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q e^ 



LES VILLES D^ART CÉLÈBRES 



BRUXELLES 







A C-. ^ 



\ r^ME: r/\o "^ ( 



MÊME COLLECTION 



Avignon et le Comtat Venaissin, par 

André Hali.ays, lij gravures. 

Bàle. Berne et Genève, par Antoine 
Sainte-Marie Perrin, 115 gravures. 

Blois. Chambord et les Châteaux du 

Blésois. par Fornand Bournon. 101 grav. 

Bologne, par Pierre de Bouchaud, 124 gra- 
vures. 
Bordeaux, par Ch. Savmer. 112 gravures. 

Bruges et Ypres, par Henri Hymans, 
I \t gravures. 

Bruxelles, par Henri Hymans, 139 grav. 

Caen et Bayeux. par H . Prentout, i 08 grav. 

Carthage. Timgad, Tébessa et les villes 
antiijues de l'Alrique du Nord, par René 
Cagnat, de l'Institut. 110 grav. 

Cologne, par Louis Réau, 127 gravures. 

Constantinople.parH.BARTH, 103 gravures. 

Cordoue et Grenade, par Ch.-E. Schmidt, 

97 gravures. 

Cracovie, par Marie AnnedeBovET, 118 gr. 

Dijon et Beaune, par A. Kleinclausz, 

1 19 gravures. 

Florence, par Emile Gebhart, de l'Acadé- 
mie Française, 176 gravures. 

Fontainebleau, par Louis Dimier, 109 gra- 
vures. 

Gand et Tournai, par Henri Hymans, 

120 gravures. 

Gènes, par Jean de Foville, 130 gravures. 

Grenoble et Vienne, par Marcel Rey- 
MOND, 1 18 gravures. 

Le Caire, par Gaston Migeon, 133 gravures. 

Milan, par Pierre-Gauthiez, 109 gravures. 

Moscou, par Louis Léger, de l'Institut, 
93 gravures. 

Munich, par Jean Chanta voine, 134 grav. 
Nancy, par André Hallays, 118 gravures. 



Nimes. Arles, Orange, par Roger Peyre, 

88 gravures. 

Nuremberg, par P.-J. Rée, 109 gravures. 

Oxford et Cambridge, par Joseph Aynard, 

92 gravures. 

Padoue et Vérone, par Roger Peyre, 

128 gravures. 

Palerme et Syracuse, par Charles Diehl, 

129 gravures. 

Paris, par Georges Riat, 150 gravures. 
Poitiers et Angoulème, par H. Labbé 
de la Mauvinière, 113 gravures. 

Pompéi (Histoire — Vie privée), par Henry 
Thédenat, de l'Institut, 123 gravures. 

Pompéi (Vie publique), par Henry Théde- 
nat, de l'Institut, 77 gravures. 

Prague, par Louis Léger, de l'Institut, 
m gravures. 

Ravenne, par Charles Diehl, 133 gravures. 

Rome (L'Antiquité), par Emile Bertaux, 
136 gravures. 

Rome (Des catacombes à Jules II), par Énaile 
Bertaux, no gravures. 

Rome (De Jules II à nos jours), par Emile 
Bertaux, 100 gravures. 

Rouen, par Camille Enlart, 108 gravures. 

Séville, par Ch.-Eug. Schmidt, i i i gravures. 

Strasbourg, par Henri Welschinger, de 
rinstitut, 117 gravures. 

Tours et les Châteaux de Touraine, 

par Paul Vitry, 107 gravures. 

Troyes et Provins, par L. Morel-Payen, 
I2u grav. 

Tunis et Kairouan. par Henri Saladin, 

no gravures. 

Venise, par Pierre Gusman, 130 gravures. 

Versailles, par André Pératé, 149 grav. 



E V U E L- X . IMPRIMERIE Cil. H E R I S S E Y , PAUL H E R I S S E Y , S U C C ' 



''ï////y 



'L es Villes d'Ar/ cela 

BRUXELLES 



i^ é'^ 



HENRI HYMAXS 



CONSERVATEUR HONORAIRE DE LA BIELIOTHEQ^UE ROYALE DE BRUXELLES 

MEMBRE DE l'aCADEMIE ROYALE DE BELGIQ^UE 

CORRESPONDANT DE LISSTITUT DE FRANCE 



Ouvrage orné de 139 gravures 



PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD, H. LAURENS, ÉDITEUR 

6, RUE DE TOURNON, 6 



, 1 9 I o 

Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays 



'^i; 



fw., ^ -, (f'' ]•. ^ 







A SON ALTESSE ROYALE 

MADAME LA COMTESSE DE FLANDRE, 

qui a daigné lui en donner la gracieuse autorisation, 
ce livre est respectueusement dédié 



PAR l'Auteur 




i'iioto .\.-urile 



Vue générale. 



BRUXELLES 



CHAPITRE PREMIER 

' APERÇU GÉNÉRAL 



Population. — Vestiges de la première enceinte. — Les boulevards intérieurs. — Le 
monument Anspach. — Quartiers du centre. — Le bombardement de 1695 et ses 
conséciuences. — Caractère particulier de l'architecture bruxelloise ancienne. — La 
Grand'place et ses environs. — L'église Saint-Nicolas. 

Xi le chiffre de sa population, ni l'étendue de son territoire ne font de 
la capitale de la Belgique un des grands centres européens ; elle comjite. 
en re\'anche. parmi les cités les plus riantes et les plus fréquentées. A une 
situation avantageuse, elle joint l'attrait de belles ])romenades, de majes- 
tueux édifices, de précieuses collections artisticj^ues et scientifiques, titres 
d'ailleurs reconnus à la faveur des étrangers, que charme surtout son 
éléo'ance. 



BRUXKLLES 



On l'a définie, non sans exactitude, comme « une petite ville prison- 
nière d'une grande. » Et cela est. ma foi. 

Knserrée de toutes parts dans ses poi)uleux faubourg-s, dont aucune 
limite ai^ixarente ne la sépare. liruxelles forme, avec eux. une agglomé- 
ration de quelque 600 .000 
âmes. Comme ville, pro- 
I)rement dite, elle en 
compte moins de 200.000. 
Anomalie d'autant plus 
singulière que, depuis 
])lus de cent ans, déjà, 
elle a vu niveler ses rem- 
l)arts et que s'il lui reste 
une porte, . c'est à titre 
]Hirement décoratif. La 
Porte de Hal, limite de 
la ville vers le midi est, 
à proprement parler, le 
dernier vestige de l'en- 
ceinte de 1379. suivie 
d'une manière très pré- 
cise, dans son tracé ac- 
tuel , par la ligne des 
boulevards de ceinture, 
décrétée par Napoléon, 
en 18 10 

De la primitive en- 
ceinte, celle du xr siècle, 
de 1040, exactement, des 
restes curieux ont sur- 
vécu. Perdus dans le 
fouillis des constructions 
parasites, ils se signalent, de loin en loin, à la faveur de quelque 
démolition. C'est ainsi notam-ment que se révéla l'ancienne « Tour Noire », 
dans le voisinage de la première église Sainte-Catherine. Type intéressant 
d'architecture militaire du moyen âge, restaurée aux frais de la ville en 
1895, la vénérable construction est à deux étages, pourvus de créneaux et 
sommée d'un toit conique. Elle mérite l'attention des archéologues. 

Faisant partie, toujours, delà même ligne de défense, subsiste, au fond 




La (t Tour noire », vestige de la première enceinte. 



APERÇL' GENERAL 5 

d'une cour de la rue Steenpoorte n" 6. et dans un état de conservation très 
remarquable, le plus complet des témoins de cette période reculée. C"est 
une tour, plus exactement un donjon ayant, jusqu'au milieu du XViii'' siè- 
cle, pu servir de geôle. Il y a peu de temps, elle était encore occupée par de 
nombreux ménages. La prodigieuse épaisseur de ses murs en explique 
la survivance. C'est là. prétend la tradition, que fut incarcéré, en 171Q, 
le doyen de corporation François Anneesens. tribun popidaire c[ui. sous 







^ 


4 



Tour de k première enceinte. Rue Steenpoorte n'" 6. 



le régime autrichien, expia sur l'échafaud son énergique revendication 
du privilège des métiers. Les fenêtres ogivales, éclairant la vieille con.s- 
truction. offrent cet intérêt particulier d'être, suivant les archéologues, 
les plus anciens échantillons du style exiscant en Belgique. 

L'agrandissement de Bruxelles au xiv- siècle, eut pour conséquence 
de receler la limite de la ville jusqu'à la Porte de Hal. c'est-à-dire d'éten- 
dre le territoire urbain vers le sud. de tout le rayon de l'actuelle rue Haute, 
la plus populeuse des artères de la capitale. Sous Charles-Ouint. il fut 
question, un moment, de le restreindre dans un intérêt stratégique». 

^ La superficie de Bruxelles, au moyen âge. était d'un peu plus de 877 hectares; les 
dernières extensions la portent à 1071 hectares, à peine. 



5 ]U<UX ELLES 

].es villes i)orcU'nl le \)\u> souvent en caractère jjittoresque ce qu'elles 
o•a^•nent en importance monumentale. Bruxelles, mieux (juc la plupart 
des cai)itales. eu é^ard aux circonstances qui ])rcsi(lcrent et i)résident 
encore à ses transformations, n'est pas sans avoir -ar.lc l"em])reinte de 
son i)assé liistori([ue. De là un cachet très jjarticulicr et. nous le croyons, 
en l)onne partie son attirance. Peu de villes, en effet, imi)ressionnent 

])ar une ])lus aL4"réa1)le 
diversité dans la ])]iysio- 
nomie de leurs rues, une 
plus complète absence de 
lKinalit('' dans le type des 
constructions privées. En 
général d'une hauteur 
modérée, celles-ci .se pro- 
l)ortionncnt à la largeur 
des rues, et tandis que 
la remarquable différence 
des niveaux permet à 
l'œil d'embrasser, par en- 
droits, de lointaines pers- 
pectives , Ton aime à 
constater la netteté avec 
laquelle s'accusent, dans 
les façades, les courants 
successifs du g-oût. De la 
fusion de ces éléments 
résulte, à défaut tou^'ours 
d'un caractère imposant, 
l'absence de la froideur 
engendrée, si fréquem- 
ment, dans les grandes capitales, par la prédominance d'un style imposé. 
Les architectes belges ont fait preuve cVinitiative. On peut les en louer. 




Huulu .Nruiilei... 

Vue des canaux de la Senne avant 1 867 (d'après Van Mœr) . 



Bruxelles a un passé lointain et considérable. 11 suffirait pour l'attester 
de son magnifique Hôtel de Ville et de son imposante Collégiale des Saints 
Michel et Cîudule. Résidence fréquente des ducs de Bral)ant, puis des 
ducs de ])Ourgogne; devenue sous Charles-Ouint la capitale des Pays-Bas, 
elle était de la ])art de l'iimjiereur, jjelge de naissance, rol)jet d'une pré- 
dilection ])articulière. Aussi lui donna-t-il la préférence j^our l'accom- 



A P E R c; L' G E X I-: R A T. 



plissement (le l'acte mémorable de son abdication, en 15.55. I^'ir l^i- suite 
y séjournèrent fréquemment les prin("es de la maison d'Autriche. Phi- 
lippe II. les arcliidui-s Albert et Isabelle, enfin, jusqu'à la conquête fran- 
çaise, les gouverneurs généraux. 

Au XVI'' siècle, on la surnommait la -<: Xoble », et (_iuichardin. écrivant, 
en 1567. sa Desci'iptioii des Pays-Bas. la signalait comme un lieu 
digne de la demeure et rési- 
dence d'un grand monarque. 
« On y voit, disait-il, une mul- 
titude de seigneurs, de hauts 
potentats, de gens nobles qui. 
de leur présence et de leurs 
carrosses servent d'ornement 
à la ville. » Les plans du 
XVII'' siècle la montrent ayant 
des rues spacieuses et régu- 
lières, des carrefours ornés de 
fontaines . circonstance qui 
laissait rarement de charmer 
les voyageurs. 

Fojitii/ni copia, cœli 
amœnitatc et œdificioruni 
splendore nobilissinia; ainsi 
s'expriment, à son sujet, 
d'anciens auteurs. L'œil y était 
réjoui, en outre, par les jar- 
dins ombreux environncuit les 
demeures. 

La Senne, un affluent de 
l'Escaut. }' décrivait des 
méandres aujourd'hui voûtés, 
mais dont peuvent se souvenir encore les vieux Bruxellois. 

Gn se rend facilement compte de la physionomie du Bruxelles d'alors 
par une série de peintures de l'Hôtel de Ville et par un ensemble de des- 
sins appartenant au Musée communal, qui lui fait face. Ces œuvres, de 
remarquable précision, ont pour auteur un peintre bruxellois de beau- 
coup de talent. J. B. \^an 3loer (1819-1884J. 

Mais la pénétration de la Senne en ville constituait en fait une terrible 
gène. Les crues d'une rivière sans aucune valeur pour la navigation, 




Vue des canaux de la Senne avant 1867. 
(D'après Van Mcer). 



8 BRUXHl.LHS 

occasionnaieiU ])ar monKMils. de véritables désastres. De plus, les canaux 
enserrant Tile Saint-déry. ])erceau de la cité, étaient d'infâmes cloaques; 
il fallait, à tout })rix. ])orter remède à un état de choses également 
préjudiciable à la santé et aux intérêts de la population L'idée de voûter 
la Senne, souvent considérée, entra dans les voies de la réalisation, 
]tre>^iiue au lendemain de l'avènement du roi l.éopold 11, ])rince cjuc l'his- 
toire surnommera le « Bâtisseur ». Knero-iquement ]joursuivie sous 
l'administration du bourgmestre Anspach. l'œuvre, entamée en 1867, fut 




l'hoto Neurdein. 



Le Boulevard Anspach. 



accomplie en un temi)s relativement court, eu égard à l'immensité de 
l'entreprise. Il suffit de sept années pour la mener à bien. 

Traversant la ville dans toute son étendue, du nord au sud. la voie 
grandiose qui venait d'être créée mettait en communication directe les 
deux gares principales de la ville, faisant circuler l'air et la lumière dans 
des milieux jusqu'alors absolument déshérités. 

Rendez-vous des flâneurs autant que des hommes d'affaires, les boule- 
vards du centre contribuent d'une manière puissante à la splendeur de 
Bruxelles. La circulation y est intense et la physionomie même des pas- 
sants impressionne par son caractère de variété. L'on a l'illusion de la 
rencontre, en cet endroit, de gens venus des points les plus opposés 
de 1 Europe en quête de plaisirs ou amenés par leurs affaires, soucieux 



APERÇU GÉNÉRAL 



de profiter des ressources de la capitale à l'un et à l'autre pt^int de vue. 

La A'ille n'envisao;eait ])oint la seules utilité. Mue par le désir de don- 
ner un caractère monumental à la voie qu'elle venait de créer, elle ins- 
crivit à son budget une sommes de iio.ooo francs, destinée à être répartie 
entre les auteurs des plus 
belles façades érigées sur 
les nouveaux boulevards . 
De là , naquirent des 
constructions vraiment 
remarquables. La pre- 
mière prime échut à Tar- 
chitecte Henri Beyaert 
(1823-1894 , auteur de la 
maison n'' i . boulevard 
du Xord. La seconde et 
la troisième primes fu- 
rent attribuées à ^L Emile 
Janlet. 

Cette même époque 
(1876] vit s'élever la 
Bourse, œuvre de M. 
Léon Suys. imposant en- 
semble architectural, à 
front du boulevard Ans- 
pach et dont la somptuo- 
sité décorative exigea 
l'intervention de nom- 
breux statuaires belges 
et étrangers dont Carrier- 
Belleuse et Rodin . à 
l'aurore de sa réputation 
et alors fixé à Bruxelles. 

Cependant, le boulevard Central n'acquit sa physionomie définitive que 
par la disparition de l'ancienne église des Augustins. Cet édifice qui, jus- 
qu'alors, la partageait en deux tronçons était depuis longtemps, désaf- 
fecté. (3n avait fini par en faire la Poste centrale, l^rigée en 1620. sous le 
gouvernement des archiducs Albert et Isabelle, et par le plus fameux de 
leurs architectes. Wenceslas Coebergher, cette église fut transférée dans 
les quartiers nouveaux confinant à l'avenue Louise. Le monument appar- 




Maison primée, boulevard du Nord. Qvivre d'Henri lîeyaert. 



10 i;r rxi' T.T.KS 

lient à ce sl\le l)ari)([ue. caractéristi(|ii(' d'un moment où rarchitecture 
reliu'ieuse eoninit en lieloicjue une période do plus florissantes. D'après 
riiistoricn Miranis. trois cents nouvelles églises s'élevèrent sur son sol 
sous les ausjMces des pieux souverains. I )(■ là, (mi ^rande partie, la diffu- 
sion du st\le hybride dont la vogue, en i)a\ s brabançon, est restée très 
en faveur dans la décoration des églises. Romaniste décidé. Coebergher 
attacha son nom au fameux sanctuaire de X.-I). de .Montaigu. lieu de 
pèlerinage à ])eine moins fréquenté que celui de liai et auf[uel les archi- 
ducs fir(Mit de grandes libéralités. 

Donc, l'ancien u temple » des .Vugustins. comme on l'appelait, disparu, 
un vaste monument au 1)ourgmestre Anspach 1864-1879; prit sa place. 
Point de jonction des boulevards du Xord , .Vnspach et de la 
Senne, sur une base de cinq cents mètres carrés, le château d'eau s'élève 
à une hauteur de dix-huit mètres et, chose intéressante, précisément dans 
l'axe de la vSenne voûtée. 

Ce bel ensemble décoratif est l'œuvre de 31. Km. Janlet. Un obélisque 
central de marbre rouge de Norvège est surmonté dune figure de saint 
JMichel, patron de la ville, par Paul De Vigne ^1(843-1901'. Les candélabres 
du ])ourtour sont, tle même, en marbre rouge. De Aligne fournit les 
esquisses des bas-reliefs, dont la Sc/iiic capt ivc, tandis que des statues 
de femmes de grandiose allure personnifient la Pouvoir communal etlii 
Ville de Bruxelles recouiiaissj nie. Ces œuvres portent la signature 
de léminent sculpteur Julien Dillens (1849-1904' ; les Chimères entourant 
la vasque, celles de .^IM. I^raecke et De A^reese. enfin l'ornementa- 
tion en bronze est d'un excellent sculpteur français, depuis plus d'un 
demi-siècle établi en Belgique. M. Georges Houtstont. 

De ra})j;rochement si fréquemment fait de J>ruxelles avec Paris se 
motive ])ar d'autres similitudes que l'animation des boulevards du centre. 
Sans parler du luxe des étalages, du nombre et de la splendeur des 
cafés, il importe de rappeler encore les journaux presque tous rédigés en 
français, le répertoire presque exclusivement français, aussi, des théâtres. 

Est-ce à dire que P)ruxelles soit privée de toute i)h\sionomie ])ropre, 
nous pourrions dire brabançonne? Qu'on se garde de le croire. Xul n'a 
parcouru les villes importantes de l'Europe centrale sans être frappé, 
à Bruxelles, du caractère fort spécial des quartiers ayant ])our centre 
l'Hôtel de Ville — cette partie de la capitale qu'on désigne couramment 
comme « le bas de la ville ». par opposition aux quartiers élevés et aristocra- 
tiques de l'est — et sans leur trouver encore une très franche couleur locale. 



APERÇU GÉNÉRAL ii 

Bien que. de jour en jour. ])lus entamé jKir les transformations, ce 
Bruxelles-là conserve une physionomie à part. Ses rues sinueuses bordées 
de façades, rarement de plus de trois étages ; étroites, et à pignons mou- 
vementés, parlent avec éloquence encore des siècles révolus, particulière- 
ment de 1 époque où la Belgique faisait partie des apanages de S. M. 
Impériale et Rcnale Apostolique. 

La libre allure des habitants, le genre assez spécial de leur commerce, 
leur façon d'être et de vivre, la prédominance du flamand dans les rela- 




l'hoto ^euidciD. 



La Bourse. 



tions. nous transportent' ici en un Bruxelles plus vivant, plus typique 
surtout, que celui des régions hautes où, dans la froide monotonie de leur 
splendeur nouvelle, s'alignent les majestueux hôtels de la noblesse et de 
la finance. 

En dehors des circonstances c[ui. par la force des choses, devaient con- 
courir à la refaçonner, au cours du xix" siècle. Bruxelles a gardé la trace 
d'événements plus graves, comme Londres se ressent encore de l'incendie 
de 1666. Lisbonne du tremblement de terre de 1755. 31oins de trente ans 
après le premier de ces désastres, au mois d'août 1695, tout le centre de 
la ville devint la proie des flammes, allumées par les bombes dirigées 
sur ses constructions par l'artillerie du maréchal de Villeroi. 

Il ne s'agissait point d'un siège — Bruxelles n'était pas en état de 



12 BRUXKLLKS 

défense — mais crune démonslralion ayant pour objet de faire diversion au 
fameux siège de Xanuir ])ar les armées du grand roi. Trois mille huit cents 
maiscms détruites ; (juatre cent soixante autres ruinées; l'Hôtel de Ville, 
à l'exception de la flèche. ])ar miracle épargnée ; la Maison du Roi 
lirùlée ; 1" 1 l('pilal. sans ])arler des églises, des (diapelles, des couvents, 
entièrement ou ]):irtiellement réduits en (^endres. tel fut le bilan de ce.s 
cruelles journées. 

La population, im])uissante à lutter contre un ennemi en quelque sorte 
invisil)le. assistait terrifiée à l'anéantissement de la partie, sinon la plus 
magnifique, du moins la \)\us prospère de l'agglomération. 

L'incendie de 1" Hôtel de \^ille fut un désastre irréparable. Alors 
périrent les précieuses peintures de Rogier van der Weyden ; la Légende 
if Hcrckciibald (Archambaud de Bourbon), et la Justice de Traj'an, 
œuvres dont s'étaient émerveillés d'anciens voyageurs; le portrait 
collectif de la magistrature de Bruxelles, cité comme une des pages les 
plus grandioses de Van Dyck; Caïubyse et le Juge prévaricateur., 
par Rubens ; bref, tout ce que recelait de précieux le palais communal. 
Nous renvovons le lecteur curieux à une série intéressante de gravures 
contemporaines signées Ant. Coppens et Rich. Van Orley. Ily pourra voir le 
déplorable état où se trouvait réduit le centre de la capitale. Des 
maisons de la Grand'Place, à peine quelques pans de murs restent debout. 
Les rues, les carrefours les plus intéressants semblent autant de terrains 
vagues. 

Maximilien-Iùnmanuel de Bavière, alors gouverneur général, prince 
belliqueux qu'on devait, par une étrange contradiction, voir bientôt 
menacer lui-même les Bruxellois d'un nouveau bombardement^, paya 
largement de sa ])ers(mne et de sa bourse pour réparer le désastre. Comme 
par enchantement, des constructions nouvelles surgirent à la place des 
anciennes et le siècle n'était point révolu que les ruines accumulées 
avaient fait place à une cité rajeunie. 

-Mais Bruxelles n'était pas une résidence royale et la faire ou plus 
grande ou plus belle réclamait une initiative c^ui ne pouvait être que celle 
du souverain, fort indifférent à ce genre de préoccupations puisqu'il s'agis- 
sait d'une cité qu'il n'avait jamais vue. On ne créa donc à Bruxelles 
aucun monument nouveau, aucune place nouvelle, aucune rue même, si 
ce n'est la très insignifiante rue de Bavière. 

Avec tout cela, la ville, en renaissant de ses cendres, avait changé 

' Ce fut en 1706. 11 exerçait alors un commandement dans Tarmée franco-espagnole 
et combattait contre rAutriche. 



APERÇU GÉNÉRAL 



13 



daspect. Aux maisons de bois qui, comme à Londres, avaient offert 
aux flammes un si facile aliment, s'étaient substituées des constructions 
de briques et de pierres. Plusieurs, à grands frais, sinon avec beaucoup 
de bonheur, mettaient en relief des architectes préoccupés tout d'abord 




Monument du bourgmestre Anspach. 



de substituer aux anciennes formules des bizarreries architecturales point 
exemptes de pittoresque, mais qu'il est difficile de ne pas signaler comme 
un amalgame des styles qui. dans les pays voisins, se disputaient la 
prééminence. 

La rue de la Madeleine, le 3Iarché aux Herbes qui la prolonge, la rue 
de la Montagne, un de ses affluents, la rue de la Violette, la Vieille 
Halle aux Blés, tout le centre, en un mot, garde de cette épcu^ue des 



i_^ BRl'XI-LLES 

façades inlininu'iU inlrrcssanles et dio-nes. rerlainement, de détourner un 
moment Tattention du ])r()]iieneur. des sdiniilueux étalao-es auxquels est 
consacré le bas de ces vénérables restes d'un jiassé ([ui. ])ientôt. ne sera 
plus qu'un souvenir. 

Bruxelles ne disi)osait, à ce moment, ([ue (Tun nomltre limité d'archi- 
tectes. Les princi])aux. Corneille van Xerven et Jean Cos\ns. concou- 
rurent activement à la réétlification de l'Hôtel de \'ille et des maisons de 
la (irand'Place, en même tenqis cjuc^ duill. de P>ru\n. lequ(4 ]jortait le 
titre d'arcliitecte municipal. 

.Ailleurs, en Belgique, les construc-tions du oenre de celles (pii nous 
occu])ent sont fort rares, ce qui d'ailleurs s'explique par les circonstances 
particulières où se trouvait Bruxelles, On y constate Tinfluence de Jean 
et davantao-e de Daniel .Marot. 

Des pilastres d'une hauteur démesurée eml)rassent les fenêtres des 
étao-es et supportent la corniche où prend naissance un pignon aux lignes 
sinueuses qui. de ressaut en ressaut, va se terminant en un petit fronton 
triano-ulaire ou cintré, quelque chose comuK^ une coiffure trop étroite 
sur une perruque tro]) grande'. 

Aux jjoints saillants, la fantaisie décorative se donne libre carrière. 
Vases, pots à feu. torchères, apparaissent à ])rofusion. tandis que les 
lucarnes des étages supérieurs, cintrées, rondes ou ovales dans les 
l)ignons. se décorent de guirlandes (m de rosaces, qu'enfin des cartels ou 
des médaillons occupent les espaces intermédiaires. 

Ces façades mouvementées, de jour en jour i)lus rares, ne manquent 
nullement d'intérêt et l'on se prend à les regretter, à la vue des choses 
l^anales c^ue le temps, servi pAV le goût médiocre des propriétaires, leur 
a trop fréquemment donné pour voisines. 

Nous verrons à la Cirand'Place les ])lus com]jlets échantillons de ce 
principe architectural, où se combinent des éléments divers raccordés de 
la manière la plus fantaisiste. 

Les constructions datées de l'année même du l)oml)ardement. ou de 
celles immédiatement subsécpientes. sont assez noml)reuses encore aux 
environs de la (Trand'lMace. \'ieille Halle aux l>lés s'en trouve un échan- 
tillon fort complet. Rue de Flandre, n" 4(1. au fond d'une cour, une façade 
de somptueuse ordonnance, datée par un chronogramme de 1697, porte la 
signature de Cosyns. Ce serait l'habitation même de l'architecte. Dans ses 
abondantes sculptures se confondent des figures allégoriques, des vases, 

' \'(iir queUiues échantillons de cette architecture dans le Vieux Bruxelles, publié 
en 1907, sous le patronag-e de la Ville et de la Société d"archéologie, intéressant album. 



APERÇU (tKXKRAL 



15 



des trophées d'armes, accompao-nant un l)uste de Bellone. Allusion, sans 
doute, au l)i)nil)ar(lement de la veille'. 

Quant aux maisons antérieures à celui-ci, leur nombre se restreint de 
jour en jour. Une maison de la rue Sainte-Catherine, n'' 26, porte la date 
de 1597. Rue des Sables, une masure est datée de 1617. Di^-ne d'atten- 
tion et bien conservée est 
la maison n" iS de la ,^lon- 
tagne de r()rat<)ire. non 
loindeSainte-Gudule. por- 
tant le millésime de 1690. 
C'est un morceau de fort 
bon goût et que son joli 
pignon ferait croire plus 
ancienne. 

De la place de Brouc- 
kère où, chose assez con- 
tradictoire, s'élève le mo- 
nument d'Anspach. celui 
de son devancier étant à 
l'autre extrémité de la 
ville, ayant gagné la 
Bourse, par la rue de ce 
nom. et la rue au Beurre 
s'ouvrant vis-à-vis, l'on 
voit à faible distance se 
profiler les maisons de la 
Grand'Place. 

x\.vant . toutefois , de 
nous engager dans la rue 
au Beurre, il convient de 
ne point laisser sans un 

coup d'œil l'église Saint-Xicolas, aujourd'hui à peine révélée de l'exté- 
rieur et dont la tour, effondrée en 17 14. avait durant plusieurs siècles, 
eu l'honneur de servir de Beffroi communal. Ue bombardement avciit 
détruit ses cloches et son carillon, réputé le ]j1us l^eau du pays. 

L'intérieur de cette église est un composé de ])lusieurs styles. IJe gro- 
tesques piliers du XYilU siècle s'y accolent au fût des colonnes ogivales, et 

1 La ville de Kru.xellcs on a fait le môtir principal de son pavillon à l'ICxposition uni- 
verselle de 1910. 




Le Marché aux Fromages. 



i6 BRUXKLLKS 

le maîlre-aulel, (ouvre li\ hride île van Xerven, que décore un tableau de 
van llelnionl. s'infléchit fortement vers la ilroite. Cette déviation voulue, 
au gré de certains archéologues, aurait pour o))jet de rai)])eler la tète pen- 
chée du Sauveur sur la Croix. 

Kffet de l'art ou non. cette irrégularité ajoute cfuelque peu à l'effet 
pittoresque. Saint-Xicolas est. à IVuxelles. du petit nombre d'églises pos- 
sédant diverses peintures de valeur. 

Dans le l^as côté droit une Chic par Herreyns. en qui s'éteint le 
dernier reflet de l'école de Rulîcns et. lui faisant face, Josiic coiiibattanl 
les Anmlccitcs. i)ar J. van Orley (1665-1735 . 

Appliquée à un pilier, en face de la porte latérale, une jolie peinture 
attribuée à Rubens, la \'icrge en prière près de V enfant Jésus endormi. 
L'original de cette délicate ])einture est dans la galerie royale de Schleis- 
sheim 'Bavière). A remarquer, un peu i)lus liant, dans ce même pilier, un 
projectile resté là depuis le boml)ardement de 1695. 

I.e coup d'œil de la drand' Place impressionne comme un décor dont 
les diverses parties s'agenceraient pour le plaisir des yeux. Indépendam- 
ment de riiôtel de ^^ille. et de la liaison du Roi ou « du Pain » réédifiée 
complètement de i88g à 1895, la place, dans son périmètre entier, rec- 
tangle d'une superficie de près de 65 ares, offre une succession de façades 
sommées de pignons dans lesquels les architectes paraissent avoir 
voulu faire assaut de fantaisie dans le caprice des lignes comme dans la 
recherche ornementale. 

] /ensemble est donc très captivant. A les analyser, ces constructions 
ne sauraient être admises comme des modèles de bon goût. La variété 
t[ui. en architecture comme en tout, constitue un élément d'intérêt, ne 
laisse d'ailleurs ])oint d'opérer dune manière avantageuse dans la remar- 
quable impression produite ici. Elle aura pour effet de désarmer la criti- 
que des puristes. Certains constructeurs nous régalent de combinaisons 
très imprévues. Le Pastorana, architecte dont on sait peu de chose, dans 
la maison dite « le Cornet « siège de la corporation des liateliers, la deu- 
xième des maisons de l'ouest de la place, vise à donner à sa façade 
l'aspect de la poupe d'un navire de guerre! On y voit jusqu'aux canons 
logés dans leurs embrasures ! 

Il importe de se souvenir des circonstancesqui présidèrent à l'édifica- 
tion de ces somptueux hjcaux, par lesquels les métiers bruxellois tenaient 
à honneur d'affirmer leur prestige. Comme le disait, en une circonstance 
mémorable, le bourgmestre de Bruxelles, M. Ch. Buis, en 1897 : « Les 



APERÇU GÉNÉRAL 17 

pierres parlent: elles racontent les souffrances, les luttes, les triomphes 
des pères. » 

Le siège de l'ancienne gilde de Saint-Sébastien, ou des Archers, la 
« Louve » — la louve romaine est sculptée au-dessus du porche. — se cou- 
ronne fièrement de la figure du Phénix, avec les mots : Comhiista, itisi- 
gui'or rcsitrrcxi '. \nce\-id\ee le 11 octol)re 1690 et. dès l'année suivante 
réédifiée; ruinée par le bombardement de 1695. la Louve renaissait, pour 
la seconde fois, de ses cendres, en 1696! La plupart des autres construc- 




Un des aspects de la Grand'Place ^côté est) 



tions pourraient en dire autant : toutes avaient sul)i le même sort en 1695. 
Toutes avaient péri dans le cataclysme. 

C'est à l'architecte Guillaume de Bruyn. mort en 1719. au service de 
la ville, ciu'on doit la plupart des maisons actuelles de la Grand'Place. De 
lui serait la vaste construction occupant tout le côté est et aux dix-neut 
pilastres de laquelle s'adossent les bustes des ducs de Brabant, de 
Henri II. à Charles II d'Espagne. Au fronton c[ui couronne la façade, 
un bas-relief non dénué de mérite, la Paix raïuciiaiit l'A boiu/aiice par 
le Coinnierce et l' Industrie. 

La rangée de façades sur l'alignement et à la droite la gauche du 
spectateur), du palais communal, comprend la jolie maison des Brasseurs, 



,8 HRUXKLl.KS 

autre création de de |-.ru\ n. où, couronnant le pignon, figure la statue 
équestre de Charles de l.orraine, production moderne, du sculpteur 
Joseph Jaquet (1822-1898), remplaçant une ])r('mière statue du même 
prince, descendue ].endant la période réi)ul)li(aine. l'récédemment. sur 
ce même piédestal, avait Hguré la statue équestre de Maximilien 
Emmanuel de P.avièrc. ].ar .Marc Devos. image (|ue les Bruxellois rem- 




l'Iiulu Kcurdein. 

Aspect de la Grand' Place. Maisons du Cornet, du Phénix, de la Louve, etc. 

placèrent en 1752 par celle, prérappelée, du lieutenant de Marie-Thérèse, 
très populaire dans les Pays-Bas. 

Disons en passant que si rien n'a suljsistéde la statue primitive, son 
modèle réduit, figure au Musée National de Munich et porte l'inscription : 

DVX baVarLi: brVXf,!J:exsIVM saLVS 



rappelant la sollicitude de l'Électeur pour les Bruxellois si éprouvés la 
veille. La dernière maison de cette rangée, la maison de l'Etoile, suppri- 



APERÇU GÉNÉRAI. 



^9 



mée en 1850 pour rélaroissement de la rue qu'elle ])()rne et qui alors était 
le chemin le plus direct vers la gare du Midi, a été depuis réédifiée. Le 
rez-de-chaussée en portique est décoré dun bas-relief en bronze hom- 
mage au bourgmestre Buis, pour rappeler le zèle déployé par ce magis- 
trat pour la reconstitution de la Grand' Place. 

Dans le langage populaire toutes les maisons de la place conservent 
leur dénomination ancienne. Au « Renard » que décorent de jolies sculp- 
tures de Marc de Vos. un nom prédestiné. Vos voulant dire Renard, en 






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Fholo Keucdeia 

Côté sud de ia Grand'Place. Maison des Brasseurs, maison de TÉtoile. etc. 



flamand, confine « le Cornet >-. suivi de la « Louve » à laquelle s'appuie 
le « Sac » daté de 1697. œuvre de l'architecte .Merx, puis la « Brouette ». 
dont la façade est décorée du médaillon classique de Fust. Schœflfer et 
Gutenberg, les pères de l'imprimerie, enfin le « Roi d h.spagne » ou 
maison des Boulangers, réédifiée au cours des dernières années du 
XIX® siècle d'après les plans anciens de Cos\ ns. 

Faisant face à l'Hôtel de Ville, la rangée des maisons partant de la 
rue de la Colline, n'" 20-28, reconstitue la place, non point telle qu'elle 
fut. mais telle qu'elle devait être, attendu ([ue les constructions qui rem- 
placent aujourd'hui les dernières façades de la rangée ont été textuelle- 
ment refaites d'après les plans anciens. On a peine à se rendre compte 
d'une absence aussi totale de sens esthétique que celle dont firent 



20 l'.krXl'LLES 

preuve les possesseurs de ces maisons, lesquels, aussi, mirent une 
mauvaise o-ràce insigne a ])ermeUre a la municipalité de restaurer, à ses 
frais, leurs immeubles. C""est au n" 27. avant-dernière maison de la ran- 
gée, que logea Victor Hugo, en arrivant à liruxcllcscn iSsi l ne inscrip- 
tion, à la façade, à la hauteur (.lu deuxième étage en commémore le sou- 
venir; la maison s"a])])elait la c 'L"aui)e)). La maison contiguè, le n" 28, 
dénommée « le Pigeon ». servit de local au serment des arbalétriers, au 
XVI' siècle. aj)rès avoir été le lieu de réunion de la chambre des peintres. 

Centre historique de la cai)itale, la drand" Place en est restée le 
centre de vie ])oi)ulaire. l'"aut-il rai)])eler que c'est ici que montèrent 
sur l'écliafaud les nobles victimes de la tyrannie espagnole, d'Egmont et 
de llornes (5 juin 1568}: ici encore ([ue fut décapité le doyen Anneesens, 
dont la statue se dresse à front du l)oulevard du llainaut, à la i)lace por- 
tant aujourd'hui son nom. ("est à Tllôtel de X'ille que flotta d'abord, le 
2b août 1830, le drapeau aux couleurs brabançonnes, symbole de l'indé- 
pendance nationale, qu'enfin, le iq août i88-|., fut scellée la réconciliation 
des souverains de la Hollande et de la Belgique, rai)prochés dès long- 
temps par l)ien tles souvenirs communs. 

Plus de cent sociétés ont leur siège social aux divers étages des 
anciennes maisons corporatives entourant la place. Ijeaucoup s'y con- 
sacrent à la culture de la musique, et c'est un spectacle inoubliable, 
certes, que celui de la vitalité de ces associations de tout genre venant 
le soir, après avoir débattu leurs intérêts matériels, répéter les morceaux 
d'harmonie (}ui. demain, auront ])our effet d'enrichir de nouvelles 
médailles la liam])edéjà si rich.e de leur superlje bannière. 

L'éclairage de la i)lace est ])resligieux ; sans parler de l'aljondance des 
lumières projetées par les façades des maisons illuminées à tous les 
étages, c'est chose à signaler comme tout à fait heureuse que l'effet dune 
couple de i)uissantes lampes à arc suspendues à des fils invisibles tendus 
à travers la i)lace. Leur clarté suffit à tout ce que l'on peut attendre 
d'un éclairaii'e artificiel. 




L"Hôtel de Ville. La salle Maximilicnne. 



CHAPITRE II 



L'HOTEL DE VILLE 



Phulo NcuiMeiu. 



L'Hôtel de Ville dont la flèche élég-ante émerge, triomphalement, en 
vingt endroits, des lointaines perspectives, se détache en puissant relief 
de son prestigieux entourage. Les siècles ne nous Tout pas transmis 
intact et si. dans sa ligne générale, l'on voit revivre son aspect d'antan, 
ses détails, ainsi que sa distribution intérieure sont de date relativement 
récente. Nous avons dit ce qu"il eut à souffrir du bombardement de 
1695. 

Sans autrement la connaître que par les estampes ou les photogra- 
phies, on sait que la façade se divise en deux parties inégales : que la 
tour n'en occupe pas le centre, et qu'inégaux, aussi, dans leur dévelop- 
pement, les deux côtés le sont de même dans leur disjjosition architec- 
turale et décorative. 

La partie la plus développée, la partie est, celle qui, de la rue Charles- 
Buis, se prolonge jusqu'à la tour, serait, dit-on, la plus ancienne. On en 



y 



22 lîK rxin.LKS 

fixe le comnienrcinent aux premières années du X\" siècle, exactement 
à l'année 1402. Tandis que. de ce côté, les arcades du porticjue inférieur, 
comme les fenêtres du second étage sont ogivales, les baies du pre- 
mier étage sont rectangulaires, chose peu fréquente dans les construc- 
tions de l'époque. 

Kntre le premier et le second étage, toute cette ])artie de la façade est 




t^liuto Kfurclein. 



La Grand'Place un matin de jour de fête. 



décorée d'une ligne ininterrompue de statuettes, occupant des niches 
pourvues de ])inacles à crochets, l.es intervalles des fenêtres sont, en 
outre, à cliaque étage, occu])és par des statues isolées ou conjuguées. 
Cette décoration sculpturale s'étend aux étages inférieurs de la tour, 
laquelle se trouve ainsi faire corps avec l'aile droite. 

Que telle ait été originairement la physionomie de l'édifice, il est per- 
mis d'en douter. Sa plus ancienne représentation, à notre connaissance, 
une gravure de 1565. signée Melchizédecli von Hooren. en diffère sensi- 
blement. On n'y voit pas les niches à baldaquins, et les fenêtres des deux 
moitiés de la façade sont identiquement cintrées et de hauteur égale, à 



T/HOÏKL DE VILLE 



23 



ceci près que, dans laile droite, le tympan des fenêtres, ogivales au pre- 
mier étap'e. est aveuode. 




L'Hôtel de Ville. 



De ce côté comme de l'autre, l'intervalle entre les étages se trouve 
réduit à tout l'espace aujourd'hui occupé par les statuettes. La gravure 
prérappelée est des plus rares. Elle ne se révéla que bien des années après 



21 BRUXr.LLES 

la reslauralion de l'Ilôlcl cU' X'illc ].e toit y est ])()urvu d'iiii crètage trè- 
fle ].e cadran occupe sa i)lace actuelle dans la tcnirelle est. 11 }' figura 
dès Tanné 1441 . 

Outre l'inéo-alité des deux parties de la façade, une seconde ano- 
malie se constate : le jiortail n'est ])as dans Taxe de la tour. On a cru 
devoir attrilnier cette bizarrerie au désir d'accroître la force de résistance 
delà construction. Il ne nous ai)])artient pas de résoudre le problème. 
Bornons-nou.s à constater c{ue le i:)ortail est ])ar lui-même fort remarquable. 
J.es statues qui le décorent, supportées par des consoles intéressantes, 
représentent les saints patrons des gildes bruxelloises : saint Christophe, 
saint Micliel, saint (leorges et saint J^loi. Ces statues sont modernes; 
elles ont pour auteur l'aul P>ouré (1823-1848). 

Plus sobrement ])our\-ue de sculptures c[ue l'aile droite, l'aile gauche 
en diffère par le noml)re et la forme des fenêtres, indistinctement ogivales 
et cjui, ])lus élevées, nesont^ioint surmontées de statuettes. Seules, celles- 
ci encadrent les fenêtres et décorent la lourcdle d'angle ouest, vers la rue 
de la Tête-d'()r. Intéressants sont les chapiteaux des colonnes de la 
galerie inférieure. On y voit se dérouler de petits éjoisodes dont la drôlerie 
confine à la caricature 11 y a. là. par exemple, un homme amoncelant des 
sièges à cou])s de balai, allusion nullement improliable, on l'a fait 
ol)server, à quelcjue élection municipale. 

Faut-il s'expliquer par une erreur de calcul de l'architecte l'existence 
à cliacune des extrémités de l'étage, à l'aile gauche, d'une demi-fenêtre, 
constatée déjà dans l'ancienne estamj^e mentionnée plus haut? Imjiossible 
de résoudre ce problème. 

Pe toit, d'élévation anormale, est pourvu de quatre étages de lucar- 
nes, chose c[ui en réduit la disproportion apparente. 

Pa tour de l'Hôtel de Ville, avec la statue de l'archange saint 31ichel 
(|ui la couronne, atteint, dans son ensem1)le, une hauteur de 114 mètres, 
lien est d'infiniment plus hautes; on en citerait malaisément déplus 
gracieuses, d'une élégance c^ui, jointe à l'heureux raccordement de ses par- 
ties, en fait l'ensemlîle le plus parfait du genre. Elle a d'ailleurs servi de 
type à diverses constructions similaires : tour de Sainte-Gertrude, à Lou- 
vain: monument de Walter Scott, à Ediml)ourg; Hôtel de Ville à Vienne; 
monument de Léopold I" à Laeken, etc. 

Ea première pierre en fut posée le 5 mars 1449 par le jeune comte de 
Charolais, plus tard duc de Bourgogne, sous le nom de Charles le Témé- 
raire. 

Rectangulaire jusqu'au niveau de la crête du toit, la tour, est pour- 



L'HOTEL 1)1-: VILLI-: 25 

vue, à sa base, tle quatre fenêtres superposées, que surmonte une 
o-alerie à jour. Octoo-one ensuite, la construction, forme tnjis étages 
délimités ])ar tles balcons, pour s'achever en une ])\ramirle ajourée ([ue 
termine un fleuron portant la fig-ure de saint Michel. L'archang-e armé de 
toutes pièces, foule aux pieds le démon, et élève au ciel sa triom- 
phante épée. Cette statue, luiute de 5 mètres, est t(nit entière en plaques 
de cuivre dorées. Elle fut ])larée en 1455 et serait l'œuvre d'un certain 
van Rode, batteur de cuivre bruxellois. 

Les étages de la tour sont pourvus de clochetons, pinacles octogones 
raccordés au corps central par des arcs-boutants du meilleur effet. L'en- 
semble apparaît comme un prodige de construction; toute la partie ocio- 
gone repose à faux ! 

L'ascension, par un escalier de 408 marches, éclairé à la lumière 
électrique, chaque marche bordée de cuivre cannelé, est facile et 
vaut d'être faite. (.)utre que le panorama est splendide, rien n'est 
impressionnant comme l'aspect du faisceau de piliers. sui)p(jrtés par 
leur seul poids, formant la pyramide finale. 11 }' a là un tour de fijrce 
de statique et l'on frémit en songeant que non seulement le bom- 
bardement mais aussi que la foudre faillit détruire ce merveilleux 
ensemble. 

