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Full text of "Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique. Supplément et complément"

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'The search for truth euen unto its innermost parts' 
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The Gift of 
SADYE RUBIN MARANTZ LEE 



The National Women's Comrnittee 
of Brandeis University 



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BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



SUPPLEMENT ET C(3MPLEMENT 
TOME PREMIER 



TYPOGr.APHIE nnMIN-DinOT. — MKSML (ElRr 



BIOGRAPHIi: 

UNIVEliSELLE 



DES MUSICIENS 



KT 



BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE 



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PAR F.-J.'^1:^ETLS 



SUPPLEAIENT ET COMPLEAIENT 

Piihliés sous la direclinii de 

AL ARTHUR POUGIN 

TOME PREMIER 



PARIS 

LIUUAIKIE DE FIRMIN-DIDOT ET C'^ 

IMI'IÀI.MEUKS DE l'iNSTITUT, KUE JACOB, o6 

1878 

Tous droils réservés. 



Music 
Eeferenoe 

/y/- fôs' 

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PREFACE 



Il y a quarante ans que Fétis publiait la première édition de sa 
Biographie universelle des Musiciens ; il y en a dix-sept qu'il com- 
mençait la publication delà seconde édition, qui constituait presque 
un ouvrage nouveau, tellement le travail primitif s'était agrandi , 
amélioré, accru de toutes façons. Chacun sait le succès qui ac- 
cueillit, non-seulement en France, mais dans toute l'Europe ar- 
tiste et lettrée, ce livre si nouveau, si utile, et si colossalement im- 
portant. L'auteur , après avoir passé vingt-cinq années de sa vie 
à le faire, en avait employé vingt-cinq autres à le refaire; et je 
ne sais trop si l'on trouverait, dans l'histoire de l'art, beaucoup 
d'exemples d'un tel labeur et d'une telle persévérance, appliqués 
au même ouvrage. 

Cependant, un travail biographique général, consacré à toute 
une classe d'individus, à toute une catégorie d'artistes, est fatale- 
ment destiné à devenir, avec le temps, défectueux et incomplet. 
L'esprit et le genre humains marchent sans cesse, l'art se poursuit 
et se renouvelle, des hommes et des œuvres, hier inconnus, nais- 
sent à la lumière, des artistes, les uns glorieux, les autres distin- 
gués, ceux-là simplement honorables, disparaissent au contraire 
de la scène du monde, des faits nouveaux se produisent, et chaque 
jour, en apportant son contingent à l'histoire intellectuelle de 
l'humanité, oblige cette histoire à se modifier et à se compléter. 

Pour ne parler que de la musique, nous vivons précisément en 

a 

Mus l'a 
Heference 



91463 



ii PREFACE. 

un temps de troubles, nous traversons une période de transition 
qui rendent les manifestations de cet art merveilleux non pas plus 
importantes, plus éclatanles que' dans le passé, mais plus actives 
parfois, plus militantes si l'on peut dire, et surtout, il faut bien le 
reconnaître, plus nombreuses et plus diverses qu'elles n'ont ja- 
mais été. On ne doit pas oublier, d'ailleurs, que le goût de la mu- 
sique se propage chaque jour davantage et s'étend à toutes les 
classes de la société, qu'il crée de nouveaux besoins pour le puJjlic, 
et que pour satisfaire ces besoins, pour alimenter la curiosité gé- 
nérale, devenue plus pressante, la production doit être activée par 
un plus grand nombre d'artistes. Les compositeurs deviennent 
donc sans cesse plus nombreux, leurs travaux se multiplient d'une 
façon incalculable, et l'annaliste a fort à faire d'enregistrer soi- 
gneusement, au jour le jour, chaque fait nouveau qui se présente 
dans le domaine de l'art. 

Un ouvrage tel que la Biographie universelle des Musiciens doit 
donc, pour conserver sa force et son utilité, être remisa jour pério- 
diquement. C'est ce que les éditeurs ont pensé, et ils ont voulu, 
après quinze ans, livrer au public un Supplément important, qui 
vint compléter cet ouvrage et le tenir au courant de tous les faits 
qui se sont produits depuis sa dernière édition. 

Je n'ai pas été, je l'avoue, médiocrement effrayé de l'importance 
de la tâche qu'on me proposait lorsqu'on a bien voulu m'offrir de 
me charger de la rédaction de ce Supplément. Peut-être cependant 
étais-je mieux préparé qu'un autre à un travail de ce genre. Depuis 
longtemps, en effet, je m'occupais de réunir des matériaux néces- 
saires à un Dictionnaire biographique général des musiciens français, 
ouvrage auquel je dois renoncer aujourd'hui, mais dont les élé- 
ments ont naturellement trouvé leur emploi dans celui-ci ; d'autre 
part, j'avais étudié avec une attention soutenue le mouvement 
musical de l'Italie contemporaine , et enfin mes cartons étaient 
pleins de notes et de documents sur les artistes importants qui 
depuis vingt ans occupent l'Europe de leur personne et de leurs 
œuvres. 

Néanmoins, je le répète, j'étais effrayé de la responsabilité qui 
allait peser sur moi, non-seulement à cause de l'immensité de la ta- 



PRÉFACE. iij 

che, mais aussi en raison de la rapidité avec laquelle elle devait être 
accomplie. Je ne pouvais pas, on le comprend, travailler à loisir 
et prendre tout mon temps ; il fallait me mettre à l'œuvre immé- 
diatement, et procéder aussi vite que possible, afin que le Supplé- 
ment qu'on me demandait fût bien à jour, et que le commence- 
ment n'ait pas trop vieilli lorsque viendrait la fin. 

C'est alors que j'eus l'idée, afin de presser le travail et de le 
rendre à la fois plus complet, de m'adresser à quelques amis, à 
quelques confrères de France et de l'étranger, et de les prier de 
m' aider dans la mesure de leurs moyens, selon la spécialité qui 
convenait le mieux à chacun. Je les remercie ici, du fond du cœur, 
d'avoir répondu si cordialement à mon appel, et je constate avec 
joie qu'aucun ne s'est dérobé à mes demandes, tous comprenant 
qu'il s'agissait d'une œuvre absolument honorable et qui ne pou- 
vait que gagner au concours de tous. 

C'est ainsi que, en ce qui concerne l'étranger, M. Casamorata, 
l'excellent président de l'Institut royal de musique de Florence, a 
bien voulu me fournir un certain nombre de notices fort intéres- 
santes sur quelques musiciens italiens contemporains ; que M. Joa- 
quim de Vasconcellos, l'auteur d'un livre remarquable , Os musicus 
poriuguezes, s'est chargé de tout ce qui avait trait aux artistes por- 
tugais, ses compatriotes; que M. Edouard de Hartog, un des com^ 
positeurs néerlandais les plus distingués de ce temps, m'a confié 
de nombreux articles sur les musiciens de son pays; que M. Félix 
Delhasse, un érudit aussi obligeant qu'infatigable, a consenti à se 
charger de beaucoup de notices relatives aux artistes belges, en mê- 
me temps ([u'il me fournissait des notes, des documents et des maté- 
riaux innombrables sur les artistes allemands contemporains (1). Ce 

(1) Je ne saurais assez exprimer ici la reconnaissance que je dois à M. Del- 
hasse, pour l'aide qu'il m'a apportée dans ce travail. Possesseur d'une riclie 
bil)liotlicque, ayant accumulé depuis plus de tiuarante ans, avec la passion 
éclairée d'un véritable artiste, une foule de notes et de documents précieux 
sur tous les musiciens européens. M, Delhasse a mis libéralement tous ces 
trésors à ma disposition, et, non content de cette obligeance, il s'est encore 
astreint à relire toutes les épreuves de ce Supplément, me signalant avec une 
ardeur et une bonté que je ne saurais trop louer toutes les erreurs, les 
omissions et les lacunes que son intelligente expérience lui faisait découvrir. 



iv PRÉFACE. 

n'est pas tout, et je dois signaler aussi le respectable docteur 
Abramo Basevi , de Florence , mes excellents confrères MM. Filippo 
Filippi, de Milan, et Carlo Caputo, de Naples, M. Edouard Gre- 
goir, d'Anvers, enfin M. Pena y Goni , de Madrid, qui ont bien 
voulu, sinon me rédiger des notices , du moins me communiquer 
sur les artistes de leurs pays respectifs des notes et des rensei- 
gnements pleins d'intérêt et d'utilité. 

Pour ce qui est de la France, il me faut remercier aussi les écri- 
vains et les érudits qui m'ont prêté si obligeamment leur concours : 
M. Weckerlin, à qui je dois surtout d'intéressants documents sur 
quelques anciens musiciens; M. Gustave Bertrand, qui, connais- 
sant parfaitement les compositeurs russes contemporains, a signé 
d'excellentes notices sur quelques-uns d'entre eux; M.Jules Gallay 
a fait de même pour quelques luthiers, la matière lui étant par- 
ticulièrement connue; enfin MM. J. de Filippi, Adolphe JuUien, 
Er. Thoinan, se sont occupés de certains artistes dont la vie 
leur était familière. Ne voulant pas oublier les musiciens fran- 
çais qui vivent loin de Paris et n'en sont pas moins méritants, 
je me suis adressé à quelques confrères de province ; ils ont de 
la façon la plus courtoise, répondu à mon appel : M. Alexis Rostand 
s'est chargé de tout ce qui avait trait à Marseille et au sud-est de 
la France; M. Anatole Loquin de tout ce qui concernait Bordeaux 
et le sud-ouest; M. Jules Cariez de ce qui touchait la Norman- 
die (1). 

Ce Supplément est aussi un complément, comme l'indique son 
litre. C'est-à-dire que je n'ai pas voulu me borner seulement à 
retracer les faits qui se sont produits, à mentionner les artistes 
nouveaux qui se sont fait connaître depuis la publication delà Bio- 
graphie universelle des musiciens; mais que, faisant un retour sur 
le passé, j'ai non-seulement corrigé un certain nombre des erreurs 
inséparables d'un ouvrage de ce genre, mais encore augmenté 

(I) Je dois ici des remercîraenls particuliers à la direction du secrétariat du 
Conservatoire de Paris, qui a mis à ma disposition, de la façon la plus obli- 
geante, les registres de cet établissement, et qui m'a prodigué, sur une foule 
d'artistes français, les renseignements les plus abondants et les plus précis. 
Je ne saurais troj) lui en exprinnîr ma gratitude. 



PREFACE. V 

cet ouvrage de notices sur des artistes intéressants qui n'y avaient 
pas été mentionnés, et complété des notices que l'absence de do- 
cuments positifs avait laissées forcément insuffisantes. On verra 
d'ailleurs que toutes les fois que j'ai rencontré une œuvre, une date, 
un fait nouveau sur tel ou tel artiste , je me suis fait un devoir 
de les produire et de compléter ainsi les renseignements existants. 

Un certain nombre de vides qui avaient été signalés dans la 
Biographie se trouvent donc comblés, au moins en partie, dans le 
présent Supplément, où des artistes méritants ont aujourd'hui leur 
histoire. On remarquera , entre autres, pour l'ancien personnel 
de l'Opéra, les noms d'Albert, Marie Aubry, Marie Brigogne, M"*" Che- 
valier, Ghopelet, M'"^ Coupé, Cuvillier, M'"^ Desmàtins , M"« Duplant, 
M"" Durancy, Gélin, M"" Grassari, Hardouin, M"^ Jawureck, Rosalie 
Levasseur, M"'' Rousselois , M"" Saint-Christophe, Tribou; pour les 
anciens artistes delaComédie-Italienne et derOpéra-Comique,M"'^Bil- 
lioni, M Carline, M"'® Crétu, Darboville, Dozainville, Féréol, 
M""' Laruette, M™^ Lemonnier, M"^ Lescot, Moreau-Sainti, M'"'' Mou- 
linghem, Nainville, Narbonne; puis, pour les organistes, Carlos 
Baguer, le P. Bréll , Cabo, Casanovas , le P. Coellio, Cuéllar y Al- 
tarriba, Desmazures, Ferrer, les frères Miroir; pour les claveci- 
nistes, deux membres inconnus de la famille Couperin, Duflitz, 
Lindeman , Thomelin; pour les violonistes, lesDumanoir, Imbault, 
Pérignon; pour les violoncellistes, Norblin;pour les luthistes, Bal- 
lard, Falco; pour les luthiers et facteurs d'instruments, la famille 
Banks, John et Edward Betts, les Calido, Carest, Davrainville , 
Dodd, Ducroquet, Fendt, Ferry, les Forster, Gand, Harris, les Henry, 
D'iaine, Lafleur, Montai; pour les éditeurs de musique, Breitkopf 
et Hœrtel, Ricordi, etc. etc. 

Parmi les nombreux ouvrages que j'ai consultés, je citerai par- 
ticulièrement les suivants : pour ceux publiés en France, les Mu- 
siciens polonais et slaves, de M. Albert Sowinski ; V Histoire du Conser- 
vatoire de musique et de déclamation, de Lassabathie; les Essais sur 
la musique, de Laborde; le Parnasse françois, de Titon du ïillet; 
VÉtat de la France; le Journal de Jean Hérouard; le Siècle littéraire 
de Louis XV, de Daquin; la Revue des maîtres de chapelle et Musi- 
ciens de la métropole de Rouen, de l'abbé Langlois; les Musiciens 



vj PRÉFACE. 

bourguignons, de M. Charles Poisot ; les Notes sur quelques musiciens 
dans la Brie, de M. Th.Lhiiillier ; l'Histoire des artistes du départe- 
ment du Gard, de M. Michel Nicolas ; les Feseurs et les Joueurs d'ins- 
truments, de M. Vidal; le Puy de Musique érigé à Évreux, de 
MM. Bonnin et Chassant; les Contemporains de Molière, de M. Victor 
Fournel ; les Tablettes de renommée des Musiciens (1785); l'Art harmo- 
nique, d'Ed. de Goussemaker; le Dictionnaire des artistes, de Charles 
Gahet; le Guide-manuel de l'orphéoniste, de M. Poirson; le Catalogue 
de la bibliothèque musicale du théâtre de l'Opéra, de M. Théodore de 
Lajarte; le Mémorial du Théâtre-Lyrique et V Histoire des Bouffes- 
Parisiens, de M. Albert de Lasalle ; De la littérature musicale en France, 
de M. Arthur Poiigin; VÀlmanach de la musique, par «un Musicien» ; 
V Annuaire des artistes français, de Guyot de Fère; le Dictionnaire 
critique de biographie et dliistoire, de Jal ; le Grand Dictionnaire uni- 
versel du XIX^ siècle , de Larousse; le Dictionnaire des contempo- 
rains, de M. Vapereau,; le Dictionnaire général de biographie fran- 
çaise et étrangère, de M. Adolphe Bitard ; la Biographie portative et 
universelle des Contemporains 

En ce qui concerne les ouvrages français publiés àTétrang-er, je 
mentionnerai : V Histoire des sociétés chorales de Belgique, de M. Thys ; 
la Musique aux Pays-Bas , de M. Vander Straeten; V Aperçu sur V an- 
cienne corporation des Musiciens iiistrumenlistes d'Anvers et les Be- 
cherches sur les facteurs de clavecins et les luthiers d'Anvers^ de 
M. Léon de Burbure; la Biographie des artistes musiciens belges et les 
Musiciens néerlandais, de M. Edouard Gregoir; le Panthéon musical 
et les Documents historiques relatifs à l'art musical et aux artistes mu- 
siciens, du même auteur; les Mattresde chant et organistes de Saint-Do- 
natien et de Saint-Sauveur à Bruges, de M. Van de Casteele; Cinquante 
ans de souvenirs, d'A. de Peellaert; le Manuel-annuaire des musiciens 
de la ville de Liège; VAlmanach de la comédie française établie à 
Bruxelles; les Tablettes du musicien; V Annuaire dramatique belge; 
la Musique en Suisse, de M. George Becker ; V Orgue du Palais de 
Vlndustrie d'Amsterdam, de M. Philbert. 

Pour l'Italie, j'ai eu recours aux écrits suivants : Dizionario bio- 
grafico, de Francesco Regli; Cenno storico sulla scuola musicale di 
Napoli, de U. Francesco Florimo; Série cronologica de' principi 



PRÉFACE. vij 

deW Accademia de Filarmonici di Bologna; Atti delV Accademia del 
R. Tstiluto musicale di Firenze; Storia del violino in Piemonte, de 
Francesco Regli; gli Artisti da leatro, de M. A. Ghislanzoni; Bio- 
grafe di scriltori e arlislimusicali, bergamasclii navili od oriundi, de 
G. S.Mayr; Cenni storici delVinsegnamenlo délia musica in Lucca e de 
più notabili maestri compositori chevi hanno fiorito^ par M. Agostino 
Cerù; Memorie risguardanli la storia delV arle musicale in Bologna 
alXVI sccolo, par M. Gaetano Gaspari (dans les Atli e Memorie délia 
R. depulazione di sloria patriaper le provincie di Romagna) ; Cenni 
storici sul R. Conservalorio di musica in Milano (de M. Lodovico 
Melzi); Teatro alla Scala, cronologia di tutti gli spettacoli , par 
M. Luigi Romani; Rappresentazioni date neireali teatri di 3Iilan0y 
^775-'/S73,parM.PompeoCambiasi; Teatro Carlo Felice{àe Gênes), 
relazione storico-esplicativa , par M. Cesare da Prato ; Cronistoria 
dei teatri di Mof/ena, par Alessandro Gandin-i; Dell" arte e del teatro 
di Padova, par M. G. Leoni; Annuario gene/ale délia musica , par 
M. Carlo Caputo; Annuario musicale universale , par M. Giovanni 
Paloschi. 

On sait que l'Allemagne est, plus que tout autre pays, fertile en 
bons et solides ouvrages sur la musique et les musiciens. J'ai sur- 
tout consulté les publications générales importantes qui y ont été 
faites dans ces dernières années : le Musikalisches-Conversations- 
Lexicon d'Hermann Mendel, qu'une mort prématurée a empêché 
cet artiste distingué de mener à terme, mais qui s'achève rapide- 
ment sous la nouvelle direction de M. Reissmann; le Tonkunstler- 
Lexicon, de Ledebur; le Theater-Lexicon, de Rlum ; enfin, le petit 
manuel encyclopédique et biographique deJulius Schuberth, Klei- 
nes musikalisches Conversations-Lexicon. 

En ce qui concerne l'Espagne, qui, à l'encontre de l'Allemagne, 
est le pays le moins riche de l'Europe en écrits relatifs à la musi- 
que, j'ai pu cependant puiser de bons renseignements dans le Dic- 
cionario hlografico-bibliografico de efemérides de mùsicos espanoles 
de M. Raltasar Saldoni, en éprouvant le regret que la publication 
d'un ouvrage si utile n'ait pu être continuée, et dans un opus- 
cule substantiel du même auteur, Resena historica de la escolania 
colegio di musica de la virgen de Montserrat; VAlmanaque mU' 



viij PRÉFACE. 

sical, de M. Obiols (1868), VAmanaqiie musical y de teatros {i8G8), 
et le Caïendario historico musical, de M. Soriano Fuertes (1873), 
m'ont fourni aussi quelques détails sur les compositeurs espagnols 
contemporains; je ne citerai guère que pour mémoire le Biccîon- 
ario tecnico, historico y biografico de la Musica, de M. José Parada y 
Barreto, et les Biografias de los musicos mas distinguido de iodos los 
paises , de M. Fargas y Soler, qui sont des ouvrages de seconde 
main et dans lesquels on trouverait difficilement un seul rensei- 
gnement nouveau, ua seul fait intéressant. 

Il va sans dire que je n'ai pas négligé les monographies spécia- 
les ou les publications intéressantes dont tant de grands artistes ont 
été l'objet, depuis quinze ans, en France, en Allemagne ou en Italie ; 
j'y ai trouvé souvent les éléments de rectifications importantes ou 
d'utiles et nouveaux renseignements, comme on pourra s'en con- 
vaincre aux noms d'Adam (Adolphe), Adam de la Halle, Auber, Bee- 
thoven, Bellini,Boieldîeu,Cherubini, Donizetti, Gluck, Mendelssolin, 
Pacini, Rossini, Schubert, Verdi, Weber, etc. Les journaux de mu- 
sique des grandes villes de l'Europe m'ont été aussi fort utiles, et 
parmi eux je citerai surtout la Revue et Gazette musicale de Paris , 
le Ménestrel , le Guide inusical de Bruxelles, la Gazzelta musicale de 
Milan , la Esparia musical, le Musical World, le Musical Standard, 
VEcho de Berlin, les Signale ei le Musikalisches Wochenblalt de Lei- 
pzig, la. Neue Berliner Musikzeitung , le Musik-Theater und Literalur- 
Journal de Vienne, Cxcilia et la Hollande musicale de La Haye. 
Enfin, j'ai mis aussi à contribution, cela va de soi, les catalo- 
gues des grandes maisons de publications musicales de l'Europe : 
Breitkopf et Haertel, Ricordi, Lucca, Brandus, Lemoine, Heugel, 
Flaxland, etc. , ainsi que ceux des grandes bibliothèques musica- 
les particulières qui ont été vendues dans ces dernières années, 
celles de Fétis, d'E. de Coussemaker, d'Adrien de la Fage, de Far- 
renc, et autres. J'ai trouvé dans ces diverses publications la trace 
de nombreuses œuvres musicales et d'écrits spéciaux que je ne con- 
naissais pas, et qui n'étaient point mentionnés dans la Biographie 
universelle des Musiciens. 

On se fera une idée du travail que je me suis imposé, en consi- 



PRÉFACE. ix 

dérant que le Supplément que je présente à cet ouvrage ne com- 
prend guère moins de cinq mille noms; cet ensemble formidable 
me donne la presque assurance que je n'ai pu oublier qu'un bien 
petit nombre d'artistes parmi ceux qui avaient droit à figurer dans 
une publication de ce genre. Les jeunes écoles musicales française, 
italienne et allemande y sont, j'en ai l'espoir, représentées de la fa- 
çon la plus complète, et je crois pouvoir dire que parmi ceux qui 
les composent, il en est beaucoup sur la vie desquels le public ne 
connaissait rien jusqu'ici et dont la carrière lui est retracée pour 
la première fois. Au nombre des artistes qui se sont ainsi mis en 
relief dépuis un certain temps, il me suffira de citer, pour la France, 
M'"^ de Grandval, MM. Georges Bizet, LéoDelibes, Théodore Dubois, 
Alexandre Guilmant, Ernest Guiraud, Joncières, Charles Lecocq, Le- 
nepveu, J. Massenet, Salvayre; pour l'Italie, MM. Auteri-Manzocchi, 
ArrigoBoito, Gobati, Gomez, Filifpo Marchetti, Ponchielli; pour 
l'Allemagne, MM. Abert, Max Bruch, Ignace Brttll, Hermann Gœtz, 
Edouard Grieg, Heinrich Hofmann, Jensen , etc. Si je joins à ces 
noms ceux de MM. Hamerick et Svendsen pour la Suède, Gui, Davi- 
doff et Tchaïkowski pour la Russie, Pierre Benoit et Brassin pour 
la Belgique, Gernsheim et Richard IIol pour les Pays-Bas, Barbieri, 
Hernando et Obiols pour l'Espagne, Holmes, Brinley-Richards et 
Arthur Sullivan pour l'Angleterre, Lysberg pour la Suisse, on verra 
que j'ai fait en sorte de n'oublier aucun pays, et que j'ai tâché de 
faire à chacun la part qui lui est due. 

Pourtant je dois déclarer que, malgré mes soins, malgré mes 
recherches minutieuses, malgré mon désir de ne laisser rien échap- 
per, je ne me crois nullement à l'abri d'erreurs ou d'omissions in- 
volontaires. La perfection n'est pas de ce monde, et dans un ou- 
vrage tel que celui-ci, où la matière est à la fois si éparse et si 
abondante, on ne peut, en dépit de tous les efforts, parvenir qu'à 
être le moins inexact et le moins incomplet possible. Fétis, qui s'y 
connaissait, le savait bien, et il l'a prouvé dans une lettre intéres- 
sante, que je vais reproduire ici, et qu'il adressait il y a douze ans 
à M. Weckerlin, l'excellent bibliothécaire actuel du Conservatoire 
de Paris, en réponse à tout un envoi de renseignements que celui-ci 
lui avait fait. 



X PRÉFACE. 

Voici cette lettre : 

« Bruxelles, le 16 juillet 1865. 
« Mon cher monsieur, 

a Je saisis l'occasion d'un moment de repos pour répondre à votre 
lettre de dimanche dernier et vous remercier du cadeau que vous 
m'avez fait de vos Poèmes de la mer. Je n'ai guère l'espoir de les lire 
avant la fin des concours du Conservatoire ; mais lorsque le temps des 
vacances sera venu, ce sera une de mes premières occupations. 

« Je vous remercie aussi des renseignements bibliographiques qui 
remplissent la plus grande partie de votre lettre. Je connais depuis en- 
viron 50 ans les volumes de la bibliothèque Impériale dont vous avez 
bien voulu me donner l'indication, et j'en ai pris des notes avec tous 
les premiers mots des chansons et des auteurs; mais d'une part, on 
ne sait rien sur les personnes de ceux-ci, et de l'autre, tout cela est de 
si peu de valeur, que j'ai un peu ,de regret d'être obligé de garder le 
silence à leur égard. J'ai dépensé récemment quelques milliers de 
francs pour l'acquisition de la plus considérable collection de chan- 
sons en musique qui, je crois, a jamais été rassemblée, mais j'aurais 
pu mieux employer mon argent. Par-ci par-là, je trouve certaines piè- 
ces qui ont le mérite d'un sentiment naïf; mais, en général, tout cela 
est vulgaire et assez mal écrit. 

« Pour quelques noms de valeur qu'on trouve dans ces rarissimes 
recueils d'Attaignant, de Jacques Moderne , de Nicolas Du Chenin, d'A- 
drian Le Roy, des deux Phalèse, de Jean Bellère et des Ballard, il y a 
des centaines de noms obscurs et très-dignes de l'être. 

« Les personnes qui prennent la peine de signaler certaines omis- 
sions, assez indifférentes, de la Biographie universelle des Musiciens, 
ignorent qu'il existe environ 1,500 compositeurs allemands dont le plus 
grand nombre ont un mérite réel, et qui néanmoins ne sont pas men- 
tionnés dans les biographies musicales publiées dans leur pays. J'ai 
dû souvent faire de grands efforts pour les tirer de l'oubli. Tout ce qui 
a été publié en Italie sur les musiciens de ce pays fourmille d'erreurs 
et d'inexactitudes que j'ai éclaircies et corrigées. Les musiciens belges 
des XIV et XVP siècles représentent toute l'histoire de la musique 
de ces époques; or, on ne les connaît que par leurs œuvres, ou plutôt 
par leurs noms ; c'est la Biographie universelle des Musiciens qui , pour 
la première fois, donne sur eux des renseignements complets et fait 
connaître leur énorme influence dans toute l'Europe. En Espagne, 



PRÉFACE. xj 

on ne savait rien en quelque sorte sur les musiciens de cette contrée; 
les maîtres de chapelle et les musiciens les plus remarquables de Bar- 
celone, de Madrid, de Séville et de Cadix m'ont écrit que c'est par mon 
livre qu'ils ont appris à connaître les gloires musicales de leur patrie. 

a En France, on ne lit pas mêmes les livres qu'on a sous la main, et 
je pose en fait qu'il n'y a pas dans ce pays trois personnes qui se dou- 
tent des lumières répandues dans la Biographie universelle des Musiciens 
sur toutes les questions importantes d'art, de science et de philosophie 
du beau. Un journaliste priait un jour M. Farrenc de lui faire une liste 
des principaux articles de ce livre, parce qu'il désirait les citer lors- 
qu'il en parlerait dans son journal. « Qu'avez-vous besoin de cela, lui 
« dit mon pauvre ami, puisque M. Fétis vous a donné son ouvrage? — 
tt Oh ! je n'ai pas le temps de parcourir cette énorme bibliothèque mu- 
te sicale. » 

« Eh bien ! ce même journaliste, qui ne m'est pas hostile, écrivait 
naguère cette phrase, à propos du même ouvrage: travail colossal, mais 
incomplet! Qu'en sait-il? 

« Un illustre philosophe m'a écrit à propos de ce travail et de mes 
autres ouvrages : « L'attention que j'ai mise à vous lire m'a donné sur 
« votre art des lumières que je cherchais depuis longtemps et que 
« je n'espérais plus; mais cette lecture m'a attristé en songeant que 
« vous êtes venu trop tard. La génération actuelle ne peut plus vous 
« comprendre au point de vue élevé où vous vous êtes placé : elle est 
« occupée d'autre chose, et l'art n'est plus pour elle qu'un amusement, 
« dans les moments perdus où l'on ne peut pas s'occuper de sa for- 
ce tune ou de sa ruine. Peut-être espérez-vous dans l'avenir? Hélas! 
a je crains qu'il n'y ait pas d'avenir pour ce qui vous intéresse : la 
« nature me paraît épuisée pour le beau, pour l'idéal chez les peuples 
« européens. Si une génération nouvelle peut rentrer dans ce domaine, 
(c dans l'avenir, elle viendra de l'Amérique ; mais cela est douteux. » 

« Quoi qu'il en soit, il est hors de doute que la Biographie univer- 
selle des Musiciens est imparfaite dans un certain nombre de faits et de 
dates : je l'ai dit dans ma préface. Il en est nécessairement ainsi de 
tous les ouvrages du même genre. Si dix personnes se mettaient à l'ou- 
vrage pour faire disparaître ces imperfections, et si elles y employaient 
dix années de recherches, il en resterait encore. 

« Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus 
distingués. 

« FÉTIS. » 



xij PRÉFACE. 

Ces lignes de Fétis devraient être toujours présentes à Fespritde 
tout écrivain qui s'occupe de travaux du genre de celui-ci : « Il 
est hors de doute que la Biographie universelle des Musiciens est 

imparfaite dans un certain nombre de faits et de dates lien 

est nécessairement ainsi de toutes les ouvrages du même genre. Si 
dix personnes se mettaient à V ouvrage pour faire disparaître ces im- 
perfections, et si elles y employaient dix années de recherches^ il en 
resterait encore. » J'insiste sur ce point pour qu'on ne croie pas 
que j'aie eu la prétention, dans le temps relativement court qui 
m'était accordé pour la rédaction de ce Supplément, de corriger 
toutes les erreurs, de relever toutes les omissions qu'on pouvait 
signaler dans l'ouvrage primitif ; je me tiens pour satisfait d'avoir 
redressé quelques-unes des premières, d'avoir réparé un certain 
nombre des autres. Ce n'était là, en somme, qu'une partie secon- 
daire et absolument arbitraire du travail dont je m'étais chargé. 
Quant à ce qui me concerne personnellement , c'est-à-dire la partie 
nouvelle de ce travail ^ celle qui a trait aux artistes contemporains, 
tous mes efforts ont tendu à ce qu'elle fût aussi exacte, aussi com- 
plète, aussi exempte d'erreurs que possible; mais j'avoue que je 
ne me tiens pas pour infaillible , et que si j'ai toujours tâché de 
faire pour le mieux, j'ai assez d'expérience pour craindre de n'a- 
voir pas toujours réussi. 

J'appelle donc de tous mes vœux les rectifications , les éclaircis- 
sements, les corrections auxquels cette publication pourrait donner 
lieu. J'ai la conviction qu'en mettant au jour, si imparfaite qu'elle 
puisse être, cette partie supplémentaire d'un ouvrage justement 
célèbre, je rends un service signalé à tous mes confrères, artistes 
ou écrivains, parce que j'apporte des éléments nouveaux à une 
branche singulièrement active aujourd'hui des connaissances hu- 
maines, que je viens renforcer, avec des faits encore inconnus, 
l'histoire de l'art contemporain. Mais, je le répète , j'appelle de 
tous mes vœux la critique de ces confrères, à quelque partie de 
l'Europe qu'ils appartiennent, et je les supplie ici, dans l'intérêt 
même de l'art, de ne pas négliger de me signaler les erreurs, les 
omissions, les inexactitudes de toute sorte qu'ils trouveraient à re- 
lever dans mon travail. Ils peuvent tenir pour certain que leurs 



PREFACE. 



XllJ 



ol)servations ne seront pas perdues, que j'en tiendrai compte par la 
suite, et que grâce à eux je ne cesserai d'améliorer une œuvre que 
je considère comme indispensable à quelques-uns, et utile à tous. 

Un dernier mot, et je termine. — Ce livre a été fait avec la plus 
entière bonne foi;, et j'ai tâché que la passion en fût absolument 
exclue; mon plus vif désir est qu'il soit apprécié de bonne foi et sans 
passion. 

Arthur Pougin. 



SIGNATURES DES AUTEURS 

DU PREMIER VOLUME. 



MM. 

A. L — N LoouiN (Anatole). 

Ad. J — K JuLLiEN (Adolphe). 

Al. R — D Rostand (Alexis). 

Ed. de h Hartog (Edouard de). 

Eit. ï TiioiNAN (Ernest). 

F. D Delhasse (Félix). 

G. R Rertrand (Gustave). 

J.-R. W Wegkerlin (J.-B.). 

J. G — z Garlez (Jules ). 

J. D. F FiLippi (J. de). 

J. DE V Vasconcellos (Joaquim de). 

J. G Gallay (Jules). 

L.-F. G ». . GASAiMORATA (L.-F.). 

Y Anonyme. 



Tous les articles non signés sont de M. Arthur Pougin. 



Tous les noms précédés d'un astérisque sont ceux ([ue l'on trouve dans la Biographie 
universelle des Musiciens, et dont les notices ont été rectifiées, corrigées ou complétées. 
Les notices qui ne sont accompagnées d'aucun signe sont entièrement nouvelles. 



BIOGRAPHIE 



UNIVERSELLE 



DES MUSICIENS 



SUPPLEMENT 



ABADIE (Louis), compositeur de musique 
légère, s'est fait connaître par une innombrable 
quantité de chansons et de romances dont quel- 
ques-unes obtinrent , dans les années qui sui- 
virent 1848, de véritables succès de popularité. 
On peut citer surtout les Feuilles mortes , la 
Fille à Jérdme, lesjdus Beaux Yeux de Cas- 
tille , l'Amoureux de Pontoisé, D'où viens- 
tu, beau nuage? etc., etc. Malgré la vogue de 
quelques-unes de ces productions, Abadie,qui 
chercha inutilement et pendant longtemps à se 
produire au théâtre, finit par tomber dans la 
misère et mourut à l'hôpital , vers 1860, lais- 
sant trois enfants orphelins. Sept années après 
sa mort, le 11 mai 1867, on représentait au 
théâtre des Folies- Saint- Germain ie Danseur de 
corde, opéra-comique eu deux actes dont il avait 
écrit la musique, qui fut retouchée et orchestrée 
par M. deViliebichot. 

ABBADIA (Luigia), chanteuse fort re- 
marquable, née à Gênes en 1821 , reçut d'abord 
des leçons de son père, qui était maître de cha- 
pelle, et d'un violoniste nommé Bianchi. Elle 
était à peine âgée de quinze ans lorsqu'elle dé- 
buta d'une façon très-heureuse à Sassari; elle 
se rendit ensuite à Manloue, oii son succès fut 
complet , et c'est alors qu'elle fut engagée par 
Yimpresario Merelli , qui en peu de temps la 
produisit dans un grand nombre de villes : No- 
vare, Brescia, Monza, Bologne, Turin, Vienne, 
Milan, Pailoue, Triesle, Plaisance, etc., où elle 
excita l'enthousiasme et fut l'objet d'ovations 
multipliées. Certains ouvrages lui étaient parti- 
culièrement favorables, tels que Corrado d'Aï- 
tam,ura, la Regina di Golconda , il Tem- 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. — SUPPL . — 



plario, mais c'est surtout la Saf/o de Pacini qui 
lui valut ses plus éclatants triomphes, non- seu- 
lement comme chanteuse, mais comme tragé- 
dienne. Douée par la nature d'une voix de 
mezzo-soprano étendue, sympathique, puis- 
sante, elle en doublait les effets par l'art 
avec lequel elle la conduisait et par la gran- 
deur de son sentiment dramatique. Un goût 
parfait, une âme expansive, une ardeur brû- 
lante, un rare enthousiasme , avec cela des élans 
d'inspiration soudains et imprévus, telles étaient 
les qualités nombreuses et peu communes qui 
faisaient de cette cantatrice remarquable une 
artiste exceptionnelle et de premier ordre. Elle 
concourut puissamment au succès de Maria Pa- 
dilla, que Donizetti écrivit expressément pour 
elle, elle était sublime dans la Vestale, de Mer- 
cadante, et elle trouvait, au dernier acte de 
YErnani de Verdi, des accents d'une puissance 
incomparable. Ceux qui ont entendu une fois la 
vibration de ses notes inspirées, a dit un bio- 
graphe, ne sauraient jamais l'oublier. Vers 1859, 
celte grande artiste se rendit en Allemagne et se 
fit entendre à Hambourg et à Berlin, où ses succès 
ne furent pas moins grands que dans sa patrie. 
J'ignore ce qu'elle est devenue depuis lors. 

ABEL (Clamer-Heinrich) , musicien de la 
chambre du duc George- Guillaume de Hanovre 
et d'Ernest-Auguste de Brunswick. Cet artiste, 
d'origine hessoise, a vécu dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Il a publié un 
recueil de pièces instrumentales : allemandes , 
courantes, etc., sous ce titre : ErslUng musika- 
lischer Blumen (Premières fleurs musicales). 

.Y, 

T. I. 1 



ABELA — ABERT 



ABELA (Don Placido). Le chevalier Caie- 
taii Abela, issu d'une illustre famille sicilienne 
originaire d'Espagne, colonel de cuirassiers au 
service de la République française , étant à Na- 
ples en 1814, eut un enfant qu'il appela Joseph- 
Hilarion. Le chevalier Abela, envoyé en Sicile 
contre les soldats des Bourbons, laissa son fils à 
Naples chez les parents de son épouse, morte 
peu après la naissance de l'enfant. — Celui-ci 
montrant beaucoup de dispositions pour la musi- 
que, on l'envoya étudier le solfège comme 
externe au collège de musique , dans le ci-de- 
vant couvent des Jésuites de San-Sebastiano, à 
Naples. Lors delà translation du collège de San- 
Sebastiano à San-Pietro a Majella, le jeune 
Abela continua d'y étudier la musique, avec Pie- 
tro Casella. Mais, en décembre 1826, son père, qui 
lors de l'insurrection de la Sicile avait com- 
mandé les guérillas des insurgés siciliens et, aban- 
donné par les siens, était tombé entre les mains 
des soldats des Bourbons, ayant été condamné 
à mort et exécuté, le jeune Abela, âgé alors de 
treize ans, fut mis par le roi de ISai)les François 
1'"' dans le collège royal de Maddaloni, où il 
étudia le piano sous un vieux prêtre, ancien 
élève du collège de San-Onofrio à Naples. A 
l'âge de seize ans il obtint du roi la permission 
de se faire religieux dans l'ordre de Saint-Benoit, 
au couvent de Monle-Cassino , où il reçut le 
prénom de Placido, sous lequel on le connaît à 
présent, et où il fitenlSBj sa profession reli- 
gieuse. Il devint peu après organiste de l'église 
de .Monte-Cassino, et commença à étudier de son 
mieux la composition par lui-même. En 1851, 
J.-B. de Vecchis, bon maître napolitain, ayant 
été appelé à Monte-Cassino pour enseigner la 
musique aux séminaristes et aux collégiens, 
Abela eut de lui quelques leçons de contre-point ; 
mais le soudain départ de de Vecchis vint in- 
terrompre le cours de ses éludes, qu'il lui fal- 
lut continuer par lui-même à l'aide de hvres, 
jusqu'à ce que Philippe Ercolani, élève de Zin- 
garelli, s'étant établi pour quelque temps à 
San-Germano, au pied du mont sur lequel est 
bâti Monte-Cassino, Abela put recevoir quel- 
ques leçons même de ce maître. — Nonobstant 
l'irrégularité de ses éludes , le père Abela, à 
présent Prieur Cassinois [Priore Cassines), 
aidé de sa bonne volonté et de ses dispositions 
naturelles pour la musique, devint bon harmo- 
niste et conlrepointislc, et il y a plusieurs mor- 
ceaux de musique sacrée lie sa composition qui 
sont très-dignes d'allcnlion. La plus grande 
partie de ses œuvres , soit à voix seules , soit 
avec accompagnement d'orgue^ a été pubUèe à 
Naples par Girard et G". L. F. C. 



ABERT (J.-J.), compositeur de sympho- 
nies et d'opéras, est né en 1832 à Kacliowiiz, 
en Bohême. Grâce à sa jolie voix de soprano, 
Abert dut la faveur d'être admis au nombre des 
enfants de chœur de l'église hospilalière de sa 
ville natale, où il reçut sa première éducation et 
apprit les éléments de la musique. 11 avait huit 
ans à peine lorsque le prieur des Augustins , 
frappé de ses heureuses dispositions, le prit sous 
sa protection et l'emmena , du consentement de 
ses parents, dans son couvenl, où il lui lit don- 
ner une instruction litléraire et musicale aussi 
complète que le comportait le savoir des bons 
pères Augustins. Les progrès d'Aberl furent ra- 
pides, et ses connaissances musicales furent 
bientôt assez étendues pour qu'on put lui contier 
la direction de la chapelle du couvent. Il en 
profila pour faire exécuter les pièces religieuses 
qu'il composait dès cette époque, el pour passer 
en revue tous les morceaux de maîtres que 
renfermait la bibliothèque de la maîtrise. 

Cependant, Abert touchait à sa quinzième 
année, et son esprit d'indépendance ne tardait 
pas à s'éveiller , en môme temps qu'il sentait 
grandir son désir d'étendre le cercle de ses 
éludes. Un beau jour il prit la poudre d'escam- 
pette, sauta par-dessus les murs de sa piison et 
courut se réfugier chez un de ses oncles qui ha- 
bilait Prague. En dépit de son escapade d'éco- 
lier, Abert fut reçu à bras ouverts, et grâce à la 
protection de son oncle il ne tarda pas à entrer 
au Conservatoire de Prague, dont il devint en 
peu de temps un des plus brillants élèves. Après 
trois ans d'études assidues, son éducation était 
assez complète pour qu'il put faire exécuter, par 
ses camarades, deux ouvertures de sa composi- 
tion et une grande symphonie qui lui valut les 
suffrages du maître de chapelle P. Lindpaintner. 
C'est par la protection de cet artiste qu'Abert 
entra en 1852 au service du roi de Wurtem- 
berg, en qualité de contre^bassiste. Il occupa ce 
poste modeste jusqu'en 1867, travaillant sans 
relâche et profitant de tous les loisirs que lui 
laissaient ses fonctions, pour se livrer à la com- 
position. C'est ainsi qu'il produisit successive- 
ment sa Symphonie en ut mineur, exécutée 
pour la première fois à la Redoute de Stultgardt 
en 1853, sa Symphonie en la majeur, écrite en 
en 1 856, et une quantité de quatuors et de lieder. 
C'est en 1859 seulement qu'il fit jouer au théâtre 
de Stutlgardt son premier opéra : Anna von 
Landskron, dont le succès très-honorable ne 
dépassa pourtant pas les limites de la ville qui 
l'avait vu naître. Son second ouvrage drama- 
tique , le roi Enzio, joué en 1862, ne fut guère 
plus heureux , mais son poëme symphonique 



( 



ABERT — AGHARD 



Columbiis , écrit ea 1864, popularisa son nom 
dans toute l'Allemagne et le lil connaître à Paris 
même, lorsque M. Pasdeloup eut mis cette œuvre 
intéressante au programme des Concerts populai- 
res (1). Le troisième ouvrage dramatique d'Abert, 
Astorga, représenté à Stutlgardt en 186G, béné- 
iicia de la réputation que s'était faite son au- 
teur, et réussit avec éclat sur les principales 
scènes allemandes. H a été traduit en français 
par M. Victor Wilder, et publié à Paris chez 
les éditeurs Durand et Scliœnewerk. L'an- 
née 18C7 eut sur la carrière d'Abert une in- 
fluence décisive. Pendant la fermeture du théâtre 
de Sluttgardt, une partie de la troupe se dirigea 
sur Bade pour y donner quelques représenta- 
lions. Abert accompagna les comédiens voya- 
geurs , et prit la direction de l'orchestre. L'ha- 
bileté dont il fit preuve dans ces nouvelles 
fonctions lui valut la succession d'Eckert , un 
des meilleurs chefs d'orchestre de l'Allemagne et 
maître de chapelle du roi de Wurtemberg. 
Eckert, à la suite de quelques différends avec son 
directeur, ayant jugé à propos de se démettre de 
ses fonctions, Aberl fut désigné, par l'opinion 
unanime des musiciens, pour le remplacer. Il 
troqua sans regret l'archet du contre- bassiste 
contre le bâton du chef d'orchestre. 

Comme si toutes les bonnes fortunes devaient 
lui arriver à la fois, il obtint vers la même 
époque la main d'une opulente héritière à qui 
ses succès de compositeur avaient tourné la tête. 
Depuis ce temps, la muse d'Abert s'estendormie , 
et sa veine productive semble s'être épuisée. On 
promet cependant un nouvel ouvrage de lui : 
^«:io , qu'il ne faut pas confondre avec son 
deuxième ouvrage théâtral , portant à peu près 
le même litre. Y. 

AlîLXGDOiV (Lokd), amateur distingué de 
musique, qui vivait à Londres dans la seconde 
moitié (lu dix-huitième siècle , jouait fort bien 
de lallùle et composait pour cet instrument. En 



(I) La symphonie de Culumbiis faillit coûter la vie à 
son auteur, dans les circonstances suivantes. On venait 
de l'exécuter à Stuttgardt, où clic lui avait fait décerner 
un véritable triomphe, l'rcsque aussitôt Invité àse rendre 
à Lœwenberg pour en diriger une exécution à la cha- 
pelle du prince, 11 se mit en route; mais, arrivé à une 
lieue environ de 1 œwenberg, le cheval attelé à son traî- 
neau (c'était au mois de février isg;) prit le mors aux 
dents et entama une course folle. Le traîneau fut 
bientôt renversé, et l'artiste, qui avait été singulièrement 
maltraité par les premiers écarts du cheval, resta évanoui 
sur la route, par un froid âpre et rigoureus. Un voya- 
geur, l'ayant trouvé en cet état une heure après, s'em- 
pressa de le faire conduire à Lœwenberg, ou It s soins d'un 
médecin Unirent par le rappeler à la vie. Jlais ce n'esl 
qu'au bout de quelques semaines que le compositeur fut 
remis de cet accident. — A. P. 



1783, il fut mis à la tête d'une grande entreprise 
de concerts à laquelle on donna son nom, et dont 
le compositeur allemand Frédéric-Hermann Graf 
fut nommé chef d'orchestre et compositeur. Le 
concert Abingdon était l'un des plus fameux de 
toute l'Europe, tant par le grand nombre que par 
la supériorité des arlisles qui venaient s'y faire 
entendre. 

* ABOS (Jérôme). A la liste des ouvrages 
dramatiques de ce compositeur, il faut ajouter 
deux opéras bouffés, l'un, le Due Zingare, re- 
présenté au théâtre Nuovo, de Naples, en 1742; 
l'autre, la Moglie gelosa, donné en 1745 au 
théâtre des Fiorenlini , de la même ville. 

ABRAHAMSOIV ( Werner-Hans-Frédé- 
Kic), écrivain esthéticien , naquit à Schlesvvig le 
10 avril 1744. Il a composé un assez grand nom- 
bre de mélodies, dont plusieurs sont devenues 
populaires en Danemark ; mais ce qui le re- 
commande spécialement aux lecteurs de ce dic- 
tionnaire, c'est la belle collection de Chansons po- 
pulaires et guerrières du Danemark (5 volu- 
mes, Copenhague, 1812-14), qu'il a publiées en 
collaboration avec Nyerup et Ralibek. Abraham- 
son est mort avant l'achèvement de ce petit mo- 
nument national, le 22 septembre 1812. 

Y. 

* ABT (François). C'est le Paul Henrion 
de l'Allemagne. Destiné par ses parents à l'état 
ecclésiastique, il fréquenta pendant quelque 
temps la Thomas-Schule de Leipzick. C'est là 
qu'il trouva l'occasion d'achever son éducation 
musicale. Après quelques années de séjour à 
Zurich et à Brunswick, il fit, en 1872, une tour- 
née musicale en Amérique , d'où il revint chargé 
de dollars. Abt , revenu au pays natal , continue 
de se livrer à la production non interrompue do 
l'ieder et de chœurs qui ont popularisé son 
nom. On a publié de lui à Paris un recueil de 
quarante mélodies, avec paroles françaises , chez 
Durand et Schœnewerk. Y. 

ACEVES ( ), compositeur dramatique 

espagnol de l'époque actuelle , s'est fait connaître 
par la représentation de plusieurs zarzuelas qui 
ont été très-bien accueillies du public, et qui 
l'ont mis au rang des bons auteurs en ce genre. 
Je ne connais que les suivantes : i" Dos comicos 
de jrrovincia; 2" Sensïtiva , deux actes; 3° el 
Manco de Lepanto, épisode historique en un 
acte écrit pour l'anniversaire de la mort de Mi- 
chel Cervantes, Madrid, th. du Cirque, 23 avril 
1867 ; 4'' la Bola negra, un acte, 1872 ou 1873; 
5" el Testamento azul, trois actes ( en société 
avec MM. Barbieri et Oudrid), th. du Buen- 
Reliro, 20 juillet 1874. 

ACHARD.(Léon}, chanteur distingué, fils 



4 



AGHARD — ADAM DE LA HALE 



d'un comédien qui se (il une grande réputation 
au théâtre du Palais-Royal, avec M"e Déjazet, est 
né à Lyon le t6 février 1831. Après avoir ap- 
l>iis de bonne heure les premiers éléments de la 
musique, M. Achard fit ses études littéraires au 
collège Henri IV, où il eut pour condisciple 
M. Victorien Saniou, puis suivit les cours de l'É- 
cole de droit, et se (it recevoir licencié en 1852. 
Il entra alors dans une élude d'avoué, et en même 
temps devint élève de Bordogni au Conserva- 
toire, Ayant obtenu, dans cet établissement, un 
second accessit d'opéra-comique en 1853 et le 
premier prix en 1854, il fut engagé aussitôt au 
Théâtre-Lyrique, et débuta à ce théâtre, le 9 oc- 
tobre, dans un opéra de M. Gevaert, le Billet 
de Marguerite, qui servait aussi de début à 
M™* Deligne-Lauters, devenue depuis M"* Guey- 
mard. Fort bien accueilli par le public, M. Achard, 
dont la jolie voix de ténor était fraiclie et pleine 
de diarme, et chez qui l'on entrevoyait déjà les 
qualités d'un bon comédien, (it successivement 
plusieurs créations, dans les Charmeurs, de 
M. Poise, le Muletier de Tolède, d'Adam, les 
Compagnons de la Marjolaine, daM. llignard, 
i Habit de noces, de Paul Cuzent, et joua aussi 
plusieurs ouvrages du répertoire : le Barbier de 
Séville, Ma Tante Aurore, Marie, la Si- 
rène, etc. 

En 1836, la mort de son père vint éloigner 
momentanément M. Achard du théâtre (1). Pour- 
tant, après un silence de quelques mois, le jeune 
chanteur signa un engagement avec M. Halan- 
zier, alors directeur du Grand-Théâtre de Lyon, 
et alla tenir dans cette ville l'emploi des pre- 
miers ténors légers, jusqu'à l'époque où M. Per- 
rin l'appela à l'Opéra- Comique. Il débuta à ce 
théâtre, le 4 octobre 1862, dans la Dame blan- 
che , joua successivement lluydcc, le Songe 
d'une nuit d^èté, le Domino noir, le Pré aux 
Clercs, et créa des rôles importants dans le Ca- 



(1) Pierre-Frédéric Achard, père du chanteur qui fait 
l'objet de cette notice, était à tous ies points de vue un 
artiste fort distingué. On s'en rendra compte par ce 
seul fait. Fils d'un siii pie ouvrier tisseur en soles, Achard, 
qui avait û'abord suivi la profession iiatcrnelle, était en- 
suite devenu comédien, avait acquis fort Jeune une vé- 
ritable renommée en province, et venait débuter, le 10 
juillet 1834, au Palals-Royai, oii son succès n'était pas 
douteui un seul Instant; mais, tandis qu'il tenait à ce 
théâtre l'emploi des jeunes comiques, Achard, qui était 
doué d'une très-jcilie voix et qui sentait le besoin de sa- 
voir l'utiliser dans des rôles où le chant tenait alors une 
place fort importante, n'hésita pas à se faire admettre au 
Conservatoire, où il suivit les cours de vocalisaiion de 
Bordogni, et ceux de Nourrit pour léchant proprement 
dit. £n 1335, il obtenait le second prix de chant, et l'an- 
née suivante 11 partageait le premier avt c ATzard. Né à 
Lyon le 4 n ;vcn)bre ISOS, Achard mourut le 14 aoù"^ {%6. 



pitaine Henriot, Fior d'Aliza, Mignon, et di- 
vers autres ouvrages. 

En 1871, M. Achard, qui avait étudié déjà le 
chant italien, se rendit à Milan, reprit ces éludes 
sous la direction d'un maître habile, puis, après 
avoir signé un traité avec le théâtre de la Fenice, 
de Venise, alla passer une saison en cette ville, 
où il fut fort bien accueilli, et où il chanta, entre 
autres ouvrages, Romeo e Giulietta de M. Mar- 
chetti, et la traduction italienne de Mignon. 
Bientôt .M. Halanzier, devenu directeur de l'O- 
péra, l'engagea à ce théâtre pour créer le rôle 
de Yorick dans la Coupe du roi de Thulé, 
l'ouvrage couronné de M. Diaz (V. ce nom). 
Après avoir établi ce rôle, M. Achard se montra 
successivement dans les Huguenots , où il ob- 
tint surtout du succès, dans \' Africaine, Faust, 
Don Juan et la Favorite. Dei)uis lors il est 
rentré à l'Opéra-Comique, où il a créé un rôle 
important dans un ouvrage de M. Ernest Gui- 
raud , Piccolino. 

M. Achard a épousé, au mois de juillet 1864, 
M'ie Le Poitevin, (ille du peintre de ce nom. 
Un de ses frères, chanteur comme lui, est depuis 
plusieurs années directeur du Conservatoire de 
Dijon. 

ACUJXZO (l^iLii'po), compositeur italien, est 
l'auteur d'une farsa en un acte, \l Pittore d''un 
viorto vivo, représentée à Trani au mois de fé- 
vrier 1867. 

*ADAM DE LA UALE ou DE LA 
HALLE, surnommé le Bossu d'Aukas. — 
M. de Coussemaker a élevé un monument à la 
mémoire de ce trouvère fameux, qui peut être 
considéré comme un novateur et un artiste de 
génie, puisqu'il trouva une forme nouvelle de 
l'art, que c'est à lui qu'on doit le premier essai 
d'opéra comique connu (le Jeu de Robin et de 
Marion), et qu'il écrivit tout à la fois les paroles 
et la musique de cet ouvrage, qui, comme l'a 
fort bien dit l'auteur de la Biographie univer- 
selle des Muiiciens, << aurait dû suffire pour 
l'immortaliser ». M. de Coussemaker, qui s'est 
acquis ainsi de nouveaux titres à l'estime et à 
l'affection de tous les amis de l'art, a entrepris 
et su mener à bon terme une publication qui jus- 
qu'ici, que je sache , n'avait point d'analogue , 
celle de toutes les productions, littéraires et 
musicales, du célèbre trouvère artésien -.Œuvres 
complètes du trouvère Adam de la Halle 
(poésies et musique), publiées sous les auspices 
de la Société des sciences, des lettres et des 
arts de Lille, par E. de Coussemaker (Paris, Du- 
rand et Pedone-Lauriel, 1872,in-4°deLXXIV-440 
pages). 
Celle édition des œuvres d'Adam de la Halle. 



I 



ADAM DE LA HALE 



aussi pr(?cieuseen ce qui concerne les origines de 
notre langue que relativement à celles de notre mu- 
sique, est telle qu'on la pouvait attendre de la part 
d'iinériiditcommeM.de Coussemaker. L'éditeur a 
consulté tous les manuscrits connus pour conte- 
nir des productions de notre trouvère, et il a eu 
recours anx bibliothèques Nationale et de l'Arse- 
nal, à Paris, à celle du Vatican, à Rome, à celles 
d'Arras, de Cambrai, d'Aix (Provence), de Sienne 
et d'Oxford. C'est ainsi qu'il a pu réunir, avec 
une exactitude que la collation de textes multi- 
ples rendait souvent difficile, trente-quatre chan- 
sons, dix-sept jeux-partis, seize rondeaux, cinq 
motets, la pièce de vers intitulée le Congé, le 
fragment de poëme qui a pour titre le Roi de Si- 
cile, et enfin le Jeu d'Adam, le Jeu de Robin 
et de Marion, et le Jeu du Pèlerin (I). Les 
chansons, jeux-partis, rondeaux et motets sont 
reproduits non-seulement avec la musique, mais 
avec une traduction en notation moderne, et il en 
est de môme pour la pièce inappréciable de ce 
recueil, le Jeu, de Robin et de Marion. J'avais 
donc raison de dire que c'est là, à une distance 
de six siècles, un véritable monument élevé à la 
mémoire d'Adam de la Halle. 

M. de Coussemaker a accompagné son édition 
d'une esquisse biographique sur Adam , d'une 
description sommaire des manuscrits dans les- 
quels on retrouve quelques-unes de ses œuvres, 
d'une indication des éditions partielles qui ont 
été faites de celles-ci,'enfin d'une étude critique de 
ses mélodies et de ses compositions harmoniques. 
« En examinant, dit M. de Coussemaker, les poé- 
sies chantées des trouvères, il est indispensable de 
tenir compte de l'élément musical qui, avec toute 
évidence, y exerçait une intluence déterminée. 
Les œuvres d'Adam de la Halle surtout doivent 
être étudiées à ce point de vue, car le trouvère 
artésien était à la fois poète et musicien ; musi- 
cien mélodiste et harmoniste. Il est même à re- 
marquer qu'il a donné à l'harmonie une certaine 
impulsion; ce qui semble témoigner qu'il a dû 
faire, soit au monastère de Vaucelles, soit à l'U- 
niversité de Paris, des études musicales compiè- 
« tes et sérieuses... Ses rondeaux et ses motets 
présentent un véritable intérêt historique pour 
♦ l'art. Le trouvère d'Arras l'emporte souvent sur 
ses contemporains par la manière facile et chan- 
tante dont les parties sont agencées entre elles. 
Mais en quoi il est supérieur, c'est dans les com- 
positions mélodiques; quelques-unes offrent ime 
originalité, une grâce, une naïveté et une fraî- 



(1) Il n'est pas Inutile de faire remarquer que les chan- 
sons, jeux-partis, rondeaux et moiets étalent restés Jus- 
qu'Ici complètement inédits. 



clieur telles, qu'elles sont devenues populaires et 
se chantent encore aujourd'hui, sans qu'on sedoute 
de leur origine. » 

Plus loin, l'éditeur caractérise plus profondé- 
ment le génie musical (je crois que le mot n'a rien 
d'exagéré) d'Adam de la Halle, et donne les rai- 
sons de la double tendance qui se remarque dans 
ses œuvres : « Adam de la Halle doit être consi- 
déré comme un des musiciens les plus distingués 
du treizième siècle. Son mérite est pour le moins 
égal à celui des meilleurs déchanteurs de celte épo- 
que ; il est incontestablement supérieur à celui des 
autres trouvères. Ses productions musicales peu- 
vent se diviser endeux classes: lesunesmélodiques, 
les autres harmoniques. A la première appartien- 
nent ses chansons, ses jeux- partis et les airs dont 
il a orné le Jeu de Robin et de Clarion : dans la 
seconde se rangent ses rondeaux et ses motets. 
Quand on examine les diverses mélodies d'Adam, 
qu'on les analyse et les compare entre elles, on 
remarque une différence sensible entre celles des 
chansons et des jeux-partis et celles du Jeu de 
Robin et de Mai-ion. Celles-ci sont naturelles, 
faciles, chantantes; les autres, au contraire, sont 
souvent maniérées, d'une forme difficile à rete- 
nir. Cette différence provient de ce que les mé- 
lodies du Jeu de Robin et de Marion sont le 
résultat de l'inspiration spontanée, ce qui leur 
donne un caractère tout à fait populaire, tandis 
que les autres sont des compositions arlisliques, 
c'est-à-dire soumises à des règles de convention. 
Dans les premières, le musicien pouvait donner 
libre carrière à son imagination ; l'inflexion to- 
nale et le rhylhme étaient abandonnés à sa spon- 
tanéité. Nulle contrainte, nulle obligation de se 
renfermer dans un cadre convenu; liberté pleine 
et entière dans le mouvement, dans les allures ; 
de là le naturel, la facilité qu'on remarque dans 
la tournure mélodique de ces airs; de là aussi la 
popularité dont ils ont joui immédiatement et 
longtemps après. Mais cette popularité tenait en- 
core à une autre cause; elle tenait à leur tona- 
lité. Pour bien comprendre ce fait particulier et 
essentiel, il est nécessaire de remarquer que la 
musique religieuse était, à cette époque, la seule 
dont les bases fussent réglées par une théorie, 
par des principes de tonalité; c'était la musique 
artistique. La tonalité diatonique fixée par saint 
Grégoire et adoptée par ses successeurs était la 
tonalité officielle, si l'on peut s'exprimer ainsi. 
Mais, à côté de cette tonalité calme, majestueuse, 
si bien appropriée aux chants chrétiens, il en 
existait une autre dont les allures et les inflexions 
s'adaptaient mieux aux passions mondaines, à la 
fougue populaire. Cette dernière est fort ancienne 
et son origine semble être septentrionale... Ces 



6 



ADAM DE LA HALE — AERTS 



cette tonalité qu'il est facile de reconnaître dans 
les mélodies du Jeu de Robin et de Marion; 
c'est encore celte tonalité qu'on remarque dans 
plusieurs airs adaptés aux chansons et aux jeux- 
partis d'Adam de la Halle... » 

On voit que par la publication des oi-uvres d'A- 
dam de la Halle, M. de Coussemaker a ouvert 
un champ nouveau aux investigations des théori- 
ciens, et, par suite, à celles des historiens de 
l'art. Il a donc rendu un signalé service, non- 
seulement aux admirateurs d'Adam de la Halle, 
à ceux qui considèrent à juste titre ce trouvère 
comme une des personnalités les plus originales 
et les plus éclatantes de la musique française, 
mais aussi à ceux qui voudront percer les obscu- 
rités et les mystères qui enveloppent encore les 
origines de cette musique. A ce double titre, 
l'article complémentaire qui est ici consacré à 
Adam de la Halle avait sa raison d'être. 

*ADAM (AnoLPHE-CuAnLEs). A la liste, déjà 
si nombreuse, des ouvrages de ce compositeur, 
il faut ajouter les suivants : 1° les Mohicans, 
ballet en deux actes, Opéra, 5 juillet 1837 ; 2° 
Lambert Simnel (parlilion d'Hippolyte Monpou, 
terminée par Adam), Opéra-Comique, 14 sep- 
tembre 1843); 3° les Premiers Pas, prologue 
pour l'inauguration de l'Opéra-Nafional (en so- 
ciété avec Auber, Carafa et Halévy), 15 novem- 
bre 1847 ; 4" Grisclidis, ou les Cinq Sens, ballet 
en cinq actes. Opéra, 16 février 1S48; 5" les Aa- 
tions, diverlis?ement-cantate , Opéra, 6 aoiM 
1851; 6° la Fêle des Arts, cantate, Opéra-Comi- 
que, 16 novembre 1852 ; 7° le Bijou perdu, trois 
actes, Théâtre-Lyrique', fi octobre 1853; S^Cfunit 
de Victoire, c^niate, Opéra-Comique et Théâtre- 
Lyrique, 13 septembre 1855; 9° Cantate, Opéra, 
17 mars 185G. Quant à la Faridondaine, ce n'é- 
tait pas un opéra en un acte, comme on pourrait 
le croire par la mention qui en a été faite, mais un 
grand drame populaire en cinq actes, mêlé de mu- 
sique, dans lequel M"'" Hébert-Massy, ancienne 
cantatrice de rOpéra-Comique, remplissait un rôle 
important. Ence qui concerne les ouvrages très- 
nombreux et souvent très-considérables qu'Adam 
fit jouer sur divers théâtres de genre (Gymnase, 
Vaudeville, Nouveautés) avant d'aborder les 
grandes scènes lyriques, je renvoie le lecteur cu- 
rieux de les connaître au livre publié par moi : 
Adolphe Adam, sa vie, sa carrière, ses Mé- 
moires artistiques (Paris, Charpentier, 1876, 
în-12). Je dois ajouter qu'on a publié sous ce 
titre I : Derniers Souvenirs d'un musicien 
(Paris, Lévy, 1859, in-12), un second volume 
composé de différents travaux littéraires donnés 
par Adam à divers journaux. Ce volume n'est 
pas moins intéressant que le premier. 



* ADAM (Charles-Ferdinand), composi- 
teur, né en Saxe , est mort le 23 décembre 1867. 

*ADAi\Il (HeiNRi-Joseph), écrivain musical, 
est mort à Vienne le 2 octobre 1865. 

ADELBURG (Auguste von), violoniste 
et compositeur liongrois , est né à Conslanlino- 
ple en 1833. Comme virtuose, il fut l'élève de 
Mayseder, avec lequel il travailla à Vienne de 
1850 à 1854. Comme compositeur, il a demandé 
son instruction aux principaux Conservatoires 
de l'Allemagne. Von Adelburg a écrit quatre 
quatuors pour instruments à cordes, plusieurs 
petites compositions, et un grand opéra sur pa- 
roles hongroises, intitulé Zrynyi , qui fut joué 
pour la première fois sur le théâtre national de 
Pestli en 1866. Cet ouvrage, reçu avec un vé- 
ritable enthousiasme par les compatriotes de 
von Adelburg, est resté au répertoire. Y. 

* ADRIEIV (RlAKTiN-JosEPn), ou plutôt An- 
DRiEN. Cet artiste était né à Liège, non en 1766, 
mais le 26 mai 1767. Il a écrit la musique d'un 
mélodrame de Victor Ducange, Élodie, ou la 
Vierge du Monastère, représenté au théâtre de 
l'Ambigu-Comique le 10 janvier 1822. 

ADYE (jWilket), écrivain anglais, est l'au- 
teur d'un opuscule intitulé : Musical Notes 
(Londres, Bentley, 1870, in-12 de 112 pp.). 
Cet écrit, un peu superficiel et qui semble plutôt 
destiné aux dilettantes et aux amateurs qu'aux 
travailleurs et aux érudits, est divisé en trois 
chapitres: {"les grands compositeurs; ")." les 
violonistes et le violon ; 3° le violon et son his- 
toire. 

AELimECHTS (Jacques) , facteur de cla- 
vecins à Anvers au milieu du seizième siècle, 
était reçu dans la gilde de Saint-Luc en 1558. Son 
fils, Luc Aelbrechts, exerça la même profession 
et fut reçu dans la même corporation , comme 
fils de maître, en 1588. 

AERTS (F ), violoniste, 'professeur et 

compositeur belge, né à Saint-Trond le 4 mai 
1827, fit ses éludes musicales au Conservatoire 
de Bruxelles , puis suivit un cours de composi- 
tion sous la direction de C. Hanssens. Devenu 
premier violon au théâtre de la Monnaie, il fut » 
ensuite chet d'orchestre du théâtre de Tournai, 
puisse fixa à Paris pendant plusieurs années.» 
De retour en Belgique en 1862, M. Aerts obtint 
au concours la place de professeur de musique 
à l'École normale de Nivelles , qu'il occupe en- 
core. Cet artiste a publié : 1° Méthode théo- 
rique et pratique pour Vaccoyiipagnement du 
plain-chant, précédée d'un Traité de l'har- 
monie consonnante , Liège , Dessain ; 2" Ma- 
miel théorique et pratique du plain-chant , 
conforme aux vrais principes du chant gré- 



AERTS — AGUIAR 



gorien, iM., M.; 3" Éléments complets de mu- 
sique, et Solfège gradué, Bruxelles, Schoft; 
4° Recueil de six litanies de la Sainte-Vierge 
Marie, Liège , Dessain ; 5° [le Chansonnier des 
écoles, Nivelles, Desprel ; 6° un grand nombre 
de fantaisies pour orchestre , airs variés pour le 
violon , romances, etc. 

AFFANAJEFF (N ), musicien russe 

contemporain , a publié chez l'éditeur Bessel , à 
Saint-Pétersbourg , quatre morceaux pour vio- 
lon et piano : 1" Allegro; 2" Variations russes; 
3° Valse; 4° Adagio. Je n'ai pas d'autres rensei- 
gnements sur cet artiste. 

AGIVELLI (S\lv\tore), né à Palerme en 
1817 , lit ses études musicales d'abord dans un 
établissement de cette ville, puis au Conserva- 
toire de Naples, où il eut successivement pour 
professeur Furno, Zingarelli, Donizetti, et d'où 
il sortit en 1834. Il tourna bientôt ses vues du 
côté du théâtre, et fit représenter les ouvrages 
suivants: 1° i Due Pedanti, (Naples, th. 
Nuovo, 1834); 2° il Lazzarone napoUtano 
(id., id., 1838); 3° Una Notte di Carnevnle, 
opéra bouffe (Palerme, th. Carolino , 1838); 
i°iDue Gemelli{\(\.,i(].,iS39);S"iDueForzati 
(id., id., 1839); G° la Locandiera, deux actes 
(Naples, th. Nuovo, 1839); 7° la Sentinella not- 
turna (id., th. Parthenope, 1840); 8" l'Omi- 
cido immaginario ( Naples , th. de la Fenice, 
1841); g"? Due Pulcinelli simili (id., id., 1841); 
10» il Fantasma (id., id., 1842). En 1840, 
M. Agnelli vint se fixer à Marseille. Il fit repré- 
.senter au Grand-Théâtre de cette ville la Jacqu- 
rie, grand opéra en trois actes (22 avril 1849); 
Léonore de Médicis, grand-opéra en quatre actes 
(23 mars 1855); ^e.s Deux Avares, opéra-co- 
mique en trois actes (22 mars 1860) ; la musique 
de ce dernier ouvrage fut écrite sur le poëme qui 
servit à Grétry pour son opéra du même nom , 
et l'auteur conserva dans sa partition (a Marche 
célèbre de Grétry. Outre ces opéras, M. Agnelli 
a écrit à Marseille la'mnsique de trois ballets : Ca- 
l'isto, Blanche de Naples, la Rose. Cet artiste a 
en portefeuille trois autres'opéras inédits : Crom- 
welt, dont quelques fragments ont été entendus 
il y a une dizaine d'années dans un salon de Paris ; 
Stefanin , en trois actes ; et Sforza , en quatre 
actes. Enfin il est encore l'auteur d'un Miserere à 
double chœur, d'un Stabat Mater à plusieurs 
voix avec orchestre, et d'une cantate, l'Apo- 
théose de Napoléon l", qui a été exécutée en 
1856 à Paris, par trois orchestres, dans le Jar- 
din des Tuileries. Al. R-n. 

AGIVESI ( Louis - Ferdinxnd - Léopold 

AGNIEZ, dit), chanteur distingué, né à Erpent, 
province dcNamur, le 17 juillet 1833, est mort 



h Londres le 2 février 1S75. Admis do bonne 
heure au Conservatoire de Bruxelles, il y étudia 
l'harmonie avec M. Bosselet et le contre-point 
avec Fétis, y obtint divers prix, et prit part aux 
concours de Rome en 1853 et 1855. Devenu 
maître de chapelle de l'église Sainte-Catherine et 
directeur de l'Union chorale et de la société Lim- 
nander, il s'essaya dans la composition dramati- 
que parun opéra en deux actes, Harmold le Nor- 
mand, qui fut joué au théâtre de la Monnaie le 

10 mars 1858, et n'obtint qu'un médiocre suc- 
cès. Agne.si se résolut alors à embrasser la car- 
rière du chant. Doué d'une belle voix de basse 
chantante, qu'il avait déjà travaillée, il vint à 
Paris en 1861 pour se perfectionnera l'école de 
M. Duprez, puis il s'engagea dans la compagnie 
italienne dirigée par M. Merelli, et c'est alors qu'il 
modifia son nom et se fit appeler Luigi Agnesi. 

