Enrico), chef d'orchestre et 
compositeur italien, s'est fait connaître par la 
musique de quelques ballets, entre autres Ze- 
liska, représenté à la Scala, de Milan, en 1860, 

(1) Dans son livre : Les Instruments à archet, M. Vidal 
a reproduit, en môme temps que le portrait de Bernardel, 
l'étiquette d'un de ses premiers violons, écrite de sa pro- 
pre main: Bernardel,luthier, ex ouvrier du sieur Lui- 
pot, rue CoquiUiére, n" 44, « Paris, l'an 1826. 



BERNARDI 

Marco Viscond, joué au théâtre Regio, de Turin, 
au mois de décembre 18G2, Ilda et Don Pa- 
checo, donnés au théâtre communal de Trieste en 
janvier 1868, enfin Ate, joué au théâtre Castelli, 
de Milan, en avril 1876. II est aussi l'auteur d'une 
opérette bouffe, il Granduca di Gerolstein, 
donnée en 1871 sur un petit théâtre de Milan. 
Cet artiste a publié un certain nombre de mor- 
ceaux de musique de danse pour le piano. Il 
était, en 1876, maestro concertatore et chef 
d'orchestre au théâtre Dal Verme, de Milan. 

BERNARDI (Antonio), compositeur, a fait 
jouer sur le théâtre de Spa, le 20 août 1862, un 
opéra-comique en un acte, intitulé Llndamire. 

BERJXARDIIV (Bekn.\rd COURTOIS, dit), 
violoniste et chef d'orchestre, né vers 1826, ob- 
tint uu second pri\ de violon au Conservatoire, 
au concours de 1841, et s'acquit aussitôt une 
sorte de réputation en jouant dans les concerts 
Devenu plus tard second chef d'orchestre au 
Vaudeville, il fut ensuite choisi par M. Hervé 
pour remplir les fonctions de premier chef au 
petit théâtre des Folies-Concertantes, qui chan- 
gea bientôt son nom en celui de Folies-Nou- 
velles, puis de théâtre Déjazet. Bernardin ne 
possédait aucune instruction musicale, mais il 
avait les qualités pratiques du chef d'orchestre, 
et il dirigeait avec goût l'exécution des opéret- 
tes et des petits ballets que l'on jouait à ce 
théâtre mignon. Il fut successivement chef d'or- 
chestre de plusieurs théâtres du même genre, 
les Bouffes Parisiens, l'Athénée, et enfin les Fo- 
lies-Dramatiques. Il écrivit la musique, — sans 
conséquence — de quelques petites pochades mu- 
sicales : 1° Polkette, Folies-Nouvelles, 1856; 2° 
Nous n'irons plus au bois , id., 1857 ;VP'titfi, 
p'tit mignon, id.; 4° i\'îCrt/se, Bouffes-Parisiens, 
1867 ; ainsi que de quelques pantomimes, entre 
autres celles intitulées : une Razzia galante , et 
Après la noce. Il a publié aussi, chez l'édi- 
teur Meissonnier, une Fantaisie pour violon, 
avec accompagnement de piano, sur deux ro- 
mances de M"*^ Loïsa Puget. Bernardin est 
mort à Paris, pendant le siège de cette ville, à 
la fin de 1870 ou au commencement de 1871. 

BERNARDIIVI (Andréa), amateur distin- 
gué, né à Buti (Toscane), étudia la musique dès son 
jeune âge avec Meliani, di Calcinaja, et Naldi, de 
Pescia. C'est dans cette petite ville, oii il dirigea 
pendant quelque temps la musique communale, 
qu'en 1846 il produisit sa première messe. Se 
rendant ensuite aux conseils de Pacini, il alla 
perfectionner ses études à Bologne, où Rossini, 
qui dirigeait alors le Lycée musical de cette ville, 
s'intéressa à lui et l'aida de ses conseils. La mort 
de son père le, rappela dans son pays, et les af- 



BERR 



79 



faires lui firent négliger durant quelque temps 
la musique, jusqu'au jour où, sur les instances 
réitérées de Pacini, son ami personnel, il com- 
posa un Credo, que le même Pacini, directeur 
de la chapelle ducale de Lucques, fit exécuter 
par les musiciens de cette chapelle. L'heureuse 
réussite de ce Credo lui procura un engagement 
pour composer, en 1808, une grand'messe pour 
la fête patronale de la ville de Lucques. Dès ce 
moment, Bernardini continua à produire de ses 
compositions aux fêtes sacrées, soit à Lucques, 
soit à Pescia, et toujours avec beaucoup de 
succès. Il est fâcheux que Bernardini, occupé 
dans le petit pays qui l'a vu naître à administrer 
son riche patrimoine^ ne tire pas tout le profit 
qu'il pourrait du talent distingué dont il est 
doué, en s'élançant hors des étroites limites de 
sa province. L. F. C. 

BER\'ICAT (Firmin), compositeur, a écrit 
la musique de quelques opérettes ou saynètes 
représentées sur de petits théâtres ou dans des 
cafés concerts : Derix à deux, un acte, Tertulia, 
1872 ; la Queue du Diable, id., id., 1873 ; Ali ! 
c't Indien, id., Folies-Bergère, 1874; Parla 
fenêtre, id., id., 1874; Ali pot d'rfium, ii.; 
les Deux Omar, id., Fantaisies-Oller, 1876; le 
Voyage du petit Marquis, id., id., 1876; la 
Jeunesse de Béranger, Eldorado, 1877. 

* BERNIER (Nicolas), a publié chez Ballard 
une cantate intitulée les ISymphes de Diane. 

* BERR (Frédéric). La date de la mort de 
cet artiste est le 24 septembre 1838. 

Voici ce qu'un recueil spécial {l'Agenda mu- 
sical pour 1837) disait de lui et du Gymnase 
musical militaire à l'époque où cet utile établis- 
sement, aujourd'hui disparu, venait d'être fondé, 
et où la direction venait de lui en être confiée : 
— « Dans les premiers temps de la fondation du 
Conservatoire, cet établissement fournissait pen- 
dant les guerres presque tous les musiciens né- 
cessaires au service de quatorze armées, mais 
les grands développements qu'on a donnés de- 
puis à l'instruction musicale l'éloignèrent du but 
pi'imilif; tandis qu'on formait des sujets pour le 
théâtre lyrique, les musiques militaires se re- 
crutaient dans les régiments mêmes, où les exi- 
gences du service ne laissent point au chef de 
musique le temps de former de bons élèves. Il y 
a plus, tous ces chefs ne sont pas capables ; et 
l'on explique ainsi pourquoi, lors des inspec- 
tions, plusieurs colonels ont demandé la sup- 
pression de leur musique. C'est d'après des 
rapports circonstanciés que M. le ministre a 
formé le projet de fonder une école dans la- 
quelle de jeunes soldats déjà musiciens et de- 
vant encore plusieurs années de service, vien- 



80 



BERR — BERTHELEMON 



dront pendant deux ans, dans le Gymnase mili- 
taire, pour se perfectionner sur un instrument et 
y étudier l'art si difficile de conduire les orclies- 
tres, et retourneront ensuite à leur corps jusqu'à 
l'expiration de leur engagement pour y enseigner 
et propager les bons principes qu'ils auront 
reçus. Ils pourront former des élèves et les pro- 
poser pour le Gymnase musical. Ce projet aura 
pour résultat d'améliorer les harmonies mili- 
taires, et en outre d'offrir aux jeunes soldats 
qui auront acquis un talent spécial une carrière 
qu'ils ne pouvaient jamais espérer de suivre. 
M. le ministre a choisi M. Berr pour diriger le 
Gymnase musical. On ne peut qu'applaudir à un 
pareil choix. Depuis plus de vingt ans, cet ar- 
tiste s'est distingué par ses oeuvres de musique 
militaire et d'harmonie. Son talent de composi- 
teur et une longue expérience dans l'enseigne- 
ment offrent toutes les garanties qu'on avait 
droit d'exiger d'un homme chargé d'une sembla- 
ble direction. ■>> 

BERRC (Ferdinand;, compositeur belge, né 
le 5 février 18'i3 à Ganshoren, près de Bruxelles, 
commença l'étude de la musique sous la direction 
de M. Godineau, et à l'âge de vingt ans suivit un 
coursde composition avec M. Bosselet fils. Il avait 
déjà, à cette époque, écrit plusieurs morceaux de 
violon, et publié quelques mélodies vocales. Après 
avoir fondé, à Bruxelles, le Cercle symphonique 
et dramatique, il y fit jouer deux ouvrages de sa 
composition : V Orage au moulin, opéra-comi- 
que en un acte, 1867 (joué avec paroles flaman- 
des, sous ce titre : Hlarliies op Jacht, le 12 oc- 
tobre de la même année, au théâtre du Cirque), 
et le Couteau de Castille, opéra-bouffe en un 
acte, qui fut donné ensuite, le 22 avril 18G8, au 
théâtre des Galeries Saint-Hubert. M. Berré, qui 
a publié à Bruxelles, chez Schott, une cinquan- 
taine de romances, a en portefeuille quatre autres 
ouvrages dramatiques : le Dernier des Mohi- 
cans, 3 actes; Madame Putiphar, 3 actes; les 
Poltrons, un acte; et Lowely, grand opéra en 3 
actes. 

BERTAUD ou BERTEAU ( ). Un ar- 
tiste de ce nom a fait représenter au théâtre 
Favart, en 1800, unopéra-comiqueenun acte, le 
Voisinage, dont il avait écrit la musique en so- 
ciété avec Dugazon fils, Dubuat,Pradberet Qui- 
nebaud. L'année suivante, il donnait à l'Ambigu, 
seul cette fois, un autre petit ouvrage en un 
acte, intitidé le Mari d''emprunt. 

BERTELMAIX (J -G ), professeur de 

piano, d'harmonie et de contrepoint à l'École 
royale de musique d'Amsterdam, est né en cette 
ville en 1782 et mort eu 1854, à l'âge de soixante- 
douze ans. La carrière de cet artiste, qui fut l'un 



des musiciens néerlandais les plus sérieux du 
dix neuvième siècle, fut très-honorablement 
remplie, très-laborieuse et tout entière consacrée 
à l'art qu'il affectionnait. Comme compositeur, il 
manqua d'idées et d'originalité dans ses ouvra- 
ge>, qui sont nombreux; mais il avait le travail 
facile, beaucoup de savoir-faire, et possédait son 
contrepoint sur le bout des doigts. 11 forma 
d'excellents élèves, entre autres MM. Van Brée, 
Ed. de Hartog, Richard Hol, etc. 

Il était chevalier de l'ordre du Lion Néerlan- 
dais, membre de l'Académie de Sainte-Cécile de 
Rome et membre d'honneur de la Société pour 
l'encouragement de l'art musical dans les Pays- 
Bas, qui publia à ses frais l'une de ses meilleures 
partitions, une messe à quatre voix et chœur. 
Un grand nombre de ses ouvrages sont gravés. 
Les meilleurs sont un Bequiem (Amsterdam, 
Tlioune), une cantate avec orchestre (id., id.),et 
un quatuor pour instruments à cordes (Paris, 
Richault). Il a laissé en manuscrit une quantité 
de compositions, entre autres un Traité d'harmo- 
nie, deux ouvertures, deux quatuors, un con- 
certo de clarinette, des motets, et des chorals 
harmonisés. Ed. de H. 

* BERTELSMANN ( Chari.es-Alcuste ) , 
professeur de musique à Amsterdam et composi- 
teur, est mort en celte ville le 20 novembre 1861 . 
Les compositions de cet artiste sont nombreuses 
et se montent à plus de cinquante œuvres. 

BERTHA (Alexandre DE), compositeur, 
est né à Pesth, en Hongrie. Son irrésistible pen- 
chant pour la musique lui fit abandonner de 
bonne heure les carrières juridique et politique, 
dans lesquelles plusieurs membres de sa famille 
s'étaient particulièrement distingués. Son père 
appartenait à la haute magistrature, et Fr. Déàk 
était de ses parents. Il commença ses études mu- 
sicales à Pesth, sous les auspices de M. Mosouyi 
et de M. A. Feley, et les acheva à Leipzig et à 
Berlin près de Hauptmann, le célèbre conlra- 
pimtiste, de Moschelès et de Hans de Biilow. Il 
se fixa ensuite à Paris pour y épurer son goût 
et y faire connaître la musique hongroise, dont 
certains motifs pleins de verve et d'originalité 
ont, par une étrange loi des contrastes, le carac- 
tère rêveur des mélodies du Nord et la couleur 
d'une œuvre orientale. Nous citerons parmi ses 
principales productions : une symphonie, en ré, 
des quatuors, des sonates et particulièrement 
des Hongroises et des Palotas (danses mouve- 
mentées de son pays) qui font ressouvenir heu- 
reusement des Polonaises. M. de Bertha a aussi 
composé un Hymne national, qui lui a valu 
une médailled'or de l'empereur d'Autriche. 

BERTHELEMON (FrançoisHippolyte), 



BERTHELEMON — BERTINI 



81 



cortipositeiir dramatique dont le nom semble in- 
diquer une origine française, vivait en Italie dans 
la seconde moitié du di\-liuitième siècle. On a 
représenté de lui , à Londres , un opéra intitulé 
Pelopida, et à Florence on a exécuté un orato- 
rio, Jefte in Mas fa. 

BERTHÉLEMY (F....-C ), liautboïste 

distingué, fit ses études au Conservatoire de Pa- 
ris, où il obtint un accessit de hautbois en 
1847, le second prix en 1848 et le premier prix 
en 1850. Il fit partie des orcliestres de l'Opéra et 
de la Société des concerts, et au mois de juillet 
1867 fut nommé professeur de hautbois au Con- 
servatoire, où il remplaça son ancien maître Trie- 
bert. 11 ne remplit que peu de temps ces fonc- 
tions, car il mourut subitement le li février 
1868, en faisant son cours au collège Louis-le- 
Grand, où il était aussi professeur. 

BERTHOLD (Cuarles-Frédéiuc-Théo- 
DOREj, musicien saxon, est né à Dresde le 18 dé- 
cembre 1815. Depuis 1849 cet artiste réside en 
Russie, où il a fondé une Société chorale qui donne 
périodiquement des exécutions d'oratorios. Il a 
écrit des messes, une symphonie et un oratorio 
intitulé Petrus, plus différentes compositions re- 
ligieuses de moins longue haleine. — Y. 

*BERTIi\ (Ml"" LoDiSE-ANGÉLrQUE), a publié 
nn recueil de Six Ballades {\ . le Matelot; i. 
laFleur; 3.1a 3Iule;i.le Page;à. laChasse; 
G. le Soir], et un trio pour piano, violon et vio- 
loncelle. Parmi ses compositions inédites, nous 
signalerons cinq symplionies de chambre, et un 
assez grand nombre de chœurs : Prière, Hymne 
à Apollon, VEnfant des Fées, les Esprits, le 
Retour d'Agamemnon, les Chasseurs, les Juifs, 
la Chasse et la Guerre, le Départ du comte, 
Ronde de jeunes filles, etc. L'ouvrage que 
j\iue Berlin a fait représenter à l'Opéra avait 
pour titre £'smera/c/a, et non pas Notre-Dame 
de Paris; écrit d"abord en cinq actes, il fut 
joué en quatre, car on en supprima un avant la 
représentation. M''« Berlin s'est occupée aussi 
de poésie : elle a publié un volume de \evs,\les 
Glanes (Paris, 1842), qui fut couronné par l'A- 
«atiémie française, et un second volume intitulé 
Nouvelles Glanes (Paris, Charpentier, 1876, 
in-12). 

* BERTINI (Henri-Jérôme), pianiste et 
compositeur français, est mort le 1'^'^ octobre 
1876 dans la propriété qu'il possédait à Meylan, 
près Grenoble (1). Il setaitretiré dans cette pro- 
priété depuis plus de vingt ans, et, quoique ne 

(1) Le prénom de yerô/n*', omisdanslalnoticcde la Bio- 
iiraphie universelle des Musiciens, est inscrit sur les let- 
tres de décès de Bcriini. 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. SUPPL. — T. 



composant plus pour le public, il avait encore 
écrit pour une société orphéonique, dont il était 
le président, quelques messes et des chœurs que 
l'on dit charmants. 

Les œuvres publiées de Bertini s'élèvent à 
près de deux cents, parmi lesquelles il faut sur- 
tout citer : 1°25 Études, op. 29; — 2" 25 Étu- 
des, op. 32 ; — 3" Études caractéri.stiques, dé- 
diées au' Conservatoire de musique, op. 66; — 
4° 25 Caprices-Études, op. 94 ; — 5° Éludes 
musicales à 4 mains, op. 97 ; — 6" 23 Études fa- 
ciles, op. 100; — 1° 24 Leçons mélodiques, op. 
101 ; — 8"^ 25 Études artistiques de première 
force, op. 122; — 9" 25 Études, op. 134,— 10° 
25 Études musicales à 4 mains, op. 135; — 11"' 
25 Études élémentaires, op. 137 ; — 12° 50 Étu- 
des et Préludes mélodiques, op. 141 et 142; — 
13° 25 Études très-faciles, op. 149; — 15° 25 
Études faciles, op. 150; — 15° V Art de la me- 
sure, 25 leçons en partition, op. 160; — 16° 25 
Études priÈiaires pour les petites mains, op. 166; 

— t7° 25 Etudes préparatoires, op. 175; — 18° 25 
Études intermédiaires, op. 176; — 19° 25 Éludes 
spéciales de la vélocité, du trille et de la main 
gauche, op. 177; — 20° 25 Études normales et 
classiques, op. 178; — 21° 25 Études, op. 179; 
22° Rudiment, ou réunion des exercices les 
plus indispensables pour acquérir un mécanisme 
parfait, op. 84 ; — 23° École de la musique 
d'ensemble, études spéciales du style élevé, de 
la mesure et de toutes les combinaisons les plus 
difficiles du rhythme, collection des fugues et 
préludes de Sébastien Bach, arrangés à 4 main* , 

— 24° La Semaine du pianiste, études journa- 
lières de la gamme dans tous les tons ; — 25" 
Premières leçons doigtées et arrangées pour les 
petites mains; — 26° Leçons progressives, suite 
aux précédentes; — 27° Leçons récréatives, 
suite aux précédentes ; — 28° Méthode élémen- 
taire et facile de piano, dédiée aux élèves; — 
29° Méthode complète et progressive de piano, 
dédiée aux professeurs, etc., etc. 

A ces œuvres, depuis longtemps connues et 
appréciées , il faut ajouter un grand nombre de 
compositions restées jusqu'à ce jour inédites, et 
que le gendre de Bertini, M. Nickiès, organiste 
de St-Eloi à Bordeaux, doit livrer prochainement 
à la publicité ; on cite , parmi ces dernières : 
1° 3 Nonettos pour piano et instruments à vent ; 
2° 3 Symphonies pour piano et orchestre; 3° 
deux livres d'Études à quatre mains; 4° une 
série d'Études spéciales pour le double-dièze et 
le double-bémol; 5° une vingtaine de morceaux 
pour piano seul ; 6" des Études de solfège pour 
neuf voix d'hommes ; 7° un Pie Jesu que Ber- 
tini avait composé pour ses propres funérailles, 

6 



82 



BERTINl — BERTON 



et qui, par les soins de son gendre, a été exécuté 
à Bordeaux pour le service funèl^re célébré en 
son honneur. 

On assure que Bertini avait refusé, sous le 
gouvernement de juillet, la décoration de la Lé 
gion d'iionneur, qui lui avait été offerte. 

BERTIiXI (DOME-Mco), compositeur et pro- 
fesseur, né à Lucques le 26 juin 1829, est issu 
d'une famille dans laquelle la musique était tenue 
en grande affection. Ses frères et ses sœurs cul- 
tivaient tous la musique pour leur plaisir, sa 
mère possédait un véritable talent de chanteuse 
amateur, et son père, directeur du journal offi- 
ciel du duché de Lucques, lui lit apprendre dès 
sou plus jeune âge les premiers principes de l'art. 
Doué d'une fort jolie voix, chantant avec ex- 
pression, il fui à douze ans reçu à l'Institut mu- 
sical de sa ville natale, alors dirigé par Giovanni 
Pacini, et y remporta successivement tous les 
premiers prix. 

En 1848, lors du soulèvement naticyal de l'I- 
talie, il s'engagea comme volontaire, se battit 
dans plusieurs rencontres, et se distingua tout 
particulièrement dans la journée du 29 mai. Mais 
après la restauration des princes, et lorsque les 
Autrichiens eurent envahi le pays, il dut se re- 
tirer à la campagne pour se mettre en sûreté. 
C'est alors qu'il reprit ses études musicales, cette 
fois sous la direction de Michèle Puccini. Il les 
mena avec assez d'activité pour être en état de 
faire exécuter, le 25 juillet 1850, une mes.se et 
une cantate de sa composition, et deux ans après, 
le 22 novembre 1852, un Magnificat à 4 voix 
avec accompagnement d'orchestre. Nommé en 
1853 maître décomposition de la congrégation de 
Sainte- Cécile de Lucques et maestro concerta- 
tore au théâtre, il devint, en 1857, directeur de 
l'Institut musical de Massa-Carrara et maître de 
chapelle. Enfin, en 1862, il alla se fixer à Flo- 
rence, où depuis lors il n'a cessé de se. livrer à 
l'enseignement du chant, et où il est devenu di- 
recteur de la Société Cherubini. 

M. Bertini a fait paraître en 1866 un manuel 
musical conçu d'après un nouveau système, sys- 
tème mis en usage par lui et qui a produit, pa- 
raît-il, d'excellents résultats; cet ouvrage a pour 
titre : Compendlo di principii di musica se- 
conda un nnovo sïstema, et a été approuvé par 
MM. Mercadante, alors directeur du Conserva- 
toire de Naples, Lauro Rossi, directeur de celui 
de Milan, Platania, directeur de celui de Palerme, 
et Gaetano Gaspari. M. Bertini est l'auteur de 
deux opéras, Non ti scordar di me et Cinzica 
Sismondi, qui n'ont point été représentés jus- 
qu'ici (1876;, mais dont l'éditeur Morandi, de 
Florence, a publié quelques morceaux, et il a 



livré au public quelques compositions moins im- 
portantes, entre autres un sonnet écrit sur des 
vers de Michel-Ange à l'occasion du quatrième 
centenaire de ce grand homme, et qui passe pour 
une de ses meilleures productions. M. Bertini, 
qui s'occupe aussi de littérature musicale, prend 
part à la rédaction des journaux la Scena, de 
Venise, et le Boccherini, de Florence, et il a 
exercé les fonctions de critique dans une grande 
feuille politique, VEpoca, pendant tout le temps 
qu'a duré sa publication. 

BERTII\I (Ernesto), compositeur drama- 
tique, né à Macerata, a fait représenter sur le 
théâtre de celte ville, il y a quelques années, un 
drame lyrique intitulé Caterïna di Francia. 

BERTIIXI (Natale), chef d'orchestre et 
compositeur dramatique, né à Palerme, a fait 
représenter en celte ville, sur le théâtre Belliui, 
le 4 avril 1867, un opéra sérieux en trois actes, 
intitulé Elrira da Fiesole. En 1872, cet artiste 
était chef d'orchestre et maestro concerlaiore 
au théâtre impérial d'Odessa. 

* BERTIA^OTTI (Tni:i!i;sE), cantatrice re- 
marquable, née à Savigliano en 1776 et non en 
1780, est morte à Bologne le 12 février 1864. 

BERTO\ (Pierre MONTAN-). Cet artiste 
distingué s'était donné, à l'Opéra, une sorte de 
spécialité : celle de rafraîchir, par l'aiijonction 
de quelques morceaux nouveaux, les opéras an- 
ciens que l'on jugeait à propos de remettre à la' 
scène. C'est ainsi qu'il écrivit des airs, des 
scènes, des airs de ballet pour Camille, reine 
des Yolsques de Campra, pour Iphigénie en 
Tauride de Campra et Desmarets, pour Castor 
et Pollux et Dardaniis de Rameau, etc. Cela 
lui donna l'occasion de publier (1762) un Recueil 
de différents airs à grande symphonie, 
composés et ajoutés dans plusieurs opéras et 
exécutés au concert français des Tuileries 
(Paris, La Chevardière). J'ignore si plusieurs 
volumes de ce recueil ont paru, mais le premier 
portait cette mention : « On donnera incessam- 
ment le second et le troisième recueil. » 

Berton mourut le 14 mai 1780. 

*BERTOIX (Henri MONTAN-). Un assez 
grand nombre d'erreurs s'étant produites' au sujet 
des œuvres de ce compositeur célèbre', je crois 
utile de reconstituer ici, par ordre chronologique, 
son répertoire dramatique, en l'accompagnant 
de quelques observations ; je ne m'occuperai ni 
des oratorios exécutés au Concert spirituel, ni 
des opéras restés inédits, mais seulement des 
ouvrages représentés. En voici la liste : 

1" Les Promesses de mariage, suite de l'É- 
preuve villageoise, 2 actes, Comédie-Italienne, 
4 juillet 1787 ; 2° l'Amant à l'épreuve, 2 actes. 



BERTON 



83 



id., 5 décembre 1787 ; 3" les Brouilleries, 3 
actes, id., 1" mars 1790 ; 4" les Rigueurs du 
Cloître, 2 actes, id., 23 août 1790; ^y" le Nou- 
veau d'Assas, 1 acte, id., octobre 1790; 6" les 
Deux Sentinelles, un acte. Th. Favart (ex-Co- 
médie-Italienne), 27 mars 1791 ; 7° Eugène, 3 
actes, th. Feydeau, 11 mars 1793; 8° le Con- 
grès des Rois, 3 actes (en société avec Blasius, 
Cherubini, Dalayrac, Deshayes, Devienne, Gré- 
try, Jadin, Kreutzer, MéhuI, Solié et Trial fils), 
th. Favart, 26 février 1794 (cet ouvrage n'est 
point cité par Fétis) ; 9" Agj'icole Viala ou le 
Héros de la Durance,vin acte, th. Feydeau, 9 
octobre 179i ; 10° Ponce de Léon, 3 actes, th. 
Favart, mars 1797 (paroles et musique de Ber- 
ton);ir le Rendez-Vous supposé ou le Souper 
de famille, 2 actes, th. Favart, 5 août 179S 
(ouvrage représenté précédenunent, le 11 no- 
vembre 1788, sous forme de comédie et sous ce 
titre : les Dangers de V absence, ou le Souper 
de famille); 12° Montana et Stéphanie, 3 ac- 
tes, tb. Favart, mars ou avril 1799 (ouvrage 
défendu par la police après sa première repré- 
sentation, joué pour la seconde fois le 20 avril, 
et repris le 4 mai 1800 avec un troisième acte 
nouveau); 13° la Nouvelle au camp de l'as- 
sassinat des ministres français à Rastadt, 
« scène patriotique, » Opéra, 14 juin 1799; 14° 
l'Amour bizarre, ou les Projets dérangés, 3 
actes, th. Favart, 30 août 1799 ; 15" le Délire, 
ou les Suites d'une erreur, un acte, th. Favart, 
6 décembre 1799 ; 16° le Grand Deuil, un acte, 
th. Favart, 20 janvier 1801 ; 17" les Deux sous- 
lieutenants o\i le C^cert interrompu, un acte, 
th. Feydeau, 29 mai 1802 (Fétis a fait ici con- 
fusion et a cru voir dans cet opéra deux ou- 
vrages distincts, dont l'un aurait été représenté 
sous ce titre : les Deux sous-lieutenants, 
1 autre sous celui-ci : le Concert interrompu: 
cette pièce avait été représentée précédemment 
au th. Favart, le 19 mai 1792, sous forme de 
comédie); 18° Aline, reine de Golconde, 3 
actes, Opéra-Comique, 3 septembre 1803 ; 19° la 
Romance, un acte, id., 2i janvier 1804; 20°, 
Trusibule, " cantate scénique, » exécutée à 
l'Hôtel de Ville (et non au Théâtre-Olympique, 
comme l'a dit Fétis), le 16 décembre 1804; 21° 
le Vaisseau-Amiral ou Forbin et Delville, un 
acte, Opéra-Comique, 1'=' avril 1803 ; 22° Délia 
et Verdikan, un acte, id., 8 mai 1805 (les pa- 
roles de ce petit ouvrage étaient du chanteur 
EUeviou) ; 23° les Maris garçons, un acte, id., 
15 juillet 1806; 24° le Chant du retour, can- 
tate, id., 28 juillet 1807; 25° le Chevalier de 
Sénanges, 3 actes, id., 23 juillet 1808; 26° 
Ninon chez M>»e de Se vigne, un acte, id., 26 



septembre 1808; 27° Françoise de Foix, 3 
actes, id., 28 janvier 1809 ; 28° le Charme de 
la Voix, un acte, id., 24 janvier 1811 ; 29° la 
Victime des Arts ou la Fête de Famille, 2 
actes (en société avec Nicolo et Solié), id., 28 
février 1811 ; 30° V Enlèvement des Sabines, 
ballet en 3 actes, représenté au palais impérial 
de Fontainebleau le 4 novembre 1810, et à 
l'Opéra le 25 juin 1811 ; W l Enfant prodigue, 
ballet en 3 actes. Opéra, 28 avril 1812; 32° le 
Laboureur chinois, pastiche en un acte, avec 
récitatifs de Berton, Opéra, 5 février 1813 ; 33° 
Valentin ou le Paysan romanesque, 3 actes, 
Opéra-Comique, 13 septembre 1813 (repris et 
réduit en 2 actes le 4 décembre 1819); 34° 
/' Oriflamme, un acte (en société avec Kreut- 
zer, Méhul et Paër), Opéra, r' février 1814; 
35" l'Heureux Retour, ballet en un acte, id., 
25 juillet 1815 ; 36° les Dieux rivaux ou la 
Fête de Cythère, opéra-ballet en un acte (en 
société avec Kreutzer), Persuiset Spontini), id., 

21 juin 1816; 37° Féodor on le Batelier du 
Don, un acte, Opéra-Cornique, 15 octobre 1816 ; 
38° Roger de Sicile ou le Roi troubadour, 3 
actes. Opéra, 4 mars 1817 ; 39° Corisandre ou 
la Rose magique, 3 actes, Opéra-Cornique, 29 
juillet 1820; 40° Blanche de Provence ou la 
Cour des Fées, un acte (en société avec Boiel- 
dieu, Cherubini, Kreutzer et Paër), représenté 
à la cour le 1" mai et à l'Opéra le 3 mai 1821 ; 
41° Virginie ou les Décemvirs, 3 actes. Opéra, 
11 juin 1823 ; 42" les Deux Mousquetaires ou 
la Robe de chambre, uu acte, Opéra-Comique, 

22 décendire 1824; 4.3° Pharamond, 3 actes 
( en société avec Boieldieu et Kreutzer), Opéra, 
10 juin 1825 ; 44" les Créoles, 3 actes, Opéra- 
Comique, 14 octobre 1826 (ouvrage non men- 
tionné par Fétis) ; 45° les Petits Appartements, 
un acte, Opéra-Comique, 9 juillet 1327 ; 46° la 
Marqtiise de Brinvilliers, 3 actes (en société 
avec Auber, Batton, Blangini. Boieldieu. Carafa, 
Cherubini, Hérold et Paër), Opéra-Comique, 31 
octobre 1831 (non mentionne par Fétis en ce 
qui concerne Berton). 

Il faut ajouter que Berton a modifié et ar- 
rangé un ouvrage de Gluck et un de Grétry 
pour deux reprises qui en furent faites à l'Opéra 
et à l'Opéra-Comique. Écho et Narcisse, de 
Gluck, ainsi remanié par lui, fut repris à l'O- 
péra le 25 mars 1806, et Guillaume Tell, de Gré- 
try, fut donné à l'Opéra-Comique le 24 mai 1828. 

■* BERTOIV (Henri), fils du précédent (1). 
Aux ouvrages dramatiques de ce compositeur, il 
faut joindre le Présent de noces ou le Pari, 

(t) Et non François, comme il a élc dit par erreur, i 



84 



BERTON — BERTRAND 



ouvrage en un acte qui fut représenté à l'Opéra- 
Cornique le 2 janvier 1810. Quant au Château 
d'Urtuby (et non d'iturbide, comme il a été 
dit), il fut donné au même théâtre le 14 jan- 
vier 1834, dix-huit mois après la mort du com- 
positeur, qui fut l'ime des premières viclimes 
de l'épidémie cholérique de 1832. En lête du 
livret de cette pièce, les auteurs, MM. de Lu- 
rieu et Raoul, ont placé une pièce de vers « aux 
mânes de Henri Berton fils, » pièce de vers qui 
fut lue sur la scène, le jour de la première re- 
présentation, et qu'il ne me semble pas inutile 
de reproduire ici : 

Un fléau d'jffreiise mémoire 

Naguère époiivantait Paris; 

Vertus, beauté, talens et gloire, 
Rien ne put le fléchir : il fut sourd à nos cris.... 

Henri Beuton, tenant la lyre. 

Tomba foudroyé sous ses coups; 
I,c.s derniers chants, enfans de son délire, 
L'infortuné les modulait pour vous. 

Bientôt vous allez les entendre. 
l,ui seul, hélas! il manque au rendez-vous. 
Qu'il eût été joyeux d'être au milieu de nous!... 
Ses amis empressés seraient venus lui prendre 

La main, en lui disant : « C'est bien. » 
Cotte main s'e t glacée... Et de ce cœur si digne. 
De ce feu créateur, il ne reste plus rien.... 
Ces chants pleins d'avenir étaient le chant du cygne. 

Vous les adopterez, oui, messieurs, car son nom 

Du succès fut toujours le gage; 

Oui, son aïeul, Pierre Berton, 
Par ses accords, enivrant un autre âge. 
De Gluck lui-même obtenait le suffrage. 

Plus fier, plus maïc en ses accens, 

De son CIs le brillant génie 

Grandit encore avec les ans, 
Et dans la France enlière on répète les chants 

Et i'Jline et de Stéphanie. 

Ainsi la gloire, aimant à proclamer ce nom, 

Sur ses tables d'airain grava trois fois : Berton. 

Henri, console-toi, puisqu'en mourant tu bisses 

Pour héritage à tes enfans. 

Trois générations de talens; 

C'est la plus belle des noblesses. 

De ses travaux lorsqu'il n'a pu jouir, 
Pour un artiste qui succombe, 
C'est, hélas! bien plus que mourir. 
Ce fut le sort d'Henri... Grâce à vous, sur sa tombe, 

Que ses enfans, quand ils iront prier. 
Puissent porter demain quelques brins de laurier. 

Fétis a été trompé par un faux renseignement 
lorsqu'en parlant du fils de cet arlisfe, Adolphe 
Berton, mort en 1857, il a dit : « En lui s'est 
éteinte la quatrième génération d'une famille qui 
s'était illustrée dans la musique. » La famille 
était loin d'être éteinte, car Adolphe laissait un 
frère, Charles-Francisque Montan-Berton, qui, 
né à Paris le 16 septembre 1820 , embrassa la 
carrière théâtrale, entra au Conservatoire dans la 
classe de Samson, et devint l'un des premiers 
comédiens de ce temps. Celui-ci épousa une fille 



de son maître, M'^' Caroline Samson, qui s'est fait 
connaître comme écrivain par des romans et des 
pièces de théâtre, et il appartint successivement 
au personnel de la Comédie-Française,du Vaude- 
ville, des théâtres de Vienne et de St-Pétersbourg, 
et plus tard de ceux du Gymnase, delà Gaîté, de 
rodéon et de laPorte Saint-Martin. Charles-Fran- 
cisque Berton est mort fou, le 18 janvier 1874, 
laissant un fils, M. Pierre Berton, comédien fort 
distingué lui-même et auteur dramatique, qui 
s*est fait applaudir au Gymnase et à la Comédie- 
Française et qui a fait représenter^quelques pièces 
agréables, entre autres les Jurons de Cadillac, 
la Vertu de ma femme, etc. 

* BERTOiM (Ferdinand-Josepii). Aux ou- 
vrages dramaliques de ce compositeur, il faut 
ajouter Antigono. 

lîERTRAXD (H -G ), violoniste et 

compositeur français ou belge, a publié à Liège, 
en 1768, un recueil de Sir. trios de violon, 
op. 1. 

BERTRAXD (JE.\iN- Gustave), écrivain mu- 
sical distingué, est né à Vaugirard (Paris) le 24 
décembre 1834. Bon helléniste, et, à ce titre, 
membre de la Société d'encouragement des études 
grecques, M. Bertrand, après avoir fait d'excel- 
lentes études au lycée Louis le Grand, suivit les 
cours de l'école ,des Chartes et sortit de cette 
institution avec le diplôme d'archiviste-paléo- 
giaphe. Sa thèse portait sur un point d'archéo- 
logie musicale : l'Histoire de l'orgue dans 
l'antiquité et au moyen âge, et des fragments 
eu furent publiés dans le journal la Maîtrise. 
L'auteur avait travaillé seul la théorie musicale 
et l'harmonie. 

Devenu en 1859 rédacteur en ' chef d'une 
feuille théâtrale, M. Bertrand se vit bientôt 
chargé de la critique musicale à la Revue ger- 
manique (plus tard Revue moderne), puis, en 
1862, prit possession du feuilleton dramatique 
et musical du journal le Nord. Il a collaboré 
successivement à la Revue et Gazette musi- 
cale, au Ménestrel, au Moniteur universel, 
au Journal des Débais, à la Patrie, au Soir, 
au Journal de Paris, à l'Ami de la France, au 
Journal officiel, etc. 

Membre du comité des travaux historiques 
(section d'archéologie), M. G. Bertrand fut, pen- 
dant plusieurs années, chargé par le ministère 
de l'instruction publique de missions scientifi- 
ques en Russie, et en profita pour étudier, 
avec l'intérêt qu'il mérite, l'art musical de ce 
pays, si peu connu dans l'Europe occidentale. 
Il prépare une histoire de l'Opéra national russe. 
Ses observations, jointes à celles qu'il avait rap- 
portées de ses précédents voyages en Allemagne 



BERTRAND — BEST 



85 



et en Ilalie, lui permirent de publier un livre à 
la fois très-ingénieux et très-substantiel : les 
Aationalités musicales étudiées dans le 
drame lyrique, livre dans lequel on rencontre 
des aperçus neufs et des remarques fort utiles. 
La crifiijue de M. Gustave Bertrand se fait d'ail- 
leurs remarquer par une grande élévation de 
pensée, des connaissances solides, et en même 
temps par une urbanité de formes qu'on vou- 
drait toujours retrouver sous la plume des écri- 
vains dignes de ce nom. 

Les écrits de M. G. Bertrand relatifs à la mu- 
sique sont les suivants : \" Histoire ecclésias- 
tique de l'Orgue (Paris, Cli. de Mourgues, 
1859, in 8°); 2° Essai sxir la musique dans 
l'antiquité [Pdirh, Didot, s. d., in-8"), tirage à 
part d'un article fort important publié dans le 
Complément de l Encijclopédie moderne; 3" 
les Origines de Vharmonie (s. 1. n. d.), tirage 
à part d'un article inséré dans la Reiue mo- 
derne, du f"" septembre 1866 ; 4" de la Réforme 
des études du chant au Conservatoire (Paris, 
Heiigel, 1871, in-8"), travail plein d'intérêt, 
écrit par l'auteur à la suite de visites faites par 
lui aux conservatoires de Naples, de Milan, de 
St-Pétersbourg et de Bruxelles ; 5° les Nationa- 
lités musiccdes étudiées dans le drame ly- 
rique (Paris, Didier, 1872, in-12). La publica- 
tion de ces divers ouvrages a créé à leur auteur 
une situation très-solide dans la critique, et lui 
a donné une autorité incontestable. M. Bertrand 
est l'un des collaborateurs du Supplément de la 
Biographie universelle des Musiciens. Tout ré- 
cemment il a pris posses-sion, sous le nom de 
Jean Bertrand, du feuilleton dramatique et 
musical du journal la République française. 

*BERWALD (Je\n-Fkédéric), est mort 
au mois de septembre 1861. 

BEllWALD ( ). Un artiste de ce nom 

a fait représenter à Stockholm , au mois d'avril 
1862, un opéra intitulé Estrella de Soria, qui 
a été très-favorablement accueilli par le public. 
J'ignore, quoique cela paraisse probable , si cet 
artiste appartient à la famille du précédent. 

* BESAKZOAJ (Ferdinand). Cet artiste, 
qui s'était établi à Paris, où il demeura plusieurs 
années, fit représenter à l'Opéra-Comique , eu 
1856, un petit ouvrage en un acte, intitulé te 
Chercheur d'esprit, qui passa complètement 
inaperçu et n'obtint qu'un petit nombre de re- 
présentations. Besanzoni est mort à Venise, le 
5 décembre 1868. 

BESEKIRSKIJ (Vasil-Vasilevic), violo- 
niste russe, membre de la chapelle impériale, 
est né à Moscou en 1836. Cet artiste a complété 
son éducation au Conservatoire de Bruxelles , 



sous la direction de M. Léonard. Après s'être fait 
entendre à Bruxelles et à Paris, il retourna en 
1860 dans sa patrie, où il a fondé une société 
de quatuors. Il a écrit pour son instrument plu- 
sieurs compositions qui ont été publiées en Alle- 
magne. Y. 

* BESSEj\1S (Antoine-Acgust&), violoniste 
et compositeur, né à Anvers et fixé à Paris de- 
puis 1852, est mort en celte dernière ville le 19 
octobre 1868. 

BESSOIV (Gustave- Auguste), facteur d'ins- 
truments de musique en cuivre et l'un des in- 
dustriels français les plus renommés en ce 
genre, est né à Paris en 1820, et étudia fort 
jeune loutes les questions relatives à la cons- 
truction et au mécanisme de ces instruments : 
cors, trompettes, trombones, cornets à pistons, 
bugles, etc. Fort jeune encore, il présenta à 
l'exposition de 1844 plusieurs produits qui fu- 
rent récompensés, et depuis lors il n'a guère 
laissé passer de solennités de ce genre sans y 
prendre part et sans y obtenir des succès. Il a 
été récompensé par une médaille de prix à l'Ex- 
position universelle de Londres (1831) et par une 
médaille de première classe à celle de Paris 
(1855). 

BEST (W -T \ organiste fameux en 

Angleterre, et actuellement considéré comme le 
premier de ce pays, est titulaire des grandes et 
des plus belles orgues de concert du royaume, 
celles de Royal-Albert- Hatl, à Londres, de 
Saint- George' s- Hall, à Liverpool, enfin de la 
nouvelle et superbe salle de Shelfield. Il a été, 
je crois, organiste dune des plus importantes 
églises de Birmingham. M. Best, qui est 
âgé aujourd'hui d'environ cinquante ans, et qui 
est considéré par ses compatriotes comme le pre- 
mier organiste de l'Angleterre, est cependant 
inférieur à plusieurs de ses confrères, et parti- 
culièrement à M. Henry Smart, l'aveugle, artiste 
extrêmement distingué. Très-habile au point de 
vue du mécanisme comme exécutant, très-rompu 
à la pratique comme compositeur, avec cela fort 
instruit, M. Best possède un talent véritable, 
mais un talent sans charme et qui n'est pas 
échauffé par l'inspiration. On le voit parfois, 
assis devant son instrument , s'arrêter au beau 
milieu d'une phrase pour disposer et arranger 
ses registres, prendre longuement son temps, puis 
poursuivre ensuite tranquillement son petit dis- 
cours interrompu. D'autre part, M. Best, quia 
transcrit un certain nombre de concertos de Ilaîn- 
del pour orgue et orchestre, n'a pas reculé devant 
ce sacrilège de changer, quand cela lui convenait, 
l'harmonie du maître. On voit ce qu'il faut pen- 
ser d'un artiste qui en prend ainsi à son aise 



86 



BEST — BEZDECR 



dans l'exercice d'un art qui exige le plus profond 
respect de lui-même et du public. Il est certain 
que la valeur de M. Best a été singulièrement 
exagérée dans son pays , et qu'elle reste de 
beaucoup au-dessous de sa renommée. 

M. Best, qui s'est fait entendre plusieurs fois 
à Paris dans les séances intimes d'orgue données 
cbez nos grands facteurs , a publié un nombre 
incalculable de transcri|jtions des diefs-d'œiivre 
des grands maîtres. On lui doit des compositions 
originales dont la valeur est mince, entre autres 
une Collection of organe pièces, en plusieurs 
livres. 

* BÉTIIISY (Jea!s-Laure\t DE). L'Enlè- 
vement d'Europe, tragédie-opéra dont cet ar- 
tiste avait écrit tout à la fois les paroles et la 
musique, fut jouée à Versailles, an concert de 
la reine , au commencement du mois de juin 
1739. 

BETTS (John), lutbier anglais de la fin du 
dix-huitième et du commencement du dix-neu- 
vième siècle, naquit à StamTord en 1755 et mou- 
rut en 1823. Établi à Londres, il y lit, dit-on, 
d'importantes affaires, mais c'était plutôt un 
marchand d'instruments qu'un lutbier véritable, 
car on assure qu'il travaillait peu par lui-même. 
Un luthier nommé John Carter, qui habitait 
Londres en 1789, lui .fabriqua un grand nombre 
d'instruments. 

BETTS (Edward), luthier anglais de la fin 
du dix-huitième siècle, fut élève du luthier Ri- 
chard Duke [Voyez ce nom), fameux dans son 
pays, et qu'il sut imiter habilement. Cependant, 
les instruments sortis de ses mains, très-soignés 
ettrès-finis dans leurs détails, laissaient, dit-on, 
à désirer au point de vue de l'ensemble. 

BETZ (I'rançois), premier baryton de l'Opéra 
impérial de Berlin, est né à Mayence le 19 
mars 1835. C'est un des chanteurs favoris de 
M. Richard Wagner, et il faisait partie de 
ceux qui ont chanté la fameuse tétralogie de 
ce compositeur à Bayreuth, en 1876. Aussi 
distingué, dit-on, comme comédien que comme 
virtuose, il s'est fait surtout remarquer en Al- 
lemagne dans le rôle de Hans Sachs des Maî- 
tres chanteurs , dont il a fait une création 
pleine de puissance et d'originalité , puis dans 
le FreischiUz, Lohengrin, Tristan et Isolde, 
Ipliigénie en Tauride, Hamlet , Aida, etc. 
M. Betz s'est fait entendre parfois à l'Opéra 
impérial de Vienne. 

BEULE (Charles-Ernest), archéologue, 
écrivain et homme politique français, né à Sau- 
mur le 29 juin 1826, mort à Paris le 4 avril 1874, 
n'est mentionné ici que pour les « éloges » con- 
sacrés par lui à quelques musiciens en sa qua- 



lité de secrétaire perpétuel de l'Académie des 
beaux-arts. Il avait succédé sous ce rapport à 
Halévy, et il eut ainsi l'occasion de lire à l'A- 
cadémie des notices sur Halévy lui-même , sur 
Meyerbeer et sur Rossini. Ces notices ont été 
publiées à la librairie Firmin-Didot , en 1862, 
1865 et 1869. 

BEUMEB (Henri), violoniste et composi- 
teur pour son instnmient, né à Leuwarden 
(Pays-Bas), en 1831, fit -ses études musicales 
sous la direction de son père, qui était chef de 
musique de la 2*^ division d'infanterie. Dès l'âge 
de douze ans il se faisait entendre avec succès 
dans les concerts, et en 1849, ayant eu l'occasion 
de se produire à Spa, devant Charles de Bériot, 
ce maître le complimenta et lui proposa d'entrer 
dans la classe supérieure de violon dont il était 
titulaire au Conservatoire de Bruxelles. M. Beu- 
mer accepta cette offre, entra au Conservatoire, 
et au bout de deux années y remporta le prix 
(l'honneur. Peu de temps après il devenait lui- 
même professeur dans cet établissement, en 
même temps que violon-solo au théâtre de la 
Monnaie. Cet artiste s'est aussi livré à la com- 
position; il a écrit la musique d'un ballet repré- 
senté au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles, et 
a publié, entre autres œuvres : 6 études pro- 
gressives pour le violon; 50 études pour le 
\iolon, dédiées 'à Charles de Bériot; Caprice 
pour le violon, sur le God save the Quren ; 
12 romances; une ouverture ; quatre fantaisies 
pour orchestre , etc. 

BE'VIGNAIXI (Enrico), chef d'orchestre et 
compositeur dramatique, a fait représenter en 
1802, sur un théâtre deNaples, un opéra inti- 
tulé Caterina Blum. En 1872, M. Bevignani 
était, conjointement avec M. Liiigi Arditi, chef 
d'orchestre des théâtres italiens de Saint-Pé- 
tersbourg et de Moscou, et en 1876, il remplissait 
les mêmes fonctions au lliéâtre italien de Cu- 
vent Garden, à Londres. 

* BEYER (Ferdinand). Cet infatigable fa- 
bricant de musique plus que médiocre, né à 
Querfurt, dans la Prusse saxonne, le 25 juillet 
1805, est mort à Mayence le 14 mai 1863. 
Néanmoins, son commerce était tellement 
florissant, qu'il s'est trouvé un artiste assez 
avisé pour recueillir sa succession et prendre la 
suite de ses affaires. Un compositeur de musi- 
quette de piano a en effet adopté le pseudonyme 
de Beyer, pour satisfaire le public amateur des 
morceaux de ce dernier. H a seulement changé 
l'initiale du prénom ; au lieu de F. Beyer, on 
met sur le titre S. Beyer, et tout est dit. 

BEZDECK (Frédéric-Wenzel), violoniste, 
est né le 24 septembre 1804, à Prague. On a de 



BEZDECK — BIÂGI 



87 



lui (\es quatuors pour instruments à cordes, 
(les lieder et des morceaux de piano. Y. 

BIAGGI (Gerolvmo-Alessandro), critique 
et historien musical italien, est né vers 1815 à 
Milan et fit ses études musicales au Conserva- 
toire de cette ville, oii il entra le 2i octobre 
1829 pour en sortir le 16 février 1839, après 
avoir suivi les cours de violon et de composi- 
tion. Bien que pourvu d'une instruction musicale 
sérieuse et solide, M. Biaggi ne songea pas un 
instant, dit-on, à suivre la carrière de compo- 
siteur, et se livra aussitôt à son gortt pour la 
critique, la littérature et lliistoire musicales. 
Esprit élevé et indépendant, quoique imbu de 
certains préjugés et un peu trop immobilisé dians 
l'admiration du passé, il s'est fait dans son pays 
une renomuiée véritable , méritée d'ailleurs à 
beaucoup d'égards. En 1857, à la suite de lon- 
gues méditations sur l'état de décadence dans 
lequel se trouvait l'art musical religieux en Ita- 
lie, il publia un écrit ainsi intitulé : Délia Mu- 
sica religiosa e délie questioni inerenti, dis- 
corso i\\i\An, Lucca, 1857, in-8"). Ce discours 
de plus de 200 pages donne des preuves d'une 
érudition solide, et quoique je sois loin de 
partager toutes les idées exprimées par l'auteur, 
je n'en dois pas moins rendre hommage à l'élé- 
vation de son esprit et à son grand sentiment de 
l'art. 

C'est, je crois, à l'époque où il publia ce 
livre, que M. Biaggi dirigeait à Milan une feuille 
spéciale, Vltalia musicale, publiée par l'éditeur 
Francesco Lucca. Peu d'années après il quittnit 
Milan pour aller se fixer à Florence, où il deve- 
nait bientôt le feuilletoniste musical de l'excel- 
lent journal politique la jYffi;io?ie, et où, lors de 
la création de l'Institut royal de musique, il fut 
nommé professeur d'esthétique musicale et d'his- 
toire de l'art dans cet établissement. M. Biaggi 
est aussi cbargé de la critique musicale à la 
Gazzella d'ItaUa, où il signe ses articles du 
pseudonyme Ippolito d'Albano, et c'est encore 
lui qui fait les revues musicales du grand recueil 
littéraire qui a pour titre /a JSuova Aniologia, 
lequel tient en Italie la place que la Revue des 
Deux-Mondes occupe en France. 

La situation littéraire de M. Biaggi, on le voit, 
est considérable, et pourtant il est peut-être 
juste de remarquer que, malgré l'estime qu'on 
fait de son talent et de son caractère, l'autorité 
qui s'attache à ses jugements n'est pas à la 
hauteur de celte situation. M. Biaggi est consi- 
déré comme un érudit, comme un savant, comme 
un musicien de premier ordre, ses travaux, 
«crits dans une langue élégante et claire, sont 
tplus et recherchés, et néanmoins l'on ne peut pas 



dire que l'écrivain tienne l'oreille du public et 
entraîne ses lecteurs à sa suite. C'est que, 
comme je le faisais entrevoir plus haut, M. Biaggi 
est un peu trop confiné dans le passé, un passé 
brillant et glorieux à la vérité, mais qui, étant 
donné le progrès constant et le renouvellement 
incessant de l'art, ne satisfait plus le besoin de 
l'intelligence humaine. M. Biaggi en est resté à 
Rossini ; on pourrait assurément plus mal choisir 
son dieu, mais enfin Rossini, qui a été lui-même 
un révolutionnaire en musique, a été suivi par 
d'autres novateurs qui ont à leur tour renouvelé 
ou tout au moins modifié profondément les 
formes de l'art, et des travaux desquels il faut 
absolument tenir compte. En un mot, M. Biaggi 
ne croit qu'aux morts, et professe l'horreur la 
plus profonde pour la musique île sou temps. 
J'admets parfaitement que l'Italie ne possède 
pas en ce moment un seul arliste de la trempe 
de Ciraarosa ou de Paisiello, mais est-ce en dé- 
courageant les jeunes producteurs qu'on par- 
viendra à leur inspirer des chefs-d'œuvre"? Je 
ne le crois pas. En tout cas, M. Biaggi pousse 
certainement trop loin l'aniiuosité contre 
i\I. Verdi, qui est sa bête noire, lorsqu'il traîne 
aux gémonies des œuvres aussi mâles, aussi 
puissantes qu'.4?fZaet la messe de Requiem. Je 
suis fort loin d'admirer, pour ma part, tout ce 
qu'a fait M. "Verdi, et je reconnais tout ce que 
son génie a d'inégal, de sauvage et de désordonné. 
Mais en présence des deux œuvres que je viens 
de nommer, mon sentiment se modifie, et si la 
critique ne perd pas complètement ses droits, du 
moins peut-elle laisser une bonne part à la louange. 
En résumé, M. Biaggi est un arliste fort distin- 
gué, fort instruit, remarquable à plus d'un titre, 
mais qui paraît vivre dans un temps qui n'est pas le 
sien, etdont l'esprit est trop sensiblement éloigné, 
par des idées surannées, du courant qui emporte 
incessamment l'humanité vers l'éternel progrès. 
BIAGI (Al\m\nno), excellent violoniste et 
compositeur (1), naquit à Florence, le 20 décem- 
bre 1800, fit sesétudes musicales dans les classes 
de l'académie des beaux-arts de cette ville, et 
devint un des meilleurs directeurs d'orchestre de 
son temps. C'est en cette qualité qu'il fit long- 
te mps partie de la musique de chambre et de 
la chapelle de la cour grand-ducale de Toscane. 
Il composa dans tous les genres, sauf le genre 
théâtral, ce qui paraît tant soit peu étrange, 



(1) Trompé par la simililude des noms, l'auteur de la 
Biographie universelle des Musiciens a confondu en 
une seule personnalité trois artistes distincts : 1\I. Ala- 
manno Biagi, M. Alessandro Biagi, son frère, et M. riiio- 
lamo Alessandro Biaggi. Nous rétablissons ici les faits 
relativement à ees trois artistes. — a. -p. 



88 



BIÂGI - BIANGHLXI 



puisquen sa qualité de chef d'orchestre il passa 
la plus grande partie de sa vie au théâtre. Du 
reste, ses nombreuses compositions lui auraient 
valu, sans doute, la réputation à laquelle il 
avait droit, si elles n'étaient restées presque 
toutes inédites. Parmi ses compositions instru- 
mentales, on ne doit pas passer sous silence un 
très-beau quatuor pour deux violons, alto et 
violoncelle, qu il présenta peu de temps avant 
sa mort à l'un des concours dus à la libéralité de 
M. le D"' A. Basevi. Le quatuor obtint le prix, 
mais au moment où le jugement était rendu, 
l'auteur était déjà mort. A. Biagi a. laissé bon 
nombre de motets, psaumes, messes, dont cinq 
des morts ; une seule a été imprimée à Florence 
par F. Lorenzi. Si, dans la musique sacrée de 
A. Biagi, on remarque parfois quelque sécheresse 
en ce qui concerne la mélodie, on rencontre 
aussi constamment une harmonie pure, une fac- 
ture habile, une belle orchestration et surtout 
une remarquable noblesse de conception. 

Le gouvernement de la Toscane, qui par un 
décret du 15 mars 1860 fonda l'Institut royal 
de musique de Florence, appela A. Biagi à en 
faire partie en qualité de conseiller censeur. Il 
collabora avec MM. le D' A. Basevi et L.-F. Ca- 
samorata à la rédaction des statuts de l'Institut, 
mais il n'eut pas la satisfaction d'assister à son 
inauguration, qui eut lieu vers la fin de 1861, car 
il était mort le 20 juin de la même année dans 
toute la force de l'âge, à la suite d'une longue et 
douloureuse maladie. L.-F. C. 

BiAGI (Alessandro), compositeur, pianiste 
et professeur, est né à Florence le 20 janvier 
1819. A 1 âge de dix ans, il commença l'étude 
du piano sous la direction d'un de ses frères, 
M. Ludovico Biagi, qui devint plus tard un ocu- 
liste remarquable, et un an après il entra, à 
l'académie des beaux-arts, dans la classe de 
Geremia Sboici, puis dans celle de Palafuti. Il 
obtint la première médaille au concours, et en 
1836 la même récompense lui fut accordée au 
concours de contrepoint, qu'il avait étudié avec 
Nencini. Ses études terminées, il se consacra à 
l'enseignement du piano, et fut appelé, en 1857, 
à succéder à son maître Palafuti dans sa 
classe de l'académie, devenue plus tard l'Institut 
musical. M. Alessandro Biagi jouit d'une grande 
notoriété conmie professeur, et ses compositions 
pour le chant et pour le piano sont fort estimées. 
Il ne s'en est pas tenu, d'ailleurs, à des compo- 
sitions instrinnentales, et il a abordé par deux 
fois le théâtre, en faisant représenter la Secchia 
rapila, opéra-bouffe (Florence, th. de la Per- 
gola, 1839), et Gonzalvo di Cordova, opéra 
sérieux (id., th. National, 1857), qui tous deux 



reçurent du public un heureux accueil. On con- 
naît encore, entre beaucoup d'autres moins im- 
portantes, deux grandes compositions de AI. Ales- 
sandro Biagi : un Cantico di Zaccaria (18.i8), 
à 4 voix, chœur et orcliestre, qui a obtenu la 
médaille d'or dans un concours académique, et 
un Padre Aostro, écrit sur des vers du Dante, 
qui a été exécuté par la Société de musique 
clas.sique lors des fêtes qui ont été célébrées en 
l'honneur de ce grand homme. 

BIAL (Charles), pianiste et compositeur , 
est né le 14 juillet 1833 à Habelschwerdt, dans 
le comté de Glatz. II a composé de la musique 
de piano et des lieder. Y. 

BIAL (R ), musicien allemand contempo- 
rain, s'est produit plusieurs fois au théâtre, avec 
les ouvrages suivants : 1° Monsieur de Papil- 
lon, opéra-comique en un acte, Berlin, th. 
Wallner, janvier 1870; 2° dei- Liebesring {rAn- 
neau d'amour) , opéra-bouffe en trois actes, 
Berlin, th. Friedrich-Willielmstadt, 4 décembre 
1875; 3° Un homme prudent, opérette, jan- 
vier 1876. On a annoncé une opérette de cet 
artiste. Pferffepring, comme devant être re- 
présentée sur le théâtre Kroll, de Berlin; mais 
je ne sais si elle a été jouée jusqu'ici. 

* BIA^'CHI (Françoise M. le docteur Ba- 
sevi, de Florence , possède de cet artiste le 
manuscrit d'un ouvrage ainsi intitulé : De VAt- 
fraclion harmonique, ou Système physico- 
mathématique de l'harmonie, fondé szcr l'a- 
nalyse desphénoinhies que présente la corde 
sonore, suivi d'un traité théor'ico-pratique de 
contrepoint et de composition idéale. Peut- 
être est-ce là le traité théorique sur la nmsique 
dont l'auteur de la B'iograplûe universelle des 
Musiciens a parlé au nom de François Bian- 
chi, et dont la Quarterhj musical Review, de 
Londres, aurait donné naguère quelques ex- 
traits. En ce qui concerne le catalogue des ou- 
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut y 
ajouter les deux suivants : Venere e Adone, 
représenté à Florence en 1781, et Seleuco, donné 
à Livourne en 1792. 

BIAXCHI (Eliodouo), compositeur italien, 
a fait représenter sur le théâtre de Bari, au 
mois de juillet 1873, une f'arsa en un acte inti- 
tulée Gara d'amore; cet ouvrage obtint un 
véritable succès, et, le soir de la première re- 
présentation, les spectateurs firent recommencer 
l'ouverture. Je n'ai pas d'autres renseignements 
sur M. Blanchi, sinon que cet artiste était, pres- 
que à la même époque, maestro concerlatore 
au théâtre d'Alexandrie. 

BIAACHIA'l (Giiski'pe), compositeur, né à 
Rome, a fait représenter dans le cours du dix- 



BIANCHINI — BIGNAMI 



89 



huitième siècle un opéra séïieux intitulé Anti- 
gona. 

BICKIA'G (Alfred), chanteur et composi- 
teur, né à Berlin en 1840, avait commencé ses 
études musicales dans son pays, puis était allé 
en Italie perfectionner son double talent de vir- 
tuose et de compositeur. Au commencement de 
1864 il faisait représenter, sur le théâtre de la 
petite ville de Teramo, un opéra sérieux, Ven- 
ceslao, qui était bien accueilli du public; mais 
bientôt le jeune artiste, éprouvant les premiers 
symptômes d'une maladie grave, crut devoir 
quitter l'Italie pour retourner à Berlin, au mi- 
lieu de sa famille. Il eut à peine le temps d'y 
arriver, et mourut vers le milieu du mois d'août 
1864, à peine âgé de 24 ans. 

BIDELLI (Matteo), maître de musique et 
compositeur, né à Lucques, vivait dans la pre- 
mière moilié du dix-septième siècle. Il a publié 
plusieurs messes à quatre voix, dont deux so- 
pranos et deux ténors, et une Psalmodia ves- 
pertina, imprimée à Lucques en 1617. On ignore 
la date de la mort de cet artiste. 

Des mémoires manuscrits conservés à la bi- 
bliothèque publique de Lucques constatent que 
dans le courant du seizième siècle existait en 
cette ville un nommé Pellegrino Bidelli, qui était 
à la fois imprimeur de musique et constructeur 
d'orgues. Peut-être était-ce le père de l'artiste 
dont il est ici question? En tous cas, il parait 
probable que tous deux devaient appartenir à la 
même famille. 

* BIENAIMÉ (Paul-Emile), est mort subite- 
ment le 17 janvier 1869, en donnant une leçon 
de musique dans un lycée de Paris : d'après les 
registres mêmes du Conservatoire, il était né à 
Paris le 6 et non le 7 juillet 1802, comme il a 
été dit par erreur. D'abord répétiteur au Conser- 
vatoire, puis nommé en 1828 professeur de sol- 
fège, enfin professeur d'harmonie et d'accom- 
pagnement pratique pour les femmes le 10 juil- 
let 1838, Bienaimé n'avait pris sa retraite que 
peu d'années avant de mourir, et c'est en tra- 
vaillant encore qu'il se reposait d'une existence 
toute de labeur commencée en obtenant à vingf- 
quatre ans, en 1826, le second grand prix de 
l'Institut. De son long séjour au Conservatoire, 
Bienaimé avait gardé et transmettait à ses élèves 
un vif sentiment de reconnaissance pour Cheru- 
bini, une profonde admiration pour le composi- 
teur et une grande estime pour l'homme. L'au- 
teur de celte notice, qui fut son élève, se rap- 
pelle encore avec quelle animation indignée 
Bienaimé comparait cette direction si sévère et 
.si impartiale à celle qui suivit, et les résultats 
produits par ces deux systèmes d'instruction. Au 



milieu de ses leçons, Bienaimé avait trouvé le 
temps de composer plusieurs messes solennelles 
à grand orchestre-, il laisse, publiés ou inédits, 
de nombreux morceaux, tant de musique reli- 
gieuse que de salon ou de concert, parmi lesquels 
plusieurs furent exécutés aux concerts du Con- 
servatoire, que Bienaimé contribua à fonder, ou 
aux séances publiques de la Société philotech- 
niques et delà Société libre des beaux-arts, dont 
il était membre. Il ay.iit entrepris dans les der- 
niers temps une longue étude qui reste malheu- 
reusement inachevée sur l'Histoire du piano 
depuis son origine jusqu'à nos jours; mais 
sou ouvrage le plus considérable est l'École de 
l'harmonie moderne , traité complet de la 
théorie et de la pratique de cette science de- 
puis ses notions les plus élémentaires jusqu'à 
ses derniers développements (3 vol. grand 
in 8", Paris, Harand, 1863). Il avait mis vingt 
ans à composer ce vaste travail, qui restera le 
témoignage le plus sérieux de son solide savoir. 

Ad. J — N. 

BIFETTO (Francesco), musicien italien, né 
à Bergame dans la première moilié du seizième 
siècle, a publié le recueil suivant : Madrigali 
a Quattro roci,7iovamente postiin lace. Libro 
primo (Venise, Gardano, 1547). 

BIGl ( ), est auteur d'un écrit sur 

Claude Merulo et les organistes de son temps : 
Di Claudio Merulo da Correggio, principe 
dei contrappuntisti, e degli organisti del XVI 
secolo (Parme, 1861, avec portrait). 

BIGLIAIM (ViNCENzo), prêtre et composi- 
teur italien, né à Alexandrie en 1801, mourut 
à Turin au mois d'août 1870. Il avait fait de bon- 
nes études au séminaire de sa ville natale, et, 
avant de prendre les ordres, avait été professeur 
de rhétorique dans un collège et professeur de 
littérature à l'Académie militaiie de Turin, dont 
il devint plus tard le chapelain tout en conser- 
vant sou cours. Bigliani avait étudié la musique 
dans sa jeunesse, et ne cessa de la cultiver jus- 
qu'à sa mort; il se fit connaître comme compo- 
siteur, surtout dans le genre sacré, et l'on cite 
parmi se.s œuvres une messe funèbre à 3 voix 
d'hommes avec accompagnement d'orchestre, 
une ode lyrique intitulée la Gnerra, quelques 
Canti Urico-morali, et plusieurs quatuors. On 
doit aussi à Bigliani, qui fut l'un des collabora- 
teurs àii\AGazzctta musicale de Milan, un pe- 
tit livre intitulé la Messa in musica (l'iorence, 
1872). 

BIGXAMi ( ), compositeur italien, a 

fait leprésenter sur le théâtre Paganini, de Gênes, 
au mois de novembre 1872, un opéra intitulé 
Anna Rasa. 



90 



BIGNON 



BILLEMA 



BIGiXOX (Locis), organiste, né à Paris le 
12 juillet 1827, est mort à Marseille vers la fin 
de l'année 187i. Il apprit la musique à la maî- 
trise de Notre-Dame de Paris, où il était enfant 
de chœur, et reçut des leçons d'orgue de M. Dan- 
jou. En 1847, il fut jugé assez habile pour 
suppléer son maître à Saint-Eustache, pendant 
un long voyage que M. Danjou fit en Italie, dans 
le but de recueillir des documents sur l'histoire 
de la musique. Lonis Bignon avait été également 
organiste suppléant à Notre-Dame. En octobre 
18i7, il vint se fixer à Marseille et fut peu de 
temps après nommé organiste de l'église Notre- 
Dame-dii-Mont. En 1859, une classe d'harmonie 
ayant été créée au Conservatoire de Marseille, il 
fut appelé à la diriger. Il a conservé ces fonctions 
jusqu'à sa mort. On a de cet artiste une Mé- 
thode pratique d' accompagnement du plain- 
chant, éditée par Bianchet, à Paris , un rra»7é 
d'harmonie à l'usage de ses élèves, qui n'a 
pas été publié et qui est conçu d'après le sys- 
tème de Fétis, des leçons à réaliser, etc. 

Al. R— d. 

lîIGOXGIARl (Marco), compositeur, né à 
Lucques au commencement du dix-septième siè- 
cle, fut maiire de chapelle de l'église collégiale 
de San Michèle inforo. On connaît de lui une 
messe à huit voix, et deux actions dramatiques 
composées en 1654 et 1657 et représentées à 
l'occasion de la fête des Comices. Cet artiste 
mourut en 1080. 

BIGOIVGIAIll (Le P. Giovanni), probable- 
ment frère du précédent, né dans le même temps 
à Lucques, fut maître de chapelle de l'archevê- 
ché de cette ville, où il mourut en 1692. On n'a 
connaissance d'aucune composition sortie de sa 
lilume. 

UIHARI (Jean), violoniste tsigane, de Hon- 
grie, naquit en 1769, à Gross-Abonz, dans le 
comté de Presbourg. C'est un des instrumentis- 
tes les plus habiles qui aient existé dans ce genre. 
La bande musicale qu'il avait formée a eu grande 
réputation, et n'a guère été surpassée. Bihari est 
mort en 1828 à Pesth, oii l'on conserve au mu- 
sée son portrait et son violon. Y. 

BILBERGFl (Jean), écrivain Scandinave, 
naquit à MarienstadI, en Suède, et mourut à 
Strœgnœs, en 1717. On a de lui un ouvrage in- 
titulé : De orchestra (Upsal, 1685). Y. 

BILETTA (Emanuele), compositeur italien, 
est né à Casai, dans la province de Montferrat, 
le 20 décembre 1825. Pour premier maître il eut 
son père, et à quatorze ans il était déjà pianiste 
assez habile pour se faire entendre en public avec 
succès. Il étudia ensuite l'harmonie et le contre- 
point avec M. Turina, élève lui-même de Reicha, 



et avant d'avoir atteint sa dix-huitième année il 
avait écrit des messes, diverses autres compo- 
sitions religieuses et des pièces de musique ins- 
trumentale. Il alla passer alors trois années à 
Bologne , oii il eut le bonheur de recevoir des 
conseils de Rossini, et où, au milieu d'autres 
compositions, il écrivit un opéra, Marco Vis- 
conti, qui ne fut point représenté, et un Salve 
Regina à quatre voix, avec chœur, qui fut très- 
bien accueilli , et qui lui valut le diplôme de 
membre de la Société philharmonique de Bolo- 
gne. M. Biletta quitta cette ville pour venir à Pa- 
ris, y publia un assez grand nombre de mor- 
ceaux de piano, puis partit pour Londres, où 
l'appelait un engagement de compositeur de bal- 
lets pour le théâtre Covent-Garden (1848). Il 
écrivit en effet, en cette ville, la musique de deux 
grands ballets : les Cinq Sens et la Lutine, et 
celle d'un opéra intitulé White Magie [la Ma- 
gic blanche), qui fut chantée par la célèbre 
M^^Louisa Pyne, miss Suzanne Pyne, MM. Har- 
risson et Waiss. 

De retour en Italie au bout de quelques an- 
nées, M. Biletta donnait au théâtre ducal de 
Parme son second opéi-a, l'Abbazia di Kelso 
(1853); il revenait ensuite à Paris, faisait repré- 
senter à l'Opéra un ouvrage en deux actes, la 
Rose de Florence (1856), puis retournait à Lon- 
dres pour y faire représenter une opérette inti- 
tulée Caiight and Caged (1859). Je crois que 
depuis lors cet artiste s'est fixé en cette ville, où 
il s'est livré à l'enseignement et où il a publié une 
Méthode de chant dont on dit beaucoup de 
bien. T.L Biletta a composé plus de trois cents 
œuvres de tout genre : ouvertures, morceaux de 
piano, canzonettes, airs, madrigaux, pièces à une, 
deux, trois et quatre voix, etc. 

Au mois de septembre 1375, on a donné à Flo- 
rence une version italienne de l'ouvrage que 
M. Biletta avait fait représenter naguère à Paris, 
la Rose de Florence, avec MM. Roger et Bonne- 
trée pour principaux interprètes. Cette traduction 
a obtenu un très-grand succès, et M. Biletta, en- 
couragé par ce résultat, s'est mis aussitôt à écrire 
un nouvel opéra, qui doit être prochainement 
représenté. Cet artiste a publié, tant à Paris 
qu'à Londres et à Milan, toute une collection de 
mélodies vocales qui se font remarquer par l'é- 
légance de la forme et le tour plein de charme 
de l'idée musicale. 

BILLEMA (Raphaël et Charles), pianistes 
et compositeurs, fils d'un musicien napolitain et 
tous deux nés à Naples, vinrent fort jeunes se 
fixer en Francs, où ils publièrent un grand nom- 
bre de compositions pour le piano à deux, à 
quatre et à six mains, qu'ils écrivaient la plu- 



i 



1 



BILLEMA — BINGHAM 



91 



part du temps en collaboration. On leur doit, 
entre antres , une quarantaine de fantaisies à 
<]ualre mains sur des motifs tirés des opéras de 
Yerdi et de quelques autres musiciens italiens 
contemporains. Rapiiael Billema s'était, vers 
1855, fixé comme professeur à Saintes, après 
avoir passé quelques années à Tunis, au service 
du bey, et il mourut en cette ville, le 16 décem- 
bre 1874, âgé de cinquante-quatre ans. Son frère, 
M. Charles Billema, s'était récemment établi à 
Pau, et est revenu depuis se fixer à Paris. 

BILLERT ( Charles-Frédéric-Augoste ) , 
compositeur, chef d'orchestre et écrivain sur la 
musique, naquit le 14 septembre I82I, à Alt- 
Stettin, en Poméranie. Parmi ses' compositions 
on cite : une symphonie en ré majeur, un ora- 
torio : la Naissance du Christ, et un opéra : 
Der Liebesring [V Anneau d'amour). Billert s'est 
également occupé de travaux didactiques, et a 
collaboré activement au Dictionnaire de Mendel ; 
Musikalisches Conversât ions-Lexicon. Cet ar- 
tiste est mort à Berlin le 2 janvier 1876. 

BILLIONI ( Catherine-Ursule- BUSSA , 
femme), actrice, chanteuse etdanseuse distinguée, 
née à Nancy en 1731, montra de très-bonne heure 
de rares dispositions pour la danse et pour le chant. 
Dès l'âge de quatre ans on lui donna des maîtres, 
et tout enfant elle parut comme danseuse à la 
Comédie-Italienne. Bientôt on lui confia quelques 
petits rôles, dans lesquels le public l'accueillit 
avec une rare faveur, et elle avait à peine douze 
ans qu'elle faisait, dit-on, par la grâce de son 
chant, les délices des concerts particuliers. A 
cette époque, elle fut attachée au théâtre royal 
de Bruxelles,'pour y tenir l'emploi des premières 
danseuses et celui des amoureuses dans les pièces 
à ariettes. Quelques années plus tard elle épousa 
Billion, dit Billioni, ancien maître des ballets de 
rOpéra-Comique et de la Comédie-Italienne, et 
bientôt, c'est-à-dire vers 1766, elle revint à ce 
dernier théâtre pour y remplir le double em- 
ploi qu'elle tenait à Bruxelles. Elle eut l'occasion 
de doubler deux actrices fort aimées du public, 
M'"" Trial et W^ Laruette, dans quelques-uns 
de leurs meilleurs rôles chantants , le Iluron, 
le Sorcier, la Servante maîtresse, le Peintre 
amoureux de son modèle, la Clochette, et 
son succès fut tel comme cantatrice qu'en 1771 
l'administration du Concert spirituel l'engagea 
en quabté de chanteuse italienne. A partir de 
ce moment, elle abandonna complètement la 
danse à la Comédie Itahenne, pour ne plus se 
montrerque dans les pièces à ariettes, où elle con- 
quérait chaque jour davantage la faveur du public 
par la grâce et la franchise de son jeu, en même 
temps que par la souplesse de sa voix et son ha- 



bilelé dans l'art du chant. Quelques créations 
qui lui furent confiées dans des ouvrages de ce 
genre lui firent le plus grand honneur. Celle 
artiste fort distinguée mourut àlafieur de l'âge, 
le 19 juin t783, par suite d'un trop grand tra- 
vail et de chagrins causés par la perte subite 
d'une partie de sa famille. Elle avait été la maîtresse 
du fameux Clairval, son camarade de la Comé- 
die-Italienne, dont elle était éprise jusqu'à la 
folie. 

BILS (François), pianiste et organiste de ta- 
lent, naquit à Lengfort, sur le Mein, en 1757, 
et mourut en 1821 à Caiisruhe. Parmi les élèves 
qu'il a formés, on cite surtout sa fille Marguerite 
Bils, qui s'est fait connaître dans les grandes 
villes de l'Allemagne. Y. 

BILSE (Benjamin) chef d'orchestre alle- 
mand, est né à Liegnitz le 17 août 1816. Il a 
formé lui-même le talent de la plupart des ar- 
tistes qu'il a sous sa direction et avec lesquels 
il a entrepris de nombreux voyages. Il s'est 
fait entendre à Paris lors de l'exposition de 1867» 
et a depuis parcouru une grande partie de l'Eu- 
rope. Y. 

BIMBOXI (GiovACCHiNo), professeur de 
trompette et de trombone à l'Institut musical de 
Florence, est né en cette ville le 19 août 1810. Il 
étudia d'abord la flûte et se fit connaître comme 
virtuose sur cet instrument, après quoi, s'élant 
engagé comme volontaire dans la musique du 
2'= régiment toscan, il se mit à étudier le trom- 
bone, sur lequel il devint très-habile et acquit 
une grande réputation. M. Bimboni est le pre- 
mier en Italie qui, ayant vu une trompette à pis- 
tons, songea à appliquer ce système de pistons 
au trombone ; il a inventé un instrument appelé 
par lui bimboni fono, qu'il est parvenu à cons- 
truire d'après les principes de construction des 
instruments à vent en bois, sans lui enlever 
son caractère spécial. Admis à l'exposition uni- 
verselle de Vienne de 1873, le bimbonifono a 
valu à son auteur la décoration de la Couronne 
d'Ilaiie, et a fait l'objet d'un rapport élogieux 
prononcé par M. Casamorata dans une séance 
de l'Académie de l'Institut musical de Florence 
et inséré dans les Actes de cette Académie. 

BINDANGOLl (Gaspare), compositeur 
italien, né à Assise, a fait représenter sur le 
théâtre de cette ville, au mois de janvier 1863, 
un opéra sérieux intitulé Cinzica Sismondi, 
qui fut bien accueilli. M. Bindangoli a fait de 
bonnes études au Conservatoire de Naples. 

BINGHAM ( ), flûtiste habile qui vi- 
vait à la fin du dix-septième siècle et au com- 
mencement du dix-huitième, a publié chez 
Etienne Royer, à Amsterdam : T Quatre livres 



A «7«^ 



BINGHAM — BISHOP 



d'airs pour deux flûtes, sans basse; 2° Pièces 
pour flûte et basse continue. Je n'ai pas 
d'autres renseignements sur cet arllste, qui 
n'existait plus en 1730. 

BIRKLER (Georges-Giillume), musicien 
allemand, est né le 23 mai 1820 à Bucliau, flans 
la Haule-Souabe. 11 a composé de la musique 
religieuse, et écrit un grand nombre d'articles 
dans le Mayazin fur Pœdagogilt et dans la 
Cecïlia. Y. 

BISCHOFF (Charles-Bernard), composi- 
teur allemand, est né le 24 décembre 1807 à 
Nieder-Rœblingen, dans le duché de Weimar. 
On a de lui deux oratorios : Chrisius et Joas. 

Y. 

* BISCHOFF (le docteur Ludwig-Frédé- 
Ric-CnRisTOPHE), critique musical renommé, est 
mort à Cologne le 24 février 1867. 

BISCHOFF (Gaspard-Joseph), musicien 
allemand, est né le 7 avril 1823 à Ausbacli. On 
a de lui de la musique de chambre, des lieder 
et un opéra : Maske und Mantitle ( Masque 
et J/an<<//e), représenté à Francfort-sur-Ie -Mein 
en 1852. Y. 

BISCOTTLXI ( ), compositeur italien, 

est l'auteur d'un opéra bouffe intitulé il Ma- 
trimonio per concorso. 

BISHOP (M'"^ A.XiNA), cantatrice anglaise 
qui a joui d'une éclatante renommée et dont les 
succès ont retenti dans toute l'Europe, est née 
en 1814. Ayant remarqué ses rares aptitudes 
musicales, sa fomille en voulut d'abord faire 
une pianiste, et la confia aux soins du célèbre 
Moscheles, alors établi à Londres et sous l'excel- 
lente direction duquel elle fit de rapides progrès. 
Mais bientôt, une voix exquise et pure de so- 
prano sforjato s'étant développée chez la jeune 
fille, celle-ci fut admise à la Royal Academij of 
Music, grande école musicale récemment fon- 
dée par lord \Vestmoreland et dirigée par le fa- 
meux harpiste et compositeur français Bochsa, 
qui devait exercer plus tard une si grande in- 
fluence sur sa destinée. En lS3l,âgéede 17 ans, 
elle épousa le compositeur et chef d'orchestre 
Bishop, artiste dont la valeur a été singulière- 
ment surfaite par ses compatriotes et qui avait 
le tort de compter vingt-cinq ans de plus qu'elle. 