Le nom de l'architecte de l'Hôtel de Ville n'est point connu On attri- 
bue le plan général à Jacques Laureys. dit van Thienen, oudeTirlemont. 
sans doute originaire de cette ville. Il était, en 1405. directeur des tra- 
vaux de Bruxelles. Jean van Ruysbroeck -p 1485: est l'auteur de la 
flèche. La légende populaire le montre se pendant de désespoir i)our 
n'avoir su mettre la tour dans l'axe de sa constructicm. 

En franchissant le porche de l'Hôtel de Ville, on se voit malheureuse- 
ment amené à déplorer l'absence de souvenirs lointain> évoqués par l'as- 
pect extérieur de l'imposant édifice. La cour a la physionomie correcte et 
froide de quelque hôtel de préfecture. Flanquant la sortie, vers la rue de 
l'Amigo, deux figures de fleuves, fontaines sculptées en 1717. celle de 
droite par D. Plumier, celle de gauche par Hekinder. 

Dans le vestibule d'entrée, précédé d'un perron, un beau carton de tapis- 
serie attribué à Bernard van Orley, dit Bernard de Bruxelles : la Décol- 
lafioiriTc^iiînt Paul, dû à la libéralité de 3L C. L. Cardon. Au palier du 
premier étage, un ensemble de portraits assez intéressants d'anciens souve- 
rains et gouverneurs généraux : Charles II d'Espagne. rem])ereur Cluir- 
les VI, Marie-Thérèse, Joseph II, François II, Charles, duc de Lorraine et 
de Bar; Marie-Christine et son époux Albert de Saxe Teschen, Bonaparte, 



26 



13 R U X II L L E S 



])ar C. 3leynier 1 76S-1832 , ( niillaunie 1''. des Pays-Bas, en manteau 
roxal. par |. Paelinck. Dans la paierie conduisant au cabinet du l:)ouro-- 
mestre : les effig-ies de tous les princes de la maison d'Autriche, de 
Philippe le Beau, à Cliarles II, figures en pietl, fort médiocres, peintes 
en 17 18 par (irang-é, dans une riche ornementation en style de l'époque. 




l'aulo .Neurdcin. 

Portrait de Marie Ciiristine d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas. 
Peinture de THôtel de ville. 



Les salons qu'on traverse étaient affectés originairement au Conseil 
de Brabant. Leurs plafonds peints et dorés, leurs trumeaux ornés de 
glaces, leurs tapisseries de Bruxelles représentant V Intronisation de 
Philippe de Bourgogne, comme duc de Brabant, V Abdication de 
C/iarles-Qiiijit, l'Inauguration de Cliarles VI ;i7i8 , forment un 
ensemble somptueux 

I^nvisagées au point de vue du style, ces tentures, œuvres des derniers 
fabricants de tapisseries de haute lice, Urbain Leyniers et Henri Rey- 
dams, illustrent malheureusement une époque de décadence profonde de 



1/IIOTKL DK \-lLLE 



27 



l'arl flamand. X'ictor-I lonoré Janssens. rauleur des cartons la caracté- 
rise à un deg'ré non moindre. 

Dans la salle dite « 3Uiximilienne ». où la cheminée a pour décora- 
tion les profils accolés de 31aximilien d'Autriche et de .Marie de Bour- 
gogne, œuvre de A. Cluysenaar 1837-1902 , se trouventdes tapisseriesde 
la Vïc de Clovis, tissées à Bruxelles d'après les cartons de I.e B>run. 




PhuU .Ne 

Albert de Saxe Teschen. Peinture de l'Hôtel de ville. 



Dans la même salle, un retable de grande imi^ortance artistique, 
œuvre du xvi" siècle, dont la partie extérieure, en bois sculpté, doré 
et polychrome, est une merveille de délicatesse. 11 représente XiiMedi- 
la Vierge et. en divers endroits, porte d'une manière aj^parente le mot 

Détail curieux, dans la Présentation au temple, l'autel est sur- 
monté d'une petite peinture représentant le Sacrifice d'Abraham, chose 
peu fréquemment ajjerçue dans les productions du genre. 

Le bel ensemble décoratif, dont la ville de Bruxelles devint proprié- 
taire par voie d'achat, fut, selon toute apparence, créé pour la famille ita- 



28 BRUXELLES 

lienne Pensa di Mondari. à laquelle se rai^portent les armoiries, plusieurs 
fois répétées, qui le décorent. 

].a partie ]iirturale représente, outre la 1 7r de la Vierge, cmWq ûe 
saint Antoine de Padoue. ( )n y voit aussi s;!int Jérôme et, au rev^ers, 
saint Jacques et la o-énéaloi;-ie de la X'ieroc. en fij^'ures beaucoup plus 
o-randes. Si. comme on doit l'admettre, c'est d'un ])inceau bruxellois 
ciu'émanent les peintures, l'on doit sono-er aussi à Jean Scherniers, plus 
connu sous le nom de van C'oninxloo. ].a partie architecturale évoque par 
le st\le même le souvenir de cet artiste. 

I)ans la salle Maximilicnne, encore, le puldic est admis à voir la 
somptueuse orfèvrerie municipale, modelée ])ar .M Ch. van der Stappen 
et dont la jtartie décorative fut donnée ])ar Tarchitecte Jean Baes. Ce 
s])lendide surtout d"aro-ent orne, dans les orandes cérémonies, la table 
des ])anquets offerts jiar la ville. 

L'antichambre du cal)inet du l^ourg-mestre est décorée des toiles déjà 
mentionnées, de J.-IV van .Aloer 1819-1884 , représentant les C[uartiers 
de la ville disparus dans le grand travail de l'assainissement de la 
Senne. Ces peintures. remarqual)les ])ar leur valeur artistique, ne le 
sont ])as moins par leur lidélité documentaire. 

Pa salle dite « Gothicjue » remplava. en 186S. avec un avantage mar- 
(jué. une autre de la plus extraordinaire fantaisie architecturale, 

La voûte d'extrême richesse, les parois tendues de ta])isseries de haute 
lice, forment uii enseml)le de grave et noble expression. 

Les tapisseries représentent, par des figures isolées, les métiers et les 
serments de Bruxelles. KUes procèdent de la fameuse maison Braquenié 
frères, à 31alines 1875-1881 , et suivent les cartons du peintre malinois 
AV. Geets. Leur tonalité ricdie et éclatante s"ai)aisera sans doute avec le 
temps. L'artiste a fait choix, pour ses personnages, du costume du XVP 
siècle. Il a voulu ])ersonnifier la Peinture en Louis Gallait 1810-1887), 
la Science en Pierre-Joseph van Beneden, illustre paléontologiste, enfant 
de Malines. vieillard imjjosant à la l)arl)e majestueuse. 

Contiguë à la précédente, et, comme elle, décorée en un style archaïque, 
est la salle des 3lariages. LTne vaste peinture, œuvre de .^L Ch. Cardon, en 
couvre toute la paroi principale. Tenue dans une gamme claire et harmo- 
nieuse, cette allégorie s'adai)te parfaitement à sa destination. Les appliques 
de lumière, avec leur figure de saint Michel, sont d'une conception gracieuse. 

Les œuvres dart répandues dans les salles, comme dans les cabinets 
du bourgmestre et des échevins, sont, pour le passé bruxellois, des 
sources d'informations précieuses. 



L'IIOTEL DK VILLE 



29 



wSil n y a là sans doute de ([uoi (■()m])enser ([ue dans une faillie mesure 
les pertes lamental)les occasionnées par le l)onibardenient ; ce n'est 
pas sans fierté, pourtant, ([ue la r;ii)itale peut montrer l'édifice rajeuni 
que ses édiles ont. durant ])lusieurs générations, tenu à orner avec la 
splendeur digne d'une grande cité historic[ue. 

A mentionner, surtout, dans le cabinet du Ijourgmestre, un remar- 




LHôtel de ville. La salle gothique. 



quable portrait en i)ied de Bonaparte, premier Consul : dans le cabinet 
de l'échevin de l'Assistance publique, un tableau dit de Martin De 
Vos. représentant les doyens de la Confrérie de Saint-Georges age- 
nouillés devant la Vierge: dans le cabinet de l'échevin de l'Instruction 
publique, un portrait d'ensemble, par Jean van Orley. des membres 
de la gildedes Drapiers en 1699. Ailleurs, c'est le portrait collectif des 
membres du Gouvernement provisoire de 1S30. par Ch. Picqué 1799' 

1869). 

Parmi les escaliers desservant les étages, deux sont remarquables 



30 B R U X E L L E S 

par leur déroralion. <ruvre cVartisles bruxellois réputés. Sur le palier 
de l'escalier ■ des Lions ». escalier ([ui, de la place même, 
conduit à la salle des .Mariages, deux toiles de M. Kmile Wauters, 
compositions historiques, datées de 1876 et 1877 : Le duc Jcuiii I \ accor- 
(Iciiit ûi/x ho/i/'oeo/s ûSsriiil->U''s la uonii nation ilc deux bourgmestres 
(II février 1421 et la Pi-estaliou de serment de Marie de Bourgogne 
;4 juin 1477 . D'une exécution larg-e et facile, ces deux pages n'impres- 
sionnent pas moins |)ar l'éclat de leur coloris que par la vivante interpré- 




Fiiulij ^eul■cl(;ln 



L'Hôtel de Ville. L'escalier des Lions. 



tation des données. J.a seconde, surtout, appartient aux meilleures créa- 
tions du brillant artiste bruxellois. 

Le long du même escalier, l'on voit des statuettes, en albâtre, par 
yS.. G. de (jroot 1884), a3ant pour objet de perpétuer le souvenir de 
quelques Bruxellois illustres du moyen âge. Le sculpteur a tenu à leur 
donner les traits des échevins et conseillers de son propre temps. Elles en 
auront plus d'intérêt ]M)ur l'histoire de la cité. 

Lescalier d'honneur, par lequel, de la cour, on accède à la galerie pré- 
cédant la salle gothique, a. pour décoration, un ensemble de peintures 
murales créées, en 1893. par le comte Jacques de Lalaing. Du premier 
palier, la voûte de la galerie est d'effet impressionnant. 



L'HOTEL DE VILLE 



31 



L'artiste a fig-uré Saûit Miclul abritaul la ville contre les Ih'aiix 
de la peste, de la famine et de la gnerre. X<jus voyons, dans cette 
peinture, le beffroi confondant sa cime avc<- Icv miaL;'f^>^ où plane Varchancre, 




L'Hôtel de Ville. L'escalier d'honneur. 



abritant sous ses vastes ailes un peuple d'artisans et de guerriers 
massé sur les assises de la tour. 

Idée vraiment poétique, rendue, avec une expression remarquable. 

Sur les parois de la galerie et de Tescalier même, se déroulent divers 
épisodes destinés à gloritier. allégoriquement. la puissance municipale. 

Un passage souterrain, sous la Grand' Place, relie l'Hôtel de Ville à 
un imposant édifice, dont la façade, non sans quelque présomption, d'ail- 
leurs, s'oppose à la sienne. 



CHAPITRE III 

LA MAISON DU ROI. — LE MUSÉE COMMUNAL 



Orio-inairement la o Halle au Pain », cette construction nous apparaît 
sinon comme proprement moderne, du moins comme très sensiblement 
altérée dans l'aspect que lui donnent les vues anciennes; on n'y vo)^ait 
pas les triijunes oracieuses reliées à ravant-corps, ni les 1)retèches sur- 
montées du ram])anile octogone, que domine aujourd'hui une coupole 
bulbeuse. 

Remarquable par l'abondance et la richesse des détails, particulière- 
ment les jolies figures, dorées, d'hommes d'armes ornant les saillies des 
])ignqns, l'ensemble est d'un remarquable effet décoratif. Après avoir 
servi, au xv'i" siècle, de lieu d'assemblée à diverses juridictions, l'édi- 
fice, réédifié en quelque sorte, sous Charles-Quint, eut successivement 
])our architectes : Ambroise Keldermans. Louis van Bodeghem, — très 
directement associé à la construction de l'église de Brou. — van Pede. 
l'auteur de rht')tel de ville de Louvain, Dominique de Wagemakere, 
l'auteur (h' la flèche d'Anvers. 

C est à la .\lais()n du Roi que furent conduits d'Egmont et d'Hornes 
la veille de leur sujjplice. Ils n'en sortirent ([ue pour marcher à l'écha- 
faud, dressé en face. 

Restauré en 1625, sous l'infante Isabelle, l'édifice prit alors la ph}'- 
sionomieque nous lui voyons dans une gravure de Callot. Une figure delà 
Sainte \'ierge couronnait sa façade. On 3' lisait l'inscription que de nom- 
breux Bruxellois encore .vivants se souviennent d'y avoir connue : A Peste, 
Famé et Bellu. libéra nos .Maria Pacis. — Hic votum pacis publi. 
CE Elisabeth coxsecravit. Ruinée par le bombardement, réédifiée, 
dans le style hybride d'alors, la Maison du Roi, sous l'administration de 
31 Buis, fut en 1873. l'objet d'une réfection totale. Elle en sortit, au 



LA MAISON" DU ROI 



33 



bout de vino-t-trois ans. revêtue. i)ar l'arclnterle Jamaer. de ^^a physio- 
nomie actuelle. De son gracieux camimnile. durant plusieurs années. 




l'uolo NeuiUfiM. 



La ^Luson du Roi. Le Musée coiiimunaL 



on put, à certaines heures, entendre s'échapper la note cristalline d'un 
carillon. L'instrument, défectueux, paraît-il. est. maintenant, réduit au 
silence. 

3 



34 BRUXELLES 

Une visite îi la Alai^on du Roi s'impose à quicoïKjue a le désir de 
pénétrer dans le passé bruxellois. On }' a rassemblé une partie impor- 
tante des colleetions de la ville, ensemble assez médiocrement installé 
mais, à tous les ])i)iiils de \ue. d'un intérêt peu ordinaire. 

Portraits jteints et scul]Ués des liommes dont le nom se rattache aux 
événements dont Bruxelles fut le tliéàtre; monuments dis]:)arus ou trans- 
formés; fragments de sculptures c^ui en proviennent; vues, en grand 
nombre, de la vieille cité; menus faits de son histoire, sans parler d'une 
quantité de choses instructives ou simplement curieuses qu'il y a, pour 
tout le montle. ])laisir à connaître et intérêt à retenir. Dans le nombre, 
nous signalons la garde-robe du fameux marmouset, désigné comme 
« le plus ancien bourgeois de Bruxelles », 3Ianneken Piss. puisqu'il 
faut l'appeler par son nom I Des costumes? Hé oui. aux jours solen- 
nels il se coiffe d'un tricorne, se ]Kire d'un habit de velours ou de 
satin, donnés jtar l'I'ilecteur de Bavière et sur lesquels on voit avec sur- 
prise l)riller la croix de .Saint-Pouis ! P'insigne. affirment ses historiens, 
lui fut conféré par Louis X\\ Kt le bonhomme, sans mettre un frein à 
la fureur des flots. api)araît même i)ortant l'épée ! 

Certes, il y a des souvenirs d'ordre j)lus relevé. P'on verra, par 
exemple, les dessins originaux des façades des maisons de la Place. En 
général, les rez-de-chaussée avaient un aspect plus typique avant l'inter- 
vention d'un arrêté interdisant les entrées de cave ouvrant vers le dehors, 
comme on en voit subsister dans certaines villes de province. 

Des peintures, beaucoup intéressantes, mais, pour la i:)lupart, mal 
éclairées, font également partie des collections de ce musée Carna- 
valet en raccourci. 

Les ])rinci])ales ])roviennent d'un don fait par le collectionneur anglais 
J.-W. VVilson. dont la galerie fameuse fut vendue en 1873. Wilson était 
né à Bruxelles; de là une libéralité à première vue peu explicable. Sans 
discuter la valeur des attributions, nous nous bornons à mentionner les 
toiles les jjIus dignes d'examen. 

Ant. Moro (? : Portrait cV homme ; Hubert Goltzius : Les serments 
sont pins légers que la plume; Hans Holbein ? : Portrait dliomme; 
deux portraits excellents d'homme et de femme, par .Michel Mierevelt; Jan- 
son van Ceulen : La duchesse de Saiiit-Albaiis: YevA. Bol ; Portrait d'un 
amiral hollandais, identifiié, récemment. ])ar M. Bredius. avec l'arclii- 
tecte-sculpteur hollandais De Keyser ; Alb. Cuyp ; Portrait de femme ; 
un treshedu Paysage, de Sieberechts; des Natures mortes, de Snyders, 
Fyt, Heda, van Beyeren, Jean de Pleem ; un bon Pierre Codde ; le Par- 



LA AIAISON Di: ROI 35 

trait du iiuirijuis dr Miirigiiv. ])ar J.-.M. Xatlier ; d'autres œuvres 
encore. Nous en avons dit assez jjour donner au lecteur une idée som- 
maire de l'intérêt de ce petit ensemble, dont le hasard a rapproché les 
éléments. 

Sur l'escalier, peintures d'intérêt local, et notamment un triptvque 
du XVI'' siècle, illustrant le travail du métier des « quatre couronnés » : 
maçons, tailleurs de pierres, sculpteurs et couvreurs-ardoisiers. \ men- 
tionner, aussi, une peinture intitulée: le Compromis des communes, où 
les magistrats communaux s'engagent à défendre les prérogatives muni- 
cipales menacées, en matière d'enseignement, par une nouvelle loi sco- 
laire, en 1884. 

Des fenêtres de la Maison du Roi, la vue de la Grand'Place est des 
plus intéressantes et digne, à tous égards, de l'attenticm du visiteur. 

La partie postérieure de l'édifice n'est séparée que par une rue étroite, 
la rue du Poivre, de l'ancienne Boucherie, réédifiée, après le bombarde- 
ment, par Guill. de Bru}n. D'autre part, se dirigeant, soit par la rue 
Chair-et-Pain, dont le nom s'explique par le voisinage de la Halle à la 
Viande et de l'ancienne Halle au Pain, l'actuelle Maison du Roi. ou par 
la pittoresque rue des Harengs, contiguë à l'édifice, lune et l'autre per- 
pendiculaires au 3larclié aux Herbes, on se trouve pénétrer dans l'intense 
mouvement d'un des quartiers où se manifeste, avec le plus de i^uissance, 
la vitalité du grand organisme que nous considérons. 

Par la percée, le coup d'œil de l'Hôtel de Ville est extrêmement pit- 
toresque, alors surtout que les avant-])lans sont formés des étalages de 
fleurs, commerce dont la Grand'Place a eu de temps immémorial le pri- 
vilège. Le dimanche matin, une grande partie du périmètre est livrée 
aux marchands d'oiseaux et de chiens. Sous l'effet du soleil, le coup 
d'œil de la place est absolument prestigieux. 




Le <> Manneken Piss ». 

CHAPITRE IV 

LES EX\'IROXS DE LA GRANDPLACE 



Vieux quartiers. — Le plus ancien bnurgeois de Bru.xelles. — L'église de Bon-Secours. 
— La Petite et la (Grande île. — La Bourse. — La place Anneesens. — La rue de la 
Colline. — Les galeries Saint-îlubert. 

De la riu' ("harles-Buls. à langle de laquelle s"a])plique un remar- 
quable bronze décoratif, sorte de cénotaphe élevé à la mémoire d"un 
bourgmestre fameux comme administrateur et comme guerrier, Evrard 
Tserclaes, assassiné en i3<S8, nous xoyons la façade latérale est et la 
])artie postérieure de l'Hôtel de \'ille. toutes deux fort simples. 

Parmi (piclques façades assez typiques de \'énérables estaminets. existe 
ici le lieu tle détention des tapageurs urbains, toujours désigné sous le 
nom espagnol d'aiii/go, à ]jeine ])lus explicaljle que celui de c violon w et, 
quel([ues ])as plus loin, la fontaine du Cracliciir, motif plus fréquent du 
genre que celui de l'incontinent bourgeois de tantôt, dressé à l'angle des 
rues du Chêne et de l'Etuve, en face de celle des Grand.s-Carmes. 

Cebronze.attribuéparla tradition, à Jérôme Duquesno}', succéda en 1619, 



LES ENVIRONS DE EA (iRAND'PEACE 



37 



paraît-il, à une fit^urine analogue. lu'ut-C'tre la même qu'on voit au J^lusée 
des Arts décoratifs. Son encadrement est caractéristique du xviii*= siècle. 

Au bout du tronçon occidental de la rue des Grands-Carmes, se profile 
le dôme pentagonal de l'éo-lise de X.-l). de Bon-Secours. On a Tillusicjn 
de se trouver dans quelque quarti(»r populaire d(» Rome. Cette éi^-lise, 
de style italo- flamand, de 
1672, est l'œuvre de l'archi- 
tecte Jean Cortvriendt. Le 
portail, où se confondent les 
pilastres de style ionique et 
composite, n'est point dénué 
de valeur. L'intérieur, d'or- 
donnance à la fois riche et 
gracieuse, oifre une IfeUe 
rotonde, décorée de pilastres 
d'ordre corinthien, supportant 
un dôme avec tribunes, pour- 
vues de rampes à balustres. 
à la naissance de chacune des 
arcades. Un chœur arrondi 
complète ce joli ensemble. 
Récemment encore il y avait 
à l'extérieur de l'église une 
charmante madone en bois 
sculpté, attribuée à Duques- 
noy. Elle se conserve, aujour- 
d'hui, aux archives de la ville. 
A remarquer aussi un "fort 
beau bénitier. 

Le nom de rue de la Petite- 
Ile, débouchant en face de l'é- 
o-lise. vient évoquer le souvenir d'un quartier que de vieux habitants 
connurent dans leur enfance et qui fut. dit-on. l'endroit où les burgraves 
de Bruxelles avaient placé leur château Tout à proximité, la w Grande 
Ile », dont le 3Larché Saint-Géry forme le centre. L'ancienne église fut 
démolie en 1799, sous le régime républicain. Une bonne partie des mai- 
sons dont la façade postérieure touchait à la rivière qui la contournait sont 
demeurées en place. Au centre même du marché, un obélisque élevé, en 
1 802, sur l'emplacement de l'église, la plus ancienne du territoire bruxellois. 




Le monument du bourgmestre Evrard Tserdaes. 
Bronze de Julien Dillens. 



BRUXELLES 



La Place de la Bourse, un des centres les plus actifs de la circulation 
bruxelloise, fut conquise sur le passage de la Senne voûtée. Nous avons 
péià dit un mot de ce monument dont l'exubérance décorative annonce 
un tcini)lc élevé à la l^nance. La nef est orandiose. donnant i)lutôt Tim- 




Photo Neurdein. 



Les Galeries Saint-Hubert. 



pression dune salle de fêtes ou d'un Panthéon que dun milieu voué aux 
affaires. Les faisceaux de colonnes de marljre vert, le riche entablement, 
les majestueuses arcades encadrant les portiques aux cariatides géminées 
renforcent l'illusion. La Bourse fait honneur à son architecte Léon Suys 
(i 824-1887;. Le coût en atteignit d'ailleurs la s.omme respectable de 4 mil- 
lions de francs. 

Poursuivant notre course par le boulevard du Hainaut, dans la direc- 



LES ENVIRONS DK LA GRAND'PLACE 39 

tion de la gare du Midi, nous verrons à droite, un peu en retrait de cette 
magnifique artère, se dresser, sur la place Anneesens, le monument érigé, 
en 1889. à ce héros populaire. La statue, œuvre de Vinçotte, nous montre 
le doyen marchant au supplice, la tète haute et garrotté. 

Au lond de la j^lace. une ])elle construction en style de la renaissance 
flamande, une école communale, est de l'architecte Janlet. plus d'une fois 
mentionné au cours de ces pages. 

Le boulevard franchi, et reprenant vers le n<jrd. la flèche de l'Hôtel de 
Ville ne tarde pas à nous apparaître dans la percée du Marché aux. Char- 
bons, en face de la place Fontainas. Xous atteignons ainsi la rue delà 
Tète-d'Or où. par leur date, plusieurs façades intéressantes apparaissent 
comme immédiatement postérieures au bombardement. 

Laissant à droite l'Hôtel de Ville et traversant la place, dans la direc- 
tion du nord-est. nous voyons au n'' 24 de la rue delà Colline, la « Maison 
delà Balance)) ou des « Deux Nègres )). à cause des figures accroupies 
supportant le balcon. Elle est datée de 1704 et. constitue le meilleur 
ensemble architectural élevé aux abords de la Grand'Place. Longtemps 
on a prétendu faire de Rubens l'auteur des plans de cette construction. La 
date suffit à faire rejeter cette fantaisiste attribution. Comme tous les 
aboutissants de la Grand'Place. la rue de la Colline est d'animation 
intense; les boutiques, les estaminets. }' foisonnent. Certains, comme 
l'observe un auteur bruxellois, ont résisté depuis des siècles, à toutes les 
transformations subies par les immeubles où on les voit établis. 

La rue de la Colline débouche au carrefour formé par la rue de la 
Madeleine, le Marché aux Herbes et la rue de la 31ontagne. Ln face 
s'ouvrent les Galeries Saint-Hubert, créées en 1846 sur les plans de 
P.-J. Cluysenaar et le premier en date des grands passages européens. 
Long de plus de 200 mètres et haut de 18, il semble avoir conservé le 
monopole de la flânerie. Deux théâtres, de riches magasins, des cafés 
importants y attirent le flot des promeneurs. Composé de deux galeries 
dénommées Galerie du Roi et (jralerie de la Reine, se raccordant en angle 
très obtus, le passage est traversé par une rue. la rue des Bouchers, à 
laquelle s'amorce, un peu sur la gauche la rue « d'une Personne » '[] qui, 
unique à Bruxelles, détient sans doute le record de l'étroitesse ailleurs. 

Entrés au passage par la galerie méridionale, celle de la Reine, nous 
en sortons par la Galerie du Roi. son extrémité septentrionale. Par la rue 
d'xlssaut. dont la déclivité semble justifier le nom, et du bas de laquelle, 
surtout vers le soir, les tours de Saint-Gudule se dessinent dans leur 
masse écrasante, nous nous dirigeons vers la superbe collégiale. 




i^lioto iNcuiueiu 



La Banque nationale. 



CHAPITRE V 

LA COLLÉGIALE DES SAINTS MICHEL ET GUDULE 



Palais du la Bamiuf Nationale. 



La Colonne du Conçrrès. 



Originaireinent à rextrémité de Bruxelles et ]:)resque adossée à ses 
remparts — dont une partie intéressante subsiste dans les jardins mêmes 
des maisons dominant le chevet de la collégiale — celle-ci s'élève à lun 
des points culminants de l'agglomération : la colline de Saint-3lichel. On 
se rend compte de l'escarpement par le fait ciue trente-cinq degrés con- 
duisent au portail principal, alors qu'on accède par dix-sept marches au 
])ortail nord, qu'enfin par le portail sud on pénètre de plain pied. 

Commencée vers 1220. Sainte-Gudule fut en construction trois siècles 
durant et, dit Schayes ', « dansées diverses parties, elle présente un spé- 

'■ Histoire de l'Arcliitecture en Belgique, t. II, p. 145. 



LA COLLÉGIALE D F. S SAINTS MICIIKL ET GUDULE 



41 



cimen complet des styles (rarrhiteeture ([ui se succédèrent durant ce 
long espace de temps, » Parmi les architectes associés à la construction. 




La Collégiale des Saints Michel et Gudule. 

on cite Jean Van Ruysbroeck. l'auteur de la flèche de l'Hôtel de 
Ville. 

L'ensemble est empreint de majesté. L'impression produite par ses 
tours massives de 68 mètres de haut est saisissante. Il est visible, d'autre 



^2 BRUXKLLKS 

part, qu'on ^esi montré soucieux, par des adjonctions successives, de 
rehausser l'effet du décor. 

Isolée conii)lèlenient. précédée d'une rue large et droite et d'un ])arvis 
de création récente également, surélevée en quelque sorte par un 
escalier en terrasses, enrichie de sculptures (modernes), bordée de 
ram])es d'acc>s aux candélabres multiples, la Collégiale façonnée, mise en 
valeur ])ar des ouvriers habiles, se présente, baignée de lumière, comme 
un i()\au serti avec art. Peut-être son cadre, rendu troj) s])acieux. affaiblit- 
il plutôt qu'il ne renforce l'aspect de sa grandeur. C'est le cas très fréquent 
des églises qu'on dégage. ■^■- ' " " "' "i"'-^- <*;''-, 

Chose non douteuse, les époques et les styles successifs ont laissé leur 
trai-es dans son architecture. Le cliunir et la croisée datent du XIlI^ 
siècle; les tours du xix'*-' siècle, sinon du suivant; les chapelles latérales 

sont, l'une du xvi" siècle, l'autre du xvir' siècle, et la chapelle absidale, 

, ég"alement en hors d'œuvre. ne remonte qu'à l'année 1673. Restaurée de 

■ ^" 1848 à 1856 par Suys père, ornée d'un jjcrron en 1861. on l'a complétée, 

\^ récemment, en Hjcx). i)ar une nouvelle sacristie. I )e 1)eaux arcs-boutants 

superposés soutiennent les murs de la net centrale C(nironnée d'une rampe 
ajourée dont le motif ornemental affecte plus ou moins la forme d'un K. 
Ce qui. au gré de Schayes. ferait dater cette partie de la construction du 
règne de Cliarles de Bourgogne ou de Charles d'. Autriche. Cela nous 
paraît quelque i)eu cherché. Les porches latéraux sont des ajoutés 
])urement modernes. 

J, 'immensité de l'édifice est frapjîante et c'est chose à peine compré- 
hensible que l'on se soit montré soucieux, au début du Xlll'-' siècle, de 
doter d \\\\ tenqjle de cette importance une ville d'aussi faible étendue que 
l'était alors Bruxelles. L'intérieur désarme la critique. Peu d'églises laissent 
une impression plus profonde. L'appareil complètement déroché imprime 
au coup d'œil une sévérité que ne troublent point le.s surcharges décoratives. 

'rA^*^ A'u (h' la grande nef, longue de 108 mètres, le chœur, avec ses colonnes 

CAdindriques, ornées de bouquets de feuillages supportant de belles et puis- 
santes ogives en gothique primaire, couronnées d'un merveilleux triforium 
"J) aux arcs multiples et ingénieusement raccordés, les quat re m agnifiques 
^. -^^ verrières jetant sur le tout leur note à la fois riche et mystérieuse, pré- 
sente un ensemble de splendçur peu fréquemment réalisé. 
/ , Les vitraux du sanctuaire sont anciens ; on a cru pouvoir les attribuer 
/ (à Rogier Van der Wej'den, L'erreur se réfute d'elle-même, attendu que 
les personnages qu'on y voit figurés sont ^laximilien d'Autriche et 3Larie 
de Bourgogne ; Philippe le Beau et Jeanne de Castille ; Charles-Quint et 



4^ 



r 







/ 



LA COLLÉGIALE DES SAINTS MICHEL ET GUDULE 



43 



P'erdinand. son frère ; enfin Philippe II et .Marie de Purtuo-al, sa pre- 
mière femme, tous postérieurs à la mort du grand maître. 

Plus près de la vérité est que l'illustre peintre semble avoir trouvé dans -^ 
le chœur de'Sainte-tTudule le motif du fond de son précieux triptyque des 
Sept Sacrements, créé 
pour la cathédrale de 
Tournai et aujourd'hui 
au musée d'Anvers,,;,',, 

Jean II. duc de Bra- 
bant , mort en 13 12 ; 
MaroLierite d'York, sa 
femme; Antoine de 
Bourgogne, fils de Phi- 
lippe le Bon. mort en 
1 43 1 ; Ernest d'Autriche, 
gouverneur des Pays- 
Bas, d'autres princes et 
princesses, dont un fils 
de Louis XI. et le prince 
héritier. Louis. iDremier 
né du roi Léopold I*"', 
mort en bas âge. en 
1834, sont iiih unies dans 
le choeur. Le mausolée 
de Jean II. surmonté 
d'un lion de cuivre, et 
celui de l'archiduc Er- 
nest, mort en 1595. 
qu'on voit dans le chœur 
à gauche et à droite, 
furent érigés aux frais 
de l'archiduc Albert. 

La figure tombale, en marbre, de l'archiduc Ernest, en armure et 
couronné, la tète appu3'ée sur la main, est l'œ^uvre du fameux sculpteur 
anversois Robert de Xole, travaillant, à ce qu'il semljle, d'après le des- 
sin d'un peintre. Josse de Beckberge. 

Quant au lion de cuivre doré, pesant trois mille kilos, du monument 
de Jean II, il n'est pas, comme on peut le lire dans la majorité des 
guides, l'œuvre d'un sculpteur du nom de Jérôme de Montfort, lequel n a 




lu .NL'urdeiu. 



Sainte-Gudule. Le portail sud. 






Cm(^ 



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jji,XLU.Y^ 



^4 



BRUXELT.KS 



pas existé mais dr T^an dv .Monttorl dont il porte la signature avecla 
date : iGio. Jean de Monttort est un artiste eonnu. H fut ehambellan 
de la cour dr. anhiducs. ami <le Kubens et de van Dyek. lequel a 







Sainte-Gudule. La nef principale. 



t'ii'jto Neurdeia. 



laissé de lui un admircd)le portrait, aujourd'hui au musée de Vienne. 
Les stalles du chœur proviennent de l'abbaye de P\)rest. La chapelle du 
Saint-Sacrement, latérale, du côté de TEvangile (à gauche), fut érigée 
-en 1539, pour glorifier les hosties miraculeuses qui, profanées, rendirent 
du sang. Elle leur doit sa parure principale : quatre immenses verrières, 
dessinées par Bernard van Orley et .Michel Coxcie, peintes par Jean Haeck, 



"^lA II CtO--»' 



45 



> 



LA COLLK(iIALE DES SAINTS MICHEL ET (.UDL'LE 

sur les cartons retraçant les divers épisodes de eet événement fameux dans 
l'histoire de Bruxelles. Ces o-randioses moreeaux. jdaeés de 154O à 1547, 
furent exécutés aux frais de . Charles-Quint, de Ferdinand, roi des 
Romains, son frère, de PVançois 1''', de .Alarie de Ilono-rie. de Jean 1 II de 
Portugal, tous parents de l'Empereur. 
A la partie inférieure des verrières se 
voient les portraits des princes précités 
et de leurs épouses, de Marie de Hon- 
grie et du roi Louis, son é])oux. L'n 
cinquième vitrail, moderne, (euvre de 
Jean-Baptiste Capronnier, occupe le 
fond de la chapelle. Il représente l'exal- 



^ tation du vSaint-Sacrement et complète 



■^ 
^ 



remarquablement cette splendide dé- 
coration. 

L'autel en bois sculpté, également 
moderne, que domine cette dernière 
pièce de la série, est fouillé avec un 
J remarquable talent. 11 est l'œuvre des 
'frères Goyers, de Louvain. C'est dans 
le chœur de cette chapelle que sont 
déposés les restes des archiducs Albert 
^ et Isabelle. du]:)rince Charles-Alexan- 
dre de Lorraine, gouverneur général 
des Pays-Bas, sans c|u"aucun monu- 
ment soit consacré à leur mémoire. 
En revanche, il }' a de somptueux 
mausolées du Président Roose. du 
Conseil privé, mort en lôj;, . tle son 
petit-fils Pierre, etc. 

A signaler encore les épitaphes de 
Lucrèce de Grobbendonck 1570-1617 mathématicienne célèbre et de 
la famille de Schotte ou Schotti que surmontait le portrait d'une dame 
de la famille, par van Dyck. une des toiles envoyées d'Angleterre à 
TExposition des œnivres du maître, organisée à Anvers en 189g. 

Appliquées aux ])arois. de charmantes figures de saints, sous des l)'il- 
daquins délicatement ouvrés, méritent de compter parmi les j)lus jolies 
productions de leur genre, en Belgique. 

La chapelle latérale sud dont l'autel a été décoré d'une statue de Xotre- 




Vitrail de Sainte-Gudiile. 
Marie de Hongrie et son Epoux. 



46 



BRUXELLES 



4 



Dame de Lourdes ino-énieusem(uit éclairée par une comljinaison de 
lumières latérales, est. avons-nous dit. du XN'lT' siècle, (1649-1653^, Con- 
sacrée à Notre-Dame de la Délivrance, elle, aussi, est décorée de vitraux 
du ])lus merveilleux coloris. Ces belles verrières furent exécutées en 

1656 ])ar Jean de la Inirre, d'An- 
vers. <ra])rès les cartons de Th. van 
Thulden. un .brillant élève de Ru- 
IxMis. Ces cartons existent toujours 
au .Musée des ^Vrts décoratifs. 

l,es vitraux oi^i apparaissent les 
])()rtraits des iVrchiducs Albert et 
Isabelle, de l'archiduc Léopold Guil- 
laume, de l'emioereur Ferdinand III 
et de l'im])ératrice Eléonore, sa 
femme, de l'empereur Léopold I" 
sont, peut-on dire, les plus beaux 
que Ion connaisse de leur temps. 
Aussi cette chapelle a-t-elle fait, de 
la part de quantité d'artistes, l'objet 
d'intéressantes peintures. 

C'est le matin, surtout, qu'il faut 
la voir. Les vitraux, alors puissam- 
ment éclairés, atteignent leur maxi- 
mum d'effet décoratif. 

Plusieurs monuments de sé- 
rieuse valeur sont érigés dans la 
chapelle de Notre-Dame de la Déli- 
vrance. On y voit notamment les 

mausolées du comte Frédéric de 

Vitrail de Sainte-Gudule. ,, , , n r 

Charles Quint et Isabelle dePortugal. iMerode. mortellement frappe pen- 

;', j ;-,,., pli) dant les combats de la Révolution 

belge, œuvre très remarqual:)le du ciseau de Guillaume Geefs. et de Félix 
de 31érode, frère du précédent, homme d'Ltat. mort en 1857. par 
Ch.-A. Fraikin. 

L"ne toile importante de F. J. Navez. élève de David et, peut-on dire, 
le propagateur le ])lus fervent de son style en Belgique, décore la même 
chapelle. Elle représente V Assomption de la Mcrgc et mérite de comp- 
ter parmi les meilleures toiles de son auteur. 

S'il n'est pas d'église belge dont la parure soit comi3arable à celle de 




LA COLLÉGIALE DES SAINTS MICHEL ET GUDULE 47 

Sainte-Gudule. pour ce qui concerne les vitraux, lacollégiale, en revanche 
est aujourcriiui extrêmement pauvre en peintures. 

Deux vastes triptyques de .Michel Coxcie, peintre estimé du xvi' siè- 
cle et que Pliilippe II chargea de copier pour lui V Adorât io)i de V Agneau 
de van Evck. sont exposés dans le transept. L'un de ces ensembles repré- 
sente le Criitifiemeiit, l'autre la légende de la patronne de Téglise. Elles 
furent créées quand le peintre avait atteint sa quatre-vingt-douzième année ! 

La chapelle absidale en hors-d'œuvre. dédiée à sainte ^larie-.^Lld('- 




Guillaume Geefs. Mausolée du comte Frédéric de Mérode frappé pendant la Révolution. 

Sainte-Gudule. 

leine, est décorée d'un magnifique autel de marbre Vjlanc. provenant de la 
chapelle de l'abbaye de la Camijre. 

L'attention du visiteur est surtout attirée par deux immenses verrières 
^ décorant le transept et où. dans une ornementation d'extrême richesse, 
sont représentés Charles-Ouint et Isabelle de Portugal ; 3larie sa sœur, 
et son époux, le roi Louis de Hongrie, tué à la bataille de -Mohacz. 

Le vitrail du Jugement dernier, surmontant le jubé est l'œuvre de 
Jacques Floris. donnée par l'évèque de Liège Krard de la 3Iarck. dont on 
y voit les armoiries et le portrait. Les créations conservées du peintre 
verrier Jacques Floris. frère du célèbre peintre Frans Floris. sont des plus 
rares. Celle-ci est datée de 1528. 



48 



]]]< r.\i:i.LKS 



Le vaisseau est à trois nefs. I )ans le collatéral siul le ])r('niier vitrail 
en quittant le transei)t. a été consacré par le roi l.éo])ol<l I"' à la mémoire 
(le la reine Louise d'Orléans, son épouse, morte en 1.S50. 

Immédiatement sous «-e vitrail se trouv(" le l^eau monument en mar- 




l'hulo Neui-iiein. 



Chaire de Sainte-( ludule. 



bre, œuvre du sculpteur Lug-, Simonis, érigé en 1846 àTabbé L.-J. Triest, 
fondateur et bienfaiteur d'écoles d'enfants pauvres. C'est un morceau 
de très grande distinction. 

Fameuse est la chaire de vérité de Sainte-(Tudule, créée en i6gg par 
le sculpteur Henri N'erbrugghen pour l'église des Jésuites de Louvain. 
L'impératrice ,^larie-Thérèse la fit transférer à la collégiale de Bruxelles, 
au moment de la sui)pressionde la Compagnie, par Clément XIV, en 1776. 



LA COLMCGIALE DES SAINTS MICHEL ET G U D U L E 



49 



Verbrug-gen. sculpteur habile, mais imbu de tous les défauts d'une 
époque de décadence a représenté Adûui et Eve cliassés du Paradis 
Terrestre. Son œuvre est un prodige de réalisation matérielle et, à cet 




l'UijlJ -NouriKm 



La Colonne du Congres. 



égard, mérite la célébrité dont elle jouit. Au-dessus de l'arbre de Science, 
la Vierge et l'enfant Jésus. Les haies qui enclosent le motif principal, 
n'appartenaient pas à la création primitive. Elles furent ajoutées en 17S0 
par un sculpteur du nom de van der Haeghen, et sont d'ailleurs des plus 
remarquables. 

Comme dans beaucoup d'églises flamandes, d'immenses statues d'apô- 
tres s'alignent aux piliers de la grande nef. Chacune représente le don 
de quelque paroissien généreux, chose faite pour expliquer l'importance 

4 



50 lîRUXHT.LES 

excessive que revêtent ces pesants morceaux de sculpture. A remarquer 
(pi'ils émanent des sculpteurs les plus réputés du temps : Jérôme Duques- 
n()\ . Jaic Fa\(riier])e. Jean van .Mildert, contemporains de Rubens dont 
ils trahissent riiitlucnce. 

Chose très curieuse, les collatéraux de Sainte-Gudule sont dissem- 
blables. 'J'andis que le l)as côté sud a ])our supporter la voûte des 
piliers de plan rectangulaire, ceux du l^as côté nord sont en fais- 
ceaux prismatiques, ce qui ne laisse ])oint d'offusquer un peu Toeil si. 
se i)laçant sur les degrés du cho'ur, on porte le regard vers la grande 
nef. 

ISainte-Gudule n'en est pas moins une création empreinte de haute 
majesté et. nonobstant des adjonctions ])arasites,^ offrant, dans ses 
diverses parties, des 1)eautés de premier ordre. Le chœur,)tout particuliè- 
rement, avec son ])ourtour, est un morceau (Tarchitecture accompli. 

La collégiale possède un trésor de grande richesse, où figure un 
immense ostensoir donné par la famille dWrenberg en 1837. 1^ '^ pour 
aut(Hir un orfèvre de T^rague et coûta plus de 25.000 francs. On y voit, 
à la partie su})éri(Hire. une ])etite barque en or et en diamants, donnée 
en 1843 par la duchesse d'Arenberg jiour remplacer le petit bateau 
qu'avaient offert autrefois des matelots en exécution d'un vœu et qui fut 
dérobée. 

Les objets (Tune grande valeur artistique ou archéologique, en revanche, 
n'abondent ])oint dans le trésor, Lxceptionnel, est un reliquaire de la vraie 
Crmx, légué à Sainte-(Tudule par les archiducs Albert et Isabelle. Il est 
cruciforme et porte, en caractères anglo-saxons, une inscription des- 
tinée à faire connaître que le reliquaire. prol):il;)lement du X*^ ou du 
Xl"^ siècle, fut consacré ])ar Aethlmer et son frère Athelwold à la gloire 
du Christ ])our l'âme d'Aelfric. leur frère. A la partie postérieure, on 
lit l'équivalent de : « Draliinalinr in\i fait »', A tous égards, la pièce 
est fort intéressante. On \- distingue, au revers, les emblèmes gravés des 
quatre.' évangélistes. 

Le trésor de Sainte-Gudule conserve aussi la croix de diamants qui 
entourait les hosties miraculeuses. 

Il détient en outre des lampes en vermeil, entourant lj;iutel du Saint- J 
.Sacrement, les jours de grandes fêtes; de splendides vêtements sacer- 
dotaux, le tout relativement moderne. 



' H. Logeman : Le reliquaire de la Vraie Croix au trésor de l'église des Saints Michel 
et Gudule, à Bruxelles {Mémoires de VAcaJ. royale de Belgique, t. XLV, 1891). 



PALAIS DR LA BAXQL'L XATIOXALI- 51 

Sortant de la collégiale par le portail nord, un imp(jsant édifice nous 
fait face : le ])alais de la Banque Nationale, une des j^remières sinon 
la première des nombreuses constructions en st^•le Louis XVI très 
répandues ensuite à Bruxelles. 11 a pour auteurs MM. IL Beyaert et 




La Colonne du Congrès, vue de la place du Marché du Parc. 



Winand Janssens ; les détails en sont d'une somptuosité et d"un goût 
remarquables, les proportions colossales, encore que la façade soit à 
étage unique. Xous avons parlé de Lornementation. Confiée à deux 
artistes français de grande valeur. .^L^L Plongeon et Houtstont. le premier 
enlevé par la mort avant l'achèvement de l'œuvre, le second fixé 
ensuite à Bruxelles où il a créé une légion d'ornemanistes comptant 
parmi les meilleurs du pays. La Banque Nationale date de 1865. Sa 



52 BRUXELLES 

façade fui la i^remière où l'on .sculpta sur place la pierre blanche, chose 
alors inconnue en Belgique. 

La distribution intérieure, extrêmement l)ien conçue, inaugura le sys- 
tème des grands JuiUs rassemblant les guichets, séparés du public par 
des cUnsons vitrées. 