11 fit d'abord une grande tournée en Allemagne, 
en Hollande et en Belgique, puis fut engagé au 
Théâtre-Italien de Paris , ofi il resta plusiev-.rs 
années, et où son talent sobre et sûr, quoique 
manquant parfois un peu de distinction, fut fort 
apprécié. Dans ces dernières années, Agnesi s'é- 
tait fixé en Angleterre, où il chantait avec 
succès, .soit au théâtre de la Reine, soit dans les 
festivals, soit dans les grandes solennités musi- 
cales des trois royaumes. Il était devenu un des 
meilleurs interprètes des oratorios de Haendel. 
Agnesi a écrit un assez grand nombre de mélo- 
dies, de motets et de chœurs. 

AGOLIi\I-UGOLlNI (G - A), écri- 
vain italien, a publié l'ouvrage suivant : VAc- 
cordo tra i fisici ed i musici, o nuova teoria 
fisico-matematico - naturale délia musica 
(Fermo, 1871 ). 

AGOSTI ( ), compositeur russe du dix- 
huitième siècle, est l'auteur d'un grand nombre 
d'opéras-comiques dont la plupart sont encore 
au répertoire. L'un d'eux : Une Aventure d^ au- 
tomne, a passé avec succès sur les scènes alle- 
mandes. Le dictionnaire de Mendel : Musikalis- 
ches Conversations- Lexicon , auquel nous em- 
pruntons cette courte notice , dit qu'on n'a au- 
cun détail sur l'existence de cet artiste. 

Y, 

AGOSTIXÏ ( ). Un compositeur de ce 

nom a fait représenter en 1864, sur le théâtre 
de Valence (Espagne), un opéra italien intitulé 
Una' Vendetta. 

AGUIAR (Alexandre de), musicien portu- 
gais, naquit à Porto , vers le milieu du seizième 
siècle. Il faisait partie de la chapelle royale (jmm- 
sico de caméra) du cardinal-roi D. Ilenrique, 
et passa ensuite en Espagne, au service de 
Philippe II, Son talent de chanteur était Irès-ap- 



8 



AGUIAR — ALARY 



précié, tant h Lisbonne qu'à Madrid, mais ce 
qui rendit sa réputation universelle dans les 
Espagnes, ce fut son jeu admirable sur un instru- 
ment appelé Viola de sete cordas (instrument 
de la famille des luths et qui est encore très-ré- 
pandu en Portugal). De retour de Madrid à Lis- 
bonne en 1603, il périt d'une façon désastreuse 
entre Talaverla et Lobon, snr le passage d'une 
rivière, en compagnie d'autres gentilshommes 
portugais. Ses LamentaçOes de Jeremias étaient 
Irès-estimées à Lisbonne , oii on les chantait pen- 
dant la semaine sainte. J.-de V. 

AGUIRRE (Abfxino), compositeur drama- 
tique espagnol, est l'auteur d'un opéra sérieux 
italien, gli Amanti di Teruel, qui a été repré- 
senté sur le théâtre principal de Valence le 16 
décembre 1865. 

AIILEFELDT (M"* la comtesse von), 
célèbre pianiste allemande , vivait vers la fin du 
siècle dernier. On connaît d'elle la musique d'un 
opéra-ballet : Télémaq%ie et Calypso , qui 
prouve des connaissances musicales solides. 

Y. 
AHLSTROEM, compositeur suédois de 
la fin du dernier siècle, était attaché à la cour 
de Stockholm. 11 a écrit beaucoup de musique 
de chamlire et plusieurs opéras, auxquels ses 
compatriotes accordent grand mérite. Ahlstrœm 
a également composé beaucoup de chansons po- 
pulaires suédoises, dont quelques-unes ont été 
popularisées plus tard par la célèbre canta- 
trice M""^ Jenny Lind. Y. 

* AIBLINGER (Joseph-Gasparb), compo- 
siteur, est mort à Munich au mois de mai 1867. 
AIMOIV (Espkit), père de Léopold Aimon, 
dont il est parlé dans l'article suivant , né à 
Lisle (Vaucluse) en ITa'i, mort à Paris en 1828, 
était un violoncelliste remarquable. Il dirigea 
quelque temps la musique du comte de Ranizau, 
ministre de Danemark, qui s'était établi dans 
le Comtat; puis il vint se fixer à Marseille, où 
il vécut plusieurs années. Cet artiste a com- 
posé des quatuors et quintettes pour instruments 
à cordes, et un opéra de circonstance, l'Aniel 
de la Patrie, qu'il fit représenter à Marseille 
pendant la Révolution. Al. R-n. 

^AIMON (Pamphilk-Léopold-François) est 
mort à Paris le 2 février 1866. A la liste de ses 
œuvres, il faut ajouter : 1" la Fée Urgèle, 
opéra-comique en un acte , joué au Gymnase 
(1821) avec un très-grand succès; 2° les Syba- 
rites de Florence, pastiche mêlé de musique 
tirée de diverses œuvres de Weber, de Meyer- 
beer et de Rossini et de musique nouvelle compo- 
sée par Aimon et M. Barbereau, et représenté 
aux Nouveautés le 8 novembre 1S3I ; 3" des 



chœurs remarquables écrits pour une tragédie de 
Casimir Deiavigne, le Paria, à la Comédie- 
Française. La onzième édition de V Abécédaire 
musical d'Aimon a été publiée en 1866 (Paris, 
Heugel, in-12). 

AIRETOIV (Edward), luthier anglais établi 
à Londres dans la seconde moitié du dix-liui- 
lième siècle, a produit en grand nombre des vio- 
lons et violoncelles qui furent assez estimés. Il 
copiait principalement les formes du grand lu- 
thier Amati, et son vernis, tirant sur le jaune, 
était d'ime belle qualité. Aireton mourut en 1807, 
âgé de quatre-vingts ans, 

*ALARD (Delphin). Cet excellent artiste a 
pris sa retraite de professeur au Conservatoire au 
mois d'octobre 1875. Sa classe, qui était une 
des plus brillantes de cet établissement, a fourni 
un grand nombre d'élèves remarquables, parmi 
lesquels onpeut]surtout citer MM. Garcin (Voy. 
ce nom), Lancien, Adolphe Blanc, White, Sara- 
sate, Paul Martin, Accursi, Paul Jullien, M"''' 
Bastin, Tayau, Pommereul, etc. Les dernières 
séances de musique de chambre dans lesquelles 
M. Alard s'est fait entendre, ont été données par 
lui dans la grande salle du Conservatoire, en 
1871 et 1872, en compagnie de son vieux par- 
tenaire M. Franchomme, et de M. Francis Planté. 
Elles produisirent un très-grand effet. Dans ces 
dernières années, il a publié encore un grand 
nombre de compositions pour son instrument, 
consistant surtout en fantaisies sur des motifs 
d'opéras célèbres. M. Alard était le gendre de 
l'excellent luthier Yuillaume, mort récemment. 

*ALARY ( Jcles-Eicène-Abraham). Je 
trouve les renseignements suivants sur M. Alary 
dans une note autobiographique publiée par lui 
(4 pp. in-8'', Paris, imp. Kugelmann). M. Alary 
est né en 1814, à Mantoue, de parents français; 
élevé au Conservatoire de Milan, il arriva à 
Paris en 1833, devint chef du chant au Casino- 
Paganini en 1830, et en 1840 alla faire repré- 
senter à Florence un opéra sérieux en 2 actes, 
intitulé Rosmunda. De retour. aussitôt à Paris, 
il acceptait, en 1841, les fonctions de chef du 
chant et de bibliothécaire de la Société de mu- 
sique religieuse et classique fondée par le prince 
(le la Moskowa. En 1850, il faisait exécuter au 
Tliéâtre-IlaIien7?e£/ew/j?îow, mystère en cinq par- 
ties, et donnait au même théâtre, l'année sui- 
vante, un opéra bouffe en trois actes, le TreNozze. 
.\ppelé à Saint-Pétersbourg, en 1852, pour y faire 
représenter un grand opéra en cinq actes, Sarda- 
napale, il était nommé , dès son retour en 
France en 1853, accompagnateur de la chapelle 
impériale, fonctions qu'il conserva jusqu'à la 
chute de l'empire, et en même temps devenait 



ALARY 



ALBERT 



directeur de la musique au Tliéâlre-Italien. De- 
puis lors, il a fait jouer les ouvrages suivants : 
aux Bouffes-Parisiens (1856), V Orgue de Bar- 
barie, opérette en un acte ; à l'Opéra-Coniique 
(1861), la Beauté du diable, opéra-comique en 
un acte ; au casino d'Ems (1861), le Brasseur 
d'Amsterdam, opérette en un acte; à l'Opéra 
(1861), laVoix humaine, opérA en deux actes; 
enfin, au Théâtre-Italien (1866), Locanda gra- 
tis, opéra -bouffe en un acte. Ces divers ouvra- 
ges n'obtinrent aucun succès. 

M. Alary a publié, soit en France, soit à l'é- 
tranger, un grand nombre de compositions vo- 
cales, scènes, airs, romances en langue française, 
anglaise, italienne ou allemande, duos, trios, 
quatuors, etc. Je citerai, parmi les plus impor- 
tantes : Jane Shore, la Fille de Jeplité, Ma- 
rie Stuart, le Vies irx, le Dernier Son de la 
harpe, le Dernier Chant de Sapko, Stance à 
l'immortalité, Sulla tomba di Bellini, Eloisa 
nel Chiostro, la Preghiera, Paolo a Fran- 
cesca da Rimini (duo), Ave Maria (duo), Se- 
renata in gondola (duo), la Brigands italiens 
(duo ), le Serment des Horaces (trio), la Spe- 
ranza (trio en canon), il Brindisi (quatuor), 
la Costanza (quatuor en canon). 

ALBAIXESI (LuiGi), pianiste et composi- 
teur, né à Rome le 3 mars 1821, était fils d'un 
peintre en miniature qui voulait lui faire suivre 
sa profession. L'enfant avait six ans lorsque, sa 
famille étant allée s'établir à Naples , il com- 
mença l'étude du piano sous la direction de son 
frère et de sa sœur, élèves eux-mêmes d'un Al- 
lemand nommé Senderacb, et reçut de sa mère 
des leçons de latin. Toutefois, et par la volonté 
des siens , la musique n'était pour lui qu'un 
passe-temps, et à vingt ans le jeune Albanesi 
était portraitiste. Mais à cet âge il voulut abso- 
lument se faire musicien. Il reçut alors des con- 
seils de M. Ernest Coop, pianiste fort distingué, 
étudia riiarmonie avec Giuseppe Polidoro et 
Salvatore Lavigna, et, abandonnant définitive- 
ment la peinture, il se produisit activement 
comme virtuose et se voua à l'enseignement du 
piano. M. Albanesi s'est t;iit connaître aussi 
comme compositeur, et a publié plus de cent 
cinquante œuvres de musique de piano qui se 
font remarquer par de réelles qualités. Dans un 
genre plus sérieux , il a écrit deux messes, un 
oratorio intitulé les Sept Paroles de Jésus- 
Christ, et un grand nombre de motets, avec ac- 
compagnement d'orgue, ou d'harmonium, ou de 
piano avec quelques instruments. — Le fils de 
cet artiste, M. Carlo Albanesi, né à Naples au 
mois de novembre 1856, est déjà un pianiste 
distingué. Élève de M. Sabino Falconi pour 



l'harmonie et le contre- point, il a publié pour son 
instrument un certain nombre de compositions, 
entre autres un recueil intitulé Sei Fogli d'al- 
bum, op. 13, Milan, Ricordi. 

ALBANO, norn d'une famille assez nom- 
breuse de musiciens napolitains. Le premier, 
Michèle Albano, chanteur, avait étudié son art 
au Conservatoire de la Pietà dei Turchini. — 
Son fils aîné, Giuseppe Albano, né à Naples le 26 
décembre 1813, étudia d'abord le chant avec 
Mosé Tarquinio, castrat de la chapelle Palatine, 
qui avait été le condisciple de son père, puis tra- 
vailla la llùte avec Belpasso, Sergio Nigri et Giu- 
seppe Capecelatro, et devint première flûte au théâ- 
tre San-Carlo, puis au théâtre du Fondo, d'où il 
revint au San-Carlo, où il se trouve encore au- 
jourd'hui. 11 a publié dans sa jeunesse quelques 
compositions pour son instrument. — Le frère 
de cet artiste, M. Vincenzo Albano, né à Naples 
le 22 juin 1S23, fut son élève pour la fiùte, puis, 
à l'âge de 17 ans, abandonna cet instrument 
pour la harpe, qu'il étudia avec la signora Va- 
lérie, et qu'il enseigne depuis longues années, 
après avoir fait partie de divers orchestres. On 
lui doit la publication d'un grand nombre d'œu- 
vres pour cet instrument. — M. Michèle Albano, 
fils de M. Giuseppe Albano, né à Naples le 20 
mars 18'il, est élève de son oncle Vincenzo 
pour la harpe, et tint l'emploi de premier har- 
piste au théâtre San-Carlo, de 1860 à 1866. Il 
entreprit alors un long voyage, se fit entendre à 
Paris, à Londres, à New-York, où il resta plu- 
sieurs années, revint à Naples en 1872, passa 
ensuite quelque temps à Salerne, puis à Milan 
et à Plaisance , et est aujourd'hui à Buenos- 
Ayres. Il a publié aussi un assez grand nombre 
de morceaux pour la harpe. — Enfin, M. Fran- 
cesco Albano, frère de ce dernier, né à Naples le 
20 octobre 1853, élève de son père pour la flûte 
et de M. B. Cesi pour le piano, se consacre à 
l'enseignement. 

ALBERli\I (Nicola), musicien italien, a 
fait la musique de Don Saverio, opéra semi-sé- 
rieuxen trois actes, paroles du comte César Cer- 
roni, de Rome, représenté en cette capitale au 
mois d'août 1875 avec un certain succès. 

J. DE F. 

ALBERT ( ), fut l'un des chanteurs les 

plus estimés de l'Opéra dans la première moitié 
du dix-huitième siècle. Il entra à ce théâtre en 
1734, le quitta au mois de novembre 1736 pour 
aller passer une saison à Lyon, y revint en 
1737, et prit sa retraite en 1751, avec une pen- 
sion de 1,000 livres. A partir de ce moment, il 
occupa un emploi dans l'administration de l'O- 
péra. Albert créa certains rôles importants dans 



10 



ALBERT - ALDAY 



Castor et Poli ut, Zoïde, reine de Grenade, 
Dardanns, Nifé/is , le Temple de Gnide, les 
Amours de Racjonde, Jsbé, Don Qiiicholle 
chez la Duchesse, les Caractcres de la Folie, 
Zélindor, Zaïs, le Carnaoal du Parnasse, 
Léandre et Héro, etc. On trouve les vers sui- 
vants sur cet artiste dans le Calendrier histo- 
rique des théâtres pour 1751 : 

Albert, par son chant plein de griccs. 
S'il n'efface point ses rlvaus. 
Par des chemins toujours nouvcaut 
Il marche du moins sur leurs traces. 

Devenu contrôleur à l'ampliithëûtre de TOpéi-a, 
Albert vivait encore en 1775. 

ALBERT (Émii.e), pianiste distingué et com- 
positeur, né à Montpellier en 1823, a publié pour le 
piano une cinquantaine de morceaux de genre 
d'une facture soignée et d'une aimable inspiration. 
Il avait écrit aussi plusieurs œuvres plus impor- 
tantes et d'un caractère plus élevé, des sympho- 
nies, des trios pour piano, violon et violoncelle, 
des sonates pour piano et violon, mais je crois 
que rien de tout cela n'a vu le jour. Pendant 
longues années il chercha à se produire à la 
scène, sans pouvoir réussir même à forcer les 
portes des théâtres secondaires; il avait fini 
pourtant par faire recevoir aux Folies-Nouvelles, 
en 18;")8, une opérette en un acte, qui, après 
avoir été répétée pendant plusieurs semaines, 
ne fut jamais jouée; enfin, il parvint à faire re- 
présenter au théâtre Saint-Germain, aujourd'hui 
Ihéûtre Ciuny, un autre petit ouvrage en un acte, 
les Petits du premier (décembre 18G4), qui 
fut repris au mois de mars suivant sur celiu' des 
Bouffes-Parisiens. Las, découragé de l'inutilité 
de ses efforts, cet artiste intelligent, dont l'am- 
bition I<*gitime ne trouvait aucune issue, et dont 
la santé était délicate, se voyait déjà, à cette 
époque, atteint d'une grave affection de poitrine. 
Obligé de se rendre dans le Midi pour essayer 
d'y rétablir ses forces, il se fixa à Bagnères-de- 
Bigorre; il y était à peine depuis quelques mois, 
et s'occupait de la représentation, sur le théâ- 
tre de celte ville, d'un petit opéra intitulé Jean 
le Fol, lorsqu'il fut frappé par la mort, au mois 
d'aoïM 186.5. 

ALBERTI (C\nLo) , compositeur drama- 
tique, né en 1848 ou 1849, a fait ses débuts en 
donnant au théâtre des Fiorentini, de ISaples, 
dont son père était directeur, un opéra intitulé 
Armando e Maria, qui fut bien accueilli. Cet 
ouvrage (it son apparition au mois de mai IRno, 
l'auteur étant âgé de vingt ans environ. En fé- 
vrier 1872, M. Carlo Allierti a fait représenter 
au Politeama , de la même ville , son second 
opéra, Oreste. 



ALBIIM (Francesco-M.\ria), compositeur 
italien, est l'auteur d'un opéia bouffe, un Giorno 
di quarantena , représenté au théâtre Conta- 
valli, de Bologne, le 6 mars 1806. Cet artiste a 
écrit la musique d'un autre ouvrage intitulé 
Lambcrto Malatcsta, mais je ne crois pas que 
celui-ci ait encore été représenté. 

*ALBOI\I (Marietta). Nous allons complé- 
ter rapidement l'histoire de la carrière de celte 
célèbre et admirable cantatrice.' — Lorsque, 
après avoir fait une première apparition à 
l'Opéra, M""^ Alboni eut été parcourir triom- 
phalement l'Amérique, elle rentra au Théâtre-Ita- 
lien de Paris pour y jouer la Aina de Coppola, 
puis reparut à l'Opéra, où elle créa en 1854 (et 
qon en 1851) Zerline ou la Corbeille d'oran- 
ges, d'Auber. Elle chanta ensuite à Lisbonne, à 
Barcelone, à Londres, à Rouen, puis fut attachée 
de nouveau, pendant plusieurs années, à notre 
Théâtre-Italien , en même temps qu'elle faisait 
les saisons d'été à Londres; c'est alors qu'elle 
chanta à Paris Eigoletio, il Giuramento, Maria, 
un Ballo in Maschera, Cosi fan tutte, etc. 
Vers 1863, au plus fort de ses succès, elle ré- 
solut de se retirer, de quitter à jamais la scène, 
et aucune instance ne put la faire revenir sur 
cette décision. Cependant, en 1869, après la 
mort de Rossini, M""" Alboni consentit à repa- 
raître sur la scène du Théâtre-Italien pour faire 
entendre la « Petite messe solennelle » du maî- 
tre qui avait été son gnide et son ami, et fut 
engagée par M. Slrakosch pour coopérer aux 
exécutions de cette œuvre admirable qui étaient 
organisées par lui à l'étranger. Depuis lors, 
M'"" Alboni, définitivement fixée à Paris, n'a 
pas quitté sa îetraite, et son incomparable talent 
n'est plus, pour ceux qui ont eu le bonheur de 
l'entendre , qu'un merveilleux souvenir. — On 
a publié sur cette célèbre artiste : Marietla Al- 
boni , célèbre contralto, biographie, par M""' 
Élisa Aciocque, suivie d'une notice sur Fanny 
Cerrito, ornée du portrait de M"" Alboni (Paris, 
Moquet, 18^8, in-12 de 26 pp.). 

*ALDAY ( ). C'est à l'un des deux 

frères ainsi nommés, tous deux violonistes, 
qu'est due la musique d'un ouvrage lyrique en 
troisactes, Geneviève de Brabant, donnésousie 
nom d'.Alday, au théâtre Louvois, en 1791. Un 
annaliste du temps disait à ce sujet : « M. Alday a 
un grand talent pour l'archet; mais il ne connaît 
pas as.sez la scène pour composer des opéras. » 

Celui des deux frères qui était allé s'établir à 
Lyon eut un fils, qui plus tard se (it une grande 
réputation comme professeur en cette ville et de- 
vint violon-solo au Grand-Théâtre. Celui-ci eut 
lui-même un fils violoniste, mais qui ne conti- 



ALDAY 



ALLEAUMES 



i\ 



nua que rnérliocremenl les traditions de sa fa- 
mille; il était, en 1800, attaché à l'orchestre de 
l'Opéra-Comique. 

ALDRED ( ), luthier anglais du sei- 
zième siècle, fut un des premiers fabricants de 
violes d'Angleterre, et jouissait d'une grande ré- 
putation dans son pays vers l'an 1560. 

ALEIX (Ramon), compositeur de musique 
religieuse, fut pendant vingt ans maître de cha- 
pelle de l'église de Santa-Maria del Mar, à Bar- 
celone, et écrivit, pour l'usage de cette chapelle, 
un certain nombre de compositions. On ignore 
le lieu et la date de naissance de cet artiste, 
qui mourut le 1" mai 1850, dans un âge avancé. 

ALESSIO ( D'), compositeur italien, a 

fait représenter au Politeama, de Naples, dans 
les premiers mois de 1875, deux opéras bouffes, 
dont l'un intitulé Elena in Troja, l'autre, le 
Figlie di Binnca. 

* ALEXAIVDRE ( Ciurles^Guillaume) , 
violoniste et compositeur. — Je crois que l'au- 
teur de la Biograpliie universelle des Musi- 
ciens a été trompé par de faux renseignements 
lorsqu'il a dit que cet artiste avait fait recevoir 
à l'Opéra, sans les y pouvoir faire jouer, les deux 
ouvrages intitulés le Triomphe de Vamour 
conjugal et la Conquête du Mogol. Ces deux 
ouvrages n'étaient point des productions lyri- 
ques, ne convenaient nullement à l'Opéra et ne 
furent point écrits pour lui : c'étaient deux 
pièces à machines, imaginées par le fameux mé- 
canicien théâtral Servandoni, accompagnées d'une 
musique descriptive écrite par Alexandre, et qui 
furent représentées dans la grande salle des Tui- 
leries. Dans son recueil chronologique : Opéras, 
ballets et autres ouvrages lyriques, le duc de 
la Vallière donne ainsi les titres de ces deux piè- 
ces, qui, je l'ai dit, n'étaient nullement lyriques : 
1" Le Triomphe de r Amour co7ijugal, ori l'His- 
toire d'Admcte et d'Alceste, spectacle orné de 
machines, animé d'acteurs pantomimes et accom- 
pagné d'une musique quiiexprime les différentes 
actions, représenté sur le grand théâtre du palais 
des Thuilleries le 16 mars (1755); l'invention est 
du S"' Servandoni, la musique du S"" Alexandre; 
2° La Conquête du Mogol par Thomas Kouli- 
lian, roi de Perse, et son triomphe , spectacle 
de l'invention du S'' Servandoni, musique du 
Sf Alexandre , représentée (sic) sur le théâtre 
du palais des Thuilleries le 4 avril (1756). 

ALEXANDRE père et fds, facteurs d'har- 
moniums, se sont fait une réputation assez ra- 
pide dans la falmcation des orgues de salon, 
auxquels ils avaient donné le nom (Vorgues 
Alexandre, et surtout par le bas prix auquel ils 
donnaient une certaine catégorie de ces instru- 



ments, baptisés dans le commerce : orgues à 
cent francs. Alexandre père fondait en 1829 
un établissement qui prenait bientôt une 
grande extension, et plus tard lui et son fds se 
rendaient acquéreurs des procédés brevetés de 
M. Martin (de Provins), relatifs à un nouveau 
système de percussion des orgues. La maison 
Alexandre, après avoir sacrifié des sommes con- 
sidérables pour employer et répandre ces pro- 
cédés, prit part à l'Exposition universelle de 
1S55, et obtint une médaille d'honneur. En 
1858, MM. Alexandre fondèrent à Ivry, près 
de Paris, une usine modèle, qui devint le centre 
d'une colonie ouvrière , mais des spécula- 
tions étrangères à leur industrie vinrent por- 
ter un coup fatal à celle-ci. M. Alexandre fils, 
qui avait été décoré en 1860, luttait contre la 
mauvaise fortune lorsqu'il mourut, il y a quel- 
ques années. La femme de celui-ci (M"'-" Char- 
lotte Dreyfus) s'est fait depuis longtemps remar- 
quer par son talent délicat et distingué sur l'har- 
monium. M. Jacob Alexandre père est mort à 
Paris le 11 juin 1876. 

On a publié, sous le nom d'Alexandre, une 
Méthode pour Vaccordéon (Paris, I8'i0), et 
une Notice sur les orgues mélodium d^A- 
lexandre et fils, inventeurs (Paris, 1844). 

*ALFIERI (l'abbé PiF.ni'.E). On doit à ce sa- 
vant musicien la publication d'un choix considé- 
rable de compositions sacrées de Palestrina, mi- 
ses en notation moderne (Rome, Sprilhover, 7 
vol. in- f"), un ouvrage intitulé Prodromo suUa 
restaurazione de' libri, di canto ecclesiastico 
detto gregoriano (Rome, Monaldi, 1857), et un 
opuscule biographique sur le célèbre composi- 
teur Jommelli : Notizie biografiche di Nicolo 
JommelU (Rome, 1845, in-S"). L'abbé Alfieri a 
donné à la Gazzetta musicale de Milan un cer- 
tain nombre d'articles biographiques intéressants 
sur divers musiciens italiens, et il avait préparé 
une collection de toutes les hymnes de l'église 
catholique, traduites en notation moderne et me- 
surées, avec accompagnement d'orgue; malheu- 
reusement, ses ressources ne lui permirent pas 
de livrer au public ce travail utile et important. 
Comme compositeur, ii s'est fait connaître par la 
publication de quelques morceaux de chant re- 
ligieux, à voix seule, qui ne sont point sans mé- 
rite. Cet artiste estimable et laborieux est mort 
fou, il y a quelques années. 

* ALIX (l'abbé Célestp:) est auteur d'un 
Cours complet de chant ecclésiastique (Paris, 
1853, in-S"). On lui doit aussi un Recueil de 15 
Motets, avec accompagnement d'orgue ou d'har- 
monium (Paris, Repos).' 

ALLEAUMES (MoRiTz),violonisteallemand 



12 



ALLEAUMES — ALPHONSE 



et composilenr pour son instrument, naquit 
dans les dernières années du dix-liuitième siècle. 
Longtemps attaché à la cour de Bavière, il fit 
en 1835 un voyage à travers l'Allemagne, qui 
lui valut une grande réputation. On ignore jla 
date de sa mort, aussi bien que celle de sa nais- 
sance. Y. 

ALLU ( ), compositeur espagnol con- 
temporain, a écrit, en société avec MM. Cepeda 
et Oudrid , la musique d'un drame en trois actes 
intitulé Dalila, et, seul, celle d'une sarsueZa 
représentée sous le titre de la Cola del Diablo. 

ALMAGRO (Antomo-Lopez), pianiste et 
compositeur espagnol, né à Murcie le 17 sep- 
tembre 1839, s'est fait connaître par la publica- 
tion d'un certain nombre de compositions pour 
le piano. 11 est aussi l'auteur d'une Nouvelle 
Méthode complète d'harmonmm, orgue ex- 
pressif ou viélodium, Madrid, Romero y An- 
dia. Cet artiste a fait ses débuts de compositeur 
dramatique en faisant représenter au mois d'oc- 
tobre 1875, sur le théâtre de la Zarzuela, de 
Madrid , une zarzuela en trois actes intitulée 
el Hidalguillo de Fonda, 

* ALMEIDA (Antonio de). Je crois que Fétis 
s'est trompé en disant (t. I, p. 75), que Almeidaa 
composé la musique d'un oratorio : la Humana 
sarça abrazada, elGran Martyrs. Laurentio. 
(Coimbre, 1556, in-4'', chez Tbomé Carvalho.) 
Barbosa Machado , où Fétis a puisé ses rensei- 
gnements, parle de son talent de poêle comique 
(poêla comico) et cite à l'appui de son dire 
l'ouvrage ci-dessus. Il se peut que Ainieida 
ait été , en même temps que l'auteur des pa- 
roles, celui de la musique , mais je ne saurais 
le garantir. Les renseignements de Fétis sur 
les autres compositeurs portugais de ce nom 
ne sont pas tous exacts. Fr. Fernando de Al- 
MEiDA fit profession en 1638 au couvent de 
Tbomar, de l'Ordre du Christ (Fétis dit 1636, au 
couvent de Saint-Thomas), appartenant à la ville 
du même nom. Il mourut dans son couvent (et 
non à Lisbonne), où on gardait encore la majeure 
partie de ses compositions vers le milieu du dix- 
huitième siècle. — Les quatuors de CarlosFran- 
cisco de Almeida, publiés chez Pleyel, portent 
probablement la date de 1798, car la Gazette 
musicale de Leipzig en parle dans son l"^"" vo- 
lume (1798, p. 555) avec éloges. Le titre en est : 
Six Quatuors pour deux Violons, Alto et 
Basse, par C. F. Almeyda, au service du roi 
d'Espagne, Op. 2. Premier livre, à Pari?, chez 
Pleyel, auteur, etc. Prix 7 livr. 10 s. 

J. DE V. 

ALMENR^DER (Charles), bassoniste, 
compositeur et facteur d'instruments, naquit le 



à octobre 1786 à Ronsdorf, près d'Elberfeld. 
Parmi ses compositions, on cite quatre concertos 
pour basson et un grand nombre de fantaisies 
pour musique militaire. Depuis 1822 jusqu'à sa 
mort, survenue le 13 septembre 18i3, il a été 
placé à la tête de la fabrique d'instruments de 
la maison Schott, deMayence. On doit à Almen- 
rœder plusieurs perfectionnements dans la cons- 
truction du basson. 

Y. 

ALMERI (GtOYANNi-PAOLo), musicien ita- 
lien du dix-septième siècle, fut maître de cha- 
pelle de Boccapaduli, nonce du pape à Venise. Il 
a publié en cette ville (Gardano, 1654) un recueil 
de Motetti a voce sola, 

ALOYSIO (Antonio), musicien italien, est 
l'auteur d'un nouveau système de notation mu- 
sicale', qui renverse de fond en comble le sys- 
tème usuel en supprimant tout d'abord la portée 
et l'armure de la clef. Il a expliqué son système 
dans l'écrit suivant : l^uovo Sistema di nota- 
zione musicale, che tende a facilitare la 
lettura, la esecuzione e la sfampa delta mu- 
sica a tipi vwbili (Venise, Cecchini, 1872, 
in^o de 18 pp., avec planches). Aloysio avait 
aussi inventé toute une famille d'instruments 
qu'il appelait métallicordes et qui, en somme, 
n'étaient autre chose que nos instruments ordi- 
naires à archet, un peu modifiés dans leur forme 
et construits d'après le principe de la viole d'a- 
mour, c'est-à-dire avec un jeu de cordes métal- 
liques venant renforcer celui des cordes de boyau. 
Kn obtenant de ses instruments un volume de 
son plus considérable, il avait pour but de di- 
minuer le nombre des musiciens d'un orchestre, 
et il affirmait qu'un métallicorde soprano éga- 
lait en puissance quatre violons ordinaires. Aloy- 
sio, qui avait consacré trente ans de sa vie en 
essais, en tâtonnements et en perfectionnements 
de toutes sortes, n'avait pas obtenu, sous le rap- 
port de la qualité du son, des résultats aussi .satis- 
faisants qu'en ce qui concerne la quantité ; bien 
loin de là. Cet arti.ste est mort à Venise, le 20 
septembre 1874, à l'âge de 58 ans. Son frère, 
M. Giuseppc Aloysio, musicien aussi, s'occupe, 
depuis lors, de la facture et du perfectionnement 
des métallicordes, pour lesquels un brevet a été 
obtenu. Ces instruments sont d'ailleurs d'un 
prix élevé, et on ne les vend pas moins de 300 à 
500 francs. 

ALPHONSE X, roi de Castille et de Léon, 
surnommé le Sage en raison des grandes connais- 
sances qu'il sut acquérir dans les sciences, dans 
les arts et dans les lettres , élevé au trône en 
1252, mort en 1284, se fit la renommée d'un ha- 
bile musicien pour les nombreux cantiques qu'il 



ALPHONSE — AMADEI 



13 



composa, et dont on trouve encore des copies 
dans la bibliotlièque du palais de l'Escurial et 
dans celle de l'église de Tolède. C'est à ce prince 
qu'on doit la création, à l'université de Salaman- 
que, de la première chaire musicale qui ait été 
établie en Europe. 

ALPHOIVSE DEL CASTILLO, docteur 
de l'Université de Saiamanque , né au quinzième 
siècle, a publié un traité intitulé i'/lri du plain- 
chant, Saiamanque, 1505, in-4°. 

ALSLEBi£I\ (Jules), pianiste, compositeur 
et écrivain sur la musique, est né à Berlin le 24 
mars 1832. Quoique destiné à la musique dès 
son enfance, il lit des études universitaires 
très-complètes. Après avoir obtenu le grade de 
docteur en philosophie, Âlsleben s'adonna pen- 
dant quelque temps à l'étude des langues orien- 
tales ; mais il ne tarda pas à revenir à son art 
favori, et se fit bientôt connaître dans les con- 
certs comme virtuose-pianiste. On a de lui plu- 
sieurs compositions pour le chant et pour le 
piano, ainsi qu'une histoire de la musique, qui 
n'est autre que le recueil de conférences faites 
antérieurement par lui. Alsleben a contribué 
pour une forte part à la fondation de la Société 
des compositeurs de Berlin, dont il est aujour- 
d'hui le président. 

Y. 

ALSTEDT (Jean-Henri), savant mathéma- 
ticien et acousticien, est né à Herborn en 1588. 
On a de lui deux ouvrages intéressant la musi- 
que : r Admirandorum mathematicorum li- 
bri IX (Herborn, 1613), dont le livre YII, consa- 
cré à l'art des sons, traite : a) de Cantus natura 
ùi génère, b) de Cantus natura in specie, c), de 
Contrapiincto, d) de Musica instrumentait ; 
T Elementalemathematicum{FTaindort, 16! 1), 
qui renferme un elementale musicum traitant : 
a) de Musica simplicl, b) de Musica harmo- 
nica. Y. 

ALT (Philippe-Samuel), organiste et compo- 
siteur, naquit à Weimar, le 16 janvier 1689, et 
mena de front la culture de la musique et la ju- 
risprudence. Après avoir terminé ses études de 
droit à l'université d'Iéna, il revint dans sa ville 
natale, où il fut nommé avocat de la couret or- 
ganiste de l'église Saint-Jacques. Dans les loisirs 
que lui laissaient ses doubles fonctions, il se li- 
vrait à la composition. Ses manuscrits, qui ne 
sont pas sans valeur, paraît-il, sont aujourd'hui 
à la bibliothèque grand-ducale de \Veimar. 
Alt est mort en 1750. 

Y. 

* ALTÈS (Joseph-Henry), flûtiste et com- 
positeur. Cet artiste, qui fait encore aujourd'hui 
partie de l'orchestre de l'Opéra, a été appelé, au 



mois de novembre 1868, à succéder à M. Dorus 
comme professeur de flûte au Conservatoire. Les 
compositions publiées par lui s'élèvent au chiffre 
de quarante environ, parmi lesquelles un certain 
nombre de transcriptions et de fantaisies sur des 
motifs d'opéras célèbres. 

* ALTES (Ernest-Eugène), violoniste, frère 
du précédent. Depuis plusieurs années, cet ar- 
tiste, qui est attaché comme premier violon à 
l'orcliestre de la Société des Concerts du conser- 
vatoire, est devenu second chef de celui de l'O- 
péra. 11 a publié quelques fantaisies pour le 
violon, avec accompagnement de piano. 

ALVARO (...), compositeur portugais, vécut 
vers le milieu du quinzième siècle. Il dédia au 
roi D. Alfonso V un Officio en plain-chant, qui 
célébrait la conquête de Arzilla (1472) : Ves- 
perœ, Matutinum et Laudes cum Anti- 
phonis et figuris musicis de inclyta ac mira- 
culosa Victoria in Africa parle ad Arzillam. 
Le manuscrit original de cet ouvrage existait 
dans la bibliothèque du célèbre lufant D. Pedro, 
qui péril à Alfarrobeira. On n'a pas d'autres ren- 
seignements sur ce compositeur. 

J. DE V. 

ALVERA (Andréa), écrivain italien, est 
l'auteur d'un recueil intéressant publié sous ce 
tUrc : Canti popolari tradizionali Vicentini, 
colla lora musica originaria a pianoforle, 
raccoUi e annotati da Andréa Alverà (Vicence, 
Longo, 1844). 

AMADÉ (Ladislas, baron von), né à Kas- 
cliau, en Hongrie, le 12 mars 1703, est l'auteur 
d'un grand nombre de chansons nationales hon- 
groises dont il d écrit à la fois les paroles et la 
musique. Il est mort à Felbar le 22 décembie 
1764. 

Y. 

AMADÉ (Thaddée, comte von), pianiste dis- 
tingué, naquit à Presbourg le 10 janvier 1783. 
Comme improvisateur, Amadé s'est mesuré avec 
J.-N. Hummel, dont il balança longtemps la ré- 
putation. Il a eu l'insigne honneur de former et 
de révéler au monde le génie musical de Franz 
Liszt. Amadé est mort à Vienne le. 17 mai 
1845. 

Y. 

AMADEI (RoBERTo), compositeur et orga- 
niste, né à Loreto, dans les Marches, le 29 no- 
vembre 1840, a commencé l'étude de la musique 
avec son père, après quoi il compléta son éduca- 
tion avec le maître de chapelle de Loreto, Luigi 
Vecchiotti. Celui-ci étant mort en 1863 et ayant 
eu pour successeur M. Amadei père, le jeune 
Amadei fut nommé organiste et succéda bientôt 
lui-même à son père, qui prit sa retraite. Depuis 



14 



AMADEI — AMOUROUX 



lois, et tout L'ii excluant ces fondions, il s'est 
activemenl livré à la composition et à renseigne- 
ment. Outre un grand nombre de compositions 
religieuses, parmi lesquelles ua motet à 8 par- 
lies réelles, en style rigoureux, qui a été cou- 
ronné à l'un des concours de l'Institut musical 
de Florence , il a publié de nombreux mor- 
ceaux de piano et de chant. On lui doit aussi 
deux opéras sérieux, l'un, Luchino Visconti, en 
3 actes, représentéàLugo (1809), l'autre, Bianca 
de' Jiossi, joué à Bari. Il a en porteleuille un 
opéra-comique intitulé il BaccheCione. 

AMAIXTIUS (B.vKTuoLOMii), né àLandsberg 
(Bavièie), vers 1500, et mort en 1355, est l'au- 
teur d'une liistoire de la musique que l'on trouve 
dans son grand ouvrage intitulé : Flores celebrio- 
rum sententiarum (Dilingà, 1556, in-folio). 

Y. 

* AiVlAT (Paul-Léopold), compositeur de 
romances, né à Toulouse en 1814, vint à Paris 
vers 1815, et commença aussitôt à s'y faire con- 
naître en publiant un assez grand nombre de 
romances, mélodies, nocturnes, chansonnetlcs, 
dont quelques-unes étaient accueillies dans les 
salons avec une faveur marquée. En 1850, Amat 
se rendit à Alger, où il fonda une maison de com- 
merce de musique ; cette entreprise n'ayant pas 
réussi au gré de ses désirs, il revint à Paris, ob- 
tint la direction du petit théâtre Beaumarchais en 
1856, mais ne put donner suite à cette affaire, 
faute des fonds nécessaires à l'exploitation. 11 
continua alors de se livrer à la composition. 

Outre les nombreuses mélodies vocales qu'il a 
publiées, et parmi lesquelles on cite particulière- 
ment la Feuille et le Serment, Tu m'oublie- 
ras, la Fleur fanée, le Page et la Bachelette, 
l'Étoile, Blonds Chérubins, Où vas-tu, petit 
oiseau? etc., Amat a donné aux Bouffes-Pari- 
siens, le 19 janvier 1856, une opérette en un 
acte, intitulée Élodie ou le Forfait nocturne. 
11 a fait exécuter aussi au Vaudeville, le 13 juin 
1860, à la suite de la réunion de la Savoie et du 
comté de Nice à la France, une cantate politi- 
que : le Chant des Niçois, qui lui valut la déco- 
ration de la Légion d'honneur. Amat est mort à 
JNice, le 31 octobre 1872. 

* AMBROS(Ai]gcste-Gl'/llalime). Dans une 
autobiographie encore inédite, dont nous trou- 
vons un court extrait dans le dictionnaire de 
Mendel : Musikalisches Conversations- Lexi- 
con, nous lisons cette phrase : « Il est assez 
singulier de remarquer que Fétis parle avec dé- 
tail de mes compositions musicales et ne souflle 
mot de mes travaux historiques , tandis qu'en 
Allemagne on ne connaît guère que mes travaux 
historiques et pas du tout mes compositions. » | 



L'observation! est juste. Le véritable mérite 
d'Ambros est bien plutôt dans ses écrits ([ue 
dans sa musique, qui n'est qu'un rellet de celle 
de Schumann. Arnbros a publié : 1" Die Grenzen 
der Poésie und Musik {les Limites de la poésie 
et de la musique), Prague, 1850 ; 2" Die 3Iusi!c 
als Culturmoment in der Geschichte {la Mu- 
sique considérée comme élément de civilisa- 
tion dans l'histoire); 3° Culturhistorischen 
Bilder {Tableaux de civilisation historique), 
Leipzig, Matthes ; 4° une grande Histoire de la mu- 
sique, dont la publication a commencé en 1801. 
Trois volumesde cetouvrageontparu ; on annonce 
le quatrième, qui terminera l'histoire du dix-sep- 
tième siècle. Ambros a été nonmié professeur de 
tbéorie et d'histoire de la musique à l'Université 
de Prague, au mois de septembre 1869. Depuis 
18/2, il a passé en la même qualité à l'Univer- 
sité de Vienne. 

Y. 

AMETLLER ( le Père Mauro), moine de 
l'abbaye de Montserrat, dans la Catalogne, com- 
positeur dans le genre religieux, naquit iiGérone 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. 
Doué d'un esprit très-ouvert et d'une intelligence 
active, ce religieux se lit remarquer à la fois 
comme musicien et comme naturaliste. Sa cel- 
lule était comme un véritable musée d'histoire 
naturelle , dont il allait chercher lui-même les 
éléments dans les campagnes et sur les monta- 
gnes environnantes , et qui faisait l'étonnement 
de tous les étrangers qui visitaient le couvent. 
En même temps il se distinguait comme com- 
positeur , et on lui doit , sous ce rapport, plu- 
sieurs hymmes remarquables à quatre voix, 
ainsi que divers motets à deux chœurs avec 
accompagnement d'orchestre. Il eut l'idée sin- 
gulière de construire lui-môme un piano d'un 
nouveau genre, qu'il a|)pelait Veta-cordio, et 
qui affectait la forme d'une voile de navire. Le 
roi Charles IV, ayant vu cet instrument dans sa 
cellule pendant une visite qu'il faisait au cou- 
vent , voulut récompenser son génie inventif en 
lui faisant une pension de cinq réaux par jour. 
On croit que cet instrument étrange est conser- 
vé à Barcelone. 

AMMERBACH (Eusèbe), célèbre orga- 
niste du commencement du seizième siècle , 
était attaché à la cha[!elle de St-Ulrich d'Augs- 
bourg, dont l'orgue renommé était son propre 
ouvrage. Y. 

AMOUROUX (Charles), compositeur, 
organiste de la cathédrale de Bordeaux, s'est 
fait connaître par plusieurs œuvres importantes 
produites en cette ville. Au mois de novembre 
1805, cet artiste faisait entendre , dans un salon. 



AMOUROUX 

la miisi(|ac d'un opéra en deux actes, la Reine 
d'Ellore, ou Reine et Bergère ; le 28 mars 18G7, 
il faisait représenter au lliéâtre du Gymnase un 
opéra-comique en un acte intitulé : Il a été 
perdu un Roi; en 1872, il obtenait une troi- 
sième mention honorable au concours ouvert 
par la Société de Sainte-Cécile de Bordeaux pour 
la composition d'un Slabat Mater; et enfin, en 
1873, il faisait exécuter à la cathédrale un At- 
tende, Domine, composition fort hnportanle 
pour soli, chœurs et orchestre. 

AMPERE (Jean-Jacques-AiNTOine) , écri- 
vain, membre de l'Institut, né à Lyon le 12 
août 1800, est mort le 27 mars 1864. Lorsqu'un 
décret en date du 13 septembre 1852 prescrivit 
la .formation d'un Recueil des poésies populai- 
res de la France et en confia la publication au 
comité de la langue, de l'histoire et des arts de 
la France, celui-ci publia d'abord sous ce litre : 
Instructions relatives aux poésies populaires 
de la France (Paris, Impr. impériale, 1853, 
in-8° de 64 p.), une brochure substantielle des- 
tinée à faire comprendre le but qu'il poursuivait, 
et la façon dont il entendait procéder dans le 
choix des poésies qu'il jugerait dignes d'intro- 
duire dans le recueil projeté. Une note de cette 
brochure , dans laquelle il est longuement parlé 
des chansons populaiires de la France, apprend 
au lecteur que « ces Instructions ont été rédi- 
gées par M. Ampère, membre du comité ». 

ANCESSY (Joseph- Jacques-Augustin), chef 
d'orchestre, naquit à Paris le 25 avril 1800. Après 
avoir été, en 1846, second chef d'orchestre aux 
Spectacles-Concerts, petit théâtre établi dans les 
sous-sols du bazar Bonne-Nouvelle, cet artiste 
devint chef-d'orchestrc de l'Odéon, puis du 
Théâtre-Français. De 1855 à 1859, il fit jouer au 
gentil théâtre des Folies-Nouvelles les trois opé- 
rettes suivantes : T Estelle et ISémorin ; 2" Jean 
et Jeanne; 3° un Troc. Il a publié aussi, chez 
l'éditeur Meissonnier, six sonatines pour violon, 
avec accompagnement d'un second violon. L'é- 
ducation musicale d'Ancessy était nulle , et ses 
productions n'avaient aucune valeur. Il est mort à 
Paris, pendant le siège de cette ville , le 2 jan- 
vier 1871. 

*.AIXDER ou A1\DERL(Je\n), composi- 
teur et organiste , né en Bavière , est mort à 
Jamnitz , en Moravie, le 19 août 1865, à l'âge 
de soixante-dix-huit ans. J'ai lieu de croire que 
cet artiste est le même que celui taentionné sous 

ce nom : Andert (Q ) au l*'"^ volume de la 

Biographie universelle des Musiciens. 11 eut un 
fils, Aloys Ander, dont il fut le premier maître, 
qui devint un ténor dramatique fort remarqua- 
ble) et qui était le chanteur favori des Viennois: 



ANDREVI 



15 



Celui ci, devenu presque complètement fou, 
mourut quelques mois avant son père, le 11 dé- 
cembre 1864, à Wartembcrg-les-Euux , où les 
médecins l'avaient envoyé pour lui faire recou- 
vrer la raison et la santé. 

* AMDERS (Godefroid-Engelberl), est mort 
à Paris le 22 septembre 1866. Ce littérateur mu- 
sicien possédait une des plus belles bibliothè- 
ques musicales qui se puissent réunir ; cette ri- 
che collection a été vendue, à sa mort, à un ama- 
teur russe habitant Paris. On assure qu'Anders 
s'occupait, depuis longues années, de deux ou- 
vrages importants : une Littérature générale de 
la musique, et un Dictionnaire de musique 
conçu d'après les plans de Wallher, et conte- 
nant la technologie et la biographie. Étant don- 
nées ses facultés philologiques et sa rare connais- 
sance de la matière , nul mieux que lui n'eût pu 
mener à bien deux projets aussi vastes, mais son 
état de santé, et surtout son incurable paresse 
lui interdisaient une tâche semblable. Ce que je 
crois pouvoir affirmer, c'est qu'Anders, qui pas- 
sait uniquement son temps à lire et à prendre 
des notes , n'a pas écrit une seule ligne des deux 
ouvrages en question. Cet être singulier avait 
l'étrange manie de tracer ses notes personnelles 
en caractères hiéroglyphiques que lui seul pou- 
vait lire , de telle sorte qu'à sa mort, cet unique 
fruit de ses recherches est resté stérile et inu- 
tile. 

AIXDOLFATI (Andréa), musicien italien , 
vivait au milieu du dix -huitième siècle, et fit 
exécuter à Modène, au mois de février 1752, 
une cantate intitulée la Gloria cd il Piacere. 

ANDRÉ (le d'' Jules ) a publié une biogra- 
phie de Hippolyte Duprat (Marseille, Barlatier, 
1873, in-18 de 35 pp.) Al.-R—d. 

* ANDREOZZI (Gaetano ). Dans son livre 
sur les musiciens napolitains, M. Francesco Flo- 
rimo mentionne les opéras suivants, qui doivent 
prendre place dans le catalogue des œuvres 
d'Andreozzi: 1° Arsinoe, opéra sérieux en deux 
actes, Naples, th. San-Carlo, 1795; 2° Annida e 
Rinaldo,\A., id., id., 1802 ; 3» Piramo e Tisbe, 
id., id., id., 1803 ; 4" il Trionfo d'Alessandro, 
opéra sérieux, id.,id., 1803; 5° il Finto Cieco, 
Naples, th. Nuovo, 1791. 

* ANDREVI (François). Dans son Diccio- 
nario tecnico, historico y biografico de la 
Musica, M. José Parada y Barreto fixe la date 
de la naissance de cet artiste distingué au 16 
novembre 1786, et celle de sa mort au 23 novem- 
bre 1853. Andrevi, qui était prêtre, fut successi- 
vement maître de chapelle de la cathédrale de 
Ségorbe, de l'église de Santa -Maria del Mar, de 
Barcelone, de la cathédrale de Valence, de 



'i.,, 



16 



ANDREVI — ANGER 



celle de Sévilie, et enûn devint maître de la 
chapelle royale. Après s'être réfugié à Bordeaux, 
par suite des événements politiques qui aflli- 
geaient son pays, et y avoir occupé aussi les 
fonctions de maître de chapelle de la cathé- 
drale , il vint se fixer à Paris en 1845 , et enfin , 
en 1849, retourna en Espagne, et devint, à Bar- 
celone, maître de chapelle de l'église de la Merci 
et directeur de Vescolanie annexée a cette cha- 
pelle. Parmi les œuvres les plus importantes de 
cet artiste, on cite surtout un oratorio, le Juge- 
ment dernier, une messe des morts; écrite.' pour 
les funérailles du roi Ferdinand VII , et un 
Stabat Mater composé pendant son séjour à 
Bordeaux. 

ANDREZ (Benoit), graveur de musique , 
qui vivait à Liège au milieu du dix-huitième 
siècle , est l'un des premiers qui aient publié , 
dans les Pays-Bas, un recueil périodique de musi- 
que. Celui qu'il mit au jour, en janvier 1758, 
portait ce titre : VÉcho, ou Journal de musi- 
que française, italienne, contenant des airs, 
chansons, bninetles, duos tendres ou bachi- 
ques, rondes, vaudevilles, contredanses, etc. 
(A Liège, chez B. Andrez, derrière Saint-Thomas, 
1758, in-i"). Ce recueil paraissait tous les mois, 
par livraison de 24 pages, et le prix d'abonne- 
ment annuel était de quinze livres de France. 

ANDRIKS (JiiAN), violoniste et violoncel- 
liste, compositeur, professeur et écrivain sur la 
musique, né à Gand le 25 avril 1798 , est mort en 
cette ville le 21 janvier 1872. Devenu en 1833 
professeur de la classe de violon et des classes 
d'ensemble instrumental au Conservatoire de 
Gand, cet artiste succéda à Mengal , en 1851 , 
comme directeur de cet établissement, et joignit 
alors, à l'enseignement qu'il y professait déjà, 
celui de l'harmonie et de la composition. Sa 
direction fut, dit-on, particulièrement profitable 
à cette école ; pour s'y dévouer entièrement, An- 
dries, qui occupait l'emploi de violon-solo au 
Grand-Tlièàtre , résigna ces fonctions en 1855. 
Cependant, dès l'année suivante il se voyait 
obligé de prendre sa retraite, et reçut alors le 
titre de directeur honoraire du Conservatoire. 
Andries a écrit, pour le violon et pour le vio- 
loncelle, un certain nombre de morceaux , qui , 
je crois, sont restés inédits. Comme écrivain 
spécial , il a publié un Aperçu historique de 
tous les instruments de musique actuelle- 
ment en usage (Gand, in-8°), et un Précis de 
l'histoire de la musique depuis les temps les 
plus reculés, suivi de notices sur un grand 
nombre d'écrivains didactiques et théoriciens 
de l'art musical (Gand, Busscher, 1862, in-8o), 
écrit dont le pian n'est pas très-rationnel et qui 



pèche un peu par l'ampleur des vues, mais qui 
renferme quelques renseignements intéressants. 
Andries avait annoncé la prochaine publication 
d'un Manuel des principes de l'harmonie; je 
ne crois pas que cet ouvrage ait paru. 

ANDRYSOWIC (Lazare), imprimeur po- 
lonais, établi à Cracovie dans le milieu du sei- 
zième siècle, donna un grand essor à la publi- 
cation de la musique, et livra au public un grand 
nombre de recueils de chants religieux. 

AIVKT (Baptiste), violoniste distingué, or- 
dinaire de la musique du roi, avait été élève de 
Corelli. Il a publié en 1724 , chez Boiviu, un 
Premier livre de sonates à violon seul et la 
basse continue. 

* Al^iFOSSI (Pascal). Les deux ouvrages 
suivants, il Principe di Lagonegro, opéra , et 
Sont ^Elena al Calvario, oratorio, doivent pren- 
dre place dans la liste des œuvres de ce com- 
positeur. 

ANGtLI'^RI (Antonio), pianiste et profes- 
.seur d'une grande renommée, considéré comme le 
Nestor du piano en Italie, est né à Pieve del Cairo 
(Piémont), le 26 décembre 1801. Élève du célèbre 
Pollini, il a toujours su maintenir les saines et 
pures traditions de son maître , aussi bien que 
celles de Clementi et de Cramer; c'est dire qu'il 
est constamment resté dans les voies du grand 
style et de l'élégance classique. Nommé dès le 
8 janvier 1829 professeur de piano au Conser- 
vatoire de Milan , M. Angeleri ne prit sa retraite 
qu'en 1870, et, durant ce long professorat de 
quarante années, il donna à l'école de piano de 
cet établissement un essor magnifique et une in- 
contestable supériorité. On peut citer au nombre 
de ses meilleurs élèves Adoifo et Disma Fuma- 
galli, MM. Giulio Alary, Sangalli, Liugi Minoja, 
Meiners, Fasanolti, etc., etc. L'un des plus dis- 
tingués , M. Carlo Andreoli , lui a snccédé dans 
sa classe, et continue aujourd'hui ses traditions. 
M. Angeleri , qui était professeur au collège royal 
de Milan en même temps qu'au Conservatoire, 
a couronné sa carrière enseignante en publiant, 
vers 1872, sous ce litre : il Piano- forte, un 
manuel excellent relatif à la pose des mains sur 
l'instrument et à la façon d'attaquer le son. Ce 
livre, illustré de plusieurs eaux-fortes superbes, 
a été édité avec le luxe et le bon goût que la 
maison Ricordi apporte à ses moindres publica- 
tions. — Un frère de M. Antonio Angeleri, M. Fi- 
lippo Angeleri, est aussi pianiste et compositeur. 

AJXGELOIM ( ), compositeur italien, a 

fait représenter au mois de janvier 1871 , sur le 
théâtre de Lucques, un opéra sérieux intitulé 
Osrade degti Abencerraggi. 

* AA'GER (Louis), pianiste, organiste et 



ANGER — ANNUNGIAÇÂO 



compositeur, est mort àLunebourgle 18 janvier 
1870. 

AIVGERMANIV ( ), célèbre organiste à 

Altenburg, vivait vers 1740. 11 est cité par Mat- 
theson dans son Arc de triomphe musical : 
« Musikalischen Ehrenpforte, » comme un des 
meilleurs compositeurs de son temps. Y. 

ANGERMANN ( Frédékic) , professeur de 
chant, né à Wusterhausen , a beaucoup écrit sur 
son art dans les journaux de musique de Berlin 
et publié un ouvrage tliéorique dont le titre 
m'est inconnu. Il est mort le 13 mars 18.56. 

Y. 

ANGIOLIIVI ( ) , compositeur et cho- 
régraphe italien , était attaché au théâtre de la 
Scala, de Milan, comme maître de ballets , vers 
la fin du dix-huitième siècle. On lui doit les 
scénarios d'un grand nombre d'ouvrages de ce 
genre, dont il écrivait parfois aussi la musique , 
ainsi qu'on peut le voir par le catalogue dressé 
par M. Cambiasi sous ce titre : Rappresenta- 
zioni date nei reali teatri di Milano, 1778- 
1872. Voici la liste de ceux de ces ouvrages 
dont il composa la musique : 1" Demofoonte, 
1780; 2° Divertissement , 1780; 3° Solhnano, 
1781 ; 4° gli Scherzi, 1781 ; 5° il Trionfo d'a- 
more, 1782; &° il Diavolo a quatlro , 1782; 
7" l'Amore al cimento, 1782; 8" Dorinna e 
Vuomo ielvatico , 1789; 9" Amore e Psiche , 
1789. 

*ANGLEBERT (Jean-Baptiste-Henri 
d'), claveciniste de la chambre de Louis XIV, 
naquit vers 1628, car il était âgé de soixante- 
trois ans lorsqu'il mourut à Paris le 23 avril 
1691. Il avait épousé le 12 octobre 1659 une 
demoiselle Madeleine Champagne, qui lui donna 
une fille et plusieurs fils, dont l'aîné portait les 
mêmes prénoms que son père et eut Lully pour 
parrain. D'Angleberl fut d'abord organiste du 
duc d'Orléans , après quoi il devint « ordinaire 
de la musique de la chambre du Roy pour le 
clevecin » en même temps que « joueur d'épi- 
nette de la chambre de Sa Majesté » en sur- 
vivance (1). 

AI\GLEBERT (Jean-Baptiste-Henri d'), 
fils du précédent, naquit à Paris le 5 septembre 
1661. Claveciniste comme son père, il fut sans 
doute son élève, et lui succéda dans la charge 
de claveciniste de la chambre du roi, qu'il occu- 
pait encore en 1699. J'ignore la date de sa mort, 
et je ne sais s'il a publié quelques compositions. 

ANGLEBERT (Jean-Henri d'), frère ca- 

(1) Ces renseignements sur la famille des d'Anglebcrt 
sont extraits du Dictionnaire critique de biographie et 
d'histoire de Jal, d'après les documents authentlquis 
cités par cet écrivain. 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. âUPPL, — 



17 

det du précédent , fut aussi claveciniste. Je ne 
connais pas la date précise de sa naissance , 
mais il était âgé de quatre-vingts ans lorsqu'il 
mourut à Paris le 9 mars 1747. 

ArVGLOIS (LuiGi), musicien italien, né à 
Turin le 25 octobre 1801, était fils d'un contre- 
bassiste renommé, Giorgi Anglois, se fit lui- 
même une grande réputation par son talent 
d'exécution sur la contre-basse , et donna avec 
succès des concerts à Paris, à Londres, à Lis- 
bonne et en Amérique. Cet artiste, qui a laissé 
une Méthode estimée pour son instrument, est 
mort à Turin le 24 avril 1872. 

AIVIGIllIM (Francesco), compositeur, pro- 
fesseur à l'Institut royal de musique de Florence, 
s'est fait remarquer à plusieurs reprises dans les 
concours ouverts par M. le docteur Basevi pour 
la composition d'oeuvres de musique de cham- 
bre, principalement de quatuors pour instru- 
ments à cordes. Plusieurs des quatuors présen- 
tés par M. Anichini dans ces concours ont 
obtenu des récompenses , mentions honorables, 
seconds ou premiers prix (1862, 1863, 1865), et 
l'un d'eux a été publié en partition par l'éditeur 
M. Guiiii , de Florence, dans sa jolie collection 
d'éditions de poche. M. Anichini a publié aussi 
diverses autres compositions , entre autres un 
Ave Maria à 4 voix (Milan, Ricordi), et un 
Requiem à grand orchestre. 

AI\JOS (DOS). Au compositeur portugais 
de ce nom, Dionisio dos Anjos, mentionné dans 
la Biographie universelle des Musiciens, il 
faut ajouter Luiz dos Anjos et Simdo dos An- 
jos. Le premier jouissait .d'une grande réputa- 
tion à Lisbonne vers le commencement du dix- 
liuitième siècle; le second fut un des disciples 
distingués du célèbre Manoel Mendes. 

J. de V. 

ANNA (le P.DoMiNcos de SANT), com- 
positeur portugais, né en 1722, était en 1755 
Cantor-Mor du couvent de la Trinité à Lis- 
bonne, et fut enseveli sous les ruines de ce cou- 
vent lors du grand tremblement de terre qui 
détruisit la ville (1755). On louait beaucoup son 
talent sur la basse (rabecâo). Un autre religieux 
du [même couvent , frère Joaquim de SanV 
Anna, eut le même sort; il chantait fort bien, 
et jouissait d'une grande réputation comme or- 
ganiste. Les deux orgues du couvent de la Tri- 
nilé^étaient des instruments magnifiques et n'é- 
taient surpassées que par celles du couvent de 
Notre-Dame de Grâce , qui en possédait trois. 
Chacun de. ces instruments .n'avait pas coûté 
moins_de 25,000 cruzados en 1569! 

J. DE V. 
* AMNUNCIAÇÂO (le Fr. Gabriel da ) , 
T. I. 2 



18 



ANNUNGIAÇÂO — APOLLOiNI 



musicien portugais, né en 1G81 à Ovar, où il fit 
ses études musicales , entra dans l'ordre de 
S. François en 1706. Il acheva ses études à Lei- 
via, et occupa ensuite des places importantes 
dans les couvents de son ordre à Coimbre , à 
Porto, et en dernier lieu à Lisbonne, où il vi- 
vait encore en i'il. La Biographie univer- 
selle des Musiciens n'a pas mentionné les com- 
positions de cet artiste, qui sont tièsnom- 
breuses, et qui comprennent des Mesies, des 
Antiennes, des Motels, etc. Elle n'a pas cité non 
plus son Mnnual e Cérémonial do Canto. 
On itjnore , du reste, si cet ouvrage a été pu- 
blié. (Pour le reste, \. Musicos Porttfguezes, 
t. I'"", page 10.) Un autre musicien du môme 
nom , Philippe da ÀnnuHCiaçào , vivait vers le 
milieu du dix-huitième siècle à Coimbre, où il 
exerçait les fonctions de chanoine dans le célè- 
bre couvent de Santa- Cruz (S. Agostinho). Son 
talent d'organiste était tiès-estimé. On a de cet 
artiste : Acompanliainentos para Orydo ; de 
llymnos, Missas, e ttido o mais que se cuuta 
no coro dos Conegos Hcguhires Lateranenses 
daCongr. Re/ormada deS. Cruz de Coimbra, 
Compostas pelo R. D. Ph. da Anniinciacdo, 
Conego regidar da mesma Congregaçào. 
Anno de 17 j4, gr. in i". L'auteur de cette notice 
possède le manuscrit original de cet ouvrage , 
qui n'a pas été imprimé. Les exemples en sont sa- 
vamment écrits, et Ton y reconnaît l'inlluence du 
stvie de Manuel Rodrigues Coeliio {yoijez ce 
nom) et de ses Flores de Mtisica. J. nK V. 

* ANSIAUX (Ji:\N-HLi$KiiT-JosF.r'ii). L'ou- 
verture de l'Apothéose de Grélry, due à cet ar- 
tiste, n'était i)as une simple ouverture de con- 
cert; elle faisait partie d'un ouvrage lyrique en 
un acte, portant ce titre, et dont la première 
représentation eut lieu le jour de l'inauguration 
•lu nouveau théâtre de Liège, en novembre 
1820. Ansiaux est aussi l'auteur d'une cantate 
intitulée la Fête de Sainte-Cécile , et il a écrit 
un assez grand nombre de morceaux importants 
pour orchestre et pour harmonie militaire. 

ANTHIOME ( Elcknf.-JeanBu'tiste), 
professeur et compositeur, est né à Lorient le 
19 août 183ti. Admis au Conservatoire, d'abord 
dans la classe d'harmonie écrite de M. Elwart, 
puis dans la classe d'orgue de M. Benoist , il 
obtint un second accessit d'harmonie au con- 
cours de 1836. Devenu tui peu plus tard élève 
de Carafa pour la fugue et la composition, il se 
présenta en 1861 au concours de l'Institut et ob- 
tint le premier second grand prix de composition. 
Nommé en 1863 répétiteur d'une classe d'é- 
tude du clavier au Conservatoire, M. An- 
Ihiome , qui occupe encore aujourd'hui cet em- 



ploi , a fait représenter au petit théâtre des Fan- 
taisies-Parisiennes, le 6 mai 1866, une opérette 
en un acte, intitulée : Semer pour récolter, 
et le 3 février 1876, aux Folies -Bergère, un 
autre petit ouvrage du même genre : le Dernier 
des Chippeways. II a publié quelques compo- 
sitions légères, entre autres une suite de mor- 
ceau.\ de piano intitulés 6 Croquis d'album, 
Paris, Grus. 

AIV'TOLISEÏ ( ). compositeur italien, 

n'est encore connu que par la musique de deux 
farces en un acte qu'il a fait représenter, an 
mois dejuilli't 1875. sur le théâtre de Cingoli. 
I^'un de ces petits ouvrages était intitulé i Due 
Metaslasiani , le second avait pour titre Li- 
setla. 

ANTOXIETTI { ), compositeur 

italien, a fait représenter à Taganrog, au mois 
de janvier 1872 , un opéra intitulé il Franco 
Bersagliere. 

AXÏOXIl (Giov\N.M-B.\TTisT\) , frère de 
Pietra degli .Vutonii, fut un organiste renommé. 
Élève de Giacomo Predieri , il a publié diverses 
conqiositions juiur violoncelle et clavecin , vio- 
lon et violoncelle, des ballets, courantes, gigues 
pour trois instruments, et des ver.sets pour l'or- 
gue. Va\ 108i, il fut admis au nombre des mem- 
bres de l'Académie des Philharmoniques de Bo- 
logne. 

AKTOMO (le Fr. JosKDK SAMO), théo- 
ritien portugais, a puldié un petit traité de mu- 
sique : Elemenlos de Musica, Lisbonne, Antonio 
Vicente da Silva (imprimeur ou éditeur?), 1761, 
in-4" de 16 pages. Ce traité , qui est signé avec 
l'anagramme de l'auteur -. Frazenio de Soyto 
Jpnalon, est rare La Bibliothè(|ue du couvent 
de Jésus , à Lisbonne , en possédait un exem- 
plaire. J. DE V. 

AOUST (le marquis Jlles d'), composi- 
teur amateur, né vers 1825 , s'est fait connaître 
par un certain nombre de mélodies vocales et 
par la musique de deux opérettes en un acte : 
l'Amour voleur, exécutée dans im salon en 
1865, et la Ferme de Miramar, représentée 
dans un concert donné .au théâtre de l'.Vfhénée le 
11 avril 187'i. 

* APOLLOXI (Gicseppe) , compositeur 
dramatique italien, est né à Vicence, et non 
dans le royaume de Naples, comme il a été dit 
par erreur. Outre l'Ebreo et Pielro d'Albano, 
cet artiste a fait re|!résenter plusieurs autres 
opéras, parmi lesquels Adelchi (Venise , th. de 
la Fenice, 1856 ou 57;, il Conte di Koenigs- 
bcrg ( Florence, th. delà Pergola, 17 mars 
1866), et Gustavo Wasa (Trieste, th. Com- 
munal, décembre 1872). Bjen qu'ils aient été ac- 



APOLLON! — AH.VUJO 



i9 



■cueillis avec assez de faveur, aucun de ces ou- 
vrages n'a retrouvé le succès éclatant qui avait 
signalé l'apparition de V Ebreo, et qui avait fait 
faire à cet opéra le tour triomphal de l'Italie 
entière. C'est que le public, qui avait été tout 
à la fois étonné et charmé de la vigueur et de 
labondauce d'inspiration qui distinguait cette 
partition, n'a plus retrouvé ce Ilot mélodique 
dans les œuvres que l'auteur lui offrit par la 
suite ; et couinie M. Apolloni est surtout un mu- 
sicien d'insîinct, dont le savoir est alsolument 
•insuffisant et dont l'instruction manque de so- 
lidité, il n'a pas pu renouveler son talent et s'est 
vu dans riinpossihililé d'écrire, au point de vue 
<le la forme et de la facture, une œuvre d'un mé- 
rite sérieux et durable. 

APTOALMAS , nom de deux harpistes an- 
glais, tous deux compositeurs pour leuriuslru- 
ment, nés à Bridgend , l'un en 1S26, l'autre en 
1829. L'un d'eux a fait un voyage en Améri- 
que, d'où il cU revenu à Londres en 1802; il 
vint l'année suivanle à l'aris donner quelques 
concerts, dans lesquels sou double talent de 
viituose et de compositeur fut très-apprécié , 
rpuis il retourna à Londres, oii il retrouva ses 
succès passés et continua de se livrer à l'ensei- 
gnment. Le jeu de cet artiste, qui est élégant, 
fm et plein de grâce , présente cette particula- 
rité que le virtuose, au rebours des harpistes 
ordinaires, exécute la partie de chant avec la 
main gauche, et celle de la basse avec la main 
droite. 

ARAGO (M'"^ ViCTonu) , compositeur, s'est 
fait connaître par la publication d'un certain 
nombre de romances, dont plusieurs ont obtenu 
du succès. Sous le règne de Louis-Philippe, à 
l'époque où ce genre de compositions jouissait 
encore de toute sa vogue, M""" Victoria Arago, 
comme Clapisson, comme Masini, comme Fré- 
déric Bérat, comme M. Pau! Ilenrion, publiait 
chaque année, chez l'éditeur Meissonnier, un 
albimi de romances que le public accueillait avec 
faveur. 

* ARAIVDA (Mathkis de), musicien por- 
tugais ou espagnol, futnommé professeur de mu- 
sique à l'Université du Coimbre par une résolu- 
tion du 26 juillet 15'ii. La chaire de musique 
date du temps même de la fondation de l'Univer- 
sité (1290). Aranda était en même temps maître 
de chapelle de la cathédrale de Coimbre. Il pa- 
raît qu'il avait occupé auparavant les mêmes 
fonctions à la Se (cathédrale) de Lisbonne. Il a pu- 
blié un Tralado decantolluno ycontrupnuto 
por Matheo de Aranda , Maestro de C'apiUa 
de la Se de Lixhoa. Dirigido al illustrissimo 
.seùor D. Alonso cardenal infante de Por- 



tugal, Arçobispo de Lixboa y obispo de Eoora, 
Comendulario de Alcobaça. Com priiilegio 
real. Lisbonne 1533 , GermanGallarde, in-4" de, 
1V-14j pages (non numérotées). La partie rela- 
tive au c««/o;/«>io (plaiu-chant ) comprend 14-71 
pages , celle relative au contrapunto 1Y-6G 
pages. Toutes les deux sont impiiinées en ca- 
ractères gothiques. Fétis n'a pas vu ce traité, qui 
est excessivement rare, et le titre qu'il en donne 
est incomplet ; d'ailleurs, il suppose qu'Aranda fut 
un musicien espagnol , jugeant d'après le titre de 
son ouvrage. On n'est pas encore fixé sur la na- 
tionalité de cet artiste. J. de V. 