C'est en 1837 que M'"* Bishop se produisit 
pour la première fois en public, et qu'elle se fit 
entendre d'abord dans les grands festivals qui 
se donnent régulièrement dans les provinces an- 
glaises, puis à Londres même, dans les belles 
séances de la Philharmonie Society. Elle y 
obtint des succès prononcés, mais elle comptait 
ne point borner sa carrière à celle d'une canta- 
trice de concerts, et prétendait aux triomphes 



de la scène. «Accoutumée, dit un biographe, à ce 
style classique, large, imposant, habituée à 
rendre les sublimes pensées d'un Hœndel , d'un 
Haydn, d'un Mozart, d'un Cimarosa, elle s'était 
peu ou point occupée du chant italien moderne ; 
ce ne fut qu'en 1839, et par les conseils de 
Bochsa, qu'Anna Bishop s'y voua sérieusement. 
Sa première apparition à Londres dans ce genre 
de musique presque nouveau pour elle (elle avait 
débuté par dheureux essais à Edimbourg et à 
Dublin) eut lieu dans le concert dramatique donné 
par Bochsa à l'Opéra-Italien, le 5 juin 1839, con- 
cert auquel assistait toute l'aristocratie britan- 
nique. Grisi, Pauline Garcia, Persiaui, Rubini, 
Lablache chantaient dans celte solenr;ité musi- 
cale, Thalberg et Dœliler y tenaient le piano, 
Bochsa s'y fil entendre sur la harpe. Malgré le 
concours de tant d'artistes célèbres qui semblaient 
devoir éclipser la nouvelle débutante, Anna 
Bishop obtint le succès le plus éclatant ; elle 
chanta des morceaux de musique italienne dans 
le costume des opéras dont ils étaient tirés. Le 
journal le Post, oracle de la haute société de 
Londres, parla avec le plus grand éloge du la- 
lent étonnant d'Anna Bishop ; il représenta son 
apparition dans celle soirée comme l'événement 
[tke chief novdty), il s'étendit longuement sur 
le talent qu'elle avait déployé comme cantatrice 
dans le genre italien, et comme actrice. Dirigée 
par Bochsa, elle avait travaillé en silence; aussi 
ce talent, surgissant tout à coup, fit-il un effet 
d'autant plus retentissant, et l'organe de l'aristo- 
cratie anglaise prédit à la jeune artiste le plus 
brillant avenir. » 

Mais les relations de Bochsa et de M""* Bishop 
n'étaient pas simplement artistiques. Sympathi- 
ques l'un à l'autre, une liaison intime s'était éta- 
bhe entre le maître et l'élève, et bientôt M"«^ Bis- 
hop abandonnait sou mari pour s'enfuir avec 
son amant. Tous deux quittèrent ensemble l'An- 
gleterre, et entreprirent à travers l'Europe une 
grande tournée artistique qui ne fut pour eux 
qu'une longue suite de triomphes. Ils parcouru- 
rent successivement le Danemark, la Suède, la 
Russie, la Tarfarie, la Moldavie, ]'.\utriche, la 
Hongrie, la Bavière, et partout la voix mer- 
veilleuse de M'"" Bishop était acclamée, par- 
tout son chant pur, suave, formé à la meilleure 
école, lui valait les plus grands succès. 

En 1843, M"'' Bishop arrivait en Halie, et vi- 
sitait successivement Vérone, Padoue, Venise, 
Rovigo, Ferrare, Florence, Rome, au milieu 
d'acclamations unanimes. Bientôt elle se rendit 
à Naples, où elle débuta par quelques concerts 
donnés au théâtre San-Carlo. Son succès fut tel 
que l'administration de ce théâtre l'engagea aus- 



BISHOP — BIZET 



93 



sitôt pour donner quelques représentations de 
la Fidanzata Corsa, opéra de Pacini qui jouis- 
sait alors de la faveur du public. Cet essai fut 
un triomphe, et la direction, qui n'avait traité 
avec elle que pour huit représentations, l'engagea 
pour huit nouvelles soirées, puis pour vingt- 
quatre, et enfin se l'attacha régulièrement en 
qualité déprima donna assoluta pour les deux 
scènes royales de San- Carlo et du Fondo, Bochsa 
devant diriger les représentations de tous les 
opéras qu'elle jouerait. M""^ Bishop resta ainsi 
vingt-sept mois à Napies et y chanta 327 fois 
dans vingt opéras de genres différents, OleUo', 
VEUsire d'Amore, la Sonnnmbula, Béatrice 
di Tenda, il Barhiere, le Cantatrice vil- 
lane, etc., excitant chaque jour davantage l'en- 
thousiasme et exerçant sur le public une véri- 
table fascination. Pendant ce long séjour, plu- 
sieurs ouvrages nouveaux furent écrits expressé- 
ment pour elle, entre autres il Vascello di Ga- 
ina, de Mercadante; mais c'est surtout dans 
YOtello de Rossini que son succès fut le plus 
éclatant, et cela est d'autant plus remarquable 
que le souvenir de la Mallbran, incomparable 
dans le rôle de Desdemona, était encore vivant 
chez les Napolitains. 

Après s'être fait entendre à Rome, M™^ Bishop 
quitta l'Italie, toujours en compagnie de Bochsa, 
et tous deux rentrèrent en Angleterre, en se 
faisant applaudir à leur passage en Suisse, dans 
les villes du Rhin, en Belgique et en Hollande. 
Mais ils n'y restèrent que peu de temps, et en- 
treprirent un nouveau voyage, cette fois au-delà 
des mers. En 1848, ils s'embarquèrent pour 
l'Amérique, tirent une immense tournée dans 
cette contrée, puis visitèrent l'Australie. C'est 
dans ce dernier pays que Bochsa fut frappé par 
la maladie, et qu'il mourut dans les premiers 
jours de janvier 1856. Peu de temps après, 
M'"*" Bishop revenait en Europe, et depuis lors 
on n'a plus parlé d'elle. 

BIZET (Alexandre-César-Léopold, connu 
sous le nom de Georges), compositeur extrê- 
mement distingué , né à Paris le 25 octobre 
1838, mort à Bougival le 3 juin 1875, dans sa 
trente-septième année , était l'un des jeunes ar- 
tistes qui semblaient devoir se naeltre à la tête 
de l'école musicale française et à qui la gloire pa- 
raissait réservée. Fils d'un professeur de chant, 
Bizet avait été , au Conservatoire , un triom- 
pliateur précoce, et avait fait dans cet établisse- 
ment des études exceptionnellement brillantes. 
Elève d'abord de M. Marmontel pour le piano, de 
M. Benoist pour l'orgue , il était entré ensuite 
dans la classe de composition d'Halévy après 
avoir travaillé l'harmonie sous la direction par- 



ticulière de Zimmermann. Agé d'environ neuf 
ans lorsqu'il était admis à suivre les cours de 
l'école , il obtenait sa première récompense 
avant d'avoir atteint sa onzième année , et voici 
la liste de toutes celles qu'il reçut -. 1^' prix de 
solfège (1849); 2>^ prix de piano (1851) et 
l" prix (1852); 1»^ accessit d'orgue (1853), 
2' prix (1854) et 1" prix ( 1855) ; T prix de fu- 
gue (1854), et 1'^'^ prix (1855); enfin', deuxième 
grand prix de Rome à l'Institut ( 1856), et pre- 
mier grand prix en 1857. 

Bizet , dont les tendances wagnériennes n'é- 
taient un mystère pour personne , et qui , 
pendant de longues années, afficha le mépris le 
plus complet pour la forme et le genre de l'o- 
péra-comique, fit cependant ses débuts de com- 
positeur dramatique d'une façon assez singulière. 
M. Offenbach, alors directeur du petit théâtre des 
tiouffes-Parisiens, venait d'ouvrir un concours 
pour la musique d'une opérette , et le vainqueur 
de ce concours devait voir représenter son œuvre 
sur cette scène minuscule; soixante-dix-huit com- 
positeurs se présentèrent , parmi lesquels, à la 
suite d'un épreuve préparatoire, six furent jugés 
dignes d'entrer définitivement en lice; ces six 
concurrents étaient, par ordre de mérite, 
MM. Bizet, Dermerssemann , Erlanger, Charles 
Lecocq , Limagne et Maniquet. Tous furent 
chargés de mettre en musique un livret intitulé 
le Docteur Miracle , et au bout de quelques 
semaines le jury chargé de l'examen des parti- 
tions proclama vainqueurs, ex œcjiio, MM. Char- 
les Lecocq et Georges Bizet. Par une sorte d'i- 
ronie du sort, il se trouvait que, de ces deux 
jeunes artistes,' l'un, M. Lecocq, devait être le 
transformateur du genre de l'opérette , que tous 
ses efforts tendraient à faire rentrer dans le gi- 
ron de l'opéra-comique , tandis que l'autre, Bi- 
zet , devait se montrer le plus mortel ennemi de 
cet opéra-comique et professer le plus profond 
dédain pour les musiciens qui l'avaient porté à 
son plus haut point de splendeur ! 

Ceci se passait en 1857, et les deux parti- 
tions couronnées du Docteur Miracle étaient 
exécutées toutes deux aux Bouffes- Parisiens, 
celle de M. Lecocq le 8 avril , celle de Bizet le 
9 avril, sans que le public fît un accueil bien 
chaleureux à l'une ni à l'autre. Trois mois 
après, Bizet concourait de nouveau à l'Institut, 
obtenait son premier prix , et partait bientôt 
pour Rome. D'Italie, où il travailla très-sérieu- 
sement, il fit avec exactitude à l'Académie des 
Beaux-Arts les envois que chaque élève de l'A- 
cadémie de France à Rome est tenu de lui adres- 
ser par les règlements. C'est ainsi que la pre- 
mière année il envoya un opéra bouffe italien 



9i 



BIZET 



en 2 actes, Don Procopio (1), la troisième an- 
née deux morceaux de symphonie et une ouver- 
ture intitulée la Chasse d'Ossian , et la qua- 
trième année un opéra-comique en un acte, la 
Guzla de VÉmir. De retour en France au 
bout de quelques années , il s'y livra d abord 
au professorat, puis songea à se produire sé- 
rieusement au théâtre. Il y réussit plus prorap- 
tement que beaucoup de ses confrères, et le 
30 septembre 1863 il donnait au Théâtre-Ly- 
rique les Pêcheurs de perles, grand opéra en 
trois actes, qui fut suivi, le 26 décembre 1867 , 
de la Jolie Fille de Perth , grand opéra en 4 
actes et 5 tableaux. Ces deux ouvrages, conçus 
dans le style wagnérien, étaient fort remarqua- 
bles au point de vue de la facture et de l'instru- 
mentation et annonçaient un jeune maître déjà 
très-sùr de lui sous ce rapport; mais l'un et l'au- 
tre laissaient considérablement à désirer en ce 
qui concerne 1 inspiration et la pensée musicale. 
Le public fit un froid accueil à ces deux produc- 
tions , dans lesquelles l'auteur avait sacrifié à 
une sorte de mélopée traînante et indéfinie , par- 
semée d'audaces harmoniques un peu trop vio- 
lentes, les deux qualités sans lesquelles il n'est 
point de véritable musique : je veux dire la vi- 
gueur du rhythme et la franchise du sentinaent 
tonal. 

Bizet prit une revanche en faisant exécuter à 
peu près dans le même temps, aux Concerts po- 
pulaires, deux fragments d'une symphonie qui 
furent reçus avec beaucoup de faveur, et qui se 
faisaient remarquer par une bonne couleur et une 
rare vigueur de touche. Mais il revint bientôt à sa 
première manière en donnant à l'Opéra-Comique 
(22 mai 1872) un petit ouvrage en un acte, 
Djamileli , prodnclion étrange dans laquelle il 
semblait avoir voulu accumuler à plaisir toutes 
les qualités les plus anti-scéniques dont un mu- 
sicien puisse faire preuve au théâtre. Djamileh 
n'eut aucun succès. Cependant, comme Bizet 
n'était pas seulement un artiste d'un très-grand 
talent au point de vue de la pratique et du sa- 
voir, mais qu'il y avait encore chez lui toute lé- 
toffe d'un créateur, il revint à un plus juste sen- 
timent des nécessités de l'art en écrivant ix»ur 
un joli drame de M. Alphonse Daudet, l'Arlé- 
sienne, une partition symphoniqne et chorale 

(i) Voici comment le rapporteur des travaux envoyés 
de Rome appréciait cet ouvrage , dans le compte-rendu 
de la séance publique annuelle de l'Académie des Beaux- 
Arts de 18S9 . « Cet ouvrage se distingue par une touche 
aisée et brillante, un style jeune et hardi; qualités pré- 
cieuses pour le genre comique. » Cela parait étrange au- 
jourd'hui, à quiconque a pu apprécier le tempéramment 
musical de Bi/tet et son horreur, au moins apparente, 
pour le genre bouffe ou même tempéré. 



qui était un petit chef-d'œuvre de grâce, de 
poésie, de fraîcheur et d inspiration. A la musi- 
que de l'Arlésienne, qui fut ensuite présentée 
dans les concerts avec beaucoup de succès, 
sous forme de suite d'orchestre, succéda bientôt 
l'ouverture de Patrie, page nerveuse et colorée, 
pleine de vigueur et d'éclat, mais dans laquelle le 
compositeur avait encore trop sacrifié l'idée à la 
forme , le corps au vêtement , la pensée à l'ex- 
pression. Cette ouverture fut exécutée avec suc- 
cès aux Concerts populaires. 

Après tant dessais divers, après de si nom- 
breuses tentatives dans des genres différents, 
tous ceux qui avaient souci de l'avenir de la 
jeune école française et qui pensaient que , mal- 
gré ses erreurs passées , malgré ses dédains cal- 
culés ou exagérés pour certaines formes musi- 
cales, malgré des partis-pris évidents et fâcheux, 
Bizet était l'un des soutiens les plus fermes, les 
mieux doués et les plus intelligents de cette 
école , attendaient avec intérêt ce jeune maître à 
sa première o'uvre dramatique importante. Il 
s'agissait, pour eux, de savoir si Bizet, s'a- 
dressant de nouveau au théâtre, voudrait se 
décider enfin à faire de la musique théâtrale , 
ou bien si, s'obstinant dans les théories anti- 
dramatiques de M. Richard Wagner et <le ses 
imitateurs, il voudrait continuer à transporter à 
la scène ce qui lui est absolument hostile, c'est- 
à-dire la rêverie, la poésie extatique et l'élément 
symphoniquo pur. C'est à ce moment qu'on an- 
nonça au théâtre de l'Opéra-Comique la pro- 
chaine apparition d'une œuvre importante du 
jeune compositeur, Carmen, ouvrage en 4 actes, 
dont MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy 
avaient tiré le livret d'une nouvelle de Prosper 
Mérimée portant le même litre. Or, nul n'igno- 
rait que Bizet avait affiché hautement , en mainte 
occasion , une étrange antipathie pour le genre 
de l'opéra-comique et pour le génie d'un de ses 
représentants les plus glorieux dans le passé, 
Boieldieu. On se demandait donc avec une cer- 
taine anxiété si l'auteur des Pêcheurs de per- 
les, roinpant violemment avec des traditions 
plus que séculaires, allait essayer d'imposer, à 
la scène illustrée par tant d'aimables chefs-d'œu- 
vre , une poétique nouvelle et incompréhensible, 
ou bien si, se séparant avec éclat de la petite 
chapelle composée de quelques impuissants et 
dont il était en quelque sorte le chef reconnu, il 
en viendrait à faire ce que ces jeunes dédaigneux 
par stérilité appelaient « des concessions au pu- 
blic », et s'il entrerait résolument dans une voie 
féconde et pour lui pleine d'avenir. 

Il n'est que juste de déclarer que Bizet ne jus- 
tifia en aucune façon les craintes légitimes de 



BIZET 



95 



quelques-uns , et que son œuvre nouvelle , té- 
moignage éclatant dune évolution profonde qui 
s'était opérée dans son esprit, donnait des preu- 
ves de son désir de bien faire et de ses préoccu 
pations en faveur d'un art rationnel, sage et pai - 
('aitementaccessibleàtous.LapartiliondeCar>M.e/i 
n'était pas un tlief-d'œuvre sans doute, ridais 
c'était une promesse brillante , et elle semblait, 
de la part de son auteur, comme une sorte de 
déclaration de principes nouveaux , comme une 
prise de possession d'un domaine qui lui avait 
paru jusqu'alors indigne de ses désirs et de ses 
convoitises. A ces divers égards, elle méritait 
de fixer l'attention du public et de la critique, 
qui l'accueillirent avec le plus grand plaisir. On 
remarqua que celte partition , inégale assuré- 
ment, mais très-étudiée, très-soignée, était 
écrite dans le vrai ton de l'opéra-comique, bien 
que l'auteur n'eût point voulu pour cela faire 
abstraction de son rare talent de symplioniste , 
et que cette préoccupation l'eût entraîné parfois 
un peu plus loin que de raison ; on lui repro- 
cha aussi, assez justement, de n'avoir point 
assez de souci de la nature et de la limite des 
voix. Mais , à part quelques réserves , on dut 
rendre et l'on rendit pleine justice au talent dé- 
ployé par le musicien , à l'excellent travail d'or- 
donnancement et de mise en œuvre de ses mor- 
ceaux , à la couleur et au charme qu'il avait su 
donner à la plupart d'entre eux , à la poésie qu'il 
avait répandue sur certains épisodes, enfin à 
ses jolis effets d'instrumentation et à son rare 
sentiment du pittoresque. En résumé, l'élégante 
partition de Carmen montrait Bizet à la recher- 
che d'horizons nouveaux , et donnait de grandes 
et légitimes espérances pour son avenir de com- 
positeur dramatique. 

C'est à ce moment que la mort vint fou- 
droyer le jeune artiste , dans toute la force de 
l'intelligence et de la production. Trois mois, 
jour pour jour, après la première représentation 
de Carmen, le 3 juin 1875, il fut étouffé pres- 
que subitement par un rhumatisme au cœur, 
dont il était déjà depuis longtemps attaqué . Ha- 
bitant Bougival avec sa famille , il rentrait d'une 
promenade lorsqu'il tomba tout à coup sans con- 
naissance , ayant à peine le temps d'apj)e!er sa 
jeune femme , qui accourut à ses cris ; il ne 
reprit pas ses sens , et mourut dans la nuit. 
Peu d'années après la mort d'Halévy , Bizet avait 
épousé l'une des filles de son maître , M"'= Ge- 
neviève Halévy ; il la laissa veuve avec un jeune 
orphelin de cinq ans. 

C'est ainsi que disparut un artiste dont la 
carrière promettait d'être brillante, et qui, doué 
d'une grande intelligence et de rares facultés , 



aurait peut-être atteint les plus hauts sommets 
de la gloire. Sa mort fut uns grande perte pour 
l'art français , car elle arriva au moment oii le 
jeune maître , devenu complètement sûr de lui- 
même, éclairé par une critique bienveillante, 
ayant mûrement réfléchi sur les nécessités qui 
s'imposent au musicien désireux de se faire un 
grand nom, aurait produit sans doute ses œuvres 
les plus achevées et les plus accomplies. Bizet , 
on peut le dire, était un artiste de race et de 
tempérament. 

Bizet a publié, en dehors du théâtre , les 
compositions suivantes : Chant ; Feuilles d'al- 
bum (1° A une fleur ; 2" Adieux à Suzon; 
3° Sonnet de Ronsard; 4° Guitare; ô° Rose 
d" Amour ; Ç," Le Grillon), Paris, Heugel. — 
Recueil de vingt Mélodies. ( i" Chanson d'A- 
vril; 1° Viens, c'est l'' Amour ; 3" Vieille chan- 
son ; 4° Les Adieux de l'hdtesse arabe ; 5^ Le 
Rêve de la bien- aimée ; &" J'aime l'amour; 
7° Vous ne priez pas; 8° Ma vie a son se- 
cret ; S'' Pastorale; 10" Sérénade: 11» Ber- 
ceuse; 12» La Chanson dujou; 13» Absence; 
14° Douce mer ; 15° Après l'hiver; 16» La Coc- 
cinelle; il" Chanson d'amour ; 18° Je n'en 
dirai rien; 19» L .Esprit saint; 20» Taren- 
telle), Paris, Choudens. —Piano. Les Chants 
du Rhin, six lieder pour piano ( 1» L'Au- 
rore; 2» Le Départ ; 3» Les Rêves; 4" La Bohé- 
mienne ; 5» Les Confidences ; 6» Le Retour], 
Paris, Heugel. — Jeux d'enfants, douze pièces 
(1» L'Escarpolette; 2» Jm Toupie; 3» La 
Poupée; 4» Les Chevaux de bois; 5" Le Vo. 
tant; 6» Trompette et tambour; 1" Les Bul- 
les de savon; S» Les Quatre coins; 9» CoUn- 
Maillard; 10» Saule-Mouton; 11» Petit 
mari, petite femme; 12" Le Bal ) , Paris, Du- 
rand -Schœnevverk. — Six transcriptions sur 
Mignon, Paris, Heugel. — Six transcriptions 
sur Don Juan, Paris, Heugel. — Neuf trans- 
criptions à quatre mains sur Hamlet , Paris, 
Heugel. — Danse Bohémienne , Paris, Chou- 
dens. — Venise , romance sans paroles, Paris, 
Choudens. — Bizet avait fait aussi les réduc- 
tions pour piano seul des partitions à' Hamlet 
et de l'Oie du Caire, et les arrangements pour 
piano à quatre mains des ,' partitions d'//amZe?, 
et de Mignon- Enfin, on lui doit une très-inté- 
ressante collection publiée sous ce titre : Le 
Pianiste chanteur, célèbres œuvres des maî- 
tres italiens , allemands et français , transcrites 
pour le piano , soigneusement doigtées et ac- 
centuées ( 150 transcriptions ) j Paris, Heu- 
gel. 

Bizet a laissé eu portefeuille un certain nom- 
bre de compositions , dont plusieurs fort impor- 



96 



' BIZET — BLANC 



tantes ; parmi ces dernières se trouve un opéra 
entièrement terminé, Y van le terrible, écrit 
sur un poème de MM. Leroy et Michel Carré 
que M. Gounod avait entrepris de mettre en 
musique, pour y renoncer ensuite. Parmi ses 
œuvres inachevées , il faut citer un grand ora- 
torio, Geneviève, patronne de Paris, et un 
drame lyrique, le Cid, dont la plus grande 
partie du chant seulement était écrite. Cet ar- 
tiste fort distingué avait été nommé chevalier de 
la Légion d'honneur peu de jours avant l'appari- 
tion de sa dernière œuvre dramatique, Carmen, 
dont, la veille de sa mort, l'OpéraComique don- 
nait la trente-unième représentation , et qui a 
obtenu depuis un vif succès à Vienne. Le 31 oc- 
tobre 1875, un hommage public lui a été rendu 
à la séance de réouverture des concerts de l'As- 
sociation artistique ; sous ce titre • A la mé- 
moire de Georges Bizet, une partie de ce con- 
cert lui était consacrée , comprenant l'ouver- 
ture intitulée Pairie, l'une de ses dernières 
compositions; un lamento pour orchestre de 
M. Jules Massenet, son ami, écrit expressé- 
ment à cette occasion ; et une pièce de vers de 
M. Louis Gallet, Souvenir, dite par M'"' Galli- 
Marié , l'interprète du rôle de Carmen à l'Opéra- 
Comique. Cet hommage louchant était digne de 
l'artiste (1). 

BJOERIÎMAi\ ( Hans ) , artiste suédois, 
était directeur de la musique à Calmar vers 
1770. Il s'est fait connaître par plusieurs écrits 
sur la musique. Y. 

BLACHIER (Ali), amateur de musique 
distingué, né au commencement de ce siècle 
dans le département du Gard , vint jeune à Pa- 
ris et entra au Conservatoire, où il étudia le 
violoncelle dans la classe de Baudiot et le cor 
dans celle de Daupral, tout eh recevant des le- 
çons d'harmonie et de composition de Scipion 
Rousselot. Fixé ensuite à Nîmes , il fit exécuter 
en public un certam nombre de compositions 
importantes , parmi lesquelles une messe solen- 
nelle, un Stabat Mater avec solo et chœurs, 
une ouverture de concert, deux quintettes pour 
instruments à cordes, etc. 11 a écrit aussi des 
romances sur paroles françaises et plusieurs 
mélodies sur des paroles de Métastase , dont 
quelques-unes ont été publiées. 

(1) Je rapporterai Ici deux faits peu connus. Bizet s'é- 
tait livré à une fantaisie en écrivant la musique du pre- 
mier acte de MalUrouiih s'en va-t-en guerre, grande 
opérette en i actes, représentée au tl éàtre de l'Athénée 
le 13 décembre 1867, et dont les autres avaient été faits 
par MM. Léo Delibei", Emile Jonas et Legouii. A la 
même époque, Bizet donna, sous le pseudonyme trans- 
parent de Gaston de Betzi, un certain nombre d'articles 
de critique musicale à un recueil important , mais de- 
puis lors disparu, la licviie nationale. 



BLACKBEE (R...-F.), professeur anglais, 
a publié une méthode de chant intitulée IS'ou- 
velle Ecole de chant et méthode complète 
et pratique pour la culture de la voix. 

* BLAISE ( ), bassoniste à la Comédie- 

Ilalienne et compositeur. Il serait difficile, 
croyons-nous , de dresser le répertoire complet 
des ouvrages pour lesquels Biaise écrivit de la 
musique à la Ccmédie-Italienne. Voici la liste de 
ceux que nous avons pu découvrir, et que l'on 
joindra à ceux déjà cités de ce compositeur : 
1" les Rendez-vous nocturnes, ballet, 1710; 
2" Amadis, parodie mêlée de chants et de danses, 
1740; 3° Alcione, parodie mêlée de danses, 
1741; i° les Deux Basiles, comédie avec un 
divertissement , 1743; 5» le Génie de la France, 
1744; 6" les Fées rivales, comédie avec diver- 
tissements, 1748; 7° les Ages en récréation, 
ballet, 1750; 8° les Berceaux, bnWel, 17 bO. 

BLANC (S ), est auteur de l'ouvrage 

suivant : iS'ouvelle méthode de cor, contenant 
les principes de cet instrument, trente le- 
çons pour deux cors et vingt-huit avec ac- 
compagnement de basse, suivies de trois so- 
nates (Lyon, s. d., Carloux, inf"). 

*BLAI\'C (Adolphe), violoniste et composi- 
teur. Cet artiste, qui fait partie de l'orchestre de 
la Société^ des concerts du Conservatoire, n'a 
cessé de se livrer activement à la composition de 
la musique de chambre, ce qui lui a fait décerner 
en 1862, par l'Académie des beaux-arts, le prix 
fondé par M. Chartier en faveur des artistes qui 
se distinguent dans ce genre de composition. 
Voici le catalogue exact des œuvres publiées 
jusqu'à ce jour par M. Blanc : 1° Rondinetto 
pour piano, op. 2 ; 2° Thème varié pour jiiano, 
op. 4 ; 3" 2 sonates pour piano, op. G et 32; 4" 
C pensées fugitives pour piano, op. 30 ; 5° 4 so- 
nates pour piano et violon, op. 31, 32, 3i et 
42 ; 6° 4 sonates pour piano et violoncelle, op. 
12, 13 et 17 ; 7" Sonate pour piano et cor, op. 43; 
8° 4 Grands Trios pour piano et violoncelle, op. 
18, 20, 21 et 35; 9" Trio pour piano, clarinette 
et violoncelle, op. 23; 10° Trio pour piano, 
flilte et violoncelle, op. 14 ; 11° 4 quatuors pour 
piano, violon, alto et violoncelle, op. 28 (dédié 
à Rossini, avec une lettre de ce célèbre ar- 
tiste), 37 bis et 44 ; 12" 2 quintettes pour piano, 
violon, alto, violoncelle et contrebasse, op. 39; 
13° Quintette pour piano, flilte,' clarinette, cor 
et basson, op. 37; 14° Septuor pour piano, fli:ite, 
hautbois, cor, alto, violoncelle et contre bas.se; 
15° 2 romances sans paroles, pour violon, avec 
accompagnement de piano, op. 9 et 10; 16° Étu- 
de pour violon seul, op. 6; 17° Valse de con- 
cert pour violon, avec ace. de piano, op. 3; 18° 



BLANC — BLAQUIÈRE 



97 



Tarentelle pour violon, op. S; 19° La Far- 
faîla, scherzo pour alto et piano, op. 7 ; 20'' Bar- 
carolle pour violoncelle et piano, op. 11; 
21° .3 trios pour violon, alto et violoncelle, op. 
25 et 41 ; 22° 5 quatuors pour 2 violons, alto et 
violoncelle, op. IG, 27 et 38; 23° 4 quintettes 
pour 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse, 
op. 21, 22, 30 et 40 bis; 24° 3 quintettes pour 
2 violons, 2 altos et violoncelle, op. 15, 19 et 
29; 25° septuor pour clarinette, cor, basson, 
violon, alto, violoncelle et contrebasse, op. 40. 
(Tous ces ouvrages ont été publiés chez l'édi- 
teur Richault.) ; •m" Andantino capriccioso pour 
violon, avec ace. d'orchestre ; 27° Andante pour 
violoncelle, id. ; 28° Ouverture espagnole, pour 
orchestre ; 29° Sonatines pour piano, pour piano 
à 4 mains, et pour piano et violon (collection du 
Peiil pianiste et de l'École d'accompagne- 
ment) ; 30° Les Beautés dramatiques, grande 
collection de morceaux pour piano et violon sur 
des thèmes d'opéras célèbres (en société avec 
MM. Renaud de Vilbac et Albert Lavignac) ; 
31° La Promenade du bauf gras, symphonie 
burlesque pour quatuor d'instruments à cordes 
et différents instruments d'enfants. (Toutes ces 
œuvres ont été publiées chez l'éditeur Lemoine.) 
On connaît encore de M. Blanc quelques mor- 
ceaux de chant, entre autres les Danses chan- 
tées; deux opérettes : les Deux Billets, et les 
Rêves de Marguerite, jouées dans plusieurs sa- 
lons ; un opéra-comique en un acte, inie Aven- 
ture sous la Ligue, écrit pour un concours ou- 
vert parla société de Ste-Cécile de Bordeaux, 
vers 1857, et qui a été l'objet d'une mention 
honorable; enfin, un certain nombre de choeurs 
orphéoniques. M. Blanc, qui a été un instant 
chef d'orchestre au Théâtre-Lyrique, pendant la 
première administration de M. Carvalho, a en- 
core écrit deux symphonies, restées inédites, 
mais qui ont été exécutées dans plusieurs con- 
certs. 

BLAXCHINI (Francesco), musicien italien, 
né à Vérone le 13 décembre 1062, mourut à 
Rome le 2 mars 1729. Il est connu par un livre 
publié après sa mort, en 1742, et intitulé : De 
tribus generibus inslrumentorum musicœve- 
terumorganicx dissertatio. Y. 

BLANCKlVlÛLLER (J...-L...), composi- 
teur de la première moitié du seizième siècle. 
Une collection de chansons à quatre voix de sa 
composition est conservée dans la bibliothèque de 
Zwickau. Y. 

* BLANGIiXI (Joseph-Marie-Fkux). Outre 
les ouvrages dramatiques cités à l'actif de ce com- 
positeur, il faut mentionner la Fête des souve- 
nirs, intermède mêlé de chants et de danses, 

BIOGR. LMV. DES MUSICIENS. SIPPL. 



ï. 



joué à rOpéra-Comique le 16 avril 1818, pour la 
représentation de retraite de Mme Crétu, lune 
des meilleures actrices de ce théâtre, et Figaro 
ou le Jour des Noces, pastiche arrangé sur la 
musique des Noces de Figaro de Mozart et du 
Barbier de Séville de Rossini, et donné aux ?s'ou- 
veautés le 16 août 1827. On cite encore, comme 
ayant été composés par Blangini, mais n'ayant 
pas été représentés, les trois ouvrages suivants : 
les Fêtes Lacédémoniennes , en 3 actes, 
Inez de Castro, en 3 actes, et Marie-Thérèse 
à Presbourg (la partition de ce dernier a 
été gravée). Enfin, il faut remarquer que les 
deux petits opéras signalés sous ces deux titres 
distincts : Zélie et Terville, et Chimère et Réa- 
lité, n'en forment qu'un seul, représenté sous ce 
titre : Zélie et Terville ou Chimère et Réalité. ' 

— M. Arsène Houssaye a publié, dans la Revue 
de Paris du 2 janvier 1842, un assez long ar- 
ticle sur Blangini. 

Blangini avait deux sœurs, toutes deux musi- 
ciennes, dont il est ainsi parlé dans le Diction- 
naire des Musiciens de Choron et FayoUe : 

— « M"^ Blangini est née à Turin en 1780. Elle 
reçut d'abord des leçons de violon du célèbre 
Pugnani, et ensuite de MM. Piippo et Alexandre 
Boucher. M. Rarni l'a dirigée dans l'étude de la 
composition. On n'a publié qu'un seul de ses 
ouvrages, savoir : un trio pour deux violons et 
violoncelle. Elle a joué des concertos de violon 
dans des conceris publics, à Turin, à Milan, à 
Vienne et à Paris. Elle est, depuis quelques an- 
nées, attachée à S. M. la reine de Bavière, en 
qualité de maîtresse de chant. Sa scur cadette, 
attachée en ce moment à la princesse Borghèse, 
a reçu des leçons de chant de M. Barni, et pro- 
met un sujet capable de faire honneur à son 
maître. » 

BLAXGINJ (Théodore), fils du précédent, a 
fait jouer les ouvrages suivants: 1° la Vengeance 
de Pierrot, opérette en un ac(c, Palais-Royal, 
octobre 1861 (reprise aux Bouffes-Parisiens le 
17 mars 1865); ?.° Didon , opéra -bouffe en 2 
actes et 4 tableaux. Bouffes- Parisiens, 5 
avril 1866; 3° une Visite à Bedlam, opéra-co- 
mique en un acte, Lyon, janvier 1872. Il y avait 
du talent et une fraîche inspiration dans les 
deux premiers de ces ouvrages , mais le musi- 
cien , mal servi par ses collaborateurs , a porté 
la peine des fautes commises par eux. 

BLAQUIERE (Paul), compositeur, né vers 
1830 à Clairac, se fit une sorte de réputation dans 
les cafés-concerts de Paris, en écrivant pour une 
chanteuse en vogue, M"'= Thérésa, la musique d'un 
certain nombre de chansons auxquelles celle-ci, 
par son débit franc et sa diction nette, fil un 
I. 7 



98 



BLAQUIÉRE — BLASIS 



grand succès de popularitt-. On peut citer entre 
autres la Femme à barbe, la Fiancée du bœuf- 
gras et la Vénus aux Caro/^e^, compositions 
dont les titres indiquent suffisamment le degré 
de distinction. Blaquière fit représenter aux 
Bouffes-Parisiens, le 30 août 18 j6, une opérette 
en un acte intitulée le Guetteur de nuit, suivie 
d'une autre, le Magot de Jacqueline, donnée 
au petit théâtre Debureau en 1858. Cet artiste, 
qui avait fait au Conservatoire une fugitive ap- 
parition y mais dont l'éducation musicale était 
restée nulle, est mort à Paris le 13 avril 1868. 

BLASERNA (PiETRo) , professeur à l'U- 
niversité romaine, est l'auteur d'un livre inti- 
tulé la Teoria del suono nei suoi rapporii 
colla musica (Florence, 1875). Ce volume a 
été formé du texte de dix conférences faites 
sur ce sujet par l'auteur. 

BLASIS (Fr\scesco-Amomo DE), composi- 
teur et professeur de musique italien, fils d'un 
homme fort <iistingué qui avait été vice-amiral 
dans la marine espagnole, naquit à Naples en 
1765 et fil ses études musicales au Conservatoire 
de cette ville , sous la direction de Fenaroli. Les 
renseignements manquent de précision sur cet 
artiste, qui paraît n'avoir pas été sans mérite, 
et ceux qui m'ont servi à écrire celte notice sont 
surtout extraits d'un article publié le 2 jan- 
vier 1868 dans une feuille musicale et théâtrale 
de Venise, la Scena. On sait que Blasis fit repré- 
senter en Italie un certain nombre d'opéras et 
de ballets, Arminio, Didone, Adone e Venere, 
Zulima, lo Sposo in periglio, il Burbero di 
buon cuore , la Donna capricciosa, il Geloso 
ravveduio, l'Isola di Bella Marina, il Finto 
Feudatorio, etc., qu'il fut organiste à Venise, 
qu'il s'enfuit de Naples en 1799 pour échapper 
aux effets possibles de la sauvage réaction bour- 
bonienne, et qu'il se réfugia en France et s'é- 
tablit d'abord à Marseille. Il paraît qu'il a fait 
jouer sur nos scènes départementales plusieurs 
opéras français, car les rares biographes italiens 
qui se sont occupés de lui citent les titres de ces 
ouvrages, « représentés en France, » et dont Pa- 
ris n'a jamais eu connaissance : Omphale, Al- 
manzor ou r Épreuve de la jeunesse, le Cour- 
roux d'Achille , Débutade ou VOrigine du 
Dessin, les Trois Sultanes , le Triomphe de 
la Paix, Méprise sur Méprise, la Fête du vil- 
lage, etc. Le titre de ces compositions drama- 
tiques constitue tout ce qu'on sait à leur sujet, 
et il serait , je crois, fort difficile aujourd'hui de 
fixer la date et le lieu de représentation de cha- 
cune d'elles. Blasis écrivit encore, dit-on, plu- 
sieurs oratorios, des messes, des ouvertures, des 
quatuors, et, professeur habile, il a laissé aussi une 



Méthodede violon,une Méthode depiano, nr.e 
Méthodedechant,elun Traité d'harmonie et de 
contrepoint. Enfin, on assure qu'outre plusieurs 
livrets d'opéras et des Mémoires politiques sur 
la révolution de Naples, Blasis avait encore écrit 
des biographies artistiques et une Histoire de la 
musique. Cet artiste actif et distingué est mort à 
Florence le 22 août 1851, à l'âge de quatre- vingt 
six ans environ. Un monument lui a été élevé 
dans le couvent de Sainte-Croix. 

BLASIS (Carlo DE), danseur, chorégraphe, 
compositeur et écrivain italien, fils du précédent, 
a été d'abord premier danseur, puis professeur à 
l'école de ballet instituée près du théâtre de la 
Scaia, de Milan. D'après une biographie jmbliée 
à Londres en 1847 et insérée dans son ou- 
vrage anglais sur la danse, Carlo Blasis serait né 
à Naples le 4 novembre 1803, mais nous faisons 
nos réserves quant à l'exactitude de cette date , 
car nous lisons dans une notice sur son père que 
celui-ci se rendit à Marseille avec sa femme et^ 
ses enfants lors de la grande persécution bour- 
bonienne de Naples, qui eut lieu en 1799 ,. 
et qu'il passa ensuite à Bordeaux, où son lils 
Carlo débuta comme premier danseur eni 
1818. 

Après avoir parcouru les principales villes des 
départements, Carlo Blasis fut engagé à l'Opéra, 
où il se perfectionna avec Gardel. Il y créa Té- 
lé in aque , Paris, Achille à Scijros, mais bien- 
tôt des intrigues de coulisses le mirent dans la 
nécessité de donner sa démission. C'est alors 
qu'il parut à la Scala, de Milan, et dans d'autres 
grandes villes de l'Italie, mais au bout de quel- 
ques années sa carrière se trouva brusquement 
terminée à Naples par suite d'une foulure du 
pied, qui l'empêcha de reparaître jamais au 
théâtre. Il s'adonna alors à l'enseignement et à 
la composition des ballets. 

En 1837, Blasis et sa femme (née Ramaccini) 
étaient appelés à diriger la fameuse école de 
danse de la Scala, d'où sont sorties toutes les 
notabilités dansantes que nous avons vu figurer 
à notre grand Opéra de Paris. C'est alors que 
Blasis se mit à tracer des scénarios de ballets, 
dont il a fait un nombre incalculable , et c'est 
alors aussi qu'il écrivit la musique d'un grand 
nombre de pas et de ballabili. 

Blasis s'est livré aussi à de nombreux travaux 
littéraires, consacrés à la danse ou à la musique. 
Son Traité élémentaire théorique et pratique 
de la Danse a été publié à Paris, en français, en 
1820, et reproduit plus tard, avec des additions, 
dans la collection des Manuels-Roret. Parmi ses 
autres écrits , nous signalerons les suivants : 
1° Notes upon dancing, Londres, Novello,. 



BLASIS — BLAZE DE BURY 



99 



1820; 2° Studii sulle arti imitatrici, Milan, 
1844 ; 3° Del Carattere délia musica sacra 
e del sentimento rcUgioso; 4° Biogrufia 
di Virginia Blasis e onori poetici, notice qui 
paraît être aussi son œuvre, Milan, 1853, in-8". 
Enfin, en 1854, Blasis a publié à Milan une 
brochure intitulée : Délie composizioni coreo- 
graftche e délie opère letlerarie di Carlo Bla- 
sis, colVaggiiinta délie lestimonianze, etc., 
in-8' avec portrait. C'est un exposé de ses œu- 
vres inédites , et une suite d'articles publiés à 
diverses époques sur ses œuvres parues. Blasis 
a donné aussi une Biographie de Pergolesi et 
une Dissertation sur la musique italienne en 
France; mais toutes nos recherches ne nous 
ont pas fait découvrir ces deux brochures , 
mentionnées par l'auteur dans son catalogue (1). 

J. D. F. 

* BLASIS (Virginie DE), sœur du précé- 
dent. Une notice biographique, accompagnée de 
nombreuses pièces de vers, et ornée d'un por- 
trait, a été publiée en Italie sur celle chanteuse 
distinguée : Biografia di Virginia Blasis e 
onori poetici (Milano, tip. Centenari, 1853, 
in-8). Nous remarquerons que, dans cette bro- 
chure, la date de la naissance de Virginie Bla- 
sis est fixée au mois d'août 1807. — La sœur 
aînée de cette artiste, Teresa de Blasis, s'est 
teil une réputation comme professeur de piano, 
et a composé des sonates , des variations et des 
morceaux de genre pour son instrument. Elle 
est morte à Florence, le 20 avril 1868. 

* BLASIUS (Mathieu-Frédéric). Cet artiste 
a fait représenter à la Comédie-Italienne , le 
28 août 1788, un opéra comique en 3 actes, la 
Paysanne supposée, ou la Fête de la Moisson. 
Il a eu une part de collaboration dans le Congrès 
des Rois, ouvrage écrit par une douzaine de 
compositeurs et joué au même théâtre en 1794. 
Enfin, il a composé la musique de plusieurs mé- 
lodrames donnés au boulevard : Africo et Men- 
zola. Don Pèdre et Zulika, Adelson et Sal- 
vini, etc. 

BLASSMANIV (Adolpiie-Joseph-Marie) , 
compositeur et pianiste, est né à Dresde le 27 oc- 
tobre 1823. II a produit très-peu, mais ses ou- 
vrages sont généralement estimés. Y. 

(1) Dans une liste des écrits de Blasis publiée récem- 
jnent par un journal italien, se trouvait mentionné l'ou- 
•vrage suivant, publié à Milao, Trattato storico-biof/ra- 
fico délia Musica italiana e délia, Mnsira francese, et 
encore celui-ci. Jusqu'à ce jour inédit : Lo Spirito fllo- 
softco délia Musica. An reste, peu d'écrivains sont aussi 
prolifiques que M. Blasis, qui collabore à oAus de vingt 
journaux de théâtre et de musique italiens, dans lesquels 
la publicatiiin d'un de ses travaux dure parfois plusieurs 
années. — a. p. 



BLATH\VAYT( ), claveciniste remar- 
quable, mit au commencement du dix-huitième 
siècle tout Londres en émoi par son talent 
précoce et tran.scendant. Il était élève d'Ales- 
sandro Scarlatti. Tout ce qu'on connaît de lui 
aujourd'hui, c'est son portrait, qui est conservé 
à l'école de musique d'Oxford. Y. 

* BLAVET (Michel). Parmi les œuvres de 
musique instrumentale publiées par cet artiste 
distingué, il faut citer un premier (et deuxième) 
Recueil de pièces, petits airs, bruneitcs, me- 
nuets, elc, avec des doubles variations, accom- 
modé pour les flûtes Iraversières, violons, par- 
dessus de viole, etc. (PariSj's. d., 2 vol. in-4" 
oblong.) 

* BLAZE (FRANÇOIS-HENRI-JoSEPH).ditCAS- 

TIL-BLaZE. Quelques erreurs et quelques 
omissions sont à signaler dans la liste des travaux 
llittéraires de cet écrivain fécond. L'écrit indi- 
qué sous ce titre : l' Académie royale de musi- 
que, depuis Cambert, etc., n'a point été tiré à 
part sous celui de Mémorial du Grand-Opéra / 
ce dernier travail, qui n'a aucun rapport avec le 
précédent, forme non un volume, mais une bro- 
chure in-S". L'ouvrage intitulé : Le Piano, his- 
toire de son invention, etc., n'a jamais été non 
plus publié à part. En revanche, trois publi- 
cations de Castil-BIaze manquent à la nomencla- 
ture de ses œuvres : 1" VArt des vers lyriques 
(Paris, Deiahays, 1838, in-8") ; 1" Sur VOpéra, 
vérités dures, mais utiles (Paris, l'auteur, 
1856, in-8°); 3° Physiologie du Musicien 
(Bruxelles, 1844, in-32). Le manuscrit de VNis- 
toire de V Opéra-Comique, annoncée souvent, 
par Castil-Blaze et qu'il n'eut pas le temps de 
publier, fait aujourd'hui partie de la Bibliothèque 
de l'Opéra, pour laquelle il a été acquis par 
M. Nuitter, archiviste de ce théâtre. 

* BLAZE DE BUBY (Henri BLAZE, dit), 
fils du précédent, apubhé Meyerbeer, sa vie et 
ses oeuvres (Paris, 18G5, Heugel, gr. in- 8° avec 
portrait et autographes), écrit qu'il a reproduit, 
dans le cours de la même année, chez un autre 
éditeur, sous ce second titre : Meyerbeer et son 
temps (Paris, Lévy, 1865, in-12). Après la mort 
de Scudo, M. Henri Blaze a repris, à la Revue des 
Dexix-Mondes, la part de collaboration qu'il 
avait eue déjà dans ce recueil au point de vue 
musical. Ses articles sont habituellement signés 
du pseudonyme : F. de Lagenevais. M. Henri 
Blaze avait fait pour Meyerbeer le livret d'un ou- 
vrage lyrique intitulé ^aJeMne^^e de Goethe, dont 
celui-ci avait écrit la musique. Après la mort du 
grand homme, il réclama à la famille la parti- 
tion de cet ouvrage, qu'il voulait faire repré- 
senter ; mais les héritiers, se fondant sur les vo- 



100 



BLAZE DE BURY — BOCCABADATI 



lontés exprimées par le maître dans son testa- 
ment, refusèrent d'accéder à sa demande. L'af- 
faire fut portée devant le tribunal, et M. Henri 
Blaze perdit son procès. 

BLAZEK (François), musicien didactique, 
est né à Velezic en Bohême, le 21 décembre 
18 1 5. On a de lui un traité d'harmonie en langue 
tchèque : Nauka harmonii. Y. 

BLODEK (Gi'ill.ume), professeur de flûte 
au Conservatoire de Prague, est né en cette 
ville le 14 octobre 18.34. Outre plusieurs compo- 
sitions pour son instrument, des choeurs et des 
lieder, on a de lui un opéra : Vsfiidni (A la 
fontaine), qui a été joué le 17 novembre 1867 
avec un succès considérable. Cet artiste, qui 
donnait les plus belles espérances, a malheureu- 
sement été al teint de folie en 1870. Y. 

ÏÎLOMMESTEYX (Mautin), facteur de 
clavecins , exerçait cette profession à Anvers 
vers le milieu du seizième siècle, et se fit rece- 
voir, en même temps que neuf de ses confrères, 
dans la gilde de Saint- Luc, le 28 mars 15ô8. 

IJLOMMESTEYN (Ciiiustophe), facteur 
de clavecins, évidemment parent du précédent, 
exerçait comme lui, et à la même époque, cette 
profession à Anvers. Inscrit dans la corporation 
de Saint-Luc, en 1550, en qualité de « fds de con- 
frère », ce qui prouve que son père faisait i)artie 
de la gilde, il s'y fit recevoir comme sociétaire en 
même temps que le précédent, c'est-à-dire le 28 
mars 1558. Dans le registre de Saint-Luc, son 
nom est écrit Chistoffel Blomster. 

* BLO\DEAU (PiERRE-ArorsTE-Loiis). A 
la nomenclature des écrits publiés par ce musi- 
cien distingué, il faut ajouter le suivant ; Solice 
sur Palcstrina, sur ses ouvrages, sur son épo- 
que, sur son style (s. 1. n. d., in-8" de 30 pp.). 

* liLO\DET (Abraham) est né vriiisem- 
blablement avant 1570, car en 158,3 il prit part 
au concours du puy de musique d'Evreux, et y 
obtint le prix de la harpe d'argent pour le mo- 
tet : Tu Domine henignus es. 

1 BLtfMMEll{MARTiis), compositeur allemand, 
né le 21 novembre 1827 à Fiirstemberg, dans le 
Mecklembourg, fit ses études à Berlin , oii il est 
devenu directeur de l'Académie de chant. On lui 
doit une cantate intitulée Colombus, un certain 
nombre de lieder, et un oratorio en deux parties, 
Abraham, qui a été exécuté à l'Académie de 
chant en 1860. 

BOADA (Ji AN DE la), est le nom d'un com- 
positeur espagnol du XVIP siècle, dont on ignore 
absolument le lieu et la date de naissance. Les 
détails de sa carrière ne sont pas connus davan- 
tage, mais l'un des historiens actuels de la musi- 
que espagnole, M. Baltazar Saldoni, assure que 



sous le règne de Philippe IV on chanta au palais 
du Buen Retiro quelques zarzicelas dont la mu- 
sique avait été écrite par Juan de la Boada. S'il en 
élait ainsi , cet artiste pourrait être considéré 
comme le père de la musique dramatique en Es- 
pagne et le premier qui se serait exercé dans ce 
genre. 

BOADA (Le Père Jacinto), moine et compo- 
siteur espagnol, né à Tarrasa vers 1770, fit ses 
études musicales au collège de musique du cou- 
vent de Montserrat, en Catalogne, où il eut pour 
maître le P. Casanovas (voy. ce nom). Il fut lui- 
même professeur dans ce couvent pendant un grand 
nombre d'années, et il y donna des preuves d'un 
rare dévouement à l'art et à ses élèves. Lorsqu'en 
1818, après l'incendie du mona.stère, qui avait 
entièrement détruit la bibliothèque, toutes les 
œuvres consacrées au service du culte et jus- 
qu'aux leçons et aux ouvrages nécessaires aux 
élèves, l'école fut louverte à ceux-ci, le Père 
Boada se mit en devoir non-seulement de com- 
poser toute la musique nécessaire au service de 
la chapelle, mais encore d'écrire tout ce qui 
devait élre utile à l'instruction des jeunes gens 
qui lui étaient confiés, et il apporta tant de .sol- 
licitude et d'ardeur à ce travail qu'au bout de 
quelques années le mal était réparé, et que l'on 
n'avait plus à regretter qu'au point de vue de 
leur valeur intrinsèque la perte de tant d'oai- 
vres précieuses. Les compositions du P. Boada 
sont fort estimées. Cet artiste distingué vivait 
encore en 1856. 

BOCACCIO (L ), compositeur italien, 

a fait représenter sur le théâtre de Sivigliana, en 
février 1872, un opéra intitulé i Banditi, qui a 
été bien accueilli. 

BOCCABADATI (Virgima), fille de Louise 
Boccabadati, qui fut une chanteuse célèbre, est 
devenue elle-mêmeune cantatrice fort distinguée. 
Héritière du talent remarquable de sa mère, elle 
n'en avait point, malheureusement, la voix 
chaude, étendue et vibrante ; mais elle suppléait 
à ce qui lui manquait sous ce rapport par un art 
véritable, par un chant plein de grâce et d'élé- 
gance, par une expression tendre et passionnée, 
enfin par un talent scéuique que les chanteurs 
possèdent rarement à un pareil degré. Douée de 
qualités pathétiques et émouvantes, la Boccaba- 
dati avait le don si rare d'arracher les larmes, et 
atteignait parfois le sublime dans certains rôle^, 
tels que Gilda de Rigoletto, la Traviaia, Linda 
di Chamounix ou Maria diEohan. Cette ar- 
tiste vraiment remarquable, que Paris a connue 
il y a UBe vingtaine d'années et qui s'est fait 
entendre à notre Théâtre-Italien, est aujourd'hui, 
je crois, retirée du théâtre. 



BOCHSA — BODSON 



401 



* BOCHSA (Robekt-Nicolas-Charles). Ce 
musicien, aussi distingué comme arliste qu'il 
était misérable comme liomme, a écrit, pendant 
son séjour en Angleterre, la musique de quelques 
ballets qui ont été représentés à Londres : 1" Jus- 
tine ou la Cruc/ie cassée, 7 janvier 1825; 
2° le Temple de la Concorde, 28 janvier 1825 ; 
3° la Naissance de Vi'nus, 2 actes, 8 avril 
1826; 4° le Corsaire, 29 juillet 1837. Ce dernier 
eut un immense succès. 

Bochsa avait dû fuir la France en 1817. Ac- 
cusé d'avoir contrefait la signature de plusieurs 
personnages marquants (parmi lesquels quel- 
ques-uns de ses confrères, Berton,Méhul, Boiel- 
dieu, Nicolo), et d'avoir fabriqué des bons por- 
tant aussi les signatures fausses de M. le comte 
Decazes, de lord Wellington, etc., il fut traduit 
devant la cour d'assises delà Seine, et celle-ci, 
dans sa séance du 17 février 1818, le condamna 
à douze années de travaux forcés, à la marque 
et à 4,000 francs d'amende. Mais Bochsa était 
en sûreté en Angleterre, où, malgré des antécé- 
dents si déplorables, il sut se faire une brillante 
position. Ce n'est pas tout, et à ces méfaits 
Bochsa aurait joint plus tard, dit-on, le crime de 
bigamie ; voici ce qu'on lit à ce sujet dans VAn- 
nuaire dramatique (^^ année, 1847, Bruxelles, 
Taride, in- 12) : << Bochsa avait épousé, avant 
sa fuite de la France, la fille du marquis Du- 
crest (I), et se trouvait ainsi le neveu de M""^^ 
de Genlis. Depuis il serait devenu bigame, s'il 
faut s'en rapporter aux Mémoires publiés par 
Henriette Wilson, en prenant pour femme la 
propre sœur (Aniy Wilson) en même temps que 
la complice des fredaines de cette fameuse cour- 
tisane qui acompte au nombre de ses nombreux 
amants le prince de Galles (depuis Georges IV) 
et le duc de Wellington. » 

Ce qui n'empêcha pas Bochsa d'enlever 
Mme Bishop {voyez ce nom) et de vivre avec 
elle pendant vingt années environ. 
BOCK, Voyez BOTE et BOCK. 
* BOCQUILLOIV-WILHEM (Guil- 
laume-Louis). Au nombre des notices qui ont été 
publiées sur cet artiste excellent , il faut citer 
les deux suivantes : Wllhem, par Trélat (extrait 
de. \d Jîevue du Progrès da 1^' juin 1842), in-8" 

(1) Madame Georgette Ducrest, depuis longues années 
reUrée à Bordeaux, où elle vit encore. Elle était excel- 
lente musicienne, possédait une jolie voix, et adonne 
pendant assez longtemps des leçons de chant à Lyon 
Très-mêlée, dans sa jeunesse, au monde artistique et lit- 
téraire, elle a publié sous ce titre: Paris en province (tSii), 
des mémoires dans lesquels on trouve des renseignements 
intéressants et assez nombreux surquflques musiciens du 
temps Une seconde édition de cet éerll a paru (sans datr) 
en 18)6 (Paris, Barba, in-i"). 



del9 pp., et Funérailles de M.B. Wilhem, 
par Charles Malo (extrait du Bulletin élémen- 
taire d'avril 1842), in-8° de 22 pp. Je ferai re- 
marquer que lorsque Wilhem était professeur à 
l'école de Saint-Cyr, cette école portait le nom 
de Piytanée militaire, tandis que l'école mili- 
taire proprement dite était à Fontainebleau. 

* BODIN (FRANÇois-ÉTiENNE),est mort à Paris 
le 13 août 1862. Cet artiste distingué, qui était, 
dit on, un mathématicien et un philologue re- 
marquable, avait reçu des leçons d'harmonie et 
de composition de Perne et d'Eler. Il ne se li- 
vra pourtant pas à la composition, trop absorbé 
qu'il était pas les devoirs de son enseignement, 
mais, outre son grand Traité des principes de la 
musique, il publia un Recueil d'exercices élé- 
mentaires pour le piano et un Becueil de 
gammes pour le piano avec la réforme du 
doiçjté. 

La fille de cet artiste, M"« Sophie Bodin , 
plus tard M""' Pierson, élève de son père pour 
le piano et du fameux harpiste Bochsa pour 
l'harmonie et le contrepoint, étudia le chant avec 
Ponchard, et se fit entendre avec succès à Paris, 
dans les concerts, pendant les années 1837, 1838 
et 1839. A cette époque, sa voix ayant subi une 
altération sensible, elle dut renoncer à se pro- 
duire en public, et se consacra entièrement à 
l'enseignement du chant et du piano. M'"^ Pier- 
son-Bodin est morte au mois de juin 1874. Elle 
avait publié en 1865 un petit écrit ainsi intitulé ; 
Observations sur Vélude de la musique, dans 
lequel elle donnait aux mères de famille d'u- 
tiles conseils sur la façon de diriger l'éducation 
musicale de leurs enfants. 

BODSOX (Nicolas-Henri-Joseph), musi- 
cien belge, naquit à Liège le 5 mai 1766, et 
semble n'avoir jamais quitté sa ville natale. On 
ne connaît de lui que des compositions religieu- 
ses, et dans une note publiée sur cet artiste, 
M. Edouard Gregoir reproduit ainsi le titre de 
l'une d'elles : « Missa aj. per soprano e tenore 
soprano e hasso cou organo obbligato, com- 
posta dal signore N. Bodson. Les deux voix 
deveront convenir pour les nottes d'en haut 
ou celles d'en bas, les rondes et les blanches 
pointées à la basse indiquent à la contrebasse 
oà violoncelle qui accompagnera de faire 
autant de nottes qu'il y aura depoints. Prix : 
5 francs. Se vend chez l'auteur, rue St Jean-en- 
Isle, no 784, à Liège , chez Mlle J. Andrez, édi- 
teur et marchande de musique. » M. Gregoir 
ajoute : " Trois messes de cet artiste, et qui 
sont très-répandues, renferment de grandes qua- 
lités mélodiques. Un Verbum caro de sa com- 
position est resté manuscrit. » L'une de ces messes 



102. 



BODSON — BOIELDIEU 



a été publiée à Liège, chez J. Goût, c'est la troi- 
sième. On a donné aussi, dans le Répertoire 
des Maîtrises (Liège, Muraille), plusieurs piè- 
ces religieuses de Bodson : Pie Jesu à 2 voix ; 
Cantant montes, chœur à 3 voix égales ; Mi 
Jesu à 2 voix ; Genitoti à 3 voix égales ; Tan- 
tiim ergo à 2 voix ; Ave Maria kZ voix égales. 
Bodson est mort à Liège le 31 mars 1829. 

* BOEHiVl (Joseph) violoniste, est né à Pesth, 
non en 1808, mais le 4 mars 1795. Il est mort à 
Vienne le 28 mars 1876. Joseph Boehm, dont 
l'enseignement était très-réputé, avait formé un 
grand nombre d'excellents élèves, parmi lesquels 
il faut surtout citer Ernst et M. Joachim. 

BOERS (J...-C...), violoniste et composi- 
teur néerlandais, né à Nimègue en 1812, appar- 
tient au plus pur parti conservateur musical. 
Excellent musicien, homme de beaucoup d'esprit, 
charmant causeur, il pousse la modestie si loin 
qu'il a passé sa vie à éviter toutes les occasions 
de recevoir une décoration quelconque et qu'il 
s'est refusé à publier ses compositions, bien que 
depuis longtemps il ait mérilé la croix de son 
pays et qu'il ait écrit de bons ouvrages. M. Boers 
a mené une vie assez accidentée, surtout dans 
sa jeunesse. Il reçut d'abord, à Nimègue, des 
leçons de violon de son père, et en 1828 fut ad- 
mis comme élève à l'École royale de musique de 
la Haye, où il travailla le violon et la com- 
position avec Lubeck. En 1831, on le nomma 
chef d'orchestre à l'Opéra national de la Haye, 
mais eu 1837 il partit pour Paris, où il 
accepta la place d'alto solo au Casino Pa- 
ganini. Peu de temps après, l'administration de 
ce concert ayant fait faillite, il fut engagé à l'or- 
chestre des concerts Valentino. Tout en restant 
attaché à cet étiiblissement, il donnait des le- 
çons d'harmonie et de contrepoint, et devenait 
correcteur d'épreuves de la maison de Simon 
Richault, l'un des premiers éditeurs de musique 
de Paris. 

En 1839, M. Boers quitta cette ville pour aller 
remplir les fonctions de chef d'orchestre au 
théâtre de Metz, où il resta deux ans. De retour 
en 1841 dans sa ville natale, il y fut nommé di- 
recteur de la Société chorale, et, bien que pro- 
testant, se vit confier l'emploi de professeur de 
musique dans une grande école normale catho- 
lique, qui était une sorte de séminaire. Il resta 
à Nimègue jusqu'en 1853, et accepta alors la 
place de directeur de musique à Delft, où il de- 
meure encore aujourd'hui. 

M. Boers a beaucoup écrit, et jouit dans sa 
patrie d'une grande considération comme com- 
positeur. Ses œuvres les plus estimées sont des 
ouvertures, une symphonie qui a obtenu une 



mention honorable à l'un des concours ouverts 
par la Société pour Vencouragement de l'art 
musical, le 128* psaume (composition pour soli, 
chœurs et orchestre), et plusieurs recueils de 
lieder. Il s'occupe aussi avec ardeur de littéra- 
ture musicale, et travaille en ce moment à deux 
grands ouvrages : une Bibliographie de tous 
les ouvrages de musique néerlandais anciens 
et modernes, et une Histoire des instruments 
de musique au moyen-âge. 

Ed. de h. 

DOETTE (Jeh.\n), compositeur, maître des 
enfants de chœur de Notre-Dame dÉvreux, 
obtint en 1575, au concours du puy de musi- 
que d'Évreux, le prix de triomphe pour une 
chanson française : Heureux qui d'équité. Un 
parent de cet artiste, portant le même prénom 
et liabitant aussi Évreux, mais désigné sous le 
nom (le Jehan Boette le jeune, obtint au concours 
tie 1589 le prix de l'orgue d'argent pour le motet 
In fiymnis et confessionibus. 

BOESEKDORFER ( ), est le nom 

dun des principaux facteurs de pianos de l'Al- 
lemagne, dont la maison est à Vienne. Y. 

BOGAERTS (P.. .-C. .•€...), est l'auteur, 
avec M. Edmond Duval , des deux écrits sui- 
vants : 1° Études sur les livres choraux qui 
ont servi de base dans la publication des livres 
de chant grégorien édités à Matines, Maliiies, 
1855, in-8° ; 2" Un mot sur la brochure du P. 
Lambillote intitulée : «■ Quelques mots sur la 
restauration du chant liturgique, » Matines, 
1855, in-8''. 

BOGOTA (Aryde). Voyez DOMBROW- 
Si;i (Henri). 

BOHEMUS (Gaspard), compositeur alle- 
mand du temps de la Réforme, a composé de 
la musique vocale, religieuse et profane. Y. 

* BOIELDIEU (François-Adrien). La date 
exacte de la naissance de ce grand artiste est le 
16 et non le 15 décembre 1775, ainsi qu'en fait 
foi son acte de baptême, que j'ai publié dans le 
livre intitulé : Boieldieu, sa vie, ses œuvres , 
son caractère, sa correspondance. Je renvoie 
à cet ouvrage important et rempli de renseigne- 
ments nouveaux le lecteur désireux de s'instruire 
d'une façon exacte et complète sur l'existence et 
la carrière de Boieldieu , et je vais seulement ré- 
tablir ici le répertoire détaillé de ses œuvres 
dramatiques : 1° La Fille coupable, 2 actes (pa- 
roles de son père), Rouen, th. des Arts, 2 no- 
vembre 1793; 2" RosaUeet Myrza,3 actes (pa- 
roles du même), ibid., 28 octobre 1795; 3° La 
Famille suisse, 1 acte, Paris, th. Feydeau, 
12 février 1797 ; 4° l'Heureuse Nouvelle, 1 acte, 
ibid. ,8 novembre 1797; h" le Pari ou Mombreuil 



BOIELDIEU 



103 



€tMerville,\ acte, th. Favart, 13 décembre 1797; 
€" Zoraïme et Zulnare, 3 actes, ibid., 11 mai 
1798-, 7" la Dot de Suzette, 1 acte, ibid., 6 sep- 
tembre 1798; 8° les Méprises espagnoles, 1 
acte, th. Feydeau , avril 1799 ; 9° Emma ou la 
Prisonnière, 1 acte, en sociélé avec Cherubini, 
Ih. Montansier, 12 septembre 1799; 10" Be- 
niousld, 3 actes, th. Favart, 8 juin 1800 ; 11" /e 
Calife de Bagdad, 1 acte, ibid., 16 septembre 
1800 ; 12° Ma Tante Aurore, 3 actes (réduit 
■en deux actes à la seconde représentation), 
■Opéra-Comique, 13 janvier 1803; 13° Le Baiser 
et la Quittance, 3 actes, en sociélé avec Mélud, 
Kreutzer et Nicolo, ibid., 18 juin 1803 ; U° Aline, 
reine de Golconde, 3 actes, St-Pétersbourg, 
5 mars 1804; 15° Amour et Mystère; 16" Ab- 
derkhan;!'" Un Tour de Soubrette (l) ; 18° La 
Jeune Femme colère , 1 acte, ibid., 18 avril 
1805 (joué ensuite à Paris, à l'Opéra-Comique, 
le 12 octobre 1812); 19° Télémaquc, 3 actes, 
ibid., 16 décembre 1806; 20° les Voitures ver- 
sées, 2 actes, ibid., 1808 (joué ensuite à l'Opéra- 
Comique, le 29 avril 1820) ; 21° Z,a Dame invi- 
sible, i acte, ibid., 1808; 22° Bien de trop,\ acte, 
ibid., 25 décembre 1810 (joué ensuite à l'Opéra- 
Comique, le 19 avril 1811); 23° Jean de Paris, 
1 actes, Opéra-Comique, 4 avril 1812; 24° Le 
Nouveau Seigneur de Village, 1 acte, ibid., 29 
juin 1813; 25° Boyard à Mézïères, 1 acte, en 
société avec Cherubini, Catel et Nicolo, ibid., 12 
février 1814 ; 26° Les Béarnais ou Henri IV en 
voyage, 1 acte, en société avec R.Kreutzer, ibid., 
^1 mai 1814; 27° Angéla ou V Atelier de Jean 
Cousin, 1 acte, en société avec M'« Sophie Gail, 
ibid., 13 juin 1814; 28° La Fête du Villagevoi- 
sin, 3 actes, ibid., 5 mars t816; 29° Charles de 
France ou Amour et gloire, 2 actes, en so- 
ciété avec Hérold,ibid., 18 juin 1816 -, 30°Z-e Petit 
Chaperon rouge, 3 actes, ibid., 30 juin 1818; 
31° Blanche de Provence ou la Cour des Fées, 
1 acte, en société avec Berton, Cherubini, Kreut- 
zer et Paër, Opéra, 3 mai 1821 ; 32° la France 
et l'Espagne, intermède, Hôtel-de-Ville, 15 dé- 
cembre 1823; 33" Zes Trois Genres, 1 acte, en 
société avec Auber, Odéon, 27 avril 1824 ; 34° 
Pharamond, 3 actes, en société avec Berton et 
Kreutzer, Opéra, 10 juin 1825 : 35° la Dame 
•blanche, 3 actes, Opéra-Comique, 10 décembre 
1825; 36° Les Deux Nuits, 3 actes, id., 20 mai 
1829 ; 37° La Marquise de Brinvilliers, 3 actes, 
en société avec Auber, Batton, Berton, Blangini, 



(1) Je place ici ces trois ouvrages, sans pouvoir indi- 
quer de date précise pour leur représentation ; tout ce 
qu'on sait à leur sujet , c'est qu'ils furent fcrlls et joués 
pendant le séjour de Boieldieu en Russie. 



Carafa, Cherubini, Hérold et Paër, ibid., 31 oc- 
tobre 1831. 

En 1875, Boieldieu a été l'objet d'un honneur 
inusité jusqu'ici en France : les 12, 13, 14 et 15 
ui n de cette année de grandes fêtes musicales ont 
eu lieu à Rouen pour célébrer le centième anni- 
versaire de sa naissance; ces fêtes, dont l'auteur 
de la présente notice avait le premier conçu la 
pensée, se sont produites avec un grand éclat, et 
le Centenaire de Boieldieu avait attiré dans l'an- 
cienne capitale de la Normandie une immense af- 
tluence d'étrangers. Un grand concours orphéoni- 
que, une représentation de gala donnée au Théâtre 
des Arts, composée du Nouveau Seigneur de 
Village, des deux premiers actes de /a Dame 
blanche, joués par les premiers artistes de Paris, 
et d'une pièce de vers de M. Frédéric Deschamps, 
un grand festival donné dans la salle du Cirque 
de Saint-Sever et dont le programme comprenait 
des morceaux exclusivement tirés des œuvres 
du maître, l'exécution d'une cantate expressé- 
ment écrite par M. Ambroise Thomas sur des 
paroles de l'auteur de cette notice, voilà quels 
étaient les principaux éléments de ces fêtes vrai- 
ment artistiques et nationales , qui rappelaient 
celles de ce genre qu'on célèbre fréquemment 
en Angleterre et en Allemagne, et dont on n'a- 
vait encore aucune idée en France. 

Voici la liste des écrits publiés en France sur 
Boieldieu : 1° Précis du procès de la sérénade 
donnée le ih octobre 1829 à M. Boieldieu 
(Rouen, impr. Marie, 1829, in-8° de 16 pp.); 
2° Boieldieu aux Champs-Elysées et son 
apothéose, tableau en un acte, mêlé de chants et 
de couplets arrangés sur des airs tirés de ses 
différents ouvrages , représenté pour la pre- 
mière fois à Rouen , sur le Théâtre des Arts , le 
13 novembre 1834, et offert à sa ville natale par 
M. Sewrin, son ami et l'un de ses collaborateurs 
(Rouen, François, 1834, in-8" de 32 pp., avec 
portrait et fac-similé d'une lettre de Boieldieu) ; 
3° L'Enfance de Boieldieu , opéra-comique et 
anecdotiqueen un acte, par E. T. Maurice Ourry 
(Paris, Barba, 1834, in-S» de 12 pp.) ; 4° Procès- 
verbal de la cérémonie funèbre enVhonneur 
de Boieldieu, qui a eu heu le 13 octobre 1834 , 
à Rouen, sa ville natale, rédigé par le vicomte 
Walsh , délégué par la commission (Rouen, Pé- 
riaux, 1835, in-8°de 39 pp.); 5° Trois Bomances 
favorites de Boieldieu, suivies d'une notice sur 
sa vie, par M. Jules Janin (Paris , 1835 , in-fol. 
de 12 pp.) ; 6° Boieldieu et les honneurs rendus 
à ce célèbre compositeur par Bouen, sa ville 
natale, suivi de quelques observations biogra- 
phiques , par Jules-Adrien Delérue (Rouen, Pé- 
riaux, 1836, in-8° de 16 pp ); 7° Boieldieu et 



104 



BOIELDIEU — BOILLY 



les honneurs rendus à ce célèbre compositeur 
par Rouen , sa ville natale , dithyrambe par 
Théodore Wains-Desfontaines (Rouen, Baudry, 
1836, in-S" de 20 pp.); 8° Vers sîtr Boieldieu 
et les honneurs rendus à ce grand homme par 
Rouen, sa ville natale (Rouen, Marie, 1836, 
in-S" de 16 pp.) ; 9" Discours pour la transla- 
tion du cœur de Boieldieu à Rouen , le 13 no- 
vembre 1834, par G. Lambert (Paris, Lacrampe, 
1846, in-8" de 128 pp.); iO" Boieldieu, sa vie, 
ses œuvres, par J.-A. Réfuveiile (Rouen, Du- 
bust, 1851, m-8" de 43 pp.); il° A. Boieldieu, 
sa vie et ses œuvres, par G. Héquet (Paris, 
Heuge!, 1864, in-8° de 115 pp., avec portrait et 
autographes); 12° Ode sur la mort de Boiel- 
dieu, par son compatriote Théodore Lebreton 
(s. 1. n. d. [Rouen, imp. Baudry], in-S" de 4 pp.); 
13" Boieldieu, sa vie, ses œuvres, son carac- 
tère, sa correspondance , par Arthur Pougin 
(Paris, Charpentier, 1875, un vol. in-12, avec 
portrait et autographe) ; 14" Le Centenaire de 
Boieldieu, anecdotes et souvenirs recueillis par 
Henry de Thaunberg (Paris, s. d. [1875], Haîi- 
lard, in-18 de 93 pp.) ; 15° Les Centenaires 
rouennais, Boieldieu, 1875, poëme dédié à la 
famille de Boieldieu, par A. Célarier (Rouen, 
impr. Cagniard, in-8°) ; 16° Hommage à Boiel- 
dieu, cantate pour orphéons, fanfares et mu- 
siques militaires, exécutée à Rouen le 13 juin 1875, 
en l'honneur du centième anniversaire de la nais- 
sance de F. -A. -Boieldieu, musique d'Ambroise 
Thomas, paroles de M. Arthur Pougin (Paris, s. d. 
[1875], in-S" avec portrîSt, autographe et no- 
tice sommaire) ; 17° Hommage à Boieldieu, 
stances par M. Frédéric »Deschamps, dites par 
M. Maubant, de la Comédie-Française, sur la 
scène du Théâtre des Arts, à Rouen, à la repré- 
sentation donnée le 14 juin 1875 (s. 1. n. d. 
[Rouen, impr. Brière, juillet 187.5], in-8°) . 
18° Trois jours à Rouen, souvenirs du Cen- 
tenaire de Boieldieu, 13, 14 et 15 juin 1875, 
par Edmond Neukornm (Paris, Pont, 1875, in-12). 
*B01ELDIEU (Adrien-L.-V.). Voici la liste 
exacte des productions dramatiques de ce com- 
positeur : 1" Marguerite, 3 actes, Opéra-Comi- 
que. 18 juin 1838 ; 2° rOpéra à la Cour, sorte 
de pastiche en 4 actes (en société avec Albert 
Grisar ), Opéra-Couiique , 16 juillet 1840; 
3° V Aïeule, un acte, Opéra-Comique^ 27 août 
1841; -4° le Bouquet de l'Infante, 3 actes, 
Opéra-Comique, 27 avril 1847 ; 5° la Butte des 
Moulins, 3 actes, Théâtre-Lyrique, 6 janvier 
1852; 6° la Fille invisible, 3 actes, Théâtre- 
Lyrique, 6 février 1854; 7* France et Algérie, 
cantate, Opéra-Comique, 15 août 1865; 8° le 
Chevalier Lubin, un acte, Fantaisies-Parisien- 1 



nés, 23 mai 1866; 9° la Fête des Nations, un 
acte, Fantaisies-Parisiennes, 27 avril 1867; 
10° la Halle du Roi, 2 actes, théâtre des Arts 
(à Rouen), 16 décembre 1875 (1). M. Boieldieu a 
encore en portefeuille plusieurs ouvrages, entre 
autres un grand opéra « national » en 3 actes, 
Alain Blanchart, écrit sur des paroles de 
M. Réfuveiile, et dédié par les auteurs à la ville 
de Rouen. M. Adrien Boieldieu a écrit et dédié 
à la reine d'Espagne une messe à trois voix et 
chœur, qui avait été publiée avec accom))agne- 
ment d'orgue ou de piano, et qui, orchestrée 
par lui, a été exécutée dans la cathédrale de 
Rouen, le 15 juin 1875, lors des fêtes organisées 
pour le centenaire de Boieldieu. 

BOIGXE (Charles DE), écrivain, né vers 
1806, a publié en 1857 un livre intitulé : Petits 
Mémoires de l'Opéra (Paris, librairie nouvelle, 
in-12), qui est un récit familier et anecdotique 
(le tout ce qui s'est passé à l'Opéra à partir des 
commencements de la direction du docteur Vé- 
ron, jusqu'à la tin de. 1854. 

* BOILLY (Édoiard), est mort depuis long- 
temps déjà, mais j'ignore au juste à quelle épo- 
que. Au sujet de cet artiste, j'ai reçu de M. B. 
Jullien une lettre dont j'extrais le passage sui- 
vant : — '< Les trois enfants du second lit du 
peintre Boiily ont été à Versailles mes camarades 
(le collège. Jules Boiily, l'aîné des trois , a suivi 
la carrière de son père ; il a été peintre, el sur- 
tout peintre de portraits. Edouard, le second, 
s'est livré à la musique , et a obtenu le grand 
prix de composition; le troisième, Alphonse, a 
fait de la gravure. L'article de Fétis dit qu'E- 
douard , dégoûté de la composition musicale, 
s'est donné tout entier à la gravure. II y a ici 
une évidente confusion des deux jeunes frères. 
Edouard, n'ayant pas eu de succès avec ses opé- 
ras, s'est vu réduit à donner des leçons de piano. 
Jl est mort le premier des trois frères, el n'a 
jamais exercé l'état de graveur. J'étais à son 
service funéraire; je l'avais rencontré assez sou- 
vent avant sa mort, et il était alors professeur d e 



(1) Cet ouvrage avait été reçu et sur le point d'être 
joué à l'Opéra populaire (théâtre du Cliàtelet) en 1874, 
mais ne put être représenté par suite Je la déconfiture de 
rentreprise. Après avoir célébré à une date arbitraire, 
c'est àdire en plein été, pour leur donner tout l'éclat et 
l'altrait dont elles étaient susceptibles, les fêtes du cen- 
tenaire de BoielJieu, li ville de Rouen voulut au jour 
exact, le 16 décembre 1875, fêter encore le centième an- 
niversaire de la naissance du grand musicien auquel 
elle avait donné le jour, et un spectacle extraordinaire 
fut, à cet effet, organisé au théâtre des Arts. C'est à 
cette occasion qu'eut lien, à ce théâtre, la première re- 
présentation de la Halte du Roi, opéra-comique inédit 
de M. Ailrien Boieidieu. 



BOILLY — BOITEAU 



105 



piano à Loiiis-le-Grand, si je ne me trompe, et 
probablement aussi dans quelques pensions. » 

En 1822, l'année qui précéda son heureux 
concours à l'Institut, Edouard Boilly avait obtenu 
au conservatoire le premier prix de contrepoint 

et fugue. 

BOILEAU ( ), habile joueur de violon 

et de mandore, vivait à la fin du seizième siècle 
et au commencement du dix-septième siècle. Il 
était au service de Louis XIII alors Dauphin de 
France, ainsi qu'on le voit dans le Journal de 
Jean Héroard sur l'enfance et la jeunesse de 
Louis XIII, qui dit, à la date du 3 février 
1604 : «Le Dauphin avoit pour violon et joueur 
de mandore Boileau, et pour joueur de luth Flo- 
rent Hinilret, d'Orléans, pour l'endormir. » 

BOISSELOT (Jean-Louis), né à Montpel- 
lier en 1785, y exerça la profession de luthier 
jusqu'en 1822, se faisant remarquer par son ac- 
tivité et son esprit d'entreprise. En 1823, il en- 
voya son fils aîné, Louis Boissolot, à Marseille, 
pour y créer un magasin de musique et d'instru- 
ments, qui devint bientôt son établissement prin- 
cipal. Il vint peu après s'y fixer lui-même. Pres- 
sentant l'énorme vulgarisation à laquelle devait 
arriver peu à peu le piano, il se décida en 1830 
à tenter à Marseille l'organisation d'une manu- 
facture de pianos, où se fabriquèrent d'abord 
des pianos carrés. En 183i, son fils Louis alla 
étudier la ftibricalion du piano à queue dans les 
manufactures anglaises, jusque-là fermées aux 
étrangers. Louis Boisselot rapporta de ce voyage 
des éléments précieux, et amena avec lui des 
ouvriers anglais et allemands, qui formèrent en 
peu d'années un personnel d'élite. La manufac- 
ture marseillaise commença alors la fabrication 
des pianos à queue, et prit un développement 
rapide ; ses pianos à queue furent longtemps les 
meilleurs qui se fissent en France. A l'exposition 
de Paris de 1844, plusieurs de ces pianos obtin- 
rent le n" 1, et le créateur de l'industrie mar- 
seillaise fut récompensé de son esprit d'initiative 
par la grande médaille d'or. Jean-Louis Boisselot 
mourut en 1847. 