Le chevet de Sainte-Gudule a été récemment complété par Tadjonc- 
tion d'une nouvelle sacristie. Plusieurs des maisons qui lui font face, appa- 
raissent déjà dans les vues du XVIT siècle. L'ancienne cure, sur le même 
alio-nement. s'adosse à la ])remière enceinte, dont, au fond du jardin. 
subsistent des parties fort intéressantes. Sainte-dudule en formait un des 
points extrêmes. 

Par la rue de Ligne, rue que tra\'erse la montagne de l'Oratoire — à 
A-oir. en passant, bien conservée, une» intéressante façade du XVll'^ siè- 
cle — , nous atteignons la Place du Congrès bordant la rue Royale. 
Décrivant un rectangle de go mètres sur 50. la place s'y raccorde par 
deux rampes et un escalier. Une balustrade semi-circulaire, ornée de 
candélabres, contourne le plateau orné de végétations, où s'élève la 
colonne commémorative du Congrès national et de la Constitution belge 
de 1831. son œuvre. Cn panorama merveilleux se déroule d'ici aux 
regards du promeneur. 

La disposition générale de la ])lace et de ses abords fut tracée par 
Cluysenaar 1811-18801 ; les grands hôtels latéraux, ainsi que la 
colonne elle-même, sont de J . Poelaert 11816-1879) dont le nom devait 
bientôt s'attacher à l'une des conceptions architectoniques les plus con- 
sidérables du XIX'' siècle, le Palais de Justice de Bruxelles. 

Issue d'un concours ouvert en 1850, la colonne du Congrès, dont la 
première pierre; fut ]3osée le 14 septembre 1850 par Léopold I"'', fut inau- 
gurée ])ar le même souverain le 25 septembre 1859. Deux architectes : 
J. Dens d'Anvers et J. Poelaert, de Bruxelles, avaient partagé les suffrages 
du jury: le projet de Poelaert fut adopté. Haut de 46 mètres, portant à 
son sommet limage en bronze du j)remier roi des Belges, par (luillaume 
Geefs ,1806-1883 . It' monument est décoré à sa base de quatre figures de 
bronze s3'mbolisant les grandes libertés inscrites dans la Constitution : 
liberté des Cultes, liberté d'Association, liljerté d'Enseignement et liberté 
de la Presse. Ces quatre- statues sont respectivement de Simonis. de Frai- 
kin et de Joseph Geefs. L. vSimonis est. en outre, fauteur du haut-relief, 
les Provinces belges unies par le génie de la Belgique, également des 
beaux lions en bronze gardiens de la colonne. A la base de celle-ci on peut 
lire, gravés dans le marl)re. les noms des membres du Gouvernement pro- 



LA COLON XK DU CONCRKS 



53 



visoire. le texte de la Constitution, et les noms de ses auteurs. Ensemble 
à la fois intellig-emment conçu et remarquablement réalisé. 

Du haut de la colonne, dans une sérieuse mesure, déjà, de la place du 
Congrès, la vue embrasse de très vastes horizons : la masse verdoyante du 
parc royal de Laeken. où se dresse le monument élevé à Léopold I" par 




Plioto Nf^urdein. 



L'colise Sainte-Marie. 



la reconnaissance publique : la nappe étincelante du canal de Wille- 
broeck; la voie ferrée se perdant dans les lointains brumeux, les prairies 
arrosées par la Senne, et là-bas, là-bas, vers le nord, une tour mas- 
sive, celle de Saint-Rombaut, à .^lalines. 31ème par les temps clairs, on 
peut voir se dessiner la flèche de Xotre-Dame d"Anvers ! 

Sur le ciel, dans la direction de l'ouest, se découpe un arbre désigné 
dans la langue populaire comme « Tarbre-ballon » dont la couronne a 
effectivement une forme parfaitement sphérique. Les érudits le nomment 
« l'arbre de Ferraris », le fameux ingénieur autrichien !i726-i8i4i en 



51 BRUXKI^T.KS 

avant fait une des l)ase.s de sa triano-ulation pour la levée du plan des 
environs de Bruxelles. 

A^ers Test, c'est la rue Koxale où. sur de beaux liori/.ons. se détache 
u-randiosement. le dôme de Sainte-Marie et. ])lus ])rès. la lio-ne vraiment 
très noble des serres du jardin l)ot;ini(|ue tan(bs (|ue. vers le sud. dans le 
])rolon_<4-ement des somptueux hôtels de la brillante artère formée par la 
rue Rovale, se dresse, colosse de ^lierre, le babylonien Palais de Justice. 
Tableau vraiment grandiose d'une (Mté florissante, donnant l'évidence de sa 
richesse, entretenue ])ar sa sur])renante ac^tivité. Nous sommes d'iiilleurs 
ici à l'iui des sommets les ])lus élevés de l'ag-o-lomération. La ]jlace du 
Congrès sur])lomlje de ])lus de i 2 mètres la j^lace dite du iMarché du Parc, 
vers laquelle descend un escalier monumental de 82 marches, divisé en 
sei)t ram])es inégales, sur une largeur de }o mètres. 

Ce l)el ensemlde. ])artie intégrante du plan d aménagement de la place, 
en 1850. ne répond à sa destination (j^ue dune manière imparfaite. Les 
quartiers qu'il est a])])elé à desservir sont médiocrement en rapport 
jusqu'ici a\"ec son im])ortance. 




La rue de la Loi. 



CHAPITRE VI 



LE PARC ET SES ABORDS 



La rue de la Loi. — Les Chambres législatives. — Le Palais royal. — Le Palais des 
Académies et ses jardins. — La Place royale. — L'église Saint-Jacques-sur- 
CoLidenberg. 



Montant les douze degrés qui, de la base de la colonne du Congrès 
donnent accès à la rue Royale et, suivant celle-ci dans la direction du sud. 
nous aurons bientôt atteint la rue de la Loi, imposante ligne de cons- 
tructions, bornant vers le nord le rectangle formé par le Parc. 

La partie de la rue de la Loi. comprise entre les rues Royale et 
Ducale, contemporaines, comme elle, de la création de ce bel ensemble, 
constitue en fait, un des ornements de Bruxelles. Créé d"un jet. il échappe 
néanmoins au reproche de monotonie. 

Prolongement du palais érigé de 1778 à 1783 par Barnabe Guimard et 
Philippe Guillaume Sandrié, pour servir aux séances du Conseil de Bra- 
bant. devenu, par la suite, le lieu de réunion des Chambres législatives, 



56 BRUXELLES 

la rue de la Loi forme, avec les pavillons qui la prolongent, un corps 
(l'architecture de 305 mètres de long, à peu de chose près la largeur du 
Parc. 

Chose l)izarre. sans avoir été conçues d.ins ce luit, les constructions 
de la rue de la Loi devinrent, après 1830. les hôtels ministériels. 

L'aspect d'ensemble impressionne par sa noblesse. Le style Louis XVI 
y est exempt de maigreur, grand de ligne et de ])uissant relief. Les por- 
tiques, avec les galeries et les vases qui les couronnent, les trophées qui 
les encadrent, sont des morceaux de sérieuse valeur architecturale. 
Composés des attributs des Sciences et des Arts, de la Paix et de la 
(luerre, ces trophées forment des œuvres de sculpture remarquables, con- 
çus dans le goût de La Fosse. On leur donne pour auteur un statuaire 
liégeois : H. Defrance. 

Jusque par les motifs allégoriques ornant sa façade, le Palais de la 
Nation s'est trouvé en coïncidence avec la destination donnée à l'édifice 
par le hasard des événements. 

L'ensemble est de belle ordonnance, avec son étage de huit colonnes 
ioniques cannelées de 11 mètres, supportant un fronton de marbre blanc, 
œuvre de (iodecharle. L'immense et beau ]jas-relief représente la Jus- 
tice sur le trône, soutenue par la Constance et la Religion, récompen- 
sant la ^'ertu et la Sagesse, tandis que la Force repousse le Fanatisme 
et la Discorde. 

« D'autres sculptures analogues se distinguent peut-être par plus de 
sévérité et d'ampleur dans le style, mais aucune autre, à Bruxelles, ne 
réunit au même degré l'effet pittoresque au caractère expressif ». Ainsi 
s'exprime un auteur. 

Ce bas-relief fut tout ensemble une des premières et une des dernières 
manifestations du talent de son auteur. En effet, Godecharle eut la mis- 
sion de le refaire, à quarante années d'intervalle, c'est-à-dire à la suite 
de la destruction du palais, par le feu. en 1820. 

Gravement endommagé de nouveau par un incendie, au mois de 
décembre 1883. le siège du Parlement dut être réédifié presque totale- 
ment à l'intérieur. Le bas-relief avait échai^pé, cette fois, à la conflagra- 
tion. 

Affecté par moitié à. la Chambre des Représentants, par moitié au 
Sénat, à part les escaliers de marbre rouge qui. des extrémités du vesti- 
bule, conduisent à l'étage, le palais de la Xation est. intérieurement, 
sans grande importance monumentale. Au point de vue de sa décoration 
artistique, il offre plus d'intérêt. 



LK PARC ET SES AlîORDS 



57 



La g-alerie des ])(>rlrails des présidents des deux Chambres, celle des 
bustes des présidents du Conseil comprennent des morceaux fort distingués. 
Dans les divers salons sont réparties des productions intéressantes, 
surtout de portée historique. Parmi celles datant de la période anté- 
rieure à la séparation de la Beloique et de la Hollande, se sio-nale un 
buste du roi Guillaume I'' des Pays-Bas. œuvre créée par Kude durant 
son séjour en Belgique, de 1816 à 1827. Le maître en fait mention dans 




Le palais de la Nation, Siège des Chambres législatives. 



ses mémoires. On attribue encore à son ciseau les deux génies, en bas- 
relief, décorant la cheminée du salon de lecture. 

La salle des séances du Sénat contraste par le luxe de ses dorures, de 
ses boiseries, de sa décoration picturale, avec la sobriété de Thémicycle 
où siège la chambre basse. 

Tout le pourtour, en contre-bas des tribunes réservées au public, est 
occupé par une série de portraits de guerriers, de législateurs, de pro- 
tecteurs des Sciences et des Arts ayant marqué dans l'histoire du pays, 
jusqu'à 3Iarie-Thérèse. Ces figures en pied, peintes par Gallait, se détachent 
sur un fond d'or, de nuance amortie, à l'instar des effigies princières 



58 



DKrXI-'.I.l.KS 



décorant le ParltMiient. à Londres. Bien que sans doute elles eussent 
j^-agné à être placées plus haut, elles concourent efficacement au relief 
de la salle des séances de l'illustre assemblée. 

Au-dessus tle la trilnme présidentielle, trois orands enseml)les dé(-ora- 
tifs. œuvres du comte Jacques de J.alaini;-. reconstituent, sous une forme 
])oétique, les ])bases man|uantes de rhistoire nationale. de|)uis la naissance 




riioti. -NcuriU- 



Le parc. Convergence des trois grandes allées. 



des communes et leur résistance à l'oppression étrangère, jusqu'à la chute 
ih' ri^mpire, en passant par la période Ijourguignonne, le régime de ter- 
reur instauré par le duc d'AUje, les guerres de Louis XI^' et la domina- 
ti(m autrichienne. 

C'est sur remplacement actuel des C'hamljres législatives qu'était située 
la ]jetite maison occupée i)ar C'harles-Ouint durant les mois qui précédè- 
rent et suivirent son alidication. 

Faisant face, dans le parc, à la rangée des. hôtels ministériels s'élève, 
peu remarquable d'ailleurs, le petit théâtre dit du Parc, créé en 1782, 
j)atronné i)ar Charles de J,orraine et où Talma joua devant Napoléon. Il 



LE PARC ET SES AlîORDS 59 

est attenant à l'ancien « Concert n()l)le », datant, citmnie lui. de 17X2. 
Local actuel du Cercle artistic[ue et littéraire, il a une salle de fêtes déctjrée 
de Jolis ornements en stuc et dont les tril)unes ont. pour supporter la 
Yoûte, de belles cariatides, ])ar Rude. 

Dans la direction de Test, la grande et Ijelle rue de la Loi prolongée 
nous fera traverser une partie du Quartier Léopold et passer en revue une 
succession d'hôtels somptueux, édifiés au cours de la seconde moitié du 
XIX'' siècle. Les principaux architectes de la période y ont fait assaut 
d'imagination. . . / _ 

Le Parc, rectangle de 450 mètres de long, sur 320 mètres de large, 
entièrement enclos de grilles, s'ouvre devant nous. Ln y pénétrant par 
la rue de la Loi, en face du palais de la Nation, on remarc[ue dans le trot- 
toir, une dalle aux dimensions prodigieuses. 7 mètres de long sur 3 mètres 
de large, la plus grande sortie des carrières belges. Elle fut placée là aux 
fêtes du vingt-cinquième anniversaire du roi Léo^oold 1"'. le 2 i juillet 1856. 

Tracé par Ant. Zinner, un Autrichien a\ant fait ses pre-nves comme 
jardinier au Belvédère à Vienne, le Parc est, de la part des Bruxellois, 
l'objet d'un véritable culte. Intimement mêlé d'ailleurs à l'histoire de la 
cité, il fut, surtout au XIX'" siècle, le théâtre d'événements dont le récit 
en constitue par lui-même un chaj^itre des plus intéressants. Sous ses 
ombrages furent données des fêtes splendides et les journaux du temps 
disent merveille de l'illumination de ses allées durant la présence à 
Bruxelles de Napoléon et Marie-Louise, en iSii. L'illumination de 1856, 
au vingt-cinquième anniversaire du règne de Léopold L'' fut également 
féerique. 

Dévasté durant la Révolution française, le parc fut surtout éprouvé 
au cours des journées de 1830. Ses allées et ses ciuinconces retentirent alors 
de la fusillade qu'y entretenait la présence, durant plusieurs jours, des 
troupes hollandaises. Quantité d'arbres furent irrémédialjlement atteints. 

A rappeler, d'autre part, la présence, dans ses avenues, des nom- 
breux proscrits de la Restauration dont elles étaient le rendez-vous 
favori. On }' connut David, Cambacérès. — d()nt une des allées a 
même gardé le nom — Barère. Ramel et nombre d'autres. En 1870, 
encore, durant le siège de Paris, la présence à Bruxelles de nombreuses 
familles françaises réfugiées, lui donnait, à certaines heures, une ani- 
mation qu'elle n'a point connue depuis. La musique y jouait chaque jour 
et l'on se fût, sans grand effort, cru transporté aux Tuileries. Depuis cette 
époque, les concerts sont devenus quotidiens au Parc. 

Reboisées avec soin, les belles allées de la promenade i)romettent d'être. 



6o 



BRUXELLES 



pour les nouvelles o-énéralions. aussi pleines de charme que pour leurs 
aînées. 

( )n a, au cours des dernière^ années, jjlanté de fleurs certaines ])el()use.s ; 
l'effet ])our être aoréal)le, est peu d'accord avec le style du jardin . .Nleilleure 
futrins]iirationd"\- introduire la 1 u ni i ère électriq ue. Ino-énieusement réparti, 

cet éclairag-e diffus étend sur 
les pelouses et les quinconces 
un \()ile de poésie tcjut à fait 
impressionnant. La masse 
des grands arbres s'enlève en 
vigueur sur les parties éclai- 
rées : les statues décou])ent 
leur ])lanclie silliouette sur le 
fond de verdure et le silence 
(pii plane sur les vastes et 
ombreuses allées, perdues 
dans le m^'stère, charme le 
])romeneur à l'égal du jdus 
l^eau des décors. 

Guère moins que les 
jjlantations. les statues n'ont 
été éj^argnées par le temps. 
Plusieurs des sculptures ori- 
ginales ont, à la longue, 
trouvé un refuge au musée 
jjour être remplacées par des 
copies. On a proposé par- 
fois d'en augmenter le nom- 
])re. L'on doit, pensons-nous, 
se féliciter qu'aucune suite 
n'ait été donnée à ce projet. 
A l'e-xception d'une statue de femme, œuvre de M. Th. Vinçotte, érigée 
en 1881, dans un des quinconces pour perpétuer la mémoire du sculpteur 
Godecharle, et d'une gracieuse fontaine, bronze de petites dimensions, par 
de Tombay, placée en igot, les sculptures du Parc sont contemporaines 
de sa création même. L'emplacement qu'elles y occupent leur a été assigné 
par l'auteur des plans du jardin; elles en sont inséparables. Avec les bos- 
quets et les charmilles elles en forment des centres gracieux et souffri- 
raient autant à être déplacées que le Parc souffrirait de les voir disparaître. 




riijtu .Ncuiik-in 



Statue du général Belliard. 



LE PARC ET SES ABORDS 



6i 



Tout en rappelant dans son tracé actuel la fin du xviir siècle, la belle 
promenade urbaine est d'orioine iK'aucou]) i)lus ancienne. « Le Parc, 




Le Palais Royal. Escalier d'honneur. 



s'écrie un auteur, mais c'est un monument plus vieux que l'ilotel de 
Ville, plus vieux que Sainte-Gudule 1 » 

Effectivement, taillé dans les vastes plantations environnant le ])alais 
que s'étaient élevé les ducs de Brabant et où, plus tard, résidèrent les 
princes de la maison d'Autriche, leurs successeurs, il put. en se transfor- 
mant, se parer déjà d'ombrages plusieurs fois séculaires. 

Son plan, pour être purement rectiligne est néanmoins fort ingénieux. 



62 ' lîRUXKLLt'.S'-'- - ^'t 

Convero-eant vers le bassin faisant face au Palais dfeTa Nation, trois o-ran- 
des allées vont aboutir, vers le sud. aux angles extrêmes, dans la direc- 
tion de la place des L'alais. l'uis, transversalement, deux o-randes allées 
coupent le jardin dans sa largeur, ménag-eant. vers l'ouest, des perspec- 
tives au\.|U('lle^ le dôme de verdure ])rète une magie nouvelle. 

Par l'une de ces percées vers la rue Royale. Ton voit se découper sur 
le ciel la gracieuse flèche de l'Hôtel de Ville et, tout à Tavant-plan, se 
dessiner en fort relief, la statue du général Belliard, Envoyé extraordi- 
naire de la France près la Cour de Belgique. Le diplomate, mort à 
P>ruxelles, en 1S32, mérita la reconnaissance des Belges pour avoir tra- 
vaillé à la consolidation du régime issu de leur révolution. La statue, œuvre 
de (Tuillaume (ieefs, est parmi les morceaux les plus distingués de la sta- 
tuaire belge moderne. KUe a tout ensemlde la noblesse et la simplicité 
qui en est inséparalde. l^rigée par souscription i)ublique, elle trouva, 
au sein de l'armée, le concours des simides soldats eux-mêmes. 

Faisant face au Palais de la Nation vers le sud, s'élève le Palais 
Roxal. La façade monumentale, œuvre de l'architecte iMac^uet, achevée 
en 1909, est. pour la capitale, un embellissement fort désirable. En style 
Louis XVL avec un avant-corps central et deux pavillons d'angle couron- 
nés d'une coupole c[uadrangulaire, les deux extrémités se terminent par des 
toits en pyramide tronciuée. La façade, sur un soubassement d'ordre rus- 
tique, porte deux rangées de fenêtres encadrées de pilastres corinthiens 
]»lus un attic[ue en ]xirtie dissimulé par une Ixilustrade pourvue d'amortis- 
sements. Le corps central octastvle porte un fronton triangulaire, par 
Vinçotte. Il a ]jour motif la Royauté recevant les tributs de la Science, 
de l'hidustrie, des Arts, du Commerce et de l'Agriculture. 

Précédé de terrasses, le corps central se raccorde, par une galerie en 
hémicvcle, à deux ynivillons de style sévère, dont l'un, formant l'extré- 
mité gauche, constitue le palais de la princesse Clémentine, et vient for- 
mer l'angle de la rue Royale, avec façade en retour sur la place. 

Litérieurement. le [nilais Royal a des parties tout à fait remarquables, 
particulièrement un escalier majestueux et une salle de l>al en style 
Louis X\"J. d'ornementation sobre et d'excellent goût. Alph. Balat (1818- 
1895) en fut l'architecte. 

L^n vaste édifice borna'nt. vers l'est, la place des Palais, fut, un certain 
temps, désigné comme le « Palais ducal ». . On l'avait proposé pour 
résidence au duc de Brabant, ensuite le roi Léopold IL Le prince toute- 
fois, préféra ne point l'occuper. L'I^tat y fit alors installer le Musée 
moderne de peinture, pour en faire ensuite le siège des Académies des 



LE PARC ET SES ABORDS 63 

Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, et de l'Académie de .Médecine. 

Érigé en 1823 pour le prince d"( )ranj4e par l'architecte van der Straeten, 
le palais fut occupé, jusqu'à la chute du régime hollandais, par l'héritier 
du trône des Pays-Bas, plus tard roi sous le nom de Guillaume II. 

L'ordonnance extérieure, en style classique italien, n'est point 
dépourvue de noblesse. Précédé d'une terrasse que longe une balustrade 
dont les appuis sont décorés de lions, œuvres du sculpteur Félix Bouré, 



Le Palais Royal. Une des galeries. 

et précédé d'une statue, par Fraikin. de l'astronome Ouetelet -'1796-1874). 
secrétaire perpétuel de l'Académie, le palais est encadré d'un beau jar- 
din, décoré de bronzes remarquables. C'est d'abord, le Discobole, de 
3Iath. Kessels '1784-1836). morceau tout à fait distingué, dont le 
marbre appartient au duc de Devonshire. et figure dans la fameuse 
galerie de Chatsworth. Lui font suite le Ca'hu par Louis Jéhotte. le 
Vainqueur à la Course, par Jean (ïcefs. Au pied d'un tertre latéral, 
le buste de Jean Stas. le grand chimist" iSi 3-189 1 par Th. Vinçotte. 

L'intérieur a conservé quelques salles de la construction primitive. 
Celle dite « de marbre >^ , vers le jardin, ancienne salle de bal du palais, 
où se tiennent les assemblées publiques de l'Académie des Sciences, est 



64 



BRUXELLES 



d'une décoration sévère, avec une voûte à caissons, dont les retombées 
sont ornées de sculptures de Rude. 

Lu salle des o-randes sol(Minités. « l'Aula ». pourrait-on dire, est 
d'adjonction nouvelle, ainsi c|ue l'escalier, fort modeste d'ailleurs, et en 
hors (l'œuvre. 

La décoration sculpturale et picturale date de 1870. Sous une frise, por- 
tée par des cariatides, parmi lesquelles il en est une de Meunier, dont, à 
cette époc[ue. le renom n'avait pas franchi, encore. les limites de cette salle, 




Palais des Académies. 



se lisent les noms des grands hommes ayant honoré la patrie. La décoration 
picturale, œuvre d'Krnest vSlingeneyer (1824-1894), a pour objet d'illustrer 
les grandes phases de son liistoire. 

^Vu fond, une vaste toile rassemble les Belges illustres : latéralement, 
douze panneaux retracent des épisodes de l'histoire politic|ue. militaire et 
intellectuelle de la nation, de la conquête romaine à l'inauguration du 
roi Léopold L', en 1831. Ce^ peintures, malheureusement placées trop bas 
et vues à courte distance; ne jjroduisent pas l'effet rêvé par leur auteur. 
Les salles des séances des classes sont décorées de bustes en marl:)re des 
académiciens décédés. 

Centre du c^uartier noble, le l^arc et ses abords, la rue Royale, la rue 
Ducale, etc.. confinent à la place Royale, sommet du Coudenberg (Froid- 



LE PARC ET SES ABORDS 



65 



mont'. Les ducs de Bral)anl avaient élevé là un cliâteau, où résida 
maintes fois Philijipe le Bon et dans les l:)ois ombreux duquel lui-même 
et ses successeurs se livraient au plaisir de la chasse. On en voit la 
représentation sur des tapisseries du Louvre. 

Le Palais impérial fut détruit par le feu, dans la nuit du 3 au 
4 février 1731. quand y rési- 
dait l'archiduchesse Marie- 
Elisabeth, sœur de l'Empe- 
reur. Ses ruines restèrent 
debout, jusqu'en 1775 et l'on 
s'explique assez que s'il pût 
être question de les relever, 
aucune suite ne fut donnée 
au projet. Les temps étaient 
changés et c'eût été. en der- 
nière anah'se, un anachro- 
nisme de vouloir, à supposer 
que quelqu'un s'en souciât. 
réédifier à grands frais, en 
1775, une demeure féodale. 

C'est ainsi que prit corps 
l'idée d'une appropriation de 
l'ancien emplacement, ap- 
propriation d'où est née la 
place Royale, — d'abord 
place de Lorraine. — d'as- 
pect très franchement mo- 
derne et. nonobstant cehi. 
gardant bien l'empreinte du 
XYIII*^ siècle. Le nom même 
de place de Lorraine, en pas- 
sant sous la plume, suscite une comparaison inévitable avec la place 
Stanislas, à Nancy, comme les abords du Parc suggèrent le souvenir de 
la place Carrière. 

Charles de Lorraine, pourtant, le beau-frère de l'impératrice .Marie- 
Thérèse et son lieutenant général aux Pay.s-Bas, n'avait point spéciale- 
ment à vouloir que sa résidence prît l'aspect de la capitale de Stanislas 
de Pologne. Quoi qu'il en soit, la place Royale est. tout ensemble, une 
des plus riantes de Bruxelles et une des plus élégantes du pays. 

5 



y 




Statue de Godefrov de Bouillon, 



66 



BRUXELLES 



].e bron/e équestre de Godefroid de Bouillon, qui en occupe le milieu, 
fut inauo-uré en 1848. Statue des plus remarquables par elle-même, 
outre qu'elle marque le point de départ d'une évolution intéressante de 
la sculpture en l^elgique L'œuvre, en effet, ])résente ce caractère parti- 
culier qu'elle nous montre^ un artiste se libérant de la routine académique 
l)our entrer dans une voie très franchement nationale. C'est, en outre, 
la première statue équestre née d'un ciseau belge. Son auteur, M. Eug-. 
Simonis s'y est inspiré, pour le cheval, de la race qui a donné au pays un 




l'iiiilu N.'unlf 



Église Saint-Jacques-sur-Coiidenberg. 



type fort distingué, l^e cavalier avec cela, a de l'élan et, à tout prendre, est 
pleinement dans l'esprit de la donnée. Les bas-reliefs du piédestal, 
œuvres de M. Guill. de Groot, sont de 1897. Ils représentent ÏAssaîit 
de Jérusalein et les Assises de Jérusalem. 

L'église Saint-Jacques « sur Coudenberg » occupe le fond de la place. 

En st3^1e classique, précédée d'un perron de quinze marches, d'un 
majestueux portique de six colonnes corinthiennes cannelées, on la prend 
volontiers pour un palais de justice, un parlement, un musée, voire un 
théâtre; jamais pour un édifice religieux! Tout y accuse, le XVIII* siècle 
et l'influence française. Aussi bien, ce fut un architecte français A. Gui- 
mard qui, en 1776, traça les plans de la façade. Le vaisseau, œuvre de 



LE PARC ET SES ABORDS 



67 



31ontoyer, ne fut édifié qu'en 1785 et. plus tard, étendu de bas côtés. La 
peu gracieuse coupole est du xix" siècle, comme la fresque décorant ou, 
plus justement, ayant décoré le frontispice. Inaugurée en 185 1. cette 
peinture, sur fond d'or, à peine déchiffrable encore, fut créée par Jean 
Portaels. s'inspirant des peintures murales à ce moment très en vogue 
en Allemagne, particulièrement en Bavière. La Belgique, à ce moment. 
se montrait entichée de ce genre de décorations. 




PliMt.j .NeuiMeiu. 



Le palais de S. A. R. la comtesse de Flandre . 



Des statues colossales de .Moïse et de David, ornent le péristyle. Elles 
sont de Janssens et de Ph.-J.-Aug. Ollivier, lequel, sur une des figures 
du Parc, s'est fait connaître comme « de .^LarseiHe ». Il est l'auteur, égale- 
ment, des bas-reliefs de la façade représentant des épisodes de la vie 
de saint Jacques, œuvres où s'accuse l'influence de Puget. 

Sous le régime républicain, l'église fut tour à tour Temple de la 
Loi et Temple de la Raison. Moïse devint alors Lycurgue et David Solon! 

Le vaisseau, en forme de basilique, est de belles proportions. 

L'ensemble des sculptures, par G.-L. Godecharle (1750-1825 , n'est 



68 BRUXELLES 

point dénué de valeur. J.e maître a représenté, en statues, YAiiciciuic et 
la NoiivcUc Loi ; en bas-reliefs, la Nativitr et la Ccur. 

W \ a, contre les nefs latérales, deux vastes toiles par Portaels, 
dernières œuvres de l'artiste. 

Saint-Jacques est paroisse royale; une triljune }' est réservée à la 
Cour, chose en quelque sorte traditionnelle, la i)rimitive église de Cou- 
denl^ero- a^ant joui du même ])rivilèg'e. 

C'est sur une estrade, adossée au péristyle, que prêta serment à la 
Constitution, le 21 juillet 1831, le roi Léojxjld I''''. chef de la dynastie 
nationale. 

Parmi les hôtels environnant la place, celui de l'anole nord-est, le 
Pavillon de Belle-Vue, est la résidence de la ])rincesse Clémentine de 
Lielgique, fille du feu roi Péopold IL Pui faisant face, dans la direction du 
sud, est le jKilais de la comtesse de Flandre, mère du roi .\lbert. 

Ouatre portiques relient les pavillons de la place Royale et contri- 
buent à son heureux as])ect d'ensemble. 

Du ]ued de la statue de Godefrcjid d(» Bouillon, la vue porte, vers 
le nord, sur le Parc et la rue Royale; dans la direction opposée, sur la 
rue de la Régence, avec, ])our fond, la masse imposante du Palais de 
justice; vers l'ouest, enfin, par la percée de la Montagne de la Cour, 
l'o'il eml)rasse un radieux panorama. Du fond de la vallée s'élance, 
aérienne, la flèche de l'Hôtel de Ville. Rien de plus captivant que ce coup 
d'ceil par une belle matinée d'été. 




La Bibliotneque royale. 



CHAPITRE VII 

LA PLACE DU MUSÉE 

La Bibliothèque royale, ses origines; aperçu de ses collections. 



Le portique, formant l'angle sud-ouest de la ])lace, cli)nne accès 
à un milieu très à part, familier aux intelle<-tuels et contrastant, par son 
silence, avec l'active circulation de voitures, d'autcjmobiles. de tramwavs 
qui fait de la place Royale un des points les plus vivants de Bruxelles. 

La place du 31usée. à vrai dire plutôt une large rue, est bornée, dans 
toute sa longueur, à gauche. ])ar les dépendances du Musée ancien, par 
la Bibliothèque royale; au fond, par le Musée d'art moderne, auquel 
confine le dépôt des Archives générales du royaume. Le groupement 
constitue, on le voit, un des grands centres sinon le principal centre 
d'étude du pays. Peu de savants belges, peu de savants étrangers, en 
quête d'informations historiques, qui ne le connaissent et n'aient, à 
quelque moment recouru à ses trésors. 

La Bibliothèc]^ue royale est une élégante construction à deux étages, 



70 BRUXELLES 

précédée d'une cour d'honneur, ég-ayée de parterres au milieu desquels 
se dresse la statue de bronze du prince Charles-Alexandre de Lorraine 
dont l'ancien palais, l'aile gauche du l)àtimcnt. s'y trouve enclavé. 

Ceci exige un mot d'explication. 

Après l'incendie du Palais impérial, il fallut trouver, pour les Gou- 
verneurs généraux, une résidence appropriée. On fit choix de l'ancien 
palais des comtes de Nassau, belle et spacieuse construction précédée 
d'un vaste jardin et dont la tour apparaît dans les anciennes vues de 
Bruxelles. Charles de Lorraine, devenu, en 1744, gouverneur général 
des Pays-Bas, se préoccupa de transformer la vénérable demeure. Il 
fit alors appel à un architecte viennois, nommé Faulte, lequel, par son 
ordre, édifia un magnifique corps de logis dont l'entrée occupe le fond 
de la place et dont le prolongement, nous l'avons dit, forme l'aile gauche 
du bâtiment de la Bibliothèque royale actuelle. Le surplus de la construc- 
tion est de date plus récente. Les bâtiments primitifs portèrent longtemps 
le titre d' « Ancienne Cour ». 

Erigé sous le régime hollandais pour servir aux expositions de l'indus- 
trie, le corps central n'a été harmonisé avec l'aile gauche qu'au cours des 
dernières années du xix' siècle. 

La statue de l'ancien gouverneur général, œuvre de Louis Jéhotte, j 
fut placée en 1846 seulement. En fait, cet hommage de la reconnaissance 
nationale au représentant d'une des puissances étrangères appelées, par 
le hasard des traités, à présider aux destinées de la Belgique, est chose 
digne d'être notée. Charles de Lorraine était, il faut le dire, un prince 
aux vues larges et modernes; son gouvernement, qui se prolongea 
durant plus de trente-six années, influa d'une manière remarquable sur 
la prospérité matérielle comme sur le progrès intellectuel des Pays- 
Bas autrichiens. On peut rappeler, à sa louange, qu'il fut le promoteur 
de l'ordonnance impériale du 20 mars 1773, affranchissant les artistes de 
la juridiction des Métiers, chose (|ui, d'ailleurs, n'alla pas sans opposi- 
tion, soit dit en ])assant, de la part des intéressés eux-mêmes ! 

J.a l)ibliothèque royale, n'est pas, dans son ]:»rincipe, une création 
moderne. iJès le XYiiT siècle. Marie-Thérèse en avait sanctionné l'insti- 
tution, — ce qui explique la présence du médaillon qui se trouve avec celui 
de Léopold II à l'entrée du monument de l'impératrice. La Bibliothèque 
royale n'a été en fait, instituée dans sa forme présente que par l'arrêté royal 
du 1 g juin 1837. I^Ue s'ouvrit au i^ublic le 21 mai 1839. Sans compter numé- 
riquement parmi les grands dépôts de l'Europe : Paris, Londres, Berlin, elle 
n'en constitue pas moins, et particulièrement au point de vue de l'histoire 



LA PLACE DU MUSÉE 



71 



des Pa3's-Bas, un fonds de richesse immense. Sa fréquentation est d'ail- 
leurs considérable ; plus de cent mille ouvrages y sont communiqués annuel- 
lement, à des lecteurs admis sans formalité à profiter de ses ressources. 
Une salle d'exposition, située au rez-de-chaussée du corps de bâtiment 
central, réunit des manuscrits, des incunables de l'imprimerie, des 
estampes, et quelques reliures particulièrement précieuses. Ensemble 




<ËûtCau<Aafhif\^lnun m9\' non - ^ ;^-5'l 
^:ltnc.Ul)^rr ^* fine. <t nicitrta f<V J «C^p^ ?J 

l'hoto V.iiniamiuc. 

Miniature initiale des « Clironiques du Hainaut de Jacques de Guyse. 



dans lequel se distinguent, surtout, les manuscrits à miniatures. La 
section des manuscrits fait remonter ses origines aux ducs de Bourgogne 
dont la « librairie ». nul ne l'ignore, était fameuse en Europe. 

Bien que ce fonds précieux ne soit pas intégralement parvenu jusqu'à 
nous, que successivement la Erance et l'Autriche y aient fait de larges 
trouées, ce qu'il en reste comprend encore de multiples trésors. D'autre 
part, la suppression des Jésuites, en 1773. la dispersion, par l'empereur 
Joseph II. de la plupart des communautés religieuses établies dans le 
pays, permit à la Bibliothèque royale de s'enrichir d'un précieux ensemble 
d'imprimés et de manuscrits a3^ant formé la Bibliothèque de la 
ville de Bruxelles. Vint ensuite l'acquisition par l'Etat, en mars 1837. 



12 



BRUXELLES 



d'une collection exceptionnelle, provenant d'un érudit gantois, M. Charles 
van IluUliem — 55.000 imprimes et i.ioo manuscrits, l.'on se rendra 
compte, ainsi, des amples ressources offertes aux travailleurs par une 
des institutions publiques belges les plus absolument dignes de l'atten- 
tion du monde savant. 

La succession des manuscrits groupés dans les vitrines de la salle 
d'exposition permet au visiteur de passer en revue de précieux échan- 
tillons de la paléographie ancienne. Autant cj[ue lérudit. le curieux et 
l'artiste y trouvent largement de ciuoi les intéresser. 

On nous saura gré de la mention de quelques morceaux particuliè- 
rement dignes de l'attention du visiteur. 

Pour le xui" siècle, voici le psautier de Gui de Dampierre. comte de 
Flandre, un des compagnons de saint Louis en Afrique ; également un 
admirable manuscrit : Li fait des Roiiinaiiis, de la célèbre bibliothèque 
de Charles de Croy. prince de Chimay. 

Pour le XIV siècle : la Vie de saint Réiiiy, par Richier, ayant appar- 
tenu aux ducs de Bourgogne; l'Histoire de la Bible (en flamand), par 
le célèbre poète Jacques van Maerlant ; Li fait des empereurs de Rome 
et de Constantiiiople (Bibliothèque de Bourgogne); Gilles li Muysis : 
chroniques, en latin, avec le récit de la peste de Tournai ; la Somme le 
Roy; le Roman de la Rose, avec riches miniatures; la Cité de Dieu. 
de saint Augustin, traduite en français par Raoul de Presles, où. sur le 
titre, est représenté le roi Charles V (de la l^ibl. des ducs de Bourgogne) ; 
un incomparable psautier de l'abbaye de Peterborough, avec miniatures 
et dont le texte est tout en or (de l'ancienne bibliothèque des rois 
Charles \' et Charles VL ensuite des ducs de Bourgogne) ; .^larino Sanuto : 
Liber seeretorum fuleliinu crucis ;\e Miroir des dames, de la liiblio- 
thèque de Jean, duc de Berry; Froissart : le Livre du trésor amoureux 
(ducs de Bourgogne) ; Nicolas Oresme : Les Ethiques^ les Politiques et les 
Economiques, d'Aristote (provenant de Charles V de France); Heures, 
en latin, de Jean le Magnifique, duc de Berry, -|- 141 6, frère de Charles V 
et de Phili])])(; le ilardi; ]ir(Mlucti()n renommée du miniaturiste Jacpriart 
de 1 1{;sdin. 

\\x xv^ siècle appartiennent aussi de précieux spécimens de la minia- 
ture : le bréviaire de Philippe le Bon ; V Histoire de Charles Martel; 
Ghillebert de Lannoy : Y 1 iistritclioii d'u)i jeune prince ; le Livre de la 
Toison d'Or, par Guillaume Fillastre (1468) ; Généalogie des rois de 
France ; LIonoré Bonet : V Arbre des Batailles (1456); la Vie des saints; 
Alexandre de Paris : Histoire de sainte Hélène, mère de saint Martin 



LA PLACK Dr Ml'SKI-: 



73 



de Tours, par Jean Wauqueliii (1448^ ; le Livre des bonnes mœurs 'de 
la bibliothèque de Charles de Croy) ; la Mortiflcatiou de va/ne plai- 
saiice, par René d'Anjou (1409-1480), on y voit le roi écrivant son traité, 
miniature exécutée probablement par lui-même. Lettre d'Otheu, lu 
déesse de la Prudence, à Hector de Troyes : Christine de Pisan 
(1457) très belle minia- 
ture, l'Honneur est sur 
un trône, la Raison et la 
Vertu sont à ses côtés. 
Méditations de saint 
Augustin de la bi- 
bliothèque d'Antoine de 
Bourgogne^, exquise mi- 
niature; Traité des 
loenges de la. vierge 
Marie (traduction de 
Jean Mielot), l'Annon- 
ciation à la Vierge se 
passe devant Philippe le 
Bon. De Civitate Dei, 
de Raoul de Presles. pour 
Jean Chevrot, évêque 
deTournai. Dans la mi- 
niatureinitiale, M. Weale 
croit reconnaître une vue 
de Londres. La forme et 
manière de bien mou- 
rir (volume ayant appar- 
tenu à .Marguerite 
d'York) ; Prétention des 
Anglais éi la couronne 

de France (de la bibliothèque des ducs de Bourgogne; ; le chevalier 
Geoffroy de la Tour Landry : Enseignements éi ses filles (de la bibliothèque 
des ducs de Bourgogne) ; Jacquemart Pilavaine : Chronique dite marti- 
nienne bibliothèque de Charles de Croy); Pontifical de l'église de Sens; 
Informations des rois et des princes (bibliothèque de Bourgogne); 
Secrès des philosophes (l)ibliotlièque de ]k)urgogne) ; Album musical 
de Marguerite d'Autriche (bibliothèque de Bourgogne); Histoire 
d'Alexandre (Ch. de Croy) ; missel de .Mathias Corvin. admirables 




i'Il.jlo ViMui.Mniu.-. 

Miniature du Livred'hcures de Mathias Corvin, par Attavante. 



74 BRUXELLES 

miniatures d'Attavante degli Attavanti. Cette œuvre précieuse fut 
apportée dans les Pays-Bas par Marie de Hongrie, sœur de Charles- 
Quint ; elle servit jusqu'à la fin du xviii'' siècle à la prestation de ser- 
ment des souverains; Histoire du Saiiit-Graal (1480); David Aubert: 
CrouicqiU'S et Coiiqncstcs tic CIiû/-tcini7giie (14^8-1460), nvec unedéli- 
cieuse miniature en grisaille, faisant songer au maître allemand connu 
sous le nom de Mcistcr des Hausbiichs ; Les CJir uniques du Hainatit, 
de Jacques de Guyse, dont le premier volume (1446), représente Jean 
"Wauquelin offrant sa traduction à Philippe le Bon : cette miniature 
fameuse, tour à tour attribuée à Rogier van der AVeN'den et à ^lemling 
est d'auteur inconnu ; le deuxième volume, de 1449, contient des minia- 
tures de Guillaume Vrelant. Traité sur roraisoii dominicale (1456), 
superbe miniature (ducs de Bourgogne) ; Christine de Pisan : Livre 
de la paix (1412) ; La Jlcur des Jiystoires, de Jean Mansel, de 
qualité artistique supérieure (ducs de Bourgogne); Jehan de Vignay: 
la Moralité du jeu des écJiecs (Ch. de Croy) ; Jehan de Fransières : le 
Livre de fauconnerie, avec intéressantes scènes de chasse au faucon; 
3Iartin Le Franc : VEstrif de fortune et de vertu ; Traicté des quatre 
dernières choses advenir (ducs de Bourgogne) ; le Débat de Vhonneur, 
entre trois chevaleureux princes, traduction de Jean 3lielot (1450) ; 
Brochart Dominicain : Avis dircctif pour faire voyage doultremer, 
où l'auteur offre son œuvre à Philippe VI de Valois ; Traicté sur les 
œuvres de miséricorde : on y voit Marguerite d'York agenouillée, au 
fond l'église Sainte-Gudule ; Gu3'art Desmoulins : la Bible historiale 
(ducs de Bourgogne) ; Vasque de Lucena : Histoire de Cyrus (de la 
bibliotlièque de Charles le Téméraire), ouvrage acquis pour la Biblio- 
thèque royale par la reine des Belges, Louise d'Orléans; Alphonse de la 
Spina : la Forteresse de la foy (Charles de Croy). 

Au XVI*^ siècle appartiennent Le Chant de la Messe, avec portraits 
de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle, précieux antiphonaire de 
l'abbaye de Gembloux. enluminé par rabl:)é Antoine Papin (1518-1541) : 
les Heures de Notre-Dame, dites « Heures d'Hennesy », du nom de leur 
dernier possesseur. Les miniatures, par Simon Benning. sont, en plus petit 
format, les mêmes que celles du fameux Bréviaire Grimani et d'une non 
moins grande perfection.- — Les Statuts de l'Ordre de la Jarretière, 
envox^és par Philippe II, en sa qualité de roi d'Angleterre, à Charles-Quint, 
son père, créé chevalier de l'Ordre. (Ces statuts- sont en français.) 3Iesse 
de Pierre de la Rue d'Anvers, exécutée pour la chapelle de Jean III de Por- 
tugal et de Catherine d'Autriche (152 1-1557) <-iont on y voit les portraits. 



LA PLACE DU MUSÉE 75 

Une délicieuse vue de Séville. en isy.V P^i" ^e fameux Georçres Hoet- 




Miniature du Livre d'heures de Mathias Corvin, par Attavante. 

nagel. véritable merveille; Z. pardon des Gantois, par Jean Cornelisz 
Yermeven. dit « Barbalunga », peintre de Charles-Quint. Inutde de 
faire observer Imtérèt de ce document, dans lequel l'empereur, que 



;ô BRUXELLES 

les GaïUdis aimaient à traiter en concitoyen, se montre étrangement peu 
enclin à la clémence vis-à-vis de ceux de sa « bonne ville », prosternés 
devant lui. Précieux atlas de l'Kurope occidentale par Chrétien -Sorooten, 
i6og, un des ]dus grands artistes du genre, œuvre créée pour lM)ilii)peII 
et dont le complément, avec sa signature, appartient à la l>il)li()t]ièque de 
Madrid. — On suivra aussi avec intérêt l'admirable série d'ouvrages de 
paléographie musicale des X" au XVi'' siècles et des traités de géographie 
des XIT' au x\ T' siècles. 

De très haute curiosité et certainement uniques en leur genre, les 
tablettes en ardoise de la seconde moitié du Xiir' siècle, trouvées dans 
les ruines de l'abba^'e de ^"illers au cours de l'année 1 894. Ces tablet- 
tes, entièrement gravées, portent des instructions au sacristain i)()ur 
les sonneries de cloches et sur la manière de d(''terminer l'heure des 
offices, ])ar les rayons du soleil dardant à travers certains ocidus du 
chœur de l'h'.glise. 

Parmi les manuscrits les j)lus récents en date, est un missel, avec 
jolies miniatures du XVllT siècle, donné par 3Iarie Leczinska au prince 
de AVindischgraetz. La reliure en est pourvue de fermoirs incrustés de 
brillants. 

Pa série des incunables de l'imprimerie comprend des spécimens de 
presque tous les ateliers de Belgique. 11 y a là les tout premiers essais 
de la typogra])hie, égalenient de la XA'lographie, et particulièrement 
la Lcgcudr de saint Servais, dont, à ce jour, aucun autre exemplaire 
n'a été signalé, ni aucun produit du genre, supérieur en délicatesse. 