AUAKGUREN (Josi:) , pianiste et profes- 
seur espagnol, est né à Bilbao le 25 mai 1821. 
Il étudia le solfège et le piano sous la direction 
de Nicolas Ledesma , maître de chapelle et or- 
ganiste en cette ville , et le violon avec Fausto 
Sanz. En 18 i3, il se rendit à Madrid dans le but 
d'y étudier la composition, et y devint^ de 1814 
à 1848, l'élève de M. Hilarion lislava. M. Aran- 
guren se livra ensuite à renseignement , et pu- 
blia eu 18.55 une Métliode de piano dont on a 
fait cinq éditions, en 1861 un l'ronluario para 
los Gantantes é insirmnentistas , et un Traité 
complet d'harmonie élémentaire. Ces divers 
ouvrages ont paru chez l'éditeur Romero y An- 
dia. M. Aranguren, à qui l'on doit encore un 
grand nombre de compositions religieuses esti- 
mées, est professeur auxiliaire d'harmonie au 
conservatoire de Madrid depuis le 2 mars 1807. 

* ARAUJO (Fkvncisco Coruêa de), orga- 
niste remar(]uable et compositeur pour son ins- 
trument. Son nom s'écrit aussi Arauxo; Araujo 
en est la forme moderne. Presque tous les au- 
teurs qui se sont occupés de cet artiste ont été 
mal renseignés. C'est surtout à propos de son 
ouvrage sur l'orgue que les erreurs se sont 
multipliées; aucun n'en a donné le titre exact : 
Libro de tlentos y discursos de musica prac- 
tica y theorka de organe, inlilulado Factil- 
tad organica : con el quai , y cpn moderado 
estudio y perseverança qtcalquier mediano 
tancdor puedc salir aventajado enella; sa- 
bicndo dcslramenlc cautar, y sobreiodo te- 
niendo bueii natural, Alcala, Antonio Ar- 
nâo, 1020, in-fol. de Y-204 feuilles , dont 26 
pour le texte et le reste en exemples de musi- 
que. Cet ouvrage, aussi rare que celui de Coelho 
(F. ce nom), et d'ailleurs très- bon , ne peut ce- 
pendant lui être comp.iré. J'ai combattu ( Musi- 
cos portugnezes, 1. 1, p. 13) l'opinion de M. Es- 
\d\ai {Miiseo organico espaùol) à propos de la 
nationalité de Correa de Araujo. Ces deux noms 
sont portugais .Arauxo est la forme ancienned'A- 
raujo, comme Corréa est la forme ancienne d« 



20 



ARAUJO — D'ARCAIS 



Corieia; ces deux noms sont encore très en 
usage en Portugal, tandis qu'ils sont fort rares en 
Espagne. On a peu de renseignements sur fa vie 
de cet artiste distingué ; il a été organiste de l'é- 
glise de S. Salvador à Séville, remplit successi- 
vement plusieurs fonctions importantes dans la 
hiérarchie ecclésiastique , et.finit par occuper l'é- 
vêché de Ségovie. Araujo appartenait à une fa- 
mille très-distinguée; il naquit vers 1581 , et 
mourut dans un âge avancé, en 1663. Araujo 
avait écrit .deux ouvrages •• Casos morales de 
la musica, et un Uvre : De Versos (probable- 
ment un recueil de pièces variées ) dont il 
parle dans son Libro de tientos ; mais ces ou- 
vrages n'ont pas été publiés. Le premier exis- 
tait en manuscrit dans la célèbre bibliothèque de 
musique du roi D. Jean IV, ainsi qu'une quantité 
àtPsalmos, Motetes t\ Vilhancicos. 

J. bEV. 

ARBAIV ( Joseph-Jevn-Baptiste-Laurent), 
virtuose sur le cornet à pistons et chef d'orches- 
tre, naquit à Lyon le 28 février 1825. Admis au 
Conservatoire, dans la classe de trompette <le 
Dauverné, au mois de décembre 1841, il obtint 
le second prix de trompette au concours de 
1844 et le premier l'année suivante. C'était l'é- 
poque où le cornet à pistons faisait fureur ; 
adoptant cet instrument, M. Arban se fit bientôt 
remarquer dans les concerts par son jeu brillant 
et facile, et obtenait surtout des succès par ses 
triples coups de langue. Lors de la création 
des concerts de M. Musard fils au boulevard des 
Capucines, en 1856, sa vogue fui très-grande. 
Peu de temps après, un entrepreneur, ayant fondé 
le Casino-Cadet, confia à M. Arbau la direction 
de l'orchestre de cet établissement, dans lequel 
oB donnait alternativement des bals et des con- 
certs de musique légère. Cet artiste se fit alors 
une réputation de chef d'orchestres de bals, et 
dirigea tour à tour ceux du Casino, de Valentino, 
de Frascati, et même de l'Opéra, lors de la re- 
traite de M. Strauss et jusqu'à l'incendie de la 
salle de la rue Le Peletier. 

Le 8 juin 1857, M. Arban avait été nommé 
professeur de la classe de saxhorn ouverte au 
Conservatoire pour les élèves militaires-, le 
r'^ février 1869, une classe régulière de cornet à 
pistons étant créée dans cet établissement, il en 
fut nommé titulaire, et M. Maury le remplaça 
dans celle de sax-horn. Depuis lors, il a donné 
sa démission. M. Arban a publié une Grande 
Méthode complète de cornet à pistons et de 
sax-horn (Paris, Escudier), et un Extrait de 
cette méthode (id., id.). On lui doit aussi un 
grand nombre de fantaisies et morceaux de 
concert pour le cornet à pistons (entre autres 



quinze fantaisies sur les opéras de Verdi, publiées 
chez l'éditeur Escudier), et une quantité consi- 
dérable de morceaux de musique de danse, 
polkas, polkas-mazurkas, schotischs, quadril- 
les, etc., pour piano ou pour orchestre, presque 
tous écrits sur des motifs d'opéras en vogue. 

* ARCADELT (Jacques). Outre les éditions 
citées du premier livre des madrigaux de ce grand 
musicien, il en faut mentionner une, qui sérail 
vraisemblablement la quatrième , puisqu'elle est 
datée de 1544 : // primo libro de' Madrigali 
d'Archadelt a quattro voci, con nuova gionta 
xiltimamente impressi (Venetiis, apud Hiero- 
nyrnum Scotum, 1544). Cette édition contient 56 
madrigaux, c'est-à-dire trois de plus que les pré- 
cédents ; les paroles de deux d'entre eux sont de 
Michel-Ange ; aussi ces deux derniers ont-ils été 
publiés de nouveau à Florence, en 1875, à l'oc- 
casion des fêtes du centenaire de ce grand homme, 
I)ar les soins et avec un commentaire de M. Leto 
Pulili. (V. ce nom.) 

ARCAIS (Francesco, marquis d'), critique 
musical italien et compositeur, né vers 1830, est 
issu d'une ancienne et noble famille de Sardaigne, 
aujourd'hui déchue de sa splendeur passée. Il a 
fait de bonnes éludes musicales, et depuis près 
de vingt ans est chargé du feuilleton musical et 
dramatique du journal politique ropiniowe, l'un 
des plus estimés de toute l'Italie ; il a suivi ce 
journal dans ses pérégrinations diverses , de 
Turin à Florence, puis de Florence à Rome, et il 
y donne tous les lundis un feuilleton très-lu, tout 
en faisant chaque jour une petite chronique des 
théâtres. Artiste délicat, homme instruit et de 
bonne compagnie, M. d'Arcais a le talent de se 
faire lire et comprendre de tout le monde ; ses 
articles, écrits dans une langue claire et facile, 
sont des modèles d'urbanité et de bon goût. Mal- 
heureusement, le tempérament musical de 
M. d'Arcais est un peu arriéré, et reste rebelle 
non-seulement à toute manifestation artistique 
im peu audacieuse, mais encore à toute espèce 
de nouveauté et de progrès. Le critique est un 
ultra-Italien, et un Italien du passé, un peu 
confit dans ,les formules et dans les moules 
classiques, et se laissant trop volontiers guider par 
le courant paresseux de l'opinion, au lieu de cher- 
cher à la guider lui-même et à lui inspirer l'amour 
delà liberté et de la personnalité dansl'art . Partisan 
acharné de la vieille école italienne, M. d'Arcais ne 
s'est pas borné à faire à M. Richard Wagner et àses 
œuvres une guerre sans merci, refusant au musi- 
cien allemand toute espèce de qualité et de faculté 
musicale ; il a encore pris à partie M. Gounod, 
et a constamment nié la valeur de Faust, décla- 
rant tout d'abord que l'œuvre n'était pas viable 



D'ARCAIS — ARDITI 



21 



el s'obstinant dans son opinion, même quand 
Faust, acclamé dans toute Tltalie, comme il l'a- 
vait été en France et en Allemagne, eut été 
joué partout, jusque dans les plus petites 
Tilles de l'île de Sardaigne, sa patrie. En un 
mol, M. d'Arcais, dont le jugement est très- 
sain lorsqu'il n'a à s'exercer que sur les œuvres 
italiennes dont le genre se rapporte à ses préfé- 
rences, manque de cet éclectisme vigoureux, 
large, ouvert, sans lequel la critique court le 
risque de ne pas survivre au moment qui l'a vu 
naître. 

M. d'Arcais, qui est un des collaborateurs 
actifs de la Gazzelta musicale, de Milan, s'est 
essayé comme compositeur, et par trois fois, 
mais sans succès, a abordé le théâtre, avec 
de petits ouvrages bouffes: i Due Preccttorl, 
représenté il y a une quinzaine d'années; Sga- 
narello , donné au tbéâtre Re, de Milan, au 
mois d'avril 1871 ; enfin, la Guerra amorosa, 
petit opéra à deux personnages, joué à Florence. 
Il a écrit aussi une messe funèbre, qui a été ac- 
cueillie favorablement par la presse, et je crois 
qu'il a publié quelques romances et mélodies 
vocales. Parmi ces dernières, je signalerai sur- 
tout une composition importante, PAddlo del 
Condannato, scène dramatique pour voix de 
baryton, dédiée au chanteur Aldighieri el publiée 
à Turin, par les éditeurs Giudici etSlrada. 

ARCIIAMBEAU (Jean-Michel d'), orga- 
niste et compositeur belge, né à Hervé (province 
de Liège), le 3 mars 1823, reçut d'abord des le- 
çons de piano el de violon de son père, puis 
devint élève de D. Goffin et de Joseph Massarf. 
Il étudia ensuite l'harmonie et le contre-point 
dans les traités de Cherubini, de Catel et de 
Fétis, et à peine âgé de quinze ans il devint pro- 
fesseur de musique au collège de sa ville natale. 
Dix ans après, il fut nommé organiste à Petit- 
Rechain,et il occupait encore ce poste en 1862. 
M. d'Archambeau , qui a fait représenter en 
1859, sur le théâtre du Gymnase de Liège, une 
opérette dont j'ignore le titre, a publié plusieurs 
compositions de divers genres : 2 messes solen- 
nelles à 3 voix d'hommes, avec accompagnement 
d'orgue ; 12 litanies ; 7 motets ; des romances 
sans paroles pour piano, et beaucoup de mor- 
ceaux de musique légère. — Le frère de cet 
artiste, M. Edouard d''Ârchamb eau, né à Hervé 
le 8 décembre 1834, commença l'étude du piano 
avec son frère, puis devint, au Conservatoire de 
Liège, élève de Ledent et de Wanson, et obtint, 
en 1852, un premier prix de piano et un second 
prix de violon. Il a publié quelques compositions 
pour le piano. 
ARDITI (le marquis Michèle), compositeur 



italien, probablement amateur, naquit en 1745, 
et fit représenter à Naples un opéra sérieux, 
VOlimpiade, écrit sur le poème de Métastase qui 
a servi à tant d'autres compositeurs. Je ne 
connais pas d'autres œuvres de cet artiste, qui 
est mort en 1838, âgé de quatre-vingt-treize ans. 
ARDITI (Lligi), violoniste, chef d'orchestre 
et compositeur, est né à Crescentino (Piémont), 
le 22 juillet 1822. Il fit ses études musicales au 
Conservatoire de Milan , où il entra le 17 mars 
1836 et d'où il sortit le 6 septembre 1842, après 
y avoir écrit et fait représenter un opéra en deux 
actes intitulé i BrignnU. Il se produisit d'abord 
comme virtuose, en donnant des concerts à Va- 
lèse, à Novare, à Voghera, fut engagé ensuite 
comme chef d'orchestre à Verceil, puis remplit 
les mêmes fonctions à Milan et à Turin, et enfin 
recommença à donner des concerts, en compa- 
gnie du fameux contrebassiste Bottesini {voyez 
ce nom), jusqu'au moment où il signa un enga- 
gement comme chef d'orchestre et concertiste 
pour le théâtre de la Havane. De la Havane il se 
rendit à New York, où il devint chef d'orchestre 
de l'Académie de musique, théâtre pour lequel il 
écrivit un grand opéra sérieux, la Spia, qui fut 
chanté par M"'° Anna de La Grange, MM. Brignoli 
et Morelli, Après avoir passé quelques années en 
Amérique, M. Arditi fut appelé à Constantinople, 
puis, M. Lumiey l'ayant attiré à Londres, il prit 
la direction de l'orchestre du Théâtre italien de 
cette ville, où il obtint de grands succès. C'est à 
Londres qu'il commença à publier toute une 
série de mélodies vocales, qui furent accueillies 
avec la plus grande faveur, entre autres celle 
intitulée Oinaggio alla Bosio, et la fameuse 
valse il Bacio, qui fut le triomphe de M'" Pic- 
colomini, et que M""*^ Palti contiibua ensuite à 
faire devenir populaire. Depuis lors, M. Arditi 
n'a guère quitté Londres, où il se livre à l'en- 
seignement, et où, dans ces dernières années, 
il était directeur d'une grande enlreprisede con- 
certs (1). Parmi les mélodies de M. Arditi qui 
ont obtenu le plus de succès, il faut citer l'Orolo- 
gio ; Kellog , valse chantée ; Capriccio-Ma- 
zurka; VArdita, valse chantée; il Bacio, id.; 
la Stella,ià.;la Farfalletta, mazurka chantée ; 
Boléro ; la Tradita ; Forosetla, tarentelle chan- 
tée; VIncontro, valse chantée; Tréma, o vil! 
duo dramatique pour soprano et contralto ; Vuole 
am,or un giovin cor, rondo, etc. M. Arditi a 
publié aussi un certain nombre de compositions 
pour le violon, parmi lesquelles je citerai : il 



(i) Au moment oii cette notice est écrite (novembre 
1875), M. Arditi dirige encore,autliéâtre deCovenl-Garden, 
des promenades concerts qui;obticnnent un grand succès 



22 



ARDIÏI — D'AHNEIRO 



Trovutore, fantaisie brillante, avec accompa- 
gnement de piano ,■ Norma, caprice, id.; i Due 
i*"05can, fantaisie, id.; Souvenir de Donizetli, 
fantaisie, id.; sclierzo liriliant sur divers cliaiits 
américains, id.; sclierzo brillant ponr deux vio- 
lons, id., etc., etc. 

A RENDS (Llopold), né le T"" décembie 
1817 à Raliiski, dans le cercle de Wilna, est 
connu dans le monde musical par un ouvrage 
intitulé : Veber den Sprachgesang der VorzeU 
und die llersidlbarkeit der allhebra'ischen 
Vocalmusik : Du langage chanté des anciens 
et de la restauration de l'ancienne inusique 
vocale des Hébreux (Berlin, 1867). 

Y. 

* ARKTI.XUS (Pail). A la liste des com- 
positions de cet arfi.ste, il faut joindre le recueil 
suivant : Libro primo delli madrigali croma- 
tici ci mcsser Paolo Aretino (Venetiis, apud 
Hieronyinum Scufnin, 1 j'i9). 

ARGILLIKRES (Rocn n), facteur d'or- 
gues, vivait en .Normandie dans la seconde 
moitié du seizième siècle. II fut l'un des fonda- 
teurs (lu puy de musique érij;é à Évreux, en 
1570, en rbonnour de Sainte-Cécile, et s'engagea 
à « raccorder » les orgues à chaque solennité de 
cette institution. 

ARIE\ZO (Nicoi.A »'), compositeur distin- 
gué, est né à Naples le '>'» décembre 1S43. Élève 
de Pietro Labriola pour le piano et de Vincenzo 
l'ioravanti pour l'iiarmonie et le contre-point, il 
n'était âgé que de seize ans lorsqu'il lit ses débuts 
de compositeur dramatique en donnant, au théâ- 
tre Nuovo, au mois de juin ISGO. l'opéra bouffe 
en dialecte napolitain intitulé : Monzù Gnozio 
o la Fidanzata del Parrucchierp,qm fut tiès- 
bien accueilli. -Au mois de février 18G4, il se pro- 
duisait à la fois comme compositeur et comme 
virtuose, en faisant entendre dans un des con- 
certs du cercle Bonamici, un trio en ul majeur. 
En février 18C6, il donnait au IhéAtre Bellini un 
nouvel opéra en dialecte, avec dialogue, i due 
Mariti, qui fut reiiroduit en 1871, au nouveau 
théâtre Re de Milan, traduit en italien, avec des 
récitatifs remplaçant le dialogue. Il lit représenter 
ensuite le Rose LXaples, th. Bellini, février 
1868) ijl Cacciatore délie Alpi (2 actes, Naples, 
23 juin 1870) ; et il Cuoco (3 actes, Naples, th. 
Rossini, Il juin 1873). M. d'Arienzo, qui est au- 
jourd'liui professeur d'harmonie et de composi- 
tion à YAlbergo de' Poveri et au collège de mu- 
sique de San Pietro a Majella, de >'aplcs, s'est 
fait connaître encore par diverses autres œuvres : 
il a obtenu de la Società del Quartetto de Mi- 
lan, en 181)9, un second prix pour quatre Noc- 
turnes à *i, 3 et 4 voix ; il a fait exécuter à 



Rome, en 1871, un Pensiero sinfonico, dont 
une réduction pour le piano à 4 mains a été pu- 
bliée à Milan, chez Lucca; enfin, il à publié un 
grand nombre de compositions pour le chant, 
ainsi qu'un manuel intitulé Elementi di letiura 
musicale (Naples, Coftrau). 11 a en portefeuille 
un opéra sérieux, Rita di Lister, écrit sur 
un poème de son oncle, M. Marco d'Arienzo, un 
opéra bouffe, i Viaggi, et une grande cantate 
sacrée pour soli, chœur et orchestre, il Cristo 
sulla croce. 

ARMIA'GAUD (J ), violoni.ste fort dis- 
tingué, né vers 1824, s'est acquis à Paris une 
réputation méritée par le talent dont il a fait 
preuve dans les séances de musique de chambre 
qu'il donnait en compagnie de MM. Léon Jac- 
quard, Edouard Lalo et Mas. Cette société de 
quatuors, que M. .Vrmingaud organisa vers 18."Jà 
et dans laquelle il tenait la partie de premier 
violon, était certainement une des meilleures de 
Paris au point de vue de l'ensemble et de la fer- 
meté de l'exécution, et M. Armingaud y brillait 
particulièrement par la grâce de son jeu, la soli- 
dité de son style et la belle qualité de son qu'il 
lirait de son instrument ; elle s'est augmentée 
et transformée, par l'adjourtion de quelques 
instruments à vent, et a pris depuis lors le titre 
de Société classique. Cet artiste modeste et re- 
marquable', qui s'est fait applaudir aussi dans 
des concerts particuliers, a publié un certain 
nombre de morceaux de violon, avec accompa- 
gnement de piano : Aubade; Sérénade, op. 9, 
Paris, Gérard; Villanelle, op. 10, id., id.; 
Chanson vénitienne, id., id.; et différentes fan- 
taisies sur des motifs d'opéras célèbres, ainsi que 
quelques mélodies vocales. 

* ARXAUD (l':TiENNE),est mort à Marseille 
au mois de janvier 1863, des suites d'une Ihixion 
de poitrine. Cet artiste avait publié plus de deux 
cents romances, dont la plupart, empreintes d'un 
joli sentiment, eurent de véritables succès. 

ARiXElUO (Jo.si;-AuciSToI-ERRi:iRA VI£I- 
GA, vicomte d'>, dileltanteet compositeur portu- 
gais, appartient à une famille qui s'est distinguée 
dans la musique. Ses frères sont des amateurs 
plus ou moins habiles, fort bien vus dans les sa- 
lons lie Lisbonne, et l'un d'eux, M. Joâo ler- 
reira Veiga, a obtenu des succès sur plusieurs 
scènes d'Italie; je l'ai entendu il y a quelques 
années à Porto, et j'ai pu constater qu'il pos.sé- 
dait une voix de baryton fort agréable, quoique 
manquant un peu d'accent et d'énergie sur la 
scène; son extrême embonpoint nuisait d'ailleurs 
beaucoup à l'effet dramatique, et il a dû, [ilus 
tard, renoncer au fhéâlre. 

M. le vicomte d'Arneiro, fils d'un père Por- 



D'AliXElRO 



23 



tugais el d'une mère Suédoise, est né à Macao, 
en Chine, le 22 no\einbie 1838. Après avoir fait 
et achevé ses études de droit à Coiinbre, il reprit 
avec ardeur, en 1839, les éludes musicales qu'il 
avait commencées à l'âge de huit ans : il appiit 
l'harmonie avec le professeur ]\Ianoel Joaquim 
tJolelho, artiste de l'orchestre du théâtre San- 
Carlos, de Lisbonne, étudia le contre-point et la 
fugue avec Vicente Schira, chef d'orchestre du 
même théâtre, et eut pour maître de piano j'ha- 
hile virtuose Antonio José Soares, maître de 
chapelle de l'ancien Séminaire patriarcal. Le."! es- 
sais de composition de M. d'Arneiro qui. datent 
de celte épo(iue sont très-nombreux, el consis- 
tent en pièces d'orchestre, entr'actes, morceaux, 
romances, duos, auxquels il faut ajouter une 
petite comédie : A Quesiâo do Oriente, jouée 
avec succès sur le théâtre Académique , une 
messe en sol majeur à quatre voix avec accom- 
pagnement d'orgue, et plusieurs autres mor- 
ceaux de musique religieuse. Lue partie de ces 
travaux, notamment ceux qui datent d'a|)rès 
1859, ont été enregistrés aux archives de la So- 
ciété des auteurs et compositeurs dramatiques 
de Paris. En mars 18G0, M. le vicomte d'Ar- 
neiro fit représenter au lliéi\tre San-Carlos un 
ballet fantastique en un acte et trois tableaux, in- 
titulé G?.'m, dont le scénario lui avait été fourni 
par M. Luigi Arcieri, et dont le principal lôle 
était fort bien tenu par M»' Lamarre. La mu- 
sique de cet ouvrage fut très-applaudie, el l'on y 
remarqua, outre des idées originales et en maint 
enilroit empreintes de poésie, ime facture soi- 
gnée et un sentiment délicat des effets d'orches- 
tre ; on jugea que c'était là, en somme, une œu- 
vre de mérite, et. l'on attendit l'auteur à d'autres 
épreuves plus décisives. 

Ce fut seulement en 1871 que le compositeur 
présenta son ouvrage le plus important, son 
grand Te Z>eum, exécuté dans l'église de St-Paul, 
à Lisbonne, lors de la fête de Notre-Dame de 
la Conception. Malheureusement, l'exécution en 
était confiée à une société d'amateurs, qui ne 
sut pas faire ressortir toute la valeur de la parti- 
tion, les difficultés de celle-ci étant d'ailleurs 
très-grandes, tant pour l'orchestre que pour les 
chœurs. Dos am.iteurs aussi étaient chargés des 
soli, et un seul d'entre eux, le lénor Gazul 
(alors premier Aiolon à l'orchestre du théâlre 
San-Carlos), se distingua. TaCS chœurs surfout 
furent très- faibles, car à Lisbonne, comme dans 
tout le Portugal, tout enseignement choral fait 
complètement défaut. L'orchestre, auquel étaient 
mêlés quelques artistes de celui de San-Carlos, 
se conduisit mieux. Plus lard, on reproduisit 
dans un concert de bienfaisance donné à San- 



Carlos (mai 1871) les pièces les plus iinporfanles 
de ce grand Te Deum. Je ne puis parler de celte 
seconde audition, n'y ayant pas assisté, mais j'ai 
entendu dire qu'elle avait été [ilus satisfaisante. 
Peu de temps après la première exécution, M. le 
\icomte d'Arneiro me fit la bonne gi Ace de me 
prêter .sa partition pour en rendre compte. Obligé 
de quitter Lisbonne à l'improviste, je ne pus 
alors m'acquitter de ma tSche ; mais je tiens à 
rendre justice , ici, à son œuvre si remarquable, 
et je n'exagérerai pas en disant que depuis Bon- 
tempo on n'a lien produit en Portugal d'aussi 
important que ce Te Deum. Après la mort de ce 
maître illustre , les musiciens portugais sem- 
blaient n'avoir d'autre préoccupalion que de ra- 
baisser de |)lus en (dus la musique d'église ; 
déjà, de son vivant, Casimiro et ses imitateurs 
avaient donné le coup de grâce à cet art admira- 
ble, et les canevas sur des thèmes d'opéras ita- 
liens, les soli aux variations de petite llùte, les 
duos, trios, etc., construits sur des thèmes de 
contredanse, faisaient les délices des amateurs de 
Lisboime. Chaque jour voyait naître de nou- 
veaux imitateurs de Casimiro , qui se moquaient 
à qui mieux mieux de Bontempo et de son 
style sévère. Après la mort de Casimiro lui- 
même on se tut, l'épuisement devint complet, 
manifeste; c'est ainsi qu'en Portugal on a pres- 
que oublié jusqu'à l'existence de la musique 
religieuse, tant nationale qu'éfran;:,ère. Je n'ai 
pas entendu les O'uvres de M. Miguel Angelo 
Pereira , de Porto, auteur de YEnrico (V. ce 
nom), qu'on dit très-sérieuses ; se sont les seules 
dont on ait parlé avant l'audilion du Te Deum 
de M. d'Arneiro. L'œuvre de celui ci, quoique 
mal exécutée, a fait sensation à Lisbonne, et 
l'on s'aperçut aussitôt qu'on avait affaire à un 
talent remarquable. L'élévation des idées, l'ex- 
pression profonde et énergique du dialogue vo- 
cal, la richesse de l'orchestre, c'est à-dire l'at- 
tention toute particulière accordée à chaque ins- 
trument et l'entente rare dans leur emploi, le 
caractère grandiose des chœui'S, tout cela pro- 
duisit à Lisbonne un elfet dont on ne sut pas 
d'abord se rendre compte. Les uns disaient que 
c'était de la musique dramatique, d'autres en 
parlaient comme d'une sorte d'oratorio, d'autres 
encore y trouvaient des éléments symphoni- 
ques. Le faites! que le Je Dnim de M. d'Arneiro 
touche à tous ces genres divers, par le caractère 
des morceaux dont il se compose ; on peut repro- 
cher à lœuvre de manquer d'unité dans le style, 
on peut dire à l'auteur que son éclectisme lui a fait 
adopter et employer des procédés opposés entre 
eux, par exemple ceux de l'école allemande pour 
les chii'urs, ceux de l'école française (Halévy, 



24 



D'ARNEIRO — ARNOULD 



Gotinod) pour l'oicliestre, enfin ceux de l'école 
italienne pour le caractère des morceaux concer- 
tants, et que tout cela nuit à l'ensemble de la 
composition. Peut-être est-ce pour cela que 
M. d'Arneiro a changé le titre de son œuvre lors- 
qu'il l'a fait exécuter à Paris, et qu'il a; baptisé 
alors son Te Deum Aa nom A& symphonie-can- 
tate, titre qui en définissait mieux le caractère et 
la portée. L'œuvre de M. d'Arneiro fut très-bien 
reçue à Paris, et la critique lui fit un excellent 
accueil. MM. Oscar Comettant, Victorin Jon- 
cières, de Thémines, Gustave Bertrand et bien 
d'autres en rendirent compte d'une manière 
très-flatteuse ; quelques journaux anglais, alle- 
mands et italiens s'en occupèrent aussi. Leur 
opinion fut !a même'; on en parla comme dune 
composition très-remarquable, qui dénote des 
qualités précieuses chez l'auteur. Cependant 
M. le comte d'Arneiro n'est pas encore par- 
venu à s'assimiler les qualités de ses modèles à 
ce point qu'il ait pu produire une œuvre d'un 
style original, à lui. D'ailleurs on fera bien d'at- 
tendre que le compositeur nous ait appris, dans 
une seconde symphonie-cantate, ce qu'il en- 
tend par ce nouveau genre, quelle est son es- 
thétique musicale à ce sujet, s'il a en vue de 
créer une forme nouvelle ou s'il reviendra tout 
bonnement à la forme traditionnelle du Te Deum. 
Le programme de l'exécution faite à Paris repro- 
duisait les morceaux suivants : t"^' partie: Te 
Deum, Tibi Omnes, Tibi Chérubin, Te Glorio- 
sus; 2" partie : Pat rem immensx mojestatis, 
Tu ad liberandum. Index creder'is ; 3* partie : 
Salvum fac populum, Pcr singulos dies, Di- 
gnare Domine, Miserere, In te Domine spe- 
ravi. Les soli étaient confiés à M"" Mélanie 
Reboux, M"" Amanda Hoimberg, MM. Miguel et 
Léon Lafont ; les chœurs étaient conduits par 
M. Léon Martin, et l'orchestre était placé sous la 
direction de M. Danbé, chef d'orchestre des con- 
certs du Grand-Hôtel. L'exécution fut bonne de 
la part des chœurs et de l'orchestre, mais les 
soli, dit-on, laissèrent parfois beaucoup à désirer. 
Retourné en Portugal, M. d'Arneiro se remit au 
travail ; un Scherzo en 7ni bémol, une Polonaise 
de concert, un Recueil de morceaux caractéristi- 
ques : Refrains du Printemps, et un opéra 
semi-sérieux, EUsire di giovinezza, sont les 
fruits de ses derniers travaux. Ce dernier ou- 
vrage, qui est en 4 actes, et dont les paroles 
ont été écrites par M. Jean-Jacques Magne, a été 
mis à l'étude au théâtre San-Carlos, où il doit 
être bientôt chanté parM™^ VitalietMM. Corsi, 
Rota, Vidal et Rellini (1). J. de V. 

(1) Cet ouvrage vient d'ctre représenté (mars i87fi) an 
théâtre San Carlos. — A. P. 



ARNOLD (YouryYON), compositeur et 
écrivain sur la musique, est né à Saint-Péters- 
bourg le 1*"^ novembre 1811. Ses parents, qui le 
destinaient à la carrière diplomatique, lui firent 
faire son droit, mais il ne tarda pas à quitter 
cette carrière pour l'état militaire. Entré comme 
porte-enseigne dans un régiment de cuirassiers, 
il fit en 1831 la campagne de Pologne. Décoré de 
l'ordre de Saint-Georges et promu au grade d'of- 
ficier, il se retira du service en 1838 afin de s'a- 
donner exclusivement à l'étude de la musique, 
pour laquelle il avait un penchant qui datait de 
ses premières années. Après avoir travaillé quel- 
que temps avec Jean-Léopold Fuchs, il se sentit 
assez fort pour aborder la composition d'un 
opéra russe : la Bohémienne. En 1859, il rem- 
porta le prix dans un concours ouvert par la 
Société philharmonique de Saint-Pétersbourg 
pour la composition de Swsctlana, grande bal- 
lade de Schukovvsky. A dater de ce moment, 
Youry von Arnold produisit assez rapidement 
trois opéras russes et plusieurs petites composi- 
tions au nombre desquelles il faut compter quel- 
ques chœurs à quatre voix et environ cent vingt 
lieder. Il a fait aussi à Saint-Pétersbourg et à 
Moscou plusieurs conférences sur l'histoire de 'a 
nuisique et sur la théorie musicale, qu'il a pu- 
bliées. En 1863 il vint s'établir à Leipzig, où il 
fonda un journal de musique intitulé : Allge- 
meine neve Zeitschrift fur Theater und Musik 
{Souvelle gazette générale pour le théâtre et 
la musique), dont les tendances ultra-progres- 
sistes ne trouvèrent qu'un écho bien faible dans 
le public. Il publia vers la même époque plusieurs 
écrits sur la musique. Depuis 1870, Youry von 
Arnold est retourné dans sa patrie, ayant été 
nommé au conservatoire de Moscou professeur 
de la théorie du chant. 

Y. 

* ARA'OULD ( Madei.xine-Sopuie ) , chan- 
teuse célèbre, est morte, non en 1803, comme il 
a été dit par erreur, mais le 22 octobre 1802. 
Deux écrits ont été publiés sur elle : 1° Arnol- 
diana, ou Sophie Arnould et ses contempo- 
rains, recueil choisi d'anecdotes piquantes, de 
reparties et de bons mots de M'ic Arnould, pré- 
cédé d'une notice sur sa vie et sur l'Académie 
impériale de musique, par l'auteur du liiévriana 
(Paris, Gérard, 1813, in-12 avec portrait); 2° So- 
phie Arnould, d'après sa correspondance et ses 
Mémoires inédits, par MM. Edmond et Jules de 
Concourt (Paris, Poulet-Mahssis, 1857, in-12). 
Sophie Arnould a été mise deux fois en scène 
par les vaudevillistes, dans deux pièces, chacune 
en 3 ai tes, qui portaient son nom : l'une, de 
Barré, Radet et Desfontaines, jouée au Vaude- 



ARNOULD — ARRIETA 



25 



ville en 1805 ; l'autre, de MM. de Leuven, de 
Forges et Dnmanoir, donnée au Palais-Royal en 
1833. Dans la première, Sopliie était personni- 
fiée par l'aimable M"" Belmont, qui fit peu d'an- 
nées après les beaux jours de l'Opéra-Comique; 
c'est M"e Déjazet qui la représentait dans la se- 
conde, 

ARQUIiMBAU (Domingo), compositeur es- 
pagnol , a joui dans sa patrie d'une certaine re- 
nommée. On ignore également et la date de sa 
naissance et celle de sa mort : on sait seulement 
qu'après avoir été maître de chapelle de la ca- 
thédrale de Gérone, il remplissait, en 1823, les 
mêmes fonctiqns à celle de Séville. Ayant envoyé 
une de ses compositions à l'Académie des Phil- 
harmoniques de Bologne , cette compagnie s'en 
montra tiès-satisfaite et l'admit au nombre de 
ses membres. 

*ARRESTI (Floruno), et non Aresti,é[ai'\t 
fils de Jules-César Arresti. Sa naissance remonte 
plus haut que la fin du dix-septième siècle, car 
dès 1684 il était reçu membre de l'Académie des 
Philharmoniques de Bologne, dont il devint 
prince en 1715. Comme organiste, il avait été 
élève de Bernardo Pasquini, et fit lui-même 
d'excellents disciples. 

*ARR1AGA Y BALZOLA (Juan Crisos- 
tomo-Jacobo- Antonio), musicien espagnol, na- 
quit à Bilbao le 27 janvier 1806. Je rétablis ici 
d'une façon précise les noms, prénoms et date 
de naissance de cet artiste intéressant, d'après 
M- Baltazar Saldoni {Efemerides de musicos 
espanoles), qui a eu sous les yeux son acte de 
baptême. 

*ARRIETA (D. Jian-Emilio), l'un descom- 
positeurs dramatiques les plus actifs et les plus 
estimés de l'Espagne contemporaine, est né à 
Puenfe la Reina, dans la Navarre, le 21 octobre 
1823. Il alla faire son éducation musicale en Ita- 
lie, partit pour ce pays en 1838, fut admis au 
Conservatoire de Milan le 3 janvier 1842, et de- 
vint dans cet établissement, où il eut pour con- 
disciple M. Antonio Cagnoni, l'élève de Vaccaj 
pour la composition. Étant sorti du Conservatoire 
après un peu moins de quatre ans d'études, le 
3 septembre 1845, M. Arrieta eut la chance de 
faire représenter sur un théâtre secondaire de 
Milan son premier ouvrage dramatique, Ilde- 
gonda, opéra semi-sérieux qui , s'il ne réussit 
que médiocrement, donnait cependant de l'espoir 
pour l'avenir du jeune compositeur. 

Dès les premiers jours de l'année 1848, à la 
première approche des événements politiques 
qui troublèrent si profondément l'Italie à cette 
époque, M. Arrieta revint dans sa patrie. Il son- 
gea tout d'abord à y reprendre sa carrière de 



compositeur dramatique, aussitôt interrompue 
que commencée, et il écrivit la musique d'un 
grand opéra espagnol en trois actes, Isabelle In 
Catholique, ou la Conquête de Grenade, qui 
fut joué avec succès en 1850, et repris en 1855. 
On était alors à l'époque où un certain nombre 
de jeunes écrivains et de jeunes musiciens, réu- 
nissant leurs efforts pour une action commune, 
avaient formé le projet de faire revivre et re- 
fleurir la zarzuela, ou opéra-comique espagnol. 
M. Arrieta vint se joindre à ce petit groupe en- 
treprenant, actif et intelligent, dans lequel se 
trouvaient déjà MM. Olona, Barbieri et Gaz- 
tambide, et, grâce à l'initiative et au zèle de ces 
jeunes artistes, le genre de la zarzuela, qui peut 
être considéré comme un produit national, prit 
un essor surprenant. Pour sa part, M. Arrieta a 
écrit, depuis 1852 jusqu'à ce jour, environ qua- 
rante ouvrages de ce genre, qui se font, dit-on, 
remarquer par la jeunesse, la vivacité, la gaieté, 
la véhémence et des qualités tout à fait parti- 
culières, et dont quelques-uns, el Domino azul, 
la Estrella de Madrid, Marina, el Gnimeie, 
ont obtenu des succès retentissants et prolongés. 
Voici, d'ailleurs, la liste des productions dra- 
matiques de M. Arrieta, liste que je crois assez 
près d'être complète : 1" Ildegonda, opéra ita- 
lien, Milan, vers 1847; 2° Isabel la Catùlica, 
6 sea la Conquista de Granada, grand opéra 
espagnol, Madrid, 1850; 3° el Domino azul, 3 
actes, 19 février 1853 ; 4° el Grumete, un acte, 
17 juin 1853; 5" la Vuelta del Corsario (suite 
et seconde partie à'el Grumete), I acte ; 6° Ma- 
rina, 2 actes, 21 septembre 1855; 7" la Es- 
trella de Madrid, 3 actes ; 8° De tal palo tal 
astilla, 1 acte; 9° el Hombre /"eZ/s (monologue) ; 
10" el Sonàmbulo, 1 acte, il octobre 1856; 11° 
Guerra d muer te, 1 acte; \2° la Dama del 
Rey, 1 acte; 13° Un Aijo para el niùo, 1 acte; 
14° 1864 y 1865, 1 acte; 15° A Cadena perpé- 
tua, 2 actes ; 16° cZ Conjura, un acte (en so- 
ciété avec M. Lopez de Ayala), 24 novembre 
1866; 17" Un sarao y una soirée, 2 actes, 12 
décembre 1866; 18° Quien manda, manda, 2 
actes ; 19° Llamada y tropa, 2 actes; 20° Azon 
Visconti, 3 actes; 21° Cadenas de Oro, 3 ac- 
tes ; 22° Dos Coronas, 3 actes ; 23° eZ CaxUivo en 
Argel, 3 actes ; 24° el Capitan negrero, 3 actes; 
25° el Agente de mairimonios, 3 actes; 26° el 
Caudillo de Baza, 3 actes; 27" el Planeta Ve- 
nus, 3ades; 28° el Toque de Animas, S actes; 29° 
la Insula Barataria, 3 actes; 30° la Carceria 
real, 3 actes ; 31° Zct Sxiegra del Diablo, 3 actes, 
23 mars 1867 ; 32° la Tabernera de Londres, 
3 actes; 33° las Circasianos, 3 actes; 34° un 
Trono y un Desengono, 3 actes; 35° el Molin 



26 



ARRIEÏA — ARTOT 



contra Esquilache, 3 actes. A tout cela il faut 
ajouter une cantate pour rinauguralion du tlirà- 
tre de la Zarzuela, qui eut lieu le 11 octobre 
185C, une pari de collaboration dans le prologue 
d'ouverture de ce tliéàtre, la Zarztida, donné 
le même jour, et une Cantate à liossini, exécu- 
tée en 18C4. — Professeur de composition au 
Conservatoire de Madrid depuis le 14 déceiidire 
1857, conseiller d'instruction publique depuis le 
mois de novembre 1875, époque où M. Hilarion 
P^slava donna sa démission de cette charge, 
M. Arrieta est aujourd'hui directeur du Conser- 
vatoire. 

ARRIGO (Giuseppe), organiste et composi- 
teur, est né à Mede, dans la Lomelline, le 9 sep- 
tembre 1838. Klève de Domenico Cagnoni, puis 
de Carlo Coccia, et enfin de M. Raimondo Bou- 
cheron, il devint, à la suite d'un concours, or- 
ganiste de la petite ville de Bardi, dans l'iimilie, 
position qu'il échangea plus tard contre celle de 
directeur <le l'école musicale de Cassine, qu'il 
occupe encore aujourd'hui. M. .\rrigo a fondé 
avec Giuseppe de Paoli et dirige seul mainte- 
nant un grand recueil de musique sacrée pour 
orgue qui, sous le litre de A7'pa Dnvidiça, est 
publié depuis 18G9 à Milan par l'éditeur Vis- 
mara, et qid a été l'objet d'appréciations élo- 
gicusesdela i>art des critiques italiens. Ce recueil, 
(jui contient quelques pages estimables, est ce- 
pendant médiocre au point de vue général, et 
les morceaux qui le composent sont loin d'at- 
teindre ce qu'on peut considérer comme l'idéal 
de la bonne musicjue d'orgue. M. Arrigo, à cpii 
l'on doit aussi une brochure assez insignifiante 
sur l'orgue et la musique sacrée, n'a pu réussir 
encore à faire représenter un opéra bouffe, qu'il 
a écrit sous le titre de Don Stazio. 

ARROIVGE (Anoi.i'ui:), compositeur de mu- 
sique, né le 8 mars 1838 à Hiimbourg, est l'au- 
teur d'un gr.md nombre d'opéras-comiques et 
d'opérettes au nombre desquelles on cite : Das 
Gespenst (le l'antôme), et Der Zireile Jacob 
(le Deuxième Jacob). Depuis 1868 il semble avoir 
abandonné la carrière de compositeur draina- 
tiqu<\ et s'être adonné plus spécialement à l'en- 
seignement du chant. Y. 

ARTOT (M.uiîi(;i;MOMAGNi:V,dit), né à 
Gray (Haute-Saône) le 3 février 1772, servit sous 
la République française comme nuisicien et chef 
de musique, puis vint à Bruxelles comme pre- 
mier cor au théâtre de la Monnaie, place qu'il 
occupa pendant vingt ans; il fut aussi maître 
de musique à l'église du Béguinage, professeur 
de chant, de guitare et de violon, instrument 
sur lequel il excellait ; il était surtout parfait 
musicien. En 1811, lors du passage de Napo- 



léon 1*^' et de Marie-Louise à Bruxelles, il se fil 
entendre dans un concert donné à Laéken à cette 
occasion, et l'empereur le nomma premier cor. 
Il était marié à Thérèse-Ève Ries, fille d'A- 
dam Ries, maître de chapelle du Dôme de Co- 
logne, et cousine du célèbre compositeur l'erdi- 
nand Ries. 11 est mort à Bruxelles le 8 janvier 
1329. F. D. 

ARTOT (Jevn-Dksiîié M0NT.\GNEY, dil), 
né à Paris le 1er vendémiaire de l'an XII «le la 
République (■?3 septembre 1803), fils de Maurice 
Arlot, commença à l'âge de six ans son éducation 
musicale sous la direction de son père, qui lui 
enseigna le chant et le violon, et qui, lorsqu'il 
eut atteint sa onzième année, lui donna ses 
premières leçons de cor ; il fit de rn|)ides pro- 
grès sur cet instrument, et en 1819 entra 
comme premier cor au SI»" régiment suisse, sous 
la direction de l'hab le chef de uuisique Jacques 
Bender. En 1823, il cuira à l'orchestre du théâ- 
tre royal de Bruxelles, et en 1829, à la mort de 
son père, il fut nommé premier cor de la musi- 
que particulière de S. M. le roi des Pays-Bas. 
En 18!2, Valenlin Bender l'engagea comme 
premier cor et sous-chef de musique au régi- 
ment des guides, qu'il quitta en 1835 pour voya- 
ger en Allemagne et en France. Revenu en Bel- 
gi(iue, il rentra au théâtre de la Monnaie et au 
régiment des guides, d'où il prit définitivement 
son congé en 1852. 

En 1813, il fut nommé professeur de cor au 
Conservatoire royal de musique de Bruxelles. 
Le 24 mars 1849, S. M. le roi Léopold l'' le 
nomma premier cor .solo de sa musique paiti- 
culière. Le 29 novembre 1873, il fut mis à la 
pension après trente ans de professorat. 

Artot s'e.'ît fait connaître comme compositeur 
pour son instrument , et voici la liste de ses 
(cuvres publiées : 1° Six fantaisies concertantes 
pour cor chromatique , avec accompagnement 
de piano (Bruxelles, Katto)-, 2" 48 études adop- 
tées comme exercices par les Conservatoires et 
écoles dcmusique de Belgique (Bruxelles, Scholt); 
3" 18 mélodies pour cor ou \ioloncelle, avec 
accompagnement.de piano [al., id.); 4° 12 qua- 
tuors pour cors chrqmafiq'ies ou cornets à pis- 
tons (irf., iil.); 5° 12 trios et 12 quatuors pour 
les mêmes instruments {Ut., id.). 

F. D. 

ARTOT (Cnvni.ES Henri-Napoi.éon MOX- 
TAGNEY, dit), frère du précédent, né le 12 
avril 1810 à Bruxelles, est mort en celte] ville 
le 4 mai 1854. Il s'était fait une réputation 
comme tind^alier au théâtre de la Monnaie et 
était excellent pianiste et organiste. 

Une sœur de cet artiste et du précédent s'est 



ARÏOT — ASGHER 



27 



distinguée comme cantatrice en Delgiqup, en 
France, en Allemagne et en Angleterre, oii elle a 
donné des concerts en société avec ses trois 
frères Alexandre, Charles et Désiré. Elle est 
morle, jeune encore, à Bngnères de Luclion. 

F. 1). 

*ARTOT (Alexandre- Joseph MONTA- 
GNEY, dit), violoniste extrêmement remarqua- 
ble, naquit à Bruxelles, non le 4 lévrier, mais 
le 25 janvier 1815. Ce n'est pdint la croix de 
la Légion d'honneur qu'il reçut (lo janvier 1845), 
mais celle de l'ordre belge de Léopold (t). 

F. D. 

ARTOT (Maucuerite - Josépuine- DÉsinià: 
MONTAGNEY, dite), cantatrice distinguée, fille 
de M. Désiré Arlot, ancien professeur de cor au 
conservaloire de Bruxelles, et nièce du fameux 
violoniste belge Joseph-Alexandre Artot , naquit 
à Paris, le 21 juillet 1835, pendant un voyage de 
ses parents en cette ville. L'éducation musicale 
de M'"^ Artol fut commencée de bonne heure dans 
sa famille, mais sa voix ne se forma et ne se ca- 
ractérisa qu'assez tardivement. Devenue élève 
de M'"" Viardot, elle resia pendant deux an- 
nées sous la direction de celte grande artiste, 
et se fit entendre vers 1857, à Bruxelles, dans 
quelques concerts oii elle fit sensation. Proté- 
gée par iMeyerbeer, à qui M"" Yiardot l'avait 
fait connaître, elle fut engagée à Paris, par la 
direction de l'Opéra, et débula à ce théâtre, 
au commencement de 1858, dans le rôle de Fi- 
dès, du Prophète. Sa belle voix de rnezzo-so- 
prano, puissante et corsée, ses accents pas- 
sionnés, son talent déjà réel de cantatrice, liu 
firent obtenir du public parisien un accueil |)ar- 
ticulièrement favorable. Cependant, les tiraille- 
ments qui se produisent volontiers sur notie 
première scène lyrique à l'arrivée d'un nouveau 
sujet décidèrent M'''' Artot à quitter rO|)éra 
au bout de peu de temps, après y avoir chanté 
plusieurs rôles du répertoire, et elle songea à 
embrasser la carrière italienne. Avant de réa- 
liser ce ])rojet, toutefois, elle alla donner dans 
diverses villes de province, à Tîordeaux, à Lyon, 
à Orléans, à Montpellier, puis en Belgique, à 
Bruxelles, à Anvers, à Liège, à Gand, des re- 
présentations qui excitèrent l'enthou-siasme. Elle 
se fit entendre aussi en Hollande, à Amsterdam, 
et enfin partit pour l'Italie, pour s'y perfection- 
ner dans le chant italien. 

C'est alors qu'elle fut engagée pour Berlin, et 
que commença pour la jeune artiste une carrière 

(i) On a VII, par ces'trois nnlicps, que i? nom véritable 
do la famille Arlot est Montagnoj, et non VoutcKinij, 
comme il a été Imprime par erreur dans la llioijrdiihie 
7iniiersrlle des Miisii'iciis. 



pleine de succès éclafaiilset de véritables triom- 
phes. Après cinq ou six années passées à Ber- 
lin, où elle chanta tour à tour en italien et en al- 
lemand, elle se fit entendre dans presque toutes 
les grandes villes d'Allemagne, puis à Pesth, à 
Copenhague, à I.,ondres, sur les deux théâtres 
de Covenl Garden et de HayMarkel, et enfin à 
Yarsovie , à Sl-P( tershourg et à Moscou , oii 
peut-être elle a obtenu ses plus grands succès. 
Dans le cours de ses voyages, M"*^ Artot, qui ne 
cessait de travailler et d'acquérir, sut donner 
plus d'ampleur encore à sa voix et plus d'éten- 
due, et, tout en conservant intactes ses belles^ 
notes du ii;édiuui et du regi.stre grave, lui faire 
atteindre dans le haut plusieurs sons aigus qui 
lui permirent d'aborder des lôles tels que ceux 
de Yalentine des Huguenots et de Rachel ^\e■la 
Juive, créés naguère par M»'' Falcon et dans 
lesquels ses facultés passionnées pouvaient se 
donner librement carrière. 

L'existence artistique de M"' Artot a été des 
plus brillantes, et cette cantatrice remarquable 
n'a cessé jusqu'à ce jour de recevoir et <le mé- 
riter les faveurs du public. En 1809, elle a 
épousé M. Padilla, chanteur espagnol voué, 
comme elle, au chant italien, et qui ne manque 
ni de mérite ni de distinction. 

AS.\i\TSCHK\VSKY (Micueld'), com^ 
positeur russe, est né à Moscou en 1838. Il a 
séjourné pemlant quelque temps à Leipzig, 
où il a terminé ses études musicales .sous la di- 
rection de Hauptmann et de Uichfer. En 1806 
il vint à Paris, où il fil l'acquisition de la bi- 
bliothèque d'Anders , collection qu'il joignit à 
la sienne, déjà très- nombreuse, pour l'offrir au 
Conservatoire de St-Pétersbourg, dont il venait 
d'être nommé le directeur, en remplacement 
d'Antoine Rubinslein. 

M.d'Asantschevvsky a écrit pour le piano, pour 
le quatuor et pour l'orchestre plusieurs com- 
positions estimées, Y. 

*ASCHER (Joseph), pianiste et compositeur, 
est mort à Londres en juin ou juillet 1809, à 
la suite d'une maladie qui avait complètement 
dérangé ses facultés mentales. Élève de Mendels- 
sohn et de Moschelès, ami de Thalberg, Ascher 
s'était lance dans la voie ouverte par ce der- 
nier, et, avec un talent moins complet, mais 
brillant et léger, il avait conquis une véritable 
réputation. Ses compositions, dont le nombre 
dépasse une centaine, furent un moment très- 
recherchées, et l'on citait surtout : les Commè- 
res , les Cloches ilu vitlaje , Marche de la 
Reine, Sérénade vénitienne, Belle de nui!.,, 
les Cont cm plut ions , Rapsodie polonaise , 
Chants de V Ukraine, le Sourire, la Fileuse 



28 



ASCHER — AUBER 



la Prisç de voile, les Hirotidelles, les Gouttes 
d'eau, Danse espagnole. Dans ma barque, le 
Papillon, etc., etc. 

ASIOLI (F ) , compositeur italien, a 

fait représenter -sur le théâtre de la Scala, de 
Milan, le 10 février 1859, un opéra sérieux inti- 
tulé Maria de' Ricci. J'ignore si cet artiste est 
un descendant du fameux compositeur et tliéo- 
ricien Bonifazio Asioli. 

*ASPA (Mario). Ce compositeur n'a pas 
écrit et fait représenter moins de quarante-deux 
opéras. Il m'a été malheureusement impossible 
d'en dresser la liste complète , car beaucoup 
déjà sont oubliés, et le seul qui soit resté vrai- 
ment populaire et qui se maintienne au réper- 
toire des théâtres d'Italie est celui qui a pour 
titre : il Murât are di Napoli. Je n'en connais 
que quatre parmi ceux qui n'ont pas été men- 
tionnés dans la Biographie universelle des 
Musiciens : Emo , Margherila d'Aragona, 
Gustavo Wasa, et Piero di Calais. 

*ASTAR1TA (Janvier). Ce compositeur a 
fait représenter les trois opéras suivants, qui 
manquent à la liste de ses œuvres : 1° Vlsola 
disabdata; T le Cinesi ; Z" l'Imprésario in 
scompiglio, farsa en un acte. Cette dernière a 
été donnée au théâtre de la Canobbiana, de Mi- 
lan, en 1791. 

* ATYS ou ATIS ( ). On doit à cet ar- 
tiste la publication suivante, qui n'est point la 
première, puisqu'elle i)orte le n° 5 comme chif- 
fre d'oeuvre -. Clef facile et méthodique pour 
apprendre en peu de temps à battre la me- 
sure, à distinguer les modulations, à préluder 
et àphraser la musique, par le moyen de la 
ponctuation grammaticale et typographique-, 
ouvrage utile et intéressant pour les commen- 
çants, suivi de 6 petites sonates méthodiques, 
servant d'exemples pour l'intelligence et la 
pratique de cette méthode { Paris, l'auteur). 
Cet ouvrage fut publié en 1763, et le Mercure 
de France, en l'annonçant, reproduisit l'intro- 
duction placée en tête par l'auteur. Atys a en- 
core publié une Première Suite de menuets en 
symphonies ^ à sept parties, y compris vn 
basson obligé ou violoncelle, qui ont été exé- 
cutés à la Comédie-Italienne. 

AUBE (Paul), compositeur amateur, a fait 
représenter sur le grand théâtre de Toulon, au 
mois de janvier 1875, un grand opéra en 4 ac- 
tes, intitulé Gheysa. 

*AUBER (Dahiel-Frasçois Esprit) , est 
mort à Paris, le 12 mai 187 1, au plus fort de 
l'épouvantable guerre civile qui désolait alors la 
capitale de la France. Il était âgé de 89 ans, 
étant né à Caen le 29 janvier 1782, ainsi que le 



prouve son acte de baptême, publié pour la pre- 
mière fois en 1873. C'est M. V. Legentil, qui, 
dans un rapport adressé à la Société des Beaux- 
Arts de Caen et inséré dans le Bulletin de 
cette société, a le premier rendu public ce do- 
cument, dont voici l'exacte reproduction : 

« L'an mil sept cent quatre-vingt-deux , le 
mercredi 30 janvier, nous, curé soussigné, avons 
baptisé un fils né d'hier du légitime mariage 
de Jean-Baptiste -Daniel Aiiber, officier des 
chasses du roi, et de Françoise- Adélaïde-Esprit 
Vincent, demeurante Paris, aux petites écuries 
du Roi, faubourg Saint-Denis, à Paris, paroisse 
Saint-Laurent, lequel a été nommé Daniel-Fran- 
çois-Esprit par Daniel Auber, peintre du Roi, 
assisté de Françoise-Sophie -Vincent, ledit" par- 
rain représenté par J.-B. Normand, et ladite 
marraine par Marie Duclos, qui ont conjointe- 
ment signé avec nous. 

« Desbordeaux, 

" curé de Saint-Julien. » 

Vn renseignement important, contenu dans 
l'acte qui précède, est celui qui nous fait savoir 
que le père d'Auber, à l'époque de la naissance 
(le son fils, était officier des chasses du roi , et 
non point marchand d'estampes, comme on l'a 
dit; il ne le devint donc que plus tard, et sans 
doute lorsque la Révolution lui eut fait perdre 
son emploi. Ce qu'on ignorait encore, c'est que 
le père d'Auber était peintre. J'en ai trouvé la 
preuve dans le livret de 1808 de îa Société aca- 
démique des Enfants d'Apollon, qui, dans la 
liste de ses membres, porte ces deux mentions : 
« Auber père, amateur de cbant et de violon, 
peintre, reçu en 1784; » et « Auber fils, com- 
positeur, reçu en 1806. » Ceci nous apprend 
en outre que, .si Auber ne s'est produit que fort 
tard au théâtre, il n'en fut pas moins musicien 
de bonne heure, puisqu'il prenait la qualifica- 
tion de compositeur, et se faisait recevoir à ce 
titre dans une société artistique. D'autre part, 
on peut affirmer que l'aïeul d'Auber était, dans 
un autre genre, un artiste de talent. Dans la 
Notice du mobilier dépendant de la succes- 
sion de M. Auber, notice qui a servi à la vente 
effectuée le 26 juillet 1871, on voit inscrits trois 
objets d'art importants : 1" bas-relief en bois 
sculpté, bouquet de fleurs dans un vase, signé : 
Auber fecit, Mil; 2" petit bas-relief en bois 
finement sculpté, représentant des fleurs et des 
attributs de jardinage, exécuté par le même; 
3° très-.beau baromètre en bois finement sculpté et 
doré, à feuillages de laurier, guirlandes de fleurs 
et médaillon, exécuté par le même. La Aotice, 



AUBER 



29 



évidemment bien informée, ajoute : « Ces trois 
objets, d'un rare mérite d'exécution, sont de 
l'aïeul paternel de M. Auber. » Enfin, l'acte de 
baptême du maître mentionne, comme parrain 
de l'enfant, Daniel Auber, « peintre du roi. « 
Qu'était celui-ci ? Sans doute un frère de son 
père, c'est-à-dire un oncle à lui. Quoi qu il en 
soit, on voit que si Auber ne naquit point dans 
un milieu musical, il appartenait du moins à 
une véritable famille d'artistes, et que ses pre- 
mières années durent s'écouler dans une inces- 
sante communion intellectuelle. 

Je n'entreprendrai pas ici de tracer une ca- 
ractéristique du génie d'Auber; un tel travail 
excéderait de beaucoup les bornes que je dois 
donner à cette notice complémentaire. Je m'en 
tiendrai à quelques réflexions, et ferai remar- 
quer tout d'abord que l'oeuvre du maître sembi» 
se diviser en quatre parties principales, cor- 
respondant chacune à quatre périodes distinctes 
de sa manière. La première , s'étendant depuis 
le Séjour militaire jusqu'h la ISeige (je passe 
sous silence Vendôme en Espagne et les Trois 
genres, œuvres de commande et de circonstance 
écrites en collaboration, et sans valeur person- 
nelle), comprend les œuvres de jeunesse, les pre- 
miers essais, qui ne faisaient qu'indiquer et don- 
ner le pressentiment d'une individualité future ; 
avec le Concert à la cour, Léocadie, le Ma- 
çon, Auber est entré en pleine possession de 
lui-même, et celte seconde partie de sa carrière 
se clôt par le succès éclatant, légitime et incon- 
testé de la Muette, son début à l'Opéra, coup 
d'essai qui put, ou jamais, passer pour un coup 
de maître (il faut remarquer que la Muette est 
la première œuvre importante et vigoureuse qui 
vint après la Vestale et Fernand Cortez, et 
qu'elle précéda Guillaume Tell , Roberl-le- 
Diable et la Juive) ; viennent ensuite , avec 
quelques autres productions moins heureuses, 
quoique fort honorables, à l'Opéra, les vrais 
chefs-d'œuvre d'Auber dans le genre de l'o- 
péra-comique, la Fiancée, Fra Diavolo, Les- 
tocq, le Cheval de bronze, le Domino noir, 
Zaneita, dans lesquels le génie du maître a ac- 
quis toute sa grâce, toute sa souplesse, tout son 
charme séduisant ; enfin, avec les Diamants de 
la couronne, il entre dans une voie nouvelle, 
agrandit ce genre aimé par lui, et lui donne une 
ampleur de forme, une grandeur de conception 
dramatique, une puissance instrumentale en rap- 
port avec les progrès introduits et réalisés dans 
le grand drame lyrique ; à cette période ap- 
partiennent la Part du Diable, la Sirène et 
Haydée, l'une de ses œuvres les plus parfaites. 
Quant à ses dernières productions, celles-là, il 



faut bien le dire, ne sont plus dignes de lui, et 
n'a|)partiennent à aucun classement. Il y a en- 
core de jolies pages dans Manon Lescaut, dans 
la Circassienneet même dans le Premier jour 
de bonheur, mais la Fiancée du roi de Garbe 
et /iêves d'amour ne sont autre chose que les 
produits de la sénilité. 

Quoi qu'il en soit, et quelle que puisse être 
la valeur des réserves que l'on peut faire au 
sujet de l'influence exercée par Auber sur l'é- 
cole française pendant près d'un demi- siècle, on 
ne peut nier que ce musicien extrêmement re- 
marquable et si essentiellement français ne 
tienne une place d'honneur dans les annales de 
l'art national. A une fécondité rare, à une va- 
riété d'accents que quelques-uns ont vainement 
essayé de méconnaître, à un respect incontes- 
table et trop peu commun de la langue dont il 
s'est servi pendant tani d'années, il joignait des 
qualités toutes personnelles et assez brillantes 
pour que celui qui les possédait occupe une 
place distinguée dans l'histoire de l'art. Cette 
place lui sera faite, on n'en saurait douter, et 
elle sera tout à l'honneur de- la France, qu'il a 
illustrée. 

Le répertoire d'Auber doit se compléter par 
les ouvrages suivants : 1° Cantate exécutée à 
Pau pour la fête d'inauguration de la statue 
d'Henri IV (1); 2° les Premiers Pas, prologue 
d'inauguration de l'Opéra National (en société 
avec Adam, Carafa et Halévy), 15 novembre 
1847 ; 3° Cantate en l'honneur de l'armée. Opéra, 
12 janvier 1856-, tt° Marco Spada, ballet en 3 
actes et 5 tableaux, Opéra, 1" avril 1857 ; b° le 
Cheval de Bronze, opéra-ballet en 4 actes (ani - 
plification de l'ouvrage donné sous le même titre 
à l'Opéra-Comique), Opéra, 21 septembre 1857 ; 
6" Magenta, cantate. Opéra, 6 juin 1859; 7° la 
Circassienne, 3 actes, Opéra-Comique, 2 février 
1861 ; 8" la Fiancée du roi de Garbe, Opéra- 
Comique, 11 janvier 18G4 ; 9° le Premier jour 
de bonheur, Opéra-Comique, 15 février 1868; 
10° Rêves d'amour, 3 actes, Opéra-Comique, 
20 décembre 1869. 

On a publié sur Auber un certain nombre d'é- 
crits. En voici la liste : 1° Auber (Paris, librai- 
rie universelle, 1841, in-16, avec portrait), no- 

(1) Cette composition est restée Jusqu'ici absolument 
ignorée, et je n'en al retrouvé la trace que dans une 
collection de programmes des concerts et sprctacles 
donnés à la cour, dans les différentes résidences royales, 
de 1840 à 1817. 1,'un de ces programmes, i la date du is 
noverobie 1843. mentionnait celte cantate, dont l'exécu- 
tion à Pau était récente sans doute, et dont les paroles 
avalent été écrites par M. LIadères, officier d'ordonnance 
du roi Louis- Phllippp, auteur dramatique, et naiif de 
cette ville. 



30 



AUBER — AUBHY 



tke comprise dans une série biographique ainsi 
iulilulée : Écrivains et artistes vivants, fran- 
çais et étrangers , et qui avait pour auteurs 
MM. Xavier Eyma et Arliiur deLucj ; a^J»/. Aîc- 
6er (Paris, 1842, in-lG, avec portrait), notice qui 
fait partie de la collection biographique publiée 
sous ce titre : « Galerie des contemporains 
illustres, par un homme tle rien, w et dont l'au- 
teur était M. Louis de Loménie; 3° Auber, par 
Eugène de Mirecourt (Paris, Havard, 1857, 
in- 18 avec portrait); 4" D.-F.-E. Auber, sa 
vie et ses œuvres, par B. Jouvin (Paris, Heu- 
gel, 1864, grand in 8" avec portiait et autogra-, 
phes); 5° Une statue à Auber, par Y. Legentil 
(Caen, typ. Le Blanc- Hanlel, 1873, gr. in-8"); 
C* Auber, ses commencements, les origines de 
sa carrière, par Arthur Pougin (Paris, Pottier 
de Lalaine, 1873, in- 12); 7° l'Œuvre d'Aube, 
par Jules Cariez (Caen, lyp. Le Blanc-Hardel, 1874, 
in-S°) ; 8" Auber, aperçu biographique et criti- 
que, la statue projetée, la cavalcade du 3 juin 
1875, par Jules Cariez (id., iil., 1875, in-18). Je 
signalerai aussi, parce qu'ils contiennent des 
détails intimes et inconnus, deux feuilletons pu- 
bliés par l'auteur de la présente notice dans le 
Charivari (3 et 6 février 1872), sous ce titre : 
les Derniers jours d' Auber. 

Je ne terminerai pas cette notice sans rappeler 
doux faiis intéressants. Seul des membres de la 
section de musique de l'Académie des Beaux - 
Arts, Auber fut appelé à faire partie de la com- 
mission instituée, en 1838, pour la souscription 
«t l'érection du monument à élever à iMolière, à 
l'angle de la rue Richelieu et de la rue alors Tra- 
versière. — Dans ses dernières années, Auber 
avaii formellement promis à la Société des con- 
certs du Conservatoire, dont il était le président, 
d'écrire une symphonie pour elle. Celle promesse 
n'a jamais été réalisée. D'autre \)at[ , Auber a 
composé, très-peu de temps avant de mourir, 
c'est-à-dire pendant les jours funèbres de mars cl 
avril 1871, plusieurs quatuors pour instruments 
à cordes. Ces quatuors, d'une forme absolument 
libre, ne reprodui^ent en aucune façon les allures 
des compositions classiques di; ce genre, et se- 
raient plutôt, à proprement dire, des morceaux 
pour quatuor d'instruments à cordes. J'ignore ce 
qu'ils sont devenus (1). 

(1) Je rappellerai, en tcrni'.nniit, les litres de quelques- 
unes des premières compnsitions vocales d'Aubcr ; 
.4mour et Folie, scène; te Cri de la Charité, s'anccs; 
le .Voine, barcarolle; la l'eUte CUinctise, cliansonnelte; 

l'.-/sHe, nocturne à deux voix Il f^iut siynaler aussi la 

Marche à grand orchestre éc; Itc par lui, en 1S61, pour 
rEx|iosiilon de l.ondre<, et la mari lie funèbre compusi'e 
pour les funèralllrs de Napoléon f» et exécutée à cette 
cérémonie, ic 15 déceiubr* ISVo. 



AUIîERT ( ). Un musicien de ce nom 

qui pourrait bien être Jacques Aubcrt, surnommé 
le Vieux, puisqu'il vivait précisément à l'époque 
où celui-ci travaillait pour l'Opéra , a écrit des 
divertissements pour les deux pièces suivantes, 
représentées à l'Opéra-Comique : Arlequin gen- 
tilhomme malgré lui (3 actes, 1716), et Arle- 
quin huila ou la Femme répudiée [un acte, 
1716). 

AUBERT (l'abbé), organiste de la cathédrale 
de teigne, est l'auteur d'une Méthode élémen- 
taire de plain-chanf , accompagnée de quinze 
tableaux, publiée il y a quelques années, à Paris, 
par l'éditeur Repos. 

AUBEllT DE VIT14Y (Fr\nçois-Ji;an- 
l^jMLiri'E). Ua écrivain de ce nom a donné, dans 
le Dictionnaire de la Conversation et de la 
Lecture, quelques notices biographiques sur des 
musiciens, entre autres sur Sacchini et Sarti. 
Né à Paris le 2 avril I76j, Aubert de Yitry est 
mort au mois de juin 1849. 

*AUBi:UY DU liOULLEY (Pride.xt- 
Lons), est mort à Veineuii, son pays natal, au 
mois de février 1870. Une troisième édition du 
grand ouvrage di<iacli(iue de cet artiste a été 
faite sous ce titre : Grammaire musicale, ou, 
Méthode analytique et raisonnée pour ap- 
prendre et enseigner la lecture de la musi- 
que, suivie d'observations sur les erreurs, 
préjugés et fausses opinions concernant la 
musique (Paris, Duvcrger et Richault, in-8"). 
Les compo.sitions musicalis d'Aubéry du Boulley 
ne comportent pas moins dt; 156 numéios d'd'it- 
vies, dont on trouve la liste complète et détail- 
lée dans l'écrit qui porte ce titre : Société phil- 
harmonique de VEurc, de l'Orne et d'Eure- 
et-Loir, fondée en 1835 par P.-L. Aubëry du 
Boulley (L'Aigle, impr. Ginoux, 1859, in-8° de 
t)8 p.), où l'auteur a noyé les comptes-rendus de 
cette société au milieu d'un véritable amas de 
renseignements sur sa vie et ses ouvrages, lue 
édition augmentée de cet écrit a été faite en 
1806 (L'Aigle, impr. Ginoux, in-8 ' de 168 p.). 

AUliÉRY DU liOULLEY (Émii.e), fils 
du précédent, a publié un certain nombre de 
compositions musicales, consistant .surtout en 
morceaux de danses pour le piano (Paiis, Ri- 
chault), et en fantaisies pour fanfare et harmonie 
militaire. Il a écrit aussi, en société avec son 
père, deux duos pour piano et violoncelle ou vio- 
lon : le Départ et le lietour, et le Printemps 
et l'Automne (Paris, Richault). 

AUBRY (Marik), fut l'une des premières ac- 
trices qui parurent sur la scène de l'Opéra. Fille 
d'un maître paveur, elle faisait partie de la mu- 
sique du duc Philippe d'Orléans lorsque Cambert 



AUBllY — AUDLEY 



31 



lui confia un rôle dans sa pastoialc les Peines 
et les Plaisirs de l'amour. Quand Lully fut 
jiiiivenu à s'emparer de l'Opéra au détriment de 
Cambert et de l'abbé Perrin, il la conserva dans 
sa troupe aux appointements annuels de 1,500 
livres. Elle se relira en 1G84, après avoir créé 
d'une façon admirable, dil-on, le rôle d'Oriane 
<lans Amaclii de Gaule ; elle avait établi aupa- 
ravant, avec un véritable talent, ceux d'Io dans 
Isis, de Proserpine dans l'opéra de ce nom, 
d'Églé dans Thésée, de Sangaride dans A(ys, de 
Pbilonoé dans ^eWero;>//on, et d'Andromède Jans 
Persf'e. L'auteur anonyme de V Histoire de VA- 
cadémie royale de musique publiée par le 
Constitutionnel dit de Marie Aubry : « C'était 
une des bonnes actrices qui aient paru sur ce 
tbéàtre. Elle quitta l'Opéra en 1084, après avoir 
joué au mieux le rôle d'Oriane. Ce ne fut point 
l'âge qui lui fit quitter sa profession-, mais elle 
était devenue d'une taille si prodigieuse qu'elle 
ne pouvait marcher et qu'elle paraissait toute 
ronde. Elle était petite, la peau blanche et les 
cheveux noirs; elle mourut vers 1704. » Amie 
intime de M">^ Brigogne, Marie Aubry se tiouva 
mêlée, comme celle ci, au procès fameux que 
Lully intenta à Giiichard, en l'accusant d'avoir 
voulu l'empoisonner ; elle ne fut pas plus que sa 
compagne ménagée par Guichard, qui, dans les 
factums qu'il publia à cette occasion, en fit l'ob- 
jet des hnjiutations les plus outrageantes et que 
l'on peut croire les plus justifiées. 