Al. R — d. 

BOISSF.LOT (Louis-Constantin), fils du 
précédent, né à Montpellier en mars 1809, coo- 
péra comme on vient de le voir à la création et 
au développement de la fabrication de pianos 
entreprise par son père, dont il était devenu 
l'associé depuis 1838. En 1847, la fabrique Bois- 
selot et fils était devenue l'une des plus impor- 
tantes de France ; elle construisait annuelle- 
ment 400 pianos, qui s'exportaient déjà dans 
l'Europe et les colonies. De nombreux brevets 
d'invention et de perfectionnement témoignaient 



d'études et d'améliorations constantes, notam- 
ment les brevets pris pour les barres en fer pla- 
cées au-dessous du jiiano et les barres harmo- 
niques avec vis de pression (1838), pour le 
piano dediharmonique(1839), pour le piano oc- 
tavié (1840), pour le piano à son soutenu (1844), 
pour le piano planicorde (1849). Les années 
1848 et 1849, qui furent pour l'industrie fran- 
çaise une époque de crise, vinrent arrêter un 
peu ce développement. Louis Boisselot fonda 
alors à Barcelone une succursale, bientôt aussi 
importante que la maison mère. A l'exposilion 
de Paris de 1849, ses pianos obtinrent les pre- 
miers rangs, concurremment avec Erard, Pleyel 
et Herz, et le rappel de la médaille d'or. Outre 
son rôle industriel, Louis Boisselot avait large- 
ment contribué au développement de l'art mu- 
sical à Marseille, et créé notamment une salle 
do concerts. Il fut fondateur et président de 
rAssocialion des artistes musiciens de Marseille. 
Il mourut en 1850, laissant d'unanirnes'regrets. 

Al. R — d. 

* BOISSELOT (Xavier), frère du précé- 
dent, a popularisé comme compositeur le nom 
dont son père et son frère avaient fait la réputa- 
tion industrielle. On trouvera dans la Biogra- 
phie universelle des Musiciens (l. II, p. 10), 
les détails relatifs à ses travaux comme composi- 
teur. Devenu industriel à la mort de son frère, 
il prit la direction de l'usine en 1850. Les dé- 
bouchés augmentaient tous les jours à la suite 
des succès obtenus aux expositions. En 1855, la 
fabrique de Marseille livrait environ 500 pianos 
par an, celle de Barcelone 400. X. Boisselot ob- 
tint à l'exposition universelle la médaille de pre- 
mière classe et la croix de la Légion d'honneur. 
En 1862, à l'exposition universelle de Londres, 
il eut le premier rang et la Prize-Medal. Mais 
à partir de cette époque, à la suite d'entreprises 
nouvelles et de spéculations malheureuses ten- 
tées par X. Boisselot, le développement de l'in- 
dustrie subit un arrêt de quelques années. En 
1865, un incendie détruisit entièrement la ma- 
gnifique fabrique de Barcelone. X. Boisselot 
abandonna peu après l'industrie. Continuée par 
le petit-fils du fondateur, Franz Boisselot, elle 
est revenue complètement aujourd'hui à une si- 
tuation prospère. Elle livre de 6 à 800 pianos 
par an, dont un grand nombre pour l'exporta- 
tion. Le nombre des pianos fabriqués depuis la 
fondation de la maison est de 18,600. 

Al. R — D. ' — 

BOITEAU (Dieudonné-Alexandre-Paul), 
écrivain et homme politique, né à Paris en 1830, 
s'est beaucoup occupé des questions relatives à 
l'enseignement en général , et a publié une bro- 



106 



BOITEAU — BOLZONI 



chure ainsi intitulée : De l'enseignement popu- 
laire de la mvsique (Paris, Perrotin, 1860, 
in-8). Cette brochure est un plaidoyer en faveur 
de la méthode Wiîhem et de la notation ra- 
tionnelle, et une critique du système delà nota- 
tion par le chiffre. 

BOITO (Arrigo), '.compositeur, poëte et 
critique musical, est né vers 1840, et a fait ses 
études au Conservatoire de Milan, où il fut, je 
crois, élève de M. F.onchetti pour la composition. 
Il lit un séjour de neuf années dans cette école, 
où il entra au mois de novembre 1853 pour ne la 
quitter qu'au mois de septembre 1862. Une fois 
sorti du Conservatoire, M. Boito commença à se 
faire connaître comme écrivain en donnant quel- 
ques articles de critique musicale à divers jour- 
naux, et en publiant de nombreux vers, entre 
autres un poëme intitulé il re Orso, qui attira 
l'attention et qui fit beaucoup de bruit. En 
poésie, M. Boito est de l'école romantique la 
plus audacieuse, et en musique quelques-uns 
affirment qu'il serre de très-près les théories et 
les doctrines de M. Richard Wagner. D'autres 
assurent, il est vrai, qu'il y a dans ce jugement 
beaucoup d'exagération, et que le jeune musi- 
ien est doué d'une assez grande originalité per- 
sonnelle pour n'avoir pas à « singer » la manière 
du prétendu réformateur allemand. Ce qui pa- 
raît certain, c'est que, tant au point de vue 
musical qu'au point de vue littéraire, M. Boito a 
l'imagination tout à la fois puissante et auda- 
cieuse, et que ses tendances sont faites pour 
dérouter les esprits craintifs et paresseux. 

Cet artiste a débuté, comme compositeur dra- 
matique, par un Mephistofele qu'il a donné au 
théâtre de la Scala, de Milan, au mois de mars 
18G8, et dont l'insuccès a été colossal. Il avait 
écrit le poëme et la musique de son opéra, en 
reproduisant exactement, dans la forme lyrique, 
la marche du Faust de Goethe, sans prendre la 
peine d'atténuer ce que certains épisodes pou- 
vaient offrir de hardi pour des spectateurs ita- 
liens. Dès son apparition, l'œuvre fut discutée 
dans la presse et dans le public avec une 
ardeur remarquable, et la seconde représenta- 
tion donna lieu à un orage indescriptible. Bref, 
la chute de Mefistofele fut complète, et il 
semblait que jamais le compositeur ne pût s'en 
relever. 

M. Boito parut alors vouloir se rejeter sur la lit- 
térature. Bientôt, il écrivit pour .«on ami et ancien 
condisciple Franco Faccio [voy. ce nom) le livret 
d'un drame lyrique, Amleto, qui, assez bien ac- 
cueilli d'abord à Florence, subit ensuite à la 
Scala, de Milan, un sort semblable à celui de Me- 
Ustofele. Depuis lors, il a composé le poëme et 



la musique d'un petit opéra en 2 actes, Eio c 
Leandro, qui n'a pas encore été représenté, 
il a fourni à M. Gaetano Coronaro les paroles 
de l'opérette un Tramonto, que celui-ci a fait 
exécuter an Conservatoire de Milan en 1873, il a 
donné à M. Ponchielli (sous le pseudonyme ana- 
grammatique de Tobia Gorrio) le livret de la Gio- 
conda que ce compositeur a fait représenter ré- 
cemment à la Scala, et enfin il travaille en ce 
moment à la musique d'un grand drame lyrique 
intitulé Nerone. 

Mais si le Mefistofele de M. Boito a été mal- 
heureux en 1868 à Milan, il a pris à Bologne, 
en 1875, une revanche éclatante. Bologne, ou le 
sait, est la ville la plus avancée de l'Italie au 
point de vue des idées musicales; c'est-à-dire 
qu'elle ne craint ni les hardiesses, ni les essais, 
ni les tendances nouvelles ; elle a fait un très- 
chaud accueil à la partition du jeune composi- 
teur, que celui-ci, d'ailleurs, avait profondément 
remaniée pour la circonstance, retranchant un 
certain nombre d'épisodes qui faisaient longueur, 
ajoutant deux morceaux nouveaux, et refaisant 
presque toute l'instrumentation. L'n critique ita- 
lien m'écrivait à ce sujet : « Selon moi, Mefisto- 
fele est un ouvrage de primissimo ordine, et 
si Boito est inférieur à Gounod pour le côté mé- 
lodique, il lui est infiniment supérieur pour l'in- 
terprétation du drame de Goethe, pour la gran- 
deur et l'élévation du style. M. Boito est un grand 
musicien, et sa musique ne ressemble à celle 
d'aucun autre. « Je ne puis contrôler celte 
opinion, mais je la donne pour celle d'un artiste 
sincère et profondément épris du beau partout 
où il croit le rencontrer. 

BOLAFFl (Michèle), poëte et compositeur 
italien assez habile, né à Livourne de parents 
Israélites, est l'auteur de Set Salmi penitenziali 
a due voci, cou basso d'accompagnamento. Je 
ne crois pas que cet artiste ait rien de commun 
avec le Michèle Bolaffi mentionné dans la Bio- 
graphie universelle des Musiciens. 

BOLCK (Oscar). Un artiste de ce nom a fait 
représenter à Altenbourg, en 1874, un opéra inti- 
tulé Pierre Robin. 

BOLZOXI (Giovanni), jeune compositeur ita- 
lien, est né, je crois, à Parme, et a fait repré- 
senter à Savone, en 1871, un opéra intitulé la 
Stella délie Alpi. Cet ouvrage, reproduit à 
Parme en 1875, na obtenu, dans l'une comme 
dans l'autre ville, qu'un médiocre succès. M. Bol- 
zoni, qui est aujourd'hui directeur de l'Institut 
musical de Pérouse, a obtenu en 1874 le pre- 
mier prix au concours ouvert par la Società del 
quartetto de Milan, pour la composition d'une 
ouverture. 



BOMBARDI — BONIFORTI 



i07 



BOMBARDI (Paolo), compositeur italien, 
est l'auteur d'un opéra sérieux en 3 actes, Isa- 
bella Orsini, qui a été représente sur le théâtre 
Nuovo, de Vérone, le 18 avril 1866. 

'' BOIVA (Pasquvle) (1), professeur de chant 
pour les hommes au Conservatoire de 3Iilan el 
compositeur, est né à Cerignola, dans la Capita- 
nate, le3 novembre 1816, et a fait toutes ses 
études musicales au collège du Bon-Pasteur, 
de Palerme. Après avoir fait représenter à la 
Scala, de Milan, ses deux opéras : i Luna e i Pe- 
rollo (26 novembre 1844), et Don Carlo 
(23 mars 1847), il donna au théâtre Regio de 
Turin il Gladiaiore, et au Carlo-Felice, de Gè- 
nes, Vittoria, la madré degli esercui (26 fé- 
vrier 1863). Ce dernier ouvrage, dont le livret 
excellent avait été tiré par Marco Marcello d'un 
roman d'Eugène Sue, les Mystères du Peuple, 
et qui était chanté par la Tosi, la Berini, le ba- 
ryton Storti et le ténor Limberti, réussit brillam- 
ment, et la musique en fut remarquée. Pourtant, 
il ne paraît pas s'être soutenu au répertoire des 
théâtres italiens. Au mois de février 1851 , 
M. Bona fut nommé professeur d'harmonie au 
Conservatoire de Milan, au mois de novembre 
suivant il devint professeur de chant pour les fem- 
mes, et depuis 1859 il est à la tête d'une classe de 
chant pour hommes. Cet artiste a publié : 7 Mé- 
thodes pour les diverses voix (Milan, Ricordi) ; 4 
Recueils de vocalises, et 100 Exercices journaliers 
(id., Cdnti) ; 100 Solfèges (Turin, Giudici et Stra- 
da)-, 100 Cadences pour toutes les voix, et 50 
Duetti sans paroles (Milan, Ricordi) ; Metodo di 
divisioneiiA., Canti) ; Cantate funèbre à la mé- 
moire du comte de Cavour(id., id.) ; la Setti- 
mana musicale, sept duos pour piano et clari- 
nette (id., Ricordi); la Collana Verdiana, 
collection de fantaisies pour violon et violoncelle 
(id., id.). 

BOIVEVVITZ (Jean-Henri), pianiste et com- 
positeur allemand , né à Durkheim , sur le Rhin, 
le 4 décembre 1839, fit ses premières études 
musicales au Conservatoire de Liège, et partit à 
l'âge de treize ans pour l'Amérique, où il n'eut 
plus d'autre maître que lui-même; il ne dut ainsi 
qu'à l'amour de l'art et à son goût pour le travail 
le développement d'un talent que l'on dit fort 
distingué. De retour en Allemagne en 1861, 
M. Bonewitz se fixa à Wiesbaden, ce qui ne 
l'empêcha pas de faire des excursions artistiques 
en Allemagne même , puis en Angleterre et en 
France , où il fit applaudir son talent de virtuose 

(1) Et non PietroBona, comme il est dit dans la Bio- 
graphie universelle .des Musiciens. En complétant cette 
notice, j'en rectifie les faits d'après des documents cer- 
tains. — A. P. 



et de compositeur. Depuis lors il est retourné en 
Amérique , et il a fait représenter à l'Académie 
de musique de Philadelphie deux opéras : ta 
Fiancée de Messine (mai 1874), et Ostrolenka 
(I875J. M. Bonewitz a publié pour le piano un 
certain nombre de compositions importantes, 
parmi lesquelles il faut surtout signaler : Fantaisie 
de concert, op. 22 ; Sur la mer, grande fantaisie, 
op. 28; concerto, avec accompagnement d'or- 
chestre , op. 36 ; fantaisie sur Roméo et Juliette, 
de Gounod ; sonate pour piano et violon , op. 40 ; 
concerto pour deux pianos ; quatuor pour piano 
et instruments à cordes. On a aussi parlé d'un 
opéra-comique allemand de M. Bonewitz, intitulé 
Diogène; mais j'ignore si cet ouvrage a été re- 
présenté. 

BOXEL ( ). Un artiste de ce nom a écrit 

les paroles et la musique d'un « opéra-vaude- 
ville » en un acte, la Jolie Parfumeuse, qui a 
été représenté sur le théâtre de Caen, le 27 oc- 
tobre 1842. 

* BONFICHI (Don Paolo). Les ouvrages 
suivants n'ont pas été compris dans la liste des 
œuvres de ce compositeur : l** la Notte del 
Natale, cantate, Rome, 1824 ; 2° It7-e FanciulU 
nella fornace di Babilonia, oratorio, ibid. ; 
3" il Paradiso perduto, oratorio, ibid.; k° la 
Morte diBaldassare, oratorio, ibid., 1827; 5° 
Eliasul Carmelo, oratorio., ibid.; (>" Ester, 
ossia la morte d'Amanno, oratorio, ibid.; 
7" Vlnvenzione e reposizione del corpo di S. 
Cecilia, cantate, ibid., 1828; 8" i Tratteni- 
menti diFiUppo Neri, ibid., 1829. 

BOi\GIOVAlXx\l (....), piofesseur italien, 
est l'auteur d'un écrit publié sous ce titre : Avver- 
tenzenecessarie sulladisposizione delta chia- 
ve e degli accidenti sia fondamentali cfie ac- 
cidentait negli strumenti da fiato (Paleime, 
Barcellona, 1876). 

* BOi\HOMME (l'abbé Jules). On a, sous 
le nom de cet ecclésiastique, un ouvrage ainsi 
intitulé : Principes d'une véritable restaura- 
tion du chant grégorien, et examen de quel- 
ques éditions modernes de plaln-chani, Paris, 
1857, un vol. in-8° avec planches. 

BONI ( ), artiste sous le nom duquel 

on représenta à Modène, le 27 décembre 1700, 
une pastorale intitulée il Figlio délie Selve. 

* BONI (Gaetano). Ce compositeur a publié 
plusieurs œuvres de musique instrumentale. J'ai 
eu entre les mains uu recueil de dix Sonate a 
violino e violone o cembalo, op. 3 (Rome, 
Fasoli, 1741, in-f' oblong). 

BONIFORTI (Carlo) , compositeur, pro- 
fesseur au Conservatoire de Milan , est né à 
Arona, dans la province de Novare. Il fit ses 



108 



BONIFORTI — BOOTH 



études musicales à Milan, sons la direction de 
Bonazzi, premier organiste de l'église métropoli- 
taine et maître de chapelle de la cour, et en 1841 
succéda à son maître dans ces doubles fonctions. 
Au bout de trois années, M. Boniforti, qui vou- 
lait se livrer à la composition théâtrale, conserva 
seulement l'emploi de maître de chapelle de la 
cour, et bientôt il produisait au théâtre de la 
Scala deux opéras sérieux qui étaient fort bien 
accueillis : Velleda (1347), et Giovanna di 
Fiandra (1848). En 1852, il devint, à la suite 
d'un concours, professeur dharmonie, de con- 
trepoint et de fugue au Conservatoire de Milan. 
M. Boniforti, qui fut élu membre honoraire de 
l'Académie de Sainte-Cécile de Rome, à la suite 
du succès obtenu par une ouverture qu'il avait fait 
exécuter au théâtre Argentina de cette ville, a 
écrit beaucoup de compositions religieuses, avec 
accompagnement d'orgue ou d'orchestre. Une de 
ces compositions, un Padre îSostro a voci i-eali 
di siile osservato, a été couronné en 1869 par 
l'Institut musical de Florence. 

BOAW.VSSIES (JiiLEs) , historiun théâtral, 
naguère attaché au bureau des théâtres de la 
direction des beaux-arts, au ministère de l'inté- 
rieur, est l'auteur d'un écrit intitulé : la Musique 
à la Comédie-Française (Paris, Baur, 1874, 
gr. in-8"), dans lequel on trouve des renseigne- 
ments utiles et inédits, tirés des registres de ce 
théâtre. 

* BO\X AY (François). A la liste des petits 
opéras^que ce compositeur a fait représenter au 
théâtre des Beaujolais, il faut ajouter les deux 
suivants; i° Colin et Colette, 1786; T les 
Amants ridicules, 1790. 

BOKIXEFOY ( ), chanteur, qui a tenu 

l'emploi des premières casses sur divers théâtres 
de province, notamment à Strasbourg et à Lille, 
et qui a été directeur du théâtre de cette der- 
nière ville, a écrit la musique d'un opéra comi- 
que en un acte, le , Maestro de bourgade, qui a 
été représenté à Strasbourg au mois de fé- 
vrier 1867. 

BOMMETTI (ViNCENzo), pianiste, chef dor- 
chestre et compositeur italien, fut d'abord chef 
d'orchestre dans divers tiiéâtres de la Péninsule, 
et vint remplir les mêmes fonctions au Théâtre- 
Italien de Paris pendant les années 1860, 1861 
et 1862. Le 21 novembre 1860, il faisait exécu- 
ter dans l'église Saint-Eustache, pour la fête 
que l'Association des artistes musiciens donne 
chaque année le jour de la Sainte- Cécile, une 
messe solennelle qui fut jugée fort médiocre. 
En 1863, Bonnetti allait diriger l'orchestre du 
théâtre Italien de Cadix, et l'année suivante il 
faisait représenter en cette ville un opéra sé- 



rieux, Giovanna Shore, qui, malgré la présence 
de M'"" Penco, à laquelle l'auteur en avait confié 
le principal rôle, n'obtenait qu'un mince succès. 
En 1865 et 1866, cet artiste devenait chef d'or- 
chestre du théâtre de l'Oriente, à Madrid, et, peu 
de temps après, revenait en France. Il mourut 
à risle-Adam, le 11 juin 1869, laissant, au 
dire des journaux , au Conservatoire de Milan 
» une somme suffisante pour décerner chaque 
année un prix de 500 francs au jeune compositeur 
qui aurait écrit le meilleur opéra ». 

BOIVXIN ( ), membre de la Société de 

l'Histoire de France, de la Société libre de 
l'Eure et secrétaire de la Commission des Ar- 
chives historiques, est, avec M. Chassant, l'édi- 
teur de la très-intéressante et utile publication 
laite sous ce titre : Puy de musique érigé à 
Évreux en l'honneur de madame sainte Cé- 
cile, publié d'après un manuscrit du xvi' siècle 
(Kvreux, impr. Ancelle, 1837, in-8" de 88 pp.). 

* BOXOLDl (Fr.\ncesco) , compositeur et 
professeur de chant, ancien éditeur de musique 
à Paris, est mort à Monza, près de Milan, le 
24 mars 1873. Son opéra, il Maure, avait été 
représenté à Trieste non en 1831, mais en 
1833. 

BONOMO (Girolamo), professeur italien, 
a publié un traité intitulé Nuova Scuola di ar- 
monia (Palerme , Stamcampiano, 1875). 

* BOOM (Jean Van), flûtiste et compositeur, 
était né à Rotterdam, non en 1773, mais le 
17 avril 1783. 

* BOOM (Jean VAN), pianiste et composi- 
teur, (ils du précédent, était né à Utrecht, non 
en 1808, mais le 15 octobre 1807. Il est mort à 
Stockolm au mois d'avril 1872. 

BOOM (Herman Van), frère du précédent, 
flûtiste de premier ordre, est né à Utrecht en 1 809, 
et comme exécutant jouit dans sa patrie d'une 
grande et légitime réputation. M. Van Boom a 
reçu d'abord des leçons de flûte de son père, 
Jean Van Boom (voyez Biographie universelle 
des Musiciens, t. Il), et à l'âge de dix-sept ans 
se rendit à Paris pour recevoir les conseils de 
Tulou, qui ne tarda pas à le prendre en affec- 
tion. En 1830, il retourna dans les Pays-Bas et se 
fixa à Amsterdam, où bientôt il fut engagé comme 
première flûte solo des concerts de la Société 
philharmonique de Félix Meritis, emploi qu'il 
occupe encore aujourd'hui. M. Van Boom, qui 
est incontestablement un artiste d'une grande 
valeur, a été nommé en 1863 flûte solo de S. M. 
le roi des Pays-Bas. Il est chevalier de l'ordre 
de la Couronne de chêne et de l'ordre suédois de 
Gustave Wasa. Ed. de H. 

BOOTH (William), est le nom d'un luthier 



BOOTH — I30RDÈSE 



100 



anglais qui exerçait sa profession à Leeds en 1779. 
Il eut un fils qui lui succéda. 

BORAiXI (Giuseppe), pianiste, compositeur 
et professeur dont l'enseignement est renommé 
en Italie, a publié en (863 et 18C4, cliez l'édi- 
teurLucca, de Milau, deux ouvrages didactiques 
qui ont été accueillis avec la plus grande faveur 
par la critique et qui lui ont fait le plus grand 
honneur; l'un est intitulé Grammatica musi- 
cale, l'autre Melodo per il pianoforte, facile 
e progressivo. M. Borani est aussi l'auteur d'une 
bonne méthode de chant, divisée en trois par- 
ties, et il a publié encore un certain nombre de 
compositions vocales que l'on dit fort distinguées, 
entre autres un album intitulé Serale di Pri- 
mavera (Turin, Blanchi), qui contient trois ro- 
mances et trois duos d'un excellent effet. 

BORSCHITSKY ( ), est l'auteur d'un 

écrit publié en Angleterre sous ce titre : Musical 
éducation, a suggestion that vocal music 
should become a regular, instrumental ahi- 
glier, branch of éducation, Londres, s. d. 
(1859), in-8" de 42 pp. 

* BORDE (Jean-Benjamin DE la). Au nombre 
des ouvrages dramatiques de ce riche amateur 
il faut compter les suivants, qui n'ont pas été 
compris dans la liste de ses œuvres : 1° les Bons 
Amis, un acte, Comédie-Italienne, 5 mars 1761 ; 
2° V Anneau perdu et retrouvé , 1 actes, ibid., 
20 août 1764 (l'auteur s'était servi, pour cet 
ouvrage, de la musique des Bons Amis, qui 
étaient tombés à plat le jour de leur première 
représentation) ; 3° Thétis et Pétée, tragédie 
lyrique, donnée sur le théâtre princier de Choisy 
le 10 octobre 1765 ; 4° Zenis et Amalazie , bal- 
let en un acte (en société avec Buri) , donné à 
Fontainebleau, devant la cour, le 2 novembre 
1765 ; 5° le Boulanger ou les Amours de Go- 
nesse, Comédie-Italienne, 1765 ; 6° la Meunière 
de Gentilly, un acte, Comédie-Italienne, 13 octo- 
bre 1768 ; 7" Alix et Alexis 2 actes, donné à 
Choisy, devant le roi, le 6 juillet 1769; 8» le Chat 
perdu , un acte, 1769 (j'ignore le lieu de repré- 
sentation de cet ouvrage, mais je sais que la par- 
tition en a été gravée) ;; 9° le Marin ou le Rival 
imprévu, 2 actes, reçu à la Comédie-Ilalienne, 
mais non joué à ce théâtre; 10» La Chercheu- 
se d'esprit, rcm&^tn musique; enfin, plusieurs 
autres ouvrages, que de La Borde écrivait pour 
les théâtres particuliers de la cour et de divers 
grands seigneurs et dont voici les titres : 11» /e 
Dormeur éveillé ; 12'* le Revenant ; 13" la Man- 
dragore ; 14» le Coup de fusil; 15" Fanny ; 
16° Candide ; n» Colette et Mathurin ; 18" le 
Rossignol; 19o Jeannot et Colin; 20° le Pro- 
jet; 21" le Billet de mariage. 



* BORDESE (Lligi). Fixé à Paris depuis sa 
jeunesse, cet artiste a fini par renoncer complète- 
ment au théâtre, où il n'avait pu rencontrer un 
succès, pour se livrer à l'enseignement et se con- 
sacrer à la composition en dehors de la scène. Ce 
qu'il a écrit depuis vingt-cinq ans est incalcu- 
lable, et la liste de ses œuvres en tous genres 
couvrirait plusieurs pages de ce volume ; pous- 
sée à un tel point, la faculté de production con- 
fine de beaucoup plus près au métier qu'à l'art. 
Cependant, M. Bordèsecontinued'avoir beaucoup 
de succès auprès des éditeurs, ce qui prouve que 
le public est avec lui. Sans entrer dans le détail 
complet de ses innombrables publications, j'en 
citerai pourtant un certain nombre : Méthode 
élémentaire de chant, suivie de vocalises et 
d'exercices journaliers (Choudens); Méthode de 
chant (Gambogi) ; Solfège élémentaire, avec 
accompagnement de piano (id.); École de mxi- 
sique vocale d'ensemble, 30 leçons de chant à 
2 voix (Choudens); 36 leçons de chant faciles 
et graduées (Gérard) ; VArt de vocaliser, d'a- 
près Rossini (id.) ; messe solennelle de Gloria, 
à 3'voix, chœur et orgue (Schonenberger); messe 
du Saint Esprit, à 2 voix, chœur et orgue (id.) ; 
messe de Requiem à 2 voix (id) ; messe complète 
à 3 voix (id.); la Semaine religieuse des de- 
moiselles, 8 motets à 1 voix (id.) ; Nouveau 
mois de Marie, 12 prières à la Vierge, à 1 ou 
2 voix (id.); 100 Chants sacrés à 4 voix 
d'hommes , avec accompagnement d'orgue ou 
d'harmonium (id.); le Trésor musical des en- 
fants, 90 chants et prières à 1 ou 2 voix (id.); 
Bouquet musical et religieux, 10 morceaux à 
plusieurs voix, pour le mois de Marie (id.), 
Solennités religieuses, 101 solos, duos et trios 
pour différentes voix, sur paroles latines, avec 
accompagnement d'orgue ou d'harmonium (id.) ; 
Fiori d'Italia, 14 chants (id.) ; Frère et sœur, 
Fais ce que dois, le Moulin des oiseaux. 
Ores te et Pylade, Fort comme un Turc, les 
Orphelines, Royal-Dindon, le Miracle des 
Roses, la Fête des Fleurs, les Deux Turcnnes, 
Assaut de Soubrettes, opérettes pour pension- 
nats; Aoé, David chantant devant Saiil, les 
rois Mages, Bet/ilécm, la Prophétie, Judas, 
Jérusalem, V Aveugle de Jér/c/io, scènes bibli- 
ques; le Pêcheur roi, Faust, Jocelyn, la Vi- 
sion de Jeanne d'Arc, le Doigt de Dieu, V En- 
fant égaré, la Jeune Martyre, Cora, la Jeune 
Négresse, Charlotte corday, la Vierge\de Vau- 
couleurs, Chimène, Clotilde, reine des Francs, 
Jeanne \Grey, le Songe de lady Macbeth, 
Jeanne d'Arc à Rouen, Sapho, scènes drama- 
tiques et lyriques ; les Fêtes bénies, album de 
12 chants religieux à 1, 2 ou 3 voix; 3 hymnes 



HO 



BORDÈSE — BORNAGCINI 



sacrées, pour 2 voix égales; 4 mélodies reli- 
gieuses ; 6 chœurs pour distributions de prix ; 
21 chants célestes, à 3 voix; les Femmes de la 
Bible, 12 morceaux à 1 voix. Enfin, à tout cela, 
il faut ajouter encore plusieurs centaines de 
mélodies, romances, chansons, airs, cavatines, 
duos, trios, chœurs, motets, morceaux de genre, 
etc. M. Bordèse avait fait recevoir en 1867, 
au Théâtre-Italien de Paris, un opéra semi- 
sérieux en 3 actes, la Fioraia, qui n'a pas été 
représenté. 

BORDIER (Paul), compositeur, est auteur 
de la musique de la Fiancée d'Abydos, drame 
lyrique en 2 actes, écrit sur des paroles de 
M. F. Dartol. Cet ouvrage n'a pas été représenté, 
mais la partition pour chant et piano en a été 
publiée vers 1865 (Paris, Relté, in-S"). 

BORDOX'I (Fka^cesco), compositeur, na- 
quit à Lucques au commencement du dix-sep- 
tième siècle. On sait qu'il a écrit, pour les solen- 
nités qui avaient lieu à l'église de Santa-iMaria 
Corle-Orlandini, plusieurs oratorios importants ; 
mais on ne peut juger ni du talent de l'artiste ni 
de la valeur de ses compositions, celles-ci ayant 
toutes été perdues. 

BORELLI ( ), compositeur italien , a 

écrit la musique d'un ballet, Claretla Angot, 
représenté au théâtre Victor-Emmanuel , de 
Turin, en 1875. 

* BORGIII (Jean-B\i>tiste). Un opéra inti- 
tulé il Tempio di Gnido n'a pas été compris 
dans la liste des œuvres de ce compositeur. Le 
livret imprimé de cet ouvrage f indique Borglii 
comme étant né à Camerino; il y aurait donc eu 
erreur à fixer le lieu de sa naissance à Orvielo. 
Un autre opéra, Egdina, représenté au théâtre 
de la Scala, de Milan, en 1793, doit prendre 
place aussi au nombre des productions drama- 
tiques de ce compositeur, ainsi que Merope, 
drame lyrique donné à Rome en 1768. 

BORGHI-MAMO ( AnÉLAmE BORGHJ, 
épouse MAMO, connue sous le nom de M'"^), 
cantatrice remarquable, douée d'une admirable 
voix de mezzo-soprano, a obtenu pendant 
vingt-cinq ans , en Italie , en France, en Angle- 
terre et en Russie, les succès les plus éclatants. 
Née à Bologne en 1829, selon le Dizionario bio- 
grafico de Fr. Regli , elle eut pendant quelque 
temps sinon l'enseignement proprement dit, du 
moins les conseils delà Pasta. En 1846 elle dé- 
butait à Urbino dans le Giuramento de Mer- 
cadante, magnifique partition qui lui valut tou- 
jours ses plus beaux succès. En 1849 elle était à 
Malte, où elle épousait M. Mamo. En 1853, M. le 
colonel Ragani, alors directeur du Théâtre- Ita- 
lien de Paris , l'engageait à ce théâtre, où elle 



resta jusqu'en 1856, chantant successivement il 
Trovaiore, Matilde di Sabran, Semiramide, 
Gli Arabi nelle Gallie, il Crociato in Egitio, 
et créant plus tard, à sa rentrée sur cette scène , 
le rôle principal de Margherita la Mendicante, 
opéra nouveau du jeune maestro Braga ( F. ce 
nom), qui fut longtemps son accompagnateur et 
son protégé. 

En 1856, M'"" Borghi-Mamo quittait la scène 
italienne pour la scène française , et passait au 
théâtre de lOpéra où elle débutait dans le rôle 
de Fidès du Prophète, et dans celui de Léonor 
de la Favorite. Ce dernier surtout lui fui parti- 
culièrement favorable. Elle chantait ensuite au 
même théâtre ceux d'Azucena du Trouvère, de 
Mélusine dans la Magicienne, et d'Olympia 
dans Herculamim, puis, en 1860, rentrait au 
Théâtre-Italien pour y créer l'opéra de M. Braga. 
Après avoir quitté Paris, M"' Borghi-Mamo 
poursuivit à l'étranger le cours de ses succès, se 
lit applaudir en Angleterre et en Russie, puis re- 
tourna en Italie. Elle s'est retirée récemment 
du théâtre, pour se flxer, dit-on, à Florence. 

J. D. F. 

Une fille de cette artiste, M"« Erminia Borghi- 
Mamo, a abordé le théâtre en ces dernières années 
et s'est révélée elle-même comrue une cantatrice 
fort distinguée. Douée d'une belle voix de so- 
prano, suave et pénétrante, qu'elle conduit avec 
goût et à laquelle elle sait donner des accents 
pathétiques et passionnés, elle semble marchera 
grandspassurles traces de sa mère. M"« Erminia 
Borghi-Mamo a obtenu en 1875 un grand succès 
au théâtre communal de Bologne, en jouant le 
rôle de Marguerite dans le Mefistofele de M. Ar- 
rigo ^o\io. {Voyez ce nom.) Elle a été aussi fort 
bien accueillie au Théâtre-Italien de Paris, où 
elle s'est fait entendre pendant la saison de 1876- 
1877. 

BORIO (Gilseppe), musicien italien, est 
auteur de l'écrit suivant : Sulla opportunilà 
di una nuova segnatura musicale, Milan, 
1842. 

* BORIXACCIXI (Joseph), compositeur 
dramatique, né à Ancône en 1805, se rendit en 
1810 à Rome avec sa famille, et commença l'é- 
tude de la musique en cette ville, à l'âge de 
sept ansj^sous la direction de Santé Pascal!, or- 
ganiste du Vatican. Il travailla ensuite avec Va- 
lentino Fioravanti, et, sur le conseil de celui-ci, 
partit pour Naples, où il se fit recevoir au col. 
lége de musique de Saint-Sébastien (1822). Il 
eut pour maîtres dans cet établissement Furno, 
Mosca, Tritto, et, à la mort de celui-ci, Zinga- 
relli lui-même, alors directeur du collège. Après 
avoir fini ses études et s'être e\ercé dans quel- 



BORNACCIM — BORSSAT 



m 



ques compositions d'importance secondaire, il 
retourna à Ancône, y produisit quelques œuvres 
profanes et religieuses, puis alla à Venise, et 
donna au théâtre Malibran de celte ville son 
premier opéra, Aver moglie è poco , guidarla 
è molto, qui fut très-bien accueilli. A Venise, 
M. Bornaccini retrouva Bellini, avec qui il avait 
étudié à Naples, et assista à plusieurs répéti- 
tions de Béatrice di Tenda, que celui-ci mettait 
alors en scène, mais ne put voir la première re- 
présentation , obligé qu'il était de retourner à 
Ancône. Lorsque Bellini lui eut fait connaître par 
écrit le mauvais accueil que les Vénitiens 
avaient fait à sa Béatrice, M. Bornaccini prit la 
résolution de ne plus écrire pour le théâtre, 
n'ayant plus confiance dans le jugement du pu- 
blic. Cependant, comme il avait pris quelques 
engagements, il lui fallut les tenir, et c'est ainsi 
qu'il érivit encore Ida (Venise, Th. Apollo, 
1S33), et i due Incogniti (Rome, Th. Valle, 
1834). 

M. Bornaccini se rendit ensuite àTrieste, et, 
tout en se consacrant à l'enseignement et sans 
abandonner la composition, il renonça complè- 
tement, comme il l'avait résolu, à la carrière de 
musicien dramatique. A part un assez grand 
nombre décantâtes, il n'écrivit plus pour le 
théâtre qu'un petit opéra de circonstance en un 
acte, l'Assedio di Ancona del 1174, ouvrage qui 
fut représenté à Ancône en 1861, à l'occasion de 
la proclamation du statut national italien. M. Bor- 
naccini occupait dans sa ville natale ime situation 
importante, et i! était devenu mailrede chapelle 
de la cathédrale, directeur de l'Académie phil- 
harmonique et directeur de l'école communale de 
musique; depuis quelques années il a résigné ces 
divers emplois, pour pouvoir prendre le repos 
dont sa vieillesse avait besoin. 

On a lu plus haut les titres des quelques opé- 
ras écrits par M. Bornaccini ; il y faut joindre les 
cantates conoposées en diverses circonstances : 
1° Cantate pour la fête de Sainte-Cécile, Ancône, 
1825; 2° Cantate pour l'arrivée de l'empereur 
Ferdinand II, Trieste, 1844; 3° il Giuramento 
iialiano , Ancône, 1848; 4° Cantate , Ancône, 
1849; 5" rinaugurazione, Ancône, 1855; 6" il 
Trlbuto, Ancône, 1855; 1° Cantate pour le cen- 
tenairede saint Ciriaque, Ancône 1856 ; 8° Can- 
tate pour l'arrivée de Pie IX, Ancône 1857. 
M. Bornaccini a écrit aussi un grand nombre de 
compositions religieuses et profanes, messes, 
vêpres, motels, graduels, offertoires, avec ac- 
compagnement d'orchestre ou d'orgue, plusieurs 
ouvertures à grand orchestre, un concerto pour 
hautbois et cor anglais, une Élégie à la mort de 
Bellini, des mélodies vocales, etc., etc. 



* BORiVET ahié, a écrit la musique d'un 
opéra-comique en un acte, le Laboureur devenu 
gentilhomme, qui ne fut point représenté , mais 
dont le livret, œuvre d'un écrivain nommé Bou- 
teiller, a été imprimé. Cet artiste a publié Six 
sonates d'ariettes d'opéras- comiques arran- 
gées pour un violon seul avec la basse chiffrée 
(Paris, Bouin). 

BORODIXE (A ), musicien russe con- 
temporain , est l'auteur d'une symphonie en si 
mineur, à grand orchestre, dont l'éditeur Bessel, 
de Saint-Pétersbourg, a publié une réduction 
pour le piano à quatre mains. Je n'ai aucun autre 
renseignement sur cet artiste. 

BORREMANS (Joseph) , compositeur, or- 
ganiste et chef dorchestre, né à Bruxelles le 
25 novembre 1775, fut en celte ville maître de 
chapelle de l'église de Sainte-Gudule, organiste 
de celle de Saint-Nicolas et second chef d'or- 
chestre du théâtre royal de la Monnaie, où il fit 
représenter les ouvrages suivants : i° le Klap- 
perman ou le Crieur de nuit d'Amsterdam, 
opéra-comique en un acle;(3l octobre 1804); 
2° la Femme impromptue, o^évà bouffe (1808); 
3° l'Offrandeà Vlujmen, scène lyrique (31 oc- 
tobre 18IG). Comme organiste, cet artiste se fai- 
sait remarquer, dit-on , par un véritable talent 
d'improvisation ; comme compositeur religieux, 
il a laissé des messes, des Te Deum , des mo- 
tets, etc., avec accompagnement d'orchestre. Bor- 
remansestmortà Uccle-lez-Bruxelles, le 15 dé- 
cembre 1858, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. 
Son frère aîné, Charles Borremans, né à Bruxel- 
les le 25 avril 1769, et mort en celte ville le 17 juil- 
let 1827, était \ioloniste, et fut chef d'orchestre 
du théâtre de laMonnaie de 1804 à 1825. La fa- 
mille Borremans était alliée à la famille Artot 
{voy. ce nom), la sœur de Joseph Borremans 
ayant épousé Maurice Artot, père du fameux 
violoniste Joseph-Alexandre Artot. 

BORSOM ( ). Un artiste de ce nom a 

écrit la musique de quelques ballets-pantomi- 
mes et divertissements représentés à r Ambigu-Co- 
mique en 1772 et 1773; 1" Arlequin chez les 
Patagons; 2° Rohlnson Crusoé; 3° le Bracon- 
nier anglais. 

BORSSAT (...,,..),filsd'un comédien de pro- 
vince qui avait créé à Paris une agence d'affaires 
théâtrales, naquit vers 1835. Il devint chef d'or- 
chestre de divers théâtres secondaires, entre au- 
tres le théâtre Beaumarchais et le Grand-Théâ- 
tre Parisien, et écrivit pour ces scènes éloignées 
la musique de quelques opérettes : la Leçon d'a- 
mour, Grand-Tliéàtre Parisien, 1865; les Amou- 
reux de Lncette, Th. Beaumarchais, 1867 ; Ça 
brûle', gare aux doigts' id., 1869. 



112 



BORTNIANSKY — BOSIO 



* BOIITIXIAXSKY ( Dmitri-Stepano - 
vitch). J'ai acquis la preuve que ce compositeur, 
pendant son séjour en Italie, a écrit au moins un 
opéra italien. La Cronistoria dei Teatri cil Mo- 
dena (Modène, 1S73), enregistre, à la date du 
26 décembre 17/8, la représentation de Quinto 
.Fabio, nouvellement mis en musique par lui sur 
le poëme de Métastase. Je ne pense pourtant pas 
que ce soit en cette ville qu'il ait été joué pour la 
première fois. 

BORZAGA (Egyd), violoncelliste, naquit à 
Prague le l"^' septembre 1802. En 1853, lorsque 
M. Vieuxtemps, le célèbre violoniste, visita 
Vienne, ce fut Borzaga qu'il choisit pour tenir 
la partie de violoncelle dans les quatuors qu'il 
faisait entendre. Borzaga , qui était membre de 
la chapelle impériale, est moit le 15 novembre 
1858. Y. 

BOS (Pierre), professeur de musique , élève 
d'Emile Chevé , est l'auteur du manuel intitulé : 
Cours de viusique théorique et pratique, 
principes élémentaires ( Paris, librairie de 
l'Écho de la Sorbonne, in-lG). M. Bos lui-même 
caractérise ainsi son traité : " Cet ouvrage con- 
tient, non-seulement toute la théorie élémentaire, 
c'est-à-dire la théorie des intervalles, des modes, 
des tons, de la modulation, de la mesure, de 
l'écriture usuelle, de la transposition et du mé- 
canisme vocal ou chant proprement dit , mais 
encore des notions suffisantes sur les diverses 
méthodes qui se partagent l'enseignement mu- 
sical ; et si l'auteur a manifesté ses préférences 
pour une méthode destinée à faciliter singuliè- 
rement l'étude de l'intonation et de la mesure, il 
n'en a pas moins fait une exposition complète de 
là notation usuelle, et \n^\q\ié les moyens les plus 
|)ropres à familiariser avec la lecture sur toutes 
les clefs et la;transposition dans un ton quelcon- 
que. » Ceci revient à dire que les adeptes mêmes 
de la méthode Chevé en arrivent à comprendre 
que si quelques parties de celte méthode peu- 
vent servir de moyens pédagogiques , l'ensemble 
du système n'en doit pas moins laisser la place 
à celui de la notation usuelle et rationnelle. Pour 
notre part, nous n'avons jamais dit autre chose. 
BOS, BOSSUS ou BOSSIUS (Hans), fac- 
teur d'orgues fort habile, naquit au commence- 
ment du seizième siècle, probablement à Anvers, 
où il exerçait sa profession et où il se maria en 
1543. Il fut reçu en 1558 dans la gilde de Saint- 
Luc, sous le nom de << maître Hans Bos, facteur 
d'orgues », mais il était aussi facteur de clavecins. 
11 jouissait d'une grande renommée et d'une véri- 
table autorité à Anve\ s , car ce fut lui qui , en 
1546, fut chargé d'examiner les nouvelles orgues 
de l'église Saint- Jacques , qui, peu de temps 



après, déplaçait les grandes orgues de la cathé- 
drale, les accordait et en réparait la soufllerie, 
qui, enfin, en 1572, figurait aunombre des témoins 
qui assistaient à la signature du contrat relatif 
à la reconstruction de l'orgue de la chapelle 
de la Vierge à la cathédrale. 

BOSCOVVITZ (F ), pianiste, composi- 
teur de petite musique de piano , a publié une 
centaine de ces morceaux de genre que chaque 
jour voit éclore, et pour lesquels il se trouve 
toujours des amateurs sans sévérité parce qu'ils 
sont sans instruction. Les petits morceaux de 
M. Boscowitz ne sont ni meilleurs ni pires que 
tant d'autres, mais ils sont absolument inconnus 
des véritables artistes. 

BOSIO (Angiolina), cantatrice très-distin- 
guée , issue d'une famille de comédiens, naciuit 
en 1824 et fit son éducation musicale sous la 
direction du professeur V. Cattaneo. Elle dé- 
buta d'abord au théâtre Re, de Milan, dans i Due 
Foscari, et à vingt ans était déjà une chan- 
teuse di cariello. Elle quitta l'Italie de bonne 
heure, ses succès la faisant rechercher à l'é- 
tranger, se fit entendre à Paris et à Londres , où 
elle fut reçue avec la plus grande faveur, puis 
accepta un brillant engagement pour l'Amérique, 
où elle épousa un Grec du nom de Xindavelo- 
nis , qui lui avait offert ses services comme 
courrier. Cette union ne fut pas malheureuse, 
comme tant d'antres, mais elle fut stérile, île 
sorte qu'à la mort, si prématurée, hélas! de la 
brillante cantatrice , ce fut le mari qui profita, 
au détriment de la famille , des économies con- 
sidérables réalisées dans une courte, mais pro- 
•luctive carrière. 

Angiolina Bosio a appartenu, à deux reprises 
différentes, au Théâtre-Itahen de Paris: en 1846 
dabord (début dans i Due Foscari), et en 1855 
(rentrée dans Matilde di Sabran et gli Arabi 
nelle Gallie). Son succès y fut très-grand (1). 
M"'^ Bosio brillait particulièrement par l'agilité 
et l'étendue de sa voix, surtout dans le haut; 
mais ces qualités n'excluaient nullement chez 
elle le sentiment dramatique dans Vopera séria. 
Engagée en Russie à de brillantes conditions, 
elle dut au climat meurtrier de ce pays la courte 

(1) Mme Bosio appartint aussi pendant quelque temps 
au personnel de l'Opéra. Le 27 décembre iosj elle créait 
à ce théâtre le rôle principal d'un ouvrage en deux ac- 
tes. BeUly, que Donizetti avait écrit naguère sur le su- 
Jet du 67ia?c« et que, chose sini-'ulière , Adam s'était 
chargé d'adapter à la scène française. La beauté expres- 
sive et douce, la grâce exquise, la voix séduisante et le 
talent si distingué de la cantatrice restèrent impuissants 
à faire apprécier du public une œuvre aimable sans 
doute, mais qui ne méritait pas les honneurs de la tra- 
duction. — A. P. ... 



BOSIO 



BOTTE 



113 



mais cruelle maladie qui mit fin à sa carrière. 
C'est en chemin de fer, en revenant de Moscou 
à Saint-Pétersbourg, qu'elle eut l'imprudence de 
baisser la glace de la portière auprès de laquelle 
elle se trouvait; il faisait un de ces froids vifs 
et secs qui surprennent sans pitié des constitu- 
tions plus robustes que ne l'était la sienne. En 
arrivant dans la capitale de la Russie, la pauvre 
artiste était mortellement atteinte! Malgré les 
soins les plus dévoués, elle expira, le 13 avril 
1859, au milieu de la douleur universelle. Un 
monument lui a été élevé. 

J. D. F. 

BOSOIM (Ercole). Un musicien de ce nom 
a fait représenter en 1852 ou 1853, sur le théâ- 
tre de la Fenice, de Venise , un opéra intitulé 
la Prigioniera. 

BOSSARD (Victor), né à Cham dans [le 
canton de Zug, fut l'un des meilleurs facteurs 
d'orgues de la Suisse au dix-huitième siècle. 
Parmi les instruments sortis de ses ateliers , on 
cite surtout l'orgue d'Einsiedeln , celui de l'église 
catholique de Zurich, et celui de Saint- Vincent. 
On rapporte que la commission désignée pour 
examiner ce dernier en fut tellement satisfaite, 
qu'elle fit à Bossard un don magnifique de cent 
louis d'or. 

* BOSSELET (Charles-François-Marie), 
professeur et chef d'orcheslre, est mort à Saint- 
Josse-ten-Noode -lez-Bruxelles, le 2 avril 1873. 
Parmi les ballets dont il a écrit la musique pour 
le théâtre de la Monnaie, de Bruxelles, on cite 
les Dryades, Arlequin et Pierrot, Terpsy- 
chore sur terre. Aucune de ses nombreuses 
compositions religieuses n'a été gravée. Dans 
V Annuaire de l'Académie royale de Belgique 
pour 1876, M. le chevalier Léon de Burbure a 
publié une Notice sur C.-F.-M. Bosselet, dont 
il a été fait un tirage à part (Bruxelles, Hayez, 
1876, in-16 de onze pages, avec portrait). 

BOSSENBERGER (Hexri-Jacob) , com- 
positeur, né à Cassel le 27 octobre 1838, est 
actuellement chef d'orchestre du théâtre An der 
Wien, de Vienne. Il a composé des lieder et 
des opérettes. Y. 

BOTE et BOCK. C'est le nom d'une grande 
maison d'édition de musique de Berlin , d'ori- 
gine assez récente. Elle a été créée par les deux 
associés Bote et Bock en 1838. Bote ne resta 
pas longtemps dans le commerce de musique, et 
laissa promptement la direction unique des af- 
faires à Bock, qui l'a gardée jusqu'à l'époque de 
.sa mort, survenue le 27 avril 1863. Elle passa 
alors aux mains de son frère, qui la tient au 
nom de son neveu Hugo Bock. C'est à l'un des 
créateurs de la maison Gustave Bock que l'on 

HIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. — SUPPL. - 



doit les premières éditions à bon marché de la 
musique classique. Y. 

BOTELHO (Le F. Estevao), moine et musi- 
cien portugais, naquit vers 1629 à Evora, d'une 
famille très-distinguée. Il entra dans l'ordre de 
S. Augustin en 1650 , et devint prieur des cou- 
vents de Arrondies et Loulé. Il jouissait d'une 
bonne ré|)ufation comme musicien ; ses composi- 
tions furent conservées en manuscrit, de même 
qu'un Tratado de 71/wsice, resté aussi inédit. 

J. DE V. 

BOTGORSCHEK (François) , llùtiste cé- 
lèbre, est né à Vienne le 23 mai 1812. Il a fait 
de nombreux voyages artistiques en Allemagne 
et dans les Pays-Bas. Y. 

BOTSON'ou BOTZOX( ), chanteur 

et compositeur, faisait partie, en 1770, des 
chœurs de l'Opéra, oii il ne resta qu'une année, 
et passa ensuite dans les chœurs du Concert spi- 
rituel, où il avait fait exécuter, en cette même 
année 1770, plusieurs motets de sa composition. 
Le 18 janvier 1775, on représentait sur le théâtre 
de Bruxelles une comédie héroïco-paslorale en 
trois actes et en vers, mêlée d'ariettes, Berthe, 
dont le livret était l'œuvre de Pleinchesne, et 
dont la musique avait été écrite en collaboration 
par Gossec, Philidor et Botson. On peut consul- 
ter sur cet ouvrage, jusqu'ici resté inconnu, l'é- 
crit intéressant de M. Ch. Piof, Particularités 
inédites concernant les œuvres musicales de 
Gossec et de Philidor, écrit inséré dans les 
Bulletins de l'Académie royale de Belgique 
(novembre 1875), et dont il a été fait un tirage 
à part. 

BOTT (A ), compositeur allemand, a 

écrit la musique d'un opéra intitulé Actœa , la 
jeune Fille de Corinthe, qui a été représenté 
sur le théâtre royal de Berlin le 11 avril 1862. 
Cet ouvrage , dont le rôle principal était tenu par 
unegrande artiste, M'^^HarriersWippern {Voyez 
ce nom), obtint un véritable succès et donnait 
grand espoir pour l'avenir de son auteur. Celui- 
ci, pourtant, n'a plus fait parler de lui depuis 
lors. 

* BOTTE ( Adolphe-Achille ), pianiste et 
compositeur, est né le 29 (et non le 26) septembre 
1823, à Pavilly (Seine-Inférieure). Son grand- 
père, ancien élève de l'abbaye de Fécamp, lui 
donna les premières leçons de musique. Admis 
au Conservatoire de Paris eu janvier 1837, il 
obtint l'année suivante un second prix de sol- 
fège, et en 1839 un premier prix dans la même 
classe. Il eut ensuite comme professeurs Zim- 
mermann pour le piano, Savard et Leborne 
pour l'harmonie, le contrepoint et la fugue. En 
1842, il alla se fixer à Rouen, et ne tarda pas 

T. I. 8 



H4 



COTTE — BOUCHEROxN 



à se révélcM- comme compositeur, en publiant 
un album de cliant, qui parut en 1846, et fut 
suivi d'un second album, cette fois pour le 
piano. Il fit exécuter vers le même temps , au 
Théàtredes-Arts, deux ouvertures à grand or- 
chestre : Jocehjn et le Corsaire. 

En 1854, M. Adolphe Botte vint s'établir 
comme, professeur à Paris. Sa collaboration à 
divers journaux de Rouen lui avait rendu fami- 
liers les procédés de la critique musicale , ce 
qui Ini peimil d'entrer au Messager des Théâ- 
tres, oii il fit, pendant plusieurs années, sous 
le pseudonyme de A. de PavUlij, les comptes- 
rendus de l'Opéra et des Italiens. La Bévue et 
Gazette musicale lui ouvrit à son tour ses 
colonnes, on il a fait paraître de nombreux et 
solides articles de critique et de bibliographie. 
M. Botte est depuis 1864 professeur de piano 
au couvent des Oiseaux. 

On a de cet artiste, outre les deux albums 
cités plus haut, quelques mélodies vocales : Le 
Chrétten mourant, le Crucifix, le Vallon, 
VAnge gardien (A. Leduc, éditeur), etc., et im 
assez grand nombre de compositions pour le 
piano, d'un style généralement soigné, et d'un 
goùl exempt de vulgarité. Nous citerons entre 
autres : Souvenir de l'ange gardien. Six Étu- 
des de style, publiées en 1850 et rééditées en 
1868; deux nouveaux albums, parus en 1855 
et 1857 ; Elegia e marcia (Gérard et Cie édit.) ; 
Souvenir de l'ange et l'enfant (id.); Œuvres 
choisies, édition bijou (A. Leduc) ; Sept mor- 
ceaux caractéristiques, un vol. in-8° (Dou- 
niol, éd.); Mélodies et morceaux choisis, (id.), 
etc. M. Botte a publié dans le Journal de l'Ins- 
truction publique (juin 18G2) un travail sur 
les œuvres de Scudo (1). 

J. C - z. 

*BOTTESlXI (Giovanni). Aux ouvrages 
dramatiques de ce compositeur viennent s'ajou- 
ter : Marion Delorme, opéra sérieux repré- 
senté en 1862 à Palerme, et Vlnciguerra, opé- 
rette en un acte donnée à Paris, au théâtre du 
Palais-Royal, au mois d'avril 1870. M. Botte- 
sini a publié une grande Méthode complète de 
contre-basse (Paris, Escudier). — Le père de 
cet artiste, clarinettiste distingué, est mort à 
Crema en 1874. 

BOTTliXl (Mari.vnna ANDREOZZI, marqui- 
se), musicienne distinguée, naquit à Lucques le 
7 novembre 1802. Douée d'une vive intelligence, 
elle se livra de bonne heure à l'étude des lettres 
et de la musique, et devint élève du compositeur 

(I) Pendant son séjour à Rouen, M. Boite eut une part 
di; collaboralion au Franc-Juge, feuille musicale fondée 
en cette ville par Aimé Paris. — A. P. . . 



Domenico Quilici, qui lui donna tous ses soins, 
reconnaissant qu'il y avait en elle l'étoffe 
d'une artiste remarquable. Ni son mariage , ni 
ses devoirs maternels, auxquels elle ne faillit 
jamais, ne détournèrent la signora Botlini de ses 
éludes musicales; elle jouait bien de la harpe, 
et bientôt, s'adonnant à la composition, elle 
écrivit un nombre d'œuvres considérable, en 
divers genres. C'est ainsi qu'elle produisit suc- 
cessivement : un Magnificat à 4 voix avec ac- 
compagnement instrumental ; un molet pour 
la fête de Sainte-Cécile; un concerlo à grand 
orchestre ; une messe et vêpres à 4 voix , avec 
instruments; une cantate écrite pour la noble 
famille Orsuici; une opérette en deux actes, 
intitulée Elena e Gerardo; un Stabat mater à 
3 voix; plusieurs ouvertures; et enfin des mor- 
ceaux pour la voix, pour la harpe et pour le 
piano. 

Le mérite de ces compositions attira sur la 
marquise Bottini l'attention de l'Académie des 
Philharmoniques de Bologne, à laquelle elle 
avait envoyé son Requiem et son Stabat mater, 
et qui lui répondit, par l'organe du maestro Mar- 
chesi •• « *Les compositions musicales que vous 
avez bien voulu offrir à l'Académie ont été ac- 
cueillies, dans la séance du 6 avril dernier, avec 
l'expression de la plus grande reconnaissance et 
de la juste admiration que mérite votre rare 
talent. » Peu de temps après , le 10 janvier 
1821, l'Académie des Philharmoniques adressait 
à la marquise Botlini le diplôme de membre de 
cette compagnie , et son président , le même 
maestro Marchesi, lui écrivait à ce sujet : « Votre 
travail a été loué et applaudi par les sommités 
de l'art, pour la gravité du style et pour l'é- 
troite observation des préceptes du contre-point.» 
— La marquise Bottini mourut à Lucques le 
24 janvier 1858. 

BOUCHE (L ), chanteur qui a fait pen- 
dant plusieurs années partie du personnel du 
théâtre de l'Opéra , à Paris , est auteur de 
l'écrit suivant : De l'art du chant , théorie 
nouvelle basée sur l'appréciation des éléments 
constitutifs de la voix (Nogent-le-Rotrou, 
imp. Gouverneur, 1872, in-12). 

* BOUCHER (Alexandre-Jean), est mort 
à Paris le 29 décembre 1861. 

* BOUCHEROi\ (Raymond). Né à Turin le 
15 mars 1800, cet artiste, après avoir été long- 
temps maître de chapelle à Vigevano , a occupé 
pendant vingt-huit ans les mêmes fonctions à la 
cathédrale de Milan, pour le service de laquelle 
il a écrit d'innombrables compositions. Bou- 
cheron a publié plusieurs ouvrages théoriques 
et didactiquf;s : 1" Scienza delV Armonia 



BOUCHERON — BOULLARD 



115 



(1856) ; 2" Corso compléta dl lettura musicale; 
3° Esercizii di armonia (1867). Membre de 
l'Académie de Sainte-Cécile de Rome, et de 
celles de Bologne ot de Florence , Boucheron 
était un savant musicien, un artiste consciencieux 
et fort instruit , mais n'ayant ni vues originales 
comme théoricien, ni inspiration comme com- 
positeur ; sous ce dernier rapport, ses œuvres, 
tant sacrées que profanes , sont , dit-on, d'une 
banalité désespérante. Il est mort à Milan le 28 
février 1876. 

BOUGLIA (Gii'seppe), compositeur, mem- 
bre du corps de musique des carabiniers royaux 
d'Italie , est l'auteur d'un opéra en 2 actes , 
AU' là ! il Posta d''onore , représenté au 
théâtre Nota , de Turin , le 4 août 1866. Il est 
mort au mois d'août de l'année suivante. 

BOUILLOIX (Auguste), musicien belge, était, 
en 1855, directeur de l'école de musique cho- 
rale populaire créée par les soins de l'autorité 
communale de Bruxelles. Outre un certain 
nombre de chœurs d'hommes .sans accompagne- 
ment, on doit à cet artiste une Méthode prati- 
que de chant d'ensemble, publiée par lui, en 
1855, en société avec un autre professeur dont 
j'ignore le nom. 

BOUILLY (Jean-Nicolas) i homme de 
lettres, né à Tours le 24 janvier 1763 , mort 
à Paris le 24 avril 1842 , est connu surtout 
comme auteur de nombi'eux ouvrages pour 
l'enfance , et comme écrivain dramatique. Ou 
lui doit de nombreux hvrets d'opéras comi- 
ques, et il a été l'un des collaborateurs préférés 
de Grétry dans les dernières années de la car- 
rière de ce grand homme. Bouilly est surtout 
•mentionné ici comme auteur d'un ouvrage inti- 
tulé : Mes Récapitulations (Paris, s. d., Janet, 
3 vol. in-12), écrit sur la fin de sa vie, et dans 
lequel il a retracé ses mémoires. On trouve 
dans ce livre des renseignements intéressants et 
que l'on chercherait vainement ailleurs, sur plu- 
sieurs grands artistes dans l'intimité desquels 
Bouilly avait vécu : Grétry, dont il avait dû 
épouser la fille , Méhul, M™'' Dugazon, Auber, 
la Malibran, etc. 

* BOULAIXGER (Ernest-Hesri-Alexan- 
dre). Voici la liste complète des œuvres dramati- 
ques de ce compositeur : 1° le Diable à l'école, 
un acte. Opéra -Comique, 17 janvier 1842 ; 2" les 
Deux Bergères, un acte, ibid., 3 février 1843; 
3° une Voix , un acte, ibid., 28 mai 1845 ; 4" la 
Cachette, trois actes, ibid., août 1847 ; 5° tes Sa- 
bots de la Marquise, un acte, ibid., 29 septem- 
bre 1854; 6° VÉventail, an Acle, ibid., 4 dé- 
cembre 1860; 7° Le 15 août aux champs, 
cantate, ibid., 15 août 1862 ; 8° le Docteur Ma- 



gnus, un acte, Opéra, 9 mars 1864; 9'^ Don 
Quichotte, 3 actes, Théâtre-Lyrique, 18C9 ; 
10" Don Mticarade, un acte, Opéra-Comique, 
10 mai 1875. 

M. Boulanger, qui a publié quelques compo- 
sitions légères pour le piano et écrit un assez 
grand nombre de mélodies vocales et de chœurs 
orphéoniques, a été fait chevalier de la Légion 
d'honneur au mois d'août 1869. Après la mort 
de Vauthrot, il a été nommé, en 1871, profes- 
seur de chant au Conservatoire. M. Boulanger a 
publié dans le Magasin des Demoiselles deux 
opérettes, la Meunière de Sans Souci et Marion, 
qui n'ont point été représentées. Il faut encore 
rappeler que cet artiste a arrangé et réorchestré en 
partie la partition de Wallace ou le Ménestrel 
écossais, de Catel, pour une reprise de cet ou- 
vrage qui fut faite à l'Opéra - Comique vers 
1844. 

BOULEAU-NELDY ( ), compositeur 

de musique religieuse , organiste de l'église de 
Notre-Dame de Nantilly à Saumur, s'est fait con- 
naître par la publication d'un assez grand nom- 
bre de compositions sacrées, parmi lesquelles on 
remarque un Stabat Mater considéré comme une 
œuvre distinguée, plusieurs messes, des motets, 
etc. Cet artiste modeste et méritant a remporté 
le prix dans le concours ouvert on 1863, par la 
Société de Sainte-Cécile, de Bordeaux , pour la 
composition d'une ouverture de concert. On a 
publié aussi de M. Bouleau-Neldy environ qua- 
rante morceaux de genre pour le piano, et 
quelques transcriptions ou compositions origi- 
nales pour violon ou violoncelle et orgue, entre 
autres un Ave Maria, une rêverie intitulée Voix 
du Ciel, un andante de Mozart, etc., etc. 

BOULLARD (Mauius), chef d'orchestre et 
compositeur, est né à Gand, de parents français, 
le 27 décembre 1842. Son père avait tenu au- 
trefois, à l'Opéra-Comique, un emploi un peu se- 
condaire, après avoir chanté les basses en pro- 
vince, particulièrement dans quelques grandes- 
villes du midi. M. Boullard a fait ses études au 
Conservatoire, où, après avoir obtenu un second 
accessit de solfège en 1853 et le premier prix en 
1854, il devint en 1860 élève de M. Bazin pour 
l'harmonie et accompagnement, et en 1862 de 
Carafa pour la fugue. En sortant du Conser- 
vatoire, ^M. Boullard fut successivement che 
d'orchestre de divers petits théâtres, les Folies- 
Marigny, les Nouveautés et les Menus-Plaisirs, 
où il écrivit la musique de quelques opérettes 
sans conséquence. Pendant la guerre de 1870-71, 
quoique marié et père d'un enfant, il s'engagea 
comme volontaire dans un régiment de marche, 
et fut grièvement blessé, le 19 janvier, au combat 



H6 



BOULLARD — BOURGAULT-DUGOUDRAY 



de Biizenval, au point que l'on craignit un ins- 
tant pour sa vie. Il guérit cependant, et iors de 
la réouverture des Variétés, à la (in de 1871, 
il entra comme premier chef d'orchestre à ce 
théâtre. — M. Boullard a publié un certain nom- 
bre de morceaux de musique de danse pour 
piano. Parmi les petites pièces qu'il fit repré- 
senter dans ses jeunes années, je citerai les deux 
suivantes : Francesca da Rimini, un acte. 
École lyrique, 1866; et le Grillon, un acte, 
Nouveautés, 1867. lia écrit aussi des airs nou- 
veaux pour une féerie en huit tableaux jouée à 
ce dernier théâtre en 1866, file des Sirènes. 
— Un frère de cet artiste, Victor Boullard, 
né en 1833, a été, au Conservatoire, élève de 
M. Laurent pour le piano et de M. Bazin pour 
l'harmonie et accompagnement. Un instant ciief 
d'orchestre du théâtre du Palais-Royal , il s'est 
livré à l'enseignement et a publié un certain nom- 
bre de romances et mélodies, ainsi qne quel- 
ques petits morceaux de piano. Il est mort en 1876. 
BOURDEAU (Emile), maître de chapelle de 
l'église Saint- Philippe-du-Roule et professeur de 
musique au collège Chapta! , est l'auteur des 
deux ouvrages théoriques dont les titres suivent : 
1° Harmonie et composition, Paris, Lambert, 
1867, in-8° (lithographie); T Bègles invariables 
sur la transposition musicale ,^àn&,{'è&\ , m-?)" . 
Le même artiste a fait représenter dans un sa- 
lon, en 1867, une opérette intitulée le Revenant. 
BOURDOT (Jean-Sébastien), luthier, né 
à Mirecourten 1530, était étabh à Paris en 1555. 
Bourdot est considéré comme le fondateur de 
la lutherie lorraine, qui depuis lors a pris une si 
grande extension. Il travailla sous la direction 
de Nicolas et de Jean Médard , de Nancy , qui 
étaient eux-mêmes élèves de Tywersus, luthier 
attaché à la maison des princes lorrains. 

J. G. 
BOURGAULT-DUCOUDRAY (Lous 
Albert), compositeur, est né le 2 février 1840 
à Nantes, où sa famille était dans une position 
de fortune florissante. Le futur artiste fit d'a- 
bord de très-solides études littéraires, suivit 
ensuite les cours de droit et se fit recevoir avo- 
cat en 1859. Pourtant il était possédé de l'amour 
de la musique, et avait commencé l'étude de cet 
art sous la direction d'un professeur de sa ville 
natale, M. Champommier. A peine eut-il été reçu 
avocat que M. Boiugault-Ducoudray se rendit à 
Paris, se présenta au Conservatoire, et eut la 
chance d'être admis dans la classe de M. Am- 
broise Thomas. Il se mit alors au travail avec 
une ardeur surprenante , obtint un premier ac- 
cessit de fugue en l86I , et, s'étant présenté 
année suivante au concours de l'Institut, rem- 



porta d'emblée le premier grand prix de compo- 
sition musicale. Les paroles de la cantate qu'il 
avait mise en musique, intitulée Louise de Mé- 
zières, étaient d'Edouard Monnais, (lui en avait 
tiré le sujet d'un roman de M'""^ de Lafayette, 
Mademoiselle de Monipensier. Le jeune lau- 
réat partit pour Rome, où, pendant son séjour,, 
il écrivit les paroles et la musique d'un drame 
lyrique en trois actes, dont divers fragments fu- 
rent adressés par lui à l'Académie des Beaux- 
Arts et constituèrent ses « envois de Rome » ; 
puis il visita l'Italie, et fit un voyage en Grèce. 
De retour à Paris, il fit exécuter à l'église Saint- 
Eustache, le 5 avril 1868 , un Slabat Mater qui 
fut fort bien accueilli par la critique, et qu'il 
fit entendre de nouveau, quelques années après, 
aux Concerts populaires de M. Pasdeloup. 

M. Bourgault-Ducoudray, qui a voué, on peut 
le dire, sa vie à la musique, et à qui sa position 
de fortune laissait une entièi'e indépendance, 
s'était é[)ris d'une passion pleine d'enthousiasme 
pour les grandes œuvres de Hœndel et de Jean- 
Sébastien Bach, et désirait les révéler au public 
français, auquel elles étaient encore complètement 
inconnues. Il fonda donc à Paris une société 
chorale d'amateurs, composée de membres des 
deux sexes, et, avec une ardeur toute désinté- 
ressée, il donna tous ses soins à cette société, 
de façon à la mettre à même d'exécuter les 
grands cliefs-d'o'uvres de la musique vocale clas- 
sique, et particulièrement les oratorios des maî- 
tres. Il fit entendre ainsi successivement la 
Fe'te d'Alexandre et Acis et Galathée , de 
Hfcndel , diverses cantates de Bach , puis la 
Bataille de Marignan, de Clément Jannequin, 
et des fragments d'un des plus beaux opéras de 
Rameau, Hippolijte et Aricie. 

Pendant la guerre de 1870-71, M. Bourgault- 
Ducoudray s'engagea volontairement, et fit bra- 
vement son devoir. Il continua de servir, à Ver- 
sailles, pendant le second siège de Paris, et fut 
blessé dans un combat contre les défenseurs de 
la Commune. Lorsque la paix fut enfin rétablie, 
il reprit ses travaux ordinaires et la direction de 
sa société chorale. iMalheureusement sa santé, 
profondément altérée par une maladie nerveuse, 
vint l'obliger à un repos absolu, et il dut partir 
pour la Grèce, à la recherche d'un climat plus 
doux, laissant à M. César Franck le soin de 
diriger les amateurs qu'il avait recrutés et 
disciplinés avec tant de peines. 

M. Bourgault-Ducoudray ne s'est pas produit 
au théâtre ; il a publié : 1° Stabat Mater pour 
soprano, alto , ténor et basse , chœurs et grand 
orgue, avec adjonction de violoncelles , contre- 
basses, harpes et trombones (Paris , Mackar , 



BOURGAULT-DUCOUDllAY — BOVERY 



M7 



in-S") ; 2° Dieu notre divin père, cantique-, 
3° la Chanson d'une mère, mélodie; 4" le 
Chant de ceux qui s'en vont sur mer, id.; 
5" Gavotte et Menuet, pour piano, etc. Il a 
fait exécuter aux Concerts populaires, le 27 sep- 
tembre 1874, une suite d'orchestre en quatre 
parties qu'il intitulait: Fantaisie en uV mineur, 
et il a encore écrit ime « cantate en l'honneur 
de Sainte-Françoise d'Amboise, duchesse de 
Bretagne, » qui a été exécutée à Yitré, à l'ou- 
verture de la session de l'Association bretonne , 
au mois de septembre 1876. 

De son dernier voyage en Grèce, M. Bourgault- 
Ducoudray avait rapporté des notes très-intéres- 
santes sur la musique de ce pays. Il en tira le 
texte d'un travail très-substantiel, qui, publié 
d'abord dans le journal le Temps des 6, 9 et 10 
janvier 1876, parut ensuite sous la forme d'une 
brochure ainsi intitulée : Souvenir d'une mis- 
sion musicale en Grèce et en Orient (Paris, 
Baur, 1876, in-12 de 43 pages). Depuis lors, 
M. Bourgault-Ducoudray a publié l'ouvrage sui- 
vant, dont l'intérêt et l'importance sont considé- 
rables : Trente mélodies populaires de Grèce 
et d'Orient, recueillies et harmonisées parL.-A. 
Bourgault-Ducoudray, avec texte grec , traduc- 
tion italienne en vers adaptée à la musique, et 
traduction française en prose. 

* BOURGEOIS (Louis-Thomas). Aux canta- 
tes citées au nom de ce compositeur, il faut 
joindre les deux suivantes, publiées aussi chez 
Ballard : 1° l'Amour et Psyché (qui ne doit pas 
être confondue avec celle intitulée Psyché), et 
la Belle Hollandaise. Bourgeois a écrit aussi 
la musique d'un divertissement en deux actes, 
le Comte de Gabalis ou les Peuples élémen- 
taires , qui fut exécuté à Sceaux, sur le théâ- 
tre de la duchesse du Maine, au mois d'octobre 
1714. 

* BOURGES (Jean-Maurice). En dehors 
de son opéra de Sultana, on doit à cet artiste 
fort distingué plusieurs compositions intéres- 
santes, parmi lesquelles je signalerai les suivan- 
tes : 1° Premier Trio (en la mineur), pour 
piano, violon et violoncelle, Paris, Maho. — 
2" Deuxième Trio (en si bémol), id., Paris, 
Brandus. — 3" Première Sonate (en ré mineur), 
pour piano et violon, id., id. — 4° Deuxième 
Sonate (en 'mi bémol), id., Paris, Maho. — 
'j° Le Papillon de hmj<, caprice pour piano, id., 
id, — 6° Chant des rameurs , barcarolle pour 
piano, id.,'id. — 7° Le Voile de mariée, valse de 
salon, i(i., id. — 8° Nympha, romance sans pa- 
roles, id., id. — 9° Fleur desséchée, la Reli- 
gion, le Pâtre et l'Alouette, le Lépreux, la 
Cascade, la Belle Madelon, le Pouvoir de 



Sainte- Catherine , etc., mélodies vocales. 
M. Maurice Bourges est aussi l'auteur d'un Sta- 
bat Mater qui a été exécuté à Paris, dans la 
chapelle des sœurs de Saint-Vincent, en 1863, et 
on lui doit les paroles françaises d'un recueil 
de Mélodies de J. Dessauer, publié à Paris, chez 
Brandus. 

BOURGET (Ernest), compositeur, s'est fait 
connaître par une quantité de chansons et de 
chansonnettes comiques, qui ont dû une bonne 
partie de leur vogue, il y a trente ou quarante 
ans, aux paroles plaisantes qu'il mettait en mu- 
sique, et aux comédiens , tels que Levassor, qui 
chantaient ces bluettes dans les théâtres en 
guise d'intermèdes. Ernest Bourget est mort au 
mois d'ocfobre 1864. 

BOURIÉ (Honoré), instrumentiste et com- 
positeur, naquit à Nîmes en 1795, et eut pour 
maître son père, qui jouait du basson au théâtre 
de cette ville. Dès l'âge de dix ans, dit-on, il de- 
vint premier basson à ce théâtre, et conserva 
cet emploi pendant quarante-cinq ans. Il avait 
dix-sept ans lorsqu'il fit représentera Nîmes, en 
1812, un*opéra-comique intitulé les Deux Philo- 
sophes, qui fut très-bien accueilli du public. 
Plus tard il fit connaître dans sa ville natale, 
qu'il ne quitta jamais, un assez grand nombre de 
compositions de divers genres : concertos pour 
le basson, quatuors pour instruments à vent, 
morceaux de musique d'église, etc. Tout cela est 
resté en manuscrit, à l'exception de quelques 
romances, les Seize ans de Claris, un lourde 
Printemps, A foi. Poésie, qui ont été publiées. 
On doit encore à cet artiste une cantate écrite 
en l'honneur du peintre Sigalon , son compa- 
triote, sur des vers du fameux boulanger poète 
Jean Reboul, son autre compatriote. 

* BOUTHILIER( ), né à Un, se dis- 
tingua parmi les bons facteurs d'orgue de la 
Suisse au dix-huitième siècle. On cite au nom- 
bre de ses meilleurs instruments les orgues de 
Schwytz, et celui de l'église collégiale à Einsie- 
deln. 

BOUVAN ( :.), nom d'un compositeur 

français du siècle dernier, dont on trouve quel- 
ques morceaux dans le Tome VII du Recueil 
de Chansons \m\iv\mé à la Haye chez J. Neaulme 
en 1735. Y. 

* BOVERY (Antoine-Nicolas- JosEniBOVY, 
connu sous le nom de JULES), violoniste, chef 
d'orchestre et compositeur, est mort à Paris le 
17 juillet 1868. Dans un ïmû\ftior\ An Journal de 
Rouen, Amédée Méreaux, qui avait connu Bo- 
very alors qu'il était chef d'orchestre en cette 
ville, en parlait en ces termes : « Avant d'avoir 
achevé ses études littéraires, il fut entruiné^vers 



118 



BOVERY — BOYNEBURGR 



la musique par un irrésistible penchant, et n'é- 
coutant que les élans de sa vocation, il partit 
pour Paris sans argent pour subsister, .encore 
moins pour y payer les leçons dont il avait 
besoin, enûn, sans aucune des ressources indis- 
pensables à l'éducation musicale qu'il venait y 
chercher. Cette éducation, il l'a faite lui-même, 
dépourvu de conseils et ne suivant que ceux de 
son organisation naturelle. Bovery était, diins 
toute la force du terme, un homme de bonne 
volonté, un grand cœur, plein de courage et de 
résolution. Nous l'avons vu, plus d'une fois, 
par des temps de chômage théâtral , tenir tète 
aux positions les plus difliciles avec une rare 
énergie : toujours droit et loyal, il acceptait, du 
reste, toutes les conditions ; il copiait de la mu- 
sique, il se faisait choriste au théAtre, chantre 
à l'église; il se tirait ainsi toujours d'affaire 
avec conscience et dignité. C'est par de sembla- 
bles expédients qu'il a dû trouver les moyens 
de vivre et de travailler à Paris. Il étudia seul 
le violon, avec des méthodes, l'harmonie dans 
les traités, et il parvint, à force de persévérante 
intelligence, à posséder des connaissances techni- 
ques qui pouvaient le rendre apte à devenir ar- 
tiste musicien et qui lui permirent, en passant 
par tous les degrés de cette carrière, d'y prendre 
un rang élevé. Sa position fut toujours modeste, 
il vécut péniblement, mais entouré de la consi- 
dération publique et de l'estime des artistes. >> 
Ce portrait est ressemblant, mais il est juste 
d'ajouter que si Bovery, malgré son ambition, 
ne parvint pas plus haut, c'est que ses facultés 
s'y opposaient. Je le connus vers ISôC, lorsque 
tout jeune homme et sortant du Conservatoire, 
j'entrais comme deuxième chef d'orchestre au 
petit théâtre des Folies-Nouvelles. Il était en- 
gagé là comme premier violon et comme compo- 
siteur, devant écrire chaque année la musiqne 
d'un certain nombre d'opérettes et de ballefs- 
pantomimes. Bovery, qui avait une très-grande 
confiance en lui-même et une fort bonne opinion 
de son talent, considérait un peu la composition 
à l'égal d'un travail manuel ; c'est-à-dire que se 
mettant à l'œuvre à tel moment, il s'engageait 
à avoir fini à tel autre. On comprend ce que 
peut devenir l'inspiration avec un semblable 
procédé Aussi la musique de Bovery, bien 
conçue d'ailleurs au point de vue de la forme 
des morceaux, suffisamment instrumentée, était 
absolument banale, sans saveur aucune', et pré- 
sentait, si l'on peut dire, un reflet de toutes les 
écoles. II écrivit ainsi , aux Folies-Nouvelles, 
quelques opérettes, Madame Mascarille, Zer- 
bine (sur le sujet de la Serva padrona), A la 
brune, puis quelques pantomimes, Pierrot bu- | 



reaucrate, les Statues vivantes. Mort et re- 
mords, Pierrot Dandin, etc. Mais il ne resta 
pas longtemps à ce théâtre, et j'ignore ce qu'il fit 
jusqu'à l'époque où il devint chef d'orchestre de 
celui des Folies-St-Germain (aujourd'hui théâ- 
tre Cluny), c'est-à-dire jusque vers 1865 ou 
1866. 

Dans sa Galerie biographique des Artistes 
musiciens belges, M. Eil. Gregoir ajoute à la 
liste des œuvres dramatiques de Bovery un 
opéra-comique en un acte représenté à Liège, 
la Carte à payer, dont le livret avait sans doute 
été tiré de l'ancien vaudeville cpii porte le même 
titre. M. Gregoir cite aussi une cantate, France 
et Angleterre, une ouverture triomphale, et un 
Ave Regina exécutés à Rouen en 1854, à l'oc- 
casion d'une grande fêle musicale organisée par 
Bovery, et deux morceaux religieux exécutés en 
1847 au festival de Gand. A tout cela il faut en- 
core ajouter un Cousin retour de Vlnde, opé- 
rette en un acte représentée aux Folies-St-Ger- 
main au mois d'avril 1868. 