Pour ne pas étendre indéfiniment cette nomenclature, bien longue déjà, 
nous nous bornons à signaler la première impression datée, de provenance 
belge (.Vlost, Tliierry .Martens, 1473;. Au même imprimeur est attribuée 
la Relation du ])remier voyage de Christophe Coloml) en Amérique, 
exemplaire unique. Pa première édition du ])lus ancien de tous les bré- 
viaires imprimés des Pa\'s-Bas 11 est sorti des presses de Jean Herzog, 
à Venise, en 1496, et fut conimandé spécialement pour l'église de Notre- 
Dame, à Anvers. 
\ Quantité d'autographes de personnalités illustres occupent les vitrines 

murales de la salle d'exposition. Ces pièces sont souvent très intéres- 
santes et dignes de l'attention des curieux. 

Un souvenir précneux desj(jurnées de septembre 1830 est l'ordre donné 
(( pour la Commission administrative », par Ch. Rogier et JoUy, au son- 
neur de Sainte-! judule, continuateur de celui illustré par Victorien Sardou. 
dans son drame Patrie, et libellé comme suit : 



/ 



LA PLACE DU MUSEE 77 

« Du iiioinent où hi fusillade sera entamée, le sonneur de Sainte- 
Gudule sonnera le tocsin d'une manière rapide. 

« S"il n'y a pas de fusillade de toute la nuit, le tocsin sera sonné à 
quatre heures du matin. » La pièce est revêtue d'un timl)re «[ui en authen- 
tique la provenance. 

Quelques remarquables estampes figurent également dans la salle 
d'exposition : une toute première épreuve du portrait de Ruliens, gravé 
par Pontius, le portrait à l'eau-forte de van Dyck, avec le titre dessiné 
de son Iconographie, nombre d'autres curiosités. 

Les sections d'estampes et de numismatique de la Pjibliothèque royale 
ont leurs expositions spéciales, la première, à l'étage, au-dessus de la 
salle des manuscrits, l'autre à l'extrémité de l'aile droite du l)àtiment. 
Toutes deux détiennent de grandes richesses. 

Le cabinet de numismatique, d(jnt l'entrée est au n" 5 de la place du 
Musée, n'est pas moins remarc^uable c[ue la section des manuscrits. 
Toutes les époques y sont représentées par de beaux spécimens. La série 
des pièces grecques est particulièrement riche. En effet, la Bil)liothèque 
roN'ale est entrée en possession, par voie d'héritage, au cours de l'an- 
née 1601, de la précieuse collection formée ]xir le baron Lucien de 
Hirsch, décédé à Paris, collection réputée parmi l(>s savants adonnés à 
l'étude des antic[uités helléniques. Avec des médailles dont plusieurs 
sont d'une beauté et d'une rareté insignes, le cabinet belge se trouve être 
aujourd'hui le possesseur d'un ensemble de bronzes, de vases, de 
terres cuites que peuvent lui envier des collections iniiniment plus 
vastes. 

Les séries du moyen âge et de la renaissance ne sont pas moins 
bien représentées, surtout pour ce qui concerne les maîtres des Pa}-s-Bas. 
Lentement accrues et composées avec goût, elles reconstituent avec 
distinction les phases de leur histoire et procurent ainsi, aux travailleurs 
et aux artistes, des éléments d'étude et d'information infiniment précieux. 




L'ancienne Cour Ja place du Musée;. Galerie } 



Mod 



erne. 



CHAPITRE VIII 

LE MUSÉE MODERNE 

Lancienne chapelle royale. - Cabinet des Estampes. - La construction 
dépendances. — Les Galeries du Musée. 



et ses 



locaux de' :,:„: '^^^ '" '""''' ^"^ ''°" P^-'- d-- les 

locaux de .. 1 Ancienne cour », où sont logées les collections du Musée 

de pe,nture moderne, les Archives de l'État et qu'enfin Ion accède au 
Cab.net des Estampes, occupant, nous lavons dit, le premier a.e de 
a B.bhot eque royale au-dessus de la section des Manuscrits dSan 
comme elle, de Tancien palais de Charles de Lorraine La salle de 
lecture des manuscrits a conservé comme boiseries meuW dLe 
part.e des collections du Gouverneur „énéral 

du U ,'" "^ P^^^^''':"-" -'8- po.^ un palais. l'entrée en hémicvcle 
du .M see moderne, du haut de la place, forme un corps d'archite u e 
agréable. Décorée de pilastres et de bas-reliefs, couronnée de tlphéel 
et dune statue de femme représentant, dit-on, Marie-Théré e, e^le 



LE MUSEE MODERNE 79 

en réalité, grand air. Sur la droite, une des quatre portes de la façade 
curviligne, donne accès à l'ancienne chapelle royale, aujourd'hui affectée 
au culte protestant. Bâtie en 1760 — la première pierre en fut posée par 
Charles de Lorraine — c'est, à une échelle fort réduite, on l'a observé 
déjà, la disposition de la chapelle de Versailles. 

Sa haute voûte en berceau décorée d'une peinture de Ileilbrouck, 
ses galeries à colonnes, ses belles décorations en stuc en font un ensemble 
très élégant, une vraie chapelle princière du XVIII" siècle. 

La porte principale franchie, le caractère autrichien de la construc- 
tion s'accuse avec une évidence complète. Le vestibule, en rotonde, à 
voûte extraordinairement surbaissée que ne supportent point les colonnes 
doriques appuyées au mur, est un morceau de surprenante hardiesse. On 
assure qu'au moment où allaient être enlevés les étançons, des doutes 
surgirent sur la solidité de l'œuvre. L'architecte alors se serait placé 
au centre même de la rotonde, prouvant ainsi sa foi dans la résistance 
de sa construction. Et. vraiment, elle a triomphé de bien des épreuves 
plus rudes depuis plus de cent cinquante ans qu'elle existe. 

L'escalier de marbre blanc, large de 2'". 45, est d'aspect grandiose. 
Une statue colossale en marbre. d'Hercule, œuvre de Laurent Delvaux 
(1770), sert d'appui à la rampe. Le demi-dieu est debout ; à ses pieds le 
sanglier de Calydon enchaîné et l'hydre vaincue. La croix de Lorraine, 
deux fois répétée, et l'insigne de l'Ordre teutonique dont le prince 
Charles était grand maître, ornent la massue d'Hercule. 

La rampe de bronze mérite l'attention. Elle est décorée d'une série de 
bas-reliefs, les Travaux cV Hercule, par l'excellent statuaire liégeois 
E. 31ignon (1847-1898). La décoration des parois de la cage constitue un 
ensemble exquis. Un artiste inconnu, italien, dit-on, mais certes habile 
homme, y a représenté eh stuc les Eléments. La coupole très élégante 
de ligne, est décorée d'une jolie peinture : les Saisons, par Joseph 
Stallaert. de Bruxelles (i 825-1 903). 

La rotonde majestueuse où aboutit l'escalier et où huit portes 
alternent avec des fenêtres grandioses, aux embrasures richement déco- 
rées et deux superbes cheminées de marbre, constitue certainement le 
plus beau morceau du genre que possède la Belgique. La voûte superbe 
a pour centre une peinture, peu remarquable, de Verschoot : un guerrier, 
Charles de Lorraine sans doute, reçu au temple de la gloire. 

Le pavement est curieux. Du centre rayonnent vingt-huit échantillons 
nuancés de marbre du pays. Les noms des carrières sont gravés sur les 
rayons de cette étoile d'un genre particulier. 



8o 



BRUXELLES 



C'est par la rotonde que l'on pénètre dans les salles du cabinet des 
estampes ou dans les galeries de peinture. Autrefois occupées par l'Aca- 
démie ro3"ale de Beloique. les premières attestent, par la richesse de 

leur décoration, la no- 
Ijlesse de leur origine. 
Elles servirent, en effet, 
d'appartement privé au 
prince Charles de Lor- 
raine; l'iùnpereur lui- 
même y logea durant 
son mémorable séjour 
en P>elgique. en 1781. 
Les ])lafon(ls et les tru- 
meaux en stuc sont d'é- 
légance exceptionnelle. 
Le Cabinet des Es- 
tampes, créé seulement 
en 1856 et ouvert au 
public en 1858. jouit en 
Europe d'une réputation 
j ustifiée par l'abondance 
de ses éléments d'inté- 
rêt national. En tête de 
ses richesses figure la 
fameuse planche, gra- 
vée sur l)ois, peut-être 
tailléeen métal enrelief, 
au millésime de 141 8. 
Eaut-il faire obser- 
ver que, par le fait, elle 
précède de cinq ans la 
plus ancienne pièce da- 
tée, estampe faisant 
partie de la bibliothè- 
que R}lands, à Manchester et représentant un S aiiit-Cliristophc. 
L'impression de Bruxelles représente la Vierge environnée de saintes 
et cV anges, composition qui se répète, identique, dans une autre gravure 
sur bois appartenant à la bibliothèque de Saint-Gall, en Suisse. 

Longtemps et âprement contestée, la validité de la date de Bruxelles 





!V ià..-^Jù 1,., ^|i■^^*»i^li./''^. 



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Les grandes armoiries de Charles le Téméraire. 
Cabinet des Estampes de I.i Bibliothèque royale. 




La Vierae de 1418. Cabinet des Estampes de la Bibliothèque royale. 



82 



BRUXELLES 



est aujourdluii reconnue par la majorité des connaisseurs à même de 
la vérifier. J.es arguments produits contre elle ont été surtout tirés du 
style de l'œuvre, de l'abondance et de la cassure des plis, etc. 

Nous avons fait observer ailleurs la présence de ces caractères dans 
d'autres ])roductions certainement contemporaines de l'estampe liti- 
gieuse, sinon i)lus anciennes encore. 

Bicn'ciue trouvée en Belgique, dans un vieux coffre, à Malines, celle-ci 







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G. Wappers : Les journées de la Révolution. 



ne doit jxis nécessairement être envisagée comme d'origine néerlandaise, 
aucun témoignage matériel ne démontrant une provenance indigène. 
Une autre estampe, actuellement unique aussi, possédée également 
l)ar la Bibliothèc^ue royale, est la gravure sur cuivre des Grandes 
armoiries de Charles le Téiiu'raij'e^ morceau d'exceptionnelle impor- 
tance. (3n peut le dater de 1467 ou 1468. Son auteur, selon le l)"" J.ehrs, 
de Dresde, qui a fait de l'artiste une étude spéciale, serait le maître au 

monogramme W A . graveur néerlandais employé par la cour de 
Bourgogne, chose ressortant d(* l'ensemble de' ses productions. 

Les pièces exposées au Cabinet des Estampes — et il en est.de fort 
curieuses — sont pourvues d'étiquettes ; le visiteur peut ainsi se rendre 



LE MUSEE MODERXE 



83 



compte de leur portée. Beaucouj) sont non seulement rares, mais ao-réables 
à regarder, en un mot, constituent un enseml)le d'intérêt sérieux. 

Le 3Iusée de peinture, dans sa distribution actuelle, ne garde de 
l'ancien palais que l'emplacement. La cour, à peine, oifre, dans quel- 
ques parties, l'aspect de certaines dépendances de l'Hôtel de Nassau, 
réputé pour sa splendeur. Albert Durer le visita durant son séjour à 



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Henri Levs : Les Trentaines de Berthal de Hase. 



Bruxelles, en 1520. et l'illustre artiste en exprime sa vive admiration. 
Plus de cinq cents toiles et aquarelles, à peu d'exceptions i)rès de l'école 
belge, font du .Musée moderne une galerie nationale au vrai sens du mot. 11 
V manque peu de noms ayant marqué dans le pays au cours du XIX'' siècle. 
Sa visite, des plus instructives, permet de suivre sans effort et sans fatigue 
l'évolution de l'art dans les provinces belges sous les influences qui prési- 
dèrent à son développement. 

Xavez (1787-1869), l'élève de David, à proprement parler le chef de 
l'Ecole de Bruxelles ; Wappers (1803-1874 . en 1830 le porte drapeau du 
mouvement romantique, voir sa grande page des journées de la Révo- 
lution); Nie. Dekeyser (1813-1887); Ern. Slingeneyer (1820-1894) venus 
à sa suite, mais assagis, déjà: L. Gallait ;i 8 10-1887) avec sa toile impres- 



84 



bruxklt.es 



sionnantc de V Abdicûl ion clr Cliarlrs-Qji inl '1841. la Peste de 
Toiiniûi, couronnement d(^ sa carrière ; cl les portraits en pietl du roi 
l.éoi)old W et de la reine .Marie-ilenriette ; de Biefve '1808-1882) avec 
son Coiuprom/s des A'obles; Kug-. Verboeckhoven (1799-1881). l'anima- 
lier le i)lus réputé de son temps; llenr\ Leys (1815-1869; et ses Tren- 
tiiiiies lie Berllml de Ihise. un des morceaux à sensation de l'Exposition 
universelle de 1855 ; les peintres de o-enre Madou (1796-1877^ et F(^rd. de 
Braekeleer (i 792-1 883). noms que l'histoire enregistre comme ceux des fon- 
dateurs de l'Ecole belge moderne et des pionniers de son renom en lùiroi)e. 



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Ch. de Groux. Le c BencJicite 



Alors, en de rapides étajjes, on \'oit l'école reconquérir la sj)lendeur 
de ses grands jours, et dévoilant des liorizons encore inaperçus, soudai- 
nement montrer à liùirojx' une traduction d(" la nature (^miireinte de 
vérité et de maîtrise. ("ourl)et, dont les disse 11 rs de PieiTes figurèrent 
au .Salon de Bruxelles, en 1851, ne fut pas étranger à ce mouvement. 
Voici Charles de Groux 1825-1870 , dans ses sujets populaires et histo- 
riques; Alfred Stevens (1823-190O , élevant jus(iu"au grand art la traduc- 
tion des élégances parisiennes; Joseph vStevens 1819-1892 . le puissant 
animalier; Henri de Braekeleer (1820-1888;, faisant jaillir la poésie de 
l'intimité des ambiances : les portraitistes Liévin De AVinne 182 1-1880) 
et Alf. Cluysenaar (1837-1902); Emile AVauters dont la Folie de Hugues 
van der Goes (1872) et Sobieski devant Vienne (1883); plus aussi quel- 
ques portraits ; Ch. llermans dont l'Aube (1875) ; Léon Frédéric : les 
Ages du paysan, A. Stru3s (1893';: la Visite au malade, appartiennent 



LE MUSÉE MODERNE 



85 



aux pages les j^lus frai)i)aiites du .Musée. Alfred Verwée (i.S,3S-iSo5) sur- 
nommé le (( Troyon belg-e )> ; les paysagistes l^nirmois 1814-1871 . llip- 
polyte Boulenger (1837-1874:; J. C(X)semans (1828-1904); F. Cour- 
tens, né en 1854; Ciilsoul, né en 1867; P.-J. Clays (1819-18991; le 
mariniste J.-B. van .Moer 1819- 
1884). peintre de vues de ville et 
nombre d'autres encore, ont élevé 
très haut le renom de l'école belo-e 
dans les sujets où n'intervient pas 
la figure. 

Parmi les écoles étrangères, il a- 
a lieu de mentionner un Vjeau Fantin 
Latour : La Leçon de Dessin 1879'; 
les portraits du C//i7 //()///<•/)() /////^^?r/' 
et de MgrStrossniLiycr, de Lenbach ; 
une Bergerie, de Segantini ; une 
édition du Derby Da\\ de Frith, etc. 

Il y a. tout au fond du premier 
étage du .Musée, deux cabinets, les 
salles X et XI, d'où la vue embrasse 
un admirable panorama de la ville 
et de ses environs vers le sud-ouest 
C'est l'endroit même où Albert Du- 
rer, visitant le palais de Nassau, 
déclara n'avoir rien vu de compa- 
rable à la splendeur du coup d'oeil. 

Le dépôt des Archives générales 
du royaume occupe, avons-nous dit. 
tout le rez-de-chaussée du l^àtiment 
du 3iusée. Dans la cour, subsistent 

quelques parties, d'ailleurs altérées, de la primitive construction. Un esca- 
lier communique d'ici avec la .Montagne de la Cour, où est restée debout 
l'ancienne chapelle de l'hôtel de Nassau. Ses fenêtres en gothique flam- 
boyant, sa porte surmontée d'une figurine de saint Georges, la signalent 
au passant. Peu élevée, cette chapelle, transformée en dépôt de livres, a 
une jolie voûte à nervures croisées, retombant sur de minces colonnes 
cylindriques. Une tribune à rampe ajourée, de style ogival, en occupe 
tout le fond. Albert Durer mentionne la présence, dans cette chapelle, 
dune peinture de « maître Hugo » sans doute Hugues van der Goes. 




L. de W'inne. Portrait de Léopold 1' ' 




Le marché de la Madeleine. (Ancien Hôtel des Messageries, transformé par Cluysenaar.} 



CHAPITRE IX 



LA MONTAGNE DE LA COUR. — LA RUE DE LA MADELEINE 



La .Monta^-ne de la Cour, à moins qu'on ne préfère La contourner par 
la rue de Coudenberg, créée pour lui servir de dérivation et que domine 
un jardin en terrasses, de création récente, s'amorce, comme elle, à 
la rue de la .Madeleine. De ce jardin, la vue eml)rasse un horizon très 
étendu. Sous divers noms : Marché aux llerl:)es. 31arché aux Poulets, 
la rue de la Madeleine traverse la ville de jiart en part, de l'est à l'ouest, 
pour finir aux quartiers maritimes. 

Comme rue de la Madeleine proprement dite, c'est un des endroits 
les plus fréquentés de Bruxelles en quelque sorte la « Bond Street » de 
la capitale. Bordée de somptueux magasins, elle monopolise depuis tan- 
tôt un siècle, le commerce élégant. Aussi les dames en font-elles, entre 
quatre et cinq heures, leur promenade favorite. Que de fortunes 
faites dans ces boutiques par des générations de commerçants avisés ! 



LA MONTAGNE DR f.A COUR 87 

Le problème du « redressement » de la .^l<)nla^■ne de la ("our a tenu en 
échec depuis un demi-siècle, la science et l'ino-éniosité d'innombrables 
architectes. Le fait est que vouloir racheter, en ligne droite, l'énorme 
différence des niveaux, n'est possible qu'au moyen de terrasses ou d'esca- 
liers. On s'est donc arrêté à une courbe, plan de l'architecte Maquet, reliant 
le haut et le bas de la ville. 

De la 3Iontagne de la Cour elle-même, il subsiste ainsi peu de chose : 
à peine le nom. Devenue, en effet, le 3lont des Arts, conformément à 
une volonté du roi Léopold IL on aurait vu s'édifier là un immense palais 
destiné aux expositions et à l'extension des musées nationaux. En atten- 
dant une solution, nous voyons l'emplacement occupé par un tertre boisé, 
orné de statues et de cascades. Lui faisant face sur le Coudenberg, c'est 
une rangée de boutiques à unique étage pour ne pas intercepter la vue. 

« Si cette ville était aussi grande que Paris, écrivait en 1734. le 
fameux baron de Poellnitz, on pourrait, en vérité, l'appeler l'enfer des 
chevaux. » La remarque n'a rien perdu de son actualité. L'on pourrait dire 
aussi que Bruxelles est l'enfer des chiens, largement employés encore à 
la traction. Joseph Stevens a puisé dans cet usage le motif de quelques- 
uns de ses plus impressionnants tableaux, devenus populaires sous le 
titre ingénieux. Un métier de chien. 

Si la rue de la Madeleine paraît compromise dans son avenir par les 
transformations du centre, elle continue, pour le moment, à tenir une 
grande place dans les habitudes bruxelloises. A certaines heures, pendant 
l'hiver particulièrement, le « Tout Bruxelles » mondain paraît s'y être 
donné rendez-vous. Le tour classique ne dépasse point les Galeries Saint- 
Hubert et l'on gravit, presque sans s'en apercevoir, la pente raide, jus- 
qu'à la Place Royale. Nous ferons de même, ce qui nous permet de voir, 
en passant, mainte ancienne façade, non dépourvue de valeur et dont 
l'intérêt architectural persiste en dépit de l'accommodation très moderne 
du rez-de-chaussée. Les façades sont toutes postérieures au bombarde- 
ment, dont la rue de la .Madeleine sortit à l'état de ruine. Xe manquons 
pas de jeter un coup d'œil sur la jolie porte à colonnes rustiques 
de l'ancien Hôtel des .Messageries, au-dessus de laquelle on lit la date 
de 1763. Transformé, en 1846. en .Marché de la .Madeleine, sur les plans 
de Cluysenaar. on le pourvut alors de la remarquable façade, vers la rue 
Duquesnoy. avec son double portique. Le -Marché de la .Madeleine, 
devenu salle des fêtes, est partiellement affecté à la Bourse des grains. 




l^lioto Neui-deir. 



Le Palais dos lîeaux-Arts. 



CHAPITRE X 



LE MUSÉE ANCIEN 



Revenus à la Place Royale, nous nous dirigeons, vers le sud. par la rue 
de la Kégenee, pour nous trouver Ijientôt adroite devant le Musée ancien dont 
le monumental portique fait face à l'entrée du palais de vS. A. R. la Comtesse 
de Elandre. Œuvre d'Alph. Balat 1870) le Musée paraît avoir été conçu pour 
être vu de profil. Comme au Taylor Institute d'(3xford. quatre puissantes 
colonnes d'ordre corinthien, en granit rouge d'Ecosse, avec chapiteaux et 
l)ases de bronze précèdent l'entrée. Elles ne portent point d'entablement et, 
sur l'architrave à ressauts s'alignent les statues de l'Architecture, de la 
Sculpture, de la Peinture et de la Musique, œuvres de De Groot, Samain, 
(ieorges Geefs et E. .Melot. Les bustes en bronze de Jean de Bologne, 



L E M u S !•: !•: A X e" 1 !•: x 



de Ruljens el de Jean van Kuyshroeck. auteur, (^aprè^ la Iratlitittn, de la 
tour de 1 ll(")tel de ville, couronnent les |)()rtes d'entrée. Au-dessus des 
fenêtres, en style classique, complétant la façade, des bas-reliefs en 
marbre par T. Vinçotte (7^7 Musique] et Charles Brunin 1,'s Arts indus- 
triels dirigés par F/nspi- 
ratioii et la Poésie). Les 
deux avant-corps qui ter- 
minent la façade sont déco- 
rés de groupes allégoriques 
en bronze, à gauche. \'En- 
sei'jncnient de l'Art, par 
Van der Stappen . et à 
droite, le Triomphe de 
l'A/'t. l'œuvre maîtresse de 
Paul de Vigne 'i 843-1 goi). 
Créé pour servir aux 
expositions périodiques de 
beaux arts et aux auditions 
musicales, l'édifice se res- 
sent de cette destination. 
C'est, à vrai dire, un palais 
de fêtes orné de peintures 
plutôt qu'une galerie de mu- 
sée. Les escaliers, d'ailleurs 
spacieux et commodes, sont 
reportés en hors d'œuvre. 
dans les angles nord et sud. 
et à l'extrémité ouest cFu 
monument. Cette disposi- 
tion, peu banale, mérite 

d'être louée. Les escaliers sont décorés de sculptures, parmi les^iuelles un 
ba.s-relief par Vinçotte. perpétue la mémoire de l'auteur du monument. 
A. Balat, et un buste reproduit les traits de (t.-J.-J. Bosschaert. pre- 
mier conservateur du 31usée. Ce marbre porte la date de 181 5. année 
de la mort du personnage. Tout le centre de l'édifice forme un vaste hall 
où sont groupées les sculptures et dont le pourtour, à hauteur de l'étage, 
est occupé par des galeries ouvertes d'où la vue embrasse la noble perspec- 
tive de l'ensemble de leur prolongement. Si nous ajoutons que ces galeries, 
ont pour décoration les toiles des plus puissants coloristes de l'école fla- 




Fholo .Ncuiocio. 

Paul de Vigne. Le triomphe de l'art. 



Qo BRUXELLES 

mande, nousauronsdii l'impression saisissantequi se dégage du coup d'œil. 

Intrinsèquement, le Musée ancien de Bruxelles ne se classe point au 
niveau des galeries de premier ordre. Paris. Dresde, Berlin, Madrid. Kn 
revanche, il appartient aux ])his imi)()rtantes pour l'étude de l'art aux 
Pays-Bas. 

Nous n'v trouvons ni m tribune », ni « salon carré » ; les toiles sont 
distribuées principalement par époques. C'est ainsi qu'une très vaste salle 
est affectée, d'une manière intégrale, aux ])r()(luctions de la i)rimitive 




Intérieur du palais des Beaux-Arts. 

école néerlandaise, représentée ici d'une manière vraiment remarquable. 
Il n'est pas sans intérêt de consacrer quelques lignes à l'histoire de 
ce musée déjà d'im])ortance suffisante pour occuper, à juste titre, l'atten- 
tion des connaisseurs. Les provinces belges, après avoir contribué, dans 
une mesure notable, à la splendeur du Louvre, se virent admises ensuite à 
bénéficier des envois faits par la République dans quinze départements 
de la France. Ces chefs-lieux, comme Bruxelles, allaient avoir leur 
musée. A côté des œuvres emportées par les commissaires de la Répu- 
blique, un nombre assez considérable d'autres avaient été jugées devoir 
être mises à l'écart, comme de valeur insuffisante pour figurer au Louvre. 
Dans leur nombre se trouvèrent des peintures qu'un examen compétent 
permit d'attribuer au musée municipal en voie de création. 






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g2 llKrXEl-LES 

De pressantes démarches avaient hcurcuscincnl fait comprendre dans 
l'envoi de Paris (juatre grandes pages de; J<ul)ens, décorant toujours les 
galeries tlu Palais des Beaux-Arts et, chose curieuse, dans leur nombre 
hgure un di-s cliefs-d'cruvre du maître, reproduit dans le présent ouvrage : 
le Miirlvrv de saiiil [Ji'viii. Cette grandiose production avait appartenu 
aux Jésuites de Gand, jusqu'au moment de la suppression de l'Ordre. 
Elle devint, par voie d'achat, la propriété du roi Louis XVI, en 1777. 




Hhotu Neur.lein. 

Q.uentin AIeis\-s. Généalogie de la Vierj^e (partie centrale). 

Son retour en Pielgique enrichissait le musée de Bruxelles d'une de ses 
piiges capitales. Pes autres Rubens : le Coiirotincnient de la Vierge, 
proviennent des Récollets d'xVnvers; \W dorai ion des Mages, de Téglise 
des Capucins, à Tournai ; enfin, le Sailli François voulant prolêger le 
monde, des Récollets de Gand. 

Deux ans plus tard, en i(Sii. les Bruxellois furent, de la part de 
ri^mpereur, l'objet tlun'e nouvelle lil)éralité. Le musée de Bruxelles entra 
ainsi en possession de plus de trente peintures, sans doute un peu dispa- 
rates mais parmi lesquelles figurent de fort remarquables morceaux. 

La chute de l'Iùnpire devait faire rentrer en Belgique quantité d'œu- 
vres marquantes dont à peine se souvenaient les hommes d'âge mûr. Le 



94 



lîRUXEI-l.ES 



musée de Bruxelles ne bénéficia toutefois que d'une partie minime de ces 
splendeurs; il n'était alors qu'une institution communale, .^lais il était 
fondé, il existait ; il appartenait au temps de l'enrichir. Kt vraiment, 
le siècle écoulé depuis sa création nous apparaît comme a}ant été fruc- 

lueusement mis à j^rofit. 

A l'exception, toutefois, de ses 
o'randes ])ages religieuses, provenant, 
]X)ur la plupart, de couvents supprimés 
et des églises, le musée de Bruxelles, 
de création relativement récente, doit 
son origine aux envois du gouverne- 
ment français, en 1799 et en 181 1, 
s'ajoutant à quelques-unes des toiles 
<[u il fut possil)le de récupérer après 
181 5 sur celles emportées par les com- 
missaires de la République en 1794. Le 
conting(Mit ])rincipal a été obtenu par 
voie d'achat. Sa composition atteste 
donc un très loua1:)le effort, étant donné, 
surtout, ([ue le Musée n'a])partient à 
TKtat qu(; de})uis 1842. 

La galerie des sculptures, aux parois 
t(mdues de riches tapisseries bruxel- 
loises du xvr siècle, œuvres d'Ant. Ley- 
niers, VH/stoirc de R011 in lu s, constitue 
une illustration très complète de la sta- 
tuaire belge moderne. Les œuvres an- 
ciennes y sont rares et d'ailleurs d'ordre 
secondaire. De même, les productions 
étrangères se comptent : à citer, parmi 
ces dernières, un médaillon du peintre Le Prince, par Pajou (1782) ; le Ber- 
ceau p/'/jii/I /t\ par Aug. de J^ay : la Statue en pied du sculpteur Drake. par 
Rauch; le Penseur, par Rodin. Parmi les maîtres indéterminés, figure un 
excellent buste en bronze de Philippe de Montmorency, comte de Hornes. 
Des belges du XYiii^^siècle. il faut mentionner Rysbrack, dont une statue 
en marbre de John Howard, le philanthrope anglais, décore la galerie et 
Grupello dont on admire un beau buste en marbre du Palatin Guillaume 
de Xeubourg. Le contingent du statuaire (iodecharle (1750-1835), met en 
relief une personnalité artistique fort intéressante et quelque peu oubliée, 




l'li)ln .Neui.lein. 

Pierre Aertsen. La cuisinière. 



LE MUSER ANCIEN 



95 



aussi, semble-t-il. appartcMiant d'ailleurs à une éj^oque peu fl(jrissante de 
l'art belge. Quelques bustes du statuaire Godecharle. exposés au Musée, 
sont de sérieux mérite. Un Bonaparte, fait d'après nature, est tout à fait 
remarquable. Les époques postérieures trouvent leur représentation dans 
tous ceux qui se sont fait un nom en Belgique: Math Kessels (i 784-1836), 




Le 'duc d'Aibe, par Antonio Moro. 



De Bay I J.-B/ : Le buste de Ca m bro il ne : Geeh [G .] ;i8o5-i883" avec son 
monument de PVédéric de .Mérode et le L/on amoureux; Simonis ^E.) 
^1810-1882;, rinnocence: Fraikin ^C.-A.' 1817-1893 , Y Amour captif ; 
Bouré (Paul) (1823-1848 , Prométhée enchaîné et d'autres productions; 
van Hove (V.) '1828-18Q1I, le Nègre après la bastonnade, le premier 
effort de la brillante phalange représentée ici par Const. Meunier, dont 
le .Musée possède une grande partie de l'œuvre. Paul de Vigne, Lambeaux, 
Julien Dillens, T. Vinçotte, Les bustes du roi Léopold II et de la reine 
Marie-Henriette ; De Groot. figure colossale du Travail — l'original à 
la gare de Tournai — Van der Stappen, P. Dubois, Kg. Rombaux. A'ic- 



96 



r, R r X K T. T, E s 



lor Rousseau. T.ao-a(\ Charlicr. tous avec les produrtions les ])lus ini])()r- 
tantes de leur leuvre. Inconteslablenient. la statuaire l)el_o-e se signale ici 
de la manière la plus distinguée. 

Si ](> .Musée possède de belles ])ao-es datant de toutes les é])0(|ues, c'est 
particulièrement à la salle des Primitifs qu'ira l'attention du connaisseur. 




fljulii KeuiMcMi. 



Rubens. Le mart3're de saint Liévin. 



Depuis les grandes fiouresd'.4J<7//z ci Eve, deV Adorai ion del Agneau 
des frères van l^\ck, longtemps oublié(^s à (iand. nous trouvons ici des 
pages ca])itales de Thierr}- J*)Outs, la Jiislicc de Vc]]]pcrcur Othon, 
créées jjour l'ilôtel tle A'ille de Louvain ; un superbe CJirist ail tombeau 
de Pierre Christus, de Roger van der Weyden. une Lauieiilation du 
Christ et. par le même auteur, un portrait d'homme, le Clicvalier à la 
JlècJic\ longtemps considéré comme un portrait de Charles le Téméraire 
et plus probablement à ce qu'il semble d'Antoine de Bourgogne, « le 





CJ 



u 



98 BRUXELLES 

s^Tcind bâtard; plusieurs lieaux ])()rlrails et sujets relioieux de 3lemling, 
une splendide Aiforci/ioii des Rois de Gérard David, un grandiose reta- 
ble de la Gcnênlogic de la Vierge de Quentin ^U-tsys provenant de 
l'église Saint-Pierre à Louvain ayant malheureusement souffert; un autre 
à peine moins imposant : les Epreuves de Job de Jiernard van ( )rley ; 
sans ]3arl('r de noml)re d(> ])ages intéressantes de maîtres restant à déter- 




Phul.. Levy. 

Ant. van Dyck. Portrait de François Duquesnoy le statuaire. 



miner. Le JNlusée de Bruxelles mérite de compter parmi les plus im])or- 
tants ]3(M,ir l'étude des origines de Técole flamande. 

Du xvr sièrle. la représentation, moins nombreuse, comprend des 
morceaux dune incontestable valeur. La Tentation de saint Antoine, 
par Luc. de Leyde ; La Vierge aux Anges, du maître de 31oulins ; du 
vieux Breughel. la Ctiiite des anqes rebelles, V Adoration des Mages ; 
de Jean van Hemessen, l'Enfant prodigne ; de superbes Pierre x\ertsen 
dont la Cuisinière ; de Joachim Beuckelaer des sujets rustiques et 
familiers; de Jean Metsys : Loth et ses filles, Betlisabée au bain; un 



LE ML'SHK ANC! KX 



99 



excellent Ileemskerck. Dcsct'ulc de Croix: un remarc[uable p(.)rtrait 
d'Hubert Goltzius. par Ant. .Moro. le o-rand portraitiste, et un portrait du 
duc (rAll)e. par le même; divers Otto A^enius. dont le Mariage mysti- 
que de sainte Catherine, le chet-d"(i'uvre du maître; un caifital ])ortrait 
de F. Fourbus. 

Fassant au XVir' siècle, force est de constater que le contin^-ent de 
Rubens n"a pas à Bruxelles l'importance ([uOn lui trouve daiis les 





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Jacques Jordaens. Le roi boit. 



principales galeries européennes. Fes vastes pages, à part le Martyre de 
saint Liévin. ne sont pas au nombre des chefs-d'œuvre du maître, et 
leur état de conservation, non plus, n'est pas irréprochable. Fn revanche, 
on y rencontre des morceaux de premier ordre, tels, notamment, les Tètes 
de nègres et les portraits de Jean Ch. de Cordes et sa femme; \)ms les por- 
traits à.^ Albert et Isabelle, morceaux décoratifs, sans doute, mais de la plus 
splendide facture. Moins encore que Rubens, van Dyck trouve au .Musée 
de Bruxelles une représentation adéc[uate à sa renommée. Trois portraits 
à peine, dont le Duquesnoy de l'ancienne galerie de Féopold II. morceau 
exquis, les autres point de qualité exceptionnelle ; des pages religieuses, 
intéressantes dans l'œuvre de leur auteur, secondaires cependant, à les 



,oo r.RUXl'LLES 

C()m])arer à celh^s rencontrées à Anvers et dans les orandes o-aleries 
européennes, jordaens. la troisième ]jersonne de la triniti- ruhénienne 
est, en revanche, représenté dans tous ses genres et excellemment. I.e 
tableau des Dons ilr l' niilomnc. une Bacchanale, le Satyre et le Pas- 
sant, le /vc/ h(>//. sont ])armi les bonnes créations de leur auteur; il y a 
aussi des Snxders su])erl)es. euHu un ])orlrait de famille de Corneille 




riiotu iNeuii.lL-1 



Corn, de Vos. Famille du peintre. 



de \'os, le chef-d'œuvre du peintre. Teniers de même, compte des pages 
de c|ualité excellente autour desc|uelles viennent alors se grouper des 
œuvres de ceux que Ion pourrait appeler les épigones. 

La section hollandaise, proportion gardée, se compose de ])roducti()ns 
que certainement jjourraient revendiqucn" sans désavantage les meilleures 
galeries. iJe Rembrandt, le superbe ])ortrait masculin, daté de 1Ô41, 
Tannée de la Bonde de nuit, et dont le pendant, la Femme à léven- 
laiL appartient à la collection royale dWngleterre; de PVans Hais le pro- 
fesseur lloorenbeeck, et l'exquise petite ligure deGuill. van ïleythu}sen 







m^n 




]]RrXET,LES 



des Barthélémy ^'an cler llelsl. des J. Px)!. des Jean Steen. un Gérard 
Dou, un Ostade. un J Olis. des Ruysdael. deux 1 lobbema, un admirable 
Van Goven, llondekoeter. de Heeni, enfin de Paul Potter. Philippe 
Wouverman, Stooii, lluchlenburo-, de tous le musée offre d'excellentes 
créations à notreétude. i/enseml)le ne cliarme pas moins ])ar Tliarmonie 

rie lie et ])rofonde de ses colo- 
rations que par la variété des 
sujets. 

Les écoles non ai)])arentées 
à la flamande, comprennent un 
certain nombre de pages de va- 
leur exceptionnelle : un splen- 
ditle ])lafond de la salle du C(jn- 
seil des Dix. au jxdais ducal de 
X^Miise. œuvre de Paul A'éro- 
nèse, ]dutôt de son fils, selon 
quelques critiques, dans tous 
les cas un morceau magnifique, 
envoi du gouvernement fran- 
çais en 1811; un superbe Ri- 
l)era. Apollon et Marsyas ; un 
Greco. le Martyi'c de saint 
Marc ; un atlmirable portrait 
d'homme. j)ar Lucas Cranach 
1529) ; un Baroche de grande 
allure, la Vocation de saint 
Pierre ; des portraits, du Tin- 
toret; un l)eau Claude Lorrain. 
Enèe à la chasse an cerf, 
et quantité d'autres œuvres dont la présence quekiue peu imprévue 
dans une galerie aussi si)éciale que celle-ci ajoutent, puissamment à 
son relief. L'éc(de française du Xix'' siècle est rej^résentée ])ar David. 
Marat assassine; Ingres. Virgile lisant à Angnste le VP chant de 
r Enéide^ aaivre de grand style, créée à Rome en ^81 2; Eugène Dela- 
croix, l'esquisse du plafond de la Galerie d'.VpoUon au Louvre; Decamps, 
le Bonchcr ln]'c\ Fromentin. An pays de ta soif, et quelques autres 
productions de moindre célébrité. 

Mentionnons qu'il y a, au musée de Bruxelles, dans une salle du rez- 
de-chaussée, une exliitjition de photographies destinées à faire passer 




riiOlo Keurdcin. 

L. Cranach. Portrait de Hans Scheurl. 



LE MUSKE ANCIEN 



i'^3 



sous les yeux du public Tensemble des œuvres de quelques grands 
chefs de l'école nationale. Documentati(ni extrêmement précieuse pour 
qui s'occupe d'étudier la caractéristique des maîtres. 

Sortant du musée, si l'on prend la direction du Palais de Justice, dont 
les assises géantes forment le point extrême de la belle rue de la 
Régence, il faut voir, à droite, la façade sud du Palais des Beaux-Arts, 
où s'alignent, sur la terrasse, dix statues symbolisant les grandes 
époques d'art: VAri assyrien, irar H. Devillez; VAr'té^-yptieiietYArt 
grec, par Alph. de Tombay; Y Art roiimin. par H. Devillez; VArt espa- 
gnol, par Louis Samain; VArt français, par A. Desenfants: VArt ita- 
lien, par L. Samain ; VArt alteniaiid et VArt flamand, par J. Dillens; 
VArt hollandais, par Desenfants. Ensemble décoratif, donné par 
Mellery, et de conception très heureuse. 




David. Marat assassiné. 




Notre-Dame-du-Sablon . 



riiolu iNl'Ui di/in. 



CHAPITRE XI 

VERS LE SUD 



L'église de Notrc-Danu'-du-SaljlDn. — Les places du Grand et du Petit-Sablon. — Le 
palais d'Arenberg et ses collections. — Le Conservatoire royal de musique et 
son musée instrumental. — ]-a Svnagogue. 



L'église de Xotre-L)ame-du-Sablon. que nous troiuons à notre droite 
et qu'on a ])ris coutume de surnommer d'ailleurs, à tort « Notre-Dame-des- 
A'ictoires ». occujjc le sommet de la colline dont elle emprunte le nom : 
Sabuliim . Vncn que de fondation très ancienne, cette église appartient en 
fait aux XV et XVI'^ siècles. Elle eut alors une grande importance et 
donna lieu à l'institution du célèbre Onuiicganck, la « pérégrination w, 
cortège, dont la sortie, le dimanche avant la Pentecôte, devant, par la 
suite, la fête communale. 11 existe, au musée de Bruxelles, dans d'autres 
galeries également, des ])eintures de ce cortège où. à la façon espa- 
gnole, les épisodes profanes se mêlaient i\ la représentation des mystères 
sacrés. Les gildes en armes faisaient partie du grou])ement. Les souve- 
rains et les gouverneurs généraux faisaient escorte au Saint-Sacrement. 



VERS I.E SUD 105 

Dans une tapisserie a(hniral)l(\ de Taneienne collection Spitzer, au musée 
des Arts décoratifs, on voit iioairer la tante de Charles-Ouint, .^Larguerite 
d'Autriche, et les jeunes i)rinces. ses neveux, portant la statue de la 
.^ladone dans l'annuelle procession. 

L'image miraculeuse de la Vierge aurait, selon la légende, été apportée 
d'Anvers, où elle était en grande vénération, comme « Xotre-Dame-au- 
Pilier » On;c Lievc Vronic op't Stackskcn , sur l'ordre même de la 
Sainte Vierge, apparue en songe à Béatrice Soetkens, voyage accompli 
au moyen d'une nacelle. On en voit le simulacre à l'extrémité sud du 
transept, au-dessus de l'entrée de l'église. 

Le Sablon devint ainsi le sanctuaire le plus somptueusement orné du 
Brabant. La munificence des princes de la maison d'Autriche y prodigua 
les verrières du plus grand prix, malheureusement détruites par la tem- 
pête de l'année 15 13. De celles qui. par la suite, les remplacèrent, aucune 
n'a subsisté. Les vitraux actuels sont donc nKjdernes. comme le sont, 
aussi, les peintures murales, figures de saints et de saintes, au nombre 
de vingt-huit, décorant son pourtour entier. On avait découvert au 
Sablon, en 1859. ^^l^s fresques anciennes. 

L'église, dans son ensemble, présente de la majesté et. sans conteste, peut 
être citée, après vSainte-Gudule. comme la plus imposante de la capitale. Le 
vaisseau, long de 05 mètres, large de 2O mètres dans les nefs, mesure 
57 mètres aux transepts. Originairement à cinq nefs, il n'en a plus que 
trois, les autres avant été converties en chapelles. Les colonnes cylindri- 
ques de la grande nef sont à bases octogones. Elles ont des chapiteaux à choux 
frisés, revêtus de couleurs et de dorures. Les statues d'apôtres, appliquées 
aux parois, sont sans valeur. Dans les Ikis côtés, les colonnes sont en 
faisceaux prismatiques. Le triforium. qui règne aux deux côtés de la nef 
centrale, est curieusement éclairé d'en haut, par l'extérieur. Le fene.s- 
trage. en gothique flamboyant, est de grande richesse. Le chœur, 
éclairé à profusion par onze fenêtres lancéolées, se divise en autant de 
travées étendant leurs nervures jusqu'à la voûte où leur convergence 
s'opère en trois clefs. On a donné à celles-ci et aux sommets des nervu- 
res qui les rejoignent la polychromie ancienne. 

Le chœur, sans déambulatoire, se complète d'une petite chapelle absi- 
dale octogone, couronnée d'un dôme, intérieurement et extérieurement 
de grande richesse ornementale. Construite en hors-d'œuvre. cette 
chapelle, d'un dessin élégant, se voit dans son ensemble par la rue 
Bodenbroeck. 

Dans le transept, latéralement au chœur, s'élèvent deux gracieuses 



io6 BRUXELLKS 

chapelles élevées par les princes de la Tour et Taxis, dont Thôtel. faisant 
face à l'église, vers le sud. a disparu. De ces édicules profusénient ornés 
de marl^re blanc et noir. l'un, celui de gauche, est. à ])roprement par- 
ler, la çlia]Hdle tomljale de la famille des fondateurs. Celle-ci fit appel, en 
1(1151. au slatuairc-arcliitec^te nialinois Iaic fayd'lierlie. élève de Rubens. 
3ï.athieu van Beveren y exécuta. ]j1us tard, en lOycS. le mausolée de 
Lamoral de la Tour et Taxis. L'artiste \- a rei)résenté la A'ertu victo- 
rieuse des efforts du Temps, tandis ([ue la Renommée proclame la gloire 
du défunt. ]/ensem]:)le mérite l'éloge. 

En face, s'élève le monument dWnne-Françoise de Hornes, épouse du 
précédent seigneur, et. au fond de la chapelle, une figure de sainte 
Ursule, i^ur Jérôme Duquesnow Tout autour, sur la corniche, se voient 
des génies, œuvres, dit-on, du même statuaire. Latéralement, des figures 
d'enfants représentent la \'ie et la .Mort. Elles sont dues au ciseau de Quel- 
lin et de (irupello. auteur, aussi, des figures delà Foi et de l'Espérance, 
complétant le tout. 

Ce somptueux ensemble a été restauré en 1844, aux frais de la famille 
de Tour et Taxis. 

La chapelle de droite est consacrée à saint 3Iarcou et décorée de 
magnifiques sculptures en bois. 

A signaler, dans le transept nord, une figurine en fer polychrome, 
frap])ant les heures à l'aide tfun marteau. C'est l'unique spécimen de ces 
automates désignés sous le nom de jaquemarts, existant encore à 
Bruxelles. 

Pour compléter cet inventaire de la parure artistique de l'église, nous 
ne saurions omettre de mentionner une charmante épitaphe d'albâtre à la 
mémoire de Flaminius Garnier. secrétaire d'Alexandre Farnèse, mort en 
1592. C'est dans le collatéral nord, non loin de l'entrée principale, que 
se voit ce joli spécimen de la renaissance en Belgique. 