AUBRYET (Xavier), écrivain français, né 
à Épernay (Marne) en 1827, s'est fait remarquer 
par son goût pour la musique. l>ans un volume 
de critique intitulé : les Jugements nouveaux 
(Paris, librairie nouvelle, ISCO, in- 12), M. Au- 
bryet a consacré quelques chapitres à divers 
musiciens : Mozart, Hoieldieu, Hérold, Rossini, 
Grisar, Donizetti, Weber, Adam. Les remarques 
de l'écrivain au sujet de ;ces artistes , présentées 
peut-être d'un ton un peu doctoral, que ne justi- 
fie point la faiblesse ou plutôt l'absence de ses 
connaissances musicales, n'en sont pas moins 
celles d'un homme de goût et d'un esprit délicat. 

AUDICHOIV (Henri d'), archiprêlre de 
Lambégère, est l'auteur d'un recueil hitéressant 
publié sous ce titre : Recueils de IS'oëls clioisis 
sur les airs les plus agréables, les plus con- 
nus et les plus en vogue dans la province de 
Béarn (Ragnères, Dossun, in-32 de 96 p.). 

*AUDIFFRET(Pierre-Hyaci>the Jacques- 
Jean-Baptiste). Une erreur a été commise au 
sujet de cet écrivain. Ce n'est point pour VAlma 
nach des spectacles publié par Barba (de 1822 
à 1838) qu'il fut le collaborateur deRagueneau, 
mais pour VAnnuaire dramatique publié par 



M"'e Cavanagh de 1805 à 1822. Il prit une part 
importante à la rédaction des deux premiers vo- 
lumes de ce recueil anonyme (180j et 1806) et 
contribua aussi à celle de quelques-uns des sui- 
vants. En 1809, il rédigea, seul, un Almanach 
des Spectacles dont il ne parut que celte année 
(Paris, Collin, in- 18). 

* AUDIA'OT (Nicol.vsMéd.vrd). Cet artiste, 
on le sait, a fait représenicr sous son nom une 
comédie à ariettes , le Tonnelier, dont il a tou- 
jours été censé avoir écrit les paroles et la mu- 
sique. Fort intrigué de ce fait, n'ayant pu dé- 
couvrir qu'Audinot eût jamais été réellement 
musicien , j'avais longtemps cherché quel avait 
|)u être sou colloborateur anonyme, lorsque je 
trouvai dans ['Histoire anecdotique du théâtre 
et de la littérature (t. I, p. 373) de Charles 
Maurice, son contemporain , le petit récit sui- 
vant : — » Le directeur de l'Ambigu -Comique 
vient de mourir. Il était fils du fameux Audiaot, 
fondateur de ce théâtre, et qui, étant acteur à 
l'Opéra-Comique, y donna le Tonnelier. Le 
mo)cn qu'il a pris pour produire cet ouvrage, 
n'étant pas assez musicien pour en faire la par- 
tition, fut très-original. Il in\ita tour à tour à 
dîner un nombre do compositeurs égal à celui 
des morceaux de chant (ju'il avait placés dans 
sa pièce, et au desserf, sans paraître y attacher 
plus d'importance qu'à un amusement, il de- 
manda à chacun de mettre en musique les vers 
qu'il lui avait secrètement destinés. De cette 
façon, l'oeuvre se trouva complète. On la repré- 
senta en septembre 1701, tout uniment sous le 
nom d'Audinof, sans que les collaborateurs son- 
geassent à revendiquer un travail que leur amitié 
traitait volontiers de pure bagatelle. » 

Le fait révélé ici par Charles Maurice n'a rien 
que de vraisemblable, et le mystère de la compo- 
sition du Tonnelier çonïTsAi bien être éclairci 
par ces lignes. 

Toutefois, on peut croire qu'Audinot, sans 
être capable d'écrire une partition d'opéra, était 
cependant un peu musicien , et le petit recueil 
annuel intitulé les Étrennes de Polymnie a 
donné, dnns son volume de 1785, quatre chan- 
sons dont la musicjue est inscrite sous son nom. 

La fille de cet artiste, chanteuse et claveci- 
niste distinguée, se fit entendre à la cour dès 
ses plus jeunes années, et fit partie du person- 
nel de l'Opéra. 

AUDLEY (M""* A.), écrivain musica', a inséré 
dans le journal le Français, vers 1809, une sé- 
rie d'articles sur le génie de Bcllini, et a publié 
les deux ouvrages suivants : 1" Louis Van Bee- 
thoven, sa vie et ses œuvres, d'après les plus ré^ 
cents documents (Paris, Didier, 1807, in-12); 



32 



ALDLEY — AUDRAN 



Franz Schubert, sa vie et ses œuvres (iJ., h\., 
1871, in-12). Ces deux écrits ne peuvent, malheu- 
reusement, être d'aucune utilité, car non-seule- 
ment l'auteur n'a point fait preuve de sens criti- 
que, n'y a point développé les qualités d'analyse 
que l'on doit s'attendre à rencontrer dans des 
travaux de ce genre, s'altaquant à de si grands 
artistes, mais encore on n'y trouve, au point de 
vue historique, aucun fait nouveau et aucun ren- 
seignement important , parc* que l'écrivain, ne 
remontant point aux sources, s'est borné à puiser 
les éléments de ses récils dans les grandes publi- 
cations faites précédemment. Or, dans létal de 
jour en jour plus satisfaisant et plus intéressant 
de la science historique en matière musicale, un 
livre qui ne possède point quelqu'une des qua- 
lités que nous venons d'énumérer à propos des 
études superficielles de M™' Audley, nous semble 
bien près d'être un livre inutile. 

AUDRAN (Marius), chanteur distingué et 
professeur au Conservatoire de Marseille, est ué 
à Aix, le 26 septembre 181G. Deux ans après sa 
naissance, ses parents vinrent se fixer à Mar- 
seille, où il fut élevé. Son père, qui était maçon, 
le destinait à l'état d'entrepreneur, et lui fit sui- 
vre les cours de dessin et d'architecture au 
Musée de cette ville. Mais, vers 1834, une cir- 
constance foiluite décida autrement de son sort. 
Il était alors employé à la construction d'un éta- 
blissement de bains de mer : les propriétaires 
de cet établissement, qui étaient grands ama- 
teurs de musique, entendirent le jeune ouvrier 
chanter en travaillant, et furent frappés de la 
fraîcheur et du timbre de sa voix de ténor. Ils 
l'engagèrent à la cultiver et s'intéressèrent à 
lui. Peu de temps après, M. Audran faisait partie 
d'un petit groupe d'amateurs qui jouait la co- 
médie et l'opéra sur un théâtre de salon. Ce fut 
dans une de ces représentations intimes qu'E- 
tienne Arnaud le remarqua et se chargea de 
lui apprendre le chant. Après un an d'études, 
son maître l'envoya à Paris en le recommandant 
à Panseron. M. Audran entra au Conservatoire en 
qualité d'élève externe, et suivit toutes celles 
des classes de l'école où il pouvait compléter son 
éducation de musicien et de chanteur. Malheu- 
reusement, l'année suivante, en 1836, le jeune 
artiste ne put plus compter sur l'appui de sa fa- 
mille, et dut solliciter son admission comme pen- 
sionnaire. Cherubini, qui avait déjà réservé à 
un autre la seule place vacante, repoussa dure- 
ment la demande d'Audran, et lui donna le con- 
seil d'abandonner une carrière où, disait-il, « il 
ne ferait jamais rien. » Leborne, professeur 
de solfège, appuya le sévère horoscope du maî- 
tre. Panseron, seul, soutint qu'ils se trompaient 



tous deux. Cependant M. Audran n'avait plus le 
moyen de continuer ses études à Paris : il revint 
à Marseille^ attristé, mais non découragé, et se 
remit au travail sous la direction dévouée d'É- 
tienne Arnaud. En même temps, il se préparait 
à affronter le public et se créait des sympathies 
et des appuis, en faisant entendre dans le monde 
des fragments d'opéras nouveaux. Ces occasions 
n'étaient pas rares : car c'était une époque où la 
musique dramatique était très-aiméeet le véri- 
table art du chant très-cultivé à Marseille. Enfin, 
en 1837, M. Audran débuta au grand théâtre de 
cette ville dans le Chalet, la Dame blanche et 
le Pré aux clercs; il fut accueilli avec faveur 
par le public. L'année suivante il eut une audi- 
tion à rOpéra-Comique, et alla remplacer au 
théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le ténor Thé- 
nard qui venait de mourir. Le jeune chanteur 
avait à ce moment une voix franche et sympa- 
thique , une éducation musicale à peu près 
achevée, et ime diction chaleureuse. Il eut beau- 
coup de succès , surtout en établissant le rôle 
d'Horace du Domino noir, et employa utile- 
ment son année, jouant beaucoup , apprenant 
sans cesse de nouveaux rôles, et achevant de 
se rompre à la scène. L'année suivante, il chan- 
tait à Bordeaux, puis en 1840 et 1841, à Lyon. 
Il avait encore une saison à passer dans cette 
ville, quand Crosnier, ayant entendu parler de 
lui, le fit venir à Paris, l'apprécia, et l'engagea 
pour trois ans à l'Opéra-Comique. Il débuta à 
ce théâtre en mai 1842, en jouant successivement 
la Dame blanche, les Diamants de la Cou- 
ronne et le Chaperon rouge. Adolphe Adam, 
qui avait beaucoup contribué à son engagement, 
écrivit pour lui un rôle charmant dans le Roi 
d'Yvetot. A ce moment, la prédiction de Che- 
rubini se trouvait complètement démentie : Au- 
dran était soliste à la Société des concerts du Con- 
servatoire, et membre du jury à ce même Con- 
servatoire d'où cinq ans auparavant il avait été 
éloigné." 11 resta dix ans à l'Opéra-Comique, et y 
fournit une brillante et laborieuse carrière. On 
peut dire que son succès y a été interrompu. 
Son rôle, déjà très-actif avant le départ de Ro- 
ger, s'élargit encore quand cet artiste quitta l'O- 
péra-Comique pour passer à l'Opéra, et son nom 
est resté attaché à bien des créations qui ont 
marqué dans l'art lyrique français. En voici la 
liste : Le Roi dYvetot, d'Ad. Adam; Angé- 
lique et Jfédor, d'Amb. Thomas ; le Ptiits d'A- 
mour, de Balfe ; le Mousquetaire et le Con- 
seiller, de Bousquet; Sultana, de Bourges; La 
Sirène, d'Auber ; la Cachette, de Boulanger ; la 
Charbonnière, de Montfort; la Sérafina, de 
Clemenceau SI- Julien; le Bouquet de V Infante, 



AUDRÀN — AUDUBERT 



33 



de Boieldieu fils ; Ne Touchez pas à la Reine, 
de X. Boisselot; Haydée, d'Auber (rôle d'An- 
dréa) ; le Val d'' Andorre, d'Halévy ; Gïralda, 
d'Ad. Adam ; la Fée aux roses, d'Halévy ; Ma- 
delon, de Bazin ; la Chanteuse voilée, de V. 
Massé; Oreste et Pylade, do Thys; enfin (au 
Théâtre-Lyrique, après sa sortie de l'Opéra-Co- 
mique), la Demoiselle d'honneur, de Semet; 
el Christophe Colomb, de Félicien David. 

Le nombre des ouvrages qu'il reprit est si 
grand qu'il est impossible de les mentionner 
tous. On peut pourtant signaler parmi les plus 
intéressants : Jean de Paris, Cendrillon, le 
Chaperon rouge, Marie, une Folie, le Mule- 
tier, Fra Diavolo , le Postillon de Lonju- 
meau. Il joua ces deux derniers aussitôt après 
Chollet. 

En 1852, à la suite d'un désaccord avec la di- 
rection Perrin, M. Audran quitta l'Opéra-Comique 
et vint donner des représentations à Marseille, 
où il fit monter la plupart des opéras qu'il avait 
créés. De 1853 à 1856, il chanta à Marseille, 
puis à Bordeaux, et, en 1857, retourna à Paris oii 
il créa au Théâtre-Lyrique un rôle dans la De- 
moiselle d^honneur, de Semet. Pendant les 
quatre années qui suivirent, il fit de brillantes 
tournées en province et à l'étranger, puis, à la 
suite d'une sérieuse maladie, vint définitive- 
ment se fixer à Marseille, en 1861. Deux ans 
plus tard, il fut nommé professeur au Conserva- 
toire de cette ville, où il est encore, et où il 
dirige les classes de chant et de décl.nnlion 
lyrique. Il a formé de nombreux élèves, parmi 
lesquels on peut citer M"" Artot, Praud, Tri- 
chon, MM. Mayot, Aumerat, Dauphin, qui ont 
suivi la carrière dramatique, ou se sont voués à 
l'enseignement. 

Cet artiste distingué, qui a rendu tant de ser- 
vices à l'art musical, comme chanteur et comme 
professeur, a aussi composé beaucoup de mélodies 
d'une inspiration gracieuse et facile. Les plus 
connues sont : La Colombe du soldat, le Va- 
gabond, Marguerite (avec P. Dupont), le 
Guide des montagnes, Vous pleurez d'être 
heureux, les Œufs de Pâques, l'Amandier 
fleuri, etc., etc. Ces romances ont été publiées 
à Paris, Bruxelles, Lyon et Marseille. 

Al. R-d. 
AUDRAN (Edmond), fils du précédent, est 
né à Lyon le 11 avril 18 i2. Il fit ses études à 
Paris jusqu'à l'âge de l'i ans, et les abandonna 
pour entrer à l'École Niedermeyer qui venait 
d'être fondée. Il y obtint successivement un ac- 
cessit d'orgue, un accessit d'Iiarmonie, un piix 
de piano, et, en 1859, le prix de composition. En 
186 Ij il vint, avec son père, se fixer à M;irseille 

BIOCR. VMV. DIÎS MUSICIENS. SLPPL. 



T. r 



où il réside encore, et où il est maître de cha- 
pelle à l'église St-Joseph. En 1862, il fit jouer au 
Grand-Théâtre de cette ville un petit opéra inti- 
tulé l'Ours el le Pacha, dont le poëme n'était 
autre que le vaudeville de Scribe transformé, et 
qui eut cinq représentations. Deux ans après, il 
donna au même théâtre la Chercheuse d''es- 
prit, opéra en un acte d'après Favart, qui ob- 
tint du succès, et où on remarqua notamment un 
charmant duettino. Plusieurs morceaux de cet 
ouvrage ont été publiés à Marseille par l'éditeur 
Carbonel. A l'occasion de la mort de Meyerbeer, 
i! écrivit une marche funèbre qui fut également 
exécutée au Grand-Théâtre dans une solennité de 
circonstance. En 1866, il fit représenter, toujours 
à Marseille, mais cette fois, au Gymnase, la 
Nivernaise, opéra en un acte, qui eut onze re- 
présentations, puis, en 1868, le Petit Poucet, 
opérette en trois actes , qui fut accueillie moins 
favorablement par le public. En 1873, M. Ed. Au- 
dran a faitentendre à l'église Saint-Joseph, à Mar- 
seille, puis à Saint-Eustache, à Paris, une messe 
pour soli, chœurs et orchestre qui dénote un 
sensible progrès dans son talent. Il y a dans 
certaines parties, le Kyrie, VAdoro te supplex, 
VAgnus Dei, un sentiment mélodique distingué, 
des harmonies ingénieuses, et l'entente des ef- 
fets. 

On connaît encore de cet artiste divers motets 
inédits, une mazurka et une romance sans pa- 
roles pour le piano, une valse chantée et une 
romance rustique, publiées chez Carbonel, à Mar- 
seille; 2 mélodies pour la voix, chez Sylvain 
St-Étienne, à Paris ; une valse pour le piano, six 
mélodies, chansons ou sérénades, chez Langlois ; 
enfin chez Pépin frères, à Marseille, Petits Oi- 
seaux, romance qu'il a écrite pour être inter- 
calée dans une féerie et qui a eu de la vogue. 

Al. R-d. 

AUDUBERT (Jules), professeur de chant 
à Paris, a publié récemment .sous ce titre : l'Arl 
du chant, suivi d'un traité de maintien théâ- 
tral, avec figures explicatives (Paris, Brandus, 
1876, in-8), un ouvrage remarquable, neuf à 
beaucoup de points de vue, et dans lequel on 
regrette seulement que l'auteur semble vouloir 
faire passer en seconde ligne, dans l'éducation 
d'un chanteur, l'étude si absolument indispen- 
sable du solfège. Cette remarque faite, on ne 
peut que louer le professeur de ses excellents 
préceptes et de son respect pour un art malheu- 
reusement bien déchu aujourd'hui de son an- 
cienne splendeur, et à la décadence duquel on 
doit en partie la crise qui sévit depuis si long- 
temps sur les scènes lyriques de l'Europe en- 
tière. 

3 



34 



AUER — AZEVEDO 



AUEll (Léofold), violoniste liongrois fort 
dislingup, né vers 1846, a fait son éducation 
musicale à Vienne , et devint ensuite élève de 
M. Joacliim. Dès 1863, il se (it entendre avec 
grand succès à Londres, dans les concerts de 
l'Union musicale, s'y produisit de nouveau l'an- 
née suivante, et y retourna encore en 1873. Le 
jeu de cet artiste se fait remarquer par une so- 
norité puissante, un excellent mécanisme, beau- 
coup de feu et d'expansion, enfin par un grand 
sentiment passionné et une rare faculté d'ex- 
pression. Depuis plusieurs années déjà M. Auer 
est fixé à Saint-Pétersbourg, où il exerce Icsfonc. 
lions de professeur au Conservatoire, de maître 
de concert et de violon solo au tbéàlre impérial. 
* AULETTA (Pierre). A la liste des ou- 
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut 
ajouter les deux opéras suivants : 1° Il Marchese 
Sgrana, Napk's, Ib. Nuovo, 1738: 2" VAmor 
costanle, iXaples, tb. des Fiorenlni, 1739. 

AUiVE (Â.-J.-B.), instituteur et cliantre à 
MaroUes (Calvados), a publié on ISGi une Mé- 
thode pour apprendre facilement le nouveau 
plain-chanl (Caen, Poisson, in-S"), bon ou- 
Trage dont il a été fait plusieurs éditions. 

J. C z. 
AUTERl-MAXZOCCIII (Salvatore) , 
jeune compositeur italien, a débuté par un coup 
d'éclat en donnant au tbéàlre de la Pergola, de 
Florence, dans les premiers mois de 187.=i, un 
opéra intitulé Dolores, qui a obtenu un très- 
grand succès. Fils d'une cantatrice fameuse en 
Italie, M"'" Manzoccbi , M. Auteri-Manzoccbi 
n'avait d'abord cultivé lamusi(pie qu'en amateur, 
et des revers de foitune l'ont seuls forcé à clier- 
cber une ressource dans l'exercice d'un art qu'il 
n'avait éludié que pour son agrément. Il tra- 
vailla sérieusement alors, d'abord à Palerme, sous 
la direction de M. Platania, puis à Florence, 
avec M. Mabellini. C'est dans cette dernière 
ville que devait être représenté son premier ou- 
vrage, Hlarcellina, et celui-ci était en pleines 
répétitions lorsque la maladie d'un artiste cbarj^é 
d'un des rôles les plus importants en empêclia 
l'apparition. M. Auleri, sans se décourager, s'at- 
tacba alors à un second ouvrage, Dolores, dont 
un de ses oncles, M. Micbele Auleri -Pomar, qui 
est à la fois sculpteur de beaucoup de talent et 
poète dramatique babile, lui avait confié le livret. 
Le jeune compositeur donna connaissance du rôle 
principal à une cantatrice de grande valeur et 
de grand renom, M™^ Galletti-Gianoli, et celte 
artiste voulut aussitôt s'en charger. Dolores fut 
donc jouée à la Pergola, et l'œuvre^ charmante 
par elle-même et rendue plus aimableencore par 
le merveilleux talent de .«a principale interprète, 



remporta un succès éclatant. Elle fut reproduite 
aussitôt à Milan, à Palerme, et dans d'autres 
villes, et partout rencontra la même fortune. 
« M. Auteri, m'écrit- on d'Italie, est une des plus 
belles promesses de la jeune école italienne. Sa- 
musique est facile, bien faite, claire, et elle a 
pour principales qualités la faculté mélodique, 
l'expression sentimentale et passionnée. Sicilien 
comme Bellini, M. Auteri est un des musiciens 
qui ressemblent le plus à ce maître. » M. Auteri 
travaille en ce moment à un nouvel opéra, ?/ A'c- 
griero, dont son oncle lui a encore fourni le 
livret. 

AYOLIO (..........), compositeur napolitain, 

est l'auteur d'un opéra bouffe en 3 actes, Rosetta 
la Giardiniera, qui a été représenté avec quel- 
que succès, sur le théâtre Rossini, de Naples, au 
moi? d'avril 1872. 

AZEVEDO (Alkxis-J\cob), critique et écri- 
vain musical, est né à Bordeaux le 18 mars 
1813. Après avoir acquis avec son père la con- 
naissartce des premiers principes du solfège, il 
enireprit l'étude du violon, puis celle de la llùte. 
Au mois d'octobre 1832 il vint à Paris, et passa 
quelque temps, au Conservatoire, dans la classe 
de Tulou, tout en Aiisant partie de l'orchestre 
de quelques théâtres secondaires, tels que l'Am- 
bigu, le Cirque et les Folies-Dramatique.s. Bientôt 
il quitta la musique pour les affiiires, puis y 
revint, au bout <le quelques années, pour s'oc- 
cuper de critique. Il donna d'abord quelques ar- 
ticles au Siècle, à la France musicale, puis, 
vers 1846, fonda lui-même un journal spécial, la 
Critique musicale, qni n'eut qu'une existence 
éphémère. Après avoir passé à la Presse, il 
entra comme feuilletoniste musical à VOpinion 
nationale, et y resta depuis 1859, époque de la 
création de cette feuille, jusqu'en 1870. C'est là 
surtout que M. Azevedo a donné carrière à son 
tempérament batailleur, recherchant avec ardeur 
les polémiques, frappant d'estoc et de taille, à 
tort et à travers, et s'inquiétant peu d'avoir rai- 
son pourvu qu'il criât fort et qu'il fit beaucoup 
de bruit. Il serait injuste de ne pas convenir 
pourtant que sur certains points de Ihistoire de 
la musique il a souteuu avec succès quelques 
discussions. 

Malheureusement, et en ce qui concerne la- 
critique des œuvres et des artistes, M. Azevedo 
était doué de deux grands défauts : d'une part, 
son instruction musicale était complètement in- 
suffisante et le mettait dans l'impossibilité de 
recourir à toute espèce d'éluile analytique, sans 
laquelle il n'est point de critique sérieuse et va- 
lable; de l'autre, passionné à l'excès, il ne re- 
connaissait qu'un genre de musique, restait 



AZEVEDO 



35 



complètement sourd aux beautés répandues 
dans les œuvres qui ne procèdent point de l'é- 
cole italienne, et considérait comme ennemi qui- 
conque ne pensait pas comme lui. Pendant vingt 
ans M. Azevedo a déversé l'injure sur de grands 
artistes tels que Moyerbeer, Berlioz, Halévy, 
M. Gounod, les traînant aux gémonies, et pré- 
férant à leurs chefs-d'œuvre n'importe quelles 
platitudes signées d'un nom ultramontain. En ce 
qui concerne les productions musicales, aussi 
bien que leur interprétation, quand M. Azevedo, 
qui est un néologisle forcené, avait parlé de l'é- 
cole du civet sans lièvre, du casserolage, de 
la braillardocralie, etc., il croyait avoir tout 
dit et trouvait superflu de donner les raisons de 
son mépris. 

Tout le monde ne juge pas que ce soit tout à 
fait ainsi que doive s'exercer la critique ; quel- 
ques-uns pensent qu'elle doit être instructive, et 
qu'elle ne perd rien de sa valeur à revêtir des 
formes courtoises. Or, M. Azevedo traitait dé 
Turc à More tous ceux qui ne partageaient pas 
sa fureur contre certains artistes, son adoration 
irraisonnée pour Rossini, dont il estimait les po- 
chades de jeunesse à l'égal de Guillaume Tell ou 
du Barbier, ou qui osaient soutenir que le sys- 
tème Chevé est à la notation musicale ce que le 
dessin linéaire est à la peinture. Il est vrai qu'à 
force d'exagérations de toutes sortes, M. Azevedo 
perdit assez rapidement son crédit, et qu'aujour- 
d'hui il n'est plus guère question de toutes les 
grandes batailles qu'il a livrées. 

Voici la liste des productions de cet écrivain -. 



1" Sur le livre inlilvlé : Critique et littérature 
musicales de M. P. Scudo (Paris, 1852, in-12)-, 
2° Félicien David, sa vie et son œuvre (Paris, 
Heugel, 1863, gr. in-8'^ avec portrait et autogra- 
phes) ; 3° G. Rossi7ii,sa vie et ses œuvres (Pa- 
ris, Heugel, 1865, grand in-S" avec portraits et 
autographes) ; 4° Sur un nouveau signe proposé 
pour remplacer les trois clefs de la notation 
musicale (Paris, Escudier, 1868, in-8°); 5° Dic- 
tionnaire musico-humoristique, par le doc- 
teur Aldo, membre de la Fourchette harmo- 
nique et de plusieurs autres sociétés savan- 
tes, précédé dhm avertissement par Alexis 
Azevedo (Paris, Gérard, 1870, in 12), écrit en- 
tièrement dû à M. Azevedo ; 6° M. Aimé Paris 
et ses inventions, trois feuilletons de M.Alexis 
Azevedo dans VOpinion nationale, 25 août, 
l«''et8 septembre 1863 (Dieppe, impr. Delevoye, 
s. d. [186.'i], in-8'') ; 7° la Transposition par 
les nombres (Paris, l'auteur, in-8°). 

M. Azevedo a collaboié au Ménestrel (où il a 
publié d'abord, sous forme d'articles, ses deux 
études sur Rossini et M. Félicien David), à VArt 
musical, à la Politique universelle, au Soleil, 
à la Réforme musicale , et h la Méloma- 
nie. En 1874, il a publié un petit recueil critique 
périodique , « les Doubles-croches malades, 
petite revue bi-mensuelle de critique musicale », 
rédigé par lui seul et dont il a paru douze nu- 
méros (1). ^ 

(i; Au moment où Je corrige les épreuves décide no 
ticp, on annon;e la mort de M Azevedo, à Paris (2i dé- 
cembre 1873;. 



B 



B. (Madame J. DE). Sous ces initiales, une 
dame a publié en 1863 un Annuaire spécial 
des altistes musiciens, i" année, 1863 (Paris, 
77, Faubourg Poissonnière, in-12), livre conçu 
sur un plan absolument défectueux et incom- 
plet. 

BABIC (Benko) naquit à Raguse au com- 
mencement (lu seizième siècle. Musicien et re- 
lijjjeu.v dominicain, il introduisit le premier le 



chant grégorien dans son ordre. 



Y. 



BxVCCE (DojiEiMCo), célèbre chanteur ita- 
lien, naquit à Crémone le 27 janvier 1549. 

Y. 

BACCELLI (le P. Matteo), compositeur 
de musique religieuse, né à Lucqnes vers 1680, 
fut maître de musique au séminaire de San-Gio- 
vanni. Les registres de la Compagnie de Sainte- 
Cécile de cette ville attestent que, de 1717 à 1734, 
cet artiste écrivit pour la fête de la patronne de 
cette Société plusieurs services religieux consis- 
tant en messes, graduels , motets et psaumes à 
quatre voix concertantes. On trouve aussi, dans 
les archives du séminaire de San-Martino, un 
Domine, un Dixit et un Magnificat à 4 voix, 
avec accompagnement instrumental, de sa com- 
position. Baccelli mourut à Lucques en 1756. 

BACCHIiVI (Ces\re), compositeur, est 
né à Florence en 1846, et fut élève de M. Ani- 
chini pour le piano et l'harmonie, de M. Gio- 
vacchino Giovacchini pour le violon , et de 
M. Mabellini pour la composition. Ce jeune ar- 
tiste a fait représenter en 1871 , à Florence, un 
opéra intitulé il Quadro parlante, qui fut assez 
bien accueilli. L'année suivante , il écrivit, en 
société avec plusieurs autres jeunes composi- 
positeurs, MM. De Champs, Fehci, Gialdini, 
Tacchinardi et Usigiio, la musique d'une bouf- 
fonnerie, la Secchia rapita (Florence, th. Gol- 
doni, avril 1872). Enfin, M. Bacchini a donné 
au théâtre Pagliano, de la même ville, le l4 fé- 
vrier 1874, un opéra sérieux, la Cacciata del 
duca d'Atene, qui fut très-froidement accueilli 
du public. 

BACCIIM (Maria), célèbre chanteuse ita- 
lienne, douée d'une belle voix de contralto, na- 
quit vers 1750 et mourut à Brème en 1782. 

Y. 

BACH (Samuel). Foye; Ferrière-le-Vaïer 
(le marquis DE). 



BACH (Otto), compositeur, né à Vienne en 
1833, est actuellement directeur du Mozarleum 
de Salzbourg. 11 a écrit des symphonies , de la 
musique de chambre et des opéras, parmi lesquels 
on cite Sardanapale et die Liebesprobe {VÉ- 
preuve amoureuse). Y. 

BADABZEWSKA (Thécla), pianiste dis- 
tinguée et compositeur, née à Varsovie en 1838, 
est morte en 1862. Elle a écrit plusieurs com- 
positions pour son instrument , notamment une 
Prière à la Vierge qui a eu du succès et qui est 
connue par toute l'Europe. 

Y. 

BADEB (Daniel) , facteur d'orgues et de 
clavecins , né en Allemagne dans la seconde 
moitié du seizième siècle^ s'établit à Anvers, où, 
dès les premières années du dix-septième siècle, 
il fut reçu dans la corporation de Saint-Luc. 

* BADIA (CuARLES-AtGusTiN ). Trois ora- 
torios doivent être ajoutés à la liste des œuvres 
de ce compositeur, tous tiois exécutés à la cha- 
pelle impériale de Vienne : 1° la Clemenza di 
Davide, 1703; — 2" San Romoaldo, 1704; 
- 3° Santa Teresa, 1706. 

* BADIA (Louis). Cet artiste a donné au 
théâtre de la Pergola, de Florence, en 1851, un 
drame lyrique intitulé il Conte di Leicester. 
C'est sans doute cet ouvrage qui a été men- 
tionné comme n'ayant eu qu'une seule repré- 
sentation. 

* BADIALI (Cesare), chanteur renommé, 
était né vers 1800, et mourut le 18 novem- 
bre 1865. C'est sur les conseils de Rossini, 
de Sampieri et de Tadolini qu'il avait aban- 
donné la carrière administrative pour em- 
brasser celle du théâtre. Il ne parcourut pas 
seulement l'Autriche et l'Italie, l'Espagne et le 
Portugal, mais se fit entendre encore avec suc- 
cès à la Havane, à Mexico, à New- York, à Phi- 
ladelphie, à Boston, à la Nouvelle-Orléans, à 
Paris, à Londres , à Manchester, à Dublin, etc. 
Il s'était, après plus de trente ans de triomphes, 
retiré à Imola, mais avait consenti à quitter 
momentanément sa retraite pour chanter à Pe- 
saro, lors des fêtes qui eurent lieu en celte 
ville pour l'inauguration de la statue de Rossini, 
du vivant de celui-ci. Il mourut à Imola le 18 
novembre 1865, et Rossini, en apprenant la mort 
de son vieil ami Badiali, écrivit à son fils : «.... 
Vousavez perdu le meilleur des pères, et moi je 



BADIALI — BAILLY 



37 



suis du même coup privé du plus cher de mes 
amis, du plus vaillant de mes interprètes.... -> 

B^DEKERL (Cu\rles), tromboniste, 
mort à Berlin en 1849. On a de lui des danses 
et des variations pour le trombone. Y. 

ByENDER (Jean-Henri), virtuose sur le 
basson et sur la contre-basse, né à Rœhrenfort, 
dans la Hesse électorale, en 1785, a joui d'une 
certaine réputation. Y. 

B^UAIEL (Frédéric Henri) , violoniste 
célèbre en son temps, né vers 1730 à Wurz- 
bourg, mourut à Bamberg en 1796. Y. 

BAGAUS (Charles), célèbre virtuose sur 
la trompette, naquit à Berlin le 5 novembre 
1799. On ignore l'époque de sa mort. Y. 

BAGLIONCELLA (Francesca), musi- 
cienne italienne, compositeur, naquit à Pérouse 
et vivait au seizième siècle. Elle a écrit un grand 
nombre de madrigaux. Y. 

BAGUER (Carlos), compositeur et orga- 
niste espagnol, surnommé Carlets par ses con- 
temporains, était né vers 1768. Organiste de la 
cathédrale de Barcelone, cet artiste , dont le ta- 
lent paraît avoir été extraordinaire , a été oublié 
par tous les biographes, de telle sorte que les 
détails de sa vie sont absolument inconnus. 
M. Baltasar Saldoni , le seul qui ait rappelé son 
nom ( dans ses Efemérides de mûsicos espa- 
fioles) , n'en a parlé que d'après les souvenirs 
d'un de ses amis , Mateo Ferrer ( voij. ce nom ), 
musicien fort distingué lui-même , qui avait été 
l'élève de Baguer, et qui conservait pour lui une 
admiration pleine d'enthousiasme. D'après Fer- 
rer, Baguer était un organiste d'une nature et 
d'une valeur absolument exceptionnelles , origi- 
nal dans les idées , harmoniste accompli , fu- 
guisle merveilleux , possédant une exécution ra- 
pide et supérieure, et tirant de son cerveau 
des mélodies enchanteresses , toujours emprein- 
tes du plus pur sentiment religieux , en un mot 
un artiste dont on ne pouvait expliquer et com- 
prendre le talent sans l'avoir entendu , et supé- 
rieur à tout ce qu'on pouvait imaginer. Je laisse, 
bien entendu, à Ferrer, la responsabilité de ses 
assertions ; mais, en admettant même que son 
admiration fût quelque peu exagérée, on ne peut 
considérer comme un artiste ordinaire celui qui 
laisse une telle impression dans l'esprit de ceux 
qui ont été à même de l'entendre et de l'appré- 
cier. Il n'en est que plus regrettable de consta- 
ter qu'un tel artiste n'ait laissé qu'un souvenir 
fugitif, et que son nom soit pour ainsi dire perdu 
pour l'histoire de l'art. Je crois qu'il ne reste 
rien des œuvres composées pour l'orgue par Ba- 
guer, que M. Soriano Fuertes, dans son Historia 
de la Mûsica espaùola , dit être l'auteur d'un 



oratorio intitulé la Muerte de Abel. Baguer 
est mort à Barcelone , le 29 février 1808 , à l'âge 
de quarante ans seulement. 

BAILLE (Gabriel), compositeur, directeur 
du Conservatoire de Perpignan, a publié pour 
divers instruments des compositions dont le 
nombre s'élève à plus de cinquante. Parmi ces 
compositions se trouvent, outre divers morceaux 
de genre pour piano, une série de pièces élé- 
mentaires et progressives pour deux violons por- 
tant pour titre École concertante de violon 
(Paris, Brandus). M. Baille publie aussi un re- 
cueil permanent, intitulé : Piccludium, recueil 
de musique pour orgue. Cette collection, dont 
il paraît chaque année deux livraisons, en compte 
déjà sept. 

BAILLET ( ) , est auteur d'un opus- 
cule ainsi intitulé : Musique en lettres , idée 
sur l'étude de la musique vocale, ou Exposé 
d'une méthode nouvelle (Toulouse, 1864, 
in- 8°). 

'*^ BAILLOT (PierreM.\rieFr4nçois de 
Sales). On a publié en 1872 un écrit posthume 
de ce grand artiste, ainsi intitulé: Observations 
relatives aux concours de violon du Conser- 
vatoire de musique (Paris, Didot, in-8° de 
34 pp. ). On doit signaler aussi les deux notices 
suivantes, dont Baillot était l'objet : 1° Baillot , 
par Ad. Guéroult ( Paris, s. 1. n. d. [Extrait de 
la Gazette musicale] , in-8° de 7 pp. ) ; 2° Hom- 
mage à la mémoire de Baillot , discours pro- 
noncé par M. D. Tajan-Rogé à la soirée musi- 
cale qui a eu lieu dans la petite salle du Con- 
servatoire national de musique le 4 avril 1872 , 
pour l'inauguration de la statuette en bronze de 
Baillot (Paris, Le Chevalier, 1872, in-12). En- 
fin il faut mentionner encore , pour ceux qui 
voudraient se renseigner d'une façon complète 
sur l'admirable violoniste, la notice publiée dans 
les Annales de l'Académie des Beaux-Arts 
(t. XII ) par M. Charles du Rozoir, et celle pu- 
bliée en 1872, dans le Ménestrel, par M. Ar- 
thur Pougin. 

BAILLOT (René-Pacl), fils du précédent, 
est né à Paris le 23 octobre 1813. Après avoir 
travaillé le violon avec son père , il se livra à 
l'étude du piano, sous la direction de Desor- 
mery et de Pleyel. Use consacra ensuite à l'ensei- 
gnement, et publia un certain nombre de compo- 
sitions pour le piano. En 1848 , M. René Baillot 
devint professeur de la classe d'ensemble ins- 
trumental au Conservatoire , classe créée pour 
lui , mais dont il ne fut pourtant nommé titu- 
laire que le 1"" janvier 1851. 

* BAILLY (Henri de), surintendant de la 
musique de Louis XIII. On trouve des notes in- 



38 



BAILLY — BALBI 



téressantes sur la famille de cet artiste dans 
l'écrit de M. Tli. Lhuiliier : Note sur quelques 
musiciens dans la Brie ( Meaiix , typ. Carro , 
1870, in 8°). 

Je crois que cet artiste ne faisait qu'un avec 
Bailly, chanteur et joueur de luth de Louis XIII 
enfant, très fréquemment cité par JeanHéroard 
dans son Journal sur Venfance et la jeunesse 
de Louis XIII. BaiMy, qui jouait aussi de la lyre, 
endormait le soir le jeune prince au son de sa 
musique, que pourtant celui-ci écoutait avec un 
vif plaisir. 

* BAJETTI (Jean), compositeur, ancien 
maestro concertaiore du théâtre de la Scala au 
temps de la Pasta et de la Malibran, est mort à 
Milan le 28 avril 1876. A la liste des ouvrages de 
cet artiste, il faut joindre le ballet de Faust (Mi- 
lan, Scala, 12 février 1848), dont il écrivit la 
musique conjointement avec Coster et Panizza. 

BALAIÎIREFF (M ), compositeur 

russe contemporain , a écrit pour le drame de 
Sliakspeare le Roi Lear une partition qui com 
prend une ouverture, une marche et quatre 
entr'actes, et qui a été publiée chez l'éditeur 
Bessel, à Saint-Pétersbourg. M. Balakireff a pu- 
blié aussi un arrangement pour deux pianos d'un 
quatuor de Beethoven. 

BALAR T (Gabkiei,), compositeur espagnol, 
est né à Barcelone le 8 juin 1824. Il commença 
l'étude de la musique dans sa patrie, dès ses 
plus jeunes années, puis vint à Paris pour com- 
pléter son éducation. De retour en Espagne en 
1832 , il se fit connaître d'abord par la publica- 
tion d'un certain nombre de pièces de musique 
vocale et instrumentale, et écrivit aussi quelques 
zarzuelas, qui furent généralement bien accueil- 
lies. Parmi les ouvrages de ce genre de M. Ba- 
lart, je citerai les suivants , qui seuls sont venus 
à ma connaissance : 1° Uîi Rapacin de Can- 
daSf un acte, Barcelone, août 18G6; 2" los Guar- 
dias del Rey de Siam, id., id., 3" el Tulipan 
de los Mares ; 4" Amor y Arte. M. Balart a été 
chef d'orchestre des principaux théâtres de Bar- 
celone et de quelques-uns de Madrid. 

* BALBI (Melchioiî). L'auteur de la B/oyra- 
phie universelle des Musiciens a été évidem- 
ment trompé, au sujet de cet artiste, par de 
faux renseignements. Voici ceux que je trouve sur 
M. Baibi dans l'intéressant Annuario générale 
delta Musica de M. Caputo ( voy. ce nom) pour 
1875. 

M. BaIbi est né à Venise, de famille pa- 
tricienne, le 4 juin 1796. Son père s'étant ré- 
fugié à Padoue' par suite des événements poli- 
tiques, le jeune homme étudia le piano et 
l'orgue d'abord avec Alessandro Nini, puis 



avec Gaetano Valeri , el fit ensuite une élude 
sévère des partimenti, de l'harmonie et de 
la fugue avec Antonio Calegari. Nommé , en 
1818, maestro concerlatore dans les deux 
théâtres, il conserva cet emploi jusqu'en 1853, 
époque à laquelle il fut nommé maître de cha- 
pelle de la basilique de Sanl'Antonio. Élu , en 
1868, académicien correspondant de l'Institut 
musical de Florence , il écrivit trois Mémoires 
sur la question posée par cette académie : « s'il 
est possible et pratique d'inventer un système 
d'harmonie fondé sur la division de l'octave en 
douze demi-tons. » Aux trois Mémoires l'acadé- 
mie répondit par trois délibérations dans les- 
quelles elle félicitait M. BaIbi et l'encourageait 
à poursuivre et à conduire à terme la tâche qu'il 
avait entreprise. A la suite de ce fait , M. Balbi 
fut nommé chevalier de la couronne d'Italie et 
élu membre d'un grand nombre de sociétés ita- 
liennes et étrangères. 

Outre une messe solennelle et une messe de 
Requiem exécutées à Saint-Antoine de Padoue , 
la première en 1831 , la seconde en 1869 , 
M. Balbi en a produit une troisième (le 8 dé- 
cembre 1871), pour chœurs, orchestre , et qua- 
tre orgues. Comme théoricien, cet artiste a pu- 
blié : 1° Sistema armonico d'Antonio Calegari, 
avec notes et appendice de Melchior Balbi ( Mi- 
lan, Ricordi, 1829); 2° Grammatica ragionata 
délia musica sotto Vaspetto di lingua (i845); 
3° Auova Scuola basala sul sistema semi- 
tonato equabile , T' partie ( Milan , Vismara , 
1872). Quanta l'ouvrage dont M. Balbi aurait 
été l'éditeur posthume, Trattato armonico 
di Antonio Calegari, Fétis a fait évidemment 
à son sujet une double confusion , dont on peut 
se rendre compte en lisant les trois noiices qu'il 
a consacrées à François-Antoine Calegari,' k 
Antoine Calegari et à M. Melchior Balbi. 
Dans la première, il attribue cet ouvrage à 
François-Antoine Calegari , et dit qu'il fut pu- 
blié fort longtemps après sa mort, en 1829, par 
M. Balbi ; dans la seconde, il fixe la mort d'An- 
toine Calegari au 22 juillet 1828; enfin, dans la 
troisième , il attribue le même ouvrage à 
M. Balbi, qui aurait exposé lui-même la mé- 
thode de son maître Antoine Calegari dans l'é- 
crit en question, et qui l'aurait laissé manuscrit 
à sa mort, arrivée en juillet 1828, de telle façon 
qu'on l'aurait publié l'année suivante. Or, on peut 
saisir la confusion par le rapprochement des 
dates, dont une est fausse, puisque M. Balbi est 
encore vivant. Voici ce qui me semble devoir 
être la vérité -. le Trattato del sistema armonico 
est d'Antoine Calegari et non de François-An- 
toine Calegari; cet artiste l'aura laissé inédit à 



BALBI — BALTHASAR-FLORENCE 



39 



-sa mort , le 22 juillet 1828 , en chargeant son 
élève, M. Balbi , de le publier; enfin, celui-ci se 
sera ponctuellement acquitté de ce si)in. On voit 
combien la lumière est difficile à faire en ma- 
tière d'histoire , et à quel point un faux rensei- 
gnement peut engendrer d'erreurs. 

BALDI (JoÂo-JosÉ), musicien portugais, est 
né à Lisbonne de parents italiens établis depuis 
longtemps en cette ville. En 1781, à peine âgé 
de onze ans, il entra au séminaire patriarcal, 
d'où il sorlit au mois de septembre 1789 pour 
aller occuper la place de maître de chapelle à la 
cathédrale de Guarda; il fui ensuite appelé à 
Lisbonne, et nommé organiste de la chapelle 
du palais royal de Bemposta. Il a écrit une grande 
quantité de musique d'église , à laquelle on ac- 
corde du mérite; on cite surtout une Litania 
■en la , comme particulièrement remarquable. 

J. DE V. 

* BALFE (MicnEL-GmLLu:MEB.\LPH, dit) 
est mort le 21 octobre 1870, à sa maison de cam- 
pagne de Rowney-Abbey. Au répertoire drama- 
tique de ce compositeur, si populaire en Angle- 
terre , et qui d'ailleurs, s'il manquait d'originalité, 
était loin de manquer de talent, il faut ajouter 
les opéras suivants, représentés à Londres : 
the PurUcui's daughter (1861), ihe Armurer 
of Nantes iiS63), Blanche de Nevers (18G3), 
la Rose de Casdlle, et Bianca, la Fiancée du 
Bravo. 

Une fille de cet artiste , cantatrice d'un talent 
remarquable , élève de son père , avait débuté 
avec succès à Londres, le 28 mai 1857, dans le 
rôle d'Amina de la Sonnambula. Mariée, peu 
d'années après, à sir John Crampton, dont elle 
se sépara en 1863 à la suite d'un procès étrange 
et qui eut un grand retentissement, elle épousa 
en secondes noces un noble Espagnol , le duc 
de Prias. La duchesse de Prias mourut jeune, à 
Madrid, peu de mois après son père, en janvier 
ou février 1871 (1). 

BALIUS Y VILA(Jaisie), compositeur es- 
pagnol, vivait dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle. On ignoi e le lieu et la date de sa 
mort, et l'on sait seulement que vers 1780 il rem- 
plissait les fonctions de maître de chapelle de la 
cathédrale de Gerona, fonctions qu'il occupa 
plus tard à Cordoba et au monastère de l'Incar- 
nation, de Madrid. Cet artiste s'est fait connaître 
par de nombreuses composilions religieuses , 
parmi lesquelles on remarque surtout ses La- 
mentations pour le jeudi-saint, ainsi queTliym- 



(1) L;i veuve ducompnsi'eur Palfe a fait don an Bri- 
Ush miiseiiin, de Londres, des manuscrits autographes 
•de toutes les œuvres publiées de son raarl. 



ne : Dcus tuorum militum, qu'il écrivit pour 
le concours de la maîtrise de Cordoba. 

BALLARD, joueur de lutli dislingui-, fut le 
maître de Louis XIII, alors dauphin de Prancc, 
pour cet instrument, ainsi qu'on le voit dans le 
Journal de Jean Iléroard sur Venfance et 
la jeunesse de Louis XIH, lequel dit, à la 
dale du T"^ septembre 1612, en parlant du jeune 
prince : « Il commence à apprendre à jouer du 
luth par Ballard. » Il me semble que cet artiste 
pourrait bien être Pierre Ballard, fils du chef 
de la dynastie des imprimeurs de musique de ce 
nom, qui succéda à son père comme seul impri- 
meur de la musique de la chambre, chapelle 
et menus-plaisirs du roi. On peut supposer 
aussi qu'il est l'auteur ou du moins l'arrangeur 
du recueil publié par lui, en 1617, sans nom 
d'auteur et sous ce titre : Airs de différens 
auteurs, mis en tablature de luth. 

BALLICOl]RT( ),composileur et flû- 
tiste français du dix-huitième siècle, a passé sa 
vie en Angleterre , où son talent de virtuose 
était estimé, ainsi que ses compositions. 

Y. 

BALTHASAR • FLORENCE ( Henri 
Mathias BALTHASAR, dit), compositeur belge, 
est né à Arlonle 21 octobre 1844. Musicien dès 
l'âge le plus tendre, il se produisit pour la pre- 
mière fois en public à neuf ans, comme pianiste, 
dans sa ville natale. Admis en 1857 au Conser- 
vatoire de Bruxelles , il y fut élève de M. Au- 
guste Dupont pour le piano, de M. Lemmens 
pour l'orgue, de M. Adolphe Samuel pour l'iiar- 
monie , de Fétis pour le contre-point et la fugue, 
et obtint successivement tous les premiers prix 
des cours qu'il suivait avec ces professeurs. 
Marié en 1863 à M"'' Clémence Plorence, fille 
d'un facteur de pianos dont il ajouta le nom au 
sien, il alla , quelques années plus tard, s'établir 
à JNamur comme dépositaire des produits de la 
fabrique de son beau-père, ce qui ne l'empêcha 
pas de se livrer avec ardeur à la composition et 
de se produire souvent comme virtuose dans les 
concerts. En 1868, il faisait exécuter aux Con- 
certs populaires de Bruxelles une grande ouver- 
ture dramatique; peu après, il donnait au lliéàtre 
de la Monnaie , de cette ville, un opéra-comique 
intitulé Une Croyance bretonne, et au Casino des 
GaleriesSaiut Hubert une opérette en un acte, le 
Docteur Quinquina. En 1870, il fait entendre 
aux Concerts populaires des fragments symphoni- 
ques, et exécute dans une séance donnée au 
théâtre de Namur un grand concerto sympho- 
niquc pour piano et orchestre, qui lui vaut un 
double succès de virtuose et de compositeur. En 
1872, dans l'église du collège de la Paix, de la 



40 



BALTHASAR-FLORENCE — BANIÈRES 



même ville, il produit une messe solennelle pour 
chœur et orchestre , dont l'effet est très grand , 
et successivement il fait entendre deux Bénédic- 
tions et un Landate Dommian, également pour 
chœur et orchestre. M. Balthasar-Florence, dont 
le talent est très-goûté en Belgique , a écrit en- 
core la musique d'un ballet en deux actes, non 
représenté jusqu'ici, divers morceaux de carac- 
tère pour le piano, un concerto pour la trom- 
pette, un quintette pour instruments à cordes, 
des fantaisies pour violoncelle, pour cor, etc. 
Lors de l'exécution de sa messe solennelle à Na- 
mur, une appréciation très-élogieuse de cette 
œuvre parut dans le journal VAmi de V Ordre, 
de cette ville, et fut ensuite publiée sous forme 
de brochure : Messe solennelle de Balthasar- 
Florence par le R. P. Louis Girod, de la com- 
pagnie de Jésus (Namur, impr. Doux tils, 1872, 
in 8"). Enfin, en 187 j, la municipalité de Lille 
ayant mis au concours une cantate en l'honneur 
de Notre-Dame delà Treille, pourvoi/, chœurs 
et orchestre, et M. Balthasar ayant pris part à 
à ce concours, il en fut proclamé vainqueur. Son 
œuvre fut exécutée à Lille avec un véritable 
succès, et fut l'objet de grands éloges. 
tt BALVAiXSKY ( ), compositeur hon- 
grois, a vécu vers la fin du siècle dernier et le 
commencement de celui-ci. Il a écrit des duos 
pour piano et violon. Y. 

* BAMBLXI (Félix). A la liste, assez peu 
nombreuse d'ailleurs, des œuvres de cet artiste, 
il faut ajouter Suzanne, oratorio exécuté avec 
succès au Concert spirituel , et deux livres de 
chacun trois sonates pour jnano et violon (Pa- 
ris, Leduc). Banibini, dont la vie fut obscure et 
la carrière peu brillante , avait été cependant une 
sorte d'enfant prodige, et voici ce qu'en disait 
J.-J. Rousseau , dans sa Lettre sur la musique 
française, à l'époque où, son père étant direc- 
teur de la troupe de bouffons italiens qui don- 
nait des représentations à l'Opéra, le petit Bam- 
bini était l'accompagnateur de cette troupe : — 
« Vous ressouvenez- vous, monsieur, d'avoir en- 
tendu quelquefois, dans les intermèdes qu'on 
nous a donnés cette année, le fils de l'entrepre- 
neur italien, jeune enfant de dix ans au plus , 
accompagner quelquefois à 1 Opéra? Nous fûmes 
frappés, dès le premier jour, de l'effet que pro- 
duisait sous ses petits doigts l'accompagnement 
du clavecin; et tout le spectacle s'aperçut, à son 
jeu précis et brillant, que ce n'était pas l'accom- 
pagnement ordinaire.... » 

* BA^'DERALI (David). Dans son His- 
toire du Conservatoire, Lassabathie , qui écri- 
vait d'après les registres de cet établissement , 
où Banderali a été professeur, fixe Palazzo et le 



15 janvier 1789 comme lieu et date de la nais- 
sance de cet artiste. Je me borne à mentionner 
le fait, n'ayant pas les moyens d'établir laquelle 
a raison, de V Histoire du Conservatoire ou de 
la Biographie universelledes'TMusiciens. Je dois 
constater cependant qu'un compatriote de Ban- 
derali, le docteur Francesco Regli, dans son Di- 
zionario biografico , le dit né à Palazzolo le 
12 janvier 1789. — La fille de cet artiste, chan- 
teuse de goût et de style qui s'est fait une réputcf- 
tion dans les concerts parisiens, a épousé un com- 
positeur distingué, M. Barthe. (Foy. ce nom.) 

BANESTRE (Gilbert), contrcpoinliste an- 
glais qui jouit d'une grande renommée, floris- 
sait vers 1490. ; = Y. 

BANEUX ( ), artiste qui semble de- 
voir être le père et le grand-père des deux vir- 
tuoses cornistes mentionnés dans la Biographie 
universelle des Musiciens , a écrit , en so- 
ciété avec Navoigille, la musique de trois dra- 
mes-pantonimes représentés au théâtre du Pa- 
lais : 1° Naissance de la Pantomime (un acte, 
1798) ; 20 V Héroïne suisse, ou Amour et cou- 
rage (Irois actes, 1798) ; 3" l'Empire de la Fo- 
lie, ou la Mort et l'Apothéose de Don Qui- 
c/io/^<? (trois actes, 1799). 

BAi\K (Jean-Charles-Henri), organiste et 
compositeur de lieder, a vécu dans la dernière 
moitié du dix-huitième siècle. En 1806, il était 
encore organiste du Domchor de Magdebourg. 

Y, 

BANKS (Benjamin), chef d'une famille de 
luthiers anglais, naquit en 1727 et mourut en 
1795. Il s'était établi à Salisbury, et produisit 
beaucoup de violons et de violoncelles, réussis- 
sant surtout ces derniers. Quelques-uns de ses 
instruments sont marqués en plusieurs endroits 
de ses initiales : B. B.; d'autres portent son éti- 
quette , avec ses nom et prénom en toutes let- 
tres et la date de leur fabrication. Benjamin 
Banks , qui est considéré en Angleterre comme 
un des premiers luthiers de ce pays, copiait prin- 
cipalement Nicolas Amali. Son vernis, très-beau, 
se reconnaît facilement. 

BANKS (Benjamin), fils du précédent, na- 
quit au mois de septembre 1754, et mourut en 
1820. Il travailla longtemps avec son père à Sa- 
lisbury, puis alla se fixer à Londres. 

BANKS (James et Henry), second et troi- 
sième fils de Benjamin Banks 1", continuèrent en- 
semble les affaires de leur père après la mort de 
celui-ci, et quittèrent plus tard Salisbury pour 
aller s'établira Liverpool. Les instruments signés 
de leurs deux noms sont estimés en Angleterre. 

BANIÈRES (Jean), savant français, vivait 
dans la première moitié du dix-huitième siècle. 



BANIÈaES — BARBEDETTE 



41 



On a de lui un Traité physique de la lumière et 
des couleurs, des sons et des différents tons, 
qui a été inséré dans le Journal des Savants 

de 1737. ^'• 

BAPTISTA (leFr. Francisco), compositeur 
portugais du dix-septième siècle, est né à Campo- 
Maior, dans la province d'Alemtejo. Il eut pour 
maître le célèbre Antonio Pinlieiro, et jouissait 
vers lemilieu dudix septième siècle (1620-1G60) 
d'une telle réputation qu'il fut appelé à Cor- 
doba (Espagne) en qualité de maître de cha- 
pelle d'un couvent de son ordre (Saint- Augus- 
tin), Ses compositions, très-nombreuses, étaient 
conservées dans la Bibliothèque de musique du 
roi D. Jean IV. 

J. DE V. i 

BARBA (José), compositeur espagnol , na- 
quit à Barcelone le 15 avril 1804. A l'âge de 
huit ans il entra comme enfant de chœur dans 
une église de sa ville natale , y fit toute son édu- 
cation musicale sous la direction d'an artiste 
nommé Francisco Sampera , et eut terminé ses 
études au bout de dix années. En 182i, il devint 
maître de chapelle de la cathédrale de Gerona , 
qu'il quitta , dans la même année, pour celle de 
Valladolid , retournant bientôt à Gerona , où on 
lui offrait un traitement plus considérable. En 
1850, il passa en la même qualité à l'église de 
de Santa-Maria del Mar de Barcelone, et con- 
serva ses fonctions jusqu'en 1866. Cet artiste a 
écrit un assez grand nombre de compositions re- 
ligieuses pour les diverses chapelles qu'il a oc- 
cupées. 

BARBARA (Pierre-Henri), piani.ste et 
compositeur de musique de piano, né à Orléans 
(Loiret) le 28 avril 1823, mourut à Libourne (Gi- 
ronde) le 9 mai 1S63. 

Dès son enfance, le jeune Barbara ayant ma- 
nifesté les plus heureuses dispositions pour le 
piano, son père, luthier à Orléans, l'envoya à 
Francfort-sur- le-Mein prendre des leçons d'Aloys 
Schmitt, alors célèbre en Allemagne comme pro- 
fesseur. Revenu dans sa ville natale en 1838, 
Barbara y donna un concert qui lui procura de 
suite de nombreux élèves de piano. Il continua 
de suivre la carrière du professorat, fixant tour 
à tour sa résidence à Montpellier, à Narbonne, 
à Avignon , et finalement à Libourne où il réunit 
une fort belle clientèle. 

A partir de 1843^ Barbara commença à faire 
paraître quelques morceaux de piano qui attirè- 
rent de suite sur lui l'attention des dilettantes-, 
une valse brillante (Bernard-Latte), Ondine, 
étude de salon (Fleury), Amélie (Ravayre-Raver), 
le Retour, et surtout Iduna, lêverie en forme 
de valse (Colombier), obtinrent un succès de 



vente considérable. Malheureusement , l'auteur 
de ces œuvres distinguées, fort peu remuant de 
sa nature, tout en composant toujours de temps 
en temps , ne cherchait pas à publier ses pro- 
ductions et à les faire valoir. Aussi n'a-t-il pas 
paru de lui, en tout, plus de douze ou quinze mor- 
ceaux de piano. 

Henri Barbara était le frère cadet du roman- 
cier Charles Barbara, l'auteur de VAssassinat 
du Pont-Rouge et des Histoires émouvan- 
tes (1). — Une notice étendue a été consacrée à 
ce pianiste de talent dans le Progrès, Revue de 
Bordeaux, q° du V mars 1867. 

A. L— N. 

BARBATI (Aniello), professeur et compo- 
siteur, fils d'un riche commerçant, est né à Na- 
ples le 4- septembre 1824, et n'étudia la musique 
qu'au point de vue de son agrément , suivant un 
cours d'harmonie avec Francesco Catugno , et 
étudiant ensuite le contre-point et la composition 
avec Salvatore Pappalardo. Des revers de fortune 
vinrent l'obliger à utiliser des talents qu'il n'a- 
vait acquis que par plaisir, et à vingt-deux ans 
il se consacra à l'enseignement de, la théorie de 
l'art. Cela ne l'empêcha pas d'écrire trois opéras, 
qui furent représentés au théâtre Nuovo, de Na- 
ples : la Bottega da caffè (1852), la Marchesa 
e il Tamburino (mars 1857), el Maria la fioraia 
(mai ! 859). On doit encore à M. Barbali un cer- 
tain nombre de compositions jusqu'ici restées 
inédites, ouvertures, messes, vêpres, etc., et ie 
Quattro Stagioni , recueil de quatre soli pour 
soprano, contralto , ténor et basse, avec accom- 
pagnement de quatuor et de quelques autres ins- 
truments obligés. 

BARBEDETTE (H... ), amateur dis- 
tingué de musique et écrivain musical , né vers 
1825, a fait de fortes études littéraires et juridi- 
ques, et n'a cultivé l'art qu'en vue de son agré- 
ment. Devenu juge au tribunal de la Rochelle, 
M. Barbedette , qui était en même temps prési- 
dent de la Société philharmonique de cette ville 
et à qui sa situation de fortune assurait l'indé- 
pendance, s'est démis il y a quelques années de 
ses fonctions de magistrat pour pouvoir se livrer 
sans réserve à ses travaux favoris sur l'bistoire 
de la musique et des grands hommes qui l'ont 
illustrée. Pianiste exercé, il n'avait pas négligé 

(1) Charles Barbara: qui était musicien lui-même, et 
qui, dans ses Jeunes années, ava t appartenu à l'or- 
chestre de différents théâtres de Paris, aimait beaucoup, 
comme Hoffmann, à faire intervenir la musique dans ses 
récits littéraires, ainsi qu'il le ûl notamment dans r.^j- 
sassinat du Pont-Rouge et dans VEsquisse de la vie diin 
virtuose. Né à Orléans en lS2ï,CUarlcs Barbini est 
mori fou, à Paris, en 1?66. — A. P. 



42 



BARBEDETTE — BARBIER 



l'élude de l'iiarmonie , et a mis au jour un cer- 
tain nombre de compositions, parmi lesquelk's 
un sextuor instrumental qui a été publié. De- 
puis une quinzaine d'années, M. Barbedette a 
publié dans le journal le Mcnesti\l plusieurs 
•notices importantes sur de grands musiciens , 
particulièrement sur les maîtres de l'école alle- 
mande, notices qui ont paru ensuite sous forme 
de brochures. Dans ces travaux, M, Barbe- 
dette a fait preuve d'un goût réel et d'un bon 
sentiment musical ; on peut regretter toutefois 
que les études qu'il a consacrées à d'illustres 
artistes laissent à désirer, au point de vue bio- 
graphique, en ce qui concerne l'abondance des 
faits et la façon de les enchaîner. La littérature 
allemande est si riche aujourd'hui en études bio- 
graphiques, en recueils de correspondances, en 
catalogues d'oeuvres publiées ou inédites , en 
documents de toutes sortes sur les grands com- 
positeurs d'outre-Rhin , que les écrivains étran- 
gers à ce pays doivent se montrer particulière- 
ment soucieux d'avoir recours à ces publications 
si nombreuses, de puiser directement à ces 
sources auxquelles on pourrait parfois reprociier 
leur surabondance, mais dont il n'est pas permis 
de ne tenir compte qu'à demi. Cette réserve 
faite, on ne peut disconvenir que les travaux de 
M. Barbedette sont intéressants. En voici la 
liste: 1" Beethoven, esquisse musicale, la 
Rochelle, Siret, 1859, in-S" [Beethoven, sa vie 
et ses œuvres, 1'^ éAWÀKm, Paris, Heugel, 1870, 
gr. in-8°avec portrait); 1" Chopin, essai de cri- 
tique musicale, Paris, Lieber, '1861 , in- 8° 
( f. Chopin, essai de critique musicale, V édi- 
tion, Paris, Heugel, 1869, gr. in-8" avec portrait 
et autographes) ; 3° Weber, essai de critique 
musicale, Paris, Heugel, 1862, in 8° (Ch.-M.de 
^yeber, sa vie et ses œuvres, 2'^ édition, Paris, 
Heugel, 1874, gr. in 8° avec portrait et auto- 
graphes) ; 40 F. Schubert, sa vie, ses œuvres, 
son temps, Paris, Heugel, 1866, gr. in-8° avec 
liortrait et autographes ; 5° Félix Mcndelssohn- 
Bartholdy, sa vie et ses œuvres, Paris, Heu- 
gel, 1869, gr. in-8'' avec portrait et autographes ; 
6° Stephen Ueller, sa vie et ses œuvres, Pa- 
ris, Malio, 1876, in-8 avec autographe. 
Deux autres études de M. Barbedette, sur Haydn 
et sur Gluck, insérées dans le Ménestrel , n'ont 
pas encore été publiées à part. 

* BARBELLA. (Emmanuel). Ce violoniste 
fort distingué s'est essayé au mo'ms une fois 
comme compo.siteur dramatique, et a écrit, en 
société avec Logroscino , Elmira generosa, 
opéra de demi-caractère qui fut représenté à Na- 
<>Ies, sur le théâtre Nuovo, pendant le carnaval de 
1753. 



* BARBEUEAU ( Mathlrin-Augcste- 
Balthasar), fut désigné après la mort d'Auber, 
par M. Ambroise Thomas, le nouveau directeur 
du Conservatoire, comme titulaire d'une des 
classes de composition de cet établissement, mais 
il échangea cette situation contre celle de pro- 
fesseur de la chaire d'histoire musicale, qui ve- 
nait d'être créée et dont il prit possession au 
mois de février 1872. Malheureusement, il ne 
réussit pas, malgré ses grandes et solides con- 
naissances en cette matière, dans la lâche qui 
lui était dévolue, le talent de la parole lui man- 
quant absolument, et il dut céder la place à 
M. Eugène Gautier, qui fut appelé à lui succéder. 
Vers 1852 ou 1853, lorsque M. Seghers donna sa 
démission de chef d'orchestre de la Société ^de 
Sainte-Cécile, M. Barbereau le remplaça dans ses 
fonctions, qu'il conserva jusqu'à la dissolution 
de la Société. Je dois f.iire remarquer qu'avant 
de remporter, en 1824, le premier grand prix de 
composition musicale, M. Barbereau avait ob- 
tenu le second prix en 1822, et une mention en 
1820. En 1813, un second prix de violon lui 
avait été décerné. 

BARBIER (Frédéric-Etienne) , "composi- 
teur, né à Metz (Moselle) le 15 novembre 1829, 
fit ses études littéraires au collège de Bourges, 
en même temps qu'il recevait des leçons de sol- 
fège, de piano, d'harmonie et de contre-point de 
Darondeau {V. ce nom), alors organiste de cette 
ville. Son père, officier du génie, désirait le voir 
entrer à l'École polytecbniqne, dont lui-même 
avait été l'élève -, mais le gouvernement de 1848 
ayant créé une nouvelle école, dite d'administra- 
tion, le jeune Barbier préféra concourir pour 
cette dernière, et y fut admis. Celte école ayant 
été dissoute peu de mois après, il reçut comme 
dédommagement des inscriptions de droit, et 
commença ses éludes de droit. Mais la musique, 
qu'il n'avait jamais abandonnée au milieu de 
travaux d'un ordre bien différent, reprit bientôt 
le dessus dans son esprit. M. Barbier, qui avait 
déjà écrit et fait représenter à Bourges un petit 
opéra- comique en un acte, le Mariage de Co- 
lombine, songeait à se produire à Paris, sur 
une scène musicale. Présenté par des person- 
nages influents à [Séveste, alors directeur du 
Théâtre-Lyrique, il fil à ce théâtre la connais- 
sance d'Adolphe Adam, qui s'intéressa à lui, lui 
donna d'abord des conseils, puis des leçons par- 
ticulières, et enfin lui fit recevoir son premier 
ouvrage, une Xuil à Séville, opéia-comique en 
un acte joué au Théâtre-Lyrique le 14 septembre 
1855 et très-favorablement accueilli. Deux mois 
après, le 21 novembre, M. Barbier donnait au 
même théâtre un nouvel ouvrage en un acte in- 



BARBIER — BARBIERI 



43 



titulé Rose et Narcisse. Depuis lors, et dans 
un espace de vingt années, il a fait représenter 
sur toutes les petites scènes lyriques de Paris et 
dans des cafés-concerts plus de soixante ou- 
vrages plus ou moins importants, opéras-comi- 
ques, opérettes ou ballets. On peut regretter que 
M. Barbier, qui est bien doué au point de vue de 
l'imagination, qui a de la verve et qui "sait 
écrire, ait ainsi gaspillé ses forces sans profit 
pour son nom, tandis qu'il aurait pu sans doute , 
avec un peu moins de fièvre et de hâte dans la 
proluction, acquérir une situation plus en- 
viable 

Voici la liste des ouvrages dramatiques de ce 
compositeur: Théâtre de Bourges. Le Mariage 
de Colombine, un acte. — Théâtre-Lyrique. 
Une Nuit à Sihille, un acte, 1855; Rose et 
Narcisse, id., 1855. — Folies Nouvelles. Le 
Pacha, un acte, 1858 ; Francastor, id.. M.; le 
Page de 31>"e iMalbrough, id., id.; le Faux 
Faust, parodie en trois actes, 1858 ; le Docteur 
Tam-Tom, 1 acle, 1859. — Théâtre Déjazet. 
Monsieur Deschalumeaux, deux actes, 1859; le 
Grandroid'Yvetot,lrohac{es, 1851) ; le Loupet 
V Agneau, un acte, 1869. ; Simon Terre-Neuve, 
id., 18G3; Deux Permissions de dix heures, 
id., 1864 ; Panneaux Airs, parodie en un acte. 
— Théâtre DU Chalet des Iles (Bois de Boulo- 
gne). Les Amours d'un shah, deux actes, 1861 ; 
Flamberge au vent, un acte, 1861. — Folies- 
Marigny. Versez, marquis, un acte, 1862; la 
Cigale et la Fourmi, id., id.; la Gamine du 
Village, id., 1863; les Trois Normandes, id., 
kl.; Achille chez Chiron, iil., 186i. — Théâ- 
tre Saint-Germain. La Bouquetière de Tria- 
non, deux actes, 1864. — Bouffes-Parisiens. 
M>"e Pugmalion, un acte, 1863 ; Un Congrès de 
modistes, un acte, 1865 ; Une Femme qui a 
perdu sa clef, id., 1866. — Théâtre Interna- 
tional (à l'Exposition de 1867). Gervaisc, un 
acte, 1867. — Fantaisies Parisiennes. Les Oreil- 
les de .Vidas, un acte, 1866 ; les Légendes de G a- 
varni, trois actes, 1807 ; le Soldat malgré lui, 
deux actes, 1868. —Folies-Bergère. ManVzelle 
Pierrot, un acte, 1869. — Variétés, Mam'zelle 
Rose, un acte, 1874.^ Concert de l'Eldorado. 
Le Souper d'Arlequin ; Balladine et Casquen- 
(cr ; un Mariage au gros sel ; Don Ferocio; 
le Beau Chasseur; Fermé le dimanche; un 
Procès en séparation; On demande îtn pi- 
tre; un Souper chez la Contât; l'Acteur om- 
nibus; un Lendemain de noce; la Bonne de 
ma tante; une Cause célèbre; le Nez de car- 
ton; le Coq est mort! la Nourrice d'Hercule; 
Millionnaire ! les Points jaunes; M. l'Alcade; 
Mam' Nicolas; le Champagne de ma tante 



la Fermière et son garçon ; les deux Cho- 
ristes ; Marion de rornje, parodie ; Lucrèce 
d'Orgeat, id.; le Trésor de Cassandre, panto- 
mime; les Cascades de Pierrot, id.; la Batte 
enchantée, id. — Alcazar (Champs-Elysées). 
La Fe'te de M>ne Denis; un Scandale à l' Al- 
cazar; l'Orchestre des Danoises; les Piffe- 
rari, ballet. 