BOV^IE (Cliî.uent), commerçant et amateur 
de théâtre et de musique à Anvers, a publié 
sous ce titre : Annales du Théâtre- Royal 
d'Anvers (Anvers, J. de Coninck, 186G-1869), 
un résumé historique et chronologique de ce 
théâtre de 1834 à 1869. Le même écrivain a 
publié, sous le couvert de l'anonyme, une sorte 
d'almanach des spectacles intitulé le Théâtre à 
Paris en 1868 (s. 1. n. d., in-16 de 80 pp.). 

*BOYER (Pascal). Cet artiste intelligent 
avait fondé à Paris, pendant la Révolution, une 
fouille spéciale intitulée le Journal des Specta- 
cles. Il dirigeait encore ce recueil lorsqu'il fut 
dénoncé comme réactionnaire au Comité de salut 
public. Incarcéré et mis en jugement, il périt sur 
l'échafaud. 

BOYF^R ( ), ancien professeur au col- 
lège du Mans, est auteur d'une notice lue par lui 
dans la séance du 17 mars 1846 de la Société 
d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, et 
publiée ensuite sous ce titre : De l'Harmonium, 
son histoire, ses progrès, dans le Bulletin de 
cette Société. Il a été fait un tirage à part de cet 
écrit. (Le Mans, impr. Monnoyer, 1846, in-8 de 
24 pp.). 

BOYXqBURGK (F de), compositeur 

contemporain, allemaml ou fixé en Allemagne, a 
publié : 6 Marches pour le piano à 4 mains, op. 
13; 2 Airs favoris variés pour violoncelle avec 
accompagnement de piano ou d'orchestre, op. 
14; Pot-pourri pour piano et flûte, op. 19; un 
gr.and nombre de valses, écossaises, sauteuses, 
cotillons et danses diverses pour l'orchestre ou 
pour le piano, etc., etc. 



BOZER — BRAGA 



119 



BOZEK (François), compositeur, est né à 
Prague le 23 août 1809. Il a écrit de la musique 
de danse et de la musique vocale. Y. 

BOZZANO (EmiLio), musicien italien, a fait 
jouer le 20 juin 1872 à Gênes, sur le théâtre Do- 
ria, un opéra intitulé Dje77i la Zingara^ qui a 
été très bien accueilli. 

60ZZELLI (Gilsei'pe), compositeur italien, 
est l'auteur de Caterina di Belp, opéra en 3 
actes, représenté le 4 juin 1872 au théâtre Baibo, 
de Turin. 

* BRACCIiXl (Louis). M. le docteur Abramo 
Basevi, de Florence, possède en manuscrit deux 
ouvrages de ce musicien, qni n'ont pas été cités 
parmi ses œuvres : 1° Responsi deimorti, a ire 
voci ; 2° Raccolta di varie Canzonette scelle, 
con la sua aria liopolare in miisica, scritte 
e raccoUe dalV abt^ Luigi Braccini (Flo- 
rence, 1790). 

BRACHTUIJZER (Daniel) , musicien 
néerlandais distingué, aveugle de naissance, na- 
quit à Amsterdam en 1779 et fut l'un des plus 
habiles organistes de son temps. Élève de G. 
Focking, il obtint à quatorze ans, à la suite d'un 
concours et malgré son infirmité, la place d'or- 
ganiste d'une des chapelles d'Amsterdam, et com- 
mença dès lors à établir sa réputation en exé- 
cutant de grands concertos, des sonates, ainsi 
que les prékules et les fugues de Jean-Sébastien 
Bach. Virtuose remarquable, il était doué d'une 
mémoire pro'ligieuse , qui lui perrneltail de re- 
produire toute la musique qu'il entendait, el sa 
faculté d'improvisation n'était pas moins éton- 
nante. A vingt-deux ans il devint organiste de 
la nouvelle église d'Amsterdam et carillonneur à 
la tour de la Monnaie, situation qu'il conserva 
jusqu'en 1832, époque de sa mort. Un écrivain 
néerlandais, ,J. J. Abbink, publia dans la même 
année une notice sur cet artiste intéressant. 

BRACHTIIUIJZER (Jean Daniel) , pia 
niste et compositeur, fils aîné du précédent, est 
né à Amsterdam le 5 mai 1804. Il se voua à 
l'enseignement, et fut pendant plusieurs années 
professeur à l'Institut des aveugles de sa ville 
natale. Il a publié une Nouvelle Méthode de 
piano et plusieurs morceaux de genre pour le 
même instrument. 

BRACHTIIUIJZER (W -H....), pia- 
niste et organiste, frère du précédent, naquit à 
Amsterdam le 29 mars 1806, et fut organiste 
de l'église anglaise, puis de la vieille église de 
cette ville. 11 a publié un certain nombre de 
compositions, parmi lesquels on remarque Six 
pièces mignonnes pour piano, et des Psaumes 
et cantiques avec préludes de piano. Cet arti.ste 
mourut fort jeune,, à Amsterdam, le 6 août 1832. 



BRADSKY (Wfazel-Tiiéodoue), composi- 
teur, est né à R.ikovnic, en Bohême, le 17 jan- 
vier 1833. Il a écrit beaucoup de chœurs et de 
lieder. On a également de lui des opéras : Die 
Braut desWaffenschmieds {la Fiancée du ma- 
réchal- ferrant), Krokodil, Roswiiha et deux 
ou trois autres. Enfin, on lui doit encore une 
l^artition scénique et symphonique pour un drame 
intitulé Christine de Suède, dû à la plume du 
prince Georges de Prusse, et que celui ci, sous 
le pseudonyme Jî. Conrad, Ht représenter sur 
le théâtre national de Berlin , au mois de dé- 
ceuibre 1872. Y. 

BR.^HMIG (Jules-Bernard), est né à 
Ilirschfeld le 10 novembre 1822. Il a écrit beau- 
coup de musique vocale, qu'il a publiée en re- 
cueils destinés aux écoles ou à la famille. On 
a également de lui quelques écrits sur la musi- 
que, entre autres celui-ci : Rathgeber fur mu- 
siker bei der auswahl geeigneter niusiJcalien 
(Conseils aux musiciens dans le choix de 
leurs morceaux), Leipzick, 1865. 

BRAGA (Gaetano), violoncelliste et compo- 
siteur dramatique, est né à Giulianuova, dans 
les Abruzzes, le 9 juin 1829. Destiné d'abord à 
l'état ecclésiastique, les dispositions qu'il montra 
de bonne heure pour la musique engagèrent ses 
parents, malgré leur pauvreté, à l'envoyer à 
Naples, oii, après quelques études préparatoi- 
res, il fut admis au Conservatoire. On voulut 
d'abord lui faire travailler le chant, mais bien- 
tôt il se prit de passion pour le violoncelle, de- 
vint l'élève de Gaetano Ciaudelli pour cet ins- 
trument, de Parisi pour l'harmonie accompagnée, 
de Ftancesco Ruggi puis de Carlo Conti pour le 
contre-point, et enfin de Mercadante pour la com- 
position. Après s'être exercé, sous la conduite 
de ce grand maître, à écrire beaucoup et dans 
tous les genres, après avoir, entre autres, com- 
posé une cantate intitulée Saiil et une messe à 
4 voix et orchestre, M. Braga quitta le Conser- 
vatoire en 1852, et dès l'année suiv.mte faisait 
représenter au théâtre du Fondo son premier 
ouvrage dramati([ue, Alina. 

Mais le jeune musicien voulait entreprendre 
un voyage artistique. Il quitta bient(Jt Naples 
dans ce but, partit pour Florence, donna dans 
cette ville son premier concert, puis se rendit à 
Vienne, où il connut Mayseder et fit pendant 
plusieurs mois la partie de violoncelle dans .ses 
quatuors, se familiarisant ainsi avec les chefs ' 
d'œuvre de la musique allemande. De retour 
à Florence, il n'y resta pas longtemps et vint 
bientôt à Paris, où il arriva en 1855. Là, il com- 
mença sa véritable carrière de virtuose, se fai- 
sant entendre chaque jour, dans les théâtres 



120 



BRÀGA — BR A G ANC A 



dans les concerts et dans les salons particuliers, 
et faisant apprécier un talent fin et délicat. Mais 
M. Braga songeait aussi à se produire comme 
compositeur. Bientôt il fit représenter à Vienne 
(1837) un opéra sérieux en 2 actes, Estella di 
San-Germano, alla écrire à Naples un petit 
ouvrage, il Ritratto, que le comte de Syra- 
cuse lui avait demandé pour l'inauguration du 
théâtre de son palais (1858), puis revint à Pa- 
ris, où il se livra à l'enseignement du chant et 
où il composa un opéra sérieux en 3 actes, 
Margherita la Mendicante, qui fut donné sans 
succès à notre Théâtre-Italien, le 2 janvier 
1860, malgré la présence de M°" Borghi- 
Mamo, qui remplissait le rôle principal. On ne 
trouva dans cet ouvrage qu'un ou deux morceaux 
dignes d'éloges et d'attention; le reste n'était 
qu'une imitation fâcheuse du style de M. Verdi. 
En 1862, M. Braga s'en allait donner au théâtre 
de la Scala, de Milan, un opéra lugubre en 3 actes, 
Mormile, qui eut moins de succès encore. De- 
puis lors, il a fait représenter à Lecco un ouvrage 
intitulé Reginella, qui a été mieux accueilli, et 
il a donné au théâtre San-Carlos, de Lisbonne, 
un drame lyrique, Calirjola, dont j'ignore la va- 
leur. M. Braga a encore en portefeuille deux 
opéras complètement achevés, Ruij-Blas et Don 
César de Bazan (peut-être bien les deux n'en 
font-ils qu'un seul sous deux titres différents), 
qui n'ont pas encore été livrés au public. J'al- 
lais oublier de mentionner un ouvrage semi- 
sérieux, gli Avvenfurieri, dédié par l'auteur à 
Rossini, et qui a été représenté en 1867 au théâ- 
tre Santa-Radegonda, de Milan. 

En dehors de ses ouvrages dramatiques, 
M. Braga a publié un album de mélodies vo- 
cales sur paroles italiennes, un recueil du même 
genre sur paroles françaises, et un troisième re- 
cueil intitulé ^'olti Lombarde. Il a écrit 
aussi un assez grand nombre de pièces détachées 
pour léchant, plusieurs mélodies pour violon- 
celle avec accompagnement de piano, un grand 
concerto en sol mineur pour cet instrument,? et 
enfin quelques morceaux de musique religieuse. 

BRAGANÇ.\(Leduc de), membre d'une fa- 
mille illustre portugaise dont il était le chef, était 
un dilettante passionné. Son vrai nom dans l'his- 
toire est D. Joâo de Bragança, duc de Lafoes. Le 
duc figure dans ce dictionnaire seulement à titre 
d'amateur de musique ; toutefois ce titre d'awia- 
teur signifiait au XVIIF siècle tout autre chose 
que ce qu'il signifie aujourd'hui. Il suffit, à ce 
sujet, de citer les personnages célèbres, grandes 
dames et grands seigneurs de la cour de Vienne, 
qui soutinrent Haydn, Mozart, Beethoven et 
autres non- seulement de leur fortune, de leur 



influence, mais encore et surtout en mettant à 
leur service le goût le plus éclairé. Le duc de 
Lafôes était l'ami des Esterhazy, desLichnowsky, 
des Thun ; son salon à Vienne (1767-1778) 
était aussi recherché que ceux de ces princes, 
et tout ce qu'il y avait de noms célèbres, à quel- 
que titre que ce fut, s'y pressait. Je ne citerai que 
deux noms, Gluck et Mozart (1), celui-ci alors très- 
jeune (1768). Gluck surtout a fait de grands éloges 
des talents du duc. Il lui a dédié sa partition de 
Pande ed Elena (Vienne 1770), et lui a rendu 
hommage dans une longue dédicace qui se trouve 
en tête de la partition originale italienne. Gluck 
y dit : Neldedicare a Vostra Altetza quesla 
mia niiova fatica , cerca mena d'un Protêt- 
tore che d'un giudice. Il s'expliqua encore 
davantage en précisant les] qualités d'artiste de 
son protecteur : Un anima sicura contro i 
pyegiudiz.j délia consueiudine, suf/iciente co- 
gnizione de' gran principj delV arte, nn giisto 
formato non tanto su' gran modelli, quanto 
sugli invariabili fondamenti del Bello, e del 
Vero, ecco le qualità ck' io ricerco nel mio 
Mecena(e,e che rltrovo rhinite in V. A. (2). » 
On sait que Gluck n'était pas facile aux éloges ; 
on peut donc juger d'après ce seul document du 
mérite du duc de Lafôes. Burney (3), qui le ren- 
contra à Vienne vers 1772 ou 1775, dit : His 
highness is an excellent judge of music. Il 
vante ses connaissances, son esprit fin, son 
talent dans la conversation, qui faisait les dé- 
lices des salons de Vienne. Le duc passa la plus 
grande partie de sa vie à l'étranger, et ne re- 
tourna en Portugal qu'après la mort du roi D. 
José 1'='^ (1777), et la disgrâce du marquis de 
Pombal. Ce ministre fut la cause de son long 
exil en Allemagne; cependant, le marquis n'eut 
pas besoin de prendre aucune mesure contre 
le duc, que son rang et sa naissance mettaient 
sur les marches mêmes du trône, et qui allait 
devenir tout naturellement le chef du parti op- 
posé, de celui de la haute noblesse révoltée contre 
les mesures violentes du ministre. Leduc s'exila 
volontairement peu après l'avènement de Pom- 
bal, et se mit à voyager partout. Il parcourut 
l'Angleterre, la France (4), l'Italie, l'Allemagne 
tout entière, une partie de l'Asie, etc., puis il se 
fixa à Vienne et prit du service dans l'armée 
autrichienne pendant la guerre de 7 ans (17ô6- 
1763). Il fit la campagne avec la plus grande 

(1) Voyez O. Jahn : Mozart, T. 1. p. lO. 

(2) Cette préface a été publiée par Nohl, MusiJierbrieJe, 
Leipzig 1867, pages 8-11. 

(3) Voyez The pmrnt state of Music in Germany, 
vol. I, 22o. 

(4) Voyez les Mémoires historiques de SuarJ. 



BRAGANCA 



BRAHMS 



121 



distinction, selon le dire même de Frédéric-le- 
Grand, qui lui fit, après la paix, le meilleur 
accueil à Potsdam. Rappelé en Portugal par la 
fille deD. José l"", la reine D. Maria l<ire^ i| occupa 
la présidence du conseil, fut nommé généra- 
lissime des troupes royales pendant la guerre 
du Roussillon et dirigea le gouvernement de la 
reine, sa nièce, presque jusqu'à la fin de sa vie 
(1806). Le duc de Lafùes fonda à Lisbonne, au 
milieu de la réaction qui se produisait autour de 
lui, l'Académie royale des sciences, et lui rendit, 
grâce à ses relations à l'étranger, les plus grands 
services. J. de V. 

BRAGGI (Paolo), écrivain italien, a publié 
le recueil chronologique suivant : Série degli 
spettacoli rappresentati al teatro Regio, di 
Torino, dal 1868 al présente, Tm'm, 1872. 

BRAH-MULLER ( Charles - Frédéric- 
Gustave ) , jeune compos-iteur sur lequel les 
journaux allemands semblent fonder de sérieuses 
espérances, est né le 7 octobre 1839 à Kritschen, 
en Silésie. Il a déjà publié beaucoup de musi- 
que dans tous les genres, et sa personnalité 
commence à se faire jour dans ses dernières 
œuvres. Y. 

* BlîAHi\IS(JoHAiSNEs), compositeur, direc- 
teur de la chapelle impériale de Vienne,est devenu 
l'un des artistes les plus remarquables de l'Alle- 
magne contemporaine, et est considéré dans sa 
patrie comme le pins noble représentant de l'art 
en dehors du théâtre, qu'il n'a jamais abordé. 
Dès 1853, alors que M. Brahms était à peine âgé 
de vingt ans, Robert Schumann écrivait à son ami 
Maurice Strakergan : « .... Nous avons aussi en 
ce moment, à Diisseldorf, un jeune homme de 
Hambourg, nommé Johannes Brahms , d'un ta- 
lent si puissant et si original, qu'il me semble 
dépasser de beaucoup tous les jeunes artistes de 
ce temps-ci. Ses œuvres si remarquables, parti- 
culièrement ses mélodies, ne tarderont pas sans 
doute à parvenir jusqu'à vous. » L'admiration de 
Schumann pour le jeune compositeur fut telle 
qu'il le prit bientôt pour élève, lui donna tous 
ses soins, et que l'année suivante, il le qualifiait 
un a garçon de génie. » 

En fait, le jeune musicien a justifié les prévi- 
sions de son maître, et est devenu un grand 
artiste. Sans partager absolument l'enthou- 
siasme de Schumann, je reconnais volontiers que 
M. Brahms est un compositeur doué de rares fa- 
cultés, inégal et fantasque parfois, mais parfois 
aussi véritablement inspiré et animé d'un grand 
.souffle. Il semble qu'il ait gardé de son maître 
une certaine incohérence de forme qui se remar- 
que dans quelques-unes de ses œuvres, mais il a 
le style plus constamment élevé, la pensée plus 



soutenue, et, lorsqu'il le veut, un« décision et une 
netteté que n'a presque jamais connues l'auteur 
de Manfred et des Amours dhine rose. Moins 
poète peut-être, moins rêveur, moins souverai- 
nement idéah'sle, il est plus foncièrement musi- 
cien, et l'emporte sur lui par la solidité du plan 
de ses morceaux et par la façon dont il manie 
l'orchestre. Il m'est difficile assurément de por- 
ter un jugement absolu sur M. Brahms, dont je 
ne connais pas toutes les œuvres, mais si je re- 
marque qu'il a la grandeur, la puissance et l'éclat, 
comme on peut s'en rendre compte à l'audition 
de certaines pages de son Requiem, je suis obligé 
de constater aussi qu'il est parfois sombre jusqu'à 
l'obscurité , fatigant à suivre et difficilement 
compréhensible, comme dans la plus grande 
partie de son Schicksalslied, dont le sens géné- 
ral est très-abstrait, quoique l'œuvre soit écrite 
avec vigueur et avec un rare talent. Cette iné- 
galité de conception et de pensée se fait jour 
aussi dans ses compositions de musique de cham- 
bre ; car on pourrait citer telles d'entre elles qui 
sont d'une audition difficile, d'un caractère plus 
tourmenté que de raison, tandis que d'autres, 
les deux sextuors par exemple, se distinguent au 
contraire par la clarté, l'ordre et la logique des 
développements. 

Ces réflexions ne sauraient m'empêcher de 
rendre à M. Brahms la justice qui lui est due, et 
de le considérer comme un ai liste d'un ordre su- 
périeur. Est-ce véritablement un homme de gé- 
nie, comme l'affirmait prématurément Schumann ? 
Sur ce point, je l'avoue, je ne saurais me pro- 
noncer. M. Brahms, dont la quarante-troisième 
année est à peine accomplie, est dans toute la 
force de l'âge et du talent, et je ne vois pas, néan- 
moins, qu'il ait donné jusqu'ici ce qu'on peut 
réellement appeler un chef-d'œuvre, une de ces 
productions parfaites et accomplies qui classent 
un artiste et lui donnent, comme disait Weber, 
droit de classicité dans le domaine de l'art. 

M. Brahms a abordé à peu près tous les gen- 
res, hormis celui du théâtre. Il a composé de la 
musique de piano, un nombre assez considéra- 
ble d'œuvres de musique de chambre, quelques 
morceaux pour orchestre, plusieurs cantates pour 
sali, chœurs et orchestre, beaucoup de lieder 
dont on vante le sentiment et le charme, et enfin 
diverses œuvres religieuses. On ne saurait nier 
le mérite très-réel de ces compositions, qui se 
distinguent surtout par le style général, la gran- 
deur et la hardiesse de la conception, des qua- 
lités de détail souvent très-heureuses, mais aux- 
quelles, à mon sens, manquent cette originalité 
suprême et ce fluide lumineux sans lesquels il 
n'est pas de véritablrs chefs-d'œ'uvre. . 



122 



BRAHMS — BRANCOLI 



Fixé à Vienne depuis longues années, M. Brahms 
y occupe une silualion artistique des plus consi- 
dérables et remplit les fonctions de maître de 
chapelle de la cour impériale. 

Voici une liste, incomplète encore, mais pour- 
tant étendue, des œuvres publiées de M. Johannes 
Brahms. — A. Musique de chambre. 1° sextuor 
pour 2 violons, 2 altos et 2 violoncelles, en si 
bémol, op. 18 ; 2° sextuor pour 2 violons, 2 al- 
tos et 2 violoncelles, en sol, op. 36 (tous deux 
ont été arrangés pour piano à quatre mains, par 
l'auteur); 3° quintette en fa mineur, pour piano 
et instruments à cordes, op. 34 ; 4° quatuor en 
sol mineur, op. 25, pour piano et instruments à 
cordes; 4" bis, quatuor en la majeur, op. 26, 
pour piano et instruments à cordes ; 5° trio en 
si majeur, pour piano, violon et violoncelle, op. 
8 ; 6" trio en mi bémol, pour piano, violon et 
violoncelle ou cor, op. 40 ; 7'^ sonate en mi mi- 
neur, pour piano et violoncelle, op. 38. — B. Mu- 
sioL'E DE riANO. 8° conccrto en ré mineur, avec 
accompagnement d'orchestre, op. t5; 9" sonate 
en îii majeur, op. 1; 10° sonate en fa dièze 
mineur, op. 2 ; 11° variations sur un thème de 
Paganini, op. 35; 12° variations à quatre mains 
sur un thème de Robert Schumann, op. 23 ; 13° 
valses à deux mains, op. 39; 14° danses hon- 
groises, à quatre mains ; 15° sonate pour deux 
pianos (d'après le quintette, op. 34;, op. 34 bis. 
— C . Musique religieuse. 16° Jiequiem, d'a- 
près le texte de la Bible, pour soli, chœur et or- 
chestre, op. 45, exécuté pour la première à 
Brème, au mois d'avril, puis à Bàle, Zurich, 
Rotterdam, Londres, Cincinnati, Paris (187-5), 
etc.; 17° Ave Maria, chœur de femmes avec 
accompagnement d'orchestre ou d'orgue, op. 12; 
18" chœurs religieux; 19° chants funèbres. — 
■D. Cantates, musique de chant. 20" SchicAsals- 
Ued (Chant du destin), cantate; 21" Einaldo, 
cantate de Gœthe, pour soli, chœur et orches- 
tre; 22" Triumphslied, chant de triomphe à la 
gloire des armes allemandes, dédié à l'empereur 
d'Allemagne; 2.3° deux sérénades, pour chœur et 
orchestre ; 24° quatre recueils de Ueder; 25° duos 
de chant, op. 28; 26° quatuor pour soprano, alto, 
ténor et baryton, op. 64. — Je ferai remarquer que 
l'œuvre capitale de M. Brahms, son Be^ît/em, est 
généralement désignée sous le non de Requiem 
allemand, parce quelle a été composée non sur 
le texte même de l'office des Morts, mais sur une 
paraphrase allemande de cet épisode des saintes 
Écritures. Lorsque M. Pasdeloup voulut faire en- 
tendre à Paris, aux Concerts populaires, celle 
composition remarquable et émouvante (26 mars 
1875), il dut en faire faire une traduction, et 
cette traduction fut faite non en vers, mais en 



prose française, de la façon la plus habile et la 
plus intelligente. Au mois de novembre 1876, 
M. Brahms a fait exécuter à Carlsruhe une sym- 
phonie en tit mineur (la seule qu'il ait écrite jus- 
qulci), et un quatuor en si pour instruments à 
cordes.'Enfin, on lui doit encore une Sérénade 
pour orchestre, op. 11, une Rhapsodie pour alto 
solo, chœur et orchestre, et des variations pour 
orchestre sur un thème de Haydn. 

BRAMBACH (Charles-Joseph), composi- 
teur allemand, est né à Bonn en 1833. 11 a écrit 
de la musique de chambre, des Ueder, des 
chœurs et plusieurs grandes cantates parmi les- 
[uelles il faut citer : Die Machf des Gesanges 
(le Pouvoir du chant ), et Velleda. Dans un 
concours ouvert en 1864 à Aix-la-Chapelle pour 
la composition d'un chœur pour quatre voix 
d'hommes avec solos et accompagnement d'or- 
chestre, M. Brambach a obtenu un premier prix. 

*BRAMB1LLA (Paul). Voici la liste des 
ballets représentés au théâtre de la Scala, de 
.Milan , et dont ce compositeur écrivit ou arran- 
gea la musique : [° Acbar gran Mogol, 1819; 
2° Saffo, 13 février 1819 ; 3" Capriccio e biiou 
Cuore, 23 février 1819; 4° Giovanna d'Arco 
(en société avec Lichtenthal et Vigano), 15 août 

1821 ; 5° iZ Trionfo delV amor figliale (avec 
plusieurs autres compositeurs), l"" novembre 

1822 ; 6" il Paria (id.), 1828 ; 7° Camwa, 1833. 
* BRAMBILLA (Marietta), l'aînée des 

cinq sœurs ciianteuses de ce nom, est morle en 
Italie, le 6 novembre 1875. Née à Ca.ssano 
d'Adda en 1807, elle avait débuté dans la car- 
rière en 1828. 

L'une des sœurs de cette artiste , Joséphine 
Brantbilla, épousa il y a une vingtaine d'années 
un compositeur nommé Corrado Miraglia, au- 
tour d'un Album musicale qui avait eu quel- 
que succès. Depuis lois, on n'a plus entendu 
parler d'elle. Une autre, Thérèse, est depuis 
fort longtemps fixée à Odessa. 

Une fille de l'une de ces cantatrices, M"® Te- 
résina Brambilla , chanteuse distinguée elle- 
même, et que le public parisien a pu entendre 
au Théàlre-Italien il y a quelques années, a 
épousé en 1874 un compositeur dramatique d'un 
réel talent, M. Amilcare Ponchielli [Voyez ce 
nom). 

BRAXCA (GuGLiELMo), nom d'un composi- 
teur italien qui a fait représenter sur le théâtre 
de la Pergola, de Florence, le 29 janvier 1876, 
un opéra intitulé la Catalana. 

BllANCOLI (Cesare), dilettante fort dis- 
tingué, naquit à Massa-Pisana, près de Lucques, 
le 11 juin 1788. Avocat et jurisconsulte remar- 
quable, homme public d'un caractère noble et 



BRANCOLI — BRAUN 



123 



élevé, il cultiva l'art en simple amateur, mais 
y fil preuve d'un talent véritable. Élevé au sé- 
minaire lie Saint-Michel, à Lucques, on croit 
qu'il eut pour professeur de musique Domenico 
Quilici ; en tout cas, il devint habile dans l'art 
d'écrire, et produisit , dans le style religieux, 
un assez grand nombre d'œuvres fort estima- 
bles ; on lui doit, entre antres compositions, un 
Stabat mater, un Benedictus et un Miserere 
à plusieurs voi\ avec accompagnement instru- 
mental, un Chrislum regem à 4 voix, une 
messe et un motet à grand orchestre écrits pour 
la fête de l'exaltation de la croix, plusieurs 
messes et vêpres à 4 et 8 voix concertantes 
avec orchestre , enfin plusieurs services reli- 
gieux exécutés, de 1821 à 1841, à l'occasion de 
la fête de Sainte-Cécile. Inspecteur, pendant [tlu- 
sieurs années, de l'Institut Pacini , il rendit à 
cet utile établissement des services réels, et écri- 
vit sur la musique plusieurs mémoires estimés, 
qui ont été insérés dans les Actes de l'Académie 
de Iiucques. Cet homme distingué mourut le 9 
juillet 18G9, à l'âge de 81 ans. 

BKAIXDAIM (Giovanni), maître de chapelle 
et compositeur, naquit à Florence le 24 janvier 
1792, et eut pour maître un artiste nommé Giu- 
seppe Buccioni. De bonne heure il devint un or- 
ganiste distingué, et en 1815 11 faisait exécuter 
une messe de sa composition. Successivement 
maître de chapelle dans diverses églises de Flo- 
rence, Brandani écrivit un grand nombre de 
compositions religieuses et de pièces pour l'or- 
gue. Cet artiste modeste et honorable est mort 
à Florence le 12 décembre 1873, âgé de près de 
82 ans. 

BRAXDTi\ERX (Matth\o), facteur d'or- 
gues distingué, vivait à Thorn dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. 

BRASSIN (Loms), pianiste et compositeur 
dont le nom véritable est de Brassine, est né 
le 24 juin 18.36, à Aix-la-Chapelle, d'une famille 
d'origine liégeoise. Son père et sa mère étaient 
deux chanteurs dramatiques distingués, et Louis 
Brassin fut laîné des trois enfants qui survécu- 
rent, sur sept issus de leur mariage. Élevés 
dans une atmosphère purement musicale,, les 
dispositions artistiques des trois frères se déve- 
loppèrent avec rapidité. Le jeune Louis, qui 
reçut ses premières leçons de piano d'une 
amie de sa famille, se fit surtout remarquer par 
ses aptitudes, et devint bientôt le maître et le 
guide de ses deux frères Léopold et Gerhard. 
Tout jeune encore , il fit ses débuts de virtuose 
dans une représentation donnée au théâtre Tha- 
lia, à Hambourg, et obtint un grand succès; 
deux ans après, dans un concert qu'il donnait à 



Stade, il se fit doublement applaudir, comme 
exécutant et comme professeur, en produisant 
un élève qui n'était autre que sou frère Léopold, 
alors âgé de cinq ans. 

En 1847, M. Brassin père étant engagé au 
théâtre de Leipzig, son fils Louis entra au Con- 
servatoire de cette ville, l'un des plus fameux 
de l'Allemagne, et y devint l'élève de Moschelès. 
Il n'en sortit qu'au bout de cinq ans, après 
avoir obtenu toutes les récompenses, et s'être 
fait entendre avec succès aux concerts de cet 
établissement. Après avoir quitté Leipzig, 
M. Brassin fit quelques excursions artistiques 
avec ses deux frères, puis, après avoir passé 
quelque temps à Cologne, il se rendit en Bel- 
gique, se produisit dans plusieurs concerts à 
Anvers et à Bruxelles , alla passer ensuite une 
année à Berlin, comme professeur au Conserva- 
toire, et enfin revint se fixer définitivement à 
Bruxelles, qu'il n'a plus quitté que pour faire 
quelques voyages artistiques dans les provinces 
ou à l'étranger. 

Professeur excellent, musicien consommé, 
virtuose des plus remarquables, M. Brassin, qui 
depuis 1869 est à la tête d'une classe de piano 
pour hommes au Conservatoire de Bruxelles, 
s'est fait connaître avantageusement comme 
compositeur pour son inslrument. On remarque, 
parmi ses œuvres : i° L'Ecole moderne du 
piano, 12 études de concert, en quatre livres 
(Bruxelles, Schott) ; 2° Grand galop fantastique, 
op. .5 (id., id.) ; 3" Valse-caprice, op. 6 (id., id.) ; 
4° 2*= Valse-caprice, op. 11 (id., id.) ; 5° Prière, 
op. 10 (id., id.); 6° 2^ Galop fantastique, op. 16 
(id., id.) ; 7° Six morceaux caractéristiques, op. 
21 (id., id) ; 8° 2'^ Grande Polonaise, op. 18 (id., 
id.); 9" Au bord de la mer, nocturne, op. 9 
(id., id) ; 10" 3 Études de concert , id., id.; 
etc. M. Brassin a publié aussi un certain nom- 
bre de lieder, et il a écrit et fait représenter 
sur des théâtres d'amateurs deux opérettes 
allemandes : Der Tkronfolger et Der Mis- 
sionar. — Des deux frères de M. Louis Bras- 
sin, l'un, Léopold, est pianiste du duc de Saxe- 
Cobourg et professeur de musique à l'Académie 
de Berne; le second, Gerhard, est violoniste et 
maître de concert à Gothembourg. Le fameux 
llùtiste Drouet {yoij. ce nom) était l'oncle de ces 
trois artistes. 

lîRAUIX (J... -Daniel), artiste de la musique 
d'Épernon, a publié un recueil de Sei sonate 
per violino e basso, Paris, 1728, in-fol. 

BR.\UIV ( ), chef d'orchestre au théâtre 

Friedrich-WillielmstaJt, de Berlin, a fait repré- 
senter sur ce théâtre, au mois d'août 1876, un 
oiiéra-comique mWhûé la Muette deSéville. 



124 



BRAUTNER — BRÉLL 



BRAUTXER (Wenzel), compositeur hon- 
grois, florissait vers les premières années de ce 
siècle. On connaît de lui un certain nombre de 
messes et de motels, qui ont été très-appréciés 
dans leur (emps. Y. 

BREBOS (Gilles), nom d'un facteur d'orgues 
qui vivait à Anvers dans la seconde moitié du 
seizième siècle et qui fut cliargé,en 1572, delà 
reconstruction des orgues de la chapelle dans la 
cathédrale de cette ville. 

*BRÉE (Jean-Bernard VAN). Cet artiste 
distingué fonda en 1840 la société pour l'asso- 
ciation des artistes musiciens Cœcilia, la meil- 
leure société symphonique des Pays-Bas, et celle 
qui se distingue par la plus belle exécution des 
œuvres des anciens maîtres. Il était directeur de 
l'école de musique de la Société pour rencoura- 
gement de Vart musical à Amsterdam, et diri- 
geait les concerts de cette compagnie artistique. 

Ed. de h. 

* BREIDEIVSÏEIN (Henri-Charles), est 
mort à Bonn le 24 juillet 1876. 

BREITING (Hermvnn), chanteur allemand, 
a joui dans son pays_, pendant longues années, 
d'une très-grande réputation, que justifiaient 
une voix de ténor ample, puissante et étendue, et 
des qualités dramatiques peu communes. M à 
Augsbourg le 24 août 1804, M. Breiting débuta 
fort jeune au théâtre de Mannheim, et son suc- 
cès fut tel que, bien qu'à peine âgé de vingt ans, 
il fut aussitôt engagé à Berlin. Plus tard il se til 
entendre à Vienne, puis à Darmstadt, et fut en- 
suite attaché au théâtre de Saint-Pétersbourg, 
oii il resta jusqu'en 1842. En quittant cette ville, 
il revint en Allemagne, et se proiluisit de nouveau 
à Darmsfadt, où, en remplaçant Watzinger, il 
excita l'enthousiasme du public. Les deux meil- 
leurs rôles de cet arliste étaient, dit-on, celui de 
Masaniello dans La Muette de Portici, d'Auber, 
et celui de Fernand Cortez dans le chef-d'œuvre 
de Spontini. Il prit sa retraite en 1856, après 
avoir consommé, au dire d'un de ses biographes, 
" plus de gloire, d'honneur et de Champagne 
qu'aucun autre ténor. » Il mourut trois ans après, 
en 1859, dans une maison de santé, pauvre et 
oublié. 

BREITKOPF et H.ERTEL. C'est le nom 
de la plus grande maison d'Allemagne pour l'é- 
dition de la musique, et l'une des plus impor- 
tantes du monde entier. Elle a été fondée en 
1719 par Bernard Christophe Breitkopf avec des 
ressources pas.sablement restreintes. Le fils de 
Christophe Breitkopf, Johann-Gottlob-Imma- 
nuel, lui donna une grande extension [V. Bio- 
graphie universelle des Musiciens, t. II). En 
1794, la maison, déjà florissante, passa aux 



mainsdu fds cadet de Breitkopf, Christophe- Gott- 
lob {Voyezce nom), qui s'associa avec Gottfried- 
Christophe Hœrtel, né à Schneeberg en 1763. A 
dater de ce moment, la maison prit la raison so- 
ciale : Breitkopf et Hœrtel, qu'elle a conservée 
depuis. A l'imprimerie typographique existant 
déjà , les nouveaux propriétaires ajoutèrent 
bientôt des ateliers de gravure, une imprimerie 
lithographique et une fabrique de pianos. En 
1798 ils fondèrent V Allgemeinen musilcalis- 
chen Zeitung, dont ils confièrent la rédaction 
à Frédéric Bochlitz et à G. W. Finck. Breitkopf 
mourut en 1800, et Hsertel resta seul proprié- 
taire de la maison. A sa mort, en 1827, elle 
passa à ses quatre enfants, deux filles et deux 
garçons : Hermann Hsertel, né le 27 avril 1803, 
et Baymond Htertel, né le 9 juin 1810, qui en 
prirent [conjointement Ja direction. Grâce à leurs 
efforts, la création du vieux Breitkopf prospéra 
de plus en plus, et devint une maison vérita- 
blement universelle ; elle comprend aujour- 
d'hui : ime typographie, une fonderie de carac- 
tères avec ateliers de clichage.un atelier de gra- 
vure, une lithographie, un atelier de reliure, 
une fabrique de pianos, une Ubrairie et un ma- 
gasin de musique. Pour nous borner seulement 
à la musique, la maison a édité jusqu'à ce jour 
environ 13,000 ouvrages divers, dont quelques- 
uns comprennent 400 planches de musique; son 
dernier catalogue, édité en 1872, est un superbe 
volume grand in-8'' de 524 pages. Il faut men- 
tionner d'une manière spéciale la superbe édition 
des œuvres complètes de Beethoven, celles de 
Jean Sébastien Bach, de Haendel et de Mendels- 
sohn, entreprises gigantesques que la maison 
Breitkopf pouvait seule concevoir et exécuter. 

Y. 
BRELL (Le Père Benito), moine, organiste 
et compositeur espagnol, naquit à Barcelone, 
probablement à la fin du dix-huitième siècle, 
et fit son éducation artistique au fameux collège 
de musique du couvent de Montserrat, dans la 
Catalogne, où il eut pour maître un organiste 
des plus remarquables, le P. Boada. Il devint 
lui-même un organiste de premier ordre et d'un 
mérite absolument exceptionnel, s'il faut s'en 
rapporter au témoignage de M. Baltasar Saldoni, 
dans son Résumé historique du collège de mu- 
sique de Montserrat : « S'il était remarquable 
comme compositeur, dit cet écrivain, il ne l'était 
pas moins comme organiste. Nous croyons même 
que sous ce rapport il n'avait point son égal. 
Pendant cinq années consécutives nous l'avons 
entendu chaque jour, matin et soir, dans toutes 
les fonctions de l'église, et nous confessons ingé- 
nument que nous ne savions cequ'il fellait ad- 



BRELL — BRET 



125 



mirer le plus en lui, ou la richesse et la variété 
de ses mélodies originales, ou la coordination 
d'harmonies aussi neuves que variées, foit dans 
los versets, soit dans les sonates, fantaisies, va- 
riations, etc. Et que dire des fugues qu'il impro- 
visait sur le plain- chant, ou sur quelque motif 
donné? Oli! si le père Bréll avait été séculier, 
il est certain que son nom aurait passé à la pos- 
térité avec la gloire qu'il méritait ; les étrangers 
auraient érigé des statues à l'artiste qui est 
descendu dans la tombe au milieu de nous, pres- 
que inconnu du monde entier, si ce n'est de ceu\ 
que l'admiration pour son talent attiraient dans 
le désert de Montserrat, et qui restaient stupé- 
faits, en l'entendant, de rencontrer en un tel 
lieu un artiste aussi incomparable. Toutefois, il 
existe beaucoup de gens qui, comme nous, ont 
entendu le P. Bréll, et qui nous accuseront sans 
doute, si ces lignes consacrées à la mémoire 
d'un grand artiste et d'un ami leur tombent 
sous les yeux, d'être resté au-dessous de la vé- 
rité dans l'appréciation de son talent. Ce n'est 
pas sans raison que ces admirateurs pourront se 
trouver blessés; mais ils devront bien croire 
qu'il n'y a de notre part qu'insuffisance, et non 
ingratitude. Qui pourrait, en effet, se sentir 
capable de tracer du P. Bréll l'éloge qu'il méri- 
tait ? — » Ce grand artiste mourut à Montserrat 
le 3 juin 1850. Il avait écrit un grand nombre de 
compositions religieuses avec accompagnement 
d'orchestre, et beaucoup de musique pour l'orgue 
seul. 

BREMER (Jean-Bern.\rd), pianiste, orga- 
niste et compositeur, né à Rotterdam en 1830, a 
fait ses études musicales au Conservatoire de 
Leipzig et a été l'élève de l'habile organiste Jean 
Schneider. De retour dans sa ville natale, il s'y 
fit connaître comme virtuose sur le piano, et 
devint organiste de l'église wallonne en même 
temps que professeur à l'école de musique de la 
Société musicale des Pays-Bas. En 1862, il fit 
un nouveau voyage à Leipzig, avec sa femme, 
cantatrice distinguée, s'y produisit avec elle dans 
divers concerts, et fit entendre quelques-unes de 
ses compositions. L'année suivante il se rendit 
en Italie, et exécuta à Milan, dans une soirée du 
théâtre de la Scala, son premier concerto avec 
orchestre. M. Bremer a publié un certain nombre 
d'œuvres, parmi lesquelles on cite : 1" Quatuor 
pour piano et instruments à cordes, op. 16 ; So- 
nate pour piano, op. 13; 4 pièces caractéristi- 
ques à 4 mains, op. 7 ; Jagdlied, pour piano, 
op. 9; Rondo capriccio, op. 11; Voyage noc- 
turne, pour piano, violon et violoncelle, op. 4; 
Knopsen, 6 morceaux de piano. On doit encore 
à cet artiste deux concertos de piano avec or- 



chestre, Judith, grand oratorio, etc., etc. 

ijREMI (ToMMAso), compositeur qui jouit de 
quelque renommée, était né àLucqueset y vivait 
dans la première moitié du dix-septième siècle. 
On connaît de lui un certain nombre de compo- 
sitions estimables, entre autres une collection de 
motets à deux, trois et six voix, qui fut publiée 
à Lucques, chez l'imprimeur Bidelli, en 1645. 
Dans la même année, il fit représenter sur le 
théâtre de la même ville une action dramatique 
mêlée de musique, inlilulée la Psiche. : 

^ BREIVDEL (Chakles-François). A la 
liste des écrits de Brendel, il faut ajouter : 
Franz Liszt als Symphoniker ( Franz Liszt 
considéré comme symphoniste , Leipzig, 
1859), et Geist und Zecknik im Klavierunter- 
richt {V esprit et le mécanisme dans rensei- 
gnement du piano; Leipzig, 1867). Kous de- 
vons faire remarquer aussi que la Geschichte 
der Musik a deux volumes, et non pas un seule- 
ment, comme il a été dit. Brendel est mort à 
Leipzig le 25 novembre 1868. 

Y. 

* BRENDEL (Elisabeth TRAUTMANX, 
épouse), femme du précédent , née à Saint-Pé- 
tersbourg le 27 août 1814, est morte à Leipzig 
le 15 novembre 1866. 

BREXXESSEL (François), célèbre har- 
piste, fut nommé en 1766 musicien de la cha- 
pelle royale de Berlin. Il est mort vers 1812. On 
connaît de sa composition deux sonates pour 
harpe et flûte. Y. 

* BRESLAUR (Emile), musicien allemand 
contemporain, né à Kottbus, le 29 mai 1836, 
a composé de la musique de piano et de la musi- 
que vocale à une et à plusieurs voix. Il a aussi 
écrit sur son art un grand nombre d'articles, 
dans le journal VÉcho, de Berlin. tS '^ Y. 

BRET (Emile) , musicien suisse, né vers 
1835, était en 1860 organiste d'une des cha- 
pelles protestantes de Genève, et se livrait en 
cette ville à l'enseignement du piano. Marié 
jeune à la fille du pasteur de sa chapelle, il vi- 
vait dans une solitude presque absolue, se li- 
vrant activement à des travaux de composition, 
lorsque le hasard le mit en présence de Meyer- 
beer, qui lui adressa des éloges au sujet de quel- 
ques-unes de ses productions. Un peu ébloui 
par ces encouragements , d'ailleurs sincères et 
mérités, le jeune artiste n'eut bientôt plus qu'une 
pensée : venir à Paris et s'y faire connaître. Il 
abandonna donc son orgue, quitta Genève avec 
sa femme, après avoir réalisé toutes ses petites 
économies, et vint s'installer à Paris, où il donna 
deux concerts avec orchestre, consacrés à l'au- 
dition de ses œuvres, et particulièrement de 



126 



BREÏ 



BRION D'ORGEVAL 



fragments de deux opéras : la Victime de Mo- 
r'ija et la Châtelaine de Lesneven. La^critique 
se montra très-favorable aux essais du composi- 
teur, mais il ne put trouver aucun éditeur qui con- 
sentît à lespublier, et se décida à faire à ses frais 
l'édition des morceaux qu'il voulait faire appré- 
cier. Toutes ces dépenses avaient absorbé déjà la 
plus grande partie de son petit pécule, la situation 
devenait difficile, la gène se faisait sentir dans 
le ménage , lorsqu'un coup terrible vint frapper 
l'artiste -. sa jeune femme tomba malade, et lui 
fut enlevée en peu de jours. La douleur de 
M. Bret fut telle qu'il devint complètement fou. 
Ceci se passait en 1864, et depuis lors les ren- 
seiiinemenls font absolument défaut sur lui. Le 
talent de ce compositeur était très-réel, et les 
morceaux qu'il a publiés à Paris en témoignent 
d'une façon évidente. Ces morceaux sont les sui- 
vants : 1" Ave Maria pour -, mezzo-soprano, 
avec accompagnement de piano ou orgue, violon 
et violoncelle,; 2° Le Paradis perdu, scène dra- 
matique, morceau d'un grand souffle et remar- 
quable par ses développements et la puissance 
de son inspiration ; 3° Berceuse finlandaise, 
duettinopour voix de femmes ; 4° Aubade, duet- 
tino pour ténor et contralto ; 5° Berceuse orien- 
tale, composition poétique et charmante ; 6° Ma 
mère, éveille-toi, mélodie dramatique pour so- 
prano ; 7° La Marguerite, V Hirondelle, Sans 
retour, Le Pêcheur de Messine, Chanson gali- 
cienne, mé\oiies. 

BRETOIV ( ), compositeur espagnol 

contemporain, a fait représenter à Madrid quel- 
ques ouvrages dramatiques, parmi lesquels El 
Aima en un hilo, en 2 actes, et Guzman el 
Bueno, en un acte (th. ApoUo, décembre 1876). 

BRETOIXXIÈRE (V ), fliiliste et 

compositeur, l'un des plus infatigables produc- 
teurs de celte musique de pacotille recherchée 
de quelques amateurs, mais si complètement in- 
connue des artistes , a publié plus de 400 mor- 
ceaux de divers genres, pour différents instru- 
ments, mais surtout pour la flûte. On lui doit 
aussi une Méthode de violon, une Méthode de 
Jlùfe et une Méthode d'harmoniflâle à deux 
mains. 

' BRÉVAL (Jean-Bvptiste). Cet artiste a 
fait représenter à la Comédie-Italienne, le 20 dé- 
cembre 1788, un opéra-comique en 3 actes, 
intitulé : Inès et Leonore, ou la Sœur jalouse. 

* RRIARD (Jean-Baptiste , dit Camille), 
violoniste, est mort à Alençon le 25 avril 1876. 
On assure que cet artiste avait été professeur 
de violon au Conservatoire de ?Caples. Il avait 
fait partie naguère de la Société des concerts du 
Conservatoire. 



* BRICCIALDl (JiLEs). Ce virtuose n'a pas 
seulement fait apprécier en Europe son remar- 
quable talent de flûtiste : il a traversé les mers 
et a parcouru la plus grande partie de l'Amérique, 
où il s'est fait entendre avec beaucoup de succès. 
On assure que c'est à lui qu'est due l'adaptation 
à la flûte du système Boehm , qui a transformé 
el amélioré le mécanisme de cet instrument. 
M. Briccialdi s'est produit une fois comme com- 
positeur dramatique , en faisant représenter au 
théâtre Carcano , de Milan , un opéra sérieux 
intitulé Leonora de' Medici. 

I3RID1ERS (AtGusTE de). Un compositeur 
de ce nom a donné sur le théâtre de Poitiers, au 
mois de juillet 1872, un opéra-comique intitulé 
Carlotta la Sirène. 

BRIGOGNE (Marie-Madeleine), l'une des 
premières chanteuses qui se montrèrent sur le 
théâtre de l'Opéra, puisqu'elle y débuta dans les 
Peines et les Plaisirs de Vamour de Cambert, 
était fille d'un peintre médiocre , et naquit vers 
1652. Petite, mignonne et extrêmement jolie, elle 
obtint un si grand succès dans le rôle de Climène 
de l'opéra de Cambert , qu'on la surnomma aus- 
sitôt « la petite Climène », et que ce surnom lui 
resta. Lorsque Lully fut parvenu , par ses me- 
nées, à s'emparer des destinées de l'Académie 
royale de Musique, il conserva dans sa troupe 
Mlle Brigogne, à qui il donna un traitement an- 
nuel de 1,200 livres pour tenir l'emploi des se- 
conds rôles. Jusqu'en 1680, époque où elle quitta 
le théâtre, elle créa les rôles de Doris dans Atys, 
d'Hermione dans Cadmus, de Cléone dans 
Thésée, et d'Hébé dans Isis. M"« Brigogne, qui 
paraît avoir été loin de posséder les vertus qui 
constituent une honnête femme , s'est trouvée 
mêlée au fameux procès intenté à Guichard par 
Lully, et a été de la part de Guichard, dans les 
factums publiés par lui à ce sujet , l'objet des 
imputations les plus outrageantes. 

BRIALEY RICHARDS. — Voyez RI- 
CHARDS (Brinley). 

BRIIXSIMEAD ( ) Un écrivain anglais 

de ce nom a publié une Histoire du piano, avec 
un résumé sur la musique ancienne el les 
, instruments de musique. 

BRIOIV D'ORGEVAL (Édouad- Barthé- 
eemv), né à Saint-Etienne (Loire), le 13 mai 1833, 
reçut de très-bonne heure les premières notions 
de musique. Sa famille, qui l'avait produit, dès 
l'âge de cinq ans, dans les concerts, en France 
et en Italie, vint se fixera Marseille en 1844. 
Il entra alors au Conservatoire de cette ville, et 
étudia sérieusement le piano avec Barsotti et les 
éléments de l'harmonie avec l'organiste Schœna- 
gel. Il fut ensuite placé sous la direction de son 



BRION D'ORGEVAL — BRISSON 



127 



oncle , l'abbé Brion, maîlre de chapelle à la ca- 
thédrale (le Chanibéry, qui lui fit tenir pendant 
quelque temps l'orgue de cette église. En 1852, 
il se rendit à Paris et suivit, au Conservatoire, 
les classes de chant de Bataille , Levasseur et 
Révial, et le cours de contre-point et de compo- 
sition d'Halévy. En 1856, il obtint un accessit 
d'opéra. Après avoir fait partie , comme soliste, 
de la maîtrise de Notre-Dame-de-Lorelte , il 
débuta au Tluâtre-Lyrique en 1857, dans le 
rôle de Blondel de Richard Cœur-de-Lion. Il a 
chanté aussi les rôles de basse chantante dans 
les grandes villes de province et de l'étranger. 

M. Brion d'Orgeval s'est fait surtout connaître 
comme compositeur. En 1861, il a fait représen- 
ter à Anvers le Meunier de Sans Souci, opéra- 
comique en un acte, et en 1863 le Don Juan de 
Village, opéra-comique, également en un acte. 
En 1867, il a donné à Nantes une Charge de 
dragons, opéra comique en 2 actes , qui a été 
édile à Gand chez Voyage et Lauveryns, en 
1868, à Lille, le Chevalier de Cordessac, opéra- 
comique en un acte, et en 1876 , à Marseille, 
Ivan IV ou les Porte-Glaives, grand opéra en 
4 actes. 

On a encore de cet artiste : Le Retour, mé- 
lodie avec violoncelle obligé ; Impromptu , 
Trois pensées mélodiques, Écho de Séville 
pour piano (chez Heu, à Paris); la Danse des 
Djinns pour piano (chez Lahoussay à Paris); 
Tristesse et Printemps, mélodie (chez Chou- 
dens); plusieurs messes; une cantate dédiée au 
roi Léopold ; deux opérettes en un acte; une 
hymne, Mîisique et Poésie, qui a été exécutée en 
1857 au concert des jeunes artistes à Paris; deux 
opéras inédits; deschoeurs,des motets, des sona- 
tes , un quintette, etc. 

IAl. R — d. 

BRISSON (Frédéric), pianiste et composi- 
teur distingué, est né à Angoulême (Charente), le 
25.décembre 1821. II apprit le piano sans profes- 
seur, et néanmoins se faisait entendre pour la 
première fois en public à l'âge de douze ans, et à 
quinze ans commençait à donner des leçons dans 
sa ville natale. Après avoir étudié l'harmonie 
avec Garaudé, M. Brisson pubhait en 1840 ses 
premières compositions, et à la fin de 1846 ve- 
nait se fixer à Paris. Dès 1847, il livrait au pu- 
blic plusieurs morceaux qui le faisaient aussitôt 
remarquer et qui commençaient sa réputation : 
l'Arabesque, la Pluie d'or, VOndine, Sans 
amour. Depuis lors, il a écrit plus de cent cin- 
quante morceaux de piano, puis des duos, des 
trios, et de nombreuses compositions pour l'or- 
gue. Ses travaux de composition n'empêchaient 
pas M. Brisson de se livrer à l'enseignement, et 



de se produire fréquemment comme virtuose. 
Il a formé de nombreux élèves qui aujourd'hui 
sont professeurs et propagent ses principes dans 
la plupart des villes de France, et pendant quinze 
ans il n'a cessé de donner, à Paris, des concerts 
qui lui valaient les succès les plus flatteurs. 

M. Brisson ne s'est pas fait remarquer seu- 
lement par son talent de virtuose, mais encore, 
et surtout, par les qualités de savoir et d'inspira- 
tion dont il a fait preuve dans ses nombreuses 
compositions. Il est l'un des artistes qui ont le 
plus contribué à la vulgarisation et à l'expansion 
de l'harmonium, en faisant entendre souvent cet 
instrument en public, et en écrivant pour lui un 
grand nombre de morceaux élégants, dans les- 
quels la banalité n'entre pour rien, et qui font 
le plus grand honneur à sa bonne éducation mu- 
sicale, à ses facultés d'imagination et à sa cons- 
cience de compositeur. Professeur excellent, et 
jouissant sous ce rapport d'une renommée légi- 
time, cet artiste a publié un ouvrage fort im- 
portant : École d''orgue traitant spécialement 
de la soufflerie, et contenant 38 exercices, 50 
exemples et 20 études (Paris, Brandus). Parmi 
ses compositions les plus intéressantes, il faut 
citer : 1° Trio de Guillaume Tell, arrangé pour 
piano, violon et orgue; T grand duo caracté- 
ristique sur Robert le Diable, pour piano et 
orgue ; 3° trio pour piano, violon et orgue sur 
V Africaine ; 4° id., surZ« Somnambule; 5° id. 
sur Marta ; 6"^ id. sur Norma; 1° id. sur le 
Pardon de Ploùrmel; 8° fantaisie de concert 
pour le piano sur Norma ; 9" id. sur les Porche- 
rons; 10° id. sur Gibbij la Cornemuse; 11° id. 
sur le Songe d'une Nuit d'été ; 12° id. sur un 
Ballo in Maschera; 13° id. sur le Roi l'a dit; 
14° id. sur Don Carlos'; 15" id. sur Jérusalem; 
16° cent cinquante morceaux de genre originaux 
pour le piano, divertissements , caprices, études, 
mélodies , nocturnes , etc., se distinguant par 
l'élégance de la forme et la grâce de l'idée mu- 
sicale. M. Brisson a fait jouer dans un concert, 
en 1863, une opérette inlilulée les Ruses villa- 
geoises, et il a publié quelques articles de criti- 
que musicale dans le Moniteur des Travaux 
publics. 

Une particularité intéressante est à mentionner 
en ce qui concerne M. Brisson. C'est cet artiste 
qui le premier a eu l'idée (attribuée à tort à 
Thalberg) d'écrire la musique avec deux sortes 
de grosseurs de notes. Le premier morceau 
qu'il a fait paraître en employant ce procédé est 
intitulé la Rose et le Papillon, et a été publié 
chez l'éditeur Escudier en 1848. Tout ce qui, 
dans l'esprit du compositeur, se rapportait à la 
Rose était écrit en grosses notes, tandis que la 



128 



BRISSON — BROSCHI 



partie du Papillon était tracée en notes plus 
petites. 

BRITSEN (Georges), un des plus habiles 
et des plus laborieux facteurs de clavecins du 
dix-septième siècle, vivait à Anvers, où il fut 
admis, vers 1613, au nombre des maîtres de la 
giide de Saint-Luc. On vendait encore en cette 
ville, en 1858, un clavecin carré de cet artiste, 
devant le clavier duquel se trouvait le nom du 
facteur : Georglus. Britsen. Fecït. AntverpLr. 

BRITSEN (Georges), sans doute fiis du pré- 
cédent, suivit la même profession , et fut reçu 
dans la gilile de Saint-Luc, comme liis de maître, 
en 1654. 

BRITSEN (Georges), dit le Jeune, probable- 
ment frère du précédent, entra aussi, en 1638, 
dans la corporation comme fils de maître et en 
qualité de facteur de clavecins. 

BRITSEX (Alexandre), quatrième du nom, 
fut le dernier membre de cette famille d'intel- 
ligents artisans. Il exerçait aussi la profession 
de facteur de clavecins à Anvers , et fut reçu 
dans la gilde en 1717. 

BROCA Y RODRIGUEZ (Enriqve- 
Aleio ), violoniste et compositeur, né à Madrid 
le 17 février 1843, apprit les premiers éléments 
de la musique d'un artiste nommé Manuel Pam- 
fil, étudia ensuite le violon avec M. Isidore de 
la Vega , puis, au mois de septembre 1855, 
entra au Conservatoire de Madrid, y suivit un 
cours d'harmonie et un cours de composition, 
et obtint la médaille d'or (premier prix) au con- 
cours de 1861. Tout en suivant ses classes, 
M. Broca était attaché en qualité de premier 
violon à l'orchestre de la Zarzuela, où il resta 
de 1858 à 1867, et il a fait aussi partie de la So- 
ciété des concerts dirigée par M. Barbieri (Voij. 
ce nom). Après avoir terminé ses études, ce 
jeune artiste se livra à la composition, et écri- 
vit des messes, des psaumes, des motets, des 
ouvertures, etc. On lui doit aussi la musique de 
quelques zarzuelas dont j'ignore les titres, si 
ce n'est celle intitulée Hacer el oso (un acte), 
écrite par lui en société avec M. Ignacio Augus- 
tin Campo et représentée au théâtre des Varié- 
tés le 5 février 1867. 

BRODY (Alexandre), professeur de mu- 
sique à Paris, directeur de la société orphéonique 
le Choral du Temple, est auteur de l'ouvrage 
suivant : Solfège pratique ou nouvelle méthode 
de lecture musicale, basée sur Vétude des in- 
tervalles dans tous les tons et sur la dictée 
vocale et écrite, renfermant 100 exercices et 
110 morceaux à 1, 2, 3 e? 4 parties, dans tous 
les tons majeurs et mineurs, à Vusuge des 
orphéons et des écoles, Paris , l'auteur, in-8". 



BROEKHUIJZEN (Georges-Henri), dilet- 
tante passionné, littérateur musical distingué, 
né en 1792, s'est fait remarquer par la bibliothè- 
que musicale qu'il avait su réunir et qui passait 
pour Tune des plus belles de la Néerlande. Par 
son goût, ses grandes connaissances et la libéralité 
avec laquelle il disposait de sa fortune pour le 
service de l'art qu'il chérissait, cet amateur 
éclairé lui fit faire de grands progrès dans son 
pays. Il a fondé ou réorganisé plusieurs sociétés 
uuisicales importantes, a donné un grand essor 
à l'exécution des œuvres lyriques les plus con- 
sidérables, et dirigé pendant douze années, à 
Amsterdam, les concerts d'été, Kunstgenoegen. 
Cet homme intelligent est mort à Amsterdam le 
18 décembre 1866. 

BROEKHUIJZEIV (G -H ), pianiste 

et compositeur, neveu du précédent, né à Ams- 
terdam le 25 février 1818, fit son éducation mu- 
sicale à l'École royale de musique de cette ville, 
et eut pour maîtres G. Fock, J. Bertelman et 
Somner. Il se fit connaître de bonne heure, non- 
seulement comme virtuose, mais comme compo- 
siteur, et sa fécondité fut réellement remarqua- 
ble. Mort à Amsterdam le 23 février 1849, au 
moment où il allait accomplir sa trente et unième 
année, cet artiste bien doué n'en a pas moins 
écrit trois ouvertures à grand orchestre, 5 qua- 
tuors et un quintette pour piano et instruments 
à cordes, 4 cantates, 40 valses pour orchestres, 
6i lieder ei chants de circonstances, 16 chœurs 
à 4 voix, une sonate et des fantaisies pour piano 
et violon, une fantaisie pour le basson, etc., etc., 
sans compter la musique de trois ballets repré- 
sentés à Amsterdam, et dont un, De Schoone 
slaapster in het bosch, n'a pas eu moins de 
quarante représentations. 

BROx\SART (Hans VON), pianiste de l'é- 
cole nouvelle, est né à Kœnigsberg en 1828. Il a 
composé quelques pièces qui sont écrites dans le 
style ultra-wagnérien. Il a également publié une 
brochure intitulée : Musikalisclie Pjlichten 
{Devoirs musicaux), Leipzig, 1858. Y. 

BROXSART (M'"^ Ingeburge VON), musi- 
cienne allemande, sans doute parente du précé- 
cédent, a écrit une musique sur la petite pièce 
de Gothe : Jery und Bœtely, qui donna na- 
guère à Scribe l'idée du Chalet. Ce petit ou- 
vrage a été joué avec succès, le 26 avril 1873, 
sur le théâtre de la cour grand-ducale, à Weimar. 

* BROSCHI (RiCH.ARn). Selon l'écrit inti- 
tulé : Série chronologica de' principi delV Ac- 
cademia de' Filarmonici di Bologna, cet ar- 
tiste, après avoir été comme compositeur au 
service du duc Alexandre de Wittemberg, serait 
ensuite devenu, sans nu! doute par l'intervention 



BROSCHI — BRUCH 



129 



de son frère Faiinelli, commissaire de la guerre 
et de la marine eu Espagne, sous le roi Ferdi- 
nand VI. Le même écrit nous appi'end (juil 
mourut en 1756. 11 avait été reçu, en 1730, avec 
son frère, au nombre des membres de l'Acadé- 
mie des Piiilharmoniquos. Outre les deux opéras 
signalés à son nom, Richard Broschi est auteur 
d'une farsa intilulée il Finto Sordo. 

BltOSAIAI\l\ (Patkr-Damasls), né en 1731 
à Julneck, mort à Freiberg ie 16 novembre 
179S, a composé une cinquantaine de mes- 
ses et beaucoup d'autre musique religieuse, res- 
tée manuscrite et éparpillée dans les bibliothè- 
ques des couvents de la Silésie. Il a écrit égale- 
ment un livre intitulé; De. dlrectione musices 
et de reçu Us compositionis . Y. 

lillOU ( ), acteur et compositeur, vi- 
vait à Paris dans la première moitié du dix- 
huitième siècle. Tout ce que j'ai pu apprendre 
sur lui se borne à cette courte notice, que Deà- 
boulmiers lui a consacrée dans son Histoire du 
thcdtre de l' Opéra-Comique : « Brou, acteur et 
musicien de l'Opéra-Comique, débuta en 1740 
par les rôles de père et d'amoureux (l'un ne 
semble pourtant guère aller avec l'autre). Il joi- 
gnit à ce talent celui de compositeur de musique, 
et fit plusieurs vaudevilles et divertissements 
qu'il a depuis réunis dans un recueil. Brou a 
quitté le théâtre en 1741, après la foire Saint- 
Germain. )) 

BROITSTET (Edouard), pianiste et com- 
positeur, issu d'une famille honorable et aisée, 
naquit à Toulouse, le 29 avril 1836. Son père, 
notable conunerçant de cette ville, désirait lui 
voir suivre la même carrière, mais un penchant 
irrésistible entraînait le jeune homme vers la 
musique. Sa première éducation artistique fut 
cependant assez négligée, et ce n'est qu'à partir 
de l'âge de vingt ans environ que M. Broustet com- 
mença à travailler sérieusement. 11 vint pour la 
première fois à Paris en 1858, commença l'étude 
de l'harmonie avec M. Maleden, et eut successi- 
vement pour maîtres de piano, d'abord Camille 
Stamaty et M. Ravina, puis M. Henri Litolff, avec 
lequel il entreprit un long voyage à l'étranger. 
M. Broustet visita ain.si Munich, Vienne, Pesth, 
Berlin, Varsovie, Saint-Pétersbourg, Dresde, 
etc., et les relations qu'il établit avec de grands 
artistes tels que MM. Franz Lachner, Rubinstein, 
Seroff, Robert Volkman et autres, les grandes 
exécutions musicales auxquelles il assista, enfin 
les conseils de son célèbre maître formèrent ra- 
pidement son gofit artistique et l'affermirent dans 
sa vocation. De retour en France, il publia quel- 
ques compositions pour le piano et donna plu- 
sieurs concerts. En 1869, il donna à Paris, à la 

BIOGR. UNlV. DES MUSICIENS. — SUl'PL. — 



salle Herz, une grande séance musicale, dans la- 
quelle il fit entendre [ilusieurs de ses œuvres, no- 
tamment une symphonie concertante pour piano 
et orchestre qui fut fort bien accueillie. En 1871, 
il entreprit un voyage en Espagne et en Portu- 
gal, et se produisit avec succès dans ces deux 
pays, comme virtuose et comme compositeur. 
Depuis lors il est revenu à Toulouse, où le re- 
tient une longue et cruelle maladie de son père. 

Les compositions de M. Broustet dénotent un 
artiste de talent et d'imagination, nourri à bonne 
école et imbu des sains [)rincipes de l'art. Parmi 
celles qui sont publiées, les plus importantes 
sont les suivantes : 3 trios pour piano, violon et 
violoncelle (op. 42 et 43) ; symphonie concer- 
tante pour piano et orchestre (op. 38); tarentelle 
pour piano, avec accompagnement d'orchestre 
(op. 28) ; grande valse de concert (op. 26); deux 
romances sans paroles (op. 39) ; fantaisie créole 
(op. 37) ; éludes mélodieuses (op. 10); études de 
style et de perfectionnement, adoptées par le co- 
mité des études du Conservatoire (op. 36) ; ma- 
zurka pathétique (op. 44) , etc., etc. M. Brous- 
tet a en portefeuille : un concerto en mi bémol 
pour piano, avec accompagnement d'orchestre ; 
un quintette pour piano, 2 violons, alto et violon- 
celle; un 4" grand trio pour piano, violon et vio- 
loncelle ; une suite pour instruments à cordes, 
etc. 

BRUCH (Max), violoniste, chef d'orches- 
tre et compositeur, est l'un des membres les plus 
actifs, les mieux doués et les plus distingués de 
la jeune école musicale allemande. Né à Colo- 
gne le 6 janvier 1838, il reçut île sa mère ses pre- 
mières leçons de musique, et donna de très- 
bonne heure, dès l'âge de neuf ans, dit on, des 
marques certaines du talent qu'il devait déployer 
un joiu'. Devenu élève de Ferdinand Hiller, le 
fameux maître de chapelle de Cologne, il reçut 
de lui une instruction étendue et solide, et ne s'en 
sépara qu'en 1865, pour devenir musikdirector 
à Coblentz, emploi qu'il abandonna au bout de 
deux ans pour prendre les fonctions de maî- 
tre de chapelle de la cour de Sondershausen. 
C'est à partir de cette époque que M. Max Bruch 
commença à se produire comme compositeur , 
en livrant au public, outi'e un concerto de 
violon, deux opéras, une symphonie, et deux 
grandes compositions chorales et instrumentales 
qui sont comme des espèces d'oratorios profa- 
nes, ou plutôt encore des cantates largement dé- 
veloppées. 

Le premier de ces opéras est intitulé Loreley, 

et est écrit justement sur le sujet de celui que 

Mendelssohn laissa inachevé et dont l'ouverture 

est si connue ; le second, en 4 actes, qui a été 

T. I. 9 



130 



BRUCH — BRULL 



représenté à lOpéia de Berlin, en mars 1872, 
a pour titre Hennione. Tous tleux paraissent 
n'avoir que médiocrement réussi. Mais l'oni- 
vie sur laquelle s'est fondée, vers 1866, la jeune 
réputation du compositeur est son Frilhjof, 
l'une des <ieux grandes cantates qui viennent 
d'être signalées. Le musicien a détaclié du fa- 
meux poème Scandinave qui porte ce titre et qui, 
on le sait, a été écrit par le célèiire évèqued'Up- 
sal, Esaias Tegner, un certain nombre de scènes 
qu'il a groupées et rattacliées entre elles et mi- 
ses en musique. C'est là une production remar- 
quable et inspirée, comprenant sept morceaux, 
presque tous fort importants, et dont M. Wilder 
a publié, il y a deux ans, une très-bonne tra- 
duction française (Paris, Durand-Schœnewerl<). 
Plus récemment, en 1873, M. Max BrucU a fait 
entendre, à Barmen, une autre composition du 
même genre, qu'il a intitulée Odysseus ; il avait 
agi de même pour ce qui concerne le texte de 
cette œuvre, en se servant d'une série de scènes 
extraites par lui d'une traduction allemande de 
VOdijssée. La seule production de cet artiste que 
le public fiançais ait été mis à même de connaî- 
tre est son concerto de violon, que M. Sarasate a 
exécuté successivement, dans l'biver de 1873- 
1874, au Concert National, aux Concerts popu- 
laires et à la Société des concerts du Conserva- 
toire. Ce concerto, qui affecte une forme nou- 
velle et plus concise, plus serrée (pie la forme 
Iradilionnelle, ce dont il faut féliciter l'auteur, ne 
comprend que deux morceaux, un adagio \tvé- 
cédé d'un court prélude, et un allegro-finale ; 
l'œuvre ne l)rillp point par la nouveauté des 
idées, non plus que par leur ricliesse, mais elle 
est écrite avec soin, dans un style pur et élevé, 
bien construite, instrumentée avec éclat, avec 
chaleur, et elle fait honneur à celui qui l'a con- 
çue. 

On assure que M. Max Bruch est un des ad- 
mirateurs les plus fervents de Robert Schumann 
et l'un des défenseurs les plus décidés de son 
école, si tant est que Schumann ait fait école. 
J'avoue que cela me surprend, cardans les deux 
œuvres que je connais de cet artiste, Friihof et 
le concerto de violon, je ne vois rien qui le rap- 
proclie de la nature de ce musicien poétique et 
rêveur, mais singulièrement étrange et fantas- 
que; j'y vois, au contraire, que rinspiration de 
M. Max BrLich est très-claire, que la structure 
et la conduite de ses morceaux sont très-ration- 
nelles, que le compositeur ne cherche point les 
modulations tourmentées, sauvages parfois, qui 
distinguent la musique de Schumann, et qu'enfin 
ses grandes qualités sont l'égalité dans le style et 
la sagesse dans le plan. Il faut donc croire, en 



tout cas, que l'admiration de !M. Max Bruch 
pour Schumann ne se traliit par aucune imitation, 
aucune recherche de la manière de ce maître. 

Outre les œuvres dont il vient d'être [)arlé, 
M. Max Bruch a fait exécuter deux symphonies, 
dont une en mi majeur, im oratorio intitulé Ar- 
minius (Barmen, décembre 1875); une ballade 
pour chant et orchestre intitulée Schoën Ellen 
(Leipzig, 1869), et il a pul)lié les compositions 
suivantes : 3 duos pour soprano et contralto, 
avec piano, op. 4 ; Trio en ut mineur pour piano, 
violon et violoncelle, op. 5; 6 lieder avec piano, 
op. 7 ; 2 quatuors pour instruments à cordes, 
op. 9 et 10 ; Fantaisie pour deux pianos, op. 
11 ; 6 pièces pour piano, op. 12 ; Hymne pour 
soprano, avec piano, op. 13; 2 pièces pour piano, 
op. 14; 4 lieder avec piano, op. 15; Kgrie, 
Sanclus et Agnus Dei pour deux sopranos, 
double chd'ur, orchestre et orgue, op. 35; Ju- 
bilate. Amen pour soprano solo, chœur et or- 
chestre, op. 3; etc. Enfin, on doit encore à cet 
artiste une musique pour la Jeanne d'Arc de 
Schiller. 

M. Max Bruch, qui parle très-couramment le 
français, est venu plusieurs fois à Paris et est 
très au fait du mouvement musical de notre 
pays. C'est, en somme, un artiste fort distingué, 
instruit, intelligent, tenant compte de toutes les 
nécessités de l'art, et qui semble appelé à faire 
honneur à l'Allemagne musicale. Il est l'un des 
rares musiciens de la jeune génération qui sem- 
blent doués d'un vrai tempérament. A-t-il du 
génie? c'est ce que l'avenir seul peut nous ap- 
prendre, car jusqu'ici il n'a encore donné que de 
brillantes promesses. 

* liRUGUlÈRE (Edouard), est mort à Nî- 
mes, dans les derniers jours du mois de décem- 
bre 1863. C'est par centaines que se comptent 
les romances de ce compositeiir, dont un grand 
nombre obtinrent jadis d'énormes succès. 11 a 
publié aussi six chœurs religieux pour trois voiv, 
avec solo. 

BliULL (Ignace), jeune pianiste et composi- 
teur allemand, s'est produit à ce double point de 
vue en exécutant au Gevvandhaus de Leip/ig 
(janvier 1869) un concerto de piano dont il était 
l'auteur. Au mois de décembre 1875, ce jeune 
artiste faisait représenter un opéra intitulé Dan 
goldene Kreuz {la Croix d'or), dont le livret 
était tiré, comrrie cela se pratique généralement 
à l'étranger, d'une pièce française, Catherine on 
la Croix d'or, ancien vaudeville de Mélesville et 
Brazier. Cet ouvrage, qui était le premier début 
dramatique du musicien et qui était un peu conçu 
dans le genre de l'opéra-comique français, réus- 
sit brillamment et fut produit successivement sur 



BRÛLL — BULOW 



131 



la plupart des scènes importantes de l'Allemagne. 
Depuis lors, M. Ignace Briill s'est occupé, paraît- 
il de la composition d'un nouvel opéra, la Pa- 
cification, qui n'a pas encore été représenté. 

BRIJA'EAU (Jacques), musicien qui vivait en 
Flandre dans la seconde moitié du seizième siècle, 
fut maître de chant à l'église de Saint-Bavon, 
à Gand. Il écrivit, en 1566, quelques cantiques 
pour la confrérie de Notre- Dame-aux-Rayons, 
et composa, en 1577, divers chants pour les fê- 
tes données à Gand à l'arrivée du prince d'Orange 
en cette ville. 

* BRUXETT! (Jean-Gualbert). A la liste 
des ouvrages dramatiques de ce compositeur, il 
faut ajouter les suivants : 1° Amore imbralta 
il senno, opéra bouffe en dialecte napolitain, 
Naples, th. des Fiorenlini, 1733 ; 2° Don Pas- 
qxiino, opéra bouffe, Naples, th. Délia Pace, 
1735; 3° Lo Corrivo, folie musicale {pazzia 
per mvsica), id., id., 1736. 

* BRUAl (Antoine-Barthélémy). Aux ou- 
Trages dramatiques de ce musicien fort distin- 
gué, il faut ajouter Cadichon ou les Bohémien- 
nes, opéra-comique en un acte, donné au théâ- 
tre Fe>deau en 1792, et l'Esclave, un acte, 
donné au même théâtre en ISOO. Son opéra ita- 
lien ry.so^a incantata, traduit en français par 
Sedaine jeune, avait été représenté aussi, à Fey- 
deau, le 3 aoiit 1789. 

BRUNI (Srveuino), professeur et théoricien 
italien, est auteur de l'ouvrage suivant : Suc- 
cinto dl teoria fondamentale per lo schiavi- 
mento delV infonazione e per Vaccordaiura 
istrum enfuie, Gènes, 1861. 

BRUrMi (Oreste), écrivain italien, est auteur 
d'un ouvrage ainsi intitulé : Nioolo Pagamni, 
célèbre violinista genovese, raccon/o sforico 
(Florence, Galletti, 1873, in-8 de 147 pages). Ce 
récit ne manque pas de quelque intérêt, mais 
j'en crois les détails un peu romanesques. 

BRUTI (ViNCENZo), compositeur italien et 
chef de musique militaire, est l'auteur d'une 
opérette boulfe intitulée Macco, qui a été repré- 
sentée avec succès, au mois de juin 1872, sur le 
théâtre Brunetti, de Bologne. M. Bruti a écrit 
aussi la partition d'un drame lyrique en 3 actes, 
la Fidanzata, mais je ne crois pas que cet ou- 
vrage ait encore été représenté. 

BRZOWSKl (Joseph), pianiste et composi- 
teur polonais, est né à Varsovie en 1805. On lui 
doit diverses compositions religieuses, entre au- 
tres un Requiem estimé des artistes, un certain 
nombre de pièces de musique instrumentale et 
vocale, et enfin un opéra représenté en 1833 à 
Varsovie avec un très-grand succès et qui avait 
pour titre : Hrabia Weselinskl {le comte We- 



sellnski). Cet artiste, qui doit aussi être cité, 
dit-on, au nombre des bons écrivains sur la mu- 
sique, dirigeait dans sa ville natale une société 
de concerts d'amateurs, dits concerts de la Res- 
sourse. — Sa fdle, Mi'e Hedwige Brzowska, 
pianiste distinguée, s'est fait, à partir de 1842, 
une grande réputation comme virtuose. 

BUAT (V ), compositeur français, a écrit 

la musique d'un opéra-comique en un acte, les 
Noces bretonnes, qui a été représenté au Casino 
de Dunkerque, au mois d'août 1868. 

BUCCîîLLATI ( ), pianiste et cora- 

positeui', li\é, je crois, à Turin, comme profes- 
seur de piano, a publié une bonne méthode pour 
cet instrument, et s'est fait connaître aussi par 
un certain nombre de morceaux à deux, quatre 
et huit mains, publiés par les éditeurs Giudici et 
Strada : 1° Galoppo di concerto; 2° il Carne- 
vale di Venezia, scherzo brillant; 3° Ave Ma- 
ria; 4" il Carnevale di] NapoU, scherzo bril- 
lant et facile; 5" Pensiero elegiaco, mélodie; 
6° Scherzo sur le Canto greco, de Cavallini; 7" 6 
Diverdmenti, à quatre mains ; enfin, des fantai- 
sies, mosaïques et arrangements sur des rnotifs 
d'opéras en vogue : Rigoletto, il Trovatore, 
Viftore Pisani, VEbreo, Jone, un Ballo in 
Maschera, etc., etc. 

BUCHET (Jean-Nicolas), compositeur ama- 
teur, né à Limbourg, exerçait à Vei'viers la pro- 
fession d'avoué et donna en cette ville une grande 
impulsion à l'élude et à la pratique du chant 
choral. Il fit exécuter en 1854 un grand oratorio 
'\n['ûu\é Judit/t, et écrivit, dit-on, plus de cent 
compositions, parmi lesquelles plusieurs messe.s, 
un Te Deum, des motets, des cantates, des 
chœurs, etc. 

BUCHOLZ (Charles-Auguste), facteur d'or- 
gues estimé en Allemagne et établi à Berlin, était 
né en cette ville le 13 août 1796. Il est l'auteur 
des principales orgues qui existent aujourd'hui 
à Berlin et dans l'ancien royaume de Prusse. Son 
fils, Charles-Frédéric Bucholz,\ai a succédé en 
1850. 

BUGUET (Henri), vaudevilliste qui a fait 
représenter un certain nombre de pièces sur di- 
vers petits théâtres de Paris, a publié, dans une 
série portant pour titre général : Foyers et Cou- 
lisses, histoire anecdotique de tous les tliéd' 
ires de Paris, un petit volume intitulé : Bouf- 
fes-Parisiens (Paris, Tresse, 1873, in-l8), qui 
retrace â peu près exactement l'historique du 
théâtre fondé par M. Offenbach. 

* BUIIL (Joseph-David), est mort à Ver- 
sailles au mois d'avril 1860. 