A ne point laisser inaperçue l'épitaphe de J.-B. Rousseau, mort à 
Bruxelles en 1741. et que le duc d'Arenlserg érigea à la mémoire du poète, 
peu sympathique à Voltaire. 

Les diverses peintures anciennes de quelque valeur ayant décoré 
l'église appartiennent maintenant au musée. 

Extérieurement, des restaurations, poursuivies depuis plusieurs 
années, ont presque achevé de réparer les outrages dont le Sablon eut à 
souffrir au cours des ans. La façade sud et son portail dans Taxe de 
la grande nef ont été refaits avec goût ; leur décoration est de orrande 
richesse. La galerie longeant le toît a été refaite aussi. 



VERS LE SL'D 



lo; 



Quant aux bas côtés et au chevet, ils sont, à l'heure présente, encore, 
masqués ])ar des constructions parasites. 




A l'église, l'une à l'est, l'autre à l'ouest, confinent lo i)iaces du Petit 
et du Grand-Sablon. Cette dernière, dans l'histoire de Bruxelles, eut une 



io8 lîRUXl'LLES 

oranile importance, sous le nom de \larché-au\-Chevaux. V.Wc est restée 
un point très animé de P)ru.\elles. Au centre s'élève une fontaine de 
marbre blanc érigée, cliose assez curieuse. ]xir un grand seigneur anglais, 
lord Thomas Bruce, comte (rA\-lesl)urg. Ce pair d'Angleterre résida à 
l>ruxelles durant plus de ijua.ra.nte a.nnées. Voulant rei-onnaitrc". i)ar son 
testament, rhos])italité revue, il lit don à la ville d'une fontaine, portant 
les armes des Bruce. CEuvre du scul])teur Jacc[ues .P>ergé, le meilleur 
du t(Mn]w. à Bruxelles, elle dat(> de ijsi. .Minerve y tient les médaillons 




Plioto .Neui'Uein. 



L.i place du Grand-Sablon. 



\ 



de François I*"'', empereur d'Allemagne, et de. Marie-Thérèse, alors 
régnants. 

Sous l'administration du duc d'Albe, le Sal)lon fut le théâtre de sanglan- 
tes exécutions ordonnées par le terrible proconsul. Le i"' juin 1568, l'é- 
chafaud fut dressé pour dix-huit gentilshommes appartenant aux meilleu- 
res familles du pays. Te Conseil des Trouilles assista en corps à leur 
supplice. 

Le Petit-Sablon, ancien cimetière de la paroisse, est devenu, en 1888, 
un des ensembles décoratifs les plus réussis de la capitale. Te principe 
en est emprunté aux anciennes « bailles » de la Cour, la place Royale, 
avant sa transformation. Précédant le palais, cet enclos, délimité par 
une rampe de pierre ajourée, portait, sur des colonnettes élégantes, les 



VERS LE SUD 



log 



figurines de cuivre, (euvres de Jaeriues de (iérinnes. de jjlusieurs princes 
de la maison d'Autriche. Sur la place du Petil-Sahlon s'alignent, reliées 
par un ori liage de fer ingénieusement travaillé au marteau, quarante-huit 
colonnettes de pierre dont le fût, ciselé dans le goût des anciens piliers 
de la Bourse d'Anvers, suj^porte autant de statues de bronze figurant les 
t3'pes des métiers de la 
capitale au XVI- siècle. 
-Modelées par divers ar- 
tistes, ces figurines, d'une 
jolie silhouette, ont été 
dessinées par 31. Xavier 
Mellery. La première, à 
gauche, retrace les traits 
de l'architecte créateur cle 
l'ensemble: Henri Be- 
yaert. 

Au sommet du square 
et, en quelque sorte, ados- 
sé à l'hôtel du duc d'Aren- 
berg, le groupe des comtes 
d'Egmont et d'Hornes, par 
Fraikin . L'emplacement 
n'est pas sans être motivé. 
Si les deux illustres vic- 
tirhes du despotisme espa- 
gnol, dans les Pa}'s-Bas. 
subirent leur supplice à 
la Grand'-Place, où s'éleva 
d'abord leur monument, 
l'hôtel d'Arenberg fut la 
demeure du comte d'I\g- 
mont, La partie du palais où étaient situés ses a])])artements fut détruite 
par le feu, il y a quelques années. 

Faisant escorte au monument, s'élèvent, autour ilu square, les statues 
de marbre de (ruillaume le Taciturne, par Y an der Stappen ; de Philippe 
de 31arix. par Paul De Aligne; d'Henri de Brederode, celui qui donna 
lecture du Compromis des nobles, par 1 \'an Rasbourgh ; de Jean de 
Locquenghien (1518-1574 , bourgmestre de liruxelles, par God. Vanden- 
kerckhoven ; des géographes Gérard .Mercator, par Louis van Biesbroeck, 




Pliutu iNeurUem. 

La fontaine de lord Aylesburg à la place du Grand-Sablon. 



IIO 



BRUXELLES 



et Abraham Ortelins. par j. l.amlx'aux : de Rcmlx'rt Dodonéc. le bota- 
niste, par A. de Toml)a\ : de Louis van liodeghem. Tarchitecte de l'église 
de Brou, par J. Cuypers. et de Corneille de Vriendt. le sculpteur, par 
Jules Pécher L'ensemble constitue, dès lors, une sorte de Panthéon aux 
o-loires politiques, scienlihiiues et artisli(|U('s du xvi'' siècle. 

L'hôtel d'Arcnilîerg. fameux en Jùu-ope par sa superbe galerie de 
pointures, est à peu de chose près, une construction moderne. D'an- 




Photo Neurdein. 



Square du Petit-Sablon. 



ciennes parties ont sul)sisté. notamment les appartements où logea 
Cliristine de Suède, en 1655. Toutefois, les Arenberg, en prenant pos- 
session de l'immeuble, au xvin" siècle, y ont apporté de considérables 
changements. L^ne partie vient d'être reconstruite. 

Outre la reine Christine, l'histoire cite, comme ayant occupé tempo- 
rairement l'ancien hôtel d'Kgmont. Louis X\', le maréchal de Saxe, le 
marquis de Prié, d'autres personnages, de rang moins élevé, Jean- 
Baptiste Rousseau, le maréchal Gérard, etc. 

La galerie de tableaux, peu nombreuse, mais choisie, contient des 
spécimens de haute valeur des meilleurs peintres flamands et sutout 



VKRS LE SUD m 

hollandais ilu XVlT siècle. Plusieurs de ces œuvres, en majeure partie 
de petit format, sont de véritables jo}-au.\. Kubens est représenté par 
son propre portrait et celui de Jean Woverius un des « c^uatre philoso- 
phes «, du Tableau de Florence; Rembrandt, par VAui^i' prcnaiil 
congé de la famille de Tobic ; Paul Potter, par le Repos près de 
la Grange, une des der- 
nières œuvres du maître. 
« La galerie d'Arenberg- ne 
contient rien de plus pré- 
cieux » a dit Fromentin ; 
Jean Steen, par les Noces 
de Cana, œuvre de qualité 
exceptionnelle; Vermeer de 
Delft y ligure avec une tète 
de jeune femme, signée; 
David Teniers ; Gérard 
Dou ; Frans Hais, le Jo- 
yeux buveur ; un Brouwer, 
célèbre, et exquis Inté- 
rieur de tabagie; un Craes- 
beeck également fameux, 
le Peintre dans son ate- 
lier, sans oublier un déli- 
cieux Van der Heyden. Vue 
d' Amsterdam, et un Wat- 
teau considérable, les 
Grandes noces ou la Si- 
gnature du contrat, œ\x\-re 
pareille à une peinture du 
musée de .Madrid, s ajou- 
tent à ce précieux ensemble. 

La collection d'Arenberg est riche, d'autre part, en trésors de tout genre : 
tapisseries, sculptures, orfèvreries, manuscrits, dessins, estampes. Elle 
comprend un buste fameux du Laocoon, morceau admirable par son 
expression et que certains archéologues tiennent pour une interprétation 
de la renaissance, de 31ichel-Ange même, selon un tout récent travail de 
M. de 31ély\ Des antiquités romaines, franques, etc. 




Le Laocoon d'Arenberg. 

(Cliché de M. A. île ^Icly ubligeammont communiqué par l'auteur.) 



'■ Fondation Eugène Piot, 1909. 



113 BRUXELLKS 

Contiguë à l'hôtel d'Arenberg- s "élève une monumentale caserne, sur 
l'ancien emplacement de l'hôtel de Culemliourg. rasé par ordre du duc 
d'Albe, au mois de mai 15O8. pour avoir servi a la réunion tameuse où 
fut résolue et signée la rc^quète connue dan^ l'histoire comme le « Com- 
l)romis des nobles ». A sa i)lace fut dressée une « colonne d'intamie ». 
d'ailleurs renversée après le départ du duc d'Albe. 

Inutile de rapjKder que c'est du mouvement des gentilshommes réu- 




l'Iiotu AeurcJein. 



Le Conservatoire royal. 



nis à l'hôtel de Culembourg que prit naissance le nom de « gueux » 
dont se jiarèrent ses promoteurs. ( )n ccjnnait leur devise : E/i tout 
fidèle ail n\\\ Juscjiws à porter la besace ! 

Des auteurs avancent à tort que le duc d"All)e aurait eu sa résidence à 
l'hôtel ("ulembotirg et que là aurait eu lieu l'arrestation des comtes 
d'Egmont ('t de Hornes précédant à leur supplice. 

Presque en face de l'hôtel d'Arenberg. rue aux Laines, n' 11, est ins- 
tallé, fort à l'étroit, malheureusemnt. le richissime musée instrumental du 
("onservatoire de musiqu(^ Peu de collections bruxelloises méritent autant 
d'être connues. Toutes les contrées, toutes les époques, tous les genres 
d'instruments y trouvent leur représentation.. Le catalogue, rédigé par 
M. V. 3lahillon. conservateur, et. à vrai dire, le créateur du musée, est un 
monument d'érudition. L'auteurv donne l'histoiredes instruments et, dans 



VERS LE SUD 



113 



quelques illustrations ])ien faites, leur mode d'emploi. Les pièces d'intérêt 
historique y al)ondent. Instruments ayant ajjpartenu. non seulement aux 
grands artistes, Mozart par exemple, mais à des personnalités illustres 
de toutes les époques. Ajoutons que certains types nés du génie d'inven- 
teurs, dont le nom appartient à l'histoire, sont représentés en exemplaires 
uniques. Par malheur, si le classement a été fait avec une remarquable 
entente, le peu d'espace dont dispose le musée, contraste lamentable-ment 
avec son importance. 

A signaler tout particulièrement les instruments de l'ancienne collection 
Tolbecque, facteur célèbre sous la Restauration et la .Monarchie de juillet. 

Ne pas manquer de voir, surtout, le merveilleux Coinpoiiiitin ayant 
pour auteur Théod. -Nicolas Trinkel, d'Amsterdam, en 1821. C'est, à 
proprement parler, l'instrument à composer. Le catalogue en donne une 
longue notice explicativ^e Tome I, page 449). 

Le Conservatoire a son entrée rue de la Régence, à peine franchi le 
square du Sablon. C'est une des dernières créations de Cluysenaar (1876). 
A étage unique, sa façade est somptueusement décorée de sculptures ; 
frontons, cariatides, trophées auxquels s'attache le nom de quelques sta- 
tuaires réputés, alors à leurs débuts, dont Paul de Vigne et Van der 
Stappen. 

Plus loin la synagogue, œuvre de l'architecte Deke}ser, conçue en 
st3le roman, de peu de relief, mais non dépourvue d'élégance. 




Le Palais de Justice. 



CHAPITRE XII 



LE PALAIS DE JUSTICE 



Tout en cheminant, nous voici arrivés au Palais de Justice, dont, 
chose d'apparence quelque peu paradoxale, l'éloignement laissait à peine 
deviner le caractère majestueux. 

C'est qu'en effet, par la percée de la rue de là Régence, la haute cou- 
pole ne suffit pas à faire valoir la valeur de l'ensemble, frappant sur- 
tout par son développement en largeur. Le plan primitif ne comportait 
qu'un étage de colonnes ; l'architecte crut devoir, par la suite, donner plus 
d'élévation au stylobate et à l'étage unique. L'assise nouvelle, remar- 
quable en elle-même, fait contraster l'étendue de la base avec l'élance- 
ment du sommet. 

De là, pour l'homme de goût, un soulagement à s'abandonner à l'im- 
pression, en réalité saisissante, éprouvée quand, à moindre distance, 
les assises su])érieuresse confondent avec le relief de la façade. L'œil peut 
alors embrasser à l'aise l'ampleur dune conception qui n'est pas seule- 



LE PALAIS Dl-: JUSTICE 115 

ment la plus vaste, mais encore une des plus grandioses qui soient. C'est 
1 avis des juges les ])lus rigoureux et les plus compétents ; nous ne pou- 
vons que nous y rallier. 

On l'a dit et redit, le souvenir des temples babyloniens paraît avoir 




L'escalier du Palais de Justice. 



hanté l'architecte JosPoelaert (1817-1879). N'est-ce pas i)lutôt des édifices 
tout en terrasses des Indes et de l'Hindoustan qu'il s'est inspiré? Quoi 
qu'il en soit, le maître a fait œuvre d'artiste, montrant plus de souci 
encore de l'effet à produire' que des exigences pratiques de sa construc- 
tion. De celle-ci. chose connue, un cinquième à peine est affecté aux ser- 
vices de la justice. 



ii6 BRUXELLES 

l<r('()nnciiss(ins-l(\ tel devait être son rôle. Oe(ni])ant un des ])lateaux 
les plus élevés de la ea])itale. profilant ses assises sur un vaste et mer- 
veilleux liori/.on. le l'alais de Justice constitue, dans racce])tion la plus 
a])solue du mot, un (Misemhle monumental. lù c'est pour la Heloicfue un 
titre rcM'l d'hiMiiicur daNoir su s'imposer les sacrifices nécessaires ])()ur 
arriver à la rc'-alisation <run <Misend)le dione d'être comi)aré aux ])lus 
famiHix de toules les ('pocpies et de tous les ])a\s. 

Le coùl ol()l)al du l'ahiis dejustice a été d'environ (|uarante-cin(j mil- 
lions de francs, somme ])as excessive, eu ('-oard ;'i l'immensité de l'oai- 
vre accom])lie. D'une superficie de ])rès de 27.000 mètres carrés — 
3.400 mètres de ])lus cpie la hasilicpie de Saint-Pierre, à Rome — entiè- 
rement rectilio-ne. il avait (Hé con{U dès l'annc-e iSdj et n'est pas sans 
trahir l'intluence du courant nc'-o-grec , dont le Taris d'alors fournit de 
multi])les ex(Mn])les. 

L'arcliilecle du Palais de justice a tiré de ces i)rinci])es un excellent 
]xirti. s])écialemenl sous le ra])])ort de l'effcH réalisé. 1. Ordre dorique de 
la orande colonnade nord se reliausse d'une richesse à peine prévue et le 
])orche d'entrée, de 17 '", 50 d'ouverliu-e et de .Vj mètres de haut ;^!~ relié 
aux ])avillons d'anole somptueux donne à la façade un caractère qui ne 
porte ])oint atteinte à sa sévérité. 

Le 2)lan gén('*ral de l'édifice, est un paralléloL>'ramme de icSo mètres 
sur 160, avec deux jnivillons en saillie de 25 mètres, à la façade principale. 
Disons, en passant, que la façade du palais Royal de Madrid, la plus 
vaste de l'I'^urope, mesure 132 mètres. 

L'emplacement, en dépit d'inc(H"itestabl(^s avantages, ne laissait pas de 
mettre l'architecte en présence de difficultés énormes créées par l'extrême 
différence des niveaux. Alors que l'entrée, vers la rue aux Laines, est à 
<S'",io en contre-lias du portique ]jrin(Mi)al, l'entrée postérieure à 2o"\6o, 
l'entrée occidentale arrive à 30'". 50 ! 

Les diverses façades ont. de ce fait, une différence d'aspect assez tran- 
chée. L'ordre dorique règne dans la façade })rincipale; aux façades latérales 
il se marie à l'ionique et au corinthien. La façade occidentale, la plus 
importante après la façade nord, domine les environs de toute sa hau- 
teur. Tandis que. vers la rue de la Régence, le Palais de Justice est 
à étage uniciue. il en a jusqu'à trois vers la rue des Minimes. 

I^nvironné de terrasses, d'où la vue ])orte sur un horizon étendu, le 
Palais se relie par des ram])es ou des escaliers aux rues avoisinantes, 
quartier peu fait pour charmer le promeneur et où grouille une popu- 
lation aussi dense que celle environnant le Tibre, à Rome. 



LE PALAIS DE JUSTICE ,,7 

Le péristyle, profond de 20 mètres, se raccorde ])ar (h-ux escaliers 
de marbre au premier étage du Palais. Au bas de chacun de ces beaux 
ensembles se trouvent les statues colossales de Démosthène et de Lvcuroue. 
deCicéronetd'Ulpien. La façade méridionale est pourvue d" une colonnade 
ionique, formant loggia, et se termine par deux avant-corps de sept 
fenêtres. Il y a. de ce côté, trois étages. 

Le dôme couronnant l'édifice, a plus de 100 mètres d'élévation.- Il se 
compose d'un stylobate, d'une série de gradins ayant ensemble 
g mètres de haut : de deux rangs de piliers et de colonnes superposées 




La Justice par J. Dillens. Groupe décorant le Palais do Justice. 



atteignant, avec l'entablement, une hauteur de 27 mètres. On ne retrouve 
que partiellement ici l'ampleur de style des parties basses de la construc- 
tion. L'architecte décéda au C(jurs de l'exécution de son œuvre, en 1879 
L'inauguration eut lieu en 1S83. 

A la base de la coupole sont assises quatre statues de bronze, hautes 
de 6 mètres. La Force et la fiistUw la Clrincncc royale et la Loi. Elles 
ont pour auteurs les statuaires T. Vinçotte, Desenfants, De Tombay et 
Dutrieux. 

Intérieurement, le Palais de Justice est. sous le rapport de la déco- 
ration, d'une austérité qui surprend On en a. semble-t-il, voulu Ijannir 
la sculpture, à l'exception des quatre statues déjà mentionnées et des 
bustes de quelques illustrations du l^arreau belge, enfin d'un beau groupe 



lll 



BRUXELLES 



de la Jiisf/rr, par Jul. Dillens. déposé un premier étage. La peinture 
en est. pour le moment, totalement exclue, 

La salle des Pas-Perdus occupe tout le centre de la construction. 
Remarquable par sa grande superficie: 3.600 mètres carrés, autant que 
par sa hauteur. 97'", 50. l'immensité de ce vaisseau est saisissante. Par 
rapport à la surface, la hauteur paraît excessive. 11 y a là. pourrait-on 
dire, comme un rêve imparfaitement réalisé. 

De la salle des Pas-Perdus, un escalier de 172 marcnes descend 
vers la rue des .^linimes. C'est une des parties les plus impressionnantes 
de l'œuvre. Relativement, peu de personnes la connaissent. Chose au 
reste explicable, le public se sert ])eu de cette issue vers un quartier 
(|ue ne recherchent point d'ordinaire ceux qui n'y sont expressément 
conviés. La vue dont on jouit de la terrasse du Palais, dans la direc- 
tion du sud ouest, a de (juoi imjjressionner les plus indifférents. 




Le lac du bois de la Cambre. 



CHAPITRE XIII 



L'AVEXUH LOUISE. — LE MUSÉE D'ARMURES 



A faible distance, se dirigeant vers l'est, l'on voit, jusque dans les 
lointains brumeux, fuir ta ligne de l'avenue Louise, magnifique voie de 
communication, conduisant en droite ligne au Bois de la Cambre, une des 
splendeurs de Bruxelles. Sur son parcours, se succèdent, des deux côtés, 
de somptueux hôtels et se dressent quelques remarquables sculptures : 
Le Dompteur de chevaux, par Vinçotte ' ; L'Esclave repris par les 
chiens, par L. Samain (1897;; La Mort d' Oiup draille s « le tombeau 
des lutteurs ». par Van der Stappen ; Lutte équestre, par Jacques de 
Lalaing. celle-ci tout à proximité du Bois. 

Restant sur le territoire urbain et. dans le prolongement du boulevard 
de Waterloo, vers le midi, bientôt s'aperçoit la massive silhouette de la 



' Pendant l'impression de ces lignes le groupe du Dompteur de ilu'vaitx a été trans- 
féré à l'avenue conduisant à l'Exposition universelle. 



120 



BRUXELLES 



Porte de Hal. déjà mentionnée. On y a installé le Musée des armes et 
des armures de l'Etat. 

Remaniée en i86q. la construction, dans son actuel aspect, n'évoque 
plus que faibl(Mncnt la pliysionomic des portes s'élevant sur le prolonge- 
ment de l'enceinte de 1357. Sur un plan semi-circulaire, percée de rares 
et étroites embrasures, d'après le type g-énéral des constructions militaires 
du temps, c'était un souvenir plutôt qu'un monument. Aussi fit-on, au 
cours du XIX'' siècle, (.li^ nudti])les ])rojets (ra])])r()])riati()n destinés plu- 




Photo Neurdein. 



T. Vinçotte. Le dompteur de chevaux. 



tôt à permettre son maintien (ju'à la rendre dune utilisation pratique. De 
très vieux P)ruxell()is la connurent i^rison. 

.Salle d'armes et arsenal ancien, on peut l'envisager comme fournis- 
sant un cadre merveilleux aux objets qu'on y a grou]')és nxcc intelligence 
et méthode. 

L'escalier de pierre, construit en hors-d'œuvre, décrivant une hélice 
l)arraite. constitue, (hins sa cage ajourée, une création faisant lionneur à 
l'architecte Beyaert. I.e (^oup d'œil ménagé d'en l)as. de ses spires, se 
succédant jusqu'au sommet de l'édifice est des .plus curieux. 

(Juant aux salles mêmes, l'imi^ression ])roduite se traduit fort l^ien par 
cette phrase d'un écrivain militaire, le général van \'inckero\- : «Groupés 



L'AVENTE LOUISE. — LE MUSÉE IVARML'RES 121 

silencieux, sous les ogives sévères, parfois noyés dans Tombre d'une 
colonne massive, ces fiers g-ens d'armes, tout équipés encore pour le 
combat, semblent être scellés depuis des siècles aux parois de cette vaste 
salle qu'une heureuse inspiration leur a donné pour asile. » 

Armures, panoplies, vieux drapeaux forment là un ensemble capti- 
vant, non sans analcjgie avec la 
salle d'armes du château de 
Windsor. 

Sans être d'ailleurs très 
importantes en nombre, les col- 
lections offrent un intérêt his- 
torique sérieux. Au rez-de-chaus- 
sée, d'anciennes bouches à feu 
et, dans leur nombre, plusieurs 
datant de l'origine même de 
l'emploi de la poudre : faucon- 
neaux, couleuvrines, veuglaires. 
parfois avec leur affût. Presque 
toutes proviennent des fouilles 
opérées dans les remparts de 
places fortes démantelées : Mar- 
che, Bouvignes; d'autres ont été 
trouvées dans le lit des rivières, 
à 3lalines, à Audenarde, parti- 
culièrement dans l'P'scaut de vaut 
Anvers : pièces marines infini- 
ment curieuses. Il y a aussi des 
armes portatives de siège, mais, 
chose assez curieuse, rien des 
glorieux fondeurs belges du 

XVU siècle chez lesquels Charles-Quint se prcK-urait ses iiK^llcurs engins 
de guerre. 

Parmi les étrangers, on relève le nom des : KcUer, de Zuricli, au ser- 
vice de Louis XIV ; des Castronovo, travaillant à Xaples ; des Wein- 
brenner, à Vienne. (Jn remarque la ForniiJûhlr, ])ièce tondue à Douai, 
sous Napoléon, en 181 1. et qui mesure -i."'.^5 de long. Bref, un petit 
ensemble intéressant auquel se mêlent, assez discrètement, des instru- 
ments de supplice et jusqu'au manteau rouge, de l'ancien exécuteur de la 
bonne ville de Bruxelles. 




l'iiulo Neurdeiii. 

Mort d'OmpJraïUcs, le « tombeau des lutteurs », 
par Van der Stappen. 



BRUXELLES 



Au premier étage, dont la salle unique occupe tout le périmètre de la 
construction, se trouvent groupées quelques bonnes pièces établissant la 
succession de l'armure, depuis le vêtement de mailles du Xll*' siècle jus- 
qu'au XV!!*" siècle, en passant par les types variés des époques intermé- 
diaires : belle armure maximilienne; armure de tournoi ayant a])partenu, 

(lil-on, à Philippe H. pro- 
venant dailleurs dTlspagne 
et. assur(î la tradition, de 
V Arnuria rcal '. 

Peut-être y a-t-il lieu de 
rappeler que Bruxelles eut, 
jusqu'en 1794, une des plus 
riches collections d'armes 
anciennes de rj{urope, celle 
t( )rmêe ])ar ses anciens prin- 
ces, et dont rénumération 
comprend des pièces d'un 
intérêt unique, aujourd'hui, 
pour la plupart, incorporées 
à l'admirable musée impé- 
rial de Vienne. 

Revenant aux armures 
])rincipales exposées au 
])()urtour du premier étage, 
nous signalons comme par- 
ticulièrement digne d'at- 
tention une armure alle- 
mande de tournoi, de la fin 
du xv*" siècle, le heaume, à 
timbre plat, vissé au plas- 
tron de la cuirasse et n'ayant 
d autre vue qu'une fente supérieure. Cette pièce, fort rare, ne pèse pas 
moins de 45 kilogrammes. 

Une armure italienne à fond noir, avec bandes gravées portant sur le 
hausse-col les armes du célèbre général Colalto, est portée par un cheval 
bardé et caparaçonné. I.e cheval est celui que montait le prince d'Orange, 

' Nous remercions MM. Edg. de Prellc de la Nieppe et Georges Macoir, du musée, de 
l'obligeance qu'ils ont bien voulu mettrt; à nous communitiuer les photographies ayant 
servi à l'illustration de ce chapitre. 




1'ln.lu Acuiiieill. 



La porte de Hal. 



L'AVENUE LOUISE. — LE MUSÉE D'AR^IURES 



123 



plus tard Guillaume II. à la bataille des Quatre-Bras, où il fut blessé. 

Une très belle demi-armure de reître. travail de Nuremberg, de la 
seconde moitié du xvi'' siècle, est magnifiquement décorée de fleurs et de 
palmes sur fond noir. Une cuirasse avec casque, en acier bleui, à clous 
dorés, passe pour avoir appartenu à Gustave-Adolphe, roi de Suède. 

Une paire de gantelets à fond noir avec ornements dorés et gravés, 
auxquels manquent les doigts, provient de l'ancienne collection intpériale 




Le musce royal d'armures (salle du premier étage' 



et fit partie d'une armure de Charles-Ouint. Un gantelet non moins riche, 
de même provenance, appartint à l'archiduc Albert. 

Épaves, aussi, de l'ancienne collection impériale, la dépouille des che- 
vaux d'Albert et Isal3elle. Le premier de ces petits genêts d'Espagne, 
encore très richement bardé . servit de monture à l'Archiduc à son 
entrée à Bruxelles. Une longue inscription en espagnol nous apprend que 
nous sommes en présence de Noble, le cheval de bataille d'Albert d'Au- 
triche au mémorable siège d'(3stende. « J'ai porté autrefois l'archiduc 
x-Vlbert, dit la tabelle, alors qu'auprès d'Ostende sévissaient les fureurs 
de Mars. Tandis qu'il combattait, je l'ai dérobé aux armes des enne- 
mis, car lui ou moi nous devions périr. C'est moi surtout que poursui- 



124 



BRUXEI.LES 



vaienl les sdlelats. parce qu'ils voyaient sur mon front, blanc comme 
neioe, sélever une crinière blanche commc^ la clievelure dune vierge... 
J'échappai, je tirai mon cavalier du danger, et il me ramena sans bles- 
sure... Mais, jour j)our jour, un an a])r('s. moi A'ohic, je péris. Contem- 
plez ce que j'étais ! » l^ffectivement, le fier coursier ])orte à Vencolure la 
trace d'une balle. Xous ne saurions dire où il trouva sa fin. mais, pour 
sur, l'archiduc Albert eut un cheval précieux capturé à Nieuport et qui 
devint la jiropriété de Maurice de Nassau. On voit même son portrait au 
musée d'Amsterdam. 

].a collection des épées, des dagaies, des miséricordes, celle, aussi, 
des lances et des i^ertuisanes. contient des ]:)ièces d(^ ]iremier ordre. Plus 





Ancienne bouclie à teu. 



de quarante-cinq épées sont de ])r()venance espagnole, portent la marque 
des armuriers les plus fameux du XV i'" siècle, et sont, en outre, pourvues de 
gardes ouvragées d'un si délicieux travail ({uà peine songe-t-on à la 
besogne meurtrière qu'elles eurent pour objet d'accomplir. On en 
montre une, sortie des mains de Lopez .Vguado. l'armurier de l'Empereur 
et le plus réputé des ouvriers de Tolède. 

Les é])ées de ])rovenance italienne et aUemande. au noml^re d'une 
c(;ntaine. sont fréciuemment de valeur artisticjue sérieuse, aussi. 

La salle (hi ])remier étage est pourvue d'une btdle cheminée de la 
Renaissance et Von y jjeut admirer aussi une porte d'un travail de sculpture 
exquis, ])r()venant de l'ancienne maison des Poissonniers de Bruxelles. 
L'encadrement de pierre est orné de poissons et de crustacés d'un travail 
dont la délicatesse et l'ingénieux agencement fait songer aux beaux 
motifs du palais d'Amsterdam où le fameux Ouellin laissa ses merv^eilles. 

Au second étage sont exposés les armes d'époque moins reculée, les 
souvenirs personnels, uniformes, équipements militaires, décorations. 



r/AVEXUE LOUISE 



LE MUSEE D'ARMURES 



sabres d'honneur, etc. I.a salle, déccjrée, comme la précédente, d'une clie- 
minée de pierre, de la fin du XV siècle, pourvue d'une lielle frise 
composée de feuilles et de branches de vigne avec, au centre de la 
hotte, une charmante niche sculptée, expose, en outre, un ensemble 
d'armes orientales d'extraordinaire richesse. 

Dans diverses vitrines ont été réunies les 
armes ayant appartenu au roi Léopold P' (don 
du roi I.éopold II; et au prince Baudouin, son 
neveu, prématurément enlevé à l'affection de 
ses parents et du i)ays. en 1891, à l'âge de 
22 ans. 

Ces souvenirs sont très impressionnants, 
particulièrement le masque moulé sur nature. 
et coulé en bronze, du roi Léo])old I"''. Les 
armes du fondateur de la dynastie nationale 
sont caractéristiques de leur époque. Le casque 
à l'antique de colonel d'un régiment de dra- 
gons anglais, à chenille invraisemblable, est 
l'évocation d'une phase de l'histoire de l'uni- 
forme, où tous les pays se préoccupaient de 
donner à leurs troupes une physionomie impo- 
sante par le développement des coiffures et 
la hauteur des plumets. Parmi les reliques du 
prince héritier, l'on remarque un délicieux 
petit arc et des flèches, un hommage de la 
noble confrérie de Saint-Sébastien, dont le 
défunt était haut dignitaire d'après une tradi- 
tion ancienne. Quelques' sabres d'honneur mé- 
ritent d'être spécialement mentionnés. L'un 
fut offert au général Houchart en 1793, après 
la bataille d'Hondschote. On y voit une très 

curieuse et savante adaptation à la poignée des emblèmes de la répu- 
blique : bonnet phrygien, faisceaux, charte des Droits de l'Homme 

A signaler, dans la même catégorie d'objets, une « épée offerte 
par le Premier Consul au citoyen Fontaine, adjudant-major, journée 
du 18 brumaire an VIII » Qui était ce citoyen, nous ne l'avons pu 
découvrir. 

L'intérêt d'ensemble delà collection est fait pour légitimer la visite de 
quiconque s'intéresse non pas seulement à l'histoire de la nation belge. 




L'armure de tournoi 
de Philippe IL 



1^6 BRL'XKLLKS 

mais à l'iiistoire en général, refaite par des éléments empruntés aux siè- 
cles disparus. 

Entre les objets les jikis curieux rasseml)lés à la l'orte de liai, signa- 
lons, non loin de rciilrre. thms la ])reniière salle, l'iinmense pavois 
(Tassant du XV" sièele, aperçu fréciueunnent dans les nnniatures, mais 
rarement dans la réalité. Le bouclier, de forme rectangulaire, abritait 
complètement rassaillanl. visant ]Kir uiu:* étroite ouverture triangulaire 
et observant l'ennemi par un judas pratiqué dans l'angle de ce très 
archaïque instrument de défense. 




l'Ii'Hu .Neui\lein. 



Bruxelles maritime. Le canal de WiUebroeck. 



CHAPITRE XIV 

LE SUD-OUEST DE BRUXELLES 

Quartiers industriels. — Voyage par la ligne de ceinture. — Le panorama de Bruxelles. 
Le nouveau port. — Laeken. — Les « MaroUes ». — • L'église de la Chapelle. 

La Porte de lîal constitue en fait la limite de partage de Bruxelles, 
vers le sud-ouest. Ici nous- pénétrons dans une ville en quelque sorte à 
part, très active, très vivante, siège de nombreuses industries et à laquelle 
ses usines et ses établissements commerciaux concourent à imprimer une 
physionomie des plus caractéristiques. Sillonnée de pesants charrois aux 
robustes attelages brabançons, types de chevaux introduits par Rubens 
dans ses monumentales compositions, on y voit, sous bien des rapports, la 
survivance d'un passé déjà lointain. La langue même, arg-ot où se mêle le 
flamand et le français, dénommé le « marollien ».du c[uartier des MaroUes 
(ancien couvent des sœurs apostolines», traversé par la rue Haute et ses 
innombrables affluents, accentue l'impression. 

Un coup d'œil sur le plan marque cette démarcation, nous pourrions 
dire franche et dont la proximité des quartiers maritimes et des princi- 



128 BRUXELLES 

paux marchés de la capitale semljle assurer ])()ur longtcmi^s la ])ersis- 
tance. l.'IIospicedes Aveugles, érigé en i85<S sur les jjlans de Cluyseiiaar, 
la cité Fontainas. ensemble de coquettes résidences attribuées par la 
ville aux membres retraités de son ])ersonnel enseignant, constituent, dans 
la dir(Mnion de la gEire du Midi, sur le l)oulevard du même nom, les derniers 
ensembles d'un caractère quelque peu monumental aperçus dans ces 
parages. 

Pourtant nous ne saurions laisser de faire ressortir l'attrait ]jitto- 




riioto Xcuidein. 



L'hospice des aveugles. 



resque des campagnes limitrophes treiversées par le canal de Charleroi et 
l'exceptionnelle splendeur du panorama de la capitale, obtenu des hau- 
teurs c[ui la dominent vers le sud-ouest. 

Par un des nombreux trains de la ligne de ceinture reliant la gare du 
!Midi à celle du Nord, l'on peut, sans nulle fatigue, en l'espace de moins 
d'une demi-heure, jouir d'une vue absolument exceptionnelle sur la ville 
et ses environs. iVu cours de ce petit voyage, l'on verra se succéder d'une 
façon extrêmement pittoresque les constructions du grouj^ement des- 
quelles surgissent les tours puissantes de Sainte-Gudule et la flèche 
aérienne de r Hôtel de Ville. On a l'illusion, à, certain moment, de les voir 
se confondre, tandis que ])lus haut encore, se dessine la masse écrasante 
du Palais de Justice. Coup d'œil vraiment inoul^liable! 



LE SL'D-OUKST 



12g 




Ce n'est point, du reste, à ce seul ao-rément que se borne Texcursion. 
Laeken, avec sa monumentale basilique, érit^ée par sous(-ription natio- 
nale à la mémoire de la reine l.ouise. morte en i<S5o, au milieu des 
regrets universels ; le grandiose Parc royal, le monument gothique de 
Léopold I-''. enfin le 
prestigieux ensemble du 
port de Bruxelles où. à 
la nuit tombante, sal- 
lument d'innombrables 
fanaux, il y a là. pour 
l'ami du pittoresque, 
pour l'indifférent même, 
un régal dont il est fa- 
cile de se procurer l'oc- 
casion. 

Si l'on préfère péné- 
trer en ville, de la gare 
du Midi une ligne de 
tramways se dirige vers 
la place Royale. Elle 
traverse le populeux 
quartier de la rue Blaes, 
pour atteindre bientôt la 
place de la Chapelle, le 
centre même du quar- 
tier des « 3Iarolles ». 
Ici s'élève une des plus 
vieilles et des plus inté- 
ressantes églises de la 
capitale : Xotre-Dame- 
de-la-Chapelle. couram- 
ment « la Chapelle )). 

Cette église, dont le vaisseau, du xii'= siècle. esten:partie enclavé dans 
les constructions avoisinantes, porte visiblement la trace de ses agrandis- 
sements successifs. La tour obtuse, de la fin du xV siècle, s'achève en un 
couronnement bizarre, à renflements superposés, que termine un de 
ces pinacles en forme de poire, si répandus dans les constructions fla- 
mandes du XVII^ siècle. 

La nef orientale, appliquée au flanc de l'église, se couronne d'une suc- 

9 



m'M^ 





Photo Neurdein. 



Monument de Léopold 1"" à Laeken. 



130 BRUXELLES 

cession de «ables au nombre de six. comme les fenêtres qu'ils surmontent 
et dont les tympans, percés d'arcatures trilobées, sont flanqués de cloche- 
ions pourvus de niclies où apparaissent les statues (modernes; des ducs de 
liraljant. de Godefroid 1"" à Jean II. 

Au ]K)rtail sud. un l)as-rcli('f. la Triiiitr, ol une œuvre de Constantin 
iMeunier i<Sgo ; au portail est. ouvrant sur Iclranscjjt. le Cu>/t/-(>Ji iic/iiriit 
dr la Vicrgi\ par (t. De droot. 

La Chapelle*, fondée en i lu. est intérieurement fort ])itt()resque. Du 
transe])t. ])ar lecjuel on ])énètre on ne tarde jxiint à constater lénorme et 
choquante différence d'élévation du vaisseau et du chœur. Rien ne la 
dissimule. 11 \' a là une surface nue (|ue Ton s'étonne de voir totalement 
inutilisée. Le chceur. au reste, est bas et sombre, ceci nonobstant ses 
neuf fenêtres en plein cintre. 

Restauré en 1S71 ])ar l'arcliitec-te Jamaer. il fut alors pourvu d'un 
autel de style roman à la place d'un grand ensemble attribué à Rubens. 
et transféré de})uis à l'ég'lise suburbaine de Saint-Josse-ten-Noode. 

Latéralemcnit au chœur, en quelque sorte en annexe, sont deux 
chapelles. A gauche, et ])rimitivement sé]jarées. celle du Saint-Sacre- 
ment et de la .^ladeleine. ( )n y a réuni des ])tMntures (^t des sculptures 
d'un intérêt artistique sérieux. Adossée, au pilier séparatif de deux baies 
donnant accès à la chapelle, une belle épitaphe à la mémoire de Charles- 
Alexandre de Croy. personnage important de la cour des archiducs 
Albert et Isabelle. Epoux de la fameuse Geneviève d'Crfé, il mourut 
d'une mystérieuse arquebusade. en 1624. RuVjens, qui fut de ses amis, 
en parle dans une lettre. Un buste en marbre décore le gracieux édicule. 

Aux ])ar()is. d'imposants paysages, animés de sujets du Nouveau Tes- 
tament, ils .sont de Jacques d'Artois et de Luc Achtschelling. Plus loin, 
le cénotaphe de Philippe-Hippolyte, de Philippe-Charles et de Hyacinthe 
S])inola, œuvre passablement boursouflée de Pierre-Denis Plumier, mort 
à Londres en 1721. Dans la même chapelle, au revers du monument 
de Croy. une pierre commémorative, placée en 1S34. i)ar les comtes de 
.Nlérode Westerloo et Amédée de Beauffort. à la mémoire du doyen 
Anneessens. exécuté en lynj. inhumé dans l'église, plus probablement 
datis le cimetière de la Cluqxdle. 

A la droite du ch(jeur. et dédié à la Sainte-Croix, un autel consacrant 
le souvenir des reliques données à l'église par Henri HI de Brabant. en 
1205. Très exigu, cet oratoire, est décoré de fresques par Jean-Baptiste 
Van Eycken, de Bruxelles, mort en i<S53. Ces peintures n'existent plus 
que de nom. 



LE SLM)-OUI-:SÏ 13, 

La Belgique' s était, nous l'avons dit. prise d'enthousiasme pour la pein- 
ture murale, très en faveur en Allemagne et qui trouvait dans les sphères 
administratives comme dans la haute société, de chaleureux apjjuis. \'an 
Eycken. un des protagonistes du système, y eut recours, prétendant avoir 
trouvé un procédé fait pour braver l'action du temps. Cruelle déception ! 

Il avait représenté, agenouillées en prière, Jeanne de Brabant. Isa- 
belle d'Autriche et Louise-.Marie d'Orléans. Il n'en a rien subsisté, 



.^' 




a 




^ 4i4l* 




o^î^sitSîiati 



L'cglibc de k Chapelle. 



tandis que dans les bas côtés, s'étalent les toiles d un chemin delà Croix, 
par le même peintre, ayant gardé toute leur fraîcheur. 

La grande nef. soutenue par douze colonnes cylindri(iues à base octc- 
gonale, avec chapiteaux ornés de bouquets de feuilles de chêne superposés, 
au-dessus desquels règne un triforium. n'est pas dénuée de grandeur. 
Aux colonnes, des statues d'apotres moins disproportionnées que celles de 
Sainte-Gudjjle, et, comme elles, du xviT siècle. 

La chaire, en bois sculpté, est l'œuvre de Plumier. Elle représente le 
Prophète^Uc dans ta solitude, nourri par t\ingc. Le morceau n'a 
qu'un faible mérite. 

Dans l'église de la Chapelle fut inhumé le grand peintre Pierre Breu- 
ghel le Vieux. On peut voir, au mur de l'une des chapelles du collatéral 
est, son épitaphe décorée d'une composition de Rubens : le CJirist don- 



132 lîRUX KLT.es 

//(//// les c/cf's c) Siiiiil Pirrrr \.c monument fut érioé ])ar Jean Breugiiel 
dit de \\'lours. fils du défunt. ].a jx'inturc (\\\v nous avons sous les yeux 
est une copie d'ailleurs médiocre. J/original fut aliéné en 1765 et remplacé 
])ar cette insignifiante re]:>roduction. David Tcnicrs. petit-fils, par alliance, 
du vieux JVeuohel. avait fait restaurer son monument en 1O7O. Nous igno- 
rons où a ])assé Toriginal de la ])einture. 11 a])])artenait. en 1899, à 
y\. vSedelmeyer, de Paris. 

J.a Chapelle possédait d"autres toiles île Kubens. l'">lle n'en a con- 
servé aucune et sa décoration jjicturale n'offre plus rien de remarquable. 
Henri Declerck et Théodore van 1 ludden en font les ])rincipaux frais. 
Dans l'une des chapelles une bonne copie de la Piirijîcation de la 
Yicrge du Titien. Plus loin une réduction de la Pcchc uiirnciileuse 
de Jouvenet. 

Imjjressionnante est la figure de Notre-Dame la Solitaire [Niiestl'a 
scnora de la S(dci/ad\ entièrement drapée de noir, à la mode espagnole 
du xvn'' siècle. Les Brabançonnes ont longtemps porté ce costume, la 
célèbre « faille » bruxelloise. 

Non moins curieuse, une statue de Notre-Dame de 3liséricorde, très 
vénérée dans le quartier. C'est une figure pol}'chromée, de la seconde 
moitié du XV'' siècle, autour de laquelle s'allument en permanence de 
nombreuses chandelles. 

Dans une chapelle dédiée à saint Hubert on voit une plaque de mar- 
])re noir à la mémoire de Louis-François A^erreycken, secrétaire des 
archiducs Albert et Isabelle, inhumé dans l'église en 1621 ; plus loin, 
le monument de marbre blanc et noir, assez frappant, de Charles d'Ho- 
vyne. ])résident du Conseil de Brabant, mort en 1671. 

Sur ime i)la([ue, dédiée à la mémoire du peintre André Lens, mort 
en 1822 à un âge très avancé, on lit avec un peu de surprise, les mots : 
« régénérateur de l'art en Belgique ». Bien des gens ignorent ce coloriste 
aimable, élevée de Pompeo Battoni. Son autorité fut grande. Il eut le 
mérite d'être l'inspirateur de l'affranchissement des artistes de la tutelle 
des métiers. Mesure fort tardive, car l'impératrice .Marie-Thérèse ne prit 
son décret qu'en 1775. Non loin de là se voit une cippe, érigée par ses 
amis, au peintre Jacques Sturm, décédé à Rome en 1844, enfin un gra- 
cieux monument consacré à la mémoire du curé Willaert, œuvre de 
Joseph Tuerlinkx, datée de 1870. 

Les vitraux, tous modernes, sont d'importance artistique secondaire. 

Faisant face à l'église, s'élève la liaison du Peuple, haute construc- 
tion en fer et en verre, par l'architecte Horta, inaugurée en 1899. 




Le palais ro\-al, er.trée pûsicricure. place uu Trône. 



CHAPITRE XV 

LES QUARTIERS DE L"EST 



Le Musée Wiertz. — Le Parc Léc^pold. — Le Musée royal d'Histoire naturelle. 

Parc du Cinquantenaire. 



Le 



Traversant le grand. Sablon, le tramway gagne la place Ro^^ale, longe 
et contourne le palais du Roi et. par la place du Trône, se dirige 
vers la gare du Luxembourg, ou du Quartier Léopold. Sur la place, se 
dresse une statue de John Cockerill. industriel d'origine anglaise, mort en 
1840, créateur de la grande usine de Seraing, portant son nom. Ce bronze 
est l'œuvre d'Armand Cattier, y 1892. 

Tout à proximité de la gare du Luxembourg, est situé le musée Wiertz, 
vaste, mais peu monumentale construction, érigée par l'Ktat pour servir 
d'atelier et de demeure au peintre dont elle abrite les œuvres. 