II. faut ajouter à tout cela : le Miroir, opé- 
rette en un acte, non représentée, publiée dans 
le Magasin des Demoiselles; la Veuve Om- 
phale, id., publiée chez l'éditeur M. Vieillot; la 
Chaumière indienne, opéra comique en un 
acle, reçu naguère à l'Opéra- Comique et non re- 
présenté ; Corinne, opéra-comique en trois actes, 
et les Incroyables, opéra bouffe en trois acles, 
non représenté; environ 300 duos, romances, 
mélodies vocales , chansonnettes , de nombreux 
morceaux de musique de danse pour le piano, 
des marches de concert et des fantaisies pour 
orchestre sur des motifs d'opéras, etc., etc. 
M. Frédéric Barbier a été, en 1867, chef d'or- 
chestre du Théâtre International, et il remplit 
aujourd'hui les mêmes fonctions au concert de 
l'Alcazar. Cet artiste s'est essiyé aussi dans la 
critique, et a collaboré à quelques petits jour- 
naux, enire autres r^ycnJr musical (1853), et 
l'Indépendance dramatique. 

BARBIERI (A.MERICO), théoricien, professeur 
et musicographe italien, né dans la première 
moitié de ce siècle, est mort à Milan au mois de 
juillet 1869. Auteur d'une Scïe?i:a nuovadeW 
armonia de' suoni, qui est plutôt un traité d'a- 
coustique que de musique et dans lequel, à côté 
d'aperçus assez heureux , d'idées parfois re- 
marquables, on rencontre mainte utopie ex- 
travagante, cet artiste avait entrepris la 
publication d'une grande encyclopédie musi- 
cale à laquelle il avait donné le titre suivant : 
Dizionario ar/istico scientifico-storico-iecno- 
logico -musicale, con nozioni di estetica, di 
poesia epica, lirica e drammatica, e di quanta 
collegasi colla nmsica (Miian, Giacomo Pirola, 
in-8°). Il avait fait paraître à peine quelques li- 
vraisons de cet ouvrage fort important, lorsqu'il 
fut surpris par la mort. Celui-ci dut être repris 
et continué par M. Giovanni Batlista Beretta. Je 
n'ai pu me procurer de renseignements biogra- 
phiques sur ce musicien instruit et laborieux. 

BARBIERI (GiROLAMo), organiste et com- 
positeur, né à Plaisance le 2 octobre 1808, étudia 
dans sa jeunesse plu.Ueurs instruments, et ac- 
quit une réelle habileté sur le piano et surtout 
sur l'orgue. Il se livra d'abord à l'enseignement, 
puis, à la suite d'un concours, devint organiste, 
maître de chapelle et directeur de l'école de 



BARBIERI 



chant de Caravaggio ; au bout de cinq années, 
et à la suite d'un autre concours, il passa en la 
même qualité à Crémone ,1842), et enfin, en 
1847, revint dans sa ville natale, où il se livra à la 
composition de nombreuses œuvres de musique 
religieuse et fit briller son beau talent d'organiste. 
Parmi ses compositions, assez faibles en général, il 
faut surtout citer le recueil qu'il a publié sous 
ce titre : le Mois de Mai dédié à Marie, qui 
renferme une suite de chansons spirituelles, mo- 
tets ellitanies pour chaque jour du mois, à une, 
deux et trois voix, avec accompagnement d'orgue 
ou piano. Cet artiste mourut à Plaisance, le 4 juin 
1871, à la suite d'une longue et douloureuse ma- 
ladie. M. Giovanni Bianclii a publié sur lui une 
notice biographique: Délia vita e délie operedi 
Girolamo Barbieri, Plaisance, 1871. 

* BARBIEIÎI (Charles, ou plutôt Louis de), 
compositeur italien , était né à Gènes en 1822, et 
avait été élève de Crescentini pour le chant et 
de Mercadaiite pour la composition. Chef d'or- 
chestre non-seulement à Berlin et à Vienne, mais 
encore à Hambourg, à Brème, à Bio-Janeiro et 
à Pesth, il avait fait jouer, outre Christophe Co- 
lomb, deux autres opéras: Perdita ti Arabella, 
et avait composé plusieurs messes. Ctt artiste 
est mort à.Pesth le 29 septembre 1867. 

* BARBIEIII (Francisco ASENJO),rundes 
compositeurs espagnols les plus féconds, les plus 
populaires et les plus distingués de l'époque ac- 
tuelle, est né à Madrid le 3 août 1823. Après 
avoir fait d'excellentes études littéraires et scien- 
tifiques, s'être familiarisé avec les mathémati- 
ques, la physique, la chimie, M. Barbieri, qui 
devait d'abord embrasser la carrière de méde- 
cin, puis celle d'ingénieur, se sentit pris un jour 
d'un goût passionné pour la musique, dont il 
avait commencé l'étude avec un musicien du 
théâtre de la Cruz, nommé José Mayorito. 11 
entra au Conservatoire de Marie-Christine, et là 
travailla simultanément le piano avec Pedro Al- 
beniz, la clarinette avec Ramon Broca, le chant 
avec M. Baltazar Saldoni, et plus tard la com- 
position avec Carnicer. 

Lorsqu'il eut terminé ses études, M. Barbieri 
se trouva seul à Madrid. Sa mère, veuve d'un 
courrier de cabinet qui s'était fait tuer, un jour 
de combat, en portant un pli important à un 
général de l'armée libérale, s'était remariée et 
avait quitté la capitale pour aller se fixer en 
province. Réduit aux seules ressources qu'il 
pourrait se procurer, le jeune musicien, qui avait 
déjà le goût et le désir de se produire au théâ- 
tre, dut commencer par chercher les moyens 
d'assurer son existence, ce qui ne lui fut pas d'a- 
bord très-facile. Premièrement, il s'engagea 



comme clarinettiste dans le 5' bataillon de la 
milice nationale ; mais, comme la solde n'était 
que de trois réaux par jour, il prit en même 
temps une place dans un théâtre, fit de la copie 
de musique, joua dans les bals, donna des le- 
çons de piano à dix sous le cachet, fit enfin ce 
que font tous les jeunes artistes qui doivent ga- 
gner leur vie tout en travaillant à leur avenir. 
Bientôt il publie quelquas chansons et romances, 
et devient choriste au théâtre du Cirque, où il 
supplée le chef de chœurs. C'est alors qu'il écrit 
le livret et la musique d'une zarzuela en ua 
acte, Felipa, qui devait être jouée dans une re- 
présentation extraordinaire donnée au bénéfice 
des choristes de ce théâtre, mais qu'il ne put 
terminer pour l'époque indiquée. Au bout de 
quelque temps, M. Barbieri quitte Madrid et 
s'engage comme chef de chœurs et souffleur 
d'une troupe d'opéra italien qui allait exploiter 
quelques villes du Nord de l'Espagne, Pampe- 
lune, Vittoria, Bilbao; c'est dans cette troupe 
qu'un jour, l'artiste qui devait jouer Basile du 
Barbier de Séville se trouvant indisposé, il se 
présente à sa place et chante le rôle à l'impro- 
viste. Après cette première campagne, il en fait 
d'autres dans les mêmes conditions, et visite 
Murcie, Carlhagène, Almeria, Alicante. 

De retour à Madrid en 1847, il écrit la mu- 
sique d'un opéra italien en deux actes, il Buon 
Tempo, qu'il fait recevoir an théâtre du Cirque, 
mais qu'il ne peut parvenir à faire jouer. Bientôt 
il est reçu dans une société qui se fonde dans le 
but de provoquer à Madrid la création d'une 
scène hrique espagnole, d'un théâtre de zarzue- 
las, devient secrétaire de cette société, et est 
chargé de la rédaction d'une foule de mémoires, 
de projets, de communications de toutes sortes. 
Intelligent, actif, laborieux, il était d'ailleurs 
toujours prêt à saisir l'occasion de se produire. 
C'est ainsi qu'il se charge de la traduction es- 
pagnole d'un opéra italien de M. Arrieta, Ilde- 
gonda, et qu'en 1849 il devient critique musical 
du journal la ïhistracion. Tout cela ne l'em- 
pêchait pas d'écrire de nombreux morceaux 
pour les orchesties civils et militaires, et de 
commencer sa réputation de professeur. 

Enfin, l'année 1850 voit ses débuts de compo- 
siteur dramatique. Il donne au théâtre des Va- 
riétés son premier ouvrage, Gloria y Peluca, 
zarzuela en un acte qui obtient un énorme suc- 
cès et devient aussitôt populaire. Il fait suivre 
cette aimable production de plusieurs petites 
pièces du même genre, et enfin fait représenter, 
le 6 octobre 1851, une grande zarzuela en trois 
actes, Ju'jar con fiiego, qui est accueillie avec 
enthousiasme et qui fait courir tout Madrid. 



BARBIERI 



45 



Celle fois le compositeur est lancé, son avenir 
artistique est assuré, et il devint l'un des zar- 
zuelerox les plus aimés du public et les plus 
recherchés des administrations. théâtrales. Dans 
l'espace de vingt-cinq ans, il donne ainsi 60 ou- 
vrage'^, dont 12 en coilaboration, ei écrit plus 
de cent actes d'opéra-comique. 

Voici la liste complète des productions drama- 
tiques de M. Barbieri : 1" Gloria y Peliica, un 
acte, th. des Variétés, 9 mars 1850 ; 2° Tramoya, 
un acte, 27 juin 1850 ; 3° Escenas de Cfiamberi, 
un acte ( en société avec MM. Oudrid, Her- 
nando et Gaztambide), Variétés, 19 novembre 

1850 ; 4° la Jacara , ballet en un acte avec 
chœurs, Cirque, 15 mars 1851 ; 5° la Picaresca, 
2 actes (avec Gaztambide), 29 mars 1851 ; 6" 
Jugar con fuego, 3 actes. Cirque, 6 octobre 

1851 ; 7° Por seguir à xma mujer, quatre actes 
(avec MM. Oudrid, Inzenga et Gaztambide), id., 
24 décembre 1851 ; 8'^ la Hechicera, trois actes, 
id., 24 avril 1852 ; 9" el Manzanares, un acte, 
id., 19 juin 1852; 10" Gracias à Bios que esta 
puesia la mesa, un acte, id., 24 décembre 

1852 ; il° la Espada de Bernardo, trois actes, 
id., 14 janvier 1853 ; 12° el Marqués de Cara- 
vaca, deux actes, id., 8 avril 1853 ; 13° Z>o?iSim- 
plicio Bobadilla, trois actes (avec Gaztambide, 
MM. Hernando et Inzenga), id., 7 mai t833; 14° 
Galanteos en Venecia, trois actes, id., 24 décem- 
bre 1853; 15° un Dia de reinado, trois actes 
(avec Gaztambide, MM. Inzenga et Oudrid), 
id., 11 février 1854 ; 16° Aventura de un can- 
iante, un acte, id., 16 avril 1854; 17° los 
Diamantes de la Corona, trois actes, id., 15 sep- 
tembre 1854 ; 18° Mis dos mujeres, trois actes, 
id., 26 mars 1855, 19° los Dos Ciegos, un acte, 
id., 25 octobre 1855 ; 20° el Vizconde, un acte, 
id., 1" décembre 1855; 21° el Sargento Fede- 
rico, quatreactes, id., 22 décembre 1855 ; 22° En- 
tre dosaguas, trois actes (avec Gaztambide), id., 

4 avril 1856; 23° Gato por liebre, un acte, id., 
21 juin 1856; 24° la Zarzuela, un acte (avec 
Gaztambide et M. Arrieta), th. de la Zarzuela 
(pour l'inauguration), 10 octobre 1856 ; 25° el 
Diabloen elpoder, trois actes, id., 11 décembre 
1856 ; 26° el Relampago, trois actes, id., 15 oc- 
tobre 1857 ; 27° Por Conquista, un acte, id., 

5 février 1858 ; 28" Amar sinconocer, trois actes 
(avec Gaztambide), id., 24 avril 1858 ; 29° wn 
Caballero particiilar, un acte, id., 28 juin 
1858 ; 30° el Robo de las Sabinas, deux actes, id . , 
17 février 1859; 31° el I\'ino, un acte, id., 15 
juin 1859; 32° Compromisos del no ver, un 
acte, id., 14 octobre 1859; 33° Entre mi mujer 
y el negro, deux actes, id., 14 octobre 1859 ; 34° 
un Tesoro escondido, trois actes, id., 12 novem- 



bre 1861; 35° los Herederos, un acte, id., 5 
juin 1862 ; 36° el Secrelo de una Dama, trois 
actes, id., 20 décembre 1862 ; 37° Dos Picho- 
nes del Turia, un acte, id., 28 novembre 1863; 
38° Pan y Toros, trois actes, id., 22 décembre 
1864; 39° et 40° Gibraltar en 1890, un acte, 
el Rabano parlas hojas, un acte, id., 22 jan- 
vier 1866; 41° Revista de un muerto, juicio 
del ano 1865, un acte (avec M. Rogel), 3 fé- 
vrier 1866; 42° De tejas arriba, un acte, th. 
des Variétés, 22 décembre 1866 ; 43° el Pavo 
de Aavidad, un acte, id., 24 décembre 1866; 
44° el Pan de la boda, deux actes. Cirque, 24 oc- 
tobre 1868; 45° el Soprano, un acte, Zarzuela, 
23 février 1869 ; 46" la Maya, trois actes, th. del 
Priiicipe, 12 octobre 1869, 47" 7îo6m.so«, trois ac- 
tes. Cirque, 18 mars 1870 ; 48» los Holgazanes, 
troisactes, Zarzuela, 25marsl871 ; 49''et50°Z)ort 
Pacifico, un acte, el Hombre es délil, un acte, 
id., 14 octobre 1871 ; 51° e^ Tribulo de lascien 
Doncellas, troisactes, id., 7 novembre 1872 ; 52° 
SMCûoscfeoro, troisactes, id., 21 décembre 1872 ; 
53° el Proceso de Can-can, deux actes, th. des 
jardins du Buen-Reliro, 10 juillet 1873; 54° los 
Comediantesde a?i;«/îo,deux actes, Zarzuela, 13 
février 1874; 55° la Despedida, monologue ly- 
rique, th. royal, mars 1874; 56° e^ Domador 
de fieras, un acte, Zarzuela, 14 avril 1874 ; 57" 
el Testamento azul, trois actes (avec MM. Ou- 
drid et Aceves), tli. du Buen-Retiro, 20 juillet 
1874; b%° el Barberillo de Lavapiés, trois actes, 
Zarzuela, 19 décembre 1874 ; 59° la Vuelta al 
munrfo, quatre actes (avec M. Rogel), Cirque, 18 
août 1875. 

Quelle qu'ait été sa fécondité à ce point de 
vue, et l'on voit qu'elle est remarquable, l'exis- 
tence artistique de M. Barbieri est loin de 
s'être concentrée dans la production de ses 
œuvres dramatiques. Esprit pénétrant et large, 
intelligence ouverte et vive, tempérament plein 
de souplesse et d'initiative, cet artiste .s'est 
trouvé mêlé d'une façon très-active à tous les 
essais, à toutes les tentatives intéressantes dont 
Madrid était le théâtre dans le domaine de l'art. 
En 1848, il fait partie de la société formée sous 
le nom de Lycée artistique et littéraire de Ma- 
drid, et en 1851 il devient l'un des membres les 
plus actifs de l'association de poètes et de com- 
positeurs qui s'organise pour l'exploitation du 
genre de la zarzuela au théâtre du Cirque, et 
ensuite au nouveau théâtre de la Zarzuela ; il est 
en même temps chef des chœurs, puis chef 
d'orchestre de l'entreprise. En 1857, il est 
nommé membre de la junte consultative du Con- 
servatoire, et l'année suivante il coopère à la 
fondation de la Société artistique et musicale de 



46 



BARBIERI — BARBIROLLI 



secours mutuels. En 1859, il organise au théâtre 
de la Zarzueia des concerts spirituels, qu'il dirige, 
à la tête de 200 exécutants. En 1863, il fait 
exécuter à IVglise de la Trinité, dans une céré- 
monie célébrée pour l'anniversaire de la mort de 
Cervantes, diverses compositions de musiciens 
espagnols des XVI« et XVII' siècles. En 1864, 
lors de l'inauguration du théâtre Rossini aux 
Champs-Elysées, il est chargé de la formation de 
la troupe, fait un voyage en France et en An- 
gleterre pour recruter des artistes , revient à 
Madrid, est nommé directeur artistique de l'en- 
treprise, monte avec un soin extrême Faust 
et Guillaume Tell tt dirige l'orchestre aux ap- 
plaudissements du public, puis organise et dirige 
dix-huit concerts en plein air, nouveauté qui 
obtient un immense succès. En 1866, il fonde 
et dirige les concerts de musique classique, dont 
il fait en 1867 la Société des concerts de Ma- 
drid, donne la première année vingt six, et la se- 
conde cinquante séances, dans lesquelles il fait 
exécuter les plus grandes œuvres instrumentales 
et vocales des grands maîtres de l'école alle- 
mande. En 1868, il est nommé simultanément 
professeur d'harmonie et d'histoire de l'art mu- 
sical au Conservatoire, et refuse d'accepter ces 
fonctions. Enfin, en i8r.9, il dirige l'orchestre du 
théâtre royal, et en 1873 est nommé membre 
de la section de musique de l'Académie des 
beaux-arts. 

Tout cela n'a pas emiiêché M. Barbieri d'é- 
crire, en dehors du théâtre, un grand nombre de 
compositions plus ou 'moins importantes : ou- 
vertures, marches triomphales, hymnes, motets, 
chansons espagnoles, fantaisies instrumenta- 
les, etc., etc., exécutées en diverses circons- 
tances, non plus que de prendre part à la ré- . 
daction d'une foule de journaux dans lesquels il 
s'occupait d'histoire, de littérature et de critique 
mu>icales : la Iluslracion, las Novedades, la 
Zarzueia, el Constilucional, la Gacela mu- 
sical Barcelonesa, la Espaùa, las ^îoticias, 
el Eco de Aragon, la IVacion, la lîevisia de 
Archivas, Bibliotecas y Museos, la Revistade 
Espnna, la Espaùa musical, la Revis ta Eu- 
ropea, et bien d'autres encore. Au reste, les 
questions historiques et critiques relatives à la 
musique ont toujours intéressé beaucoup M. Bar- 
bieri, qui les étudie avec ardeur, qui a fait à ce 
sujet plusieurs voyages en France , en Angle- 
terre, en Belgique et en Allemagne , et qui, 
dit-on, possède une bibliothèque musicale de 
premier ordre, réunie avec beaucoup de soins, 
contenant beaucoup de manuscrit^, et riche sur- 
tout en œuvres espagnoles. Enfin, comme détail 
curieux re'atif à la physionomie véritablement 



intéressante de cet artiste si distingué, je dirai 
que M. Barbieri est l'un des fondateurs de la 
Société des Bibliophiles espagnols, constituée 
en 1866 (I). 

B.\RBIERI-\I.\I (M™' Anna), cantatrice 
distinguée, née à Florence, fut élève de Ro- 
mani, et iicquit dans sa patrie une renommée 
considérable, qu'elle n'obtint pas cependant sans 
efforts. Douée d'un physique peu flatteur, man- 
quant de ce prestige que certaines artistes, 
grâce à leurs qualités extérieures, exercent im- 
médiatement sur le public, elle eut à vaincre de 
nombreux obstacles avant de conquérir la situa- 
tion à laquelle son talent lui donnait droit. Elle 
y parvint cependant, grâce à la puissance el à 
l'étendue de sa belle voix de soprano, à l'agilité 
qu'elle sut lui donner, au sentiment profond dont 
elle sut l'empreindre. Lorsqu'après plusieuis 
années passées dans une demi-obscurité, elle fut 
appelée à déployer ses brillantes et solides qua- 
lités sur la scène du théâtre de la Pergola, de 
Florence, elle eut enfin les succès qu'elle méri- 
tait, et bientôt excita chez ses compatriotes 
l'enlhousiasmc expansif et bruyant qui leur est 
habituel. Elle retrouva ces succès à Rome, à 
Venise, à la Scala, de Milan, à Barcelone, à Ma- 
drid et ailleurs. 

La Barbieri-Nini brillait surtout dans le genre 
dramatique, où elle trouvait des accents pathéti- 
ques, des élans passionnés qui transportaient 
ses auditeurs. Elle était surtout remarquable, 
dit on, ilans la Lucrezia Borgia, de Donizetti, 
où la puissance tragique était par elle poussée 
au comble. Plusieurs compositeurs travaillèrent 
expressément à son intention, et c'est pour elle 
q'ie Mabellini écrivit il Conte di Lavagna, Pa- 
cim Lorenzino de 'Medici, M, Xerd'i Macbeth , 
i Due Foscari et la Batfaglia di Legnano. 
M'"* Barbieri-Nini se fit entendre au Théâtre- 
Italien de Paris en 1851, mais je crois qu'elle n'y 
resta pas longtemps. 

Celte artiste fort distinguée épousa en premiè- 
res noces le comte Barbieri, de Sienne, dont elle 
eut deux fils , puis , devenue veuve , se remaria 
avec un pianiste autrichien, M. Léopold Hacken- 
sollner. Elle a renoncé depuis plusieurs années à 
h carrière dramatique, et demeure aujourd'hui 
à Florence. 

BARBIROLLi (Lorenzo), compositeur ita- 
lien, a fait représenter en 1837, au théâtre 



(t) J'ai tiré une grande partie des éléments de cet ar- 
ticle d'une notice vive et intéressante publiée récem- 
ment en Espagne : Barbieri, par M. Antonio Pciia y 
Goni (Sladrid, Ducaical, 1875, In-sodeei page.s.avcc por- 
trait). 



BARBIROLLI — BARBOT 



4T 



Apollo, de Venise, un opéra intitulé i Trojani in 
Laurento. 

BARBOT (Joseph Théodore-Dksirk), clian- 
teur et professeur, est né à Toulouse le \2 
avril 1824. Son éducation musicale se fit à la 
maîtrise de la cathédrale de Toulouse , et il 
commença par apprendre le violon, qu'il étudiait 
d'ailleurs sans enthousiasme. Pourtant, à cette 
époque, il ne songeait nullement à devenir un 
chanteur, car il n'avait que très peu de voix, et 
elle était d'un timbre défectueux. M. Barbot 
vint à Paris , et fut admis au Conservatoire 
comme élève d'harmonie, le 25 mars 1843, dans 
la classe de M. Elwart. Peu de jours api es, sur le 
conseil de ce dernier, il demandait à entrer dnns 
une classe de chant, et en effet, le 25 mars sui- 
vant, il devenait l'élève de Garcia, et un peu 
plus tard de Morin et de Moreau-Sainti 'pour 
l'opéracomique, et de Michelot pour l'opéra. De- 
venu pensionnaire en 1846, il ne prit part, je 
crois, à aucim concours, ce qui ne rem|)écha pas 
d'être engagé à l'Opéra à la fin de 1848, lorsqu'il 
quitta le Conservatoire. Chanteur remarquable à 
beaucoup d'égard«, quoique sa voix fût incom- 
plète, M. Barbot sut obtenir des succès, et l'un 
des plus brillants qu'il remporta lui fut procuré 
par le rôle de Faust, qu'il créa avec beaucoup de 
talent au Théâtre-Lyrique dans le chef-d'œuvre 
de M. Gounod. Mais la plus grande partie de .«a 
carrière active s'écoula à l'étranger, oii il avait 
abordé le genre italien, et qu'il parcourut pen- 
dant longues années avec sa femme. On n'en- 
tendait plus parler de l'î. Barbot, lor.squ'un ar- 
rêté du ministre des beaux-art'', en date du 
l" octobre 1875, le plaça à la tête de la classe 
de chant laissée vacante au Conservatoire par la 
démission de M""* Pauline Viardot. 

M'"' Caroline Barbot, femme de cet artiste, 
née à Paris vers 1830, est une cantatrice d'un 
talent remarquable. Élève de Delsarte et de son 
mari, elle a obtenu en France et à l'étranger de 
légitimes succès. Après avoir tenu l'emploi dos 
chanteuses légères, elle aborda le chant drama- 
tique, fut très-bien accueillie à l'Opéra, oii elle 
était en 1859, puis embrassa avec son mari la 
carrière italienne. Douée d'un beau physique, 
d'une voix ample, d'une grande énergie, d'un 
sentiment passionné, avec cela pourvue d'une 
éducation musicale très-sérieuse, enfin comé- 
dienne intelligente et chaleureuse, M'"' Barbot 
s'est fait vivement applaudir à Bologne, à Tu- 
rin, à Rom,^, à Milan, à Saint-Pétersbourg et 
dans beaucoup d'autres villes fort importan- 
tes. 

BARBOT (François Cécile-Paul), pianiste 
et compositeur, cousin des précédents, et né à 



Toulouse en 1828. Il commença l'étude du piano 
sous la direction de M"'* Rey, puis entra au Con- 
servatoire de Toulouse, d'oii il sortit en 1842 
avec un premier prix, ayant composé lui-même 
son morceau de concours avec accompagnement 
d'orchestre. A la fin de la même année il fut 
admis, au Conservatoire de Paris, dans la classe 
de Zimmermann ; mais bientôt, se voyant en 
possession d'une belle voix de fort ténor, il quitta 
cet établissement, et, au . mois de septembre 
1844, partit pour Naples, où il se fit recevoir 
au collège de musique de S. Pielro a Majella, et 
où il commença l'étude du chant sous la direction 
de Cresceiitiiii. Six mois après, le ténor Tam- 
berlick ayant rompu l'engagement qui le liait au 
théâtre du Fondo, M. Pau! Barbot fut engagé 
par Vimpresario Flaulo en qualité de premier 
ténor double, ayant pour chefs d'emploi Don- 
zelli et Fraschini, et débuta à ce théâtre dans 
le Cantatiici villane. Il travailla alors avec 
Donzelli, qui fut son véritable professeur, et 
|)assa l'année suivante au théâtre San-Carlo, où 
il fut lien accueilli et encouragé. 

De retour en France en 1846, M. Barbot 
éprouva, pendant la traversée, un accident qui 
lui fit perdre à tout jamais la voix, et l'obligea à^ 
modifier sa carrière. Après une année de tâton- 
nements et d'indécision, il reprit avec ardeur ses 
études de piano et de composition, et se fixa 
définitivement à Toulouse, où il se fit rapidement 
une excellente position comme professeur et 
comme exécutant. Bientôt il écrivit, sur le sujet 
de l'École des Femmes, de Molière, les paroles 
et la musique d'im opi'ra-bouffe avec récits à 
l'italienne, qui , représenté à Toulouse, y obtint 
un assez vif succès. Depuis lors, M. Barbot a 
composé et publié plus de cent morceaux de 
[)iano, 'parmi lesquels on peut surtout signaler 
ceux dont les titres suivent : le Réveil-matin, 
la Danse des Treilles, les Soirées d'' Espagne, 
Souviens-toi, Fleur des Alpes, Pinson et 
Fauvette, etc. Ces morceaux ont paru chez les 
éditeurs Choudens, Heugel, Heu, Colombier^ 
Prilipp et Langlois. M. Paul Barbot, qui a fait 
avec ses enfants (V. ci-après) des tournées artis- 
tiques en Angleterre, en Hollande et en Belgique, 
a organisé, à Toulouse, des soirées d'élèves d'un 
genre nouveau, qui ont produit en cette ville une 
grande impression, et dans lesquelles il faisait 
exécuter par un orchestre composé de six pia- 
nos, à vingt-quatre mains , les chefs-d'œuvre 
symphoniques de Beethoven, de Weber, de 
Meyerbeer, etc., spécialement arrangés par lui à 
cet effet. 

B.\RBOT (Je.vn-François-Gaston), pianiste 
et violoncelliste, fils du précédent, est né à Tou- 



48 



BARBOT — BARONI 



louse en 1847. Élève d'abord de son père pour 
le piano, il fut admis au Conservatoire de sa 
ville natale, dans la classe de M. Carreau, d'où 
il sortit avec un brillant premier prix. Il vint 
alors à Paris, entra an Conservatoire, où il devint 
élève de ^M. Marmontel pour le piano, de 
Franchomme pour le violoncelle, puis retourna à 
Toulouse, où il est aujourd'hui fixé. 

BARBOT (Madelaine-Philipplne -Andrée), 
sœur du précédent, est née à Toulouse en 1854. 
Douée d'une belle voix de mezzo- soprano, elle a 
travaillé le chant avec son père, et Laget, alors 
professeur au Conservatoire de Paris, l'ayant 
fait entendre à l'Opéra, elle fut engagée à ce 
théâtre pour trois ans et y débuta, dans le Trou- 
vère, le 13 mars 1872. Quoique ce début ait été 
bien accueilli, le père de M"° Barbot jugea qu'il 
était prématuré, et s'entendit avec l'administra- 
tion de l'Opéra pour faire chanter sa fille dans 
plusieurs villes de la province et de l'étranger, 
et la faire travailler encore avant de lui laisser 
tenir son emploi sur notre première scène ly- 
rique. C'est ainsi que M"« Barbot a été suc- 
cessivement engagée et fort bien reçue à la 
Haye, à Anvers, et enfin à Rouen, où elle se 
trouve aujourd'hui (1875). 

* BARCA (Francisco), compositeur portu- 
gais, naquit à Evora vers 1603. Il entra en 1625 
dans l'ordre militaire de S. Jacques, en faisant 
profession dans le couvent de Palmella, où il 
était entré en 1624. En 1640 il était maître de 
chapelle de ce couvent , et remplit plus tard les 
mêmes fonctions à l'hôpital royal de Todos os 
Sancios , de Lisbonne, où il mourut. Tous ses 
ouvrages étaient conservés, en manuscrit, dans 
la bibliothèque de musique du roi D. Jean IV. 
Dans sa notice sur ce musicien, Gerber a commis 
plusieurs erreurs, qui ont été reproduites dans 
la Biographie universelle des Musiciens. 

J. DE V. 

* BARCA (le Père Alexandre). On trouve 
une notice intéressante sur ce théoricien dans le 
recueil qui a été fait récemment des écrits de 
Mayr : Biografie di scrittori e artisti musi- 
cali Bergamaschi nativi od oriundi (Ber- 
game, Pagnoncelli, 1875, in-4''). L'éditeur de ce 
recueil, M. l'abbé Antonio Alessandri, y a joint 
quelques notes fort utiles. 

BARCELO.XA (le P. José de), composi- 
teur espagnol, moine de Guadalupe, fit au com- 
mencement de ce siècle ses études artistiques au 
collège de musique de l'abbaye de Montserrat, 
dans la Catalogne. On lui doit un certain nombre 
d'œuvres de musique religieuse, parmi lesquelles 
un office de vêpres pour la Vierge, avec accom- 
pagnement d'orchestre et d'orgue obligé. 



BARECHA(leP. Fr. Bernardo), musi- 
cien espagnol, naquit à Vinacet, en Aragon, ou 
ne sait en quelle année. Il était, en 1623 maître 
de musique au collège établi au monastère fa- 
meux de Montserrat, dans la Catalogne. Doué 
d'une superbe voix de basse , il était premier 
chanteur dans cette abbaye, et jouissait de la 
réputation d'un excellent musicien. 

BARECHA (le P. Fr. Miguel), sans doute 
frère du précédent, naquit, comme lui, à Vina- 
cet. Apiès avoir servi dans la marine sous les 
ordres du prince de Savoie, il prit, en 1617, 
l'habit de moine au monastère de Montserrat. 
Musicien habile et laborieux, il écrivit un recueil 
d'antiennes pour le service religieux de la Sep- 
tuagésime jusqu'à Pâques. Cet artiste mourut en 
1628. 

BARGIEL (Woldemar), compositeur, est 
né à Berlin le 3 octobre 1828. Il est le fils du 
professeur de musique Auguste-Adolphe Bargiel, 
qui épousa la femme divorcée de Frédéric Wieck, 
père de M""' Clara Schumann. Il a écrit de la 
musique de piano, de la musique de chambre 
et d'orchestre. Dans ces derniers temps, il s'est 
également essayé dans la musique vocale. Bar- 
giel, dont les compositions sont très estimées 
en Allemagne, suit les tendances de son beau- 
frère Robert Si:humann, mais sans abdiquer 
toutefois son individaalité. En 1859, Bargiel fut 
attaché au Conservatoire de Cologne. Il a quitté 
ce poste en 1865 pour prendre la direction de 
l'école de musique de Rotterdam. Parmi ses 
meilleures o'uvres, on cite ses ouvertures de 
Médée et de Promélhée, une symphonie, et 
trois trios pour piano, violon et violloncelle. 

Y. 

RARILLAULT { ), musicien vivant au 

seizième siècle, était au service d'un sieur de 
Roville. Il remporta en 1576, au concours du 
puy de musique d'Évreux, le prix du triomphe, 
pour une chanson française intitulée ; Bace de 
royt. 

BARIOKA (Madelka-Simon ), composi- 
teur, vivait au seizième siècle. La bibliothèque 
de Munich possède de lui : Sepiem Psahni pœ- 
nitentiales 5 vocuin (Altorf, 1586). 

Y. 

BARIVABD (M"' Charles). Foye; Claribel. 

BARNEVVITZ ( ), violoniste distingué, 

est né à Berlin le 12 novembre 1800. C'est aussi, 
dit-on, un compositeur de mérite. Y. 

BARONI ( ), compositeur italien con- 
temporain, a fait représenter il y a quinze ou 
vingt ans, sur un théâtre de la Péninsule, un 
opéra sérieux intitulé Bicciarda, dont le re- 
tentissement a été médiocre. 



BARRETT — BARTHE 



49 



BARRETT (Joh*«), luthier anglais, était 
établi à Londres au commencement du dix-hui- 
tième siècle. Ses instruments, imités de Stainer, 
sont recherchés aujourd'hui dans son pays. 

* BARROILHET (Paul), est mort à Paris, 
au mois d'avril 1871. Pendant son séjour à Na- 
ples, cet artiste remarquable avait créé les 
rôles de baryton dans deux opéras de Merca- 
dante, Elena da Felire et la Vestale , repré- 
sentés au théâtre San-Carlo. C'est dans cette 
ville qu'il connut Nourrit, avec qui il se lia d'une 
vive amitié. Lorsque ce grand chanteur eut ter- 
miné sa vie par un suicide, Barroiiheten conçut 
un tel chagrin qu'il fit une maladie grave , par 
laquelle ses jours furent mis en danger ; après 
son rétablissement, il voulut à toute force quitter 
Napleset revenir en France. Ce fut alors qu'il fut 
engagé à l'Opéra, où il débuta , le 3 décembre 
1840, par le rôle d'Alphonse de la Favorite, il 
fut aussitôt accueilli par le public, et son succès 
fut assuré par les reprises de Guillaume Tellel 
de Don Juan. Il créa ensuite la Reine deChypre, 
Charles F/ et le Lazzarone, d'Halévy, Dom 
Sébastien de Portugal, de Donizetti, Richard 
en Palestine, d'Adam , et Marie Stuart, de 
Niedermeyer, puis se retira en 1847, par suite 
de difficultés survenues entre lui et l'administra- 
tion de l'Opéra. Il abandonna bientôt complète- 
ment la carrière dramatique pour se livrer sans 
réserve à ses goûts capricieux pour la peinture, 
faisant, vendant, refaisant et revendant sans 
cesse ses collections de tableaux. Barroilhet 
mourut subitement à Paris , en jouant aux do- 
minos. Par son testament olographe , il léguait 
une somme de 800 francs « aux blessés de l'ar- 
mée du Rhin natifs de Bayonne », et exprimait 
le désir que son corps fût transporté à Bayonne, 
sa ville natale. 

M. Francis Roch a publié en 1845 , dans la 
Revue générale biographique et nécrologi- 
que , une Notice sur Barroilhet (Paris, ia-8°). 
Je ne sache pas qu'on ait jusqu'ici relevé ce fait, 
que Barroilhet avait composé et publié un cer- 
tain nombre de romances. 

RARSAiXTI (DoNATo), compositeur de mu- 
sique religieuse, naquit auprès de Lucques le 
18 septembre 1759, et fut élève du séminaire de 
Saint-Michel. Doué d'un goût particulier pour la 
musique, il l'étudia avec ardeur, sans négliger 
aucunement l'étude des lettres , sous la direction 
dePasquale Soffi, et se livra de bonne heure à 
la composition. On connaît de lui un assez grand 
nombre d'œuvres de musique religieuse, parmi 
lesquelles une messe de Requiem, une autre 
messe à quatre voix concertantes , une troisième 
messe à deux chœurs , un grand motet à huit 

BIOGR. UNIV. DES MUSICIENS. StPPL. — T. 



voix, un autre à quatre voix : sacrum con- 
vivium, des psaumes, etc. Encore jeune, Bar- 
santi se retira dans une propriété qu'il possédait 
auprès de Lucqnes , y ouvrit une sorte d'école 
de musique vocale pour les paysans, et forma 
ainsi une espèce de chapelle avec laquelle il allait 
faire des exécutions de musique .religieuse dans 
les églises voisines. A l'âge de soixante-quatre 
ans, le !«' novembre 1823, il fut frappé mortel- 
lement d'apoplexie. 

* BARSOTTI (TH0MAS-GA.SPARD-F0HTrNÉ), 

est mort à Marseille au mois d'avril 18G8. Depuis 
le mois d'octobre 1852 il avait abandonné la 
direction du Conservatoire de celte ville, fondé par 
lui, et cette direction avait passé dans les mains 
de M. Auguste Morel. (Voyez ce nom.) 

BARTA (Joseph), organiste et compositeur, 
naquit en Bohême l'an 1744. Il a écrit 6 so- 
nates pour piano, 6 quatuors, des lieder et plu- 
sieurs opéras italiens ou allemands, qu'il fit re- 
présenter à Vienne, où il s'était établi dès 1778. 
Parmi ses ouvrages dramatiques, on cite: il 
Mercàto di Malmantile, Der adelige Tage- 
lœhner {VOuvrier noble) et Die donnernde 
Légion {la Légion tonnante). Barta est mort à 
Vienne dans les premières années de ce siècle. 

Y. 

* BARTH (Henri), maître de chapelle à 
Gand. Dans son Historique des sociétés cho- 
rales de Belgique, M. Auguste Thys dit que ce 
compositeur alla étudier en Italie sous la direc- 
tion du fameux Durante, et donne sur lui les 
détails suivants • « La vie de cet artiste fut 
marquée par une particularité qui mérite d'être 
mentionnée : étant devenu veuf, il embrassa 
l'état ecclésiastique, et lors de la célébration de 
sa premike messe ses deux ;fils remplirent l'of- 
fice d'enfants de chœur assistants Avant de se 
marier il avait été militaire. Henri Barth, suc- 
cessivement musicien de profession et soldat, 
père de famille, maître de chapelle et finale- 
ment prêtre, a dû parcourir une carrière sinoR 
agitée, au moins singulièrement variée. La ca- 
thédrale de Gand conserve de Barth des vêpres 
pour toutes les fêtes de l'année, compositions 
qui s'exécutent encore aujourd'hui. Elle pos- 
sède aussi les Lamentations de Jérémie et des 
messes mises en musique par le même compo- 
siteur. Mais ces dernières pièces sont dépa- 
reillées. '> 

BARTHE (Nicolas-Thomas), poëte dra. 
matique, né à Marseille en 1734, fit leprestnler 
à la Comédie-Française plusieurs comédies, dont 
deux surtout, [la Mère jalouse et les Fausses 
Infidélités, furent très-bien accueillies du pu- 
blic. Il n'est cité ici que pour un poëme plai-i 
I. 4 



50 



BARTHE — B A SEVI 



sant, les Statuts de VOpéra, qu'il écrivit en 
1777 et qui commençait ainsi : 

Nous qui régnons sur des coulisses, 

Et dans de magiques palais, 
Nous, Juges de rorchestre, intendants des ballets, 

Preinicrs inspecteurs des aetriccs : 

A tous nos fldélcs sujets, 
Vents, fantômes, démons, déesses infernales, 

Dieui de l'Olympe et de la mer, 

Habitants des bois et de l'air, 
Monarques et bergers, satyres et vestales. 

Salut, a notre avènement 

Chargés d'un grand peuple à conduire, 
De lois à réformer et d'abus à détruire, 
Et voulant signaler notre gouvernement ; 
Ouï notre conseil sur chaque cbangcmcnt 

Que nous désirions introduire, 
Nous avons rédigé ce nouveau règlement. 

Conforme au bien de notre empire, 

La plaisanterie se poursuivait sur le même 
Ion, et les Statuts, divisés en vingt-deux ar- 
ticles, se continuaient en deux cent cinquante 
vers. Cette facétie eut un succès fou. 

Barthe est mort à Paris, des suites d'une opé- 
ration douloureuse, le 17 juin 1785. 

BARTHE (Grat-Norbert , dit Adrien ), 
compositeur, naquit à Bayonne le 7 juin 1828. Il se 
livra d'abord à l'étude du piano, puis à celle de la 
composition, et|devint, au Conservatoire de Paris, 
élève de Lehorne pour la fugue. Il remporta en 
1854 le premier grand prix de composition à 
l'Institut, avec une cantate intitulée Francesca 
de Rimini, écrite sur des paroles de M. Bou- 
naure. Pendant la troisième année de son séjour 
à Bome, M. Barthe ayant fait à l'Académie des 
beaux-arts son envoi réglementaire, et cet envoi 
consistant en un oratorio intitulé Judith , la 
partition de cet ouvrage parut si remarquable à 
l'Académie -que celle-ci décerna aussitôt au jeune 
compositeur un des plus importants parmi les 
prix mis à sa disposition par d'intelligentes 
libéralités; le prix Edouard Bodrigues(l). L'année 
piécédente, M. Barthe avait envoyé à l'Acadé- 
mie un opéra intitulé Don Carlos, et le rapport 
du secrétaire perpétuel (Halévy) constatait que, 
(1 bien écrit, instrumenté avec soin, indiquant un 
vif sentiment scénique, cet ouvrage, malgré 
quelques parties un peu prétentieuses , donne 
de véritables, espérances pour l'avenir de 
M. Barthe. » 

Cependant, à son retour de Rome, le jeune ar- 
tiste faisait comme tant d'autres : il essayait 
inutilement d'aborder le théâtre, et il se voyait 
malgré lui réduitau silence, lorsqu'en 1864 un 

U) Ce prix, d'une valeur de 1500 francs, a été institué 
par son fondateur «pour le meilleur ouvrage ; dans le 
style choral, tel que oratorio, messe ou motet, » 



concours fut ouvert au Théâtre-Lyrique entre 
tous les prix de Rome qui n'avaient eu encore 
aucun ouvrage joué. Cinq concurrents s'étant 
présentés, on leur remit le livret choisi, qui 
était celui d'un opéra en trois actes, la Fiancée 
d'Abydos, dû à M. Jules Adenis. M. Barthe sortit 
vainqueur de la lutte, et son œuvre fOl produite, 
le 30 décembre 186â, au Théâtre-Lyrique, Elle 
n'obtint, un peu par la faute du poème , que ce 
qu'on appelle un succès d'estime , et ne réussit 
pas à se maintenir au répertoire. Depuis lors, 
M. Barthe, qui avait sans doute espéré davan- 
tage, semble [avoir renoncé complètement à la 
carrière de compositeur, et s'être livré d'une 
façon absolue à l'enseignen^ent. Cet artiste a 
épousé une femme charmante, M"e Banderali, 
(ille du chanteur de ce nom , qui s'est fait elle- 
môine une réputation très-légitime et très-dis- 
tinguée comme chanteuse de conceits. 

BARTHOLOMLUS(J....-N ),musicien 

hollandais contemporain, était, en 1864, orga- 
niste et maître de chapelle de l'église Saint- 
Servais, à Maestricht. Entre autres compositions 
religieuses, on lui doit une messe solennelle à 
trois voix, un Ave Maria (chœur à trois voix), 
et un grand salut solennel comprenant quatre 
motets.M. Bartholomeus a publié aussi à Bruxelles 
(Meyne)et à Liège (Muraille) quelques morceaux 
de genre et fantaisies légères pour le piano. 

* BASE VI (le docteur Abramo), est né; à Li- 
vourne au mois de décembre 1818. Depuis la 
disparition , en 1859 , du journal VArmonia, 
fondé par lui, il a collaboré activement au 
lioccherini, feuille musicale appartenant à l'édi- 
teur M. Guidi, et dont il a été pendant plusieurs 
années le rédacteur en chef. En 1869, M. Basevi 
a organisé à Florence des Matinées BeethO' 
veniennes, qui furent le germe de la Socielà del 
Quartetto, dans les séances de laquelle furent 
exécutés les quatuors couronnés aux concours 
institués par lui, à ses propres frais, à l'Institut 
musical. Appelé à faire partie de la commission 
nommée en 1859 par le gouvernement provi- 
soire toscan dans lej but d'amener la création 
de cet .Institut, M. Basevi publia à ce sujet une 
brochure intéressante. En 1863, il provoqua la 
fondation des concerts populaires de musique 
classique, dont le premier fut donné au théâtre 
Pagliano le 26 mars de cette année. Outre son 
intéressant>uvrage : Studio suite opère di G. 
Verdi, M. Basevi a publié : 1° Introduzione 
ad un nuovo sistema d'armonia (Florence 
Tofani, 1862, in- 8"), écrit dédié à Meyerbeer et 
dont une traduction française a été faite par 
M. Louis Delâtre (Florence, Guidi, 1865, in-8") ; 
2° Stuc^ suW Armonia (id ,rid.,y;id.,;id.,)/ 



BASEVI — BATAILLÉ 



M 



S" Compendio délia Storia délia Musica (id., 
id,, 1866, in-12endeux parties). Depuis plusieurs 
années, M. Basevi a abandonné ses études sur 
la musique pour se livrer sans réserve à d'im- 
portants travaux philosophiques. L'auteur de 
cette notice doit cependant à son obligeance des 
notes nombreuses et intéressantes qui lui ont 
servi pour la rédaction de divers articles de ce 
dictionnaire (1). 

* BASLER (Charles). Une traduction fran- 
çaise de la Méthode [d'harmonie de ce professeur 
a été faite par M. Johannès Weber, sous ce titre : 
Carie routière des modulations harmoniques, 
ou Plan figuratif des relations des tons, Pa- 
ris, Perrotin, 1850, in-folio de 11 pages avec 
2 planches. 

i * BASSANI (Jean-Baptiste). Il existe, des 
Armonici Entusiasmi di Davide, une édition 
antérieure aux deux éditions de 1695 et 1698, 
mentionnées au nom de ce compositeur; celle-ci, 
qui est probablement la première, est de Venise, 
1690. 

BASSINI (Achille BASSI, dit DE), cl»an- 
teur fameux en Italie : par. sa belle voix de 
basso contante et sentaient dramatique, naquit 
à Milan en 1819. Il tit de bonnes études litté- 
raires et philosophiques au lycée de Saint- 
Alexandre de sa ville natale, puis devint l'é- 
lève de l'ingénieur Paganini ; mais la musique, 
qu'il avait étudiée pour son plaisir, l'attirait in- 
vinciblement, et, après avoir pris des leçons de 
chant pendant une année avec le compositeur 
Perelli, il débutait en 1837, à Pavie, dans un 
opéra de cet artiste, Manfredi. Dès ses pre- 
miers pas dans la carrière, ses succès furent 
éclatants, et ils se poursuivirent dans toutes 
les villes qu'il parcourut, à Rome, à Milan, puis 
à Vienne, à Londres et à Saint-Pétersbourg, 
où il obtint de véritables triomphes. Artiste in- 
telligent, plein d'âme et de feu, doué d'un beau 
physique et d'un rare sentiment pathétique, ac- 
teur non moins que chanteur, M. de Bassini, avec 
un geste, un regard , un élan de voix inattendu 
et opportun, excitait l'enthousiasme du public 
et soulevait une salle entière , en produisant sur 
les masses une impression indescriptible. Ses 
compatriotes le surnommèrent il seconda Ron- 
coni. Depuis quelques années il s'est retiré, fort 
riche, dans une magnifique villa qu'il possède à 
Portici. 

*BASTIAA!XS (J....— G.,;,..), l'un des 
meilleurs organistes néerlandais, né à Wilp 



(1) Le litre d'un des opéras de M. Basevi a été Inexacte- 
ment transcrit : ce n'est point Enrico Odoardo, mais 
Enrico Howard. 



(Gueldre), en 1812, prit d'abord des leçons de 
musique d'un nommé Rohner, à Devenler, et se 
rendit ensuite à Dessau, où il reçut des -leçons 
de Fr. Schneider. De là, il fit un voyage à Leip- 
zig, se fit présenter à Mendelssohn-Bavtholdy, 
et fit auprès du célèbre maître une tentative 
pour qu'il voulût consentir à ce qu'il pût 
achever son éducation musicale auprès de lui. 
Mendeissohn posa comme condition la composi- 
tion d'une double fugue dans un délai déterminé, 
et, quand Bastiaans lui apporta la fugue, Men- 
deissohn l'accepta d'emblée comme élève. 

Après avoir fini ses études à Leipzig, it vint se 
fixer à Amsterdam , y fut nommé organiste du 
Zuiderkerk, puis devint professeur d'orgue à 
l'Institut des aveugles. En 1868, il quitta cette 
ville pour aller résider à Harlem , où il obtint la 
place d'organiste à l'église de Saint-Bavon, église 
dans laquelle se trouve le plus bel orgue du 
royaume des Pays-Bas, si fameux depuis long- 
temps sous le nom de l'orgue d'Harlem. Bas- 
tiaans demeura à Harlem jusqu'à l'époque de sa 
mort (1874) ; il y forma de bons élèves comme 
pianistes et comme organistes, et y donna aussi 
des leçons d'harmonie et de contre-point. 

II publia aussi quelques compositions , des 

lieder (Amsterdam , Roolhaan), un recueil de 

chorals à quatre parties ( Amsterdam , der 

W'iel), et laissa en manuscrit un hymne pour 

orgue, chœur et orchestre, des motets et des 

pièces d'orgue (1). 

Ed. de II. 

* BASÏON (JosQuiis). On trouve plusieurs 
chansons de cet artiste dans le recueil divisé 
en six livres que Pierre Phalèse publia à Lou- 
vain en 1555-1556, et dont le premier livre 
parut sous ce titre -. Premier livre des chan- 
sons à quatre parties, nouvellement composez 
(sic) et mises en musique, convenables tant 
aux instruments comme à la voix ( Louvain , 
1555, in-4°). 

* BATAILLÉ (Gabriel), et non BATAILLE, 
luthiste fort distingué, aurait été, d'après l'écrit 
de M. Th. Lhuillier ( V. ce nom) : Note sur 
quelques musiciens dans la Brie, surintendant 



(1) Le 31 juillet 1S51, à l'occasion du 101* anniversaire 
de la mort de Jean-Sébastien Bach, BasUaans donna à 
Amsterdam un grand concert historique d'orgue, dans 
lequel il fit entendre différentes œuvres du grand Cach 
lui-même, de J.-L. Krebs, Guillaumc-Friedmann Bach, 
J.-C. Kitte),M.-G. Fischer, Ch.-H. Rinck, Mendeissohn, 
Kiihnistedt, Fr. Schneider, Jean Schneider, A. Rltlcr, 
C.-F. Becker, J.-A. Van Eyken, et quelques-unes de ses 
propres compositions. 

La Dllcdecet artiste, M"* Marie Bastiaans, planiste 
distinguée, née à Amsterdam et élève de son père, s'est 
produite avantageusement dans les coq certs, — A. P. 



52 



BATAILLÉ — BATISTE 



de lamusiqaede la reine Anne d'Autriche, etau- 
raîteuunfilSjConimelui musicien distingué. « Les 
anciens actes paroissiaux de Gtiérard, canton 
de Coulommiers, dit M. LhuiHier, constatent que 
le fameux compositeur des fêtes de Louis XIII 
était pourvu de la surintendance de la musique 
de la reine Anne d'Autriche, et qu'il habitait la 
paroisse Saint-Paul à Paris. Il eut im fils qui fut 
son élève et à qui Louis XIII avait accordé en 
survivance la surintendance de sa musique; 
aussi, à la mort de Bataillé, ce fils, tout jeune 
encore , fut-il bien venu à la cour et réussit-il 
pleinement dans l'exercice de sa charge, jus- 
qu'au moment oîi la perte d'une personne qui 
lui était chère le détermina subitement à se 
vouer au culte du Seigneur. Gabriel Bataillé fils 
avait quarante ans. Délaissant son emploi, ses 
biens et plusieurs bénéfices qu'il avait obtenus, 
il se lit ermite et se retira à Saint-Blandin, ora- 
toire isolé situé sur la paroisse de Guérard,où il 
est mort le 30 avril 1676, à l'âge de soixante ans. 
L'ermite de Saiut-Blandin, qui faisait vœu de 
chasteté, pauvreté et obéissance, n'était attaché 
à aucun ordre religieux ; il se trouvait simple- 
ment sous la dépendance de l'évêque de Meaux. » 
M. Lhuiliier reproduit l'acte d'inhumation de 
Bataillé fils, qui confirme les faits avancés par 
lui : — « Ce premier may 1076, dit cet acte, a 
« été inhumé en la chapelle de Saint-Blandin , 
« par moy curé soussigné , frère Gabriel Ba- 
« taillé, décédé en l'hermitage le 30 avril etaagé 
« de soixante ans ou environ , homme d'une 
« haute vertu et singulière probité, lequel a 
« esté admiré pandant sa vie, et regretté après 
« sa mort de tous ceux qui le congnoissoient à 
« à cause de ses rares qualité?.; il estoit naj 
« en la paroisse de Saint-Paul de Paris; son 
« père étoit maître Gabriel Bataillé, intendant 
« de la musique de la reine Anne d'Autriche; 'sa 
« mère s'api>eloit Catherine Carré. Il eust l'hon- 
« neur d'estre reçu en la charge de son père en 
« survivance par le Roy Louis treize, d'heureuse 
« mémoire, immédiatement après son décès, 
« quoy qu'il fut encore fort jeune; aymé de toute 
« la cour à cause de son esprit et honesteté , 
« il a exercé cette charge avec honneur jusqu'au 
K décès de sa bonne maîtresse, lequel arrivé, il 
« songea à sa retraite, à cause de quoi il se dé- 
« pouiila généreusement de tousses biens patri- 
« moniaux et autres assez considérables, mesme 
«d'un canonicatde la Sainte-Chapelle de Dijon, 
■< d'un autre de Châteauvillain , ensemble de 
K quelques prieurez simples, comme deJouarre 
« et autres, desquels le Roy l'avoit bien voulu 
o honorer, pour embrasser la vie bérémitique, 
a laquelle il a exercée en toute simplicité et 



« pauvreté, n'y ayant rien de si humilié que liiy ; 
« il passa les dix derniers ans de sa vie en cest 
« estai le plus abject de tous, après avoir res- 
« pire l'air de la cour l'espace de 40 années con- 
« sécutives. » 

Il n'y a pas à douter des faits contenus dans 
cet acte authentique. Il faut donc croire que le 
poste de surintendant de la musique de la reine 
Anne d'Autriche n'était pas dévolu à un seul in- 
dividu, puisque, à l'époque oii Bataillé père et 
fils l'exercèrent successivement, Cambert (F. ce 
nom) en était aussi pourvu, et l'on doit supposer 
que ces fonctions s'exerçaient , de même qu'à la 
chapelle du roi, soit par quartiers, soit par se- 
mestres. 

BATISTE '(Antoine-Edouard), organiste H 
professeur, né à Paris le 28 mars 1820, est le fils 
de l'excellent chanteur et comédien de ce nom 
qui jouit pendant si longtemps d'une grande re- 
nommée à rOpéra-Comique. Admis au CJonser- 
vatoire en 1828, comme page de la Chapelle 
royale, il y fit de brillantes études et fut succes- 
sivement élève de Leborne et de Bienaimé pour 
le solfège, de M. Le Couppey, puis de Dourlen 
pour l'harmonie et accompagnement, d'Haiévy 
pour la composition, enfin de M. Benoist pour 
l'orgue. Ses succès d'école furent tiès-grands, et 
voici la liste des récompenses qu'il obtint : 2« prix 
de solfège en 1832 et 1er prix en 1833; 2« prix 
d'harmonie et accompagnement en 1836 et 
1«' prix en 1837; 2« prix de contre-point et 
fugue et 2« prix d'orgue en 1838 ; 1*' prix de con- 
tre-point et fugue et 1«' prix d'orgue en 1839; 
enfin, second grand prix de Rome en 1840. 

M. Batiste n'a jamais quitté le Conservatoire, 
où il était déjà professeur bien avant d'avoir ter- 
miné ses études. En effet, de 1836 à 1838 il était 
accompagnateur des classes de chant et de dé- 
clamation lyrique; en 1836, il était nommé pro- 
fesseur adjoint de solfège; en 1839, professeur 
de la classe de chœurs (hommes) ; en 1850, pro- 
fesseur de chant simultané, classe supprimée 
en 1870, et qui, dans l'espace de vingt ans, avait 
été fréquentée par 5,000 élèves; le 1<" octobre 
1852, il devenait professeur de la classe de sol- 
fège collectif, et, le 8 octobre 1872, il prenait 
possession d'une classe d'harmonie et accompa- 
gnement pour les femmes. Ses occupations de 
professeur n'empêchaient pas M. Batiste de 
suivre sa carrière d'organiste , et, après avoir 
tenu, de 1842 à 1854 , l'orgue de l'église Saint- 
Nicolas-desChamps, il devenait, le le' juillet de 
cette dernière année, organiste du grand orgue 
de Saint-Eustache. En même temps, M. Batiste 
se livrait à la composition, publiait un nombre 
considérable d'œuvres pour l'orgue, donnait une 



BATISTE — BATTAILLE 



53 



nouvelle édition, en douze volumes, des Solfèges 
du Conservatoire, annotée par lui, avec accom- 
pagnement de piano ou orgue d'après la basse 
chiffrée (Paris, Heugel), et enfin livrait au public 
un Petit Solfège harmonique (id., id.), qui 
éfait l'objet d'un rapport très-élogieux de la part 
du comité des études du Conservatoire. La nou- 
velle édition des Solfèges du Conservatoire et 
Res ouvrages personnels sur l'enseignement ont 
valu à M. Batiste, en 1867, une récompense 
exceptionnelle : le jury de la classe 89, appré- 
ciant le mérite de l'oeuvre, ne voulut point se 
borner à accorder une médaille de première 
classe à l'éditeur exposant, mais il décerna la 
même récompensera l'auteur non-exposant. 

* BATKA ( Jean-Népoml'Cène ), fils de Mi- 
chel Batka, est mort à Pr(;sbourg le 13 août 
1874. 

* BATTA (Alexandre). Fixé depuis plu- 
sieurs années à Versailles , cet artiste, qui a 
donné danslun journal de cette ville, l'Union li- 
bérale et démocratique de Seine- et-Oise , un 
certain nombre d'articles de critique musicale, a 
été nommé chevalier de la Légion d'honneur au 
mois d'août 1875. Dans la série biographique 
publiée sous ce titre : Écrivains et Artistes vi- 
vants, français et étrangers, par MM. Xavier 
Eyma et.Ârthur de Lucy, on a donné une notice 
sur M. Alexandre Botta (Paris, Librairie uni- 
verselle, 1840, in-16 avec portrait). 

BATTAILLE (Charles-Amable), chanteur 
distingué, naquit à Nantes le 30 septembre 1822. 
Son père était médecin en cette ville , et résolut 
de lui faire embrasser la même profession. Après 
avoir été faire ses études à Caen et s'y être fait 
recevoir docteur, Battaille revint donc s'établir 
dans sa ville natale. Mais la clientèle n'arrivant 
pas assez vite à son gré, il résista aux nouvelles 
instances de son père, qui avait toujours con- 
trarié son goût pour le théâtre, et s'en vint 
tenter la fortune à Paris. Un biographe contem- 
porain affirme qu'il fut refusé à l'unanimité , en 
novembre 1845, aux examens d'admission du 
Conservatoire. Ceci est évidemment inexact, 
puisque, dès le concours de 1846, Battaille obte- 
tenait un accessit de chant. En 1847, il rem- 
portait simultanément les trois premiers prix de 
chant, d'opéra et d'opéra-comique, et se voyait 
couronner en même temps que Balanqué, Meillet 
et M. Gueymard, et en compagnie d'une jeune 
fille appelée à devenir l'une des premières 
artistes de son temps. M"' Félix-Miolan, aujour- 
d'hui M"* Carvalho. Au Conservatoire, Battaille 
avait été l'élève de Manuel Garcia. 

Il fut engagé presque aussitôt à l'Opéra -Comi- 
que, où ses débuts, qui devaient avoir lieu le 



23 février 1848, furent retardés par les événe- 
ments. Ce n'est que le 22 juin suivant qu'il fit 
son apparition sur la scène Favart, où il se 
montra pour la première fois dans un rôle secon- 
daire, celui de Sulpice de la Fille du Régi- 
ment. Mais sa voix de basse chantante était 
belle, guidée avec un goût remarquable, il mon- 
trait déjà de l'intelligence comme comédien, et 
Halévy, qui se connaissait en artistes et qui 
s'apprêtait à donner son Val d'Andorre, n'hé- 
sita pas à lui confier la création d'un des rôles 
les plus importants de cet ouvrage, monté d'une 
façon presque exceptionnelle, et qui était joué, 
pour les autres personnages , parMM. Audran, 
Jourdan, Mocker, M"«' Lavoye , Darcier et fié- 
villy. 

Le succès de Battaille fut complet dans ce rôle 
de Jacques Sincère, le vieux chevrier, dont il 
sut faire un type, et dans lequel il déploya des 
qualités dramatiques vraiment remarquables. 
Bientôt il montra toute la souplesse et la flexi- 
bilité de son talent, en en jouant un autre d'un 
caractère tout opposé, celui de don Belfior dans 
le Toréador, d'Adolphe Adam.i Ici, Battaille 
fut plein de rondeur, de bonhomie, de gaîté, fit 
voir qu'au point de vue du chant il comprenait 
aussi bien le genre bouffe que le genre dramati- 
que, et réunit tous les suffrages. Je ne ferai que 
donner les titres de ses autres créations, qui 
sont les suivantes : la Fée aux Roses (Atalmuc), 
le Songe d'une nuit d'Été (Falstaff), la Dame 
dépique (Roskow), leCarillonneur de Bruges 
(Malhéus), le Père Gaillard (Gaillard), Marco 
Spada (Torrido), VÉtoile du Nord (Pierre), la 
Cour de Célimène (le Commandeur), le Hus- 
sard de Berchini (Gédéon), les Saisons (Ni- 
colas), Valeniined'Aubigny (Gilbert), et Psyché 
(Mercure). 

Il faut avoir vu jouer à Battaille le Toréador 
et VÉtoile du Nord pour se rendre bien compte 
de la souplesse de son jeu comme comédien ; il 
feut lui avoir entendu chanter la cavatine de 
douBelflor: Oui, la vie n'est jolie et l'ad- 
mirable romance du czar Pierre : Pour fuir 
ton souvenir, qui semble mé poursuivre, pour 
comprendre quelle était son intelligence des di- 
vers styles musicaux et avec quelle aisance, 
quelle facilité, quelle sûreté il passait de l'un à 
l'autre. Sa belle voix de basso cantante, ronde, 
pleine, bien timbrée, flatteuse et caressante par- 
fois, énergique et puissante en d'autres cas, fai- 
sait merveille dans les genres les plus opposés. 

Vers la fin de 1857, je crois, l'excellent artiste, 
atteint d'une grave affection de larynx, se crut 
obligé de renoncer à une carrière dans laquelle 
il n'avait rencontré que des succès. Pourtant, 



54 



BATTAILLE — BATTISTA 



après avoir pris'iluelqtle repos,; il entra en 1860 
au Théâtre-Lyrique, y reprit son rôle de Jacques 
Sincère du Val d'Andorre, fit une de ses plus 
importantes créations àansPhilémon etBaucis, 
de M. Gounod , puis retourna pour un instant 
sur la scène de ses premiers succès. Mais bientôt 
il abandonnait définitivement le théâtre, bornant 
son action artistique au professorat qu'il exerçait 
au Conservatoire depuis le 1" février 1851. 

Battailie s'était occupé d'études sur la cons- 
truction, la nature et les facultés de l'appareil 
vocal. Il publia sur ce sujet une brochure im- 
portante, dont voici le titre complet : « Nou- 
velles recherches sur la phonation, Mémoire 
présenté etlu à l'Académie des sciences le 15 avril 
I86I, par Ch. Battailie, ex-interne des hôpi- 
taux, ex-prosecteur d'anatomie à l'École de 
médecine de Nantes, professeur de chant au 
Conservatoire impérial de musique et de décla- 
mation (Paris, V. Masson, 1861, in-So avec 
planches). » Ces recherches constituaient, comme 
Il le disait lui-même dans le dernier chapilre, 
« la première partie d'un ouvrage ayant pour 
titre ; De l'enseignement du chant, lequel sera 
publié incessamment en entier. » Deux ans après, 
en effet, il lançait une nouvelle publication : 
« De V enseignement du chant, 2« partie. De 
la physiologie appliquée à l'étude du méca- 
nisme vocal. » Mais tout cola ne formait pas un 
corps d'ouvrage complet. Je ne sache pas pour- 
tant que Battailie ait terminé cette publica- 
tion. 

Battailie aimait beaucoup à parler en public. 
Sa belle tête, fière, fine et intelligente , couverte 
de cheveux noirs, abondants et ondulés, son re- 
gard fixe et scrutateur, bien qu'atteint de 
myopie, sa parole élégante, facile et ornée, sa 
grande habitude du public, lui donnait sur son 
auditoire une autorité véritable. En 1865, 1866 
et 1867, il fit, tantôt dans les salons de la rue de 
la Paix ou dans ceux du Grand-Orient, tantôt 
dans l'Amphithéâtre de l'École de médecine ou 
à l'Association philotecbnique, un certain nombre 
de conférences, qui furent remarquées : sur 
la musique et ses transformations, sur le Don 
Juan de iMozart, sur le Pré aux Clercs d'Hé- 
rold, etc. Le texte d'un'de ces entretiens fut 
même publié , dans les Conférences de VAsso' 
dation philotechnique, année 1865 (Paris, 
V. Masson, 1866, in- 12). 

En réalité, Battailie fut un artiste extrêmement 
distingué, auquel la perte précoce de sa voix ne 
laissa pas le temps d'arriver à la célébrité, ni 
même peut-être d'atteindre à l'apogée de son 
talent, mais qui a laissé un nom honorable sous 
tou9 les rapports, et qui a;;été à la fois chanteur 



remarquable, comédien bien doué, professeur 
accompli et théoricien distingué. 

Une particularité de sa vie est assez curieuse : 
Battailie, à la suite des événements du 4 sep- 
tembre 1870, avait été nommé sous-préfet d'une 
petite ville du département de la Loire-Infé- 
rieure, Ancenis. Il professait d'ailleurs des opi- 
nions libérales, et prit au sérieux son nouveau 
rôle, mettant toute son] intelligence au service 
de ses fonctions et déployant beaucoup de zèle 
et d'activité dans l'organisation et l'armement 
des corps levés dans son district. Il se signala 
même d'une façon toute particulière , dans des 
circonstances exceptionnelles : la petite- vérole 
s'étant déclarée dans une commune des environs, 
qui se trouvait cruellement ravagée par le fléau, 
Battailie se souvint qu'il était médecin, se joignit 
à ses confrères, et s'en allait chaque soir porter 
ses soins aux malades, après avoir passé sa 
journée à gérer les affaires de sa sous-préfecture. 
Battailie est mort à Paris le 2 mai 1872, en- 
levé en trois jours par une fièvre muqueuse. 

* BATTISTA ('Vincent), compositeur dra- 
matique, est mort à Kaples le 14 novembre 
1873. Il était né en cette ville le 5 octobra 
1823. Élevé au collège royal de musique de Na- 
ples, Battista était seulement âgé de vingt ans, 
lorsque, pendant le carême de 1844, il fit ses 
débuts'd'une façon très-brillante en donnant au 
théâtre San-Carlo sa partition d'Aniia la Prie, 
qui obtint un très-vif succès et qui est restée 
l'un de ses meilleurs titres à l'estime de ses 
contemporains. Cet ouvrage était chanté par 
Fraschini, Tamberlick, Beneventano et la Gruilz. 
A l'exception de Rosvina de la Forest, donnée 
à la Scala de Milan, toutes les productions dra- 
matiques de Battista ont vu le jour dans sa villo 
natale, la plupart au théâtre San-Carlo, les au» 
très aujFondo ou au Nuovo. En voici, je crois, 
la liste bien complète : 1" Anna la Prie, San 
Carlo, 1844; 2° Margherita d'Aragona, id.. 
1845; 3° Rosvina delà Forest, Milan, Scala, 
1845; 4° £mo, San Carlo, 1846; 5" Irène, 
Fondo; 6° Leonora Dort, San Carlo, 7° Mu- 
darra, id.; 8° il Corsaro, Nuovo, 1853 ; 9" Er^ 
melinda; 10» Giovannà di Castiglia, San 
Carlo, 1863; 11 "Alba d'Oro, id., 1869. Tous 
ces ouvrages sont du genre sérieux, et Battista 
ne s'est jamais essayé dans la musique bouffe. 
Cet artiste a laissé deux autres partitions com-. 
plètement achevées, mais qui, je crois, sont ab- 
solument inédites ; Maria Tudor et la Pentita. 
Battista était estimé en Italie, et les Napolitains, 
ses compatriotes, en faisaient grand cas. Il est 
cependant mort, dit-OD, dans un état voisin de 
la misère. 



BATTMANN — BATTU 



6S 



BATTMANN (Jacques-Louis), organiste et 
compositeur, est né à Massevaux (Haut-Rliin), 
le 25 août 1818. 11 n'était point destiné à la car- 
rière musicale , et fit ses études d'abord au col- 
lège deBelfort, puis à l'École normale de Col- 
mar, pour être instituteur. Il le devint en effet, 
mais plus tard s'adonna complètement à la mu- 
sique, qu'il avait cultivée dès sa plus tendre en- 
fance. Il avait reçu ses premières leçons de 
solfège, de piano et de violon de son grand-père 
maternel, organiste à Belfort, et ensuite, à Col- 
mar, travailla l'harmonie et la composition avec 
Th. Schlosser, professeur de musique à l'École 
normale, en même temps qu'il étudiait l'orgue 
avec Martin Vogt, organiste de la cathédrale. 
Un hasard, qui le mit en présence du célèbre 
médecin Orfila, grand amateur de musique , fut 
sur le point de l'amener à Paris, où ce dernier 
voulait le faire entrer au Conservatoire ; mais, 
au moment de quitter l'École normale, M. Batt- 
mann vit pleurer son maître, qui l'aimait beau- 
coup, et se refusa à parlir. 