* BULOW (Hans-Guido DE), compositeur, 
chef d'orchestre, écrivain musical et l'un de 



132 



BULOW 



plus grands virtuoses pianistes de ce temps, est 
le fils (l'un ancien chambellan du prince d'Anhalt- 
Dessau, très- connu par ses travaux littéraires, 
et le petit- fils d'un ancien major de l'armée 
saxonne. Jusqu'à l'âge de neuf ans il ne laissa 
soupçonner aucun goût, aucune aptitude parti- 
culière pour la musique, et c'est seulement û la 
suite d'une longue et douloureuse naaladie que 
ses facultés artistiques se manifestèrent, prenant 
bientôt un essor extraordinaire. Après avoir étu- 
dié le piano d'abord avec M"** Schmiedel, puis 
avec Fr. Wieck et M. Litolff, après avoir tra- 
vaillé l'harmonie et le contrepoint avec Ebervvein, 
M. de Biilow ayant dû suivre sa famille, qui de 
Dresde fixait sa résidence à Stuttgard, termina 
ses éludes littéraires au Gymnase de cette ville, 
fc'y produisit comme amateur en exécutant avec 
succès le concerto en ré mineur de Mendelssohn, 
et en 1848 partit pour Leipzig afin d'y faire son 
droit à l'Université. U demeura dans cette ville 
chez un parent, le docteur Frege, mari de la 
cantatrice Livia Gerhard, dont la maison formait 
une sorte de centre musical très-actif. Dans un 
tel milieu, les aptitudes du jeune artiste se dé- 
veloppèrent avec rapidité, et, après s'être perfec- 
tionné dans l'étude du contre-point avec Maurice 
Ilauplmann, il partit pour Berlin, où il se lança 
aussitôt dans la grande mêlée qui mettait aux 
prises les partisans de l'ancienne école allemande 
et ceux de la nouvelle, à la tète de laquelle se 
trouvaient Liszt et Uohett Schumann. Quoique 
fort jeune alors, puisqu'il n'avait pas encore vingt 
ans, M. de Biilow commença à écrire des arti- 
cles de critique dans le journal démocratique 
VAbendposl, articles dans lesquels il se montrait 
l'adversaire acharné et intraitable des doctrines 
de la vieille école. Ayant entendu à Weimar, 
en ISoO, le Lohengrin de U. Richard Wagner, 
il renonça définitivement à l'étude du droit pour 
s'occuper uniquement de musique, et cela malgré 
ro|)position <le sa famille. 

Il se rendit alors à Zurich, où M. Richard Wa- 
gner, proscrit politique, s'était réfugié. Il apprit 
de lui l'art de diriger un orchestre, et devint 
maître de musique aux théâtres de Zurich et de 
SamtGall. Puis, s'étant réconcilié avec sa fa- 
mille, il repartit en 1851 pour Weimar, où il 
perfectionna sou taient de pianiste sous la direc- 
tion de M. Liszt, et où il fit la connaissance de 
Berlioz. C'est de celte époque que datent les ar- 
ticles très-remarques qu'il publia dans la Neue 
Zeitschrift fur Musik. En 1853, il fit .sa pre- 
mière tournée artistique en Allemagne et en Hon- 
grie, remporta surtout de grands succès à Brème, 
à Hambourg et à Berlin, alla s'établir qnt'lque 



plusieurs familles nobles, fii, au commencement 
de 1855, une nouvelle tournée dans le nord de 
l'Allemagne, et accepta, dans le courant de cette 
même année, la place de professeur de piano au 
Conservatoire de Stern et Marx à Berlin, place 
qu'il conserva jusqu'en 1864. 

En 1857, M. de Bùlovv épousa la fille de son 
maître. M"" Cosima Liszt; en 1858 il était nommé 
pianiste du roi de Prusse, en 1861 chevalier de 
l'ordre de la Couronne, et en 1863 docteur en 
philosophie à l'Université d'Iéna. Pendant ce 
temps, et malgré de très-nombreuses occupa- 
tions, il trouvait encore le moyen d'écrire dans 
une foule de journaux, entre autres dans la Neue 
BerUner Musikzeitimg et dans la Feuerspritze, 
et s'occupait de répandre le goût de la musique 
en donnant de grands concerts symphoniques, 
des séances de musique de chambre, et même 
en se faisant entendre fréquemment seul, et tou- 
jours avec le plus grand succès. Après avoir quitté 
le Conservatoire de Berlin, il entreprit de nou- 
velles tournées de virtuose en Allemagne, en 
Hollande, en Belgique, en France, en Russie. « Sa 
préférence pour les (ruvres de la nouvelle école, 
,dit un de .ses liiogra|)lies, lui attira, surtout à 
Berlin, de rudes adversaires dans la presse. Mais 
on aurait tort de croire que de Bùlovv se montre 
dédaigneux de l'ancienne école ; au contraire, il 
tâche encore aujourd'hui de rallier des principes 
si divers et si opposés. » 

Cependant, n'ayant retiré presque aucun fruit 
de ses tentatives et de ses luttes, il alla rejoin- 
dre en 1804, à Munich, M. Richard ^Yagner, et 
l'aida puissamment dans la mise à la scène de 
son opéra de Tristan et Isolde. En 1 8G6, il se 
reuflit à Bàle, y donna des concerts, puis, ayant 
été rappelé en Bavière par le roi Louis II, il de- 
vint prenùer chef d'orchestre du tlitâlre l^oyal 
et des concerts de Munich, en même temps qu'il 
était choisi comme directeur de l'École royale 
de musique, dont il opéra la réorganisation et 
qui, sous son impulsion, prit un très-grand dé- 
veloppement Ct'pendanf, tant de travaux, joints 
à de graves chagrins domestiques, altéicrent 
profondément sa santé, et en I86'J il quittait 
Munich pour aller habiter Florence, où il demeura 
plusieius annéi-s. Depuis lors, il a fait, en Angle- 
terre et en Amérique, des voyages artistiques qui 
lui ont \aln, comme toujours, les plus grands et 
les plus inconleslables succès. 

Herrnann Mendel, dans son Musikalisches 
Conversations-Lexicon, a caractérisé le talent 
de M. Hans de Bùlovv, ses facultés multiples, et 
la situation qu'il a occupée en Allemagne : « Cet 
éminent artiste, dit-il, doit être classé parmi les 



temps à Dresde, où il donna des leçons dans 1 phénomènes les plus rares et comme virtuose et 



BULOW — BURACH 



i33 



comme chef d'orchestre; !a nature, l'étiule et la 
force de volonté lui ont donné une ténacité, une 
persévérance et une mémoire prodigieuses. 
Comme pianiste, il s'est rendu maître, malgré la 
petitesse de sa main, de toutes les difficultés 
techniques imaginables; il est l'interprète le plus 
complet des différents styles et des directions 
multiples de la littérature de son instrument ; il 
les reproduit avec une clarté d'analyse et une 
finesse de détails, et, en môme temps, avec une 
grandeur et une poésie dans la conception de 
l'idée générale qui le placent au premier rang 
sous ce rapport. Il s'est d'ailleurs identifié si 
complètement avec les œuvres qu'il exécute qu'il 
les possède par cœur, si étendues et si compli- 
quées qu'elles soient; il en est de même pour les 
compositions orchestrales les plus difficiles, qu'il 
dirige sans partition, avec une sûreté impertur- 
bable et en observant rigoureusement les moin- 
dres nuances. Son éducation scientifique et sa 
pénétration d'esprit lui ont permis également de 
se distinguer comme écrivain ; son style clair, 
original et mordant lui a souvent suscité d'ar- 
dents adversaires, lorsqu'il cherchait à faire pré- 
valoir ses idées de parti. Mais les ennemis les 
plus déclarés de ses idées et de ses tendances ar- 
tistiques ne peuvent refuser leur estime et leur 
admiration à l'homme qui consacre toutes ses 
facultés à répandre les œ^uvres des maîtres an- 
ciens et modernes. De même que, dans son jeu, 
la logique et l'analyse* raisonnée l'emportent sur 
le sentiinent, de même l'esprit critique domine 
l'imagination dans ses travaux littéraires aussi 
bien que dans ses compositions. Celles-ci consis- 
tent en une vingtaine d'œuvres, dont les plus re- 
marquables sont -le tableau symphonique JSir- 
ivana (op. 20), la musique du Jules-César de 
Shakspeare (op. 10), la ballade pour orchestre 
la Malédiction du Chanteur (op. 16), neuf ca- 
hiers de morceaux de piano, etc. Les arrange- 
ments critiques et les éditions instructives, les 
transcriptions d'autres maîtres depuis Scarlatti, 
Bach, Hœndel et Gluck jusqu'à Berlioz, Wagner 
et Liszt, sont de beaucoup supérieures en nom- 
bre aux œuvres originales. Comme homme, de 
Bùlow est à bon droit estimé et généralement 
aimé, car son caractère est ouvert, loyal et che- 
valeresque, son commerce agréable, et son amé- 
nité prévient tout d'abord en sa faveur. Avec son 
maître, F. Liszt, de Bulow a le plus contribué, 
par sa personnalité, à combler, pour ainsi dire, 
l'abîme entre l'école néo-allemande elles tendan- 
ces musicales antérieures. )i Aux œuvres de I\r. de 
Biilow qui viennent d'être mentionnées, il faut 
ajouter un grand concerto, deux duos de concert 
pour piano et violon, et plusieurs lieder. C'est à 



lui qu'on doit la réduction avec piano de la par- 
tition de Tristan et Isolde, et celle de Vlphigé- 
nie en Aulide de Gluck d'après l'arrangement de 
M. Richard Wagner. 

BUNGERT (A....), compositeur allemand, 
s'est fait connaître par la publication d'un assez 
grand nombre de lieder pour voix seule avec 
accompagnement de piano. Sept recueils de ce 
genre, portant les numéros d'œuvre 1, 2, 3, 4, 5, 
6 et 7, ont été publiés par la maison Breilkopf et 
Hârtel, de Leipzig. 

BUOA'OMO (GmoLAMo), professeur de mu- 
sique à Palerme et théoricien, est l'auteur d'un 
traité intitulé Nnnva Sciiola d'Armonia. 

BUONOIMO (Alfonso), compositeur dra- 
matique, fils d'un chef de musique de l'armée 
napolitaine, est né à Naples le 12 août 1829. 
Ayant perdu son père de très-bonne heure, il 
devint élève externe du Con.'îervatoire, où il com- 
mença l'étude du solfège avec Ac4iille Pistilli, et 
celle du piano avec Giovanni Donadio ; il devint 
ensuite élève de Giuseppe Polidoro, puis de Luigi 
Siri pour le piano, de Pietro Casella pour l'har- 
monie, et enfin de Raffaele Polidoro et d'Alessan- 
dro Busti pour le chant. Ayant perdu la voix à 
la suite d'une maladie, il suivit un cours de com- 
position avec Giuseppe Lillo. se produisit en pu- 
blic comme virtuose sur le piano, puis embrassa 
la carrière de la composition dramatique sous 
les auspices de Giovanni Moretti. Voici la liste 
de ses œuvres théâtrales, qui foules ont été Irès- 
bien accueillies du public : 1° Cicco e Cola (Na- 
ples, th. Nuovo, 8 décembre 1857); 2" le pre- 
mier acte de/fl Donna romantica ed il Medico 
omeopatico, ouvrage écrit en société avec 
MVI. Campanella, Ruggi et Valente (id., id., 
1858); 3° ruitima Domenica di Carnevale 
(id., id., 1859) ; 4° la Mmalora de Chiaja (id., 
Jardin d'hiver, 1862) ; 5" Ostie non Osti (id., 
th. Bellini, 1865) ; 6" le Follie amorose (un acte, 
id., id., 8 décembre 1865); 7" Tizio, Cajo e 
Sempronio (id., th. de la Fenice, août 1807); 
8° il Marito geloso (id., th. Rossini, 1871); 9° 
una Giornaia a Napoli (id., th. Nuovo, 1871). 
Outre ces ouvrages, M. Buonomo a écrit deux 
opéras, le Due Maschere et Bi-Bà-bù, qui 
n'ont pas encore été représentés, et il a publié 
diverses œuvres de musique vocale religieuse 
ou profane. — Le frère aîné de cet artiste, 
M. Eduardo BMonomo, violoniste, pianiste, com- 
positeur et professeur, né à Napdes le 22 août 
1825, est maître de chant dans divers établisse- 
ments d'éducation de cette ville, et s'est fait con- 
naître par la publication d'un certain nombre de 
compositions pour le chant et pour le piano. 

BURiVCH (Juste), moine et compositeur, 



134 



BURACH — BUSI 



né à Sachsein (Suisse), en 1706, mourut en 1768. 
A peine âgé de 19 ans il entra au couvent d'En- 
sieileln, et s'y consacra entièrement à l'étude et 
à la nratiaue de la musique. Ce couvent possède 
encoie un grand nombre de compositions de 
Buracl), qui, dit-on, témoignent d'un grand sa- 
voir, et parmi lesquelles on dislingue surtout 
deux Ma(jnificat, dont l'un à quatre et l'autre à 
huit parties. 

liURALl-FORTI ( ), compositeur 

italien, a lail représenter le 31 octobre 1874, sur 
le théâtre d'Arezzo, un opéra intitulé : Piccarda 
Donriti. 

*BUniîURE DE WESEMBECK(LÉo>- 
Phiuppe-Marie, chevalier DE), est né à Ter- 
monde le 16 août 1812, et non le 17, comme il a 
été imprimé par erreur. M. du lîurbure, que sa 
grande situation de fortune n'empèclie pas de se li- 
vrer avec l'ardeur la plus intelligente à la culture 
des arts et dos lellres, à qui l'on doit l'excellent 
catalogue hijloi ique du Musée d'Anvers, l'un des 
meilleurs ouvrages de ce genre qui existent dans 
toute l'Europe, et plusieurs autres travaux in- 
téressants sur la musique et sur les arts plasti- 
ques, s'occupe aussi sans cesse de composition 
musicale. A la liste de ses œuvres en ce genre, 
il faut ajouter les suivantes : 1" Ouverture de 
David Téniers ou la Kermesse villageoise; 2° 
Divertissement pour orchestre, en ut ; 3" Ouver- 
ture de Charlemagne, pour harmonie militaire; 
4" Divertissement de festival, pour harmonie mili- 
taire ; 5" Ilulde uan de Kunst, ode syinphoni- 
nique à 4 voix, avec orchestre ; 6° Le Hoop van 
Belgie, à 4 voix, avec orchestre -, 7" Cantanti- 
bus organls, en sol; 8" In exitu Israël, 
psaume, en mi bémol ; 9" Deus firmavit, en ré; 
10" Domine salvum fac, en ré; 1 1" Ecce quam 
honum, en si bémol; 12° Ave Maria, en ut; 
13" Ecce panis, en mi bémol, avec instruments 
à vent; 14" Responsoria Passionis secundum 
Mattheum, à 4 voix, en sol, sans accompagne- 
ment : 15" plusieurs trios, quatuors et quintettes 
pour instruiiienls à cordes; 16" plusieurs Fan- 
taisies pour violon, pour cor, pour clarinette et 
divers autres instruments; 17" plusieurs mor- 
ceaux de genre pour harmonie militaire. 

M. de Burbure a publié divers écrits relatifs à 
la musique et aux musiciens : 1" Aperçu sur 
Vancienne corporation des musiciens instru- 
mentistes d'' Anvers, dite de Saint- Job et de 
Sainte-Marie-Madeleine, Bruxelles, impr. 
Hayez, 1862, in-8" de 19 pp.; — 2" Becherches 
sur les facteurs de clavecins et les luihiers 
d'Anvers depuis le seizième jusqu'' au dix-neu- 
■Diènjesirèi'f, Bruxelles, impr. ll;i\ez, 1863, in-8'' 
de 32 pp. ; -- 3° ISotice siir Ckarles-Louis 



Hanssens, id., id., 1872, in-12 de 11 pp., avec 
portrait; — 4° Notice sur C.-F.-M, Bosselet^ 
id., id., 1876. in-12 de 11 pp., avec portrait ; — 
5" La Sainte-Cécile en Belgique, Bruxelles, 
1860, in-8 ; — 6" Notice sur Jan Van Ockeghem 
(en flamand), Anvers, 1856, in-S (2' édition. Ter- 
monde, 1868^ in-8°). 

M. de Burbure a été élu membre de l'Acadé- 
mie royale de Belgique le 9 janvier 1862. M. Al- 
phonse Goovaerts, bibliothécaire adjoint de la 
ville d'Anvers, a publié sur lui une notice bio- 
graphique en flamand (Anvers, 1871, in-8 de 28 
pp.), et il a paru à Bruxelles (Hayez, 1874, in- 
12) une ISotice bibliographique de M. le che- 
valier Léon-P.-M. de Burbure. — Un frère 
de cet artiste, M. Gustave de Burbure, comme 
lui dilettante passionné, habite Gand, où depuis 
trente ans il a puissamment contribué au dé- 
veloppement du goût musical et à la culture in- 
telligente de l'art. Il a écrit un certain nombre 
de compositions estimées, que l'on confond par- 
fois avec celles de son frère. 

lîURET ( ), compositeur français du 

dix- huitième siècle, a publié chez Ballard un re- 
cueil de Cantates françaises, et, séparément, 
les trois cantates suivantes : Sapho et Phaon, 
ode; le Bal; et Daphné. 

BÛRGEL (CossT.\>TiN), compositeur et pia- 
niste allemand, a publié, pour le piano ou pour 
le chant, un certain nombre d'œuvres parmi les- 
quelles je citerai les suivantes : Sonate pour 
piano, op. 5 ; suite de quatre pièces pour piano, 
op. 6 ; six Zjerfcr avec accompagnement de piano, 
op. 9 ; Deux ballades pour contralto avec accom- 
pagnement de piano, op. 12; Fautas iestïicke 
pour piano, op. 13. 

RL'RGIO DI VILLAFI01UTA( ), 

compositeiu- italien, a fait représenter avec suc- 
cès en 1872, au théâtre de la Pergola, de Flo- 
rence, un opéra sérieux intitulé il Paria. 

* BURGMÛLLER (Jean Fkèdéiîic-Fr.\n- 
çois), né à Ratisbonne non en 1804, mais en 1806. 
est mort à Beaulieu (Seine-et-Oise) le 13 février 
1874. Cet artiste est l'auteur d'un motif de valse 
très-gracieux, mais très-court, intercalé par 
Adolphe Adam dans son joli ballet de Giselle, 
et devenu presque fameux sous le nom de 
« valse de Giselle ». Ce motif a même servi de 
timbre, il y a vingt ou trente ans, à un grand 
nombre de couplets de vaudeville. 

BUSI (Gilseipe), organiste, professeur et 
théoricien, né à Bologne, de parents pauvres, en 
1808, apprit à lire et à écrire d'un prêlre qui 
lui enseigna aussi le piano et l'orgue. Dès son plus 
jeune âge il gagnait sa vie comme organiste. Il 
étudia ensuite lliarmonie avec Palmerini, le 



BUSl — BUZZI 



135 



contre-point et la composition avec Tommaso 
Marches!, mais se forma surtout lui-même par 
la lecture des œuvres des grands maîtres et par 
le soin qu'il prenait de les mettre en parti- 
tion. C'est ainsi qu'il laissa une très- nombreuse 
collection des principales compositions des 
coiitrapuntistes Bolonais de 1500 à 1800, 
foutes écrites de sa main. Reçu en 1832, à la 
suite d'un brillant examen, membre de l'Acadé- 
mie des Philharmoniques de Bologne, il eut un 
instant l'idée d'écrire pour le tbéàtre ; mais après 
un essai pourtant heureux fait sur une scène par- 
ticulière, il en revint à ses compositions reli- 
gieuses, et se consacra à l'enseignement avec d'au- 
tant plus de zèle qu'il avait été nommé profes- 
seur decontre-point au Lycée musical de Bologne 
C'est pour ses élèves dans cet établissement 
qu'il écrivit un Guida allô studio del contrap- 
punio fugato, ouvrage excellent, dit-on, mais 
qu'il se refusa toujours à publier. Busi est mort 
à Bologne le 14 mars 1871. Unde ses fils, M.Ales- 
sandro Busi, son élève, lui a succédé comme 
professeur au Lycée musical ; un autre, M. Luigi 
Busi, est un peintre distingué. 

* BUSSCHOP (Jules-Augustf.-Guillaume). 
Le 21 juillet 1800, cet artiste a fait entendre 
dans l'église Sainte-Gudule, de Bruxelles, un Te 
Dezim solennel dont la critique a fait l'éloge. Le 
6 avril 1874, il a fait exécuter à Bruges, par 
les soins de la Réunion musicale, de nombreux 
fragments d'un drame lyrique en 3 actes écrit 
sur un sujet de l'histoire de cette ville, la Toi- 
son d'or, qui produisirent un grand effet sur les 
les assistants. 

BUSSIXE (Prospeu-Alphonse), chanteur re- 
marquable, né à Paris le 22 septembre 1821, fut 
admis au Conservatoire, dans la classe de Garcia, 
le 14 décembre 1842, et devint ensuite l'élève de 
Moreau-Sainti pour l'opéra-comique. Il obtint 
un accessit de chant au concours de 1844, sévit 
décerner l'année suivante les deux premiers prix 
de chant et d'opéra-comique, et peu de temps 
après fut engagé au théàti c de l'Opéra-Comique, 
où il ne tarda pas à faire d'heureux débuts et où 
il se fit bientôt la réputation d'un excellent chan- 
teur. Sa belle voix de baryton, ample et puis- 
sante, mordante et corsée, produisait le meilleur 
effet, et il la rendait plus remarquable encore par 
ses rares qualités de style et son excellente ma- 
nière de phraser. Si Bussine avait été moins gêné, 
moins emprunté comme comédien, il eût conquis 
peut-être la célébrité. Néanmoins, et pendant les 
douze années environ qu'il passa à l'Opéra-Co- 
mique, il créa un certain nombre de rôles dont 
quelques-uns lui firent un grand honneur, et 
parmi lesquels il faut citer surtout ceux dont il 



fut chargé dans les Porcherons, Giralda, la 
Chanteuse voilée, Raymond oa le Secret delà 
Reine, Gibbij la Cornemuse, V Anneau d'ar- 
gent, le ^abab, les Sabots de la marquise. 
Vers 1858, Bussine, sentant ses moyens faiblir, 
prit le parti d'abandonner la carrière théâtrale; 
il quitta l'Opéra-Comique, et pendant plusieurs 
années se fit entendre avec grands succès dans 
les concerts. 

Un frère de cet artiste, M. Romain Bussine, 
né à Paris le 4 novembre 1830, fut aussi élève de 
Garcia et de Moreau-Sainti au Conservatoire, où 
i! obtint les seconds prix de chant et d'opéra- 
comi(|ue en 1850, et le premier prix d'opéra- 
comique en 1S51. Il n'aborda cependant pas le 
théâtre, et se livra à l'enseignement. Il fut nommé 
professeur de chant au Conservatoire le 30 mai 
1872. Il avait fondé l'année précédente la So- 
ciété nationale de musique (qui a pour devise : 
Ars (jallica), dont il est demeuré depuis lors 
le président. 

BUSTILLO ITURRxVLDE (Ces\ueo), 
conifiositeur et maître de chapelle, naquit à Val- 
ladolid le 25 février 1807. Reçu comuie enfant 
de chœur à la cathédrale de cette ville, il fit ses 
études de .solfège, d'harmonie et de composition 
sous la direction de deux artistes appartenant à 
la chapelle de celle église, Fernando Haikens et 
Angel Marlincbique. Devenu militaire en 1824, il 
lit partie d'abord, comme petite flûte et comme 
basson, de la musique du 1" régiment de ligne, 
puis fut employé dans les bureaux jusqu'en 1828, 
époque de sa libération. De retour dans sa ville 
nalale, il y reprit ses études de composition, tra- 
vailla avec Soriano Fuertes (père), et, en 1832, 
ayant pris part au concours ouvert par suite de 
la vacance de la place de maître de chapelle de la 
cathédrale de Tolède, il l'emporta sur ses ri- 
vaux et fut nommé à cet emploi, qu'il conserva 
jusqu'en 1804. Il devint, en cette dernière année, 
chapelain royal de la même église Cet artiste a 
écrit, pour le service de la chapelle dont il était 
le directeur, un grand nombre de compositions 
religieuses, telles que messes, vêpres, lamenta- 
tions, répons, motets, cantiques, psaumes, mise- 
rere, etc. La plupart de ces compositions sont à 
deux chœurs et à grand orchestre. M. Bnslillo a 
écrit aussi plusieurs pièces pour musique mili- 
taire. 

* BUTERA (André). Ce compositeur a fait 
représenter au théâtre de la Canobbiana, de Mi- 
lan, le 12 septembre 1854, un opéra sérieux inti- 
tulé /a Saracena. Butera est mort à Palerme le 
11 novembre 1862. 

" BUZZI (Antonio). Cet artiste est né à 
Rome. Il a souvent abordé la scène, sans jamais 



d36 



BUZZI — BYESSE 



y obtenir de succès, si ce n'est avec son opéra 
de SaiU. La liste de ses ouvrages dramatiques 
doit s'augmenter des œuvres suivantes : Gus- 
mano di Médina (Rome); Vindovina (Plai- 
sance, 1862) ; la Lega Lomharda, représentée 
en Espagne; Sordello ; Denvenuto Cellini, bal- 
let ; V Isola degli Amori, ballet ; i Due Ciabat- 
tini, opérette (Turin, 1867). L'auteur du Dizio- 
naro biogrofico italien, Francesco Regli, dit que 
M. Buzzi «a [)ius de doctiine que d'inspiralion, 
plus de science que d'originalité, » et que la 
plupart de ses opéras sont mort-nés. Depuis lon- 
gues années cet artiste est fixé à Milan, où il se 
livre à l'enseiiinement du chant et où ses leçons 
sont très-recherchées. 

' BlIZZOLA (Anto.mo), (ils d'un artiste qui, 
pendant trente ans, fut maître de chapelle et or- 
gani.ste de la cathédrale d'Adria, en même temps 
que premier \i()lon au théAtre, naquit en cette 
ville vers 1815. Son père lui enseigna à jouer de 
plusieurs instruments, et, lorsqu'il eut atteint sa 
quinzième année, l'envoya à Venise pour s'y 
perfectionner. Admis à l'orchestre du théâtre de 
la Fenice en qualité de premier violon, puis de 
flûte, il se lit lemarquer par son habileté à ac- 
compagner au piatio, et bieutôt se livra à la pra- 
tique de la compositiou. Après avoir donné au 
théâtre Gallo .son opéra de Ferramondo (1836j, 
il se rendit, sur les con.seils de quelques amis, à 
Niiples, où, sous la direction de Donizelti, il ter- 
mina ses études et perfectionna son talent. Ce- 
lui-ci lui conlia un jour le soin d'écrire l'ouver- 
ture d'iMie cantate de circonstance qu'il doiuiait 
au théâtre San-Carlo, et le jeune Buzzola com- 
posa aussi un certain nombre de morceaux déta- 
chés pour différents théâtres. En même temps 11 



écrivit des canzoni en dialecte napolitain, qui 
obtinrent un grand succès. Après un séjour de 
deux années à Naples, il retourna à Venise, y 
donna son second et son troisième opéra, il Mas- 
1/ no (th. Gallo, 1840) etgli Avcentiirieri (Fe- 
nice, 18il), fit exécuter à la Société Sainte- Cé- 
cile (1841) une messe à 4 voix et à grand or- 
chestre, puis partit pour Berlin. 

Après les deux années qu'il passa en cette 
ville, Buzzola parcourut l'Allemagne, la Pologne, 
une partie de la Russie, vint passer quelque 
temps à Paris, puis, au mois de septembre 1846, 
retournait à Venise, où il faisait entendre une 
messe de Requiem à quatre parties avec or- 
chestre, et en 1847 donnait au théâtre de la Fe- 
nice Amlelo, opéra qui obtint un accueil très- 
favorable, et qui fut bientôt suivi d'un autre 
ouvrage, EUsabeila di Valois. C'est peu de 
temps après que, Perotti étant mort, il succéda 
à cet artiste comme premier maître <le la clia- 
(»elle de l'église St-Marc. Il mourut lui-même en 
cette ville, au mois de mars 1871, au moment 
où il venait de terminer un nouvel opéra, la 
l'ula onoraia. En dehors du théâtre, Buzzola 
a publié un assez grand nombre de compositions 
vocales, entre autres un album de douze mor- 
ceaux, intitulé xina Notte a Venezia (Milan, 
Lucca), que Tondit d'une inspiration aimable et 
pleine d'élégance. 

lîYKSSE ( ). Deux ouvrages lyriques 

ont été représentés sous le nom de cet artiste : 
1" Pancrace et Polycarpe,2 actes, th. Montan- 
sier, 1797; T Sigebert, roi d'Austrasie, ou 
l'Amour gardois, 3 actes, th. des Jeunes-Elè- 
ves, 4 octobre 1806. 



CABALLERO (Mam'el TKRNANDEZ), 

composileur dramatique espagnol , né à Murcie 
le 14 mars 1835, apprit les premiers éléments de 
l'art dans sa ville natale, puis se vendit à Madrid 
et se fit admettre au Conservaloiie de cette villeo 
Il y devint l'élève de M. Soriano Fuertes pour 
l'harmonie, puis de M. Hilarion Eslava pour la 
composition, et obtint, au concours de 1857, le 
premier prix de composition. Tandis qu'il était 
au Conservatoire, M. Caballeio prit part à un 
concours ouvert pour la place de maître de cha- 
pelle de Santiago de Cuba , et fut proclamé vain- 
queur; l'emploi ne lui fut pourtant pas confié à 
cause de son jeune âge, car il n'avait alors que 
dix-huit ans. Ses études terminées, le jeune ar- 
tiste se livra à la composition. On a leprésenté 
de lui à Madrid, dans ces dernières années, un 
certain nombre de zarzuelas qui ont été bien ac- 
cueillies du public; voici les titres de celles qui 
sont venues à ma connaissance : 1° Juan Lanas ; 
2° la Jardinera; 3° el Vizconde de Letoricres ; 
4° el Cocinero ; 5" Frasquilo, un acte , th. des 
Variétés , 10 mars 1867 ; G° el Primer Dia feiiz, 
3 actes, th. de la Zarzuela , 30 janvier 1872; 
7° el Atrevido en la cor te, id., 1872 ; 8° lu Re- 
visla del Diablo; 9° la Clave, 2 actes ; 10° las 
Hijas de Fulano, un acte; ll° Luz y Sombra; 
12° el Vélo de encaje; 13° la Gallina ciega, 2 
actes; 13*^ las Nueve de la Noche, 3 actes (en 
sociétéavec M. Casares) ; 14° Entre el Alcade 
y el Rey, Madrid, Mars 1876 ; 15° la Marsel- 
lésa, M;)drid, juin 1876 ; 16" Elsiglo que viene, 
1876. M. Fernandez Caballero s'est lait connaître 
aussi comme compositeur de musique religieuse. 
CABEL (Makie - Josiipeie DP.EULLETTE, 
épouse CABU, dite), chanteuse distinguée, fille 
d'un ancien officier de cavalerie de l'armée fran- 
çaise devenu plus tard agent comptable dans di- 
vers théâtres de Belgique, est née à Liège le 31 
janvier 1827. Elle montra dès ses plus jeunes 
années d'excellentes dispositions musicales, et 
M""' Pauline Viardot, qui habitait alors un châ- 
teau aux environs de Bruxelles, ayant eu occa- 
sion de l'entendre chanter, lui prédit un brillant 
avenir. Son père étant mort, elle donna d'abord 
des leçons de solfège et soutint sa mère à l'aide 
de son travail. Bientôt elle devint i'élève d'un 
jeune profes.seur de chant, M. Louis- Joseph Cabu, 
dit Cabel, qui en devint amoureux et l'épousa. 



Ce mariage ne fut pas heureux , car au bout de 
quelques années les deux époux divorcèrent. 

En 1847, M'"'' Cabel vint à Paris et se fit en- 
tendre au château des Fleurs, établissement de 
concerts situé aux Champs-Elysées, puis elle 
obtint un engagement à l'Opéra- Comique, où elle 
débuta au mois de mai 1849 dans le rôle de Geor- 
gette du Val d'Andorre, après (juoi elle se montra 
dans les Mousquetaires de la Reine. Elle passa 
alors complètement inaperçue, mais M. Hanssens, 
chef d'orchestre du théâtre de la Monnaie, de, 
Bruxelles, étant venu l'entendre, la fit engager 
à ce théâtre, où elle se produisit en 1850 et 1851 
avec un énorme succès. Cependant, en 1852, 
elle allait tenir l'emploi des chanteuses légères à 
Lyon , aux appointements de 3,000 francs par 
mois, puis, l'année suivante, se faisait entendre 
à Strasbourg et à Genève. Enlin, engagée au 
Théâtre-Lyrique, elle y vint débuter le 6 octobre 
1853, dans un ouvrage nouveau d'Adolphe Adam, 
le Bijou perdu, et lit aitluer la foule à ce théâtre 
par la façon dont elle jouait et chantait le rôle de 
Toinon. Jeune, fraîche, accorte, souriante, ayant 
le diable au corps, manquant à la fois de goût 
et de style musical, mais douée d'une voix 
adorable, d'une pureté merveilleuse, et dont 
le timbre brillant et argentin produisait un 
effet étonnant sur le public, avec cela lançant 
les traits les plus difficiles avec une crànerie et 
une sûreté surprenantes. M»"» Cabel se fit raid- 
dement une tr^s-grande réputation, qui s'accrut 
encore avec la création qu'elle fit dans la Pro- 
mise, de Claiiisson. Son succès ne fui pas moins 
grand dans plusieurs autres ouvrages nouveaux, 
Jaguaritu l'Indienne, le Muletier de Tolède, 
la Chatte merveilleuse, si bien que l'Opéra-Co- 
mique jugea bon de .se l'attacher. 

Elle reparut à ce théâtre dans un nouvel opéra 
d'Auber, Manon Lescaut, et cette fois le public 
ne lid marchanda pas ses applaudissements. Elle 
reprit alors plusieurs pièces du répertoire, l'É- 
toile du Nord, V Ambassadrice, Galatée, le 
Songe d'une nuit d'été, et mit le comble à sa 
renommée par sa création de Dinorah du Pardon 
de Ptoërmel, bientôt suivies de celles qu'elle fit 
dans C hdteau-Trompette et dans Zilda. En 
1863, M"*' Cabel retourna au Théâtre-Lyrique 
pour jouer Peines d'amour, traduction de Cosi 
fan tutte, de Mozart, puis elle revint à l'Opéra- 



138 



CABEL — CAFARO 



Comique établir le rôlede Pliiline dansla Mignon 
fie M, Anibioise Thomas. Peu aprè>, elle quitta 
Paris, et depuis lors elle a donné des représen- 
tations en province, en Belgique, et à l'Opéra- 
Comique de Londres, où, en 1872, elle a obtenu 
de très-grands succès. 

* CABEZON (Féi.ix-Antoine). Dans les 
éphémérides de son CflieJirfano /t/slorico mu- 
sical pour 1S73, M. Soriano Fiiertes (i\e, d'une 
façon précise, la date de la naissance de cet ar- 
tiste au 30 mars 1510, et celle de sa mort au 26 
mars 1566. 

CABO (FiiANcisco-JAviER), or2;aiiiste et com- 
positeur espagnol, naquit àNagiiera (province de 
Valence) en 1768. Il étudia le solf'ge, l'orgue et 
la composition à la maîtrise de l'église métropo- 
litaine de cette ville, et eut terminé de bonne 
beure son éducation musicale, car il était très- 
jeune lorsqu'il fut nouurié organiste de l'église de 
Santa-Calaiina , puis de la cathédrale d'Orduiela. 
Doué d'une excellente voiv , il obtenait, en 1810; 
une place de chanteur à la chapelle de la calhé- 
draledeValcnce, et devenait en 1816 organiste et 
en 18J0 maître île la chapelle de cette église. Il 
n'occupa ces dernières fonctions que pendant deux 
années, car il mourut en 1832, âgé de soixante- 
quatre ans. Cabo lut, dit-on , un des artistes les 
plus distingués de l'école de Valence; ses compo- 
sitions nombreuses , qui consistent en messes , 
vêpres , motets , psaumes et autres |)ièces de nui- 
.sique sacrée , se font remarquer |)ar un véritable 
caractère religieux, par une réelle élégance, par 
la spontanéité de rins|)iration et la simplicité du 
dessin mélodique. 

CABRAL (Antomo-Lopes), musicien portu- 
gais, naquit à Lisbonne en 1634 , et entra assez 
jeune dans l'ordre militaire du Cbiist; il fit en- 
suite partie de la chapelle royale sous D.Alfonso VI 
et D. Pedro II, en qualité de chantre. Après avoir 
occupé successivement plusieurs charges impor- 
tantes dans le célèbre couvent du Christ à Thomar 
et plus tard à Ponte de Lima , il retourna à Lis- 
bonne, oii il mourut en 1698. 

J. DE V. 

CABR.VL (Camillo), musicien portugais, 
vivait au wni"^ siècle. Le gouvernement du roi 
D. José 1" lui fournit les moyens de faire ses étu- 
des en Italie, en com[>agnie d'autres artistes por- 
tugais de talent : les frères Lima et Joâo de 
Sousa Carvol ho {Voyez, ces noms), Il fit ses étu- 
des au Conservatoiie de Naples , et de retour en 
Portugal il obtint une place de professeur dans le 
Seminario patriarchal, qui était alors le meil- 
leur établissement de Lisbonne pour l'enseigne- 
ment de la musique. 

J. DE V. 



CACACE ( ), compositeur italien con- 
temporain, a fait représenter en 1854, sur l'un 
des théâtres de Naples, un opéra sérieux intitulé 
Elvira de'Coltradi. 

* CADAUX (JiSTiN). Cet artiste avait abordé 
la scène pour la première fois en donnant à Tou- 
louse, le 12 novembre 1834 , un petit opéra co- 
mique en unacie, Axel, qui fut fort bien accueilli, 
et dont les deux principaux rôles étaient tenus 
par deux chanteurs qui se firent plus tard une 
grande réputation, MM. Lafeuillade etMocKer. 

Quoiqu'il soit parvenu à se faire jouer à Paris, 
l'existence de Cadaux fut toujours médiocre et 
précaire. Il avait en portefeuille deux ouvrages 
qui ne purent jamais fitre représentés : le Violon 
de. Crémone, d'après un conte d'Hoffmann , et 
le Sicilien, d'après la charmante petite comédie 
de Molière, il devint organiste du temple protes- 
tant de la rue Chauchat , puis un instant chef 
d'orchestre d'une" troupe lyrique française qui 
alla s'établir à Londres sans succès. En 1864, il 
réorchestra la partition du Devin du village, de 
Rousseau , pour la reprise qui en fut faite au 
Vaudeville. Deux ans plus tard, à la mort de 
Leborne, il fut nommé chef de copie à l'Opéra , 
mais ne put conserver cet emploi , qui lui fati- 
guait trop l'esprit. Bientôt son cerveau s'affaiblit 
sensiblement, peut-être par suite des malheurs 
et de la misère , et son étal intellectuel devint tel 
que les artistes de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, 
émus de sa situation , se réuniient po\ir le faire 
entrer dans la maison de santé de Picpus, où il 
mourut le 8 novembre 1874. 

Kn 1872, l'Académie des beaux-arts avait attri- 
bué à Cadaux , avec divers autres artistes non 
musiciens, le prix fondé par M. Georges Lambert 
pour être décerné " à un homme de lettres, à un 
arti.Ue, ou à la veuve d'un artiste, comme mar- 
que publique d'estime ». Cadaux a publié quel- 
ques morceaux de musique légère pour le piano. 

C^LESTIiXUS ( ), moine-compositeur 

qui ilorissait en Allemagne, vers le milieu du 
xviii" siècle, est l'auteur de quelques concertos 
d'orgue qui ont été imprimés. Y. 

CAERVVARDEIX (Jonx), compositeur an- 
glais, vivait vers le milieu du xvii* siècle. En 
1640 il devint musicien de la chapelle de Char- 
les l'^'. Y. 

C^SAR (Jean-Michel), compositeur alle- 
mand, est connu par l'ouvrage suivant, imprimé 
à Augsbourg : Psalmi vespertini Dominici et 
Fesfivi. Y. 

* CAFARO (Pascal). A la liste des com- 
positions dramatiques de cet artiste, il faut 
ajouter il Natal d'Ai^ollo, représenté à Naples 
en 1775. 



CAFFI ~ CAGNIARD 



139 



* <".AFFI (François), célèbre'liistorien musi- 
cal , est mort à Pa()oue au mois de janvier ou de 
février 1874, laissant inédite nne Histoire du 
thédire. A la liste de ses écrits on doit joindre le 
suivant -. Délia vita e délie opère di Giammateo 
Asola, Padone, 18C2. 

CAGMARD DE LA TOUR (Cuarles, 
Ijaron DE), pliysicien distingué, né à Paris le 31 
mai 1777, successivement élève de l'éfole poly- 
teclinique et de l'école dos ingénieurs géograplies, 
consacra toute sa vie à l'étude des sciences, fut 
auditeur au conseil d'État , et en 1850 se vit élire 
membre de l'Académie des Sciences. Outre plu- 
sieurs inventions mécaniques, telles que celles 
du peson chronométrique, de la pompe filiforme, 
du canon-pompe, etc., et l'exécution de divers 
travaux d'art dont il fut cbargé comme ingénieur, 
on lui doit des progrès notables dans hs sciences 
physiques, principalement en ce qui concerne 
l'acoustique , et c'est uniquement en raison de 
ses tiavaux relatifs à cette dernière que son nom 
très -honorable trouve place dans ce dictionnaire. 
Sous ce rapport, il convient de citer en première 
ligne les remarquables expériences qu'il a faites 
sur le son à l'aide d'un instrument ingénieux 
inventé par lui et qu'il baptisa du nom de sirène. 
La sirène est devenue populaire parmi les sa- 
vants , et voici comment la décrivait un recueil 
spécial , le journal la Science, dans une notice 
consacrée à son auteur : 

«^Làsirène, qui datede 1819, est un instrument 
destiné à mesurer les vibrations de l'air qui cons- 
titue le son. Tous les physiciens la connaissent; 
il n'est même pas d'élève de collège qui ne l'ait 
vu fonctionner lorsqu'on fait des expériences 
d'acoustique. Voici sur quel principe s'appuyait 
M. Cagniard en confectionnant son appareil : si 
le son produit par les instruments est dû princi- 
palement, comme le croient les physiciens, à la 
suite régulière des chocs multipliés qu'ils don- 
nent à l'air atmosphérique par leurs vibrations, 
il semble naturel de penser qu'au moyen d'un 
mécanisme qui serait combiné pour frapper l'air 
avec la même vitesse et la même régularité, on 
pourrait donner lieu à la production du son. Tel 
est, en effet, le résultat qu'il a obtenu à l'aide 
de son procédé, qui consiste à l'aire sortir le 
vent d'un soufllet par un petit orifice, en face 
duquel on présente un plateau cii-culaire mobile 
sur son centre , et dont le mouvement de rotation 
a lieu soit par l'action du courant, ou par un 
moyen mécanique. Le plateau , dans la partie de 
la surface qui s'applique contre l'orifice , est percé 
obliquement d'un certain nondjre d'ouvertures 
rangées dans un même cercle concentrique à l'axe 
et espacées entre elles le plus également possible. 



Par le mouvement du plateau, ces ouvertures 
viennent se présenter successivement devant l'o- 
rifice qui se trouve ainsi à jour lors du passage 
de la partie évidée du plateau et recouvert im- 
médiatement après par la partie pleine qui lui 
succède. Ce courant , par le mouvement rapide 
du plateau , donne à Pair extérieur une suite ré- 
gulière de chocs qui produisent un son analogue à 
la voi\ humaine, et qui est plus ou moins aigu, 
selon que le courant fait tourner le plateau avec 
plus ou moins de vitesse (1). » 

En 1829, Cagniard de La Tour publia un Mé- 
moire sur le sifflement de la 6ouc/ie, travail qui 
lui servait à démontrer que , dans l'acte du siffle- 
ment , les lèvres agissent comme une ouverture 
tubulaire plus ou moins allongée , ouverture qu'un 
courant d'air sortant des poumons ou y rentrant 
traverse avec une certaine vitesse en frottant par 
intermittence les parois de ce coniiuit. C'est par 
les expériences faites à ce sujet que Cagniard de 
La Tour fut amené à considérer le larynx comme 
un instrument à anches, dans lequel l'air mis en 
vibration par le fi-oltement contre les lèvres in- 
férieures de la glotte viendrait choquer les lèvres 
supérieures et y formerait des sons plus intenses 
qu'il n'aurait pu produire en y arrivant directe- 
ment. Cagniard de La Tour disait à ce sujet, 
dans une notice publiée par lui-même sur ses tra- 
vaux (2) : — « Les ventricules qui sont entre les 
lèvres supérieure et inférieure ont une influence 
très-prononcée sur le timbre particulier que la 
voix humaine peut prendre. Le fond de l'arrière- 
bouche, qui peut se contracter et se dilater entre 
certaines limites , et la cavité buccale exercent 
aussi une action toute spéciale sur les sons que 
l'on émet, et font de la voix de l'homme un ins- 
trument à part , bien distinct de tous les autres 
instruments. Par des essais sur des individus vi- 
vants ayant des ouvertures à la trachée , M. Ca- 
gniard a pu reconnaître la valeur en atmosphères 
de la pression exercée par les poumons dans 
l'acte de l'émission de la voix , et , par des essais 
semblables dans le cas d'insufflation dans des ins- 
truments à vent, M. Cagniard a pu donner en 
nombres la pression exercée aussi dans ce dernier 
cas. L'étude de la résonuance des glottes , soit 
membraneuses , soit à élasticité de torsion , a 



(1) La Science, année 1857. Depuis lors, Cagniard de La 
Tour a fait diverses applications de son inventio;i pre- 
mière, et il a imaginé l.i sirène complexe à séries otidu- 
lees, la sirène u plateau épais, les sirènes à deux sons 
simultanés, etc. On peut consulter à ce sujet les Anna- 
les de physique et de chimie, ainsi que les Comptes ren- 
dus de l Académie des sciences. 

(5) N otice sur les travaux scicntiUquesdeM. Cagniard- 
Latour, Paris, impr. Bachelier, 1851, 10-4». 



140 



CAGNIARD — CAGNONI 



monfré que, pour qu'il y ail un son de produit 
avec une certaine rondeur et avec une certaine 
facilité, il faut que les deux lèvres de la glotte 
aient , en général, une tension différente. » Ca- 
gniard ne se contenta pas de ces observations po- 
sitives ; il voulut, à l'aide de larynx artificiels, 
faire des expériences sur la voix humaine, et à 
ce sujet Magendie écrivait ce qui suit , dans son 
Précis élémentaire de physiologie : « M. Ca- 
gniard-Latour a fait construire un jjetit appareil, 
véritable larynx artificiel, où deux lames minces 
de gomme élastique, tendues à l'extrémité d'un 
tube évasé , se touchent par l'un de leurs bords; 
quand on souffle doucement dans le tube, il se 
produit un mouvement d'anche semblable à celui 
du larynx, et conséqnemment un son qui a beau- 
coup danaloj:(ie avec la voix. Mais ce quil aurait 
été difficile de prévoir, pour que le son soit pur 
et qu'il se forme aisément , les lames doivent être 
inégalement tendues; par exemple, les sons 
qu'elles rendent isolément sont- ils à la (juinte 
l'un de l'autre, alors le son commun est la 
tierce. » 

On conçoit tout ce que de semblables expé- 
riences offient d'utile et d'intéressant au pouit 
de vue physiologique, et en ce qui concerne le phé- 
nomène de la production du son par le gosier liu- 
main. D'autres travaux sur l'acoustique de Ca- 
gniard de la Tour, soit utiles, soit ingénieux, ne 
présentent guère moins d'intérêt; je me bornerai 
néanmoins à les énumérer, car leur analyse m'en- 
traînerait trop loin : on trouvera , dans la Notice 
citée plus haut, des détails suffisants sur le mar- 
teau musical, sur Veffet sonore produit par 
les corps solides qui tournent avec une grande 
vitesse, sur la Fronde musicale, sur la Sirène- 
fronde, sur la nouvelle théorie des cordes so- 
nores, sur la résonnance des liquides, el une 
nouvelle espèce de vibration que l'auteur a 
nommée « vibration globulaire, » sur les effets 
du recuit et de la trempe sur le son produit 
par les solides, sur faction de Veau dans la 
production du 5o?i par Vair, enfin sur l'appa- 
reil pour tracer les vibrations d'un diapason. 
Ces divers travaux suffiraient pour assurer et 
légitimer la renommée du digne savant. Cagniard 
de la Tour est mort le 5 juillet 1859, à l'âge de 
quatre-vingt-deux ans. 

Ceux qui voudront se renseigner d'une façon 
plus étendue sur les travaux de cet homme dis- 
tingué pourront consulter, outre les ^Mémoires de 
l'Académie des Sciences , les écrits suivants : 
1° Notice sur les travaux de M. Cagniard- 
Latour, Paris, impr. Bachelier, 1851, in-4"; — 
2° Biographie de Cagniard de Lafour (signée 
Jacob et extraite du journal la Science), Paris, 



impr. Duhuisson, s. d. (1857), in-S"; — 3» Ins- 
titut impérial de France. Funérailles de M. le 
baron Cagniard de Latour. Discours de 
M. Becquerel, prononcé le jeudi 7 juillet 1859, 
Paris, impr. Didot (s. d.), in-4''; — 4" Notice 
des travaux du baron Cagniard de Latour, 
Paris, impr. Dondey-Dupré, s. d., in-4''. 

CAGA'OLA ( ), musicien italien, a fait 

représenter en 1854, sur l'un des théâtres de Mi- 
lan, un opéra bouffe intitulé il Podestà di Car- 
magnola. 

*CAGI\OJVI(.\NTOMo),run des compositeurs 
dramatiques favoris de l'Italie contemporaine, 
est né à Godiasco, dans la province de 'X'oghera, 
jjn 1828. Son père, docteur en médecine, ne s'op- 
posa pas à son penchant pour la musique, et le 
jeune Cagnoni, après avoir reçu pendant deux 
années des leçons d'un professeur nommé Felice 
Moretti, entra au Conservatoire de Milan, le 
2 mars 1842, pour y étudier le violon d'abord, la 
composition ensuite, et en sortit le 7 septembre 
1847. Placé d'abord sous la direction du contre- 
pointiste Ray, il acheva son éducation avec Frasi. 
Il était encore au Conservatoire lorsqu'il écrivit 
deux petits opéras, Rosalia di San Minialo et 
/ due Savfjnrdi, qui, je crois, ne furent pas re- 
présentés ailleurs que sur le petit théâtre r'e cet 
établissement. C'est encore au Conservatoire qu'il 
com|)osa son premier ouvrage impoitani. Don 
Bucefalo, qui fut représenté sur le théâtre Ue, 
de Milan, avec un succès auquel n'était pas étran- 
ger Iç fameux bouffe Botlero, qui, chargé du rôle 
le plus important, celui d'un vieux maître de 
( hapelle, y déploya, outre de rares qualités de 
chanteur et de comédien, un double lalent de 
])ianiste et de violoniste qui émerveillait le public. 
La |)artition du jeune maître, tout en manquant 
d'originalité, n'était pas d'ailleurs sans valeur, et 
faisait bien augurer de l'avenir d'un compositeur 
à peine âgé de dix-neuf ans. Ce qui le prouve, 
c'est qu'après trente ans écoulés , Don Bucefalo 
fait encore partie du répertoire de tous les théâ- 
tres italiens, et que le public ne cesse de l'ac- 
cueillir avec faveur. 

Une fois entré ainsi de plain-pied dans la car- 
rière, M. Cagnoni ne perdit point son temps, et 
dans l'espace de neuf années écrivit, toujours 
dans le genre bouffe ou semi-sérieux , qu'il n'a 
jamais abandonné, six ouvrages , dont un surfout, 
il Testamento di Figaro, obtint du succès. Ce- 
pendant, vers 1856, il interrompit sa carrièire 
dramatique pour accepter un emploi de maître 
de chapelle à Vigevano. Pendant quelques années, 
il ne s'occupa donc plus que de musique reli- 
gieuse, et l'on cite surtout, parmi ses meilleures 
compositions en ce genre , une messe funèbre qui 



CAGNONI — CAHEN 



141 



fut écrite pour l'anniversaire de la mort du roi 
Ciiarles-Albert et exécutée à Turin en 1859. 

Le i septembre lSG3, IM. Casnoni rentrait dans 
la lice et donnait à la Scala, de Alilan, il Vecchio 
délia Montagna, ouvrage qui était joué par le 
ténor Prudenza, le baryton Cotogni,et iaPHJinieri, 
cantatrice distinguée, et qui tut accueilli aussi 
froidement par la critique que par le public. Mais 
le compositeur devait prendre bientôt sa revanche 
avec l'éclalanl succès de Michèle Perrïn, qui 
fut représenté l'année suivante et qui, je crois, 
est le |)remier ouvrage donné en ttalie sous l'ap- 
pellation d'o/.e/'a comica. Le boulTe Bottero prit 
encore, en cette circonstance, une grande part 
au succès de son ami , mais l'œuvre du musicien 
n'en était pas moins fort remarquable. Depuis 
lors M. Cagnoni n'a guère connu que des succès, 
et ses derniers ouvrages , particulièrement Clau- 
dia, la Tombola et Papii Martin, ont tous été 
reçus avec la plus grande faveur. Il est juste de 
remarquer que le talent de M. Cagnoni s'affirme 
d'une façon indiscutable , et que ses qualités, qui 
consistent surtout dans la verve, la chaleur, le 
brio, l'action scénique, une gaîté franche et com- 
municalive avec laquelle viennent parfois con- 
traster des accents d'un sentiment tendre , mélan- 
colique et louchant, sont précisément celles de 
l'ancienne race musicale italienne. Sa musique 
est claire, facile, mélodique et correctement, 
sinon élégamment harmoni.^ée ; son défaut peut- 
être est dans l'uniformité des idéeset des rhythmes, 
et dans le procédé un peu banal de l'instrumen- 
tation. Mais ce défaut est, en somme, largement 
compensé par les qualités qui viennent d'être 
énumérées. 

Voici la liste complète des productions drama- 
tiques de M. Cagnoni • — 1" Rosulia di San 
Mlniulo, Milan, 18ij; — 2" / due Savojardi, 
Milan, 18iG ; — 3" Don Ducefalo, Milan, théâtre 
Re, 1847; — 4" Jl Teslamenlo di Figaro, id., 
id., 1848 ; — 5» Anwri e TrappoU', Gênes, th. 
Carlo Felice, 1850 (refait en partie, rinnovato, 
et joué à Rome, sous cette nouvelle forme, en 
18C7; ; — 6° La Valle d'Andoria, Milan, th. de 
la Canobiiina, isôl (remanié aussi et ainsi joué 
à Gênes en 1861); — 7° Gi)Y/M«, Milan, th. de 
Santa Radegonda, 1852 -, — 8» La Fioraia, Tu- 
rin, théâtre National, 1855 ; — 9° La Figlia di 
don Liborio, Gênes, th. Carlo Felice, 1856; — 
10° Il Vecchio délia Montagna, 4 actes, Milan, 
Scala, 4 septembre 1863;— ii" Michèle Peirin, 
3 actes. Milan, 7 mai 1864 (donné d'abord quatre 
fois sur le théâtre particulier de l'Académie des 
philodramatiques, au bénéfice des réfugiés hon- 
grciis et polonais, et représenté ensuite, avec les 
mêmes interprètes, M""'" Teresina Pozzi, Caterina 



Yalforta, MM. Archinti, Altini, Bottero, Tintorer 
et Anselmi , sur le théâtre de Santa-Radegonda) • 
— 12'' Claudia, 4 actes, Milan , th. de la Canob- 
biana, 19 mai 1866; — 13" La Tombola, Rome, 
th. Argentina , janvier 1869 (ouvrage tiré du vau- 
deville français la Cagnotte et merveilleusement 
joué, pour le rôle principal , par le bouffe Fiora- 
vanti); — 14° Un Capriccio di donna, Gênes, 
th. Carlo Felice, mars 1870 ; — 15° Papa Mar- 
tin, Florence, théâtre National , 1871 (tiré du 
drame français les Crochets du père Martin); 
16" Il mica di Tapigliano, Lecco, lo octobre 
1874. 

La carrière de M. Cagnoni n'a pas toujours été 
facile, surtout dans ses commencements, et ce 
n'est que depuis quelques années, à la suite de 
luttes énergiques, que l'artiste a conquis défini- 
tivement les faveurs du public. Voici ce que di- 
sait à ce sujet un critique italien, M. d'Arcais 
{Voije:^ ce nom), peu de temps après la représen- 
tation de la Tombola, une des œuvres les plus 
heureuses du compositeur -. « Aucun maître n'a 
éprouvé comme M. Cagnoni les caprices de la 
fortune. Après avoir débuté avec Don Bucefalo, 
un des meilleurs ouvrages du répertoire bouffe 
italien , il fut comme surfait parce brillant essai. 
Pendant beaucoup d'années il tâtonna et chercha 
sa voie , et la Fioraia, la Valle d^Andorra, il 
Vecchio délia Mo)i(agna ne furent point des 
tentatives heureuses. Quelquefois M. Cagnoni fut 
viaiment poursuivi par le mallieur, comme pour 
l'opéra Amori e Trappole, qui mériterait bien 
d'être repris plus souvent , et pour Claudia, par- 
tition très-élégante qui tôt ou tard devra repa- 
raître. M. Cagnoni doit être loué et cité comme 
un exemple , surtout pour sa persévérance. Il est 
resté sur la brèche, combattant valeureusement, 
et acquérant , comme Antée , une nouvelle vigueur 
chaque fois qu'il touchait la terre. Maintenant en- 
fin il commence à recueillir le prix dû à sa cons- 
tance. C'est que le théâtre peut être comparé à ces 
femmes un peu fantasques, qui aujourd'liui vous 
font entrevoir le troisième ciel et demain vous 
repousseront jusque dans l'enfer.... » 

Les derniers succès de M. Cagnoni lui ont créé 
dans sa patrie une grande situation artistique; il 
est juste de remarquer pourtant que ses œuvres 
et son nom n'ont pas réussi jusqu'ici à forcer les 
frontières ni. à s'épandre au dehors. En ce qui 
concerne la France, particulièrement, un seul 
ouvrage de M. Cagnoni y a été représenté : c'est 
Don Bucefalo, joué il y a une dixaine d'années 
à notre Théâtre-Italien et accueilli avec réserve 
par le public. 
CAIIEN (Eunest), compositeur et pianiste, 
I né à Paris le 18 août 1828, a fait ses éludes au 



U2 



GAHEN 



CAMBERT 



Conservatoire de cette ville, on il obtint en 1845 
un premier accessit d'harmonie et accompagne- 
ment, et le premier prix en 1847. Deux ans 
après, en 1849, ayant pris part au concours de 
l'Institut, M. Cahen remportait le second grand 
prix de composition musicale. Cet artiste a fait 
représenter au petit théâtre des Fohes-Nou- 
velles, en 1858 ou 1859, deux opérettes en un 
acte, dont l'une avait pour titre le Calfat, et 
l'autre le Souper de Mezzeiin. A cette époque, 
il se livrait à l'enseignement. Depuis lors, il n'a 
point fait parler de lui. 

CAHEM (Albert), compositeur amateur, 
s'est fait connaître par l'exécution de fragments 
de deux œuvres importantes : Jean le Précur- 
seur, drame biblique (Concert National, 25 jan- 
vier 1874), et Endymion, pastorale mytholo- 
gique (Concert- Daubé, 19 janvier 1875). L'audi- 
tion de ces deux œuvres a révélé chez leur au- 
teur une main encore bien inhabile, et une ima- 
gination qui a grand besoin d'être réglée et as- 
souplie selon des préceptes sévères. Sous ce titre : 
Marines, M. Albert Cahen a publié un petit re- 
cueil de mélodies vocales avec acconq)agnement 
de piano (Paris, Hartmann). 

CAJAIXI ( ), compositeur italien, a fait 

représenter à Fojano, au mois rl'octobre 1874, 
un drame lyrique intitulé Vellèda. 

CALAIXDUO (Nicola), surnommé Frascia, 
compositeur napolitain, né dans la première 
moitié du dix-huitième siècle, est l'auteur de 
plusieurs ouvrages dramatiques. Je n'ai pu dé- 
couvrir aucuns renseignements biographiques 
sur cet artiste, et je connais seulement les litres 
des trois opéras suivants, qu'il a fait repré- 
senter à Naples , sur le tiiéàtre délia Pace : 
1° la Mogliere cadula , 1747; — 2° li Dis- 
plette d'ainmore (en société avec Logroscino), 
1748 ; — 3° lo Tutore innamoraio, 1749. 

CALDERONÏ ( ), compositeur italien, 

a fait représenter à Roveredo, dans le cours du 
mois d'octobre 1875, un opéra intitulé Merlino 
da Patone. 

CALEGARI (Giuseppe) , compositeur ita- 
lien, né à Padoue, est auteur d'un opéra intitulé 
Zenobia,- cet ouvrage était joué, mais non, je 
pense, pour la première fois, à Modène, en 1779. 

CALENTAIXO (LuiGi), écrivain italien, est 
auteur de l'opuscule suivant : Intorno alVarle 
del caniare in Ilalia nel secolo XIX, Naples, 
1867. 

CALIDO. — Deux facteurs d'orgues de ce 
nom ont eu quelque célébrité à Venise, entre 
le dix-huitième et le dix-neuvième siècle. — 
Calido le vieux construisit en 1761 le grand 
orgue de la basilique de Saint-Marc. — Caie- 



tan, son (ils et son élève, le surpassa de beau- 
coup en habileté. Les orgues de presque toutes 
les églises principales de Venise sont de sa 
facture; on cite entre autres, comme méritant 
une attention particulière, celles des églises de 
Sainl-Faustin et de l'ange Raphaël. — Calido tra- 
vailla beaucoup aussi dans la marche d'Ancône, 
et dans la seule ville de Fermo, on compte cinq 
orgues dont la construction lui est due. Toutes 
ces orgues sont construites d'après l'ancien sys- 
tème italien pour ce qui est de l'agencement des 
jeux, et manquent de tous les perfectionnements 
récents apportés au mécanisme de ces instru- 
ments ; mais elles .sont néanmoins remarquables 
par la beauté du son, la rondeur de leurs jeux 
de fond, et la juste proportion entre la force de 
ceux-ci et celle des jeux de mutation. Calido 
n'était pas prodigue dans ces orgues de petits 
tuyaux de /"oMmi^wre, ce qui donne à leurs grands 
jeux une harmonie douce qui les rend très propres 
à .se fusionner avec les voix dans la musique a 
cappella. On raconte de lui qu'il était très-ja- 
loux de .ses diapasons et de la composition de 
l'étoffe dont il faisait usage, de telle sorte qu'il 
travaillait tout seul à sa composition. Caïetan Ca- 
lido, déjà très-vieux, termina sa carrière d'ar- 
tiste vers 1818. Parmi .ses élèves, on compte 
Jacques Bassani, bon facteur vénitien, lui aus.si, 
mort en 1860. L. F. C. 

CAMAUER (GoDEFiiOiD) , compositeur, né 
à Berg-op-Zoom le 31 mai 182!^ montra debonne 
heure un goùl musical prononcé et fut placé au 
Conservatoire de Liège, où il fit ses études sous la 
direction de Daussoigne et Jalheau. Sonéiiucation 
musicale achevée, il s'établit à Huy, devint maître 
de chapelle de l'église paroissiale de cette ville, 
et s'occupa avec activité d'y propager le goût 
et l'enseignement de la musique ; dans ce but, il 
forma des classes gratuites de solfège, fonda une 
société de chant, une société d'amateurs, et, par 
tous les moyens en sou pouvoir, contriliua au 
plus grand développement de l'art. Connue com- 
positeur, M. Camauer a écrit une messe à 4 voix, 
une ouverture pastorale, dédiée au roi de Hol- 
lande Guillaume IH, un assez grand nombre de 
chœurs, et il a fait représenter à Huy, en 1856, 
un petit opéra comique, Grétry à Versailles, 
qui l'année suivante a été joué à Liège. 

* CAMBERT (Robert). Cet artiste fort re- 
marquable doit être considéré, au point de vue 
musical, comme le véritable fondateur de l'o- 
péra en France, de même que l'alibé Perrin 
{Voyez ce nom), son collaborateur, doit revendi- 
quer le même titre au point de vue littéraire. 
Cambert était un artiste de premier ordre, qui a 
été frustré par Lully de la gloire à laquelle il 



GAMBERT 



143 



avait droit, et qui aurait joué en France un rôle 
prépondérant si ce dernier ne l'avait dépossédé 
à son profit. On peut s'en rendre compte en étu- 
diant les fragments qui nous restent de ses deu\ 
opéras : Pomone, et les Peines et les Plaisirs 
de l'amour, l^ar malheur, Ballard n'a imprimé 
qu'une partie du premier, et le manuscrit qui 
nous reste du second (à la Bibliotiièque nationale) 
n'en contient guère que le quart. xMais ces frag- 
ments encore sont suffisants pour nous donner 
mie juste idée du génie de l'auteur (1). 

Cambert avait commencé par se faire une 
grande réputation comme compositeur de motets 
et de petits airs profanes à une ou plusieurs par- 
ties. « On peut dire (dit Boindin dans ses Lettres 
historiques sur tous les spectacles de Paris) 
que les premiers qui ont introduit un beau chant 
en France sont Boësset, Cambert, Bacilly et Lam- 
bert , et que ceux, qui ont commencé à le bien 
exécuter sont Nierz, M"'' Hilaire, la petite la Va- 
renne et le même Lambert. » Cambert se fit 
donc connaître, non-seulement par les motets 
qu'il écrivait pour le service de l'église de St-Ho- 
uoié, dont il était organiste, mais par des airs de 
cour, des morceaux de symphonie pour la mu- 
sique de la reine-mère, dont il était le surinten- 
dant, et par de nombreuses chansons à boire , 
genre si fort à la mode à cette époque. Dans le 
livre de l'abbé Perrin : Œuvres de poésie (Paris, 
1661, in-12), on trouve treize cliansons qui 
avaient été mises en musique par Cambert. 
Malheureusement, s'il produisait beaucoup, il 
publiait peu, et jusqu'ici l'on ne connaissait rien 
de lui en dehors du théâtre. J'ai eu la chance de 
découvrir, à la Bibliothèque nationale, un petit 
recueil in-18 oblong, imprimé par Robert Bal- 
lard en 1605, et dont voici le titre exact : Airs 
à boire, à deux et à trois parties , de Mon- 
sieur Cambert, maistre et compositeur de la 
musique de la Reyne Mère et organiste en 
Vécjlise collégialle de Saint-Honové de Paris; 
mais j'ai le regret de dire que la Bibliothèque ne 
possède que la partie de basse de ce recueil, et 
qu'on n'en peut, par conséquent, établir la valeur. 
Toutefois, j'en vais reproduire la préface, qui ne 
manque pas d' intérêt : — « Ayant plusieurs ou- 
vrages de musique à donner au jour comme 
motets, airs de cour, et airs à boire, il eust esté 
plus séant pour moy, et peut-estre plus avanta- 
geux de débuter par des motets, et par des piè- 
ces graves et sérieuses ; c'est aussi, lecteur, ce 



(1) Dans un travail très-important : Les vrais créa- 
teurt de l'Opcra français, Perrin et Cambert, publié 
récemment dans le journal le Ménestrel (1873-1876), et 
qui parai' ra prnchaincinent en volume, j'ai reproduit deux 
airs charmants tires de l'upéra dt Pomone. 



que j'aurois fait si je n'avois esté extrêmement 
pressé par quelques-uns de mes amis, de com- 
mencer l'impression avant que j'eus>e transcrit 
et mis en bon ordre mes motets, ce que j'ay fait 
pendant l'impression de ces airs. J'espère, lec- 
teur, qu'ils ne vous seront pas désagréables , et 
que la beauté des paroles sur lesquelles ils sont 
composez suppléera au deffaut de la musique, 
puis que la meilleur partie est do W. Perrin, que 
tout le monde reconnoît pour excellent et incom- 
parable pour la composition des paroles de mu- 
sique. Vous y trouverez quelques nouveautez 
singulières, et qui n'ont point esté pratiquées par 
ceux qui m'ont devancé, comme des dialogues 
pour des dames, et des chansons à trois , dont 
tous les couplets ont des airs différents; vous 
observerez aussi que la plu spart des airs à trois 
se peuvent chanter en basse et en dessus sans 
la troisième partie, et se jouer en symphonie 
avec la basse et le dessus de viole, ainsi que je 
l'ay pratiqué dans quelques concerts. » J'ai eu la 
fortune de découvrir aussi, dans une pièce du 
comédien Brécourt, acteur de la troupe de Mo- 
lière, pièce intitulée le Jaloux invisible et re- 
présentée au mois d'août 1666 sur le théâtre de 
l'Hôtel-de- Bourgogne , un morceau de Cambert 
dont la musique se trouve dans la pièce même, 
avec cette mention : Trio italien burlesque, 
composé par le sieur Cambert, maistre de la 
musique de la feue Reyne-mère. Ce trio, écrit 
sur des vers italiens de style un peu macaro- 
nique, est un intéressant essai de musique bouffe. 
En dehors de tout ceci, et malgré toutes mes 
recherches, je n'ai pu trouver d'autre musique 
de Cambert, soit imprimée, soit manuscrite. 

Tous les contemporains sont unanimes à faii'e 
l'éloge du talent de Cambert. Saint- Evremond, 
dans sa comédie : les Opéras, après avoir loué ses 
deux premiers ouvrages, la Pastorale et Po- 
mone, dit, en parlant de son Ariane : « La mu- 
sique fut le chef-d'œuvre de Cambert. J'ose (iire 
que les plaintes d'Ariane et quelques autres en- 
droits de la pièce ne cèdent presque en rien à ce 
que Baptiste (Lully) a fait de plus beau. Cambert a 
eu cet avantage dans ses opéras que le récitatif 
ordinaire n'ennuyoit pas, pour être composé avec 
plus de soin que les airs môme, et varié avec le 
plus grand art du monde. » Et plus loin : « Il 
avait un des plus beaux génies du monde 
pour la musique; le plus entendu et le plus 
naturel : il lui falloit quelqu'un plus intelligent 
que lui, pour la direction de son génie. J'ajou- 
terai une instruction qui pourra servir à fous 
les savans, en quelque matière que ce puisse 
être ; c'est de rechercher le commerce des lion- 
1 nêtes gens de la cour, autant que Cambert l'a 



144 



GAMBERT 



GAMERANA 



évité. Le bon goût se forme avec eux -. la science 
peut s'acquérir avec les savans de profession; 
le bon usage de la science ne s'acquiert que dans 
le monde. » De son côté, le rédacteur du Mer- 
cure galant s'exprimait ainsi, en annonçant la 
mort de Cambeil (avril 1677) : — « Le sieur 
Cauiberl est mort à Londr»'S, oii son génie estoit 
fort estimé. Il avoit reçu force bienfails du roi 
d'Angleterre et des plus grands seigm^urs de sa 
cour, et tout ce qu'ils ont veu de ses ouvrages 
n'a point démenfy ce qu'il a fait en France ; c'est 
à iuy que nous devons Télablissement des opéras 
que nous voyons anjount'buy; la musique de ceux 
de Pomone et des Peines et des Plaisirs de 
l'Amour estoient de Iuy; et depuis ce temp^-là 
on ii'a point veu de récitatif en France qui 
ait paru nouveau. C'est ce mesine Cambert 
qui a fait chanter le premier les belles voix que 
nous admirons tous les jours, et que la Gascogne 
lui avoit fournies; c'est dans ses airs que Madr- 
rnoiselle Brigogne a paru avec le plus d'éclat, et 
c'est par eux qu'elle a tellement charmé tous ses 
auditeurs que le nom de la petite Cliincne lui en 
est demeuré (1). Toutes ces choses font cou- 
noistre le mérite et le malheur du sieur Cam- 
bert; mais si le mérite de tous ceux qui en ont 
estoit reconnu, la Fortune ne seroit plus adorée, 
ou pour mieux dire on ne croiroit plus qu'il y 
en eust ; mais nous sommes tous les jours con- 
vaincus du contraire par des exemples trop 
éclatans. » 

Cette notice complémentaire, utile en raison 
des faits nouveaux que j'avais à produire, ne 
saurait s'étendre davantage. 

J'ai voulu seulement revendiquer en faveur 
d'un des nôtres, d'un Français, le rôle et le titre 
qui lui appartiennent de père et de fondateur de 
notre opùra national, et démontrer que c'est à 
lui, et non à Lully, que revient la gloire d'avoir 
créé notre scène lyrique. Si Lully, dont je ne 
veux pas d'ailleurs méconnaître le génie, a pu, 
grâce à ses intrigues , à son astuce, à sa ruse, 
à son habileté, déposséder Cambert de .son vi- 
vant, il est juste que la po.^térité rende enfin à 
celui-ci l'hommage qui lui est dû, et que, pièces 
en mains, elle acquière la preuve de sa rare 
habileté, de sa grande valeur et de son incontes- 
table talent. 

CAMBIAGGIO (Carlo). Un compositeur 
italien de ce nom a fait représenter sans succès, 
vers 1835, une farsa en un acte intitulée un 
Terno al Loflo. 

CAMBIASI (PoMPEo), conseiller provincial 
de Côme, est lils d'un' dilettante, Isidore Cam- 

(1) Du nom du rùle qu'elle remplissait dans les Peines 
et les Plaisirs de l'Amour. 



hiasi, qui lui a léguéson goût profond pour toutes 
les choses de la musique. M. Cambiasi est l'au- 
teur d'une utile publication faite par lui sous ce 
titre : Rappresentazioni date nei reati Teatri 
di Milano, 1778-1872. (Milan, Ricordi, 1872, 
in 4.) On trouve dans ce recueil chronologique 
la liste de tous les opéras et ballets représentés 
sur les deux théâtres de laScala et de la Canob- 
biana, avec les noms des libreltistes , des com- 
positeurs et des principaux interprèles, la date 
de représentation des ouvrages, et enfin tous 
les renseignements utiles pour établir l'histoire 
de la musique dramatique dans l'une des villes 
les plus importantes et les plus intéressantes 
de l'Italie sous ce rapport. Le père de M. Cam- 
biasi , qui avait |)ris naguère une part active 
à la fondation de la Gazzetta musicale de 
Milan, préparait, dit-on, les matériaux d'un 
grand ouvrage qu'il devait publier sous ce 
titre : IHanuale biografico- musicale; on 
assure que son fils veut réaliser ce projet, 
et qu'il veut tout au moins doter son pays 
d'un vaste Dictionnaire biographique des mu- 
siciens italiens. 

* CAMBINI (Jean-Joseph). Le répertoire 
dramatique de ce compositeur doit se compléter 
par les ouvrages suivants -. le Tuteur avare 
(trois actes). Colas et Colette (un acte), etleBon 
Père (un acte), tous trois représentés au petit 
théâtre des Beaujolais en 1788. Au mois d'août 
178i, il donna aussi, sur le théâlre particulier 
de l'hôtel de Montalembert , un opéra-comique 
en deux actes, intitulé la Statue. Enfin, il n'e.st 
pas sans intérêt de savoir que les paroles de 
son opéra les Trois Gascoiis avaient été écri- 
tes par lui. 

Carnhini ne fut pas seulement collaborateur de 
Tablettes de Polymnie ; dix ans avant la fon- 
dation de ce journal, il avait donné d'assez nom- 
breux articles à une autre feuille spéciale, la 
Correspondance des amateurs musiciens, de 
Cocatrix. 

CAMKRAIVA (Luigi), compo-siteur italien, 
chef d'orchestre du théâtre de Savoiie, né en 
Piémont en 1846, s'est fait connaître comme 
musicien dramatique par les ouvrages suivants : 
1" Patatrich e Patntrach, opérette bouffe en 
deux acte>, 1872 ; 2°, Don Fabiano dei corbclli, 
opéra bouffe en trois actes, théâtre Baibo, de 
Turin, 21 mai 1874 ; 3" Gabriella Chiabrera, 
opéra sérieux en quatre actes, Savone, 22 fé- 
vrier 1876. M. Camerana a écrit la musique d'un 
mélodrame, Alberto de Prussia, représenté en 
1875, et il a publié un grand nombre de mor- 
ceaux de musique vocale et instrumentale. 

J. D. F. 



CAMMARANO — CAMPENHOUT 



14c 



CAMMARANO (Liuci), compositeur dra- 
matique, né dans les premières années de ce siè- 
cle, a fait représenter quelques ouvrages qui de- 
puis longtemps déjà sont oubliés. Je ne connais 
les titres que de deux d'entre eux: i Ciarlatani, 
donné au théâtre du Fondo, de Naples, en 1839, 
et il Ravvedimento. Cet artiste était le frère 
d'un poète de talent, Salvalore Cammarano, qui 
prit en quelque sorte la succession de Felice 
Romani comme librettiste , et à (|ui l'on doit 
de nombreux livrets doperas mis en musique 
par Donizetti, Paclni, Mercadante, Coccia, Per- 
siani, M. Verdi et autres compositeurs : Poliulo, 
Maria di Rudcnz , la Vestale, il Trovuiore, 
Luisa Miller, gli Orazii e Curiazii, Saffo, la 
Fidanzata corsa, Belisario, Inez de Castro, 
Roberto Devereux, Maria di Rohan, Alzira, 
Cristina di Svezia, etc., etc. 

CAMPAJOLA (FiiANCESco) , compositeur 
et professeur, né à Naples le 8 mai 1825, com- 
mença dès Page de sept ans, sous la direction 
de Pasquale Mandù, l'étude du chant et du 
piano, puis devint élève externe du Conserva- 
toire , où il eut pour maîtres Y. Fiodo, Mario 
Aspa, Carlo Conli, Busti, Guglielmi et Merca- 
dante. Après avoir terminé son éducation musi- 
cale, il se livra à l'enseignement du piano et du 
chant, tout en s'occupant de composition. Outre 
une messe exécutée dans une église de Naples et 
diverses œuvres de .musique religieuse, outre 
plusieurs pièces vocales et instrumentales, on 
doit à M. Campajola deux opéras représentés à 
Naples : Papa Mulinotto,ell' Olimpo, et un troi- 
sième opéra, jusqu'ici inédit : Igilda. 

* CAMPANA (Fabio), compositeur et pro- 
fesseur, est depuis assez- longtemps fixé à Lon- 
dres, cil il continue sa carrière de compositeur 
tout en se livrant à l'enseignement du chant. Il 
a fait représenter en cette ville deux opéras ita- 
liens, dont l'un, Almina, avait pour principale 
inter|fi'ète la fameuse cantatrice Ml'e Piccolo- 
mini, et dont l'autre, Esmeralda, obtint un vif 
succès. Yoici, telle que j'ai pu l'établir, et sans 
la prétendre donner pour complète, la liste des 
ouvrages dramatiques de M. Campana : 1° Ca~ 
terina di Guisa , Livourne, 1838; — 2' Giulio 
d'Esté, Rome, th. Apollo, 1841 ; — 3" Vanina 
d'Ornano, Florence, th. de la Pergola, 1842; — 
4° Luisa di Francia, Rome, 1844 ; — 5° Al- 
mina. Londres, 1860; — 6° Esmeralda, Lon- 
dres. Mais M. Campana ne s'est pas borné à la 
composition dramatique, et il a publié en Italie, 
h] Paris, et à Londres, un grand nombre de ro- 
mances, canzonettes, mélodies vocales, duos, etc., 
parmi lesquels je citerai les suivants : Douze 
mélodies italiennes, Paris, Heugel (avec paroles 

BIOGR. UMIV. DES MCSICIENS. — SUPPL. — 



italiennes et françaises) ; la Fille de Bohême, 
la Première Violette, Si j'avais unecouronne. 
Toujours toi, le Soir, mélodies, Paris, Heugel ; 
la Rose d'' Avril, mélodie avec accompagnement 
de piano et violoncelle id., id. ; la Danza, duo, 
id., iiL; Dolce parola, duo, id., id.; Près de la 
mer, duo, id., id.; Heure divine, duo, id., id. ; 
Aimer, c'est vivre, duetto, id., id. ; De Pro- 
fundis, id., id. ; Rimembranze di Parigi (al- 
bum de 7 mélodies), Milan, Ricordi; Ricordo 
di Milano (album de G mélodies), id., id.; Sei 
Solfeggi per mezzo-soprano o contralto, id., 
id. ; Mazzelto di fiori (album de 7 mélodies), 
id. , id.; la Ninna nanna, canzone, id., id. ; al 
Chiaro di luna, id., id. ; Ave Maria, chant re- 
ligieux, id., id. ; Amo, ariette; Dante a Béa- 
trice; la Malinconia, romance; lo son con te, 
romance; T'amo ancora, Vorrei, Tuito per te, 
Si, etc., etc. 

CAMPAIVELLA (Francesco), compositeur 
et pianiste, est né à Naples le 30 septembre 1827. 
Élève du Conservatoire de cette ville, il y étudia 
l'harmonie accompagnée avec Gennaro Parisi, 
le contre-point avec Carlo Conti et la composition 
avec Mercadante. Sorti du Conservatoire en 1849, 
il se consacra à l'enseignement du chant et du 
piano, et devint, en 1855, second chef d'orchestre 
au théâtre Nuovo. Professeur dans un grand 
nombre de maisons d'éducation, M. Cainpanella 
a écrit et publié une assez grande quantité de 
compositions de divers genres, cantates sacrées 
et profanes, chœurs sans accompagnement, mé- 
lodies vocales, morceaux de genre pour le piano, 
etc. Il a pris part à là musique «l'un opéra bouffe, 
la Donna romantica, écrit par lui en société 
avec MM. Cuonomo, Ruggi et Valente, et re- 
présenté au théâtre Nuovo, de Naples, en 1858. 