D'oîi cette faveur exceptionnelle, dans les fastes de l'art? 

Ant. Wiertz, naquit à Dinant-sur-3Ieuse en 1806, de très modeste 
famille. Ayant, de bonne heure, donné les gages d'une vocation artis- 



li((U{'. rinlcrvciUion de <|U('l(|U('s amis o-rnéreux attira sur lui rattcntion 
(lii roi lies Pa\s-Bas. dràcc à un subside sur la cassette du monarque, 
il ]Hit fréquenter l'Académie (TAnvers. alors diriiJ-ée par llerreyns. De 
])remi(M-s succès \-inrent conlîrmer les espérances de ses protec^teurs et, en 
iS^j. le jeune artiste sortait vainciueur de l'épreuve du concours de Rome. 

A son amour ])our la ])atrie, c[ue la l\é\'olution xcnait d'affranchir, 
s'alliait, dans le cœur de ce AN'allon. un ("ulte exclusii jjour Rubens. dont le 
séjour à An\'ers lui avait réxélé la L;'randeur. L'ambition du débutant 
était de j)ou\'oir recommencer le maître et, tout entier, son œuvre o'arde 
î'emjjreinte tle la ferveur tle son attachement aux ])rinci])es puisés dans 
l'étude du ])uissant artiste Rêve audacieux et qui ne devait se réaliser 
que trc-s imjjarfaitement, on le dexine. 

I)ans un mémoire^ (Mivoyé à l'.Kciulémie d'Anxers en 1840, et cou- 
ronné ])ar cett(» institution, le jeune W'iertz donnait un corps à son 
idéal, sous la forme littéraire. Sur 1(> t(^rrain artisti([ue, il avait é])rouvé 
déjà de cruelles tléceptions. 

l'ne i^-rande page envoyée de Rome, et qu'on ])eut voir aujour- 
d'hui au musée de Liège : Ia's Grecs c: les Trovciis se lUspiitaiit le 
eo/'ps (le l\ilroele ', n'obtint qu'un succès d'estime à Paris et à 
1 >ruxelles où elle fut successivement exposée. Le peintre en conçut un amer 
dépit 11 a\ait concentré toutes ses espérances sur ce début et l'on peut 
dire que sa vie tout entière se ressentit de l'influence d'un jugement qu'il 
ne voulut a(M'e})ter c[ue comme une ])retive de l'ignorance de la critic^ue. 
Ceci d'autant plus qu'il avait, à Rome, recueilli d'enthousiastes louanges 
de Thorwaldsen, son grand admira.teur, et que, nonobstant sa jeu- 
n(^sse. il s'était vu conférer le titre envié de membre de rAcadémie de 
Saint-Luc. 

Sans doute, en P)elgi([ue, il eut des partisans et des a.dmirateurs ; 
il resta néanmoins jusepi'à la ^n un isolé, se confinant dans le rêve d'une 
imagination ossianique. 

N'admettant pas qu'un ])eintre ventlît ses peintures, donnant à ses 
toiles des ))roportions ])eu en rap])ort avec les possibilités du milieu où 
elles voyaient le jour, il se heurtait fatalement à des oljstacles en quel- 
que sorte insurmontal:)les, sans compter que sa tecdinique servait insuffi- 
samment sa volonté. 

L'aisant pour vivre des portraits, non tou'ours dénués de mérite, mais 
(pi'il jugeait indignes de l'intéresser, il se plaisait à faire a])pel au suffrage 

* Ce sujet fut plus tard repris par l'artiste et fi;_iurc dans son musée. 



LES Q U A R T I !•: R S D V. 1/ F. S T 



135 



des foules par des exhibitions ])rivées dans des loraux obligeamment mis 
à sa disposition et assez vastes ])our lui servir d'atelier. 

Styliste brillant, il exposa ses idées dans ]>lus d"un érrit où se révèle 
un penseur. Ce fut, pourrait-on dire, un autre Chenavard. que la gran- 
deur des aspirations emporta dans l'incommensurable, et dont les 
excentricités mêmes n'étaient ])as sans ncjblesse. Son a]:)préciation du rôle 
de l'artiste, fort élevée sans doute, tenait du ]Kiradoxe. De tout cela 
ses œuvres témoio-nent abondammcmt 




Ptiotu Neurdein. 



Le musée Wiertz. 



Ce fut en 1850 que. sur l'initiative du ministre Rogier. l'État crut 
devoir donner à cet inassimilable et une habitati(m et un atelier aux 
confins du quartier Léopold. alors en voie de création. A la mort de l'ar- 
tiste, ses œuvres resteraient à l'Etat. Telle est l'origine de ce musée 
où se confondent en un même tout des pages empreintes d'une vraie gran- 
deur de conception et des bizarreries cj^ui amoindrissent quelque peu leur 
auteur et tendent à prouver c|u'il fut. jusqu'à sa mort, arrivée en 1865, un 
romantique attardé. 

On trouve dans son atelier, des ]3eintures fi l'huile et d'autres produites 
par un procédé de peinture mate dc^nt l'artiste était l'inventeur. Il rêvait 
de les voir se substituer à la fresque. ])our la décoration monumentale, 
genre dont il était un partisan convaincu. On y voit également, un petit 



136 lîRUXKI.LKS 

nombre de sculptures, enfin cjuelques souvenirs personnels, mallieureuse- 
ment mal présentés. 

il V a là le nias(|ue de Tarlisle, moulé après sa mort, sa ])alette. ses 
pinceaux, des essais de gravure sur bois, etc. 

Une visite à cet atelier gardant si profondément lemprcintL' de celui qui 
y passa les plus fécondes années de son existence, où naquirent des pages 
comme celle ([u'il intitulait l^ii grûinl de la terre et d'autres encore, 
laisse rarement de donner au visiteur une impression ])rotonde. A noter 
que le .Musée Wiertz est, j)armi ceux de Bruxelles, c(dui où affluent le 
plus d'étrangers. 

C'est dans l'ancienne habitation de Wiertz que finit ses jours, en 1883. 
le pojjvdaire romancier flamand Henri Conscience, à qui llùat en avait 
concédé l'occupation avec le titre de conservateur du musée. 

].a rue Wiertz s'amorce à la rue lielliard. Suivant le trottoir, vers l'est, 
on se trouve bientôt à l'entrée du Parc l.éopold, précédemment un jardin 
zoologique. Dans le parc s'élèvent diverses constructions élégantes, annexes 
de l'Université de Bruxelles, laboratoires dus à la libéralité de quelques 
généreux amis de la science. Il y a là, notamment, des instituts de bio- 
logie, d'anatomie et d'histologie, de sociologie, l'Ecole des sciences com- 
merciales. Les pavillons cjui les abritent, extrêmement remarquables, 
sluirmonisent à merveille avec le milieu verdoyant oîi ils s'élèvent et 
eur distribution est parfaite. 

Sur le i)lateau, d'où la vue s'étend sur de lointains horizons, est situé le 
Musée royal d'histoire naturelle. Érigé de 1898 à 1905 sur les plans de 
l'architecte Janlet, la galerie à laquelle donne accès le porche de l'aile 
droite, est un modèle de bon goût et d'ingénieuse disposition. La lumière 
largement répandue et l'accès facile des galeries, contribuent au grand 
agrément de la visite des collections. 

Celles-ci où, naturellement, figurent des spécimens nombreux de la 
faune historique, tirent néanmoins leur exceptionnel intérêt des collections 
de la période préhistorique formées par le produit des fouilles opérées sur 
le territoire national et qui, nul ne l'ignore, firent apparaître au jour des 
spécimens rivalisant avec les plus beaux qui soient en Europe, sans en 
excepter même le Dinothérium et le Mégathérium. Aussi bien le visiteur 
survenant dans cette galerie, n'a besoin d'aucun avertissement pour être 
frappé de l'extraordinaire importance des restes fossiles recueillis dans 
les couches géologiques, dans les terrains d'alluvion des environs d'An- 
vers, comme dans les charbonnaees du Ilainaut. Voici le Mammouth de 



LKS QUARTIERS DE LEST 137 

Lierre, le Rhinocéros Tichorinus, exhumé ;i Xaniur. les bois de cerf 
géants de Tào-e du Mammouth, trouvés à Duffel Anvers ; un Crâne de 
Morse, trouvé à Heyst. en 1897; le Miosiren de Boom, mammifère marin, 
comme le Haliterium découvert à Steendorp : une Tortue immense de 
Boom, une autre trouvée dans le Limbourg. puis les crocodiles gigan- 
tesc[ues : le Champsosaure à front déprimé, trouvé à Krf[uelinnes. le 
Mosasaure de 3Iaestricht. le Hainausaure. de Baudour. Dans La même 
exploitation de phosphates fut trouvé, à Ciply. le tronc de Taxidée, por- 




\'ue prise dans le parc Léopold. 



tant encore adhérentes de petites coquilles marines, contemporain des 
cétacés des environs d'Anvers. 

31ais ce qui fait l'orgueil du musée d'Histoire Naturelle, et vraiment 
constitue une conquête, est l'ensemble de ses squelettes d'Iguanodon 3lan- 
telli. mais surtout Bernissartensis. Il y a là comme un bataillon de ces 
monstres aux fantastiques carcasses, c^u'on dirait nés de 1 imagination 
d'un Jérôme Bosch ou d'un Callotl 

C'est en 1877 que fut découvert, dans le charbonnage de Bernissart, 
entre Mons et Tournai, à 322 mètres de profondeur, tout un gisement 
d'Iguanodons 1 Les fouilles durèrent trois ans et produisirent vingt-neuf 
types, plus cinq crocodiles, cinq tortues, une salamandre, et environ 
deux mille poissons et quatre mille plantes fossiles. Iguanodon signifie 



13^ 



1', RrXl'.l.LES 



animal à dents d'iguane, lézard de rAniéri.|uc lr(.])ieale. Les individus 
appartenant à cette rare attei^-nenl iusi|u"a dix inélres de Inn^. sur cinti 
inètresd(^ haut. Les lo-uanodons sont des re])liles. Leurs hras. notablement 
])lus eourts que les jaml)es, se terminent pai- une main jiourvue de cimi 
doi<'-ts; les pieds n'en ont tpie ([uatre. dont trois servant à la. marche. 
Herbivores, comme le montrent leurs dents, ces monstres étaient bipèdes 
et. à les voir dressés, comme ils le sont au .Musée de J^ruxelles. on sono-e 
H quehpie immense kani^ourou. 




Les Iguanodons au musée royal d'histoire naturelle. 



Seulement, il \- a lieu (rol)server que si rjnuanodoii était ])ourvu d'une 
queue dévelop])ée. cette queue ne lui servait ])as de soutien comme chez 
le kangourou. 

Dès longtenijjs on avait relevé, ]jrès de llastings. en Angleterre, la 
trace (Tun pas qui ])araissait être celui d'un oiseau gigantesque: c'était 
en réalité la trace de l'Iguanodon, ceci permit d'étaljlir ([ue l'animal ne 
marchait que sur les pieds et que sa queue ne touchait pas le sol. Bref, 
on a pu iirriver d'une manière assez précise à se renseigner sur les allures 
<lu monstre, connu des naturalistes, mais dont les découvertes de Ber- 
nissart ont fixé l'exacte ])hysi()nomie. 

Au Musée de l^ruxelles. on a reconstitué rélxndement qui. chose par- 



LKS QUAKTIKRS IJ K l.'KST 



139 



ticulièrement lieureuse. a préservé ])()ur nous les types de cette race dis- 
parue depuis des siècles si nomiDreux. On a ])u constater que ces Dinau- 
soriens se rapprochent des oiseaux, chose d'ailleurs très nettement per- 
ceptible par la conformation du bassin et des membres postérieurs. Tout 
cela est exposé dans une étude de 31. Ed. Dupont, directeur du musée, 
parue en 1897. 

Dans les galeries du premier étage se voient ITchtyosaure, le Platyo- 
don, le Plésiosaure, enfin des crocodiliens. tous exhumés des terrains 




L'arc monumental du parc du Cinquantenaire. 



crétacés. Les cavernes 'd'Hastière et de Goyet ont fourni une abondante 
moissc^n de mammifères, ours, hyènes, etc. 

Puis, enfin, dc.ns les vitrines du rez-de-chaussée, s'alignent des crânes 
de la période néolithique, des instruments de l'homme des cavernes et 
jusqu'à des spécimens de son talent d'artiste, sous forme d'une gravure 
vraiment très remarquable, sur pierre, représentant un urus. contempo- 
rain de l'âge du renne. Depuis les travaux de 31. Carthailhac, ces choses 
sont aujourdhui parfaitement connues. 

Ajoutons c|ue les plus récents historiens de l'art ne manc^uent pas de 
tenir compte de ces lointaines manifestations de ce c[u'il est légitimement 
permis d'appeler le talent déployé par les plus anciens interprètes de la 
nature. 



140 JÎKI'XKLLES 

En sortant du l'arc Léopold. poussant dans la dirct-tio!! de l'est, nous 
arrivons à l'Avenue des Nerviens, limite sud du l'arc dit du « (inciuante- 
naire «. vSur le vaste emplacxMnent de ce magnifique square, richement 
lioisé aujourd'hui, eut lieu, en iS8o. la cérémonie jubilaire de l'indépen- 
dance nationale et. dans les pavillons i\u\ la limitent vers l'est, fut orga- 
nisée la fameuse ex])()sitit)n de l'Art ancien, réunion exce])tionnelle de 
splendeurs histori<|ues. .Vu fond, s'élève un ])()rti(|uc uioinmicntal. (x^uvre 
de .M. Ch. (iirault. de V Inslilut, un des plus l)eau\ ensembles du o-(mre 
([ui soient en Europe, 

I^rioée sous les inspirations du roi Léo|)old li. cette majestueuse cons- 
truction de 58 mètres de large, sur 20 d'épaisseur et 42 de liant, est 
divisée en trois travées pareilles et. d'une manière générale, conçue 
en st^■le Eouis XIV. Les baies sont séparées par de grandioses colonnes 
ioniciues sur lesquelles repose un puissant (Mitablement dont l'attique 
jiorte des statues de bronze et qu(^ couronne, sur un socle de vingt mètres 
de largeur, un ([uadrige triomphal de bronze, œuvre de .MM. Vinçotte et 
Lagaë. Sur la frise, un vaste cartouche de bronze, portant les armes de 
Belgique est supporté par deux génies ailés de quatre mètres. Ce beau 
motif est l'œuvre de 31. Julien Dillens. ].es archivoltes sont ornées des 
figures scul])tées dans la ])ierre bleue. iXeV Arc'lntcctiirc et de laSiit/pli/rc, 
par iM. Van der Stappen ; de hi Pci il ti/fc et de la Musique, par M. Rombaux ; 
de la Graziure et de la Poésie^ par M. Samuel ; tout ceci à la face antérieure 
vers la ville. .V la face opposée figurent la Scicucc et Ylîidnstrie, par 
M. liraecke ; V Agriculture et la Mécanique, par .M. De Rudder ; le 
Commerce et la Marine, par .M. De Haen. Le bas du monument porte, 
adossées aux piliers de l'arcade, huit statues de bronze figurant les Pro- 
vinces, œuvres de 31M. Van der Stappen : Anvers et Liège ; J. Lam- 
beaux : les Flandres ; (f . De ( jroot : Namur et Luxeml^cjurg ; Desenfants : 
Limbourg et Hainaut, le Bral)ant étant ])ersonnifié par la figure élevant 
le drapeau national, dans le quadrige surmontant l'attique. 

.\lenée iivec une rapidité surprenante, la construction de l'arcade du 
Cinquantenaire a exigé un an à peine. Il est vrai que des centaines d'ou- 
vriers y travaillèrent jour et nuit, et ce ne fut ])as un spectacle ordinaire 
que le gigantesque échafaudage dressé au bout de la rue de la Loi, illu- 
miné du soir jusqu'à l'aube. Les équipes d'ouvriers se relayaient en 
chantant. 



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Oliphant reliquaire. Musée des Arts décoratifs. 



CHAPITRE XVI 

LES MUSEES ROYAUX DES ARTS DÉCORATIFS 
ET INDUSTRIELS DU CINQUANTENAIRE 



Une galerie en hémicycle raccorde à la monumentale arcade du fond 
deux pavillons trapus, survivance de LExposition nationale de 1880, et où 
sont installés les .AUisées des Arts décoratifs et industriels. Ces construc- 
tions sont l'œuvre de Tarchitecte G. Bordiau 1831-1Q04). 

Dans le corps de Ixitiment formant l'aile droite, c'est-cà-dire vers le 
nord, est établi le Musée des Échanges ou de Sculpture comparée, ensem- 
ble déjà très riche de moulages de créations de toutes les époques et de tous 
les pays etau centre desquels domine le prodigieux tabernacle de Léau, une 
des réalisations les plus extraordinaires de la sculi^ture brabançonne, au 
xvr^ siècle. Haut de cent pieds et chargé de centaines de figurines de 
pierre représentant des sujets de l'Ancien et du Nouveau Testament, cette 
merveilleuse conception est l'œuvre de Corneille Floris d'Anvers et mérite 
d'être considérée comme le triomphe de la Renaissance aux Pay.s-Bas. 

Nous ne pouvons ntnis arrêter à un examen détaillé des types de 
sculpture offerts à l'étude du visiteur. 11 suffira de dire le vif intérêt 
présenté par les moulages des principaux monuments funéraires de la 



142 BRUXELLES 

grande époque de la sculpture flamande existant encor*; dans les églises 
de Belgique, parfois très éloignées du rentre et d'accès passablement 
difficile : llooclistrali'n. liai. 1 Icrcnlhals. les mausolées célèbres de 
Charles le Téméraire, les tombeaux de sa femme, à Anvers, de sa fille, 
à Bruges. On v voit aussi des bronzes de tout genre ; bref, c'est pour l'his- 
toire de la scul])ture en P)elgique et même dans les Pays-Bas, une source 
d'information de ])remière im])ortance. 

L'attention (lu visiteur doit ètr(^ attirée jjarticulièrement sur le mou- 
lage de la cuve t)a])tismale deléglisede Saint-P)arthélemy à Piège, l^ronze 
du XlT' siècle, pièce célèbre connue de tous les archéologues. Pongtemps 
assigné à « Lambert Patras », d'après la chronifiue de Jean cLOutremeuse, 
artiste autrement inconnu, donné comme originaire de Dinant. l'œuvre, 
d'a])rès des sources ])lus dignes de foi. émanerait de Renier de LIu}'\ 
auteur également du ta.meux encensoir du Muséi^ de Lille'. 

Mais ce point d'attribution laissé à l'écart, un autre très important 
a été soulevé par un des conservateurs du .^\u^ée. M. 11. Rousseau. 
La cuve baptismale est i)ortée ])ar dix bœufs. (Jr. le texte latin gravé sur 
la cuve même, parle de </(»//;(' Ixeufs. I{t comme il est prouvé par des 
com])tes de Tannée 1S04 ((u'un cliaudronnier connu fut. à cette époque, 
chargé de la réj^aréition de l'a-uvre et tout ])articulièrement des Ijœufs, 
y\ Rousseau en conclut à 1 enlè\"ement ])rol)a])le de deux de ces figures 
d'animaux et à leur replacement exigé à la l)ase de hi mer d'airain. 
Il démontre la jiossibilité de pareille restitution ]jar un moulage opposé 
à celui de l'œ^uvre dans son état actuel. 

L)e la salle des moulages, le visiteur passe dans le Musée ]jroprement 
dit. Tout d'al)ord. il rencontre la salle des Tissus anciens. Ici sont 
exhibées (h^s oeuvres d'exceptionnelle importance, non seulement celles 
ajjpartenant au .NI usée même, mais d'autres de la collection de deux 
dames l)ru\elloises. .M""' .Montefiore etM""^ Isabelle Prrera. celle-ci l'auteur 
du catalogue de l'ensemble. Aux premières. a]j])artient une chape des xilT- 
XIV' siècles, provenant de l'église d'Ilarlebeke, en Flandre, et dont les 
orfrois, supposés d'origine française, par le catalogue, sont désignés 
comme flamands par M de Parcy. Oue cela soit ou non. l'œuvre est de 
valeur ])remière et trouve peu d'analogues. Toutes les époques sont 
d'ailleurs représentées dans la collection, (jue. malheureusement, une 
exposition peu avantageuse fait moins valoir qu'il ne faudrait. 

^ G. Kurth : Renier de Hny, etc. Bruxelles, J903. 

- J. Destrée : Renier de Hiiy, auteur des fonts baptisniaux de Saint-Barthélémy 
à Liège et de l'encensoir du Musée de Lille. Bru.xelles, iqo4. 



LES MUSEES ROYAUX 



143 



Nous ne songeons pas, liien 
entendu, à faire défiler sous les 
yeux du lecteur les échantillons 
infinis de l'art textile ni de la 
broderie rassemblés au ( inijuan- 
tenaire. Il importe cepcMidant de 
lui en signaler les princi])aux. 
Voici, par exemple, un antepen- 
dium. ou parement d'autel, en 
soie rouge, brodé d'or et d'ar- 
gent, ensemble admiraljle des 
Xll-Xiir' siècles, provenant de 
l'abbaye de Saint-Benoît à Ru- 
pertsberg, près de Bingen. œu- 
vre entrée au Musée en 1896: 
envisagée purement au point de 
vue de l'art, l'œuvre est d'im- 
portance hors ligne. De magni- 
fiques bandes de chape du XIV 
siècle ,n"' i (S et 19 du catalogue), 
de la collection Errera, mor- 
ceaux de très haute qualité artis- 
tique, également. La partie cen- 
trale d'un antependium du XV' 
siècle, reproduite par 31. de Far- 
cy et d'autres, ]jrovenant de 
l'église Saint-3lartin , à Liège, 
représentant les épisodes de la 
vie du saint. — Les magnifiques 
chapes, en satin vert, n" 25. 
semée de figures d'anges et d'ai- 
gles de l'Empire et dont le cha- 
peron est décoré d'une figure 
de Dieu le Père, assis ; et en 
velours rouge n" 26. du XV 
siècle, comme la précédente;, 
et qu'on pourrait croire de pro- 
venance espagnole, une impo- 
sante figure de Saint Pierre 




144 



BRUXHLLK S 



(n"3i7 coll. .^lontefiore). travail du X\"^ siècle, selon le catalogue ^plus pro- 
bablement du xvr). l.'Antependium flamand du xvi" siècle (n° 34) oii 
fiourent. sur les l)andes et sous des arcalures gothiques, des figures de 
saints et de saintes, dessinées certaiiieincnl ])ar un grand artiste, comme 




Échantillon du point de Bruxelles, lin du xvi'" siècle. 



d'ailleurs les orfrois 38, 42. La très belle croix brodée du XVI° siècle, avec 
scènes de la Passion [n" 65_ , ensemble exquis du genre, ainsi que Tantepen- 
dium n° 65, d'un travail espagnol, portant les armoiries d'Alvarez de Tolède, 
cardinal de Burgos, oncle du duc d'Albe ; les deux bandes du XVl" siècle, 
provenant de l'église de Saint-Martin, à Liège avec, dans de magnifiques 
cartouches, la mention : Dono D. Eraclil Lcoiidioi Epi., œuvre du 
xvr siècle; enfin, le curieux antependium, travail du XVU' siècle, prove- 



LES MUSÉES ROYAUX 



145 



liant, dit le catalogue, du palais Contarini à Venise, représentant la 
Pcche miraculeuse, brodée d'une manière remarquable et que l'on croi- 
rait de travail oriental. A observer que ce curieux parement est placé dans 
une des petites salles du pourtour, où il accompag-ne un retable sculpté. 
La section des tissus comprend des échantillons précieux du haut 




Tenture de la Déposition de la Croix. Carton attribué à « maître Philippe », premier quart 

du xvi'" siècle. 



moyen âge et notamment un panneau d'étoffe de soie byzantine, avec un 
quadrige trouvé dans une ancienne châsse appartenant à l'église de 
iMunsterbilsen, dans le Limbourg. Les plus importants de ces spécimens 
sont réunis dans des vitrines et protégés contre la lumière trop vive, 
comme le sont également les tapisseries, ce qui. forcément, n'est pas 
pour rehausser la beauté du coup d'œil des salles. 

La Belgique est fière à juste titre de ses dentelles et de ses hautes 

10 



t46 BRUXELLES 

lisses. Le Musée leur a fait une part importante dans le choix de ses collec- 
tions. Pour ce qui est des premières, la g-énérosité de quelques donateurs, 
M"" Montefiore, particulièrement, lui a constitué un noxau d'excep- 
tionnel attrait. VA, à ra]Ji)ui de^ écliantillons. se oTou])ent. en un ensemble 
tout particulièrement digne d'intérêt, des photographies, portraits de 




Tapisserie de la mort d Herkeiibald. Dessin de Jaii van Roome; carton de maître Philippe. 
Bruxelles, premier quart du xvi'' siècle. 

personnages de toutes les épocjucs montrant. ])ourrait-on dire. <■ la den- 
telle en action ». 

i.a collection iMontefiore forme ])lusieurs centaines de numércjs, et Ton 
peut dire que les centres dentelliers non seulement de Belg'ique, mais de 
partout, y trouvent leur représentation à un degré à peine moins brillant 
qu'à Lyon et à Saint-Gall. Le rapprochement de ces types est d'autant 
plus instructif (|ue, même en Belgique, la fabrication des dentelles a 
perdu de son importance avec stjn originalité. C'est ainsi, par exemple. 



LES MUSEES ROYAUX 



147 



que le point de 3lalines a, en quelque sorte, cessé d'exister et que, 
Bruxelles pour garder sa suprématie, ne l'emporte point en perfection 
sur le travail de ses ouvrières d'antan. 11 y a, par exemi)l('. au Musée, 
un couvre-lit offert aux archiducs Albert et Isabelle, en 1599, à l'occa- 
sion de leur avènement, travaillé entièrement au fuseau, merveille de 
l'industrie dentellière n'ayant sans doute ses pareils nulle part. On ne 
se lasse point d'en admirer les cent vingt sujets empruntés en majeure 
partie à l'histoire nationale et aux é]ji- 
sodes de la grande procession de Sainte- 
Gudule, Y Oniuicganck prérappelé. 

Dentelles de Belgique, de France : 
Cluny, Alençon. Lille. Arras, Valen- 
ciennes, Sedan. Argentan ; d'Italie : 
Gênes, Milan. Venise, de toute destina- 
tion; d'Espagne. d'Allemagne, de Rus- 
sie, de Norvège. d'Autriche, de Hollande, 
de l'Amérique du Sud, sont toutes ici 
représentées en spécimens admirables. 

Puis, un ensemble des plus intéres- 
santes de coiffures féminines de divers 
pays, appuA'ées de photographies d'après 
nature, elles-mêmes des plus curieuses 
(Don de la maison van 3ligem , d'Anvers 




Pariie d'un diptyque de Genoels- 
Elderen. 



La représentation de la tapisserie 
rivalise, au .Musée, avec la place impor- 
tante revendiquée par la dentelle. Et 
ceci est remarquable aussi, tout à l'hon- 
neur de l'institution, laquelle n'a trouvé dans ses vieux fonds aucune 
pièce de provenance ancienne à mettre sous les yeux du public. Plusieurs 
des spécimens réunis au Musée sont d'excellence proclamée par les 
auteurs, tant sous le rapport du style que de l'éclat de leurs colorations et 
de la perfection matérielle de leur travail. Les plus anciennes datent 
du XIV^ siècle. Au xv= appartient la Bataille de Roncevaux, i)eut-ètre 
de provenance brugeoise. pouvant être aussi de Tournai. De la même 
époque, la Présentation au Temple, que l'on put voir à Paris en 1876 
et 1889, et dans laquelle certaines autorités virent un produit du tameux 
atelier parisien de Nicolas Bataille, que cependant, aussi, on pourrait 
rapporter à Arras. C'est la plus ancienne tenture possédée par le Musée 



CCV^ 



fo' 



(F^ 



BRUXELLES 



national belge. Pour sa valeur, il faut tirer hors pair la tapisserie de la 
Légende de Notre-Dame du Sablon (v. p. 107 . On y voit représenté 
l'arrivée à Bruxelles de la statue de la Vierge ; la procession où cette 
image est portée par le futur Charles-Ouint et son frère, plus tard l'em- 
pereur P>rdinand : enfin, Marguerite d'Autriche avec Ferdinand et ses 

nièces ao-enouillés devant la statue mira- 
culcuse. Cette tapisserie, comme d'autres, 
a])])artenanl à la même tenture et que 
ne possède pas le Musée, fut confection- 
née à Bruxelles en 15 18, commandée par 
PVançois de Tour et Taxis, maître géné- 
ral des postes de rEm]jire. On }' voit le 
])ortrait du donateur. Ce remarquable 
morceau provient de la collection Spitzer. 
\ mentionner encore V Histoire de 
David, superble tapisserie ])ruxelloise 
(lu xvr siècle; un magnifique Baptême 
du Christ, de l'ancienne collection Er- 
langer; la Vierge, sainte Anne et V en- 
fant Jésus (collection Spitzer), l'une et 
l'autre en laine, soie et or. Absolument 
hors ligne est la Descente de croix, la 
Descente aux limbes et la Mise au 
lonibeau. Celle-ci, d'une supérieure per- 
fection de style et qui date du premier 
tiers du xvT siècle, porte, sur le chape- 
ron d'un des personnages, le nom « Phi- 
liep », un maître non encore identifié, 
mais dont le nom se retrouve sur diver- 
ses tentures importantes et dans lequel certains archéologues ont voulu 
voir le frère de Bernard van Orley. Chose insoutenable à cause de l'âge 
qu'aurait eu à ce moment Philippe van Orley. 

Ce qui mérite toutefois d'être signalé, est la circonstance que d'autres 
tapisseries du .Musée, et spécialement la Communion d^ Hcrtioibatd 
(Archambaud), ])araissant émaner de la même main, ont mis en relief un 
maître considérable du xvi'' siècle : Jean de Bruxelles (van Bruesselle), 
dit van Roome, c'est-à-dire de Rome. Ce nom, fut porté par un maître, 
signalé d'abord par l^inchart, et qui fut au service de Marguerite d'Au- 
triche exécutant, pour cette princesse, des dessins destinés à son église de 




CortVet byzantin de la collection 
Spitzer. 



LES MUSÉES ROYAUX 



14g 



Brou, également fpoLir Charles-Quint à son avènement. On lui demanda, 
entre autres, les dessins des statues qui décoraient les « Bailles de la 
Cour », et dont il a été fait mention déjà (p. 108). Nous nous bornons à 
signaler l'artiste à l'attention des curieux. 

Le 31usée, il va de soi, ne possède point que des tapisseries aussi 
vénérables. L'institution en Italie, et notamment à Florence, de centres 
concurrents et. au XVlT siècle, la fondation des Gobelins. portèrent un 
coup fatal à l'industrie qui avait donné un lustre tout particulier à la 
Flandre et au Brabant. 
Le travail perdit en per- 
fection et si d'habiles 
artistes livrèrent encore 
aux tapissiers des car- 
tons parfois agréables, 
les « Verdures » et les 
« Ténières » ne suppor- 
tent aucune comparai- 
son avec les œuvres 
précédentes. Le 3lusée, 
cependant, possède un 
morceau tout à fait 
supérieur du xvii*' siè- 
cle, représentant la ba- 
taille de Xieuport, ga- 
gnée par 3laurice de 
Xassau sur les Espa- 
gnols commandés par l'archiduc Albert. Dans la bordure, apparaissent 
les vues et les armoiries des principales villes des Pays-Bas. Xous ne 
saurions mentionner, pour notre part, aucune œuvre de pareille impor- 
tance historique dans la longue série des tentures de la période. On lui 
attribue une origine hollandaise, ce qui paraît admissible; elle pourrait 
être également flamande, à la juger par la physionomie. De toute manière, 
c'est un morceau exceptionnel. 

La section des ivoires, celle des orfèvreries, procurent à notre étude 
de véritables trésors. Dans la première, figure le fameux diptyque de 
Genoels-Elderen (Limbourg). du viii^-ix'' siècle. 11 représente le 
Christ, imberbe, entre deux anges, foulant aux pieds la 3Iort et le 
Péché ; puis l'Annonciatian et la Visitation. On le croit d'origine anglo- 
saxonne. De la même époque, ou peut-être du ix" siècle, un cofi'ret 




Châsse en ivoire ^xii*^ siècle). 



15'' 



n R U X R L L E S 



^ 



byzantin, provenant de la collection Si)itzer, l'n(; pla([ue d'évangéliaire. 
ég'alement du IX° siècle, avec les épisodes du Nouveau Testament et les 
lîo-ures des évangélistes ; un oliphant, converti en reliquaire, et surtout 
une châsse du xiT' siècle, ayant la forme d'une église romane. Un lustre 
en défenses de morse avec monture en fer, trouvé dans la Meuse, près de 

Bouvignes, dont l'intérêt se rehausse 
d'une remar(|uable gravure représentant 
une joute du xiiT siècle. Une Vierge 
assise, tenant l'enfant Jésus, œuvre sans 
doute française, du xiii" siècle, gardant 
des traces de polychromie. Parmi les 
pièces moins anciennes figure un superbe 
])roc. travail allemand du xvir siècle, 
avec la A^ii/ssaiicc' de Vénus; un autre 
avec les lirais Grâces, dans le style de 
l<ul)ens; une magnifique tète de mort, 
accompagnée de divers animaux et rep- 
tiles délicatement exécutés; une figurine 
deCupidon, attribuée à Duquesnoy; une 
jolie Vierge immaculée; une délicieuse 
coupe, avec la Mctaniorpliosc d'Actéon; 
un petit modèle de frégate du XYlll*^ siècle; 
enfin, se rattachant quelque peu à la 
même catégorie d'objets, un précieux 
médaillon de cire, travail espagnol du 
xvr siècle, représentant D. Juana de 
Periiestan, un pur chef-d'œuvre; une 
chapelle, avec figurines en ivoire, dontune 
émouvante P/e/i7, groupe supposé italien. 
Lorft'vrci'ic, la ciscliirr rel igiciise et civile, trouvent au Cinquan 
tenaire une représentation très remarquable. En première ligne figure la 
cuve baptismale en cuivre, provenant de l'église Saint-Germain, à Tirle- 
mont, morceau exceptionnel du Xli" siècle, dont le bassin est orné de 
quatorze arcades en plein cintre, portées par des colonnes torses, et 
sous chacune d'elles des groupes de figures en relief. C'est, avec les fonts 
de Saint-Barthélémy, à Liège (voir p. 142), l'unique monument du 
genre, de l'époque romane, existant en Belgique. 

Parmi les pièces exceptionnelles, figure le chef du pape saint 
Alexandre, en argent repoussé et ciselé, avec émaux et cabochons, tra- 




La Vierge de douleur, xvii'- siècle. 



LES M US K ES ROYAUX 



i=;i 




vail du XII'' siècle. L'autel portatif 
venant, comme la pièce précé- 
dente, de l'abbaye de Stavelot, « est 
hors pair, pour son état de conser- 
vation et pour la beauté du travail ' . » 
L'abondance et la beauté des émaux 
font de cette pièce un admirable' 
échantillon de l'école .Mozane. De 
même provenance, un triptyque de 
la Vraie Croix, avec figures en argent 
repoussé et doré, des émaux et des 
nielles. 

Remarquable, à tous égards, est 
la croix-reliquaire, à double tra- 
\ erse, œuvre du Frère Hugo, de 
Sainte-3laried'Oignies,travaild'une 

surprenante délicatesse, que fit con- 

Chef du pape saint Alexandre (xii'" siècle^ .^ , r 

naître la fameuse exposition de l'art 

ancien de i8(S8. La manière du pieux 
artiste, lequel signait ses œuvres, est 
caractérisée par de beaux filigranes 
disposés en rinceaux. Le connaisseur 
ne sera pas moins intéressé par les 
belles figures-reliquaires, pignons de 
châsse, ayant appartenu à l'église de 
Saint-Servais, à Maestricht, rehaussés 
d'émaux du xii" siècle, et d'autres. 
a}'ant fait partie de la collection Solt\- 
koff. Croix processionnelle de la même 
époque, œuvre de la meilleure qualité 
Une très intéressante couronne, du 
ix*" siècle, se composant de neuf bandes 
reliées par des charnières et surmon- 
tées de fleurs de lis. Bien qu'en cuivre 
doré, le morceau est des plus précieux. 
Quatre écuelles d'argent, du xiv^siècle, 

^ J. Destrée : Anciennes industries d\irt ; guide du visiteur. Bruxelles, 1897. Nous 
remercions vivement M. Destrée des précieux éléments d'illustration qu'il a bien voulu 
nous communiquer. 




Médaillon de cire, xvi'- siècle. 



BRL'XELLES 



aux arnu's de Flandre et de France, celles portées par Fouis de Crécy. 
Parmi les morceaux moins anciens, se signale un su[)('rl)e plat en 

argent ciselé, marqué au 
poinçon dAugsbourg . 
11 représente les Arts 
et les Sciences dans le 
Temjile de la (iloire. 
Autre grand i)lat dit 
« d'Alexandre Far- 
nèse », œuvre duii orfè- 
vre brugeoisdu nom de 
Jacques van der Spée. 
Fa ville de Bruges y 
est d'ailleurs figurée. 
L'ne exquise statuette 
équestre en argent, re- 
présentant un général 
d'armée, figure de tra- 
Autel portatif de l'abbaye de Stavelot (xn" siècle). vailallemand. Très beau 

coquillage de nautile. 

monté en argent ciselé, gravé et doré, œuvre hollandaise du XVl'' siècle. 












Reliquaire. Œuvre du Frère Hugo de 
Sainte-Marie-d"Oignies, face antérieure. 



Reliquaire. Œuvre du Frère Hugo, de 
Sainte-Marie-d'Oignies, face postérieure. 



Collier de chef doyen des arqueljusiers de Nivelles, chef-d'œuvre de 
ciselure, datant du xvi" siècle. 



i.KS MUSEES ROYAUX 



'53 




Insigne de corporation 
xve siècle). 



Dans hi série des émaux, nous rencontrons 
un ])lat niagnififiuc de Pierre Raymond, daté 
de 1576, avec portrait d'Henri 11. 

Un bel ensemble de montres anciennes 
provenant, en majeure partie, d'un legs du 
inar(4uis de Kodes. Dans le nombre, il }' en a 
une portant, sur le boîtier, le chiffre de Marie- 
.Vntoinette, en pierres dures. 

Dans les Ijronzes et les dinanderies, un lot 
intéressant d'aquamaniles, de précieux mor- 
tiers et d'excellentes figurines, j)armi lesquelles 
une statuette que l'on dit avoir servi de modèle 
a la primitive fontaine du Manneken Piss, et 
qui vraiment est un morceau fort curieux. 

Le Musée du Cinquantenaire est remarqua- 
blement riche en produits de la sculpture en 
bois. Le renom des artistes du moyen âge et 
de la Renaissance, livrés aux travaux de ce 
genre spécial, était considérable et leur trace 
se retrouve dans quantité de pays. Seuls, ou 



associés aux peintres, les sculpteurs bra- 
bançons se virent appelés fréquemment à 
édifier des retables de la plus ingénieuse 
ordonnance. Et. certes, l'interprétation de 
la nature y porte beaucoup plus haut que 
l'échelle des figurines dont, pour la plu- 
part, se composent les expressifs ensem- 
bles mentionnés. 

A côté de fragments ou de figures iso- 
lées, souvent d'une valeur sérieuse de style 
et d'expression, dont plusieurs portent des 
marques bruxelloises, le 31usée s'enor- 
gueillit de posséder des retables vraiment 
dignes de classer leurs auteurs au rang 
des grands artistes. 

Citons les principaux. 

En première ligne apparaît le fameux 
retable du Martyre de saint Georges. 
merveille du genre, datée de 1493 et que 




Cadre en bois sculpté (xvi"-' siècle). 



i>4 



BK UXKl.LES 



Ton croil a\'oir été exéculée par le fameux ^eiilpieur l)ru\ell()is Jean 
l')()rman, pour Téo-lise de Notre-Dame-liors-des-.Murs, à Loux'ain. 11 est 
divisé en se]H e()in])arlinu'nts où se succèdent les épisodes du su])i)lice 
du l)ieidieureux confesseur de la foi. 

Sous l'admirable ensemble, lantependium à ])eine moins ])récieux. 
(laie de la ])remière moitié du XVI'' siècle, ou y \'oit les armoiries, 
ajoulécN. (l'un cd)l)é de (irimberolic ayant o-ouverné ce couvent au 
W'H" siècle. ]-es maîtres Ijrotleurs y ont re])résenté en relief, en or (^t 




Martvre de saint Georges, fin du xv'^' siècle. Œuvre bruxelloise. 



en couleurs, les banc[uets de l'Evangile : N^occs de Caiia, le Christ Lhe:^ 
S/iiK^ii le Pha/'is/cn. les Disciples d\Hmiiuu'is. et la Cène des Apôtres, 

X'iennent ensuite le retable d'Oplinter. polychrome et doré, avec les 
épisodes de la Passion, il porte la mar([ue d'Anvers. Un autre, plus 
petit, de la Passion, travail espagnol du XVI*" siècle. Un retable de 1530, 
provenant de Tabl^aye de Liessies, avec les martyres de sainte Barbe et 
de saint Léger. De l'église de Pailhe (prov. de Namur), procède le bel 
ensemble. ])eint et doré, avec l'Arbre de Jessé; de l'église d'Auder- 
ghem, près Bruxelles, une œuvre analogue avec la généalogie de la 
Vierge. Enfin, rapporté d'Italie, un magnifique ensemble de scènes de 
la Passion du Christ où, agenouillés, figurent les donateurs, Claude de 
Villa et Gentine vSolaro. sa femme. Œuvre bruxelloise, du reste. 

A mentionner encore sont c^uatre hauts-reliefs en bois, polychrome et 



LES MUSÉKS ROYAl'X 



155 



doré, prov^enanl de réo-lisc Sainl-l-'ierre. à Louvain, représentanl la Fla- 
gellation, le Christ parlant sa croix, la Descente de croix, r Ensevelis- 
sement du Christ', le oTandiose relief, f{ue nous reproduisons, le Père 
Eteriiel entouré d'anges, morceau capital faisant songer à van E\'ck, et, 
dans le domaine des sujets familiers, l'amusante enseigne de pharma- 
cien (p. i59\ ayant tout à fait l'allure de certaines estampes du xv" siècle. 




Retable de la Passion, avec les armoiries de Claude de Villa et de Gentine Solaro, sa femme. 



Le visiteur verra avec intérêt l'ofiicine de ])harmacie. reconstituée au 
bout de la galerie surélevée contournant la grande salle. La garniture en 
est absolument ancienne. 

Dans une des travées de cette même galerie se voient des meubles 
admirables, des orfèvreries, des peintures sur verre, un riche ensemble 
de clefs et de serrures de toutes les époques, surtout de la période 
gothique. Sous verre, un antique berceau longtemps désigné comme 
celui de Charles-Quint, mais dont la décoration, où apparaissent deux 
MM conjugués, les armoiries de Maximilien d'Autriche et sa devise bien 



136 BRUXELLES 

connue : Hnlt mass in cilhii Dingcn ^S()^s modéré en tout), suggère la 
très juste présomption que c'est aux enfants do .Marie de Bourgogne, 
donc à Philippe le Beau et à Marguerite d'Autriclu; qu'a servi ce pré- 
cieux objet. Assurément c'est un des plus vénérables que possède le Musée 
en matière de souvenirs de l'histoire nationale. 

i;(>space nous manque pour analyser d'une manière (piehiue peu 
suivie l'ensemble des richesses accumulées (hins le Cinquantenaire, où 
se refait d'une manière si vivante le passé. Bornons-nous à dire que 
toutes les branches de l'industrie ancienne y trouvent leur représentation, 
et c'est un objet de surprise d'y constater l'excellence de certains produits 
de la céramique : faïences de Bruxelles, avec de splendides pièces déco- 
ratives, peut-être les })lus décoratives du genre ; faïences d'Andenne et 
d'ailleurs; porcelaines et biscuits de Tournai, dignes d'être comparés aux 
Sèvres ; une magnifique fontaine de la fabrique fondée à Tervueren par 
Charles de Lorraine et réclamée pour Tournai par quelques auteurs. 
Elle est cependant signée P. C. [Caroliis Princeps?) C. C. C. Ver- 
res flamands « façon de Venise », un chapitre des plus curieux de l'histoire 
de la verrerie en Flandre ; grès de Bouffioulx ; meubles de Liège, etc., le 
tout rassemblé, plutôt conquis, par des conservateurs zélés et entendus. 11 
suffira de la nomenclature pour faire apprécier au curieux non seulement 
la variété, mais l'intérêt du remarquable ensemble qu'il y a plaisir à 
])<)u\()ir lui signaler. 

Ajoutons qu'une très intéressante galerie de l'étage lui procure le 
moven. en quelque sorte, de reprendre la nation à ses origines, grâce au 
produit des fouilles opérées dans les diverses provinces belges. Au Parc 
Léopold nous rencontrions la pré-histoire : au Cinquantenaire, c'est l'his- 
toire qui s'évoque depuis la période gallo-romaine, avec ses tumulus, 
ses ustensiles, ses armes et ses ornements de bronze. Ceci, toutefois, 
réserve faite de vases, d'objets de verre, de petits bronzes et de 
l)ij()ux particulièrement délicats, que nous trouverons, réunis à d'autres 
similaires, de l'antiquité grecque, étrusque ou gréco-romaine dans le 
pavillon sud. 