Ses études terminées , et son brevet obtenu, 
M. Battmann fut envoyé comme instituteur à 
Thann. Cette carrière lui plaisait peu , mais il 
s'était résigné à la suivre pour obéir aux ins- 
tances de son père, lorsqu'un nouveau hasard 
vint le ramener à la musique. Il était à Thann 
depuis dix-huit mois, quand un de ses amis, 
apprenant que la place d'organiste à Belfort était 
vacante, l'appelle en cette ville. Le jeune insti- 
tuteur se présente, est mis en rapport avec le 
curé, touche l'orgue à la messe, et un quart- 
d'heure après est nommé organiste. C'était en 
1840, Depuis lors, M. Battmann a été appelé à 
remplir les mêmes fonctions à Vesoul, où il se 
trouve encore aujourd'hui. 
' P ndant les loisirs que lui laissaient ses fonc- 
tions", M. Battmann s'est beaucoup occupé de 
composition. Outre une Méthode d'harmonium 
(une des premières qui aient paru), une Mé- 
thode de piano et un grand Traité d''harmonie 
spécialement appliquée l'étude de l'accompagne- 
ment du plain-chant, cet artiste a publié jus- 
qu'à ce jour un nombre d'oeuvres qui atteint 
presque le chiffre de 400. Dans ce nombre il faut 
distinguer : 1" Premières études pour le piano, 
avec Préludes pour les petites mains, Paris, 
Heugel; 2" 24 Études mélodiques pour les pe- 
tites mains, op. 67, id., id.; 3° la Petite Cha- 
pelle, 100 morceaux faciles pour orgue de salon 
ou grand orgue, id., id.; 4° 25 Offertoires pour 
orgue, id., id.; 5" le Trésor^ des organistes, 
100 morceaux faciles pour orgue ou harmo- 
nium, op. 240, Paris, Leduc; 6" 15 Études fa- 
ciles pour harmonium , op. 68, Paris, Le- 



moine; 7° 50 Leçons pour harmonium, id., 
id.; 8° 72 Morceaux faciles pour harmonium, 
pouvant servir aux différentes parties du service 
divin, op. 60, Paris, Colombier; 9° 400 Versets 
courts et faciles, dans tous les tons, pour har- 
monium, op. 88, id., id.; 10" 1'% 5e, 9«, 21% 24« 
et 25» suites de l'Arène des organistes , op. 30, 
43, 54, 85, 93 et 136, id., id. A tout cela, il faut 
ajouter des motets, des messes, des choeurs re- 
ligieux ou profanes, sans accompagnement, des 
transcriptions et des arrangements pour piano et 
pour harmonium, des duos et trios pour 2 et 
3 violons, des morceaux de genre pour le piano, 
enfin des romances, chansonnettes, et un nom- 
bre infini de valses, polkas, mazurkas, quadril* 
les, etc., etc. 

* BATTU (Pantaléon), ancien second chef 
d'orchestre à l'Opéra, d'où Jil {avait pris sa re- 
traite depuis plusieurs années, estmort à Paris le 
17 janvier 1870. 

BAITU (M'i" Marie), fille du précédent, 
chanteuse distinguée, est née vers 1840. Élevée 
dans un milieu très- artistique , elle fut musi- 
cienne de bonne heure, et fit ses études vocales 
sous la direction de M. Duprez, qui sut lui don* 
ner la noblesse d'accent et la grandeur de style 
à l'aide desquelles il s'était créé lui-même une 
renommée si considérable et si légitime. Son 
éducation terminée, M"* Battu débuta d'une 
façon très-heureuse au Théâtre-Italien de Paris, 
le 12 janvier 1860, par le rôle d'Amina dans 
la Sonnambula de Bellini. Douée d'une voix 
mordante et corsée, d'une beauté régulière et 
pure, d'une tournure élégante et aisée, elle 
réussit à souhait, ses qualités musicales étant 
rehaussées encore par une intelligence trcs-sftre 
et un bon sentiment de la scène. Elle chanta 
successivement, sur notre scène italienne, Eli- 
setta d'iZ Matrimoniojegreto, Gilda de Rigo- 
letto, le page d'un Ballo in maschera, Zerlina 
de Don Giovanni, Ekonorad' il. Furioso, Despina 
de Cosi fan tutte, puis, au bout de quelques 
années, se décida, sur les conseils de Rossini, 
à aborder la scène française. | 

Engagée à l'Opéra , M"e Battu y parut poilr 
la première fois, avec un très-grand succès, dans 
la reprise de Moïse qui eut lieu le 7 décembre 
1864. Sa belle voix sonore et pleine, ses voca- 
lises légères et perlées, son trille parfait et serré, 
son style nerveux et pur, toutes ses qualités 
enfin produisirent sur le public la plus vive im- 
pression, à ce point que son début fut presque 
un triomphe. Moins de cinq mois après ce dé- 
but, elle eut le bonheur de faire une création fort 
importante, celle du fôled'Inès dam V Africaine, 
qui lui fit beaucoup d'honneur. Elle se montra 



56 



BATTU — BAUMANN 



ensuite dans Matliilde de Guillaume Tell, dans 
la reine des Huguenots, et joua avec le mt e 
succès la Zerline de D071 Juan, au moment où 
M"« Patti el M™" Carvalho se faisaient applaudir 
dans ce rôle, la première aux Italiens, la seconde 
au Théâtre-Lyrique. Enfin, la reprise d'AlcesIc 
vint la mettre tout à fait hors de pair, et la 
plaça au premier rang des cantatrices de notre 
première scène lyrique,'; elle ne craignit pas, 
après cela, de reprendre le rôle de Lydia,"créé 
dans Herculanum par M^e Gueymard, et celui 
de Sélika, créé dans l'Africaine par M™» Marie 
Sass. Cependant, si M"* Battu faisait toujours 
preuve d'un très-grand talent dans l'art du chant 
proprement dit, ces grands rôles inspiraient io 
regret qu'elle ne fût pas douée de la qualité su- 
prême sans laquelle il n'est pas de véritable can- 
tatrice dramatique dans toute l'étendue de ce 
mot ; je veux dire l'émotion. Toute artiste qu'elle 
se montrât à beaucoup d'égards, M'" Battu res- 
tait toujours un peu froide, un peu sèche, et ne 
montrait en aucun cas cette expression de ten- 
dresse qui émeut, ou ces élans de passion dé- 
bordante qui soulèvent une salle et la tiennent 
suspendue aux lèvres d'un chanteur. Cette cri- 
tique pourtant ne doit pas être exagérée, et ne 
saurait porter atteinte au talent très-réel, très- 
correct et très-distingué de M'" Marie Battu. 

Cependant la jeune artiste quitta l'Opéra au 
bout de quelques années. Elle fit partie de la 
compagnie qui, en province et à l'étranger, se 
donna pour mission de faire connaître , après la 
mort de Rossini , la messe du maître immortel, 
puis alla tenir l'emploi de première chanteuse 
au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles. Entre 
temps, elle lit une courte apparition au théâtre 
de rOpéra-Comique, où elle joua le rôle de la 
comtesse dans les Noces de Figaro (février 
1872). Depuis lors, on ne l'a plus entendue à 
Paris. 

BATZ( ), facteur d'orgues néerlandais, 

artiste fort distingué, chef de la maison Bafz et 
Witte, d'Utrecht, est l'auteur des orgues de la 
cathédrale et de l'église de Zuider à Rotterdam, 
ainsi que de celles d'Amsterdam, de la Haye et 
d'Utrecht, qui sont particulièrement estimées. 
MM. Batz et Witte portent le titre de facteurs 
de S. M. le roi des Pays-Bas. 

BAUDELAIRE (Charles-Pierre), poète et 
critique, particulièrement connu pour sa traduc- 
tion française des œuvres d'Edgar Poe, naquit à 
Paris au mois d'avril 1821, et mourut dans la 
même ville, au mois de septembre 1867, dans 
une maison de santé où il avait dû être placé à 
la suite d'une maladie qui avait atteint .ses fa- 
cultés mentales. A l'époque de la représentation 



à Paris du Tannhxuser de M. Richard Wagner, 
Baudelaire publia, pour la défense de l'un et de 
l'autre, une brochure intitulée : Richard Wagner 
et Tannhxuser (Paris, Dentu, 1861, in-12 des 
70 pages). Cet écrit absolument inutile ne peut 
rien apprendre à ceux qu'intéresse la question, 
et n'est qu'un plaidoyer entrepris en faveur de 
l'œuvre par un avocat inhabile à en discuter la 
valeur, c'est-à-dire ignorant jusqu'aux préceptes 
les plus élémentaires de l'art. 

BAUDOIIV (Jules). Un écrivain de ce nom 
a publié, lors de la reprise i'Alceste qui eut lieu 
à l'Opéra en 1861, une brochure ainsi intitulée : 
l'Alceste de Gluck, étude déJiée à M"* Pau- 
line Viardot (Paris, Lebigre-Duquesne, 1801, 
iu-12 de 65 pp.). Cette étude, faite acte par acte, 
est précédée d'une courte r« notice historique » 
sur Gluck. 

lîAUDlUiUOXT ( Alexandre-Edouard), 
éminent chimiste et polygraphe remarquable. Né 
à Compiègne (Oise) le 7 mai 1806, professeur 
agrégé à la faculté de médecine de Paris, cheva- 
lier de la Légion d'honneur, etc., M. Baudrimont 
occupe, depuis de longues années, la chaire de 
chimie à la faculté des sciences de Bordeaux. Il 
a publié en 1869, chez Gounouiiliou (Bordeaux), 
un résumé substantiel de ses Travaux et Pu- 
blications, formant une brochure in-4'' de 86-X 
pages. 

D'après M. Baudrimont, « le son n'est pas 
« produit seulement par les ondes qui, par- 
« lies du corps sonore, vont frapper l'oreille, mais 
« par une réaction de la sphère sonore sur elle- 
K même, avant qu'elle atteigne cet organe. » 

Les ouvrages sur la musique de M. Baudri- 
mont sont les suivants : 1* Lois générales de 
Y acoustique, analyse et discussion des princi- 
paux phénomènes physiologiques qui s'y rappor- 
tent, in- 4°, Paris, Paul Renouard, 128 pages 
(sans date). — 1° Observations sur la produc- 
tion du son, dans les comptes-rendus de V Aca- 
démie des sciences, tome XXXIII, pages 428 et 
suivantes. — 3° Conférence sur la théorie de la 
musique, faite à la faculté des sciences de Bor- 
deaux le 16 mars 1869, un volume grand În-S", 
de 100 pages, avec planches et tableaux. 

A. L-jy. 

* BAUDRON (Antoine-Laurent). Parmi 
les ouvrages pour lesquels cet artiste écrivit de 
la musique, il faut citer le Roi de Cocagne, 
comédie de Legrand, pour laquelle il composa un 
divertissement (19 février 1781), et Pijrame et 
Thisbé, scène lyrique dont les paroles avaient 
pour auteur le célèbre comédien Larive (2 juin 
1783). 

B.\Ul\IAiVN (Louis), violoniste, né à Lille 



BAUMANN — BAY (DE) 



57 



en 1789, fut d'abord soldat, et, après avoir ob- 
tenu son congé, entra en 1815 au Conservatoire, 
dans ia classe de Baillot. Après avoir obtenu un 
premier prix en 1818, il alla se fixer à Lyon et 
s'y livra à l'enseignement, maintenant intactes 
et pures les belles traditions qu'il tenait de son 
illustre maître. Baumann ne quitta plus Lyon 
jusqu'à sa mort, arrivée au mois de mai 1861. 
Cet artiste a écrit un concerto de violon dédié 
à Baillot, et un recueil d'études remarquables. 

BAUMAI\I\ (Joseph), flûtiste fameux, na- 
quit àCarlsruhe le 16 décembre 1799. Il a écrit 
pour son instrument des compositions esti- 
mées. 

Y. 

BAUMAIVIX (Emmanuel), pianiste et com- 
positeur français, né vers 1825, s'est fait con- 
naître par la publication d'un certain nombre 
d'agréables morceaux de genre pour le piano. 
Cet artiste a fait jouer en [1874, à l'Alcazar de 
Marseille, une opéiclte en un acte intitulée 
Clairette Angot en Turquie. 

BAUMER (Erdmanw), corniste de talent, 
naquit à Cassel en 1734, et mourut en 1796. 

Y. 

BAUMER (Frédéric), compositeur de mu- 
sique de piano et de musique de danse, frère du 
précédent; né à Cassel en 1736, mourut en 
1802. 

Y, 

BAU\IFELDER(FRÉnÉuic-AuGusTE-GuiL- 
lauhe), compositeur de musique , est né le 28 
mai 1836 à Dresde. Il a composé tour à tour 
des pièces faciles et de la musiiiue sérieuse : sym- 
phonies, ouvertures et concertos. Ce jeune mu- 
sicien cherclie encore sa voie. 

Y. 

BAUMGART (Ernest rRÉDÉRic), profes- 
seur d'orgue et de théorie de la musique à 
l'Institut musical de Breslau, est né vei« 1800. 
Il s'est fait connaître par une édition des œuvres 
de clavecin de Philippe-Emmanuel Bach. 

Y. 

* BAUMGARTNER (Guillaume), direc- 
teur de musique à Saint-Gall, est mort à Zurich, 
au mois; de mars 1867, âgé de quarante-sept 
ans. 

BAUR ( ), compositeur, né à Parme, a 

fait ses études musicales à Milan, devint ensuite 
chef de musique du régiment des hussards de 
Plaisance, et commença à se faire connaître par 
de jolis airs de danse. Il a donné à Parme, sans 
succès, un premier opéra don! j'ignore le titre, et 
a l'ail représenter ensuite à Milan, en 1857, un 
second ouvrage, mtitulé le Due Fidanzate, qui 
fut mieux accueilli, et dont l'éditeur Canti pu- 



blia quelques morceaux détachés avec accom- 
pagnement de piano. M. Baur est surfout con- 
sidéré, dans sa patrie, comme un compositeur de 
ballabile fort distingué. 

BAUWlilIVS (Jacques), musicien belge, né 
à Bruges dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle, fut maître de chapelle de l'église Saint- 
Jacques de cette ville, et a composé un grand 
nombre de messes et de motets qui, dit-on, ne 
sont pas sans valeur. 

BAUX (Léon) est auteur de] l'écrit suivant : 
A la Musique, poëme, par Léon Baux, deChar- 
leville (Charleville, l'auteur, 1854, in-32). 

BAVIIM (Claude), musicien distingué et 
compositeur de musique religieuse, fut maître 
de chapelle de la cathédrale de Rouen de 1598 à 
IGOl. 

* BAWR(Alexandrine-Sophie GOURY DE 
CHAMPGRAND, comtesse DE), fille dumarquis 
de Champgrand et d'une actrice de l'Opéra, na- 
quit, à Paris le 8 octobre 1773, et mourut en celte 
ville le 31 décembre 1860, à l'âge de quatre- 
vingt-sept ans. Cette femme intelligente, dont 
les aptitudes artistiques étaient remarquables, 
surtout par leur diversité, avait reçu dans sa 
jeunesse des leçons de composition de Grétry, 
en même temps qu'elle travaillait le chant avec 
Boieldieu, EUeviou et Garât. Elle écrivit à celte 
époque un certain nombre de romances, aux- 
quelles ce dernier donna une grande vogue en les 
chantant dans les salons fameux sous le consu- 
lat. Dans un livre publié par elle : Mes Souve- 
nirs (Paris, Passard, 1823, in- 12), on trouve 
quelques détails utiles sur Grétry et plu- 
sieurs autres artistes. On ignore assez générale- 
ment que cette femme intéressante, avant de 
devenir M™' de Bawr, avait épousé le comte de 
St-Simon, le fondateur de la secte saint-simo- 
nienne, de qui elle s'était ensuite séparée par le 
divorce. Elle a été l'objet de la notice suivante, 
pleine de renseignements précis à son sujet : 
Madame de baior, élude biographique sur sa 
vie et ses ouvrages, par M"" l'Ilise Gagne (Élise 
Moreau), Paris, Didier, 1861, ùi-12 de 66 pages. 

BAY (l'abbé DE), musicien du dix-huitième 
siècle, était maître de chapelle de l'église métro- 
politaine de Cambrai, et se fit une certaine ré- 
putation comme compositeur de musique reli- 
gieuse. Les événements révolutionnaires obligè- 
rent- cet artiste à quitter Cambrai, et à se ré- 
fugier dans un couvent de Paderborn (Bas- 
Rhin). C'est là qu'il fit des recherches sur les lois 
de l'harmonie, et qu'il établit une théorie basée 
sur les faits que lui avaient livrés ces recherches. 
M. Brun-Lavainne, apparenté à l'abbé de Bay, a 
publié en 1844, dans la France musicale^ une 



58 



BAY (DE) — BAZZINI 



étude détaillée de la théorie musicale de celui-ci. 
BAZILLE (Augustr-Ernest), organiste et 
compositeur, né à Paris le 27 mai 1828, a fait 
son éducation musicale au Conservatoire de cette 
ville, où il fut admis dès ses plus jeunes an- 
nées, et- où il remporta les récompenses suivan- 
tes ; en 1840, le second prix de solfège ; en 
1841, le premier prix; en 1842, un accessit d'har- 
irionie et accompagnement; en 1843, le second 
prix ; en 1845 , le premier prix, avec un second 
prix d'orgue ; en 1846, le premier prix de fugue ; 
en 1847, le premier prix d'orgue. Ayant pris 
part, en 1848, au concours de l'Institut, il obtint 
le premier second grand prix de composition mu- 
sicale. Peu de temps après il entrait à l'Opéra- 
Comique en qualité d'accompagnateur ; il remplit 
aujourd'hui les fonctions de premier chef du 
chant à ce théâtre, en même temps qu'il est or- 
ganiste du grand orgue à l'église Sainte-Élisa- 
belh. M, Bazille a écrit naguère un certain 
nombre de couplets pour les scènes de vaude- 
ville, et il a publié quelques mélodies vocales. 
On lui doit la réduction au piano d'un grand 
nombre de partitions. Enfin, cet artiste distingué 
a eu une part, avec Clapisson, MM. Gautier, 
Gevaert, Jonas, Mangeant et Poise, dans la mu- 
sique de la Poularde de Caux, opérette en un 
acte représentée au théâtre du Palais-Royal. 

* BAZI^J (François-Emmanuel- Joseph). Le 
répertoire dramatique de ce compositeur se 
complète par les deux ouvrages suivants : 1° le 
Voyage enC/i2»e,opéra-comiqueen trois actes re- 
présenté à rOpéra-Comique le 9 décembre 1865 ; 
2° VOws et le Pacha, ancien vaudeville de 
Scribe [arrangé en opéra-comique et représenté 
îu même théâtre vers 1869. M. Bazin, qui a 
écrit de) nombreux chœurs orphéoniques , est 
jussi l'auteur d'une opérette non représentée, 
Marianne, qui a été publiée dans le journal le 
Magasin des Demoiselles. — Lorsque M. Am- 
broise Thomas eut été nommé directeur du Con- 
servatoire après la mortd'Auber (1871), M. Bazin 
lui succéda comme professeur de composition, 
et abandonna sa classe d'harmonie et accompa- 
gnement. Après la mort de. Carafa, il fut élu 
membre de l'Académie des beaux-arts en rem- 
placement de cet artiste. 

M. Bazin a en portefeuille les partitions de 
3eux opéras-comiques, chacun en trois actes, 
\m n'ont pas encore été représentés : Masca- 
ille, et la Belle au bois dormant. 

BAZZIIVI (Francesco et Natale), musiciens 
taliens du dix-septième siècle, se firent remar- 
quer par leur triple talent d'organistes, de 
chanteurs et de compositeurs. Ces deux frères 
étaient nés à Lovere. Natale raoufut à Bergarae 



en 1639, et Francesco le 15 avril 1660. Ce der- 
nier, dont la renommée semble avoir été la plus 
brillante, peut-être parce qu'il a vécu plus long- 
temps, a été successivement attaché aux cours 
de Modène, de Vienne, de Venise, de Parme et 
de Florence. En 1628, l'imprimeur Bartolomeo 
Magni, de Venise, publiait les œuvres suivantes 
de Natale Bazzini : 1° Messe, mottetii e diU' 
loghi [a cinque, concertati ; 2° Libri due di 
mottetti ad una, due, tre e quaitro voci; 
3° Messe e salmi a tre, concertati; 4° Arie 
nuove, e diverse. Francesco a, dit-on, composé 
davantage, mais on ne connaît aujourd'hui de 
lui que les œuvres suivantes : 1° La rappre- 
sentazione di S. Orsola, con diversi stru- 
inenti; 2° Suonate di trb a; 3* Canzonette 
a voce sola. 

M. Antonio Bazzini, l'admirable violoniste 
dont il est parlé dans la notice suivante, descend 
directement de ces deux musiciens, ainsi que 
M. Alfredo Piatti, le violoncelliste renommé. 
* BAZZIIVI (Antonio). C'est le 10 mars 
1818, que ce grand artiste est né àBrescia. S'il 
faut en croire un de ses biographes, Francesco 
Regli, il avait à 'peine treize ans lorsqu'il publia 
sa première composition, et à dix-sept ans il avait 
déjà fait exécuter au théâtre de Brescia six ou- 
vertures à grand orchestre. A cette époque, il 
était maître de chapelle de l'église St-Philippe, 
pour laquelle il écrivit une messe et des vêpres. 
En 1836, il joua devant Paganini, qui, enchanté 
de son talent, le pressa dans ses bras, et lui dit : 
Voyagez vite! L'année suivante, il se rendit à 
Milan, où il publia diverses compositions pour 
le violon, et quelques romances, et où il se fit 
entendre à plusieurs reprises avec un grand suc- 
cès; dès ce moment, il manifesta sa prédilec- 
tion pour la musique de chambre, et surfout son 
admiration pour les chefs-d'œuvre de Beetho- 
ven. En 1840, son parrain, l'avocat Buccelloni, 
lui fournit les moyens d'entreprendre un grand 
voyage artistique, et M. Bazzini se mit alors à 
parcourir une partie de l'Europe, se faisant en- 
tendre successivement à Venise, Trieste, Dresde, 
Berlin, Vienne, Peslh, Copenhague, Varsovie, 
Leipzig, etc., et se faisant applaudir à la fois 
comme compositeur et comme virtuose. De re- 
tour en Italie en 1846, il k parcourut en entier, 
donnant des concerts à Turin, Gênes, Florence, 
Rome, Naples, Palerme, Parme, et partout ex- 
citant l'enthousiasme. 11 visita ensuite la France 
et l'Espagne, se rendit à Marseille, Bordeaux, 
Madrid, Séville, Cadix, Valence, Barcelone, 
Malaga, puis, revenant sur ses pas, s'arrêta 
enfin à Paris. [C'était vers 1852, et, outre les trois 
auditions qu'il donna au Xhi^âtre-Italien, il se fit 



BAZZINI — BEAULIEU 



39 



entendre une vingtaine de fois au Gymnase dra- 
matique. Toi't jeune artiste alors, je faisais par- 
tie de l'orchestre de ce tliéâtre, et je me rappelle 
l'impression que le talent de M. Bazzini produi- 
sit sur ma jeune imagination, l'admiration que 
faisait naître en moi ce [style noble et lier, si 
pur et si chaleureux, cet archet si solide et si 
varié, ce jeu pathétique et passionné. 

M. Bazzini est certainement l'un des ' plus 
grands violonistes qu'ait produits l'Italie. Pour- 
tant, depuis plusieurs 'années, il semble avoir 
voulu modifier sa carrière. J'ai eu le plaisir de 
le rencontrer à Milan en 1873, et j'ai vu qu'il ne 
s'occupait plus guère que de composition. Il ve* 
nait d'ailleurs d'être nommé professeur de con- 
tre-point et de haute composition au Conserva- 
toire de cetle ville. Au reste, et sous ce rap- 
port, peu de musiciens en Italie peuvent lui être 
comparés pour la profondeur et la pureté du 
style. Ses Psaumes, parmi \Qsq\ie\s la Résurrec- 
tion du Christ peut être considérée comme une 
œuvre hors ligne, ses Symphonies-cantates, ses 
ouvertures, surtout celle de Saiil (dont la par- 
tition a été publiée à Florence, par l'éditeur 
Guidi), le prouvent surabondamment, et cette 
dernière œuvre , particulièrement, est pleine de 
chaleur, de noblesse et de passion expansive. Si 
l'opéra que M. Bazzini a donné il y a quelques 
années à la Scala, Turandoû (13 janvier 1864) , 
n'a pas réussi, on en pourrait conclure seule- 
ment que l'auteur ne possède peut-être pas le 
véritable sentiment scénique ; ce n'est pas d'ail- 
leurs sur un seul essai de ce genre qu'on peut 
juger un compositeur, et M. Bazzini ne se croit 
sans doute plus assez jeune pour renouveler une 
telle épreuve. Il n'en est pas moins vrai que, à 
quelque point de vue qu'on envisage son talent, 
M. Bazzini est un très-grand.artiste, respectueux 
de lui-même, ferme en ses principes, richement 
doué par la nature, et qui n'a jamais sacrifié (au 
mauvais goût et à la légèreté de la foule. 

Parmi les compositions que M. Bazzini a 
écrites pour son instrument, je citerai les sui- 
vantes : 1° Deuxième fantaisie sur la Sonnam- 
bula, op. 26 ; — 2" Fantaisie de concert sur il 
Pira(a,op. 27 ; — 3" Le Carillon d'Arras, air 
flamand varié, op. 36 ; — 4° Fantaisie sur la 
Straniera, opAO ; — 5" Trois morceaux lyriques 
{i, Nocturne, 2. Scherzo, 3. Berceuse), op. 41; 
— 6" Concerto militaire, op. 42 ; ■— 7° Deux 
morceaux fantastiques ( 1. Ballade, 2. Danse 
des Gnomes), op. 43; — - 8° Trois morceaux en 
forme de sonates (1. Allegro, 2. Romance, 3. 
Finale), op. 44. On doit aussi à M. Bazzini 
quelques compositions vocales : IlpoveroFan' 
ciullo* Chi ami ? Ostriche del fusaro, etc. 



BAZZONI (Je\n-Louis) , compositeur et 
professeur italien qui a longtemps vécu en 
France, était né à Milan en 1816. Il fit ses études 
musicales et commença sa carrière dans sa ville 
natale, où il donna d'abord, le 24 juin 1836, au 
théâtre de la Canohbiana, une far sa intitulée 
i Tre Mariti, qu'il fil suivre , le 27 juin de 
l'année suivante, de Salvator Rosa, opéra sé- 
rieux représenté au même théâtre avec un succès 
absolument négatif. Quelques années après, 
Bazzoni vint s'établir à Paris, où il se livra à 
l'enseignement du chant et où, vers 1852, il se 
vit chargé des fonctions de chef du chant au 
Théâtre-Italien. Il publia alors un certain nombre 
de mélodies vocales, le Naufrage, Seule au 
inonde, la Fille de Vhdtesse, le Sommeil de 
l'enfant, Basquinette , Voici la neige, V Hi- 
rondelle, quelques morceaux de genre pour le 
piano : Rimprovero, romance sans paroles , la 
Farfalla, valse poétique, Lagrima d'addio, 
rêverie, et une série de six duos italiens pour 
chant : le Zingare, la Sera, il Brindisi, la 
Costanza, la Pietà, la Fuga délia Schiava. 
Vers 1858, Bazzoni fit représenter au petit théâ- 
tre des Folies-Nouvelles une opérette en un acte, 
le Quart-d'' heure de Rabelais, dont la musique 
était loin d'être bonne ; quelques] années après, 
il retournait en Italie, et faisait jouer sur le 
théâtre Regio, de Turin, un opéra sérieux en 4 
actes, il Rinnegato Fiorentino, dont la chute 
fut lamentable et qui n'eut qu'une seule repré- 
sentation. Cet artiste infortuné revint alors à 
Paris, où il mourut, au mois de septembre 1871, 
dans une situation misérable. 

BEAUGOIS ( ) est auteur d'une Nou- 
velle Méthode de plain-chant, de musique et 
de serpent (Amiens, 1827, in-8°). 

* BEAULIEU (Marie-Désiré-Martin), Cet 
artiste distingué, dont le cœur, comme l'esprit) 
était ouvert à tous les grands sentiments, est 
mort au mois de décembre 1863. L'Association 
musicale de l'Ouest, fondée par Beaulieu dans 
le 'but de propager dans cette région de la 
France, à l'aide de belles exécutions, le goût de 
la grande musique classique, a été créée par lui 
dans ,des conditions qu'il a fait connaître lui- 
même par une lettre adressée à son ami Ha- 
lévy. Possesseur d'une soixantaine de lettres 
originales du Poussin, de son testament et de 
nombreuses notes autographes sur les missions 
dont le grand artiste avait été chargé pendant 
son séjour en Italie par l'intendance générale des 
beaux-arts en France, Beaulieu avait cru devoir 
céder ces idocuments précieux à la Bibliothèque 
impériale (vers 1859), moyennant une somme 
de 5,000 francs, q^\ était loin de représenter 



60 



BEAULIEU — BEAUMARCHAIS 



leur valeur; mais il ne voulut même pas profiter 
personnellement de cette somme ni en grossir 
son héritage, et il résolut d'en tirer parti, d'une 
façon fort intelligente, pour le bien de l'art, 
et d'en faire le point de départ delà fondation qu'il 
rêvait. «Mes revenus ordinaires, disait-il dans sa 
lettre, ne me permettant pas de donner suite à 
ma pensée, je me suis décidé, non sans quelque 
peine, à vendre ma portion du bien que m'a 
laissé mon père, et, au moyen du capital que j'ai 
retiré de cette vente, je puis, dès à présent, es- 
sayer, étudier, réaliser même, au moins en 

partie, mon projet Je ferai tous les frais de 

ces séances, et le produit se partagera en deux 
parts égales, dont l'une entrera dans la caisse 
de l'Association des artistes musiciens, et l'autre 
viendra s'ajouter au capital que je destine dès 
aujourd'hui à continuer après moi mon entre- 
prise. Ce capital est de 100,000 francs. De mon 
vivant, je dois nécessairement prélever sur les 
intérêts de cette somme l'équivalent de ce que 
j'ai de moins en revenu territorial, mais le sur- 
plus est, je crois, très-suffisant pour commen- 
cer.... » 

Beaulieu commença, en effet, dès 1860, et 
Dientôt l'Association musicale de l'Ouest d'une 
part, et, de l'autre, la Société de chant classique 
à Paris, toutes deux fondées par lui, fonctionnè- 
rent régulièrement. A sa mort, la somme de 
100,000 francs annoncée par lui fut léguée à 
lette double fondation, et son testament portait 
que le produit des concerts donnés à Paris se- 
rait partagé entre l'Association des artistes mu- 
siciens et la Société de chant classique. Ce sont 
les conditions de cette création à la fois artis- 
tique et bienfaisante qui me faisaient dire que 
le cœur, comme l'esprit de Beaulieu,, était ouvert 
à tous les grands sentbnents. 

Aux écrits sur la musique publiés par Beau- 
lieu, il faut ajouter les deux suivants : 1" Mé- 
moire sur quelques airs nationaux qui sont 
ians la tonalité grégorienne (Niort, impr. 
Favre, 1858, in-S") ; 2° Mémoire sur Vorigine 
de la musique (Paris, 1859, in- 8° de 27 pp.). 
On a publié à Niort (1865, in-8°) -Notices sur 
Dés.-Marlin Beaulieu et Pierre-Th. Segré- 
iain. 

BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin CA- 
RON DE), né à Paris le 24 janvier 1732, fut cé- 
lèbre à divers titres, mais surtout pour les deux 
chefs-d'œuvre qu'il donna à la scène française, 
le Barbier de Sécille et 7e Mariage de Fi- 
garo, qui plus tard enrichirent la scène lyrique, 
grâce au génie de Mozart et à celui de Rossini. Il 
n'est mentionné ici que pour la partie de ses 
travaux qui se rapporte à la musique, car la 



vaste intelligence de cet homme remarquable lu 
permit de s'occuper des choses les plus diverses. 
« Il fit d'excellentes études (dit l'auteur de la no- 
tice qui lui est consacrée dans la Biographie 
universelle et portative des Contemporains), 
se livra à la littérature et aux mathématiques, 
et fit de rapides progrès dans les sciences méca- 
niques. L'horlogerie lui doit l'invention d'un 
nouvel échappement approuvé par l'Académie des 
sciences. Malgré ce succès, il quitta l'état de son 
père, et se livra à l'étude de la musique, pour 
laquelle il était passionné ; des compositions gra- 
cieuses, et un talent supérieur sur la guitare et 
sur la harpe, dont il avait perfectionné le méca- 
nisme, fixèrent l'attention sur lui ; les filles de 
Louis XV devinrent ses écolières, et l'admirent 
dans leur société intime , dont son esprit le 
rendait aussi digne que ses talents... « 

Beaumarchais était en effet un excellent mu- 
sicien, ne se bornant pas à être un virtuose sur 
la harpe, mais s'occupant aussi de composition. 
Il a écrit, on le sait, les paroles et la musique 
d'un assez grand nombre de chansons et de ro- 
mances; dans un voyage que M. Edouard Four- 
nier fit à Londres vers 1862, cet écrivain fut 
assez heureux pour acquérir, au compte de la 
Comédie-Française, sept volumes de manuscrits 
inédits de Beaumarchais, parmi lesquels se 
trouve un volume de chansons, ^paroles et mu- 
sique. Cette précieuse collection fait partie au- 
jourd'hui des archives de notre grande scène lit- 
téraire. 

Une fois au moins, dans ses écrits, Beaumar- 
chais s'est occupé directement de musique.': c'est 
dans la préface de l'opéra de Tarare, représenté 
en 1787, et dont il avait construit le poème pour 
Salieri. Cette préface, qui ne compte pas moins 
de 26 pages, et qui porte pour titre : Aux abon- 
nés de VOpéra qui voudraient aimer l'opéra, 
est une sorte de poétique du drame lyrique, tel 
que le concevait et l'aurait voulu Beaumarchais. 
Elle est un peu équivoque, un peu incohérente, 
mais elle peut, au fond, se résumer dans ces quel- 
ques lignes que Beaumarchais écrivait lui-même 
dans la préface du Barbier de Séville : « Moi, qui 
ai toujours chéri la musique, sans inconstance, et 
même sans infidélité, souvent aux pièces qui 
m'attachent le plus je me surprends à pousser 
de l'épaule, à dire tout bas avec humeur : Va 
donc, musique! Pourquoi tant répéter ? N'es- 
tu pas assez lente? Au lieu de narrer vive- 
ment, tu rabâches : au lieu de peindre la 
passion, tu t'accroches oiseusement aux 
mots ! » Il y a dans ces réflexions, relatives au 
style musical alors en faveur 'pour l'opéra, un 
fonds véritable de justesse. 



BEAUMARCHAIS — BEAUVOIR 



61 



Beaumarchais l^mourut subitement, le 19 mai 
1799. On dianta pendant longtemps à Paris une 
de ses cliansons : Cœurs sensibles, cœurs fi- 
dèles, dont l'air était, dit-on, charmant. Choron 
et Fayolle, dans leur Dictionnaire historique 
des Musiciens, disent que la musique de Beau- 
marchais valait mieux que ses vers. 

* BEAUMESNIL (Henriette-Adélaïde- 
VILLARD DE). Cette artiste, plusieurs années 
après qu'elle eut pris sa retraite à l'Opéra, écri- 
vit la musique d'uà opéra-comique en 2 actes : 
Plaire, c'est commander, qui fut représenté au 
théâtre Montansier le 12 mai 1792. 

BEAUMOIXT {......), compositeur aujour- 
d'hui inconnu, qui vivait dans la première moitié 
du seizième siècle, a fourni au recueil de chan- 
sons françaises à quatre parties publié vers 1530 
par l'imprimeur Pierre Attaignant, la musique de 
la chanson : Ma povre bourse., 

BEAUPUIS (GiusEppE DE), compositeur 
italien, dont le nom trahit une origine française, 
est né à Napies le 5 mars ,1820. Dès sa plus 
tendre jeunesse il s'appliqua à l'étude du violon, 
et il avait à peine 17 ans lorsqu'il fut chargé des 
fonctions de chef d'orchestre au petit théâtre de 
la Fenice, fonctions qu'il remplit ensuite à Bari, 
à Lecce, et dans diverses autres villes. C'est dans 
ces commencements de sa carrière qu'il écrivit 
et fit représenter quelques opérettes bouffes : 
i Due Pedanti (Caserta), Monsieur des Cha- 
lumeaux (Trani), Miss Baba (Napies, th. de 
la Fenice), et qu'il composa aussi de nombreux 
morceaux [pour musique militaire. De retour à 
Napies, il entra comme violoniste à l'orchestre 
du théâtre San-Carlo, mais en sortit bientôt, 
après avoir vainement essayé de se produire 
comme compositeur de ballets. C'est alors, 
qu'ayant fait exécuter dans un couvent une 
messe de Gloria, il devint maître de chapelle de 
diverses maisons religieuses, et écrivit un grand 
nombre de compositions de musique sacrée, 
consistant en messes, motets, vêpres, etc. 
Aujourd'hui, et depuis [dix ans environ, M. de 
Beaupuis a tourné presque exclusivement ses ef- 
forts du côté de l'enseignement. Cet artiste a 
publié dans la Gazzetta musicale de Napies un 
Mémoire divisé en 29 articles, sur la décadence 
des études musicales au Conservatoire de cette 
ville; iil a donné au journal Napoli musicale 
(1871) plusieurs articles destinés à soutenir la 
candidature de M. Lauro Rossi à la direction de 
ce Conservatoire, et il a été collaborateur d'une 
autre feuille, VArtista. 

BEAUQUIER (Charles), écrivain français, 
né vers 1830, s'occupa d'abord de politique et 
prit part à la rédaction de plusieurs journau^: 



de Paris ou de la province. Plus tard, et un 
gofit prononcé le portant à s'occuper des choses 
de la musique, il prit, comme on dit, le taureau 
par les cornes, et, pour son coup d'essai en ces 
matières, écrivit et publia une Philosophie de 
la musique (Paris, Germer-Baillière, 1855, 
in-12) (1). Je ne voudrais pas assurer que ce 
titre ne soit un peu ambitieux, et que nous pos- 
sédons aujourd'hui une véritable philosophie de 
la musique ; un tel livre m'a toujours semblé 
terriblement difficile à faire, et il me paraît que 
pour le mener à bien il est besoin de connaissances 
musicales plus étendues que celles que possède 
M. Beauquier, connaissances qui donnent en 
plus d'un endroit prise à la critique. Toutefois 
ce livre, écrit avec soin par un homme intelli- 
gent, qui sait ce qu'il veut dire et qui trouve 
l'expression juste, est un essai qui n'est point 
sans mérite. Peu de temps après sa publication, 
l'auteur devint l'un des collaborateurs de la 
Bévue et Gazette musicale de Paris. En 1870, 
après la chute de l'empire, !M. Beauquier fut 
nommé sous-préfet dans un de nos départements 
de l'Est. Il ne conserva que peu de temps cette 
situation, et a repris, depuis, ses travaux litté- 
raires.' 

C'est [M. Beauquier qui a écrit le livret de 
Fiesque, opéra de M. Edouard Lalo (V. ce 
nom) qui a obtenu une mention très-honorable 
au concours ouvert au Théâtre- Lyrique en 1867. 

* BEAÏJVAllLET- CHARPENTIER 
(Jacques-Marie). Cet artiste a publié un petit 
recueil de chansons et romances sans aciîompa- 
gnement, comme il s'en faisait tant alors, ainsi 
intitulé : le Troubadour, ou les Étrennesd'Ê- 
rato, avec la musique des airs nouveaux, choisis 
ou composés par M. Beauvarlet-Charpentier 
(Paris, librairie économique, 1806, in- 18). Ce 
recueil contenait en effet beaucoup d'airs écrits 
par lui-même ; j'ignore s'il en a continué la 
publication pendant plusieurs années. 

BEAUVOIR (ÉDouARD-RoGER DE BULLY, 
dit ROGER DE), écrivain français, né à Paris 
le 28 novembre 1809, mourut en 1866. Parmi ses 
nombreux écrits, nous avons à signaler les deux 
suivants : 1° l'Opéra (Paris, Havard, 1854, 
in-18), petit volume compris dans une publica- 
tion qui portait pour titre général : Paris his- 
torique, pittoresque et anecdotique ; 2° le Che- 
valier de St-Georges (Paris, 1840, 4 vol.), 
roman d'imagination dont le héros est ce fa- 
meux mulâtre si j-echerché à Paris vers le milieu 
du dix-huitième siècle, et qui se fit remarquer 



(1) Le titre du volume porte ia U«te de 1865, et la 
couverture celle de 1866, 



62 



BEAUVOIR ^ BECKER 



comme violoniste et compositeur. Roger de 
Beauvoir a tiré de ce roman une pièce qu'il fit 
représenter sous le même titre et qu'il avait 
écrite en société avec Mélesville. 

BEAUX (J -J ), est auteur d'un écrit 

publié sur ce sujet singulier : De l'influence de 
la magnétisation sur le développement de la 
voix et du goût en musique (Paris, 1855, 
in-l2).î 

BÈCHEFORT ou BOUCHEFORT ( ), 

musicien aujourd'hui inconnu, qui vivait au 
commencement du seizième siècle, a écrit la 
musique de plusieurs des chansons à quatre 
parties contenues dans le fameux recueil de 
Pierre Attaignant (V. ce nom dans la Biogra- 
phie), publié vers 1530. Son nom ee trouve 
ainsi écrit, de deux manières, dans ce recueil, 
auquel il a fourni la musique des chansons sui- 
vantes : J'ay souhaité depuis trois mois, Ta 
grand' beauté a tant, Tous compaignons qui 
buvez, Tant que vivray en âge, Trop de re- 
grets pour voîis. Trop longuement avez terni, 
Trop se fier aux promesses. 

J.-B. W. 

BÉCHEM (Charles). Un écrivain de ce 
nom a donné à la seconde édition du Diction- 
naire de la Conversation et de la Lecture un 
certain nombre d'articles sur la musique. 

BECUEH (Joseph), compositeur, est né le 
1*' août 1821 à Neukirchen, en Bavière. Il a 
écrit beaucoup de musique religieuse : 12 messes 
solennelles et 50 petites messes, 24 grandes et 
13 petites litanies, 23 Requiem, 8 vêpres, 100 
graduels et offertoires, sans compter plusieurs 
Te Deum, hjmnes, motets, etc. 

Y. 

BECHSTEIN (Frédéric.Guillatjme-Char- 
LEs), né à Gotha le I" juin 1826, est le fonda- 
teur de la grande fabrique de pianos de Berlin 
qui porte son nom. Après avoir passé comme 
ouvrier dans les principales fabriques de l'Alle- 
magne, il alla travailler à Londres et à Paris 
dans les ateliers de Pape et de Kriegelstein, Sa 
maison eut les origines les plus modestes. En 
1850, il ouvrit ses ateliers avec une douzaine 
d'ouvriers ; cinq ans plus tard, il en employait 
déjà plus de 200. Les pianos de Bechstein, pa- 
tronnés par Hans de Bûiow, Liszt, Tausig et 
Dreyschock, ont figuré avec honneur aux expo- 
sitions universelles de Londres et de Paris,; 

Y. 
BECK (Jean-NéI'Omucène), premier baryton 
de l Opéra impérial de Vienne, est né à Pesth le 
5 mai 1828. C'est un artiste doué d'une voix 
puissante et duo remarquable talent de comé- 
dien, ^y. 



BECKER (Jêân-Tobias), compositeur de 
musique d'église, né à Grulich, en Bohême, l'an 
1G99 ou l'an 1700, est mort à Leldsberg, dans 
la basse Autriche, le 5 juillet 1779. 

Y. 

BECKER (Vincent-Ernest), né en 1833 à 
Wurzbourg, où il est regens chori, a composé 
des lieder et des chœurs pour voix d'hommes, 
devenus populaires. 

Y. 

BECKER (Jean), violoniste fort distingué et 
brillant surtout dans l'exécution de la musique 
de chambre, est né à Manheim le 11 mai 1836. 
Il ùl son éducation musicale en cette ville, et 
devint violon solo au théâtre. Après avoir fait 
ensuite un séjour de deux années à Paris, sans, 
je crois, s'y faire entendre, il se rendit à Lon- 
dres, oii il se produisit avec un grand succès 
dans les séances de l'Union mtisicale dirigée 
par M. John Ella (1860;. Il retourna ensuite 
dans sa patrie, et y commença sa réputation en 
se présentant fréquemment dans les concerts, 
après quoi il revint en France et demanda à Paris 
la consécration de sa jeune renommée. Les suc- 
cès qu'il. y obtint furent très-grands, et le public 
parisien, toujours enthousiaste lorsqu'il se sent 
en présence d'une grande individualité, ne mar- 
chanda ni ses éloges ni ses bravos à un artisie 
d'un talent vraiment exceptionnel , chez lequel 
une imagination poétique autant que passionnée 
et une inspiration incontestable venaient se 
joindre à une instruction vaste et aux plus nobles 
comme aux plus rares qualités du virtuose. M. 
Becker alla s'établir en 1865 à Florence, à l'époque 
où, grâce à l'initiative intelligentelde M, ledocteur 
Basevi et aux efforts de la Società del Quar- 
tetto, la musique de chambre pour instruments 
à cordes prenait en cette ville une extension 
étonnante. M. Becker y fonda une société de 
quatuors qui se fit aussitôt remarquer par son 
excellente exécution, et dont les succès furent 
tels que, sous le nom de Quatuor florentin, 
cette société entreprit une série de voyages artis- 
tiques et se fit entendre dans les premières 
villes de l'Europe au milieu da'pplaudissements 
unanimes. 

M. Jean Becker est non-seulement un vir- 
tuose de premier ordre, mais un musicien solide, 
dont le talent s'est nourri et fortifié aux sources 
les plus pures de l'art, et qui est l'un des inter- 
prètes les plus remarquables des chefs-d'œuvra 
classiques des grands maîtres. 

BECKER (George), musicographe suisse 
est l'auteur d'un livre publié récemment sous ce 
titre un peu trop ambitieux : la Musique en 
Suisse, depuis les temps les plus reculés jus. 



BEGKER — BEETHOVEN 



63 



qu'à la fin du dix-huitième siècle, — notices 
historiques, biographiques et bibliographi- 
ques (Genève, Richard, 1874, in.l2).Une partie 
de ce livre avait paru, par fragments, dans dif- 
férents journaux, et ces fragments ont été repro- 
duits tels quels, avec quelques chapitres ajour 
tés; c'est ce qui explique qu'il est conçu sans 
plan ni méthode. La Musique en Suisse n'est 
qu'une collection de notices recueillies et pu- 
bliées non par époque, ce qui eût paru plus lo- 
gique, mais par contrées et par localités, sys- 
tème hostile à toute espèce de vues d'ensemble. 
Encore ces notices sont-elles parfois tellement 
incomplètes, qu'elles n'offrent qu'un bien mé- 
diocre intérêt. En somme, le côté utile de ce 
modeste volume peut être caractérisé ainsi : c'est 
un recueil de documents pouvant servir plus 
tard de base à un petit Dictionnaire biographique 
des musiciens suisses. A ce titre, le travail de 
M. George Becker est encore digne d'estime. 

Cet artiste a publié quelques petits morceaux 
de piano, qui se distinguent par d'aimables qua- 
lités. 

* BECQUIÉ DE PEYRE VILLE (Jean- 
Marie), est mort à Paris, au mois de janvier 
1876. Il avait été pendant de longues années at- 
taché à l'orchestre du Théâtre-Italien, d'abord 
comme premier violon, ensuite comme alto. 

BEER (Jules), dilettante distingué, est le 
propre neveu du grand homme qui fut Meyer- 
beer. M. Jules Béer est un musicien amateur 
dont l'ambition vise sans doute un peu trop 
haut, mais qui, en somme,'a fait de bonnes étu- 
des et qui a presque le droit d'être considéré 
comme un artiste. Il s'était d'abord essayé en 
écrivant la musique de deux opéras-comiques 
en un acte, En état de siège et les Roses de 
M. de Malesherbes, qu'il avait fait exécuter 
chez lui, le premier en 1859, le second en 1861. 
M. Béer voulut alors aborder une véritable 
scène, etil fit représenter au Théâtre-Lyrique, le 
23 avril 1862, un ouvrage en deux actes, inti- 
tulé la Fille d'Egypte, qui n'obtint qu'un médio- 
cre succès. Au mois de mars 1871, il donna à 
Bruxelles, au théâtre de la Monnaie, un grand 
opéra en quatre actes, Elisabeth de Hongrie, 
qui fut accueilli avec la plus complète indiffé- 
rence. M. Jules Béer a encore en portefeuille un 
grand opéra, qui a pour titre le Paria, et qui 
n'a pas encore été représenté. Il a mis aussi en 
musique le psaume CXXXVII de David, vaste 
composition pour soli, chœurs et orchestre, 
qu'il a fait exécuter chez lui, le 23 janvier 1868, 
avec M"' Mauduit, MM. Caron etWarot pour prin- 
ïipaux interprètes. Enfin, M. Jules Béer a composé 
UD cçrtaio nombre de mélod!Q3vocaks,dont quel- 



ques-unes ont été publiées : A une jeune mère, 
la Résurrection, la Chute des Feuilles, le 
Chant du dimanche, Ballade orientale, la 
Marguerite, Gondoline, les Plaintes de la 
jeune fille, A une rose. Prière, etc. 

* BEETHOVEN (Louis Van). Les livres et 
les écrits relatifs à la vie et aux travaux de ce 
grand homme se sont singulièrement multipliés 
dans ces dernières années, et ont fini par former 
comme une sorte de littérature spéciale, qui 
n'est pas sans analogie avec celle qui s'est pro- 
duite chez nous au sujet de Molière. Aux an- 
ciennes biographies de Wegeler et Ries, de Schlos- 
ser, de Schindier (traduite en anglais par Mos- 
cheles, et dont une 2* édition allemande a été 
faite à Miinster en 1845 et une 3° en 1860), de 
Marx (dont une 2 édition a paru en 18C3), d'Où, 
libicheff, il faut ajouter les ouvrages suivants ; 
1° Biographie de Beethoven, par W. Neumann, 
Cassel, 1834; 2° Beethovcn's Leben {Vie de Bee- 
thoven), l" \o\. (ta jeunesse de Beethoven), 
Vienne, 1864, 2' \o\. (Beethoven à l'âge viril), 
Leipzig, 1867; S* vol. (Beethoven et ses 
œuvres) , étude biographique et bibliographique 
par O. Miihlbrecht, Leipzig, 1866; 4° Ludwirj 
van Beethovcn's Leben (Vie de Louis Van 
Beethoven), par A.-VV. Thayer, Berlin, 18G6, 
(ouvrage commencé d'une façon remarquable, 
qui doit comprendre trois volumes, mais dont le 
premier seul a paru); 5" 83 Nouvelles Lettres 
originales de Beethoven à {l'archiduc Rodol- 
phe, publiées par L. de Kochel, Vienne, 1865 ; 
&" Beethoven et Marie Pachler-Koschak, par 
le docteur F. Pachler, Berlin, 1866 ; 1° les 
Lettres de Beethoven à la comtesse Marie Er- 
dôdy et à Madeleine Brauchle, publiées par le 
docteur Alfred Schône, Leipzig, 1867 ; 8° les 
Lettres de Beethoven avec quelques composi- 
tions de circonstance non imprimées, extrai- 
tes de son journal de notes et de ses lectures, 
publiées par L. NohI, Stuttgard, 1868; 9° Étu- 
des sur Beethoven, par G. Nottebohm, Leipzig, 
1865; iO"^ Louis Van Beethoven comme com- 
positeur dramatique, par C.-E. Alberti, Steftin, 
1858; 11° les Symphonies de Beethoven et 
d'autres maîtres célèbres, par F. deDùrenberg, 
Leipzig, 1863; 12" les Sonates de Beethoven 
expliquées, par E. d'Elterlein, 2* édition, Leip- 
zig, 1857, 3*, Leipzig, 1866 ; 13° les Symphonies 
de Beethoven d'après leur portée idéale, par 
le même, 2*= édition, Dresde, 1858; U° Intro- 
duction pour l'exécution des œuvres de piano 
de Beethoven, par A.-B. Marx, Berlin, 1863; 
1.5° les Sonates depianode Beethoven, ^ds un 
impartial, Berlin, 1863. A ces divers ouvrages, 
U faut ajouter eflcçre le volumineux catalogue 



64 



BEETHOVEN — BÉGUJN-SALOMON 



critique de De Lenz (Hambourg, 1860), le Cata- 
logue thématique avec des observations chro- 
nologiques et biographiques de G. Nottebohm 
(Leipzig, 1868), et le Catalogue chronologique 
dressé par A.-W. Thayer (Berlin, 1868). 

En France aussi, quelques notices et quelques 
traductions de biographies allemandes ont été 
publiées dans ces dernières années. En voici la 
liste : 1" Beethoven, esquisse musicale, par H. 
Barbedette , la Rochelle, Siret, 1859, in 8° 
(2'= édition : Beethoven, sa vie et ses œuvres, 
Paris, Heugel, 1870, in-8° avec portrait) ; 1" No- 
tices biographiques sur L. Van Beethoven , par 
le Dr F. -G. Wegeler et Ferdinand Ries, suivies 
d'un supplément publié à l'occasion de l'inaugu- 
ration de la statue de L.-V. Beethoven à Bonn, 
sa ville natale, traduites de l'allemand par A. -F. 
Legentil, Paris, Dentu, 1862, in-12 ; 3° Notice 
sur Vorigine du célèbre compositeur Louis 
Van Beethoven, suivi {sic) du testament de 
l'illustre maître, par Edouard-G.-J.-Gregoir, 
Anvers, impr. Jorssen, 1863, in-S"; 4° Histoire 
de la vie et deV œuvre de Ludwig.Van Beetho- 
ven, par Antoine Schindler, traduite par Albert 
Sowinski, Paris, Garnicr, 1865, in-8° avec por- 
trait; 5° Beethoven, sa vie, son caractère, sa 
musique, par Edouard de Pompery, Paris, lib. 
du Petit-Journal, 1865, in-12 de 50 pp.-, 6° Sur 
le Beethoven de M. A. de Lemud, par M. Em. 
Michel, Metz, Blanc, 1865,in-8° ; 7" Louis Van 
Beethoven, sa vie et ses œuvres, d'après les 
plus récents documents, par M"^ A. Audley, 
Paris, Didier, 1867, in-12. 

* BEFFROY DE REIGNY (Louis-Aef.l), 
dit le Cousin- Jacques. Au répertoire dramati- 
que de cet artiste excentrique, il faut ajouter les 
3uvrages suivants : 1° la Fédération du Par- 
nasse, un acte (paroles et musique), th. Beaujo- 
lais, 1790; 2° Jean-Bête, « comédie en 3 actes, 
avec ouverture nouvelle , ronde et vaudeville » 
(paroles et musique), th. des Grands-Danseurs du 
roi (Nicolet), 1790; 3° Louis XII, 3 actes, 
« mêlés d'airs, » Délassements-Comiques,' 1790 ; 
4" les Folies dansantes, 2 actes (paroles et 
musique), Délassements-Comiques, 1790; 5° Al- 
lons, ca va, on le Quaker en France, un acte 
(paroles et musique), th. Feydeau, 1793 ; 6° Un 
Rien, ou V Habit de noces, un acte (id.). Am- 
bigu, 1798 ;7° le Grand Genre, un acte (id.), 
Ambigu, 1799; 8° les Deux Charbonniers, 2 
actes (id.), th. Montansier, 1799; 9" le Bon- 
homme, ou PoiUot et Fanchon, un acte (iti.), 
th. Montansier, 1799. Je ne sais s'il y avait de la 
tousique dans le Retour dît Champ-de-Mars, 
divertissement en un acte du Cousin-Jacques, 
donné en 1790 au théâtre Beaujolais. Il a écrit 



en effet plusieurs pièces sans musique, telles que 
Démosthènes, Emilie ou les Caprices, les Ca- 
pucins, de même qu'il lui est arrivé de faire 
les paroles de deux opéras dont Leinoyne com- 
posa la musique : le Compère Lue, ou les Dan- 
gers de l'ivrognerie, et Toute la Grèce, ou Ce 
que peut la Liberté. C'est aussi lui qui a fait 
les compliments de clôture du théâtre Favart en 
1787, 1788 et 1789, ainsi que le discours d'ou- 
verture du théâtre Montansier. Quant à ses 
écrits en dehors du théâtre, je ne puis que ren- 
voyer à la très-substantielle et charmante notice 
que M. Charles Monselet a consacrée au Cousin- 
Jacques dans son excellent livre : les Oubliés 
et les Dédaignés. Cette nolice est d'ailleur! 
très-utile à lire, le musicien, dans le Cousin-Jac- 
ques, s'enchevêtrant parfois singulièrement avec 
l'écrivain. A tout prendre, cet artiste présente 
une physionomie curieuse et intéressante à étu- 
dier. Dans une notice publiée par moi sur De- 
vienne (Paris, 1864), j'ai inséré une longue 
lettre du Cousin-Jacques. 

* BEGUEZ (PiERRE-lGN\CE), chanteui 
belge, fixé à Londres depuis longues années, 
est mort en cette ville le 13 décembre 1863, 
peu de jours avant d'accomplir sa soixante- 
seizième année. C'est en 1815 que cet artiste fut 
attaché au Théâtre du Roi. de cette ville, en qua- 
lité de premier ténor. Ses succès furent considé- 
rables, non-seulement à ce théâtre, mais aussi 
dans les salons de la haute aristocratie an- 
glaise, qui l'avait pris en grande affection, el 
qui ne lui marchandait ni les applaudissements 
ni les guinées. Au bout de dix années environ, 
il renonça complètement à la scène pour n€ 
plus chanter que dans les concerts publics ou 
parliculiers, qui lui donnaient le succès et la 
fortune. Il assura d'abord le bonheur de sa 
famille, fit une pension à ,son vieux père, puis 
maria ses deux sœurs en leur faisant des dots. 
Il s'acheta ensuite un hôtel magnifique, et enfin 
se donna le luxe d'un riche équipage. Sa vogue 
était telle qu'elle portait préjudice aux succès 
des autres artistes, même des plus justement 
glorieux. On raconte à ce sujet que le dernier 
concert donné à Londres (26 mai 1826) par We- 
ber, alors mourant, n'attira personne, parce que, 
ce jour-là même, Begrez chantait chez le duc de 
Saint-Albans, et que toute l'aristocratie de h 
grande métropole s'était donné rendez-vous poui 
entendre son chanteur favori. Weber, l'immorte 
auteur d'Oberon et du Freischutz, ne couvrit 
même pas ses frais, tandis que Begrez, le chan- 
teur à la mode, fit une recette de près de cinq 
cents guinées ! 
BÉGUIN-SALOMON (Louise-Frédéri- 



BÉGUIN — BELLAPART 



65 



QUE COHEN, dite SALOMON, épouse BÉGUIN, 
connue sous le nom de M""'), pi.iniste et profes- 
seur, née à Marseille le 9 août 1831, fut aiimise 
le 7 juillet 1843 au Conservatoire de Paris, dans 
la classe de clavier de M"'' Jousselin, et passa 
ensuite dans la classe de piano de M'"<^ Farrenc, 
dont elle est restée l'une des meilleures élèves. 
Elle suivait aussi un cours de solfège, et, dès 
l'année 1846, obtenait dans les concours un 
premier prix de solfège et un accessit de piano ; 
le second prix pour cet instrument lui était 
décerné l'année suivante, et, après avoir rem- 
porté en 1850 un second prix d'harmonie et ac- 
compagnement, elle se voyait attribuer le pre- 
mier en 1851. Ses études terminées, M™^ Bé- 
guin-Salomon se consacra à l'enseignement, où 
elle conquit rapidement une notoriété justifiée, 
tandis qu'elle faisait fréquemment apprécier 
dans les concerts un solide talent d'exécution, 
rendu plus remarquable encore par ses rares 
qualités de musicienne. C'est surtout, en effet, 
dans l'interprétation des grandes œuvres clas- 
siques que brillait tout à la fois le jeu net, élé- 
gant et limpide de la jeune artiste, son style 
ferme, sobre, mesuré, enfin son tempérament 
empreint de grâce féminine et de passion ner- 
veuse. M*"* Béguin-Salomon devint bientôt une 
des meilleures pianistes de Paris, une des ar- 
tistes les plus aimées du public et de celles dont 
l'autorité s'impose à lattention. Il est juste 
d'ajouter que chez elles les qualités de l'artiste 
étaient complètes, en ce sens qu'elle était tou- 
jours prête à mettre son talent à la disposition 
des jeunes compositeurs, et à les aider à pro- 
duire leurs œuvres. Plus d'un lui a dû ses pre- 
miers succès, et j'en sais qui ont conservé pour 
elle, à ce sujet, un sentiment de véritable re- 
connaissance. M™* Béguin-Salomon, dont ;le re- 
nom de professeur est très-grand à Paris, est 
elle-même compositeur , et a publié pour son 
instrument quelques morceaux de genre d'un 
sentiment aimable et délicat. 

* BEHREi\S ou BERENS (Hermanj»). 
Cet artiste, né en Allemagne, est établi depuis 
longues années à Stockholm, où, en 1860, il a 
été nommé chef d'orchestre du second théâtre. 
J'ignore quelle est aujourd'hui sa situation, et 
je n'ai pu réunir .sur ce compositeur d'autres ren- 
seignements que ceux qui se rapportent aux 
opéras qu'il a fait représenter à Stockholm, et 
qui, à ma connaissance, sont au nombre de 
quatre : i» Violeda, grand opéra, dont l'effet 
fut médiocre et qui n'obtint que ce qu'on appelle 
un succès d'estime-, 2" Le Songe d'une iSuit 
d'été, opéra-comique en 2 actes, qui fut accueilli 
plus favorablement et qui obtint vingt représen- 

BIOGR. CNIV. DES MUSICIENS. SUl'PL. — T. 



talions consécutives ; 3" Lidly et Quinault, 
opéra-comique en 2 actes , dont le succès fut 
plus marqué encore, et dont le livret était imité 
de celui que Nicolo mit naguère en musique 
sous le même litre; celui-ci fut représenté au 
mois dedécenibre 1859; 4" i?/cc«rdo, opéra en 
3 actes, représenté au mois de février 1869; les 
paroles de ce dernier, imitées d'un ouvrage de 
Scribe, étaient l'œuvre d'un chanteur du théâtre 
royal de Stockholm, M. Fr. Arlberg, qui rem- 
plissait le principal rôle. M Behrens a publié 
un certain nombre de morceaux de genre pour 
le piano ; ces compositions se montent au chif- 
fre de soixante environ , dont plusieurs ont été 
éditées par la maison Schott (Mayence, Bruxelles 
et Londres). 

liEHREIVDT (NicoLAï), compositeur da- 
nois, a fait représenter sur le théâtre royal de 
Copenhague, au mois de novembre 1860, un 
opéra qui avait pour titre l'Épreuve du cœur. 
Je n'ai pas d'autres renseignements sur cet ar- 
tiste. 

REHKER (Jean-Henri), violoniste et orga- 
niste néerlandais, né à Windschoken, dans la 
province de Groningue, le 5 janvier 1826, fit ses 
études à l'école de musique de La Haye, où il 
reçut des leçons d'orgue de M. F. Smit, orga- 
niste de la cour. Nommé en 1847 organiste à 
Meppel, dans la province de Drenlhe , il devint 
en 1851 maître de musique de la ville de Gouda. 
Il a publié plusieurs cantates, des morceaux de 
piano, entre autres trois sonatines, un recueil de 
14 cliants d'enfants, etc. On connaît aussi de lui 
deux ouvertures de concert, une marche triom- 
phale pour orchestre, un hymne à 4 voix et dif- 
férentes autres compositions. 

BELARI (Emilio), chanteur italien, est l'au- 
teur d'une brochure publiée sous ce titre : La 
voix à tout le monde (Paris, 1875). Dans cet 
opuscule, l'écrivain se flatte d'être possesseur 
d'un secret merveilleux pour la découverte et la 
culture de la voix chez les individus qui semblent 
le plus complètement déshérilés^sous ce rapport. 
Ce n'est pas la première fois que pareille utopie 
aura été mise en cours, et ce ne sera vraisem- 
blablement pas la dernière. 

*BELCKE (Frédéric-Auguste), est mort à 
Lncka, sa ville natale, le 10 décembre 1874. 

BELLA (Jean-Léopold), compositeur, est 
né à Saint-Nicolas, dans la haute Hongrie, en 
1843. Il a principalement écrit de la musique 
d'église, qu'on dit très-remarquable. Y. 

BELLAPART (Francisco), musicien espa- 
gnol, a fait exécuter le 10 avril 1868, en l'église 
Saint- Augustin, de Barcelone, un Stabat Mater, 
de sa composition, 
f. 5 



66 



BELLASIS — ]3ELLL\I 



BELLASIS (Edward), écrivain musical 
anglais, est l'auteur d'un ouvrage publié sous ce 
titre : Cherubini, memorïnls illustrative of 
Jiis lifp, Londres, Burns et Oatcs, 1874, in-8". 

BELLEIîMAMiV (Henri), fils de Jean- 
Frédéric Bellerniann (V. Biographie univer- 
selle des Musiciens, t. I'""), est né à Berlin le 
10 mars 1832. Comme toute sa famille, il s'est 
adonné à la musique ., et a spécialement étudié 
celle du moyen âge. Depuis 1866, il est profes- 
seur de musifjueà l'Université de Berlin, où il a 
remplacé A. B. Marx. Il a publié plusieurs Ira- 
vaux scientifiques, qui ont paru dans les Jahr- 
bûcher fur niusikalische Wissenscha/l {An- 
nuaïre de la science musicale) de Chrysander, 
ou dans \' Allgemeinen musi kalischen Zeilung 
(Gazelle générale de la musique de Leipzig). 11 
a publié .séparément à Berlin, en 1S58 -. Die men 
Sîiral Soten und Taclzeicfien des 15 und 16 
Jahrhunderts {les signes de durée et de me- 
sure du quinzième et du seizième siècle).lie\\er- 
mann a également publié un ouvrage de théorie 
sur le contre-point « Der Contrapunct » (Berlin, 
1802) et écrit plusieurs compositions musicales : 
oratorios, psaumes, motets, ouvertures, etc., sans 
compter les chœurs et les mélodrames qu'il a 
faits pour plusieurs tragédies de So|)hocle. — Y. 

* BELLI (Jui.es). m. Brigidi a publié sur cet 
artiste (Modène, 186.'i, in-8") une notice ainsi in- 
titulée : Cenni sulla vita e sulle opère di Giu- 
lio Belli, Longianese, maestro e scrittore di 
musica del secolo XVI. 

* BELLIXI (Vincent). Nous complétons ici 
la liste des écrits publiés sur Beliini : 1" Osser-> 
vazionisul merito musicale dei maestri Bel- 
Uni e Rossini, in risposta ad un parallelo tra 
mcdesinilpiibblicato in Palermo (Bologna,1834, 
in-8'');2" In morte di Vincenzo Beliini, da 
Luigi Scovazzo (Napoli, s. d., in-8") ; 3" Dis- 
corso e componimenti poetici inoccasione del 
ritorno in patria delV esimio maestro di 
musica Vincenzo Beliini, reàthW neWa gran sala 
casa comunale di Catania, nel 18 marzo 1832 
(Catania, 1832, in-8"} ; i" Rossini et Beliini, 
réponse de M. le marquis de San-Jacinto à un 
écrit publié à Palerme, revue, réimprimée à Bo- 
logne et traduite en français par M. le Chevalier 
de Ferrer (Paris, impr. Everat, 1835, in-8") ; 
5 ' Vita di Vincenzo Beliini, scritta dall' avvo- 
cato Filippo Cicconetti (Prato, lip. Alberghetti, 
1859, in-12 avec portrait) ; 6" Beliini, par 
M. Labat (Bordeaux, Gounouilhou, 1865, in-8); 
T Beliini, sa vie, ses œuvres, par Arthur Pou- 
gin (Paris, Hachette, 1868, in-12 avec portrait et 
autographes). 

On ne doit pas oublier de mentionner ici les 



cérémonies grandioses qui eurent lieu en 1876 
pour la translation des cendres de Beliini sur la 
terre natale du maître. Beliini, on le sait, était 
mort à Puteaux le 23 septembre 1835, et avait 
été inhumé à Paris, dans le cimetière du Père- 
Lachaise. Le gouvernement italien ayant fait 
demander au gouvernement français la remise 
de ses restes mortels, et celui-ci ayant aussitôt 
consenti, une députation de la Tille de Catane se 
rendit à Paris, où la cérémonie de l'exhumation 
eut lieu le 15 septembre 1876; le corps fut 
immédiatement dirigé sur l'Italie, où toutes les 
villes par lesquelles passa le convoi lui firent 
un accueil enthousiaste, et arriva à Catane le 
'23 septembre, jour qui était le quarante et unième 
anniversaire de la mort de Beliini. Là, de grandes 
fêtes furent célébrées, et la cérémonie funèbre 
fut entourée d'une pompe et d'un éclat indes- 
criptibles. L'Italie entière fit aux mânes du 
grand artiste un accueil digne d'elle et de lui. 
A cette occasion plusieurs écrits furent encore 
[lubliés, qui doivent être mentionnés ici : 1" Vin- 
cenzo Beliini, scène intime in cinque parti, 
da Nicola Argenti (Rome, Riccomanni, 1876); 
T Parole su Vincenzo Beliini, dette da 
Gaetano Ardizzeni nelpalazzo municipale di 
Catania ildl2^ settembre 1876 (Catane, Ga- 
latola, 1876);'}" Vincenzo Beliini, racconto 
slorico di Carlo Zappalà Scammacca (Catane, 
1876); y Ricordi délie fsste belliniane (Ca- 
tane, 187G). Au moment même où les cendres 
de Beliini arrivaient à Catane, un journal mu- 
sical se fondait en cette ville, sous le titre de 
Beliini (i). 

* BELLIXI (Pio). Au nombre des ballets 
dont cet artiste a écrit la musique pour le théâtre 
de la Scala, de Milan, il faut citer la Duchessa 
di Mazarino {I8'i~), et le Villanelle di Cham- 
bèrtj (26 décembre 1846). 

BELLllM (GiiNTi). Cet artiste a fait repré- 
senter les ouvrages suivants : i" Le 15 Août en 
Algérie, cantate, IFolies Sainl-Germain, 15 août 
1865; 2° les Chevrons de Jeanne, opérette en 
un acte, Folies-Marigny; 2 octobre 1865; 3" Gla- 
ces et Coco, opérette en un acte, théâtre Saint- 
Germain, 5 octobre 1865; 4" Raphaél, grand 
opéra en cinq actes. Athénée, 28 mai 1873. Tout 
cela était de la musique d'orgue de Barbaiie, et 
le « grand opéra » intitulé Raphaël a obtenu 
l'un des succès de fou-rire les plus complets que 



(i) Sous ce lltrfi : Un dernier hommage à Beliini, J'ai 
publié dans le journal le Meneslrel (!«' 8 et 15 octobre 
1876) un compte-rendu itrè-i-complet et détaillé de la 
cérémonie de l'exhumation des cendres de Beliini, de 
leur transport en Italie et de leur arrivée à Catane. 



BELLINl — BENDER 



67 



les annales du théâtre aient jamais eu à enre- 
gistrer. 

6ELLISI (FiLii'PO-C.vRLo), violoniste dis- 
tingué et compositeur, né à Bologne vers le mi- 
lieu du dix-septième siècle, a publié un certain 
nombre de compositions consistant en ballets, 
courantes, gigues, etc., à trois instruments. En 
1685, il fut reçu à l'Académie des philharmoni- 
ques de sa ville natale. 

* BKLLOLI (Loiis). Cet artiste était attaché 
en qualitéde premier cor à l'orchestre du Ihéàlre 
de la Scala, de Milan. 

* BELLOLI (Augustin), qui était peut-être 
le frère, ou le fils du précédent, remplit, après 
lui, l'emploi de premier cor au théâtre de la 
Scala (1819-1829). A la liste des ballets dont il 
écrivit la musique pour ce théâtre, il faut ajouter 
les suivants : 1" Maometto , 11 juin 1822; 
2° Gabriella di Vergy ( en société avec P. Ro- 
mani), 24 août 1822 ; 3" Adelasia di Guesclino 
(et non Adélaïde di Guesclino), 1 juin 1823 ; 
4" / Baccanali aboliti, 23 août 1823; 5" la Ve- 
dova spiritosa, 1823. 

BELLOUR (Ferdinand). Un écrivain de ce 
■nom a publié une brochure ainsi intitulée : 
Explication des applications du gammomètre 
universel transpo'siteur, ou la Science de 
l'art musical expliquée et appliquée par 
tout le inonde (Paris, 1865, in-4" de 23 pp., 
avec facsimile d'une lettre de Rossini adressée 
à l'auteur). 