CAiMPEGGI (Francesco), compositeur et 
l'un des meilleurs organistes de son temps, na- 
quit à Bologne à la (in du dix-septième siècle, 
et devint, à la mort de Floriano Arresli, orga- 
niste de l'église métropolitaine de cette ville. 
Reçu membre de l'Académie des Philharmoni- 
ques de Bologne en 1719, il en fut élu prince en 
1731. Campeggi fut ua maître de chant des plus 
renommés. 

* CAMPENHOUT (François VAN), chan- 
teur et compositeur. Deux compositions de cet 
artiste, écrites pendant son séjour à Rouen, 
n'ont pas été mentionnées dans la Biographie 
universelle des Musiciens. La première est une 
scène lyrique. Hommage à Corneille (paroles 
de Goujet), qui fut représentée sur le théâtre 
des Arts de cette ville, le 29 juin 1809; la se- 
conde est une cantate dont j'ignore le titre, et 
qui fut exécutée au même théàlre en 1811. Le 
T. h ' 10 



146 



CAMPENHOUT — CAMPS Y SOLER 



cahier de la Société libre dÉmulation <le Rouen 
du 22 juin 1811 mentionne cette cantate, dont 
Campenliout avait écrit à la fois les paroles et la 
musique. Campenliout était né à Bruxelles le 5 
février 1779, et mourut en cette ville le 24 avril 
1848. 

CAMPIAIM ( )r compositeur italien, 

esllauteur d'un opéra sérieux intitulé Bernabo 
Visconil. 

CAMPISIAXO ( ), compositenr, a 

publié quelques chansons et chansonnettes, et a 
fait représenter au petit théâtre des Folies-Ber- 
gère deu\ saynètes musicales dont voici les ti- 
tres : 1° rŒil de feu, un acte, 1872: 2° Àb- 
salon, un acte, 1875. 

Iv CAMPOS (JoAO-RiBEino DE ALMEIDA E), 
né à Vizeu (Portugal) vers 1770, fit ses études 
de théologie et de droit à l'Université de Coimbra 
et y étudia aussi la musique, car dans un traité 
sur cet art, publié en 1786, il se donne le titre 
de maître de plain-chant dans le séminaire épis- 
copal de Coimbra. Il fut appelé ensuite comme 
maître de chapelle à Lamego; il exerça en outre, 
dans ce diocèse, les charges de professeur et 
examinateur {exaininador) de plain-chant. 
Campos a fait imprimer : 1" Elementos de Mu- 
sica, Coimbra, anno 1786; pet. in-S" de vn- 
92 pages et une gravure. Le prologue de cet 
ouvrage porte le nom de l'auteur en entier, 
tandis que le frontispice ne cite pas le nom 
Campos ; T Elementos de Cantochdo, offere- 
cidos a S. A. R., etc. (offerts au prince-régent, 
plus tard Jean VI), Lisbonne 1800, petit in-i° 
de 71 pages. Ce traité a dû avoir un grand 
nombre d'éditions, car j'en ai vu une datée de 
1859, et pubhée à Porto. 

J. DE V. 

* CAMPRA (André). Dans son Diction- 
naire critique de biographie et d'histoire, Jal 
nous fait connaître un fait resté jusqu'ici ignoré, 
l'origine italieime de Campra. « André Campra, 
dit-il, naquit à Aix le 4 déi embre 1660, et fut 
baptisé le même jour, tils de Jean-François 
Campra, Piémontais d'origine, et chirurgien à 
Aix, et de Louise de Fabre. Jean-François Campra 
s'était marié le 25 février 1659, fils de feu Ruflin 
Campra et de Jeanne André, de Gaillet, diocèse 
de Turin (l). » 

■\"oici maintenant quelques renseignements 
.sur divers ouvrages de Campra. — Le pastiche 
arrangé par lui sous le titre de Fragments de 
Lullij et représenté avec un énorme succès le 



(1) Extrait des registres des insinuations de la scné- 
Cliaussee o'Aix, iiblii;eanimeiit communiqué par M. P. 
Uous, adjoint au maire de cette ville. {Aote de Jal.) 



10 septembre 1702, subit successivement plu- 
sieurs changements ; entre autres, on y ajouta, 
pour l'une des reprises qui en furent faites, un 
acte écrit tout entier par Campra, et ([ui portait 
pour titre la Sérénade vénitienne ou le Jaloux 
trompé; cet acte fut remis, seul, à la scène, le 
18 janvier 1731, sous son second titre. On a cru 
à tort que Télémaque était une production ori- 
ginale ; c'était encore un pastiche, ainsi que l'in- 
dique son titre complet : Télémaque ou les 
Fragments des modernes, et les éléments en 
étaient tirés des opéras suivants : Astrée, Énée 
et Lavinie, Canenle, de Colasse-, Arethuse, le 
Carnaval de Venise, de Campra; Circé, les 
Fêtes galantes, de Desmarets; iV/erfe'e, de Char- 
pentier ; Ariane, de Marais-, Ulysse, de Rebel 
père. Enfin, le Triomphe de V Amour était un 
ancien opéra de LuUy, que Campra rajeunit et 
refit en partie. On trouvera des détails très- 
précis sur Campra dans l'opuscule suivant : 
André Campra, par Arthur Pougin (Paris, 
impr. Chaix, 1861, in-8° de 23 p.). 

CAMPRA (Joseph), frèie du précédent, 
était chef d'orchestre du théâtre d'opéra à Mar- 
seille, en 1686, sous la direction de Pierre Gau- 
tier (V. Biographie universelle des Musiciens^ 
ï. III, p. 424). Ce fut à lui qu'arriva, dit-on, le 
plaisant incident que voici. Pierre Gautier refu- 
sait de payer son orchestre, sous prétexte qu'il 
ne savait pas son métier. Campra fit assigner 
son directeur en justice demandant à plaider lui- 
même sa cause. Les juges y ayant consenti, il 
fit exécuter par son orchestre une ouverture de 
Lulli, et eut un tel succès, que le tribunal con- 
damna Pierre Gautier à s'acquitter sur-le-champ. 
Après avoir prononcé le jugement, le président 
s'écria : « Huissier, appelez une autre cause, 
vous voyez bien que les parties sont d'ac- 
cord. » 

Al. R — d, 

CAMPS Y SOLER (Oscar), pidtiiste, 
compositeur et écrivain musical espagnol, est 
né le 2) novembre 1837 à Alexandrie (Egypte), 
où son père remplissait les fonctions de consul 
général d'Espagne. Ayant suivi sa famille en 
Autriche, il commença dans ce pays ses études 
littéraires, qu'il acheva plus tard à Florence 
dans un établissement religieux. C'est dans cette 
dernière ville que, ses dispositions musicales s'é- 
tant manifestées avec énergie, il devint l'élève 
de Doehier pour le piano; il fit de rapides pro- 
grès sous la direction d'un tel professeur, et le 
15 juillet 1850 il put donner son premier con- 
cert, dans lequel il reçut les aj)plaudissements 
du public et les félicitations personnelles de Ros- 
sini. Après ce premier essai de sou talent de vit- 



CAMPS y SOLER — CANOBY 



U7 



tuose, le jeune artiste se rendit à Naples, où il 
étudia le contre-point et la composition avec Mer- 
cadante. Il commença ensuite une série de voyages 
arfistiq'ies, visitant successivement l'Italie, la 
France, l'Ecosse et l'Espagne, et se faisant en- 
tendre avec succès dans ces divers pays. 
M. Camps y Soler se fixa ensuite en Espagne, 
sa patrie, et s'y consacra à l'enseignement, tout 
en s'occupant avec ardeur de travaux de compo- 
sition et de littérature musicale, et en prenant 
part à la rédaction de plusieurs feuilles artistiques 
espagnoles et italiennes. On doit à M. Camps y 
Soler une Teoria musical ilustrada, une Mé- 
iodo de Solfeo, un écrit intitulé Estudios filo- 
soficos sobre la musica, dont il a été fait une 
traduction en Italie, et la traduction espagnole 
du Grand traité d' instrumentation et d^or- 
chestration de Berlioz. Comme compositeur, ces 
artiste a écrit, outre un assez grand nombre de 
mélodies vocales et de morceaux de genre poin' 
le piano, une Gran Cantafa à trois voix qui a 
été exécutée à Madrid il y a quelques années. 

CANA"VASSO( ), compositeur italien, 

a fait représenter en 1875, à Milan, sur le Ihéâfre 
de Santa Radegonda, un opéra intitulé il Cac- 
ciatore. 

* CAMDOTTI (L'abbé Jean-Baptiste), 
maître de chapelle de l'église collégiale de Civi- 
dale, est mort en celte ville au mois de mars ou 
d'avril 1876. Cet artiste s'était fait une grande 
réputation comme compositeur de musique re- 
ligieuse. On lui doit un écrit intitulé : Sul ca- 
rattere delta musica da chiesa, jiensieri (Mi- 
lan, 1851, in-S"). Il a publié aussi, vers 1848, 
dans la Gazzetta musicale de Milan, une série 
d'intéressanis articles biographiques sur les mu- 
siciens du Frioul, sa province natale. 

CAA!EPA(L ), compositeur dramatique, 

a fait représenter à Milan, sur le théâtre Carcano, 
au mois de novembre 1872, son premier opéra, 
David Rizzio. Deux ans après, le 21 septembre 
1874, il abordait le théâtre de la Scala, de la 
même ville, avec un second opéra, intitulé i 
Pezzenli. 

CAJ\EVASSO ( ). Un musicien de ce 

nom a écrit la musique d'un ballet intitulé l'In- 
nocenza scoperta, qui fut représenté au théâtre 
de la Scala, de Milan, en 1784. 

* CAIVIS (Corneille). Un article consacré à 
ce musicien par Hellin, dans son Histoire chro- 
nologique des évéques et du chapitre exemt 
de Véglise cathédrale de Saint-Bavon , à 
Gand, fournit des renseignements jusqu'ici restés 
ignorés de ses biographes, et rectifie, notamment, 
la date de sa mort. Voici ce passage du livre 
d'Hellin : « Corneille Canis, dit d'Uont, était 



maître de musique de la chapelle royale de 
Cliarles-Quint, lorsquc-'le prévôt Luc Munich le 
nomma à cette prébende (la troisième i)rébende 
royale de l'église de Saint-Bavon, à Gand). Il en 
prit possession le 19 juin 1551, et dix ans après, 
le 15 février, il décéda à Prague, en Bohême, 
étant chapelain de l'empereur Ferdinand. » Ceci, 
on le voit, contredit formellement Guicciardini, 
d'après lequel Corneille Canis avait cessé de 
vivre en 1556. Selon M. Edmond Vander Straetea 
{la Musique aux Pays-Bas, t. 1'^'', p. 45), « on 
trouve des œuvres de Corneille Canis dans un 
recueil extrêmement rare, que M. Fétis n'a pas 
connu, et dont le titre est ; Evangelica Domini- 
corumetFeslorum dierummusicis numerispul- 
cherrimi comprehensa et ornata (Noribergae, 
Joan. Montanus et Ulr. Neuber, 1554-1556, in^" 
obi.). L'ouvrage forme 30 parties réunies en 6 
volumes. Corneille Canis est cité, au tome III, 
intitulé : Evangeliorum 4, 5, 6 et phtrium 
vocvm, continens de Trinitale, de Dedica- 
tione Templi, de Cœna Bomini; et au tome VI, 
portant pour inscription : Evangeliorum 4, 6 et 
8 votum, continens de Pœnitentia. » 

CAiXiVKTl (Francesco), compositeur, na- 
quit à Vicence en 1809. Issu d'une famille riche, 
il n'étudia d'abord la musique que pour son 
plaisir, et prit plus tard, à Bologne, des leçons 
de Pilotti, élève lui-même du P. Martini. Mais 
étant rentré dans sa ville natale, et ayant vu sa 
famille complètement ruinée par suite des bou- 
leversements politiques, il se vit obligé, pour 
vivre, de se livrer à l'enseignement de l'art qu'il 
n'avait cultivé que pour son agrément, et s'a- 
donna aussi à la composition. M. Canneti a écrit 
un opéra, Francesca da Rimini, qui a été re- 
présenté à Vicence, beaucoup de pièces de mu- 
sique sacrée, et il a publié une Messe funèbre 
(Milan, Lucca), un Tantum ergo à 6 voix (id,, 
id.), un Trattato di Contrappunto (Milan, Ri- 
cordi), des romances, etc. 

CAJ\0 ( ), guitariste espagnol contem- 
porain, a publié chez l'éditeur Romero y Andia, 
à Madrid, une Méthode complète de guitare, 
avec un traité d'harmonie. 

CANOBY (L -G ), compositeur, né 

vers 1830, a fait une partie de ses études musi- 
cales au Cl nservatoire de Paris, où il obtint, en 
1849, un accessit d'harmonie écrite. Devenu 
maître d : chapelle de l'église de Passy, cet ar- 
tiste se li ra à l'enseignement, et se fit connaître 
par un cjtain nombre de compositions. Après 
avoir fa représenter aux Bouffes-Parisiens, en 
1865, dcax opérettes en un acte, la Médaille, 
et un Drame en Vair, M. Canoby prit part, 
d'une façon très-distinguée, au concours ouvert 



148 



CANOBY — CAPECELATRO 



en 1867 pour la composilion de trois opéras des- 
tinés à nos trois grandes scènes musicales, l'O- 
péra, l'Opéra- Comique et le Théâtre-Lyrique. 
Avec un grand ouvrage très-important, intitulé 
la Coupe et les Lèvres, présenté par lui an 
concours du Tiiéàtre-Lyrique et dont le jury se 
montra tout particulièrement satisfait , M. Ca- 
noby obtint la seconde place tandis que le Ma- 
gni/i'jue, de M. Jules Philippot {Voy. ce nom), 
était classé au premier rang. 

CAi\OiXGIA (Ignacio), musicien portugais, 
était issu d'une famille de fabricants de soie de 
Manresa. Son penchant l'entraîna vers la mu- 
sique. On ignore où il fit ses études. Il .se trou- 
vait en 1793 à Lisbonne, lors de l'inauguration 
du théâtre de San-Carlos, et sut conquérir aus- 
sitôt par .son talent la place de première clarinette 
à l'orchestre dudit théâtre. 11 fut surpassé de 
beaucoup par son flls, qui est l'objet de la notice 
suivante. J- de V. 

CAKOXGIA (JosÉ-AvELi.No), virtuose dis- 
tingué sur la clarinette et compositeur pour son 
instrument, naquit à Oeiras, près de Lisbonne, 
de parents espagnols, le 10 novembre 1784. 
Il était attaché en 1838 au Conservatoire de 
musique de Lisbonne comme professeur de 
clarinette. Son talent était très-estimé, tant en 
Portugal qu'à l'étranger. 11 donna à Paris et à 
Londres des concerts qui furent très-suivis. Ses 
compositions, qui consistent en concertos avec 
accompagnement d'orchestre, fantaisies, varia- 
tions, etc., furent gravées, pour la plupart, à 
Paris et à Londres, grâce à la protection du cé- 
lèbre amateur comte de Farrobo ( Voy. ce nom). 
Canongia a formé plusieurs élèves distingués. Il 
est mort à Lisbonne, en 1842. J. de V. 

CAIXUTI (Giovanni- AiXTOMo), compositeur 
italien, né à Lucques, a fait représenter en 1724, 
sur le théâtre de cette ville, un opéra intitulé 
Rodelinda. 

* CAI\UTI (FiLippo), conseiller de préfec- 
ture, ancien directeur de la Gazzetta officiale 
de Turin, auteur d'une Vita di Stanislao 
Mattei, est mort à Forli, le 21 août 1866, âgé 
de 62 ans 

CAP (Paul-Antoine GR.\TACAP, dit), natu- 
raliste français, ancien pharmacien, membre as- 
socié de l'Académie de médecine de Paris et 
membre honoraire de celle de Belgique, s'est 
fait connaître par de nombreux travaux liisto- 
riques et analytiques sur les sciences naturelles 
et par des écrits littéraires de divers genres , 
qui lui ont valu des récompenses de l'Institut de 
France et de diverses Académies. Parmi les tra- 
vaux étrangers à l'objet particulier de ses études, 



il faut citer un Traité de musique en deux par- 
ties, qui a trouvé place dans l'ouvrage intitulé : 
Encyclopédie des connaissances utiles, Ins- 
truction pour le peuple. Cent Traités (Paris, 
Dubochet, deux feuilles in-8° de 16 pages cha- 
cune). Dans la première partie, l'auteur traite 
de la théorie de la langue musicale, du contre- 
point, de l'harmonie, de la fugue, de la compo- 
sition, enfin de l'esthétique de l'art; dans la se- 
conde partie, il fait un rapide résumé historique 
des diverses branches de l'art musical depuis 
l'antiquité jusqu'à nos jours, et termine par un 
chapitre sur le chant populaire (chant choral) et 
sur la méthode Wilhem. 

M. Cap, qui est né à Mâcon le 2 avril 1788, 
est l'éditeur, avec M. Emile Chastes, des Œu- 
vres choisies de Sénecé (Paris, Jannet, 1855, 
in-16), dans lesquelles on trouve, avec quelques 
notes utiles, la fameuse Lettre de Clément 
Marot à M. de ***, touchant ce qui s'est 
passé à l'arrivée de J.-B. de Lulli aux 
Champs-Elysées. 

CAPAIXIVA (Alessandro), mineur conven- 
tuel, compositeur, fixé depuis longtemps à Bo- 
logne, est né à Osimo, dans la province d'An- 
cône, le 10 mars 1814. Après avoir commencé 
l'étude de la musique, il prononça ses vœux à 
seize ans, et termina son éducation sous la di 
rection de divers professeurs. Le P. Capanna 
n'a pas écrit moins de 120 compositions reli- 
gieuses, parmi lesquelles on compte seize messes, 
des hymnes, vêpres, litanies, répons, etc., toutes 
exécutées, dit-on, avec succès. On lui doit aussi 
de nombreuses compositions vocales profanes, 
dont plusieurs ont été publiées, et deux opéras 
restés inédits : la Sposa d^Abido et Lodovico 
il Moro. 

* CAPECELATRO (Vincenzo), composi- 
teur dramatique, né à Naples en 1815, fut 
amené en France dès l'âge de cinq ans par sa 
famille, que les événements politiques de 1820 
avaient obligée d'émigrer. Il commença l'étude 
du piano sous la direction de sa mère, qui était 
bonne musicienne, et ses parents s'étant rendus 
à Rome en 1825, lui donnèrent en cette ville de 
bons professeurs. Étant retourné à Naples en 
1830, il fut admis au Conservatoire, y devint l'é- 
lève de Ruggi, et y reçut aussi des leçons de 
contre-point de Zingarelli. En 1834 , étant encore 
au Conservatoire, il écrivit une messe à huit 
parties réelles, avec chœurs et orchestre, puis, 
ayant terminé ses études, il publia bientôt (Na- 
ples, Girard) un album de mélodies vocales, quel- 
ques ariettes, des duos et des quatuors. 

Capecelatro ayant épousé une jeune fille de 
famille noble, M"' Irène Ricciardi, poétesse dis- 



CAPECELATRO — CAPOUL 



i49 



tinguée, fille de M. Ricciardi, comte de Camal- 
doli, écrivit une opérette bouffe, la SoffUa degli 
Arfisti, dont sa femme lui avait tracé le livret 
d'après un vaudeville français, la Mansarde des 
artistes, et fit représenter 'ce petit ouvrage en 
présence de la cour en 1837, sur le théâtre de 
l'Académie pliilarmonlque de Naples. Quelques 
années après, Capecelatro venait s'établir à Pa- 
ris avec sa femme, y publiait un album de chant 
intitulé Échos de Sorrente, des mélodies vo- 
cales séparées, et donnait des leçons de chant. 
De retour dans sa patrie, il faisait représenter 
au théâtre San-Carlo, de Naples, un opéra sé- 
rieux intitulé Morlcdo, qui était ensuite repro- 
duit à la Scala, de Milan. Cet ouvraj!,e fut suivi 
de Davide Bizzio, opéra sérieux donné à ce 
dernier théâtre, et de Gastone di Chanley, ou- 
vrage dont sa femme lui avait fourni le livret, 
et qui fut joué, je crois, à Palerme, puis à Flo- 
rence, à I^errare et dans d'autres villes. Capece- 
latro a publié à Paris deux albums de chant, 
les Murmures de VOrèthe, et Quisisana, à 
Vienne un autre album intitulé ^^5 Veillées de 
Baden, et en Italie divers recueils et un nom- 
bre considérable de morceaux de chant sépan'vs. 
Quelques-unes de ces compositions ont obtenu 
beaucoup de succès et sont devenues popu- 
laires. Capecelatro est mort à Florence, le 7 oc- 
tobre 1874. 

* CAPELLETTI (Charles). A la liste des 
opéras de ce compositeur, il faut ajouter celui 
qui porte pour titre la Capanna moscovila. 

* CAPI:LLI. Voyez CAPELLO. 

CAPELLO (L'abbé Jean-Marie). Aux ou- 
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut 
ajouter une pastorale intitulée Eiidamia. 

* CAPOTOR'I'I fLouis), compositeur dra- 
matique, naquit à Molfetta en 1767. Admis au 
Conservatoire de Saint-Onofrio, à Naples, au 
mois d'avril 1 778, il y devint l'élève de Nasci pour 
le vioion, de Giuseppe Millico pour le contre- 
point, et de Piccinni pour la composition. Sorti 
du Conservatoire en 1796, à l'âge de 29 ans , il 
songea aussitôt à se produire, et débuta par une 
far sa intitulée glï Sposi in rissa, qu'il donna 
au théâtre Nuovo, de Naples. On connaît la liste 
de ses autres ouvrages, auxquels il faut ajouter 
gli Oraziied i Curiazii, repiésentés au théâtre 
San-Carlo, de Naples. Nommé en 1811 exami- 
nateur des élèves du Conservatoire, Capotorti 
était devenu le mailre de chapelle à la mode 
dans les monastères de Naples, à Sainl-Domi- 
nique, à Saint-Vincent, à Sainte-Thérèse, pour 
lesquels il a composé un grand nombre d'œuvres 
de musique religieuse; il a fait aussi de bons 
élèves, parmi lesquels il faut surtout citer Pa- 



ves!, artiste fort distingué. Capotorti s'é- 
tait retirédans sa vieillesse à San-Severo, dans la 
Capitanate; c'est là qu'il est mort eu 1842. 

CAPOUL (JosErn-AMÉDÉE-VicTon), est né 
à Toulouse le 27 février 1839, et fit, je crois, ses 
premières études musicales à la maîtrise de cette 
ville, qui est considérée comme une excellente 
école. Admis au Conservatoire de Paris en 1859, 
il y devint élève de Révial pour le chant, et 
de Mocker pour l'Opéra-Comique ; il fut admis 
aux concours dès l'année suivante, obtint un se- 
cond prix de chanl et un second prix d'opéra-co- 
mique, et en 1861 remporta le premier prix d'o- 
péra-comique. Il fut engagé aussitôt au théâtre 
de rOpéra-Comique, où il débuta assez modes- 
tement, au mois d'août de la même année, dans 
le rôle de Daniel du Chalet. Il reprit ensuite 
quelques rôles du répertoire courant, entre au- 
tres celui de Tonio de la Fille du Régiment, 
fit plusieurs créations dans des ouvrages d'im- 
portance secondaire, la Colombe, les Absents, 
la Grand'Tante, puis se distingua dans plu- 
sieurs reprises , entre autres dans celle de la 
Part du Diable. Sa jolie voix, d'un timbre flat- 
teur et charmant quoique parfois un peu faible, 
son chant expressif bien qu'un peu maniéré, son 
physique aimable, sa réelle intelligence de la 
scène, le firent bientôt prendre en affection par 
le public, et surtout par la partie féminine des 
spectateurs. Le rôle de Vert-Vert dans la pièce 
de ce nom le mit en complète évidence, et la 
façon vraiment remarquable dont il joua et chanta 
celui de Gaston de Maillepré dans le Premier 
jour de bonheur, d'Auber, mit le comble à sa 
jeune renommée. 

Pourtant, les grands succès qu'il obtenait à 
rOpéra-Comique, non plus que la situation bril- 
lante qui lui était faite à ce théâtre, ne purent 
retenir M. Gapoul en France. Les chanteurs 
d'aujourd'hui sont ainsi faits qu'ils ne peuvent 
tenir en place, qu'ils sacrifient tout à la question 
d'argent et qu'ils se donnent sans hésiter au plus 
fort enchérisseur; l'amour du lucre a remplacé 
l'amour de l'art, et l'on risque ses moyens et sa 
santé dans des voyages invraisemblables, à tra- 
vers les climats les plus divers, pour gagner ra- 
pidement, au prix de mille fatigues, une fortune 
colossale. M. Capoul fit comme tant d'autres, 
embrassa la carrière italienne, et partit pour l'é- 
tianger. 11 fut à New-York, ainsi qu'au théâtre 
de Drury-Lane, à Londres, le partenaire de 
M'"° Christine Nilsson,et se produisit avec succès 
dans quelques rôles de demi caractère, jouant 
Faust, Mignon et Maria. En 1873, il vint chanter 
ce dernier ouvrage au Théàtre-Itahen de Paris, 
mais on put s'apercevoir déjà que la fraîcheur 



150 



CAPOUL — CARACCIOLO 



de sa voix frêle était entamée, et que celle-ci 
avait perdu en partie son charme pénétrant. 
Depuis lors, M. Capoul, qui, en ménageant ses 
forces, aurait pu acquérir à l'Opéra-Comique une 
renommée exceptionnelle, a continué ses exploits 
à l'étranger. Il ne revint en France que pour 
créer au Théâtre-Lyrique, à la tin de 1876, le 
rôle de Paul, dans le dernier ouvrage de M. Victor 
Massé, Paul et Virginie (1). 

CAPPA (Antonio-José), compositeur es|)a- 
gnol. En 1860, la Revue et Gazette musicale 
annonçait l'arrivée à Paris de cet artiste, en fai- 
sant connaître qu'il était auteur de plusieurs 
opéras italiens dont un intitulé Giovanna di 
Castiglia, et d'un oratorio qui portait pour titre 
il Diluvio. Sa femme, M""^ Munoz-Cappa, était, 
paiaif-il, une cantatrice distinguée. Je n'ai trouvé 
aucun autre renseignement concernant ces deux 
artistes. 

* CAPPUS (Jean- Baptiste). Il faut ajouter, 
à la liste des compositions de cet artiste, le Re- 
tour de Zéphire, divertissement, chanté à Dijon 
le 7 mars 1730. 

* CAPRAIMCA (M\TTEo). Au nombre des 
opéras écrits par cet artiste, il faut citer il Carlo, 
représenté au théâtre Nuovo, de Naples, en 173C, 
et l'Olindo, ouvrage composé en société avec 
Niccolo Conti, et donné sur le théâtre des Fio- 
rentini, de la même ville, dans l'automne de 
l'année 1753. 

CAPRAIVICA (Le marquis Domenico), no- 
ble dilettante italien, a écrit la musique d'un 
opéra intitulé Ulrico e Lida, qui a été repré- 
senté en 1862 à Rome, au palais Doria Pam- 
phili. 11 est aussi l'auteur d'un oratorio à trois 
voix avec chœurs, intitulé Isacco, dont on a pu- 
blié la partition pour piano et chant (Rome, li- 
thographie des Beaux- Arts). 

CAPUAXO (Giuseppe), compositeur de mu- 
sique religieuse et théoricien, est né à Naples le 
3 mars 1830, et a fait toutes ses études musi- 
cales sous la direction d'un professeur nommé 
Giuseppe Correggio. M. Capuano a écrit des 
messes et un grand nombre d'œuvres de musi- 
que sacrée, et il est l'auteur d'un grand traité 
général de luusique, intitulé u?i Nouveau Livre. 
Ce traité, divisé en quatre parties, contient les 
éléments de la musique, un cours d'harmonie, 
de contrFpoiut, de fugue et de composition, les 
règles de l'instrumentation, une série de 721 

(I) En 18fi4, tandis qu'il appartenait au pnrsonnci de 
rOpéra-Cunilque, M. Capoul parut, sous les traits du 
comte A mav va, dans quelques repré^pntalinns du Bar- 
bier de Seville données à la Porte-StMartin, qui, en 
Tertu du récent décret sur la liberté des tliéâtres, fai- 
sait une incursion dans le genre lyrique. 



basses à réaliser, 100 fugues à 2, 3 et 4 parties, 
et enfin une collection d'exercices pour l'intro- 
duction à l'étude du chant, précédés d'un opus- 
cule théorique sur la voix. 

CAPUTO (Michele-Carlo), pianiste, pro- 
fesseur et écrivain sur la musique, est établi 
depuis longues années à Naples, oii il se livre 
à l'enseignement et où il s'est fait le renom 
d'nn excellent professeur. Artiste fort instruit 
et d'une rare indépendance d'esprit, il s'oc- 
cupe en même temps de travaux littéraires et 
historiques sur son art. Les feuilletons de criti- 
que musicale qu'il publie chaque semaine dans 
le Giornale di Napoli sont justement remar- 
qués, et se distinguent par un grand sentiment 
de l'art, par la solidité des jugements, en même 
temps que par la courtoisie et l'urbanité de la 
forme. M. Caputo a publié en 1875 la première 
partie d'un Anmiario générale délia Musica 
(Naples, De Angelis, in-18), recueil très-intéres- 
sant et fait avec beaucoup de soin, dans lequel 
on trouve, avec de nombreuses et excellentes 
notices sur les musiciens italiens contemporains, 
des notes nécrologiques générales et des rensei- 
gnements utiles sur les institutions et les éta- 
blissements musicaux de l'Europe entière. Mal- 
heureusement, et j'ignore pour quelle raison, la 
seconde partie de cet annuaire n'a pas encore 
paru jusqu'ici. M. Caputo s'est fait connaître 
aussi par quelques compositions. 

* CAPUZZI (Joseph- Antoine). Je n'ai pu 
retrouver le titre d'aucun des opéras de ce com- 
positeur ; mais voici la liste de quelques ballets 
dont il écrivit la musique pour le théâtre de la 
Scala, de Milan : 1° Mafilde, ossia la Donna 
selvaggia, 1800; 2° Gustavo, re di Svezia, 
1804; 3" Aniore ingannato, 1807; 4° la Dis- 
fatta di Abderamo (en société avec de Baillou), 
1809. En 1787, il avait donné deux ouvrages du 
même genre : à Vicence, fno e Temisto, et à 
Ravenne, la Donna bizzarra. 

CARACCIOLO (Li ici), musicien italien, est 
né à Andria, dans la province de Bari, le 10 août 
1S49. Sa famille étant allée s'installer à Bari l'an- 
née suivante, c'esten cette ville qu'il commença, 
à l'âge de dix ans, l'étude de la musique. Admis 
en 1863 au Conservatoire de Naples, il y devint 
l'élève de Cesi pour le piano, de Carlo Costa 
pour l'orgue et l'harmonie, enfin de Carlo Couli, 
puis de Mercadante pour la composition. Après 
avoir fait exécuter au Conservatoire une can- 
tate intitulée Godefroid sous les murs de Jéru- 
salem, il quitta l'établissement, et se consacra 
à l'enseignement. En février 1874, M. Caiacciolo 
a fait représenter avec succès, sur le théâtre de 
Bari, Maso il Montanaro, son premier opéra. 



CARADORI-ALLAN — CARAFA DE COLOBRANO 



151 



*CARADORl-ALLAIV (M"><^), est morte 
à Surbiton (Angleterre), le 15 octobre 1865. 

* CARAFA DE COLORRAAO (Michel- 
Henri-François-Vincepct-Aloïs-Paiil) , compo- 
siteur d'origine italienne, naturalisé Français, 
naquit à Naples non le 28 octobre 1785, comme 
il a été (lit par erreur, mais le 17 novembre 
1787. Second (ils du prince de Colobrano , duc 
d'AIvito, qui lui-même était musicien et compo- 
siteur d'église ou de chambre assez distingué, et 
de Teresa Beinbo, qui épousa en secondes noces 
le prince de Capranica, Carafa était, dit-on, pa- 
rent de l'amiral Caraccioli, dont la fin (ut si tra- 
gique, et qui, par un ordre infâme du roi Ferdi- 
nand I"', fut pendu à une vergue de son vaisseau. 

La naissance de Carafa le destinait au métier 
des armes. Il était donc officier dans l'armée na- 
politaine lorsqu'il fut fait prisonnier par nos sol- 
dats au combat de Campo-Tenese, en 1806. 
Doué d'un physique plein de grâce et d'élégance, 
excellent cavalier, il plut à Murât, qui se l'at- 
tacha comme écuyer particulier. C'est en qualité 
de lieutenant de hussards de son nouveau roi 
qu'il fit l'expédilion de Sicile, où il gagna les 
épaulettes de capitaine; puis, en ,1812, il le sui- 
vit comme officier d'ordonnance dans la cam- 
pagne de Russie, et là fut fait chef d'escadron et 
chevalier de la Légion d'honneur. 

Lorsque les événements de 1814 l'eurent rendu 
à la vie civile, Carafa, qui avait sérieusement 
étudié la musique dans sa jeunesse, songea à 
utiliser ses talents, et quoique riche, d'amateur 
voulut devenir artiste. Il avait d'ailleurs fait 
jouer à Naples, en 1802, par des amateurs, un 
petit opéra intitulé il Fantasma, eten 1811 il 
avait produit sur le théâtre du Fondo un ou- 
vrage plus important, il Vascello VOccidente. 
Il se mit donc à écrire divers opéras pour les 
théâtres de Naples, de Milan et de Venise, puis 
vint se fixer à Paris, qu'il ne quitta plus guère 
que pour faire un court voyage à Rome, où il 
donna un grand nombre d'ouvrages, aujourd'hui 
tout à fait oubliés. Élu membre de l'Académie 
des Beaux-Arts en remplacement de Lesueur 
(1837), il fut nommé l'année suivante directeur 
du Gymnase de musique militaire, et professeur 
de composition au Conservatoire en 1840. Pen- 
dant les dix-huit années qu'il conserva sa classe 
du Conservatoire, il forma un grand nombre 
d'élèves, parmi lesquels MM. Roger, Mertens, 
Chariot, Vaucorbeil, Emile Jouas, Jean Conte, 
Faubert, Philippot, Prumier, Edmond Membrée, 
Emile Pessard, Pilievesse, Laurent de Rillé, etc. 

Voici une liste, dressée par moi avec beau- 
coup de peine, des productions dramatiques de 
Carafa. Je la garantis exacte et complète en ce 



qui concerne ceux de ses ouvrages représentés 
en France, mais je n'en saurais dire autant pour 
ceux qu'il a donnés en Italie, car les Italiens se 
sont montrés jusqu'à 'ces derniers temps si peu 
soucieux, si peu soigneux sous ce rapport, qu'il 
est impossible de trouver chez eux des docu- 
ments non pas même complets, mais à peu près 
exacts et tant soit peu détaillés. Quoi qu'il en 
soit, voici pour ce qui se rapporte à la carrière 
italienne de Carafa : 1" Il Fantasma, ooerâ 
semi-seria en 2 actes, Naples, vers 1802 ; 2» t„ 
Vascello VOccidente, sérieux, 2 actes, Naples, 
Fondo, 1811; 3° laGelosiacorretta,oss'\a Ma- 
riti, aprilegli occhi, semi-seria, 2 actes, Naples, 
Fiorentini, 1 815 ; 4° Gabriella di Vergy, sérieux, 
3 actes, Naples, Fondo, 3 juillet 1816; 5° IJîge- 
nki in Tauride, sérieux, 2 actes, Naples, San- 
Carlo, 1817; &' Adèle di Lusignano, sérieux, 
2 actes, Milan, Scala, 27 septembre 1817; 
7" Bérénice in Siria, sérieux, 2 actes, Naples, 
San-Carlo, 1818; 8° Elisabetta in Dcrbyshire 
sérieux, 2 actes, Venise, 26 décembre 1818 J 
9° il Sacrifi&io d'Epito, sérieux, 2 actes, Venise, 
1819; 10° i Due Figaro, ossia il Soggetto di 
una commedia, bouffe, 2 actes. Milan, Scala, 
6 juin 1820; 11° la Capricciosa ed il Soldato, 
ossia î/n Momento di lezione , semi-seria, 

2 actes, Rome, 1823; 12° Eufemia di Messina, 
sérieux, 2 actes, Rome, 1823; iS" Abufar ossia 
la Famiglia Arabe, sérieux, 2 actes. Vienne, 
Théâtre Italien, 1823; 14° il Sonnambulo, se- 
mi-seria, 2 actes, Milan, Scala, 13| novembre 
1824; 15» Aristodemo; 16" gVItalici e gVln- 
diani. 

Voici maintenant la liste des opéras de Carafa 
représentés en France : 17° Jeanne d'Arc, 

3 actes, Opéra-Comique, 10 mars 1821 ; 18° le 
Solitaire, 3 actes, id., 17 août 1822 ; 19° [le 
Valet de chambre, 1 acte, id., 16 septembre 
1823; 20° V Auberge supposée, 3 actes, id., 

26 avril 1824; 21° la Belle au bois dormant, 
3 actes. Opéra, 2 mars 1825; 12° Sangarido, 
un acte, Opéra-Comique, 19 mai 1827; 23° il/a- 
saniello oa le Pêcheur napolitain, 4 actes, id., 

27 décembre 1827 ; 24° la Violette (en société 
avec Leborne), 3 actes, id., 7 octobre 1828; 
25° Jenny, un acte, id., 26 septembre 1829; 
26° le Nozze di Lamermoor, Théâtre-Italien, 
12 décembre 1829; 27° V Auberge d'Auray (en 
société avec Hérold), Opéra-Comique, Il mai 
1830; 28° l'Orgie, ballet en 3 actes. Opéra, 18 
juillet 1831; 29° le Livre de V Ermite, 2 actes, 
Opéra-Comique, 11 août 1831 ; 30° Nathalie ou 
la Laitière suisse (en société avec Gyrowetz), 
ballet en 2 actes. Opéra, 7 novembre 1832 ; 
31° la Prison d'Edimbourg, 3 actes, Opéra-Co- 



i52 



CARAFA DE COLOBRANO — CAREST 



mique, 20 juillet 1833; 32° ttne Jouino.e de la 
Fronde, id., 7 novembre 1833; 33° la Grande- 
Duchesse, 4 actes, id., ]C novembre 1835; 
34° Thérèse, 2 actes, id., 26 septembre 1838. 

Il faut encore ajouter, aux œuvres dramatiques 
de Carafa, un opéra sérieux italien, Tamcrlano, 
écrit en ! r22 pour le théâtre San-Carlo, de Naples 
et qui rc, fut point représenté ; deux cantates 
italiennes, (t'uvres d'extrême jeunesse, ilNaicde 
di Giove, et Achille e Deidamia; une scène lyri- 
que sur par. 'es françaises, Sœur Agnès ou la 
Religieuse ; l'i Marquise de Brin villiers, opéra 
comique en 3 ados, dont la musique fui composée 
par Auber, Batton, Berton, Blangini, Boieldieu 
Carafa. Cherul)ini,Hérold etPaër, c'est-à-dire par 
cinq musiciens français et quatre musiciens ita- 
liens, dont le dernier survivant fut justement 
Carafa (Opéra-Comique, 31 octobre 1831); les Pre- 
miers Pas, prologue en un acte, écrit pour l'ou- 
Terturo, de l'Opera-JNational (15 novembre 1847), 
par Adam, Auber, Carafa, Halévj; enfin les réci- 
tatifs et les airs de ballet écrits par Carafa, sur 
la demande même de Rossini, pour la traduction 
de Sétniramis faite par Méry et donnée à l'Opéra 
le 4 jijillet 1860. - Puis il faut mentionner quel- 
ques compositions religieuses; une Messn di 
gloric, à quatre voi\ ; une Messa di Requiem, 
écrite à Paris ; un Stabat Mater ; un Ave verum, 
pour ténor solo avec cluvurs et oichestre; et 
encore quelques œuvres de divers genres : trois, 
livres d'harmonies militaires, et des solos pour 
divers instruments à vent (tlùte, clarinette, haut- 
bois , basson ou cor) , avec accompagnement 
d'orcliestre. 

Caiafa est mort le 26 juillet 1872. Dès 1868, il 
avait fait don de tous les manuscrits autogra- 
phes ne ses œuvres à la bibliothèque du Con- 
servatoire de Naples, sa ville natale. Comme suc- 
cesseur de Carafa à l'Académie des Beaux-Arts, 
M. François Bazin a lu sur cet artiste, dans 
une séance particulière de celte compagnie, une 
Notice qui a été publiée par la librairie Firmin 
Didot (Paris, in-4°, 1873). 

CAlîASALI (Odoardo), compositeur ita- 
lien, né à Pise, vivait dans la première moitié 
du dix-huitième siècle, et fut maître de chapelle 
de la princesse de la Roccella. Cet artiste a fait 
représenter sur le théAtre délia Pace, à Naples, 
en 1736, un opéra bouffe dont le titre, leMbro- 
glie f/'nmwio/e, semble indiquer qu'il était écrit 
en dialecte. 

CARCANO (Raffaele), chanteur et com- 
positeur, né en 1806, fit son éducation mu- 
sicale à la maîtrise de la cathédrale de Milan. 
A l'âge de 18 ans, il fut admis dans la cha- 
pelle du roi de Sardaigne, où il resta jusqu'à 



sa mort, arrivée au mois d'octobre 1864. li 
s'essaya dans la carrière lyrique, mais il l'aban- 
donna presque aussitôt pour se consacrer entiè- 
rement à la musique religieuse, où d'ailleurs sa 
belle voix, son grand style et ses rares qualités 
musicales en faisaient, dit-on, un digne émule des 
meilleurs chanteurs dramatiques italiens. Har- 
moniste habile et contrapuntiste exercé, il a 
laissé, dans le genre rehgieux, un grand non\bre 
de compositions, qui, si elles ne brillent pas 
toutes par le génie de l'invention, prouvent du 
moins que Carcano avait été à bonne école et 
s'était nourri de saines études. 

CAlîELLI (Benjamino), compositeur, pro- 
fesseur et écrivain, né à Naples le 9 mai 1833, 
a fait au Conservatoire de cette ville toutes ses 
études musicales, ayant pour professeurs Lanza 
pour le piano, Parisi pour l'harmonie, Carlo 
Conti pour le contre-point, Dusiipour le chant, 
et Mercadanle pour la haute composition. Avant 
de sortir du Conservatoire, et dans l'un des 
exercices annuels de cet établissement, il fit exé- 
cuter une ouverture écrite par lui. Il se livra en- 
suite à renseignement du chant et à la comjio- 
sition, publia un grand nombre de mélodies vo- 
cales, et fit exécuter en 1864, au théâtre San- 
Carlo, pour une fête nationale, une ode-cantate 
qui fut fort bien accueillie. Professeur de chant 
aux écoles normales depuis 1873, au Conserva- 
toire depuis 1874, M. Carelli s'est fait connaître 
comme écrivain en publiant sous ce titre : Cro- 
naca d'unrespiro, un livre original, écrit dans 
le but de généraliser la connaissance de l'oigane 
vocal, et qui lui a fait décerner une médaille par 
le 7* congrès pédagogique italien. M. Carelli a 
publié aussi la première partie d'une méthode 
intitulée Z'/l;7e delcanto (Naples, Coltrau, 1873). 

CAIIEST, KAREST ou CAREEST 
(Josse), facteur de clavicordes et de clavecins, 
que l'on croit originaire de Cologne, naquit sans 
doute dans les dernières années du quinzième 
siècle, car dès l'année 1519 il était fixé à Anvers, 
où il se trouvait inscrit dans la gilde de Saint - 
Luc et devenait élève de Pierre Matihys. Il obtint 
la maîtrise en 1523. On ignore l'époque de sa 
mort, mais on sait qu il existait encore en 1558, 
car, quoique inscrit Vlans la gilde de Siunt-Luc, 
il n'en faisait pas encore partie comme sociétaire, 
et il fut au nombre des dix facteurs de clavecins 
qui, en 1557, sollicitèrent leur entrée simultanée 
dans la gilde, et virent agréer leur demande 
l'année suivante. Josse Carest est considéré 
comme le plus ancien facteur de clavecins d'An- 
vers. 

Un autre facteur du même nom, Gosuin Ca- 
rest, né à Cologne, évidemment parent de celui- 



CAREST — CARLINI 



153 



ci, et comme lui fixé à Anvers, fut reçu dans la 
bourgeoisie de cette ville le 9 mars 1530, et, 
comme lui aussi, fut au nombre des dix facteurs 
qui en 1557 demandèrent et obtinrent leur ad- 
mission dans la ghilde de Saint-Luc. 

CARLEZ (Jules-Alexis), com|iositeur et 
écrivain musical, né à Caen le 10 février 1836, 
reçut de son père, ancien chef de musique mili- 
taire sous le premier empire, ses premières le- 
çons, puis devint élève du Conservaloire muni- 
cipal de sa ville natale. Il étudia, dans cet éta- 
blissement, le piano et le violon sous la direc- 
tion de divers professeurs, puis s'attacha à la 
connaissance de la théorie de l'art, se formant 
seul à ce point de vue, par l'étude des maîtres 
et la lecture assidue des grands ouvrages didac- 
tiques. Une fois son éducation terminée, M. Car- 
iez, qui n'a jamais quitté sa \'ille natale, s'y 
voua à l'enseignement, et devint organiste de 
l'église Saint-Jean, où il exerce encore aujour- 
d'hui ces fonctions. Il se livrait aussi à la pra- 
tique du la composition, et publia successive- 
ment les œuvres suivantes : 1° Ave Maria pour 
ténor, soprano et chœur, avec^accompagnement 
d'orgue (Régnier-Canaux) ; 2° Venisancte spiri- 
tus, prose à 4 voix avec soliet orgue (id.); 3" le 
Vin de Jurançon, chœur à 4 voix d'hommes 
(Gambogi) ; 4° te Feu follet, id. (journal l'Or- 
phéon); 5° Chant du matin, chœur à 3 voix 
égales (Lory); 6° Insomnie, andante pour 
piano, op. 29, n" 1 (Jacquot) ; 7° Gais Propos, 
op. 29, n° 2 (id.); 8° Menuet pour piano, op. 39 
Gérard); 9" Trio pourpiano, orgue et violon, sur 
des motifs d'un opéra inédit, op. 45 (Choudens); 
enfin, plusieurs romances et mélodies vocales. 
Entre temps, M. Cariez s'occupait d'études lit- 
téraires sur l'art qu'il affectionnait, et publiait 
d'assez nombreux articles de critique et d'éru- 
dition musicale. C'est ainsi qu'il devint collabo- 
rateur du Moniteur du Calvados, du Ménes- 
trel, de la France musicale, de la Semaine 
musicale, de la Réforme musicale, de YÉcho 
des Orphéons. Ces travaux attirèrent sur lui l'at- 
tention de l'Académie des .sciences, arts et belles- 
lettres de Caen et delà Société des Beaux-Arts de 
la même ville, qui l'appelèrent dans leur sein. Il 
publia divers écrits sur la musique dans les Mé- 
moires de la première et dans les Bulletins de 
la seconde. Enfin, M. Cariez est auteur des opus- 
cules suivants : 1" Les Musiciens paysagistes 
(Caen, LeBlanc-Hardel, 1870, in-S") ; 1° Grinim 
et la musique de son temps (id., id., 1872, 
in-S") ; 3° Notices biographiques sur Angèle 
Cordier et Yvonne Morel (id.,id., 1873, in-S") ; 
4° VŒuvre d' Auber (\d., id., 1874, in-8°); 5° 
Auber, aperçu biographique et critique, la 



statue projetée, la cavalcade du 3 juin 1875 
(id., id., 1875, in- 18); 6" la Musique àCnen, de 
1066 à 1848 (id.,id., 1876, in-8") ; 7° te Chant 
de Guillaume de Fécamp et les maisons de 
Glosions (id., id., 1877, in-S"). Les travaux lit- 
téraires de M. Cariez se distinguent par l'exacti- 
tude des faits, l'élégance aimable de la forme, 
et l'ingéniosité des aperçus. M. Cariez est l'un des 
collaborateurs du supplément de la Biographie 
universelle des Musiciens. 

CARLINE, nom sous lequel a été connue 
l'une des actrices les plus charmantes et les plus 
accomplies qui aient paru à la Comédie-Italienne. 
Née vers 1758, elle débuta à ce théâtre le 31 jan- 
vier 1780, dans lerôle deLucette du Sylvain de 
Grétry, et dans celui de Lisette d'une comédiede 
Marivaux, l'Épreuve. Reçue aussitôt pension- 
naire, elle fnt admise dès l'année suivante au 
nombredes sociétaires, etilevint l'une des actrices 
favorites du public difficile de la Comédie. Fine, 
alerte, aimable, spirituelle, portant à merveille 
le travesti, elle élail aussi appréciée dans les 
rôles de pages qun dans ceux de soubrettes ou 
d'ingénues, et son talent souple, que venait com- 
pléter une voix charmante et bien conduite, se 
prêtait à tous les genres. Parmi les ouvrages 
dans lesquels les contemporains la citaient sur- 
tout comme supérieure, il faut mentionner Fan- 
fan et Colas, le Souper de famille, les Deux 
Petits Aveugles, Primerose, les Ailes de VA- 
viour. Carline fit partie du personnel de l'Opéra- 
Comiqne lors de la réunion, sous ce titre, des 
deux troupes de Favart et de Feydeau. Bien 
qu'occnpant la scène depnis près de vingt-cinq 
ans, elle avait conservé toute son influence et 
toute son action sur le public, lorsqu'elle prit 
sa retraite en 1804, avec la pension. Elle avait 
épousé Nivelon, danseur de l'Opéra, et se retira à 
Saint-Martin, près de Gisors, cù elle mourut le 
IG octobre 1818, âgée de près de soixante ans. 

CARLIA'I ( ), compositeur italien, est 

sorti vainqueur d'un concours ouvert en 1864, 
à Florence, pour la composition d'un opéra des- 
tiné à être représenté au théâtre de la Pergola. 
Cet ouvrage avait pour titre Gabriella di Fa- 
lesia, et fit en effet son apparition sur ce théâtre 
au mois de juin 1865. Le succès en fut absolu- 
ment négatif, comme il arrive souvent en ce 
qui concerne les ouvrages écrits dans de sem- 
blables circonstances. Celui-ci ne sortait pas, pa- 
raît-il, des banalités régulières qui, sur le papier, 
trompent toujours l'œil des juges les plus experts, 
mais qui, devant le public, seraient remplacées 
d'une façon singulièrement avantageuse par un 
peu de jeunesse et d'inspiration, la première fùt- 
elle un peu fougueuse, et la seconde parfois un 



154 



CARLINI — CARRER 



peu incorrecte et hardie. Bref, le nom de M. Car- 
lini retomba aussitôt dans l'ombre d'où il était 
sorti après la proclamation de sa victoire, et je 
ne saclie pas que depuis lors ce jeune compo- 
siteur ait trouvé l'occasion de se reproduire au 
théâtre. 

CARLOTTI (Gaetano), compositeur, né à 
Modène dans la première moitié du dix-neuvième 
siècle, a fait ses études musicales à Naples, d'où 
il revint dans sa ville natale pour y faire repré- 
senter, le 19 novembre 1853, un opéra-bouffe 
intitulé Rita. M. Carlotti s'est ensuite de nou- 
veau éloigné de Modène, et je ne crois pas qu'il 
ait abordé le théâtre une seconde fois. 

CARMINE ( ) est le nom d'un compo- 
siteur italien qui a vécu vers la tin du dix-sep- 
tième siècle, mais dont la carrière n'est guère 
connue. On conserve de lui, à la bibliothèque 
de Vienne, un manuscrit important : La Ninna 
Nonna , molette pastorale a 4 voci con vio- 
Uni, dont les ensembles, paraît-il, ne sont pas 
indignes d'être mis en comparaison avec ceux 
de Ha'iidi'l et de Bach. Y. 

CARAIOLO (Arcangelo), est l'auteur de 
l'écrit suivant : / Coristi (les Diapasons) fono- 
metrici per la precisione del temperamento 
armonicQ, Turin, 1873. 

CAROLIiXE (M"«). Une musicienne de ce 
nom écrivit la musique d'un opéra-comique en 
un acte, V Heureux Stratagème, qui fut repré- 
senté au théâtre Beaujolais le 19 août 178G. 

CAROÎM (Camille), compositeur, né à îRouen 
le 10 mars 1825, fit ses premières éludes musi- 
cales à la maîtrise de la cathédrale, où il entra 
en 1835. Admis au Conservatoire de Paris en 
1840, il y eut pour professeur de solfège M. Le 
Couppey, et se livra en même temps à l'étude 
du piano ; mais forcé de retourner à Rouen, il 
se mit alors sous la direction d'Amédée Méreaux, 
qui lui enseigna l'harmonie et la composition. 
M. Caron s'est définitivement fixé dans sa ville 
natale, où il se livre au professorat. 

Il a fait jouer, au théâtre des .\rts de Rouen, 
les ouvrages suivants : le Sergent de Ovis/re- 
ham, opéra-comique en un acte (mars 1863) ; — 
la Naissance de Boieldieu, grande scène lyri- 
que (15 décembre 1866) ; — le TrébucJiet, 
opéra-comique en un acte (17 décembre 1868). 
Il a publié chez les éditeurs Richault, Challiot, 
Choudens, Heugel, etc., une vingtaine d'œuvres 
légères pour le piano, et des romances ou mé- 
lodies, dont quelques-unes, telles que la Nuit, 
chantée par Ponchard, et A Soixante ans, inter- 
prétée par Poultier, ont eu du succès. M. Caron 
a écrit également des chœurs à quatre voix 
d'hommes, parmi lesquels nous remarquons la 



Saint-Jean d'été, le Chant des derniers Gau- 
lois, etc. Enfin, ses productions se complètent, 
jusqu'à ce jour, par quelques morceaux reli- 
gieux et deux marches pour orchestre, qu'il a 
fait exécuter au lycée de Rouen. 

J.-C— z. 

* CARPAM (Gaetano), a écfrit la musique 
des intermèdes d'une tragédie intitulée Senna- 
cherib, représentée à Rome en 1739. Les paroles 
de cette tragédie étaient en latin, tandis que le 
texte des intermèdes était en italien. 

* CARPEA'ÏIER (Adolphe-Clair LE), est 
mort à Paris le 14 juillet 1869. 

* C ARRARA (Giovanm-Michele-Alberto), 
ériidit du quinzième siècle, est l'auteur d'un livre 
scientifique dont un chapitre, le troisième, est 
consacré à la musique : De Chorcis Musarum 
(sive de scientiariiin origine). Cet écrivain na- 
quit à Bergame en 1438, et mourut le 26 oc- 
tobre 1490. On trouve une notice sur lui dans 
le recueil des écrits du compositeur Mayr : 
Biografie di scrittore e artisti musicali Ber- 
gnmasclû nativi od oriundi (Bergame, Pagnon- 
celli, 1875, in-4°). 

CiVRREA'O (Thérésa), pianiste et compo- 
siteur, naquit à Caracas, capitale du Venezuela, 
le 22 décembre 1853. Son père, qui était ministre 
des finances de la République de Venezuela, et 
qui, dans sa jeunesse, avait étudié la musique 
et le piano pour son agrément, ayant été forcé 
de s'expatiier pour cause politique et de se ré- 
fugier aux États-Unis, songea à tirer parti de 
.-^on tah nt comme professeur, et à lui demander 
des moyens d'existence. En môme temps il 
formait sa fille, qui devenait sa meilleure élève, 
et qui, dès l'âge de neuf ans, se faisait entendre 
avec un grand succès dans les grandes villes 
américaines, à New- York, à Boston, à la Ha- 
vane, etc. Ayant été présentée à Gottschalk, 
celui-ci fut charmé de ses dispositions, lui donna 
des leçons, et conseilla à son père de la con- 
duire et de la produire en France. Vers 1866, 
en effet, la jeune Thérésa Carreno arrivait à 
Paris, se faisait entendre d'abord dans quelques 
salons où elle fut fort bien accueillie, puis se 
produisit en public avec un véritable succès. 
Depuis lors, elle a beaucoup voyagé, et partout 
elle a été reçue avec la plus grande faveur. 
M"" Thérésa Carreno, qui a épousé il y a quel- 
ques années un jeune violoniste français, 
M. Emile Sauret, a publié un certain nombre de 
compositions pour son instrument. Son père, 
Manuel-Antoine Carreno , qui s'était livré à 
l'enseignement , est mort à Paris le 28 août 
1874. 

CARRER (........), compositeur dramatique 



CARRER — CARVALHO 



153 



dont j'ignore l'origine, est l'auteur de trois opéras 
sérieux italiens. L'un, intitulé IsabeLla d'As- 
pecco, a été donnéàCorfou en 1854 ; le second, 
ayant pour titre i/areo Botzaris,a été joué pour 
la première fois sur ie théâtre de Sira au mois de 
janvier 1867 ; je ne sais où ni quand a été repré- 
senté le troisième, qui est intitulé Dante e Bice. 

CARRERAS i( ), compositeur espa- 
gnol, a fait représenter au mois d'Avril 1868, à 
Madrid, sur le théâtre de Jovellanos, une zar- 
Zîcela en un acte intitulée la Fïrma del Reij. 

CARTIEK (Henri), compositeur, a fait re- 
présenter les deux opérettes dont les litres sui- 
vent : 1° V Homme entre deux âges, un acte, 
Bouffes-Parisiens, 6 mai 1862 ; 2° le Train 
des maris, un acte, Athénée, 25 décembre 1807. 

*CARULLI (Gl'st.we), professeur de chaut 
et compositeur, fils du fameux guitariste Ferdi- 
nand Carulli, naquit à Livourne le 20 juin 1801. 
Venu en France avec son père, il y étudia le 
piano sous la direction du polonais Mirecki, 
l'harmonie sous celle de Nicoio Isouard, et enfin 
eut pour maître de composition le célèbre Paër. 
En 1826, de retour en llalie, il faisait jouer au 
théâtre de la Scala, de Milan, un opéra-bouffe. 
Trois ans après il revenait en France, et cher- 
chait inutilement, pendant longues années, à 
faire représenter un ouvrage sur une de nos 
scènes lyriques. Perdant courage, il se rendait 
à Londres en 1845, et, après un séjour de quel- 
ques années en cette ville, venait se fixer défi- 
nitivement à Boulogne (Pas-de-Calais), qu'il n'a 
jamais quitté depuis, et oii ses leçons de chant et 
d'harmonie ont toujours été très-rechercliées ; c'est 
là qu'il a eu pour élève M. Alexandre Guilmant 
(Voyez ce nom), actuellement organiste de l'é- 
glise de la Trinité. Carulli, qui possédait na- 
guère une belle voix de ténor, et qui était un 
excellent accompagnateur, a publié un assez 
grand nombre de compositions et d'ouvrages 
didactiques : 1" Solfège à 1 et 2 voix (dont il a 
été fait cinq éditions) ; 2° Méthode de chant ; 
3° Recueil de vocalises pour les quatre principaux 
genres de voix (en 4 livres); 4° Vocalises à deux 
voix ; 5° Trois quatuors français et italiens ; C° 
Trois recueils de sérénades et morceaux pour 
quatre voix d'hommes ; 7° Plusieurs albums de 
chant; 8" enfin, quantité de romances et can- 
zonettes qui se font remarquer par l'élégance 
de la forme et une grande fraîcheur d'inspiration. 
Pendant dix ans, Carulli s'est occupé de musique 
instrumentale, et a écrit une assez grande quan- 
tité de trios pour piano, violon et violoncelle, et 
de quatuors pour instruments à cordes ; ces com- 
positions, que Rossini estimait particulièrement, 
n'ont pas été livrées à la publicité. Carulli est 



mort à Boulogne, au mois d'Octobre ou de No- 
vembre 1870. 

*CARUSO (Loiis). Aux ouvrages dramati- 
ques de ce compositeur fécond, il faut ajouter 
les deux opéras-bouffes suivants : il Marchese 
TuUpano, et Cosi si fa aile donne. 

Cx\RVALHO (.Io\o DE Sousa), compositeur 
dramatique, né à Lisbonne vers le milieu du dix- 
huitième siècle, fit ses études musicales en Italie 
avec les deux frères Lima, Cabrai, Joaquim d'O- 
liveira et autres, qui avaient obtenu des pen- 
sions du gouvernement de D. José I (1750-1777). 
La plupart de ces artistes obtinrent, de retour 
en Portugal, des emplois avantageux. Carvalho, 
le plus habile, fut nommé maître de musique de 
la famille royale aussitôt après la mort de David 
Ferez (1778). De 1769 à 1789, Carvalho fit re- 
présenter sur les théâtres de la cour, aux palais 
d'Ajuda et de Qneluz (résidence d'été), une 
douzaine d'opéras (1), pastorales, et cantates, 
des serenatas, etc., qui furent accueillis avec 
beaucoup d'éloges. La réputation de Carvalho 
se répandit même en Italie, où on a repré- 
senté quelques-uns de ses meilleurs opéras. On 
ne connaît pas au juste la date de sa mort, mais 
il a dû vivre jusqu'en 1793, car il publia en 
cette année beaucoup de morceaux de chant 
dans un Jornal de Modinhas {Recueil de mé- 
lodies pour la voix) de Lisbonne. Parmi ses 
élèves les plus distingués, il faut citer surtout 
Antonio Leal Moreira. 

J. DP. V. 

CARVALHO (Caroline FÉLIX-MIOLAN, 

épouse), une des cantatrices françaises les plus re- 
marquables de l'époque actuelle, est née à Mar- 
seille le 31 décembre 1827(2). Son père, hautboïste 

(I) Pour les litres de ces ouvrages, V. Musicos Portu- 
giieies, par Joaquim de Vascoiicellos, t. I, p. 41. 

(J) Au mois de mai 1S63, Bénédit {voyez ce nom], alors 
professeur au Conservatoire de Marseille et critique mu- 
sical du journal le Sémaphore, publiait dans un de ses 
fouilletnns, à propos des représentations données sur le 
théâtre de cette ville par Mme Carvalho, les lignes sui- 
vantes, qu'il n'est pas sans intérêt de reproduire : -< Dans 
l'un rie ces concerts spirituels que la Société des ama- 
teurs donnait jadis au Tliéitre-FrançMls (de Marseille), 
pendant la con'itructlon de la salle Thubaneau, on vit 
s'avancer sur l'estrade un jeune artiste, de bonne mine, 
tenant en main un cor anglais, sur lequel il enécuta un 
air varié de sa compusition. Le son agréable de l'instru- 
ment et la manière dont il fut Joué fixèrent l'attention 
de l'auditoiie et valurt nt un succès unanime à l'artiste 
inconnu, qui, chaleureusement applaudi, se retira satis- 
fait, non sans avoir promis de se faire entendre, une der- 
nière fois, avant d'aller reprendre son service, en sa 
double qualité de deuxième chef de musique dans les 
gardes du-corps et de professeur au Conservatoire. Le 
directeur du Grand-Théàire, M. Chapus, avait assisté au 
concert : séduit par le talent de l'artiste, aussi exercé 
sur le hautbois que sur le cor anglais (naturellement). 



456 



CAUVALHO 



distingué, avait qnitlé Paris [)0«r s'élalilir en 
cette ville, où il s'était créé une situation très- 
honorable et où il avait commencé l'éducalion 
musicale de ses trois enfants, Ainédée, Alexandre 
et la jeune Caroline. Celle-ci faisait entrevoir 
des dispositions tout exceplionnelles, et son père 
s'en montrait enchanté, lorsqu'il mourut dans 
toute la force de l'âge , laissant les siens sans 
appui. M°" Miolan, qui semblait comprendre 
l'avenir réservé à sa fille, suivit les conseils de 
quelques amis, et se décida à revenir se fixer à 
Paris avec sa jeune famille. C'est peu de temps 
après, en 1843, que M"*: Caroline Miolan, après 
avoir suivi un cours de solfège sous la direction 
d'un professeur particulier, et avoir commencé 
l'élude sérieuse du chant, fut admise au Con- 
servatoire, dans la classe de chant de M. Duprez. 
Elle y demeura jusqu'en 1847, année dans la- 
quelle elle obtint an concours un brillant pre- 
mier prix, en chantant l'air d'Isabelle de Robert 
le Diable. M. Duprez fut tellement enchanté de 
son élève qu'il n'hésita pas à la faire paraître au- 
près de lui, à l'Opéra, dans sa représentation de 
retraite, qu'il donna peu de temps après. Dans 
cette représentation, M''^ Félix-Miolan chanta le 
premier acte de Lucie de Lamermoor et le trio 
du second acte de la Juive. 

Cette première épreuve fut très- favorable à la 
jeune artiste, qui bientôt fut engagée à l'Opéra- 
Comique, où elle débuta, en 1849, d'une façon 
fort agréable. Sa voix pourtant, qui n'a jamais 
brillé par la puissance et la force, était alors 
bien mince et bien fragile, mais elle la conduisait 
déjà avec un goût rare, et suppléait à la vigueur 
par une excellente manière de phraser et d'arti- 
culer. Une remarquable création, celle de Gi- 

il lui fit des propositions tellement avantageuses, qu'an 
lieu de retourner à Paris, l'habile instrumentiste résolut 
de se fixer panui nous, comine premier hautbois, à l'or- 
chestre du Grand-Théâtre. Or, ce musicien de choix, qui 
préférait ainsi notre beau ciel marseillais au séjour de 
la capitale, était M. Félix-Miolan (François), père de 
Mme Miolan-Carvalho, Marseille fut donc le berceau 
de notre éminente cantatrice; elle y vint au monde rue 
Paradis, 16, au 3" étage de la maison voisine de cell( de 
M. Caviaux, luthier, et fut baptisée à l'éslise Siint-Fer- 
réol, ayant pour parrain son frère Amédée, mort naguère 
à la Nouvelle Orléans, où il était chef d'orchestre. » 

On a vu dans ces lignes que le père de Mme Carvallio 
était professeur au Conservatoire de Paris. Le tait est 
vrai, car dans le chapitre : Perxnnnel pir ordre alpha- 
bétique, de son Hittoire du Conservntoire, l.jissabathie 
a Rientionne son nom , sans l'accompagner d'ailleurs 
d'aucune date et d'aucune note. D'autre part, dans le 
chapitre où il donne, pour chaque année, la liste des 
professeurs en exercice, Lassabathie n'a pas retrouvé 
sous sa plume le nom de Miolan. Il me paraît résulter de 
ceci que Miolan avait été probablement nommé profes- 
seur suppléant (et honoraire) de hautbois, Vogt étant 
alors titulaire, et qu'il n'a jamais exercé. 



ralda, vint l'année suivante affermir sa situa- 
tion, et celle des Noces de Jeannette ne con- 
tribua pas peu à augmenter sa réputation. 
M"e Féliv-Miolan fit encore une création dans 
la Cour de Céltmène, de M. Ambroise Thomas, 
une autre dans le Nabab, d'Halévy, puis elle 
reprit plusieurs rôles du répertoire, entre autres 
celui d'Isabelle du Pré aux Clercs, qui mil le 
sceau à sa ré|)nt;ilioii, par la façon incomparable 
dont elle chantait la romance du premier acte et 
le grand air du serond. 

C'est à cette époque qu'elle épousa wn de ses 
camarades de rOpéra-Comique, M. Carvalho(l). 
Presque aussitôt celui-ci devint directeur du théâ- 
tre Lyrique, qui agonisait entre les mains de 
Pellegrin, ancien directeur du GrandThiâtre de 
Marseille, et auquel, par son intelligence, son 
activité et son goût artistique , il sut faire une 
destinée extraordinaircment brillante. M'"" Car- 
vallio suivit tout naturellement son maii,et, 
quittant l'Opéra-Comiciue, alla paraître sur la 
scène du Théâtre-Lyrique, où elle parcourut la 
plusmngnitique partie de sa cari ière. Klley débuta 
en 1856 dans un opéra de Clapisson, la Fan- 
chonnctte , où elle obtint un succès indescripti- 
ble, et créa ensuite la Reine Topaze, où la légè- 
reté de sa voix et sa virtuosité faisaient merveille. 
Mais le talent de M'"" Carvalho prit toute son am- 
pleur et se transforma surtout , au point de vue 
du style , lorsqu'elle aborda les rôles de Chérubin 
dans les Noces de Figaro, de Pamina de la Flûte 
enchantée, de Zerline de Don Juan et de Mar- 
guerite dans le Faust de M. Gounod. Alors, et 
sans que la virtuo.«e disparût , elle se fit admirer 
des vrais connaisseurs par l'élégance et la jinreté 
de son style, par une incomparable manière de 
l>hraser, par le charme qu'elle apportait dans la 
diction du récitatif, enfin par le naturel el la dis- 
tinction des ornements dont elle enjolivait parfois 
la trame musicale. Son exécution était un vérita- 
ble enchantement, et pendant plusieurs années 
.son merveilleux talent ne cessa de transporter le 
public et de l'attirer en foule au Théâtre-Lyrique. 

Les succès que M""' Carvalho remportait à Pa- 
ris retentirent bientôt par toute l'Europe , et Lon- 
dres surtout voulait entendre et apprécier la 



(1) M. Léon Carvaille, dit Carvalho, né aux Colonies en 
1825, obtint au Conservatoire un accessit de chant en 
18*8, et fut engagé ensuite à l'Opéra-Comique, où il ne 
joua que des rôles serondain s. Acteur et chanteur mé- 
diocre, M. Carvalho ne donna carrière, dans un autre 
genre, à ses facultés artistiques que lorsqu'il fut devenu 
directeur du Théâtre-Lyrique, qu'il sut placer au premier 
rang des scènes musicales de Paris. Depuis lors II a été 
directeur du Vaudeville, el a rempli les fonctions de 
directeur de la scène à l'Opéra Depuis 1876, II a succédé 
à M. du Locle comme directeur de l'Opér i-Comique. 



CARVALHO — CASAMORATA 



157 



grande artiste. Chaque année , elle prit donc l'iia- 
bilude d'aller passer trois mois sur une des scè- 
nes italiennes de cette ville, oii ses triomplies ne 
furent pas moins éclatants. Dans les dernières an- 
nées de la direction de son mari , elle fit encore , 
au Tliéàtre-Ljiùiue , deux créations qui lui (irent 
le plus grand honneur : Mireille et Roméo et 
Juliette. Puis , M. Carvalho ayant drt se retirer, 
en 1869 , M™'' Carvalho fut engagée à l'Opéra , où 
elle se (it surtout applaudir dans le rôle de Mar- 
guerile des Huguenots, et où elle reparut ensuite 
dans Faust, qui avait passé au répertoire de ce 
théâtre , et dans Hamlet, où son succès fut écla- 
tant. En 1872, M™'' Carvalho rentra à l'Opéra- 
Comique, se montra d'abord dans ZMwôas.'îarfr/ce 
et dans le Pré aux Clercs, puis fit remonter pour 
elle deux des ouvrages qui lui avaient été le plus 
favorables au Théâtre-Lyrique, Roméo et Ju- 
liette et Mireille. Enfin , en 1875, elle rentra de 
nouveau à l'Opéra. 

La voix de M'"" Carvalho est un soprano sfo- 
gato d'une étendue de plus de deux octaves, 
d'un timbre délicieux , d'une étonnante agilité, 
d'une souplesse et d'une égalité prodigieuses. Le 
volume et la puissance ne sont pas les qualités 
disUnctives de ce magnifique instrument, mais à 
force d'art, de travail , de goût, la cantatrice ob- 
tient des effets véritablement merveilleux. La pose 
et l'émission de la voix sont superbes, le style est 
très-pur, le phrasé magistral , et l'un des plus 
puissants moyens d'action de l'artiste sur le public 
est dans les oppositions du forte au piano et 
vice- versa. Il faut ajouter que U^" Carvalho se 
sert du chanta viezza voce avec un art sans pa- 
reil. On peut lui reprocher seulement une certaine 
dureté dans le passage du registre de poitrine à 
la voix de tête , qu'elle exécute parfois d'une fa- 
çon un peu brusque et un peu rauque. Cette ré- 
serve faite, il est juste de constater que M"^ Car- 
valho est une artiste d'un ordre absolument 
supérieur, d'un talent si achevé qu'on ne voit pas 
trop qui pourra lui succéder lorsque , dans un 
temps qui ne peut être fort éloigné, la fatigue 
l'obligera d'abandonner définitivement la scène et 
de terminer sa brillante carrière. 

On a vu que le frère aîné de M"» Carvalho , 
Amédée- Félix- Miolan, était mort chef d'or- 
chestre à la Nouvelle-Orléans. Son second frère, 
Alexandre, qui avait acquis un talent distingué 
sur l'orgue-harmonium et qui fut longtemps 
attaché au Théâtre-Lyrique, est mort à Vô is le 
26 avril 1;873. Il avait publié un certain nombre 
de compositions pour son instrument. 

CAS (Hucn), chef d'orchestre , né à Marseille 
le 15 février 1839, a fait ses études musicales au 
Conservatoire de cette ville. Il a fait représenter 



la Croix de Jeannette, opéra-comique en un acte 
(Grand-Théâtre de Marseille, 15 février 1863); — 
le W9a^«/rerfeGre«arfe,opéraen4actes(Grand- 
Théâtre de Toulon , janvier 1874); — M. Arléry, 
opi^relte (Gymnase de Marseille, 1868); — l'En- 
fant des Flots, 1 acte (Gymnase de Marseille, 
1868). On lui doit aussi diverses mélodies et piè- 
ces de concert. Cet artiste est actuellement chef 
d'orchestre au Grand-Théâtre de Toulon. 

Al. R— d. 

* CASAMORATA (Louis-Ferdinand), pré- 
sident de l'Institut musical de Florence, est né 
à Wurtzbourg (Franconie), le 15 mai 1807, de 
parents italiens. Dès l'âge de cinq ans , il com- 
mença l'étude du piano sous la direction de 
Frœlich, maître de musique à l'Université de 
Wurtzbourg, et l'année suivante , sa famille étant 
venue s'établir à Florence, il suivit un cours 
complet d'études musicales avecLuigi Pelleschi. 
En 1825 il obtint le prix de composition au con- 
cours triennal- de l'Académie des Beaux- Arts, 
et il termina .son éducation en étudiant le méca- 
nisme des principaux instruments. 

Après avoir écrit beaucoupde musiquede ballet, 
M. Casamorata aborda sérieusement la scène et 
donna au théâtre de Pise un opéra intitulé Iginia 
d'Asti, qui obtint du succès en cette ville , mais 
qui fut ensuite mal accueilli à Bologne. Bientôt 
il abandonna, pendant quelque temps, la pra- 
tique active de la musique , pour se rendre aux 
désirs de .son père, qui voulait qu'il se fît rece- 
voir avocat. M. Ca.'^amorata s'appliqua donc à 
l'étude du droit , ce qui ne l'empêcha pas de 
prendre la direction de la Gazzeita musicale 
de Florence et de collaborer d'une façon active à 
la Gazzetta musicale de Milan, lorsque celle-ci 
se fonda en 1842. Devenu docteur en droit, il 
reprit bientôt ses travaux de composition , mais 
en abandonnant l'idée de se produire au théâtre 
et en tournant ses efforts du côté de la musique 
religieuse el de la musique instrumentale. 

En 1859, M. Casamorata fut appelé à faire par- 
tie , comme vice-président , de la commission 
chargée d'organiser l'école de musique de Flo- 
rence ; lorsque , sur la proposition de celte com- 
mission, l'Institut musical eût été créé , il reçut, 
avec MM. Basevi et Alamanno Biagi , la mission 
de rédiger le statut organique de cet établisse- 
ment, dont il fut ensuite nommé président. Sous 
.sa direction, l'Institut musical de Florence est 
devenu l'une des meilleures écoles spéciales de 
l'Italie et l'une des plus justement renommées. 

Les compositions de M. Casamorata, qui sont 
très-nombreuses, se font remarquer par d'excel- 
lentes qualités : un style noble et pur, une har- 
monie élégante, une forme très-châtiée, et une 



158 



CASAMORATA — CASELLA 



lieureuse inspiration. Parmi ces coiiiposilions , il 
faut mentionner : 1° messe en ut (N» 1), pour 
2 ténors et basse , chœur et orchestre ; 2" messe 
en sol (N" 2 ) , pour soprano , ténor et basse, avec 
petit ou grand orchestre ; 3° messe en si bémol 
(N» 3), id.; 4" messe en ut (N° 4), pour 2 ténors 
et basse, chœur et orchestre; 5° messe en mi 
bémol (N° 5), pour soprano, contralto, ténor et 
basse, chœur et orchestre (Milan, Ricordi); 6° 
messe brève, en ut(S° 6), pour ténor et basse, 
avec petit orchestre; 1" messe en si bémol (IN" 7), 
pour soprano, contralto, ténor et basse , avec petit 
orchestre; 8° messe des morts en sol mineur 
(N° 1), pour 2 ténors et 2 basses, chœur et or- 
chestre; 9" Libéra en ut mineur, à 4 voix, avec 
orchestre ; 1 0" messe des morts eu ré mineur 
(N° 3), à trois voix , avec orchestre; 11° Libéra 
en soi mineur, à 4 voix, avec orchestre; 12' messe 
des moris en ut mineur, pour 2 ténors et basse, 
chu'ur et petit orchestre ; 13° quatre symphonies; 
14° deux trios pour instruments à cordes; 15° 
trois quatuors, id.; 16" album de Duetlini per 
caméra (Milan, Ricordi); 17° des psaumes, 
hymnes, séquences. Introït, motets, etc., à 1, 
2, 3, 4 et 8 voix, les uns avec orchestre, les au- 
tres avec orgue seulement (Milan, Canti). M. Casa- 
morata est aussi l'auteur d'un bon ouvrage d'en- 
seignement publié récemment sous ce titre : 
Manuale di armonia, compilato per usa di co- 
loro c/ie altendono alla pralica ddsuonoe del 
canto (llorence, 1876, in- 8°), et on lui doit un 
petit précis historique intitulé : Origini, storia e 
ordinamentodelli.lstitutomusicatefiorentino. 
Comme président de l'Académie de l'Institut royal 
de musique de Florence, M. Casamorata a publié 
dans les Actes de cette Académie de nombreux 
morceaux de critique et d'histoire musicale, dis- 
sertations sur la poétique et l'esthétique de l'art, 
etc. La langue française ne lui étant pas moins 
familière que sa langue maternelle, il a bien voulu 
fournir un certain nombre de notices au Supplé- 
ment de la Biographie universelle des musi- 
ciens; mais sa collaboration s'est étendue bien 
au delà de ces notices, par les renseignements de 
toutes sortes qu'il a bien voulu nous communi- 
quer en abondance sur un grand nombre d'artis- 
tes italiens. 

CASANO VAS (Le Père Antonio-Francisco- 
N.\Rciso), moine, organiste et compositeur espa- 
gnol, naquit à Sabadell au mois de juin 1737, et 
fit son éducation artistique au célèbre collège de 
musique du couvent de Montserrat. On assure 
qu'il devint l'un des premiers, sinon le premier 
organiste de son temps, malgré un défaut physi- 
que très-grave et qui eût semblé de nature à 
l'empêcher d'acquérir une telle habileté : ses 



doigts, en effet, étaient d'une telle longueur et 
d'une telle grosseur, qu'ils couvraient entièrement 
les touches de l'instrument. En dépit de cette 
quasi- infirmité, l'exécution du Père Casanovas 
était merveilleuse, extraordinairement limpide, 
et jamais il ne lui arrivait de frapper accidentelle- 
ment deux touches à la fois. On cite, parmi les 
compositions de cet artiste qui sont conservées 
dans les archives du couvent de Montserrat, un 
Benedictus, de très-remarquables répons pour 
la semaine sainte, et un Salut à quatre voix qui 
est considéré comme une œuvre d'un mérite ab- 
solument exceptionnel. 

CASARES ( ), compositeur espagnol , a 

fait représenter sur le théâtre de la Zarzuela , de 
Madrid, le 9 mars 1872, une zarzuela en trois 
actes intitulée Beltran y la Pompadour. 