La section des Arts décoratifs proprement dite et où se rencontrent 
en majeure partie des œuvres modernes, revendique une part sérieuse 
d'attention. Des copies ont été faites de certaines peintures murales par- 
ticulièrement importantes, trouvées en divers endroits du pays. Dans 
le nombre nous signalons les belles figures d'anges décorant la voûte 
d'une chapelle de l'église Saint-Pierre, à Louvain, par certains connais- 
seurs assignées à Roger van der Weyden. Des fresques de l'Hôtel 



LES MUSEES ROYAUX 



157 



Busleyden, à Malines, fréquemment attribuées à iMabuse, d'autres encore. 
Il y a, en plus, ici, d'assez nomljreuses reproductions, par des artistes 
belges, de fresques italiennes. En fait d'originaux anciens, unebelleesquisse 
du plafond du Palais de Justice de Gênes, œuvre de Giorgio Defferari, 
et surtout les cartons des vitraux de la chapelle de la Vierge, à Sainte- 
Gudule (p. 46). Ces beaux ensembles, nous l'avons dit, sont de ïhéod. 
Van Thulden et de Jean de la Barre d'Anvers. - 

Parmi les œuvres modernes, une part considérable est faite à l'art 




Le Pcre ctcrnel entoure J anycs. Sculpture sur Duii uli \v'' siècle.) 



français. P.-^". Galland a là des études magistrales pour le plafond de 
l'Hôtel Continental et pour les fresques du Panthéon, et aussi le projet de 
diplôme pour l'Exposition universelle de 1S89. De Puvis de Chavannes, 
nous avons les cartons des fresques grandioses d'x\miens, du Panthéon, etc.; 
de J.-P. Laurens, son portrait et de splendides études ])our le plafond du 
Théâtre de l'Odéon ; de G. Dubufe, l'esquisse pour la décoration du 
foyer au Théâtre-Français ; de H.-L. Lévy, Fraternité^ fragment de 
plafond destiné à la mairie du W" arrondissement de Paris. Du peintre 
allemand Geselschap, un vaste carton de la fresque exécutée à l'Arsenal 
impérial de Berlin. 

Les artistes belges sont ici plus rares. On voitavec intérêt les beaux car- 
tons qu'avait préparés Charles De Groux pour les peintures des Halles 



158 ]U<rXKLLES 

d"Ypresquclu mort l'empècluideréaliscr. 1 1 y u une s^raiidc Inilc en orisaille 
d'Alfr. Cliiysenaar, Les Cavaliers de f Apocalypse. ])uis des csciuisses 
de plafonds ])ar |os. Slallacrl, enfin de remarciuablcs figures décoratives 
d"Kd. Ao-neesens (ihî42-i885). 

Aucun i);issao-o direct ne relie le pavillon sud au ])avillon nord duCin- 
quantenair(v Ce dernier paraît sensiblement ])lus iV('-(|iicMité (|ue l'autre 
et, à vrai dire, les éléments en sont ])lus naturellement accessi])les à la 
compréhension des fouk^s. l.e ])avillon sud, affecté surtout à la haute 
antiquité, réclame de la part du visiteur quelque pré])aration. Pour tout 
dire, ce n'est pas uniquement l'intérêt de curiosité qui nous invite à en 
franchir le seuil. 

Sans pouvoir naturellenKMit prétendre à une comparaison avec le 
Louvre, leBritish jMuseum, le jMusée de Berlin, le Cinquantenaire, grâce 
au zèle et à la compétence des savants préposés à sa direction, grâce sur- 
tout à la munificence de donateurs éclairés, grâce (MiHn à l'intervention de 
la Société des « Amis du Alusée ». a ])u. déjà. ])eu}jler ses salles 
d'ol)iets de très sérieuse^ \aleur. c( J,es antiquités égyptiennes proviennent 
en majeure ])artie. ]jour lancien fontls. des (nillections lîagemans et de 
Meester de Ravestein, dit la Notice de la section des aiit iijii ilés orien- 
tales, grecques et roniai nés, ])ul)liée en 1909. De])uis tlix ans. le .Musée 
s'est enrichi, grâce à des dons importants et grâce à la participation du 
Gouvernementaux fouilles exécutées en Egypte par les sociétés anglaises 
Egypt Exploration Fnnd et Egyptian ResearcJi Account. Le Musée 
participe également aux fouilles de l'Université de Liverpool. » 

l*articulièrement riche, la secticHi d'égN'ptologie retient longue- 
ment le visiteur. Dès l'entrée, il se trouve en présence de la recons- 
titution de la nécropole de .Saqqarah, chambre funéraire provenant 
du tombeau de Nefer-Art-Nef, façade restaurée d'après les docu- 
ments de la \'' dynastie ])ar les soins de M. (uiibell. insj^ecteur du s(^r- 
vice des antiquités de riig\})te. C'est ensuite une chambre funéraire de 
Marou Bebi, avec la représentation du mobilier funéraire, des offrandes 
et des greniers du mort. Les noms des donateurs de ces précieux 
ensembles, le baron Lmpain cl .M"" J. I">rera. se relèvent fréquemment 
au cours de notre visite. 

Les salles s<^nt numérotées et leur composition étant assez méthodique, 
l'on passe, sans grand effort, de l'une à l'autre des périodes qu'elles 
ont pour ol)jet de reconstituer. 

\^oici tle précieux vases de pierre dure provenant des tombes royales 



LES MUSEES ROYAUX 159 

des trois premières dynasties. Plusieurs scjiit en rorlies rayant l'acier. 
L'un des vases est pourvu d'une inscription, l'une des j)lus loncrues de 
l'époque. — Dans la salle P). un mobilier funéraire où ti_o-urent d(; char- 
mantes barques à rameurs ; des fio-urines en bois illustrent de la 
manière la plus parfaite un certain nombre de métiers : une remarquable 
leçon de choses. Outre de beaux cercueils de momies, l'on voit l'en- 
semble des objets dont le mort était muni ])our son long vovage. l\!^-ale- 
ment dignes d'attention, des sceptres, des armes, des ustensiles de bois. 
Puis ce sont des papyrus funéraires, des instruments en bronze parmi 
lesquels une petite plaque en relief, recueillie par un Belge ayant fait, 
avec Bonaparte, la campagne d'Egypte. 



Enseigne de droguiste, xv siècle, sculpture flamande. 

Encore des fresques et isalle C'. un beau bas-relief représentant une 
scène du couronnement de Séti I*"' de la XIX" dynastie, sculpture donnée 
au roi des Belges, Léopold II. par Tito Pacha Hekekian. 

Dans cette même salle est exposé le délicieux buste en pierre poh- 
chromée, tète d'un prince égyptien. Le lecteur en a la reproduction sous 
les 3'eux. Très curieuses, les caisses à statuettes funéraires des XX'' et 
XXII''d3masties .provenant de la trouvaille faite en 1891, à I)eir-el-BaIuiri. 
des momies des grands prêtres d'Amon. Ces oljjets proviennent d'un don 
du gcnivernement khédivial. 

Ce sont ensuite de belles faïences émaillées. objets votifs, etc.. prove- 
nant des fouilles du professeur Flinders Pétrie, dans la ])éninsule du .Sinaï. 
en 1904 et 1905 [Egypt exploration Fi/nd). 

Dans la salle 1) : tète roNale en porpliyre ; magnifi(|iu's l^ronzes de 
chats ; une curieuse momie de veau, provenant d'une nécropole d'ani- 
maux à Thèbes. de l'époque ptolémaïque. Xaos. ou chapelle au nom de 



i6o lîRUXELT.KS 

Psammétique II (XXVI'^ dynastie;, don fait au nn des lîeloes par Tito 
Pacha. Très importante la momie de femme dite « la brodeuse ». pro- 
duit des fouilles opérées ])ar .M. (7a3'et à Antinoé, en iHqq-iqoo, avec le 
mobilier accompagnant cette momie et, dans (^et ensemble, une monnaie 
de Constantin le Grand, donnant une date précise à Tensevelissement ; 
un intéressant métier à petites lamelles à tisser, rapporté de la Thessalie, 
en igo8. par Al. Capart, et paraissant avoir été déjà en usage dans 
l'ancienne l*"o-\pte, l^ustcs et masques de momies, égalemert un ])()rtrait 
masculin de l'époque romaine, conforme au type aujourd'hui connu. 

Avec la salle IV. nous pénétrons dans l'antiquité grecque. Au-dessus 
du portique de plusieurs de ces salles se lisent les mots : « Collection 
Ravestein. » Jl a' a ici, en effet, un nomljre énorme d'antiquités 
o-recques, étrusques et romaines réunies par M. de Meester de Ravestein, 
diplomate belge accrédité à Rome et données par lui aux collections 
nationales en 1874. Autour de ce précieux noyau de plus de quatre cents 
vases d'époque grecque et italique se sont groujjés une foule d'objets 
de même nature formant un ensemble digne des plus ridies musées. Déjà 
précédemment la Belgique avait pu acc[uérir à Rome soixante-trois vases 
de la collection Campana. de quoi expliquer, on le voit, non seulement 
ral)ondance. mais la sérieuse valeur des objets composant les vitrines 
des salles que nous parcourons. 

Au noml)redes objets exposés dans la salle IV figure une jarre immense, 
ayant servi de sépulture et provenant d'une nécropole préhistorique à 
Gortan Kelembo en Mysie (Asie Mineure). Très intéressante tête de 
chien de l'époque mycénienne ; superbes et délicats lécithes funéraires ; 
une coupe signée Hégisiboiilos, V siècle avant J -C. ; une autre attribuée 
à Soladès: belle coupe, à fond noir, dans le goût de Brigos ; une autre 
attribuée à Euplironios et signée Kratcs. A citer également une autre 
coupe ^\gnèe Hieron \ une Scyphos, signée Pistoxeiios \ une grande 
am])hore ])anathénaïque, portant le nom de l'arclionte Polyzelos (367 av. 
J.-C), trouvée à Cyrénaïque. Du fond rouge se détache un(^ grande 
figure de Minerve dans l'attitude de l'Athéné Promachos et, sur l'autre 
face, un beau groupe de coureurs. 

Stamnos avec la signature Polygnolcs. Une magnifique série de 
vases attiques à figures noires ; des vases ])éotiens (l(^s Vl'' et V' siècles 
avant J.-C; des vases attiques à figurc^s rouges, parmi lesquels figure une 
admirable coupe signée Doiiris et un canthare portant la signature de 
Smikros. 

Dans la salle suivante se groupent des vases d'époque hellénistique. 



LES MUSÉES ROYAUX 



i6i 



hydries et nuioiiifiques poteries étrusques noires, canope cinéraire roug-e; 
majestueuse amphore tarenthine : lampes antiques, rythons, vases 
puniques de provenance carthag'inoise et nombre de précieux objets en 
verre. 

La salle Yl reconstitue la période romaine par un ensemble d'objets, 
en grande partie provenant des fouilles opérées en Belgique : tumulus 
d'Herstal Liège . fin du u^' ou commencement du II*" siècle avant J.-C. 
Un très remarquable bas-reliet 
du char du s(jleil, trouvé près 
d'Arlon ; strigiles, vases et pa- 
tères , lanterne du tumulus de 
Frésin. duquel procède un pré- 
cieux vase de verre de couleur 
pourprée, affectant la forme d'une 
grappe de raisins. Intéressante, 
surtout pour la Belgique, une 
sorte d'autel portatif dédié à la 
déesse Néhalennia avec, dans une 
niche, un bas-relief représentant 
la déesse ayant vaguement l'as 
pect d'une maraîchère flamande. 
Pierre miliaire trouvée à Tongres. 
Dans une vitrine, un ensemble 
d'objets de verre et de statuette > 
de bronze, l'n pcird;oJi/iun, 
arme de parade des tribuns et 
officiers supérieurs des armées 
romaines, poignard d'ivoire trouvé dans un tumulus, à (Jmal. 

La vaste salle n" ^'II rassemble la sculpture antique, proprement dite. 
Sans être frappantes par la quantité, les pièces formant la galerie s'im- 
posent néanmoins à l'attention de l'archéologue et de l'artiste par leur 
valeur intrinsèque. Quelques fragments sont d'intérêt exceptionnel. A 
signaler, par exemple, un linteau de porte, provenant de Zebed, désert 
de la Syrie, morceau datant de 512 après J-C, offrant ceci de curieux 
qu'il porte une dédicace trilingue commémorant la fondation d'une 
église de Saint-Serge et dont une des inscriptions constitue le plus 
ancien monument connu de l'écriture arabe avant Mahomet. 

Parmi les oeuvres artistiques proprement dites, plusieurs ont jadis fait 
partie de la collection de Somzée et, dans le nombre, un torse admirable 




Tète de prince égvptien. 



]62 



BRUXELLES 



de la Vénus de Cnide et une tête de Barbare de l'école de Pergame. Toute- 
fois l'attention principale du visiteur est sollicitée par une grande statue de 
bronzedeSeptime-Sévère. morceau inijjosant. exhumé à Romedesfossésdu 
château Saint-Ange et qui fut acquis en 1904 avec le concours de généreux 

amis des arts. Un buste d'Hermès 
l'r()])\ laios. superbe scul])tured'Alca- 
mène.don de Al R. Warocqué. inté- 
ressera l'artiste comme, non loin de 
là. un délicat bas-relief d'all)àtre, 
])artie antérieure d'une urne cinéraire 
étrusque trouvée à A^olterre. De 
très curieux sarcoj^hages revêtus de 
plomb et datant du 111" siècle avant 
J.-C. recueillis à Sidon. 

Nous parlions de la vSociété des 
^Vmis des .Musées. A sa munificence 
est dû un buste-portrait d'homme. 
]jrovenant de Carie, marbre admira- 
ble du lir-iv'^sièclederèrechrétienne, 
conservantdes traces de polychromie. 
Envisagé au i)oint de vue de l'expres- 
sion ou du style, le morceau mérite 
également l'attention des connais- 
seurs. Très particulier, surtout, est 
l'arrangement de la chevelure, arran- 
gement dont, au surplus. Viollet-le- 
Duc fournit plus d'un exemple. Au 
sommet du crâne apparaissent des 
traces d'inscrijjtion. 

La salle VIII se compose princi- 
palement d'antiquités étrusques : urnes cinéraires en forme de sarco- 
phage, figurines votives, recueillies dans un sanctuaire graeco-phénicien, 
morceaux curieux, parmi lesquels nous signalons un cavalier rappelant 
les coursiers numides des sculptures romaines. Quelques beaux vases de 
verre, dont un bol bleu, à cotes, et de nombreuses figurines en terre 
cuite : 31yrina, Smyrne, Taneigra, ces dernières conformes au type 
connu. 

Dans la salle IX, enfin, sont groui)és les petits bronzes romains, les 
miroirs gravés, dont quelques-uns de qualité supérieure ; des bijoux d'or. 




Statue de Septime-Sévcre. trouvée dans les 
fossés du château Saint-Ange. 



LES MUSÉES ROYAUX 163 

étrusques et romains dune exquise tléliratesse et dune élég'ance dès 
longtemps établie pour quiconcfue s'est familiarisé quelque peu avec ce 
genre dobjets. Les bronzes comprennent de précieux ornements, des 
cachets doculiste. des instruments de chirurgie, des balances, des poids. 
Remarquable, surtout, est la vitrine où sont réunis des casques, des cné- 
mides. des glaives d'un ])uissant intérêt archéologique et historique. 
A le considérer dans son ensemble, on voit que le pavillon des anti- 
quités classiques concourt puissamment au relief des 31usées du Cinquan- 
tenaire, en même temps qu'il procure à la science un ensemble d'infor- 
mations dignes d'être retenues. Aussi est-ce simple justice de rendre hom- 
mage au zèle apporté à l'enrichir par les savants préposés à sa direction. 
Plusieurs, au reste, jouissent en lùirope, dune considération légitime. 




Piluto Neurdtin. 



Constantin Meunier. Le cheval à l'abreuvoir. 



CHAPITRE XVII 



LE QUARTIHK NORD-EST 



Aux c<Mifins de l'agglomératicni urbaine, vers le nord-est, le Cinquante- 
naire a, pour le relier au centre, des moyens de communication nombreux et 
rapides. Peu de minutes suffisent pour retrouver les boulevards de ceinture. 
Déjà, dans le prolongement de la rue de la Loi, se dessine la puissante sil- 
houette des tours de Sainte-Gudule. En raison même de cette proximité, 
nous n'hésitons point à ])roposer au lecteur une voie de retour moins immé- 
diate, en revanche, des plus agréables, pour regagner la ville : le Square 
Ambiorix et le square Marie-Louise, son complément normal, en quel- 
que sorte. Il suffit pour y a))oulir de suivre l'avenue Michel-Ange, 
s'ouvrant en face du Panorama du Caire, œuvre de M. Emile Wauters, la 
grille du parc franchie. 

On a, p-our ce quartier, de remarcpiabh' distinction, tiré très heureuse- 
ment parti de la déclivité du terrain et c'est, par des terrasses aux 
élégantes plantations, agrémentées de jets d'eau, encadrées de construc- 



I . K 1' A R ï I F. R NORD- E S T 



l6: 



lions pittoresques et très modernes tiue Ton atteint la j(jlie pièce d'eau 
dont les Ijords offrent au jironieneur des échap])ées de vue absolument 
charmantes sur ce lac improvisé, où nao-ent les cyg-nes majestueux, 
s'ébattent les c^anards turliulents et où se mirent les coquettes villas 
groupées sur ses rives. Nombre de oens encore se souviennent de ce 
quartier, d'apparence si lointaine dans leur jeunesse; l'étang, alors, 
baignait les tours de ce qui avait été la maison de plaisance du chan- 
celier Granvelle ; d'où les noms de rue du Cardinal et de rue d(;s 




Square Frère-Orban. Ancien palais du roi Albert de Belgique. 



Deux-Tours donnés aux voies nouvelles tracées sur une partie de ses 
anciens jardins. L'auteur de la transformation, le baron de Jamblinne de 
Meux. est toujours vivant. 

Au plateau supérieur du square Ambiorix. un groupe de sculptures 
du comte de l.alaing, domine l'exèdre de la jolie promenade. Ces figures 
évoquent les stades de l'humanité ; la Barbarie, la Société organisée, 
la Société ornée. 

Dans le prolongement du square, à l'avenue Palmerston. nous trou- 
vons le groupe de la Folie clniiison, de L-àmbesLUx, puis, à mi-côte, domi- 
nant la cascade d'un bassin à triple chute, le Cheval ù l'abreuvoir, un 
remarquable bronze de Constantin Meunier. Nul ne regrettera, pensons- 



i66 



lîRL'XH r.LES 



nous, de s'être, au prix d"un faible détour, procuré les agréments divers 
de la promenade. 

Le Quartier Léopold. en dépit de la froideur engendrée par ses rues 
spacieuses et régulières, se coupant à angles droits, ne laisse pas d'impres- 
sionner par un caractère de noblesse indiscutable. Le sc[uare Frère-Orlxin. 
où, face d la rue Guimard. s'élève, signée : Ch. Samuel, la statue en 









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Square Frère-Orban et église Saint-Joseph. 



inarijre l)lanc(lu grand liomme d'Etat, estdominé au sud par l'église Saint- 
Joseph. 

Conçu dans le style de la Renaissance italienne, par T.-J. Suys, et, 
rappelant l'église de la Trinité-des-3lonts, à Rome, ce bel édifice 
date de l'année 184g. Le (Juartier Léopold n'existait encore c|u'à l'état rudi- 
mentaire. L'on peut donc mesurer exactement. ])ar cette circonstance, le 
rapide développement de Bruxelles par l'appropriation des terrains dis- 
ponibles vers l'est. Chose assez peu fréquente, l'église est, tout entière, 
à l'extérieur, revêtue de pierres de taille, sans aucun recours à la j^ierre 
blanche, même pour les sculptures de la façade. . 

C'est dans Saint-Joseph c^ue Wiertz. toujours hanté par le souvenir 
de Rubens voulut placer sa vaste toile de la Fuite en Egypte par laquelle 



LE QUARTIER NORD-EST 



167 



il sembla vouloir affronter le parallèle avec le grand coloriste anversois. 
Ce fut, avouons-le, avec un discutable succès. 

Parmi les somptueux hôtels de la place se remarque le palais 
habité par le roi Albert de Belgique jusqu'au moment de son avène- 
ment au trône, en décembre 1909. Inspiré des palais romains, comme 
saint Joseph des églises romaines, c'est une des œuvres les plus 
distinguées d'Alph. Balat. La façade, par sa sobriété de ligne, en même 
temps que par la majesté et l'harmonie de ses proportions, mérite les suf- 
fraafes des hommes de août. 




Attelage de chiens à Bruxelles. 




I.e Jardin botanique. 



CHAPITRE XVIII 

VERS LE NORD 

Le jardin botanique. — L'hôpital Saint-Jean. — La rue Neuve et la place des Mar- 
tyrs. — Le théâtre de la Monnaie. — La poste centrale. — L"église du Béguinage. 
— Une voie triomphale : la rue de Laeken. — Le théâtre communal. — Les vieux 
(juais. — Bruxelles qui s'en va! 



Nous avons regagné la ligne des boulevards circulaires. Le tramwa}' 
se dirigeant vers le nord, par l'avenue des Arts, nous a fait passer en 
revue une succession de riches demeures particulières pour, en quelques 
minutes, nous déposer au haut du boulevard du Jardin botanique. De ce 
])oint culminant, le promeneur voit se perdre, jusqu'à l'horizon extrême, 
la ligne des boulevards, d'abord en forte pente, puis se relevant aux 
sommets de Koekelberg, où s'édifie la basilique nationale du Sacré- 
(^œur, dont Léopold II voulut poser la première pierre en 1905. 

A mi-côte, l'hôpital Saint-Jean, vaste construction séparée de la rue 
par une grille et caractéristique de l'époque de son édification, l'année 1843. 
Conçu, peut-être, avec plus de prétention monumentale que d'entente 



VERS LE NORD 169 

réelle des besoins aux([uels il était destiné à pourvoir. Thôpital est resté 
fort remarquable au iK)int de vue de sa distribution intérieure. Sa cour 
spacieuse 52 mètres sur 40 entourée d'un pf)rtique en arcades pleiii 
cintre, est vraiment imposante. 

Des œuvres d'art, en nombre assez considérable, provenant des anciens 
établissements charitables, décorent plusieurs des salles de l'étage. Jl v a 
là, notamment, un beau polyptyque attribué à Bernard van Orley. repré- 
sentant la Mo/'t de la Vierge ; un Ecce Homo, œuvre fort distinguée de 
Martin van Heemskerk ; des portraits d'ensemble d'anciens administra- 
teurs d'hospices, etc. 

A nos pieds, le Jardin botanique forme un avant-plan tout à fait heu- 
reux à la vaste perspective s'étendant à notre droite. Ce jardin, disposé 
presque entièrement en parterres, se prolonge en contre-bas, sur presque 
toute la longueur du boulevard qui lui emprunte son nom. 

Dominant les terrasses, ce que l'on serait fondé à désigner comme un 
Palais de cristal, serres de grande physionomie, érigées en 1 826. sur les plans 
de l'éminent architecte T. -J. Suys, formé àParis, sous Percier et Fontaine. 
L'ensemble de ce jardin d'hiver, de cent cinquante mètres de long, de 
ligne très pure, avec sa rotonde à colonnes ioniques, couronnée d'un 
dôme élégant, laisse rarement d'impressionner le voyageur arrivant par 
la gare du Xord et empruntant le boulevard pour gagner les hauts quartiers. 

Bruxelles, dont, il faut le dire, les promenades, les squares et les 
places public|ues n'ont emprunté à la sculpture qu'un relief plutôt modéré, 
a vu. sur l'initiative de Léopold II. les terrasses et les rampes du jardin 
botanique se peupler, au cours des années 1898-1899, d'un ensemble de 
statues et de bronzes décoratifs, issus du talent des statuaires nationaux 
les plus réputés. Seule, une fontaine, œuvre de Rude, adossée au mur de 
soutènement de la serre, est contemporaine de la création du jardin. 

Si plusieurs des statues comptent parmi les meilleures productions de 
leurs auteurs, si. notamment, le Faucheur et le Semeur, de Meunier, 
le Laurier, de Julien Dillens, sont des morceaux tout à fait distingués, 
l'on doit dire qu'en général ces sculptures ne produisent que partiellement 
l'effet attendu. Leur patine les détache à peine des plantations environ- 
nantes. 

A remarc^uer, aussi, que, d'une manière générale, l'on se contente, 
pour le Jardin botanique, du coup d'œil d'ensemble si facilement obtenu 
du boulevard qui le domine. Sans compter que la proximité même de la 
gare du Xord fait que le flot ininterrompu des passants se compose, pour 
la majeure partie, de gens distraits ou pressés. 



170 liRl'X ELLES 

Ceux que leurs plaisirs ou leurs affaires amènent clans la (-a])ilale se 
hâtent également de gagner le centre, en emi)runtant le boulevarel Ans- 
pach ou la rue Neuve, dont les brillants étalages attirent le flot des 
étrangers et des provinciaux. 

Contraste imprévu ! dans ce milieu' de vie déljordante qu'est la rue 
Neuve, où semble-t-il, la préoccupation des choses immédiates doive 
tout absorber, un monument d"a])parence funè])re, entrevu piw la 
coupée d'une rue de traverse, fait ap]jel à des sentiments dont la gravité 




l'Iiuto N.urde 



Vue d'ensemble de la place des Martyrs. 



nous empoigne comme un chant funèbre au milieu d'une fête ! C'est le 
monument élevé aux mânes des combattants de la Révolution de 1830! 

Nullement mal choisi, àTorigine, remplacement de ce majestueux sou- 
venir des glorieuses journées, d'où venait de naître l'indépendance natio- 
nale, s'est trouvé, par suite de circonstances peu prévues, en quelque sorte 
troublé dans son silence ])ar la proximité d'une artère forcément imposée, au 
lendemain de la création du chemin de fer ayant son terminus en pleine ville. 

11 s'agit bien, en réalité, d'un ossuaire, d'un Campo Santo, et, chaque 
année, au jour anniversaire des événements de 1830, les enfants des 
écoles, processionnellement ci nduits, y vont entonner des hymnes patrio- 
tiques, tandis que fument les cassolettes, au pied du monument où ])leu- 
rent des génies de marl^re. 



VERS LE XORl) 171 

La place des Martyrs, primitivement place Saint-Michel, est donc une 
nécropole. Créée en 1775, sur les plans de l'architecte-ino-énieur Fisco, 
elle est très caractéristique de l'époque et trahit nettement les influences 
autrichiennes. Rectang-ulaire, mesurant en longueur 95 mètres, la place 
est, comme les rues bordant le Parc, conçues par le même architecte, cons- 
tituée de façades symétriques. Hautes de deux étages, décorées de 
pilastres, ces constructions se terminent par une galerie chargée de 
vases. Les petits côtés, vers le nord et le sud, se composent d'un 




'. , ->-> in^i > ? '/; f i -t t'i i tv&i--mu\>Y^^o^^^^^SiWi 



Pholo Neurdeiu. 



Monument des Martyrs de la liberté, vu par la rue Saint-Michel. 



bâtiment à étage unique, avec avant-corps à colonnes, surmonté d'un 
frontispice bas et triangulaire. Ensemble à la fois élégant et discret, 
qu'on a pu comparer à une cour d'abbaye. Là, furent déposés, dès le 
lendemain des journées révolutionnaires, les restes des citoyens tombés 
pour la Patrie. Dans ce cadre silencieux domine la haute figure de marbre 
de la Belgique inscrivant dans ses fastes les noms des martyrs de la 
Liberté. Sur les quatre faces du stylobate, des bas-reliefs rappellent les 
principaux épisodes de la Révolution ; aux angles, dans une attitude 
prostrée, quatre génies funèbres. Tout cet ensemble est de Guillaume 
Geefs (i 806-1 883). Il fut inauguré en 1838. 

Un perron de plusieurs marches, avec un palier, permet d'atteindre 
le niveau des bas-reliefs et d'entrevoir dans la pénombre l'entrée des 



x-2 BRUXELLES 

catacombes où dormonl les jxitriotes dont les noms sont gravés sur le 
revêtement de marbre du columlxirium. L' ne atmos])hère de recueillement 
environne ce lieu si vraiment digne du res])ect de la po])ulation. 

On \- a, en 1897 et en i8g8, dans les enclos gazonnés ([ui la pro- 
longent, érigé des cippes à la mémoire de Jenneval, l'auteur des paroles 
de la Brabaiiçouiu\ et du comte Frédéric de Mérode, tombés en 
coml)attant. Jenncxal. français de naissance et de son vrai nom 
Dechez, était acteur. 11 s'engagea dans les volontaires de Niellon et 
fut tué devant IJerre. Du comte de Mérode, nous avons parlé, à propos 
de l'émouvant cénotaphe érigé à Sainte-Gudule. Les marbres commé- 
moratifs de la i)lace des Martyrs ont ])our auteurs Tarcliitecte Aninaux 
et le sculpteur Crick, dime part ; larcliitecte Henri \'an de Velde et le 
sculpteur l*aul Dubois, de l'autre. 

V.n suivant la' rue Neuve, dans la direction du sud, nous arri\"ons 
bientôt à la ])lace de la Monnaie, un des jjoints les plus animés de la 
ville, où se font vis-à-vis la scène d'opéra, de notoriété européenne et la 
poste centrale et que peuplent de nombreux cafés. 

I.e théâtre royal de la Monnaie eut pour auteur, en 18 17, l'architecte 
français ].ouis Damesme, mort en 1822. Sa réputation, comme construc- 
teur de théâtres, lavait désigné au choix de la municipalité. Son plan 
fut repris par Poelaert après l'incendie qui, en 1855, ne laissa debout 
que les murs de l'édifice. L'extérieur en est des plus simples. Un portique 
à huit colonnes ioniques supporte un fronton sculpté par Eug. Simonis, 
en 1854, antérieur donc à l'incendie. Il figure V Haniionic des passions 
liiiiuaiucs. .Vutour d'une figure centrale de l'Harmonie, se groupent, 
ainsi, les personnages divers, symbolisant les passions. 

Première scène lyrique du pays, l'une des plus réputées de l'Europe, 
la Monnaie a vu défiler dans le répertoire français, surtout, les plus 
fameux chanteurs et même, au pupitre, quelques-uns des plus illustres 
compositeurs modernes : Wagner, Gounod, Massenet en tête. Talma, et 
M"" Mars y jouèrent la tragédie devant le roi Guillaume ; David, Cam- 
bacérès, Barrère et la plupart des proscrits de la Restauration, en étaient, 
à cette même époque, les hôtes assidus. Très somptueuse, la salle, conçue 
dans le style Louis XIV, a fait l'objet d'une étude savante au point de 
vue de l'acoustique en même temps que de la sécurité. Seize cents per- 
sonnes y peuvent trouver place. De notoires spécialistes parisiens con- 
coururent à sa décoration. On cherche actuellement le moyen de l'agrandir. 

La Poste centrale, œuvre de L(juis De Curte, occupe, depuis 1885, 
l'emplacement de l'ancien hôtel des Monnaies. C'est un édifice de belle 



VERS LE NORD 



173 



ordonnance conçu dans le style français de la fin du xvii'^ siècle. Nous en 
contournons la façade nord et. par la rue P'ossé-aux-Loups. prolongée en 
celle des Augustins. gagnons la rue du Cyprès, laquelle nous fait 
aboutir à la très intéressante église de Saint-Jean-Baptiste-au Béguinage. 
Le Béguinage n'existe plus, mais son esprit semble planer toujours sur le 
quartier silencieux dont les rues convergent vers le parvis de son église. 
Type assez élégant du style Jésuite. Saint-Jean-Baptiste-au-Bgui- 




Le théâtre roval de la Monnaie. 



nage a été attribué à Wenceslas Coeberger. le fameux ingénieur et 
architecte, florissant s(_)us Albert et Isabelle. .Mais Tartiste ne vivait 
plus en 1657, époque du commencement des travaux. Ouoi qu'il en 
soit, la façade évoque le souvenir des églises créées à Rome, sous 
l'inspiration du Pozzo. Au point de vue décoratif, le coup d'œil en est 
gracieux. 31oins simple de ligne que Saint-Charles-Borromée, d'Anvers, 
que Saint-Michel, de Louvain. le (( Béguinage « les rappelle par l'abon- 
dante fantaisie de ses éléments. Le corps central, où se superposent des 
pilastres ioniques et corinthiens accouplés, l'attique avec ses amortis- 
sements en torchères, ses pots à feu, ses lunettes, ses volutes et ses rin- 
ceaux, est entaché de pas mal de bouffissure. Néanmoins on n'y peut 



174 



J5RUXELLES 



méconnaître un sens du pittoresque digne encore d'être admiré, l.a tour 
tron([uée qui s'élève derrière le chevet, et (ju'on ajx'ri-oit des liauts ([uar- 
tiers, est d'incontestable élégance avec sa lanterne octogone et les gra- 
cieux pinacles ([ui la cantonnent et semblent inspirés de l'Hôtel de Avilie. 
L'intérieur, où le baroque règne en plein, est imposant. Long de 

51'". 35. large de 36 mètres, 
il est pourvu d'aljondantes 
scul])tures. Le vaisseau, di- 
visé en trois nefs par douze 
])uissantes colonnes dori- 
(|ues sans bases a, en outre, 
un transept spacieux et un 
clupur très élevé, avec pi- 
lastres composites. Pour les 
voûtes en berceau, la l:)ric|ue 
alterne avec la pierre blan- 
che en bandeaux successifs. 
.\ux murs des basses nefs, 
des confessionnaux en bois 
sculpté ; dans la nef cen- 
trale, une chaire créée pour 
le couvent des Domini- 
cains, à Malines. Saint 
Doininic|ue y apparaît, 
écrasant l'hérésie. L'en- 
semble s'harmonise d'ail- 
leurs le mieux du monde 
avec un c[uartier dont la 
physionomie nous ramène 
à un temps où Bruxelles annonçait peu son importance présente. 

Chose assez imprévue, d'excellentes peintures anciennes se rencontrent 
sur les parois de l'église du Béguinage. A remarcjucr ])articulièrement 
un Clirist mort sur les genoux de la M'crg(\ à droite en entrant, mor- 
ceau tout à fait distingué d'( )tto A^enius, une des meilleures toiles du 
maître de Rubens. 11 y a. en t)utre, une série d'œuvres d'un peintre 
bruxellois peu connu à l'étranger : Théodore van Loon. coloriste remar- 
quable du XVII'' siècle dont on a prétendu faire un élève de Maratte, à 
peine âgé de sept ans, quand van J.oon était à Rome. 11 y a. en outre, 
un Crucifiement de l'inévital^le Gaspard de Crayer. 




-..j/MMKBntm) 



L'église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage. 



VERS LE NORD 175 

].a spacieuse rue de l.aeken. où nous conduit la rue du Grand- 
Hospice, garde l'empreinte du ])rivilèo-e qu'elle rev^endique d'être, en 
quelque sorte, la voie triomphale suivie, à leur inauguration, par les sou- 
verains dont le château de Laeken fut la résidence favorite. Napoléon, 
le roi des Pays-Bas, Léopold I^'', en 1831 et lors du vingt-cinquième 
anniversaire de son règne, Léopold II en 1866. le roi Albert en 1909, 
ont tous emprunté la rue de Laeken le jour de leur joyeuse entrée. 




Le théâtre flamand. 



A rappeler, en outre, que, durant plusieurs siècles, et jusqu'au 
moment de la création du chemin de fer, la majeure partie du roulage 
entre Bruxelles et Anvers se faisait par la même voie. 

A son extrémité nord, a été édifié, en 1885, le Théâtre communal, plus 
exactement la Scène flamande. La physionomie en est des plus originales. 

Œuvre de l'architecte bruxellois Jean Baes, ce théâtre réalise un 
progrès sérieux sous le rapport de la sécurité, sans d'ailleurs cesser, au 
point de vue esthétique, de se signaler à l'attention. 

Pourvu d'une façade plate et visiblement inspiré des constructions 
flamandes du xvi^ siècle, le monument est d'aspect quelque peu imprévu. 
A hauteur du premier étage, règne un balcon, sur lequel trois vastes baies 



176 



BRUXEF, 1,1- S 



eiKUidrent les bustes de trois des rej^résentants les |)lu> raineux de la litté- 
rature dramati([ue néerlandaise : N'onchd. Lanocndyk. < i iiill < >,i4i<'r. l(M[uel, 
lui-même, joua ses pièces. Ces sculptures couronnent des portes, ouxrant 
sur le balcon. T.e ])remier rano- de log-es se trouve. i)ar là, a\'()ir des 
issues sur l'extérieur. 

A la ])artie su])érieure. abritée i)ar un toit ])r(»éniinent. une galerie 
ouverte, à pilastres carrés, se prolonge dans toute la largeur de Tédifice. 
l'ne disposition semblable existe à 1"! b')tel de \'ille d'AnN'ers l.atérale- 




Lc quai au loin et le quai aux pierres de taille. Au lonJ, l'ancien entrepôt. 



ment, des angles rentrants, couronnés de joignons à gradins, motivent, 
par leur jonction, une sorte de niche où sont logées des statues. 

Aux façades nord et sud se superposent, en retrait, une succession de 
galeries extérieures, correspondant aux rangs du théâtre et pouvant 
servir de refuge aux spectateurs. Par ces ingénieuses coml)inaisons, l'ar- 
chitecte a pu garantir, dans la mesure du ])()ssible. la sécurité du public. 

Les dispositions intérieures, le foyer, n offrent pas un moindre intérêt. 
Pour la salle même, l'auteur s'est écarté du type traditionnel ; la ligne 
droite y prédomine. 

Le théâtre flamand, situé en jdein quartier maritime, s'adosse à une 
construction du xviir siècle (17^0), ayant originairement servi d'entrepôt, 
aujourd'hui magasin du génie et de l'artillerie. La façade en est assez 



VERS LE NORD 177 

gracieuse. A cheval sur deux quais, le Quai au Foin et le Quai aux 
Pierres de taille, resté debout, en dépit de sa désaffectation, l'édifice 
vient, comme à souhait, com])léter un ensemble extrêmement tvjjique. 

Ce Bruxelles maritime n'est pas exempt de charme p(mr les amis du 
pittoresque. Évocation d'un passé déjà légendaire, pourtant si proche; 
encore, il rappelle le temps où, chaque jour, arrivait d'Anvers, le coche 
d'eau, amenant de nombreux voyageurs, peu pressés sans doute, mais ne 
trouvant pas sans attrait un moyen de transport assez ordinaire, aujour- 
d'hui même, dans certaines parties de la Flandre et très usité en Hollande. 
La Maison des Barques, point terminus du voyage, ne disparut qu'à la fin 
du XIX'' siècle et la maison du « Chien Marin » qui lui faisait face, datée 
par ses ancres de 1680, reste debout, témoin vénéré des siècles révolus. 
La Ville l'a fait restaurer à ses frais. 

L'artiste longera avec intérêt les bassins intérieurs de Bruxelles. La 
succession des longues bélandres amarrées aux quais, les maisons aux 
gables capricieusement chantournés qui les bordent, et jusqu'à la physio- 
nomie des riverains, contribuent à former un ensemble dont l'impression 
ne s'effacera point de sa mémoire. .• .: , _ 

Remarquons, d'ailleurs, que plus d'un peintre de mérite en a su tirer 
un excellent parti, se souvenant des choses exquises nées du pinceau des 
maîtres hollandais, ces traducteurs par excellence des canaux urbains 
auxquels les cités de leur pays doivent un charme si particulier 

Pourtant, qu'on se hâte ! Les transformations de toutes parts enta- 
mées, celles en outre résolues, n'auront plus laissé bientôt que le sou- 
venir de ce qu'à l'heure présente force nous est de désigner avec 
quelque mélancolie comme « Bruxelles c[ui s'en va ! » 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



Agrandissements au xvi^' siè- 
cle, 5. 

Albe (le duc), 58. 99, 108, 112. 

Albert, roi des Belçres, 165, 175. 

Albert (rarchiduc), 43, 123. 

Albert et Isabelle, 7, 9, 45, 
46, 123. 

Albert de Saxe-Teschen, 25, 

27*- 
Amis des Musées {les), 158,162. 

Anneesens (François), 5, 20. 

Anspach(Jules), bourgmestre, 

8. 10, 13', 15. 
Antoine de Bourgogne, 43. 
Archambaud de Bourbon, 12, 

146'. 
Aspect général, 3% 6. 
Attelage de chiens, 87, 167*. 
Audenarde, 121. 
Barrére, 59, 172. 
Baudouin, prince de Belgique, 

125- 
Beneden (P.-J. van), 28. 
Berceau, dit de Charles-Quint, 

155- 
Bernissart, 138. 
Bombardement de 1695, 11, 

16. 21. 
Bonaparte i"' consul, 25, 29, 

95- 
Bouvignes, 121. 
Brouckère, 15. 

Bruxelles dans le passé, 6, 7. 
Buis (Ch.), bourgmestre, 16, 

19' 32- 
Carabacerès, 59, 172. 
Capart [}.), 160. 
Charles le Téméraire, 24, 142. 
Charles Quint, 5, 6, 42, 45, 

46', 47, 149.^ 
Charles II d'Espagne, 25. 
Charles VI empereur, 25. 
Charles de Lorraine, 18, 25, 

45, 65, 70, 156. 



Chemin de ler de ceinture. 128. 

Cheval du prince d"Orange, 
122, 123*. 

Chevaux des archiducs Albert 
et Isabelle, 123. 

Christine de Suède, iio. 

Coiffures en dentelle des fem- 
mes belges, 147. 

Colalto, général ; son armure, 
122. 123*. 

Colomb (Christophe), 76. 

Compromis des nobles, 112. 

Communion d"Herkenbald( Ar- 
chambaud de Bourbon), 
146% 148. 

Componium (le), 113. 

Concours de façades, 9. 

Conscience (Henri), 136. 

Culembourg (Hôtel de), 112. 

Dentelle de Bruxelles, 144'. 

Destrée (Jos.), 142, 151. 

Dupont (Ed.), 139. 

Edimbourg, 24. 

F-gypt exploration fiuid, 159. 

Empain (baron), 158. 

Enceintes anciennes, 4', 5*. 

Egmont et de Hornes, 20. 

lîrnest d'Autriche, 43. 

Errera (Mad. J.), 158. 

Errera (collection), 142. 

(I Faille « (la), bruxelloise, 132. 

Faubourgs (les). 4. 

Farcy (L. de), 142, 143. 

Farnèse (Alexandre), 106. 152. 

Ferdinand d'Autriche, 43, 45. 

Ferdinand 111 et l'impératrice 
Eléonore, 46. 

Ferraris (l'arbre de), 53. 

Flinders Pétrie, 159. 

Fontaine île citoyen), sonépée 
d'honneur, 125. 

Fossiles du musée d'histoire 
naturelle, 133, 136, 137, 138", 
139- 



François F'', 45. 

François !«"■ empereur, 108. 

François II empereur, 25. 

Frésin (tumulus de), 161. 

Gayet, 160. 

Gérard (le maréchal), iio. 

Gounod (Ch.), 172. 

Goyet, 139. 

Granvelle. 165. 

Grès, de Bouffioux, 156. 

Grobbendonck (Lucrèce de), 

45- 

Guichardin, 7. 

Guillaume 1"^% roi des Pays- 
Bas. 26,57. 

Gustave-Adolphe, 123. 

Hagemans (collection), 158. 

Hal, 142. 

Hastière, 139. 

Hastings, 138. 

Haute Lisse. 146. 

Herenthals, 142. 

Henri III de Brabant, 130. 

Herstal (tumulus d'), 161. 

Hoochstraeten, 142. 

Houchart (legénéral), 125. 

Hugo ("Victor), 20. 

Hulthem (Ch. van), 72. 

Iguanodons. 137, 138*. 

Isabelle de Portugal, 46', 47. 

Jamblinne de Meux (de), 165. 

Jean II de Brabant, 43. 

Jean III de Portugal, 45. 

fean d'Outremeuse, 142. 

Jeanne de Castille, 42, 74. 

Jésuites (les), leur suppression 
en 1773, 48. 

.lolly (A.-L.), 76. 

Joseph II, empereur, 25, 71. 

Kurth (Godefroid), 142. 

La Marck (Eriird de), 47. 

Leczinska (Marie), 76. 

Lehrs (Max), 82. 

Léopold F", empereur, 46. 



N. B. L'astérisque renvoie aux planches ou aux œuvres reproduites d'après les maîtres cités. 



TABLE ALPHABKTIQUK DES MATIÈRES 



179 



Léopold l'^'.roi des Belges, 43, 

59, 68, 85', 129. 
Léopold II, roi des Belges, 8. 

140, 159. 168, 169. 
Léopold- Guillaume d"Autri- 

che, 46. 
Liège (Saint-Barthélémy à), 

142. 
Lisbonne, 11. 

Locquenghien Jean de). 109. 
Lopez Aguado, armurier, 124 
Louis de Hongrie, 45', 47. 
Louis XV, 34. 
Louvain, 24, 32. 
Louise d'Orléans, reine des 

Belges. 48, 131. 
Macoir (Georgesj. 122. 
Madrid, 116. 
Mahillon (V.j, 1:2. 
Malines, 121. 
Marche, 121. 
Marguerite d'Autriche. 105. 

107', 148. 
Marguerite d'York, 43. 
Marie de Hongrie, 43. 45', 47, 

74- 

Marie de Bourgogne, 27, 42. 

Marie-Christine de Saxe-Tes- 
chen, 25, 26'. 

Marie-Elisabeth, 65. 

Marie-Louise, impératrice, 59. 

Marie -Thérèse, impératrice, 
25, 48, 57, 108. 

Mars (M""^), 172. 

Massenet, 172. 

Maximilien d'Autriche, 27,42. 

Maximilien-Emmanuel de Ba- 
vière, 12, 18, 34. 

Meester de Ravestein (de), 
(collection), 160. 

Mèly (A. de), ni . 

Mérode (Félix de), 46. 

Mérode (Frédéric de). 46. 

Michel Ange, m'. 

Mirœus, 10. 

Montefiore (coUect.), 142. 

Munsterbilsen, 145. 

Namur (siège de), 12. 

Napoléon I'^'", 5, 58, 59. 

Nassau (hôtel de), 83. 

Nehalennia, 161. 

Notre-Dame- de - Miséricorde. 
132. 

Notre-Dame-la-Solitaire, 132. 

« Noble )), cheval de l'archiduc 
Albert, 123. 

« Ommeganck (F), (périgri- 
nation), 104. 

Ortelins (Abraham), 110. 

Palais impérial. 65. 

Panorama de Bruxelles, 128. 

Paris: ses affinités de physio- 
nomie avec Bruxelles, 10. 



Pensa di Mondari. 28. 