* BELOSËLSKY (le prince Alexandre). 
Une confusion s'est produite dans la notice con- 
sacrée à cet écrivain par l'auteur de la Biogra- 
phie universelle des Musiciens. Loin d'injurier 
Gluck, le prince Beloselsky fait au contraire en 
assez bon termes, dans sa brochure : De la Mu- 
sique en Italie, l'éloge du grand com|)ositeur, 
tout en ne lui consacrant que vingt-cinq lignes. 
Ce n'est point dans l'écrit du prince russe que se 
trouve le jugement textuellement rapporté par 
Fétis, et voici l'expiicalion de ce malentendu 
singulier. 

Marmontel, on le sait, fit dans le Mercure de 
Jî'rance de juillet 1778 une analyse delà brochure 
de Beloselsky, et il en profita pour dire que le 
P. Martini n'était pas aussi enthousiaste de Gluck 
que les partisans de celui-ci voulaient le faire 
croire. Suard répondit à Marmontel dans le 
Mercure d'août, et s'exprima ainsi, après avoir 
cité les passages de Martini ayant trait à Gluck : 
« Il n'y a certainement point d'excès dans ces 
éloges; mais encore ne sont-ils pas si éloignés 
de l'enthousiasme des admirateurs de M. Gluck, 
que du mépris impitoyable avec lequel il a été 
raité par ses détracteurs. Le Père Martini est 



bien loin de penser que ce soit un barbare qui 
eût fallu renvoyer dans les forêts de la Germa- 
nie ; que ceux qui l'applaudissent sont des bar- 
bares ; qu'il a reculé l'art d'un siècle; qu'il n'a ni 
chant, ni mélodie, etc., etc. » On le voit, les pa- 
roles injurieuses attribuées à tort à Beloselsky ne 
sont nullement de lui, et appartiennent au con- 
traire à un défenseur de Gluck, qui les prête au 
figuré aux détracteurs du maître. Marmontel 
répondit à Suard dans le Mercure du 5 septem- 
bre 1778, et ce dernier répliqua une seconde fois 
et assez longuement dans le numéro du 5 octobre 
suivant du même journal. {Voyez Gluck.) 

Er. t. 
BENDAZZl (LuiGiA), chanteuse fort dis- 
tinguée, qui s'est fait en Italie une réputation 
solide et rapide, est née à Ravenne en 1833. 
Après avoir travaillé avec M. Piacenti à Milan, 
puisa Bologne avec M. Dallara, elle débuta en 
1850 au théâtre San-Benedetto, de Venise; ses 
qualités de style, son sentiment pathétique, et 
en même temps la nature de sa voix, remarqua- 
ble par un rare velouté et par une puissance 
étonnante, lui valurent aussitôt de très-grands 
succès, qui se reproduisirent dans les diverses 
villes où elle se fit entendre par la suite : Ro- 
vigo, Trieste, Naples, Florence, Parme, Vienne, 
Rome, Bergame, Gênes, Bologne , etc. Pendant 
plusieurs années, cette cantatrice fut l'idole du 
public, qui l'accueillait toujours avec enthou- 
siasme. Elle a épousé un musicien piémontais, 
M. Benedelto Secchi. 

* BENDEL (Charles), compositeur, est né à 
Prague le 16avrill838. Il a composé des messes, 
des chœurs, et environ 200 mélodies pour voix 
seule, qui sont populaires par toute la Bohême. 
Il a également abordé le théâtre, et l'on connaît de 
lui un opéra romantique, Lejlo, représenté avec 
grand succès sur le théâtre national de Prague, 
le 4 janvier 1868. Un autre drame musical de sa 
composition porte le titre de Bretislav. Y. 

BEXDEL (François), pianiste et composi- 
teur, est né en Bohême le 3 mars 1833. C'est un 
des virtuoses les plus remarquables de notre 
époque. Il a écrit une messe, et une foule de 
compositions pour son instrument. Il est actuel- 
lement fixé à Berlin. Y. 

* BEIVDEK (Jean-Valentin), inspecteur des 
musiques de l'armée belge, directeur de la mu- 
sique de la maison militaire du roi et de celle du 
régiment des guides, est mort à Bruxelles le 
14 avril 1873. Il était né à Bechtheim (Hesse- 
Darmstadt) non en 1800, mais le 19 septembre 
1801, et avait été naturalisé Belge en 1842. — 
Un neveu de cet artiste, Adam Bender, fils de 
Jacques Bender, est mort au mois de septembre 



68 



BENDER — BÉNÉDJT 



1873, à Hasselt ; c'était, ainsi que son père et son 
oncle, un clarinettiste distingué, et il avait dirigé 
pendant quelque temps l'orchestre du casino des 
Galeries-Saint-Hubert de Bruxelles, ainsi que la 
société ï Harmonie royale de Vilvorde; il était 
en dernier lieu chef de musique du 11» régi- 
ment des grenadiers. — Un frère de celui-ci , 
M. Constantin Bcnder, est chef de musique du 
régiment des grenadiers. 

BEI\DIX (Charles), compositeur, est né à 
Stockholm en 1818. On connaît de lui un opéra, 
la Fée du Rhin, qui a brillamment réussi sur 
les scènes suédoises. Y. 

BEIXEDETTI (Giovanin-i-Fr.\ncesco), com- 
positeur de musique religieuse, né à Lucques , 
fut maître de musique au service de la cour de 
Mantoue , et publia à Venise, un recueil de 
psaumes à quatre voix concertantes, avec accom- 
pagnement de violons. On connaît aussi de lui 
une messe concertée à quatre voix avec instru- 
ments. Cet artiste est mort vers le milieu du 
dix-huitième siècle. 

* BÉNÉDICT (JiLEs). Le temps n'a fait 
que consolider et rendre plus brillante la situation 
presque exceptionnelle que cet artiste fort dis- 
tingué a su se créer à Londres. En 1859, il était 
tout à la fois chef d'orchestre du théâtre italien 
de Covent-Garden , chef-directeur de la Vocal 
Association, et directeur des Concerts populaires 
du lundi {Monday popular Concerts), en même 
temps qu'il était chargé de la direction des fa- 
meux festivals de Norwich , si célèbres en Angle- 
terre. En 1865, une souscription fut ouverte pour 
offrir à M. Bénédict un magnifique testimonial 
à l'occasion de la trentième année de son séjour en 
Angleterre. Les œuvres suivantes doivent être 
ajoutées à la liste des compositions importantes 
de cet artiste : 1° Undine, légende lyrique, 
exécutée au festival triennal de Norwich , en 
septembre 1860; — 2" Le Lac de Glenaston, 
opéra représenté avec grand succès au théâtre 
de Covent-Garden, en février 1862; —3° The 
Lilly of Killerney (Le lys deKillerney), opéra 
joué vers la même époque à l'Opéra anglais, et 
qui n'obtint pas moins de soixante représenta- 
tions; joué ensuite en Allemagne sous le titre de 
la Rose d'Erin, cet ouvrage, traduit en fran- 
çais par MM. D'Enneryet Hector Crémieux, de- 
vait être représenté à Paris, au Théâtre-Lyrique, 
en 1865, avec M™' Carvalho comme principale 
interprète ; — 4° The Bride of Song, opéra en 
un acte, joué au théâtre de Covent-Gar den le 
3 décembre 1864 ; — 5" Richard Cœur-de-Lion, 
oantale exécutée avec un énorme succès au fes- 
tival triennal de Norwich, en septembre 1863 ; — 
6» Sainte-Cécile, cantate exécutée au festival 



triennal de Norwich, en novembre 1866 (chantée 
à l'Opéra de Paris, quelques années plus tard, 
par M"^ Christine Niisson); — 7" Saint-Peter, 
oratorio , exécuté au festival triennal de Nor- 
wich, en 1872; — 8"Symphnoie en sol mineur, 
exécutée au même festival ; 9° Cantate pour les 
fêtes du retour du prince de Galles de son 
voyage aux Indes, Porismouth, 11 mai 1876; 
— 10" concerto de piano (nouveau), avec ac- 
compagnement d'orchestre, exécuté par l'auteur 
en 1863; — 11" Sonate pour piano et violon, op. 
88. M. Bénédict a écrit des récitatifs pour la 
version italienne de VOberon de AYeber, qu'il fit 
exécuter au théâtredeDrury-Lane en 1859 ou 1860, 
BÉIVÉDIT (Pierre-Gustave), né à Marseille 
le 7 avril 1802, apprit la musique à la maîtrise 
des Pénitents-bleus de cette ville. Ayant perdu 
de bonne heure son père , capitaine au long 
cours, il tenta d'abord la carrière commerciale. 
Il y renonça vers l'âge de vingt ans, et se rendit 
à Paris, où il entra au Conservatoire pour com- 
pléter son éducation musicale. Il en sortit en 
1827, avec le premier prix de déclamation lyrique 
et un accessit de vocalisation. Il ht aussitôt après 
son début réglementaire à l'Odéon dans le rôle 
de « Figaro » du Barbier, en même temps que 
Duprez qui jouait « .\linaviva ». Acteur lourd et 
sans verve, il eut le bon esprit de sentir lui- 
même ses défauts, et renonça au théâtre. De 
retour dans sa ville natale, il se mêla activement au 
mouvement politique et littéraire qui se produi- 
sit vers la fin de la Restauration. Il fut journaliste 
militant, et écrivit des satires politiques en vers 
français. Quelque temps employé à la préfecture 
des Bouches-du-Rhône, en 1830, il devint bientôt 
définitivementprofesseurde chant et critique dra- 
matique musical. 11 prit une part suivie comme 
chanteur soliste aux concerts Thubaneau, qui 
exerçaient une grande influence sur le mouve- 
ment musical à Marseille. Nommé professeur de 
chant. et de déclamation au Conservatoire de 
cette ville, il conserva ces fonctions jusqu'à sa 
mort, et forma de nombreux élèves , qui ont 
marqué dans la carrière dramatique : la liste en 
serait trop longue pour quelle puisse être rappor- 
tée ici. Enfin , comme critique musical , il rédigea 
également jusqu'à sa mort le feuilleton musical 
du journal le» Sémaphore », dans lequel il avait 
acquis une réelle autorité. Plusieurs de ses ar- 
ticles, écrits avec sagacité sur la question du 
diapason, ont été réunis et publiés en brochure 
sous le titre : le Diapason nortnal (Marseille, 
impr. Barlatier, 1860, in- 18). Il mourut le 8 dé- 
cembre 1870, laissant d'unanimes regrets, que 
lui valaient la bonté de son cœur et la loyauté 
de son caractère. 



BÉNÉDIT — BENOIST 



69 



Les véritables titres de Bénédit à la notoriété 
sont ses poèmes en patois provençal : il a laissé 
dans ce genre de petits chefs-d'œuvre, notam- 
ment le Chichois, peinture spirituelle et exacte 
des mœurs populaires provençales. En français, 
Bénédit perdait une bonne part de sa verve et de 
son esprit : ses feuilletons sont écrits lourde- 
ment et non sans une certaine alTectation pé- 
dantesque. Il était en outre assez ignorant de 
tout ce qui en musique sortait du domaine pu- 
rement dramatique. Son jugement n'était pas 
éclairé par des connaissances techniques suffi- 
santes : il connaissait mal la'musique de cham- 
bre et les chefs-d'œuvre symphoniques. Mais il 
jugeait très- sainement les choses du théâtre 
dont il avait l'expérience. Comme professeur il 
a rendu de longs et réels services. — Al. R — d. 

BEIMTO (CosjieDE), violoncelliste espagnol 
contemporain, a publié chez l'éditeur Romeo y 
Andia, à Madrid , une Nouvelle Méthode élé- 
mentaire de violoncelle. 

* BENiXETT (William STEKADALE). 
Cet artiste remarquable est mort à Londres le l" 
février 1875, à l'âge de cinquante-neuf ans. Il s'était 
fait une grande situation en Angleterre, et ce qui le 
prouve, c'est que c'est lui qui fut choisi pour mettre 
en musique l'ode de M. Tennyson destinée à être 
exécutée lors de la cérémonie de l'inauguration 
de l'Exposition universelle de Londres en 1802, 
inauguration pour laquelle trois compositions 
instrumentales avaient été demandées à Meyer- 
beer, à Auber et à M. Verdi. M. Bennett était 
donc considéré, en cette circonstance, comme le 
champion de l'école musicale anglaise, les écoles 
allemande, française et italienne étant repré- 
sentées par les trois compositeurs qui viennent 
d'être nommés. Bennett, qui était à cette époque 
principal (directeur) de la Rotjal Acadenvj of 
music, chef d'orchestre de la Philharmonie- 
Society etde \a Bach-Society, se vitconférer dans 
la grande salle du sénat de l'Université de Cam- 
bridge, le 31 octobre 1867, le grade de Mastcr 
of Arts. Il était professeur de musique à cette 
Université depuis 1856. En 1871, la reine d'An- 
gleterre l'avait créé baronnet, en même temps que 
deux autres musiciens, M. Julius Benedict et le 
docteur Elvey. 

La ville de Londres fit à Bennett des funérailles 
splendides, et son corps fut déposé dans l'abbaye 
de Westminster, ce panthéon des hommes illus- 
tres de l'Angleterre. Au mois de décembre 1875, 
son buste, œuvre du sculpteur Malampré, fut 
inauguré dans la belle salle de concert de Shef- 
field, et sur le piédestal fut placée l'inscription 
suivante -. « Sir William Sterndale Bennett, 
docteur en musique, professeur de musique à 



l'Université de Cambridge, et principal de 
V Académie royale de musique, né à Sheffield 
le 13 avril 1816, mort le f*^ février 1875, 
inhumé à l'abbaye de Westminster. » 

Parmi les œuvres de Bennett, il faut signaler, 
outre celles qui ont été mentionnées dans la Bio- 
graphie universelle des Musiciens : 1° Sym- 
phonie en mi mineur; 2° Symphonie en sol mi- 
neur, considérée comme son chef-d'œuvre : 3° la 
Femme de Samarie, oratorio exécuté en 1867 
au festival de Birmingham-, 4° Ouverture du Pa- 
radis et la Péri ; 5° Ouverture, chœurs et mar- 
che funèbre à'Ajax; 6° de nombreuses mélodies 
vocales, entre autres les suivantes : Musing on 
the roaring océan, May dew, Forget me not. 
Ta Chloe, the Past, Gentle zéphyr, formant le 
recueil op. 23; Indian love, Winter's gone, 
Dawn, gentle Jlower, Castle gorden. As lone- 
some through the ivoods, Sing, maiden, sing 
formant le recueil op. 35 ; Maiden mine, Sun- 
set, Dancing lightly, Staymy, charmer, for- 
mant le recueil posthume op. 47. 

BEMXEWITZ (WiLHELM), compositeur al- 
lemand contemporain, a fait représenter sur le 
tliéâtre de Chemnitz, le 24 mars 1876, un opéra 
intitulé Die Rose von Woodstock. 

* BENOIST (François), professeur d'orgue 
au Conservatoire de Paris, est né à Nantes le 
10 septembre 1794 (et non 1795, comme il a été 
dit par erreur). C'est le 1" avril 1819 qu'il fut 
nommé professeur de la classe d'orgue au Conser- 
vatoire, classe qui n'existait pas et qui fut créée 
pour lui. Il a pris sa retraite au mois de février 
ou de mars 1872, après cinquante-trois années 
d'exercice, seul exemple d'une aussi longue car- 
rière dans cet établissement. Ses principaux élè- 
ves ont été, pendantce long professorat, Adolphe 
Adam, Fessy, Lefébure-Wély, Alexis de Ga- 
raudé, Vauthrot, Chauvet, MM. Edouard Batiste, 
Renaud de Vilbac, Alkan aîné, Bazin, Edmond 
Hocmelle, Duvernoy, Bazille, César et Joseph 
Franck, Georges Bizet, Charles Colin , Deslan- 
dres, Salomé, Théodore Dubois, Paladilhe, 
Henri Fissot, Lavignac. 

Le répertoire dramatique de M. Benoist, d'ail- 
leurs peu nombreux, se compose des ouvrages 
suivants : 1" Léonore et Félix, un acte, Opéra- 
Comique, 1821 ; 2° la Gipsy, ballet en trois actes, 
en société avec Marliani et M. Ambroise Tho- 
mas, Opéra, 1839; 3" le Diable amoureux, 
ballet, en société avec M. Henri Reber, Opéra, 
1840; 4" l'Apparition, opéra en 2 actes. Opéra, 
1848; 5" Nisida. ou les Amazones des Açores, 
ballet en deux actes. Opéra, 1848; 6" Pâquerette, 
ballet. Opéra, 1851. Eu dehors de ses travaux de 
compositeur et de professeur, M. Benoist a su 



70 



BENOIST — BENOIT 



trouver le temps de se mêler aussi à la littéra- 
ture musicale , ce qu'aucun biographe n'a re- 
marqué jusqu'ici. Il a collaboré pendant assez 
longtemps à la Gazelle musicale, et j'ai noté, 
dans le Dictionnaire de la Conversation et 
de la Lecture, les mots suivants, qui sont signés 
de lui : Consonnance, Da Capo, Déchiffrer, 
Decrescendo, Délia ilia/'ia (biographie), Des- 
sus, Détonner, Diatonique, Dissonance, 
Do, Doigter, Enharmonique. Cet artiste ho- 
norable et distingué est chevalier de la Légion 
d'honneur depuis le 18 novembre 1851. Il a été, 
pendant plusieurs années, chef des chœurs à 
l'Opéra. 

* BEIXOIT (Pierre-Lkoard-Léopold), com- 
positeur, directeur de l'école flamande de inusi 
que d'Anvers (1). Cet artiste très-actii et très-bien 
doué s'est fait en Belgique une situation parti- 
culière et considérable, grâce à son talent d'a- 
bord , talent sérieux et inconteslable , ensuite 
grâce à l'habileté qu'il a mise à se placer à la 
tête du parti musical flamand, parti que ses ten- 
dances portent du côté de l'Allemagne et qui 
considère l'art français avec une sorte de com- 
misération dédaigneuse. Ce n'est pas ici le lieu 
d'établir une discussion de principes à ce sujet. 
En rendant l'hommage le plus complet aux 
grandes et nobles traditions de l'Allemagne mu- 
sicale, en constatant les immenses services que 
ce pays a rendus à l'art, nous ne serons pas 
sans doute taxé d'outrecuidance en affirmant 
que la France n'a pas été tout à fait étrangère à 
la grande évolution qui s'est produite dans la 
musique depuis un siècle, évolution que les 
artistes étrangers sont venus opérer chez nous, 
sachant que notre public était plus prêt que le 
leur à les écouter, à les comprendre et à les 
admirer. Nous croyons donc pouvoir dire que la 
France n'a jamais été en arrière du progrès mu- 
sical, qu'elle l'a, au contraire, plus accéléré 
peut-être que les autres pays, en acceptant d'être 
le champ-clos oii les étrangers viendraient se 
mesurer entre eux et produire leurs plus grands 
chefs-d'œuvre. 

Ceci dit, il nous sera permis de trouver étran- 
ges les idées et les prétentions d'une certaine 
école belge à vouloir fonder un art prétendu 
flamand, dont l'existence nous paraît impos- 
sible et chimérique. Cette école, en effet, n in- 
nove rien au point de vue purement musical; 
son génie l'éloignant de l'esprit français, elle 



(1) Le nom du pa;s natal de M. Benoit a été défiguré à 
l'impression dans le !«'' volume de la Biographie iiiii- 
verselle des Musiciens. C'est à Ilarlebeke qu'est né cet 
artiste. 



cherche à se rapprocher le plus possible de l'es- 
prit allemand. Ceci est affaire de tempérament, 
et de telles tendances sont absolument indiscu- 
tables. Quelle est donc la théorie de l'école néo- 
flamande, et quel moyen entend-elle employer 
pour devenir un art national, un art suigeneris, 
un art flamand en un mot ? Ce moyen est bien 
simple, et consiste uniquement à écrire de la 
musique sur des paroles flamandes ! Voilà, 
en vérité, une jolie découverte, et l'on peut se 
demander si les qualités purement musicales de 
l'art belge seront transformées coiume par en- 
chantement parce que certains musiciens abju- 
reront la langue française pour composer sur un 
idiome différent. 

A supposer que les tendances de l'école dont 
M. Benoit est aujourd'hui le chef le plus accré- 
dité viennent à prévaloir, qu'arrivera-t-il en 
Belgique en ce qui concerne la musique drama- 
tique, c'est-à-dire celle qui ne peut se passer du 
secours d'un texte écrit? Il arrivera que les 
compositeurs, travaillant pour un public extrê- 
mement restreint et dont la langue n'est com- 
piise nulle part, travailleront en jiurc perte , ne 
laisseront à leurs œuvres la possibilité d'aucune 
e\i)ansion, et les condamneront à un éternel 
oubli. Est-ce là ce qu'ils veulent? Ce n'est pas 
supposabie. SiGrétry, siGossec,siGrisar avaient 
voulu s'astreindre à n'écrire (lue sur des paroles 
flamandes, ils ne seraient point devenus célè- 
bres, et depuis longtemps leurs œuvres seraient 
tombées dans l'oubli; pour mieux dire même, la 
plupart de ces œuvres n'existeraient pas. Il faut 
bien que les artistes belges se rendent exacte- 
ment compte qu'ils ne peuvent rien par eux- 
mêmes, c'est-à-dire par leur i)ays, dont le peu 
d'étendue les condamne à une notoriété toute 
locale et sans rayonnement possible; si, au point 
de vue musical, ils veulent la gloire, la renom- 
mée, la foi tune, il faut, de toute nécessité, qu'ils 
les aillent chercher à l'étranger, comme plusieurs 
l'ont déjà fait, car, encore un coup, leur pays est 
inhabile à les leur procurer. Pour ce qui est de 
la musique dramatique, ils n'ont que deux 
partis à prendre , selon que leur tempérament les 
porte de l'un ou de l'autre côté : faire des opé- 
ras allemands , ou faire des opéras français. 
Quant à l'opéra flamand , à l'opéra prétendu na- 
tional , c'est une pure utopie. 

Ces réflexions n'étaient pas inutiles du moment 
qu'il s'agissait de faire connaître l'œuvre et la 
carrière de M. Benoit, le champion le plus 
décidé de l'art flamand et l'un des musiciens les 
plus remarquables delà Belgique contemporaine. 
Or, si M. Benoit, malgré sa grande valeur, n'est 
pas parvenu à faire percer son nom au-delà des 



BENOIT 



71 



frontières de son pays, s'il est resté inconnu du 
public allemand comme du public français (je 
dis : du public, parce que si la critique instruite 
et éclairée connaît l'artiste, la masse ignore jusqu'à 
son nom), c'est que M. Benoit a voulu précisé- 
ment se confiner dans l'art flamand , qui ne pou- 
vait le mener à rien. Si M. Gevaert avait fait 
comme lui, il n'occuperait pas aujourd'hui , en 
dépit de ses grandes facultés, la haute position 
qu'il a conquise. 

Et cependant l'activité de M. Benoit ne s'est 
jamais démentie, et son talent, quelques réserves 
qu'on ait pu faire au sujet de telle ou telle œuvre, 
n'a jamais été contesté. Après de grands succès 
d'école, il fit un voyage en Allemagne, d'où il 
envoya à l'Académie royale de Belgique un écrit 
intitulé : De l'École de musique flamande et de 
son avenir, et une Petite cantate de Noël, que 
Daussoigne-Méliul , dans son rapport à ce sujet, 
qualifiait de » composition remarquable à plus 
d'un titre». A son retour en Belgique, il fit exé- 
cuter, à Bruxelles et à Gand , une messe solen- 
nelle, « grande composition, disait à son tour 
Fétis, digne de fixer l'attention sous les deux 
points de vue qui embrassent toute la valeur 
d'une œuvre d'art, à savoir, la pensée et sa réa- 
lisation ». C'est encore Fétis qui disait : « Ce qui 
frappe au premier abord dans la musique du 
jeune compositeur, c'est l'accord du style avec 
l'objet religieux de l'œuvre. Ce style est grave. 
Mais ce n'est pas dire que ce soit celui de la 
musique d'église des maîtres qui ont écrit dans 
la seconde moitié du dix-huilième siècle ni dans 
la première moitié du dix-iieu\ième, car le jeune 
artiste marche dans une voie qui est la sienne , 
et n'accepte pas l'autorité de la tradition. » 

C'est après ce premier succès obtenu dans son 
pays que M. Benoit vint à Paris (18G1) avec 
l'espoir d'y faire jouer un opéra en trois actes , 
le Roi des Aulnes, qui, dit-on , fut reçu au 
Théâtre-Lyrique , mais ne fut jamais représenté. 
En attendant la mise à la scène de cet ouvrage, 
il accepta — qui le croirait aujourd'hui ! — la 
place de chef d'orchestre aux Bouffes-Parisiens 
(avril 18'J2), et remplit pendant quelque temps 
ces fonctions, dont le seul souvenir doit lui être 
singulièrement amer! Mais bientôt il retourna 
à Bruxelles, et reprit ses travaux de composition 
avec une activité qui depuis lors ne s'est ja- 
mais ralentie. C'est de cette époque que da- 
tent ses tendances ultra-flamandes, et ce sont 
ces tendances qui le firent choisir, en 1867, pour 
occuper le poste de directeur de l'école flamande 
de musique d'Anvers, qu'il a conservé jusqu'à 
ce jour. 

La liste des œuvres de M. Benoit est très- 



fournie, et la fécondité du musicien est d'autant 
plus remarquable que ces œuvres sont, pour la 
plupart, fort importantes. En voici la nomencla- 
ture, que je crois bien près d'être complète (1) : 
1" Petite cantate de Noël, 1860; — 2" Messe so- 
lennelle, exécutée à Bruxelles et à Gand, 1862 ; 

— 3" Te Deum, 1863 ; — 4° Messe de Requiem. 
1863; — 5" Quadriloyie, exécutée à Anvers au 
mois d'avril 1861; cette œuvre, divisée en 
quatre parties, n'était que la réunion des quatre 
compositions précédentes , formant une sorte de 
vaste oratorio; elle obtint un grand succès ; — 
6" Concerto de piano, avec accompagnement 
d'orchestre, exécuté à Bruxelles eu 1866; — 
7" Concerto de flûte, avec orchestre, exécuté à 
Bruxelles en 1866; — 8" Lucifer, oratorio fla- 
mand, Bruxelles, 30 septembre 1866; — 9" Isa, 
opéra flamand en trois actes, Bruxelles, théâtre 
flamand, 24 février 1867 ; — 10" l'Escaut, ora- 
torio flamand, 1869; — 11" Cantate, 1869; — 
12" l'Église militante, souffrante et triom- 
phante, drame religieux pour soli et chœurs 
avec orgue, violoncelles, contre-basses, trom- 
pettes et trombones, exécuté à Anvers en 1871 ; 
cet ouvrage a dorme lieu à une brochure pseu- 
donyme de M. Goovaerts ( Voyez- ce nom), publiée 
sous ce titre : Une nouvelle œuvre de Pierre 
Benoit analysée par Pierre Phalèse (Anvers, 
Sermon, 1871, in-8" de 19 pp.), et qui a paru aussi 
en flamand. — 13" De Oorlog {la Guerre), sorte 
de grand oratorio-cantate, exécuté à Anvers le 
16 août 1873 , et peu de temps après à Bruxelles ; 

— 14" ;« Colonne du Congrès, cantate, Bruxel- 
les; — 15" Cantate en trois parties, Liège ; — 
16" P/'o?«(^^^ée, oratorio, Gand; — 17° Hymne 
à l'Harmonie, Anvers ; — 18° Chant de la Lys, 
cantate exécutée dans une représentation de gala 
donnée à Courtrai en présence du roi (1875); — 
19° Les Faucheurs, symphonie chorale; — 20° 
Musique pour Charlotte Corday, drame his- 
torique en S tableaux, de M. Ernest 'Van der 
Yen, représenté au théâtre flamand d'Anvers 
le 18 mars 1876. 

La plupart des ouvrages qui viennent d'être 
mentionnés se distinguent par une grande puis- 
sance de conception, de réelles qualités d'inspi- 
ration, une science rare de l'orchestre et de 
l'emploi des grandes masses. Il est certain que le 
talent de M. Benoit fait honneur au pays qui l'a 
vu naître, mais il n'est pas moins certain que , 
par suite de la singularité que je signalais au 
commencement de cette notice, ce talent se con- 
fine volontairement dans un milieu trop étroit et 



(I) En y ajoutant celles qui sont déjà citées dans la 
Biographie universelle des Musiciens. 



72 



BENOIT — BÉRARD 



se condamne à l'obscuiité de propos délibéré. 
Les convictions flamandes de M. Benoit sont 
telles, du reste, qu'il a abjuré le prénom de 
Pierre, sous lequel il avait toujours été connu, et 
que depuis quelques années il est devenu M. Pe- 
ter Benoit. 

Aux œuvres dont on vient de lire les titres, il 
faut ajouter deux opéras français inédits, le Bol 
des Aulnes, dont l'auteur a fait exécuter parfois 
l'ouverture, et l'Amour mendiant; puis des 
ballades, des lieder et un certain nombre de 
chœurs sans accompagnement, un recueil de 
20 motets avec accompagnement d'orgue 
(Bruxelles, Scliott), etc. M. Benoit s'est produit 
aussi comme écrivain spécial, et a fourni des ar- 
ticles à divers journaux et recueils publiés à 
Bruxelles : le Messager des arts ( revue fla- 
mande), le Guide musical et VArt universel. 
M. Benoit est officier de l'ordre de Léopold. 

BEIVSA ( ), jeune compositeur italien, a 

ait représenter sur le théâtre de la Pergola, de 
Florence, au mois d'avril 1872, un opéra inlitulé 
Asiolfo Cavalcanti, qui n'a obtenu qu'un mé- 

ocre succès. 

BEi\TAYOUX (Frédéric), compositeur, 
est né à Bordeaux le 14 juin 1840. Admis au 
Conservatoire de Paiis au mois de décembre 
1853, dans la classe de piano de M. Marmontel, 
puis dans celle de M. Emile Durand pour le sol- 
fège, il obtint un premier accessit de solfège en 
1855, le second prix en 1856, un troisième 
accessit de piano en 1857, et un second accessit 
en 1S59. Devenu élève de M. Colin , puis de 
M. Bazin, pour l'Iiarmonie et l'accompagnement, 
il entra ensuite dans la classe décomposition de 
Carafa. A peine sorti du Conservatoire, M. Ben- 
t;iyou\ (qui écrit son nom Ben-Tayoux, sans 
doute pour lui donner quelque étrangeté) se li- 
vra à la composition, et écrivit une foule de 
morceaux de piano d'une valeur médiocre, ainsi 
que de nombreuses romances et chansons que 
volontiers il faisait entendre lui-même en public. 
Cet artiste a fait représenter les trois opérettes 
suivantes, toutes trois en un acte : i° Patchou-ly, 
Folies-Bergère, 1875; 2" le Dompteur de Bou- 
glval, Folies-Marigny, 1875 ; 3" Bobine, Folies- 
Bergère, 1876. 

BEiXVENUTI (ToMJiASo), compositeur ita- 
lien, né vers 1832, a fait représenter en 1856, 
au théâtre social de IVIantoue, un drame lyrique 
en quatre actes intitulé Valenzia Candiano, 
C'était, je crois, son début au théâtre. A cet ou- 
vrage succédait un second opéra sérieux, Sha- 
kespeare, que le jeune musicien produisait au 
théâtre de Parme en 1861, et quelques années 
après M. Benvenuti écrivait son troisième opéra. 



la Stella di Toledo, dont le livret avait été tiré 
par M. Ghislanzoni du Don Juan d'Autriche de 
Casimir Delavigne, car on sait que les librettistes 
italiens puisent rarement leurs sujets dans leur 
propre fond et mettent incessamment notre 
théâtre à contribution. La Stella di Toledo de- 
vait être représentée à la Scala, de Milan, mais 
le jeune compositeur se vit en butte à toutes 
sortes d'ennuis ; l'administration de la Scala 
préférant à son ouvrage, on ne sait pourquoi, une 
œuvre posthume de notre compatriote Chelard , 
le Aquile romane, qui du reste n'eut aucun 
succès, l'obligea à se rabattre sur une scène de 
second ordre, celle de la Canobbiana, dont la 
troupe, déplorablement faible à ce moment, n'of- 
frait aucun élément suffissaut d''exécution. C'est 
cependant dans ces conditions très-fâcheuses, 
avec des interprètes impossibles , avec une mise 
en scène ridicule et sordide, que M. Benvenuti 
se vit forcé, en 1864, d'affronter le jugement du 
public. 11 n'eut pas à s'en repentir; en dépit de 
tout, comme sa partition, malgré des défauts de 
forme et un manque évident d'expérience, con- 
tenait .de fort beaux morceaux, et que le compo- 
siteur y avait fait preuve de jeunesse, de vail- 
lance et d'inspiration , le succès fut très-grand 
et retentit bientôt au delà de Milan même. Pour- 
tant, malgré ce succès très-sincère, M. Benve- 
nuti n'a pas reparu depuis lors à la scène, et n'a 
plus fait parler de lui. 

BExXZ (JEAx-BAi'TiSTE),"compositeur de mu- 
sique religieuse , est né à Lauehheim, dans le 
Wurtemberg, le 17 juin 1807. Outre plusieurs 
mcssesj motets, etc., il a publié une Harmonia 
sacra qui renferme les principaux chorals du 
culte catholique, avec accompagnement d'orgue. 

Y. 

BEAZAîV (Siegfried), musicien danois, est 
né dans le Schleswig septentrional en 1793. Il a 
composé des", duos, des quatuors , des sonates, 
des variations , et une foule de petites pièces de 
différents genres. En- 1823 il est parti pour l'A- 
mérique, et depuis lors on a perdu sa trace. 

Y. 

* BÉRARD (Jean- Baptiste), ténor de l'O- 
péra d'abord en 1733, puis de 1736 à 1745, n'é- 
tait pas seulement chanteur, mais était aussi 
virtuose distingué sur le violoncelle, sur la gui- 
tare et sur la harpe, et faisait grand plaisir 
quand il chantait en s'accompagnant lui-même. 
Il composait aussi, et a publié plusieurs livres 
de brunettes avec accompagnement de harpe 
et guitare. Son fils unique devint en 1762 pre- 
mier violoncelle à la Comédie-Italienne , et occu- 
pait encore cet emploi en 1785; il avait épousé 
une excellente actrice de ce théâtre, M'"' Des- 



BÉRARD — BERETTA 



73 



champs, qui avait appartenu d'abord à l'Opéra- 
Comique, et qui prit sa retraite en 1776. 

BÉRAT (Iïlstache), auteur de ctiansons 
dont quelques-unes sont devenues très-popu- 
laires, était le troisième des sept fils d'un négo- 
ciant de Rouen, oii il naquit le 4 décembre 1791. 
Frère aîné de Frédéric Bérat , il composait, 
comme lui, les paroles et la musique de ses 
chansons. Il étudia le violon dans sa jeunesse, 
puis l'abandonna pour la guitare , sur la- 
quelle il acquit un talent étonnant et bizarre ; 
il écrivit pour cet instrument un certain nombre 
de morceaux qui furent publiés^à Paris, mais il 
employait un doigté si étrange et si diflicile que 
ces morceaux étaient injouables pour d'autres 
que lui. La renommée d'Eustache Bérat comme 
chansonnier a été absorbée par celle de son 
frère, à qui même on a attribué à tort quel- 
ques-unes de ses compositions, entre autres la 
chanson : J'ai perdu mon coutiau , dont le 
succès fut énorme il y a quarante ans. Il pu- 
blia ainsi un assez grand nombre de romances et 
de chansonnettes , dont quelques-unes d'un co- 
mique achevé, et qu'il chantait volontiers lui- 
même, dans le monde, avec une verve prodi- 
gieuse : la Lanterne magique, Tac-Tac, le 
Rieur, la Musette, f Amour ménétrier, les 
Souvenirs d'enfance, Babet, Ma Colette, l'A- 
mour marchand de meubles, etc., etc. J'ai 
connu Eustache Bérat vers 1SG5; il avait quitté 
Rouen depuis une dizaine d'années, et vivait 
paisiblement retiré à Neuilly, près de Paris. Il 
songeait alors à la publication d'un recueil de 
poésies légères , mais ce projet n'a pas eu de 
suites. Je crois que cet excellent homme, qui 
avait conservé de son frère un souvenir attendri, 
est mort dans ces dernières années. Il a été 
l'objet de deux notices biographiques : 1" Eus- 
tache Bérat,' par C. Boissière (S.l. n. d. [Dar- 
nétal, impr. Frucharl], in-8" de 11 pp.); 2° Eus- 
tache Bérat, ou le Moderne Trouvère,é\n\.xQ à 
M. le marquis de R. par le docteur Prosper Yiro 
(Paris, impr. Tbunot, 1861, ia-S" avec portrait). 
Le sculpteur Dantan fit la charge d'Eustache 
Bérat, et son portrait a été gravé par Gelée, an- 
cien prix de Rome , d'après Melotte, peintre 
rouennais. Il est juste de remarquer que, des 
deux frères, c'est Eustache qui se produisit le 
premier comme chansonnier, el que Frédéric, 
qui devait en quelque sorte l'éclipser, ne fit 
pourtant que suivre son aîné dans cette voie. 

* BERAT (Frédéric), naquit le 11 mars 
1801. Une notice biographique a été publiée 
sur cet aimable chansonnier : Frédéric Bérat, 
par C. Boissière (S. 1. n. d. [Dainétal, impr. 
Fruchart, 1857], in-8° de 11 pp.). On en trouve 



une aussi dans la Galerie de la presse, de 
la littérature el des beaux-arts. Un choix 
de ses chansons, fait par lui, a été publié sous 
ce titre; : Chansons, paroles et musique de 
Frédéric Bérat (Paris, Curmer, s. d., in- 8° avec 
portrait et vignettes) ; il serait injuste de ne pas 
reconnaître que dans ces productions légères, 
mais parfois émues , on rencontre de la poésie, 
de la mélancolie et une certaine élégance : le 
Berger normand, Jean le Postillon, le Mar- 
chand de chansons, la Lisette de Béranger, 
Bérénice, Ma Petite Toinette, sont d'heureuses 
inspirations, tant au point, de vue mélodique 
qu'au point de vue poétique. — Après la mort de 
Bérat, le conseil municipal de Rouen lit exécuter 
son buste en marbre et le plaça au musée de la ville. 
* BERE\S(Hermann). Yogez BEHREMS 
(Herm\nn). 

BERETTA (Giovanni-B.\ttista ), théori- 
cien, professeur et musicographe italien , ancien 
directeur du Lycée musical de Bologne, membre 
correspondant de l'Institut royal de musique de 
Florence, naquit à Vérone d'une famille liche, 
étudia la musique en amateur, et s'adonna tout 
d'abord à la critique et à l'histoire de l'art. Ayant 
perdu d'un coup toute sa fortune, il se vit obligé 
de demander à cet art qu'il aimait les ressources 
nécessaires à son existence. Ce fut alors qu'il 
se vit appelé [à la direction du Lycée musical de 
Bologne, où il ne demeura pas longtemps, ces 
fonctions ne lui laissant pas assez de temps 
pour ses études de prédilection. Il préféra vivre 
pauvre à Milan, où on lui confia bientôt la con- 
tinuation d'un grand ouvrage encyclopédique en- 
trepiispar Americo Barberi, et dont la publica- 
tion menaçait d'être interrompue par la mort de 
celui-ci. Cet ouvrage porte le titre suivant : 
Dizionario artistico- scient ifico-stor ico-tecno- 
logico-musicale, con noùoni di estelica, di 
pocsia epica, lirica e drammatica, e di 
quanta collegasi colla musica, incominciato 
suite tracce délie più accreditate opère aii- 
tiche e moderne dal de/unto professore Ame- 
rico Barberi, e'conlinuato, dalla pagina 177 
inpoi, dal Giovanni Battista Bcretta, con- 
sidtando {specialmente per la compilazione 
degli articoli sugli strumenii musicali anti- 
chi, sulla tragedia, sulla co)nmedia, sul ballo 
slorico, suite danze, sulla mimica, sulle mas- 
chere e suite feste popolari) opère diligente- 
mente citate in apposite schede dal signor 
Carlo Molossi (Milano, Giacomo Pirola, in-8"). 
Ce dictionnaire très-considérable, dont la moitié 
à peine a été publiée, devait former au moins 
trois volumes de 1000 pages cliacun. Malheu- 
reusement Beretta lui-même est mort le 28 avril 



74 



BERETTA — BÉRIOT 



1876, en le laissant à son tour inachevé, la pu- 
blication n'étant parvenue qu'à la lettre G. 

Cet artiste s'est fait connaître comme compo- 
siteur par quelques messes et divers fragments 
de musique religieuGe. Il a laissé plusieurs tra- 
vaux inédits, entre autres un grand traité d'ins- 
trumentation. 

■■• BEBETTl ( ). Un compositeur de ce 

nom a mis en musique et fait exécuter, dans la 
première moitié du dix-liuitièrne siècle, lora- 
torio de Métastase intitulé Gioas. 

BERGAKCiMI (Joseph), artiste dont le 
nom indique une origine italienne, a publié le 
petit traité suivant : La Basse raisonnée , ou 
Abrégé dViarmome pour la composition ou 
contre-point, composé et dédié à M'" Henriette 
de Montmorency, op. 1. Paris, chez l'auteur, 
in-4° oblong de 26 pages. 

BERGER ( ), violoniste et composi- 
teur, né en 1827, fut nommé professeur-adjoint 
de solfège et de violon au Conservatoire de Metz 
le 1*' octobre 1858, et professeur titulaire le 
11 février 1860. 11 a î^ fait 'représenter sur le 
théâtre de Metz, au mois de mars 1867, un opéra- 
comique en quatre actes, intitulé Anita. 

* BER(U«REEi\ (A^DRÉ-PIERRE), composi- 
teur et musicographe danois, est né à Copenha- 
gue, le 2 mars 180). Il s'adonna de bonne heure 
à l'étude de la musique, et dès l'âge de quatorze 
ans se livrait à des travaux de composition qui 
ne virent le jour que plus tard ; c'est ainsi qu'il 
écrivit toute une collection de Chaiits avec ac- 
compagnement de guitare, qui fut publiée 
seulement en 1822 et 1823. Ses parents ayant 
désiré lui voir étudier le droit, il se rendit à 
leurs instances, mais revint bientôt à la pratique 
de la musique, pour laquelle son penchant était 
irrésistible. 11 se livra alors avec ardeur à la 
composition, et devint en 1838 organislede l'é- 
glise de la Trinité, de Copenbague, et en 1843 
maître de chapelle de l'église métropolitaine de 
cette ville .M. Berggreen a publié successive- 
ment : 1° Bomances, Copenhague, 1823; ï' Bal- 
lades et Bomances, 1824; 3" Thèmes variés 
pour la guitare, 1825; 4° Chantsà Vusage 
des écoles, 1 83 't- 1839, 7 parties in-4";ô" Chants 
populaires et Mélodies nationales et étrayi- 
gères, pour le piano, 1842-1847,4 vol. in-4" ; 
6" 12 Chants suédois, 1846; 7" Chants natio- 
naux, 1848 ; 8" 27 Chants sur des paroles de 
Bellmann, 1850 ; 9" 6 Chants suédois de J.-L. 
Runeberg, 1852; 10° enfin, M. Berggreen a 
écrit la musique de diverses cantates d'Œlilens- 
chlager, de Blicher et d'Ingemann, ainsi que des 
mélodies pour un nouveau psautier. En 1854, 
M. Berggreen a entrepris la publication d une 



feuille musicale rédigée par lui, Heimdal, qui 
n'a eu qu'une courte existence. 

BERGMAI\I\ (Charles), pianiste et violon- 
celliste, est né en 1821 à Ebersbach , dans la 
Saxe. Il est parti en 1850 pour les États-Unis, où 
il est devenu successivement directeur de la so- 
ciété Germania et de la société Arion. — Y. 

BERGMAIXiV (Joseph), compositeur^ est 
né à Cernochov, en Bohême, le 26 juillet 1822. 
Il a écrit de la musique de piano et de la mu- 
sique vocale , entre autres des mélodies natio- 
nales qui ont beaucoup de caractère. Y. 

* BERGSOIV (Michel), compositeur et pia- 
niste, n'a quitté Paris, où il était fixé depuis assez 
longtemps , qu'en 1863, pour aller prendre au 
Conservatoire de Genève la direction de la 
classe supérieure de piano. Peu de temps après, 
il devenait directeur de cet établissement, mais 
au bout de quelques années il allait se fixer à 
Londres, où il se livre encore aujourd hui à 
l'enseignement. Pendant son séjour à Paris, 
M. Bergson fit jouer, dans un concert, une opé- 
rette en un acte. Qui va à la chasse perd sa 
place (1859), et en*1861 il faisait recevoir au 
Théâtre-Lyrique un opéra-comique en deux actes 
qui pourtant n'a pas été représenté. Parmi les 
nombreuses compositions pour piano de M. Berg- 
son, je signalerai : un concerto en mi mineur; 
les Nouvelles Études caractéristiques ,• Jadis, 
menuet ; Genève, grande valse ; Études de 
style et de mécanisme; puis, quelques mor- 
ceaux de genre, un Orage dans les lagunes, 
la Tatamaque, la Zingara, Berceuse, Bar- 
carolle, Stgrienne, Sicilienne, Danse hava- 
naise, etc., et enfin quelques mélodies, laPéche 
aux fiancés, la Fioraja, etc. 

* BÉRIOT(Charles-Augcste DE). Ce vio- 
loniste justement célèbre est mort à Bruxelles 
le 8 avril 1870, à l'âge de .soixante-huit ans. 
Il était devenu complètement aveugle depuis 
plus de quinze ans, et, dans ses dernières an- 
nées, une paralysie du bras gauche vint lui in- 
terdire complètement l'exercice du violon. On 
sait que de Bériot avait épousé en 1835 la Ma- 
libran, et que de ce mariage était né un enfant 
unique, M. Charles- Wiifrid de Bériot, aujour- 
d'hui pianiste distingué. Plus tard, il avait épou.sé 
en secondes noces une sœur deTlialberg'; (;elle-ci 
lui avait donné un autre fils, qui mourut quel- 
ques années avant son père, officier dans l'armée 
belge. Peu de jours après la mort de ce grand 
artiste, un journal de Bruxelles publiait sur lui 
les détails suivants : « De Bériot avait une ac- 
tivité en quelque sorte universelle. Son génie em- 
brassait les sujets les plus variés. Il a laissé des 
dessins tout à fait remarquables. 11 s'est fait 



BÉRIOT — BERLIOZ 



75 



aussi sculpteur une fois dans sa vie, et il a bril- 
lamment réussi du premier coup. C'est lui, en 
effet, qui a modelé le busfe , très-ressemblant, 
de sa première femme, M"" de Bériot-Malibran, 
buste qui orne le théâtre des Italiens à Paris. Il 
était au besoin artisan habile. Il a fabriqué de 
ses propres mains, sans le concours d'aucun ou- 
vrier, un violon imité de Magini. Ce violon 
avait des propriétés excellentes. Il fait aujour- 
d'hui partie, à Pétersbourg, des collections du 
prince Youssoupoff, dont de Bériot fut l'ami. 
Alors qu'il était aveugle, et que la nécessité de 
dicter au violon lui rendait très-difficile la com- 
position musicale, il imagina plusieurs appareils 
pour fixer ses idées. El enfin, quand la paralysie 
de la main l'empêcha de se servir de son cher 
violon, il consacra ses loisirs forcés à écrire, sur 
des sujets philosophiques ou religieux, des pages 
éloquentes et profondes, que sa famille a [)ieu- 

sement recueillies (I) » 

BÉRIOT (Charles-Wilfrid DE), pianiste 
distingué et compositeur, fils du précédent et de 
Marielta Garcia-Malibran, est né à Paris le 12 fé- 
vrier 1833. Héritier du talent musical de ses 
illustres parents, M. de Bériot, qui est un artiste 
de style et qui se fait remarquer dans l'exécution 
de la musique classique, était à peine âgé de 
dix ans lorsqu'il débutait, comme pianiste, dans 
un concert donné à Louvain. Cependant, il 
était bientôt envoyé à Paris, au collège Louis- 
le-Grand, pour y faire ses études , et il y resta 
jusqu'à la révolution de 1848. I! partit alors pour 
Bruxelles, où en 1850 il était reçu à l'école mi- 
litaire (armes spéciales); mais cette carrière ne 
[louvait lui convenir, et il se remit bientôt à l'é- 
tude du piano et de la composition. Son œuvre 
comprend, à l'heure actuelle : deux concertos 
de piano avec accompagnement d'orchestre, une 
trentaine de morceaux de genre pour le même 
instrument (parmi lesquels : Tarentelle , Rê- 
veuse, Fantaisie, Polonaise, VAmiUé,Serchzo, 
Valse-caprice, Fantaisie de concert, etc.), 
deux fragments symphoniques, un trio, et enfin 



(1) Le Guide musical de Bruxelles a rappelé que de 
Bériot,» par arrêté royal du 16 avril 18o3, avait obtenu 
reconnaissance de noblesse. Ses armes étaient d'or àtrois 
tèles de renard de gueules. — Cimier : une tète de renard 
de l'écu. » Le même journal a fait connaître que, lors 
delà révolution belge, de Bériot avait miscn musique 
« la Marche des Belges , chant patriotique, paroles de 
Bocquet, dédié aui braves défenseurs de la liberté (Ma- 
yence, Anvers et Bruxelles, chez lesfils de B. Schott). De 
Bériot tenait discrètement dans l'ombre cet acte de sa 
vie, qui iui valut la croix de fer qu'il ne porta ja- 
mais. » Rappelons, à ce propos, que de Bériot, qui n'a 
jamais abordé le théâtre, a écrit une cantate qui fut exé- 
cutée à l'Opéra, le 16 juin 185G, à l'occasion du buptôine 
du prince impérial. 



un grand nombre de mélodies pour léchant (1). 

J. D. F. 

BÉRIOT (FraiNz DE), frère du précédent, fils 
issu du second mariage de Charles de Bériot, 
était élève de son père et avait acquis sur le 
violon un talent qui semblait promettre pour 
l'avenir un virtuose remarquable. Cet artiste est 
mort à la tleur de l'âge, quelques années avant 
son père, au mois d'octobre 1865. 

* BERLIOZ (Hector), est mort à Paris le 
8 mars 1869. La postérité a commencé pour ce 
grand artiste, et, il faut le dire à sa louange, elle 
est plus juste pour lui que ne l'ont été ses con- 
tem[)orains, fatigués du reste, on ne saurait le 
méconnaître, par son tempérament batailleur, 
par l'àprelé de sa critique, par ses allures cas- 
santes et son mépris affecté du public. Il n'en 
est pas moins vrai que Berlioz était un artiste 
d'une rare envergure, d'une trempe peu com- 
mune, d'un génie inégal et déréglé sans doute, 
mais grandiose, poétique, varié, et d'une origi- 
nalité qu'il est bien rare de rencontrer à un 
pareil degré. Que de pages tantôt magnifiques 
et superbes, tantôt étincelantes et vives, tantôt 
émues et frissonnantes, que d'épisodes admirables 
ne rencontre-ton pas dans la plupart de ses 
œuvres ! Le public s'est tenu longtemps en garde 
et en défiance contre ses sympathies, mais un 
revirement considérable s'est pi'oduit en ces der- 
nières années, et la foule accourt aujourd'hui aux 
auditions des œuvres de Berlioz, qu'elles se 
produisent aux Concerts populaires, aux concerts 
du Chàtelet, ou même au Conservatoire. Quoi de 
plus suave, en effet, et de plus touchant que 
cette adorable Enfance du Christ, dont quel- 
ques-uns ont vainement essayéde nier le charme 
exquis et pénétrant.' Quoi de plus poignant et 
de plus pathétique que certaines pages de 
Roméo et Juliette, de Béatrice et Eénédict et 
de la Symphonie fantastique ? Quoi de plus poé- 
tique, de plus tendre, de plus rêveur que cer- 
tains tableaux de la Damnation de Faust? 
Quoi déplus fier, de plus hardi, de plus éclatant, 
de plus chevaleresque que les grands épisodes 
iVHarold, des Troijens, que les fulgurantes 
ouvertures du Roi Lear et du Carnaval ro- 
main ? 

Longtemps avant que la France ne lui eût 

(1) M. de Bériot a publié avec son père les deux ou- 
vrages suivants : 1° Méthode d'accompagnement pour 
piano et violon ; exercices chantants en forme de diiet- 
tini. Paris, Heugel ; 2° L' Art de l'accompagnement ap- 
pliqué au piano , méthode pour apprendre aux chan- 
teurs à s'accompagner, id., id. Sous le titre : Opéras 
sans paroles, M. de Bériot a écrit aussi, en société avec 
son père, toute une série de duosconcertants pour piano 
et violon. 



76 



BERLIOZ 



rendu justice, la renommée de Berlioz s'était 
établie à l'étranger. On sait les succès, ou, pour 
mieux dire, les triomphes qu'il remporta en 
Allemagne et en Angleterre. En 1867, deux ans 
avant sa mort, il fit en Allemagne un dernier 
voyage «lui mit le comble à sa gloire, et, pous- 
sant jusqu'en Russie, il donna à Saint-Péters- 
bourg et à Moscou une série de concerts qui ne 
réunissaient pas moins de dix à douze mille 
auditeurs et dans lesquels l'enthousiasme du 
public était porté à son comble. 

Mais les jours de Berlioz étaient comptés. 
Sa santé, depuis longtemps délabrée, ne put ré- 
sister à l'écliec immérité que reçurent ses 
Troyens au Théâtre-Lyrique, et depuis lors il 
ne fit que décliner et dépérir. Il travaillait 
depuis plusieurs années à cet ouvrage lorsqu'il 
donna, sur le théâtre cosmopolite de Bade, en 
1862, un joli opéra en deux actes, dont il avait 
tiré lui-même le livret de la jolie comédie de 
Shakespeare: Beaucoup de bru il pour rien. 
Cet opéra avait pour titre Béatrice et Bénédicl, 
et fut accueilli avec la plus grande faveur. Berlioz 
songea alors à offrir au public la première 
partie de ses Troyens, qui formaient deux ou- 
vrages, l'un intitulé les Troyens à Cartilage, 
l'autre la^Prise de Troie. 11 proposa à M. Car- 
valho, là cette époque directeur du Théâtre- 
Lyrique, de monter les Troyens à Carthuge; 
celui-ci y consentit, monta la pièce avec un 
grand luxe, confia le rôle d'Énée à M. Mont- 
jauze, celui de Didon à la belle M"» Charton- 
Demeur, l'amie éprouvée du compositeur, qui 
fut engagée spécialement pour cette création, et 
les Troyens virent le jour le 4 novembre 1863. 
Mais, outre que le public n'était pas encore mûr 
pour une musique si mâle, si hardie et si auda- 
cieuse, Berlioz s'était créé de nombreux enne- 
mis, et son œuvre, admirée par quelques-uns, 
conspuée par d'autres, discutée par le plus 
grand nombre, fut reçue avec une rigueur exces- 
sive. Bref, le succès fut négatif, et au bout de 
vingt et une représentations les Troyens dispa- 
rurent du répertoire (1). 

Ce fut un coup terrible pour Berlioz, qui 
espérait, avec cet ouvrage, établir définitivement 
sa renommée dans sa patrie, jusqualors rebelle 
à son génie. 11 crut devoir, à la suite de cet 



(i) Berliozn'avait épargné personne ; on ne lui épargna, 
en celle occasion, ni les critiques anières, ni les sarcasmes 
cruels. Voici un échantillon des nombreuses épigramnies 
qui lui furent adressées au sujet des Troyens : 

La race des Troyens aux Uectors est funeste ; 
L'un périt en héros sans pouvoir les sauver. 
L'autre tombeétouffé î-ans les plis d'une veste 
En voulant les ressusciter. 



échec, briser sa plume de critique, et aban- 
donna le feuilleton musical du Journal des 
Débats, qui passa aux mains de son admirateur 
et de son ami, M. Ernest Reyer. Mais bientôt 
de cruelles douleurs, des chagrins domestiques 
vinrent envenimer la blessure qu'il avait reçue : 
Berlioz perdit sa femme, et peu après son fils 
unique, jeune officier de marine, qu'il aimait à la 
folie. 11 ne put résister à tant de secousses; sa 
santé, déjà fortement ébranlée, vint à s'altérer tout 
à coup, et à la suite de longues souffrances, le 
8 mars 1869, Berlioz rendait le dernier soupir. 
Au lendemain de cet événement, M. Ernest 
Reyer, rendant au maître l'hommage qui lui était 
dû, écrivait dans le Journal des Débats ces 
lignes émues et éloquentes, (émoignage de jus- 
lice et de réparation envers l'admirable artiste 
qui venait de disparaître : 

« Le bronze n'a pas tonné, les cloches n'ont 
pas fait entendre leur carillon funèbre, les jour- 
naux de musique qui paraîtront demain ne se- 
ront même pas encadrés de noir en signe de 
deuil. Et pourtant un grand artiste vient de 
mourir, un artiste de génie qu'ont poursuivi les 
haines les plus violentes, qu'ont entouré les té- 
moignages de l'admiration la plus vive. Si le 
nom de Berlioz n'était pas de ceux que la foule 
a appris à saluer, il n'en est pas moins illustre, 
et la postérité l'inscrira parmi les noms des plus 
grands maîtres. Son o'uvre est immense, l'in- 
tluence qu'il a exercée sur le mouvement musical 
de son époque est plus considérable qu'on ne le 
croit aujourd'hui. Laissez faire le temps et la 
justice des hommes. 'L'Allemagne le considérait 
comme une de ses gloires; dans la patrie de 
Beethoven, on l'appelait le Beethoven français, 
et il était allé à Vienne, à Weimar ou à Berlin, 
pour oublier les outrages que ses compatriotes 
ne lui épargnaient guère. 11 vous racontera lui- 
mêmejlans ses Mémoires posthumes ses chutes 
les plus imméiitées et ses triomphes les plus 
éclatants; il vous dira avec -le même accent de 
naïveté sincère : Telle oîuvre fut siftlée à Paris, 
et à Vienne elle excita de tels transports, que 
les musiciens de l'orchestre baisaient les pans 
de mon habit. 

<( Je ne saurais aujourd'hui, tant ma douleur 
est profonde, écrire quoi que ce soit qui res- 
semblât à une étude sur le rôle joué par Berlioz 
et sur ses œuvres impérissables; l'admiration 
que j'avais pour l'artiste égalait mon affection 
pour l'ami dont les défauts m'attachaient autant 
que les qualités. Je l'ai vu mourir, et pas une 
plainte ne s'est échappée de ses lèvres avant 
qu'elles ne fussent glacées par les premières 
approches de la mort. Il s'est éteint doucement. 



BERLIOZ — BERLYN 



77 



ayant perdu, pendant les dernières heures, l'u- 
sage de ses facultés. Aux quelques amis qui sont 
venus lui serrer la main, il n'a même pu ré- 
pondre par une étreinte, par un regard ; mais 
c'était presque une consolation pour ceux qui 
pleuraient à son chevet que cette expression de 
douleur vaincue et de sérénité répandue sur son 
beau visage. La mort a donc été douce pour ce 
grand artiste, dont la vie avait été traversée par 
de si dures épreuves. » 

Pour compléter la liste des œuvres musicales 
de Berlioz, telle qu'elle a été donnée par Fétis, 
il faut ajouter les ouvrages suivants : 1" Béa- 
trice et Bénédict, opéra en 2 actes (partition 
au piano, Paris, in-S"); 2" les Troyens à 
Cartilage, opéra en 5 actes et un prologue (id., 
Paris, Choudens) ; 3° la Prise de Troie, opéra 
en 3 actes (id., Paris,\Choudens); 4" Vlmpé- 
riale, cantate avec chœurs et orchestre; 5" Huit 
scènes de Faust, tragédie de Gœthe (ouvrage 
qu'il ne faut pas confondre avec la Damnation 
de Faust, et dont la grande partition manus- 
crite se trouve au Conservatoire de Paris)-, e^Ze 
Temple universel, chœur à quatre voix d'hom- 
mes. Prière du matin, chant à deux voix avec 
accompagnement de piano, la Belle Isabeau, 
conte pendant l'orage, avec chœur, le Chasseur 
danois, air pour voix de basse (1); 7" Récitatifs 
pour le Freischiitz de W'eber, lors de la re- 
présentation de cet ouvrage à l'Opéra. De plus, 
Berlioz a écrit un accompagnement d'orchestre 
pour la fameuse ballade de Schubert, le Hoi 
des Aulnes, et un accompagnement de petit 
orchestre pour la romance célèbre de Martini, 
Plaisir d'amour. La bibliothèque du Conser- 
vatoire, à qui Berlioz avait légué tous ses ma- 
nuscrits, possède encore de lui les morceaux 
suivants, qui constituent les envois réglemen- 
taires qu'il fit à l'Académie des Beaux-Arts, 
comme prix de Rome, lors de son séjour en 
cette ville : Resurrexit et iterum venturus, 
grands chœurs avec orchestre (Rome, 1831); 
Quartetto e Coro dei Maggi, pour voix mixtes, 
avec^orchestre (Rome, 1832); Intrata di Rob- 
Roy Mac Gregor (Rome, 1832). 

D'autre part, on doit joindre, aux productions 
Littéraires déjà signalées de Berlioz, les écrits 
suivants : 1° les Grotesques de la musique, Paris, 
librairie nouvelle, 1859, in-12 (ce livre avait paru 
précédemment, par fragments, dans un journal 
dirigé par Jules Lecorate, la Chronique pari- 

(1) Ces quatre compositions ont été indiquées par 
M. Mattiieu de Monter dans la longue étude que cet eeri- 
vain a publiée sur Berlioz dausla Bévue et Gazette mu- 
sicale de Paris (1870-1871); J'ignore si elles ne font pas 
partie d'un de ses recueils de chœurs et de mélodies. 



sienne) ; 2" A travers chants, Paris, Michel 
Lévy, 1862, in-12 (volume formé d'articles ou 
de fragments d'articles publiés dans le Journal 
des Débats); 3" Mémoires d'Hector Berlioz, 
comprenant ses voyages en Italie, en Alle- 
magne, en Russie et en Angleterre, 1803 -1865, 
Paris, Michel Lévy, 1870, gr. in-8° avec por- 
trait (des fragments de ces Mémoires avaient été 
publiés, du vivant de l'auteur, dans le journal le 
Monde illustré) ; 4" le Retour à la vie, mélo- 
logue faisant suite à la symphonie fantastique 
intitulée Épisode de la vie d'un artiste, iParis, 
Schlesinger, 1832, in-8" de 20 pp. (c'est le livret 
de cet ouvrage, dont Berlioz avait écrit les pa- 
roles et la musique) ; 5" la Damnation de 
Faust, légende en 4 parties (les paroles de ce 
livret, publiées sans nom d'auteur, étaient de 
Gérard de Nerval, A. Gaudonnière et Berlioz) ; 
6° les Troyens à Cartilage, opéra en 5 actes, 
avec un prologue (Berhoz avait écrit aussi le 
livret de cet opéra). 

Les écrits suivants ont été publiés sur Berlioz : 
i\, Berlioz {àjxm une galerie biographique inti- 
tulée : Écrivains et artistes vivants, fran- 
çais et étrangers, biographies avec portraits, 
par Xavier £yma et Arthur de Lucy), Paris, 
Librairie universelle, 1840, in-16; 2" Ber- 
lioz, par Eugène de Mirecourt, Paris, Havard, 
1850, in-32 avec portrait et autographe; 3° L'o- 
péra les Troyens au Père-Lachaise, lettre de 
feu Nantho, ex-timbalier soliste, ex-membre 
de la société des Buccinophiles et autres so- 
ciétés savantes {M. }Lr. Thoinan), Paris, Towne, 
1863, in-8"; 4" Berlioz, son œuvre, par Georges 
de Massougnes, Paris, Richault et Dentu, 1870, 
in-8". 

BERLIOZE (Victor). Sous ce pseudonyme, 
M. Emile Badoche a publié une notice biogra- 
phique sur une jeune chanteuse russe qui s'est 
produite avec succès au Théâtre-Italien de Paris, 
pendant la courte direction de M. Strakosch -. 
Anna de Belocca (Paris, Librairie nouvelle, 
1874, gr. in-8'' avec poi trait ). 

* BERLYIX (A -\V....), compositeur 

néerlandais, né à Amsterdam le 2 mai 1817, est 
mort en cette ville le 10 janvier 1870. Il avait 
reçu, dès ses plus jeunes années, des leçons de 
piano et de violon d'un artiste nommé Bernard 
Koch, étudia ensuite la composition avec Louis 
Erck, et fut aussi l'élève du docteur Finck, ha- 
bile contre-pointiste, rédacteur de la Gazette gé- 
nérale delà musique, qu'il connut à Leipzig. Son 
éducation musicale se comi)léta par un grand 
voyage qu'il fit dans quelques-unes des villes 
les plus importantes de l'Allemagne, Berlin, 
Dresde, Hambourg, etc. Il m'a été impossible 



78 



BERLYN — BERNARDI 



de trouver la liste complète des œuvres de Ber- 
lyo, dont la fécondité était vraiment exagérée, 
et qui paraît avoir joui de plus de facilité que 
d'inspiration véritable. Cet artiste a écrit un 
nombre incalculable doperas, oratorios, ballets, 
cantates , symphonies , concertos , ouvertures, 
cliœurs, fantaisies d'orchestre, quatuors d'ins- 
truments, nocturnes, etc. Toute cette musique, 
assez pure au point de vue de la forme, manque 
essentiellement d'originalité. L'existence artis- 
tique de Berlyn a néanmoins été des plus heu- 
reuses : il eut des relations pleines de cordialité 
avec plusieurs grands artistes, Mendeissohn, 
Liszt, Ch. deBériot, Kalliwoda, ses succès dans 
sa patrie furent considérables, il reçut des témoi- 
gnages de bienveillance de plusieurs souverains, 
et enfin il fut nommé membre de diverses so- 
ciétés artistiques importantes , entre autres de 
l'Académie de Sainte-Cécile, de Rome. Berlyn 
fut pendant quelque temps chef d'orchestre du 
théâtre royal d'Amsterdam , et il s'occupa un peu, 
dit-on, de littérature musicale. 

BEUIVARD (Paul), compositeur, professeur 
et critique musical, né à Poitiers le 4 octobre 
1827, a fait à Paris son éducation artistique. 
Élève, pour le piano, de Gambaro et de Thalberg, 
il entra en 1843 au Conservatoire, dans la classe 
d'harmonie de M. Elwart, d'où il passa, en 1845, 
dans la classe de fugue et de composition d'Ha- 
lévy. Après avoir pris part, en 1847, au con- 
cours de Rome, il ne put renouveler une se- 
conde fois cette épreuve, s'élant marié au mois 
d'avril de l'année suivante. M. Paul Bernard, 
qui s'était fait entendre avec succès dans les 
concerts, s'adonna alors au professoral, et se fit 
dans cette carrière un nom honorable tandis 
qu'il se distinguait aussi, comme compositeur, 
par la publication de nombreuses œuvres pour 
le piano, qui ont dépassé aujourd'hui le chiffre 
de cent. Il a écrit encore les paroles et la musique 
d'un assez grand nombre de mélodies vocales, et 
fait exécuter quelques opéras de salon. Loin du 
bruit, V Accord parfait, etc., dans lesquels on a 
remarqué d'heureuses qualités d'inspiration et de 
facture. Les circonstances de sa vie artistique ne 
lui ont pourtant pas permis de se produire au 
théâtre. M. Paul Bernard , auquel on doit d'a- 
gréables articles de critique publiés depuis une 
quinzaine d'années dans le Ménestrel et dans la 
Revue et Gazette musicale, a vu son nom at- 
taché à la fondation du concours Cressent (Foy. 
ce nom), dont il a été, d'après la volonté expresse 
du donateur, auquel le liait une amitié frater- 
nelle, l'un des principaux organisateurs. 

BER!\ARD (Joseph-Ferdinand), chanteur, 
a tenu l'emploi des ténorsgdans quelques villes 



de province et de l'étranger, puis s'est fixé à 
Paris comme professeur de chant, et y a publié 
l'opuscule suivant : Manuel d'hygiène. La 
Gymnastique pulmonaire, ori Vart de respi- 
rer dans tous les actes de la vie physique. Je 
ne connais de cet écrit que la 4' édition (Paris, 
Baillière, 1875, in-8° de 70 pp.), « revue et cor- 
rigée et contenant des exercices spéciaux pour 
développer et perfectionner les organes de la 
respiration et de la voix. « Une note de cette 
4* édition porte que la T'a paru en 1868, la 
2e en 1869 et la 3= en 1871. Par surcroît de pré- 
caution, l'auteur annonce que " la 5* édition du 
présqnt ouvrage contiendra le Thermomètre de 
la vie et de, la mort, avec planches anatomi- 
ques reproduisant la marche ascendante et des- 
cendante du mouvement respiratoire et la trans- 
formation de l'air en ondes sonores, dans la 
production de la voix. » 

BERX ARDEL ( Auguste -Sébastien-Phi - 
lipi'e), luthier français, naquit à Mirecourt, le 
12 Janvier 1802, fit son apprentissage dans sa 
ville natale, puis vint à Paris et entra comme 
ouvrier d'abord dans l'atelier de Nicolas Lupot, 
puis dans celui de Gand père. Après six années 
passéesainsi, il s'établit à son compte en 1826, 
et commença à se faire une réputation honorable 
par la bonne facture de ses instruments (1). Bien- 
tôt il s'attacha à la reproduction de violons, al- 
tos, basses et contrebasses des anciennes écoles, 
et inventa un genre de cordes en double trait 
pour la contrebasse à quatre cordes. Il prit part à 
diverses expositions, et obtint successivement 
une médaille de bronze (Paris, 1839), une médaille 
d'argent (Paris, 1844), une médaille d'or (Paris, 
1849), et enfin une médaille de prix à l'exposi- 
tion universelle de Londres en 1851. En 1859, 
il s'associa ses deux fils aînés, Ernest-Auguste et 
Gustave- Adolphe, et se retira en 1866. Il mou- 
rut le 6 août 1870, à Bougival. Ses deux fils s'as- 
socièrent alors avec M. Eugène Gand, et les deux 
maisons Gand et Bernardel n'en formèrent plus 
qu'une seule, sous la raison sociale Gand et 
Bernardel frères. Un troisième fils de Bernar- 
del, M. Anatole Bernardel , est professeur de 
piano et a publié quelques compositions pour cet 
instrument. 

BER.\ARDI (Enrico), chef d'orchestre et 
compositeur italien, s'est fait connaître par la 
musique de quelques ballets, entre autres Ze- 
liska, représenté à la Scala, de Milan, en 1860, 

(1) Dans son livre : Les Instruments à archet, M. Vidal 
a reproduit, en môme temps que le portrait de Bernardel, 
l'étiquette d'un de ses premiers violons, écrite de sa pro- 
pre main: Bernardel,luthier, ex ouvrier du sieur Lui- 
pot, rue CoquiUiére, n" 44, « Paris, l'an 1826. 



BERNARDI 

Marco Viscond, joué au théâtre Regio, de Turin, 
au mois de décembre 18G2, Ilda et Don Pa- 
checo, donnés au théâtre communal de Trieste en 
janvier 1868, enfin Ate, joué au théâtre Castelli, 
de Milan, en avril 1876. II est aussi l'auteur d'une 
opérette bouffe, il Granduca di Gerolstein, 
donnée en 1871 sur un petit théâtre de Milan. 
Cet artiste a publié un certain nombre de mor- 
ceaux de musique de danse pour le piano. Il 
était, en 1876, maestro concertatore et chef 
d'orchestre au théâtre Dal Verme, de Milan. 

BERNARDI (Antonio), compositeur, a fait 
jouer sur le théâtre de Spa, le 20 août 1862, un 
opéra-comique en un acte, intitulé Llndamire. 