* CASELLA (Pierre). Dans son livre sur les 
Conservatoires de Naples, M. Francesco Florirao 
avance que Pietro Casella naquit à Naples en 
1776 et mourut le 12 décembre 1844. M. Florirao 
n'a éviilemment pas eu connaissance d'une bro- 
chure publiée en 18'j4, par le compositeur Dome- 
nico Tritto , sous ce titre : Lacrime efiori sparsi 
sulla tomba di Pietro Cosf//«(Naples, Trama- 
ter, 1844, in-S"). Dans cet écrit, publié au lende- 
main de la mort de Casella par un artiste qui 
l'avait intimement connu , on voit que Casella 
était né non à Naples, mais à Pieve, dans l'Ora- 
brie, qu'il alla faire ses études à Spolèle, où il 
se familiarisa avec les littératures italienne et la- 
tine, se rendit ensuite à Rome pour y terminer 
son éducation , et que c'est dans cette ville qu'il 
sentit s'éveiller en lui l'amour de la musique. 
C'est alors qu'âgé de dix-huit ans il .revint à 
Naples et entra au Conservatoire de S. Onofrio, 
oii il semble avoir eu pour unique maître Giacomo 
Insanguine, et non Cotumacci et Abos, comme 
le dit M. Florimo. D'autre part , Casella , qui 
mourut à Naples le 12 décembre 1843 (et non 
1844), devait être né en 1769 et non en 1776, 
puisque son inscription funéraire porte qu'il 
mourut dans sa 75^ année ; voici celte inscription ; 
telle qu'elle a été rapportée par Tritto : Pietro 
Casella, ottimo di musica maestro compost- 
tore, in israriata letteratura erudito, pio, 
onesto, leale insfitutore, congiunto, amico per 
eccellenza, délia sventura sempre pronto al 
sorcorso, rispetiato, amato universalmente, il 
di 12 décembre 1843, delVetà sua il 70"*° anno, 
mancé ai vivent i, lasciando in lacrime sorella, 
nipoti, amici, alunni, che in questo' tempio 
atVunima di tanto benemerito riposo e pace 
implorano. 

CASELLA (M"'). Une jeune artiste italienne 
de ce nom a écrit la musique d'un opéra sérieux. 



CASELLA — CASTILLON DE SAINT-VICTOR 



159 



Cristoforo Colombo, qui a été représenté sur le 
théâtre italien «ie Nice , l'ans le courant de l'an- 
née 1S65. Je n'ai pas d'autres renseignements sur 
cette artiste, qui depuis lors ne s'est pas repro- 
duite à la scène. 

CASELLI (xMiciiELK), compositeur de musi- 
que religieuse, naquit à Luc(|ues vers 1680. Les 
registres de la compagniede Sainte-Cécile de cette 
ville constatent qu'en 1704 oh exécuta, pour la 
fête de sa patronne , une messe à quatre voix et à 
grand orchestre de la composition de cet artiste, 
et en 1705 une autre production importante. 
M. Cerù {Cenni storici suU'insegnamento délia 
miisïca in Lucca) dit qu'il ne faut pas confondre 
ce musicien avec un autre Michèle Caselli, chan- 
teur, né aussi à Lucques, et qui , en 1738, rem- 
plissait sur le théâtre de cette ville l'un des prin- 
cipaux rôles de l'opéra Alessandro in Persia. 

CASILIiM ( ). Sous le nom de ce com- 
positeur, on a représenté au théâtre Doiia, de 
Gênes, en 1872, un opéra sérieux intitulé il Re 
Manfredo. Le musicien était mort lorsqu'on 
s'avisa de jouer son œuvre , qui était écrite depuis 
1856 et qui subit d'ailleurs une chute complète. 

* CASINI (D.- Jeaps-Marie). A la liste des 
ouvrages de ce compositeur, il faut ajouter un 
recueil de Canzonette spirituali, publié à Flo- 
rence en 1703. 

CASORTI (Alexandre), célèbre violoniste, 
naquit à Cohourg le 27 novembre 1830. Cet excel- 
lent virtuose, élève du Conservatoire de Bruxel- 
les, promettait un compositeur de mérite si la 
mort ne l'avait enlevé prématurément à Dresde, 
le 28 septembre 1867. Parmi les œuvres qu'il a 
laissées, on compte quatre concertos de violon, 
plusieurs quatuors, et un opéra italien inédit : 
Maria. Y. 

CASPAR (Charles), compositeur, organiste 
de l'église Saint-Jacques, à Lunéville, a fait exé- 
cuter dans cette église, au mois de juin 186G, un 
oratorio intitulé la Chute des Anges. Depuis lors, 
cet artiste a publié la partition pourchant et piano 
de Sainte- Cécile, poëme lyrique en trois parties, 
à quatre personnages, avec chœurs et orchestre. 

* CASPERS (Louis-Henri-Jean). Le réper- 
toire dramatique de ce compositeur se complète 
par les ouvrages suivants : 1° Ma Tante dort, 
opéra-comique en un acte, Théâtre Lyrique, 
21 janvier 1860 (joli petit ouvrage, écrit d'une 
plume élégante et fine, et repris un peu plus tard 
à rOpéra-Comique); 2' la Baronne de San- 
Fî-anc(sco , opérette en un acte , Bouffes-Pari- 
siens , 27 novembre 1861 ; 3° le Cousin Babylas , 
opéra-comique en un acte, Théâtre-Lyrique, 
8 décembre 1864. A ces ouvrages, il faut ajouter 
une cantate exécutée au théâtre de la Porte-St- 



Martinen 1861. Depuis plusieurs années, M. Henri 
Caspers a abandonné la composition pour se 
consacrer tout entier aux soins que réclame une 
fabrique de pianos dans la direction de laquelle 
il a succédé à son père, mort le 19 décembre 
1861. 

CASTEELE (D. VAN DE), est l'auteur d'un 
écrit ainsi intitulé ,: Préludes historiques sur 
la Ghilde des Ménestrels de Bruges (Bruges, 
1868, in-8"). 

* CASTEL (Louis-Bertrand). On a publié 
sous ce titre : Esprit, saillies et singularités du 
P. Castel (Amsterdam et Paris, 1763, 1 vol. in- 
12), un recueil d'un certain nombre d'écrits de 
ce jésuite. Des quarante-cinq fragments dont est 
composé ce vol unie , six ont rapport à la musique ; 
ce sont ceux qui portent les titres suivants : Du 
son ; de la musique ; de la musique françoise ; 
de la musique italienne ; Clavessin pour les 
yeux; Comparaison du son et des couleurs. 

* CAS riLETI. Voyez GUYOT (Jean). 
CASTlLLOiX DE SAINT - VICTOR 

(Alexis, vicomte de), compositeur, né en 1829, 
mort à Paris le 5 mars 1873, était un amateur 
riche et passionné , qui avait quitté la carrière 
des armes pour se livrer sans réserve à ses goûts 
artistiques. Son père lui ayant laissé, en mourant, 
une fortune qui lui assurait l'indépendance, de 
Caslillon, qui était, je crois, officier d'état- 
major, s'était, en dépit de ses autres parents, 
qui comprenaient peu ces idées, démis de soa 
grade afin de suivre son penchant pour la musi- 
que; il avait repris activement les études ébau- 
chées dans ses jeunes années , et s'était entière- 
ment consacré à la composition. 

Élève de MM. Charles Delioux et César Franck 
pour le piano , de M. Victor Massé pour la théo- 
rie de l'art , de Castillon avait publié , en un court 
espace de temps, un nombre d'œuvres considé- 
rable. La nature même de ces œuvres indiquait 
de nobles aspirations, et, si elles sont d'une va- 
leur très-inégale, elles témoignent du moins en fa- 
veur des tendances de leur auteur. Ses produc- 
tions gravées sont les suivantes : Musioue 
d'ensemble : Quintette pour piano, deux violons, 
alto et violoncelle; Quatuor pour piano, violon, 
alto et violoncelle; Trio pour piano, violon et 
violoncelle. Musique de piano : Cinq pièces dans 
le style ancien; Suite pour le piano ; Detixième 
suite pour le piano; Fugues dans le style libre; 
Six Valses humoristiques. Musique de chant : 
Six Poésies d'Armand Sylvestre, mises en mu- 
sique par Alexis de Castillon. En 1872, de Cas- 
tillon av^it fait exécuter aux concerts populaires 
un grand Concerto pour piano et orchestre, e 
quelques jours après sa mort la Société classique 



160 



GASTILLON DE SAINT-VICTOR — GAURROY (Du) 



Armingaiid faisait entendre un Allegretto de sa 
composition pour deux violons, allô, violoncelle, 
contrebasse, llùte, hautbois, clarinette, cor et 
basson. Je ne crois pas que ces denx ouvrages 
aient été publiés. Enfin, dans une liste de ses 
œuvres inédites que de Castillon m'avait remise 
personnellement, je trouve mention des suivan- 
tes : Torquato Tasso , symphonie ouverture : 
1" Suite d'orchesfre, dans le style de danse; 
2° Suite d'orchestre; puis, comme ouvrages" en 
préparation : un Psaume, pour soH, chœurs et 
orchestre; une Messe brève; une grande Sym- 
phonie. 

La santé de de Castillon n'était pas des plus ro- 
bustes ; il était phthiîique ; au retour d'un voyage à 
Pau , où il avait passé une partie de l'hiver, il 
prit une fluxion de poitrine, se vit obligé de s'a- 
liter, et fut emporté en quatre ou cinq jours. Son 
tempérament artistique, très- volontaire, très-in- 
telligent et très-obstiné, semblait l'appeler à une 
brillante destinée. Une fois qu'il aurait eu fait le 
sacrifice de certaines sympathies fâcheuses , de 
certaines théories un peu vagues, il aurait dé- 
couvert au public une personnalité vraiment ori- 
ginale et généreusement douée. 

Un an après sa mort , le 16 mai 1874, la Société 
nationale de musique exécutait un fragment du 
Psaume de de Castillon pour soli, chœurs et 
orchestre. 

CASTRO. Aux artistes portugais de ce nom 
cités dans la Biographie universelle des Musi- 
ciens, il faut ajouter les trois suivants : 

D. FreiAgostinhode Castro, reVi^ku\ cité par 
MâcUaào {Bibl. lusit.) comme auteur d'un traité 
de musique resté en manuscrit (XYI» siècle) ; 
l'auteur a appartenu probablement au célèbre 
couvent de Santa-Cruz (S. Augustin) de Coim- 
bra, q"i a produit tant de musiciens distingués. 
Gabriel Pereira de Castro, homme célèbre 
qui a enseigné l'histoire, la philosophie et la mé- 
decine à Leipzig, en Allemagne. Ses ouvrages 
sur le droit sont classiques. 11 a aussi cultivé 
la musique avec beaucoup de succès (V. Joncher, 
Allgemeines Gelehrten Lexicon, Leipzig, 1750). 
Il naquit à Braga en 1571, et mourut à Lisbonne 
en 1632. 

Manuel Antonio Lobato de Castro, né à Bar- 
cellos, diocèse de Braga, musicien et littérateur 
distingué, qui a laissé plusieurs ouvrages esti- 
més, parmi lesquels on cite Vilhancicos que se 
cantavam na Se Cathedral do Porto em as 
MatinaSy etc. (composition en l'honneur de 
sainte Cécile), Coimbra, 1712, in-I2. 

J. DE V. 

CASTRO ( ), professeur espagnol 

contemporain, a publié chez l'éditeur Romero y 



Andia, à Madrid, un Traité de transposition, 
et une Nouvelle méthode de contre-basse, ap- 
plicable aux instruments à trois ou quatre 
cordes. 

CASTRONE MARCHESI(SalvatorDE), 
dilettante italien, membre du jury du groupe XV 
à l'Exposition universelle de Vienne de 1873, est 
l'auteur de la Relazione sugli Istrutnenti mu- 
sicali quali erano rappresentati alPEsposi- 
zione universale di Vienna net Giugno 1873 
pubhée dans la collection officielle des Rapports 
des jurys italiens, il a été fait de cet écrit un 
tirage à part. 

CATAîMEO (Francesco), est auteur de 
l'ouvrage suivant : Saggio soprn l'antica e 
moderna musica. Stanfone intorno al lirico 
stile de'salmi. Dissertazione intorno alla 
greca, latina e tosoana poesia (Naples, 1778, 
in-12). 

• CATEL (Charles-Simon). M. Jules Cariez 
a retrouvé la trace d'une composition inconnue 
de cet artiste distingué : il s'agit d'une scène allé- 
gorique , sorte de grande cantate qui fut exécutée 
à Caen , le 24 août 1813, à l'occasion du passage 
en celte ville de l'impératrice Marie Louise. La 
musique de cette cantate, dont le poète est resté 
anonyme, était de Catel. On trouvera des détails 
à ce sujet dans la brachure de M. Jules Cariez : 
la musique à Caen, de 106C à 1848. 

CATEMIUSEX (E ), compositeur alle- 
mand, a fait représenter le 11 février 1875 sur 
le théâtre de Lubeck, dont il était alors le direc- 
teur, un opéra intitulé Aennchen von Tharau. 
* C.VrTIGNO (François), est mort à Naples 
le 28 mars. 1847. Selon M. Francesco Florimo 
{Cenno storico sulla Scuola musicale di Na- 
poli),i\ était né en cette ville non en 1780, mais 
en 1782. A la courte liste de ses œuvres théâ- 
trales, il faut ajouter Vlntrigo^di Pulcinella, 
opéra-bouffe représenté au théâtre Nuovo. « Ca- 
tugno, dit M. Florimo, ne peut être compté au 
nombre de nos grands compositeurs, car il n'a 
jamais montré grand élan, et ses œuvres ne se 
distinguent que par la pureté du style et non par 
autre chose. Il est juste dédire que lui même 
en avait conscience, puisqu'il ne poursuivit 
point la carrière théâtrale, et se borna à donner 
des leçons de chant. Il était considéré comme un 
bon accompagnateur. » 

* CAURROY (François-Eustache DU). 
Dans l'écrit intitulé : Note sur quelques ar- 
tistes musiciens dans la Brie, M. Th. Lhuil- 
lier {votj. ce nom) a donné quelques renseigne- 
ments intéressants sur la famille de cet artiste, 
dont plusieurs membres furent musiciens comme 
lui. Cette famille se retrouve pendant longtemps 



CAURROY (DU) — CAUSSINUS 



161 



à Gerberoy, lieu de naissance d'Eustache. Louis 
du Caurroy figure parmi les bienfaiteurs du bu- 
reau des pauvres de Beauvais ; Jacques est lieu- 
tenant de la verderie de Gerberoy dans la se- 
conde moitié du WIl* siècle. En 1625, Antoine 
du Caurroy est procureur-symiic, receveur de 
Gerberoy ; puis il devient juge à la châtellenie 
de Gaulancourt. Eustache du Caurroy eut pour 
successeur, à Saint-Aygoul de Provins, plu- 
sieurs années avant sa mort, un de ses parents , 
Claude du Caurroy, protonotaire du Saint-Siège, 
baron de Saint-Ange; celui-ci résigna à son 
frère cadet, nommé François, chanoine de 
Beauvais, en 1C62. Enfin, un des arrière-neveux 
d'Eustache, François-Toussaint du Caurroy, pi- 
card comme lui, fut comme lui musicien, mais 
sans réputation, bien qu'il touchât les orgues 
avec habileté; celui-ci était, à la fin du XVII" 
siècle, rehgieux bénédictin à Melun. 

CA.UIXE (Auguste), amateur distingué, est 
né à Marseille le 30 novembre tS26, Il apprit la 
musique de bonne heure et n'a cessé depuis de la 
cultiver avec talent. Il a composé un assez grand 
nombre de pièces pour le piano, dont quelques- 
unes, Sw le Nil, la Magicienne, Berceuse, 
ont été publiées. Il a écrit plusieurs motets , 
des morceaux pour instruments à cordes et 
piano , et des pièces d'orcliestre . Une de ces 
dernières, le Pèlerinage de Kevlaar, a été 
exécutée^avec succès aux concerts populaires 
de Marseille. Ces œuvres témoignent d'une excel- 
lente éducation musicale et d'un sentiment élevé, 
quelquefois même austère. Plusieurs morceaux 
de cet auteur ont été gravés en France et en Al- 
lemagne. 

Al. p..— d. 

C<VUSSL\ DE PERCEVAL (Armand- 
Pierre), orientaliste français, membre de l'Ins- 
titut, fils d'un orientaliste fort distingué lui-même 
qui était professeur au Collège de France, na- 
quit à Paris le 13 janvier 1795. Envoyé à Cons- 
tantinople, en 1814, comme élève interprète, il 
parcourut en 1817 la Turquie d'Asie, passa une 
année parmi les Maronites du Mont Liban, rem- 
plit pendant quelque temps l'emploi de drogman 
à Alep, et, à son retour en France, fut nommé 
(décembre 1821) professeur d'arabe vulgaire à 
l'École des langues orientales vivantes. Plus 
tard, professeur de langue et de littérature arabe 
au collège de France, puis attaché en qualité 
d'interprète au dépôt de la guerre, il fut élu 
membre de l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres en 1849, en remplacement de Le Prévost 
d'Iray. 

Je n'ai pas à m'occuper ici des savants tra- 
vaux de Caussin de Perceval sur l'histoire et sur 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. SUPPL. — 



la littérature arabe ; mais il est un de ses écrits 
qui intéresse directement l'art musical, et qui 
doit être mentionné dans ce dictionnaire: c'est 
celui qui a été publié dans le Journal asiatique 
de novembre et décembre 1873, sous ce titre : 
Notices anecdotiques sur les principaux mu- 
siciens arabes des trois, premiers siècles de 
l'' Islamisme. Caussin de Perceval avait étudié 
la musique, et cela ne lui avait pas été évidem- 
ment inutile pour mener à bien ce travail inté- 
ressant, qu'il ne vit pas paraître, car il était 
mort depuis quelques mois lorsque ses Notices 
furent publiées dans le Journal asiatique. Cet 
écrit, qui comprend environ deux cents pages 
in-S", est l'un des trop rares travaux que l'on 
connaisse sur la musique et les musiciens arabes, 
et l'on comprend de quelle importance il peut 
êlre pour l'histoire générale de l'art. Il en a été 
fait un tirage à part (Paris, imprimerie nationale, 
in-8°). 

* CATELAiXl (Angelo). Cet écrivain mu- 
sical distingué a publié en 1866 (Modène, Vin- 
cenzi, in-4° de 42 pp.) un excellent travail 
analytique sur les œuvres d'Alexandre Stradella : 
Délie opère di Alessandro Stradella esisienti 
nelVarchivio musicale délia R. Btblioteca pa- 
latina di Modena, elenco con prefazione e 
note. Ce travail, dédié à Rossini, et dans lequel 
l'auteur loue justement un écrit précédemment 
publié sur Stradella, dans le Ménestrel, par 
Paul Richard, ancien conservateur h] la Bi- 
bliothèque impériale de Paris, est remarquable 
non-seulement par sa préface," mais par les notes 
evcellentes et étendues qui accompagnent le ca- 
talogue des œuvres du grand musicien. Il avait 
été inséré d'abord dans le troisième volume 
des Atti e Memorie délie RR. Deputazioni di 
Storia patria per le provincie modenesi e 
parmensi. Catelani est mort peu de mois après 
avoir publié cet opuscule, le 5 septembre 1866. 

CAUSSINUS (J0SEPH-L....-V....), virtuose 
sur l'ophicléide, est né à Montélimart (Drôme), 
le 6 décembre 1806. Fils d'un chef de musique 
militaire qui fut son premier professeur, il était à 
peine âgé de quatorze ans lorsqu'il devint pro- 
fesseur de solfège au collège de .sa ville natale, 
où il resta jusqu'à l'époque où , étant tombé au 
sort , il fut incorporé dans le corps de musique 
du 5« régiment de ligne. Il fut un des premiers 
artistes qui , lors de l'invention de l'ophicléide, 
se livrèrent à l'étude de cet instrument, et son 
régiment ayant été envoyé à Paris , il se fit en- 
tendre avec un grand succès dans les concerts , 
et devint particulièrement l'un des solistes les 
plus renommés des concerts de Musard père, 
Lorsque Berr, qui avait été son chef de musique, 
I. 11 



162 



CAUSSINUS — CAYAILLÉ-GOLL 



fut nommé directeur du Gymnase musical mili- 
taire, il attacha M. Caussinus à cet élablissement 
en qualité de professeur d'opliicléide, et pendant 
seize années celui-ci y forma de nombreux et 
excellents élèves. M. Caussinus, qui avait étudié 
la composition au Conservatoire avec Carafa, et 
qui a été membre de la Société des concerts, 
s'est fait connaître aussi comme compositeur 
pour son instrument, et a publié une quarantaine 
d'œuvres pour l'ophicléide, parmi lesquelles une 
série de duos et beaucoup de transcriptions d'airs 
d'opéras italiens. On lui doit aussi des Métbodes 
pour le piano, l'ophicléide, la trompette et le 
cornet à pistons. M. Caussinus vit aujourd'hui 
retiré à St-Mandé, près Paris. 

* CAVAILLÉ-COLL (DoMii\iQtiE-HY.4ciN- 
the), est mort à Paris au mois de juin 1862. 

* CAVAILLÉ-COLL (Aristide), facteur 
d'orgues à Paris, fils du précédent. JNous croyons 
devoir consacrer une notice complémentaire à 
cet artiste, qui est, on peut le dire sans em- 
phase et sans exagération, le premier en son genre 
dans le monde entier, et dont le nom est une 
des gloires de la France. Par son génie, par sa 
puissance inventive, par son activité, par sa 
haute probité et son désintéressement reconnu, 
M. Cavailié-Coll a bien morité de son pays et a 
droit à une place à part dans les riches annales 
de cet art admirable de la fabrication des orgues, 
où, dès ses plus jeunes années, il était passé 
maître. M. Cavaillé-Coll était à peine âgé de 
vingt ans lorsque, travaillant chez son père, à 
Toulouse, il appliqua son activité à la création 
d'un instrument qu'il appelait pnïfnforgxte, et 
que l'on décrivait ainsi : « Le poïkilorgue e«t à 
claviers et à anches libres ; il diffère néanmoins 
de tous les instruments que l'on a faits d'après 
le même principe sonore (tels que pbitz-harmo- 
niques, pianos à soufllets, etc.), par la puissance 
du son, qui, surtout dans la basse, a quelque 
chose d'imposant, et qui, susceptible d'être di- 
minué et renflé à volonté, se prête à l'expression 
la plus variée. » C'était, on le voit, le principe de 
l'harmonium ou orgue expressif. 

Peu de temps après, M. Aristide Cavaillé-Coil 
était chargé de la construction de l'orgue de la 
basilique de Saint-Denis, et ce fait se produisait 
dans des circonstances particulièrement intéres- 
santes, qu'un écrivain très-compétent, Adrien de 
la Fage, rapportait en ces termes : « M. Aris- 
tide Cavailié s'était transporté à Paris pour pren- 
dre connaissance des orgues de la capitale, et 
surtout dans le but d'y étudier l'acoustique; il 
était recommandé au respectable Lacroix, de 
l'Institut, qui le mit aussitôt en rapport avec 
M. le baron Cagnard de La Tour et avec ses col- 



lègues Savart et Prony. Ce dernier lui fit con- 
naître l'excellent Berton (mort le 22 avril 1844, 
doyen des compositeurs français), qui faisait 
partie de la commission nommée pour choisir 
entre les projets proposés pour l'orgue de Saint- 
Denis ; il engagea M. Aristide Cavaillé-Coll à se 
mettre sur les rangs. L'expiration du terme fixé 
pour la présentation des projets arrivait dans 
deux jours, et M. Aristide Cavailié n'avait pas 
même vu l'église de Saint-Denis; cependant, en- 
couragé et animé par les conseils du vieux com- 
positeur si bienveillant pour les jeunes gens et si 
enclin à aider à leurs succès, il se rendit immé- 
diatement sur les lieux, et après avoir examiné 
la tribune, travaillant jour et nuit, el appuyant 
son projet par des calculs et des développe- 
ments étendus, il parvint à le terminer dans le 
temps voulu. Autre embarras : ce projet devait 
être accompagné d'un devis, et M. Aristide Ca- 
vailié n'en avait jamais fait; .son père, sous la 
direction duquel il avait jusqu'alors travaillé, 
s'occupait de ce soin; pas plus que pour le pro- 
jet, il n'avait le temps de recevoir de Toulouse 
une réponse de sa famille et de s'entendre avec 
elle. Il vint pourtant à bout de présenter le tout 
en temps utile, et la commission s'éfant rassem- 
blée, il eut le bonheur de voir ses plans approu- 
vés et adoptés, et la construction de l'orgue de 
Saint-Denis adjugée après concours à MM. Ca- 
vailié père et fils. M. Aritisde Cavailié n'avait 
alors que vingt-deux ans. Depuis ce moment la 
direction de l'établissement lui a été dévolue. » 
Non-seulement le projet de M. Aristide Ca- 
vailié élait excellent, mais l'exécution ne laissa 
rien à désirer, et la commission chargée de la 
réception de l'instrument le constata en ces 
termes, qui font ressortir ce que je disais plus 
haut de la loyauté et du désintéressement du 
célèbre facteur : « Vos commissaires sont unani- 
mement convaincus que les obligations souscri- 
tes par les facteurs ont été plus que remplies 
par eux C'est donc avec la plus vive salis- 
faction qu'ils résument leur opinion sur l'œuvre 
de ces habiles et consciencieux facteurs, en dé- 
clarant que l'honneur beaucoup plus que le 
bénéfice semble les avoir préoccupés pendant la 
longue (jurée de l'accomplissement de leurs obli- 
gations; aussi émettent-ils unanimement le V(pu 
de voir restituer à ces facteurs désintéressés la 
réduction qui leur a été imposée sur !e prix de- 
mandé par eux.... Un soin extrême d'exécution, 
poussé jusque dans les plus petits détails, une 
fidélité rigoureuse à réaliser tous les perfection- 
nements annoncés, une abnégation complète 
de tout intérêt d'argent ; telles sont les qua- 
lités honorables dont MM. Cavailié n'ont cessé 



CAVAILLÉ-COLL 



163 



de faire preuve pendant toute la durée de l'exé- 
cution de leur traité. » 

Voici comment , vingt ans après , Fétis 
lui-même, le savant 'auteur de la Biographie 
universelle des Musiciens, s'exprimait, dans 
son rapport du jury de l'Exposition universelle 
de 1855, sur M. Cavaillé-Coll et ses travaux : — 
» La première innovation faite par M. Cavaillé, 
dans la facture des orgues, est une des plus im- 
portantes, la plus importante même que . le 
siècle présent ait vu naître pour l'amélioration 
de ce grand instrument ; car elle a eu pour effet 
de mettre en équilibre la force productrice du 
son et la capacité absorbante des agents de ré- 
sonnance. L'observation avait démontré à M. Ca- 
vaillé que les sons aigus des instruments à vent 
ne se produisent que sous une pression d'air 
beaucoup plus forte que celle des sons moyens 
et graves. On sait, en effet, qu'un clarinettiste, 
un hautboïste, un corniste, ne parviennent à faire 
entendre avec pureté les sons de leurs instru- 
ments, qu'en comprimant l'air de leur poitrine 
et le poussant avec force dans le tube. La con- 
clusion était facile à trouver pour les tuyaux 
d'orgue-, mais comment faire exécuter,, par 
une machine, ce que les poumons et les lèvres 
de l'homme semblent seuls pouvoir' faire sous la 
direction de la volonté? Il était de toute évi- 
dence que les dessus étaient trop faibles dans 
toutes les orgues et surtout dans les grands ins- 
truments ; il fallait, pour mettre toute l'étendue 
de leurs claviers en égalité de résonnance, éta- 
blir des pressions d'air différentes pour les trois 
divisions naturelles de leurs séries de tuyaux, à 
savoir : la basse, le médium et le dessus. Au 
mérite d'avoir posé le problème, M. CavaiUé 
ajoute la gloire de l'avoir résolu par le moyen 
très-simple de plusieurs réservoirs d'air à di- 
verses pressions, l'une' de faible densité, l'autre 
moyenne, et la troisième forte. Ces réservoirs 
sont superposés et alimentent, eu raison^ de 
leur destination, les tuyaux de la basse ,. du 
médium ou 'du dessus de tous les registres. 
De là résulte la parfaite égalité qu'on admiré 
dans les instruments de M. Cavaillé, et qui était 
inconnue avant lui. N'eût-il fait que cette heu- 
reuse découverte, il laisserait un nom que n'ou- 
blierait pas la postérité. Il en a fait le premier 
essai dans le grand orgue de Saint -Denis, essai 
dont le succès fut immédiatement complet, 
parce que l'œuvre tout entière était la consé- 
quence d'un principe inattaquable. Tout avait 
été prévu dans cette savante disposition, pour 
qu'aucim inconvénient ne résultât de cette di- 
vision du vent en plusieurs réservoirs placés 
sous des pressions différentes ; car ils sont réunis 



par des conduits élastiques munis de soupapes 
régulatrices, et s'alimentant réciproquement, 
sans que leurs pressions diverses puissent en 
être altérées. 

« Nous passons à une autre invention non 
moins importante, qui, seule, ferait la réputation 
d'un facteur d'orgues. Certaines séries de tuyaux 
d'orgue, qui composent les registres aigus de ce 
grand instrument, ont des dimensions étroites 
correspondantes à leur longueur. Or, on sait que 
les tubes étroits produisent des .sons qui ont un 
certain éclat perçant, mais qui sont maigres et 
secs. Dans ses recherches pour donner à ces re- 
gistres plus de rondeur et de véritable sonorité, 
M. Cavaillé fut frappé de cette considération que 
les cordes vibrantes, ainsi que les colonnes d'air 
des tubes sonores, forment, dans l'impulsion 
qui leur est donnée, des nœuds de vibration qui 
produisent les harmoniques plus ou moins sai- 
sissables du son principal, tels que l'octave, la 
double quinte ou douzième, la triple tierce ou 
dix -septième, etc. De plus, il savait qu'on fait 
octavier un tube mis en vibration si l'on 
ouvre un trou de petite dimension dans la pa- 
roi du tuyau, à l'endroit où se forme l'harmo- 
nique de l'octave ; il tira de ces faits la coa. 
clusion, aussi simple qu'ingénieuse, que, si l'on 
veut avoir, par exemple, l'intonation d'un tuyau 
de quatre pieds, avec un son plus puissant, 
plus rond, plus intense, on le peut obtenir avec 
un tuyau de huit pieds qu'on fait octavier. Par 
ce procédé, M. Cavaillé a fait, pour l'orgue de 
Saint-Denis et pour les instruments construits a 
une époque postérieure, des registres complets 
auxquels il a donné les noms de Jlùtes harmo- 
niques de huit, de quatre et de deux pieds. Par 
le même principe, appliqué aux jeux d'anches, il 
a fait des trompettes et des clairons harmoni- 
ques. Du mélange de ces registres avec les jeux 
des dimensions ordinaires, résulte la sonorité si 
belle, si puissante, si égale des instruments de 
M. Cavaillé. .Ajoutons que, saisissant toujours 
le point vrai des choses, il a très-bien compris 
que les parois minces des tuyaux ne peuvent 
produire que des sons de mauvaise qualité. Le 
premier, entre ■ les fabricants 'd'orgues fran- 
çaises, il a donné à ces grands tuyaux une épais- 
seur proportionnée àj leur taille. C'est ainsi 
que, dans le tuyau de Yut de seize pieds en étain 
de l'orgue de Saint-Denis, il a porté au qua- 
druple des proportions ordinaires le poids] du 
métal, c'est-à-dire à cent quatre-vingts kilo- 
grammes. De là une plénitude, une puissance 
de son qu'on n'avait jamais entendue dans un 
instrument de cette espèce. 

« Si nous voulions parler de tout ce qui 



d64 



CAVAILLÉ-COLL — CEBALLOS 



donne aux instruments de M. Cavaillé le cacliet 
de la perfection, de la bonne entente des dispo- 
sitions, de l'élégance du fini et du mécanisme, 
ainsi que dune multitude de détails où les soins 
les plus minutieux ont présidé, nous serions 
entraînés fort loin. Nous dirons seulement qu'a- 
près le grand orgue de Saint-Denis, il a cons- 
truit deux autres instruments plus parfaits 
encore et dont la réputation est européenne, 
ceux de l'église de la Madeleine et de Saint-Vin- 
cent-de-Paul, à Paris. » 

Fétis avait raison de dire que la réputation de 
M. Cavaillé-Coll était européenne; il aurait 
même pu ajouter qu'elle était universelle, car 
M. Cavaillé-Coll n'a pas seulement fourni d'ad- 
mirables instruments à Paris et à toute la 
France, mais les pays étrangers, l'Angleterre et 
la .Belgique surtout, lui sont redevables de 
nombreux chefs-d'œuvre, ;et il a construit des 
orgues même pour l'Amérique et l'Australie. 
Parmi ses instruments les plus remarquables, il 
il faut citer, pour Paris : l'orgue de Sainl-Sul- 
pice, considéré comme le plus beau qui existe 
dans le monde entier, les orgues de la Made- 
leine, de Notre-Dame de Lorette, de Saint-Vin- 
cent-de-Paul, de la Trinité, de Notre-Dame, de 
Sainte-Clotilde; pour la province, les orgues de 
la chapelle du château de Versailles, de la basi- 
lique de Saint-Denis, de Notre-Dame de Saint- 
Orner, de Saint-Paul de Nîmes, des cathédrales 
de Perpignan, de Nancy, de Carcassjnne , de 
Saint-Brieuc ; pour la Belgique, l'orgue de Saint- 
Nicolas, de Gand; pour l'Angleterre, les orgues 
de la salle Colslon, à Briston, des salles de con- 
certs de Willis et de Sheffield, l'orgue du château 
de Brocewell, résidence de M. Hopwood, etc. 
etc. 

L'éclatante et incontestable supériorité des ins- 
truments construits par M. Aristide Cavaillé- 
Coll est reconnue de toutes parts aujourd'hui, et 
je crois inutiled'insister sur ce sujet. Plusieurs de 
ces instruments ont fait l'objet de publications fort 
intéressantes, parmi lesquelles jementionnerai les 
suivantes : 1° Orgue de l'église royale de Saint- 
Denis, construit par MM. Cavaillé-Coll père 
et fils, facteurs d'orgues du roi , rapport fait à 
la Société libre des Beaux-Arts, par J. Adrien de 
la Fage (Paris, Imprimeurs unis, 184 5, in-S", 
avec gravure) ; 2° Étude sur Vorgue monu- 
mental de Saint-Sulpice et la facture d'orgue 
moderne, par M. l'abbé Lamazou (Paris, Repos, 
s. d., in-8°, avecgravure); 3' Le Grand Orgue 
de la nouvelle salle de concert de Sheffield, 
en Angleterre, construit par Aristide Ca- 
vaillé-Coll, à Paris (Paris, typ. Pion, 187'<, 
gr. in-8° avec gravures). M. Cavaillé-Coll a pu- 



blié lui-même, dans des revues et recueils 
scientifiques, différents mémoires ayant trait à 
l'orgue et à sa construction. Je ne connais que les 
trois suivants : 1" Études expérimentales sur 
les tuyaux d'orgues, mémoire lu à la séance de 
l'Académie des Sciences du 24 février 1849; 2° 
De Vorgue et de son architecture, écrit publié 
dans le 14' volume (1856) de la Revue générale 
de V architecture des travaux publics, et dont 
il a été fait un tirage à part ; une seconde édition, 
augmentée, de cet opuscule a été faite en 1872 
(Paris, Ducher, m-S"); S" Projet d'orgue monu- 
mental pour la basilique de Saint- Pierre de 
Rome (Bruxelles, imp. Rosse!, 1875, in-8°). 

* CAVALLLXI (Ernesto), est mort à Milan, 
sa ville natale, le 7 janvier 1873. En 1852, il 
avait été appelé à St-Pétersbourg, pour y rem- 
plir les triples fonctions de professeur de cla- 
rinette au Conservatoire, et de 1" clarinette 
au théâtre impérial et à la chapelle de la cour. 
Après un séjour de quinze ans en Russie, il était 
revenu à Milan, et en 1870 il avait été nommé 
professeur suppléant de clarinette au Conserva- 
toire. A la liste de ses compositions, il faut ajou- 
ter : 1° six grands duos pour deux clarinettes, 
dédiés à Mercadante ; 2° i Fiori rossiniani, 
concerto pour clarinette ; 3" Variazioni in sol, 
pour clarinette; 4° Album vocale (Milan, Canti). 

* CAZOT (François-Félix), est mort en 
1858. Cet artiste avait épousé, le 8 janvier 1814, 
une chanteuse de l'Opéra, M"^ Joséphine Ar- 
mand, dont le talent était remarquable, et qui 
faisait aussi partie de la chapelle impériale. En 
1815, tous deux allèrent se fixer à Bruxelles, où 
M""^ Cazot fit, pendant dix années, les beaux 
jours du théâtre royal. En 1825, ils revinrent à 
Paris, et c'est alors que Cazot fonda une école 
de piano, d'où sont sortis un très-grand nombre 
d'artistes fort distingués. — M™" Cazot ne sur- 
vécut que peu de temps à son mari, qui était 
presque mort de chagrin de la perte successive 
de sa fille et de sa petile-fille : elle mourut au 
mois de juillet 1859, âgée de 72 ans. 

*CAZZATI (Maurice). Une édition des 
Messe e Salmi a 5 voci da cappella, op. 17, de 
ce compositeur, a été publiée à Venise en 1655. 
Fétis a mentionné en effet comme une réimpres- 
sion celle de 1667, la seule dont il eût eu con- 
naissance. 

CEBALLOS (Fr.ancisco), compositeur es- 
pagnol du seizième siècle, né, à ce que l'on croit, 
dans la vieille Castille, était maître de chapelle 
de la cathédrale de Burgos en 1535, et mourut en 
cette ville en 1571. Beaucoup de compositions de 
cet artiste sont conservées dans diverses églises 
d'Espagne, et la bibliothèque de l'Escurial, aussi 
bien que les archives de la cathédrale de Tolède, 



CEBALLOS 



CELLARIER 



165 



possèdent un grand nombre de ses motets. On 
trouve à i'église de Notre-Dame del Pilar, de 
Saragosse, une fort belle messe de Ceballos, et 
M. Hilarion Eslava a reproduit, dans sa Lira sa- 
cro-hispana, un motet de ce maître : Inter 
vestibulim, qui est une œuvre de grand mérite, 
aussi bien pour l'élégance de la forme que pour 
la pureté du style. 

CECCHERIIVI (Ferdinand), chanteur et 
compositeur, naquit à Florence en 1792. Doué 
d'une magnifique voix de ténor serio, de deux 
octaves entières de poitrine avec des notes de 
fausset d'une grande puissance, il étudia la musi- 
que et le chant avec l'abbé Philippe AUegri, bon 
maître florentin, et arriva en peu de temps à un 
degré remarquable de perfection. 11 interprétait en 
maître tous les genres, mais excellait surtout dans 
le genre large et majestueux de la vieille école 
du chant italien, dont on trouve des exemples 
dans le grand air de* Misterl Eleusini de Mayr, 
celui de i Baccanali di Roma de Generaii, etc. 
De tontes parts on le pressait d'embrasser la 
carrière théâtrale, mais, soit timidité de carac- 
tère, soit préjugé religieux, il s'y refusa constam- 
ment et s'adonna à la musique sacrée, oratorio 
ou musique d'église. Personne peut-être n'a chanté 
mieux que lui l'air du ténor dans la seconde par- 
tie de la Création de J. Haydn. 

Ceccherini, chanteur d'un mérite supérieur et 
bon musicien, fut également prolesseur de chant 
distingué et fit de nombreux et bons élèves, 
tant amateurs qu'artistes, parmi lesquels il faut 
citer le prince Joseph Poniatowski. Il fut aussi 
compositeur de quelque mérite. On a de lui 
quatre oratorios : Saûl, David, San BenedeUo 
et Debora e Giaele, exécutés plusieurs fois avec 
succès à Florence : ce sont de bonnes composi- 
tions, mais, malgré leur titre, ce sont plutôt des 
opéras de sujet sacré que de véritables oratorios 
dans la rigoureuse acception du moi. Ceccherini 
composa aussi beaucoup de musique d'église-, des 
mentions spéciales sont dues à son Requiem, 
ainsi qu'à sa grande messe à deux chœurs et 
orchestre. Sa musique se distingue par la jus- 
tesse d'expression, la noblesse des pensées, le 
bon goût ainsi que la bonne facture ; mais elle 
manque généralement de ce cachet personnel qui 
fait que les œuvres d'un compositeur ont leur 
place assignée dans l'histoire de l'art musical. 

Ceccherini était professeur de chant aux éco- 
les de musique de l'Académie des Beaux-Arts de 
Florence, dont la direction lui fut confiée pen- 
dans quelque temps, premier ténor dans la mu- 
sique de chambre et de chapelle de l'ancienne 
cour de Toscane, maître de chupelle de la Mé- 
tropolitaine, et un des six maîtres de chapelle 



du collège des musiciens sous l'invocation de 
Sainte-Cécile dans l'église des SS. Michel et 
Gaétan à Florence. Il est mort en cette ville le 
12 janvier 1858. 

L.-F. C. 
CECERE (Carlo), violoniste et composi- 
teur, né dans le royaume de Naples, vivait dans 
la première moitié du dix-huitième siècle. Il fit 
représenter à Naples les deux ouvrages suivants : 
1° lo Secretista, folie m\js,\cA\e' {pazzia per 
musica), th. Nuovo, 1738; 2° la Tavernola 
abentorosa. 

'M. CELAÎ\I (GiusEPPE-CoRSo), compositeur ita- 
lien, vivait dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle, et résida successivement à Rome, à 
Parme et à Ancône. On lui doit un oratorio à 
neuf voix, sur paroles latines, et un autre orato- 
rio, Ismaele ed Âgar, exécutés à Rome ; un 
troisième ouvrage du même genre, Santa Teo- 
dora, fut écrit par lui sur la demande du prince 
de Toscane, Ferdinand de Médicis, en 16S8. Il 
écrivit encore, pour ce prince, 27 responsori et 
un Miserere pour le service de la semaine sainte, 
trois cantates et deux madrigaux. 

CELLARIER (Hil\riox), compositeur, est 
né à Florensac (Hérault) le 12 mars 1818. Il se 
destinait d'abord à la marine et fit de sérieuses 
études pour suivre cette carrière. Mais un goût 
très-vif pour la musique l'en détourna et, à l'âge 
.le quinze ans, il se décida à partir pour l'Italie 
afin d'y développer ses connaissances musicales. 
11 venait de composer un opéra, Don Japhet, où 
se trouvait la trace de dispositions assez heu- 
reuses pour que son admission immédiate fût 
décidée au Conservatoire de Viaregijio, près Lac- 
ques, placé sous la direction du compositeur Pa- 
cini. Pacini prit son jeune élève en affection et 
lui donna une solide éducation technique. A l'âge 
de 18 ans, M. Celiarier écrivit, avec les conseils de 
son maître, un opéra intitulé la Secchia rapita. 
Pacini étant tombé malade, il eut occasion de le 
remplacer pour la composition d'une messe à 
quatre parties et à grand orchestre, que l'auteur 
<le Saffo avait été chargé d'écrire. Cette messe, 
annoncée comme étant de Pacini, fut exécutée 
avec succès, sous le nom de son véritable auteur, 
dans la cathédrale de Saint-Martin à Lucques. 
M. Celiarier s'essayait en même temps dans le 
genre difficile du quatuor et de la symphonie. Deux 
ans plus tard il terminait un opéra en deux actes, 
i Guelfi, qui allait être donné à Naples, en même 
temps que la Saffo de son maître, quand des 
atfaires de famille le rappelèrent subitement en 
France, oii il est resté. 11 s'est fixé définitive- 
ment à Montpellier, et s'y est voué à l'ensei- 
gnement. 



166 



CELLARIER — CENCI-BOLOGNETTI 



M. Cellarierafaitentendredanscette ville divers 
morceaux de musique religieuse et une messe à 
grand orchestre en ut mineur, qui fut exécutée 
en 1845 au profit des inondés de la Loire. On a 
aussi de lui plusieurs pièces pour le piano, des 
fantaisies originales, de la musique de danse, etc. 

Al. R— d. 

CELLER (Lunovic) est le pseudonyme litté- 
raire d'un écrivain né à Paris le 8 février 1828, 
et dont le nom véritable est Lotus Leclercq. 
Grand amateur de théâtre et de musique, M. Lu- 
dovic Celler a publié depuis une dizaine d'an- 
nées plusieurs ouvrages intéressants par les re- 
cherches d'une érudition consciencieuse, aussi 
bien que par la sûreté et quelquefois la nou- 
veauté des documents employés. En ce qui con- 
cerne particulièrement la musique, M. Celler a 
donné successivement -.X" la Semaine sainte au 
Vatican, étude musicale et pittoresque (Paris, 
Hachette, 1867, in- 12), livre à la fois utile et 
attrayant, dans lequel l'auteur fait coiinailre les 
pratiques religieuses et les coutumes musicales 
qui caractérisent la célébration de la semaine 
sainte à Rome; 2° les Origines de l'Opéra et 
«■ le Ballet de la Reine, » étude sur les danses, 
la musique, les orchestres et la mise en scène au 
XVI" siècle, avec un aperçu des progrès du drame 
depuis le XIIP siècle jusqu'à Lully (Paris, Di- 
dier, 1868, in-12), écrit intéressant, dans lequel 
cependant, insulfisamment informé relativement 
aux premiers essais de l'abbé Perrin et de Cam- 
bert, l'auteur n'a pas eu l'occasion de rendre à 
ces deux pères de l'opéra français la justice qui 
leur est due et la place qui leur appartient; 3° 
MoLiÈRE-LuLLY. Le mariage forcé, comédie- 
ballet en 3 actes, ou le Ballet du Roi, dansé 
par Louis XIV le 29* jour de janvier 1664, nou- 
velle édition publiée d'après le manuscrit de 
Philidor l'aîné, avec des fragments inédits de 
Molière et la musique de Lully réduite pour 
piano (Paris, Hachette, 1867, in-12), publica- 
tion faite d'après le fameux recueil manus- 
crit de Philidor faisant partie de la Bibliothèque 
du Conservatoire de musique de Paris, et dont 
ou comprend tout l'intérêt. 

En dehors de ces trois ouvrages spéciaux, 
M. Celler a publié deux autres volumes, ceux-ci 
relatifs au théâtre proprement dit, mais dans les- 
quels pourtant la musique a sa part : Les dé- 
cors, les costumes et la mise en scène au 
XV IF siècle, 1615-1680 (Paris, Liepmannssohn 
et^Dufour, 1869, in-12), et les Types populai- 
res au théâtre (id., id.). Enfin, cet écrivain 
prépare en ce moment une édition du Pour- 
ceaugnac de Molière avec la musique, et un 
livre sur la danse. 



CELLIER (.......), compositeur anglais, a 

fait représenter au théâtre Saint-James, de Lon- 
dres, au commencement de 1876, une opérette 
intitulée the Sultan of Mâcha. Peu de mois 
après, dans le cours de la même année, il a 
donné à Manchester un autre petit ouvrage du 
même genre, dont j'ignore le titre. 

CELLIKI (François), musicien italien, na- 
quit le 5 mai 1813 à Fermo, dans la marche d'An- 
cône. Dès son jeune âge, il commença à étudier 
la musique sous la direction de son oncle Augus- 
tin CelJini, de Raphaël Monelli et de Charles 
Morra. Arrivé à un âge plus avancé, il fut en- 
voyé par ses parents à Bologne, pour étudier 
sous la direction de Pilotti, après la mort duquel 
il passa au Conservatoire deNaples, où il suivit 
les leçons de chant de Crescentini, et apprit la 
composition avec Zingarelli, puis avec Mercadante. 
Ayant terminé son instruction musicale, il re- 
tourna dans sa ville natale, où il obtint en 1842 
la maîtrise de la cathédrale. En 1860, il se rendit 
à Londres avec son élève Antoine Giuglini, et y 
resta quelque temps à donner des leçons de 
chant. De retour à Fermo, il y mourut le 19 
août 1873, accablé par des chagrins domesti- 
ques et des luttes regrettables suscitées par la 
malignité. 

Cellini composa beaucoup de musique d'église, 
et des chœurs patriotiques de circonstance qui 
eurent quekjue succès. Sa musique, faible de 
conception, quoique de bonne facture, ne s'élève 
pas au-dessus de la médiocrité. Sa spécialité 
était l'enseignement du chant, dans lequel il ex- 
cellait. De son école sont sortis une foule de bons 
chanteurs de théâtre, parmi lesquels les frères 
François et Ludovic Graziani, Henry Fagotti, 
Antoine Giuglini, M""' Morgiali, Mme Biancolini- 
Rodriguez, etc. 

L.-F. C. 

CELLOT (Hexri), compositeur amateur, est 
né vers 1835, d'une famille aisée, et est entré de 
bonne heure dans la banque, tout en étudiant la 
musique pour son agrément. M. Cellot a publié 
quelques romances, et a fait représenter quelques 
opérettes, parmi lesquelles on peut citer : Dix 
contre xin (Palais-Royal, 4 mai 1865); l'Ile 
des Singes (E^àoraiôo, isoclobre 1868) ; l'Amour 
charlatan (Folies-Marigny). Il a donné aussi 
plusieurs articles de critique au journal Zaf/OHce 
musicale. 

CELSCHER (Jean), confrepointiste hon- 
grois de la lin du seizième siècle, a fait impri- 
mer un assez grand nombre de comi)ositions, 
qui sont conservées à la bibliothèque de Ber- 
lin. # Y. 

CENCI-JBOLOGA'ETTI (Le comte), noble 



CENCI-BOLOGNETTI 



CERU 



167 



amateur de musique, est l'auteur d'un opéra en 
4 actes, Lorenzo Soderinl, qui a été représenté 
au théâtre Pagliano, de Florence, le 3 août 1867. 
D'autre part, les journaux italiens ont rendu 
compte, en 1871, de l'exécution à Rome de deux 
compositions : une ouverture et une cantate pa- 
triotique, la Redenzione di Roma, dont l'au- 
teur était la signora Aspri-Cenci-Bolognetti. 

CEjVTOLAIXI (Ambrogio), compositeur ita- 
lien, est l'auteur d'un opéra sérieux , Isabella 
Orsini , qui a été représenté sur le théâtre de 
Lugo le 17 septembre 1867. 

CE PEli A ( ), compositeur espagnol con- 
temporain, s'est fait connaître par la publica- 
tion de quelques morceaux de chant et par la 
représentation de quelques zarznelas dont il 
a écrit la musique. Je ne connais le titre que 
d'un seul de ses ouvrages en ce genre, los Pi- 
ratas. M. Cepeda a écrit, avec MM. Allù et 
Oudrid, la musique d'un drame en trois actes, 
intitulé DalUa. 

* CERACCHJiVl (Francesco). Ce compo- 
siteur a abordé la scène au moins une fois, car 
op connaît de lui un opéra intitulé Antigono, re- 
présenté à Florence en 1794. 

CERECEDA (Giullermo), compositeur 
dramatique espagnol, s'est fait connaître par les 
zorzuelas ou opéras comiques suivants, qui ont 
été représentés à Madrid, dans le cours de ces 
dernières années : 1° Pascal Ballon, un acte ; 
2" Tocar el violon, un acte ; 3" Pepe-Hillo ; 4° 
Trayo; 5° Mefistofeles, 3 actes ; 6° Esperanza, 
ballade lyrique et dramatique en 2 actes, théâ- 
tre delà Zarzuela, 1872. En cette dernière an- 
née, M. Cereceda remplissait les fonctions de 
chef d'orchestre au théâtre de la Zarzuela. 
' CEREROLS (Le P. Juan), moine et compo- 
siteur espagnol, vivait à l'abbaye de Monlserrat 
dans les dernièrr s années du dix-huitième siècle. 
On conserve dans les archives du célèbre collège 
de musi(iue de ce couvent les œuvres suivantes, 
dues à cet artiste : une messe à trois chœurs et 
à douze voix, dite Messe de la Bataille; les 
psaumes Dixit Dominus, Confitebor, Beatus 
vir, Laudate pueri Dominum, Letalus sum, 
Msi Dominus, Credidi, l'hymne Ave Maris 
Stella, et le cantique Magnificat. Presque toutes 
ces compositions sont à dix voix. 

CERFRERU DE M5iDELSHEIM(A...), 
écrivain français, est autour d'un petit éci'it in- 
titulé : les Orgues expressifs (sic), Paris, Paul 
Dupont, 1867, in-16 de 16 pp. 

CERlAiXI ( ), compositeur italien, a 

fait représenter au Politeama, deNaples, en 1875, 
un opéra bouffe intitulé Don Luigi di Toledo. 

CERTAIN (M.vuie-Françoise), claveciniste 



du dix-huitième siècle, célèbre par son talent 
d'abord, ensuite par les réunions musicales qu i 
se tenaient chez elle et auxquelles les plus grands 
virtuoses et compositeurs du temps tenaient à 
honneur d'assister et de se produire, na([uit vers 
1662. Elevée par Pierre de Nyert, premier valet 
de chambre de Louis XIV, qui la regardait 
comme sa fille, Marie Certain fut un enfant pro- 
dige et devint une artiste fort remarquable. De 
Nyert avait chargé Lully de son éducation musi- 
cale, et la jeune fille, qui avait à la fois du pen- 
chant pour les lettres, pour la peinture et pour 
la musique, était à peine âgée de quinze ans lors- 
que, dans une épître adressée précisément à son 
protecteur, à De Nyert, La Fontaine en parlait 
ainsi : 

Avec mille autres bien le jubilé fera 

Que nous serons un temps sans parler d'Opéra; 

Mais aussi de retour de mainte et mainte église. 

Nous Irons, pour causrr de tout avec Irancliise 

Et donner du relùclie à la ilévotton. 

Chez l'illustre Certin (1| faire une station : ■ 

Cerlin, par mille endroils égilement cliarraante, 

Et dans mille beaux arts également savante, ! 

Dont le rare génie et les brillantes mains 

Surpassent Chamboniiiôre, Ilardel, les Couperains. 

De cette aimable enfant le clavecin unique 

Me touche plus qu'lsis et toute sa musi(|ue : 

Je ne veux rien rie plus, Je ne veux rien de mieux 

Pour contenter l'esprit, et l'oreille, et les yeux. 

Le salon de M"* Certain était le rendez-vous 
de tous les grands artistes, et jusqu'à son der- 
nier jour cette femme distinguée jouit de la plus 
brillante réputation, au double point de vue de 
l'esprit et des talents. Elle mourut à Paris, le 
1" février 1711, et fut inhumée dans l'église 
Saint-Roch, sa paroisse. 

CERU (DoME.MCo-AcosTiNo) naquit à Lucqiies, 
en Toscane, le 28 août 1817; il est ingénieur de 
son état et bon amateur de musique. Il publia, 
en 18G4, un mémoire sur la vie et les œuvres 
de L. Boccherini; en 1870, une lettre à son ami 
André Bernardini, maître compositeur estimé de 
Buti, en Toscane, sur la musique allemande com- 
parée à la musique mélodique italienne; et en 
1871 « Cenni storici deW iasegnaniento delta 
musica in Lucca e dei piu notabili maestri 
compositori che vi hanno fiori/o (Lucques , 
impr. Giusti, in-8") «, ouvrage de peu d'étendue, 
mais d'un véritable intéièt pour l'histoire de la 
musique en général, et en particulier dans la 
ville de Lucques, autrefois capitale d'une riche 
république où la musique a toujours été tenue 
en honneur et où les études musicales se main- 

■ L'acte morluaire de Marie Certain, publié par Jal dans 
son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, 
donne à son nom_rorlhographe que j'ai cru devoir adop- 
ter : Certain.} 



168 



CERU 



CHAMPEIN 



tiennent toujours (lorissante? , quoique Lucques 
soit réduit aujourd'hui à l'état de ciief-lieu de 
province. 

M. D. A Cerù est membre de l'académie des 
Phylomates. On a de lui un mémoire sur le 
mélodrame et plusieurs pièces détachées, poésies, 
épigraphes , épitres , elc. , qui attestent toutes 
une intelligence cultivée. 

L.-F. C. 

CESTARI (AiGUSTo). Un musicien de ce 
nom a fait représenter en 1859, sur le théâtre 
d'Udine, un drame lyrique intitulé Cleto. 

CEUPPI'^XS (Victor), compositeur, né à 
Bruxelles le 28 juillet 1835, a eu pour niHîtns 
MM. Goossens, Jourdan, Bosselet, Lemmens et 
Fétis, puis est devenu successivement organiste 
des églises de Saint-Joseph, des Minimes et de 
Sainte-Catherine, et enfin maître de chapelle de 
Saint- Boniface en même temps que professeur à 
l'école de musi(|ue de Saint- Josse-ten-Noode, 
commune de la hanlieue de Bruxelles. M. Ceup- 
pens a publié un certain nombre de compositions 
religieuses, parmi lesquelles plusieurs messes 
(dont une, à 4 voix, a été exécutée solennellement 
le 19 janvier 18GI), un Ave verum'a 4 voix, un 
Salve Regina avec orchestre, un Lmidale Do- 
mimun, chœur à 4 voix, un Tantum ergo, un 
Pie Jesu, un salutaris , une prière et 3 Elé- 
vations pour orgue. On connaît aussi quelques 
romances de cet artiste. 

CEZAA'O (Paul). Lors de l'inauguration de 
la nouvelle salle de l'Opéra, en 1875, on a publié 
une brochure ornée de vignettes et ainsi intitulée : 
Visite au nouvel Opéra, |)ar Paul Cézano (Paris 
1875, in-4°). Le nom de l'auteur de cet écrit nous 
paraît être un pseudonyme ; du moins ne le 
connaissons-nous point dans la littérature con- 
temporaine. 

CnAALO\S-D'AI\GE (Augcste - Phi- 
libert), ailministrateur et écrivain, né à Paris 
le 29 juillet 1798 , est mort au mois de murs 
1869. Il fut successivement attathé aux biireiiiix 
du ministère de la guerre, puis du minisièic de 
l'intérieur, puis, sur la fin de sa vie, au minis- 
tère de la maison de l'empereur, où il remplis- 
sait les fonctions d'archiviste à la section <îes 
Beaux-Arts. Secrétaire général du théâtre de 10- 
déon de 1!<2S à 1S35, il avait fondé en 1829 le 
Journal de^ Comédiens, qui est devenu depuis 
]à Revue et Gazette des théâtres. Il est men- 
tionné ici pour l'ouvrage suivant : Histoire cri- 
tique des théâtres de Paris pendant 1821, 
pièces nouvelles, reprises, debuls, rentrées (Pa- 
ris, Petit, 1822, in-8"), qu'il publia sous le voile 
de l'anonyme , en société avec Ragueneau. Il 
publia ensuite, seul , cette fois, et en y mettant 



son nom, V Histoire critique et littéraire de 
théâtres de Paris, années 1822-1823 (Paris, 
Pollet, 1824, in-8°). Ces deux volumes forment le 
résumé historique et critique du mouvement 
théâtral pendant la période indiquée, mouvement 
dont la musique pi;end une part import.infe, et 
donnent des renseignements utiles, (pii auraient 
gagné cependant à être un peu moins délayés. 

*CllABAXOM (MiCBEL-P.UL-Gn nE), a 
écrit les paroles et la musique d'un divertisse- 
ment sans titre qui a été exécuté deux fois, en 
17C9 et 1770, dansdeux concerts donnés au profit 
de l'École gratuite de dessin. 

'' CHAÎrVE (EiGÈNE). Cet artiste fort esti- 
mable, qui depuis longtemps brille à Paris dans 
l'exécution de la musique de chambre, a obtenu, 
dans ces dernières années , de sérieux succès 
comme compositeur. En 1860, il a fait exécuter 
à Poitiers, aux fêtes données par l'Association 
musicale de l'Ouest, une messe à 4 voix, clionirs 
et orchestre, qui a produit un très-grand elfet; 
' sa f* symphonie (en fa) a été couronnée au con- 
cours ouvert en 18C4, en Hollande, par la so- 
ciété pour l'avancement des études musicales ; 
sa 2"^ sym|)honie (en ré mineur) a été l'objet de 
la même distinction, en 1860, de la part de la so- 
ciété de Sainte-Cécile, de Bordeaux; une ouver- 
ture à grand orchestre, envoyée par M. Chaîne 
au concours de l'académie de l'Institut royal 
de musique de Florence, obtenait aussi la pre- 
mière récompense; enfin, en 1872, la société de 
Sainte-Cécile de Bordeaux accordait le second 
prix à son Stahat mater. En dehors de ces œu- 
vres fort importantes, et d'un troisième concerto 
de violon, M. Chaîne a fait entendre, en ces der- 
nières années , une fantaisie-caprice pour violon 
sur les Huguenots (Paris, Brandus), une fan- 
taisie sur iVo/'Hia et i Puriiani (id., id.), et une 
autre sur la Juive. Il a publié une quarantaine 
de fantaisies et de morceaux de gonie [lour vio- 
lon, avec accompagnement de piano. Au mois 
d'octobre 1875, AI. Chaîne a été nommé profes- 
seur d'une des deux classes préparatoires de 
violon rétablies an Conservatoire de Paiis. 

* CHA'\IPEI.\ (Stamslas). r.e répertoire 
dramatique de ce musicien aimable doit se com- 
pléter par les ouvragi^s suivants : 1° les Amours 
de Colomijine ou Cassaridre j.leureur, o\)éra. 
comique joué à la Comédie-Italienne en 1783, 
et dont la chute fut si complète que sa première 
et unique représentation ne put même être ache- 
vée; 2" les Soces cauchoises , 2 actes, th. Mon- 
tansier, 1790; 3° les Hussards en cantonne- 
ment, 3 actes, Opéra-Comique, 28 juin 1817. 
Champein a écrit aussi la musique, assez impor- 
tante, de deux [liècos représentées à la Comédie- 



CHAMPEIN 



CHARBONNIER 



169 



Française ; 4° le Chevalier sans peur et sans 
reproche ou les Amours de Bayard, comédie 
<;n 3 actes, mêlée d'intermèdes, de Monvel (24 
août 1786); 5" Lanval et Viviane ou les Fées 
et les Chevaliers, comédie héroï-féerique en 5 
actes et en vers de dix syllabes, avec chants et 
danses, de Murville (13 septemln-e 1788). Enfin, 
on a imprimé, mais non représenté, la pièce 
suivante : les Deux Seigneurs ou V Alchimiste , 
pièce en 2 actes, en vers, par MM. A. et H. 
(Anson et Hérissant), « avec deux airs nouveaux 
de M. Champein. » 

* CHAi\lPEII\ (Marie-Frakçois-Stanislas), 
fils du précédent, naquit à Paris le 20 juillet 1799. 
Après avoir quitté l'Italie pour revenir en France, 
il publia en 1869, à Paris, un journal qui avait 
pour titre la Fraternité , et mourut en celte 
ville le 8 mars 1871. 

On a représenté au Gymnase, le 10 avril 1821, 
un opéra comique en un acte intitulé : Une 
Française, musique de Champein « fils. » J'ignore 
s'il s'agissait ici de cet artiste ou d'un autre fils 
de Stanislas Champein. 

CIIAMPFLEURY (Jules FLEUR Y, dit), 
critique et romancier, naquit à Laon le 10 sep- 
tembre 1821. Dans ses nombreux écrits, de gen- 
res très-divers , M. Champtleury s'est beaucoup 
occupé de musique, imitant en cela Charles Bar- 
bara, son ami de jeunesse, avec qui il fit souvent 
des séances de quatuors dans lesquelles il tenait 
la parlie de violoncelle. Malheureusement, si 
M. Champtleury avait quelque pratique musicale, 
ses coimaissances théoriques étaient absolument 
nulles ; cela ne l'a pas empêché de vouloir, à l'oc- 
casion, trancher du magister et le prendre de 
haut avec les critiques de profession, selon ce 
principe cher à tous les dilettantes forcenés que 
les musiciens seuls sont impropres à la critique, 
et que celle-ci ne peut être bien faite que par des 
ignorants. C'est ce principe qui a poussé 
M. Champfleury à prendre la défense de M. Ri- 
chard Wagner en essayant, bien en vain, de je- 
ter le ridicule sur certains critiques accrédi- 
tés, et il a donné la mesure de sa compé- 
tence en pareille matière en niant la valeur 
musicale de Berlioz, dont la gloire n'a été que 
médiocrement atteinte par ses sarcasmes. Les 
prétentions musicales de M. Champfleury se font 
jour surtout dans sa traduction des Contes pos- 
thumes d'Hoffmann (Paris, Lévy, 1856, in- 12), 
et dans une brochure intitulée Richard Wa- 
gner, dédiée à Charles Barbara, qu'il a repro- 
duite dans ses Grandes Figures d'hier et d'au- 
jourd'hui (Paris, Poulet-Malassis, 1861, petit 
in-8°). 

CHAÎMPS (Ettore DE), pianiste et compo- 



siteur dramatique, né à Florence le 8 août 1835, 
étudia la flûte avec un de ses oncles, le piano 
avec Gioaccliino Gordoni, l'harmonie et le con- 
trepoint avec Ciilson, et la composition avec Ma- 
bellini. Il se livra de bonne heure à l'enseigne- 
ment, publia de nombreuses et élégantes compo- 
sitions pour le piano, et finalement aborda le 
théâtre avec succès en donnant à la Pergola, 
de Florence, deux opéras-bouffes qui furent bien 
accueillis : i Tutori e le Pupille (1869), et il 
Califfo (1870). Il produisit ensuite plusieurs 
farse qui ne furent pas moins bien reçues : Gosto 
e Mea (1872), la Serchia rapita (en société 
avec MM. Gilardini, Felici et Tacchinardi, 1872), 
et l'idolo Cinese {en société avec MM. Tacchi- 
nardi, Gialdini, Felici, Usiglio et Baccbini, 1874). 
On lui doit aussi la musique de deux ballets, re- 
présentés au théâtre P.igliano', il Genio délie 
Colline (ISài), et il N au fragio délia Fregata 
La Peyrouse (1859). Enfin, M. de Champs a 
écrit encore deux messes a cappella, deux autres 
messes avec orchestre, et un grand nombre de 
morceaux détachés de tout genre. 

* CHAPPELL (William). — Cet érudit dis- 
tingué a commencé récemment la publica- 
tion d'un ouvrage extrêmement important : The 
Historij of music (art and science), l'Histoire 
de la Musique, dont le premier volume a paru 
récemment à Londres (Chappell and C", in-8, 
s, d. [1875]). L'Histoire de la Musique de 
M. "^ Chappell doit former quatre volumes; on 
comprend donc qu'il ne saurait être question ici 
(l'une analyse complète du seul qui ait été publié 
jusqu'à ce jour, l'ensemble d'un tel travail étant 
indispensable à qui voudrait porter sur lui un 
jugement motivé. Je me bornerai à dire que ce 
premier volume est i)resque entièrement con- 
sacré à l'étude de la musique grecque, sans 
que l'auteur paraisse avoir ajouté un contingent 
bien nouveau et bien appréciable aux connais- 
sances réunies sur ce sujet par les écrivains qui 
l'ont précédé. 

* CHAPELLE (Jacques-Alexandre DE LA) 
Ce compositeur a écrit la musique d'un opéra 
en trois actes et un prologue, Isac, qui fut re- 
présenté le 27 mars 1734 par les écoliers du col- 
lège Louis-le-Grand, et qui, en cette circons- 
tance, servait d'intermède à une tragédie latine 
intitulée Tigrane. 

< HARBOWIER (L'ahbé Étienne-Paul), 
né à Marseille le 29 frimaire au 11.(19 décembre 
1793), fut reçu enfant de chœur de la métro|)ole 
d'Aix en Provence en 1810 , et fit à cette maî- 
trise ses premières études musicales. Il fut or- 
donné prêtre en 1821, et nommé l'année suivante 
organiste de la catliédrale d'Aix. Il conserva ce 



no 



CHARBONNIER — CHARLES H 



poste jusqu'en juin 1867, époque à laquelle il se 
retira pour être nommé quelque temps apiès 
chanoine honoraire. Il mourut à Aiv le 7 octobre 
1872. L'abbé Charbonnier s'était voué de très- 
bonne heure à la musique sacrée et à l'étude de 
l'orgue. Comme organiste, il acquit une noto- 
riété locale, qui paraît avoir été exagérée. Comme 
compositeur, il a beaucoup écrit; c'est surtout 
dans l'étude de la vieille musique provençale, 
qu'il s'était (ait une véritable spéciahté. Il a 
publié chez Remondet-Aubin, à Aix, un volume 
intitulé Npëls, Magnificats, Marche des Rois , 
arrangés pour Torgue et l' harmonium (in-4"). 
11 avait fait paraître également en 1835 un livre 
intitulé : Des Principes de Musique, qui fut 
assez estimé. On lui doit la musique d'une 
pastorale provetiçale, 40 motets en latin, 50 can- 
tiques et morceaux français d'une mélodie peu 
distinguée mais assez gracieuse, un recueil pour 
orgue, puis deux Passions, l'une pour le diman- 
che des Rameaux, l'autre, assez curieuse, pour 
le Vendredi saint, avec de petits chœurs figurant 
les cris de la foule, et accompagnement de vio- 
loncelles, contre-basses et orgue. Enfin il a écrit 
un Petit traité d' harmonie mise en pratique 
pour le piano, qui a été édité à Paris. 

Al. R— d. 
* (JïARDIXY (LoDis-ARMAND).En annon- 
çant la mort de cet artiste, le Journal des 
Spectacles du 3 octobre 1793 s'exprimait ainsi : 
« Louis-Claude-Armand Chardiny, artiste de l'O- 
péra, capitaine de la garde nationale de la sec- 
tion du Théâtre-Français, dite de Marat, natif 
de Fécamp, en Normandie , âgé de 35 ans, est 
mort le premier de ce mois, et a été inhumé le 
lendemain dans l'église de Saint-André-des-Arcs, 
sa paroisse. Nous nous empresserons de trans- 
mettre à nos lecteurs les anecdotes et Ips notices 
biographiques qui pourront nous parvenir sur 
cet artiste. » Cette note est très-précise, on le 
voit, dans sa rédaction, et les renseignements 
qu'elle donne diffère quelque peu de ceux, con- 
tenus dans la Biographie universelle des Mu- 
siciens; je n'ai pu me renseigner d'une façon 
absolue sur son exactitude. Cinq jours après, le 
8 octobre, le Journal des Spectacles insérait les 
vers suivants , qui lui étaient envoyés par « le 
citoyen Piis, » le vaudevilliste, au sujet de Char- 
diny : 

L'Opéra perd un bon artiste, 

I.a Musique, un bon hariuonistc, 

I,e Vaudeville un bon soutien. 

Le dieu Cornus un bon convive ; 
Mais ce qui cause à tons une douleur plus vive, 
La République, en lui, perd un bon citoyen. 

Un fait peu connu, et constaté par le MercureX 



de France du 29 septembre 1787, c'est que 
c'est Chardiny qui écrivit les récitatifs du Roi 
Théodore à Venise, de Paisiello, lorsque cet ou- 
vrage, traduit par Moline, fut repréenté à l'O- 
péra le 11 septembre de celle année. 11 faut 
ajouter aussi à la liste de ses productions dra- 
matiques V Amant sculpteur, opéra comiiiue en 
un acte qui fut représenté au Théâtre-Comique et 
Lyrique en 1790. Lorsqu'en 1792, Piis et Barré 
fondèrent le théâtre du Vaudeville, ils engagè- 
rent Chardiny comme « instituteur » de leurs 
jeunes artistes, et comme compositeur et arran- 
geur de la musique de leurs pièces. « Peu de 
personnes, disait à ce sujet le rédacteur de \^Al- 
manach des Spectacles, étoient plus en état 
que cet artiste de travailler pour ce spectacle : 
le vaudeville étoit son genre favori, et il étoit 
fait pour enrichir son théâtre d'une foule d'airs, 
([ue les auteurs ont mis partout, et qui sont dans 
la bouche de tout le monde. » Cet emploi n'em- 
jiècha point Chardiny de continuer à faire partie 
<lu personnel de l'Opéra, mais il lui donna la fa- 
cilité de placer un sien parent, peut-être son 
frère (J. Chardiny), à l'orchestre du Vaudeville, 
où celui-ci jouait la partie de violoncelle. — 
Dans son Dictionnaire néologiqve, dont la pu- 
blication a été interrompue ajirès le troisième 
volume, le Cousin-Jacques a consacré une notice 
à Chardiny 

CHARLEMAGNE. — Voyez HEN- 
RIO\ (Paul). 

CHARLES I", roi d'Angleterre, deuxième 
souverain de la famille des Stuai-ts , était un 
grand amateur de musique et lit tous ses efforts 
pour l'encourager dans ses États. Il jouait, dit-on, 
fort habilement de la basse de viole, et tenait 
très-bien sa partie dans les Fantaisies de Co- 
perario, compositeur distingué qui lui a «lédié 
une suite de pièces de ce genre. Charles V"^ 
était l'ami d'un autre musicien remarquable, 
William Lawes, artiste de sa chapelle, qui lui 
rendait son affection et qui, pour le lui prouver, 
prit les armes en sa faveur et se lit tuer brave- 
ment au siège de Cliester. Pour honorer sa mé- 
moire, le roi porta publiquement le deuil du mu- 
sicien. Ce prince , qui était né à Dumferling 
(Ecosse), en 1600, mis en jugement à la suite de 
sa guerre contre le parlement, périt sur l'ecba- 
faud le 30 janvier 1649. 

CHARLES H, fils du précédent, grand ama- 
teur de musique comme lui, fut, dil-on, Tintro- 
ducteur du violon en Angleterre. Ce prince, qui, 
après le supplice de son père et la ^défaite que 
lui avait fait subir Cromwell à Worcester, avait 
dii se réfugier et résider en France, y avait pris 
les habitudes musicales de notre pays. Il aimait 



CHAULES II — CHARNACÉ 



171 



surtout nos petits violons à la française, qui 
commençaient à remplacer chez nous les dessus 
de viole, et lorsqu'il rentra dans ses États, il créa 
une bande de vingt-quatre violons, à l'imitation 
de celle qu'il avait vu manoeuvrer à Versailles 
et à Paris sous la direction de Lully. En tout ce 
qui concernait la musique, Charles II introduisit 
à Londres les pratiques françaises, en dépit des 
efforts prolongés de son secrétaire Williams, 
qui tenait pour la musique nationale. Le roi finit 
par avoir raisonde son secrétaire, comme on le 
pense, mais pourtant ce ne fut pas sans peine, et 
bien longtemps après, Roger North, qui fut attor- 
ney général sous Jacques II, parlait de cette lutte 
dans ses Mémoires avec une sorte d'amertume. 
Lorsque l'infortuné Cambert, malgré les succès 
obtenus par ses opéras , les premiers qu'on eût 
entendus en France , eût été réduit au silence 
par les intrigues de Lully et crut devoir s'expa- 
trier, c'est à Londres et auprès de Charles II 
qu'il alla chercher un refuge. Les uns disent que 
ce prince le mit à la tête de sa bande de violons, 
ce qui ne paraît pas probable, Cambert n'étant 
pas violoniste, que l'on sache; les autres, et 
ceux-ci semblent avoir raison , affirment que 
Cambert devint surintendant de la musique 
royale, et conserva cet emploi jusqu'à sa mort. 
Ce' qui paraît certain, quoiqu'à cet égard On 
n'ait aucune preuve absolue, c'est que Charles II, 
qui avait cordialement accueilli le grand mu- 
sicien français , fit représenter à sa cour les 
opéras de Cambert, entre autres Ariane, qui 
n'avait pu voir le jour à Paris. 

Charles II, qui était né le 20 mai 1630, mourut 
en 1685. 

CHARLEVOIX (Pierre-François-X vvier 
DE), savant jésuite français, naquit à Saint- 
Quentin en 1684. On trouve d'intéressantes no- 
tices sur les instruments de musique japonais 
dans le tome 1 de son ouvrage : Histoire et 
Description générale du Japon (Paris, 1726). 

CHARLY ou DE CHARLY, claveciniste 
et compositeur, était professeur de clavecin à 
Valenciennes en 1777 , année où il publia un 
Premier recueil de romances, avec accompa- 
gnement de harpe ou de clavecin. J'ignore si cet 
artiste a mis au jour d'autres compositions. 

CHARLOT (Joseph-Auguste), musicien 
très-instruit, très-distingué, né à jN'ancy le 21 
janvier 1827, donna l'une des preuves les plus 
éclatantes de la situation lamentable dans la- 
quelle les administrations lyriques mettent en 
France les jeunes artistes, môme ceux qui don- 
nent le plus d'espoir et qui semblent appelés à 
parcourir la carrière la plus brillante. Il est dif- 
ficile, en effet, d'obtenir de plus nombreux et de 



plus brillants succès d'école que n'en avait rem- 
portés Chariot. Entré au Conservatoire de fort 
bonne heure, d'abord dans la classe de Zimmer- 
mann, puis dans celle de Carafa, il se voyait dé- 
cerner en 1838, à peine âgé de onze ans, un pre- 
mier prix de solfège et un accessit de piano ; 
l'année suivante, on lui donnait le second prix 
de piano; en 1841, il enlevait le premier prix 
pour cet instrument, en même temps qu'un se- 
cond prix d'harmonie et accompagnement, et en 
1842 il remportait le premier prix d'harmonie. 
En 1846, concourant à l'Institut, il obtenait une 
mention honorable, se faisait décerner le second 
prix au concours suivant, et enfin couronnait sa 
carrière d'élève, en 1850, par le premier grand 
prix de Rome. 

Après de tels succès, on eût pu croire que 
Chailot parviendrait rapidement au théâtre, ou 
du moins qu'on mettrait à l'essai ses jeunes ta- 
lents, en lui permettant de les produire en public. 
Il n'en fut rien ; le jeune artiste eut beau, comme 
tant d'autres, courir après un poème pendant 
nombre d'années, il ne put jamais l'obtenir, et 
dut enfin renoncer à l'espoir qu'il avait si long- 
temps caressé. Devenu accompagnateur, puis 
chef du chant à l'Opéra-Comique, ce qui aurait 
dû lui faciliter la route, il fut obligé de s'en 
tenir à cette situation indigne de lui, mais qui 
du moins lui assurait l'existence. 

Chariot a publié quelques compositions de peu 
d'importance, quelques mélodies vocales, des 
chœurs orphéoniques, et il en a laissé un assez 
grand nombre en manuscrit. Son nom figure mo- 
destement sur quelques partitions dont il avait 
exécuté la réduction au piano. Cet artiste fort 
estimable est mort à Sèvres, au mois d'août 1871. 
L'éditeur M. Hartmann a publié, depuis sa mort, 
un recueil de Dix mélodies dues à la plume de 
ce musicien distingué; on peut signaler particu- 
lièrement dans ce recueil, de tout point intéres- 
sant, la pièce intitulée le Géant, écrite sur des 
vers de Victor Hugo, et qui est d'une inspira- 
tion large, mâle et puissante. 

CHARA'ACÉ (Le comte Guy DE), écrivain 
musical, né vers 1825, a tourné son esprit vers 
les choses de la musique, après s'être longtemps 
occupé d'agriculture et d'agronomie. Il a colla- 
boré, pour ces questions d'art, à divers jour- 
naux , entre autres au Paris-Journal et au 
Bien public, dont il a rédigé, pendant les an- 
nées 1871, 1872 et 1873, le feuilleton musical. 
Malheureusement, les études artistiques de 
M. Guy de Charnacé, beaucoup trop superfi- 
cielles, ne lui permettaient point de juger en cri- 
tique, mais en simple dilettante, et ce manque 
de connaissances enlevait beaucoup de valeur à 



172 



CHARx\ACÉ — CHARTON-DEiMEUR 



ses apprécialions. M. de Charnacé a publié les 
•^crits suivants : 1° les Étoiles (hi chant (Ade- 
lina Patti, Chrisline Niisson, Gabrielle Krauss), 
Paris, Pion, 1868-69, in-8° avec portraits ; trois 
livraisons seulement ont paru de cette publica- 
tion, qui ne s'est pas continuée; 2° les Compo- 
siteurs français et les théâtres lyriques sub- 
ventionnés, Psirh,Deriiu, 1870, in-S"; 3" Lettres 
de Gluck et de Weber, publiées par M. L. 
NohI, traduites par Guy de Charnacé, Paris, Pion, 
1870, in-12avec portraits et autographes; 4° Mu- 
sique et Musiciens, Paris, Pottier de Lalaine, 
1873, 2 vol. in-12. Ce dernier ouvrage est un 
recueil fait avec trop de complaisance, et sans 
les corrections et suppressions indispensables, 
d'articles précédemment publiés par l'auteur. 

CHARREIRE (Paul), imisieienaveugle, or- 
ganiste à Limoges, est auteur d'un opuscule pu- 
blié sous ce titre : Aperçu philosophique sur 
la musique (Lmos^as, impr. Chapouland. 1860, 
in-8"). Cet artiste est mort il y a quelques années. 

CHARRIAT (PiERKE-JosEpn), chansonnier, 
auteur dramatique et romancier, tout en étant 
employé au'ministère de la guerre, naquit à Lyon 
le 2 février 1784. Il fut, avec Warez, l'un des 
auteurs du Mémorial dramatique ou Alma- 
nach théâtral, dont il parut treize années, de 
1807 à 1819 (Paris, Hocquet, in-24). Quoique 
assez mal fait, ce redieil n'en est pas moins 
utile pour les renseignements qu'il donne sur 
les théâtres de Paris. Charrin est mort à Paris 
au mois de mai 1863. 