Philippe II. 7, 43, 47, 125. 

Philippe le Beau. 42. 

Philippe le Bon, 65, 74. 

Pinchart ;A.). 148. 

Pœllnitz (C.-L. baron de), 86. 

Population. 4. 

Parc (le), 59. 

Prelle de la Nieppe (Edg. de), 
122. 

Prié (Marquis de), no. 

Ramel (conventionnel), 59. 

Rogier (Ch.), 76, 135. 

Rome, n6. 

Roose (P.), président du Con- 
seil privé, 45. 

Rousseau (H.), 142. 

Saqqarah, 158. 

Saxe (le maréchal de), 110. 

Schayes (A.-G.-B.), 40, 42. 

Schleissheim, 16. 

Schotte ouSchotti, 45. 

Soltykoff (collection), 151. 

Somzée (collection de), 161. 

Superficie de Bruxelles, 5. 

Talma, 58, 172. 

Tenières, 149. 

Tissus anciens. 143. 

Tour et Taxis (François de la), 
148. 

Urfé (Geneviève d'), 130. 

Verdures, 149. 

Verres flamands, façon Ve- 
nise. 156. 

Vienne, 24. 

Villeroi (maréchal de), 11. 

Wagner (Rich.). 172. 

Warocqué (R.), 162. 

Weale (W.-H.). 73. 

Wilson (D.-W.), collection, 

34- 
Windsor, 121. 
Zebed, en Syrie, (antiquités 

de), 161. 

Artistes. 

Achtschelling (Luc). peintre, 

130. 
Aertsen (Pierre), peintre, 94*, 

98. 
Agneesens (Ed.),/£'Z7//r^,i58. 
Alcamène, scnlpteur, 162. 
Artois (Jacques d'), peintre, 

i3o. 
Anciaux, arcli., 172. 
Baes (Jean), arch., 28. 175*. 
Balat (Alph.), arch., 62', ^8*. 

89, 90', 165% 167. 
Barocci[F.), le Baroche,/^///- 

tre, 102. 
Bataille (Nie), hautelisseur, 

147. 



Battoni (Pompeo), peint., 132. 
Bay (A. de), sciilpt., 94, 95. 
Benning (Simon), ;;//;n'^/., 74. 
Berge (Jacques), sculptetcr, 

108. 
Beckbergc (Josse de), dessin, 

43- 
Beuckelaer {]o-.ichim\ peint., 

98. 
Beyaert (Henri), archit., 9'. 

51, 109, 120. 
Beyeren (A. van), peintre, 34. 
Beveren (Math, van), sctilpt., 

106. 
Biefve (L. de), peintre. 84. 
Biesbroeck (L. van), scidpt., 

109. 
Bodeghem (L. van), archit., 

32, no. 
Bol (J.), peintre, 34, 102. 
Bologne (Jean de), sculpt.,BS. 
Bordiau (G.), archit., 141. 
Borman (Jean), sciilpt., 154. 
Bosschaert (G.-J.), peint. ,Sg. 
Boulenger [H\pp.), peint., 85. 
Bouré(Fa.ul), sculpte tir, 24, 95 . 
Bouts {Th.), peintre, 96. 
Braecke (P.), st«//)/., 10,140. 
Braekeleer (F. de), peintre, 

84. 
Braquenié, hautelisseur, 28. 
Breughel (Jean), dit de fVe-f 

lours •), peintre, 132. 
Breughel (P.), le Vieux, pein- 
tre, 98, 131, l'}2. 
Brigos. pottier, 160. 
Brouwer (Adr.), peint., m. 
Brunin (Ch.), sculpt., 8q. 
Bruyn (Guill. de), arc h., 14, 

17- 18, 35. 
Caliari (Paul), peintre, 102. 
Callot (Jacques), grav., 32. 
Capronnier (D.-B.j, peintre 

verrier. 45. 
Cardon (Ch.-L.), peintre, 25 

28. 
Carrier-Belleuse, sculpt., g. 
Castronovo, fondeur, 121. 
Cattier (A.), sculpt., 1^3. 
Charlier (Guill), sculpt., 96. 
Chenavard (P.), peintre, 135. 
Christus (Pierre), j^^z/z/r^, 96. 
Clays (P.-J.), peintre, 85. 
Cluvsenaar (A.), peint., 27, 

85, 158. 
Cluysenaar (J.-P.), archit., 

39. 52,86', 87, lis. 128. 
Codde [P. \ peintre, 34. 
Cœbergher (W.), arch.,g, 10, 

^73- 
Coninxloo (J. van), peint., 28. 
Coosemans (F.), peintre, 85. 
Coppens (Ant.), dessin., 12. 



i8o 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIERES 



Cortvriendt (Jean), arcli., 37. 
Cosvns (Jean;, vircli., i/\, 15, 

Courbet {G.], peintre, 8.;. 
Courtens (Y), peintre. 85. 
Coxcie (Michel van), peintre, 

44. 47. 

Craesbeeck (J. van), peintre, 

III. 
Cranach (Luc), peint., loi'. 
Crayer (Gasp. de), peintre, 

Crick (A.-E.), sculpt., 172. 
Curte (L- de), arch.. 172. 
Cuyp [Wh.], peintre, 34. 
Cu'ypers {}.). scitlpt., iio. 
Damesme (Louis), arch., 172. 
David ^^Gérard), peintre, 98. 
David (Louis'i, peintre, 50, 

102, 103'. 172. 
Decamps(A.-G.),j^t-/'///r<^, 102. 
Declerck [Henri), peint., 132. 
Defïerari ((liorgif)), peintre. 

157- 
Deirance iH.), sculpt., j6. 
Dekcyser (Nie), peintre, 83. 
Dekinder (J.), sculpt.. 25. 
Delacroix (Eug.), peint.. 102. 
Delvaux (L.), sculpt.. 79. 
Dens (Jos.), arcli., 32. 
Desenfants (A.), sculpt.. 103, 

117, 140. 
Devillez (H.), sculpt., 103. 
Devos (Marc), sculpt., 18, 19. 
Dillens (Julien^, sculpt., 10, 

37- 95- K'3- 117'' 118. 140, 

i()q. 
Dou (Gérard), peintre. 102, 

in . 
Douris. pottier, 160. 
Drake (J ), sculpt., 94. 
Dubois I Paul) , sculpt., 05, 172. 
Dubufe [G.), peintre. 157. 
Duquesnoy (F.), sculpt., 98', 

150. 
Duquesnoy (Jérôme), sculpt., 

3&- 37. 5o,"'o6. 
Durer lAlb.), peintre, 83, 85. 
Dutrieux (A.), sculpt., 117. 
Dyck (Ant. van), peint., 12. 

45, 77, 98'. 99. 
Euphronios, pottier, 160. 
l'-vck;Hub.('t leunvan\/'é'////., 

96. 
Eycken (J.-B. van), peintre, 

^30. 
Fantin-Latour (H.), peintre, 

85- 
Faulte (E.), archit . 70. 
Fayd'herbe (Luc), sculp., 50, 

106. 
Fisco (B.- J.-A.), arch., 171. 
Floris ^Cor.), sculpt., 141. 



Floris ijac([ues), peintre ver- 
rier, 47. 
Fourmois (T.), peintre. 85. 
Fraikin (A.), sculpt.. 46, 52, 

63. 95- i'^9- 
Frédéric iLéon), peintre, 84. 
Frith {]. -F.), peintre, 85. 
Fromentin (Eug.), peint. ,\o->., 

III. 
Fvt (J.). peintre, 34. 
Gallait (L.:, peintre, 28, 57. 

83. 
Galland (P.-V.), peint., 157. 
Geefs ((jeorges), sculpt., 88. 
Geefs (Guill.i, sculpt., ^b, 47', 

52, 62, 95, 171'. 
Geefs (Jean), sculpteur, 63. 
Geefs (Joseph), sculpt.. 52. 
Geets (V.), peintre, 28. 
(jcrinnes (J.de), fondeur, mq. 
Geselschap (Fréd.). peintre. 

157- 
Gilsoul (V.), peintre, 85. 
Girault (Ch.), arch., 140'. 141. 
Godecharle (G.-L.), sculpt., 

56, 6n, 67, 94, 95. 
Goes (Hugues van der). peint., 

85.. 
Goltzius (Hub.), peint., 34. 99. 
Goyen (J. van), peintre, 102. 
Goyers frères, sculpteurs, 45. 
Grange, peintre, 26. 
Greco (]^e), peintre, 102. 
Groot (G. dei. sculpt., 30, 66, 

88, 95. 130, 140. 
Groux (^Ch. de), peintre, S/\'. 

157- 
Grupello (G. de), sculpt.. Q4, 

lot). 

Guimard (Barnabe), arch., 

55- ^b. 
Hacck (Jean), /'(•////rr verrier, 

44- 
Haeghrn(C. van dev), sculpt ., 

49- 
Haen (de), sculpteur. 140. 
Hais (F.), peintre, loo. loi', 

III. 
Heda (W.), peintre, 34. 
Heem fj. del, ^É;/«/r^,34, 102. 
Heemskerck,/)('////rÉ', 99, 169. 
Hegisiboulos, pottier, 160. 
Helmont (van\ peintre. 16. 
Helst (B. van der], peintre, 

102. 
Hemessen(J. van\ peintre, 

98. 
Hi-rmans (Ch.'i, peintre, 84. 
Herreyns (Guill.j, peint.. 16, 

^34-' 
Hcyden (t . van den, peint.. 

I II. 
Hieron, /^o/Z/c/'. 160. 



Hol)bcma (M.), peintre, 102. 
H(L'fnagel (Georges), peintre. 

7.S- 
Holbein (ilans), peintre, 34. 
Hondekoeter |M.), peintre, 

102. 
Hooren (Melchizédech van), 

peintre et graveur, 22. 
Horta (V.), arch., 132. 
Houtstont (G.),5<:m//'/ ,10,51. 
Hove (V.van). sculpteur, 95. 
Huchtenburg (G. van), peint., 

102. 
Hugo <•' Maître -/ peintre ? 85. 
Hugo (Frère), orfèvre, 151, 

152'. 
Ingres (D.), peintre, 102. 
Jamaer(V.), arch., 33, 130. 
Janlet(Em.), arch., 9, 10,39, 

136. 
Janson van Ceulen,^^ ;»/., 34. 
(anssens (F.-J ), sculpt., 67. 
Janssens (Vict.-Honoré),^^/«- 

/r^, 27. 
Janssens (W.), arch., 51. 
jac[mart de Hesdin, ininiat., 

72- 
Jaquet (Jos.), sculpt.. 18. 
Jean de Bruxelles, dit «■ van 
'•' Roome », 148. 
Jéhotte (Louis), 63, 70. 
Jordaens (Jacq.), peint.. 99', 

100. 
Jouvenet (Jean), peintre, 132, 
Keyser (de), arch., 113. 
Kevser (Th de), peintre, 34. 
Keidermans (Ambr.), arch., 

32- 
Kerkhoven (God. van den), 

sculpt., 109. 
Kratès. pottier, 160. 
Keller (B.). fondeur, l'ii. 
Kessels (Math.), sculpt., 63, 

95- 
La Barre (Jean de), peintre, 

4^' 157- 
Lagae (J.), sculpt., 96, 140. 
Lafosse (J.-Ch. de), arch.,^b. 
Lalaing (Jacques de;, peintre, 

30, 31, 58, et sculpt., 119, 

165. 
Lambeaux (J.), Si// //f., 95, no, 

140, 165. 
Laurens iJ.-P.), peintre, 157. 
Laureys (Jacques), arch., 25. 
Le Brun (C), peintre, 27. 
Lenbach {]. y on), peintre, %<). 
Lens (A. C), peintre, 12,2. 
Leprince (J.-B.), peint., 94. 
Lévy (H -L.), peint., 157. 
Leyde (Luc. de), peintre, 98. 
Leyniers (Ant.), hautelisseur, 

94. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



Leyniers (L'rbain), hautelis- 

senr. 26. 
Leys [H.], peintre, 83*, 84. 
Loon (Th. van), peint., 174. 
Lorrain (Claude), /'^/'/i/., 102. 
Mabuse, peintre, 155. 
Madou (J.-B.), peintre, 84. 
'< Maître de Moulins », 93', 

q8. 
Maquet, architecte, 62. 
Marot (Daniel), arr/î . , 14. 
Marot{Jean), arch., 14. 
Mellerv i^.), peintre. 103. 109. 
Mélot "(Eg.), sculpt.. 88. 
Memling [R.], peint., 74, 91', 

98. 
Merx (J.-P.), arch., 19. 
Metsys (Jean), peintre, 98. 
Metsys (Quentin). ^t;////rt', 92', 

98. 
Meunier (Constantin) , sculpt., 

64, 95, i3o, 164', 109. 
Meynier (C), peintre, 26. 
Mielot (Jean), miniaturiste, 

73. 74- 
Mierevelt (M.), peint , 34. 
Mignon (E.), sculpt.. 79. 
Mildert (Jean \an), sculpt., 50. 
Moer (J.-B. van), peint., 0*, 

7% 28, 85. 
Mongeon, ornemaniste, 51. 
Montfort (Jean de), sculpt., 

44, 
Montoyer(L.-0.). arch.. b-j. 
Moro (Ant.), peint., 34. Q5*. 

99- 
Nattier (J.-M.), peintre, 35. 
Navez (F.-J.), peintre. 4b, 83. 
Nerven (Corn, van), arch., 14, 

15- 
Noie (Robert de), sculpt., 43, 
Olis (Jean), /t'(/7/r^, 102. 
Ollivier (Philippe- Aug), sc.^ 

67. 
Orley (Bernard van), penit., 

25,44, 98, 148, 169. 
Orley (Jean van), peint.. 16, 

29. 
Orley (Richard van), grav,. 

12. 
Ostade (Ad. van), /tj////., 102. 
Paelinck (J.), peintre, 26. 
Pajou, sculpteur, 94. 
Papin {Ant),, miniaturiste. 74. 
Pastorana, arch.. ib. 
Patras iL'd.mhert).sculpt., 142. 
Pécher (Jules), sculpt., iio. 
Pede (P. van), arch., 32. 
Percier et Fontaine, (?/"(:/;. ,169. 
Philippe (Maitre),/^/;//,, 145', 

146', 148. 
Picqué (C.) , peintre, 29. 
Pistoxenos, céramiste, lôo. 



Plumier (P.-I).), sculpt., 25, 

130, 131- 
Poelaert (f.), arch., 52, 115, 

172. ■ ■ 

Polygnotes. céramiste, 160. 
Portaels (J ), peintre, 67. 68. 
Potter (Paul), /«////. , 102, m. 
Pourbus (J ), peintre, gq. 
Puvis de Chavannes. peintre, 

157- 
Quellin [Arn.), sculpteur, 10b, 

124. 
Rasbourgh (J. van), sculpt., 

109. 
Rauch (D.C.), sculpt., g.]. 
Raymond (Pierre), éinaillenr, 

153- 

Rembrandt, /^fz/z/rt', lou, ici , 

III. 
Renier de Huy, sculpt.. 142. 
Revdams (P.), hautelisseur, 

26. 
Ribera [].), peint., 102. 188'. 
Rode (Martin van), se, 25. 
Rodin (E.), sculpt., 9, 94. 
Rombaux (Eg.), sculpt., q5, 

140 . 
Roome (Jean van), peintre, 

146*, 148. 
Rousseau (Vict.). sculpt. ,qb. 
Rubens (P. -P.), peint.. 12,1b, 

39. 5". 77- 89' 92, 9^'' 97% 

99, III, 130, 131, 132, 185'. 
Rudder (Isidore de), se, 140. 
Rude (F.), sculpteur, 57, 59, 

64, 169. 
Ruysbroeck (J. van), arch., 

25, 41, 89. 
Ruvsdael (J.), peintre, 102. 
Rysbrack (J.-M.), se, 94. 
Samain (L.), 5^., 88, 103, 119. 
Samuel (Ch.), se, 1411, ibô. 
Sandrié (Phil.-Guill.), arch., 

55- 
Segantini, peintre, 85. 
Sgrooten (Chrétien), niiniat., 

76. 
Sieberechts (J ), peintre, 34. 
Simonis (Eug.), se, 48. 52, 

65', 66, 95, 172. 
Slingeneyer (Ern.), />^/»/., 64, 

83- 
Snyders(F.), peint., 34, 100. 
Sotadès, céramiste, 160. 
Stallaert []o^.), peint., 79, 158. 
Stappen (Ch. van der), se, 28, 

89, 95, 109, 113. 119, 121'. 

140. 
Steen (Jean) ,/»^/«/., 102, ii^ . 
Stevens [AMv.), peint., ^4. 
Stevens (Jos.), peint., 84, 86. 
Stoop [T.), peintre, 102. 
Straetten (van der), arch., 63. 



Struys (Alex.), peintre, 84. 
Sturm (jacq.), peintre, 132. 
Suys (L.), arch., 9, 38. 
Suys ;'T.-).), tire h.. 42, 166', 

169. 
Teniers I).), peint., 100, m, 

132. 
Thulden (Th . van), peint., 46, 

132- 157- 

Tintoret (le), peintre, 102. 

Titien (le), peintre, 132. 

Tombay (A. de), se, 60. 103, 
iio, 117. 

Trinkel (Théod -Nie.) , facteur 
if instruments, 113. 

Tuerlinkx (Jos.). sculpt., 132. 

Velde (Henri van de), arch., 
172. 

Venius(Otto),/)t'//z/r^, 99,174. 

Verbrugghen [H. ], sculpt .,^?>. 

Vermeer {].), peintre, m. 

Vermeyen (J.-C), peint., 75. 

Verschoot (B.), peintre, jc). 

Verwée (Alph.), peint., 85. 

Verboeckhoven (Eug.), pein- 
tre, 84. 

Vigne (Paul de), se, 10, 89', 

95. i''9. "3- 
Vinçotte (Th.), st.. 39, 60, 62, 

63,89,95, 117, 119, 120', 140. 
Vos (Corn, de], peint., 100*. 
Vos (Martin de), peint , 29. 
Vreese(G. de), sculpt., 10. 
Vrelant (GuilL), niiniat., 74. 
Vriendtî Corn. de). Si// //>/., 1 10. 
W. 4-., graveur, 82. 
Wagemakere (Uom.de), are, 

Wappers [G.], peint., 82', 83. 

Watteau (Ant ), peint., m. 

Wauters (Emile), peint., 30, 
84. 164. 

Weinbrenner, fondeur, 121. 

Weyden (Roger van der), pein- 
tre, 12, 42, 43, 74, 93', 96, 

154- 
Wiertz (Ant.), peint., 133, 

134. 135'' 136. 
Winne (L. de), peint., 84,85 . 
Wouverraan (P.', peint., 102. 
Zinner (Ant.), arcliit.. 59. 

Édifices civils 

Tour Noire (la), 4'. 

Tour de la première enceinte, 

5'- 
Porte de Ha],4, 5. 120, 122 . 

L'Hôtel de Ville, 16. 21. 

— La façade, 21,22', 23*, 24. 

— La flèche, 24, 25. 

— L'Archange Saint-Michel, 

25- 



TABLE ALPHABKTIQUE DES MATIERES 



— La cour intérieure, 25. 

— Œuvres d'art, 25, 27, 28. 

— Tapisseries, 26. 

— Salle gothique. 28, 29'. 

— Salle Maximilienne, 21'. 27. 
28. 

— Salle des Mariages, 2'i. 

— Escalier des Lions, 30'. 

— L'escalier d'honneur, 30, 

31'- 

— Souvenirs se rattachant à 
l'Hôtel de Ville, 6. 12, 20. 

Maison du Roi, 16, 32, 33'. 
Palais Roval (le), 61*. 62," 63*, 

Palais de la Nation, 57', 62. 
Palais des Académies, 62,63, 

64'. 
Palais des Beaux-Arts, 88*, 

90', f)6. 
Palais (ancien'i du roi Albert, 

165'. 
Palais de S. A. R. la Comtesse 

de Flandre, 67*, 68, 88. 
Ancienne [Y) cour, y^* . 
Escalier (1') d'Hercule, 79. 
Bourse (la), 9, 11', 38. 
Palais de Justice, 52, 114', 

115*, 116, 117*, 118. 
Conservatoire roval de Musi- 

ciue, 112', 1 13. 
Musée ancien, 88', 89,90" à 103. 
Musée moderne, 78', 79. 
Musée Wiertz, 133, 134, 135*, 

136. 
Musée des Arts décoratifs et 

industriels, 46, 141. 
Musée des Echanges, 141. 
Musée des Armes et des 

Armures, 120. 
Musée Communal, 7, 33', 34. 
Bibliothèque royale (laj, bg'. 

Cabinet de Numismatique. 77. 

Cabinet des Estampes, 80', 81, 
82. 

Archives générales du 
roj'aume, 85. 

Musée royal d'Histoire natu- 
relle, 136, 137, 138', 139. 

Palais d Arenberg, 109. 

Poste centrale, 9, 172. 

Banque Nationale, 40', 51. 

Marché du Parc, 54. 

Marché Saint-Géry, 37. 

Marché de la Madeleine. 86', 
87. 

Jardin Botanique. 168'. 

Théâtre royal de la Monnaie, 
172, 173'- 

Théâtre flamand, 175*. 

Les galeries Saint-Hubert, 38', 
39- 



Entrepôt ancien. 176'. 
Hôpital Saint-Jean. 168. 
Hospice des Aveugles, 128'. 
Ami go (/'). 36. 
La Boucherie, 35. 
Maison du peuple. 132. 

Églises et Chapelles. 

Sainte-Catherine, 4. 
Sainte-Gudule, 6, 39, 40, (i*, 

42.43*, 44'- 

— Vitraux, 42, 43, 45', 40', 
47, 48. 

— Stalles. 4 ]. 

— Chapelle du Saint-Sacre- 
ment. 44. 

— Autel du Saint-Sacrement. 

45- 

— (, hapelle de Notre-Dame, 

45- 

— Tombeaux, 44.45. 46. 47*. 

— Tableaux. 47. 

— Chaire de Vérité. 48*. 

— Monument Triest, 48. 

— Chapelle absidale. 47. 

— La croix-reliciuaire de la 
vraie Croix, 50, 51. 

Eglise de Notre - Dame du 
Sablon, 104', 105. 

— Chapelle des princes de la 
Tour et Taxis, 106. 

Saint- Jacques sur Couden- 

berg, bb', b7. 
Notre-Dame- de -la -Chapelle, 

129. 131'. 
Notre-Dame-de-Montaigu,io. 
Eglise Saint-Nicolas. 15, 16. 
Eglise de Notre-Dame de 

Bon-Secours, 37. 
Eglise Saint-Jean-Baptiste au 

Béguinage, 172, 173*. 
Eglise Saint- Joseph, 166'. 
Eglise Sainte-Marie. 53*, 54. 
Basilique de Koekelberg (en 

construction), 168. 
Eglise Saint-Géry (démolie). 

37- 

Ancien temple des Augustins 
(église de la Trinité). 9, 10. 
Eglise Saint-Josse, 130. 
Ancienne chapelle de Nassau, 

Chapelle du Musée, 79. 

Maisons remarquables. 

Rue de la Madeleine. 13. 87. 
Rue de la Violette. 13. 
\'ieille Halle aux blés, 13, 14. 
Marché aux Herbes, 13. 
Rue de la Montagne. 13. 
Rue de Flandre, n'^ 46. 14. 



RueSainte-Catherine.n''26,i5. 
Rue des Sables. 15. 
Montagne de l'Oratoire, 15. 
Marché aux fromages. 15'. 
Rue au beurre, 15. 
Rue de la Colline, la balance, 

19. 39- 
Grand'Place, le Cornet, 16. 18* . 

— La Louve, 17, i8'. 

— Le Phénix, 17. i8'. 

— Maison des Brasseurs, 17, 
18, ;9'. 

— L'Étoile, 18, 19'. 

— Le Renard. 19. 

— Le Sac, 19. 

— La Brouette. 19. 

— Le Roi d'Espagne, 19. 

— Le Pigeon. 20. 

— La Taupe, 20. 

Monuments commémoratifs. 
œuvres et objetsd art et de 
curiosité. 

Adaiiiet .^l'^.parvan Eyck,96. 

Adoration de l'Agneau, par 
van Eyck, 9b. 

Albe (le duc d'), 95' 

Albert et Isabelle, couvre-lit 
en dentelle leur ayant appar- 
tenu, 144*. 147. 

Anjou (René d'), (miniature 
par), 73. 

Anneesens (t.), statue de, 

39. I3'>- 

Antependium aux armes d Al- 
varez de Tolède, 143', 144. 

Apollon et Marsyas. par Ri- 
bera, 102, 188'. 

Arc du Cinquantenaire, 139*, 
140. 

Ardoises gravées de l'Abbaye 
de Villers, 76. 

Attavante degli Attavanti 
(miniatures par), 73'. 74,75*. 

Aubert (David), Chroniques 
et Conquêtes de Cliarleina- 
gne. 74 

Autel portatif de l'Abbaye de 
Stavetot (xii" siècle). 152'. 

Aylesburg (Thomas Bruce, 
comte d'), sa fontaine, 108. 
109*. 

Bataille de Nienpot, tapisse- 
rie du xvii'^ siècle, 149. 

Bataille de Ronceveanx, tapis- 
serie du xv*-' siècle, 147. 

Belliard (statue du général), 
6o'. 62. 

Berry (Jean, duc de', rass. de 
sa bibliothèque, 72. 

Bonaparte, Buste par Gode- 
charle, 95. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



183 



Bonet (Honoré), r Arbre des 
batailles, ms. (1456), 72. 

Brederode (Henri de), sa sta- 
tue, 109. 

Brochart (Dominicain), ma- 
nuscrit de lui, 74. 

Bronzes antiques, cachets 
d'oculiste, instruments de 
chirurgie. 163. 

Buste d"un prince égyptien. 
i6r. 

Cambronne (buste du général) 
par de Bay. 95. 

Châsse en ivoire du xii" siècle, 
149'. 

Chef du pape Saint-Alexan- 
dre, xii*^ siècle, 150, 151'. 

Cheval à l'abreuvoir, par 
Meunier, 165. 

Christine de Pisan; ms d'elle, 
de 1412, 74. 

Cicéron (Statue de), au Palais 
de Justice, 117. 

Cinquantenaire (le musée du), 
140. 

Cockerill (John), (statue de), 

133- 
Coffret bizantin en ivoire, 148'. 
Colonne du Congrès, 49', 51'. 

52,53- 
« Coiiipromisdes Coiinintiies^^, 

35-. 

Corvin (Mathias), (livre d'heu- 
res de), 73% 74. 75-. 

Cracheur (fontaine du), 36. 

Croy (Ch. de , rass. de sa 
bibliothèque, 72,73,74, 130. 

Cuve baptismale de Saint- 
Germain de Tirlemont, 150. 

Dechez dit Jenneval, (L. A. 
H.), sa statue, 172. 

Démosthène (statue du Palais 
de Justice), 115', 117. 

Decordes (Jean-Charles), son" 
portrait par Rubens, qj'. 

Decordes (M'"'^' de), son por- 
trait par Rubens, 97*. 

Desraoulins (Guyart), la Bible 
liistorialc, ms., 74. 

Discobole (statue de G. Kes- 
sels), 63. 

Dodonée (Rambert), sa sta- 
tue, IIO. 

Egmont etde Hornes, 32. 109, 
iio*, 112. 

Enseigne de droguiste du xv*^ 
siècle, 159'. 

Fillastre (Guill.), ms., -j-i.. 

Fontaine (le citoyen) . son épée 
d'honneur, 125. 

Frésin (tumulus de), 161. 

Folle chanson (la), sculpture, 
165. 



Fossiles du musée d'Histoire 
naturelle, 133.13*'- U?' i3«', 
139- 

Fransière (Jean de), le Livre 
de fauconnerie, 74. 

Frère-Orban, sa statue, 166'. 

Foissart (J.), ms. de lui, 72. 

Garnier (Flaminius), 106. 

Genoels - Elderen ( diptyque 
de), 147-, 149'. 

Godefrov de Bouillon (statue 
de), 65*, 66. 

Grès de Bouffioulx, 156. 

Guillaume le Taciturne, (sta- 
tue dej, 109. 

Gustave-Adolphe (armure de), 

123- 

Guyse (Jacques de), Clironi- 
quesduHainaiit, 71', 72, 74. 

Hal (N.-D. de), 142. 

Hastière (fouilles d'), 139. 

Hastings (traces de l'iguano- 
don à), 138. 

Henri II de France, plat à son 
effigie. 153. 

Herenthals (fouilles d'), 142. 

Hermès Propylaios (buste d'), 
par Alcamène, 162. 

Herstal (tumulus d'), 161. 

Herzog (Jean), imprimeur du 
xV siècle, 76. 

Heythuysen (Guill. van), son 
portrait, 100, loi'. 

Hoorenbeeck (Jean), son por- 
trait, 100. 

Hornes (Anne-Françoise dei, 
épouse de Lamoral de la 
Tour et Taxis, 106. 

Hornes (Philippe de Montmo- 
rency, comte de), son buste, 

94- 
Hovyne (Ch. d'), président du 

Conseil de Brabant, son 

monument, 132. 
Howard (John), philanthrope, 

sa statue, 94. 
Hulthem (Ch. van), sa biblio- 
thèque, -^2. 
Iguanodons, 137, 138'. 
Jenneval. sa statue, 172. 
JuanadePernestan(médaillon 

de), 150, 151'. 
Justice (la), groupe de Julien 

Dillens, 117'. 
Laeken. Monument de Léo- 

pold 1«% i2q'. 
Laeken. Basilique royale, 129. 
Lannoy (Ghillebert de) , ms. de 

lui, 72. 
Laocoon d'Arenberg, m'. 
LaSpina (Alph. de), ms. de lui, 

74- 
La Rue (Pierre de), auteur 



d'une messe manuscrite, 74. 
La Tour Landry (Geoffroy de), 

auteur d'un manuscrit, 73. 
Le Franc (Martini, « XEstrifde 

Fortune et de Vertu », ms., 

74- 
Légende de Notre-Dame du 

Sablon, tapisserie de 1518, 

103% 148. 
Légende de Saint-Servais , 

incunable de la gravure 

sur bois. 76. 
Léopold 1'^'", son monument à 

Laeken, 129'; ses armes, 125. 
Li Muysis (Gilles), chroni- 
queur, 72. 
Lucena (Vasque de), r/Z/i/o/rd' 

de Cyrus, 74. 
Lustre en défenses de morse, 

150. 
Lycurgue, sa statue du Palais 

de Justice, 115*. 1 17. 
Maerlant (Jacques van^ , poète 

du xV siècle, 72. 
Manneken Piss, 34, 36', 153. 
Mansel (Jean), la Fleur des 

Hystoires, ms., 74. 
Ma rat assassiné dans son 

bain, ix^- 
Marguerite d'York, miniature, 

74- 

Marigny (le marquis de), son 
portrait, 35. 

Marix (Philippe de), sa sta- 
tue, loq. 

Martens (Thierry), imprimeur; 
incunable de lui, 76. 

Mausolée d'P'rnest d'Autriche, 

43- 

Mausolée de Jean II de Bra- 
bant. 43. 

Meester de Ravestein (collec- 
tion de), 160. 

Mercator (^Gérard) sa statue, 
109. 

Mérode (Félix de), son mau- 
solée à Sainte-Gudule, 46. 

Mérode ^Frédéric de), 47", 95, 
172. 

Momie dite « la Brodeuse », 
ibo. 

Montefiore (collection), 146. 

Moreel (Guillaimie), son p(,r- 
trait par Memling, 91*. 

Mort d'Herkenbald, tiipissevie 
d'après Jean van Roome ou 
Maître Philippe, 146'. 

Mozart, son clavecin, 113. 

Xehalennia (la déesse), 161. 

Ompdrailles (la mort d'), 
sculpture, 119, 121'. 

Oresme (Nicolas), ms. de lui, 
72. 



i84 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 



Orfèvrerie religieuse et civile, 

150. 
Parazonium, ibi. 
Parc Léopold, 13G. 15;'. 
Peintures décoratives d'après 

des maîtres anciens, 15Ô. 
Pharmacie ancienne, 155. 
Philippe II (armure de), 122, 

125'. 
Pisan (Christine de), ms. 

d'elle, 73, 74. 
Port (le), 129. 
Porte de l'ancienne maison 

des Poissoniers, 124. 
Presles (Raoul de), la Cite de 

Dieu, 72, 73. 
Quetelet (Ad.), sa statue, 63, 

64-. 
Roose (P.), président du t on- 

seil privé, son monument, 

45- 

Rousseau (}.-B.), sonbustca 
Téglise de Sablon, 106, 11 o. 

Sablon (la procession du), ta- 
pisserie, 105, 107'. 

Saint-Albans (la duchesse de), 

Saint-Licviii [martyre Je), 

toile de Rubens, 96'. 
Sanuto (Marino), ms. de lui, 

7 -■ 
Saq(iarah (Nécropole de), 158. 
Schottc ou Schotti (famillej. 

son monument à Sainte- 

Gudule, 45. 
.Sculptures en bois : 

— Cadre sculpté, 153'. 

— Retable du martyre de 
Saint- Georges, par Jean 
Borman, 154'. 

— Retable de la Passion. d'O- 
plinter, 154. 

— Retable du martyre de 
Sainte-Barbe et de Saint- 
Léger, 154. 

— Retable de larbre de Jessé 
de l'église de Pailhe, 154. 

— Retable aux armes de 
Claude Villa et Gentine 
Solaro, 154, 155'. 

« Seigneur (le) à la flèche » 
(Ant. de Bourgogne ?), 93*. 

Septime Sévère (statue de), 
162'. 



Scheurl ^Hans^, son portr;ut, 

I02'. 

Spinola (Cénotaphe des) à 
l'Eglise de la Chapelle, 130. 

Tapisserie de la Deseeiite Je 
Croix, de jMaitrc i'hilii)pc, 

145'- 

Tolbecque (collection), 113. 

Tombeau de Frédéric de Mé- 
rodeàSainte-Gudule,46,47'. 

Tour et Taxis (François de la), 
148. 

Tserclaes (Evrard) : son mo- 
nument, 36, 37'. 

L'ipien ; sa statue au Pal.iis de 
justice, 1 17. 

Vénus de Cnide, 162. 

Vereycken (Louis-François) ; 
son épitaphe à la Chapelle, 
132. 

Vierge (la) de 14 18. Incunable 
de la gravure, 80, 81'. 

Vierge (la)de douleur, X vu'' siè- 
cle, ivoire, 150'. 

Vignav (Jean de), son ms. de 
\a Morûlité du jeu d'échec, 

74- 
Vlanderberg (Barbe van), son 

portrait, 91'. 
Vos (Corn, de) ; son portrait et 

celui de sa famille, 100*. 
Wauquelin (Jean), ms. offert 

à Philippe-le-Bon, 73, 74. 
Zebed en Syrie. Linteau de 

porte provenant des fouilles, 

lOi. 

Places, promenades, rues, 
ponts, quais etc. 

Le Parc. 55, 58', 59. 
L'Avenue Louise, 9, iig, 121*. 
Avenue Palmerston, 165. 
Bois de la Cambre, iiq". 120. 
Le Jardin Botanique, 168'. 
Parc Léopold, 140''. 
Le quartier Léopold, ibô. 
Quartier nord-est, 169. 
Place Royale, 65 
(( Place de Lorraine //(la), 65. 
Place du Musée, 69*. 
Grand'Place, 12, 16. 17', 22'. 
Place Anneesens, 39. 
Place de la Bourse, 38. 



Place du Grand-Sablon. 107, 

108', 109'. 
Place du Pctit-Sablon, 107, 

108, no*. 
Place de la Chapelle, 129. 131'. 
L(;s « Marolles », 126. 
Place du Congrès, 52. 
Place des Martyrs, 170', 171*. 
Sc[uare Ambiorix, 164*, 165. 
Square Frèrc-Orban, 165', 166'. 
Vieille Halle aux Blés, 13, 14. 
Marché aux charbons, 39 
Marché aux Herbes, 13, 35, 

39, 86. 
Boulevard Anspach, 8', 9, 10. 
Boulevard du Nord, 9', 10. 
Boulevard Central, 9. 
Galeries Saint-Hubert, 38', 39. 
Rue d'Assaut, 39. 
Rue de Bavière, 12. 
Rue Blaes. 129. 
Rue des Bouchers, 39. 
Rue Chair et Pain, 35. 
Rue Charles Buis, 56. 
Rue du Chêne, 36. 
Rue de la Colline, 19, 3g. 
Rue du Cyprès, 173. 
Rue de l'Étuve, 36. 
Rue des Grands Carmes, 36, 

.37- 
Rue Guimard, i56. 
Rue des Harengs, 35. 
Rue Haute, 5. 
Rue de la Petite lie, 37. 
Rue de la Grande lie, 37. 
Rue de Laeken, 175. 
Rue de Ligne, 52. 
Rue de la Loi, 55', 59. 
Rue de la Madeleine, 13, 39, 

86. 
Rue des Minimes, 116, 118. 
Rue de la Montagne, 39. 
Montagne de la Cour, 86. 
Rue Neuve, 170, 172. 
Montagne de l'Oratoire, 52 . 
Rue du Poivre, 35. 
Rue de la Tête d'Or, 39. 
Rue d'une Personne, 39. 
Rue de la Violette, 13. 
Canal de Charleroi, 128. 
Canal de Willebroeck, 126'. 
Canaux de la Senne, 6', 7', 8'. 
Quai au Foin, 176'. 
Quai aux Pierres deTaille, 176'. 




flJulU .N.MJItlKin. 



Rubens. Études de nègres. 



TABLE DES ILLUSTRATIONS 



Vue générale 3 

La « Tour noire », vestige de la première enceinte 4 

Tour de la première enceinte. Rue Steenporte, n° b 5 

Vue des canaux de la Senne avant 1867 (d'après A'an Moer. 6 

Vue des canaux de la Senne avant 1867 (d'après van Moer) 7 

Boulevard Anspach 8 

Maison primée, boulevard du Nord. Œuvre d'Henri Beyaert 9 

La Bourse 11 

Monument du bourgmestre Anspach 13 

Le marché aux Fromages 15 

Un des aspects de la Grand'Place, côté est 17 

Aspect de la Grand'Place. Maisons du Cornet, du Phénix, de La Louve, etc ... 18 

Côté sud de la Grand'Place. Maison des Brasseurs, maison de l'Etoile, etc. ... 19 

L'Hôtel de Ville. La salle Maximilienne 21 

La Grand'Place un matin de jour de fête ' 22 

L'Hôtel de Ville 23 

Portrait de Marie-Christine d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas 26 

Albert de Saxe Teschen . 27 

L'Hôtel de Ville. La salle gothique 29 



i86 TABLE DES ILLUSTRATIONS 

L'Hôtel de Ville. Lescalier des Lions 30 

L'Hôtel de Ville. L'escalier d'honneur 31 

La Maison du Roi. Le Musée Communal 33 

Le « Manneken Piss » 3^ 

Le monument du bourgmestre Evrard Tscrclaes. Bronze de Julien Dillens .... 37 

Les Galeries Saint-Hubert 38 

La Banque nationale 4" 

La collégiale des Saints Michel et Gudule 41 

Sainte-Gudule. Le Portail sud 43 

Saintc-Gudule. La nef principale 44 

Vitrail de Sainte-Gudule. Marie de Hongrie et son Épou.x 45 

Vitrail de Sainte-Gudule. Charles-Quint et Isabelle de Portugal 46 

Guillaume Geefs. Tombeau du comte Frédéric de Mérode frappé pendant la Révo- 
lution. Sainte-Gudule 47 

Chaire de Sainte-Gudule 48 

La colonne du Congrès 49 

La colonne du Congrès, vue de la place du Marché du Parc 51 

L'église Sainte-Marie 53 

La rue de la Loi 55 

Le palais de la Nation. Siège des Chambres Législatives 57 

Le parc. Convergence des trois grandes allées 58 

Statue du général Bélliard 60 

Le Palais Royal. Escalier d'honneur 61 

Le Palais Royal. Une des galeries 63 

Palais des Académies 64 

Statue de Godefroy de Bouillon 65 

Église Saint-Jacc[ues-sur-Coudenberg 66 

Le palais de son Altesse Royale la comtesse de Flandre 67 

La Bibliothèque royale 69 

Miniature initiale des Chroniques du Hainaut, par Jacques de Guyse 71 

Miniature du Livre d'heures de Mathias Corvin, par Attavante 73 

Miniature du Livre d'heures de Mathias Corvin, par Attavante 75 

L'ancienne Cour (la place du Musée). Galerie moderne 78 

Les grandes armoiries de Charles le Téméraire 80 

La Vierge de 141 8 81 

G. Wappers : les journées de la Révolution 82 

Henri Leys. Les Trentaines de Berthal de Hase 83 

Ch . de Groux. Le « Benedicite » 84 

L. de Winne. Portrait de Léopold l" 85 

Le marché de la Madeleine. Ancien hôtel des Messageries transformé par 

Cluysenaar 86 

Le Palais des Beaux- Arts 88 

Paul de Vigne. Le triomphe de l'art 89 

Intérieur du Palais des Beau.x-Arts 90 

Hans Memling. Guillaume Moreel, Bourgmestre de Bruges 91 

Hans Memling. Barbara van Vlanderberg. Epouse de Guillaume Moreel 91 

Quentin Metsys. Généalogie de la Vierge (partie centrale) 92 

Le Maître «dit de Moulins ». La Vierge aux Anges 93 

Rogier van der Weyden ? Le chevalier à la flèche 93 

Pierre Aertsen. La cuisinière 94 

Le duc d'Albe, par Antonio Moro 95 

Rubens. Le martyr de saint Liévin 96 

Rubens. Jean-Charles de Cordes "... 97 

Rubens. Madame de Cordes 97 

Ant. van Dyck. Portrait de François Duquesnoy, le statuaire 98 

Jacques Jordaens. Le roi boit 99 



104 



TABLE DES ILLUSTRATIONS 187 

Corn, de Vos. Famille du peintre 100 

Rembrandt. Portrait d"homme loi 

Frans Hais. Portrait de Guillaume van Heythuysen loi 

L. Cranach. Portrait de Hans Scheurl 102 

David. Marat assassiné 

Notre-Dame-du-Sablon 

Tapisserie de la procession de Notre-Dame-du-Sablon, atelier de Bruxelles, datée 

1518. Musée du Parc du Cinquantenaire à Bruxelles 107 

La place du Grand-Sablon I08 

La fontaine de lord Aj-lesburg à la place du Grand-Sablon " . 109 

Square du Petit-Sablon uo 

Le Laocoon d'Arenberg m 

Le Conservatoire royal 112 

Le Palais de Justice 114 

L'escalier du Palais de Justice 115 

La Justice, par J. Dillens. Groupe décorant le Palais de Justice 117 

Le lac du bois de la Cambre. iig 

T. Vinçotte. Le dompteur de chevaux 120 

Mort d"Ompdrailles, le « tombeau des lutteurs ». par Van der Stappen 121 

La porte de Hal 122 

Le musée royal d'armures. Salle du premier étage 123 

Ancienne bouche à feu 124 

L"armure de tournoi de Philippe II 125 

Bruxelles maritime. Le canal de Willebroeck 127 

L"hospice des aveugles 128 

Monument de Léopold 1"' à Laeken 129 

L'église delà Chapelle 131 

Le palais royal, entrée postérieure. Place du Trône 133 

Le musée Wiertz 135 

Vue prise dans le parc Léopold 137 

Les Iguanodons au musée royal d'histoire naturelle 138 

L'arc monumental du parc du Cinquantenaire 13g 

Oliphant reliquaire. Musée des Arts décoratifs 141 

Antependium aux armes d'Alvarez de Tolède 143 

Échantillon du point de Bruxelles, lin du xvi'' siècle 144 

Tenture de la Déposition de la Croix. Carton attribué à maître Philippe, premier 

quarï du xvi*^ siècle 145 

Tapisserie de la mort d'Herkenbald. Dessin de Jan van Roome; carton de maitre 

Philippe. Bruxelles, premier quart du xvi*^ siècle 146 

Partie d'un diptyque de Genoels-Elderen 147 

Coftret byzantin de la collection Spitzer 148 

Châsse en ivoire, (xii'' siècle) 149 

La Vierge de douleur, (xvii'^ siècle) 15'-* 

Chef du pape saint Alexandre, (xii'- siècle) 151 

Médaillon de cire, (xvi*^ siècle) 151 

Autel portatif de l'abbaye de Stavelot (xii" siècle) 152 

Reliquaire. Œuvre du Frère Hugo de Sainte-Marie-d'Oignies, face antérieure . . 152 

Reliquaire. Œuvre du Frère Hugo, de Sainte-Marie-d'Oignies, face postérieure . . 152 

Insigne de corporation (xv^ siècle) I53 

Cadre en bois sculpté (xvi*^ siècle) i53 

Martyre de saint Georges, fin du xv'' siècle. Œuvre bruxelloise 154 

Retable de la Passion, avec les armoiries de Claude de Villa et de Gentine Solaro, 

sa femme i55 

Le Père éternel entouré d'anges. (Sculpture sur bois du xv^ siècle) 157 

Enseigne de droguiste, xv<^ siècle, sculpture flamande i59 

Tête de prince égyptien 1^1 



i88 ÏAliLE DES 1 Ll, USTR AT I ONS 

Statue de Septime Sévère, trouvée dans les fossés du château Saint-Ange .... 162 

Constantin Meunier. Le cheval à l'abreuvoir 164 

Square Frère-Orban. Ancien palais du roi Albert de ]îf'li;i(|ue 165 

Square Frère-Orban et église Saint- Joseph 166 

Attelage de chiens à Bruxelles 167 

Le jardin botanique 168 

Vue d'ensemble de la place des Martyrs 170 

Monument des martyrs de la liberté. \'ue par la rue Saint-Michel 171 

Le théâtre royal de la Monnaie 17^ 

L'église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage 174 

Le théâtre flamand 175 

Le quai au foin et le quai aux pierres de taille. Au fond, l'ancien entrepôt .... 176 

Rubens. Etudes de nègres 185 

Kibera. Apollon et INlarsyas 188 




Ribera. Apollon et Marsyas. 



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