BERJXARDIIV (Bekn.\rd COURTOIS, dit), 
violoniste et chef d'orchestre, né vers 1826, ob- 
tint uu second pri\ de violon au Conservatoire, 
au concours de 1841, et s'acquit aussitôt une 
sorte de réputation en jouant dans les concerts 
Devenu plus tard second chef d'orchestre au 
Vaudeville, il fut ensuite choisi par M. Hervé 
pour remplir les fonctions de premier chef au 
petit théâtre des Folies-Concertantes, qui chan- 
gea bientôt son nom en celui de Folies-Nou- 
velles, puis de théâtre Déjazet. Bernardin ne 
possédait aucune instruction musicale, mais il 
avait les qualités pratiques du chef d'orchestre, 
et il dirigeait avec goût l'exécution des opéret- 
tes et des petits ballets que l'on jouait à ce 
théâtre mignon. Il fut successivement chef d'or- 
chestre de plusieurs théâtres du même genre, 
les Bouffes Parisiens, l'Athénée, et enfin les Fo- 
lies-Dramatiques. Il écrivit la musique, — sans 
conséquence — de quelques petites pochades mu- 
sicales : 1° Polkette, Folies-Nouvelles, 1856; 2° 
Nous n'irons plus au bois , id., 1857 ;VP'titfi, 
p'tit mignon, id.; 4° i\'îCrt/se, Bouffes-Parisiens, 
1867 ; ainsi que de quelques pantomimes, entre 
autres celles intitulées : une Razzia galante , et 
Après la noce. Il a publié aussi, chez l'édi- 
teur Meissonnier, une Fantaisie pour violon, 
avec accompagnement de piano, sur deux ro- 
mances de M"*^ Loïsa Puget. Bernardin est 
mort à Paris, pendant le siège de cette ville, à 
la fin de 1870 ou au commencement de 1871. 

BERNARDIIVI (Andréa), amateur distin- 
gué, né à Buti (Toscane), étudia la musique dès son 
jeune âge avec Meliani, di Calcinaja, et Naldi, de 
Pescia. C'est dans cette petite ville, oii il dirigea 
pendant quelque temps la musique communale, 
qu'en 1846 il produisit sa première messe. Se 
rendant ensuite aux conseils de Pacini, il alla 
perfectionner ses études à Bologne, où Rossini, 
qui dirigeait alors le Lycée musical de cette ville, 
s'intéressa à lui et l'aida de ses conseils. La mort 
de son père le, rappela dans son pays, et les af- 



BERR 



79 



faires lui firent négliger durant quelque temps 
la musique, jusqu'au jour où, sur les instances 
réitérées de Pacini, son ami personnel, il com- 
posa un Credo, que le même Pacini, directeur 
de la chapelle ducale de Lucques, fit exécuter 
par les musiciens de cette chapelle. L'heureuse 
réussite de ce Credo lui procura un engagement 
pour composer, en 1808, une grand'messe pour 
la fête patronale de la ville de Lucques. Dès ce 
moment, Bernardini continua à produire de ses 
compositions aux fêtes sacrées, soit à Lucques, 
soit à Pescia, et toujours avec beaucoup de 
succès. Il est fâcheux que Bernardini, occupé 
dans le petit pays qui l'a vu naître à administrer 
son riche patrimoine^ ne tire pas tout le profit 
qu'il pourrait du talent distingué dont il est 
doué, en s'élançant hors des étroites limites de 
sa province. L. F. C. 

BER\'ICAT (Firmin), compositeur, a écrit 
la musique de quelques opérettes ou saynètes 
représentées sur de petits théâtres ou dans des 
cafés concerts : Derix à deux, un acte, Tertulia, 
1872 ; la Queue du Diable, id., id., 1873 ; Ali ! 
c't Indien, id., Folies-Bergère, 1874; Parla 
fenêtre, id., id., 1874; Ali pot d'rfium, ii.; 
les Deux Omar, id., Fantaisies-Oller, 1876; le 
Voyage du petit Marquis, id., id., 1876; la 
Jeunesse de Béranger, Eldorado, 1877. 

* BERNIER (Nicolas), a publié chez Ballard 
une cantate intitulée les ISymphes de Diane. 

* BERR (Frédéric). La date de la mort de 
cet artiste est le 24 septembre 1838. 

Voici ce qu'un recueil spécial {l'Agenda mu- 
sical pour 1837) disait de lui et du Gymnase 
musical militaire à l'époque où cet utile établis- 
sement, aujourd'hui disparu, venait d'être fondé, 
et où la direction venait de lui en être confiée : 
— « Dans les premiers temps de la fondation du 
Conservatoire, cet établissement fournissait pen- 
dant les guerres presque tous les musiciens né- 
cessaires au service de quatorze armées, mais 
les grands développements qu'on a donnés de- 
puis à l'instruction musicale l'éloignèrent du but 
pi'imilif; tandis qu'on formait des sujets pour le 
théâtre lyrique, les musiques militaires se re- 
crutaient dans les régiments mêmes, où les exi- 
gences du service ne laissent point au chef de 
musique le temps de former de bons élèves. Il y 
a plus, tous ces chefs ne sont pas capables ; et 
l'on explique ainsi pourquoi, lors des inspec- 
tions, plusieurs colonels ont demandé la sup- 
pression de leur musique. C'est d'après des 
rapports circonstanciés que M. le ministre a 
formé le projet de fonder une école dans la- 
quelle de jeunes soldats déjà musiciens et de- 
vant encore plusieurs années de service, vien- 



80 



BERR — BERTHELEMON 



dront pendant deux ans, dans le Gymnase mili- 
taire, pour se perfectionner sur un instrument et 
y étudier l'art si difficile de conduire les orclies- 
tres, et retourneront ensuite à leur corps jusqu'à 
l'expiration de leur engagement pour y enseigner 
et propager les bons principes qu'ils auront 
reçus. Ils pourront former des élèves et les pro- 
poser pour le Gymnase musical. Ce projet aura 
pour résultat d'améliorer les harmonies mili- 
taires, et en outre d'offrir aux jeunes soldats 
qui auront acquis un talent spécial une carrière 
qu'ils ne pouvaient jamais espérer de suivre. 
M. le ministre a choisi M. Berr pour diriger le 
Gymnase musical. On ne peut qu'applaudir à un 
pareil choix. Depuis plus de vingt ans, cet ar- 
tiste s'est distingué par ses oeuvres de musique 
militaire et d'harmonie. Son talent de composi- 
teur et une longue expérience dans l'enseigne- 
ment offrent toutes les garanties qu'on avait 
droit d'exiger d'un homme chargé d'une sembla- 
ble direction. ■>> 

BERRC (Ferdinand;, compositeur belge, né 
le 5 février 18'i3 à Ganshoren, près de Bruxelles, 
commença l'étude de la musique sous la direction 
de M. Godineau, et à l'âge de vingt ans suivit un 
coursde composition avec M. Bosselet fils. Il avait 
déjà, à cette époque, écrit plusieurs morceaux de 
violon, et publié quelques mélodies vocales. Après 
avoir fondé, à Bruxelles, le Cercle symphonique 
et dramatique, il y fit jouer deux ouvrages de sa 
composition : V Orage au moulin, opéra-comi- 
que en un acte, 1867 (joué avec paroles flaman- 
des, sous ce titre : Hlarliies op Jacht, le 12 oc- 
tobre de la même année, au théâtre du Cirque), 
et le Couteau de Castille, opéra-bouffe en un 
acte, qui fut donné ensuite, le 22 avril 18G8, au 
théâtre des Galeries Saint-Hubert. M. Berré, qui 
a publié à Bruxelles, chez Schott, une cinquan- 
taine de romances, a en portefeuille quatre autres 
ouvrages dramatiques : le Dernier des Mohi- 
cans, 3 actes; Madame Putiphar, 3 actes; les 
Poltrons, un acte; et Lowely, grand opéra en 3 
actes. 

BERTAUD ou BERTEAU ( ). Un ar- 
tiste de ce nom a fait représenter au théâtre 
Favart, en 1800, unopéra-comiqueenun acte, le 
Voisinage, dont il avait écrit la musique en so- 
ciété avec Dugazon fils, Dubuat,Pradberet Qui- 
nebaud. L'année suivante, il donnait à l'Ambigu, 
seul cette fois, un autre petit ouvrage en un 
acte, intitidé le Mari d''emprunt. 

BERTELMAIX (J -G ), professeur de 

piano, d'harmonie et de contrepoint à l'École 
royale de musique d'Amsterdam, est né en cette 
ville en 1782 et mort eu 1854, à l'âge de soixante- 
douze ans. La carrière de cet artiste, qui fut l'un 



des musiciens néerlandais les plus sérieux du 
dix neuvième siècle, fut très-honorablement 
remplie, très-laborieuse et tout entière consacrée 
à l'art qu'il affectionnait. Comme compositeur, il 
manqua d'idées et d'originalité dans ses ouvra- 
ge>, qui sont nombreux; mais il avait le travail 
facile, beaucoup de savoir-faire, et possédait son 
contrepoint sur le bout des doigts. 11 forma 
d'excellents élèves, entre autres MM. Van Brée, 
Ed. de Hartog, Richard Hol, etc. 

Il était chevalier de l'ordre du Lion Néerlan- 
dais, membre de l'Académie de Sainte-Cécile de 
Rome et membre d'honneur de la Société pour 
l'encouragement de l'art musical dans les Pays- 
Bas, qui publia à ses frais l'une de ses meilleures 
partitions, une messe à quatre voix et chœur. 
Un grand nombre de ses ouvrages sont gravés. 
Les meilleurs sont un Bequiem (Amsterdam, 
Tlioune), une cantate avec orchestre (id., id.),et 
un quatuor pour instruments à cordes (Paris, 
Richault). Il a laissé en manuscrit une quantité 
de compositions, entre autres un Traité d'harmo- 
nie, deux ouvertures, deux quatuors, un con- 
certo de clarinette, des motets, et des chorals 
harmonisés. Ed. de H. 

* BERTELSMANN ( Chari.es-Alcuste ) , 
professeur de musique à Amsterdam et composi- 
teur, est mort en celte ville le 20 novembre 1861 . 
Les compositions de cet artiste sont nombreuses 
et se montent à plus de cinquante œuvres. 

BERTHA (Alexandre DE), compositeur, 
est né à Pesth, en Hongrie. Son irrésistible pen- 
chant pour la musique lui fit abandonner de 
bonne heure les carrières juridique et politique, 
dans lesquelles plusieurs membres de sa famille 
s'étaient particulièrement distingués. Son père 
appartenait à la haute magistrature, et Fr. Déàk 
était de ses parents. Il commença ses études mu- 
sicales à Pesth, sous les auspices de M. Mosouyi 
et de M. A. Feley, et les acheva à Leipzig et à 
Berlin près de Hauptmann, le célèbre conlra- 
pimtiste, de Moschelès et de Hans de Biilow. Il 
se fixa ensuite à Paris pour y épurer son goût 
et y faire connaître la musique hongroise, dont 
certains motifs pleins de verve et d'originalité 
ont, par une étrange loi des contrastes, le carac- 
tère rêveur des mélodies du Nord et la couleur 
d'une œuvre orientale. Nous citerons parmi ses 
principales productions : une symphonie, en ré, 
des quatuors, des sonates et particulièrement 
des Hongroises et des Palotas (danses mouve- 
mentées de son pays) qui font ressouvenir heu- 
reusement des Polonaises. M. de Bertha a aussi 
composé un Hymne national, qui lui a valu 
une médailled'or de l'empereur d'Autriche. 

BERTHELEMON (FrançoisHippolyte), 



BERTHELEMON — BERTINI 



81 



cortipositeiir dramatique dont le nom semble in- 
diquer une origine française, vivait en Italie dans 
la seconde moitié du di\-liuitième siècle. On a 
représenté de lui , à Londres , un opéra intitulé 
Pelopida, et à Florence on a exécuté un orato- 
rio, Jefte in Mas fa. 

BERTHÉLEMY (F....-C ), liautboïste 

distingué, fit ses études au Conservatoire de Pa- 
ris, où il obtint un accessit de hautbois en 
1847, le second prix en 1848 et le premier prix 
en 1850. Il fit partie des orcliestres de l'Opéra et 
de la Société des concerts, et au mois de juillet 
1867 fut nommé professeur de hautbois au Con- 
servatoire, où il remplaça son ancien maître Trie- 
bert. 11 ne remplit que peu de temps ces fonc- 
tions, car il mourut subitement le li février 
1868, en faisant son cours au collège Louis-le- 
Grand, où il était aussi professeur. 

BERTHOLD (Cuarles-Frédéiuc-Théo- 
DOREj, musicien saxon, est né à Dresde le 18 dé- 
cembre 1815. Depuis 1849 cet artiste réside en 
Russie, où il a fondé une Société chorale qui donne 
périodiquement des exécutions d'oratorios. Il a 
écrit des messes, une symphonie et un oratorio 
intitulé Petrus, plus différentes compositions re- 
ligieuses de moins longue haleine. — Y. 

*BERTIi\ (Ml"" LoDiSE-ANGÉLrQUE), a publié 
nn recueil de Six Ballades {\ . le Matelot; i. 
laFleur; 3.1a 3Iule;i.le Page;à. laChasse; 
G. le Soir], et un trio pour piano, violon et vio- 
loncelle. Parmi ses compositions inédites, nous 
signalerons cinq symplionies de chambre, et un 
assez grand nombre de chœurs : Prière, Hymne 
à Apollon, VEnfant des Fées, les Esprits, le 
Retour d'Agamemnon, les Chasseurs, les Juifs, 
la Chasse et la Guerre, le Départ du comte, 
Ronde de jeunes filles, etc. L'ouvrage que 
j\iue Berlin a fait représenter à l'Opéra avait 
pour titre £'smera/c/a, et non pas Notre-Dame 
de Paris; écrit d"abord en cinq actes, il fut 
joué en quatre, car on en supprima un avant la 
représentation. M''« Berlin s'est occupée aussi 
de poésie : elle a publié un volume de \evs,\les 
Glanes (Paris, 1842), qui fut couronné par l'A- 
«atiémie française, et un second volume intitulé 
Nouvelles Glanes (Paris, Charpentier, 1876, 
in-12). 

* BERTINI (Henri-Jérôme), pianiste et 
compositeur français, est mort le 1'^'^ octobre 
1876 dans la propriété qu'il possédait à Meylan, 
près Grenoble (1). Il setaitretiré dans cette pro- 
priété depuis plus de vingt ans, et, quoique ne 

(1) Le prénom de yerô/n*', omisdanslalnoticcde la Bio- 
iiraphie universelle des Musiciens, est inscrit sur les let- 
tres de décès de Bcriini. 

BIOCR. UNIV. DES MUSICIENS. SUPPL. — T. 



composant plus pour le public, il avait encore 
écrit pour une société orphéonique, dont il était 
le président, quelques messes et des chœurs que 
l'on dit charmants. 

Les œuvres publiées de Bertini s'élèvent à 
près de deux cents, parmi lesquelles il faut sur- 
tout citer : 1°25 Études, op. 29; — 2" 25 Étu- 
des, op. 32 ; — 3" Études caractéri.stiques, dé- 
diées au' Conservatoire de musique, op. 66; — 
4° 25 Caprices-Études, op. 94 ; — 5° Éludes 
musicales à 4 mains, op. 97 ; — 6" 23 Études fa- 
ciles, op. 100; — 1° 24 Leçons mélodiques, op. 
101 ; — 8"^ 25 Études artistiques de première 
force, op. 122; — 9" 25 Études, op. 134,— 10° 
25 Études musicales à 4 mains, op. 135; — 11"' 
25 Études élémentaires, op. 137 ; — 12° 50 Étu- 
des et Préludes mélodiques, op. 141 et 142; — 
13° 25 Études très-faciles, op. 149; — 15° 25 
Études faciles, op. 150; — 15° V Art de la me- 
sure, 25 leçons en partition, op. 160; — 16° 25 
Études priÈiaires pour les petites mains, op. 166; 

— t7° 25 Etudes préparatoires, op. 175; — 18° 25 
Études intermédiaires, op. 176; — 19° 25 Éludes 
spéciales de la vélocité, du trille et de la main 
gauche, op. 177; — 20° 25 Études normales et 
classiques, op. 178; — 21° 25 Études, op. 179; 
22° Rudiment, ou réunion des exercices les 
plus indispensables pour acquérir un mécanisme 
parfait, op. 84 ; — 23° École de la musique 
d'ensemble, études spéciales du style élevé, de 
la mesure et de toutes les combinaisons les plus 
difficiles du rhythme, collection des fugues et 
préludes de Sébastien Bach, arrangés à 4 main* , 

— 24° La Semaine du pianiste, études journa- 
lières de la gamme dans tous les tons ; — 25" 
Premières leçons doigtées et arrangées pour les 
petites mains; — 26° Leçons progressives, suite 
aux précédentes; — 27° Leçons récréatives, 
suite aux précédentes ; — 28° Méthode élémen- 
taire et facile de piano, dédiée aux élèves; — 
29° Méthode complète et progressive de piano, 
dédiée aux professeurs, etc., etc. 

A ces œuvres, depuis longtemps connues et 
appréciées , il faut ajouter un grand nombre de 
compositions restées jusqu'à ce jour inédites, et 
que le gendre de Bertini, M. Nickiès, organiste 
de St-Eloi à Bordeaux, doit livrer prochainement 
à la publicité ; on cite , parmi ces dernières : 
1° 3 Nonettos pour piano et instruments à vent ; 
2° 3 Symphonies pour piano et orchestre; 3° 
deux livres d'Études à quatre mains; 4° une 
série d'Études spéciales pour le double-dièze et 
le double-bémol; 5° une vingtaine de morceaux 
pour piano seul ; 6" des Études de solfège pour 
neuf voix d'hommes ; 7° un Pie Jesu que Ber- 
tini avait composé pour ses propres funérailles, 

6 



82 



BERTINl — BERTON 



et qui, par les soins de son gendre, a été exécuté 
à Bordeaux pour le service funèl^re célébré en 
son honneur. 

On assure que Bertini avait refusé, sous le 
gouvernement de juillet, la décoration de la Lé 
gion d'iionneur, qui lui avait été offerte. 

BERTIiXI (DOME-Mco), compositeur et pro- 
fesseur, né à Lucques le 26 juin 1829, est issu 
d'une famille dans laquelle la musique était tenue 
en grande affection. Ses frères et ses sœurs cul- 
tivaient tous la musique pour leur plaisir, sa 
mère possédait un véritable talent de chanteuse 
amateur, et son père, directeur du journal offi- 
ciel du duché de Lucques, lui lit apprendre dès 
sou plus jeune âge les premiers principes de l'art. 
Doué d'une fort jolie voix, chantant avec ex- 
pression, il fui à douze ans reçu à l'Institut mu- 
sical de sa ville natale, alors dirigé par Giovanni 
Pacini, et y remporta successivement tous les 
premiers prix. 

En 1848, lors du soulèvement naticyal de l'I- 
talie, il s'engagea comme volontaire, se battit 
dans plusieurs rencontres, et se distingua tout 
particulièrement dans la journée du 29 mai. Mais 
après la restauration des princes, et lorsque les 
Autrichiens eurent envahi le pays, il dut se re- 
tirer à la campagne pour se mettre en sûreté. 
C'est alors qu'il reprit ses études musicales, cette 
fois sous la direction de Michèle Puccini. Il les 
mena avec assez d'activité pour être en état de 
faire exécuter, le 25 juillet 1850, une mes.se et 
une cantate de sa composition, et deux ans après, 
le 22 novembre 1852, un Magnificat à 4 voix 
avec accompagnement d'orchestre. Nommé en 
1853 maître décomposition de la congrégation de 
Sainte- Cécile de Lucques et maestro concerta- 
tore au théâtre, il devint, en 1857, directeur de 
l'Institut musical de Massa-Carrara et maître de 
chapelle. Enfin, en 1862, il alla se fixer à Flo- 
rence, où depuis lors il n'a cessé de se. livrer à 
l'enseignement du chant, et où il est devenu di- 
recteur de la Société Cherubini. 

M. Bertini a fait paraître en 1866 un manuel 
musical conçu d'après un nouveau système, sys- 
tème mis en usage par lui et qui a produit, pa- 
raît-il, d'excellents résultats; cet ouvrage a pour 
titre : Compendlo di principii di musica se- 
conda un nnovo sïstema, et a été approuvé par 
MM. Mercadante, alors directeur du Conserva- 
toire de Naples, Lauro Rossi, directeur de celui 
de Milan, Platania, directeur de celui de Palerme, 
et Gaetano Gaspari. M. Bertini est l'auteur de 
deux opéras, Non ti scordar di me et Cinzica 
Sismondi, qui n'ont point été représentés jus- 
qu'ici (1876;, mais dont l'éditeur Morandi, de 
Florence, a publié quelques morceaux, et il a 



livré au public quelques compositions moins im- 
portantes, entre autres un sonnet écrit sur des 
vers de Michel-Ange à l'occasion du quatrième 
centenaire de ce grand homme, et qui passe pour 
une de ses meilleures productions. M. Bertini, 
qui s'occupe aussi de littérature musicale, prend 
part à la rédaction des journaux la Scena, de 
Venise, et le Boccherini, de Florence, et il a 
exercé les fonctions de critique dans une grande 
feuille politique, VEpoca, pendant tout le temps 
qu'a duré sa publication. 

BERTII\I (Ernesto), compositeur drama- 
tique, né à Macerata, a fait représenter sur le 
théâtre de celte ville, il y a quelques années, un 
drame lyrique intitulé Caterïna di Francia. 

BERTIIXI (Natale), chef d'orchestre et 
compositeur dramatique, né à Palerme, a fait 
représenter en celte ville, sur le théâtre Belliui, 
le 4 avril 1867, un opéra sérieux en trois actes, 
intitulé Elrira da Fiesole. En 1872, cet artiste 
était chef d'orchestre et maestro concerlaiore 
au théâtre impérial d'Odessa. 

* BERTIA^OTTI (Tni:i!i;sE), cantatrice re- 
marquable, née à Savigliano en 1776 et non en 
1780, est morte à Bologne le 12 février 1864. 

BERTO\ (Pierre MONTAN-). Cet artiste 
distingué s'était donné, à l'Opéra, une sorte de 
spécialité : celle de rafraîchir, par l'aiijonction 
de quelques morceaux nouveaux, les opéras an- 
ciens que l'on jugeait à propos de remettre à la' 
scène. C'est ainsi qu'il écrivit des airs, des 
scènes, des airs de ballet pour Camille, reine 
des Yolsques de Campra, pour Iphigénie en 
Tauride de Campra et Desmarets, pour Castor 
et Pollux et Dardaniis de Rameau, etc. Cela 
lui donna l'occasion de publier (1762) un Recueil 
de différents airs à grande symphonie, 
composés et ajoutés dans plusieurs opéras et 
exécutés au concert français des Tuileries 
(Paris, La Chevardière). J'ignore si plusieurs 
volumes de ce recueil ont paru, mais le premier 
portait cette mention : « On donnera incessam- 
ment le second et le troisième recueil. » 

Berton mourut le 14 mai 1780. 

*BERTOIX (Henri MONTAN-). Un assez 
grand nombre d'erreurs s'étant produites' au sujet 
des œuvres de ce compositeur célèbre', je crois 
utile de reconstituer ici, par ordre chronologique, 
son répertoire dramatique, en l'accompagnant 
de quelques observations ; je ne m'occuperai ni 
des oratorios exécutés au Concert spirituel, ni 
des opéras restés inédits, mais seulement des 
ouvrages représentés. En voici la liste : 

1" Les Promesses de mariage, suite de l'É- 
preuve villageoise, 2 actes, Comédie-Italienne, 
4 juillet 1787 ; 2° l'Amant à l'épreuve, 2 actes. 



BERTON 



83 



id., 5 décembre 1787 ; 3" les Brouilleries, 3 
actes, id., 1" mars 1790 ; 4" les Rigueurs du 
Cloître, 2 actes, id., 23 août 1790; ^y" le Nou- 
veau d'Assas, 1 acte, id., octobre 1790; 6" les 
Deux Sentinelles, un acte. Th. Favart (ex-Co- 
médie-Italienne), 27 mars 1791 ; 7° Eugène, 3 
actes, th. Feydeau, 11 mars 1793; 8° le Con- 
grès des Rois, 3 actes (en société avec Blasius, 
Cherubini, Dalayrac, Deshayes, Devienne, Gré- 
try, Jadin, Kreutzer, MéhuI, Solié et Trial fils), 
th. Favart, 26 février 1794 (cet ouvrage n'est 
point cité par Fétis) ; 9" Agj'icole Viala ou le 
Héros de la Durance,vin acte, th. Feydeau, 9 
octobre 179i ; 10° Ponce de Léon, 3 actes, th. 
Favart, mars 1797 (paroles et musique de Ber- 
ton);ir le Rendez-Vous supposé ou le Souper 
de famille, 2 actes, th. Favart, 5 août 179S 
(ouvrage représenté précédenunent, le 11 no- 
vembre 1788, sous forme de comédie et sous ce 
titre : les Dangers de V absence, ou le Souper 
de famille); 12° Montana et Stéphanie, 3 ac- 
tes, tb. Favart, mars ou avril 1799 (ouvrage 
défendu par la police après sa première repré- 
sentation, joué pour la seconde fois le 20 avril, 
et repris le 4 mai 1800 avec un troisième acte 
nouveau); 13° la Nouvelle au camp de l'as- 
sassinat des ministres français à Rastadt, 
« scène patriotique, » Opéra, 14 juin 1799; 14° 
l'Amour bizarre, ou les Projets dérangés, 3 
actes, th. Favart, 30 août 1799 ; 15" le Délire, 
ou les Suites d'une erreur, un acte, th. Favart, 
6 décembre 1799 ; 16° le Grand Deuil, un acte, 
th. Favart, 20 janvier 1801 ; 17" les Deux sous- 
lieutenants o\i le C^cert interrompu, un acte, 
th. Feydeau, 29 mai 1802 (Fétis a fait ici con- 
fusion et a cru voir dans cet opéra deux ou- 
vrages distincts, dont l'un aurait été représenté 
sous ce titre : les Deux sous-lieutenants, 
1 autre sous celui-ci : le Concert interrompu: 
cette pièce avait été représentée précédemment 
au th. Favart, le 19 mai 1792, sous forme de 
comédie); 18° Aline, reine de Golconde, 3 
actes, Opéra-Comique, 3 septembre 1803 ; 19° la 
Romance, un acte, id., 2i janvier 1804; 20°, 
Trusibule, " cantate scénique, » exécutée à 
l'Hôtel de Ville (et non au Théâtre-Olympique, 
comme l'a dit Fétis), le 16 décembre 1804; 21° 
le Vaisseau-Amiral ou Forbin et Delville, un 
acte, Opéra-Comique, 1'=' avril 1803 ; 22° Délia 
et Verdikan, un acte, id., 8 mai 1805 (les pa- 
roles de ce petit ouvrage étaient du chanteur 
EUeviou) ; 23° les Maris garçons, un acte, id., 
15 juillet 1806; 24° le Chant du retour, can- 
tate, id., 28 juillet 1807; 25° le Chevalier de 
Sénanges, 3 actes, id., 23 juillet 1808; 26° 
Ninon chez M>»e de Se vigne, un acte, id., 26 



septembre 1808; 27° Françoise de Foix, 3 
actes, id., 28 janvier 1809 ; 28° le Charme de 
la Voix, un acte, id., 24 janvier 1811 ; 29° la 
Victime des Arts ou la Fête de Famille, 2 
actes (en société avec Nicolo et Solié), id., 28 
février 1811 ; 30° V Enlèvement des Sabines, 
ballet en 3 actes, représenté au palais impérial 
de Fontainebleau le 4 novembre 1810, et à 
l'Opéra le 25 juin 1811 ; W l Enfant prodigue, 
ballet en 3 actes. Opéra, 28 avril 1812; 32° le 
Laboureur chinois, pastiche en un acte, avec 
récitatifs de Berton, Opéra, 5 février 1813 ; 33° 
Valentin ou le Paysan romanesque, 3 actes, 
Opéra-Comique, 13 septembre 1813 (repris et 
réduit en 2 actes le 4 décembre 1819); 34° 
/' Oriflamme, un acte (en société avec Kreut- 
zer, Méhul et Paër), Opéra, r' février 1814; 
35" l'Heureux Retour, ballet en un acte, id., 
25 juillet 1815 ; 36° les Dieux rivaux ou la 
Fête de Cythère, opéra-ballet en un acte (en 
société avec Kreutzer), Persuiset Spontini), id., 

21 juin 1816; 37° Féodor on le Batelier du 
Don, un acte, Opéra-Cornique, 15 octobre 1816 ; 
38° Roger de Sicile ou le Roi troubadour, 3 
actes. Opéra, 4 mars 1817 ; 39° Corisandre ou 
la Rose magique, 3 actes, Opéra-Cornique, 29 
juillet 1820; 40° Blanche de Provence ou la 
Cour des Fées, un acte (en société avec Boiel- 
dieu, Cherubini, Kreutzer et Paër), représenté 
à la cour le 1" mai et à l'Opéra le 3 mai 1821 ; 
41° Virginie ou les Décemvirs, 3 actes. Opéra, 
11 juin 1823 ; 42" les Deux Mousquetaires ou 
la Robe de chambre, uu acte, Opéra-Comique, 

22 décendire 1824; 4.3° Pharamond, 3 actes 
( en société avec Boieldieu et Kreutzer), Opéra, 
10 juin 1825 ; 44" les Créoles, 3 actes, Opéra- 
Comique, 14 octobre 1826 (ouvrage non men- 
tionné par Fétis) ; 45° les Petits Appartements, 
un acte, Opéra-Comique, 9 juillet 1327 ; 46° la 
Marqtiise de Brinvilliers, 3 actes (en société 
avec Auber, Batton, Blangini. Boieldieu. Carafa, 
Cherubini, Hérold et Paër), Opéra-Comique, 31 
octobre 1831 (non mentionne par Fétis en ce 
qui concerne Berton). 

Il faut ajouter que Berton a modifié et ar- 
rangé un ouvrage de Gluck et un de Grétry 
pour deux reprises qui en furent faites à l'Opéra 
et à l'Opéra-Comique. Écho et Narcisse, de 
Gluck, ainsi remanié par lui, fut repris à l'O- 
péra le 25 mars 1806, et Guillaume Tell, de Gré- 
try, fut donné à l'Opéra-Comique le 24 mai 1828. 

■* BERTOIV (Henri), fils du précédent (1). 
Aux ouvrages dramatiques de ce compositeur, il 
faut joindre le Présent de noces ou le Pari, 

(t) Et non François, comme il a élc dit par erreur, i 



84 



BERTON — BERTRAND 



ouvrage en un acte qui fut représenté à l'Opéra- 
Cornique le 2 janvier 1810. Quant au Château 
d'Urtuby (et non d'iturbide, comme il a été 
dit), il fut donné au même théâtre le 14 jan- 
vier 1834, dix-huit mois après la mort du com- 
positeur, qui fut l'ime des premières viclimes 
de l'épidémie cholérique de 1832. En lête du 
livret de cette pièce, les auteurs, MM. de Lu- 
rieu et Raoul, ont placé une pièce de vers « aux 
mânes de Henri Berton fils, » pièce de vers qui 
fut lue sur la scène, le jour de la première re- 
présentation, et qu'il ne me semble pas inutile 
de reproduire ici : 

Un fléau d'jffreiise mémoire 

Naguère époiivantait Paris; 

Vertus, beauté, talens et gloire, 
Rien ne put le fléchir : il fut sourd à nos cris.... 

Henri Beuton, tenant la lyre. 

Tomba foudroyé sous ses coups; 
I,c.s derniers chants, enfans de son délire, 
L'infortuné les modulait pour vous. 

Bientôt vous allez les entendre. 
l,ui seul, hélas! il manque au rendez-vous. 
Qu'il eût été joyeux d'être au milieu de nous!... 
Ses amis empressés seraient venus lui prendre 

La main, en lui disant : « C'est bien. » 
Cotte main s'e t glacée... Et de ce cœur si digne. 
De ce feu créateur, il ne reste plus rien.... 
Ces chants pleins d'avenir étaient le chant du cygne. 

Vous les adopterez, oui, messieurs, car son nom 

Du succès fut toujours le gage; 

Oui, son aïeul, Pierre Berton, 
Par ses accords, enivrant un autre âge. 
De Gluck lui-même obtenait le suffrage. 

Plus fier, plus maïc en ses accens, 

De son CIs le brillant génie 

Grandit encore avec les ans, 
Et dans la France enlière on répète les chants 

Et i'Jline et de Stéphanie. 

Ainsi la gloire, aimant à proclamer ce nom, 

Sur ses tables d'airain grava trois fois : Berton. 

Henri, console-toi, puisqu'en mourant tu bisses 

Pour héritage à tes enfans. 

Trois générations de talens; 

C'est la plus belle des noblesses. 

De ses travaux lorsqu'il n'a pu jouir, 
Pour un artiste qui succombe, 
C'est, hélas! bien plus que mourir. 
Ce fut le sort d'Henri... Grâce à vous, sur sa tombe, 

Que ses enfans, quand ils iront prier. 
Puissent porter demain quelques brins de laurier. 

Fétis a été trompé par un faux renseignement 
lorsqu'en parlant du fils de cet arlisfe, Adolphe 
Berton, mort en 1857, il a dit : « En lui s'est 
éteinte la quatrième génération d'une famille qui 
s'était illustrée dans la musique. » La famille 
était loin d'être éteinte, car Adolphe laissait un 
frère, Charles-Francisque Montan-Berton, qui, 
né à Paris le 16 septembre 1820 , embrassa la 
carrière théâtrale, entra au Conservatoire dans la 
classe de Samson, et devint l'un des premiers 
comédiens de ce temps. Celui-ci épousa une fille 



de son maître, M'^' Caroline Samson, qui s'est fait 
connaître comme écrivain par des romans et des 
pièces de théâtre, et il appartint successivement 
au personnel de la Comédie-Française,du Vaude- 
ville, des théâtres de Vienne et de St-Pétersbourg, 
et plus tard de ceux du Gymnase, delà Gaîté, de 
rodéon et de laPorte Saint-Martin. Charles-Fran- 
cisque Berton est mort fou, le 18 janvier 1874, 
laissant un fils, M. Pierre Berton, comédien fort 
distingué lui-même et auteur dramatique, qui 
s*est fait applaudir au Gymnase et à la Comédie- 
Française et qui a fait représenter^quelques pièces 
agréables, entre autres les Jurons de Cadillac, 
la Vertu de ma femme, etc. 

* BERTOiM (Ferdinand-Josepii). Aux ou- 
vrages dramaliques de ce compositeur, il faut 
ajouter Antigono. 

lîERTRAXD (H -G ), violoniste et 

compositeur français ou belge, a publié à Liège, 
en 1768, un recueil de Sir. trios de violon, 
op. 1. 

BERTRAXD (JE.\iN- Gustave), écrivain mu- 
sical distingué, est né à Vaugirard (Paris) le 24 
décembre 1834. Bon helléniste, et, à ce titre, 
membre de la Société d'encouragement des études 
grecques, M. Bertrand, après avoir fait d'excel- 
lentes études au lycée Louis le Grand, suivit les 
cours de l'école ,des Chartes et sortit de cette 
institution avec le diplôme d'archiviste-paléo- 
giaphe. Sa thèse portait sur un point d'archéo- 
logie musicale : l'Histoire de l'orgue dans 
l'antiquité et au moyen âge, et des fragments 
eu furent publiés dans le journal la Maîtrise. 
L'auteur avait travaillé seul la théorie musicale 
et l'harmonie. 

Devenu en 1859 rédacteur en ' chef d'une 
feuille théâtrale, M. Bertrand se vit bientôt 
chargé de la critique musicale à la Revue ger- 
manique (plus tard Revue moderne), puis, en 
1862, prit possession du feuilleton dramatique 
et musical du journal le Nord. Il a collaboré 
successivement à la Revue et Gazette musi- 
cale, au Ménestrel, au Moniteur universel, 
au Journal des Débais, à la Patrie, au Soir, 
au Journal de Paris, à l'Ami de la France, au 
Journal officiel, etc. 

Membre du comité des travaux historiques 
(section d'archéologie), M. G. Bertrand fut, pen- 
dant plusieurs années, chargé par le ministère 
de l'instruction publique de missions scientifi- 
ques en Russie, et en profita pour étudier, 
avec l'intérêt qu'il mérite, l'art musical de ce 
pays, si peu connu dans l'Europe occidentale. 
Il prépare une histoire de l'Opéra national russe. 
Ses observations, jointes à celles qu'il avait rap- 
portées de ses précédents voyages en Allemagne 



BERTRAND — BEST 



85 



et en Ilalie, lui permirent de publier un livre à 
la fois très-ingénieux et très-substantiel : les 
Aationalités musicales étudiées dans le 
drame lyrique, livre dans lequel on rencontre 
des aperçus neufs et des remarques fort utiles. 
La crifiijue de M. Gustave Bertrand se fait d'ail- 
leurs remarquer par une grande élévation de 
pensée, des connaissances solides, et en même 
temps par une urbanité de formes qu'on vou- 
drait toujours retrouver sous la plume des écri- 
vains dignes de ce nom. 

Les écrits de M. G. Bertrand relatifs à la mu- 
sique sont les suivants : \" Histoire ecclésias- 
tique de l'Orgue (Paris, Cli. de Mourgues, 
1859, in 8°); 2° Essai sxir la musique dans 
l'antiquité [Pdirh, Didot, s. d., in-8"), tirage à 
part d'un article fort important publié dans le 
Complément de l Encijclopédie moderne; 3" 
les Origines de Vharmonie (s. 1. n. d.), tirage 
à part d'un article inséré dans la Reiue mo- 
derne, du f"" septembre 1866 ; 4" de la Réforme 
des études du chant au Conservatoire (Paris, 
Heiigel, 1871, in-8"), travail plein d'intérêt, 
écrit par l'auteur à la suite de visites faites par 
lui aux conservatoires de Naples, de Milan, de 
St-Pétersbourg et de Bruxelles ; 5° les Nationa- 
lités musiccdes étudiées dans le drame ly- 
rique (Paris, Didier, 1872, in-12). La publica- 
tion de ces divers ouvrages a créé à leur auteur 
une situation très-solide dans la critique, et lui 
a donné une autorité incontestable. M. Bertrand 
est l'un des collaborateurs du Supplément de la 
Biographie universelle des Musiciens. Tout ré- 
cemment il a pris posses-sion, sous le nom de 
Jean Bertrand, du feuilleton dramatique et 
musical du journal la République française. 

*BERWALD (Je\n-Fkédéric), est mort 
au mois de septembre 1861. 

BEllWALD ( ). Un artiste de ce nom 

a fait représenter à Stockholm , au mois d'avril 
1862, un opéra intitulé Estrella de Soria, qui 
a été très-favorablement accueilli par le public. 
J'ignore, quoique cela paraisse probable , si cet 
artiste appartient à la famille du précédent. 

* BESAKZOAJ (Ferdinand). Cet artiste, 
qui s'était établi à Paris, où il demeura plusieurs 
années, fit représenter à l'Opéra-Comique , eu 
1856, un petit ouvrage en un acte, intitulé te 
Chercheur d'esprit, qui passa complètement 
inaperçu et n'obtint qu'un petit nombre de re- 
présentations. Besanzoni est mort à Venise, le 
5 décembre 1868. 

BESEKIRSKIJ (Vasil-Vasilevic), violo- 
niste russe, membre de la chapelle impériale, 
est né à Moscou en 1836. Cet artiste a complété 
son éducation au Conservatoire de Bruxelles , 



sous la direction de M. Léonard. Après s'être fait 
entendre à Bruxelles et à Paris, il retourna en 
1860 dans sa patrie, où il a fondé une société 
de quatuors. Il a écrit pour son instrument plu- 
sieurs compositions qui ont été publiées en Alle- 
magne. Y. 

* BESSEj\1S (Antoine-Acgust&), violoniste 
et compositeur, né à Anvers et fixé à Paris de- 
puis 1852, est mort en celte dernière ville le 19 
octobre 1868. 

BESSOIV (Gustave- Auguste), facteur d'ins- 
truments de musique en cuivre et l'un des in- 
dustriels français les plus renommés en ce 
genre, est né à Paris en 1820, et étudia fort 
jeune loutes les questions relatives à la cons- 
truction et au mécanisme de ces instruments : 
cors, trompettes, trombones, cornets à pistons, 
bugles, etc. Fort jeune encore, il présenta à 
l'exposition de 1844 plusieurs produits qui fu- 
rent récompensés, et depuis lors il n'a guère 
laissé passer de solennités de ce genre sans y 
prendre part et sans y obtenir des succès. Il a 
été récompensé par une médaille de prix à l'Ex- 
position universelle de Londres (1831) et par une 
médaille de première classe à celle de Paris 
(1855). 

BEST (W -T \ organiste fameux en 

Angleterre, et actuellement considéré comme le 
premier de ce pays, est titulaire des grandes et 
des plus belles orgues de concert du royaume, 
celles de Royal-Albert- Hatl, à Londres, de 
Saint- George' s- Hall, à Liverpool, enfin de la 
nouvelle et superbe salle de Shelfield. Il a été, 
je crois, organiste dune des plus importantes 
églises de Birmingham. M. Best, qui est 
âgé aujourd'hui d'environ cinquante ans, et qui 
est considéré par ses compatriotes comme le pre- 
mier organiste de l'Angleterre, est cependant 
inférieur à plusieurs de ses confrères, et parti- 
culièrement à M. Henry Smart, l'aveugle, artiste 
extrêmement distingué. Très-habile au point de 
vue du mécanisme comme exécutant, très-rompu 
à la pratique comme compositeur, avec cela fort 
instruit, M. Best possède un talent véritable, 
mais un talent sans charme et qui n'est pas 
échauffé par l'inspiration. On le voit parfois, 
assis devant son instrument , s'arrêter au beau 
milieu d'une phrase pour disposer et arranger 
ses registres, prendre longuement son temps, puis 
poursuivre ensuite tranquillement son petit dis- 
cours interrompu. D'autre part, M. Best, quia 
transcrit un certain nombre de concertos de Ilaîn- 
del pour orgue et orchestre, n'a pas reculé devant 
ce sacrilège de changer, quand cela lui convenait, 
l'harmonie du maître. On voit ce qu'il faut pen- 
ser d'un artiste qui en prend ainsi à son aise 



86 



BEST — BEZDECR 



dans l'exercice d'un art qui exige le plus profond 
respect de lui-même et du public. Il est certain 
que la valeur de M. Best a été singulièrement 
exagérée dans son pays , et qu'elle reste de 
beaucoup au-dessous de sa renommée. 

M. Best, qui s'est fait entendre plusieurs fois 
à Paris dans les séances intimes d'orgue données 
cbez nos grands facteurs , a publié un nombre 
incalculable de transcri|jtions des diefs-d'œiivre 
des grands maîtres. On lui doit des compositions 
originales dont la valeur est mince, entre autres 
une Collection of organe pièces, en plusieurs 
livres. 

* BÉTIIISY (Jea!s-Laure\t DE). L'Enlè- 
vement d'Europe, tragédie-opéra dont cet ar- 
tiste avait écrit tout à la fois les paroles et la 
musique, fut jouée à Versailles, an concert de 
la reine , au commencement du mois de juin 
1739. 

BETTS (John), lutbier anglais de la fin du 
dix-huitième et du commencement du dix-neu- 
vième siècle, naquit à StamTord en 1755 et mou- 
rut en 1823. Établi à Londres, il y lit, dit-on, 
d'importantes affaires, mais c'était plutôt un 
marchand d'instruments qu'un lutbier véritable, 
car on assure qu'il travaillait peu par lui-même. 
Un luthier nommé John Carter, qui habitait 
Londres en 1789, lui .fabriqua un grand nombre 
d'instruments. 

BETTS (Edward), luthier anglais de la fin 
du dix-huitième siècle, fut élève du luthier Ri- 
chard Duke [Voyez ce nom), fameux dans son 
pays, et qu'il sut imiter habilement. Cependant, 
les instruments sortis de ses mains, très-soignés 
ettrès-finis dans leurs détails, laissaient, dit-on, 
à désirer au point de vue de l'ensemble. 

BETZ (I'rançois), premier baryton de l'Opéra 
impérial de Berlin, est né à Mayence le 19 
mars 1835. C'est un des chanteurs favoris de 
M. Richard Wagner, et il faisait partie de 
ceux qui ont chanté la fameuse tétralogie de 
ce compositeur à Bayreuth, en 1876. Aussi 
distingué, dit-on, comme comédien que comme 
virtuose, il s'est fait surtout remarquer en Al- 
lemagne dans le rôle de Hans Sachs des Maî- 
tres chanteurs , dont il a fait une création 
pleine de puissance et d'originalité , puis dans 
le FreischiUz, Lohengrin, Tristan et Isolde, 
Ipliigénie en Tauride, Hamlet , Aida, etc. 
M. Betz s'est fait entendre parfois à l'Opéra 
impérial de Vienne. 

BEULE (Charles-Ernest), archéologue, 
écrivain et homme politique français, né à Sau- 
mur le 29 juin 1826, mort à Paris le 4 avril 1874, 
n'est mentionné ici que pour les « éloges » con- 
sacrés par lui à quelques musiciens en sa qua- 



lité de secrétaire perpétuel de l'Académie des 
beaux-arts. Il avait succédé sous ce rapport à 
Halévy, et il eut ainsi l'occasion de lire à l'A- 
cadémie des notices sur Halévy lui-même , sur 
Meyerbeer et sur Rossini. Ces notices ont été 
publiées à la librairie Firmin-Didot , en 1862, 
1865 et 1869. 

BEUMEB (Henri), violoniste et composi- 
teur pour son instnmient, né à Leuwarden 
(Pays-Bas), en 1831, fit -ses études musicales 
sous la direction de son père, qui était chef de 
musique de la 2*^ division d'infanterie. Dès l'âge 
de douze ans il se faisait entendre avec succès 
dans les concerts, et en 1849, ayant eu l'occasion 
de se produire à Spa, devant Charles de Bériot, 
ce maître le complimenta et lui proposa d'entrer 
dans la classe supérieure de violon dont il était 
titulaire au Conservatoire de Bruxelles. M. Beu- 
mer accepta cette offre, entra au Conservatoire, 
et au bout de deux années y remporta le prix 
(l'honneur. Peu de temps après il devenait lui- 
même professeur dans cet établissement, en 
même temps que violon-solo au théâtre de la 
Monnaie. Cet artiste s'est aussi livré à la com- 
position; il a écrit la musique d'un ballet repré- 
senté au théâtre de la Monnaie, de Bruxelles, et 
a publié, entre autres œuvres : 6 études pro- 
gressives pour le violon; 50 études pour le 
\iolon, dédiées 'à Charles de Bériot; Caprice 
pour le violon, sur le God save the Quren ; 
12 romances; une ouverture ; quatre fantaisies 
pour orchestre , etc. 

BE'VIGNAIXI (Enrico), chef d'orchestre et 
compositeur dramatique, a fait représenter en 
1802, sur un théâtre deNaples, un opéra inti- 
tulé Caterina Blum. En 1872, M. Bevignani 
était, conjointement avec M. Liiigi Arditi, chef 
d'orchestre des théâtres italiens de Saint-Pé- 
tersbourg et de Moscou, et en 1876, il remplissait 
les mêmes fonctions au lliéâtre italien de Cu- 
vent Garden, à Londres. 

* BEYER (Ferdinand). Cet infatigable fa- 
bricant de musique plus que médiocre, né à 
Querfurt, dans la Prusse saxonne, le 25 juillet 
1805, est mort à Mayence le 14 mai 1863. 
Néanmoins, son commerce était tellement 
florissant, qu'il s'est trouvé un artiste assez 
avisé pour recueillir sa succession et prendre la 
suite de ses affaires. Un compositeur de musi- 
quette de piano a en effet adopté le pseudonyme 
de Beyer, pour satisfaire le public amateur des 
morceaux de ce dernier. H a seulement changé 
l'initiale du prénom ; au lieu de F. Beyer, on 
met sur le titre S. Beyer, et tout est dit. 

BEZDECK (Frédéric-Wenzel), violoniste, 
est né le 24 septembre 1804, à Prague. On a de 



BEZDECK — BIÂGI 



87 



lui (\es quatuors pour instruments à cordes, 
(les lieder et des morceaux de piano. Y. 

BIAGGI (Gerolvmo-Alessandro), critique 
et historien musical italien, est né vers 1815 à 
Milan et fit ses études musicales au Conserva- 
toire de cette ville, oii il entra le 2i octobre 
1829 pour en sortir le 16 février 1839, après 
avoir suivi les cours de violon et de composi- 
tion. Bien que pourvu d'une instruction musicale 
sérieuse et solide, M. Biaggi ne songea pas un 
instant, dit-on, à suivre la carrière de compo- 
siteur, et se livra aussitôt à son gortt pour la 
critique, la littérature et lliistoire musicales. 
Esprit élevé et indépendant, quoique imbu de 
certains préjugés et un peu trop immobilisé dians 
l'admiration du passé, il s'est fait dans son pays 
une renomuiée véritable , méritée d'ailleurs à 
beaucoup d'égards. En 1857, à la suite de lon- 
gues méditations sur l'état de décadence dans 
lequel se trouvait l'art musical religieux en Ita- 
lie, il publia un écrit ainsi intitulé : Délia Mu- 
sica religiosa e délie questioni inerenti, dis- 
corso i\\i\An, Lucca, 1857, in-8"). Ce discours 
de plus de 200 pages donne des preuves d'une 
érudition solide, et quoique je sois loin de 
partager toutes les idées exprimées par l'auteur, 
je n'en dois pas moins rendre hommage à l'élé- 
vation de son esprit et à son grand sentiment de 
l'art. 

C'est, je crois, à l'époque où il publia ce 
livre, que M. Biaggi dirigeait à Milan une feuille 
spéciale, Vltalia musicale, publiée par l'éditeur 
Francesco Lucca. Peu d'années après il quittnit 
Milan pour aller se fixer à Florence, où il deve- 
nait bientôt le feuilletoniste musical de l'excel- 
lent journal politique la jYffi;io?ie, et où, lors de 
la création de l'Institut royal de musique, il fut 
nommé professeur d'esthétique musicale et d'his- 
toire de l'art dans cet établissement. M. Biaggi 
est aussi cbargé de la critique musicale à la 
Gazzella d'ItaUa, où il signe ses articles du 
pseudonyme Ippolito d'Albano, et c'est encore 
lui qui fait les revues musicales du grand recueil 
littéraire qui a pour titre /a JSuova Aniologia, 
lequel tient en Italie la place que la Revue des 
Deux-Mondes occupe en France. 

La situation littéraire de M. Biaggi, on le voit, 
est considérable, et pourtant il est peut-être 
juste de remarquer que, malgré l'estime qu'on 
fait de son talent et de son caractère, l'autorité 
qui s'attache à ses jugements n'est pas à la 
hauteur de celte situation. M. Biaggi est consi- 
déré comme un érudit, comme un savant, comme 
un musicien de premier ordre, ses travaux, 
«crits dans une langue élégante et claire, sont 
tplus et recherchés, et néanmoins l'on ne peut pas 



dire que l'écrivain tienne l'oreille du public et 
entraîne ses lecteurs à sa suite. C'est que, 
comme je le faisais entrevoir plus haut, M. Biaggi 
est un peu trop confiné dans le passé, un passé 
brillant et glorieux à la vérité, mais qui, étant 
donné le progrès constant et le renouvellement 
incessant de l'art, ne satisfait plus le besoin de 
l'intelligence humaine. M. Biaggi en est resté à 
Rossini ; on pourrait assurément plus mal choisir 
son dieu, mais enfin Rossini, qui a été lui-même 
un révolutionnaire en musique, a été suivi par 
d'autres novateurs qui ont à leur tour renouvelé 
ou tout au moins modifié profondément les 
formes de l'art, et des travaux desquels il faut 
absolument tenir compte. En un mot, M. Biaggi 
ne croit qu'aux morts, et professe l'horreur la 
plus profonde pour la musique île sou temps. 
J'admets parfaitement que l'Italie ne possède 
pas en ce moment un seul arliste de la trempe 
de Ciraarosa ou de Paisiello, mais est-ce en dé- 
courageant les jeunes producteurs qu'on par- 
viendra à leur inspirer des chefs-d'œuvre"? Je 
ne le crois pas. En tout cas, M. Biaggi pousse 
certainement trop loin l'aniiuosité contre 
i\I. Verdi, qui est sa bête noire, lorsqu'il traîne 
aux gémonies des œuvres aussi mâles, aussi 
puissantes qu'.4?fZaet la messe de Requiem. Je 
suis fort loin d'admirer, pour ma part, tout ce 
qu'a fait M. "Verdi, et je reconnais tout ce que 
son génie a d'inégal, de sauvage et de désordonné. 
Mais en présence des deux œuvres que je viens 
de nommer, mon sentiment se modifie, et si la 
critique ne perd pas complètement ses droits, du 
moins peut-elle laisser une bonne part à la louange. 
En résumé, M. Biaggi est un arliste fort distin- 
gué, fort instruit, remarquable à plus d'un titre, 
mais qui paraît vivre dans un temps qui n'est pas le 
sien, etdont l'esprit est trop sensiblement éloigné, 
par des idées surannées, du courant qui emporte 
incessamment l'humanité vers l'éternel progrès. 
BIAGI (Al\m\nno), excellent violoniste et 
compositeur (1), naquit à Florence, le 20 décem- 
bre 1800, fit sesétudes musicales dans les classes 
de l'académie des beaux-arts de cette ville, et 
devint un des meilleurs directeurs d'orchestre de 
son temps. C'est en cette qualité qu'il fit long- 
te mps partie de la musique de chambre et de 
la chapelle de la cour grand-ducale de Toscane. 
Il composa dans tous les genres, sauf le genre 
théâtral, ce qui paraît tant soit peu étrange, 



(1) Trompé par la simililude des noms, l'auteur de la 
Biographie universelle des Musiciens a confondu en 
une seule personnalité trois artistes distincts : 1\I. Ala- 
manno Biagi, M. Alessandro Biagi, son frère, et M. riiio- 
lamo Alessandro Biaggi. Nous rétablissons ici les faits 
relativement à ees trois artistes. — a. -p. 



88 



BIÂGI - BIANGHLXI 



puisquen sa qualité de chef d'orchestre il passa 
la plus grande partie de sa vie au théâtre. Du 
reste, ses nombreuses compositions lui auraient 
valu, sans doute, la réputation à laquelle il 
avait droit, si elles n'étaient restées presque 
toutes inédites. Parmi ses compositions instru- 
mentales, on ne doit pas passer sous silence un 
très-beau quatuor pour deux violons, alto et 
violoncelle, qu il présenta peu de temps avant 
sa mort à l'un des concours dus à la libéralité de 
M. le D"' A. Basevi. Le quatuor obtint le prix, 
mais au moment où le jugement était rendu, 
l'auteur était déjà mort. A. Biagi a. laissé bon 
nombre de motets, psaumes, messes, dont cinq 
des morts ; une seule a été imprimée à Florence 
par F. Lorenzi. Si, dans la musique sacrée de 
A. Biagi, on remarque parfois quelque sécheresse 
en ce qui concerne la mélodie, on rencontre 
aussi constamment une harmonie pure, une fac- 
ture habile, une belle orchestration et surtout 
une remarquable noblesse de conception. 

Le gouvernement de la Toscane, qui par un 
décret du 15 mars 1860 fonda l'Institut royal 
de musique de Florence, appela A. Biagi à en 
faire partie en qualité de conseiller censeur. Il 
collabora avec MM. le D' A. Basevi et L.-F. Ca- 
samorata à la rédaction des statuts de l'Institut, 
mais il n'eut pas la satisfaction d'assister à son 
inauguration, qui eut lieu vers la fin de 1861, car 
il était mort le 20 juin de la même année dans 
toute la force de l'âge, à la suite d'une longue et 
douloureuse maladie. L.-F. C. 

BiAGI (Alessandro), compositeur, pianiste 
et professeur, est né à Florence le 20 janvier 
1819. A 1 âge de dix ans, il commença l'étude 
du piano sous la direction d'un de ses frères, 
M. Ludovico Biagi, qui devint plus tard un ocu- 
liste remarquable, et un an après il entra, à 
l'académie des beaux-arts, dans la classe de 
Geremia Sboici, puis dans celle de Palafuti. Il 
obtint la première médaille au concours, et en 
1836 la même récompense lui fut accordée au 
concours de contrepoint, qu'il avait étudié avec 
Nencini. Ses études terminées, il se consacra à 
l'enseignement du piano, et fut appelé, en 1857, 
à succéder à son maître Palafuti dans sa 
classe de l'académie, devenue plus tard l'Institut 
musical. M. Alessandro Biagi jouit d'une grande 
notoriété conmie professeur, et ses compositions 
pour le chant et pour le piano sont fort estimées. 
Il ne s'en est pas tenu, d'ailleurs, à des compo- 
sitions instrinnentales, et il a abordé par deux 
fois le théâtre, en faisant représenter la Secchia 
rapila, opéra-bouffe (Florence, th. de la Per- 
gola, 1839), et Gonzalvo di Cordova, opéra 
sérieux (id., th. National, 1857), qui tous deux 



reçurent du public un heureux accueil. On con- 
naît encore, entre beaucoup d'autres moins im- 
portantes, deux grandes compositions de AI. Ales- 
sandro Biagi : un Cantico di Zaccaria (18.i8), 
à 4 voix, chœur et orcliestre, qui a obtenu la 
médaille d'or dans un concours académique, et 
un Padre Aostro, écrit sur des vers du Dante, 
qui a été exécuté par la Société de musique 
clas.sique lors des fêtes qui ont été célébrées en 
l'honneur de ce grand homme. 

BIAL (Charles), pianiste et compositeur , 
est né le 14 juillet 1833 à Habelschwerdt, dans 
le comté de Glatz. II a composé de la musique 
de piano et des lieder. Y. 

BIAL (R ), musicien allemand contempo- 
rain, s'est produit plusieurs fois au théâtre, avec 
les ouvrages suivants : 1° Monsieur de Papil- 
lon, opéra-comique en un acte, Berlin, th. 
Wallner, janvier 1870; 2° dei- Liebesring {rAn- 
neau d'amour) , opéra-bouffe en trois actes, 
Berlin, th. Friedrich-Willielmstadt, 4 décembre 
1875; 3° Un homme prudent, opérette, jan- 
vier 1876. On a annoncé une opérette de cet 
artiste. Pferffepring, comme devant être re- 
présentée sur le théâtre Kroll, de Berlin; mais 
je ne sais si elle a été jouée jusqu'ici. 

* BIA^'CHI (Françoise M. le docteur Ba- 
sevi, de Florence , possède de cet artiste le 
manuscrit d'un ouvrage ainsi intitulé : De VAt- 
fraclion harmonique, ou Système physico- 
mathématique de l'harmonie, fondé szcr l'a- 
nalyse desphénoinhies que présente la corde 
sonore, suivi d'un traité théor'ico-pratique de 
contrepoint et de composition idéale. Peut- 
être est-ce là le traité théorique sur la nmsique 
dont l'auteur de la B'iograplûe universelle des 
Musiciens a parlé au nom de François Bian- 
chi, et dont la Quarterhj musical Review, de 
Londres, aurait donné naguère quelques ex- 
traits. En ce qui concerne le catalogue des ou- 
vrages dramatiques de ce compositeur, il faut y 
ajouter les deux suivants : Venere e Adone, 
représenté à Florence en 1781, et Seleuco, donné 
à Livourne en 1792. 

BIAXCHI (Eliodouo), compositeur italien, 
a fait représenter sur le théâtre de Bari, au 
mois de juillet 1873, une f'arsa en un acte inti- 
tulée Gara d'amore; cet ouvrage obtint un 
véritable succès, et, le soir de la première re- 
présentation, les spectateurs firent recommencer 
l'ouverture. Je n'ai pas d'autres renseignements 
sur M. Blanchi, sinon que cet artiste était, pres- 
que à la même époque, maestro concerlatore 
au théâtre d'Alexandrie. 

BIAACHIA'l (Giiski'pe), compositeur, né à 
Rome, a fait représenter dans le cours du dix- 



BIANCHINI — BIGNAMI 



89 



huitième siècle un opéra séïieux intitulé Anti- 
gona. 

BICKIA'G (Alfred), chanteur et composi- 
teur, né à Berlin en 1840, avait commencé ses 
études musicales dans son pays, puis était allé 
en Italie perfectionner son double talent de vir- 
tuose et de compositeur. Au commencement de 
1864 il faisait représenter, sur le théâtre de la 
petite ville de Teramo, un opéra sérieux, Ven- 
ceslao, qui était bien accueilli du public; mais 
bientôt le jeune artiste, éprouvant les premiers 
symptômes d'une maladie grave, crut devoir 
quitter l'Italie pour retourner à Berlin, au mi- 
lieu de sa famille. Il eut à peine le temps d'y 
arriver, et mourut vers le milieu du mois d'août 
1864, à peine âgé de 24 ans. 

BIDELLI (Matteo), maître de musique et 
compositeur, né à Lucques, vivait dans la pre- 
mière moilié du dix-septième siècle. Il a publié 
plusieurs messes à quatre voix, dont deux so- 
pranos et deux ténors, et une Psalmodia ves- 
pertina, imprimée à Lucques en 1617. On ignore 
la date de la mort de cet artiste. 

Des mémoires manuscrits conservés à la bi- 
bliothèque publique de Lucques constatent que 
dans le courant du seizième siècle existait en 
cette ville un nommé Pellegrino Bidelli, qui était 
à la fois imprimeur de musique et constructeur 
d'orgues. Peut-être était-ce le père de l'artiste 
dont il est ici question? En tous cas, il parait 
probable que tous deux devaient appartenir à la 
même famille. 

* BIENAIMÉ (Paul-Emile), est mort subite- 
ment le 17 janvier 1869, en donnant une leçon 
de musique dans un lycée de Paris : d'après les 
registres mêmes du Conservatoire, il était né à 
Paris le 6 et non le 7 juillet 1802, comme il a 
été dit par erreur. D'abord répétiteur au Conser- 
vatoire, puis nommé en 1828 professeur de sol- 
fège, enfin professeur d'harmonie et d'accom- 
pagnement pratique pour les femmes le 10 juil- 
let 1838, Bienaimé n'avait pris sa retraite que 
peu d'années avant de mourir, et c'est en tra- 
vaillant encore qu'il se reposait d'une existence 
toute de labeur commencée en obtenant à vingf- 
quatre ans, en 1826, le second grand prix de 
l'Institut. De son long séjour au Conservatoire, 
Bienaimé avait gardé et transmettait à ses élèves 
un vif sentiment de reconnaissance pour Cheru- 
bini, une profonde admiration pour le composi- 
teur et une grande estime pour l'homme. L'au- 
teur de celte notice, qui fut son élève, se rap- 
pelle encore avec quelle animation indignée 
Bienaimé comparait cette direction si sévère et 
.si impartiale à celle qui suivit, et les résultats 
produits par ces deux systèmes d'instruction. Au 



milieu de ses leçons, Bienaimé avait trouvé le 
temps de composer plusieurs messes solennelles 
à grand orchestre-, il laisse, publiés ou inédits, 
de nombreux morceaux, tant de musique reli- 
gieuse que de salon ou de concert, parmi lesquels 
plusieurs furent exécutés aux concerts du Con- 
servatoire, que Bienaimé contribua à fonder, ou 
aux séances publiques de la Société philotech- 
niques et delà Société libre des beaux-arts, dont 
il était membre. Il ay.iit entrepris dans les der- 
niers temps une longue étude qui reste malheu- 
reusement inachevée sur l'Histoire du piano 
depuis son origine jusqu'à nos jours; mais 
sou ouvrage le plus considérable est l'École de 
l'harmonie moderne , traité complet de la 
théorie et de la pratique de cette science de- 
puis ses notions les plus élémentaires jusqu'à 
ses derniers développements (3 vol. grand 
in 8", Paris, Harand, 1863). Il avait mis vingt 
ans à composer ce vaste travail, qui restera le 
témoignage le plus sérieux de son solide savoir. 

Ad. J — N. 

BIFETTO (Francesco), musicien italien, né 
à Bergame dans la première moilié du seizième 
siècle, a publié le recueil suivant : Madrigali 
a Quattro roci,7iovamente postiin lace. Libro 
primo (Venise, Gardano, 1547). 

BIGl ( ), est auteur d'un écrit sur 

Claude Merulo et les organistes de son temps : 
Di Claudio Merulo da Correggio, principe 
dei contrappuntisti, e degli organisti del XVI 
secolo (Parme, 1861, avec portrait). 

BIGLIAIM (ViNCENzo), prêtre et composi- 
teur italien, né à Alexandrie en 1801, mourut 
à Turin au mois d'août 1870. Il avait fait de bon- 
nes études au séminaire de sa ville natale, et, 
avant de prendre les ordres, avait été professeur 
de rhétorique dans un collège et professeur de 
littérature à l'Académie militaiie de Turin, dont 
il devint plus tard le chapelain tout en conser- 
vant sou cours. Bigliani avait étudié la musique 
dans sa jeunesse, et ne cessa de la cultiver jus- 
qu'à sa mort; il se fit connaître comme compo- 
siteur, surtout dans le genre sacré, et l'on cite 
parmi se.s œuvres une messe funèbre à 3 voix 
d'hommes avec accompagnement d'orchestre, 
une ode lyrique intitulée la Gnerra, quelques 
Canti Urico-morali, et plusieurs quatuors. On 
doit aussi à Bigliani, qui fut l'un des collabora- 
teurs àii\AGazzctta musicale de Milan, un pe- 
tit livre intitulé la Messa in musica (l'iorence, 
1872). 

BIGXAMi ( ), compositeur italien, a 

fait leprésenter sur le théâtre Paganini, de Gênes, 
au mois de novembre 1872, un opéra intitulé 
Anna Rasa. 



90 



BIGNON 



BILLEMA 



BIGiXOX (Locis), organiste, né à Paris le 
12 juillet 1827, est mort à Marseille vers la fin 
de l'année 187i. Il apprit la musique à la maî- 
trise de Notre-Dame de Paris, où il était enfant 
de chœur, et reçut des leçons d'orgue de M. Dan- 
jou. En 1847, il fut jugé assez habile pour 
suppléer son maître à Saint-Eustache, pendant 
un long voyage que M. Danjou fit en Italie, dans 
le but de recueillir des documents sur l'histoire 
de la musique. Lonis Bignon avait été également 
organiste suppléant à Notre-Dame. En octobre 
18i7, il vint se fixer à Marseille et fut peu de 
temps après nommé organiste de l'église Notre- 
Dame-dii-Mont. En 1859, une classe d'harmonie 
ayant été créée au Conservatoire de Marseille, il 
fut appelé à la diriger. Il a conservé ces fonctions 
jusqu'à sa mort. On a de cet artiste une Mé- 
thode pratique d' accompagnement du plain- 
chant, éditée par Bianchet, à Paris , un rra»7é 
d'harmonie à l'usage de ses élèves, qui n'a 
pas été publié et qui est conçu d'après le sys- 
tème de Fétis, des leçons à réaliser, etc. 

Al. R— d. 

lîIGOXGIARl (Marco), compositeur, né à 
Lucques au commencement du dix-septième siè- 
cle, fut maiire de chapelle de l'église collégiale 
de San Michèle inforo. On connaît de lui une 
messe à huit voix, et deux actions dramatiques 
composées en 1654 et 1657 et représentées à 
l'occasion de la fête des Comices. Cet artiste 
mourut en 1080. 

BIGOIVGIAIll (Le P. Giovanni), probable- 
ment frère du précédent, né dans le même temps 
à Lucques, fut maître de chapelle de l'archevê- 
ché de cette ville, où il mourut en 1692. On n'a 
connaissance d'aucune composition sortie de sa 
lilume. 

UIHARI (Jean), violoniste tsigane, de Hon- 
grie, naquit en 1769, à Gross-Abonz, dans le 
comté de Presbourg. C'est un des instrumentis- 
tes les plus habiles qui aient existé dans ce genre. 
La bande musicale qu'il avait formée a eu grande 
réputation, et n'a guère été surpassée. Bihari est 
mort en 1828 à Pesth, oii l'on conserve au mu- 
sée son portrait et son violon. Y. 

BILBERGFl (Jean), écrivain Scandinave, 
naquit à MarienstadI, en Suède, et mourut à 
Strœgnœs, en 1717. On a de lui un ouvrage in- 
titulé : De orchestra (Upsal, 1685). Y. 

BILETTA (Emanuele), compositeur italien, 
est né à Casai, dans la province de Montferrat, 
le 20 décembre 1825. Pour premier maître il eut 
son père, et à quatorze ans il était déjà pianiste 
assez habile pour se faire entendre en public avec 
succès. Il étudia ensuite l'harmonie et le contre- 
point avec M. Turina, élève lui-même de Reicha, 



et avant d'avoir atteint sa dix-huitième année il 
avait écrit des messes, diverses autres compo- 
sitions religieuses et des pièces de musique ins- 
trumentale. Il alla passer alors trois années à 
Bologne , oii il eut le bonheur de recevoir des 
conseils de Rossini, et où, au milieu d'autres 
compositions, il écrivit un opéra, Marco Vis- 
conti, qui ne fut point représenté, et un Salve 
Regina à quatre voix, avec chœur, qui fut très- 
bien accueilli , et qui lui valut le diplôme de 
membre de la Société philharmonique de Bolo- 
gne. M. Biletta quitta cette ville pour venir à Pa- 
ris, y publia un assez grand nombre de mor- 
ceaux de piano, puis partit pour Londres, où 
l'appelait un engagement de compositeur de bal- 
lets pour le théâtre Covent-Garden (1848). Il 
écrivit en effet, en cette ville, la musique de deux 
grands ballets : les Cinq Sens et la Lutine, et 
celle d'un opéra intitulé White Magie [la Ma- 
gic blanche), qui fut chantée par la célèbre 
M^^Louisa Pyne, miss Suzanne Pyne, MM. Har- 
risson et Waiss. 

De retour en Italie au bout de quelques an- 
nées, M. Biletta donnait au théâtre ducal de 
Parme son second opéi-a, l'Abbazia di Kelso 
(1853); il revenait ensuite à Paris, faisait repré- 
senter à l'Opéra un ouvrage en deux actes, la 
Rose de Florence (1856), puis retournait à Lon- 
dres pour y faire représenter une opérette inti- 
tulée Caiight and Caged (1859). Je crois que 
depuis lors cet artiste s'est fixé en cette ville, où 
il s'est livré à l'enseignement et où il a publié une 
Méthode de chant dont on dit beaucoup de 
bien. T.L Biletta a composé plus de trois cents 
œuvres de tout genre : ouvertures, morceaux de 
piano, canzonettes, airs, madrigaux, pièces à une, 
deux, trois et quatre voix, etc. 

Au mois de septembre 1375, on a donné à Flo- 
rence une version italienne de l'ouvrage que 
M. Biletta avait fait représenter naguère à Paris, 
la Rose de Florence, avec MM. Roger et Bonne- 
trée pour principaux interprètes. Cette traduction 
a obtenu un très-grand succès, et M. Biletta, en- 
couragé par ce résultat, s'est mis aussitôt à écrire 
un nouvel opéra, qui doit être prochainement 
représenté. Cet artiste a publié, tant à Paris 
qu'à Londres et à Milan, toute une collection de 
mélodies vocales qui se font remarquer par l'é- 
légance de la forme et le tour plein de charme 
de l'idée musicale. 

BILLEMA (Raphaël et Charles), pianistes 
et compositeurs, fils d'un musicien napolitain et 
tous deux nés à Naples, vinrent fort jeunes se 
fixer en Francs, où ils publièrent un grand nom- 
bre de compositions pour le piano à deux, à 
quatre et à six mains, qu'ils écrivaient la plu- 



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BILLEMA — BINGHAM 



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part du