CIIAIITIER (Cn\RLEs-JEAN), amateur de 
musique. Le nom de cet homme honorable doit 
trouver sa place dans ce dictior.naire, en raison 
de la libérable intelligente dont il a fait preuve 
envers l'art qu'il aimait. M. Chartier, qui habi- 
tait la commune de Breteil, dans le département 
il'Ille-et- Vilaine, était possesseur d'une impor- 
tante collection de lettres autographes du Pous- 
sin, dont il avait offert l'acquisition à la Biblio- 
thèque impériale. Lorsque cette offre lui fut faite, 
cet établissement n'avait point de fonds disponi- 
bles pour un achat de ce genre, et répondit à 
M. Chartier qu'il ne pouvait l'effectuer immé- 
diatement. jM. Chartier attendit patiemment, et, 
au bout de quelques années, par suite d'une 
combinaison de paiement dans laquelle le dé- 
partement des manuscrits et celui des estampes 
entraient chacun pour moitié, l'acquisition put 
être effectuée. Le prix, d'ailleurs modique, était 
de quatre mille francs environ, et pour cette 
somme modeste la Bibliothèque se trouvait mise 
en possession d'une collection de documents 
inappréciables pour l'histoire de l'art et d'un des 
plus grands artistes qui aient illustré la France. 



Mais si M. Chartier avait volontiers consenti, 
pour ne pas laisser passer en des mains merce- 
naires ou hors de son pays des documents qui 
intéressaient celui-ci à un si haut degré, à at- 
tendre que l'administration de notre plus grand 
dépôt littéraire fût en état d'en devenir acqué- 
reur, il ne voulait point profiter personnellement 
du produit de cette vente. Grand amateur de 
cette forme merveilleuse de musique instrumen- 
tale à laquelle on a donné le nom de musique de 
chambre, il songea à encourager les artistes qui 
se livrent à la composition de ce genre de mu- 
sique, et voulut utiliser à leur profit la somme 
qu'il avait retirée de la vente des lettres du 
Poussin. C'est dans ce but qu'il rédigea ainsi un 
article de son testament : « Je donne et lègue, 
à l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de 
France, une rente annuelle de sept cents francs, 
pendant cent ans, en faveur des meilleures (ou- 
vres de musique de chambre, trios, quatuors, etc., 
qui approcheront le plus des cliefs-d'a-uvre en 
ce genre. » C'est en 1861 que l'Académie des 
Beaux-Arts fut mise en possession de ce legs, 
et comme deux annuités s'en trouvaient alors à 
sa disposition, elle décerna deux prix cette pre- 
mière année, l'un à M. Charles Dancla, l'autre 
à M™*^ Farrenc, tous deux professeurs au Con- 
servatoire de musique de Paris. Depuis lors, le 
prix Chartier a été décerné à plusieurs artistes 
distingués. 

CHARTOX-DEAIEUU (M'"''), née Anne- 
Arsène Charton, cantatrice extrêmement dis- 
tinguée, est née à Sanjon (Charente), le 5 mars 
1827. Douée d'excellentes dispositions musicales, 
elle fut confiée de bonne heure par ses parents, 
alors établis à Bordeaux, aux soins d'un pro- 
fesseur nommé Bizot, et à peine âgée de seize 
ans elle débutait sur le grand théâtre de cette 
ville dans Lucie de Lamermoor, de Donizetti 
(mai 1843). Douée d'une belle voix de soprano, 
forte, souple et étendue, d'une intelligence scé- 
nique incontestable, la jeune artiste se vit ac- 
cueillir avec faveur par le public, et se montra 
successivement dans plusieurs rôles importants, 
Isabelle de Robert le Diable, Eiidoxie de la 
Juive, et Pauline des Martyrs, qui ne firent 
qu'affermir son succès. L'année suivante , 
Mlle Charton fut engagée à Toulouse pour y 
tenir l'emploi de première chanteuse d'opéra- 
coniique, et en 1846 elle faisait les beaux jours 
du théâtre de la Monnaie de Bruxelles. C'est en 
cette ville qu'elle épousa, le 4 septembre de 
l'année suivante, M. Demeur, flûtiste belge dis- 
tingué , et depuis cette époque elle est connue 
au théâtre sous le nom de M"" Charfon-Demeur. 

En 1849, la jeune cantatrice fit une première 



CHARTON-DEMEUR — CHASTILLON DE LA TOUR 



173 



et courte apparition à i'Opéra-Comiqiie, où les 
hasards du répertoire ne la favorisèrent pas 
comme elle le méritait. Elle prit alors le parti 
d'adopter la carrière italienne, et se produisit 
avec les succès les plus éclatants sur les plus 
importantes scènes de l'étranger, à Saint-Péters- 
bourg, à Madrid, à New-York, à Bade, à la Ha- 
vane. En 1853, elle rentrait pour un instant à 
rOpéra-Comique, s'y montrait dans le Caïd, le 
Domino noir et quelques autre> ouvrages, mais 
le quittait bientôt une seconde fois pour retourner 
à l'étranger. En 1862, M'"* Charton-Demeur dé- 
butait sur le Tliéàtre-Italien de Paris par le rôle 
de Desdemona à'Otello, et méritait les éloges les 
plus llatteurs du public et de la critique. Dans 
le courant de la même année, elle créait, sur le 
théâtre que dirigeait alors à Bade M. Bénazet, le 
rôle de Béatrice dans l'opéra de Berlioz : Béa- 
trice et Bénédict, et Berlioz était si charmé du 
talent qu'elle y avait déployé que bientôt il l'ap- 
pelait à son aide pour venir établir celui de Didon 
dans l'œuvre magnifique et malheureuse qu'il 
donnait au Théâtre-Lyrique : les Troyens. La 
beauté sculpturale et noble de la grande artiste, 
son énergie dramatique et passionnée, son grand 
sentiment poétique, l'éclat et la puissance d'une 
voix, dont elle était absolument maîtresse et 
qu'elle savait diriger avec le goût le plus sur, 
convenaient merveilleusement au personnage 
qu'elle était chargée de représenter, et si, pour 
des raisons particulières, les Troyens ne réus- 
sirent pas à la scène, la cantatrice ne s'y montra 
pas moins admirable et pleine d'un enthousiasme 
qu'elle puisait dans son admiration pour l'œuvre 
et pour l'auteur. Peu de temps après, M'"* Char- 
ton reparaissait sur notre Théâtre-Italien, mais 
bientôt elle s'éloignait de nouveau de Paris pour 
aller retrouver ses succès sur les scènes étrangè- 
res. Depuis lors , elle n'a plus reparu en France. 

CHASSAIGNE (Francis), compositeur, a 
fait représenter à Paris, dans des cafés-concerts, 
les opérettes ou saynètes suivantes, toutes en 
un acte : 1° les Horreurs du carnaval. Eldo- 
rado, 1873 ; 2° le Professeur de tyi'olienne, 
1874; 3° la Bergère de Bougival en Suisse; 
4° une Double clef; 5° un Coq en jupons, 
Alcazar, 187C; 6° Deux mauvaises bonnes, 
Eldorado, 1876. M. Chassaigne a publié aussi 
quelques romances, chansons et chansonnettes 
comiques, ainsi que des morceaux de danse pour 
le piano. 

CHASSANT ( ), archiviste, membre de 

la Commission des Archives historiques, est, 
avec M. Bunnin, l'éditeur de l'intéressante pu- 
blication faite sous ce titre : P-uy de musique 
érigé à Évreux en l'honneur de madame 



sainte Cécile, publié d'après un manuscrit du 
XVP siècle (Évreux, impr. Ancelle, 1837, in-S" 
de 88 pages). 

CHASTAIIV ( ), est auteur d'un ou- 
vrage historique et pratique sur le plain-chant, 
publié sous ce titre : Essai sur la tradition du 
chant ecclésiastique depuis saint Grégoire, 
suivi d'un tonal inédit de Berton de Beiche- 
neau, Toulouse, 18G7, un vol. in-12, avec 
planches. 

CHASTAN (JcLEs), né à Marseille le 30 
avril 1837, fit ses premières études musicales 
au Conservatoire de celte ville et les poursuivit 
en Italie, où il se rendit en 1854. Il séjourna suc- 
cessivement à Florence, où il écrivit divers mor- 
ceaux de danse et de chant, et à Naples, où il fit 
exécuter une messe de sa composition. Cette 
audition lui valut la décoration du roi de Naples. 
Il reçut également vers la même époque la croix 
de Saint-Grégoire le Grand et l'ordre du Nicham. 
De retour à Marseille, il s'y est fait connaître 
par diverses publications pour le piano et la voix. 
En 1874, il a donné au Gymnase de cette ville 
un opéra-comique en un acte. Don José de Gua- 
diana, qui a été monté ensuite à Toulon et Avi- 
gnon. Il a fait aussi entendre des morceaux 
d'orchestre, introduction, marche et ballet bâti 
sur de vieux airs provençaux, destinés à accom- 
pagner le drame le Roi René, qui a été joué à 
Marseille, au théâtre Valette. 

On a publié de cet artiste : Recueil de dix 
mélodies (Guidi, à Florence) ; Souvenir de 
Roche-Heureuse, violoncelle et piano (Ricordi, 
à Milan); L'Émir de Bengador, romance 
(Heugel); Chant Circassien; Chant d'au- 
tomne; le Gondolier; la Feuille envolée; la 
Mère du Cosaque ; les Pâquerettes ; V Hymne 
de V enfant à son réveil, romances (Carbonel, à 
Marseille); premier nocturne (Carbonel); 
deuxième nocturne (Heugel), et divers mor- 
ceaux de danse (Heugel et Carbonel). 

Al. R— d. 

CHASTILLON DE LA TOUR (Guil- 
laume DE), musicien français, vivait à Caen à 
la fin du seizième .siècle. Il publia en 1593 un 
recueil important d'airs et de chansons de sa 
composition, donné par lui sous ce titre : Airs de 
l'invention de G. D. C. Sr de la Tour, de Caen, 
sur plusieurs poèmes saints et chrétiens re- 
cueillis de divers auteurs et divisés en trois 
livres : I" De la grandeur de Dieu et de se 
réjouir en lui; 11^ De V Amour divin et du 
Mariage; IIP Du Mépris du monde et de 
l'Espérance en Dieu, Caen, Jacques Mangeant, 
in-8° ohlong. Ces airs étaient à quatre parties ; 
dessus, haute-contre, taille et basse. 



174 



CHAUMET — GHAUVET 



CHAUMET (William), compositeur de 
musique, est né à Bordeaux le 26 avril 1842. 
Son père !e destinait à la carrière commerciale, 
mais le jeune Cliaiunet avait pour cet état fort 
peu d'aptitudes; et, tout jeune, il prélevait sur 
ses économies mensuelles la somme nécessaire 
pour prendre des leçons d'harmonie et de con- 
trepoint. L'idée du théâtre le tourmenta de honne 
heure ; et il n'avait pas beaucoup plus de 23 ans 
quand il écrivit la musique du Coche, un petit 
acte dont le poète Hyppolyte Minier composa 
pour lui les paroles. Cette pièce n'a jamais vu 
le jour. Très refroidi, parce qu'il ne put parvenir 
à la faire représenter à Bordeaux, M. Chaumet 
fit alors des morceaux de piano et violon, un 
quatuor pour instruments à cordes, des roman- 
ces, etc. Puis, l'envie du théâtre le reprit, et il 
écrivit le Péché de M. Gérante, opéra-comique 
en un acte, représenté à Paris, au Théâtre-Ly- 
rique de l'Athénée, le 30 décembre 1872. 

Au mois de janvier suivant, le directeur de 
l'Athénée confia à M. Chaumet une autre pièce à 
mettre en musique, Méhul chez Gluck, opéra- 
comique tiré de la nouvelle d'Adolphe Adam. .\u 
jour dit, le jeune compositeur se présentait avec 
sa partition dans le cabinet du directeur, mais le 
théâtre était en déconfiture. 

Pendant l'été de 1873, M. Chaumet a donné 
à Bordeaux, au théâtre des Folies-Bordelaises et 
sous un nom d'emprunt , un intermède en un 
acte, intiinlé Idéa. J'ai assisté à plusieurs re- 
présentations de cet ouvrage, qui n'émane cer- 
tainement pas du premier venu. M. Chaumet est 
un admirateur sincère de MM. Gounod et Bizet, 
et sa musique se ressent de la double influence 
des auteurs de Faust et de Carmen. 11 n'est 
jamais trivial , et manie l'orchestre avec habi- 
leté (1). A. L.— x. 

CHAUSSIER (l'abbé), partisan de la doc- 
trine de Pierre Galin, qu'il a adaptée à Tétude 
du plain-chanl, est l'auteur d'un manuel ainsi in- 
titulé : le Plain-chant enseigné d'après la mé- 
thode du Méloplaste, Paris, Périsse, in-12. Il 
a été fait trois éditions de cet ouvrage. 

CHAUVET (Charles-Alexis), compositeur 
et organiste, artiste extrêmement remarquable 
qu'une mort prématurée a enlevé à la gloire qui 
l'attendait, naquit à Marnies (Seine-et-Oise) le 
7 juin 1837. Admis dans une classe de piano du 

(1) Le jury du concours Cressent {Voyez ce nom), 
réuni pour !a dernière fois, le lundi 6 décembre 1873, 
sous la présidence de M. Amlroise Thomas, membre de 
l'Institut, et en présence de M. de Beauplan, chef du 
bureau des théâtres au ministère des Beaux-Arts, a dé- 
cerné le prix à la partition écrite sur le poème de Ba- 
thijle, portant le n" 27 et les initiales H. O. L'auteur de 
cette parliiion est M. William Chaumet. — A. P. 



Conservatoire de Paris à l'âge de dix-sept ans, 
il avait déjà le sentiment de sa vocation, ainsi 
que le prouve cette mention, placée sur le re- 
gistre des entrées de cet établissement, à côté 
de son nom : « Se destine à l'orgue. « Devenu 
plus tard élève de M. Ambroise Thomas pour la 
fugue et la composition, et de M. Benoisl pour 
l'orgue, il remporta le second prix pour cet ins- 
trument en 1859, elle premier en 1860. Il entra 
peu après comme organiste à l'église St-Thoinas 
d'Aquin, puis remplit les mêmes fonctions à St- 
Bernard et à St-j\lerry. Très-remarque dans ces 
différentes églises, où il donna rapidement la 
mesure de sa valeur et où il lit montre de qua- 
lités absolument hors ligne, il fut choisi, lors de 
la construction de l'église de la Trinité (1869), 
pour tenir le grand orgue de cette riche paroisse. 

Chauvet, cependant, n'avait pas quitté le Con- 
servatoire après avoir terminé son cours chez 
M. Benoist ; il avait continué de fréquenter la 
classe de M. Ambroise Thomas, et, là encore, il 
avait déployé des facultés tellement extraordi- 
naires, que ce dernier l'avait choisi comme ré- 
pétiteur. Il exerçait ces fonctions sans titre offi- 
ciel, mais ses rares aptitudes de contrepointiste 
et l'excellence de ses démonstrations indicpiaicnt 
qu'il y avait en lui l'étoffe d'un professeur de 
premier ordre. Il eût conquis certainement avec 
rapidité la grande situation que lui assuraient 
d'avance les dons heureux dont la nature l'avait 
comblé, sans une grave maladie de poitrine qui 
tout d'un coup vint alarmer sa famille, ses élèves 
et ses amis. Les terribles événements qui signa- 
lèrent l'année 1870 vinrent aggraver encore cette 
maladie, et affecter d'une façon inquiétante l'âme 
toute française de Chauvet : les émotions qu'il 
ressentit alors, des souffrances toujours de plus 
en plus vives, le voyage que lui prescrivit son 
médecin, qui ne voulait pas lui laisser subir l'é- 
preuve du siège de Paris, tout cela vint activer 
le mai qui devait l'emporter. Il mourut à Ar- 
gentan (Orne), précisément à la date funèbre du 
28 janvier 1871. 

Chauvet a laissé quelques compositions dont 
voici la liste, par ordre de publication : 1° Vingt 
Morceaux pour orgue, en 4 suites, Paris, Graff ; 
— 2° Quatre Morceaux de genre, pour piano, 
id., F. Mackar ; — 3° Quatre Offertoires de 
rAvent à Noël, pour orgue sans pédales ou 
harmonium, id., Piégel ; — 5° Cinq Feuillets 
d'album, id., Mackar; — 6" Quinze Études pré- 
paratoires aux œuvres de Bach, id., id.; — 
7" Cinq Offertoires de Noël à l'Epiphanie, 
pour orgue ou harmonium, id., Piégel ; — 8° Six 
Pièces pour piano, en 2 cahiers, id., Hartmann; 
plus, divers morceaux publiés dans la Maîtrise 



CHAUVET — CHÉRT 



n; 



et autres recueils de ce genre. Quelque temps 
avant sa fui prématurée, Cliauvet fit entendre à 
plusieurs amis six grandes fugues pour piano à 
pédales, qui pouvaient se comparer à ce que l'on 
connaît de mieux en ce genre; malheureusement, 
ces compositions superhes ne se sont pas retrou- 
vées dans ses papiers, et sont probablement per- 
dues pour toujours. 

Comme organiste, Chauvet se taisait remar- 
quer par une facilité d'improvisation qui tenait 
du prodige ; il appelait à son aide toutes les 
ressources de l'art du contre-point, qui lui 
étaient étonnamment familières, et qu'il savait 
accommoder aux exigences de l'harmonie mo- 
derne avec une originalité piquante , .tout en 
restant fidèle au caractère sévère de l'instru- 
ment et au respect dû à la sainteté du temple. 
Comme professeur, un vif sentiment de la forme, 
une grande souplesse d'esprit, une parole claire 
et d'une rare facilité en faisaient un didacticien 
accompli. Ceux qui ont eu le bonheur d'être ses 
élèves ont conservé de lui un souvenir qui ne 
s'effacera pas. 

CHAVAGNAT (Anne-Pierre-Édouard), 
compositeur, est né à Paris le 17 octobre 1845. 
Aveugle de naissance, il a accompli la plus grande 
partie de ses études mu.sicales à l'Institution na- 
tionale des Jeunes- Aveugles, dont il était l'élève, 
puis s'est fait admettre au Conservatoire (1866), 
dans la classe de composition de M. Victor Massé. 
Après avoir obtenu un 3« accessit de fugue en 
1867, le second accessit en 1868 et le premier 
accessit ensuite, M. Chavagnat quilta le Con- 
servatoire, et se livra à la composition. Cet ar- 
tiste a publié, outre divers morceaux de chant et 
un certain nombre de cliœursorphéoniques, un re- 
cueil de douze mélodies vocales intitulé Mignonne 
(Paris, Gambogi, in-8°), qui, à part quelques dé- 
fauts de détail, se distingue par une inspiration 
d'uue rare fraîcheur et un véritable sentiment 
poétique. M. Chavagnat a épousé une jeune pia- 
niste, M'": de Massas, qui avait fait ses études 
au Conservatoire. 

* ClIELARD (Hippolyte-André-Je\n-Bàp- 
tiste), est mort à Weimar le 12 février 1861. 
On a représenté au théâtre de la Scala , de 
Milan, trois ans après sa mort, le 10 mars 1864, 
un opéra sérieux de ce compositeur, le AquiU 
Romane, qui fut défavorablement accueilli. 
Je suppose que cet ouvrage devait avoir au 
moins un point de contact avec une vaste com- 
position, les Aigles, « héroï le lyrique » que Che- 
lard fit entendre à Paris, dans un concert, au 
mois de novembre 1853, et qui produisit un 
grand elfet, étant chantée par MM. P*oger, Merly, 
Guignol, M'"= Nau et M'"* Tedesco. Chelard 



avait dirigé pendant quelque temps à Paris*, 
aux environs de 1830, les concerts de l'Athénée 
musical. 

CHEREST (Aimé), est l'auteur d'un écrit 
publié sous ce titre : Notice sur les musiciens 
du département de VYonne, Auxerre, impr. 
Gailot, in-8". Cet écrit a été publié en deux 
parties, formant chacune une brochure ; j'ignore 
la date de la première; la seconde a paru en 
1858. 

CHÉRET (Pierre), compositeur, né dans 
les dernières années du dix-huitième siècle, s'est 
fait connaître par la publication d'un grand 
nombre de romances et de mélodies dramatiques, 
dont quelques-unes se faisaient remarquer par 
leur accent, leur vigueur et le bon sentiment dont 
elles étaient empreintes. On cite entre autres, 
parmi ces compositions, celles qui ont pour titre 
V Heureux Pilote, Sur la falaise, la Mère de 
VÉcossais, Petite Fille, le Pauvre Marin, la 
Folle de Venise, les Adieux d'une sœur, la 
Créole, Matelot et Mousse, etc. Cliéret est 
mort au mois d'août 1864, âgé de soixante et 
onze ans. 

CHÉRI (Victor CIZOS, dit), chef d'orches- 
tre et compositeur, est né à Auxerre le 14 mars 
1830. Fils d'un comédien de province, frère de 
deux actrices extrêmementdistinguées, M"" Rose 
et Anna Chéri (devenues plus tard AP^^Montigny 
et Lesueur), M. Chéri vint de bonne heure à 
Paris, et fit au Conservatoire des études bril- 
lantes. Élève de M. Massart pour le violon, il 
obtint un accessit en 1846, un 2^ prix en 1848, et 
le l'=''en 1849. Étant devenu ensuite élève;d'Adol- 
phe Adam pour la composition, il concourut à 
l'Institut en 1855, et remporta le second grand 
prix. Depuis plusieurs années déjà, à cette épo- 
que, M. Chéri faisait partie de'rorchestre de 
l'Opéra en qualité de premier violon. Vers 1857, 
il fut vainqueur d'un concours ouvert à Bor- 
deaux pour la composition d' un opéra-comique 
en un acte, une Aventure sous la Ligue, et 
son ouvrage fut représenté au Grand -Théâtre 
de cette ville. 

M. Chéri ne s'est pas produit à Paris comme 
compositeur, du moins sur nos théâtres lyriques. 
Depuis quinze ans environ, il a quitté l'Opéra, 
et est devenu successivement chef d'orchestre 
des Variétés, du Châtelet, et en dernier lieu du 
Gymnase, où il se trouve encore aujourd'hui. 
Au théâtre du Châtelet, il a écrit la musique, 
fort élégante et justement remarquée, d'un cer- 
tain nombre de féeries dans lesquelles on dis- 
tinguait surtout des airs de ballet charmants et 
pleins de grâce. Un certain nombre de ces mor- 
ceaux ont été publiés, réduits pour le piano. 



1 76 



CHERI — CHERUBINI 



On connaît aussi de cet artiste un concerto de 
violon, avec accompagnement d'orchestre ; mais 
je ne crois pas que cette œuvre importante ait 
été gravée. 

* CHEROX (Augustin-Athanase), clianteur 
de l'Opéra. Il faut croire que cet artiste fort re- 
marquable eut, ainsi que sa femme, qui appar- 
tenait aussi au personnel de l'Opéra, des dé- 
mêlés assez graves avec l'administration de ce 
théâtre, car on publia, en 1790, un factum ainsi 
intitulé : Mémoire pour les sieur et dame 
C héron, premiers sujets du chant à V Acadé- 
mie royale de Musique, contre VadminiHtra- 
tion de ladite Académie (Paris, 1790, in-8° de 
70 pp.). Je n'ai pas eu cette brochure entre les 
mains, mais je l'ai trouvée mentionnée dans un 
catalogue de librairie. 

CHÉROUVRIEU (Edmond-Marie), com- 
positeur, naquit à Sablé le 7 février 1831. Il fit 
sa première éducation musicale en province, 
et dés l'âge de six ans, jouait déjà bien du piano. 
Placé au collège de Yaugirard, près de Paris, il 
s'exerça à la composition sans en avoir appris 
les règles, et à quatorze ans il faisait exécuter 
dans cet établissement un Ave Maria. Fixé plus 
tard au Mans avec sa famille, il continua de se 
se livrer à son goût pour la musique en écrivant 
pour la société pbiliiarmonique de cette ville un 
certain nombre de morceaux symphoniques qui 
étaient exécutés par elle. Cependant, c'était contre 
le gré des siens que M. Chérouvrier se lançait 
ainsi dans la carrière artistique, et une de ses 
tantes le lui fit sentir en le désiiéritant d'une 
fortune d'environ 300,000 francs. Cela ne l'em- 
pêcha pas, étant revenu à Paris, de travailler 
la fugue et la composition avec Leborne, alors 
professeur au Conservatoire ; mais je ne crois 
pas qu'il se soit fait admettre dans cet établisse- 
ment, car je n'ai pas trouvé son nom sur les re- 
gistres de réception des élèves. Quoi qu'il en soit, 
M. Chérouvrier prit part, en 1857, au concours 
de l'Institut, obtint une mention honorable, et 
l'année suivante remporta le second grand prix 
de Rome, ce qui apaisa le mécontentement de 
sa famille. Après avoir publié quelques mélo- 
dies vocales, il fit représenter au Théâtre-Ly- 
rique, le 22 septembre 1865, un opéra en 3 actes, 
intitulé le Roi des Mines, qui n'eut qu'un petit 
nombre de représentations; cet ouvrage devait 
être suivi de Quentin Metzys, opéra-comique en 
2 actes, qui était reçu au même théâtre, mais 
qui n'a pas été joué. 

On connaît de M. Chérouvrier, en dehors du 
théâtre, uncertain nombre de compositions parmi 
lesquelles une Messe solennelle pour quatre voix 
d'hommes, un Tantnm ergo à 3 voix, un Ave 



Maria et un Tota pulchra es à voix seules, 
œuvres qui ont été publiées chez l'éditeur 
M. Clioudens, ainsi qu'un agréable recueil de 
mélodies vocales, qui porte le titre de Fleurs 
d'automne. Cet artiste, auquel sa situation de 
fortune laisse une indépendance complète, était 
adjoint au maire du 14" arrondissement de Paris, 
lorsqu'à la suite du- siège de cette ville éclata 
l'insurrection communaliste. Arrêté le 18 avril 
1871 par les fédérés, il fut enfermé à la Concier- 
gerie, et ne dut qu'au hasard de ne point subir 
le sort réservé aux otages. Après le rétablisse- 
ment du gouvernement régulier, il fut nonwné 
maire de son arrondissement, qu'il administre 
encore aujourd'hui. Il n'a pas pour cela renoncé 
complètement à ses travaux artistiques, car il a 
écrit depuis lors la musique d'un opéra en quatre 
actes intitulé Gilles de Bretagne, et il a fait 
exécuter en 1876, dans l'église de Montrouge, 
une messe de sa composition. M. Chérouvrier a 
encore en portefeuille les partitions d'un opéra 
en 2 actes, la Fiancée de Corinihe, et de Ni- 
colas Flamel, opéra-comique en 3 actes. 

* CHERUBIiVl (Marie-Lolis-Charles-Ze- 
nobi-Salvador). Il n'est sans doute pas inutile 
de dresser ici une liste complète et détaillée des 
ouvrages dramatiques de cet artiste célèbre, 
d'autant plus que les titres de quelques-uns de 
ces ouvrages ne sont pas mentionnés dans la 
notice publiée sur cet artiste par la Biographie 
universelle des Musiciens. — Opéras italiens : 
1" il Quinto Fabio, 3 actes, Alexandrie-la-Paille, 
1780; 2° Armida, 3 actes, Florence, 1782; 
3" Adriano in Siria, 3 actes, Livourne, 1782; 
A" il Messenzio, 3 actes, Florence, 1782; 3" il 
Quinto Fabio (nouvelle musique), 3 actes, 1783 ; 
G" lo Sposo di tre, marito di nessuna, 2 ac- 
tes, Venise, -1783; 7° l'idalide, 2 actes, Flo- 
rence, 1784; 8° Alessandro nelV Indie, 2 actes, 
Mantoue, 1784; 9° la Finta Principessa, 2 ac- 
tes, Londres, 1785; 10" Giulio Sabino, 2 actes, 
Londres, 1786;^ 11° Ifigenia in Aulide, 3 actes, 
Turin, 1788 ; 12° Faniska, 3 actes, Vienne, 25 fé- 
vrier,'1806 ; 13" Pimmalione, un acte, Paris (pa- 
lais des Tuileries), 30 novembre 1809. — Opéras 
FRANÇAIS : 1° Démophon, 3 actes. Opéra, 5 dé- 
cembre 1788 ; 2° Lodoïska, 3 actes, théâtre de 
Monsieur, 18 juillet 1791 ; 3° Ëlisa ou le Mont 
Saint- Bernard^ 2 actes, théâtre Feydeau, 
13 décembre 1794; 4° Médée, 3 actes, id., 
13 mars 1797; 5° V Hôtellerie portugaise, un 
acte, id., 25 juillet] 1798; 6° la Punition, un 
acte, id., 23 février 1799; 7° la Prisonnière, 
un acte (en société avec Boieldieu), th. Montan- 
sier, 12 septembre 1799 ; 8° les Deux Journées, 
3 actes, th. Feydeau, 16 janvier 1800; 9° Épi- 



CHERUBINI — CHEVALIER 



177 



sure, 3 actes (en société avec Méhul), th. Favail, 
14 mars 1800; 10" Anacréon ou V Amour fu- 
gitif, 2 actes, Opéra, 4 octobre 1803 ; 11° Achille 
. à Scyros, ballet, Opéra, 1804 ; 12° le Crescendo, 
un acte, Opéra-Comique, I^'' septembre 1810; 
13" les Abencérarjes, 3 actes, Opéra, 6 avril 
1813; 14" Bayard à Mézières, un acte (en so- 
ciété [avec Boieldieu, Catel et Nicolo), Opéra- 
Comique, 12 février 1814 ; 15" Blanche de Pro- 
vence, un acte divisé en trois parties (en société 
avec Berton, Boieldieu, Kreutzer et Paër), à la 
Cour le 1" et à l'Opéra le 3 mai 1821 ; 16" .1//- 
Baba, 4 actes et un prologue, Opéra, 22 juillet 
1833. — A tout cela il faut ajouter : Introduction 
pour la Marquise de Brinvilllers, ouvrage en 
3 actes écrit par dix compositeurs, Opéra-Co- 
mique, 1831; il Ginocatore, intermède joué à 
Florence sur un théâtre de société ; la Pubblica 
Félicita, cantate, Florence, 1774 ; Amj)hion, 
id.; Circé, id., Paris, concert de la Loge Oiym- 
pi(|ue, 1789; trois chœurs écrits pour un drame, 
la Mort de Mirabeau, th. Feydeau, 1791 ; 
Clytemnestre, cantate; Chant sur la mort 
d'Haydn, Paris, Conservatoire, 1810; Ode 
pour le mariage de l'empereur, Paris, 1810; 
Cantate " pour la Goguette », Paris, 16 décem- 
bre 1812; Cantate à 3 voix, pour l'étatmajor de 
la garde nationale, Paris, 20 juillet 1814; Can- 
tate avec chœurs, pour une fête donnée par la 
ville de Paris, 29 aoiU 1814 ; Inno alla Pri- 
mavera, Londres, mai 1815 ; Cantate avec 
chœurs, pour un banquet militaire, Paris, 5 fé- 
vrier 1816; le Mariage de Salomon, cantate 
pour le mariage du duc de Berry, Paris, 17 juin 
1816; Cantate avec chœurs, pour le baptême du 
duc de Bordeaux, 2 mai 1821 ; un oratorio, exé- 
cuté à Florence en 1777; enfin Koukourgi, 
opéra non représenté ; Selico, opéra non achevé ; 
les Arrêts, opéra-comique commencé et non 
achevé; un autre opéra et un autre opéra-comi- 
que, commencés aussi et non achevés. 

Je vais compléter maintenant la liste des 
écrits qui ont été publiés, en France, et en Italie, 
sur Clierubini : 1" JSotice historique sur la 
vie et les ouvrages de M. Cheriibini, par 
M. Raoul-Rochette, secrétaire perpétuel de l'A- 
cadémie des Beaux-Arts (Paris, Didot, 1843, 
m-i"]; 2" Notice sur Cherubini, par M. Miel 
(s. 1. n. d. [Paris, imp. Duverger], in-8°) ; ce 
n'est point le même travail que celui que men- 
tionne sous le même nom, à l'article Cheru- 
bini, la Biographie universelle des Musi- 
ciens; celui que je cite ici est extrait de l'En- 
cyclopédie des rjens du monde, taudis que 
l'autre est extrait du Moniteur universel; 
2" Intorno alla vita ed aile opère di Luigi 

BIOGR. IJNIV. DES MUSICIENS. SUPPL. — X. 



Cherubini, Fiorentino, ed al monumcnto 
ad esso innalzato in Sun/a' Croce, cenni di 
Btildassare Gamucci (Firenze, tip. Barbera, 
1869, in-S" avec portrait); 4" Cherubini, sa vie, 
ses travaux, leur influence sur l'art, par 
Dieudonné Denne-Baron (Paris, Heugel, 1862, 
in-8") ; 5" Cherubini, Memorials illustrative of 
his life, par Edward Bellasis (Londres 1876, 
in-8")(l). 

Trois semaines après la mort de Cherubini, 
le 7 avril 1842, le théâtre de l'Opéra-Comique 
reprenait avec éclat son opéra français le' plus 
célèbre, les Deux Jour'nr'cs, et un hommage so- 
lennel était rendu au maître sur celte scène qu'il 
avait illustrée. 

CHESSI (Luigi), compositeur italien, est 
l'auteur des deux ouvrages suivants : 1° la 
Nuova Pianella perduta nella neve, opérette 
dialoguée, représentée au théâtre de la Com- 
inenda, de Milan, au mois d'août 1865; 2° la 
Conlessa di Médina, opéra sérieux donné à 
Plaisance au mois d'avril 1867. Ce dernier ou- 
vrage fut reproduit à la Scala, de Milan, en 1873, 
mais avec un tel insuccès qu'il n'en put être 
donné qu'une seule représentation. 

CHEVALIER (M'"^^), l'une des bonnes 
chanteuses que posséda l'Opéra au dix-huitième 
siècle, entra à ce théâtre en 1741, et y tint pen- 
dant longtemps le premier emploi. « Elle joi- 
gnait, dit Laborde, à une belle voix, une belle 
représentation, un jeu] noble, et une manière 
aisée de chanter la musique de son temps. » 
M"'' Chevalier se retira vers 1765, avec une pen- 
sion de 1,500 livres, et épousa alors un nommé 
Duhamel. Parmi les rôles les plus importants 
créés par elle, il, faut cilerZirphée dans Zélindor, 
Erinice dans Zorofls^re, Almasis dans Almasis, 
Hécube dans Polixène; elle joua aussi dans les 
Caractères de la Folie, les Fêles de Polymnte, 
Canente, Titonet l'Aurore, Léandre et Héro, 
le Carnaval du Parnasse, et les Fêles de 
l'hymen et de Vamour. On trouve dans le Ca- 
lendrier historique des Théâtres pour 1751 
les vers suivants, à l'adresse de M"^ Chevalier : 

r.lievalier, quelles sûres armes 

Pour mettre un amant sous vos loix! 

Vous séduisez par votre voix 

Lts cœurs échappés à voz charmes. 

jVlue Chevalier vivait encore en 1775. 

(1) Dans le Dictionnaire ncoloqiqiie du Cousin-Jac- 
ques, CD lit la notesuivante : « Cherubini, né à Florence, 
ncituralisé Français, l'un des inspecteurs du Conservatoire 
de musique, est sans contredit un de nos plus savants, 
(le nos plus ingénieux et de nos plui aimables composi- 
teurs. » Le Cousin-Jacques écrivant son Dictionnaire en 
1797 ou 1798, nous savons donc qu'à cette époque Cheru- 
bini était déjà naturalise. C'est, à ma connaissance, le seul 
renseignement qu'un possède «ur ce sujet. 

'• 12 



178 



CHEVÉ — GHIAROMONTE 



* CHEVÉ (EMILE- Joseph-Maurice), le pro- 
pagateur et le défenseur infatigable du système 
de la musique en chiffres, est mort le 26 août 
1864. Voici une liste supplémentaire des ouvrages 
et des écrits de cet homme bien doué, dont l'in- 
telligence et l'activité auraient pu rendre de 
grands services si elles avaient trouvé pour 
s'exercer un aliment plus utile; je ne saurais 
affirmer que cette liste soit complète, tellement 
Clievé était âpre à la polémique : 1° Une lettre 
de M. Adam. Réfutation (Paris, l'auteur, 1855, 
in-S") ; 2° Réponse à l'effort suprême de la 
routine musicale (id., id., 1856, in-8"); 3° Le 
Dernier mot de la science officielle, examen 
des Leçons de lecture musicale de M. F. Halévy 
(id., id., 1858, in-8°) ; 4" Exercices éléinen- 
taires de lecture musicale à l'usage des écoles 
primaires (Paris, 1860, in-8"); 5° Simple ré- 
ponse à MM. Auber, Gounod, Halévy, etc. 
(Paris, l'auteur, 1860, in-8"). Après la mort de 
son mari, M""" Chevé publia les Onze dernières 
lettres d'Emile Chevé (Paris, veuve Chevé, 
in-8", 1866). 

* CHEVÉ (Nanine paris, femme), est 
morte à Bois- Colombes, près Paris, le 28 juin 
1868 (et non le 6 juillet, comme le dit le Dic- 
tionnaire des contemporains). M'"" Chevé 
avait signé avec son mari la Méthode élémen- 
taire de musique vocale. Elle avait publié per- 
sonnellement, outre sa JSouvelle Ihéorie des 
accords, les deux ouvrages suivants : Musique 
vocale, et Tableau du doigté des gammes 
pour le piano. Femme intelligente d'ailleurs, 
pleine d'énergie, elle prit toujours une part très- 
active à tous les travaux de son mari, Emile 
Chevé, et de son frère Aimé Paris, et ne cessa 
amais de lutter avec ardeur pour le triom|)lie 
de leur système, avec une ténacité et un courage 
dignes d'un meilleur but. 

CHEVÉ (Amand), lils des précédents, di- 
recteur dune société chorale qui porte son nom, 
s'est voué à l'enseignement. Moins exclusif que 
son père, il emploie, dit-on, quelques-uns de 
ses moyens pédagogiques, mais en se servant du 
c hiffre seulement comme procédé préliminaire, 
et non comme base essentielle et définitive 
d'un système poussé à outrance. M, Amand 
Chevé- est le fondateur et le directeur d'un jour- 
nal qui a pour titre l'Avenir musical. 

" CHEVILLARD ( Pierre-Alexandre- 
François), violoncelliste fort distinguée! composi- 
teur pour son instrument, aété appelé, en 1859, à 
.succéder à M. Vasiin comme professeur de vio- 
loncelle au Conservatoire. On lui doit une Mé- 
thode complèfe de violoncelle, contenant la 
théorie de Vinsirument, des gammes, leçons 



progressives, études, airs variés et leçons 

pour chacune des positions, Paris, Gérard 

Un fils de cet artiste est élève de piano au Con- 
servatoire, dans la classe de M. Georges Mathias. 

* CHIAR0\10MTE (Francesco) (1), chan- 
teur et compositeur dramatique, né en 1814 à 
Castrogiovanni (Sicile), reçut une très-bonne 
éducation littéraire et se livra d'abord à l'étude 
du droit. Reçu avocat à l'âge de dix- sept ans, 
il abandonna bientôt la carrière du barreau pour 
se livrer à son goût pour la musique, devint 
l'élève de Pragusa, puis travailla la composi- 
tion avec Raimondi. Doué d'une très-jolie voix 
de ténor, il entra comme chanteur à la cha- 
pelle royale de Palerme, et pendant un voyage 
qu'il fit en cette ville le roi Ferdinand II, ayant 
eu l'occasion de l'entendre, lui proposa devenir 
se fixer à Naples. Le jeune artiste ayant accepté, 
se rendit à Naples, y connut Donizetti, lui soiunit 
plusieurs de ses compositions, une messe, des 
canons, quelques fugues, fut encouragé par le 
jeune maître, et termina avec lui son éducation 
musicale. 

Dès ce moment, M. Cliiaromonte prit le 
théâtre pour objectif, et songea sérieusement à 
écrire pour la scène. Il avait trente ans lorsqu'il 
fit ses débuts de compositeur dramatique en 
donnant au Ihéàtiedu Fondo son premier opéra, 
Fenicia, drame lyrique en quatre actes, qui 
était chanté par Basadonna, Tamherlick, Colelti 
et la Gruitz, et qui fut assez, bien accueilli pour 
pouvoir être reproduit peu de temps après au 
grand théâtre San-Carlo, dont M. Cliiaromonte 
était devenu le chef d'orchestre. Mais la révolu- 
tion française de 1848 ayant eu son contre-coup 
à Naples comme ailleurs, et M. Cliiaromonte 
s'élant avisé d'écrire dans des journaux libé- 
raux, il fut, lors de la victoire de la réaction, 
arrêté et retenu en prison pendant vingt-deux 
mois. Lorsqu'il fut remis en liberté, il avait na- 
turellement perdu tous ses emplois de chef d'or- 
chestre, de ténor à la chapelle royale et de 
professeur de chant au Conservatoire, et, de 
plus, sa voix avait complètement dis[)aru. Dans 
la situation difficile qui lui était faite, un ami lui 
vint en aide, grâce auquel il put écrire et faire 
représenter an théâtre San-Carlo (27 juillet 1850) 
un second opéra, CaicriHa C/ewi.qui fut chanté 
par la Gabussi, Miraglia et de Bassini, et qui 
obtint un grand succès. Mal lui en prit pourtant, 
car après la quatrième représentation le gouver- 
nement napolitain, toujours impitoyable et cruel, 
selon la tradition, fit arrêter de nouveau le 

(1) Et non pas Chiaramonte, comme il a été imprimé 
par erreur. Celte notice est entièrement refuite, d'après 
des documents nouveaux. -^ -^ 



CHIAROMONTE — CHICRERING 



179 



compositeur secrètement et nuitamment , et 
l'exila a perpétuité. 

M. Chiaromonte se rendit à Gênes, où un 
ami le reçut à bras ouverts, et où il put faire 
jouer en 1851, sur le tliéàtre Carlo- Felice, son 
troisième ouvrage, il Gondolier.e, dont les 
deux principaux rôles étaient tenus par Mal- 
vezzi et la Cruvelli, et dont le succès fut écla- 
tant. Il donna au même théâtre, l'année suivante, 
Giovanna di Castiglia, qui fut moins heureuse, 
puis fit jouer successivement : Manfredo 
(Trieste, 1853, peu de succès), lelSozze di Mes- 
sina (Venise, th. de la Fenice, 1853), Inès di 
Mendoza (Milan, th. de la Scala, 14 février 
1855, chute), Fingal (1855), et una Burla per 
correzione (Gênes, th. Paganini, 1855). S'occu- 
pant alors de l'éducation musicale de sa fille, 
qui devint une chanteuse dramatique distinguée, 
M. Chiaromonte se rendit à Paris, accepla 
l'emploi de chef du chant au Théâtre-Italien, 
puis bientôt remplit les fonctions de chef des 
chœurs à ce théâtre et à celui de Londres. Ce- 
pendant, fatigué bientôt de la vie théâtrale, il 
y renonça complètement, et, en 1862, s'établit à 
Bruxelles comme professeur de chant. Son en- 
seignement produisit d'excellents fruits, et en 
1871 il était nommé professeur au Conserva- 
toire de cette ville. M. Chiaromonte a fait exé- 
cuter il y a quelques années, dans l'église de 
Sainle-Gudule, de Bruxelles, une messe dont 
les journaux ont fait l'éloge, et il a publié une 
Méthode de chant en trois parties, dont on dit 
le plus arand bien. 

CIIICKERING (JoNAS), facteur de pianos 
américain, né à Boston au commencement de ce 
siècle, s'est acquis une grande renommée aux 
États-Unis par la bonne fabrication de ses ins- 
truments. Il associa plus tard son fils à son exploi- 
tation industrielle, et la maison Cliickering 
envoya à l'Exposition universelle de Londres, 
en 1851, le premier piano construit en Amérique 
qui eût paru en Europe. Malgré ses qualités 
réelles, cet instrument ne produisit pas l'effet 
qu'on en avait atttendu, et ses auteurs laissèrent 
passer l'Exposition universelle de Paris (1855) 
sans y rien envoyer. Cependant, le succès obtenu 
à Londres, en 1862, par MM. Steinway, de New- 
York, et les encoiu'agements et les éloges qu'ils 
reçurent de plusieurs grands virtuoses, tels que 
Gottschalck et Tiialberg, qui jouèrent leurs 
instruments aux États - Unis, déterminèrent 
MM. Chickering à prendre part à l'Exposition 
universelle qui s'ouvrait à Paris en 1867. Ils s'y 
trouvèrent en présence de leurs rivaux, MM. 
Steinway, et l'on peut s'en fier aux procédés en 
usage aux États-Unis pour savoir que la lutte 



s'établit bientôt entre les deux maisons avec 
une sorte d'acharnement, dont ceux qui ont vu 
de près les faits n'ont pas perdu le souvenir. 
Fétis, rapporteur de la classe 10 du groupe II 
(instruments de musique), s'exprimait ainsi à ce 
sujet : « La lutte entre les deux plus grands 
établissements de fabrication de pianos améri- 
cains, à savoir de MM. Steinway et Chickering. 
s'est produite avec un caractère fiévreux dans 
l'Exposition universelle actuelle de Paris : elle 
n'a pas eu toujours la dignité convenable ; on a 
usé et abusé des réclames de journaux ; mais 
on ne peut méconnaître le vif intérêt qu'a pris 
à cette lutte la foule prodigieuse qui n'a cessé de 
se réunir autour de ces instruments lorsqu'on y 
jouait. Évidemment, il y avait là quelque chose 
de nouveau qui impressionnait le public; ce 
nouveau était une puissance de son auparavant 
inconnue. Ce n'est pas à dire que ce son formi- 
dable ne rencontrât que des éloges ; les parti- 
sans de la facture européenne de pianos repro- 
chaient aux Américains de lui avoir sacrifié 
toutes les autres nécessités de l'art : le moelleux, 
les nuances délicates et la clarté. D'autres di- 
saient que ce grand son non-seulement n'est pas 
nécessaire pour exécuter la musique de ftlozart, 
de Beethoven et d'autres maîtres du premier 
ordre, mais qu'il y serait nuisible. On peut ré- 
pondre à ces amateurs de la musique classique 
par ces paroles du rapporteur de la classe des 
instruments de musique à l'exposition de 1855 : 
— « Il y a toujours quelque chose à faire en 
« ce qui tient aux besoins de l'humanité, à 
« quelque point de vue qu'on se place dans l'in- 
« dustrie, dans la science et dans l'art. L'art, la 
« musique surtout, se:transforme à de certaines 
« époques et veut des moyens d'effet conformes 
« à son but actuel : or, le développement de la 
« puissance sonore est la tendance donnée à l'art 
« depuis le commencement du XIX*" siècle. La 
'< facture du piano a suivi cette tendance, parîi- 
« culièrement le piano de concert, qui doit sou- 
« vent lutter avec des orchestres considérables, 
« et dont les sons doivent se propager dans de 
" vastes salles. » 

Après avoir caractérisé en ces termes la qualité 
maîtresse qui distinguait les pianos de provenance 
américaine, le rapporteur s'exprimait ainsi rela- 
tivement aux produits sortant de la maison 
Chickering: « Les pianos de MM. Chickering et 
fils sont de puissants et magnifiques instruments 
qui, sous la main d'un virtuose, produisent de 
grands effets et frappent d'étonnement. Leur 
vigoureuse sonorité se propage au loin, libre et 
claire. Dans une grande salle, et à certaine dis- 
tance, l'auditeur est saisi par l'ampleur du son 



180 



CHICKEUIXG — CHORON 



fie ces instriimenls. De piè-, il faut Men le dire, 
à ce son puissant se joint l'impression du coup 
de marteau, qui finit par produire une sensation 
nerveuse par sa fréquente répétition. Ces pianos 
orchestres conviennent aux concert?; mais, dans 
les3lon, et surfout en les appliquant à la musique 
des grands maîtres, il y manquerait, par l'etïet 
même de ce coup de marteau trop prononcé, le 
charme que requiert ce genre de musique. Il y 
a là quelque chose à faire, sur quoi le rapporteur 
croit devoir appeler l'attention de l'intelligent 
fabricant de ces grandioses instruments, sans 
toutefois diminuer leur mérite dans le reste. » 
Le triomphe de MM. Chickering fut complet à 
l'Exposition de 1867, et le chef habile de cette 
importante maison fut récompensé par la mé- 
daille d'or et la croix de clievalier de la Légion 
d'honneur. 

* CI1I0CCHI-:TTI (Pierre- Vincent). Ce 
compositeur naquit à Lucquesen 1080. Outre les 
œuvres qui ont été citées à son nom , il a écrit, 
dans les années 1710, 1713 et 1715, des services 
religieux àquatrevoix, avec instruments, pour la 
célébration de la fête de Sainte-Cécile à Lucques. 
On croit que vers cette époque il quitta sa ville 
natale pour se rendre à Venise , où il demeura 
pendant plusieurs années. Il mourut le 2 février 
1753. 

CHISSOTTI ( ), musicien italien, a 

donné au théâtre Alfieri, de Turin , le 30 sep- 
tembre 1874, un opéra sérieux intitulé Raffaellu 
e la Fornarina. Cet ouvrage n'a obtenu aucun 
succès. 

CIIMELEXSK Y (Wexceslvs), compositeur 
de musique religieuse, naquit en 1736 à Bavorov 
(Bohême), où il mourut en 1793. Y. 

CHMELEXSKY (François), fils aîné du 
précédent, né le 2 décembre 1775 à Bavorov, où 
il est mort en 1803, s'est également adonné à la 
composition de la musique religieuse. Y. 

CHMELEXSKY (Jean), fils cadet de Wen- 
ceslas et compositeur renommé de chansons na- 
tionales, est né à Bavorov le 12 avril 1778 et 
mort le 4 février 1864. Y. 

CHOMET (H ), docteur en médecine, 

est auteur de l'écrit suivant : Effets el Influence 
de la musique sur la santé et sur la maladie 
(Paris, Germer- Baillière, 1874, in-S°). 

CÏIOPELET ( ), chanteur qui tint à 

l'Opéra, dans les premières années du dix- sep- 
tième siècle, l'emploi des hautes-contre , avait 
débuté comme danseur du temps de Lully , mais, 
sans doute sur les conseils decelui-ci, qui s'aperçut 
qu'il avait de la voix , avait quitté la danse pour 
le chant. Il doubla d'abord Dumény, puis, à la 
retraite de ce dernier, lui succéda dans le grand 



emploi; c'est ainsi qu'il créa Télarnon dans Hé- 
sione (1700), Dardanus à&vis Scylla (1701), et 
qu'il reprit Phaélon en 1702. Vers cette é|ioque 
il tomba malade, perdit sa voix en grande partie, 
et se vit obligé de se confiner dans les petits 
rôles; le dernier dont il fut chargé fut celui de 
Mercure dans la reprise de Psyché qui eut lieu 
en 1713. Il quitta rOpéra peu de temps après, et 
mourut |)aralytique. « Cliopelet, dit un contem- 
porain, était petit et avait le visage long, les yeux 
beaux et la voix assez gracieuse. » 

* CIIOPIIV (Frédéric-Fr.ançois). Les trois 
écrits suivants ont été publiés sur cet artiste 
célèbre : 1° F. Chopin, par F. Liszt (Paris, Es- 
cudier, 1852, in 8°) ; 2° Chopin, essai de critique 
mu.sicale, par H. Barbedette (Paris , Lieber, 1861, 
in-S"). Une seconde édition de cette dernière no- 
tice a paru en 1869 (Heugel, gr. in-8"), considé- 
rablement augmentée , et accompagnée d'un por- 
trait et d'autographes; 3" Friedrich Chopin, 
sein lebcn, seine werkc und briefe [Frédéric 
Chopin, sa vie, ses œuvres et ses lettres), par 
Moritz Karasowski (Dresde , F. Ries, 1877, 2 vo- 
lumes, in-8"). Chopin était né le 1" mars 1809, et 
non le 8 février 1810. 

* CIIORLEY (Hexry-Fotuergill), écrivain 
musical distingué, était né à Ashton-le-AVillo\vs 
(Lanchasliire), le 15 décembre 1808, et est mort 
à Londres le 16 février 1872. Il collaborait prin- 
cipalement à l'excellent recueil VAthenœum, qu'il 
ne quitta qu'en 1808, alors qu'il y fut forcé par le 
mauvais état de sa santé. Il a donné quelques 
articles à la Revue et Gazette musicale de Pa- 
ris ; du moins ce journal en a-t-il publié plusieurs 
qui portent sa signature, sans mentionner qu'ils 
fussent traduits de l'anglais. Chorley, dont le 
talent était très prisé de .ses compatriotes, écrivit 
des romans, des chansons, et aussi des livrets de 
cantates et d'opéras ; parmi ces derniers il faut 
signaler Kenilicorth,opérai àeM. Arthur Sulli- 
van, the Amher Witch, opéra de Wallace, Hohj 
Rood, cantate de M. Henry Leslie, Saint-Peter, 
May Queen, Sainte-Cécile, cantates de M. Julius 
Benedict. C'est à Chorley qu'on doit aussi la 
traduction anglaise du Domino noir. Enfin, il 
faut encore citer ses trois écrits suivants sur la 
musique: Un Prorf/f/e, histoire musicale (3 vol.); 
Trente ans de souvenirs musicaux (Thirty 
years of musical recollections, 3 vol.) ; et Etu- 
des sur Hœndel {Handel studies). Après sa 
mort, a paru l'ouvrage dont voici le titre : Auto- 
biographie, mémoires et lettres de Henry 
Fothergill Chorley, compilés par K. Hewlett 
(Londres, W. Reeves, 2 gros volumes avec por- 
trait. ) 

* CHOROX (Alexandre-Etienne). M. Hip- 



' CHORON — CHOUQUET 



181 



■polyte Réty, membre de l'Académie de Màcon, a 
publié une Notice historique sur Choron et son 
école (Paris, Douiiiol, 1873, ia-8"). Depuis quel- 
ques années, on a donné à l'une des rues de Paris 
le nom de ce grand arlisle. 

CHOTAS (Makimiuen), compositeur de mu- 
sique religieuse et cboraie , est né à Cliotesan, 
en Boliéme, le 8 mai 1831. Y. 

CHOUDEXS (ântony), compositeur, fils 
aîné de l'éditeur de musique de ce nom , est né à 
Paris en 1849. Dès sa jeunesse il montra de 
grandes dispositions pour la musique, disposi- 
tions que son père était peu disposé à encourager, 
connaissant mieux que personne les difficultés 
qui entravent la carrière des compositeurs. Ce- 
lui-ci désirait d'ailleurs que son fils partageât avec 
lui la direction des affaires de sa maison. Pour- 
tant, Georges Bizel (Fo?/e« ce nom) ayant un jour 
entendu quelques-uns des essais du jeune Cliou- 
dens, et trouvant dans ces productions juvéniles 
de réelles qualités , offrit de lui donner des leçons 
d liarmonie et de se charger de son éducation 
musicale. Après quelques débats, cette offre fut 
acceptée, et dès lors M. Antony Cboudens put 
.se consacrer à la carrière qu'il désirait suivre. En 
1870, il publia cbez son père un recueil de Dix 
Mélodies qui furent bien accueillies, et dont une 
surtout , intitulée : Un dernier Baiser, obtint 
beaucoup de succès ; trois ans après, dix autres 
mélodies étaient jointes aux premières, et for- 
maient un Recueil de vingt mélodies; une de 
ces dernières : A une étoile, orchestrée par 
l'auteur, fut chantée avec succès aux Concerts- 
Danhé. Quelques essais symplioniques et un cer- 
tain nombre de morceaux de piano complètent le 
bagage musical de M. Antony Chouilens. Nous 
ajouterons cependant que le jeune compositeur a 
écrit , sur un livret de M. Jules Barbier, un opéra 
en un acte intitulé Graziella', et qu'il s'occupe 
en ce moment (1875) d'un opéra en 3 actes, la 
Jeunesse de Don Juan, dont le poëme lui a été 
confié par M. Louis Gallet. 

CHOUQUET (Adolphe-Gdstwe), écrivain 
français, né au Havre le 16 avril 1819, montra 
de bonne heure un goût prononcé pour la musi- 
que. Pendant les six années qu'il passa, à Paris, 
à l'institution Massin, il consacrait presque toules 
ses récréations à l'élude du chant et du piano et 
suivait assidûment les concerts du Conservatoire. 
Reçu bachelier es lettres en 1836, il retourna au 
Havre, où son père, banquier en cette ville, de- 
vait bientôt trouver la ruine en créant la compa- 
gnie du chemin i!e fer de Paris à la mer. Eu 1840, 
M. Chouquet se rendit avec sa fauiilie aux 
États-Unis , et c'tst à New-York qu'il produisit 
ses premiers essais de critique musicale. Pendant 



seize ans il se consacra à l'enseignement, mais 
une grave maladie des voies respiratoires lobli- 
gea de renoncer à celte carrière fatigante et d'ha- 
biter un climat tempéré ; il revint donc en France , 
passa plusieurs hivers dans le midi, puis, en 
1860, se fixa définitivement à Paris. 

M. Chouquet devint l'un des collaborateurs les 
plusactifs de la France musicale et de VArtjnii- 
sical, et se fit connaître par les paroles d'un assea 
grand nombre de romances, cantates, scènes cho- 
rales et chœurs orphéoniques. Ayant pris part à 
un concours ouvert par l'Académie des beaux- 
arts, il se vit , en 1864, décerner le prix Bordin 
pour une Histoire de la musique depuis le 
XI y siècle jusqu'à la fin du XVIll" siècle, 
restée jusqu'à ce jour inédite. La môme compa- 
gnie ayant mis au concours, en 1868, le pro- 
gramme suivant : Définir la musique drama- 
tique : faire connailre ses origines et ses 
divers caractères ; déterminer les causes sous 
Cinjluencedesquelles prédomine ous'affaiblit, 
dans l'art musical, l'élément dramatique, 
et, à ce point de vue, donner un aperçu som- 
maire de l'histoire de la musique dramatique 
en France, depuis et y compris Lullij Jusqu'à 
nos jours, M. Chouquet concourut de nouveau 
et de nouveau fut couronné. Après avoir été 
ainsi récompensé ime seconde fois, M. Chou- 
quet n'eut qu'à revoir son travail et à en dé- 
velopper la (in, pour donner une véritable His- 
toire de la musique dramatique en France, 
depuis ses origines jusqu'à nos jours (Paris, 
Didot, 1873, in-8°j. Cet ouvrage important, qui 
est , en somme , le premier de ce genre que la 
France ait vu naître, puisqu'il est le seul qui em- 
brasse dans leur ensemble et dans leur dévelop- 
pement les différentes phases par lesquelles a 
passé dans notre pays la musique dramatique , 
fait honneur à son auteur. Le plan eu est judi- 
cieusement établi, le sentiment de l'art qui s'en 
dégage est élevé, les recherches historiques en 
.sont exactes, et, de plus, il est écrit dans une 
langue correcte et châtiée. M. Chouquet n'a peut- 
être pas échappé complètement au danger de la 
monotonie qui résulte du classement et de l'ana- 
lyse lie plusieurs centaines d'ouvrages de même 
nature, mais c'est là , il faut dire, un écueil in- 
hérent au sujet. Je lui reprocherai seulement, 
malgré la sympathie qu'il accorde à ces deux ar- 
tistes, de n'avoir pas mis complètement à leur 
place Cambert et Philidor, ces deux houmies de 
génie si longtemps méconnus. Pour qui a profon- 
dément étudie l'histoire de l'art musical en France 
dans ses rapports avec le théâtre, Cambert n^ 
pas été seulement le précurseur de Lully, il a été 
son maître, maître dépouillé par lui , mais qui lui 



182 



CHOUQUET — CHRYSANDER 



resfe supérieur en beaucoup de points , et à qui 
revient véritablement la gloire d'avoir créé l'opéra 
français. Quant à Philidor, génie étouffé par celui 
de Gluck, ii avait eu l'honneur de pressentir la 
réforme que celui-ci devait opérer, et ses œuvres , 
aussi bien que ce qui nous reste de sa correspon- 
dance , prouvent que si on ne l'avait pas injus- 
tement sacrifié au grand musicien allemand , il 
était de taille à "mener à bien cette réforme qu'il 
avait entrevue dès ses plus jeunes années et que 
certains passages de son Ernelinde tendaient à 
opéier sur notre première scène lyrique. A part 
quelques réserves de ce genre , on peut affirmer 
que V Histoire de la musique dramatique en 
France est un livre utile, et que sa valeur ne dé- 
ment pas son titre (1). 

En 1871, M. Chouqiiet fut nommé conserva- 
teur du Musée instrumental du Conservatoire , 
Musée dont le premier fond avait été formé de la 
collection Clapisson, acquise naguère par l'État. 
Dans cette nouvelle situation , il rendit de véri- 
tables services , en même temps qu'il fut favorisé 
par les circonstances. Tandis qu'il s'ingéniait, 
malgré l'insuffisance des ressources mises à sa 
disposition , à augmenter le nombre et la valeur 
des pièces qui composaient le Musée, et que ses 
efforts étaient souvent couronnés de succès, il 
eut la fortune de recevoir des mains de M. Schœl • 
cher, député à l'Assemblée nationale, une collec- 
tion fort intéressante d'instruments sauvages re- 
cueillis en Afrique et en Amérique , et il fut assez 
heureux pour pouvoir effectuer l'acquisition de 
la belle collection de M. le docteur Fau. Ce n'est 
pas tout : iM. Cbouquet , depuis qu'il avait été 
chargé de la garde et de la conservation de ce 
précieux dépôt, songeait à dresser un catalogue 
descriptif et raisonné des richesses qu'il conte- 
nait; ce n'était point là chose facile, et l'entre- 
prise était délicate et laborieuse. M. Chouquet 
s'en tira à son honneur, et bientôt fut en état de 
livrer au public son catalogue , qui parut sous ce 
titre : Le Musre du Conservatoire de musique, 
catalogue raisonné des instruments de cette 
collection (Paris, Didot, 1875, in-8°). Entre au- 
res qualités , ce livre nous démontre que le Musée 
du Conservatoire, avec les 630 pièces dont il se 
compose, est aujourd'hui des plus intéressants, 
et qu'il peut soutenir dignement la comparaison 
avec le Musée instrumental de Vienne et celui de 

(Il On trouvera la preuve de ce que j'avance ici dans 
deux écrits publiés récemment par moi et remplis de do- 
cuments nouveans : l'un, ^ndi-é Philidor, dans la 
Chronique musicale (i874 et 1875); le second, intitulé /es 
frais créateurs de l'Opcra français, Perrin etCambert, 
dans le ménestrel {i87â et ii)76). Ces deux ouvrages, revus 
et augmentés encore de documents inédits, paraîtront 
incessamment sous forme de volumes. 



Soulh-Kensington , à Londres. — Parmi les can- 
tates dont M. Gustave Chouquet â écrit les pa- 
roles, on peut citer David Rizzio, avec laquelle 
M. Massenet remporta en 1863 le grand prix de 
Rome; 1867, dont M. Laurent de Riilé fit la mu- 
sique et qui fut exécutée à l'Opéra- Comique; 
enfin , V Hymne à la Paix, qui gagna le prix de 
poésie au concours de l'Exposition universelle de 
1867. 

CHRISTIANI (Ph.), clarinettiste très-dis- 
tingué, né à Amsterdam en 1787, fils d'un riche 
luthier de cette ville , et élève de MM. Plauque et 
Springer, est entré à l'âge de 14 ans à l'orchestre 
de l'Opéra français d'Amsterdam, où il occupa 
l'emploi de clarinette solo jusqu'en 1840. Il a 
tenu le même emploi pendant quarante ans à la cé- 
lèbre société philarmonique connue sous le nom 
de Félix Meritis. En 1805, il était directeur d'un 
des corps de musique du roi Louis-Bonaparte, en 
1811, chef de la musique de la garde nationale de 
Napoléon V% et, en 1812, il faisait partie du corps 
mobile, avec lequel il assistait à la bataille de 
Naarden. Pendant de longues années, il a donné 
dans les principales villes des Pays Bas de nom- 
breux concerts, et les dilettantes néerlandais 
avaient son beau talent en haute estime. M. Chris- 
tiani est chevalier de l'ordre de la Couronne de 
chêne. Il s'est retiré complètement de l'arène 
musicale , et vil de ses rentes dans un petit coin 

d'Amsterdam. 

Ed. de h. 

CIIRISTIAXOWITSCII (Alexandre), 
amateur de musique, a publié en français l'ou- 
vrage suivant : Esquisse historique de la mu- 
sique arabe aux temps anciens, avec dessins 
d'instruments et quarante mélodies har- 
monisées (Cologne, Dumont Scbauberg, 1863, 
in-4°). On trouve dans cet écrit quelques notions 
sur la musique arabe et trois ou quatre notices 
biographiques. 

♦ CHRYSANDER (Frédéric), est né à 
Liibtheen, dans le Mecklemhourg, le 8 juillet 
182Ô, et a fait ses études à Rostock, où il obtint 
le grade de docteur en philosophie. Admirateur 
passionné des anciens maîtres de la musique, qu'il 
a étudiés et qu'il sait apprécier à leur juste valeur, 
non moins ardent dans son admiration pour les 
grandes œuvres modernes, M. Chrysander n'a 
cessé de défendre ses idées dans VAlIgemeine 
Musik Zeitung. De fréquents voyages en Angle- 
terre n'ont fait qu'augmenter l'ardeur de son 
enthousiasme pour les productions gigantesques 
de Hœndel, et l'ont amené à publier sur ce maître 
incomparable un étude biographique qui est un 
monument de l'intelligence allemande, et qui peut 
èlie mise en parallèle avec le livre célèbre d'Otto 



CHRYSANDER — CIMOSO 



483 



Jahn sur Mozart. Cette biographie de Haendel, 
qui ne comporte pas moins de trois volumes in- 
8', a été publiée à Leipzig, chez les éditeurs 
BreitkopfetHaertel. 

CHVVALIBOG (J -K ), compositeur 

polonais, né dans les premières années de ce 
siècle, s'est fait connaître par un assez grand 
nombre d'œuvres de musique religieuseexéculées, 
à partir de 1844, dans les différentes églises de 
Varsovie. On cite de lui environ douze messes , 
parmi lesquelles une Messe pastorale à cinq 
voix, du uieilleur effet ; un oratorio en deux par- 
ties, le Sacrifice d'Abraham, paroles de Ros- 
tkowski, exécuté en 1848 chez les PP. Francis- 
cains; plusieurs Kolendas (noëls); Jésus mou- 
rant, morceau à cinq voix ; l'Ange gardien, trio 
pour deux ténors et basse, etc., etc. La plupart 
des compositions de M. Chwalibog ont été pu- 
bliées à Varsovie. 

CIAMPALAXTI ( ), compositeur, atta- 
ché à la musique de Louis XV, a publié en 1764 
un recueil de Six Ariettes françaises dans le 
goût italien avec accompagnement d'un violon 
et d^une basse, suivies d'une cantate déta- 
chée, à grande symphonie. 

* CIAMPI (Legrenzo-Vincenzo). A la liste 
des ouvrages dramatiques de cet artiste , il faut 
ajouter les suivants : 1° Da un disordine nasce 
un ordine, opéra bouffe, Naples, th. des Fioren- 
lini, 1737; 2° la Béatrice, id., th. Nuovo, 
1740; 3" la Lionora (en société avec Logros- 
cino), id., th. des Fiorentini, 1742 ; 4° VAmore 
ingegnoso, id., id., 1745. 

CIAXCHI (EiiiLio), compositeur, né à Flo- 
rence le 21 mars 1833, a étudié la théorie de 
l'art avec Ignazio Colson, puis avec Ermanno 
Picchi. Dès 1854, à peine âgé de 21 ans, il se (it 
connaître par l'exécution, dans une des églises 
de Florence, de son oratorio Giuditta. Il aborda 
ensuite le théâtre, et fit représenter les ouvrages 
suivants : 1° Salvator Rosa (Florence, th. Pa- 
gliano, 1855); 2° il Saltimbanco (id., id., 
1856); 3° la Vendetta (id., id., 1857); 4° Leone 
Isauro (Turin, th Regio, 1862). En 1873, il fit 
exécuter dans l'église de Santa-Croce, de Flo- 
rence, pour l'anniversaire du roi Charles-Albert 
et des martyrs de l'indépendance italienne, une 
messe de Requiem qui produisit un effet consi- 
dérable. M. Cianchi, qui est un artiste fort dis- 
tingué et fort intelligent, est secrétaire du Royal 
Institut musical et de l'Académie musicale Flo- 
rentine. 

CIBOT ou CYBOT, musicien du seizième 
siècle, dont le nom se trouve écrit de ces deux 
façons dans le fameux recueil de chansons fran- 
çaises à quatre voix publié vers 1530 par l'im- 



primeur Pierre .\ttaignant, a fourni à ce recueil 
la musique des deux chansons suivantes : Ayer 
ne puis celle, et Amye, tu as sur moi trop. 

CIBULOVSKY (Lucas), compositeur de 
musique religieuse, né en Bohême, florissait vers 
1617. Y. 

CICCARELLl (Angelo), compositeur, na- 
quit à Terarao, dans les Abruzzes, le 25 janvier 
1806. Il reçut d'abord, à Lanciano, des leçons 
d'un organiste nommé Filippo Gianni, et devint 
plus tard, à Naples, l'élève de Crescentini pour 
le chant et de Zingarelli pour la composition. 
Ses études terminées, il alla s'établir à Dresde 
comme professeur de chant, devint le maître à la 
mode et se fit en cette ville une position bril- 
lante, qu'il n'a cessé d'occuper depuis. On doit 
à cet artiste un Stabat Mater à 4 voix de fem- 
mes, une Messe de Requiem à 4 voix, deux 
Messes de Gloria, un Te Deum, et un assez 
grand nombre de mélodies vocales; une grande 
partie de cette musique a été publiée. Il n'en est 
pas de même d'un drame lyrique, Catherine de 
Guise, qui, par suite de circonstances particu- 
lières, n'a jamais pu être représenté. 

CICCONETTl (Filippo), avocat et musico- 
graphe italien, est né à Rome le 18 juillet 1820. 

11 étudia la musique en amateur, et ses relations 
avec quelques grands artistes lui donnèrent plus 
tard l'idée de retracer la vie de quelques-uns 
d'entre eux. C'est ainsi que M. Cicconetti publia 
successivement les ouvrages suivants : Vita di 
Vincenzo Bellini (Prato, Alberghetti, 1859, in- 

12 avec portrait); Vita di Gaetano Donlzetti 
(Rome, typ. Tiberina, 1864, in-t2); Memorie in- 
torno a Pietro Raimondi (id., id., 1867, in-12); 
Le Mie Memorie aiiistiche, di Giovanni Pa- 
cini, continuate (Rome, Sinimberghi, 1872, in- 
12). Ces divers écrits, dans lesquels on trouve 
d'ailleurs d'utiles documents et des renseigne- 
ments intéressants, manquent de valeur au point 
de vue de la critique, qui n'y est même pas 
abordée, et ne sont qu'une longue apologie du 
talent des artistes qui en font l'objet. Ils seront 
précieux néanmoins pour ceux qui voudront, 
par la suite, tracer une véritable histoire de la 
vie et de la carrière de ces artistes, parce que 
l'auteur est doué d'une qualité rare chez la plupart 
di's écrivains artistiques, principalement en Italie, 
je veux dire l'amour et le souci de l'exactitude 
historique. Pour ma part, je me suis servi utile- 
ment, lors de la publication de mon livre ; Bel- 
lini, sa vie, ses œuvres, de l'opuscule consacré 
par M. Cicconetti à ce compositeur. M. Cicco- 
netti a publié encore quelques brochures dont 
j'ignore les titres. 

* CIMOSO (GuiDO,) fils d'un organiste ha- 



184 



CIMOSO — CLAPISSON 



bilo qui était né à Vienne le 1 1 avril 1780 et qui 
mourut à Venise le G mars 1850, naquit à Vi- 
cence le 10 février 1804. C'est par erreur qu'on 
i'a dit élève d'Asioli et du Conservatoire de Mi- 
lan, sur les registres duquel son nom ne se 
trouve pas mentionné. Dès l'âge de sept ans il 
reçut de son père ses premières leçons de violon, 
deux ans après il commença l'étude du piano 
sous la même direction, et il avait à peine at- 
teint sa onzième année qu'il se produisait comme 
violoniste et comme organiste, dans les princi- 
pa'e> églises de Venise, où son père était alors 
fixé. Ayant ensuite travaillé la composition, il 
occupa successivement dans diverses villes, à 
Thiene, à Zara, à Trieste, les fonctions d'orga- 
niste, de chef d'orclieslre, de directeur de Socié- 
tés philharmoniques, elc. 11 se fixa enfin dans 
cette dernière ville, oii il occupe depuis long- 
temps une situation artistique très-importante. 
M. Cimoso est l'auieur d'une centaine de com|.o- 
sitions de divers genres, profanes ou religieuses, 
parmi lesquelles on cite particulièrement -. 1" 
Grande Studio di allégorie armonico religiose 
à grand orchestre, dédiée à l'impératrice Elisa- 
beth d'Autriche, et qui lui a valu, en 1871, une 
médaille d'or à ^Expo^ition de Trieste ; 2 " , 
Grande Studio allegorico musicale à grand 
orchestre, dédiée aux trois Conservatoires de Co- 
logne, Milan et Naples. Une réduction au piano 
a été publiée de ces deux ouvrages (Udine, Ber- 
letti). 

CSXI (Giuseppf.-Ottavio), prêtre et musicien 
italien, vivait au dix-septième siècle. On a publié 
après sa mort l'ouvrage suivant ; Solfeggiamcnti 
adue voci, opéra postnma delmoUo reverendo 
Giuseppe Otlavio Cini, sacerdote, dati in lace 
dal sacerdote Tommaso Redi,suo nipote, Luc- 
ques 1708. 

CIjVjXA (Oscar DE LA), pianiste et compo- 
siteur espagnol contemporain, s'est fait connaî- 
tre par la publication d'un certain nombre de 
pièces légères et de morceaux de genre pour le 
piano, parmi lesquels figure ime Grande Mar- 
che héroïque (hongroise) pour deux pianos à 
quatre mains. 

C3POLLOXE (Mattiv), musicien italien, 
est auteur d'un ojiuscule ainsi intitulé : Opinioni 
sullc: musica coniemporanea (Sulmona, lb73). 
Cet artiste a écrit aussi la musique d'un opéra en 
trois actes, Eugenia d'Albassini, qui a été joué 
le 2 Tj février 1876 à Sulmona, parles élèves de 
l'école magistrale. 

tJRKT ( ), est le nom d'un composi- 
teur français dont il est fait mention dans le ca- 
talogue de Boivius, lequel lui attribue deux livres 
de Pièces de Clavessin. Y. __ 



CISOTTI (Prospero), compositeur italien, 
a tait repré.'^enter à Milan, au théâtre Santa-Ra- 
degonda, le 18 avril 1866, un opéra intitulé Zw- 
leika. Cet ouvrage a été reçu froidement, quoi- 
que le rôle principal en fût chanté par une ar- 
tiste de talent, M"'^ Massini. 

CLAIRVAL(M»«). Foye^LESCOT (M»^). 

CLAIRVILLE ,Ed. NICOLAIE, dit), fils 
de l'auteur dramatique connu sous ce nom, a écrit 
la musique des deux opérettes suivantes : 1" Char- 
bonnier est maître chez lui, th. du Chàteau- 
d'Eau, 1874; 2" Une rue sous Louis XV, Folies- 
Bobino , 15 février 1875. 

* CLAPISSOX (ANTONiiN-Louis), est mort à 
Paris le 19 mars 1866. Son père, attaché au ser- 
vice du roi Mural, professeur au Conservatoire 
de Ndples et premier cor au théâtre San-Carlo, 
dut rentrer en France à la suite des événements 
politiques de 1815. Dès cette époque, le jeune 
Clapisson parcourut le midi de la France sous 
la conduite de l'excellent violoncelliste Hus-Des- 
forges, en donnant des concert?, et étonnait ses 
auditeurs par un talent précoce sur le violon. Sa 
famille s'etant fixée à Borde.uix, les succès de 
l'enfant le firent remarquer d'un arli>te distin- 
gué, Hippolyte Sonnet, auteur de la musique de 
plusieurs ballets représentés en celte ville. Celui- 
ci lui donna des leçons d'harmonie, et, un peu plus 
tard, Clapisson entra en qualité de premier vio- 
lon à lorcheslredu Grand-Théâtre. Lorsqu'il vint 
terminer ses études à Paris, il devint successive- 
tnent premier violon aux Italiens et second vio- 
lon à l'Opéra. Après avoir quitté le Conserva- 
toire, il se fil connaître d'abord comme compo- 
siteur par six quatuors pour voix d'hommes qui 
furent exécutés aux concerts du Conservatoire 
par MM. Puig, Dérivis, Ferdinand Prévost et 
Alexis Dupont, puis par une suite de six mor- 
ceaux à deux voix, intitulés le ]'ieux Paris. Ce 
fut alors qu'on lui confia le poëme de la Figu- 
rante, opéra-comique en cinq actes dont Mon- 
pou avait refusé d'écrire la partition parce qu'elle 
devait être livrée dans le délai de deux mois, 
sous peine d'un dédit de 20,000 francs ! Clapis- 
son accepta ces conditions, écrivit son ouvrage 
dans le temps fixé, et le vit représenter avec 
succès à rOpéra-Comique, le 24 août 1838, par 
Roger, Moreau-Sainti, Leroy, Grignon, Desian- 
des, Mlles Rossi et Jenny Colon. 

Aux ouvrages cités de son répertoire drama- 
tique, il faut ajouter les suivants : Don Qui- 
chotte et Sancho , pochade musicale écrite pour 
le bénéfice d'Hermann-Léon et jouée à l'Opéra- 
Comique le 11 décembre 1847; Dans les 
Vignes (Théâtre-Lyrique, 1854) ; le Coffret de 
Si-Dominique, opéra de salon (salle Herz , 



CLAPISSON 



CLAVEL 



183 



1855); les Amoureux de Perrcite (tliéâtie de 
Bade, 1855); le Sylphe (idem, 1856); Madame 
Grégoire (Théâtre- Lyrique, 1860). Ciapisson a 
publié aussi un très-grand nombre de romances 
(200 environ), dont il paraissait un album cha- 
que année, et il a écrit encore beaucoup de 
chœurs orpiiéoniques : les Enfunts du désert, 
Paris, la Parole de Dieu, Voici le port, les 
Chants de nos pères. Au point du jour, le 
Bronze, les Harmonies de la Aiiit, la Puis- 
sance de Sainte-Cécile, les Rémouleurs, les 
Enfants des ombres, Aux armes, etc. En 1861, 
il avait été nommé professeur d'harmonie au Con- 
servatoire. 

Ciapisson avait formé, à force de soins, de pa- 
tience et de recherches, une collection très- cu- 
rieuse d'instruments de musique de tous temps, 
de tous genres et de tons pays. En 1861, il avait 
cédé cette collection à l'État moyennant une 
somme de 30,000 francs, une pension de 3,000 
francs, dont moitié réversible sur sa veuve, et 
Je titre de conservateur de ce Musée, avec lo- 
gement au Conservatoire, auquel l'État en fit 
don et dans l'un des bâtiments duquel il a trouvé 
place. La collection Ciapisson est devenue le fonds 
premier et important du Musée instrumental du 
Conservatoire, aujourd'hui l'un des plus riches 
de l'Europe. Cependant, son propriétaire n'avait 
pas tout vendu ; il avait conservé encore une 
quantité assez considérable d'objets, pour qu'ime 
vente en pùi être faite après sa mort, vente dont 
on publia le catalogue sous ce titre : Collection 
de sifflets, instruments de musique et curiosi- 
tés diverses de feu M. Ciapisson, membre de 
l'Institut et professeur au Conservatoire (Pa- 
ris, Delange, 1806, in-8°). Ciapisson mourut pres- 
que subitement; à la suite d'un malaise, il s'é- 
tait purgé, et n'avait pas attendu, pour prendre 
un peu de nourriture, l'effet de la médecine, par 
laquelle il fut étouffe (1). 

CLARIBEL, est le pseudonyme adopté par 
une dame compositeur, M">« Charles Barnard, 
qui s'est fait connaître par un grand nombre de 
romances et de ballades devenues populaires en 
Angleterre. Cette artiste est morte à Douvres le 
30 janvier 1869. 

(1) V Annuaire dramatique belge pour i8i4 mentionne 
comme ayant été ex cutee au théâtre de l.i Monniie, de 
Bruxelles, le îo m.irs 1843, « l'ouverture inéillte de fré- 
deyonde, de M. Ciapisson, » alors présent en cette ville. 
J'ignore s'il s'agit ici de la préface in-truraentale d'un 
opéra resté inélit, ou simplement d'une ouverture de 
concert. - H faut encor.' citer à l'actif de Ciapisson la 
Poularde de Caujt, opéreiie en un acte représentée au 
théâtre du Palais-R„.v,-,1 ,o,s 15.S6, et dont .1 écrivit la 
mu.ique en société avec MM. Buzille